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fi/u . ?J^^ j. . ]X, 



•^H 



*? • 






M-Aiy' •* 



•^ - 



BIBLIOTHEQUE 
FRANÇOISE, 

o u 

HISTOIRE LITTERAIRE 

DELA FRANCE. 

TOME TROISIEME 
Première Partît. 



A AMSTERDAM, 
Chez JEAN"Ïr;^ERNARD. 

M. D. C C. -X X II I. 




BIBLIOTHEQUE 

FRANÇOISE. 

S 

ou 

HISTOIRE L ITTS RAIRE 
DE LA FRANCE. 

ARTICLE I 

BiBLioi*HECA Sacra in Binos Syllabos 
diJlinStà , quorum frior , quijam ierti» 
auSior prodit ^omnes Jîve Textfis Sacri^ 
fiv9 Ferfionum, ejusdem quavis Lingual 
exprejfarum Editiones^ nec non praftan* 
tiores MSS. Codicescum Notisbifioricis 
6? cfiticis exhibet'j pofterior verb con-» 
tinet omnia eorum Opéra quovis Idio- 
mate conferipta , quibucusque in Sa^ 
cram Scripturam quidpiam ediderunt^ 
fimul colUsta , tum ordine jiu^orum 
alpbabetico dispofitajtum ferie Sacrorum 
Ubrorum. Huic coronidis kcofubji'^ 
ciuntur Grammaticx ^ Lesica Lingua- • 
Tom. IIL Part. /.Ai rûm 



B'. »i ^ r~HK Ti^v « 



•■0MT ftWPffWW '■*<=. -1J»>W tS «» 







rr !■ î.^ agïï; itoa- -W- «W-T'ïîs rUKÎTÏKSr 

.- 'Ï.SÎT--; ë- «CSC e. '— tt-s.-wri- î;^ *•»- 






F&AVÇOISK. 5* 

VcopooMicc & ne pamppcrzer ic«:cs 
ia écoàa à oc bot? Il dï Tixi^^e ccsc oca- 
3 c iiiratina a'm pas c:>uj<Kirs écf fi '• :e 
^■B facoicu Ciccez. L'H.>aiaie a 2p,.x*ii 
diBS ccsûimcs mâlkacoos îcir^émc c^/x 
cmnffÊcéàm têsdiscufi ms ks p:3« pro- 
pfa^Ks, & de là Cjoc nées ces rcchicraics 
r^âcsks fiir îles fijcts rdpeôjbxs, ccne 
ca^ijqic càncnôefur dcsmatSacfqai iJt- 
voc csTePabjet de nom isÀ & n<n pas de 
SQExe cxjmcn; ces querelles aigres & xrre* 
C3Kix>Ics for le endroits mécscs qui 
xg xcfc/icu t qoe lacnancé.Qoed'rO'is-s.^ 
àep^ Cette eniîedVcIaîrdr les Ecrinircs^ 
JsSjtcatai^ n*a toquemolt^Iferà l'Icâji 
lesd3ates,lesIirres&nos peines; carqsoc- 
çne \x plâfiart de ces Livres Cbsemaa m .ias 
(ja inntiles^n'il y en aît mémede peroicfesY; 
t^emnoins, comsie les uns & les autres 
pscnrcnt renfênDcr certains éclaircHfemcss 
Dccrtaires^KèinblêqD'on ne Curoît gse- 
rcs&dt^Kiifodeles lire tons puor avo'r 
r::âa une Dlarion complette de tontes Ses 
câ baltes qni te rencontrent dans la Kble;& 
«qaelle pcitede tçms yàqoeidangernenoQs 
cipoCepas cette dore néôcffiré de tout lire! 
Les gens de Lettres qoi ont de rcxper.'cn- 
cz troiiTeiit nn remède ^eâé à ces incoare* 
i:xns dans la. conooiûànce profonde qu'ils 
ont des Livres & de leurs Anrears.Po Jr cenz 
qsi ne font pas fi avancez^ils doi%'ent avoir 
rtconrs à ces Ouvrages d'Uiftoire Lîcîcraâe 
oàTon indique tout ce qui s'eftfàit non feu- 
lement fiir diaque Livre de la Bible, mais en* 
core fiir diaquepailàge particulier dont le ùn% 

A 3 ri*cft 



^ Bibi.iotheq.i;b 

rumprafertim Orientaiium ^qua ad il- 
hjirandasjairai paginas aliquid adju- 
metiti eonf erre pof uni. Laèore (^indus- 
triaj Acon le Lotta^Pari/ienfis^ Con- 
grtgationis Oralorii Prtsbyteri f^ Si- 
bUsthecét Domus Parifienfis PrafeSli. 
Parifiis.ApudFranc.M0ntalam.17x3. 
2. Vol. in fol.Pagg. iziipour les a. 
Cins la Préface & la Vie de l'Auteur 
qui en contiennent XXV. 

l'Ecriture Sainte eflnon fcole- 
3 ment une fourcc ^ndaote de 
» p'aces pour le fimpIcPeupIc qui 
S ne cherche enlilifantqu'a s'ius- 
S truire <Je lès devoirs , elle of- 
fre encoieaui SavansuQ thrc- 
ibr inépuiTable d'^ruditioa. Nous ne con- 
noUfons pomt d'Ouvragedont lamorale fbit 
plus fiiblimc, ni l'antiquité plus certaine & 
dans lequel par conféquent nous puiffions 
pui(èr des connoifiànces plusfures de notre 
Origînc,de l'Etre qui nous a tirez du Néant, 
de ce qui a ibivi noire Création, enfin de 
ce qui s'cft pafli! dans ccsliecies éloignez 
011 l'Esprit fc perd & fur lesquels les Fa- 
bles des Payens du: répandu une obfcun'ttf 
qui ne fe dilTipera jamais qu'à l'aide decccic 
divine lumière. 

n ne faut donc pas s'étonner fi tant 

d Auteurs ont tenté, en difTerens tems & 

chacon feloa tes forces, de fiiciiîterriiitel- 

Jiiience des Ecriiurci. Peut-on en conce- 

Toi'r 



François s. y 

▼oîr l'importance & ne pas rapporter toutes 
/es études a ce but? II e(l vrai que cette loua* 
b\c întencion n'a pas toujours étc fuîvîe 
d'an hearcQZ faccei. L'Homme a apporté 
dans CCS iàintes méditations le même esprit 
qaîr^nedans fesdiscufli nis les plus pro* 
lianes, & de là font nées ces recherches 
ridicules fur des fajets refpeâables, cette 
curiofîté téméraire fur des matières qui doi- 
vent écrerobjet de notre foi & non pas de 
notre examen; ces querelles aigres & irré- 
conciliables fur 1^ endroits mêmes qui 
nerespirent que la cnarité. Que dirons-nous 
dcpJos? Cette envie d*cclaîrcir les Ecritures, 
mile en foi 9 n*a fait que multiplier à Tiuâni 
les doutes, les livres & nos peines ; car quoi- 
que la plupart de ces Livres foient au moins 
fort inutiles^qu'il y en ait même de pernicieux; 
néanmoins, comme les uns & les autres 
peuvent renfermer certains éclairciflèmens 
néceûâires ,il femblè qu'on ne fauroîc gue- 
res Ce dii^enfer de les lire tous pour avoir 
enfin une Dlucioncomplette de toutes les 
difficultés qui té rencontrent daqs la Bible;^ 
à quelle perte de tçms , ^ quel danger ne nous 
expofepas cette dure néeefliré de tout lire! 
Les gens de Lettres qui ont de rcxpcrîcn- 
ce trouvent un remède afteâé à ces inconve- 
niens dans la connoiflànce profonde qu'ils 
ont des Livres & de leurs Aureurs.Pour ceux 
qui ne font pas û avancez,ils doivent avoir 
recours à ces Ouvrages d'Hiftoire Littéraire 
où Ton indique tout ce qui s'eftfait non feu- 
lement (ur chaque Livre de la Bible, mais en- 
core fur chaque paifage particulier dont le £ens 

K( n^cft 



é^ BlBLIOT HEQ^U E 

n*€ft pas bien clair. Ce fecours leur gagne 
un tems infini , il leur épargne 1c dégoût de 
beaucoup de leâures ennuyeufcs , & leur 
apprend en un moment ce qui a coûté aux 
autres plufie;urs années d'un travail ailèx 
rebutant pour rordînairc. 

Parmi un afltz grand nombre de Li- 
vres qui peuvent fervir à cet ufege, cette 
nouvelle feditîon de la Bibliothèque Sacrée 
do P. leLong mérite uneconfideratîon fingu- 
liere. Elleeftdtvifée en deux Parties, dont 
la deuxième n'avoit pas encore paru. L'une 
contient un Catalogue exaâ & parfaitement 
bien dispofé tant des MSS de la Bible que 
des Editions qui s'en font faites en toutes 
fortes de Langues tx, de formes depuis i^% 
qu'elle fut imprimée à Mayence jusqu'en 
i7xi;'inclufivement. Dans l'autre le P. le 
Long a ramafTé les titres de tous les Ouvra- 
ges qui ont été compofet ou pour éclaircir 
le texte même de la Bible, ou pour traiter 
les matières qui y ont quelque rapport. Voi- 
là le plan gênerai de la Bibliothèque Sacrée 
qui finit par une notice exaâe & curieufe 
des Diâionnaires & des Grammaires qui 
peuvent fervir à étudier les Livres fkcrés. 
Voïons un peu comment ce projet a été 
rçmpH & s'il ne feroit pas poffible de le 
pouflcr encore à un plus haut point de per- 
feâion. 

La première Partie, emploïéeà faire con- 
noitre les Editions & les verfions de l'Êcri- 
turc,cftdivifée en huit Chapitres. La première 
penfée du laborieux Auteur avoît d'abord été 
de les arranger par ordre Chronologique,* il 

fc 



PkAMÇOISB^ 7 

& (eatoit d*aotant plas porté à faine cet« 
re méthode qu'elle eft plus da goût des ve- 
râbles Savans & qo'îl^ paroiflbit dangr* 
reu de s'ea écarter après Mr. Sîmoa Se 
Kocdiolr qui Tavoîent préférée à tome au* 
trc CepeiMlant la difficulté dé fixer Tige 
deplafieors Verfions Orientales L*a déter^ 
ntîaé à alMUidonner la route que ces doc- 
tes Ecriraios aboient tracée, & il a mîeox 
limé les dîsf>olcr conformément aux Lan- 
gues dans lesquelles la Bible à été origi- 
nalement écrite^ou traduite. 

Les Polyglottes occupent la première 
pimx. On voie enfuite les Bibles Orien- 
tales, parmi lesquelles on à donné le pr^ 
micr rang au texte Hebreu^que Ton dok 
reprder comme la bafe des Traduâions. 
Le P. le Long parle dans le même Cha^ 
pitre du Pentateuque Samaritain, dont les 
lettres & quelques légères Additions font 
toute la diéterence d^avec le texte Hébreu ; 
des Paraphra&s Chaldaiques , & des Ver^ 
fions Syriaques , Ethyopiennes & Samari- 
taines , que les plus habiles r^ardent fimr 
plcment comme des Dialeâies de la Lan- 
gue Chaldéenne. Il fait auflî mention des In- 
terpretadons Arabes, Perfiques, & Tur** 
ques. Enfin > il finit par ce qui a rapport 
aux Traduâions Géorgiennes , Coptiques: 
Ces dernières n*ont rien de commun a?ec 
aucune des précédentes. 

Le troîfiéme Chapitre contient les an* 
dennes Verfions Grecques & les Grecques 
du moyen âge ; les Latines &les autres qui 
en dérivent, comme les Françoifês, les 

A4 Es- 



^ BiBLIpT.HE Q^V E 

£spagnt)les , les Italiennes : Celles qui font 
«n Langage Roman paroifTent dans le qua- 
trième : On pafTe dani le cinquième aux 
Allemandes & Ton y joint les Holian* 
doifes, les Danoifes & les Angloifes. Le 
iixieme préfente les Eclavones & celles qui 
font écrites dans quelques Langues voifines; 
la Bohémienne par exemple , la Polonoife, 
ia Rulfienne & autres femblables. Le lèptié* 
me eft deftiné aux Verfions faites en Idio» 
-mes Européens & qui ne tirent point leur 
origine des Langues que aous venons de 
nommer. Les Traduâious Américaines 
rempliflènt le huitième Chapitre ; les trois 
•fuivans font pour les Livres qui ont été 
traduits à part. 

Sî l'on n'a pas pu fuivre Tordre Chro^ 
nologique dans tout l'Ouvrage, on a au 
moins obfervé de le fuivre dans les Chapi- 
tres particuliers ; & chaque Verfion y eft 
rcnvoïéeà Tannée qu'elle a vu le jour. Les 
titres y font toujours expofei en Latin, & 
lorsqu'il s'eft trouvé quepluficurs Editions 
étoientfemblables,quoiqu'elles enflent paru 
•avec un frontispice différent, l'Auteur a eu 
foin d'en avertira de les mettre à côté de la 
première. Il ne faut pas s'en prendre à luî^ 
s'il n'a pas toujours été auffi exaâ fur cet 
article qu'il l'eût fouhaîté ; il n'a pas pu 
voir par lui-même tomes les Bibles dont il 
parle ; mais il a tâché de dédommager les 
Lcôeurs en leur faifant connoître les princi- 
paux Auteurs dont il fait mention & en joi*. 
gnant aux titres des Ouvrages qu'il rapporte 
des Notes Hiftoriques & Critiques qui fer- 
vent 



'FB.AÎÎÇOISE. 9 

vent à donner une jufte idée du travail de ceux 
qu'il loue ou qu'il cenfure. C'eft principa- 
Jeraent à Tégard des Polyglottes , qu'il a 
pris cette précaution , & ceux qui com- 
pareront THiftoire qu'il en donna en 1713 
avec ce qu'il en dît aujourd'hui dans I4 
Bibliothèque Sacrée verront bien que les aug- 
memations qu'il a faites font très -im- 
portantes. Quant aux jugemens qu'il porte 
dans le cours de fon Ouvrage,îl les a tirez des 
Préfaces des Livres mêmes , ou des Ecrivains 
qui ont écrit avec le plus d'approbation fur 
cette matière. Le P. le Long espère que ces 
Notes auront de quoi plaire foit qu'elles 
aient été extraites d'ailleurs ou bien qu'il 
les donne pour la première fois. Telle eft 
la Differtation de M. Ottîus de Zurich 
fnr les Verfions Allemandes, que lefavant 
Bibliothécaire a dillrîbuée en dîifcrens 
endroits de fa Bibliothèque. Mais autant il 
aprisfpîii de ramaifer ks jugemens que 
Ton a faits des Livres dont îl parle, autant 
il évite d'en prononcer de lui-même. ,, Jq 
„ fiitiop,dit-il,queje n'ai pas afTezd'autho- 
„ rite dans la ^République des Lettres pour 
„ que mes fentîmens y puifTeur être de quel- 
„ que poids , & je me contente de rci.voVcr 
„ àMrs.Siinon & KorthoIt*^Celui-ci mérite 
particulièrement d'ctre lu pour ce qui re- 
garde les Bibles Allemandes. 

Le travail du P.le Long fur les AlSS.merhc 
que nous nous y arrêtions un mome?it. Il eu 
a connu ziSit; & il en auroît bien cite davan- 
tage s'il y eût entrevu quelque utilité. Mais 
à l'exception des 4ZtS5.Grecs qui fournifTent 

un 



lo Bibliothèque 

un grand nombre de variantes & dont il n'a 
omis aicun, il a crû devoir faire un choix 
parmi les Hébreux & les Latins.L'on en trou- 
ve eu foule dans les Bibliothèques , mais la 
plupart ne valent pas mcme la peine d'être in- 
diquez: il en eft de même des François;nous 
n'en avons gueres que ceux qui contiennent 
la Verfion de Gujart des Moulins; il a paru 
plus à propos de ne parler que des an- 
ciens, & de ceux qui ayant été à Tufage de 
quelque Prince étoient par-là dignes deno*- 
tre curiofîté. 

On juge aifémcnt que le P. le Long a eu 
beaucoup de fatigues à eflfuyer avant que d'a- 
voir découvert tant de MSS. Mais quoiqu'il 
n'épargnât rien pour cela, il reconnoit lui- 
même qu'il n'en feroit jamais venu à bout 
fans le fecours de fes 'Amis. On ne peut 
témoigner plus de reconnoiflance qu'il le 
fait de la politellc & des bontez de feu M. 
l'Abbé Renaudotfde M. Leibnitx,deD. Ma- 
billon, de fon Confrère D. Bernard de Mont- 
fàucon, de M. Ottius,& de ceux qui font 
i la tête des principales Bibliothèques de Pa- 
ris. Il (èmbie pouhant qu'il n'a pas toujours 
eu fujet d'être content de ces derniers , & 
il laiffe. échaper quelques traits contre ces 
Enterreurs de Livres qui croient qu'un 
MS. perd de fon prix, dès qu'il a été examiné 
par un habile homme. Les Savans ont beau 
crier contre cet abus, il y aura, éternelle- 
ment des gens de cette étofe. 

La première Partie de la Bibliothèque Sa- 
crée eft terminée par une Lifte exaéle des 
^-'teurs qui nous ont laîffé des Concor- 

dan-^ 



Françoise: ii 

ànces oa recoeîlli des Variantes. La fécon- 
de qui remplît tout le fécond Volume ne 
demande aucun décail, & il fuffira de dire 
que le favant Bibliothécaire y donne une 
Notice alphabétique de tous les Ecrivains 
qui ont écrit fur la Bible. Plufieurs Tables, 
dont un coup d*œuil apprendra l'uGige & la 
commodité , finiflènt l'Ouvraj^e du P. le 
Long. 

On ne fçauroît disconvenir que la Biblio^ 
theqae Sacrée ne toit un des meilleurs Livres 
d^Hlftoire L«itteraire qui aient paru depuis 
longtems; c'eft le Chef-d'œuvre d'un hom- 
me qui avoir fait fa principale occupation 
de la connôiflânce des Livres & qui joignoit 
à une des plus belles Bibliothèques de Paris 
un commerce de Lettres fort étendu avec 
tons les Savans du Royaume & des Pays 
Etrangers. Ainii lorsque nous dirons inge- 
noëment que, quelque bon que fuit cet Ou- 
vrage , nous croïons cependant qu'il e(l bien 
éloigné de la perfcâion, nous espérons que 
l'on ne nous acculera point d'une envie de- 
mefaréede tout cenfurer;ou,ce qui feroit en* 
corepluscrlmfnel,derabaiflèrleP. le Long. 
Nous ferions moins excufabîes que d'autres^ii 
nous étions fusceptîblcs de fentîmens auflî 
las& capables d'oublier l'amitié.dont il nous 
a honorez pendant la dernière aniiée de fa vie. 
Notre unique but eft de faire fentir combien il 
eft difficile de rien produire fur THiftoire Lit- 
téraire qui folt parraît,& d'engager par là èeux 

qui la cultivent à redoubler leur attention. 
Le P. le Long n'eft presque pas reprchcnfi- 

ble dans ce qu'il a fait fur les Editions & 

les 



IX Bl BLIOTHEQVR 

les Verfîons de la Bible; il leroit feulement 
à fouhaiter qu'au lieu de mettre tous les 
titres en Latîn^il les eut transcrits tels qu'ils 
font dans la Langue où les Livres ont érc 
originairement écrits , fans y joindre une 
traduâion Latine. On ne doit pas donner les 
méines éloges à fa féconde Partie, il y a 
oublié plufieurs Ouvrages qui méritoient 
bien qu'il enfitmention;ila altéré plufieurs 
faits qui les regardent ; enfin Tordre Alpha- 
bétique des Auteurs auquel il s*eft attaché 
eft bien moins commode que Tordre des 
matières, puis qu'il arrive fouvent que i*on 
a befoin de voir la fuite des Commentaires 
& des Traitez que Ton a compofés fur un 
Livre de la Bible ou fur quelque fujet quiy 
a rapport;& qu'il eft très-rare au contraire que 
Ton ait befoin de connoître deux Auteurs 
dont le nom commence par la nicme let- 
tre deTAlphabet. Le P. le Long,quiafcnti 
cet inconvénient, a tâché d'y remédier par 
. une Table, où les Livres font dispofcz feloa 
l'ordre des matières; mais cela ne fuffit 
point parla raifon que nous en avons ap-r 
portée. Enfin, les jugemenseuffentdû être 
plus frequens dans la Bibliothèque Sacrée; 
& la Modcftîcque TAuteura pouffée trop 
loin en cette occafion, prive fon Recueil 
d'un des plus grands avantages qu'il pou- 
voît avoir. Il ne s'agit pas feulement de ra- 
ma/Ter un grand nombre de titres de Livres; 
îl n'y aperfonne qui avec un peu de loifir & 
de travail , n'en faffe autant: le Public de- 
mande quelque chofe de plus d'un Hilio- 
rien Littéraire/ On exige qu'il faffe un 

jufté 



Françoise. ij 

]ût discernement des bons & des mauvais 
Livres, qu*il en retrace le plan & enfeîgne 
Ilil^e à quoi il peut être utile , enfin qu'il 
foppléeà tout ce que les Ledeurs, qu'il doit 
foppofer peu inftruîts , viennent chercher 
dans fon Ouvrage* 

Pour faire voir que nous n'avons pas tout- 
i-fiiîttort de dire qu'il eft échappé quelques 
négligences à l'Auteur, nous avertirons 
ici de celles que nous avons remarquées en 
parcourant le fécond Volume. Pag. f 91. il 
omet la Paraphrafc de Job par ce George Ab- 
boiquele Sr.Hennîngius Wittenius confond 
avec l'Archevêque de Cantorberî j(i), & 
ne dit mot du Sermon de Robert Abbot E- 
véquede Salisbury fur le Pfeaume CX.Pag. 
7yi il auroît pu dire que les XIV Livres de 
Commentaires de George de Rîmînî fur les 
Epîitesde S. Paul parurent en ipiàRimiiii 
nicme. Il met en lyiy l'Edition des Annota- 
tions de Jean Bagcnbagius,quoiqu'elle foit 
de 1518 (x) & il oublie piufieurs Imprcf- 
fions des Commentaires de Cyrîacus Span- 
genbergius que M. Wendlerus à pris foîii 
d'indiquer (3). Enfin , n'eut-il pas dû aver- 
tir dans l'Article de Férus que l'Edîrion 
de fcs Ennrraiions fur S. Jean faite à Lou- 
vain en 1559 étoît préférable à toutes les 
autres dont on a retranché l'Epitre D'dîca- 
tt^îre (4.) ? Mais fans entrer dans un 
détail qui pourroît devenh* trop en- 

nn- 

Ci) V. Baylc Dia. Hiftoriqve k Critiq. aa mot ^M«r. 
<2) V. Wcndleri Pr§dr§m, BitlirthecM Bibl'um p. i^. 
{i\ p. 16. ubi fup, 
(4) V. Cokomicz Bihli; Chêiu p. jp» 



14 fi I B t, 1 O TBE Q^tF B 

nuycax , veut-on faire mieux ? Que Ton 
compare rEflàî d^unc B-bliotheque Sacrée 
que M. Wendlerus nous a doDnée en 1711(1) 
avec celle du P. le Long, on y apreodra plu- 
fleurs chofes que celui-ci n'a pas fuëst & 
Ton verra la dîtterence infinie d'un Auteur 
qui commençant par les Ouvrages les plus 
andens & delcendant jusqu'aux plus recens 
donne (or chacun le jugement des autres 
& le fien , & un Ecrivain qui le contente 
de donner un Catalogue de Livres à mefii--» 
re qu'il parle alphabétiquement des Au- 
teurs. 

Ce ne fcroît Jamais feît fi nous voulions 
à préfent entafler ici les titres des Dîfïcrta- 
tions qu'il a oubliées & dans lesquelles ce- 
pendant on a agité des matières afièz eu- 
rienfes. Un Extrait ne comporte pas de 
femblables Tupplémens & nous trouverons 
peut-être moien de les mettre un jour à 
leur vcrfrable place. Ilefttemsde finir après 
avoir répété ce que nous avons d*abord dit; 
malgré les défauts que Ton peut reprendre 
dans la Bibliothèque Sacrée, cet Ouvrage 
efl un des plus utiles que l'on ait donné de* 
puis longtems au Public* 

Comme le P. le Long mourut pendant 
I'impr;^ffion de la Bibliothèque Sacrée, le 
P. Des MoIets,qui avoit toujours été inti- 
mement lié avec lui, & qui lui a faccedé 
dans l'Emploi de Bibliothécaire de la Mai- 
fon de S. Honot é,a pris foin de l'Edition & a 
mis à la tête une Vie complette defon Ami. 

Nous 

(1} l Itat 9n I, 



Françoise if 

Nous nous contenterons d^ea tirer les 
ciiconftances principales. 

Jacques le Long naquît à Paris au mois 
deMsâ i66f d'une famille honéce. Il fut 
élevé i Etampes par un Oncle qui lui iufpi- 
rade bonne heure les fentimens de vertu & 
d'amoar pour les Lettres qu'il a gardez 
tODt le refte de £t vie. Ses parens le de/li- 
nereot à entrer à Malthe en qualitif de 
Frcrc fcrvant ; il y alla effeâivement & y 
ftt fiir le point de périr encore plus demi* 
fcrc que de Pefte. Le jeune le Long s'en- 
nnyant à Malthe feignit d'y être fort in- 
commodé; ce qui eng^ea le Grand Maître i 
lai accorder la permiffion de revenir â Paris. 
^près deux années d'£tude,il fut reçu Maître 
es Arts. Ce fnt à peu près dans le même tems 
CD i^S^qu'aïant été touché d^un Sermon que 
préchoit un Père de rOratoîre,îl entra dans 
cette Congrégation. Son année d'inftitutioa 
finie, on l^envoïa enfeîgner les Mathemati* 
qncs à JuîUy, d*où étant venu vifitcr fafamil- 
k à Paris pendant tes vacances , il tomb^ 
danfereofement malade. Ses Supérieurs le 
décfiargerent alors de la Régence & lui per- 
nûrcut de fe retirer à Notre Dame des Ver- 
fû». Ceft là qu*îl fit connoîflSmcé avec le P. 
Mallcbranche & que fe forma entr'eux cette 
^oîte lîaifon que la mort feule a pu rompre. 
i^P. du Bois. Bibliothécaire de S. Honoré ' 
ttant mort & celui qu'on lui donna pour 
fucccflcur n'aïant pas toute les qualitez nc- 
^^ajw , on en xhargca le P. le Long qui 
«voit phifieursi Langues & connoiflToit bien 
i«5 Livres. Il commença par faire le Cata- 

Ic^ 



l6 BiBLIOTHE Q^UE 

logiie de fa Bibliothèque en croîs manières dif- 
férentes , & il y a mis un tel ordre, y a fait 
des augmentations lî conliderables, qu'elle 
efl! dçvcnuë dans la fuite une des plus bel- 
les &des plus nombreufesde Paris.Ce n*étoit 
jamais qu'à regret qu'il en. voïoît fortir les 
Livres, & cet Homme, qui les prêtoit fi ge- 
jiereufement aux Etrangers qui eu avoient 
befoin , ne fouffroit qu'avec peine que fes 
Confrères en emportafTcnt quelques-uns. 

Le P. le Long publia en 1708 les Racines 
Hébraïques de fon Ami le P.Renou, Ce 
Livre fait fnr le modèle des Racines Grec- 
ques de M M. de Port Royal eft fort utile. 
Sa Bibliothèque Sacrée parut l'année fuivantc 
en 1 Vol. in 8 & elle fut fi bien reçue que M. 
Bornerus la fit d'abord réimprimer à Leipfic. 
Elle fut fuivie en 17 13 de l'Hiftoire des Poly- 
glottes. Il conçut alors le premier dclleîn de 
fa Bibliothèque des Hiftoriens^ maïs il donna 
l'Hiftoire des Démêlés de Philippe le Bel 
avec Bonîface VIII,Ouvrage pofthume de 
M. Baillet,& il prépara une féconde Edition 
de fa Bibliothèque Sacréô, avant que de lâ- 
cher en 1 719 ce prodigieux Catalogue,bîen im- 
parfait iï on je compare avec ce qui refle à 
faire ; ma is digne d'admiration dès queron 
veut bien envifager équitablcment le travail 
& 'les recherches qu'il a dû coûter à fbn 
Auteur. Que s'il n'a pas toujours été exaft, 
il ne faut s'en prendre qu'à l'étendue du 
deflTein. Le P. le Long aîmoît fouverainement 
Pcxaftîtude & fon bon ami le P. Malle- 
branche lui en faifoit fouvent des reproches 
^ezpîquans. 

Ou- 



F fe A N ç O I s I, i^ 

Outre la féconde Edition de la Bîblîo- 
niqueSacrce à laquelle il avojt mis la dér- 
"'^e main, il avoit projette un grand Re- 
'^pcjld'Hiftoriens de France;mais fa morr,ar- 
^fee le 15 d'Août 1711, ne lui a pas permis 
J «tenter ce deiTcin. Un.Ouvrage Chrono- 
T9ue,qQcleP. DesMotettjoindta qneî- 
^^cjouriune Edition augmentée & corri- 
i^^ it la Bibliothèque des Hiftorîeos de 
nance^eft tout ce qui nous en refte. 

f^P.lc Long ne s'ctoîtpas borné à V<^ 
t^dcde THiftoire Littéraire; il avoit cultî- 
•éavec un foin presqu'égal la belle Philofo- 
r«v.?our]aPoë(îe &l'Eloqucnce,iI les mé- 
FifA fouverainement. Homère & Virgile 
^'cndormoient. Déplorable état de l*Hom- . 
DteîNousne peffeftionnons une de nos Fa- 
cultcz qu'aut dépens de l'autre; & cepen^ 
^aat la pcrfeéHon ne fe trouve que dans 

1 union des talens qui paroiflent les plusop* 

pofez. 

ARTICLE IL 

Recueil de phjteurs Pièces iPËÎoquencB 
préfentées à Plic^dcmic Fraûçoife />(?«/* 
It Prix de rjnnJe 1 72I. avec plufieurs 
Difcours qui ont été /prononces dans 
l'Académie ^(Splufieurs Pièces de Poe* 
fit qui y ont été lues' en différentes oc* 
cafions. A Paris chez J. D. Coignard. 
1723. u. />;). 286- 

Tm. m Part, T. B Voi- 



j8 Bibliothe q^u e 

Voici leXXV.Recacîl querAcijdémîc 
Ff ançoifc donne au Public depuis 1* An- 
née 1671. qu'elle a commencé à diftribucr 
des Prix d'Eloquence & de Poëfie; & com- 
me les Pièces qui ont concouru pour ces 
Prix s'y trouvent accompagnées de plufieurs 
Discours prononcez par les Académiciens 
à leur réception ou en d'autres occafîons, 
îl eft vrai de dire qu'on doit regarder ces 
Recueils comme les trcfors de l'Eloquence 
Françoife. 

Le'Volume que nous annonçons renfer- 
me I. trois Discours pour le Prix de Tan- 
née 1711. Ces paroles de TEcclefiafte Ch. 
VII. 6. Melius ejl a Saf tente çorripi, quatm 
flultorum adulatione decipi ^ c'eft-à-dire , 
qu*H vaut mieux être repris par un homme fa- 
ge que (Titre feduit par les fiateries des infen^ 
fez^t en font lefujvt. 

Le Discours auquel le prix a été adjugé 
eft de M. le Noble natif de Bourgogne & 
refident depuis quelques années à Paris , le 
même qui en 1716 remporta, aux Jeux Flo- 
raux deTouloufe, le prix du Poëme. Cet- 
te Pièce eft écrite avec afiêz de folidi- 
té , de juftc/Te & d'éloquence. La dîâion 
en eft pure, & elle mérité d'autant plus 
l^s fufrages de l'Académie que Ton n'y voit 
point que l'Auteur fe foît laiffé corrompre 
par oette manière dMcrire peu naturelle 
mais fedûifûnte, qui s*eft introduite dans ces 
derniers tems. 

M. le Noble divîfè fonDtjfcours en deux 
Parties ; dans l'une îl fait voir que la Fla- 

terie 



!FiiAî^çdi«E. 19 

-IcrîcDc peut être que fuwefte à ceux qu'el- 
le ièduît, &dan$ faurre que les avis des Sa- 
ges qui nous reprennent ne peuvent que 
Dons être Cilutaires,fî nous en voulons faire 
on bon ufage. Il établit fa première propo- 
fition furie Caradere durlateur. Diffici- 
lement pourrions -nous ]e iuivre dans tout 
ce qu'il en dit de beau , fans pafier ks bor- 
nes ordinaires d'un Extrait, & ce fera aflcz 
que nous raportions les principaux traits, 
pour qu*on puilfe juger du ftile de l'Au- 
teur & de la matière dont il traite fon fujec. 
Le Flatenr^ dît-fl , fo9ige à plaire y ^ eu 
cela /7 rejjemble à l^bonnéte Homme \ car le 
dtjir de plaire efl leg'ttime\ c^éft le premier lien 
isf le plus doux par bh la Nature a Moulu u- 
mir les Hommes ^pour leur faire goûter eufem^ 
Me le délicieux fentiment de leur ex ce lieu* 
ce y y <» foutenir les fou de mens far des 
fecours mutuels de lumière ^ de Vertu. 
Mais ce qui fait la différence du Flateur , 
f'f/î <iue Penvie qu*il a de nous plaire efl la 
feule règle des jugemens qu^il forte de nous ^ 
de tout ce qui nous regarde-y c*efi qu'elle déci- 
de feule des idées qu*il veut nouts ffgg^^ 
ter. Il eft /vident dès Jà que ce ne peut plut 
être qu^un Homme infenjéiff corrompu^ con- 
fondant le kien Çff le mal fous le feul nom 
d^agréable, n^àiant aucun refpeâi four la Vér- 
in, i*f la Vérité \ à^ autant fins prêt defa- 
enfer Pune ^ l*autre que malheureufement 
elles font bien moins ^n pojjeffion de plaire 
que le Vice i£? le Menfonge. . . . . '// veut 
nous plaire en tout Ç^f par conféquent dlter- 
miné à nt n<ftts ofrir que d^s idées riantes | 



ao BlBLIOTHEQ^UE 

il doit détruira toutes celles qui pourroient 
nous dire Jimfleinent que nous avons de l'Es- 
frit, des grâces^ dufavoir^ de t*habiUt/y 
delà valeur y de la religion. Il faut encore 
qu'il nous dife que ferfonne en cela ne nous - 
/gale ^ fans quoi il refier oit un degré de per* 
feétion isf de fuperiorité que nous n aurions 
point , ts? cette idée , jui e(i defagréable , ne 

peut convenir au deQetn du flateur yf«- 

r/o«xno>»j , ajoute l'Auteur , la force l^ le 
courage de parcourir une partie des tableaux 
extravagans où le Flateur prétend repréfen^ 
ter les objets de [es complaifances : La moin^ 
dre Beauté y efi peinte fous les traits de Ve- 
nus ; les plus légers agréments font ceux des 
Grâces ; tout Ouvrage paffable y eft un Chef- 
d^ œuvre i tout bienfait , une generofité sm^ 
finie ; une Imagination un peu vive y efi trat^ 
tée comme un vrai Génie ^ du premier or^ 
dre. On y voit une capacité commune dans 
toute V étendue cCune prudence confomm/e. 
La valeur la moins rare y parott dans tout 
réclat de V intrépidité jointe à la plus haute 
intelligence de la guerre ; quelques fentimens 
de candeur îif de droiture y jont traveflis en 
probité parfaite ; la pratique bornée de cer^ 
tains préceptes de la Religion y efi couron- 
née commf la pieté Ja plus fublime Çff la 
plus exemplaire. C^eft ainfi^ continue l'Au- 
tour, que ê^ abord ce Juge éclairé Sff ftncere 
des talens ^ des vertus fait voir qu*il n^en 
connoit point de médiocres ; mais ce n^eji pas 
tout. Nous croyons communément qu^il y a 
des chofes qui ne contribuent en rien à notre 
gloire ^ que même il y en a qui y font con- 
trai- 



Françoise. 21 

tTAlres: C*efl à cet égard qui le zilt ^ Pin- 
ékjbrit du Flateur je fignolent. Il fait nous 
trouver des fleurs fcf des dsamans jufques 
dans U fange. Il fait employer jusqu'aux ron- 
fts y aux épines pour nous faire des gusr* 
landes isf des couronnes. Il nous fait offrir 
comme autant des fruits falutaires isf char- 
mants les poifons les plus dangereux. . . La 
eonfufon ^ le desordre de nos idées ^é^eft abon^ 
' dance ^ fublimité de génie ; nos affeéiations 
font des fineffes délicates ^nos pétulances des 
vivacités aimables; nos indiscrétions ydes traits 
de franchi fc t^ des exaÛitudes; nos pejan^ 
teursjdes précautions fenfées ; nos hauteurs^ 
nos dédains^ nos accueils infolents^dejufles at* 
tentions à vtaintenir nos droits (jf notre rang; 
nos inaélions ^ nos indolences , un detacbe* 
ment Philofophique des cbofesd'ici'bas. Pour" 
fuivrons-nous f car on ne fauroit que mollir^ 
en détaillant unperfonnâge auffi dégoûtant^ 
aujfi horrible que celui du Flateur: On crainP 
de Ce fouiller eé raportant fes impudences ^* 
fes infamies y fes contradiélions. Selon lÀi^ror- 
gueil n^ejl point orgueil^ c'eft noble ffi d*ame , 
fentimens héroïques , majefté naturelle, Uw- 
varice n'eft qu'une œconomie lossable, fondée, 
fur P expérience ^ juftijiée par les évenemenc 
contre lesquels on ne peut avoir trop de ref 
fources. 

Vufage le plus outré des voluptés n'ejl 
que lajouï£ance légitime des douceurs de no* ' 
tre condition. Ce n*e/i qu^une bonté cbarmaw^ 
te qui aime à fe répandre isfqtiien fe corn-- 
muniquant ne fait que des heureux. 

ha colère /la vengeance . la cruauté; €0- 

B3 »'^ 



%1 BidLIOTHEQUR 

l^V/ï ^ne fenfiMité déitcate fur tout ce qui 

h kùH ordre. 

La tyrannie n^eft qu'une prévôt an ce ferme 
v^ Af ^ ^^fff^^ ^f attentats de la licence Çs? 
de la rebellhn. Elle eft utile même à ceux 
quelle opprime. L^ Impieté., oui l^ impieté rfi 
un mérite nkx yeux du Flatenr, C*eft une 
fopce d* esprit fuperieure à des préjugés *vul- 
gaft^s Çj frivoles. Force d'autant plus étâ- 
Thirahle que ces préjugés font ceux de tout le 
Ge»re Humain, yoitàjusqu^où les Ftateurs 
portent P espèce de fureur oU ils font de nous 
r^fklre Contents d*eux ^ de nous. Il n*e/f 
poi^^f de maximes certaines , de ksx 
faintes , de règles inviolables , . qu'ails ne 
tournent en problèmes fans canféjuente ^ 
fp opinions m/prifables^ en erreurs ridicu- 
les , pour adoucir y pour détruire les remords^ 
les craintes , les reproches qui pourraient 
nous aftiger. Quelle funefle reffource pour 
nous que de tels Amis ! 

Je fais 5 ajoute T Auteur, qu'il eft doux 
éP'être loué k^ car effé. Mais pouvons-nous goû»i 
ter des careffes^ telle: qttc celles dont onarrin^ 
feroit des enfans , telles que le railleur le plus 
impitoyable les emphyeroit pour fe jouer de 
nuire (implicite \ telles,^ plus terribles enco^ 
re que les embra(fements d*un malheureux 
pefliferé qui .viendroit nous ferrer entre fes 
bras , Çef qui foufieroit dans notre fein le ve^ 
ffin mortel qu*il porte dans le fein ? Car ee 
n*eft point trop dire pour exprimer le mat 
que nous fart un Flatewr qui nous feduit, 

La 1. Partie du DisCwrs de M. le No- 
ble , 



F H A K Ç O I s fi. Z^ 

UCf a*cft ni moins forte ni moins belle que 
h pcemiere. Il y montre lebefoin que nous 
avons des coniçils d'un Homme l^ge, & 
l'utilité qu'on en peut retirer. Reportons- 
Cfl un petit fragment; il fera juger du relie. 
No» feulement le mal ejl mêlé avec le bien 
dans toutes nos fit uat ions ^ dans toute no- 
tre conduite y mais il y domine presque toâ* 
jours. Pour u» beau jour qui nous luit\ pour 
un infiant de gloire isf de plaifir > pour une 
entreprife qui nous réuffit ^ qui nous fait 
honneur 3 pour un trait d\fprit , de coura^ 
ge, d'habileté^ (^ de prudence ; c*eft une Ion- 
gue fuite de jours f ombre s l^ orageux^ dt vains 
defirs^d* espérances cofrfunduès^de triomphes fri- 
voles y de fuccès avarteZ'^d* inquiétudes i^ de 
peines , d'agitations , de miprifes , de chutes 
i^ de travaux. Combien peu voit-on d^hom* 
mes atteindre à P excellence dans leur /irt^ 
(^ dans leurs Emplois ? Et de ceux qui y 
parviennent , combien peu en voit-on qui jouif- 
[ent de cette gloire dansune pureté parfaite^ 
querien ne corrompt i^ n^empoifounéi A Pas-^ 
peâdes miferes qui dominent dans la defiinée . 
des hommes ^ onferoit d* abord tenté de croire 
qtte la vie m letir a^ été donnée que comme un 
fonge fatiguante oà le beau , le bon ^ le grand, 
auxquels ils aspirent ^ne leur font montrez que 
comme des phant & mes ^ faits pour amufer leurs 
Jejirs Çff les tromper plut cruellement. Cepen- 
dant gardons -nous d^ avoir cette penfée. Ce 
feroit faire injure a la Providence qui nous 
ayant imprimé le mouvement rapide ^ in^ 
vincible qui nous porte au bonheur i^ à la 
ferfeâion a dû nous donner isf nous^ a donné 

B + en 



1514 B I B L I O T M E Q^ V E 

f » effet les Moyens fuffifAnt s pour y parvenir^ 
autant que le permet notre nature : en f^rt^ 
que le vrai mérite y le vrai repos nefon^ 
point pour nous une chimère , ^ que nêus 
n*avons aucuns maux qui n^ayent leur re^ 
. me de ^ leur confolation. Cette fcience 4fâ 
vraiùonkeur^ continue M. le Noble, eft entre 
les mains des hommes^ y du moins ils la 
poffedent en communauté^ Ce qui en eft igno^ 
ré de Vun , peut être fuppléé par Pautre : 
heureux y s^ils F^imoient tous! Chacun^ pour 
prix du peu de forces ^ de lumières qu^il 
c9mmuniqueroiti auroit à lui toutes les fore es- 
isf les lumières des autre s\ i^ ainji ils écbape^ 
rotent tous à cette foule de miferes qui tes 
perfecutent (sf qui les accablent ; /// 
remplir oient leur dejî'tnée : mais presque 
tous les hommes , loin de nous aimer , 
font nos plus grands ennemis, Tous presque 
attaquent en diverfes manières nos vies y 
isf nos kiensj nôtre réputation ^ notre repos ^ 
notre vertu ; les uns par l"* ignorance , l\nvie^ 
isf l*impoJiure'Jes autres par la perfidie ÇsP l* or- 
gueil \ les plus cruels de tous par la fiaterie; 
car les Flateurs nous arment nous-mêmes 
contre nous ^ nous rendent complices de tout 
les pièges qu'ion nous tend^ Çj de tous les 
coups qu'on nous porte , nous font artifans 
de nos propres malheurs , en nous les cachant 
fous un voile af^éable. Il ne reftedonc qu*un 
petit nombre d^ hommes à qui nous puiffions 
avoir recours dans les travaux de la vie , 
qui puijfent nous aprendre à en diminuer 
le nombre ^ le poids , ^ nous aider 
^ en fortir glorieufement ^ svec fruit. 

Q?^l^ 



Françoise 2j* 

Quelles doivent être leurs qualité z^. Il faut que 
non feulement ils Jacbent par leur propre expe^ 
rievce ce que c^efi que le vrai bonheur de 
f homme l^ ce qui y efl opofé^ mais il faut 
encore qtfafjés humains isf %enereux pour 
s^interejjer à notre fort Jls veuillent bien nêus 
communiquer les fruits dune expérience fi 
precienfe. Et tel efi le caraéiere des Sages 
qu^on oppofe ici aux Flateurs. Si nous cher- 
chons des Amis , voila les plus parfaits que 
nous puijfions choifir : Amis confiants de la ye- 
ritei^ de la Vertu , ils poffe dent toute la gloi- 
re y le repos que nous pouvons trouver ici 
bas , Ê5f ils ne goûtent que mieux Fun £<f l^au- 
tre , quand ils nous les procurent, 

M. Fargez de Polizy , Avocat du Roî au 
Châreletde Paris, eftrAuteur du deuxième 
Discours. Il s'attache 4 y monprer runIJtf 
de la Genfurc & le danger de la Flatcric. 
Rien ne contribue davantage à ramener 
l'Homme à lui même ^ dit cet Auteur, y«tf 
la Cenfure\ c^eji par elle que le voluptueux 
renverfera lui-même V Autel quil a élevé à 
fon idole , que Vincredule (^ Pimpie revien- 
dront de leurs égaremens , (^ fauront lever 
le fatal bandeau qui leur couvrait les yeux, 
C V/î par le fecours de la Cenfure que le Sa* 
vant abjurera des Sciences vaines ^ infruc^ 
tueufes pour borner toute foff étude à la necef- 
fité de je connoitre fùi-même, C^eji par le 
fecours de la Cenfure que Pon fera revivre 
dans le coeur dun fils rebelle à fon Pcre^ ces 
fentimens respectueux d'obeijfajice isf de ten- 
dreffe que la Nature y a gravez 5 ^ que les 
paffions en avoient effacez,. Mais pour que 

la 



Z6 B I B L I O T HE Q^V E 

laCenfiirc ne foît point infruâuenic:, // 
fûui, ajoute M- Fargez, qui la Sageffi Lt 
guide ; que la discrétion la règle ; que laprptr- 
dence V anime \ lui ôur tout ce qu^eile a^ d^ 
rude Çff de rebutant i la tempérer par la dota- 
ceur ; étudier le caraéiere ^ le joible de ceftjc 
qu'*9n veut reprendre 5 fajfir les moments fa.^ 
vorables. Avec tous ces taleus & ces nié- 
nageinens , Ton parvient, félon lesexpreC^ 
fions de TAuteur , à fe faire écouter avec 
docilité ; ha Raifon peu à peu rentrée dau* 
fes droits ; P Erreur fe dijjipe \ la Vérité fe 
maxifejîe j le cœur je dévelope ^ Id Vaveu dti, 
crime commence le triomphe de la Verttu 
Tel eft à peu près le précis de la premier:^ 
Paitîc- 

Dans la Icconde TAuteur expofe le dan- 
ger de la Flaterie. Il commence d'abord 
par faire voir que THomme eft fou prcmiei; 
& (on pîns dangereux Flateur > & qu'il a'eft 
point d^extrcmîté à laquelle il ne f»; porte ^ 
a^, loin d'ctre cenfuré par un Homme pru- 
dent, ce fl)nd)imépuifable d'orgueil & d'à- 
nioorpropre>c][m eft en lui, eft eacore nourri 
par les louanges irompeufes d'un lâlche & ' 
vî! Adulateur. 

Cette, prcmrere idée eft fuiv^îe du portrait., 
du Flatcnr. N*aiFoiblîflbns point les traits 
dont réîoquent & pathétique Auteur le ca- 
raârcn'Cr.TûKfWrj livré au menÇonge\ toujours 
prodSfrme de louanges concertées y i^nutel de fo» , 
Idahue fume jamais que d'un encens trompeur f, 
d^mt les 'jttafeurs malignes offusquent la Rai- 
fim {3* eurrampent le cœur. Voulez^veus 
réméré cette vérité fenfible , ajoûtc-t-il , »^- , 



Françoise, a/ 

ftrvezfes faujjts démarches » Çj^ develofet hr 
homeâx replis de fon cœur , /; le cœur im 
Pdtenr eft fenttrahle. F^yez, comme il /tndie 
vôtre fiilf le ^ vôtre penchant \ comptez^ fi 
VùMS le poftvez , en combien de mamtres il 
Ji plie pour arriver à fe s fins. C'e/i un mi^ 
mr fidèle qui ne perd aucun de vos mouvez 
meus ; pas un ne lui échappe ; // les expri- 
me tons. Il na poinC d'^ opinion ; point de goût 
fui lui foit propre, f^os Jentimens font la 
règle des fiens ; quelquefois cependant pour [e 
donner mtprès de vous un caraBère de fin ce- 
rite , il ofera vous reprendre d^un léger ^Z- 
faMt\ mais dans ce moment il prépare i vor 
vices les plus cri ans le dangereux poif on defes 
louanges que vous buvez d'autant plus aifé^ 
ment que vouf les eroiez Jinceres. Votre 
avarice fajjerct donc chez lui pour une fage 
9conomse\ votme attachement aux plaijirs 
criminels pour un delajjement d^ esprit \ ro- 
ire foif insatiable des richefjes pour une pré^ 
cûution prudente de t avenir '^P amour des Hvm* 
mes mondains pottr une noble ambition atta* 
ckée i vôtre naijjance j le mépris des petit s pour 
le caractère d'' esprit de la véritable grandeur^ 
vôtre penchant a calomnier ^ à médire pour 
des railleries ingenieufes^ iff des faillies vives 
qnifont lefel Ç^ P agrément des converfatrons. 
Enfin , dans la bouche du Flateur » les crimes 
les plus affreux deviennent des Vertus he* 
roiqueSy dignes et être fous votre nom trans^ 
mifes pour modèle à la pofttrité. Vous cro" 
yez peut-être Pembarraffer en lui demandant 
de quelle Religion il efî ? Vous vous trompez t 
rien nt Ini conte , il e/f de la vôtre. Impie 

avec 



%^ B X B L. I O T H E Q^U E 

avec les Impies ; Déifie avec les Déifies $ // 
fuura même Je revêtir des dehors respectables 
'de la pieté ^ ^ s'il le faut , jouir Us Uoni-^ 
mes em ^feignant de travailler pour le Ciel, 

M. Farge^fait voir cnfuite par les exem- 
ples de Néron, de Roboam àd'Achab, ce 
que Ton doit attendre d'un Prince qui fc Ji- 
vre aux Flateurs. Le Flateur parle , Ne- 
rom écoute^ ^ dès ce moment Rome eji em 
feu% la Veuve n'a. plus de proteSeuriVOr- 
fbelin pleure une féconde fois fon père ; /r 
Tribunal de l'Empereur ^ devenu le centre de 
Padulation , n'eji plus Paztle du malhest- 
reux s la canfe de l'innocent défendue par des 
lèvres ruftiques î«f timides ^y eft jugée comme 
le crime ^ (j celie du coupable fot^ttnuè par 
le riche , y triomphe tQÂjours ; fes audiences 
me font Jphts marquées pour être des jours de 
compalfioH £5? de fenfibilité ^ cârrempu pdr la 
flaterie , il ny paroi t que pour faire voir la 
prééminence de fa naiffance £5? de fon rang , 
ou pour y donner le vain i^fafiueux fpeâack 
de fin autorité iff de fa put (fane e. 

Cette Pîcce eft ccritç avec beaucoup de 
feu. La troîfiémç qui a auffi concouru 
pour le prix à les beauté?. , & mérite. d'être 
îucj îîîaîs les longs Extraits que nous ve- 
nons de donner des deux premières, &.ce 
que nous avons à dire du refte du Recueil 
ne nous permettent pas de nous y arrêter. 

Le tribut que l'Académie de Soîflbns 
s'cfl engagée d'envoyer tous les ans à l'A- 
cadémie Fnmçoife, comme un hommage 
de fa filiation !,& une redevance, pour ainfl 
dire, de fon établiflèment, fait le fujctde \^ 

qua'» 



Françoise. 19 

^aatriàne Pièce du Recueil- On y fait voir 
que doMs Us Aétious Publiques il fsuf être 
touche pour touchtr, 

L*OQ remarque qu'il eft aîfé à ceux qui 
parlent pour eux-mêmes de toucher les au- 
tres , de faire fentir ce qu'ils feotent , 'parce 
qu*eD eux la pafiîon agit conformément à la 
vérité , & que l'Auditeur la recevant de h 
frtmiere ntu'm , y entrt auffi-têl^ {5? Ispar^^ 
tout avec celui qui Pa conçue. Mais la mê- 
me facilité ne fe trouvant point dans ceux 
qui parlent pourautrui,tels que font le Pré- 
dicateur , 1* Avocat & l'Auteur , il eft des 
règles générales, qu'ils doivent obfever^s'ils 
veuicnt toucher , émouvoir , perfuader. 

La première 4^ ces règles , (èlon l'Aca- 
démicien Soiflbnnoîs, eft qu'il faut qu'il y 
ait de la bonne foi dans l'émotion de celui 
qui parle. Des fenûmeus fimulfz « dit-il , me 
forment que des mouvement aJfeÛez'» Usim* 
fofent pour quelques montées ^ mais le de^ 
guifement ne pouvant fe foutenir longtems » 
bientôt P artifice d/couvert dégénère em mm 
froide en un ridicule qui dégoûte VAmeUtemr 
£îf aliène fçn affeSion, 

En fécond lieu, l'on ne doit jamais em- 
ploVer fiin Eloquence que pour honorer 
la Vertu, défendre la Vérité , proscrire le 
Vice,proteger l'Innocence. Alors FOrateur^ 
qui doit toujours être Homme de probité^ 
i'mtérejfe naturellement a fon fujet , C5f '/ Imi 
eft aifé de f animer. Il Padopte , il t/poufe , 
four ainfidire^ il le rend fien^ une profonde 
méditation en remplit fon ame ; // en efi tout 
pénétré ; il le revit de circonftances patbr- 

ti' 



^O BlBLIOTHEQ^UE 

tiques i il s* en forme intérieurement desîpna-- 
ges qu*il peint enfnite dans fes far oies az^ec 
des couleurs affez vives pour faire fur d'autres 
$éne pareille imprejfion. 

En troifieine lieu , il faut prendre garde 
de ne pas afoîblîr le fcntiment par de» pen- 
f(5es & des expreffions trop recherchées. 
belles affeSations^ dit. l'Auteur, amufetit 
VAuditMur Sff pendant qu^ elles donnent de 
Fexercice à T esprit^ le coeur demeure à fec, 
hefoldat quipref^e V ennemi nobferve fasfi fes 
mrmes font brillantes ^ fi fes coups font mefk^ 
rez* 

Eufia, l'Orateur doit éviter de faire du- 
rer, trop longtems rdmotion. La paj/îon 
u fes homes \ pour s^épui fer dans V Auditeur ^ 
elle n^ attend pas qu'elle Joit tarie dans celui 
qui parle, L* agitation pouffée trop loin vafe 
irifer contre unferieux qut déconoerte U Dé^ 
clamateur, Hachons donc ,conclud l'Auteur, 
d^ animer nos dijcours , moins par des faillies 
d'imagination ^par des expreffions énergiques-^ 
moins far la contention de la voix i^ ♦^^'- 
Jation du gefie ^ jque par une véhémence /«- 
terieure qui naifje de Nmprejfion qu^ a faite 
fur nous r importance du Jujet, N^en trai- 
tonsiamais aucun où le pathétique fafje rougir 
la yertu. Soutenant toujours fes droits ^ li- 
vrons-nous À rémotion que la cauft exige; que 
notre ardeur ait moins befoin dêtre excitée 
que d'être reprimée ^^ fila hienfeance nous 
ramené au calme ^ qu'on y voye unrefted^é- 
tnotiùn , comme dans ces corps fonores y re- 
tentiffants, qui forment encore quelque fin <- 
fris ^jim a ce(}é de les agiter. 

Apre» 



Frakçoibe. 31 

Après ce Discours viennent quatre 
Complimens qui ont ét6 faiis au nom de 
i'Academîe. Le premier par M. Malet à 
J'Infante Reine , lors de fon arrivée à Pa- 
ris. Lalècoode par M. TAbbc Mongînà 
M. Dodun pour le féliciter de fa nomina- 
rion à la Charge de Controlleur General des 
Finances. Le troîfietne par M. Languet 
Evéqne de Soifibns , à M. le Cardinal du 
Bois, nommé premier Miniftre; le quatriè- 
me par M. de Fontenelle au Roi fur fou 
Sacre. 

Entre le III. & IV. Compliment on trouve 
le Discours que M. TEvéque de Soiflbns 
ftan Roi au Mois d'Oâobreijii, lors- 
que ce Prince fit fon Entrée dans l'E^life 
de SoiiTons , allant, fc faire ûcrer à Reims. 

Ces Complimdns font fui vis du remcrcî- 
ment de M. le Cardinal du Bois^ Jors qu'il 
fiit reçu dans l'Académie Françoife & de 
la réponfe que M. de Fontenelle lui fie. 
Nous ne dirons rien de ces deux Discours, 
parce que tous les Journaux en ont parlé, 
& qu'il n'eft lans doute aucun de ceux qui 
Oiit quelque goût pour les Letres qui n'eu 
aycnt déjà connoiflànce. 

.On trouve enfuite deux petits Compîî- 
mcus faits au Roi & à M. le Duc d'Orleanr, 
par M. de FontenisUc , far la mort de Ma- 
dame. 

Si les Pièces de Pocfie qu'on a inférées 
dans ce Recueil ne font pas confiderablcs 
par leur nombre & leur étendue , ell^s 1« 
font du moins par la grandeur & l'cxcellcn- 
ce du fujet. Elles cgnfiftcnt en quelques 

Stan- 



25 ^ BlBLIOTHEQ^UÈ 

Stances de M. Robert du Chalard de l'A- 
cademie de Soiflbns , adreflces à Tlnfantô 
Reine ; en un Compliment de M. de Isi 
Motte au Roi fur fon Sacre ; en une Ode 
de M. Danchet adreflëe anx Citoyens de Pa* 
ris fur lé paffage du Roi par fa yille Capita- 
le au retour du Sacre , & en deux autres pe- 
tites Poèfies du même ; l'une fur le jour de 
Ia Naîflance du Roi & Tautre pour être 
chantée dans une Fête donnée à ce Prince 
par S. A. S. Monfeigrteur le Duc* Voici le 
Compliincnt de M. de la Motte. 

Jadis de la voûte azurée 
Au premier de nos Rois la Colombe facréc 

Apporta le Don du Seigneur. 
Louis du même Don tu reilens l'eâScace; 
Le Seigneur dans ton fein a répandu la grâce 

Qui fait un Roi félon fon cœur. 

Cher Monarquei au nom de la France^ 
Au nom du Peuple entier, dont tu fais l'es- 
perance, 

Conferve ce Divin thrcfor ; 

Tu dois aider le Ciel ï former fon ouvrage, 
Et faifant de fes Dons le plus fidèle ufage^ 
Mériter qu'ils croilîcnt cncor. 

Chargé du Sceptre tutclaire, 
L'Autel t'a vu promettre à TOrphelin un 
Père , 
A la Veuve un Confolareur. 
Accompli tes faintes promeffes. 

Prïn- 



F R A N Ç Ô î 5 Ei ^^ 

hioce^toas les befoi&s atrte^dent tes largeOes» 
Tout Malbeureax un Proteâeur. 

N*eii crois pas ton ardent coarage : 
Si jamais des combats t'embeliflaot rimage 

Il veat t'arracher au repos ; 

Crois-en de plus fages maxir^es : 
Souvent des Conquérans les exploits font de$ 
crimes; 

Lefeul jufte efi le vrai Héros. 

Enfin ce Recueil eft terminé par quelques 
Pièces qui n*ont de raport avec l'Académie, 
que parce qu'elles font d'utt de fcs Mem- 
bres , & il fufSra fans doute que nous di- 
fions qu'elles font l'Ouvrage de M. l'Abbé 
Mongîn, pour qu'on s'attende à tout ce que 
l'Eloquence Françoife a de plus fin & de 
plas achevé. La principale de ces Pièces eft 
rOraifon Funèbre de H<;nri de Bourbon , 
Prince de Goiiti , que cet Abbé prononça 
le 1. de Septembre 17 17. dans rEgMfc de 
la Maifon ProfefTe des Jefuites de Paris ^ 
pour fitisfaire à la fondatioh de M. Per- 
rault. Il y reprefente fon Héros fous deux 
faces. Premièrement comitieUnielé & cou- 
rageux défenfeur de la Religion Catholique, 
malgré les préjugés de fa naiflànce. Secon- 
dement , comme un religieux obfervateur 
des devoirs qu'elle prefcrît malgré .tous les 
obftacles de fa grandeur. Nous ne fuivrons' 
?^ rOrateur Chrétien dans l'exécution de 
fon plan , parce ' que cda nous menerf ic 
trop loin , & que ce que nous en dirions n'a- 

T^m.III. Parf.L G jou* 



34 B I B L I O T HE vi^v E 

jouteroit riend'ailleurs à la repuocioa d< 
l'illuftre Acadfonicien. 

Pour les autres Pièces qu'on raporte d< 
lui , ce font des Harangues quMl fit en 1719 
en qualité de Député des Etats de Boiir- 
gO^Qy au Roi, à Madame , à M. le Dnc 
d^Orleans Régent , à Madame la Princefïèj 
à Mad. la Dncheflè Douairière, â M,, le 
Duc à à Mad. la • DttchdTe fon EpCMile. 
Tout y eft énergique , brillant , & délicate- 
ment exprimé* 

On s'attendoît de trouver dans ce Re- 
cueil, fuiv^fit Tufage, le Panégyrique de 
S. Louis que le P. Surîan de rOratoîre 
prononça k aj Août dernier en prélence 
de rÀcademie; mais il faut&ns dcmtçque 
lamodeftipde fon Auteur , fameux par Ion 
beau tal^ntpour la Chaire, aitfeule privé le 
Public de cette Ikttsfaâion. 

ARTICLE III. 

LfUr^ krit^ au fujef de PHiftoire d*E- 
* Yiieux , anwmcét dans les Mémoi- 
res Hiftoriqucs & Critiques du Mois 
d*Aoik I7ZX. 

LEs Leâeurs ont b^rQîn,ponF bi^ enten- 
dre la Lettre fuivaçte , de fer^iiiettre ee 
cjui fut dit dans l^s Mémoires Hift^riquet 
ipf Çri^Ufs du Mou i^A»ût p^* 9^. su 
fujet de CHifiQtr^ d'Evre^^, Voici le p«f- 
iàg^ entier: „ Il y a b^qciHip de; Pièces 
,^ curieufe$ à ^ jga de. TOuvragc qui 4 

filas 



Françoise* 3jr 

^> fins doute coûté beaucoup de peine ôc 
), de recherches à l'Auteur : imfs le lujet 
„ ne fournît rien de bien important pouf 
„ les Gens de Lettrt»*^ Lé ftyle n'eft pas 
„ non plus affcz châtié , ce qui n'eft pas 
„ étonnant dans tin nouvel Ecrivain* Ce 
^ qu'on lui pardonneroir moins , cVft. fa 
jj crédulité pour la prétendue' poffeffion des 
5, Rcilgîeufes de Louviers, dont Larrey & 
„ beaucoup d'autres fe font moquez avec 
„ raîfon. " Quoiqu'il n'y ait rien moins 
qxjcdes Eloges dans cette façon d*ànnon- 
cer un Livre, un Anonyme a cru cepen- 
dant qu*elle étoît encore trcn) douce j iSt il 
n adrrfTé cette Lettre au Libraire. Nous 
fommes fort éloignez d'àpirouvcr les termes 
trop vifs dont il fe fett contre M. le Braf- 
fcttr, & cette raîfon nous l'eût fait fupprî- 
mcr fi nous ne favtons pas que les Journa- 
liftes ne font po^nt responiables de ce qui 
fc trouve dans les Pièces qu'on leur adref- 
fc , pourvA qtt*ils ayènt foin d*avcrtîr qu'ils 
ne les adoptent pas. 
„ Quoi, Monfieut,J' Auteur des Mempt- 

„ res HiJloriqUtS &* Cri^sjftes ii'a pas la 
>, même Charité pour VHiJJ^treéTEvreMXj 
n qtt'ontett Mrs.les Joiïrnaliftes de Paris, & 
9, ceux de Trevoul? N'auroît-îl pas dd gai*- 
M der le flicnce cotnme eux,& croire chîirîta- 
rt blcment,que, qa;.nd ils n'eu ont pas parlé, 
„ c'cft qu'ils net ont pas jugée digne de l'at- 
„ tentfoti du Public? Depuis uji an que le Lî- 
„ vrcparoîtylesPuîflTances Supérieures le dé- 
,, fcndf ut , les Gens de Lettres n'en difent 
, mot , lîs gens du Païs n'en liient pa., une 

Cl * pa* 



9y 

11 



3,6 BiBLIOTHE Qjr « 

page, qu'ils n*y trouvent à redire par quel- 
que endroit. Le Public , félon n&trc 
Hîftorien, eft toujours un jufte eftima- 
teur du mérite ; le Public ne trouve au- 
cun mente, ni dans T Auteur, ni dans 
l*Ouvrage : Il faut donc,felon les principes^ 
de TAuteur même, ou fe taire par cha- 
rité , ou ne parler que pour le cenfurer, 
„ Je felicîtois dans le fecret l'Hiftorien 
,, d'Evreux du filence que Ton gardoît i 
^, fon égard ; Mais je vois bien à préfent ^ 
„ qu*il cfttems de le plaindre, puis qu'on 
„ commence à lui dire ce qu'on pen(e de 
fon Ouvrage : car les Étrangers qui le 
liront pourront y faire des remarques gène* 
^, rales,qui ne feront pas conformes aux pria* 
y^ cipes de r Auteur , & tousfesCompatrïo- 
„ tes révoltés contre le Livre, a caufe des 
„ faits faux ou omis, engageront peut-être 
„ quelqu*un du Pais à rendre publiques 
„ toutes les remarques particulières qu*oa 
„ a faites dans la Ville, & dans le Dîocelc* 
L'Auteur des Mémoires dit que Ouvra- 







•„ l'Abbé de Vertot l'a fait pour lui dans 
„ ion Approbation , malgré le titre qui fe 
„ trouve contraire quatre pages au-deflus. 
„ N*y a-t-il rien de malin dans ce change- 
„ ment & de la part de l'Auteur des J&e- 
„ moires & de. la part de l'Approbateur du 
,, Lirre? Evreux de bonne foi entre- t-îl 
„ beaucoup dans l'Hiftoire,avant l'établiflc- 
„ ment de la Religion dkns le t'aïs > & 
„ depuis cet établfllèmeiit, en voit-on un 

feul 



F R A K f O I s E. '37 
9 feol trait d'Hiftmn CiviU jusqa*à la ve- 
„ ouë des Normands > Un petic mot de 
„ Cefar (brfvrettï e(l-il de quoi faire une 
„ HiJioireCivUef Maïs une Eglife qui com- 
„ mence avec la Monarchie , (elon TAu- 
„ tcur , (fi tant eft,en paflant,qu*elle ne{com- 
„ menée pas plutôt) & donc les £véques 
n presque tous fe trouvent à tous les^ Con- 
,, cîles du Royaume , ou de la Provinco 
„ pendant cinq cens ans, peut bien faire un 
^ commencement d^Hîjioire EcclefiaftifMem 
n Ainfi rEglifè devoit bien marcher de* 
y^ Tant la Ville dans le Titre, comme dans 
„ rOuvr^e. Ce n'eft qu'Hun mot pour un 
,» autre , dira peut-être nôtre Auteur, c*eft 
„ une bagatelle. Mais c'eft une bagatelle à 
„ laquelle tout le monde a fait* & a di(l 
fj faire attention. Ce n'çft qu*un Anachro- 
j, nisme de cinq cens ans« L^ Auteur ne dit 
jj ritn de notre Ville jusqu*à Tarrivée du 
„ fameux Raoul, premier Duc de Norman-^ 
„ die , dont il fait un portrait dans le (lile 
a, doquel on reconnoît qu'il a lu Fell\^us 
„ PiUtrcmfus^ traduit fi mal à propos dans 
„ l'Epitre Dedicatoire à (on illuftre Elevé; 
„ (Ce Magiôrat, en paflant, n'avoit pasbe- 
„ foin du fade éloge qui s*y trouve , pour 
„ être connu , & respeâé de tout le Roy-^ 
,y aume ) & il dit toat de l'Eglife depuis 
„ Clovis jusqu'à Charles le Simple, 

^ L'Auteur des ^^Mt/r^/ dit que TOu- 
91 vrage a (ans doute coûté beaucoup de 
^ peines , & de recherches à T Auteur do 
n THiftoire. Nou , Monfieur , T Auteur n'a 
,» point fuéfuribnOuyrage^il le dit lui-môme 
9, dans fit Préface. L'Ouvrage,tel qu'il paroît 

G j «• 



j8 BiBLIOTHE Q^U B 

„ suJQurd^hui 9 -j; n'eft point tê» Ouvrage" éle 

91 deffân frimtdité ^ç, C'eft le pur luixau-ci 

„ oui nous le procurera l'Auteur mâtne 

,, levante, que THiftoire d'Evreax n'e£l 

„ qu'un prJlode dont il veut preflèntir Iç 

,, goût du Public, Nous avons bîea aocrç 

„ chofc à attendre de fes favames recher- 

„ chcs;îl a un b:en plus noble dc0cxn;&s amis 

„ le publîent^il n'y a plus de fecrçt à gvder, 

„ on peut en informer le Public, il travs^llp 

^, dk'û^VHi/toireiU Normandie Si on peut 

^ juger del'Ouv rage futur,parrOuvrigepr^- 

„ fent , & de l'a Pièce par l'échantîMoa ^ ne 

,*, dcvroît-it pas le repofcr pour fe dédain- 

^ mager de (es premiers travaux , qui , à ce 

,» qu'on débite » ont fait un tort trè*-con- 

yf fiderable à (à fan té. Ce qui eft de certain, 

„ c*eft que fi Mrs- de St. Maur entîepren- 

^j nent THilloire de Normandie, coomie 

\y ils ont entrepris celle de Bretagne, de 

,) Languedoc, &c. ils n'ont rien à Qtmtdro 

,, de ce Précurleur, & pour en juger ^ ils 

,, peuvent confultçr nos Meûieurs de St, 

^9 Taurin d^Evreux^ Us leur eo disoitf des 

31, nouvelles^ 

,, Il y a beaucoup de Pièces curieufês à la 
„ fin de rOuvrage, dit r Auteur de$iWfi»rf- 
,, r^s. Ouï , Monfieur , ne fuflènt que tou- 
,r tes celles qui regardent les Miracles de 
„ St. Taurin, & de St» Sauveur. Il n'y 
,, ujanquoît plus pour groffir le Livre que 
',, toutes les Pièces qui regardent le mira- 
„ cled'Illiers, dout l'Auteur de THiftoire 
:^, a une parfaite connpiilànce, & tous ces 

roi« 
t t T^mçt 4ç la fti&n^ 



F R A N Ç O I s ï. 39 

^ traîs miracles enfemble ne fervfroîent 

,» pas beaucoup à affermir les nouveau! 

„ Convertis, ou à convaincre les Esprits 

,» forts. Quan4 vous voudrés,Mr.jevoiis 

„ en donnerai TMiffoire au net f > '* y a des 

„ faits qui vous divertiront. Peu de gens f 

„ ont fait peut-être autant d'attention dans 

„ le PaÎJ, que le curieux M. ♦***. qui m'a 

M communiqué fort oblî^emmént fon Ma* 

M nufcrit fur tous ces faits. Je vous envof- 

^> rai m^e, pour rire ^jusqu'aux Chanlbiis 

^ (orties de S. Sauveur fur le prétendu mi* 

-» racle qui s'y eft fait , & vous y remar- 

„ qwcrez avec plaifir le vrai carââere de 

jy toutes les perfonnes qui ont Conduit Hn- 

,^ trigue. Vorre Cabinet vous rend trop fe- 

^ rieux, il e(t jufte que je contribue à vdu:S^ 

„ faire fafre xtne once de bon fang. 

,> Le ftile de TBidoire n*eft p^ ^ct 

„ châtfé , dît rAuteur des Mémoires. Mr. le 

^ Braflcur fera bienttxjmpé d'^un pareil m- 

^» g/sraent ; car il la fortune, jaloule de ibii 

»> élévation , ne Teût pas r'abaiflK , fes vues? 

^ alloient jusqu*à être Membre de TAca- 

,» demie Françoîïe, fur Fîdée qu'il çTétoiV 

^y faite lie Ion mérite. Tout ceci > M(. fansT 

I» medifimce. L'Hiflorien dit qu'il a ^té obli- 

>, gé de refondre tout rOuvrag^ de M. le 

^ Jau Doyen, de N. 0. d'Evreux, Auteur 

^ du Serits Efiscoporum Êbroicenfium, Ûii 

voir 

t I/Antenrde cette Lettre nousieroit plaSfix <!• ■•o^ 
cmoTer cette HlftoireFolIt. et d*/joStidrt lies Courts 
foit iif^uUL Attittt o«ébit àt respeft' aux vttIuMes. 
BûMeHaoiMK m dbitai»«ir4l*to^f(i&iliair^4emM- 
^iin ceux qui f«nt(ttrp<^s ea faux, 

C 4 



\ 



42 B I B L I O T H É QiV E 

P. Bbtrgcs , AntOTi de THrAorre qu« novtà 
annonçorfs, PcScarre de CiccafRmne eft en 
grande rcneratroii depurs la ffu daXfr. fie* 
clc. Cet AureiTT raconte for la foi de l'a* rrj^ 
drdon, qirc àsns ce rc^ni-îà, c'etl-à din^ 
en 1x98 *, de^x RelfgUtiX de fon Or are" ^ 
domt tun efi qualité iVrateur dît. Roi d'dr^ 
ragQ9f y n'Offrant dclaPatefiine is^de ta f^ilfe 
de Ptolemdtde , arrivèrent à Carcaffottffé 
avec cette Relique ; ^e leur àej^ein étant de 
la porter à\f(Hihf^^ Ht fe mirent ^ chemite 
paur t exécuter , mais qu* après avuir roulé 
fu^lfun heures faen pemmr a^vamer^ ils r^f- 
eoeenttrem qme cet ^^acU 'tu- venait fnint 
fiMS pteique^rete àisfiijkiit» d^cCtel^ à^la- 
^têelle Us ne devoUnt^pUu reJiJUr. En^firte 
qiCitant^ reUiurnéi a leur Courent de Car- 
caffhnne^ £3^ a^ant raconté à fears Frerts les 
efforts inutiles ju^its arorenf faitJ peur cr>n^ 
âmmer kur vâyt^ , ih leur dA^tfptf/ren^ ^ 
tmireme en mai» fa precietÊfe /tekfint fm'ils 
fortoient. 

Le P. Bouges ajoiîte, que la negligerrce 
de ceux <\v\ dévoient en couJièrvec les T»- 
tces, ou les malbeucs des tems , f^iit lo^cst»- 
fe qu'oa kv'a pd laverie plus précfCaneût ni 
qu«mda ni pin: qui ellefuc oépoféeà. Car* 
caiïbiiiiei iTK^îs qn'îl y %.d! ailleurs des pfesê»^ 
ixei incontefiaàUs dejfitf atUenttcité ^ de fa 
vérité j, lesqnelUs doivent tenir lia place des 
jarntalil6%, qtintr- okÇerv^ 4mjour£hui- a C/m 
fard des ReteqtieSf notêf^eUemwai découvertes, 

C6& preuves foiic prènûéresneni un Pro- 

ces 
* Il faor qu'il y ait uvcenear dans ce chifre, pois». 
^ttt l'Auteai dit ^a'e ce ftlt fttc .la fin isk^Xi ficdç. 



Françoise. 43 

ch qa'il y eut en 14011 an fojet de ce Suai- 
re entre ^AJbbé de Cadooïn' & les PP. Au- 
^Qfiifls de CarcafloDQe. L'Abbé prétendorc 
que ces Rei^çieux ezpofofent â la venera- 
&m dxi Public une Reliqae nouvelle & qu'on 
fiippoibît fàufièment être une partie àà S, 
SoairedcCadoui'n^ qui éioitators à Ton* 
kmfe dans TEglife des BemardiRs. Il 7 eut 
for ctia de grandes & vives cooteftatfons 
de part & diantre ; &: les Auguftins s'étant 
pourvus devant le Roi Charks VI. & fe Pa* 
pe Beooii Xlli , Pou nonunades CommfF- 
lares , qui, après avoir pris une entière con- 
noiilânce de Térat des choies , adjugèrent 
gam de cau(e à ces Percs. 

Le P. Bouges rire fes autres preuves de 
Tapprobation du St. Siège dt de ptuiieurs 
Evéqucs de Garcailbfiiie, éies AUréuks in^ 
çùwêifiabUs que Dieu a opères en divers tems 
par cette Relique, & de )a vénération wm 
interrompue às% Peuples pendttit quatre fie- 
dlcs. 

Paru» les Miracles que l'Auteur rapor- 
te, il en eft im qui poutroit tite de quel- 
que confidcration , s'il éioit fiiiSfaimnent 
avéré. E» 1^44. Martin de S. André, Evé^ 
que de Carcauoime» voulant s'afiurer de la 
venté de la Relique dont fl s'agît , en cou- 
pa avec des cî&aux une petite pièce qu'il 
jetta, en prcfence de fou Clergé & de tous 
les Corps de la Vilte,en un feu qu^on avoir 
allumé dans TEglife des Auguftîns. Mats 
elle éroit à peine au roilicudes fiâmes , qu*on 
la vit, dit^on, s'élever en TairA: y demèu^ 
rçrquelquç texns fuspenduc, au grand éton- 
ne* 



44 BlBLIOTHE Q^U E^ 

nemenc des Spcâaceurs. On revient à la 
£3harge , & pareil le chofe arrive encore. E ii- 
fin l'£véque reprend la pièce, & TayatK 
mife pour la troifîeme fois dans le brafier , 
09t VU alors les cbarBêns tout ardents jt dis^ 
fer fer de tous cotez far PEglife avee une itn^ 
fetnojité;^ isf un bruit extraordinaires , feH' 
dont que la fetste pUee toujours faine kîf em- 
t'tere voltigeoit dans Pair. Il ièmble que la 
mémoire d'un Miracle de cactel nature, ar* 
rivé vers le milieu du XVI. fîecle & ea 
préfence d'un grand peuple , eût dû être 
conlervée par quelque Aâe ou par quel- 
que Monument public. Cependant quels 
font lesgarauds du P. Bouges? Une attes- 
tation d'un Chanoine de Montréal , en 
date du ix. de Mai 1^41. qui certifie l'avoir 
oui raconter plufieurs fois dans fon bas â- 
ge,par £bn Perc, Homme pieux, Avocat 
du Roi au Senechal de CarcaiTonne, qui 
avoir été témoin oculaire:Uae Ordonnance 
de Martin de St. André , portant confirma- 
don de la Confrairie érigée en l'iionneur de 
ce Suaire , où l'on ne trouve par cependant 
le moindre mot du Miracle, pas feulement . 
Ta moindre préfomption. Enfin le Maufo- 
Jce appelle le Crucifix , qu'on voit au mi- 
lieu de la place de Carcaffonne & 
qu'on (ait par tradition avoir été élevé 

Îouf perpétuer le fouvenir de ce Miracle. 
/Auteur promet d'en fournir les preuves 
dans les Annales de cette Ville, auxqucl- 
lei il travaille. Mais pourquoi renvoyer à 
un #utre temps , & à un autre Ouvrage dos 

prcu- 



F R A N Ç O 1 s éÎ^ 4J 

fctOTcs qui dévoient naturellement troavçr 
id QDe place ? 

La matière dont ce Suaire cft compofi? 
cft encore, felon le P. Bouges, uncpreu* 
vedefon ancienneté. Cr»*<yî, dit-il, nid§ 
fayt y mi Je léûne , vi de cbmrore , ni d^/cor^ 
ce d'arbre , mi de lim ; c\fl urne espèce diffe- 
temte am rapport des Voyageurs les plus cm- 
rteux , ami ajjfuremt qm^on en a perdu Pmfege 
depuis Umgtems. Pour lui , il panche à croi- 
re que c'cft d'une toile très-fine ^ très-de- 
6/p, qui fe fabriquoit i Sidon , Ville de la 
Pbcnîcie. 

Il repond en(ufte à une objeftîon qu'il 
Sxi lui avoir été faîte par M. Fabre Mé- 
decin de Carcaflbnne & très- habile Phy- 
ficîen , fur ce que les Tories /ont de leur 
nature fort fusceptibîes de corruption & 
il fait voir par quelques exemples que fi 
des tdles ctmne pareille enti fuit é font rares , 
cette rareté '^ient plutôt de Ja négligence à Ici 
iwjerver que de Pimpreffion de l'air» 

L'Auteur n'entre point au furplus danti 
la controverfe tant rebatucf du Culte que 
TEglifc Romaine rend aux Reliques. I>fe 
contente feulement de refondre en peu 
de mots les difficulté?, qu'on peut faire fur 
ce qû^on ne trouve point de vertiges d'au- 
cuns Suaires de J. C. dans les fix ou fept 
premiers fiecles de rEgHfe,&fur le grand 
nombre qui s'en eft répandu depuis ce tems-»» 
là dans la Chrétienté. 

Le P. Bouges auroit pu donner plus d'é- 
tendue à cette Hîftoire ; mais il a voulu fe 
renfermer umquemrât ((ans fon fojet , & 

roa 



4^ B I BL I O T H£ Q^Û £ 
]*oo Toit bien qu'il a moias cherché à fkfr^ 
parade d^ine£raditioQfaftaeufe& chargée , 
qu'à édifier le comOMia des Fidèles par un 
récit fimple & fiKdnt de tout ce qu'îl a 
pu croaver pour jufttfier la dévotion établie 
depuis plufieurs fiedes eovers cette JR^eli- 
que. 

Au rcQe le P. Bouges eft fort confîd^-é 
dans fon Ordrç, où il a pafTé par toutes 
les D^QÎtci qui y difttoguent leâ Gens de 
Lettres. Nous avoiis de lui une Brochure /jy 
fol. de %<. pag. imprimée à Touloufe en 
1701. fous le Titre à^Exercttatioaes im 
umivtrfis Saçr^ Scriptmra h€9$ T'hetw-Po-- 
lcmica% & une Differ$4thm Hijiuriqui ^ 
PùUmiqmt fur Us LXX. Semaines €ieDauieI^ 
publiée Tannée fuivante. Il a encore com- 
pofé deux autres Ouvrages Latins qui font 
prêts à être mis au jour; favoiri une P*/- 
lofopbie Âuirgiftimenne ^ & une Chrùnolojrie 
Sacrée ^ Proùbane^ Il s'occupe à préfent 
aux Annales de la Ville de CarcafTonne ik 
Patrie, fur lemodèledes belles Annales de 
Touloufe que nous adonnées M. de la Faille. 

ARTICLE V 

Eloge de M* i>rC ahpistkoiJj de IJca^ 
demie Françoife. 

TEan GalbertdeCajnpiftron né à Toulou- 
J fe, vers le niilieu du dernier ficelé, &inort 
cm^ la même ViHe le li. de M;û de Ges- 
te année 1713, étpit d'une bonne & ancienne 
famille, quia fonvem été h^niorée du Capi* 

tou* 



Françoise* 47 

toolat. Lfcs remomrances fréquentes qu'il 
^'actiroit au GiJQC d'aae incUiianon doDt Ta 
Âmille apprehendoît les fuites & la durée, . 
!e porteront à quitter de boniié heure & pa* 
trie pour aller i PaHs, où il eut bient)At fait 
connoifTanoe avec les Poète» admirables qui 
renoavelloient alors en France le fpeâacle 
que la Grèce & l'Italie avoieiu eu foos 
Alexandre & ibus i^Tigufte. M. de Cam* 
pîftrottfelîa particuliercmcDtavecM. Raci* 
ne qui lut rendit bientôt après un Cîrvîce con- 
lidcrable. M. de Vendôme arait prié M. 
Racine de fc charger des rers qu'il vouloir 
mêler dans la Fête qui fe préparoit à Aoet 
* pour M. le Dauphin , mais en même tcms 
qu'il s'excufa d'un fi grand honneur, il lui 
offrît M. de Campîllron comme celui qu'il 
connoîflbît le plus cnpaoîc de rt5pondrc à 
fe$ internions. Le fiicccs juôffia la prédic- 
tion de M. Raciîie, & î^'Opera é^Âas (sf Gs» 
latée fiit le prirtcipiil ornement de cccte 
fiiperbe Fête. M. de Vwdôme, encore plus 
touché de la geiierofité de l'Auteur qui re- 
fu£i une f(>iTime coLfiderable qu*tl îufof* 
fi-oit, le prit chez lui > lui donna peu si pea 
toute fa confiance , & fe l'attacha pour 
toujours c\\ lui conférant quelque tera» 
après la Charge de Secpcraire General des 
Galères. Il a témoigné dans cet emploi uît 
dcfintereffement partait, & toKte la France 
cft encore remplie d'Officiers q«i (âvenr 
iVcc quelle confiance i! a méprîiX des pro- 
fits confiderables. qu'il cât même p4 faire 
kgttîmement. Sa niglîgenca à répondre 



48 BiBLIOTHE Qj; E 
aux Lettres qu'on lui écrîvoit eft la feule 
chofe qu'on luî ait pu reprocher, & M- Pa- 
laprat nous apprend, dznsfi» Difiomrs fur ta^ 
Comédie de PImportantj que M. de Catnpis- 
tron avoit là-deiTus une réputation fi bien 
établie, qu'un jour qu'il bruloît un tas îin- 
menfe de Lettres, M. de Vendôme, qui 
luî voïoit faire cette expédition avec un fbiii 
infini , die à ceux qui fe trouvèrent préfeus^ 
le voila tout occupé à faire fes réponfes, M. 
Palaprat remarque au même endroit , que 
fon caraâere étoit presque indéchiffrable* 
Quoique M. de Gampiftron fût plutôt 
auprès de M* de Vendôme pour partager 
fes plaifîts, que pour avoir foin de (es af* 
faires ; on peut dire cependant qu'il l'a uri* 
lement fervi. Ce Prînce,qui, loin d'être de 
l'humeur de la plupart des Grands, fe fai- 
foJt un plaifir de combler de biens ceux qui 
lui étoîent attachez^n'eft pas demeuré en res- 
te avec M.de Campiftron. Outre un Mar- 
qui(àt en Itah'e , il lui avoit procuré en Es- 
pagne une Gommanderîe de l'Ordre Mili- 
taire de S. Jaques , & il y a lieu de croi- 
re qu'il en eût encore reçu de plus grands 
bienfaits, fi, dans le tems qu'il avoit le plus 
de droit de les espérer, il n'avoit pas de- 
mandé à fe retirer dans fa Patrie. M. de Ven- 
dôme fit ce qu*il pût pour le retenir , mais 
en vain , & M. de Campiftron partit mal- 
gré luî. On fait que ce Prince a été fort 
piqué de cette retraite & qu'il a même ac- 
cufé d'ingratitude M. de Campiftron; mais 
celui-ci n'eft peut-être pas auUî coupable 
que Ton fe Tcft imaginé. Sa fantc ne lui 

pcr- 



Françoise. 4^ 

^nnctttïit plus de continuer un genre de 
vie quî J'avoît dcja confiderablement altc- 
rtc. Ceux qui conn^M'lIènt M. de Vendôme 
n*ont pas bcCiîa d'un plus graod détail. 
Quoiqu'il en foît, M. de Campiftrôn fereii- 
dir a Toaloufe , où il avoir été confirmé 
Mainteoeur lorsqu'en 169^ les Jeux FIo* 
raaxfrrent convertis en Académie, iLyfut 
aJi Capitoul en 170 1. Enfin au Mois de 
Novembre 17 10, îl y fit une des plus îlluftres 
aHianccs quM y pouvoir faire en époufant 
MademoifeUe de Maniban de Cafaubon, 
feut de M. TEvcque de Mîrepoix d'au- 
jonrdliQÎ, 

Pour venir aux exploits Littéraires de Mi 
de Campîftroii , nous remarquerons qu^î 
a?oii rcmponc les trois Fleurs- des anciens 
JcQiFjoraux, & que fon Opéra de Gala- 
thcc fut fuivi deceluî d'Hercule dont la réus- 
fite fut moins qu'équivoque. On en jugera 
par ce Couplet : 

A force de forger on devient forgeron» 
Il d'cq eft pas ainfi du pauvre CampifiroDi 
Au lieu d'avancer, il reculei 
Voyez Hercule. 

Lcj deux Epigrammes fuîvântcs ont plu» 

dcfel. ^ 

Siitre Caiiipiftron & Colaffe 

Grand débat *s'em ut au Parnade» 
Sur ce que l'Opéra n'a pas un fort heureux; 
De fon mauvais fucc^nul nefs croit coupable- 

fm, UL Part. L D L'ua 



5*0 B I EL. iOf H E Q^V E 

L'un dit que. la Mufique efl plate 8c mifèrablc 
L'autre que h Conduite & les Vers font afireux 
£t le Grand Apollon» toujours Juge équitable» 
Trouve qu'ils ont raifon tout deux. 

Lully prèsdo trépas» Quinault Air le retour» 
Abjurent l'Opéra» renoncent à TAmour^ 
PrefTez de la frayeur que le remords leur donne 

D'avoir gâté de Jeunes Cœurs 
Avec des Vers touchansôc des Sons enchanteurs* 
Colafle & Campiftron ne gâteront perfoone. 

Les Tragédies de M« de Campiftron lui 
ont fait plus d^honneur. On en a jusqu'à 
huit Editions, dont celle de 170/ & les fui-* 
vantes doivent erre préférées , parce qu'el- 
les font aifgiTientées d'une allez jolie Co- 
médie intitulée le Jaloux dtsabufé. Les Tra- 
gédies font au nombre de fept & l^on peut 
toîr ce que l'Auteur lui-même en penfoîr 
dans les Préfaces qui les précèdent. Anironit 
& TiridaU paiTent dans l'èspr te des connoi& 
feurs pour ce qu'il a fait de mieux. M. de 
Campistron a parfaitement traité, dans ces 
deux Pièces , des fujets que la Religion & 
la Politique ne lui permettoîent pas Œexpo- 
fer fous leurs véritables noms» & que Je 
ftccès a bien fait voir convenir parfaite- 
ment au Théâtre. AUikiade a auffi fcs par- 
tifans & il cft vrai qu'il renferme dt% vers 
admirables* Les fuivans font dignes de Ra- 
cine & de Corneille; 

JeneTOuspark {>Iosdt thà naiffante fiarome. 



François I. 51 

Cen eft faicXcpcncUDt fQMvepn-vou(, Ma- 
dame, 
Qix^ û dans mes Aysiix je oe voit point 4e 

Roys» 

] ai iair connoicre au moint mon Nom pir 
nés exploits ; 

Qiic,fi pour voui aimer il faut uoe Cooroniirt 

Ce B'cft pas la Vertu ic*eft le fort qui la donnd 

Qa*enfiji«s*il n apas mis ud Tceptre daus ma 

]c ne dois pai foygir des faqtesdu Deftin. 
]fT09$hiflei il cil Uibs dereinplir votre 

lUcntei 
Jimus ma paffion ne fut fi violente. 
24ais,mal$ré tout l'aiDour dont mon coeur eft 

épris , 
Je fcns qu'il n'eft point fait pour fouffrir des 

mépris* 

Maïs quelque belle que foît cette tirade, 
& quoique M; de Cainpiflroa allure que la 
îcuâice de cette Pièce fut plus brillante que 
celle d*Andronîc , nous ne croïons pas ce- 
pend^r qu*on les puîfTe comparer enfemblci 
& il y a bien de la différence entre yne Tra- 
gédie qui n'a que de beaux vers & des penfées 
nobles pour tout merite^& une autre où tous 
lesCar^fteres (bqt (îg^lenieiit foutenus, côm- 
nie dan$ Andronîc, par exemple. Une cho- 
fc qui fait encore beaucoup de tort à TAl- 
cibiadc eft la découverte qu'un Anonyme 
apobliife 4ans le Mercure Galant du Mois 
de Juin J7XI| qupftUePUct mitait autrt 

D a lU^ 



51 BiBLIOTHE qjJ fe 

cho/e que le Themiftocle de Du Ryer^nonftsé^ 
tentent pour la conduite totale^ mais me 999^ 
fur quantité de vers copiez tout de fuit t^. 
Comme nous ne nous trouvons pas aéku- 
ellement entre les mains le Themiftocle, 
ilnouseft impoflîblede vérifier (1 cette ac- 
cufation eft bien fondée. Mais M. de Cam- 
pîftron,quî ne peut gueres l'avoir ignorée, 
auroît-îl négligé de larefuterv fi elle n'étoit 
pas Véritable? Unhommeauroît-ileu la har- 
diefTe de l'intenter de fon vivant, fi elle ctoît 
fâuirc? Les préjugez font ici pour raccula-^ 
teur contre la coutume i mais enfin ce 
ne font que des préjugez. 

N'oublions pas que M. de Campîftfon 
fut reçu au mois de Juin 1701 dans TA- 
cademie Françoîfe à la place de M. de 
Segrais. Ce choix lui fit d'autant plus d'hon- 
neur, que cette Compagnie venoît de pren- 
dre une réfolution contraire à la maxînnc 
qu'elle avoir réligieufement obfervée jus- 
ques 11 , de ne recevoir perfonne qui ne 
l'edt auparavant demandé. „ Elle a jetré Icrs 
.y yeux fur vous,luî dit M. l'Abbé Régnier en 
répondant à fon Remerdement ,j daiijs un 
tems dû pour être plus en état de ne dé- 
férer fcs places qu'au mérite , & pour mé- 
„ nager davantage la délicateffe des perfon- 
„ nés les plus propres à les remplir ,el le s'eft 
„ faite une loi de leur épargner à l'avenir 
„ les Ibllrcîtatîons que le feul uûge avoît 
„ introduites & qu'elle ne faifoit que ta- 
^, lercr. 

Enfin , M. de Campîflron vient de re- 
cevoir de (es Compatiîatcs uite marque 

de 



11 

>5 



Françoise.- 53 

dediilinâîon qu'ils n^avoient encore accor'- 

iéti perfonne. L* Académie des Jeux Flo- 

nox a rendu public fbn Eloge JFunebre. 

OA le premier <Juî ait éii imprimé *. Il 

dvrai qu'elle a ordonné en même temps 

que Ton en fproît avuaat à l'avenir pour 

chacun des Sujets qu'elle perdroit. Mais 

comme ils ne fbnt pas tous du mérite de 

M. Campiftron , il cft bîpn à craindre que 

ce nouveau règlement ne fubfifté pas toû- 

jows. Voici quelques traits de l'Eloge Fu- 

Bcbre que M. Ranchîn Lavergne a confa- 

oé à & mémoire: „ Né avec ungouc uni- 

,} vcrfel , il fit dç la plus haute Poëfie l'oc- 

9J cupation de Ci première jeuncfle. Le de- 

» fit de fc perfeélionner dans un Art que 

9t la Nature lui avoir apris, l'enlevant à fk 

7) Patrie, le conduifît d'abc^rd dans la Ca- 

n pîtale du Royaume. Nos Sophocles, Nos 

3, Euripîdes , rarîs , la Cour, tout appîau- 

n dit i fcs premiers Efïàîs, Kaçine confo- 

3% loit la Scène Françôife de fa vieilUJft de 

„ Ctmeille. M. de Campiftron ^ leur di^ne 

„ Kival , fouvoh la cotifoler de la perte dé 

M Vun y de r autre. Un croyait les fujets 

9) tragiques^ lesj^rands Caraâeres ^ lej fen' 

iiSments pathétiques épuifez* Ild/trontpà 

,, Hem tôt le Puhliç d'une ide'e qui faifoit tort 

^y i la Nation. Andronic , Akibiade , 7Vr/* 

1, date parurent nouveau^. Ils charmèrent 

}> les Esprits ^ les coeurs, £3? firent cou^ 

yi 1er des larmes des mênfes yeux qui avaient 

9) pleur/ aux Horaees ^ aux Pompées^ aux 

Pbe- 
* Pans le Rnmtil 4» Jettai F/mmmt que noas avons 
annoncé^, fc dtlit MOi partcfoiu aam le ]oiun|l 
wiraiit. P j 






54 BiBLIOTHI C^U B 
,f Pbedres ^du^ ÊrhaitHnUms, HemremxGd*' 
„ nie , Esprit aifél On voyçit hfirmh de fhm 
„ travail^ fans s^appercevoir du tents quil 
,, einphyoit à travailler» Apollon n^imjpire 
„ X ordinaire' les Poètes ^ue dans la folitmde 
(5^ doits le calme \ il infpiroit M. de Cant^ 
piftron an ntilien mime de la Cour ; eiam^ 
^ les plmfirs JCAnet , dans ces Fites majgmi^ 
j, fiques^maii turnuttueufes^oùjon Héros (il/. 
,, de Pendôme) alloit fe dAaj^er defesfati- 
91 i^^^ tmilitaires. Ajoutons encore ce trait. 
^ A vrirfes manières finsfkt^ p oppofées a 
„ cette vanfti jaftueufe ^ qui s^ empare J^eem 
«, Poète OipplauM iFattroit-on pris tour J*jfH^ 
^ teur de ces merveilleit/es 7ri^çaies^ refre^ 
„ fentées fi foùvent ^ plus fouvent rêde^ 
,1 mandées^ tranquille au milieu des ac'» 
,9 eiamations , on ne voyoit en lui qu*un te-^ 
^ nouvellement ie moaeftie qm ne lui fiei-- 
39 fiitPas mtnns Jf honneur^ que le fuceis de. 
„ fts Ouvragés, Il en parloit rarement^ il en 
„ avouoit les d^amts; car te Soleil mèkse 4 
j,yîf/ taches y ^ les Vir^iles^^ les Heme^ 
„ tes ont eu U^r affoitftffemenf^ ,, Le Pa- 
negyride nous appl*end enfuite sue T<oa- 
loule ft dispose à piacer fon Bulle parmi - 
ceux de ies Compatriotes qui Tom le plus 
il1uIlr^,ou parles Àrme^ou par les Scien- 
ces. Cette marque de dîftinâion eft due à 
M. de Camptmron , & Ton ne peut trop- 
tàt s^en aquiter. Mais qu'on nou« permette 
d*ajoAter, en ânîflant, qu'elle n'étott pas 
moins due à la Faille ^ & quVm a eu lieu 
dTêtre furprî^ que Mrs. les Touloufafns 



Françoise; jf 

f^cDt manqué à lui donner ce tén^oîgnage 
fubUc de leur reconnûiflance. 

ARTICLE Vï, 

Smtf ie PExtrait du Juge Conapctcnt 
des Ambaf&deurs , tant pour le Ci^ 
YÎl que pour le Criminel , 6?r. [/^ 
çvmmencemenS éft dans la I. Partie du 
ïlT§me de ce Jeurnal^p. 57-80.] 

Autant il eft di^cile de décider la quel- 
tien du Ju^e Compérent des Ambàilà' 
deurs , en ne faivant que les fimples lunijc- 
ret de la Railbn, autant il eft aifé . de fe 
tirer d'embarras lorsqu'on a recours à TU- 
^e, Grotius ne balance pas de dire qu'il 
cft pleinement perfuadé que comme les 
AmbaiHuleurs font (^enfez, par une espèce 
dcfiâîon, rcpréfenter ceux qui les envoient , 
fie même , par une autre fiaton de Droit , 
on les fuppofe hors du Territoire du Sou- 
i^crain auprès duquel ils font envoïex (i). 
lye confentement unanime de toutes les 
Nations doit faire admettre cepincipedans 
toocefon étendue ; il n'y a quW feul cas 
où il (buffre quelque exception; c'éft, par 
exemple, quand on n'a reçu un Ambauk» 
^r qu'à condition qu'il fçroît foumis aux 
Ix)ix Civiles de l'Etat où il vient exercer 
fc fonôions. Ainfî les Nonces n'entroient 
tatrefois en Angleterre , qu'après avoir pré- 
té 
M De Jnrt Mai & P^tù. Uk, U« Cap. it, S 4t 

P 4 



?<:ftrn,enrdeircri^T«»<».9E 

J' contre le Wen S ï^f^^^^le Roi 
'' faut que la PuiflJ," /*"yî"«ne (x).Mî,i 

d'fficuJtcî "vî."^". ^ »" grand Ju*^'"'- 
^oe que la!?;? • '^^"«ers >Grn»;^"' '^"«^ 



-^ujemtàune«o 



vi- 



F Ï5. A N ç O I s E. 5^7 

yitode^en ce qu'ils peuvent être également 
citez (bas le Lfeu de leur ancien domicilei 
iàos celui où Us refîdent aâuellement. 
Il n'y auroit que des Conventions particu- 
lières qui les pûllent exempter de cette Loi} 
maison n'en a jamais fait qui leur fuflent 
a avantageufes , & tout ce que les Etats Gé- 
néraux ont pu obtenir du Grand Seigneur 
& des Algériens , eft que les Con-uls Hol- 
landois qui fer-oient en Turquie & à Alger 

nepourroient être arrêtez, ni Jeurs bien^ 

ftifit 

Rwenons aux Ambafftdeurs. Oh doit 
teriter dans le Lieu où ils ont retenu un 
domicile^ en envoyant à l'ordinaire un 
Exploit dans leurs Hôtels, & s'ils n'ont 
point retenu de domicile, les appeler en 
Mice comme on fait les abfens , par un 
Mandement & des Lettres de eitation,fans 
oublier aucune des formalitcz ufitées. Ces 
fortes de cas n'ont pas de quoi embaraffer 
ceux qui s'y trouvent. Il eft bien plus delî- 
P3i de décider de quelle manière îl en faut 
îgir avec un Miniftre qui,avant que d'être 
Tev^tudece caraâere, demeuroît dans le 
JpêmeLieu où îl l'exerce. Les Princes fc 
fervent fouvent pour AmbafTadeurs de Cîr 
doyens de l'Etat même auprès duquel ils 
ïes chargent de quelques affaires: Dès-là,cet 
AmbafTadeur devient-il Sujet du Souverain 
9ai remploie ? Refte-t-iJ fous h Jnrisdic- 
ï'on de celui dont îl eft né Sujet ? Wicque- 
fot, qui avoît des raifons pour embrafter la 
première de ces deux opinions, l'avance 
Plutôt qu'il ne la prouve. Né à Amfterdam, 

Ds il 



Ç(5 B|BtIOTHE <i^V E 
té ferment de ne rien tramer contre le Rûî 
ni contre le ^ieii du Royaume Cx).Mais 
Il faut que la Puiflànce qui fe croit interef^e 
a mettre de femblables reftriâions fe foit 
expliquée bien clairement ; fans cela elle pa- 
rons ctre réduite au Droit Commun, 
qui fouftrait les AmbalTadeur? ^e toute Ju- 
nsdiâion étrangère, Wicqnefort le prouve 
en quoi il mérite beaucoup de louanges ' 
pardes exemples tirez "de i'Hiftoire mo- 
derne , dont l'authorité eft bien plus confî- 
derable en cette matière qiietous ceux qu'on 
pourro,t puifer dans I'Hiftoire ancfcnne. 
M. de Byukershoek confirme, dans le Cha- 
pitre fuivant,le fentiment deGrotius &dc 
Wicqupfort , en rapportant une Péclaration 
d^s Etats Généraux du 9. de Septembre 
1679 qm Y eft conforme; & coipme il y 
a plufleursterines équivoques Se qui pour- 
rotent donner Heu à un grand nombre de 
dfficultez s'ils étoîent mal entendus, il em- 
Ploie quelques pages à en développer Je 
fens.Comment doncs> faut-il prendre pour 
avoir Juftice d'un AmbafTadeur qui rcfufe 
de fatisfaire fes Créanciers ?Grotiîs remSr! 
que que la dernière reflburce eft d'en venir 
aux voyes que l'on pi-endcontre des De! 
bitcurs qui font d'une autre Turisdiâion 
c eft-à-dire,felon M. de BynkerC quT",-' 

vant leTnbunal auquel ils étoient fournis a- 
vamqued'étre chargez de l'Ambaftâde fifn 
.t)ue les CoDfuls jomOhnt de ce Priviiïe 
Jeur Emploi les aflujettit à une nouvelle^erl 



Françoise. yy 

'vitodc, en ce qu'ils peuvent être également 
un dans le Lteu de leur ancien domicilei 
k (fao$ celui où Us refident aâuellement. 
li n'y auroît q»-ie des Conventions partîcu» 
Jicres qui les pûlFent exempter de cette Loîj 
maison n*en a jamais fait qui leur fuflènt 
fi avantageufts , & tout ce que les Etats Gé- 
néraux ont pu obtenir du Grand Seigneur 
& des Algériens , eft que les Con'uls Hol- 
iandoîs qui fer-oient en Turquie & à Alger 
ne pourroîent £tre arrêtez , ni leurs bicn^ 
fûfis. 

Revenons aux Ambafftdeurs. Oh doit 
les cfter dans le Lieu où ils ont retenu un 
domicile^ en envoyant à Tordînaîre un 
Exploit dans leurs Hôtels, & s'ils n'ont 
point retenu de domicile, \^% appel 1er en 
Juftice comme on fait les abftns, par un 
Mandement & des Lettres de Citation,(ans 
oublier aucune des formalités ufîtées. Ces 
fortes de cas n'ont pas de quoi eiTibaraffer 
ceux qui s'y trouvent. Il eft bien plus déli- 
cat de décider de quelle manière il en faut 
agir avec un Miniftre qui,avant que d'être 
revêtu de ce caraâere , demeuroît dans le 
même Lieu où îl l'exerce. Les Princes fç 
fervent fouvent pour Ambafiàdeurs de Cîr 
toycns de l'Etat même auprès duquel ils 
les chargent de quelques affaires: Dès-là,cet 
Ambaftàdeur devient-il Sujet du Souverain 
qaî l'emploie ? Refte-t-il fous h Jurîsdîc- 
tion de celui dont îl eft né Sujet ? Wîcque- 
fiïrt, qui avoît des raîfons pour embrafler la 
première de ces deux opinions, l'avancç 
plutôt qu'il ne la prouve. Né à Amftcrdam, 

Df îl 



fB BlBLIOTHEQLUB 

il avoir d'abord été à la Haye aux gages dei 
£tats Gcncraux ; il Pétoic méine encore 
lorsque le Doc de Lunebourg rétablit fbn 
Agent, en qualité de Refident; maïs mal* 

Î;ré ce Titre, la Cour de Hollande, quf fc 
ôupçonnoit d*avoir révélé des ftcrets dç 
r£tat,le fit arrêter le iq, de Pecembre 
i67f . & le condamna à une prifon perpe* 
taellej avec confiscation de tous fes tnens^ 
Il eo fimtt par l'adreilè d'une de fes filles 
qui hatarda fà propre vie, pourprocurer'Ia 
liberté à fon Père , lequel, auflitôt après (k 
lbnie,publia on petit Livre, &enfuîte un 
Ouvrage en fornse pour ibutenir la ThetR: 
dont il s'^it. Nous avons déjà dit que M, 
Bynkershoek trouve les preuves de M. de 
Wîcquefart eitrémement foibles; il tourne 
même contre lai deux Refolations des Etats 
Généraux que cet Ecrivain avoit rappor^ 
tées comme favorables i (à caufe , & il paCIç 
enfiiite à diverfes autres queilîons que Ton 
fait touchant le Juge compétent des A m* 
baflkdeurs , ièlon leur différente condition : 
Par exemple, un Ambaflàdeur peut n'être 
Sujet ni du Prince qui l'envoie, ni de ce* 
lui â qui on renvoie; il faut alors Tappe!- 
1er devant le Tribunal dont il recoonoiC- 
foit la Jurisdiâion avant que d'être Am^ 
}>ailàdenr. Il peut arriver encore que ce 
Miniftre foit Sujet de l'Etat où il ed Mf- 
niftre, à caculède quelque Emploi que cet . 
Etat lui aura confié, conHne l'étoient le 
Baron de Charnacé & le Comte d'Eftradcs, 
tous deux Ambafll.deurs de France auprès 
des Etats Gençn^ux iç Officiers dans les 

Trouy 



F IL A H ç o I s 8. /9 

Ttoopes de Leurs Hautes PuifSincés. Il 
eft certain que de tels Miniftres reftenttoû* 
joori fournis au Ck>nt«îil de Guerre en ce 
QDi regarde les Crimes purement Militaires, 
Mnon envoie quelquefois des Cardinaux 
en Amba(Iade ; mais le Droit Canon les 
mettant hors de toute autre Jurisdiâion 
que de celle du Pape, Us peuvent deman- 
der leur renvoi à ce Juge naturel , fi ce n*eft 
P» auprès de lui qu'ils foient Ambaflà- 
deurs; car alors les Papes eux-mêmes le 
doiveat abftenîr d*en exercer aucun a^e ; 
de peoi d'avilir par-là la dignité de cet em*- 
pW;fiiof à leur faire rendre compte, après 
qoe TAmbaflàde cft finie , des crimes qu'ils 
oot pu commettre pendant qu'elle a duré« 
& qui n'ont aucun rapport aux affaires qu'ils 
croient alors entre les mains* Ici M. Byn- 
kcrshoek fait une petite digreflion fur une 
rqrle du Droit Canonique^ où il eft dit , 
f«*Kif Prélat me doî$ iite tmtJamwé fm*av€^ 
fiixMa$e isf douze t/mw^s^ d'où il s'enfui* 
vroît, contînuc-t-îl, qu'un Prélat ne potir- 
roit jamais être convaincu , puisque le ha» 
lard ne préfente jamais an aufii grand nom-, 
bre de Speâateurs à ceux qui conunettient 
quelque crime , & que fûrement ils ne lea. 
vont par chercher. Mais l'Auteur juftîiia 
le Droit Canonique , en faifànt voir qu'il 
s'agit de foixante & dou7.e Juges & non pas 
de foixante Se douze témoins dans les Ca- 
nons qu'il a rapporter. M, Barbeyrac s*é* 
levé contre cette Apologie , & tâche de la 
renveriiêr dans Ces Notes. II y a IcHigtem^ 
qu^en bonProteftant il ne perd aucune occan 

fioa 



^ 



60 Bibliothèque 

fion de donner un coup de dent aux CathoJ 
liques Romains. ! 

Pafibnsau Chapitre XIII. M. de Bynkers-^ 
hoek y demandé fi tous les Aiîïbairadeurs ,j 
quelque KtngSc quelque Titre qu'ils ayenr, 
ont Je Prtvîlege de demander un renvoi cm 
J tfticeauLîeu de leur domicile ,& il coti- 
firme,foîten rapportant plufieurs exeinples, 
Ibît en montrant que ceux qu*on lui pour- 
roît oppofer ne prouvent rien , que la diffé- 
rence des Tîtres ne regarde gueres que Tex- 
terîcur & le ceremonîel. II n'y a que les 
Droits des Agens qui ne font pas bien <- 
claircfs depuis que ce Titre, autrefofctrès-? 
rcspeâable, ne fignîfie presque plus qu'une 
espèce de Procureur privé , chargé de cer- 
taines affaires particulières. S*il arrîvoît ce- 
pendant que leurs Lettres de Créance fuV- 
fent auflî étendues quecelleisdes Mîniftres 
du premier Ordre ^ il eft certain qu'ils de- 
vroiènt jouir des mêmes prérogatives. Ou 
doit dire la même chofc de ceux que Pon 
appcUc Comwijfahres & Secrétaires d'Ain- 

Le casfuivant eft embaraflànt. U.n Am- 
baï&deur avilit la dignité de ftm Caraélere , 
ibit en mettant des Impôts fur les IVlarr 
chandifès qu'il fait paflèr comme neceflàires 
à Ion ufeçe,C)ît en négociant d^is les Païs 
où il refide , & en y contraélant pour affai- 
rc dp Commerce. L'avanture qui adonné 
lieu à ce Traité du Juî;e Compétent eft de cet- 
te dernière espèce , à comme nous l'avons 
rapportée dans le premier Extrait, nous ne 
la répéterons pas ici. Contentons-nous do 



F ït A N Ç O 1 s lî. 6l 

âîre, que , la Cour de Hollande ayant fait 
a/oorner TEnvoyé de Hoiftein, àceMi- 
ro/be s'étant plaint qu'on avoît viole par* 
là le Droit des Gens en fa peribfjne, Icfs 
Etats Généraux demandèrent raifondecet» 
te conduite au Tribunal même que l'on 
accu(bit.M. de Bynkershoek ne Ârmble point 
adopter les moyens de judiâcation qu'elle 
prcfenta , & il en revient toujours à fon 
prindpe que l'on ne trouve qucf deux exem- 
ples d'Ambaflàdeurs qui ayeut été con- 
tiûnts de repondre en JuftîCe pour des affhjres 
pécuniaires & Cîvllesîencore Icsfauc-il aller 
chercher dans l'Empire Turc, éc l'on vo?t 
même que le Grand Vi/ïr parut desapprou- 
ver qu'on en -eut aînfi ufé avec eux. Quant 
à ce qu'allègue la Cour de Hollande que 
les Princes mêmes s'obligent par lesCon*- 
traâs,M. de Byukcrshock répond que les 
Ambaflàdeurs s'engagent auffi,que perfonnc 
ne l'a jamais nié à qu'il s'agit uniquement 
de favoir à qui l'on doit s'adreffer pour 
leur faire tenir leurs engagemens : il con- 
clut qu'à moins d'une faifie faite , comme 
on l'expliquera plus bas , laquelle fonde 
alors une Jurîsdiélion légitime, on ne fau- 
roft leur réfuter le privilège , Ç\ conforme 
au Droit des Gens , d'être renvoïez au Trî-^ 
bunal dont îls dépendent. Leurs Hautes 
Puiflânces ont déclaré que c'étoît là leur 
intcntfon , en n'excluant de cette préroga- 
tive, que les Mînîftres qui auroicnt été 
Sujets de J'Etat & qui y auroient négotfé 
avant que d*étrc emploïcz par un Princie 

étrad- 



/ 



6Z B I B fc I Ô t H 5 Ô^UB 

étranger. Cette Ordonnance ne fut fai- 
te qu'après une mûre délibération. 

M. de Bynkershoek ne fe contente pas 
d'éclaircir ce qui regarde les Âmba(0deur$, 
il porte encore fou attention jusques fur 
les Gens de leur fuite; & quoique la Cour 
de Hollande les ait déclarez fes juilîciables, 
il déclare qu'il ne peut (e ranger à <et avts, 
& qu'il les regarde tous comme aviiTi fnde- 
pendans que leurs Maîtres de la domination 
du PaVs où ils les ont accompagnez. 
Autrement ce feroic en vain que les Avu 
teurs disputeroî^ut entre eux , fi ç'eft au 
Prince qui a envoie TAmbaflàdeur, ou a 
rAmbailadeur mém^ qu'appartient la Juris- 
diâîon fur fes Donneftiques. On ne peur 
décider cette^quedion d'une manière plu^ 
mefurée qu'en disant que l'Âmbailàdeur 
doit fe régler fur l'authorité que fon Prince 
lui adonnée, bien entendu qu'il ne s'agit 
point d'aff^tires criminelles ; car il faut 
àlprsleconfentemçnt ejcprès du Souverain 
de l'Etat où l*on deir^eure. Les Rois méines 
font fournis à cette Ix)i , & Ton fçait que la 
Cour de France regarda <:omme un at- 
tentat ce que la Reine de Suéde avoir ofc 
faire à Tégard du Marquis Mopdçscal- 
chî. Tout ce que nous venons àc remar- 
quer après M. de Byfikershoek vdoit éga- 
lement être appliqua à leurs f^nfjnjçs , à 
leurs Enfans & à ceux dç leur fyko q^ii 
foBt Sujets de l'Etat^ La condition de^ 
Pomeftiques efl la même que c^Ile dc$ 
Maîtros en fait de Juri^diâÎQi) ; la inai^i- 
mceft incontedable. 

Quoî^ 



(Quoique Mr. de Bynkershoek venîlle 
qoe rAmbafladeur (bit libre avec tout fou 
rntn&tout fbn bag^e^ il croit poonant 
qu'il peat érrç quelquefois appelle en )iifli-* 
cediosIeLicu où il reHde. Il reprend Wîc* 
qoefort de neravojr airujectt i, la Jonsdic-^ 
(ion ordinaire que dans le fèul cas d*un 
Contraâ pafTé par devant on Notaire du 
Lieu de fa relidence & en préfence de té- 
moins; il va plus loin que cet Auteur, & 
ne doute fiullement qu*on ne puîflb éure 
£tt(ir les biens d*un Aml^fladeiir » & par-là 
l'obliger à fe défendre en JufHce dans les 
Pmoà ron eft appelle en JuQice^ àcaulc 
des biens qu'on y piafféde , & où la fàifie 
de ces biens fonde une Jurisdidion com- 
pétente fur ceux à qui ils appartiennent.il 
dit les biens en gênerai > C<m inimeGb!cSy 
ou mobîlîaîres, pourvu qu'ils ne foîent 
point attachez à laperfonncniémede TAm- 
bailkdeur : en un mot tout ce ians quoi il 
peut très-bien exercer les fondions de Ion 
Emploi. Il veut pourtant que parrespeâbn 
ne lâififlèquejusqu'à la concurrence de Ce 
qu'il doit;il excepte du nombre des bîeps (aî- 
fifTables toutes les chofcs qui peuvent être 
compnfes fous le nom de Meubles , en 
hum SMpellèx^ pourvu qu'elles Client pour 
Tuf^e de rAmbaffàdeur & de la Maffon i 
car s'il faîfoit quelque Négoce , fes Mar- 
chandiiès, quoique mobiliaircs, ne doi* 
yent pas plus éerq à Tabri des faifiesqao fes 
immeubles. Ses biens fituez dans le Païs 
ou il refîde dépendent de la JurisdîéHon 
du Lieu où ils. font fîiuei, parce que les faî- 

fies 



64 BlBLIOTHE 0^1/ E 
fies &ariê.s co ce cas C)nc fondez faf ]â 
dépendance des biens qui étoic réelle , lors 
iiiéme que l'AmbalIadeur étoit hors du Ter- 
ritoire , & qi'î n'a point changé par faRé- 
fidencc. Comme Targenc qa*il gagne,mc- 
me au Négoce , ou qui lui a écc légué par 
Tcftament, peut certainement ^ire em- 
ploie à (on entretien/lans ce cas on décide 
d'ordinaire en faveur du Miniftrc Etranger ; 
aufli il eft peut-être plus conforme à VE- 
quité de mettre l'argent « quel qu'il foir, à 
l'abri de tout arrêt, comme une des cho- 
ies tes plus néccflaires pour exercer l'Am- 
baflàde. ÎI y a bien d'autres cas dans les- 
quels l*Ambaffadeur même d'une Puiflàncc 
étrangère femble dj:voir le foumeitre à la 
Jurîsdiâion du Païs où il réfide. Ainlî 
on peut eiiger de lui^s'il y a à craindre quel- 
que dommage du côte dé fa Mailun, qu'il 
s'engagea le reparer, ou qu'il mette le Voî- 
{il^en pollèflîon de l'endroit fuspcâ. Voilà 
un exemple, mais on n'examine pas tous les 
cas qui font renfermez dans la quedion. 

Enfin l'on recherche en quel lieu on doit 
faire citer ua Ambaflàdeur Jorsquil s'agit 
d'affaff es pour lesquelles il dépend de laju- 
rîsdîélîon du Païs o^ il rt'fide. On montre 
qu'on ne doit pas tant faire valoir dan^ ce cas 
le Privilège qu'on attribue auxMaifou s d'être 
faCrécs, dès-là qu'un Amballàdeur y loge. 
Cen'eftpas, dit-on, respcâcr peu ime telle 
Maîfon, que d'y envoyer des Officiers de 
Juftice pour fignifier ce dont il eft belbiu 
de donner connoiilknce à l'AmbalTadeur. 

Car, 



François tr 6f 

Car^ quoique dans toute autre circoiiftatn-' 
ce les A ihbafladeurs fuient regardez c otiiihe 
abfens , ils font dans celle-cî regardez conl- 
me préfensjd'autant pins qa*en matière d'af- 
fiîres, pour lesquelles ils font en droit de 
demander un renvoi au Lieu de leur Donri^ 
cile, on leur marque par des Lettres de 
Citation le jour où Taffaire doit être dé- 
battue en Juftice , & ces Lettres s'envoyent 
dans l'endroit où ilsréfident. par un Mef^ 
iàger qui n*e(l pas d'une condition auffi hofx»^ 
rable que Teft celle d'un Huîffier de la Cour. 
D'ailleurs à quoi bon tant de détours pour 
une chofe, qui, fi l'on a une véritable 
grandeur d'ame , ne diminue rien de la di- 
gnité du Caraâère , & ii'efl: d'aucune iiif- 
portance ? ' • 

Tout ce qui si été dît jùsqu^îci ne regarde 
que les affaires Civiles. M. de Bynkershodc 
vient enfin aux Criminelles dans le X VIL 
Chapitre de fon Traité. Il ne s^arréte point 
à prêcher aux Ambafladeurs que leur con-* 
duite doit être exempte de reproches >& 
que pins leur Caraâère eft relevé , plus Us 
méritent d'être punis rigoureufement, îors*- 
qu'ils l'âviliflent par quelque crinie. C'çft 
ce que perfonne n'a jamiiis liîé ; il ne croit 
pas même qu'il fbit befoin de demander & 
Ton peut repouflèrpar laforceun Ambaflk- 
deur qui fe feit lui-même des voies défais 
Il n'y a rien là que de très-conforme au 
Droit Natureli II s*agit de favoîr où. l'oit 
doit l'accufer lorsqu'il eft coupable de quel- 
que Crime, dont on veut avoir juftîce. 
Les Auteurs diftio^ent d'abord deux Ibr^ 

Tom. lit. Part. L E te» 



^4 BiBLIOTHE 0^1/ E 
fies &ariê,s en ce cas font fondez fiif là 
dépendance des biens qui écoit réelle » lors 
même que rAmbairadenr étoit hors du Ter- 
ritoire , & qui n'a point changé par fa Ré- 
fidence* Comme l'argent qu'il gagne,.mc- 
me au Négoce, ou qui lui aécc'légué par 
ïeftament, peut certainement £tre em- 
ploie à fon eniretien^ans ce cas on décide 
d'ordinaire en faveur du Miniftrc Etranger ; 
auflî îl eft peut-être plus conforme à l'E- 
quité de mettre l'argent ^ quel qu'il fc>it, à 
l'abri de tout arrêt, comme une des cho- 
ies les plus néccfTaires pour exercer l'Ain- 
baffàde. ÏI y a bien d'autres cas dans les- 
quels l^Ambaffadeur rnéme d'une Puiflance 
étrangère femble devoir fe foumeitre à la 
Jurisdiftion du Païs où îl réfide. Aîn/î 
on peut exiger de lui,s'il y a à craindre quel- 
que dommage du côte dé fa Maifan , qu'il 
s'eîigageà le réparer, ou qu'il mette le Voî- 
finen poileflion de l*cndroit fuspeâ. VoîJà 
un exemple, oiaîs on n'examine pas tous les 
cas qui font renfermez dans la queftîon. 

Enfin l'on recherche en quel lieu on doit 
faire citer ua Ambafllàdeur lorsquîl s'agit 
d'afflifr es pour lesquelles il dépend de la j\i- 
rîsdîâîon du Païs o^ il réfide. On montre 
qu'on ne doit pas tant faire valoir dan<5 ce cas 
le Privilège qu'on attribue auxMaifons d'être 
ÇiCrées , dès-là qu'un Ambafl&deur y loge. 
Ce n'ert pas , dît-on , respcâer peu une tel le 
Maîfon, que d'y envoyer des OflBcîcrs de 
Juftice pour fignîfier ce dont il eft befoiu 
de donner connoifïance à l'Ambafladeur; 

Car , 



FrançoiskT 6f 

Cv) qnoiqae dans toute aatre circo.iftan-^ 
cela Adibaflâdears foient regardez comihe 
sbfeas ,ils font dans celle-ci regardez corn* 
niepré(ens,d'amantpltss qti'en matière d'af- 
àires, pour lesquelles ils (ont en droit de 
demander on renvoi aii Liendelear Domî* 
cile, on leur marque par des Lettres de 
Citation le jour où Paffâîre doit être dé- 
battue en Juftîce , & ces Lettres s'envoyent 
daos Tendroit où iisréfident. par un Mcf- 
iàger qui n*eft pas d'une condition auffi hou»» 
table <{Qt Teft celle d'un Huiffier de la Cour. 
CaiUcors à quoi bon tant de détours pour 
une choie, qui, fî l'on a une véritable 
grandeur d'ame, ne diminue rien de la di- 
gnité du Caraâère , & n'eft d'aucune inr- 
portance ? 

Tout ce qui û été dit jùsqu^ici ne regarde 
que les affaires Civiles. M. de Bynkershodc 
vient enfin aui Criminelles dans le XVllé 
Chapitre de fon Traité . Il de s'arrête point 
àprédier aux Ambailàdeurs que leur con- 
duite doit être exempte de reproches «& 
que plus leur Caraâère eft relevé , plus ils 
méritent d'être punis rigoureufement, lors^ 
qu'ils l'aviliflènt par quelque crime. C'eft 
ce que perfonne n'a janulîs nié ; il ne croit 
pas même qu'il (bit befoin de demander fi 
l'on peut repoufferpar la force un AmbafCi- 
deor qui fe feft lui-même des voies défais 
Il n'y a rien là que de très-conforme au 
Droit Natureh II s^agtt de favoir où l'on 
doit l'acciiiêr lorsqu'il eft coupable de quel- 
que Crime, dotit on veut avoir juuice. 
Les Auteurs diiline;uent d'abord deux Ibr- 

tom. lit. Part. I. £ tes 



66 B I B I. î O T H E XiJS E 

tes de Crimes, dont les uns , comme le 
Meurtre & T Adultère , peuvent être appel- 
iez communs 9 & les autres, comme les at- 
tentats contre la perfonne du Souverain , 
ou le bien de foti Etat , fe nomment Le- 
ze Majefté & Hoftilité. Apres avoir mon- 
tré les inconveniens de dinarentes opinions 
que Ton a inventées fur cette matière, M. 
de Bynkershoek embraiTe celle de Grotius. 
Ceigrand Jurisconfulte dit que^ j, fi un 
,9 Ambaûadeur a commis quelque crime , 
„ dont on croie pouvoir ne fe pas foj'ma- 
,, lifer , il faut ou fairç femblant de l'igôo- 
^, rer , ou lui ordonner de forjtir de nos 
^ Etats» .... Que fi le crime eft énorme > 
^ & qu'il tende à caufer du préjudice à 
,^ l'État , il faut le renvoïer à fôn Maître, 

chofes 




[. de Êynkèfshoek pç|rxp^, ,, pour aller ati*^ 
^y devant d'un prei]|^t ^âjlger, d'ivréfer un 
^ Amb^deur & de proceaer centre lui par 
^ vflîp d'Interrogatoire^ s'il n'y-apas'd'aiitre 
„ môlfen commode". Quoîqijke ce dernier 
expédient parpiiTe juÀe^ M. de BynkêrsKbek 
iiimeroît encore miei^x que Ton fît (eule- 
ment fortîr l'Ambaffîbdeur duTaïs. Il rappor- 
te d'abord les raifons^enerales qui fayorifeht 
cette idée. Mafs comme il a lui-miécnepô- 
jTc pour principe que c'eft moins par la 
fpecuïation que par l'ufage qu'il faut dé- 
cider ces fortes de queftions , il ezitnine^ 
dans lès deux Chapitrçs fuivans > qui font 
les XIX^ & XX, ce que Ton a ôbfové 

- de 



t^lLAKÇOlSfe. 67 

^tOQttemsen de femblabies conjonâures^ 
&â répond à la iîn de ce dernier aaxob<» 
jmta qu'on lui pourroîc propofer. Cet 
<iai Chapitres, qui Ibm purement Ht/lori- 
ÇQES, ddaflbnc agré^emenc un Ledeur 
ti«igi£ de discaÛioQS abRraites en ellc»- 
mêocf & que Je peu de méthode que Pou 
tgarèédans tcwcle TVjî// du Jnçe Cmv* 
t&m f.TtDd encote plus fatiguantes. Pour 
ooos.trop prdfei parles bornes que nous 
^vnrncs obligez de .donner i nos Extraits ^ 
iiQQsii'epcTerouspas daos cedéMMi, & nous 
Viaénos au XXI. Cte^kre, où l'on ap- 
poofindic fi f Hôtel des Atnbaffiuieiirs |>eut 
(mirfxLj\e,On peouve,par un grand nom. 
be de fabs conftaos &: par des ralToos évir 
Renies, que ce Privilège srixHpinable «e leur 
sppanÎBDt point en vertu de leur Caraâere» 
qu'ils peureot tout au plus en jouïr ; lors- 
que le Souverain le leur 4iccorde , & que 
ccSonrcnan «ft Maître de le reftraîndre, 
de féteBdre,.(n]<de. le refufer à (aTolonté. 
Enfin H. BynkeKhoek fait à Tégard des 
dSâts Criminelles de qu'il a fait à Tégard 
des Giviies, & ÎA éiamine fi , comin^ \l y 
a des circDnftances ou Ton eft en droit 
d'appeUcr un Ambaflàdeur en Juftice, il y 
cnatià l'on'puifiè^l'srréter. Il prend parti 
pour Taffirniative & expolè les cas où il 
crott lachofe permife» C'eft par exemple ^ 
lorsqGdnn Banni revient en qualité de Mi- 
niflce. Abfolument parlant , on peut alors 
le Iàifir;iiMis on n'a gu^es vu que les Prin- 
ces en^foioit venus à cette extrémité , & la 
Cleitnoce Bu>ta Politique remportent or- 

£ % à\- 



6% B f B L I O T H 1 OLU E 

diaairement fur la rigueur que l'on aorort 
droit d'exercer. Il en eft de m^me de tout 
ee que Ton pourroic faire par voie de ré- 
prcfaîlte$ ou de Talion. On ^îroit peut-ê- 
tre conformément aux Loii de la Juftice ^ 
il Ton en urotc;maison blipilètoit ibuvent 
les règles ile rHunïamté : En un mot , le 
respeâ qde Pon doit au Garaâere des Axxr- 
baflàdeurs ra fi loin > qu'il n'ed pas en leur 
dispofîtion de renoncer à leurs Privilèges y 
& de fè fouméttreàla Jurisdiâion d*an Ju- 
ge incompétent j à moins^ que ce ne Ibit 
pour des affaires purement Civiles , & enccr- 
re ils ne doivent pas fouffrir qu'on exécute 
la Sentence quMIs ont bien voulu laillèr pro- 
noncer. Le Chapitre dernier de cet Ouvrage 
contient les opinions différentes des Auteurs 
fur les matières que Tony a traitées; mais la 
diveriité des fentimens qu'ils^ ont foutenus, 
k, les Sophisme» dont ils lei ont vppuyés 
ne peuvent renverfer celur que M.- de By n- 
kershoek a établi dans fon Traité avec1>eau- 
coup de bon fens « d'équité St de des- 
interefTement ; nous fouhaitterions pouvoir 
ajoftter,avec beaucoup d'ordre &de netteté. 
Mais la Préface même du Traduâeur don- 
ne aflfez à entendre que le Public doit te 
préparer à lire dt bcÂmes choies , mais un 
peu confufement arran6:ées^ 
. Après avoir donné TExtrait du IVaité du 
juge Compétent ^4es AmbalHàdeurs» nous 
croi'ons devoir dire un mot de fon Auteur. 
.Célèbre en Hollande par l'importance des 
Emplois qui lui ont été confiez, par Pîntc- 
grité ^ec laquelle il les exerce, par htpro- 

fon- 



F ]^ A N ç o I s E. 6g 

fondeur des les connoiflânces dans le Droit 
^ooiaîa & Cottrumier , il eft naturel que la 
Nation Françoifè, qui aime autant à rendre 
JQ^ce aux Etrangers q^eles Etrangers font 
ÎDJQftcsà fou égard,cherche à conuoitreM. 
deBynkershoek. Né à Mîddelbourg en i6y^ 
il s'attaeha d'abord , dans rAcademie de 
Franeqaer,à l'Etude de la Théologie & des 
Langues qui font de fon reflort; niais dans la 
fuite, il fe featit plus de goût pour le Droit 
& il fut reçu Doôeur en cette Science en 
i<94. Après avoir rÇO^pU avec honneur à 
la Haye la profeffion d'Avocat pendant huijt 
années, les Etats de Zelande lui donnèrent 
en 1703 la pUce de Confeiller au Grand 
Con&il./Vu niilieu des fondions importantes 
de ces deux Ennplois,?! a trouvé du]tems pour 
compofer plufieurs Ouvrages importans, 
dcvat on peut voir le Catalogue dans le 
Projet d'un Diâionnaire de Sçavans pu* 
blié en 172 1 chez Scheurler Libraire de 
la Hiqre.- 

Nous aurons lieu de parler du Traduc? . 
teur avant qu'il foit peu. Son Edition Fran^ 
$of(e du Grotius eft presque achevée & le 
Public ne l'attendra pas longtems. C'eft 
de toutes les Nouvelles Littéraires celle 
ga'il 4ois recevoir avec le plus de pl^r. 



Pî AR. 



yô BiBLIOTHE QJJ E 

ARTICLE. VII. 

Hiftoire Générale d'Espagne depuis Is 
•commencement de la Monarchie jusqu^â^ 
préfent^tirée.de Maiiiana& dts^tiu^ 
fleurs les plus cehbres. Ouvrage enrichâ 
d^ûn pr^nd nombre de Figures entail^ 
îe douce à Paris chez Pralard 1 7 2 3 .1 X. 
Volumes in ix. I. Vol. pag. 5-32,. II. 
Vol.pagi692. m. VQLpag6i4v IV. 
VoKpag449 Wôl pag.^jf.V I .VoL 

ipsg.^Sy VII Vol. pag.f ép.Vil I.Vôl. 
pag.;470.IX.Vol.pag. 524. fans PE- 
pitre Dedicatoire, la Préface, les*I^a- 
blç$ des Cliapitres & ccllçs des Ma- 
tières dans chaque* Volume. 

IL y a près d'un Sîecle que Ton regar- 
de ôvec chagrin rîhdîference quenôé bons 
Atïteurs ont eue pour f Hiftoire d'Espagne , 
& l'on étoît furpris avccjuftîceqBe'fes'E- 
crîvaîfls .François «uffent publié THiftoire 
d*an très-gr^nd noiTJbre de Soév^i^srîhetez 
tant ancîmnes que rrtôdênres ^ /& ^Uè fdas 
iin de ceux qui fe font diflîngueï dans ce 
genre d'écrire n'eût entrepris de traiter les 
Révolutions d'un Royaume quj a donné à 
la France plufieursReincs,dont la mémoire 
eft en vénération: Reyolutions,qui ont une 
lîaifon naturelle-avec celles de notre Patrie 
j^^ùj, fans ^voir be£bin des Ofnemens de 
' ^ ' la 



F IL A N Ç O I s I.' 71 

UFa^e/ourniilênt d'elles-mêmes des beau* 
ta vraies & folîdes. Il femble que plofieurs 
àc nos beaux Esprits ateot femi en même 
temps la jufttce de ce reproche. Chacun fe 
hâte de juftifier la France de cette ingratitu- 
de; mais il eft peut-être à craindre qu'on 
nepoufle la réparation trop loin & qu'après 
avoir long temps manqué d'uoe Hiftoire 
d'Espagne , on ne folt enfin accablé de la 
multitude de toutes celles qu'on prépare à 
l'envi l'une de l'autre. On floit comp- 
ter pour rien les compilations indîgfdcs 
qae Tmrquefy dm Verdier y & Vanel^ ont" 
aatrefois publié fur cette matière. WHis^ 
Uhre Cbrowlôgique J^ Espagne tirée de 
Mar'uma &c. qui parut il y a trente ans 
en deux Volumes, étoit trop refTerrée pour 
y pouvoir donner place aux Evenemens re- 
marquables de tant de Couronnes réunies 
for une même tête. Qup s'il eft vrai qu'une 
Dame l'ait comporée,la leâure de fon Livre 
f^t connoître qu'elle s'étoit bornée à ce 
qo'il y a de fiiperficiel & qu'elle s'étoit 
épargné les fatigues de^ £ivantes recherches, 
ÛQs lesquelles il e(l tmpolQble de percer 
ie cahos du premier âge de cette Hiftoîre. 
\JHiftoire abrégée £ Espagne^ qui fut inv 
primée à Utrecht l'an 1703. en un Volu- 
me in la, neft qi/un Squelette qui n'a fer- 
vi qu'à faire connoître le befoin qu'on avoir 
alors de quelque choie de plus complet. 
Nous avons déjà annoncé.^ les engagemens 
qoe divers Auteurs ontjprîs depuis peu avec 
le Public ; à favoir la Traduélion de Ma- 

: E 4 rîansi 

^ Ton. U^ ^asde IL 4e cctic BîbUothe^ae. 



72 BïBLIOTHI Q^U I. 

mnaen V. Vol. 1114. par un Pcre Jcfiiîtc^ 
celle de Mr. Rou avec des Remarques & 
des Cartes Chronologiques. Nous avons 
donné fort au long le'plan que Mr. TAb- 
bé de Vaîrac a publié de là nouvelle Tra- 
duâîon de Mariana. M. TAbbé de Belle- 
garde vient dé prendre lesdevants, & c*eft de 
iuî que nous vient THiftoirc dont le Titre 
cft au commencement de cet Article. Ceux 
qui ne jugent de Térudition de cet Abbé 
que par les Ouvrages qui portent Ibn 
nom , ne s'attendoient pas à voir é- 
clore de fon Cabinet un Livre qui con- 
tient ce qui s*efl pafTé de remarquable dans 
un aficz grand nombre de Royaumes depuis 
le Deluj^é jusqu'à préfent. Ils auroient cru 
que ce travail demandoit de longues recher- 
ches & des leâares opiniâtnes,& ils aùroîent 
douté que cet Ecrivain pût produire autre 
choie que dès Ouvrages de Purisme & de 
Littérature légère, dont le ftile & lés phfa- 
fes font lé plus grand prix. M. TAbbé de 
Bellegardë les desabufera apparemment lui- 
même. Peut-être auffi que, comme les hom- 
mes ne reviennent pas facilement de 
leurs préjugez, il y aura dès Icéteurs qui re- 
gardant une certaine fleur de ftile comme 
un ornement peu éflentiel à VHîftoire 
fouhaitcroht qu'il eut emploïé à bien exa- 
miner les faits l'attention qu*îl a eue à les 
exprimer élégamment. On a cru trouver 
du myftere en ce que l'Auteur ayant coutu- 
me de fe nommer dans le titre de fes Ouvra- 
ge^îl a Jugé à propos dans celui-ci de ne met- 
rrç fou nom qu'à la fin de fon Epitre dédîca- 

• • • ' , • • 

toi-- 



F R A îî ç o I s E^ 7j 

toire. Elle eft digne de POrateur & da Pa- 
jFoaqnîeft le feu Cardinal du Bois. 

M.rAhfeé de Bellegarde n'eft pas réduit^ 

comme beaucoup d'Écrivains, à lè plaindre 

de la (echereflè & de la ftcrilité de la ma* 

tiere. Ileaconnoictoucela richefTe: ,,Tout 

,, ce qui eft ^ dît-sl^ capable d^excitèr Tatten- 

,, tion d*an Lcôeur curieux fe trouve raf- 

jy femblé dans THiftoire générale d'Espa* 

„ gne, foit par rapôrt à lî)n antiquité , foiç 

n par raport à la variété des faits dont el* 

^iWcft cmbcllîe ; car on y.trouve , avec la 

„ vcrité , le même agrément t que dans les 

j, Hiftoîres inventées à plaifiri T^nt de re- 

;, volutions & de changemens de Domina- 

^ lion fous des Peuples barbares , & noQ 

;, poiis, fourniflcnt une infinité défaits 

,, qui furprennent,qui réjouîffent &quiins- 

„ truifent agréablement le Leâeur ". Il eft 

naturel de croire qu'une matière (i riche en 

rilc-méme fiiffii à un Auteur qui aimelaVe- 

riié &quî eft pcrfuadé que la Vcrité eft la 

hafe & comme l'ame de THiftoire. 

Celle-ci ne fe borne pas au (cul Roïau- 
me de Caftine;clle embrafle toutes les par- 
tics de la vafte A4onarchie d'Espagne A re- 
monte jusqu'au delà de dix-huit cents ans. 
Il eft vrai que Monficu? de Bcllegarde paf- 
fê fur ces anciens temps avec une légèreté 
d'autant plus louable qu'il n'y a presque 
rien de certain à préftnt fur ce qui s'cft 
pnflTé dans cet âge fabuleux. Il ne fe borne 
\m non pfus aux feules matières politiques 
,'& civiles, aux guerres &aux batailles , aux 
rcnvcrfeiiiens des trônes : Il explique auffi 
" E I le 



74 BiBLIOTHE Qj; E 
les m^îeres de la Religion ; il parie des hic- 
refies & des Couciles tenus pour les corn- 
katre^inaisil en parlf avec une telle brièveté 
qu'Q ne fiitigoe point fèsLeâeurs à force de 
les tenir trop long-temps atrachex for an 
même objet. Il confame à peine la moîtic 
da premier Volume a nous apprendre Vori- 
gînedes Peuples d'Espagne^ rétabliflèmeDt 
des Carthaginois dans le Pays, les Guerres 
des Romains du temps de Pompée, de Ju- 
les Ce&r , de Sertorius ,fous l*£mptre d' Au* 
gnlle & de lès Succedëurs jusqu'à Confiau- 
tin , rinvafion de l'Espagne par les Nations 
barbares, & les Guerres que fc firent les Sue- 
Tes, les Wandales & les Goths, Oa fait 
quelesGoths & lesSueves établirent deux 
Monarchies rivales Tune de l'autre. L.à 
Chronologie eft (buvent à bou^ lors qu'il 
s'agit de débrouiller certains faits qui regar- 
dent ces deux Nations , & leur Hifloire, 
telle qu'on la trouve dans les Hîftoriens or« 
dinaires, a des vuides & des difEcuIcez qui 
interrompent fbuvcnt un Leâeur qui aime 
à faivre ie fil des Evenen^ens. M. de Belle* 
garde a cru devoir pafler avec rapidité fur 
ces précipices & a tâché de gagner le beau 
chemin le plutôt qu'il lui a été pollible. 
Aufii dès la page 217. du premier Volume 
a-t-il déjà fait entrer les Maures eu £s- 

li avoit remarqué dès (a Préface que la 
fins celefafe révolution d'Espagne cft celle 
f^i arriva du temps de$ Maures ; lorsque 
ces Barbares renverferent le Trône du Roi 
Rodrigue .& qu'ils & rendirent les maîtres 

de 



Françoise. 7J 

(krEspagnc.LaFîlledu Comte Julien vîo- 
J& chez la Reîne, à quî elle étoit confiée 
comme un dépôt , & violée par un Roî 
qui avoît de grands menagemens à garder 
avec le Comte, tant à caufe de fes grands* 
fcrviccs que du crédit que lui donnoîent* 
des biens îmmenles & fes exploits militai- 
res j le reflèntîment de ce malheureux Père 
qui apprend fon deshoneur par une Lettre 
qaclai envoie fa Fille ; tout cela eft fafcep-. 
tible de l'éloquence la plus touchante. Tî- 
t^Lîve a traite admirablement le même fu- 
jet dans Tattentat de Tarquiu fur la pudici- 
té de Lucrèce. L»e P. Mariana qui avoft lu 
les Anciens n'a pas manqué de les copier 
dans toutes les occafions qui fe font préfen- 
lées. La Lettre de la Fille du Comte Julien 
eft faîte fur le rnodelle de la Lettre de Lucre? 
ce à fon Marî , & M. TAbbé de Bellcgar- 
de n'a pas manqué de copier Mariana ; il 
en emprunte même les Harangues que les 
deux Rois font à leurs armées avant le 
combat. Il y a déjà long temps que les Ha- 
rangncs dîreftes ont été blâmées dans les 
HîTioircs où il eft queftîon de temps fî re- 
culez. En efFet,quelque belles, quelque raî- 
lonnées qu'elles puîflent être , elles font feu- 
lement vraifèmblablcs, & en fait d-Hîftoire 
toot ce quî s'apelle jeud'efprît eft fufpeâ & 
fent le Roman. Il eft vrai que les meilleurs 
Hiftorîcns de PAntîquîté ont donné l'exem- 
ple ; mais ce n'eft point parla qu'ils ont 
excellé; & quelque admiration qu'on ait 
pour Tite-Liîve,on ne peut s'empêcher d'ê- 
tre forpris qt»and on lit dans fon premier* 

Livre : 



^$ BjBHOTHEQJJE 
Lîyrc : // y avoh par hasard dans chacun^ 
dfs deux é^rmées trpis frères feu diferens ponr 
Vâgg^ your les forces^ On [ait que c^é^otenP 
Us Hàraces ^ les Curi^ces^ ^ il n'y a poim$ 
4* ancien fait plus celehre que celui-là. Cepem^ 
dans il y a une incertitude fuf leurs tfpws Çs? 
Pon ne fais pas qui des Haraces , ^u desCu'^ 
rsaces , étoient p9ur Albe ou pour Rome. Il y 
a des autmtez. pour £«f contre. Je trowv^ 
pourtant plus de gens qui apellenS les HorA^ 
€fs Romains^ mon penchant me porte à le^ 
fuivre. Après; cet aveu quj fait honneur à 
Î'îte-Lîvc^ilnelaîflrc paçde débiter des Ha- 
rangues de f^ façon fiirun fait 6 reculé. Le$ 
Tradufltfurs de.I^ariana ne peuvent fedîsr 
penfèr de rendre fps Harangue^ en praiir 
çois; raaFs un Auteur qui ne le fuît qu'au- 
tant qu'il TaprcHive pouvoît rejeter ces or- 
ijemcns fupcrflus & horç dcfaîfon. L^Hiftor 
rien François n'a pu fe refondre à les per- 
dre. Sitôt que les Maures font maîtres d'une 
partie de l'pspagne, Abdalafîfe devient 
amoureux de laReine,dorit FÇpoux yenoît 
de périr. Le Barbaf e en fut ébloui du premier 
coup d'œail, & faîfi d-un violent amour, îl 
Ijiî demanda, avec des paroles flateufes & 
careOàntcs, Pérat de fa Santé. Cette Prîn- 
ccffe pénétrée de la douleur la plus amerel 
le cœur ulcéré par le fouvenir de Tétat dé- 
plorable où elle fe voVoît, luf répondît d'u- 
ne vqixfoîble & langui/ïmte. & répandant 
un torrent de larmes : ,, Que voule^-vous 
,, apprendre de moi lui dit-elle ? & pour- 
„ quoi m nuerrogez-vous , puisque le bruit 
r dp ïn?s malh«uri s'cft répandu pay four 

n 



FRANÇOISE. J7 

^j le la Terre i d*autant plos ï plaindre que 
,, mes înfohuneis font connues de plus de 
„ Nations ? jVtoîs il Jr a queîqncs jours hi 
„ plusheureufe de toutes les Reines. Les 
i» limites de mon Empire s'étendoîent bien 
i, loin au delà des Frontières d'Espagne. 
n Maintenant, dans raccablcmcnt de ma 
^ mauvaîfe fortune i je me vois défÔJÎIK^e 
„ de tout , réduite 2 un honteux cscla^a- 
h g^ preéipitée dans un abîme de rnolhéurs, 
j, d'au»nt plus profond qud fè\oU élevée 
i, plu$ haut : dé forte que lès Espagnols, 
^i oubliant leurs maux perfonnel$,ne paroiF- 
Y, (ènt touchez que de mes infortunes & 
,^ ne répandent des. larmes que pour moi. 
ii Que fl , comme il convient aux ccetirs 
,, genereux,vous êtes fenfible aux calam?« 
j, tel des Rois , rejouïfïcz-vous, dans l^ex- 
1, ces de votre bonne fortune, d'être en état 
i^ ddcpnfolef le Sang Royal . Pour mon par- 
j, ticiiiterlc plus grand bîenfajt que jcpuîC- 
I, fe attendre de vous i eft de protéger mia 
ii pudicité, ce qu^ont toujours fait les 
^i grands Princes & d'aflTnrc'r un azîle à 
„ une Reine re^pcâable par fa naîfTance. 
<, Ne permettez pas que qui que ce foît 
4, abule de nia mauvaîfe fortune pour m*in- 
yi fulterîDu refte je fqîs entre vos main^ 
^, captive & foumîfe à votre puiffance J of- 
,-, donnez de ma deftîneé ^ coiifirtie vous le 
i9 jugérei i. propos , vous protcftant que 
j, j'aurai une éternelle gratitude de Vos 
„ bienfaits & de vos bons procédez , puïs- 
,{ que, dans la trille fituation ou ma niau- 
,f vaife fortune m^a mife, je ne puis rién 

fai^ 



78 BlBLIOTHEQ^irS 

j, faire que de vous obeVr en toutes chofcs 
,, & de vous donner dans toutes le occa*^ 
/" „ fions des marques finceres d'aoe très-par^ 

^, faite recdnnoî(^ance^^Cetce Uarangue,qu{ 
cft traduite de Mariana, eft éloquente & (1 
n*cft pas impofGble que la Reine Egilone 
n'ait dit quelque chofe d^aprocbant au Prin- 
ce qui l'avoit faite venir. Mais cela fufit-il 
pour THidoire? Le vraifemblable eft le par- 
tage de laPoëfie. L'Hidoire ne doit rien 
prêter aux Ââeurs; elle doit feulement 
conferver ce qu'ils ont fait ou dit & non 
pas imaginer ce qu'ils ont dû faire ou dû 
dire. 

. Quoi que M. l*Abbé de Bellegarde co- 
i)ie fi exaâement Mariana dans ce qu'il a 
de plus fleuri , il ne le fuit pas également 
par tout. Ce n'eft pas qu'il le corrige , ou 
qu'il le fupplée par d'autres Auteurs en 
lui oppofant leur témoignage. C*eft une pei- 
ne qu'il ne s'eft pas voulu donner. 11 fe 
contente de cet Auteur auill loin quS*l pei^t 
le mener ; mais il lui abandonne certaiQ.cs 
recherches moins propres à être traitées élé- 
gamment j ou qui feroîent une espèce d'in- 
terruption dans ft)n récit. Par exeau>le, Ma- 
rJanayaïant introduit les Maures eii Espagne, 
fait un Chapitre alTez curieux .fur la mani^;- 
te dont les Arabes dattoient les évenemens.Il 
^parle de leur £gire, de leurs Mois Lunui- 
tes» & à cette occafion il dit quelque chofe 
de l'Année Romaine, de celle dcsHcbreuXi 
& de la reformation du Calendrier. M. 
rAbbé de Bellegarde ne fe charge point dé 
\ette Erudition phronologique. Nous ne 



FRANÇOISE* 7è> 

(afoQS pas cette remarqué pour Tcn bll- 
ïiier; mats pour mieux faire connoîireaveç 
combfcn de ration îl àk dans leTïtré qx.t 
(on Hiftoîre eft tîrec & non pas traduite de 
Afariana. Elle en èft tîréc, parce que, fi l'on 
excepte les temps auxquels ce jelûîte n'a 
point touché , îl fournît ce qu'on trouve 
dans rHîftoîre Françoîfe; & elle n'eft paS 
tradnîtede cet Ecrivain, parce quVTlc nesV 
tache pas à le Cuivre pied à pîed. Il eft vWî 
qncjdans un Avcrtîflèmcnt ajouté à îa Pré- 
face, M. l'Abbé dît qu'il a été obfîgé, pour 
taffçmbler tous les Evencmcns, deconlîiK 
ter nn grand nombre de dSèrens Auteurs^ 
andcns & modernes , Latins, Grecs, Ita- 
liens , & Espagnols- Pour la làtîsfàÔioh 
duLeôeur il donne la lifte des pr?ndps|ux 
kJis flus connus. Outre Mariàna, Tî- 
te-Lîve fur ce qui regarde les Romains, 
Valcre-Maxîmc , les deux Plîncs, Polybe, 
les Commentaires de Ccfar, Plutarque ^ 
Strabon , Suétone , Corneille Tacite, Jofé- 
phc, Prdcope , Gaguin, Othon de Frifingue, 
Pcnarque, Suidas, Scyiomene, Ammien- 
Marcellîn, Jornandès, Nîcephore, Eutro- 
pc , la Bibliothèque de Photîus , Aîmoîh, 

r 

Rois 

la Chronique des Rois Wîfigoths , lés An- 
nales de Scville, Froîflard, Grégoire àc 
Tours, Platine, un grand nombre à'îllus» 
très Modernes Espagnols & Italiens. Noris 
ne doutons point que Mr. de Bellegarde 
n'ait lu & confuUé tous cet Auteurs, puis 

qu'il 




to B 1 B L I O T H E Qjy E 

qu'il ledit ; mais il faut le croire fur fa parofe 
puisqu'il e(l H avare de cîtation^, qu'à peine 
l'en trouve-t-il quelques-unes dans chaque 
Volume. Encore fe eontenté-t-ilde nomraei 
l'Auteur, fans defigner dans quel Ouvrage, 
ou dans quelle t^ariic de l'Ouvrage, il faut 
chercher les prçuves de ce qu'il lui attribue. 
Cette manière de montrer auLeâeur comme 
en groupe les Garants qu'on veut lui doniier, 
a fi mal rdiiflià Varillas, qu'il eftfurprenaiit 
que des Ecrivains veuillent encore l'imiter. 
Cette^naniereeft plus commode pour l'Hîs^ 
torien ^ il efl vrai ; mais dans une Hiftoîre 
générale d'Espagne^ dont Mariana ne four- 
nit qu'une partie , il e(l indifpen&bl.emeut 
néceflaire de citer à la marge les témoins 
fur la foi desquels on dépofe. Nous avons 
déjà fait connoître, dani. le Volume précè- 
dent de cette Bibliothèque, combien Mari- 
ana a befgin d'être redifié, & nous ne ré- 
péterons point ici tout ce que lui repro- 
che M. l'Abbé de Vairac. Ces défauts as 
Mariana ne font que trop réels. Que l'on 
traduifefon Livre,à la bonne heure. Ce Ptf- 
re demeure alors garant des fautes dont le 
Traduâcur eft pourtant obligé de s'inftruî- 
re & d'avertir. Mais l'Auteur d'une Hfftorre 
generalê,qui ne s^oblîge a époufer aucun 
Guide, doit abandonner Mariana & fubfti- 
tuer à fcs erreurs la vérité qu^il a trouvée 
dans des fources plus pures êc moins fus- 
peôes ; & il eli de fon devoir de les indi- 
quer. De plus Mariana finît à la mort de 
Ferdinand le Catholique arrivée en ifKf. Il 
rcfte encore plus de deux fiécles pour adhc^ 

ver 



PR A N Ç O I S E. gl 

▼ff la carrière que M.de Bellegarde a foar- 
Ak ce reftc occupe les trois derniers Volu- 
nies. Il efi flcheux pour le Public de ne pas 
fiîoir quel degré de créance raericenc les 
Mémoires qu'on y a adoptez^ Par exemple, 
«iaas rbiftoire de la condamnation & du 
%lice des Templiers, Epifode aflèz écran* 

Si THiftoire d*)£spagne ^ auâi bien que le 
ndicde Viennc,!M.rAbb^,ayant raconté 
toQtcsiesabominations imputées aux Cheva- 
liers, «porte ]z\ proteftatîon que fit Jaques 
M61é,Grand Maître de l'Ordre, & dk: Qmel' 
l*ts AutetÊfi de réputation ^ dignes de fin af- 
M« jneU grand Maître parla en ces termes^ 
««w« lieu dn fnplUe^ll valoit mieux dou- 
bler les noms de ces Auteurs que leurElo* 
tC' il eft vrai que cela eût été extraordioàjcé 
^ansceLiirrc, mais il faloît lefajre par toift. 

