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Full text of "Bibliothèque de l'École pratique des hautes études. Section des sciences historiques et philologiques"

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in 2010 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/bibliothquedel215ecol 



LA FORMATION 



DE LA 



LANGUE MARATHE 



V 



MAÇON, PHOTAT FUERES, IMPIUMELUS 






Jules BLOCH 



DIRECTEUR D ETUDES A L ECOLE DES HAUTES ETUDES 



LA FORMATION 



DE LA 



LANGUE MARATHE 




PARIS 
LIBRAIRIE ANCIENNE HONORÉ CHAMPION 

EDOUARD CHAMPION 

5,QUAIMALAQUAIS I 

Tous droits resei'vcs. *■ i 

Cet ouvrage forme le 215' fascicule de lu Bibliothèque de l'École des Hautes Études. 



M I 







BIBLIOTHÈQUE 

DE L'ÉCOLE 



DES HAUTES ETUDES 



PUBLIEE SOUS LES AUSPICES 



DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 



SCIENCES HISTORIQUES ET PHILOLOGIQUES 



DEUX CENT QUINZIÈME FASCICULE 

LA FORMATION DE LA LANGUE MARATHE 

PAR 

Jules BLOCH 

DIRECTEUR d'ÉTUDES A l'ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES 




PARIS 
LIBRAIRIE ANCIENNE HONORE CHAMPION 

EDOUARD CHAMPION 

0, QUAI MALAQUAIS 

1919 

Tous droits réservés. 



\(d'L 



AVERTISSEMENT 



La partie doctrinale de cet ouvrage était publiée sous 
forme de thèse en 1914 ; la guerre a arrêté dès les premières 
feuilles l'impression de l'index, qui en est le complément 
indispensable, puisqu'il doit fournir la démonstration des 
correspondances admises dans le texte entre les formes 
marathes et sanskrites. A cet effet, on y a donné en regard 
des mots marathes, d'abord les mots des langues voisines 
qui en confirment l'authenticité, ensuite les formes du 
moyen-indien ou du sanskrit qui leur garantissent une anti- 
quité relative. Ainsi l'index prend l'aspect d'un dictionnaire 
étymologique ; il va sans dire qu'il n'a pas la prétention 
d'en être un. Un vrai dictionnaire étymologique demande- 
rait une recherche philologique bien plus minutieuse : 
entreprise du reste impossible à présent, faute de monogra- 
phies approfondies sur les parlers modernes, faute de dic- 
tionnaires historiques ou d'index d auteurs permettant 
d'établir l'histoire des langues littéraires ; le vocabulaire 
sanskrit lui-même soulève des problèmes qui attendront 
longtemps encore leur solution. Dans ces conditions, un 
travail incomplet, établi sur des documents de seconde 
main, pourra peut-être ne pas être inutile pour le moment; 
on acceptera d'y voir rapprocher souvent des mots parents 
et non exclusivement des formes appartenant rigoureuse- 
ment aux mêmes mots; on excusera l'audace de cerlaines 
explications, comme la négligence apparente, sans consé- 
quence ici, de certaines transcriptions ^ 

1. Nulle distinction faite en kaçmiri entre v et ic, entre c el c ; dans les 
Inno-ues centrales, entre d et r intervoçaliqucs; dans celles du groupe oi-ien- 



VUl AVERTISSEMENT 

L'index n'aura que peu profité des nouvelles publications. 
J'ai pu utiliser les lettres b et ch du beau dictionnaire kaç- 
miri de Sir George Grierson, dont le premier volume vient 
de paraître (Bibl. Indica, 1916) ; quelques formes tsiganes 
proviennent du Langmige of the Natvar or Zutt^ the nomad 
smiths of Palestine de Macalister (Edinbourg, 1914), que 
je saisis l'occasion d'ajouter également à la liste des sources. 
Il manquait à cette liste Y Inclo-Iranian Phonology de 
M. Louis H. Gray (Columbia, 1902) oîi j'aurais trouvé 
déjà rassemblée une bonne partie des matériaux prépara- 
toires de cette étude. On aurait dû surtout y trouver le 
Hohson-Johson, compagnon inséparable de l'indianiste, 
et l'admirable Bihar Peasanl Life''-, deux livres que j'ai, 
comme tant d'autres, plus souvent utilisés que mentionnés. 
Les autres publications récentes qui ne m'auront pas échappé 
et qui devraient figurer à la list^ des sources, seront citées 
dans les corrections. Pour cette raison, et aussi pour qu'on 
rectifie immédiatement un nombre trop grand d'erreurs ou 
d'inadvertances remarquées au moment de l'impression de 
l'index, ces corrections ont élé placées en tète du livre. 

tal, entre les différentes sifflantes. Les sonores spéciales du sindhi ne sont 
pas notées. Ce sont là des faits de pi^ononciation sans importance dans une 
étude purement historique; c'est ainsi qu'en marathe même, on n'a pas 
signalé la spirantisation moderne (\e ph ou celle des mi-occlusives palatales. 
En singhalais, m, en tsigane «, notent toute nasale devant consonne. Knfm 
en tsigane on a, dans les formes empruntées à Miklosich, transcrit r/; notant 
la spiranle sourde gutturale par x; de même; parV ; enfin d^ par ;. — En 
principe, on n'a pas donné le genre des noms et les sens particuliers des 
mots dans les langues modernes autres que le marathe. 

2. Hohson-JohKon, a r/lossanj of colloquial anglo-indian irorch and 
phrases..., by Col. II. Yule and A. C. Burnell; new éd. by W. Crooke; 
Londres, 1903, G. A. Grierson, Bihar pcasant life, Calcutta, lH8o. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



P. 3, 1. o du bas, lire : en 150 après J. -G. 

P. 7, 1. o du bas. Il y a à Kurara même un exemple diver- 
gent : Valàya Jwrariye bhikhuniye dânani (II, 26) . 

P. 8, 1. 9 du bas. Ce qui est dit des nasales de l'inscription de 
Khàravela est faux. Comme en pâli, on y rencontre des nasales 
cérébrales dans les radicaux, et les dentales y restent intactes 
dans les désinences (p. ex. gatjanâ, giuja-, sampiina-, mais panhà- 
rena, siharàni et à plus forte raison dhamena, sahasâni). C'est du 
reste la formule générale en prâkrit épigraphique. — M. Grier- 
son a proposé une nouvelle hypothèse sur l'origine du pâli dans 
les Commemorative essays présentée! fo Sir B. G. Bhanclarkar, 
p. 117-123. 

P. 12, 1. o du bas et s. — M. Grierson me fait observer que 
ce n'est pas en réalité le dialecte du Braj qu'on retrouve dans les 
œuvres des poètes Vaisnavas ; c'est, ainsi qu'il est dit plus bas, 
la maithili uniquement. Autrefois, on donnait au Bengale le nom 
d'hindi à tout ce qui se parlait entre Bengale et Penjab ; et le 
nom de braj était le seul nom de dialecte hindi connu. De là le 
nom de brdjabali. Sur la braj bhâkbâ, voir maintenant le vol. IX, 
pt.l du Linguistic S'wruey, paru en 1916, en particulier p. 69 s. 

P. 14, 1. 9 du bas, lire : l'ordre des mots, plus fixe en hindi. 

P. 16, I. 16 du bas. Madhiiram (accus.) se lit dans l'inscription 
de Khàravela, ligne 8. Khàravela est à peu près contemporain 
de Patahjali. 

P. 18, 1. 10, lire : doit souvent... 

P. 19. 1. 9 du bas, et p. 28, 1. lo et 16 du bas. M. Grierson a 
établi, /. R. A. S., 1913, p. 882, et 1918, p. ol3, que le nom de 
ce prâkrit est en réalité takkl et qu'il se localise à l'Ouest. 

P. 27, 1. 8 du bas. En sindhi et dans le groupe du Nord-Uuest, 



X ADDITIONS ET CORRECTIONS 

dans le g^roupe : voyelle -\- consonne double, la consonne se sim- 
plifie sans que la voyelle précédente s'allonge, v. Grierson, J. H . 
A. S.. 1913, p. 142."^ 

P. 28, 1. 0, au lieu de zu, lire ri'. 

P. 37, 1. 13. Les }Vi/son Philo/of/ical Lectureu sont mainte- 
nant publiées au complet (Bombay, 191 i). 

P. 46, 1. 14, supprimer «probablement aussi pitnemÇprsta-^ ». 

P. 47, 1. 14 du bas. Brugmann est revenu sur son opinion 
dans la i*" édition de sa Griechische Grammatik, p. 231, où il 
renvoie à un article de M. T. Michelson, C/assical Philolof/y, ^^ 
p. 219-220. 

P. 50 et s. Ce qui est dit ici de l'accent d'intensité n'a pas 
obtenu l'approbation de M. Grierson. en particulier pour ce qui 
concerne l'état moderne. M. Turner a discuté l'ensemble de la 
doctrine et proposé une théorie nouvelle dans un article qui ne 
m'a pas convaincu [The indo-f/ermanic accent in Marathi, J. R. 
A. S., 1916, p. 203-251). Par contre, M. Grammont, dans ses 
Notes dephonétique générale, admet l'interprétation du système 
marathe proposée ici (M. S. L., XIX, p. 277-8). Quoi qu'il en 
soit, il y aurait lieu de reprendre l'étude descriptive de l'accen- 
tuation des langues modernes en dehors de toute théorie ; cf. 
J. Bloch, A propos de l'accent d intensité en indo-aryen [Comm . 
essayspres. to Sir R. G. Bhandarkar, p. 359 s.). 

P. 53, 1. 7, lire : est d'origine récente. 

P. 54, 1. 19, ajouter le népalais. 

P. 57, 1. 13-14, ajouter/)^;- (pare). 

P. 57, 1. 19, lire loho {Joh'ha-]. 

P. 57, 1. 21, supprimer vithobà (yistiu-^. 

P. 59, 1. 6, et p. 61, l. 7, a.io\itev puiiav (^pûrijimà). 

P. 60, l. 19, lire : les voyelles tendent. . . 

P. 61, 1. 17, Vire pb al ; 1. 21, lire kidkarnï. 

P. 63, 1. 19, lire pârâvata- ; 1. 4 du bas, lire : d. rallû. 

P. 64, 1. 17, lire : met en valeur la fin du mot. 

P. 67, 1. 12, ajouter : nirakJmem à côté de nirekhijein (niriksate), 

P. 68, 1. 18, lire pârusmip ; 1. 5 du bas, l'explication propo.sée 
est fausse ; cf. la correction à la p. 77, 1. 5 du bas. 

P. 69, 1. 29, \\v& pàràvata-. 

P. 70, 1. 24. Un exemple à'ù intérieur abrégé se trouve déjà 
dans la forme incorrecte ânapayati, citée par Kâtyâyana (vart. 12 



ADDITIONS ET COKRECTIONS XI 

ad Pâli. I, m, 1), conUrmé pa.T ânapaj'ati des inscriptions d'Asoka; 
le pâli conserve la longue ancienne d^ns ânâpeti (cf. Pischel, § 8). 

P. 71, 1. 14-15, supprimer après la citation de Pischel toute 
la prétendue citation deSachau. 

P. 72, 1. 1, lire soyarâ ; 1. 7 du bas, lire saindeha-. 

P. 73, 1. 15, lire : ^^/5 (pmdeça-); 1. 15 du bas, supprimer 
gau- . 

P. 74,1. 19, lire dalvJ. 

P. 77, 1. 4, ajouter sonar. Supprimer toute la ligne 5 du bas ; le 
prâkrit jaina conserve la longue : nayànai (Pischel, § 510); du 
coup l'explication de nednein proposée p. 158, 1. 5 du bas, est inad- 
missible. 

P. 78, 1. 1 1 , ajouter p^yn (^pâdcûara-^\ 1. 23. lire kedbûVûJ 
(pour kevadha-) ; 1. Il du bas, lire netf . 

P. 80, 1. 5, lire yûtikâ. 

P. 85, 1. 6 du bas, lire màthnî. 

P. 87, 1. 19, après gahïiin, ajouter : mumgas à côté de minugns. 

P. 88, 1. 5, lire nliiiÇriiyaina-^. 

P. 91, 1. 4 du bas, lire vadhilmâtr-. 

P. 92. 1. 10, lireo;//«/. 

P. 93, 1. 13 du bas, lire : qui est un emprunt au pehlvi môcak. 

P. 94, 1. 14, lire : d. mkhhuria- ; 1. 6 du bas, lire pehran. 

P. 95, § 81, fin du second paragraphe. Parmi les nombreux 
traitements résultant de latTaiblissement des dentales intervoca- 
liques italiennes, il en est un, particulier à Sienne, qui rappelle 
de très près le traitement de n et / en marathe : M. Battisti a 
étal)li qu'à Sienne les dentales intervocaliques sont de caractère 
cérébral, tandis que les initiales sont des dentales pour lesquelles 
la langue est moins relevée. Quant à la distinction entre nasales 
et occlusives, elle s'éclaire par la comparaison du français, où / 
est plus fortement articulé que d ei n\ or M. Rousselot a remar- 
qué que la langue est plus relevée pour d et n que pour t (d'après 
Meillet, Bull. Soc. Ling., n^'ôl, p. cclxxi). — Ceci pourrait 
rendre compte dun bon nombre des faits mentionnés aux «^ 117 
et suivants. 

P. 96, 1. 7. Le traitement du Nord-Ouest s'accorde avec le 
traitement iranien moyen et moderne. 

P. 97, 1. 16, au lieu de : tokharien, lire : koutchéen. 

P. 98, 1. 1, lire saphâin-çï \ 1. 2, iive pâsoli. 

P. 102, 1. 22, au lieu de pr^ta-, lire pif ta-. 



MV ADUIJIONS ET COKRECTIUNS 

« être », p. ex. dans une inscription du Malva datée de 408o : 
Jnnyasatka niâtâ Dhùinih pranamati [\. Barnett. Bull. London 
School of Or. Stud., 1917, p. 85). Autres exemples, du xii^- 
xm's.,Ind.Anùr/.,XWU, p. 12 (1. 16 et 29); XI, p. 328 (ii, 1. 1). 

P. 217, 1. 2. Cf. en oriya piin en regard de m. pût {putra-). 

P. 218, 1. 18, lire .skr. .y. 

P. 218, §220. M. Meillet considère l'évolution -s- > -/;- comme 
un traitement du mot accessoire [Bull. Soc. Liny.. n^ 60, p. 02). 

P. 222, 1. 9. Il n'y a pas de doute sur la formation de çàm- 
bhar : hhar affixé à un nom signifie normalement « jusqu'à con- 
currence de.'.,, plein... » ; une phrase comme mûthbbar rupaye 
dile « il a donné une poignée de roupies (c.-à-d. des roupies 
plein la main) » rend bien compte de l'emploi absolu de çainbbar, 
par opposition à celui de çcm qui s'accompagne d'un nom de 
nombre et se décline (1. 14, lire : ek çem "• un cent »). 

P. 220, 1. 14 du bas, lire : pkv.ghallai. 

P. 229, 1. 9, lire *ruhyate; 1. 9 du haut et 7 du bas, lire lâg- 
nem ; 1. 18-19, lire : pitiiem « battre » tiré à& pista-. 

P. 230, 1. 3, supprimer vâcijeni (vâcya-^ ; 1. 16, lire basvcni 
« s'asseoir ». 

P. 242, 1, 2 du bas. Le tour anglais est récent, et ne contient 
pas un vrai participe (v. Jespersen. Gi^owth and structure of 
the English lang . , ^ 204, 206). 

P. 247, 1. 14 du bas, \\ve pâhtosi. 

P. 20 4-, 1. 17, Vire bhajijeiii; 1. 18, lire çiinjei/i. 

P. 260, 1. 20. M. Tessitori ijnd. Ant., 1915, p. 97; adopte la 
même explication. 

P. 272, 1. 10 du bas. Au népalais ajouter le bengali et son 
voisin non aryen, le bodo (J. D. Anderson, J. B. A. S., 1913, 
p. 871 s.j. 

P. 282, supprimer l'erratum. 

P. 286, col. de droite, 1. 8 du bas, ajouter : Isig. européen 
vando. 

P. 290, col. de dr., 1. 13 du bas, ajouter : tsig. d'Asie adye 
(v. Miklosich, s. v. avaka). 

P. 299, col, de dr., 1. 4. M. Zachariae a signalé (1. F.. 
XXXII, 341 s.) que la forme pkr. invaria- est antérieure à skr, 
îirvarita-\ m. /?/•, nrijeiit qu'il cite s'expliquent comme ut t^i en i, dhii- 
rtemy v. § 64. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS XV 

P. 301, col. de dr. , 1. 22-23, lire oiiiiij: ajouter le § 37, 78. 

P. 302, col. de dr., 1. 18, ajouter kçni. namtm, sgh. nava- 
navà. 

P. 314, col. de g., 1. 8, Vive kedhaval . 

P. 315, col. de g., 1. \l, lire kodha-, 

P. 324, col. de g-., 1. 21, supprimer p. gijjha- (cf. Wackerna- 
gel, K. Z.,XLI, 313). 

P. 327, col. de dr., 1. 8, ajouter : § 101 . 

P. 337, col. de g., 1. 14. Le second élément se retrouve 
peut-être dans m . pàhuein. 

P. 369, col. dedr., 1. 17, lire : o. piià . 

P. 391, col. de g-., 1. 4. Sur pkr. 7naila-, v. Zachariae, 
Nachr. Gottingen^ Ph.-h. kl., 1896, p. 263 s.; cf. Pischel, 
§559, n. 1. 

P. 399, col. de dr., 1. 9, lire : ^ 94. 



)^v 



ABREVIATIONS 



ap. 






apabhramça 


ar. 






arabe 


ass. 






assamais 


bg. ou 


b. 


bengali 


bih. 






bihari 


d. 






deçî 


drav. 






dravidien 


f. 






féminin 


ë- 






guzrati 


h. 






hindi, hindoustani 


i.-e. 






indo-européen 


i.-ir. 






indo-iranien 


kçm. 






kaçmiri 


m. 






(devant un motj marathe ; (après un mot) masculin 


n. 






népalais 


G. 






oriya 


P- 






pâli 


part. 






participe 


pers. 






persan 


PJ- 






penjabi 


pj. occ 




penjabi occidental 


pkr. 






prâkrit 


raj. 






rajasthani 


s. 






sindhi 


sgh. 






singhalais 


skr. 






sanskrit 


tats. 






tatsama 


tsig. 






tsigane 


tsig. 


arm. 


tsigane d'Arménie 


V. 






vieux- ou voir. 



INTRODUCTION 



§ 1. Aucune des langues indo-européennes parlées actuelle- 
ment dans rinde ne semble remonter à une langue sensiblement 
différente du sanskrit, tel que les textes védiques et classiques 
nous le font connaître. Faire l'histoire de Tune quelconque 
d'entre elles, le marathe, par exemple, revient donc essentiel- 
lement à montrer comment les altérations subies au cours de 
l'histoire par le système linguistique du sanskrit ont abouti à 
la constitution des divers dialectes du moyen-indien d'abord, 
et ensuite de cette langue moderne elle-même. 

En réalité ce dessein n'est légitime et exécutable que sous 
d'importantes réserves. Aucune des langues indo-aryennes 
anciennes n offre, dans l'état actuel de la documentation, de prise 
sûre à l'analyse ; même les textes sanskrits les plus archaïques 
portent déjà la trace de mélanges dialectaux importants ; et dans 
la suite les dilîérents parlers ont toujours subi l'influence du 
sanskrit, réagi les uns sur les autres, et contaminé le sanskrit à 
leur tour. Il convient donc d'examiner avant tout chacune des formes 
connues de l'indo-aryen et la valeur des documents qui les 
représentent, afin de déterminer dans quelle mesure on peut en 
utiliser le témoignage pour l'étude de la formation du marathe. 

§ 2. On a souvent remarqué que la succession chronologique 
des textes les plus anciens du sanskrit correspond aune extension 
géographique progressive de cette langue vers l'est. Qu'avec le 
temps on y constate un apport considérable d'éléments nouveaux 
et des mélanges dialectaux, cela n'a rien que de naturel ; mais la 
langue du Rgveda, si semblable à 1 iranien ancien, et parlée 
aux confins du monde iranien, sur un domaine comparativement 
silimité, devrait, semble-t-il, représenter un dialecte défmi et pur, 
pouvant servir de base solide k la comparaison linguisti([ue. Or 

Lu for nid lion de la Iniujue iiianillie. 1 



2 INTRODUCTION 

il n'en est rien ; en isolant les parties les plus récentes comme 
le dixième mandala, en faisant la part des diverses rédactions et 
en corrigeant les divers rajeunissements du texte, on aboutit 
bien k une langue unique au fond : mais cette langue est tradi- 
tionnelle et composite (sur tous ces points, v. Wackernagel, 
p. x-xxn). Ou, pour mieux dire, les rédacteurs du Rgveda tel que 
nous l'avons ont partiellement adapté à leur propre dialecte 
des textes religieux composés dans un autre dialecte. M. Meil- 
let, dans son article sur Les consonnes intervocaUqiies en védique 
(/. F., XXXI, p. 120 et suiv.), en donne les preuves suivantes : 

En premier lieu, 1 ouverture des sonores aspirées intervoca- 
liques, constante dans le Rgveda pour la mi-occlusive *//;, v est 
attestée aussi pour bh, dh, notamment dans les formes gramma- 
ticales (l^"" plur. moy. -mahe, 2^ sing. impér. -/;/, etc.) : mais 
souvent -Z»/;- et-dh- anciens sont conservés. Gela tient à ce que les 
rédacteurs du Rgveda actuel ont réintroduit dans un grand 
nombre de mots l'occlusion qui persistait dans leur dialecte; aux 
formes grammaticales ils ne pouvaient toucher sans modifier 
gravement l'aspect de la langue religieuse qu'ils empruntaient. 

La répartition de r et / en sanskrit s'explique par une série 
d'adaptations analogues. Le dialecte sur lequel repose le Rgveda 
était un dialecte occidental où comme en iranien tout / se con- 
fondait avec r. Or la présence dans les parties les plus anciennes 
du texte actuel de mots où / répond à / indo-européen prouve 
que les rédacteurs de ce texte y ont introduit des formes propres 
à leur dialecte ; on sait en elfet qu'il a existé un dialecte orien- 
tal où / représentait r et /. Le nombre des adaptations s'accrois- 
sant avec le temps, le vocabulaire sanskrit et moyen-indien pré- 
sente sur ce point une confusion inextricable. 

Enfin la grammaire elle-même du Rgveda porte des traces de 
contamination ; l'emploi arbitraire des désinences d'instrumental 
-ebhib et -aih s'explique par le conflit de deux parlers, l'un ten- 
dant à étendre -cbhifp aux adjectifs, puis aux noms, comme fera 
plus tard le moyen-indien, l'autre tendant à maintenir et même à 
étendre la désinence -aih, comme fera le sanskrit classique. 

Le sanskrit védique est donc sous sa forme la plus authentique 
et la plus ancienne une langue littéraire et une langue com- 
mune. A plus forte raison le sanskrit classique doit-il présenter 
ces caractères et manquer d'unité. 



LE SANSKRIT d 

§ 3. Après le Rgveda, les autres recueils et notamment 
rAtharvaveda, puis les brâhmaiia, les sûtra, Pâuini, qui oppose 
la bhâsà qu'il définit au chandah archaïque (v. S. Lévi, /. As.^ 
1891, II, p. 349 ; M. S. L., XIV, p. 278-279), ses commentateurs, 
qui signalent d'une manière consciente ou non les progrès de la 
langue depuis Pânini , enfin l'épopée et les œuvres classiques 
marquent des stades successifs qui paraissent définir l'évolution 
interne du sanskrit (v. Wackernagel, p. xxii et suiv., xliv et 
suiv.). Même en admettant que la littérature sacerdotale ancienne 
suive le développement autonome de la langue, — et ce que 
nous savons du Rgveda rend cette h^-pothèse improbable — , il 
arrive vite une époque où le sanskrit doit subir le contact et 
sans doute l'influence d'autres dialectes ayant une existence recon- 
nue. Un siècle après Pânini, Açoka couvre l'Inde d'inscriptions 
en moyen-indien ; vers loO av. J.-C, Patanjali, dans un passage 
fameux (cité' par Bhandarkar, /. A. S. Boî7ib., XVI, p. 335), 
donne le sanskrit comme la langue des brahmanes bien élevés 
de l'Aryâvarta : autant dire que c'est une langue déjà excep- 
tionnelle dans l'Inde et qui n'aurait pas survécu sans le prestige 
dû à l'emploi qu'en faisaient la religion et la scolastique. 

Dans l'usage laïque, — épigraphique et littéraire — , le sans- 
krit apparaît postérieurement à des dialectes linguistiquement 
plus jeunes ; abstraction faite des épopées, dont la rédaction pri- 
mitive est inconnue et qui d'ailleurs se rattachent par certains 
côtés à la littérature religieuse, la période classique du sanskrit 
ne s'ouvre qu'au premier siècle de notre ère. A ce moment le 
bouddhisme usurpe la langue des brahmanes et s'en sert pour sa 
propagande ; l'un de ses maîtres, Açvaghosa, <( embellit » des 
formes littéraires les contes pieux et les traités dogmatiques : il 
écrit des drames où voisinent le sanskrit et les prâkrits déjà 
promus au rang de langues cultivées [v. S. Lévi, /. As., 1908, 
II, p. 57 et suiv.). Des rois étrangers, osant ce dont Açoka 
n'avait sans doute pas même eu l'idée, rédigent leurs documents 
officiels en sanskrit : c'est un Çaka, le mahàksatrapa Rudra- 
dâman qui le premier, en 150 av. J.-C, fait à Girnar graver 
une longue inscription en sanskrit, témoignage du talent 
qu'il revendique « de composer en prose et en vers des 
œuvres satisfaisant à toutes les exigences de la rhétorique » (v. 
S. Lévi, /. As., 1902, I, p. 109, 111, 119). Désormais complè- 



4 INTRODUCTION 

tement laïcisé, le sanskrit sert jusqu'à nos jours de langue litté- 
raire et scientifique, et de moyen de communication entre les 
gens cultivés de toutes les parties de l'Inde. Comme le latin 
usuel à l'époque où les langues romanes existaient déjà, le sans- 
krit classique présente deux caractéristiques opposées qui s'ac- 
centuent de plus en plus avec le temps. En premier lieu c'est un 
parler fondamentalement archaïque dès le moment de sa fixa- 
tion : il a maintenu l'occlusion des consonnes intervocaliques et 
restauré d et dh k la place de / et Ih du védique et du moyen- 
indien ; il a conservé des formes déjà sorties de l'usage comme 
le duel, le moyen, le parfait, et inversement éliminé d'autres 
formes dont le moyen-indien et les langues modernes attestent 
la survivance (v. Wackernagel, p. xxv et suiv.). Mais en même 
temps le sanskrit ne pouvait manquer de subir des influences 
venues de partout ; le vocabulaire en particulier devait s'impré- 
gner d éléments empruntés, avec plus ou moins d'adaptation, 
aux divers parlers aryens ou non de l'Inde et même à des 
langues étrangères à l'Inde (v. Wackernagel, p. li et suiv.). 

A aucune époque par conséquent les documents sanskrits ne 
peuvent être considérés comme reflétant exactement l'état lin- 
guistique contemporain ; et même la différence d'aspect que pré- 
sente le sanskrit suivant les époques « n'est pas la différence 
que nous trouvons entre diverses phases d'une langue populaire 
se développant naturellement » (Wackernagel, p. xxni). 

§ 4. On voit combien de difficultés et de pièges l'interpréta- 
tion linguistique trouve dans les textes sanskrits. Le moyen- 
indien, que nous avons vu apparaître très tôt à côté de ces 
textes, offrira-t-il des documents plus sûrs et mieux utilisables? 
— On pourrait le supposer, à en voir l'abondance et la variété. 

Dès le milieu du m'' siècle av. J.-C, l'empereur Açoka fait 
graver du Nord-Ouest au Bengale, du Terai au Maisour de nom- 
breux édits qui sont les premiers documents connus du moyen- 
indien. Il est hors de doute que les textes originaux de ces édits 
ont été écrits dans un dialecte du Magadha, où se trouvait la 
capitale d' Açoka. Mais les variations présentées par les inscrip- 
tions sont nombreuses, et si on ne peut le plus souvent les attri- 
buer à des fautes du copiste, elles ne se laissent pas facile- 
ment expliquer par l'existence de dialectes nettement tranchés. 
On a été amené à considérer (v. 0. Franke, Pâli und Sanskrit, 



LES INSCRIPTIONS d'aÇOKA 5 

p. 109; T. Michelson, Aiii. J. Phil., XXX, p. 284,/. J.O. S., 
XXX, p. 78) que le texte original des édits, conservé à quelques 
variantes près dans les inscriptions orientales, a été traduit par 
les administrateurs du nord-ouest et du sud dans des parlers 
locaux, ou, pour mieux dire, adapté à ces parlers, mais non sans 
qu'un certain nombre de mots ou de formes orientales se 
soient g-lissées dans ces adaptations. Ces insertions ou adapta- 
tions s'expliquent-elles suffisamment par la simple présence du 
modèle oriental sous les jenx du traducteur ? Il nest pas impro- 
bable que souvent les scribes aient cru pouvoir employer les 
mots du modèle parce qu'ils n'étaient pas complètement étran_ 
gers à leur parler, ou au moins à la langue officielle de leur région : 
sans doute le prestige religieux du bouddhisme et le prestige 
politique, remontant déjà à plusieurs générations, de la dynastie 
Maurya avaient dû amener le langage du Magadha à s'étendre 
à toute l'Inde du nord, au moins dans la partie cultivée de la 
population et pour une partie du vocabulaire (cf. Lûders, Bntch- 
stikh, p. 40). 

Mais l'original lui-même reproduisait-il la langue usuelle alors 
dans le Magadha? Voici d'une part un texte incontestablement 
magadhien, l'inscription de Çutanukà à Ramgarh, que la paléo- 
graphie dit contemporaine d'Açoka : on n'y trouve que la sif- 
flante palatale, qui manque aux versions orientales d'Açoka (v. 
huders, Bruchstiicke, p. 41). D'autre part la citation sans doute 
textuelle qu'Açoka fait d'ouvrages bouddhiques dans ledit de 
Bhabra offre un exemple de dialecte magadhien admettant déjà 
la sonorisation des occlusives sourdes intervocaliques (v. S. 
Lévi, /. As., 1912, II, p. 493 et suiv.; faits analogues dans 
d'autres inscriptions, v. Senart, Inscr. de Piyadasi, II, p. 427). 
Quelle est la relation entre ces trois formes de langage? 

S'il n'y avait en question que l'inscription de Çutanukà, on 
pourrait supposer que la langue d'Açoka représente un dialecte 
magadhien admettant déjà s dental comme les dialectes cen- 
traux ; c'est pourquoi M. Lûders le rapproche de l'ardhamà- 
gadhi dramatique. Mais la citation bouddhique semblerait prou- 
ver de plus que la langue de la chancellerie impériale était déjà 
archaïsante, — ce qui n'est pas fait pour étonner, dans l'Inde 
peut-être moins encore qu'ailleurs. 

Donc, même lorsque les lectures sont sûres et les significa- 



6 INTRODUCTION 

lions bien établies, aucune des inscriptions d'Açoka ne fournit 
un document direct sur un dialecte déterminé de l'Inde au 
iFi'' siècle av. J.-C. Une analyse minutieuse a pu cependant en 
déj^ager quelques indications probables sur la répartition de cer- 
tains traits. Dans le groupe oriental, « pas d'ij cérébral ni d';) 
palatal, \e y initial tombe, / est substitué à r, le nominatif mas- 
culin, et ordinairement le neutre, se fait en -e, le locatif en-asi: 
l'autre [groupcj distingue 1'// cérébral de Vn palatal, conserve le 
V initial et Vr, fait en -o le nominatif singulier des masculins en 
-a, le locatif en -amhi ou en -e » (Senart, Inscr. de Piyadasi, II, 
p. 431). De plus, les inscriptions de l'ouest conservent des groupes 
consonantiques que celles de l'Inde gangétique assimilent ; skr. 
f est normalement représenté au nord- ouest par /;-, nr, à Girnar 
para, à l'est par a ou. i; r-\- dentale donne une dentale à l'ouest, 
une cérébrale à l'est ; ks devient ch à l'ouest, et à l'est kh\ enfin -à 
final s'abrège, -tiy-, -dhiy- se simplifient en -iy-, -^/jy- dans les ins 
criptions les plus orientales (v. sur tous ces points, T. Michel- 
son, /. F., XXIII, 219-271 ■ Am. J. Phil, XXX, 284 et s., 416 
et s.; XXXI, p. 53 et s.; J.A. O. S., XXX, p. 77 et s., XXXI, 
p. 223 et s.). 

Ces indications sont précieuses et seront utilisées plus loin ; 
mais il faut surtout retenir qu'avant l'ère chrétienne il s'est 
exercé jusque dans l'ouest de l'Inde des influences linguistiques 
magadhiennes, difficilement mesurables, mais sans doute assez 
profondes. Que ces influences aient cessé moins d'un siècle après 
Açoka, cela est possible : mais la longue prééminence du Maga- 
dha est certaine ; et rien n'empêche d'accepter le témoignage des 
inscriptions de Delhi qui ont / pour /et n pour // (v. Senart, ihid., 
Il, 373 ; cf. II, 434j. Nous savons par Patanjali que des formes 
comme vattati et vaddhati, qui étaient encore des magadhismes 
du temps d' Açoka, avaient peu après pénétré dans la langue 
usuelle de l'Inde centrale. 

§ 5. Jusqu'au moment où le sanskrit devient la langue unique 
de l'épigraphie, c'est-à-dire dans l'Inde septentrionale et cen- 
trale vers 350 J. -G. fFleet, /. R. A. S., 1904', p. 485), les ins- 
criptions en moyen-indien se succèdent en grand nombre. On en 
découvre toujours de nouvelles ; mais la linguistique n'en tire que 
des données obscures et fragmentaires. Dans l'ensemble, mal- 
gré le très vaste espace et les quatre ou cinq siècles sur lesquels 



LES INSCRIPTIOINS PRAKRITES 



elles s'étendent, ces inscriptions offrent un aspect remarquable- 
ment uniforme (v. Senart, ibid., II, p. 493); et pourtant, aies 
regarder dans le détail, les phénomènes y sont extrêmement dis- 
parates et les variations dialectales y paraissent nombreuses : 
mais la répartition en varie pour chaque série de faits (v. 0. 
Franke, Pâli und Sanskrit^ ch. vni, notamment p. 126). 11 arrive 
souvent que dans des inscriptions tout à fait voisines et con- 
temporaines les caractéristiques phonétiques et même morpholo- 
giques s'entrecroisent d'une façon inextricable. Dans certains 
cas on entrevoit une explication possible : il semble bien que 
dans les inscriptions du Dekhan le plus ou moins d'influence du 
sanskrit corresponde à l'élévation sociale plus ou moins g-rande 
de ceux qui les ont fait graver (v. J. Bloch, Mélanges S. Lévi, 
p. 14; cf. Bhandarkar, /. A. S. Boiiib., XVI, p. 341 et note). 
Mais que dire par exemple des donations qui voisinent sur les 
stùpa de Bharaut et de Sanchi ? Le génitif du mot désignant la 
nonne bouddhique, skr. hhiksiDii, est à Bharaut (éd. Hultzsch, 
Z. D.M. G., XL, p. 60 et suiv.), tantôt bhichiiniya (n"* 27, 31, 
101), tantôt bhikhiiniyâ (no*29, 75, Si), tantôt bhicbnniye{n'''(jo, 120, 
121), une fois enfin hhikhiiniyi (n" 103). A Sanchi (éd. Bûhler, E. /., 
II, p. 97 et suiv., 370 et suiv.) on trouve pour le même mot les 
îovm&s bhikhuniyà il, ^, 199, 315, 332), hhikhuniya (I, 244, 286, 
304, 350; II, 8, 9, 11, 40, 42, 43, 70, 76), hhihJmnaya (II, 54) ; 
bhichmiiyà (I, 28, 100, 186, 224, 283, 337, 343, 351 ; II, 29, 47) ; 
bhichuniya (I, 37, 52. 126, 277, 326, 355; II, 48), bhichunayà (I, 
119, 353), bhichaniyà (I, 253), bhichanaya (I, 252); bhichuniye (I, 
38, 78, 101. 105, 110, 158, 180, 183, 192, 214, 293, 316, 329, 
341). Un certain nombre de ces formes sont probablement des 
fautes : mais rien ne permet de distinguer à quoi tient la répar- 
tition de ch et de kh, ou du génitif en -iyà et en -iye ; l'origine des 
donateurs n'éclaire rien : dans les inscriptions au nom de dona- 
teurs de Besnagar et de Nandinagar comme dans celles dont les 
donateurs sont d'Ujjain, les deux désinences se rencontrent 
(cependant à Kurara-Kuraghara, on ne rencontre que la dési- 
nence en -a) ; et skr. h est représenté de deux façons différentes 
dans deux inscriptions toutes voisines et provenant selon toute 
apparence de la même personne [samikayà bhikhuniya dânain; Sâmi 
kâya bhichuniya dânain; Sanchi, I, 350-351). 

Les documents épigraphiques ne fournissent donc à la linguis- 



8 INTRODUCTION 

tique que des renseig-nements extrêmement incertains. On 
pourra sans doute en certains cas les interpréter avec l'aide de 
ce qu'on sait par ailleurs, par exemple en se servant des prâ- 
krits dramatiques, comme a déjà tenté de le faire M. Liiders 
[BrHchstiicke, p. 40 et suiv.) ; mais pour le moment on ne saurait 
aller bien loin dans cette direction. 

§ 6. Après les inscriptions, examinons les textes. Les plus 
anciens, ou du moins ceux dont la langue est le plus archaïque, 
sont ceux du canon bouddhique conservé dans lîle de Ceylan. 
Que la lang-ue de ces textes — impropren^ent appelée pâli — 
soit d'origine continentale, c'est ce dont personne ne doute. 
Mais à quelle partie de l'Inde, à quelle période de l'histoire se 
rattache-t-elle? L'ignorance est à peu près complète sur ces 
points. Selon la tradition singhalaise, la rédaction définitive du 
canon date du concile réuni par le roi Vattagâmanî vers 80 av. 
J.-C; ceci donne la date la plus basse pour les morceaux les 
plus anciens du canon. Quant à la langue, les livres eux-mêmes 
lui donnent le nom de mâgadhî. Or tout ce que nous savons de 
la mâgadhî par l'épigraphie ou la littérature va contre cette 
appellation ; sans doute se rapporte-t-elle au texte primitif, celui 
que citait Açoka, et non à la traduction dont nous disposons. 

On est donc obligé de recourir à 1 induction historique pour 
déterminer le lieu d'origine du pâli : c'est là un procédé qui 
conduit rarement, du moins dans l'Inde, à des conclusions fermes 
et sûres. D'un côté M. Oldenberg [Vinayapitakam, introd., p. liv) 
fait venir le pâli de lOrissa ; il se fonde pour cela sur la res- 
semblance que présenterait cette langue avec celle de l'inscription 
de Khâravela à Udayagiri, — ressemblance confirmée par l'as- 
pect de certaines inscriptions singhalaises selon M. E. MûUer 
{Pâli gram. préf. , p. x). Mais les deux dialectes sont loin d'être 
identiques ; et l'absence de nasale cérébrale, entre autres traits, 
sépare nettement le dialecte de Khâravela du pâli. 

L'hypothèse plus généralement admise et plus vraisemblable 
situe le pâli plus à l'ouest, non loin des grands centres de pèle- 
rinage que marquent les plus anciens stûpa bouddhiques de 
Bharaut et de Sanchi, plus particulièrement dans le Mâlva. On 
fait valoir en premier lieu la parenté linguistique des inscrip- 
tions de cette région avec le pâli ; on rappelle de plus que la 
capitale du Mâlva, Ujjain, a été la résidence d'Açoka, puis de 



LE PALI 9 

son fils Mahinda, lorsqu'ils étaient princes héritiers ; c'est aussi 
à Ujjain, selon la tradition, qu'était née la mère de Mahinda et 
que Mahinda passa son enfance ; or on sait que l'introduction du 
bouddhisme à Ceylan est attribuée à ce même Mahinda (v. 
notamment 0. Franke, Pâli iiiid sanskrit, p. 138-139). Si la 
parenté du sing-halais et des parlers occidentaux était définitive- 
ment établie (v. plus bas, § 18), on concevrait fort bien une 
immigration apportant de la même région un dialecte vivant 
destiné à évoluer sur place et des livres écrits dans une langue 
religieuse déjà fixée. 

En tout cas le pâli ne saurait être considéré comme un dialecte 
purement occidental ; le passage du groupe occlusive -|- i; ou 
V -f~ occlusive à bb le reporte au moins jusqu'au plateau central 
(v. § 17). Ce n'est pas tout. Le pâli n'est pas homogène; il y a 
sept siècles au moins entre les gàthâ du Jâtaka et leur commen- 
taire en prose (v. Foucher, Mélanges Sylvain Lcvi, p. 235, 245- 
247) ; on ne saurait s'étonner par conséquent de trouver dans le 
pâli les traces des influences les plus diverses depuis les maga- 
dhismes(v. Windisch, Congrès des Orient, à Alger, I, p. 280 et 
suiv.) jusqu'aux emprunts au singhalais (v. E. Millier, Pali 
grani., p. x-xi). 