L'Auteur n'eft pas crédule^ il traSte .de 
^a ou du moins de cogj^âafesfans ^fon- 
«a)entce que les Espagi^ ont écrit; des 
'naens temps de leur Natiôiî/ Il raporte ces 
chimères av^c une fobrieté d'autant plus lou- 
«Jl^qu'il ne fc laiflc point éblouir par Pauto- 
«Kac fon principal Auteur ,qui eft cependant 
ftti-mime beaucoup plus modéré fur ce fu- 
jctqje la plupart de fes Compatriotes. Mr. 
^ Abbé ne paroit pas fort perfuadé du Vb- 
W oe St. Jaques en Espagne. ,» Ce fut 
» environ ce temps-là , dit-il , que Ton trou- 
w va lecorps de PApôtre St. Jaques à Corn- 
» Poftclle^ fitOMt ce que les Antenrs difent fur 
^ fnfefl véritable. LaRetigion Chrétien.; 
to Dcétoit depuis long-temps florîffante dans 
» jJKoiâume de Galice & furtout dans la 

^^nULPart. L F Ca- 



8& B1B1.XOTHB <iy B 

97 Capitale; mais les Empereurs Ronuunf l 
99 dans le temps que le culte 4es Idoles 
99 n'ifcoit pas entièrement aboli ^excitèrent 
99 une cruelle tempête contre les Chré- 
f 9 tiens , auxquels ils firent foufrir des tonr- 
99 mens horribles. On ignoroit alors en £s« 
99 pagne le lieu où St. jaques avoit été in- 
99 humé» parmi des Bois. Mais ce rare tre- 
99 for fut trouvé par les foins de Theodo* 
99 mir, facceilëur d'Hidulfe qui apperçac 
99 une lumière brillante au milieu d'un pe* 
f 9 tit Boi$ pendant la nuit. Le làint Evéque, 
J9 craignant que ce ne flit une illufion de 
99 fes yeux , examina toutes chofes avec une 
99 exaaitude & une diligence incroiable ; 
91 il parcourut de tous c&tet le Bois où 
99 brillott cette grande Lumière. Aiant fiiit 
^ fouiller, on trouva un beau Tombeau de 
f9 marbre enfermé dans une Chapelle qui 
99 étoit aufG de marbre. Ot$ n*a fointfu M 
9) raifims fui perfuaderent (^ qui firemâ 
99 iêHclumnce temps^là^qùi €*étott Je corps 
j, du bienheureux Apôtre St. Jaques. X*£- 
9> véque fe mit en chemin pour avertir le Roi 
3, de ce que ?on venoit de trouver ^ afia 
99 qu^'l fé rendit fur les lieux pour en être 
99 lui-méi^e le témoin & pour faire hon- 
„ neùrà la Religion. Ce Prince fit bâdr 
t, au même endroit une Eglife en l'homiear 
,9 de St. Jaques 9 & affigna des revenus 
09 pour ceux qui auroient foin du culte de 
„ Dieu dans cette nouvelle Ëglite. Le bruit 
99 s^en repandit bientôt dans route la Terre. 
,9 Une infinité de Pèlerins vinrent en Es- 
99 pagne 9 de France ^ d'Italie, d*Allema- 

§Qe# 



F H 4L 1^ Ç O I i £. S| 

ti {DC^ des Pays les plus reculez, pour être 
i, témoins des Miracles qui fê faifoîent tous 
» les joars aa tombeau du £dnt Apôtre. Le 
n Pape Léon III. gouvernoit alors TEglife: 
ff A la prière de Charlemagné & du Roi 
ji Alfonre, le Siège Epifcopal de Braga fut 
i, transféré à Compoftelle,du confeutemetic 
I) des Gnuid» & des Evêques du Roianms , 
^ poor honorer davantage ce iàînt Lfeu. 

Tout ce redt eft fidellement traduit dé 
Mariina, fi l'on en excepte la reflexion fur 
l'ignorance où Ton eft des raifons qui perfua- 
weat qne ce devoir être le corps de St. Ja- 
V^ Mariana la fait aufli; mais il ajoute 
Ço'il croie qu'on n'a pas embraflë ce (en* 
t^c fkns de grandes raifons ; qu'on ne 
^qpa point d'examiner les veftiges de 
l'Afldqnité ,& que des Anges, que l'on ren«^ 
coQtra,dit-OB, eu plus d'un lieu» déclarèrent 
lœlachofeétoitainfi. Quanti l'autre re» 
ïexioQ de l'Hiftbtien Ftançois qui met en 
mt fi le laint Ap&tre eft jamais venu en 
^^e ; il s'écarte de Mariana qui 
Uk. Chap. n. raporte l'opinion d*Ifidore 
^ ajoute que St Jaques^ étant retour* 
^ à Jemlklenî après la prédication en £s^ 
Pf oe, reçut le martyre par le conmiande* 
l^t d'Herpde & que fon corps fut rapof- 
tf en Espagne par fes Difciples. Il va même 
JQsqa'â œarquet par leurs noms les Dilci-' 
pies que ce S»nt convertit durant fon fejour 
^Espagne^ Quand des traditions fontde- 
veaaes,malgré leur incertitude, Topinion de 
^tQQ Peuple & qu'elles font, pour ainfi 
^ ridées conune une de M prér<^« 

F « thres 



S4 Bl BL lOTHEQ^V B 

^ tires par rhonneur quMl croit en recevoir, 

un Hiilorien ne peat être Marné dé rapor^ 
ter ce qu'on en ait, & c^eft alors que l'on 
peut emploier le fage correôif de Tite-Ltve: 
qui dit Liv.I. Qttét aute conditam^eoitdemdamve 
mrbem^oetieîs magis décora Fsbmiis ^ quatn im'^ 
€orrMptis rerum geftstrum monumemtis tra-' 
dHHtur^ea née affirman me rrfellere in amimef 
gfi. Il fuffityén les raportant, de les donner 
pour ce qu'elles valent ; & c'eft une louan- 
ge qu'on ne peut refufer à l'Hiftorien Fran- 
çois. Il pafle fous iilence ces fortes d'évene- 
mens peu fûrs, ou bien il les raporte d'une 
manière qui ménage également ceux qui 
les croient & ceux qui ne les croient pas. 
Mariana eft loué par le Père Boubours 
d'avoir pris Tair des Anciens & fur tout de 
Tacite dans les réflexions dont il a parfemé 
Ion Hiftoitt. Mr. de Bellegarde en a orné 
fon Ouvrage, & il y en a de fort judicieux 
tes. Telle eft cèlIe-ci; „Les Rois acquièrent 
,, quelquefois le nom de Grand par leur au* 
,, dace & leur mauuaife foi , par les guer- 
y , res qu'ils entreprennent contre, la jmHce 
,, & par un motif d'ambition « pour s'agran- 
„ dir > pour amailèr des richefîes où pout 
„ aquerir de la gloire. Ce font là les mo- 
„ tifs ordinaires qui pouflènt les Princes 
^y ambitieux à troubler le repos des Nations. 
Il feroit dificile de dire pourquoi l'Auteur 
a pris plaîfir àtraveftir certains noms, au- 
lieu de les traduire (elon l'ufiige de notre 
Langue,de laquelle il a lui-même donné 
des leçons avec fuccès. Il ne pouvoit pas 
Ignorer que Diegm Lapis étoit le vrai nom 

. de 



Fi^ A K Ç o I s i« 8y 

de celui <}u^il tpcUe DUgmf Lomp. Seroit- 
ct^MTce qu'il l'a trouvé exprimé pai Lupus 
tnlatàn i SanSius eft Sancbe en François, 
& Garfuu eft moins uficé en François que 
ftrwV. Comme il y auroît de rinjuftîce à 
croire que notre Hiftôrîen ne fait pas des 
çhofcs fi communes, il faut croire qu'il a eu 
<e bonnes raifons pou|: s'écarter de Tufage 
901* eft le tyran dex Langues. 

Noos ayons dît que l'Auteur a tâché de 
tténagcr les gens d'opinion diferente par la* 
Ottinere dont il raporte les chofes dont tout 
le monde n'eft p£ également perfiiadé. Il 
< oTéda m£me ménagement en parlant de 
l'ôablifferaent de l'Inquifition en Espagne.- 
Voici comme il raconte Hntroduâioa de 
a redoutable Tribunal: 
w Onn'avoît point encore fongé en ce 
» Roiamnc à nommer dcsinquifiteurs fur- 
)> les Controverfes & les matières de Reli- 
» gion & contre ceux qui abandonnoient • 
i> le Chriftranîsroe pour fe faire Juîft> ou 
w onbraflcr quelque autre Seâe. On choî* • 
» ft donc dans laCaftilleun certain nom- 
n brc de Juges pour examiner & punir les 
w^l^njcs qui fc commcttoîent contre la 
w ^^6^1aFoi & laReligion.Ceylnquifiteurs 
» ^oient foutenus par l'autorité du Pontife 
« Ronuîn & delà Puiffance Roîale, On 
M Jï^Qit déjà fait de pareils établiffemens en 
>» «alicjcn France, 6n Allemagné,en Arra* 
» son. Enfin le Roiaume de Caftille jugea 
M a propos de fe conformer en cela aux 
lïïiweurs & aux coutumes des autres Na« 
» twiiij fie voulant pas fe laifler vaîncrç- 

F J ca 



., en pîcté & en véritable lelepour lagloi 
,) re de Dieu & de la Religion. Le Gardî- 
^, nal d*£spagne fift le premier promoteur 
,y de cette Ipftiturîon» La licence de ces 
y, temps-là , les desordres qui regfioient de 
^ tous cAtex, le voifinage des Maures & 
„ des Juifs qui vivoîent pcle-méle avec Ict 
,, Chr^tiens,& qui faifoienc enfemble toutes 
;, fortes de'CommerceSyàvoient abfi>lûmeiir 
,, perverti les bonnes mœurs Se introduit 
,1 plufieurs mauvaifes coutumes parmi les 
^y Chrétiens 9 que les mauvais exemples de 
^y leurs voifins feduifoient. 

„ Plufieurs d'entre les Juifs & les Maures, 
„ après avoir embrailë leÇhriftianîsme,re- 
,^ tournoient impunément à leurs anciennes 
„ fuperftîtions , fans que perfonne s'en mît 
„ en peine. "Cette tolérance s?éi oit princîpa- 
„ lement glifféedansScville.Ony commen- 
„ ça donc ^ fiûre une recherche exaâe des 
„ plus cQupables,quî forent punis très-ftve- 
„ rcment ; tes pliis crimînels,après;avoîr été 
„ longtemps çn prîfon, étoient condamnez 
„ au feu; ceux dont les crimes étoteot ^oins 
3, confiderables étoient flétris par quelque 
„ note d'infamie perpeiuclle qui fe repandoît 
„ fur puteleur fyMïle; onconfisquoà les 
y^ biens de quelques-uns qui étoient en Aftc 
„ condamnez i une'prîfon perpétuelle : oii 
^, faîfoît porter i quelques autres upe croix 
5, rouge alézée^avec Thabît qu.^fls appellent 
^y de Saint BenoîtVecouteta-jauïne,pour les 

in- 



F R A K ^ O I s El 87 

^ iottmîder par la rigueur du fuplice qui les 
„ ittendoit. L'ufàge ^t connoitre combfea 
f, ces panirionsA; ces craintes écoient falu- 
» taires. On eu murmura d'abord & Toa. 
I, en fit de grandes plaintes par tout le Roi- 
^ aume j principalement de ce que la hon- 
„ te des crimes des Pères & des Mères re* 
„ tomboit fur les Enfans. On fb plaîgnoîe 
p encore de ce <|ue Ton étoit condamné 
„ fiir le témoignage d'un accufateur incon* 
t,nu (ans être confronté avec Taccufé. 

p C'écoit une choie nouvelle & entière- 

ft ment oppofôe aux anciens uiàges que d'é* 

n tre condamné à la mort pour des affaires 

ft deReligion9& d'être privé par les «Statuts 

.it de rinquîfition de la liberté de parler & 

„ de fe défendre. Il y avoit dans les bonr- 

,, gades & par les campagnes d^^s Espions 

j, répandus & cachet qui examinoicut fe« 

9, crettement les paroles & les aâions de 

,, tout le mondîe pour en faire leur raport 

D fax Inqnifiteurs s ce qni écoit une espèce 

jv de fovftude & de tyrannie infuporcable; 

yv car on ne les connoiAoit point ; & l'on 

I, ne pouvoit fe garantir de leur mauvaifè 

* i, volonté : les (èntiments étoient partagez; 

n plofieurs ne vouloient point que les cou* 

n pables fuiTent condamnez à la mort, n'ex- 

^ ceptant d'ailleurs aucun autre genre de 

,, fuplices^qnelque rigoureux qu'ils fufiènt. 

,» Femand Pulgario % homme d^un excel- 

n lent esprit, étoit de ce nombre. Il acom- 

f, pofé une belle Hiftoire du Roi Ferdi- 

fi nand. L'autre avis plus rigoureux l'em- 

F 4 por- 

• Il eft nommé BMli4ti% dans UTibU d«p« •«--*— ^1 



S8 B I B L I O T HE 

,, porta : on crut queceaz qui ^voient Tau? 
„ dace & rinfolence de violer & deshonor 
jf rer la Religon » ne méritoient pas de vî- 
9« vre, qu*ii fàlloit les dépouiller de tou$ 
„ leurs biens & les flétrir d'une éternelle 
^, infamie fans avoir égard à leur pofteri-^ 
,, té. La feverité ides Loix rend les Feres& 
y, les Mères plus attentifs par raport àPin- 
^ térct de leurs Enfàns ât les empêche de 
9, commettre de; crimes dont la honte & I4 
^ peine pourroient retomber fur eux. 

„ On dilbit encore ,que les Jugemens 
^ fans confrontation de témoins empé-. 
„ chent toutes les rufès & tous lés artifice^ 
„ dontx>n (è fert pour ne point paroitre 
^, coupable & pour éviter toutes les puni- . 
„ tions méritées; qu^'l eft à propos, félon 
jy les diverfes conjonâures,de changer qnel- 
„ quefois la Difcipline & les Loix Ëcclefias- 
,, tiques ; que plus la licence e(l grande,il eft 
,, nécef&ire auffi d'ufer d'une plus grande 
,, feverité. Le fuccès furpaflà toutes les es- 
j, perances que Ton avoit conçues. On éta^ 
,, blit d'abord des Loix fart fages pour empê- 
3» cher les Inquifiteurs d'abufer du pouvoir 
^ qu'on leur avoit confié; on ajouta cucot 
,y re dans la fuite de nouveau^ Statuts aux 
„ premiers , & que les nouvelles çxperien- 
,, ces faifûient juger neçeilaires. Ce qui. 
,, efl; eflentiel , c'ell que l'on ne choifit que 
„ des perionnes d'un éminent {avoir & 
„ d'une probité reconnue, pour les mettre. 
,, dans les premières places de ce Tribunaf^ 
„ qui font,pour aînfi dire,les arbitres & les 
^ maitres de la fortune , de la réputation , 
>j & de la vie de tout le n^onde. Tho« 



F R A N Ç O I s B? S^ 

n Thomas Turrecremata, de l'Ordre des 

„ Donunïcaias, fut fait d'abord Grand la* 

ff qoffirear ; homme doué d'une fageflè ra* 

„ re^d'ane doârine profonde, d'une grande 

Il fkveur auprès du Roi , dont il étoit Con- 

n fe(Ièttr,& Supérieur du Couvent des Do* 

„ mlaicaîns à Sîgovie. Son autorité fut ref- 

„ ferrée^d'abord dans les limites de la CaftiN 

n le; mais, au bout de quatre ans, elle s'év 

„ tendit jusqu'en Arn^on. On ^ donna au 

„ Grand Inquifiteur cinq Col lègues quîju- 

y^ geoient les plus importantes affaires de 

ly la Religion dahs le Palais du' Roi. Tous 

I, les autres Tribunaux dépendoient de ce- 

„ luî-là : on ne mettoit dans les moindres. 

,, que deux ou trois Inqùîfiteurs. Les prin* 

^ cipaux Sièges étoient à Tolede,à Cuença, 

„ à Vailladolid, à Seville, à Calahora, à 

,9 Cordoue,à Grenade, dans le Roiaàme 

yt d'Arragon , à Valence , à Sarragoce , à 

„ Barcelonne. Le Grand Inquifiteur Tnrre» 

p eremata niant vffert une amniftie gène* 

if râle^plus de Sx-fept mille ferfonnes de tout 

if fixe i*f de toute condition vinrent volon*- 

D tairement avouer leurs erintes^dans Fespe* 

^ ranee de Pabfiflution ; Ma i S ON LES 

,) T R o M P Kyplus de deux mille furent hrà'* 

4, lez , & les autres échaperent comme, ils 

,f purent & fe iàuverent en divers Roiau- 

j, mes. Tels furent les commcncemens de 

,1 la puîilance exorbitante de l'Inquifitioa 

», qui alla toujours en augmentant depuis 

„ ce temps-là. ill n'y à pas dansPUnivers 

,) de Tribunal plus redoutable aux méx:haa$,^: 

n C'eft un remède ftmvtrâim contre le$ 

F j trou* 



9P BlB]L]^OTHB<X.U B 

^ troubles & les feditians, qui font des ful^ 
,, tes inévitables des herefies dont les au* 
^ très Royaumes font agitez. // eft ifréfm-- 
„ WÊif ifmt U Cief a infpiré ce remède i les 
^ nmës de la prndenee humaine fini trop êfêT" 
^ nées four avoir pourvu fi effic0cemeut m 
^ d^amffi grands maux. 

Geque nous venons de raporter n*eft aa* 
trc chofc que le X VIL Chapitre du XXI V^. 
Livre de Mariana,d'où notre Auteur ne l'a 
traduit que trop fidellement , excepté ce^ 
mots , mais en les trompa y qui s*entehdent 
aflèx par la fuite du récit de la barbare per- 
fidie du Grand Inquifiteur. Mariana étoft 
Espagnol^Relîgieux d'un Ordre dévoué fans 
relerve au Pape, dont Tlnquifition favoriîè 
les intérêts temporels , & d'ailleurs il étoit 
Ibus la main de Tlnquifition , lors qu'il écrî- 
Toit fbn Hiftoire ; ce qui eft proprement 
fimgere fui gladio* Toutes ces circonflan* 
ces cxcufcnt Téloge qu'il fait de ce Tribu- 
txAi ai l'infpiration celefte à laquelle ri 
en atribae l'inftitution. Mais M. de Belle- 

Srde n'a point ces motifs de judijgcation* 
eus nous abilenons de qualifier cette 
propofition; i^«'#7 eft s pr^umer que le. 
Ciel a infpiri ee remède i les vues deiaprw- 
dente humaine étant trop bornées pour avoir ^ 
pourvu fi éfieacement k d^aujfi grands maux. 
On fera làns doute furpris en deçà des Al- 
pes & des Pyrénées de voir un François 
attribuer à la f^eilè & à la bonté de Dieu 
rinftitution d'un Tribunal qui condamne 
i npitoiableitieotau feu des accufez (ans leur 
montrer ies témoins qui depoftat contre 

eux 



Fr ï K Ç O 1 s Et 91 

e&x.lkns ofaîierver les r^les de Véqakéme, 
Icsfsjeni mêmes ont pratiquées; d'ua Tri- 
kooal qui/ous Tappas d'une abfolotioD pro* 
izure^& par l'abus du ikcrement de la Peai- 
cene(vutiredix-fept mille perfonnes dans fet 
filets & en fait brftler plus de deux mille; Qui 
foolfiitaax pieds les droits les plus lacrez de 
la Hiérarchie & de TEmpire s*alroge de fai- 
rc proj^s aux Empereurs après leur mort, 
de flétrff leur mémoire, & de traîner dans 
fes cachots les Evêques qui (ont eux-mé- 
in^ les véritables Juges de la Dofhîne. 
NoQscroions faaver un peu Thonnetu: de 
Mr. de Bellegarde en difant qu'il a nraduit 
Miriana ; & nous le difons fans préjudice 
des afreafes conféquences qui rtfiiltent na- 
tQTcllement de cet éloge , où Ton acculé le 
Ciel d'înQ)îrcr la cruauté & la fourberie. 

Rien n'eft plus connu que THiftoire du 
Cid,&Comeille l'a plus immortalifé par fes 
^ers que tous les Hiftoriens par leur prote, 
jAwaa raconte cet événement dans le V. 
Qapitrc de fon IX. Livre. Il appelle ce jeu* 
°f guerrier RêJerùus Diadtu; ce qui veut 
^Cyea bon François, Rodrigue fils de Don . 
^^c, comme Corneille Ta très-bien 
^ndu. Il cft furprenant que l^Hiftorien 
'wnçoîs n'«t pas voulu s'en reflbuvenir & 
^'il ait nûenx aimé l*appeller Rodrigue 
ywre. Voici au rcfte comment il traduit 
ce que Mariana en a écrit. 

n Rodrigue Diacre avoit en ce teinps*là 
91 la réputation d'une rare vertu , iage , 
» homme d*un esprit vif & ardent dans la 

gtao- 



9- 



9t BiB LIÔTHEQ^VE 

,, grande vigueur de l'âge, a^lede don^ 
„ ner an bon coaSàX & de le mettre en 
„ ezécurion par fa valeur; H avait depuf^ 
M peataéendael]eCoimedeGonxas&/4i« 
^ fsJls répée au travers du corpç. CMmc- 
„ fîêsfille da mort,fat le prix du vainqueur 
„ & lui fut donnée en Mariage au Heu de le 
„ faire mouifr pour avoir àié la vîc àyia» 
„ perc. Elle fit en effet tous fes efforts an- 
^ près du Roi pour Toblî^cr à punir Rôdrf- 
„ gue fdon les Loix, quoi qu'elle fftt tou- 
„ chée de fon mérite & qu'elle Taîniât. Le 
„ Roi , pour la contenter en quelque 
„ manière, lui permît de choifir un Cbaïn- 
„ pion pour défendre fes droits & pour (ê 
„ battre en Duel contre Rodrigue , félon • 
„ la coutume ufitée en ce temps-là ^àcon- 
„ dîtîon qu'elle époureroit celui qui lbrtî«^ 
„ roit vainqueur . de ce combat fin^lier. 
^ Rodrigue ajouta i fon patrimoine la 
^ Principauté de Gormas fon Beau-pere 
,^ qu'il avoir tué & qu'il eut en dote parle 
3, mariage de Chimene. Ce mariage & cet* 
„ xt PriHtspauti''SL}0\Mée à fi» autres biens 
y, le rendoicnt très-puiflant; de forte que 
„ s'étant mis à la téce d^une troupe de fbl« 
,, dats d'élire il défit en bataille cinq petits 
y^ Rois OU Gouverneurs Maures qui, aiant 
„ paiTéleMont Occaavec une petite Ar- 
„ mée ramadëe tumultuairement, faifoieot 
,1 des courfes & de grands ravages fur tes 
„ ferres des ChrAsemi; il défit cette Armée 
„ à plate couture , mit en fuite les Gène* 
„ raux, leur enleva le burin & toutes Ie$ 
„ dépouilles qu'ils avoicot prifes, fit un grand 

nomr 



F H A 1< ç o f s E. $3 

^ nombre de prifbnnîers qu'il rcnyoya ea 
^ lenr pays,2 condition qu'ils luipayeroicnt 
„ m tribut par chaque année felon les con« 
^ FOitions qui forent Bûtes entre eux. 

L'Hiftorien Fcançois demeure on peu 
m deflbus de l'Original dans ce récit. Ma- 
rtana nomme le Comte de Gormas & dît 
qu'il s'apelloit GomezjleTniduâcar faprn 
lue ce nom^ Mariana dit prédCeraent 
cpidles terres les Maures tavs^eoient 
& nomme ce Lieu Rhêgia. Le Traduc- 
teur, pour éffaigner peut-être au Leâeur un 
nom qui defigueroif fii période, dit fgpr Us 
ttms ies Cbretiem^. Nous ne parlons point 
de l'inexaâîtude qu'il y a dans cette phra* 
fe, î/ imit fuéeméUielU Cmm^ ^ Im 
fâffêfm^^e SM travers Jm corps. Il (èmble 
que Rodrieue ait percé le Comte après l'a^ 
▼oir tué. Mariana dit fimplement qu'il avott 
tné depuis peu le Comte en lui paf&nt Ibn é* 
pée au travers du corps dans une qnerele par- 
ticoliere.if ar Utu ie U fmre mourir fomr étvoîr 
kékvie À fin ftre^ cft encore une expref- 
Son louche qu'il ne faut pas imputer à Ma- 
riana.^0jVidoit fe raporter au dernier objet qui 
le précède qui c(l Rodrigue.Ce n'eft pourtant 
pas ce* que l'Auteur a voulu dtre^ Il y a bien 
d'antres endroits où l'Auteur emploie des 
âçons de parler qui ne font guetes Françoi- 

lès: 

• ConassB^ qoeleduede ûm/^^bob ptiedÉl 

àtfrùieifmr/. Si Mantat rtft fofi 4a t^Primi^âim, 
^ci qne le mot Omâmw» «û dbas U bonae Latun- 
céfimficaoocdiofi^liâad^ls'fnfar-^-^^ 



94 B I B L I O T H B OJJ * 
fes; témoin celle-ci: L^ Empereur (Charléi 
V.) fortant de Rome alla en Toscane & fc 
rendît d'abord à Sienne, LeÇlergé^Ies Ma-* 
gifirats , les principaux Habitans fortirent i 
pied de la Ville pour lui aller au devant, SI 
jamais no^re Auteur augmente d'un nouveau 
Tome (es Remarqués fur la Langue Francs 
çoife , il pourra bien^ à l'exemple du P. Boù- 
hours^aire un aveu de fes négligences de 
ftile» La matière ne lui en manquera pas 
dans ces neuf Volumes, & l'on fera plus é^ 
difié de cette modeftie qu'on ne l'a été de 
le voir citer à tout moment fes propres Ou- 
vrages comme des Modèles daos fes Refte^ 
Jetons fyr la Politejffe ^ V Elégance du StUe: 

M. de 6el!egarde n'efl pas de cts imi- 
tateurs de Tacite qui cherchent de Ja 
noirceur & du crime, dan« les évene- 
mens dont les caufes & les motifs font im- 
pénétrables. II fe fait un plaiiir 4e faire 
l'apologie de ceux dont la calomnie a 
attaqué la mémoire. La ihorr de Dom 
Carlos eft un de ces évenemens équivoques 
fur lesquels la plupart des rïiftoriens choi- 
fiflent le parti le plus malin. M. l'Abbé la 
raconte d'une manière qui tend à jufiiâer 
le Père & le Fils; On croit comme une cho- 
fe confiante que Philippe le fit mourir de 
mort violente. Selon notre Hiftorien, Phi- 
lippe n'y eut d'autre part que d'avoir fkic 
enfermer le Prince contre qui les apparen- 
ces dépoibient plus de mal qu'il n'y en avoic 
effeéhVement. 

^ L*infûttttné D. Car los,voyant que les 
1» wiires de Flandres ne prenoiem pas |e 

train 



François £« 94 

^ tain qu'il ibuhaitoic & que rEmpcreur 
to ae iè prefloit point de lui donner fii Fil- 
„ k ainéc, la Princeflè Anne, quoi qall 
n Tea fit folicicer , crut qu'il doroit pren^ 
n dre les arihes: & fur cepr^ugé, il éoi* 
,, vit à plufieurs Grands & a plufieurs Goih 
9, Terneors pour leur demander du ficoara 
n dans une affaire importante qitri fi; pre* 
» Icnioit , ISms s'ouvrir davantage. L'A* 
n mirante, ne ioupçonnant en aucone &- 
,1 çon qoe ce fftt contre le fcrrîce du Ro!, 
M loi envoia la Lettre de Ton Fils,en le pri* 
n iQt de loi expliquer ce niyftere. Lemb- 
9 lif iecrct dtt jeune Prince étoit de leur 
I, demander de l'amnt i emprunter pour 
i9 & fânver de la Cour & pour aller en 
,f AlloDB^sae » flaté de l'espérance d'épou- 
„ fir la rrinceflè d* Autriche. On le loup» 
fi conna d'avoir eu deflèin d'attenter â la vie 
^ defi>n père; mais lès amis lesplnsindmes 
M n'earent jamais aucune connoiflance d'un 
y, complot aoffi deteCbble. Il fe découvrit 
^ à &a Oncle D. Jouan d'Autriche fur te 
il projet qu'il avoitfait d'aller en Allema- 
j3 pie; il Ini demanda du confeil & du fe* 
^ cours ponr l'exécution de ce Deflein : H 
«• lui fit de gramdes careflbs & luiparla 
„ comme vn ami fincere. Ces démomba- 
n dons d^amttié flaterent D. Jouan qui de 
,t fon coté lui fit des* ofires magnifiques 
i> s'il vonloit l'dder & lui garder le fecret» 
„ en lut facilitant le moiende fiûrelevoia- 
„ ge d'Allemagne. 

^ Philippe, agtflànt tonionrs en tootea 
p chofes avec une profond (âgeflcft im^ 

te 



ç6 B I B L I O T H E O^U l2 

9> re délibération 9. ÇQofulta far l'aflkîre < 
,, fon fils les Doi^^rs le^ plus habiles 
ji entr'autres Melchior Canus Evéque d 1 
I, Canaries , celui d'Orihuela dont il écoi 
^ toit volontiers les confeils , à caofe c 
„ leur rare prudence. Le Doâcur Navarre 
f, Jurisconfulte d'une grande reputatioi 
j9 & d'une fioguliere proUté, fut aufli coa 
„ fuite dans cette affaire. Dom Carlos re 
^, folut de pardr pour aller en AUemagOi 
„ dans l'espérance d'accomplir, (on Maria- 
ge. Il fit écrire au premier Courrier de 
;,j la Cour pour lui demander huit cherauz 
i, de polie* Il donna promptement avis m 
„ Roi de la demande de Ion fils. Lt Duc 
,, de Ferla , Ruî Gomex , Le Prieur Dom 
„ Antoine Quîchada & D. Louis ion Frc- 
^^ re entrèrent à minuit dans Tappartenient 
^ydeD. Carlos, lequel leur demanda» 
„ tout étonnéj ce qu'ils demandoient de lui 
,) â une heure auffi indue ? Le Roi tptra 
,, en même temps & ôta l'épée du Prince 
^, qui étoit (bus fon chevet. £h/ quoi» 
^, dît-il à fon père, voulex-vous me tuer? 
ly Le Roi le raàura en lui parlant avecdou- 
„ ceur; il donna ordre au grand Prieur D- 
„ Antoine de prendre un petit coffre cou- 
„ vert de lames d'acier & d'en tirer lespa- 
^, piers. Le Roi fit mettre fon fils en pri- 
^ ton & ft retira. Les uns approuvèrent 
^^ fà conduite comme très-prudente & três- 
^y fage ; les autres lai>lâmerentconuneu:op 
,, fevere & trop rigoureufe. On peut accu- 
^y Cet D. Carlos dlejeuneflè & de légèreté, 
^ d'avoir mal penlë , mal parlé > de s'être 

laîiTé 



F R A N ç o I se; ^ 

n VÊ emporter à fon dépit & à fon ref- 

jj&i/inent, fans avoir fait de mal- Quoi 

n çDcD. Carlos n'cilt point la liberté de 

n finira que fon appartemeni fût entou- 

^ f^deîpJufieurs Gardes; cependant la por- 

n te de û chambre demeuroit toujours 

jj oorerte & il recevoir plufieurs vifites. Le 

» Comte de Lermc, D. François Manrî- 

n 9ûe, D. Rodrigue de Benavides, D. Jou- 

w^deBor^ia, D. Jouan de MefQoce 

» «oient toujours auprès de lui pour l'en- 

«tretcniroupourlefervir.Les autres Seî- 

» ^Œrs de la Cour n'entroient point dans 

« looappartement fans une permiffion ex- 

j> Pm du Roi, à la referve de fon Mede- 

«PJ^adefon Chirurgien quand il avoit 

n ^loin de leur mîniitere. Le Comte de 

» i-erme couchoît toujours dans fa cham- 

» ^^3 quand il étoît încommmodé , un au- 

»' V,^ Pjcnoit û place ; ils avoîent ordre 

"^«ecuter tout ce que le Prince leur 

« ^miuandoit à la referve de faire des mef- 

'^ S *^ dehors (ans une permiffion ex- 

" Fjmè de fk Majefté, à' laquelle on com- 

'' f^({XL(At tout le détail de la commîf- 

w «OD. 

*' ^'^/dre étoit que tout le monde pût 
"" r^wetout ce qui fedifoit dans la chara- 
" 2m '^^ ^"' "^ pouvoit parler à l'o- 
' co ?^ ^^ ^'^^^^ 1 P^^*^ obvier aux in- 
" poir^^J^* ^"^ ^^ myfteres pourroîent 
" ^^ittll étoit expreffément défendu de ra- 
'» «Dteraudehorsceque le Prince difoit ou 
l ï^ ^ particulier. Il n'y avoit dans Tap- 
^* Wtcaent du Prince ni armes ni épées«oa 

^'^^ULPart.L G les 



'98 BiBl. lOTHEQ^tlE 

„ lesquîtoit en tatrantparrefpeâ; d^autant 
5, que le Prince étoît desarmé. Il cntendoit 
a, de fa chambre la Meflè que celebroient des 
„ Chapelains nommés. Deux Gentils- hom- 
„ mes fe tenoîent auprès de lui pour réciter 
^, enfemble les Heures & le Chapelet,oiL faî- 
„ re quelque picufe leâure félon là dévo- 
„ tîon.Tous les Officiers & tous les Gentils- 
„ hommes fervants , outre le ferment gcne- 
„ nff, faifoient un ferment particulier entre 
„ les mains de Ruy Gomei ,^ de s'acquiter 
^, avec fidélité de leur minifiere dans tous 
j, lesfervices qu'ils tendoientaa Prince. 

„ Il y avoit à la porte de Ik chambre un 
„ certain nombre de Hallebardiers quiTou- 
„ vroient ou la fermoient félon les ordres 
ii de Ruy Gomex ; on ne laiffoit entrer 
• „ perfonne fans Ten àvrcrtîr expteflfément y 
i , ou le Comte d« Lcrme en ibn abfence , 
„ ou quelque autre des (grands Officiers 
„ nommez pour être auprès de la perfbn- 
„ ne du Prince. Les Lieuienaûts de la Gar* 
4, de Espagnole & Allemande avoient or- 
^y dre de ûl Majefté de pofer à la porte de 
,, Tappartemi^nt de« klfantes dix ou douze 
„ Hallebardiers & deux à la porte de Ruy 
5> Gomet • au moment quMlc 8*ouvriroît, 
^, parce quMl étoit chargé parfonnellemenc 
^y de tout ce qui coiicenioit ta pfé^ du 
I, Printie. 

ji Le Roi convoqua une Affonblée par* 
,) ticuliere, compoie^duGardiâalSpiooIa, 
1^ de Ruy Gomei de Sylva , du Licentie 
3Y Birviesca éc des Conieilkrs d'Etat pour 
o Aire un M^nifeâ^ tottcha&t remptifQn- 



Fr ançoise. 99 

„ naoïaït du Prince & poiirjullifier Ta coa- 
^ (faire du Roî. Ce Prince cnvoïaaufïi dc- 
y, jModer à T Archevêque de Barcelonne !e 
„ Miaffefle que publia D. Joudn II. Roî 
„ d'Airagon contre le Prince de Viana 
„ Charles IV. fon fils aine , & le chargea 
fl de le traduire de Catalan en Caftillan ^ 
„ sfin que l'on pût mieux comprendre -le 
yi uns & rénergie des paroles. 

„ Louis Venegas de Figiieroa , Ambaf- 
„ âdcor Extraordinaire , '& le Comte de 
,» Chfcitoaey AmbaiEideur ordinaire à la 
,, CoBT de J'Empcreur avoîent bien de la 
li pcJnc à calmer le reflèntîment décePiriii- 
3, cc&dcrimpcratrîcefonépoulètoubhant 
^ la prilbn de D. Carlos. Le Pape (uplia 
>, le Roî Catholique de faire à Ton fils une 
„ correéHon paterneJle & charitable (ans 
„ pouilêr les choies à la dernière eXtrêmi- 
^ té. Le Roi de Portugal , \in grand nom- 
„ bie de Princes ôc de Prélats préfentérent 
„ aa Roi des Requêtes très-prcfîàntes fur 
n kmëme fujet. La Reine Ifabelle & la 
f, PriaceSé Jeanne ea firent autant ^ fans 
„ pouvoir feulement obtenir la permiflioa 
„ devoir le Prifonnier. 

^ Cette affaire donnoit au Roî tant d'în- 
„ quiétude & tant dcfoîns,qu'il ne fortit ja- 
sj mais de Madrid pendant tout le temps que 
n dura la prifbn du Prince fon fils, non pa> 
,, même pour aller à Aranjuex ni à StXau- 
,f rcnt, pour voir les Ouvriers & les fii- 
,9 perbes fiâdmens que Ton y faifoit ; tant 
„ il croît ftttenèif , inquiet & foupconncux 
1) fju raffiûe de D. Carlos ; les plaintes & 

G i les 



lOO BiBLIOTHE CL,U E 

3, les murmures des Peuples qui plaîgnoîent 
„ le trîfte fort de ce jeune Prince, le cha- 
,, grînoient. Il accouroit au moindre bruit 
„ qu'il entendoic da|^ le Palais , craignant 
y^ que ce ne fdc une confpiration & une 
„ révolte pour forcer fa prifon & pour 
5, Tenlever. 

„ L'indignation &Ia colère^ ledeses* 
„ poir de ne pouvoir fortir de prifon , Tar- 
„ deur exceflîvc d'un brûlant Été ,tout ce- 
„ la joint enfemblc rendoîc le Prince com- 
,, me furieux &[allumoit dans fes entrailles 
„ une espèce de fournaife ardente : de for- 
„ te qu'il buvoit à tous momens fans me- 
5, fure l'eau gelée d'une fontaine de neige, 
5, capable de ruiner les tempcramens; les 
,, plus robuftes ; enfin fe livrant tout en- 
3, tier àfondefcspoîr, il demeura' trois jours 
„ fans manger $ nevoïant plus de jour pour 
,, obtenir fa liberté , il tomba enfuhe dans 
„ une profonde mélancolie qui le reduijit en> 
,, feu de temps à la dernière extrémité', un 
„ jo'^r que fon Père vint le vifiter,il mangea 
„ plus qu'à Tordînaire & au delà de ce que 
„ la' foîblcflè de fon eftomac pouvoit fup- 
„ porter ; de forte que cette indigeftion lui 
3, caufa une fièvre maligne , des vomîflê- 
j, mens & la diflènterie, dont les eaux gla- 
„ cées qu'il avoit bu avoîent été la princî- 
„ pale caufe. Le Doâeur Olivarci , fon 
„ premier Médecin , avertit Ruy Go- 
„ mez du danger où étoit le Prince & 
„ que fa maladie étoit mortelle, ^es 
5, Domeftiques prièrent le Roi de le venir 
,; voir Çjf de lui 4eintfr fa hftedlâoft^ avant 



^ F R A N Ç O I s Xj lOI 

)} ff'ilrtBdh le dermierfiupir: il confultafitr 
,; ffi/w Cbnfejfeurje Père Diegue de Cba- 
if ffs^ PEvêaue de Cartarene^ qui dirent' 
il « Koi qu*il /toit bien Zfpofé à momrir 
„ tM h» Catholique £«f que feut-itre/apr/- 
« /«« poftrr9n lui caufer de T émotion Çj? 
w^mniktf ^ rtnouveler recifroquement 
i) f^tTs dùHleurs : outre que cette vifite^ dans 
n \^tet û il étoit^ leur feroit entièrement 
>ﻫ//f. Cependant, quelques momens 
» »«it qu'il expirât entre les bras de Ruy 
« ^oincZjil lui donna fa benediâion &ft 
>' retira promptement dans fa chambre , pe- 
» mi de douleu|: , mûis avec moins ^in- 
^pànde. Le Prince.... reçut, avant que 
»' f mourir, tous les Sacrements de l'EgU- 
» i/ avec dévotion le *4. de Juillet la veille 
"?e la Fête de rAp6tre St. Jaques ij6J. 
^» ^gedeij ans & 17. jours dans la plus bril- 
"lantefleurdefajeunefTe. 
^Icéleurfent aflèz la dîference quM 
'*^?^« cette relation & les circonftances 
y ^^^pos des Hiftoriens attachent à cet 
j2^^^t.Notre Auteur décharge Philippe 
/ « 1 laquifîtion des foupçonç répandus 
c^ ^" ^^^ &^^ nombre de Livres ; 6ç 
^^rïQxis croïons charitablement qu*il a 
^'^^ preuves de la bonté des Mémoires qu?il 
jQP^If'ôu doit lui lavoir gré devoir apris 
robiic cette Hiftoîre autrement qu'on 
Cn^'^"^^^^ H débiter. Un Auteur qui 
Que I ^^ ^Put innocent à deç événement 
fon^^^^ttes ont qoîrcîs, ne doit pas être 
7SQnné de medifance. 
*^ juftificatîon de Melchior Canoeft en- 

G 3 cot 



î 01 B I B L I O T H E OJJ B 

cc^re un effet de •l'équité :de Mr. l'Abh 
de Beîlegarde. Il trouve que quelques Hii 
toriens modernes, comme Bayle À l'Abh 
Du Pîn, l'ont flétri & deshonoré très-injiii 
tement dans leurs Recueils & leurs D'tB'm 
nairesH'tfloriquei.W leur oppofele témoignî 
ge dé l'Hiftorien des grands Hommes d< 
Unîverfitet d'Espagne» qui a laîfTé à la poi 
terîté une tdée très-avantageufe de ce R< 
lîgîeux. Il en veut' fur tout à M. Bayle,qLi ' 
accufc de Hardiejfe & de Calomnie , poil 
avoir ofé foutentr Çg' publier dans fes Ecrit 
qne CharlesV.étoit mort en bon Luthérien 
ayaut été ajfijïé dans les derniers jours de j 
vie des fecours &f des confeils de Barthek 
fni de Caranza Religieux de l^Ordre de Si 
Dominiqtte ^ Archevêque de .'Telede ^ fra» 
Luthérien Jelon les vtfions de Bayle. Nous ni 
prétendons point toucher au fonds de I 
queftionni faire douter :de la Catholicité à 
Charles V. mais M. Bayle n'a pas fouteni 
que Charles V. mourut Luthérien. Voie 
fes paroles... En gênerai quelques Âuteut 
parlent fort avanta^eufement de Ja fieté 
D^ autres prétendent qu^il avoit plus d^am 
bition que de religion ^ qu*il mourut près 
que Luthérien, Il raporteexaélement les Au 
reurs qui lui ont fourni ce qu'il avance. J 
copie tout au long un paflage de Brantômi 
qui va plus loin; il réfute même les auto 
rite7. fur lesquelles Brantôme appuie fojl 
fentiment. Que falloit-il déplus pour jufti' 
fier Mr. Bayle ? Il dit le pour & le contrei 
Brantôme eft moins équitable que lui; pouf" 
guoi Mr. dcBelIegarde ne Tattaque-t-il P^^ 

^ '• • çom' 



Franc OIS ç. 103 

coinme étant la fourcc de tout le mal ? 
Puisque nous fommes fur ce qui regarde 
CklesVA] eftbonde remarquer que l'Au- 
j^ûf le flate fouvent aux dépens de noi 
m. L'Ambition, la valeur, les grands 
talents de François I. ne fervent qu'à pro- 
féra Charles V. cette gloire héroïque qui 
Jaqaiert par les armes. Iie»ri Ilquifuccê- 
^^Rmnme de François Lfonferejuç- 
'^w 4aûi à la jalonfie qu^il avoh contre PEm - 
}^^^^^audefird^abbatrefapu'tjfance. Il fa- 
^ a ce même Héros la mémoire du Pape 
élément VlI.On le peint ici comme un hom- 
Tv ^^P^*^ inquiet îff remuant^ attaché à 
Jfs idées y capable de troubler le repos de tout 
^mnàefour venir à bout de ee qu'il s'étoit 
^^^iiu.La malheureuse Ville de Rome for- 
•* ^ytvnt des caprices de ce Pape; car elle 
i^ma^ée par l'Armée Impériale, prife d'aj^ 
•1**^ fillée ^ fatcagée pendant plujieurs mois 
'^^«tfw Us horreurs que l^on pouvoit at- 
^^fdej Soldats viéiorieux^ Luthériens , 
f^fw/j on latjfoit une entière licence de 
J^f tottt le mal qu'ils voudroient anx vain-, 
7/T ^^^^^^ attachement que le Pape Paul 
jrf^^^^pour la France i^ pour les François 
^« aufft bien de la peine à P Empereur , 
P^^iraverfa en tout ce qu'il fut. C'eft 
jPjiflerbieii légèrement fur des faits fufcepti- 
Wes de réflexions fort diferentcs de celles 
«c notre Auteur, 

généralement parlant l'Hiftoire d'Espagne 
^ Mr. de Bellegarde eli écrite d'un ftile 
agréable , & elle fera du goût de ceux qui 
îi« ct^erchcnt dans l'Hiftoire qu'un amufe- 

G 4 lîicnt 



Ï04 B I B L I O T H E QJJ E 

ment & le gros des faits. Ceux qui veulet 
qu'on leur rende compte des motifs & de 
détails doivent attendre qu'il en vîenus 
une autre où Ton ait eu plus d'égard i 
leur goût. 

ARTICLE VIII. 

Mémoires pour fervir à VHiftoire de 
la Vie (3 des Ouvrages de M. JJAbbc 
DE Camps. 

FRançoîs de Camps, Abbé de Notre 
Dame de Signy , Ordre de Cîteaux , 
Diocefe de Rheims, mourut à Paris le ij 
d'Août de cette année , âgé de 8i. anr. 
Nous ne favons point d'où il étoit natif; 
mais c'eft un fait très-connu qu'il entra 
fort jeune au ièrvice de M. de Serronî , 
premier Archevêque d'Alby , dont quelques 
Auteurs l'ont m£me fait parent*. Les bon- 
nes dispofitions que l'on reconnut en lui le 
rendirent cher à ce Prélat, qui le fit élever 
?ivec foin dans les Lettres. M. de Camps 
répondît fi bien à l'attente de fon Bienfai- 
teur que celui-ci le choifit dans la fuite 
pour fon (jr^nd-Vicaire& lui procura mê- 
me l'Evéché de Pamiers: mais plu fleurs raî- 
fons qui lui font (iQnneur aïant empêché 
qu'il n'obtint des Bulles , Qn le dédomma- 
gea 

* M. Bayle avoir fait cette faute dans fei N»«ve//fi 
i% U Republêif. des Lettret du mois ic tanvtexidt;. »; 
m. iii. il l*a coziigic c>is foa Pi&ipnnaên Ait. StUm 



Françoise, joj 

{Ci en loi conférant l'Abbaïe de Stgny. M. 
de Camps s'étoic déjà acquis dès lors une 
jjnsde répatarion par ùl belle Dtffertathn 
fur une Médaille J^Antonsn Çaracàlia pu- 
bliée i Paris en ^6^^. „ Les Curieux de Ro- 
„ me & de France fe font donné beaucoup 
„ de peine à l'expliquer & ils ont été parta- 
„ gex dans leur jugement far la vérité & 
„ fur la fingularité des Jeux qui y font rc- 
„ preièntez, dit alors Mr. L* Abbé de la Ro- 
que en donnant l'Extrait de cot Ouvrage ; 
^ (i). M. L*Abbé de Camps , continue 
^yUJùurnaJifteyhàiAle en ^a connoifTance 
j, des Médailles, au delà de ce que fbn 
^ ige& fes grandes occupations feniblent le 
„ permettre , croit que ce font des Jeux de 
„ Funambules 9 ou Danfeurs de corde; 
„ & là-defTus il propofe fes conjeâures 
,i pleines de beaucoup d'esprit &!d'une érudi- 
„ dition fort profonde. 

Le fiiccès de cet Ouvrage anima tel lement 
Mr. TAbbé de Camps qu'il fe livra tout 
entier à l'étude des Médailles j il en fit un 
amas curieux & aufli confiderable par le 
nombre qrse-par la rareté des pièces qui le 
compofoîent , & afin que fa Golléâion pût 
être utile au Public , il engagea M . Vail- 
lant à publier les plus importantes avec de 
bonnes explications: ce qui produîfic le Li- 
vre intitulé SeUélUra Numismatain are 
maximi moduli &c. publié à Paris en 1693 
in 4.. L'Avertîflèraent que l'habile Anti» 
qoaîre mît à la tête de cet Ouvrage con- 
tient une idée exaâe des richeifes que M. 

G Ç l'Ab- 

f jonifial de» Saîwsdii 2^, Novemb, x(77* 



Id6 BlBLIOTHE QJJ K 

l'Abbé de Camps avoît amaffées en ce gei^ 
re. Nummos vef ères t dit'ii^ ex ^mni m^ 
teria omnique modulo fummâ curd 9nul 
tlsque fumptibus collegit unSque , mul* 
t'ts abh'tHc annis^ Uluftr. Abbas de Camps, 
tant frospero fuccejju , ut rei Numnta-' 
ria Jiudiofis omnibus , Priftcipibus et tant 
von pausis , opulentior in eâ re tandem e^ 
vaÇertt. • Ht Jiquidem Nummos haben$ 
' fermultos ; il le vero Numismata maxi^ 
mi modnli maie > cœlaturâ , raritate , exi^ 
mia , in quibus Imper atorum feriem^ fi pan- 
€9S excipias , cernere licet^ ut y res ah es s 
fraclar^ geftas ^ quidquid in Hiftorid Ro- 
manâ legitur augujiius. Ab amicis ftepe /»- 
'Dttatus^ ut qua privataftudens tum utilitati 
tumvoluptatifibi comp ar avérât ^ inpublicum 
c9mmodum transferret , annuit comiter 
votis amicorum , ipje tamen diverjis ne- 
gotiorum generibus impUcatus ea in être 
friuSy prout extant in ipfis exemplaribus ^ 
aceuratè incifs , expUcanda mihi poftmo- 
Jumtradfdit, Cette vafte & belle Colleâion 
de Médailles eft pafTéedans le Cabinet de 
M. le Maréchal d'Eftrées. 

Mr. L*Abbé de Camps ne.fe borna point 
a cette Etude. II s'attacha encore avec une 
application infatigable , qui n'a ceffé qu'à 
fa mort , à tout ce qui pouvoît concerner 
3'Hîftoirc de France & le Droit Public du 
Royaume. Les ténèbres répandues dans 
}a plupart des Faits à& l'ancien tems & 
du moyen âge , le firent remonter jus- 
qu'aux fourccs. Il alla puifer,dans les Char- 
tres, & les vieux Monuments | ce qu'il 



François I, 107 

netroD70îtpas clairement dévelopé dans les 
Kiloriens. II nous aprend lui-même * que le 
BîTon d'Auieuil , les Vion de Herouval, 
François du Chcsue, Jean du BoucKet, Mrs^ 
Bomeroiië & du Caage,l^ P.Lacarry Jcfui- 
te,leP. leCoime derOratoîre,& le P.Dom 
Aiabilloa furent en cela fes premiers Maî- 
tres, &que ce fat de ces grands Hommes 
qtfilaprità coanoître la ncceflîté d'avoir re- 
coarsaux anciens Manuscrits,& autres Mo- 
nutoemsde nôtre Hiftojre, pour la bien pof- 
fedcr. L'on verra par Ténumeration que 
Vim allons donner des Diflirtations qu'il 
3 publiées , & du grand nombre d'Ouvra- 
fa, qu'il a laifKs Manuscrits, jusqu'où 
il 4oit avoir porté fes recherches j & nous 
ne doutons point qne toutes les voix ne fe 
TCûmflcut pour lui déférer une des premic- 
giercs places psurmi les plus cdebres de nos 
Hiftorieas. 

Ouvrages imprimez de M- PAbbé 
DE Camps. 

I. De U Garde des Rots de France , îlf de 

hmtenneté. pp. 4^. \^ i». 

II. H'ifloire des Ftlles de la Ma'tfon de 
France ^ autres Princejfes ^qut ont été don- 
»^« c» Mariage à des Princes Hérétiques 
OM Payetîs, pp. 15. 

ni. Dh 'Titre dèTrhS'C\\xéi\tn^ donné 
^x Rois de France i^ aux Princes ijjus 
^ Ifur Sang far Mates , depuis le Batênte 

de 

• Dans fa Réponte au P. DaAÎdi infttéc dans U 
*^cttie de Juin 1710. p. iz. 



Io8 BlBLIOTHE Q^U E 
de Clovis I. pp. 30. Le P. Daniel ayant 
avancé dans fon Hiftoire de France , îfnprf- 
méeen lyiJ.Tom.I.côl.ai. jue le Pape 
Pie IL avait accordé au Rôt Louis XI* Çff 
a fis Succeffeurs le titre de Trh-Chr/fseiify 
JM. TAbbé de Camps entreprit cette GiV^ 
lêitatîon pour luî montrer que Clovîsavofc 
mérité ce Titre par fon Batême, & qu*îl 
ravoir en même tems rendu héréditaire à la 
pcfterîté^quiravoît toujours porté depuis à 
l'exclafion de tous les autres Princes de la 
Chrétienté. Le P. Daniel y fit une Réponfe 
qui fut inferéedanis le Mercure d'Avril 1720. 
&qui donna lieu à la Lettre ftiivaiite. 

W. Réponfe de M, de Camps, Abbé de 
Signy^à la Réfutation au P. Daniel Jefuite^ 
contre la Difjertation fur le T'itre de Très^ 
Chrétien ^donné aux Rois de France, pp. 4^. 
V. De la NMeJJe de la Race Royale des 
François, pp. Ig» 

VL Oblervations Critiques fur la Carte 
Géographique qui efi au commencement de 
FHifloire de France du P. Daniel Jefuite 
imprimée en itfptf. pp. lo. M. l'Abbé de 
Camps publia ces Obfêrvations poutjulH- 
fier ce qu*il avoit avancé dans fa Réponfe 
au P. Daniel , que ics deux yeux de l'His- 
toire, ( la Géographie & la Chronologie) 
manquoiept à ce Jefuite. Il y relevé plu- 
ficurs fautes de Chronologie, & en refervq 
im grand nombre d'autres qu'il promettoit 
de donner bientôt après au Public. 

VII. Que la Dignité Impériale a été at- 
tachée i la Couronne de France depuis Clovis; 
Que les Rois de la /. //. ^ III. Biace ont pris 

le 



Françoi se. 109 

kÙred'Emperegtrs,(^ ju'U Uur a /té d9nHé 

ftrkïïrs Sujets iff Par Us Etrangers, pp. 17- 

Vlll Des Rois ^ des Princes du Sang 

it France qui ont vu leurs petits Fils £3' or* 

rltrtpetitS'Fils. pp. j6. 

Ia. Dijfertation fur les Dignitez beredi^ 
tara attachées aux Terres Titrées, pp. ij. 

X. Origine des Armoiries ^ des Surnoms 
n Fronce, pp. 44. 

XI. Répênfe de M.VAbhéde Camps à la 
^^e du R. P, Daniel de la Compagnie de 
JtjMS. pp. 71. C'eft une fuite de leur dis- 
pute for le Titre de Très-Chrétien , don- 
^ aux Roîs de France. M. l'Abbé de 
C«nps s'y défend vivement , & mené bon 
^nle Jcfuîte. Nous laîffons aux Savans 
kfoîn devoir par eux-mêmes qui des deux a 
«itaifon.La Lettre 'qui a donné occafion i 
cette Réponfc le trouve dans Ile Mercure 
4' Août 1710. C'étoit là le champ de bataille 
oc CCI deux vaillans Antagonîftes. 

XII. Que Robert le Fort n^étoit point Sa- 
'^^ origine y mais Prince du Sang' des 
Fracois. pp. la. 

XIII. Dijfertation Hijlorique du Sacre 
&| Couronnement des Rois de France^ depuis 
*^*?»» jusqu*À Louis le Grand inclufive* 
*w. pp. 100. L'Auteur fe borne dans cet-. 
^ Differtation à examiner à quel âge les 
*^ois de France peuvent être couronnés , 
^ans quelle Eglîfe & par quel Evéque la 
^etcmonîe en doit être faîte ; S'il cft cons- 
^^nr, comme quelques Hiftoriens l'ont 
avancé , que les Rois de la deuxième Race 
ûaycnt été élevés au Trône que par la 

voye 



IIO B I B L lO T H E Q^U K 

voyede l'Eledion ; S'il eft vrai, & pour- 
quoi les Regçns du Royaume, pendant la 
minorité dc$ Rois de la deuxième Race,ont 
été facreï. & couronne?, ; En quel tcms 
Jes douze Pairs Ecclefiailiques & Séculiers 
ont affilté pour la première fois à la céré- 
monie du Sacre. Il y raporte enfin les faits 
les plus intérellàius qui Hé trouvent dans 
THiftoire de France , par raport aux tems 
& aux circonftanccs de cette cercmome ^ 
& dont il n*ett point fait mention dans le 
Grand Cérémonial de France mis au jour 
en i(Î49. par les foins de Denis Godefroy , 
ni dans les Auteurs qui ont donné au Pu-^ 
blicdes Hittoîres générales de France, de- 
puis rimprcfîlon de ce Recueil» 

XIV. Diftreathn fur PHtreSté dei 
Grands Fiefs, pp. x%. M. T Abbé de Camps 
en veut encore ici au P. Daniel. Ce Pcrc 
avoir dit, dans Ton Hiftoèrt Je Im UâilUe de 
France^ Liv. III. Chap. I, qu'il y avoir eu 
un Traité entre le Rois Hugues Capet , & 
les Grands du Royaume > par lequel il $fé^ 
toit engap;é de leur donner la propriété des 
Fiefs qu'ils avoient ufîirpez , pourvA qu'ils 
voulufiènt l'élire & le réconnoitre pour leur 
Roi. Maïs M.rAbbé de Camps foutîent qu'il 
cft faux qu'il y ait jamais eu un pareil. Traité, 
& qu'il ne s'en trouve même aucune ap- 
parence dans toutes les Chartres qu'il avoir 
recueillies pour compofer le Gartulairc His- 
torique de Ce Monarque, qu'il promettoit 
de donner au Public en % Vol. in Fol, 

'X.V r Dijfertatiom fttr Us ciaq Hlsriages 
Je Robert ^fwmêmmç It Pitax ^ Roi dt FraH'- 
u» pp. 23. 



F R A N Ç O. I s eJ lit 

XVI. De Ia Souveraineté de la Couronne 
Ji France Jur les Koyaumes de Bourgogne 
Trasjurane Ç5? d'Arles, pp. 53. L'Auteur y 
fait voir que ces Royaumes n'ont jainais 
été Fiefs de l'Empire , non plus que les au- 
tres Pais que, les Empereurs ontpoflcdez 
en deçà du Rhin , aînfi que l'adîtM.rAb^ 
hé de Longueruë dans fa Descriftion His- 
tmjue i«f Géographique de la France An- 
cienne Ç5P Moderne. Sur quoi îl remarque, 
f«'<w aura lieu d'être furpris qu'un Auteur 
î«f ne manque pas d* Erudition , ait pâ r/- 
fnire dans le Public une opinion fi contrai^ 
rt i la vérité <i ^ qu^ Adrien Fallois , le plus 
Savant ^ le plus Judicieux des Hiftoriens 
François^ afolidement refutée depuis plus de 
47. ans. Cette DîiTertation au refie n'cft 
qu'un Exttait d'un gros Traité que TAu- 
teur a laîffé manuscrit , revêtu de l'appro- 
ûtîon du Genlcur , & dont nous parlerons 
dans la Lifte fuîvante. 

Toutes les Pièces, dont nous venons de 
donner les Titres, le trouvent répandues 
dans les Mercures de Paris des Années 1719. 

1710. 1711^ & i'?*?' 

Ouvrages M S S. de M. P Abbé 
DB Camps. 

I. Recueil de Pièces avec quelques Dif^ 

fertûtfons , concernant l^fH/hire de l'Eglife 

fcf de rE^êcbéd'Albyy les EgUfes Cùilégia- 

ks is^ Abbatiales du même Diocéfe. % Vol. 

in Fôlîo. Ceft fon$ dôme l'Hifteirc de la 

. . fuf- 



HZ Bl B L lO T RE(^"ve 

fuffragance d'A>by, à laquelle cet Auteur 
travailloît dès l'Année 1^79. ainfî quenou^ 
Taprenons par le Journal des Savans du 
ao. de Novembre de la même Année. 

II. Hiftoire CbroHologiqme des Abbez de 
Notre Dame de Signy^avec les Titres de cet' 
te Abbaye. Folîo. 

III. Abrégé de PHt(loire de France depuis 
Fan de J. C. %%%. jusqu'à F élévation de Hu- 
gues Capet, Folîo. 

IV. De tabdication volontaire du Roi 
Cbilderic , yff de la Succejfion légitime de 
Pépin le Bref a la Couronne de France y 

fans le concours isf P^fttorité du Pape Za- 
charte. Folîo. 

V. Abrc%é de PHitloire Chronologique des 
Reines de France , depuis le commencement 
de la Monarchie jusqu'à François /. avec une 
longue Préface (ff une Differtation qui fert 
d'Introduâionà cette Hijioire. Folio. L'Au- 
teur faît voir, dans cette Dîllertation , que 
les Rois de la I. & II* Race ont époufé 
deux fortes de Femmes ; que les premières 
étoîent d'une haute naidànce , & les fécon- 
des , qualifiées de Concubines , d'une naif- 

- fance abjeâe, & que celles-ci avoient été 
époufées légitimement félon le Fore Ec- 
clefiaftîque , quoi que leur Mariage n'eut 
point été fait avec les formalité! requifes 
par le Fore Civil. 

VI. Cartulaires Hijloriques des Rets <& 

France de la IIL Race y ou les Chartres coU' 

cernant les Refjnes de Hugues Capet ^ l^^ 

fuivants ^ jusqu'à la fin de celui de Louis 

XL i*f quelques Fragraens d^HiJiorieni qii* 

' font 



F IL A N Ç O X s £• lî J 

. MtutioM des Chartres eonfervées dams les 
CetsiMres desEglifes , on ailleurs , avee des 
^màr^s des Aéies à la tête des Chapitres^ 
^ fnfuite des Notes Hs/lorsjues. II. Vol 
iii Folio. 

VII. Oriiine du Duché de Bouillon ^ 
«/< Mouvance , avec les Pi/ces qui fervent 
épreuves. Folio. 

VIII. Dijfertation du Comté de Soijfont 
yj iefa Mouvance de la Couronne de Fraur 
«. Folio. 

IX. Htfioire de la haute Souveraineté des 
^•ij ^f France fur les Royaumes de Bottr- 
fô» tf de Provence. Folio.' Cet Ouvra- 
Pcft révéra de l'Approbation 4tiCenfèur» 
* M.de Camps fe dispofoit à le donner aa 
Public, lors qu'il eft mort. On en trou- 
vera rÉitrait fait par T Auteur lui-même, 
^ le Mercure du Mois d'Avril dernier* 

X. Traité de la Souveraineté fur les Bre^ 
^iVfitr le Duché de Bourgogne depuis 
2*?^ ?; C. jox. Contenant la Réfutation 
^ ^Hifiotrede cette Province » compofée par 
*^ '^' LoUneauy Religieux Benedîâin, 

^^Ifs Pi/ces i^ Titres qui fervent depreu-^ 

««.Fol. 

XI. Soitveraineté du Roy fur les Coniten 
^«9M« \i i^Oftrevent, Ftefs de la Cou-^ 

" Yn'^ i'''«»f^. Fol. 
AU. Dijfertatïon touchant les Droits dm " 

Cm^^' ^'^^V de la Souveraineté de la 
r ^f ^France fur P Ancien Royaume d^ 



114 BlBXIOTHB Q^U il 

* les Pièces y Fragmens d' Hsfiarietts y qê 
fervent de preuves. Folio. ' 

XIV. De la Souveraineté des Rots if 
Frajice fur les Ducs ^ ^ Duché de Lorrah^ 
ne 5 depuis rÂn 1465. avec les preuves, n 
Vo]. Folio. 

XV. Origines i^ Mouvances des gran* 
des Seigneuries fituées le long de la Meufei 
Contenant PHiftuire de Sedan ^ Charleville, 
Arques <i de la Prévôté de Doncbery ^ de Mou- 
zon y de Clermont en Argone^ de Jamett^de 
Raucourty i^ de Stenay. Folio. 

XVI. Differtation Hi (lorsque fur la Sow 
verainesê des Rois ^ Couronne de France, 
fur le Barroisy dans laquelle on fait voir 

qu'il eft un Fief direâ de la Comte de Cham- 
pagne ; qu'il a été érigé en Duché par le 
.01 Jean ; qu'il eft mourant de la Couron- 
ne de France , & qu'il n'y a point de Bar- 
rois non mouvant; avec les Pièces qui fer- 
rent de preuves. Folio. 

XVIL Traité de la Souveraineté de U 
Couronne de France fur le Royaume de Lem" 
hardie , depuis fon ésabliffement vers TAn 
j6i. jusqu'au Règne du Roi Charles FUI' 
Avec les Titres , Pièces Ç«f Fragmens d*Hif' 
toriens qui fervent de preuves , ^ deux Dij- 
ferfaiftons qui ont rapport à cefujet. Fol. Le 
P. le L:)i^,g nous aprend au N. 11284. ^^ fi 
Bibliothèque de France , que cet Ouvrage a 
été aprouvé par feu M. Rafficod, à qui 
l'Examen en avoit ét-é renvoyé par M. i< 
Chancelier, & que fur fon approbation 1< 
Privilège qui en permet Timpreffion a ét< 
expédié. A quoi a-t-il donc tenu, après tou 



t. 



F R A^»^^ OIS e; i i jT 

te ces démarches que t^ Auteur ïie l'ait 

ooané au Public > 

X7in. Recueil Je Pîects concernaftt les 
r^T'J^ yf^ac/WiW des Rois de France 
««f la Jufilce temporelle des Archevêchez^ 
j . ^, y ^^'•^^ Bénéfices du Royaume^ 
%/ Philippe Augufte. Fol. . 

. -^i^- ^^''^«wx i/e rHsfiolre des Comits 
àiisbarolm recueillies , />tfr /<f même. Fol. 

^. Tarif des diverfes Monnayes a»- 
ctennes de nos Rois Johs U première Race 

-i" J^'J^ Prifée de la Monnoye d'au- 
jmihuy. Fol. 



AAll. /f/yîo;>ff^^ /tf G»w^, de latevc^ 
^/ Zrj,»^; , ^ ^^ Vaiifeaux pour Us Ar- 
mées de Terre ^ de Mer, depuis le corn- 
mncement de U Monarchie jusqu'à prefeni; 
Avec \sUîtr,,^ ^ Convocation du Ban, 
r fj p ''^^-B^», y les Rolles des Mon- 
^f ^ '^'\«/j. contenant les noms des Grands 

ï^ "'"^ Auteur avoîtmîs la dernière maîa 

L^wu I Î?S^ dès l'Année 1695. & il en a 
pub lé la Prefjj^ç g^ ^^ Sommaire , qu'oa 

'''^îxm^^^^ le Mercure d'Odobre 1719. 
; « ^'^fertation Hiflorique , conté- 
^^ f Unit des Anciens Comtes de Foix 
}y Puficurs Terres y Seigneuries ^ Jituees 
dans Ifs Pyrénées Esp^ptoles^ dans la Catalo" 
fj^f (â ions tes Roy auipes (tArragon y de Va- 
**^^, êvtc les Pièces fervant de preuves, 

^^f/effitr les Originaux, Fol. ^^,„ , 

Al XXIV. 



110 Bl B t I O T Hl Q^Ul 

XXIV. Nobiliaire Ht/lorijue de France^ 
depuis r An 900. de J. C^jusqu*â la fi» du 
Règne de Franfois L Divifé ^n; deux Par^ 
fies. La première comprend les Noms des 
Papes, des Légats, des Cardinaux, des 
Nonces , des Evêqui:s & des Abbcz qui 
ifont uommds & qui ont foùscrit dans les 
Aâes & autres Pièces qui ùxvçm de preu- 
ve§ aux Cartulaîres Hîftorîques de France, 
dont il a été parlé ci-defTus. La II> con- 
tient les Noms des Princes , Ducs , Com- 
tes; Vicomtes, Marquis, Barons, & autres 
Nobles I qui font auât nommez , ou qui 
ont foùscrit dans les mêmes Aâes, rangez 
& diftribuez par ordre Alphabétique fous 
chaque Règne , avec des Obfervatîons & 
Nottes Hîftorîqves. XII. Vol. in Folio. 

XKy,Receutl de Lettres d^ Annoblijfement 
depuis Philippe Augufle en 1180. jusqu^au 
Regnè de Louis le Grand , tirées du tréfir 
des Chartres de la Caucelerie ^ de la Cham- 
ire des Comptes^ par les foins du mime. % 
Vol. Fol. 

XXVi: 'fable des Familles ^ Maifins 
Nobles de France , dont les Généalogies ont 
été imprimées en tout ou en partie. Folio. 

XXVII* Remarques Critiquer fur les 
Hiftoriens de France , Uf ft^r eçuxde Lorrain 
ne, en plufieurs Vol. în Folio. 

Outre cette grande quantité de Manus- 
crits, qui compofentplus décent Volumes, 
M. l'Abbé de Camps a, laîffé encore uu 
Journal exaél depuis l'Année 1^71, des 
'Conférences qu'il a eues avec des Per- j 
foanes de quelque coniideratioa • & de 



Françoise* 117 

f utilité qu'il en a retirée. Combîen^Ariec- 
tes curieufès , de paitîcularite2 intei-eP- 
ibtes pour les Savons , de Queftions pea 
communes , ne doit-il pas y avoir d^i$ c€ 
àavikr Kecueil ? £t s'il faut que Ton ipît 
çncorc privé du fruit des veilles & d^ tra« 
Taux de cet lUuflre & Savant Auteur» petii 
empreHé à les produire^ au grand jour $ Jes 
gens, entre les mains de qui Tes Macius<- 
crits paflèronto ne devroient-iJs pas du 
moins rendre public tUi Journal,qui ne peut 
ipanquer d'être ardemment defiré par tout 

le Corps Littéraire? 

» 

A R T I C L E IX. 

I. Hiftoire de V Académie Royale des 
Sciences^ Année MDCCXVIII. ^wtf 
Us Metnotres de Mathématique 6? de 
Pbyfijue pour la mime Année. Am- 
ftçrdam , Pierre de Coup, lyzj, i 
Vol. pagg. 131. pour PHiftoire, & 
416. pour les Mémoires. Fig, 

II» Hiftoirt de ? Académie Royale des 
Sciences^ Année MDCCXIX. Avec 
&c. chez le n^êmc page. 148. pour 
l'Hiftoire, & 546. pour les Mémoi- 
res. Fig. 

m. Suite, des Mémoires de Matbenuui^ 

fue 6? de Pbyftque , tirez des Regif- 

Htsde P Académie Royale desSsiences 

^ H î d$ 



1X2 BiBLIOTHE Q^U B 

^aPJnn 'e MDCCXVIIL Chez, le 
vmêmepagg. 7,y6.. 

L*Hîftf>îre. Naturelle & la plupart des au- 
tes Sdences,qiii font l'Oojet des recher- 
ehcs4iè rAcadcm'e Royale des Sciences,nê 
fe peiïvent pertedionncr que par une lon- 
gue fuite de Siècles. Elles dépendent dé 
Texperiencc, & l'expérience eft fille du 
tems. C*eft pour n'avoir pas conçu cette 
Vérité que les Anciens ont élevé à grands 
fraix tant de Syftémes dîtFerêns fur toutes 
fortes de fujets, dont les découvertes polP^ 
terieures ont fait fentîr la foîblcfle. Ils nous 
auroicnt fans doute rendu un pi us grands (cr- 
vice s'il s'étoient contcnteï d'obferver exacr 
tement la nature, & d'écrire fidèlement 
leurs Obfervations. Au lieu d'une foule 
de principes tout au moins douteux , qui 
nous rcftent , nous aurions un. plus grand 
nombre de matetîaux , lesquels joints aux 
découvertes que Ton a faites depuis la re- 
naîfiance des lettres , fervîroient à bâtir le 
vafte & prodigieux Ouvrage qui, félon tou- 
tes Jes apparences, ne fera pas fitôt exécu- 
té, moins par la difètte d'Ouvriers excel- 
lèns que faute des mémoires néceffaîres. ' 
' Mais enfin lorsqu'il fera téms de met- 
tre la main à cet édifice, les Mémoires de 
l'Académie Royale des Sciences fourniront 
les morceaux les plus néceflaires & les plus 
brilJans. Occupé<e fans relâché à l'étude 
des Sciences. NaturelUijç, il n'en eft point 
fe qui cette illuftre Comjpagnîc n'ait por- 



Françoise. 119 

té te jour. Ce qui doit ikire le pins de -lai* 
firaa public cil qu*ellcie fouric:it pariai- 
tciicntcn un téms où tout fembîc aller en 
(/cddënce. Ne feroic-ce poi.it que les 
taJeosqui y donnent place,étantaflez rares, 
on eft obligé d'y admettre ceux qui le 
diftinguent : pendant qu'en d'antres Aca- 
démies où il ne faut qu'un peu d'esprt, & 
ce n'eft pas un graud mérite en Fra îce que 
û,'en avoir, une protection un peu forte 
fuffic pour y faire recevoir des Sujets dont 
la réputation littéraire efl au moins bien é* 
quwoqae. Peut être oncore que le bon état . 
de l'Académie des Sciences vient de la na* 
turc même des fujets que chaque particu- 
lier s'eft propofé d'éclaircir. Ce n'cft qu'à 
l'aide d'un génie propre aux recherches 
qu'il en peut venir à bout, & il arrive ra- 
rement qu'un genîe de cette trempe s'ar- 
rête eu chemin. Chaque effort lui donne 
une nouveile vigueur & à mefure qu'il ac- 
quiert une certaine facilité de penfer, il 
s'impofe la loi de penfer toujours. Les 
Académies compofoes de Sujets dont l'é- 
rnd/tfon fait fouveht tout le mérite fe trom- 
pent au contraire fouvent. La leélurc laC- 
fe, l'application ennuie , on fe dé.^oute 
peu à peu del'étude , & toutes les esperan7 
ces qu'un mérite naiflant avoii fait concevoir 
iè trouvant évanouies, il ne refte à l'A- 
cadémie qu'un Sujet incapable de lui faire 
honneur , & dont la bien-feance ne permet 
pas de fe défaire. Une demie - douzaine 
de femblables Académiciens fuffit pour 
introduire un relâchement total dans la 
Compagnie la mieux réglée. Il 



ilO BiBLIOTHE Q^U B 

Il n'en cft pas de même de l'Académie 
Sciences, an fi que nouç Tavons déjà ro* 
marqué. Chacun contribue à ravancement 
commun de la faculté qu'il a choîfie. In* 
•dependamment des réflexions générales que 
nous avons faîtes on peut s'en convaincre 
par la leâure des Mémoires qu'elle don- 
ne toutes les années^ On y trouve ce que 
la Géométrie a de plus profond & la Mé- 
taphifique de plus Âjiblime. Ils preientenc 
ce que l'Hidoire Naturelle a de plus cu- 
rieux l'Anatomie déplus imperceptible, la 
Médecine de plus utile, la Méchanique de 
phijî furprenant. C'eft ainfi que toute l'Eu- 
rope a jugé de ceux qui ont paru jusqu*!-- 
ci. Les deux. Volumes que nous annonçons 
ne font point inférieurs aux précedens. Les 
matières en font aufS înteref&ntes, le ftîle 
en eft également admirabl«» On y reconnoit 
cet Homme célèbre ^, qui poilede en un 
„ degré éminent le talent le plus précieux 
„ dont un Homme de Lettres puiflè être 
t, revêtu, le don de mettre les connoiffan- 
„ ces les plus abftraites à la portée de tout 
„ le monde & de faire concevoir au prix 
„ d'une attention. médiocre les Verîtez les 
„ plus compliquées à ceux même quitn^é- 
„ tudiérent jamais les Sciences , dont el- 
„ le font partie, que dans fcs Ouvrages. ( i ) 

Com- 

Mîr ?r?; M ''• '**• '4». Cet cellenr Ouvrage nefçaa- 
ÎSifoBnL^ ?^*^i "^»' ^« ^*»" »«» feulement paî les 

Je* Grlnri. î?^ "' ^ ^**""°*"« commeot reforment 
™ ««wcauieai «(çbcam^ Yw oa un |»ctu ubtcau. 



Françoise. 121 

Gomni« ccç deux volumes paroifïc'tde- 
poBle commencement de Tannée 1712 Se 
qaeks autres Journalîftes cii ont déjà don- 
né de longues analyfcs nous ne nous y ar- 
rêterons pas auflî longtems que s'ils é- 
toîcnt abfolument nouveaux. Il f »ffira 
d'en tirer quelques obfervatîons , & c'eft ce 
qac nous allons faîre^ après avoir remarqué 
CQ gênerai, que ces Mémoires font divîfez 
en deux parties. La première n*eft qu'iia 
extrait des Regîftres & contient dçs décou* 
vertes ou des idées que Porvn'a pas voula 
perdre, mais que Von ne vouloit pas non 
plus traiter à fonds. La féconde n'eft au- 
tre chofe que les Mémoires que les Aca- 
démiciens ont lus en difFerente$ occa/îouf. 
M. de Fontenelle eft chargé de choiflr les 
plus înterefl&ns: i' Académie ne risque rien 
de s'en rapporter à fon goût. 

Un des Mémoires de l'Année 1718 quî 
mérite le plus nôtre attention eft fans dou- 
te celui où M. de Reaumur donne PEffay 
de fmfioire dès Rtvîeret:^ £3? desRuiJjeaux 
dm Royaume qui roulent des paillettes d*br : 
j/vec des Obfervatiotfs fur la mantére dont 
•M ramajfe ces paillettes \ fur le fable avec 
lequel .elles font mêlées ; ^ fur leur ti- 
tre. On ne fauroît avoir affés de recon- 
noifllknce pour ceux qui nous apprennent à 
connoître les richefles de notre Pais : rî- 
•heflès que-i\ous ignorons fouvent, ou que 
nous méprîfons mal à propos.Enfin le vé- 
ritable but deTHiftoire Naturelle eft moins 
de nous remplir de faits qui ne font propres 
qu'à Catîsfairc une coriofité înutUc , que de 

nous 



Ï2r2 B 1 B L I O T HE QLT/ E 

nous enfeigner l'ufagc des prefens que noua 
dvons reçus de la Nature. Venons au Nlei 
iïioîre. Depuis que le Mexique & le Peroq 
nous ont envoie l'or avec tant de pro^ 
fufioiî^nous avons oublie qùç l'Eurô-- 
pc en fourniflbît aflcz autrefois priur fournir 
au Commerce & pour entretenir le iu^e. Ce 
faîc eft certaîn : On en trouve des preu- 
ves folides dans le Tniit^ d'Agricola d€^ 
Vettr'tbus i^ Novis Metallts ; Sràhl met ùais 
façon quelques unes dwS Cor»trées del'Al^ 
Ipmagnc à côté de celles des Indes qui 
font les plus fécondes en ce genre de pro- 
duâions; & il traite afTei durement les 
peuples yoifins, qui regardent' comme une 
chofe incroïabic que l'on ait tiré de fes mi- 
nières depuis 4X>Q ans 40 millions d'argent 
lans compter les tonnes cl'or. ' Ne voïbns 
nous pas aulîî que plufcurs rivières, du Ro- 
T^um^ ont^ le . titre à' Aurifères "çhti * les 
PQëtes?&afin qucronneuilèpas que cet- 
tçEpithete n'eïî: qu'un titre d'honneur qu'el- 
les doivent à l'imagination libérale de ces 
Meffieurs, M. de Reaumur fait le dénom- 
brement des Rivières & des Ruiffcaux du 
Itoyaume où l'on trouve l'or, en petite 
quantité à la vérité , puisqu'il fuffit $ peine 
pour nourrir pendant quelques mois les 
paylkns qui s'occupent à ce travail; nmis y en 
eut-îl encore rnoins ; il s'y en trouveroît en- 
tore aflèz pour fournir aux recherches des 
Phyficîens, & donner lieu à des découver- 
tes utiles. Le Rhin roule de paillettes d'or 
avec fon fable , c'efl même un des Fleu- 

vt« 



Tcs qui en donne le plus. L'cndroît ou il 
en dfpofe davantage eft einr^ le Fort 
Locfs & Gcrmeshcim. Lta rapidité de fon 
coarsles rend plus rares entre Strasbourg 
4BnTac. Le droit de ramallcrccs paiiletr 
tes appartient aux Seigneurs fur les terres 
<!«quels pafle le Rhin. Ils l'afrcnnent 
communément , moins pour ne le ;pa^ 
perdre que pour le profu qui leur en re- 
vient. Les journces des Ouvriers font 
<ie Jo à 4.0 fols. II s'en faut beaucoup 
qu'ils ne gagnent autant à proportion au 
Peroa. . , * 

Le Ithone n'efl: giicres rhoins abondant 
çac Je Rhin en paillettes d'or. Il n'y a pas 
d'apparence qu'il les ameiie deià fourcc, 
puis qu'il en laî/Teroit en xi lieues de tra* 
jet qu'il fait au travers du Lac de Genève 
avant que couler dans le Pays de Gex. On 
croît que c^efl I.a rivière d'Arve qui lui 
apporte avec fcs eaux ces paillettes que 
les payfans trouvent dans le fable qui en- 
vironne de groflps pierres. Leurs journées 
leur valent depuis ii à lo fois. 

I/sVn f^ut beaucoup que le Doux , ri» 
viere quî pafle* en Franche- Comté, ne foit 
anffi abondant en or que le Rhône & le 
Rhin.Les paillettes y font rares,& on n'y en 
a gueres cherche jusqu'ici que par curîofité. 
En recompcnfe la petite rivière de Ce^ 
it qui prend fon origine près de Ville- 
fort dans les Cevenes , ne le' cède point 
à ces deux grands P'ieuves. M. de Reau- 
muf parle de pluficuts autres Rivières au- 
rifères que nôns n'indiquerons pas ici. On 

fera 



1%^ BiBLrOTHB Q^V K 

fera bien d*avoîr recours au Mémoire m 
me. Nous remarquerons feulement que 
avantage d*avoîr reçu de la nature l*c 
qu'elle ne donne aux autres Natîons qu* 
force de travail & de foîn, étoît plus conix? 
autrefois qu'il ne Teft aujourdhuî. J>iod€> 
re de Sicile nous apprend , Galliam ommem. 
fifre argentOj ce font les paroles duTraduo^ 
teiir Latin , fed aurnm et à natura datu9a% 
fine arte Çs? fine labore pr opter arenas mijc^ 
tas a»ro , quas fiumina extra ripas diffluçm^^ 
tsa hngocireuttu per montes ejhiunt infiniti^^ 
fnos a^ros^ quas fciunt lavare i*f fundere^ utt-^ 
de hommes tff fœmlmf filent fibi annuios^ ^a-s- 
nets y arm'tllas conficere. 

Avant que d'enfeigner de quelle nianîerc 
on démêle les paillettes d*or du lable où e]le$ 
font engagées, M, de Reaumur dît un mot 
du tems & des lieux où on en doit faire la 
recherche, C'eft lorsque les eaux font balles 
après des debordemens , & dans les en* 
droits où Teau coule avec moins de rapi- 
dité. Le fable noirâtre renferme ordinafrer 
ftient la plus grande quantité d'or : c*eft à 
celui-là qu'il faut principalement s'attacher. 
On trouve après ces obfervations générales 
un détail exaâ du travail que ceux qui 
feparent les paillettes d*or d'avec le fkbic ont 
à fupporter. Un boifïcau de Ikble ne con- 
fient gueres que deux ou trois grains d'or 
auffi petits que la pointe d'une épingle. 
Ceux qui penfent que l'or le prefente de 
lui même au Pérou ne croiront pas que Je 
profit mérite de fi grand foins. C'eft un pré-r 
jugé dont il ne faut pas toujours être dupe. 

Cinq 



F IL A N Ç O X s 2^ 125 

Gnqitùllierslde matière ne rendent gueres 
quedoQze onces d^or dans les riches mines 
daChîly. Après tout^ notre travail, qui ne 
confiile qae dans des Jotions réitérées, 
cftplus cnuyeux que pénible, & demande 
ptas tfadrcffe que de fatigues. M- de Rc- 
aamur explique aflez au long en quoi elles 
confiftent,U fait en fuite quelques remarques 
far les trois espèces de lablequi refte quand 
ces lorioQS fout achevées. Le fable blanc 
ne mérite point d'attention , ce n'eft gue- 
tes qu'un &ble ordinaire. Le fable rouge 
vtaa microfcope offre un fpeâacle char* 
mant. Ceft un amas de toutes les pierres 
tnuisparantes & colorées connues dans la 
jooaillerie , Enfin le fable noir eft presque 
tout de fer , & le couteau aimanté l'attire 
uns peine. Quelquefois aufli le couteau ai- 
manté n'a point de prife , mais comme il 
eftforc pelant , il 7 ^ de l'apparence qu'il eil 
métallurgique. 

M. de Reaumur finît en marquant le titre 
des différentes fortes d'or que l'on tire de dif- 
ftitntef Rivières, car il n'eft pas toujours é- 

SI. Il y a même des morceaux Joù il eft plus 
ut dans la partielfuperîeure que dans l'infé- 
rieure. Quoique M. de Reaumur ae donne 
ce mémoire que comme un effay, il n'eft 
pas moins digne d'être lu de ceux qui ai- 
ment â connoitre les richeffes de la Fnta* 
ceJl eft à croire qu'il l'augmentera dans la 
fi/te & qu'à l'aide des obferrations nou» 
relies qu'il aura occafîon de faire, il fera 
mjourca étM dt publier fur cette matie* 



re 



re quelque choife de plus achevé, que toi 
ce que nous avons vu jusqu'ici * 

If fufflra de dire,' que presque tous le 
xnemoires, qui font dans les deux Volume 
que nous annonçons, valent en leur cspG 
ceceluideM'. deReaumurùnsnous arrcrtei 
fur chacun en particulîer.Nous dîfons pres^ 
que tous ; parce que le fujet,plus ou moins 
curieux & utile; peut mettre beaucoup de 
différence entre les. produélions de deux 
perfonncs également habiles chacune dans 
fa profcflionr'à quoi il faut ajouter que 
M. de Reauinùr écrit d'un ftyle qui Ce faît 
principalement remarquer dans les Ouvra- 
ges où l'on paflTeroit un peu de langueur eu 
faveur de Ja matière. 

N'oublions pas de- marquer ici que les 
Eloges c:^nte:jus dans les Mémoires des 
Annces 1718 (5 1719 font ceux de Mrs. de 
]a Hire, de la Fàye, Fagon, de Louvofs 
deMontmort, .RoII<: & Renau, Il eft de 
la prudencedes Joùrnaliftes de sVbftenîf de 
toucher à ces Eloges : le Public leur rede- 
mande tous les traits qu'ils en obmettent. 
Le Traité de la Grandeur de la Terre ' 
qui fart de fuite a:ux Mémoires de 17 1 g mé^ 
rîteroituu extrait particulier. Nous le pour- 
rons donner quelque jour, & faire connoît- 
treun Ouvrage que Ton doit regarder com- 
ine le fruit des obfervations & des recher- 
ches de rAcademie dts Sciences fur la 
matière la plus intere/Tante que la Phyfî- 
que puijQTc oflrîr à la curîofité humaine 



AR« 



F R A U Ç O Ï'S t^ 127 
ARTICLE X 

Oeuvres de JRacine. A Londres dePIm- 
primcrie de J. Tonfon & J. Watts. 
17x5. a. Vol, in 4. pagg. 440 pour 
le I. & 488. pour le 11. 

Rien ne faît plus d'honneur à nôtre 
Nation que rcmpreflèment des Etran- 
gers pour Yios bons Auteurs. Ils les traduî- 
fent, ils en transportent les plus beaux en* 
droits dans leurs Ouvrages. La plupart mê- 
me dérorent les difficultés de la Langue 
Françoîfe & s'efforcent d'en fentîr toutes les 
dclîcateflès pour voir de plus près ces Ori- 
ginaux admirables, dont les Copies, quelque 
imparfaites qu'elles foîent, les ont cepen- 
dant touchées fi vivement. 

On feît plus. Déjà nos Auteurs com- 
mencent à occuper les preflès dans toute 
l'Earope, comme le peuvent faire ces Grecs 
& CCS Latins que l'excellence de leurs 
produâîons femble avoir rendus communs 
i tous les Siècles & à toutes les Nations. 
Pour ne parler à prefent que de TAngle- 
ten-e & ne pas (brtir de cette année 1715 
Londres a donné de nouvelles Editions des 
Oeuvres de M. RoufTeau , & de Racine. 
Nous ne dîfons rien de celle de Montagne, 
parce qu'elle n'a pas encore paru. 

L'Edition des Oeuvres de M. Radne eft 
bien imprimée & affez corrcâe. M. Cofte^ 
^i en a ca foin, dit qu^çn l'a enrichie de tome 

ee 



128 Bib£iothb q^v m 

€€ ifu^on a pfi recouvrer des Ouvrages de c^ 
iUuftre' Poète : Cependant on n'y trouv< 
point la Lettre à l^ Auteur des ImagimmreM ^ 
dont on ne fauroit douter raifonnable^ 
ment qu'il ne foît l'Auteur.,, On aea loin, 
„ ajoute M. Code , de ne pas la groffir 
y^ de pièces étrangères. Depuis quelque 
j, tems 1 les Libraires ne font aucun Icnz- 
„ pule d'inférer dans un bon Livre des 
„ Satyres infipîdes contre 1' Autcur,& de mi- 
,^ ferables Critiques de fes Ouvrages. Cette 
maxime e(l certaine en gênerai, & ceax qui 
connoiflcnt Tétat de la Librairie de Hol- 
lande en pourroient citer des exemples bien 
convaincans. Mais l'Edition de Racine 
faite en lyain'eft point celui que M- Cos- 
te eût dû choifir, & les Pièces que l'on y 
a inferées ne font point des Satyres imfipi^ 
des contre V Auteur , ni de miferabUs Cri- 
tiques de fes Ouvrages, Il y en a quatre : 
l'une eft la Vie de Racine, & quoique l'on 
puiflè faire quelque chofe de mieux en ce 
genre ; qui ne voit qu'elle eft beaucoup 
plus intereflante que le Squelette qui eft i 
la tête de l'Edition de Londres ? La fecon« 
de Pièce contient quelques remarques (iir 
chaque Tragédie de Racine : il fuffit de dire 
que le Public les a lues avec plaifir, & que 
M. Cofte en auroit parlé un peu plus ci- 
vilement, s'ilavoit fû que l'Àutear ano- 
nyme qui les a fournies, eft un homme 
univerfellement eftimé, & fort au deftiis 
4'an trait mépriCint. Apres ces remarques 
on voit deux Lettres fur les Ouvrages do 
Corneille & de Racine. Biea loin d'y difik* 

mer 



Françoise; ù^ 

tattVL Racine, comoie M. Code femble 
▼OBloff finfinaer ; on y tourne en ridicule 
0C3I qai fè mêlent de critiquer (ans juge* 
aaenrcet excellent Poète. Enfin, V/tpoBêM 
Cinrlsfsm» Vient trop bien, à la fuitte des 
Ooirres de Racine , pour qa'oil ait dû né- 
gliger de Vf înferer. Pourquoi trouver mau- 
vais que Toa faile pour les Modernes ce 
qoe Ton fait tous les jours pour les An- 
ciens? Pourquoi desaprouver que Ton joi- 
gne an Recueil de leurs Ouvrages , ce qui 
peotfovir à les faire entendre, & à conlèrvec 
des Eàs finguliers que l'on eft bien aife de 
nepas^norer? 

On voit à la tête de TEdition de M. Code 
on beau Portjaît de Racine , c'cft apparem- 
ment le Graveur qui a cftropié les Vers de 
Boileau , qui {ont au bas , & qui les a chan- 
gé de la manière fuîvante : 
Da Théâtre François llionoear & là mer- 

vrille, 
Tii fçd reâbsciter Sophocle dans mes Vers; 
& w» me perdre ^aos les Airs» 
Voler anffi haut que Cdtfieille. 

Voki rinfcripcion telle qu'on la trouve 
daos les Oeuvres de Despreaux : 

DoThaétre François HicDDenr & la irierveille 
Il fçât refltildter Sophocle en fes Ecrits; 
Etdaas Tart d*encbanter les cœurs de tes Es^^ 

pritj 
Soipafler Euripide te balancer Corneille. 

Ajoutons que le nom de M. l'Evêqué de 
Senex.y eft étrangement défiguré dans la 
Préface, où on le nomme deux fois Scgmmf 
an lieu de Somêem. 



ijo BiB LXotH »a^u^ 

ART I C L E XI. 

t 

Critique (Pb^ES de Castro, 7r^^^// 
Je M. DE LA MoTTB^par M.G^\ 



YE ne ferai point le procès à M. de h 
J Motte fur la liberté qu*îl s'eft donnée d< 
îalfîficr une Hîftoire auffi connue que ceJ j# 
d'Inès deCaftroJefais les privilèges donc la 
Poètes Draniatîques jouïuent dans le pays 
de rHîftoîre ; & s'il elt vrai qu'ils ont reiji- 
porté plus ou moins de gloire , fuîvant qu'ils 
fe font plus ou moins renfermés dans cet 
prîvilege$,îl n'ell pas moins certain que c*cft 
indépendamment de cela qu'on a dû j ugcr B 
leurs Ouvrages étoient bons ou ihauvaîs. 

Je ne m'arrêterai point non plus lut H 
Poëfie hutnble ( i ) & profaïque de M. de 

la 
(i) Et c'efl: quand il s'agît d'acconijpilir uà Traita 

Livrez-moi ce qu*il aime, ou je m'en prebds 2 

vous. I^.Jc, 4. ' • 

Ce qu'il aousfeyt cacher je le décelleroîs ! Ik.fi. 6» 
Madame, qui Tetit crû ? je îougis de ]o dire. 

Diaiis fya appartetnent qu'on le £U]è ganier. 

yôîîè, voilà r<*jctquî vous fait méppîiçr./^. 

fi* ^* 
Quand je ibai vangée en (buf&iiai'j e moins? 

Ib'td. 

• • • I 

Madame y je l'attends, qu'on la bSkyiCEflxii Jia^. 



Françoise. ig[i 

la Motte. Après tous les Ouvrages qu'il a 
dûBDcs au Public en tant de difTeretis gcn* 
lOj fl y auroît de l'affeâation, & peut-être 

drrîDJuftice à l'attaquer là-delTus. 
Je lui pailèraî auffi quelques chevilles , & 

qadqaes phralès (x) entortillées, échappes 

dans 
Odonaez qu'elle vienne à Tinâant me trouver. 

Qnoîqu'il en £6it enfin» je veux bien Tigaorer ; 
ans rien aprofondir» il eut tout r^arer . iSfc. ^^ 
Ss «nt fait leur devoir , vous ne leur devez 

iliet à votre père, & oourei le défendre lh»fi.6. 
ïl&at aujourdhai nlêne épouièr la FriBccf&. 

Vons, kodngue , parlez^»., le devrois-je» Scî- 

goeur? A. fi. 3. 
Garde» cberdiez Inès » qu'on moment on l'a- 



ie dott rentretènir par ordre dekReîne./^./^./. 
Mus avant tout. Seigneur, accordez que ce 



Qw^ vieoà dlnfb^er d*ùn fbin qui ine re« 

Â& d^'<^ nÉcÂnent.... f 1 fiiut Vim^ l'aecorder» 
Faites œ qu^^Ue veut.... Rev^enez fans tarder. 

-étt. y, Je, 3. 
Allez diercbiâ'ittdiiik,q«i'fl^fàcbe qii'aujôur- 

dfaui* 
Sn peMÎ lia iàt gr*cé èc qûlnès^ftà lui» j)l 

■fi' f • • 
(t)f^'il cft dook ^ gfiois Rois éifrh dà tmgs 

. tnntMmxi 

<te fe v^ ^ileir )j^ de fi cibrs Ri^^ 
De pouvoir, M )9'm/ €9ha àt comminis Mlautis^ 
En confier llMviaeur àdes nuins û vaillantes» 

li - Pc- 



1 J2 B I B L I O T H E Qjï B 

dans la rapidité de la cQmpofitUm* Ce (ont 
de légers défauts, & qui ne révoltent que 
les Maîtres de l'Art , & les Ignorans ; les 
premiers , parce qu*îl n'y a que les vers 
exceljensqui leur plaifent; & les autres , 
parce qu'ils ne favent pas combien ces vers 
exçellens coûtent à faire. 

je pardonnerai de niéme à M. de la Mot- 
te certaines expreflions ( 3 ) alanoUquées, 
qui lui font familières , & pour lesquelles 
îî espère en vain obtenir droit de Bourgeoi- 
sie, qvoi qu'il les ait femées dans tous fes 
Ouvrages. Si. les Perfonnes chargées de 
l'honneur & de l'avancement de la Langue 
Françoife ne font coupables à l'égard du 
Public, qu'à proportion du fuccèsdes mau* 
vais exemples qu'elles lui donnent , il faut 
avouer que M. de la Motte eft fort iano» 
cent de ce côté-là. 

Je lui ferai encore grâce fur les (èntimeas 

ou 
De voir croître leur nom tmjwrs pUts rêdoêtié» 
Surs di vamcre kngUms par leur ftfimti IjêSa • 

fi, a. 
(^e fàis-je même eocor , fi phs imptuiem^ 
Ah mépris de U lêi, peut-être PoukUânt..^ JSB. 

• Et IbnDO fur mes pasww mtprit d» rept. .AB* 
4 yr. I. 
(g)Muis bientôt leReboIk efiàceroit le fils. AB.i. 

M49U amour s^e& accru du bonheur de l'Ëpoiae 

là fi 6 

N'oppofe point en moi k Monarque fclePm, 



Françoise. ig^ 

outrés C4) dont £1 i ragedie cft boufie ca 
quelques codions. Il fbmbJccependamnue 
jedarxois les combatre. Ce font peu c*é re 
€C5 &nriiiieDSrIà qui ont frapé davantage 
cmains fpeâateurs accoûcunr.iés à trouver 
et la beauté dans ce qu'ils n'entendent pas* 
Matt îi y a Heu d'espérer que ces fortes 
d'eicès moraux n'auroot pas plus de cours 
que les expreiGons dont je viens de parier; 
&q&e,dèsr qu'en les examinant avec aaen- 
tioQ, on n*y aura point trouvé le Vrai & 
le NatureT, iàns lesquels lien n'efl beau^ 
Hs tomberont d'eux-mêmes. 

EniSu je ne reprocherai point à Mr. de 
h Motte une infinité de vers (5) quipé*^ 

c^ent 
(4) D'autant plus criminel qu'il s'eft couvert 

deglt>ire. Aet. i./c* \» 
Que les plus furieux iont les plus cnmineIs.u^/« 

4, fi. . 
Sojci cticor mon Père en me kidànt mouri;:. 

(f) Que de l'amour d'un Père implora fon aum 

dact, Aâ. i.fi. j. 
Loi (foaqe avçc la mi\n Piftimê éf ^* ttnàrtffk 

Auprès de la PrincHIe il eft presque frnomhe. 

D'une aouvelle mt^t atmeroft ma^douleurl /^. 

A4- 
Si vous voyez la ràgê où ion cœur s'abandonne. 

B vous faille âfvmir'r wêfinmr d'être bcureùx 

ASk, x.fc 2. 
frtiit» jttfte Cid , iU^ne aider ma Vangean? 

ce aS. i,fi» 2. 
Et fur quelques foldats laifiànt 'tomber m^[r»ie 



éhent par la Didîonî, ou qui ont d'àatre 
défauts choquans. En un inot^ j'ai réloli 
de m'actacher uniquement au corps cl< 
rOuvrage. Maïs j*en ferai Tanatomic lè plu^ 
cxaâement que je pourrai; & furtour jt 
tâcherai de profita de !a leçon que ]\dr. d^ 
la Motte femble , donner lui-même. ( tf ) âl 
&s Cenfeurs 5 quand il dit qu^um Critique 
fcrieux efl obltg/ d'avoir raifin. 

M. de la Motte doit favoir , que tout 
Perforinage inutile dans une Tragédie eii 
4oit être retranché» excepté les Gardes 
dont on peut alimenter ou diminuer le 
nombre (ans conféquence , parce qu'ils né 
ibnt pas cenfez du Corps des^ Aâeurs. II 
ùk le bruit qu'on a fait pour lafameule In-^ 
fente du Cid. Je pburrois encore lui citer Jane 
infinité d^exemples dece défaut,& en même 
tems plufieursTragédîes,où on Ta évité avec 
Jcrupule ; ce qui n'a ms peu contribué à 
les faire pafler pour de/'Modelcs. 

Sur ce Principe.^ qui eft incontestable^ 
îl y a dans la Tragédie d'Inès de Càftro dix 
J^erfonnagcs qu'il en faut àbfolumcut ôter; 
i favoir Don Fernahd; %. Grands dePor-* 
tugal ; 3. Enfans & leur .Gouvernante; l'Api- 

, ibaf. 
Mais iî vous mfen croyiez moins queute aireii- 

^c rageJbid, ' 
. Je ne ùxs qucMe voix epg au fonds de mon 

amc, , 

. Te jù/iifit encor par l^excès de ta flamc ^t. 

^•fi. I. ■ . i ' '- 

Vous voulez ; aux dipetfds det d^m Us flm 



* » 



F 9. .A N Ç Q I SE. IJf 

jbtfidçur ; Don Rodrigue ; Don Henrique 

U ne faudra pas faire une grande dépenlè 
a preuves , pour perfuader au Public que 
Don Feraand & les deux Grands qui fe trou- 
i^eot 4a CQiiCcil i €ont abfolumcut inutiles; 
& je croîs que les pUas déterminez Parti-^ 
ûos de M. de la Motte en conviendront 
cui-Qicmes, puisque ce^ prétendus trois Ac- 
teurs ne difent pas un mot dans toute U 
Pièce. . 
Les deux Enfans & leur Gouvernante n-en 
difent pas davantage ; mais ces Enfans ayant 
para néceilaires à M. de la Motte pour le 
dénodment de (à Tragédie , ils ont indis- 
P^&blement ' entraîné après eux leur 
Gouvernante. Pour chaflcr cette Gouver- 
nante de la Scène, il fuffîra donc d'en chaf- 
fer les Enfans. Cela ne fera pas difficile. 
Non (eulemeut ces Enfans font inutiles dgns 
^a Pièce ^ mais même il eftimpoffible qu'ils 
î foicnt- M. de la Motte auroît dû mé- 
nager & Tragédie de maniiere que la décla- 
Wion^ qu'Inès fait au Roi qu'elle eft l'E- 
poa& de l'Infant , eût pu faire un déuo^* 
nient fort pathétique } & cette fcene eût été 
très-belle t ^^ lî^u qu'elle ne Teft point du 
tout. Racine n'auroit eu garde d'introduire 
CCS Enfans fur le Théâtre, parccqu'ilftvoit 
qu'on en doit éloigner tout ce qui peut exr 
citer, on une horreur infuportable, ou une 
rifée ()^) infaillible. Un Foëte dramatique 
eftbîcn éloigné delà perfeélion, quand il 
n'a d'autre ârc,pour émouvoir le ipeâateur^ 

1 4^ que 

. (7) ypya la VMut soSmc de M, 4e H M^tt^ ' 



i}< Bl B tiIOTHÈaVS 

que de mettre fur la fcene deux Enfans 
bez des nueS)& qui ne peuvent y £tre de toué^ 
impoffibîlité. Eh effet je demande à IVI .< 
de la Motte comment Inès a pu mettre âii 
monde ces deux Enfans, & où elle a pu Jea 
cacher pendant %. ou %. ans plus ou moins^ 
lans que le Roi , ni toute la Cour , ni mé'^ 
me la Reine , qui avoit Inès fous fes yeux,! 
puis qu*Inès étoît fa fille d'honneur > & qui 
étoît il interefTée à éclairer lès aâlons , 
ayent rien fu 4e toute Tavanture ? M. de la 
Motte prétend-il que cela eft poflible ? II 
fiiut qu'il le prouve. En attehdant^il permet- 
tra qu'on regarde l'aparition de ces Knfans^ 
comme la plus impertinente chimère qui 
foit jamais tombée dans l'esprit d'un Poète. 
L'AmbaiTadeur n'cft pas plus utile dans 
la Tragédie que s'il n'y difoit rien. En effet 
que vient-il faire? Il ne paroît qu'une fois 
au commencement; il disparoît comme 
un éclair; on ne le voit plus'; on n'entend 
plus parier de lui; & la Pièce commence ôl 
s'achève fans qu'il y ait eu aucune part. 
Encore s'il venoit prier le Roi d'accompHr 
Iç mariage de Confiance avec le Prince , 
|Wlè; quoique ^pourne luîfa}i:e dire que 
cela, cç n'eût gueres été la peine de faîre 
habiller un Comédien. Pourquoi paroît-il 
âonc ? Je veux bien fatîsfaîrc moi-même à 
cette queftion pour M. de la Motte, qui 
certainement ne voudra pas y répondre» Il 
vient pour donner prétexte à l'cxpofitîori du 
fujer. Mais c'eft un bien mauvais prétex- 
te. Il paroît que ce pauvre Ambaflideur le 
&nt bien )ui-mtmc» Il ne fait que dire Sç 



Frai^çoise. 137 

flcft obligé defejetterfur des comp1imen$ 
qiD ne roulent que fur les conquêtes de Don 
Pcdrc : conquêtes , qu'Alphonfe fait meux 
çoc loi. Aaflî Alphonfc le paye-t-îl de là 
même monnoye; car dans ce qu'il luî rér 
pond , îl ne dit rien que l'autre ne fachc. 
Ainfi ils (è font v^s tous deux i'ans fe rien 
tprendre; mais ils ont apris quelque choie 
au Q)eâàteur, & voilà ce que l'Auteur 
chcrchoît. L*expofitîon du fujct eft donc 
un écueîl contre lequel M« de la Motie 
l'cft brifif , auffi bien que beaucoup d^autres 
Poètes qn'e je n'ai garde de nommer; car 
je ne veux rien avoir 1 d^m^lcr avec ces 
Medieurs-là. 

Rodrigue & Henrique paroîflent être un 
peu plus néceflàires ; car non feulement 
ils df&ftent au Confcîl , maïs même ils y 
difent des chofes fort fignïficatîves. Cepen- 
dant i quoi aboutit tout cela ? Le Roi n'a^ 
t^l pas condamné fon fils, avant que de Ie« 
entendre ? Peut-on rien de plus formel là- 
dcflbt que c^s paroles ? 

Em pleurant le cotfpable , ordonnons h fy* 

plice ; 
'Effrayons mes Sujets de toute ma Juftiçe^ 
ht <jme nul ne s^expofe à fa feverit/^ 
En voyant que mon fils n^en ejipas ex cep» 

Ce Çortleil eft donc inutile , & par cour 
féquent les Confeillers auffi. Mais pendant 
que je les tiens, examinons leur rôle; ce 

I 5 ftrà 

(O Act. 4. fc. If 



J3S B I B L I O T H E Q^V % 
fera autant de fait y & il ne fera pas n^f cref^ 
tkWc d'y revenir. Rodrigue eft amoureux 
d'Inès, mafs il (àcrîfie fapaûion à celle dii 
Prince; il (è condamne pour Tabfoudre. On 
De ûafoit nier que ce dèfintéreilbment xie 
Ibic fort beau; xoais œalheureufement II 
ne fèrt de rien. Le Roi (b contente de le 
louer, & défère au fentiment d'Henrique à 
qui le Prince à fauve la vie dans une Ba- 
taille, & qui le condamne à perdre la fien- 
ne. Il y a une fingularité tout-à-faîc plailân- 
tedanslecaraflere & dans le procédé de 
ces deux Aâeurs. La paffion du Prince fa- 
yorifée d'Inès rend Rodrigue le plus mal- 
heureux de tous les hommes; cependant c'eft 
Rodrigue quj abfout le Prince. Henrique^ 
ne jouît de la vie que parce que le Prince 
la lui a (auvée ; cependant c'eft Henriquè 
qui condamne le Prince. J'avoue que ce 
contrafte entre les féntiméns de ces Aâeurs 
& leur conduite, donne de l'ame à leur 
RAle;&c'e(lpeut-écre là un de ces iecrers 
dont M. de la Motte s'eft fervî pour faire 
réuâir fà Tragédie, comme il le dit luî-mé- 
me dans (a Préface , & qu'il nous promet 
de nous découvrir un jour. Mais cela n'em- 
pêche pas qu'il n'y ait de la bizarerie dans 
ces, deux Adeurs. Parlons fans prévention! 
Rodrigue , entant qu'Amant d'Inès , ne peut 
faire autre chofe que ' ce qu'il foie , parce 
qu'autrement il auroit paru fufpeâ de par- 
lialité. Mais quelle néceflîté y avoît-il de 
le faire Amant d'Inès ? Que ^îs-jc ? Avec 
ce titre d'Amant d'inèsll pouvoit condam- 
fïçjr le Prince , & îl y avoît un moyen de 






F R A ^ Ç P J s ]E: J3J 

readre cette fcenè-Jà la plus belle du mon- 
de. Four ce qui efl d*Henrîque, lui qui de- 
mn donner & vie & mille vie$,s'il les avoît, 
pottùavcr le Prince, le moyen de Tex^- 
CD(cr? Ce n'èft point qu'il foit avare de (a 
fie. Ecoutons- le parler* - 

// é fauve mes jamrs « Çjf jV proscris fa siiej 
Mais je Jm à mon Roi de finceres avis ^ 
Ma mort acquitsera €e. que je dois au fils: 
(9) 

N'(coît-îl pas plus louable, plus beau, 
plof naturel à Hienrique d'offrir fa vie pout 
£uver celle du Prince ? Il la veut bien dotty 
lier pour rien* . 

Me voici enfin arrivé au principal point 
de ma Réforme* Je m'attends bien qu'en rer 
tranchant Confiance^ je m'attirerai bien 
des Censeurs. Que deviendront efFedive^ 
ment ce l>eau dèfiatéreiTement, & toutes 
les belles aâions qu'il enfante > Mais je prie 
mes Cenfeurs de tâcl\er de Ce défaire de 
leurs préjfigei, & de fe foùvenir des le*' 
çons des Maîtres de l!Art, qui profcrîvent 
des Poéinès toutes les beautez qui ne font 
point dans leur place. Si on a condamné lé 
récit de Theramene,îl me fera bien permis de 
condamner le rôle de Confiance. Il y aje l'a- 
voue, une extrême différence entre les per- 
fpnnes (lo) illuftres qui ont condamné ce 
maniaque récit & moi;, mais on m'avouera 

auflî 

... . , 

(9) Act. 4* &• )• 



14^ BiBLIOTHE QJ^ B 

auffi qu*î) y a une grande ditterence entrer 
le rédt deThcramene & le rôle de Cons-* 
tance; en un mot, entre Racine & IVi. de 
la Motte. Je crois que cette cpmpenfatioa 
eft aifcz exaâe. 

Arrêtons-nous donc fur Confiance ; tîit- 
yons-la pié à pîé, &. voyons quel poids elfe a 
dans la Tragédie. Elle prie d'abord (ii) lé 
Roi de ne pointpreâfer fonMan'age.avec le 
Prince ; mais elle n*cft point écoutée ^Sc Je 
Roi perfîfte dans fon deflein : ainfî elle n*a 
encore rien fait. Daps le mémç. Aâe (ix) 
elle ne revient far le Théâtre qije pour ajoû* 
ter un déftnt à la Pièce ; car cllç y revient 
fins .leceffit , & pour ne dire que fix vers qui 
ne fi.;nîfient rien, EJle ne paroît dans le 3. 
Aâe C ï? ) q^e pour avertir Don Pedre que 
le R )î viciu.Cçtte Princeflè eft trop bonnc,& 
prend rr( )p de peineile Roi pouvoir bien venir 
là s être aimoncé.Dans la Ç. Scène dr 4. Afte 
clic vient témoigner fon chagrin à Afphon- 
lè de ce qu*ila condami é Dr^n Pedre ; dans 
la 9. elle prie fa Mère de tâ;^her dp flechfr 
le Roi en faveur de fpn fils, & elle s'adreC- 
iebien mal ; dans la 7. elle envt)ye chercher 
Inès}& dans la 8. elle prend aVc'' elle des 
inefures pour fauver le Prince. Inès la prie 
de la faire parler au Roi ; Copftance le hît.Sç 
voilà la feule chofe qu'elle fafïè dans t nité 
la Pièce. Maïs Inès ponvnit l'p r bien obte»: 
nîr une Audience dn Roi fn-is rentrcmîle 
de Conftance. Il n'étoît befoin pour cela qiic 
de faire dire au Roi qu'elle ayoit quelque 

. . . • cbo- 



François si 141 

dofede très-fecret & de très-important à laî 
communiquer s le i»otfidie Garde eût pu 
ûàc cette CommiiSon. Mais c'étoit le fort 
delà pauvre Confiance de voir fa grandeur 
avilie par des démarches extrêmement humi- 
fontes. Dans le f. Ââe (14) elle ne vient 
avec (à JVlcre que pour en recevoir des re- 
proches fur fà generofité ; ce qui ne lèrt ea 
rien à la Pièce , (inon à rendre le rôle de la 
Reine plus mauvais. Confiance quitte en- 
fin le Théâtre ( if ) en priant le Roi d*é- 
tie favorable à Inès^ & elle ne reparoît pins. 
Il efl aîfé de voir par cette petite Analyft, 
dont le Leâeur peut confronter Peiaôitu- 
dc avec la Tragédie même , que Confian- 
ce ne contribue ni au nœud , ni au dénoâ- 
ment de la Pièce, & par conféquent qu'el- 
le n'y doit point être. En effet , qu\m ôte 
de la Tragédie toutes les Scènes où elle pa- 
roît ; favoir, la i. & la 6. du i.Aâe, & (a 
7. du 5. en ne faifànt dire à Don Pedrc que 
cet hemiftiche , Quoi y Barbare^ ofez-voMs... 
k en retranchant de la 8. ces mots , à 
Cn^ance : qu'on ôte aulli la ;. la 6. la ^. 
6c la S.Scene du 4. Aâe: qu'on ôte encore 
la I. & la a. Scène de l' Aâe j. qu'on ôte, 
dîs-je , tout cela ; la Pièce n'en lëra pat 
moins entière, & l'on ne s'apercevra nul- 
lement qu'on en ait retranché une fillabe. 
Si ce n'efl pas là uii défaut monflrueux , 
il n'y a plos dé défauts au monde , & tou- 
tes les Tragédies font excellentes* Finiffons 
cet Article en ajoutant, que Confiance 
fait dans la Pièce un rôle bien désagréable. 

C'cfl 
(14) U. u OllJ 



142 fe I B L I O t rt 1 0^U É 

C'ieft une Amante éplorée & méprifée, qui 
ne paroît fur le Théâtre que la rougeur fur 
le front; rougeur, qu*un Plaifant pourrort at* 
tribuer moins à la mauvaîfe figure (Qu'elle 
fait, qu'à la honte qu'elle doit avoir de 
fourrer (on ne^ où elle n'a que iàire. 

Voilà fans doute une grande Reforme 
dans la Tragédie d'Inès i car T Ambdladear, 
Rodrigue, Henri(]ue, &les Enfans retran- 
chex emportent auffi avec eux un ai&z bon 
nombre de Scènes. Cependant,avec toutes 
ces mutilations, la Pièce nVo t& pas meil* 
leure: 

Les mGeurs , qui (ont uti des principaux 
fondemens d'une Tragédie, font fi mal gar- 
dées dans celle*ci , que cela fait pitié* Je ne 
dirai rien du rôle d'Inès ; c'eil le plus fupor- 
table ; cependant on eft choqué de la voi^ 
&ire échouer toutes les entreprifes que le 
Prince fait potir elle, & traîner fi longtemi 
la déclaration de^on Mariage. 

Le caraâere d'Alphonfe n'eft Fk>int mar- 
qué. Il efl prêt à punir fon fils, il eft prêt 
k lui pardonner. Ce Roi, qui portoit le nom 
de Jufticier, n'exerce point la juftîcc. Il con- 
.damne enfin fon fils qui ne le mérite point 
du tout: car ce fils a-t-il attenté aux jours 
-de fon Pete ? s^eft^l révolté contre l'État ? 
•Non : il n^a voulu qv» fauver Inès. Mais 
rce qu'il y a de plus déplorable dans tout ce- 
la , c'eft que, quoique le Roi condamne fon 
fils, il ne tient qu'à lui de l'abfoudre. Si 
le LcâeUr doute de cela , qu'il ait la bon- 
té de lire la %. Scène du 4.. Aâe. Il y ver - 
ra qu' Alphonfe offre la grâce à Don Pedrç» 



1*3 Tcuc épôofer Condance. L'Infant ne 
nfrite donc la mort que parcequ'îl ne veut 
fis réponfer. En un mot , pour raffonbler 
tint d'extravagances , Don Pedrepeut avoir 
£i grâce comme Epoux de Confiance ^& il 
ne la peut pas avoir comme fils & fucceP 
iem du Roi. Quelle JuiHce ! Quel Caraâe- 
re! C'eft donc fort mal à propos en toutes 
manières qu^Alphonfe va remuer les cen- 
dres de Manlius ( i6) & de Brutus; H ne 
iear reflèmble point du tout. 

La Reine e(l la plus détedable Femme 
du monde > & cela fans aucun lujet. Qu'el* 
lefoahaite, qu'elle cherche la perte d'I- 
nès ; on n'y trouve point à redire : c'eft là 
ce qu'elle doit faire. Mais bientôt ce n'eft 
plus i Inès /eule qu'elle en veut} elle aspire 
encore à la mort du Prince. 

De Don IPtâre ^ de vous mes tmMemrs 

fintte crimes 
Vmijpez'vous Pum ^ Pamtre en être U ' 
viaime! (ijy 
. Pefons bien toute la^ malignité qu'il y a 
dans les paroles fuivantes: 

tel fuplsee cruei pour un Père fi tenirel 
*> famt^U f ne P Infant f^jd timeriti 
Vùms sis rejuhj Seigneur, à la tseceffiij 
De.... (Le Roi lut répond.) 
PêurfSMiJugeZ'Vousfa mort fi neeeffairel 
Madame r Quand f ai fait ce Jùeje devwè 

faire , 
Quandf maigri manamossr^fofe U condésm" 
iter , ,^ 

Cefi 
iii) Aft, 4*SC« 4* (<7) Afb 4«IC< ït 




144 B I BL lOT HE Q^U tr 

CVyî à vous depemfcr que j'ai dâ 
ner. 

Je vois trop quaujoutdhuifmnfiUu^apIus 

de mère ^ 
Je vais le pleurer feul.^ ( 1 8) 

Le Rqî irXA\ tort de lui répondre de la 
forte? Ouï; car il devroic faire autre cho- 
fe que lui répondre ; & s'il m'eft permis de 
dire encore un nxot de ce Roi, il faut avouer 
que, pour Alphonfe le Jufticier,il joue daos 
cet endroit-là un fotrôle. Donnons les der- 
niers traits au Caraâere de la Reine. Les 
roici ; 

Et moi^ dans les chagrins que tous deux 

m* ont donnez. , 
Je les hais J^ autant plus que veut leur 
pardonnez ; 
Je ne puis voir trop tôt expirer mes viSi^ 

mes. 
Vous avoir meprif/e eft le plus grand des 

crimes. 
'Et comment d^un autre oeil verrois-je Pim-^ 

humain 
Qui vous fait le jouet d*un farouche d/daiu^ 
Don Pedre a pu luifeul vous faire cet ow 

trage. 

C'est un Monstre odieux tro? 
digne de ma rage; 

Je fens pour vous V affront que vous ne 
/entez pasi 

Et je vouDROis payer sa mort 

DEMON TREPAS» (19) 

: ^ • Le 



I 



f K X V ^ o 1 s àl i^i 

lé rôle de Don Pedre eft bîcn auffi 
mtovais que celuf de la Reine. Si ce Prince 
flVii pas méchant comintc elle, en revan- 
cAcc'cftun grand étourdi ;& pour comble 
de malheur ^ fon caraflete n'eft pas mieux 
ioDteoa que celui du Roi & de la Reine. 
Od le peint d'abord comme tm Héro$ ; & 
Iclccrct dont il cnvelope fon mariage & ftg 
tnfans, doit pcrtliader que c'eft un homme 
trè^prudent ; cependant H n*eft rien moins 
qnc cela; Je prie le Lcûeur de lire là Scè- 
ne 4. du !.. Aae & la 8. du 3. Mais ce que 
Jtvais dire le prouvera encore mieux* D'a- 
Dotd qu'Inès eft arrêtée, il mctl'épée à la 
^n ; il foulevc le peuple ; il anàquè lés 
wdesdu Roijil entre dans 1(S Palais comme 
anfuricai. Il fer hic entièrement les yeux 
ftriéniauvâis fuccès que peur avoir foA 
«jotprife, comme cela arrive, & fur le 
châtiment qu'elle doit luic attircf ; t'cft à dî- 
Muni prend le plus miàuvâis parti; Icmeil- 
*cw ftoit de venir déclarer au Koi qu'il étôît 
^^avec Inès. Mah Cda h*ûût&l( fi6i\5t 
«ccoijiodéMi de de la Motte ;& aorôit 
Y°PP'Wpité la cataftrophe de A Fable ; ' àvL 
^^ que la révolte du Prince allonge la Pîecé 
*« noue davantage. Voilà ce qu'îl y'adé 



..vuipiir. maineureuie necenue^aïaquei^ 
«k Public doit une Infinité de Tttgedlei 

pitoyables! .. ,: r ;- . '. . 

J^ rcfteraî là ; càrmifDIflcitatiôrt eft 
^? longue; mais, '8b^ Ton doit m'en 
^^^^^ vj'aurbis, pu ' îa fiôre plur longue ^ 
^•^'lU.Pars. f. K- -'^ c^-' 



core. On en fini fkdlcmefit periiiade ^ 
quand je ferai remarquer que je ne dis rico 
de la manieredonc la Tn^éctie fiait , Cuij 
qa*on lâche comment Inès meort i ce qne 
derîent le Prince , la Reine & Conftanced 
Mais je crois qae, quand on a repris les pla^ 
grands défauts d'an Omrn^e, cela doicfhf^ 
&:q& effcâiremmr je n^ai pas préteodo les 
télexer tons i je ne finîrois point* 

Je me contenterai d'ajouter deox choies 
qni regardent perfonnellemoit M. de laMot- 
le. On dira peut-être, qn'il ne me conviait 
MS de donner des cooàals i un fi grand 
nompie ; mais on aura bean àke^ les bons 



qu'ils viomenr. Prenueretnentye prie M. de 

la Motte, %*il voit ma Cr^oe, on de n'en 

dffe abfblument rien qu'aprèt le Public, 

on de me montrer, devant le Tribunal de 

ce même Publie , que j*ai condamné ion 

Oa^gfcà toit. S'ilmetxaitewecanftBit 

d md.ifierenoe,& d'omemanicfe anffi vague 

qn'il a traité l'Auteof de la Critique dont U 

parle dans & Préface» il trouvera bon que 

JQ r^arde oe petit anr cavalier , conusie un 

♦voitjcitc quej^aî iàifcn. Il ne fàntpas 

mn sVmagme que Ibn grand nom doit im- 

PPicr. Qfielqne tépnWion qu^îl ait, qoeU 

3Qf prbd^ieni qae fait le nombre deAf 
4u}areiift5j le PuWic «des yeox; il eft ^• 
^nitaWn ij i^rÎMie fiKJlement de iîss prs- 
^/L^^2^.' ^^"J^^ la Ralihn repre- 






FfcANÇOISEâ 147 
Lefecond a»is quft j*at à donner à M. 
iihUottei c*eft de recevoir les Critiques 
qœ i*ofl fait de fés Obvrages^vec autant de 
^3(feftiequc les éloges qu*on leur dciît pour 
pJ-ilicors bcllcr quaMtfe qfu'il poflfedc ; & 
^Df tout d'en profiter. De la même maîn 
^Qi«:.faidéchfcé- & Tragndîc> je fuis piiét 
^>ui(biiii^ les louanges. qu'il- mérite^ 
waiaeimi homme. qpï at beaucoup d*esprift>: 
cpiDBie «a des priactpiau» ornement étr 
l'ilhfbe Compagnie dS3ntii eft Membse^ 
ftïfia Qmnitt Phommc dw m'ftnde, pcufr-. 
«re>q8^aycc M. d» Fontenteîfe, écrit Im 
njicnr ta ptofti Des. g«i« d?esprtt ,.& que 
d'alioitiontbcatfico^dteftime pour lui'/ 
oatétéfcandaUiGfsdtf la. vanité exttaôrdKr. 
râe qai règne dans chaque phnafe dt Hà 
rr^ta^ fis. n'ont Va qpu'avcc une espace 
(^iidgMiioa» qu^il prottieten quelqua 
^ 4c fiayer vm nouveau chemin a\m 

& fiir to« ftacine ne fu^Smt pas^parvenuai; 
'a.pwfcôioa. Plus on' eft élevé au-deffiii 
da cenimQn:(jes hommes > piusi ondoie 
" ^q^ par twie conduite modtfle & nés*» 
pcâ»eafe;.Goaibicn on erii eft dtgne ; fihon 
M. dtt la Mottt m t^ouvem i^as maw^raî» 
qu'oBfe.fcp|^ côBtie luidefes.pi»pro ain 
n»h « Vk'm lui dïfe que 

^ fW M/erjAr ^' /^ twmtnt fms lesymx, 

^*' NitSTLj,i5,pi^yft aoU.M>$i S$.T X;E #iVJB 



l/fl BiBLIOTHK <^XJ 9 

Nouvelles Littéraires. 
ARTICLE XIL 

D^AxtSTftllDAM 

I. Le Plutarque de M.Dacier ptroft en j 
VoU. in IX. L'Edition eft belle & coi 
rcâe. Mais pourquoi y avoir infoé la Vi 
d' Ariftippe , traduite autrefois par M. 1 
Fevre,& qui n'a pas le moindre rapport ave 
les Vies dePlutarque^ Ceut qui ont doc 
né ce Gonfeil aux Libraires , diront-ils qu 
cet Ouvrage eft devenu rare ? Mais, oati 
que l'ancienne Edition eft afièx commum 
M. de Sallengre l'a fait réimprimer dans fii 
Mémoires de Littérature; 

II. Pierre de Coup & Jean Pauli iront don 
ner une nouvelle Eaitionde Tlntroduâion 
la Géographie par Cluvier , in 4. en h$à^ 
L'Auteur du Grand Diâionnaire Geogra 
phique leur a communiqué un Exemplaire 
fur lequel idans le cours de fes Lectures, i 
a noté en marge beaucoup de cbofes très 
utiles, foit en rétabliflant le Texte mém 
fur les mdl leurs » Editions, entre autres fu 
celle de Vorfiius & de Bunon , foit c 
marquant les fautes des.Commentateursq|| 
ont quelquefois repris Cluvier, lorsqu'i 
parloir très-cxaûcmeut. Quoique l^Obfa 
vateur croie qu'il 7 a dans leurs Remarque 
bien des chofes inutiles qui grojËflènt mai 
à propos ce Volume , il n'a rien rctranch» 
d^ l'Edition d'Amfterdam itfoT. U ^'^ 



VlkAVÇOi$Mm 149 

contesté d'avertir , lorsque ]es Commen- 
tateurs ^'égarent. LesNoites font courtes, 
& (booent fouvent le$ Noms modernes, 
foi répondent aux anciens &elle$ ont une 
marque qui les difiingue des autres. Il y 
niajde plus dans cette Edition une Prêtât 
ce qui contient la Vie de Cluvier, & des. 
Sdexions fur fès Ouvrages 
m. Hcrmant Uytwerf réimprime le Mon- 
tagne, in ia.il y joint les Notes de TEdî- 
tion de M. Code. Cet Ecrivain lui en ^ mjS- 
me communiqué de nouvelles. 

IV. Du Saùzet a contrefait Ipez Je C^s* 
tn, Apès de Ch^ill^t'y hf Senùtnens £un 
Sf^âienr Franfpss & les Paradoxes Litte^ 
réres. Ces deux dernières Pièces font des 
Critiques de la Tr^edie de M. de la Motte^ 
l4deniîcre.que Ton attribue à FAuteu^ des 
Intres i M. PÀhbé HùHtevHU , eft ex- 
qoifecnfon espèce. On ne peut pouflcr 
cet îUnftrc Académicien plus vivement & 
Pjiïsçolimcnt que le iFaît M. l'Abbé D. 
F- uoémc Libraire fe prépare à redonner 
pîofieofs antres petites Pièces de Théâtre; 
Ttmnli Mifantfope a déjà paru. 

V. jFr. Cbanguyon a fous preflfe le II. To- 
™ te Vit s des Itfiperatfiçes Romaimes & 
^csOemtsde M. Rouffeau. en 3 Vol 1. in 
'»• Ulcpropofe de fuivre en tout l'Edition 
de Londres ; & c'eft le meilleur parti qu'il 
NTe prendre. On ne doit attribuer à un 
Aoicarquelcs Ouvrages. qu'il reconnoît. 

yi. De Coup a fait imprimer les J^e* 
9^*rtsdePj^(ademie tks Sciences^ pour les 

K J Aïk 



J5« B I P L I O Ï^HE QLUE 
Années 1692 & i^. Ces Volumes n'a-' 
voient jamais été imprimés -ei^ Hollande. 
Les Obfcrvatîons du P. Gouyc paroiîront 
en même tems , & dans la mime forme. 
De Coup dtdribùera auâi vers 1^ 6n dô | 
Novembre la Tra^uâiott Frétmfoife du l'r^i'» 
té de Gr4ttii$s de lu Guerre tsf de 4a P-uix* 

De la Haye. 

• ■ \ i \ . . 

Ji. Pierre Goflc & Pierre de Hondt ont 
contrefait la Traduéthn de T Homme Uni'ver^ 
Jfe de Graciam , dont nous avonis parle dans 
notre dernier Journal. 

IL Levier imprime un Recueil de Can- 
tates, dont Anacreon a fourni les fujets à 
M. de la Grange. Nous en parlerons lors- 
qu'il 'fera public. 'L* Auteur y a joint quel- 
quels Epitres en Vers, qu'fl a écrites- eh 
différentes occafîons. Il y en a un.e à M. de 
la Forte fur la chute de fa Calîirhoc ; ou 
M. de la Grange prouve agréablement cjuç 
les Poètes doivent abandcmner les Mules 
dès qu'ils fc fcntent fur le fetour.CcIle à M. 
Arouët contient d'excellentes Remarques 
fur rOedipe,& en particulier fur la néceflî- 
té de rimer richement. Voici quelques Vers 
(Je cette dernière Pièce. 

Il ae t!appartîexit pas pour te$ prtçaieres. veil- 
les 
De vouloir réâ^rm^r nos ypxsi £c nos oreilles. 

Janifis ua Ecrivain, habife daiis foa Art, 

les 



F4|t\A N Ç O I $ <£ 

Kdfit limer les mots de Char ^ de 

{tde frein avec rim tu n'as point d'i^lo^eaçfi 
Qgi iaflê tokftr l'horrible dlffonance. 
Nscroispas, Arouëfc, qaecef&t fims defloa 
Qg'i la raifim trop Tagae on put devoir uû 



Pliisqa'on voit tçm les jours» à VJaii de la ri- 
me, 

Brilkr des iCentîmjDiis qui n*fH^ naxic fiiblipip^ 

l^ors^ae d'autres plus jbeauz » quoique bien .atr 
primez, 

Ke nous frappent pas tant sHls tbot plus miQ 
nmez* 

La Rime dans lejf Vers, dans rHpmme la Jeit- 
ncflc 

Sont deux charmans défauts qu'on aimera iaiis 
ccflê; 

Je YQis avec plaiGr , * las Ment i Mitnfbîs 

Çdth'er mfkmjmf le Véù^l^fMfr 4p UutsJfiU^ 

^ je bois le ^eâar>iif><^«^.^ "^^^^ hêmiOli 
immrjtptt l$Jki»g^J^mx dMnMhét^éiç* 

m. Voici ce que M. Je Mtricourt nous 
^crit de la Haye le }. Novembre. 

,,Ccttc Lettre efl popr vous informera 
5, vous prier dHnfercr dans vôtre Journal 
„ qu'une Société de Libraires va réimprimer 
,, ici rHifioire de la Baftille de M. Cd»j- 
I, tantin de Renevilte , que j'ai exaâemept 
V purgé de toutes les Fables, de toutes Içs 

K 4 Ca- 

f Malhob^ t Mcui«. 



15e B IBL. I t HE Q^U E 

^^ Calomnies & de coures les Hiftoires cv; 
V, dieufes qui ne femUoienc y avoir été 
9, inférées que pour ternir la réputation de 
^, plufîeurs Familles de France,, illuftres 
9f dans la Robe & dans. TEpée. J'ai mé- 
,, me changé quelque chofe au (Ule bas & 
„ rampant de 1* Auteur, eu fortç que cett^ 
■„ longue Hiftofre fera réduite à deux Vo- 
,, lûmes afièz petits ; elle fera intimjée 
^j Hiffoire nfôrméc de la Bàjlille. 

,^ La même Sodété a mis Ibus prefle 
„ PExpItcatien naïve £3? Jimple, de FÂpO'^ 
>j ^^fypf^9.V^^ .Monfieur Cavalier^ fiir- 
,^ nommé le petit Profête. C'eft un in 4. 
,^ où on relevé en p^flant tous les Auteufs 
^, qui ont écrit fiir cetrè fubîîme matièrq 
,, & fur tout M. Abadië. Jç fuis &Ct 

Df Paris. 

I. Il paroit un troîlîeme Tome de /^ 
Hiblhtbeque des Gens de Cour ^ ou MiUkge, 
Curieux de bons Mots ^ par M. Gayot de 

Py taval , imprimé chez Théodore le Gras 
au Palais. Les deux prçmiers Volumes 
furent publiés en 17a f» On trouve dans ce- 
lui-ci plufiçurs Epigrammes c^e M^in^rd « 
de Marot,de Mallevîîle, j&c, un Extrait 
des endroits les plus plaifans & les plus 
bizarres du fameviJt Popmç d\in Carme 
Provençal fur la MagdcIainejUne Lettré 
Critique fur les Mémoires de la Vie du 
pomtede Grammont. Tout ce qu'on y 
trouve 9 fous le Nom de Damon , ç(l de. 



F R A K Ç O I SB. 153 

YMtçvLT , & fa Femme y eft masquée fous 
celui de Clelîe. Le Poète Gacon y eft af- 
fizuialmenc Jbus le Nom de Frelon. On y 
«porte plufieurs Anecdotes aflei curieufest 
IL L'Hiftoire de Provence ^par M. Jean 
TrMfQÎs éU Gaufridy , Copfeilfer au Par- 
itment de U mnte Province , qui fur îm- 
pripiéeà AJx en 1694. en a. Vol. in Fo- 
lio, a ^té affichée comme un Livre hout 
ycau ; maïs je ne croîs pa^ quWle ait été 
pow cela réimprimée , & je penfe qu'on a 
ycmlu feulement informer le Public qu-el- 
icfevendoit chez Charlçs Cçmont. Il eft 
parlé de cet Ouvrage dans le Journal de$ 
Sayans du 19. Janvier 1^)99. mais le P. le 
Long,dans fk Bibliothèque Hiftorique de 
la France N®. 15294* ne convient pas de 
l'éloge qu'on en fait. C^ejl une Hiftoir^^ 
félonie Journalifte,. ^^4^^ four les faits y 
êoignée de la médifance ^ de la flaterie , 
l^ écrite d^un Jiile châtié ^ noble. Et le 
Père le Long eftîme que le Jlile en e(ï un 
feu Laconique ^ ce fui en rend la IcSw 
re fatigantes qtfon n^y dit rien d'apuré 
four ce qui regarde les premiers Comtes de 
Provence , qu*il n*y a aucune citation £Au' 
teurs , ce qui n^efl pas pardonnable à un His- 
torien a^ujp moderne. Il convient toutefois 
que le refte de cette Hiftoire eft bon ; que 
les faits y font c^faâement rapportés , & 
qu'il y a des recherches curicufès. 

m. La Compagnie de$ Libraires vierit de 
donner une quatrième Edition d\x Parfait 
Géographe de M. le CocQ , revue corris;ée 

. K5 ^ 



154 BiSLiÔTHî q^u jr 

isf augmentée de ce qui regarde les "Moew^rs^ 
imjReTtghn i^ le Gouvernement de cbéMfmîr 
NéÊthUji^ rédigée fuivant les derniers' Jr-éti'- 
nz de Paix. %. f^oll, in i%. enrichis d^ plmr: 
fienrs Cartes Géographiques. 

IV. On a auffi imprimé une Comédie do 
M. de Marivaux, inttculée, Les Amans f-^ 
peoransy dont la reprefentarion s'eft foute- 
noë depuis fort longteœs. Cet Auteur con-^ 
tinaë à donner ton Speâàteur tous Igs 
]Moî& , & il tâche de le varier da mieux 
qu'il peut. 

V. Nous devons une place dans nôtres 
BiUfotheque au P.Guillanme d'JÊnhesesam de. 
la Compagnie de Jefus , qui mourut le 7. 
«l'Août à Madrid dans la Maifbn du Movî- 
pat des Jefuites âgé de 76.ans. II étoit depuis 
quelques années Confefleur du Rot d'£s« 
pgne ^ & il avoit ^té auparavant Affiflant 
de France à Rome , après avoir ipzSê par 
Jes principales Charge^ de Ion Ordre. X^es 
Ouvrages que nous ayons de lui, ou plu- 
tôt ceux dont nous avons connoîflànce , 
font quatre Graifons funèbres. La premFe- 
Te cû de Thomas de Bragelagne, ^emietç 
Préfidenf du Parlement de Méts^ imprimée 
4 Mets 1681. /> 4. 

l^ï^couàft^deLoMÏsde.Bourhon^ Prim^ 
fcdt Cêndé yfeeonddu Nom ^premier Prin^ 
<e du *$itvç , imprimécà Paris 1^87. in 4, 

L.a rroiiîeme, dont il s^-cft fait plufieurs 
Edîcrons, eft de Charles IT. dernier Duc de 
Lorrawe , mort en 1690. 

La quatrième eft de Louïs Dauphin de 



F s. A N ç Q X s If. ijry 

kémccj qui fut prononcée à Rome dans 
Kglifc Nationale de S. tiouïs, le j8- de 
StçîembzG 17 ti. en pnJfence da facré 
Collège. & imprimée auffi à Rome l'année 
[munît in 8. pp. 75- par Paul Komarck. 
■ Ije Public cft encore redevable à ce Pè- 
re, de la f^it du Bitnbeureux Jean Fran- 
ffis Régis de la Compagnie de Jejus\ impri- 
mée à t'arîs en I7t($. par Nicolas Le Clerc, 
în 4. pp. 3jro. & réimprimée l'année fni- 
vaotc avec quelques correâions à Lion în 
Ja. pp. 470» Cette Vie élt écrite avec beau- 
coup d*oirâîon & d'({legance, 5ç l*on 
peut dire qu'il n''y a rien de trop 
dans les Éloges qui en ont été faits 
par les Journaliftes de Paris , & parles Me- 
inorialfftes de Trevbux dans les Extraits 
qu'ils eu ont donné. 

VI. L'Académie Françoîfe s'aflèmbîa 
hier jour de St. Louïs , pour la dîHribu- 
|îon des Prix, L'on commença par la rc^ 
ccption de M. Nericauît des Touches', qui 
fuccede à Mi de Campîftron. Il témoigna 
Itre fort fenfible à cette marque d'honneur 
^e M. de Segraîs apelloit le Cordon Bleu 
des beaux Esprits. Il fefervit des termes les 
plus énergiques pour faire éclater la recon- 
îioîflHnce, & en parlant de l'émulation 
qu'une telle faveur alloit exciter en lui, il 
prit oçcafion de faire TElpgc dç fon Pré- 
decefïèur, 6c dé cèkhaxr-ies louanges tant 
rebatuës du Grand Armand , du Chancelier 
Çeguîer, & du feu Roi, ajoutant que, lî 
'Çainpillioa avoit ofé paroitre après les 
^' ' ' ' ' Cor- 



iiBpi or «%0jaK 

s & les Racines , c'étoit f*«^* 
Me émulation; que l'exemple de 
ivoit fiiit prendre Teavie »ii Car- 
lichelieu de fonder l' Académie , 
le mime émulation avoU porté 
lier S^uier , & le feu Roi a s'ea 
;s Proteâenrs. M. de Fontcnclr 
it à Mr. des Touches , & il y 
rn Homme accomomé dcpuif 
t fe faire admirer. Son Discours 
ipalement fur deux chofcs ; fuf 
rCampiftron pour le Tragique, 
i de fon Succeflcur pour IcCo- 
il exalta fort. II dit, entre autrcf 
les AuteusOramariqucsavoicnt 
naux également fuspeâs i es- 
pour être trop tumultacox , 
>p tranquille, & que M. Etes- 
K réuni les' faSrageade 1*00 & 
I fâ faveur, & qu'-on prcno^ 
ulîr i lire les Comédies qu'oa 
1 les voir reprtffèntcr. 
lire la leâur» de* deux Pièces 
& de Poefic, qui avoîcnt rcm- 
[; mais les Mcdailles ne furent 
.'«dans l'A llemblée, parce que 
ï fc prtf ftnterent puînt. Comme 
IIS dnute le iujcE de ces deOE 
c je compte que vous les avez 
lis un de vus Journaux , je rie 
e point. Ces Pièces laè* par 
doyn, M. l*£v£que de Sois- 
irc d'un Discours ênvojé i 
rariçoîfc par celle de Sois- 



dîc;M. rEvêqUc de Soîflbns d/r qu'elle 
étoît de Mi dû Coudrai , Ti:cfot/cr de 
France. 

J'oobliois dé Vous dire que l'Ac^ demie 
Françoife s^étoit afTemblée dès Je matin 4 
pour renëre fet bornages à St. Louis 
dans leur Chtpelle du Louvre , & que le 
Panegirique du St; Roi fbt prononcé par 
M.Chtrrot, Prêtre habitué de la Paroîflii 
St. Scverîn : L*Orateur Chrétien fit voir , 
î. la Mîfericorde de Dieu fdu tenant St. 
Louis contre les écueils de h Royauté , 
t. Ce que le St. Rot avoît fart pour la 
eloîrc de Dieu. Il m'a paru qu'il y avoît 
beaucoup d'esprit dans cette P<ece , & de 
cette e^ècc ^d'éloquence , qui eft mar- 
quée au coin de celle des Modernes i 
dont les Périodes finiflènt par quelque 
pointe ) ou^ par quelque trait brillant & 
épijtammatîque. 

VÎL L*Acadetnîe Ffançoîfe a nommé 
aux trois places vacantes par le décet de 
M. l'Abbé de Fleuri, de M- le Cardinal da 
^is,&dc M. le Premier Prefident de Mes* 
mes. La pretniere a été donnée à M « Adam, 
Secrétaire des Commandemêns de M. le 
Prince de Çontv; la féconde, à M. le Pre- 
fident Henâult, & la troîfiéme à M, l'Ab- 
bé Alan. Pour la place d'Honoraire que 
M. lé Cardinal du Bois occupoit dans l'A^ 
tadcmie des înfcriptioni & Belles Lettres, 

cette 



158 B I BTL I O T HE QJTE 
elle cft échue en partage à M. l'ancîen Ê- 
véqtiedeFrejus, d-devant Précepteur 4 tt^ 
Roî. On ne dit point quand ces troîs- Mcl? 
fîenrs feront re^us» Il faudra attendre pre- 
inîeremcnr que la . Tcception de M.' 
]'Abbé d'Olis'et âît. été faite. Jecrois vous 
âvoîr mandé que M. Adam ai faît la Trst^ 
duâîon Françoife des Mémoires de Moa- 
técuculî. Pour M. HenauFt^ je ne fai au- 
tre chofe de lui , ffuoH. qu'il remporta, îl f 
a quelques années,, le Prix de l'Eloquence 
à-r Académie FrancoirL;& à l'égard de l'Ab- 
bé Alari, je fîiîs feulement qa'îl a montré 
au Roî THiftoite & la Géographie > & que 
c*ct;oïC un Elève de feu M. l'Abbé dé 

Daneeaiv ^ ■ . 

. ViII. Nous donneront jnceflàiTunent un 

Extrait du Dîftionnaîre du Commerce. L^' 

débit dexet Ouvraçje répond a û bontifi 

On dît que c'efl-îcî que s'îniprîiiieiit 
auetques Feuilles volantes JntituKcs , Lé 
JKouvelliJie fans Fard y ou U Gsz^tticrfmi 
Privilège. Ce qui eu. a paru Jjusqufîcî" ac 
contient gueres que dies RèflÉxicms aficz 
naaî écrites & des DéclamatîoasL outrées 
^mre la. Cour de France ,' & fîw les afeîr 
res de l'Ei^Iifc, L'Auteur oaroît peur îiiftruit 
de ce q li fe paffle dans. le Monde^ SL îl fem- 
ble qu'on ne peut, gueres ajouter de feî 
aux faits qu'il débite , après qu*îl a^ oii di- 
re que M. de St. Albin & M. le Grand 

Pjfîcut 



Fa a n ç o t s t. r<9 

Pnenrde France étoîent fils de la Des- 

natts, <ar c eft ainfî qull eftropie fon Noiii 

qnieft Desm^es; qu'elle avoit fait une 

fortrae imnwnfe, & que le feu Cardinal 

^ Bois refùfoit audience aux Mtniftre»; 

B aat être bien éttangcr dans les \f^ 

fiures du tems pour parler ainfî. M. le 

Grand Prieur eft fils deMadUe.deScry, 

M. de Cambrai de la Florence: la p«! 

mares n a jamaîc eu que Mad. de S*** & 

«M forrafle imtneafê fc réduit à dix mille 

^mtde rente. Quant à M. le Cardinal du 

«fi», on ûit qtw jamais Miniflre ne s'eft 

commouique plus aifôinent. 

Le peu d'e^jace qui nous reOe nous 
TOlige, maigre nous, de remettre plufiet»» 
«owelles importantes au Journal ptochaio. 



R£* 



îC® B I BLIO THEQ^tf li 

REPONSE 

A 

UNE fiROCH.URÉ 

întîrulée ^ 

Lettre à V Auteur ^ip Ai B i b l 1 th E- 
QUE Françoise, ^r PExtrmit 
qu^il a àanné diè Je ne (ai Quoi, à ïâ 
Pagez^.^c. duTom IL de fa Bi- 
bliothèque. 

JE ne troi^ve point étrange , Mohfieur , 
qu'un Auteur fincercment pénétré de 
- relccllence de fcs Ouvrage$,apprennc avec 
peine que le Public n'en a pas une idée fl 
favorable. Je le plains même à proportioa 
de l'amour propre que je lui connoîs ^ & 
lorsque je liie vois contraint à luî confir- 
tncr cette nouvelle mortifiante^ je n*ou- 
blîe rien pour faîfir ces tours obligeansi 
qui, fans trakîr la Vcrité> épargnent une 
partie de^la confufion* Je poufïc plus loîa 
Ja compaffion .naturelle que l*on doit aux 
Jnalhepreux ; j'excufe les groffieretez & les 
mveâîvcs auxquelles ils s*emportent con- 
tre ceux qui les desabulent d^une îllufion fî 
agréable; il faut accorder ce foible foulage- 
ment à leur douleur. 

bom donc pcrfuadé , Mou fleur , que fi 
le chagrin que vous a caufé le peu de fuc- 
ces du Je ne Jai Q^oi s'étoît fimplement 



' F R A V ç O I S E. %6i 

^viporé en une nuée d'injures ^ je n'aurois 
eu gffde d'entrer en lice avec vous. Le ré-* 
fus de certains combats vaut ja vîâoire la 
plus complette & je né cherche point â 
ne fignaler par d'illuftres inimitiez. Mais 
rous avez mis tant de nviuvaiie foi dans 
la querelle où vous me faites entrer au* 
jourd'hui , vous Tavez pris fur un ton fi 
haot qu'il ne m'eft permis de me taire. Le 
£lcoce de ceux au'on attaque avec des airs 
criompbans eu louvent fuspeâ, & vous 
ne poanqueriez pas de puÛier que je le 
garde moins par méj>m que par impuxllkh* 
ce.^tl faut,' vous Àter jusqu'aux prétextés. 
Je vais donc vous répondre, Monfiopr,& 
fins différer d^uh.feai monient; jeerain- 
drois ea remettant â (jeux mois de trouver' 
l'attention du Public occupé^ de qtielque 
objet plus important^ & le ^e me fii Qutê 
aaffi p^rfsûtement oublié que l'Âpolo^e 
que vous'en avez faite* 

Vous la commencez cette Apologie ^ 
Monfieur, par un réproche qui me pat 
rok bien mal fondé. J'ai tort , diies-vouSf 
d'airoir chicané Mr. Cartier de S. F^hi- 
lip iiir le Titre de fpn Ouvrage j & puis* 
que de mon aveu , la TaHefah voir d^mM 
camp d'oeil Us matières qmi y Jomt trast/esg 
Je ne devois pas avancer que l'obscurité 
de ce Titre pouyoit être desavantageofe, ail 
Livre même. En vérité j Monfîeur > pour 

TomMléPar$.L L - un 

t Cmm inttiimqwêd tmiÊÉm.Mtê €maimm0% Mi» 



un Homme qaî ft piqafc flc liogl<ïuè,^i 
"metcf&le que tons ^coriftmdct ici bfert 
aîrftffiirtmentdeaî tHiofe qu'il -«toît ifbrt 
-Sfe-àe dîffingtier.- VÊOT tffeptfHHôn flé- 
•toûiltée de cwamas ac-paroles ftitttHei & 
S*épitWétes oi'fenfts , dtJnt«Wis*nMMrdftï 
: toutes TOS phwfts, ïicft «adt^lte pas i 
•c* ïaîrohnemcnt bîcn coftêWaiit? Ii* T«- 
lile -^ 'Tnif /«« Û?"» ■'«'t '»^ '=^*^ ™"P 
iî»çéil les matitftes^oïit 11 ett pârttî ams «e 
Lifrreidottcîlri'y'a atiïtin tac»ilv8Qtent à 
■crtfaiiftde t*obïciïrIté-i'un Titre tj» ifa 
THsVmoîndrertifett^ cttte TsWç,'tti à 

îsIftatteïs.tfB tdop tftril-eft Wenflit 

'ddMH^ , ï^fiâtCï^oaSj arec cw pwîtes om- 

■ Htfles irtftiRunes j^trivïms ftew "fi lï*eftli 
^th 'ctfûVîMîS ùvet-voos, MtmB tfgt » je 
■iftjs:ttiltee îJÎtls , loin. ^Qaèriïtre mînce 

■ wac'îbit'feMiiieife jûiw: im ébnp ^teîi , 

■ ^-eft totfjWûrs trop grattât , tws ■qiPU 

■ ' (fts cap^ft;id*çn-ad- 

encms'^u *ntrc du jF* 
Bh îK *t tic twtrsjpa- 
;t'fi VitppWtftcc 'J5^«i 
îjCpasmjeï vflre îùi- 

"■ *It. T*Otîtqàoi Wirt^On 

rK?eft -poiirilonftcr 

,' tfs-:ftifte,Se te Tïù'il 

" ÈB'Wie'rXTttctirpiiîC. 

'■ (Hù iâela coitipoïttîont 

■ !t>*-fuàWaÙ âe'Wïne 
Iftïlt'hè^'ttrflntfpoint 



#,* 4 * î » « » f- m 

ip'n c'fift pr9P90î d'<crirp. AîP.?, 
.pn pp« pofer pour pfmclpe^ 
Ëcriyxii],^i.nV p^ fpiDdedon- 

rjlp r,0«vï^nî^ine,,meri[cMr 'là 

$ lia Jpariuliae fïe ijpit pasififfi^ 
W&niRMW^W- J'i!' "" (fœ 



paie te ,!;#» 



if: 







tS^ Bt B t I O t HfiâjtJE 

ponc un tel Tître, des Livres 6c des Att-» 
teurs François ;-& fi la première Période 
de ma Pré&ce tend à diftînguer mon Jour- 
nal de quelques autres Livres qui portent 
le même T'ître , ce n'eft point dans la cra- 
inte qu'on le confonde avec les lears $ c*cflt 
feulement pour déveloper le deflèin que Je 
me propofe. & la méthode que je veux 
fuivre. Le Titre en lui-même eft întcIKgî- 
ble : il n'en eft pas aînfi du Je ne fis Qf^l 
ce nom ne préfente aucune idée diftinâe» 
!l ne donne pas le moindre foupÇon de ce 
qui y eft traité s ce qui paflèra tbftjonrs 
pour un défaut réel chez ceux qtd ne met- 
tent ni la fingularité ni la bizarrerie aa 
rang des qualitez dignes d'admttadoti« 

Il faut avancer. Monteur, & fiure re- 
marquer en deux Mot^ cette pndrile envie 
de contredire qui Vous pofléde â tel point, 
*que vous aimez mieux rejetter la feule 
louange que j^aî crû devoir à M. de S. PW- 
lip ,que de convenir avec moi fur la moindre 
' Chofe. J'avoiS die que Ses Réfiexiams vûloie$gt 
tniemx ei$gen.èréilque ce fuyiavùst tir/éTsm-- 
' trtd. Il y a là uncorredHf quireftrainc ma 
propofition, & qui empêche que je ne pré- 
; fére les idées particulières de M. Carder 
. . à celles du P. Mallebranch^de M. deCroa- 
~ tàs,& de quelques autres Ecrivains anffi fa- 
meux qu'il cite de tems en rems. Je n'ai eu 
d'autre intention que de lemectre au defiiis 
de la plupart des Auteurs dont il a conqpilé 
..£ms beaucoup dé\cHoix ce tas immenfe de 
faflàges tous nioins intéreflads Xesnnstqiie 
les autres. li n'ya point d^ conthiffic* 

tàorn 



FitAKçoisE; i6f 

An dans ccjngement; & lorsque vous de" 
nmdet comment il a pA fe faire qu'ua 
A>maie , qui n'a pas te discernement de 
tMSt ce qu'il tîrc des autres pui'flp four- 
oir de bonnes chofès de Ion propre fonds; 
ne pouviex-vous pas vous répondre à vous* 
i&ême que l'invention ^ le choix font deux 
qnalitez qui ne font point incompatibles 
Âms çne m^me perfonne ? Il y en a trop 
^exemples pour qu*il foit befom d'en ra* 
porter ^ucuu ; & ce Ibnt de ces véritei qui 
& font d'abord fentir. Mais venons à l'en- 
droit où vous ramafTex toutes vos forces 
pour m'accabler. J'avois ajouté qut les Re- 
fkxitms dt Mr. Cartier ferose$if fhs i»t(- 
reffgmUs , /*// eût frisfoi^ de Je former finr 
les hms modiles , ^ de Penfer J^aPr^s les 
fUu proftds Hommes deFnhtifuité. Avoîiez- 
Ic de bonnie foi , une rcfhriâîon fi morti- 
fiante ne pouvoit accommoder ceux qui ai- 
ment les éloges exclufifs ;& je ne fuis point 
farpris qu'elle ait empêché l'Auteur du Je 
Mefm Quoi de (è livrer au plaifir Flateur 
f oc lot eût qaufé la première partie de ma 
Période feule & détachée dç ce qui fuit* 

Il cft tems de déveloper » Monfîeur , ce 
qaî vous fait prendre tant de part à un Ex- 
trait que vous eufiiex 1 A avec plaîlîr , fi vous 
fl'y ctiez pas întérçffé. Pour prouver que Ton 
ne doit pas être étonné que M. de S. Pht-' 
h*p ait raie un mauvais Ouvrage malgré les 
dispoficions naturelles qu'il peut avoir à 
an faire un bon , je continue , Mms fste 
femP-^m esfèrer fnn JS^crivéin qai a put// 
fo0 Eruàtion doits la Bagatelle 9 &f qui me' 

. L î cite 



xf5 B i« L I p T H 1 ftjr E 
tiulfhtsMie le MtfiAtrope t les MaJrigmmJç 
'Ji m. le aràm , (^P aktres Ouvrages pareilsf 
YQus réponde?, là-ddfiis que M. Cartier 
a lu toutes les bons Autéuf s Grecs & La- 



prononcer .- ~ ....,- ^ , 

point fu^ ce qiie i'Âiiteu^peut &yoir ou n^ 
fîtvoîr pdS.^OR pufrageef! laPiéce qu*U fwat 
cpxirùlter ) c^éft elle qui lifi doit attirer d^ 
juRes Eloges ou des CritÎQues honnêtes. A 
çoinbièn cpHbmnies illuftres <Js|ns la ^ç- 
pjpîbliqâe . des Lettre^^ cette avanture n'eft* 
eîiçWatTÎvicîScaJîgej étoît un prociq^ 
'«TEnjaiticHi oc Ôuélles preuvesto^enavoit-il 
pw^ a|i^ dphtté; forsqutîl fit paroître ief 
trois Editions ae Manflè i Son nom n'ei| 
imçou cependant à p«ribniie ; & eeuz 
qui connoîffolent le niieûic i'étcnduë dçi 
I^umîeres: dé ce Sayant^ n'en trouvè- 
rent aucune trace dans cet Ouvrage , & lé 
^ ""^ hardîme ^ • - ^^ -- 
S) & ce 

^^^ Scaliger ^ — .w» ^^^ 

Critiques, gui Tônt porté. Gonvençz^ Mon- 
fieur, que je ne fais point fairdde compami- 
fons înjurieufes aux perfonnci qui ne m'é- 
pargnent pas les plus"fadcs,mais le œailVafs 
fXempje ne n>e gâtera jamais fur cet article. 
^J^ ^^1^5* Monfieur, à cet^c propofi- 

B' 1^'^' ^MEruJhiom dams la B^^!^ 

f^x Ma4r^a$ur de M, U Brem ^ ^ Z- 

très 



trti Ikhrages fâreilst Le trouble 6^. elle 
vônrjettéen a dérobé le fens à v^rrc pén^- 
toAm. S^agit'U d'Érttditî(fM da^s h Baga- 
/*,yousecriei-v6us là deflîu,& com- 
ment M. Cartier en eût il puift dans un • 
livre conûcté à de/ raifinnfmeps^ i^ 4is 
fvtrmts de Moeurs ^ ^ à des r^Wmes! 
ymems autoift Mre avec h N^bk Cam*^ 
ftffmi Introd^t far M. Pe^ JPr<4»x. 

le VmtUt tfi efKfr^ Mtff Ot§vrc liini§^ 

Vfttrc applîcatîon ftroît ktftc, & Wus ga* 
m latfon de tous en fetickcr , fi mg prp- 
pofitîou ponvoit avoir le fen$ mic voiis lui 
*>nnct : maî$ la force de !à yçrw vous fait 
feotfr que ce ne peut pas être le mien; & 
voa$ croyez qne j*al voulu mettre, îî^iirt 
^rit, Lumières, Pétrçmpcï-vou^ , sH^ 
vous plaît » Monfîçur ; ou fi vous avez | 
jctter da ridicule ftror\ endroit ou fl n*y 
^^ point , faîtes le au moins avec plan 
d'm.. J'ai dît ce que j'avoîs Intention dj? 
*rc, ce qui fe réduit; à cette idée guflî daî^ 
«ment expofée qu'elle cft vifrîtaWç : i^«f^ 
f^it^on attendre Jtun Attieur f^fffdi M tt 
fffreur de ester ^ (fui ne puife fis eita^tions % 
on , cç qui eft la même chofc , qui ne puîi- 
fc fon érudition que dans la Bagatelfc,&c 
c'cft à dire, dans des ouvrages i^\ ne font 
pas aflh întcrcffans pour ctrc iljcgnç^ /! 

foavent. ' ' ' 1 

Je fuis fabhé MonSeur ^'êtrc oMîgé de 
toiiçr aîuû iMatcUîgcijicc des çxprçflSftns 



les plus commuDes par un Commentaire 
fi long & fi ennuyeax. Il me femble vous 
voir expliquer à votre Disciple les premiers 
élemens de la langue Mais yousm\ forcez 
par les glofes ridiculçs que voi^s faites fur 
tous les termes quç j'emploie , foit que 
vpus afiicôiez d'en détourner le fens » on 
qu'eSeâivemept il ne vous foit pas connu* 
je veiix bien croire qiie cette dernière raî* 
fon eft la véritable Ik j'ai^ lieu de préfomçf 
qu fl y a encore plus d'ignorance que de 
malice que dans la manière dont vous pa* 
rpdie^ tputes mes phrafes. N'y auroit-il pas 
deTinjudice à former des foupçons plos 
odieux conàremi homme qui a montré nae 
connqiflance fi profonde de nôtre Langue^ 
en .parlant de Cbevreau^f maies ^frmelles ; 
en nomment élégamment Ufluftc J^nnt mon^-* 
ticule^ct que nous appelions tout bonnement 
le p€nebi^i\ou le côté à^xmc colline, *en di- 
iànt que Pesfrit efi enceint de tcabifons **. 
Que Cii-je ! en employant fi indifféremment 
les expreâions W&llones que quand Mesr 
fieors les Auteurs du Mercure de Paris ont 
voulu (è {ervirde quelques unes de vos idées, 
\\ a fallu qu'il \e%trsnslatajjent en François, 
j'a'mçroîs :^utan( qu'Horace vou^ renc^t rcP? 
pon&ble du beau trait d'Hiftqire naturelle 
que Youf lui prêtez en traduisant le dernier 
vers de fon Art Poétique , Nom MÎffiiréi^ 
€ft$em nt/i plens equcris, Hi^udê, , rHîron- 
délie, s^âtiéuhe à la peau ^ ne U quitte 
feiut qtt^elle mefêit pleine J$ fang *♦. Ce 

font 

f DtBt là Trâdmaiêuitt^9émtwm 4ê JtMmOmCfJiH 
Jiy.tom. I. p. i%€. 5f«ac SIS. 

f ^PansU IMn^M* ém HiêtwfMou L mfi XZXViq 



Fr a n ç o I s e. 169 

^ntlà de cekméprifcs comiques que tou- 
te Peloquence de Votre digne Second, *** 
iTOofire Auteur de la Quinreflcnce, le 
Compilateur tannai des fottîfes qu'un ref- 
ré de pudeur ne vous permet pas d'avouer» 
anra bien de la pcînç a rejctrer fur l'impri- 
iTicur, Çroïex vous de bonue foi que le 
Pablicfoit toujours la dupe de ces fortes 
d'excufes , & qu'après avoir bien voulu les 
recevoir lorsque vous lui donnâtes Oronte 
cour Alcefte dans les premières teuîlles du 
Mifâmtrofe , il foît d*humeur de s'en con- 
tenter > toutes les fois qu'il vaus plaira de 
l'en régaler. Je lie m'çronne plus des la- 
mentations que vous faites û fouvent dans 
vos Ouvrages contre les pauvres imprimeurs 
& CorrcÔeursf. Il y a beaucoup de prtidei^-t 
ce à pofer de jeuneflc les prîndpes dont on 
prévoit qu'il fera befoîn de faire 4an$ la 
fuite un ulage lî fréquent. Ce qu'il y a de 
particulier, ç'eft que vos plaintes mêmes 
fe trouvent miferablei^ient cftropiées & que 
dans le têms que vous prctençiez qu'on doit, 
confondre la belle traduâlon du Paflàge 
à'Horace avec un deffaut d'attention qui 
cft échapé à un des plus Sçavans Hoinmes 
^e Europe, vous brouillez tour, &lui attri- 
buez la bcvuë deWicelius qui a mis bon- 
nement une vie de Qiaflcmagne fur le 
compte de Plutarque, foute dont M**. 
h'cft point capable. ... 

Enfiu vous êtes oblîgfldc reproduire quel- 

•«• /4 MÙannrphêfé d» Pupitre du M. D. in jour' 
wélifié, qui victicdc Jft. V. E. oa d< quelque autre de 
df les AnU de Rott. Il a beau' la desavouer, on 
KÛt paiiÛTcmeii|qi|'il n'apo & inftifiec de l'avoïc 
^îte auprès d'ace peribnue de Confideittion qui le 
itibk Ml peu vivement fax cèue aftaiie. ' 



170 B X Bi. i/oT^^AJf^l^ 

ques jours après , cette pièce que fa briéveto 
ii'a pu exempter d'un trait de votre étourderîc 
nairer£n vérité Moniieur ^jamais hdnûxie 
ne fut û malheureux en imprimeur. 

Je finis une digreffion qu'il me (croit 
t^îen facile d'orner de quelques autres traît^ 
interefTans : Mais lef mêmes peribnnes qui 
fé rejouiilènt de de ces bevuë's fingulié** 
res qui deviennent proverbes en naîflànt 
& quf tendent leurs Auteurs immortel^ s'enr 
nuyeroient bientôt du détail ou je pourroîs 
entrer. C'eft cepandant ce détail qui doit 

Jrtncipalement fixer redime que nojisdevons 
un Écrivain. Je ne doute pas y Monfîeur^ 
2ue J^tre homme au» eemire^y pour dire,4r« 
fmme pti vtfiJô^aMifuleve^def Cf^Jres* le 
meuspMpet de M. Huet,rendu par/f mefen^ 
P esprit beheii f"? mille expreffionsfcmbla- 
bles dont fourmillent vos Ouvrages & \o% 
Tradudions de commande ne donnent une 
haute idée de Télegance & de la pureté de 
vôtre ftile j'ai beau faire, l'abondance 4e 
la Matière m'emporte & m'oblige à être 
long malgré l'envie que j'ai d'abréger. Je 
fcns même que ce ne ftra pas (1 tôt fait fi 
je ne reviens brusquement à le Extrait i^ 
je ne fat QuoL 

Après avoir parlé de$ Réflexions & des 
Critiques employées par M. Cartier, îa fuite 
naturelle de l'Extrait me conduifoit à par* 
1er des Pièces qu'il à inlcrées dans fon Jç 
,pefai Q^oi. J'ai dît à cette occafion qu'il 
auroît dû être un peu plus fcrupuleux fiir 
k choix 9 irms qu'il fallait ihoins eu accu«> 

la-* 

* k )€ ne ifli QaoT tom. 1. pt i^s^ 
•f Ibid. Tom. 2 p. x|6« 



F BL' A If f 0,li ^ ï. 171 

fer legoâc que laiçdmplai&nce du Cofi^pi-. 
btcor» Peut on ft plaindre d'utio Crisique 
B meCaxéc ? Combmn y n-t-jl de joiH'iiaUAd^. 

rî B'en suc^cMot pas jug^^c^^rîMWeiMBCi 
^ «i^nt to\i| rej^tf d fiir k pei> de dîs^ 
cerodocnç de V'ÂuCcttf <te ^^ «rt /«if (Jp^^ 
Vous inéme^ M<mfieiir ^ pendarK ^ raoi 
travmUiei mi jottriM. LMerairé «ift$ez* 
yoas podu c8lte oceaifofV devau^di^èftif^ 
voQS qai cherchieiif q&ertfllç à tooi le Mof>« 
de & qui A- étiez jainaffi pi a» c^nMil que 
lorsqu^uD: mot ambtgit yoos CMmiiToie le 
pmate de ftiré parade 4^(in pe» d'Esprii. 
Âa refte dispeftftz-mQi d'tecepCer }e dtf â 
qoe yeas ma fiHte$ de GntiqiKfir moi à moft 
les Pièces .qui ont éi pièce dlils le 3^ M 
JSo /^M. ttoin qu*Qn pareille ^entUrCf mim^ 
trât que jr'W i/i^/ «^A^, etW prdttttroit root 
le contraire. L'idée là pl\i« jiiftc en matî6* 
re de Poétique âjâè qtM ee folie ks boni 
Vers qu'il faut Criquet ,^ poer dévelop'* 
per ei| qac» ils s'tf éditent de la f^rfrftion ^ 
& poar marquer les eodïoiis ou le feu dd 
Poète s*ea amorti; ceux dû il s^ trop 
livré à Ion imagtnadôti. Il n*«n eil pas m\^ 
des Vers détaftaUes ; ni méinè des medio/* 
cres ;par haiard y les hVon^lt^ froid faifit,on 
baille^ on s*éndore^ mais on ne cenfinre pas. 
et fi jamais il arHVe que i^oâ foit obligé 
4*ên parler ^ oii fe vange par un cocrp de 
dcm de Henfiui qti' ils ont coufé ^ mais on 
Bè s'arife pas de s*«chàrner cc^ntf c le pm* 
ne Poëte i on le méprifb ttàp pour cela . 
Isa conduite des Gcus de Ijettrds i été 
uniforme à cet égard. Horace lance 

un 



ly^ B I B L I O T H E Q^U s 

un trait làinglant contre Cherile^ mais troa*- 
ve-t-îl en fon chemin un Poète comme Lu- 
cilîus^ il en fait un Portrait reflTembtant & çsi*^ 
raâifè avec la dernière précifion' en quoi 
I*on ne doit pas Timiter. Tout r^çeoi- 
ment lorsque le P. du Carceau a compo- 
féjes Réflexions fur la Poêfity a-t-il puîlHdes 
exemples dans les V. E. du Royaume , non, 
Monfieur, ces Critiques n'euflènt fait qu'un 
peu d'împreffion ; il s'cft adreffé dîTcfte- 
mnitàM. Racine, il a examiné ]*une de les 
. meilleures Pièces , & (ans doute que ce 
Père a eu en vftë de le conformer à Loa- 
gin qui cite gueres qu'Homère toutes 
les fois qu'il faut apporter des preuves 
delatragilité humainç. Éxcufez moi. Mon-? 
fieur, fi je m'ajçuye dePexempIcde Loq« 
gin; La citation n^cft qu^en faveur du Pu* 
blic , je ne faî que cçtte Autorité n*cft pas 
cbe2 vous d'un grand poids,Mais chacun a fes 
Auteurs favoris , & comme je vous laîlîè 
Iç maître de dire, que la définition que M. 
de la Motte à donnée du Sublime y vous in^ 
flruit ^ vous fatisfait davantage que tou$ 
le Livre de Lo»ç/ji*, J 'espère que vous me 
permettrez d'imiter au moins la conduite 
de ce fameux Rhéteur , que vous feul avez 
eu le courage de démasquer depuis la re- 
naîflànce des Lettres. Ilefl: heureux qu'il s'é- 
lève de tcms en tems de ces Honrunes hardis^ 
qui lavent ^e mettre au delTus des préven* 
tîons du Vulgaire , & nous desabufer de 
l'eflime inconfiderée que nous avons pour 
un Virgile & pour un Homère. Franchement» 

Mon« 

t Tonu I« da MUântrope, p. 167. 



) 



F R A K ç o t iS Ér iy^ 

Monfieur, vous ne remplîflcîL pas vôtre vo*- 
catioa ^ & avec des disppfitions fi admira:- 
rables» you$ -étiez né pour briller dans 
Jçs CbS&l de taris; vou$ y paroîtrîei avec 
diffinâîon, n'y cût-îlcjuc la rareté du fait. 
Vous êtes , je croîs lé premier Êtranget 
qui aycx foùtenuMeroIélde petit Maître Lît- 
tersure avec tin fuccez li brillant.* 
ïl me Temble que le jugement que|j*àî 

S)rté du jf ne fat Quoi n'eiH pas mal juftî- 
é.Non'MonfieurJene me ferois jamais 
douté qu^îl mécontentât fi fort les Auteurs "" 
decctOuVr^c. Au contraire, je croïois 
que na modération m'attireroit des remer- 
ciemens & quVn .même tenas que ces 
Meflieurs fê plaindroient un peu pour la 
forme , ils me fcauroient bon gré datis le 
fonds de Tame de ni^étre arrêté en fi be- 
au chemin. Poufïèrai je la fîncerité jus- 
qu'au bout * Je fuis très perfùadé que I6s 
chofes ie (croient pafTées de la (brte ^ fi ce 
que j'ai dit du Mifantrope , vous avoir pet-- 
mis de prendre un parti fi raîfonnable. Auffi 
ûe delàbuferez vous jamais le Public qde 
la Deffenfc du je u^fat Quoi n'eft qu'Un 
prétexte dont vous Colorez ;votre veangc- 
ance particulière & que vous avez moins tra- 
vaillé pour vos amis que pour vous. A dire 
vrai le ibupçon ne paroit pas mal fondé & 
vous faififlcz avec tant d*empreflèment l*oc- 
cafîon d*étaleif vos exploits Littéraires , 
vous le faites avec tant de complaifknce 
qu*il cft aifé de s'appercevoîr que ce qui 
précède & ce qui fqit n'eft amené que pour 
co venir à cette matière favorite. On ne 

ptiut 



ij4 S^îëMiïriJB.Of. 

peutjflifohnableiTiehtMameriiD A-iteurmt/ 

chwche fluslqBrfbjs à r^pcïict «u Pugîç 

Jes.fecy.ices qu'il i eu .inteation de lui ren- 
jdrc,:CdîiX-C.VH]lp© çiiriQfité pour qn^I^ 
qu«j(3ars&:il y^tif» 4es£ens q^î n'^ 

4eaân^at ras .davïntaf^. Je veui cmîtp 
jgn* yoii5 »urGï iiççt é^d une p^^eHoa 
complettej OWtff 9iiJ,rnt>{,'jfe'vmis avou'e- 
«W'ClftS Pfilftc^ qve fette,cp[î4uhç mé JMtê 



.;& «iiftvieli .ijtiji'gre ,tQ«cher %is jrc^i- 
liMIîon : jfiJWHSoCïflïfijs affeij>r,iidçnt pour 
t«cjMS »Mi,eiU(!r IfifiaiVf «ir de cesdeux île 
JWïrcï. Je fai qu^ils ont eo Ûti Wbjt etiicor 
«m* 



¥ A A V ç o t se; t^j 

tans , mars c'eft le fort de contes les^feuà- 
les Tolaotes , ou PÂnteur jette quelque Aa 
ftdus les quelles on attaque en particulier, 
/aiuUQre humaiue engeneral & tousifes iiidi* 
fidof -en {HirticalTer. CJes'petits Ecrit fouffor- 
hmedtns lesCaffezJls deviennent les délices 
du Paqpléfits font ramufement des Femmes, 
ft FormçDt la Bibliothèque de cette CtaudÛé 
êémemrsy comme s'exprime le P« du 
Gerceau , que leur infortune ne rend pfiis 
^|flÉ>les qu*m(tx Turlupinades que Toa 
ftitcbutrefe Ecrivains du prenner ordre 1 
Shis celui xjtH {bumtt aînfî de quoi reih* 
p1irf0$vetf , ou contenter la malice d'jin 
vetttm^xxgt -de leâecirs 'doit-il beaucoiip 
sWorgeuilKrde ces luccét? de pareils (h* 
fbigespeuvem ils le^atter beaucoup! Grôïez 
TOUS qi|é les Auteurs du Courier Gâtant 
& aeia Quinteflènce'arent iiijet d¥tre hhta 
'fiers, parce que rSdiftion de' leurs TucSIIes 
<c débiter ! Groïci vous que le Pûblîcîn 
iAfflè jrand cas & que ces fMéffieurs fuflèht 
Warreçns à'fe vanter :de <îetavanttige,*fi 
on dîToit un mot en piiSaht fbr leur Conf- 
ie. Non^lttloniîeuç^ je vousjionore trop 
-four vous prêter /de lâirtblables prinefpd, 
-«lâîs^^cspere auffique nroùs ne-^esapproja- 
*ytxcL -pas^que je 'ëher^beffatitres jgmdds 
ddlâèpmédev^Ds<3ttvrilgés 4i}ne le ^iMt 
'^ô^s ont .eu. '^Gecte preuve A^ t>6jnt 
fqiâvoquepaiir ^ifLitodré; entre vous^dc 
moi elle ne conttut rien en faveur du- Idi- 
lantropé & de laBagatdle. L*£lqgedé M. 
de Crouzai éft bien d^une autrç caiifideia- 
lion I mais ftoAl-i^tit^^MUmm nmcère, ce 

Scan 



176 B I BL. ibT HE (J^ir fc 

Sçavant Profeflèur de Lauxane n*a poîaf 
prétendu par. là oter le droit de les exa- 
miner & cec examen ne leur jamais avan* 

tageux^ 

Le pea de tems c[ne j*« eu ne me per- 
inet pas d'en donner ici un Critique détail- 
lée , & tout ce que je puîs faire eft de les 
Idéfinir en gros. Le Mîfantropc n'eft pres- 
que autre chofe qu'un aflembjage confus 
;.de penfées bizarres & de .^fentimens faux , 
1 tant fur le cœur de THommé ^ùe fur ce 
qui le pafîb dans, le Monde. £n avei- 
* VQU^ une cpn\ioinancc aiïcz parfaite pour 
j vous ériger en Réformateur ? Cette connoif- 
..fance ne fe puîfe point dans les Livres, & 
il faut le.fregnenter longtcms avant que 
-de pouvoir fe flatter qu'onà pénétré cette 
. fcHile de refforts qui le font agir. On fup- 
, plée mal îà l'expérience par quelques- rai - 
fonuemens creux « & par quelques ré- 
. îSexionf generalçs qui portent en l'air. Ce 
Ibnt les replis les plus cachez de nôtre 
àme^ le ridicule le plus imperceptible de 
nos manières qu'un Auteur moral doit 
développer. Si, voui penfèz .en être venu 
^>à bout, Monfîeur^ Il e(t aîfé de vous en 
'détromper^ ou du moins d'empéçber que 
I^^on ne s'y, troptipc avec vous. Je compte 
^ que l^occafibi) s'en prefentera quelque jour. 
Non pas toutefois .dans la /Bibliothèque 
^ï'rançoife» celane (croît point aflez înte- 
rcflànt pour un journal. Cet examen vien- 
dra plus à propos en quelque autre Ou* 
[ vrage. Ne vous impatientei pas s'il fê pafïè 
un affezlong intervalle entre la promefle 

5U« 



F fL A » ç 61 s ii iy$ 

If&é je TOUS fais & l'accomplîflème&t de 
cdte promeflè. Je vous en donne ma pa^- 
roic, €oyci aflbré que je la tiendrai tôt ou 
lird. 

fi/bâs tout cela n^eft rien ^ Mdnfiéui*, et 
j'opine i vous paiTer vôtre Morale vi^e 
en fiivear de Tlntention. S'il fa«9t voui 
fiiirre, c'eft daAs les Feuilles du MiHui- 
trope ou vous parlcx^ Science ; c'ed lors- 
que du haut de vôtre Tribunal vous règles 
les rangs entre les Auteurs è & diffalbuet 
Vos Couronnes avec tant d'équité^ de ma- 
deffie, & de discernement. Q,uel plaîfîr de 
voos voir le fouet à la rnaiii chaflèr du 
&aé Vallon ces Ecrivains fameux qui y 
i?oient occupé jusqu^à Vdus les premières 
places, pour leur Ifabflttuer d'autres il« 
luftres de nouvelle fabrique. Ce beau 
reveouPindarejoàë le rôle d'un fou i M. 
Despreaux d^un fof ^ft Homélie d^un imbecil- 
k eft (hr tout unMbrceau achevé eti ton gen- 
ttySc fi j'étoit auffi heureux en Songes je vou- 
drois dormir toujours. Mais puis qu'Un fl 
grand bonheur ne nous eft pas accordé , vous 
&OUS permettrez au moins -dé profitef du 
commerce intime que vous eintretenez avec 
Apollon « Pourquoi l'avoir ^çeffë fi tôt? 
Voudriez-vous profiter feul des feCrets 
importans qu'il vous révèle? Conlmuniquei 
Vous d'avantagé cit faveur du bien PubliCé 
Parlons lèrieufemént , . Monfieur t n'eft*it 
pas vrai que vous avez crû porter un coup 
mortel aux Admitatéursd^Homere, lorsque 
le jugeant indigne d^une plus longue Cen- 
fore , vous avex prononcé tHrusquement cet 

TêmcHkPart.L M Aï* 



17^ Bi i x»i OTKEft^u E 

Arrêt , ffs Cbamfius feront AermUesj^ pmrpe 
qu'il y Aur^toi^ours Jks Péd^ns ^ dts CpI* 
liges. La première partie de yôt^e propofi- 
rion eft véritable ; ouï , Moniïeur, Hpme- 
fe fera immortel en dépit de xoo$ &s Zoï- 
les, Ovide 1'^ prédit, depuis loogtems, "^ 
jB\m ne. vo^$ imaginez pn$ qu'il eo ait Tob* 
.ligation aux Pedaof s. Onvoicbitmqsxevotit 
.|i>vez ,pas un idée fort nette de ce tenne : 
M. Perrault a ét^ avant vous 4an$ la«ié- 
ipe erreur. Ce qae M« De$preaqx lui té^ 
pondit peut vous fervir aujouidhui , & 
. vous ï^ fm^ P^t^ ^«l ^ cette treçon >; 
N'ayo;i$ point ^onte d'enreoevoir de oc 
grand Maître ,;pour lequel vous devriee au 
moins cacher une partie de vôtre mépris. 
. „ Permettez-moî , de vpus reppefcoter, é- 
.crivoit-il ^trefois au Patriarche de vÀtre 
.Seéle, „ quVniO«r4'hui m&ue encore ce 
), ne font pomt^comnie vous vouriefifS^nrex, 
„ les Sçhrevelius Jes Peraredus, le$ Mé- 
^, nagius, ni» pour me fervir des termes 
.,, de Molière I les Savans en «r/ » qui goû- 
„ tent davantage Homère. Ceu« que j'ai 
■ 99 tpûjoufS vus le plMs frappett de la lec- 
,9 (ure de çe$ grands Perfonnages > ce font 
,, de»! Çsprits du 'premier Orore» ce font 
5) des Mommesdela plus haute élévation. 
fy Que s'il falloit necelTairement vous en 
.>, cit^r ici quelque^ un^t Je vous ^toane- 
,, (oispeut être par ks noms illuftves que 

je 
* Vîvêt èiPêêniJes, Tnudes àum fiAh fSf 2dê 
l^têm^èmHf r^^Umt m tmén vekêt éiqmms 

Ovide Ub* i. ânmfmm^g XYt 



^^ mettrois far le pspîer, & vous j 
n tioaveriez non (ealement des Lamoig- 
ji Jions 9 des DagaeiTeaux , des Troisvil* 
„ les, nuis des Condez^dés Contis & des 
n Tnrennes. 

VoHa, M^nfieui des AdTerûires dignes 
4e YÔcrp Concage , qoèlqoes Pointes les 
meoroiir hors de combat , il eft de 
Tad^tié des Lettre de démasquer de £èm- 
bbbfes Pedaus,4cMit l'exemple pourroit être 
conts^iraz. Je vous promets anffi-t&c après 
la viâoire de vous fournir la matière de 
quelques nouveaux triomphes. Ai-je pft 
métier un Livre qui ouvre une fi belle* 
carrière? je commence à me repçntir d'à 
voir parlé fi irreveren^meut du Mifamirô^ 
f€. Je ferai plus respeâueux dans la fuire: 
la préférence Que VQ.US donnez à Lucata 
fur Virgile , votre achamonedC contre M. 
Despreaux , l'admirable galimatias que 
vous Eûtes fur ce que l'Eloquence n'a 
point été connue jusqu'à vous ; tous ces 
traits me (erviront à faire un panégyrique 
achevé de cet Ouvrage. Peut-être que de$ 
mains prophaues emploïeroient ces mate- 
riaax a un u&ge différent. 

Ma réponfe devint iniêqiibilement d'une 
longpeurlqui pourroit larendreà la finaufli 
f^u^euiê que vôtre i Lettre , & c'eft un 
îqalbeur que j'ai envie ^'éviter. Dispeniez 
jUQi^onp» Monfieur, d'entamer la cri- 
xiq^e de la UéigsuUe* Je ne fài même fi 
^,iin:Qis d'humeur à l'eq^repreudre quand 
Je i|ie • çroirois; s^aré de la patience de 
mes .lieâeurs. F/eut - être que. vous ne 

M» gar* 



178 iittïefTvitù^i 

regarder tous même ce' Livre que com-»~ 
me un recueil de Tnrhipinades que venir 
avez crû devoir àa goAt da Siècle. Atpfi' 
je ne vous ferai pas un procès là-delBls. 
Autrement , il y a des endroits de ré(le: 
auffi dignes d*occuper un nouveau Mata? 
nafius, &auffifa(cepdblcsd^ttn Commen-* 
taire /rudit/ que \c fàmeuï CbeféPœmvre 
Jfun Inconwu. Ja dis la même Chofe de 
la belle Dîflèrtarion fur Homère & fur 
Chapelain ! on en feroît un Ouvrage cu- 
rieux , en Tornant des plus beauï pafGi'* 
ges de S. Solin , de Perrault & de IdCirs 
dignes fucceflèurs. Le tout produtvorr 
une Poétique nouvelle qui nous épar- 
neroit la peine ^e lire Ariftote, Horace^ 
& le P. le Boflu. Je ne m'expliquerai pas 
à prêtent fur le ypumal Littéraire y mou 
Hffioiredes Journaux efl Ibus preflè; & l'Oit 
verra que je ne me laiflèpoiptpreveaîrpar 
les mauvais procédez, JV rends jnftî-^ 
ce aux Auteurs de ce Journal , & 2 
vous en particulier, Monftur; vôtre 
délicatefle dt »ceffive, fi cet Article voas 
déplaît. Quant à vos autres Ouvrages, 
peroiettez-moi de n'en pas juger ficharî* 
tablement. On y entrevoit des talens ^ 
mais on fent qu'ils n'ont pas fié, cultiver* 
Vous voulez être Logicien quelque prît 
qu'il en coûte, cette envie eft loiiable, 
mais elle vous jette bientôt dans des tai- 
fonnemens , qui félon l'expreflîon de Mo^ 
lîeré,bannîflènt laRaiibn : Enfin, Monfieur, 
paflèz condamnation fur; vôtre fHlc:* Vous 
écrivez pal&bkmoit pour un Etranger , 
^ •* • . mai» 



'T K A H Ç 6 1 S !• tj9 

m$ le goût da terroir ne fh perd 
jmis , & à vos cranspoficions for-» 
cées, à vos conllraâîons louches j à vos 
fermes impropres & bas ; nous réconnoi« 
npns ceûjours que nôtre Langue ne vous eil 
ptstutturelle. II m'aparu que vous fouhait- 
ifaK que la franchife régnât dans n Acre com- 
merce. Vous voyei que je fais tout moQ 
poffibie ponr répondre à vos intencipns. 

Je ne pailèrai pias plus avant, Moufieur, 
fins vous faire un reproche , qu! marque 
qti*auffi-t6t que nous laîflerons à part ce 
qui regarde la Littérature , je m'efforceraî 
dccontèrver vôtre eftime, £ft-il bien pot 
£ble qu'une légère Cenfure vous ait fait ou** 
blièr à tel point les principes de Téquit^ 
naturelle, que vous ayez . crû être en 
droit de jetter d'indignes foupçons fur les 
motifis que j'ai eus en blâmant dans le je 
»e fat Qnoi^ les Citations trop fréquentei 
de Mifantrope & de la Bagatei|e, N'avez-^ 
vous point ftnti quelques remords çn in- 
finuanr que le dépit d'apprendre que vous 
n^aviez pas une fort haute opinion de mon 
Journal, ce qui vous e(l commun, ajoû<- 
tez-vous élégamment avec bien des Gens 4$ 
g9Ûi^ m'a arraché cette reflexion contre 
vos Ouvrages. Je pourrols d'abord vous 
répondre que vôtre fentiment m'eft trés- 
indifterent, mais je ne mentirai pas exprès 
pour dire un impolitêfle, ouï, Mpnfieur, 
j'aurois été fort flatté de vôtre approbation, 
& permettez moi un petit trait de vanité ; 
fijem*étoisrendu aux démarches, que les 
Amears du Je ne fat Quot^^ ont bien voulu 
faire pour s'attirer des louanges de ceux 

M % qui 



l8o BlBH OT HEQJirE 

qui travaillent à la BiHiotbeame Frimfûife ^ 
pem-cre que jeferoîs aujourd'hui un excel- 
lent Journalîfte : mais j'ai rcfiifc l'Extra 
qu'ils ont fait envoyer , c'en cft affex pour 
changer de langage, imde ira y himckury^ 
ma , mon Journal eft déceftable. Je 
n'infifteral point fur ces panicularîtex fort 
capables de réjouir les Colleâeurs arides 
de perfonnalltez Littéraires. }e ne vous di- 
rai même pas que je n'ai (û que par ydcre 
Lettre, ce que vous penfîex de la BHEu^ 
keque Frof^oife. Ce (èroit pourtant la Te- 
ricé ; Mais ce n'eft point par cette ex- 
cufe I^itime s'il y en eut jamais* que je 
prétens me judîfièr. Je me flatte aflfez pour 
TOUS dire fkns diffimulation que vous me 
rendriez plus de juftice û j'avcûs Thoiinear 
d^étre connu de vous perfonneUèment, 6^ 
que vous avouëriei vous-même que je ne 
me conduis point par ces maximes, La fit* 
Uiotheqme dt pleine des Louanges de Gens 
dont je n'ai pas fujet d'être cornent, & je 
n*ai pas craint de remarquer les défauts que 

{*'aî trouvé dans les livres de mes Amis ; 
lien perfuadé que des liai fbns formées par la 
Verm & par la conformité des Etudes ^ ne 

Îouvoient être altérées par cette fincerké« 
'ignore ce convnerce honteux d'encens on 
d^tnjures que tant de perfonnes de Lettres 
eiercentaujourd'hui^êe ceux qui m'hono- 
rent de leur aminé ne la mettent point \ ce 
prix. Je lêrois vraïenv^nt (eufible à un trait 
pareil , fi nous avions feulement pa£I2 denx 
jours enfemble , maïs jaî lieu de croire que 
Ton ne jugera point de mon caoâere far 

le 



F it A H ç o I s s; i8i 

le imort d'un Homme qui ignore jusqu'à 
nu rrofeffioD. Y a-t-il plus de bonne foi 
i ce que vous avez dît un moment aupa* 
laraat que je vêms en veux peut itre^ farce 
pfem iûrluftmamt dans Us premières feuilles 
de U BagapsJJe, le ftilc lui depuis quelque 
tems m b vogue eu Fraufe^ vous m'avez 
rtue^ufr/ quelque part eu votre chemin. 
Quand je leroîs par malheur auflî zèle par- 
ijùsk da fiîf e moderne que je le fuis peu » 
je vous ailiire , Monfîeur , que vos tur- 
lapinades ii*auro{ent pas émû mabîle;(î 
j'en avois trouvé d^îngenîeufes , elles m'au- 
roîcntamufë, mais elles ne m*euflènt pas 
coflvenî. Jo^ez donc de Teffet qu'ont diL 
pfoduticc 4^ plaiâiiterïes plus froides eu* 
core, s% i^peut, que celles de yôcrç Co- 
mecBè ias. feût JtBmtres. Mais pour venir 
au îaSty comment pouvez- vous nie faire un 
rqyroche auffi mal fondé que celui dpnt 
il s*agit; ignoreriez vous que mon Journal eft 
rempli de lientknens contraires à ceux cme 
vous m'imputez ? mais vous méxçe m eu 
Eûtes un crime. Vous voudrie;^ mç, peifua- 
der que je méprife M* dç Fonteneîle , moi 
qui n*ai jamais eu occafion de parler de cet 
illuffre Académicien , fans marquer Teftime 
toute particulière que je fais de fes talens ; 
TOUS voudriez me rendre odieux , parce que 
je ne mets pas certains Ouvrages de M. 
de la Motte, parmi les chefs-d'œuvres de 
n6tre Langue. Des idées fi contradiâoires 
ne peuvent pas tomber dans le même Es- 
prit; il faut opter , être moderne & alors 
drdièr dés Autels aux Chefs de la feâe ; 

M 4. ce 



|6ft B^IBI^IÔTHEQ^VK 

ce que Ton ne m'accalèni pas de faire ; oi| 
cpndamner le ftfle à la mode, & alors ne pa$ 
s'irriter des plaiiànteries que Ton en fâicr II 
n'y a point de milieu entre ces deux extre- 
mîteï. • 

C'eût été trop peu pour vous , Monr» 
ficur, do borner votre vangeancc à TApo-r 
iogie du Je ne pi Quoi , & à Télpge de voîç 
Ouvrages.Il falloit la pouflèr plus loin & fàf- 
re repentir le téméraire qui avoît eu l'audace 
de s'élever contre des produâions fi respec- 
tables. A quoi aboâiiront de Q magnifique^ 
préparatifs ! à faire réimprimer ma.Prcfk* 
ce avec un Conunetnaire plus capable dç 
donner envie de voir le Journal » que de 
lui faire le moindre tort. Je n'ai garde de 
vous fuivre pied à pied , ' Je ftns qu'il eft 
tems de finir , & je me réftraindrai à quel- 
ques reflexions qui mettront au grand jour 
yôtre pénétration & vôtre candeur. 

Vous affèâcz de donner à mes paro- 
les* un (êns quelles n*ont point & que je n'ai 
jamais fongé à leur donner. Je dis , farr là 
FroMce a mm droit igid fur Us Livres qm 
naijfent en fonfein^ ou que Fou imprime cm 
François dans lesPays Arangers. Cette propo-r 
fitîori eft bien claire, ou je renonce à me con* 
noître en clané. Que faites vous s'il vous 
plaît Monfieur, vous la tournez de trois ou 
quatre manières toutes plus extravagante* 
Tune que rautre,& que vous me faites lafa-r 
veur de mettre fur mon compte: Enfin vous 
attrapez la véritable idée que j'ai eue, & 
Ç^5 ^ cn^înte de mç donner raxTon une 

fçulç 



François?; 18} 

ilslefoîs y vous niez que la France aît au- 
cm droit fur les Livres imprimez en Franr 
foiscbms les Pays étrangers. Ne voyez- 
roas pas que la France fignifie^ea cet ea^ 
droit , la £jittcrat$tre Franfoife : expreffion 
^oe je vous pne de me pardonner , & qùf 
cfttropîncontcflablement nfitéc pour que 
je l'abandonne fur la fimple répugnance 
qne vous avez à vous en fervir. Ne 
dit-on pas que Rente ^ c*eft-à-dîre, la L/V- 
Urstmre Latine , adroit de revendiquer tout 
çeqai s'eft écrit en Latin ; en quelque païs, 
en quelque fiecle que ce (bit : auflî voyons 
nous que Voffius a donné place dans fon 
Trsté des Hiftoriens Latins à tous ceux 

S' fc font exercez à écrire rHiftoire eii* 
tin , même ep ces derniers tems. Il ne 
finit pas douter non plus qu'un Auteur 
quivoudrbît donner une Bibliothèque de^ 
Auteurs François ne dût y faire entrer non 
feulement les Nationaux, mais encore les 
Etrangers qui pnt compofé en François, 
Aunre exemple de vôtre ^nne foi. ^«i 
ti$e fartes dire y que Fon verra dans le fi* 
fondFùlume que j* annonce de bons Ouvrages 
danslepremier;Et charmé de me furprendrc 
dans une fiiute fi groffiére , vous vous met* 
\ti de boime humeur & demandez avec 
un air latisfait ; 

A't'onjantais parlé d* une telle nthhode\ 
Mais qu'en dit le Public ^ elle e fi fort i 
la mode. 

Je me rends juftîce, Monficur, la paro- 
die fcroît trop douce fi une fottife pareille 

M j m^é. 



\ 



l8+ BlBUOTKlQJïB 

m'étoît échapée, maïs clic cft de vôtro 

înveiKÎon* Voîcî ma Phralè: C^ntmWts noms 

Jfaflurer ([lU k$ ferfQnmts qm jtttcrmt Us 

yeux fur le fremier volume de PHiftoire^ 

Litur^ire dfi la frgucey trouvèrent que F 9Jê 

y auuêuce uu aufi graud nombre de hom Z.** 

vres que dam aucun autre Journal^ ce que 

faroitra encore mieux dans le deuxième vtf- 

iume. Ces derniers paroles pcuvcat-ellcs 

figmfier autre chofe , finon que Ton verra 

encore mieux dans le ^. vol. de làBibltQ" 

tbeque Fraufoife. que dans le premier ^q^c 

Ton annonce un auflî grand nombre dç 

bons Ouvrages dans ce journal» que dans 

aucun autre ? Je viens i quelque chofe do 

plus important* 

Vousm*accufe2 de tenir mal ïa promeut 

Îuç j*aî faîte ik donner de lo^ws Esxraits des 

Q« 

iieurj 

remplît \6 pages ; Celui du Poème de la 
Grâce qui en contient 19. Mais eft-ce par 
le nombre des pages qu'il faut compter la 
longueur d*un Extrait ? J'aurojs crû quec'é- 
toit par Timportance de TOuvrage ; par le 
but que peut s'être propofé un Journaliftc, 
& qu*n efi fi facile de démêler i par le bruit 
qu'a fiut un Livre & l'intérêt qu'y prend le 
Public. On il n'y a pas un feul de mes Ex- 
traits dont je nepuiflè juQificr la longueur 
par l'un de ces trois principes. Pour ne parler 
a prefent que des deux dont il queftion entre 
nous, ne devoî$-je pas m'étendrc fur la vie 
du Frère Fiacre ' le jugement même que 
vous en portez après mol, ou qui du moins 




F X A M Ç O î 8 t# XS$ 

t*f ttouve entièrement conforme, eft pré"» 
cuomt ce qui m'impofoit l'obligation de 
Bcnstant abréger. Cette Hifioire efifori 
mJétrite^ ditcs-vovii ^ i^ elle r/garge ék fa-- 
àifes4M femtimemt des Cétboliques qMÎofimâ 
mfnmer fur la nature de la verita* 
Ue fiM. Et Voilà ce qu'un Joumalifte 
Camoliqae dévoie faire remarquer un peaea 
détail . JeTaifait) Monfieiir^ d'une ma* 
niere même à m'attirer les dévots. Ce n'eft 
pas tout. Conune cette Vie eft mêlée d'é- 
ténemens qui ont beaucoup de rapport à 
THiftoire de France, pouvoîs!- je meldîs- 
penfir d'en parler ,& ce qui regarde la nai- 
i2iace de Louïs XIV. n'étoit-il pas aflès 
iotereflànt'pour que j'employailc quelques 
Pages à l^éclaircit » en examinant tes paiS^ 
ges des Hiftoriens contemporains qui ont 
rapport à ce fait. Après tout , un Extrait 
de feiie pages n'eft point un long Extrait 
par rappon à la méthode que je me fuis 
propofeé. Il faut qu'il s'agiilè de Livres 
bien peu confiderables ou réimprimez pour 
que je m'en tienne là. Cette dernière ration 
m'a impofé filence fur La Conquête de la 
Chine par les l'artares% qui n'eft poinr nou- 
velle. Il peut fort bien fe faire que vous y 
ayiezété trompé, puis que de la manière 
dont (vous parlez de ce Livre , on voit bien 
que vous ne le connoiflcz gueres. Un Hom- 
uie qui Tauroit lû avec un peu d'exaâîtn- 
de ne diroit pasque j'eiifTedAen tirer un tiffk 
des principaux événemens. M. de Palafox , 
n'a écrit que ce qu'il a vu de fes propres 
Ycux^ pu du moins ce qu'il a appris, de 

ta- 



l8tf B^I B IJ I O T I^ E'<ijà E 

témoins dignes de foi , & cette déKcatèfle 
•ft caufe que cette Relation eft pleine de 
vuides qui font plus d'honneur à l'Auteur 
de cette Hiftoîre, que s'il les avoir remplis. 
Mais cette (incerité , qui fait qu'on peut- 
compter fur le refte^empeche qu^un journa- 
liile ne puIfTe donner un tifTu d'évenemens 
i moins que d'avoir recours à d'autres me^ 
moires, ce qui ell en fa dispofîtion. - 

C'eft moins à preftnt mon Apologie qne 
celle de M. Racine que je vais faire. Le 
Public n^efl point dupe , Monfîeur > & fi 
vous trouve! à redire que l'Extrait de fes 
Ouvrages tienne ip. pages , ce trait n^eft-U 
que pour avoir occafion de rompre une lan- 
ce avec ce Poète. Mais vous ne le connoifle:^ 
Virement pas fi vous espères quMl prendra 
la peine de vous répondre. Il ne l'a pas fait 
lors même, que des Critiques éclairez & 

riquez au jeu l-ont attaqué. Je vous laiflè 
penfer s'il s^embaraffera d'une décîfîon 
suffi Cavalière que la vôtre, f^ons ne dé* 
iOMvrez pas nw grand nombre de beautéz fort 
extraordinaires dans fin Poème. Je me 
feroisfort^ en cas de ^r/ôi>, ajoûcexvous*^ 
de voiu y faire voir nombre tP endroits plats; 
forée endroits d'une obfcurité impénétrable 
(^ plufieuis morceaux profaïques an Jupri^ 
pse degré» . // mefaroit qu^ en gênerai il y et 
dans les vers de cet Ouvrage une umiformi^ 
té rebutante ^ que c*eft une Poefie. 
Qui fur le même ton femble Pfalmodîer. 
A vous parler net^ ce Poème m^ennuyei 
^je wfen prends, eu partie a M. Racine 
même , ^ en partie a fà matière , <ftu la 
frofe la plus précife a Heu de la peine à met- 
tra 



Pu À «^ cfî s fc: iî^ 

fhias hn certaim jonr. Je ne nie fas qné 
4€t iktcMr n£ fost pajfaflement Poète , ^ 
je (fêif qm^il pêurroit réufjiry eiè eJcerfûnt fur 
iâÊtres fnjets les taleniqîiil a pour U Pêe- 
fe qm eftplets propre i peindre qu*À démon- 
firer. Tout cela poorroic être vrai, Mon*^ 
fier j que irôas ne feriez pas fondé à me* 
Mtmcr d'à voir parlé amplement du Poème 
de la Grade. Il ftiToit .du braîC depuis long^* 
tems, on le&ùhaittoîr avec impatience, St 
TArrèt fait fuif TEdiiiori de Coî^nard a- 
▼oit redoublé hi curiofité. Raifon {ndfs-i 
pcnfible d'en donner une idée ôompïette^ 
quand même fl n*eifl[t pa($* répondu I l'at-_ 
tente Publique. Mais jen*en éeoîspas ré- 
duit à cette dure extrémités & TOuvrage fe 
trouva digne de Pçmpreflèment que l'on a* 
Voit témoigné de le voir. Font ifapperc^*^ 
vez péu des, ieantezfort extraordinsires dans 
ceP^me; s'enfdît-îr pour cela, quelles n'y 
foîcnt pas. M. Despreaux ne vous iit pre* 
lente que de médiocres & vous ^ritVdycfj 
que fes vers auront le (brt de ceux de.Ron* 
fiu:d?prend-on pour guide un Homme que à 
mauvaife vtcicttc àtontmomènt dans le 
prédpice.^#/|y montreriez nomhre tP endroit g 
pys'jc fuis perfuadé que M.Racînc fait auffi- 
bien que vous, qu'il lui eh eft ébhapé quel- 
ques-uns de cette espèce. Lés plus grands 
roctcs fe^tent encore mieux que leurs Cri- 
tiques , où ils (è font égareï : maïs quel^ 
qu« Vérï moins énergiques fe mettent 
fouvent exprès pour relever la fo^ce de 
ceux qtfi les fùîVcnt. Le plus grand talent 

' des 



des Poètes & des Peintres iiluftres c& de 
pas frapper tous leurs traits avec la même 
vivacité. F'ous y feriez, vir foret tndre^^ 
et une obseurité impénétrable ^ pUifiemrs 
fnereesmx Profàiques aufupriimdigr^^ 
Pour l'obscurité » on en fuppofe fbuyei^ 
dans ce quel'on ne comprend pas ^ ou <iiie 
l'on ne veutpas cooiprendre: Jefnejyous dini 
rien au fajet des.qi^rcomx Proiàiques ^ 
pourvu que le tour & rioee foient Poctf^- 
ques, il fiiffit;i& la Poëfie Dogmadtiqae 
fcmftre quelques ^preffioos que la Poëfie 
Epique ou^ l>ràg;matique rejetteroient. // 
pie têTok iam.tes Vers àe,ett Omir^gt mme 
ipùjoTfnité rebuumte ^ 6f que c*efi m»€ P#ê- 



f - 



Qtù toujours fkt tm ton femhle Pjsbmoiur. 

Vous &riez croire en vérité, que vous 
p'avêrpas lû le Poème deM..{taciae,mnt 
ce que vous dites eft éloigné du vrai. Ja* 
inaisJPoëte n'a mien fçâ varicu^ fon fujet* 
jpajouterai que japais fajet ne fiitplusfiis* 
cepciblede virLété..La Création de THom* 
jne ; le bonheur » dont il jpuîilqit dsin^ le 
• Paradis Terrefti;e; les malheuni: que fi 
èhute lui^sauû; Pimpuîflancfi..4e .la.Loij 
ia venue de 4. iC»; que ikî^je, »une fojulc 
de Caraâeres » de description^ i& de %ar 
res adroitement ménagées, fpotrtfx^UVfHr.fai 
leSure decePoëme pluis CQHrt^^: prqpoif- 
don que Von eft capable deii^jer devl/Are 
ilu Toëte. À me farter Wj, feffwJÊÎ^ ii 
9f0Ms ennuje^ La confidence me fait bon* 

neur 



F. n ▲ « ç o I s B, 189 

.monwDms je me doucoîs déjà da fait ; un 

Homme de Letttes qui trouve un remède 

â Pifi^maie dans l'Iliade d'Hbmerc , peut 

lâika s*ennuyer du Poème delà {Grâce fkns 

que M. Racine s^en plaigne. Au refte , 

Monfîeur, ne vous eu prenez qu'à vous, 

ii n'en rejettez la faute ni fur M. Racine, 

^ a tké de£î matière tout ce qu'elle lui 

fonvoit fournir y ni fur la matiâre même 

Îai oiffire une nffUltitude d'idées fublimes, de 
sntimens élevez, en un mot de traits Poë- 
tiqoes. :Qàe fi vous n'en jugez pas de la 
JKmc a c'eft oniqnement parce que vousig- 
.aoret. iVifence de la Poëfie Dogmatique 

fLi ecmûâ/c à démontrer , & c^'eft ce que 
îfgUe a$ût dans ^s Georgiques, & La- 
-çrcce dans ton Poème de » Nature des 
QiQfif«ll ne s^asit que d'avoir l'adreflè de 
déponillq: ces iQltru£Honsde ce qu'elles ont 
df 4i:op Àc ; & d^ayer fon fujei par tou- 
tes .les peintures ^ui v viennent. Âinfi , 
Monfîenr ^ quoique votre prindpe fur la 
Poëfie ^ gênerai loit vrai en lui mSme , 
i) ne porte point x:ou{) à M. Racine, a 
fon Ouvn^e fera toujours eftimë 4nal- 
ffi l«s «fiorts que vous pourriez -emplo- 

Ïer ponr l'enn^cher^ }e reviens 1 mon 
onmal » & je fens que je n'aurai pas 
bcattco^ 4c peine â rendre compte de la 
<;oiidiûte que j'ai gardée depuis le^ peu jfle 
tsm f)ue i'r travaille. 

Ç^ ni* eut dit , "Monfieur , qtte vous me 
Imcz 4in crime des Chanfons que j*ai in- 
ftfée^ contre l'/wr^ç de 'M. de la Motte, 
Ciffiinwient le {orqpule eft nouveau de 

Vo- 



vôtre part & je ne croîs pas que le Pablîi 
s*7aten<iît. Elles ont été chantées à la Ca- 
Inedfe & comme la Police admirable qui 
l-egne dans les Speâacles de Paris i ne per- 
met pas qu'il échape rien de trop libre» 
liianx Auteurs, ni aul Comédien^, tout ce 
qui s'y dit, peut bien s'imprimer. Mais dt^ 
raifons que vous me dispenièrez de vous 
dire, auroient fait refufer le Privilège à oe 
Couplets , & c'eft ce qui m'a engs^é à leur 
donner place dans mon Journal^ Je fki q«'il 
n'yauroit pas eu grand mal quand ilsie fhf> 
ient abfblument perdus. Vous conviendrer 
cependant,à moins que vous nViex refolù de 
iie convenir de rien, qu'il vaut enct>re mieux 
les y avoir confervéz; Parmi plufieurs traits 
indîfFerens, on en rfouve d'aflèz ingénieux & 
qui font fentir en un moment les deffirats de 
certains endroits éTImez 9 que les Critiques 
foîeui ne développent qu à forcé de rt- 
flânons^ Pour les âuttes Pièces Fugitives^ 
voiB vous dontentet.de les méprifin^en gé- 
nérât. Chacun a (bn goût, Monffieurj elles 
font entre les mains dû public , e*eft i iui 
' de nous juger, 

£nfin,Monâeui', itfaut qde vods ayez jtu^é 

' de trouver à redire à" tout pourfidrcunCoiû- 

' mentaire pareil à celui dont vous < ornez ces 

paroles de ma Préface; Li mortn^ekleveta 

àmcBm Savant que mont m*e» xparlsom {^ éf* 

Jez éM lomg. Um ne fe plahdrn jmhMS de 

kansjnr cet Article. Je croyoîs m'étre à 

peu prés" acquîté dé ma pfomeflè ; à vous 

entendre cependant $ j'ai gardé 4a fiienée 

lur des Auteurs qui font morts fims avoir 

gagné 



I^ R A ijî ç ô I s É. Ï95 

gagné mon cftîmc; j'ai fait de magnifiques 
JEloges f^unebres de certains Savans de ma 
création desquels un certain Public n'efl 
pas d'humeur de reconnoître le mérite. Je 
me corrigerai , Monlîcur , lorsque l'occa? 
fion s'en prcfeniera^ & fi je lurvis à vos 
Ecrivains mignons , ils peuvent compter . 
lurune Orailon Funèbre, où l'on rendra 
exaâcment juftice à leur mérite. Vous vo- 
}ez, Monfieur, que je nie rends aux con* 
îeils faluiaires que l'on a la bonté de me , 
donner. Je ferai plus: désormais je ne pro- 
(iigaerai pas mes louanges à des Auteurs 
ids que ceux dont, on trouve l'Eloge dans 
hBibliQtbequ€ Franfêije^ A quoi ai-jèfoij- 
gé en jett^LUt quelques âçurs fur k tom- 
beau de M* Dacier, ce piioyable Critique 
que Mathanafius a fi bien dénigré! Airjc, 
pu louer M, l'Abbe Maffieu ? lans doute * 
que l'amitié dont-il m^'honoroit m'a lèduît-, 
en fa faveur, & que lâns cela j'aurois été 
moins prodigue de regrets pour un homtnc ^ 
qui n'a jamais aimé le" Greffier Solaire Jk * 
autres exprellions auflî brillantes, pour Xin> 
homme dont tout le mérite confiftoit à en-..' 
tendre encore mieux Içs Auteurs Grecs . 
suc leur langue, & à écrire naturellement 
cti la nôtre. Je ne dirai rien de cette juftefle ' 
d'idées & de principes que j'ai tant adrni- ! 
récen lui avec certains AveugUs^ La préfa-/ 
ce, des Oeuvres de M. de 1 our^eîl, fon pa- \ 
ralellc d'Homère & de PlâtcJn, l'apologîè' 
de laPocfie mc.démcntîrdicnt trop haute-' 
ment. Enfin , Monfieur j'admire , comment 
j'ai pouffé'Ià'flatteriè jusqu'à parler fi avan- ' 

N ta- 



1^4- B I B L I O T HE Q.U E, 

t^ciiCéiiient de M, l'Abbé as x>artgeaii, 
ce G l'a m mai rien vctilleitï; de M. de la 
Mice'cct iiil-'oriné compilatear d'Ordt>niian. 
ces de P!>Iîc(;, de M. l'Evcque d'Aleth, cet 
Orateur ennuyoïi ; de M.d." Cirn>iftron ce 
miferable Poète Trafique, de M, l'Abbé 
dj Camps , ccr Hift/îricii fnpcrcïfieL En 
verrr<îcci Meflîeurs Coat bien milheureux: 
mjs, éloges les 3 Voient tiré .de l'obscurité 
&' Voila M. Vanef, q\ii les y replonge. Je me 
fliire aa itiMns gue fa recfinnoiflTmCe me 
jailFera M. de Sallengre & qu'en faveur 
inêin;;djces liitHms 'qu'it n'a p-is tout i 
fait encrereiiuës cûinme il auroit dû , il me 
lajflera ce tmçj'en ai dirrj'esperc la iné.ne 
grice en faveur de M- Vwi^iî'on. Pourîez 
vôijs l'a reFufcr à l'honneur qu'il avoit d'être 
vptrccnnfrere dans cnfi Sùdéré , qui fçait 
fî^bieri juger du mente, puis qu'elle, vous a 
reçu dans fbn fein? C'eft le faifonneinenc 
fort fimple qae vous faites à 1a P. 14. de 
v_6tre L;trre. V--','i admire égalems'nc Se la 
fyrce & la niodi.-ftiç. ' 

.Je finis Mçïtifisiir,' en vous remerciant 
dJfS louantes qi.ie l-oiis mî'doiineï. Il s*en 
fa'it beaucoup grfe je ite m'en eftnne'drgne;_ 
i])i!s je les rej;arde. 'comme l'effl't ih vôtre 
ainiur noijr l'i* "Ij-tTres : vous n'avçî pas 
crû! qij'il fall ùin^nt diïcnura^t un 

jeune honi'n "'l'jrroit aller fàîn avec 

un peu dif II )* «laiW de ffSifàfife. 

ô,i'il elltiîi' ivoir ainfï pr^artrles 

cprreâi'ins, ,' iifitera'f , Alonfleur, je 

me deSlniir: iut de cbtte fuffijatreè 

aiuam que !i [i hwn^îDe jpe le pej- 

■■■.;.■■ ■■■■■■ ■" • ■■ ■■■■ "'■ mec* 



nierra : tha^.qqdle.tc^iutioa pp.^r la n>ô-* 
dcitîç d|aa Auteur qa'tm'^ Xiattre fcq;i51a-. 

dem'écrirç! Encore quelques unes da^Ie 
mémég<wr,'^cxîfrftàis-)é mteieffeudre îd'anL\ 
peu de vanité & dc>cr^irf quç.'p^is q\i;QQ 
tc^Hivc (fp^tt de çho(fs^a i^epreudr^ d^ris ],ç^ 
jugemens ^i\c je poçKi, U faut.néc^îrê-.^ 
meut 'q'uMIs foîcnt équitables.*";' '"^^ "'■'* 



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DES ARTICLES 

Art. I. Bibliothèque facrée du P, le Long. 

1-17. . . : 

Art. II. Recueil de ï^ Académie Françoi^^ 

fe pour Vannée lyzi. 17—34. 
Art. ni. Letfre écrite au fujet.de PHi^ 

fioire d^Evreux. 34—41. 
Art. IV, Hiftoire du S. Suaire de Car-' 

cajfone^ par le P. Bouier ^j^^—^S. 
Art. V. Eloge dé M Je Campifiron. 46— 

Art. VI. Suite de P Extrait, du Traité^ 
' du Juge Compétent des Amha[fadeur$\ 



!Alt. VIÎ. Uiftoîre d'Espagne^ far M. 

PJbbé de^Rdlt^àt. 70— 104.* 
lArt. VIII. Elogi de fjitbé de Carnps. 

104—117. 
[An. IX. Mémoires de PÂcademie dè& 

Sciences &c. 1 1 7— t a6w 
'Art. X. Oeuvres de Racine. 1 27. 1 19. 
Art. X^l. Crittqued'InezfarM.Gupu 

150—147. 
'Art. XII. NounfeUts^ Littéraires. 148— 

/Art. XIII. Rcponfc à une Brochure in- 
titulée Lettre à P Auteur de la Bibïio- 
thcquc Françoîfc , fur Pextrait qu'ail a 
donné du je ne Sai quoi. 160. 



FIN. 



1 , 



BIBLIOTHEQUE 

FRANÇOISE» 

o u 
HISTOIRE LITTERAIRE 
DELA FRANC ^ 

TO ME T RO I S I E M% 
Smnii Partm 



A AMSTERDAM, 
Cba JEAN FR. BERMARO, 

M' D. ËC. XXIV. 




BIBLIOTHEQUE 

FRANÇOISE. 

OU 

HISTOIRE LirtERJlRM 
DE LA FRANCE. 



ARTICLE I. 

DiRionnaire Univerfel de Commetcel 
^Menant tout ce qui concerne le Com<» 
merce qui je fait dans tes IF. Partiei 
du Monde ^ par terre ^ par mer, dé 
proche en proche 6f par. des Foïages 
de long cours ^ tant en gros qu'yen dé^ 
taih^ Ûe:^plication de tous les termes 
pi ont rapport au Négoce , les Mon* 
fioies de Compte , qui fervent à y te* 
nir les Livres, j 6? Ecritures des Mar^ 
thands ; Les Monnoies réelles iPor ^ 
d^ argent , de billon , de cutvre , d^étain^ 
(âc. leur titre , leur fabrique 6? ^^»* 

Tm. m Pêrt. IL O i noïo^ 



V 



2l± Bx fi Lt ÔtHEq[^ÙÉ 
notag*^ iemr évaluatùmfitr le pied de 
ceUes de France j Jes Poids (^ Mé^ 
fi*^y fmyfimten ufagi, réduites ies 
UMS aux sutres : , Les ptedmOiems mmi 
crinjfem f3 qui fi troieveut dmms tMis 
Us Lieux «k les Nations d'Earopeexer^ 
tent leur Commereeyomme ks Métaux 
Minéraux, Pierreries, Drogues, Epù 
certes , Grains^ Sels , Ftns^ Biiresçi 
Mtres BoiJTons', HuHes, Gommes^ 
Frutts,Poi£ons,Bois^oies, Lainesjcji 
tonsSàc-^PelUteries finir fàc ,ks Etof. 
fesfluvrages ^ ManufaOures d'Or & 

^/rgent i de Soie , Lainefiotom , FiL 
Uc. Leur sonr, leur fnal^/^ leur jfiZ 

nnge, avec la description des Métiers 

propres à y travailler: Us Compei* 

gntes de Commerce, tant Françoi/ês 

fu* Ranger esypour les Indes Oriemm^ 

Us ^ OectdentaUSi (^c avec PJSs" 

teire fleurs itabliffimens, Uur régie 

6? admmfiration, (^c j Us Bananes 

étaUtes pour la commodité (fT la /ù 

retéduNégocef^desNégodansiks 
Con/uls que Us Nations de PEurofie 
tiennent Us unes chez Us autres, Z 

^\l"EcbelUs du Levant,(^c. leur 
JumdtSien, Droits 6? Prér^ativts. 
Us Qbambres d^J^urtmce j U détail dm 

On- 



F m A N Ç O î $ s 21*^ 

Cmnmerce deJa France tn gêner mI (^ 
de la Fïile de Paris en particulier. Le 
Cenfiil Roialde Commerce ^ les Cham* 
kres des Filles qui ont droit d^y envoïer 
leurs Députez Jes Juges des Manufac- 
titres (^ les In/peSeurs départis dans 
Us Provinces : I^s JurisdiSlions Con^ 
fulaires dp Paris ^ des autres Villes 
du Royaume \ Ntabliffèment des fix 
Corps des Marchands ^(^ deii^ Com^ 
munautfiz des Arts 6? Métiers de la 
Ville de Paris \ Les differens Livre$ 
des Marchands , leurs Comptes (^ Sot 
eietez : Enfin toutes les foires^ tant 
franches qu^ autres^ qui fe tiennent en 
France (^ /lans les Lieux les plus ce^ 
lebres de P Europe d^ des \autres Par^ 
tus du Monde: les Edits^ Déclara^ 
tiens ^ Ordonnances^ Arrêts 6? Regle-i^ 
fnen^donne:^ en matière de Commerce . 
Ouvrage Poftbume du S, J a çc^p es Sa- 

?ARY DES Bl^USLONS Itîfpcâcur Gc- 

oeralldes Manufàâures pour le Roy i 
la Douanne de Paris , {continué fur 
les Mamoires de P Auteur &f donné au 
public par lA. Philemon-Louis Sa- 
VARY, Chanoine dePEglife Royale 
ilcS. Maur d.s Foflcz,/on Frère. 
4 Paris ^ cbezljLcq. Eftienne,'iî«if 

03 ' S. 



*I4 B I 9f. I O T H^ <1.<T E 

S. Jacquti. 1 715. 1. Vol. in fol. p^gg. 
2002. y ctmpris la Table peur le I. 
Folume, 19 6 pour le //. ÔcXXVU- 

paitr la Préface. 

^ A Providence toujours admï- 
S rabledans fes defleins a tcMe- 
g ment diltribué fes faveurs en- 
g treceticmulmudcdedlFereiiç 
% Peuples qui habitent l* Uni- 
vers, qu'ils doivent entretenir 
les uns avec les autresune cotrespoiidance 
mutuelle. C'clt là le lien de la Société civile^ 
& elle nefubfiftcqu'autaiitqiicchaqiie Na- 
tion eft Ciigneufe de troquer leslproduc- 
tîfiiisdcfjn P.iys contre les rJchedes qui 
lui manquent & que la Nature a libérale- 
ment accordées à des Climats plus heureux 
ï cet <5gard. Il ell vrai que, l! le luxe & la 
mollefie ii*avoient pas multiplié i l'excez 
les befuins de l'Homme, les Iraifons qu'it 
ê(lobli,i;é de former lui devicndroietit moins 
Wceiïaircs & qu'il trouvcroit aboudaininent 
' (bus fes pas de quoi vivre content. Mais 
il ne s'agit point de réformer des idées 

i d'une longue fuite d'anniîesa confacrées. 
.aiflbns à ceux que le Ciel femble avoir for- 
mé d'un limou plus pur à ne chercher leur 
bonheur qu'en eux, & dans ce que la Nature 
leur ptéfènte. Croïons que ce qui fe pra- 
tique généralement doit être généralement 
pratiqué i & puis que le Commun eft pcr- 
Âiadé que fa félicité confîfle dans la puHc';- 
i|jon de tatii de chofes inutiles qui nous vicn- 
ncaç 






Fr a îi ç 6 î 's i, iï^ 

lient des Régions les plus reculées , rendons 
grâce à ceux qui les lui procurent, efficace* 
ment ; & fans nous en rapporter là-deflus 
tvix préjugez du Vulgaire , éclaîrcîflbns 
Rons au moins de ce qui en fait l'objet. 

Il fcmble d'abord que cette étude de- 
vroît être fott aîfée ; & que ce qui regar- 
4e le Commerce eft d'un ufage fi gênerai 
gue chaque Particulier en eft inftrult:l*e;cpe- 
rience- montre cependant le contraire; Le 
Miniilre qui efl à la tête des ajffaires de 
cette espèce conçoit de vaftes projets, fait 
ie$ Alliances &des TtMci\ juge des Mé- 
moires qu'on lui prélênte : L'Hiftorîen re- 
monte à Torigine du Commerce, il fixe 
les différentes Epoques de' fes progrès & de 
fi chute ; il recherche quels font les Peur 
plc$*quî l'ont cultivé avec plus de foin ; Le 
Théologien examine les dîfficultez que les 
Negocians fcrupuleux peuvent avoir fur 
ice qui leur eft où ne leur eft pas periîiîs : 
' Le Juriscpnfulte décide par quels princi- 
pes il (é faut conduire dans les cas douteux^ 
& les Loix lui (fervent à démêler les frîp- 
ponneries ou les chicanes, 6 ordinaires dani 
le Commerce. Les Ouvriers & les Mar- 
chands connoiflent uniquement le genre de 
négoce à quoi ils fe font attachez. Mais 
toute ces perfonnes fi différentes entre el- 
les s'accordent malheureufement eu une 
chofi; » c'eft qu'elles ignorent presque éga- 
lement le détail , & qu'elles n'ont gueres 
pour fe conduire qu'une certaine routine 
qu'il n'eft pas toujours Or de confulrcr 
dans ces matières & qu^il elt de )a prud^n? 

O 4 ec 



V 



%i6 B I B L i.o 4r HEQ^v a 

ce de (çavoir habilement éviter enplufifarn 
ôccafions importantes. Pour les Gens du 
Monde, ils ne le mettent pas fort en pei- 
ne de débrouiller leurs idce$, & cette 
quantité prodîgieufè de faits, deréglemcDS» 
de Traitez, de termes d'Arts, de Manufac- 
tures leur paroit fi impoffible à apprendre 
& plus 'encore à retenir,qu'ils préfèrent de 
bonne grâce une ignorance tranquille à 
des foins qu^ils regardent comme fuper- 
flus. 

Dans ces circonflances, on ne l^auroit 
trop donner d'ilpges à ceux qui ont conr 
eu & exécuté l'Ouvrage dont nous parlons» 
Toutes fortes de perfonnes y peuvent puilêr 
en un moment TeipHcation des termes de 
Négoce, la définition des Outils dontfe £err 
vent les Manufaâurier^; ils peuvent y trou^ 
ver par ordre alphabétique les Pays à}o^ 
fon tire les Marchandifes , celles que Ton j 
transporte, en un mot tout ce qui a rap- 
port au Commerce & qui efi énoncé danit 
le Titre. Il eft naturel que ce qui regarde la 
France y foit traité avec plus d-exaâitude 
que ce qui regarde les autresNatîons. L' Aur 
teur n'a pas pourunt négligé cette dernière 
partie,^ fi l'on a quelque choft à lui repro- 
cher iurcetarticle,Gen*eQ<^ertainement pa$ 
d'avoir bazardé trop facilement des fait^ 
dont il eût lieu de douter ; c'efl feulement 
de n'avoir pas dît tout ce qu'il y avoît i 
iJife, d'avoir omis des panicularitez qu'il 
(croît à fouhaîter qu'il n'eût pas tuc$. 
Mais ce léger défaut n'eft rîen , & fe peut 
reparef ajfément dans une Edition po/ler 

rîeurcj 



F 11 A N Ç 9 ï s E^ Ztf 

ficDre; au lieu que jamais un Ouvrage n^ 
fcra excellent lorsque d'abord le premier 
fonds ne Ta pas été. Que l*oa juge de ce-r 
loi du Diâiênnatre Uwherfel dç Commets 
ie par les .Matériaux qui ont fervi à le 
compofer: Outre 1 -expérience que M. de$ 
Bmilôns a dû acauerir dans l'exeraice de 
là Charge d'Infpeaeur General des Manu* 
£iâureSf il a eu la communication de tous 
les Mémoires que Pon préfentoit à la Cour 
iur les moyens de faire fleurir le Négoce: 
Trente-cinq Direâeurs lui ont envoie un 
détail exaâ & curieux des Marchandifes 
de leurs departemens & de la manière dont 
elles fe fabrîquoîent. Il a joint à ces Me^ 
moires des A/ISS, rares & uniques , & M, 
fon frère, celui oui a eu foin après fa mort de 
Véàxtion à\x Diéiionnûire ^\VL\ fourniflbit de 
^ns Extraits de tous les meilleurs Livres de 
Commcrce,dçs Relations les plus authenti- 
ques, & des Voiages les plus fidelles & leç 
moins fuspeâs. Un tel fecours eft d*autani 
plus Important que M. l*Abbé Savary con* 
Doit parfaitement quel degré d'autorité 
mente en particulier chaque Auteur qu'il ci- 
te;on le voit aux jugomens équitables & me- 
furez qu'il en porte dans fa Préface. Un faî- 
feardeDî6lîonnaire,quinefaîtpas faire ce 
difcernemcnt entre les Ecrîvsuns dont il 
emprunte les faits, ne peut pafTer que pour 
on compilateur îndîgefte, indigne de la 
confirmée du Public. 

Independemment des Articles qui con- 
cernent la pratique du Négoce , il y en a 
fl*hiflorîque$ qui s'attireront ^attention des 

O S Gens 



|l8 BlBLtÔTHÏÎ<^UB 

Gens de Lettres & de ceux que 1afrtfqnen« 
tatioQ^es compagnies met dans la néceffi- 
té de fçavoir Tufagc d'une infinité dVx^ 
preffions qu'il efl honteax d'ignorer & que 
pourtant on ignore communément* Tel 
eft celui des Banqua% que l'on doit regar? 
der comme l'un des plus curieux : On y 
voit rétab]i{rement du ^an€9 de Venilè ^ 
qui a lèrvi de modèle à tous le$ autres é^ 
tablifTemens de cette efpece qui ont ^ré faits 
dans la fuite : Celui de la Banque d'Ams- 
terdam peut paifer pour le plus confidera- 
ble ; puisque c'ell par-là que cette Ville 
attire à foi tout le Comnierde & s'empare 
JBtDS violence de tous les biens de (es Ha* 
bîtans ;la Banque de Hambourg , quoique 
moins riche, mérite pourtant que Ton ibit 
inftruit de fes reglemens. Nous ne dilbnç 
irien de la Banque de Paris : M. Savary a 
traité cette matière avec toute la cîrcons-^ 
peâion & l'ingénuité que l'on doit atten* 
dre d'un homme qui paroit n'avoîç eu et» 
vAë que l'utilité de fes Leiâieurs , & qui 
n'a point compofé fon Diâionnaire dan$ 
le deflein de juftifier ou de blâmer; oa 
voit qu'il n'a Ibngé qu'à être vrai & à 
rapporter ce qu'il a crû fcrvîr à l'intellii 
gcncedu Négoce, 

L'Article Commerce efl le plus long. 
On trouve, fous ce mot, tout ce qui a 
quelque rapport à ce fujet; Mais celui des 
Compagnies eft encore plus intércflknt; 
ajoutons qu'il pourroiti l'être davantage^ 
Ce qui y eft de la Compagnie des Ipde^ 
Orientales de Hollande demande fur tout 

un 



OD km Supplément : ii lau; efi>crcr qocM. 
VAbbé Sav^ry le doiKiera dans la feoondc 
Edition de (on DiàiomMsirf; îl a été li biea 
reçu que le Libraire ne tajrdera pas lonç- 
tcms à l^cntrcprcndre : On convîendrpft 
que ces Additions font ncceflàires, fr'nous 
ofionç entrer dans un dcraîl qui n'cft pat 
du Tcffon d'un Journal ; tout ce que nous 
p'Jùvons nous permettre eft de commu*' 
niquer au Public un état exaâ de toutes 
jc$ répartitions faîtes depuis l*an 1605 aux 
iitcrefTetde cette grande Compagne; rien 
n'eft plus propre à donner quelque idée 
de fa puîflTance. Cette Pièce ne Te trouve 
dans aucUn Livre împrirtié. 

„ Le capital de chaque AéRon étoît au 
,> comm^incement de Jooo. Florins, argent 
V d'Hc>llande,&c*cft fur ce piedlà qu*on fait 
» lesl repartîiio\îS. Lorsqu*on dît donc par 
H exemple, la Compagnie domnera 40 pour 
j, f^»/,celafignifieiioo florins. Eu 17x0 les 
„ Aûions étoiènt à iibo poui'cent , & va- 
,1 loientjfooo florins ;prélentêment qu*e^ 
« les ne Ibnt qu'à 63b oy 6%% , elles valent 
I) 18900' florins oiî un peu a 1 delà. 

^^^ L'Erat tire de chaque Aâion 180 flo- 
,) rîns d'impôt, qu'c^n eft oblîj^é de payer, 
j> foft qu'il y ait un Dîvideiit , ou nort. 

Efi J lillet i6c^ on fit la première Rc-. 
Punition, qui étojt de if pour Cent en 
Ari^ent. 

^{'^ ^ t • 7f ^^^««^ 

'^7 . • 40 idem»' 

'^^î • . ; ao idem. 

î^ÇJ . ' • y %S idem. 

i6j# 



riem. 



«^" . . . riem 

16193 

1(23 p . £^. en CIouz de Girofle, 
1624. rifftf 

^^S w • W. en Argea. 

l<?39 f rietf. 

ï^3' » # . $7lfdçm, 

>$5* ^ •. • f riem. 

i/fJJ en Janvier , ,, , t%l idem, 

en Deccmbrç , , ^^p idem, 

1.635 au mois de Mars . f , 20. iJemf. 
. — de Mai nj ci| 

Cloux de Girofle. 
•^ d'Août , . M» ca 

i Clou^ de Girofle, 

1636 au mois de Mars . . . 2f idim, 

— de Novembre . . . 2f #^w. 

1637 au mois de Mars . '. . 1^ idem. 

— de Novembre ... 25 /"i^i», 

1638 



i6^î SB mois dK>âobre • . . lo en 



— de Novembre . . . if ca 

Aigcot* 
I^}9 • • l 4 riem. 

KSfO sa mois de Janvier ' • - If en 

ClODX de Gtrdkft 
*— de Novembre . . . a^ cq 

Aigaïc^ 
J^ aa mois de FevHer . • . if en 

Cloax de Girofle» 

*-**dé Novembre ... if Âfa». 

1(41 aa moâs de ]>ecembre . . . ^ ca 

Aigeot. 
'Hî • • * If ea 

Clon de Giiofle» 

1(44 anmoîsde Novembre*. . .if «faa. 

-— de Décembre • « . 10 ea 

Argent. 
% . - : fiem. 

iQf6 aa mois de Janvier « . . ±%\ UewB, 

— de Decemtoe . . . s^ #^bv. 



r«Mr« 



'«^7 

^ • ; «JoÂ^w. 

ÎJÎ* l * • .11 idem. 



l%5 






1658 ^^ 






iit BiiL I o'rHÉ<l.uË 

*/6o , . . .4.0 ident. 

»^jt' • ■ . . 2S idtm. 

><»6* . . rien. 

>f^3 ■ . . . 3 > èdem. 

*f^+ . . . rien. 

,6671. • • •'■'"'• 

1668 ' i «It^ idem» 

1669 • ^ ♦ • . rien. 

1670 V , .4.0 idem. 

1671 au mois de Juin * ..45 i^^m; 

— de Juillet . . . iç 

1671 '. • . , If /W(fjw. 

1673 \ . . . 3îf en 

Obligations fur l'Etat. 



*«7+ll 
167^ > j 



rf^ff^ 



1675 ^ 

1^76 • -r ; . îf en Arg. 

1677 / . . . rie». 

1678 • . . . • laj en 

Obligations fur la Compagnie. 

1679 *. • . . .if idem, 
1686 ;' ^ ; .22 idem. 
i6%i '• * * •iYiidem^ 
i<8i> 

f é8; ^ • i • w/n 

1684S * * r 

1685 ' ^ • • 40 en 

Argent 

itfS^ * ; ; . t%\idem. 

kJ88 • . •. . * . %%\idem. 

1689 • *; . %y^idem. 



ti^l , « lO idem. 

jipt é • ï jT idem. 

jdçj . • io fifiM. 

l^ é ; , tj* £a 

Obligatiooà fur la Compagniei 

1697 .1^ idem. 

1698 au mois de Juin . . if id^. 

— de Septembre « . i^ en Arg» 

1^99 au moisde Juin ^ • loidem. 

^^ du Décembre • . ibidem. 

tJOO • d tfidem^ 

1701 • • ^oidemi 

I70X 4 i fto idem, 

1704 « • af #inw^ 

170; • * ajr #^flr^ 

1706 • «^ a$ iirav* 

'707 *' * ay idem^ 

tycli » • af nilf«r. 

17x0 é ay î^fenr. 

17x1 - * ' l %s f^^* 

tjiz S ; isideià. 

Ii7ï* ^ • * m idem. 

^Jif V . " 40 idemé 

l<i< '^ S 40 fin»: 

«717 ^ ? ; 4o;iri»^ 

'7ï* » • 4« «fcM^. 

^7^9 * i , 40 Âfei#. 

«7»tf î : 46 iiri«^ 

i7" ■• 5 midemi 

g ta { : 30 ide»0, 

Â| 8 A Miidemi 



2S4 BlBLtO.TRB(^0i 

G.Onitr de Lindin^lÂhïm^i Amii. itti- 
J>rime préfentèment par foascription , en j 
gros Volumes îa folio , un Ouvrage Hol- 
landots intitulérLei Indes Orientkles^A0csem» 
mes {ff Modernes , &c. On trouvera dans 
ce Livre non feulement une Descriptioa 
très'-exaâe des Indes Orientales , mm auffi 
UnDétaH curieux de tout ce que la. Com- 
pagnie y poifede de fon Gouvernement , et 
de plufièurs autres chofes intereflàntes» 
'L'Auteur eft un Mînîflre nonuné Falet^ 
tyn^ qui a* été très-longtems aux Indes O- 
rien talés, & qui eft parfaitement bien au 
fait de tout ce qui concerne <îes Pays-là. Il 
cft d'ailleurs homme d'Esprit & écrit ailèz 
bien. Son Livre fera anffi orné d'un grand 
nombre de figures exaélement gravées fuir 
les lieux. Les i premiers Tomes doivent pa^ 
toitre au mois de Mai prochaiû , & le refte 
tm an après^ 

A il T t CLE îi. 

^ f» 

Riponfeie Afje CHANsisftGBS à l^Éx^ 

trait Critique "que les Journalises di 
Trévoux ontjait de fon iSiivrage y in* 
titulé Idcc d'un Roy parfait, dans 
leurs Mémoires du mois de Septem-^ 
• bre 1723* * 

VOus avés TÛ les Elogc^ que Yhxii 
teur de* la Bibliothèque Franpoife don- 
ne à ridée d'iAi Roy par&it: vous (avés 
que le Jttgcmenf qu'en ont poné i Paris 



• * 



F, Il A N.Ç I s B -2Z^ 

lesEIfrtts du premier ordre, m^jr avoitex- 
cité ilomb^e d*envieui. Tdut cela faîfoït 
htàuèorxp à ma gloire ; maïs il manquoîc 
encore â mon Ouvrage ce qui manque râ- 
renient à ceux qui ont de la réputation : 
je veux dire une Critique. Grâces à ua 
Joamalifte de Trévoux, une Critique eà 
inife au jour » mais je ne Içai poinr fi elle fe 
répandra beaucoup dans la République des 
Lettres. 

Je croioîs d'abord y trouver cfes Remarques 
folides où je.poufrois beaucoup ^dfiter, 
mais je n*ay trouvé que faulîes citations ^ 
que défaut de lutniere , que coritradidions. 
En yerîtc je ne faurois trop exagérer le 
facrifice qu'il me fait de mes Critiques au^ 
dépens de ù, gloite; pour moy je vous • 
avoue que je ne ne faurois lé louer aui 
dépens de la mienne & je mè vois con- 
traint de faire voir TinjuHice de fa Criti- 
que pour ne pas laîfler fbrprendre ceux qui / 
ferepofënt fur la bonne foi du Journalifte. 
Surmontons ici la répugnance que nous 
Sivons naturellement à la Critique: Elleèft 
non {eQlethent.pefmife, mais elle efl loua- 
ble lorsqu'on la fait dani. un fi bon defleîri. 
Il me fdflble qu'il ne doit pas être per^ 
mis à un Critique de riep avancer fans lé 
prouver I parce qu*on n'efl: pas obligé c{ê 
l'en croire fur fa parole. On fait que pref» 
<lue toujours l'anîmofité conduit fa plume, 
& qu'ainfi il ne doit être qiie partie : le led- 
tenr feul doit être juge. Mon Critique 
avance d'abord comraie une chofè dont il 
. eft .afluré, ^ue Us Avantûrcs d^ttMà^ 
TmMLParUI. f jui 



2X6 B I B L I O T H E <^U E 

qœ me frètent des traits pour finir le porr 
trait de mon héros ^ Çff qt^ elles me fomrnif' 
fent dans le iefein de riches coulenrs pour 
rehauffer Véclat de mes feintwres. Je le 
défie îcî de me citer un fênl endroit de 
tout mon Ouvrage qu'on puîflè dire ayoir 
été pris dansTelemaque. Je le défie même 
de m'en trouver un feul dans Neàftoleme^ 
malgré la conformité que ies avantures ont 
avec celles de Telemaque , & où je me fuîs 
fait une gloîre d'îmîter M. de Fenelon , 
ïtiafs de rîmîter, comme îl a imité Vir- 
gile, conune celui-ci a. imité Homère; 
comme un jieintre de l'Ecole Romaine 
imite Raphaël. Ce n^eft point en copiant 
ies figures^ fes païO^es ; c'efl en tachant 
d^allumer dans fbn esprit à la viie de fès 
ouvrages ce même feu qui a fait conce- 
voir à Raphaël tant de beautés dans Tor- 
donnance de fes Tableaux, tant.de verîié 
dans les exprefllons , tant d'élégance dans 
le deflèin. Enfin c'eft en l'inutant non 
fervilement & mechaniquement , mais 
par^ ce goût % ce génie qui conduit la 
main , & que la vue des T^leaux de ce 
grand Maître a fait naître ca lui. C'eft 
peut-être une conformité de naturel , le- 

5[uel ne peut refifter à TimprefliOD que font 
iir lui femblables ouvrages. 
Mais ne nous arrêtons pas là 4avanta- 
.ge ; arrêtons nous principalement aux faus- 
fçs citations , car prefque tout ce que le 
Journalifte critique ne fe trouve point 

dans mojtt Ouvrage. Il dit par aemple que 

. I» 



FHAKÇÔliË i%f 

la Tnje graniemr ^ume fehn moi peut 
s*éufaerir aux fous des fifres iff des tant' 
iotfrs. Admirés ici rexpreffioii comique 
du /oarnalîfte, mais admirés encore pias 
le tour malin avec leauel il empoiC)nne 
ce qu'il y a dç plus judicieux. Je cherche 
tout ce qui peut nous porter au grand ; je 
dis page ifO^ que la Mulique peut élever 
notre Ame, & lui faire concevoir de grands 
dcflcîns. Veux je dire par là qu'on peut au 
foti des fifres acquérir la grandeur d'Ame. 
Je dis que les Tambours nous réveillent , 
nous animent & jettent dans nos cœur$ 
jeoefçai quoi de fier & de noble qui con« 
Weotà la vertu militaire, mais ai-jecon- 
fonda ces mouvemens paflagers excités eà 
nous par le Ibn des Inllrumens avec la 
grandeur d'Ame i vertu conftente ou no- 
tre volonté atout l*honneur?Je dis page^ 
178. que les Bienfaits d'un Roi amateur 
des Sciences vont chercher les Savants jus- 
qaefous les Pole<î. A cela notre Journalîfte 
ajoute : Mais il faut auparavant que FAu^ 
Uwr lui certifie que les jciences ont pénétré 
^ delà de la Nouvelle Zemble ^ de là La* 
t^ie^ ^c. 

Ai-je prétendu qu'il y eut des Savans 
fous les Pôles? Eh qui n'entend pas pair 
ces paroles que les Bienfaits d^un grand Roi 
^ont chercher les Savans, quelque éloignés 

Îa'il puifleht èttet Les pendons que Louij 
^IV. faifoit à des Savans qui habitoienc 
dans le Nord, ont fait naître ert moi l'idée 
des Pôles , & c'eft de là que cette expres- 
fioa m'eft venue. Je fais qu'à parler mat- 

.P i hc- 



a»S Bî B LI ÔTHECLU'Ë 

thematlqQenieiit elle n'eft point exaâer maîl^ 
je fai ^iufli qa'ane expreâioa qu'on ne fou* 
friroîc pas dans l'Académie des Sciehces 
peac £cre très élégante & très bîea 
receuë de T Académie Fnmçoife, telle que 
celle -cy. Ceux qui ont le génie de la 
Poëfie m'entendent , & ils trouveront que 
cette expreffion eft pleine de feu & de no- 
bleiTe. Maïs Ikns doute nôtre Joumalîfte 
n'eft que fcientîfique. Il finit cet Article 
par un confeil qu'il me donne : le voîcî. 
On foubaiteroit que les Réflexions ^ Us 
Maximes dont PAntenr s compofé fom Li^ 
vre eujffent laijfé place à plufienrs exemples 
tirés de PHiftuire tantfacrée qne propbame 
propres Àfinfnjet, Elles emferoientpmspal^ 
pables (ff fltu interejfantes , e^efl mm degré 
de perfeâiom qn^il doit ajoâter è une nom- 
velle Edition. C'eft ici le feul endroit oÙl 
mon Critique paroit me dire quelque cho- 
federaifonnable. Il efljuîle de le remercier 
de la bonne intention qa'il a : mais qu*îl 
me permette de lut dire» que dans le goût 
dont mon Ouvrage cft écrit, les exemples 
auroient ralenti le feu du Discours, & au- 
roîent enfin répandu ce froid dont j'ay eu 
foin de le garentir autant qu'il m!a été pos- 
fij^le. C'eft dans les Livres où l'on donn^ 
fimplenient des maximes qu'il faut des exem- 

Sles, parce qu'ils fervent fculs de preuve r 
4aîs ici les maximes font fbutenîies par 
la force d*un discours fuivi & rapide.* des 
Exemples auroient coupé le fil des raifon- 
nements & auroient fait languir le discoure 
par rintcrvalc qu'ils auroient laiffé. Otk 



s'ima* 



François]^ iz^ 

ijnagiïïe que la diveriité des faits raportcs 
rejouiroît & întereflTeroît le leâeur; maf^ 
îl feroît inoîns prdTé & moins çmèu , ^ 
mon prîncîpaLdefleîn fe rrouyerpit man- 
qué : aulÇ n'ai je mis que fort peu de faits^ 
Encore les aî-jc prefque tous racontés Iç 
plus rapidement qu'il m'a été poffiblc; 
perfuadé de ce que àitAriftote dans fa Rhc 
twiqme Liv. I. Chap % que les discours qu{ 
prouvent par les rarfonriemens font une 
plus forte împreffion & troublent plus quç 
ceux qui ne prouvent que par les c:(Lem* 
pies. 

Le Journalîfte donne Textrait de moij 
Syfteme de lŒsprît danis un Article diffé- 
rent , fans qu'on en fcache la raifon. Vous 
y allés voir d'abor4 combien il çft InédeUe 
dans ^s citations. Il me faijt dire tout le 
contraire de ce que je dis. Voici fes ternies^ 
M' de Chavjiergesfe borne à nous af rendre ce 
^u€c*efl que d^ avoir de P Esprit ^ il n^eft point 
queftipn dip cette fortf de M Esprit^ lequel 
cm/ifte à penfer d'une Manière qui cherche 
fluftot à plaire qu'à faire voir la force ^ 
Peteuduêde la raifon.Il s* agit ^a}OUtù^c]ouv->' 
nalille , d!é donner une defttnition exaSe , de 
telle forte q^^ny puifff apercevoir tous les 
differens caraUeres de i ^//^r//. L'euffiés. 
vous crû,Montîeur, vous qui lavés que je 
dis tout jç contraire dans l'endroit qu'il 
ici^e : c'eft à la page iS^i. où je dis que je 
ne renfermerai point mon ' fiijet dans la 
fphcre du bel Esprit. Eift-ce dire cela , cju'il 
ji'en eft point queflion , parce que je ne ne 
i)çrac pas au bel Esprîc* feulement ! IA?X% 

P 3 prç- 



ajO B1JIL.IOT HBQ,U E 

preiiés garde comment il fe contredît far 1c 
champ. Il annonce qu'il n*eft point ques- 
tion dans mon Sydeme de cette (brte d^ 
bel esprit > lequel coufifle pluftot à plaire 
qu'à faire voir la force & l'étendue de la 
raifon, & il ajoute qu'il s'agit de donner 
nnc définition exaâe,de telle Ibrte qu'on y 
puiflê apercevoir tous les differens carac- 
tères de l'Esprit. S'il s'agit d'y faire aperce- 
voir tous les caraâeres differens de TEs- 
prît, il s'agit donc de faire apercevoir cet- 
te forte de bel Esprit qui cherche a plaire, 
& il a commencé par dire qu'il n'en écoîc 
pasqneftion; contradiâion en deux lignes. 
Que diroit ici le Diakâîque rigide qu'il fait 
Intervenir pour condanner ma définition ? 
trouveroit-il de la Dialeôique dans ce rai-- 
fonnement ? Mais ce n'efipas à lui que j'en 
appelle, je m'en raporte aux perlbnnesde 
bon ftns. 

Pomi\ï\yoï\s.L*atitftirydk'î]ya la^emertjîté 
de nt/prt fer celui ^ui brille fc'èuen par- 
lant de l'Esprit].' Où voit-on que je méprife 
l'Esprit qui brille?Eft-ce parce que jedîs que 
bien des gens n'en connoiffent point d'au- 
tre que celui qui brille ? pag. %%^. Ett-ce 
parceque je dis que l'Esprit peut plaire en- 
core plus par fa folîdité que par lc)n bnl*> 
lant? Pa. 308.&509. En vérité je croîs que 
le Journalisme avoîc l'esprit occupé ailleurs 
quand il a f?.it Textra-t de mon livre. 

// n^eft pas plus indulgent , continme t\l^ 
four les équivoques ^ les jeux de m&ts ami 
n^ant de f esprit que Vaparence fans en avoir 
h réalité. Il convient hu^un jugement droit 

C5» 



^ imt rat/on fiùn^ m/riteni la priferexce. 
Qae veut il dire par ce motiV convient? ne 
dîroît OQ pas qu'après avoir mis en balan* 
ce le faux bel-espri( avec le bon esprit je 
conviens feulement que celui-ci doit 
avoir la préférence? il n'y a pas jusqu'aux 
cxpreflions qui paroiflent les plus indifé* 
rentes, qui ne décèlent rintention du Crîti* 
que. 

L^s EntreMns d^Arîfic £3? iPEugefte, con» 

tinue t'il) ne frefenteat point à Monfieur de 

Cbanjierges la definhUn qu*ii cherche. Lejw 

gement^ dit le P.Bouèot^rsieft comme lefond^ 

delà heanté de Fefprit.L^Ef prit eji comme utt 

diamant ^ui a du corps ^ de fa çonfiftaw* 

ce ^ ce n'e/i % à le hien definsr^que le bonfens 

qui brille. Ce n^efl anjfi là qu^une défini* 

tion du bel Esprit qui tfe s^ accorde point avec 

celui de P Auteur* Puis que le bel esprit du 

P. Boohours né s'acorde pas avec le mieuî 

qu'il me di(e fi c'eft en ne fouffrant point 

les équivoques ^ & ce qui n'ade Pepritque 

l'aparence ■* Ikns en avoir la realité. Si îe 

bel esprit du ^. Bouhours ne s'accorde pas 

avec le mien , c'eft bien ma faute ; car c'eft 

fur la manière de bien penfes dans les Ou* 

vrage cPEsprit que j'ay taché de former 

mon goût depuis viugc cinq ans. Je dirai 

donc ( reprend M.de Chaniierges ) que /Vj- 

prit conjifte à découvrir par foi mime^ c*eft à 

dire par la feulç attention^ un vrai qui plait 

Èf qui furprend. Vous vous trompés , dira 

quelque DtaleSicien rigide (ajoute notre 

Critique ) je ne reconnais point i esprit à ce 

lapgage ppis que Fexperience nous convainc 

P 4 tous 



Uuj les jours que les plus belles' ^ tes plus 
delicéUes produâious de tefprU ne forment fur 
le commun des hommes qu^une imprejffiom 
langui ffante. Ces perfonnes grosJieres\ loim 
d'en être touchées , ne donnent te plus fouvent 
leur admiration qu^à dès chofcs triviales ^ 
s fui ne font Pas de la fpberè de Cesprit. 
Mass attendes , V âutiur a foin de je mettre 
en garde contre ces fortes d* attaques, en renfor'^ 
faut fa définition^ quand je parle , continue 
s'il , dun ^rai qui plait Çjf qui fùrprend^ 
j entends qui doit plaire Çff qui doitfkrpendrt 
letpeffonues d^ esprit. . ' ^ 

',^^e Dialeaicîen rîgîde nereconnoît point 
d esprit à ce lairgagç ; Je veux le croire ; 
étant perfuadé qu'on ne fauroît trouver 
dans un ouvrage plus d'esprit qu'oh n'eit 
peut avQÎr. Une définition faite à trois re-i 
P^l""^ plaît pas auDialefticien, il eft re^ 
gtde.Mm je vois qu*il ignore combien î! 
yadefinefle, lors qu'on \^eut découvnV 
quelque venté, de commencer comme fî 
1 on n'avoit point encore connu le €mct 
dont 11 eft queftion, afin de commehcpr 
^vec le Leaeur, d'avancer avec lui pas 2 
pas dans la découverte de la vérité qu*ort 
cherche, de hiî prefenter ce qui doit s*offrîr 
d abord à 1 esprit pour le nienef où il dort 
aller. Un lefteur voit avec plaiflr te progrès 
de fa raifon , qui n^ayant d^abord ^qu^mé 
foible connoiffance eft allée par degré lus 
qu'afaifir enfin fon^objet avec fermeté, 
& a foiuemr que c'eft lui. C'eft aînfi que 
J.en ai ufé dans plu/jeurs traités, & fur tout 
dans celui de la véritable grandeur, &daiid 



F R A N Ç O I s e7 155 

mon Syfteme de rcsprît. J'y découvre d'a- 
bord qu'il n'y a rien de plus fimple ni de 
\>las érendu que le vrai ; qu'il eft l'objet dé 
tous les esprits j & je fais dans ce moment 
coiififter l'espHt d'ans la conrioiflance du 
vrai. Mats je fais prendre garde à mon lec« 
tcur que cela ne fiiffit pas : je lui découvre 
ce qui manque à cette définition, & je luî' 
fais ajoistèr quelque chofe qui offre une 
idée plus pftfcîfe de ce que j'entends par 
avoir de l'esprit: cette reprîfe, ni celle qui 
ïbît, n'otent point à ma définition fou uni- 
lé: elles ne font que la rendre plus jufte. 
Rien'ne jette plus de clarté dans mon Ou- 
vrage que cette méthode pratiquée par les 
plus grands maîtres, hc P. Malcbrahché 
nous en a donrié un modèle dai\s (a Re- 
fbercbe Je la vefit/^ & avant lui M. de 
la Chambre. On peut voir de quelle ma» 
lîîere il en ufe dans Us Car avères des pasr 
jfionf; 

FïnifTons, L'Auteur, dit notre Critique,/^ 
ftrt du mot de vrai (sf ^fo» de celui de ve^ 
rite parce au^Hdt/UngueU^unde P autre. Le 
Vray félon fuy eji ce quune rai fin faine Ç3* 
droite confirme^ ou ce à quoi elle acquiesce: ilejl 
le principe , Pobjet (^ le caraéiere de ta rai-: 
fin ; la vérité efi le caraiiere dé Dieu feuî 
i^c. Quoi donc , s'ecrîe mon Critique , une 
Vérité mathématique, une vérité logique 
bu morale nous prefentent les Caraâeres dç 
Ja Divinité ! Il y à certainement je ne fcay 
quoi qui furprend & qui ne s'entend point. 
G'cft à M. de Chanfierges de développer fcs . 
pcnfc^eîï, 

Pf Faut 



a)4 BlBUl OT^HEqt^lTB 

Faut il que j'explique ici ce qu'il y a de 
plus clair au monde ? qui m'auroit dit que 
je ferois obligé de l'expliquer à un homme 
qui tb pique peut être d'être Théologien , 
& qui loin de trouver da myfterieux dan$ 
ces paroles devroic au contraire les trouver 
très-lamineufcs:Ltf verheeft iHcrede^mmua^ 
kle^AffmeUeyditS.Aufuftitiy elleeftvraye pa^ 
elk'mêmey/elle vc tien$ J4 ferfeâion ^oMÇmmtf 
çbùfc'y elle rend les creatute s fins parfaites ^ 
toms les esprits cherchent naturellement a lof 
emtnttître. Mon Critique pourroit-il ne point 
reconnojtre ici les caraâeres de la Divini* 
té , & où pQurroit'On mieux les voir que 
dans la vérité? Peut-on trouver de l'obfcu-- 
riic dans ces paroles , & oe vouloir pas re- 
connoître les Caraâeres de Dieu dans la 
vérité? cf^eft (quoi qu'on ait la foi) être 
en ce point comme les Athées , qui ne vo-, 
ycntpoînt>ou ne veulent point voir les 
Caraâeres de la Divinité là même où il^ 
brillent davantage. 

Il ajoute enfaiite, tçnt le refte du fyfteme eft 
istts le même goût , auffi bien que les explica-- 
tiemsqmruecQmpagneni. Cela s'apelle lè tireç 
d'afiwre en un coup de plume. Mais cft-ce 
là être Joumalifte? eft- ce là être critique $ 
& ce que je dis du vrai du pur entende- 
ment, do vrai de l'imagination , & dû vrai 
da fèmiment ne meritoit-il pas la Critique 
do Joumalifte. Il paffe tout cela, il quitte 
ic Livre pour fc jetter fur l'amour , & fi- 
nit par ces belles paroles: Quoi qu'il en joit^il 
eft toujours glorieux d'être auteur 3 en un 
e^e 9àil eft encore permis d^ être disciple. 

Le 



FaAMçoisB zj; 

ht Journalifte ne m'a fans doute jamais 
vu, mais îl avertît que je fuis jeune. A-t-îl 
craint que le Public ne pût ie reconnoicre 
i mes Ouvrages ? Que fi vous me deman* 
dîés, Monfieur,d-oû vient que Jejournali- 
ile m'attaque au péril d'être reconnu lui mê- 
me pourûn homme qui impofe au Public, & 
qui a d'ailleurs des lumières fi bornées, je 
yous repondrai que je n'en fçais rien , que 
je ne le connois pas , que je n'ai jamais 
parlé de lut 5 encore moins écrit contre lui; 
que j'ai des amis illuitres dans la Compag-» 
nie de Jfefus qui me font l'honneur de 
m'eilimer, & qui ont donné par écrit à 
mon Ouvrage plus d'éloges qu'il ne me^- 
fite aniirement. Je puis donc dire que c'eft 
de gajeté de cœur que le Journalifte m'^r 
taque ; mais que voulés-vous 1 je crois 
qu'il eft jeune. Peut être fera-t-il plus d'at- 
tention un^ autre fois à ce qu'il écrira! 
après tout je lui fais bon çrédudeffein qu'il 
a eu de me critiquer : fi je me plains de 
fil critique, c^eft de n'y trouver rien dont 
je puîfTe profiter. Je fuis Monfieurvôtre. &c. 
Au Pont St. Esprit ce i Decemb. 1723 

ARTICLE III. 

Epitre Dedicatoire des Paradoxes LiU 
ter aires , à Monfieur Baron, Co- 
médien François. 

eEctc Epîtrc devoît être mîfe à, tête des 
^ Paradoxes ; mais le Cenfeur n'ayant pas 
yqulu la laiilèr paflTcr nous croyons que le 

Pu* 



%^6 BiB LIOTHEQ^UE 

PabKc la verra avec plaifir dans cette BiUh* 
iheqme Françoîfe. 

MOhTSIEUR. 
^ Ce n'eft * malatmiffkmce, mi à la df- 
^^gmiti y ni même à tamtùé^ maïs] ao ta- 
blent que s*adreflè' mon hommage: Je Ihis 
^ charmé de tronver Poccafion de rendre pu* 
yjUfc un tribnt fîncere; je fais ceitr avec 
,,jp]aîfir U respeâ de f^fags & des eomve^ 
y^90mce% aux eonfeih de mom z^/e; Je m*ai 
^ipùfmt peMT dm coatretems^ ^ je me ermimi 
\pwmt par F exemple de perfomme\' qme cette 
„ Epître parotjfe mue affeSatiam de fingmlarit/^ 
„ Je fais voir dans les Paradoxes que j*at 
,,lajoyéde voùsofFrfr, que la Tragédie 
^à^Imes deCaftre ell entièrement defeâueu^ 
„ fe , quelle confequence glorieufe pour 
,,vou$ redite de cette vérité? Le Public va 
^fentir que le fucccs prodîgîeux'de cehePîe^ 
,,ce n'ert dû qu'à vôtre ton cfnchanteur, 
,, qu'aux grâces feduîfantes ♦*de Mad. Du* 
,>c]os & le Couvreur, &qu*à Thabileté de 
^vos autres Confrères. Il n'y a pas même 
,, jusqu'à certains petits Enfans que noué 
,j avons YÛ pour la première fois fur vôtre 
,, Théâtre, & qui nous M fait damterfi »om^ 
^y devions rire om pleurer ^ lesquels ne doî- 
„ vent partager avec vous le triomphe , ^ 
s^apîaudir de rillufiori. 

Ne croyez pas qa'«n vous dédiant mpn 

Ouvrage, je vous fafTe un honneur pareil 

^, à celui que fit autrefois VAbhi Furetiere ^ 

l^mn perfonnage très indigne d*Mne Dédicace : 

' * Té 

• V«ycz l'avis ée M- d« la Moclie à la têtt de U 
Tra^ttlie d'Inès de Cafte o. ^ 

f * Vojcz la rxeface de M. de la M«tte« 



9J 

1» 



FîtAN^blSB i^i 

Je connoîs la différence de vos profeflions. 
La vôtre me coûte tous Jes ans beaucoup; 
vous avez le pouvoir de lever un tribut 
confiderable fur mon revenu s je vous fa* 
crifie fctivenc mes autres plaîfirs pour avoir 
celui de pleurer en grande Compagnie. 

Continués , Moniiearj de faire valoir 
de .mauyaifes Pièces, dont Theureule re* 
prefentatîon fsffe faire à leurs Auteurs la 
fottife de les îpiprîmer. Vous tne donnercx 
lieu de rire à leurs dépens pour |me 
dédommager de l'abondance des larmes 
que vous me faites répandre. Je Tuis^ 
Monfieur , dans le genre d'efèîme qui 
vous eftdû^ Vôtre très -humble & très- 
obcïflànt Serviteur. *»* * 

A R T" i C L E IV. 

fraiuèliùn du Cbap. XIF. i^lfaïe^ quo*' 
modo ceflàvit cxador ? par M. R a* 
G I N E /? Fils. 

LE Prophète, après avoir prédît aux Juifs 
leur retour de Babilpné, & la punition de 
TEmiemi qui les ^ a rétenus en captivité » 
tûut à coup les fait parler eox-naémes , & 
leur met dans la bouche ces paroles, que 
dans un transport de joye & d'ctpnne- 

gent ils chantèrent alors contre le Roi de 
ibilone. 

Commeiit ât £spartf ce i!iia!tre iibpiifoya* 
bic? 
^ Et 



158 BlBLIOTHE Q^U R 

£t comment du Tribut donc nous fumes cbaN 

Sommes nous foulages? 
Le Seigneur a brifé ce fceptre redoutable; 
Dont le poids accabloit les humains languiflani i 
Ce Sceptre qui frapoit d'une playe incurable 

Les peuples gemiflans. 
Nos cris fontapaifés. La terre efien filence; 
Le Seigneur a dompté ta barbare infolcncet 
Cruel ^ fuperbe Tiran. 
Les Cèdres même du Libani 
Se réjouïiTent de ta perte. 
Il eft mort , difent-ils , & depuis qu'il n'efipM 
Jamais de nos brebis la montagne couverte 
Ne nous a vus tomber par le fer abattis. 
.Ton aspeâ imprévu fit trembler les liensfom-]. 

bres; 
Tontl'Ënfer ie troubla: les plus fuperbet 
ombres 
Coururent pour te voir. 
Les . Rois des Nations descendants de leur 
Trône 
Tallercût recevoir* 
Toi-même » dirent ils au Roi de Babilone^ 
Toi-même, comme nous» te voilà donc percée 
Sur la pouffîere enfin te voila renverfé. 
Les Vers te couvriront, tu feras leur patârC;,^ 
£t ton Corps pour fon lit aura la pourriture. 

Comment eft^tu tombé des Cieux, 
. Afire brillant » fils de TÂurore, 
Tyran cruel. Prince orgueilleux; 

tM 



Française. ajji 

La terre aujourd'hui te dévore» 

Comment es-tu tombé des Cieuxi 

Aftrc brillant , fils de l'Aurore ? 
Dans ton cœur ^ tu difois» à Dieu même paràj 
J'établirai mon Trône au deflus da SoleQ 
Et près de l'Aquiloii fur la montagpe fiante 

J'irai m'aSeoir fans crainte» 
A. mes pies trembleront les hommes épcrdoi» 

To le difofSy & tu n*es plus. 

Les paflants qui verront ton cadavre paiollie» 

t>îront , en fe baiffant pour te mtemc iccoih 
noitre , 

Eft-ce là ce mortel qui trouble rUoiversi 

Qui laiâa fes captifs foupirer dans lies fers» 

Renverfa tant d'Etats, détruifit unt;de Vîlto 

Qui ravageant nos Campagnes fertiles 

Les changeoit en deferts? 
Tous les Rois de U Terre ont de la fepuhiiiè 

Obtenu le dernier honneur t 

Toi feul privé de ce bonheur 
En tous lieux rejette, Thorreur delà OAtoit^ 
Ilomicide d*un peuple à tes foins confié. 
De ce peuple à la mort ru feras oublié» 
Pret>àrez au trépas fes Enfans miferables. 
Ils périront , le fang dont ils ont lietité 
A mes yeux les rend tout coupables^ 

Et de leurs pères deteftables 

Ils porteront l'iniquité. 



A&- 



,340 Bl B L lO T H B QjV IS 

. A R T I C L E V. 

'Mrégéde. PHiftoire ancienne de la Vih 
U ^'Orange adrejfe à Monfieur le 
Marquis de ***. par Jean FredcriiC 
Guib DoReur es Droit s^ 

Monsieur, 

£^ Omme; vous fouhailez que j'aîc Thon* 
Vj nejur de recommencer un Commerce 
Littéraire, que les malheurs destems avoîent 
un peu interrompu » j'ai dellein de vous 
feire part des recherches que j*ai faîtes pour 
éclaîrciç rHiftoire ancîenne d'Orange. C'eft 
une ville célèbre & renommée: fon noms*e(t 
autrefois répandu avec éclat dans toute 
rEurope. Elle a eu le bonheur d*avoîr des 
Souverains qui ont été les Pères de leurs 
Sujets. La poAerité lira avec admiration 
les glorieux exploits des Princes d'Oran- 
ge de i*Illuftre Maîfon de Naflau , qui ont 
gouverné cette Principauté pendant l'espa- 
ce de J7X. ans. Quoîqu'Orangè ne foit au- 
jourd'hui qu'une petite Ville, cependaiU 
les Princes & les Antiquîtez dont elle éft 
remplie^ lui ont procuré une réputation 
ôflH confiderable dans le Morrdé; pour 
Inériter qu'on recherche af ec plus de foîo 
& d'exaftitude qu'on n'a fait jusqu'à prc- 
fent l'état où elle fe trouvoît dans le teins 
qu'elle étoit foumîfe à la puiflànce Romaî-; 
ûe. Heureux jS vous recevez favorablement 

ce 



F it A N ÇQ I s,è. ,2.41 

ce que je vais avoir l'avantage de vops 
écrire. 

Ceft une tradition qu'Orange a été 
fondée en même tefns Qu'Avignon & que 
ces deux Villes doivent leur origine, aux 
Phocéens bu Grecs Afiatîques; maîs.c'eft 
une chofe bien difficile, pour ne pas dire 
inipoflible,que de vouloir aujourd'hui mar- 
quer précifémenc le temâ auquel elles obc 
été fondées. Pline le Naturalifte livpe 3. 
chap. f. en parlant des Villes de l'Italie 
qui lui devoit être un pais très -connu, 
puifque c'étoit la Partie du Monde la plus 
JK>Iie & la plus éclairée, & dans laquel- 
le même il étoit né , avoue néanmoins 
qu'il lui fera très-difficile defixerlafîtua- 
tiondes Villes de l'Italie & de marqueir 
leur origine , fiec fitus originesqtig perje^ 
jui facile eft. Si un Ecrivain de cette irn- 
portance confefle une telle chofe à l'é- 
gard des Villes de l'Italie, comment fe- 
ra-t-il poflîblé, à préfent qu'il s'éft écou- 
léun fi grand nombre de fiécles,de pouvoir 
défigner le tems de la Fondation de lai 
plupart des anciennes Villes de ces Pro- 
vinces habitées par des Peuples qui n*a- 
voient aucun foin d'écrire les évencmens 
dignes d'être transmis à la poftérité ? 

Tout ce donc qu'on peut direèft qu'en 
Vannée (a^ fix. cens avant la naiffance 

Tom. ÙL Part. IL Q de. 

. (0) Cette année cêncai avec la première 
^nnée de la 45'. Olimfiade. 



242 BiBtrOTHEQUft 

de nôtre Seigneur Jefus Chrift, des Habi- 
tans de Phocée, Ville de l'Ionie dans 
TA fie Mineure , étant lortîs delenr pa- 
trie, vinrent fonder la VilledeMarfeille, 
& que dans la iuite d'autres Phocéens 
étant également venus à Marfeîlle, ils 
fortirent de cette Ville , qui étoit déjà 
extrêmement peuplée & fondèrent les 
Villes de Nice, d'Antibes, d'Agde, & 
peut-être même la Ville d*Orange , &ç. 
Mais foit que ces Phocéens en aient été 
les Fondateurs, ou qu'ils y aiçnt feule- 
ment envoie une Colonie, on peut alTûr 
ter qu'Orange n'a commencé d'être opu- 
lente & renommée que depuis qu'elle fut 
afFujettie à la Domination Romaine; car 
environ 216. ans avant l'Ere Vulgaire 
cette Ville n'étoit encore qu'un Bourg. 
Je rte fon(^e fur ce que Tite - Live par- 
lant du Pais que nous habitons a écrie 
dans le livre 21. chap. 28. que dans ce 
tems-là les Gaulois de la Rive gauche da 
Rhône liabitoient dans des Bourgs. La 
Ville d'Orange, qui par fa fituation ne fe 
trouve éloignée du Rhône que d'une 
lieuëj ne pouvoit pas être, fuivant les apa- 
rences , ni plus puiilànte ni d'une plus 
vafte étendue que les Habitations des 
Peuples du voifinage. 

Environ cent vingt- quatre ans avant la 
naiffance de nôtre Sauveur, les Romains 
étant foliicités par les Marfeillois de 
leur envo'îer des Troupes pour les fecou* 
rir , ils profitèrent habilement d^ cette 

ac- 



F R A M Ç O I s E.' 243 

occsfion» & a'ïanc eu le bonheur de bac 
tre tes ennemis dans deux grandes & ce* 
lèbres Batailles, la conquête de la Pro- 
vence , du Languedoc , de la Savoie & 
du Daaphîné furent à peuprès les fruits 
de leurs Vîâoires. Le Territoire decetr 
te Ville àïant été le Théâtre iur lequel 
ces mémorables & giorieufes Ââions s'é- 
toient pafléesy les Romains, pour éterni- 
fer ^es iîsiits fi confidérables, firent cons- 
truire nôtre Arc de Triomphe, comme je 
Pai prouvé dans la DifTertation qui a été 
inleréèdâns laBMwibeqtte PranfoifeTom» 
ILPart. ILpag.2io. & fuiv.Voil à l'origine 
de ceue particulière prédiledion & &ce 
tendre attachement que ces fuperbes Vain- 
queurs ont toujours, depuis ce tems-là, 
chèrement confervé pour cette Ville. 

Hel via mère deCiceron, fameux Ora- 
teur Romain , naquit à Orange environ 
ce tems-ci , au raport d'un Ecrivain mo^ 
derne. nommé Thevet; mais comme cet 
Auteur s'eft perdu de réputation par le 
grand nombre de chofes fabuleufes qu*il 
a inférées dans fes Ouvrages , il n'y a pas 
grand fond à faire fur une telle autorité. 
Ce feroic un grand honneur pour cette 
Ville fi Hel via y avoit pris naiflance; 
mais tant d'aiîtres chofes la rendent illus- 
tre & célèbre que ce feroit lui faire tort 
que de lui attribuer une gloire qui ne lui 
conviendront pas. Mr. Piganibl de là 
Force, qui a fait de fi curieufês recherches 
fur les Villes de ce Royaume^ feroic 

Q X fans 



^44 BXSt.tOT1l£Qt7fi 

ians dottte plaiiir au Public s'il voûtôit 
alléguer quelques preuves pour conflriiier 
ce qu'il a écrit dans le Tome IV. page 
6s . de Ça. nouvelle Defcription de la France^ 
que la Mère de Ciceron itott née^ à Oran^ 
ge. 

' Cette Ville eft devenue Colonie Ro- 
maine environ /^f. ^ns avant la naifTance 
de Jefus Chrift par le minîftère de Ti- 
bère Néron Pere.de l'Empereur Tîbere> 
car ce fut fous les aufpices de ce grand 
homme que des Soldats de la féconde Lé- 
gion vinrent dans èetteVille, & lui pro- 
curèrent par-là . le nom d*Araufia Se^ùnda^ 
norapi. 

- L!an. 64. ou environ de l'Ere Vulgaire 
les Romains auroient envaïéune féconde 
Colonie dans cette Villefioe queGoItzius 
a; écrit écoit , véritable. Cet Antiquaire 
affûce.j(f') dans fon Tréfor dés Médailles 
qu'il.. y a une Médaille de l'Empereur Né- 
ron fur laquelle on lit les paroles fuivan* 
tes; Colonia Araujio Secuvdanorum'Coborth 
.33. iwluntartoruni. Cequi fignifieroît que, 
lbu§ le Règne de cet Empereur 011 eh- 
vtfia dans cette Ville une Colonie prife 
^^ des -Soldats de la Cohorte 33. de {c) la 
fecdndQ Lçgion. Mais comme rilluftre 

Mr. 

' ' ^^) ^*^^ Harduînî Opéra p. 37. c. i. Edît, 
^ Amftelôd. r709, 

{ù) Ohfervéz que la Légion n'etoit ordinai'- 
' Hmenldhtjee qWin dix Cobortes. 



Françoise; 24f^ 

Mr. de Peireic n'a jamais pu déterrer une 
fèmblable Médaille, quelques recherches , 
qu'il ait faites à cet égard au raport de 
Gzffcndï in Vit a Peireskis pag.^f. il y a 
lieu de foupçônner que Golczius ne s'eft 
pas exprimé avec l'exaâicude convenable. 
Cependant je ne voudrois pas afiûrerque 
cette Médaille n'ait jamais exiftés il peut 
bien être que Mr. de Peîrefc, avec toutes 
fes recherches, n's^ura pas trouvé ce qu'un 
heureux hazard poufroit procurer a un 
Curieux dé Médailles. Ceux qui ont cette 
paflîon doivent s'enflammer d'une nou-^ 
velle ardeur pour tâcher de découvtir 
une pièce d'une fi grande rareté , & ils 
ièroient bien payez de leurs peines & de 
leurs foins par le plaifir qu'ils reflenti- 
roient de pofleder une Médaille qui au- 
roit été inconnue à une perfonne d'uri 
mérite auflî diilingué que Mr, de Pei<- 
reic. 

Quoi-qu'il en foit, les Romains ayant 
honoré cette Ville d'une Colonie militai^ 
re , ils lui "accordèrent les Privilèges 6ç 
les prérogatives qui^y étoîent attacher. 
Aulu-Gelle au livre i6» chap. 13. de les 
Nuits Attiquesa judicieiifement remarqué 
que les Colonies étoient en petit une ima- 
ge, & une repréfentation delà majefté 
& de Topulence de la Ville de Rome: 
Amplîtudinem MajeflatemquePopuli Romani 

,' Colonie quafi effigies paHa, 

fimulacraque effe quidam vtdetitur, fzt 

conféquent Orange avoit desPontifes pour 

Q 3 r^-^ 



^6 6l9|.^QTp]£QtTE 

régler toutes les affaires concernant fs 
Religion i des Apgureç qui obfervoiepc 
le tems favprable pour consmencer quel- 
que affaire foie par le vqI , le chanc ou je 
manger des Qiteaux; des Arufpices qui 
prédiibient l'avenir en regardant les en? 
trailles des Viâimes> d^s Cenfeurs poiir 
régler les mœurs, reçrgncher les abus, 
f^ire le dénombrement des Cicoïcns ic 
Ipur adigner un rang à proportion de^ 
leurs revenus j des Quelleuts ou Trefo- 
riers pour exiger & avoir foin des de- 
niers publics ; d^s Ediles popr veiller ^ 
la confervatipn d|;^ Edifices publics tant 
faines que profanes , pour avoir Toeil à 
Tencretien des grands Chemins, des Ponts, 
des Bains publics» des Aqueducs* &c. 
pour taxer les denrées qui fe vendaient 
dans les Places publiques, pour punir 
ceux qui ufoient de faux Poids & defauf- 
fes Mefures , &c. Les Romains, en rele- 
vant de cette manière la gloire de cefte 
Ville par la création de cçs Dignitez, 
n'oublièrent pas auili de l'embellir par an 

Ïrand nouibre de fompcueux Bâtiinens. 
)es Temples dédiez a Mars, (^) Diane, 
Hercule, &c. furent des preuves de lenr 
zélé poqr le Cvilte de ces fauffçs Divini- 

tez i 



(J) Ntutez pojtman$ quHi y û beaucoup 
têpartnci que /fx 'temples de Mars ç* 
JPHercule furent l^fis par les Romains avi^ 
fim*OréÊ$tge dei^nt Colon\e Romaine* 



Françoise. 247 

ez; des Bains publics âsparticuliers^des 
Pavez à la Molàïque, des Arènes, un 
Capicole^ un Champ de Mars, un Th^a-r 
tre, & des Aqueducs furent des marques 
de leur Luxe ou de leur Magnificence. 
Ce qui nous refte aujourd'hui de ces Ou* 
vrages ne nous fait pas moins admirer la 
fomptuofité du Bâtiment, que Pexcellenc 
génie de ceux qui préiidoient à la cons- 
truâion de ces travaux fl utiles & fi né- 
ceflaires aux-Peuples qui étoien^: fournis à 
leur domination. 
Je paflerois de beaucoup les bornes 

Sue je n^e fuis prefcrites dans cet Abrégé 
je parlois avec Pétendue néçeflTaire de 
tous ces divers Edifices. Cependant je ne 
iàuroîs m*empêcher d*en dire quelque cho- 
fe» quand ce ne feroit que pour indiquer 
récit dans lequel on les voie préfenteT 
ment. 

Les Temple? de Mars , d.ç Diane & 
d*Hercule fonç ^ préfept entièrement dé-i 
fruits. Les uns adûrent que le Temple 
. de Diane éxoit fitué à l'endroit où eft 
aujourd'hui VEglife (e) Cathédrale; les 
liutre^ difent qu'il étdit fur le derrière di^ 

(^) Gif acheva it bâtir cette Eglife un 
€9mmencewefit ia tràziftne Siècle ^ elle fut 
hâtie étu même lieu oi êtoit auparavant /'£- 
glife yuftiniene. Oeft dans cette Eglife JhS' 
imitnc qtu t^efi tenu k ttremier Concile de 
cette Ville. 



248 BlBtlOTHBQtJE 

Logis des trois Oranges j mais d'autres 
prétendent qu'en ce dernier endroit l'on 
voïoit les Temples de Mars & d'Herciile, 
& que dehors la Ville à la Plaine apellée 
Mnrtignan il y ayoit un autre Temple con- 
facré au Dieu Mars. 

Les Bains publics fe trouvent mainte- 
nant éloigi^ez d'environ ij'O. pas de fa 
Porte de Tourre. Ce n'eft prefque plus 
que des Mazurcs nommées vulgairement 
ia lotir ronde. 

Les Arènes font entièrement détruites; 
elles étoient placées dans une terre à 
environ 460. pas de la Porte de Saint' 
Martin. C*étoit là que les Gladiateurs 
fè battoient avant la conflruâîon de nô- 
tre Théâtre. 

Le Capitale, qui écoit aînfi apelé (/) 
parce qu'il étoit fitué dans un lieu lé 
plus élevé de la Ville , étoit placé fur 
uôtre Montagne 5 car Orange étoit pour 
lors fituée partie fur la Montagne & par-' 
tîe dans la Plaine. C'eft dans cet endroit 
que deux Magiftrats apelez Duumvirs 
rendoîent la juftice. On les élifoit du 
corps des Decurions , qui étôient à peu 
près ce que font à préfent nos Confeil- 
1ers politiques, h qni non fit Decurip , 
Dutimvirato , vel aVùs bonorilux fungi non 
potefi. L. 7. î. 2. ff. De Dccurlon & 

fil fis 

(/) VideTraéfat. JuRî Rycquîii de Ca- 
pitoHo Romano p, m. 82. ^117. 



Françoise M9 

Pllni eorum: Decurîenes, dit le Jarifcon- 
&lte Pomponius au f. s- de la Loi 239. 
du Titre du Digefte Je Verhor Signif^ 
quidam dzBos aiunt ex fD., quod initia , cum 
Cùlènia deducerentur ^ décima pars eorum; 
qui ducerentur , ConfiHi publici gratta cotif^ 
crihifèlita fit. 

Le Champ de Mars écoit fitaé dans 
l'endroit où eft aujourd'hui ie Couvenc 
des Capucins, qui étoit autrefois le Faux-* 
boarg St. Florent & auparavant leBourg- 
de la Claftre. C'étoit dans ce Champ 
qu'on s'exerçoit à la Courte, à la Lutte^ 
à tirer de l'Arc, &c. qu'on brûloir les 
Corps, &c. 

Nôtre Théâtre apelé communément le 
Cirque fervoît pour les Coorfes des Cha-^ 
riots , les Combats des Gladiateurs & des 
Bêtes féroces & pour donner les Nau- 
machies par le moyen de l'eau que Ton- 
y faifoit venir en abondance toutes les 
fois qu'on le fouhaitoit en ouvrant desr 
conduits deftînez à cet ufage* Il a io8.* 
pieds de hauteur & 324. de largeur. Je di- 
rai ailleurs qu'il a été bâti fous le regire 
de l'Empereur Hadrien environ 121. an 
après la naiflancede nôtre divinSauveur. 

L'Aqueduc avoît fon origine à quel- 
ques lieues de cette Ville dans le terroir 
de Malauflene, petite* Ville du Comtit. 
Il fervoit à conduii'e l'éau qui étolt né» 
ceflàîre pour les Bains & pour les Nau- 
machies, &c. On en voit encore de dé- 
bris afTez confidérabtesi 

Qy Si 



%fO Bibliothèque 

Si à tous ces précieux reftes on )oiRt, 
les Bas reliefs , les Pave^. à ia Mofaïque, 
&c. qui fe voyent chez divers particu'i- 
liers, on conviendra facilement qu'Oraiir 
ge devoit être une Ville bien magnifique 
éc bien opulente» Quelle perte n'e(l-ce 
pas pour la République des Lettres, fi quel* 
que Auteur ancien avoit entrepris une def- 
cription exaâe & fidèle de cette Ville 
dans le tems qu'elle étoit dans fa fplen* 
deur, qu'un tel Ouvrage ne foit pas par- 
venu jusqu'à nous? Combien de coûtUT 
mes f & de cérémonies, tant Ihcrées que 
prophaoes, qui étoient ufitées parmi les 
Romains & qui nous font a préfent en- 
tièrement inconnues, n'a prendrions-nous 
pas par la leâure d'un iemblable Ouvra- 
ge? Plus l'Auteur auroit été judicieux & 
plus nous y découvririons des faits eu- 
rieux & intércHans* La Perle de Cléo- 
patre qui fut mile aux oreilles de la Sta- 
tue de la Déefle Venus^^oula CaiTette 
ornée de Pierreries dans laquelle Alexan- 
dre le Grand mettoit les Ouvrages du di-r 
vin Homère ne feroient pas capables dç 
païer un tel Livre. Si on écoit afl'ez heu- 
reux pour pofleder une femblable pro-; 
duâion , on auroit le plaifir de voir d'u« 
ne manière claire & convainquante que 
les Scaligers , les Saumaifes » les Vofiius, 
les Ménage y les Spon, les Spanheim, les 
Dacier, & en un mot que la plupart de 
ceux qui le font attachez à expliquer les 
Antiquitez Romaines ont heureufemenc 

ren- 



F K. A^N Ç O I S B. 2f I- 

r^neontré la vf^ricé, & noqs ne'rerions plu^ 
dans l*incer^icade s'ils fe font quelque^ 
fois trompés dans leurs railbiiiieinens oo 
dans leurs conjeâures. 

Les Auteurs anciens qui ont parlé d'O- 
range l'ont fait d'une manière fi fiicctntp 
que cela ne donne pas de grands éclair* 
ciflemens à ceux qui font une étude par- 
ticulière de l'I-liftoire ancienne de cette 
Ville. On en pourra juger fi on lit ce 
que les Auteurs luivans en ont dit. 

Strabon, célèbre Géographe qui vivoit 
fous les règnes des Empereurs Augulle 
ii Tibère, eft le plus ancien Auteur qui 
ait fait mention d'Orange. 

Pomponius Mêla, qui vivoit rou3 le re^ 
gne de l'Empereur Claude, a auili parlé 
4e cette Ville. 

Pline le Naturalifie en a également 
parlé. Il vivoit lous le règne de l'Em- 
pereur Vefpafien. 

Ptqlemée, le Prince des Aflronomcs 
qui fleuriflbit fous le règne de l'Empe^ 
reur Hadrien, a pareillement fait mention 
de cette Ville, de même que ritineraire 
que l'on attribue à l'Empereur Auto* 
nin, &c. 

. Peut-^tre ne feroit-ilpas inutile^ avant 
que de finir» de donner Pétymologie du 
nom d'O & a h g £• Je le ferois avec plaî- 
fir fi je ne croïois qu'il y a trop d'incer*^ 
titude dans cette Science pour pouvoir 
s'y arrêter avec quelque fondement. Une 
f encoQore » un rien iont quelquefois les 

mo. 



Zflf BiBLIOTH »^Q tJ E 

motifs da nom. que I*on donne à une VîK- 
le. Qu'on aille après cela donner une * 
raifon de ce qui en un pur effet du ha-^ 
zard. Ainfi , Monsieur, j'aîme 
mieut employer le peu d*cfpace qui me 
refte à vous fuplier très-humblement de 
me pardonner la liberté que j'aî prifedé 
mettre vôtre îlluftre nom à là tête de cet 
Ecrit. Je fai que cette produdion n*eft 
ix>int' digne d*être préfentée à une per-r 
ibnne comme vous , qui êtes doué d'un 
goût fi délicat & d'un discernement fi ex- 
quis; mais )e Tais auflî, Monsieur , 
que fi on ne vouloit vous offrir que des 
chofes qui fuffent dignes de vous, il fau* 
droit pour cet effet ne fe fervir que de 
penfées brillantes & ingénîeufes, d'ex- 
preffions nobles & lumineufes, en un 
mot imiter cette manière fine & fpiritu- 
clle avec laquelle vous vous exprimez. 
Privé de cette heureufe éloquence & 
du beau talent de la parole, j'ai crû que 
je devois choîfir un fujet proportionné à 
mes connoifiances & à vôtre amour pour 
les belles Lettres 5 & que, pourvu que 
J'en ébauchafie un léger craïon , je pou- 
voîs cfpcrer qu*en faveur de la bienveil- 
lance dont vous m*honorez , vous regar- 
deriez d'un œil favorable l'Ecrit que j'au- 
rois l'honneur de vous préfenter. Ne 
me refufez pas, je vous en conjure, vôtre 
proteâion ; ce me fera un puiflant mo- 
tif pour m'animer de plus en plus à fai- 
re de nouvelles recherches pour mettre 

cet 



' F R A w ç o I s E* ^ ayj 

cet Ouvrage dans une plus grande per- 
feâioa. Je pourrai alors parler de la 
fplendeur de vôtre Race, de vos grandes 
Alliances, & publier avec quelle afiàbir 
lité& quelle bonté vous receverceuxqoi 
cultivent les Sciences. Je m*arrêteici, Sa- 
tisfait d'avoir trouvé cette occafion à 
vous donner uti témoignage public du 
profond refpea: & de la * conGdération 
infinie avec, laquelle j'ai l'honneur d'être. 
Mon s iiîUJi, vôtre très-humble &c. 

A Orange ce premier . ^,. . ;. 

Septembre 1713. • < 1 ^' ^ 

Jean Frçî)èric GuiB. 
'ARTICj^EVr. ] ' 

SutUdéPExtruity ^«<>^£CRbBOG& de Poft 

Royal/ &t. [Voy* le commencement à 
la p^ 87 du U Ton^etle cette BikHotbê^e}] 

P/ig. Tean RACiNî/ameux Auteur Tragï- 
166. Jqne, mort fe xt. Avril 1699 îl 
avoic été élevé a Pcrt Royal par M.hamon 
dont nous venons d^pârïer. L^fofitude, qu*il 
y trouva^ dit leNé«rcloge, /ui fit proiiui* 
re fa Tbébaïde qui lu acquit utpe très-grande 
réputation dans un Ige peu avavcé, Injin^ 
fiblement fédait par ts charmes dufiécle^ il 
s^ylaiffa alier &' paru avec éclat J'ar /eT^béa^ 
tre des fnvans Pà'étei^ ér dans l^ Académie 
Franfoijc. Mais en fi} la piété Ninportant 
fur toutes ces faujfes^ueurs , il renonça aux 
Mufes profanes pour anfacrcr fes vers à des 

Ob' 



2f4 6 I B t I O T R s Q t7 B 
objets plus dignes d'un Po'éte Chrétien, Sur Im 
fin défis jours, il renoua les pieufes hâbitU'» 
des quUl avait contraâées dans ce défera 
f tt* il vifitoit /auvent. Pour dernière marçu^ 
de fan attachement à ce Monafiere, il voulut 
y être enterré dans le Cimetière du dehors 
[aux pieds de Ton Maître Mr. Hamon.] 
Son corps fut exhumé, comme les autre5^ 
en 1711. & on le tranfporta avec ceux 
de Mr. le Maître, & de Saci, à St. Etiea* 
ne du Mont. On ra porte deux Epitaphes 
de lui, l'une par Mr. Defpreaux Ion ami^ 
& l'autre par Mr. Tronchon. 

Pag. 178. ^DoM Claui>e Lance-- 
tôt, Religieux de Saint Cyran. II 
mourut au mois d'Avri 1695-. à Quim- 
perlé en Bafle Bretagne , où il a- 
-VOit été exilé. La Grammaire Gene^^ 
i raie ^ raifinnée, les Méthodes Latine , Grec^ 
que^ Italienne & Efpaje;nole , connues fous 
le nom de Méthodes . te Port Royal , font 
de lui. Il travailla il l'édition de la Bi- 
ble de Vitré & y joi{;nit des Diflertations 
Chronologiques. Il a |fait aufli une Difler- 
tation fur l'émine de. Vin , & la livre de 
Pain,dont il eA parlé dans la Règle de St. 
Benoit. Vigneul Ma^ville fait mention de 
cet Auteur au T. I. jp. 148. de fes M^Aiiii- 
gesy aufli bien que Ejaillet dans fes jfage^ 
ments des Savans, &^ Dupin dans hBibl. 
des Aut. Ec:litfiafliquet du 17. Siècle. 

Pag. 217, Hënb^i Arnaud, E- 
vêque d'Angers imtt le 8* Juin 1692. 

B à 



F A A K Ç I s fi. iSf 

l Vige de 95*. ans. II étoît frère éà 
Grand Arnaad , & dans les troubles 
qui arrivèrent à Port Royal > à Poe-* 
cafîon dn refus de la iîgiiature du For* 
molaire, il prit toujours la défenfè des 
Relîgieufes avec beaucoup de gcnérolîté 
fans craindre defe commettre en écrivant 
en leur faveur aux Puiflances. 

Pûg. 236. L O O ï s DE Po N T I s. 

Gentilhomme Provençal , de qui nous 
avons les Mémoires. Il avoir paf* 
fé 5*6. ans dans les armées où il 
a voit fervt trois Rois avec une fidélité & 
une valeur dignes des plus grandes re- 
compenfes. La mort fubite d'un de fes 
amis le convertit , & il fe retira à Port 
Royal, où il pafTa près de neuf ahs, dans 
la retraite & dans la pénitence, travaillant 
aux ouvrages pénibles du Jardinage. Il 
fut chaifé de cette Maifon, comme les au* 
très Solitaires, en i66o. ce qui Vobligea 
d'aller demeurer à Paris , où il vécut en- 
core dix années, dont il pafla la dernière 
au dehors du Monaftere, où il fat enter- 
ré devant la grille du Chœur des Reli- 
gieufes. Il mourut le 14/ Juin 1670. & 
faifla par fon Teftament à Port Royal 
327 liv. de rente qu'il avoit fur les cinq 
grofies Fermes. 

Pûg. lyç. Nicolas Choarx 
DE BuzENVAL, Evêquc de 
Beauvais , decedé le 21. Juillet i6y(^ 
Il ne voulut jamais confentir à aucune 

pro- 



,3.f6 B I B I. I O.T H B'Q U E 

proppfilion de paix fur lesaffaires<le;I'E- 
gViie qu'à condition que Port Royal fe- 
roit compris dans'leTraitéquel'on feroic. 
P^S- EARtjAUD.Uo^^rde 

Sorbon ï eft fuivît d'une Lettre 

du P. C mort arriv;éelé8 Aoûc 

16^4. i :. ans dans le lieade 

la retn tie notpme point. On 

trouve Epîraphes, l'unepar 

Desprc. 'epar Santeuil, avec 

quelques Epigrammes pour être [mifes au 
baidsTonEllampe. On reporte aiilli la Pa- 
linodie de cç dernier avec la retraâation 
de cette palinodje^fous le titre de Santeuit 
'Pfaiteni,q\3ecs Poç'tea, dit-on, iou)opr^ 
^deÙivou^e,^ ^11 'oncroit avoir été faite par 
l'Aobérraguier, de Caè'n, peu.de len^ 
après qu'il eut qiiité la robe, de Jéïuite. 
£lle eft en Vers Latins & François.' Tou- 
tes cesPiéces font accompagnées dupor- 
tfait de Mr. 'Arnaud, qui fuï faii.pouf 
rCBipIa^çi' cçliii que Mr. Perrault, avoit 
Jiyh dans (è^'ï/c^f/ (/m Hommes Ulujires 
daiy. fiéele^' &i que les Jéluites firent 
"rctraijcher. 
Pag. 337.DtAisEFASCAL, Auteur des P;ol 
vincialesmonî^é de 39 ans le i9.Aoiiti66j 
Sonéloge, qui efiadezétendu, eft accom- 
pagné de deux Hpicaphes Latiiies, l'une 
par un Chanoine d'Orléans dgfigiié par 
ce^ lettres initiales A. P- D. C & l'autre 
qu'oti voit encore^ mais effacée, fur Ton 
Tombeau qui eft à Se. Etienne du Monc 
der- 



F R A K ç o I S «î ; %s^ 
iJerriere Iç maître An tel/ 

Pëg, qSl. ROBER T AR M:A O ]> 

D* A ^ D 1 L L y, decedé te 27* iSq^r 
cembre 1674. à 1%^. de 8f. îins. Il 
éroit Painé de ai. enfans que foiiPere^fa- 
meuz Avocat du ^arfetnenc de Paris, eat 
de Catherine Marion^fille de l'Avocat Ge» 
néraU On peut voir les Ouvrages qu'il 
a faits dans la Bibliothèque de Dupin. 
Bailletraportefort au long, dans Ces Ju*- 
g^mens des Savans ,:ce qu*on a dit de Tes 
Traduâions. Vigneul Marville nous ar 
prend, dans fes Mélanges Tom. I. p* lôf* 
que, lorfque faTraduâion desConteflîons 
de St. Auguftîn parut, Mrs. de l'Académie 
Françoife en furent fi charmés qu'ils lui 
offrirent une place dans leur compagnie» 
& que le refus qu'il en fit les porta à 
faire'ce règlement que dorénavant l' Aca- 
démie fe feroit folliciter & ne foIUcite- 
roitperfonne pour entrer dans fonCorps^ 
Il fut enterré au Port Royal où il s'étoit 
retiré, dès l'année 1644. quelque tems 
après la mort de fa femme. Il travailloic 
fept ou huit heures de tems , après quoi 
il fe delaflbit à la culture des arbres. Il 
âvoit coutume d'envoier tous les ans à la 
Reine Mère, des fruits des efpaliers qu'il 
rultivoit; lorfqu'on les fervoit à la table 
de cette Princefle, l'on ne manquoit jamais 
de l'eo avertir, parce que cela lui faifoic 
plaiiîr » & le Cardinal Mazarin ne lea 
jiomcnoit point autrement que des fruifi 
b^jpis. 
Jpm. IIL Part. II. R P^g* 



N, 



Ifi B i H L I O T H E Q U E 

Pag. 39f. J E A K D IJ V fe i'^ 

c £ ^£0 £ Hau&ane, Abbé de 
Se. C)M(i) decedé à Paria en la 72^ année 
de fott âgele ii.OûolMre 164}. Oeflfui, 
dk le Necrologe, f «i «roMi « wfiîré le goût 

de la Pieté Chrétienne^ t attachement à Pan-- 
€iennB Dûerine de PEgl^i & f amour de ta 
Vérité. C%^ M qui a peffeSimné cette 
Pieté folide & éclairée que tout le monde a 
admirée en nêtre Reformatrice laMere Mm- 
rie Angélique Arnaud, Oefl Un enfin qui a 
feu fié de Solitaires ce Defert, & nôtre Mai^ 
fin de Puirit, & qui a jette en eux les pre^ 
mieres femences de cette auftere fenitencé qui 
s*y efi perpétuée avec réputation , ^ qui iV- 
fant répandue dans le monde y a ttiompbê 
de bien de viees en une infinité de perfmnès 
de toafe Condition. Defbrte que ^^on 
peut .fuflement lui apUquer l'éloge que VEcrl^ 
tare f Mi du Si. Roi Jofias en défaut ^ qu'ail 
s été d^iné divinement paur fémre rentrer te 
feupfe.d(fne la pénitence^ & qu*Uu eXtermir 
né les jdf0ninattont de l* impieté • • • titra» 
va^MPà an Traité de Ja Mort krfqu^elle 
termina A V^t. Diea fit voir j par plufieurt 
fignf^ ^a*il donna de lafaiuteté de fou Ser^ 
vitéur^queja mort avoie été précweufe' à fes 
yeux, 11 fut enterré à St» Jaqaes du 
Hflu^pas fa Paroifle. On trouve, à la fuite de 
fon Éloge, PEpitaphe qui eft fur fooTom- 
))eaa (S( doncon ne dicpoinçLe nom de 1^ Au- 
Ifepr. Dqpin parle fore au long de lui 
f}a9$: ik mblîocheqae des Auteurs E- 

cle» 



F R « » q;0-i* f- ?j;j 

ctefiftflîques. Bâties ^n<ip auÛl dorme .un 
Article dansfontiiaiosaif^-au no:S^n| 
Cyrap_.' . ' : . :/., 

P^£- 399» C t ♦ U B E, D f ..Sré. 
M A R T H c. Prëtrç dii Diocefe de 
Pjrîs , , Coofeflèur de Port ftby»! , 
deced^à Corbeville P-aroifl'e d'Orly 1$ 
II. d'OûoIwe 1(590. Il y a deluid^"* ^^o? 
Ium*t Jf Iraith Spiriùfth Impr. ea. 1703J 
Deux, autrei VeiuBUJ ^ Ltttret fir dïiisr^ 
ftijett df Piété , de Mçrfife.. à" de Omdiiîtî 
pour la vit Ciréiiemu, lippr. eh 1709. fJ'i^ 
Défenft 4*t ^tiïgmjts 4^^ fort-Roysf & d^ 
Ituri Dp;t0. ~ faits MÎh^iéi 

Par Mr. C r de SqtIùii»*^ 

Impr. en v rç d'^n £!ccle-r 

Caâiqâe à 1, i6ûf. X)u^ 

pin ne Ta p i Bïbliotb. des 

AHtfiK&-£cclefi^^qfies,dp 17. fîecle*. 

Ptgi 411." A M T P i N ^ }..J^ 

M A i.T ,1^ », Avocàf iii farlemepç 
de Paris, niortlé4 Novpmb. itfjS. Il 
fut eftjmé le plus grand OMteu'r dé 
ion Ççcjf , ' Il a ^câci'^^ pluiîeujrs bdn^ 
Ouvragçft,;CDn)in&|çn )(t peot.voir dan^ 
Iiopip.,:;iér'y[6reiçi".dé la dernicre t^dir 
tion, & daiislelïifcbjvs-'wr l'ffift'pircdè 
la Viedps Saints dé Bailler Cfi.^j-i.ViéJieiil 
Marviire ditqvi^<)ùé chofedè luî ti <^j(^ 
Pl^itby^rsdaosresMêlanges.'l'.nLp.jijq 
Simon l'a mis au^î dans iâ BibllQtbeQu4 
des Attceurs du Drcùt, ^ ■ i 



l60 BlBI^IOTHEQUE 

Pae. ^lo. Pi erre T h ô* 
MAS Sieur du Foffe de Rouen , dece« 
dé à Paris le 4. Novembre 169S. Après 
avoir été élevé à Porc Royal , il 

5)afla le refte de fa vie dans la retraite, 
ans avoir jamais voulu recevoir iiucun 
Ordre ni Bénéfice; mais il n'en fervic pas 
tndins bien l'Eglile, ainfi qu^on en peut 
juger par les Vies des Saints des mois de 
Janvier & de Février, Imprimées en lôSy. 
& 1 687 & par c^les de St. Thomas de 
Cahtorberi , de Tertulien & dOrigcne* 
C'eftà lui auiîî que l'on eft redevabtede 
fa continuation dès Commentaires fur la 
Bible commencés par Mr. de Saci, Vo- 
y es le Difcours fur l*Hiftoîredé la» Vie 
deis 'Saints d^ Baillet. & la Bibiiptheqae 
de Dupin. ^* * • '' 

Pag, .434» P'I'E R R E N t&à t E, 

de Chartres , Bathélier en Théologie 
de la Faculté de t^ari^î où il' mourut 
Ù 16. Novembre lôgy. Il a faif un 
grand nombre d'excellens Ouvrages, 
dont lé Catalogue fe trouve dans la Bi- 
bliothèque des Auteurs Ecclefiaftiqùes de 
Dupin>oudans celle des Auteurs Char- 
trains de Dom Liron Benediâin.- 

P^jf. 44^. Nicolas le Tour- 
K £ u X, Prêtre du Diocefe de Rôuën, Au- 
teur de l'Année Sainte. Il moufut à Pa- 
fîsle aS. Novembre 1686. Il légua- par 
fon Tedament deux mille livres S'aufBÔ<^ 
ne à Port Royal qù il a voit exercé» peur 
dant quelque teihs, remploi de Confefleur 
ordinaire^ Pa^ 



- F RA N Ç O I s E, l6i, 

Pag. 464. Nicolas Pavil- 
lon, Evêqtic d'Aler , mort le S. 
Décembre 1677. dans fon Diocefe, 
où , ce qui eft bien rare , il avoic faîc une 
réfidence ailiduë pendant Pefpace de 40..' 
ans, fans jamais revenir à Paris qui étoic 
le lieu de ia naiflance. Vam^ittr qu*il avait 
pour Im JttftUe ù* pour la Vérité t* engagea , 
die le Necrologe^ à nous prendra fous fa 
proteéfion. Il ne montoii point au faint Autel 
qu^H n*y portât la lifte de nos noms qu*U met' 
toit fous la nape afin d'offrir pour nous tou^ 
tes en général ^ pour chacune en particuT 
lier^ee divin facrifice qui unit tous lesfidelles. 
On raporte un éloge Latin de ce faine 
Prélat fait par François Defelva Ecçlefi- 
afiiqueda Uiocefe <rA.let,avec uneEpt- 
taphe dont on ne dit point Iç nom de 
rÀoteur. 

Pag. 492. St. F R A 19 ç o I s DE 
S A L £ s , Evêque de Genève ^ 
mort à Lyon le 27. Décembre 1612. 
Il fut Diredeur de Marie Angélique 
Arnaud Réformatrice de Port Royal. 
// ne manqUoit point y lQrfqu*il aihtt à Paris, 
de vifiter de tems en tems ce Monaflére qttUl 
fivoit de coutume d'apcllex fon cbtr Port 
Royal ^ fes chères délices. La Mire Angc^ 
lique avoit un Recueil conJideraUe de Lettres ^ 
que ce Saint lui avoit écrites pour fupléer à 
fa préftnce^ mais elle nUn communiqua qu^un 
très-petit nombre lorfqu*on voulut publier le . 
Recueil des Lettres de ce St. Prélat , parce 
qui dans celles qu'utile retint il difoit trop de 

R 3 bien 



i6i B f r L ï o; t h e que 

i}ht$ JheHe, Dms une d§ cet Lettres Skimt 
fr(nfçotsdeSale4 lui thgirquoit ces propres pa* 
^olfSy Dieu n^ a fuît connaître quHl vous rC" 
'fttve peur des ebafes de grande conféquence » 
4hmt ûotà^ ûvés gfUtnd fitfet de rendre grâces 
àfà* dh^ne Majefiê vparcfies^ qni ont toujours 
'itènhitPè'gfâifées'dansJUfprit de la Mère 
AftgJfRque coiumk défignant clairement les 
grandi, événements arrivés à cette Maîfon. 
Debdnne foi, fi François de Sales eût été 
i canonifer da tetns de Clément XI. & 
que ce Pape l'eût vu compris- dans hi le- 
gende de Port Royal , ce nid de PJHé- 
refie ; n»ent-ce pjas écéutie tache à la ver- 
ip du Saint, le fon afFeâion poar la Mè- 
re Angélique & fon cher Port Royal n*aii- 
roic-dle pas nn'peà balancé la force de 
fes lîliracles? 

Dans l'énumération que nous venons 
de farté des priilcipaux. perfonages qui 
ont Hfuftré Port Royal , nous avons ô- 
mis ilar mégârde de mettre en fon rang 
îe fameux Evê^que d'Ypres , C o h - 
KELius Jamseniûs Pûg. 
186. Son Eloge , & Ton Epitaphe , 
telle qu'elle fût d'abord gravée fur fon 
Tombeau , & qui depuis a été enlevée > 
fe trouvent dans te Necrologe fou^ le 6. 
de Mai jour dé là mort. .11 mourut de 
peffè dans Ton Pàfafe Êpffcoptfl en 1638. 
comme il venoit d^chever ce grand Ou- 
vrage, qui faît encore taiH de breît. Sots 
etAkente pieté, dît le NeCfOloge, fùn nt- 



JP it A K ç O I 8 e: ;a^ 

filment à Panciinne Dofffi^i Je PEgl\pty 

fim Hrùite mnhn avec Mr. de St. Cyran no* 

trt Di^eSeur , /«A ferfecuthmi f$$e l*o» namà^ 

a fmtes fougm ifm ê€C)$fion ^.^m fi^ 

de fim fameux Liare » timi nous tf^agt à 

Mvoir en Jingultere tienérsthn la mémoire de 

€B grand Prélat. Ohoitatàbommfid^um par* 

hitê reconnue^ d'une foi vive^ d^un offrit 

folide y d* un f avoir profond, il avoii pajfé 

fhifieuiçs anuées dans la retraite avec Mn 

du Verger de tiauranne fin intime ami , à 

lire mueuHveeaeut le$ anciens Pères de l*E^ 

glifi. Lafcience qu^il y putfa h rendit com^ 

paraUe à ces grandes humier es ^ la faèntett 

de lasers mesure qu'il imita parfaitement le 

f as/bit regarder comme un véritable Snceefi 

fessr des jdpAtres^ & le ueh fuHl a f$it prtT 

rostre contre les CaMnifles, tant dans fis Con^ 

férences particulières que dans fis Ecrits ^hi 

a mérité le glarieu* titre de Difenpur dtl0 

foi Catbottque. //. étoit infatigable doses le 

travail & dans les exercices de la pénitence. 

Il ne fi coucf^it prefque point ^ & ne dor^ 

msoit guère que quatre à cinq heures^ em^ 

.ployant taup le refie du tems à la leffure ^ 

^ la Prière. Le plus fiuvent il paffoit les 

nuits dans une cbaifi, dont Mr. de St^ Cy-^ 

ren berita aprèi fa mort y & o^ il y avoit 

unpulpitre pour tenir fis livres* • .Outre Us 

autres Per,es de f^EglifCy il avoit lu plus de dix 

fois tout St. Augt^rf ir plus de trente fois 

fis Onvr âges fir la grâce contre les BelagienSy 

ffqnt il faifiit fis plus fréquentes -.fuéditar 

titusl il regûfdeàt ce faint Doreur comme 

R4 / 



aJÎ4* S * B^I. lO T H E Q.Û E 

•/# MàUre de VEglife dans cesQueftiMif^am^ 
formément àPidétquê plufieur s grands Papes 
nous en ons donnée. Il travaiiia plus de 
ifingt nns à fin fameux Ouvrage qu*H puiféa 
prefqae sont entier dans St. n^ugufiin , doms 
il lui fit porter le nom .... 
L*Epfcaphe qui fut mtfe furfonTombeaa 
commence par ces mots : 

Cornélius Jamscnius bic fisns tfi , fatsB 

dixi, 
VïrtnSf erudifio , fama céetera laquent ur.' 

On peut voir la fuite dans te Nécrologe • 
Cet Ouvrage ne contient pas leuiement 
les Eloges des Hommes qui ont iliuftré 
Port Royal par leur- Piété & par leurs 
Ecrits i on .y rend auHiun jufie tribut de 
louanges aux Bieniâiâeurs de cette célè- 
bre Abbaïe, parmi lefquels on voit des 
perfonnes de la première qualiré. On 
f>eut dire en gênerai que les Eloges & 
fur tout ceux des Solitaires feront plaifir 
à tous les ledeurs qui ne les connoiflënc 
qu'imparfaitement. Pour les Gens de Let- 
tres ordinairement plus inftruits de la vie 
& de THfftoire des grands Hommes, ils ne 
doivent pas s'attendre à trouver dans le 
Nécrologe des faits inconnus , ni même 
tous ceux qui font plus communs. Pour- 
quoi avoir exécuté G n^lieemment une 
«ntreprife fi utile & fi capable en même 
tems de faire honneur à l'Ecrivain qui en 
fèroit beureufement Tenu à bout f 

A R. 



■ 

ARTICLE Vn. 

Recueil de phjiears Pièces tTElo^Êance & 
de Poejie^ prefintées à P Académie des 
pux FloroêâX , peur les Prix de P Année 
1 7a) ^^vec Us Difconrs prançnces cette éotr 
née en plufieurs accafions pardJfferens Acé^ 
dimiciens. A Touloûlc, chez Claude 
Gilles Le Camus. 8. pp. 232. 

L'Académie des Jeox Floraux deTou- 
loule propofe toutes les années qua- 
tre Prix , donc la diftribution fc fait le 3. 
de Mai avec beaucoup d'appareil & de 
iolemnicé, dans le grand Confifioire de 
l*H6tel de Ville, où cette Académie tient 
fes Aflembiées publiques. \ 

Le premier de ces Prix, qui eft une A- 
maranthe d*or do prix de 400. livres eft 
adjugé à une Ode. 

Le deuxième eft une Violette d'argent 
de lyo. liv. que l'on deftine pour un 
Poëme de foixante jufqu'à cent Vers au 
plus, tous Alexandrins & fuivis, ou à 
rimes plates, & dont le fujet doit être 
Héroïque. r 

Le troifiéme eft une Eglantine d'argent 
de 2$o. liv. que l'on donne aune Pièce 
de profed'un quart d'heure, ou d'une pe* 
tite demie heure de leâure. 

Le quatriémcjquieft un Souci d'argent 
du prix de 100. liv* eft deftiné pour une 

R s Ele- 



266 B I B t i b T H c Q tr E 

Elégie , une Eglogne , ou nne IdylleJ 

On laifle ati choix des afpirans les fu- 
jets des Pièces de Poëfie ; on exige feule- 
ment d'eux, que les Vers foient réguliers, 
& n'ayent rien de {atirique> de burlefqaè 
ni d'indécent. 

Pour la Pièce de rEloquence , c'eft 
l'Académie eUe-même qui en propofe le 
fujet. 