D'origine incertaine et d'essence hétérogène, le pali ne peut 
donc provisoirement être considéré que comme un type linguis- 
tique représentant une forme ancienne du moyen-indien littéraire 
et marquant une étape dans l'évolution générale de l'indo- 
aryen. ^ 

§ 7. Si le pali était sûrement un dialecte central ou occidental 
succédant à un dialecte oriental dans la rédaction du canon boud- 
dhique, son histoire éclairerait à son tour l'histoire d'un autre 
dialecte religieux, celui des Jainas. 

L(îs textes du canon jaina passent pour avoir été rédigés en 
ardhamâgadhî ou « semi-magadhien ». Ce dialecte, employé 
aussi dans les drames bouddhiques et classiques, apparaît 
comme plus occidental non seulement que la mâgadhï propre- 
ment dite, puisqu'il a j^ et non ç, mais aussi plus occidental que 
le dialecte propre d'Açoka puisqu'il a r et non /; le nominatif 
singulier des noms masculins y est en -e comme en mâgadhi. 
Mais plus tard le centre du jainisme s'est, comme on sait, trans- 
porté dans le Dekhan et au Guzrate ; dès lors le dialecte change 



1 INTRODUCTION 

d'aspect : les formes en -o sinsinuciit dans les textes poétiques 
les plus anciens ; la lang-ue prend avec le temps un aspect de 
plus en plus occidental et se confond de plus en plus avec la 
mâhârâstrî. 

§ 8. Le pâli n'est pas le seul dialecte moyen-indien propre au 
bouddhisme. On a trouvé dans les environs de Khotan des frag- 
ments du Dharmapada écrits avant la fin du ii'' siècle de notre 
ère dans un dialecte jusque-là inconnu (éd. Senart, /. y^^., 1898, 
II, p. 193 et suiv.). Dans ce dialecte les consonnes intervoca- 
liques n'avaient pas uniformément perdu leur occlusion ; mais 
les voyelles finales s'étaient abrégées au point que -e et -o 
deviennent le plus souvent -/ et -//. Ce dernier caractère donne 
au dialecte un aspect plus récent que les prâkrits classiques, tan- 
dis que par la conservation partielle des consonnes intervoca- 
li(jues il apparaît comme plus archaïque. En tout cas sur l'un et 
l'autre point il s'accorde avec le développement général des prâ- 
krits littéraires ; mais le traitement des consonnes suivant une 
nasale est tout à fait unique dans ce dialecte ; par là il s'isole de 
tout le reste du moyen-indien. Par là aussi — cas unique dans 
la littérature bouddhique — , il se laisse localiser avec précision: 
les parlers du Penjab occidental et du nord-ouest himalayen 
présentent aujourd'hui encore les mêmes caractéristiques (v. J. 
Bloch, /. As., 1912, I, p. 331 et suiv.). 

Certains textes bouddhiques, notamment le Mahâvastu et le 
Lalitavislara, sont écrits dans un dialecte étrange, où semblent se 
mêler arbitrairement sanskrit, pâli et pràkrit. On y trouve par 
exemple côte à côte des formes comme ahravi et abravJt, des 
nominatifs neutres pluriels en -â et en -àni, etc. (v. Senart, Mahâ- 
vastu, I, p. xii-xiii). L'étude de la syntaxe a permis d'y reconnaître 
plusieurs couches caractérisées respectivement par la phrase 
verbale et nominale iv. Oldenberg, G. G. A., 1912, p. 123 et 
suiv.j. D'autre part la critique permet souvent de deviner l'ori- 
ginal moyen-indien dés formes incorrectes du sanskrit qui y 
pullulent (v. Wackernagel, p. xxxix; en dernier lieu Kern, /. F., 
XXXI, p. 194 et suiv.) : mais ne retrouver à l'origine de ces 
formes que l'ignorance d'adaptateurs maladroits, c'est rendre 
difficilement explicable la parenté de textes différents et consi- 
dérables, et oublier la maîtrise avec laquelle le bouddhisme 
savait manier le sanskrit. Du reste le moyen-indien qu'on 



LES PRAKRITS LITTÉRAIRES 11 

entrevoit à travers ce sanskrit incorrect est d'un type encore 
indéterminé. 

Il est donc de toute façon impossible de reconnaître à quelle 
réalité linguistique correspondent ces textes ; la grammaire com- 
parée peut assister l'interprétation philologique de ces textes, sans 
en tirer encore aucun parti. 

Ce sont là les seuls documents dont nous disposions antérieu- 
rement à léclosion des prâkrits classiques. Un jour prochain, on 
pourra sans tirer parti dun dialecte laïque utilisé en Asie cen- 
trale : tout ce qu'on sait pour le moment, c'est que la langue 
des tablettes rapportées de Xi va par M. Stein ne se rattache pas 
au même groupe que celle des feuillets Dutreuil de Rhins (comm. 
de M. Senart, /. As., 1912, I, p. 411). 

§ 9. Avec le drame et la poésie lyrique apparaissent dans la 
littérature de nouveaux dialectes, auxquels les grammairiens ont 
donné le nom de prâkrits. Un certain nombre d'entre eux 
portent des noms de pays. Ainsi dans l'énumération de Bharata 
(XVII, 48j : 

màgadhy avantijà pràcyâ sûraseKy ardhauiâgadbî 
bâhlikâ dâksinâtyâ ca sapta bhàsàh prakirtiîâh, 

six sur sept sont des déterminations géographiques ; il y en a trois 
sur quatre (mâgadhî, çauraseni, màhârâstrî) chez ^'araruci ; plus 
tard Dandin ajoute à ces trois-là lalâtï « et d'autres semblables » 
(Kâvyâdarça, I, 3oj. Faut-il donc compter sur les textes ou les 
grammaires pour des documents authentiques sur les parlers du 
Magadha, de Mathura, du Dekhan ou du Guzrate ? 

Cette espérance n'est pas permise. Tout d'abord ces noms géo- 
graphiques coexistent avec des noms de nature toute différente. 
Déjà celui dardhamàgadhi, « semi-magadhien », donné par Bha- 
rata, n'est pas clair. Plus tard Vararuci place la paiçâcï sur le 
même rang que les trois grands prâkrits à nom géographique ; 
or malgré les efforts tentés en ce sens, il est impossible de recon- 
naître dans ce nom celui d'une peuplade définie, à plus forte rai- 
son celui d'un groupe national civilisé comme sont les trois autres 
(v. Lacôte, Essai sur Guuâdhya et la Brhatkathâ, p. 47 et suiv.). En 
réalité les noms portés par les prâkrits tiennent aux circonstances 
de leur entrée dans la littérature ; les noms d'apparence locale 
sont au moins à l'époque ancienne ceux de confréries d'acteui-s, 



1 2 INTRODUCTION 

de bardes ou de chanteurs ; celui de la paiçàcï s'explique proba- 
blement par un détail de la légende de Gunâdhya ou de son 
œuvre (v. S. Lévi, Théâtre indien^ p. 330-332; Lacôte, /. /.) ; 
l'ardhamng-adhï. quelle que soit son origine, apparaissait bien 
comme un mélange à une époque où malgré les progrès de la 
grammaire on était loin d'avoir découvert que les lignes d'iso- 
glosses ne coïncident que rarement entre elles fv. la citation 
d'Abhayadeva dans Pischel, § 17). Naturellement, plus les prâ- 
krits littéraires sont devenus nombreux, plus les confusions de 
la classification se sont accentuées ; aucun principe ne pouvait 
permettre de répartir clairement des œuvres d'origine diverse, 
alors que la méthode traditionnelle ne reposait sur aucun prin- 
cipe défini. 

Si les grammairiens ont admis ces incohérences dans la déno- 
mination des prâkrits, c'est qu'ils n'y voyaient pas des langues 
parlées. Ce n'est pas en vain qu'ils en font remonter la source, 
prakrti, au sanskrit, c'est-à-dire à une langue littéraire et tradi- 
tionnelle, ni qu'ils opposent précisément an vocabulaire prâkrit 
les deçî, c'est-à-dire les mots employés par les écrivains, mais 
inexplicables par les règles de la grammaire prâkrite et inconnus 
aux dictionnaires sanskrits (v. Bûhler, B. B., IV, p. 76 et suiv.). 

§ 10. Le rapport réel des prâkrits avec les langues parlées 
s'éclaire admirablement par la comparaison des langues littéraires 
modernes de l'Hindoustan. Ce sont parfois des parlers fixés à 
une époque ancienne et qui servent chacun à des cycles spéciaux 
de légendes ou à des genres littéraires spéciaux. La langue du 
Braj sert au cycle de Krsna, celle du Bundelkhand au cycle d'Alha 
et Udal, celle d'Aoudh au cycle de Râma et d'une manière géné- 
rale à l'épopée (v. !^ 19). Mais ces langues ne peuvent rester 
pures, quand les poètes n'appartiennent pas à la région dont ils 
empruntent le dialecte ou chantent pour des gens qui ne le con- 
naissent pas; on doit s'attendre à des emprunts, à des adapta- 
tions, et aussi à de fausses adaptations, exagérant, si l'on peut 
dire, les traits du dialecte primitif. Le dialecte du Braj par 
exemple a envahi le Bengale à la suite de la renaissance du vais- 
navisme ; le nom de brajavali désigne alors quelque chose de 
nouveau. « C'est, dit M. D. C. Sen [Hist. of Bengali lang. and 
liter., p. 387), une espèce d'hindi courant à Darbhanga. Ce mélange 
d'hindi et de bengali est dû à la prédilection des écrivains vais- 



l'hiindoustani 13 

navas en faveur du dialecte de Vi^ndâvan [où beaucoup d'entre 
eux ont habité, v. ibid., p. 599J. Ils l'adoptèrent aussi pour imi- 
ter Vidyâpati, le grand maître de la poésie lyrique, qui écrivait 
dans le langage de Mithila. » A un autre endroit, le même auteur 
ajoute que <( dans leurs efforts pour propager leur foi dans toute 
rinde, les Vaisnavas vinrent en contact avec les différentes races 
de l'Inde parlant des langages différents. L'hindi était déjà devenu 
la lingua franca de l'Inde entière réunie sous le pouvoir suzerain 
de l'empereur musulman de Delhi... Les Vaisnavas adoptèrent 
un grand nombre de mots hindis dans leurs ouvrages pour les 
rendre intelligibles dans toute l'Inde. » [ibid., p. 599-600). Notons 
enfin, sans la prendre complètement à notre compte, cette affir- 
mation : « La brajabali n'est le dialecte parlé d'aucune province; 
et cependant ce n'est pas un dialecte artificiel » [ibid., p. 346). 

D'autres types de formation de langues littéraires sont fournis 
par l'ourdou et l'hindi, connus généralement sous le nom d'hin- 
doustani ; pour mettre ce point en lumière il suffît d'emprunter 
les termes dont se sert M. Griersonpour les décrire dans tbeLan- 
guages ofindia, §§ 202, 203. 

L'hindoustani, dit-il, est primitivement le parler du Doab gan- 
gétique supérieur ; la forme la plus pure en est celle des envi- 
rons et du nord de Mirât. Ce dialecte, au prix de quelques adap- 
tations de vocabulaire, est devenue la langue parlée de l'Inde, sur- 
tout de l'Inde du Nord. Le nom même de cette langue est de 
fabrication européenne ; il n'est guère employé par les indigènes 
que sous l'influence européenne. Comme langue commune, l'hin- 
doustani est né dans le bazar attaché à la cour de Delhi [urdû], 
et fut transporté partout dans l'Inde par les lieutenants de l'em- 
pire mogol. Il dure depuis ce temps; Il comporte plusieurs varié- 
tés reconnues, en particulier l'ourdou et l'hindi. 

L'ourdou est la forme d'hindoustani qui s'écrit avec l'alphabet 
arabe et qui use librement du vocabulaire persan et par suite 
arabe. Il est parlé principalement dans les villes de l'Hindoustan 
occidental, et par les Musulmans et les Hindous qui ont subi 
l'influence persane. On trouve des mots persans partout en hin- 
doustani, même dans les dialectes rustiques ; mais en ourdou lit- 
téraire l'usage des mots persans est poussé à un degré presque 
incroyable. On trouve dans les écrits de cette sorte des phrases 
entières où la grammaire seule est indienne, et où les mots sont 



i 4 INTRODUCTION 

persans du commencement à la fin. Fait curieux cependant, et 
noté justement par Sir Charles Lyall, cette persanisation de l'hin- 
doustani n'est pas l'œuvre de conquérants, ignorants de la 
langue populaire ; c'est au contraire le résultat des efforts de 
l'Hindou toujours souple à assimiler le langage de ses maîtres : 
c'est l'œuvre des Kâvasth et des KhâtrI employés par l'adminis- 
tration et connaissant le persan. 

L'hindi est la langue de lu prose littéraire pour les Hindous qui 
n'emploient pas l'ourdou. Il est d'origine moderne, et doit sa créa- 
tion à l'influence anglaise au début du dernier siècle. Jusque-là, 
quand un Hindou écrivait en prose et n'employait pas l'ourdou, il 
écrivait dans un parler local : awadhï, bundelï, braj bhâkhâ, etc. 
Lallu Lâl, sous l'inspiration du D"" Gilchrist, changea tout cela 
en écrivant son célèbre Prem Sâgar, dont les parties en prose 
étaient en somme de l'ourdou dont les mots persans auraient été 
remplacés partout par des mots indo-aryens. Cette expérience 
obtint le plus grand succès : le nouveau dialecte donna une 
« langue franque » aux Hindous ; il permit à des hommes de diffé- 
rentes provinces de converser ensemble sans avoir recours au 
vocabulaire, impur pour eux, des Musulmans. Il était aisément 
intelligible partout, car sa grammaire était celle du langage que 
tout Hindou employait dans ses relations officielles avec les 
administrateurs, et le vocabulaire en était propriété commune 
de toutes les langues indo-aryennes de l'Inde du nord. De plus, 
sauf des commentaires ou des ouvrages analogues, ou avait jus- 
qu'alors très peu écrit en prose dans les langues indo-aryennes : 
la langue du Prem Sâgar devint naturellement le modèle de 
la prose hindoue dans tout l'Hindoustan, du Bengale au 
Penjab. Depuis le temps de Lallu Lai, l'hindi a adopté cer- 
taines règles de style qui le dilTérencient de l'ourdou ; les prin- 
cipales ont trait à l'ordre des mots qui y est beaucoup plus fixe. 
De plus le vocabulaire hindi a commencé depuis peu à subir l'in- 
vasion du sanskrit. L'hindi risque ainsi de s'altérer autant que 
le bengali, sans avoir la même excuse ; car l'hindi du paysan a 
un vocabulaire propre, si riche que les neuf dixièmes des mots 
sanskrits qu'on rencontre en hindi moderne sont aussi inutiles 
qu'inintelligibles ; mais le vocabulaire sanskrit paraît ajouter à la 
dignité du style. 

§ 11. Influences religieuses, influences officielles, prestige 



LE TÉMOIGNAGE DE LA LANGUE ÉCRITE iS 

d'une langue savante, rôle d'une œuvre littéraire servant de type, 
ce sont là autant de traits qui ont dû caractériser la naissance 
des langues littéraires anciennes aussi bien que des modernes, 
Supposez d'ailleurs que ces dialectes modernes fixés ou adaptés 
restent liés à la culture d'un genre littéraire, et il arrivera un 
moment où la brajabali, l'ourdou ou Ihindi demanderont pour être 
compris autant d'étude que le sanskrit ; il faudra en faire la gram- 
maire ; d'où par contre-coup, une normalisation plus grande de 
chacun de ces dialectes. Que les prâkrits exigent en effet une 
éducation spéciale, c'est ce qu'atteste le passage de l'anthologie 
de Hâla, rappelé à juste titre par M. Senart {Inscr. de Piyadasi^ 
II, p. 497), où l'on fait honte à « ceux qui ne savent lire ni 
entendre l'ambroisie des poèmes prâkrits ». 

Il serait donc vain de demander aux prâkrits des documents 
directs sur les langues parlées dans les diverses régions de llnde 
à l'époque classique. Dès le moment où ils ont commencé d'écrire 
en prâkrit, les auteurs étaient prisonniers de la tradition litté- 
raire et grammaticale ; et pendant neuf ou dix siècles le prâkrit 
n'a subi que des changements sans importance. Le vocabulaire 
s'enrichit, mais l'on ne peut pas faire fond même sur les 
emprunts : l'usage des sulistitutions régulières (v. Meillet, De la 
Méthode dans les Sciences, II, p, 301), qui a grossi le vocabulaire 
sanskrit, permet à son tour l'admission de mots sanskrits aussi 
bien que de mots vulgaires, et cache sans doute aussi des 
mélanges fréquents entre les prâkrits eux-mêmes ; en sorte que 
le témoignage des prâkrits, suspect de par leur origine, le devient 
de plus en plus à mesure que les documents sont plus al>on- 
dants. 

§ 12. La tradition écrite est-elle donc toute inutilisable, et 
doit-on renoncer à rendre compte d'aucune des langues modernes 
par ce qu'on peut savoir de leurs formes anciennes ? Cette con- 
clusion serait nécessaire si la linguistique consistait avant tout 
dans l'histoire du vocabulaire. Suivre les mots isolés dans leur 
développement et leurs migrations est en effet une tâche possible 
seulement dans des pays où l'histoire générale du langage étant 
connue, les études de philologie et de dialectologie minutieuses 
permettent de délimiter rigoureusement l'aire d'emploi et l'époque 
de vitalité des différents mots ou de leurs différentes formes. 
Mais lorsqu'il s'agit, comme ici, d'établir l'iiistoire générale elle- 



1 6 INTRODUCTION 

même du lung-ag-e, le vocabulaire n'est plus qu'un instrument ; 
dans les mots on considère non les mots eux-mêmes, mais laction 
des lois phonétiques et l'emploi des formes grammaticales. 

Dès lors peu importe que l'aspect réel du langage ait été 
faussé par l'application dans la littérature du principe des sub- 
stitutions régulières : ces substitutions révèlent à l'historien l'état 
phonétique normal du dialecte tel que la tradition l'imposait aux 
écrivains. Cette tradition ayant en somme iîxé un dialecte réel 
à un moment déterminé de son développement, la littérature 
fournit un témoignage indirect, mais, dans l'ensemble, certain, sur 
l'état de chacun des principaux dialectes au moment où il a été 
fixé. D'autre part on trouve partout des phénomènes qui contre- 
disent les lois générales ainsi déterminées dans chaque dialecte : 
divergences précieuses, qui révèlent des faits postérieurs à la 
fixation du dialecte, et que la littérature n'a pu entièrement 
ignorer. 

On peut donc reconstituer dans l'ensemble l'histoire des prin- 
cipaux faits en se servant des textes que nous avons à notre dis- 
position. Il faut bien entendre que cette histoire apparaîtra plus 
simple qu'elle n'a été en réalité ; pour prendre un exemple, la 
sonorisation des intervocaliques ne s'est pas produite partout au 
même moment ; le hasard d'une citation nous permet d'assurer 
qu'elle était acquise en màgadhi au temps d'Açoka ; en çauraseni 
aussi, la forme du nom de ville Madhiirà pour Matburâ, donnée 
un siècle plus tard par Patanjali [Madburâpâhcâlâh, I, 2, 51, 
V. 5 ; cité par M. Wackernagel, § 103) atteste que l'altération 
est ancienne ; mais au Dekhan, c'est au premier siècle seule- 
ment que le Périple et les inscriptions la notent. De même on a 
vu que le dialecte du manuscrit Dutreuil de Rhins est suivant les 
cas tantôt plus archaïque, tantôt plus récent que le prâkrit clas- 
sique. 

§ 13. Quoi qu'il en soit de ces différences chronologiques, on 
peut donc reconnaître l'histoire des phénomènes essentiels en 
les suivant à travers les différentes séries de textes. 

Parmi les phonèmes, le système des voyelles a pris très tôt 
l'aspect qu'il présente encore aujourd'hui. Le sanskrit avait hérité 
de a, i, u, brefs et longs, qui ont subsisté sans changement à 
travers toutes les périodes de l'indo-aryen ; les diphtongues indo- 
iraniennes par contre ont été simplifiées ; celles dont le premier 



PHONÉTIQUE DU MOYEN INDIEN 17 

élément était bref, *ai et *au, sont devenues e et o longs dès 
l'époque védique ; celles dont le premier élément était long-, *âi 
et *âii, sont devenues à la même époque ai et au ; mais sous cette 
nouvelle forme elles restaient instables et sont à leur tour deve- 
nues e et comme les premières dès la plus ancienne période du 
prâkrit (v. Meillet, Mélanges S. Lévi, p. 30). A la même époque 
les g-roupes -aya-, -ava- se simplifiaient aussi en -e-, -o-. 

Le sanskrit possédait en outre deux sonantes voyelles / et f . 
La première n'a jamais eu qu'une existence très limitée même 
en sanskrit : 7 long y joue un rôle exclusivement morphologique ; 
quant à i il ne tarde pas à se confondre avec a, i ou a (cf. § 31) : 
le Rgveda présente déjà des exemples de cette altération à l'in- 
térieur de mots où r n'était pas maintenu par le sentiment d'al- 
ternances morphologiques (v. Meillet, Sur Vétym. de Vadj. véd. 
ninyâh, Mélanges Kern, p. 121-122) et dans certaines désinences 
(v. Meillet, La finale -uh de skr. pitùh, vidùh, etc., Méla^iges Sylvain 
Lévi, p. 1 et suiv., surtout p. 20). Le prâkrit le plus ancien pos- 
sédait donc a, /, n brefs et longs, e &i o normalement longs (abré- 
gés devant consonne double, comme toute voyelle longue, v. 
Millier, Pâli grain., p. 13 et suiv., Pischel, § 83-84). Il a conservé 
ces éléments sans autres modifications que celles dépendant de 
leur place dans le mot : en particulier la faiblesse des voyelles 
finales, qui a provoqué leur disparition à date moderne, a déjà 
laissé des traces dans les textes les plus anciens du moyen 
indien. 

§ 14. L'histoire des consonnes est plus compliquée, mais les 
grands traits en sont également clairs. Le système articulatoire 
des occlusives est resté sensiblement identique à toutes les 
époques : il comporte dans chacune des séries (^labiale, dentale, 
cérébrale, palatale, gutturale) une sourde et une sonore non aspi- 
rées et une sourde et une sonore aspirées ; les seuls changements 
qui sont intervenus dépendent de la place occupée par les occlu- 
sives dans les différents mots. 

Seules les occlusives initiales ont subsisté. Les autres ont subi 
des altérations plus ou moins graves. 

Les consonnes finales sont toutes tombées en moyen-indien. 
Le principe de cette chute remonte à l'époque préhistorique (v. 
Meillet, Introduction, p. 109-111); en sanskrit les consonnes 
finales étaient implosives (v. Wackernagel, 1, § 260 a) et l'on 

Lu forniitliun de la lunnae nunulhe. •> 



18 INTRODUCTION 

sait que l'occlusion dos sifflantes et de m final était déjà très 
réduite. Dès la période la plus ancienne du moyen-indien, tous 
les mots se terminaient donc par une voyelle, cette voyelle étant 
nasalisée dans le cas où la consonne tombée était une nasale (v. 
Pischel, § 348, 3oO). 

Les consonnes intervocaliques ont toutes perdu une part plus 
ou moins grande de leur occlusion. On a vu au § 2 que dans le cas 
des sonores aspirées, cette perte de locclusion était préhisto- 
rique pour une part et que par conséquent /; en sanskrit même 
devait souvent être considéré comme un phonème de nature pro- 
prement prâkritique. Les occlusives sourdes intervocaliques ont 
résisté plus longtemps, sans doute parce qu'elles ne pouvaient subir 
dans l'Inde l'altération la plus aisée, celle de l'occlusive en la 
spirante correspondante (v. Meillet, Des consonnes interv. en védique 
/.F., XXXI, p. 120-121) ; mais entre le iif siècle av. J.-G. et le 
1^'" siècle ap. J.-C. elles sont toutes devenues sonores. Au bout de 
cette période le moyen-indien ne comportait à Tintervocalique que 
des occlusives sonores (sauf les géminées) représentant à la fois les 
sourdes et les sonores anciennes. Ces sonores n'ont pas tardé à 
se transformer en sbnantes, à l'exception de detdh: encore cette 
exception n'est-elle probablement qu'apparente, à en juger par 
véd. / et //; (v. Meillet, ibid., p. 122) et par la prononciation 
moderne de d et dh intervocaliques. Dans les autres catégo- 
ries d'occlusives, toutes les aspirées se réduisent définitivement 
à^ [bh subsiste le plus longtemps, v. Vararuci, II, 24-26) ; b 
devient î;( peut-être anciennement déjà, v. Wackernagel, p. xlviii, 
à propos de kavâta-, attesté dans le Râmâyana), et J, y", g 
deviennent^'. Enfin y ainsi obtenu disparaît de la graphie en prâ- 
krit classique, sauf dans les manuscrits jainas (v. Pischel, § 187), 
et tombe en effet, en affectant ou non, suivant les cas, le timbre 
des voyelles voisines. 

Les groupes de consonnes paraissent très tôt difficiles à pro- 
noncer. En certains cas, l'assimilation est préhistorique et le 
sanskrit le plus ancien offre déjà des consonnes géminées (v: 
Wackernagel, § U7 a a). Parmi les groupes maintenus en sans- 
krit, ceux qui comportent ;■ admettent l'insertion d'une voyelle 
dès la période la plus ancienne (v, Wackernagel, 5^ 49-51) ; et 
Patanjali, au second siècle av. J.-C, cite comme usuelle la forme 
supali- pour supti-. La tendance la plus fréquente porte à sim- 
plifier l'articulation : au ni- siècle av. J.-C. Kâtyâyana note la 



PHONÉTIQUE Dl" MOVEN INDIEN 19 

forme âuapayali pour âjiià-, et au siècle suivant Patanjali donne 
vattati, vaddhati pour vart-, vardh- comme courants. Et en effet 
dans les inscriptions dWçoka tous les groupes sont unifiés sauf 
st, st et consonne -(-;■ qui subsistent à Girnar et au nord-ouest, 
c'est-à-dire dans les régions où ces groupes ont été maintenus 
dans les langues parlées jusqu'à date moderne ; en prâkrit boud- 
dhique et dans les documents du début de notre ère (v. J. Bloch, 
Mél. S. Lévi, p. 10-loj l'assimilation est générale, et les prâkrits 
classiques n'ont plus à l'intérieur du mot que des occlusives 
géminées. 

§ 15. Telle est dans son ensemble l'histoire des occlusives. 
Celle des continues est moins uniforme ; pourtant les sonantes 
ont subi à l'intervocalique des altérations analogues à celles des 
occlusives ; y a pris à l'initiale une occlusion particulière et s'est 
confondu avec / entre le premier siècle (v. Lûders, Briichstiicke, 
p. 48 et 60) et l'époque classique ; par là l'opposition de l'initiale 
et de l'intervocalique a été rétablie ' ; m maintenu à l'initiale, 
est devenu v nasal en position intervocalique (v. Pischel, § 231). 

Les nasales cérébrale et dentale devenue cérébrale, d'une 
part, et de l'autre / ont subsisté en prâkrit classique ; mais l'his- 
toire ultérieure de ces phénomènes révèle des changements 
analogues (v. plus bas). Seuls r et -v subsistent tels quels à 
toute époque. 

Quant aux sifflantes, elles se sont partout confondues en une 
seule. Le prâkrit épigraphique ancien les distingue encore ; mais 
l'unification est faite en pâli et dans tous les prâkrits jusqu'ici 
connus de l'époque bouddhique et de l'époque classique, sauf un 
seul, le plus oriental de tous : c'est la çlhakkï qui distingue encore 
f issu de skr. ^ de j- issu de skr. s ei s (Pischel, § 228). En prâ- 
krit la sifflante est partout dentale, sauf en mâgadhi où elle est 
palatale ; on verra que l'aspect du prâkrit est reproduit par lindo- 
arjen moderne : partout, sauf au nord-ouest himalayen et en tsi- 
gane européen (où s ■< skr. s, ç\ s < skr. 5; v. Grierson, Pic. 
lang., p. 21-22 ; Miklosich. IX, p. 39), il n'y a en principe qu'une 
sifflante, et cette sifllante est s, sauf en bengali et en oriva où elle 
estf (v. Grierson, P/;o«., p. 18-19j. 

1. En mâgadliT la confusion semble sêtre faite en sens inverse, et v 
représente un ancien y aussi bien que j(v. Pischel: !$ 2")2, cf. § 2.36), Peut- 
être ne s"agit-il ici ([ue (l'une tradilion orlliograpliique. 



20 INTRODUCTIOiN 

§ 16. L'histoire des formes grammaticales se reconstitue moins 
facilement. Pourtant déjà la littérature sacerdotale du sanskrit 
fournit par ses irrégularités et ses incohérences des documents 
précieux (v. Wackernagel, p. xiv, xxiiiet suiv.) ; en y adjoignant 
le sanskrit classique, on suit d'assez près la dislocation progres- 
sive du système verbal héréditaire, et l'examen duprâkril ne fait 
que confirmer les certitudes acquises. La déclinaison a été au 
ontraire fixée en sanskrit sous un aspect archaïque : mais les 
prâkrits épigraphiques et littéraires montrent l'évolution par 
laquelle les formes anciennes disparaissent et rendent nécessaire 
la création de nouvelles formes (sur le détail des faits, v. plus 
bas). 

§ 17. Telle est dans son ensemble l'histoire de l'indo-aryen 
dans la période qui précède le marathe. Mais ici une difficulté 
se présente : pouvons-nous rattacher l'histoire du marathe à celle 
du moyen-indien ainsi défini? Le marathe est loin d'être la seule 
langue indo-aryenne moderne ; or, rendre compte de la formation 
du marathe, ce n'est pas seulement dégager des documents les 
altérations du système linguistique héréditaire qui ont rendu pos- 
sible la constitution de cette langue : c'est aussi en montrer, et 
si faire se peut, en expliquer la relation avec les langues parentes 
qui l'avoisinent. De quand donc datent les caractères qui la diffé- 
rencient de ces autres formes d un même langage ancien ? En 
d'autres termes, la séparation qui a donné lieu à la formation des 
langues modernes remonte-t-elle haut dans le passé, et le moyen- 
indien à courbe générale unique défini plus haut est-il une fiction 
sans rapport avec la réalité, ou devons-nous considérer l'en- 
semble des langues modernes comme reposant sur une langue 
commune attestée par le moyen-indien ? Si les deux thèses ont 
leur part de vérité, comment les combiner ? Un coup d œil sur la 
répartition et les caractéristiques les plus saillantes des langues 
indo-aryennes modernes permettra de répondre à cette question, 

§ 18. L'indo-aryen couvre l'Inde d'une manière continue 
depuis la frontière du nord-ouest où il confine à l'iranien et 
au tibétain jusqu'à l'Assam et la Birmanie, où il rencontre encore 
le groupe tibéto-birman, d'autre part jusqu'au Concan et au bas- 
sin moyen de la Godaveri où il étend ses conquêtes sur le 
domaine dravidien. 

Outre ce territoire, l'indo-aryen occupe la moitié méridionale 



LES LANGUES INDO-ARYENNES .MODERNES 21 

de l'île de Cevlan, et cela depuis fort longtemps : en effet, la 
tradition bouddhique atteste que le commentaire pâli écrit par 
Buddhaghosa au v^ siècle est traduit d'un original singhalais ; 
d'autres témoignages permettent de remonter encore plus haut ; 
d'ailleurs les premiers documents authentiques du singhalais 
n'apparaissent qu'au x*^ siècle (v. Geiger, ch. I). On rattache ce 
langage aux dialectes de l'Inde occidentale [ibid-, ch. III) ; cepen- 
dant certains des traits qui servent à établir cette parenté, comme 
la conservation de v initial et géminé, ou celle des trois genres 
de la déclinaison, peuvent être considérés comme des archaïsmes 
au même titre que d'autres traits qui le séparent du même groupe, 
à savoir la conservation de n et/ intérieurs, de v initial et géminé, 
par où il rappelle le pâli et la mâgadhî. D'autre part la forma- 
tion de l'oblique sur l'ancien génitif sanskrit au singulier comme 
au pluriel ne se rencontre par ailleurs qu'au nord-ouest himalayen 
et en tsigane; surtout, la désinence de masc. plur. en -ahii, -o 
rappelle directement la mâgadhî ; et par la simplification de -uu- 
en-7/-le singhalais se sépare aussi du grouj)e occidental qui a dans 
ce cas n dental. Provisoirement cependant on peut considérer 
le dialecte singhalais dans la mesure où il n'a pas évolué tout 
à fait indépendamment des autres langues, comme se ratta- 
chant plutôt au groupe occidental qu'à un autre. 

Sur le continent aussi, l'indo-arven a dépassé les frontières de 
l'Inde. L'Asie centrale (v. sup. § 8) a rendu aux explorateurs des 
documents anciens dont une série au moins se révèle à l'analyse 
comme ayant pu réellement correspondre à un parler local. 
Aujourd'hui encore les Tsiganes parlent depuis la Perse et l'Ar- 
ménie jusqu'aux contins occidentaux de l'Europe des dialectes 
indiscutablement apparentés à la famille indienne. La date de 
leur émigration, ou de leurs émigrations, n'est pas connue d'une 
façon sûre ; la plus ancienne semble s'être faite au v*^ siècle de 
notre ère (v. de Gœje, Mém. sur les migrations des Tsiganes à tra- 
vers l'Asie) ; mais l'origine en est sûre : le tsigane est un parler 
du nord-ouest. Plusieurs traits le prouvent : le groupe consonne-|- 
r ne subsiste, la voyelle initiale du mot skr. ât)na- n'est tombée 
qu'en tsigane, en sindhi et dans les dialectes montagnards ; 
comme ces derniers dialectes (sauf le kaçmiri^, le tsigane a perdu 
l'ancien relatif y^;-. Le tsigane d'Europe, comme les mêmes dia- 
lectes, distingue encore la sifflante dentale s de s issu de s et ç, 



22 INTRODUCTION 

et conserve les groupes st, st : à vrai dire le tsig-nne dWrménie 
se conforme sur ces points à la règle prâkrite et suit l'indo-aryen 
de rinde (v. Finck, Die Sprache der Anneit. Zigenner, Mém. de 
VAcad. imper, de Saint-Pétersbourg, VIII, 5, §§ 57, 72, 73) : mais 
les dialectes himalayens et l'iranien même (v. Gauthiot, M. S. L., 
XVII, p. 157) présentent des variations analogues et attestent 
que dans la région du nord-ouest les lignes d'isoglosses ont pu 
s'entrecroiser de façon diverse. Un fait, qui isole le tsigane de 
tout le reste de l'indo-aryen (sauf le veron, un des dialectes les 
plus occidentaux du groupe himalayen, v. Grierson, Piç. lang., 
p. 19), le localise du même coup exactement sur la frontière 
iranienne : en tsigane, t ou d intervocaliques deviennent réguliè- 
rement / (ex. pbral, phal « frère » ; v. Miklosich, IX, p. 25) ; dans 
le dialecte arménien d inilial devient / aussi [lui « deux », las 
(( dix .), Ici « donner », v. Finck, ibid., § 73) ; or le passage de t 
à /, à l'initiale et à l'intervocalique, est un trait caractéristique 
des dialectes iraniens du nord-est, à quelque groupe qu'ils se 
rattachent (v. Gauthiot,/. As., 1910, I, p. 5i2 ; M.S.L., XVII, 
p. 158j. 

Aux parlers du nord-ouest se rattachent encore un assez grand 
nombre de petits dialectes himalayens, que l'isolement géogra- 
phique et le manque de littérature ont amenés non seulement à 
différer de l'ensemble de Findo-aryen, mais au&si à diverger fort 
entre eux. Ce sont ceux auxquels M. Grierson donne, impropre- 
ment sans doute, le nom de « piçâca modernes » (v. Grierson, The 
Pisâca lang., p. l et suiv. ; Z.D.G.M., LXVI, p. 49-86 ; cf. Meil- 
let, BuU.^Soc. Ling., XIV, p. ccxlin, .1. Bloch, B.E.F.E.-O., 1907, 
p. 116; Lacôte, £"^5^7 sur Guuàdhyâ et la Brhalkathà, p. 46 et 
suiv. ; Sten Konow, Z.D.M.G., LXIV, p. 95-118 ; Jarl Charpen- 
tier, KleineBeitr. lurindoir. Mythologie, Upsal, 1911, p. 1 et .suiv.). 
M. Grierson répartit ces parlers en trois groupes : à l'ouest les 
parlers du Kafiristan ; au centre, le xowâr, parlé dans la vallée 
du Chitral ; enfin le groupe oriental, parlé plus bas sur Flndus, 
à Gilghit, à Ghilas et dans le Kohistan, sur le Swat et au Gach- 
mire : le kaçmiri qui est le mieux connu de ces dialectes est aussi 
par un côté le moins instructif, car il s'est chargé d'éléments ira- 
niens et sanskrits nombreux et a servi de langue littéraire. 

§ 19. Entrons maintenant dans l'Inde proprement dite. Au 
xvi" siècle, suivant Abul Fazl, les langues qui dilfèrent assez 



LES LANGUES INDO-ARYENNES MODERNES 23 

pour que ceux qui les parlent ne se comprennent pas récipro- 
quement sont celles de Delhi, du Beng-ale, de Multân, du Mar- 
war, du Guzrate,du Teling-ana, du pays marathe, du Carnatic, 
du Sind, de l'Afghan (entre le Sind, Kâbul et Kandahâr), 
du Beloutchistan et du Gachmire (Ain i Akbari, trad. Jar- 
rett, III, p. 119). Eliminons les langues qui ne sont pas indo- 
arjennes et mettons de l'ordre dans celles qui nous intéressent : 
Abul Fazl trouve à 1" ouest une zone riche en parlers individua- 
lisés qui sont, en allant du nord au svid : kacmiri, penjabi, sindhi, 
g^uzrati, marathi ; le marwari sert de trait dunion entre ces par- 
lers et la langue de Delhi, c'est-à-dire l'hindoustani ; celui-ci 
couvre tout le bassin du Gange jusqu'au Bengale, où se localise 
le dernier dialecte mentionné. La linguistique moderne a pu com- 
pliquer cette carte: elle n'en a pas modifié l'aspect général (pour 
tout ce qui suit, v. surtout Grierson, The Languàges of India, 
§149 et suiv., et les volumes parus du Lingiiistic Siirvey of India). 

Partis de IHimalaAa occidental nous rencontrons d abord en 
descendant l'Indus le domaine du lahnda ou penjabi occidental. 
C'est en réalité un groupe formé de nombreux dialectes sans lit- 
térature et présentant des caractéristiques linguistiques qui les 
rapprochent à la fois du sindhi et des parlers himalayens ; cepen- 
dant le vocabulaire et la grammaire subissent l'influence de 
l'afghan à l'ouest et du penjabi à l'est — et par le penjabi, de 
l'hindi. 

Le sindhi occupe le cours inférieur de 1 Indus depuis son con- 
fluent avec le Panjnad ; il s'étend de plus sur la côte occidentale 
du Ran de Catch. Il comprend trois principaux dialectes : celui 
des nomades du désert de Thar, celui du Sind moyen, et celui 
du Sind inférieur ou lâru ; ce dernier sert de langue littéraire, 
et c'est celui que les grammaires décrivent sous le nom de sindhi. 

En suivant la mer, on rencontre ensuite le guzrati, puis le 
marathe. Le premier se parle autour du Ran de Catch, dans 
toute la partie laissée libre par le sindhi, au Guzrate, à Baroda 
et à Surat; aussi à Bombay. II a été cultivé très anciennement : 
une grammaire sanskrite rédigée en guzrati date de la lin du 
xiv*^ siècle, et depuis le xv'' siècle les œuvres poétiques abondent. 
Du reste la région a toujours été l'une des plus civilisées de 
l'Inde ; c'est à Girnar qu'on trouve à côté d'une inscription 
d'Açoka la première inscription en sanskrit ; c'est dans la même 



24 INTRODUCTION 

région que le jainismo florissant a développé la littérature prâ- 
krite et que l'un de ses maîtres, Hemacandra, au xii*^ siècle, a 
écrit la grammaire et le recueil de mots deçJ qui sont les docu- 
ments les plus riches sur le prâkrit. 

Au sud de Daman et jusqu'aux confins méridionaux de l'indo- 
aryen s'étend le marathe, sur lequel nous aurons à revenir. A 
l'est, et en remontant vers le bassin du Gange, on trouve un 
grand nombre de parlers qui se rattachent dabord au groupe 
occidental, puis ressemblent de plus en plus à l'hindoustani. Ce 
sont d'alîord dans la région montagneuse qui s'étend entre 
Ajmir et Nasik d'une part, Baroda et Indore de l'autre, les 
dialectes bhil, véritables patois guzrati que parlent des tribus 
de race munda. Puis une série de dialectes que M. Grierson 
groupe arbitrairement sous le nom de rajasthani ; les indigènes 
ne connaissent que les noms des parlers isolés, ou adoptent 
celui de marvari. Ce nom est proprement celui du dialecte qui 
occupe au nord-ouest des autres le plus grand territoire, est 
parlé par la population la plus nombreuse, et en particulier par 
une population commerçante dont le rôle est important dans 
toute l'Inde, enfin celui qui a fourni la littérature la plus 
ancienne et la plus abondante. Le marvari et le groupe qui le 
borne à l'est (dont le type est le parler de Jeypour) s'appa- 
rentent nettement au guzrati ; au sud-est le malvi ressemble 
déjà plus au bundeli ; et au nord-est le groupe mevati-ahirvati 
est tout proche de Thindi occidental. Ces parlers peuvent donc 
être considérés soit comme des dialectes du guzrati, soit 
comme constituant une zone de transition entre le Guzrate et 
l'Hindoustan. Du côté du sud seulement, c'est-à-dire du côté 
marathe, la frontière linguistique est assez nette. 