Toutes fortes de perfonnes, de l'un & 
de l'autre Sexe , tant Etrangers que Re- 
gnicoles, peuvent prétendre aux Prix. 

Les Pièces doivent être remifes dans 
tout le mois de Janvier, & adreffées a^u 
Secrétaire perpétuel de l'Académie, eiai 
obfervant certaines formalités prefcrite^ 
par les Règlements. 

L'examen dçs Pièces prèfentèes à l'A- 
cadémie eft toujours précédé d'une Sr- 
monce ou Difcours qu'un des Académiciens 
prononce à huis ouverts dans le grand 
Confiftoire de l'Hôtel de Ville, le pre- 
mier Dimanche de Pannée. Le but de 
ce Difcours eft d'inviter les Poètes & les 
Orateurs à entrer dans la lice qu'on leur 
ouvre. 

La diftributîon des Fleurs eft fixée au 
3. de Mai, & l'on donne ehfuite au Pu- 
blic un Volume des Pièces qui ont été 
couronnées & de celles qui ont concou- 
ru, à quoi l'on joint les Difcours qui ont 
été prononcés à ce fujet, ou dans d'au- 
tres occafions qui intérefTent l'Académie 
ou quelqu'un de fes Membres. 

Les 



F A A « Ç O I s B. 267 

Les Prix de la Poëfie ont été fenis dis- 
tribués cène année. L'Ode eft de Mr. 
Tanevoc de Paris. C*eft lui qui eft l'Au- 
teur de l'Épicre aux Mufes qui eft infé- 
rée dans leî.VoK des Mémoires btfiori^ 
qaes é* , critiques ; le Poëme de Mr. Tri- 
qaoys d'Orléans & PEgl(^ue de Mr. 
d'EffadeiYÉ de'ToûIoufe. mus nrppor-; 
rerons feolenleDt quelques ftrophes de 
l*Ode; le.fujec en eft, U candeur de 
Dieu dans [es Ouvrages, 



L'Auteur décric d'une manière fublime 
^arrangement & l'ordre admirables qui 
régnent dans l'Univers. Le début a 
quelque chofe de magtfifique. 



•I» 

" 39 

i» 



Gland Dieu, dd^jna Raiiba aUlere 
,, Où tçad le ^q\ împétuein l 

Quels (ont ces Globes qui des Çîeux 
Parcourent rimmenfe Cairiére^ 
Effrayaos par leur nombre 5c leur vafte graa« 
deur f 
3, Ils rendent en lous lieux QM vive fplendeur. 

j^ D'un cours immuable & rapide 
,, Dans Ton Cercle prjefcrît , chaque Corps (ç 
maintient $ 
„ Miis dans cet efpace fluide 
>» Contre leur propte poids queBë inain lés 
fouiient i 

Une 



a6J B I "B L 1 O T H E Q O E 

Une féconde ardeur imprime ' 



»» 



9» 



»* 



39 



Sa vertu dant tous l'Univers : 



„ Entre tous ces Globes divers» 
yt ' Vient régner un Aftte (iiblîme^ 
Source vive de feux par lui-mçm^ U noos 

* • • • 

luit: 
Arbitre des faifons , <hi fOnr Ce de la nuit» 
„ Son cours feul en fait le partage. 
9) Fatal à Tonl qui perce en Con fein radieux, 

>, Il femble retracer rimage 
^, Du Dieu dont la (plendcnr Ce re&fe à nos 
yeux. 

„ Cet Aftre (iitt s les triftes ombres 
^ Déjà s^ipêndênt en tons lienX| 
3, Mais le Ciel paré d'antres feux, 
^t Ote à la nuit fes voiles fombres.* 

», Au celefte lambris tous ces feux ranimez, 

9, D*une main libérale y ^t par tout femez.' 
,3 Tel eft IV'mai I de nos prairies ^ 

9> Et tandis que des Cieux le Soleil eft abfem» 
,, Ces clartez douces & chéries 

^f Décorent dn Seigneur le Tronc éblouiflant. 



Knfîn, après avoir peint avec la même 
noblefle tout ce que le Monde a de plus 
dîgnede nôtre médiration, i| conclut si'u- 

^e manière également noble & vive. 

Tout 



/ 
I 



93 



9» 



^ Tout ce qu'en fa noble ftruâttr6 
L>* Unî^rs préfente à nos yeux» 
l.*Occati, la Terre & Jes Cieux 
Montrent 1* Auteur de la Nature: 
,', Ouvrages de fts mains , ils doivent à fts 

loix 
,, De leurs Etres divers 3 Tar rangement ^ le 
choix» 

3, La vari^td, Pexcellence. 
Dieu de Tes Ennemis fera toujours vainqueur : 
Toutdépofe pour fa puiHance, 
», Et les yeux de Tliopie ont dcmenti (ba. 
cœur, 

* • ■ * 

Les Pièces conronnées font fui vies de 
quelques Odes. fur le 6me, la Vohpté 
Pbilrfopbique ^h$ Mt^fes ^ te Jugement tuni^ 
verfelja Mode y la Colère tl l^Hypocn fie; de 
deux Poè'mes intitalésj La Converfion du 
St.PAVhf^tiUi larmes, d^ AhEXAïmRRi 
d'une Elégie, & d'une Idylle fous ce ti* 
tre, les Bergers favansh qui eft un Dialo- 
gue entre deux Bergers, donc. l'un fe plaiç 
à l'étude y & laucre à faire l'amour. Après 
les Poëfies, viennent les Pièces d'Èior 
quence. On trouve d*abord deux Difcours 
fur VVtSUté des Acadé^Ues-, c'écoic le fujec 
propafé pour l'Eglanûne; mais elle a 
été refervée pour l'inné^ prochaine^ par- 
ce qu'on n'a pas jugé qu'aucune des piè- 
ces préfentées dût la mérûer. Ou n'a 
pas laiffé toutefois d|^ pu^r les deux 

^meil- 



%J<y BlËLlOTHEQCE 

meilleures, afin qde, par la leânréde ces 
Pièces qui renferment decrès-lK>on€s.cho- 
fes, les Âatears foieot d'amant plus ex* 
citez à donnerune plos grande perfeâion 
à leurs Ouvrages. Les gutr^s Dlurours 
qu*on donne font : 

I. La Semonce faitu le premkr .Dimanche 
de cette année par Jiîr, Montàlidier Avocat 
au Parlement. L* Académie s'y plaint par 
fa bouche de ce gu'ellç eft fi louvent for- 
cée de referver le Prix de ^Eloquence ou 
de l'adjuger ehfuite à des' Pièces dePoë- 
fie, L'Auteur croît que ceuefteriiité de 
bonnes Pièces peut venir de ce. i)0e les 
Orateurs font jaloiixidc l'honneur de pré- 
férence qu'on donne à la Poëfie^ dans la 
diftribution dés Pilx/ Pour les guérirde 
cette prévention à il leur moncre qw 1*£^ 
loquence ne conduit pat maint au faîte de 
la ghire que la Péièfie.^ fc il leur proposé 

enfuite des R^les pouc la cbsippfitiQn 
des Difcours qu'ils^ ¥Oi»diont préfeqter à 
l'Académie. 

IL UElogeie Clémence Isaore» 
par Mademoifelle de Cateian de Porcel ^ 
Maitreffe det featù fhrattx. Tout le mon* 
de fait que Clémence Ifaure paiTe pour être 
ta Fondatrice de ces Jeux* Son Statue 
érigée dans l*Hôtel de Ville de TouIqu- 
fe, & l'Infcription Latine qu'on, y voit 
gravée fur le pié d'efial oat dooié lieu à 
cette opinion que plufieurs JEcrivaîn^ ont 
adoptée, comme Du Fanr de St.. Jori dans 
fôn Aganiftkoit, fa^e Mafin: daos l'E* 

lo- 



F R À k ç o I s ^. 271 

logé qu'il a fait de Clémence , Du Vtrdier 
Vaafrivas dans fa Bihliotbeque ^ & autres; 
mais les meilleurs Auteurs Toulouraïns, 
tels que Cauneuve^ Catel^ is Paille toi-mê- 
me, quoi-que de 1* Académie des Jeux 
Floraux, n'ont point été de cet avis. Jls 
ont traité de Fable tout ce qu'on dit de 
Dame Clémence, jnfqu'à fon nom. Ce- 
pendant c*eft une opinion fi bien açrédi- 
téc dans Touloufe» que Mrs. des Jeux 
Floraux ne manquent point toutes les 
années de prononcer fon Eloge le jour de 
la diftribution des Prix. Mlle, de Catè- 
lan, qui eft maîtrefle des JeûJc, poqr y 
avoir remporté le nombre des Fleurs 
prefcrit par les Statuts, avoplu àfôntour 
figâaier fon zélé pour la prétendue Fon- 
datrices mais la Loi qui exclud les Fem- 
mes des Affeniblées de l'Académie ne 
lui aïant pas permis d*ea prononcer ellè- 
même le Panégirîque, il a falu qu'un 
des* Académiciens lui a^t prêté . ft voix. 
Eft-ce qu'on Tie devoit point franchir tes 
bornes ûp. cette Loi dans une pccafion aoilî 
hpnorablè^ pour le Sexe ? Cette circons- 
tance n'eut cas été fûrement d'un petij: 
rdief à la folemniré des Jeux. Mais, 
pour revenir à l'Eloge dont npiis parlons, 
c'eft une Pièce fprt éloqg^nte, & bien 
écrite. L'Académicienne t inet fon Hé- 
roïne au dèffus de la Pucelle d'Orléans 
& de François L Fille merveilleufe^ s'é- 
crie*t-elle , qù^ le Cielfùfcita pour délivrer 
Us François dnjvttg de tignoyandj plus mer. 
* * v«7- 



1^1 B I B t l Q T ttl Q tJ B ' 

Veil/nffe que cette autre qu^il fyfeita pattr tei 
délivrer itune domination étrangère. Mer^ 
des Savant à plus jufle éf plus ancien titre ^ 
ftt^ftn de nos plus grandt Rois n^en fat apel^ 
ié le Père. Elle a même ouvert la carrière de 
tefprit ^ des belles Lettres à nôtrje Sexe^ c^c. 

III. Deux covipliments faits au nom de 
1* Académie i l'un à Mr. de Nesmond Ar- 
chevêique d'AIbi fur fa tranflacion à l*Ar- 
chevêché de Touloufe^parMr. Daldegnier 
Chevalier d'hdnneiir au Bureaa des Fi- 
nances de cette Ville » & l'autre à Mr« 
de Maniban , à t'ocafibn de fpn inflalla- 
tion en la charge de premier Préfident , 
par Mr. Dr aille t Préfident aux Enquêtes. 

IV. Un Discours fait au Roi après fbn 
Sacre par le même Archevêque, à la 
tête du Clergé le î8, Oélobre 17^2.. On 
a mis cette Pièce, parce que lePiréUt eft 
Membre des Jeux Floraux, 

V. Un autre Discours prononcé leir. 
Janvier 1723. au fujet du Don gratuit 
acordé an Roi dans PAffemblée des Etats 
de la Province de Languedoc. Mr. Cor^ 
moétli^ Avocat au Parlement, Députéde 
la Ville de Touloufe, & Pun des Aca- 
démiciens, eft l'Auteur de cette Pièce, qui 
eft un morceau achevé en ce genre. 
L'Orateur y fait une belle & éloquente 
peinture de Pétat du Languedoc & des 
horreurs que la crainte de la contagion 
y a voit répandues. Rnpelloas^ dit-il , cet 
triftes'jours ou nos voifins ont été livrés à 
des maux fans remède-^ cette agitation in^^ 

quieti 



F R A H Ç I s t. ^Ji 

fàUit^ cttn terreur C9nfufe qui avoit êgater 
Vient fat fi nû$c0sur$éf' nos effrita Des PrO'^ 
vitues entières fefarées de la Nation , Qnfou^ 
mienx dire du refie du Genre Humain ; tau* 
te cummuntcatiott interdite i ces Villes dtfo* 
lies dont on ne raporieit que des larmes ^ 
des rrgrets ^ Ù* à qui nous ne p^uviont çffrir 
qu'aune compafRon impui(Jante îbrfierÙe. Nous 
avms vu ce peau s*apr$cher à paslents, pe^ 
netrer jet sques dans l*int trieur de la Province, 
& tenir, pour atnfi dire y durant deux ans^ le 
ilaive mortel fuspendu fur nos tètes» Chaque 
tnfiaBt renouvelhit nos frayeurs : Nos yeux 
ne prêtaient qu*à regret Feur mmiftere à la 
curiofité, de nos recherches i é' tandis qui 
nos oreilles écoutaient a-didement ces iiouveau'- 
tés afrâufes » notre, houche craignoit de ref^ 
pirer Pair qui nous environnait' S^el cban-^ 
gement parmi nous / Ocupés à nous défendre 
iesfentiments même âe la pitié, tout était 
Jevena fujfpeâ à notre vie. Au milieu d*un 
danger fi preffant , de qu'etfecours n^avlons^ 
n^us pas befoin pour en écarter tes aprochesi 
Vniî far mille nœuds avec nos Voifins, nout 
avons (raVnt de Tétrt par la focieté de leur 
ntlfere y & regardant] lés limites de leurs 
Villes ainfi que les frontières de nos ennemit, 
nous avons été forcés d'élever entre eux & 
nous comme un mur deféfaration pour nous 
garantir 4^ pour nous défendre. Ces pré'- 
cautions ont entraîné la ruine entière de la 
Province, tt afalu racheter nos vies pas^ 
lefacrifice de nos biens. Uidée éf râlante dm 
péril a ébranlé tous les re forts de la SociC" 
lom. Ut Fm. II. S ti 



i7ff B I B t t O T H E Q tJ E ..:; 

te cHtie ; éîU en a fait tarir tous les ta* 
maux. Lé revenu des Villes a été' eonjimé 
far les dépenjes publiques ; Le Marchand a 
vd ruiner le cours de fa fortune par tinter^ 
tnijpon du Commerce : Vindufirie de l*Asrtifan a 
éféfuspenduê pour veiller à fa propre confir^ 
vation : les^ Peuples uniquement ocupés de 
tobfet de leur crainte f ofoient à peine fe dis^ 
traire pour leurs befoins; & à la vue d*un 
avenir fi terrible, ils avoient encore la dou" 
leur de penfer que le malheur extrême de 
manquer' de tout ^ n* et oit pas celui qu^ils 
éivoient le plus à craindre. Le refte de ce 

Difcoùrs éft de la même force. 
Enfin le Recueil eft terminé par /*£- 

loge funèbre de Mr. de Campifiroîi ^ pfo^ 
nonc^ le 30. de Mai iji^. dans la Sale de 
l'Académie par Mr. Raiichin Làvergne. 
Ç'eft ici le premier Eloge funèbre des 
Académiciens dés Jeux Floraux que l'on 
aie rendu pub}ic. Cette Compagnie a 
même refolu d*en faire autant à Tave- 
îr pour chacun des Sujets * qu'elle pér- 
ira. Mais comme le mérite de Mr. de 
Campiftron a donné lieu' à ce nouveau rè- 
glement , il y a grande aparence ()ù^il tie 
fe^foutiéndra qu'autant que les Sujets en 
vaudront la peine. Nous avons déjà par- 
lé de cette Pièce dans TEloge de ce célè- 
bre Académicien. N*ometons point de 
dire que le fujet propofé par cette Aca- 
Qeouç pour le Prix de PElo<}nence de 
l'adnée prçcbaioe , eft , que la feule Vertu 
pfMt rendre fHewsme biulreuxi Vcrtté in- 

cou- 



s 



pR-AîrljorsE- }Lp 

eontieftable , & qui ne iaifle pasd^âh^e un 
(Paradoxe dans l'erprit de bien .des gens. 

AR T I C L E VIIL 

NOUVELLES LirrERÀl&ÈS. 

DE Londres. 

Iv T E feu Doaeur ButfjH , Evêquè dé 
l^Salisbury , avoîc ordônîté" ptff fôft 
^eftament que Ton ne publiâtque (rxatis 
après fa mort^ ce qu'il avOJtécrîf tou- 
chant' la Révolution de 1688, &le Rè- 
gne de la Reine Ame. Ce tèmi* étant 
écoulé depuis quelques jours, le'jirêmier 
Volume vient de parwtre infot; 

Ce Vdlùme contlclnt ce qoi s^eft paffé 
det>uis jaques h jusqu'au^ rétàèlîffôifieïïc 
de la Famille koïale en i6éô, ér de- 
poft cette année juftfû'att cbmmençe- 
ment du Rc-gne de OuHlkHme \ïl, & de la 
Reine Marie. ' 

Cet Ouvrage eft rempli d'Anecdotes 
otirîeùfes , & la repû'fation de fôn Alrtcait 
répcMid du fuccfe. Comme il eft écrit eh 
A^igloisV nous n'en paflei*lons poiii't'dâns 
ce Journal, fi la Tràduâiôn Françôife, 
qui s'en imprime attueilementthez Nèqui^ 
foe àta Haye, ne le rendoit de notre diftria* 
CctfeTraduaîort vient deMr. delà Pi/Ionien 
fèj ' afutrefdis Jef uite & aujourd'hui Pr ôtes- 
tantî L'Auteur de la Bibtièthequt' At^hi- 
£e nous averti^ quelque pUt ija^Mh^de 

S 2r *U 



17^ BiBLIOtBIQUK 

/(■ PiUomeri à fait en tiès-pea de tenu 
des pr(»rès confiderables dans U Langos 
Angloife. 

d'Amsterdam. 

II. Henri du SMKtt vient d'achever 
d'imprimer, & débite an noaveau Cate- 
chifme, pourl'inftraâian des jeunes gens, 
avec nn Recueil de paiïàgesde ['Ecritare 
fàince, uiie Prière pour le matin & une pour 
le foir, par Mr. J aoûts Saurin , Mim'flre 
de L'Eglilè Françoîle à U Haye, grand 
in S. très-gros caraâere, pages 148. pour 
le Catechi&ne & 134. pour le Recueil. 

Jtu» FrtJtrie Bernard vient de pu- 
biier le premier Volume des Ctrémouiti 
Rtligitufei dti PrupUt Idolâtra dt VAmtri- 
fat (^ de fAfie reprifenties eu pgures gr»' 
vétt pur Bernard Picort, Ù' «xpiiquiii far 
autlqaeiDijptrtatiouibifitriques. Ueuxautrea 
Volumes de ce grand Ouvrage paroitronc 
l'Eté prochaio-lls renferment les Céré- 
monies des Juifs & des Catholiques Ro- 
mains. On verra à la tête dn Vo- 
lume qui traite des juifs, & quieft le pre- 
mier du corps complet de toutes les Re- 
ligions du Monde, une Préface , où 
l'on rend compte au Public da plan & 
de la difpolîtion de tout l'Ouvrage. Cet- 
tePréfaceeft fuivie d'une Difertation gt~ 
M., L'Impres- 
eft toute ache- 
de faire graver 

iir. 



F R A H Ç O I s £• 277 

III. La Bih/e , avec les nouveaux Argut» 
mçns d^ /et nouvelles Rt flexion s fur çka^ 
que Chapitre par Mr, Oftervald Pafteur i. 
tienfchâtei paroit ici chez Bernard & Vyt-' ' 
werf depuis le commencement de Pan* 
née, & à Rotterdam chez Beman. Cefi 
Argumens & ces Réflexions de M, Ofter* 
vald furent d*abord imprimés en i7io. 
i Neufchâtçl en un Volpme tn 4. L'Oa-< 
vrage fqt bientôt enlevé. Les De Tour- 
nes le réimprimèrent peu de tems après, 
à Genève. Mais, pour nous fervir des 
fermes dePEditeur, „ piufieurs perfon- 
„ nçs aïant fouhaité que les Argument ^ 
„ let Reflexions Jur /^Ecriture fainfe fuilènc 
„ imprimés conjointement avec ta Bible, 
„ afin que ceux qui lifent les Livres fa- 
„ crés puflènt faire cette leâure avec 
,, plu5 de commodité* on refolut d'im- 
,, primer une Cible in folio « dans la- 
„ quelle les Argumens de M. Oflervalê 
,, ieroient mis à la tête des Chapitres, & 
„ les Réflexions à la fîa. ^, L'Ouvrage 
àe M, Qflernalâ eft plus correél fit en 
meilleur ordre dans cçtte nouvelle Edi- 
tion que dans les deux précédentes. On^ 
écrit de Genève que le Magiftrat a or- 
donné de lire publiquement les Argumenst 
^ kt Reftexiont de M. mUrvald daa$ l^ 

ÇgUrçs dç çew« VUlç. 



$2 9^'Aci^ 



ayS B I B L I O T H E Q U 9 

lyAVlGtlON. 

IIÏ. Il s*écoic introduit^ dans la Facul-t 
té de Droit de cette Ville, un abus^coriT 
fiderable. Oétoît d'y conférer les dégrés 
làns qa'on eût rempli le teitis d*étude , 
ni obfçrvé les autres formalités prefcrite$ 
par i'Édit du Mois d'Avril 1679. & la Dé- 
claration du 17. de Novemb. 1 790, au pré-r 
judice dçs Privil^es accordés à l'Unir 
yerfité de cette ville par les Rois de 
France y fous condition d'obferyer les 
Regjemeos établis dans les Univerfités 
du Roïaume. Mais il y a été pourvu 
B^r UQ Arrêt duConfeildù 12. de Juia 
derpier , qui porte que ceux qui ont 
obtenu ou obtieQdront à l'avenir des de- 
grésxfeDrôi t, canonique ou civil, dans cet- 
te Univerfité, ne pourront s'en fervir ea 
auçi^ cas , s'ils ne juftifient , par les A? 
teftatioDS de TArcbevêque de cette Villeii 
qu'ils ont rempli le tems d'étude & fatisr^ 
fait aux autres formalités requiiês parles 
Reglem^ns ufités dans les Univerfités de 
France. Il ell enjoint, parle même Arr 
rêt., aux Supôts de notre Utiiverfité de 
fe conformer à l'avenir exaâement à tons 
ces Règlements, à peine de privation des* 
Privilèges à elle acordésparles-RoisPré** 
deceflturs de la Majefté. 

IV. Jtanic Lor«^, Libraire de cette 
Ville, vient d'imprimer un Sfrm^m fur Je 
Séicrc en /?«i\ qui fut prononcé le lourdes 
Rojs^de^ceue année ^iq? la Chapelle Ro- 
yale 



Françoise. 279 

yale des Pénitens bleus de Touloufe, par 

îfciP Abbé deVoHTBKlA ND< Bachelier eti 
Ihéclogre ^ CUrc tonftiré du Diocefe de St.- 
Malà.Jn 4*0. pp. xp. Cette Pièce eft écri- 
te avec t^aucoup de feu, d'énergie, & 
d'j^ôqaénce^ & elle eft compofee aveô 
d'^nanc plus d'Art ^ que ce qu'on y dit' 
à pQccafîon du Sacre eft relatif à l'His- 
toire de l'£pi^hanie dont on faifoit la fê- 
te , le )our que ce Difcours a été pro- 
noncée ^ 

.. D-£ Nancit «I io^rlW«^ 

V. Le fameux P.v T>9m Caïwety Relî-, 
gteiTx Benediàin-i qui . eft préfentemeht* 
Abbé de St. Leopold de cette Ville, ne; 
ceffe point d'çnrichir la République d^ 
Lettres des fruits de fes veilles. Il vîent^ 
de publier un Avis par lequel il ofre de' 
donner, en deux Volumes in folio d'en- 
viron mille pages cliacun, l^Hijïoire Ecte^ 
fiafiique ^ Politique de Lorraine qui çom^ ' 
prendra ce qui sUfi p^Jfe de plus mémorable ' 
dinns l' Archevêché de Trêve & dans les £- 
vêcbés de Mets y Tout , é' Verdun^ depuis 
Centrée de, jfules ï^efàr dans les Gaules , jus'^ ; 
qieà la mort de Charlef IV, nommé vulgat-^ 
renient Chartes V, Duc Je Lorraine^ arrivée 
en i6go. Le tout enrichi detiartes Géographie ' 
quis^ Plans de Villes^ & d'Egltfes, Mon^:^ 
noyés y Portraits &,c. avec les Pièces ju/tifi- 
catives h la fin. Comme l'Auteur s'eft 
attaché à puifer les .recherches dans les 
• ' ' $4 .. bcm- 



%%o IR ï t i i i n t ^ t! 9 

bonnèsi Foqrces & à éviter les défauts de^ 
Pirtprîens Lorrains qui ont preFque totjs^ 
donné da^ns le (jpureux, dans le fabq-r 
leux, dans Iç merveiHeux, & dans ^es[ 
Q^Oi^alodes (ou vent fans fondenieht^ pq 
9 ijeu d eFperçr que cette nouvelle His-* 
tpire Te^a infiniment beaucoup mieux re-^ 
çuç dfX l^uhjîç que ne l*a été tout çeque 
nçij; ayons à cet ^gard de Smpbqrien 
Çhamfiers. àe FrûPfpisdt Rofieres^ ^u Pl 
Benoit de Toul^ Capucin , du P« Hugûlfté^ 
montré ^éguifé fous le nom da$r- ^< Bêr: 
\ti€ourf^ & de ^em MttffeyPrieur dç Loog^ 
Yfl(r> C'eft par les ordres de S. A. R, .& 
à 4 (blliçit^tiop des pef^pnnes'lçs plus 
diflttnguées 4^ ''État quç Iç P. wm 
Çsftnet a entrq)ri^ce| Ouvrage, &tiço^p^ 
tfi qp'îl pourif^ ^tre délivré açmçtsd'Oc- 
tpbrç nii-'ï^Py^aRt jp. (jîvres tp.urnoîs, 
pour çeukqiiîq'^urônt pa$(pufçrit,&34.[ 
dont la! qioitié fera payée en f(jûferfvant » 
pour ^e5 $purçrîp;eçrs^/On reçoit les Sous- 
criptions àl^^nçy çKez jf .6^. Ctijf^n l,ibraîre, 

& à p£||rû chç? Pitrre Augufttn Le Mercier. 

Euç St Jaques y|s"à-yls ST. Yycs. Ceux 
quiyoqdiroQt vP'f Iç platx de cet Ouvrage 
peçvent ayoir recours a la^ t/^ A C/ibipei 
il/^s Princes , Aoj^t^^l^, H êff inutile dâ 
TnultÎBliçç l^r^inapr^flionde ces fortes^' 
Pièces. 

y\. Cfmtâe Bo4ickflr^ Vîeni d^mptimer un 



F R A N ç e I a E. ^t 

]|£Çlie|I de Pièces i^diffanres fous cp titre, 
14é€ d^un vrai Religieux , in 1 2. pp. 237^ 
Ce Reçaeîl, dont on eft redevable ^u je foins 
àk Mr. Lambert 2incknCiïré de Notre^ 
pame de cette Ville, contient i. 32 Let- 
tres de Dçm Paulin de Lifte Benediâin de 
la Congrégation de St. Vanne ; 2. un 
Abrégé dé la Vie de ce faint Religieux 
natif ^e Châlons, l^qupl , âprè^ aydirde* 
iheiiré vingt- cinq ans parmi les Benediâins, 
{p retira 11 la T^^pe où il moaruc ca 
odeur (le fàipteré le ^2 Mai 1^98. 3. 
un autrp Abregé^e I^ Vie de fon Frère 
^ronfois de Lifté , Clîanoine de NotrcrDa- 
fne dé Ç^àlohs , qui s'eft aoflî fanâifié 
dans fon i^tat en travaillant fous les or? 
dre^ de ^r%. de Vialurtic de Noail/es Evè-i 
ques de cette Y iljp. On a joint 9ux Lee 
très de Dom Paulin quelques-unes de cel- 
les dû fameux fleformateur de la Trape^ 
de Dom Jfidore à préfent Àbbé de ce Mo* 
paftere & de Dom foje^h So^isprieur, 

P» A U 3f ^ ^ K E, 

. Vil. Il paroit ici depuis peu une His^ 

foire des Guerres civiles gui defolerent Ah- 
ferre & le vo{fii^fi^efo»s h Règne de Char-' 
les IJ(. avec une awph Prifaufiir les ants^ 
çuités d'Auxern ^ & det^ Nous Mflorifféês 
fur les Villes » Bourgs & Villages ^fur hg 
principales Petfannes qui fin^ bommies dant 
cette Hiftoire. Mr. Le Boeuf ^ Chanoine 
^e cette Ville, qui èn'eft l^Auteur , «*â=- 

S j vance 



%îl^ B I B L I. O T H E Q E 

vaiice rien, à ce qu'il dic^ qù^il ne l'ait 
puifé dans des Pièces originales > & s'il;j 
voie que cette Hiftoire foit bien accueillie^ 
da Public, il la fera bientôt fuivre d*u-^ 
ne Notice de tous les lieux du Diocele' 
d*Auxerre^ / 

De Rhe IMS. 

VIII. Le Cantique fur les Matières 
condamnées' par la Conftitution, *qûi a 
été inféré dans les Mémoires Hifioriques ù' 
Critiques du mais d'Avril^ ijii. iriipr. à 
Anoftef dam, a été fatal au Sr. Çodars Lî* 
hraire de cette Ville (Rheiras ) Les Jé- 
fpites lui ont fait un Crime de l'avoir im- . 
primé & débité, & quoi qu'il fût inno- 
cent en l'un & l^autre point , ils ont eu 
pourtant alT^s de crédit pour le faire ban« 
nir hors du reflbrt, de fàiiîr tous fes ef- 
fets , & murer la Boutique ; ce qui , eft 
iuie perte très-CGtiifidérable pour lui. On 
a fait à ce fujet une Chanfon qui coure 
imprimée, avec ufie Préface en Langage 
Champenois qui eft fort plaifante. 

Mr Irippier^ Profeflèur de Rhétorique 
^u Collège des bons Enfans de cette 
Ville , prononça au mois d'Avril dernier 
un Difcours Latin fur la Majorité du 
Roi^. que l'on trouve à Paris chez la 
Veuve Mâkkffs , ou il ^ été imprimé- 

D E "L ï o h1 

. IX. Quoique: nous ayons un bon 

nom« 



F R A M Ç O I s E. 283^ 

nombre de Vies* des Saints, dont queN 
ques -ûncfis font fort eftîméès , & tju'é té 
qnè nous en àvoiis foit plus que fuifirane 
pour nourrir la pieté des Fidelles & le^ 
excitet" à lai Vertu, le P. Croiftt de la 
Compagnie de Jefus n'a pas làiifé de tra« 
vailler a de nouvelles Viés. Son iéle eft 
toujours louable, & l*on doit lui en fa- 
voir du gréi Ces nouvelles Vies font en 
II, Vol, i^/b7. &c'eft la Veuve dM»'M- 
9e Boudei qui lésa' imprimées. Le même; 
Père vient encore de donner au Public 
La Vie de N. S, 7r (^'. ^'^^^ ^'' Quatre 
Evangelifles & celle de fa tres-glorietije Mire 
la Vierge Marff\, 

r 

D E P A R 1 S, 

X, Le 22^pyiçt dernier (1723) Fjre» 

re Mathieu CpUmbe de Caftellane en PrO'-' 
vence, Rengieux Augullin du grand Cou-- 
vent de Pans, foutint, en préfence du 
Clergé de France, une Thefe qui mérite 
quelque attention. Les quatre fameufesi 
Propofitions de 1682. contre les Papesi* 
n'y furent ^piis feulement établies 5 
l'Aoguftiri (obtint encore que les Eve-" 
ques étoient Jfugesde Droit divin dans les 
matières' dé Foi '& dé Morale, avant, 
avec, & après les Pa|)es., comme auflî 
dans les Conciles, & que les Cardinaux 
l'étoîent feulement par privilège. Qu'au- 
ra dit, lâ Cour de Rome à cette nouvel-^ 
le ^ §S^ff«ra-;-!çi](s impunément qu'un 

Aloir 



^84 B I B L 1 o T k B Q V m 

Moine fe joue ainfi de Ton Autorité ^ 
Mais qu^auroifil à craindre dç ce côté**^ 
là ? N*a-tril p^s pour garant de Ton av>da-t 
ce le Clergé de France en corps, à qa| 
la Thefe écoit dédiée, & qui l'a honorée 
de fa prélfençe ? Une autre particularité 
non moins remarquable eft, que Mr.l'E- 
vêque de T\iile à préiënt Archevêque de 
Tours, qui pr^fdoit à cette Thefe, s'y* 
cft fait diflinguer par une manière aifée^^ 
claire & concife de refumer le$ Argu-^^ 
ments & de les ramener toujours au poin^ 
de la difRculté. On u'çft p?^ fait a ces 
fortes de chofes , & l*oh a tout lieu d'ê- 
tre furpris lorfqu'on voit adjourd'hui ui^ 
Prélat François qui parle le (.atin conf- 
ine fa Langue naturelle. 

XI- On repréfenta le 4. Août, fur le 
Théâtre du Collège de Inouïs le Grand^ 
une Tragédie intitulée f Jowatbas h Ma^ 
c6«(r>, qu'cin dit^tredu P^ JpCercfau.^ 
Le$ intermèdes des Aâes furent remplis^ 
d'un Balet repréfentant le Temple de 1^ 
Gloire, lequel fut fort bien exécuté* S^ 
l'on eft curieux d'eu fa voir le plau» 01^ 
pourra s*adrefl[èr à Babou qui l'a iiTipri-^ 
mé, ou avoir rccdur^ au Mercure qui nç 
manque po^Qt d'entrer d4ns cçs fortes d^ 
détails, 

I^es Comédiens François n»ont rien 
donné de nouveau depuis Inès de Caftro^ 
qu'une Comédie qui eft tombée è *a j. 
reprélentation. Elle avoit pour titre ,^ 
Le vieux Monde ou te Dhorce de Tê^mom^ 



F II A M Ç O I s £^ lis 

& de la Rai/on B & venoit de la même '^ 
main que /r Nouveau Monde» La' même 
Troupe va rependre Nitbetis^ Tragédie 
de Mr. Danebet^ qui avoit confenci à là 
retirer pour faire place à hes i après quoi 
Ton donnera la Mariant de Mr« de Voltai^ 
te. On fait auffi efperer deux Comé* 
dies nouvelles en Vers & en cinq Aâes. 
f Impatient par M. de Boiffy , & le faux 
Sincère que Mr. du Frefny prometoit de- 
puis long-tems. 

XI L Le Journal des Savans reparoi- 
tra dans les premiers jooss dé Janvier, 
& ne fe donnera qu'une fois le mots, il 
fera de huit feuilles , & s'imprimera m 
£^0m & î» 12. Mr. l'Abbé de fontéùuef^ 
Auteur des Lettres Critiqua du Traité de^ 
la Religion de Mr l'Abbé deHouteville 6c 
des Paradoxes Littéraires fur Inès de Cas^ 
tro , a été choifi par Mr. le Garde des 
Sceaux pour y travailler conjointement 
avec Mrs. Andri , Burette & &Hericottrt : 
11 êft chargé des matières concernant la 
Théologie & les belles Lettres. Le refte 
eft refervé, comme ci devant» aux autres 
.trois Meflîeurs qui continueront d'y don* 
ner leurs foins. 

XIII. La Veuve de Mr. Papin a don<i> 
né au Public une nouvelle Edition des 
Oeuvres defonMari» augmentée de ouel- 

3ues Ecrits que fa mort l'avoit empêché 
e mettre au jour. Cette Edition , qui oft 
en 3 VoU. in 12. eft intitulée, Recueil des 
Ouvrages compefés pur feuMr^ Papin en fa- 
veur 



iSd 6 I B L I^ t H C Q O E 

ifeur de ia-Refêgin, & fe Vend cfaèzlâ 
VeuvéùuermRiië St. Jaqties^ Nousme 
nous arrêteront poîhcauxdçax premiers 
Tomes, parce qu*ils ne contiennent que 
, des Pièces connues depuis long-tems , & 
qu*on en peut voii: de longs Extraits dans 
VHiftoire des Oavrjiges des Savais dû mois 
. dé Janvier i^pq. & dans * les Af^iso^r^ )e/« 
Trfi^pfijp d'Avril, Mai,. &' Juin 1721» 
Quant au 3. Tome, ce qa^I renferme de 
plus eflentieleil un Traité Latin qui n^.*^ 
volt point encore paru , &qui a pour ti- 
tre, H4gf:etieomm Caufaytais mith^dû ng^ 
9Ût4 9 . & judiciaaf fiwp^ Prûuliêmt'tfhtt% ri'- 
futatus ù^> HxithfUkà fides afeftaxjuteifmttfi' 
ritifiy id efi\ f(Aà:jf(^fus communîs opté Le 
"t eut de PAuteur dan^ çetOwragè, qo^oa 
E- mis «auiii ta François poub la* cômmo- 
-dité de ce«Xqui n'cnteiùlent pas le La^^ 
/fin, eft d^étabtir les 'différenrtds Méthodes 
par lesquelles on peut & l^^n' doit dé- 
nçpntrer quelque Veritié^ q'ae ce puiilë ^ 
lét^é, donc chacune a fa Méthode de dé- ^ 
monftration^ tellement propre qqe la nié- 
'pfifeveft inévitable dès qu«*on. veut trans- 
port^ ces^ Méthodes d^un Objet à un 
autre: Et fur ce principe, Mr. Pûp'm fak 
^^mr qoèilSB/Déiftés, hiXés Hérétiques, 
^uels qu'ils ïEbiefit', ne font 'dans l'erreut 
-^ne parce qa^ ne font pas une apiica^ 
tion convènabU de. ces Méthodes $ en 
41U6i ils ré condôi&ht, fe)on iai% d'une 
manière auflt*infenrdeqtf6 ceux qui voo* 
^oient jugcrv dés «Som p^Vla^ - Vûë, t>u 

des 



. P R A K Ç O I 5 É. 387 

des Couleurs pat l'Ouïe^ On trouve en* 
fiiite un Corollaire de ce Traité, avec jQx 
Lettres écrites' à Madame 4e ^ouph Re«> 
ftrgiéé i Lortdres par feu Mademoifelle 
Je,Rojere fa Sœur, dont on prétend 911e 
Mr. Fùpin avoit conduit la Plume &; di^ 
rigé! la Confcience dans, fâ converfion à' 
la Religion Catholique. 

La Lettre Paftorale dont Mr. l'Evêque 
de Blois à honoré ce Recueil eft fans dôu^ 
te un fur garant du mérité des Pièces 
qu'il renferme. Ce Prélat Padrede 
aux nouveaux Convertis de Ton Diocefe, 
& Ton ne pouvoit prévenir les Ledeùrs 
par une Aprobation qui fût & plus au- 
thentiquent plus glorieufepour la memoi^ 
Te de l'Auteur. Ccjl moins POuvrage^ de 
Mr. Papitt , çue je vous annonce ^ leur âHit 
réloquent Prélat, quei'Oeuvre de la gra» 
cefftr[Mr.,Pfipin\ fur ^fa Famille^ fut'fèt 
VrofelyïeSy car Dieu l* a juge digne d\en avoir. 
Oejl un Ouvrage ccmpofèfous les yeux, de 
Monjeig', de' Meaux , dirigé \*dnoncé pat lui* 
Quelle ûprobafion ! quel témqignage ! .C*eft 
un Ouvrage pour lUxamen duquel nous n^d'» 
von/ rie» négligé dé ce que -notis pouvions /ai^ 
re, é'par nottS'fnêmes,, Ù'f,ce que les.Évê" 
ques , non plus que les Conciles , n*ont jamais 
d4 ometre y par les yeux dés profonds y- ^ 
e»a9s\ Théologiens. Lifez donc ce Livre ^ 
continue 'Mr. de Blois I fans crainte quUl 
fois répris' ni désavoué dans VEglife Catfjb'' 
lique\jans apfébenfioff de trouver qu^it r^' 
' lejhr ses préjugés de P enfance &fur la cou^ 

trainte 



ils ËiBLIQTHEQUft 
tramte (^éducation que vous mous rtprûch/ti 
Qjie et Livre , a jooce-C-il , puiffe dans vet 
Mtteiens détruire tes préjugés dont ils fonâ 
leurs principes j quHl puiffe danner . à votre 
JettneUe les principes dont elle mnaque ; .f »*// 
puiffe confirmer & confolider de plus en plut 
dans la foi ceuX d*etitre vous qui font fidét- 
tes à la grâce qu*iU ont refuë . , * j^g ht 
anciens Catholiques ne négligent pas la lec^ 
tare d'un Livre qui les peut rendre utiles à 
leurs Frères i qui leur fait ftntir ce qu^ils 
doivent à VEglife^ ce qû*lls doivent au Dicte 
gUs Mifericordes qui les y a fait naître s 
j^ttUls fentent combien leur fil À eux-mêmes 
efiéhranlée^ coffihhn on a befoin dans ces 
tems malheureux de la rafermir. Et pour 
nous qui fommes chargés du foin dufalutdet 
antres , animons-mus par lé zélé et les lu» 
mieres que nous voyons dans de pmplei 
Laïcs ^ dans des Femmes^ dans des Vierge i 
Néopbites pour la défenfe de la Foi qui noui 
efi confiée. \. . ♦. 

Mr. Papin écoit natif de Blois. Il fut 
élevé dans la Religion Proteftante; après 
avoir chamaillé met long temps contre 
M. Jurieu fur le Dogme dé la Toleran- 
ce , il prie enfin le parti de fe faire Ca- 
tholique. M. Boffuet\ Evoque de Mcaux^ 
.reçut fon Abîuratîon dans l'Eglife des 
Pères de l^Oratoire de Paris le ij. de 
Janvier 1690. & î* mourut dans cette 
Ville le 19. de Join 1709, Le P. Dom 
iSron en parle cl^ns fa Bibliothèque Cbar^ 
train» 9 il en eft ^^^ aufli mention dans 

le 



F & A M ç e I s E. A89 

le Smpliment de Akreri Edition d'Amfter^ 
dam 17 16. & fi l'on vei|t être inftruit plus 
aa long de ce qui le Concerne , on n'a 
qu'à lire fon Trahi dts deux vcyes epcfées 
em matière de Religion^ l^ Examen particu-' 
lier & fi Autorité^ impr. d'abord en 1692J 
& réimprimé à Liège en 1713. ou l'Ex- 
trait que les PP. de Trévoux en ont 
donné dans leurs Mémoires d'Avril^ 1721. 
XIV. Alexandre ^ Darius^ Tragédie^ 
à Paris chez la Veuve Guillaume 1723. I2. 
pp. 60. Il eft rare de voir des Tragédies 
toiprimées , faut qu'auparavant on les ait 
fait paroicre fur le Théâtre. La crainte 
que l'Auteur a eue que la fienne ne plût 
point dans la repréfentation & feCpoir 
dont il s'eft flaté que lue dans le Ci|biuec 
elle pourroit amufer le Leâeur ^ l'ont dé- 
terminé à la donner au Public , fans l'a- 
voir feulement préfentée aux Comédiens. 
L'Auteur fe rend aflfez de juftice en un 

rnnt$ ce fera à ceux qui liront fa Pièce 
décider s'il ne s'eft point abufé dans 
l'autre. Comme ce n'eft ici que fiEffat 
d'une jeune plume y difons mieux d'une Mu-^ 
fe novice, il eft à préfumer quelle pour-> 
ra dans la fuite produire quelque chofede 
meilleur en ce genre , fi elle continuée 
s'y attacher. L'Aqteur établit du moins^^ 
dans la Préface qu'il a mis à la tête de 
fa Tragédie , des règles fur la nature de 
ce Poëme , par lesquelles on peut juger 
qu'il connoit aflez les aboutiflànts de la 
Carrière où il eft entrée & qu'il pourra 
Ifim. m. Part. IL T la 



290 BlBLIÔTHÏQtJE 

la fournir un jour avec plus de gloîrer 

XV. Les Frères Barbou ont nouvelle- 
ment imprimé le? Ouvrages de quelques 
Auteurs Jefuites, dont voici la lifte i» 

SiDRONII HOSSCHI^I Eiegi0' 

rttm Lih. fex. 2. G Oi î. L E L Ml B E C A- 
K I Idyltia & Ehgîa. 3. J A c O B I 
W A L L I I Pp'émfltum Libri novem. 4- 
Gàbrielis Cossartii Ora^ 
flottes & Carmina. f. J o A N n i S- A n- 
TONii T>\J Cerceau Opéra. Nova 
Editio auâa & emendata. 6. R H n A T i 
R A P 1 N I Po'émûta , cum Differtattone de 
Catmwe Ptiflorali , & Dï/putatione de Cul- 
tura lïortenfi. 3 Vol. iV 12. 

XVI. Mr. Petite Chirurgien de Paris» 
& de TAcademie Royale des Sciences, a 
publié un Traité des Maladies des Os où 
jvnt reprêfentés Us upparei/s & les tnacbi^ 
ms qui conviennent à leur guérifon. Cet 
Ouvrage qui eft en t Vol. ia 12. fe véild 
chez Hocbereau* 

XV II. L'Académie Royale des Scien- 
ces propofe les deux Queftions fuivantcs 
pour les Prix fondés par feu Mr. Uvuil- 
h de Meflay^ aïicien Confeiller au Parle- 
ment de Paris. 

I. Queftion. §litieUes font les Loix fui-' 
vant lesquelles un corps parfaitement dur 
mis en mouvement en meut un autre de aie- 
fiie nature^ foit en repos ^ foit en mouvement ^ 
^lu^H rencontre^ foit dans le vuide^ foit dans 
U pleinî 

a. Queftion. I^elk fer oit la manière h 

plus 



plus paifûîte de conftrvfr fur Mer HRfllttf 
in mouvement des Clepfidres^ ou Snhllers ^ 
f oh pour la conflruâion de la machine^ foit 
pour fa fufpenjion} 

Les Savans de toutes les Nations^ mê-, 
me les Affocîés étrangers de l'Académie, 
font invites de travailler fur ces fujéts^ 
foit en Latin foit en François à leur op- 
tion , & on leur recommande d'écrire 
leurs Ouvrages d'une manière lifible, fur 
tout quand il y aura des calculs d'Algè- 
bre. On les avertit encore de ne poict 
mettre leurs Noms à leurs Ouvrages, 
mais feulement une Sentence ou ^Dêvife. 
Ils pourront auffij s'jlls le veulent, atita- 
cherà leurs iPiecesuo Billet fepâré& ca- 
cheté, où ils mettront leurs Noms, leurs 
qualités & leur Adrefle, l'Académie pro- 
mettant de ne faire l'ouverture du BiUetr 
Îu^au cas que la Pièce ait rem[\6rt^le 
rix. 

Ire.i) Prix eft de zjoo. Liv. & lf:|^- 
çond dé 2000. Les Pièces pour le premier 
doivent être remifesau Secrétaire de P A* 
cademie avant le i. Février prochain, 
^ celles pour le fécond feront reçues 
jufqu'au i. de Janvier i72f. parce qu'on 
ie propofe de dîftnbuer le i. Prix dans 
l'Aflemblée publique d'après Pâques 1724- 
& le fécond dans l'Affemblée d'après Pâ- 
ques (^e l'année fuivantc. 

XVIII. Traité des Vernisn où ton donna 
la manière d^en eopiùoffr un qui rejfemble 
parfaitcmint à celu\ae la Chine ^ ^flufteutt 

Ta a^ 



20 B I B I. 1 Ô T H i Q b £ 

àètfes quiëiincerndit là peinfitreJa dorurie ^tà 
grav4re à Teau forte , aVec r îgures chez 
Laurent ifHoury. ti. ^p. ig6. 

XIX. Imité des Eaux minérales àouveltè^ 
fhent elêcouVi^Us aà Village de Pa'jfy près 
Paris ^dahs Jle^uélfont expliqués kiSr hatare 
minérale yla différence desfources, leurs qua'^ 
liïés , . leurs vertus & leur effets fur le corps 
humain. Cbez Fraiiçois Barrois in tx. Mr. 
MouUin , Médecin de la Faculté de Paris , eft 
1* Auteur de ce petit Ouvrage dont le 
fftle eft ne^& didaâique. 

XX. ExpUcathns nouvelles des Mouvémens 
lis plus confiderhtftes de t*VniverSy accompa* 
ghés de démonftrations par le jeu de différent 
tes Machines qui les imitettt. Par M. Ma^ 

tbulon Doâeur en Médecine. Brochure in 

4. 'chez 'jaques h rançois Grou, 

XXi. Hifiàire ahregée du Vieux Teftament 
srrec'des Réflexions in 12. chez d^Houry le 
fils. . 

XXir. Nota Càrolî Mo«D«i ; Geofgîi 
Lbttet, Anconii Vaillant circa rem lenefi^ 

• • • ^ - ^^ A t'*a 

ciarium à àeleberrim'o Patrono N. Sachot col^ 
teffit& ordifie ùlpbabetico digefla. 12. apud 

Cavèilèr & Sangrin. Ceae nouvelle coU 
lèâion des Notés de Du Moulin /deLoa-» 
et & de Vaillant fur les matières bene- 
ficlalès, n*a été entreprire par M- Sa-^ 
ifhàtque pour la cbininôdité des jeunes 
Avocats gui y .trouveront ramaflé en un 
petit Voiàmé, & à peu de fraix3 ce qu*U 
faut qu'ils chercheat dans de gros Li* 
vres que leur rareté a rendus chers. 

xxiir. 



Françoi SB 2513 

XKlïl. Morale Chrétienne partagée e9 
30. Articles pour tous les jours d^ Moi* 
chez de Launay. in 16, pp. 2.41. 

XXIV. VEJprit deSeneque^ ou ks plus 
lelles penfées de ce grand Pbilofipbe , &c* 
chez la veuve Charpentier. 2. Vol. in 12. 

XXV. La Vie de St. [renée y fécond £- 
vèque de Lyon , Doâeur de l^Eglife^ & Mar- 

2r. 2* VoL in 12. cbesi Bran fois Baroii» 
n trouve à la fin du 2. Volume une 
longue Apologie du Se. DoQeur , con- 
tre les calomnies des Proteftancs , tu de 
quelques nouveaux Ooâeurs Catholi- 
ques. Elle route fur les Editipqs qu'on 
a fait des Ouvrages de ce Père à Genè- 
ve y en Angleterre , & dans d'autres 
Fais Proteftants , avec des Nptcs par les- 
quelles on a voulu fe l*aprqprier ; mais 
l'Apologifte prétend prouver que ce$ 
Notes ne font que de pures fupo^npps^ 
des inveâives & de$ injures çatpmnieu? 
fes. Cette Vie & cette ApolqgîQ par- 
tent de la même n^aiq qui nou$ ^ donné 
depuis peu les Vies de St. Çypripp . de 
Suger» & d'Abeilard; ^ après 1^ boa 
fuccès que tous ces Ouvrages . ont eu » 
nous ne crgindrpns point de faire violen- 
ce à la modeftie de l'Auteur , m apre^ 
nant au Public que G*e(l un Qernardio 
retiré à Tours apellé le P. l^om Remues. 

XXVI. §tB^fiiojit fur le Concordat fait 
entre Ltpn X. & Français /. d^cidi^s Pfif 
Ut Conciles , Constations Cat^onifiMt, fli>- 
donnances, Arritt^ Ù" ^tmth 4^ Bfl^ 

T 3 teurt^ 



294 B 1 B t I O T H « Q Tt E ^ 

feursy par M. Michel Hu Perray ancien Bi- 
tonier de Mrs. les Avocats, 2. Vol- in iz. 
chez D. Bettgnier, » 

XXVIL Les Elégies dévide pendant fort 
exil traduites en Fr an fois avec des Remar^ 
ques critiques é^ hijloriques , Ù" le Latin 
à côté in 12. chez d*Houry le Fil». 

XXVIII. Traité gênerai de la Danfefa-^ 
crée ^ propbane^ par M. Bonet ancien f^a* 
yeur des gages du Parlement ^ in 1 2. chez 
le même. L'Impreflîon de cet Ouvra- 
ge fat anoncée dans les Nouvelles Lite- 
raires de la Haye du ç.Juillet 1718. avec 
un précis de ce qu'il contient» L* Au- 
teur l'a rempli de recherches curieules, 
& it y a joint un Suplément à fon His- 
toire de la MuGque publiée en 171 f. 

XXIX. Nouveau Traité des Injiruments 
de Chrirurgie les plus utiles C de plufieurs 
nouvelles Machines qui font propres pour ks 
Maladies des Os y dans lequel on examine 
leurs différentes parties ^ leurs dimenfions ta 
plus commodes y leurs ufages ^ & on faitfen^ 
tir , autant quHl efi pofftble^ la vraie manie^ 
re de s^enfervir ^ fouvent fuivie de quelque 
Ohfervation Cbirungicale, Ouvrage trh-né^ 
ceffaire aux Chirurgiens , ^ très^tile aux 
Couteliers. Enrichi de Figures en taille^dou» 
ee qui répondent à Pexplication. Par René 
jaques Çroiffant de Garengeot Chirurgien. 

Chez Pierre Jaques Bienvenu 2. Vol. in 
12. L*Atiteur rejette dans cet Ouvrage 
plufieurs Inftruments de Chirurgie qu'il 
9 jugés inutiles ^ très-embarailaos. Il 
- en 



Françoise, 29f ' 

en fubAicue en leur place un grand nom- 
bre d'autres nouvellement inventés & il 
les divife en plufieurs clafTes, afin de 
fuivre l'ordre qu'il a obfervé dans fon 
Traité d'Opérations de Chirurgie qu'il 
publia il y a trois ans. 

XXX. Oraifon funèbre d^Anne Ptilatitte 
de Bavière ^Princeffe Douairière de Condê ^ 
prononcée à Trévoux par le Père Dominique 
de Colonia Jefuite le 13. A-oril^ 17^3* «« 
préfence du Parlement de Dvmbes. m ^to. 

Cette Pièce fe trouve chez Ganeau, L'O- 
rareur y fait voir que cette Prin- 
ceffe a fanâifié dans fa perfonne la gran- 
deur 9 & les rîchefles ; la grandeur en 
la faifant fervir toute entière à honorer 
la Religion; les richeflespar fon Carac- 
tère bienfaifant & par fa charité. 

XXXI. Lettre d*un Religieux Uenediélin 
à Son Altejfe Royale, Madame l*AhbeJJe de 
Chelhsfur ce qui s*e(i paffe de pUtsJdiffiant 
à Aix pendant la Qontflgion, !^rochure in 
12. de 91. pages chez J. B. Samfon, 
L'Auteur, qui eft le P. Dom Jean^ Saba^ 
fier ^ S'attache uniquement à décrire les 
aâions de ceux qui s'étoient dévoués au 
fervice des peftiferés^ Il s'y confacraluî* 
même , & cette adion eft d'autant plus 
méritoire en lui , que rien ne . l'y obli- 
geoic. 

XXXII. François Flahault, Quai des 
Auguftins, débite un Nouveau Théâtre 
Italien en 3. Vol, in, I2. où l'on a recueil- 
li les meilleures Pièces» tant Iraliepne^^ 

T 4 quQ 



206 Bibliothèque 
qae Frabçoifes qui ont été repréfentées 
a Paris fur le Théâtre des Italiens depuis 
leur rétablifTement. Ces Pièces Ibnt 
Le Libéral malgré /«r. Hercule^ Samfim^ 
Le Prince Jaloux , La Grifelde , Merope , 
Adamire ou la Statué de l'Haaaeur,' La Vie 
eft un Songe y Le Port à F Anglais, Arlequin 
fauvage^ Tbimon le Mifantrope , Arlequin 
poli par fAmottr^Lû Snrprife de t^ Amour, 
Les Amans ignorant. 

XXXIII. Ganeau a fous Prefle un Ou* 
vrage poftbume du célèbre Richard Si^ 
mon. C'eft une Critique des Prolégomènes 
de la Bible & de la Bibliothèque des Auteurs 
Eclefiafiiques de feu Mr. Dupin, avec des 
Eclaircijfèments & des Suppléments à plufieurs 
endroits de ces Ouvrages. On compte que 
cette Critique fera 4. Vol. in %v. 

XXXIV. On trouve chez le même Li- 
braire hDefcription du Cabinet de Mr. Grai^ 
lier de Servieres, dont le bon goût pour 
les Ouvrages de Mathématique & de Mé- 
canique eit filbrt connu des Savans. C'eft 
à Mr. de Servieres fon petit-Fils que 
l'on eft redevable de cette Defcription 
qui a (ubi le jugement , & mérité les fuf- 
irages de l^Academie des belles Lettres 
de Lyon , à qui elle a été prélèntée. 

XXXV. De Wîtte, Rue St. Jaques, 
vient de faire deux nouvelles Editions 
revues , corrigées & ornées de Figures, 
de deux Romans, l'un intitulé, Ihra^ 
him on nilnftre Bajfa^j^. Vol.f^ 12.& l'au- 
tre Tarfis & Zatie 3. Vol. in 8». 

XXXVI 



Françoise. 197 
XXXVI. La Plume élégante & fécon- 
de de M. le Commandeur de Vîgnacourc 
va ranimer le goût pour ces fortes d'Ou- 
vrages. Le bon accueil qu'on a fait à 
fa Comteffe d^Vergy lui a fait produire une 
autre Hiftoriette fous le titre A^EdeU de 
Pontbieu impr. chez Piflbt. LWuteur 
narre joliment , & il a tout le talent pro- 
pre pouramuier ce qu'on appelle le Mon* 
de galant & poli. 

aXXVII. Les Jefuites viennent de pu- 
blier un troifien^ Tome de Nouveaux Ms* 
moires de leurs Millions dans h Levant. Ce 
Volume impr. chez Cavejier in 12. pp. 
432. eft de la façon du P. Monter, Il lell 
divifë en deux Parties. On y verra une 
Hiftoire détaillée de Tétat ancien & pré- 
fent de l'Arménie; la divifîon de cette 
Partie du Monde entre les Turcs & les 
Perians; la forme du Gouvernement £- 
clefiaftique des Arméniens ; l'établiflè* 
ment du Chriilianifme parmi eux; le Rit 
obfervé par les Arméniens Schifmatiques, 
leurs erreurs y & enfin la manière de trai- 
ter avec ces Peuples par raport aux Mif- 
fions. On y trouvera aufli trois Mémoi- 
res fur les Miflîons d'Erivan, d^Erzerom, 
& de la Province du Sirvan , avec un 
Journal du Voyage du P. de la Maze de 
Chamaké à Ifpahan par la Province de 
Guilan , & une Carte. Toutes lesquel- 
les Pièces contiennent de faits curieux & 
oui peuvent fervir adonner une connoif- 
lance plus fure qu'on ne l'avoit eue 

T s )uf- 



içS Bibliothèque 

ittfqu*ici, de la Géographie & de l'Hiftoi- 
l'c nacarelle de ces Fais. 

XXXVIII. Il paroic un petit Oairra- 
ge ponhume de Mr. l'Abbé de Flea- 
ry, imprimé l'on ne ûit où. C*eftanIX«. 
Dijfcours Jur les libertés de PEgiifede frûn* 
rr, qae T Auteur avoit deû'ein de placer 
à la tête du 2i. Volum. de fon Hiftoire 
Eclefiaftîqae» où il eft fait mention des 
Conciles de Confiance & de Bâie. On 
prétend que ce IX. Diicours eft un abré- 
gé du Manufcrit que Mr. de Bofluet £- 
véque de Meauz lui confia, & qui a pour 
titre , Defenfio quatuor propofitiomtm Cleri 
Gûllican'u Comme il y a quelque choie à 
dire à ce Dîfcours > on y a mis des No- 
tes pour redreflèr les endroits qui le mé- 
ritent. Ces Notes regardent particuliè- 
rement quelques points de Théologie, 
où l'on prétend que Mr. l'Abbé Fleury 
n'étoit pas fort verfé. On veut par ex- 
emple que les pailàges qu'il employé pour 
prouver que la Primauté du Pape eft de 
droit divin nefauroient l'établir en aucu« 
ne manière. On trouve auflî qu'il a mal 
pris Topinion de Richer fur le Gouver- 
nementdel^^life, & qu'il a eu tort d'au* 
torifer la condamnation qui en fut faite 
d'une manieie fi irreguliere, & fi peo 
capable de faire honneur à ceux qui y 
travaillèrent. Les Notes, dont nous par» 
Ions, ne font pourtant pas fi exaâes 
qu'elles n'ayent dles-mêroes befoin de 
correâioo en quelques endroits. Tout 

rou- 



Françoise. 199 

l'Ouvrage fait un in 12. de 93. pages. 
XXXIX, Robert Marc Dexpilly, & 
Compagnie ont fous Prefle les Oeuvres de 
'Defcnrtes qui feront en 17. Volumes. 

XL. Les mêmes ont donné une nou- 
velle Edition corrigée & augmentée des 
lllaflres Franfoifes. 3. Vol. in 12. C*eft 
un Recueil d*Hiftoires galantes où il n'y 
a rien de choquant pour la pudeur y & 
dont le Mariage fait prefque toujours le 
denoûmenr. L'Auteur qui ne ie fait point 
connoitre laiiïe à Tes Leâeurs la liberté 
de donner à fon Livre le nom de Roman 
ou d'Hiftoires mais il aflure n'avoir rien 
écrit que de vrai & de confiants aux 
noms près de Tes Héros , dont il a cru 
devoir Tu primer les véritables noms, & 
leur en fubftituer de faux. Ce Livre a 
été imprimé en premier lieu en Hollan- 
de, la première fois en 1711. en 2. Vol. 
& la féconde fois en 172 1. en 3. Volu* 
mes. 

XLL Le Roi a fait acheter pour fa 
Bibliothèque tous les Manufcfits fur 
l^jiftoire , qui a voient été ramafTés par 
feu Mr. le premier Préfident de Mesmes, 
auflî bien que ceux de feu Mr. l'Abbé 
de Camp. 

XLII. La belle Bibliothèque des Bi* 
gnons, qui de leurs mains avoit pafTé 
dans celles de Mr. Law , pour lors Con- 
trôleur général des Finances, & en- 
fuite à feu Mr. le Cardinal Dubois, vient 
d'être vendue à une Société de Libraires 

pour 



V* 



8o6 Bib'jlioTheq.ub 
pour la fomme de ôsooo. Liv. lesquels 
l'ont cédée à Mr. Guiton Miniftre de 
Mr. rAmbafladeur d'Hollande moyenanc 
quinze mille Livres de plus. 

XLIII. Mr» L'Abbé Langlct du Fres- 
noy, qui étoit prifonnier à Strasbourj^ de- 
puis près de deux ans, a obtenu ennn fa 
liberté. Il eft de retour depuis quelques 
jours I & fe difpofe à donner une nou- 
velle Edition de fa Méthode pour étudier 
VHifiotre , qu'il a augmentée d'un Trûitê 
de Chronologie <& de quatre grandes Car* 
tes qui contiendront tous les différons 
Syflemes des Auteurs fur cette matière , 
avec la manière de les concilier. 

XLIV. Charles Ferrand Libraire de 
Rouen a imprimé les Voyages de Mr. le 
Chevalier Chardin en lo. Vol.wii.Onles 
trouve à Paris chez Pierre Michel Huart. 

XLV. Leî Antiquitéi Romaines de De* 
niî d'Hnlicfirnaf^e traduites en François avec 
des Notes HifloriqueSy Géographiques , & Cri» 
tiques., far Af . . . . . Paris chez Philip" 
pe Nicolas Lotin. 1723. 2. Vol. in 4\to. I. 
Vol. pp. SIS* II. Vol. pp. 694. fanscomp. 
ter la Préface qui contient 72. pages. 
Nous avons parlé dans nos précédents 
Journaux d'une autre Traduâion Fran- 
co! fe de Denis d'Halicarnafle par le Pcre 
le Jay de la Compagnie de Jefus. Celle 
que nous annonçons préfentement ne fe- 
ra pas fans doute moins recherchée des 
Savans s elle le mérite du moins par la 
fidélité & Pélegance de la Traduâion & 

par 



F R A K ç è M i. iùt 

par les Notes dont elle eft accompa- 
gnée. Ces Notes font de quatre fortes , 
comme on le voit par le Titre. Les His-* 
toriques , que le Traduâéur dit avoir ti- 
fées de Tîte-Lîve, dePlùtarque, deDio- 
dore de Sicile , de Paufanîas, de Vel- 
leïùs Paterculus, d'Aurelius Viâor, de 
Valete Maxime, de Pline , fervent à cxi- 
pliqiïct les Faits, les Coutumes, lesLoix, 
les Sacrifices , les Fêtes, les Cérémonies, 
& les Àilemblées du Peuple Romain. Par 
tesGéographii^ues, on voit la fituation 
des Villes & des Lieux dont il eft parlé 
dans 1* Auteur Grec , & c'eft de Strabon» 
de Ptolômée, d'Etienne de Bizance, de 
Cluvîer, de Cellarius, d'Holftenius, & 
des Voyages* d'Italie que le Traduâéur 
les a empTXintées. Les Chronologiques , 
qui lotît prcfque toutes fondées fur le tex- 
te mên^e de Denis, de velopcnc l'ordre 
qu'il a gàrclé dans fon Hiftoire. Enfin 
les Notes crirîyies font deftînées à Tclcr 
ver quelques faxitès dans lesquelles l'Au- 
teur Grec «ff tombé ,& à l^acordcr luî*^ 
même avectes àrùtres Hiftoriens lorfqu'ils 
tùi fémbient contraires. 

Pour lé fonds de la TraduÔîon , M. , . 
àflure qu'il s'eft étudié à n'ç' la faire ni 
trop literate, ni trop l^ré. Un Traduâéur 
dit-il , dott toujours être efciave dnfens^ mats 
il eft tnûitre des exprejfiofts. Pur Interprète 
à regard des penféeSf il fau$ quUl les renr 
de telles qu^ elles font^ fans' les façonner h 
fa modt\ fans les Uendte ,' fans les amptU 

fier. 



3oa> Bibliothèque 

fier y fans retrancher les beautés qui s^ytrou^- 
vent , fans en ajouter d* autres qui v^y font 
point. Il ne lui efi pas permis y continuërC- 
\\y ni d^en changer les pbrafes» ni den ren^ 
merfer l'ordre ^ ul defacrlfier à t* élégance ér 
è la variété du Difcours , les avantages delà 
fidélité & de Pexaâitude, Ceft un Peintre 
qui peint d'après un Original; U repréfente 
les traits de fon Modèle j // copie ^ Il nepra^^ 
dult point. SI un Traduâeur pé^jfe ces hor" 
nés , ce n'ejl plus un Traduâeur^ c'efi unAu* 
teur , c^eft un Homme qui compofe. Tout 
le monde conviendra fans doute de ces 
règles, la difRculcé eft de les bien met- 
tre en œuvre, M. . • . l'a fentie ,^ & 
Ton ne fera pas fans doute fâché de fa* 
voir comme il s'en explique, j^elque di^. 
ligence quej'aye aporté à rendre maTraduC'- 
tlon exaUe y fidelle^ é^ Inté^ejfahte , j'ai 
tout Heu de craindre dêtre tombé, dans ua 
grand nombre de fautes. Il eft di^clle de 
n^en f as faire dans un Ouvrage, ie fi longue 
baleine, Scelle difficulté ne rincontrc^t^ou 
pas à aller Inélégance avec l'exa0ltàde. On eft 
en danger de ramper , de languir da^s le /î/- 
Icy ^ dé fe rendre obfcur, quand on vtu$ 
fulvrefcrupulçif estent fon Original, . Èi on s^en 
éloigne y on çej/e dêtre hterpref^^^t^ fon 
tombe fouvent dans des contre fens. On veut 
néanmoins qu^un Traduéleur écrive d'un fille 
coulant y éf* qu'en même tems il foit f délie. On 
exige impitoyablement qu'il rende clair ce 
qui eft obfcur & qu'il exprime les penfées d'un 
Auteur Urec avec autant de facilité & de 

le- 



François^. jc^'. 

kgereié que p elles avoient été cotjfues par 
un l^attfM, (Pefi là l*écueil de ceux qui' 
traduifent dans une Langue vivante. S^il fe' 
rencontre quelques beaux endroits dans la 
TraduSion , l^Oi0ginal en a le mérite. Tout 
ce qui s^y trouve de mauvais^ on le met fur 
If compte duTraduâieur. Je foubaite ^ Con«- 
cludril» qu'on me faffie voir les fautes dans 
lesquelles je ferai tombé ; Je les reconnoitrai 
de bonne foi. ^''ejpere au moins qu'ion ne me 
convaincra pox d^avoir traduit fur les Ver^ 
fions Latines fans consulter le Texte 
Gree^ 

- Cette dernière Période tombe fur la 
Traduâion du Père le Jay , comme on* 
le peut voir par les Lettres critiques dont 
nous avons parlé ailleurs, & qui ont été 
iflierées dans les cinq premiers Mercures 
de Paris de cette année. Le refte de la- 
i^réface du Traduâeur contient un abre- 
gé de la Vie de Denis d'HalicarnafTe^ 
On y trouvie aufli la comparaifon de fou 
Hiftojreavéc celle de Tite-rLive 5 les E-i 
loges que les Auteurs anciens & modec-;: 
pes lui ont donné ; les Jugements de Pho- 
tius & d'Henri Etienne mr fon ftiles lés 
différentes Editions qui en ont paru , de 
même que les Traduâions qui en ont été 
faites. Et à ce propos M. - . . n'ou- 
tUe poÎDt de donner un abrégé du Juge- 
ment favorable que les Journaliftes de 
Trévoux diit porté de celle de leur Con- 
frère , audî-bien que des critiques qui en 
ont été faites. 

Ajou- 



V 



304* Bibliothèque 

Ajoutons qae cette Préface eft fuivie 
d'une Chronologie Grecque & RomaU 
ne feloîi Denis ctHaiicarnaflè avec des 
Notes, &'qae l'Ouvrage eft encore enri- 
chi de quelques Cartes Gâ>graphiquesde 
Pancienne Italie , &de plufieurs Flans de 
la Ville de Rome , telle qu'elle étoit a- 
vant & après Romulus, fous leReffnede 
Tarquin le Superbe « pendant l'adminis- 
tration des Decemvirs , du tems qu'elle 
fut érigée en République^ & telle qu'el- 
le a été depuis. 

XLVI. Il vient de paroitre trois nou- 
veaux Ecrits contre Inès s favoiruneLet* 
tre inférée dans le même Mercure dont 
)e viens de parler^ une autre Lettre airef* 
fée à Mr. de la Motbe. in 8#. pp. 27. qu'on 
attribue à Mr. l'Abbé Maflbn, & une 
Critique intiulée h Secrétaire du Parnaffi, 
Broch. in 8«. de S^f pages far le Poète fans 
fard. Cette dernière Pièce eft la plus 
mordante de toutes celles qui ont paru. 
Nous en parlerons plus amplement une 
autre fois. 

XLVIL On a fù enfin qui a rempor- 
té les deux derniers Prix d'£loquence & 
de Poëfie propolés par l'Académie Fran- 
çolfepoar l'année 17x3. C'eft un Gen- 
tilhomme Provençal né à Tarafcon & 
établi à Marfeille apellé lAr.Vècelede^ 
qui n'a gueres plus de if. ans. C'eft la 
deuxième fois feulement qu'une même 
perfonne a remporté les deux Prix à la 
fois depuis leur éiablifTement. 

XLVIII. 



f R A N § d I s FI jOjT 

. XLVIII; La Traduâion en Vers du 
Chap. i4.d'Ifaïe fait partie d'an Difcours 
que M. Racine. porta ^ il y a quelque tems» 
à l' Açadetnie des belles Lettres fur l'efTen*- 
cé de la Poëfie. Il y prouva qu'elle ne 
confiftoit ni datis les rimes , ni dans la 
cadence des Vers , mais dans ce qu'on 
appelle Enthoufiafme, & ij* en donna poar 
exemple cet endroit dé l'Écriture. 

XLIX« Le Théâtre perdit le mois 
pafTé deux Auteurs domeftiques, Mr. de 
Chaligny 5eigr, de Plaine» igé feulement 
(de 30. ans & Mr. de Saintion. Nous 
avons de celui-ci le Cbetaiier à la mode^ 
& U Bourgeois à la mode , deux Comédies 
ailez bonnes qui ont été jouées & même 
ImpriméeSé 

L. On avertît le Publie, & Inr tout les 
Ibufcrivans, que l^Ouvrage*/ Pierref An-- 
tiques gravées^ far lefquelles les Graveurs ont 
mis leurs noms , dejjinées & graifees en cui^^ 
prejur tes Originaux ou d* après les empreintes 
paf B. Picart, tirées des principaux Catinets 
de l'Europe^ expliquées par Phîlippede Stoch^ 
Conjeiller de S. M. le Roi de Pqiogne é>T. eft 

fini, & que D. Picarti'-Gràvenr & Marchand 
d'Eftampes à Amfterdam , commencera à 
le diftribuër en Latin & François, le 10. 
Avril delà préfente Année. 

Comme cet Ouvrage mérite bien un 
Article plus étendu, on en donnera un 
Extrait dans le Journal prochain , le tems 
étant trop court pour l'inférer dans ce- 
lui-cL . ^ 

KlILPart.ll V TA- 



• ". 






, T A BLE 
DES A'R TI CL ES. 

A À 7'. /^ Diâicnoire miv^ffel de Corn-» 
mer ce &€, par Mr. Jtq. Savarydés 

bruflons. - -, . . . Pûge zji. 
IL Réponfe de Mré df Chanfierges aux 

Journalises de Trévoux^ &c. - • 124. 
ilL Epitre dédicaioire des Paradoxes LtS" 

teraires à Mr. Baron. - • . - i^s* 
IF- Traduûion duÇb^. XlV. rf'Ifaïe, par 

Mr, Racine le fils, ' - . . • 237, 
F. Abrégé de t*Hiftoire ancienne de la Ville 

ifOrange, par]. Fred. Guib. - - 240. 
VL Suite de t Extrait du Nécrologe de 

Port RoyaL - . - - - ^f 3- 
Vil. Recueil de plufienrs Pièces d* Eloquent 

ce à' de Poëfie, &c. ^ - 26f . 
VIII. Nouvelles Littéraires. - - a7f . 



TA- 



«L V 



ft ' 



3or 

TABLE 

DE S M A T 1 ERE S, 

Ccntitmës dans le fecondTome ^ frémit* 
re& féconde Partie^de cette BibL 

ABailiard, traduaion de fes véritables Let- 
très, *7M79 

Abbadic (Mr.) Son Explication de l'ApOcîilypft 

14S 

Académies, leur Hiftwre cftiiucrcffante. i ^ i,i 5a 
Académie Fraij^oifc. , Comment on dcvroit rcm^ 

piir les places vacantes* -, 5^'3 5 

Adam (Mr.rAbbc) a tradiMt,l«s Commentaires 

de Momecuculli. . ^9l 

Addiflbn (Mr.) Traduaîon de Çon BMUard ^ bc 

de fon FreehoUer , 1 44 de fon Ai«»/fr, . 3 1 J 
Amaas jgqorans(Jes)jComedie de M;. Hauîcrcau* 

Alla: Jugement quf Von doit faire de ces forte» 

de Livres. ' . i9 

Andf y (hiu) Sa Thèfe fur les exercices du corps; 

Anne d'Autriche/ Mcre de I-ouïs XIV,, 118 

Ses Amans,MiV*Ji cftperfeeuiéeparleCar* 

Anal deRicbeliçocii^Sa Régence, 135-S^ 

mort. * '37 

Àppdlans, Lettre des (eptEvêqucs au RoL 184: 

Àrchiatres. Ce que c'éioit que cette qualité: 1.77 

Arouet de Voltaire (Mr.) Son origine. 38 Son 

Pocme an été, 144 il s'imprjmc,. 313 

Avrillon (Lef.) fa conduite pour paflerfaînte- 

mfnt ecc. . *79 

y % Of 



âo8 TABLE 

B 

BAgatelle. (La) Livrede Mr. V«E.Mr, Cartier lé 
fait parfaitement* 247 

Barbeyrac (Jean) Son Traité du Juge compé- 
tent des Ambaflàdeurs tant pour le cîyil que 
pour le criminel. 57-80 

Bafnage (Mr.) travaille au fécond Volume des 
Annales des Provinces-Unies. 1 44 

Begault (Mr.) IV. & V VoL dé Tes Sermons. 

Bellega^de (Le Duc de)aime!a|beine. izz. 
Bêtes, Mr. Cartier les aime tendrement Ôc fur tout 

fon Chien. 170 

Bibliothèque des Dames, ÏH. Tome. 14^ 

Bibliothèque Germanique , V. Volume de ce 

Journal. 519. On y fait dire plufîeurs chofes à. 

Mr. Camufat qu'il n'a peint dites. 3 1 9, 320 
Bifiy (Mr. le Card. de) nouveaux Ecrits contre 

TonInftruâionPaftorale. 191-297 

BùlOi (Mr. de) fon Itnpaiienti 285 

Bologne, extrait de Pi^re de Vhffttttii, 251-2$^ 
Borri (le Marquis de) 120 

Boiïtfet (Mr.) Son caradlerej x^o- Raifons qu*il 

eut de fe déclarer contre Mr. de Fenelon. 199 
Bourgogne (Mr. le Duc de) il a été élevé avec 

beaucoup de foin. i9i-i94aimoit tendrement 

Mr. de Fenelon. 20SI-209 

Bourfault» Nouvelle édition de Tes Lettres 157 
Brumoy (Le P.) a donné la Vie d'Eleonor Mère 

de TEmpereur régnant. 279 

Buckingham (le Duc de) aimela Reine. 124.1 51 

•C." • 

^^Aperonîer (Mr.) Sa Lettre fur ridition du 

^ Quintflien de Mr. Burman. iSx 

Car- 



DES MATIERES. 309 

Cartier (Mr.) EKtrait de foa Je ne Soi - §lmi. 246- 

251 
C^rceatt (LeP.du^ <bn IhrafilaSis, ;^%o 

Champagne. Hîftoire de Tes C^omtcs Hcredîtaires» 

2S^ 

Chanfîerges (Mr.) Extrait de fon Idée d*im Roi 

parfait, i-iS Con NéefioUme 17 

Chanfons, (Noaveaa Recueil de) 145 

Chapelain^ iraîts de Ton avarice. 28, £9, 30 
Chevillard (Jacq.) fon Didionaire Héraldique. 

284 
Choifi {Mr. l'Abbé de) Son Hiftoire de r£gIiCe« 

Tome onzième. 1^7 

Chriftine, Reine de Suéde. 138 

Conftitutîon Umgemtus ("HtAoîredela) 31S 
Courbeville (Le P. de j a bien traduit IV/ Difcreto 

de GrscÎAv. 14% 

Crouzaz (Mr.de) nouvelle Edition de fon Jr^/- 

té duBeau. 318 

Croze (Mr. de la) fon l^ftoir^ du ChriJHamJm 

dans ùs Indes* 5 ' 5 «3 14 



T^ Acier (Mr.) Nouvelle Editioi^ de fon Flutai'' 
■■^ que. 145 

Dangeau (rAbbé de) Quelques-uns de Tes Ouvra- 
ges. Ma. 
Des Préaux (Mr.) il n'étoît p2s aimé>de M. de 
Segrais. 25 Maltraité par les Journaliftes de 
Trévoux, 36 parSanlecque. 3 S 
Diâionatre univerfel de la France ancienne ^ 
moderne > &c. 14^ 
Duperray (Michel) Ancien Bâtonier de Mrs. les 
Avocats, Ses (Refilons fur ie Concordat^ &c* 

y 5 »• 



10 TA- B L E 



E 



Sprit. Ce que c*cft. î4" i ^ 

f.ktécs (KÎr. le Maréchal d*) belle réponfe de ce 
Seigneur à IfOUïs XIV. P> 5f 

F. 

FAyette (Modela) a fait//» Prîncejfp de cUves 
ôc Zayde^ zo. Savoit le Latîa 21. Ses belles 
Qiialitez. zii 11 

Tenelon (Mr.de) Extrait de fa Vîe. 187-209 
f remy (Mr. TAbbc) Son IsJJiU d'fme mmveUe 
Méthode^ &c. 15I 

Furetiere^ nouvelle £dItioti de fpn Didienaire, 

Fuzelîer (Mr.^ I4 Ser4fâ» desTh^fitres^ z84.Son 
JBalet, 196 



G 



âcon maltraite par Sanlecqve 3 g 

Gage touc|ié (le) 145 

Gauthier (Mr.) Bibliothèque àts Philofophes & 
des Savans Anciens Se Modernes. ^8^ 

Çerberon (le P.) offre à Mr. de Caa)bi;3y d'é- 
crire en fa faveur, ' ^ aof 

Grâce (Pocme de la) Sa critique. i ^ c 

Gracian (Qalchazar) Extrait de la traduction de 
fbn Homme univerfeL ^41-24^ 

Quib (Mr.) Diflcrtaiion fur TArc de Triomphe 
que Ton voit à Orange. iio-ttf 

<JuyoD (Me.) Mr. de Fenelon eft prévenu con- 
tre elle, 195. il revient de fes préjugez & for- 
me une étroite liaifoa avec c^te Dame^ 1^6. 
Spn SyScoDie. 201 

•• H» 



DES MATIERES. 311 ' 
H. 

HOuteville (Lettre à Mr.) 1^3-1^7. Son 
DiTcoiirs dans l* Académie Françoî(è 44 
48. Son Tràiié de la Religion Chrétienne 
prouvée par les faits 5S>5^r 

Huer (Mr.) Réfutation de (on Traité de lâ Foi- 
bJeile dé TEiprît Humain. 314 



IAy (Le P. le) on continue d'écrire contre fonr 
Dtnrs d^HaUcamâJ/e, 283 

Journal Littéraire^ 145 

T * 

X^A Mare (Mu de) Soa Eloge. ^>f *3{ 

Languedoc. Hiftoire de cette Province par les PP» 
de S* Maur* 50^,30^ 

Lannoi (Conuefie d/e) Ce qu^elle dit au Duc de 
Buckingham» izS^iz^^ija 

Le Clerc (Mr») Extrait de fon Bijhiride U Afe- 
diHm. i(7«t8^ 

Le Clerc (Mr.) i Vol de fon Hiftoire des Pro^ 
vinces unies. . > g tS 

Ligue (Poëmedela) 144. 

Limiers (Mr.de) eft ref&. dans 1* Académie do. 
Bologne. 14^. 147. Extrait de THiftoirequ'il en 
a donnée. 251-156* Lettre qui lui a été écrite 
delà part >de cette Compagnie* ' £57- 2^0^ 

Lombard (Mr.) Ses Differtaiions fur les Hiftoû 
les de France de MjBzerâi 0c'du Pt PanieU 

• 148 

Luynes (le. Duc d^:) . xac 

V4 K. 



3u TABLE 

H- 

MAboul (Ml») Eveque d'Al^t^ foQ £]oge» 
Yi Singe de M. le Comte de Clermonr» 
Vers fur fa mort. 237-240 

MaâeniQifelle» diflcrens Ouvrages de cette Pria«< 
ceffe que M*"* ^^ S^grais a fait imprimer* 

^ ih 34 

Madot (Mr.) Oraibii funèbre de Madame Dou- 
airière* i%i*%%^ 
Maimenb^i (Mada.de) yeut engager le Roi à dé- 
clarer Ton Mariage^ 1 9 9 M. de Fenelon l'empê- 
che 199. elleleperfecute. ihd^ 
Mariage, ne çonviept pas a^ixCiens de lettres» 

Marivaux (Mr* Carlet de) Auteur du Sfeâùuettr 
VrMnçois. So-87 SzSwfrife4il*Amoffr. 28^ 

Mauriceau- Nouvelle Edition dç (on li^âité dit 
MédéutifS diet FtMfnes ^offis» >90 

Mazarin (LeCardinal) 13$. Son Portrait. 13 9> 

Médecine. Son Hiftoire par Mif* Le Clerc, 167- 
186 Soii Origine* 169, 170 Ses progrès* 17&' 

éç fuiv. 

Menin (Mr-) Confeiller au parlement de Metz. 
Soa Traité du Sacre Ôc Couronnement des Rois 
& Reines de France. 15$ 

Merci. Les pp. delà Merci de Cahors font con- 
servez dans la ppilèflion d*une Chaire de Théo- 
logie. 3"*3M 

JéiTÊ <lkrétiemUi Ouvrage qui s*tmpri^e foMscê 
titre. jij- 

Mongin (Mr. 1* Abbé) Sa Réponfe dans PAcade- 
snie Françoiie au Difcours de Mr. TAbbé Houc- 
teville. 48-52 Sa Harangue au R/Oî fur fa Maio- 
ritç. '^ 52 

Mon- 



DES MATIERES. 313 

Montaufîer ( Mr. le Duc de) Traits de fa Kifantro- 

Pï>. ^ ^ Jo,3i 

Mootmorenci (le Duc de) aime la Reine, izi 
Moriniere (Mr. de la) Suite de Ton 7>«i// de U 

Sàince qui eft en Ditu» 18$ 

Morville. (Mr. le Comte de) prend fcance à TA- 

cademie. zSi,zSz 

M) (Mr.de la) Lettre fur Ton /|»>^ ^e Csfiro. 

Motteville (Mada.de) Ses Mémoires. 115 Sa 
Famille 142* Sa retraitte* ibid. 



N 



N. 



Adal (Mr. VAhhé) Son Antheius. 
Kericault Déftouches (Mr*) reçu dans l'Acadé- 
mie Françoife. iBz Ses Comédies» ihid» 

OLi^et (Mr. 1* Abbé d*) Re^û dans l*Acade- 
mie Fran^oife. 28 & 

Orange. Differtacion fur TArc de Triomphe de 
cette Ville. ai 0*22 5 

Orléans (LeP.d*) Nouvelle Edition de Tes Kéw- 
luiiotts d'Angleterre. 14$ 

P. 

X Arnafle moderne. 39 

Perîcr (Mr. du) Ses demelci avec Santeuil. 27 

bon Gentilhpmme. 17 étoit incapable d'aucun 

emploi. Z7i 28 

Pliîlofophie Payenne (Hiftoire de la) Ce que^ * 

, c ' eâ que ce Livre. 3 14 

Pife (Mr. de la) critiqué.. £21 

pfine. La nouvelle Edition du P* Hardouin pa- 

ïoir. 80, 281 

Y 5 Po; 

f 



314 TABLE 

Votée (Le P*) SonDiTcburs fur la Majorîtc* 184 
Port Royal des Champs (Abbaïe de Notre-Dame 
de) ion Hécrfilo^e^d 7, 91, Sa fondation, 91. fa 
Reforme, 92. eft (bustraîtede la Jurbdîâion 
de rOrdre de Citeaux 94. perféeucée 99. loi* eft 
détruite, 103 Defcription de cette Abbaïe. 109 
Fouget (Le P.) Sa mort 15 1. Auteur du fameux 
Catéchisme de Montpellier. ibid* 

QUesnel (Le F.) Ses emportemens contre M. 
de Fenelon. ^04 

i^uietisme , origine & progrès de cette affaire en 
France* 195- zo& 

R. 

RAcine. Mr. deSégrais lui préferotc Corneil- 
le. Zf 

Racine le Fils (Mr.) Ses Oeuvres. 147 

Ramefejr (Mr. de) Sa Vie de M. de Cambrai 187- 
209. arrive Déifte à Cambrai^ Ôc en fort bon 
Catholique. 205 107 

RapinThoiras (Mr.) Son Htftoire d'Angleterre» 

144 

Recueil des Commentateurs anciens 8c moder- 
nes furies Coutumes générales & particulières 
du Royaume avec leur Texte. 157 

Relation d*un Voyage du Pôle Arûique au Pôle 
Amarûique. 157 

Religion Chrétienne (Idée de la) 159 

Religion (Penlées libres fur la) Réimpreflîorï 
de ce Livre. 315 

RenufTon (Mr) Son Traité de la Coromutiautc 
des Biens. 176, Celui delà fubrogation. £90 

Rtancourt (M. de) Avocat au Parlement. 5a 
Differtation fur le cuire d'Antinous U de Co- 
rnus. I ^.4 

Richard (M-I'Abbc) SaDiflfertationrur l*Indult^ 

279^280 
Ri. 



DES MATIERES. gif 

fLtch€Hett.(LeCar<linalde)Amaat d*AiHie d'Au- 
triche. 133* la perfécute jufqu'à fa mort. itid. 
Kicher (Mr.) Avocat au Parlement de Normand 
> dre. Sa Traduâion en Vers des Epîcres cboi- 
fies des Héroïnes d'Ovide. & autres Poêfie$« 

M4 

Rochefoucault (Mr. le Duc delà) Clef de quel- 

ques-unesde fes Maximes. 22* 5on5yftême fur 
l'amour propre combattu par Mr. de Ségraîs^ 
25. Première Edition de fes Mémoires. &3* 24 
Son Caraâére. z^ 

RoiiiTeau (Mr.) Nouvelle Edition de fes Ouvra- 
ges. 149 

Rois, importance de leur Education, i, 2. La bon. 
te doit faire leur Caraâére. i, 3. La fageffe^ 

. 6. 7» combien ils doivent craindre la âatterie. 

• lOj II* Ce que c'eft pour eux que la véritable 

' Grandeur, 1 1^ 1 2 . ce qu'ils doivent favoir. 1 2- x 4 

« • 

S. 

ST. Cyran [Abbé de] Diredeur de l'Abbaïe 
de Port Royal des Champs 94* «ft emprî< 
fbnné. 9j 

St. Pierre [l'Abbé de] Son Projet dejTaille. 156 
Salkngre [Mr. de] Son Eloge. 3r4'3i8 

Sanlecque [Mr.de] SonEpître à Mr. le Duc de 
Ne vers. ^6 égalé à Des Préaux par les Jour, 
naliftes de Trévoux. îLid, 

Sarrazin, il étoit bâtard. 2^. mange 4000 Livres 
que Mr. de Chavigny lui avoir données pour 
aller à Rome ibid» prcchott comme l'on vou- 
loir, i^* 27 
Ségrais. Extrait du Sé^r^)?ii»4. 18-35. Ouvrages 
ajoutez à ce Livré. On devroit donner une Edî- 
tîon complette de fes Oeuvres. 35- Une de fes 
Eglogues. 40 
SegrfjUnÀ, Comment il a ctc fait, 19. Supprimé. 

ibîd. 



3i6 TABLE DES MATIERES. 

iUd, réimprimé enHoUandç. 40. £«ralt^ec0 

Livre. 18.3, 

Senecey [La Marquifede] co qu*elle dit au Duc 

de Buckingham. 130 

Servies [Mr. de] travaille à VHîftoire des 

Hommes illuftres du Languedoc. ^06, 307 
Solitaires en belle humeur, t Volumes de ce Livre. 

Solitaires de Port Royal des Champs. 94. leurs 

occupations. 9^^ font perfécutez» 99 

Suaire (Le St.) Hifloire de celui de Carcaflbnne. 

T. 

TElemaque» àqueldefTein ce Livre a été corn- 
pofé. X02,. Ce que Ton en a dit* i&Id, 
Terraflon (LeP.) fa mort. içj 

Thou (Mr.de) TraduôionFranfoifedefonHis* 
toire interrompue. 1 x^^ 

Touloufe. Recueil des Jeux Floraux. 3 1 z, 

V. 

VArîgnon (Mr.) Impreffion de {a Méchanî, 
que. zyg^ 

Vayrac (Mr. de) fa Tradu^iori de Marîana. 

* 97-30* 

ycrtot (Mr. l'Abbé de) fon Hiftoire des Révcla* 
tions de la République Romaine, • j^^ 

Veze (Mr. de) a entrepris THiftoire Littéraire du 
Languedoc. ÎO«>5o^ 

yilion (Fr.) Extrait de la nouvelle Edition de fes 
Oeuvres* zz.6-2i6 Vie de ce Pocte. tij^z^i, 
Marot donna une Edition de fes Ouvrages, z 32, 
233. Jugcraensqucronenafait. zii^i^ô. 

Vordac (Le Comte de) nouvelle Edition de Ces 
Mémoires* j^j 

Voyage^ de France & impreffion de ce Livre. 

:3i4 
TA- 



'JI7 
TABLE 

DÈS MA T I ERES, 

Contenues dans le UI. Tome. 

A. 

Académie des Sciences de Paris. Réflexions. 
119, 126 
Académie des Sciences, Queftions qu'elle a propo- 
fcespourdifputerleprixdei7Z4ac'i72<. 250 
Académie des Jeux Floraux, quels font les prix 
qu'elle diftribué, &c. zc% 

Adam (Mr.) reçûàl'AcademieTrançoife. 157 
l^'aFeâationafoiblitlesfencimens. 39 

Alarî [Mr. l'Abbc] rtçû à l'Académie Françoîfe. 

Alcibiade de Campiftron pris du Thémiftode de 

Du Rycr. - '57 

Andronic de Campîftron, jugement fur cette Pié J 

ce/ çt 

Ambafladeurs. comment on doit en agit à leur 
.^ard. . . , 57 

Ambanadeurs^ doivent être libres avec tout leur 

train & leur bagage. 6 3> Si Ton peut faifîr leur 

• biehsencas de dettes. iKdj^ 

Aqueduc d'Orange, fa fituation* 24^ 

Arwpo Secundêinofum^ Pourquoi ce nom fut 

donne à la Ville d'Orange. 244. 

Arènes d'Orange» leur fituation. 24S 

Arménie. Rela tion touchant cet Etat. ^ 297 
Arnaud. Evêque d'Angers, fon Eloge. 258 

Arnaud, (Antoine) Sou Eloge. z^C 

Arnaud d'Andilly, fon Eloge. 257 

Arrêt touchant la Collation des Degrez dans l'CJ- 

niverCté d'Avignon. 278 

Ah- 



^^i8 TABLE 

Aubcnton (lePerèd') fou Eloge, ' 1^4 
Avignon (k Orange, Colonies des Phocéen^. 241 
Auxerre- Hîftoire des Guerres civiles qui defolercnc 
' ieDîocefe de cène Ville> par M* Le Boeuf. 2S1 

B. 

£j El efprît, en quoi il confifte. îî9 a} J 

^Scllegarde (Abbé de) jugement fur fes Ouvra- 
ges. 74. Critiqué fur fa manière de citer les 
Auteurs qu'il prend pour garaçs. 79 

Bible avec les Rctlexions de Mr. Oûetvald. PubbV 
cation de cet Ouvragç. 177 

pibliothequedes Cens de Cour. ïroiuême Tome 
de cet Ouvrage. 15» 

tebllotheque facrceduP.le Long^ dcfaiit^ de cet 
Ouvrage. ^ ii & Tuiv. 

Bîgnons> leur Bibliothèque vendue. 29 j 

Bonct, Yon fraitc de la Danfe ancienne & pro- 

phane. a . , *^^ 

Bouges (leP:) Auteur de l'Hîftoirc du Suaire de 
. CarcalTonnc. Ses Ouvrages., 46 

îturnet. Publication de rHiftoire de Ton tcms. 2,7 ç 
Buzenval MNicolasChoart de) fon Eloge, 25^ 
Bynkershock (Mr.dc; fon Eloge & les Ou- 

vragcs. ^^ ^9 

C. 

CAlmjet (le Pcre Dom) fon Hiftoire Eccle* 
(îadique & politique de Lorraine. 27 9 
Campiftron (Mr.de) fon Eloge. 4<j'iî 

Cantique fuir UConftitUiîon & (upprcflîondê cet- 
te Pièce. ^8i 
Capitole ^'Orange, Ta fîtuatiori. - 2,48 
Cardinaux AmbaffadeUrs font toujours de lâ 
Jurisdiftion du-pape. 5^. Mais font exceptez 

de 



DES'MÀTÏEllES. 319 

àe cette jurisdidion étant A mbalTadcurs auprès 
de S. S. ibid.i^ 

Carlos (Dom) Hiftoîre de foa emprifonnement 
6c de fa mort» comment rapportée par TAbbé 
de Bellegarde. 55-101 

Caftellane (Frère Mathieu Colombe de) Sa Thè*» 
fefur les 4propofîtion8 dç i6Bt Se Air le Droit 
des Evêques. z8$ 

Cérémonies & Coutumes relîgjcufes des Peuples. 
Publication d'un Volume de cet Ouvrage, 276 
Cirque d*Orange. Si (ituatîon. 249 

Champ de Mars à Orange j fa fîcuatîon» 249 

Chanuerges (Mr. de) Sa réponfe auxjefuîtésde 
Trévoux. ^ 22423^ 

Chardin» (es Voyages leîmpri'mez à Paris. 360 
Charles V* Empereur» s*il eft mort Luthérien. 

Clémence Ifaure» prétendue Fondatrice des Jeux 
Florabx de Touloufe. 270 

Cluvier. Projet d'une nouvelle Edition de Ton In- 
troduûion à la Géographie en Latin. 148 

Colafle» Vers contreceMuncien. 45, 50 

Colonies Romaines repréfentoient la Ma)efté d« 
là Capitale de l'Empire. ^ 24)^ 

Colonia (le P. de) ion Oraifon funèbre de la 
Princefïe.de Condé. 2 9 $ 

Compagnie des Indes Orientales dej Provinces 
XJnies. Le détail des Répartitions qu'elle a fai- 
tes depuis fonètabliflementjufqu'en 1723» 21 9« 

223 

Croifec (lePcre). Tes nouvelles Viesdes Saines. 

283. 
D. 

DE Camps* (Mr. l'Abbc de) Mémoire pour 
ferviràTHifloire de fa Vie 0c de fesOu- 
yraS««» 1041 17 

De- 



3XO TABLE 

Dtnys d*HaIîcariia(re-Traduûioiidefes Aatlqul- 
tez arec des Notes. 500-304 

Defcription du Cabinet de M. de Servîeres* z^^ 

Didîonnaire du Commerce par Savary. Extrait 
de ce Livre. aii-xz^ 

Du Perray, Ton Ouvrage furie Concordat a^^ 



Ecriture (faînte) mauvais effet qu'a produic 
renviedeTccIaircir, 5* quoique cette envie 

ait produit des Livres inutiles ou pernicieux, il 

eft difficile de fe difpenfer deles lire. ihid. 

Eloquence , à quoi elle doit être emploïce. «9 
Emotion de l 'Orateur nedoic pasdurer trop long 

tems^ 50 

Envoie deHolileln ajourné par laCour de Hollan- 

de. ^r 

Explfcation nouvelle des mouvemens de TCJnivers 

R 

Farget de Poliii, Analyfe de fon Difcours qtii a 
difputë le prix à l'Académie Françoife. 2 ^- 

28 

Fleury (Abbé de) fon Difcours fur les Liberte2 

de TEglife de France. ^98 

5. François de Sales. 5onËloge< , 2^1 

G. 

Garangeot. Son nouveau Traité des Inftra^ 
'mens de Chirurgie 294 

Géographie de le Coq» nouvelle Edition de ce Lu 
. vrc. 153 

Gracfan cBalthafar; nouvelle Edition de la Tra- 
. du Aion de fun Homm mverjgl^ 1 50 

Graa. 



DES MiVTIERES. 3Z1 

Qrange (Mr. de la) Edition du Kecuetl de Tes 
Cantates* 1 ^q 

H. 

HArangues dans l'Hiftoîrc dîreôcs, leui 
défaut, 7^ 

JUcmaMere de Cîcçron, Auteurs qui la difenc 
ncc a Orange. 245 

Henaulc (Mr.Te Préfîc^nt) reçu à l'Académie 
Frânfoifc ^ 

liiftoire d^ faînt Suaire de Qrcarronn Ex, • 
deçeyyre- e, I^'?' 

Hiftoirc d'Efpagçe, pv TAbbé de «^Hega'"'^*^' 
Extrait^ de ce y YMî. 79 i^p^. Jugctocmfu^^*': 
te Hiftqirc, . I0a,&i04 

Hiapîrc de r Académie des Sciences, 1718,1710 
Extrait de ce Livre. 1 1 8- 1 *fi 

fliftoîre de Pxovcnce^ par Gauftidy. Jugement 

fur cet Ouvrage. ' ® 7^1 

H( oir^ abrégée du viçgijçc Teftamenf. ^li 

Hoicl des AmbaffadeMrs, s'il peut fcrvir d'aivlei 

J Anfenius, Ton Eloge, a6z.2^4 

Idce d'un vrai Religieux, Ouvrage publié par 

les foins de Mr. Lambert. j.gi. 

Uluftres Françoifes. Nouvelle Edition de ce Li- 

Indes Orientales (Les) anciennes & modernes^ 
Imprefllou de ce Livre* 2^24 

Incs de Caftro, Critîqiie de cette Tragédie, par 
Mr.Goyoi; ^ v^l^y 

Jnquilition, comment fon ctabltflcment eft rap. 
porté par VAbbé de Bellcgarde. 85.90, Rc. 
flexions fur ce récit. . aq^ i 

TmelU.Pm.li. X S, 



^li TABLE 

S, Ircnée, fa Vie en * Vol. ii». par le P- 

Dom Jaques. 2*5 S 

Ifa'ie y Chapitre J(IV. de ce Prophète traduit en 

Vers, par Mr. Racine le fils. ^57-^39 

Jon^thas le Maccb.ab.cc» Tragédie attribuée au 

F* Du Cerceau. 284 

Journal des Savans^ Auteurs quj Pont repris de« 

puis rimçrruptîon de I72|. a8^ 



JL^Ancelot (Dom Claude) fonElo^e. 25s; 
l'onglet du Frenoy.. Nouvelle Editîoii de fa 
' Méthode pour étudier THiftoire. 306 

Lettre éaite aufiiietdel'Hiftoired'£vreux.34-4c 
Long (Le p. le) Extrait de fa BiUicihica Sacra $ 

& fuiv. particularités de fa Vie. p. i^,6cfmv. 
Xiouis XIV- donnoit âts pendons aœ^ Sayans 

des B^'û les plurieCQlez» 2x7 

' " ' M. ' ' 

MAÎtrc deSacy (Le) «54 

Maître (Antoine le) 'Son Eloge. 25^ 

Marfeîlle fondée par les Phocéens enviroir 

600 ans avant ]• C - 24^^^^ 

Miracles de S. Taurin Se de S. Sauveur. 38-40 
Mifanthrope de Mr. V. £.jugei|iettt fur cet Ou« 

vrage. 17^ 

Montagne^ Nouvelle Edition de fes Eilais. 14^ 
Motte (tàï* dé la) fou Compiiment au Vioi fur fon 

Sacr^ 33 

N. 

MEcrologe, fuite de TExtrait de ^ Livre. 2^4 
«Cfttiv, 
int Des ToftdifSiSlrceeprïoâàrAcjideinie 
françoife* - -. f^^ 



DES MATIERES §23 

jRjcolcf (Pierre) fon Eloge z,r*o 

Koble (Le) Analyfe de Jbn Difcours qui a rem- 
porté le prix à rAcUdemie Françoîfe. i8-2{ 

Koncef> à quelles conditions ils entroient autre- 
fois en Angleterre. ^ 5 

Nouvellifte fans fard» Jugement fur cttte Gazet- 
O. 

ORârtgé, âbr^ de l'Hiftoiré ancienne de c6t- 
te Ville* .^^^0'^^il• Auteurs anciens qui 
ont parle de cette Ville. . ^5i 

Or, diCcrens lieux 0c Rivières de l'Europe» oà 
l'on trouve ce metaL tzx 

Omnf, fa DiileHation fur les Verfions Alleman- 
des de la Bible eft diftribuée par le P.le Lon^ 
en fa Biblioîhe^w Sacrée. y 

P. 

PApîn, Nouvelle Edition defes Oeuvres &(bil 
Eloge. 28^.285^ 

Paradoxes Littéraires, Epitre dédicatoire qui de- 
voir être à la tête de cet Ouvrage. 235 
Pafcal (Blaifej fon Eloge. 25^ 
Pavillon, Evêque d'Allet, Ton Eloge. z6c 
Petit (Mn) fon Traité des Maladies des os. 296 
Phocéens, Villes qu'ils ont fondées en Proven- 
. ce de Langaedoci 24^ 
Pièces nouvelles de Théâtre. a8 ^ 289 
PJutarque, Nouvelle Edition de Tes Vies des Hom- 
mes illuftres traduites pair Mr. Hacier. 14g 
Pocfie^Difcoursde Mr, Racine le fils fiir TeiTencé 

• delaPocfie. . ^o{ 
Poètes Latins de la Société des lefilItcs^Kouvel- 

• le (dîûpn de leurs Ouvrages» 2 9^ 

X & Pont' 



314 T A B- L E 

Pombriand (Abbcde) fon Serinon fur te Sacfé 

du RoL 7,f9 

Pontis (Louis de) fon Eloge» 15$ 

R Acide le Tragique^ Edition de Ces Oeuvres à 
Londres. i£ 7. Comparée à celle d'Amfterdam 
de 1711» izS,ii$ 

Racine le Tragique^ (on Eloge» 2^7 

Kacine le fils (Mr.) défendu contre la Critique 
deUr. Van £f i36'tÎ9 

Rapchin Larergne^ fon Eloge de Mr* de Cam* 
pirtron. 55 

Reaumur (Mr.de) fon Eflai de i*Hîftoire des 
Rivières & des Ruiflèanx du Royaume^ qui roa« 
lent de l'Or. i£i 

Recueil d*Hiftoriens de France projette par le 
P le Long 17 

Recueil (XXV) de Pièces d*Eloquence préfen- 
fées à TAcademie Franf oife pour le prix de 
I7*i. Extrait de ce Livre. 17, &fuîv. 

Recueil de Pièces qui ont dlfputé le prix à TA- 
cademie des JeuxTloraux, Extrait de ce Li" 
vre. xtf 5 , 5c fiiîv* 

Renou (Le Père) Auteur des Racines Hébraïques 
fur le modèle des Racines Grecques de Pore 
Royal. 1^ 

Rodrigue, connu fous te nom de Çid, fils de 
Dom Di^e, Hiftoif e de fon duel avec le Com- 
te de Gormaz & de fon Mariage avec Chîm^ne^ 
• fille du Comte. 92. Réflexions fur la manière 
dont TAbbè deBellegarde a rapporté cette His« 
tçîre. 95&94 

Roufieau^ rélmpreffion de fes Oeuvres; 149 

Romans nouveaux» %^^, 197 

S. 



DES MATIERES. 32J 

SAbatîer (Le P. Dom Jean) fa Lettre fur la 
Contagion d*Aix. 295 

Sachot^ fa CollcAîon des Notes de Du Moulin, 
Louet 6c Vaillant, for les matières Beneficiales. 

Saint Cyran (Jean du Veiner Abbé de) fon 

Eloge* z^% 

S« laques» fon Voyage en Efpagne. 81. Son 

Tombeau, comment découvert. 8ft 

S. Louis, Panegrique de ce Roi, par Mr. Cbar- 
rot. 157 

Sainte Marthe (Claude de) Son Eloge* 259 
Saurin^ Miniftre, abrégé de (on Catechifme. 27^ 
Simon (Le P. Richard) fa Critique des Prolego« 

menés & de la Bibliothèque de Dupin. 29^ 
Stofch, fon Recueil de Pierres antiques deflinées 

& gravées par Picart* ^o^ 

Suaire de CarcalTonne^ Origine de cette Relique. 

42. Ses miracles. 43, Preuves de {on ancien* 

netc. 4^ 

Sujet propofé pour le prix de Pannée 17*4. par 

PAcademié des Jeux Floraux* 274 

T. 

Tanevot, Auteur del^EpîtreauxMufesinrerée 
dans les Mémoires Hîftpriques. 267 
Temple de Diane a Orange, fa Utuation. 247» 

148 
Théâtre (Nouveau) Italien. 29^ 

Thomas (Pierre) fon Eloge. 260 

Tillemont (Le Nain de) fon Eloge. a^^, 25^ 
TiteLive critiqué au fujet des Hôraces ôc des 
Curiaces. 76 

y I Tour» 



Mi6 TABLE DES MATIERES. 

TooipeaK (Nicolis le) km Eloge. zto 

Tradmons €fm conccrÉciit r(ongj[iie écM Peuples 

& ccctains nies camaocdînairesj comment mi» 

vcm£treiapQ(tée& 3^ 

Tiagdiesdeàfr. deCampîftnMifottceqii'n a fait 
demeaieor. Edimms airetTes decesTi^edîes. 

Traité do Jugs compétent dès Ambatfàdciirs , 
fimederEsfiaitdeceLivre. 55 

Traité dn Vernis. 291 Traité des eaux Minéra- 
les de PaflTj par Moollim zça 

Trippier (Mr.) fim DifoNin fiv U Maforité du 

y. 

Van Ef, léponfe àlaCrick|tte <pi*il a faite de 
la Bibliothèque FrançoiCe. 160 ^ 197. 
Qiielqttes-nnes de Tes fautes relerccs. 1 69,169 
Jugement for iês Omrrages en gcnéraL 179» 

vers contre ks' Opéra de Campiftron. 49 , ^o 
Vicelede (Mr.) a remporte les dcor prix de 

1723. propofez par 1* Académie Françoife. 

304 
Vies des Impératrices Romaines 3 Tome fécond, 

réîmpreflîon de ce Livre* 149 

Vrai, ce que c'cft. 253, 234 

^ITlcquefort arrêté par ordre des Etats Gène. 

raux pendant qu'il ctoît Agem du Duc 

dcLuoeboarg. ^g 



FIN. 



felBLIOTHEQ^UE 
FRANÇOISE. 

ou , 

HIStOIRE HTTERAÏRE 

D E L A F K A N C E. 

f ô M à ik 

A N N E' K 17x4. 



A AMSTERDAM, 

bez JËÂN FR, BËRNAr^ 
"mdccxxiV, 




BIBLIOTHEQUE 

FR ANCÔISE; 



du 

tiiS7b/7(^E LÏTTE%Alkk 
DE LA FRANCE. 

ARTICLE PREMIER. 

C'imfarAifin d^s dénie hiftosres de tM.'de 
Met,erkj , & du P. lîaniel , en deux 
piJJeftéUiêns ,. avec une DiJJertatiùnpréli'' 
ininaire jfîrr t milité de CHiftairepar 
Daniel Lomtari. &c, à Amfierdsm^aftx 
dépens de U Comp^fftie y 17x3. 40. 
Pag. If 4; fans PBpitre dedicatotrc & 
ta prefaice. 

[R. Lombâtrt nous apprend dans U 
préface de cet Ouvrage , lebùc 
des trbis Diflertations qui Iç 
compofeiit. Il y déclare aflez; 
nettement qu*il les ^a écrites en veuë de 
ruiner ce qu'on apdte en Angleteire, 
ObéiflTance Fâifive s & par €Ooféqaen» 




4 iSttxiôfflt^tîfc 

cites ihte'feirent particulièrement îe Kfi^' 
iaume. La première Dillèrcacion eft pro- 
prement- un Trahé de Morale , dePolitt- 
^me , ^ df Religion , dont touie bonne Htfioi' 
re doit donner une virttabîe idée. Le but 
principal de l*Hifloire» eft de rendre les 
hommes hontiêces gens & bpiis cîtoïens« 
Ceux qui ont le bonheur d'être nés dans 
la Religion Chrétienne doivent aprendre 
parl'Hîftoire, à devenir iheillears Chré^ 
tiens. Cette première differtation renfer* 
me furtout une hiftoire abrégée de la forme 
de Gouvernement deplufieursEtàts; par 
où Pon verra , dit l*Aateur, que la conftitu- 
tion du iCoiivefnementd' Angleterre j eft 
tion feulement la meilleure y mais aufli pcuc 
acre la plus ancienne forme de gouverne^ 
ment dont PHiftoire faflè mention. Nous 
allons entrer un peu plus dans le détail 
de cette Diflertation générale. 

On doit rapporter rétude de ffiiftoîre 
) trois différents égards ^ à la Morale , i 
la Politique , & à la Religion. L*Hiftoire 
nous apprend par des exemples certaine 
& réels , it> que les grandes vertus ont pref* 
^> que toujours été récompenlées dés cette 
^1 vie , & fur tout que les grands crimes 
^yontprefque toujours été punis '^ en ^uot 
elle eft fu^érieiite I la POefie % qui nous 
dprehd la même chofé. par fes fictions» 
Mais quelque vive (Jue foit d'abord Pim- 
préHion des exemples que la fable nous 
pfopofe y elle n^a jamais la force des 
térités biftoriques. L'homme necherche 



aae le vrai. Si l'erpric humain fe (ait 
pes illufîoy^s , ces iliufions font un faux 
jour , par le moyen duquel il tâche de 
parvenir à la vérités L'Hiftoire e(l à lâ 
portée de tous les hommes : chaque par* 
ticulier peujc profiter des grands exempts 
qu'elle propofe, & , pour ainfî dire, les 
reffcrrer pour foi même. Par exemple , les 

Jrandes révolutions des Etatsi n'ojit pajs 
'autres reflqrts que les révolutions des 
femilles qui les compofent. l^es procès 
pour, des héritages , Içs querelles des par- 
ticuliers font d^ petites images des guer- 
•ces des Prince^ , & des pr^entip^s quçf 
les un^ forment fur les biens des autres. 
(.es dilTenCons des &éres & des coufins 
^nt de' petites guerres civiles &c. Le$ 
particuliers peuvent auflî faire beaucoup 
de fruit par la leûure des Hiftoircs par- 
ticulières , telles que les Vies de Suétone , 
& les Mémoires que quelques grands hom- 
mes noujs onc Iai0és de leur vie. Mais 
ces Mémoires ne fhpc pas toujjpurs fidel- 
les , & il en eft peu où le hërp$ fe dé- 
Qiasque auflî naturellement, qug le Car? 
^|nal de Retz dans Içs gens. 

L'Uti)ité de l'Hiftoire par rapport àja 
Politique , o'eft de npus faire çonnoitre ce 
qui peut Quiçç ou contribuer au bien dtt 
lafociété. ** Elle nous apprend, ditTAu^ 
^ teur , ïap|,us ancienne forme de gouver-^ 
^y nemenç» & celle qui repond mieux à la 
^ déftination decetteinftitution.Elle nousi 
^' enfcigae par quels.moïçînj Iq^libcrcé pu-^ 

A l n blïquo^, 



6 BlBLIOTHCQtîE 

oblique fe perd, ou fe conlerve; ce qui 
9, fait la profperic^, ou la ruine des Etats 
„les ptusfloriflànts. Le defordre despaif- 
fions renverfe cette conftitution. C'eft à 
ce defordre que la République Romaine 
a dû la perte de fa liberté , & fuccèflî ve- 
ment les Empereurs Romains lui ont dâ la 
perte de leur autorité tyrannique. Ainfi tôt 
ou tard la tyrannie trouve (à finfdans les cau- 
iës qui l'ont élevée, PHiftôirc, en nous 
aprenant les influences que le vice & 
la vertu ont fur la ruine, ou fur lacon- 
fervation des Etats , nous aprénd aofli 
quel eil le meilleûrgpaveirnement, &par 
Quels moïens il peut Reperdre, Gfufecon- 
lerver. ,, Si les Souverains veulent êtreaf* 
^yfurésde conferver leur autorité, ils ne 
,y doivent point (brtir des bornes que leur 
,y préfcrivent le;s ioiz de l*£tat qu'ils régif- 
9, fent : ils ne doivent jamais violer lesloiz 
naturelles , qui font la règle éternelle 
du Julie & de Plnjufte / & qui , / eilet 
étoient cmfultées , regletùient mijimem ies 
droits di$ Rois & des peuples. Après quelques 
réflexions générales fur la tyrannie , dont 
Ariftote & Machiavel fourniflent le texte 
à l'Auteur , Il s'attache à ce qui concer- 
ne l'Angleterre. Il nous dit que ies en- 
treprifes de quelqu'uns de les derniers 
Rots fur les libertés du peuple y les ont 
affermies pour jamais , & qu'en s'attri- 
buant des prérogatives qu'ils n'avotent pas, 
ils ont fi bien fait , que les privilèges du 
peuple ont été confidérablemenc aug^ 

men- 



F«AMCOfStfr 7 

mentes à leurs dépens , fous les quatre Rè- 
gnes ^ui ont précédé U dernière Réyôiuri- 
dn. Le pouvoir des Souverains doit être re^ 
latifà la liberté des peuples : Us doivent fe 
communiquer à eux par des àflembîéés 
générales de là itatton.' Le mépris que 
les (lerdiers Rois de la grand'Èretâgné 
firent de leur Parlement , contribua hé" 
aucoup aux malheurs dans lesquels on les 
a vu envetopés. * J|<a ^Auteur fait l'élo- 
ge du gouvernement préfent; & pour 
mieux f^ire fa cour au Souverain , il veu| 
qu*on lui applique ce que les Poètes & les 
Hidûrieris^ Romains ont di( du Regiie 
d'Augufte;. '^ ^""^^' ^ 

Un Ro! qu\ gouverne félon tesloixtié 
la Juftice cônferîrè & défend les liber- 
tés de l'état : mais il atrive fouvent que 
les peuples abuféht d^cebonhéûf. Quel- 
quefois lès déli<réi5 de cette liberté les 
cônduifent à unç' licence éffrénfe. La 
tyrannîe , dît Pldtôn fcité par l'Auteur , 
s'^établît dans un Ecat libre ,* lorsqû*on n'y 
fcait pas mcfctre de bornes à^ l'amour dé 
la liberté. '' G*èft cette "ficericfe effrénée 
qui perdit anciennement les petites Répu- 
bliques dé là GfccéV ' 'Ceux qui ont lu 
rHiftoîre de ces Républiques nignoreitt 
pas que cette licence cônfiftolt i raire dè$ 
cabales perpétuelles contre le gouverne- 
thent , à contrôler les adions lies plits fà-r 
gés Magilirats , & même à tourner eti cri- 
me l'aneâion que les honnêtes gens dé 
l'Etat fe concilioient. 

A4 J*Hif 



8 Bibliothèque 

" L'Hjftbîre , continue MXombart , nous 
met devant les yeux commenc les Peuples \ 
qui vîvoienc tous la même forme de gou-; 
vernement que nous , l'O'^t confervée &" 
perdue. Il allègue ici deux ou trois exem- 
ples pris de l'Hiftoire de Fràncie. Si Ton 
étùdioit l'Hiftoîre, onrectifieroitbien-tôi 
les faùfles idées que l^oh a en pluHeurs 
endroits , fur la nature du gouvernement ^ 
& fur les droits des Rois À des pieu pies. 
Le Droit I^atrïarchal , & Hç Droit héré- 
dit^re ne peuvent fe foutenîr par PHif- 
toire , quelque prérogative qu'il femblé 

âue les premiers teqfips aient attac^hé aa 
roit d'ainefle : il paroît au contraire par 
les Saints Livres , que cette règle a ^té 
ïouvènt violée. Mais on lui conteftera là 
validité des exemples qu'il allegue,tels que 
font ceux de Jéroboam de David fii: de Sa- 
lomon. Onlutdirsj que Jéroboam étôitun. 
vfurpateuriqu^l ne s*agiflbit point d*ai nèfle 
dansl^éléâion dé David en là placé de 
Saiil. A confidérer humainemetit l'hiftoire 
de ces deux Princes , on y troiivé un tïflu de 
contradi£tions difficiles à concilier. Dieu 
choiflt David en la place de Saiil , & cepen- 
dant David garde en toutes les occaflons le 
Xéfpeâ & la foàmifnôn qU'il doit à Saiil 
corpme à fon Roi légîtime. l'égs^rd de Sa- 
lomon, il fkut avouer que cet' ej^emple a 
plus de forcesmais ilmanqvie çn cet endroiç. 
de l'Hiftoire faihtle plufieurs particularités, 
qui pourroient nous découvrir les motifs 
qùeDavid eut d'en agir ainfi^fic fans lefquel^ 
Teipric .humain ne peut s'empêcher dà 
' - preq- 



^ 



F R A H Ç O 1 s C. 9 

prendre parti pour Adonjja. Quîfcait, par . 
exemple , fi la mère de çre dernier Prince, 
n'étoic pas v^Hçilqfiplé concubine ? Auquel 
cas c^l|i| ci n*avoiç pas plqs de droit à la 
fucc<^(îîpn paternelle , qu'Ifmael à celle 
d'Abraham. On ne fçauroit nier; çjuele 
Goaverrieinent Monarchique pe' foie une 
imitation de l* Auiorité ÏDiyine , quelque 
effort qo'ph fafle pour foutenîr le con- 
traire. Il eft vrai que Samuel décrit aux 
Juifs les inconv^niens de la Roïauté. 
Mais le Prophète avdit feulement en viîé 
de reprefenter % içs cpmpatrïotes^Ia dif- 
férence de çè gouvernement au'ïnéocra- 
tique; fous lequel ils^voiènt vêiçujuf- 
qu'aldrSf ï)u ' rei^e \ nou^ convenons 
avec l'Auteur', que Samuel , en parlant 
àinfi , n'a pas cherché àétablir le droit 
des Rois,& qu'il n'a voulu quç reprefenter 
aux Juifs le^ fuites funeftes de l'autorité 
de leurs RqÏs, qui les gpuyernerôient à là 
nia rïiére des a utres Mbiiarquës de l'Orient. 
Un plus long détail fur cette matière 
nous méneroit au delà dés ]uftes bornes 
d'un extrait. On peuç voir dans fg Dlf- 
ferrâtlon même ce que Ton y dit de 1^ 
feflemblançe du gouvernement delà Ré- 
publique Romaine ^ au ^gouvernement 
d'Angleterre : comg^en^ fous le Règne dé 
Tibère le Sénat déchût du droit d'être 
cbniulté par les Enipereurs dans les af^ 
jaires importantes: (es anciennes' Cbnftî- 
tutions du Ro'iavme de France , de Sué- 
de , de Pologne , toutes (cmbiables ai^ 

A S gou?er- 



îo Bibliothèque 
goavernetnent Anglois : les iendineiis 
des anciens Péres fur i*obéiflànce que 
l'on doit aux Princes , oq qu*il eft per- 
mis de leur refufer à certains égards. 

Nous paflerons moins légèrement fur 
ce que M. Lombart remarque à l'égard 
de la conduite que des Chrétiens ontiou* 
vent tenîie autrefois envers deis Princes 
infîdelles , ou tyrans. Il faut convenir 
qu'on y reconnoit des irrégularités très 
propres à entretenir cet efjrit de révolte 
& de féditîon , auquel beaucoup de Chré- 
tiens ne confervent aujourdhurque trop 
de penchant ; & cela pour la gloire de 
Dieu y pour l'honneur de là Religion. 
On voit les Eclefiaftiques des fiecles pai^ 
fés , & même des premiersi fieçies , s'é- 
loigner de ces maximes de (bumiilion &^ 
d'obéifTance qu'ils prêchent ânx peuples.- 
On les voit anathématifér leurs Souve-' 
rains, refufer de les reconnoitrê, délier 
les iujets du ferment de fidélité.. Plus le 
pouvoir de ces Eclefiaftiques eft grand , 
plus ils foumettent les Souverains à leur 
autorité , qu'ils appellent l'autorité de 
l'Egliie. Après cela, faudroit il trouver 
étrange qu'aujourdhni quelques Monar- 
ques de l'Europe foient entièrement ibu- 
mis aux vlplontés dé leur Clergé ? De 
bonne foi^pourroient ils lè conduire d'à* 
ne autre façon , & ne fe trouveroient ils 
pas louvent éxpofés à perdre quelque cho- 
ie de plus que la Couronne ? Nous en 
avons des exemples. Un fujet qui a des 



Françoise. ii 

{d^es juftes de PobéifTance qu'il doir h Ton 
Prince , & qui fe règle fur les maximes 
du Cnriftianifme » ne f^ra pas détourné 
de Ion devoir par les (nauvais exemples 
des féditieux : il fupportera fans murmo- 
rer les injuflices do Sou verain.Mais cepen- 
dant heureux le fujet qui a l'avantage de vi- 
vre fous une autorité raifonnable & dont 
U baze eft U Religion &, la Juftice. 
• La 'troifiéme partie de cette première 
Ditfertation traite de Tutilité de la Re- 
ligion dans la Politique , & de l'obligati- 
on où font les Princes de la maintenir. 

Al. Lombartefl'aye de comparer dans les 
deux Diflertations iuivantes,le P. Daniel & 
Mezeray. II commence la première 
de ces Diflertations par une vague énu- 
meration des chofes qu'un Hidorien doit 
bbferver , pour être reconnu bon Hifto- 
rien. Sur tout il fouhaite que fon Hif- 
torien n'appuie pas les erreurs de ceux 
qui font profeAIoii d'une faufle Religion; 
ce qui eft aflez équivoque- Voudroit il« 
par exemple , que le P. Daniel eûtcom- 
bam les dogrties de l'Eglife Ca holique, 
fous prétexte que , félon M. Lombarc , 
les Catholiques profeflënt une fàufle Re- 
ligion > La même équivoque fubfrfte en 
ce qu'il appelle préjugés de Religion, 
maximes de liberté &c. On fentau relie » 
qu'il lui en coûte un peu de mettre à cet é- 
gard le P. Daniel au deflùs des Vanlias le 
de Maimbourg' Enfuiteil entre dans un af- 
fez long détail de certaines règles qu'il 

faut 



12 BlBLIQTHEOOE 

faut obterver pouç dlonncr une ^î^qire 
èxaâe , agréable, îiiftruaiye, & bien 
écrite. C'çft Iviivanc ces regleç qu'on éxj^- 
mine ici leP* Daniel. MonlXombart recon- 
noît que ce Père les a parfaicemenc fui- 
vies : fur tout il lo^e fa narration , & Le 
met d'égalité ayecTite-Lîve. Mais la mor 
deftîe du P. Daniel eft trop grande, pour 
fe .prévaloir <l'un tel éloge. Elle fer 
roit bien feuffe , fi par ce inênie endroit 
il ne fe fuettbit fort au deffus de Meze- 
ray. A cet égard l'Auteur de ces Diflfeih 
tarions rend 'to\ice la îufticè pçffible ajU 
P. Daniel. ' 

La troiBeme Di0èrt^tioni commence 
par une efpece de préface , qui prépare 
le leQeur à la préférence que le Difler- 
tateur va donner VMezcray, en ce qui 
concerne la Morale ^ li^ Politique, &i 1^ 
Religion. Ici comme ailleurs, l*Àuteujr 
veut bien paroître ce qu'il eft , c'eft adi- 
ré, un Protéftant r^éfugiéen Angleterre, 
Quoi qu*il en foit,on ne peut guéres dis- 
convenir de la partialité dont ilaccufele 
P. Daniel^ lorfquè cePéreparlede<jue^- 
. ques affâiresi dé Religion. Mais en^faifant 
cette remarque , îj auroit dû, rélever une 
réflexion du Jéruite „ f'^Efprit de révolte , 
„ dit le P. Daniel , accompagne toujours 
„ Péfpritd'héréfie** il devoir ajouter que 
çé même efprit accompagne l'Orthodoxie. 
Un habile homme , tel que ce Père, a t'a 
pu ignorer , que , fans remonter fort haut^ 
dn pouvoic alléguer des exemples pea 

fayJî 



j^ it A M § o I s i: i) 

favorabiies da zèle faâienx des Ortho- 
doxes? Convenons qu*il cft difficile d*ob« 
ftrvcr une éxaâe neutralité en matière 
de Religion. Pourquoy? Parceque la Re- 
ligion eft trop liée à la Politique moder- 
ne , & que le Chrifiianirnie en divifé en 
plufieurs Seâes ennemies jurées les une^ 
des autres. Ajoutons qu^en général les 
Ecléfiaftiques Chrétiens entrent trop a- 
yant dans les myftére^ dé la Politique , 
& qu'ils ont le grand privilège d*ehtre* 
tenir par leurs (nfcours & par leurs fer- 
mons là haine & la partialité des partis 
qui divifent le Chriftianifme. Tout cela 
ne fe remarque pas dans les anciens Hif- 
toriens4 Le culte eft égal : ils font tous 
Païens. . ,. . ' 

Nous finiflbns ici l'extrait qê ces Dif-! 
fertations; periuâdés que cet échantillon 
fuffira pour faire Juger d'un lîvi'e, où Ton 
trouve pluileurs remarques curieufes y Se 
, une critique quelquefois aflez bien fon- 
dée. Le ftyle dur & raboteux y & les an- 
gUcifmes que l'on trouve è chaque page 
ne dbivénj; point lui attirei" le mépris de^ 
Icfikeuî-s François 5 jiuîsque l'Auteur fe 
déclare étranger , accoutumé à prêcher 
& à écrire en Anglois, & que même il veut 
Bien àvoiiér qu'il écrit veritabUment eii 



ÀÉTt- 



• • 



14 BîBtlOtBEQUk 

ARTICLE- II. 

Lettf^ dm Fgn Pcitgit à c5^. Ft^U 
d'Ùlivit fir U convtrfien de tMr. de U 
Faniaine. 

ITTOas nie demandez \ Monfieûr , un i*e- 
Y cît circonftancié de ce qui s'eft paf- 
fé auTqjet deU converfion du célèbre M. 
de la Fontaine ; <jui me fit fa confefïïon 
Çenerale y & reçut de. ma main le faine 
Viatique en 169 j. Les faits foilt auflîpre- 
lents à ma mémoire^ qne ûl'hiftoireétoic 
arrivée depuis peu de jduès j & je nefuii 
pas fâché qu*il fe prefente îiatureiiement 
une occafion de lés rendre publics. Je 
vais vous en faire une relation cxadle , où 
Ton verra en même temp^ avec joye une 
des plus Belles aâions que feu Monfei- 
gneur le I^upbin , qu'on noiiimoic aIor$ 
Mônfeiffneur \t Duc de Bourgogne, ait 
faites dans fori enfance ;- aâioh au refie 
dont peu de ^ns (ont infiruits s & que 
PAuteur de f^ vie de ce Prince n'auroié 
pas manqué d'iiiférer dans fon livre s'il 
l^ut fçuë; 

; Vers le milieu dit inpis de Décembre; 
1692 M; delà Fontaine, quîdemeuroit 
alors fur la Paroi^è de faint Roch ^ Pa- 
ris , tomba dangereufement malade en la 
72. année de fon âge. Il y avoit alors fix 
femaines que j'étois Vicaire de la Faroiflè 
de faine R6ch ^ n*éc«nt âgé que de 26 ans: 

es 



f A k H q 6 i i M t9 

4c j'écoii Doâear de Sorbonne depuis fix 
mois. }e o'tvois encore ^(nftë ni confef« 
fé aucitfl malade* M. le Cqré de faint 
Roch avaM li|ei» cette maladie , me pria 
d'aller ymm JML de la Fontaine, ppur lui 
donner^ h^ fiMSWrs qui dependroienc de 
mon ttini ftcre. Je fis ce que je pas pour 
in'en defimdirt, reprefentant que j'étois 
èrc^ iftuilé pour un homme de cet âge là ^ 
^ui a'aîlleiirs ayant vécu d'une manière 
peu conforme aux règles du Chriftiams- 
me 9 & étant fort coniiu par des ouvra* 

fes fcandaleux , & infiniment pernicieux 
la jeunefle , avoir befoin d'un guide plus 
^claire & plus expérimenté quejen'étois., 
M. le Curé de St. Roch voulut abfolu- 
ment que )'y allafle. J'obéis. Je pris avec 
înoi un ami commun, de beaucoap d'eih 
^rit, qui étoit intime. de M. de la Fon^ 

£ine ; ne voulant pas me prefenter dV 
>rd en qpalité de Pafteur y mais comme 
ûnâf qpi venois m'kiformer de l*état de 
fà ùMé de la. ipart de mon Bere, qui vi- 
vote alors ,06 chez q^i M. de la Fon* 
takie vendit quelquefois. Je chargeai 
l^!âmi qui m'accompagnoit , de Iqidire que 
jfétoiB vicaire de la Paroifle , pour me 
làettre par là in&nfîblement: €ta les vo« 
yts de lui parler de Dîeu.&idefon faluc* 
Cette première vifite dura deux hea-» 
te. Après les compliments ordinaires, 
|e mis infenfiblement & naturellement là 
converfàtion fur des matières de pieté & 

die religioDv «Mi és< la Fontaine me fit 

plu- 



tB filBLIOTH^QtJK 

t>la<ienrs objeâions. J'âvois dit qti*bfi 
homme de bon fens , qai vouloit ezàmi^ 
lier leé chofes à tête repDféè ^ ne poavoit 
fk ditptiiÇet de tohvenir après cet exa* 
men , quels Religion Chredenheétoit ve- 
i-icable, & qae fuppofé fa vérité, è*écoîc 
iine folie que de. vivre, comme font U 
^lasparr de^ hohime^ , d'une manière ab-' 
K>lumenc oppofée à ce (jd'on faitprpfef-^ 
iioh de Oroire. J'appuyai cela ak tons 
les raifohhefilents qui Te prefencerenc alors 
i mon efpHt. Al. de la Fontaine, qui 
étoit un hoitirné fort ingénu & fort Cm* 
pie, avec beaucoup d*dprîty mç dit alors 
tinê naïveté allez phlfànit. Je iaejuh 
niis y dit-il \ depuis ^hetqui temps à lire 'Ik 
nouveau TefttiMtnt: je vous affèure^ ajouta 
r*!} 9 é/ue e^ejf un fort, bon Lhre ; oukfar ma. 
foi e^efi un bon livre ; mais il' y à- un article 
fur le éjuelji ne fuis pas feûda, c^èfl celai de 
tetetniié des peines j je ne cimprends pns 
dit-il , iêfkmeht ce fie ettrniié peui i\àccinr^ , 
der a'bec Ja'bonttf de Dieu, Je lui répondis, 
qu'il Ti'étoil'f^s- neceflaire qp*il 1^ com^ 
prit; qo^il y a des chofes plus incompre- 
henfiblcs ; qii*il étoic; obligé de tfoire i ' 
que généralement tons les myfteres font 
incomprehenfibles ^ qu'il iuffit d*examjner< 
U vérité àt W révélation ; & qùandiieft^ 
fear que Dteo a parlé,. &. qu'il s'eft iex* 

Eliqué nettement ^ il faut que la raifoo: 
umaine fe taife i & fe fbumette i i]a\ 
Dieu qui parle, & qui s'esrplique : qix^a4 

ffris c«la ii étoit aifé de làt faire vofr^niâ. 



F k À N ô d i s k. tr 

reternîté des peines n'avoitrienquedejur* 
le & de fondé eq fâi(on: & e lui expliqua^ 
Air cela avec étendue & vivacité lesprîn* 
cipes de Sh Agguftin , & des autres Pè- 
res ou Théologiens. J*avois ces matières 
Fort.prcfenies, parcei^ue je forpis dedef- 
fas les Bancs de Sorbonne ^ où cèis iqueP 
rions lont fort agitées. Après piufieurs 
répliques de la part de Mr. de la Fontai- 
ne ^ Je le iniseil un état de n'avoir plui^ 
rien à répondre ^ & il fe rendit; ,, 

Je finis la convcrfation , nous hbus fer 
parâmes fotrc contenez l'un de l'autre. Il 
me pria de revenir. Je lui promis de lé 
Voir tous les iours , pendant que dureroic 
fa maladie» Quand je fus Torti , il dit à 
l'ami que j'avois menéj & avec qui j'er 
tois convenu qu'il demeureront après moi ^ 
il lui dit qu'il etoit très fatisfaît. de. notre 
converfation, qu'il avoit enCQre.d'.autres 
difficultés , Ç\it: lesjluelle? il vouloît m'en- 
rretenir, èc quefijam^t^ ilprenoitlepar* 
ti de fe confefler ^ il ne vouloit pas d'au- 
tre Confefleur <jue inoii 

Je retournai chez lui le ihefeë jôùt à- 
près midi: Nous parlâmes aCez lon|| 
temps tête à tête/ & la Convcrfation rou- 
la toujours fur les preuves delà vérité 
de la Religion Chrétienne.. M. de la Fon^ 
taine n'avoit jamais étéabfolurhent mé- 
créant; mais auflic'étoit un hpjoime qui^ 
comme tout le monde fcait > n'àvoit ja- 
mais fait de la Religion iOn capital. C'é- 
toic un homme àburait , qui ne penfoît 
T'om. IV. B guc- 



ti B 1 * t î O T H £ 01 Ù E 

gaercsKde fuite , quil avoîci quelquefois 
de très agréables faillie^ , qui d'autfesfoié 
paroiflToit atvoîr peu d'efprit ^ qui ne sTem* 
barrafToit de rien, & qui ne prenoic rien 
fort à coeur. Sa maladie le mit en état 
de faire des réflexions lerieufes. Je lui 
•«î toujours connu pendant ce temps là 
tm grand fond de bon fensi II feififfoît le 
t^fai , <& it s'y rendoit : il ne cherchoît 
pas à chicaner: il me parut agir avec droi- 
ture & bonne foy ; & M me dit que s*il 
prenoît le parti <Ie fe confeflèr , je vef rois 
qu'il le féroit toet de fon mietfx ; & qu'il 
ne joueroit pas la comédie. Je l'exhor- 
toîs toujours , après avoir traité des ma- 
tières fpecùlatives de Religion , à ren- 
trer eft lui même, à implorer le fecours 
de Dieu , à fe confier en fa mifericorde, 
& à faire réflexion qxie fon âge & fa ma**- 
ladie , qui paroiflbit devoir traîfner en 
longueur, ne lui dormoient pas lieud*ef-^ 
perer encore une longue vie: enfin après 
dix où douze fOurs de eonverfatîon , que 
l'eus avec lui tête àtâte dett^ fois chaqjue 
jour , it me dit qu'il étoît convaincu de 
la vérité de tout ce que je lui avois dit 
jufqu'alors : qu'il vouloît perifer ferieu- 
. fement à vivre & à mourir en Chrétien, 
qu'il ne pouveit plus reiîileraux mouve« 
ments de la grâces qu'il voyôit bien qu'il 
fallôit faire une confefiîon générales mais 
que cet ouvrage l'embaraflbît infiniment^ 
que ce n'étoit pas une^ petite afFaire que 
)e recil de 7^ ans d'une vie comme la 

fien- 



F a A H (^ 1 s s; 19 

JBTenne ; que plus il j penfoit/ plus il y 
voyoic de cibos , & ne fçavoic coin- 
ihehc il poui:roiC s'en tirer; Je le ^onfo < 
lai , je l'ânimài ; je lui dis que Dieu ne 
demandoic pas ritidpoflible ; quHl n'etoit 
)amais trop tard povtr revenir à lui, iqûand 
on le failoit de bonne foys que dans U 
parabole de l'Evangile , ceux quiavoienc 
été appeliez à l*onzieroe heure du, jour 
à travailler à la vigne^ avoierït ëté re- 
compenrés par le Père de famille comme 
ceux qui avoienc été appelles à là pre- 
fhiere heure 1 que c'ecoit le coeur que 
Dieu vouloic ; qu*en le lut donnant , on . 
lui donhdit tout ï & que Dieu Taideroit 
lui même à febien cônfeflei'y quand il 
feroic déterminé à le faite tout de fort 
hiieux : qu*aprés cela fou Cônfefleor le 
foulageroit beaucoup par Iti différente^ 
^ueftions qu*il lai fetoit par raport à cha- 
que âge de fa Vie» (uries conlmandetnenti^ 
de Dieu Se de rEglifè i fur les différents 
péchez qu'on peut avoir tomfhis , fur \e% 
obligations générale^ & particulières du 
Chriflianifme , liir les| difFerents lieux «^ 
fur les différents emplois 1 les différentes 
çonjonâures bu il s'etpit trouvé , & les 
differehtes liaifofns qù^l pouvoit avoir 
eues ; qu'eh un mot o'ti lui faciliteroh 
beaucoup les chofes , & qu'il viendroic 
t bout à (a fatisfaâion de cette important 
teafFaire. 
Je û$ ce que je pas pour l'engager i 

B 2 pren* 



tt3 Ë I * L I O t It E Q <* E 

prendre de ma main un autre Confefleu^ 

Î[ue moi , m*excu(anc fur ma Jeuneffe, 6c 
or mon peu d'expérience , lui offrant aa 
farplus de continuer à le voir & à l'aider 
de mes confeils. Il fie voulut jamais con-. 
fcntir à cette propofitîon , & me die que 
puisque la divine Providence m'avoît a- 
dreffé à lui , & que Dieu s'étoit fervi de 
mon miniftere pour convaincre fonefprit 
ek toucher fon coeur , il me prioit de ne 
pas l'abandonner , & de continuer juf- 
qu'à la fin de faire à fon égard les fonc-«^ 
tions de Pafteur. J^ crus devoir me ren- 
dre à fes defirs & à fes emprefïèments 5 
maîsjeluidisqu*avajitd*entrer en matiè- 
re , il etoit neceflaîre que nousconvinf* 
fions enfemt)le fur deux chofes. / ^ 

La première regardoït le livreînfame 
de fes Contes , livre très licentieux 9 & 
infiniment pernicieux , qui avoit été im-* 
primé une infinité de fois, qui, à ce qu'il 
m'avoit appris lui même, s'imprîmpit en- 
core en Hollande avec fa participatiort jr 
& qui ,tant que la langue Françoife fub- 
fifieroic , contribueroit à pervertir les 
mœurs de ceux qui le liroienc , & les 
pervertlroit d'autant plus infailliblement » 

au'on le lifoit avec plaifir par la naïveté 
u Stile ^ & par le naturel qui y eft ré- 
pandu , joint au fond deschofes ^ qui , par 
leur corruption même, attiroienc la eu-' 
riofité". 
Je lui dis qu'il y avOit deux chofes âl 

faire 



François e, ^ zt 
ftkire par raport à cec ouvrage > fans quoi 
Jes Mîniilres de l'Eglife ne pou voient en 
confçience l'admettre à la participation 
des. Sacrements. L*une étoit , qu'il falloic 
.qu'il fit une efpece de fatisfaSion publi- 
que, & d'amende honorable devant le faint 
Sacrement, s'il étoit obligé de le recevoir 
dans fa maladie, ou, fuppofé qu'il revînt 
en fanté , dans l'alFemblée del'Âcademie 
Françoife, la première fois qu*il s'y trouf 
veroit : pour témoigner le déplaifir qu'il 
«voit d'avoir compoS un tel livre, &en 
demander pardon à Dieu & à PEglife, 
I^autre qu'il falloit qu'il promit publique- 
.ment & de bonne foy de ne contribuer 
jamais à l'impredîon ni a t^ débit de ce li- 
vre, de n'en tirer jamais aucun profitpe- 
cuniaire, &, â Dieu lui rendoit la fanté, 
d'employer le refte de fes jours aux exer- 
cices d'une vie pénitente & édifiante; & 
jenfin de ne faire ufage du talent qu'il a-, 
voit pour la Poëiie , que pour travailler 
i des ouvrages de pieté , & jamais ^ des 
ouvrages qui y fuiTent contraires, 
. M. de la Fontaine eut aflez de peine à 
fe rendre à la prQpofition de cette fatis- 
faâion publique. Il ne pou voit pas s'i- 
maginer que le livre de Tes Contes, fut un 
ouvrage fi pernicieux , quoiqu'il ne le re- 
gardât pascomme un ouvrage irreprehen- 
fihié, 6t qu'il ne le juftifiât pas. Il pro« 
teftoit que ce livre n'a voit jamais fait de 
mauvaise impreflion fur lui en l'écrivant, 
^ il ne.pouvoit pas comprendre qu'il pûc 



\ 



%l BlBLIO^HlsQlf^E 

^cre fi fore nùifible âtix perfonnes qui le 
liroient. Ceux qui ont connu le pluk 
parciculieremenc Mr. de la Fontaine, 
n'auront pas de pein'e à convenir qu'il ne 
faifoit-pas de menfônge en parlant ainfi» 
quelque difficile qu'il paroiflb de croire 
cela d'un hbmmed'efprit, &quiconnoif- 
foit le monde. M. de la Fontaine etoitun 
homme vrai & fimple, qui fur Qiille cho*^ 
fes penfoit' auà-ement que le refte de$ 
hommes , & qui étoit auflî fimple dans 
le mal que dans le bien* J%us le bonheur 
de lui faire comprendre enfin tout le ve* 
nin répandu dans cet infanie ouvrage, 2t 
combien il etoit dangereux & pernicieux ; 

3uelle ^toit par comequent la grandeur^ 
u crime qu'il avoit commis en le com^ 
r>rant, i; du fçandale qu'il avoit donné 
l'Eglife 'en le divulguant par l'impref- 
ûbn. Alors il n'eut pas de peine à fe ren«* 
dre à la propofition que je lui avois faite^ 
d'en faire une retraâatiôn & fatisfaâîon 
publique. Il en comprit fans peine l'ot 
bligacion , Si prpmit qe bonne foy de ^i^ 
te fur cela çourageqfémet^t ;out ce que 
je lui prefcrïvois. 

La Seconde chofe fur laquelle je voulus 
m'èclaircir avec lui , efl qu'il m'étoit re- 
venu par plufieursdefesamisy qu'il avoir 
tompolé depuis peu de temps une pièce de 
Théâtre, qui avoit eu l'applaudifTement 
de tous ceux qui l'avoient lUe/ & qu'il 
Revoit bientôt la remettre entre les mains 
^es Comédiens, pour la reprefenten Je 

lui 



^ a A V Ç Q I s F. ZJ 

Ifii dis que la profelTion de Comédien écoic 
|ine profeflion infâme félon les lois^^qu'il 
H*ecoic pas permis de les admettre aux Sa- 
f:rements de PEglKe, s'ils ne renonçoiene 
à cette profeâion , qu'il n'etoit pas par 
confecjuent permis de contribuer a les en* 
tretenir dans cette infâme profeflion, en 
travaillant à des pièces pour les leur faire 
reprefenter ; & qu'en un mot je ne pour 
vois pas rèntehdre en confcffion pour lui 
donner l'abfolutton , s^il ne me promet- 
toit de bonne foy de rie Jamais remettre 
cette pièce aux Comédiens. Il trouva ma 
décifîon fevere , & en appella au fenti* 
ment de Doâeurs plus expérimentés que 
je n'etois^ Je lui dis que j-ètois ravi qu'il 
voulut confulter d'autres perfonnes , pour- 
veu qu'il s'adrefTât à gens connus pour 
être d'une fcience & d'une morale exac- 
tes : Il accepta la proportion. Il s'adref-r 
fa en Sorbonne» & confulta entre autres 
M. Pirot , ancien Profefleur de Sbrbone ^ 
qui eft mort (kpuis quelques années Chan- 
celier de TEglife & de l'Uni verfité de Pa- 
ris. La reponle de M; Pirot & des au- 
tres Dodeurs fut toute femblable à Ib, 
mienne. COn lui dit que )e lui a vois par- 
lé avec droiture & avec vérité, Jansrieu, 
exagérer.' I.l ne balança plus, il jettafa 
pièce au feu fans en retenir de copie : & 
la troupe d>es Comédiens ne l'a jamais 



eue : ^ 



Ces deux articles réglés, il fe prépara 

très f^ieufement à fa confedion gênera* 

': B4 le 



14 BiBLIO'TaEQUf 

le. Comme fa maladie trainoic en lon- 
gueur , & loi lâiflbit tonte la liberté de 
ta tête y h employa tout le temps necef- 
i(âire, pour bien faire cette importante 
aâion. Cela dura loog-tems , s'agiflàsc 
(l'entrel^dans le détail de 72 ans de vie. 
Il m*eft permis de dire qu'il fe confeflà 
avec des fenciment de çpmponâion ^ de 
pieté très édifiants. 

Sa maladie augmentant dans la fuite, les 
Médecins jugèrent qu'il étoit tems de I04 
faire recevoir le Sx. Viatique. Le jotir 
fat pris » & je convins avec lui la veille , 
qu'il priéroit M- M. de l'Académie Fran-' 
Goife de s'y trouver par députés » pour 
Itre Ie9 témoins de l'aâiqn. La chofe fut 
exécutée le u de Février 1693. qui étoit 
le premier Jeudi de Carême , auquel jour 
L'Ëglife fait lire l'Evangile de 1$ Cananée 
M le Curé de St. Roch me dit la veillç 
qu'il lui pofteroit lui même le St. Viati- 
que. Le lendemain à dix heures du ma» 
tin on vint l'avertir que M. M. lesEkpur 
tés de l'Académie étoient dans l'Eglîfe , & 
Httendoient le St. Sacrement pour l'accom- 
pagner. M. le Corém^nvoya chercher, 
êc mè dit qu'une affairé imprévue l'em- 
pelchoit d'y aller , & qu'ail me prioit de 
^e porter le St. Sacrement. Je le fis. 

§uand Iç St. Sacrement fut arrivé dan$ 
lambre du malade, lequel étoit far 
un fauteuil , elle fut aufli-tôc pleine de 
inonde, & d'un monde choifi: carlebmit 
^ i'aâtoo que M. de la Footaîoe alloit 

faire, 



F R A H Ç O I s £• ly 

hhe f s'écoitrepanda, &un grand nom* 
bre de perfonnes de qualité & de gens 
d-efprit le joignirent à M. M, les Acadé- 
miciens & voulurçnc^reiçs témoins dc^ 
fpeâacle. 

Je mis le St- Sacrement fur la table: Je 
fis les prières prefcrites dans le Rituel: Je 
m^approchai de M- de la Fontaine pour 
Im faire, iqivant l'ufage, une courteex^ 
hortation. Il me pr^Vipt, Ci prononça 
ces propres paroles. 

• Monfieur , /<« Prié M M, de I^ Académie 

proHfoife^ dtmtfMrhonneur itireundes Mem^ 

kres^ de fe trouver i^i par députés^ four être 

les témoins de Potion que je vais faire. II efi 

d^une notoriété ^ qui n*efi que tropfuUiqmey 

que foi eu /p malheur de compofer un livre de 

Contes infâmes. En le compojant , je fft^ pat 

jcru que ce fut un owvrage aujfi permâenx qu^il 

Vefi. On m^afur cela ouvert les yeux , ^ je 

conviens que c\Jl un livre abominable. Je fais 

très fâché de Savoir écrit ^publié, y en de^ 

mande pardon à Dieu ^ à fEglife^ avons ^Mom* 

fieur^ qui êtesfon Minijire^ à vous ^ Meffiesers 

de f Académie , Çff à tous ceux quijont icipre* 

fents. Je voudrois que cet ouvrage nefatja^ 

mais forti de ma plume ^ i^ qt^tlfut en mon 

potivoit de le fuppriwer entièrement. Je fro^ 

mets folemnelïement enprefence de mon Dieu^ 

que je vais avoir P honneur de recevoir^ qmn^ 

f n'indigne j que je ne contribuerai jamais à fin 

débit ^ ni afin impreffion. Je renonce aSneU 

lement Çff pour toujours au profit qui devint me 

revenir iunc nouvelle édition j par moiretote^ 

B f eiée^ 



5l6 6 I B L I Q r H K <1 P ^ 

Me^ (fue fat malheureusement confefJtiqueRoff 
fit aètnellement en Hollande. Si Dieu me renH 
lafant/y fefpere qu'il me fera la^aaJefouj 
tenir auihentiquement la pf^otejiation publique^ 
me je fais aujourdhui: i^ je fuis refolu àpaJfeK 
t rejié de &ies jours dans les exercices de lapé-^ 
nitence^ autant que mes forces corporelles pourz 



î 




enfe tournant du coté des députés de PAcade-^ 
ntic) de rendre compte à l* Académie de tout ce 
dont vous 'venez d^ être les témoins. Alors je 
pris ta parole * & je tlîJ; Monfieur,^ cequ^ 
vous venez défaire efi unefatiffaâionnecejfairé^ 
que l'Eglife a exigée devons^ pçurpoufmrvtmi 
admettre à la participation des Sacrements*, Par 
cette fatisfaéiion vottsne reparez pas tout te mal 
qu^afaitj ^ que fera dans la fuite dcsjtecles^ 
F infâme livre dont vous /tes P Auteur. Neani 
nmnsVEgltfe s'en contente^ parceqt^iln^efipas 
en vôtre pouvoir de faire plus \ {<f que^ conduite 
par Pefprit de Dieu , elle ne demanda pas Pim- 
fojfihle, T'ouché de Dieu comme vous Ntet^ 
vous conferverezfans doute totite votre vie une vi- 
ve douleur^de voir qu*il n*eji plus en vôtre pouvoir 
defupprimer entièrement un livre Ji déteJiMe ^ 
répandu par tout. Cette penfée doit vous foiré 
entrer dans les fentiments d'une profonde hunùr 
liation^ a la vue des crimes quife commettront^ 
fût la Uâurs d^un tel livre y tant que lalangue, 
ffanfotjXKJubfiJlera. PEglsfe en ce jour vous 
frefente uk modèle capable de vous faire entrer 
dans ces fentiments. Nous avons lu affjotardh^y 

an 



9 

* 

I 

f 



F R A H li d I $ E. >7 

du f^int Sacrifice de la MeJJe f Evangile de t^ 
Çanmie. Elle ne mérita tes grâces ^ les loir 
imges de ^efits-ChriJi^ aue par fa profonde bu-* 
nuliation , qui fit qu^ elle Je regardait comme 
étrangère 'aux grâces de Dieu. Jefus-Cbrifi 
fenma la refufer d^ abord four donner lieu a fa 
foy df éclater davantage. Pins Jefus-Cbriftpé^ 
roijfoit la traiter avec dureté^ plus elle s^bumi^ 
lia^ ^ elle obtint enfin tout ce qtfelte deman" 
doit. Voila Monfieur le modelé que vous de* 
vez vous propofer en ce moment ^ dans toute 
la fuite de vôtre vie. Regardez, vous comme 
indigne de la mijericorde deDieu^ comme étran* 
ger à fes grâces Jjf dfes faveurs^ Humilie t 
vous profondement en prefençe de votre Sauveur^ 
que vous allez recevoir de ma main. Ranimez 
toute votre foy. Cette fiy produira la confian- 
ce ; tsf p^ns elle fera grande^ plus vous reffen-- 
tirez les effets de labonté deJefuS'-CkrtJl^ qui 
£t lui mime qs^il ejt vfffu chercher don lesju/r 
tes niais les pécheurs^ ^ ramener au bercail ks 
brebis égarées £«f perdues. . Entrez dans les fehr 
timents £une vive componâion à la vtiêdespe-' 
chez par lefquels vous avez déshonoré , ^ fait 
déshonorer le Dieu que vous allez recevoir : (^ 
pourveu que vous/oyez bien pénétré de cesfem^ 
timents ae. pénitence ^ isf bien refolu à obferver 
fidèlement les promeJles folemnelles que vousvt^ 
nez défaire en. fa prefençe^ il oubliera tous vos 
péchez ^ ^fe donnera à vous connue i um 
ami , pour voks combler de fes grâces ^ de fes 
tnifencordes^ 

J'exhortai tous les alIiiUnts è prier pour 
le Afalade, qui requc leSc. Viatiquèaveç 

une 



,lJè B i 2 L i O T H E ^ p E 

^ne profonde humulîation, & de grands 
Sentiments de pieté. 

L'a près midi iur les quatre heures M. 
de la Fontaine m'envoya chercher avec 
beaucoup d'empreflement. Je crus qu'il 
étoit plus maU Je courus chez lui. Il 
m'embraiTa avec qn grand épanouidemen^ 
de joye, & me dit qu'il vouloit me faire 
.part d'unç agréable nouvelle* Qu'il for- 
foir de chez lui un Gentilhomme » envoyé 
par Monfeigneur le Duc de Bourgogne , 
pour s'informer de l'état de fa fanté, fiç 
loi porter de U part de ce Prince une 
bourfe de cinquante Louis d'or en elper 
ces. Ce Gentilhomme avoit eu ordre de 
loi dire, que le Pripcevenoit d'apprendre 
avec beaucoup de joye ce qu'il avoit fait 
le matin ; que cette aâion lui faifoic be-? 
^ucoup d'honneur devant 0ieQ & devant 
les hommes , mais qu'elle n'acommodoic 
pas fa bourfe , laquelle n'etoit pas de$ 
des plus garnies , que le Prince trou voit 
€fù*i\ n'étoit pas railonnable qu'il fut plus 
pativre pour avoir fait fon devoir $ &que 
puisqu'il avoit renoncé folemnellemenc 
3U profit que l'Imprimeur Hollandois de 
fon livre devoit li|i donner, le Prince, 
pour y fuppleer , lut envoyoit cinquante 
Louis d'or , qui étoit tout ce qu'il avoit 
«tiers , & tout ce que le Roy lui avoit fait 
donner pour fes menus plaîfirs dtt mois 
courant 5 que s'il eut eu davantage à lui 
envoyer, il le lui aur.oit envoyé avec en* 
core pluij de joye. 