Vient ensuite le groupe central, qui occupe tout le bassin 
supérieur et moyen du Gange, et même une partie de l'Hima- 
laya : car les vallées en semblent avoir été colonisées par des 
conquérants venus de l'Inde gangétique et du Rajpoutana. A 
l'ouest de cette vaste région, le penjabi compte même dans 
l'usage populaire pour une langue ayant son individualité. En effet 
la morphologie en présente certains traits qui l'isolent des parlers 
de l'Hindoustan proprement dit et le rapprochent au contraire du 
penjabi occidental ; de même pour le vocabulaire. Mais les 
influences orientales ont aussi été très nombreuses, au point que 



LES LANGUES INDO-ARYENNES MODERNES 25 

la linguistique ne saurait provisoirement tirer grand parti de 
cette lang-ue. Pourtant la littérature des Sikhs en permettra peut- 
être une étude historique : car on sait que le penjabi est la 
langue des Sikhs et à ce titre peut s'entendre dans plusieurs 
régions de l'Inde et même hors de l'Inde, jusqu'en Chine. 

Le nom d'hindi s'applique dans l'usage populaire à toutes les 
langues parlées depuis le Penjab jusqu'à la Mahananda en plein 
Bengale, et de l'Himalaya à la Narbada. Nous avons déjà isolé de 
cet ensemble lesparlers du Rajasthan et ceux de l'Himalaya qui 
s'y rattachent. On répartit le reste en trois grands groupes : 
l'hindi occidental occupe le territoire compris entre la frontière 
du Penjab et Cawnpore ; l'hindi oriental va de Cawnpore à peu 
près jusqu'à Bénarès ; puis vient le behari, qu'on rattache plutôt 
au groupe de l'extrême-est. 

Le principal dialecte de l'hindi occidental est Thindoustani (ou 
mieux hindostânî), dont il a été question plus haut, § 10. On 
distingue en outre le bangaru, parlé à l'ouest de Delhi ; le braj 
ou antarbedi, qui occupe la région de Mattra, d'Agra et de 
Ganoje : ce dialecte, d'aspect archaïque, possède une abondante 
littérature, dont le plus ancien document est le Prithïraj Râsau, 
ou récit des exploits de Prithïraj Cauhân, le dernier roi de Delhi, 
tué par les musulmans en même temps que Cand Bardâï, le 
poète, en H 93; le même dialecte a servi plus tard à Surdâs (vers 
1550) et aux autres Vallabhacharyas qui chantaient Krsna et 
Râdhâ dans la langue même du pays où leur légende se localise. 
Enfin vient le bundeli, langue du Bundelkhand et de Gwalior ; 
elle est employée par les bardes qui chantent Alhà et Udal, les 
deux défenseurs de Parmâl, le roi de Mahoba et l'adversaire 
de Prithïraj. 

L'aw^adhi, parlé principalement entre Lakhnau, Allahabad et 
Aoudh est le dialecte le plus important de l'hindi oriental ; Aoudh 
est le centre de lalégende de Râma, et, par suite, l'awadhi est la 
langue de la poésie épique qui célèbre ses exploits. C'est avant tout 
le dialecte de Tulsi Dâs, le plus grand poète moderne de l'Hin- 
doustan (mort en 162i) ; c'est aussi celui dans lequel Mahani- 
mad Jàisï chanta la ruine de Chitaur sous les coups d'Alauddin 
Khilji dans la deuxième moitié du xvi^ siècle ; c'est enfin le dia- 
lecte de la version du Mahâbhru-ata la plus populaire dans l'Inde 
du nord. Au Baghelkhand et au Chattisgarh se parlent des dia- 
lectes se rattachant au même groupe, mais moins importants. 



26 INTRODUCTION 

Lebihari (que M. ILcrnle, se conformant à la classification indi- 
gène, appelait hindi oriental) se subdivise en trois dialectes. Le 
bhojpuri est le plus occidental; une des variétés du bhojpuri, qui 
confine à l'hindi, s'appelle par comparaison à cette langue purb'i, 
c'est-à-dire « orientale ><. A partir de Patna, le Gange sépare les 
deux autres domaines, au nord celui du maithili, au sud celui du 
magahi. De ces trois dialectes, celui de Mithila seul a un passé 
littéraire ; c'est notamment celui dans lequel Vidyâpati Thâkur 
chanta au xv'^ siècle Krsna et Râdhâ ; ses poèmes ont été adap- 
tés au bengali par les Vaisnavas et sont actuellement considérés 
comme faisant partie de la littérature bengalie. 

Restent les trois dialectes orientaux, le bengali, l'oriya et 
l'assamais, qui sont extrêmement semblables, au point qu on a 
voulu, à tort sans doute, considérer les deux derniers comme 
des sous-dialectes du premier. Tous trois ont une littérature 
ancienne : mais la plus riche, la plus belle et la plus popu- 
laire de toutes est sans conteste la littérature bengalie : les 
légendes pouraniques, puis la réforme de Caitanya, plus tard la 
vie de cour et la culture savante, persane et sanskrite, enfin 
l'influence de la religion et de la science européennes ont été les 
sources de cette littérature. L'influence en a d'ailleurs été très 
forte, et le vocabulaire bengali, tel au moins que les diction- 
naires et la plupart des livres le révèlent à l'étudiant européen, 
est chargé d'emprunts sanskrits et hindis au point (|ue pour la 
comparaison linguistique on en tire peu de profit. 

^ 20. Telles sont les langues modernes qui s'apparentent au 
marathe. Quelles sont leurs principales caractéristiques, et quel 
est le rapport marcjué par ces caractéristiques entre les langues 
modernes et le moyen indien ? 

C'est la morphologie surtout qui différencie ces langues ; or, 
abstraction faite pour certains points des parlers de l'extrême 
nord-ouest et du singhalais, qui ont divergé très anciennement, 
les formes reposent partout sur des types identiques, posté- 
rieurs au prâkrit. Les variations de la déclinaison dans les 
divers dialectes dépendent du fait qu'il y a trois genres ou deux, 
ou que la notion de genre s'est perdue ; du fait qu'il y a 
ou non un cas oblique, formé sur tel cas ancien ou tel autre ; 
elles dépendent ensuite de la forme des désinences, c'est-à-dire 
des formules de la contraction des groupes de voyelles finales ; 



LANGUES MODERNES ET MOYEN INDIEN 27 

enfin, du mot qui postposé à l'oblique constitue Fadjectif d'ap- 
partenance. Or, toutes ces variations remontent à un état par- 
tout semblable, qui dérive à son tour d'un état commun à toutes 
les formes du prâkrit. De même, la conjug-aison dans tous les 
dialectes repose sur des formes communes à tout le moyen 
indien. La seule différence ancienne qui semble avoir persisté est la 
répartition des formes d'absolutif, l'une propre à la çaurasenî et à 
la magadhi, en -ia, et l'autre, celle de la mâhârastrï, en -tilijani, 
-Hijain : mais il faut remarquer que d'une part le singhalais, le 
sindhi et le guzrati s'accordent avec le groupe central et oriental, 
et que d'autre part il n'est pas sûr que la forme marathe -un 
continue exactement la désinence du prâkrit mâhârastrï. Ainsi 
l'unique répartition dialectale moderne qui paraisse remonter à 
une variation ancienne n'est pas claire. 

Aussi bien, on sait que ce n'est pas la morphologie, mais la 
phonétique qui sépare les prâkrits tel que nous les connaissons. 
Quelles sont donc les principales lignes d'isoglosses de l'indo- 
aryen moderne? Ici encore il faut mettre à part tout d'abord le 
groupe du nord-ouest dont les caractéristiques : conservation d'une 
sifflante chuintante à côté de la sifflante dentale, conservation de 
st et st, passage de sm à ss (au lieu de w/;), altérations des occlusives 
suivant une nasale, n'ont jamais été notées en prâkrit classique 
[sm > 5i uniquement dans bhasma et la désinence -siiiin, v. Pis- 
chel, § 313 ; nt >> )id est donné comme mâgadhï, ibid., § 275). 

Les autres dialectes modernes offrent dans les traitements de 
skr. ,;-, ks, r + dentale, dentale + i'. une confusion qui reproduit 
la confusion déjà révélée par les documents anciens, et où seule une 
analyse subtile permet d'entrevoir une géographie préhistorique. 
Essayons sur d'autres phonèmes : les voyelles finales, partout 
tombées, subsistent en kaemiri, en singhalais, en sindhi, etc. ; 
le groupe de voyelle brève + consonne double subsiste tel quel 
en singhalais, sindhi, penjabi, hindi occidental, et ailleurs 
devient voyelle longue -\- consonne simple ; en guzrati, sindhi 
et rajasthani a/< et ai intérieurs se contractent en o et ^ ; les lois 
de la contraction des voyelles diffèrent selon les langues. On voit 
que la phonétique des voyelles ne montre que des variations de 
date récente. Le sort des consonnes apparaît d'abord plus inté- 
ressant, et les racines des phénomènes contemporains semblent 
plonger dans le passé ; mais peu de cas sont décisifs. A v issu 



28 INTRODUCTION 

de V initial ou géminé en sin^-halais, en tsigane arménien, en 
penjabi, sindhi, guzrati, rajasthani et marathe, correspond b en 
tsigane d'Europe, en hindi et dans tout le groupe oriental (le 
nord-ouest himalayen présente à la fois v et b) ; la présence 
en pali de bb issu de vy, lu, etc. semble prouver que la réparti- 
tion a des origines anciennes ; mais le reste du moyen indien 
a partout v et tout se passe comme si le passage de v à b était 
moderne ; d'ailleurs la répartition du même phénomène en dra- 
vidien semble indiquer que l'évolution i; > /; pourrait être indé- 
pendante dans les divers dialectes : on sait que v initial conservé 
en télougouet en tamoul, est devenu b en canarais: or lecanarais 
est situé à l'ouest du télougou. Dans tout le groupe occidental du 
continent et dans l'hindoustani cpi'on parle dans le Doab gangé- 
tique supérieur, ;z et / intervocaliques se sont cérébralisés, tandis 
qu'ils subsistaient à l'est de cette zone ; or en prâkrit la cérébrali- 
sation de / n'est notée qu'en paiçâcî, c'est-à-dire dans un dialecte 
non identifié ; et la même paiçâcî est le seul prâkrit qui conserve 
régulièrement ;/, cérébralisé à l'initiale partout ailleurs (excep- 
tion faite pour quelques restaurations récentes en prâkrit 
jaina). Le sort des sifïlantes est peut-être le seul phénomène sur 
lequel nous avons à date ancienne des notions claires, quoique 
partielles ; car la conservation des deux sifïlantes, qui caracté- 
rise le nord-ouest, n'est notée nulle part en moyen-indien, et le 
seul cas analogue que fournisse le prâkrit dhakkî comporte une 
formule différente (au nord-ouest 5 > J, ^ et f > i; en dhakkî s 
et j > 5, f > f ; V. Pischel, § 228). D'une façon générale, le 
prâkrit a uniformisé très tôt toutes les sifïlantes, sous la forme 
s k l'ouest et dans le centre, sous la forme ç à l'est (v. pour la 
mâgadhi, l'inscription de Ramgarh citée par M. Lûders, Bruch- 
sliicke, p. il, et Pischel, § 229) ; or on sait que sauf dans le 
nord-ouest et abstraction faite de quelques variations posté- 
rieures en marathe et en guzrati, tout lindo-aryen occidental et 
central a confondu les sifflantes et ne possède que s dental ; 
tandis que dans le groupe de l'extrême-est (sauf le bengali du 
nord-ouest), l'unique sifflante est f. 

Inversement les différences dialectales notées dans les prâ- 
krits classiques ont à peu près toutes disparu dans les langues 
modernes : ainsi les occlusives intervocaliques restées occlusives 
(sonores) en çaurasenî et partiellement en mâgadhî ont perdu 



EXISTENCE d'une LANGUE COMMUNE 29 

toute occlusion (sauf bien entendu dans les tatsamas ou semi-tat- 
samas) ; y initial et géminé de la mâgadhi est devenu j sur 
l'ancien domaine de la mâg-adhi comme partout ailleurs : les 
désinences différentes en tombant ont généralement éliminé 
les différences morphologiques, etc. Tout se passe donc comme 
s'il y avait eviun moyen-indien commun, comportant tout au plus 
comme toute langue commune la survivance de quelques varia- 
tions dialectales. Sauf quelques altérations phonétiques aisément 
définissables et quelques indications, d'ailleurs obscures et rares, 
sur des formes grammaticales spéciales, on peut grouper tous 
les faits en une série historique unique et les utiliser pour 1 his- 
toire d'une langue indo-aryenne quelconque, pourvu qu'elle se 
localise à l'est de l'Indus. 

§21. Il est d'ailleurs permis de penser que cette uniformi- 
sation des langues de llnde du nord, telle qu'elle apparaît dans 
les écrits, répond à un phénomène historiquement réel. Le mor- 
cellement social que nous révèlent les documents védiques et 
les traditions se rapportant au bouddhisme primitif fait bien- 
tôt place à une civilisation que des phénomènes politiques et 
religieux tendent de plus en plus à unifier. Les Mauryas 
fondent les premiers un grand empire qui va du Penjab au Ben- 
gale et au Maïsour ; après eux le centre de la domination se 
déplace, mais les Scythes occupent le Rajpoutana et l'Hindous- 
tan ; les monnaies de Kaniska se rencontrent jusqu'à Ghazipour, 
plus bas que Bénarès sur le Gange (v. V. Smith, Early hist. of 
India^ p. 226) ; au iv*^ siècle, Patna redevient sous les Guptas la 
capitale d'un grand empire qui s'étend jusqu'à la Narbada, et 
même (sous Samudragupta) couvre toute l'Inde ; trois siècles 
après, Harsa de Canoje réunit sous sa domination le même ter- 
ritoire. Viennent enfin les musulmans, dont les premiers pro- 
grès provoquent la formation de confédérations hindoues, en 
attendant que leur domination, s'étendant à toute l'Inde du nord, 
assure le prestige de la « langue de Delhi ». On ne saurait s'exa- 
gérer l'importance des mélanges de vocabulaire qui ont pu 
résulter de ces empires successifs dans les différentes provinces : 
les centres d'influence erraient d'un bout à l'autre de l'Inde. 
Entre le magadhien d'Açoka et l'ourdou d'Akbar, d'autres 
langues administratives ont dû exister ; nous n'en connaissons 
guère qu'une seule, le sanskrit, et l'influence en a en effet été 



30 1NTR0DUCTI0> 

énorme ; mais il est présumable aussi que des documents plus 
éphémères (jue les inscriptions ont dû refléter de plus près les 
langues réelles des conquérants, oa du moins des agents et des 
scribes nomades de leur administration. Ce n'est pas tout : après 
le bouddhisme, le brahmanisme renaissant a unifié l'Inde. Il 
a installé partout le sanskrit et le système des castes. Comme 
au théâtre les prâkrits, dans la vie réelle les dialectes des castes 
différentes s'étagent par rapport au sanskrit, mais en même 
temps tendent à s'en rapprocher, c est-à-dire à s'en infiltrer ou 
à l'imiter. Qu'on ajoute à tout cela les récitations des bardes 
errants, venus de difTérents points ou chantant en dialectes diffé- 
rents, et les voyages, si fréquents dans l'Inde, des pèlerins, des 
commerçants, des soldats : on aura quelque idée des influences 
qui ont dû agir au moyen âge pour la formation d'une langue 
commune. 

§ 22. Cette langue commune, dont nous venons de recon- 
naître la nécessité théorique et la vraisemblance historique, s'ar- 
rête aux prâkrits proprement dits. Certains savants pensent 
pouvoir la reporter plus bas, utiliser au même titre d'autres 
documents transmis notamment par Hemacandra sous le nom 
d'apabbraiiiça (v. p. ex. Grierson, P/;o«., p. 393) ; mais lapabhramça 
dont nous disposons est en réalité un document dialectal qui ne 
concerne pas un territoire aussi étendu que le prâkrit, et qui, en 
particulier, n'a rien de commun avec le marathe. 

Dans les traités de grammaire ou de rhétorique le mot 
apabhramça désigne une forme incorrecte au point de vue de la 
grammaire sanskrite : çàstresu samskrtâd anyat, dit Daiidin 
(Kâvyâdarça, I, 36 ; cf. Pischel, i^ 4) ; et c'est ainsi que l'em- 
ploient avant Daudin, Patai^jali (dans le passage cité par Bhan- 
darkar,/. A. S. Bomb., XVI, p. 331 et Pischel, § 8) et après lui 
"Vâmana (dans la règle ; pilrvanipàte 'pabbraniço raksyah « un com- 
posé où l'ordre des termes est incorrect doit cependant être 
admis » V. 2. 21). Dans le drame et la poésie en général 
— kàvye^ii, dit Daudin au même endroit — l'apabhramça est une 
langue locale admise à l'emploi littéraire ; mais cela n'est per- 
mis qu'avec les sélections nécessaires : l'apabhramça est, selon 
Vâgbhata (cité par Pischel, § i)yac chuddham tattaddeçesu bhâfitam ; 
c'est-à-dire en somme un patois épuré. De là vient que non seu- 
lement les formes de rapabhrainça présentent un aspect très 



l'apabhramça 31 

récent comparativement aux prâkrits, mais qu'on a même sou- 
vent l'impression qu'elles s'expliqueraient mieux par les formes 
contemporaines que par les anciennes ; on se demande souvent 
si elles ne sont pas une transcription stylisée des langues 
modernes plutôt qu'un aboutissant du prâkrit (par exemple dans 
les désinences de g-én. sing-. -aha, gén. plur. -ahaiii, loc. -ahiiii^ 
3^ plur. -ahiiii). 

Il résulte de cette seconde définition de l'apabliramça, qu'il 
peut y avoir en principe diverses espèces d'apabhramça corres- 
pondant aux divers prâkrits. Cela est en effet communément 
admis ; et il est possible que plusieurs d'entre ces variétés aient 
été cultivées : car la littérature en apabhraniça est ancienne ; 
l'école bouddhiste des sammitïya s'en servait, dit une tradition 
tibétaine (Wassilief, Buddhismiis, p. 267) et en effet on possède des 
stances bouddhiques en apabhraniça, d'ailleurs tardif (v. Bendall, 
Muséon, 1903, p. 376, 1904, p. 245 etsuiv.) ; peut-être Kâlidâsa 
s'en est-il servi (v. Pischel, § 29) ; en tout cas au début du 
vi^ siècle, le roi Guhasena de Valabhi se vante de son talent 
d'écrivain dans les trois langues, sanskrit, prâkrit et apabhramça. 
Mais nous n'avons de ces différentes variétés d'apabhramça 
aucun document utilisable ; les seuls dont nous puissions faire 
état se rapportent précisément à la région de l'Inde où régnait 
Guhasena. En effet les noms de uâgara et de vrâcada, donnés par 
les grammairiens du prâkrit, nous reportent au Guzrate et au 
bassin inférieur de l'indus (v. Pischel, § 28 ; Grierson, L. S. I. 
Raj., p. 327). D'autre part c'est du guzrati et des formes 
archaïques de l'hindi que M. Bhandarkar rapproche l'apa- 
bhramça que nous connaissons (/, A. S. Bouib-, XVI, p. 39); et 
en effet, plus vaste ou plus étroit, le domaine des phénomènes 
qui correspondent aux caractéristiques de l'apabhramça laisse 
toujours le marathe à l'extérieur. La conservation de r après 
consonne, le passage de .j à ^ ne se rencontrent guère qu'en 
guzrati, en sindhi et au nord-ouest. L'assourdissement de -ain 
final en -//;// (Pischel, § 3ol, 352) explique la désinence de nom. 
sing. neut. -///// du guzrati, non la désinence correspondante -ein 
du marathe (cf. J:; 36). Les pronoms possessifs ap. iiiabâra, 
fiihâra, anihàra ou hamàra, tohâra sont en usage presque partout, 
même en tsigane, mais manquent en singhalais, dans l'Hi- 
malaya occidental, en sindhi et en marathe. Dans le verbe. 



32 I.NTUOUUCTION 

les désinences de 2'' pers. sinj^^. -ahi (pkr. -asii, plur. -ahii ipkr. 
-aha) correspondent à celles de bjute llnde du nord, sauf" roriy.i 
et le marathe; Tabsolutif remonte partout à apabhr. -/ (çaur. -ia, 
skr. ya), sauf en marathe ; de même la désinence si obscure de 
3" plur. -abini (v. J. Bloch, /. As., 1912, 1, p. 33ij occupe le 
Guzrate et tout l'Hindoustan, laissant encore en dehors loriya 
et le marathe. 

§ 23. De ce qui précède, il résulte qu'on peut, pour étudier 
le marathe, se servir dans certaines conditions de tous les 
documents du moyen indien, à l'exception de Tapabhramça qui 
est, tel au moins (|ue nous le connaissons, un dialecte plus récent 
et entré dans la littérature après la séparation du marathe et des 
autres dialectes. 

Il faut ajouter qu'on a d'autant plus le droit de rejoindre le 
marathe et le moyen indien que la forme du moyen indien 
marathe est celle qui a servi de base à la littérature pendant 
plusieurs siècles. En effet les grammairiens nous en avertissent : 
du jour où il s'est constitué au Mahilrâstra un prâkrit servant à 
la poésie lyrique, la vieille prééminence de la çauraseni admise 
par Bharata tend à disparaître ; c'est la mâhârâstri qui est selon 
Dandin ( vi*" siècle) le meilleur prâkrit ; et c'est en elfet le dia- 
lecte que les grammairiens prennent pour base de leur descrip- 
tion : pour eux, prâkrit veut dire prâkrit mâhârâstri (v. Pischel, 
§2). La continuité entre le prâkrit et le marathe se marque 
même d une façon précieuse dans le recueil de deçl de Hemacan- 
dra : ce grammairien était établi au Guzrate, et, de fait, un fort 
grand nombre des mots qu'il a signalés se retrouvent dans le 
vocabulaire du guzrati et du marathe. 

^24. Il reste à définir le marathe lui-même et à indiquer 
rapidement quels documents ont été utilisés pour l'étudier. 

Le marathe occupe en gros la partie de la côte maritime et 
du haut bassin des rivières orientales formant un triangle dont 
la base serait la côte qui s'étend de Daman à Karwar et dont 
le sommet serait situé au centre de la région comprise entre 
Nagpur, Jabalpur et Raipur, ou au pied des montagnes qui 
séparent les bassins supérieurs delà Waiganga et delà Narbada. 
Il confine du côté sud au domaine dravidien — canarais, 
télougou, gond — , du côté du nord il rencontre sur la côte le 
guzrati, puis en remontant vers les monts Satpura, les dialectes 



LE MARATHE 33 

bhil, le malvi, c'est-à-dire le rajasthani, le bundeli, c'est-à-dire 
l'hindi occidental, le chattisgarhi, dialecte de l'hindi oriental, 
enfin l'oriya. 

Cette contrée, quia toujours été en communication avec l'Inde 
du nord, a cependant toujours conservé une certaine indépen- 
dance. Au temps de l'xVitareya bràhmana les Andhra sont en 
dehors du monde aryen. Et en elfet nous trouvons en marathe 
des traces nettes d'un substrat dravidien local : indépendam- 
ment de la catégorie des cérébrales et de l'absence de spirantes 
qui sont traits communs à toute l'Inde dès l'antiquité, et de la 
constitution du cas oblique auquel s'adjoig-nent des postpositions 
semblables pour les deux nombres, enfin du fait que le génitif du 
nom est un véritable adjectif — traits communs à tout l'indo- 
arj^en moderne (v. L. S. /., Miinda-drav. p. 280, 291), il faut 
noter dans le marathe deux particularités phonétiques qui le dis- 
tinguent du reste de l'indo-aryen et se retrouvent dans les 
langues dravidiennes contiguës : la première est la perte du 
caractère chuintant des semi-occlusives palatales devant les 
voyelles postérieures, qui rapproche le marathe dvi télougou ; la 
seconde est la diphtongaison de e- et o- initiaux prononcés ye- 
et wo- (dans le cas de g-, l'orthographe admet fréquemment jf- ; 
le verbe ye- « aller » est toujours ainsi écrit ; cf. Molesworth, 
préf. p. xiv) : c'est là un trait commun à toutes les langues dra- 
vidiennes. A vrai dire, la diphtongaison de g et o se rencontre 
même à l'intérieur du mot dans certains dialectes du Concan 
(v. L. S /. , Mar., p. 65, 137) : les deux phénomènes semblent 
indépendants l'un de l'autre. 

Situé sur la frontière du monde aryen, le Dekhan ne tarde pas 
à s y englober : Açoka compte les xAndhra parmi ses vassaux 
bouddhistes ; et cent ans plus tard le roi du Kalinga, Kharavela, 
lait allusion à la puissance militaire du Satakani, son voisin à 
l'ouest; du reste Pline mentionne en bon rang les Andarae, 
dont il décrit hi puissance, les trente villes fortes, les nombreux 
villages, l'armée comprenant cent mille fantassins, deux mille 
cavaliers, mille éléphants. La dynastie des Çâtakarni règne 
plusieurs siècles à Paithan ; les fondations pieuses qu'elle mul- 
tiplie sont un signe de sa puissance et de sa richesse ; un 
moment ébranlée par les Ksatrapa, elle reprend pied avec Gota- 
miputa qui règne sur le Concan, le Dekhan et le Malva. C est 
La formation de la langue maralhe. 3 



34 IMUUDl (JTION 

SOUS cette dynastie que le prakiit local se constitue en langue 
littéraire ; à lun de ses rois, Ilala, on attribue la célèbre antholo- 
gie des Sept cent stances en mâharâstrl, la Satiasai ; au même 
roi se rapporte la légende de Gunâdhya, créateur du prâkrit pai- 
çâci [y. Lacôte, Essai sur Gnnâdhya... p. 27 et suiv.). Naturelle- 
ment, où le prâkrit se cultive, fleurit aussi le sanskrit : Çarva- 
varman, l'auteur présumé du Kalantra, est ministre d un Çàta- 
karni ; et cest à un roi de la même dynastie qu'est adressée la 
Sulirllekhâ de Xagarjuiia, le fameux docteur du Grand Véhicule. 
Après la ruine des Çâtakarni, l'histoire du Dekhan reste obscure 
pendant plus de trois siècles ; à la fin de cette période les Calukya 
installés à Badami dominent le pays jusqu'à la mer; l'un deux, 
Pulikesi II, arrête sur la Narbada (vers 620) les armes partout 
ailleurs victorieuses de Harsa, lempereur de l'Inde du nord ; 
Hiouen-Tsang, qui visite le pays à cette époque, note la puis- 
sance du royaume de Mahûrâstra (Mo-ho-la-tch a) et 1 ardeur 
guerrière des habitants. Mais bientôt Pulikesi lui-même est vic- 
time des conquérants du sud; et après lui, les dynasties se suc- 
cèdent — derniers Càlukya de Badami, Râstrakûta de Nâsik et de 
Malkhed, Calukya de Kâlyan, Yàdava de Devagiri — en guerres 
perpétuelles, où les frontières se resserrent et s'accroissent tour à 
tour : mais tous, en somme, maintiennent au nord la limite fixée 
par Pulikesi. 

Les dialectes parlés au sud de cette frontière constamment 
défendue avaient donc quelque chance de subir, moins que 
d'autres, les infiltrations venues de la langue de l'Hindoustan ; 
plus tard on a noté que la résistance des Marathes à l'influence 
de Delhi a été assez forte pour que l'apport hindi et surtout per- 
san ait été comparativement faible dans leur langue (v. Ranade, 
Rise of the Maralha power, p. 27 et suiv.). D'autre part, à l'inté- 
rieur même du Dekhan, l'instabilité des dynasties et le déplace- 
ment perpétuel des centres d'influence ont dû contribuer très tôt 
à la formation dune langue commune composite ; par suite, 
malgré l'unitication administrative réalisée plus tard par Çivaji 
et ses successeurs et qui a imposé plus particulièrement le dia- 
lecte de Pouna, on s'explique que le vocabulaire et la phonétique 
du marathe trahissent des mélanges renouvelés à toutes les 
époques et n'oifrent pas l'aspect relativement cohérent dune 
langue reposant sur un dialecte prédominant. 



Li: MARATHE 3o 

Il va sans dire qu'en marathe comme ailleurs, l'influence du 
sanskrit, forte à toute époque, n'a fait (ju'aug-menter avec le 
tem])s; M. Bhandarkar observe que la principale raison de l'obs- 
curité des vieux poètes provient de la substitution d'emprunts 
sanskrits aux mots ayant évolué naturellement, ainsi gaiiibhîr 
« profond », nâtb « maître », prasâd « faveur » ont remplacé 
S^abint, imh, pasâwj. A. S. Bomh. XM, p. 2o9). La prononciation 
elle-même s'est adaptée à la phonétique sanskrite ; et les Marathes 
sont capables d articuler correctement des phonèmes que le 
marathe proprement dit a perdus comme r; ks et les autres 
groupes de consonnes (sauf jn devenu dh). Naturellement l'élé- 
ment sanskrit sera passé sous silence dans ce travail destiné non 
à la description d'une langue, mais à l'histoire de sa formation. 

J5 23. Le dialecte marathe qui sert de langue commune est 
celui du deç^ c'est-à-dire de la région comprise entre les Ghats et 
la frontière du Berar. C'est le centre politique du ]SIahâiâstra à 
toutesles époques : c'est de là aussi que sont sortis la plupart des 
poètes marathes. Ne citons ici que ceux dont les textes ont été 
utilisés. Dnândev est né à Alandi près de Pouna; c'est l'auteur 
de la Jnâneçvarî, commentaire versifié de la Bhagavadgïtâ ; ce 
poème, écrit en 1290, est le premier texte littéraire marathe dont 
la date soit sûre. Nâmdev, peut-être aussi ancien que Dnândev, 
écrivait dans une langue moins archaïque ; il résidait à Pandhar- 
pur, à proximité du dieu ^ ithoba. l'inspirateur de ses hymnes. 
De même Eknâth, qui revisa le texte de la Jnânecvari en lo84, 
était un brahmane de Paithan. Tukâràm (1608-1049), le plus 
grand et le plus populaire de tous, était de Dehu, près de 
Pouna. 

Le dialecte du deç est donc parlé par les classes cultivées 
sur tout le territoire marathe, et représente le marathe dans le 
reste de l'Inde, par exemple à Bijapur en territoire canarais, ou 
même à Tanjore, en plein domaine tamoul, ou encore à la cour 
des princes de Baroda et d'Indore. A côté de ce dialecte il existe 
nombre de patois dont l'individualité est marquée par les noms 
qu'ils reçoivent dans l'usage indigène. Il est inutile de les énu- 
mérer et de les décrire ici en détail : cela est fait, avec l'abon- 
dance d'information que l'on sait, dans le volume du Lingiiislic 
Siirvey of India consacré au marathe d'où la plupart des rensei- 
gnements donnés ici sont tirés. 



36 INTRODUCTION 

Du reste tous ces parlers sont fort voisins les uns des autres, 
et les seuls qui se disting-uent assez nettement de la langue 
commune sont ceux du Goncan, ou du moins, d'une partie 
du Concan. M. Grierson distingue à l'ouest des Ghats deux 
groupes de parlers: au nord et au centre, le marathe du Concan ; 
les formes dominantes en sont le parbhi ou dialecte des Prabhu 
parlé de Daman à Bombay et le sangameçvari ou langage de San- 
gameçvar (près de Uatnagiri), parlé de Bombay à Rajapur ; le 
second groupe est le concani proprement dit : les variétés les 
plus connues en sont les parlers de Goa, de Malwan et celui des 
brahmanes Ghitpavan de Ratnagiri. Par ses caractères géogra- 
phiques et par sa population (les Prabhu, les Koli, les Thâkur 
se retrouvent au Guzrate) le Concan s'apparente à la région de 
Surat et au Guzrate; il en est de même pour la langue. Les traits 
communs sont plus frappants et nombreux dans le sud. Signalons 
ici le nom. sing.-masc. en -o (mar. commun -â), les plur. neut. 
en -àm (mar. com. -ein), le pronom de l'^'^pers. sing. hâmv (mar. 
com. nn), l'infinitif en -iiin (mar. c. -uem). Le « marathe du Con- 
can)) ignore ces particularités ; mais il a encore en commun avec 
le concani et le guzrati une grande part du vocabulaire, et une 
construction exceptionnelle du temps passé du verbe. 11 semble 
donc que le Goncan soit en principe une région intermédiaire 
entre le Guzrate et le Dekhan ; liniluence du parler du deç, parti- 
culièrement forte dans la région septentrionale etcentrale, masque 
cette parenté primitive du concani et du guzrati. 

§ 20. Héritier direct du prâkrit, resté relativement pur d'in- 
fluences étrangères, représenté par une littérature abondante et 
partiellement assez proche de la langue parlée, le marathe pré- 
sente de plus, pour l'étude, l'avantage pratique d'être bien connu. 
Le dictionnaire de Molesworth, qui est en réalité l'œuvre d une 
commission de lettrés indigènes, est le meilleur dictionnaire que 
nous possédions encore d'aucune langue indo-aryenne moderne ; 
le vocabulaire en est très riche, et il contient de plus, outre 
une partie étymologiijue. d'ailleurs incomplète et naturelle- 
ment insuffisante, des indications précieuses sur l'origine dialec- 
tale ou sociale des mots cités, ou sur leurs sens particuliers dans 
les dialectes. En y ajoutant les grammaires de Joshi et de Naval- 
kar, qui sont au moins aussi bonnes qu'aucune des grammaires 
écrites en langage indigène, et les documents si abondants du 



l'étude du -mahathe 37 

Lingitistic Siirvey, on possède un ensemble de données suffisantes 
et facilement vérifîables par un lecteur européen : la partie des- 
criptive de ce travail s'en trouvait allégée d'autant. 

Dans ces conditions, il a paru que sans attendre de l'érudition 
locale les études dialeetologiques ou philologiques dont les résul- 
tats apporteraient cependant plus de sécurité dans beaucoup de 
questions, un étudiant européen pouvait utilement mettre à profit 
les progrès accomplis par l'indianisme depuis le temps oîi Beames 
inaugurait la grammaire comparée de l'indo-aryen moderne et 
où M. Bhandarkar dans ses Wilson lectures i^nidUi le premier effort 
pour embrasser d'ensemble toute l'histoire de l'indo-aryen ; pour 
ne parler que du langage, on sait assez, et l'on verra plus bas à 
chaque page, combien la documentation s'est enrichie et la 
recherche facilitée par l'apparition de la grammaire prâkrite de 
Pischel et par les multiples travaux dus à la plume ou à l'ins- 
piration de M. Grierson. La linguistique générale a aussi évolué 
pendant le même temps; et de nouveaux points de vue per- 
mettent de voir un peu plus clair dans l'histoire des langues 
indo-aryennes, ou du moins d'y poser les problèmes d'une façon 
plus précise. 

On verra plus bas la liste des principaux ouvrages ou documents 
utilisés dans ce travail ; mais c'est ici le lieu de rappeler que je 
ne me suis pas borné à consulter des livres. M. R. G. Bhandarkar a 
obligeamment ajouté à ses encouragements le prêt du manuscrit 
de sa dernière Wilson lecture^ malheureusement encore inédite : si 
je ne l'ai pas citée généralement, c'est que le principal en a passé 
dans la grammaire de M. Joshi, qui a pu consulter aussi cette 
conférence. Outre M, Bhandarkar, MM. V. B. Patwardhan, 
V. K. Rajwade, P. R. Bhandarkar, T. K. Laddu, d'autres savants 
marathes encore mont aidé de diverses façons. En les remerciant 
ici d'un mot trop bref, je n'oublie pas que si j'ai pu mettre leur 
savoir à profit, c'est grâce à deux missions successives de l'Ecole 
Française d'Extrême-Orient. 

En Europe aussi j'ai plus d'une obligation. Mais je ne veux 
nommer ici que mes maîtres Sylvain Lévi et A. Meillet ; c'est 
sur leur enseignement que ce livre se fonde, et c'est à leurs 
encouragements et à leurs conseils qu'il doit d'exister. 



BIBLIOGRAPHIE 



§ 27. Les livres ou textes les plus souveat utilisés ou cités en 
abrégé dans celte étude sont les suivants : 
Pour l'indo-européen : 

Meillet. Introduction à l'étude comparative des langues 
indo-européennes, '}'' édition. Paris, ;i9l2 (Meillet, Iiilrod.). 
Pour lesanskrit: 

J. Wackernag-el. Alliiidisrbc Graïuiiiatik, I et II, 1. Gôttingen, 
1806-190."). (L'indication : Wackernagel désigne le premier 
volume). 

W. D. Whitney. A Sanskrit graiiniiar, 3d éd. Leipzig-Lon- 
don, 189G i Whitney . 

.1. S. Speyer. Fediscbc iind sanskrit Syiila.x (Gntndriss der indo-ari- 
schen Philologie). Strassburg, 189(3. 

Uhlenbeck. Kiir-gefassles Etyniologiscbcs ÎVôrterbnch der Allindi- 
schenSprache, Amsterdam, 1898-1899. 

A. ^^'alde. Lateiiiischcs etyiiioJogisches IFôrlerbiich, 2. Aufl. Hei- 
delberg, 1910. 

Pour le moyen indien : 

E. Senart. Les inscriptions de Piyadasi, 2 vol. Paris, 1881- 
1886, (Senart). 

0. Franke. Pâli niid Sanskrit. Strassburg, 1902. 

E. Mùller. Pâli grammar. London, 1884. 

H. Lûders. Bmchstiicke huddhistischer Drainen. Berlin, 1911, 
( Lûders , Brnchstiïcke ) . 

R. Pischel. Gr animal ik der Prahit-Sprachen. [Grundriss der indo- 
ar. Phil.). Strassburg, 1900 (Pischel). Les recherches dans cet 
ouvrage sont grandement facilitées, grâce au travail de Don 
M. de Zilva Wickremasinghe, Index of ail the Prakrit words occiir- 
ring in PischeJ's « Grammatik der Prakrit Sprachen » ; reprinted 
from the « Indian Antiquary ». Bombay, 1909. 

R. Pischel. Materialien :(ur Kenntniss des Apabhrainça (Abh. der 
Kgl. Ges. Wiss. Gôttingen, Phil.-Hist. Kl., Neue Folge, V, 4). 
Berlin, 1902. (Pischel, Materialien). 

R. Pischel. The Deçinânmniâlâ of Hcinacandra. Part I. Text and 



BIBLIOGRAPHIE 39 

critical notes. Bombay, 1880; pour plus de commodité on a cité le 
commentaire ; les chiffres se rapportent à la page et à la lig-ne 
de l'édition de Pischel. 

H. Jacobi. Aiisgeiuàhlte Er:^àhîimgen in Màhàrâstrh Leipzig-, 
1886 (Jacobi. Ausgeiv. Er^. ; les paragraphes renvoient à l'intro- 
duction grammaticale). 

Pour les langues modernes : 

Ouvrages ou articles généraux : 

J. Beames. A comparative, grammar of the modem aryan langiia^es 
ofindia: to luit, Hindi, Panjahi.Sindhi, Guxarati, Marathi, Oriyaand 
BangaJi; 3 vol. Loudon 1872, 187.3. 1879 (Beames). 

R. Hœrnle. A comparative grnmmar of the Gaudian langnages, 
luith spécial référence to the Eastern Hindi. London, 1880 (Hœrnle). 

R. G. Bhandarkar. Wilson Lectiireship : Development of'Language 
and of Sanskrit ; Pâli and other dialects of the Period ; Relations hetiueen 
Sanskrit, Pâli, the Prâkrits and the Modem Vernactilars ijoiirn. of 
the Bombay hranch of the Roy. As. Society, vol. XVI, p. 243-34.5) ; 
— The Prâkrits and the Apahhramsa (ihid. vol. XVII, p. 1-48). Cf. 
Introd. § 26. 

G. A. Grierson. On the Phonology ofthe Modem Indo- Aryan Verna- 
culars;Z. D. M. G., XLIX, p. 393-421 ; L., p. 1-42 fGrierson, 
Phon.). 

G. A. Grierson. On certain suffixes in the Modem Indo- Aryan Ver- 
naciilars, K. Z., XXXVIII. p. 473-491. (Grierson, Suffixes.) 

G. A. Grierson. On the Radical and Participial tenses of the modem 
lndo-AryanLanguages;f. S. As. Beng. LXIV, 1893, p. '332-373. 

G. A. GvieTson. The languages of India : heing a reprint of the chapter 
on languagcs contributed... to the Report on the Census of India, ipoi . 
Calcutta, 1903. 

Pour les langues autres que le marathe : 

G. A. Grierson. Linguistic Survey oj India, en cours de publica- 
tion. En ce qui concerne les langues indo-arvennes, ont déjèi 
paru, en dehors du volume consacré au marathe, les volumes 
suivants : 

Vol. V. Eastern group : Pt. I, Bengali and Assamese languages; 

Pt. II, Bihari and Oriya languages ; 

Vol, VI. Médiate group '.Eastern Hindi langiiage ; 

Vol. IX. Central group.. Pt. II, Rajasthànï and Gujarati lan- 

[gtiages ; 



40 RIBI.IOGRAPHIE 

Vol. IX. Pt. III, Bhll langiiagcs, incliiding Khândesi, Banjàrl or 
Labhàn'i, Babnlpia, de. 

Rasamay Mitra aiitl H. X. Ghosal, A dictionary of the bengalee 
language; vol. I, Bengali and English, abridged from Dr. Careys 
quarto dictionary, 12th éd. Calcutta, 1906. 

Ramakamala Vidyalankâra, the Prakritibada or an illustr. etymo- 
logical diclionarx of the Sanskrit and Bengali langnages ; oth éd. 
thoroughly revisod, improved and enlarg^ed h\ Shyamâ Churan 
Karmakara. Calcutta, 1901. 

G. A. Grierson. An Introduction to the MaithilJ dialect of the 
Bihàri ians^nage... Part I, Graininar, J. and Proc. of the As. soc. Ben- 
gal, vol. V, ext. n" 2, 1909, 2d ed ; Calcutta, 1910 (Grierson, 
Maith. Grani.). 

S. II. Kellogg-. A grammar of the Hindi language : in which are 
treated the High Hindi, Braj, and the Eastern Hindi of the Râmâyan 
of Tulsi Dus, also the colloquial dialectes of Râjputànà, Kumâoji,... etc. 
2d éd., London, 1893 (Kellogg, Hindi Gram.). 

E. Greaves. A grammar of modem Hindi. Benares, 1896 
( Greaves , Hindi gram . ) . 

John T. Platts. A dictionary of Urdfi, classical Hindi and English. 
London, 1884. 

S. W. Fallon. A new Hindustani-En^lish dictionary. Benares, 
1879. 

W. St Clair Tisdall. A Simplified grammar and reading-book of 
the Panjâbi language. London, 1889 (Tisdall, Panj.gram.). 

J . Wilson. Grammar and dictionary of Western Panjabi as spoken 
in the Shahpur district. Lahore, 1899. 

0. Brien, J. Wilson and Pandit Ilari Kishen Kaul. Glossary 
of the Mulîani language, or South- Western Panjabi. Lahore, 1903. 

E. Trunipp. Grammar of the Sindhi language. London-Leipzig, 
1872. (Trumpp.) 

G. Shirt, Udharam Thavurdas, S. F. Mirza. A Sindhi-English 
dictionary. Kurrachee, 1879. 

W. St . Clair Tisdall. A simplified grammar oj the Gujaràti lan- 
guage. London. 1892 (Tisdall, Guj . gram.). 

M. B. Belsare. An etymological Gujarati-English dictionary . Ahme- 
dabad, 1904. 

G. A. Grierson. The Pisâca langnages of North-Western India. Lon- 
don. 1906 (Grierson, P/f. lang.). 



BIBLIOGRAPHIE 



41 



G. A. Grierson. A Matinal of the Kàshmïri langtiage, 2 vol. 
Oxford, 19H (Grierson, Man. haçm.). 

F. Miklosich. Ueber die Miindarten und die IVanderungender Zigeu- 
ner Eiiropas, VIl-XII. Extr. des vol. XXVI à XXXI des Denkschv. 
der Phil.-Hist. Kl.der Kais. Ak. Wiss. Wien, 1877-1880. (Miklo- 
sich ; — les fasc. VII et VIII contiennent un vocabulaire compa- 
ratif, IX la phonétique, X la formation des thèmes, XI la décli- 
naison et la conjugaison, XII la syntaxe.) 

F. N. Finck. Die Sprache der Armenischen Zigeuner {Méiii. de 
l'Acad. des Se. de St.-Pétersbourg, VHP série; vol. VIII, o). Saint- 
Pétersbourg, 1907. 

^^'. Geig-er. Etymologie des Singhalesischen {Abh. Kais. Bay. Ak. 
Wiss., I CL, XXI 2). Mûnchen, 1897. 

W. Geiger. Litteratiir und Sprache der Singhalesen [Grundriss der 
indo-ar. Pbil.). Strassburg-, 1900. (L'abréviation Geiger renvoie à 
la deuxième partie consacrée à la grammaire, p. 26 et suiv.) 
Pour le marathe. 

G. A. Grierson (le volume a été préparé par M. Sten Konow). 
Lingnistic Survey of India..., Spécimens ofthe Maràthî langiiage. Cal- 
cutta, 1905 [L. S.I., Mar.). Contient outre les spécimens et leur 
traduction, une carte linguistique du marathe, une introduction 
et une bibliographie importantes. 

J. T. Molesworth. A dictionary, Maràthî and Efiglish, 2d édi- 
tion. Bombay, 1837 (Molesworth). Précédé d'une importante 
préface et de notes de John Wilson comprenant entre autres un 
court résumé de l'histoire littéraire marathe. 

Rev. Ganpatrao R. Navalkar. The Studenfs Maràthî grammar 
3ded. Bombay, 1894 (Navalkar). 

R. Bh. Joshi. A comprehensive Marathi grammar, 3d or english 
éd. Poona, 1900 (Joshi). 

Krishna Shastri Godbole. A new grammar of the Marathi lan- 
gnage, 3d éd. Bombay, 1893, (en marathe ; le titre et les avertis- 
sements seuls sont traduits en anglais). 

V. K. Râjvâde. Çrî-Jhâneçvarâmtîl maràthî hhâse ceni vyàkaran 
(grammaire du marathe de la Jnâneçvari). Dhulia, cake 1831, 
Essai de grammaire historique du marathe ; insufïîsant. Le même 
auteur a publié des articles sur l'histoire de la déclinaison 
marathe dans le Çrîsarasvatîmandir de Bombay, année 1830 
çaka, sur l'étymologie d'un certain nombre de mots dans le même 



ItntLIOGRAPHlE 

périodique, années 182fi et 1829 çaka, et dans la GranthamàJâ de 
Bombav, n° de février 1006. enfin, dans ces mêmes revues et 
dans le Viçvavrtta de Kolhâpur, divers articles portant principa- 
lement sur des documents inédits de date ancienne : quelques- 
uns seront reproduits plus bas. La grammaire de la langue de 
la Jncâneçvari accompa^^nait une édition de ce poème, dont il a 
été rendu compte ailleurs, v. /. As., 1909, I, p. o6iet suiv. 

Les citations de la Jnàneçvarl ont été empruntées à l'édition de 
R. V. Mâdg-âinvkar : Çri Jnânadevkrta Bhâvàrthaâlpikà Jnànadei'l (Jnâ- 
«^•mri) Bombay, 1907. Cetteédition contient un apparat critique 
utile, quoi([ue les manuscrits cités ne soient ni décrits ni classés; 
les pages 11 à 16 renferment une liste de formes archaïques qui 
ont servi pour l'histoire de la déclinaison ; à la fin se trouve un 
vocabulaire de plus de deux cents pages donnant le sens de cer- 
tains mots difficiles ou vieillis, avec références exactes. 

Pour les autres poètes, il a suffi de consulter les extraits don- 
nés dans vm recueil scolaire, le Navanit athavâ fnaràthï kavltàm 
ce vecc de Paraçurâmpant Tâtyâ Godbole, 'o*^ éd., revue par 
Nârâyan Bâlkrsna Godbole, Bombay, 1907. 

On s'est enfin servi de vieux textes en prose, presque tous 
épigraphiques, et qu'il a paru commode de rassembler en appen- 
dice à la fin de ce travail. 



PHONÉTIQUE 

GÉNÉRALITÉS 



§ 2cS. C'est par les formes grammaticales principalement que 
les lang-ues indo-aryennes situées à l'est de l'Indus se distinguent 
les unes des autres. Le système phonétique y est au contraire 
sensiblement identique, du moins tant que l'on se borne à obser- 
ver les caractéristiques essentielles, qui reproduisent fidèlement 
celles du moyen-indien. Cependant lorsqu'on examine à part la 
phonétique de Tune quelconque de ces langues, on y constate 
des contradictions et des irrégularités sans nombre. Cela tient à 
ce que dans toutes, le vocabulaire a subi des infdtrations mul- 
tiples. A toute époque, l'Inde gangétique et le Dekhan ont eu 
une civilisation commune, et toutes les régions en ont été unies 
par des rapports constants ; mais cette unité provenait de l'uni- 
formité d'un système social, et non de la prééminence durable d'un 
centre d'expansion : aucune région n'a imposé sa langue à toute 
l'Inde, aucune province n"a imposé son dialecte à tout le Alahâ- 
râstra. Dès lors rien ne s'opposait dans aucun dialecte à la ten- 
dance à l'emprunt; cette tendance trouvait d'autant plus de faci- 
lité à s'exercer que chacune des castes pouvait enrichir indépen- 
damment son vocabulaire d'éléments qu'elle versait à son tour 
dans la langue commune. 

On trouve donc à l'intérieur de chacun des dialectes une 
grande quantité de mots ou de séries de mots qui ont eu une 
histoire indépendante des dialectes où on les trouve employés ; 
cette histoire, qu'on peut établir avec une certaine difficulté dans 
des langues bien connues comme celles de l'Europe, est tout à 
fait impossible, au moins provisoirement, dans l'Inde. Il faut se 
contenter de constater et, si possible, de classer les irrégularités 
provoquées par ces emprunts dans chacun des parlers sans les 
expliquer. 

En marathe, la proportion de ces mélanges paraît moins forte 
qu'ailleurs, du moins en ce qui concerne la période moderne ; 



44 piiONÉTiQui-: 

mais il suffira de se reporter à ce qui est dit plus bas de la 
numération pour voir combien une série de vocabulaire généra- 
lement ancienne et homogène présente de difficultés et de con- 
tradictions au point de vue phonétique. On doit donc s'attendre 
à trouver en marathe, d'une part des règles simples et générales, 
qui sont communes à cette langue et à la plupart des langues 
indo-aryennes; d'autre part une grande quantité de singularités 
généralement inexplicables, qui donnent à la phonétique du 
marathe un aspect confus et compliqué. 



VOYELLES 

LES ÉLÉMENTS DU VOCALISME MAKATHE 



§ 29. On a vu au § 13 que le moyen-indien possédait les 
voyelles a, i, u brèves et longues, et c, o normalement longues ; 
le timbre de ces voyelles a subsisté sans changement en marathe. 
Ex. : àg [agni-j, tin {trini), pût [piitra-], yenem [eti), tel [taila-], 
jot {yoktra-}, cor [caiira-) . Les diphtongues anciennes ayant été 
éliminées en moyen-indien, toute diphtongue marathe est d'ori- 
gine récente, et provient ou bien du contact de deux voyelles pri- 
mitivement séparées, comme dans ^^/- [prati-), cauthà [caturtha-], 
ou d'emprunts savants comme dans ts. gaurav, ou gai?' (ar. gair). 

TRAITEMENT DE R VOYELLE. 

§ 30. En moyen-indien, a, i, u répondent non seulement 
aux voyelles correspondantes du sanskrit, mais sont aussi l'abou- 
tissant de r. On trouve les trois traitements en moyen-indien, 
sans que le principe de répartition s'en laisse déterminer claire- 
ment et sans que le traitement soit unique dans chacun des mots 
(voir Pischel, § 49-53). En marathe on trouve aussi les trois 
traitements et de nombreux doublets. Lexamen des mots oii il 
y avait r en sanskrit fournira un bon exemple des contradictions 
présentées par la phonétique marathe et de la difficulté qu'il y a 
à les expliquer. — Dans les listes suivantes on distinguera les 
exemples attestés en prâkrit des exemples plus récents, et on 
signalera les doublets marathes. 

1° Traitement a. — Attestés en prâkrit : asval à côté de r'is [j'ksa- ; 
cf. acchabhalla-), kâiihâ en regard du semi-tatsama kisen [kr^ua-), 
tan [trna-), tành [trsiià], dâdhà [drdha-], dàvneni (s'il s'agit bien 
d'une racine *drp-), pâth [prstha-), niau [mrdu-), madem, melà 
[nifta-), màthnem à côté de mitnem {mrsta-), mâtî [mrttikà), sâmkhal 
[çrnkhalâ). 11 faut écarter dâkhavinem aussi bien que dekhuem : le 
premier remonte sans doute non à d^c- mais à dràk{-, et le second 



lO l'IlONÉTKjl't; 

résulte de l'analoo-ie de pkr. pekh-, skr. prekf- (v. Pischel, § 554 
et note 10). — Remontent à la deçî : kac (krtyâ), padkax {-krti-). 

Ne sont attestés qu'à date moderne : kâlyû (krltika-, peut avoir 
été intluencé par kârtika-), ghàtnem à côté de ghusahiem (ghffta-), 
tâtb {trs(a-), peut être hâhiiem ibrh-). Le mot sadhal s'oj)pose à 
skr. çithila-, pkr. sidhila- (v. Wackernagel, i; 16). 

2° Traitement /. — Attestés en prâkrit : riij (rua-), rîs à côté 
de asval {rksa-), itl [l'sti-), kivau {krpaua-], kiscni ikrsnua-), gh'i 
{ghrta-), gheneni (grh-, peut-être grahi-), l'ij, cf. adlc {fjtîya-), 
disnein [d^çya-], dlth (drsti-), bhiingriitî {bhrnga-), çlmg (çrnga-), 
çît [sr^ti-; le a de nisafnem, cf. skr. fiihsrstj-, est dû sans doute à sa 
position à l'intérieur du mot, v. § 43), hiyyâ [hrdaya-). 

Récents : taisâ {tàdrça-), mituem en regard de mâthijem (mrsia-), 
probablement e^nssi pif ije in (prsta-). La racine khi nid- est peut-être 
un doublet de la racine skr. et m. khanid-; ce peut être aussi une 
contamination de cette dernière avec kbid-. Le mot viincn (vrçcikâ; 
pkr. vimchua-) se dénonce comme un emprunt par son c qui ne 
peut en marathe sortir de pkr. ch. 

3" Traitement H. — Attestés en prâkrit : iijil (rjti-), (sur un trai- 
tement spécial à l'initiale qui explique peut-être la réduplication 
de y dans pkr. njju-, v. 5:$ 105), opneni (cf. skr. arp-), guinthriein 
(cf. skr. granth- et m. gâmthueni], ghusalnein en rej^-ard de ghât 
(ghrf-), pâlis iprâvrsa-), pnsnein iprcch-). 

Les exemples modernes sont douteux : koninein ressemble à 
plusieurs mots de la deçî où r apparaît, mais la forme exacte du 
prototype ne se laisse pas reconstruire ; nijhûr s "apparente à 
nijharnem (pkr. nijjharai, skr. rac. ksar-), et \-Adeçî a les deux mots 
nijjhûra- et nijjhara- ; mais la conservation de r consonne rend le 
mot su.spect de contamination, soit avec d'autres formes de la 
même racine, soit même avec d'autres mots; enfin poM iprihnka-) 
s'explique aussi bien par pkr. *pahna- que ^av publia-. 

§ 31. — Quel est le principe de dilïérenciation entre ces divers 
traitements? Il semble d'abord qu'on puisse faire appel à des 
influences purement phonétiques. Dans tous les exemples anciens 
de r > a sauf dans jufdu-, la voyelle de la syllabe qui suivait le r 
e.st a ; dans la plupart de ceux où/- est représenté par u, la voyelle 
suivante est u, ou bienf est en contact avec une consonne labiale 
(dès lors pkr. tnau- peut être conçu comme le résultat d'une dis- 
similation) ; enfin dans plusieurs des cas où r est devenu /, on 



TRAITEMENT DE f SANSKRIT 47 

constate la présence dun / dans la syllabe voisine, ou le contact 
d une sifflante. Des principes semblables ou analogues rendent 
compte des traitements prâkrits notés par Pischel, *:;§ i9-ol, et 
de certaines formes prâkrites qui ont pénétré en sanskrit : ainsi 
s'expliquent les oppositions de pi'iijxah : ninyâh, de kankaudh : 
kinkiui [\. Meillet, Mélanges Kern, p. \'1\). 

Mais ni en sanskrit, ni en prâkrit, ni davantage en marathe, 
la phonétique ne suffît à expliquer tous les cas. Il semble qu'on 
doive aussi faire la part de mélanges dialectaux, et attribuer à 
la répartition de certains traitements une base en partie géogra- 
phique. 

Si 1 on remonte jusqu'au Veda, on constatera que le traite- 
ment le plus fréquent dans les pràkritismes qui y ont pénétré est 
a : ainsi avata-, katiika-, vikafa- ; ann-, kaija-, gana-, phan-, kasafi, 
pastha-, bhasa-, iraj- (v. Wackernagel, §§ 9, 146, 172, 208) ; u et 
i{punya- ; ninya-, çithira-, krimi- à côté de krmi-,Y. Wackernagel, 
§ 16, 19) sont rares et s'expliquent toujours par des raisons pho- 
nétiques spéciales. Mais sitôt qu'on arrive à la période des sûtra, la 
confusion entre les différents traitements est complète ; de même 
pour le pâli, qui est comme le sanskrit une langue littéraire 
mélangée. 

Par contre, en examinant les diverses recensions des inscrip- 
tions d'Açoka, on trouve, malgré les mélanges qui les obscur- 
cissent, une curieuse répartition. La rédaction de Girnar ignore 
le traitement / (^dans târisa- etc., il nV a probablement pas de r, 
V. Wackernagel, Préface, p. xxi, contredit cependant par Brug- 
mann, Grimdriss, II, 1, p. 496, note) ; u ne se rencontre que deux 
fois ; et en regard de paripucbâ, vuta on trouve malgré la labiale 
vadhi, maga, magavya. De plus un petit groupe de mots présente 
une variation significative : à kata^ dadha, maga^ magavya, vadhi de 
Girnar, répondent à Shahbazgarhi ht(j^a à côté de kata\ didha, 
mriigo à côté de magavya, viidhi à côté de vadhi et vadhanani, à 
Kalsi kitamhata en regard de kaîa, didhn, niige, migavya, vudhànam 
à côté de vudhi iSenart, Inscr. de Piyad isi, II, 330, 348, 369, 370 ; 
cf. les observations de T. Michelson, Ain. J. Phil., XXX, 428, 
XXXI, 56, o8 ; /. A. O. S., XXXI, 231, 249). Cette répartition 
semble légitimer l'hypothèse que a est le traitement dominant 
au sud-ouest ; le traitement / au contraire paraît appartenir aux 
-dialectes du nord et de l'est; cf. à Bhabraj adhigicya (skr. adhiki'- 



4-8 PHONÉTIQUE 

tya) dont le caractère oriental est manifeste (v. Sylvain Lévi, 
/. As., 1912, II, p. 512). 

L'examen des langues littéraires conduit à la même hypo- 
thèse. Les parlers moyen-indiens du Nord n'ont pas eu de for- 
tune littéraire. Mais si les prâkrits des fragments de drames 
bouddhiques édités par M. Lûders ne connaissent que le traite- 
ment /, n'est-ce pas parce qu'ils appartiennent à la région cen- 
trale et orientale? A l'époque classique, si l'on examine les mots 
pour lesquels plusieurs traitements sont représentés, c'est la 
màhârâstrï qui a le plus normalement a, i étant de la çaurasenl 
ou de la mâgadhi (il faut faire abstraction des prâkrits jainas, 
qui sont mélangés) : ainsi kida-, ghido- sont les formes çaur. et 
mg. ; cf. mg. pista, çaur. tiija-, miu-, miccii-, putjha-, viisaba-, 
didha- à côté de dadha- (Pischel, § 49, 52, 53). 

Si l'on se retourne maintenant vers le marathe, on constate 
d'abord que les formes où skr. r y est représenté par / ou n se 
retrouvent dans les langues congénères du continent, sauf, natu- 
rellement, quand les mots eux-mêmes manquent dans ces langues. 
De plus, parmi les doublets prâkrits, le marathe préfère presque 
toujours la forme contenant a : dâdhà, man, inadeni, inelâ, sadhal 
{ghi, taisâ, qui font exception, sont des mots universels dans 
l'Inde). Et lorsqu'il y a hésitation dans les langues modernes, le 
marathe préfère les formes à a : laij, tâiib, pàîh, iiiâtï, sâmkhal. Or 
l'hindi par exemple répond à ces mots par //';/, fis {trsâ), plth, 
mittî (à côté de mattî), sihad (à côté de sàmhal ; cf. bg. çihhal). 
Par contre le guzrati et le singhalais sont les seules langues 
qui aient a dans le correspondant de skr. trua-\ le singhalais 
seul avec le marathe continue pkr. accha- en même temps 
que riccha- {rksa-)\ du groupe m. mâthucm : miUiiiu le singhalais 
ne connaît que le premier terme. Le guzrati et le singhalais vont 
même sur certains points plus loin que le marathe : ce sont les 
seuls à répondre par un a à ;- de skr. brdaya-, m. hiyyâ (mot de 
la langue littéraire, sans doute emprunté à un autre dialecte) ; le 
singhalais a uniquement a dans les mots correspondant à m. 
gheiietp, çîmg, cit. 

On est donc amené à supposer que les variations du traitement 
de r en marathe s'expliquent, non seulement par des influences 
phonétiques, mais encore par des mélanges dus à des emprunts 
aux dialectes de l'Inde centrale, remontant sans doute à une 



TuaitemkNi- I)I-; y sanskrit 40 

époque exti'èmement ancienne, et renouvelés depuis : abstrac- 
tion faite de ces emprunts, le marathe se rattache, en ce qui 
concerne le traitement de r, à un g-roupe dialectal du sud-ouest. 
dont font encore partie le g-uzrati et le singhalais. 



La formation de la langue marathe. 



ALTERATIONS DEPENDANT DE LA PLAGE DES 
VOYELLES DANS LE MOT 



PRELIMINAIRES ; L ACCENT 

§ 32. Bien que le vocalisme marathe soit constitué avec 
les mêmes éléments que le vocalisme du moyen-indien, les 
voyelles marathes ne répondent pas toujours dans les cas parti- 
culiers aux voyelles prâkrites correspondantes. Celles-ci ont en 
elTet subi une évolution variable suivant la place quelles occu- 
paient dans le mot. 

1 . — Les voyelles finales des polysyllabes sont toutes tombées. 
Donc, sauf en quelques formes archaïques, toute voyelle finale 
du marathe est le résultat d'une contraction de la voyelle finale 
ancienne avec l'ancienne voyelle pénultième. 

2. — Les voyelles pénultièmes ont subsisté; elles ont con- 
servé leur timbre et, lorsqu'elles étaient brèves, ont pris la 
quantité longue. La syllabe pénultième ancienne est devenue en 
marathe la syllabe finale et le sommet rythmique du mot : de là 
l'usag-e de la rime dans la poésie marathe. 

3. — Les éléments précédant la pénultième ont perdu leur 
quantité, et même, s'ils étaient en syllabe intérieure, leur timbre 
propre. 

On a souvent remarqué l'analogie que présentent ces altéra- 
tions avec celles qu ont subies les mots du latin dans les langues 
romanes, et Ion en a général t'tnent déduit qu'elles étaient dues 
aussi à l'action de laccent d'intensité pénultième, combiné avec 
un contre-accent initial, selon la formule de Darmesteter (v. p. 
ex. Beames, I, p. 17 et suiv. ; cf. Brandreth, The Gaurian com- 
pared with the Romance Lafiguages, J.R.A.S., 1879, p. 287 et suiv.; 
1880, p. 334 et suiv.). On a en conséquence fait précéder l'his- 
toire phonétique de lindo-aryen moderne d'un exposé de l'ac- 
cent et de son histoire ( v. Grierson, Phon., p. 39o et suiv.; Gei- 



L ACCKNT 



ger, ^ 4 et suiv.;. Méthode nécessaire, si l'existence et les lois de 
l'accent étaient établies pour chaque période Mais l'histoire de 
l'accent et par conséquent les conséquences de son action sont 
plus malaisées à déterminer qu'il ne paraît au premier al)ord. 

vj 33. En ce qui concerne la période ancienne, les données 
positives manquent absolument. Ni la littérature ni les textes 
grammaticaux ne fournissent d'indication claire. Il est pourtant 
présumable que si l'accent d'intensité avait été sensible à l'époque 
classique, l'enseignement relatif au ton védique aurait eu son 
équivalent dans l'étude de la bhàsâ. au prix de quelques correc- 
tions ou même de quelques malentendus. Cela serait arrivé 
presque certainement si l'accent d'intensité avait pris la place 
du ton ancien, comme le vovdait Pischel (v. !^ 46). M. Jacobi 
a fait justice de cette opinion ; d'après lui l'accent se serait 
posé sur la première voyelle longue à partir de la fin du mot; de 
plus un accent secondaire aurait frappé l'initiale. Ce n'est pas le 
lieu de discuter en détail cette théorie, qui admet d'ailleurs des 
exceptions graves, v. Jacobi, /. F., XXXI, p. 219 ; mais on verra, 
en parcourant l'article de M. Jacobi dans Z. D. M. G., XLVII, 
p. o74 et suiv., que la faiblesse des finales, ce qu'on sait du 
rythme indo-européen et les lois ordinaires de la contraction 
prakrite suffisent à expliquer la plupart des exemples cités, sur- 
tout si l'on tient compte de la présence de nombreux tatsanias 
en prâkrit. Il faut cependant niter les règles curieuses des Phit- 
sûtra de Çântanava que M. Jacobi cite iiT. Z., XXXV, p. o68, et 
où il semble se trouver trace d un ton placé selon une règle ryth- 
mique à côté du ton traditionnel : ce second ton serait-il en réa- 
lité un accent d intensité ? Dans l'ensemble, la présence d'un 
accent n'est pas prouvée pour la période ancienne ; il faut même 
se rappeler que les théories à ce sujet ont pour point de départ 
les observations de savants d'origine germanique (Haug, Bûhler) 
sur la prononciation moderne du sanskrit, observations qui ont 
pu être faussées par un préjugé naturel à ces savants, et qui sont 
d'ailleurs contredites non seulement par mon expérience person- 
nelle, mais aussi par des enregistrements phonographiques (v. 
Felber, die indische Miisik der vcd. n. der klass. Zcit, SiîT^sher. kais. 
Ak. Wiss. IFien, pbil.-hist. KL, CLXX. vu, 1912, p. 77 et suiv.' 

§ 3i. La description de l'accent moderne est, elle aussi, dit- 
ficile et incertaine. Beames se reconnaît incapable d'en fournir 



o2 PIIONÉTIOIE 

une théorie satisfaisunLc; il alic'guu (jue le sujet, ohscur clans tous 
les cas, l'est particulièrement dans des langues qui ont passé 
une longue période de leur existence sans littérature (I, p. 17- 
21) ; raison évidemment fausse; mais un auteur d'un esprit si 
clair et si pénétrant aurait sans doute déterminé les lois de l'ac- 
cent dans les langues indo-aryennes, si l'observation en avait 
été tant soit peu aisée. Un lait est certain, c'est que là où d'autres 
observateurs signalent laccenl, ils le donnent comme très peu 
marqué et se contondant pour ainsi dire avec la quantité. C'est par 
exemple le cas au Beliar (v. Grierson, Maith. Gram., § 28). En 
hindi, Greaves déclare 1 accent inexistant [Hindi Gram., § 2G) ; 
Kellogg avec moins de fermeté dit en somme la même chose 
((( ...although unquestionablj existing is much less marked than 
in English and is quite subordinate in importance to quantity ... », 
§ 35). Presque partout ailleurs les grammairiens s'accordent à 
ne point signaler l'accent. En bengali, M. Anderson note l'exis- 
tence d'un accent de phrase qui, comme en français par exemple, 
rend l'accent du mot insensible (v. /. R. A. S., 1912, p. 1074- 
1075). En marathe, Joshi admet qu'il existe et le place « géné- 
ralement » sur la pénultième, ou sur la finale si elle est longue 
(§ 176j. Navalkar s'exprime ainsi (i^ 39) : « En marathe, chaque 
mot est prononcé sur vin ton égal, la syllabe initiale étant seule 
dans l'effort de la prononciation levée légèrement au-dessus des 
autres ; mais l'accent, dans le sens d'une intensité accrue comme 
en anglais, est inconnu au marathe, sauf dans les trois cas sui- 
vants. » Les cas qu'il cite sont celui d'une voyelle suivie de deux 
consonnes {ghatl,pakkâ ; çabda, bakka, etc.), d'une brève suivie d'un 
anusvâra {band, etc.), d'une voyelle suivie d'un visarga [dulpkha, 
etc.) : on voit aisément qu il s'agit partout de groupes consonan- 
tiques, et par .suite de mots empruntés, soit au sanskrit, soit à 
d'autres langues modernes. Enfin, et ceci est un fait particuliè- 
rement caractéristique, les grammaires écrites en langue indigène 
(Godboje, Ciplùnkarj omettent totalement la question de l'accent. 
Du reste, de témoignages recueillis récemment, il résulte que les 
indigènes n'ont ni l'idée de l'accent, ni un mot pour le désigner. 
§ 35. De plus, en admettant les descriptions courantes de l'ac- 
cent sanskrit et moderne, on ne saurait établir à coup sûr un 
lien entre les deux périodes. L'abrègement et la décoloration des 
voyelles intérieures se sont produits à dates différentes, et ne 



VOYELLES FINALES 53 

présentent pas ce caractère de nécessité et de constance qu'on 
attendrait s'ils tenaient uniquement à l'intensité. L'allongement 
des voyelles pénultièmes devenues finales peut aussi s'expliquer 
autrement : on a observé des cas où la chute des voyelles finales 
détermine à elle seule l'allongement de la voyelle précédente (v. 
Streitberg, /. F., III, p. 310-311) ; du reste l'allong-ement marathe 
es d'origine récente. La difficulté n'est pas propre au marathe : 
en faisant la théorie de l'accent pour d'autres langues, les savants 
se sont heurtés à des contradictions ; M. Geiger (^ 4) est obligé 
de supposer deux périodes dilTérentes dans l'histoire de l'inten- 
sité en singhalais, et deux couches différentes dans le langage ; 
dans son exposé général de la phonétique indo-aryenne {Phon., 
p. 398-399), M. Grierson a dû admettre des attractions d'accent 
d'une syllabe sur l'autre, des absorptions de l'accent principal par 
le contre-accent. Qu'est-ce à dire, sinon que Ihistoire de l'accent 
ne saurait se faire d'une manière continue? 

§ 36, Il convient de rappeler encore que les faits de dissimilation 
signalés plus bas dépendent tous de lois qui, d'après les recherches 
de M. Grammont, ne supposent pas l'accent d'intensité. 

Dès lors il convient de considérer les variations régulières de 
quantité et même de timbre des voyelles comme dépendant d'un 
rythme purement quantitatif. C'est ce qui sera fait*dans l'exposé 
qui suit. 

A. VOYELLES FINALES. 

§ 37. Par suite de la chute des consonnes finales du sanskrit, 
le moyen-indien ne connaissait plus que des fins de mots voca- 
liques. Or la faiblesse caractéristique de l'élément final du mot a 
atteint à leur tour ces voyelles. Il semble que la première trace 
de ce phénomène se constate déjà dans les inscriptions d'Açoka : 
dans les rédactions orientales des édits sur piliers, -à final est 
noté bref (v. T. Michelson, /. F., XXIII, p. 228-239 ; cf. Meillet, 
/. As.^ 1908, II, p. 312), Mais, sans doute parce que la longue 
finale abrégée était cependant restée plvis longue que les voyelles 
brèves non finales, les prâkrits littéraires ont tous conservé jus- 
qu'à basse époque la graphie traditionnelle. En prâkrit clas- 
sique on trouve quelquefois -à final abrégé : mais c'est dans des 
conditions morphologiques déterminées. ^Ainsi yâ/M = skr. yathâ, 



04 PllUMCIInUE 

Tja = skr. i'â, etc. peuvent s'explicjuer, selon l'interprétation de 
M. T. Michelson, comme des doublets d'orig'ine indo-euro- 
péenne ; les désinences de 3" sg^. d'aoriste en -tthù : -ttha sont 
obscures de toute façon (Pischel, § oi7, cf. § o20i ; quant aux 
absolutifs en -ita 'kadiia, f^adua, etc. ; Pischel, v^ 581) des dia- 
lectes orientaux, qui semblent rappeler la j^^raphie des édits 
orientaux d'Açoka, on peut k la rigueur v voir une contami- 
nation de -Ivà avec -ya. — Restent deux faits d'abréi^ement sûrs 
et communs à tous les pràkrits classiques : 1° toute vovelle nasa- 
lisée longue s'abrège en position finale (Pischel, § 83) ; 2° -e et 
-0 s'abrègent aussi et sont notés -/ et -ii dès les fragments Dutreuil 
de Rhins et dans les textes pràkrits en vers (Pischel, § 85) ; 
peut-être l'abrègement et la fermeture de -e final ont-ils contri- 
bué en quelque mesure à la disparition, générale en pràkrit, de la 
conjugaison moyenne au profit de la conjugaison active (v. Pis- 
chel, § 452). 

Dans presque tous les parlers indo-aryens modernes les 
voyelles finales sont tombées. Seuls font exception le bihari (v. 
Grierson, Maith. grain., § 8-10), le kaymiri, le sindhi (v. Grier- 
son, Phon.. § 400) et le singhalais (v. Geiger, § 28, 2. c, § 30). 
En marathe les voyelles finales ne subsistent plus que dans la 
partie méridionale du Goncan, où elles ont toutes la quantité 
brève : cette survivance est due sans doute à l'influence d'habi- 
tudes dravidiennes v. L. S. I., Mar., p. 167, 188, 189). Cette 
exception mise à part, il ne reste plus en marathe de voyelles 
finales qui ne soient des archaïsmes ou le produit de contrac- 
tions, ou eiilin le résultat d'innovations analogiques. 

§38. La chute de -a, bref ou long, pur ou nasal, est antérieure 
à la constitution du marathe, et il n'en reste plus trace que dans 
la scansion poétique. Au contraire -i et -n ont duré davantage. 
La tradition manuscrite des anciens poètes est flottante ; mais 
elle donne constamment la désinence de datif sing. et de 2" pers. 
sing. en -si 'mod. -s), la désinence de 3'' plur. en -t1 (mod. -/), le 
nominatif sg. masc. normal en -u, et même en -o après voyelle, 
après i\ y et h: ainsi on lit dans Y Abhilasitàrthacintàmani les 
formes rrti'o nârayauu. De même dans les inscriptions anciennes : à 
VdiXiàhaiV^nv phàgani-pi(i\ cfevarâyâsi, vivaru (1. 3), panditû (1. 28) ; 
on trouve encore dans des textes du xvi^ siècle (Granthamâlâ, 
mars 1902, p. '^\-^'^), pâtailu et pâtelu, sàvantu isàmantah). — A 



VOYELLES FINALES 5o 

l'époque basse au moins ces graphies sont très probablement 
archaïques. On ne s'expliquerait pas sans cela l'incohérence de la 
tradition : si l'on trouve -i final écrit indilTéremment long ou bref 
dans Hemadï, bref dans viâli, joisi (Pandharpur, 1. 4, 17), c'est 
sans doute- qu'à cette époque déjà le / final est commun ; de là 
les g-raphies jari, tari (mod. jar, tar, skr. yarhi, tarhï), -asi -atl 
(mod. -as, -at, skr. -asi, -anti), etc. des textes littéraires anciens, 
dans des formes où il s'agit de -/ brefs du sanskrit. 

En même temps que la quantité, le timbre de -/ et -// s'est 
altéré. Les deux phonèmes se sont confondus l'un et l'autre avec 
-a. On en a la preuve dans la prononciation de l'enclitique -c, qui 
est une affriquée dentale, alors que la forme de cet enclitique en 
vieux-marathe et en concani est -ci : or on sait que les palatales 
conservent la prononciation ancienne devant/ (v. plus bas). Un 
exemple analogue est probablement fourni par -s qui s'ajoute aux 
noms de parenté [àjâ-s, âjï-s, etc.) et aux noms de divinités 
{làmv : lâiiis = deçi lâinâ) : ce -s représente sans doute skr. -çrî : 
or, la prononciation de ce phonème est s et non ç, ce qui prouve 
que -i s'est confondu avec a avant de disparaître. 

Le traitement de certaines diphtongues en position finale sera 
examiné aux § 60 et suiv. Voici des exemples de la chute des 
voyelles simples : 

§ 39. Pkr. -a et -ani sont tombés dans : âj iadya), âth [asta], 
pàmc [paùcd] ; nom.- ace. neut. nâiiw (nâiiia), jal {jalam), pân [par- 
ijain) ; désinence d'instrumental singulier en -ein [-ena). 

Pkr. -à et -â}u sont tombés dans les nom. -ace. sing. fém. comme 
àt (deçi attâ), as [àçà, âçâin), kal [kalâ, kalàm), vel [veJâ, velâm), 
vât [vartman, pkr. fém. vattà, vattân/, au nom. -ace. plur. masc. 
skr. -âh, -an, dans la désinence d'oblicp.ie plur. masc. neut. -àm, 
issue de skr. -âJiâin, et fém. -ïin, issue de skr. -inâiii. L'adverbe 
hefh est obscur ; on ne peut déterminer s'il représente pkr. hetthd 
ou un cas (ace. neut. ou locatif) de l'adjectif pkr. hettha- (Pischel, 
§ 107). En marathe -à ou -âm final est le résultat d'une contrac- 
tion : c'est le cas à l'oblicjue plur. masc. neut. cité plus haut, ou 
dans la désinence de 2'" plur. où il remonte à pkr. -aha, skr. 
-alha ; de même les nom. masc. sing. en -à remontent à pkr. -ao ; 
quant à sahà «■ six », dahâ « dix », la voyelle finale y a été ajou- 
tée après coup. 

U faut remarquer en passant que -ain final est tombé en 



56 PHONÉTIQUE 

marathe sans avoir préliminairoment changé de timbre. Dans les 
dialectes moyen-indiens (jui sont à l'orig'ine de certaines autres 
langues, la nasalité avait assourdi cette voyelle. De là provient 
l'opposition (îutre la désinence de nom. -ace. neut. sing'., qui est en 
guzrati -uni, et la forme correspondante du marathe -ein {-akam) ; 
de même le nom de nombre « cent », en sanskrit çatam, est 
devenu dans les langues du centre et de l'ouest autres que le 
marathe: s. sau, g. ço, h. pj. sait à côté de sai, tandis qu'on a 
d'autre part m. çein, h. pj. sai, o. çae, b. çaye, sgh. siya. Ainsi 
s'explicjue sans doute aussi la désinence doblique pluriel en hindi 
-oin [-ânâni], correspondant à -âiu du marathe, du rajasthani, du 
penjabi, du sindhi (et peut-être du guzrati) ; il n'est pas impos- 
sible que Ténigmatique désinence de 1"^ pers. sing.- fini de l'hindi 
{-âmi) ait la même origine. L'apabhraniça se range parmi les dia- 
lectes qui ont ainsi assourdi -ain final : on sait que -am y devient 
-//, et que -akain y devient -aiiiii (Pischel, § 3ol-3o2) ; de même 
la désinence de l'*' pers. sing. y est -atitii ; quelle que soit donc 
la valeur du témoignage qu'il fournit (cf. § 22), l'apabhraniça se 
sépare du marathe sur ce point important et se range avec les 
dialectes centraux. Peut-être la conservation du timbre primitif 
de -atn final dans le dialecte moyen-indien qui a précédé le 
marathe est-elle pour quelque chose dans la conservation du 
genre neutre dans la déclinaison nominale ; en etïet -ain restait 
distinct de -o. désinence des masculins [devo, etc.); au contraire 
dans les langues où pkr. -aiii devenait -//, cette désinence se 
confondait avec -ii issu de pkr. -o. 

Pkr. -/ et -//// sont tombés dans les nom. -ace. des noms en -/- : 
àg iagnih, agnitn), âinc {arcih, arcini), etc. ; dans la désinence de la 
2'" pers. du sing. présent -s {-si), dans celle de 3*" plur. du même 
temps -^ [-nti] ; dans le préfixe pad- [prati-, pkr. padi-), dans la 
conjonction pan, anciennement paiji. 

Pkr. -/ et-înt sont tombés au nom. -ace. sing. et plur. des noms 
fém. skr. : -/, -tut, -îh, -In, v. au chap. de la déclinaison; ârat 
[*àrâtrt}, kel [kadalî), dâvaij {dânianï), etc.; adject. fém. en-///, 
skr. -////; ditdhtu, etc. — Les noms marathes en -/" remontent 
à pkr. -io, -ia, -lam, v. le même chapitre; les formes verbales- 
àihî ,mthï (asli, nâslii. les pronoms abin'i, tunihi « nous, vous » sont 
des formes fixées en cours d'évolution ; jari, tari, pour jar, tar 
(yarhi, tarhi , appartiennent à la langue 'poétique. 



VOYELLES EN SYLLABE PENULTIEME 0/ 

Pkr. -// et -uiii sont tombés au nom. -ace. sg. des noms en -ii- : 
tanit {tantii-), kânig [kangu-), khâj ikhârju-), jâmbh (Jâmba-), pàmg 
[pangu-), phâg iphalgii-), biimd[bindu-), vïj ividyut-. pkr. vijjii-), himg 
(hingii-) ; cf. le dérivé çegat Uigru-). 

Les exemples manquent pour -il final ; c'est un morphème 
déjà rare en sanskrit (Whitney, Shr. gram., § I 179) ; -il et -fini du 
marathe remontent k pkr. -no, -iicl, -iiain : ils répondent fréquem- 
ment k skr. -?/. parce que les thèmes sanskrits en -// ont été le 
plus souvent élargis ; c'est pourquoi Ton a les formes pâiiign, 
vijfi, k côté de pàiiig, vïj. etc. 

Skr. -e et -o se sont d'abord réduits k -/ et -u, puis sont tom- 
bés ; -e est attesté indirectement dans les pronoms ahmî tiunhl ; 
il n'en reste plus rien dans les formes adverbiales as, àspàs qui 
sont d'anciens locatifs \açre. pùrçve). De même -o est tombé dans 
l'adverbe âgas [agraçah] et dans les nominatifs sg. masc. : il ne 
subsiste que dans les pronoms ijo, to), dans les participes servant 
d'indic. présent [iith-io, etc., v. plus bas), dans râo {râjan-} et 
les noms dont la dernière consonne est /; : kalho [halaha-), mâho 
(mâgha-), làho [làbha-), loho {loha-)\ encore Navalkar (§ 104) pré- 
fère-t-il doh, iiioh k doho, moho ; enfin, dans les noms propres comme 
kanho-bâ {krsija-}, vitho-bâ [visuii-). On trouvera aussi la forme 
réduite du même cas dans kùil (kâka-), pihu [priya-], dans les^hypo- 
coristiques Rânul, etc. v. Joshi, § 206 a) et dans un dérivé tel 
que mehii-dà imegha-). 