-j Mon-? 



1^ R A M ç d 1 i È. t^ 

Alonfeignear ie Duc de Bourgogne 
h^écoit alors que dans ià douzième année;é 
& j'ai fçu exaStemenc qu'il avoir fait cet-' 
te belle aâion de lui même ^ &fansqa*elU 
le lui eût été inspirée par pcrfonne. 

Le bruit de ce qui s'écoit pafTéle matîii 
Te répandit bien tôt partout, on crut que 
M« de la Fontaine ne reteveroit pas de 
t?ette maladie. Quelques uns même re^ 
pandirent te bruit de fa morts cequidonr 
ha Heu à une Epigramme , qui fut alors 
répandue dans Pairis , & dont le Poë'ta 
Liiiieres écoit l'Auteur. La toÏcî. 

* fe Ht jmgerai de mé viei ' 
D^fêH kùnme avant qnhl fait éteint i 

PeUJjon efi mort en impie , 
t,t la fontaine comme nnfaint. 

Ces deux ^its étoient Faust, tledvr^l 
que M. l'eliflbn venoit de mourir , & que 
lurpris par Ta violence de la maladie , il 
mourut Tans recevoir fes Sacrements 5 par- 
ce qu'ayant différé au lendemain^ il n'y 
eut plus de lendemain pour lui. Mais il 
elt faux de dire à caufe de cela , qu'il foie 
mort en impie. Ce malheur arrive tous 
les jours aux meilleuris Chrétiens ^ & il 
peut arriver aux plus gens de bien, qu'ils 
, foient furpris. 

Pour ce qui eft de M. de la Fontaine , 
H ne mourut pas de cette maladie: Il vé- 
cue 



y 



ifi BiBtibtàisciDk 

txxî encore deux ans. Il tint la pairôTè 
<!|a*il avoic donnée. La t)retiiîerefoisqti*il 
foc en état d'affifter à !• Académie , il re- 
nouvela la proteftation qu'il avoic faite 
avant ta réception dû Sti Viatique ; & il . 
lue à l'aflTemblée arie Paràphrafe en vers 
François de la Profe des morts Dies hé 
qu'il avoit compbfée pour s'entretenir de 
la penfée de la mort & des îugemeutsde 
Dieu. 

Cette converfioii fi ëclacanied'uhHoni- 
fhé auflî connu que i'étoit M. dé la Fon- 
taine y fit urî grand effet fuir uii grand 
nombre de peribuDes d'efprit; J'en ai 
connu plufieurs , ^ je puis en nommer 
ici deux entré autres d'un nom connu i 
que i'eus laconfolatipnd'aflifleràlamort; 
M. l'Abbé Tallemant traduôeurdes Vies 
dePlotarque, l'un des quarante de l'Aca- 
ilemie Françoire, qui peu de temps après 
me fît fa confeffion générale , r.eçut tous 
ies Sacrenients de ma tliaih » & rendit féi 
derniers fdupirs etltrë ines bras dans des 
fentimenjts foft édifiante : & Madame dés 
Houillères celebîre pat* (es Poéfîes Frari- 
çoifes , & trës tefpedable pat; les quali- 
tez de foil efprît & de Ion côêuf. Elle 
étoit attaquée d'une ihalâdie dé langueur 
dans le temps que M. dé la Fontaine était 
malade : ayarit appriâ (fe ^ui venoit defé 
pafTer, elle m'envoya chercher , pourre* 
gler avec moi les affaires de fà confcien- 
ce : ce qu'elle fit avec toute l'exaâitudé, 
ti avec cous les féntimens héroïques de 

de 



F JL X « ç o I « 1. jfi 

ce pieté. Je reçeus fa confeflion gene<< 
taie , qa'elfe fit fans aucune précipitation , 
dans le cours de fa maladie qui fut lonn- 
gue, Mr. le Curé de St. Roch lui admi-^ 
nîftra le St^ Viatique: Je lui donnai l'£x« 
treme Ondiop , & je reçus fes derniers 
ibttpirsf. 

A l'égard de M. de la Fontaine, je le 
perdis bien-tôt après de vue. 11 alla de- 
meurer chez feu Madame d'Hervart, fut 
la Pàroifle de St. Euflache : & mon Pè- 
re, qui demeurojt fur celle de St. Roch > 
étant mort quelque tems après , je quit* 
tai remploi de Vicaire de la Pàroifle, Se 
j'allai faire un voyage en Province, d'où 
fe ne fuis revenu à Paris que . trois ans 
après pour entrer dans l'Oratoire. J'ap- 
pris en Province par la Gazette 1^ mort 
de M* de la Fontaine, arrivée le 13 Avril 
169^. ^ Et à mon retour à Paris plu Heurs 
perfonnes me dirent y qu'en mon abfen- 
ce, if avoitrecu & étoit mort fort Chré- 
tiennement i & qu'après (a mort on avok 
trouvé dans une de les armoires plufienrs 
inilraments de pénitence. Je ne lui en 
âvpis neaninoins prefcric ni confcilié au- 
cun , parceque je ne crus pas qu'il fallut 
le faire à l'égard d'un homme accablé 
d'années & d'Infirmités corporelles. 

Voila , Monfieur, tout ce que je puis 
avoir l'honneur de vous dire, fur ce qu'on 
fouhaite fçavoir de moi. On peut, fil'on 
veut , rendre cette lettre publique. Je 
iiiis ravi qu'elle m*ait procuré i'occafion 

d'e- 



|2 ë 1 B L i 6 t É E Q k; B 

d'écrire uriè petite hiftoire^ qtlî peut être 
de quelque edincatioii pour l'EgUfe » & 
de quelque inUrûflion pour les fidèles: 
& j'ai bien de la joye de ce que ce récit 
me donne lieu de vous afleurer que je 
fuis avec uh vrai tefpeâ , Monfieur i 
vôtre très humble & très ofieiffanc fervi- 



teur. 



Poucet. Pi*efti'e de l^dratoire; 
à Paris ce ii. de Janvier i ytjr* 

Le P. Pouget, Autcut- du Catechifiné 
de Montpellier, étoit Doâîeur de Sor- 
bonne , Abbé de Chambôn. Il mouruê 
à Paris , au Séminaire de Su Magloire ^ 
au Mois d^Àoûft. 1723. 

ARTICLE ilL 

Lettre à un Ami fur le SpiSlatemr trdftfàù 
^ttis^ imprime en HôBaHde. 

VOus m^vea fait Photineui' j Mon- 
fieur , de me demander mon fentî- 
tîient fur une nouvelle feuille, intitulée ^ 
Spéélatiur Fra»foh. Un autre en ma pla- 
ce fe difpenferoit de vous obeîr ; & je 
lie fcay s'il auroit grand tort. Pour moi; 
J'ignore l'art de retufer ce que vous fou-^ 
haitez de mon 2ele. *Je rie vous dirai 
donc point, ni qu'il e(l malaifé de juger 
iûrement d'un Auteur qui n'a fait enco- 
i-e ^ue fe montrer comme cii paflancs nî 

que* 
* Cette Lcttiecftdii tti9is de Jtnviec 1724. 



N 



Françoise. 33 

ni que perfonne ne pouvoit mieux faire 
que vous ce que vous exigez de moy. J'en- 
trerai d'abord en matière. 

Voici ,ce me femble, comment votre Au- 
teur raifonne- LeSpeSateur Anglais ^ dit il, 
eft un livre où brillent à la fois la fleur 
del'Efprit & la force duraifonnementde 
la Nation Angloife : ainfi il étoit , & difli- 
cile de limiter ^ & téméraire de l'entre- 
prendre. Néanmoins un bel Efprit Fran- 
çois n'e pas été effrayé de ce péril qu'il 
trouvoit plein de gloire. Heureux , s'il 
Pen étoit mieux tiré, qu'il n'a fait! Il 
va donc» Speâauurnouveau^ (ceftiuimâ* 
me qui parle ) il va entrer après Marivaux 
dans la Carrière. Du moins, dit-il, (îl'on 
ne retrouve point en moi les Addijfonî & 
ItsSuelesi duimoinsy verra- t'en unhom* 
me qui, à l'intention genereufe d'être uti- 
le aux autres hommes , avoit joint les tra- 
vaux néceflaires pour y réunir. In ma' 
gnis ceeidiffe fat efl. 

Que dites-vous , Moniieur ,de ce plan ? 
Pour moi,il me paroît jufte. Pourquoi tout 
lerefte n'eft il de même i Je vous l'avoue, 
j^aurois fouhaité en faveur de la vertu, 
qu'il n'y eût eu rien à reprendre dans un 
ouvrage , qui femble infpiré par elle. 
D'ailleurs l'Auteur n'a pas feulement une 
imagination belle & vive, des figures har- 
dies & agréables , des termes pleins de 
force & de nobleflès en un mot des a-. 
gréemens , qui m'incereflent pour lui. 
C'eft même un Homme qui penfe folide- 
Tome IV. C menr 



^ 



34 6 1 B T/I o t it E Q U fi 

ment fut ce qu*il connoîc s un Philofbt^he 
qui a fouvent des fentimens relevez : en- 
fin à peu de chofe près , un Sage digne de 
remploi fublime de corriger les hommes, 
dont il s'eil chargé. Mais encore une fois, 
cela n'empâche point que je n'aye remar- 
qué des fautes dès fa première feuille. 

Par exemple. Pourquoi le titre de Sfe- 
Sateur Franfois y qu'il fe donne? Seroîc-ce 
uniquement, parcequ'il écriten François ? 
Il y a bien de Taparence à cela : car (on livre 
ne (e débitant qu'en Hollande, on ne peut 
pas dire qu'il Tait deftiné à la France. 
Maïs eft-çe là une bonne railon? Le titre 
de Speéiateur Angleh fignifie-t'il , Spe&a^ 
uur écrit eu Angloit ? Non fans doute. Il 
veut dire. Remarques d'nn Pbilofapbe fur 
les tnmurt de la Nation Angloi/e. Ouvrage 
deftiné à Putilité de la Nation qu^onya pein- 
te. Qu'on ne me dife point que îe me 
trompe. €'eft fi bien ce que le titre An- 
glois fait entendre , quedanslatraduâion 
Françoife qu^on en a faite , nous ne trou- 
vons point mauvais qu'on l'ait laifiTé; ce 
qui feroit pourtant vne faute, fi ce mot 
Angloit avdt une autre lignification que 
je n'ai dit. Le mtedetran^ois ne convient 
dont point au Speâateur de la Haye. 

Il n'eft pas moins vrai que ce titre , pris 
dans la fignification du nouvel Ecrivain , 
efi d'une parfaite inutilité. Voudroit-on 
nous yaprendre, que ce que nous lifons, 
eft du François , & non de l'Italien ou 
du Caftiiian , on toute autre langue ? En- 
vérité 



Françoise.' 3f 

vérité on'nous fait bîen de la grâce de nous 
révéler de parfeîls miftefes. 

Mais peut-être auflî me fuis-)e mépris 
en me mêlant d'interpréter ce mot Fran^ 
foisl Peut-être fîgnifie-t'îl que' l'Auteur 
cft natif de France: Peut-être eft-ce une 
contre-vérité, pour faire entendre que dans 
cet ouvrage on traitera par tout les Fran- 
çois avec le dernier mépris. Toutes ces 
con^edures font fondées fur le titre 5 mais 
je ne fçai laquelle eft la vraie. Pourquoi 
les gens ne s'expriment-ils pas d'une ma- 
nière plus claire ? 

En voilà, ce me femble, aflêz fur cet 
article: mab, quand on fait une cenfure, 
il faut prévoir tout. Que deviendroient 
mes . raifonnemens , fî le Speéiateur , in- 
ftruit de mes remarques , alloit me répon- 
dre qu'elles portent à faux; qu'il a com* 
pofé fou livre fur fes obfervaiions faites 
en France ; que par confequent , il a eu 
droit de l'appeler franfoisi Que devien- 
droîs-je encore , fi , au lieu de cette ré- 
ponfe^ il me faifoit celle-ci? Soit 5 mon 
livre ne fortira point de Hollande.* mais 
n'y a t'il point de François en Hollande? 
Un Spedateur , qui auroit en vue l'avan- 
tage de ces François , ne meriteH&it-îqpas 
félon vous même le titre de François ? Or 
voilà mon but; & d'ailleurs mes feuille$> 
peuvent aller en France. 

Je repliquerois dans le premier cas , 
qu'un Speâatcttr François n'eft pas feule- 
ment un recueil de remarques fur le^ 

C 2 mœurs 



36 B I B t I O T H E A C E 

moeurs de la France ; quHl doit être en- 
core un recueil deAiné à l'utilité de la 
Nation qu'on y caraâerife. Le Speâiateur 
peut-il dire qu'il remplît ce dernier de- 
voir ? Je ne le crois point, puifque fes 
feuilles demeurent dans les bornes étroi- 
tes de la Hollande. Il femble au contrai^ 
re qu'il veuille feulement expofer les Fran- 
çois aux piquantes railleries des Hollan- 
doiSy & qu'il n'ait fait ces remarques que 
dans cette noble intention* En effet fi cet 
ouvrage, fatirique comme ileft, ne doit 
point fervir à corriger ceux qu'on y 
cenfure , il s'en-fuit qu'il eft deftiné à leur 
infulter & à divertir les autres à leurs 
dépens. 

II y a tant de malignité «& debaflelTe dans 
cette vue, que je ne voudrois en aucune 
manière l'attribuer au Speâateur, Diroit- 
il donc qu'il a travaillé pour les François du 
Refuge & pour les autres François qu'on 
rencontre dans ces Provinces? Mais cette 
réponie nef^tisfait pas. lo. le mot François 
feul fait- il entendre les François qui font 
en HoUande? Nous par conféquent, le 
titre eft obfcur. 2o. une poignée de Fran- 
çois difperfez dans cesVilles , fait elle la 
5la#ohlkançoife? Non encore: il lefau- 
droit pOTrtant pour^qu'on pût appeller 
Speâateur Franfois , un sSpçâateur qui eft 
))our eux. Le titre eft donc défeâueux 
de.ce côté la. 3e. les François qui fonten 
Holiande.depuis 40. ou 5*0. ans, n'ont ils 
pas beaucoup perdu des mœurs de leur Pa- 
trie ? 



I 

F R A N .ç,o l $ E.' 57 

trie ? oui latis doute :ceux qui font nez ici , 
ne font-ils pas HalUncJais ? oui uns dou- 
teencore. Les Wallons, qui font répan- 
dus en grand nombre dans ces Provin- 
ces , font-ce des François ? non. Cepen- 
dant fi l'on retranche du nombre des Fran- 
çois tous ceux que je viens de nommer» 
combien reftera t'il ici de François ? & ce 
qui en reilera, fuflira t*il pour que leur 
Speâateur prenne le nom de François ? 

Il refteroit donc à dire que quelques 
Spedateurs pourront s'échaper vers la 
France, fi cette réponfe n'étoit pitoyable. 
C'eft pourquoi Je conclus que le titre ne 
vaut rien. Les raifonnemens de ce Spec- 
tateur vallent-ils toujours mieux? c'efice 
que je ne crois pas. 

Que veut dire ce qu'il reproche à Ma» 
rivaux , que c'eft un Ecrivain qui ne pa- 
roît propre qu'à donner des. i^ées de la 
fuperficie de la Morale? a t'il lu cet Au- 
teur? on diroit que non, puifqu'il n'y a 
pas trouvé des Reflexions folides fur les 
devoirs les plus importants de la Morale &c 
du Chriftianifmey que cependant tout le 
monde y a lûavex: plaifir.. Il ajoûteique Ma^ 
rivaux réiifiîroit mieux à guérir les hom- 
mes d'un certain ridicule extérieur, qui ne 
vient pas toujours d'un principe de vice 
& d'extravagance. Auflî l'a t'il entrepris 
après le Speâateur Anglois, : & pourquoi 
ne l'auroit-il pas fait, puifqu'il y cft pro- 
pret Mais on ne trouve pas en France 
qne ciec Auteur ne foit capable qne dece- 

C 3 la 



jt B. t t i o-^îB Ê Q ute 

la. Au contraîfe'bienr'de^gen^ (& petit-ê- 
tre mal à propos) le mettent au deïibs ;d a 
Socrate moderne. Tout le monde ne juge 
pas comme le Speéfateur de la Haye. 

Je n'aprouve pas d'avantage ceiïii'il dit 
des François efciaves des mo&sdrms ^habil- 
kment , dans PEJ^rit^ dans la Morale , dans 
ta dev&tton mime. Les autres Nations font 
elles moins maitrilées par la mode^? N'a- 
vons nous pas vu ce tiran 'impérieux ré- 
gner parmi nous, même dans la Morale 
& jufques dans la dévotion? il a éié un 
temps qu'on étoit Péripateticîen : le Carte- 
fianîfmepariitjleCartefianirme fût àla mo- 
de; & l'on fait allez que plus d'un de ceux 
qui l'em{>rafferent ne l'entendoit pas $ mais 
cette Philofophie étoiten vogue,& céb fuf- 
fit. Que ne vous dirois-je poim. Mon- 
fieur, fut les modes dans la dévotion par- 
mi nousî mais cherdhonsen plutôt des 
exemples chez les Anglois , & pour rai- 
son. Il n'y a qu'a lire leur SpeBateur pag. 
pour m'entendre. Il dît qu'il fut un 
tems où chacun (e pîquoit d'une dévo- 
tion taciturne , fombre, mélancolique: 
un ris échapé , une raillerie innocente , 
un mouvement léger de joye ,c'étoîent au- 
tant de crimes: être de bonne humeur 
chez ces lugubrçs dévots , c'étoît aflèz 
pour leur faire juger qu'on n'étoit pas 
régénéré. Si nous voulions maintenant 
voir des modes dans l'Efprit , où pour- 
rions*nous en trouver plus 'que dans le 

luême 



F & a:h ç OIS E 39 

même Royaume > pen apelle à l'Auteur 
même en difFérens endroits de fon livre. Ici 
il accufe les Anglois d'avoir donné dans 
un faux goût par rapport à la Comédie, 
fous le Règne de Charles IL Alors un 
père attentif au bien de fes affaires , u- 
ne meré occupée de l*éducation de fes 
enfans, un fils obéiflant, voilà les per- 
fonages qu'on introduifoit fur la Scène , 

Î[ue pour les y expbfer aux railleries în- 
enfées & criminelles d'un étourdi qui 
avoit renoncé à la pudeur 4^ à la raifon» 
Là on les taxe d'avoir introduit dans la 
Poëfie ce qu'on apelle l'Efprit mixte. Ail- 
leurs c'eil un autre ridicule dont il les 
charge. Par tout c'eft quelque extrava- 
gance qui s'étoit gliffée dans les éfprits, 
a la faveur de la mode. 

Mais , dira le Speâ/ite^r de la Hay^ , ce 
qui diftingue les François, c'eft qu'î/s ont 
étendu cette extravagant^ fsrvitude fur tou^ 
te l'Europe. En vérité ne diroit-on pas 
que les François font des gens dont il faut 
fuir la vue , & dont le pernitieux com- 
merce a infeSé tous les peuples. Mais 
je ne fal à qui cette propofition , vraye 
oùfaulfe, fait plus de tort 5 où aux Fran- 
çois , où à ceux qu'ils ont corrompus: 
pour moi il me femble qne c'eft 3ux. der- 
niers. N'avoient'ils pas un jugement folî- 
de ces derniers ? fans doute; car Ppfprit 
fuperficiel eji le caraélére difiinâif des rran- 
pis s c'eft , pour ain(i dire , leur diferenct 
effentiMe, Si cela èft . cotïiment (tes Na- 

C 4 tions 



40 6.1 ByL 1 Q T. H' FQ UE 

tions fages fe font* elles laifTées éblouir 
par un faux brillant , des airs écoordis » 
des rïens^ Il n'en faut donc, point croi- 
re le Sp^iSF^fear; & cette propoûtion de fa 
façon 9 UsFranfois ont ^/^«^«y&c, réduite à 
la vérité (impie » fignîfîe feulement qu'on 
a pris d'eux certaines manières de fe met- 
tre» & qu'un certain ordre de gens par- 
mi ce peuple , comme qui diroit quel- 
ques femmes & plufieurs petits-maîtres » 
étudient beancoup la matière de la mode. 
Etoit-ce là de quoi dire d'un ton déci- 
(îf , Son grand mal confifli à être plus tf- 
tlave de la mode qté* aucune autre , ù* c^ejl 
$lleqni à étendu &c. Que nous importe en 
effet ce que font quelques Dames , des ou* 
vrîers, des. hommes oififs, qui ne favent 
pas s^oecuper mieux qu^elles } Qu'importe 
' après cela que nou; portions ici des ha- 
bits dont la mode vienne de France , où 
d'ailleurs ? une mode ne vaut-elle pas 
bien l'autre/ & lupofé par hazard que 
celles de France enflent quelque choie 
de plus agréable que celles des autres 
païs, faudroit-il faire un crime aux Fran- 
çois de ce qu'ils ont plus de bon goût 
que leurs voifiîis > 

Le Speéîateur de la Haye non content 
de leur faire un reproche , en ajoute en- 
core un autre» c'eft qu'ils n'ont qu'un 
Efprit de badinage. Ils ont lefoible diflin^ 
0'tf d'avoir un eftime outrée pour un tour 
d* efprit badin , & de Jentir nn dégoût pref- 
que invincible pour tout ce qui eft apejanti 

(0$) 



F R A K Ç I s t: 41 

Par un air grave & /erieux. jQiPelle foi' 

bUQe^ ajoute ril enfuite, dife croire rat^ 

fonnahle dans le tems qu*on abhorre tant ce 

quife prefente fous Ndée du fimpU raifonne* 

tuent ! voila comment il déclame à la pag. 4. 

Il y revient à la page ^. & 6. en ces ter* 

mes. Us font paffiounetifour les idées riau* 

tes ù" comiques-^ en lesfaifant rire onrêaf 

jiroit peut-être à leur faire fentir qu*ils rient . 

trop. Par là on les familiariferoit infenfible^ 

ment avec les principes de la raifon. C'eft 

ainfi que cet Auteur prétend dégrader les 

François du rang des autres hçmmes. 

J'ai deux demandes à lui faire là def- 
fus. La première» s'il a jamais été en 
France ? il me parole que non : Il me le 
paroicdiS'je, à moi qui y ai pafTé quelaues 
années. Cependant, s'il n'a point vu ce 
Royaume, n'eft-ce pas une entreprî- 
fe bien téméraire que de vouloir îuger 
des mœurs de ceux qui en font natifs ? 2. 
Je lui demande, s'il ne veut parler que 
des femmes fans éducation , où des pe- 
tits maîtres, gens que j'ai déjà abandon- 
nez à (es prédications ? où s'il comprend 
fous le nom de Franfois tous ceux qui le 
portent > Dans le premier cas, ce qu'il 
evance e(l vrai; mais alors cela convient 
à toute Nation où fe trouvent des gens du 
caraâére que j'ai dit: & où n'en trouve 
ron point ? Dans la féconde fupofition , 
il eft très injulle envers la Nation Fran« 
çoife* A la vérité elle fe foucie peu de 
cette fatire s & Ton peut apliquer au Spec* 

C 5* tateur 



42 C I B £ I O T H É Q U C 

tatmr de la Haye i ce fujet là , ce qa'ufi 
Orateur dît à Maxicnilien pour élever ia 
clémence envers les Nations vaincues^ 
Fuifii fit gentts à te âomitéefe domhas effe 
mon crederent. Oui , Monfieur , le Spe&a^ 
uuT de la Haye a beau prendre des airs 
triomphans avec les François ; ils ne ie 
croyent point vaincus, & d'ailleurs ils 
fa vent qu'on ne fe raporte point à ce qu'il 
lui a plu de dire d'eux. On juge qu'un 
Royaume qui produit tant dePhilofophes 
libres de préjugez , tant de Théologiens 
profonds,dc Mathématiciens pénétrans, de 
Jurifconfultes diflinguez , de Médecins fa- 
meux &c.on jugedis-je^qu'un tel Royaume 
n'eft point rempli de gens chez hjguels la 
raifon eft enfsvelie pms un tas de chimères^ 
f^ qui nt diftinguent point les impreffîons de 
ia coutume d*avec Us lumières de la raifon^ 
On fe dit à foi même , quoi > les DeJ car- 
tes ^ les Gajfendis , les Petaux^ les Sir^ 
monds , les Pafebals , les de P Hôpital^ les 
Cujns , les T'irafueaux^ts Fernels , les Scali^ 
gers & tant d'autres n'étoîent-ils pointiV/?»- 
fois ? par quel miracle une Nation , qui 
n'eft féconde qu'en Efprits fuperficîels , 
auroit-elle donné le jour à tant de grands 
Hommes ? n'y a t'il qu'eux que la Natu- 
re a formez d'un meilleur limon ? J'a- 
vouerai pourtant une chofe : le nombre 
de ces rares génies, tout grand qu'il eft, 
a fes bornes. Mais Athènes a t'elle eu 
beaucoup de Platons & de Socratesf Ro- 
me a t'elle eu plufieurs Ckerons? avons 

nous 



Françoise.' '4^ 
nous des Croms en foule? Cependant 
on n'a jamais dit que les Grecs , les Rou- 
mains , &c. fuflçnt des Efprrrs foprer* 
ficieis; & fi on le diloit, je doute qo^tl[ 
le crût. Pour moi je n*en croîrok 
rîcn , le Sptâateur de la Haye len jiïffft«- 
il. J'en reviens donc â ce que j'ai dir^ 
il y a dans le jugement que cet Ecrivain 
"porte, ou de Terreur, en envelopairt 
dans une même condamnation les inmo- 
«cens & les coupables s ou de la malhotf- 
nêteté & même de l'injuftice , en înful- 
tant une Nation entière (ur des défauts 
qu^elle n'a point. Lepremier me paroît pltis 
vrailemblablequelefecond, à l'égard d'cift 
Auteur qui me paroît honnête homme. 
Je paflè maintenant au Caradére qu'il 
nous trace de fa perfbnne. Pour im'mir\ 
dit-il , le Spc6lateur Anglais & te Mefitïïr 
nioderne. En vérité s'il n'a eu que certfe 
vue, il n'aguéres bîenréuflî. Le Speâa- 
teur Attglois voulant faire entendre que 
4e nom qu'il fe donne lui convient, ne 
dit pas un mot qui ne tende là. Dés fan 
enfance il garda un fihnce profond ^ é^ il 
i*apliqua avec tant d^ardeur à t étude , y«*ï7 
y apeudebons livres dans les langues an cien* 
nés d^ moderves qu^ilne connoijfe. V^oilà de 

l>clles difpofîtionspour devenir Spcâateur 
utile des défauts des hommes. Auui celui de 
la Hiî^^^ nous raconte-t'il qu'il a eulbinde 
, lesaporter ces difpofitîons. L'ardeur înfa- 
tiable de connoître , tranfporta le Socrate 
vioderne dans tous tes païs del'Europe; &nl 

ajoute 



'44 Bibliothèque 
ajoute même y enbadinahc^oupourte mo* 
quer de quelque Savant deXon pais, qui 
avoit fait le voyage d'Afie exprès pour 
voir les ruines des fept Eglifes de 5t. Jean 
rEyangelifte : il ajoute , dis- je , qu'il alla 
exprès au Grand Caire pour y mejurer une 
"Pyramide^ qui étoit un fujet de conteftation 
entre des Savans. Voilà qui convient en- 
core à un homme qui s'érige en Speâa- 
teur. Il faut qn'il ait été dans d'au- 
tres pais 9 pour fe défaire des préjugez du 
fien ; qu'il ait examiné les mœurs des au- 
tres Nations » pour connoître ce qui eft 
particulier à !a fienne; enfin qu'il fâche 
ce qu'il y a de bon dans les coutumes des 
autres Peuples , pour l'aproprier , s'il le 

})eut, à fa Patrie. Le SpeUateur de la Haye a 
ènti cette vérité ; c'eft pourquoi il s'eft 
donné pour un Voyageur: mais paiféce* 
la il ne dit plus rien qui ait du raport à 
fon fujet. Il nous peint Ton Gouverneur 
dont il fait un beau portrait; mais à quel 
propos ? Les vertus & les défaut/ de cet 
honnête homme prouvent ils que le Spec 
tateur de la Haye, fon Elevé, -«ft propre 
au foin de réformer les hommes ? Ce n'eft 
pas ainfi que s'y prend le Socrate moderne. 
Aprè^ lavoir montré que dès fon enfan- 
ce & pendant fa jeuneffe , il a fait tout 
ce qui convient à la profeffion où il en- 
tre , il s*exprime en ces termes. Je de^ 
meure à Londres cù l'on me voie fouvent 
dans les endroits les plus fréquentez de la 
ville ^ & iln^ya point de rendez-vous public 

OH 



^ F R A N ç o I s eT 4f 

ta Pon ne me trouve. II s^étend fur cette 
matière dans toute la page 4. & il cohclud 
page f. .que par là il eft devçnu poli- 
tique , Marchand , Soldat , Artiian ^ 
du moins pour la Théorie: fans s'ê- 
tre mêlé jamais de la pratique. Je eon^ 
fiois , continuë>t'il , les devoirs i^nn mari 
t&* d*un Père y ^ je peux difcerner les fûu^ 
tes fui fe commettent dans le ménage ^ dans 
les affaires & dans les divertijfemens , mieux 
que les perfonnes qui y font engagées i àpeu 
près comme ceux qui n^étant point intéref- 
/ez au jeu, remarquent ies bévues qui é* 
ebapent à P attention des joueurs. En un mot, 
conclud-il , j^ai agi toute ma vie en Spec-- 
tateur, & voilà Je caraûére que je prétends 
Jfbutenir dans la fuite de mon difcours. Si 
je ne me trompe , parler ainG , c*eft ne 
dire pas un mot qui n'ait une liaifon par- 
faite avec le.fujet. Encore une fois en 
peut- on dire autant, des deux Portraits 
que j*ai ceufurez dans le Speâateur de la 
Haye ? 

Peut être dira*t-il que je lui fais un pro^ 
ces injufie, & qu'il n'a point prétendu 
faire un portrait qui revint à Ton titre. 
Oeft , dit-il , un car a ff ère réel qui me peint 
tel que- je me fuis trouvé moi même. Soie 
donc> mais encore à quel propos s'eft-il 
peint ? En vérité , Monfieuri à moins 
que ce ne foit , comme il l'aiTure lui mê- 
me , uniquement pour imiter le Speâateur 
Anglois & le Mentor^ moderne ^ je ne vois 

pas quel deflein il peut avoir eu. 

' Il 



4* Bibliothèque 

. Il me reftcroît plufieurs remarques â 
faire : néanmoins , comme j'ai apuié long- 
teros fur les précédentes , je ferai court fur 
ceHes-cr, 6c j'en ometrai même quelques 
unes. 

~ Comment qualifier cette phrafe de la 
page 3 i S^uelU fouf ce féconde de fines plni^ 
fànterui , qui ne faîfant que pi^er un rai^ 
JinmérnenefoHde d'un dehors agréabie, lui fraie- 
par lUihûgiaaticn mife dans fes intérêts y u^ 
ne rouie facile vers le cœur. Eft-ce du ftî- 
fe pretieux ou du Galimatias? peuc-écre 
r*nn & l'autre. Que veut dire i'Anteur 
V^E^ S' par ces mots , Unfage médecin maî^ 
tre de fin air , s^ accommode à ce dérèglement 
imaginaire. Ainfi un Médecin des mœurs Je 
plie à l'humeur de fes malades , ^ il s'^in^ 
finu(è dans leurs chimères , pour les cmplo-^ 
yeif de concert avec les maximes du bon fins , 
â leur propre deftruBion. Quelle abondan- 
ce d'élocûtions barbares & de termes 
obfcurs ! On dît bien , un homme maître 
défis mouvemenSy de fa langue^ de fin tr/- 
fagei mais l'introduâion de cette phrafe, 
maître de fin air dans la langue , étoit refer- 
vée ^nSpeÛateur delà Haye. De même on f e 
ièrc de ces manières de parler , imagination 
dérég/ée^dérèglement d'imaginatiommais quel 
autre que le Speéiateur de la Haye a jamais 
dit, un dérèglement imaginaire} ignoroit-il 
qxxUmaginaire (ignifîe feulement chofe qui 
n*éxi{le que dans une imagination folle ? ne 
dit-il pas que c'eft en ce fens qu'on dit, 
fes efperances imaginaires , une fortuné 

imagi^ 



F it A N ç d i s E^ 47 
imêginêiff, un afront &c. La phrafe^/ep/iVr 

à l^ humeur dt quîlqu^un , n'eft pas miedx 
Françoifè ; mais patience , peut-être la de- 
viendra t'elle : l'autorité de ce Sptâateur 
pourra faire cemiracle. S^infinuer dans ht 
cbîméres de quelqu^uu, éft encore une ma- 
nière de parler , qui n'a d'autre appui que 
le crédit du nouvel Auteur. Ennn je ne 
finirois^ pas , fi je voulois noter tout ce 
qne )'ai trouvé de folécirmes , de barba- 
riCmes , & de termes bazardez dans cette 
feuille, il paroit fur tout par ces der- 
niers , que l'Auteur ne fait point, que dans 
les Langues comme dans le Droit , corn* 
munis error factt jus ^ & qu'on doit ref- 
peâer toujours l'ufage, qui eft , cet er- 
ror communts ; à moins qu'en le violant » 
on ne foit fur de produire un effet mer- 
veilleux. Manquer ainfi au:r Règles , c'eft 
mieux faire que de les obferver. 

Qu'eft.ce que c'eft que s^infinuer dans les 
cbîmères de quelqu^un , pour les employer dé 
concert &c. il y a des gens qui apelle- 
roient cela pbebus & galimatias s feroient 
ils mal ? 

Comment apellér cette autre propofi-^ 
tîon du même endroit , les malndies mora- 
les font l'extravagance & le vice. Pour moi 
)€ ne fais d'autre biais pour la juftifier , 
que de dire que c'eft une figure de Rhé- 
torique qu'on peut apeller efeâus procau- 
fÀ, OU fpecies pro génère: en un mot qu'on 
a mis extravagance pour erreur: mais l'Au- 
teur eûtdâ s'fn expliquer à la marge. 

Que 










_. .rîn - 



- - ^ - ~ il* ■• 







IfRAMÇOiSB 49 

qui I*emûc aflez pour ne lui faire faire>dire* 
ou penfer rien de honteux, de lâche 
& de bas. La* grandeur d'ame de Socra-^ 
te naiiK)it donc de la iuftelTe de (on ef- 
pric y & non la îuftelTe de ion efprit de 
fâ grandeur d'ame* 

Ce n'eft pas la feule faute que je re- 
marque dans cette phrafe. Qu'cft-ce que 
iignifie une jufteffe d* Efprit ^ qui naît de la 
bonté naturelle 4u jugement f je fais bien 
qu'il y a deux fortes de iuftefle d'efprit» 
l'une aquife» & l'autre naturelle, qui eft 
ce que l'Auteur nomme bouté naturelle dm 
jugement. Mais peut-on dire mvïç jufieffe 
étquife qui naît &\xn^ jufteffe naturelle "i c'eft 
pourtant ce que l'Auteur femble vouloir 
dire. Par confequent le Speâateur de la 
Haye tombe dans le défaut qu'il reproche 
à celui dQ Parit , c'eft-à- dire qu'il n'efl pas 
rare que Pexpreffion occupe cbet, lut plus de 
place que le, fens. 

Qu'eft-ce encore qu'un defir outré de 
plâtre^ débauché par le faux honneur ? c'eft 

une phrafe de [la page 13. & 14. je n'en 
fais pas davantage. 

Voilà , Monfieur , une partie des ob- 
fervattons critiques que )'ai faites fur le 
Spe&ateur de la Hwje. D'ailleurs je rends 
juilice, comme vous l'avez déjà vu, & à 
la nobleflede fes intentions , & à la gran- 
deur de fes talens. Je voudrois feulement 
u'il étudiât un peu plus les bons Auteurs 
e Fr^iic^ 9 non pour y puifer une connoif- 
fance profonde de la Morale 1 car peut* 

l9we IV. D il 



3 



il j avoir od pareil tréfor dans des Ou* 
▼rages Frsmfms ? mais poar y a|»reDdre 
ce qa'il ignore de la Langue Françoife. 
Il s'accootomerofC par cette ledore à 
s'employer que des termes propres & a- 
fitez; il fe deféroit de ces conftraâîons 
louches, qui abondent chez Ini: il ver- 
roit que le cambre de la Langue c*eft la 
iimpiîcité, b netteté, & la clarté. £n on 
mot, il trooveroif le premier qoe foo fti- 
le eft trop fleuri , Tes locations trop figa- 
rées. Tes épîtbetestropenrsiflHes, fesphra- 
Tes imprimes, ti fes conftmâions obfim- 
res. Ce feroit , e >flmie vous voyez, 
Monfieor » un grand avantage po«r lui & 
four te Piiblîc. je fuis 4cc. 

ARTICLE IV. 

Keeuml Je F^iages m Nord, emutmmm di^ 
vers Memairts très mtiles mh Commerce 
&àlaNwigiiticn. Tom. Pli. A Amf- 
terdam chez J. F. ifenwr^» 1^ ^. ^^. 

T Es Voliioies de ce Recueil ooc para 
JLren diveri teni§. Les trois premiers 
furttit imprifliéf en i7if. Iç quatrième en 
1710. le cinquième & le fixieme eo 17.&0 
rordr^ Géographique paroiti un peu mieux 
luivi dans ce Volume-ci que dans les Vo- 
lumes précedens. Si d'aîHeurs tontes ces 
Relations a^oat pas cecee fleur de Aile & 
de noove^ui^ «le la ^m «raode partie 

des 



Faavçoxsc 5*1 

des Leâeurs cherche uniqueaieat aQJoiir- 
dhui ; du moins peut-on aflurer qa'ellef 
ibntinftruâives & n'ont pas été fabriquée» 
pour en irapofer au Public,comme la Rela- 
tion du Voiage d'Italie & du Levant par le 
S. Dament 5 celle du Voiage d'un certain 
Dr aie de Grand' Pierre en Afrique &eiîÀ- 
merique ; les Vpiages d'un nommé Gemelli 
Carreri, qu'il a intitulé , Voiage du uur dm 
Monde , où il copie & s'aprc^de tout ceqae 
les autres ont dit avant lui , & beaucoup 
mieux qu'il ne Icredîtsle Voiaged'un nom- 
méjfeanStruisenMofcovte^ euTartërie tic* 
dont ieChevalierC/t^ir^iff & quelques autres 
onc fi bien démontré la fauflèté , ialRebi* 
tiond'un Voiage fait êux Indes Orientales en 
1691.^ psr P Auteur des lUufires Brem§oifiS» 
On peut ajouter à ces Relations fupoCSes 
& remplies de fauiTetez, le Voiage deNU^- 
aéi mauvais Ouvrage, où l'on eiTàye aflès 
grofliércment de tourner la Religion en ri- 
dicuiCi celte d'un Voyage aux Côtes de Guitkéu 
é" en Amérique , qui eft une méchante Co« 
pie é&Rocbefort^ augmentée depiufieurs 
oonces libertins de la façon d'un cerain 
ProKlyte réfugié en Hollande ; & les Vo- 
yages du Sieur Lucas y que l'on a fouvent 
convaincu de groffiers menfonges. Il de- 
vroit y avoirdes peines civiles contre les 
Auteurs qui fabriquent de tels Ouvrages. 

La première pièce du tome feptième 
de ce Recueil , c'eft THiftoire que le Père 
JtOflemss nous a donnée des deux Covjuê' 
remt Târtérss ^m ontfuhjugui U Chine. Le 

D 2 Père 



51 BlBtlOTHEQUB 

Fere dVrhams la publia en 1 688. far les me^ 
moires des Jefuices Miflîonnaires de hcbine§ 
il déclare dans l*avertiflement qui eft à la 
tête de 1* Edition de Paris , qu'il n'a fait au*:' 
cun ufage de l*Hift»9rede Palafox^ que le 
Libraire a inférée dans le tome fixieme de 
ce Recueil. Un hommes nous dit le Père 
d*Orleans , quiécrivoit l'Hiftoirede la Chi- 
ne au Mexique, fur des nouvelles qui lui 
venoient.des Philippines , ne peut être un 
bon guide à fuivre s fur tout quand on en a 
unauiO grand nombre , qulont été témoins 
des choies, & qui n'écrivent que ce qu'ils 
ont vu. Ces raifons pourroient bien ne pas 
prévenir également tous les leâeurs. Mé 
de ?alafox avoit beaucoup de probité» de 
dilcernement , & de bonne foi: fur.touc il 
pratiquoitune morale éxaâe&févere. A- 
vec ces qualitez , & les avis qu'il pourok 
recevoir des Philippines , PÉvêque étok 
en état de donner une bonne t)îftoire« Il eft 
vrai qu^elle eft un peu trop diATufe & trop 
chargée de réflexions chrétiennes. 

Apres l'Hiitoire des deux Conquerans 
Tartares, on voit ici XixRtlûtiondeslûrtm^ 
res Pereopifes & Nogahs , iies CireaJ/lins ^ 
Mengreliitis , & Géorgiens , par Uan de £«- 
€a Religieux Dominicain. Cette Relation 
eft accompagnée de plufieurs Remarques 
qui ne font pas inutiles. 

La Relation de la Colcbide & deUa Mengrelie 
par le P. Arebange Lamùerti, eftiatroifiê- 
-me pièce de ce Recueil Celle des mêmes 
Fdya par le P. loftpb-Marie Zampi , eft 1^ 

qua« 



Françoiss fj 

quatrième : die a été publiée ci-devanc 
par le Chevalier Chardin Ces deux Rela- 
tions font très curk ufes , & renferment u- 
nedefcription éxaûe de l'Etat Civil & Ec- 
clefîaftique de la Géorgie. 

Le Libraire ayant deilèin de publier dans 
la fuite de ce Recueil plufieurs Relations 
qui concernent les Tarrares voifins de la 
Mer Cafpienne , il a crû devoir inférer ici 
la Carte que leCzar de Mofcoviea fait le- 
ver en 1719. 1720. & 1721. & l'accompa- 
gner d'un petit Extrait concernant certe 
Mer , tiré de l^Etat de la Raffie du (leur 
Pet ry Anfflois. Cet Extrait eft la cinquiè- 
me pièce de ce Volume. 

La Relation du Voyage de Jean du Plan' 
Ctfrp/»,Cordelierque le Pape Innocent IV. 
envoya en Tartarie vers le milieu du 13«. 
(îècle y eil la fixième & dernière pièce de ce 
Volume. Cette partiede la Grande Tarta- 
rie , où Cûrfyiti fut envoyé , eu Tancien 
MogoUftan^ d'où les Mogols des Indes O- 
rientales ont tiré leur origine , il y a envi- 
ron cent foixante ans. Les Naywans , an- 
ciennement Scythes Iffeddns , à ce qu'on pré- 
tend , .& les Vures ou Yugures , dont il parle 
dans fa Relation , font des Peuples duCa- 
ratatayy onCûtbay Noir , qui eft la Gran- 
de Tartarie. On croit que le Mogoliflao eft 
la même choie qneCog 61 Méigog, Carpin 
appelle Mongal le Mogoliftan ia ledivifeen 
yaka-Mongal ou grands Mong aies ^fu* Mon" 
gai ou Mongales aquatiques , à caufe du 
voifiuage du fleuve Tartar, die Carpin^ 

D3 Mer^ 



f4 Bibliothèque 

Merkaf d Metrit. Ces quatre fortes de Tifr- 
tares Mogols font apellez dans l'Hidoire de 
Chgu oxiGbengiS'CanipxxhWéQ par M. Pétis 
delà Croix en 1710. Yeka-Mogoh, fou-Mo- 
goles , Merkat & Merkit. 

II eft fouvent parlé de Gbengis ou Cingis- 
Can dans cette Relation de Carpla. Cingis- 
Can yivoit dans le i ic Siècle : il étoît origi- 
naire des Yeka-Mogols , & devînt Empereur 
du Caracatay & d'une partie de la Chine 
qu'il conquit. 

Duplan nous donne dans le Chapitre V. 
la Relation du Siège que ce Conquéranc 
mit devant P^itm. Baatî o\xBatU'cban, dont 
lil/eft parlé dans la même Relation , regnoit 
alors dans l'Occident de la Tartarîe : il 
porta fes armes viâorieufes jufqu'en Hon- 
grie & en Pologne, de même que quelques 
autres Chams Tartares , vaffaux dtCingîs. 
Notre Voyageur faitl*hiftoire des conquê- 
tes de Cingif'Cûn dzns le Chapitre V.defa 
Relation. On peutcomparer le petit détail 
qu'il en donne , à ce que l'on en lit dans 
l'hiftoire de CingifChan de M. Pétis-de la 
Croix, 

Dans le Chapitre VIII. on trouve les ti- 
tres qutCuyin-Chan ,ou félon quelques au- 
tres , Ketouc'Cban ^ iptûlfAsàtCingis^cban 
fe donnoit. Cet Empereur des Tartares fe 
regardoit comme un Dieu en terre. Le bon 
Religieux Carpiu donne dans le même Cha- 
pitre quelques avis aux Princes Chrétiens, 
pour réfifter aux Tartares , qui dans ce fié- 
cie & danslefuivant fe rendirent très for- 

niida- 



Françoise. sS 

imidàbles à la Chrétienté. Dans le Chapitre 
XVII. on lit le détail du Sacre & du Cou- 
ronnement de KetottcCh an. Ce chapitre & 
les deux fuivans ne font pa€ les moins eu* 
rieux de cette Relation. On y trouve un 
détail des Coutumes de la Cour Tartaré. 

On peut dire en gênerai que la Relation 
de Carph mérite l'attention des leâeurs : il 
paroîtfincereencequ'il raconte, & il lèm- 
bie qu'il a voulu s'inflruire de bonne foL 
Peut-être n'a t^il pas toujours également 
réuffij mai^ondoit excuferun Religieux 
dont le voyage a été fort court, & qui vi- 
voit dans un Siècle où les qualitez néceffai- 
res à un habile Voyageur étoient fort 



rares. 



ARTICLE V. 



T^ouveau Voyage de Grèce ^ d* Egypte^ d$ 
Pale fiine, d'Italie ^ de Suiffe , J? Alface ^ 
& des PaU'bas ^ fait en 1721. m%.& 

172g. i^ pagg 411. AlaHaycchez 
de Hondt & Goflè 17x4. 

GE n*eft pas le mérite de ce Voyage qui 
lui donne place dans ce Journal : il eft 
de la trempe de ces Voyages romanefoues 
& faits à plaifir , dont on a parlé dans 
l'Article précédent. En un mot il n'a rien 
de fingulier que fon origine , pont nous 
allons donner l'hiftoire , afin que le Publia 
aprenne de quelle façpn certains Auteurs , 
que l'on peutapeler des Avanturiers dans la 

D 4 Repu* 



S6 BiBtIOTHCQtre 

République des Lettres ,, tâchent foaveo 
de lui ifnpofer. Celai qui a prêté fon ooto 
à ce livre, s'eft faitconnoître en Hollan- 
de fous le nom de Commandeur de fi.** > 
moins à la vérité parcetOuvrage , que par 
quelques a vantures peu honorables. Il a fé- 
jôurné tantôt à la Hâve, & tantôt à Ainfter- 
dam, pendant Tannée 17^3. après quoi ila 
difparu prefque tout-à-coup pour aller fe 
montrer en Allemagne fous un autre nom. 
Voilà ce qui concerne l'Auteur prétendu 
de ce nouveau Voyage de Syrie ; & voicf ce 
qui concerne l'Ouvrage même. On aflure 
que le Commandeur de B,*^ en a préparé 
les matériaux en SuifTe ; hiais quoi qu'il 
en foit, il a pris naiflance dans Amfter- 
dam , fou? les influences de la Canicu- 
le de 1723. & dans un tems où les plaifirs 
de la débauche avoient commencé d'unir 
fort étroitement trois oq quatre peribnnes 
d'un efprit affez enjoué. M. le Comman- 
deur écrivoit avec une rapidité vraiment 
Bachique ce que la belle humeur didoit 
MX amis ; & le Cayer étoit à peine rem- 
pli , que l'Imprimeur le faififoit pour le 
mettre fous la prefle. Quelquefois on fai- 
fgitau ha^^ard trois ou qciatre légères raru» 
T^s\ ce qui arrivoit lors que l'imprimeur 
un peu moins impatient qu'à l'ordinaire, 
vouloit bien donner quartier aux Auteurs, 
L'imagination profiroit de ces petits inter- • 
valles, pendant lesquels elle étoit fécou- 
ruëde quelques bouteilles de vin de Cham- 
pagne ou de Bourgogne , fans autrement 

fc 



, Ç R A,» ç, o I s E? yy 

fe mettre en peine de la vérité des faits. 
Souvent an ami étranger venoit interrom- 
pre la compofition : on la laifToit là pour 
un quart d'heure , & rependant Monf! le 
Commandeur armé d'un verre portoît la fan^^ 
tédu nouveau venu. Ilfalloit faireraifou: 
le vin montoit à la tête; & les faillies de 
la converfation , qui d'ordinaire ne rou- 
loit que fiir le bon vin & fur les bonnes 
auberges , paffoient infailliblement dans le 
nouvtau Voyage de Syrie, Voilà commenç 
cet ingénieux Ouvrage a pris naiflknce, 
& ce qui^onna lieu à un raiîleur dç fai-» 
re le couplet de Chanfonqui fuite 

Je prépare un Voyage 

D^nn tour divin j 

3'y donne mon fuffrage 

Au meilleur vin, 

£n le compofant nous rirons , 

[^ous babillerons , 

Von fe grifera. 

Au gué Ion la érc. 

Un tel Ouvrage devoît être paie félon 
fpn mérite : il l'a néanmoins étègénereufe» 
ment i & il eft furprenant que l'Auteur 
Titulaire n'ait pas employé fes talens & 
ceux de les amiç à le groflîr julqu*à deuic 
Volumes in folio, ainiiquel'a faitdepuis 
peu un * autre Voyageur de fon ordre. 

* M, Atthry de la Mo traie. Voyez la B/V 

trfotb, Angloife, tom. la. prem» part. 



tS BiktfOTHEQtrs 
ARTICLE VI. 

Oifirvatimu Jir la Saignée eb fiedj & fmr 
/dpmrgéttien a» cemmeneemene de lé petU 
ÈeFerole^ des fièvre f malignes &c. Preu^ 
Vê de la Décadence dans la ftasiquc de 
Médecine confirmée far des dêutes fier 
tlneculatim. A Paris 17x4. il®, pag. 
498.y4ifi la Table & J^AvertiJfement. 

MOnfiear Heequet , déjà connu par 
d'autres Ouvrages , a crû devoir 
communiquer au Public les penfées & ré- 
fiexions décachées dont celui-cy eft com* 
polé. Peut être fcroient elles reftées dans 
ion Cabinet, fi la révolte dequelquesJVfo- 
dernes, qui zh^inAonntnt le courant des rè^ 
glesfuivies par tout le Monde Médecin^ ne 
t avaient enfin obligé depenfer tùut- baat, com- 
me il leremarque dans fon Avis au leâeur. 
C'eft donc à cette révolte que nous devons 
les penfées de M. //^f^tt^^. Il s'agiflbitd^a- 
vertir le Public du danger où l'on met aujour^ 
dhaila vie des hommes par lis expériences neu^ 
ves &. les effats bazat^dés , auxquels on les 
expofe. 

La première partie de cet Ouvrage con- 
fifte en quarante Réflexions contre laSaî- 

fnée du pied . à la vérité fort ufitée en 
fpagne , & convenable au tempérament 
de la Nation Efpagnole, mais très con- 
faîreaux François, à ce qu*il prérend. 
Les ratfons qu'il en allègue, font prifes 
des différentes difpofitions des Corps de ces 

deux 



àeux Nations : P^^ exempte , les Corps 
cranfpirenc abondâtnmenc en Éfpagne; le 
fang eft ficuéde telle façon dans (es corps 
nez en ces Païs chauds , qu^il n*e(l prelque 
pas furceptible de ces déplacemens faudainî 
gui furpnnnent ailteurs le Medtcin é* ie ma" 

ladi. Le fang que fâic un Efpagnot fobre & 
frugal, commeit l'ei! ordinairement , ferc 
de préfervatif contre ces révolutions fu- 
neftes , que les faignées du pied mal encen* 
dues font fou vent en France. Les François 
ne feroienc pas expofés aux inconvéniens 
de la faignée du pied, s'ils fe trouvoient dif- 
pofez au régime de la Nation Efpagnole: 
mais loin d'obrerver un tel régime, on ' 
mange beaucoup plus enFrance, on y man- 
ge beaucoup de mets aprêtez : les vins 
qu*on y boit communément, font fou* 
vent des vinaigres en puiffance , des H- 
,, queurs pleines peut-être d'un aigre gracieux 
,^ roaisqui n'eftqu'un tartre ou un acide dê'^ 
„ gaifé. Cet acide aigrit, épaiiïît, coagu- 
„ le la lymphe du lang, qui s'apéfantic 
„ habituellement dans (es vaiHeaux , & 
„ contradant journellemîent une pente à 
,y fe précipiter, la fuit &s'y lai(re aller à 
,, la première occafîon. Cette occa(ion 
c'eft la faignée du pied: au'arrivet'il enfin 
dans les corps François i E>ient6c le fang é* 
paiflî devient parelieux ; il s'opofe à PefFec 
qu^on fe propofe par la faignée du pied s il 
tient comme de la colle forte , aux parois 
de tous les vailTeaux , parcequ*it eft gl aanc 
& épais. Ainûie fang de cet ordre ne fuit 

point 






(So Bibliothèque 

point la détermination que la faignée da 
pied eflaye de lui donner. Delàdes enga- 
gemens dangereux du fang dans le cer- 
veau & dans la ppitrine &c • M. Heequet 
allègue ces raifons & pi ufieurs autres con« 
tre la faignéé du pied au commencement 
de la petite Vérole. „ Il y a de la témérî- 
„ té à vouloir dans la cure de la petite Vc- 
„ rôle brufquement précipiter le fang 
,; vers les parties inférieures , tandis que 
„ dans cette maladie il eft arrêté non feu- 
„ lementdans le cerveau, d'où il ne peut 
„ fe dégager par rifluë qu'on iuiprefente, 
^, mais encore & en même tems dans tou- 
„ te l'habitude du corps, d'où il ne peut 
„ ie départir &c. On peut lire dans ces 
réflexions ce qu'il dit de la difpofîtion par- 
ticulière des enfans à ta petite vérole , & 
la cenfure qu'il fait à cette occafion du ré- 
gime 17/0/ ^17;^»^/» des enfans chez leurs nou- 
rices &c 

Les obfervatîons fuivantes font contre 
la Purgation au commencement de la pe- 
tite Vérole, des fièvres malignes, & des 
grandes maladies. 11 prétend „ que Phu- 
„ meur qui faifla petite vérole , n'eft ni 
„ de la nature des humeurs foumifes à la 
»> purgation , ni dans la iltdation qui con- 
„ vien ta une humeur qui la requiert :qu'- 
„ elle n'eft ni ficuée, ni placée de manié- 
„ re qu'elle fe trouve en voye, ou fur le 
,, chemin d'un purgatif. Cette humeur 
o C ou ces humeurs } font dans les vaif- 

* féaux 



^, feaux lymphatiques , & non pas danf 
^, lesCiNftfttjr r;rrrfmVr/quis'ouvrentdanS 
^, les inteftins, ni dans ceux qui ont leurs 
^, direâions de ce côté là. . . L'humeur 
^, de la petite Vérole eft inflammatoire» 
,y elle eft renfermée dans chaque puftule; 
), c'eft à dire , dans autant dt, phlegmons 
9« que de grains, d'où un purgatif ne tire 
9, rien. . . Après ces idées générales, M. 
Heequet nous donne une jufie notion, félon 
lui ,de ce qu'Hippocratei appelle Orgûjme , 
& dont il croit que la Médecine moderne 
abufepar fespurgations anticipées: cequi 
le conduit à la cenfure de ces remèdes que 
les médecins appellent Mocbli^ues y Eméti- 
fMes &c. Il dédgne en particulier le Kermès 
Miner etl y ce beau nom prophai}é , dit* il , 
en faveur d'une drogue avanuirière; cet 
Ambigu de remèdes auquel on^cfere au- 
jourdhui l'honneur de la préférence, ^om* 
meauCoriphée des Purgatifs, au Souve- 
rain dés Anttmoniaux , au Maître des/00. 
éan$ , des Digeftifs^ des Purgstif s , d€s£- 
f»eei(juet. Tout cela lui donne lieu de s'é- 
crier en faveur de la Médecine ancienne, 
moins favante à la vérité, ^ moins inftruite 
de l'intérieur du Corps humain , que la 
Moderne; mais en recompenfe, plus fâ- 
•ge, plus refervée , plus prudente. 

Il faut beaucoup de précaution à puri 

Îer les convalefcens de la petite Vérole, 
«a purgation eft dangereufe dans le tems 
d'une luppuration : or la petite vérole 
confifte cottce en fuppuration. Une pur- 
gation 



^4 6 1% L i O T ti H Ù Ê 

lieux de la pefte , ont fû foumettre aux or- 
dres de la Médecin^ ce mal qu'on auroit 
reconnu au defTusd'dle : ils fe font étudiés 
à réprimer i'autoritéde ce mal* . . non par 
des Purgatifs , mais en ramenant la Nature 
effarouchée à lafagefle de leurs confeils, 
& à la ju(leflë de leurs remèdes. Ils' n*ont 
pas ignoré Pufage des purgatifs^ mais ils 
les ont placés à propos < 

Nous allons donner une idée jufte de ce 
que M. Hecifuet avance touchant la déca- 
-dencedela iVledecinedanslâ Pratique. A* 
près avoir déclaré que la Médecine eft u- 
ae connoiflànce pratique , & par confé- 
quent qui demande qu'on refpeâe en elle 
la Tradition / il foutientque les nouvelles 
découvertes trahiflent fouvent nos Moder- 
nes. On eft devenu tfopfpéculatif; on eft 
déchu en connoiflance pratique. La méde- 
cine s'enrichiflant en apparence, s'eft ap- 
pauvrie en effet: elle a avancé en décou- 
vertes curieufes, en ingenîeufes xtiolo- 
giess mais elle s-eft éloignée de celles qui 
ont moins de brillant , & plus de folide^ 
Le Savoir faire dans la cure dés maladies 
caraâériibit autrefois un Praôicien; il fe 
diftingue aujourdhui par l*Art de dilcourir 
fur de prétendues caufes des maladies , ou 
par l'adreffe à accréditer une maladie. Sur 
tout il crie bien haut contre l'abus des /f^- 
forbanSi & des remèdes Chymiques. Il mon- 
tre avec beaucoup de railon qu'atrjouf 
jdhui l'on s'abandonne à des fécrets vantés 
ii propolés par des gens d^une probité 
• doa* 



F It A M ç <} I s X* 6f 

donteofe , fans nom , fans icience l & qu'il 
fauceroire fur leur parole, malheureufe- 
ment ces fecrets trouvent des fauteurs , qui 
les foutiennent , des Médecins qui les pré- 
conifent : c'eft une charlatanerie défor- 
mais univerfeiié. Les diftnbuteurs des 
receptes vont être les dominans» Une par* 
tie de ces defordres vient certainement de 
la Chimie: méprifée autrefois delà Me* 
decine , & même à peine reconnue pour 
(a fervante, elle s'eftac<)uire auprès d'elle 
une confiance infinie: elle l'a éblouie par 
fes grands mots & par des expreflions fi 
exagérées, qu'il faut convenir qu'aucune 
icience n'eft plus gâtée par le Cbarlatani^ 
/i»^, que celle* là. Les reflexions que l'Au- 
teur fait i ce fujet méritent bien d'être 
lues. 

Mr. Hiequet commence/^/ raîfins de dou* 
te contre Vinoculation par une efpecedede* 
clamation contre l'injure que les hommes 
font en cette occafion à la nature, injure 
d'autant plus atroce , que ce n'eil pas pour 
s'entrecoinmuniquer fes biens qu'on entre- 
prend rinoculation , maispour rendre les 
maux communs.II la refuteenfuiteplus (é- 
rieufement , & l'attaque d'abord fur la 
bafTefle de fon origine où elle paroîttout 
au plus comme la fille du peuple; & de 
qoiel Peuple? d'un peuple le plus ignorant 
qui foit au monde: des Géorgiens. On 
cite de vieilles Grecques pour témoins , 
une vieille Sage-femme, des Nègres. L^ 
d^te de Ion antiquité eft perdue", elle c(l 
tme l V. E feu • 



'€€' BlBtl » f dfEQlTlî 

f^in^tnt rëfiôtiVéllée Aï Ttff<^iedëfy<âk 
4ûaf Hhtéiins , preuve dâ ^udecfitfi'qti^dh 
énâ ait auparavant: Orihélà'tîtmVêâà^s 
tfticurt livre: elle fë décrie' pàtfès tSkts. 
Linodulation pradbic des petite^ Vtfrolés 
très tiiattgnés» trèscohta^éufts: il lui ar- 
rive de ne ihjînt donner la pétfré ViË- 
î*ole , tiiais d^autrés rnaladiés pioirfflëheli- 
fes. L'inôculaticfi fiât Viôliénlre à là nà- 
fufe, & !e grain depetît^VéW)l*aiftfi éh- 
té ne peut donner vérîtal)lefneôr<»H|a'drt 
dètuânde, parceqâe{iég;étTilédelà ^eStt 
Vérole teft dân^lefiffigée hoil dsTte fé pâfss 
^inft il vaQdroitbiëh mieux f^ire thijWfkH 
dD ta tfàiifufiàn dû âng; qbi fe6léfliâl> 
pregné do get^nle de la petite Vërèté. Mr. 
Beeqûei aillegùé bien d^autrës éhfties Con- 
tre l'inoculation , & il faut du moins a* 
Vouer Que fes ratfons parôififeâtiblrcâ. 

A RTI CLE. Vil. 

Lettre du ^ere te Cournijer 4M fommâU- 
Jles de Trévoux, 

JE ne vette m'adrefTér à d'âotret qu'à 
vous > mes Révérends^ Péfes , pour me 
plaindre de vos foup(^d»fs' tt vous de- 
mander juftice de vous mênles. Nétoit^ce 
fiâs aflez pour vous fârti^re de m'avoir 
traduit dans votre Joufiîbl de Novembre 
[p. 22f7.] comme un 4e cet pacifiiPilUUrsen 
fait de Reiigien qm treiiten$têif0ëiipi»,& 

que 



F it A K ç p I é s* 6i 

^i tien n^arrtte fans coijimencéf encore 
dans celuy de Décembre [p. 2396.] à vou- 
loir faire d^uUr de ma religion & publier 
lans fondemenc que y^ mefnis chargé àèlk 
direâiande la Bibliothèque Françoife ? II 
eft vrai mes PP. que vous ne m'y hom- 
mes pas & qde je ne me ftrois jamais re- 
connu au portrait que vous faites des Au* 
teurs de cet! ouvrage, fi quelqu'un des vô- 
tres n*avoit dit à gens qui me l'ont rapr 
porté , que c'étoit moi que Ton a voit vou- 
lu defigner dans le journal* Mais il eft 
plus aifé d'acculer un innocent que de le 
convaincre , & votre tétnoigftage n'eft pab 
toujours une conviâiQU pour le public, 
00» facile de innocente crimen fingitur. 

Je ne fcai en effet fur quelles dopàireii^ 
ces vous avés pu former de -tels (bupcons. 
Car ce qu'il y a de certéin & ce ^tie je 
puis afleureravecfermentj.c'éftqueje n'ai 
)amais eu aucune t>art à cette Bibliotequ^. 
que je n'y ai fourni ni extraits , ni no.u* 
velles; qu'il n^y eft entré aucun Méhioirb 
ni de ma compofition ni par mon canal, 
que loin de m'être chargé de fa dîre£^ioii 
on ne m'en a communiquent le projet, 
ni l'exécution, qu'il en paroiJDfoit dejadeux 
volumes avant même que j^en eufte enten- 
du parler, & que iene fcai rien autre 
chofe des Auteurs de cet ouvrage que ce 
que nous en apprend le fécond volumfe 
P^S* 3i9« où Mr. Càhiufat déclare, qu'il 
ne defavom pas quHl à éù quelque part a ci 
y menât i mai» qà*il$*en faut hitu quUluefoit 

£ » tout 



ti BlBLIOTHEQOC^ 

faut entier de M. J'ignore qui font les au« 
très , mais il eft feur que je n'en fuis pas« 
Voila mes Pères , une protefiation bien 
précité & tèllç qu'elle fufïiroîc pour pur- 
ger Paccufarion la mieux fondée, J-appre-i 
Eende cependant qu'elle ne foit pas enco- 
re aflez forte pour me juftifier tout à iàie 
à vos yeux. Le malheur que j'ai eu d'at* 
taquer un de vos Auteurs dans ma Diflèrr 
tation fdr les Ordinations Angloifes vou« 
întereiTe ^ me trouver criminel, & je crains 
que la vérité ne fuffife pas pour difliper 
un préjugé qui peut vous paroitre pron 
pre à vous yanger , car helgs 

Dçpiuis le jour fatal , 
Siu^u» Uhratre impriptant les effais de mm 

plnme 
Ponoa pour mon malheur un trop heureuse 

. volume 

» Toujours depuis cefems^ en proye ^uxfots 
dsfcours 

Contre eux la vérité mUfl unfhiblefeeours. 

En vain pour me rafleurer la voix 
publique fe déclare & rend hommage à 
la vérité ju^ues là enfcvelîe dans des fa- 
bles. Envaui trouvai^iedaqs Tapprob^- 
tion dç ce qu'il y a de plus éclajré ep 
françe la ^uftific;^ti6n de mon ouvrage, 
ce n'eftpas aflez auprès de vous pour ji^- 
<lifier ma foi, & à vo\is croii-é^ je fuis^ der 
venu un bonioie lufpcia.en manière derç* 



Di Françoise^: 69 

ItfioD) parceque j'ai réfuté deux diffical* 
tes quin'auroienc pas arrêté le moindre 
théologien. Quoi donc mes PP. eft il 
poflible qu'on ne paifTe vous ataqueroa 
fé defFendre fans rendre fa religion lurpec* 
ce^ & ne faudra t'il jamais paroitre de^ 
vant vous qu'une profeflîon de foi à U. 
taain? 

Mais û vous ne m*avés cru coupable 
qu^eo m'atribuant la direâion de la Biblio- 
thèque Françoifei ileftiufte que vous me 
fàfTiés reparution. C'eft aux Auteurs 
de ce Journal à fejuftiâer comme ils pou* 
ront) & je n'entre point dans les plaintes 
d les reproches que vous leurs faites. Le 
public a jiigé comme vous, qu'ils aiFec« 
toient un peu trop de parler de vous & 
de vous attaqwn Mais le moyen dévoua 
dépendre mes PP. n'eft pas ue les char** 
ger d'injures' ou de noircir teur reUgion: 
on n'eft plus la dupe de ces:maQieres,& 
tour le monde dit que Ppn , peut ' favoir 
fa Religion !k être fort Catholique fans 
fe rendre vos Difciples, ^ f^nspenfer com- 
hkt vous. Ait >6 mes P P.. vouiez vous ren« 
dre inutiles les coups qu'ils vous portenCi 
& mettre les rieurs de votrecoré^ relevés 
s'il fe peut Ipurs fautes , & fn-oficés de leur» 
cenfures» .Ceft le moyen de vous vanger 
urilement;^ & le. public vous tiendra com- 
te de vqi;te, modération ou de votre do*^ 

. cilité» - V .-> ; ? . 7 1:. * 

Quant^ à moi mes RR» Pl^.les Lib^Uea 
n'ont jamais été de mon goût , & vous pon- 

E 3 véi 



70 B t B t I O T H E Q U t 

nés dbiUiiavtiiit être tran(]oiltes fur mon 

cotbpm Ji yba^inedonniésîMVâis roêdàfion 

d^ciâqaér vos Mèm\)i#és, je ne te -femis 

qu"^ màigt déeoavèf 1 1 tMls ave^ toUs' {è$ 

ni#iK|géhiMs<(q>Qe mérite lïne Compagnie 

dobt f eftimer ptufflaors membres, & doiit 

leicri^^c'^i PiitlpetQ):>firé desadtres Hfe tpt^ 

ceroit à ménager ceux mêmes que je n^êfti^ 

iMéhtl^ )$ai«j>oàrme garantir dés fMpu«- 

tatièÀJbdtMHif$. paârôid«|ettrétre'«^^Hté 

^raire foccrrrnôÉratKle , fivbtisrfàtSés^^^âfm*' 

bfetvnohftavMieÂtj^ai re^té ;d*ëntfer\latia 

des -^iijiafjlfmféms ^ù l^<$ii Ae^i^èkifiàtc itûi- 

iMwnt'à'i^^bfi^ag^r. ea iVçÀ pôiiit 

pdur'TA^etv fMre ûrimfôrtce'^ii^i^è^ Y^i!$ 

^e>4bttdfàli^)em''(%t>^f^ti, Imlis illfii:^ 

p'orce-vqftir l«l(|itf*r«^!uffi1èiV&' nfbh ^ëj^j 

^ejerne iSrïsiidii$iéii^bOfce-à fos l^i^ 

çtm5> ât'i}ôè vtyâs tnéfenStl^s^tiftiëe, 1} ^mti 

Je V^MêtiÛ§^ttà fmk^^ëWkre éfaàn 
té^ de WcreYil^en , '&-i»^ër{Jére '^tfé 
par ^vm iteilràu NeWiièl^^ié l/^s' ^(^p^ 
«ofu vdiiirrdea^utrés lès ftnpwfftt^s 'qàè 
•Vonsavéi 'V«irt«^îifprféb iû puWkf côï)V 
4re^ im)$; Si V«Ki$ Wè -i^ftiiés eëï^è 

^^e^s «ltimdit^<«£:^â<d^>deVotrsi^ 

-flrie^irièYi](}tQdè>vm9'21ie^Bba2i^s HH:c^- 
<îon de vous marquer ma reconnojfliiWe 



F » 4 >H iÇ o I S P- ^ 

9vec p(a3 de conUdi^ation & 4c r^ 

Mes RevemdsPeres , 

Votre très humble & très 
obeiâane S^viteur^ 

A Paris ce az. Février 1724. 



ARTICLE VIII. 

■ > . 

SeeonitJ^frjf M 7«r4 ^ Çftr^ Çi^H^Me- 
4( Tftyvtic. 

«îTE nae^flMoîs mes RR . PP. ^e voQs m'é- 
'i\ ^tmimet le delagrétnent de vous fai» 
^ -re 3p nouvelles plaintes , mais après 
ff^nvoir fttppofé faoffement des ouvrages 
dont je ne iuis point Auteur, il ne vous 
reffeii plus ,poùr me faire connoitre vos 
difpofitions à mon égard , qu'à donner 
«fi. entrait des véritables , s^uflî inSderié 
&,aiiflî envenimé que celui qui vient dé 
par<Mtre dans votre dernier Journal. Chà- 

3ue ligne m*y rapelle quelcju'un dès traits 
ont «Mr. de la Mothé a formé u delîcar 
temenc le portrait de céttains Autçurs 
dans fes resexipns fur la critique. ,, la* 
^, plupart, dift ce judicieux écrivain »ntf 
g'ïeipropefea&en wputantque le friyo<^ 
^^^ E 4 ,) le 



r 



ff% BiBtf'OTfrÊQoe 

9, le honneur de vaincre » I qnelqiie prit 
fy qae ce puifle être , dés qu'ils ont a* 
9f vancé une opinion , il ne leur eft plus 
,, poflîble de convenir qu'elle foit faaflè, 
9y ils fe croiroienc même deshonorés d'en 
9, rien rabattre. & moitié il lufion, moi* 
^y tié mauvaife foi ils font armes détone 
,, pour la déffendre» plus les raifonscon- 
,y traires les frappent, plus elles les ir- 
,, ritent ^ & rarermiilant le mieux qu'ils 
,y peuvent leurs préjuges ébranlés, ils pa- 
,, yentde fubtilicés, de hauteur ft d'inju- 
j, res mêmes y quand ils ne faufôient pa- 
yer de raîfon. Plutôt que de ne pas triom- 
pher ils fe forment des chimères , ic 
les attaquent y ils impatent à leur ad« 
^, verfaire ce qu'il n'a pas die, quelque- 
„ fois même pour la dernière refToarce 
^ ne pouvant décrediter les railbos , ils 
j, efTayene de décrediter l'Auceor qui les 
allègue, ce qui n'eft à parler îufteque 
fe vanger lâchement de foii propre 



9> 
99 



J9 

yp tort. 



Si je condamne avec lui fi|es RR. PP. 
ce caraâere des mauvais crkiques , c'eft 
fans condamner la critique en elle . mê- 
me; je n'ai jamais, erouvé mauvais que 
ceux que mes raifons ne perfuaderoient 
pas , penfaflfene autrement que moi fur la 
validité des ordinations d'Angleterre. Plu- 
(leurs amis^finceres, que je conferve par- 
mi les défenfeurs [du fentiment que je 
combats peuvent me rendre témoignage, 
que la différence du feotimencne m'a point 

fait 



Ait derdproover , qu'on pende à nft 
contredire^ je l'ai deiiré même pour l*^« 
dairciflemenc de la vérité, & je n'ai non 
plus appréhendé votre cenfare , que y'ai 
ambitioné vos éloges s mais il me fémble 
Mes RR« PP. qu*il ne convenoir ni à- 
yotre caraâere ni à > votre profeflion \ 
de nous donner un Libelle difFamatoif jl 
pour un extrait; &fije n*ai pas aflez bien 
mérité de vous pour exiger que vousgar- 
daffie2 avec moi quelque règle d'hon* 
nêteté i du moins vous Ideviez vous à vous 
même de ne pas vous deshonorer par la 
paifion » l'ignorance & la mauvaifefoi ,qui 
caraûerifent votre ♦ Satyre» ' 

Il eft vray qu*en lilant vos memoif ék 
on compte toujours un peu fur la préven- 
tion , il la partialité, \^,Uya hngtempt^ 
dit tAuttur de la Bibliothèque Germaffifutp 
^f que le public s^enûfircoit ^ fans que fa fa* 
,, tiencevous aitiofpiré jufqu'^à prefentflut 
yy d^equité ù" de modération. Mais aa 
moins vous aviez l'adreile de receler vo- 
tre paifion fous un (Hlesfeduâeur , &tei 
condamnoit votre malignité , qui trocr- 
voit dans vos cenfures dequoi fai- 
re honneur à votre efprit : ici au con- 
traire tout eft propre à vous couvrir de 
confufîon devant le public à pure perte 

E j pour 

4 

^ Stnltitiâ mibierede tuâ ultitna pars efi 
muvidié faiiratm tribuiffe Seff^fat. 3« 

î Tom.3.pag. 193. : 



;74 B I B © ro « H E Q O E 
MnrvQQs. On ne trouve dans votre «^ 
iriif ni ftile , ni bienféaqcc, ni Théo- 
logie, ni bonne foi j la confiance y a^nt 
li^u ie preuves : l^emporteB^enc ^ aelc 
PenftBMHi'élQQuenoe, l'oWcurîté.*cr»«- 
.«on, iQOtiy^a tronqué, falfimé, fiwi^ 
fées la Bianiere la plus groflicce yU la 
^ptesind^ne» 

Qn y traveiUt les verijtess en prrewsj 
les opinions en dogmes, unc^ fins^ teb»t^ 

m limnee, on n>'y fait un wlweié^siiên- 
^ip^ps If s pluir^gns.fcle^pUi&au^Qr*- 
^5 C(Ci expfer^pf leç dtâicult^z ,-Qn wU- 
SH^e tQiWs l^s repooTea, an tirafite^coa- 
l^afMfs ^çi n'ont nulle ^taifon i#vfp 
«es vpqnfijpe^. Pour f«L{^éi»r .aux faits 
jyfritaMes or», en invente de ^ux^.Qn^ifMS 
4ù»pporeiles înt^iicîQnsdaAg^rQufes ,^ îciiws 
presque herflb^n^aii premier chef^.par^ 
.ceque.jer^fil^e de donner avei^lâineoc 
4ansiks faî>les.'& Jes^vifions de quelques 
Sdiolafti9ues:,;& pouline sieii iMifalier jfe 
jce qui fieut me œadf e ifidi^ux , oa^isemac 
ikissceâeen>pppQfii«pn auec bÇgtiiis^piuir 
la^purecé& la ^aix^&iaquelle)*ai Ibupiré 
toute mavie ,&pour laquelle je fois prêt de 

ver- 

♦ Sta. Sat. I. . . ? ». . : 



F R A M Ç O I s ■• 7f 

verfer jurqu'à la dernière goote de jnon 
ftng. 

Ce n'eft pas avec de tels «dverfalres 
qo*iIme convienc d'entrer en nce;un hom- 
me de bien ne doit combattre quedansle 
defir de s'eclaircîr , ou dans l'efperance d'ê- 
tre utile aux antres lié ! quel frcit à fai- 
re avec des gens qni , comme vous , ne 
chêrclient qu'à émbarafTer la vérité, , qu) 
la craignent, qui tentent; 
perdre de vue, qui dono 
bole pour une rairon, 
pour une preuve, une ji 
nne, vérité une lueur i 
pbur une pleine cpnvi£ti< 
cent les fauïfetez les. pin 
«ne confï;tnce qu'un hon 
met à peMe dahs la deÛ 
teî ■ , ' ' ' ■ 

- D'ailleurs }e ferpis trop enibaràtfSf^'a!' 
bord:à:baalîfiçr ié genre d'écrit quevooï 
mtJp^ofez. ' Si' c'en un extrait , il eftin- 
fidellêj (ï c'cftune reponre,enè elVenco- 
re plus ftrihie qu'infùitante , ' & fi c^ëft 4}- 
nedét:l3mation,'e11eeft aU'urement d'up 
Anteor novîceen fait deRethorique.caF 
le débat en eft ptelque InintelUgiblei^lp 
'porifpeax galimatias dont ce début elî.ftij- 
yi tioasdKOHvr* un homme qui .igtiorp 
jnfqu'aux premiers principes de fon art, 
tlonc la fin conlilte à perfuader & àpiaî- 
re. La paflion ell tout çs -^iii çn >&it le 
vAiel, voôs ne^voas êtes nulléinent .idJs 
en peine de la déguiiêri on voit là ^» 
■ IDOK 



toute Çqîï ^^màne jofqu'oa on peut poof- 
ler rargumeht tiré de la îiaîneTheologi* 
guc , V0U5. m'accufez fans jadice , vous 
m'înfultez I^hs ménagement , vous me rail- 
lez fajis finefle, & parceque deftitué d^ 
Crédit & d'authoricé vous n*avez intérêt 
ni de me ménager ni de me craindre « 
you^ vous abaudoness à J'indigne plaidr de 
vou* yangef d'une ref'utation que vous 
h'avéz'{)u atfbiblif. 
A vous çii croife, Mes Pères -dans ma 



:à cba^tte eglife lé droit d'iftre fcbismatique ^ 

t je travaille à pouffer vers le fchifme 
l'Eglife Gallicane , je détruis le iàcrifîçe 
je rejef te ^a neceffité de l'intention , ry^xx. 
torile les facrileges : f aitpïblis la certi* 
tudc des Aàés publics, &- ceci n'eft. en- 
core qu'utte partie de> erreurs que vous a- 
vez à relever , c»en èft pourtant déjà trop. 
Mes PP. & tfprès de fi horribles fcanda- 
les dont vous me faites Auteur, il ne vous 
refteroit {)lus , pour confommer votre miP- 
fioh , qu'à matracher une pierre au coû , 
& mejetter aufondde la mer.: maisheu- 
reulement pour moi le public ne me croie 



* Mem.^eTrei).pai. SJ^» 4*3. 393.290^ 
416. 42S« 43 t. 429. 
t. 430. 4^. 



F R A M Ç O I i E. ' 77: 

pas. il coupable, & il ine fera àiléd^ ufi 
juftîiier à.fon tribanal. : ^ 

Encore fi tant de calomnies & d'injures 
étoient foutenues de quelques vrai-fem* 
blances , fi i*a vois donné lieu par ma con- 
duite ou par mes liaifons de former des. 
foupçons contre ma religion ou ma foi i 
a en me chargeant d'injures on eut fait 
des découvertes propres à m'inftruire ou 
à me détromper , G on m'eut propor^ 
quelque difficulté que j'eufie di/fimulée 
par mauvaife foi ou par impuiflance ; fi 
vous eufiîez produit des aâes qui pufTenc 
balancer l'authenticité de ceux que j'ai 
raportés , & fi par les contradiâions fen- 
iîbles où vous êtes tombez en me com- 
battant y vous n'eufliez fajt voir que le men* 
fonge n'en jamais d'accord avec lui ma*' 
me: en faveur des lumières que je trou*' 
verois dans votre écrie , je vous pardon* 
lierois les foupçonsinjufies dont vous tra* 
vaillez à me couvrir, mais il a fallu me 
contenter des injures s & pour l'inftruc- 
tion vous la refervez apparemment pour 
quelque autre rencontre. £n cff^t qu'op* 
pofez vous aux preuves de fait çue de 
I*aveu commun j'ai porté prefque jufqu'à 
l'évidence , & qu'au jugement de piq- 
iîeurs j'ai trop multiplié dans upe matière 
dont la feule expofition pouvoic faire (a, 
démonftration. 

Vous m'objeûez d'abord le récit d'une 
fable que vous raportez avec complaifan- 



9ff B* I t 1 1 OT ta t ^ tr B 

te, * eotnméfi la-tdace^pfftvous rhoao* 
rés dan^ vos Membre» lin dbiinoit iiii 
ÂooVefltt degré dt eertitode & lui afla- 
raie IMmifaorcalité éh la mertanc hors d'at- 
teinte à la f critique. Voos débitez feiiflè- 
ihenc & Tans preuve que cette fiable eft 
stoill àtitienne que PordiHadon de Parker 
et eomuie fi votre aifertien portoit avec 
étlàlà preuve de la chofe qu'en vous con- 
ifefte , vous iaiflez douter h qtii fait éva- 
^let* le prix de votre témoignage , lequel 
de lui DÛ de la fable éft le pHis indigne 
de créance. 

Sappofous même pour un moment cette 
fiibte aufl! ancienne qitè vous la faites , 
me croirez vous beaucoup plus embaraffé 
à en établir la {Aù(kté» Je referve pour 
des écrivains qui le méritent tout ce que 
J^aurois à dire lûr cene^ ma tâere , maisfans 
lortir des temps où nous vivons , ecmbieu 
fous f es jours de faufletés qu'ils répandent, 
fins que qui que ce foit ie mette en de* 
Voir de les rélever? Dans la publicité 
des faits on ne refate ceux qui les contre- 
difent que par le mépris auquel on les 
abandonne, & toat le noonde, en lesre- 

grdantcommeclesimpofteurs, fecroitaf- 
z vangé de leur crédulité , ou de leur 
impudence. Il n'eft pas mes PP. que vous 
n*ayez entendu parler de certains fupple- 
mens des Gazettes de Hollande. Je n*en 

con- 

♦ Mem. p. 400. 
t P^g' i9S' 40*- 



qu'il eut à fe déceler^ travaillaMooiiitne 
il fait pGtir I^E^ife^ Je ne M noiypHis 
û c'eft enr lui fUrpriie eè s^implicitér 
Mais il'eft certain qfxe jamais' hmrtme ne 
^cMca^'aves plds de cbufiance des faits 
contrêdfts psit la Bocwieiié pabli^ttc 4iue 
M Bon GatheKqué: lihejmrciedeeesreiR 
font àisereZyies aùcrerabiBlufneiicfi»ix ,6â 
parmi un petit riâmbre de vérités dont il 
nom inftraic , on troovedamftmreeueit 
une tradicion conftatite dé iîeiuilbcés «kde 
menfonges. Quelqa*cin s'eft il mis en de- 
voir pour cela de les contfe(Bre ^ néii ^de 
tels écrits fe réfutent aiTeits d'eùx-mèines^ 
& les aâes publics qui tes dânentent fc^ 
ront pour nos neveux la cenriâ^ dt 
leurs impoftures. 

* Vous m'alleguezldes téfflc%ria'ges ilii^ 
peâs , fautifs , non conftants Jc toujours 
contredits y fans peni'er que rien n'eft plus 
foibleque dételles dépofitions^ quamtet* 
lec font en contradiâion avec lés monv- 
ments publics. Vous ne Pignorezpas pout' 
tant mes PP. & quand vos intérêts s*ae« 
cordoient avec vos lumières , vous fa- 
viez bien faire ufage de cette maiciRie , 
en difant dans votre réponfe au requifi- 
toire du Procureur General du Parle- 
ment de Bretagne , ,, on fait dite aux 
^, hommes ce qu*on veut , mais les regiftres 
\, publics font des témoins conilans» irre- 

* Mim. pêg. 402« 404. 



tv: B I BX I O T H B. Q Q^ C* 

;^ prochables & .qa'on ne fauroie cor^ 
p, rompre* 

« Vous vous perdez en vains raifonae- 
mens pour prouver qu'une faute del ri*> 
mer , dans la tranfcription d'un aâe dé* 
truir la certitude de tous les antres : fans 
vouloir faire attention , que Texperlence 
confiante de pareilles fautes, quife font 
tous les jours, en copiant des regiftres» 
où en tranfcrivant des MSS. anéantit tou-* 
tes ces chimériques confequences i que 
quelque faute d'inexaâitude dans un re- 
cueil immenfe de toute forte d'aâes n'en 
détruit point l'autorité &qu'on eil tOQ)Ours 
à temps » quand i'originaJ fubfiîle , de le 
confulter de nouveau dans les chofesqui 
peuvent tirer à confequence. 

f Vous me reprochez de copier Bram- 
hall qu'il paroit que vous n'avez jamais 
lu \ comme fi dans une matière de faits 
je.n'étois.pas obligé de chercher lesac* 
tes qui peuvent les établir , & de conful** 
ter les Auteurs qui les ont eu encres les 
mains. Ileft vrai mes Pères que vous 
avez une autre méthode , mais pour moi 
}e ne crée point les faits , je les rapporte 
tels que je les trouve, & j'aime mieux en 
ce genre être copifte qu'original. Audi ne 
tro'ùvera-t-on point dans ma Diflèrtation^ 
ni qu'un procès verbal ^ eft pofterleur 

* Mem. pâg. 410. 411, • 
I Mem^ pag. 399. 
^ Ahm. pûg. 393. 



F k A k 4 b I i «• 8( 

4e fo années â l*évenéihent , parce qu'i'/ 
n*aété produit que fo ans après qu'il a été 
drefTé : ni qu'un décret a eu l'approbation 
d^unOmeih & qu'il eft unètfnûnationdude' 
pjft , {a) quand il n^a été fait qUc ^ mois a- 
^rès la difiolution de ce Concile » qu'il n'a 
jiamais été fuivi de éeux pour letquels it 
à été publié , & qu'aucune école , pas ma- 
ine ta votre , ne s'eft Fait une r^gle de s'y 
foumettre. On n'apprendra point non 
plus <^hez ihoi , ou du' Antoine » Evéque de 
ib) Landafaitétéiacréen 164t., ou que 
Barlow ait eu deux felhmet. La con- 
noiflance de ces fait& vous étoit refervéè, 
car pour hiôi qui he fais que copier Bram- 
hall^î'aurois mis le facre de l'Evêque dé 
(OLandafeh 1545'. & je n'aurois donné à 
l%irlow qu'une éjpoufe. Un cppifte doit fe 
renfermer dans fa mefure, mais le public 
a lieu de s*en confoler i il courroit trop de 
rifqueà mecroirefijevOMloisCO devenir 
Original à' votre exemple. 

Vous hasardez un jargon fcholaRiqué 
fur l'intention , fu^ le facrifice . fur les 
matières des Sabrements, fur les Ordina- 
tions} & tout cela fans principes , fans 
liaifon$,fatis preuves; maisenm'atribuant 
Ues erreurs ou des abfurditez imaginaires, 

7$me iV. F vOu$ 

{a) Ibid. pâg. 4tf. 

(h) Ibid. psg. 407. 

(c) Fé^. Ecel. AngL pâg. fiz. 

{d) Atbe. Oxon. Tom* %» pag ^ 



$% BlBl.lOTEEQlTB ^ 

VOUS en débites de véritables^ tant il^eft 
dangereux de Torcir defafpbere& devbor 
loir parler des cho^s qui font; a.u deffiis 
de votre portée. 
^ a Vous vous choquez d^ > ce qt|e £afis^ 
faire beaucoup d'attention aii feç^îment 
des Scholaftiques , je vais cherchyeryM^ 
Jff vhujniifueisparitçuiiers <^/Vrii/î^r x de m^oi 
defendf e mon fçntiment fur la luiElaiiçede 
Pîmpôfition des inains^ dç la prieriç:c^êft à 
dire fnes PP^ que vous voudriez ai|^*Qiii 
abandonnât à, leur vetuflé^£( qu*qti j^i^C 
poùrir^dâns la pouflîere cespréçiei},x.ii}p* 
numencs qui dépoi^^nt contre la nouveau- 
té dç vos fiflènies^ &; qui les anéantiiFent 
lans reâburce, car ce font ces vieux Ri- 
tuels qui tous inufiiét qu'ils vous paroif* 
(èift font les (eulis témpins non fufp^s qui 
nipus relient de la pratique ancienne de 
nos Eglifes » quï nou$ tranfinettent leur di^^ 
C\p\\ n e^ & qui nous cpnfer vent les trad i. 
jndns de nos reres' pour b lefqiiels vous 
devriez faire pâroic^e, plus de refpeâ. 
C^éft avec àuui peu de juftiçe que vous 
vous' plaignez de ce que je vais ramaffamt 
par des EglUes fthismatiques <^ beréttquei 
dequpi cpntiriher 'la' poiTeilion ou elles 
ont été de fôrmçr CQi]n]me les. autres leurs 
rités^& leur difcipUnes/ Vouliez vou$ donc 
qjuéj'aportaflè en exemple la pratiqueàes 
Êglifes Catholiques, (iqur^me repirocher 

enfui- 

m Mem. page 41 << 
» ttiJ. -' ' 



F r i» H ç o I S5 Jti 83 

tehraîte quHl ny avoà ntltbrcoYireqbeiice 
des vtn€f^f(xx ancres, Si tfue diffimblanc 
ceqâ*ôn< ifi*0ppoft>it je m*arrécôfs à prou-, 
ver ctf qn^Qfi ne me eontefteic pa« > It fauc 
de labcinne foi par toiic & encore plus 
dâhs la difj^ute qu'ailleurs. J*aivii lesdifii* 
culrés &< j'ai taehé de les refoudre* Si 
g^a éré fàiisr fiiceès? ^ vooi étiez libres de 
Rï prouveras je ti^auroispdmr trouvé mau* 
vafis quevoirs l'c«ffîe!fc fait avec force, en 
demeviratit dans) le» bornes de la modéra- 
rion à> de l'hotiti^eié , nîais convénoic-ît 
de ddniier à' tout tifi côUf odieux , & dé 
hnndre taar d^ hauteur à tant de foi- 
blefle? 

Vws n»étes pas toujdtir) fen colère, 
lM»'P«f«s, miiis fbbfUrurant quelquefois 
lâ^railtorfe aux itrjiires vous rne ptètet 
kl<ebaritâMe imention' dt vbiïloir redttffet 

glije : le projet eft noble , mais il e(l aude& 
fu^ de mes forces , & par confequent de 
Mes' vues; Aiof redréfftf la Théologie! 
paflè , mes Pères , s'il ne s'agiflbit que de la 
votre ^ car eflFeâivementelleauroitbefoiti 
dt quelque' reforme , mais pbur celle de 
l'tEgllfé je'la tetptete: je'borfie imcsvûes 
àWen înffiruire^ &xe n'a pai été tout 
a'ftit'fanS'fuccès*. 

Four* le deffein' d'eafiiifiétRme ^ &'Jht 
t^ifertir l^Egiife /}y renonce î l'Eglife n'a 
point befoin de converfîon , n'ayant ritn 
décidé fur cette queftioh; & Rôml^n^man- 
que pas de moyens dés'infll'tfirey' jSileu'a 

F ^^ qu'à 



84 Bf»^Lit»Tiis<tn£ 

qn*l s'en rapporter à vous , Mes PP. & 
vous lai apprendrez des cbofescurîeui'es { 
i4 ne tiendra pas même à vous :^a*elle ne 
reforme fes déctfions fans préjudice de 
fon infaillibilité: & s'il ne lui faut que 
des certificats de l'Empereur de la Chi- 
ne, vous fçaurez bien lui en fournir , Bon 
il s'agitbienicideiaChine,me direz vous 
NonafTurement; mais aufli dequoi vous 
avifez vous d'en parler les premiers ? é- 
tes vous fages de rému<;r cette corde à 
propos de rien ? cela vient auflî juile à 
peoprès aux Ordinations d'Angleterre , * 
que ces grâces f fruflrées de leur ef* 
fet. 

. i Voilà à peuprès meç Pères , à quoi a- 
boutiflent tous vos reproches. Etant aufli 
mal fondés qu'ils le font, il ne vouscon- 
venoit pas de le prendre r^ir un fi hauc 
ton , & de tirer vanité dé votre fati* 
re. 

Nafcitur à Satyrs fi gloris, ghrU prùhri 

B£Cifi 

* Cependant après de fi vains efforts ^ 
comme fi vous n*aviez pas même Iai0é de 
lieu à la réplique «vousvousérigezunri*- 
dicule triomphe , & par on trait qu'on peut 
nommer fanfaronade , vous n'ignorez pas , 

* dites 

* Mim. pag, 42.1. 
i Mem, pag. 38^. 
^ Seâ./êt. 1. 



F R A N Ç O I s C.^ % 

dites VOUS , qu'on pourroit* rendre ivi^ep- 
te la fàuffité des faits que j'ai avancé: 
mais vous voulez bien laiiTer ce foin à 
d'autres , & vous vous refervez pour ce 
temsà relever lerêfte de mes égaremens. 
Hé mes PP. pourquoi en fi^ire à deux fois? 
quelques mois de gagnés lur l'erreur en dé- 
trompant dès à prelent le.public,n'écoit-ce 
pas un objet aflez digne de votre zelc l oui 
fans doute. Mais votre prudence apparem- 
ment trouve mieux fon compte à atten- 
dre quelqu'un qui vous dirige: en cela Je 
fuis dç vôtre avis. Mais fur ce pied vous 
deviçz auffi renvoyer à ce tems- là votre 
cenfùre,& à la fuite de quelque Ecrivain 
plus modéré &' ptus habile, vous aufiéz. 
pu vous approprier festecherches,ott pren- 
dre des legons de mddératjion & d'équi- 
té, dont vous auriez encore plus'befoia 
que de lumières. 

Je n'ai pas renohcë au refte , mes RIV 
PP. à tirer de votre .écrit tout le 'fruit 
cjue je trouverois à y faire. Le feul que 
j'y rencontre 5 c'eft que j'apprendrai à. me 
livrer au public avec moins de facilité, 
à ne point irriter la prévention , ou le 
faux zélé fans des engagements neceflai- 
rès i a mortifier mon atnour propre , qui 
aurox^ pu trouver dequoi fe nourrir dans- 
les àpplaudifTements flatteurs desperfon- 
nes d'un haut rang , & d'un grand méri- 
te ,à proportioner mes exprcflions plû- 

F 3 tôt 

* Mem, pûg, 419. 



86 Bibliothèque 

tôt à la delicatefTe des leâeurs , qa'à la 
force avec laquelle la verîcévoudroîcêrre 
c;cpofée, & à refpeder jufqu^aux enne? 
mis même , qae peut me fufctter certain 
air de franchife & de liberté que nos tem$ 
ne peuvent plus porter, &quiparlàn'en 
devient que plus necefiàire, ^ 

Ce n'eft pourtant pas que je veuiHemé 
permettre aucune diAimutation en matière 
de religion. La règle que tout homme fage 
doit fe propofer en ce genre eft de ne 
rien ayancçr p^r imprudence « & de ne 
rien diflimuler par lâcheté. Notre feul 
intérêt dans la vie eft de nous inftrnire 
de la vérité. Sji je cherchois autre cho- 
fe , que m'importeroit après tout que 
l'Angleterre eut perdut*Ëpilcopat,ou l'eut 
conlervé ? maïs fi elle'l'a retenu , croit-on 
m'obligdr ^ le méconnoitre ? en m'inful- 
tant fans ménagement» & en travaillant 
à foulever contre moi toute la terre ? non 
mes JPeres^quand on eft comme moi ran$ 
crainte & lansdçfirs , on ferit de vos hau- 
teurs , & oiî porte compaiTion à votre foi» 
blefTe ; & tandis que vous vous faites ^e- 
fpeâer par quelques flatteurs qui ont in- 
térêt à vous applaudir y vo VIS trouverez 
toujours des gens^ de bien , qui fans être 
xvos ennemis apelleront dan$ vos écrits , 
comme dans ceux des autres , un fophis- 
me, iophisme, &unmenfonge9 menfon- 
ge. 

Continuez après cela tant qu'il vous 

pUira 



F k A H ç O 1 s É. 87 

plaira de crier Tans raifon , d'écrire fans 
moderattoti, de juger fans équité, de me 
foupconer fansjumce. de m'infulterfans 
bienfeance; je vous promets lolemneI|e; 
ment de ne vous plus repondre û voui 
n'avez que des injures à me dire , & de 
vous laifTer jouir tranquiilement de voi 
triomphes- Vos cenfures , comme vos lou- 
anges , font devenues li fort fans confe- 
quence, qu'elles m'épargnent, lanecelli- 
te deme lul^ifier contre vos «ccufatîons.. 
Si cependant vousproduiliçzqqelqaecho- 
je qQintéritît attention, j'aurois loin > en 
s. modérés avec 
Ds me deshooo* 
évQpsrendrejar 
-ité-iufqoes dua 
le faut pas que 
il tifi lâgdra que 
r mi.m'infulte. 
m^D ^iaplMme* 
:e où je ne trouve 
point à profiter & m'iiiflriiiret aq à, pro- 
curer au public qdelque éclairciflement , 
il ne me convient poiqi dç me donner en 
fpeâdçle au public. â^,de perdre en con- 
tellatit)ns (càndaleules des moments fipré- 
cîeux à. qui fai^ fonvnç moi combien 
Atis lutAierès foiit courtes , fie combien 
l'étude de la reUsion. &; 4& .la vérité dé- 
mande o'a'fliduîté ii de loins. 

Je finis, mes Peres,fansexcufe. Ladef- 

fenceeft de droit naturel, &voasnefau- 

riez trouver mauvais que je me iuRifie. 

F 4 Vow 



£8 BlBLipTB[EQU« 

Vous devez même me favoir gré de ma 
liberté, par U je vous épargne les inquié- 
tudes d'avoir à vous dépendre contre les 
fouterrains. Voui trouverez mieux vo- 
tre compte à m.e connoitre qu'à combat- 
tre des phantomes qui pourroient vaas 
échaper- Il ne tiendra pourtant qu'à vous 
de terminer de bonne graçe cettç dirpute^ 
Faifons nous uqe compenfation mutuelle 
de nos dettes. Pa(fez-moi mes vivacitez, 
je vons paflerai vos inîuftices. A tout pren- 
dre il ny a rien à perdre pour vous » & fi 
te public me favoît mauvais gré de ce 
traité , je prenslur moi le foin de le lui juflî- 
fier. C'eft aux parties interefTées qu'on 
doit s'en rapporter pour la repara tioji des 
dommages ; & j*ai mes raifoDs. pour vous 
fiiirc cette remîfe. * Vous devez même 
m'en «voir quelaue obligation , mais du 
moins ^à cette dirpcfition vous connoîtrez 
fans peine ^ cômbu n je fuis pacifique âç 
combien 'je fuis finçe.*ement« 

Mes Révérends Pères, . 
•• « 

Votre très humble Si très 
pbéiilànt fervïteiir 

LE C O U R A Y E R. 
j|Ste. Geneviève ce ij, Mai 1714, 



ART^ 



F 1^ A N Ç Ç I « E, gf 

ARTICLE IX. 

J^ponfe fuccmu aux ^ûurnaUfiis de 7r#* 

VOftX 

çQ9ifen9i€ en une Lettre du P. Cçstrêjer à 

un 4e f^ 0iinis. 

LEs difficultés que les Joarnaliftes de 
* Trévoux ont propofées contre ma 
Diflertatton dansPex^rait , ou plutôt 
dans la cenfure qu'ils en ont faite font fi 
foibles & fi mal expofées , qu'il n*y a pas 
lieu d*apprchender qu^ellefa& grandeit»:- 
preffîon lur ceux qui auront ! lu mou oa«- 
yrage- Comme d'ailleurs cet écrit doit 
être fuivj de quelques autres fur cette ma* 
tiere , il ne me convient point d'y reven» 
à (^lufieurs fois , & il faut épargner au 
public le dégoût des redites : cependant 
afin que les (aufletés qu?ony debiteaveQ 
la même confiance, que ies.cliores les plus 
incontefiables ne previenuenf point mal à. 
propos ceu;c qui. ne font pas à portée de 
s'indri^ire des faits, par eux-mêmes^ je 
profiterai , Mr« de la libertéque vous m'a^ 
vez offerte de faire inférer dans votre 
Journal quelques courtes reflexions qui 
puiiTent arrêter l'impretlion que ces fait! 
pourroient faire. Elles fuffiront pour mec- 
^i^e le public au fait , & lui donner une 

F s juftc 

* ■ * 

. ♦ A/c». de Tnwoux Mare f.. 389. 



p^ BIBLIOTHEQUE 

jafteidée da Joucnalifte & de (bn ouvra-* 

gc. 

Le Cenfcur ne porte pas Tes vues jnt 

3a»à prouver l'invalidité des Ordinations 
•Angleterre , il fe borne à nous convain* 
cre de leur încertitudeî&cela par qnatre^ra* 
Tons * qu'il nous, do^htle pour autant de 
démonftrations. Toutleireftie de fon écrie 
eft étranger à ce deflein, & tout ce qu'il em- 
ployé de Rhétoriqtre & d*éloquence a 
g us pour objet de décri<?r l*àùteur de 
Dmèriation que ât k'eftiter fon ouvra- 
£u II &*eft égayé à ines dépend , & on 
it dequoi ëft omable eh ce genre lëdef* 
ibiféur do P. lejfay. Heureuienientponr 
moi > on ne' le trouve fftis plus heureux à 
attaquer qu'à deffendre , & fon extrait ne 
contribuera pas à relever la repuution 
des Mémoires de Trévoux. 

f f^tirjt^fietNnittUidité 4è POrJSmaticm 
éfs AffgUhJilfufit y dit r Auteur de l'extrait, 
fm*0iMveâl9mter 9U dufaitdetordinaticn , •• 
Jm têrêûifi da cwfecratHir , bu de tintentiom^ 
jfih dt €fim fmi eorfére , os de i*ûppifcâtiam 
éeis.veritMe matière & de U vraje forme. 
OrdMttéfffaire dêtOrdiuëtiondePmrkerom 
daiidMier de tomes cet chefei. Dpnciareor^ 
dèoétiom efi weee faire , & l'incertitude qui fe 
prefente detouscotezîuftifiecette neceffî* 
ce. Laconleaoenceferoit évidente, fi cet- 
te incenitude fe tronvoit en efFet bien é* 
tablie, maïs elle ne peut l'dcre moins > & 

quel* 

• Mem. p. 418. 

t Af«». p^ 41 y. 



F n A N ç o 1 s ï. 9t 

quelques reflexions vont en convain- 
cre. 

Je codMnence par le fait de l'ordina- 
tion. Le Joornalme tire la pretivede fon 
incertitude d'une fuppofrtion & de quel- 
ques faits , ée tout m, également faux. 
La ^ fuppofîtion eft , que Tes Anglors ont 
eu tf» prejfant intérêt de forger raâe de 
l'ordination de Parker. *Les faits font 
qae ^et aBe eft démenti par ffiiftoire du 
tems , que nul \ a^e de Rimer ne tautorife » 
& qu'il eft contredit dès fon origine par un 
autre fait tout oppofé que les em^fâuret 
rendent très vraift^hluiîe. 

Je dis d'abord que la /(uppoBtion eft 
faufle. Car cette fûppolitîdn roule fùif 
deux autres , dont l*unç eft faufle au juge- 
ment du Cenfeur ^ & l'autre èft propre- 
ment ce qui eft enqueftion. C'elt à dire 
que pour fuppofer dans les Anglois un preÇ- 
lant intérêt de forger l'aôe de leut créa- 
tion 9 il faudroît fuppofer en mênle tems 
quecetade fuffitç^our lever tout doute fur 
la validité des ordmatiohs Angloires,& que 
cette ordination n'a point été faite comme 
l'afte la rapporte: car (i d*une part l'or- 
dination a été faite , on n'a point eu be- 
foin de rien fuppofer, & fi deTautrePac- 
te qu'on a fuppofé ne levé point l'incer- 
titude, ils n'avoient nul intérêt def le for- 
ger. Or félon le Cenfeûr cet aâe ne levé 
poipt entièrement l'incertitude qu'il veut 

re- 

* Mem. p. 393. 

\ Mem. p. 934. 39^. 397. 399. 401. 



Ç% BlltlOTHEQVE 

répandre fur ces ordinations , & il n*a point 
prouvé qne Tordination n'a point été fai- 
te comme i'aâe l'a rapporté. La (uppofi- 
tion eft donc faaiTe en tout iens. 

En eftet, comme on l'a remarqué dans 
la Diflertation , s'ils avoient intérêt de for-» 
ger un aâe ^ ne l'auroit- on pas forgé de 
manière à ne laiiTer aucun doute ni fur la 
perfbnnedesConfecrateurs, ni fur la for- 
me & la matière de ia confecration ? Uès 
qu'on fait tant que d'hazarder un menfon- 
ges il ne faut point le faire à demi: il 
n'en coutoit pas plus pour fuppofer un 
aâe qui ne laKTât point de lieu aux chi- 
canes, que d'en forger un comme celui- 
ci qui ne remédie à rien au jugement du 
Cenfeur. La fuppofition eft donc infouce- 
nable en tout fç.ns , mais les faits lont en- 
core plus faûx^ 

Le |. fait eft /que cet aile eft tïéauntipaf 
tWfipire ,mais le Roman de l'Auberge eft 
ce Que l'Autejur appelle /if/?a/r^. Il n'y a 

3u*a convenir 4e$ termes; ^e coufens qu'il 
onne à ceconte lenomd'Hiftoire^ mais 
un démenti donné par une celle Hiftoire 
lî'eft pas un (igne de réprobation. 

Le a. eft que nul aâ< de Rïmem^nutorlft, 
celui Je la Con(êcration de Parker. LeCen- 
feur cependant à pu voir dans la Diil. T. 
1. p*2i. que tous les aâes de ce Recueil 
qui ont raporcà la confecracion des Evê- 
c)ues faits au commencetpent du règne d'£' 
Ijzabeth -ont une relation eflentielle avec 
celui de Parker & l'autorifent> en forte 

qu'il 



IP X A N Ç O 1 s El ' 9J 

(jo'il faut ^regarder comme fuppofez tous 
ces ades, fi celui de Parker l'a été. Or 
une telle luppolicion eft ridicule &infou^ 
tenable. 

Le 3. fait eft que notre a£tea été con- 
tredit dès fon origine par un autre fait 
tout oppofé; & que les Catholiques ont 
reproché en face aux premiers Evêques 
leur ordination , & leur ont objeâél'Hi* 
ftoire de l'Auberge. Mais ce fait eft entiè- 
rement faux. La fable de l'Auberge doit 
la naiilànce à dés tems pofterieurs. Ni San* 
derus , ni Stapleton , ni Harding lui même 
ne l*ont pointreproché aux premiers Eve*- 
ques. On ne l'avoitpoînt encore faîtéclo- 
ve dans ces premiers tems. Le feulfilen- 
ce de 5anderus eft une réfutation des moins 
équivoques de cette fable, pour quicon- 
noit le caraâere de cet Auteur. Jecon-» 
viens qu'on a reproché en face aux pre^ 
miers Evêques la nullité de leur ordina* 
tien i mais fans fonger à la fabk , 6c 
fiaiplement par des principes tirés 
des opinions (cholafiiques au delà def- 
quels on ne perçoitpas encore. On peut 
confulter fur cela la Oiflertation T. i.p. 
3f. & 1. p. 61. Cette première incerti- 
tude eft donc chimérique; & n'ayant pour 
appui que le faux, l'aâedc confecratioa 
de Parker lubfifle dans toute fa force, & 
conferve fon autenticité. 

^ La 2. incertitude fe tire da côté duCon- 

le- 

♦ Aîtm. p. 4^6. 



1^ BiÉxioT mm qv m 
ftcnteor, dont la Conféùomam dte-mÀ^ 
me paroît dotiteiite âa Ceirfeur. Mair û 
la fiible qâfii a pré&enda rétablir , potir 
donner qoelqae fondement à fon premier 
doute; écetôr-fable» dis^je, avoicBeo , 
crette frconde incçrônule' foroit amenée 
ici à pnrepemi car £c(|oi» cette relatiôn 
itMnanefqne , cenfcfr pota ei l a f tow i , mais 
Scory qei a ordoistié ton» les^ premiers 
Evêqaes. Apparemmeiit que le Genfear 
Ini-mêtne* ne- fait pas grand fond' for fofi 
Roman: ainlt i\ revienc à là CoofecraciDn 
de Barlow » dont il croit avoir liei» de 
douter pour cinq raifbes; La première 
eft que Barlow ne reconnoit point de Sa- 
crement dOrdre.' La féconde eft qu'ocl 
n*a point l'aâe de fon Sact'e. La troifi^^ 
me qu*il a ér^ traité en^ fivêqoedooteux^ 
La quatrième qu'on Ua adreffé^à Farket 

four être faoré. Et 'làcinquiane, que Par- 
er rapporte ^fFéâivement qu^i l'a ét^ 
Toutes ces niions de douter , à la refera 
ve de la dernière» ont é0é dilcutées' dans 
la Diflercaôoi^: mim le GeBfenr a eu les 
raifi}ns pour dîflimuler las réponfèsv 

I. Que Barlowait reconnu I^Ofdre pour 
un Sacrement , ounon , cekl ne touche 
ea rien au fait. Cfammer écoit dans- le 
même fentîment , aufli bien que la plus- 
part des- premiers Evêqoes 'de la réforme; 
Cela ne les a jamais empêche ni de refai- 
re facrer, md'^nn^ùrerd'âutreSi Cèft 
f»ar des aâes qu'il faut ou établir le fait, où 
e réfuter. On a difputé long-cems parmi 

les 



E 



£ 1^ A M SO Ir s E. '9gi 

les T^eplqgi^s , fî le&ocdcei minenri oq^ 
le Soihdiaconat éroîent Siacremens oa noo* 
Cela a, Cril empêché ceux cm vottloieni 
avaDcer dans les. degrez ÊcclefiâfUques 
de. recevoir ces ordres? Daos la condoke 
Qn nefe dâermine point. par des idées me* 
taphifiques, mais par la pratique , &c'eft 
(lar là qu'il |aut juger des faits. Nousre^r 
vjieiidrons. encore à ce point dans l'arti* 
c)e de rintention. 

2« On n^a pu recouvrer Iraâed'ordioa? 
tion de Barlow, j^en fuis convenu, mata 
je foutiens qu'il y a des ades équivalens. 
Je les al rapporté, & il me fumtdereo- 
voyer fur cela tout leâeut équitable à la 
ditfertation T. i* p. 44. La chofem'ypa«» 
roitportéejufqu'à Tévidence* Le Cenfeuc 
fondent qu^ Barlow à exercé ^£pifco*t 
p^t fans droit , mais mes preuves montrent 
qqe Pexçrcîce à fuppofé ledcoir, ip cela 
eft il certain 1 qiie dans letems des. plus 
grands reproches ù^its aux nouveaux Evê^ 

Îjues Jamais il n'a, été queftionde la con* 
ecr^tion de Barl9w« 

3. Barlow n*a jamais été traité euEvêi- 
que douteux/ Si l^Svêque de Landaf^quoi^ 
que plus îepned^ confecration , lui a été 
préféré dans 1^ coromiflion pour leurer 
Parker , c'eft^que Barlow n'étoitpoint,en« 
core rétabli , qu'il . n'étbic point em 
core inftalé.dans fon nouveau fiege , Se 
qu'étant (àp$ aucun titre jegulier, il ne 
convehoiypoint de le mettre à la tête de 
la commiÔ¥)n , tant qu'il y en avoitd'au'» 

tres< 



ttes. Mais dès qae l'Evêque de Latidâf 
refufe cette comfniffîon , Barlow reprend 
fon rang naturel , parce que cea^ qui ref* 
toient n'avoient pas plus de titre que lui. 
£n effet fi iedoute lui avoit fait préférer 
l'Evêque de Landàf datls la cdmmiflîon^ 
au défaut de l'Evêque deLafndaf, onau- 
roit fubftitué Hodgskios facré canftam- 
Aient dès le temps de Henri VIII. & oa 
n*auroitpointpenféà lui dans la première 
eommidion où on avoir tantd'Evêques cer- 
tains à choifir. Or ii a été nommé dès la pte« 
oiiere commifliony&au défaut de l'Evêque 
deLandaf^on ne lui a polntfubftituéHodgs- 
kins. On ne doutoit donc point de fa con- 
sécration. Il eft évident de plus qu'on ne 
peut s'arrêter à un fimple doute fur le 
chapitre de Barlow. Car fi Tade dolit nous 
allons parler a |lieu^ on favoit certaine- 
ment qu'il n*étoit pas Evêques & fi on le (à- 
voit certainement, on nepeutplus établit 
fur un fimple doute la preferencedonnéei 
l'Evêque deLandaf» Il faut donc ou qu'on 
l'ait crû Evêque, ce qui anéantit le dou- 
te, ou que le croyant fimple Prêtre on 
l'ait préféré à d'autres Ëvêques qui Pont 
affifte dans cette cérémonie , ce qui eft 
infoutenable eti tous feiss. 
- 4. Barlow n'a point été renvoyé à Pai*- 
ker pour être facré. L*ade (ur lequel on 
fe fonde pour le prouver eft mal ti^anlcrit. 
Il eft ridicule de voul(»r prouver par des 
raifonnemens metajphyfiques , que cet aâe 
eft exaâ. Les faits fe décident pnr Tin^ 

fpee- 



' F K. A H ç o I s Er : 97 

ipeâion des pièces, & pour m'afrurerde 
lear fidélité j*ai fait examiner la chore fac 
les lieux niêines. Vouloir prouver que 
^imer n'a pu fe tromper en copiant , c'eft 
^nner une nouvelle infallibilité aux co-* 
pifteS|donc perfoiuie ne s*eft encore avi- 
fé. Prétendre décrier tous les Diplômes 
parce que quelques uns font peu correds ^ 
c'efl: d'un autre coté affoiblir fans raifoa 
l'aucoritédes Rcgiftres. En tout ceci il y a 
un milieu, il faut n'être crédule ni temerai-* 
re : dans les chofes importantes le recours 
aux originaux fait. la certitudede l'hiftoire. 
^ f. Cnfin Barlow na point été (acre par 
Pi^rker, cela a été prouvé dans la diiïer- 
tation , & l'autorité de Baker eft fi dé^ 
ccie^i^tf Angleterre ^ que fi l'auteur de l'ex- 
trait j'a voit connu, il auroit eu honte de 
lec|teren témoignage, mais on doit par- 
(dofïnêrces fortes de fautes à de$ gens é^ 
trsngers , comnae nous , dans l'Hiftoire 
«d'Angleterre. Unechofe auroit pu remeCt- 
jcre le .Çenfeur iur les voies ^ s'il avoir lu 
^endroit de Balcer qu'on lui a ifidiqué,it 
y aurçit trouvé ptufieurs fautes qui lui 
^nijbienc apris le fond qu'il y avoit à faire 
fur . ioet^autçur. Mais il a psut être été 
bien^aife de l'ignorer, & c'efl toujours au- 
tant pour une iofiinité de gens quin'y re- 
gardent pas défi près , & qui font dilpo- 
Tçz à refpeâer tout ce qui le dit de favo- 
rable pour le parti qu'ils défendent. Que 
•devient donc cette incertitudes les fonde- 
mens en font trop ruineux pour faire he- 
; T'orne IV. G ' fiter 



\ 



9i B I BIr 1 O T H C Q E 

fiter an moment far te parti qa^l y a è pren- 
dre. Poor moi pins je fais réflexion lor 
la reaniondes circonftances qai prouvent 
la confecration de Barlow^plasil me paroit 
évident qu'on n*en doate qne parce qo'oa 
en veut dooter , & fi noos retroavioDs aa- 
îoard'hai Taâe qoi en féroit la preuve 
complecce , îe furs perfuadé qu'on cher- 
cherott à le décrediter^commeonataché 
de faire Celui deParker, quelque autfaen- 
tiqtie & qoelqoe Ibiemnel qa*ilpuifle être. 
Un troifieme4oirte qu'on vent aire naître 
furrordinatiende Parker vient du dé&nt 
* d'intuition qu'on Aippofe dans la con- 
fecration de fiarlow par Cranmer. Le fe* 
cond douté tiendoit à nier cette confecrs- 
tiotvde Bar4ow,c5ekH-€i1afupofe véritable» 
tntàs nulle , & à peu-près avec autant de 
fondeffient. Lemaltiear pom^tecenieàr eft 
que TE^tfe 'fie fe conduit jamais par ce$ 
wl<tes dé préemptions , que l'intention 
qu^éHe exige > ne renferme point neceffinre- 
tnént taorëaBoede1*d!et d'unfacrement^iSt 
qu'il folHt,pdar qu'il foit valide, qu'on ac- 
ednipUffe avec fkMké & avec un rit relt- 
^nx ce que l'iEgilife prefcritpour la col- 
lation de ce Sbcrement, Si aectc ihteti* 
itoh telle quejeladé^ne^cinefiiifitpas» 
il n'en fiiut pointfaire à^ée^z^ fois :iil n'y 
aura jamais eu danè 'l^eréfie 09 lè 
Schifme aucune collation valtdede*Sscre- 
ment. h^s Pelagiens liHiuifonft point^bap- 
tifé f les Meletiens & les JAcrrièns lî^aoront 
point ordonné &c. Je dis plus : psrtfiiles 
♦ Mm. p. 413.' Ca- 



Catholiques les Sacremens^ deviennent in« 
certains. Combien de Théologiens parmi 
nous n'ont point regardé l'Epifcopat com- 
me un Sacrement ? un Evêque prévenu 
decette opinion, qui en auraconfacréun 
autre n'aura donc point ordonné , car il 
n'aura cru exécuter qb'uue fimple céré- 
monie Ecclefiaftique ? Si de pareils prin- 
cipes font admis y ils font capables dejet*" 
ter la confufion dans tout L'ordre Eccle- 
lîafHque, & la perplexité dans l'amedes 
fidelles^qui ne (cachant plus i quoi s'en 
tenir héfiterqnt fur toutce qui fe fera dans 
l'Egiife. La diftinâion de ce qui fe fait 
dans l'EgKfe & hors del'Eglifene fertici 
de rien. Autrement tous les Sacremens 
conférés dans le Schifme & l'Hérefie fe- 
roient nulsi ce que te Cenieur n'olbroit 
foutenir. > 

Outre cela la caufe de Barlow n'eft 
point ici différente de tous ceux qui ont 
cté.lacrés par Cranmcr pendant le rè- 
gne de -Henri V#II. Le Confecràteur & 
preique tous les cotifacrés étoiênt dans 
les mêmes îdeés. On ri*a jamais contel^ 
té pourtant la validité <le leur confecra- 
tion, '& il y en a eu de maintenus fous 
Marie fans reordination. Ce prétendu 
défaut d'intention ne peut donc fonder 
aucun degré d'incertitude. De plus quoi 
qu'il n'y ait pasbien lieu de douter de la 
conlecratipn de Barlow , îl n'eft pas cer- 
tain qu'il ait été conlàcré par Cranmer. 
CçDjjme il fut nonimé Evêque penda^it Ton 

G X am» 



100 BiBLIOTHBQtre 

«mbaflâde en£coflë, il y a tout liea île 
ibupçonncr qu'il aura été conlàcré dans 
la Province lar la permiffîon de Ton Mé- 
tropolitain. Si nons n'avions pas perda 
les Regiftres de l'Eglife de Cantorbenr 
où l'on inferoic les commiffions expédiées 
pour permettre aux nouveaux Evêques 
de fe faire confacrer dans les Provinces , 
nous trouverions fur cela des lumières » 
dont la perte des R^îtres de ce tems-là 
nous a privez : mais n'écoutons fur cela 
ni nos préjugés ni nos defirs , pour lever 
toute l'incertitude qu'on tire du défaut 
prefumé d'intention / )e me borne à ce rai- 
lonnement qui me paroit demonftratif. 
JEn fuppofant que Cranmer ait étéleCon- 
fecratenr de Barlow , il n'a pas eu d'autre 
intention en te cpniacrant qu'en confacrant 
tous les autres. Or on ne doute point que 
tous les autres Evéquesconf acres parCran*- 
mer n'ayent été validement ordonnés ^ 
donc le défaut prétendu d'intention ne 
prouve rien contre la. confecration de Bar^ 
iow. Si Cranmer a commis quelqu'autre 
pour le confacrer^le raifonnemeut eft en^ 
core plus fort , & de quelque manière 
iju'on tourne cette affaire^ il faudra tou- 
jours en revenir à fçavoîr fi l'on a obier- 
vé fidellement & con^me un aâe de Reli- 
gion le rit Ecclefiaftique prefcritalors dans 
l'Eglife Anglicane pour cette cérémonie, 
& cette afTurance doit fixer fur cela notre 
décifion , & toute la fureté du gouver- 
nement Ecciefiaftique. 



Françoise* sot 

' * Le dernier doute par lequel o» pré- 
tend jetcer l'incertitude fur Tordination de 
Parker fe tire de rinfuffifance^ de la ma- 
tière & de la forme. Sur cela je m'en ra« 
porte au jugement du Clergé deFrance& 
de tout ce que nous avons de Théologiens 
fenfés & inftruits. L'amplification du Cen*- 
feur pour relever le décret d'Eugène VL 
a fait rire tout le monde & n'a convaincu 
perfonne. On fait que ce décret fi impor- 
tant au Cenfeur pour jetter l'incertitude 
fur une chofe trop claire àfongré» n'eft 
.point proprement une décifion» mais une 
expofition desafages del'Eglite Romaine 
auxquels on vouloit ramener tous les O- 
rientaux pour rendre la difcipline uni- 
forme i qu'il ne fut fait que trois mois au- 
près le départ des Grecs , & par confe* 
quent après la diflblution du Concile de 
Florence^ que le grand Patriarche'd'Arme* 
nie, ne s'y foumit points que les Arméniens 
nonobftant ce décret ont toujours con- 
fervé leurs i^its fans y rien changer 5 que 
les autres Orientaux n'ont pas tenu plus 
de conte de ceux que leuradreiTa le même 
Pape pour les ramener à nos pratiques ; 
qu'en Occident nos Théologiens n'y ont 
aucun égard pour la fixation des matières 
& des formes des Sacremens, & qu*il n'y 
en a point qui ne l'abandonnent fur plu- 
6eur$ articles. Les Jetuites en cela ne fe 
font pas diftingués des autres , & fi le Cen- 
feur avoit bien voulu s'en rapporter à fe$ 

G 3 pro- 

• Ahm. p. 41 f. 



Mù% Bibliothèque 

propres confrères , ils lui âfuroient appris 
que ce décret ne leur 1er voit qu*à recôn- 
noitre la pratique de TEglile Romaine 
dansl'ufage des Sacremens, & non à fixer 
ce qu'il y a d'eflentiel ou ce qui ne Teil pas* 

Cette prétendue incertitude eft donc 
une nouvelle chimère qui ne rend rienSin- 
certain, & malgré le mépris que leCenfeur 
afFeâe de répandre fur les monumens de 
VAntiquité qui démontrent la fujfErance 
de l'impofitidn des mains & de la prière, 
il reliera pour confiant auprès de tous 
ceux qui fa vent à quoi il faut apprécier 
leijugementde quelques Scholaftiques, que 
la (tradition des inftrumens eft une fimple 
cérémonie qui ne contribue pour rien à 
la validité ou à rlnvalidité oes Ordina- 
tions. 

Voila à quoi fe terminent les quatre ar- 
ticles du Cenfeur. Si ce qu'il me referve 
ii'eft pas d'une autre force, je ferai quitte 
de la neceffité d*y répondre, & je peux bien 
m'en repofibr fur mon premier ouvrage & 
for le j ugement du public Je n'appréhende 
pasque les injures qu'on me prodigue,^ les 
conlëquences qu'o^n mMnpute intereflenc 
ou ma réputation ou la vérité que je def. 
fens. C'eft un avantage pour elle , aulfî- 
bien que pour moi, de n'avoir à foutenir 

2ue de pareil les attaques. Je regarde les 
ordinations Angloiies comme hors d'at- 
teinte-, fi on ne nous annonce qtielqùe 
chofe de plus^ folide. L'événement nous 
en fera juger. Mais on n'a pas commen- 
cé 



F R A y Ç :0 I:S It 103 

eé à m'attaqner fous d'heureiix aufpices. 
Jugez en vous même , Mr. ou du moins 
offrez en la décifion au public. C'eft un 
juge que je ne recuferai jamais» & piu$ 
les funrages font libres, plus je me flate 
de fon approbation. 
Je fuis avçc beaocoupd'eftime&dere* 

i;pea. 

ARTICLE X. 

JMmtirs des Sauvages Amerkâim comparées 
dux mœurs des premiers tems , par le Pe^ 
te Lafîtau de la CempagnU de jefus: a» 
vec dis figures en taille Àeutt. 40 2,. 
vol. AParisMDGCXXIV. To. 
me I. pag, 610. ftos PEpitre 8cc. 
Tome a^.pag. 4^. uns les tables &c. 

^ £ Père Lafitau nous donne ici un Ou* 
■ vrage d'autant plus curieux , qu*a- 
.X^vant lui il n'avoSt rien paru que de 
fort imparfait fur la laatiere qu'il y traite. 
Mais lorsqu'il penfoit à mettre cet Ouvra- 
ge au jour, il avoir pour concurrent un 
Anonyme, qui a publié en même-tems & 
fut le même fujet une Oiflertation, plus 
abrégée ^ la vérité , mais fur le même plan 
& prefque dans le même ordre que l'Ou- 
vrage de ce Père. C'eft la D'tfjertationfur 
les Peuples de t* Amérique , & fur la confor* 
mité de leurs Coutumes avec celles des autres 
Peuples Anciens & Modernes. Cette Differ- 

G 4 tation 



]#4 BlUtlOTHCQUE 

tatîon eft à la tête do premier Vota me 

des Ceremomes Religitmjes àes Pemples IJor 
litrrs , deffinéet & grmvèes par B. Piemr.t , 
publié ao commencement de cette année 
1724. En donnant t'extrait de l*Qavra- 
ge du V. Lafitan , nous obrerverons en 
quoi ces deux Autears différent , & c« 
qu'ils ont de commun^ foit dans leurs re- 
marques » on dan$ leurs idées , &c. 

Le P. Lafitau & l'Anonymç commen- 
cent tous deux par Pbrigine des Ameri- 
cains : mais les opinions qu'ils ont de cet- 
te origine différent beaucoup. Le Père 
croit que les Anciens ont eu quelque con« 
noiflânce de l'Amérique, & il en allègue 
des aatoritez qui paroiflènt d'abord aifez 
convaincantes. Il femble , par exemple, 
que lés Ifles Sardes , découvertes , Cli- 
vant le r^cit àfi, Pémfamas , par iin cer- 
tain Euphenius C^rién , que la tempête 
pouffa vers ces Iles fitnées à l'extremiçé 
de rOcean , aient du raport aux Iles Câ- 
ribes. Euphemus trouva dans les Satyri- 
éies des hommes à queue , & dont la chair 
étoit rougeâtre. Or les Caribes & les 
autres Sauvages Américains font généra- 
lement couverts de peaux de bâtes fauva- 
ges, doflt Ils laiffent pendre les pâtes de 
derrière ^ 1^ quci^e fur leur dos. Les 
Caribes & les peuples du Continent fe ra- 
fc»^ifj, c'eft- à-dire, fe peignent en rouge; 
les premiers ont la chair rougeâtre . ce 
QUI eft en partie l'effet du Climat. Quoi- 
qu 11 en foit, U fav convenir que la con- 

noiP- 



F R A H Ç O I s B. lOf 

«oiflànctque les Anciens ont eue del*A« 
tnerique écoit fore, imparfaite ; & l'Ano^ 
ii>ine a ration de dire qu'elle n'a été que 
l'effet tout par du hazard. Celui ci tâche 
de prouver que l'Amérique 6*èft peuplée 
par terre ; non qu'il ne foit pdîibie , dit** 
il , que des matelots Phéniciens , Cartha- 
ginois, &c. y aient été jettez par l'orage» 
& b'yfoienteBfuiteétablis'parune neceffî- 
té abfolue.- mais il ne fait pas beaucoup 
de cas de ces établiflèmens fortuits. Il 
croit que le Nouveau Monde peut s'è^ 
tre vu peuplé de quelques millions d'hom- 
mes environ cent-cinquante ans après Iç 
Déluge. Il fait pafler les premières Co- 
lonies en Amérique par le Nord de l'A- 
fie , qui doit 4tre jointe à l'Amérique , 
s'il cft vrai qu'il n'y ait point de Détroit 
d^Aninn. C'eft ce qu'il fupofe; & pour 
cet effet il s'apuie fur les témoignages de 
quelques Voiageurs & d'une Carte Japo- 
.noife. Après avoir montré que la Tar- 
tarie a dégorgé » pour ainfi dire , de très 
nombreufes Colonies dans les trois par- 
ties de notre Monde , qui aujourd'hui 
eft prefquetout gouverné par ces peuples 
Septentrionaux, il prouve que ces mô- 
mes Tartares ontfaitdefembiables irrup- 
tions en Amérique. L'Anonyme ne man- 
que pas de preuves pour fortifier Ion opi- 
nion. Le Père Lafiton croit que le ha- 
sard peut avoir contribué à faire peupler / 
l'Amérique , & même qu'elle s'eft peu- 
plée peu après le Déluge: mais il prétend 

G s que 



I«6 BiBCfOTHEQUE 

que la pins grande partie des peuples A- 
jnericains fout originaires des Barbares qui 
occupèrent le Continent de la Grèce & 
fes Iles ( apparemment fous la conduite 
&In0cbn$ f oo Anac ^ le plus ancien Roi 
de la Grèce , & qui vivoit long^tems avant 
Moïfe ). Ces premiers barl^res étoienc 
les Pelafgiens fc lesHeileniens: les Pela^ 

Siens errans , vagabons. C*eft en venu 
e cette vie errante & vagabonde qu'an 
Savant de notre fiécle a cru pouvoir dé- 
river le nom de ces peuples de deux 
mots Hébreux Palît-gboi , qui fignifient , 
peuple errant ou fuiard. De PaUt^gboi les 
Grecs ont fait Peiafgos. Les Helleniens 
plus fixes cultivoient un peu la terre. Le 
Père Lafitau trouve dans les Hurpns Ieca« 
raâere des Helleniens > & dans lesi A/gam^ 
quins & les autres Sauvages qui vivent plus 
haut vers le Nord de l'Amérique , celui 
des Pelafgiens. Un fait raporté par Hé- 
rodote y_ pourroit » félon le P. Lafitau , 
nous donner quelques lumières fur l'ori- 
gine des Caraïbes des Antilles. Voici le 
fait comme il fe trouve dans Hérodote* 
Un des douze peuples Ioniens , celui qui 
occupa le Pry tanée , fit une grande irru- 
pciou dans la Carie^ avant que d'aller s'é- 
tablir à Athènes. Ces nouveaux habitans 
en menèrent avec eux des femmes de Ca- 
rie y dont ils avoient auparavant tué les 
pères & les maris. Ce qui fut caufe que 
)es Cariennes firent entre elles une loi , 
par laquelle elles s'obligèrent de ne man- 
ger 



F R A M Ç O I s £ 1,07 

ger Jamais avec leurs maris, & de ne les 
appeUcr jamais de ce nom; parcequ'ilsa- 
voienctuéleursperes& leurs premiers ma- 
ris^ La loi pailà a leurs 61les & à leur pofte* 
rite. Le P. Lofitau paraphrafe cette hif- 
coire d^une manière un peu différente de 
POrîginal : mais quoi qu'il eh foit , elle 
renferme c]|ûelques circondahces qui ap- 
prochent deTufagedes Caraïbes. Les fem- 
mes de Ceux-ci ne n^angénc jamais avec 
leurs maris; elles ne lès nomment jamais 
parleur nom. On reConhôlt même de la 
reilêmblance entre le nom ancien dés Ca- 
riens & celui des Caraïbes. Cependant nous 
ne doutons pas que quelques Leâeùrs ne 
trouvent ces conje^ures un peu vagues. 
On peut voir ce que le P. Laptau nous die 
enfuite des EfquimaUx y Tes conjeâures Tur 
les Geans des Terrés Auftrales , fur les 
Pygmées , fur les prétendus Acéphales 
des Anciens &c. Nous finirons l'Extrait 
de ce que le P. Lafitau avance touchant 
l'origine des Américains , par ces deux 
remarques. 10. Que fes conjeâures pa« 
roiflent beaucoup plus bazardées & beau- 
coup plus difficiles à foutenir, que celles 
dont on fe fert pour faire descendre les 
Américaine des anciens peuples de laTar- 
tarie, x^. Que cependant il ne feroitpas 
difficile de réunir en quelque façon les 
deux fentimens : parceque les Peuples qui 
ont fait des invaûons en Grèce & dans 
les païs voifins , n'écoient pas feulement 
des rechapés des Fhen^tsiens.*^ comme on le 

croit 



loS BlllItlOTtiVQUE 

croit commahémenc , mais aufli des Co^ 
Ibnies originaires du Nord de l'Aiie. Teli 
étoienc les Thraces, voifins de la Grèce, 
les MœGens , les Illyriens , les Scythes 
Européens &c. , qui s'étendirent peu*à- 
peu dans les parties les plus recalées de 
la Germanie, après avoir occupé premier 
rement les environs du Bolphore & do 
Pont Euxin , les embouchures du Danube 
& la Hongrie. Une preuve de ces tran(mi«> 
grations ^c'eA peut-être le fon de l'ancien- 
ne Langue Saxonne» qui^prochecju fonde 
la Langue Grecque, & quantité de mots 
Grecs qui fe trouvent dans cette langue & 
dans la Langue Allemande. 

Le ?• Lafitaa nous donne enfuite Tori- 
gine de la terre , félon que les Iroquois 
la racontent. C'eft une fable qui n'eft pas 
moins ridicule cj^ne tes opii>ions des aqtres 
Sauvages de TAmerique Septentrionale 
fur le même fuj[et , raportéçs dans la fe-^ 
conde partie de la Di0ertation Anonyme. 
On voit dans toutes ces opinions quel- 
ques traces de la vérité ^ mais ai&z lé- 
gères. 

A l'égard du caraâere de ces Sauvages^ 
ce Père nous reprefente avec beaucoup 
dimparrialité leurs vices & leurs vertus; 
& l'on peut dire qu'il eft aiTez d'accord 
fur tous ces articles avec l'Anonyme. Ils 
louent l'un & l'autre cette indiff&ence 
des Américains , qui , malgré la. domina- 
lion Européene , les a retenqs dans la 
iimplicité de leurs Ancêtres^ 



F E A » Ç O l s e; 109: 

Le patàtelte de la Religion des Amerk 
cains avec celle des anciens Païens , & 
fur tout des anciens Grecs ^ eft très cu- 
rieux. Ce qne dit PÂnonyfne fur le mê- 
me fujet» Dereft pas moins $ & l'on peut 
ajouter que les iaées de celui-ci , plus 
philoibphiques que celles du Père « lonc 
anifi & plus hardies & plu$r libres. Du^ 
refle ils conviennent tous deux que plu- 
fieurs Voiageurs anciens & modernes ont 
eu grand tor;: d'aflurer que ces Sauvages 
n'ont aucune idée de la Divinité: ce qu'ils 
n'auroient pas avancé , s'ils s'étoient don- 
né la peine d'examiner la chofe , ou plu- 
tôt s'ils en avpient eu le loifir. „ On eût 
^ tenu un langage différent » fi on eûtété 
moins prefle de donner des Relations 
au public» de lui faire part des décou- 
„ vertes dont on prétepdoit fe faire hon- 
,, neur. • . Le premier coup d'œil eft 
„ trompeur ., & on ne doit pas s*ingerét 
„ à déuillcr les mœurs & les coutumes 
„ d'un pais, dont on n'a point encore de 
^, Mémoires , fi on n'en fait point la lan- 
„ gue : fciepcè qui demande une loâ- 
„ gue étude, & que plufieurs ignorent, 
,, lors mêmp qu'ils croient la pofleder; 
,, peu de Mrfonnes facbant la force des 
„ termes oont elles font elles- mêmes ufa- 
99 ge, quand elles ne remontent point juP 
„ qu'à l'origine des mots , qu'elles n'en 
„ oécouyrent j)Oint les racines & les dif- 
,, feraites comportions. Voilà comment 
Je P. Lafitâu s'exprime. L'Anonyme a- 

avan- 



99 
>9 



9P 



tïO BlIlLI OTHE Qtj' k ' 

yance quelque chofe de )plos fore encore* 
,y Nous fommes perfuadés , dit-il , ^u'an 
„ long féjour 6i des coûries <}e quelques 
,, années dans ces Païs Septentrionaux de 
,, l'Amérique nous procurercxenc un dé- 
^, tail plus éxaâ, plus clair & beaucoup 
;, plus fuîvide la Religion de ces Peuples. 
Mais il faudroit que le Voiageur écartât 
fes préj ugez,qu'il eût plus d'étude& plus 
de lumières que n'en ont ordinairement 
„ ceux qui courent les païs , ^ju'il eût la 
„ capacité neceffairc pour déveloper To- 
„ rigine des principes des Sauvages , & 
„ fur tout qu'il eût afiëz de patience & 
„ de douceur pour raifonner avec eux. 

Selon le JP. Lafitau^prévenn que les pre- 
miers habitans'de la Grèce j & les Sau- 
vages Américaine ont une même origi- 
ne, », tQut le fond delà Religion ancienne 
,, des Sauvages de l'Amerique,eft le même 
)y quecelui des Barbares qui occupèrent 
„ en premier lieu la Grèce, *& i}iir fe ré- 
,, pandirent dans l' Afie* Ce fondi eft pleia 
d'expreflîbris & d'aidées fymbolique^ , & 
même d'HRerôglyphes, comme les -Reli* 
gionsdes autres Paiens modernes; •& PIr 
dolatrie dc^ anciens Ces Sauv^e^ don- 
nent à Dieu des epi the tes pour ^ moi 06 
anfli fublimes que le PagàniJSne ancien 
& moderne. Cet Etre Suprême -, ^uî 
chez les Anciens^ étoitOmnîpHenp ,- yilfitc* 
nans^ ter Optimus-Maximas , Pètfft&cr/itor^ 
&c. qui eit aujourdhui chez tes^Ghinoîs 
le Maître du Ciel , le Sêuvemm Empereur ; 
chez les Indiens Kertar^ ou Celui qui a fait 

un* 



F R A K ^ O t s E. IZtf 

tpuM ebofes ; Serjanhar , ou le Créateur dà 
MQniâi ce même Etre eft chez les Peuples 
du Pérou Pacbacamac y ou V EtreSupreme: 
VirMcoeba > ou le Dieu Créatear s chez les 
Américains du Canada le GrandEfprit , 
VMtiur de lu vif. Si les Brefîliens enten^ 
dent le bruit du Tonnerre, c'eft Toupan^ 
c'eft-à-dire, La Voh de l^Etre Suprême. Peut- 
^n exprimer plus noblement la Divinité ? 
Entre tous les noms que les Peuples dé 
l'Amérique Sepiee^itriona le donnent àDieu, 
ou pour parler dans lescerches de nos Re- 
lations, zvi Grand Elfrk y Wi des plus re- 
marquables f^'QÀxki-^Artfepui y félon 
les Hurons*^ tMAgr^floma , felbn le Dia- 
leâe des ïrd^l^bi». Le' P. Lafitau croie 
que cet 'ArffhH^^V^ia , bii le Mars des 
Thraces. - Oh^iàit queoet anden Peuple 
regârdoit Af^js^cooimele Dieu Souverain; 
& oh ne dott p^ être fur pris qUe de^ Ido- 
lâtres au(5 'bélHqueux qiNe les* Tbraces^ 
ne rendiffent leurs hommages qu'au'Dtett 
de la guerre* Il en «fif ainfi des .Ml>ron^ 
& des Itc^iMâS. Arefhui -, Our Agi^va 
eft le Dieu de ces guerriers ; AiiMi^ains'. 
Ils invoquent Dieu tous ce- nom , quand 
ils ont levé laha^be , c<eft-à-dt^e v quand 
ils ont déclaré la guerre à letM ennemis. 
Le P. Lafitàéi , après avoir poTéquMr/jr 
il Àrtfkouifynt la mêfn€ chofe^ Ce perlua- 
de que le^'Grees ont fait jd^û^Ârifanti ^ 
& que le Vwbe Grec apgfify & le verbe 
Iroquois Aregouau^qui chezâès'derniers (ig- 
nifie ^fairi là guerre , déri?eiit totis deux de 

U 



UÊf B I B L I O T tf JS'Q 'U t 

b racine , Arefkovi. Avant lui on avoit 
crû qu'/Irrxvenoic de l'Hebreu Àritz, Il 
fi^ut avouer, que le Pays Etymoii^içffe eA 
admirable pour les découvertes ingenieu- 
Ces. Mifkovi eft auflî le nom du Soleil 
chez les Sauvages du Canada* L'origine 
de Chémtn , donc les Efpagnols firent par 
Corruption ZemU ^ nom que les Carlbes 
donnent à l'Etre Cuprême , n'eft pas moins 
finguliere que celle ^Arés. Selon Diodo* 
re les Chemmites, qui habitpient dans une 
ville de la Thenaïde^que Von apelloic aulfi^ 
la ville de Pan^donnoient te nom de CA^f»- 
mh\ï ce Dieu, dont la figure monilruea- 
fe ne devoit prefque rien z,n% âifireulës re- 
prefentalions. des Cbemen$A^^\i\i^ ^(pagno^ 
le» Pan (bus te nom de C|^^i;-%étoitdans^ 
la Thebaide un desHieroglirphes^dePE- 
fre fupréme : Cbemem l'écoit , aufiî dans 
l'Ile Éfpagnoles du moins fuivant l'opi- 
nion du P. Lafitau. Cependant prcf- 
que toutes les Relations aflurent, que ces 
Indiens donnoient le nom de Chemens à 
des génies qu'ils foumettoient à une Di- 
vinité ruperieu^re* Harusy l'Apollon des 
égyptiens. &<..le; Soleil » pourroit Jûfq 
félon lui s'êtcç formé de l'lr0qiioiriiorif- 
Adfitf yquifignjfie le Soleil». ^.B^àif^ Bom 
de Diane ou de la Lune en la langue, des 
Thraces, d'iSM' gui chez les mêmes Saur 
yages fignifie le jour; d'où ils ont fait 
Enditba pour fignifier la LuQÇ. 

Le Soleil étoit chez les. anciens Idolâ- 
tres le fymbole de l'£tre^ Aiprême s il 

l'eft 



F E A K ç » I $ fi.T US 

Pèft âùffi chez lès peiaplcs de l*Artierî^fe. 
TLts Ificas dit Pérou (e.dîfoient fils dii 
Soléit : les anbieh^ Rois de Syrie ; des 
Perfes, des Parthes i enErr pi-eicjue tous 
les Rois Orientaux Te quaiifioient dû mêi- 
îne tîtrfe^ .C^eft.de là que plufieurs villes 
anciennes pohoiehi: te nbm du Soleil , où 
lui étoîeht confaçrcës \ en Eèyjpte , en Sy- 
rie Jkc« , Aihii le /mélange du Soleil avec 
l'Etre Suprême feft. une idée, , commune 
aux Américains & aux anciens Idolâtres 
de la Grèce ta de TAfie ; de même quç 
jèette multitude dé Génies fubôrdonnés à 
ce premier Etre , laquelle fe trouve chez 
les habitans du Nouveau Monde.: . ^ 

Le bulte du FeùSaèréeftune des chor 
fes où les Amerfcains reflTembleht le plu; 
9.UX anciens Idolâtres de notre Heihifpher^ 
re. ;, Le Feu , comme le |)lus vif de tou^ 
/, les Elemens , tèpréfehte parfaitement 
,*, cette. Suprême Iiitelligence dégagée de 
;, la matière ^ dôiît la puiflànce èft tou^ 
;^ îotirS adive , & qurd'aillèiîrs femble 
,vétré un écoulement de la fùbftânçedi^ 
„ Soleil même. Dîeti fe reprefente fiiu» 
le fymbole du Feii. Il feroit inutile de 
faiie ici l'éhumeration des âncierts peu-^ 
pies qui avoient un refpeSi religieux pbùr 
le Feu , qui lui fairôient; des faci-ificés, 
qui entretenoient des Fetix façrés & jier- 
{)ètuets , qui allumoient dès feux eii des 
pccafions Iblemnelles. C*eft de là peut- 
être qu^ viennent nos Feux- de joie v II 
fe peut auffi que l'idée d'allumer des feux 

nwe IV. H tA 



en 4e$ occafioQs (blemnelles fok ^i)e 
aux Américains, fans Savoir héritée 4es 
antres peuples* Le fei^ inrpire la }oie > 
& le plaifir qu^il exçke eft fi naturel , 
qu'il n*eft poine ^'enfauts qui n^aïaieat le 
feu. Si dans la fuite do rems ces etiËins» 
<leve7 dans la groffiéreté de Pldolatrie, 
s'avifoient de le faire entrer dans leurs 
Fêtes folemnelles^ diroit-on pour cela 
qu'ils en eufieni enipr«nté ridée des Chal- 
d^eos» ou des Ferlins > dont iUne fçau- 
roienu pas mêmç te nom ? Qu6i-qu*il en 
foit , jdOMS ne nous engagerons pas dans 
toutes les lavant^ Si, curieufes diicufllonsi 
daP.Lafinan: nq^s nousSconteuterQQsde 
welqu^s remarquas pairticuUeres. Le feu 
^ulcHcr tient lîeu.d'Au^el aux Ifomois 
Ciy aux Huroas % comme autrefois àuiTPer* 
fes,,. ^m Grecs & aux Romains- Le P. 
iiff^m remarqua à cette bccafîon » ,$. mie 
;,„ Içs Nations les plusyoîfines de.I*Afie, 
^ ^ qui paroiffent être entrées les der- 
^ ni^^s dans l'Amérique , ont des Tem- 
^ pl^ oà, le Feu fatnt eft entretenu » & 
^ qui ne iox^t dellinés qu'aux ufages de 
« Religion. Lés Cultes de ces Peuples 
&nJC exaâement décjrits dans lafeconde par- 
tie die H Diffirtêfiott fur les Cérémonies Rt' 
ligifirf<$ Je tAmerïme. Tome i. des Cér/' 
nwffiet dts Pe9ipU$ idolâtres* 

]^es Peuples de l'Ameriqueont leurs Re- 
tigjewî^ & leurs Religieufes, comme les Ido- 
lltrei de l'Antiquité : on en a trouvé chez 
l^ i^e^quains âcchez les Péruviens. Ce 

/ que 



,> IF 9, h H ^ i ^ Ki, âif 
qocrfCQote PieriPê M^r^ ^ t^gioiaoCuUh. 
red^s prcnpjicireç découvertes da Nouveau 
MP^^i touchant qvi^çlques Iles de l*An 
muriq^e , hfbitéçs par des feipi^iés , e^ 
forc<:urieux« Qr> s'étoit perfu^,^^ que ç^i 
fetpmes vivp^ot â la façon des anciet^uest 
Aipazones : maïs ceux qqi éxapiiaçf ent 1^ 
çhofe avec pli^s d? foin ^ juger en,t q^e 
ç'étoiçpt d^& fiUçs animées d'un elpritde 
dévotion | qui Ce pUifoient à vivre dans 
1^, retraite t Qœnçkjtéi Virgi^es fecejif gau'f 
demi$. te P, Jl*.a^f(iu n'ofe aiTqrer qu'à^ 
U Fïoridç &i à la Louit^ane il y ait dç ces 
jleligie^ri^s uu VeA^t^: mais il nous ap-^ 
prendqu'il y çn avoir, autrefois chçz les 
IroqiiQJs ; que ces ^}|ç5 qe fortoîent îa- 
n\^is, d^ lews çaU^^çs j qp^eile j s'y oçcur 
PQieiît à dd Pf<^^ qçyr^ç?^ wptquefpçpç 
pour fqjr l*:Pi§veté : q^e le pçv^ple leqt 
Bortplç du refpç.^., ^ qu'elles étoicnt.fçr- 
vie? p^r wn petit garçon, choïÇ p^r \^ 
Ancien^! ^ f^çnbl^tlç à peiipr^s ^tt C^mh 
iuf des Hçinaîns« Qn fait que les, Çfi^i/r 
if^ étoîent çon^ipe de j^iinç^ Clercs ^ qp| 
^rvoienc If f Prê^çs des faatrp|euJi|:. ae§ 
Hpmains* A l'isard d^9 ïjerinites , ' û^ 
Spjîraires j, d^sj Devins (^ des Religjeu;^ 
de l'Àmçriqqe , i) n'eft pas diiîîçile.d'^ij 
faire le paralleie avec çeqx de T^ncien 
Paganifme; â( fur ceU PP dpif lirp le ï^. 

Lûfituu , 9i, i^s 0ré9|o^îfs f\eligie((j[i^ dis 
Peuples Idolâtr$% de f^mffiqH^. 