B. EN SYLLABE ['ÉNLLTIÈME. 

§ 40. En règle générale, le timbre de la voyelle pénultième 
s'est conservé sans changement depuis le prâkrit ; et si la quan- 
tité en était brève, il y a eu allongement. 

Pour -/ et -/i, le fait est noté dans l'écriture. Ex : désinence de 
féminins en -/;/ (skr. -inl) comme hattîij, rajpiitîij, etc. ; kaijîs 
[kaniça- ; oblique sg. kausâ), halls [halîsà), tats. kathlu et kadhîij, 
kiitîl ; désin. de 2*^ et S'^ p. sg. du futur en -çïl, -il (v. plus bas), 
gugnl {guggidii), nithûr (nisthura-), mànfis (en compositio mâuas- '. 
skr. mânus(y)a-), lâkûd kcôté de Iakdâ (skr. lakiita-), lasiln à côté de 
lasan {laçuna-}, hiiiigill [hingula] ; tats. àknl [àkiila-). 

Pour -a la notation est plus hésitante. D'une façon générale la 
quantité étymologique est conservée. On a ainsi dune part : 



o8 PHONKTlQUr: 

kavàd (kapâta-), kisân {krsâija-), de l'autre kava] \kavala-), kâpad 
[karpata-], pàkhar (devi pakkharà), pâtal deçi paltala-); mais on 
trouve le plus souvent a dans le cas où cette voyelle précède 
une ancienne consonne géminée : âlas [àlasya-], kuraval [karapa- 
tra-\savat {sapatni-), en reg-ard de twiâs {àeq\ iiminacchia-]. D'autre 
part on a kirâu [kirana-) dans un tatsama. Le traitement de pahâr 
{prahara-), vahâu [upànah-) dune part, de rahàt iaraghatta-) de 
l'autre est spécial et s'explique par la présence de l'aspiration 
entre deux a (v. plus bas). Les incertitudes de la graphie ne 
doivent pas faire illusion sur la quantité de la voyelle : en réalité 
la voyelle notée à dans l'écriture devanâgarî est toujours longue 
en syllabe tînale (v. Joshi, § 170). 

§ 41. La syllabe pénultième du prâkrit est devenue finale en 
marathe ; en effet, ou bien elle était séparée de la voyelle finale 
par une consonne géminée, et dans ce cas la voyelle finale du 
prakrit est tombée, ou bien la chute d'une ancienne consonne 
intervocalique a mis en contact la voyelle pénultième et la 
voyelle finale, et dans ce cas ces deux voyelles se sont contrac- 
tées. On peut donc formuler la règle concernant l'allongement 
de la voyelle prâkrite de la manière suivante : en marathe la der- 
nière voyelle du mot est toujours longue. 

11 résulte de la loi précédente que les voyelles des mots mono- 
syllabi(|ues sont toutes longues. 

Exemples: \^ pénultièmes: kac (krtya-) écrit aussi ^^r; kal 
[kalà], jal (jala-), prononcés kœc kœl, etc. ; ât (deçi attâ), âr [aja- 
gara-; cf. arâ), âg [agni-), khàj {kharju-), ît {istâ), gidh (grdhra-), 
kir iMla\ ils (iksu-), kâs (kaksa-\ pûl (pers. pul) ; 2" finales : thâ 
(deçî thàha-), hîm 'bîja-}, gahiun (godhûma-), etc. — Cette règle ne 
s'applique pas aux mots accessoires, comme cir « vite ! » [cirant), 
pan « mais » {punaK p. pana\ ou aux pronoms comme to « il ». 

Lallongement est de d;ite récente. Les vieux textes ne le 
notent pas avec régularité ; et un mot tel que udid est encore 
en deçi udido. 

si; ï'I. Exceptions. 1. — Les voyelles suivies de nasale et occlu- 
sive ont la quantité longue ou brève, suivant (|u'elles sont ou 
non nasalisées et que la nasale a perdu ou conservé son articu- 
lation (v. § 68). 

IL Dans un certain nombre de mots la voyelle pénultième des 
polysyllabes s'est décolorée, conformément à la règle propre aux 



VOYELLES EN SYLLABE PÉNULTIÈME 59 

voyelles intérieures. On a ainsi kilac k côté de kilic (deçi kilihca-), 
nâraJ à côté de iiârel jiârikela-}, nisâii et niçJn (nihçreni-), paras ^ paras 
et paris {parlksâ , parai, parâl et parcl (deçï pariall) ; phàuas et phà- 
nfis lar. pers. /â«/7j , lasan et Jasftij laçiina-), sàbau et sàbiln (ar. 
sàbân). La forme avec / ou /< manque pour àmvas {aiiiisa-}, aval (d. 
avila-), kavath ikapittha- , /^///rt;/ piilina-), vaijaj [vânijya-], sadhal 
[çithila-), ciras içirisa-), harau [harina-] ; kukar- ikukkura-). De 
même on trouve à abrégé, au moins en apparence, dans ihgal 
(angâra-, pkr. ingâla-), padkhar (d. padikkhàro), palas {palâça-), 
Paithaij ipratistbâna-), niàvlan (màtulàm), mhasan [çmaçâna- ., peut- 
être dans âlas lâlasya-). 

Il est difficile d'expliquer toutes ces variantes. Sans doute 
quelques mots doivent être mis à part, comme paras où Ton 
pourrait voir une contamination de parlksâ et de sparça- ; kukar., 
suspect d'emprunt, le mot usuel pour « chien » étant kiitrà, 
kutreni ; la brève de kumvar masc, à côté de kiimvàr fém., 
[kumâra-, kumârl) est attestée dès le pràkrit ; le a de hâlad [hari- 
drà) est également donné par les grammairiens prakrits (voir 
cependant Pischel, § H5). Mais l'ensemble des faits s'inter- 
prète malaisément. Faut-il y voir la trace d'emprunts du marathe 
à des dialectes voisins ? On sait en elTet que le guzrati réduit 
souvent /et u à a en toute position (v. Grierson, Pbon., s; 20, 
23) ; et de (ait aval, kukar, phaijas, lasan, haraij, halas se retrouvent 
dans cette langue. On rencontre dans les dictionnaires de l'hin- 
doustani des doublets analogues k ceux du marathe : si l'hypo- 
thèse ci-dessus énoncée était exacte, il faudrait considérer que 
dans le cas de l'hindoustani une des séries proviendrait des dia- 
lectes du Rajasthan. Mais cette explication ne saurait rendre 
compte des cas d'abrègement de â : sauf kiunvar, toutes les formes 
citées plus haut sont propres au marathe. 

La date de ces altérations n'est pas moins malaisée à déter- 
miner : le prâkrit a déjà hâladda-, kiimara-, sirisa-. Le sanskrit de 
basse époque possède kiirala- à côté de kuriila- : cf. mar. kiiral 
et kurill. En deçl nisanï voisine avec avila-, kiVuncî ; mais la Jnâ- 
neçvarl écrit encore àmvis le mot qui dans la langue moderne 
est àmvas ; et phàuas a grande chance d'être un emprunt tout à 
fait moderne. 



60 rHUNÉTIiiLlï 



C. AVANT LA SYLLABE PÉNLLTIÈMF. 

§ 43. Dans toute la partie du mot qui précède la syllabe pénul- 
tième du prâkrit, c est-k-dire la syllabe finale du marathe, la 
quantité est incertaine et tend vers la hrévité. La loi est com- 
mune au marathe et au groupe penjabi-hindi-l^ihari. [)rol}ablement 
aussi aux autres langues (v. Grierson, Phon., § 3i, 2, p. 414; 
Maithili Grain. ^% 32 et suiv. ; Hœrnle, § 25, 146; Beames, I, 
§ 40 . En marathe, elle s'applique avec le plus de rigueur à / et 
M, et plus à ^ et qu'à a. Pour ce dernier phonème l'abrège- 
ment paraît moins fréquent, et il semble même se produire des 
actions contradictoires ; mais la question est obscurcie par le fait 
que les notations indigènes de quantité peuvent servir aussi à 
rendre le timbre (cf. § 15) ; s'il s'agit de noter a ouvert bref, la 
graphie hésitera fatalement entre les signes représentant à etrt, 
qui sont l'un et l'autre faux, le premier en ce qui concerne le 
timbre, le second en ce qui concerne la quantité. Cependant il 
n'est pas impossible que la régularité plus grande de la graphie 
touchant / et // exprime un phénomène réel : on sait en etTel que, 
toutes choses égales d'ailleurs, les voyelles fermées tendent à se 
prononcer d'autant plus brèves qu'elles sont plus fermées (v. 
Meillet, M. S. L., XV, p. 265-267). 

En syllabe initiale la quantité seule est atteinte ; en syllabe 
non initiale, la brévité est poussée au point que /, u et même e, o 
perdent leur timbre propre et se confondent avec a ; de là vient 
que le c de viincuî par exemple est une afîriquée dentale, quoique 
la forme ancienne soit vuiicinl : en elfet on verra plus lias que 
les anciennes palatales n'ont perdu leur caractère chuintant que 
devant a., u et o. et l'ont conservé devant / et généralement 
devant e. 

1*^ En syllabe initiale. 

§ t4. En syllabe initiale, / et // sont toujours brefs. Ainsi, à 
côté de gijnein (gil- , civadncm 'cipiîa- , tivau tripatua- ; tnscir 
ittisâra-), tidas {tulasr, iidttem [ttd-), où ces voyelles sont brèves 
de par leur origine, on trouve, correspondant à / et û anciens : 

jiijon Jïv-), jiineiii jtrya- , pivjâ pitala-), pisnem (piins-, pkr. /?;>), 



VOYKLLÉS KN SVLLAKi; IMIIALE ()1 

pihjem {pid-), kuduein kûrd-), dbiitârâ [dhfirîa-], purâ ipûrita-u stiâr 
[snpakâra-), su'i à côté de su isficl), o-\ i et u étaient longs de 
nature ; ils l'étaient par position dans les formes anciennes de 
hhijuem [khidya-\^ cita, citàri (dira-), nikâmï (nihkanua-), nisan 
{nihçreijVj hhitar {abhyantara-), rithà aristaka-), ritâ, cf. rikâmâ 
[rikta-] \ kudâl (kuddâla-), cuktï (d. cukka-), cuhjem à. cukk- , dukal 
{diihkâla-), piitlâ iputra-), punav ipumnâga-), pnsneiu [pronch-], bujh- 
neiii {biidhya-}, hhiikuem {bJnikk-^, rusuem (nisya-). 

Cette loi a été notée généralement : en premier lieu, à propos 
des dissyllabes terminés par une voyelle longue comme isâd, 
dérivé de Js ûsâ), kidà kïtaka-), gidhàd grdhra-', cita (citra-, ritâ 
{rikta-) \khujâ [kubja-, cukâ (cukra-), ciidâ cûdâ , cunà cûrna- , jui 
{yûtikà], jiinà ijïrija), juvà {dytita-), purâ ipûrita-), pulà [ptlJa-], 
puvâ 'papa-), mudl {mudrikà), rut (d. rûvl), sitkâ içuska-), sugi (pkr. 
sugga-^, siinâ {çnnya-) ; cf. Grierson, Phon., § 13 ; en second lieu, 
à propos des composés comme dhiipâmgrâ idhûp -\- aiiigârâ), phulel 
{phul-\- tel , V. Grierson, ibid., § 34; dans ce cas l'orthographe 
dissimule souvent l'abrègement, mais il ne faut pas en être dupe. 
Molesworth, s. v. kûlkanji, s'exprime ainsi : <- This form of 
spelling is désirable, for System is désirable ; but the People 
favour it not » ; et il renvoie à kidkanii, qui est la forme cou- 
rante. 

Comme on a vu, l'abrègement n'est pas borné à ces deux cas 
et se produit dans toute espèce de mots. Par là le marathe s'op- 
pose — du moins si l'on se lie à la graphie — aux langues qui le 
bordent à l'est. Au nord, le guzrati ne distingue guère la quantité 
de i et // dans l'écriture (v. Beames, I, loi) et transforme sou- 
vent î et même u en a {y. L.S. /., Rajasth., p. 329 1. Le marathe 
n'est donc peut-être pas isolé, et fait partie, au point de vue du 
traitement des voyelles initiales, d'un groupe occidental. 

Des observations précédentes il résulte qu un mot comme pîd- 
ijeiu est emprunté ou refait sur pîd- ; de même un mot comme 
jïvâ « corde d'arc » ij'yâ) se dénonce par sa forme comme un tat- 
sama. 

§ 4o. En ce qui concerne c et o, l'orthographe ne permet pas 
généralement d'observer le même phénomène. Mais l'écriture 
canaraise, qui note ë et ô brefs, permet de reconnaître dans les 
dialectes méridionaux une alternance èk: èkâ, lôk: lôkâ semblable 
à celle de kld : kidà, etc. (v. L. S. L, Mar., p. 168, 194) ; la fer- 



62 iMION'KTlgUK 

meture consécutive à rabrègenient a même été plus d'une fols 
notée dans l'écriture : ainsi dikîl « verra », de dekh-. hutà « était » 
de ho (ibid., p. 122). Le même al)rèo:ement se révèle indirecte- 
ment dans les équivalences n et o dans cotkar, catkar pour catkor 
[cauth — h hor , gaiiifitra pour le tatsama gomûlrâ-, etc. ; cf. aussi 
la forme kupin pour skr. kauplnà-^ gurûm (gorûpa-), et gahûm 
[godhûtna-]. 

Le phénomène doit remonter loin dans le passé, à en juger par 
la forme akrà (ekâdaça, pkr. ekkaraha), dont la voyelle initiale est 
d'ailleurs de timbre énigmatique. 

Il ne faut cependant pas considérer tout e ou tout o initia 1 
comme bref au même titre que / bref par exemple : e ou o radi- 
caux ont notamment une tendance à rester longs. A côté de 
èkâ-lâ, datif de ek, on a êklâ « solitaire », dérivé du même mot ; 
de même dans les verbes ihêpuêm, etc: D'autre part on prononce 
mî tyâlâ bhètlôiji hotôm « je lui ai rendu visite » ; mais sous l'in- 
fluence de l'accent rhétorique, le e de tethvar « jusque là » {tatro- 
pari) sera prononcé nettement long. La question est compliquée 
encore par l'échange fréquent de e et /, de o et u, qui remonte 
au prâkrit et dont il sera traité plus bas. 

§ 46. Pas plus que celle de e et o, la quantité de a en svllabe 
initiale n'est constamment déterminée. Lorsque la voyelle est 
précédée d'une consonne, la quantité étymologique est généra- 
lement conservée ; exemples : 

a^ a: kadem (ka(aka-), kadtar (d. kadanlara- , kadap à. kadappa-), 
kadhuon [kvalh-), kavda [kaparda-), kaval {kavfila- , kasueiu [kas-), 
kaluou (kûl-), kalamb ykadamba-), kalvù kalâpa- , kalas ikalaça-), 
kall [kalikâ], kharad (khara-), kharuem {ksar-', khavan [ksapauika-)^ 
khavà (d. khavaa-), khahiem iskbal-), gauuem [gaijaya-], gavasuem 
{gavesa-), gala {gala-), ghadneni [ghai-], ghadâ [ghata-], cadhncm 
(pkr, cad-), carm [caijaka- . cavneui [cxâv-), jadijeui (rac. ;a/-), jalû 
'jalaiikà), jhadneiji fpkr. jhad-), jhamvuem \yabb-), tarijâ {taruija-), 
taruem {tar-}, tarants itaraksa-), tarod d. taravatja-), tavâ {tap-, d. 
tavaa)-, tûlijciii (d. tal-)^ taUiv {tadàga-}, iharû (tsani-), thavâ (sia- 
baka-), dahlm {dadhi-}, dbanjetn idhar-), nal {?7adî), n'avâ, navra 
(nava-, navavara-), navas (nam-), padnem [pad-], padhuem {palh-), 
panai ipranaptr-), pahilà (cf. praihama-)^ palneni (palây-), palas 
(palâça-), palheni (d. palahî), phalâ [phalaka-], baisneni lupaviç-), 
baru (d. barua-), bah'in ibhaginï), maii mrdu-), madhneni {mrs-, 



a EN SYLLABE LMÎLALE 6'^ 

pkr. madh-), madhiï ymadhii-), maruein \mar-), maçî [inasî), mhasau 
[çmaçâna-], mahâg [mahûrgha-), mahâl {inahâlaya-), mahjem [mala-)^ 
mhais {niahisî), raduem {rat-), rasai (rasa la-), rahaiiivar [ralha-], rahas 
{rahas\a-), rahàt {araghatta-j, lavaing 'lavaùga-), Jasûu [laçunà-), 
lahar {laharî), lahu- (laghu-), vaijvâ [d. vanava-), varal {varàha-), 
varaindâ (d. varauda-), varât {varayâira), vasnem [vas-), l'ahû 
iyadlm-), vajijeiii [val-], valem [yalaya-), saî [sakln], sadnem (çat-), 
saruem {sar-), sarvà (d. sarivâa-),sarû {isani-), savatng [saniargha-], 
savad (d. savada-), savat [sapaini-], samvthaJ [sama-], savà [sapâda-], 
savem [saniaya-], sasà [çaça-], hadaknem (rac. hafb-), haddâ {badi-), 
hauueuj [han-), haran [bariua-), banjeiii [bar-], baryâl ibaritàla-), 
hasijeiit [bas-), halad {baridrâ), balls [balisa), balil (pkr. bain-). 

â ^ â : kânâ [kâiia-), kânjem [kârana-), kâlà [kàla-), kbàneni 
[kbàd-), gâû [gâv-), gâdbd [gâdba-), jâi {jàti-), jâil [yàtr-), jâunem 
{jânâti), jâiiem {yâ-), jâinvaî [jàniàtr-), jâlem {jâlaka-), tàvnem' 
[tàpaya-), tàlil {tâlu-}, tbâvaniem [stbâ-), ibàlâ istbâla-), dàvan 
[dâinanî), nbàvî [nàpita-), nànem [nânaka-), nârel [nàrikela-), nâsnem 
[nâçaya-), pâûn [pàdona-), pàûs [pràvrsa-), pànl {pâniya-), pàradb 
(d. pàraddha-), pàrvâ {pdrâvdta-), pâravdâ (prdkdra-) , para [pdrâta-), 
pàvneni [prdp-), pdlnein [pdlana-), pbdnùs idiT.fdnûs), bdvld (d. bdullï), 
bdher [bdhira-), niddi (d. niàdia-), mànas [mdnusa-), mdho [nidgba-), 
mdld (d. mdla-), râî [rdjikd), ràût [râjaputra-), rdul {rdjakula-), 
rdhi [rddbd], vddd [vdta-), vànî [vdnija-), vdrnetn [vydbar-), vdrd 
[vdta-), vdrik (d. vdria-), vdrû [vdru-), vcvar [vydpdra-], vdld [vdla-), 
vdla [vdlukd), sdû (sddbu-), sdy (d. saba-), sdyar [sâgara-), sdrl 
sdrikd), sdde- (sdrdha-), sdvantn [sâmanlû'], sdmvar [à. sâmarï), sdval 
(d. sdbulï), sdvl'i [cbdya], sâmvd [çydmdka-], sdinvld [çydmala-), sdld 
{çydla-). 

§ 47. De même a allongé en compensation de la simplification 
d'une consonne géminée est généralement maintenu : 

dkbà [aksala-i, dtbi [asli), ddhd [ardba-], dpaij [dtman-), kdmkdî 
[karkatjkâ), kdjal [kajjala'), kâtar [kartarï), kdnadd {karijdtaka-), 
kdpad{karpata-), kdpiir [karpiira-j, kâpus cf. karpdsa-), kdmsav [kac- 
chapa-), khdjem ikbddya-), kbdpar [kbarpara-), gdjr^eni [garj-), gddhav 
{gardabba-}, gdtddî (d. gatîddï), cdkbium [caks-], cdpjem (cf. pkr. 
caddai), cdtû (d. cattu), jdmpnem [jalp-], jhàlar [jhallari), ibddd (pkr, 
(haddba-), ddjiiem [dabya-j, ddvd (d. daiva-), Idtavnem [tapta-), iàp- 
7}em [tapya-) , tdsnem [taksa-), ndgd inapia-), ndcnetn (njtya-), nâtbâ 
[nasta-), ndta [naptr-], pdmkU [paksmaU:-], pdkhar [upaskara-), pdkb- 



B4 IMIOMCTIOLE 

mm {paksi-), pâthav'uicm {praslbâpûxa-), pâdâ (cf. d. pnddî), pâtaj (cl. 
pattala-), pâduem {pard-), pâlù {pal lava-), bahar [harhara-), bhàjijein 
[bbrajj-), bhâdaruem {bhadra-), bhâdvà [bhàdrapada-), mâhhan {nirak- 
sana-), mûgnem [inârg-), inâmjar {niârjâra-), màmjnem \marj-), mâtî 
{inrltikâ), mâthâ [mastaka-), mâmduem [iiiard-), mânucm (mnnya-), 
màçl {maksikâ), râkhnem [raks-], râiji [rùjm], râla {rakta-), rùbnem 
(cf. rambh-, larb-), lâgnem {lagna-), lâdnem {lard-), lâdhijeiii {labdha-), 
vâkbâij {vyâkhyâna-) , vâgul (d. vaggolai), vâjijeiii ivâdya-), vàtnein, 
vàtlâ {varl-), vâdhuem {vardh-), vâdhâyâ {vardhaka-), vânijeni {varn-), 
vâdal [vardalikà), vâdhï {vardhra-), vâsrûm ivalsa-), sâkhar (p. sak- 
karâ, ffaxyapi), sàjuem {sajj-), sâiiidijeiu {chard-), sùivan {sapla-), sàtfi 
[saktu-), sâdalmm {çâdvala-), sâsfi (çvaçru-), hâtuem (pkr. -hatt-), 
hâlnem (d. hall-) . 

Mais on trouve aussi de nombreux exemples d'abrègement de 
ô, et quelques cas d'allongement de a : 

§ 48. D'une façon générale, lorsqu'un jeu d'alternances morpho- 
logiques met en valeur l'importance rythmique de la fin du mot, 
a du début tend à s'y abréger comme les autres vovelles. Au 
skr. carpata- correspond m. câpat qui a le même sens de « bas, 
plat » ; mais l'élargissement provoque l'abrègement de la syllabe 
initiale dans capdà ; de même tâti a pour dérivé talyà ; en regard 
de càlnem « aller », on a l'impératif 2 plur. cala ; de même vatlm 
est le locatif d'un mot *vàt perdu, dérivé de skr. vaktra-. Ainsi 
s'explique l'opposition de pathâr, pathârî d'une part, pàthar {pras- 
tara) de l'autre. — De là l'abrègement de la syllabe initiale dans 
les mots dérivés et composés ; d'où résultent par exemple les 
oppositions suivantes : 

khât {khatvù] : khatamg { kbatvânga-) , gâdbav : gadbdâ {gardabha-)^ 
càk {cakra-) : cakvâ {cakravâka-), nât, nâtbâ : natbàrà {nasta-) ; nâk: 
naktâ- (pkr. nakka-), pbâtue»! : pbatakiiciii {sphat-), mâvlâ {inàtulaka-) : 
viàvlan [mâtiilâm) ; lùkh : lakârî (lâksâ) vàkbàn : vakbâijijein {vyâ-. 
khyàna-), vâm {vâuija-) : vaijaj, vaujâr [vânijya-) ; infin. vàdhnem : 
part, vadbinnalâ {vardb-). De même les redoublements halhàl, 
hahibvâl à côté de hàl-abvàl, seul conforme à l'original arabe. De 
même encore les causatifs : nialbâviijeiii, inatiâviijciu en regard de 
màthmm {nifsta-), mânucm {manya-). — La règle n'est au reste pas 
absolue ; cf. p. ex. mâtkulâ à côté de matgâ (d. matîa-). 

Mais tous les cas d'abrègement ne sont pas si clairs. On peut 



a V.S SYLLAliE LNiTIALÊ fi.^ 

à la rigueur attribuer à la même tendance la forme de certains 
mots élargis ou dérivés, dont le simple manque en marathe : 
ainsi lavdâ en regard de pkr. lâi'i (skr. alâbu-), habrâ qui en hindi 
par exemple fait groupe avec Mbar {karbiira-) ; cf. bhataknem 
(bhrûstû-), kacrà [kaccara-]. Mais comment expliquer Va bref de 
pkr. pall-, skr. pary- dans palâtnii, palaiiig, palan, en regard de 
pâJat, pâlthâ formés de même (le doublet pâlâij est moins correct 
que palâij), ou de pâlâ, skr. pal lava- ? Comment rendre compte 
à la fois de niatbâ [mastu-) et inâlhâ (mastaka-), de vathâu [iipa- 
sthâna-) et de pâthavineiii iprasthâpaya-), de raîî iraktikù) et de râtâ 
[raktaka-], de bhalâ « bon » {bhadra-, bhalla-) et bhâlà « picjue » 
(hhalla-) ? Une bonne partie des mots à a bref se retrouvent dans 
les autres langues : suftit-il pour expliquer les anomalies de 
recourir à l'hypothèse de l'emprunt ? 

Un assez erand nombre de monosvUabes ont a bref devant 
une ancienne consonne géminée. Un mot comme nakh peut être 
considéré comme un tatsama, et le pkr. nakkha- n'est que la nota- 
tion de ce fait. Mais l'explication ne vaut pas pour khaj [kbarju-), 
nath (d. ijatthâ), latth, lat (pkr. lattbi-j, sak (satka-), hat k côté de 
hât [hatta-]. 

Dans les verbes il semble qu'une autre action se fasse sentir ; 
à savoir le sentiment de l'opposition entre les thèmes d'actif-cau- 
satif et de passif-neutre ; on avait le modèle inâniein « tuer, 
battre » : niarnem « mourir » ; pàdijeiu « faire tomber » : padnem 
« tomber » ; gâdijein « enfouir » : gadnein <( être enfoui ». De là, 
contrairement à la phonétique, l'opposition de kâîaciii i< couper » 
et de son passif kapieiu (kart-) ; de ghâfuon « écraser » et ghatijen! 
« se contracter » {ghrsta-]. On s'attendrait dès lors à ce que tous 
les verbes ayant une brève expriment l'état : te;^s macuem « se 
gonfler » (pkr. maccai), khapijem [ksapyà-) « se vendre, s'épuiser », 
ou même sahjem [çakya-) « pouvoir ». 

Mais khacnem « sertir » est un verbe actif: dira-t-on que c'est 
un tatsama? Dans un mot tel que vatjiein « écraser le coton », 
qui est sans étym.ologie connue, cette explication est impossible. 

La question est donc totalement obscure. Il semble bien, à en 
juger par quelques formes doubles — îùpnem [tapyate), hàknem (pkr. 
hakkai) plus usuels que tapijem, haknem ; thàhiem poét. à côté de 
thaknem qui a à la fois le sens actif et neutre (pkr. thakkai) ; khas- 
nem et khùsnem « tousser » (kâsate) — qu'il faille faire entrer des 
La formation de la langue tnarallie. û 



1)1) PIIONKIIMIK 

mélanges dialectaux en lii^ne de compte. Au reste il ne faut 
jamais oublier ([ue les phonèmes notés parrt et â dans l'alphabet 
comportent une dill'érence de timbre ; dès lors les différences 
graphiques peuvent en un grand nombre de cas répondre à des 
variations de timbre et non de quantité. 

§ 49. Inversement, a de la syllabe initiale est allongé. Ce cas 
est plus rare ; il se présente : 

1° dans des composés à préfixe : ainsi pâdçî (deçl padicchiâ) en 
regard de padsâd {pratiçabda-}, pados {prativàsa-) , etc. ; pàrakhnem 
paras {parïks-), pàrusnem, pôrosâ (paryus-), en regard de paranuem 
( pariiiayana-), parvat {parivarta-), parasnem [paryes-), paris {parîksà). 
Il s'agit ici d'une action morphologique dont on retrouve la trace 
dès le prâkrit et jusqu'en sanskrit ( v. Pischel, § 77-78). 

2° dans des verbes, où sans doute l'extension du thème de cau- 
satif a pu jouer un rôle : mais il n'y a pas de différence de sens 
entre khauuem et khâuuem « creuser », entre hanjem et hàruem 
« emporter » ; câruem signifie « faire paître », mais aussi <( paître » 
comme carmm ; de là l'hésitation dans les composés samcarnem, 
visavuem [viçram-), etc. ; cf. les cas de à intérieur cités § 32. En 
certains cas ce sont les thèmes du passif qui ont pu agir : ainsi 
dâhneni a peut-être subi l'influence de dnjijein, cf. aussi dâgnetn 
[dah-) ; lâhijeiji s'apparie à hldbijein, lâbhuem [labh-). 

3° dans des mots où l'interprétation est difficile ou impossible. 
Dans kârandâ, doublet dekarandetn [karamandika] faut-il voir un cas 
comparable à celui de p. kâjasutla- (skr. kalà-) ou de t^\^t . gâhâvaï- 
igrhapati-) ? Mais en moyen-indien l'explication du phénomène 
n'est pas plus aisée ; v. Pischel, § 78, Jacobi Z.D.M.G., XLVII, 
p. oSO sq. Ailleurs on peut soupçonner un emprunt ; pâvnà est un 
mot franchement dialectal ; mais il peut être correct : cf. skr. plà- 
vayitr- en regard de plavika- ; kâvad (kamatha-) se retrouve en guz- 
rati ; mais l'allongement de l'initiale n'est pas de règle dans 
cette langue. Ailleurs l'analogie d'un autre mot a pu agir: ainsi 
sâsrâ [çvaçura-) a pris la longue de sâsû {ç-vaçru-). A côté de kavàd 
{kapâta-) on trouve lâkad, lâh'id {îakuta-). La liste des exemples 
s'accroîtrait aisément, mais sans profit pour l'interprétation. 

Lorsque a est initial, l'hésitation est pour ainsi dire de règle. 
L'allongement est licite dans avas {antdvasyâ), alçî [atasi-)\ a pri- 
vatif est même noté long dans àrogaiTt[ern). Mais ici encore ce 
sont les exemples d'abrègement (pii dominent : arsâ (semi-ts. 



/ INTÉKŒLK 67 

àciarça-), alambevi ià-lamb-), avatuciii, poét. àvatnem {âmantmija-), 
avlâ (âiiialaka-), etc. De même, devant consonne anciennement 
géminée ad en regard de âdhâ [ardha-), akhitïj [aksaya-], akhà 
{aksata-}, aglâ {aora-), agyct [agrega-), à gai {argala-),âphaliiem 
[âsphal-), etc. 

Dans ces doublets, Moleswortli donne toujours la préférence à 
la forme à a- bref (v. Préface, p. xiv), mais sans dire sil agit 
ainsi pour des raisons théoriques ou d'après l'observatiorf de 
l'usage. A propos de ad'b}- (ardha-) il donne cependant une indi- 
cation intéressante : après avoir établi une nuance de sens entre 
ad- et àd-. il convient que l'usage contredit ses définitions*: en 
réalité ad- est la forme du deç, âd- celle du Concan. Est-ce là la 
clé de toutes les hésitations de la graphie de a en syllabe ini- 
tiale? S'agit-il d'ailleurs d'une différence de timbre, ou de quan- 
tité, ou des deux concurremment ? Ce sont là questions auxquelles 
l'expérience directe seule pourra répondre. Toujours est-il que si 
l'on s'en tient à la graphie, les cas d'abrègement de à en syllabe 
initiale sont plus nombreux que les allongements de a ; fait qui 
s'accorde avec l'abrègement constant de / et // et la tendance 
générale à l'abrègement de la première partie du mot. 

2° En syllabe non initiale. 

§ 30. A l'intérieur du mot, / et ii, brefs et longs, perdent leur 
articulation propre et se confondent avec a (cf. Beames, I, ^^ 37, 
39). Exemples : 

i : — âg(! {agni-), umaJuem (pkr. lunmiUa-), Jdinkam [kiinkiuï semble 
emprunté au sanskrit ou à une langue voisine du marathe), pro- 
bablement cirahuem [à. cirikJm), pados (pour *padavas-, skr. pra- 
tivas-), parannem {pariuaya-), et d'autres composés de pari- et 
*padi-, pâkbriun (paksi-rûpa-) , vikharuem (viskir-), viuicnî (pkr. vim- 
cini ; v. § 40), sarvà (d. sarivâa-) ; il faut joindre sans doute avak- 
îjein, dérivé probablement de avikijeiii pour avavikijcni par super- 
position syllabique ; il est difficile de déterminer si aîtâ est ou 
non indépendant de alitâ [àlakta-, âlipta-). Les mots oîi / intérieur 
subsiste sont donc des emprunts : inahinà est pei-san, bahirâ \ha- 
dhira-) sans doute hindi ; vahilà (pkr. vahilla-) apj:);irtient à la 
langue poétique. 

i s'est d'abord abrégé ; quand / intérieur subsiste, il est bref 
de préférence : ainsi gahirâ igabJfira-}, qui est d'ailleurs un mot 



68 IMlO.NÉTKjUE 

dialectal ; alikade « de ce côté-là » est plus usuel que alikade 
[-kata-). La voyelle brève s'est aniuïe g-énéralement ; de là Top- 
position de joskî, jûspauà et de joçl, v. m. joisî [jyoiis-) ; de kansâ, 
forme d'oblique sing-. et du nomiuaLif kauJs (kaniça-) ; cette oppo- 
sition se retrouve dans tous les noms à -/ pénultième (v. Jostii, 
§ 173). 

u : aiiigthâ {angustha-) en regard de aingûthà, forme normale 
daiPs les autres langues indo-aryennes (Grierson, Phon., p. 27) 
et réservée en marathe à la langue poétique, aniglî à côté de 
aingulï [anguli-) ,uphaluein [utpbu lia-) , peut-être ulatijeiii (pkr. ullut-), 
kabrà {karbura-}, taniù {tarmja-), sâsrâ, sâsreiii en regard de sàsû 
[çvaçrn', çvaçara-) ; dans khajun, u est sans doute maintenu par 
l'influence de /c/w/âr [kharjura-), mais on trouve niâuas- en com- 
position en face du simple mâuùs [inânusa- ou niânusya-), lakdâ en 
regard de lâki'id [lakuta-], hinglûk en regard de hiiijgfd {hifigiila-) ; la 
même opposition se retrouve dans la déclinaison des noms à u 
pénultième (v, Joshi, § 173). Le mot nirutâ [nirukta-) appartient 
à la langue poétique ; dans panisneiiu u subsiste parce qu'il est en 
réalité initial, le mot étant composé [pary-iis-] ; quant à bâhulâ, 
c'est un mot qui n'a pas d'existence réelle, la forme courante 
étant bâvlâ (d. bâullî). 

il- s'est confondu avec a dans udJMJijeiii {uddhfilaya-), a disparu 
dans upijein [ut-pil-], alkudi, composé de al û {al u) ; tats. immalueiu 
{unmidana-). 

§ 51. e et tendent à s'abréger en se fermant et à subir consé- 
quemment les mêmes altérations que / et u. Exemples : 

e : iidnem {tiddayana-), gavasijein \gavesa-), parasijeui à côté 
des formes poétiques parisijeni et pariesijein [paryes-], paraijijein 
{pariijayana-), pâlat, pahVan en regard de poét. paleîuem [paryat-), 
mâvijem [mâpaya-j, vânijem-, poét. vâniijciii [variiaya-), viknem 
[vikraya-) en regard de keneni {kraya-} ; il faut peut-être ajouter 
gandrl (degi gandin, guz. gaudcri) ; akhjà comme akhitlj [aksaya-) 
sont des mots de la langue religieuse. Dans les causatifs en -v- 
(-paya-) i se conserve facultativement : on a par exemple karavi- 
nem et karavuein: la première syllabe de neduein (pour na deijein) 
<( ne pas donner » montre que ce mot n'est pas à ranger ici : il 
a été refait sur le modèle de nenijeni « ignorer » [na jânâti). 

: alanJ, composé de Ion {lavana-), ucamdalnein composé de ani- 
dolneni [andola-), kartt tats. [karoti-] ; mais kadmod subsiste à côté de 



à rNTÉRIELR 69 

kadmad, pàrosâ à côté depârsâ (paryiisita-) ; padosl a subi Tinfluence 
de pûdos iprativâsa-) ; aingocha iangiiccha-) est emprunté, comme le 
prouve la présence de ch). Sur mehiidâ imegha-) v. § 39. — II faut 
rappeler ici les cas où -r/tw- s'est réduit à a, sans doute en passant 
paro, Uj ainsi que l'attestent les formes équivalentes comme, par a- 
vasû : pàrosâ, cf. pânisucm : par sa iparyus-). A côté des noms de 
famille comme râjvade, kalvade on trouve khoparde, pimparde, boparde, 
bhambiirde, ramde ; tous ces mots sont composés avec le mot 
vâdâ (vâta-) qui désigne une localité : cf. âitvâdcin. vih'avàdein 
attestés au viii^ siècle ; de même on trouve kàramdâ, kàraindeiii à 
côté de karavamd, karavamdi (karamandikâ) ; paratuem à côté de 
paravatnem ; karat est la forme populaire correspondant à la forme 
poétique karvat ; ut non 'si l'étymologie par skr. udvart- est exacte) 
est la seule forme attestée. — H y a pourtant un certain nombre 
de cas où la chute, voire le rétablissement, de -va- ont pu être 
aidés par le sentiment de l'alternance du simple et du causatif. 

§ o2. — à tend de même à s'abréger à l'intérieur du mot : 
àv{a)sâ , ams(a)dî (p. âsatika), ubhal{a)}iein (d. ubbhâlaiia- ., ujav{a)netn 
{udyùpdna-), ombal{a)nem (d. ombàlai), omv{a)sà {upavâsa-), kadhat 
[katâha-), ka][a)và [kalâpa-), gav{a)ll {gopâJa-), jâniv{a)sâ (janyavâsa-), 
nîvatueiu en regard de vâtijeiji (vart-), nis(a)ijâ [niçà^ia-], pa}{a)uein 
ipalâyana-) . pàriaVcâ (pârâvàta-), bhimg[a)rutl (d. bhimgùrî ; de même 
devant consonne double : âvagnem [âvalg-), àr[a)tî (ârâtrika-), 
upajnem [utpadya-], etc.. et à la suite dune contraction : 
das(a)râ (daçaharà). 

La longue a pourtant été conservée : 

1° dans certains cas où â est le résultat d'une contraction : 
tanàrà (trnâgâra-), divâlî (dîpâvalï), maràthâ (pl<r. marahattha-) ; 

2" dans les cas où deux a se suivent séparés par /; ; on a indif- 
féremment -abâ-, -âha- et même, moins correctement, -âhâ- (v. 
Molesworth, Préface, Orlhography, § 8, p. xiv) : â côté de àhm 
dâhuem pâhueiu bàhncm râhuem vâhijem sâhnem on trouve àbâijâ et 
âbâiiâ, dabâuem et dâbâijeiii, etc. ; à côté de sây on a sabâ (d. sàha-) : 
dans aucun de ces mots, sauf dans ahâuù, le second à n'est éty- 
mologiquement long ; la quantité longue est donc récente et tient 
à la présence de /; ; ceci est confirmé d'une part par des mots 
comme kolbâj (skr. koIâbaJa-), vabâij et vâbâij {iipfuiab-, pkr. 
vâbaija-), où la longue du marathe, qui est invariable, répond à 
une brève ancienne, de l'autre par les cas de disjonction du 



70 iMioNKTrorn: 

groupe /;;/ : tahan trsijûj, iiahâij (snâna-). lahân 'pkr. laijba-), cf. 
sabân pour sâij (skr. çâna-) ; 

•M" dans certains morphèmes : participe d'obligation en -àvà 
[-avya-] : dyàvà karàvà etc.; suffixes d'adjectifs élargis : -ârà 
{-akâra-), ex. : kanjàrâ. inaniârâ servant de part, futurs; natbârâ, 
dhiitârâ ; -âhi-, etc., comme dans jbompâlû (« dormeur » ; de 
jbompucin « dormir ») pisàlein (d. pisalla-), etc.; thèmes de cau- 
satifs en -âviucnj on -av{ï)nem imanâvinem, etc.) ; 

ï" dans certains verbes ou noms composés, où à appartient à 
la première syllalie du terme principal : en regard de iijavnem 
uhbajijeni etc. on trouve les deux quantités p. ex. dans, visavijcni 
{viçram-j, uphànncni {utpbau-), et la longue seule dans nibàluem 
[nibhal-) ; de même valnem^uvalnetu mais oinvâlneni (val-). Il semble 
que les substantifs verbaux conservent de préférence la longue : 
pasàrà est le participe du causatif de pasarnem [prasar-] et senti 
comme tel : mais on a aussi le substantif nivânem en regard du 
verbe niviiem [nirvana-) ; de même iikbâijâ [iipakbyàna-], utâijâ 
{iittâna-}, itbhàrâ (udhbâra-j. La îovme pal bârî semble empruntée:' 
pàtbar est la forme normale [prastara-] ; 

o" dans des semi-tatsamas, comme iijâgar (ujjâgara-), kadàsan 
{katâsana-j, et d'autres mots obscurs- comme kamdàrnem (pkr. 
kandàrci ) . 