Les Sacrifice^ Id^s b^uyages conferv^nt 
toute la fimpHçii^ dç$ Saçr(gcfV d^ pre- 

H 2 mîer 



fitf B I Bi; t oirfi 1 1 ^ )K 

ifiief Age. Oaoffroitalors desfrotedell 
terre , quelques âoimaax pris des troo- 

Seanx. On ignoroic encore l*âpareildei 
erniers tems» &yfil'on peat le dire, ce 
fafte reli^reux, qai s*eft emparé de ladé^ 
votion. Les Sauvages ofirem dû bled 6c 
du tabac au Sotdl ; ils fetteiic du cabac 
dans le feu & dans le!i rivières : ils of- 
frent anffi quèlqueis animaux pHs à (à 
chjflë. Les Iroquols etpofenc au toni- 
mec de leurs cabaneis des coiiers de por- 
celaine à rhonneur du Soleil i d'autres 
Sauvages du Nord attachent des chiens 
vtvans ail haut dé certaines perches j <A 
ils les laifleot expirer à l'hônâeur de leuri 
Divinîtez* Cependant les Sacrifices lie 
fe font pu tôujôurfs avec fi peu d'apateiL 
Dans les tirêmêmei RçJigierf^s du Fempkt 
&c. on nous décrit , à la vérité fur le ra* 
port du Sieur de la tUnt^sn^ on Sacrifice 
que les Sauvages du Canada foncaU Gr^i 
EjprSt, leqael, àceqù^onaûure^ vàquel- 

attéfois i plus de. Cfriquante mille écus« 
^n. trouve dans l'Antiquité des exemples 
de cei facrifices. Pour le facrifice des 
hoinme^, ilétoiten uf^é chez- les Peu- 
ples du Meicique , du ^erOu , de la Flo- 
tide: fxiais le modelé leur en (eroitil ve- 
iiu des Thraces ic dès anciens Grecs ^ 
i> It eft vrai-femblable , dit rAuteuf des 
^i Dfffirtstfont fttr Us Cér/iMuies R^Ugiem* 
^, fei des ^fupks idaUtrts , que les preaiie- 
3, res vcâimes de cet o^-dre fureht ofier- 

é$ tes pour fiédiir laMifencorde Divine^ 

i>cu 



3^9 
99 



7 ]^ AR. 9 o I S E. 117 

M m dés occafiom y oà pour dernière rçP» 
fource , on ne voioit plus qne le iang 
humain qui fût capable d*^aifer le^ 
9, Dieux irrités* . . L'origiine de quel- 
Ijues-uns de ces facrifices chez les Païens 
juftifie ce^ fentiment r fur quoi çn peut 
voir un paffegè d*£«/»£ ciré dans leTrai- 
tédéSMem des Dieux des Syriens. ,»Ileft 
,, encore vrai* lemblable » aîoute t-on , 
,y que cians la fuite ces facrifices barba- 
^ res furent continués en mémoire de Té- 
^y venement qui leur avoir donné naïf- 
,y fancé : & comme en ce qui regarde le 
„ faux culte» l^efpritshumâin s'accommor 
,', de beaucoup mieux de Pexcés que des 
^,'fufles bornes , on ne pûc & réfoudre 
^^ i revenir de cette dévotion barbare^ 
^y On dévoua l^étranger & I*ennemi è iès 
^^ Dieux. Tels pouvoient être les motifs 
^; d^un Culte y où la haine » l'orgueil te 
j, ta fuperftitton trouvoient ég[alement leur 
,, compte , & qui par cooléquent peut 
,; $*dtre établi en Amérique , làns que fes 
>j peuples eh aient emptnnié Tidée des 
„ autres peuples» • • Il faut^ mettre aa 
^; rang des facrifices lamortque les Bre« 
y, filiern & les autres Sauvages de l^Ame- 
^9 riqué font iouifrir è leurs captifs. Le 
P: La fit ou croit que le iacrifice que les ' 
FÎoridiéns font des premiers-nés auSoleil, 
ièraporte â celui desenfansdes,Cananéens 
è Moheh, quiielon toutes lés apparences 
étoft le SoleiK Cependant on ne fauroic 
dire que les Peuples de la I^loritie i'aienc; 

H 3 imité 



1l8 BlBI.lOTHEQU< 

fnîiédes Cananéens , ni des PhenicieDS , ni 
des CarchagÎDûfs Coloniesde ceux-ci ^puil- 
quefaifentf^ àa facrificedes cnfans à Mo- 
heh n.u rien de common avec celie du 
itcfificedes poenriers^inès chez les Flori- 
diens. Non» ne noos écendrons pas fur 
ce que le P. Lafitmu «toNas dk coocbMC les 
danfes Rdi^^fes , ^ les Hymnes en Jes 
Ohanrs oeniàcrés anx Oieux. Mms nous 
ità%MVqBCTùmû^^amemCf^oece Pere,pré- 
Veno focraftuiiédc I^JrQ^aoisaaecl'an. 
ctefme dbatigiie des firemieFs fani^tans dç 
|« Orece, croie iqiie le -mot de Mufétge$a^ 
^ -dmAt Gondnâettr des Mules ^ ou 
iVéMent de4â Mitfi^iie , & les autres 
fiiocs ^dHine cenaiBaifon fenibiablel^ déri- 
vent dMine ncîile qui leur eft commune 
avec les «ocs ^oqooîs terminés de mê- 
jhe. La '«sn^nvaifon que fait le P, Lafi^ 
pm de la fAarmpu des Brefiliens , & du 
Rhombe des €!larao&» avecle A>2»vd'Ifis^ 
ta /j^irrd'Aipdttuii ykle Rhomhe de Cybele, 
nfefl ipas «u des endroits le moins curieux 
du Livre, \Mloas ne difons rien des Ini- 
tiations des Afiiericains , alTez femblabies 
en p(ttfiëars»chofesà l'ancienne idolâtrie; 
ni de iéurseqsiinîons touchant les Eclipfe:;, 
& fur cottC de la laaniere dont la plupart 
de ces peupfes relèvent la Lune de fa pré- 
tendue défaillance; ni de leurs Mylleres 
Religieux , où le P, l^fiiau voit divers 
raportsavec les Myfteres des Anciens , & 
même avec les verieez des Saints Livres. 
P^f.çxçnjple, Ani-entfis , nom que lesUu- 

roqs 



F m A M Ç Q I s K» 11^' 

rons donnent à la feminechaiTée da Ciel, 
laquelle fel#n eux devint la Mère de tous 
les hommes» lui parott être l'if ^^ ou l*>^/# 
d*Homere > & l*Atte de t'Euafine des Bac^ 
chantes : & cette mèmùAtta-tutfigfqui fui* 
irantlaTbécdogie desHarons^nefe nour** 
ricquedeterpensyqui&itmourirles hom- 
mes &c. lui paroit fort femUable à notre 
première Mère Eve. • ^ Ce Père croie 
anflî) que la cootume de fe mettre au Ht 
quand les femmes ûan en oooche , cou- 
tuBik pratiquée en Amérique, & autre* 
&ia par les Tibareniens & les Efpagnols» 
«ft une pratique de Religion , une péni* 
teoce qui a quelque liairon avec la chute 
du ^emîer homme« Il a la m^e idée 
desaufleritez des Caraïbes pendant la grof- 
&tk & les couches de leurs femmes, de 
la coutume de laver les enfiins après leui^ 
naifiimce , & des Cérémonies pratiquées 
a Hmpofiâon du nom, & à la puberté des 
filles & des garçons. Le détail qu'il don* 
ne de ces dernières cérémonies eft cer- 
tainement très curieux: mais cependant 
Il eft bien difficile d'en déveloper l'origi- 
ne. On y trouve tant de bizarrerie, tant 
^ d'extravagance, & fi peu de conformité 
avec le bon fens , que l'Auteur des Dif- 
firtaiiwsfut hs Ctremêmis des Peuples Ido^ 
lS»ei de l^Amniqut s'eft contenté de les 
déc^rire &xt la bonne foi des Voyageurs > 
laiffiint aux ledeurs la lib;erté d'imaginer 
U-deffus tout ce qu'ils jugeroient à-pr6- 
pus. la'origine des Coutumes eft quel- 
le 4 quefoii 



IIO. BiRLIOTBEQUE 

qûefois anflî incercaîoe que Torigine des 
mots* Le P. Lafifnu , après avoir décrit? 
I^iniriation finale d'un Caraite ; nous fait' 
remarquer des traits fingulielrs de Va Re- 
ligion des Anciens , & fur tout des an-* 
ciens Romains : mais tout le ràpor t qu'iir 
y trouve avec l'initiatiion' des Caraïbes; 
& qu'on y voit en effet , né pérfuadera 
pas que le^ Caraïbes Paient imitée dei^ 
Romains* Nous croyons qu'il en eft de 
même des Fêtes noâurnes des Sauva- 
ges & des Peuples du ?erou , des divina- 
t;ionf, des fongés, des entoùfiafmes , des 
expiations « des fortileges. L'Anonyme 
qui a fait les Differtoùtms fur ies Ceremo-' 
nies Religieufts dti Peapies ^e l* Amérique ^^ 
eflaie de ramener l'origine de ces^ prati-^ 
que^ à des idées très umples & itrès ha- 
furellés. U établit fon fiileme fur le ca- 
i^aâere de L^efprit humain ; & fon inti- 
ment ne paroit pas éloigné de la vrai" 
femblance. V : 1 r ^ 

1 Le B. lafiiau nous donne enfutte une 
defcription trè&circondanciée du Gouver- 
nement' Politique dest Sauvages de l'A-» 
merique Septentrionale. Il ne manque 
pas d'y trouver beaucoup de raport avec 
les anciens Gouvernemens Afiatiques. Ce 
Chapitre mérite bien d'être lu , & nous 
y renvoyons le Leéteur^ Ce que TAu-- 
teur des DiJJertatitms fur les Cérémonies Ife- 
ligteujes des Américains nous dit far le mô- 
me fujetau Chapitre XV. de la première 
Diflercation » mais en fuivant des idéejs 

i.j.v» « ■. . . . . ' fort' 



l 'i i 



B R A K Ç 9 I s 1^. 121 

Ibrt différentes de celles au P. lajként^ 
mérite ^udî â*être examiné. 
' L'Anonyme <)ui à fait ces DiflertâCions, 
donne un Chapitre ientiér an Mariage des 
Américains & à ce qtd concerne rédu* 
cation de leurs enfans/- Ce qu'il avance 
u'a tien de commun avec ce que le P. La- 
fitâu nous dit fur ces mêthes ai'ticles. Ce 
Père croit que là Polygamie eft' plus gé- 
nérale dans l'Amérique Méridionale que 
dans la Septentrionale, & veut même qu'- 
elle ne foitguérés permife que parmi queU 
ques Nations Algonquines s ce qui fém- 
ble contredire toutes les Relationsdes Vo- 
yageurs. Les Hurons & les Jroquois font 
afiraints, dit-il , à une teule époufe. U 
aflnre qu'entre les femmes des Nations 
Polygamiftes , il y a toujours une prin- 
cipale Epouie y dont le Mariage eft plun 
folemnel. Il s'étend aufli fur tes dégrez* 
d'affinité auxquels le mariage eft permis 
chez les Peuples Américains , & en fait 
la comparaiibn avec ce qui étoit en ulk- 

Se chez les Anciens. Il trouve chez les 
auvages les trois manières deùontraâer 
le mariage , ufîtées autrefois chez les Ro- 
mains $ ailavolr la Coémptkn » la Cênfar-^ - 
nation y VUfagf^ on h Cobahitation: foot 
ee qui eft de l'ufage , ou de la cohabita- 
tion , qui eft un véritable Concubinage , 
H n'eft pras neceflàire de fupofer que les 
Américains l'aient imité d*aucun autrepeu- 
pie : il ne faut ici d'autre Aipofîtion qne 
ïk corruption du coeur hupiain. Le pre*' 
'- ' H s «ftnt 



xr2 BiBi^iOTitEQiri 

9, jfefit que faicl'Epoax ;daas la cabane de 
,^ ion Epoofe, eft ane vraie cfiempôOQ, 
>» par laquelle il acbece en qaelqne fiMte 
^ l'alliance de cetce calKiDe. Il y a cet« 
9^ te diffêreiice , qne c'eft ici le mari qui 
^» fait le prefent ; au-lîea que cbes lea 
^ Romains c*éttMC l*éjpoofe. qui le finfoir, 
,» & qui doanok croîs ials-aiaf qoés » com* 
^ «le nn lymbole de cetie coemptioo. 
Maïs poorqooî chercher dans ces prefens 
ptoa et VÊffttare qu'il n'y en a chez nos 
fiancés » iMa qn^% font des prefens de 
noœs è lenrs Matttrdfes > Le iP. Lmftsu 
conckme eoAuie. ^ Dans i*(^e qne £ût 
ji» TEpooie du plat de Ssgmmkt qo^elle 
^ preiënie i fan mari ^ fe trouve la na* 
», niere de commâer par la Cn^farrr aisawi 
Il cA vrai qne pHifiears Nations ont en 
desttiagescoofbiriiies iceloi-là: matsc^ 
encore ici «ne de ces idées (impies qne 
tond les iiommea peuvent avoir fans le les 
coaimuniqQer lès uns aux autres , parce- 
qn'ils les forment d'après les objets dont 
Us font le plus dnifa^. L'orge » le bléd, 
le froment » ont été tes premiers alimens 
des peuples, dans untemsoùl^on n'avoît 
devant les Teoa que des objets Fort iiin* 
pies & fort naturels. On prenoic dors 
ces ctkofes pour fimboles à^ Tuaion con^ 
)ugale » & Ctft par là qu'eues font reF> 
tées loos^-tems dans les Cérémonies Nu* 
ptiales de leurs descendans. 11 le penr 
aufli que la présentation du Ssgmmir , ^le 
nous prenons pour uneceitmoniet neloît 

9tt*iin 



F R A K Ç O I s I» Ijt3 

qu*an aâe.de civilité, comme chez ixms 
les fdlitffi qu'on faic aux Pianj;ailles & 
aux Noces, 

Le fttc Lofitau , toujours iogeoieox 
éaxks fes idées, fait eiiiuite la compa* 
tsULËain du Um dt Mariage des NacHMis 
du Canada avec les Torches napdales de 
PÀntiquité. Mais une chofe des plus 
iihgûlierê^ & qui mérite bien d'être iâe 
dans le litnre même de ce iavant J^foice, 
e>ettce Xfi^X a^lle \* Athtmvfitû ^ 4^ lea 
^ttiiiieâi écftaites éka-hlies emrt les jettnes 
Sauvages des deux Aflieriqucs. H ctoit 
que i2âs «mitiez font établies &ur le même 
pié que ces fa meules tiaifons d'amotàr, 
fort .en 4Mage ciiez ies Grecs, & mneri* 
fées par les anciens LeglÛateors; maison 
lomoiées enfuite , & peut-êne waèmt de- 
venues înXenûblement coupables deosiîne; 
Ces liaîions Aibfiftoienc eocoie da tam 
de Philippe de Macedokie , ^ox d'Ale- 
xandre le Grand. Ces Amans geaereiuc 
combatoient les uns |iocur les autres avec 
tant ^l'-incrépidité « ^e le Roi PîiilJQipc , 
prévenu Ëins doute a^H^arâvanç corne le 
caraâer4: de icette union , ne|iQC s^enqiê- 
cher de convenir que >des geos fi coora» 
getix ne pouvoient être capables de corn- 
sietcre les înEiunies qu'on leur iîippoloit» 

C'eft ici que iinit le .premier Volume 
de ^ l'Ouvrage du P« JLûfitau. Nous ren^ 
V43yoBs lk)x»ait du fecood à la iècoode 
paniedece volume* 

AU- 



1X4 EiBi.iQT&Eiicri; 
ARTICLE XL 

f$0mis GhîL Hdneccii fmrifc. é*c. A»^ 
tiqmhéimm tmiUmarstmJHriS'frmdemmm 
Ub^émtimm SjiiagmM ^feimAm trii- 
mm fyfiumtimmm ^fiimani digefimm : 
im qm§ mmbd hnrii Rimani éUqme Autê^ 
rim Vtt€rmm Ik^ txpiicdntttr af^me «/• 
hflrémmr&c. Ai^^mi MDpcxxiv, 
8^ a. voL I. V0L49». p.faœl'Ëpia:^» 
la Pté&oe, &le Difcours prélimioaU 

te. Tome %. p. 370. fans Pmdice* 

■ , . . 

/■ 

C*£ft ici la féconde Edrttpn de ce Re* 
cuèîl ^ÂitiqmHi% Rimâmes ^ qui fer- 



vent à éciaircir l'ancteone Jarirprudence. 
Monfieor Hnmeccims lès a raifembléès en. 
dèûx Votâmes, donc il publia la premiè- 
re Edirioh vers la fii de 1718» On \^ 
voit (odicicé de (aire parc an Pubitc 
d*ah pedt abrégé fhr éetce matière , qu*il 
expliquait adaellemenc k Tes Difctples : 
& cela lui fit naître le projet de ces Am* 
tiqmiiez, , qu'il a Corrigées & augmentées 
en cette féconde édîttcm. 

M. Heiwetcms nous donne dans un df& 
cours prélîminiire l'Hiftoire abrégée dé 
éeux qui ont travaillé fur le Droit Ro- 
ftiain avant & aprib ja/Hkien. Les Roiâ 
de Rome donnèrent tes premiers des 
Loix au Peuple Româfin. Câiu$\Pàpifièi oa 
p0firms grand Pontife de Rome en fie n- 

. ne' 



F t A n ig ^ 1 s X. 1^; 

^e eolteâionqin s'eft perdaè depuis long-- 
tems , & dont il ne nous refte aujoard'hui 
que des fragmens , qui fe trouvent dan» 
les colleâions de quelques favans Jurif- 
confultès. Ces Loi^ furent abrogées , où 
tout au moins furent oubliées avec le tems : 
le Droit devînt incertain , pendant que 
Rome fut déchirée cruellement par lesdi- 
vifîons des Patriciens & des Plébéiens. 
Troîscens ans après la fondation de Ro- 
me , on députa vers les Républiques des 
Grecs , & Ton en rapporta ce Corps de 
Droit que l'on appelle les Loix des dou%e 
Tdbles. Elles périrent lors-que Rome fût 
bnilée par les Gaulois. Cependant pn 
trouva moien de les raiTembler encore; 
& pour éviter qu*elles ne périiTent une 
autrefois ï on les grava fur l'airain ; oii 
Toulut quelesehfans les appriiTentauber- 

Îeau. Mais malgré ces précautions ^ des 
.oix fi belles & fi refpeâables fe perdi- 
rent peu de tems-après le Règne de Jufti- 
nien. Depuis la renaiflàuce des belles 
Lettres , les Savans Modernesont travail* 
lé i i'envi les uns des autres à eh recueil* 
lir les débriS) Un de ceux qui ont le 
mieux réofii dans ces récherches ^ c'ell 
^scquii G4>iUfro$ dans l'Ouvrage intitulé, 
§ont€t Jttrii Civilh quatuor , publié à Ge- 
nève in 44^. en 1613. 

Ces Loix des douze Tables eurent be- 
foin d'une interprétation. De cette in- 
terprétation naquirent les Aâions dès 
( Ltgis A^io^es ) , c'eft à-dire ; cer- 
taines 



126 BlBI.IOTBXatrs 

taines formules, certains ilâ*g|Ç$ ^ue 

Pon établir* & ians quoi unç atuire çî* 

Tîle écoît nulle. Les jours deftinés ou 

refufés aux Affaires Civiles , f^retit dif- 

fiingués en Faft't & en Neféip. \\ y 3. 

voie du myilere en toutes ces çhofes 

chez les Romains, aflezmyftericux d^il. 

leurs, & fqrt enclins à la ruperftition* Les 

Patriciens & les Pontifes les dirigeoîenc 

en ces obier vances fnperfticieufe^ ^ ^ leurs 

décidons étoient reçues du peuple CQin- 

fne des Oracles. Cnens Fhvtm tnit ^a joqr 

les mifterieufes Formules des Pjifrîciejn$« 

& de là le Droit Fiavien {Ji^f BUvi^m»^} 

prit Ton origine. Le Peuple aatujrçlleinçQC 

curieux fut bien-aife de voir ceç myfierea 

dévoilés : mais les Nobles inventèrent 

d*autres formules plus myfterÎQuCeiqQ^l^lf 

premieres,& qui eurent enfin le iR^fne{for( 

des précédentes , p?r Pindinq^rétion de $r- 

xtutCœlius qui les publia* On apfiella ççla 

Jus MUanum. Il y a long-teoDS que ces dfiux 

CoHeâions ne fubil fient plus: Cependant 

pour nous confoler de cette pertç ^ Iq f^n 

meux Briffon a donné au publiciun recueil 

ail*ez complet de ces différentes forofiulef. 

Dat^s la fuite les Loix , les Arrêts du 

Peuple , les Edits des Magkftrats , lea QueK» 

tions & les Déciiions des Jurirepnrùliea& 

des Ad vocats fe multiplièrent écrtngemene 
La Jurifprudence devint épineule: ellefe 

chargea de l'examen d'une infinité de cbi** 
canes , qui prirent naiiTance au milieu de 
cette foule de loix ^ dont plufieurs $a vans 

Mo- 



F R A K ç o I s m. 127 

Modernes ont fait Tbiftoire. Plufieurs fie- 
des avant ces Modernes , &. dans les der- 
niers iiges ^ la République „ Ciceron , 
Pompée ^ & lules-Cefar avdlenc formé 1« 
proîec de rauèmhler tout ce qui concer- 
nok la Jorirprudence de leur Patrie ; & 
Ton prétend mie l'Empereur. Confiantin 
le Graçd conçue après eux le mêfne def- 
fkm. Sous le Rqg;ne d'Augufte AuitÊS 0^ 
filîui recueillit.^ interpréta les Edics Pré- 
toriens : maïs cette Colleôîon, qu^OjS/ôur 
avoit faite comme fimple particulier y ne 
fut d'aucune autorité dans le public. SjiU 
viu$ 7uiiênmt , Bis-ayeul d'un Empereuf 
de n^ême nom .. rèduifi t cous ces Edits Pré^ 
coirtens en un leol Edit » auquel on donr 
na le nom de Petfetuii ^ à-peu^près dani 
lemânie.fens que les Critiques appellenç 
perpétuels » c^$ aoiples Commentaires qui 
a'étendenc fiif un même ouvrage. Saivitêf 
t}uUatm$ fie cet Edit pcrptutel fôos l'Empiv 
ce &Ha4lHti^; fa cet Edic fut enfuitecomr 
mente par pi ufiieors habiles JucifcoofuJtesi 

Quelque filtre JurifconCulte fit VEdia 
Prtm9€ia/t à l'ioûtation du P^«M«/: on 
prétend même que ces deux Edit» difie* 
roîenc fort peu l'un de l'antre. Quoi- 
qo^l ea feît, Us ont péri tous les deux^ 
& il ne noua en eft refté que de^ frag^ 
mens dans, le Dit^f > ^^ qji»elques Sa^ 
vaAs ont pcia la. peine de les extraire. 

JDeux'cena ans aprèsque les Empereurs 
eurent commencé de p,id)lîer leurs Ar«* 
^ Ai leur^ Déclinons j^j^iqjieç ^ en for- 
me 



» • • » • ■ 

iii B I B.L I • T II e Q V E 

nie de Lettres - Patentés , le nombre do 
ires lettres ou de cèÈ /tefcr^Ps s'étoit déji 
û fort acèrû , que Grégoire 6c Htrmogeneî 
fê crurent l'un>dprès*l'autre obligés &tn 
faire là Cbmpilacioiji On ne lait pai bieii 
l'âge dé Grégoire : les lins lé font vivre 
fous Valent & Gratieè ; l^s âotires. fôas 
Conftëfttin if Grand. Il podvof t être né aii 
commehcement dà Re^ne dé ce dernier 
Empeireùr , & avoir vu la fin de ëelui de 
Valens. Mais toùc cela ell fortinèertain ^ 
dit M. Heineectus. Oh cl:6it que ce Ri- 
cueil, connu fous Xtnomét Code Grégorien', 
(Dontenoit les Refcripte Impériaux , depuis 
Adrien julqu^à Diocletien & Mânimien. A 
regard du Code Hermogenien ^ onrattribaê 
à Eugène Hermogenien , qui étdit Plréfèè dd 
Prétoire fous le Kt^n^étOi^hiiéi. D'au- 
tres le dorineht à un certain Hehnogenien, 
^ui vivoit fous te Regde de Cànfantin le 
Grand & defes enfaiis* Lé Recueil d*/i«r- 
tncgenien contenoit les tnimes Refcripts que 
It Grégorien , mais aveu dès diiFereaces i 
te l'on iie fait pas fi ces Rèctieils com^ 
mènçoient tou^ dêilx au Règne de l'£m'- 
pereùr^^iV». M. Heineceins îàùip^onnt 
que le Code Hermogenien pouVcSt être une 
ef pece de Siipplemenf au Grégorien. Ces 
deux Côde^ eurent le fort des CoUéâions 
qui les précédèrent , & il ne nous en eft 
reftë que quelques frigmeils^que desSa vani 
ont pris la peine de publier en divers cems. 
Comme ùti Codes étoient l'ouvrage dé 
deiU FarciCalîe^s » & ne rcnfermoient 

d'âilkûrs 



■ ■ ■ i ■ 

dniilleufs qaedésCopftkutions & desloix 
faites par des Emperedr^ Païens, TEoipe- 
reur IbeàâofeÛtrecùéinivQelles dçsChré-, 
tiens , depuis Cùnftantin, le Grand inclufi ve- 
nietir. G»eft-Ià Ife Code Jbeqdofien , qui e-, 

xifle encôfe , & fur lequel des Savans da' 
premier ordre ont travaillé. H ne fau^ 
pas confbiidre avec ce Code celui ;d*i** 
^^if Roi des Goths. Ce dernier Code eft 
eif trait du 7'béodàfien , du Grégorien, do 
VHtrmogemen^ des Inftitùtions Û^Caius^ 
de^ Serttehces de Fdnl , & du Corps de 
Droit &Ulphn. Amen eft l'Auteur de 
«ette compilation » qu'il a feulement glo- 
fée en plufieurs endroits. Pource qui eft 
da Code Théodofied , nous ne l'avons que 
defeâueux^ 8t il ^en faut de 33p. Conf- 
tftatibns ^u'il ne. foit entier. On join( les 
N^vtilei à ce Gode, Les NùvelUs font des 
Conft4tutions de Ibeodofe , de Valentinien III, 
de Mêtçieti ^ de Maprien , de $fvefe y ic 
Û^Anfbémw. 

L'Empereur Jhifiimf^ fit travailler à u^ 
ne nouyellèCoUèôiQn de Droit, eiiviroii 
ttn fiécle après ctlleé^Tbeod^ei, it don- 
na le fameux Code Juftînien avé<: le feconrs 
db Iribonien & de quelque^^autrefi Jilrif- 
confnltés , qui n^avoient pas les ^paUtez 
néceflàires pour uii travail de cette impor- 
tance; Malgré les éloges des Jurxfcon-? 
tfiiltes i Jofiimen lui-même étpit |>ea cap^r 
^te Se. diriger xm tel Ou^ragfè. Ce qûè 
4^6il>iiQ{time proprement le Codie , fat pu- 
btiéien 5*18. Les Piicn/râF^i fuivirent, & 

'tome IV. I cet 



1^0 Wr^ 1 1 é T 8 t Q u t 

cet Ouvrage, qui demandoit beaucoup de 
choix , de méthode & de jugement dans 
les extraits qu'où y fait des décifions tt 
des écrits des anciens Jurifconfultes > ne 
fut l'ouvrage que de trois années. Après 

roitèâj publièrent les li^tu$es^ qui por* 
cent le nom de f^/Hmim : & comme le 

iiremier CoJe yuftimem fe trouva non fini* 
ement fort defeâueux » mais que même 
il étoit contredit en plufieurs chofes par 
les Pâftdeffes, on en fit unerevifîon , dont 
la commiffion fut donnée à cinq Jurifooo- 
fuites. Ce Code revu fut publié ea 

L'Empereur Jn^Un , qui aimoit nata- 
rellement i changer & à corriger , (up* 
prifna dans la fuite, ou changea plufieurs 
chofes qui lui déplaifoient dans le Code^ 
les PândeOts & les ItMtutts. Ces chan- 
geniens & ces fuprdnons produifirent en 
partie les Novetiet de Juftmim : c'étoleot 
ût%Cêmfiiiu$hni de la façon de ce Prince. 
On fit neuPcoUeâions de ces NwtUes , qc& 
ne font pas toutes de Juftinien s puifqa*!! 
y en a de Tibère II. , de Juftin IL &c. 

Il ne paroitpas, dit enfuite M. Htmec- 
9ius 9 qu'après la mcftrt de J^mleu on ait 
fait en Occident un fort grand ufs^e du 
•Dr^t qui porte le nom de cet Empereur. 
Les Wifigots d'Italie préféroient le CoA 
Jhiodofiim au ^ttfiimHt, Les Lombards di- 
rent leur Droit particulier. Ad'égwd^lek 
Peuples d'Italie qui n'étoieiit pas foui U do- 



? A *■ a 4 6 i i ^' .iji 
inînation deces étrangers, ils n'efthnoïen* 
que le Code Ju^inhn & les Novellcs. Lofs 
que les François eui'ertt pénétré eti Italie, 
ils laiQèrdnc aux Italiens la liberté de fe 
fet-vir indiffetetament du Droit Romain, 
où du Droit Lombart: mais ce ne fut que 
long-iems après qu'on fe remit avecplas 
de Joiti & de goût I l'étude da Droit en Ita*- 
lie 1 & l'on peut dire même q\ie depuis le 
Xll.^iiecle cegenred'étude s'eftt^panda 
Comme un torrent par toutel 'Europe. 

Les Jurifconfultes Grecs trayàiUerent 
auffi de leur c6té à des Collerions de 
Droit. Ibtepbilt donna en- Grec la Para- 
phtafe des Inftitutis i & IhattU» xtwaiWx 
fur les PMdtâet. Bafih de Maceicine ^C 
faire uu abrégé en Grec du Code Jufimitn. 
Le deflèin de cet Empereur éioir de doa- 
ner une colleâion çonfîderable 
mais la tnort ie prévint! 6ncoT 
'ell-il reflé de Ion Abrogé que 
fra^ens, quifetrâuvencdansl 
c»-Romanum de Ltûntlàviut. L 
tifopbt, & CaéfiimtM-Porphirogt. 
loi , Doarfuivirent le même d 
c'eft aes COUeâiotis de ces £ 
Grecs qDenousreflentlesSsjf/ij 
On doit la publication à Hervit , â Cmiiç»^ 
\ Lâhht St à fatret. Sous les Succefïeurs 
de ces Princes un donna des Extraits 5c 
des Abrégés des BafiUguts , pour fer- 
vir d'introdudion à I*éiude de ces Collec- 
tions j ou platdt, parcequedans on Sie* 
de tout dévoué i la molelfe & à Hgno- 
/ 2 nnce« 



I3> B,III t l OT HE ««« 

rance, onnevouloit qu'an travail fadle 
& am ne demandit qu'une attention mé- 
diocre. Ces foibles lueurs de ftaencedu 
Droit Romain s'éteignirent Mt la prife 
de Conftantinople , &.s;»U«» «^efte quel- 
que connoif&nce parmi lesTurcs, certai- 
nement c'eft bien peu de choie. . 
M. tiemctc^* nous apprend enfuite de 
qufillefiiçon l'on enfeignoitle Droit à Ro- 
me. Dans les premiers tems de la Ré- 
publique on étoitaflèzœyfterieujcfur cet 
irdcte: ïesNobless'enrefervoient lacwi- 
noiflanee. 7»«r»«" Ctrwicaimi Plébéien 
fut le premier, qui, pouramfi-djre, ex- 
cofa au Peuple Romain les myfteres de 
leur Jurifprudence, Cette étude devint 
beaucoup plus commune fous Iw Empe- 
reurs. Les Ecoles de Rome, de Cooftan- 
tinople & de Béryte fleuriffoient au ttoi- 
fieme Siècle, & poffedoicnt feules le pn- 
vilege d'enfeigner le Droit, à l'exclofion 
des autres Villes dé l'Empire. 

ii'Quvrage de M. Bàntechu eft rempli 
de démarques cutiéufes , dont non? tranf- 
«•rîrbns ici quelques-unes.^ Tit. II. 
dû Livre L des /»/Nwm d» Droit Sdturtl 
ér Civil. Voiciles précautions & le» uû- 
ges que l'on obfervoit à Rome à la publi- 
cation des nouvelles Loix. Il ôe s'en pu- 
blioit point qui ne fût communiquée aa 
Peuple, & à laquelle il ne concourût a- 
vec les principaux Magiftrats de la Répu- 
blique. on P^lo»' *vep foin , avant la 
publication, les interétsdc ce Peuple, fi 
^ lalûuz 



F R A M Ç 1 s £• Î3à 

jaloux alors de fa liberté, que l*on pour-; 
roic dire uns paradoxe, que cette jaloufie 
cft une des caufes qui l*ont ruinée. La 
Loi mire au net étoit communiquée au 
Sénat: on l'expolbît en public ( c'étoitla 
Promulgation ) pendant quelques jours , 
afin que le Peuple eût la liberté de l*é. 
xaminer. Un Héraut la Ijfoit tout haut 
au Peuple aflembl^ folertnellernenc dans 
le Champ de Mars: après-quoi l*on prc- 
noit les Aufpîces, & Pon faifoît quelques 
antres Aâcs 4e Religion, qui étoient fui- 
vis du Sort, dont on fe fervoit pour ré- 
gler Pordre des Sufirages. Si la Loi paf- 
loit fans Popppfition du Peuple & de |fes 
Tribuns , des Gonfuls ou des Augures &ç* 
on en faifoit la Rûgation , c*eft- à-dire , 
qu'on la demandoit au Peuple , par une 
formule établie exprès pour cettç Céré- 
monie. Enfuiteôn allpît aux vpix. La, 
manière de propofer & de faire paiferuni 
Bil dans le Parlement d*Àngleterre , a 
quelque rapport à ces ufagesde la Répu- 
blique Romaine. $29. du même titre. L'ô* 
rigine des Jurifconfultes j^ que nous appel- 
ions communément ÀJvoeafs, vient de ce 
qu'on appeiloit anciennement Droit Ju Pa- 
tronat {lus Patronatus.^ Les Patrons é- 
toient autrefois desPatricicns qui prenoîént 
les Plébéiens fous leur proteaioij. Le de- 
voir des iPatrons étoit de les. défendre en 
îuftice , de plaider leur caufe , & de les 
protéger en toute oççafion. D'autre cô* 
té les Plébéiens entroieriten de très forts 

I 3 enga- 



134 BiBLiorii>aus 

cngagemens pour leurs Patrons : par i$r 
xemple, ils^coient obligés de payer poqr 
eux les fr^is des procès ,^ & les Amandes , 
ils écoient obligés de les racheter de cap- 
tivité. Les Bourgeois particuliers «* les 
Villes 9 les Colonies, les Provinces &les 
Roiaames ayojent leurs Patrons. Lors- 
que les Romains dégénérèrent de leuran* 
cienne probité , ces Patrons ne furent 
plus que des tyrans qui ruinoienc les E- 
cats li les Pamilles. Il faut entendre Ai- 
vénal fur cet artidé^^ Ces Patrons tom- 
bèrent bientôt dans un fi fordide intérêt, 
quMIs fe mirent far le pied 4e vendre leur 
proteâiqn & leurs cpnfeiis i prix-d'ar- 

fent. C*eft ainfi que le fatr—êt s*aboIir, 
i que les Advocats Mercenaires prirent 
la place des Patrons. Tit. IX. On y trou* 
ve plufieurs remarques concernant lepou^ 
voir des pères fur leurs enfans. Ce pou- 
voir étoit exceffif chez les Romains. Non 
feulement ils avôient droit de vie 6c de 
tnoTX fur leurs enfans , mais anfli de les 
vendre, de les expofer, de les faire ef- 
claves: ils pouvoient les vendre (ufqu'à 
f rois- fois i après ceU l*en fane étoit libre, 
& délivré de cette afFreufe tyrannie pa- 
ternelle , que dçs Auteurs Rot^aîns ont 
<iualifiée aifez mal du^beau titre de Ma* 
}e(lé ( Patria Majeflas. ) Ce pouvoir pa- 
ternel étoit à vie : un perç fe le réfcrvôit 
\ lui feul s |a mère n'y p^rticipoit que 
très-peu » & ce petit Roi4om$fiique Péten- 
qqit même fur les enfans de fes enninSj& iur 

teuirs 



leurs biens* Qae peut-on dire pour juF- 
fîfier cette tyrannie ? £ft-il pomble que 
des peuples tant -foit-peu ctvilifés ayenc 
pu établir des loix fi barbares ? La ma* 
niere dont s'eft formée la Réonblique Ro- 
maine peut l'excufer ; & a'ailleurs en 
ces premiers tems de Rome » les Familles 
formoient encore de petits Etats féparés , 
que te Fondateur ou le Patriarche gou- 
vernoit defpotiqaement. M. Heioecrius 
croit que le droit de vie & de mort fur 
tes enfans fut ôté aux pères fous te Règne 
de Trûjamic à^Hairitn. Du tems de TEm- 

{»ereur Sevtrt Alexandre les pères livroieht 
eurs enfans à la juftice des Magiftrats , 
& leur prefcrivoient la manière dont ils 
fouhaitoient qu'ils fufient punis. C'écoic 
comme une ombre de l'ancienne autorité 
des Pères, dont enfuite le Magifirat fut en* 
tierement revêtu par un décret de TEmpe- 
leur Vêlentinien. Pour ce qui eft du droit 
de vendre fes enfans, il fut aboli par Dio* 
cletien ^ à ce que prétend M« Heineecius* 
Néanmoins Confiantin le Grand , fous pré- 
texte d'empêcher que les enfans ne fuf- 
fent expofés , permit aux pères qui fe 
trou voient réduits à une extrême pau- 
vreté , de vendre leurs enfans nouvellcr 
ment nés ( fanguinalentos. ) Dans la fui- 
te le même Empereur revoca cet ufage 
peu digne de l'humanité , & voulut que 
ceux qui riiqmoient de tomber dans une 
circonftance fi fâcheufe , fuflent entrete* 
nus des deniers publics. Tit- VII. du lÀ^ 

I 4 vte 



13^ B I H L 1 O T H ê Q B 

vre IL M. Heineeeius nous donne pla* 
fieurs remarques fu^ les Donations & les 

Sreiens , qui alloienc fort loin chez les 
lomains , & qui devinrent enfin fi oné- 
reux aux Clients & aux autres inférieurs^ 
que les Empereurs furent obligés^ d*arrê- 
ter le cours dé ces gratifications foovent 
exigées pair les riches & les grands^èi-^ ' 
gneurs^ comme des* tributs. Noùs'ti'èp* 
trons pas dans le détail de ces ren^r^ùes. 
N6u's obferverons feulement que le luxe 
& la magnificence des Romaine trouvè- 
rent un nombre infini d'occafiôns pour 
ddi^ner & recevoir des prefens t à là cé- 
lébration d^nn )our de NaifTance -, à celle 
du Mariage ; lorsqu'on donnoit le nom' 
aux enfans , ce qui fe faifoit le huitième 
ou ie neuvième jour diaprés leur naifTan- 
ce; au mois.de Janvier ; aux Saturnales. 
Pttbiicius Tribun du Peuple arrêta le cours 
de ces abus , & fit une Loi par laquelle 
il étoit défendu de prefehter aux riches 
autre chofe que dès cierges. Tit. L du 
Livre IV* M. Hàneccius explique divers 
u(àges touchant les différentes fortes de 
larcin, & la manière de le punir chez les 
Romains. Nous ne nous arrêterons ici 
qii'à cette efpece de larcin qu'ils * appel- 
loient per lanam ^ licium conceptum. /*iirr- 
lum conceptum eft , félon M. Heineeeius , 
la recherche & la découverte de la cho- 
fe volée, faite en prefence de témoins , 
chez celui que Pon foupçonnoit du vol. 
Cette recherche fe faifoit d'une manière 

âffer 



F R A K Ç O I s £• 137 

dfTez extraordinaire. On entroic nod, ou 
feulement couvert d'une petite chemife 
ou chemilette de toile » dans la maifon 
foupçonnée^-& pour n'être pas reconnu 
en cet état , on fe cachoit le vifage avec 
un baflin /qui fervoit en quelque taçon de 
mafque^ Le même ufage s*obfervoit chez 
les Athéniens; afin, difoieiTt-ils , que ce- 
lui qui faifoit la recherche du vol , ne 
pût être, foupçonné d'avoir porté tachofe 
volée 4 daniîla' tpaifan de celui que l'on 
croyoit être coupable du vol. Qttoi*que 
cet ufage fût aboli du tems de Petrooe , 
il en rede pourtant quelque chofe dans 
fcnlVoman Satirique ; & povir en être 
convaincu, l'on n'a qu'à lire la manière 
dont Afcylu cherche Gitop, - 

L'Ouvrage de M. Heineteius renferme 
une mfinité de chofes curieules, qui fer- 
vent à expliquer les Coutu&ies des An. 
ciens & le Droit Romain. Rien n'eft plus 
utile que cette f(>rte de leûure: & corn, 
me le ftyle de l'Auteur eft clair & éloi- 
gné de l'affeâation , nous ne doutons pas 
que les gens de bon «goût ne lifent ibn 
livre avec beaucoup de plaifir. 



IS A R. 



ARTICLE XII 

RiCifiit des V&jéigi» fm mu fervi à tE$é^ 
éUffiment & omx frûgris de la CmiÊfé^' 
gm$ des I$tdes Orientâtes fnmiê dsnski 
Previnees^Vmes des ^éus^'Bas. Seceniê 
Edititm revue ^ dt^meniA de plmfieesrt 
fixées esÊriemfes. A Axo&crdàm chez J. 
Frédéric Bernard. i2^. Tome pre- 
mier^pag. 504. fans la Table 6cc. pag. 
XI2. pour les pièces dont cette nou- 
velle Edition eft augmentée. Tom^ 
iècondpag. 6^7. &xis la Table. Tom. 
troifîéme : ]pg. 66^. iàns la Table.. 
Tome quatriéipe : pg. 1763. &ns la 
Table Tom. cinquième : pag. 66^. 
Ans la Table. Toin.fixiéme : pag. 476. 
Tom. fèptiéme : pag. 45*4. 

CE Recneîl eft aflea^ connu da Public 
pour n'avoir pas. befoin d'Extrait. 
Toutes les pièces qui le çompoCent ont 
paru depais long- tems en Hollandois , qui 
eft leur Langue originale. On . en trouve 
dans cette Edition , fepc qui ne fe trou» 
vent pas dans la première , & qui fervent 
en quelque manière d'Introdaâion à tout 
le Recueil. Les unes & les autres ne 
font guéres fufceptibles d'un Extrait fui vi. 
La première des pièces nouvelles porte 

feu- 



F R, A V Ç O I • «. 139 

feule le titre d'Introdafiitm au Rtcueiliie Vo" 
iaga quiotttfervi à l*£tablifffment &c. On 
y fait une petite Relation de l'origipe de 
la CompaÉ;nie des HoUandois , poâr l'é- 
tabliffeinent de laquelle on fappritna p(a- 
iieurs petites Compagnies de particuliers. 
Ceux qui ne connoiflfent pas cette florif- 
fante Compagnie apprendront avec plai- 
fir fur quel pied elle eft établie , fes Pri* 
viléges , les gages & les engagemens dé 
fes Direâeurs , & les répartitions qu^elle 
a faites aux intereflés » depuis i^d. juf^ 
qu'en 1713. Après cette introduâion , 
ron trouve la Remontrante it Pelfan pre-^ 
mer Ba0eur de la Compagnie ^ aufujet du 
Commerce dts Indes Orientales. Elle eftdtt 
if . Février 1627. Felfart y donne des a- 
yis utiles fur le'' Commerce des Indes , 8c 
principalement du MogoL Ces avis rou- 
lent fur le caraâere & les ufages des ha* 
bitans & de leur Pays , fur la qualité des 
marchandifes qu'on peut y porter & en 
retirer » leur prix , le tenis propre à les 
tra/îquer &e. Cette Remontrance de 
Pelfart çft fuivîe d*un Raport que les Di- 
reâeurs de la Compagnie firent aux Etata 
en 1664. On y voie l'état des afaires 
dt la Compagnie, & des Pajrs qu'elle 
avoit conquis aux Indes. Trois liftes 
des marchandifes que les Flores de la 
Compagnie aportérént ^ 166^. & 1664. 
en Hollande . montrent à quel point le 
Commerce des Hoilandois aqx Indies étoit 

\ par. 



t40 BlBLIOTHBQtFC 

parvenu |u(qu*aIors. Elles font à la fbi- 
te da raport des Oireâeors. 

La cinquième pièce eft le raporc de 
Braams f«r Técat des afaires de U Com- 
pagnie en 1696. On y donne en détail 
réût des Places que la Compagnie poflSs- 
de aux Indes s & l'on n'y oublie pas les 
abus qui fe font glifTés dans ce Commer- 
ce & parmi les Officiers de la Compa- 
gnie. Les deux dernières Pièces fboc a- 
ne Réladbn fuccincederEtablilIèmentde 
la Compagnie d'Oftende , & les Lettres- 
Patentes que l'Empereur a accordées eo 
Décembre 1721. pour fon établiflëment. 

On a làiflTé dans cette Edition l'Epitie 
Dédi<îatoire d^un des Tradaâeurs nom- 
mé C^nltmitm. C'eft ce même C9nfimmtm^ 
qui a donné au public une Hiftoire Saty- 
rique & Romanefoue de la Baftilla* L'au- 
tre Tradudeur eft AL Auhi» , Fraoçob 
Réfugié, Auteur de V Hiftoire des DisUes 
de Lottéan , fa patrie* L'Epitre eft fahrie 
d'une Préface aflêz curieulè da Sieur 

Cêtfftantin, 

Les autres Pièces du premier Volume 
font les trois Voyages des Hollandois , 
pour chercher un paflâge aux Indes par 
le Nord- eft; une JDeicripdon de la Sibé- 
rie ; une Diflèrtation &l/ac Pûtaanus fur 
le paflage par le Nord $ le premier Vo- 
yage des Hollandois aux Indes Orientales, 
leur fécond Voyage fous la conduite de 
Jacques-Corneille VanNeclc s & le Vo- 
yage de Sibald de Wecrt par le Décroit 
de Magellan. > Les 



^ & À N Ç O , I s B. 141 

Les Voia|;es contenus dans le fécond 
Volome y (ont le Voiage d'OUvier de 
Nord autoar du Monde » celui de Van- 
Carde aux Indes en i<99. i6oo. & i6oi. 
un fécond Voiage de Jacques Van-Necks 

2aelques Mémoires touchant les Indes 
^ientales ; le Voiage de Van-der-Hagen 
aux Indes; celui de deux Vaiilèaux Hol- 
landois au Roiaume d'Âchin ; celui de 
cinq Vaiflènux commandés par Wolpharc- 
Herman s celui de George SpilberJ;; ce- 
lui de Warwicki qui eft appelle Voiage 
pour la Compagnie d*Oâroi^ c'eft- à-dire, 
pour la Compagnie privilégiée par les Ë- 
tats. Auparavant c'écoient de petites 
Compagnies d'HoUandois & de Flamans> 
qui s'aflocioient pour faire le commerce 
aux Indei5« 

Le troifiéme Volume renferme le fécond 
Voiage de Van-der-Hagen s cel ui de Cor- 
neille Matelief, qui eft un des plus longs 
du Recueil» & contient beaucoup de re- 
marques curieufes ; ' & le fécond Voiage 
de Paul Van-Cardeh aux Indes, 

Le quatrième Volume contient la Re- 
lation du Voiage dé Verhoeve aux Indes 
& au Japon ; divers Mémoires touchant 
les Iles de la Mer des Indes ; le Voiage 
de Vànde Broek s celui de Spilberg aux 
Iles Moluques par le Détroit de Magel- 
lan $ la Navigation Aullraie de Jacques 
le Maire ; £c cette de Guillaume Bontekoe, 
qui n'eft pas dans la précédente édition. 

Le cinquième Volume contient le Vo- 
iage 



l4% 'S I B L I d t 8 E Jt 1^ S 

iage de Jacques rHermite ; celui de Van 
Rechteren ; celui de Hagenaar anx Indes 
& au Japon, & Formoie négligée. Cette 
dernière Pièce eft l'Hiftoire de la prife de 
Formofa fur tes HoUàhdois , par les Chi- 
nois en 1669. 

Les Voiageis de Schoutefi font le fixié- 
tne & feptiéme Volume de ce Recueil. 
Schouten (e mit au fervice de la Compa- 

t^nie en i6^8* uniquement pour (àtiffaire 
a paflion de voiaget , qui eft aflez ordi- 
naire aux jeunes-gens. Il fetvoft en qua- 
lité de Chirurgien : ainfi le but de (on Vo- 
iage n'étpit pas de faire des découvertes 
& des établiflemens pour la Compagnie. 
Mais il a plû au Libraire qui à donné la 
première Edidon de ce Recueil , d'y join- 
dre la Relation de Schouten ; perfaadé 
i^u'il la féroit paflerau public comme une 
dépendance des Voiages faits pour le fer* 
vice de la Compagnie. Telle-eft la mé- 
thode des Libraires : ils aiment à multi- 
Elier Ui Volumes d'un Ouvrage qui eft 
ien reçu. On doit cependant convenir 
que la Relation de Schouten eft très bon- 
ne & très curieufe. En-general il r^ne 
beaucoup de fimplicité dans tout ce Re- 
cueil , & la naïveté avec laquelle ces Vo- 
iageurs racontent lents avantures & ce 
qu'ils ont vu de remarquable , nous doit 
convaincra de leur bonne^foi» 



A R. 



ARTICLE XIIL 

Lis EUgm JlfOvUk fendant fin ExU^ 
TrëdSUis in Rrénfois i évic iis Remar* 



fUiS Crkiquei & HiflmqMts. L€ Léh 
tim à^é. A Paris chez d'Hounr Fils 
i7%3. v%. pp. 52f . ÊQS h Prâàœ ^ 
1» diflferemes leçons Se la Table. 



TL fèroit inutile de nous arrêter 
I coniioitre Ovide : tout le monde lait qa'il 
rac un des plus beaux génies de fon Siè- 
cle. Augufle, qui croyoit fk gloire intei^ 
reilëe à protéger les gens de Lettres, lui 
accorda heftime que méritoit un homme 
formé par tes mains des Mofes. On peut 
dire que de tous les beauz-Efprits de ce 
tems-là 9 Ovide fut un de ceux quifecon* 

ciliérent tuftement les plus flateufes dif- 

• ^% • v__ * ^» t% • • 



tinâions. Imagination fleurie , langage 
poli , galanterie ingenieufe « fécondité de 
penfées, abondance d'images, verfifict^ 
tion heureufe& facile r voila (ce qui carac* 
cerife en gênerai notre Poètes 

Cependant l(»'s-qu'il jouiflbitd'une bril- 
lante fortune , il nit exilé l*An de Rome 
762* & la 4ac« de l'Empire d'Augjufte, à 
ihmei^ Ville de la Sarmatie^ où il mou- 
rut après fept ans d'éxil , 2gé de f 9. ans 
& quelques mois, trois ans-après la mort 
yi^ÀÊfgmfte. Si Ton en croit Ovide , ce 
f^ÎQce wy€k de^^ia de le rappeller , lors 

que 



144 B 1 B i; I O T.H £ Q U E 

que la mort qui le prévint , ôta au 
Poëce toi|ce efperance de recour. Itierf 
SucceflèuF (l*Augufte ne penfa point à 
loi. 

Le P, Kervtilars Jéfiiite , Auteur 4e 
cette TraJuâion , examine dans la Préfa- 
ce par quel motif Augufte a pu le déter- 
miner, à priver Rome & fa Cotir d'uA fi 
bel-E^rit , pour le ronficier dans le feîn 
de lâ^âarbarie. Il reconnoit que cecéxlt 
eft un myïlere de Cour qu'on n'a jamais 
bien dévoilé» Les Commentateurs anciens 
& modernes ne nous ont laiifé aae des 
conjeâures plas-ou moins Yrai^feÔAblablesi 
& il ne faut p^s s'attendre à voir clair 
dans une affaire traitée fi ob/cmrémenc par 
Ovide n)ê|ne. ; /. 

Le Traduâeqr convaincu^quli faôts'reQ 
tenir à cçr^ue le Poëte dit de lui-même y exr 
pofe les diffejren^es .conjeâures qu'on a 
faices d*apr^ Q^}de, end^m^Unice que 
chacune a de yr^i pu de &^k. 

Nous ne/fujyrons pas Iç,P. ICcrvilIgr» 
dans tout ce déjçàil* Commet l\ appris cbins 
le Di^ionnaire de Alp.nfic^ur v i6^/« tout 
ce qu'il ditU-de^flfus, npusrçnyoii^S: à cjer 
Ouvrage où ia mailere eft . ép^wfée. Il 
nousrulir4 d'avertir» que le Tf «duâcar, 
frapéde la prpi(în)ité.de. r^i^il^ à^l^lùf^ 
petlte-Fiile d'A.uguftè », & de Citl^i d»Q- 
vide, croit qqe.r^ Ppc$e ^Jftoif^irpftvémiir 
dons quelque intrigue ^^ «^ uvioUjé^. tf^^, 
{ piuf -être par hazurd*) de quelqtuy^Jimdrâ 
fiera de ci$t€ Priutiffe. Il ajpQte que fan 

foëme 



F A A N ç o i.ai,ir* i4r 

Ùe l'Art d'aimer, qui fit de fi fatales im- 
preffions fur le cœur des deux Juiiès» eau* 
fa la diigrace.d'Ovide. 

Ovide envoia à ROoie Tes Çlegies divU 
fées en cinq livres. Il leur donna le nom 
de TrifUs y parceque le lieu , le tems , lé 
ft! jet , coût s'y , rdlètat^ de la profonde crif- 
tefle de l'Âuteun \ . . , 

Le Traduâeur vonîaht éhfuite juhifiei? 
fa prédileâion pour les Elégies >-avoUè 
ingénûmeoc qu'// donne le$ larmeà $ tes gé-^ 
^éffemenr, les regrets ù' in pénitence mêmi\ 
éPÔvikte. Mais ^ ajoute t*il^ Ovide gémit 
& fonpire avec font dt grâce , y«'l/ eft fini 
dvnn de pleurer avec lui que de rire avec leà 
antres : ir nejait-on pas jju^il h\eft point dé 
plaifir plus vif i^ plus touchant que celui i 
où un excelienc A0eur nous émeut , nous paj'^ 
fionne é^ nous attendrit jujqu^auk l'armes? .> 

A éeH refleilrions le P. Kèmllats joifit; 
tine légère notion de r£legié. Laci:ne It, 
obCerve qu^Ovidecroyoit la i;uaiiier fi hea« 
reufetnent , qu'il s'eft vanté d'être dans 
le genre Elegîaiqg^^ te que Virçile futi 
dans lé genre Epique* Après- quoi il «f» 
fleure les beautés qui éclatent dansjef 
Elégies d'Oyidë: & c'eft avec faifon quft 
pour apprécier îufterïiehtleihéritedaPioë* 
te , il renvoie à la fameule Apologie. 
qu'Ovide adrefle à Augaftè, & quiatou"» 
jours pafTé pour un des Chef-d'œuvresde 
rAntiquitfî. La leâure de cette Pièce «' 
qui remplit tout le fécond iivre de& Ele*^ 
gjes , lie fait rien rabattre* de lldâe- tvatin 

Tomt IV. Ik tageaflif 



i4f BMitiOTiirQ0fe 

tajêeore fae le Tradoâeiir a pris foin dc 
tracer. 

Jaloax de gagner des parâatis au Po£^ 
te , leTràdo^ar voodrok fierruader qo'O-^ 

miA ift giM de t$0S les Pèëtes émcùni , qt^ 
pmfe te-phit à la ntàttiete FremfQtfe. . . . < 
Tmt ce qtii^U expruÉUi .dit-il , quelque fmjet 
qu^il manie ^ pourrait hre avoUé deàotMau^ 
fret daa$ h Are d'écrire; é^ je me fais â qiH 
eets fait plue d*^b9nneur ^ on à Owide^ dey nous 
etnmr prévemts , Mi à nons ^aitoirfibiemrem* 
rMn» ê la manière dUvide. 

Ceft iaiinfl qu'ébboi des beaatez d*Ovi^ 
éé^ le P. KervUlan. a faifi dans cette con-» 
Ibroiit^ vn éloge pout la Nation Fran'^ 
^fed mais les amateura delà Bonne Aa-> 
n^^ké^ % qui les défauts n'échapentpas,- 
y troQvent une preuve de la décadence 
en Ban-foftr. Voici coimnent s^en ex-« 

friqne M. l^Abbé Gedoyn de t'Academle 
rangea /dans fa PréfiKe de QttintlIîeBw 
ié nèfiis fi ntlni qnU&ntriina le-plns àciam* 

Îer le geût de Jhn Siéele ; ne fnt peint Ôvidei 
yétoii /r plus èel-EJj^it de Jon tems & té 
fhs galênti iamais Potte n^a fah des ver a 
étee une faeilité fi benreufe: Tous les fnjeti 
fu^ii traitoit , quelques fier iles , quilqaesH^ 
marres m^e qnUlsfuffent, detenoientriebes^ 
graeknx & fleuris entre fes mams^ Maig 
aémme i{ avait infiniment d'e/Prit , il en mea* 
trit parafant jufqu^ à Vextis. Se plaigmosÊ^ 
Mdefee malbeursf iljbngeait bien plus iitrg 
i^etfienx qn^à s*aitirer de la eumpaj^an* £U 
mfhmt^il>dH btmi amamtenfte} è^etriemé^ 
^ . - pmfiid 



F k A « ç b t t il. i4j 

fàifiisfiitpiitféii^ di èéfffH à^UfiÈemBti 
fàr cêKpfMkt pim JifefitMtm ^ ie pMh 
pin. . . p • i^fimafà , cdncmiié l'Ab€< 
C^doin, tfù n*avoif giêéns çoénà ftula h Ut 
^ ncbli finif licite. .Lt genre d* écrire âi^ 
Vtit ci^ri^n^là à ftfêkt jgoittiri V» Ufant 
rtvitm àt iant de grêiês^ fe prend aifemhé 
p9ur vtriu. On Nmitd dont ; mûis çeuk qui t*i^ 
Mtérent i^a^ont pëi tefpHt d'avide , & 
honlawt p<mrtân$ en aifêir en dépit deJaNa^ 
iure , gâtèrent iùut par ube ûfféâêtiw ridf' 
Me y fuî éjfl de tùns les vices le plntsrfnpor» 
iéble i ceux qui ^nt dû goût* 

En- effet ^ ponr-peu qu'on cohnbUÎeOvi* 
de y oti rema^qfoe aiféinent qu'il court nr 
i)rès l'eft>rici l^'ilneihéitirifepasfoD tmap- 

ginttioh ; i^u'il ne fe biet point en peiné 
e régler là inarche de lès peniées. Né*» 
jugeant i'arè de s'arrêter où il faut » Af 
tant ibnvent lei plus liatureUes par un far4 
emploie faiis hieiuré; oii diit>it^ù*U croit 
les leâeuri incapables de (ienfeiri tant il 
éft ialou^ de l'eiitoâèîneïit oeè ^pehftfeVr 
Aufli le Traduâent, quoi^^né feduitplit 
JTa tetidrefib pbiiir foh Originel , n'a pil 
fc*empêcher de reconnoicredans fes remar^ 
^oes fur la^ prétnfeFe Elégie du trbifiémë 
Li\^re ,* que cette Pièce renferiiie defnt^ 
ées alhp^nt^ des Pesâtes faàffes i nnlletnénà 
propret ifléckir la cofere d'an Prince nnfi 
délicat qu'Aséufte. Si leP.K^lrillars nvoit. 
voulu le permettre H critiqué;; il auroic 
pÛ faire queiquefoia defemblabiesremar* 

^ Ka U 



148 B 1 B t. I T H E K Û E 

La France peut auffi conter un 
entre les beaux génies qu'elle a produitl 
La paillon de mettre de l'efprit par-touc^ 
& jufques dans lesmatîéres les plus abArai-' 
tes , le fait affez connoïtre , fans que nous 
le nommions : & nous ne lavons point fi 
4'on ne peut pas lui attribuer , ainfi qu*aa 
ilomain , le même changement de goût» 
Combien d'émulateurs & de rivaux n'a- 
t-il pas encore aujourd'hui , qui n'ayant 
pas le même efprit que lui , & voulant 
pourtant en avoir en défrit de la I^ature^ 
gâtent tout par une affeâation ridicule. 

Le Traduâeut attaque en pafiànt un 
Auteur moderne , qui» ftir la parole d'O"* 
^vide^ a crû bonnement que le ftile de ce 
Poëce fe reifent de la rufttcicé du Scythe 
:& du Sarmate. Le P. Kerviliars obierve 
que ce n'eft'là qu'un badinage ingénieux 
àvL Poëte i & qu'Ovide réairfa ce que ia 
Fable a feint &.Orpbée , de Liaus ^ d'^m- 
'pbion écd*Apoi(on même^ enciviUrantces 
peuples farouches ^ & les rendant fenfi- 
ble& aux charmes de la converfatton & de 
la Poëfie. Nous remiarauerons à ce pro^ 
pos qu'un des JournalilWs de Paris , connu 
|>ar fon goût pour les Baradoë^s Litterai* 
tes , a prétendu que le fameux Rouffeau 
n'a pas coniervé dans les Pats étrangers 
le même tour de phrafe & la même poli- 
ceiTequ'il a voit en Franee. Ses pièces , dit^» 
il t font.dlun goét étranger 'é^ d'un ftile fon^ 
'^int repréhenfible^ C'eft un trait de critique 
purement hazardé» & le Journalîfteferoit 

• ' - foirt 



Pu A M Ç O I SE» 149 

fort en peine de prouver ce qu*îF avance» 
Le P. KefyiUars fiuif (a Préface par ren- 
dre compte de • la TraduQion & des Re- 
Qiarques don( il Ta accompagnée. Il dit 
qu'il a voulu la rendrç <i(ltr> ficelle ^ pour nt 
rien perdre , jf'/7 êton pojjîble , des beautez de 
fpOriginal , & affez élégante pour fe faire 
tire avec quelque forte dç platftr ; sttentifà 
bien pnndrr Nfprit Cj* le génie defon Auteur^ 
^1 enfre eni'uite dans le détail des difficulT 
tez qu'il a fallu franchir , pour attraper 
ce poipt de perfections & il déclare qu'il 
9 poulfé l'ambition iufqu'àôler MbnOa» 
vrag^ l'aîV de tradudion , pour lui don* 
per çeluid'un Ouvrage de première main. 
Le jfraâuAeur gagne plos cju'il nepeq^t 
*fe par ce tnodefte aveu. Car fi on luire* 
proche qu'il a quelquefois manqué le fens 
du Poëte , ainfi qu^up des Auteurs dçi 
journal désSçavàns Ta tnalitieufement ob« 
fervé , il pourra répondre que néglîj^eant 
;dàns ces endroits le ton de Copifte , il ah^èfff- 
)tu fé donner' un air prigïnàl. AvoQons cèr 
pertdaht quëcette Tradufliion çft en gê- 
nerai ëx'aâe, & que le ftfle ( à quelques 
.^fFeàat^ons près ) eft varié & élégant. Poiur 
les Remarques , elles font telles que l'Au- 
tcurles ai caraâerîfées , c'eft-â-dire, fans 
,^ralage d'éruditipil Grammaticale : ' mais 
^Jdevoïé. ajouter, qu'elles ne p^verii fer- 
;yip'toUt au-plus qu'à* çéut qùî n^ont au-? 
frarié -teinture de Mythologie , & dont 
^eQ)nt bôrtié faiât à peinlii les idées ïesi 



V 



f|<* B t » 1^ t O T H E Q U « 

ARTICLE XIV. 



Wfài J^mnê Vhihfêpbfe néUmfiUt , .^^ , 

l^àlàvh^ éUê:( kijoins (^sux ^Mtr^sl 

flmd/efMjr Ufenk rai (in ^ cf* emiftmiUk 

MX 4^fix$s^ Dàvifi0 en Âfimx psr^ 

iiiSj àmf U frémit 9 nm$ defmfagtiU 



chez Gayelie^ 17^^ 





ÏlEt Ouvrafe cft cWdié à ciiiq Morts 
.^'"«ftres , à favoîr à Sixte, Monta- 
fne, MadiTeGôùmal, Mrs.Pafcal.&dè 
aBit|iere. ^•Auteur, qui dès l*entrée de 
ton Epi^re» ïe déclare nn homme exiraor^ 
iinaif^^ tic Je leui: dédie,' que pwr U r'tkr 
réH^dnfûit^^ & pour fin fUiJir; Les.oiorts, 
ajoute t-îl, n'ont lîi bien, ni crédit |àloa 
lilage 5 ils ne font bons à jricn; . . . • U 
5'iJ trouvé purmi hs vivàus dp fa connoifi 
fêncp aucune perfimie aftz pblhfipbe^ niphi^ 
^ophi d^jênt manière quï h déternfinM à lui 
faire me Epiprt Dédiratoire, t'eft en quel- 
que mwîére un autre DiogCM , qui, la ian- 
terne à ^ iiçiaw, çbérçhe tin tmme. Il 
auroit fouhakéqrélePbllQlw^ .auquel 
Il eût çû dédier /b^ Ïivrè7$t dafei,< lui 
favoir quelque gré de fouprfifen?/ T^ 
^êmt. Continue t-il, tu'^n ne critjuefai- 



.PaAHÇOISCr Ift 

rf 9r9p d*bo9ntêr en l*0eceptanf , <^ qm tin$ 

Pf prétendu me charger de tpuie Im recoéh 

poiffance. 1| ai^erdc enfoife ces morts, qn'il 

imite un grepd Efprii de notre terne ^ Itfutt 

4t didiifet Dialogues des morts à Lucien. , \ 

f^ quUl ne court ùucun riffue en Juivant /*r*p 

jpemple de cet udmiruble Moderne ^ &ies €hoif 

J^ffuut pour fiérof âuffi re/pe^ailes ^uUnnti" 

Jet df l^Epitrf Didiçutûire d^un livre qui truitu 

4^ lu Pkilolofopbïe , dont ils ont fuit uutrefoiê 

f objet de leurs méditations. Dans la Cuite 

de l'Epitrei Notrç Auteur témoigne i 

ces illuftres défunts le chagrin qu*il a de 

fi'avoir pas vécu de leur tems. // auroi$ 

0imê i pbilofopier auet eux ; 4 ^tur fuira 

^art de fe^ doutes | i cbercber ifiVfc eup da 

fertainet yeritet» & de cwtain^s uppatencet^ 

ïl eût prii iu Hber$4 4^ leur proposer unemà^ 

piere de raifonper- , qu^U h petjfée beureufuf 

Picnt^ bien différente de celle des Pbilofofdfêi 

^uûl u lus & pratiqués. Cette méthode ^i 

pudi bonne que rare , àuroit exclu hs difputea 

4^ les cbicanes $ & conlme Socratç & fea 

ailbciés fe connoiiToient en bonne Fhilo» 

ibphie , ils auroien^ au-^moin^ çoufep$i epfitt 

/mire Nffqf. L'AnceuT n'a propofé âme* 

thode ni uerbuJepfext ^ nldmis foP^vragè a 

& mèxntjufqn^ufcefeut lié itétMraiutde 

fUhfopber tout fini ; parceqQ'il n^ troU*s 

vé parmi Tes CMten\|;K)ralus uMcnn tumfei 

mfindi^pfi à éprotsver c^tti Htnbfde» 

< Le refte de Ufpkre eft éom oo mêae 
goût. Seulement il ef&le de fkire pii £- 

fiweQntiâiw4e&tBonsi|u!^ âOt/^iffom 



^rons de Ton Ouvrage. Avant que d'e^*; 
frer en matière , il établit dans un Dif* 
cours prétiniinaire plufieùrs maximes , qui^ 
pour n'être pas nouvelles , n*en font pas 
moins ê(limal>ies. Il feroît-à fouhaiter 
pouf le$ Auteurs , & fur-tout pour le^ 
Auteurs FFançois' , qû^ils profitaflenç 
des règles que nôtre Philofophe , après une 
infinité d'Ecrivains du premier ordre, 
leur donne fur (a mcyleftte & iurlaraîfon; 
qu'il s fuflent capables dfdourtrfelejintlmtni 

mûlhwr y qu'ils ëufTent ta modeijiie de croi- 
re que /râri UBfuriptùvtni penftr flut$udi^ 
èitfîftmint quUux y quê pour $tre %Aut€urf^ 
ils n*€H fu§intpâs plus affichés ^ icmrsfn^ 
timtnsy quUn uà mot 3 ils fiifflms êapàbUi de 
faire cedtr Itnr ratfon à une raijon plùsjudi* 
iieufe\ & qu'îiS ie défi(Feht dé cette idée 
' thiitielrique de fuperiorit^ ty fort attachée 
à la qualité d'Auteur : qualitéqui eft peut- 
tant bien commune & bien facile à acqué- 
rir t quand on n'écrit que pour faire^ iin U- 
tirre^ JVt. Je UBruiertf la met au rang 
des métiers. ,» G'cn*-éft qn / dit^'il , que' 
,,ndj^ f^ire un livre; comme de faire une 
^«ifnendùle. ' l\(m% plas que de Tèiprit 
^;, pour être Auteur* »> Qu*oa ne croye 
donc pas que les Auteurs fbient aù^deftas 
âes autres hommesi. Peut- être *a-t- on be- 
foin aujourd'hui d'àotani de fotce d'^prie 
t teur ué pats écrire^ qu'il en fàlbit autre- 
fois pour 1>ien éicrire. K :. ' 

' ' t'Aiitcw liairlc enfoice des^dé&uts de$ 

t •'* V Au» 



P H A K Ç O I s E. 3Sl 

Auteurs Philofophes; comme de fe lafffe^ 
conduire I fa railon particulière > c^eft-à* 
dire, ijes/antêififi ^fongoûfyftspafftans, D^ 
là lesSeélèt , dofff la différence vient de ce que 
les pafftoiis & les faniaifies ne fe reffewhlntt 

s pas. La raîfpn eft une çoqime la vérité. 
r> ta plupart des Philofophes paroitNtrepMtéi 
i* par gpût pour la Phihjophie en mènerai , ou 
: ponrtelU ^ iell^ Seffe , que pour déplus fr' 
i\ lides avantages. 0« les p»ft prévenus de 
« quelques fentimens , ou d'un Syfteme quHls ont 
f emh^*affe ; parler ou écrit e fiulement [pour le 
•: fiutenir , ou pour le prouver : car leur parte 
% eft pris 5 ^ ils ne craignent^ point d"" avoir fait 
\fi un mauvais cbotjç. On peut ajoi^ter , que 
r beaucoup de Sa vins embraient des ^yf- 
n téme( tntbutenables , & étabi iflent des pa- 
radoxes^ pour faire briller lefir efprit, 
fans fe mettre en peine du vra-i. C»eft à 
cette forte de génies (^ue oous devons quan- 
tité de livres y ingénieux à la vérité » mais 
cependant fort pernicieux , & capablesde 

Îâter les efprîts qu i font dén ués de prtnc;()e s 
xe$ , fi qui n*onrque des lumières foibles. 
Les Philofophes Morautt étiment les gran* 
des idJes j peut'ftre en partie parcequ*elleei 
eùnvieuuent à leur orgueil^ &* en partie par^ 
cequUfles coûtent fouvent moins à trouver 

Îue de grandet veritez. Us fe rémplijfent de 
autes/peculatiànsfur Idfagejfe , la nier tu &c. 

?%% veulent faire pratiquer auk autres, 
qu'ils ne fauroient pratiquer eux-mê- 
9MS , bien qu'ils s'en croyent capables. 
Ce k^fiiQc n'€ft que trop céel : mais qu« 



fi 



154 B I 11' I. I O ? H E Q U |C 

répondre à cela ? il ett plas aifé de Oftkt 
çevoir la perfçâioo de I4 verta qae de 
ptatiqaer cette perfe^ion i pla$ àifé de 
raifonner qae d'âtre raiionnable s pi cis aifé 
d^enfeîgner les ^utref quedes^inftrairefQiT 
fnâaie. Il ne faut pas d^autre r^ponfe \ 
peux qai aiéprir^nt les Prédicateurs ^ les 
l'hilouiphes , parce^qu'ils leur trQuvenc 
les mêmes défaut; contre lesquels ils dé? 
clament publiquement. 
. Cependant (es Pl^ilorophes de ce carac? 
tere fe trouvant f «trémemeot prévenus 
de leur prétendue faperibrîté , tombent 
dans une préfomption inrupqrtable , fê 
iaiflent aller I des conteftations inutiles» 
diPputent de mots » 4c Ce rendent rarement 
à la yer j(é. Ih mfi^¥ 'W ^rèt à cbtr, 
tbtr les mùyms 4e n*éire pHtet cofnuÊUMH 
^Hêwd ils 9nP urt : ils étrfeisi de$ termes , 
& four êPûir cens iihrti » fV^ t^e les, eUfi" 
miffent pas ^ cm If s difinifint «mA Notre 
jjphilofophé fait tous fe$ efforts pour é- 
viter de tomber dans ces défauts. Il fou- 
Tt^t tqut ce qu^l dit ^u ]og[emen€ d<shat 
biles: i) pro.n^et d'âtre docile à la Criti- 
que; & perfoadé des bornea étroites de 
l'ETprit le plus éclairé , il renouce auiç 
s|irs dâcifif^ de Ui plupart des Auteurs : 
ÎD(ques*là qu*il veut qu<à chaque Propc^ 
mion de fon l^ivrê ou fous-ehtende ce^ 
mots: Umefemhtei il me pmrtiU vrah/em- 
kMle. 

Lé premier Chapitre de celivi^ , qo| 
|ftdivifié en deux parties » coq^rend lei( 



Fi!LAMÇOI$«. 15$ 

^^fînitions de l'Ame , de fes différentes 
ipiodi^îcâitions , & d€s prinçipalet qûalitejs 
gui en découlent I con;iine ta vérité ^c V^ 
reur, les doutes, le$ apparences , la iir 

SetTe » la folie. Dans le fécond l'Auteuç 
onne fbn id^ede 1^ ^aifop & d'ane Ph|- 
lofophte raironna|)le. Çetcç raifon , qui 
cft une , çonicne la vérité , n'eft defeçr 
tueufe que p,ar l'erreur dç celui quij^ 
çonnoi^ , qu qui la pratique mal , qui ne 
la voit que par des avantages apparens ^ 
ça feulement piar l|!$ ^antage$ qui font de 
la convenance, * La Philotopbiè raifon- 
oable règle Tes avantages & ceux d'autrui 
par la rai^n , qui ne d\6ie rieii de co^i- 
traire à la tranquillité du Sage 1 car c'eft 
ÇÇ ^u'il hm cançlu^ç 4es oiaximes que 
notre Philolopbe va établir. Cette Pbilofo- 
phie eft pQfa|;e àfi la raifon dans un fujec 
bien -Faifanç: ' Nous verrons à quel point 
ce fujet doit être hten-fairant.' Dans les 
Cbapitres fui vans il traite dèç qpalitjèzqtti 
font le Pbilofophe raifoijuablë & t'honr 
' néte-:hotnme , q^s avantages qu'elles don- 
pent,. & de quelques biens dont on peut 
-iouïr paç une Rhilofophie ff ifonna^le. Û 
compte parmi ces biens , çeùs^ du çcu^ps 
& plufieiirs plaifirs, dont un Pbilofophe 
^Ut jouir en hoofiite ' Epicurien., 
; A l'isard des avaiit^es, i( pourra for^ 
bien arriver fue ceux dq ijptre nouveaa 
Pl^ilofopbe ne foient pas 4^ gpûr gênerai. 



Sdoi» 
lui 



10 B^BI^laTHE^UB 

lui le Sage ne doit faire nfagedes vMteztfif' 

^ti^hue tftfandlaeonnoilfûncede ces vérhez tfi 
ffffii avant ageufe que pénible. Les avantages 
'^ft Phihfopbé fini fa première^ Japluigraw 
V£f affaire : mnfi il n*efl pas d'un homme fagt 
dé faire du bien à autrui , tfuand ce bien ié 
toute jufqu^à un certain point , (^ éjuand U 
Vexpoje en le faifantà un trop grand damgtr. 
De-U il cire des ppnféqaences contre ceux 
qui ont excité des révolutiptis , même 
des révolutions utiles fc neceifaires. \a 
condition de là nature humaine étant de 
fouif rir , il veut qu'«n (buffre tranquille- 
ment ^ qu*on voye les maux , (ans en aPr 
rater le cours. Il ne veut pas-même qo'oa 
penfe aux defordres d'un mauvais Père 
de famille » & croit qaH>n doit éviter de 
les voir ; pour s^empâcher ^^n gémir , 
lors-que ces gémi&èmens ne font bons à 
rien. Ainfi le Sage de nôtre Philofophe 
doit vivre dans une indolence parfaite i 
l'égard de fon prochain $ & même se 
doit point travailler à reâîfier les defor- 
dres qui l'environnent » dès que la t^hofe 
lui paroît trop dangecçufe. Tout fe bou- 
le veirfera , fais que la fageflè de cet heu- 
reux Sage perde )'ien 'de ton équilibre. Il 
nous femblerque ces idées tpnt û contrat*, 
res au caraâere de l'humanité « qùel'Au* 
teur n*a pA^s*^ftipêcher de ie contredire 
dans la deft^tion q«^*)l ' donne enl u tte de 
ramitte. . H n^ {^û accorder avec ces i- 
dées , >l«s propres à une fitofle fpeala- 
cioii qu*â OM pratique foUde <t oûfonBi- 

blç 



F & A M Ç O 1 s 1^ lf1 

ble» le foulagement au'il veut qu'on pro^ 
cure à oes amis qui lonc tombés en quel« 
que difgrace. Il doit convenir qu'alors on 
ceflTede voir fans inquiétude & fans douleur . 
une de ces veritez qu'il appelle trlftes. Si 
l'Ami diigraciéappartieot au mauvais Pè- 
re de famille, & ioufre de fes defordres». 
iput-aoNiioins on reflfentira de la compaf- 
lion pour cet ami , on pehiera vivement à 
lui , quoi-que félon le nouveau Philofo* 
phe , cette penfte ne f»it bonne à rieni 

Les d & 7. Chapitres de cet Ouvragé • 
traitent du mérite < .& de ce qui peut fer- 
vir de fondement à la modeflies qui eftle 
pen de progrès d0 l:*homme dans la con^ 
noilTance & la pratique de la fageflë , & 
les courfes qu'il fait vers des véritez inu- 
tiles à fon bonheur : courfes dangereufes^ 
lesquelles en fatisfaiiant l'orgueil de l'hom* 
ine , lé: diffipent en de vaines occupations» 
qui lui rendent la vie laborîeuië fit louvent 
amerei ,, Beaucoup de gens ^ dit l'An* 
I, teur» ne croyent pas la raifon impuif- 
yy faute dans les recherches chimériques 
^ de certaines chofés que Pon n'a pas en- 
^, core trouvées, qui la croyent tropfotr 
9^ ble à l'égard de quelques-autres s qu'il» 
fj ont un extrême intérêt de chercher* . • , 
f^ Ils vivent dans l'indifférence là-^defliist 
9, ils élUment des hommes dont l'Hiftoire 
^p fait mention , qui fe font déterminés à^ 
f^ un Culte fixe : mais ils fe contentent 
^y de quelques pratiques extérieures delà 
u Religion du Païs où ib fent nés* • * • 

Ils 



f, Threnr ao hazard, pre^Be fiu'penlcr 1 
^ leur deftiiié& ; • voHtroinrcrezbcm- 
^9 coop de gens d'dprit q«i oVNiriiKteiW 
,P té (etiletiientd'éclâircir s'il y loo Dko; 
^ ils en ddotenÇft iioo après des rechercfacs 
•» fiUtts là defiîtt^imlb pBice^*Hs ne les 
,9 ont jamais faites ècc* . • Plofieiirs coo^ 
9, viennent de l'intmonalké de irAtne ; 
y, 90i à Vigàrjâ de l'avenir, vivenc com- 
î, îne leni's chiens éc lenrs chevaux. • • 
Le Chapitre 8; traite de la pewjie ^ it 
Pikprejfbé dsns h$ Ùmvrûg/ttfnuux (^ de coà' 
féquenef ; d'abord il remarque que «Mri 
gûût cê9ifrÙét èfétm ta eownmmtct <b* Udif' 

gard^ Ge qoi eîl vhii ; mais avec des ex* 
cepcioasi car très foaventndos àvonsda 
^oÔt poar des chofes qui tie cbntribaenc 
qnUeihiient à ceete JrtmxMmmtt , & d'dmre- 
fols hQHS en avons pour de» choies qoi 

3'ontqoedela ^cênévmmtpt. Un excès 
e goût jette dans l'era enr ; parceqae îo» 
i^eant de la chofe par l'ièipr^on qn*eJlé 
ait fiit" nptti^ noiia Im donnons ptas que 
(à véricabii; valent*. Le trop,; pti le trori 
pett de goût , font les Tourtes d'une io&- 
niiii de mauvais jagemens fie de mauvais 
thoix» Applidttdns ces maximèa â Tex- 
^reffion. ^ Uii Hoinme qui a tm goflt 
jt dominant pour les beantei do Style ,' 
t9 qiii irottvè qo*eUés donnent nh grand 
^ mértjDe aux penfées i qui ne peut trou- 
^ ver belles ces dernières, avec des ex* 
h preflÎM» fimples , ai tes déucber de 



f^ A A it ç b I » t. ifi;| 

#1 fé* exprëifions» pmir les confideftfeil 

ii dles^inêmes > & pour en fcmîr tome 

*, la force , ne >ugeta psfs d'un difcouri 

àf écrit, coiiiine un autre ^tii a on goût 

i> dointnant, pont les ^nfées : ( difonè 

i, même ifu'il n'eii jugera pas fi bien.) De 

*f plus, une perfonne qtii aura une forte 

9, fenfibilité ponr le ftile ^ jugera plu^fai* 

é, nement des penfées , s'il peut fufpeni. 

if dre cette fenfibilîté ^uàiid il le faut ^ 

9i que celui qui n*a pas la force de lafuf- 

>i pendre s ( queldue goût qu'il ait d'aiU 

i, leurs po>r la ioHdlté des penfées. ) 
i. Mais il &Qt une gi'ande force d'efpriÉ 

i, &, beaucoup de Iblidité , pùut ^ ve^ 

tÛT là. 

On peut voir daM l'Ouvrage-tnêineleê 
autres remarques dû notre Auteur fut 
l'expreffion , fur tes avantages qui doi* 
ifent faire^préférer le tkoiiÉ dts penfées à 
Télegaiiee des etpreffidns, & fur les diiV 

Jiofitions où l'on ddf être f»our hieo phi* 
ofophen It fait à ce fujec des dbfervà4 
dons interefliinces. . Lsl preiniéte partie 
de cec Ouvrage finit par des objeâiont 
contre te Syftime de l'Auteur, k \i réf 
^onfe i ces obfeâions. 

Le premier Chapitre de laiêcoiide (>al^ 
tte ^ qui traite de lafechercbe de la ve« 
tiié") ftrt à définir les mtnes de wrhê 
A dVffMMK. Il y diftingue trois forces dé 
irerkezy dont les demieces font, félon lu^ 
ées ventes d'apparence. Il prétend dant 
le feeofid que la vérité &'eft ua bîeaLi^ 

que 



/ 



i6o BllLIOTMBQItX 

qae «Jtiand elle prodait quelque bien , et 
que l'erreur n'eft un mal , que quand elle 
produit quelque mal. La connoiflance 
de la vérité nous caufe un mal » en ncias 
découvrant un mal fans remède , & celle 
de l'erreur lin bieni eh nous cachant utt 
mal fans rémede. La connoiflauce de la 
vérité çti un bien quand elle eft avantar 
geufe; celle de l'erreUr un mal , quand 
elle nous caufe quelque mal. Railonnonl 
fur ces idées. La vérité ^ confîdérée par 
elle-même» n^eft pas un bien /ou tout an 
plus eft feulement uu bien relatif : demè- 
me l'erreur n'eft pas un mal , ou n*eft au 
pis-aller, qu'un maL relatif. Ainû coûté 
vérité, quim'cft inconnue, & que l'Au- 
teur de la nature a mife au-deflus de ma 
portée , que je cherche pourtant de con- 
poitfe I à laquelle je m'efibi;ce d'attein- 
dre, eft un mal , à-caufederimpoflibilité 
où je me trouve d'en jouir. . Ainfi l'er- 
reur que je ne connois pas , & qui me 
paroit utile, eft (un bien* Toute vérité 
qui m'eft inutile , eft un' mal pour moi : 
toute erreur ^ qui m'éft utile , eft un bien 
pour-moi. Si en cherchant la vérité , nous 
découvrons en nous des défauts & des 
fotblefles , qu'il nous eft impo(fible de cor- 
riger i notre recherche eft un mal , par- 
cdqu'elle npus tire d'une agréabirillufion. 
Si- au^contraire l'erreur met un voile fut 
ces imper feâions , c'eft un bien. Si la 
rechercbe de la vérité eft avantageufe à 
notre état, c'eft un bien; ft au contraire 

ref* 



t 



l^eùr nous laifle dans un trouble agréable^ 
fi elle nous entretient dans une indolence 

{ui nous fait jouir mollement des bien^. 

enfuels , dont l'Auteur a fait, le détaif 
dans un chapitré de fà première partie * 
ic'eft un bien. Suppofons un Vieillard de 
foixante dix ans , dont le corps eft acca- 
blé de mirere&d^nfirmicéi ihaisquicon* 
fervè artez d^ liberté d*efprit pour r^fle; 
Chir fur les devoirs d'un honnète*homme: 
ioppofpns à Tes côtés un^eunehommë dé 
vingt ans ,* dont , lé corps parfaitement- 
bien difpofé l'ihlnte fans cefle aux plaifîrs 
^es fens ^ & que rleii n'incommode & n'af- 
flige que les remontrances du. vieillard i 
dira*t-on que la coniidiflhni^e de l'erreur, 
dans laquelle ce)euhè-hoiiirTie trouve fon 
plaifir jirefent, eft an mal pour lui , à- 
cauië du chagrin que lui caufe cette con- 
iiôiilance ? dira-t-on que la éonnoiflançè 
de ces devoirs n'eft un bien que pour le 
Vieillard , à^caufe qu'il eft d^foi-mais a- 
vantag<»ux au vieillard de vivre en hom- 
me de- bien 9 & de ména^r fon corps tout 
uCf. Quelles conféquences ne tirèra-t-oii 
pas du Sylléme de notre nouveau Philo- 
fophe ? Tout ce qu'on peut dire en fa fa- 
veur , C'cft qu'il eft très-propre à ces per- 
ibnnes indifférentes; qtii n'aiment que les 
vcritez commodes , & qui ne veulent re- 
èonnoitre pour erreur , que ce qui eft 
préjudiciable à leur tranquillité. , » < 
Dans les chapitres fuivants l' Auteiir dtf: 
tingue entre les veritez qu'il convient axi 

(Tome JK t Sage 



tiX StBtlOTHmQOC 

Sage de rechercher dans l'état où H ft 
trouve t & celles qni ne con vieoneiit pi9 
à cet état i entre les biens qui fbnc biens 
pour lui» & ceux qa'il doit éviter, com- 
me étant dé faux bîehs à fon égard. Re- 
venant enfoice aux moyens que le Sage 
doit emploîer pour parvenir à quelque 
fin , lesquels ne (oiit autre chofe que les 
vtriiez d^épparence i il nous dit une chofe 
qui eli vraie dan s la (Pratique; c'eft qu'on 
fou , un téméraire » un imbeciile , qui 
prennent le contre pied de ces veritez , 
réufliilenc mieux queiqtiefois , queieSage 
qui fuit la raiibn autant qu'il lui eft pow- 
oie. Cependant on ne doit pas conclor- 
re qu'il faille (e conduire par l'extrivi- 
gaiice ou par ia témérité. Un foo réiiibt; 
qu'un autre fou l'imite, il échouera* La 
iagefle éc la raifon ont des règles Idres i 
la folie & la témérité n'en ont aucnna. 
Les autres Chapitres de cette féconde 
pardeîufqfi'au Chapitre IX.inclofivemeut 
«oiiA parient des choies où la connoi£ifl- 
ce de ta vérité eft la plus utile ; des dé- 
fauts qui le trouvent dans les biens to 
plusdeûrés de la fortune, de laoatiire& 
de llart; de i*îfnperfe£Hon du bonheur de 
4*hQmme ence monde; du peu d'avantage 
que nous pouvons trouver dans la pof- 
lèffion des biens les plus recherchés. 

L^ Chapitre X. traite île la vraie fni^ 
gnanimité. L'Auteur ne veut pas ifoe 
urètre vertu le foit trouvée dans l'ame de 
queiqèesgraiids'Hommes^ teU^'Akxio* 

dre 



> ^ 4 i ^ o 1 s jr, i(î| 

)àre & Ceiar. Il réfute S. Évr^iQond (Ur 
la magnâolmit^ qu*il a reconnue aux Ro- 
mains. On répond à l'Auteur que ce 
/l'eft pas dans les déifauts de ces Conqué- 
rans, ni dans les fuites fâcheufes de leurs 
jviâQÎres Qu*on reconnoit cette mâgnani- 
kjDité: ç'eft, (en nous (ervantprécilémenC 
des idées qu*iJ donne, de la véritable ma« 
gnariifiîiçé,) dans cette élévation d'ame, 
fiui les a portés à être bien faifans & de- 
fintereîTés en pluiîeufs occaÇons i àfe 
priver iouvent de leurs plus grandi avan- 
tages ., iion par l'effet du caprice & dii 
tempérament, mais avec choix & avec rai- 
fon. Ç'eft dans ce goût de l'ame, dans 
cette paHion qu'elle a popr des objets vé* 
cîcabiemenc grands , fa^s y mêler cette 
fauilè ambition^ qui eft la fource d'une 
inAnité de guerres & de deiordres* Oh 
treconnoit f^rt bien dans le caraâere des 
grands- Hommes les deux fortes d'ambi- 
tions qui font la vraie if. la.fau({fe magna- 
nimité. La luite du Chapitre eft une Cri- 
tique de quelques Maximes de M. de/«ito- 

Le Chapitre %i. contient des réflexioni 
far cett^ Maxime du même Auteur , qut 

Jet plus fages ne ie fon$ pas dam leurs plus 

ferieufeê affaires. Le XIL & dernier eft 

uneelpece de comparaiion entre l'utilité 

de la fagefle & de la folie. Voici qucl- 

2 lues Maximes de ce Chapitre. La foli^ 
eureufe eft préférable à une làgefle mal- 
ksiireurc. Celui qui eft fou d'une telle fblt^ 

L i oe 



<64 B I B t I O T H E Q tT s 

ne doit pas en être de&bufé. La cbn- 
noifTance de la vericë n*eft pas toujoun 
un bien i elle eft même quelquefois un 
mal. ( nous-avons déjà parlé des confé- 
quences de cette maxime. ) Il peut y 
avoir du bonheur & de l'avantage fans h 
raifon. 

En gênerai cet Ouvrage eft écrit avet 
beaucoup de confufion & d'obl'curîté. Le 
Stile en eft peu corred. II femble mê- 
me que TAuteur ait affeâé d'écrire mal. 

ARTICLE XV. 

EJfai JCufie Architt&itre Hifiori^Me j rm- 
ttnam la defcription des plus beamx Bé* 
timcns de tAntieiHité j & de plufiemt 
TSatimens modernes , entre lesquels il yen 
a de rinventtû» de VAutesir de ce Ré' 
cueil ^ qui eft fean Berhniird Fi/cher 
Fan Erlachén : divifé en quatre livres , 
avec un Suplément , eu fcn reprefinii 
quelques Va[es anciens & modernes ^ (jr 
quelques-autres qui fùnt de lafaC9u de 
F Auteur. In folio: à Leipfig MDCCXlr. 

LE Titré de cet Ouvrage au Leâeur eft 
en Âlllemandi pour donner une idée 
. )ulte du livre , il en a fallu traduire le 
. titre en François. Cet Eflai d' Architeâu- 
re eft à proprement parler , un Recueil de 
quatre-vingt-cinq planches^ à la vérité très 
/ bien 



Françoise. f6f 

bien deflinées , auxquelles on a joint une 
explication en François moitié Wifigoth , 
& pour faire paroitre cet Ouvrage avec 
quelque ordre, on l'a divilé en cinqp^ar* 
ties. La première partie eft deftiriée à 
vingt ou vingt-quatre anciens Bâtimens, 
donc on fait l'hiftoire en abrégé. On met 
entre ces Bâtimeos le Mont Athos. taillé 
en Colofle ♦ félon le projet que l'Archi- 
teâe Jiinocratç avoit conçu , pour faire 
fa Cour à Alexandre le Grand. La i'econ- 
de partie eft de quinze planches , qui re- 
prefente quinze Bâtimens des anciens Ro- 
.mains. On a mis au rang de ces Antir 
quitez Romaines, les ruines de Palmyre, 
les Stone hengs , qu'on appelle auili, Cbo- 
rea Gigantum , pu la Danje des Géans , Si 
rilc Borromée , qui eft dans le Laç-Ala- 
jeur/à une journée de Milan. La troi* 
fiéme partie renferme quiiize-à-vingt Bâ- 
timens Turcs , Indiens, Arabes & Chinois, 
fans autre defcription que celle qui eft att 
bas de$ Eftampes. ' Entre cc$ Bâtjmens 
on en voit d'uneentreprife auftî hardie, & 
d'une arçhiteâure aufti Surprenante > que 
ceux qu'on a mis autrefois au rang des Mer- 
veilles du Monde. La iV. partie contient 
vingt & un Edifices, dudeiieln & de Pin*- 
vention de lAutéur: &i, la cinquième trei- 
ze planches repreientânc quelques anciei>s 
Vafes &c. Ce Recueil eft précédé d'une 
Dédicace à l'Empereur régnant , non 
traduite de l'A! enand,6i d'une Préface en 
l'rançoifioùron rend raiiondei'Ouvrai^^. 

L 3 On 



t66 B I B L I O T H t Q U Ç 

>n aCTure quV« s*y eft phtotpropùjé iefûttr- 
kir anx amateur t de VArt det échantillons 
if toutet fartes (PArcbite^ares , ^ à ceux 
qui s^y ixerctni des'[oureés de notiv elles in* 
fentions / que d*en inftruite les Savons. . . • 
S^e le vrai éf* le 'ùraifembtahle 'ont été ob~ 
fervés , autant que Tinctrtttade des aùioritet 
Jointe aux ottup étions' qv^on avait d*aillenrs , 
à' In grandeur des dépenjes^ que cette entre* 

ÎrifeJemUoit exiger y ànt pu le' permettre. . . 
Ixi'on nes^èn eft fié qu'à des témoins les plat 
mmtbenttques ^ tels qaî font les Hr/iâires eon^ 
temporaineSy tes Médailles anciennes ^' qui ont 
eonftrvé les imagei des édifices qu^on voH 
ici repreftntez y ^ fur tout les ruines mêmes 

Îui en rèjtent. On a eu peu d*égard aux 
)effeins modernes ^ dont quelques-uns ^ dit 
on 9 ne /ont que des produâfions d*uve tmagi* 
patipn vague & arbitraire : ce qiii c'ff gé- 
néralement vrai. 

' Nous allons donner aux curieux Vïdét 
des deux premières parties de ce Recueil, 
Ç)n voit i la tête du pfemier livre une 
Càroe générale , qnî iert à marquer h 
lituacipn des anciens Mof>umens qu'ion f 
décrit. Les deux premières planches re» 
préfentent le Temple de Salonnôn. La 
troifiémé les Merveilles de PancienneBa- 
^ylone , ç*eft-à-dire , fcsmurs ,(es jardins, 

3' ui étaient comme fufpendus, le MaufbWè 
c Ninus, & le fameux Temple dp Soleil , 
ou de Nimrod, adoré des Chaldéens Jbus 
le nom de Jupiter-Belus : la quatrième lo 
{pyramides d'Egypte : h cinquième Je Co- 
'"" loflc 



F R A H ç a i s E. 167 

Iptte de Jupiter Olympien^ & l'nteneur 
ue îbn Temple. Ce Cololîè de t^orph • 
re, au raport de qpeiques anciens, oa 
ielon d'autres, d'y voire & de petites pie- 
ces raporcéesy étoit l'ouvrage ducelvbre 
Phidias. La fixiénoe ptancive repréi'ence 
4e Maufolée qu^Artemiie , Reine de Ca- 
rie y fit1)âtir à la nién>oire de Maulole 
fon Epoux. Cet Edifice étoit PouvragQ 
des plasexcellens Architeâes de cetems- 
là : mais rien n'a plus contribué à le fai- 
re mettre au rang des Merveille^ du Mon- 
de « que l'entreprife d*an de ces ÂrcMt 
tedes y qui éleva fur ce Mà\ii\)\^ç , um 
Pyramide de même hauteur que le Bâti* 
rnent , & pofa fur la pointe de la Pyra- 
mide un Char à quatre chevaux de front, 
qui fut dédié au Soleil. La l'epiiém^ 
planche reprefente le Teo>ple de Diane. 
On dit que ce Temple coûra deux- cens- 
vingt années de travail ,& qu'il fut bâti dan^ 
un terrain fort mar^c^geox^ pour le^a^ 
rentir des tremblemens déterre « qui font 
fréquens do cdté d'I pluffe. On ajoâee, 
que pour faire les fondemens de ce Tenv- 
ple\ on jetta de la poudre de charbon 
da^ns ces nuirais » & î)u'enruite on éteo- 
ditxle la laine fur cette poudre. On voie 
dans la huitième planche la repréfeiua- 
tion du ColoOe de Rhod^^s ^ dajvs ta neu- 
vième cclk du Phare d'Çgypte. Ce i^l>a- 
re étoit ficué à l'entrée du i^ort d'Alexan- 
drie. . Dan5 la di^iémie, celle à\n a^^- 
•cieii Boément % pris d'niie Méd^Hf <ie M. 

L 4 lieUgri 



l68 BlBLl'^THEQUE 

Èfllori, & qa'dn croîc avoir écéun'Tcm* 
^le de Ninive. Les autres planches de 
èette dernière partie repréfeiuent deux Py- 
ramides & le Mauioiée de Moeris , le*» rui- 
nes de l'ancienne Thebes . celles des Py- 
ramides de Sotis Roi d* Egypte, celles de 
quelques anciens tombeaux Egyptiens, 
celles de Perfepolis $ le Labyrinthe de 
Crète , le Temple de la Venus Je Paphos, 
o{^ elle étoit adorée fous la figure d'un 
Çbnes léColoneduMontAthos> ouplu- 
t6t le Mont Athos taillé en Colone. Ce 
Cblofle devoît recevoir dans le creux d'u- 
ne de fts mains toutes les eaux de U mon* 
tagne / & tenir de Pautre une ville con- 
iidèrable. Les deux dernières planches 
de ce premier livre repréfenteor le Tem- 

f^fe du Jupiter Olympien d'Athènes , ce- 
ui de Minerve > Ai le Théâtre de Bac- 
chus dans la même vMle ; l^Acro-Corin-! 
the, au fommet duquel on* voioic un Teni>- 

£le, 6i l'Obelitque de Marc-Aurele & de 
rUCÎu^-Vérus. V 

' La première planche du fécond Livre 
repréfente lès ruines de l'Amphithéâtre 
de Tarragone , deflinées fur le lleQ-mê- 
ine^ lors-que l'Enipereur aujourd'hui re- 

fnant occupoit la Catalogne s le Tom- 
eau des deux Scipions p^ès de cette mé* 
Aie ville ; les ruines dn grand Aqueduc 
de Carthage, deflinées fous les ordres de 
Charles-Quint s le Pont fuperbe qu*Aa- 

fufte fit faire fur le Tibre près de RiminH 
: l'Arc de Triomphe que le Sénat fie ete- 
>• • ver 



F R A m s Q I 5 K. l(Sijf 

yer fur ce Pont, à l'honneur d*Apgufte; 
Je vafte Palais de Néron , dont Pencein^ 
te égaioit celle d'une grande ville ; qaa^ 
tre Arcs de Triomphe, U Naumacbiede 
Domicien , la Place de Trajan , te Pont 
4'iËliQS , les Thermes & le Palais de Dior 
cletien. Ion Aqueduc, le Temple de Jut 
piter , ( ces trois dernières Antiquitez 
font ^ Spâiato i^ ) quatre autres anciens 
Temples Romains, les ruines de Paimy- 
je , les Stont btng$ \ ou lesGondb depierp 
re » qui font- des rochers eptailés les-uns 
fur les autres en formé de portés , près 
de Sari!>bud en Angleterre, & lile Bor* 
Tomée» 

Celui qui a expliqué la Figure qui re* 
prefente ces Stontbtngs ^ s'tcna^ijue que 
ces rochers ont été ainfi emafies 4 det 
fein « pour Tervir de fepulchres ; à la fil* 
çon des Toml^aux des anciens Goths. Il 
eft bien vraj gu'ona déterrf dece câijté-tk 
^ucopp 4*ûirémens dé^ ipdrts , que Poi^ 
iuppofe avoir été des Rois de cette Pro« 
vince» & qo'on aflure que les anciens Brç» 
tons y ont autrefois enterré leurs RoiSi 
Quoi-qu'il en foit ^ quelques uns de ces 
rochers ont vingt 6e huit piieds de haut 6j: 
Jept de large, Cambden» prévenu que cet 
arrangement extraordinaire eft dû à Pa-^ 
dreflè des anciens Bretons « prétend qne 
ces maiTes de pierre font faites de faole 
paitri avec une forte de ciment extrême* 
ment onâueux^ <e qui a'eH pétrifié avec 
leteips. 

ht Ceux 



I70 BiBLiOTsequ^ 

Ceax qui aiment les beaax Defleio;!, 
iroQveroiir à refàtisfaire dans ce Recueil) 
mais iU^en faut beaucoup que lepeud'ei- 
plicacioni qu'on y trouve , ne toient mê- 
me médiocremeut incereflantes , outre 

?fl*elles font à peine intelligibles , tant le 
rançois en eft barbare* 

ARTICLE Xyi. 

^ifioire de la Prife JPAuxme par les Un- 
IHtnoU y ér de U délivrance de la me- 
me Fille , les Année$ if 67. & ijrdS, 
74r Hn Chanaine de U Cathédrale^ jiu^ 
xerre. A Auxerre chez J. Baptifte 

' Troche. Sans date de l'impreffion. la 
80. pp. 128. y compris la Préfece. 

QUoïque f'âmotrr de la Patrie foir vif 
dans la plupart des hommes , îi eft 
rare de voir les Sçavans s'attacher à con- 
ferver les evenemens qui peuvent illoftrer 
fe lîetr <fe leur origine. Amoureiix des 
connpMTancés Arangeres , i!s croiroieht 
fe faire peir d'honneur par tme éroditioa 
puifée dan$ le Ueu de leur naiflaiice : îla 
aiment mieux courir la Grèce & l'Italie, 
comme (i là âiftarrtce des lieux donooitda 
relief à leurs découvertes. Seroitee par 
un defir ftcrèt'd'jmîtet ces Héros , qui 
▼ont chercher ^ hariers foin et leurs 
Êrats ? Ne ferbitH pa» glorieux ft an 
Sçavant de traulmctcre à la Polarité l€s 

ré- 



F ^ A H ç q ^ 8 a. t7v 

révolutions différentes de fa Patrie ? & 
n'eft-ce point-même une efpeee de dette 
quil contraâe en natflant ? Par iâ nous 
aurions des hiftofresexades de la plupart 
des viltes , dont les Môhumens dépérif- 
fent tous les jours , parcequ'il n*y a per- 
fonne qui fe mette en peine de les préfer- • 
ver des injures dô tems. Un Citoyen eft 
plus i portée d'avoir communication des 
titres. La connoiffance des lieux , une 
tradition d*hiftoireS , qu'il fucce, pour- 
dinfi-dire, avec le lait» & qui donne un 
grand jour aux Monumens obicurs, le 
rendent plus capable de perfeaionner de 
pareils Ouvrages. 

On ne faurôit donc trop louer M. Le 
Bcuf^ Chanoine & Soû chantre de la Ca- 
rlîédraîed'Auxérre, Auteur du Livre que 
nous annonçons , de ne point imiter ces 
Sçavans ingrats. Il paroit uniquement oc- 
cupé du foin de faire connoître fa Patrie, 
& c'eft à nous à rendre compte au publie 
de la manière dont il a traité Ton fujet 
dans ce premier Ouvrage. 
** Oti y trouve d'abord deux Epîtres Dédi- 
catoires : la première eft pour Madamie 
&OrUatis , Aobeffe de CbetUs ; rieii n*y 
fent l'adulation , & fi M* le Beufn*eùx pïs 
négligé tes agréemens du Aile & un tour 
de phrafe coulant , on ne pourroit que 
loi donner des louanges. La féconde, qui 
eft adreiTée aux bnhitam de la Ville ttAu^ 
sterre , eft: fans doute de trop : mais on 
dùit pardoimer.à l*ainoar d^n Auteur pour 
î% Patrie. Aprà> 



171 Bibliothèque 

Après ces deux Epitres , vient unelon- 

5ae Préface , qui fait prefque la moitié 
u livre, & qui peut pafler pour uu çu- 
Vrage léparé. Une Préface, diç Fureticn, 

tft un Mvertilfcmentqu^9n met. Mwdevuntdw 

iivre , ponr htjkuire le Le^j^ur de tordre à" 

. de la difpofitiotê qu^on y a ohfervé , de et 

ÎfuUl û bejmn de [avoir pour en tirer detuti- 
ité , & iu't en faciliter ^intelligence. Pour- 
3uoi dans iip livre , où l'on Te prbpofe 
e donner l'hiftoire de quelques evene- 
mens particuliers , entrer dans le détail 
fies Antiquitezd'Auxerre^ Quelieliaifon 
entre ces matières ? A l'exception des 
deux premières pages , il n'y a rien daas 

fTtte Préface qui aye quelque raport au 
. ujet principal. M. Le Beuf devoir refer- 
ver ce fruit prématuré pour le Corps de 
l'Hiftoire d'Auxçrre, qu'il nous promet. 
Si par cet échantillon y ^ voulu fonder 
le goût du public; attentif à ménager 1^ 
patience de les leâeurs , il auroit dû don- 
ner plus d'ordre à tant de différents ma- 
tériaux. 

Il faut cependant convenir, [que cette 
Préface , quoique mal digérée, eft rem- 
plie de recherches très curieufes fur les 
Antiquîtez i'acrées & profanes d'Auxer- 
re. L'Auteur s'attache principalement à 
y décrire Porîgine & î'état preCènt de fes 
Eglifesi il y parle encore dp la. iVlonnoye 
de cette Ville 5 des Papes h des Rois qai 
l'ont vifitie s des Comtes « des Vicomtes 
qu'elle a eu ^ de ion BalJiage ^ de la cou; 

tumc 



( 



F R A H ç o'r$ 1.^ 173 

» ttome qui yy ôbferve , & . qui fut rédigée 
l'An 1J07; avec les folemnitcsç requiles. 
M. Le teyf n^iuroit pas dû oublier ce que 
M. De Launoy a rapporté dans fon Traité 
de Sch9lis eelibrioribus &c.y fur TËCole die 
S. Germain d'Auxerre^ que X^/i&iviW,* fils 
de Charles -lie Chauve , rendit fi fameufe. 

La defcription qu'il fait pag; 36. de là 
famine qui affligea Auxerre dans le XL 
Siècle» mérite d*être lue. Ceft Glaher;^ 
Moine de TOrdre de Cluny , qui lui à 
fourni les traits pathétiques, dont il s*eÀ 
fervi pour retracer ce trifte événement. 
La réflexion que fait là-defTus le pieut 
Cenediâin , n'a point échappé à M. Le 
Beuf, Ces cbatimens fi terrihles ne fervirent, 
dit- il , çu*à endurcir le cœur des hommes i 
parceque eeft Dieu qui ejl Auteur de toutes 
tonnes œuvres ^^ ^ qui donne la volonté deti 
prier , lui feul connoiffant les tnomeks aux^ 
quels U doit faire étiferi^orde. Q^oniam iUe 
Jummus Judek Ù* Autor totins bonitatis dut 
^eïle rogare fcy quinovit quando debeat mi" 
fer tri. 

' L'Auteur remarque à la même page , 
qu'après cette cruelle famine, oncéléora 
à Auxerre l'An 1033. un Concile , où 
-parmi plufieurs reglemetis , il fut ordon- 
lié qu'à perpétuité on s'abftiendroit de 
vin le Vendredy. Ce Canon eft un pea> 
rouillé datis 'Un Pais fi célèbre par la bon* 
té de fon vin. On eft tenté de croire que 
TAuteur en a beaucoup à vendre, puif- 
^u'il en fait fi fôtivent l'éloge » fur-toùt 

aux 



ky4 B.f À L I o r H 1 <ï tj k . 

pagg- i9- ^- f4- 73- if • 96. 97. H ^ 
pas manqué de rappeller cç que ditBeu 
dans fon Hiftpire Ècclefiaftîque ^ que h 
VHle d'Auxerre eft renommée pamr hs 
hûus vius y ^ pour les msifveififs téus m 

{immet , non (iliis qtie la donadon d'one 
excellence ' vigne <\\x^Anù0afie , ipere do 

Prêtre Acbard ^_ fie au Chapitre de S. E- 
tienne d'Auxerre « à condition que le vin 

ii*en Teroit 1>iL que par les Chanoines qui 
àflifteroienc à Matines» Voici les termes 
du N^crologe de la Cathédrale » qui eft 
dans la Bibliothèque de M. Coiberc, Cod. 
k 966, Obih Anafiafitt , ntâter domhi Açbûr£ 

Pretbyteri ^ ifuk dtéit Cênonicis S, Siepiâm 
éfMSMéiam vintam optimam^ boc paSo utqm 
mattttinit boris infifïtrtnt , vtnum , dum iui 
tartt y hibtreni : Csn^niçs ûuum qui êrawi 
im Capitpio;^ boc contefferuéù Quand TAo- 

ceor du Necrologe n*auroit pas exprima 
le confentement des Chanoines , 00 Tau* 
iroît aifément fupplée. 

N*oâÛions pas une remarque que faié 
l*Auteur pag. 5*. Il prétend que le pr©- 
inier nom d*Au:xerre fuc , Amtricum ; 
contre ce que dit le Savant Adritm  
Véhh dans (a Notî<^e des Gaulés. ^«î 
Anùfiodnrum di0um prms Autrieup» pèr 
éat , fuam GeograpUd ignerifUhm prûdù, 
<^ StuoMs atqitt Cmrnutn in mmtà €9nfii9* 
4ff* Il foutienr que ce root » Auêricum^ 
étwt un mot genâ'ique chez le6 Rcmiains, 
ou peut-être ciiez les Gaulois > & il re- 
èbercKe comufent cette Ville a été depuis 

àp- 



F A A H Ç Ô I s 1. ;l7f 

iip pell^e Amritidorwm ^ tu Ataifiêdêrum» 

La Préface , donc nous yenons de r^o- 
idre compte , eft faîvîe d'un Avtrtifement]^ 
g>à M. Lé Beuf rapporte les ientimens de 
D. Bernard de Monsfaucon , dç M. Baudeloie 
membres de l'Àcademie des belles- lettres^ 
& du P. Cb^milhrt Taîné , Jeruite , fur une 
Infcripcion trouvée en 1721. fur les an- 
Jciensmursd'Aqxerre. Nous renvoyons à 
^ec Averti flèmenc les Leâeurs curieux de 
cette forte de Monùniens. 

Après tous Ces préliminaires , M. Le 
Bééff entre en matière, & partage ion Hi& 
toireen fix Chapitres. Le prehiterpeut 
être appelle une féconde Préface. L'Àu^ 
ceur y fait remarquer en homme définte^ 
reiTé^ le zcle indilcret des Catholiques ^ 
& PanimoiicédesProteftànts: il montredt 
a^ceffité de la ré(kicnce des £vêoues i 
aitribuaik à leur abfence le progrès de 
l'hérefie* L'idée avantageufe qu'il c'eflb 
juftement formé des Statuts de M.deDiwr 
teville £ vaque d'Auxerre , imprimés i Pa- 
ris ches G4iutirùt l'An if 5-2. ^ lui en fait 
rouhaitéf une féconde édition. Mais qaj 
pourroic preiidre ce foin avec plusdefuc- 
Içè» que M* Le Bemf lui même , fi verfié 
dans la DifcipUoe £ccleiiaiUque de fou 
Diocefe ? 

£11 partant dans ce Chapitre de l'entrée 
dtà Roy Charles IX. à Auxerre le 18. A<* 
vril I f â6. , il rapporte U4i petit trait aC- 
fêz iiogolier ^ dont il fait honneur à D. 
4Seorge Viàle^ quiavoit-fait le Canevas ^ 

cette 



cette hiftoire. Le Roi de Navarre fil- 
faut difficulté d'entrer datisj TEglife, de 
crainte d'afliÀer à la Me^e; pour laqueU 
le H n'avoifpôintdefoii Charles IX. qiîî 
n'étoit â^é que de quinze à fcize ans, lui 
prit la l ocque de velours qu'il avoit fur 
la tête» fuivant la mode de ce tems-là < 
ic la jettâdaris l'Eglite , jjour robliger 
d'V entrer. M. UBevf bbferve aaffi que 
dans cette entrée le Roi donna Ici pas aux 
Catholiques fur les Proteftants. 

Le 2. Chapitre contient le détail dé la 
prife dMirop^rre. M. Le Btuf décric d'une 
manière très touchante , les violences éà 
^ Proùflaif'ts ^ Ijes tndignitez qu*ils firtmtfivf' 
ifrir aux Prêtres & 4iux Religieux^ temr 
fureur à détruire tes anciens Mommmius. 
On ne peut lire fàris attendi-iflement les 
infultes faites à t'illuftreP. Divole de l'Or- 
dre des FF. Prêcheurs. Quelques drconl- 
cabces cjjue l'Auteur rapporte du pillage 
de l'Eglife Abbatiale de S. Germain ^ Iboc 
prefque miraculeutès^ 

L'Auteur hè fe borné pii aiiz de£br- 
drès arrivés dans Auxerre, il retrace les 
malheprs de tout' lé Dipcèfe. Après là 
prife d' Auxerre , lès Protestants mirent te 
fiége devant Crevani obligés de le lever» 
tk fe vangerent bientôt de cet afront fur 
Jrauci, 6c dit CûUlanges les-viueufés. Notre 
Chanoine » toujours partifan des vignes 
de fa chère Patrie , remarque pag. 159. , 
que cette petite ville porte fon éloge Sems 
Jomfeuln^m^ Colouid viuofét. Il fait page 



F R A H Ç O I 8 1. I^^ 

lr)6. une remarque pfuç inrerefTante fur 
h Statué gigaocerque de S. Chriflopbe \ 
^iioh voira l'entrée de la Cathédrale d*^ar 
terre , & dont celai de Notre Dame de 
Paris paflèroit à-peine pour le petit-fils. 
La Statue de ce Saint , dit- il , fut taillée 
dans le temt que lespreteudus Réformez com^^ 
enençoient à crier cpntire le Culte des Images. 
Il auroh'été àfoubatter dans des tems fi dé» 
Kcats , que Ndée de Jeau Olhier Chanoine^ 
gui fit commencer t ouvrage eu If4t. , eût 
été plus régulière i ou du- moins qu*il nV4t 
pas eu le deffein de le faire paroitre deux* 
fois plus gros que celui de , Notre-Dame du 
Paris. . ... Cet ouvra§e eupofé à la vâ'é d^ 
tous ceux qui entrent ; n^a encore pu être 
goûté d'aucune perfonne éclairée^ .. < • - 

Joignons à cette remarque une reflet 
xion que fait. M. Le B. pag. if?. die eft 
une preuve de fon amour pour la bonne 
Antiquité. Eu parlant d^une Cloche des 
Cordeliers d*A\ixerre , il nous apprend 
qu'on y lifoit en 1711. cette Infcriptioni 
Atentemfanâam., fpontaneam ^ bonorenrDeof 
^ fatria liberationem. ■. Ifabenu de la Vitrie 
1425'. Après avoir obièrvé que les pre*) 
fliiers mots de Tlnfcription ^ qui eft'celle 
^u Tombeau de ^té. Agathe, faifoient al« 
luflon à quelques événement de ce tems-^ 
là « il ajoute. c^s paroles: Cette prasique da 
ptarquer les faits mémorables fur P airain^ 
lors-que toccafion s^en prefentoit ^ était àrc^ 
tenir , au lieu de la coutume nouveile ^ par 
iù<j.uelle les Eopdenrs font dire à un^ cloche ; 

/iomelK M quelle 



178: B t 1 Ji I.O'T^. E QUE 

qf$:fiU été h0pttfii \ & pieiifi Muiil& 
telU pour Pfltfûin e^ M0rtatfte. > Ci qm 4 
un langage peu, fxoâ & Inconnn à Ï^Ant'tqui^- 
Le 3c Chapitre rouie uniquement lur 
la reprife d'Aaxerre» donc les Proteftans 
furent les maîtres pendant fix mois. Ce 
fat au courage & à Tadrefle de Jacques 
CWtfj? , ifur nommé »^ Brufquet y Concierge 
des priions Royafes d'Auxerre , & deM- 
colas. ikiUl^^^t^ Capitaine d'un des quar- 
tiers, de cette Ville ,. quelles Aoxcrrois 
furent redevabltrs de leur délivrance , dont 
ils renouvellent tous les ans la mémoire, 
par une Proceflîon folemnelle. Ce mor- 
ceau :d'biftoire el¥ peut être .ce qu'il y s 
dôvpluai incereHant dans i^Ouvrage. Oo 
ne peut qu'^pi^udir à l'équité avec la- 
quelle M. U Bmf blâme tes Catholiques 
d'avfiOr uréiderepreiailles envers les Pro- 
teftants , 'rappellanf fur-cela Téxemple de 
S. AttgUJih » qui emplois tout Ton crédit 
àupnè;i,desi;Magi(lrats 9 pour empêcher 
qiD'oàt he'Crafiâc ^lesi Btmatifles 4 comme 
ceux^ct.avoi^acxraité les Catholiques. 

. A l'aèrcàfioii Ui'une Centurie de Nùftn- 
dmnukyqvL^on apHqùa au Lieutenant gène* 
rai d'Auxerre > maffacré par les Catholi- 
ques f.tALeBittf faît pag. 177. une note, 
qwi. mérite d*êire rapportée. Il ne fûut 
pM^€fim:n aif entent j ûlX-^iX ^ ^qtte t4êfirnds' 
ifèm foihÀnleuv de cettê^pr étendue Prcpbétlti 
fitanén/ém^^w' ferait certain ^e l^éditkntù 
eiiijA trouve y Jet oit de i*A» 1 5-63. lluhtt^ 
Lakgucit , aeltbre Bottrguigmm , Conteaporai» 



^ 



)i€ fSfofiradèiinas \ dit dôHs la 99. Lettre de 

fèft 3. Vol. écrite, ^'Jfôf, , fùe. dès ce tems 

/à lès Ivifritntursentompdfoientfousfoiiitôm. 

Ces ft'atidts cofitinuvUnt en l'ôoj*. Ù* l6\o^ 

( Merc; Pranci T. 1/ p. 437- ) Miùs r^^ywî 

ejl de plus remarqhahle y f/f , que M. Petit \ 
intendant des fortifications \ à avoui dans unç^ 
Dfffirtatioff imprimée à Paris en \ 666. chek 
J^ean Cifffon , y»f lui- m^me a cofnfojé phfteuH 
(de ces Shtatrains y ér qn^it neu leplaifir d^en- 
Undre citer comme imprimes dès PêyinX^ôS'i 
Ites Quatrains qui n"" et oient pas encore fait t 
en lôyo. Voyez les journaux des Savates 
}de'l*An \666 On trouve au fof-plus dans 
deux Mercures de l'année 1724. une dif- 
fertation d'un Auteur anonyme, qui pré- 
tend que Ndftraçfamus à feulement vtîlt^ 
fous des éxpreflîotjs énîgmatîques des é- 
veilemens hîftoriqués déjà arrivés. Ces 
fconjedureis font ingenieufes. Mais ne 
pourroit-on pas dire qu'il en éft des Corn- 
hientatèurs de Nojirûdomûs , comme de 
c^eux (ï* Homère y qui trouvent dahs ce Poè- 
te tout ce qu'ils i^elilent ? Si l'Anonyme 
a donné dahs le vhai fehs du Prophète 
Provençal, comment cette même idéeau- 
roît elle, échapé à Latignct & à Cayet jj 
Auteurs prefque contemporains i Tous, 
ces divers fentimeiis devroient du moins 
fervir à guérir les Efprits fupérftîtieuxi 
de leur ridicule tréïince aux Oracles de 
No[lra(fflmns , qui' pcut-ëtre a feulement 
Voulu par là fe jouer 8e la crédulité des 
hommes. 

M 2 Le 



ito BlBLIOTHEQtf^ 

teChapicre IV. eft aoçàoêé à décrite 
tes ravages 6iio par les Protefians .cfans 
les VUles de U Cbsriiê & de Domzi : & 
dans le V. on voit leurs entreprifes .far 
les Villes d'Eutraims^ de Ci«# & de Giem. 
Tous ces4éveneâiensfi>nt décrics avec beau- 
coup dimpartialicé. M« Ltf foc/condam- 
tie également lès violences des Catholi- 
ques et des Proteftaotsi & l'on peut di- 
re qu'il a rempli l'engagement qu*il avoit 
pris, de ne point diflunuler la vérité» & 
de ne rien dire de faux; (ui vaut cette ma- 
icime de Ciceron , que tous les Hiftoriens 
devroient adopter •• Ne qaUfûlfi mmdeB$ s 
ne àttid vert mm êudemi* 

Enfin dans le dernier Chapitre il nous 
donne one delcripcion abrégée des défor- 
drés commis par les Proteltans dans les 
Monafterei & dans plufieurs autres eu- 
droits du Diocefe d'Auxerre. 

Peu content d'avoir cité les Auteurs , 
d'où les faits font cirés, M. Le Beuf rap- 
porte 1 es Pietes j uft ificaci ves ; & ces preu- 
ves font fnivies d'un Catalos:oe des prin- 
Cii^faux Bieiifaiâeurs de TEglife d'Auxer* 
re , depuis l'An 1 5^67. , & d*une lifte das 
£vâques de la même Ville. 

On ne fera peut-être pas fâché de fa- 
voir que dans la dernière page des addi- 
tions , ou correâions , l'Auteur avoit mis 
une Noce, quia été depuis fuprimée par 
ded ordres fuperieurs. Et comme elle ne 
fe trouve plus dans aucun Exemplaire , 
lious-avons crû devoir la donner ici en 

fM 



F^ H A N 9 O I s K. iSx 

fbn entier. Des Vers Latins, où le P« 
Bivoiêy dont nous avons parlé ci-deïTus» 
eft comparé à Jeremte & à David , ont 
donné lieu à cette npte » que voici. ,, Le 
^f P.DhoIé, dit lA.LeBenf^ eft comparé 
„ ici noji feulement à Jeremie , en ce que, 
,^ comme lui , il a prédit , vu & pleuré 
„ le pillage de la Ville Capitale de fon 
,> lieu natal : mais encore à David , pour 
,, avoir déclaré , après lui , plufieurs fois 
,y en public , qu'aucun des hommes n'eft * 
„ infaillible on exemt dç menfonge. En 
9, quoi l'on voit que le Poè'te a voulu faire 
j(, allufion à un endroit du quatrième Ser- 
}, mon decet humble , favant & intrépide 
„ Jacobin , fur les faînts Myft^eres de la 
s, Aleflë , où on lie ces mots dans l'édi^ 
9, tion de Paris de PAn ij-Sf. chez Mi- 
», chel Swmius pag. 417. On prie^pour le 
fêpi à U Mifpf y comme pour un ba^mme qtêi 
feut ernr &fùUlir comme ht autres. ; iîfim 
in*il plaife è Ditu par fà Jivme Mifericofde 
ie délivrer Ù* preferver de toute erreur & de 
tou$ pfcbetb $ pom^eque les fécbtA é^ erreurs 
du Chef feroieni grandement nuifihles au» 
memhnsi afin étufi fu^il puiffk faintemeni 
"nfer de fa PUiffanety jouxte t ordonnance des 
f^s à* anciens Pères , /élan l^équèté de la 
toi nMtjurelU \ pour Pédification de PEglifc^ 
&9tOn pour fa defiruSion, 

N'en déplaife à M. LeBeuf, il eftdif- 

£cUe de croire que le Poëçe ait eu en vue 

ce traie de Morale de Tilluftre Jacobin;^ 

ftui a pu, ê|re Ç9niparé à David j pour dç^ 

^ ' M 3 ralforis. 




cîî«-« 







- - I 



l- 



F R A H ç O li s t. i%3 

Vdniionce. aa public : » c'cft t*Iftcendîe dg 
Rfnnts^ deflîné fur les lieax, lors-quc Ce 
mglheor arriva . il y a rrois ans , par le 
b\^}xr Hitguet,^\c Fils, Architede & 
grand Ueifinateur V employé par le Roi 
pour Je rétabiiflemenc de cette Capitale 
de. la Bretagne. • Ce t'ojet eft traité en 
gnand^Maitrec belle Ordonnance , beau 
jchoix de Grouppes & de figures , expref- 
iloris admirables. L'habile Graveur eft 
parfaitement entré dans l'efprit de i*Âu« 
teuf.. 

LeSr- Ibomaffiat que.fes talens pour le 
Deflfein & la Gravure , ont fait recevoir 
depuisopeu' dans l'Académie Royale de 
Peinture & de Sculpture , a^ni le Dei- 
fein d'un grand Morceau , qu'il va gra- 
ver d'après un Tableau de M-, de 7 rayes 
le Fils ) qui reprél'ente la pefte de Mar- 
feille* 

Lettre écrite de T^aris a tin Amateur des 
biAHX 4rtSy demenrant k Tiennes, 



Monsieur, 

Lifant le Mercure du Mois d'Aouft der- 
nier, je tombai fur l'éloge, que M. Hw 
guet^ Architefle employé au rétablilTe- 
ment de Rennes , y a fait inférer de fon 
chef , au' fajet du Deflein qu'il a donné 
de rembralement de cette Ville , & de 
la Gravure duquel M, Ihomâffia s'étoit 

M 4 chargé 



)94 B I BLlQtHE-QtJB 

iSharg^. On eft en quelque façon forcé 
pmc les termes énergiques & vigoareui 
de cet éloge , de s'imaginei; quç ce Def- 
fein eft des plus élégants , il l*on fçak 
eue M. Tbomaffln eft habile. Mais il k- 
roit à fûuiiaiter , que tedifcoiirs à la louan- 
ge du Deilinateur &'du Graveur n'eue 
pas eu taotd'enfiure: s'il eût été plus nich 
déré , A(^. Ihomaffin^ qui fans-doute en a 
ientt l'indlfcrécion , auroic continué de 
graver la Planche, qu^on atcendoit délai; 
& ne i'auroic pas abandonnée, comme j'ai 
apris qu'il l'a fait. Il a bien )iigé que la 
fanfaronnade & ia prévention otttréec|*oà 
Auteur àfFoibliffoit l'eftitné d'un^ Ouvra- 
ge, & do^yioit prife à la riialignitÀ 
; Dans leloifir, où vous fçavezqaeje 
fuis y une petite fable m^eft venue dans 
l'efprît, à l'égard de cet incident. Con- 
noifta nt votre indu igençe , je vous renvoie: 
faitçs en part à nos amis. 

I 

F A B i.^. 
tfia Vignt & POlivier. 

I ' r • 

UN fep de Y îgne infortuné « 
Que le fort a voit condamné 
A ramper parmi la pou(Eere> ' 
Auqud le Soleil en xouttems 
XMIJaîgnoit d^acçorder cette douce Iiimi^a, 
• ' Ces rayons vi£$& bienfaifans^ *' 
Çfi IpQtrame-de la nature « 



F R A H Ç O I $ t^ ttp 

< £r font lenàitro tous les ans > 
£»és fleur ^3 les fruits^ la verdure i 
ée fep qui pouvoit tout du plus 
piÇ'îr au Vigneron quelques grains de ver{uSt 

Pouir reparer fa honte & fa foiblefle . 
$*avira de jouer d'adreflè. 

r 

Un plivîer n Vtoît pas loin de lui. 
Voilà, dfi-il, déquoî me faire un ferme a^nr j 
D'un tel -^ecouirs il eft bon d'être proche. 

Soudain il s'évertue» il s'allonge, ifraccrochc. 
Et fait tant qu'après maints travaux 

l\ îettefur foa tronc fes languiijans ramçaux. 

'• • • .• • •«'"'; 

A peine eft- il guindé fur la Cime féconde 

De IVbre heureux que Minerve chérît, 
. ^ C^u'il va fe mettre dans refpnt 

ites'en prévaloir dans le monde. 
Weln d'imprudence & d*interêt. 
Et d'une vanité nouvelle, 

;^1 crut pour réuflïr voir un moyen tout prit. 

• ■'•■• ■ 

Zjtphîre près de U voltîgeoit, il Tappcllp. 
Heffager^ lui dit- il» de la faifon des fleurs» 
Q^i repans par toute la terre 
Les doux parfums^ lesfuaves odeurs ^ 

Qu'exhale différent parterre. 
Va, je te prie, annoncer en tous lieux, 
. Que l'Olivier ôc moi fous la ihcme infliiençe 
' . (le notre fève uniffans la puiflfaflcej 



Trôduifoni de concert des fruits fi précieux , 
Qu'ils font fa,oo0cur. à la table, dts Piènx. 

• 2^ephireparK, maisI'Oiîvîcrqu'ctonne^ 

Cette louange fanfaronné , 

Et qui modede h'àîmoit pas 

Des difcours (Ipeu délicats, 
$*agite, fefecoue, abbat enfin la Vignot 
fx rayant écartée à la faveur du vent^ 

Lui fît bien voir qu*clle ctoît dtgno 

'De ramper cooimè auparavant. 

]e crois » Monfieur , qae cette petite 

Allégorie ne demande point d*explication, 
& que vous en poorez âicUement appli- 
quer les fuîets fyinboliques. 
Je fuis 
Votre très humble & obéiiïantferviteur 

C. . . M. . . 

P S. Depuis ma Lettre écrite, i*aîvû 
l'Eftampe de l'incendie de Rtnnes^ annon- 
cée (i pompeufemedt dans le Mercure » de 
la réuilîte de laquelle Mr. Tbomaffln a ce- 
^ê la gloire a un autre Graveur. En ve- 
^it^ lien ne m'a paru plus afiprti&nt au 
verjus du cep de vigne, 

, Le Clovis de Monfieur de S^Didiir, q»a pas 
fait une auflî brillance fertune que laLi- 

fue de M. de VoltQtre. Cependant nos 
6£te8 Géomètres en font beaucoup de 
<fts. Voici ce qui to'en a paru, après 

une 



yoe leâure rc^fléchie. Il n*y aipôioeàfifés 
d'intérêt , d'art & de génie. L'cnchai- 
nemeiit des faits ne frape point du tout 
I'efprit,& la Poëfie n*cn eft pas aflez harmo- 
nieuie. D'ailleurs les 6âiQ05 n'y font point 
neuves. Homère, Virgile , ie Taflè y 
font pillez fans difcernement, Il eft très 
louable d'imiter ces grands hommes : mais 
l'imitation ne doit pas être fervile. Leurs 
fîâions doivent échauffer Timagination 
du Poète , pour inventer d'après eux,: mais 
ii ne doit pas être )eur (impie écho. 

11 faut avouer que le génie Franç<»seft 
vivement imitateur. M. Roi nous mena- 
ce encore d'un Poëme Epique. Il t'a 
çompofé àlaBaflille. Voilà pour le coup 
un Pariiâfle d'une nouvelle elprece. Il en 
a fini huit Chants. Son Héros eftFernand 
Cortez. Ce nom ne femble pas trop heu- 
reux pour.la Poëûé. Voici îaMufe qu'il 
invoque ,i j 

7*oi qui fitivUVliffi & Jûfoniîans les mers , 
Mufe y raconte moi par quels travaux divers 
Vintrepide Fernand &è» 

Des perfonnes qui ont entendu le pre- 
mier chant aflurent qu'il y a d'alfez beaux 
traits, mais il eft à craindre que le merveil- 
leux hiftorique de VHiftoire de la Conquête 
du Mexique ne permette pas à l'imagination 
du Poëte d'aller plus loin , & qu'ainfi le 
jpbëme n'ait trop d'air avec l'Hiftoire. 

Il parole une Critique très- vive de la 

ira» 



ttS BrSLIOTBIjQVC 
tradoaioD da T^i. * Elle eft de Uièt 

inatfelle Ricethami aârice de la CoiDei& 
Italienne , coaiiae foas le nom de Hêm- 
9M. L'Abbé des F... y a ajoat^dcsNV 
tes oà MeH: de la M. .. & F. . .lie lont 
imUraicé». 

F I N, 



* CetteCrîti^ai efihfiréeàh/itomJtfM' 
Iw d( « Voitime. 









TABLÉ 

Des Articles contenus dans 

ce volume. 

Article I. (T^ Ompara\fùH des âeai 

V> i^j^irei ik M. di Mt* 
zeraty ^ & du P. Daniel y en denà Dijfèt^ 
fations , avec «ne Dsffirtathn préUminai" 
re fur Putilifê de PBifimre par Dankt 
Lomiart. Page 3 

I I. Lettre du Père Pouget à M. PAbié J'O- 
livetfur ia converfion de Mr, de Is Fam^ 
faine, 14 

III. Letti'e à un AmifurUSpiàateitr Frên-^ 
f9is qui s^imprime en Hoilande» 31 

IV* Recueil de Voyages eu Nord y contenanp 
divers Mémoires très utiles au Commuttt 
^ à la Navigation. Tom. VIL fO 

V#. Npuveau Voyage de Grèce , d* Egypte , ele 
Paleftincy dÛtalie y deSuiffey d^Aîface^à^ 
det Pais " tas y fait est 1711» 1722. à* 

V lé Otfervationsfur la Saignée du pied^ù» 
fur la purgation au commencement de la 
petite Vérole , des fièvres malignes &c. 
Preuve de la Décadente dans la pratique 



itS BlBLIOTSIJt«E ' 

tradaâioa da T^gt. * Elle eft de Mià^ 
Moifelle Rittwhmi lârice de te Coodt 
ItalietiRe , coonoe fous le nom de FW 
«M. L*AbbédesF...ya ajoat^desNo- ' 
tes où MeO: de U M... &F...Uelai 
littkrutés. 

F I N. 






T A- 





TABLÉ 

Des Articles contenus dans 

ce volume. 

À R T ] C L E I. àT^ Omparaifik des ieui 

V> MIMrei àt M. éie Mt^ 
ZifâSf i & du P. Dfiniti , en denà DiJJét" 
tathns y ûvee une Diffirtûthn préliminai' 
Tê fur tmtèUfé de l'Hifloin ffiir Daniel 
Lombart. Page ) 

1 1. Lettre du Père Pouget à M. F Abbé d'O^ 
livetfur ià converfion de Mr, de la Ftm^ 

1 1 L Lettre à un AmifurUSptàstmr Fran^ 
f9is qui t^imprime en Hoilande» 31 

I V* Recueil de Voyages au Nord, eûntenanp 
divers Mémoires très utiles au Commiret 
^ à la Navigation. Tom. VIL fO 

V. Npttveau Voyage de Grèce , d* Egypte , de 
Palejline, d'Italie, deSuiffe, ^Alfaee^ir 
des P aU- bas , fait tn 1711. 172a. & 

V L Qbfervationsfur la Saignée du pied y (^ 
fur la purgation au commencement de la 
petite Vefole , des fièvres malignes &c. 
Preuve de la Dtcadetice dans la fratifue 



BIBLIOTHEC^UE 
FRANÇOISE, 



HÎSTOIR.E LITTERAIRE 

DE LA FRANCE. 

■ T O M,B, ^IK ., , ^ ;., 
'. • Seconde. Partie. ' 

"a N N £•£■'1714;' '■ 




A AMSTERDAM, 

Chez fÊjiN FREDERIC -BERI^ÀRV. 

M. DCC. XXIV. 






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V 



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Page 1*4; ligné 1. & 1. de l'article XV. 

lifez Le titre â^ cet Ouvragée fi em AHemmi 
pour donne f an ,L$âenr une idée &C. 






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f«ge 3 




FRANÇOISE, 

OU . 

HlStOIRE LITTERMRE 
I/E LAJFRANCE. 

>% . • ' • . 



ARTICLE P|R.EM 

facoti f^aniirii e Sàcietdu fe[H O pu feula 
Tolofe M. DCC. XXIV. 



CE Recueil de Poëfies^LatinelduPê* 
re Vanieres^ dont q;t voit ici la (ecpti* ;. 
de éditroD^ confifle en Egf^qguçs quel* 
ques EpiireSf des Epgrames^des Infcrip- 
fions Ire Les haie pr • fjiieres Egrogues , oÛ 
le Poète décrit ramicié^ tom dédUfea â 
Louis XV. â^ré ifeCept a4i& tors quels dé- 
dicace fat faite. Un fuîct û ^oble étant 

A ^ traité 






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Page Ï64: Ugnè i* & 2. de Pardclc XV, 

lifez Le titre 4^ en Ouvragée fi em AUemm 
pour donuerau L0€ur une idée jcc 



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F1ILÀNÇOISE, 

^ ' - , T • r-1'- . •■•■.• 

OU 

HISioIRE tiTTERMRB 
E^E LA FRANCE* 



' t '» 



ARTICLE PREMIER. . 



. « * 



facobi Fanierii e Sècietaiêfèlk Optêfcitla 
Edifia MVé 4^iJtior. i%. pag? %%u.(, 

Tolofe M. DCC. XXIV. 



CE Recueil de pQëfie&^Latine^du 
re Vanieres^ Aont\Ofivmt ici Uiecptk- 
de éditroD^ confiile on E^oguçs^ quel* 
,que$ Epiires, des Ep grames,de$ Infcrip- 
tions to Les huit pr ^ «pieres Eglbgues » pu 
le Poète décrit Pamiiiér *ont détli^ea à 
Louis XV. âgré 4 e fepr a^as tors quels dé- 
dicace fat faite. Un fujct û -noble étant 
; ) Al traité 



y. 



*^- 






4^'^^I BtlOtHEQCC 

traicéiw des gens QacoreUeineot^i&ers, 
le P. Vâfûirts a crû devoir prévenir le Jeu- 
lie Monarque en leur, faveur ;^& pourcec 
éfec H hii repréiaice l^tacde Berger ^ com- 
me la première profeffion qui ait exifté, 
^ (Èfl^ iaqudle les anciens . Peuples ont 
^s'^ilàr^ok leui's Souverains/ Il cft vrai 
que lies tems font changez , ajoute le Poe- 
té: çèttçcandiiiîon n^ fournit plasdeMo- 
narqifes; ta Royauté a bien plus 'd'éclat 
qu*en ces premiers tems ^ mais en recom- 
penfe la véritable itoiitSëne fe trouve plas 
â. la Cour des Rois. S'ils ont cette auto* 
f içÉ ^^{ fcps retid^ re{|ootables à . leurs fo- 
jets , ceux-ci ont aes aniis eh partage. 

Accifi-0fiArili0 LûgkSj auiarihus Ulh^- 
J^os inter primo mundi nrfeentis in ffrfm 
Floruit imprimitj me dedignare dbçetftum 
.NàmHia.,ffâfiorifm-^ m^» au^tmus ^ ipfrn^ 
Proginiem Regum_ quondampaviftpatemùS 
liure gregu ^ fylvisiqtÊf ammum coluiffe mê- 

* gifirit. ^/'V 
Hoc vetèrl xuw" nnre ^ patrum CMtfl fimplict 

cut$u - / '. 

/ Ex aula deceffit amw finarus ^ ^ aqna 
*L"ênce Deus fië^doma *vhFos partitus in omnts, 
Regikus impirinm y ^ noUs fervavip àmUes. 



> À . .' ti 



Illooeenru!teH|e.îeufie Prince., qui dan5 

un âge û tendre a joint 1^ caràâere d*ar.i 

• ai ia- condition de Roi. ' / 



, .F R A M ç o;iv s Us r 

r ' Partis etenimnanc duUii amici, 

Ikunc^ regnantts agts, &c. ^ : 

Il t^ouve'aûfli le çar^îSeipe de vràî ami, 
de Mentor^fïdene , dams là^perfdnne dé 
Mr. I^ançièn îvêque dé Frejus, cePrélaè 
fi noblement dcfMït^reCCé , Jfemere fcfrtit 
honores, fi di^voué aua^incérêtsdel'Ëtatât 
du Souverain. . 

'^^^•-'—^ No» confuthikfé^^^^^ '! •' 

For^nésquejuas ^c. 



. 7' • 



& iuftèmefat perfuadé qu*ayaht le Priflat 
Madame là DiicHefle de Ventadoorifi^à pas 
refulîé àfon jeune élevé des préceptes di- 
gnes de la^Màjëfté R0ya1è »1l loue lesToinii 
Îme cectQ Dame a donné à la premîei?e en* 
ahcé dé s: M. Mous f éroni^ parlef le Poè'» 
te lui-mêttiè: 






•t 



&W tihi eur verfu , Lodoix , iffingere tento 
S^uem f%^Um QtulisfpeSàs in préifiiU ^fa» 

.^ ^ràf. . , '• ;■;_ 

Imperii qui te leges. CT Ap.^lfhis artem " ;^ 
ErUiit'y ijr magn^ f exciter infità menti \ '' 
AJdoçét ftt proper^s adolifc^rejemihafruéfàsf 
Vel quid pracipiam quodnon monfiravmt àn^ 

Fixent ^ tenero jam dudum peaêre , pri* 

mos 
Qfitihi mat& erat, morumqutmêgiftrafuh 

énnusi 



..L ' ■ V 



A 3 V Ainfîj 



6 B / » t' 1 bi à E Q tj E 

Alnfi» cdndnue le Père >V«/frf X , qaemt 

. Afnfe fe déchargé de ces foios^ À qu'elle 

s'en retourne cultiver Ces fleurs , . . • . 

^ ce» fleurs que Iç Jeune Prince lui- même 

' ne dédaigne pas de cultiver^ pendant que 

Philippe (c^eft feu Mgr. le'RegéhO goo- 

Terne l'Etat. Ce? versfinifiént part'éld- 

e de Louis XI V. & par une exhortation 

u Poëce à S. M. régnante; „ Préférez, 

dit^il» t, r^moui; cfe.vos fuyets au plai£r 

„ de vaincre. Si les guerriers font recom- 

,, mandables par ' les combats , les Rois 

,y fdoiyent rêcre^ jparviA co/ifen^atiofir de U 

,^ paix ic i*anioi^ de leurs fbjèts. 



s 



l ^ ' i ,! 



Sh ffbi dulc€ magi$ vififfi.yfiJfilUàmorem 
Qftdm patrUpepfrijf}^. duces MUfitt Miniftrot 
Préiifa €ommenéaut\ amor (t^pmx sareshe- 

Dans h;prétTîîere Eglôgue lirfifiiV/*! & 
Mcpftti raitonnent enfemble iur U rïàture 
de Paniîtîé. Mopfe fait Véloge dé êelle-ci, 
4e Ja met fort a^i yclTus de limbur, pour 
lequel Û^meta^ paroîtiV déclarer. Mopfiis 
rerutc les idées dé Dafnttas , Si établit par 
queJque&^exerppleî» le mérite de Ùâmîtjé t 

Lés^x'prefiîons qu*employèi1t"ces deuï 
DetgcTs , -parOi iront peat-^tre ^ropVecher- 
chées & ,crop étudiéea pour des'géns qui 
doivent ignorer les tours du langage, & 
certains agrémens du dîfcours qui ne font 

dûs 



F ^ A ;ii ÇL>0 I S iJ; f. 

diâsqu'àla leâure ^là l^uiflgej(}pifi^iidç«i 
Dans la Jeconde Eglogf^e iMotfe^*ei:^il€^h; 
vancent>»chacofi té gjspred'an^s ou^^U^qi' 
choifi : il%y^ ne veutiqu^^^ ^vnh 4^ ià;Cpii-| 
dkion, 4ifxis li'en veut que de fort au def- 
fus de [on état. Ladécifioq far Ja validi- 
té des raifons alleguée^iie part^.d'âiOjrrci' 
eft remife à on tiers ^ qui pourtant ne "dé- 
cide rien; . .•.■--. r(\ , ■. ,.-., .;y 

Ncms dirons (bceetie Eglogueceqûenpiia 
avensdftfarlapretoiere^; & Je kâ^MÇ'Cqt 
>iigaapar ce x|ut fuît.- Mo/fus ne veut pç^pt 
d'ami d'une condition ti» ,de0ii& d'fi l^fi^n'- 
oè,: parte que laTop^riorité ne; fai^rcMQ ê^ 
trc mus dépendance: de ces deiliir^niîi 
Ponfiera Seigneur À.l'aucreeiclave. .|>^i 
lèaFs,;a)dute'-€Hl ^eii fe ^vantd'^pii^Q:? v 
fée de Lucàiâ » les g^srickfs mfimfpa^fuiyi 
d^s'mûérH€t:âmiÉt i^ntpur.ji te jreipj&d; a<| 
logent pas- Aïoa leniêtpft cœur. • v j^t i 



i'i ' ' • ; . 'I ''-*) 



:- r/ nr » i ,♦• Dipigfinfefiit amari. 






J[l nûAs^iMiroît que lerPçëte a vpului^ii^ 
ré dfiige <te ce$ {oUies: penfées , & qu'il 4 
mieux aimé, tes m^^< dans la boudie d'u4 
Beigerque defe tttàsxiti^k les perdre; mais 

* Zmt^ k dit avant te P; Vmùew 

■ ■■■ I ■ ^ 1 fMxfene/€i$4Êméln 

L'aàtreiirers cft prefqoe icppié d'Ovide ^ qui a dit 



•s 

t Bi i t r qt-T'^^ « V £ 

ne foffi elles p^crop fineroeac exprimées 
poior un Berger? Qiietqaes vêts plus bas H 
pTdce i peo près de mSdiè dàe penfée qui 
revient à celle d^HérsKe , 



••i- 



V[ ' Nef Me h^MemfffOtês 

Prigh'frémf kqui^ coiumbàm. 

. - . :»...' . ,. . .. . . . • 

Et comme le P. Vonieres eft tombé |Ais 
d'une ftiis dans ce défaoc, aflez ordinaire 
à ceux qui étudient continuellement les 
anciens Poètes , non; nous : cfmîctiterQns 
de ces deux exemples; ^ . - i ^ i... 
' La tPoifiémèË^Wgw roule furtechotx 
des* znStSit la qui^triéine fur les caofesde 
la pè^e^de l'àmhâéi lit cinquième for. fès 
devoirs y la* fi)(iééie fcfr. (a -conduire qnil 
faét tenir qtoantf oneft forcé de xonlpre. 
Dhiis ta fi»ptiéine'Un^'fferff»r fe- plaine de 
l'inconftanc^ W du xiafpiric» .de ion: ami. 
Ij^s regrets de ce Berger font exprimez 
naturellement / À taF'<Miëaténe'4es4ea^^ 
mébs y eft accornpàgilée' de* cette naïveté 
chjimpêtre, qui fait uç de% principaux a* 
gfi^mërH/de l'Eglôgae. ïrtfeifiWe que 
fiprrd Pofe'ce^ït travaillé cjeHe<iavcp beau- 
coup f^Ius de foîh'qoéléJ auireSiîLa boi- 
tîéWèPcontfeirt tes regrets du ?.,Vknieret 
ftir la mort duPr/^^i^^iffonami. L'auteur 
nous aprend%qu'it cDmpofa Tes £giloffles 
fur ramitié après la perte de cet ami» - 
1 Onnefaurditi^rorter au Pv F4»ii^ 
qu'il ignoi*t les beatircz de la Langue La 
tint ; ma|s il fious femble que la Latinité 

de 



"A 



dief^ SglQgoes i^eft g^^ tqipjour;$ ai^z 

fimple, niap^z rufti4ue. Ce p'^ft .pa&qqç 

les Bergers ne puiiT^i^c qiielqae£pU; j^riejç 

noblement: & l*Qn ne doi^ point. trqi:|vèir 

étrange qu'ils emploient des tours figurez^ 

puifque.çes^ tQUrs ne fon|; pas .m^e ki» , 

eonîius aijuç èçfaQS i> mai^^ il faut q^'oii 

pvûSk ' recotiiioître dans ces tours . Sç 

dans cette élfvadon de ftile la ûm^yçkî 

T^^OïMCi^^ Virgile a fi bien confçr\[éç 

dans la btelje Paftor^le dM/<f^;V. . Qq ^qll 

avec plaifir qu^ les Bergers 4e/ce, grandi 

Poète s'entretiennent </» bei ^/prM ,<5fe P^'- 

IhtÊ , &éeB méçh^my^r^ d^ JSûvm ^. ^ 

Mdvwi ^ptiTce qu'en mêmetems iU..C<^in de 

laiflèr^à Xes >Bergers la^pUçilé : t^jltQft^ 

Cette.fiii^cit^?aît<trAttve[f le^mêw^^pj^ 

fir à eSpt^dre iJOsyaifaw^diç}dçr, ifc«^ . 

ceux dont ils font tes Fermiers. Ne .voit- / 

oa pas totisPles* )oucs;4«$ Ylllagefâ^^-flap 

rattonneoft encr'euxXur te,pr£^oe d^.lepi 

Cure ^ . Les comp^raiCat^s 'ebaîi^pêti'^S/ ^ 

1« naïveté villageoife donnent dtt; pùx )k 

leurs )ugemens. ^* . , o v . : ; V- .,: u 

Aprèsles huit Eglogues'fur.l'axnicié om . 
en «trouve d'autres i'ur divers fu^jeis. vcW^ 
queis^unes de ces Eslogués^fonc ia^relHi^e^ 
à des perfonnes ilTuHres de La;n^edoc. 
On voit enfuite un.melan^ d^Ëieceo^l»^ 
tineS) que les connoîfletirs jûg^x<)^(dl- 
gnes du fiecle d'Avgufte;^ Lejamhiç». é$ 
Monfieurh Duc de ii9utg^gneçii\xw^&ÀQ^ 
très ingenieufe 6i très délicates mais la .. 
trfiduâion qu'on y a jointe en vers Fran. 

. -• • A r.' .; . ' , .çoîs 



io D f à't ta T RiB 9 «^B 

dis imite aflTèz bien 1s PurrfJ^iSflîf^^M. 

jé Leâear bn f agera par ces beaox vers 
iie l'original , que nous accompagnons de 
h Ttadiiâion Fraoçoife. , 



î 



•i ' 



trnHut ftr fi' tiOuÈ , fàniawSnë mêHè 
Infàhriêûtë Jilo tpnHuÉtwr ; mixte fmê îÊigrii 
H tànmUfacitm fi cnkdUa màrmûrà tûlkmt* 
Delpbhuim fociamfue tori^ qméi fàiitt 4m\n 
Vitûbrtvts^ fuûf ^fût0 mon imuth mc$rU 
Çommuni feretro fimnUtQS 4nt rep&mem$^ 
te çëâfëê , parvi puer ^ qutm mon mpidjfi' 

mit hâftis 
^> fifiui rapêttt^ meiiuminter mirp^ttgpéh 



" " rentes •• ■ *•" ■ ' '■ î^;:.' 

Cmifihtto'i édfirh fàw pompa dohftis amsrêi 
èftititài tUeiétpimti'ftroiqëe mpêtès 
mmmiidwÉarifèé]i^jRâëria iêtëf&c^ 

fy^toré 40ifiydefffeiÊita plau fi: dieo^mre ; 
L^i&rè iènf ^iffifft à'màn ordre itsmr'^Mvri 
l^n yiï^hfiê entâjfii tngtoooH U.tkoateam : 
Àof ^Êfênk' inft4H^^^)ê4e99 un faperirfomhan. 
UniSj mais fends tems par l^awoar le plus rm't^ 
MMs^Sjrèp wèlsMmsA par oà dejiHs hùrbart^ 
-OdiffvoH^nn Bpo^ dansnn mimecercnsii 
*Mb u)lk ^ do^^ 'lé^é^^f 9 snonfireavidt dt 

Conpêpteffo^ énhérteûn Jstprésieufi tmme 
f^0roitén mitien d'eux , ^onu^ttis defeurfiame 
if f^innsl Fran^ulqoe-ctjbeéliffif'nffrenx 
fufijffi èjamuis mfiruirt^ Souéberi nosnevcnx! 



t ». 



^ Il faut lire deiêx Epoux^ ' 



F R À V|7Ç I s »J II 

Il férbît à fouhàiterqtieïe p^^î^r^^ll^InU 
prèifion fiflènt plus cPhooncur ^ ecs Pbë- 
6és. Le Pcr€ Ki^^wei eft cbnno pa^rd^u*» 
très ouvrages : il left Aotedr d'tih;excer^ 
le*) t Poëmc Utîn fur l'Agriculture. G'efl le 
Ptedinm Rùflicum ^àontiï a publié d^ptilè 
peu une nouvelle édition dlvifée en Iq^atôn^ 
2e Livres fi^ actompagriée d'iïn'Foën'ie f ur 
la manière d'élever Its Côtombes: ; C>n à 
)oinc à ce Poëme |a traduâron qu'uA Ami 
de l'At^cur en a faite en ver» Franiç^db. 
Ce marne f ère publia en'1710. unhouteau 
HmionnMTt Po'étiàiée en 1 volume in 4: & 
il en prépare unde la Latigue Latine; qvÀ 
fera beaucoup.plùs- parfait que cous* ceàf 
qu'on a vu jufqu'à preîenic '- ^ *• * < 

ÀiiT le I4E IL'-": 

On/^f Chinois^ m Ip 4'^àntHtts nifef^éiHèm^ 

' [€$ du Méndàrin txm^J^^ 

i X. A la Haycche? iy# N^eqj!^^^ 
Tonae premiçv pàg* ^zj-fins l^Épitjpc 
& la Table. Tome fecopd pag. x^ 
fans la Tabk &; le Catalc^ç di^;;,li* 
vrcfi qui (c trou vent chez le Libraivo« 

l£s Contes font du caraâerè desVllr/* 

\U& une nuit , CamUr Arabes :» 4ies Vl#fl» 
/^ &' un jour , Ctff^/^i Perjàn»^ & des AIÊ^ 
7<r & uH qujart d^heùi^e. Contes lûwm^ti* A 

IMmicattôn de ceux qui ont publié ceslir 
vrès^^ & iûr de truttver/ un nominrj^icanfi* 

derable 




' t4 B I B L I Q T H E Q Ù t 

inaiginatioti les p^nfifes del'aotear qnel'on 
mduit, jUies orner» fans tro^ afeâer d'être 
purifte , d'une certaine; élégance qu'il eft 
impoffible d'acquérir, quaJid on ne poflë- 
de que. médio^ren)eâe la langue en laquel- 
le on traduit. Cette élégance ne (e troa- 
ve ni dans les Didionnaires ni dans les 
Grammaires , il ne îiiflit pas même d^étu- 
dier dân$ foh cabinet Içs Auteurs qui ont 
écrit ayec politeflfe : ilfautauffifréqueilier 
tes geHiVdu mQn<4é qui parlent bien , && 
voir.dificeriier ènqre tes manières de par- 
1er dont ils fe fervent» celles quiibntcs. 
pables de piquer le goût d'im Leâeur jo- 
dicieax. Ceft à la faveur de cette éic* 
gance acquife par ICeCommerce des bon- 
fiâtes gens; qu'on évite des phralès bafies 
et l>uf Icfqùes, 6 contraires à la ddicatelfe, 
&4fui loin de plaire à des leâeurs polis 
ne fonrpashiême fourire un valet. 

Lé BtéilhrJ eft pour la plus grande 
l^artie du Chevalier Steeh , qui le fit. paroi- 
tre en .. feuîl lès volantes depuis le 1 2^ Avril 
1709. jufqu'au 2; Janvier 1 71 1. & réu- 
nie ehfuite ces feuilles en quatre petit va* 
fumes iii ti. Mr. Steek fe produifit à Its 
compatriotes fous le nom d' f/ae IScknstHffL 
&i comme le Doâeur Swift s*étoit caché 
fous le hiême nom en 1 708. pour publier 
c rtaines prédiâtons qui tournoient en 
ridfcule lès idées desî/f^ff f& furtout celles 
d*un certain PaMgtii , faiieur d'Âlmànacs, 
à hégardde la ModarCh'fe Françoife; cela 
donna lieu i une foeâeaife2pUifante,qy'on 

V \ doit 



,f^ H A H Ç Q I s B. Ji^ 

doit jîw dans la préface, du Tradadeur. 

Hnbtts jdonne ipn François les trois éérït»^ 

que.Ie Doâear SsP{j^ir publia contre Pdtrii^ 

gi. Ces pièces foncdivertifTantes. Dans la 

croifieine de çèi pteQes(è)Poâéur prouve . 

au fai&ûr d' Almanacs c)ù/ileft imort: Âprè^ : 

ces écrits on trouve une Epitre dédicàtoi* 

re & une préface du Chevalier Sr^f/r. L'£« 

pitre parut en 1710; & la préface en lyit. 

Pour donner ^u.|.^âeur une idéie çfu cà^ 

raâereJ? des réflexions du Btffî//^r^, nous 

allonsextraire quelques endroits de latra- 

doâion de ce livre. Article IIL XtBahJUêrd 

fait une efpece d'éxtraït d'une pièce de 

théâtre Ai^loife, intttulfél'£p0«{^i:ffiii||tf* 

gmarji], le injet de Ta pièce eft le mariage ' 

d*un vieux débauché qui prend une if^isri/, 

pour mettre fa tête à cou vert des îiifultes 

qu'il a fait foufFrir à. d'autres 5 inaii le vieux 

débauché fe trouve malheureufement pour 

lui la dupe dç (on ylgnés. H nous paroit 

que le Pçete Anelôis a voulu mettre à profit 

[es idées que Molière lui a fournies. Au 

fortir de la Comédie le UshUiàrd va au 

Café d^ GuiHêumii C'eft-là qu'il tient fes^ 

grands jours fur la pbè'fie^, il n'y trouve 

ien de nouveau eh fait de vers', & il de(* 

Tus il s'étbfthe f«'f7 y dit fi ptà d^ésrÀvainé^ 

ors que Part ii fiàrt des itvni éft devenu 

mrtment michanique & que Pon peut s*y ren-" 

fre babile fâr des règles amffi cei^ûines à^ in-' ' 

aitliUes que vous fouve% devenir xChàrpintier 

u Majfûn. Alors l'imaginatioa d^ tidh 

re BaUiJàrd s*échwffe s iuuppole un Poêf- 

' - * • *' "'''té 



16 B I 1 L i O T H E Q tr B 

té qui a ridée d^unè haute-lice d'ongoftt 
nouveau , & comme les vers doonetit de 
la force aux penfées , le Poëce indique au 
. Tapiffier ce qtt*îl doit faire,cn vers i la CA#- 
^//j/« ,^ après avblr donné àTartifan quel- 
ques éloges fur : fes talens. Cependant le 
Babiitaraie divertit auir dépens du FoSte 
inventeur de la nouvelle tapifierie / <t ba- 
dine fur les avantages qui pourront en 
refûlt^ poùrl'avancementdesMannfaâa- 
res du Royaume. Les toiles peintes , dit- 
il^ feront déformais chargées desvidoires 
des Âlliess ; les filles porteront ia frife de 
Lrjta U U Ba^siUe 4tbudin4rde; quelques 
petites elcarmouches ferviront' pour les 
)upes de deflbus &Ç. Article V. le Bs- 
^/V/tfr^ enfermé. dans fon Cabinet, relevé 
des plus belles coauteurs la. grandeur 
d'âme de deux Soldats Anglois ^ ri vaux 
& en même rems ennemis }urez. Void 
en deux mots l'aâion. L'un des deux , 
'blefTé dangereùfémept àti Siège de la Ci^ 
tadelle de Naipur j rifquoit.de périr* mi(è- 
rablement; lorsque foii Rival l'enlevefor 
fes épaules ^malgré le feu de rennemi, & 
le porte en ijn endroit où il eft lui-mê- 
me tué d'un coup de canon. . Le bleffé, 
qui eft* là caufe indireâe de la mort de foo 
libéra tçùr, s'afflige, federefpére^nepeut 
fe refoqdre à luî furvivre, & meurt le 
lendemain , ayant faos cefle à la bouche le 
nom .de fon libçra^égr. A cette occa- 
fioo^lé BaUUard plein d'entoufialoie pour 
les Ànglois fes {Compatriotes, leur appU- 

qœ 



N 



F H» A » Ç »0 1 $ M. ' 1/ 

qtteune belle réflexion de fii//!vj&, quilai 
donne lîett de faire l'éloge da Duc dé 
Maribôrough , & de l'âppeller «« Hir^s 
firmépar la Nature^ pour marcbir à ta $i$ê 
d^u0t Hathn de Hefs. Le BaUitard eft 
trop éclairé pour ignorer que les autres 
Nations de i*Earope, & même les Sau- 
vages de l'Amérique peuvent lui fournir 
des traits de magnanimité , qui ne doivent 
rien à cerui que Dons Venons de copier; 
Article VL Le Babillard ^ ou plutôt fot» 
Ti^duôeur, rapporte la défcripcionda 
fommtH JPAdam'^ qu*U>jtîre d'un Foëmédë 
Mil^9n y intitulé le Paradis perdu. Il ap- 
pelle cStte defcription fffîmîir^/^ , & fê ré* 
crie fur la beauté de ces Vers: mais il-nons 
permettra de dire qu'il falloir donc tra* 
duire les.beautez de f'originaU pour lesfai-^ 
re ftntif aux Leâéuri François. 'On 
fait rimer dans ces prétendus beaux verr 
cottcbai ijûnebé : cette rime tt quelques an- 
tres, comme celle de^^f I grandeur, qui 
fe trouvée TArticIe Xn* pourrcMent per- 
fuader que le Traduâeur eft Gafcon. 
ATticleVIII. ,0n y trouve un fonge da 
Babillard fur l'état de l*A'nglcterrecn 1708. 
& au çommtncemehtde 1709. Ce (bngè 
poétique eft un des meilleurs endroits a« 
la 11-adu^îon, & fait juger que ce jeu d'ef- 
prit doit être bien mieb^cfôutenu daiili*o- 
rigînal. Art. IX;leCaH^ffefracaffé de Ti- 
mon > & d'où par enchantement il 'fb^t 
pittfieun efpeces devoitu*-ef pour^urfagie 
dA domeftiqiîes Wo ptoprictairé, éft-Xinc 
Urne IV. Part. IL B . fiaion 




T.e , cr.n.tTcix eW^fc îi rut troti r '^""\ 
*''»-->''fé , pas- ia û^- tc-mmc. ^''-^ 

• fwrt, 5-« fût bien pis, lorsoBt Û f 



tottffcr par fçs caFeïfés. ' Une autre tého- 
fe qui parut cléplafre à Pacêlà fut nncfil 
gtire éifjferenie dt toàus ht autres é'^lajeu^ 
te 4tfin efpece dans //r cbambrb dê4^a*€tciù^ 
€béf. On devine aflex oue cette figtêre 
écoit le père de Pse&ietl Û cdirttiÂiie i'hif- 
totre de Tes foufTrances par la delcription 
ctefxnaux qu^on Iitl ficeni llpR{9afllG^at» 
en loi donnant à manger & rp,êo)(^^jen le 
cafeilànt. Il paiTe enfin entrée len,$ras d*a* 
n é paiiânè qui étoit en étàtidç.tui dçnner de 
bon lait, mais fortnegligente^r'' Paiolet 
décheoit, on le confia à un pia^Ieciaqui fi- 
nie heureufenient au jce.^anrTe^hiàuxda 
petit Martyre en1e plongeant dans un bain 
d'ean froide. Pûcûfetft ^9ye/tfiite\i6tà 
/iftÊtur. ArtîcFe XX.' '■ Une jèàrfé- Dïtm« 
de 30» ans vient confulter Ic'BdhiUàf^S^Çbt 
rimpuiffance de fùti Triâri: Féis' ràifôSAs qui 
rendent la t)ame înconfôlablc'M[bf^çef'af-; 
tidefont également! îiigemeuïèî'tS pri^ina* 
le$. Article XXV. Ce BàbillMfàéM^ 
mctontre lé$ Duélsv 4} pour mJfeui. faire 
(entir le faux point d'honneur; paraphra* 
fe ce que l'on appelle un 6W/r/. -Article 
XX Vin. H coi^tîhue àdéclatneftontfeléî 
abus de Tep^c , & loue les Vénitiens de 
ce qu'il ne permerrtnc |Sni à.'ïèuri.liJÎets^ 
de wéimcr ce dnagcreux in/ifujnehf^ ^j^"^ 
ce foin ^ Cfttt partie du gevre-btti7i)iW^f 
fait métier d^ ffinrcbamfife de 'jy faire céb» 
per brms & jawhes. r'^^V (' ^ * "- 

Sur rextrait que nous^vîéhëh^'dè doA^ 
lier, le Ledcur pourra }ugéf*^ahxfartfae*^ 

B a- re 



j/i B I ft.L !.• j'n C «Jff t 

ab.âeur nous avertit 

^gpe, par c«te fiait 

gléç d'uih.Çraiiil Seï 

ell un, des plu; igtéi 

%iés du livre. . En r r 

rôit UreVien d« plu! 

gii^ ^es tÂttHi„ q^ii ti t. 