La date de ces altérations est dilficile à préciser. On trouve 
en prâkrit et en sanskrit tardif un certain nombre de cas d'abrè- 
gement des voyelles intérieures (v. Jacobi, ZDMG, XLVII, 
p. oTi-.'jtSl I. La perte du timbre caractéristique de /, //, e et o 
semble au contraire à première vue tout à fait moderne, à en juger 
par la comparaison des formes comme joisî et joçî ou àmgutbà et 
âniglbâ ; cependant l'inscription de Pandharpur donne dans le 
nom de ville Pbâganipur (Pbàlgunl-) un exemple de décoloration 
de a ; î subsiste (à l'état bref) parce qu'il est final. Surtout, le 
Périple de la mer Erythrée donne dès le premier siècle la forme 
oy.'/Ttzt en regard du nom de pays Aa-/'.va|j2t5ï;ç [daksimpaiba-] : 
n'est-ce pas là un premier indice de la perte du timbre de / inté- 
rieur ? Si l'on admettait l'anticpiité de cette tendance, on rendrait 
compte de la coexistence en sanskrit de doublets comme kapboiji 
et kapbani « coude », et surtout des formes prâkrites, baladdà 
{haridrâ-j, nîsatiî {nihçrenî) attestées bien avant m. bajad et nisau. 
Quelque rares que soient ces exemples (\a plupart de ceux cités 



VOYELLES PRAKRITES EN CONTACT 71 

par Pischcl jDour /" au § 115 et pour u au § 123 sont douteux; 
Pischel lavait d'ailleurs reconnu pour un certain nombre de ces 
mots), ils sont peut-être cependant les seuls restes de la notation 
phonétique d'une réalité dans la graphie pràkrite, généralement 
archaïsante. 

III. Voyelles prâkrites en contact. 

§ o3. Par suite de la chute des consonnes intervocaliques du 
sanskrit, des voyelles se sont trouvées normalement en contact à 
l'intérieur du mot. En prâkrit l'hiatus n'est évité qu'exception- 
nellement : à une époque relativement tardive, et selon la seule 
tradition jaina, y s'insère entre deux voyelles quelconques (Pis- 
chel, § 187) ; V se rencontre aussi en quelques cas où il prend la 
place de g, y et peut-être de /, d du sanskrit (Pischel, §§ 231, 
246, 25 i et note 1 ; cf. aussi les formes citées par Sachau, Albe- 
riini^ p. 46, d'après Weber' . Au contraire du prâkrit, les langues 
modernes tendent à éliminer l'hiatus le plus possible (voir 
Grierson, Phvi . §37, Hœrnle, §68-98). 

Le marathe, comme les langues congénères, traite de trois 
façons les voyelles en contact : il conserve leur individualité 
par l'insertion de y ou v\ il les diphtongue; enfin il les con- 
tracte. 

I . Insertion de y et v. 

§ 54. Dans les autres langues y et v semblent s'employer indif- 
féremment; en marathe l'insertion de y est rare. 

Il en reste quelques cas dans la vieille langue, où y prend la 
place d'une dentale sanskrite, et notamment dans les participes : 
le plus ancien monument du marathe en donne précisément un 
exemple : çrl-câviiiidarâjeiii karaviyalem « fait sur l'ordre de 
Câvunda »; plus tard dans Y Ablnlctsàrthacintàmaui on trouve 
àniyale, vâfiiyale : mais la Jnâneçvarl écrit déjà çikavilcni, karavi- 
lem{Xl, 28, etc.). 

A l'époque moderne il ne reste plus de cet usage que des 
traces sporadiques, et peut-être dialectales. On signale en con- 
cani luyeni à côté de tiwein « par toi » {L.S.I., Mar., p. 173) ; 
sdyar [sâgara-) attesté dans VAbhilâsârthaciiilâinani, a totalement 
disparu ; là même il était au milieu d'un composé [samsara- 



12 l'HONÉllOLE 

sâyaratârana-) et donne l'impression d'un quasi-tatsama ; soyara 
(sahodara-) a vlé conservé sous sa forme purement prâkrite, sans 
doute parce que c'est un nom de parenté; oyarâ est un mot 
obscur : son sens de « nourriture journalière » conduit à lui 
supposer un prototype de j^enrc de *avahàra- : mais celui de 
« cuisine » ou de « partie intérieure de la maison » permet d'y 
voir un doublet, sans doute dialectal, de ovarâ (apavaraka-) ; de 
même, en face de paràvâ ( parâgala-j, on trouve parâyâ, dès lors 
suspect d emprunt. 

§55. (^est l'insertion de v qui est normale en marathe. Elle 
se produit quelle que soit l'origine de Ihiatus. Ainsi v rem- 
place tour à tour : 
skr. Je dans uâgvâ^ à côté de nâgâ {nagnaka-), siivà à côté de suâ 

[çtika-) ; 
skr. g dans talâv {tadâga-j, nlvjî [nigada-), paràvâ (parâgata-), 

piinav [pumnàga-) ; 
skr. j dans tevnem [teja-), râv et râo irâja-j ; 

skr. / dans kaingavâ ikankaia-), kevdâ [ketaka-], ghàv à côté de ghày 

(ghâta-), ceviioii {celaiia-\ on trouve ceiuem dans la Jnâneçvarl), 

• jov [dyota-, pkr. yo/j, jiivà [dxnta-), vàv 's'il s'agit de vàla- et 

non de vàyu-) ; 
skr. d dans osavâ (avaccbcida'), pâv pâda-), çev (cheda-); peut-être 
est-ce le même phénomène qui explique la forme bor {badara-) 
attestée en deçî, en g-uzrati et en dravidien, tandis que le 
sindhi et les langues centrales et orientales oni ber\ 
skr. y dans niàv (mâyà), sàmv [snàyu-)^ sàvlî (cbâyà), dans màvuein 
si ce mot remonte à skr. inâyate et vâv, s'il représente skr. 
vâxii- ; 
enfin différentes aspirées sanskrites, représentées par h prâkrit, 
dans asval [acchabhalla-], ugavnem {udgrahana- et *udgrathana), 
mevûn [tnaithiina-), rov {roha-\ peut-être influencé par la racine 
m. rov-, skr. rop-), sâval (d. sâbulî, dérivé de skr. çâkhâ ?). Dans 
le ts. saijidhevïin {samdeha-) et dans iiihomv [moha-) le rôle de v 
est d autant plus clair que l'aspiration a été conservée et dépla- 
cée. Le prototype sanskrit est inconnu, mais l'insertion de v 
est sûre dixns govaind 'd. goaijta-), çivrâ (d. slhara-). 
Il faut distinguer de ces cas ceux où t- représente un ancien u 
ou 0, comme dans 5^i' qui équivaut à son [sâdhu-). On serait tenté 
peut-être de ranger dans cette dernière catégorie les substantifs 



DIPHTONGUES ' 73 

masculins tels que pâv (pâda-), çev [cheda-) et de considérer v 
final de ces mots comme répondant à l'ancien -o du nominatif ; 
mais la forme féminine mùv {mâyâ) tranche la question. Le doute 
peut cependant subsister pour des mots comme fâo ghào, ortho- 
graphiés râvo etc. dans les vieux textes, cf. § 57. 

II. Diphtongues, 

§ 06. L'alphabet marathe dispose de deux diphtongues, ai et 
au, qui servent à noter le groupement de a + / ou e d'une part, 
u ou de lautre : 
ai<C.ci -j- / ; désin. archaïque de futur, 3 sg. -ailii etc. ; pai- (skr. 

prati- : paikhijein paij paithan pain paila), paithâ [pravista-]^ baisnem 

{iipaviç-}, mhais {mahisl}. — kaivâd [kailava-] , dain {dainya-), vair 

(vaira-), sair (svaira-) sont des semi-tatsamas anciens, attestés 

en prâkrit tardif (v. Pischel, i^61); 
ai <i a -{- e : kaik {eka-eka-}, pais (praveça-). 
au <i a -\- Il : eau- [catuh-] dans cauk cauth caudâ causâr, mau 

[mrdu-). vauml [vakula-]. 
au <^ a + : paul [pratoli-] . 

On trouve aussi exceptionnellement au <C oa : auth- à côté de 
ohat- (d. ohatta-); jaul à côté Je jov [dyota-). 

§ 57. Lorsqu'une des voyelles a, i, u est longue, l'hiatus 
persiste généralement; ex. ghàivatâ (ghâta-) ; mauçi [mâtr-), ràul 
[râ/akula-), naî {nadl), varaî [varâha-] ; gâï (pâli gâvî), râî [ràjikà), 
gàu (gâtu-, gau-), jâu {yâtu-}, rài'it {ràjaputra-). 

Ces groupes sont d'ailleurs instables. A côté de val [vrti-] 
on trouve d'une part vahl et vai ; pàûn a un doublet paun [pàdona-] ; 
aituàr, semi-tatsama, représente skr. à JzVyrt- ; dans pai îh {prâyeija), 
dans taisâ, kaisà etc. (tâdrça- etc.j Va était long à l'origine. 

A côté de la diphtongaison pure et simple on trouve (surtout 
en position finale) la graphie ây, âv ou ay, av : kày est 
plus usuel que kùi « quoi? n.bâv est la forme vulgaire de hàï 
« femme », de même gây, ghày (cf. ghàivatâ; ekâghâini), sây 
(cf. jï7/", sabâ) ; say à côté de saî (sakbï, sinrli-), dial. padkay 
pratikrti-), navhe (= na-hoe, skr. iia bbavati), càvdas forme vulgaire 
de caudas icalurdaça), bàvlâ à côté de bâbiilâ {deqi bâulll), inàvlà 
{mâtula-}, màvçl (à côté de uiàuçi, pkr. iinuissià), lavdà {alâbu-), sàv 
pour sâû (sâdbu-). Ceci tient à la faculté qu'ont /', u et y, v de 
s'échanger constamment dans l'écriture : ainsi v note u dans 



74 l'IlONÉTlOIE 

mevnâ pour mehum {maitbnua-) ; inversement on a naurâ à coté 
de navarâ (nava-), daitd, à côté de davadiiem idrav-) ; de même 
les tntsamas udaik et aitâ répondent h ski-, udaya- (cf. m. 
udyàm) et âyatta-. Cf. aussi les doublets difficiles à interpréter : 
râv. rào, pâo '• pdy, les tatsamas nyâv upâv, v. m. nyàvo etc., 
{nyâya-, updya-). 

III. Contraction. 
a) La première voyelle est a. 

a -\- /', c, //, 0. 

§ 58. Ainsi que Ton vient de voir, les diphtongues récentes 
ai et au tendent à se réduire. 

ai est celle des deux qui a subsisté le plus longtemps ; cepen- 
dant het {*adhistât pour adhastât) remonte au prâkrit ; à côté de 
paithan {pratisthâna-) on a peth (pratisthâ), qui est assez ancien pour 
avoir passé en dravidien sous la forme prâkritique *petthà,{c{. tam. 
pettei) ; si bail a subsisté, hhair {khadira-) a un doublet kher, qui rap- 
proche le marathe du guzrati ; on a savem (sainayenn) en face de 
paiiii ipràycm). C'est surtout à la fin du mot que la réduction 
s'est faite: v. m. dahm ^ mod. dalvi {dalapati-) ; cf. çe)jvî {sena- 
paii-) ; la désinence de 3'' personne sing. -ai {-ati) est devenue 
(sauf peut-être dans l'exclamation sai) -e au présent dès la plus 
ancienne période, et au futur dans la période moderne. Il en est 
de même pour la désinence de l'^ pers, sg-. présent -(';//, futur -en 
(anciennement -ain), celle d'oblique sing. des noms fém. pkr. 
âe^*ai >> m. -e, de nom. -ace. plur. des noms neutres skr. -âni 
>> pkr. —âini >> m. -eiii, rim[)ér. sg. poét. -cni = pkr. àbi. La 
réduction tient sans doute ici à ce que la diphtongue était en fin 
de mot. 

Une transformation curieuse de -ai- est celle qui le fait aboutir 
en certains cas à -a- ; à côté de taisâ, kaisâ etc. et de baisijeiii, on 
emploie concurremment, et même de façon plus usuelle, les formes 
lasâ etc.. basijciii . On ne peut supposer dans les adjectifs prono- 
minaux une action analogique tendant à l'unification des thèmes : 
car pareille action est pour ainsi dire inexistante en marathe : cf. jo 
(f qui », to « celui-là », hâ « celui-ci » ; kon « qui? », kâ\ « quoi ? ». 
D'autre part on pouirait imaginer à première vue pour ba[i)snem 
« s'asseoir >) une contamination de la racine vas- « habiter, être 



RÉDUCTION DES DIPHTONGUES 75 

établi » : mais dans ce cas il faudrait admettre l'influence d'une 
forme hindie à /; initial : or cette forme dans le sens de « s'as- 
seoir » n'existe pas ; l'hindi a formé son verbe sur le participe 
passé : hethnà (cf. upaviçali : upavista-). — La raison de la réduc- 
tion de la diphtongue doit être d'origine phonétique et tenir à la 
présence àe s . Il est curieux que devant s encore on trouve un 
exemple d'action inverse : à pkr. as'iï « 80 » répondent m. aiçïin, 
g'uz. aisî ; les autres langues ont asî ; le marathe a aussi eniçî, et 
en composition -\acJiii, qui donne peut-être la forme étymolo- 
gique, si Ion peut considérer y comme un phonème d'insertion. 
Il est ditïîcile de donner à tous ces faits une même explication : 
mais leur rapprochement permet de soupçonner un mélange de 
dialectes dont certains admettraient une action dépalatalisante de 
s. Le cas de niaiiid {manda-) est tout à fait obscur. 

§ o9. La réduction de ait est plus générale encore. Il se réduit 
en dans co- (Von/.y à côté de cavvls, cohîmkadem, cotkor ; skr. caluh-), 
pol (à côté de paul '^ skr. pratoli-), hbonlp (babu-), moh- [madhu-], 
u dans ntâgutâ, cf. mâgauteiii ; à l'ablatif-absolutif -/?«(/), ancienne- 
ment -auui ; deiil {devakida-) i^emonte au pràkrit ; les circonstances 
y étaient d'ailleurs plus favorables : il a pu se produire une sorte 
d'haplologie : *deva-{v)iila-'^ de{v)ula- (cf. ràid, skr. ràjahila-). 
A l'intérieur du mot, un ancien au est totalement tombé dans 
gâvdà {grâmakûta-), sans doute en passant par o puis ti. 

§ 60. A la finale, -au se réduit de deux façons, suivant qu'il 
représente pkr. -au ou pkr. -ao. 

Dans le premier cas il devient -o, puis en certains cas -a : c'est 
le cas de la S*" pers. sg. impér. en -o, skr. -atu (cf. jâno, jânii 
« comme si », impératif figé ; forme poétique : jànau trisyllabe). 

Dans le second cas au contraire il se réduit à -à, que 1'^; pri- 
mitif soit bref ou long : 
skr. -ako : les nominatifs sg. masc. à élargissement àmhâ (âmra-), 

avlâ [âmalaka-), caijà [canaka-], etc. 
skr. -alo : âkhâ [aksata-) ; 

skr. -ado '. padvâ [pralipada-) , bbadvâ [bhàdrapada-) ; 
skr, -ajo : kiidâ ikutaja-) ; 

skr. -ayo: ts. âsrâ iâçraya-), samcà (saincaya-), oincd [uccaya-) , 
skr. -avo: pànbà (prasnava-), pâlà (pallava-); 
skr. -âko : cakvà {cakravàka-) ; 
skr. -àco : pisà (piçàca-) ; 



76 niONÉTioi-E 

skr. -âto : cultâ (culla-îâla-) ; 

skr. -âdo : para {pârâda-), savâ [sapàda-] ; 

skr. -à\o : pàm [piâyah) ; 

pkr. -Cw. nom. fém. pi. -à '. itâ, ghàdîâ etc. ; v. plus bas. 

L'intermédiaire entre -ào et -à a sûrement été -au ; cela est rendu 
évident par la comparaison des terminaisons de nom. s^. maso, 
dans les différentes langues : la poésie hindie a gardé le nomina- 
tif en -ai(, et le g-roupe sindhi-guzrati-rajasthani-népalais forme 
le même cas en -o. 

Le seul moyen de rendre compte de cette douille évolution en 
marathe parait être de supposer que le passage de pkr. -ao à -au 
est postérieur à celui de pkr. -au- à o : cette hypothèse est d'ail- 
leurs invériliable, les deux évolutions étant antérieures aux plus 
anciens documents, et le fait ne trouvant pas d'analogue en 
marathe même. 

Lorsqu'il était nasalisé, le groupe pkr. -âo a évolué comme 
-au : I'''' pers. plur. verbale en -t);;/. ///// (skr. pkr. -àmo). 

a + a. 

§ 61. — Lorsque lune des deux voyelles est longue, \e. résul- 
tat de la contraction est à. 

1. Le premier a est long, 
skr. -âja-: rànt (ràjaputra-), râul [râjakula-) ; 
skr. -âta- : iiming {màtatiga-), vâv {vâta-) ; 
skr. -âda- : ts. àrsa(âdarça-), sân (châdana-), savà {sapàda-), probab 

povâdâ (prâvâda-) ; 
skr. âya-: vàn{vàyana- ; tats. hast {kâyastha-),-nâk {nàyaka-)\ obi. 

sg. ma se. -à {-àyd) ; 
skr. -âva- : divâJî (dîpâvalî) ; 
skr. -âkâ- : pâravdà (prâkâra-) ; 

skr. -âgâ- : âr {dans gâhhâr ta nârâ dhavlâr bhâijidâr eic ., skr . âgâra-) ; 
pkr. -âxa- : vâr (à. và\àra-)\ cf. déjà en deçi bhâujjâ; m. bhàvjai 

est refait (bbrâtrjâyâ) ; 
pkr. -âha- : thâ (ihâha-) ; 

pkr. -âa désinence d'instrumental fém. ' Pischel, § 375): bejâ 
ihelaya). 

Il est dès lors dilïicile d'admettre qwepisetn dérive directement 
de *piçàcam ; c'est le neutre de pisâ, cf. pour le sens pkr. pisallo : 
m. pi sa km. 



(JoMHACTio.N Dii i>t;Lx a 



11 



II. Le second ^7 est long. 
-akâ- a donné très anciennement -à ; vaujàr [vànijyakàra- ; cf. vani- 

jâraka- dans une inscription de Nâsik), de même andhàr 

knmhhâr càmhàr citàrî dhiitùrà suàr etc. ; les participes en -mr 

(cf. § 52, 3°); bhàdarnem ibhadmkàraijam); 

De même : 
-a yâ - dRus va rât [varayâtrâ) \ 
-avà- dans tats. upâs (upavâsa-) ; 
peut-être -^7/^7- dansr(7r [*catâro pour cattâro d'après catiiro-). 

Il ne faut pas ranger ici le mot pâïk, qui ne remonte pas à skr. 
padâtika-; c'est un emprunt persan, d'ailleurs ancien (pkr. 
pdikka-). 

Le nom. plur. des noms masc. à élargissement est en -e : cela 
tient à ce que -à final s'est abrégé ; il s'agit donc non plus de 
-a{k)â, skr. -akâJp, mais de-û[k)a. 

Sur ce point, le marathe s'accorde avec les langues du centre 
(hindi et penjabi) et semble s'opposer au guzrati {-â-o) et au sin-= 
dhi [-â) : mais il est à la rigueur possible qu'il se trouve à l'ori- 
gine de ces formes une autre désinence (cf. singh. -âhu, -0; v, 
Geiger, § 34, III, et, plus bas, le chapitre de la déclinaison). 

§ 62. Les deux voyelles sont brèves. 

Lorsqu elles étaient séparées en sanskrit par y, la contraction 
s'est faite dès le moyen-indien ; p. ex. la désinence de 3'' pers. 
sing. prés, est en pâli -eti, en prâkrit -ci (skr. -ayatï) ; ainsi s'ex- 
pliquent en m^TSithe neiieni{nayana-), bheni [bhaya-) etc. Déplus, 
on a vu au § 14 que certaines occlusives non aspirées étaient tom- 
bées en position intervocalique en passant par y : ce phonème 
a agi dans le groupe pkr. -aya- comme dans -aya- venu du sans- 
krit ; de là vient que mar. -e- représente : 
skr. -aka- dans les nom. -ace. neut. sg, en -ein [-akam), et les 

nom. masc. plur. en -e {-akâh) ; 
skr. -aga- dans çeldfiin, çdî Uhagala-), dans le nom de ville Ter 
itagara-), et dans ijer [nagani-] second terme de composés for- 
mant des noms de ville ; 
skr. -nja- dans neiiijein [na-jan-, de jhâ ! ; 
skr. -ata- àd.nsge-]à {gata-),sâi!ipein (sâinpraîain), çein, cî. ç{y)ambhar 

içatam) ; 
skr. -ada- dans kel [kadalï] et probablement per [pradaraA . 

Il résulte de ces exemples qu'on ne saurait déterminer si kcJn, 



78 



i'ii<i.M;iiorj-: 



skr. krta-^ remonte à pkr. *kai\)a- ou *kin-; pour meJà [mrta-] au 
contraire, a est à peu près sur, / n'étant attesté nulle part (v. 
§ 30). 

A l'époque récente aa se sont combinés clans le semi-tatstima 
asand iaçvagandha-) et dans des formes redoublées : gndâdnein 
(cf. gadagaduem), kadâd [dekadiikada-) ; /centre deux^ est tombé, ce 
qui a abouti au même résultat, duns gâij (gahana-) , âijâ [àhhâmka-) 
marâthâ (pkr. marahatiha-, skr. Duibârâstra-), dans le tats. agrâr 
[agrabâm-), enfin dans la désinence de 2* plur. indic. -à{m)<i-atha ; 
Va résultant de cette contraction est à son tour abrégé dans dasrâ 
[daçaharâ], cf. § 32. 

fi. La première voyelle est /ou e. 

§ 63. Devant â, les phonèmes / et e sont ^généralement con- 
servés sous la forme y : pyâr {priya-kâra-), pyàs (pipâsa), vyâhi 
[vivâha-], haryâl (haritâla-), agyà [agrega-) et les participes d'obli- 
gation comme dyâvàirixc. de-), cnîavinyâ etc. (on trouve encore 
câlâveâ dans l'inscr. de Pandharpur de 1193 çaka ; en 1289 ç. 
cûlaviâ ; en 1494- ç. sâgamvyâ) ; maison trouve mamr à côté de 
manyàr [mani-kâra-) ; et le mot persan myùn a comme doublet 
meu, mena. 

Lorsque / ou e sont suivis de a bref, il y a le plus souvent 
contraction. 
e -)- a';>e : kedhaval (pour kevadha-), kevdà [ketaka-], tevuem (jeja-), 

der [devara-), veii {vedanâ), çev [cheda-] ; 

i -\- a donne soit e soit i à l'intérieur du mot, / en fin de mot 

sauf dans le cas où a est nasal. 

e : net {nikata-), çemdà [çikhanda-). çerâ (.çikhara-)\{y)er {itara-), 

ahev {avidhavâ), nesueui (leguzrati dislingue nés- <inivas-de 

nâs-<inivàs-). — De même pare} [à. parialï) p.-ê. mâher, 

[màtr--\-ghara-) etc., et en syllabe finale les neutres : jânn- 

vem {yajnopavitam), kodeni (d. kodiyam) etc., et quelques 

féminins : pron. te, he (mod. //, /;;) etc., vhituse (pkr. -ssiâ). 

i : tidem [trika-), vinem {vijan-) vith, (vilasti), çilâ {çltala-), dî 

idivah), dis {divasa-), parît (d. pariatta-), d'idh (pkr. divaddàa-), 

participe causatif en -iJejn i-ita — \—l-), v. m. -iyakni [kâravya- 

letn inscr. de Câmunda). De même pinem {piba-),jinem [jiva-) 

qui remontent au prùkrit. — En "fin de mot / est la carac- 



/ ET II Ui:VA.\'|- VOVKLLK 79 

téristique normale du fém. sg., skr. -ikù^ donc pkr. -/^>> 
-ia : âgçi [agniçikhâ), kalî {kaJikâ), pi [pllhâ], màvçî fpUr. 
mâussia). etc. ; de même les neutres ghi, dahlm, pànt, 
jànhavik côté de jânhavein [yajnopavîta-). 
i -\- i^i : tïj, adic iîrtîya-, ardhalitïya-). 

Lorsque ^ et /se rencontrent, dans quelque ordre ({ue ce soit, 
c'est e ({ui l'emporte à l'intérieur, / à la fin du mot. 

A l'intérieur : nârel inùrikela-), vedblâ (à. vciddhaA. Cependant 
on a parisuon pour pariesuem (paryes-) ; mais ce peut être aussi 
bien le premier degré de l'afîaiblissement qui mène vers la forme 
parasuei)!. 

En position finale : désinences : d'oblique fém. s^. pkr. -l'e, 
m. -i {bhimti), de 3"^ pers. sg\ causatif, pkr. -ci, m. -/ ikar'i) ; l'im- 
pératif poétique de la même conjugaison pkr. -ehi, m. -/(///) ; de 
même, avec nasalisation, la 1''*' sg. skr. -ayâmi, m. -/;» (karîm) et 
le nom. ace. plur. neut. à élargissement skr. -rt^â;//, pkv. -ai y)dim, 
m. -////. 

Devant z/, /disparaît dans diiijâ (noté duiiija- en pkr. ; skr. dvi- 
gum-), à l'infin. en -r/;//<<skr. -itum {v.L.S.I., Mar., p. 9), dans 
pârusnein [paryus-). A la tin du mot au contraire, -/ l'emporte sur 
-u issu de -o : de là les nom. masc. sg. en -/ comme nbâvJ inâpita-), 
vânï {vanija-), etc.; ceci confirme ce qui a été dit plus haut du 
passage relativement tardif de -ao à -au. 

V. La première voyelle est // ou o. 

§ 64. Lorsqu'il y a contraction, le timbre n ou o l'emporte tou- 
jours. 

u-\-a'^o : ohmày [vadhii-) , pophal [pilga-], mohal, samor [-inukha-) ; 
Il -\~ a~;>u : jnl (yugala- ; cf. jumval), dhuuem [dhiinoti ; m. d]}ii- 
Viiijein est poétique ),_//</â [lûna), jûin[yugani), lûiii (pkr- 
tiiniain) , gahiim igodhûiiui-) et tous les fém. en -«, skr. -ukâ 
et les neutres en -/?///, skr. -ukûtn. Cf. encore utnem 
s'il s'agit de tidun!-. — L'hiatus de siulr {silpakâra-) 
n'est f[u'apparent : il suppose un v intercalé, repré- 
sentant skr. p, exactement comme dans kiivâ {kiipa-), 
puvà [piipa-) etc. 
u -\- o'>u : nim [niruja-], pu [pûya-) et les autres nom. sg. en /7-, 

pkr. -ûo. En réalité il s'agit de : 
Il -\- u quia donné ii dès la période prâkrite dans iikhal [udil- 



80 



l'iio.NKrinri-: 



khala-), umbar [udiunbara-): on trouve aussi o notant 
la longue de u dans les semi-latsamas garodar igurii- 
udara-}, koykatnal [kumuda-). 
u -\- i. Lorsque l'hiatus ne subsiste pas comme dans jtiî 
(vûtikâ), dhiiï [dhiiinikàj, bhui [bhûmi-}, mi [deçi ri'ivïj le résultat est 
u. On a su à côté de siii (j/?c/), alors que les autres langues n'ont 
que sûJ comme le prâkrit. De nuMue pour kiirmud ikuruvinda-) et 
surtout pour dhilv {diihitr-}, forme qui s'accorde avec celle dusin- 
ghalais, et qui est déjà notée en deql idhûà), alors que les autres 
langues du continent ont db'i ou des variantes de la même forme. 
-\- a ^ : thûdâ (stoka-), pol (pkr. p.mla-). Dans jalû ijaJauka) 
il a pu y avoir assimilation aux noms en -rt, skr. -iikâ (il existe 
en marathe un seul féminin en -o : bây-ko « femme », d'ailleurs inex- 
pliqué) ; une réduction du mênie genre doit être à l'origine du 
doublet janfim i^jaunovam ? pour jaumvaviaiu i de jânhavem. Le 
groupe ova- s'est réduit à u- dès la deçî dans skr. opaça-, deçî 
usaa-, m. useiu ; mais généralement l'hiatus persiste : juvàri ■< deçî 
joi'arî. 

-\- i se réduit à o à l'intérieur du mot ; de là dokem, doki en 
regard de doî, josi ancien joisJ : oJ n'est qu'une prononciation vul- 
gaire de ovi (d. oz'ia-) ; mais dans koil [kokila- : cf. le doublet koyal) 
riiiatus subsiste. 

Contraction de trois voyelles. 

§ 65. Il est rare que trois voyelles se soient contractées en 
marathe. En général les Aoyelles se sont groupées de façon à se 
réduire à une diphtongue : telle la désinence d'oblique singulier 
des noms masc.-neut. à élargissement, skr. -akâya >• m. -^^7,-v^, 
ou celle de nom. -accus, fém. plur. des noms en -/ : pkr. -iâo > 
m. -eà^ -yà. Il n'y a guère de sûre que la contraction de trois a 
dans ùr {ajagara-}^ â-Iô (âgata-). On trouve en apparence i-a-o^ 
â dann pasârâ (prasârita-), pârosâ {paryusita-),pnrâ (parita-), vipârâ 
viparila-) ; mais il est également possible de voir dans ce dernier 
cas la conséquence d'une action morphologique ramenant ces par- 
ticipes au type normal des adjectifs i-itaka-^ -aka-) ; la forme 
régulière est conservée dans le nom propre pàmdyâ ipaijdila-ka-), 
dont pcïiiide "ne serait qu'un doublet dialectal. Les diphtongues 
finales à premier élément / se contractent en / dans les dési- 
nences de nom. plur. fém. (pkr. -iae > i) et de neut. plur. 



VOYELLES NASALES 81 

[-iàiui > ////) ; rintermédiaire est sans doute /V, comme dans le 
mot accessoire r/w (s'il représente skr. sahitena). 

Nasalisation des voyelles. 

§ 66. En principe sont nasales en position finale les voyelles 
longues résultant de la contraction de deux voyelles dont la der- 
nière était nasale. Ex. : çem içatarn), çUu {sahitam on sahitena'^, les 
diminutifs en -n'im comme vasnan ivatsa-rnpaiu), etj., les nomi- 
natifs sing\ neutres en -em, -Jin, -fan (pkr. -aaiii, -iaiii, -nani). 
Parmi ces derniers on ne note pas dans l'écriture la nasalité de 
la voyelle finale lorsqu'une consonne nasale la précède : ainsi 
l'on écrit p^ y/7 ipânïyam), lonï {navanïtam) ', cette exception n'est 
qu'apparente, v. Joshi, § 167. Quant à ghî (skr. ghrtam), c'est 
probablement un mot emprunté, ainsi que l'atteste en particulier 
le traitement / de r voyelle. 

Dans la désinence du génitif pluriel -ânâin, devenue en marathe 
désinence d'oblique pluriel -âiii, n au contact de la voyelle finale 
nasale a perdu très tôt son articulation propre. La graphie en a 
conservé le souvenir en prâkrit classique sous la forme -âna (v. 
Pischel, § 370) qui si elle était réelle, rendrait l'explication de 
m. -âw impossible : du reste plus tard l'apabhramça note le phé- 
nomène moderne sous la forme -âbain ou -abûin, où il est inutile 
de chercher k expliquer l'aspiration (cette g-raphie est en outre 
attribuée par Hemacandra à la mâgadhî, contrairement à la tradi- 
tion manuscrite, v. Pischel, § 370). A l'instrumental singu- 
lier, la voyelle finale s'était nasalisée en prâkrit et la désinence, 
qui est en skr. -ota, était devenue -enam f Pischel, § 182) : 
ici encore n intervocalique a perdu son articulation, et le résul- 
tat en marathe, comme en apabhramça, est -em. Les désinences 
de neutre pluriel présentent aussi la même nasalisation de la 
voyelle finale, suivie de la chute de n intervocalique : skr. -àni 
est noté en prâkrit -nim, -âiniin ou même -ai ( v. Pischel, § 182, 
367) : à ces formes correspondent les désinences marathes -em 
(skr. -àni), -Im (skr. -ikâni). 

§ 67. On verra plus bas que /// intervocalique ancien est 
devenu spirant et a abouti à z' nasal ; la nasalité de ce pho- 
nème essentiellement instable s est en principe reportée sur la 
voyelle précédente; d'ailleurs elle a totalement disparu, au moins 
de la graphie, dans un grand nombre de mots. Mais dans cer- 

jLa formatiun de lu lunyiie iniivathe. 6 



82 PHONKTlOtE 

taiiu's (k-sinences la iiasalili' subsistail, tandis qiu' 1 articiilalloii 
lahiale au contraire se perdait : de là vient (jue la première per- 
sonne des verbes se termine au sinyidii-r par -ein pUr. -ihiii. 
-ami), -îm (de -ayâiiii, pkr. -ciiiij. au pluriel par -oiii. -l'ini pkv. 
-àmo, -nifio). Sur le pronom ////// (tvaiii^ pkr. tnviaiin. v. 5; 208. 

s; 68. .V l'intérieur du mot, le ji^roupe : voyelle brève -j- nasaie-)- 
occlusive. est susceptible de plusieurs traitements cf. Navalkar, 

ij 38 I. 

•- • 

Lorsque l'occlusive est sourde, le résultat est indill'éremment 
luii des deux suivants : 

1" voyelle brève -j- nasale -|- occlusive sourde 
2" voyelle nasale longue -|- occlusive sourde. 
Ansi l'on a d'une part nimh ( skr. niiiiba-) parxant ( ts. ) ; de l'autre, 
ât ianta-), càpct icanipaka-), côc [cancu-], vâfâ (rac. vaut-). En prin- 
cipe les deux traitements sont licites : de là les doublets tant -tât 
itantu-], khuut-khât, etc. La régularité de cette alternance fait que 
le seul signe de Vanusvùra suffît à noter ces deux cas : dans le 
cas où la voyelle est brève, il représente la nasale de même 
ordre que la consonne qui suit ; si la voyelle est longue, Vaiiii- 
svàra a la même valeur ([ue \ anunâsika. Quand l'occlusive est 
sonore, le résultat est : 

3° voyelle nasale -f- nasale -j- occlusive sonore. 

Les rapports quantitatifs ne sont pas les mêmes que dans le 
premier cas : la voyelle est un peu plus longue (|ue la voyelle 
brève normale, et l'occlusion de la nasale est plus courte que celle 
d'une nasale intervocalique (communication de M. P. IL Bhan- 
darkarj. Exemples: hhàud \bhàuda-\^ jheijdâ idhvaja-), maijdaijein 
tond (tutjda-), khând (khanda-), când (candra-), vânjh ivaridhyâ). anib 
[âmra-j, khânib ipkr. khanibha-}, bûnd dniuhi-,. ph'ig [pahou-], etc. 

Dans ce cas, qui est intermédiaire entre les deux premiers, on 
constate encore la trace de la tendance à éliminer l'occlusion de 
la nasale au bénéfice de la voyelle précédente. Cette tendance 
s'affîi-me dans toutes les langues congénères à l'exception du 
groupe du nord-ouest. En sindhi et eu penjabi (exemples dans 
Beames, l, p. 296-299, et aussi en singhalais (Geiger, J^ 17), la 
voyelle reste pure et brève même dans le cas d'assimilation des 
consonnes : en elîet ces langues n'admettent pas l'allongement des 



VOVELLES NASALES 83 

voyelles devant un groupe consonantique réduit. Partout ailleurs, 
les deux premiers traitements coexistent ; et dans le cas de la 
sonore, il s'y juxtapose un troisième, dans lequel la voyelle se 
dénasalise, mais s'allonge, tandis que le g-roupe consonantique 
se réduit en devenant non une occlusive, mais une nasale (v. 
Grierson. Phon., p. 34; Mailh. Graïu., ij 27; Hœrnle, § 23). Le 
traitement du marathe est donc parallèle à celui des autres 
langues continentales, sans y être complètement identique. 

§ 69. Les voyelles longues précédant un ancien groupe con- 
sonantique réduit tendent à se nasaliser notamment, comme en 
prâkrit. quand la première des anciennes consonnes était un 
r, et quand le groupe contenait une sifflante ou une palatale 
aspirée (voir Pischel. vj 74) : ainsi à côté de àg (agni-), âthi {asti), 
àp {âtnia-), àsare [apsaras-], et'surtout de mâg [màrga-), sâp (sarpa-), 
etc., on rencontre d'une part âme (arci-), kanivamtal (pkr. kavat- 
tia-.. kâiiikdl et knkdî ikarkntikâ i, kompar et kopar ikûrpâra-), 
jhâmjn \ jhnrjharr. hhàiijhhaJ ibharhh-), màmjar et niàjar {màr- 
jàra-), iiiâinjijcin \marjaya-). vânik (vûkra-), savaiiig isaniargha-) 
en regard de iiiahâg (iiiahârgha-), sâinduem et snduem ichard-) : 
d'autre part r//;//:/; et cuus à côté àe. as inksa-), âmtharucm et âthar- 
riem iàstar-)^ omlh à côté de oth plus correct [ostha-], kavamth 
et kavath (*kapistha-, cf. skr. kapitlba-)^ kàmkh et khâmk à côté 
de kâkh et khâk ikûksn-), Jminsav à côté de kâsav {kaçyapa-, 
kacchapa-), taraïus à côté de taras plus usuel (taraksa-), rrms 
et ris (rksa-). pâiiiklî (paksnia-) : lu/iat (iitsikta-), vâmsrûm et 
vàsriuii waisa-), kâijicyâ et kâcvâ ikaccha-), viificil (vrçcikâ) : 
ces deux derniers mots sont d'ailleurs probablement emprun- 
tés : âijisn et âsû uiçrit-i, pâiusoJl \pârçva-). On trouve aussi 
devant d'autres articulations : phâmkî iphakkikâ), hâmhieiu 
ihakk-) ; sâiucâ à côté de sac isatxa-), unie et oincâ à côté de ocâ 
moins fréquent [ticca-), jhitmjhnein à côté de jhujhnem {\iidhya-); 
kumtaij à côté de kutaij et kiiltîij [kutianî). hhîiut et hhint ibbitti-), 
pimpal (pippala-), etc. 

Comment rendre compte de cette contradiction ? L'examen des 
langues congénères n'y apporte aucune clarté. On y retrouve la 
nasale de âine, âinsû, j'hâinjrl, hhâmbhal, màmjar ., vâink, hâinkijein ; 
mais celle de sà[m)duem ne se retrouve qu'en guzrati ; celle de 
kàinkh, en hindi seulement; l'hindi, le penjabi, le guzrati ont 
comme le marathe /^/â////- = skr. iiiarj- : mais on n'a que iiiâj en 



84 PHONÉTlQLt 

sindlii, ben<j;-ali. oriya ; un ii a ([ue les formes sans nasale ailleurs 
qu'en marathe [)our kâniMl. knincxà, koinpar. sàmcâ. vâins- i mais 
ici cela peut tenir à l'abrègement, comme h. hachât \ pimpaï est 
tout à fait isolé aussi, et l'oriya n"a la nasale que dans la mesure 
où le mot y est emprunté au marathe 'v. Beames. II. p. 24, 
n, 2). — D'autre pari en regard de m. et g-u/. mcig tiiârga-, et rac. 
inârga\a-i toutes les autres langues du nord-ouest à lest (oriya 
et assamais exceptés i ont mâing- ou niang- [ en reg^ard de m. 
inâjihi, g", moj- \madhya-). le sindhi. le kaçmiri ont la nasale, 
l'hindi et le penjabi ont les deux formes ; mais les traitements du 
mot skr. miidga- se répartissent autrement : m. tiifig, pj. niiigg, 
o. b. miig : h. bih. nulifig, s. mnhu. 

s; 70. Toute voyelle longue tend à développer une résonance 
nasale. Le fait est sans doute a la base du précédent, et proba- 
blement plus fréf[uent que la graphie ne le décèle. Il est donné 
comme facultatif devant v, ;'. /, v. / (v. Molesworth. Préface. -^ l<i . 
Maison ne peut expliquer autrement à i)i sd'r\iii\\ âsaijkâi. amcav- 
uem (tais. *âcaiiiana-), kâ[m)c (tats. ^â^û-i, kems et kenisar, popul. et 
archa'ïque pour kes, kesar [keça-)\ boind [remonte à \?ideçi ; drav. biid- 
hod-j, he{m)snem hi(m)snem (rac. hes-hres-): Les voyelles finales 
offrent plus dun exemple de cette nasalisation spontanée : ainsi 
l'on a nâhim <■ non " en regard de àhe " il est » ; la désin. de 
'2^ plur. -âin 'skr -atha; ; les adverbes tarhVDn Uarhi) et son 
contraire nâtarJm. ekadâin, evhàin. ethem. etc. ; on peut soupçon- 
ner que le même fait est à Torigine de certaines désinences obs- 
cures (instr. tvâm « par toi « : désinences de locatif en -âm -Jni. 
cf. plus bas) et on a vu au i; 66 que cela est siir pour les dési- 
nences d instrumental singulier et d'oblique pluriel. Il faut sans 
doute séparer d'une part le cas de jiiiikaijein, Vnnpanem (rac. //-, 
lip-) où des influences morphologiques ont pu entrer en jeu, et 
celui de painvleiih pamvàdà ipravàla, *pravâda-) , où V a nu svâr a doit 
noter principalement l'assourdissement de a qui aboutit aux 
formes povleni, povâdâ : dans tilondhâlein (deçi ullehado), le e inté- 
rieur peut s'être nasalisé par suite du sentiment d'une sorte de 
redoublement : cf. la foi-me tilâdhâl. On trouve enfin quehjues cas 
obscurs où la voyelle est brève : ainsi dans la première syllabe 
de ka' m jVûtntâl cité plus haut, et dans le curieux tatsama x'/mn/// 
à côté de vinati. 