âe!'Articlc!X[l:,C i 

opÂin^e a piDer la t 

îti-fèa Aa^tKicf. , . ■ * : 

' ilAClicle XV. U baiilUrd r^fojlti.de m 
p^s.rpnf;r court ^ çriisnant ppi^rt^ot li 
Oii'çtH det, ruiets^^oi'^ avertit qu'à l'avc 

' nie il i^ pnRvÉneti.d^tt> le Monde avec 
fWifjpt) A,Qge. Ce bon Ange porte le 
npmde Pato/tt. . LeBê^Ulm-d le trouve) 
hnjiigt des fp^omt.if.dit éfftirtt hummhkii, 
fliyii l'oblige de liiii raconter fon hiftairc. 
fn^ùt, lui répond, j'ai éi€ un des votrei, 
'jSc j'aj vécii, \jtn njqii parmi les hommei. 
Affrerun préaoïHule qui pourra être tros- 
yi peii i^^refià^c. il vient au fait , &^^ 
cite va,Bmiftl«rà les a^tntartt dtjmtvtm 
^ miftrabU duréty c'eft à dire en langue 
vulgaire, ;i/«ya vit;t»urt* & mMlbtatnft. 
.Le'pauvre petit,.^i(i#V'»déctiî la mauiiK 
.dont il vîqt au mpnde, étourdi dn cru 
.^efa mefe dans les douleurs de l'.enEinte- 
JgieiJF^i cçuimeut <p^teil fut frotif , oioi, 
.çiimaiUoté,, p^r jla fage- femme, t"" 
■n^niere d'entf ^ r da,us le monde le choque 
-ir^s fptt, ^Qfut bien pis, Jorsgue U- me- 
•re cbarni^defe voir UQ berinerpenla H- 
v.-,-:.-\ i\ \ . -.i -.tonfler 



touffer- par fcs'caFeïfëî. ' Une autre tiho- 
fe qui parut déplafrè à Pae^lif^ fut inc^i 
gure differefiie at toutes Us autres é^}lajeuy 
/r Je fin efpeee dans fit cbambi-h de^t'a'tcéù^ 
ctée. On devine «flez cpie cette fgttre 
étok le père de PiceietÀ ïl céfitUme l'hif- 
totre de fes fouffrances par la delcription 
dï?$"j[iiaux qu'on lui 'lit'en 11rfU9alUQf>ant» 
en lai donnant à manger & mêa^{en le 
:areflànt. Il paffé enfin entrée len^^r^s dîu* 
le paifabèqui étoic en étatidelui donper de 
)on lait , malt fort négligente. Vaçoiet 
iécheoit, on le confina gnjnedeciiiQÙifi- 
lit heureufemenit ap jce^^crnrrc^hîàuxda 
>etit Martyre en1e plongeant dans un bain 
'eaa froide. P^ird/lr/fé jipye.^iite^fttà 
queuv. Article XX.- ' Une ]éàii& Dîtme 
* 30* ans vient conlulter le.B^éWi^^if'lùr 
impuiflance de fcn niâri: lés^raifôii^s qui 
fndenc la l>ame mcohfôlablc''ïbf^ççf'at^; 
::Ie font égalementfiiigemeutéS'ôc prî^tiâ* 
s. Article XXV. Xe Bahm?d,fùécW^ 
^trontrc lé$ Duels; & pour iriîfeuîc. faire 
itir le faux point d'hciineur ; paraphra- 
ce que l*on appelle un CWif/. "Article 
iVllLW co<)tihue à d^cIàme^'tronti'eléV 
us de l'ép^c, & loue les Vénitiens de 
qu'il ne permettent [Sni à.1euri,fu)etr 
manier ce dangereux inltfuménf!^ ïitiWànt 
foin à^ cette partie du geure'bttMW^f 
' métier ^ viorcbandije de'Jlr^airé coé'^' 
brms é^ jambes. > ''^i' ^ • ' " 

lur l'extrait que nous'vfehbh^'dé do/i^ 
, le Ledcur pourra yugé?*^ffh*t!fai^iffle*' 
. ' B a , rc 



\ 



\ 



20 B I » t 1 # T II .E Q O E 

re do! BaMafjd. Soa imagination n*eftpas 
fouiour$ correâe & fes penfées te repen- 
tent quelquefois de la ncceflîté où il cil 
de remplir regaliéreinent fa feuille. 

A RTIC JLE IV. 

Liitre de jHéuUmoifelte^ 1^*** s tJKr 
tAl^éC « • • am fujit éi U nùmvel* 
le trad^&ienidm Poimede U Jcruâlem* 
^delivréç ^m Taffe. 

; >i'û NSt EU R,^ 

/^ p u y JE une craduûion du TaflTe en 
l^.Fran^is doit flatter fenfiblement les 
I^liçns ^, ieVn*ai pu m*empêcher de lire 
celle^ qui vient depàrpitre$ &qu(nqueie 
éiche, pour âinfi dirèp le Poëme de la 
Jerufale^ par cœur ; je me fuis fait un 
plaifir de voir les fentimens & les idées de 
iiotre Pôëte , oriiez^es grâces de la Lan- 
gue Prançoife. Quel .a été mon empref- 
iement & mon attention pour cette leâu* 
rel Je vous le laifle à penfer, è vous, 
Afonfieur y. qui m'honorez de votre am^ 
ti^ , & qui me connoiflez zélée pour l'hon- 
Dçùr !^ U gloire de ma piatrie. Je prens 
qùe^cùiçfQJls la liberté de vous^ communi- 
quer lef pepfées qui naiflent dans mon ef- 
Îirit': & quoiqu'il ne foit pas trop permis 
iiQç femm^ç. (Comme moi de rationner fur 
cert^UA^ matières , vous me le pardon- 
', nez 



F. Jt 4 K Ç • I s «r Xt 

n a cependant; , &^|roas vonilçp.^eqjp^r 
bonté dîffipertle tems en ceiDS mes doirr 
ces. Suivant l*habinide où je A^is de voqs 
faire part de mes réjflexions , je^ypiis rends 
compte de. ce^es que m'a iPair nairrela l^^ 
tare de cette traduâion : je voiis parlerai 
d'abord de la Préface, que j'ai crû devoip 
lirej)ourconnoîtrece que le> tradqâeur 
oft capable de produire » avant qup d'e- 
xaminer s'il eft capable de rç;)4>*,e les pen^ 
fées des autres* . ,. 

Je trouve qu'il a eurâifon.de faire la 

Cri^ique.de la Critic^ue de Mr. pctfpiieiajux 

fur le Taife *. iUi^'T^h^re de Û critiqqe 

» J8 3 . de 

' «^ MoiiC'eiirberpreauxcftiinoitht'afle» 8c i| 
ch connoiiloh le nierice , quoiqu'il p\z\Çk à Mr* 
Miribàud d'afancer qu*il n'a }ugé <ie ce Poë^ 
que fur des notidni vagues» & en quelque ibrté 
fur \e rapport d'adtrui. Illfit ce f«ul Vers dé 
l*Art Pocciquc> où isn paiikuif du Tafle ^ il;dit,i 



» ' (\ 



ÉM'iUt feint de fin ZJvrê iOnfiri PUiiU$^ 

fair af Al voir qu^îl Ip rcgardoît • conumé : uii 
te très^illuftre. S'A n'eut pas lu le Pioi^ipedtla Jè^ 
fii;^àl(»avec.qudquQ>auentîojB9. eii» auroit-il fçû 
difceftoef lés verttaWes. beauté;^» comin» il ÎM 
daas.lesyets fui vans. > 

' .i' Am^tm fma d$Jim livre iUnfir^tUjfy. 
Se fin fêle HtrottêUfonn tn Ormfon^ 
' I^mifait fta mmte enfin Sathnf^ à^U fdfm^ 
Et fi Renàkd , ,4ffant s Tnncrede & fa AfnttnJJ^ 
Jii'êfêlfmt di fm fi^it é^ayé In tnjiefà. 



aa Bii i t ro'T'H-ï q o. e 

lie'H Gflaré^ riit* le m^e*Pôëtç: quetqne 
^and CViçitlue qu'ait été Mt, E)efprcÉ(tix , 
il a pu fé ti-omper^ Çc nos Italiens ont )uf- 
tffié pâl'faîtemcric lé Tafle contre fl cen- 
Aire: maïs* (ce qôi'fft ^it -remarquer) ib 
rontfâit avec plus' de- môdèftîe & plus de 
reQ)éft pôùt Mr. Dcfprèmbc , qtrén*a fait 
•ftlr/Mirabaud. •. ' 

-> Ce^KHlyetu triiduôeuràtiroît dû lesîmî- 
«r; »lUrWiit, cndéfcrtdantteTaffc ,ne 
pas infultçr au goût gençrat de la' nation 
lèaKfertbej ;'qfi*Htôrihë pcxàV'èièufe des fia- 
r^èè' 4u* tt-étc^hd trdUvrf^atts ct^ Pocte. 
Cè5faut*fëHt ;^ dît^iî^ï'aei octéife ^ue les 
Ibliens ne lui reprochent point, & que 
|fs./rpnçpiçrdéra,prpijiv^t^j:^e p:a,^^ 

çpit; RJis Jçrgout dfi!s ;Ha{ieg§^. ils (avent re? 
cpnnoître dansée. ?T:S^j[fe Çil5 mêmes excèi, 
4 les iui i^proiilifir : îkvCiBcQit À fouhaicer : 
qpie^Je qeavesd) enadu^eiif'jy ^yanc.qoQ.(ifi ' 
porter fon jugement lur le Tafle , Ibît pour 

^"^l\tÇtmiif^^^tiâf.:ptefriiAm &<r^prddicia 
Tafle un péty^é cUti/jmtiri^t^lxKiiii neék. ps^ffïà 
cb eft f^lH) f^ Uâft«ntdtffotJ^nr a«ffi^qtt*îl jr en 
a ah (>elfv^tli<^s<IWt:f^nMwc^*Ë(ftwce'Ufierat£bB 
pour dire que Mr. Defpreaut"il>écott(pa«^afi»t>f0' 
qtajHrr C'eft une chofe plaifante que de voîr 
cercaiimi^jteVfômies citer àv^Ùui^trttMiAal ièsVplas 
grands Ma If res. Sebn «ujp \le^^s g^af»4 Critt* 
qiw de la^Fjra<K« n'eft pas.iw>«Cî;{fi,f«««ye«r. Eft- 
ce Prad6n , 'eft ce Bourfauli^ v^U^'^* Chapcïaiaqui 
parlent atnfî \ 



> •■■>■ 



F K A V f/^ I l$rQ., 1^3 

our ie>dâfenidre , ioic pour le Mâoiieri»r 
t fut donné la peine de )4C^> tes, Aotetursi. 
talien» qui ont éccic pour .& ci^ncfe^*^ 
ont lesnomsjqnt affiez coitntiSi li.aoH. 
oit vu dai» et» ii^uteurs-^. q^âà 'les Itilien^ 
^uhaicenHçnc qoe éss^Xàées^ ttop péXtib 
|ues & trop: ennécs par k« expreflîons; jb 
e tour du Vers » fiefuneqr pmmt daoînof 
re PoënfR : -nùtts fomtms'r.fiiéloigaepDde 
ouer :ces excès ^ que. nou$le;&:conc&ninatKS 
tans Mr. Corudile: "^amats* n0us.-né ftsniK 
nés pas aiFi^{i»jaftes pour croira que Ifef 
î^rançbi9| enrrendanc juftice^aoxbeafatea 
]ui fe cr^ùvimt dans Mire V dernier .Auteur/^' 
le fentenc poine , & j^eLiblamânt pointtuoe 
ju'il y a^d*otic|;é. . . ^^ r ,. '.:: .- i -^.r^ 

Vtrum mbiipjtêré ,niMt in €èrmine<^ nmà igê 
■ fmmr ■ >,:- ■.-'. ■■' .; .. : • ■] 

Offert Jsrmaçiifhf -■. :•; -L, ;<.;:.!..• L :•;. • s 

Apf^il:C€l4rle' tradu^çpr . fe défehdl:de 
i>'av4>ir:pdnr fait une ita^^^ipn tlittec^le • 

.^ lly^a fij|^,k^;i^meMxCorneil}a,de yr^Uf^i^ 
^<f//i , cpn^ fda^s. quelques >^utfors Itâiien^ 
On en pQurr6i^ citer, une infinité de fembUblçsjà 
celui.cf.(^r;e4dan*leti4f,:/ .y..^\, _^::;',^. 

Cîatqul'coodi^mcrent ces 'C«»^i^/^i de' CorneHA?', 
méprifeot ils poar'celacegrançi ïdê'te, & dtfehtr 
ils que cottteifés liragedies ne (bnfjqfae du C/fi»« 



%4 B 1 B L'I O T H K Q «I E 

force que ,' dte-it , ctstrêduSltms 
ftrvêmt à fitiri imundre Us Ormit donê PAat* 
Um. fiftjhiH^'& non fgs à rendre fet fi»- 
fee$. Je vous avoo^ qaejen*entends point 
ce qu'à voulu dire le tràdnâeureii cet en- 
droit. Les termes d'une langue ne ren- 
dent point les termes de l'autre s mais ils 
rendent l'idée qui leur eft commune; & fi 
chaque terme a été inventé pour ezprî* 
mer lîneidée » on ne peut rendre dans une 
autt e langue cette même idée , qu'en em- 
ployant le terme deftiné à la réveiller. Ces 
tradnâions par les mots correfpondans , 
font précifement ce qia'on appelle tradnc- 
ctons littérales , aufquelles je fie croîs pas 

3ue jamais on ait reproché- de nepasren- 
re les penfées de l'Auteur qu'on traduit: 
oj» leutv reproche quelquefois au cootrai* 
re, de conferver trop exa£iement le gé- 
nie de la langue danslaqueltea écrit l'Au- 
teur , c'eft à dire , d'être trop fcrupuleu- 
finient fi(leres. 'Je në^ai dohe oliel dé&ot 
il a voulu éviter en ne traduilant pas le 
Tafle exaâement: & j'avpueque je ne 
comprèhs^'rîênf àla raifonqiplla apportée 

S)0U? s'érrdHpetiftr. lï n*la pas dû être 
bbvcnt aiVftepak- la diflîculté de trouver 
des termes équlvalens à ceux du Taflë. La 
tangue Fi:^pspîfe & l'Italîjpnnefaut lœurs: 
iayjjnt i peu pires, la même origine, elles 
ont ?. j^éo *p1ràs les mêmes termes pour ex- 
primer le^iTi^.meschofç?^.<Çg:U Revoit fç 
fçrvirde ces t;eriT).çsréciprôqji^ès\ s'il vou- 
\q\% f^ire çonpoître aux Vf^o^oi^ les pen- 
fées 



PiR. a: K Ç O I t B, / if 

fées ihi Taflè. Il eft permis en traduifanc 
de donner I la phrafe Je tour de la Lan-*^ 
gae y fnais|non pa$ dé Aibftkiaer line id^e à 
«ne antre idée. 

un tradomordoit être exaÔ à rendre 
les petafées de l'Auteur, fidèle dansila ré- 
ciproeation des termes i s'il fe peut: at* 
tentif. & d'un gbut fin y pour bien entrer 
dans l'écrit deiroriginal , & le faire fen- 
tir: Tce principe dl certain. Untradoâeur 
doit faire eonnohre le génie de • l'Auteur 
qu'iUfadutt x s'il traduittinPoete » il faut 
qu'il faflë vtÂt que fon Auteur étoit Poë- 
te» & quoiqu'il le traduife en profe , (a 
traduâioa nei doit point pour cela être déf^ 
titoéef desexprefiionspc^'tiques quile trou- 
•vent danrPoriginal : au contraire , on dbît 
daiimne traduâion :de Vert ? en Profe , 
employer, uft ftîle harmonieux «hafdt & 
-brillant par certains tours confacfez à la 
Poë6e» afin que les Leâeur s fentent qu'on 
a. traduit un Ppëme> & non pas un Ro- 
vsm froid & fade. * Le ftile du Télé- 
moque, quin'eAque riinitationd-un Poë- 
me, eft admirable.par ces hcurêufes.bar- 
diefièis: mais quet odvrage doit plus ref- 

.^ hj fefti- 

« Riei) a plusinfipidc que kftilé des Romans 
9c des Nouvelles galante^. C*eft cependant ce 
ftilè qiie le nouveau Tradufteu^ a iug2 lé meil- 
kof , pour mettre le Taffe en François. Voy^iu 
le neuvième chant de la Icrufalem qui cftCani. 
mes <e n'eftdansU traduâîon qu'un Uvtc froid 
jk langmflant. 



^6 B.I B L I a t m m^:u b 

fonUer à on Poërae 911e tt cradoâioii ml* 
mat d*an Poëmtf * 

:: Si le Trtdiiâeiir doit être énd à coo- 
fenrer le ftile poëdqoe, loi-Tennc^l: per* 
ntis de tetra«cher le» «trwinens jdn><Pèë- 
me, les compâf^aîfoas, M iléoftidft'icct^ 
caiiis Aitff^ qâi fortncat xl»htabicao< /.£{ 
qui ibnc fôiiveat de-grand^srlu^i^z^dant 
la PoëGe? Tous les gratic6nBbiiÉ)es; Ho- 
Jnere» Virgile, UArioAe;^piitifî|ic nFag^ 
de ces ôrnciiiens daas'Jeiini*oavrafgës;' > 
Il n*appanlienrpdîtitià:tiii trâdaâèur de 
•mettre la imm' àd^bovi^ged'iMi nutrei 
ipoor a)ufter cet ouvrage lèIjiMt geCtt par- 
ticulier f ou àiceluiidiffarihationoodéiba 
'fiecle. Si lepréM^ciAuèenr'a éiPMrtt, 
^*efti au Leâeur à;en: fogèr^ & poor .«ela 
,mâiiie,il faut i^u'toe'tradaâionibittitk- 
le ; te <Taduâeur dcrit aÛjPiibliclWii- ^Au- 
teor telqo^) eft« Ooécanques^cartédè 
cette fidélité $ iirant par râppprt luix tècmas 
tizvxiûét^y que par'nipf>ort aur-couir 
paraifons/p^at1)ibn dive^qtdil zmAvtttn 
Autewy HYaif.nbrt' pas-'^u'il'-lia craduit. 
Orî, c*eft 'pfécifénrenï cfejqo'afarît le nou- 
veau tr^dùâeuf de ia^Jenilalem.: & -par- 
la ce Poërpe fe crdqvè changée affbibli, 
décharné, akrolument.^roéconnoiflkblf a 
lious autres teàliétis/^^. à tous ceus: qui 
entendent la Langue Italienne"^ qui fe- 
ront une comparaifbn^^le^ ronginkl'avec 
h traduflîon. * ' . .. *.. 

, Notrp.tjraduaeur a défiguré. Te Ta(fe, 
non l'eulcment par le faux principe dans 

lequel 



y 



F. ft A K ç'^c^ I- s «k' iy 

tjuet il dfc fur les cradodknis v ini»is '' én^« 
>re;pérce>qiiil n'a pas entendu i^rigi^ 
il..* Je MfàorDts retenir mon rele^ \^i'C^ 
te j^^nvne non feulen{«nt ce qu^it t 
*is la liberté de retrancher'^ : & ce qti'ii 
imagine ayçîr dû retrancher, maîy %x^ 
»re ce qu'il a changé &' iiippriiqé^ lau" 
d'en entendre le iens & d'en ientîr -lei 
aces. JhoùP Y6Q5 frMvër; Mbi/fieur , 
ril n'entetid MSi l'k^HeBr Jc^r/vâi^ivous 
irler de tous les retranchemens dont il 
ipplauditilui^mAne dansfa1Préface« & 
ril n'aoroic affurén)ent> pas. ftiiSy.\s'il 
^oit entendu la Langue» où s'il ai^il 
)nnaPeiprîtde fon Auteur v & le ,vrai 
)ût duiPôëcne£piqui?*f (£firiijte.î!éxainî4 
ivi\ entlétaâMà tradûâiofi'dn'pcemieb 
hanr... -'•:.*; ' • .•* * - • ■> W . -flf ■:-n 
Au troifîâneChane il aô^é unexhoTe 
j'il a prifè pour une coïkiparâiibnt, j^ 
ii n'en eft point upe» .C'eft toi&jueCiob 

riud^ 

* Vo^tx. r^tr$|ît de h nouvelle tradu^îon dan^ 
Journal des $avans (Fcvrîtr i.7^5>} on y,,taîç^ 
lez rentîr'<|lie' la traduction éft très infidèle. A 
^gard des'ju^ai<nsdéravantagiïb}^'qui ont été 
its du Ta^ç'^ & qui foné rapportez en abireg^ 
ms cet Ëittralt/ je crois que le JonrnaliAe*nc 
s prehi|)as jlir fon compté. Après tout.W 
rciiîbns desiPèrds Mambrun 6t Rapin âeï&ht^ 
is des Attîis dont on ne puiffe appelter. M. 
)ntanm^ft «répondu à leur Critique » cornais le: 
arquis Orfi Ac le Muratori ant .répondu aui l^.^ 
^nhours»^ à M. Pefprtaux.. ; 



1 



%t B .1 B L I a T R e Q If B . 

rtnde contrainte de ie retirer dans Jemfr- 
lem avec \e% antres infidèle» oui ont écé 
battus , parce qae dans la .mêlée etle t 
perdu îbn cafque par un conp qîû Ini t 
été donné fur la tête, Icm's, dià-)e» que 
Clorinde couvre de Ton b<^cUer fà téce 
& fes épaules y voici ce que le Tailè ajou- 
te: ' . 

Cofi <operti ^n ae'gîocbl^tfoii 

Da le pille Lanciâte i fi^cbri; 

jUïïfi tesMauref dêm Uwfsjémx ûwt cv4* 
tumi in fu^tm% de fi psrer Je$^ halUs qà'im 
Imr iaïue. Ce n'eft pQÎnt uiîé cooiparai- 
fon, mais une peinture neceflaire, pour 
faire entendre comment Qoriode ft paroit 
des traits qu*on lui lançoit ,^ peintare d^au* 
tant plus fideleque Clorinde tont do pays 
dés Maures , doit en avoir les manières. 
Le Poëtecomme le Peintre doit garder 
dans Tes tabkaux ce qne l'on.appelle // ro- 

Au feptîéméChant » à l'endroit où pour 
la féconde fois le Héraut envoyé par Ar- 
gant vier/t cléfier les Chrétiens , le traduc- 
teur retranche , comme chofe ennuyeufe, 
la lifte de ceux qui s*ofFrent au combat , 
après^que Raimoud s'eft ofl^rt lui-même. 
Ce détail CQnfift^ ra^poi'ter quinze noms, 
& je ne coQiprens pas la raiion pour la- 
quelle le traduâeur a crû devoir lea fup- 
primer j il me (emble qu - on ne (auroit trop 
marquer dans cette occafion Peflfet que 
prodoit daas ie cœur des guerriers 1^ 

xetnple 



V 



I 

p. R A 9 ç a I 9 i. 19 

xetsple do General , & celai d*an autre 
guerrier ùiyp a vanc^ en âge, pour fe char- . 
ger d'an combat fiiigulier de cette impor« 
tance. Quand on dit froidement , que 
touM demundint à combattre » il n'y a pas 
le même feu , que quand on nomme dif» 
cînâement tous ceux qoi s*eiFrent. D'aih' 
leurs en dt£int » tons à fenvi s*cffriront , 
C'eft confondre dans ce fentiihent de va- 
leur les Héros- avec les fimples foldatis» 
& ce n'eft point là Vidée du Tafle, qui ' 
nomtpe difitnâement les guerriers les plus 
renommer par leur courage » & qui doi- 
vent ^tre animez par l'exemple & par les 
reproches de^ Ratmond : dans ce détait 
l'ordre &.Ia difcipline Te trouvent con« 
ibrvez. De plus en faifant dire au Tafle, 
$0i$s à Navi demandèrent à çomkattrè , il ne 
lui laiiTe plus de moyen poàr peindre un, 

SI us grand empreflêment que doit caufer 
l'armée un autre événement qui fucice- 
de immédiatement à celui ci; c'eft lors-' 
que les Infidèles par un trait décoché fur 
Raimond , forcèrent toute Parmée ' des 
Chrétiens de courir aux armes , pour van- 
:er cette infulte» & Ja {oifacrée ducom- 
lat fingulier qui avoit été violée. LeTa& 
fe étoit trop fage pour ne pas ménager 
fes idées & Tes t'urpriies à propos. Enfin 
plufieurs Héros , qui dans la fuite du Poë- 
me fe diftinguent par leurs exploits , font^ 
rappeliez à ia mémoire dans cette occa-' 
fion : entr'autres Gildippe & Odoard, ma- 
ri b femma » don| nous pleurons la mqrt, 

' qui' 



î 



|# BlBIftOTHlQUB 

qui arrive iquelqae tems après » nooston* 
cheut d'aocant plus » que leur hante vt' 
leur notts eft contiHe par rempreflement 
gener^ax qu'ils ont à fe battre cdntFeAr- 
gatit .ce guerrier fi formidabie« Le Poëte 
a voit décrie &^ circonftancié cet .endroit. 
Oir« comme je l*aLdéia dit , il n'appartient 
pas au Tradtlâcarde détroire & d'anéan- 
tir quoi quecefoit <|e ce que lè Poëte a 
jpgé à propos de faire. 
. X Mais puirque je fuis tombée fi}rceten« 
droit» je neipuis m*empêcher devousfiii- 
re remarquer .que nonre traduâenr a fi 
peu entendu le paiTage du Tàffe , qu^^ loi 
ai fait dire une abfiirdité grofliere. 
-Raimond foubaite avoir la même vi- 
gueur qu'il avoit » lorfqu*à la vi:^ de tou- 
te l'^VIIemagne, il tua Leopc^Id; le Héros 
de Ton iiéde y fous l'Empire de Conrard s 
et il ajouté que- eau viéfêtre était plus glo- 
rkMftqui nefitmt ftlle if en bçmme ifui, Jêul 
&^Jiht arma: y' bsttnoii tetWvHi troupe 4t 

S^êrrajint^ Ccft la penfée du Poëte, 

, •. ^ ........ 

£ f& d*a1to vajôr più chîaro effma 
;Xé fpoglie riportar d^haom cofi forte» . 
• Che «•alcun'hor fagàffo înerme cfolo 
' Di qaefta ignoVil furba un grande ftuolo. 

Lé traduaeùr faît dire à llaîmond, que 

titte viâoire quUl tempàrta fur Leopold fut 

Ja'ns eômpara'fon plut giorieufe que ne feroit 

iâ défaîte de tous cetguerriers ensemble ;^ qw 

ieffut Argantfûit fremhler. Amfi dans la 

- •' traduc* 



y 



tra^i^spn» RnûDottci InralteieirHcros de 
rarn^éechr^eî^noe»» >& ie Taflfe. au, con* 
traire rçpréffence à cei Héros Mariée en» 
netiûe comme :uoe iroupe vîte-90'ileftair 
ftf 4e ytioçr^.: , Si l'intelligence de laian*; 
eui^ ni^ gilidpijC pas^iTéz le jtraduâenr^ 1<^ 
^3A jE^n;( dji moins dévoie i^i fàiredevinec 

Iba. Avlt^^^ -a ^ •' • '^ .- .■ i. "\ . , •'• ^■ 

JNq^s .ayons daiif fe^ç^rsde tttradocr 
tîQfi iDille fautest djei cetce eipèce Aurefte: 
le .fr;|duâ;<at: ; ne.) compte, point pônc des 
rfiU'^l^h^niens les/endroics qu'il à îneé à 
pi^po» dfabr^r » icomme trop îdiftas à 
ion çré 1 . 4c \\\k\ flatte . qa'ûn ^ ne toi . fera 
pa$«Mn crime. d'*avoiç renda/ quelquefois 
1^ pisnfées du Tafle.êtijQotns.Qefnots^e 
^jfiv Maïs qi38nd ipn^ lira fa^ tfaduâtoti 
a voeJ- original % la maiii^. oq couvera ti» 
jGâmencqqç ce quil à pqs/pour des tx^ 
droits diiTûs , ne fout que des defçriptiqns 
qui: meflenc |es fairs euaâion^ & qui.voos 

pf^^nô^n^ des tableaux, mai^iâqnes^ foit 
do. CiOBur : humain combattu par .le^ rpaf»* 
iîons , fofe des. chofeli que vous .ilfôyetpar 
ces defçriptions ^ comme A ellea iè pafî- 
fbfei>i fous «>08 yeux, iPour ce ;qu'ii dît 
ravoir rendu en. moins <de'mots ^ je vous 
aflqr^ ; : Moiifiepr » qu'il ne Jui . en a pas 
beaucoup coûréî tout homme ^n pourra 
faire aptpi^t, lorfqu'à (on exemple, il rie 
priendra.que les faits eu grosi .& retrara» 
ch^r.a les dérâils/ les images poétiques;^ 
&, les, descriptions^. Mais, aufli.ce même 
. homme ne pourra jamais fcvatuer d'avoir 

fait 



V. « 



\ 



3f B I B Cr 1 O T H E.Q 0;E 

toa* . Si le Taflê avok dU t- Il ptrot i ce 
. Confeil , le Sphinx , la Chimère , Gerion « 
&c.^ le Traduôeur pourrdic tvoir quelque 
force de râtfon y maïs Jik eft évidemmienc 
dans loQ tort., puitquecçs noms fabolenc 
ibnc rapportez par («^Taf&coo^adpliu'kr» 
pour noas faire entendre que |les déaions 
paroçenc fous des foroies ffloaftrei^es ^ & 
poor.aous donner une Mée jufte deceœ 
effroyable aOemblée.-^' 

Le Taflfe feint ^ue le eheval de RaiflËiond 
étpit 6U de ces Rumens que le vent rend 
£éconde$ dans les-.plainesdeieciqae. Les 



« CbMmfe rien ifeft pkisirîf 8c pfctx animé que 
touvco^ui feft empktiiité «kl là Fable ^ c*eft une 
afiez'i>oone re(ïoarce pour les Poèmes Chrédens, 
que de feindre les demotts transformez en Efprits 
* fabulai SceoDielistdoifigaiitUiie»; Le Tafle 
a mis en nfage ceue craosiPorniatioii, fponuneroa 
voie id. Defourets dans Ton mauvais Pocme de 
(Uâvis a (àivt cette méthode ^ en fàîfanf prendre 
des le premier chanta ofr démon là f6tme ds 
Mercure On z(ûut auffi que M. de Saiat Didier 
a fait la même chofedansfon QOuve;»u'pp$me(le 
CUovis <{vtv va paroitre inceflamment. Mais s'il 
eft vt'ai » comm^ on Iç, dit «; qu*il ait feint qoe le 
Diable prend fans fà^iî la figure de V^nus Ce 
die r Amour , une pareille tpetamorphofe ne blef- 
ferârt-ellé pointa Rien déplus aimable, riien de 
plus gracieux dans le fyfteme poétique que ces 
deux Di^nitez. Verr9't-dii fans]rcpugnance , que 
^ Venus & l'Amour^ qui lagiflent dans le Poëme, 
fi lie font réellemeht qu'un Diable hoYr!bl«qms*eft 
tr^Vefti i Le leftear qui fe représentera mi per* 






P * A K Ç O I t t; 3f 

actes qui ont fourni cette idée auTaflej 
ont jamais dit que-ce fût le vent Aquilon 
li produifit ce Phénomène : auflî le Taf- 
n'a-fil eu garde de le dire, màisfeule- 
ent , que le cheval de Raimond ééoitfits 
t Pair le plus pur qui (buffle dans ces 
mtrées. Le trà(iùâeur a été trompé par 
Epithete AqutHno ^ que le Taflè lui don-*- 
^ pour esc pruner la conformité qu^ilayoit 
rec l'aigle par fa figure & par fa viteflç. 
Le traduâeur prétend que MadameDa<>> 
er lui a fervi d'exemple , pour adoucir 
$ idées du Poëce qu'il a traouic. J'ai bien 
; la peine à tne perfoader que Madame 
acier eut acquis l'eftime de tous les gens 
i Lettres , fi elle en avoit ufé à l'égard 
Homère & des auti^es Poëtes , comme 
)tre tradadeuren a ufé à l'égard du Taf- 
. Quoiqu'il en foit^ je foutiens toujours 
l'on doit rendre les originaux tels qu'ils 
nt, fi on veut qu'ils foient connus s car 
l'on croit fon Auteur très-imparfait , & 
Ton fe croit capable de le réformer, 
mrquoi s'abaifler à le traduire ? Que ne 
îrige-t'on eh Original ? Il n*y a poinu}«, 
llieu, il faut être, original ou copîr^ 
ais il faut être copie fidelle* 

Ç 1 . Voî* 

inage odieux caché fous un mâfque chafthanf^ 
urra-t*il foateoir long^tefns„%ae kI^c^ défa- . 
:able^ Mais il faut atteAdré^<n^-put>lipbn d« 
Poëine) il v aurott it\t mai^iskc a valoir 
Ev«n!r ic Public contre ttn Ouvi^age û vamépar 
elqoes hoDOctes gens* > , 



3< BfBLiaxjlEQtJK 

Voilà, Moofiear ,,ce qae j'svoisàfre 
à l'égard de la Préface , qaaot à la traduc- 
tion , je vous ferai an décailexaâ de cel- 
le du ,pretnier Chanta Je ne pois m*ea- 
gager à examiner tout l'Ouvrage entier, 
non feulement à c^ufede mes occapatioos, 
nuis encore parce que pour vous faire feo- 
tir toutes les fautes de la tradaâioi\, il 
faudroit faire une Verfion nouvelle. En 
' vérité à chaque page il y a ou une infidé- 
lité, où un contre-fens , tantôt des Stan- 
ces entières fupprimées , & tantôt des ^- 
criptions qu'on voit aifémenr'qait n'a pu 
rendre, quoiqu'elles puiflentêtreheoreu- 
fement traduites^ 

Avant que d'entre dans ce détail « dî- 
fonsqi^elquechofe de la comparai fon qu'il 
fait di Tade avec Racine & Corneille. 

Lés termes dont il Te fert ^ pour expri- 
mer Ton lentimçnt fur ce parallèle , font 
injurieux à l'Italie entières mais nous fa- 
vons très bien que fon fentimeti]t n*eftpas 
celui des gens de Lettres de la France» 
Vyy?, dit-il i placer h Tafe hien baui, qut 
de le comparer à Racine & à Comeii/c'Ccs 
illuftres Auteurs font certainement dignes 
d'être eftimez , & de fèrvîr de moc&le 5 
mais notre Taffe ne leur cède point cette 
, prétendue Supériorité. ♦ Quelque bizarre 
que toit le» parallèle de l'Epopée avec la 
Tragjedlief & de ceux^qui .ont écrie dans 
ees genres û difFerensî & quoiqu'on nefe 
foit pas encore avifiî de comparer Virgile 
4ivec Sophocle & Euripide ? )C veux bien 



!:epèfidàni' fvSvre cette id^tdh traduâeur^ 
& développer ici en peu de mots les râl- 
ons qni nous foÉit croire leTafle lotit au 
noiol iégalà Corneille* & à Racî héi^ 

Si); nous examinons la concluke'& l-or-^ 
loiHittlce entière de ce Poëme , nous y 
Too vont toute /la fageiTe', toute la nette-* 
:é iinagitiable , & tout le merveilleux qui 
lait de ^intervention des puiflTances Aipe- 
rieures do Giel, de l'Enfer , i&,de là Ter- 
re. ♦^Les Tragédies des deux Poëtes fran- 
çais; ont fouvent une oonduite ou confu-^ 
%^ telle que la Tragédie d'Heraclittis, ott 
:ontraire aux règles > telle ^ue celle du 
i;id> cto fterite^relle^e celjiçs de Bere* 
fiice, &:d*Alexâiidr'ev Ç>u côté des car- 
raderes « ceux des Héros du Taile ne ie 
lémeritentjamaisi ils font cohftammeht 
foûtenut jufqu'à la fin : ils font convena-" 
blesjHix mœurs des^pàïs dont ilfaitiortir 

.•• :>:.. 'i r . • -G 3.. •' ces 

^ Le merveUleux à too)oars éti regardé coni- 
me ]*tâ|ç 4^ Poëme ïpîquev c*eft ce qui le dif- 
rin^e principalement 9U Roman ^deTHiftoire. 
Bi riniervention des Poiffances fuperieurés du 
Cîelv de l'£nfer Se de Ja Terre eft tout ce qui fon- 
^elejopiérveiUeux daLnsunPocme^ comme on le , 
dît ici, il 'eft clair qqe Va^ion des Anges Ôc.deii 
Démons» Se les opérations de I4 Magie font eft 
fentielles à un Poëme Chrétien, queronVt>udr« 
qualifier d*E'pique« Kfen n*ei| plus beau dans \t 
JeruJ/ikm , que Tendroit de la Forêt enchantée, 
que le Pal;|is d*Armidey 0cc. ôtesB du TafTecet-» 
te fotté de merveilleux I ce n^eft plustin roece» 






)t B.M L liO T V V Q X 

ces Héros « flt le çpntrafte qw 1^7^ t 
fçûieccer dans ces mêioesaira^erçs^, don- 
ne U42 nouvel éclat aux uns &. aux autres: 
ils font vrais & vrai-femblables,. Dans les 
Tragédies, dont qn vient de parler^ les 
caraâeres font fou vent outrez^ peu oon- 
formes à U nature^ ^ ne font pas toujours 
foQtenus» tels font ceux de Ciona . ^E*' 
milie, & de Maxime; On troVive aofE 
qu'ils raflemblent des pallions difierientes 
& incompatibles ^ comme ceux de Polieuc- 
ce & de Sercorius , ce qui eft çonttwe wx 
préceptes d*Horaçe; 



mm I ■ ti^ 



* Serviimr ^êimma 
l^alis 0bifieétp$oproceffirif\ à*fihi ^ùw(kt* 

Us vont donné fouvent à leurs Héros, 

2ui devroient conferver les moeurs des 
irecs ou des Ronratns , les maaiere&dhin 
joli Seigneur François: cequi.eft contre 
le vrai goût de la Tragédie s 

La beauté des Pièces de Mr. Racine 

conlSfie dans un tendre pathétique répan- 
du avec nobleflè dans toutes tes Tragé- 
dies: leTublime^ iç les fentimens heroî- 
ques font l^excellence des Ouvragea de 
Mr« Corneille. Prenons le Taflë. & exa- 
;ninoo9 le pathétique dç la ikuation 4^0* 
linde & de Sophronièy la paflîoii violente 

d'Er- 



F 1^ À N ç o I s 1^; 39 

J'£i:ii)iiùe. dans tOQCeia Aijtedu Poëoie» 
mais/prif}cipal(»neii( «au lèptiéme Chaiii::» 
DÙ ce mpfn^ pachfCtqu^ ie. trouve mêlé 
avec ie paiiqral {* genre de Poëfie incoo* 
nu à ces deux Poëce^Xfagiques, & mê^ 
aux AuKdUfS François de ce fiecle ci f) te 
Sublimé (tlios les jen^n^nsde dodefroy 

* Le Pocme Epique^mbraflè tout} je ne fat 
donc pourquoi le P. Ràpin a reproche au TafTe 
d'avoir uni mai kfrofos la délicatefle de r£g)o- 
gue fie de ta Poëfie Lyrique à la force Ôc alama- 
jefté it la Pcf fie Héroïque /& comment ilaofi 
avancer qiie {es ^difcours tendres (k galans , teb 
que ceux d'Olinde (k ddSophronie ant quelque 
chofeifeiciànique. Prefqôe toutes les beauteÀ^ 
de h ^3001^^4^99^^ dit-il, ne fbnt point des beau* 
cez 4liv^ le genre heroiM)Me« C*éft à dire, qu'il 
aurait,. vç^ulu ^ue tout le Pqcme du Taffe eut jâté 
fur lerjqiêW.ton, (âp^ agrément, (ans variété. 
C*e(lt jC€ înelange admirable qnien iàit le mérite. 

t Les.^rai^fois ont ^n dan^le fiede pafTc Ea- 
can 8c Segrais. Pour ce qui eft de ce fiecle- cij 
fans parler de Mri Kicber Avocat au Parle;neat 
de Rpilçn; ou aura inceilfàmment les Eglogues 
de Nfr» de 1^ Motte, qui' ne céderont en' rien» 
du-ôn, acelley de Mr; de Fontenelle^ 6c auf- 
quelle!^ fans doute bn ne pourra 'pas appliquer 
ces Vers de Mr. Roûflcau. 

TiflTude mots brîllans, où leur efprit fe ioue » 
Badîhiige affeâé» que le cceur défavouéj 
Te le diraî-îe enfin ; ô mdn cher Palcmon ! 
Kos bergers Q*ont plus rien de berger que le nom*. 

- ■ '64 



y 



40 B 1 B t ï or H E Q tr E 

& de tous Tes gaerriers : le Grand qui eft 
dans la Defcription du Pafalis d^Armide, 
dans l'Ambaflade d'AIete , & eti tatitd'Au- 
tres endroits , que les connoiflèars de la 
France fa vent aufli^lneo que nous : cet* 
tainement on placera leTafle^ j'ofeledi- 
re» tout au moins à côté de ces deux Au* 
teurs, aufquels on veut le comparer. 
Qu'on examine les récits du Taflè , Se 
qu^on en jugefiiivant les règles que nous 
en ont laiflées les plus grands Maîtres, 
comme Ciceron par exemple» onles trou- 
vera vrai-femblaoles, on y verra la nette- 
té ioiate à la brièveté. Narraih fi$ vtri* 

Le récit d' Armîde eft pleihdeP^rdfîce 
le plus rafiné, celui du Meflàger du Prin- 
ce de Dannemarceflradmtrablepour la vé- 
rité de la peinture/ & la force dés deP 
criptions: celui que PEcuyerdeïSlôrinde 
fait à Clorindemèftie, dé fa naiiTance^fc 
de Tes avantures, charme & ravit par ia 
fimplicité touchante. On n'a qu'à com- 
parer à ces récits le récit de Xheramene 
qui eil très efiimé, avec xaifon ,' & pour 
lequel Mr. Racine a eu un & grand mo- 
dèle dans Euripide, l'on çôhnoîtra aifé- 
ment le mérite du Taffe, & Von jugera G 
c'^ft une grâce que de le placer à côté des 
deux Auteurs François. 

Tout ice que je dis ici » ne détruit point ' 
en moi l'eftlme. infinie dont je (uis préve- 
nue pour le mérite de ces deux Po^'tes, 
i}ui avec .^quelques imperfcâions ont des 

beau- 



V-. - •-, 






^ F R A » ç • ï ê ''E7 4% 

?aiit€e Incdmparàbles. Qn peurmêmé 
re t)tt'il y a deux Tragédies de-Mr.Rft-^ 
ine^ où il ne iè rencontre aucun» dé^ 

luts..* • Ce font B^ttàn^Uûi &\Âibêiie, 

u^on peut regarder comme deux Places 
arfaîtes » & qui pourroient fervir de mo- * 
lele , jpour former les règles de làTràgc- 
Ue , U les préceptes dès anciens Maieres 
fcQîeHt ou perdus ou inconnus. Le lujet 
i' Athalie ell un fujet propre & convena- 
ble pour faire une Tt-ageaie : il eftjgfranii, 
c'eft un intérêt pi^lic pour la ville de Je-» 
rafâlem. D'ailleurs le fait eft célèbre: ce 
font'là les circonfiances qui doivent âc* 
compagner le fujet de la Tragédie; 

- *' * . . ■ • 

T'antum ie miJicfampth aeenH$ honorit^* 

. . - '- • . / ■ 

■ i t . • • ' . .. ' 

Le lieu où Talion fe pafle y eft « HSdii^^ 
nabie à t'adion mâme; tous les a^eût^y 
ont;part, & font emmenez auTeroplepar 
quelque raifon preflante; nulle démar- 
che inutile : tout contribue au dénôae^ 
ment.. '1 

Siftg»k quétqne henm . teneûnt firtiêa Jecern^ 

t. • . ' 

Les Chœurs font bien pUf^ez;, parce 
que le fujet le demande. Comme l'aâion 
fct paiTe d9:ns le Temple ^ux yeux des Le* 
vif (es y elle les interefle ^ tant par rapport 
à la Religion , que par rapport à l'état' 
xmi de la Nadon y ils doivent neceflairer 
v\ C f ^ ment 



pirât ccttiidre les inalheara dont jUToBt 
qm'tflBï, pteQcer enfemble / & implpitt 
I9 recoure de Diea: voilà comment on 
doic «mployer les Choeurs foivant lespré- 

DtfiBiif, Miu.qnid. me^i inur aidât $9iu 

Quel fublitne dai^ les caraâeres l Aaree 
quelle jaftefie (ocut^iU foAcenus & mb en 
contrafte ; aael nôblie éclat de yectu ^ de 
digtûlé ne donne point Papoftafie de Ma- 
than oppofée à la 6deUté de Joad ! Quels 
ièntimens doux & tendres n'excite point 
un Roi enfaotv cén^rvé par Diieu aîâiDe« 
à la vue d'une Reine ambitieufe & fceie- 
rt9e»(qtui le perfecote 1 Je p'âurois jamais 
i^tv 6 je voulois détailler Scène par Sceœ 
toijit'çei qu^l< y a d^excellent dans cette 
rTragedie ; le ftile n'eft certainement poiat 
à ownettre. Tçute étrangère que fe fois , 
j'ai été plufieors fois étonnée fit raviepar 
la beauté & la nobleflë des expreflions. 
Des perfonnes plus> faVttntes que moi en 
pourront faire un éloge plus exaâ , -& s'il 
le trouvoit quelqu'un qui par un don fpe* 
dfti de 4a nature > eut àffez de rafinement 
pour, trouver quelque chofe à corriger en 
oee Ouvrage, on pourroit aifément lut ré- 
poiijA*ece que j'ai dit un peu plus haut 

Vhmm mU fhêra niteut m çsrmm^ 99m fg^ 



.F R A K $ O I t I. ^ 

Offtnitr weulis. 

Quoique ie rujet de Britannicus foie l'tn- 
terât parciculier de Néron , & nor 
ik Nation , néanmoins l'a£Uon efl 
tante } foit par les fuites qu'elle 
foit parce qu'elle a commence à d 
per lecaraaere de Néron, qu^l'c 
regarder ce fujet comme aum part 
celui d'Athalîe.' Un intérêt qpî ne regar- 
de que la palHon de Néron fe traite dans 
l'intérieur de fon appartement, tous leg 
aSeurs de la Tragédie , qui font les mê- 
mes que l'Hiftoire nous apprend avoir ea 
part a l'aÛlon, font amenez fur le Théâ- 
tre avec vrai-femblance , & * ce qui «ft 
remarquable, Us font necefîaire^ pouf te 
nœud de la Pièce , la mère pour ttnir le 
fils en refpea: le Favori ver tueox, pope 
détruire la malice du pernicieux F'ayori 1 
les deux.^ans malheureux pour excitée 
la compauîon. Enfin la cataflrophé Cw 
tout-à'fait touchante, & le fait e(i hifi<^ . 
rique , & par-là plus ioterClTant pQur Ici 
Ipe^atçurv 

■ ' Ek 

* Lei connoiflèn» prJtendtHt que let Confia 
dent, <)ui se Tont précifement aue Confident j 
0c qui n'ont aucune part cflèniielle au noeurf £c 
au <Mnouemeat, font «les perfoonagei défec- 
tueux. Cette impeifeâioB qui eft prefque dant 
tontes les Tiageaies,' a'cfl |)oi«t dsat U Tnu 
gedie de Briummau , & ce qw'il v a d'^touaMt « 
c'eft qu'JMf d4 Csfin lui refiftaiMe de ctt <ô«t^ 



JJ4 B !■ t I O T HE QXTB 

. . Ex woto pâum carmin fefudr. 

t- ' • . 

Les récits dés chqfes pailees paroiflkneor- 
dinairemeot ennuyeux , & ne fervent qu'à 
montrer le talent ide rÂuteor i peindre 
lés.aâiontr * car comme ils né marchent 
I>oint au but, -& que ce n'eft qu'on a- 
van^prop0s pour marcher à raâibn, ils 
né produifent point d'intérêt , ii c'eft 
pour cela même qu'ils deviennent ennu- 
yeux ^ & qu'on devi:oit les éviter , 

* • * - 

Scmper ad évtntum fefiinat* 

* 

Céperidant le grand récit d'Âgrippine à 
Neron, eft admirable par fa convenance» 
parcje qu'il n'a point iTappàrence d'un ré- 
cit, quoiqu'il en i^lt la forme. Il ne pa- 
f ôtt qu'un reprochç > il lufpend avec in- 
térêt l'auditeur qui attend quelque fuccés 
de ce noble.repfCHçlié^& qui éftfatisfâic 
parla réconcilîatroh de Néron & d'A- 
grippine: réconciliation qui paroit mettre 
en fureté les deux amans pour qui on s'in- 
tei^efle. Par là les deux amans, qui au com- 
mencement étoient malheureux , & qai 
éxcitoîent la compaflipn., dans ce moment 
excitent la joie» & enfuit<e Usinons ton- 

i:hent 

-■^ Ceft par ces longs técfts que Corneille eft 
ibovénfc ehfluyeux 5c languiffaut dans l^s Proa« 
lès à% (es Tragediei* 



«•4 



..F & A.» Ç O I s E. if 

chenteDcoreplus vivement parleur di^plo- 
rable deftinée. Voilà la perfeâion. delà 
Tragédie , qui eft cette variété raifpnna* 
ble de (it.uations , & ce chaiigement entier 
de cataftrophe i^ qui fait pailfer fijicceinve^ 
ment tous les perfonnagesintereflansd^a^^ 
ne fituation malheureuie à un état, tran- 
quille & heureux , & les fait retom)>er en- 
fuite dans le malheur. Je fçai donc. ren- 
dre jviilice à ces Auteurs , & je fai 4*aiU 
leurs qu'il ne faut pas parler légèrement 
contre ceux qui font eflimez & aimez da 
Public. Je fouhaitérois queMeffieurs les 
François nous traitafljsnc avec la même 
équité ; mais malheureufemeut pour nous 
ils ne font' que nousv attaquer, & par^là 
ils nous* forcent à répondre, & à leur di- 
re qu*ils ne font pas tour^à-fait ailèz ver- 
îez dans la connoiiTancede nos Auteur$*& 
de notre goût pour les belles Lettres. 
Oeftcé qu^ont fait Meffieurs Orfi, Mu- 
ratori , Fontaninidans lieur Apologie pour 
VAminreti la Jtrufahm du Taife. Mais 
la plupart de ceux qui nous ont attaguez^ 
après avoir lu aflez à là hâte , & toujours 
à l'aide d'un Uidionnaire, où d'une maju- 
vaifetraduâion , * VÀminte, hjerufafitn, 
& le Bckgn fidèle , conîmençent par faire 

une 

• C'eft ce qu'on a toujours reproché auxCen- 
(èurs moderhes des ancien^ Auteurs» & on are* 
jniirqaé qtMf ceux qui ont oie attaquer Horaeré, 
n'étoiem pas en état de Teatendre) & tnoti»en<< 

core 



/ 



4é 6 I d L f o r ttft q u I 

Qhé ievere critique , & ne chéfthepoiht 
à'fairoir fi on peut juftifîeroa non ceqni 
leur a paru inaiivats s ils île s^infofment 
pdint sMl y a d'antres Auteurs en Italie, 
ils s'en tiennent à ce qu'iisontlfl, ilsvçu* 
lent ignorer 11 nous avons des Poètes tra- 
gîqoes., des Hiftoriens, des Orateurs ^ ils 
n'étudient' point les Auteurs Italiens ^ & 
ils parlent toujours des premiers Ouvrages 
qu'ils ont vu, fui vaut la legere.impreflion 
qu'une leânre rapide a faite fur eux : de- 
là 



^iore-ilê le réformer. On cronredafis ttn 
anden 'qaelques défauts dé {nçement^ de il eft 
vrai qoe poui9 les découvrir ^ il fuffic de pouvoir 
lire dans unecradoâîon quelle qu'elle foie» pour- 
vÂ. qu'elle fait fidèles mais pour certaîntsdéfiiatt 
de.f!igement un Focme eCLil méprîfablé { Ce 
qu'on apDelle fufteOfe de^raifon eft-il la paiue«i& 
femtelle du . Pocte r K'eft ce pas plutôt par VU 
magination & par l'harmonie qu'il doit être con« 
fideré \ Quand un Poète im;^tne agréaUement^c 
vivement , de quand il peint avec goût tout ce 

Îlifi'I imagine , fans blefTer ouv^tement le boa 
cns, il cft parvenu au but de fon Art. UnCen- 
feur qui ne jùgerd'un Poco^e que par les traduc- 
tions, peut^il en connoître leprîndpal mérite» 
qui «onfifte jans la beamé des images « dans 
^'hahnonie de l'expreffion > Uy traduâion eft 
comme la copie d'un tableau onginal : or on ne 
ccouve jamais dans une copie ^ ni la ha^ieffedu 
pinceau, ni la fierté des traits, ni la JufteQè e^ 
araâe des proportions , ni le m£me calods. Oa 
y. retrouve tout au plus le . deUeiu de i'ordoa* 
nançe. 



F R A H,ç,.o 1 S «. :47 

1 vient t*jnjuftice de leyr jugeintiit ito . 
3ute l'Italie. Par exemple^ (ilenoqvïw 
radaâeur de la Jirufakm avoit fçû que 
ous avons des Tragédies en Italie depuis 
an ifoo.ittrqu*aa tiiecleoù nous fomoHfSy 
l n'anrbit pas fait un p^irallele^ peu ctah^ 
enable du Tafle avec les Tragiques Rrac^ 
ois, & s*il eut voulu comparer lesdâig^ 
V.uceurs tragiques de fa NationavebiiÉKl- 
lue Tragi()ue Italien « ilauroit comparé 
es Tragédies avec les Tragédies , il àti^ 
oit comparé la SopbQnisbéf ji\x Triffino'^ 
a Rof mondé & VOrefte du Rucellat# l'Or» 
ticbe du Giraidi , la Semiramidt , du Man« 
redi, la Cmace du Speron Speitoni, le 
rors/môndo du Tafle , & une infinitéd^afiH 
Tes Tragédies que je ne nomme point « 
}0ur ne pas faire une légende. Alors lé 
parallèle auroit été plps jufte. M* Mi^ 
abaud auroit pu porter des jugemèns 
mieux ^rppuyez & démêler lesbeautez'd'a* 
vec les défauts y en examinabt le fiecle 
qui a produit ces pièces, la Nation pouif 
qui elfes ont été faites, les originaux, que 
ces Auteurs ont fuivis , & mille zuttes 
particul;iritez ». qui font neceflaires pout* 
faire une critique jufte. S*il étoit deuren^ 
du juiqu'au liede où nous fommes, lia»* 
roittrofxvé l^/lriftodeme du Doitori , leCôt^ 
radmê du Caraccio, le Chi/pertco de Moni 
temagnoy les quarante Tragédies du Pè- 
re Scamaèca, le Fstfimede, VAndr^êffthfà^^ 
VApffioClaiHiic, lePspiaiano, XtSirviojui'» 

Hq ^ toutes de Grâvina / le Théâtre de 

Mar- 



4S BiitioTBEQue 

Martellt, la Merept àu^Mûrqms MafTd; 
enfin vocre Ofar » A^. l'Abbé , & pinikon 
autres Pièces qui font ni^es depuis que je 
fuis en France.^ La comparailbn de ces 
Tragédies que je viens de* nommer,^ 
q|Qi ioùc plus proches du fiecle de Racine 
& de Cordeille/ auroit été alors trè 
Ittfte. 

Pardonoez-moi , M. cette petite digret 
fion en faveur de notre patrie » que je ne 
puis m*empêcher d'aimer & de défendre; 
& revenons à la traduâion qui m'a forcée 
d'entrer dans cette dircuflîon pouïr faire 
voir au traduâeur que nous ne craignons 
pas le détail d'une coroparaifon qu'il n'ao- 
roitpas dûpropofer , & qu'il Te leroit bien 
gardé de fiiire , s'il avoit aflez entendu la 
Langue Italienne, pour démêler les beau- 
tez du Tafle., Voici des preuves qu'il n'en- 
tend pas notre langue. 

Dans la première Stance le Taife nous 
marque d'abord la pieté de Godefrûi , û 
iàgeue ^ fes travaux pour délivrer le tom- 
beau de Ji£su s Christ, les obfiacies 
qu'il a furmontez par la faveur do Ciel, 
& comment il a raffemblé fous les faikts 
Bttndarts fes compag^nons égarez i c'eft 
faus les laints Etendarcs , parce qu'on ar- 
borott la Croix ; c« qui eft prouvé par la 
fuite du dénombrement , Stance 72.! 
• 

E pçl veffiilp Impériale e grande 
jLa tf îonfamè Crucc al Ciel fi Ipande. 

L'Eih 



JF JL AN :Ç O I S C 4j| 

- L'Elnfeigne' générale préfentoît ime 

Croix trio0H>hance I ce n'ell donc jpoint 

OUI les Etendarts de Godefroj , comme le 

radaâeur le dit. 

A la /quatrième Srance^ l'Autèardïfdle 
fon Ouvrage à Aipbonfe Diu: dé Perra^ 
re , comme à celui^ul eft fon protedeur^ 
&^ il termine cetce Stance en di(knt) . 

Forte undi fia ^ che la prefagapenna 
Dil ficiîftr il tç qqel ch*0|r n*acénn2|. 

Ptfisr^-^l#r^. tjMe ^Nf phmeprofibiti^uiùfera aé 
our écrire de toi a q^*èile£fi f>rûme$ m^oar^ 
i^hitié '. «i 

Ce n'èft poiiit entendre PItaifen que de 
]ire çn cet endroit i» il meferufermhdera^ 
:onter de toi les mêmes merveilles que tu vas 
ntendrer Ceque leTafle promet à Àlphon* 
e > CeA le glorieult commandement d'u^ 
le nouvelle crcHfade^ commèille(Jitdaps 
a cinquième btancci 

Jlie a te lo Tcéitro Ta terra > o Te ti piaçe . ,, 
;^*akaii]|perîodeinareî» a te concéda* 
Linulodi Gofiredo» i Âoftri carmt 
n tah^afcoha» et* appàrécçhia al'armi. 

Le'fe^s dutraduftéur porte qu41 éfpe-* 
e un Jour. chanter de loi les mêmes mer*' 
reillès qu'il va décrire diiiis fon Poëmé. * 

A la (îxféme Stance , il efl marqué que 
es Chrétiens avoient pris Niéée d'affâut', 
\c AAticichèpar rDi'eV'& qu'énluite ilra- 

Tomt IV. Parthl J> voient 



^O B,l 9 X. I O T H E Q D E 

voient défend a leurs conquêtes comté tne 
^mée tonombrable de Perfans Le m- 
doâeor dît à la page croifîéme ^m'Us «- 

voient défait une nom treufe armée tkPirfêiU: 
^li peut battre une aripée fans être ans 
U oeceflité de défendre une Ville, & k 
Taflè dit qu'ils a voient défendu contre !« 
f erfans Antîoche , aprè^ l'avoir conqui- 
fes ainfi danis la traduâion le feiis efi al' 
rcré* ' ' - 

A la feRtième Stanc^ îurqu'à la dixif 
me , il eft dit que Dieu d'un coup dœil 
penecra les Cœurs des mortels^ & qu'il en 
connut le^ rentimeiis , DUm voit RetnuiJi^ 
p'a que des défit $ de gloire , il découvre ft^i 
fi conduit pêr l^f figes avis ikGme^e, def 
ilopprend les itluflres exemptes derantiiéti> 

Scorge> ch« <ia la, bocca îtitnlito .pende 

Dt Quelfo , e i chiari anikhi dTempi apprcode. 

Le traduâeur dit à la page cinquième, 
^, lorfque Dieu pénétra leco^ui: deshom 
„ mes,' H tît GUclfe qui entretéttoitalor^ 
,, Renaud des illuftres exemples delwî 
^, quité , & le jeune hOnimeécoutoitaTi- 
„ démenties difçoursdece lageguerrir 
On croit voir Tuivant les paroles du tra- 
duaeur, Renaud à. qui aauellement Ion 
oncle donne quelque leçon. Cela efiWeii 
éloigné de l^efpritdel'Àuieur.quiiic mar- 
que ici qjaela diipofition du cœur rfefif 
naud, & ion caraâere. 
A ronzîéaie Stancc , iQrfqué Pie» aP 
■ ' i . • . ". pelle 



V 



îFrlt 4 M Ç O l 9 %.i sf 

fielle VAogf Cabrid ppar l'envoyer vtfc» 
Godelroy» )e nefai pourquoi le trtfdoG^ 
tâur fupprime» qu'il a^^lla cee Ange^fa 

' . " . • ••••»•♦ 

Cluama & fe da gll Angelid rplcndori. - -^ 

Il s{*agit de ce centrent îptmere^ ôùjioos 
nous imsiginons que le frône de Dieu cft 
placé, .^ dont les Anges (m les Bienlieu- 
rcux lont environnez s cela préfeiice ua 
iaiage & une idée fubHme. Le traduâeur ' 
ie coticenie de dire à la page cinquième « 

il fit vettir à lui Gabriel, qui tient h fécond 
rangeant in t^ilice cekfiex le mot de Mili^t 
t|*a poifit jeté employé là par le Pbëtes 
c'cft lé fubilituer inutilement s ce n'eft 
point traduire^ mais dire les chofes com- 
me on les imagina , indrfpeodeœment de 
Toriginal. 

A la dix-feptiéme Srance , KAnge dit à , 
Godefroy : Dieu m*cnvoye : c*eft fa vofon-* 
té que le vous annonce, puis il ajoute: 



O cjuatifà rpe.ne 



Haveif d*alta vittona > ô qualité zelo 

De Phoft^ â ce comméifra h<>r tt convieitc^ 

Quelle ejperanàe fie devtt^vous pas avoir Je 
remporter une iUuflre viâoïte y i^ avec quel 
zeU ne devez vous p As conduire les guerriers 
qui vous font confiez. , ^ 

*Le traduâeur à la page feptîéme dit, 

quelle e/pertince ne devez vous pas concevoir 

\^ D 2 ' de 



y» B 1 i t r T H B Q V K 

•4ê là viÛêirif #t^ fttrilr éirimr m V9tt 

ioMféî ce bneft {ns là rendre l^Ameiir\ 

gui par ces deax- Vers O fmmmm/iftm &<• 
ûc Icotir qoe Godefiroi doit certaiocmei:: 
concevcnr l'eTperance de lavtâoire ; mis 
anili qu'il doit accomplir fon devoir , en 
condoifadt avec beancoispde zete leagocr- 
^rfers qni lut lont confiez. Voilà le ynii 
ièns da'Taflè qoe le tradnâeor t affiûbû 
- en di&nt, é^f^c faelh mrdewr me ifêms sfct- 
tere%-vêms pwm df rewÊpln qmi «o«f ^ rtt- 
fié ? c*eft marquer que l'on croie qalls*ec 
aquittera avec ardeur » & non pas lui di- 
re qu'il doit s'ei) acquiter aveczele. 
A la dix*huidéme Siance rOrigiml dit, 

Ma poi che fi risoDC*^ e che difconre 
Chi Yenne, cliîmandèy chcgU fa detto; 

GpJefroy rtvémm de fm étnÊmememt féh 
' rtflexiamfur cilmi qai id Hoit apparm^ f^::» 
étûit^ de la psrt de qm il v€99i$ y ^etft'^ 
h$ àvoit dit 

Tout ce petit détail vif ^ lenfé &• oece-' 
faire pour amener le relie de la Staoce. 
d^plaic au traduâeur , & il fe contente d; 
dire froidement & en Hiftorien , pageiep- 
tiéme, ,, mais après être revenu à loi» 
,, f^iiaiit réflexion for ce qui venoit de 
„ lui érr^ annoncé de la part de -Dieu. 

L'empreflemenc de Godefroy à la dix-^ 
neuvième Scance ed mal repréltnté p^. 
le àradoâêur. Void Tlcalien. 



c 



F R, A H Ç ♦IS ^. 



J9^ 



DtioqM^:g|i,t|er(H CQUipagni, iqiiainon Ii|age 
Erano ipârC ; . à ragiinarC ioy itsi > 
I^enmre à lettrà-» e meffi à mefli aggîuoge \ 
Sexîipre al cbnfigUo è la preghiera 'amta ^ > : 
Ciov ch* ^linagenerpia aHetta ^ e puHgc ,' ' '- ' ''^ 
Cio, chcpuorîfvcgliarViriù.fo^itav " .'* 

Taetopar» die^trovi» c in efficace-, . ;j / - 
Kfodo l>dorna ;St^ cbesfor^a^ ^P^!^^lt* •>; l'CJ 

Voici le Cens, Godffraijnpitf .^OH 4f' 

V9ye Lettres fur Lettres^ ^ Mejfagers furl 
MeffaiiTt. La prière ffi jointe au , CfpffU^ 
tfHit C€ qui peut. attirer ^piquer une aifHf io^i 
tfe fS^' S^^^fflpf 9 tout ce' qtfipeut réveiperfinà^ 
vertu endormie femilefe prêfinter ^^oii^'en] 
prit^ O^H.Pemploffe fi • efficuçen^ent ^. j7f\'f 
charme eet^ au*il force. .-,»*/ 

Voici la traaufUon , p: 8. t 

^It .envoya aum-^jôt inviter les Cneft 
„ diipi^rfêz aux environs de Tôrtole à s'af- 
,, (erôble^ dans ce^^. Ville, Au cpnfçîf 
^, qu'il leur dpnnoic, il joignit de fortes 
„ înJftàflçcs , & il fçût fi bien employer 
tout ce. qui peut, r jévpiU^r le courage , 
& e;rciter une ame genereuïe,^ qq^fl \t% 
perfùàda. Ils confentirent à ce qu'Udé- 
7, iîroît, & y confentirent même #ec 

„JQye. ..-•.. ^ .'. /'-W 

Le TifTe Ve^prîme en Pôëte élcgffll; 

le traduâeâr en Gaiètîef prolixe. 
A là Stance 22. Godefrôy parlant aux 

D 3 Gheft 



1 

. ■ 



99 
99 



f4 B 1 BL^rb if H B Q u fe 
Chefs p^rle en General d*arinée; le m- 
du^ut à la page neuvième le Êtic parler 
en Moine. Dans l'Origmal Godefroydit: 
notre bot a été defonSràire lésCbrédeos 
au jou^ indigne de l'efplavàgfi le. tradoc- 
teur fubftitqe à ce mo^ ip Cbréi^i^f celci 
de nos frères. ' Il j, a eqfuite ilaps ^p^ig^ 
nal 

Kè fîaxhi neghr ai pèregrin deivto 
D*adotar la grah Tomba , c fcioirre fl voo- 

s 

Afifs que fy pleaie tfiyagew' pmjfr é» Ttkr- 
te èdùrerUfaht Tbtnheau , à* accomplir fn 

Le traduôeur à k page neuvième, aa 
lieu de pîcBX voyageur; dît;/^i fetvhnrs 
^')tsn^-C HR I s t rexprèiflïtm înfifMde 
ijahs rin Poëme./ ; ' ' 

lÙaîflè àpartWdée d?^çcompllrlcvocD, 
& dit feulement que i^ les fervîtenrs de 

^p )F? V' ^'■Ç M i^ ? ?* Pf^"^ ,^ liberté ve- 
,',; litr rehdrè lêiirs hommages t" fon divin 

j, '^ômbeàul A^dof.ér^'Iè faintTbmIieàn d 

une ex^preifipn pVu^ vWe que celle de rn- 

éfé h^^mfiiagé ; witLÏ^ h^ terùîes hardis ne 

fbnt ^oint du ^Q^t de notre' tradudeur. 

^Qur là Stance vingt-ciM je n*y 

li"Quye;pas Un mot du Tafl^' : il Ta telle- 

nie|tf tournée, querAuteurn*y eftnîbieo 

liiMar rendu. ' ' ^ * * 



legrt 
endu 



_ la vingt- (aîéme Stançejl u?aâis en- 
tendu les deux prémièr^^Vers, ou il a cru 
devoir. les omçtrfe ; Voki ce qui eft dans 
rOriginal. ' - ' T/ '^ 

" • Tut- 



TurcW,* Pcrfi, Antîocjiîa (illuftriÈfiîpiio, . 

' » > ' ■ 

EcU'po^e aiagmfico, edicofe) 
Opre noftre non gîà, ma èel Ciel doQoV 
Atfo; e vîcforte inv«r meravigHofi. . ' 

Les Titra , hi Perfaps , Apffoefff 4o9f f^s 
noms magmfiquet^ & hs fêiu nouê fr^ff^^ 
par leur éclat ^ on$ Hf fofiv fipi/f 4!illHffr€S 
viâoires ^ mais ce n*ejl point notre ouvrage^ 
eùjl un don du CM. : : ^ 

Le cradaâeur dit à la page dixièmes 
,, Les Turcs abarus , te^ Perikns 4éf£cs , 
^; Antioche iubjugu^e : voilà cerfaiott- 
9, ment de magnifiques exploits > mats qe 
jy n*eft pas notre ouvrage « c*eft k^0ifn 
,y feiil|< qu'il en faut attribuer la glp^- 
^, re.^ Cette penfée qui eft expliqua par 
ces:paroIeS| iUuflre Suauù^ n*eft pas ren- 
due par le traduâeur. L*idée cependant eft 
noble, & même necefTaire dans le difcoiiir^ 
de Godefroy: un traduâeur dotinieure 
dans fa traduâion la liaifon qui eft dans 
les penfées de fon Original. . '.. 

Il eft dit enfuite datis la Scarice: vkigt- 
feptiéine: ' : >r 

A quel 3 cbe fono ald prindpît ordi^î 
Dî tatta Yùptz il filo e*i fin rîfponda. 



• « 



BMfint nêfi^tequ'^h de fi^rauds cùmmeu* 
eemens la fin réponde, \ 

Le tradttâefr page ti. dit/ 
„ Ditu eft I? Auteur de notre entreprife . 

D 4 il 



« 



f6 . fe-I B L I O T H e Q tf E 

,^ il l*a dirigée Jafqû^à ce moment , c'eft 
y, à lui de cônfomtnf r fon oavrage. 

Le traduâeur aoroit peu^c être ainfi ha- 
rangué l'armée d^on ilile lâche & d'un air 
Îlacé: te Taflè fait parler autrement Ton 
leros. 

A ta Séance vingt-neuvréme» après qne 
Gode&oy eut iparié/îl s^éleva un pedc 
murmure dans l'ailèmbiée. 

J>lt[t, t a i detti|r<^ui breVc bîsbiglla 

Le mot BisUglh , mot fi connu en Fran* 
ce, embarafie le traduâeur , & 41 dit à la 
page II. ^yGodefroy ayant ceiTé de parler^ 
^, chacun fît connoîcre qu'il approuvoit 
0, fon difcours. Ce h'eft point cbla; ic 
confehtement de tom les Chefs . de l'ar- 
mée n*ell marqué dans te Taflè qu'à la 
trenc^deuxieme Sr«nce , après que t'Hcr- 
mite eut parlé, }& leur eut confeillëdefe 
faire un Chef : voilà comme ^e traduflear 
fe donne toujours iè platfir de déplacer 
chaque chofe. 

A r^rd du dénombrement, ye n'en- 
treprencT pointde ledétailkt*; il fetroo- 
ve dans la traduâion fi dérangé ," & les 
Stances y font fi' t>buleverféès ^ qu'il |m- 
^roit plutôt écrit dé mémoire que cradok* 
}e marquerai feulement un endroit , qui 
eft beau par le galimatias galant dont Air. 
Mirabaud l'a orné. . ^ . 

Parmi les volontaires ée trouvant Cil* 
fHppe & Odoard ; mari & femme, quis'ai- 

mbieoc 



F/ «^ À K >Ç O I S f. ff 

r niolenc teàdremenc. Pobi: exprimer teuif 
atnicié le TaiTedic^ StaQoe pioquaDCe-lepi 
tiéme. 

• ■ \ ... s • . • 

Va (empre affifla al caro fîaoco, e peivde 

X>ti ttfi fato folo l'ttha e Taltra vlta» 

C6lpo che ad un ibl sioccîa^ i^qua non fccnde « 

t/Ut indtTifo è' il dolor d'ogni ferita i ^ 

£ (peflb è Tun kx^o, e l'alcro langue; 

£ vcrfa Wlqia (|uel, fe que^ il fap^qçî. 

Èile fft ioufoufs à côté Je fon cber époux , 
la vie de run& de t autre dépend d* une feule 
devinée. ^ yàmais un €Oup porté n^efi reffenti 
par iefeul qui efl hlefféi ear (^ douleur déï 
bleffures efiindivifible entrp.eui^ jér foùyent 
quand l'un efi bleffe , 1*autre lanyâit j fi /•£=■ 
poufe perd fon fang^ t* Epoux f^erd la vie\ 

Voîcî comme s^exprimè lé traxiqû'euf pa- 
ge ving.t'-troifîémç. 

,, Comme il$ n*ont qu'âne hiêmé atpcf ^ 
y, un ieul coup peut trancher la vie de toys 
I, les deux , dés aue l'un eft bleflé^. l'àtf- 
^ tre auflî-tôc combe en langueur, & Vu|i 
.„ perd le fang, la vie de l'autre s'écôulç 
„ par la même playe. 

C'eft aiqfi,que<]uelques François entera- 
dent les Auteurs Italiens , qu'ils décnen|: 
liprès cela, comme (î les Ecrivains dévoient 
répondre (|e l'ignorance de leurs' Léfieùry. 
' A la foîxante treizième Stanee il n'a pas 
entendu le mot Nitrifia qui veut dire le 
banaiflèment des chevaux. 

- ' D s E, 



, Jf% 6 I B.t I;0 T H X <) * E 

S. C0* fêri ahriti U (aono accoffda 

Del feno tcoBo, e k campagne a(foriIa« 

t 

Cr/ hannijfemens i^unifftftt qviç le brait du 
fer agité , C font retentir les camfktgmei. ' 

A la page vingc-neuViéme , le thidilâmr 
eft content que^Q >ièol fer htté c^c^c, 

parce qu'il eft tropcharmtf4*ft(er(9^jpqrs 

Suelque chofe s fuîyapt fa rççJQ , qui eit 
e rendre les iclées du. rafle en oioîns de 
mots que le Tafle ne tes ff exprimées. 

Les Chrétiens y Séance foixante-dîx-iep- 
tiéme/deicendentdùrôorfit Seir, vont aa 
jJevant de r Armée Chtérienne, & appor- 
tent des prélens akx Chrétiens vainqueurs, 
i:*eiî*2^*dire,^ aU3t Généraux. Le traduc- 
teur ai la page '30. ' change cette idée qui 
^ft noble & guerrière y en une idée, com- 
mune, &<lit, (^u*ut ûpporterent tomtes/or- 
' fer de râfràicèsjfemens à l*(irmée.* Il faut 
, qu'ils ayent apporté avec eu)t' de grands 
chariots de vivres, pour rafraîchir tine ar- 
mée fi nombreûië; 

A la Stance quatre - vingt - feptiéme , le 
Roi de Jerufalem irrité contre les Chré- 
tiens V qui font d^lns fon Royaun^e , jure 
de les faire tous périr s le Poëte dit,- . 

OU ucctderè , faronne acei-bt fcefmpî s 
Suenero i figlî à te lor luadr» în feno. 
jUràtto loro alberghi, e inneme i cpmpt; 
Qiieftt J debiti roghî à l nxûrti fieno , 
* £ {u quel lor fepttkro in mczo à i voti j 



I 
t 



F R AN ÇQl «24 ^ S9\ 

Vtttimarprià f^oAe fâccrdotûv .' . c. 

JUntftr^i un cfutl eârn^gt , J'igargérdJes 
«h/mx Yffirf iex ir^ ^« li»rf mtfis 9 hm$ . 
fn^ifpm & leurs , iempUs.. iràtez f»mt *diâ 
httfbers dignes d'eux ^ & avant touta.tbùfi$. 
fut ce tombeau qu*iU adorent^ les Prêtres au 
milieu de leurs vanx/erb^ffues vi^iu^tl 

Le traduâeur n'a pais em^ndulafcrtxreide^ 
ritalién dans ces mots , Quel lor/epolcro, 
qu,'il faodroic rendije en François" sil étèit 
periçispar^ ure leur tombeau. Je faibien que' / 
cda'n*cft pasf^rançois , maiî^ îe ne ledis , . 
que poqr marquer Je fens dé ces mcfts4à. 
D'ailleurs s'il avoir fait attention è k fin de 
ce même Vers où il eft die, IkwzffJ^ i 
vûti ^ au milieu des vtevk r il aoroH;- ftlîtf> 
que c'eft du Tombeau de Jssui-^Grrjw^ 
tiont il eft queftion , ^ quô c'eft ft^t^ ce 
^Tombeau même que le Roi de J^riafalwri 
veut égorger les Prètresv Cette Sta^et» 
uhè des plus grandes, & une deè pi 09, 
nobles qui foienc dans le TalTé; lètr^ 
duôeur, qui n'entend l'Italien quéfupèffr 
cféllemei^t ; l'exprime alnfi à la page 35».'^ 
„ Je ne ferai grâce à aucun d'eux V^lé^ 
„ enfansn^^me entre les ^ras de leurs ttiér 
,, res tie feront pas épargnez : lewé nfai* 
>f fon€^ & leurs temples êmbrïiféz lêiirféia 
„ vîroht de tombeau, & leurs Prêtres fe» 
n ront )«^ |>rémieres ^iâimes que chelfi^ 
„ ra ma vengeance. • ^'* 

A I à Staoce q tratre-vingt-huîtiénie ^ Sa* 
ladirt réfoltt de faire mourir tous les Chré- 
^ f. ^ tiens. 



60 > B X3 t I O T ff E Q tT B 

tiens, n'tfxecncé i^as fort defleîn, parce 
qu'on fencimencpluilâcheleredent: c*eft 
la crainct de ne trouver enfuite aucrtiae 
Yoye d'accommodenent avec le$ >Chré- 
tiens : crainte bafle & viie dans le cœoF 
d'un-Roî. 

Ma 8*a qoegjî ianocipti ^1i perdona 
B di yikà non dî ptetade>«iSFetto. ^ 



f «■ 



Le traduâear à la* page 34. explique cet»- 

te tacheté par ces parotes ; unftn$imemr^u9 

" f(fft U rnkfÊii peo^-on traduire avec cette 

négligence? Qu'on juge du refte par ces; 

échantillons* • 

lies petites. rep3arqdês;que je viens de 
filire fur. ce premier CHant. n?ont d'autre 
buHjquede vousproaver, Monfieor, que 
le^Traduâeor n'enteqd point aflee l'Ita- 
lien^ <e que les François doivent, fe défier 
.dercette tradoâion. A^ refte pour en fai- 
vc^la critique, exaâe y -il faudroit retradui- 
rez lentlerement te l^oëmQ» iacomparaifoo 
d'une nouvelle . traduâiôn fidelle f eroic 
inyejQx fentir combien tes idées du Poète 
retrouvent éloigné^ de Tordre ^e. le 
Traduâeur leur. a donné, combien elles 
fe trouvent aifoiblies par le dérangement 
qu^il jr a nii& , ta par les retraucnemena 
qu'il a jugé.à.propps de faire dea Epithe* 
t^ d^s^Svnomi^e^;) idesAt^î|pats:.orue^ 
mens du oifcours^ &.iar tout delà PpêV 
fie^ ^ui dans toutes le$ Lang^K^ ont toù- 






, / 



jours ftrv! à pdiidre & à caraâerifèr. . ^ 
. Piquée de ne point recoimoiore ;Qocr4 
Aiifcurxlanslatradoâîoni jç oie. fuis dnuH 
iîée à examiner de ti^ren cems ie$ et^iroûs 
qui à Poavercare du Livre pmboienc fous 
mes yeux,, & )*ai trouvé que le inat au*- 
gmêftoit toujours. ) 

• iAj metiire que l'Auteur s^efi échauffé^ 
ièVtraduâeui: s'eft refroidis dé manière 
que :ntalgré tt>ut ce que j'en dh i on- peut 
croire le premier Chant le mieux traduit^ 
(i nous le voulons dire traduit, f 

J*al 

f Uii Poënedoîtltre (raduit poëtiqacfment^ 
même lorfqu'il eft traduit en Prçfe^ autrement 
on Afic; un Roman , c^efr ap(>aremment et que M. 
Mû^l>attd a eu en vue de faire en compofant fa 
rradu^ion du Tafle , puifqu*U a tâché a*y éyîtec 
tc^utxequi fent la Profe poétique , en fuivant 
une fauffe maxîp3equ*oii lit dans la Préface pag. 
40« Les ex^effions trop foïtiques , dhW, font un 
mÀuifms ipt dans la Profe : elles ont hefoin d^itn 
fquttmter . far la cadenfe (S^ y harmonie des Vêrsj, 
font-elles un mauvais effet dans le Telemaquê, 
ou dans VlUtade de Madame Dacier « un Poëmç 
ep profe, ne faaroit être ^frit trof poétiquement, 

î, Yoid le iugeii^ent des Journal iftes de Tr4- 
.voiçix fuF ia traduâÎQn de-Mr/>iira.baud. (Mars 
>725*) • s» ^ traduâioA de^Mr. Mirabaud » di- 
;« feçt ils, eft bien écrite,, & fi' on ii*y trouve 
^.pas tout le brillant & le feu du Talfe; c*e{l 
^,, qu'il n*eft pas pofldble.que la Profe Ôc leflil^ 
^ ptiofaïque atteignent jamais au Pocmè & au 
^ J^epoccique. Il n*ya que de^ veriîonsouun^ 
f, Profe poëtiqitte^ telle que.felle du Xe)ema<^ 



et B ^ i L 1 O T ■ B Q V B 

J'ai remarqué qa'ii n'eft pas entré dans 
lescaraâeres prétentCKparl'Aotetirr^ilDe 
ks a féntis que foibiement, par ea^emple 
an dècRiéme Chant, Stahce6o. Lesdeox 
Ambi^dears Alete & Argant» étamad* 
mis à l^adience de GodisTroy , Argaot 
homme fier qoi méprifeles Dieox , qui ne 
reconnoit d*autre loi ni d'antre raifon qae 
celle de fon épée, à peine par ane petite 
dvilicé falue-t'il Godefroy, en homme al- 
lier , hautain , ,& qui dédaigne tout. 

f ictiol fegno d'honor gll fece Aidante 

in giiîft pur d'hacun grande ^ e non ctifameb 

Le craduâeur dît p. 5*8. ,, Argantabor- 
I, da le General avec peu de déoioiiftra* 
^j tioit de civilité > à la façon d'un homme 
a qni dédaigne & qui niéprife les ceré- 
ii vaàtïits. 

Ce 

^ qud^ qdî puiffent (batenirlamayefté d'onPocr 
I, me, tel que cenx de VirgHc, d*Honierè & 
j, da Tâflfè. One pure Profe rabaiHè effentiél- 
^» leilièiit un Poëme à la médiocrité de THiftoî- 
s$ re. Ma» un Aiiteur ^ui n*a voulu que tradui* 
„ re feroit tnjuftement blâmé de ne s'être point 
«, érigé en Auteur original. Il femble que le 
iiouveau tradnûeur pouvott fans s^ ériger en Ath 
ienr ùrigintà, traduire le Poème dtrTafleen Pro- 
fe poétique 9 & prendre pour modèle le ftile de 
'Ifit. de Fenetoh » au lieu du (Vile lâche & tnfipt- 
de dé nos Romans. C*eft défigurer un Po8mc 
que d*en vA^t aotteflaenc, « 



F R Af M^ Oïl s E. ^ 

Cdraâ^re f ft jÉiioitis celai ë* Argant , 
qa^ :ceioi.d*un fAiÙLptrope ennemi des ci* 
yilits% ordinaires <> oo bieo d'un homme 
i^^ façç^. 

Au cinquième Chant , Stance 63. too^ f 
f ^ les co^qeccerieâ & tous les charmes lèë 
plas ^rrsa'Armide, qui auroient réireillé ' 
raitiour dam le cœur le ^lus froid/ U'é- , 
branlent point Godeftoy. 

E defio amor» dové pîu freddo ei dorme, 
Hâuriao gU atd iokîtRtoi | e î fembiamt. 

Lé traduâear, non feulement parce 
qu'il n'etirend point l'Italien , mais parce 
qu^ii nejent point toute la force de la vet''* 
tu inébranlable de Godefroy ^ caraâereda' 
^ Héros également foutenu par tout , le 
traiioâeur , dis-je , pag. 150. & p. 1 5*1 ^ dit. 
,, £n vain l'artificieuie Armide l'attaqua 
pendant Je fOur fous mille formes diffé- 
rentes, en vain lesfonges f^^duifanslui 
,»^ retracèrent pendant la nuit' l'image de 
„ cette Princeffe. i. Ce n'ert point làce« 
que dit l'Italien, comme )e l'ai montré 
cidelTus, x. C'eft affbiblir & déguifetlé 
G^raâere de ce, General.' 

C'eft ta comtnune opinion qfueles longes' 
nous rapportent ce qui nous a frappé lé- 
Jour : * fi GodefrOy eût rêvé d'Arniide 
pendant là nuit, cela voudroit dire quHÎ^ 

ai;-^ 
4 Ommâ 0pufènfu ydiHOum voià diwrno - 

Vf^9fipifé fiddii arnica §ifties. Claud. 



y 



99 



<J4 6 1 Jl t I O T tt É Q u t 

fioroîc écé frappé de fa beauté pendant k 
jour» &^qae pour vaincre fes idées, ilau'' 
roii: eu befoin de combattre dans fon cœur; 
orcela n'eft point, car Godefœy, com- 
me il eft exprimé phuf haut par Ta compa« 
raifon de Toifeau rafTaué , eft inébranlable* 
Pour connoître tout ce que le Tiyduc- 
teur a retranché de l'Original , il ne faut 
. qu'examiner (e combat de Tançrede avec 
Argant, au fixiéme Chant. Le Taflè em- 
ployé dix Stances, qui font quatt^e- vingt 
Vers , pour décrire ce fameux combats le 
Traduâeur le refferre en cinquante lignes 
de Profe , il en ôee tonte la peinture , k 
toutes les circondances qui font fentir Va* 
dreflè, les rufes , l'agilité , la légèreté, 
L'a(:teRtion , la promptitude: chofeseflen-* 
tieiies à l'efcrime ^ & qui font toutlemé- 
rice de cet Art, que les deux guerriers 
podédent au fbpreme degré. 
. Il fe répand dans Paris une opinion^ qire 
notre nouveau traduâeur n'a fait autre 
chofe dans fon Ouvrage , que mettre en 
langue nioderne la vieille traduâion de 
Baudouin; )e^ne Je crois pas. Pour prou- 
ver le contraire, je vais marqlier ici quel* 
que chofe que le/vieux traduâeur a exac* 
teOient rendu , & que le nouveau a fup* 
primé i page 173* ,: 
. , -<W»/V , jUmplùre ion fecourt ^ • &c. c'eft 

où commienije (e. combat (îngulier^ voici 

.rjitalien. 

Chant fixiémcj Stauce 404 



«1 • 



Po 



A A K ç o 1 s e; 



t 



PoCtro lu rtàa^ • diiizataco in alto 
I duoigtttirntr le poderofe antenne « 
Mè fu di corfo mai| ne fà ai faîto^ 
Kè fu mai tal vélocité dî penti^» 
Itè furia cguale à quella» ond' à l'aflako 

Quîhcl Tancredl t quindi Ai^nte vcnnf» 
JLupper l'hafte fu gti elmi^ e volar mille 
£ ttQSiAlf e fchepgîe, e lucide faviUe. 

L^ancien traduâeur dit. Après qiu tes 
éeu* vêUisHê Gendarmes^ ont mis en arrêfi 
leurs lances ^ ih atSëquent nvee tnn$ i^impe-» 
tuofité , qui d'un diê qui de fêutre , qu^il 
n^eji ppîns de viteffe ^ de courfe ^ de fauts ^ ni 
d^ ailes ^ ni point de furie quelque grande qu'el* 
le fois ^ qui fi puiffeni égaler à l^ ardeur dont 
ils fi portent en s^ attaquant i le noaveaa 
traduâear dit\Tan€rede é'fin advtrjairefan^ 
dirent h Nnflant l'un fur P autre* Un peu 

pltts^ bas l'Original die Stance 41. & 42. 

41. 

é 

Tratte le (pade l gcan maftrî di guerra 
Lafciar le ftaffe, e i pii fermaro in terrai 

' 41. ' : 

Cautaraente mfcuno à i coipi moye 
La deftrai ai gqardi Tocchio» ai paâl tlplede» 
Si reca in atti yarii « in guardiV no96 
Hor giro intorno » hor crefde inanzij hgt ccde | 
7m# iK. Part, i/» j S ' Hor 






IS( B:i B £. t a m E ^ o É 

Hor.qâ fcfir accetwa • e pofcla altrore, 
' T^aott non mioacdb, ferif fi vede; 
Uor àx fe (fifa»iirite alcmia pacte 
E.ccûcac di (chcrnic rane coa l'arte^ 

L*an.ckto traduâeur dit. Après s^iir4 di- 
gâgtz des étrlits , ils mettent pied à terre , 
& s^attifdettt P^féé à ta nfoim, en mtenùw 
de ncémmencer plut fort que jumais , skrt 
chacun d^tuit %t4fpprite à frmpper ; cbuca 
d*eax invenie uuelfue nouvelle garde ^ & fe 
met fur dtt po/iuret dwerfts; t'œil , ta mein 
&. U pied travaillent de tout côtem, , ih «'m. 
Hitnt rien de tout ce ju*Uâ fugent neceffàirt 
peur aifufuir ou pwr fe ^léfendre , /bit qu'il 
faiiU avancer ou reculer, ou bien ufer defot* 
prift eu tournant eu rond. Or faifamt Jim- 
Uaut de frapper ici ^ ils portetit la' coup où il 
0^ moins attendu ^ à' tentât ils jpe découvrent 
tu un endroit^ afin d'y attirer t* ennemi pom 
h furprendre au dépourvu 9 ticbant-par a 
moyen de tromper pArt par une nouvelle indtîf 
trie. Cela peut être du mauvais François, 
îen'tn décide point : mais les idées & les 
defcriptions de 1* Auteur s'y trouvent af- 
furément. Voyons comment le nouveau 
traduâeur a exprimé cet endroit. 

Cet guerriers redoutables fe débaraffaut 
prompfement des étriert f vinrent aujffl'tâtfé* 
pée à la main nvec une égale furie ; fout ce que 
l*Art , Vadrefe jointe à ta force ^ au coure 
ge pavent employer , fut pratiqué, dans et 
combats . 

• Voilà tout ce qu'il en dit : U cft bioi f^" 

cilc 



4 



F. H A R Ç ^ I S É. 67 

Cite <de riàpportrr en wmihs de mots î|ue 
l*Ori{ifNil, unrpen&eoUwiedefciriDdûr!^ 
tn 57 prenant dtela-f^on xfot fait M. te 

te defcr^tioti fe trouve diez les dea jt trt* 
^ tféteor s^ dans t a même ><Kfproportion ^ te 
cottt eèlà^noiis proovle iqpie te nooveàdtrv 
diiâ^ar ne t*a polmc pris de Baudottih. 1 
Ce gai le prouve davantage cefoinfen» 
cote d'alitre^ compat^iTotis que je vais 
marquer. Dans le Palais d'Armide, fei- 
ziéme Chant, tl y a dam le Jardin deé ci* 
feaîix qiii-voltilent, entr'autres il y en a 
un qui a des plumes de plulieurlscoûtcurs» 
& le bèC rouge, ^^ 

Vôla ttz gU altrî ttfi che le piume hà fparté 
Di coloV yàri^ 9c hà {nirpûtto A roftrO. ' 

Leiiotkveau tradodeurdîtàlapa|[ei^6. 

par la beauté éi foHfitimage ^fin bec éfoif de 
lé • nrème (tuleur qui les Ifires d'une jeune filk» 

Où trôuve-t*!! éettfe toinparaifbn ? Ce- 
la n*eft ni dans ^Original , ni dans \ts 
premiers traduQeurs » ni dans Baudouin » 
nidans leCfcrc. ..''*' '; * * 

Au quinzième Cliâcit, Stailcc 25. le Gui- 
de des Chevaliers Danois , Charles & U- 
balde en arrivant au. Détroit de Gibraltar 
dit. ' . 

i 

Se*l mar qui è ratito» oVe il terreno II ferra 
Che fatolà dov* egU Hàfnien là terra { 

Ex S' 



/ 



69 B I B t,I O T H E.Q t3 ft 

Si U àter t/kfi ^afi^ iii ^à elh efifirréepat 
U ttrrf, dt ç^mhuif fira-tUlU piut grande 
\là m$ Me «p^rawr /« trrre ? Le noavcau 
traduâeurau c^uioziéjneX^hant * p»g. 119- 
„ dit: quelle doit être la prodigieufcqoan- 
,/ ticé des eaux que la lerre cache dans fon 
. ,^ foin , putique ccUes^qui ft)nt répanduci 
,, far. fa furface écQonent par leur im- 
^y me^ficé ? 

Cette: faute inexcdrable o*e^ point dam 

les vieux craduâeurs. Que dirai-je dece 

qu'il a pris le mot /^^vâifa, pour rouillé. 

Aw quatrième Chant , Stànce " 



Sîede Piuton iiel mézo , e con la deftra 
Sgftieii lo fceurù ruvido» e pelante» 

Pluton tft affit au m^Um , & foutient w 
f€tptre rude & pejant Le traduâeur dit 
p. 994* Le Prince eft au imlieu ibr (on trô- 
ne, & tient en/a main un pcfaut fcepcre 
de (et tout couvert de rouille^ Le mot 
RuvUo n*â été entendu par aucuns des tra- 
\duâ<;urs« & tous ont dit rouillé pour ro* 
deougroflîer** 

« Ur. Mrtabaiù a Tans doute lu la première 
Scène 4e VAmytUê duTafle, & il y a trouve cm 
Vers: 

Quellâ quercîa > cfte pare 
Si ruvida « efîlvaggîa» 
Sent* abch' ella il potare, 

Dt l'amorofo 6ioco. 



F R A K' g O ;]f É z. . 6g 

Il prend de V-Aîr^in pour une branche; 
au^ouziéme Chant , Séance 42» - 

Due p^ilcj e'n cavo cameafcoC lumî, ^ 

r 

Ifmen accompagna Oorinde & Armant, 
4}iii vont pour mettra le feu à la Tour des 
Chrétiens y il leur donne des boules com- 
p6fé«$de fotiiphre'ik'de pdx, & èAftiîct 
des iumUns tê^bées-dant^des vûfe^ d^tiiy(^in. 
Le^adoâeur page43{'dit, Il 7 ioignitdo 
feu qui étoit caché fius des étortis:- Bwi<^ 
doûm dit qu'il leur donna une aiêchei: le 
Odrc du ce qui eft dans l'Original ' 

PermfifctezimQî » JVkmikûr, demetaire 
ici; je vois av€C pejnir les FraoçoisJi hcmf 
teufement trompez / qu'ils* prenbefnt .pcFuc 
nttelNMinetradudionud Ouvrage qui peut 
être un bon Livre François ^n^ais qui eft 
la plus mfuvaife tra4iiâion qui ait jamais 
para au monde, t 

£ 3 ARTI- 

.... - r. / .^ ■ • • • 

Amfi Ç9 jradoifant 1^ ^viàû fcetu» de Plutôt 
fZtSc§f$fpfmUé^ il^appar^oifiiant con^q en 
lifant.Jiw^A TuvidA 45|rfi,l*Aii^yn^c^ qup.lc t>oi^ 
de cheoe rpxooi.lle cômm): lé fe^. .11 n'en Éiut 
pas être (urpris, puifqi^*il croit qu*oh peut faire 
un réchaut d*jécorce d'arbre ^ comme fî une ccorr 
ce avoir les. propriétés du ^r. .: ' 

^ l#e Journal de»<S4ava(iS'ni^i$ de. Février a 
fait remarquer cette bévue du^ tradu^^eur ^avec 
quelques amres. . ^r ..î «• : • • 

t Sî cette tradu£Honytpûte;dcfe£Vueiife qu'elle 
eft| a^eo beaucoup de fiicccs^ il eo Uut.condi^ 

rc 



70' B I B L'i Q r H E q u S 

A&TI^CLE V. 

Lettres JUr hs An^i& les Préotçèis^ & 
fm Us Foidgis. A Cologne Mpccxxv. 
IX. pag. yi2 

Quoique le ftile de cet OnvTfkg^ fût 
très pea exaâ,. & quelqaefob m^ 
me.affbz rebotanc pu;' Ir bafleilè &'la do* 
retédes exprcffion&ivon œ htifierapasde 
UreavecpUifir les^remar^ises & letreflé- 
3ions qei s'y tf couvent. .. Il feue dire i h 
lonanmde l'Aittenr;. qu'elles ^marquent 
affez dHKtentîon à .ce «^u'il n* vu » & qu'il 
a travaillé autant* qu^il a pu à difti^iier 
ce qu'il T a de brillant dau6 le géiitt<f oiie 
Nation a*avec ceiiu'eHe a de iolide. 

Il y a^ trente ans que Monfieur M . • • t 
Gentilhomme Suifle du CaocoD de Berne, 
écrivit les treize latries dont ce volnmeilî 
composé & qu'on vient de publier en Hol- 
lande , fur l'édition qui en à été ftiie à 
Qeheve'peu dé irtote ayant celle-ci. Ces 
Lettres ofit coufû long-tèms iftandlcrttes: 
l'Auteur les* a voit comme albandbnnées à 

la 

» • • 

re en faveur de rexcdfence de irOr^ûal. On 
fatc efperer qu'im \mmt hbmmc de beaucoup 
d'cipric, né en Italie^ v&iâêvè en* France, qoi 
cravaHle depuis quelque tems à .la traduftÎQa de 
îi'jêrufkism du Tafie»' en voudra bien faîccfart 
au FhUîc, podr rkonaeot % ùl pavic 



F II A i^ Ç 9 I H»i»5 71 

la charité de Tes amis , qui en. r 
des copies. ^Dans La fuirc tme 
remoi^ le prit: il fc.fcpentie di 
écrites». Il travailla même à les i 
nepouvantaccotninodcr la ^ê\ 
ù confcience au caraâere de ' 
ce, Moniieur M . . 't s'imag 
Putifme; qu'il avoitçîiihrafî'^. 
cette fupreffion. Il, ^rula l'p 
Lettrés & toute» Its. coptes q* 
trouver } fDais des pcrCoime* qui 
des copies , & peut être ces m 
quf les avoient répandues en manôl^ri^^ 
les ûuverenï du z^le trop icruputeai ^t' 
leur Auteur, ' Â / 

Daps lesfixpreipiêres Lettres de cet Oïh 
vragè on noM't pzi% du mamri & eu èà- 
raâfre its Angiois , lùlnirlbentr* , Jèlturt 
phtfirtf du bênftnsJi ce pfuple , dtjniê^x, 
&, enfin Ht la Ville A Lonjmin fattm,hif: 
La fixîénie Lettre efteiinerémenf OÉftinëfe 
à la deicriptioo de.cetté Ville. Pans. la 
prenii,ëre', rAuccur,^ons ditque Iç* Aif 
glois, 'ont ftntrebmmifarltmt fltn g'éaueM-, 
Ùan s iy qu'ils ft fiiut'tpt.fen du itrâ^gtrsi 
^uandils ntltt cêaHoifftftt pat , & qite'qlt."id 
ih la fontfoiff'ent. , ih. iéar font ftntir qu'ill 
ft mutent aa defas d'eux. Cette pr^yçn- 
tion^ aJQUie-t-il, eftdçtouteslesNrftiçfts, 
mais les, Angloîs la pachcnt moïrisqael^ 
autre\, #ir«. ?»'iH<Hr Vff ordinaire dtiefl 
ttnù'àindrttnrièn.: &même, continoe-fil, 
la contrainte leur eft inutile , parce qu'il» 
tàaiiffek riebt.t ileurjeupek t* PfJ^A' "^ 



irr/x. * Cette manière de joftifier une Na- 
tion» ne lui eft pas fort honbraWe : la 
profperité doit elfe nousponer aa mépris 
desàatre&> & lé droit de lupériorlté qo*on 
S'attrihae flir les vpifins , ne marqa9*t*il 
/ pas dn orgueil infupportable ? il valloit 
niietifx dire tout court qu'il entre beaucoup 
de pt'éfomptîon datls le tempérament des 
Anglois , mais, qu'elle ti'eftpas mieux fon- 
dée que celle des autres Nations , qui, de 
même que les Anglois , ont d« boir & da 
^ mauvais dans leur caraôere. L* Auteur 

«^ des Mémoires &* obfervathns d'an Voyûgeuf 
a voqf u* iâufn les juftifier fut rincivilité 
qu'on leiir attribue , & qu'il nomme fim* 
plementgroffiçreté. „llsn*ontpas, dit-il, 
5^ ce ftux de complim^s qui fort ordinaire- 
ment déia bouche des François , des Ita* 
liens, &c. mais c'eft triai prendre la cho- 
fiî : çhac;un a fes idées , & l'idée du Peu- 
'^ plç Anglois n'eft pas que la civilité con» 
,, fiftè fi tort en ces manières extérieures, 
„ qui ^en' fouvent font fardées & hypo- 
,^ criïes- Maîsfi lacîviHté eft fouvent far- 
dée ; îà'gfwiereté éft Ibuvènt auffi qaj?lqac 
chdfe dç pis que ce que cet Auteur Fran- 
çois ref ggié nommefiiiiplemenf groffiéreté. 
L! Auteur décès Léf^**e«r nous dît ëiifuî- 
te , Qu*j^né prç^ve, convainquante de la 
bravo&re des ARgloPs , c'efide^tir ^ucret 
^iïpdreU mprt, , . cepihdant iUn^ n^ntpêS 
4 fa gouffre ^ & nefontpâffutmegrhndiê$ 

4f. ceux qui y vonp. Le titre de Capitaine 
eft.fi&ifi eux un fort petit thre : ils'-^eHeni 
0fhfi tout f (tintant ^<rf. forte l^épée ; ^umme 



1» 



f n A 'n ç o i ê e. 73 

in FfhHci m êfpellè Mbè tout fainéant qui 
port^ it manteau &- h petit collet. Il nous 
afltife que le vrai courage le trouve çhcK 
les Atigloiss &ce vrai courage , c'eft de 
faire hardiment une bonne aSion , d»ofer 
iuîvre la raiibn contre la coycume. 

Il n'oublie pas pair defanti & de prùf* 
parité de ia plupart de ceux qui cbnipofint U 
Clergé : en tes atcafe d'être pan feux , & ieur 
gr4md embanf oint fait foupfofiner qu'il, en efl 
quelque tboje. Ils reflemblent doôca^iClerr 
gé des autres pais. Une chdle les diftin* 
guet les Chanoines Angtois fréquentent 
le Cabaret & s'y enyvrent la pipe à la 
main. O'eft une fuite du caraâére qu'on 
leur attribue, quteft de ne fe gêner enricn: 
les, François plus exaâs fur la bleixfean^ 
^ce ne donnent pds encore dans ces débau- 
ches d'éclat, ' ■' ' ' 

Il «ftime la manîcre de précherdes An» 

glois: elle a fon mérite. Leurs Sermons 

nous rappellent à la fimplicité ApoftoH- 

que: ils méprif ent ce vain affemblagè de 

mots, qui^plufieurs Prédicateurs de ce iiét 

de couvrent de fleurs de Rhétorique mat 

aflbrtîes. Il compare les Prédicateurs An^ 

crlois avec les François , &l'on voit qu'il , 

donne 'la préférence aux premiers quil 

. troîave modeftes & même timides ; au lieu 

que , félon lui , les Françms ont l^lr fier 

& pfélbmtuetix- A Vég^rdde la Religion, 

chaqvfe Angloi^, dit-il, femble avoir fris 

fin par4i four en avoir téut de ton , d»^ 

m^s à fê mode, ou pour n'tn amir 

E J' p9tnt 



74 B I IL I O T « B qus 

fùki dk. 0O0f. . . h ^f Leur païs\ à la diT* 
,9 tip^on de tous les autres , eft (ans ht» 
9«..pocrûes. Si cela n*eft pas tout à faitain* 
9^ fi^ du moîfis^le nombre de libeitîos de 
M profelSon, eft-il plus grand en Aogle^ 
,j, terre qu*aill^urs, chofe qui nedoîtpas 
^, faire doshouheur à la Nation , puîrqu*il 
^ n'y a que ceux-là même qui feroiene «il* 
39 leurs hipocrîtes, qui font libertins en 
»* Angleterre. Il eft aiTcK d^idé laqœl- 
9» ledes d^uzefpècds eft la plus matfvai* 
9f fè. Avec fa permiilion , on n*a pas en-* 
core décidé fi le libertinage fait moins ^e 
tort à la Religion qnei*hypocrifie. Il fem- 
bie au contraire que l'hypocri&e,lnî caufe 
IkiQtns de préjudice , puiiqu'elle n'excite 
ili fthifme ni herefie. Qn eft au refte fi 
prévenuxontre les Anglais fiir le iiherti-» 
nage en matière de Religion» qu^ bien 
de$étrtiQgers croyeot qu'il y a ;daos ce 
Royaume autant de Religions que.de4né« 
oa^. Quelques Auteurs ignorans» {Rpa 
cntr'autres) nous ont donné les noms d'un 
grand nombre de Seâes de ce pa'ùrlà ^lef* 
quelles n'exiftent que dans leur imagina- 
tion* .--.!• 
*' Moniteur M . # . t fait plufieurs bonnes 
remarques au fujet do. Théâtre Anglois. 
Leurs Pièces Dramatiques iontd'un cajrac* 
èere différent des nôtres: point dç. cbpix 
de penfées, point de caraâere doifiioant. 
Leur Tragédie eft fanglante : quatre ou 
jriitq peribones fe^ poignardent dauv une 
'tnèmé îPiece.^ Qnty meprifè les trois uoî<* 



î F IL A M .Ç Ot I; S E. Jf 

tez , '&.tQii|tes les loix ^dicteures érabliesi 
par Ariftoie . A peine la CMiedie Ân^^ 
gloife paiTerok elle chez nous pour une 
farce médiocre. X'ordore n^y eft pas 
épargnée» &de'pIuson y jjure. On y boit, 
on y')oae, on y débauche des femmes; 
A^ec tous ces défauts les Angloi9 fe pré- 
fèrent aux François.. Ils nous pillent » nous 
copient & nous infuUent, dit PAiK^us 
ék&l Memoirts & obfirvati^ns d'un Voy^gfur 
tn Angkterrê, Làs Defen ieursdes Aflgiots 
vantent l'abondance qui règne ^ns^ ieut 
Comédie : aous leur oppofons le choix iSf 
l^éxaâitttde de la notre. , L'Ameur des 
Lettres rapporte le fragoient d'une dirpea 
Comédies , qui ne préviendra pasIeLci^euir 
judicieBx ; quelque prévenu que lePoece 
Anglôis foit, en faveur de fa riece^ Il T 
a mime beaucoup d'apparence , ^u^pr^ 
avoir balancé le mérite de VAvéurts de Mo^ 
lurt contre celui de ta mauvaife în^itation 

3uSen a été faite ea Angleterre, onai:|ra 
e la pdne à Vempdcher 4e méprif^rçietr 
te imitation, » . * ♦: 

Les Anglois ont un Qp^a, de ,1^ MuC** 
que , des Concerts rçgle^. Les jeunes gen$ 
de qualité ont des rendqz^vous entr'euxç 
tout s'y pd0e fans gayeté ^ (ans beaucoup 
de converfatton , ians beaucoup de ppl;- 
teflè. C*eftl*Auteupq«i parle. CeSirenjieï- 
vodSf ajoute-tMl » fe fpntd'ordinaifie^ns 
les maifons à Chocolatb. On y,vQit^dê]s 
Br/ffi/r efpeca de copie des Marquis ^ifj^an- 
çoia. j^Ii.ficvoit difeplUcôtqH'ilstri^flipm- 






7^ B I » t I o T H s q tJ s 

blent à nos petits màicres, & pour en jo^ 

5er 00 n'a qa'à lire le caradere qae leur 
onnent les Aoteors Anglds, 6i celai qui 
t écrit les Mémoires & obfervmtkms d'n 
Voyoffewr. Les plaifirs ordinaires de la Na* 
tîàrribnt le vin, les femmes/ lesdez, h 
débaoche. Ils aiment aafli la promenade. 
C'eft uh des grands plaifirs des Dames , & 
même, félon notre Autear, ane d^s chofes 
qui marquent lenrcaraâere t côiittetes d'ê- 
tre vues, elles marchent enferoble lepliss 
fondent (ans Ce parler^ Noos laiflbns la 
faite du Caraâere qoe I^Aotear donne 
aaz Dames Angloifes , & peoc*être troa- 
irera*t-on qnit ne lear convient pa^ trop. 
Qaelqà*an a diViqtieiet A»gloiJès/hni Remtt 
é^ Hhertimes , mais s'il faot enju^er par k 
recitde Mr. M. . t, oa cette royau té eft bieo 
peudeÇhorcyOïJ le beau Sexe bienindiffe* 
renc> patfûQé la plupart des Maris oot 
des maltreues qu*its font manger à même 
table àvetr leurs femmes. Eit-il poiflible 
que ^h' fùpérrôrité 'des. Damés Angloifes 

I^uifTe s*açcommoder dg concubinage de 
eufs Maris? &*^^fi' ettes Ven accommo- 
dent', n*eft-C€ |)as un fâcheux préjugé 
contre leur vertu ? L^AuteurdesMerô^irr; 
^ Ob/ervathns nous dit au cpntraire; 
,^ tiù'en Anglet<?rre X>n fait beaucoup 
d'honneur aUK femmes, &• qu'elles y 
"^îôtilffent d'une grande & louable liber- 
,/'té;5 mais, îrjoute t-il, on ne leur feît 
,1* Aî^tantde bien ;ni tant d'honneur qu'en 
/^ hiéifite l^a^, b^aucé/ leur bonne jnîne 
■"-•V . ' . ^ &c. 



* .^ « ç Q t S t. 77 

EÇ- U ci) eil de cet article CQtnme^e coût 
e qui «^'appelle mqeurs &^ coûtâmes. Rien 
i^eil û gênerai qui ne trouve des excep- 
tons. Le tempérament, l'éducation, la 
[ualité Y changent une infinité de chgles $ 
€ cela luiHt pour établir chez les étran- 
gers des préjugez & dei opinions ridicu- 
es, que les Voyageurs ne font pas en étae 
le dliliper , parce qu'ils ne jugent que fur 
m certain non^bre de gens 4tt*ils ont fre« 
}uenté. / ' 

Les plaifirs du peuple (ont mêlez de fé* 
'Ocitéi les ÂnglOis fe plaifent à voir da 
ang répandu. Tout ce quis^appellecom^ 
}at, nous dit l'Auteur des itfravoJTfid^ O^- 
firvâtloni i eft pour, eux une choie déli- 
:ieufe. Uq Gendlhonune ne fait p^sdi£* 
Seul té demçrcre bas épée , perruque ^îuf* 
taucorps, & de fe battre conttt^ un Fiacre. 
On a va des Ducs & Pairs d'Angleterre 
faiâr des faquins au colet , & lutter avec 
eux en pleine rue fans £cre deshonorés d'u- 
ne aâion, qiai en France d^shonoreroitjun 
Eecit bourgeois. Les François traitent les 
'iacres & autres gens de pareille étofe i 
coups de bâcdh : en Angleterre pren^lre 
l'épée ou le bâton contre un homme qui 
n'en a point , c'eft vouloir s'expofer à être 
aflbmmé de la populace. Une aûçre for- 
te de plâifxr c'eft l'exécution des crimi- 
nels t mais ne pou (Ions pas plus loin les 
remarques fur de pareils fujets. On fait 
avec quelle facilité les Anglois fe donnent 
la mort; & çelajdoit faire trouvier moios 

étran- 



y 



^8 BlBtlOrHBQI^B 

étrange le plaiiir ou l'indiférenct tveclt* 
Qaelle ils voyent mourir les autres. 

L'Auteur des Lettres paroit croire qac 
les Anglois font beaucoup mieux i>ODrvûs 
de bon (ëns que lès autre» peuples. Sur- 
tout U toudroît iniinuer qu'en France 
on a un tour d*efprîc qui en éloigne 
beaucoup; & des étrangers qui ne con- 
noîtrôiènt pas 'mieux les François que lut 
l'en crôîroient peut être fur fa parole. Ils 
,pourroîent s'imaginer, que les François 
n'ont d'autre talent qm alui défaire valoir 
iitt *jf«^//?i;qu^au contraire les Anglois 
font toujours f6Hde«, toujcàiri ratfonna- 
btes,effentîénement incapables de perdrele 
bon icns dé vue Nous fommettrès éloignez 
de fefijfér aùiriéfite de cettif Nation , fi fa- 
W'& lîTpîrltuellcfV la ; nftice qui loi eft due. 
Mais Cendant ni les Anglois eux me- 
ttes', ftî^ lebf s admirateur? ne fauroîentdif- 
trohvenîr qu*îl ri*y àBt -i reformer chez euï 
des choies cdntràires à la raifonic au bon 
ftns. Neparlonsqoede cerûiins abus aux- 
' quels le uouvcrncmçné n'a pas jugéàpro- 
-pbs de remédier; & dont l'Auteur 'des Let- 
tre^ donne des exemples. L'indulgence de 
quelques Loix, & la manière dont on les 
élude fouvent par des artifices çue l'on 
iraitôroit ailleurs de rîâicules & greffiers, 
ne ftit pas honneur à ce bon feris fi uni- 
verfellement répanda en Angleterre: &fî 
l'on jûgeoit des Angloiç p^r ces défauts, 
On ne trouyerok 5as toujours leur rai- 
Ton fupérieure^ à celle de queltjues autres 

peu- 



F H- A N ç o> I s £. 79 

peuples. SurcoGic ia moUeiTe av€C laguël' I 

le. on t agit ^contre les Coorcifanes ^ les v6- 
leora, te fauilàîres & les faux témoin^ ne 
proqvcroit pas que le bon fens n'abào- 
donne janiais les Anglois. 
.^.Paflbns à ce que notre Voy^^cWzt^ 
marqué touchant les Fi^nçoiSr - Ces Rt* 
marques fontanflicontenues en fix Lettres* 
Lecaraâerediftinâif, éuifironveutieca-' 
raâere national des François, c'eft d'être li- 
bres & aifés; p^poit) à faire phiûc , fociables ^ 
& fincéresic'efl aii^n d*être vifs & fpiriraelsr 
mais en mdmetems, ajoute»t-fl;-ils'vea- 
lent être applaudis, & particulicremene 
des étrangers, quils regardent corome 
fiiit^ pour les appiaucfir & les admirer. 
Cette prëfoniption n'eft^pa^s abfblufher^in* 
fupportable, parce qu*its la cachent (bus 
les beaux dehors de leur polltefle^ Gham* 
mes de la vivacité qui les rend agréables; 
& brillâns dahs le commerce dd iifkonde,; 
ils croyent que c'eft en elle quéoonfiftele " 
vrai efprit : mais Monsieur m. . . c^rencoû* 
tr^ dans cette vivacité beaucoup d*él<ii*' 
gnementdu bon fens. ,» la plupart dcf$|^éiis 
„ qui fe laiflènc prévenir par cetelj^rft 
„ vif adff)ir!ent moins-les François & s^'en 
„ acommodent moins à mefure qu'Us tes 
,y connoifient davantage & quMIs pertenc 
,, ce vernis qui d*abord éblouit & faitplai* 
M fir ..,.. pour peu qu'on lesconnotfltt 
^> on $*apperçoit aiiém^nt qu^en eftimanc. 
,, fi fort l'tfprit , les manierez , te l>t« 
î. ils négligent le 4blide , . s'tacÉi^' 

^, ctefls 



< r 



8e BlBtlOTHEQIfB 

,, chent à la bagatelle & generaletnentpar' 
,^ lant ne conneiflenr gueres le pmL des 
,, chofes/' Ce font les termes del'Aiitear< 
Il rfdut êcne bien étranger en France pouf 
ne pas faire attention à cane de grands 
hommes, qui, malgré la prétendue légère- 
té de refpric François, ont procafé l*avan- 
cemsenr des arts & des fciences par toate 
l'Ettrope lODs le «egne de Louïs qaator^ 
2e. Qa'on parcoare feulement l*hiftoifl; 
de la Monarcbte Françoife» & l*on ver- 
ra qu'ilfe trouve autant de folidité » autaot 
de, vrai mérite chez les François que chez 
leurs voîfins. Les reproches que leurac- 
tirent des inanieres.Hbres & aifées : & cette 

'- civilité qui leur eft 6 particulière , fontuni- 
queoient l'effet de la >aloufie de ces voîfins, 
qui tachent en vaii) de réuflk à les imiter, 
&font des éforts inutiles pour s'apfoprier 
l.'en)ot9emenr & la vivacité de^ François. 
Ils réuifîflent mieux quand! ils penfènt nm* 
plement à^cquerir leur politeffe, Peuc-êffc 
ne fied-il pas a un François de parler ainfi: 
nm^ ^VonsAe hardfanent^ les François ont 
adouci les mœurs, & les manières d'une 
partie des Nations de l'Èarope< 
. L'Apteur des Lettres 'rend juftice aux 
François au fujet de l*afabilité qu'ils témoi- 
gnent auxétrangersi , & de la façiltcé avec la- 
quelle ils ie communiquent à eux: nuis, 
pour diminuer le mérite de cette}afabiiité, il 
préteild qu'elle cache desfentimenspeua- 

. vaarageuxaux étrangers, & que leur poli- 
ttS^ eft lamblable à celle que lesiiommes 

obfer- 



u 



F R A K s ;0 1 s Ei ,ff 

oKervetic àl'égard des femmes que l^oti mé- 
nage à çaufe ae la, foiblelîè de leur fexe. 
Il loue beaucoup h hravûure des^Fran* 

f;ois ^ le zélé avec lequel ils agiffènt pour 
euFs amis , la manière dont i)s élèvent 
leurs enfâns: tijcce^pté pourtant qu'il croit 
que les François infpirent à Içurs ân- 
fans deshabicudes, plutôt que des prib-* 
^, cipes, & des bienfeances qui font^hon? 
j> neur au prefeht, plutôt quecèqfuî peut 
„ fervîr de régie pour ravenîr &Cw 11 
croit encore que la jeunefTe Françoife efl 
la dIus déréglée de TEurope; U en auroit 
mieux jugé S'il àvoit dit qu^elle eft la plus 
étourdie & la plus bàbillarde- qui Toit au 
monde^car c'eft aflez le caraâere d'un jeune 
François d'enîbeilir & de multiplier fes 
conquêtes amoureufes , £c de donner un 
tour aaréable & réjouiflant à {es débau^ 
ches. Prévenu que pour plaite il faut du 
libertinage & du dérèglement daps lé9 
mœurs , il le porte aum loin qu'il Ibi eft 
podible^ & dans la converfation fon feu 
lui fournit toujours des idées yives & briU 
lantes pour la defcription de fès plaifirs.* 
• Les autres remarques dç l'Auteur dés 
Lettres concernent la^converfatiqn des 
Fran^o^s , Jçuf galanterie/, leur talent à 
faii^ des Chanfons,, l'attachement qu'Us 
ont pour leur Roi j leur paffion pour la 
mode, leurs Beaux elprîts, & leurs Ecri- 
vains &c. La fixiérae Lettre contient 
une critique très pointilieufe de la lîxié- 
me Satyre de Mr. Dfjpreaux. Ltiicptïéjme 
Tome IV. Part. IL F ren- 



$t . B I a t tOTflEQOK 

rpiifcrme quelques reflexions fur les Vo- 
yages. En voilà aâèz pout faire coanoi- 
cre de peâc Livre 

A RTICL E Vl. 

LE TEMPLE DE GNIDE. 

eEtte Pkce a trop bien été reçue da 
Public » pour refufer ,4e la mettre au 
rang des Pièces fugitives qui méritem d'ê- 
tre confervées. On afliire qu'elle eft de la 
façon de celui qui nous donna ^ il y a trois 
. ans , les Lettres Perfanes» 

Préface du Traduâ;cur. 

Un Amhêfjadeur de J^rsnci i Im Poru Ot- 
taviane, connu par fin goût pour les hures i 
ayant aebetté plufieurs manufcriti Grecs ^ il 
l^s porta en Rrance, jQ^eIq$tesHfhs eUcesmd' 
fwfcrstt m* étant tombez entre les main^ , j'j 
ai trpuvé Pouvrage dont je donne ici h trê* 
duâiott. 

Peu de Prêtes Grecs font tfenutjufyt^ànou!^ 
foit qu*ils ayent péri dans la ruine desBiblî9- 
theques y ou'par la négligence des familles qsi 
les poffedoient. ' 

' tfous recouvrons de tems en tesns quelques 
pièces de ces tré/ors. On a trouvé des Ouvra- 
gesjufqt^es dans les lomheaux de leurs Au-» 
teurs ; & ce qui efi ^ peu près la même cho^ 
fe^ on a trouvé cetui*'Çi parmi les livres itatt 
' Evêque Grec. Ce 



F K A ^N Ç a I s Ké . 83; 

Ce Pe^me h refctnhh à aucun Ouvrsgi de 
te genre que nous ayons» 

Cependant la règles , ^e les Auteur i des 
Poétiques ont prifes dans la nùtuire^ 0tr9u* 
vent obfervées. 

La defcriplion de Cnid^^ qui ejl dans h 
premier Cbant y efl d* autant plus beureufe ^ 
qu^ellefdït pour ainfi dire naître le Poèmes 
quUlle e fi non pas un ornement dufujet^ maie 
une 'partie du Jujet même: bien différente de 
ces defcriptions que les anciens ont tant Ùlu" 
enécSf qui font étrangères é^ rechrcbêesz 

Purpureus lacé qui iplendcac unus & al- 
ter ^affuitur pannus. 

Les Epi/odes du fécond ô'^Jla troifiéme 
Chant naiffent auffidufujet , & fePoëtes^eJl 
conduit, avec tant d^art^ que les ornemens de 
fùn Poème en font aufji des parties neceffains» 

Il «*y a pas moins d* art dans le quatrième 
Ù" te cinquième Chant. Le Poète ^ ff/idevoit 
faire reciter à Ariftée J^biftoire defes amours 
mvec Camille , ne fait raconter au fils d^An* 
tiloquefes avautures ^ quejufquesau inoment ' 
quHl a vu 'Iffémire, afin de mettre de lava-* 
rieté dans les récits, 

L'bifloire d'Arifiée & de Camille éfl ftn-^ 
guliere ^ en ce qu^elle efi uniquement une htfioi* 
re defentimens: n 

Le nœud fe forme dans le fixiéme Chant; 
^ le dénouement fe fait très beureufemént 
dans le feptiéntf /par un ftul regard del hé" 
mire. ' , 

Le Poite n^entte pas dans le détail du ra» 
eammoatmeht d* Art/fie & de Camiltt: Ut» , 

Fa dit 



84. Ç t BC i O t B E Q cr E 

dh M mo$ , 0fi» qa'Mféche qm^tt m été fuit, 
éh il m* en dU f,ss davantage^ pmtw me ^l 
tomber dans une unlformiié vhieafi. 

Le (iejfeitt du Poëme eft défaire voir , f * 
wouifomms heureux pur Us fentèmius ^ 
iœur^ & w» fai^P^r '^' pisijirf des fm 
muh que notre bonheur n*^ jamesis / fy 
quUl uefoit troublé pur les uccidemts. 

Il faut remarqmr que les Cbqmts ne /r 
point difiinguèz, duns ta truduûsoet : tm fâtj.' 
eu çfi que cette diftinâio» ne fi tromve fi. 
daut le Mauufcrit Grec, qui eft trèssnein 
On. s*eft contenté de mettre mut note àlumir 
ge au commencement de chaque Cheuet, 

On ne fait ni le nom de t* Auteur ^ nileum 
auquel il a vécu: toup ce qu'ion en peutdin, 
c*eft quUl n*fjl pus antérieur à S^pèoi f^' 
qu*il en parle dansfoii ouvrage c il f a mé*^^ 
lieu de croire , quHivivoit avant Tarence,c 
queée dernier a imité un pujfage qui eft à i 
fin du fécond Chant. Car il ne paroitpat q^ 
nôtre /Auteur fait /Plagiaire ; au tien que le- 
renée a volé Jet Grecs , jufqn^à inférer da^ 
mue feule i de fesComfidiet deux pièces de Mt 
nandre, 

3>^4voif d*abord eu' deffein de mettre fO- 
riginal à côté de la traduûion : enais on m'* 
con/eillé d* en foire une \ édition è part , C 
et attendre les favantes notes quun bomm 
d* érudition y prépare ^ Ù* qui feront bien-ûi 
en état de voir le jour, 

Quant à ma trùduàion\ elle efl fidellt; 
fat crd que les be&utez qui n*étoient pmi 
dans mon Auteur^ n^étoient point desbeeute^i 



1^ k A H ç o f j t: 8f^ 

$re , hrjqnUUi m^a fam mieutt renéhtÊ fm 

J*ai été ençotÊfâgéà cette tradMâiû9j fur 
fucces qu*a en celle di^4ffe : celm çeti 1*m- 
lite n,ctr9uver0 pat mauvnis que je eom-e la 
\hme carrière que ht; iïs*y efl difimgué é^ti^ 
f manière à ne tien craindre de teu9 mhnc 
qui il a donné le plus 'd'émulation» , 



r 7 E N U S préfère le fé)ouT de Gnid e à : 
V ceIoidePàphos& d'Amathoote. Bi* 
^ ne defcend^oint de POlîmpe, fansirey 
iir parmi tesGnidiens. Elle a tellement 
ccoutumé ' ce peuple heureux à fa vue, 
|u'il rie icrft plus cette horreur làcréet^: 
[a'infpirela prefence des«i)ieux. .Quel-«< 
laefois ellefe couvre d'un nuage^ ôl on 
arecônndît à Todeur divine , qotfortde 
bs cheveQx? parfumez d'ambroifie* , . 

La ville en au milieu d*uAie .contrées ^j 
ur laquelle les Dieu t ont verfé leurs bi^- 
aits à pleines mains $ on T iouit d'utf: 
irintems^ éc^nel s la terre heureufement; 
èrtile "y prévient tbps les fouhaitsi les* 
roupeaux y paiflent fans nombre; les 
'ents felnbkh> n'y régner , que pour ré- 
pandre par toiit l'efprit des 'fleurs I lesoj- 
eàux y chsfnçenc lans cei!ê}.vous dirieâs, 
|ue leH boii font harmonieux ; les ruif- 
eaux murmurent darns les plaines s une 
'haleur douce^f^ic tout éclorç i l'ak ne s'y . 
efpire qu'avec la volupté. ; / 

F 3 Au- 



.Y 



8^* B I B L I e T H B Q tJ E 

Auprès de la Ville eft le Palais de Ve- 
dos: Voicain lui-même en ^ bân lesfbo- 
dcmenss.il.trayailla poilr fon infidelle, 
qtiand il voulut' l^i faire oublier le cruel 
auront qu'il lui fie ffeyanc les Dieux. 
^ ' Il me feroit impoflible de d#nQet uoe 
idée des charmes de ce Palais ; il n'y a que 
les Grades, qui pùiflènt déci^irelescbores 
/qu'elles ont faites. L*Or» l'Azur> les 
Rubis I les DiamanS y brillent de toutes 
parts: mais |*en peints les richefles, & 
lîon i^às les beaiïtez. 

Les Jardjns en font enchantez :_ Flore 
& Pomone en ont pris foin ; leurs Nim- 
pÂes les cultivent , les fruits y renaifTent 
^ tous la itiain qui Jés. cueiller les Fleurs 
fuccedent aux fruits. Quand Venus s'y 
proménp, entourée de fes Gnfdienoes» 
vous diriez que dans leurs jLeux folâtres 
die vont détratre ces^fardiçs délicieui: 
mais, par une vertu fecrete^ tout fè ré- 
parc en un mftant. 

Venus ainte avoir les danfes naïves des 
filles de Gnide^ fes Nimphes fe .confon- 
dent àvee elles : la Déeue prend parc à 
lejorsjeux, elle >fe dépouille-de fa Majer* 
té; alfife au miTieu d'elles, elle voit rég- 
ner dans leurs cœurs la jbye ^;l!innpceDce. 

On découvre de loin une fffande prai* 
rie y toute p«réede l'émail .^s^eursi le 
Berger vient les cueillir avec fa Bergère: 
'mais celle c|a*elle a trouvée eft toujours 
la plus belle; & il eroit que E^lore Tafai* 

le 



Le fleuve C^phée arrofe cette prairie, 
& y &ic mille détours. Il arrête les Ber- 
gères fugitives: il faut qu'elles dq/inenc 
le tendre baîfer qu'elles a voient prpfnis* . 

Lorfque les Nimphes approchent de fes 
bords y il s'arrête $ & fes flots qui finyoient^ 
trouvent des flots qui ne fqyent plus. 
Mais lorfqû'une d'elles fe baigne, il jfft 
plus amoureux encore : fes eaux tournent 
autour d'elle; quekiyaefois il fe foule ve» 
pour l'embrafler Wieux sîl l'en^eve ,il fuit, 
il l'entraîne. Ses compagnes timides com* 
mencent à pleurer: mais il la foûtientfur 
fes flots $ & charmé^d'un fardeau â cher, 
il la promené fur la plaine liquide i juf- 
qu'à ce qu'enfin défefp^ré de là quitter, 
il la porte lentement fur le rivage,. &conr^: 
foie tes compagnes. 

A côté de la prairie efl un bois de Mir* 
the, dont les routes font mille détburs. 
Les amans y viennent fe conter leurs pei* 
nest l'amour , qui les amufe , lés conduit 
par xiés routes toujours plus fecrettes. 

Non loin de-là eil un bois antique &. 
facré , où le jour n'entre qu'à peine : des 
chênes , qui femblent immortels , portent 
9U ciel une tétb qui fe d^obe aux yeux. On; 
y fent une frayeur relîgieule: vous diriez; 
que c'étpit la dèmeprëqes Dieux , lorsque^ 
les hommes n'étoient.pas encore fortisde 
la terre. ' , V . 

Quand on a trouvé la lumière du jdur, 
on nionte une petite colline , fur laquelle 
cftleTenïple deVenûis: l'univers n'a rienv 

F'4 ' de 



S8 BfBi.ioT0 K.Q XI m 

de ptas (âfflt ni de plt» ixré qne ce Geir* 
Ce fat dans ce Temple qoe Vcsxis vis 
poor la première fois Adoois : le pcHfca 
coala aa ccrar de la I>éeilc- Qooi, dit- 
elle, i*ainierois on mocrei 1 bêlas je feus 
qne je t'adore: qa*on ne in*adref& pios 
de vœox, il n*y â p!vs à Geîde tTaocre 
I>ien qn' Adonis. 

Ce (m dans ce lien qu'elle appeila [es 
aoionrs, lortqnepiq^rée d^on deffi témé- 
raire, elle les confolta avecles Grâces. 
Elle étoît en docte ^ fî elle s'e3rp«:>UTciî 
nue aax regarda dn Berger Troyen: é'z 
cacha fa ceinnire fous les cheveux j :"e< 
Kimpfies la parfnmerenc ; elle mooca fur 
fon char trainé par 'des Cignes, arrin 
dans la Phrygie. Le Berger ralançoic en- 
tre Janon & Paljas > il la vk , & les re- 
gards errèrent & m^^urnrent. La pooHce 
d'or comba aax pieds defaDéefle» itvoc* 
iot pirler , & fon défordrc décida. 

Ce ht dans ce Temple qne la îconcFiy- 
cbé vint avec fa mère , lorsque l'amour t 
qui voloic autour des lambris dorez, fut 
furprb lai même par un de fes regards, lî 
fcntit tous les maux qu'il fait fonffrir. 
C'eftaînû, dit-il , qaejebfeflc; fenepuis 
foutenir mon arc ni mes flèches, lltotr- 
ba for le fein de Pfiché: Ah ! dit il , je 
commence à fenrir qtie fe fuis le Dieu des 
plaïQrs. 

Lorfqu'on entre dans ce Temple, on 
lent dans le cœar un charme fecret» qn'i! 
ell impoflible d'exprimer r Pâme cil laifie 

de 



^ François ml ^ 89 

de ces raviflçinens, quelesDie^x neiba^, 
teDC ^ euXj inénies , que .lQrfgu*ils (bnt<hhs. 
la demcore celefte. 

Tout; ce que la nature a de riant^ left 
joint à tout ce que l'art a /pu imaginer de^ 
plas noble 9 & de plus digne des Uieulc» 

Une ihain , ikns doute immorteUïe, I^a / 
par. tout orné de peintures, qui fëoibleflc 
Tcfpirer. .On y voit la naiflance de Vç-. 
nus s le ravificmenrdes Dieux , qui lavii*. 
rent ; fon embaras de fe voir toute nlie ; 
& cettç pudeur^ qui^eft la preroiçre des' 
grâces..' ^ 

' On y voit les amours de Mars & de ia 

Déefle. Le peintre- a repreCenté te Dicir 

fur fon char > fier &: même terrible: là re*- 

nommée vole autour de lui ; la peur tela 

mort marchent devant fes Courfiersi cou-: 

verts d'écume 5 il entre d|insla mêléev&s 

une pouflîere épaifle commence à le déro"*' 

ber. D^un autre côté, onk voitcoisché 

lahguifTamment fur un lit de rofes : il foUf>r 

rit à Venus; vous ne le recohnoiflez qu*à| 

. quelques traits divins , qui>eftent encore; 

Les plaifirs font des guirlandes dont'ils 

lienç les deux amans: leurs yeux fembJent 

fe confondi^y ils foupirent» & attonriËi 

l'an à l'autre , ils ne regardent pas. les 

amours, qui fe jouent autour d'eux. 

Il y- a-\ih appartement fcparé où lePein* 
tre a f epriefenté les Noces de Vertus & de 
Vulcaîni^ toute la Cour celefte y éftaflem- 
blée: le Dieu paroit moins fombfe , maisl 
aufli penfif qu'à l*ordinâîFe. La Déefle re- 



90 B I B L I O T H S 4 U W 

) garde d'un air froid la jo^cofnmmtet eU 

le lui donne négligemment une main , qai 

^ femble fe dérober } el le retire dedeflas loi 

dèS' regards , qoi portent à peines & fe 

tourne du côcé des Grâces. 

Dans on autre Tableau , on voit Junon^ 
qui fait ta cérémonie du Mariage. Ve- 
nus prend la coupe, pour jurer à Vul- 
caîn une fidélité éternelle: les Dieuit ibu- 
rient s de Vulcain l*écoute a^èc plaifir. 

De l'autre côté , on voit je Dieu impa- . 
tient, qui entraine fa divine Epoufë: el- 
le fait tant de refiftance , que l'on croi- 
ront que c'eft la fille de Cerésque Pluton 
va ravir, fi l*œil qui voit Venus pou voit 
faroàis fe tromper. 
. Plus loin de là , on le voit qui l^enleve, 

£our l'emporter furMe lit nuptial. Les 
tieux fuiven^ en foule.: la péëile fe dé- 
bat » & veut échapper des bras qui la tlen- 
, nent : fa robe fuit fes genoux , ta toile vo- 
le: mais Vulcain repare cebeaudefordre, 
plusf. attentif à. la cacher , qùVdent à la 
ravin . . 

. Enfin on le voit qui vient de la poftr 
for te lit que Thymen a prépai:^ ; il l'en- 
ferme, dans les rideaux; & û croit l'y te- 
nir pourjamais. La troupe importune fe 
retire: ileft charnue delà voir s!éloignen 
Les Déefles ipiicAt entr'ellës: mais les 
Dieux paroiiTent uiftess & latrifteffe de 
Mars a quelque choie d'auiH fombre^ que 
lanoire jaloufie^ 

Charmée de U o^gnificence de j^n tem- 
' i .' pie» 



F R A N Ç 0, I S f. ; Çl 

Ele , la iDécffe elle mêœe.y a voulu éca* 
lir fohxulte': elle en a réglé les cérémo- 
nies, îfiftitué les Faites i &. elle y eft en 
même tems la Divinité , & la Prêtrefle. 

Le culte qu'on lui rend prefqué par 
toucé la terre, eft plucôrtine profanation, 
qu*une Religion. Elle a des Temples, 
.où toutes les filles delà Ville fe,|)rofti- 
tuent eu fon honneur » & fe font une dot 
des. profits de leur dévotion , Il y en a 
d'autres , où chaque femme mariée va 
une fois en fa Vie fe donner à celui qui 
la choidt, & jette dans le Sanûuaire l'ar- 
gent qu'elle à reçu. Il y en a d'autres^ 
où les Courtifannes de tqus lés pay s , plus 
hbnnoçées que-les Matrones , vont por- 
ter leurs ofirandes* ?! y en a enfin . où 
les hommes (e fonc eunuques^, & s'habiU 
lent en femme, pour fervir dans.lê Sanc- 
tuaire^ confacrant à la Déefle .& te fexe 
qu'ils n'ont plus , & celui qu'ils né peu-» 
vent cas avoin - t. > 

Mars elle a voulu qtîe le Peuple de Gnî- , 
de eût un culte plus pur, & lui rendît des, 
honneurs plus dignes d'elle. Là les (a-' 
criifices font des loupirs, & les ofFrapde» 
tin cœur tendre. Chaque Amant adreflc 
fes vœux à fa Maîtrêflc , Si Venus les 
reçoit pour elle., 

Par tout où fe trouvé la beauté, on 
4''adore comme Venus mêrhe: car la lieau- 
\é elVauflî divine qu'elle.. 

. Les cœurs amoureux viennent dânîTle, 
Temple^ demander à' lia Déefle^ de les at- 
tendrir encore. Ceux 



\ 
t 



F II A H Ç O l S E* .93 

L'amour èft attentif à la félicité des. 
Gnidien^; il choifi^ les traits dont il I«s 
bïeflè. Lorfqu^il voit une Âtnante affli* 

§ée^ accablée des rigueurs d*un Amant , 
prend une flèche trempée dans les eaaK 
du Fleuve d'Oubli. Quand il voit deut 
Amants qui commencent i s^aimer^U tî* 
re fans ceffe fur eux de iiouveaux traits* 
puand il en voit dontl**amour $'afFQibUt«x 
il le faitfoqdain renaître, ou mourir; car 
il épargne toujours les derniers jours d'u- 
ne paflion languiflante : on ne paflb point 
{)ar les dégoûts avant de ceflèr d'aimer, 
mais de pi us grandes douceurs font oublier 
Jes moindres. 

L'Amour a ôcé dé fon carquois l^s traits 
cruels 9 dout il ble0a Phèdre & Ariane, 
qui mêlez d'amour & de haine fervent à 
xlnoncrcr fa puiflance, comme là foudre ^ 

fert à faire connoître l'Empire de Jupiter.* 

A meiure que le Dieu donne del'amour^. 
Venus donné des grâces. , ' 

Les filles entrent chaque jour dans le 
Satiâuaire ; pour faire leur priereà Venus* 
£lles y ^expriment des fèncimens naïfs » 
comme le cc^ur c|ui les fait naître. Reine 
d'Amathonce, difoit une d'elles , ma flâ^ 
me pour Tirfis eft éteinte : je ne té deman- 
de pas de me rendre mon amour; fais feu* 
lement qu'Ixiphile m'aime^ 

Une autre difolr tout bas: Puiflante 
Déeflëv donne -moi la force de cacHer, 
quelque tems mon amour à moii Berger , 
pour augmenter le «prix de l'aveu que je 
veux lui en faire. ^ Déeife ' 



94 B I.BL I O T H E,Q ^ E 

Déeflede Cythere/difoîtiine autre, je 
cherche la folicades les jeux de mes com- 
l^agne^ ne me plaifent plps; j'aime peot- 
être. Àh! fi j*dîme quelqu'un t ce ne 
peuc-être que j&aphnîsi 

' Daits les jours de fêtes les £ltes & les 
jeune) garçons .viennent réciter des hym- 
nes en rhonheur de Venus : fouvent ils 
chantent fa gloire j, en chantant leurs a- 
mours. 

Un jeune GnicKen » qui tenoit par la 
mairi fa Maitrefle , chantoitainfi: Amour, 
tokrfque.tu vis Vfyihé, tu te bleflas fans 
douce des mêmes traits , dont tu viens de 
blefler mon cœur : ton bonheur n'étoic 
pas différent du mien^ cair tu fentols mes 
feux y & moi- j'ai fenti tes plaifirs'. 




davantage. Je refierai toute ma vie à Gni- 
de avecellç; mais qae déviendrois* je ^ fi 
Vénus alloit la prendre pour la mettre au 
nombre des Grâces. 

' Nous irons dans le Temple s & famais 
il ny fera entré jun Amant li fidèle : nous 
*îroris.dans le Palais de Venus; & je croi- 
rai que c'eft le Palais de Themîre: j'irai 
"dans la Prairie ; & je cueillerai des fleurs, 
gue je mettrai fur km l'ein': peut-être que 
je pourrai ia conduire dans le Boçcage., 
où tant de routes vont fe confondre i & 
quand je l'aurai égarée, je lui donnerai 
m baifer, ^ ce bai&r tee rendra Jî hardi 



«I* 






: " . L*atnoqr qui m'înrpire me détendes 
reyeler fes myfteresv . , . 

Il y a à Gnidè un Antre facré que le9 
Nymphes habitent , où la Déefle rend feg 
oracles : la terre ne mugit point fous tesi^ 
pieds i les cheveux ne . fe . dreflent point 
fiir la tête; il n;y a. point de Prétreffe 
comme à I)elphes, où Apollon agite ht 
Pythie: mais Venus elle-même écottteles 
mortels, fans fe jouer de leurs efperances 
ni de leurs craintes. 

Une Coquette de l'Ifle de Crète étoît 
venue à Gnide: elle marchoit entouré^ 
de tous les jeune$ Gnidiens $ elle fourioit 
à Vun, parloit sk l'oreille à Pautre» focyce^ 
noitfon bras fur un ttoifiéme, crioir à 
deux autres de la f uîvre. n Elle étoit bellç 
^ par^ avec art; le fon de fa voix étoic 
impofleuf comme les yeux. O ciel , que 
d'allarmesne câufa*t-elle point auxvrajes 
Amantes \ Elle fe préfenta à TOracle , au€- 
fi iîere que les DéeiTes : mais foudain nous 
entendîmes un^e voix , qui fortit du Sanc- 
tuaire: Perfide 9 comment efes«tu porter 
tes artifices jufques dans les lieux où je rè- 
gne avec la candeur ? Je vais te punir d'u- 
ne manière cruelle : ^je t'ôterai tes char- 
mes i mais je te laifferai let cœur comme 
il eft ; tu appelleras tous les hommes que/ 
tu verras , ils te fuiront çotnme une om- 
bre plaintive; & tu mourras accablée de 
refus & de mépris. 

Une Courtifane de Nocretîs vîntenfuî- 
te^ toute brillante des dépouilles de fes 

amans*. 



ç6 BlBL.fOTflEQUC 

amcti's. Vûii dit U Déeffe , ta te trom^ 
pe , fî tu crois (aire h gloire de mon em- 
pire: ta beauté -hit voir qu^il y a des ptai- 
jfirsf mais elle ne tes donne pas: toncœoc 
eft comme le feri & quand ta verrois 
mon fils même , tu ne faurois l*aimer. 
Va prodiguer tes^ faveurs aux hommes là*' 
ehes> qui les demandent & qui s'en dé- 
goûtent s va leut montrer des charmes ^ 
que l'on voit foudain & que l'on pertpour 
toujours : tu n'es propre qu'à faire mépri'^ 
fer ma puifTance. 

Quelque tems après vint un homme ri* 
che, qui levoit les tributs du Roi de Ly^ 
die. Ta me demandes, dit la Déefle» une 
chofe que je ne faurois faire , quoique jç 
lois la Déefie de l'amour. Tu achetesdes 
beautez, pour les aimer; mais tu ne les 
aime pas^ parce. que tu les achettes: tes 
trélbrs ne lerônt point inutiles s ils ler?!^ 
ront à te dégoûter de tout ce qu'il y a 
de plus charmant dans la nature. 

Un jeune homme de Doride , nommé 
Animée, fe p'refenta enfuite: il a voit vu 
à Gnide la charmanDè Camille j il en étoit 
néperduement amoureux : il fentoit tout 
l'excès de fon amour: & il venoitdeman- 
der à Vçnus , qu'il pût l'aimer davantage. 

Je connois ton cœur , 1 ui dit la Déefle > 
tu fais aimer , j'ai trouvé Camille digne 
detoi: j'aurois pu la donnerau plus grand 
Roi du mondes mais les Roisja méritent 
nioins que les Berger^, 

Je parus çnfuite av«c Themire. La 

Déeffe 



Déefie me dit , U n^jr a point dtnf mcm 
Em^re 4e moresl gui lie ibk plt^ fournit 
fittc toiç fnâif (}ae:v»i3r-^a que^ ^ ^faiTe ? 
ie ne fâwois te rendre fd« amoureux ,111 
Themjpepltts diarmaiite; Aht Jw dis» 
re, grande Déeiïe,'j»ai mille graoci à. 
vous detnandér : fuites que Themire nie 
penfe^ti^à im>i } qo'ellene roye ^entoh 
qu'elle fe> reMille* en ftuigetnt; i mot; 

J|o*elie craigne de me pelrdre^ <)iiaiid je 
aU pfefeiïti /qcrettè m'eipere 4m% inon 
4riifenoe, que coofcnirs ^harmét^de me 
voir y el le regrette encore • tous ' les ^ nso* 
mens^qfii^eile^pafeK'fatiMaoi. r • * i 
Il y a à Gnide des jeux lacreaV.qui 'fe 
renoiiirellent teas lei ans: les fettànes y 
-*vlenii«nc de VMUes pivts difpocer le prise 
de la beapté. Là tos^flergeres fonrcoif* 
fondoes avec tes filles^ des. Itois ; car la 
beauté féale y porte Jcsttiarques dei^Eiii- 
pire. Venus y préôde elle-même j^' elte 
décide fans balirncer ^ elle lait bien^ueU 
le eft la Mortelle faeoreufe, qa'^Aki^ t^ 
plus fayorlfiée» ' ^ ' ? -, 

Hélène reporta ce prix plusieurs ibîfi: 
eUe,trioti^>ha lôrf<joe Theiée l*eut ravie: 
elle triomplia lorlqu^eUe eut léïé eirievée 
^ar le fih de Friam ; elle triompha enfia 
lorfque^es Dieux l'eurent Rendue à A#é- 
nelâs après dix-ans d'efperauce : ainâ Ce 
Grince , au [Ugement de Venus uiênire, 
fcvkaufli beurenx époux /que Thélîje 
le Paris «voient Àé .heureux Amans/ , 
11 vint trente filles de Corinthe, dont 
jQm IV. Pan. IL G les 



F' 
le 



\ 



lei cheveux conboietic à gfofles: bimçlo 
furies ^oks* .Il en vint dix de Salami* 
ne, qui n'avoieot encore vu quel tmu 
fois le- cours du Soleil. Il en vint qninic 
^e rifle de Lesbos s . & f^les ie difi«ent !> 
ne à l'autre îe me feus toute émue ; il ti^ 
a rieu de (i charmant que. vous z, fi Venoi 
vous voit des mêmes yeux que okm , elle 
vous couronnera au miliiea de toottes ks 
beautez de l'univers* 

Il vint cinquante femme de Miletr rica 
nHipprochoit de4a Uianeheur de leur teint, 
&;de la régularité de leurs traits > tout 
faifoit voir » ou promettoit on beau corps, 
'& les D^puz, qui les formèrent» n'auroieiit 
sien fait de plusdigne d'eux, sils n*a voient 
plttb cherché à leur donner des perfec* 
'tions , que des grâces 

Il vint cent femmes de lifle de Chypre. 
Nous avons , difoienr-eUes , paflTé notre 
leuiiefle dans le Temple de Venus , noms 
lui avons confacré notre virginité & n<h 
cre. pudeur mêmç; nous ne roug^lTons point 
de nos charmes ; nos manières , quelque- 
fois hardies ^ & toujours libres , doivent 
nous donner de Ta vantagc. fur une pudeur 
qui s'allarme (ans ceflè. 
- Je vis les iilies de la fuperbe Lacéde- 
mone: l^eur robe écoit ouverte par lescd- 
uz depuis il ceinture, de la manière U 
plus immodeile,^ cependant elles faifoient 
\es, prudes , & foutenoient qu'elles ne vio- 
loient la, pudeur, que par amour pour la 
Patrie. 

'Mer 



1 F a A K ç 0^ 1 $ c. 99 

Afq'faineafe par tant ^naufrages, vom 
fa vez conferver des dépôts précieux! Voas 
vous calmâtes » torfque le navire Argo 
porta la Toifon d*pr fur vôtre plaine fi* 
quide; & lorfque^ cinquante beautez font 
parties ^de ColChos, & fe font Confiées à' 
vous , vous vous êtes courbée fous elles. 

Je vis auffi Oriane femblable aux Déer-- 
Tes: toutes les beautez de Lydie entour oient 
eur Reine. EUe^nvoit envoyé devant 
Aie cent jeunes fflles, qui avoient pré- 
enté à Venus une offrande de deux cens 
alens* Candaule étoit venu lui-même» 
>lus diftingtté par (on amout.^ùe par la 
pourpre Royale : ibpaflbtt les jours iilts 
luits à dévorer de Ces regards les charmes 
'Orianiei fes yeux erroientfur fon beau 
orps , & fes yeux ne fe laiToient jamais, 
jelas ! diloi^ii , je fuis heureux i mais 
*e(lun echofequi ri'eH (uë* que de Venus 
: de moi ; mon bonheur feroît plus grand, 
il donnoit de Penvie t Belle Reine, quit*- 
zcesvainsorneoienss faites tomber cet« 

toile importune » montrez-^ous à l'uni"* 
;rs ; laiflèz le prix de la beauté , & dt* 
andez des Autels. 

Auprès delà étoient vinet Babylonien*' 
is / elles a voient des robes de pourpre 
odées d'ori elles cr«yoient que leur lu- / 
augmentoic leur prik. Il y em avoitqui 
^rcoient , pour preuve de leur beauté , 
I richefles qu'elle leur avoit fait acquérir. 
Plus loin )e vis cent femmes d'Egypte , 
i a voient les yeux & les cheveux noirs; 

G 2 Ici^a 



> V 



teo Bl>I.I0tMBQOC 

Icvn maris étxÀa 
'diloient: Lci Loii 
«1 l'honneur d*t& 
fnr ttoas an Mipl 
desLoii^t DOaS vi 
Hieplaîûr, quel'o 
£omtoe» les pi as I: 
nivera. Le deroi 
fidélité • tnaisilD* 
fe noDs proiTKttrf 

Soyez moins f< 
vous acquerrez ï 
gâB<|ae voaspoo 
mailon, auprès d 
pendant que voti', 

m du dehors, doit attendre dans le feùi 
de vxKre famillt le cœur que vous lof rapr 
portet. 

n vint dec femmes de cette ville W»{- 
fante , qui oivoît Tes' vaifleBOx an bouc 
de l'Univers , les <»nemens fartgwiietii 
leur têtefuperbe; toutes les parriesdu mon- 
de fefflbloienc avoir contribua & leur pa- 
" rare. ' 

Dix Beautez vinrent des lieux où com- 
mence le iour j elles étoientfilles de l' Au- 
totc, £c pourlavoirelles (elevotenttau* 
les jours avant elle. Elles fe plaignoîenc 
du Soleil, qui failoit difparoître leur mè- 
re; elles le plaignotentcK leur mère, qui 
ne fé montroic à dies que comme au relie 
des Mortels. 

- Je vis Tous une tente une Reine d'un 

Peipledca Indes: elle Aoit entoar<fe de 

foi 



F A A ^ ç p I i s; 101 

fes filks» qui 4^)9 . faifoient çfpmnr l€^ 
charmes de leqr mère; de» Eqnuqu^^ U^ 
ier voient ,, & leqrs yeux tombc^nc par 
terre: car depuis qq^iis a voient refpir^ l'air 
deGnidç, ils a voient fenttredouQlerlçur 
afFreafe mélancolie. 

Les femmes de Cadis , qui font nw(^xn 
trémitez delà terre, djrputerent ayffi le 
prix. Il i^'y a point de piyf dans l'qnir 
ver^ ^ où une belle ne reç<)i ve ^ies homma-» 
ges : mais i 1 n'y à que les plus grands bom« 
mà^es y qui puiflent apaifer rambitipi) d'ur 
ne Dette. 

Les' filles de Gnide partirent enîuitç; 
belles fans ornements elles avoiept déf 
grâces » au lieu! de pei1«s & de rubif. Oi| 
ne voyoit fur leur t^te que les jH'éfens de 
Flore, mais ils y étolent plus dignes fié$ 
embrafleménsdeZèphire. Leorrob^n'àT 
voit d'autre mérite, que celui démarquer 
une taille charmante^ & d'avpir ét4 m^ 
de leurs propres mains. 

Parmi toutes ces beautez, on ne vit 
point la jeune Camille: elle a voit dit; J^ 
ne veux point difputer le prix de If beaup- 
ré , il me lufEt que mon cher Arîiliée fQe 
trouve belle. 

Diane rendait ces jeux célèbres par ($. 
prefence. E|le n'y venoit point diQ^Uter 
le prix : car tes péeiTes ne Ife comparent 
point aux mprcell|p$. Je la vis feu]e , elJ^ 
étoit belle cdmmè Venus: je la #b auprès 
de Venus ,. elle n'étdit plus que Diaiie. 

Il p'y eut î^ais w fi grand fpedacle: 

3.. 1«« 



. ^" ■ ■' I 



% 1 



qui y Viïodilit ubc abondance éceroeUe'» 
4l les {iveors i« Dtçqxrnr Gibarâ ae 
fisrventqo'à encourager le iQxe » £c à flat- 
ter la inolefiè. 

Le$4ioaune$ font fi ei^mme? ^ leur fa- 
rvirè eft ii femblable à çQlle des feeimes, 
îl$ compofeot fi bjjcen J^ur leiri^ils fe frî- 
fent avec tant d'art<, iU employ^^ taocde 
tcms à fe CMfîger àt teur miroir , qu'a 
femble qu'il n'y aie ^'iin^ <exe dans tooie 
la. Ville. j'îs > » •*. 

Les femmes fe lîvr9fljt^^t«|.liett de fe 
rendre s chaque jo^v y^ fy^iv lea defirs 
& les ;efperane«» de ctiaqu/^ J4^r i en m 
ftif ce.qiiec?eftqqiç.4:?TO« «Çtd'^twaîmé, 
on n'eft occupé que de ce quViii ap^lte 
fi £iufl<^ment joy if r; ; .,* | . * ; ^ . . 

Le» Âveurs n?y ont que t^ur reaÛc^ pro* 
pre; & toutes ces ci rçouftances^uî les ac« 
comf agnenc fi biet) ;, lapu^ ces. j>ieiia ^ui too( 
d'unfi f rawdprix , çfa/^gagçmebsquipa- 
roiflent t0u>oDrs plus g«anjiîs.;;çe^, petit» 
chofes <iui vakdt ):aiit »;touc^f jq^uî pré- 
pare un Keuriux rnomenc ^ f ant^coiiqoé' 
tes au.Beu d^un« * lam ^ejeUiflàfices avant 
lail^Fnietei toulQQla.^ft inconnu ^ Çiba- 

Encore fi eil^S' s^voiéo^ la mK>iiidre mo- 

• defiiOt C£t«ef<»bi.0iU)^è de ia vertu pour» 

roic plaire; jmai6!«pn^^vleç y^t>]^ font ac* 

coutume à tout noir:, .^ les oreiller à tout 
entendre.- . ,1/; .-.y ^ ^: • ' ;.',o - • 
' Bien ioin que Ul flf^ltipMciiid 4e^ plaifiri 

donne. aui& Cîbarites.'ffliift 4<^i^Iû:yejire, 
•'-•» f J ^* ils 



iis;oe.9çiiy«i]tPbu.diftiogûe]; onièiiUmeaF 
•avec un fentimenc. ^^ 

lU, ppfl^^c Wot v^i^jdai^rone îbjre ra^ 
nientéxterteîrrc : ils quittent un plalurqiif 
leur idiéplait» pour un plaifir qui leur aér 
plaira encore / tout ç:e qu'ils imaginent efi 
un nouveau fujet.de degour. * i 

Leur aine,, incapable de .fen tir les ptai- 
fir^y (ei^le ii!avôir,dè d^ricateïTi que ifour 
les peici^ ; jun .Citoyen fut fatigué, t6ûi;e 
uué nuitd'une/ble quls^^toit repU^eaaiis 
^on li|, . ; 

La mble^feia^eUemep^ afToiblvIei^ 
coi;ps , qu'ils qie fauroknt remuer (es iJi^piiy- 
,4res faraeau>ç ; îlp peuvent à pftiielç (oR- 
cenir Xur leurs |iieas ; ies^^^oj^ tp res le^ ;P|i{s 
douces lès fiuit évanouira, Iprfqu^il^lpnc 
.dans |ç$ feftins', l'eftpniach leur o^anqiiCe 
. à toujs les jnftanc ' ,, ... . , ^ 

UspaUcnt leur vîe^ur des ficges renvçç- 
fez, fur lefquels ils font ;9])lige?; d^.Ip'.^f- 
pofer tout le. jour , fans s'être faôjgire?ii 
ils font brifez qoand[.iK< vont, languir pil- 
leurs./ • ,;?/", ... ' , . .j,{ 

Incapables de porter \t poids des ariups, 

tîmidesidéviMUileurs Cancuoyéus » iâcbês 

devant les Etrangers /ils (ont desEfcliy- 

^vcs «tous prêts pouf le premier m^^tre. 

l, pèsquè jerçuspcnfer^'eusdij 0^gout 

pour la pialheureule Cibaris, J-airne'là 

^yertu, & j'ai toujours: craint les vpîeux 

immortels. pJon, difQÏ^rje», je pe reïp^, 

ferai pas plu$ long-tems cet air empoifoiy 

oé; UHU ces flicLaves de là moleflp font 

G s ^ics 



I 

■oS B |B C I ft T s BQ.frf 

■Hnée^^vetqpe.fbiUe çotuKMSàiieedtVi- 
v^tfi je fenti&qiieii>oti deftin, qqe skui 
iKMihair m✠m'appeUoirac foos un aa- 
irecliaut* 

Udc paie qne j' 
qnile, où l'ame pi s 

^re d^ivrée d« Il 
ietticj il m'appar 
bord ù c'était nae 

fe. Un charme f r 

coate i'à perToeac ; : j 

comme Venu», « 
comme elle : tous 
réguliers , imH ili 
ftmbte : vous n'y 
Maiire, mais c«< 
tombaient néglige 
fiais celte n^ligc 
Mille étoitchurou 
qee la aature don 
caclie le Tecrec au 
vit nion'éconnet 
J3ieax , quel four 
, d'une voix *i»ipéi 
«onde des Grâces 
veui te rendre hei; 
tu ailles l'adûrer c 
de. Elle fuit, mes 
fonge s'envola tvc 

qu'ya doux regret de >ne k plus, voir, 
mêlé du plaifir dcj'flvoir vue. 

Je quittai doiic t'IOede Uelps; j'arri- 
vai i Gnide, &. je pui^ dire qiie;d'abord 
je rcii>irai l'amour s jerepcis, je'iiepnis 
pas 



F 4 A M ç o 1 s s. lof 

pas* bieti a(3Mrifne^ce4iiiejelèntis: kn^ai- 
mois pas epcDré, ms jecherchois à ai-' 
mer»- «wn cotar VédiMfbir coftimedaM 
Im préfence àe quelle Beauté ^ivinei- . 
pa^Miçâi » & îe tis<fe loin do» jféiides fit-»; 
les qui }duoieocda43S la rnûkiei jtMd'tk-^' 
bord cm^ainé vers idlés. InfetKïqM jtf fl^' 
difoîs^iey î^ai , fahs aiàii» tous tes'éitkMu 

meus de l'Miwr : imm ccmir i^eilH^' 
v«rs 4iss'objet9 inconnus, et ces objets, 
loi donnent de l'inqdtérâde. yûMtotbsA, 
}e vis la chartnancd Themirie : fâris doute 
^ut nous^ étioas faits l^un pour Vautr8; jé^ 
ne regardai qo'elte» & j^^^h quéjère^^ 
roli mort dé douleur , fi elle n*a voit tour- 
né fur moi quelques regards^. Grande Vei»; 
nus. m*écrîai-je, puifquevousdevetiM^ 
reiiitre Heureux « ' fàk«s r ^e <te idc avtç 
cette Bergère : k r^ironce à toutes les âu^ 
très bea«ce2 ^ elle feuiti ptm i^etnpltr vo$ 
promeifes & tous les vosux que yet ferai ja^ 
mais: ^ ,•• . 

Je contai au jeune Ariftée mes fen^-^ 

dtt^ mùûm ils lui ^tiu)t féofikct les 

Cens; ]t foullgeâi fmr tct^ j ènleprianc' 
<{e me les racontaef. Voiti ce qu'il nie 
dit , fe n'ëobtîerai riéfl , car je fuis mf&t€ 
im lé fnêhie Dieu qui le faffoit patléH? \ 

Dans toctt ce récit > nie dit il , vous né 
tfbttvefrea Hen que de très^finrple : ïnes^ 
aVàntuf^s ne font que les fentinxens d^un 
coeur tendre, que mes plaiTif s , que ma^ 
peines i & cmnfne mon amour pour Ca- 
mille fait le bènheuif , 4 fait aulK^ toute 
de ma vie* ^ Ct- . 



faitsponr vivre dans leur patrie , U mol 
. pour la quitter. ' / 

pallaî pour là déroiere fois aa Temple-, 
& tn*approchant dès AuteU • où mon Pè- 
re avoît tant de fois fa^rifié : Gmtide Déef- 
fe , dit^e, à haute vbî)r^ j*abandonnç ton 
Temple , & non pas toti caltè ; en quel- 
^uelieu de la terre que je fois , îe ferafÂi- 
kner jx)ui»toi de l*encens , nuis il fera plu; 
pur que celui qu*ôn t'offre à ÇilM^ris^ * 

Je partis , & f arrivai en Crète. Cette 

Ifle, eft toute pleine des vnodumens de la 

. f tfrëur de l*ambur. On y voit le Taureau 

d'aîraîn, ou vra|fë dé Dédale , pobrtroni- 

•flçfr tn' pouf fatîsfâirë les égarement d^ 

Phfi^haé 5 le Labyrinthe dont l'atnour Tcul 

'fcut éluder ^artifice i le tombeau de Phe- 

"drè, qui éttonnâ ieSoldi comme ayotefâit 

fa mère; & le Temple <l* Ariane, qui dé- 

*fçl^è dans tes deferts, abandon née par an 

liigi^at; de fe répeqtolt pas iencorc de^ra* 

*){Oirfulvi. 

*''<)rr'y voit lePaliis d*Idomeriée, dont 
ïe retour ne futp^splosheureux, quece- 
lbji;des autres Çàjîitainés Grecs :, car ceux 
dijl^chapi^^ daÂ^ers ti'un'. élément 

cblcrei troùveredcJpur maîlbn plus funef- 
jl«encbr4 ^ènus irritée leurïîr erabraf. 
fèt des éponfes peffîdei , & ils moururent 
de ^la^îiîaio qu'ils croyoiént la plus cHete. 
■ je -quittaî cette Iflè*, fi odîêufie' àunc 
iSéeÙi qui devoit faire quelque joUr la 
féHcït^dehia vie. 

Jertéïetobarqîiai, jJc la tempêtethciet- 
* ^ " \ ti 



" JF R A K ç e I s tl ' to7 

a ilLèsbos. Ceft encore une Ifle|)etiché. 
le de Vlènus : eHe a ôté la padear dtf vir 
âge dés femmes » lafoibleflede leur cor i>f; 
k la timidité de leur ame. Grande Ve^ 
nus , laifle brûler les femme» de Lesbos 
i^un feu legitimie; épargnée la nature hu- 
maine tant d*borreur ! Mitylerfe eft la Ca* 
pitale de Lesbos i c'eft la patrie de la tendre 
Sapho. Immortelle comme les Mufes , . 
cette fille infortunée brûle d*un feù qu'el- 
le ne peut éteindre. Odieufe à elle mé*^ 
me, trouvant fesen!lui:>dans fes charmes» 
elle hait fon fexe & le cherche toujoiir». 
Comment) dit-ellç, une flamcpe û vaine 
peut-elle être il cruelle ! Amour , tu es 
cent fois plus redoutable quand tu te joués, 
que quand tu t'^irrites I 

Enfin je quittai Lesbos , &Ie fort me fit 
trouver une lile plus prophane encore, 
c*étoit celle d< Lemnos. Venus n*y a 
point de Temple ; jamais les Lemniens ne 
lui adreflèrent de vœux: Nous rejettons; 
difent'ils , un culte qui amolit les cœurs : 
La Déefle les en a fouvent punis s mais 
fans expier leur crime , ils en portent la 
peine ; toujours plus impies àjnefure qu^'ils 
font plus affligez. 

Je inè remis çn mer , cherchant toujours 
quelque terre chérie des Dieux; les vents 
me portèrent à Delos. Je reflai qaeiques 
mois dans cette Iflé âcréé: mais fpit que 
les Dieux nous préviennent quelquefois 
fur ce qui nous arrive, foit que notre ame 
retienne de la Divinité, dont elle eft 4- 

ma. 



U% B t B L :i O T r E'Q V B 

dteV qae je (dm qndiqiiefoîs de m b pBS 
dtoirt^ poar qu'elle OMKiie encore mm 
coeor;! bieaiôriiegbe tuîreoov ce doox 
filtnde , qiit eft^le plaiiceodrettiigig|eidet 

• 'Qaïad )i\ii iécé z^(taî deCaaâte, je 
feoK lui tendre. coiiH^tedeee qoej^tipA 
iKHrpQ tt]cendvêrI]wi]aoi m^eocredeiia 
t» ^ aie dic etle , 'parle moi de nos tmoiirs, 
oa li tu n'as rkn à oie dil^ » crud» Iliffe 
irièi pivler* 

: QoèlquefoM elle mé dit en oi'eiiAraf- 
fiuK , Tu es trifté ; Itéft vrai, laidîsje, 
mais la trî(te0e dés «mans eft ddictèote; 
jefèris'eoaler iiie$là^me$>» it jenefaispoiir- 
^iu^ , car tu m^flimei ; )e n'ai portit de fu- 
jet de me plaindre f'& i jeiçeplaihs? neme 
rtcire point de ;Ui ' lftt)gu«ttr où je fois, 
kifliè 4noi foupirer en miœeTtemsinçs pet- 
ites ii:mti plaifirs/ 

'l Dabsiestranfpbrts del'aoïQcirifioa ame 
cft trop agitée: elle eft entraînée vers fon 
kénhéur uns en id^ir y au Uea ' q&*i pre* 
knv jie^iite^ ma trifteiTe même t Bfeflbye 
pôinrnrues larmes; qu'importe qne je pieu* 
re; puifque je fuis heureux. 

• Quelquefois Camille ^me dit: Aimemoi. 
Oui je t^âime. Mais eommenc m'aimes* 
tuj.Hetas, luidis-je, je t'aime comme je 
t'aîmois; car je ne puis comparer l'amour 
quej'ai pour^aL qu'à celuvque j'ai eu pour 
toi même. ^ 

J'entends Joîicr Camille par tous ceux 
qui la connoilTent 2 -je liiis âaté de ces lou* 

• - anges 



F R A n' ç 6 i SE. ii^ 

ansfesv comme fi elles m*étoient perfon- 
net] es s & je fens en ce moment que j^ai 
de l'amour propre. 

Quand il y a quelqu'un avec nous, tl* 
le parlé avec tant d'efprit, que je luis eh* 
chamé de (es moindres parolesjftiàis j^^î- 
nierôis encore mieux qu'elle ne dît rîen^i 

Quand elle fait des a mitiez à Quelqu'un^ 
je voudrois être celui à qui elle fait des 
amitiez , (]uand tout à coup je fais refle- 
Tcion que je neierdis point aimé d'elle. 

Prends garde Camille aux împdftùrcs dej 
amans; itste diront qu'ils t'aimene, &ils 
diront vrai; ils te dirçht qu'ils t'aimèntaû» 
tant que moi , mais je )ure par les Dieux 
que je t'aime davantage. ' 

Quand'je l'apperçois de loin $ mon çf- 
prit s'^ég^re: elle approfche , & mon cœur 
s'àgîte : j'arrive auprès d'elle, ^ il méfem» 
ble que mon ame veut tpe quitter , que 
cette âme eft à Camille, & qu*clle va' ra- 
nimer; 

Quelquefois je veux lui dérober utie fa- 
veur i elle me la rcfofe , & dans uà inf- 
tant elle m'en accorde une autre j ce n*cft 
point un artifice 5 comlyatue par fa t>udeur 
& fon amopr , die voudroit me tout rè- 
fufer > elle voudroit ppuVoir me tout ac- 
corder. 

Elle mè dit/ Ne vous raffit-il pas que 
je vôtis aime ; que plouyei vous defirer 
aprè^^ttipricoeur ? Jedefire, luidis-je, quç 
tu fâflespour moi une faute que l'amour 
fait faire, & que le grand amour juftiiie. 

Tome IV. Part. IL • H Ca- 



I 



V. 



U4 B I 1 (. I O T H E Q O E 

Camille fi je cdTe un pur de Caitner, 

puifTe la Parque fe tromper , & prendre 

ce jour pour le dernier de mes jours I paif- 

fè>t-eUe effacer le refte d*une vie , que je 

.jeroqverois déplorable » quand je me foo- 

. vÎQndrois des plaifirs que j'ai eus en aimant. 

. Ariftée- foupira, & fe tue, & je vis 

bien qu'il ne cefla de parler de Camille, 

que pour penfer à elle, 

*. Pendant que nous parlions de nos 
amoqrs , nous nous égarâmes >- & après 
avoir ^ré long-tems > nous entrâmes dans 
. une grande prairie : nous fûmes conduirs 
par un chemin de fleurs au pied d'un ro- 
cher affreux; nous vîmes un antre obfcor, 
nous y entrâmes^ croyant que c'étoit la 
dempqre de quelque Mortel. Oh Dieux ' 
.qui auroicpenfé que ce lieu eût été fi fu* 
nefte ! A^peiné y eus je mis le pied , que 
tout mon* corps frémit » mes cheveux le 
drefferent fur la tête , une main invifible 
ni'éntraînoit dans ce fatal (bjour; à mefa- 
. re que mon cœur s'^ttoit^ il cherchoità 
. s',agiter encore. Ami, m*écrîaî-je, entrons 
: pli^s gvant, duffions-nous voir augmenter 
nos.pqines ! J'avance dans ce fieu , où ja- 
-t|iajs le Spleii n'entra, & que les vents 
.ij'agiterenc jamais : i*y vis la Jalbufie. Son 
a'fpea écoit pius fombre que terrible; la 
^; pâleur', la trifte/Te, i^ filence Pentpuroienr, 
.vH^.les ennuis vploient auçuur d*éllç. Elle 
. ibuf&a fur ^nousi; elle nous nijt tft, main 
.:,(ijrt le cœur r die nous frappa fuir la tête; 

*^ VI. C H An t. . . 



*» ^ 



R ANC « I SE. lïf 

ii noùîne vîmes , nous n*îmag^inâmes plu' 
qùedesmonftres- Entrez plus avant» nou$ ! 
dit-elle^ malheureux mortels; allel trou- 
ver une Déeflfe plus puiflante ^ue tnoh'i 
Nous vîmes une afFreufe Divinité a la lueur ' 
des langues enflamées de^ ferpens qui fi- ! 
iloieht lur fa tête: c*étbit la Fureun Elle * 
détacha un de fes ferpens , & le jetta fur ' 
moi s je voulus le prendre ^ déjà, fans que ^ 
je l'éuiTe fenti » il s'étoit glififé dans mon 
cœur. Je reftai un moment comme ttu- . 
pîde; imaisdèsque le poifbnfe fut repan*- 
da dans mes veines ^ je crus être a^ mil- 
lien des enfers: mon ame fut èmbrafée,,, 
& dans fa violence tout mon corps la con- ' 
tenoitàpeine. J'étois fi agité qu'il me fem- 
bl oit que je tournois fous le fouet dés fu- 
ries. £i£n je m'abandonnai y nous fîmes 
c^iît fois le tour de cet antre épouvantable: 
nous allions de la jalbufîe à la fureur» & 
dé la fureur à la jalouiie: nous crions» The^ ' 
mires nous crions,, Camille. Si Thèmire 
ou Camille étoient yeniies , nous les aii^ 
rions déchirées de nos propres mains. 

Enfin nous trouvâmes la lumière du ; 
jour 5 elle nous parut imi^ortune, &nous 
regrctâmes prefqoe l'antre affreux que tious 
avions quitté: nous tombâmes de laflîtu- 
de ,& ce/repos même nous parut infupr 
portable 5 nos yeux nous refuferent do^ 
lari-mcsi & notre cœur ne put plusformejr 
de fbdpîrs. \ 

'Je- fus pourtant' un moment tranquille ; 
le foniimcil coram^nçoicà verfer fur mor 
/ . • ' ^ H 2 ' "' fes 



' V 



lié. BtBLtOTaSQffK 

fef d'^\>x ptÈf{X%. Oh Dieux ce fommeil 
même d . vint cruel, yy voyois ides images 
plqiw uc. Mes pour moi que les pâles otti- 
bre^i: je me revcîHois ï chaçiue itiftantfar 
une îafideUté deThemirer je ia voyois... 
non, |e n'ofe encore le dire; & ceqoe)*i- 
maginois feulemem pendant la veille , je 
le rrouvoîs réel dans les horreurs de cet af- 
freux fommeil. 

^ Il faudra donc, dis-je en me levant, que 
}e fuye'égatemeuc les ténèbres & la lainiè- 
re/ Thernire ♦ la cruelle Themire m'agi- 
te comme les-ûiries. Quil'eût cru , que 
mori bonheur ièroit de l'oublier pour ja- 
mais! 

Un accès de fureur me reprîts Ami^m'é- 
criai~)e« levé toi; allons exceraiiner les 
tnmpëaux qui naiflent dans cette prairies 
pôurfujvonsces Bergers, dont les amours 
font if (>âifibj[es. Mais non y je vois de loin 
un Temple, c'eft peut être celui de l'A- 
mour; allons le détruire, allons brifèrfa 
ftacuë, & l\it rendre nos fureurs redouta- 
bles. Nous courûmes, &il fembloitqoe 
Tardeur de commettre un crime, nous 
donnât des forcés nouvelles .- noustravcr- 
famcs les bois , lesprez, lesgueretss nous 
ne fûmes pas arrêtez un inftant : une col- 
line s'élevoit en vain t nous y montâmes, 
nO'is entrâmes dans le Temple : il était 
confacré à Bacchus. Que la puiflancedes 
Dieux eft grande,' notre fureur fut auffi- 
tôt calmée 1 Nous nous regardâmes, & 
nQâ< vîmes a?ec lurprife le defordre où 
nous étions. - ' . * Grand 



j> 



. F E A K Ç O.I 9B; itty 

^ Grand Ditu , ni*écriaî-îe.» je ce .rends 
moins grâces , d'avoir appail^ ipafpfêuip» 

2ue de ip'avoir épargné on grand criime* 
-t m'âpprochant de ia Prêtreflé : Nooii 
ibiniiie^ aimez do Dîeuqnevon!! fervcz; 
il vient de calmer les tranfports dont ooos 
Scions a^tez; à peine ibirinoes nous entrez 
dans ce iieo , que nous avons lenri ^a iàr 
^eur préfente: nous voulons \ci ftircttU 
iacrifîce , daignez l'offrir pour nous f. A- 
Viuc Prêtrefl'e. J'allai chercher une vio- 
cime, & je l'apportai à fes çieds. 

Pendant que ia Prêrreffe ic prépayoîtà 
donner le coup mortel ; Arifiée prononf- 
ça ces paroles: Divin Bacchus, eu aiin<^ 
avoir la joye fur le vifage des hoinipes, 
nos plaifirs font un culte pour toi ^ ^ ta 
ne veux être adoré que parles rtiortels.les 
plus heureux ! 

Quelquefois tu égares doucement notre 
raifon: mais quand quelque Divinité cruei^ 
le nous l'aôtée» il n'y a que toi qui puiC- 
fe nous la rendre. , .. 

La noire jaloufie tient l'amour fous i|oQ 
çfçlavages mais tu lui ôtesPempire qp'el-* 
le prend fur nos coeurs , & tu la fais ren- 
trer dans la demeure affreufe. 

Après que le facrifice fut fait , tout le 
peuple s'aflembla autour de nous , & îe 
racontai à la Prêtreflè comment ncfû9 
avions été tourmentez dans la demeure de 
la Jalouiie; & tout à coup nous entendît 
m^s un grand bruit , & .un mélange cen- 
fusdevoix & d'inftramens demufique* 
. H î Nous 



Xl8 B I B t iTo T E Q V tf 

Noas fôrtîmes du Teniplé s & bous'vtt&es 
arriver une troupe de Bacchantes, qaifrap- 
poient la terre de leurs Thyrfes^ criant à 
haute voix Bvohé. Le vieux Silène fuî- 
yoit monté fur Ton âne ; fa tête feiîibloit 
chercher lia terre ; & '(îtôt qu'on abandon- 
noit fon corps t il fe balan^oit comme pat 
thefùre: la troupe ayoîclevifagebarboûil* 
lé de lie. Pap parôiflbit eniuite avec la 
' ilute, &les Satyres en touroîent leur Roi. 
La ioye regnoitavec le defordre; une fo* 
lie aimable méloit enfemble les Jeux , les 
railleries, lesdanies, leschanlons: le vin 
menoicà la gayeté, la gayeté ramenoit au 
Vin. Enfin je vis Bacchus : il étoit fur ibn 
Char traîné par des tigres , tel que le Gan- 
ge le vit au bout de ï'univers ^ portant par- 
tout la joye & la viâorre* 

A Tes cotez étoit la belle Ariane. Prin- 
ceffe, vous vous plaigniez encore de Pin- 
fidélité de Théfée/ lorfque le Dieu prit 
votre couronne , & la plaç^ dans le ciel, 
il efluya vos larmes > fi vous n'aviez pas 
cefTé de pleurer , vous auriez rendu un 
Dieu plus malheureux que vous, <}ui n'é- 
tiez qu*une mortelle. Il vous dit. Ai- 
mez moi. Thefée fuit , ne vous foa venez 
plus de (on amour, tabliez îufqu'à faper- 
^fidie, je vous pends immortelle, pour vous 
aimer toujours. 

Je vis Bacchus defcendre de fbn char, 
je vis defcendre Ariane , elle entra dans 
le Temple. Aimable Dieu , s*écria-t-el- 
ie, reftons dans ces Heùx , & foupirons-y 

-- nos 



Française. tip 

nos ahioars; fàtfons jouir ce doux climat 
d'une joyc étemelle : c'eftaupr es de ces' 
lieux ^uela Reine de$ coeurs a pofé Ton 
empiré s que le Dieu de la joye règne au* 
près d'elle ,'& augmente le bonheur de 
ces peuples déjà fi fortunez. 

Pour moi , grand Dieu, je fcns déjà 
que je ic'aime davantage I qui l'eût dit ^ 
que tu pourrois quelque jour me p^oître 
encore plus aiipablc? 11 n'y a que les Jm- 
mortels qui puiflent aimer à l'excès, & 
aimer toujours dayantàge s il n'y a qu'eux 
qui obtiennent plus qu'ils n'efperent , te 
qui font plus bornez quand ils défirent, 
que quand ils jouiflent. 

Tu feras ici mes éternelles amours. 
Dans le ciel on n'eft occupé que de fa 
gloire ; ce n*eft que fur la terre & dans lei^ 
lieux champêtres , > que l'on fçait aimer ; 
& pendant que cette troupe fe livrera i 
une|oyeinfenfée, ma joyîe, mesfonpirs^ 
& mes larmes m^mes , te rediront fans cef- 
fe mes amours. ' 

Le Dieu lodrit à Ariane, il la mena 
dans le Sânâuaire. La joye s'empara de 
nos cœurs y nous fentîmes une émotioq 
divine; faifîs des égaremens de bilene ^ 
& des^traufports des Bacchantes, nous 
prîmes un Thyrfe , fc nous nous mêla*- 
mes dans lesdanfes &dans les concerts^ 

* Nous quittâmes les lieux confacrez à ^ 

Bacchus i mais bientôt nous crûmes fen- 

-tir 
* VII- Chaht. X 

H 4^ , . : 



I 






/ 



I20 Bibliothèque 
tir que nos maux n'avoient été que fuf- 
pendus. Il eft vrai que nous n'avions point 
cette fureur qui nous avoit agitée : mai^ 
la fombretryieffe avoit faîC nôtre amci^c 
nous étions dévorez de foupçons & d*in- 
quiietudes. 

Il nous fembloît que les cruëUes Déef- 
fes ne nous avoienr agitez, que pour nous 
faire preffentir des malheurs , aafquels 
nous étions deftincz. 

Quelquefois nous i^gretions le Temple 
de Bacchus: bientôt nous étions entrai- 
• liez vers celui de Gnidej nous voulions 
vbirXhemire & Camille, ces objets puii- 
fans de notre amouK & de notre )aIou(ie. 
Mais nous n'avions aucune de ces dou- 
ceurs, que l'on a coutume de fentir , lorl- 
que fur le point de revoir ce qu'on aime; 
Tame eft déjà ravie, &lemble goûter d'a- 
yance tout le bonheur qu'elle le promet. 
Peut-être, dit Ariflée, que je trouve- 
rai le Berger Licas avec Camille, quefai- 
je, s'il ne lui parle pas dans ce riiomenc: 
O Dieux, l'Infîdelle prend plaifir à l'en- 
tendre. 

On difoit l'autre jour, repris-je, que 
Tirfisj quia tant aimé Thtmire, dévoie 
arriver à Gnide : il Ta aimée: fans doure 
"^ qu'il l'aime encore : il faudra que je dil- 
pute un cœur , que je croyois tout à moi. 
L'autre jour Licas chantoit ma Camil- 
le : que j'érois infenfé ! j'étoia ravi de Ten- 
tendre louer. 
Je me ibu viens que Tirfis porta à ma 

The. 



JF K A s X .O 1 S Fi llî 

TTheiDÎre des fleurs nouvelles : Malheu- 
reux que je fuis, d!e ks a mis fur fon 
Tein l C'eft un prefent deTîrfis, dîfoit- 
elle. Ah/ j'aurois dû*ies arracher, & les 
fouler à mes. pieds ! 

Il n'y a pas long-tems que j'alloîs avec - 
Ca^mille faire à Venus unlaçrificèdedeux 
Tourterelles; el1esm'échapperent& s*en- 
voierenc dans les airs. 

J*avois écrit fur des arbres mon nom 
avec celui de Themire: jWois écrit mes 
amours , je les lilpis & relilois lanis ceflè; 
un matin je les trouvai effacées, r 

Camille, ne.defpère point un malheu- 
reux qui t'aime j l'amour qu'on irrite 
peut avoir tous les effets de la haine. 

Le premier Gnidien qui regardera ma 
Themire , je le pouluivrai jufques d^ns 
le Temple ; & je le punirai , fût - il aux 
pieds de^ Venus. , 

Cependant nous arrivâmes près de 1* An- 
tre facré, où la Déeffé rend fes Oracles. 
Le Peuple étoit comme les flots de, la mer 
agitées ceux-ci vehoient d'entendre , les 
autres alloient chercher leur répotife;. * ^ 
Nous entrâmes dans la foule , je perdis 
rheureux Ariftées déjà il avoit çmbraffé 
fa Camille y & moi je Cherchois encore ma 
Themire. 

Je la trouvai enfin : je fentts ma jaloufie 
i^edoubler à fa vue , je fentis renaître mts^ 
premières fureurs; mais elle regarda , & 
|e devins tranquille: c'eft ainfi qi^e les 

' H 5* Dieux 



^ » 



iXX B I I t I O r R E Q K 

Dieux renvoyent les/aries, Iprfqa'dies 
forcent des enfers. 

, O Dieux, me dît- elle , que ta m*as 
coûté de larmes ! Trois fois ie Soldl a 
parcouru fa carrière, je,çraîgnoîs de t'a- 
yoïr perdu pour jamais; cette parole me 
fait trembler. J'ai été confulter TOracIc, 
}e n*ai point demandé ii tu m'aimois; bê- 
las je nevouloisque fa voir (i tu vi vois en- 
core: Venus vient de me répondre, que 
tu m'aimes toujours. 

Excufej luidis-je, un infortuné , qui 
t^auroit haïe, fi fon ameen étoit capable. 
Les Dieux, dans les mains defquéls je fuis, 

E eu vent me faire perdre la raifon , ces 
Meux , Themire , ne peuvent pas m'ôter 
m^n amour. . x 

La cruelle jaloùfiem*a agité, comme 
dans lie Tartare on tourmente les ombres 
criminelles: j*en tire cet avantage , que je 
fens mieux le bonheur qu'il y ^ d^tre ai- 
mé de toi, après ,l*àffreufe fituation oà 
m'a mîfe la crainte de te perdre. 

' Viens donc avec moî , viens - dans ce 
b6is folicaire: il faut ^u'à force d*aiiner 
î*e;cpie les crimes que l'ai faits $ c'eft un 
grand Crîmé, Themire , de te croire infi- 
delle. 

Jamais les bois^de l'Elîfée , que les 
Dieux ont faics exprés pour la tranguillir 
té des ombres qu'ils chériflent; jamais, 
les forêts de Dodone , qui parlent aux ha* 
mains de leur félicité future, ni les jar- 
dins des Hefperides, dont les arbres fe 

cour* 



/ 



F.R A H Ç O I 9 E. 1I3 

courbent fous le poids de I*or quîcbmpo- 
fe leurs fruits » ne furent plus charmants 
que ce bocage enchanté par la prélence 
de Themire. 

Je me fouvicns qu*un Satyre , quîfùîvoît 
une Nymphe qui fuyoit toue eplorée,nous 
vît, & s*arrêta. Heureux amant, s'écrîa- 
t-il , vos ypux iavent s'çntendre & Te ré- 
poodre^ vos foupirs font payez par des 
foupirs: mais moi» je paflTema vie fur lés 
traces d*une Bergère farouches malheu- 
reux pendant que je la pourfuis ^plus maU 
heureux encore lors que je Tai atteinte. 

Une jeune Nimphe , feule dansées bois, 
nous apperçut & foupira. Non , dit-elle . 
ce n'eft que pour augmenter mes tour- 
mens, qUe le cruel Amour me fait voir 
uu Amant G tendre. 

Nous trouvâmes Apollon a(ïïs aûprè$ 
d'une fontaine: ilavoitïuiviDianeyqu'un 
Daim timide avoit menée dans ces bois» 
Je le reconnus à fes blonds cheveux, Se 
à la trbtipe immortelle qui étoit autour dç 
lui: il accordoit <k lyre; elle attife lés 
rochers, les arbres la fuîvent, les lions 
reftent immobiles: mais nous entrâmes 
plus avantdans les forêts, appeliez en vain 
par cette divine harmonie. 

Où croyez ^ous que )e trouvai l'amour? 
Je le trouvai fur 1er lèvres de Thémîrej 
]e le trouvai enfuite fur fon fein; il s'é- 
toit fauve à fes pieds, je Vy trouvai en- 
core 5 il fe cacha fous fes genoux, je lefui<r 
vis s & je Taurois toujours fuivi/ fi Thé- 

- . \ mire 






t%4 B 1 B L I a T M E '< V B 

mire toute en pleurs , Thémire irritée ut 
m'eût arrêté : il étoit à fa dernière retraite, 
elleeftfi charmante qu'il nefaaroit la quit- 
ter^ C'eft ainfi qu'une tendre Fauvette» 
que la crainte & l'amour retiennent fanes 
petits vrefte immobile fous la main avide 
qui s'approche I & ne peut confen tir aies 
abandonner. 

Malheureux que je fuis! Thémireécon- 
ta mes plaintes , & elle n'en fut point at- 
te^ndrie: elle entendit mes prières, ellede- 
vint plus févère: enfin je fus t^emeraire; 
elle s'indigna , je tremblai s elle jne parut 
fâchée» )e pleurai} ellemerebuta> je tom- 
bai, & je fentis que nyes foupîrs alloieot 
être mes derniers foupirs « û I hémire nt- 
voitmisla mainfurpon cœur» te n'y eut 
rappelle la vie. 

Non.ditelle.je ne fuis pas fi cruellequt 
toi ; car je n^ai jamais voulu refaire mou- 
rir,, & tu veux m'encraîner dans la nuit 
du tombeau. , 

. Ouvre ces yeux mourants , fi tu ne veux 
que les miens fe ferment pour jamais. 

Elle m'cmbrafla 5 je reçus ma grâce» 
helas 1 fans eiberànce de devenir coupa- 
ble. , 



Cffflh 



^ 



F îR A lï Ç O I S E. lis 



11 



CÔmwJ^ T^i^çe ptivante rnUpétru être Mê 
mp9m Àmeur^ fài crû devoir Utré^ 
dfêirti& là mettre ici. 

T T^ '^"^ que j|err ois dans les Boïsd'I- 
V^dalie avec la jeune Cephife , Je troù-r / 
vai r.Amour , qui doFmoic couché fur les 
Fkqr s ,. & couvert par quelques branches - 
de tnjlrche, qui cedoienc doucement aux 
haleines des Zephirs. Les Jeux & les Ris, 
qui le fuivent toujours , étoient allez fo« 
lâtrer loin de lui ^ il étoic feu!-' J'avoîs 
l'Amour en mon pouyoir ; Ton arc & fdn 
^t'quois étoient ^ Tes cotez y & Ci j*avois 
voulu , j*auroisVoléles armes de rAmom*, 
Cephiie prit l'arc du pl]uî5 grand des Dieux: 
elle y mit un trait, (ans que je m*en ap* 
perçuiTe s & le lança contre moi. Je lui ' 
dis en fouriant , Prends-en un fécond ; 
fais-moi une autre Bleflùre , celle^i_èfl: 
trop douce.. Elle voulut ajuftér uh^âtrtré ' 
traita il lui tomba fur le pied, & ellecriâ 
doucement/ c'étoit le ti*aîr le'plu$pe^nt 
qui fûtdans le carquois de PAnjout ! EU 
io le reprit, le fit Voler 5 il me frappa; 
je mcbaiffai : Ah Cephife, tu veux donc \ 
me faire nlourir. Elle s'aprocha de TA^ 
mour j elle dort profondement , ditelle^ il 
s'eft fatigué à lancer fes traits; il fautcudl- 
lir des fleurs, pour lui lier les pieds &" 
les mains. Ah je n'y puis confentir; car ] 
il nous a toujours favorifez. Je vaisdtric, 
dit^ etlç 9 prendre fe^âraie«> ^luitirei-une * 

flèche 



N 






|2S 6lB^LIOTHEQU£ 

Latrin. Eft-ce badînage? eft-ce une pein« 
tore vive des débauches d'an homme que 
fon caraâere a dû éloigner de toote fone 
de déreglemens ? c'eft peut-être l'un ic 
l'autre. Ceux qui ont connu l'Abbé de 
G. . , pourront en juger. 

4 tSHonfieur F^bic ♦♦. 

QUeft-ce diras-tu , que ceci , 
En relevant ton noir fourcil ? 

C'eft le voyage en racourci 

De ce conteur de fariboles. 

De ce gars qui vit fans fbuci ^ 

Et qui t'invite à vivre ainG. 
; Tu ne trouveras point ici 

Ni fentence ni parabole 

Ni difcours. d'amoureu 

Ni rien de ferieux agjl 

Mais d'une Attique r< 

Cet ouvrage ferâiarci. 

Abbé, je ne Pai point groflî . 

De faits qui fentent l'hyperbole, 

Et ma foi tout ce que voici 

Eft auffi vrai que le fymbole. 

je te l'envoyé à Ta hierci 

De ton jugement radouci. 
• Ma profe vaut moins qu'une obole « 

Mais 




F R A ^^i é f • E.* 129 

Mais lês vers ibhtçoufi confî 

Si* jç tè plaîs , i»4 rduffit . / 

r » « » * ' ■ ■ ■ \'^ *^ 

j » f • • •♦ • ... 

Mille pariions^ mon cher ami , d je n'ai 
pas plutôt aqaîte «ma prpmeiTe: onecom* 
pIicatioi}d*anaice$ domeftiqiies & étranee- 
res ni'a aflàUIi l'efpric à mon arrivée. yA 
employé ie$ premiers joars à les terminer» 
il a faip payer les arérages de ûx femaiDca» 
& doqnfic nouvelle provifion^ d'alîmens. ^ 
£p un mot j'ai voulu m'ifoler afin de 
vous écrire plus joy^eufemeiit : fi bien 
qu'enfin.me voilà prêt à caufer i^nie bpo- 
ne demie heure ,î& pour la remplirriptidons 
notre première phrafe avec le dernier adieu " '^ ^ 
que je vous fis quand je vous quictaû 



reçois efcorté d*un homme ivre.» ' 
Qui pouYôit à peine me luivre, 
£t faifant l'y vrogpe en çpmmun , 
De tous les deux n^eii faifoit qu^an. 

Ceft-àdire qû*en alWritje parlob &'je 
me répondoiiSj comme' fij^âufle été encore 
en compagnie. De ii]^s. jours je ne me 
fuis vu h bien.C0nditionné. J'arrivai 
au carotte & dans pne-.place du fond je 
mecs précîfément une urne bathique qui; 
renfermoit la meilleure pariie de tout le 
viu que i'avdîs pï'is le j^ùr précédent, & 
de toutes les?Kquearsqaej'avQis bu la nuit 
ici. Je voudrois être tPoëce pour décrire 
avec énergie l'impreiliôn merveilleufè que 

Jom. IV. far$. II. 1 fit 



ijO Bin\ l.OT HJt Q V E 

fie fur mes feo^ (dej^^gelée de i^vots.dont 
Morphée daigna vies hvqrifprl Malgré 
r intempérie tfiih vettt froid et Violent , 
malgré les cris paniques que la craintjp d'a- 
ve ctaite pflûfclfallté fàlfoit faire à mes €09- 
-ti^^gmt^i i ft dbrmb uns èihàea depuis 
Tâiriis jtti<}U*i E(lài«ïptSv & îen^^f pash 
'lâlmoîndre idé^ d*àfV0ir faïc la première 
cotiithéé à Cliartfiss. Nousj arrlvâilies le 
Jâidttttâin'd'afTez/bohne heure ^ & fans 
«ne^^âé qui calk; té dévoie êtf^ te jour 

précèdent 'mttb ditléè. J*àtlai ibal me 
pirbincMér dans ië^'âf din denotre Auberge» 
^^M tif^ànt? ma lyre de f^ blanc piqué, en- 
fa pàM! ' du iab&c i^ tae mis à chautet fou- 

Quoi! donc fur. la doublé cijtne 

Auf (iîs- je dphnî deux jours ? 

Eft-ce Alitofllôrf^quï'm'animc ? 

Norfj'j*jgtiôfe'ifen fecoçrs. ' 

Je rfe fuis point ad Perinefle 
.^R€(l(?yaWe de^fy^f^e,. 
. Qui me donne^ilP £ea divia^ : 
" Mtffè àprensf^e'^ûi t'alluma. 
;;pëR lia||etfllante &ume 

Pè cent ra(ârfcs*de' vînV 



» ^ • • • 



: D^Melpppezv^aqs „ pqnf^s 
.^ pont Pâmas :eit' «rop confcls 
^Je'vousfens'émbiataffées ^; " ^ 






Dans les vapeurs.de ce Jus. . ^r 

• • - ♦ • . . . - •, ». •jis» ^{j^j^t 

L'ifne après l'autre à* îa nage \ ' 
Sauvez-vous de^r^cfcravage ^' ."^ 
Où làliqueur voué* i-étîènt. ^'^^^ ' *^ 
Sortez, ftombreufes *& Vtvés:' *^^ ^""^^ 
Oeft fait, de tous fés convives *^^f 
Le iouvenir me revient. ^, 

Je vois dn ©rfevreliàfeile;» ' • w'U 
Qui pour -faire on lutati vaiiTAQ^ ^ii 
Rendl*iOir;i(L*àrgmc/d0eâf ai/ ^1 
Sous les coups de Ton cifeau. 
Devant lui quah«î-rl travaînc ' * " ^- 
Il fait tomlier là HiiiaHte : '^'' ^ v* 
Mais attentif & fcagnèuic ^ " - -^ • -^ 
A fon profit îl'ifiérfage^ '^- -^- 
Tout ce^qut fôrf*aè;rbu^ -f;' 

D'iin metaP d" pnScSéiK J 






Me tron^iî^iféi», f9iv{M&intu^C> 
VoH^ ce j(»^illbba|fe99r/ , . . i 
Découpai«fdivWtlîfPMft fure , ^^. 
Un magnifique jambon. 
Ce BafchtqW PàtmWlte = 
3Iet à la hîte ëfl *lbn ^i»chc ; ï 
Les gro^SSf petits* fràgfftens ; 

Et fa panfé'^rebbnàiê ^ - 
De chaqué^ttntiie-at'fondîe 

, Fait fes premiers ^ndcnaeïift. * 

- - l X Maïs 



• I 






^ B.l B I( Ic^fi t 8 B Q O ft 

Mail praids f^dé Maî^^ 

/ Que le âombreeK excédé. - 

n hm doubler V^^pitome. 



<f -• ! 



PoBleb » ràpeojtis f , accolades , 
DevêoeE les^caoïarades 
De ceax qd^oa doit apporter % 
DoobloQ^ i»Sk rB9^ JiDQttillea> 
Ec qifclles.(iMM la pardUet^ 
Da vicfCraii.YkBiB degouaèr. 



'.; 



«■ . . « 



Approches» lefinrl^^» 

Qui par chi&e.tfidSq9erav : : 
£a dernier .reflorc, décide ^ , 

De la place OÙ pQii; fera« r 

Qa*ayez-voiis ^ .criû% moi de tjotxset^ 

Moncher, mi^ }9y;eei|;excr|éii|e:^ 

*MoD cher, &1a mieime aoflû 

Mftlgté <!e divm aiélaiige, ^ 

Le fort ne pMdd' poiBt tè^ânge ' 

Tottc lé hiMde parle ainfi* ^^ 

• • • j 
Loin de noo^ ces: r^p^s jKmbres , 

Où iofqiies à4Vnmiiiiecs . y . r 
Co9;ine4e li]^ubre$.ombite . ^ .. 
*-es à?onvives font nwets^ ., /. -i 
*^ns Ae- notre dès . l9< fovï^ : î • ! : • J 



•'4 



S'^yepér deboiii[i>iâib;' ;^^v Tt 

QQaodlaîofeiqecttieiife n oii / 
N'attend pas le fondiBcrfiobr^i ^*^>V 

Anûs/fiiifoDs Ioripieita3>fe (V i': / c»t 

Et qoe dorant CQb0ao|Oiir)/;.':yi il ^ 
La fenlc affaire ;traîflt^e^^, ^ -.i:.?! sCÏ 
Smt on Bacchns on I*Anxmr » 
Mettons tonte nbtre/jg^oire ^ > q Ti:; II 
A célébrer laitaicinoîcr --^^ ' :> <î'cî/r 
De ces deox ooq» fi chcris. . ! t? 
FMr vhnre «ment 9!nre;4c mett :< n K I 
Bacchns de'j^feft le.perey, ^-i fiy " 
Venni eft mere^ jpfls., M ^«a ) 



Qoë la Sorbdnite àflè'mftlëe^ ' ' '^^^ 
Pour lintetét Galfican 'k'- 

Forme fon appel (feiiibiée, '^ 

Se tttàqot dd V*diiâkifi ' '" ' 

Que les Ptioces |ççtiin^ : , , j.^ „, . 

Pè^ii fawver^ rt^nijenjcdcs Lisriy., .^^ 
j^eiTi^çHez, df "wrfl^eîllea,. 'f: --n';':! ' 
|4té(JgMi$>là ces hâg^rfeites , 






~ . , • T 



Sols nadniràceiifi^illikey : 
Dejob» noble ^ xMftePÏà&e l 

{ 1 3 J'y 



J'y veux mettes id'ttoâ telcîne, 
Deax bpateilles de jriablaqç*..» 
Vite mon chsr JjfiSâifsede, , . .. 

A vos fantez mes amis:' 
Je vais boire à tOTtt'e' iridndè^ 
. £c recommenireir li fOh^e 

De peur d'enr>âVoîf ôbmîs. 



r * 



J J 






u 

... ' * 
t 

..,.. .... 



I * 7-:'.; ; 



P eft parti ctt. ^eveaie ï: . 

Mais quoique ooii^oiâdio:,'. 

Sa Lyre l'iihnuitriàifle 

Dan$ tô3nbl«ati<^ -fai^fli • 

L'efprit IV 'ftïëh1i^(Sn>'cefli'i 

Cette idée enéhyi^effe ' - - '« '" ' 

Diffipe un^eg,|;^|^^qnm.. .-'.uoO 

Dans votre prefiii§f8,jïgapci^«ri: ;...»•: 
Souvenez -voj},!».^çfrHpe, . ,. j.,,,. ; 

Vous vous fou^gçf^y ^e Içû. ..^ .,- 

J'en chantaj ;dsîp^s.,pifl5..l9ng,;nMM 
11 ne me fouvienc leuieinent que de çfic- 
te échinée: pèiiWahV"nia promehïjfé' )e 
fouper allcrfc fôft 'f^î^'', «^ devais' fe^édis 
qu'on m'avoi^ p di dagla ' «u« (Àisvi^ixiJi- 
toit pas plus iiwi%)Ua»«;^:v«4ll«ja:;£«î 

I 

. L'erprîc pleinjri^i«gpiWf^,4ç||«iW 
' J'entre awfi^ectgiyin* y^x pamf»a 

' ' • ^ ^. I- Et 



g * 

Et de loags \kmtièhfkmi\'-'''^^ ''■■'''^' 
Je mangeai (iz pUts enibinez/' «f^"»' -* 

, ; •ni-' 't - ' . • . • I Ni 

Il n Y dvoit/fllorri difi9 1$^ vbiivm qdè 
deux Officier; & ui]ik.|4açph^4: cpiMie 
je les y[s prppres i ia joye. &^ ^xxt, je nVi. 
voi^ plus envie /de dormir , |e paflai 4a 
nuit à« bôîre avec éint^* hiajs le trôifiebic 
jour l'eus bien d^âutf^è^itioifeffes^^épltâ* 
cher. Uiiebeiiif^:}Vtnthipos<)biodrê9\«r 
écoutez l'avantjjye ;: i, r n^-j .;•; o( :i i , 

.DeMââempifelle Vignon... . .^^.^ '^ 

Petite Nièce & l'héritière ' , • . , „-^ 

, Pe1àyignon,q^e;tes<jig!0ière^^j,'j.;j 

Prit pour ft fetqqiç^n |i^v^jiq|^^'gl)r 
Son Père, j^aoi9ae Bpurgoi^çq,^ , j - 
Avoit une geotiUiomoiiere • ,; ^/q 
Et|fcs bleos aaxJbiQrdg.dMi, Ùg^qp^i/i 

Toutlf.iqngdçJiotrçrlyMî;*'! i) nC' 
iSa fîlIe,Rr;oçhe à ,l\fed&a9P « :ii,b Kf/, 

Pofftde terre ite iwmiP»Bno'?v« -»»:•{ 
Et vient tpos lesiafi<^ f^ fôtij^rjt'fj -oi C 
Faire payer inaiiiD» l^erfl^ef e. •::..; r 
Satin coovroit (4 Civ»fl»^Jfr* »t ;. ; ' 
Et foo Laqotis bftR jl»p;p9'g''P9:- î 
Malgré cela. notw fl«W(^«»î .- ^ 
Avoit rajr d'unie «v^««?r»ffF-. . : : i '/ 
Cen'eftplosooiiwniî îrogçoçi Mr ; 

1 4 Ç'eft 



> 



^ 



136, B ru 1. 1 o T q b^.q ir t 
Ceft une friaodç; . crîpitf te , 
Comme Babet U Boaquedére « 
De Pépaole elle a le moignon , 
Le toot 4e gorgée le chignon. 
Blancs comme Flamande laitière. 
Le éteint vermeil comme un bragnon. 
Sous Tare de Xa grande paupière » 
Son œil avoic ua lumignon ^ 
Qui me <ionna dans la vifiére , - 
Et ]e vis bien à fa manière 

' Qu'elle n'écoic pas coucumière 
De voyager (ans compagnon. .. 
£n ^ec , comme un champignon j 
L'amour vint : un'e tabatière 

. Me (Inc Heu de toute prière , 
Et mè fervic de maquignon/ 

' Dès le difné la familière 

, Aifo Iroloit jic fa genouillère , 
De fa blanche dent inachelieré 
Mordolt à même thorî quignon , 

1 Et fe (ervoir de ma cuillère :* 
Moi d'une matn particulière 
Je la talon nois en arrière , '•'■ - 
Ee bien avant fur la frontî(?re 
Je tenoisdè)âla>c^ouplère« ' • 
Lors, fans fiîttf le tpacaffiére»,-*** 
Allons, dît-elle, là derrière '' 

, FaifonsWcolébuilfôflhlere...- ' 

-4— ' Mai 



9> 



îF R A N Ç 43 I S B. 137 

Mib iha f orprife fat endere " 
A écs mots de ta Vîvàndîerç: 
./Ce micin dans notre glacière 
Je t*écoutois de ma portière , 
Tu jafois de t6ute,matiéfe ^ 
„ D*une façon très régulière; 
'9^ Et' dès ton enfance première, 
,, La fcience étoit princanniére* 
„ Que de talens 1 que de lumière t 
^i De beaux artsqueUé pépinière ! 
„ Comment t'appettes-tu ihignoiv ? ^ 

i^ Trouve bon que Je nj*en enquierre. » 
,, Tu prêchas la fête dernière, 
^, Devant toi va croflfe & bannieirc > 
„ Tti rimes cormrie peshoùUetc, ' 
;, Tù parles comme là Bruyère. ' ^ 
,i Ta vois tous, le$ jours V. • . gno^i» 
^^ Une parente Cha. ^ • 
«9 Une conduite cavaliiere 9 ^ '[ ' ' 
„ Une perruque fecuHerc, '^^. 
„ Un A ... à la Cordelière, 
,, Grand traits , rbèil vif , lamittôiîère: 
„ Alît n'estu point Va» ... * 

Je perte encore de bon cœur, qrfâïidne 

perife qu*au moment <|tt'enealfoitprortpn- 

çér le nmD qu'elle (bupçohnoit , le Çochçr, 

^ qui me connoit depuis ilix ans , m^appeua 

,1 f brtit- 



\ 



1|8 B I B L I «O T Sffi^ 0^ 

brafqnemencdaos la:cbDr^:i]ne criant qn^il 
£illoit partir. Sa ca|ric)6^ fut faQsfaiçe ^ & 
je n*ai famâîs pu ùyoir d'elle fa conieéla- 
re , tout ce qui poirtf oîr fervîr i ïk décùùr 
vrir, c'eft que votflant'prononcèr le mot 

, je remarquai qu'elle appuya les lëyr^s l'u- 
ne far l'autre : ainfi il faut qu'il côm^nce 
par l'une de ces lettres dont l'énonciàtiôn 
fie fe hk point fans fermer la bouche; Si 
c'eft celui que Je penCe, çlle ayoât^graQd 
tort; car il n^cft pas homme. d'un rapg à 
voyager fi bourgeçîfement. N'en prions 
plus , fàrrîve à« Orléans où «ne Dam&de 
ines amies vint me Rendre ù ia.defceote 
ducarplSreçpur ,roje çieo^ chez elle. J*y 

' reliai deux jojirs à nié réjouir , il nç. m'y 
arriva rien de nouvearu, fiiît)nqoèlorv€m- 
lant'feîre goûter cf mixraffé que le br^re 
Poincçlâ^ m'avoii( vepdu comme .UiOe des 
meilleures chofes du monde, j'y trc(uvai, 

' en ouvrant le facV.de petites f^vès ilatati- 

. li^es de fort 'mauv^fe >hiine; À' triii mal 
propres- Nous J'çpApçf)âm(88 , ^rjjj^fnes , 




AI>çBïîflable-Poipçe|et, ; 

Ton Caffé ne, v^ut. rijp qui vaille. 

ÎI ,eft.^ l'eau toptVç^V? au laî?^ . 

Abominable pQÎnfiekt.r i. . , 

Çeri'éft que poudre ipierrev paille: * 

ABominable Poincélët,' • ^^ ^ " 

f ', . Ton 



( ■ 



■ On m'en mpntni «jfcfeçrflittftQfoiitibl^i! fiuî 

mien ni*en cowqu fôixahtf. Je ronSai 
atout ce que j»ifort|i* prtf %n iàBh'ectt•;•(^k- 
TWs nMàâ: emptoy^éte^idotâie fréftès>« 

Quatreliyws PPW.<W«» jéoiBiin , 
AhA;?0»eur . ^e.prjj^pft eiKtrêBifel r .. .; 'j 

3'irois quapfç %^p^,d*4rf)« HiM , 

Quatre livres pout quatre ^don^k 
A»»' X<?f*:«rJ,eprJ|t,ç#^çjl,5gj,,ç>^^ 

P<Wï^àl>««s*o«rfe;if&»ft*'pè6hi{iéèikeit : 

me» femmes attendent avec tco|J''#jmpa- 
tlence. Il rneifemblç,v<î|^J^ ÎPy^IWil?'»- 
ept , qui m'a dit louvent , jioyep un peu Po- 
rtginal, »7p>o«»»n*»taei'ftiWrfiè àûmid^di. 
ment que le Gtand'Seij^édr^ ceVoHIl'VAÛ 
yement de ^/«gfiifflij/iJoOTbiy Jàrfijuàdahs 

apprenne de moi comitiérWf cela î 

r • • • ''■ ' "fc 

3*avoj|-,^t3b|f mp{}.f<^(j,i^. .,, ,^,i„ç, 
^j^'amour, \ 

' ' Com- 



<-\ 



/ 

^ 



%^ B I k i f o r 'H E Q fj|i^ 

Compagnon de tbns mes vb$it£te ' 
• |kl*r donna fcfïin«es4 chmfir ^ • 
•De tous rangs^'toiîs poils & tout ftges. 

' J^eh pri? qnc ^Ix^ à pUifir f,^ !^' V 
Dons de, corps- &.d^ci^rtt»; beanfié^chNi- 
cenr, fcience 
S^tronveretitd^îhtWIîgcncèi^ •' ' 
Pour captf ver té plus voiagè^cdèur^ 
£c paarOis &ic tout mon bonh'éàir 
Pe nlakner ùhiquektteht qu^elléf; 
JMaië de làquaiîiinbïbqoënéij^-' ' , 
Maè des ënfans '/y^is viâi'^iilonk- 

Jatonx, •'•-•^^-':^ •^;''^"^' ' 
Faifoient toùfodi^s là fentinelfe* 
. . Céf:qiit lie <M>uprd^ai de ma cliece Ifr- 
-•. -i-èelle.-^ '■■■'•• ••' •• ' ■ ' ^ vr . • • 
' AviEint de rel&ndre là bplle ,!, ' ',, ; 
. ït |iUbît les .^ft^t Wusi, .^ \. \\\ 
îJÇçi^Fer trei^te7ii«< yeftouzV •-»' *•^^ 
r . fAfttite écieindre laXchatideUà. ' ' '. 
-E&fin tremblaiis àoÏÏ^gli(}bq$ jbioûi .. . 

, Dans la ruelle^ :, ..• 

• . « .... 

' Où quelque épouvante nouvelle 
Troublok noi i^bWhs les '{>tus doux* 
JC»âl)fé€eh*éffpQ^ivoirfeé^^ ; 

Quand on neta tient qu'une toh 






'\iV *. 



' / 



hF r a h i;.o.i;i t«. i4i 



/, -;cî;;:;0an5«PW»W- 



* ^ 



f enngeots de coûte mon «me 
c'LetOider. éuxt aux abois , 

Ne pouvant éteindre fa flaine. . 
. JeferfeDionâreaIorsd;icitie|^9eniaaiaa 

Vetnaeitle , ' a{i|iétiii&iqte & dM 

Qui nie parut entendre letran traii » - 
Et tbcnbs gênée t)û moins timide. 
Je me fii Wn-tôt fon ami. ' > 

Je ne L'eftimois points c^étoit une ço* 

' ^juctte^ 
JEt je ne Palmois qu'à demi. "^ ., 

Mais une liberté parfaite 
Un mari toujours endormi », 

Et tpon aiFaire toujourU faîte^ * 
Encretenoieint cràê éitadurette. ' 

Toutes lè$ deux m^aifnoitot éperduméiit 

Et fe vifitoient fréquemment y 

^ ' SatW aToir dkns la farttaifie 

Le fnoindre grain de jalouGe , 

Tantôt fe faiibîerit ataîtié , • ' 

Et tantôt (f un ûeil de pfcié 

S'^&nclr^n violent ifalre la courtoifie» 

Or écoutez le dénouement. ' 

Jrive^pou vois cacher ï la féconde 

Mes premiers feux connus de wût te 

'l'O ,y.i Elite 



I41 Bh B" L I <Ô T ;it s Q U E 

£Uç aurait vu d^afUettts>gu€ffansqael- 

- que rasfiofiv v . 

Sansceflb Dh ne tapas dans^là^iiiâme 
maifon. * , n , ..' 

. Unr'beaa tour je foodis la dooke 
pQur év jtet , tm'disVie , tçadinproche , 
£c calmer des foucis ,pei)^Qre uo peu 

jaloux r ^ . ., ' 

Il faut que )ein'e;^liqp9 au Tu jet d'une telle: 
\ J'avoue ingéputpept qiie je fçotois pour 

«Ile, ;. . . .. 

La même païlîon que je rèflêns pour 
vous. 
Même je ne croîs pas qu'on eût étécfuelle. 
Mais 1a pauvifè.'affligée , a njàtrè grand 

reÊret,., 
(I Au moins ceci (qus le feçî;çt , ) 
^epfible à xpes (au^Mf «s ^ à; mjçs fpios, , à mes 

An moment .q^efe.çr,us^ga^e^^rçndûilIes 

armesy. ,', ; ..]. ^.;,. ! s-.-.^- 

S'étrîa, mai^jeurenxj /• ■. ., 

Que je te plaiin^'d*4tre aiQpufeut ! - 

Dâ^is ce$ lig^.ipf^fcdcniai¥Îftè^«^yeux 

S'il eft obwfcpJlMS odieujf^.: / •.' ^ 
Delcerecic rËo£i!é]r;éft)mMi^eae» 
t»fVojus devijiB2^afl«6;^le«flej-î.: ^^/.\ 
Qu'entens je , reprit-elle , fi^qbe medis-m 
:^y-l Jà, Oh! 



/ ' 



Oh! pourlerpi^j^cohnoîsqnecela 
Amor«t: f^w iamw^lt gaine k' plus vive. 
Je t.e.|«rinpt5i^|Wçfeoi«cneae - » 

Il oe fatttpa»quecè malheur là prWe^ 
. Delim atfcien ansântw ' 
i VxjtfÉtiunpen qaeidtlàftre H arrive 
Par un fatal accouchement ! - . » ^ 
VoiJè;donc celle-ci qui gobe la IcstfËùk : 
Refteidiro direguraut à là fadleimlade. 
Sans faire donc lèmtâant de rien , '• 
Jô1ul^«acofttieùft entretien 

Oœîéfeîgnïs avec ;mi certain homme. 
• Vottslàyez bien , luîdiHe, commfc 
II aimoit Madame . . • j'entens : ' 
h n'y va plus depuis long^temr 
J>î (çA tantôt f n cojrifidence ^ 
y J^e ôv^tda d^out,& fa folle împru4eqce 
> Arraèstao jour des chofes qui jamaiSj 
- N^aôtoî^enc dÛ foi^ tir dëfâ boucW :' '* 
Peut-oûJàvôîn'.Joh c^e tout mon ÇQ^ur,iiià!$ 
^çn; (^ites mpç , Hepuîs fa couche " 
vTcne»:,. . on ne peut déformais ,^> ; , 
Ah ! Dieux ! je n'en veux pas entendre da<» 
vantage: 
Fi la vilaine & fi de ^équipage 
C'eft,ajoutai je I grand dommage» 

Car 



144 BiBtioTBEQas 

Car 2 ia jonifiance près, * 
' * Cette Dame èft pleine d*attraft^. 

Oo en voit peo de ptas aimable , 

Vive, honnête» eofonée» aflible. 

Et qui reçcMttrès bien les gens. 

Tantmieaz poarfeUe,aUez-y j*y»eonfens. 
AniE bien tout le \om on né peut être:eD- 
fonble. 

Allez, c'eft là que fe railèmble 
. Le îoli monde» on y pa0ë le tems 

A vin^ fortes d*atnofemcsis. 
C'eft ûnfi que l^oo fait avaller la piilale: 

£h bien, mon dt^v ASacU, envois 
Qu'on a tranqnilementdeoz femmes ï4g 
, fois . 

}e te Tapprens , ne fois pins incredole. 

Attenda que le re (le du chemin ne m'a 
rien fourni de Joyeux, je fuis d'avis !de fi- 
nir ma lettre, auffi-bien la tête me fend 
d*écrire fi longvtems fans quitter la plo- 
ipe..Ne montrez pas ces badi neries à Mr. 
de là M ♦ • te il fe moqueroit de moi , & 
crieroît harô fur mon efpece dK)de. Je 
vous donne mille bonjonis & fuis avec 
une tendre eAime* . . . : 



I - ^ 



ARTI- 



\- 



F A A N Ç O I s £• X4f 

ARTICLE VIII. 

I 

Lettre e^ firme de DiJ/irtatUn peitr fervhr 
de refjBin/e mx dfffmlte's qni ont été foi» 
te^ contre k Livre des Ojkfervéiiens fur I4 
fiigUe dn pied &c. IX. pag ici. A ^ 

Paris MDCGXXV. 

1 ' ' ' ■ 

M;On(ieur Hteqnet enereprend ici* fa 
<)e/^nre de ies elfervàtiétis fur laféU 
gnie dii pied. Ce Livre ayant revoltéquel^ 
qaes partifans des nouveatix fyftemes , il 
a ùAvL calmer les efprits , & leur faire voir 
quePAateur n*en veut qu'à la témérité» 
à la préfomption & à Vimperitie de ceux 
qui s'aotorifent de grands noms dont ils 
abufent j pour juftinèr leurs propres faù<*. 
tes, ou dtfculper leurs dangereuiès encre- 
prtfes^ en mettant à tous les jours des re- 
mèdes finguliers, parce qu'ils confondent 
ce que permettent des oecufions gui fonc 
rares, avec ce que regletit les indk étions 
qui font générales. Oeft ainfi que i^Att* 
teor de cette Differtation s'exprime. 

Il commence par défendre le mot ût 
decudame ^ qui entre dans le titre du livre 
deb Obfervations. Il fembie , diton» que 
Mr. Hicquet ait voulu afficher les défauts 
de la profeffion, les mettre en parade aux 
yeux du Public , & décrier la Médecine 
daçs les carrefours & aux coins des rues. 
Il repond que d'aiitres Aurc'urs enmede* 

Tome IV. Part. II. H cine 



146 B I B L 1 O T HE Q U £ 

dne ont employé des titres auili fignifica* 
tifs/ & peut-être même ^plus capables de 
flétrir les Médecins Scbifmêtiques é* Hère- 
gijues, qne celui de iifeiuience. La Médeci- 
ne a été reprefentée ^n deuil par (a) Mia- 
dererus Un autre l*a dépeinte (b) gerail- 
&fice. Un autre l'a dit voir (c) mépri- 
fée ,oa avilie. Un autre enfin a montré 
qu'elle avoîc. été (d) eflropiée ou muti- 
lée , & qu'il failoic travailler à la réta- 
blir. Il y a dix anj^, que M. Hrr^ff#/ lui- 
même a prôpofé/(e) delà purger: mais 
la modeftie ne lut a pas permis de fe ci- 
ter en cette occalîon. Si l'on remootoic 
au tems d'Hippocrate, ce Prince de la 
Médecine , on trouveroit que dès Jors la 
Mcdecine tomboit en d'indignçs mains, 
fSc qu'il falloit fouhaiter ûé\^ deslêixvgn- 
gefefes de la témérité des .mauvais ouvriers* 
La Médecine a des règles fures : nous 
les tenons , dit Monfîeur Heequet^ (f) de 
la fagefTe de nos Pères Ik de nos Maîtres. 
Il y 3 dé Véterpdoxie ïs*cn écarter , & c'eft 

-en cette ^#^ro^«;ir/V que confifte la décaden- 
ce. Il fa^ut donc la, faire conno^tre, ar- 
racher \*yvraie morliile des pratitjues aott^ 

'^'Oeiles, ou dff cures bazardées.. On cen- 

fure 

(a) Fianças medicind Jagentis. 

(b) Planûus medieinét modern^e. 

(c) Goris medecina contempta» 

(d) Ih mutilo Medicina corpore réfarctewio. 

(e) De purganda Medicina à carurnmfof 

dibtts. Imprimé en lyij". à Paris. 
/f) page 7. 



' F R A N Ç *0 i S E. 14;; 

fure l'erreur en matière de îleligîon: de* 
hommes Apoftoliqoes lîê craignent poîn^ 
" de Te plaindre , lorsqu'ils voyent la foi 
s'altérer pu fe corrompre. Les Prédica* 
teurs les plus exads , les plus mesurés dans 
leur zélé crient à la décadence de la mo- 
rale , au relâchement des mœurs > & 
l'on trouvera mauvais qu'un Médecin zé- 
lé pour la pureté de fon arc (e plaigne 
qu'il eft en décadence ? Car ce n'eft qu'à' 
cette décadence que M. Hecquet en veut. 
Il n'a pas deflein de répandre dans le Pu- 
blic que les principes de la Médecine font 
incertains^ fes loix faufles , fes règles faur* 
tîves. Ce feroit/avorifer le fanatifmedes 
libertins 'y de ces indépcndans de profeff- 
fion , qui. fe mettant au deflus de toute 
créance ne fe prêtent à rien , n'admettent 
d'aûti^e vérité que c«l le de l'incertitude ou 
de l'incrédulité. M.J1ecquit ne prétend 
relever ici que des échapées d'efprits trop 
hardis , ou trop entreprenans , & cependant 
trop' peu exercés encore dans an Art oh ri 
faut antanS Je maturité qui. de lumière pour 
y devenir d*habiies ourfriérs , ou s*y rendre de 
ftrs Praticiens, Le public doit tenir comp- 
té de cetce attention à l'Auteur éesOhfer^ 
nations} attention d'autant plus louable^ 
qu'elle eft de la compétence d*tin Médecin 
qui al^bonneur d^appartenir par plus d*un 
endroit à une Faculté née tutrict des règles 
queues nouveaux Seâakes<\^iolentai^out* 
• d'huiv- ' ' .: 

M. Hetquet repond ènruite à ceux qui 

d «2i IC 



I 

I 
I 



t^V B I B^ t'o T. a E Q tr B 
le blâment d*avoir. écrie fes Ôbfervadotis 
en François, & qni prétendent qu'on ne 
doit point confondre parmi le peuple ks 
ficrits d'une fciencê fut t^ou tumt fi ftrt jH 
dtffus defë portée. A Tégard des obj^- 
tions que l'on ai faites contre le corps des 
ÛhfervMtiûnt^ nous renvoyons le Leâeur 
à la Lettre de M. Hecqua. 

9 

ARTICLE IX. 

Memwe pomr JUmkUtgr le mmhe dis Pr^ 
ces pdr Ahnfiemr PAUd de S. Pierre 12. 
pag. 4^. ans la table & l'Epitre dé- 
dicatoiie. A Paris 17x5. 

LE projet que. MonGeur l'AJbbé de S. 
Pierre prôpofedans cet Ouvrage cod- 
fiûe à former une Compagnie perpétuelle 
déjuges & de Jurifconlulteslespluf éclai- 
rés du Hoiaume, qui, fi elle avoit lieu , tra- 
vailleroient uns relâche à perfeâionner 
ie Droit François & recueilleroient (ans 
cefle les obfervacions & les avis des habi- 
les gens, pour en former enfuite un corps 
d'arrêts & de décîfions que l'on augmen- 
teroit à meiure qu'il fe prefenteroit des 
cas nouveaux à décider. Ce Corps d'Ar* 
rets ferviroit également dans toutes les 
. Provinces de France, & cette uniformité 
de Droit épargnerojt une infinité de pei- 
nes , de difcuflions & de Procès qui ruinent 
les âmilles. Les Loir coutumieres de 

Pro- 



Françoise. 149 

Frovilioes étant foovent oppor^es entre el- 
les, fottvent interprétées différemment 
p^r diferentes personnes ,.& en diferens 
Farlemens , il en naît fou vent de nouvel- 
les foarces de chicanes, qui quelquefois 
pafTent à la troiiiéme où à la quatrième 
pofteidté. 

Mr. l'Abbé de S. Pierre fait d'abord 
quelques remarques fur la reformatson des , 
L'oix coutumieres entreprife pluCeurs 
fois en France: après quoi il divife fes 
cb&rvations en deux parties. La 'pre- 
mière montre que plus les loix fe perfec- 
tionneront plus elle diminueront le nom* 
htc des procès , & la féconde propofe les ^ 
0ioiens pour executerce beau projet , & 
di ver fer méthodes pour pérfed ion her la 
Magiftrature. On ne fauroît^ gueres dif- 
convenir de l'utilité des remarques de 
i'Auteur , & pour en être convaincu il 
fuffît prefque de j'etter les yeux fur la pre- 
mière qui fe prefenre à l'ouverture du li- 
vre* Une des plus iudicieufes eft celle où 
il propofe de réduire tous les cas fous un 
certain nombre d'articles, ce qui en ren- 
dant la déci(î6n ^lus fimple & plus gène- ^ 
raie la rendroit auffî plus claire & féroic 
tomber une iniinitéd' Arrêts , de decifions, 
& de commentaires d'Arrêts , qui forment - 
aujourd'hui des livrés remplis de matières ^ 
4 chicanes & à procès. Loin de do/iner 
des lumières claires & decifives » ces Ou- ^ 
vrages ne jettent que trop fouventPtfprit 
dans l'incertitude & dans le . doute par 

K 3 leur 



If.O B I B X. I O T^n'-'E Q XI B 

leurs contrariétés éeecnelles. Les Juses 
peu éclairés n'y trouvent rien d'aiTés de- 
velopé pour fixer leur jugement, & ceux 
qui penchent à la mauvaife foiy trouveqt 
toujours 4equoi tordre à leur fantaifie. 
Après cela ne conviendra-t*on pas facilc- 
mentqueledéfaut d'étendue Sf. ledéfaucde 
clarté dans les foix font, des fources de pro- 
cès ? qu'ainfi rien n'eft plus utile & plus 
iiecellàire que de rendre une Loi clairelfc 
d'une étendue raifonnable ? L*obfcurité 
des-Loix vient de Izyetuflé ^ pour par- 
ler ainfi , des .termes des vieux Coutu* 
jniers , des. conftruflions équivoques & 
irregulieres qui embàraflent l'efprit du 
Leâeur , du défaut de borne & de fixa* 
tioH dans les termes généraux , du défaut 
de définitions , ^u ftile particulier des 
, Loix &c. 

£n parlant de tunifopmitê âts Loix Mr. 
TAbbé de S. Pierre nous aflure qu'il y a 
dés defeâuofités dans l'Ordonnance qui 
établit en 1667. une même Loi pour la 
Procédure par tout le Roiaume^, & dans 
l'Ordonnance fur la Procédure criminel- 
le de^ 1670. Selon lui ces defeâuoficés 
n'auroient point, eu lieu, fi l'on avoit 
•établi une, Compagnie perpétuelle pour 
les remai;;quer & les corriger. Il prouve 
enfuitc.par la Coutume de Normandie les 
Jnconveniens qui naiflènt des contrariétés 
des Lojx. Dûns ce tu Cou fume il y a dix^ 
neuf ou vin f fortes de Coutumes locales ou ufa^ 
ges locaux , q^t font dei Loix pour certains 

Cêu- 



/ 



F R A N Ç O' I- S 'E.' Ift 

Cantons. ' Cts Lûix hç aie s font oppofées aux 
L.mx provinciales ou aux Loix gentrales delà 
Prûvince. Quelle bizarrerie ! Dok-om 
après cela trouver étrange , que la Nor- 
mandie Coit lé Païs de la Chicane ? mais 
pourquoi n'en vouloir ici qu'^^à la feule 
Normandie? Le Parlement dePûrlsemhrêf-- 
fe un grofid nombre de Loix coutumieres oppo* 
fées les unes aux autres , à caufe desdiferen^ 
tes Coutumes particulières que fuit chaque 
Païs du rejfùrt de ce Parlement . . . CbacU' 
ne de ces Coutumes a de petites Coutume s par* 
ticuUeres fuhalternes i6» oppofées àlaCoutu^ 
me générale du Pau. . . . On 4in a comp- 
te jufqu'à cent foixante & deux générales 
fbus h r effort du feul Parlement de Paris ^ 
fouvent ppoféis entre elles en fiufieurs cas^ 
fans compter les ulage^ locaux. 

Monfieur PAbbé de S. Pierre s'arrête 
long-tcms fur les malheurs caufez par l'hn- 
perreâion de nos Loîx. Ces malheurs fe- 
roîenc prévenus par lemoyen d'une Com* 
pagnie perpétuelle , dont les foins & les 
lumières tariroient les fources d'une infi- 
nité: de Procès. Selon le calcul de l'Au- 
teur , ce qu'il eh couteroit au Roi pour 
l'entretien dé la Compagnie, eft fi fortaa 
deiTous de cequ'il en* coûte aâutllement 
à ceux qui ont des Procès, qu'il eft éton- 
nant xjue pèrfonne li'ait examiné cette 
matière avant lui. L'Auteur croit quêtant 
de femmes épargnées atx particuliers con- 
trîbueroîent a l'augmentatton du Commer- 
ce , à l'amélioration des terres &c. mais 

K 4 ^ ; fi 



I 



'XJ'2,' B I B L I OT H E Q a E 

fi la reforme avoît lieu , que deviendrelt 
alors cette innombrable multitude de gens 
qui vivent des querelles & des pirocès du 
peuple ? CeuTC qui ont intérêt à foutenir les 
fupotsde la Chicane les àbandonneroient- 
ils? On les employeroit ailleurs , nous.dit 
l'Auteur du projet de réforniation ; les 
SergenS) lés Huifliers; les Procureurs ,les 
Avocats , les Greffiers ^ les Juges cher- 
cheroientdans les Arts, dans lesSciences, 
dans }è Commerce une occuf^tion plus 
profitable pour eux & pour l'Etat que cel- 
le de la Juftiçe , dont les profits iroient too- 
joursen diminuant. L'idée eft noble « mais 
les gains qui reviennent, de la procédure 
ont tant de charmes , & larecdlte eneftfi 
belle Si û fure, qu'il eft à craindre que 
-leur fupreffioD ne (bit renvoyée à la Re- 

Îfublique de Pjaton. Outre les profits » 
a procédure fournit les moyens de s'a- 
vancer dans l'Etat; ce qui n'eft pas un 
petit obilacle à la reforme. Mr» de St. 
r içrre finit la première partie de cet Ou- 
vrage par des objeâions contre fon projet. 
Chaque objeâtoii eft accompagnée d^ine 
r éponfe. C'eft au , iLeâeur à décider la- 
quelle eft là (>lus folide; deTobjeâion ou 
de la riiponl'e. 

L'Auteur eTfaminé dans la féconde 
Partie , les moyensr le» plus convcna* 
blés pour former la Compagnie , ou A- 
cademie du Droit^Françôis. Cette Aca- 
démie eft propofée fur le plan de l'Aca- 
d$;mie des Sciences: elle' aura fesaiTociez, 

• fes 



F R A M ç o t s E. • tyj 

fes ëleves , des|>rix pour les encoufa^r» 
des penfions plus où moins fortes , félon 
la.capacité deceux qui feront penfiorniai* 
oairest Ces Académiciens travailleront 
fous la dire^ion du Chef de la MngiRta- 
tare , qui diftribuera de tems en f^ms da 
travail aux Memjbres de la Compagnie^ 
Ôo pçut voir le reil^ du détail dans le Li* 
vremêqie. 

L*^tabliflement d*une Compagnie eft te 

inoyenlgçneral pour perfeâionuer leDimc 

François.' En voici, de particuliers-, -que 

l»Auteur indique , au i^ombre de treize* 

%. Uft Jetil 4égré dejuri/dt^ion j a,. d^firibU"^ 
fion & bornes des jûrifdiSiims ^ 3, àugmen^ 
tamndes Préfidéa$ix*, & de l^ur paUvûir % 
4. divifion des Ch0fnhris\par matiettsi l» 
pUtraiité de voix par ie poids des perfimes , 
^ mn pitr leur pomère. Cela veut dire^ 
qu'une perfonne de capacité recon.tiuedç^ 
vroit avoir double voix* Combien d'dbusi 
ne préviendroit-on pas fi ce moyen avoit 
Hep ? 6. Venàlkides Charges à u» fitik mo^ 
di/iue^ afin que ceux qui ont plus |de mé- 
rite que d'argent pùifiènt préfeadre aux 
emplois. 7. Dimmtio'n des jogemens d'Au- 
dience à caufe des inconveniens de Mexpo- 
féde vive! voix, c^ufez par les Avocats , 
qui fou vent embrouillent la procédure, 
fouventimpofentaux efprits par l'éloquen- 
ce dé leur déclamation. Mr. l'Abbé de 
St. Pierre fait mention de quelques autres 
défauts des jugement d'Audience : oiâis , 
^ra^t-on'> la voye du raport n'eft pas 

, K 5- «noini 



moins expofée à de grands défauts. Il y 
, a des raporceurs d^ane bonne foi doateu- 
le 6c qui^ fe laiflent corrompre. Il y en a 
de peu laborieux, quife fient à des Secré- 
taires corruptibles $ily en a aufli qui man- 
quent de capacité. L'Auteur répond que 
pour éviter ces défauts, on peut fuivre 
Tpfage du Parlement de Dijon , qui don- 
ne à chaque Rvi porteur un EvaMgeiifi^ ^c'edt 
à dire , un vérificateur dt Vextraitedu Ra- 
porteur s ou celai de la Rote Ràmahe, qui 
permet aux Parties dimprîmer leurs titres, 
leurs écrits &m|rne leurs procédures, 8, 
Confultéttïon necejfain^ avant i*a/fgoêti9» , 
^pour prévenir les mauvais Procès & en dimi- 
nuer le nombre. Cette méthode eft fuivie 
^xxx Parlemens de Paris & <}e Rouen: 
quand on y a remarqué un chicaneur de 
proFeflîon , il -ne peut aflîgner , ni déren- 
dre à une.atlîgnation que' paf Pavis d'un 
ancien. Avocat nommé dans l'Arrêt* Ce 
que l'Auteur dit fur ce moyen mé- 
rite d'être lu avec attention. Le neuvié- 
ine moyen confifte à faire obfervef la jitfii' 
(iie dite om public contré les malvirfations dans 
les Finances f contre les infraâleur s des Loix 
de Police^ contre les vi>lears O* comre lesaf- 
fajfvis. Le dixième concerne les prifonniers 
four dettes. Ce moyen conûfteroit à relâ- 
cher tout prifonnier pour dette qui deli- 
,Treroît de bonne foi tous fes effets à (es 
Créanciers, & ne devroit pas au deiïus 
d'une certaine fomme à une Içule perfon- 
ne. L'onfiéme moyen confifte à rendre les 

ûâit 






% 



P R A M Ç p ,1 s £• IfJ^ 

aâes faciles à lire \ le doufiéme, à établir 
un dèf^fl public des anciennes minâtes des Wo- 
t aires; le treifiéme à établir l'^uniformité 
dans tout le Roiaumefur la liberté de fubfls^ 
tuer. Pôjar mieux mettre le Leâeur au 
fait de ce moyen, dont la Noblefle Fran- 
çoife refireroitie principal ava^ntage, l'Au- 
teur propofe le canevas d!un Ldit» qui 
donneroit pouvoir de fubAituerauxCèn- 
tilhommes des Provinces où les i'ubilitu- 
tioos ne font point permifes ; & cet Edit 
eft accompagné de quelques éclaircifle-^ 
mens. 

L'Ouvrage finit par quelques Obferva- 
tions fur le Droit des gens 4c fur le Droit 
Public Germanique. Ce$ p)>reri||tion$iè 
rapportent au projet d'une Société per- 
pétuelle entre les Souverains de l'Euro- 
pe. Mr. l'Abbé de S. Pîeire a traité am- 
plement cette matière dans un autre Ou* 
vrage ^ 



ARTI' 



1^6 B I B L I O t H E ql II E 

A RTIC LE X.' 

'Mémoires de Pbil^fdçCpmmes&c. EM- 
MH 9fâMZi{(flk0ncinff tomes enrichis defi^ 
gltres^ âSêgmemée de pbefiessrs Tracez ^ 
Centrais y Tefiamens ocç. par M- Go 
dcfroy in S- à Braxclles chez Foppens 
MDCfcSlII. Tome premier pag. 
44%. (ans Pavis au Leâeur & la Ta- 
ble. Tome lècond pag. a84. fans les 
tables. Tome troifiéme' pag. 496. £uis 
les Tables^ lesavertiflemens. Tome 

Îoattjlime pag. fii. fans les Tàbles,Ia 
^réface 8cc. Tome cinquième pag. 
580. lans les Tables. 

LEs Mémoires dé Comines fo;it g con- 
nus & fi communs en même cems , 
Î|u'il feroic inutile d'en faire Textraic. II 
afira défendre un'compce gênerai des Piè- 
ces qui compofent ce Recueil , dont Co- 
mines ne fait gueres plus que la cinquiè- 
me partie. DAvertifTement au Leâeur 
nous apprend qqer^f^^£ii!r>î«ii efi l'Ouvregt 
A trois pirfonnes id^une Même fatuUh. Mr. 
Théodore Godefroy , Confeiller d'Etat mie 
la première main aux Mémoires de Comi- 
nes, mais il mourut en i<S49. à Munfteroù 
il étoit envoyé de France , fans avoir pu 
achever le qravaîl qu'il avoic comnieftc^. 

Mr. 



F R A H s o 1 s f . ify. 

Mr. Denys Çodcfroy Hiftoriographc de 
France reprît le deffeîn de Ton Perc, & 
donna èo 1649* la belle édition de Wm- 
primerie Rçyale. Cette édition fut con- 
trtefakeen dew volumes in iz. à la Haye 
chezJyfoctienteniôp, . . MJeanGode- 
ftôy Oif ^Iteuc de la Chambre des Comp- 
tes a Lîfle, fils de t)enys & petit fils de 
Théodore, donna chez Foppenseni7ôo. 
une nouvelle édition de ces Mémoires. 
En 171 J. il y ajouta unfuplemem^ & cet- 
te, édition fut contrefaite, à. Paris en 1714. 
Enfin il a augmenté cet Ouvrage jufqu^à 
cinq volumes,quicompofentl*édirion dont 
nou^ parlons. Elle eft ornée de citations 
&;-dô notes ' marginales , fans parler des 
diférent^s le^ns qui fervent à rétablir le 
textOj & qu'on anûfes auflî à la marge. 

Le premier volume , comprend les fix 
premiers livres des Mémoires de Comt- 
nes i & le fécond les deux derniers avec 
H Chronique teandaleufe de Lopïs XL 
Cette Chronique, furnommée fcandaleule, 
fans qu'on puîflè rendre raifondecenoin, 
cft de la façon de Jean de Troyes, Gref- 
fier- de l'Hôtel de Ville de Paris & con-, 
temporain de Louïs XL Quoique très cu- 
rieufe , elle ne vaut pas les Mémoires de 
Philippe de Comines , fi généralement ef- 
tîmés , qu'on les a traduits en Latin ; en 
Efpagool , en Anglois » en Flamand &c» 
Cen'eft pas que Philippe de Comines n'aîr 
fes défauts. On l'a accufé de foire un 
peu tr^ le Panegyrifte & l'Orateur. Ou 

Hail- 



y 






\ 



IjrS B I B L ko T H E Q'« e 

Haillân trouve qu'il s*eft tin peu laîffé 
aller à la flacerie » à la haine & à la craia* 
te., Pafquier Paccufe; de partialité à l'é- 
gard de Charles VIII; Mai%^ tout pren- 
dre Cortiînes eft un excellent Auteur, & 
qui mérite , pre(que fans aucune referve, 
les grands éloges qo'oh Lui donné depuis 
plus^ de deux ^cles. 
• L'Addffiûn à tHifiotre de Loith Xl. par 
Naudé eft la première pièce du tome troi- 
fiéme de ce Recueil. Letprincîpal but^de 
Naudé, eh écrivant cette addition , a été 
de faire voir que la plupart de nos Rois, 
& principalement, Louïs XI. ont été înf- 
truits dans les lettres s & c'eft ce qu'il 
prouve touchajit Louis XI. dès le iecood 
Chapitre de fon addition. Une des preu- 
ves qu'onl allègue de l'averikMv de ce Prin- 
te: pour les Iciences, c*eft l'éducation 
qu'il fit donner à Charles VUI. Gene- 
orard aflure que Louis XL ne voulut pas 
que, ce jeune Prince apprit d'autre Latin 
que ces mots .qut nefcit diffimulart nefcirre^ 
gnâre. Papyre Maiîbn & plu fleurs autres 
n'ont pas traité plus favorablement Louis 
XI. mais Na\idé prouve fort biea que la 
mauvàifecompièxion de Charles VIII. (a 
fa fanté foible & chancelante empêchè- 
rent Louis XL dd cultiver Tefprît.^e ce 
Prince. Ajoutons qu'il eft très peu nc- 
ce/Taire qu'un Prince ait l'efprit chargé 
de* Grec & de Latin , & qu'il fe nourriue 
des fubttlitez des .fcie.nces',^qùi font {inu- 
tile^ aux Souverains » & fouîreitt contrai- 
res 



i F R A M Ç O^r s t. Ïf9 

rcs I cette élévation de jgénîe, fi neceflki- 
re pour bien gouverner les Peuples. Arif- 
tôte a fore bien reconnu f«e lei deutei 

Or comUn refprit douteux '2c irreTold 
d'un Monarque ne feroit-ii pas préîùdicia- 
blei fon Etat. Si quelquechofceft necei^* 
faire aux Princes» c^eft-^ine coniioîïïànce 
raifonnâble de l'hiftoire anciennes dès lu- 
mières plus étendues l'urta modernes & 
Pérude de là politique. 

Le Chapitre quatrième de cette adtKtm 
de Naudé renferme dès particularitezcu- 
rieufes fur lachené des.Manu(critsavBt>€ 
que PIgnprimerie eut été inventée; & par 
confequent on a beaucoup d'obligation à 
cet Art 9 qui dans fon origine fut exercé, 
par Jes plus habiles gens de l'Europe , mais 

2 ai dans la fuite a extrêmement dégénéré. 
)n doute fi l'Imprimerie à été plus utile 
ou plus préjudiciable à la Société Civile* 
D'un côté elle a facilité la naiflànce d'u- 
ne infinité de meçjians livres » de l'autre ^ 
elle a rendu les études plus faciles* Nous 
croyons qu'à tout prendre l'Imprimerie 
eft le plus utile de tous, les Arts. Si elle 
a caofé du mal » c'eft> par accident. Le^ 
meilleures, chofes pnt fouvent des fuises 
fa^eufes; même la Religion. 

Le règne de Louis XL fert d'époque 
au retour des Belles Lettres en Europe. 
La barbarie le$ eixavoit ba nies depuis plu- 
fieurs (técles. Les Grecs chaflez de Cônl-^ 
cantinople s'étant réfugiez en Italie &^enf 

ffan- 



» / 



N 



X^ B t mh I • T 9 E Q U E 

France, y rameoerciicle gontëesEcades-^ 
L'UDimîié recot plofieurs de ces Ezr 
lez , & cecœ Uaiverficé fieoriflbic déîa 
par les tbios de plaCearls flfliiDQes de 
inërice : tels écoieoc Rob^K^a^in , 
Nicolas Cleaiaogîsy Gaillaame Fidiee, 
leaji Lapidaaits, un des oiaicfes da ccle- 
ore BLeochlin» & plii6eQrs;aocres : ceqoî 
prouve qoe Loids XI. aimoic & proce* 
g^çic 1^ écndes. Enfin » mur ooas fer- 
vir des expreflions même de Naodé , foas 
te règne de LqqïsXK ^, les Maies com- 
^ meocerent à refpirer un* air plus fub- 
p dl& à fecouer la poudre qui temiflbîc 
,, leopedut vermeil & coloré '^ Cette pou- 
dre écoiç la barbarie du langage & VngO' 
ter Je des Ecoles. Une antre preuve de l'a- 
feâiou que Louïs XI. témoigna aux ^1- 
les Lettres fut l'Edtt que ce Prince doana 
contre la Seâe des Nominaux. Naudé l'a 
inféré tout entier à la fin du. Chapioce 6. 
de fou addition. 

Le Chapitre 7. contient beaucoup de 
.choies, curieniès fur. Tinventioa de l*Iiii- 
primerie & les premiers Imprimeurs. Nao- 
dé réfute ceux qui ont donné à la Ville 
d'Harlem la gloire de cette invention. Les 
raifqns de Naudé nous paroiflènt allez for- 
tes. Il eft à remarquer que la plupart des 
Ecrivains qui ont vécu vers la nn du quia- 
fieme fîecle s'accordent à donner Pinvea- 
tion de l'Imprimerie à l'Allemagne. 

Dans le Chapitre 8 & dernier de fon 
AdJitiofi i tHiftoire dt Imu XI. Naudé 

fait 



) - 



1^ & A N Q I s £» %6t 

fait voir que les prédecefleurs (je ce Mo* 
narqoe & ceax qui ont re'gné après '\yi 
ont géneralemenc favorifé les Belles heÙ 
très & les Sjfvans. il écriyoit cette, Addi^ 
tfon fous le règne de Louis XIÙ. que 
n'atirotc-il (a) pas^ dit , s*Jl eut vu tout c0 
que Louis XIV. a fait dans le cours de Ipiji 
r<^gne pour donner de l'éclat aux Sciences 
& auxbeau)e Arts> > , 

Le (Ule de Naudéefï très dur, & fon- 
Vent préfixe barbare* Il traite les matiè- 
res confaienient & quelquefois d'une 
manière fi diffufe^ qu'il efî affez diiBciie 
de l6{>iei> e4Hendife&delefai)'re avec ac- 
teneiof)'. Ce défaut re^ne dans tout ce qu'a 
écrie cec Auc^uf , & néanmoins il fe fait 
lire & rechercher , à caufe des chofes ca-^ 
cteufeâ qui (e tfquvent dans (es Ouvrages. 

Le Cûbinet de Louis XI. fuit V^dditiof 
de Ntfudé'. €e Cabinet contient plufi^ur's 
Lettres , Mémoires & tri'ftraâipns que 
Jewi'Bâ^tifte Triftan l'Hermîte de Soliers 
a fecueilH. Otte coUeâion, qui n'eftpas 
Indifférente aux connoiffeurs, fert à éclair*- 
cir piufioursi endroit^ de l'Hîftoire de 
touï-s XI. A l'égard dqr Golleûeur , oa 
arde lui quel^aas Ouvrages qui ne font 
pas> entièrement tombez dans l'oubli, quoi 
<^ le ga\it ait beaucoup changé , & que 
te carat\ere de Tes écrits ne les rende in- 
tcreâans que pour èeux^qui font ufage des 
ti«ux Mémoires. 

Jome IV. Pari, lié h ' . 



/ 



l6i BlBtlÔTHEQtJt 

Les pièces qai Taiventle Càhînet Je LouU 
XL font VEioge de ChsrUs VIIl. par Bran- 
tome; la Comparsifin du Règne de LtmU 
XII.' à eelui de LwuXl. tirée de VHifloift 
de Louïs XII. par Claude de Séylfel Evê- 
que de . Marfeilie & enfuite Archevêque 
Vie Turin ; V Extrait d*tnte ancienne Cbreni^ 
^aé'qui cor^mence- eu t^QO, ^ finie en 1467. 
Cette Chronique fê trouve aufli dans les 
l-Iiftoires des Rois Charles VI. & Charles 
VIL imprimées, au Lounre: mais on la 
jdonne ici augmentée fur les Regiftres de 
là Chambre des Comptes de Lifle. Ces 
augmentations éclaiçciflent divers points 
'd'Hiftoire depuis Pannée 1461. où la pré- 
cédente éditions finit , jufqu'à la mort du 
dernier Duc dé Bourgogne , Charles U 
Hardy. Cette Chronique eft accompagnée 
^e quelques notes marginales. 
^ Enfin , des Remarques fur Plîiftwre de 
LoutsXI. par Mr. Varillas» compofentia 
dernière pièce de ce volume. Une note 
du Colieâeur nous dit „ querette hifioi- 
tt de Louis XL eft tirée de la Comfarmfiu 
du Règne de Louis XIL [dont nous vènoni 
de parler.] C'eft à dii'e que le Sieur Va- 
rilias a, pour ainfi dire; brodé Ton Hiftoi- 
re fur cette Comparaifon , & qu'avec le 
fecoursde Patiiplification , quiétoitl'heo- 
TQux tafent de cet Hîftprien , la Compa- 
i'aifon eft devenue une vie complette de 
Louïs XL Varillas écrîvoitd*une manie- 
1*e agréable & même forrJntereflantei 
mâi^ la hardicflè avec laquelle il a voulu 
- ' tmpor 



FRANÇOIS J. ^éj 

împorer au public, en -citant (îes Auteurs 
qui n'ont jamais ex't&ê , ou dpnt il n'a ;a- , 
tnais vûles ouvrages/léfêratodjounmé- 
prifçT des honnêtes gens. . ,, 

Dans le quatrième volutnç; de ce JTe- 
çueil l'Edîtrur nous donne l'extrait d'une 
JPrefaceqùi elî à "la tête de l'édition dp ■ 
Comines, ftiite à Paris en r<îi4. celui d'ii- 
' ne Epitre dé<jicato.ire que SIeidan à ifiife 
devantia tradu'flion- Latine da ràâme Comi- 
nes, quelques éloges & témoignages des 
^irtos en faveur de cet illuftre Autéutj 
«quantité de. pièces qur fffVentà éclair- 
cir les quatre premiers' livres de fes Mé- 
moires, ou qui ont du rapporta l'HiAorre 
de fon tems.- Le cinquième ,& ,deroief 
volume contient la fuite de ces fiieces j 
C'eft à dire celles qui'feï 
i d'éclaircilftnients aux 
livres de Philippe d^ Côi 
toutes ces pièces font ai 
Notes utiles. ! A la fuite 
trouve un éclitrcitTeaietii 
tif,r les Mémoires dç Cooi 
Cônimes parie mênie Jean 
pagnéc de Noces, fôuCo 
ge; celui de Ta fille avec 
gne,& la Généalogie de ia MaifoadeCo- 
mines. Par cette Généalogie ô» VQitqué 
tesPrirfcesdes Mâifons de Bourbon- Fran- 
ce, Bourbon-Efpagné, & Savoye defcen- 
dent par femmes de cet îLluKrç Hiflo- 
rien.,: -, 

t » ART 



1&( . B ^ B t; X è T 8 E q U E 

ARTICLE XL 

NOus avons cru pouvoir inférer dam 
CÇtte Bihlwtheqne Pranfoifi la piece foi- 

vance , qu'un anonyme a faic tenir au Li- 
braire* 

QUESTION. 

S'il tfip9§U€ def€ c{mfi4êtr pksfâ^kmm 
ie lUfifiàelité JCufSe Aiàut^ fK# 

' Il s*À G I T de d&îder fur cette quefticn : 
S*U e^'fàffiilç ie fe confiier plus facilement 
de tmfidtiitê i^une Maitreffe q^e defs norU 
]L.a qaeftioh pourra pifiroure inutile à ceux 
qui lavent ^aimen II eft bien vrai qu'on 

S leur attendre un heureux' retour ded'îofi- 
elle, 4^ que Ton n'âtterrdriend'une mor- 
te. Mais doit-on attendte ce retour avec 
une ^çoïqub indolence ? quil "y a peu de 
nôbtéfle daW cette idée ! & combieti de 
fauflb generofité n'y voit- bn pas > 
* Je n*aîme pas d*Jmaginatioh , dfra te ja* 
foux. ; Je fuis difcîple de la Nature : Xefnhli' 
f»rd*amour n'eft pas de l'homme. Ainfije 
pré/We la ihort de ma Maî trèfle à fon in- 
fidélité. VerroU-it â Maîtrefle entre les 
bras d*uh Rival ? ceta le révolte. 

Peut être quecetteinfidelité conviendra 
orieux à l'Amant Rqmanelque.Son caraâe- 

^ ; ^ rc 



s ft A M: Ç a 1 f E*. idf ^ 

re ejEl d« laîfler deviner longtcms foaannoitr 
La prétendue ti>fidelte doic à peinele dou- 
ter qu'elle commence d'être année r màh' 
en attendant la déctaration ^ l'anaant doit 
publier Tes tour mens dani les bois , ^u bord 
des fontaines & des ririfleai^x. La belle 
peut donc êtreinfideile fans.crimey & îuf* 
I qu^àceque le tems permette à l'amant de 
découfrir l'anecdote. Il eft probable qp'utt 
tel Amant fera obligé de fe cpnfoler d'Ur 
ne infidélité dont il ç'eft pas en .droit de 
fe plaindre. 

Voici fur cette RKitiere quelques frag-* 
mens qu^ln ancien lioâeur en galanterie 
nous a laiilél I^ous les copierûnsfidelfe- 
meot, & les donnerons dai\s le même de- 
fordre où l'on nous^ les a comniuniqué. 

Il eft un païs où Ton aime avec moins 
de force , ^ l'on y eft auftî bien moins 
fournie à la puiflance de l'amour. Il re« 
}ette même leurs Jiommâges , parce qu'il 
ne veut point de partage avec les efperan^ 
ce de ta fortune. Vous trouverez dani 
ce pais des hommes aiïex incjiférenspouc 
fecon(oler des infidélités d*une Maitref- 
îe. „ Mais fi l'amour ne veut pasde(eùrs 
„ hommages , dira*t-on qu'ils fayenc ai* 

mer ? » 

* Datis un païs plus heureux op aime a* 
vec tant de candeur , que l'on craint tou* 
jours de ne pas aimer aflèz: on yfertl'A*- 
mour avec tant de zélé , qu'on ne crainc 
jamais que le Culte qui lui eft dû tienne 
de l'excès. C'eftlàqueles amours ieroienc 
♦ L 3 étet: 



- / 



1/56 ^ B IB t I O t K'E Q Ù « 

éternelles, fi l*ony vivoic écernellemem. 
Là Te rendent les Héros pour s*y defeii« 
Duyer de lear gloire: mais l'Amour les y 
retient Tous fes. Loix. Alors ils devi^en* 
nentfembiablesaux Bergers^ & ceflentd'a-t 
. voir de l'îndîft'érence. 

Ilyâydit-fon^de la genero&té à voir d'un 
œil tranquille &rerainune MaîtreiTe infi- 
délie, mais l'amour eil trop delicatpQur/ai" 
re le moindre cas d'une generofiré qui l'o* 
fenfe. 11 faut lailTer cette generofité à 
ceux qui ont des MaîtrefTes en idée , & 
qui croyent que Ton aime ici comme Ton 
aime au Parnafle. 

Il y a de l'amour propre à fe confo- 
^ 1er de la mort de h Maitrefle ? il y en a 
bien davantage à fé conlbler de fan infidé- 
lité* Ceux-là feconfolent, parce qu'on 
n'a point de remède contre la mort, & 
ceux-ci ont la préfomiKion de crchre que 
l«ur CTiminelIe indolence triomphera de 
l'inconfiance d'une Maîtreffe. C'eft par- 
. donner de bonne grâce à. la légèreté d'une 
înfidclle qae d'être tranquille à la vue de 
l'on infidélité. 

C'eft ydirez-vous, Peflfct d'une ûge Phi- 
lofoph^: mab la Philofophiene fimpatile 
pas aved l'amour. 

L'Amour eft quelquefois entré dans le 
cœcu- des Philofopl^es. C'étoît pour les 
châtier , & la peine qu'il leur a impoCée 
aété'de les rendre haïfiabjes & ridiquies. 
Si vous aimez avec une véritable tcn- 
dreflè, vous ferez jaloux d'un bien que vous 
. . : ' ' • der 



F jt A H S o *ï S n^ itfjrt 

defire^ de pofTeder feul. La jaloufie vient 
ibuvenc d'un excès dé délicace% en a- 
moar. Un jaloux" de cet ordre fe confor ^ 
Icra-t^H de l'infidélité de fa Maîtrefle a 

La jaloafieeftje pluscrael de tous les fu- 
plices! mais en certains nioniens;cetce jalour 
fie a des charmes. C^eft alors qu'un ja- 
loux goûte des plaifirs dignes des Dieux 
immortels. 

Il eft vrai que les Dieux nous déferir 
dent ces trânrpôrts. Il fa^itque noi. cœurs 
acquièrent, fous le joug des. mai très qu'on 
nous donne dans notre enfance , une da»- 
rcté regardée comme néceflaire. Ils tra- 
Taiilenr à endormir nos fens; & croyenc 
que cet afibupiffement e(l la deiicieufe 
tranq^ilité de^ Immortels : ils e^ayent de 
fixer notre attention à cette fageflefi.van- 
tée par les Phildfophe» & par les Doâeur^î 
mais fi peu pratiquée & fi difficile , qu'en 
la cherchant on s'égare vers la folie. 

N'alléguez donc pas la Religion, qui aii- 
torife l'indifférence pour lesbjensdumon-v 
de, & veut qu'on fe décache avant la 
morXdecex]ui nous eft le plus cher.Ce pré- 
cepte eft beau t je l'avoue: mais l'homme 
eft trop peu de chofe pour fairç plus que 
des effjrts. \ - , . 

Un jour l'Amour réfolut,de punjr çn 
Prêtre: il vouloitunir l'Amour & la Re- 
ligion. „ Malheureux, lui dit l'Amour, 
„ je ne veux (ioint d'un Cuire q^i pro- 
„ phane mes Autels. Ne crois pas que 
„ je reçoive^ jamais les hommages dçceux 

L 4 ' ' „ qui 



<. 



/ 



zm 






i^ B 1 B L t Q t H s Q V E 

„ qui ofeiit borner mon pouvoiF. Je te 
,,. <^onda^iie à devenir plus amoureux 
qu^aucun Séculier', mais je veux en mê- 
me tems que ta robe te rende ridicule à 
celle que tu voudras aimer. Elle fe- 
M-ra infidelie, & tu Teras h»ï & îaloqx. *' 

Un Hermire voulut s'oppoUr aoili 
à l'Amour. Il cenfuroit les amans; il 
leiir iinpofoit des jeunes ^ des pénitences» 
de» mortifications. L*Amour Talla trou- 
ver dans fa folitude / & le dégradant deia 
fainteté le fit devenir un objet de liberti- 
nage & de honte. 

Un Religieux difoity ,jje fuisàTabride 
4> TAmour: C^ilTËnfer qui lai adonné 
I) naiflànce. CelFez Mortels, de vous 
9, damner pour des ^aitreflès , 6e de fa- 
ff crifier à l'Amour une vie qui vous a été 
f, donnée pour acquérir des biens infini- 
té meut préférables à des objets charnels', 
9^ qui vous entraînent à une perte éter- 
9, nelle.** L'Amour entra dans fa Cellu- 
le, & le bleflant do plus aigu de fes traits, 
le rendit amoureux de la plus iiifidellede 
foutes les femmes, J'agrave ta peine, a jou- 
ta l'Amour; il faut que ta confufion foie 
au(S grande que ton .audace^. 

Un Médecin publioitfès recettes contre 
l*Amour. ,, Venez , crioit-il au peu- 
yple,. venez profiter de l'utilité de mfs 
„ découvertes. J'ai compofé un EJiixir 
„ qui charme les coeurs trop facilement 
„ amoureux: il les rend infenfibles à l'in- 
9, fidélité des femmes; à peine aurez- vous 



^'^uté de ce diyîfl baume» quevps feiis 

^ en délire ceflerqncd'agir.AÎQrs cette fa* ~ 
,, nèfle vigueur fé aétoùraerapôfar'pren- 
,y dci? un cours plus tieui:eux, & vousicte^ 
„ viendrez fertiblables à des ViçîHards.** 
Il dit: P Amour irrité lui Derça.le cioeiit 
d*ane flèche année de plomp : Tes feux dû 
Dieu ofenfé confumerent le difciplç troji 
préfomprueux d*Hippoçrate : le vent difli- 
pa l'Elixir du Charlatan confumé. Hom* 
ma mortels apreneK qu^U n^y a pùiurde rtcetù 
contre fAff^otfr, . ' 

Une prude fe prefenta : elle cou vroie 
fes charmés ufez du voile de la Betigion; 
„ Tu n!,es ps^Ie Dieaqueje crains^ dit- 
„ elle à l'Amour, & ye ne refpéÊteraija» 
„ mais ton pouvoir , il n'y a quinfi^elité 
„ dans ceux ^ui tç lervent: j'ai facrîfié ' 
,, mes jours & tout ce' que jVi d'apas à 
„ l'amour du CieU Amour divin, ç'cft 
,^ toi qui es l'objet de mes vœux ; je n'ai* ^ 
,, me que la Divinité dans les hx)mnies/' 
Mais l'Amour découvrit la vanité de cet- 
te prude. Erclave.d,e^l*humanîté, lui dit- >^ 
il,, ;,quandmême tii ferois transportée aii^ 
„ féjour, des Immortels , tu reèardero|s % 
,y les, Dieux, tu les aimerois comme s*ils 
„ étoient des hommes. Je vai augmen- 
9, ter h fenllbilité dejton cœur avec le 
,y cours dies années, & la vertu que tu as 
„Mans cefle à la bouche, au lieu de coq- \ 
„ vaincre ceux qui t'écoutent', leurper- ' 
,y fuadert que tu veux leur faire payer la 
„ perte de ta ieunefle. * V , 

h s Vn 



4 
/ 



'I 



99 



i7o B I B L I 6 T à B Q Ufe 

Un Vieillard vin^ I fon tour braver l*A- 
mour: „ puiffanc Dieu d^ Amour, c*eft 

icî que ta puiflance eft bornée ; j*aî per- 

•du la vigueur de mes jeunes ans. Tfiom- 
„ pherois-tu des froideurs de la viciUefle ? 
^, tes traitis ranîmeroient-il^, par la force de 
4, leur venin y le feu qui jadis bruloit dans 
„ mes veines f Je prens les Dieux à té- 
,« moins de linlenfibilité démon cœur ... 
L* Amour né le laifla pas achever: Il fe 
logea dians les rides de fon vifage, & le con- 
duifant aux pieds d'une célèbre Coquette, 
il lui fit acheter à force' d'argent l'accepr 
tation de fes vœux & defes foupirs. On 
i^it alors ce Vieillard expofé à la rifée de 
la jeunefTe & foupirer fans retour julqu'au 
dernier moment de fa vie. 

Les Loix de la Nature naus ont fournis 

à 1* Amour s elle nous a faits.de telle fa- 

;on qi^e ce Dieu peut difpoier de nos fens 

fa volonté. ' Ooéïflbns do/ic volontai- 
rement à cette jaloufe Divinité. Vieux 
Guerriers / vous ferez heureux lorsque 
dou^e luftres ayant paffé fur vos têtes, l'A- 
^. «lour vous dira lui-même, retirez-ifons ^ 
\ p>y^^ ififenfiblis ûux infidelitez dufexe. Il per- 
mettra que d'autres adorateurs vous relè- 
vent après votre année cUmaôeriquc. Pé- 
riode fatal de la vie humaine! helas vous 
ne mettez que trojS fouvent les mêmes 
bornes à notre vie & à nos plaifirs. , 

Ne croyez pas que ces idées foient infu- 
rîcufes au Maître Souverain dfes' Dieux, 
fit. que l'homme ipit.le-maître abfofo de 

fa 



ï 



P fc A H Ç O I fi E^ . t*[i' 

fil deftinée. Lors que Jupiter fit l*hommç, ^ 
il lui tefiifa cette fuiîefte & dtngereufe . 
lenfibilité qui eft la fource des paillons hu- 
maines : mais ^1 vo^uiut en même cems que. 
éeftains objets fé crouvaiTent devant 
lui. Jupiter vouloît, dit-on, l'éprouver:. 
Phomme fut feduit > il devintfeniîble* L' A<^ 
mour fe fit voir à lés yeux , & fe gliiTa dans 
foncceur- L'homme fentit' auffi-tôt une 
douceur infinie à lefervir: il lui immola 
fon cœur , & dans les transports de (a dé- 
votion, il fouhaita que toute fa pofterité 
participât au cuite de cette nouvelle Di^ 
yinité. . C'eft ainfi que l'amour commença 
de régner , & c'eft ainfi qu'il régnera jul- 

Î|ues àla fin des fiecles. ^Après ce fatal 
acrifice, l'es pafiibns parlèrent uii langa-* 
ge dangereux, & ne parlèrent plus que 
-pour elles mêmes. L'komme devînt Un 
mélange d'orgueil & d'humilité; fespen- 
^fées furent un tiffu' de. çontradidions» 
Quelquefois il kfayoit de s'élever juf- 
qù'aux Gi'eux , màîS' il fehtoit auflî-tôt wi~ 
poids qui Pentjâinoit vers ta terre. Lors 
qu'il s'élevoit, il penfoit-, il agiffoit^lilpar- , 
Ipitun moment comme leb Dieux : Voilà 
tout ce que nos âmes ont retenu de Jupi* 
ter qui les a créées. , ' 

Mortels' vous achèverez votre car- 
rière au gré de votre deftinée: vosdefir$ 
errans ne s'uniront que pour fe combattre. 
Divine harmonie qui devei accordenles 
lens aveclaraifon, nevoustrouvera-c-on 
• îamais? , » 

. ' Non: 



[lyft B I B t:l O T, H B Q U t 

Non , dit^elleje vous punis en 
bâtant : mes viâoires kor prâtetit de nou- 
velles s^rmesi Un tems^ eft marqua ^ar 
les détruire/ 

Vous ne trouverez que dans la mort 
vn remède à vos dèfordres » ouvres: ces 
yeur que la frayeur va glacer» & voyez ûos 
horreur les ténèbres de ta nuit où voqs 
entrez. ' 

C'eft^l à que finirent lesfragmetis. Nous 
laiflbns aux Commentateurs éclairez le 
foin d'expliquer ce qu*îl y ^d'ôbfcqrdans 
eespen fées » qâi ^ à cela près, décident fort 
bien la queftion. , 

À R. T I C L E XIL 
7(av BELLES LITTE X A IRES. 

deParis 



V 



Oici le fujét que l'Académie des 
Sciences a proj^ofé pour le fécond 
Pri^ de l'année 1727. OuilUefiU mtUkwre 
fnanltre de mâur ksVaïjeatix ^ témtparra' 
port à U fituAthn qu*au nombre & àlabow^ 
Uur des mâfs» 

RoIHh ymprimé des EcUircijfemens fur 

4* Analy fendes Infinimens petits y par feu M. 

Yarignon. C*eft un in quarto fort mince. 

Les quatre premiers Volumes de VH'/- 

têire Romaine du P. Catron parorffent. Ils 

font bien imprimez > mais le ftileetieftpi- 

toya- 



F m i^ N ç 6 î s t. tf3 

toyable. Lescoundiffieurs n^ font pa$ 
beaucoup de ra$» ^ 

Lé P. ie f^iém va donner k réponfe en 
deux Vôlucnes id ix. contre la Dtffitta* 
n00 fier Us Owdimûimi^ Amgl^tfn an P. le 
CMrrfy#r. Cet Ouvrage eft eftkné :|oti aflil- 
re Qu'il diminuera confid^rablement le 

BOÀu>re des PàrdÊin^ dû Gfiainoiiie RegU'' 
Ber. ■ '. 

Pi(p>t Ta imprimer le Hero^ de Gracism^ 
cradok pàt le P. C^urhpiiU Jefotce Le pu- 
IMfC ie paflTer'oic bien delà tradjiâion d^un' 
Ouvrage ténébreux. 

OfV loufcrit pour VHifioin de Malte par 
PAbbé de Vertot. Ce fera un eafcellenç 
Ouvrage, Nous n'avons pas de plume plus 
élégante. " 

^tleiu vient de publier une nouvelle^- 
ditidn augmentée des Poëfies de Madame 
& MademoifeUe Desbomlieres en %* vol. 8. 

DES Provihcéé.Uniéi. 

% »* U T R E^C B T. 

Broeâelet a publié unéHiftoire des Pirates 
^ Anglais en un petit Volume in fz. On y 
trouve un détail peu întereflant de la Vie 
. de quelquesi Ecumeurs de men La narra- 
tion & la tradûâion font égalemient mau- 
vaiies. ' 

A L A H A y E. 

— ( 

' On voit, ici deux diférentes traduâîons 
. des 



/ ■ '^ s . '^ . ,y 



174 BiBLIOTHEQpe 
•des Memoiru que Mr. Btirnet i écrit ùït 
l'HîÀotredefon temï. L'ane ell duSr.dtf 
ht PilloniereEx-Jefuite & Profelyce delà 
Religion Proteitantei L'autre eft anûnimei 
Les connoifléurs prétendent qiie- de ces 
deux traduâîODs à peine s'en féroit-il une 
médiocre. , ~ 

On va bientôt publier ici la traduâkm 
dû Traité dt la Rtligion naturtltt du Doc- 
leur W^ii//*yîo«. "Cet Ouvrage eftfort efti- 
tné en Angleterre. Il e(l Sfunbftiter que 
U.tradaâion r^nde à l'excellence que 
ron attribue i l'Original. 



' / 



iT ' 






»— n V 



Fd^es i €9i^igêr Tome IV. t. Partie^ 

Page 9. jîg.;23. lîfez </#/ Rw4«»»« 
p. ii.iligf 22. efacez «» 
, p. iio. lig^ 22. lifez /if dvr^ , . 
p. i5'3. lig. f. likzt l^ÀMtéar propcfi 

fan idée concernant laraffon &o. > ' - 
p. i64.,ltg4i-& 2. de l'Article XV.' . 
' iîfez le titré de cei Ouvrage efi '»4/* 
leman: p9ur Jonmr au f^effeur une fdée 
, . fufte du Livre de. ' 

, T9me IF. fscmde ^miii 
Page 9. Ug. 22, lifez Cuti. 






V 



* -rABLE 



? • .i 



s 

\ 






. \ 



T A B L E 

Des Articles contenus /dans 

ce volomew , 



- \ 



: ARTrcLE PREI^llER. 
If . Al/ èditié nova duUitr. Fug. j 



.1'- 



i^ RtiC LE IL 



Contes CinntiiT^ mths i^/ftifHtmes fiHTveiU 
leufes d^jiianàafiHftC^ il 

/ 

Le "Babillaiài^tà iàlffùmveUi/fe Philtfiphti 
traduit de tjingloisfér À.D.L,.C. i) 

ARTICLE IV. 

Lettre de tJHadtmoifelle Ji*** à «JWr. 
f/ltU C * * *. OM fi/jet de U tumvelk 
tradftSiett du *Pù^e delà ^erujakm dé- 
livrée du Tafe. ao 

ARTICLE V. 

Lettres fur les Anglais & fur les François , 
; Ôr jjtg If rojagis. . 'jo 

ARXI* 



I 



ARTICLE VI. 

Le Tti^led* Çntdt. Si 

ARTICl.fi Vil. 
TjktioH </»«» fojt^e par PAbbt de G** 

A RT r C L E Vin. ' 

LeUf* <ti ferme de Diffeimio» foftr fsrvir 
de réptttft tmx di^idtet.^ «M étéfmr 
mieàÀn'e le Livre deiOàfinmtmtfierU 

pùgnée (dit fied &e. HS 

ARTICLE IX. 
Mem»irtfone dimaïuer le «omkre des Pro» 
"■teefwr Mtèftmr ie/lbhd d$ St. Pierre. 

148 

; ARTrClifE X. 

Meiimt»td» PUl^ d/e Çmines&c. ]^ 

Hm nottpeUe eu einf-tmaetemiéhit defi- 

^ttreSf àngmaitée de fh^r$ Tffitet t 

CemaSty Iffimens &e. ïjtf 

ARTICLE XI. 
OH^ie» s'il <H pegikkde fe eenfiler pks 
faeitement de ^infidétiti d'mt M<àir«St 
qiittde fa mtrt.' '• < 1^4 

A RTICL E.'XII. 

^tlosfi^effefUtur^ires. . ^ m 

aom.lV. Part. II. - M TA- 



k 



\ 



T A.BLE DÈS MATIERES 

contenue dans le ÏV. Tome, 
de ;cette /Bibllotheqae. 

T I 

Là kttre (a) murpte UpreinUre Psnk : 
y \ ^ (b) la féconde. 

ABforbaiis» abus de ces remèdes, m €4. 
Acrb-cyprinthe , ce qtt*on voyoic an fojnmet 
de ce mont. mi69. ^ 

Adaiir. De(criptiondufbmaiêild*Adaiii. i 17. 
' JEliusr Pont qaSl & coDftniîre m 69» 
. Ame, Tes définition^, Aies principales qoalttez 
qui en découlent ^155. 
Amant Roinanefque , (on cara&erc hiéf*- 
Américains^ 'différence destèntîmensduP.Ltfi- 
tau » ù d*«n Anonyme » fur leur origine 4 104. 
105. 1 06. on pourroit les réunir 107. io8. Leur 
conformité touchant les vices» ks vertus & la 
. Religion de ces Peuples 108 . X09. 1 10. touchant 
leurs Hermties, leurs Solitaires » leurs Devins» 
. leurs Religieux. l'i $. Gouvernement politiqoe 
de ces Sauvages 1 2,0. Leurs mariages àL Nài- 
catioh de leurs Enfanstzi.' «^ "^ 
Amérique, Diflertation fur les peuples de l*Ame' 
^ rique & fur la conformité de leurs coutumes» 
avec celles des autres Peuples^ anciens 0cmo- 
cternes m 103. comment 4' Amérique s*e& peu- 
plée lOÇ. 
Amis .' De quel genre ilfaut les choiCr h 7. 8* 
Amitié^ éloge & meritede TamitSé ^^. (es devoirs- 7 
^ Amour » Ton origine & Tes progris dans le coeur de 

rhomme hiju 
Angleterre» excellence j6c antiquité de fonGouver. 
Acment m^* Avantages que le Peuple a tiré des 
cAcrepcifes des Kois JUtr la liberté ^i Caufesdes 

maL 



i ■ . 



DES MATIERES, 

malheurs arrives àfqaelquus-unj des detnîtts 
Rois 7- £loge du (Qouvecnemenc prefent » îbid. 
Sa reflemblance au Gouvernement de la Repu- 
blique Romaine , 6c aux^ncienncs conftitutions 
des Royaumes dé France « dc^ Suéde , dé Po- 
logne» 9' 
floU 3 Iturs moeurs y leur.caraâére y leurs Lolx 
^ 1 . 72, • leur hiamére de piocher 7 3 . leur Re- 
-ligion» ibîd.>3c74. leur Théâtre^ 74. & 75^ 
leur Mufique 75. petits maîtres Anglois ibld. 
plaifirs ordinaires de la Nation 76, 77. Sa fero* 
' cité 77. bonfens^ foHditédes Anglois 78* 
Angloifes (Dames) leurfuperiorité^ l^eur liberté^ 

leur mérite* ^7^ / 

Anien, auteur du Code d*AIaric Roi des Goths m 

Antoine n Evéque ie Landaf > en quelle année il a 

éré facréy a^i. 
Architéâure 3 Ëffa'i d'une Architecture biftoriqut 

&c. ce que c*eft que cetiDUVrage a 164, (adivi*^ 

fion 1^5, (bnbuti6é. 
Ares ou Mars , Dieu fouverain des Thraces ttiiU 
Anoépie,. (Le Grand I^atriarche d') ne fe foumet 

pojmau décret .d*Epgcne VI. a lOi. 
Arrêts. (Reeueils d*) défauts dé ces ouvrages 8c 

. inconveniens qui en naiffent h, 149. 
Athaite ( Tr agedied* ) perfeûlon de cet ouvrage i . 

Athenro/era , ceqnec*eft,^4 u$. 

Athos ( Itt Mont ) taillé en Colofïe par Dinocrate. 

A<tâ**<^Qiîg i ce que veut dire ce nom fchez les Htt« 
rons 4 \t9. % 

Audience^{Jugemeti( d*) lcij(i;s inconveniens ^155^ 

Avocats , leur origne ^ 1 5 5*^ Avocats mercenaires 
prennent;. la'pIace,deàPàtrpfi,s 1^4. - 

Auteurs « réglw qu:ilsdevroi.emruiyire.fM la ino* . 
N M * ^ ocftie 



\ 



* 



T A fi L E 

dftftle& fac bruifoit^ rf ». 
Assure > rcchcrcbes cucieales for Id Amî(|iiiièz de 
l ccoe Ville «f7£* Sa£im«ufeB€Oler73.6mioe 
doatctteaét^aâigée, ibid. Cottctle 4*Atterre 
qui dékiid delioire da yin le veadf«d« iiild* £x- 
celience des vins d'Aoxerre 174* GooMons 
ciiriettre»d*iiiic donation da v^efaîtoâioçCha- 
uatiics de cette Ville îbîd. premîtr nodk d*Aii- 
Ktrie ilHd. Sa prifé'par te^ Proceftaii8i7(. Sa 
, reprife par les mêtnr s 178. Dâbtclres qa^ co- 
mtrem dans plû(îeur$ endroits dalKotèle i8o, 
Caltaiogue des Bienfattears de l^fielSt de cette 
Vttie.ibid. Ltft6(fefe9Bvé4iiésfbid. 

B. 

Bk\n\\éfd <le) Ott le NonvdMfte Philofepiie, 
caraûéredececouvrase.^ 15. quelreocft 
l'Aateur 14: Songe âk Babillard , fiÔlMi ingc- 
. nieufe 17, 
BftbyWtie. Manche gravée de Tes aAciennes Mer- 
veilles, « 1^6. 
Bacchus , Ton Théâtre à Athènes n i^t* 
Baker, (on autorité décriée en Anglecerfe 497- 
Bàrlowj 8*it a en deux femmes m%i. Si c*iÀ loi 
Ott Scory qiH a ordonné tons lespremîefs Efé- 
> ^es 94. Si on a lien de dduter de fa confikn- 
tionibid. Sur quelles raîfbns peut être fondé ce 
éùatt,ibld.ec$^^^6.9j. Défauts defaCMic. 
cratîon^S. 9<^. 
Bafiliquesy leuror^ne^ ÔCàqmonendot^hpu* 
' 1 bfication A $t. x 

Bendis. £tîmologiedecenom4ita. 
Bil , là manière defiirè pafler un Bll dans le Far« 
leo^ent d^Angleterre^ comparée aux ufages de 
la RépubUqueUbmainedàns la publication des 
nouvelles Loîx ^ris j. 
Boeuf (M. le } loisélurle fom qu*il prend de fiûre 
côunoiire ia Pathe par reaauna^ « 171. U 

pro- 



DES M Al^IÏRES. 

promet uacorped'H{lloired*Ai»erre 17t. 
BoiftIiêtHr, Ibaimperfcdioneticemondeii ifz* 
Borromée^ (l'Ifle) fa fitûacion «1^5* 
Bourgogne (N%r. le Duc de) fa generoïîté eavers 
M. de la Fontaine converti az%. Tombeau de ce 
P«nce^9. 
Braams^ fon Raport fiir l'Etat des a£Faires de la 

CamjMigiixe desIn^esHoiland^ifes ii 14a 
Briflbn^ ion recueil de formuler de droit a tz6» 
Bnttannicus (Tragédie de) perfection de cet Ou- 
vrage (41. 

C. 

CAmiljùs, quel étbît cet emploi che^ les Hp- ' 
maitis. a%i^. 

Cantotbery^ (rCgHlfe de) fes Regiftrcs perdus» # 
xoo/ 

Czt^ts, vetemens de ces Sauvages couleur de 
leurchàir« io4.reSemb]ancedelenrnom à ce- 
lui des Cariens 107. leurs vices & leuir^ vertus 
108. leur Relîgio^. 16^. iio. Leurs aqfteritez 
pendant la groffeffe de leurs femmes , 0c leurs 
Cérémonies après lëur« acco.uchemens ti^, 
Leur initiation re(fbmblante à celle des anciens 
Romains i£o^ 

Cartonnes (^ les ) loi qu^elles firent de ne manger 
jamais avec leurs maris j te pourquoi 10^. 197. 

Cartciiailîfme y (le) devient à la mode a^t, 

'Cartilage j ruines de fôf^ grand Aqueduc /i i$^» . 

Cathoiiques, blamess 'd'avoir uf(6 de repréfaillçs 
entért'lesProtcftànfc a 178. 

Chanoines Anglois>tet|rs mauvaifes habitude i 75. 

Charité (U) ravagçe faite par le^Proteftansdaus 
cette vill. «iSo, 

Charles VU. feuls mois de Latin qu^ila appris h 
158. Caufes qui ont empêché Louis Xi. de eut-' 
tiver refprit de C e Prince ibid. Eloge de Charlçs 

Vîll.itf*.' • ■ ■ ^ v ■"' ' 

'\ JT Mj .Char. 



I ' ' 



TA B LE 

Charles IX. Ton entrcç à Aùzerre ii 1 7 ^. 
ChemenSy à qui les Indiens donnent ce t^tnfét ris« 
Chemin , origine de ce mot «112» 
Chemmis, nom que les Chemmites donnoientaa 

Dieu Ma r s /f 112. 
Chimie ^ dèTordres qu'elle caufe dans la Médeci- 
ne 4. 65. 
Chriftophe (S.) Tes Statues gigantefqucs» à J^acisfic 

àAuxerre A I77- 
Cingis^can^ Ton origine^ en que) tems il vivoît» 

(es Conquêtes /i 54. 
Cloches. Coutume ancienne de graver les faitsme- 
iporahks furies cloches « I77* irrcgularitc des 
înfcriptîons'denton les charge aujourd'hui 178. 
Code. Code Grégorien ^ ce qu*il contenoîc is i aS. 
Code Hermogcnien y à qui on Tattribue & -ce 
qu'il contenoic ibid. Code Tlicodonen , Ton ctat 
préfent 129. Coded'Alaric Roi des Goths d'où 
il eft extrait Ibid. Code ].uftinien« qvundil iût 
public! ibid. Sa revi^on 150. changemehs qpe 
}uftinicny a faivrs ibîd. 
' Comines (Philippe de) nouvelle édition de Tes 
Mémoires , quels en (ont les Auteurs h- 1 ^6, 0c 
If7. Défauts de ces Mémoires 157.^ 15&«Vk^ 
niatiage , & généalogie de cet Hiftorieo 1^3. 
Cpmpagnie des Indes Orientales Touienu. par les 
Holiàndoîs, fdn origine 4 1^9. Raport des 
pircdeuf s y aux Etats , fur l'ctat des affaires de 
la Compagpie en ié^4. ibid. 
. Contes Chinois, caraâere de eet Ouvrage, i^li. 
.. Corneille (M.) défauts de fcs ouvrages t j.. leurs 
beautez 3S. ^ ' 
toruncanius ( Tiberftjs) cxpofe au Peupla Romain 
. les miiteres de \^ Jurifprudence a i^z» 
. Coulangesles-Vinèutès, prilc de c We yiUc. Elo- 
ge de Tes Vîones a 176. 
Çourayer ( \p fi ) déclare n^avoir point dcp^à 



y 



DES MATIERES. 

hBîbliotheq.FraAçoife M67. Source dtsqiiereh. 
ks que les Journaliftes de Trévoux font à ce P^ 
6$. réparation qu'illeur demande 69. \ .. , 

Cratbm^r^ ion femiment fur leSacremenrde l'on- 
dre a 94. s*il a confacré Barlo w Se s*il y a* quel* 
que deéut dans fâcoûfôcretion9S. 99 i.oo. : 

Creux (Jacqueii) les Auxerrois lui doivent leuif de- 
■ Hvrance 4173. 

CuyînXhan, Titres qu'il fcdonnoit /s 54r fonfa- 
cre&fon couronnement 55. % 

DAniel ( le P. ) fa comparaifon avec Mezer at 
il iil mis an déffu^ de VarHlas & de 

M^îmbourg ibidw compare à Titè-Live» la. 

lottcfar fanarrartion, ibid. accufc do paniali. 

té enmatiere de Religion , ibid. 
Defpreaux (M.) il (a critique dis Taffe ac^é faite 

avec éonnoiuance de cauiè b tt. & xi* 
Diane ,. Ton Temple » combien de tems a coûte fe 

travail de cet Edifice s 167. Particularitez cu- 

fieufesiur Atconftruâion, ibid. 
Dieu^ Epithétes que les Sauvages Américains lui 

donnent, a 110. noms que les Anciens don ^ 

noient à TEtre Suprême , ibid. que les Chinois^ 

les Indiens, les Peuples du Pérou, les Ai^ri» 

calns du Canada , les BrefiUens , lui donnent au«. 

fourd'hui, ibid. & in. 
Difon (Parlement de ) fonulagedans lesRaportè 

de Proccs^i^ 154. 
Dinteville (M.'de>Ëvêque d'Auxerre, fesdatuis, 

Piodétien, Tes Thermes > fon Palais, lonAcque- 

duc,'«-i^9. • ^ '^ , 
bivoîc ( Le P.) Dominicain infultes qu'il f eçoi» des 

Protefian^lorsde la pwfed'Auxerre^i i7^.coi»- 

paré à Jérémie & à David 181 
DomiUeo j fa Maumachi e 41^$^ _ , 



j 



T A B t' E 

DonadoMt rufageeneft de^lMtoàJELolneac«h 
• .ftt 69% abus qui en naiffoîent mii6» 
Don atiftes, S. Aug^n empêche qa^ih neibienc 
traites comme flsaYoicsttrtttélct Catholt<|iics, 

Donzi 9 ravagesfaits par les Praceftans jdaoscctce 
▼iUe, M 180. 

Droit. Droit Patriarchalft héréditaire ne peuTCOt 
fe (puteatrpari'Htftoire s 8. Origine da Droit 
Flavîen 11 6. da Droit ^licn îbid. DroiiLom- 
barti Droit Romain i§i. P rogrès de l'Etude <ia 
Droffen Enrobe ibid. deqoeUe façon onl'enfei- 
grîôitàRome t^z. Villes qui avoient feules le 
Privilège d'avoir des Ecoles de Droit 1 )a • Pro- 
)etd*one Académie de Droit François ficunoyens 
pour perfeâionner . ce droit ^ 1 5 a . âc fm* - 

Duels'. abus de ces combats b i$, 
' • 'E. 

ECdéfiaftlques des Cèdes paffea^ leur tioign^ 
ment de l'obéiflànce due aux Princes 410, 

Ecdénaftiquès entrent tfop dans les myfteitsiie 
• la politique ij. • 
Edipfçs , opinion dçs Amei iquains toacliant les 

EclipfeS)4iiS. 
Ecniesde droit. Villes qui en avoient feules le pri- 
vilège 41 ja. 
Edît Provincial , ce qu'il noua en refte. m im7» 
i^1ogues> quel d&itenltre leftile.^9. 
£legtes. DivifîoQ de celles d'Ovide, sij^^'éfovt' 
- quoi il leur donna le nom de Trift^; ibîd.)iîaioB 

de l'Elegîe Latine^ ibid. 
Emëtîque , cenfure de ce remède^ M€i, 
Empereurs Ko(Qains , caufe de la penè da leur ao« 

tonte a6. 
Epoufe Campagnarde (!') pièce de Thèacre Ao- 

gloife ^ i^. • •'• . 
Srreur, fa ^dcfittitiOâ, ftsdiftteâi<yiis 4l5M<û 

I«j. £/at$. 



DES M ^T I.E ïf. ES. 

Etats > comparaifon de leurs révolutiop^ « CQllcf 

des familles qui ies compofent 4 5. 
Evêques, neceflîtc de leurs refîdence 4 171. 
Eugêoeyi* Ce^ec*eftque foa décret, ep quel 

temsii^utfait'^ioi. 
£y prefilotts^ ou doit leur préférer le choix des fco^ 

FAfti oc ^efaftîj ce que les Romams: ttàt^^ 
^,d9Îeatparcesmot$ 4iz6. 
:Fctes Jloâurnes des Sauvages aiio. 
Feu ,. culte du feu facré» « 1 13* feu Sîinbo)e.do 1* 
Divinité ibid. Origine des feux de joye ibid* Feu 
fijm. Ton entretien» & Tes ufàges chezdîfff*^ 
rcus Peuples 114. . . . : . ^ ,.\ .^ / ' 

Jontaîne ( M. de la ) tbmbe malade m r4..eft vljÇté 
par4Ui Direâeur 1 5. festeflexioiis (ur la )eâ^r« 
du nouveau Teftameat 1 6;, /on caraûére 1 8. ta 

. convi^ioin, rarero]uuoi^devivre&; de mourir 
^ caChtétieii^ ibid. de faire une ratisfaâipnjpu^li- 
qiieii. Uiettc^anfçuunepiécede Théâtre dit fa 
façop^l; Il fç co'ifeile 94, fati^fadipn SC pixiitC- 
tatiou qja*il fit en preience des Députes de )* Aca- 
démie^ .2\5.,26 difcQurs du pafteut avant ac Jui 
âdminiftrer leSt. Viatique i6.£7. il comniufiie. 
ibic^f Le bruit court qu*il eft mort , Epigramoie' 
for ce fv^tt t^* il revient de fa maladie ibid. r^ 
nouvelle, fa proteftation dans. TAcademie ^30. 
fa mort ji, . . , . . t . 

Irai^^s l Ifis) Efclav.es deimpdes 438. leur c^arac- 
tére diftinûif 3 9 . leur efprit 49* & 79* 80- 81. 

f rejus ( M. L^ancien Evêquede) fon caraÂére ^ 

. .^o'Eloget^fw . * 1' 

GNide (le Temple de) b Si» & fuîv* jufqù*à,z/&r» 
,Qo4efroi (Jacques) a, recueilli les Loix dés 
douai T^jWcm U5* 
' M 5 Goul 



TABLE 

Goot , \ qnoi il contribue ai^t.i ^9. 

Gouvernement Mol^arcbique imite rautorîtc dîfi- 
nç i ^. . ' 

Grégoire , Auteur du Code Grégorien» en quel temt 
ilavêcu«u8. 

Recquet, (Uonfieùr) Tes obfervatîons fur laiât- 
gnéedupied &c. Sur la purgatiôn au commen- 
cement de la petite yerolé ii 58. Ses domtes con- 

* - tre Vi'noculation ^5. 

Helléniens , comparaifon de leur caradiér e ^ celui 

.desHunonsii ro^r 
~ Hermite (un) dégradé de fa Sainteté par ramonr 

B ï6S. 
Hermogenten (Eusene) (i c'eft lui ou un aurre Her- 

mogenien qui eu Auteur du Co^ appelle de ce 

nom a laS. , - 

Hiftoire , quel ^ft Ton but principal 4 4* à quet». é* 

gardson doit rapofter k>n étude Ibtd^ fbn utilité 

* par rapport à la morale ibid> en quoi elle eft fu- 
~ néiieure àlaPoéfie ibid. Ton utilité par rapport 

' ' a la Politique ibid. ifes Régies i£. 

Hiftoriens. Çhofes quh'l faut obferver pour être 

' bpn Hiftorien a tu pourquoi \t$ anciens Hifto- 

'rîens écrivoîent fans partialité ijr maxime qde 

- les Hiftoriens dcvroîent adopter 1 80. 

Hodg^kins, eu quel tems il a été facré Evêqué. 49^ 

Hbllandois. Leurs Voyages pour chercher un paf- 

* /âge aux Indes par le Kord-eft : Leur premier» 

leur fécond Voyage aux Indes Orientales ii J4»> 
. pitjffieurs autres Voyages de particuliers liollan- 

dois aux Indes 8c au Japon 141- I4Z* ' 
Horus.^ origine de ce nom. i» 1 12* 
Houlliéres, (Mad. des) effet que fk fur elle la co»« 

verfion de M, de la Fontaine a^o* 
'Hnrons , fous quel nom ils invoquent Dieu enftems 

deËuerre é$ iti, Etlmologie de ce nom ibid» 
laiçufif , origine 6c caraâetc de cette paffioiji ^ t^7 



I ^ 

DES matières! 

Jéfiihes j à quoi leur iert le décret d'Eugène VI, 

Imprîmeriej û cet Art^a été utile ou préjudicia- 
ble à )a Société civile > ^,159. en quelle Ville il 
a pris nalflànce. i^'o. 
IlDPuiflànce< Une D ame inconfolàble fur rimpuif* 

tance de fi>n Mari > h i$* 
Inftttuts de Juftinien y quels en font les auteurs é 

150. changemens qu*y fit <et Empereur ibid* 
Iranciy Priredfrcettevilte4i7é. 
Iroquois , fous quel nom ils invoquent Dieu eA ^ 
tems de guerre «m Etimologîe de ce nom ibid» 
il y a chez eux des Religieufes ou Veftales . 1 1 5. • 
leur façon de vivre ibid. 
Italie, eBMraeranon des Auteurs Tragiques qui 

ont paru çn Ttalie deppis Tan i$oo ^47» 
Julianus (Satvius) Autepr dePÈdit perpétuel, a 117 
Jupiter Olympien, fon Colofle , fon Temple a 167^ 
de quelle mauére étoic fon ColoUe ibid. Sok| 
Tem'plç d'Aihcnes i,é^. 
Jurifconfultes , leur origine 411 3 $ . Compagnie per« 

petnelle de Jurifconlultes pour reformer & per« j 

feâionner le drpit Franceis , avantages de cet 
£tabli0fsmeiit ^i4'i^.& miv. 

K. ^ 

KErmes minerai/ cenfure de ce remède 4 il* 
Kervillars ( Le P. } Auteur d'une traduûion 
.des Elégies d'Ovide a 144, Sentiment des Jour- 
nalises fur cette traduâioh 14^. 

LAtnberti (Le P. Ardiange) (a relation de la 
Colchide de de laMingcelièit 52. 
ï^arcin , manière extraordinaire dont les Romains 

faifoient la recherche des choies volées dti^y* ' 
lettres fur les Aaglois & les, François Se fur les 
. Voyages. Que) cft T Auteur de cet Ouvrage ^i7Q. 
I^ettres (Belles) Epoque de leur retour en Europe 



v^ 



T À B V\E 

^ 1^9. leurs prûgrcSjEtinmeratbn «les prcmien 
maîtres qui les ont coUÎTées 1 60. 1 6 1 . 

Livres , l'art d'en fait e derenû meclianlqtte ^15. 

Lbix Katiirelies, quel ea ferôh reffet fi elles imtan 
confultces ai. 

Lois.. Loîxdes doiise TaUes, letir transport de 
Grèce à Rome ^ leur fort ^11^5» Origine des ac- 
tions des Loix^îbid. ufaees qne l'on obferrok 
à &ome à \z piibUcacîoii ûts nouréttes Lonr 1 3 ^ 
obrcurîcé des Lois coutumîeres^lottfcé^des pro- 
. xèt i 50. caiiPes de cette obfcurhé ibid. 

Lombart (M.) Yeiies qa*it aeu en écriranties Dif- 
^ ftrtattonstfpag. 3. 

Louis XI, fa Chronique fcandaleufe^ queteneft 

' r Atttear^valeur dt ceiOutf âge ^ 1 1 7 ' addition à 
l'Hiftoire de Lottis Xi: bot de cet Ouvrage 158. 
ayerfioiide ce Prince pour les fciences ibîd , fa 
faftîfîaUtoB, 8c preuves de (on aniour pour les 
Salles Lettres t^. Cs^binetde louis XI. utilité 
de cet ouvrage 1^1, Remarques fur rhiftoirede 
.Lo«isXL t4i. 

Louis Kli. contparaUdn de fon règne à celui Àt 
Louis XL ^ii%. 

Loiiis XV* (on Eloge ^4. Exhortation â S. M. 6* 

Luca ( Jean de) fa relation des Tartares Percopites 
& Hôgaies» des Circafllcns, Mingrélieiis^ U 

Géorgiens « 5** 

M* 

MAgnaninûté^ idérde cette qualité de Taine 
il 1^3. 

liaîcreife , s'il eft pofiibie de (ê coafokr plus faci- 
lemeotderihfidelîté d'une Maitre(]Gb que de Iz 
mort , queftioh propofce par un Anony oie ^ 1 64 
& Caiv. 

UtoulcritSy leur dierté avant Pioventîon dei'Im- 

' pèimerie 6 i$9. 

livrivaux 5 fon apologie contre les «tpcodiet du 

t Speftateur François 4 37.'38* MarU 



\ 



DES M ATI E R ES. 

Mâdborougb (U D«c de) foniloge h 17. ' ^ 
It^lèilto , W y a traité la>peft« avec des reOM^fjBp 

cphtraircî?à cette maladie 4^5* 
Maufolc, Planche gravée de fon tombeau * 157. 

fiottcquoî il a été mis aiî nombre des ipecveilleii 

do Monde tbid. / 

MaxîmiHçn,^ éloge de ûclemeiice4», . 

Médecin (an) puni pour avoir publié des receptes 
contre l'amour * léS. 169' ■ , jx 

Médecine , la décadence dans la praiic^uc a ^4. de- 
fijnçc dii mpt de décadence en&ploy é par M* Ato^ 
quct i 145- dîftcrentci rcprefematiotis de la Mc- 
4^tM 14^- Ton éuï du tcottsd'JHipocratc , fesjKV 
gles ibîd.<i«alitez requifes pour s'y rendre habile 

«47. ' • ■ ■*•' 

Méxfquains , leurs Rel^gieuic & leurs Religî^fes 

Mezeray . prcferç aa P.' Daûiel ,(çn cequi fioivcer- 
«e la morale , la Politiaue & la Rel^ipn a «a. 
Minerve 3 (on Temple d* Athènes, s 16^^^ 
ji(ïocUiqp^cs , ceufure des/emédcs ainfi appel)» 

par les Médecins 1» 6 1, . .^ ; . . 

l4iM)e (la) maitrile toutes le^ Mations, |4^ 8. wft^ 
^c dansladevotîou chez les Angloisibudi 4ans 

Vcfprir, dans le gouit ibid. & 39* 
, M0deuie,cequipetttbiifervirdcfondeme«it^i57 

Mcerifi fon Maufplée A 1^8- ,: 

MoKoliftaiu(le) quel pays? fadivifioa ^ «* ^ 
llotlie (WLJdeila) portait qH*ilfaitdêc^ta4> Cri- 
tiques 4 71- _. • ^ 
Mufagétes, fignîficatîoo fit origiurde ce nom 4 1 19 

NAvarre (Le Roi de) comment Charles iX 
l'obligea d'emrer dans VEgiifed'Auxer./ii;^ 

Kaymans (les) quelis peuples 41 ^^. 
Kerôn^, finccime defrn Palais aU9^ 
îficée , fa prire pat les Chrétiens b 4%^ 
lUlhfrod» (fous quel nom ilétoit adopc OttsCttai- 
dcens,4i6^.fanTèmplC|ibid« W>n*^^ 



« / 



TABLE 

KînoSj ronMaufoléê, a ié6. ' 

Normandie , quantité des Coutumes locales de cet- 
te Province , ^ 1 50. leur opoCtion aux Coûta* 
mes générales 9 151. 

Koftradamus , aburde fes Prophéties ^ 4 17S. 179. 

Hovelles» de qui font ces Conftittttious, 4 tzf» 
Noreiles de Juftinien ; leur origine, 1 ^o. 

O. - 

QBelifqtte de Mate- Aurele fie de Lucios Vems, 
a i£8. 
is ( Aulus) p fa colleûîon des Edits Prétoriens, 

M 117. 

Ordînanons Angloi^s , Extrait infidèle de cet Ou* 
vrage Biit par les Journalises de Trévoux, a 74. 

Ordonnances} défauts de rOrdonnaace de 1^67. 
êc de celle de 1670. h 1^0. 

Orgafme, notion de ce qu*Hippocrate appelle 
aînfî; M 61* 

Orientaux , ne tiennent compte du décret d*£ugé- 
ncVI. M xoi. 

Orléans (le P.d')fonHiftoire des deux Conquerans 
Tartarea qui ont fubjuguéla Chine , a 51.- 

Ovide 3 fohcaraûcrey a 143. Ton exil » ibidem 
Caulès de fa difgrace 3 144. 14s. Son talent 
pour les Elégies > ibid. fon apologie « chef d*ani- 

;. vre de l'antiquité , ibid. s'il penfe à la manière 
Françoife » 14^. S*il n*a pas contribué à la déca- 
dence du bon goût défonfiécle, ibid. fie 147. 
Si fbn ftilefe reflent delà rufticitédu Scythe fit 
duSarmatej 148* 

P. 

PAcolet^nomiabonAngedu Bablllai^^ k It. foo hi^ 
toifc, ibid. / 

; , Palafoxj (M.de^ (bnctnâéie» à si» 

fémyie, fesiDÎnesy 4 165. 169» / 

Fin, ce qu'il étoîtdios laThebàîde, a itzl 

I Pandcâes > en combien de temt cet ouvrage fittfiîe ^ 4 i jo, 

«hangementqn'yfit Jnfiinien» ibid. ^ . 

t' " Jf*1f^9 poMiqaoioa piicOicopom luiàlaMcflè, s itu 



y 



DES MAT 1ERE s. 

f ipifîif ou Papiiiiu (Caios) fit {Une cdkâioa^ 4c« Loin 49 

pieiiiiefsaoMeBLoiiic, 4 1x4^ > 

luis (nxkmetdik) quantité de Coacumes qu'embuig |i 

icflbitdecePiirleaienc» ^151. leuioppoûiioo» îhH^. 
IbttoDft, letcanfcsdefonabolition, a ji^ 
TcUAmi (M<) Jafttfiédel!mipietédont tlétoitaccufë,4 %p, 
feUârt , Cl temontnnce aff&ict dn Commeioe des Indei O- 

rtentales» » i|9. 
léiet, Qtel-éieit te» ponvotf fiiileunenfittg, panni ki 

Romains, a 114. Ji9li()u'àquandcepoaToitadnié»i|f, 
Vetftpolir,^iiiesdecette Ville, 168. 
ItmvMni , letits&eligieiuc & ieuu Keligienfetf « 1 14 li 15- 
PhUofôphes. ^Défiuts des Auteurs Fbilofophesj a 151. 

duaUtetqaifbntiePliilo(bpheiairoQnaUe,. 15s. is&* 
Mulofol^bietaifonnable, fa définition, 4 155. Tes vruktê* 

ges, ibid. kc, 15^. 
rieue tM.i'Al)!i>é deSt).Fiojet qnPIl (e propofedans Gm 

Memoiie pour diminiiet le iiombie des procès, k 14t. 

149. 
Flan-caipîn (Jean du) SLclation de fon Voyage en Taituie^ 

« SI. . 

Mfice, ceqneé^eft, félon Fatctiéte» 4 17t. 
Yiêtie (an) puni pat l'Amour, ^.167. 168. 
Pkonralgation, ccquec'ctoitches IcsEU>mains, n X|}» 

Acine (M.)enqiioi confifte la beauté defespiëce's» i 

-3t. ;• " . . . ' 

Religion, fon utilité dans la politique, 4 xi. elle efttiof 
liée à la politique modeine , ^ 1 3 . 

RcpobUqoes. Caulè de la luine de la RépQbliq.'RqiQaiiie 
4 6. Des ReiwibUa. de Grèce 7. ' / 

Retz , j(Le Caidsoal de) excellence de Tes mémoires a $, 

Rimini, Pootqu'Augnfiefic faire (ur le Tibeie près de cet- 
te Ville 21168. Arc de Triomphe que le Sénat fie élevée 
' fuf'~ce Foi^t à rhomneur dTAugufie ibid. 

Rituels Cvie^x] leur utilité poiul'Hiftoire Eccléfiaâiq. a^z^ 

Rochefoucault [M. de la] Ctitique de quelques^ unes de les 
Maximes 4 T(|. 

RoteRèmaine, (on oiâge'dans les Reports de procès ^iiJi^ 

Roofièaa, s'il a perdu £ns les lais étrangers le gopt^lic 
ItpoliteflequUlaTOitenFfcnee 4 14t. .. i« . 

taaifises desSauvagea, leur paialeltele à ceux dq premier 
âge 4 XI s. XI 6. Leurs divéxlès formes %ifi. Sacrifices 
d'hommes * diez quels Feoples ils étoieot en ufage ibid. fie 
xt7. LesElofidiens.fitfiifiâit lents premiers oesaq Soleil 
II7» XiesCananéenslcsfaaifioient^MolQchibid.2(Xf8« 

figaflÉite» fcfo du Sagmitc, cexcnonie pratiquée dape 



TT A B L E /&C 

Salomon, feû Temple a iû6. ^ ^ , -r • 

Stamieli kiieltes Soient ret imes «tt Uamm ans Juifs kl 
iiKfevwieiti de h My wtti 4 ç. . ^ . , . 
Scieiices.Jieot pic*?^ ««» Fxawc !•» Je î^«» 4* Unit 

«os SeuvcfHos if«. «S*- • ;^^ 

Scipions [les dcu«] leur Tombctn, 4 i«ft. 

ngicll ftvtatiCSi tf 94* 

Soldats, giandcat d'amc de deux Soldttt AoglM k jê.- 

Je derfittclnPièiiictheEpliificiiispeiçl^ibid. 111. 
Soavcwns. ïitï<|yelàiiioyoiita«peweiitaflBi« «t «wrftt- 
^îtf te« iii^ié 4«. KeUiioiidekiiiroiwoiiàklibci- 

té des Peuples. 7. .' . . _^ „.„ .^^ 
S^to, AWÎqt^efc qui Ibttt dans cette Ville 4 165 , 

ffttifiationduiiwedc ce U?fe 34. méntcderAuie«4î. 

Set diffiJtemcf conooiiiyiCM 41- • ,. ' 

SpeaiteuiFiançoil Eloge ^«lArteuidece Livre 4 11.14. 
I)éftat8dutïi!Cl4.M.J«-37- CiMa«4<rl AU^^ 
poitiaU de fou Goamneut 44- Ciui^ae cettuM 
9lutretfleptndiiesd«ttsi««fetttlc»4<.4r« 4«*i«* 5«k 
Spetone, utilité de fcs vies 45. 

TAllemant (M. L'Abbé) cfièt que fit lui loi k coiww 
fioB deM. de UlPOncinic ^ je _ 

Tsflfe, (le ) liaduftion de eci Aiitçot, I^««ttV«*J« 

& Coinçille 3<. . ^.. • ... 
Teltmaqoc . beiut< duiWwieeeUvie * aj. 
Terre, (1.) fw •J^5gineftbiiledfe4io«. ,^^^ 

liviaoce 4 178. . ^ ' . *, r»;. 

VAQieies (kP0fonRecuciHe>oëfiesLaÉ-«v4^^^^^ 

Vaiillas, fe8taleD8«tf«»*«ft«»*'^*-^*'- „r ^ 

•le éwit adoice ibid. ; 
YîolrfD. George) aftiil«Cin«v»dcrwaoiiedeltpnl« 
?»ole(Li petite )4e^fiie|kîiamM«ftl'l«»iiattqitiitM«» 



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