Ici encore le niarathe se rencontre avec d'autres langues ; si 



DÉNÀSALISATION 8S 

kàc et kes sont les seules formes notées en hindi, on y retrouve 
anicavan Tulsi Dâsi ; et la nasalisation spontanée se retrouve 
sporadiquement ailleurs : ainsi, h. bâiuh. s. hâiiihaii skr. bâhii-i, m. 
bâhï : g. bheins (skr. niahisi). m. mhais. 

§ 71. Inversement, le marathe présente de nombreuses traces 
de dénasalisation. Dans nombre de mots où la nasale est étymo- 
log'ique, la nasalité est facultative : ainsi mà{m)s {inàs est la forme 
populaire ; skr. niâriisa-), vâ{m)sù ivamça-)^ ha[m)snem (hanis-), 
câ{m)pâ Uampaka-), sâinnpeni isâinpratanï), sà{m)khal (çrnkhalâ) : 
âvntut'iii est la forme courante correspondant à la forme poétique 
âvaiNtaueui àmantraua-) : ^iiphâ est la forme populaire de guinphà ; 
kothrlb celle de kothainbir (kiistuiiibiirï) ; à skr. màhca- corres- 
pondent les deux formes niniiid et mâcâ ; à saniJagna- corres- 
pond salag ; les mots .suivants ont perdu la nasalité depuis 
l'époque de la deçî : kilac ou kilïc [à. kilinci-), khâjaii {khamjana-), 
micaknem iminic-), uinad- ninimaijdn-K orapnem (rac. ramp-). Plus 
trace de nasale dans kohlein kusmànda-). bhijnem \abhyahjana-), 
vijijâ (vynujana-), dans bhuî (bhtu)ii\ et les autres mots à /// inter- 
vocalique ancien, ni dans pusiiciii i skr. prohch- : la deçî a les deux 
formes). 

La dénasalisation est à peu près constante pour une voyelle 
brève précédant ut: à avatnem iâmantra-) cité plus haut, il faut 
joindre kadtar (pkr. kadantara-), bhitar iabhyantara-), çeinvtï isJman- 
tikà] et surtout les désinences de S*" pluriel du présent en -ati, 
-lit (-anti) et de partie, présent en -at (pkr. -anta-\ : dans la pre- 
mière la nasale a disparu dès les plus anciens textes : mais on 
en trouve encore des traces dans la seconde : l'inscription de 
Pâtan, à côté de vikateyâ oblique sing. de vikat, partie, prés, de 
vikneiu ivikrt-), otTre la forme homtà nom. sing, du part. prés, de 
hoijeiu ' moderne hotâ i ; de même les éditions de la Jnâneçvarî con- 
servent souvent la nasalité dans le participe présent du verbe 
(' être » sàiiit- fp. ex. IV, 117, I5t). Mais à l'époque moderne 
la nasalisation a disparu généralement, et des formes comme cin- 
taijenh nicint. inanthaneiji 'cf. inathijeni. iiuithuJ' sont rares et selon 
toute probabilité des tatsamas. 

A tous ces égards le marathe se comporte comme les autres 
dialectes indo-arvens. La plupart des exemples se retrouvent iden- 
tiques dans les langues congénères ; la nasale précédant / en par- 
ticulier manque dans tous les parlers du Gu/.rate au Bengale : 



86 PHONÉTIQUE 

elle ne subsiste qu'en oriyaelen assumais dune part, et de l'autre 
dans celles des langues occidentales où ;// devient nd (cf. J. 
Bloch,/.^.^., IÎM2, Lp. 333). 

Mais la nasalité de m intervocali({ue dans les mots du type bhû- 
;»/ est conservée dans le groupe formé parle guzrati, le sindhi, le 
penjabi et l'hindi ; et ces mêmes langues distinguent encore la 
racine prohch- de la racine prcch-, tandis que le marathe a piis- 
dans les deux cas. 

i:; 72. Il est impossible, dans létat actuel de nos connaissances, 
d'expliquer tout le détail de ces faits contradictoires. Le plus 
probable est qu'ils dépendent d'im caractère général de l'articu- 
lation en marathe et dans les idiomes congénères : tous ces 
langages se prononcent avec le voile du palais mal relevé. Dès 
lors on peut dire que toutes les voyelles sont plus ou moins 
nasales ; et la nasalité en est notée un peu au hasard, mais avec 
plus de constance pourtant dans les cas où, la voyelle étant 
longue, la résonance nasale a plus de chances d'être sensible. 
Les variations dans la notation sont donc pour la plus grande 
part matière d'orthographe. 

D'ailleurs la nasalisation peut être plus ou moins forte et par 
conséquent peut paraître plus ou moins digne d'être notée, sui- 
vant les dialectes. Eu marathe, il est notoire qu'elle est particu- 
lièrement développée au Goncan (v. L. S. /., Mar.. p. 78, 167, 
189); elle est plus faible et peut par suite sembler absente dans 
les parlers septentrionaux et orientaux (v. ibid., p. 22, 24j. Mais 
ces différences n'oITrent pas un caractère nettement tranché : à 
Tliana, on a noté à coté de rànàt (ponv rânâinl) « dans la forêt », 
non seulement tântlâ « parmi eux » où la nasale est étymolo- 
gique, mais inâiijâ pour iiiâjâ (pkr. majjha-) et kanthâ tats. pour 
kaibà [ibid., p. 6o). Même dans \o deç la nasalité reste sensible 
dans les désinences et Ion sait que la présence d'une voyelle 
nasale convertit en )i 1 suivant à la 1''' pers. sing. du futur (-;/ 
pour -in-l) et au datif plur. '-ânniâ pour -àin lâi. cf. le démons- 
tratif tyùnîâ '< à eux ». 

La tendance à nasaliser les voyelles a dû commencer d'agir dès 
ime époque très ancienne. Pànini note qu'en sanskrit a, i et // 
brefs ou longs prennent à la pause une résonance nasale ; le même 
fait se rencontre en pâli ( v. Pânini, VIII, i, 37 ; Wackernagel. 
§ 2o9j. D'autre part, pour les scribes qui ont rédigé les édils sui- 



a ET / MARATHES 87 

rocher d'Açoka. voyelle nasale et voyelle longue sont ternies 
équivalents (v. Senart, Inscr. de Piyadasi. I, lU ; la l'emarque ne 
s applique pas aux édits sur piliers, v. T. Michelson, /. i?., XXIII, 
257). Enfin dans les textes sanskrits bouddhiques, certaines 
variantes semblent tenir au même phénomène : on trouve jaiiln 
dans les feuillets Pelliot (Dharmapada, II, '20), et aussi janta 
dans le pâli correspondant (Samyutta, I, 117), en regard de jùtu 
dans le Divyâvadâna (p. 224); samâcaret du Divyâvadâna (p. 224) 
s'oppose de même au pâli saniain caret (Samyutta. I, 117). 

Voyelles marathes. 

15 73. Il reste à tracer le tableau du vocalisme marathe en le 
rapportant à ses origines ; les règles ci-dessus énoncées suffisent 
généralement à 1 explication : quelques diflicultés de détail seront 
examinées à l'occasion. 

a 

§ 74. En syllabe initiale a représente pkr. a issu de skr. a ou 
/', v. §5; 30, 46 et s. ; il est le résultat d'une contraction, v. §§61, 
62, 6o ; il peut aussi être le substitut de /^, soit par dissimila- 
tion [gainûl, ganh garodar, gahinii, ravmnth pour rovaintb, p.-ê. 
sarfi. arabe s uni], soit sous des influences obscures iinaff est 
peut-être emprunté au guzrati ; 5^;" semble une contamination de 
skr. sitrâ et sur a-). 

En position finale -r? est le résultat d'une contraction, v. iji; 30, 
60 et s., 6o, 70. 

x\ l'intérieur du mot a peut représenter toute voyelle. §s; 40, 
42, oO et suiv. 

Il peut former les diphtongues ai. an avec / et // issus de /, c, 
u, 0, § 06 et suiv. 

a représente exceptionnellement c dans akra wkâdaça). 

i 

i; 7o. /■ =pkr. /. skr. / ou r, v. v<§ 30, 39, 40 et s., oO, 00 et s. 

/ = pkr. e, à l'initiale p. ex. dans itiikà ; en syllabe intérieure, 
V. § 0I, 63 ; en syllabe finale dans «/;/«/ tumhu % 39. 

Il remonte en certains cas à pkr. ai i v. § 38) et à toute di[)h- 
tongue dont le premier élément est / ou e (v. sj 63, 6')). 

Il re[)résente skr. \a après consonne dans certains mofs qui 
sont sans doute tous des semi-latsamas : l^]?ijiicni ' al>h\anjaiia-K bhi- 



88 PHONÉTIQUE 

Inr [abh\antaya-\ remontent au prakrit : on trouve faits sur le 
même type vijnà (v\ajana-), jânivasà < janya-vâsa- ; clans ce dernier 
mot on peut admettre aussi l'influence d'une sorte de superposi- 
tion syllabique réelle ou sentie de nivâsa-): dunfi iiciîDi hidyaina-' 
et nUii- ! niyania-j à côté de nem, le ;;/ prouve qu'on a aifaire à de véri- 
tables tatsamas : c'est la même influence qui a fait rétablir vivsâv 
à côté de vâvsâv ivyavasâxa-). On trouve de plus / dans un certain 
nombre de cas où l'on attendrait a '.hngal afigâra- . pîkâ ui côté de 
pàk ;skr. pakua-) remontent au prâkrit le plus ancien ; 1"/ de hirvà 
hirdà{k côté àe.haryâU halad) est attesté dès le Véda (harita-. hiri-, 
hiranya-, v. Wackernag'el, i; 21 c). Ce qui est remarquable, c'est 
que le marathe a été seul à conserver ces formes. — E<<alement 
ancien, mais commun au marathe et à d'autres lang^ues, 1'/ de 
mirï (marica-), md{h)al iîalâta-. pkr. ijidâla-f. nkidavâ (cï. iikudavâ. 
iikad), iikirdâ (nkardâ). Les deux derniers exemples sont évidem- 
ment des doublets tenant à la multiplicité des traitements de r : 
c'est ainsi sans doute que doivent s'expliquer aussi khitid khidkî 
(en regard de khanidnem khaindâ khâdâ, etc.). On trouve encore 
inahjir'i imanjarî), khirnem à côté de kharneni, jharuem (ksar-), 
pimjrâ à côté de pamjar ipahjara-). Faut-il interpréter tous ces 
exemples comme des emprunts plus ou moins anciens ? Cette 
hypothèse, qui s'accorde avec les tendances générales du marathe, 
manque de preuves. De plus il faut faire la part des influences 
dialectales ou des évolutions récentes : Molesworth note que 
cirhnt. girhâ pour carhât, graha sont vulgaires : et d'ailleurs il est 
possible qu'un grand nombre des exemples échappent à l'obser- 
vation, étant donné l'amuissement de i intérieur, cf. § o(K 
/ est souvent écrit \\ v. î; o7. (53. 

II. 

^ 7lj. H = pkr. //. skr. // et r. etc.. i;?; 3(1, ii. oO, o7. 

u est le résultat de contractions diverses : il représente au 
§ 60, in § 63, et les groupes dont la première voyelle était // ou 
ov. v; 64- ; de plus u représente fréquenmient pkr. o-. skr. ava-, 
apa-, V. §§ o1, 6i, 67 ; à l'initiale, ce phénomène, d'ailleurs 
très ancien, suppose peut-être une confusion avec le préverbe 
iid- : cf. l'observation de Wackernagel. 5; lil. au sujet de pâli 
ujjhàyati, skr. njjihi. 

Gomme / représente \a après consonne dans ceitains somi- 
tatsamas. de même le prâkrit admet h pour va : au gérondif en 



U MARATHE 89 

-inja. si c'est bien le successeur de véd. -tvàna \. Pischel, §o84) ; 
dans turiani, à moins que ce ne soit une contamination de tvari- 
tam etti'trtani, etc. En marathe les traces de cette altération sont 
très rares : dans kuthein s'agit-il bien de kva -\- un mot de la 
famille de skr. sthd (cf. § MOi? Tant que l'étymologie de koij 
« qui » (cf. kâx ^< quoi ») n'est pas sûre, on ne saurait rien dire 
de définitif sur ce point. Les mots sûr (svara-), dhûn (dvhani-), sont 
probablement des emprunts ; la dentale de dhi'in rend ce mot 
particulièrement suspect : le prâkrit avait la cérébrale (Pischel, 
>^ 361 1. Quant à ti'ini il représente pkr. tiimain et non skr. tvaiii, 
et suijeiii = skr. çunaka-. 

-H est voyelle de soutien près dune consonne labiale ; ex. siigiiiii 
hukilm, mots empruntés an sanskrit siigama- et à l'arabe huhn. 

u alterne avec a, notamment dans des mots imita tifs ou expres- 
sifs, au voisinage de r ou d'une consonne cérébrale ; ainsi tad- '. 
tiid-, phatakmm : phiitueiii. ghadghadueiu : ghurghiir- ou gurgiir- : 
cf. ghotuem et gbiitghttt en reg-ard de h. ghataknà « avaler ». 11 
s'agit ici évidemment de différents traitements de r, l'indiffé- 
rence k la voyelle étant d'autant plus grande qu'en cette sorte de 
mots ce sont les consonnes qui importent le plus. — La racine 
ksar- : jJ?ar- qui donnait des doublets en /, fournit aussi des formes 
en // : vikhiiruem. ni j hi'i r îx coié de vikharnein, nijhanjem : le prâkrit 
ne connaît que les formes à a et / ; mais la deçi a nijjhilra- à 
côté de nijjhara- : les formes à u semblent d'ailleurs propres au 
marathe. Le skr. kisalaxa-. pkr. kisala- est représenté par kisûl en 
marathe, sans doute sous l'influence de / cérébral (v. § 79^> ; 
enfin on trouve Jailolï. kidull à côté de kaloli " rut des chevaux » ; 
cf. le doublet hindi kalol-kilol : y a-t-il ici trace de l'influence de 
kulà « fesse » ? 

On trouve u pour / dans buiid " goutte », skr. hindii-. U semble 
qu'il y ait eu métathèse de / et u à en juger par l'opposition de 
undar « rat » forme du marathe, du guzrati et du singhalais, et 
indûr forme des langues orientales. En sanskrit déjà on fi-ouve 
cèle h cote piiîijila- et pin l'ûla- « touffe " v. Wackernagel. p. xxxm. 
211). Il est à remarquer que biiid et bindeiii sont vivants en 
marathe, avec un sens légèrement spécialisé : « goutte de sperme, 
sperme ». — cituueiu remonte au prâkrit et diffère de ciiwein \ 
Vu de SHsar \çiçnmàra-^ est également attesté en prâkrit et pro- 
vient d'une assimilation. 



90 PHONÉTIQUE 

// est souvent écrit r. v. î:^ oo et "JT. 



5; 77. c = piii-. ( issu de : 

skr. €.: ekyeka-], eijeiii [eti), kevdâ (ketaka-), kes 
{keça-),khevà iksep-),cevaviuei}i [celana-),dev 
{deva-}, des (deçà-), deh deha-), deu^deva- 
kitla-), pej {pe\ya-), pekhijeiji [preks-], pes- 
ijein{pres-), inehudâ [megha-). çel [çrestha-) ^ 
çeiivi [sena-], veçvà (veçyà), vet (vetra-), cet 
[ksetra-K çev [cheda-) etc. Instrum. en -ein 
f;skr. -eiia). 
skr. ni : geni 'gairika). Ici {taila-}, uiehnijâ 

( iiinilhitiiah. 
skr. (i\a : keijeiii ikrci\iiijci-\ valein (vnlaya-) je 
ijciya) ; deuem, doù kijeiii \ Pischel, J; 474) ; 
v.'^ 62. 
skr. / : peijid \piuda-), bel \hilva-). vcth (vistf); 
cf. plus bas. 
eprovientdecontraclions, V. 5^ ()2 et 63. 

Exceptionnellement, c' représente a sous Tintluence de / voi- 
sin : çej içaxyâj remonte au prâkrit, mer iinarxâ-) et vel ivallî) à 
la deçî ; le fait est fréquent en concani [L. S. /. , Mar., p. 171) : 
c est en effet au Concan qu'on note verJni «jusqu'à » : m. vnr{i) ; 
en tout cas dans iiver, dher, peut-être eiiid et la forme extraor- 
dinaire r//f//// <( 80 » (V. «^oSi, l'altération est siirement moderne. 

(Quelques exemples obscurs de c pour a : çetnvri en regard de 
sàmvar içalmali) remonte au iirâkril. dheinkiln (damç- ?) à la deçî ; 
âghèdâ à côté de àghâdù est peut-être emprunté au iifuzrati. 
kheinkad ikarkata-). peut-être à l'hindi ; dans nirekhijein il peut y 
avoir eu restitution étymolo^'i({ue ; hiscb est une forme persane 
de ar. hisâb, kbenj est sans doule une prononciation empruntée 
à Tourdou (qui écvit kharîj pour ar. khàrij). Mais on ne saurait 
expliquer uleindhàlem à côté de iilâdhàU paletaij. à côté de palàtan 
(forme étymoloj^ique, confirmée par la devi), ni be- en regard de 
bà- « deux » [dvd-], ni cave- en regard de câv- « quatre » icatiih-) 
dans les noms de nombre composés. 

Ihevijciii n'est pas le successeur direct de pkr. //)(/(// (hâi isllki-j : 
il sort d'un pkr. *ihei extrait de utlhei, etc. 



MARATHE ^^ 



§ 78. pkr. =0. skr. c' : iVjitJ} ostha-), km [koua-K kothâ \kostha-) ^ kor 
ikora-, kola-), kolhâl (kolâhala-), konivcil {ko- 
7iiala-),kos{kroça-), gotha [gostha-], gon {goiiU, 
got igotra-) . jogâ (yogya-), jot iyoktra-), joçî [jyo- 
tis-), dolâidola-), lom (lonia), lohâr (lohakâra-!, 
SOS {çosa-). soJâ [sodaça) etc. 
-0 final du nominatif après /j .• kalho ika- 
lahû-.. ghoho U\. goba-), niâho \niagha-), Dtoho 
.nioba-:, loho Uohha- : cf. i; 39. 
. skr. -au : koslà [kaiiça-u kolî 'kaula-, god (gaiida-,, 
gorâ (gaura-), cor (caura-i, toi 'taulya-). moîJiit 
( maii kfika - 1 . mol im an lya - ) . 
, skr. apa dans ovarJ, osanjem,osar,osrî. 
, skr. ava: hotiem [hhava-<. Ion (Javaija- . lom [nava- 
nîta-]. A Tinitiale : oijavijeiii, oinvàhiem. oin- 
valâ , orapuein . 
, skr. iiva : souem [suvania-). 
pkr. wcw, skr. upa : oinvas {upavâsa-}, olakhijein iavalaks-}, etc. 

N. B. — On ne peut en principe reconnaître dans un mot 
composé commençant par o- si ce préverbe représente skr. apa- 
ava- ou upa-, ni même souvent ///-, étant donnés les échang-es fré- 
quents entre o- et u-, v. ^ 81. 

ava tend à se réduire à o non seulement en prâkrit. mais 
depuis, et à toutes les époques : ainsi s'expliquent loijï [navanita- , 
padosà {prativàsa-}, hou (si kavaiia- << qui? » n"est pas luiiquement 
un type étymolog-ique transporté dans la littérature,, darodâ •(!. 
dadavada-) ; à l'époque récente on trouve de nombreux doublets : 
kedhol à coté de ked bavai, ekosà forme populaire du tatsama ekavasâ : 
de même amos, auifis en regard de avas (skr. aniâvâsyâ); angocbà 
[augavastra-' est probablement un emprunt. L'intermédiaire est 
évidemment aw : cf. daud drava-i. 

A l'initiale, va- et c;- se confondent : vafijeiu ivat-, varl-i. valiiu 
ivaktra-), valueui i.valana-) par exemple sont les seules foi-mi's 
attestées, mais on a odhueiu à côté de vadbijciu [vardb-i, ovar à 
côté deva(h)var {vadhuvara- ), obuiây k civté devabniâ\{vadhumâlr-), 
odbau ohaii obal à côté de vàhau vâhijeui vâhlî (rac. vah-) : il est vrai 
que dans obaii |>ar exemple, ([ui est un mot dialectal, on peut 
supposer Tintluence d un mot comme skr. ogha-\ cf. aussi ojhnj. 



92 PHONÉTIQUE 

Il en résulte ({ue l'on ne sait souvent si 1 on a alTaire à une réduc- 
tion directe de ^rr^ en.o, ou s'il l'aut supposer Tapocope de Va 
initial, apocope dont on a d'ailleurs des traces dans les textes 
sanskrits (Wackernagel, II. .^ 2Î> ha. ; : Whitney. î; 1087) ; les 
deux procédés ont dû coexister : ainsi s expliquent les doublets 
ouaviiein : vaijavijeni {avanain-}, ohal : vahal et oghal : vaghal iava- 
gal-. avaghr-', omj[h)al : vamjal (étymolo^ie obscure : aùjali- ou 
*avânjali-V\, osvâ : vasvâ tavacchada-), olanigh]ueni : valainguon et 
probablement vapijein : opijeiii ■< vendre ». De même oiiigal : 
vaingal [amangala-), ol : valî (âvalî-j, oiiiiil : vaund vakula-) : cf. 
vovâ en face de vâniv ivyâinn-). 

«5 79. Ces échanges sont rendus plus aisés par le fait <{ue a bref 
a une prononciation postérieure ; en mahârl cette tendance est 
poussée à lextréme et aboutit à une prononciation o : âiiond 
[ditanda-j, haros (harsa-). diickol duskùla-,. v. L. S. L, Mar., 
p. lo7. D'une façon g-énérale, au Goncan, o tend à se substi- 
tuer il a : 

1" Sous l'intluence d'une labiale, ainsi qu'il résulte d'abord des 
exemples cités, L. S. I. Mar.. p. \i^l : borein « bien » im. barein), 
boin « sœur » (m. bahln), mhun- et mon- /< dire » (m. mhan-), pod- 
« tomber » (m. pad-) ; cela arrive aussi dans la langue normale, 
surtout quand cet a est nasalisé, c'est-à-dire quand il a déjà 
spontanément tendance à s'assourdir, cf. kaiiins prononciation 
vulgaire du ts. kainsa, et inversement kantçà prononciation propre 
aux femmes \)o\\y kùvasâ « vengeur ». De là, à côté des formes 
avec a, povlem iprabàla-), povàdù pravada-). bhoinvueiii, bhonivadijein 
\bhram-). bboinvar 'bhrdiiiara-}, bhoins (d. bhamàsa-). Joinbuem iJani- 
baiia-), thotnb en regai-d de thàiiib- [stmnbha- : inversement on trouve 
lamv pour lom {lama). Là où il n'y a pas de nasalité, le phéno- 
mène est beaucoup moins fréquent : cf. inahàg en regard de guz. 
moghiiin I mahâ rgha- ) . 

2" Sous l'influence de / cérébral. De là visnlneiii à côté de visaj- 
iieni iviksal-). sanigithjein forme concanie de saiiigadijein [samghat-), 
iijigoj (rare) et kilos Monné comme dialectal ^ à côté doiiiigal \ahgara-) 
et kilas hiJâsa-., kisiil où il y a peut-être une substitution de 
sullixe, soit *kisanla- < kisahia- d'après le doublet devàlaya- : deva- 
kuld-, pki'. di'vaiihi-, deitla-). pâkojî à côté de pâiiiklî ( paksma-). 

'.)" Sous l'influence de // dans une syllabe voisine : korn = kanln 
« ayant fait ». Ceci esta peu près inconnu de la langue normale. 



ÉCHANGE DE / ET €, U ET 93 

t" Par assimilation de o de la svllabe précédente si la con- 
sonne intermédiaire est /; : loho, Dioho nom. sing. ; cf. inohora, 
doholù pour mohrn [iiiitkhara-}^ dohhî [dohada-] dans lii langue poé- 
tique (v. Joshi, sj l7o, 3). 

Observation commune à e et o. 

§ 80. e et se substituent à i et /( dans des conditions mal défi- 
nies. En prâkrit. de même que/, /i servaient à notera et o brefs, 
notamment devant consonne g-éminée (Pischel, § 79-84), e et o se 
substituent à / et n en cette position (Pischel, 5^ 119, 122, 12o, 
127). Les raisons en sont visibles : d'une part l'absence de signe 
pour e et o brefs iv. Jacobi, K. Z., XXV, 29), d'autre part la 
fermeture des phonèmes e et o. Mais s'il s'agissait de pures nota- 
tions graphiques, on s'attendrait à voir dans les langues modernes, 
soit le rétablissement général de / et //,, soit leur disparition totale. 
Or ce n'est pas le cas ; en regard des exemples normaux de / et 
//, on trouve e&io'. 

1'* Dans certains mots précisément attestés en prâkrit avec e et 
: etheni [itthaiii), pedhï à côté de pidhein ipltha-). bel (bilva-), velh 
{visfi-), çendilr isindûra-] ; peut-être ghenenj (pkr. geuh-, skr, grh-) 
et khejneifi 'pkv. khel-, skr. krïd-) ; ol iiidra-), kohiein (kusmârida-), 
kodh {kustjm-}, toind [iaijda-j, thor [sfhnra-), pokhar ipnskara-), potin 
ipustaka-), polâ {pûla-), inogar {nmdgara-), moth (niintâ), mol (nifilya-, 
mais peut-être aussi *wfl'7//)W- : cf. tol^=*faiilya-} ; sotjd [çiiuda] corres- 
pond k la forme du })ali [souda) ; à la deçi remontent ÀW « amour », 
koleiu « bosse du buffle )),fa/" « merveille », bokad « bouc » ibuk- 
ka-}, rnocà « pantoufle » (qui est un emprunt au persan mficah). 

2" Dans d'autres mots il s'agit sans doute d'une alternance 
d'origine indo-européenne, notamment dans les thèmes verbaux 
du type : phednem : phitnem, (pkr. phid-) ; i\\.ns,\ cepmin : cipiiein 
(celui-ci est vulgaire ; cf. skr. cipifa-), bhokuem : bhiikijeiii (pkr. 
bhukk-), ghotuem : ghutglmtijein (pkr. ghiitt, ghott-), et par ana- 
logie peut-être la création de çendanem (chid-), letmm (rac. //-), 
kopnein iknpya- ; à moins que ce ne soit un verbe refait sur le 
tats. kopa), lehuem (populaire) : lîhtuein [likh-]; cf. himsnein dont 1'/ 
attesté en deçi correspond à e du sanskrit bes-{hres-) et du m. 
he{}n)sueui. De même pour l'alternance du substantif verbal et du 
verbe; totâ (cï. lodi et lodijcn!) en regard de lutuein iînit-), khodù 
do akhuduem \khoda-, kiiijtb-). C est enfin le transport du thème 



9l PHONÉTIQL'fJ 

verbal dans le participe c|ui explique le vocalisme de l'expression 
composée denïen (pkr. dinua-\. 

'-V' Dans des cas obscurs. Dans vchlà on pourrait admettre, soit 
une différenciation des deux / de skr. vibhîtikn, soit un intermé- 
diaire pkr. *vehidiô : mais il ne faut pas oublier que c'est un nom 
de plante, et que d'ailleurs il y a en sanskrit des noms de plantes 
analogues comme vilwala-, vedhaka-. Nom de plante aussi terdâ^ 
dont le doublet tirdâ, dialectal, paraît plus ancien. Mais, pas 
plus que pour les exemples remontant au prâkrit, on ne saurait 
donner provisoirement d'explication satisfaisante pour le voca- 
lisme de aherà (cf.abirâ), çegat {çigru-), ûcâ [uccaya-), osamgâ iiit- 
sanga-, avec substitution du préverbe ava-i\m-'l}, kodem \à. kilda-) 
komdôkm ikiiijdala-', gophâ \gulpha-j, tondel (cf. tiind), tor (à coté de 
//?/-, skr. ////■/ 1, coinc [cuficu-) coda (d. ciiiricitlia-), nikhordâ (d. jiikkhu- 
ria-), ponikh {piinkha-), hhoj (bhnrja-), mos Mial. à côté de mus, skr. 
mûsa-), moJl imûlikâ), peut-être o/(/7r/aj-), kor [krûra-), koli {kulyâ-}, 
pot [pusta-). — ■ Inversement //?// s'accorde avec le sanskrit et se 
sépare de pkr. îoun- ; sumth a été conservé tandis que l'hindi et le 
kaçmiri ont soinlh, çoint : et kudâl (skr. kiiddâla-) n'existe plus 
qu'en marathe et en hindi, les autres langues ont o. 

Il est possible que ce soient là les traces de doublets remon- 
tant très loin dans le passé : cf. dans le Divyâvadâna les formes 
coexistantes imita- unûdha-] et mota- dont les équivalents se 
retrouvent en marathe : luudls mot. Provisoirement on ne saurait 
tenter une explication plus approfondie. 

Dans bâhei\ en regard de pkr. hàhiiu [hâbira-j, v. mar. hâhirilà 
(inscr. de 1206), t est certainement bref. 

Le persan / paraît représenté par c dons iiiehtar, pehrau^ mais 
c'est parce que / persan devant /^s'ouvre en persan même. v. Horn. 
Neiipers. Schriftspr.. Grundriss d. Iran. Pbil.. \. 2. ^ ï : ii h de l'a- 
rabe correspond t) dans uwrâmhâ. peut-être pour une raison ana- 
logue (il). § G; ; d'ailleurs il semble intervenir ici une étymologie 
populaire. 



CONSONNES 

OCCLUSIVES 

§ 81. Ou a vu au § 14 que par suite des altérations subies eu 
moyen-indien par les anciennes consonnes intervocaliques, il 
n'existait plus en prâkrit d'occlusives à l'intérieur du mot, sauf 
lorsqu'elles étaient géminées. Plus tard, par une dernière consé- 
quence de la faiblesse des intervocaliques, ces ^-éminées se sont 
simplifiées le plus souvent, du moins dans les langues occiden- 
tales autres que le penjabi (v. Grierson, Phoii., p. 21 et suiv.j, et 
notamment en marathe, où les exceptions semblent générale- 
ment dues à des emprunts. 

On aboutit ainsi en marathe à un système où s'opposent dune 
part les occlusives initiales ou issues d'anciennes géminées, d'autre 
part ce qui reste des anciennes intervocaliques ou se substitue à 
elles. Cette opposition s'est étendue dès le prâkrit à y (y initial 
et -yy- donnent en pkr. et m. y ; y intervocalif[ue disparaît ; m. y 
n'a pas d'existence réelle, v. ijoi, o6 et plus bas) et à /;/ fpkr. ///- 
et -niiii- > m. /// s'opposent à pkr. m. -iiiv- issu de skr. m inter- 
vocalique). Elle se retrouve encore dans le cas de n et l : en 
elïet ;/ et / sont les formes initiales et géminées qui correspondent 
à // et /, formes réservées à la position intervocali([ue. Ici, chose 
curieuse, la différence porte sur le point d'articulation et non sur 
la manière d'articuler : tout se passe comme si u, j étaient par 
rapport à ;/, / comme y par rapport à /, ou /; par rapport à kh, 
c'est-à-dire comme si la cérébrale était une forme intervocalique, 
donc faible, de la dentale. 

Une seule série d'occlusives semble contredire la règle d'oppo- 
sition entre les anciennes intervocaliques et les anciennes ini- 
tiales ou géminées : ce sont les sonores cérébrales ij et db qui. si 
l'on s'en fiait à la graphie, représenteraient indifféremment skr. 
detdh initiaux et géminés dune part, intervocaliques de l'autre. 
Or l'uniformité de la graphie dissimule une dilTérence phoné- 
tique réelle : le Dr. P. H. Bhandarkar m'informe que les con- 
sonnes en question sont articulées au même point que / et n, 
c'est-à-dire sur le palais antérieur (g de la figure donnée par 
M. Jespersen, à la Un de son Lehrbuch der Phonetik) quand elles 
sont à l'initiale ou en groupe ; mais à l'intervocalique d et dh sont 



Gutturales 


^ g 


kh 


gh 


Palatales 


'• i 


s^ 


jh 


Cérébrales 


( 4 


th 


dh 


Dentales 


t d 


th 


dh 


Labiales 


P /' 


ph 


hh 



96 PHONÉTIQUF, 

articulés au même point que /, cest-à-dire sui' le palais mou (juste 
devant le point / de la même fig'iu-ei : l'articulation se fait donc 
dans dàg, dhag, kadhnew par exemple plus en avant que dans 
kâdhâ. On lemarquera cjue cette opposition (qui se retrouve pro- 
bablement dans les lang-ues centrales où d intervocalique est 
noté r, v. Grierson. Phon., § •)2| se fait suivant le même sens 
que celle de « et / dune part, de // et / de l'autre : Farticula- 
tion la plus forte est en même temps antérieure. 

Le tableau ci-dessous résume les oppositions caractéristiques 
du système des occlusives marathes. 

Initiales ou issues de Issues d'intervocaliques 

géminées prâkrites : anciennes : 

non aspirées aspirées non aspirées aspirées 

:(éro 

d {1} (v. ci-dessus I dh 

léro h 

V h 

Les occlusives ainsi détinies ont en principe subsisté en marathe 
sans changement. Cependant le mode d'articulation des occlusives 
a subi un certain nombre d'altérations irrégulières portant prin- 
cipalement sur les consonnes suivant une nasale etsur l'aspiration. 

OCCLUSIVES SUIVANT UNE NASALE 

i; 82. Dans les groupes : nasale -f- occlusive, c'est l'occlusive 
qui est en marathe la partie résistante. La nasale est susceptible 
de différents traitements, dans lesquels son sort est solidaire de 
celui de la voyelle précédente (v. § 60) ; 1r consonne au con- 
traire reste en principe sans changement. Le marathe s'accorde 
sur ce point avec le guzrati et s'oppose avec lui d'une part au 
groupe du nord-ouest, où une nasale sonorise l'occlusive sourde 
qui la suit, de l'autre à presque toutes les langues centrales où 
la nasale tend à l'emporter sur l'occlusive sonore (^v. J. Bloch, 
/. As., nM2, 1, p. 332 et suiv.; et les exemples donnés par 
Grierson. ?/;()//()/., p. 34 à 38; cf. ci-dessous 5; 124); De ces deux 
derniers types d'altération on ne trouve en marathe que des cas 
exceptionnels : 

I. s issu dé pkr. rh se lonroiul avi-c s issu de skr. s. S, Ç, et esl comme 
toutes les palatales susceptible de deux prouonciatious suivant le timbre 
de la voyelle suivante. 



OCCLUSIVES SUIVANT UNE NASALE 97 

Les mots hiiinjJ ihiihcikâ) et palaing [paryanka- : cf. m. pâlak, 
pâlakh) se retrouvent à peu près dans tous les dialectes et sont 
probablement empruntés dans un bon nombre d'entre eux : on 
ne saurait s'étonner que le nom de la « clef » et d'une forme de 
« lit» aient voyag^é. Quant ■dkanigain lkanka)ja-),ei kamgavâ ikah- 
kata-) qui coexistent avec kainkan et kamkavà il est possible que 
la sonorisation y ait un principe phonétique : en effet ce sont 
parmi les mots commençant par k les seuls où le g-roupe iik 
remonte au sanskrit ; or dans ces mots le sanskrit lui-même a dû 
hésiter, et présente par exemple le doublet kafiku- : kangii- (m. 
kâmg) ; au contraire là où le marathe a conservé k intérieur, c'est 
qu'il s'agit d'un ancien kk [kanikol = skr. kakkola-, kahkola-) issu 
lui-même g'énéralement de rk {kâmkdt <C karkatikâ, kamkar <1 kar- 
kara-, kukar •< kukkiira-, kurkura-) ; kumkûm semblerait donc 
remonter non k skr. kiinkuma- (cf. smàhikungn \^ mais à la forme 
attestée par le tokharien kurkaïua- et le sogdien kiirkuuiha- 
( formes communiquées par MM. Sylvain Lévi et Gauthiot). 

Le second type d'altération ne se constate que dans des dou- 
blets récents du type vindhuem : vinhuem ivyadh-, pkr. vindh-) *, 
et dans les formes aberrantes du nom de nombre « cinq », qui 
sont au contraire de date très ancienne et qu'on trouvera étudiées 
au chapitre des noms de nombre. 

l'aspiration 

§ 83. L'aspiration des occlusives donne lieu en marathe comme 
dans les lang-ues parentes à des variations fréquentes, qui 
restent cependant trop sporadiques et trop irrég-ulières pour 
qu'on puisse y reconnaître une loi. On trouve partout des cas 
d'aspiration d'occlusives non aspirées, et de perte d'aspiration 
dans des occlusives aspirées ; seul le singhalais, semblable aux 
lang-ues dravidiennes du sud, ses voisines, ignore toute aspiration 
(Geiger, § 14, 3 et § 27). 

§ 84. Parmi les phénomènes d'aspiration il faut disting-uer 
deux cas. A l'initiale des mots, l'aspiration remonte souvent au 
prâkrit et se retrouve souvent aussi dans les langues congénères. 
C'est le cas dans khasuein (kas-j, khâpar {karpara-), khîl [klla-\ khila- 
est attesté en védique tardif et en pâli), khiijâ- [kitbja-], p.-ê. khein- 
kad [cL Jcâinkdî \ skr. Imrkata-), khelnem (s'il s'agit bien de skr. 
knd-\ kbel- est attesté dès le Râmâyâna). phaiias fdialectalement 

La furinalion de la langue marathe. ' 



08 l'HONÉTlOLI. 

pnuas, panasa-), plkiras iparaçu), phàsâ (para-, cf. suphauicr. phùsoli 
à côté de pâsoll f pârçvn-'^ cf. |)ali phâsiilikâi, blnseiii [bisa-\, bhlnis 
{l}fSi},bhukncin (hiikk-), bbftms {biisa-}. Les explications jusqu'ici four- 
nies pour les formes prâkrites de ces exemples sont insullisantes ; 
le s- prosthétique alternant en indo-européen dans des condi- 
tions inconnues avec la consonne initiale k- ou p- isolée, pro- 
bable dans un cas comme khâpnr, possible ailleurs ! v. Wackerna- 
g-el, 1, 230 b, Pischel, § 205, 206, n. 2), ne permet pas de rendre 
compte de l'aspiration des sonores ; Tinlluence de r ou .s \ oisins, 
admise par M. Jacobi (Aiisgeiu. Er^., ^ 21 j, semble s'appliquer 
mieux à ce cas (cf. l'exemple skr. très ancien jasa- : jha.sa- cité 
par M. Wackernagel au ij 1 il ) et rendre compte par exemple 
de ghoms[guccha). Il est possible au reste que les formes modernes 
à /;/;- initial soient en réalité plus authentiques que les formes 
correspondantes à /;- du sanskrit ; et /;- serait alors lui-même le 
résultat d'une dissimilation par la sifflante : on sait en etîetque 
h- indo-européen est très rare et que /; sanskrit représente plus 
d'une fois i. e. bh {\ . ^^'ackernag•el, ij 105; cf. l'observation de 
Pischel suv ghep- citée >; 106); dans ce cas les formes modernes 
tiendraient au maintien de bh- ancien en présence de s ou ;■ ; ainsi 
s'expliquerait peut-être /'/^^r (h. ber, m. bor, skr. badara-)\ bhukijein 
« aboyer » est le seul exemple où il n"v ait pas de sifflante : 
mais le mot peut admettre comme mot expressif un traitement 
spécial du même type que kàs-'^kbas- « tousser ». 

En somme, sauf dans le cas de b- : bh- on peut admettre (|u"il 
sao^it d'une assimilation — anormale d'ailleurs — de l'initiale à 
l'aspiration implicite dans la sifflante ou ; : cette hypothèse 
semble se confirmer par l'examen des difl'érentes formes corres- 
pondant à skr. kubja-s kubhr'a-. cf. kl.iiijfu kinibâ à coté de kiibdâ, et 
par jhuuijbnein iyudhya-). 

On trouve un exemple analogue au pi'écédent dans bbàpl) à 
côté de bàph (vâspa-), mais il n'appartient sans doute pas au 
marathe : l'existence de vàph dans cette langue fait soupçonner 
que la forme à b- est un emprunt ; on peut en dire autant de phat- 
tar à cause de son i-edoublement (cf. pàthar] et de ihcnib (skr. tip- : 
step-) à cause de la sonorisation de p aj)rès nasale. 

Certains exemples peuvent s'expliquer encore par des conta- 
minations : ainsi ghàgar [gargara-) « pot à eau » peut avoir subi 
l'influence de son homonyme ghâgrâ c babillage » [gbarghara- ) , 



ASPIRATION DES OCCLUSIVES 99 

qui exprimait du même coup le g-azouillement de l'eau. Le nom 
du « (ilet » phâins ou du " dé à jouer » phàsà [pàça-, pâçaka-) 
peut avoir subi celle de la racine sparç- ; ce qui avait du coup 
l'avantage de désencombrer le radical *pàs- déjà représentant de 
pârçvn- etpâçcàt, voire paksa- (on constate inversement ladésaspi- 
ration de l'initiale dans les semi-tatsamas faits sur sparç- .-paras; 
V. Grierson, Pbon., § 60, et cf. pr. aputtha- ^= asprsta-, m. apût). 
Mais il reste des formes réfractaires à toute explication, comme 
phol en regard de pol (pkr. polla-), et comme, surtout, les mots à 
jh- initial : l'aspiration y est postérieure à la deçi dans jhâd etjho- 
tiing ; cf. jhompuein « dormir » en regard du canarais jomp- ; l'ex- 
clamation jhein à côté de jem « quoi » ( yat) ; jhani « même si » 
qui semble s'apparenter à jâuû <( comme si. comme » de la rac. 
jan- (skr. jhâ-), surtout jhâlâ, participe passé du verbe « être », 
(jui remplace tôt l'ancien jâlâ ijâta-). Les mots à jh- initial sont 
d'ailleurs généralement obscurs ; cf. § 107. 

§ 80. A la fin et à l'intérieur du mot. les exemples d'aspiration 
sont encore plus sporadiques et obscurs. 

Les tatsamas kampih), amkih) fournissent des exemples sûrs 
pour la finale : le doublet kap : haph désignant le ^ coton » est 
difficile à interpréter en l'absence d'une étymologie pour les 
formes hâpûs et hapâs ; il reste possible que kap représente la 
forme la plus ancienne, dont kaph dès lors serait une altération ; il 
est également possible que kapJ) ait été emprunté à quelque dia- 
lecte où j- devenu/? (cf. s. pj. kapâh, or. kûpà) et se soit ensuite 
désaspiré ; les mots /âw^(/;) (jamhu-). vâk(b-) (valka-) ne sont pas 
isolés : cf. jâinbihjûl et vâk(h)al cités ci-dessous. 

§ 86. Les exemples d'aspiration a l'intérieur du mot sont un 
peu plus nombreux. 

Quelques-uns sont probablement de pure apparence. Le mot 
vaghaj-ogbal iavagal-) a pu subir l'influence du tats. ogba- ou de 
ojhar iavaksar-); inunidihjâ '< chauve » [munda-] a pu subir celle 
du mot miiindbî « tète » {milrdhan-), qui par une action en retour 
est devenu miimdi ; ol a ing h lie in porte peut-être la trace d'une conta- 
mination des racines lag- « tenir » et langb- « sauter »,ou lambb- 
« pendre » ; buj{b]imn (pkr. hojja-) a pu être influencé par son 
homonyme bujbnem {bndby-)\ guinphà « retraite silvestre, berceau, 
caverne » semble malgré l'autorité d'Hemacandra se rapprocher 
mieux de skr. giisp-, guph-. guiiipb- « tresser » que de la laciiif 
gup-, « cacher, protéger ». 



100 PIKtNÉTlQLi; 

Un yroupe à part est lonué par les mots à -inh h -. où 1 alter- 
nance est ancienne : le védiqiu' a rainh- : riDuhb-, le sanskrit 
oppose ainbu- à anihbas- et abhra-, plus làvd jainbïra- à jambJni- et 
jambh'ira- < Wackernagel, ^ 109; : c'est ainsi sans doute (jue s'ex- 
pliquent les formes â]amb{h)eni, jâmb(h)ûl , hâb{h)fil, peut-être 
même cuinb{h\al (p. citiiibata-). Mais il reste encore bien des 
exemples tout à fait obscurs ; ainsi nid(h)al {lalâta-, pkr. nidâla-), 
pâmdhar ipândara-), pàrk{h)â {pârakya-}, pàlkhï plus usuel que pâlki 
{par\ahka-i.pci}id(b]î >piijda-i, vâphâ vâphijetu tats. vap-i. 

§ ST. La désaspiration des occlusives aspirées se rencontre 
exclusivement à l'intérieur et à hi fin du mot. Les cas où une 
consonne initiale non aspirée semble correspondre à une 
ancienne aspirée se trouvent dans des conditions spéciales : ainsi 
garât poxxv gbarat (grhastbâj peut provenir d'une dissimilation pro- 
voquée par l'ancien -//; tinal de *gharatt[h)â ; quant à dâ'i « nour- 
rice », ce n'est pas pkr. dbâl. c'est un emprunt iranien. 

§ 88. La position finale est particulièrement favorable à la 
désaspiration : aussi les exemples en sont assez nombreux à cette 
place. Du reste, à en ju^er par les hésitations de la graphie, non 
seulement en marathe mais dans les lanj^ues parentes et d'une 
langue à l'autre, la désaspiration doit être plus générale que lor- 
thographe ne le révèle. On trouve notés en marathe : 
(iutturales : bbîk (bhiksâ i,bbrtk (bubbnksâ) ; cank (catiiskû-\: jâmgih) 

i/ahgbâ', iiiabâg {mabàrgba-), savamg [sa ma rg ha-) ; 
Palatales : gilj (guhya-), inâj ^madhya-), vâinj et sâinj, moins 

usités que vânijh et sâinjh (vandhyâ, sandhyâ) ; 
Cérébrales : It [istâ] et ûmt iustra-\ ont déjà perdu leur aspnalion 
à l'époque prâkrite iittâ, iitja-. Pischel. ^ 304j : on a de 
même apiit [asprsta-, pkr. aputtba-), kat (kasta-j, kaint (en 
regard de kanifhâ. kâ in theni. etc. , skr. kantba-), nât (en regard 
de tiâlbâ. skr. nasla-i, pâlat {d'où pâlatijeni ; cf, pâlthâ ; skr, 
paryàsta-) ; lat ('pkr. lattbi-i^ là t {pkr. lattba-}, sat(h) {sasti-}, 
çil (srsfi- , bet pkr. beitba\ ; âkbâd \âsâdba-\ mais c'est sans 
doute un mot emprunté; cf. les formes guz. et sindhij, 
hodih) (skr. kustha-, kotba-), didih) (pkr. divaddba-), med{h) 
(pkr. medhî) : 
Dentales : a^ra/ (grhasthâi, robaint à côté de mvamtb, romt[h) 
( romani ba-}, vît i dia\. vîth, skr. vitasti-), çil (1" skr. siklba-; 
2" deçi sjttbâ), bât {hasta-)\ ansûd (aiwaçuddbi-). âsami 



DÉ6A8P1RATION DES OCCLUSIVES 101 

{açvagandha-}, khâd (pkr. khaddha-), gîd{h) (grdhra-),pârad{h) 
(pkr. pâraddbi-), saband{h) (tats. sabandha- : band au con- 
traire n"a rien de commun avec skr. bandha-, c'est un 
emprunt au persan], sàntdih) [sandhi-) ; 
Labiales : jnlnp (persan ^ ////"), çem{b) [çlesma). 

§ 89. A l'intérieur du mot les exemples de désaspiration sont 
également assez nombreux. Il est souvent difïicile de dire 
si l'altération n'a pas son origine dans un mot plus court où 
l'aspirée était finale : ainsi on ne sait quelle est la forme primi- 
tive, de bhi'ik ou bbiikijt'in, de saintihj ou sâmtih'inon, de -sud ou 
sud{h)â, ni si les verbes à radical en -t, terminaison d'un ancien 
participe, ont reçu leur radical sans aspirée ou ont perdu l'as- 
piration depuis. Inversement les formes du pkr. ittâ, utta-, si 
ce ne sont pas des réfections archaïques, semblent indiquer que 
l'altération des consonnes considérées ci-dessus comme finales a 
pu se produire au moment oîi elles ne l'étaient pas encore. Enfin 
il est tel cas oà l'hésitation entre la consonne aspirée et la non 
aspirée est ancienne : ainsi dans le nom du « sucre », attesté 
d'une part sous la forme de skr. çarkarâ. pkr. sakkara-, de l'autre 
sous celle de pâli sakkharâ, cf. 727.7x0',, transcription provenant 
sans doute de l'Inde occidentale. 

Même en tenant compte de ces observations, il est impossible 
d'expliquer phonétiquement tous les faits. Dans les listes qui 
suivent on ne peut pas ne pas noter la fréquence des mots qui 
contiennent une sifflante ou une aspirée ; la dissimilation due à 
la présence de ces phonèmes explique sans doute pour une 
bonne part la chute de l'aspiration. Cette remarque s'applique 
d ailleurs aussi à bon nombre des exemples de désaspiration en 
position finale ; mais les cas divergents sont trop nombreux 
pour qu on se contente de cette explication. Mieux vaut ici 
encore grouper les exemples sans chercher à les interpréter 
tous : 

Gutturales sourdes : skr. sk est représenté par kh dans pokhar 
(piiskara-), vikharuein [viskar-), mais par k, non seulement dans 
dukal {dtiskùla- \ cf. pkr. dukkara- <^diiskara-)^ iiikâmi (iiis-karnia-) 
où la composition, étant sentie, a pu conserver au mot principal 
son k initial (cf. deçl nikkado ■< niskata-, et probablement nikàl- 
emprunté par le marathe à l'hindi), mais encore dans sukâ (à 
côté de stikbâ, rare et sans doute étranger; skr. çuska-). De 



102 PHO>"ÉTIQUE 

même skr. ks représenté normalement par kh [\. ^. 10 i lest par 
k dans çiknein {çiks-j, bhnkijein [bubhukf- \ cf. bbfik <i bubhuksâ plus 
haut), probablement aussi dans pek{h)uem {preks-j et deux autres 
verbes sans doute aussi dérivés de la racine tks-, paihiem 
« attendre » et aikuein « entendre » ; aucune trace d'aspirée non 
plus dans pàkU ( paksma-) ; outre le doublet sàkhar : sôkar, 
le marathe a les deux formes coexistantes dans sâi}ik{h)nem 
sânikih iahjetn [pkr. sanikhâi), sàmk(h)al (çrhkbalâ: la forme sans 
aspiration est attestée dans lesprâkrits jainas). — De même pour 
la sonore : sàmgad sânigadiiem sâmguluem {samghat-j, sàmgnem (pkr. 
{sam(g)h-), sumguem (cf. deçi siunghia-) : 

Palatales sonores : les passifs dâjuem idahxa-), rujihjijein \riih\a-\ 
mais peut-être existe-t-il un doublet indo-iranien sans aspiration, 
V. aulex.), rem j mm [rih-'l], çijnem {sidhya-\ çi/bneni existe aussi, 
mais est moins autorisé) ; de même samajiiem {-dhyâ-'l ; cf. h. s. 
samajh-), inàj'im mâjârhn [madhyà- \ cf. mâj cité plus haut . Sur 
niçc- > nie- v. sj 101. 

Cérébrales sourdes : agt{h)l (agnistha-), âtkem., adiîs, adsast (asta-), 
bhatakuem [bhrastra-] , sâmt(h)uem isamsthâ-) , çet(h û i çresthin-) . 11 faut 
ajouter ici les verbes faits sur des thèmes de participe en -ttha : 
umatnein (munrsta-'^}, ghâtneni ighrsta-j. ni.mtuein (ms,rstû-), pitijeni, 
{*prsta-]. mitijein [mrsîa- \ cf. màthuem)\ l'étymologie de sàph)lm 
« pour » est incertaine : il semble à première vue qu on ait 
affaire à un composé de artha- : mais les formes s. sâto « échange », 
g. sâta « en échange de » permettent de soupçonner la confusion 
de deux mots voisins de sens et semblables sauf l'aspiration : du 
reste sàt- est sans étymologie connue. 

Cérébrales sonores : adîc adkâ sàde (ardha-: cf. dîdihn. od(h)aij 
od{h)aul (deçî ûddhaijani, obâdanJ), sâd(hu'i ' (•yâlivodha-) : gâdnein 
n'est pas sûr, il peut représenter gart- aussi bien que gàdh-\ 
quanta miiind[b)i \mnrdhan-] ce mot peut avoir subi l'influence 
de manda- sur lequel à son tour il a agi i v. ï; 85). 

Dentales sourdes : ut{h)al (pkr. iitthal-), kot{h}nb pour kothimbîr 
(kustumbari). — Dentales sonores : iidaz' [uddhav-], sud{h)â {çud- 
dha-: cï. ans nd cité plus haut); vindrùm doublet de vindhrûin, 
contient peut-être, non la racine vindh-, mais le skr. vidra-. 

Labiales sourdes : apût \asprshi-, pkr. nputtha-i peut remonter 
à un ancien douillet sans s de la racine spair-, ou résulter d'une 
tlissimilation (pkr. '*pl.inl(lni-'^ pnl[hn-' : 1 étyniologie de pâpnî 



DÉSASPIRATION DES OCCLUSIVES 103 

tpaksnia-T) est douteuse : cf. pâkjj. La forme vàphà est plus 
usuelle que vàpâ ivâpya-) : rhomonyme vâph i skr. vâspa-) aurait- 
il agi ? — Labiales sonores : kubdâ (skr. kubhra-) remonte à un 
radical anciennement pourvu de deux aspirées, où la dissimilation 
s'est faite dans les deux sens ; cf. khiibù et khujâ (skr. h'ibja-) ; 
bûiiibâ, hambar- résultent d'une dissimilation analogue (skr. hani- 
bhcu hambhàra-) ; quant à jâbàd. à côté de jàbhad. il est d'autant 
plus étrange que s'il est bien un composé de jâinbh -\- hâd l'aspi- 
rée avait double raison de subsister. 

§ 90. Les altérations portant sur le mode d'articulation expo- 
sées ci-dessus et celle de ch en s (v. ij 102) sont les seules 
qu aient subies les consonnes marathes dune manière régulière. 

L échange entre la sourde et la sonore (sauf le cas où cet 
échange est déterminé par le contact de deux consonnes, v. ci- 
dessus, s; 82 et plus bas) est à peu près inconnu. Le verbe niac- 
nein semble s'apparenter à iiiadya- : le prâkrit a déjà iimccai, ce 
qui recule la difficulté à une époque antérieure au marathe ; il 
n'est d'ailleurs pas sur a priori que l étymologie soit juste, ou 
qu'il n'y ait pas eu de contamination (cf. l'observation de Pischel 
au sujet de pkr. vaccai, rac. vraj-. § 202. note 3). A la finale de 
certains mots d'emprunt on trouve trace d'hésitation : Rinsifâp à 
coié de jâb fjpevs. jaiuâb: : tats. akâmt (skr. âkranda- « lamenta- 
tion », peut-être influencé par âkrânia- « tourmenté par la pas- 
sion »). Dialectalement on trouve.^ prononcé / (c'est-à-dire ;^) 
~akûlâ, :^hûvli pour sakalâ, sàvli au Goncan (cf. Molesworth, s. v. 
sâvlî et L. S. I. Mûr., p. G). L'ne évolution curieuse et inexpli- 
quée, mais attestée dès le prâkrit, est celle qui a mené en certains 
cas skr. st et sth non seulement jusqu'à ///; et //;, mais jusqu'à 
dh en position intervocalique ; voir §112. 



LES oi;(;llsives makaihes ei lelrs i'oims d AUinri.AnuN 

s;9l. Le point d articulation des consonnes marathes est en 
principe le même que celui des consonnes sanskrites. Quelques- 
modifications partielles, et ne reposant sur aucun principe 
général, seront ex[)osées ii [n-opos de chacune des catégories 
d'occlusives. 



104 PHONÉTIQUE 



Gutturales. 



î5 02. A l'initiale, k succède à pkr. /; issu de : 
skr. ^, dans karnem (karaua-), kâni ikaniui), kld \kîta-). kuvà 
{kûpa-), kel [kadall], kodih) [kusîha-), et nombre d'autres mots qu'on 
trouvera à leur place au lexique ; 

skr. kr dans, kenein (krayana-), kos (kroça-), kolhâ (krosthiika-) ; 
skr. kv dans kadhnem {kvath-} ; kadhaî ikatâha-) est peut-être de 
la même famille ; pour kâîl « bouilloire », cela est plus douteux. 
§ 93. En position intérieure ou finale, k remonte : 
à skr. k après nasale : sâmkad etc. cf. § 82 ; 
à pkr. kk issu de : 
skr. kk ànns cikav {cikkaya-), dans les mots expre.ssiîs çîmk (chikkâ) 
et Imkàruem ( bakkbâra-) , peut-être dans cuhiem (ctikk-l) ; 
k\ dans pârkâ ipârakya-), saknein {çakya-}, çikem [çikya-) ; 
^z; dans pikâ (pkr. pikka- = pakka-, skr. pakva-)\ 
^r dans càk (cakra-), ciikà- {ctikra-), tâk {takra-),vâink (vakra-), 

sûk [çukra-) : 
tk dans sak (satka-) ; 

/^ dans nkdâ (utkatiika-), iikar [utkara-)\ ukatuem (ut-kit-), 
ukaduem (nt-h'atb-,pkr. *uk-kadh-), ukalijeni {ittkaJana-) ne 
remontent pas sûrement au sanskrit ; ce peuvent être des 
composés prâkrits avec ii- (<iut-, iipa-,apa-, ava-, cf. § 78); 
kr dans kamkar (karkara-), kàmkdi (karkatikà), kuinkûin \*kur- 
kuma-), etc. ; v. § 82 ; ^^^t^? (barkara-), inâkad imarkata-), 
sâkar içarkarà) ; 
sk àdins cauk {catuska-), dukàl [diiskâla-), snkâ (çuska-) etc.. v. 
§89. 
§9i. Selon Pischel, le k de iniikijeiii, mokal, moklâ, remonterait à 
skr. kii : il est certain en effet que le participe pkr. niukka- ne peut 
remonter à iniikta-, qui donne normalement inutta- (cf. sgh. vint 
et les exemples de m. /<^skr. kt donnés plus bas); mais aucun des 
exemples de participes rassemlîlés par Pischel au § 566 de sa 
grammaire ne s'explique sûrement par le morphème -na- : peut- 
être ^aut-il mieux y reconnaître simplement une action directe 
du radical sanskrit; cette iutluenceesl particulièrement probable 



GUTTURALES SOURDES 'lOo 

dans le cas de niiikije)N etc. dont la parenté avec les tatsamas 
d'usage courant iniikta- iniikli- iiioksa- ne pouvait manquer d'être 
reconnue. 

Dans cette hypothèse le kk de pkr. niiikka- ne devrait pas s'in- 
terpréter phonétiquement : ce serait une simple graphie de k 
sanskrit rendue nécessaire par la règle du prâkrit qu'il n'y a à 
l'intervocalique que des occlusives géminées. C est ainsi que 
s'expliquent également lâkad (pkr. lakkiifa-, skr. Iakuta-) tnukà 
(pkr. niukka- à côté de nifia-, skr. inùka-), surtout ek (pkr. ekka-, 
skr. eka-) mot particulièrement indispensable qui ne pouvait se 
maintenir qu au prix d un artitice. 

-M- prâkrit est inexplicable dans uakka-.msiv. iiâkicï. skr. nâsâ, 
nâsika). Il sert fréquemment de morphème en prâkrit classicpie : 
V. Lûders, Bnichstiicke. p. 38. 41 ; Pischel, § 194, 598; ce mor- 
phème est sans doute déjà noté dans certaines inscriptions 
d'Açoka (v. Fleet, J.R.A. S., 1906, p. 407-410 ; T. Michelson, 
A. J. Phii., XXXI, p. 59). En marathe les exemples clairs en 
sont rares ; on le trouve dans thâkueiii istbâ-: cf. apabh. thakkch, 
dans des mots expressifs comme khudakijeiii , cadak-, micakuenu 
phatak-, dans des mots sans étjmologie connue : dokî (cf. le 
doublet doU dhakkàdhâiukueiu (racine dhâ-'^j, ucakuem \iicca-T). Ce 
morphème remonte sans doute en partie à skr. -kya- : le mot 
pârkâ le prouve clairement ; mais d'autres influences ont pu 
agir : la notation pâikka- du prâkrit n'est en réalité qu'une 
transcription de la forme moderne pâik qui est un emprunt ira- 
nien, et non le successeur de skr. padcitika- : d'autre part on sait 
que -kk- est un morphème courant en dravidien (v. Galdwell. 
Comp. ^ram. of the drav. laiig. % p. 97) ; or l'existence de mots 
comme cikkâ en deçî (mar. cikkar, cikc) prouve que les emprunts 
dravidiens sont anciens en marathe, et il est permis de rappro- 
cher l'alternance mar. cad : cadak « claque » et celle du canarais cala 
'< bruit d une bulle qui éclate ■> : calaka « dextérité, vitesse », 
calaken « crampe ; se contracter spasmodiquement ». 



kh. 



s; 95. A l'initiale kh- représente : 

skr. kh dans khacijein {khacya-), kbaj {kharjti-}, khajilr (kharjùra-), 



106 PHONÉTIQUE 

khadi [khatï-j, khauiiem khan-i. khauteiii khanitroka-i. khar kharad 
ikhara-). khalikhala- subst. et &à].).khàt khalang {kbatvâ,khatvânga-}, 
khândijein, khùnid. khnnidâ, khâdâ {khaijd-ci. khid khind etc., v. §75), 
khan ikhâni-), khât ikhàtra-,, cf.de la même racine khâî ipkr.khâià), 
khniieni.ci.khânikhâdaiin-), khâd [[ikr. khiuidbn-\. et kbâjeni ikbâdxa-). 
kbijiieiu kbidxa- . kljudijeni, p. è. kbulijein, khtidâ. kbidâ, kbod. kbodâ 
irac. kbiiijd-. khod-\, kbt'tr ikbura-', kbedeiit 'kh'laka-), kber \kba- 
dirn- < : 

skr. sk dans kbâind {skandba-\. kbaiiib iskambha-) et sans doute 
dans kbavâ (cf. lat. scapiila) ; 

skr. 5/^/; dans khahieiu. kbalbahiem \skbalana-\\ 

skr. ks dans kbapveui (ksapya-)^ kbaruein cf. kbinjein iksar-i, kbaviui 
[ksapamka-),khâr \ksara-). klnnj'i (kslrini), khlr iksirikâ). kbiibalneni 
[ksiibb-], kbevâ (ksepa-, kbod ksoda-), kbodijeiri [ksiid-) ; 

skr. k dans kbâpar et les mots étudiés i; Si ; par métathèse 
d'aspiration dans kbaiitk pour kâmkb {kaksa-j, kl.uidJij kbadaii poui" 
kadhîn Ika (binai etc. : 

skr. s dans des mois emprunlés aux lang'ues où skr. s se con- 
fond dans les tatsamas avec kb : vikb (visa-) qui d'ailleurs en 
hindi même coexiste avec bis, comme âkbâd nom du mois âsàdha- 
V coexiste avec asabr. 

s; i)6. A l'intérieur du mol kb remonte directement à skr. À'/; dans 
les tatsamas na kh (écv'il en pkr. ijakkba-^ iiutkb etc., et dans les 
composés à second terme commençant par/:/; : pakbâl ( pra-ksal-K 
âkbudnein (â-kbiil-\; la raison pourcjuoi kb a été conservé dans 
udûkbala-^ pkr. ukkbala-'^ m. nkbal nappurait pas. Pour ukhad- 
nei/i, il est dilïicile d'opter entre un prototype *nl-kbnl- et un 
prototype iitkrs-, pkr. ukkadb-, où l'on devrail supposer une méta- 
thèse d aspiration. 

kb représente de plus : 

skr. kb après nasale dans sainkbal Liiikbalâ), cf. ij 811 : 

skr. kb\ dans vâkbàn ivxàkljxchia-] et |)eut-ètre dans iikbànâ 
\*iipa-kbyôna'h : 

skr. sk dans pokbnr piiskara-), vikbanicin viskir-i : cf. ij 89 
et 92: 

skr. ks dans iiiiikb akui-,. akln'i dksata- , kakb [kaksa), kttkba- 
vart knksi-i. cokh {coksa-j, pâkb pâkbrfini (paksa-, paksi-\, pekhuein 
I pri'ksaija-). ifuikbijeiii 'inraksaua-), râkb irâksâ), râkbijein \raksana-), 
yâkbïsmukh rak.uisa-), inkbii unk^a- , rùkb [niksa-i, lâkb [Iaksa- et 



GUTTURALES SONORES 107 

lâkfâ), lâkhijein, olakhncin lak^aija-, avalaks-j, llkh (liksâ^. Ajouter 
çihiem etc., v. i; 89 : 

skr. ksu dans ilk]) 'tlksiia-) et skr. ksni da.ns pâkli \paksiiia-). 



vj 117. A l'initiale, g représente pkr. -g issu de : 

skr. g dans gaiiid [gauda- cf. gâiiid), gauneiii iganaya-)^ gadhdâ et 
gâdhav [gardablm- \ , gauidh. gaindhâ [gandha-] , garai [gara la-) , gari h)â- 
ijein {garh-), gavas iiein [gavesana-) , gava , gavll {gâv-), cf. gâU gâulu 
gavli {gopàla-), gahirci igabhîra-). gabihii \godhHma-)^gahie}}i (gal-),galâ 
(gala-), gàfi \gùtu-]. gajijeiii igarjana-), gàinjà{gahjâ), gùmjuem [gah- 
jana-), gâdhâ {^âdha-), gâij igahana-), gânem (gâ-),gàt igâtra-), gâbh 
igarbha-), gàl [galla-), gâl {gdli), gilnem igil-), gîdh igrdhra-), gngiil 
(guggulu-), guu (guna-K gwjijein [gtinana-). gurùm {*go-rnpani), gn 
igiitha-), gnj [guhya-), gûl gud {gttda-), gela (gâta-), gerii gairika-), 
goth [gostha-], gothi (gostbl), god {gauda-), gon {gonî), got igotra-). gophâ 
{giilpha-), gora (gaiira-), govar gosavi {goi'arain, gosvâmin-), goUi 
(golaka-), peut-être gadal (cf. pers. gil), gàmjncm (pkr. gahj-) : 

skr. gr dans gàmthnem, gaNith igrantha-) ; cf. gumth-\ gâmv (grâ- 
ma-), glm {grlsma-) ; peut-être gyâj {grlvâ-'. 

§ 98. A l'intérieur du mot, g, obscur dans certains cas comme 
vàgiiU pàgueni, remonte : 

à skr. et pkr. g après nasale : aiug\u)thà {afigiislha-i. nùingar (cf. 
laïjgala-], nâiuglî ilângalika-\ pâiiig (pangu-), uiaingal miaùgala-), 
cf. oijigal \aynangala-], ranig rai'iga-), laingda[lafiga-), saingein [saifi- 
gata-), hiing [hingu-], etc.; ou dans les semi-tatsamas jag (j'agat-), 
jiig [yuga-) ; 

à pkr. gg issu de : 

skr. ^v dans jogà (yogya-) ; 

skr. gr d-Aus agyâ {agrega-), agUh agla iagra-), ùgas iagraçah) : 

skr. gn dans âg iagni-), nagvâ [nagna-u salag {.uiuilagiia-); 

skr. dg dans iHOgnr \inndgara-), probablement aussi iiganuDij 
{udgamana-) ; 

skr. rg dans âgal [argalâ), mâg (inârga-), mâgnem [mârga\a-\ ; cf. 
sitgl (pkr. siigga- d'apvès dugga-. skr. durga-): 

skr. Ig dans âvagueiii [aval g-] ; 

skr. k dans un certain nombre de seuii-latsanias eonimc il en 
a été fait à toute époque [d. pour le prâkrit Piscliel. Jî 202. 
pour l'apabhraniça, 5^ \\)'1\ : asog, osag [açoka-). kâg kùgdà (kiika-,: 



108 PHONÉTIQUE 

cf. le doublet kùii ; le caïuirais a kâgë, kàgi), pragat [prakata-j, baglâ 
{baka-), miigûl niugtâ à côté de muktà \iniikuta-i, saga (svaka-), saglâ 
[sakala-], sàg coexistant avec sây (çâka-). Au sentiment de cette 
alternance, plutôt encore qu ii l'assimilation phonétique, est due 
la forme askànd refaite sur le semi-tatsama asgandh açvagaftdha-). 

^ IHJ. A l'initiale gh- représente gh- sanskrit dans gbadncm 
{gba(-), ghadâ{ghala-), ghadï (ghatikâ), ghan {gham-),ghâmt (ghantà), 
ghât (ghatta-), ghàtuem ighrsta-), gham igharma), ghây ghâv (ghàta-), 
prob. ghàlnem (cf. jigharti), ghâsijein igharsaua-), ghâs (ghâsa-), ghl 
(ghria-), ghodà (gholaka-). — De même à l'initiale du premier terme 
des composés, comme vighadnem^ peut-être âghâd. 

A l'initiale et à l'intérieur du mot, gh- vient de skr. ghr-. pkr. 
igjgb- dans ghàij [ghrâija-: cf. gbânâ), vâgh ivyâghra-). 

o^/; ancien après nasale a subsisté : lamghmm (laùgb-) etc. 

En position initiale gb- provient du rapprochement récent de 
gb- appartenant primitivement à deux syllabes dilférentes : gbav 
<;deçr gobo. Peut-être en est-il de même dans les formes prâ- 
krites correspondant à m. gbâ- gbenem gbepnem igraha- grabi-) ; l'as- 
pirée initiale peut cependant remonter au contraire à 1 indo- 
européen, cf. pkr. gbara-. m. gbar en reg^ard de skr. grba-. 

L'origine de gb- initial dans un certain nombre de mots qui 
ne sont pas attestés avant la dcâ reste obscure : gbadcikijeiii gbti- 
sahjein- gbuiiiijetii- gbuluem- gbotijein gholuein \. au lexique). 

-gb- représente skr. kb- dans le semi-tatsama regb (rekbà). 

Palatales. 

si lOU. Les mi-occlusives palatales du sanskrit n ont pas con- 
servé en marathe une prononciation uniforme. En elVetdevant les 
voyelles ^7. /( et o. elles ont perdu leur caractère chuintant; la 
vieille articulation n'est conservée constamment que devant /. 
Devant e elle n'est pas uniforme ; à l'initiale elle est normale- 
ment palatale (cela) ; à lintérieur elle est variable ; ainsi on dit 
coc, loc. cocel, mais « oblique du g'énitif » tyâ-ce comme txâcâ ; vàcen 
1 sing. futur comme ;i l infinitif vâcijein ; il semble qu'ici des 
influences morpholoj^iques ont [)u jouer; il doit y avoir aussi des 
vai'iations dialectales : ainsi le Siirvcx donne la prononciation 
dentale de c devant e comme normale au Concan [L.SI. Mar., 



PALAtALES 109 

p. 22, t)6). La proiioïK'iatioii chuintante devant a révèle la chute 
récente d'un / : ainsi l'oblique de rà:;â {râjâ), est râjâ qui est 
pour *râjeâ > râjyâ ; la même prononciation est souvent aussi 
la marque d'un emprunt : dans ce cas, parfois on écrit cv pour 
noter la prononciation étrangère (kâincyâ, p.-è. cyâr pour car 
« quatre »). 

Dans le g-roupe skr. jn,j- ne pouvait garder sa prononciation 
palatale ; cette impossibilité a facilité la dilférenciation des deux 
continues, et le groupe a abouti à dfi. 

Le marathe est la seule des langues indo-aryennes qui possède 
ces particularités de prononciation. Mais il les partage avec les 
langues d'autres familles qui lui sont contiguës à l'Est : le telu- 
gu, et le koi, langues dravidiennes ; probablement le kurku, 
dialecte kolarien (v. L. S. L, Miiijdâ and Dravidian laiig., p. 169, 
478, 586). 

Par ailleurs elles sont sans conséquence pour l'histoire ancienne 
de la langue, et dans cet exposé on peut considérer le groupe 
des palatales comme unique. 



§ 101. A l'initiale, c représente skr. c dans cakvâ [cakmvâka-), 
cita [citraka-), et dans un grand nombre d'autres mots qu'on verra 
au lexique; skr. cy- dans cavueiij icyav-). — L'enclitique -c, v. 
mar. -ci a été traité comme un mot indépendant : en guzrati et 
en sindhi au contraire la même particule a évolué en s'arrètant 
au stade sonore -/ (v. L. S. /. , Raj., p. 59). 

A l'intérieur ou à la fin du mot c représente skr. c après 
nasale : camcarnem (cf. cancarin-), cmiicaj {caficala-), coiiic [caficu-), 
pàmc (panca), lùmc {lancâ), sarncarnem [siwicarana-)^ sâiuc[a) [sain- 
caya-), sinicijeiu (sific-). Cf. kilnc kilïc (deçï kilincî). Le mol mac : 
iiiaiiicJ est obscur et peut remonter aussi bien à canar. iiiaccH qu'à 
skr. maùca-. 

Dans la même position c remonte à pkr. ce, c'est-à-dire à : 

skr. ce dans unie {iieca-), ueùt {ueeàlana-) , onicâ iHccaya-). kacrâ 
{kaccam-}, ci'uuc (cuceii-) ; 

skr. cy dans khacnem [klkicxd-), rucueni iriicxû-), peut-être dans 
niieakneui ; 

skr. ty dans kâc (krtyà), nâcijeni (juixa-), sàc (salya-), prob. adk 
[ardha- *lrlya-) ; peut-être skr. (y dims romcveiii (raç. rut-); 

skr. rc dans àinc \arei-), kniiicâ ikûrca-). 



lin PHOMtrifHK 

Dans le.-i composes avec nih- dont le second terme commence 
par r, le résultat est non ch, mais r : ainsi nicarnem nical nicini. 
Peut-être y a-t-il eu substitution du préfixe ni- à ?//V-, peut- 
être le sens a-t-il aidé à la conservation du mot simple (cf. nisk-^ 
nik-, § 811 ; v. aussi l'observation de Pischel au sujet de pkr. 
iiahaaraet harianda au ^ 301) : 

Ailleurs r est récent comme dans mcKcâ ■inadh-câ' ou appartient 
à un mot emprunté, soit au sanskrit \iiincavnein kâ[in)c vâcnem) soit 
à d'autres langues ip. ex. upakiMir com[wsé d'une préposition 
sanskrite et d'un mot arabe). Dans ce dernier casr transcrit sou- 
vent ch des langues congénères : cela tient à ce que cb n'existe 
pas normalement en marathe ; le fait est évident dans kâ(ni)c\â 
où y, destiné à noter une prononciation palatale qui n est pas 
usuelle en maratbe, dénonce l'emprunt: kininjcyâ (kaccha-), kadc'i 
(d. kadaccbri) sont des emprunts qui doivent s'interpréter exacte- 
ment comme aiiigocbà ncchâv giich cbabilâ cbàvdâ châvâ chavm panwhî 
etc. Seul vimcû viincnî (vrçcikâ) est ancien : la forme sans aspira- 
tion, déjà notée par Hemacandra, est propre au marathe ; elle est 
d'ailleurs inexplicable. 

Quant à r////^ et aux mots de la même famille où l'on atten- 
drait une aspirée (skr. ksudra-i, ils forment un groupe où l'hési- 
tation est ancienne et doit s expliquer en dehors du marathe ; 
voir Wackernagel, § 116 c et Pischel, § 32o. 

s (pkr. ch). 

§ 102. En sanskrit cb n'est pas de par son origine l'aspirée 
correspondant à c : c'est en réalité le substitut d'anciens groupes 
consonantiques simplifiés selon la formule généralisée en moyen- 
indien (V. Wackernagel, s} 131 etsuiv.i. De là vient qu'en san- 
skrit déjà ch était toujours géminé à l'intervocalique, et que ce 
phonème n'a subi ni en prâkrit ni en marathe aucune altération 
dépendant de sa place dans le mot : il n'y a en marathe qu'un 
traitement dech, qui est celui des initiales et des géminées. 

Rn marathe, pkr. ch s'est confondu avec la sifflante s (ç devant 
voyelle palatale). La même évolution s'est produite indépen- 
damment dans divers dialectes : le cas le plus connu est celui du 
bengali vulgaire (voir Beames, I, 218-219 ; cf. Ch. Eliot /. R. A., 
S., 1910, p. 1171 note, et L. S. /., Bengali, p. 28i;on en 
retrouve des traces en hindi occidental en rajasthani et en guz- 



-MAR. S D ORiniN'K PALATALE l 1 1 

rati (a-. L. s. /., Rajiulh., p. 20. 3:}(l,; en assanmis l'évolution 
n'est pas sûrement identique : j^ y représente toute palatale sourde 
(Grierson, Phoii., p. 3-4) ; c'est aussi le cas de certains dialectes à 
1 intérieur même du marathe (voir Stirve\\ p. liT, l")l-152: cf. 
itil) ; la même contusion se produit en sing-halais : mais cela 
tient à ce que cette lau^'ue a perdu toutes les aspirées (v. Geiger, 
§23, 11. 

L'hésitation entre les prononciations remonte assez loin dans 
le passé. Les inscriptions orientales d'Açoka écrivent cikisà au 
lieu de cikicchâ le mot correspondant à skr. cikifsû (v. 0. Franke, 
B. B., XXIIl. 177-I78i; le Bouddha qui s'appelle en sanskrit 
Krakuchanda a pour nom en pâli Kakusanda; le pâli encore trans- 
crit skr. krcchra- ^àvkaiira- ; plus tard Hâla écrit inditl'éremment 
mâitssiù {iiiâtrsvci Sfkâ I et nmucchiâ (Pischel, § ' i^; ; Hemacan- 
dra admet l'équivalence des formes piiiiichai puiiisai pusai (skr. 
pnmch- ponch-\, et pour la deçl celle à^kasso et kaccharo (skr. kac- 
cara-'l). Il faut noter entin l'équivalence kaçyapa- : kacchapa- (m. 
kânisav s'explique également bien par lune et l'autre forme). 
Ces faits doivent être distingués de ceux qui s'expliquent par 
l'alternance indo-européenne k- : sk- ( Wackernagel, sj 230), à 
savoir les cas où le pâli et le prâkrit répondent à skr. ç par rh 
(Pischel, sj 21 1 ) : ainsi skr. ccikrt- çava- çâpa- : pâli chaka- chava- 
pkr. châhû' ; skr. véd. çepa- '. Tait. Sanih. parncchepa-, pâli pkr. chep- 
p(i- ; skr. çàiio- : deçî rhâmi-). 

§ 103. s marathe, provenant de pkr. {c)ch, correspond à : 

skr. c/7 initial dans ^v// chala-), sântdneni (chard-), sùvlï (châyn)^ 
cf. osvâ [avacchada-), çiink (chikkâ), siitneiii sodijeui (rac. rbiif) cf. 
solijeiii ; çeuidanem [chind-: cf. çiiiidah. ccu ichûgaiia-), rev U'heda-), 
çcldûni \chagala-) ; 

skr. rr/;- intérieur dans nsahicni nicchal-), kàs [kaccha-\, kùiiisav 
{kacchapa-), tiiçï ituccha-), p/isneiniprcch-^, pnsncui [prohch-\ : ajouter 
asnein (pkr. acchai, rac. skr. as-) ; 

skr. chr dans iisâri (ucchrayaiiia-) ; 

skr. chv dans itsàsâ (iicchvâsa-) ; 

skr. thy dans iimâs {unniathya-) ; 

skr. ts dans san't ilsaru-), vâmsn'im \vatsa-\ ; 

skr. tsya dans fiiàsù, iiiùsli [uiûIsyû-) ; 

skr. ps dans âsare [apsaras-j ; 

§ 104. skr. ks. — Ce cas demande une étude spéciale. En elfel 



H 2 l'iioNÉïiQi-i-: 

skr. ^,f esl représenté en pràkrit non seulement par À'/; (v. §i)o,9H) 
mais par ch et jh\ ce dernier traitement, qui correspond à une 
origine particulière de skr ks, sera examiné plus bas (§ 107). 
Quant aux deux premiers ils semblent s'équivaloir, et depuis le 
pâli jusqu'aux langues modernes, il n "est guère de dialecte où ils 
ne soient représentés concurremment, souvent dans les mêmes 
mots ; le traitement f/j remonte assez haut dans le passé pouravoir 
été noté dans certaines graphies de l'Atharvaveda (Wackernagel, 
ï; 13o b), et d'autre part on trouve déjà dans le Mahâbhârata kheta- 
« village »)_, doublet probable de ksetra-.Dèsi lors toute hypothèse 
tendant à rendre compte par Tétymologie de la répartition des 
traitements kh et ch semble vouée à la fragilité : c'est en particu- 
lier le cas de l'explication proposée par Pischel dans sa gram- 
maire, et qui trouve en face d'elle trop d'exemples contraires et 
des doublets trop nombreux pour pouvoir être admise (Pischel, 
§ 318 à 321 ; cf: Geiger, § 16;. Il est au contraire quehjues indices 
qui tendraient à faire soupçonner à l'origine une répartition dia- 
lectale. 

On a remarqué depuis longtemps que dans le prâkrit épigra- 
phique kh était le représentant constant de skr. ks dans les inscrip- 
tions orientales, ch dominant au contraire au nord-ouest et à 
l'ouest (0. Franke, Pali und Sanskrit, p. 1 18 ; T. Michelson, /. ^. 
O. S.. 1910, p. 88 ; sur une graphie spéciale de ch dans les textes 
en kharostri, v. A. M. Boyer, /. As., 1911, I, p. 423-430). 
D'autre part le traitement unique dans les fragments de drames 
bouddhiques publiés par M. Lûders est kh : or ces fragments sont 
rédigés dans des dialectes orientaux ou centraux. Enfin on sait que 
les grammairiens postérieurs attribuent à la magadhi la graphie 
sk ou hk en position intervocalique (Pischel, i; 32ii ; quelque opi- 
nion qu'on se fasse au sujet delà valeur réelle et de la date de cette 
graphie i v. Lùders, Bnichsfiicke, p. 37 ; cf. Meillet, BîtJI. Soc. Ling., 
1911, p. xLiv), elle conlirme le caractère oriental du traitement 
guttural. Inversement les langues modernes de l'extrême nord- 
ouest s'accordent encore aujourd'hui avec les textes en khârostrî : 
le correspondant à peu près unique de skr. ks j est ch (v. 
Grierson, Piç. lang., p. 94 ; cf. Beames, I, p. 312). 

On est donc amené à supposer l'existence à date ancienne d'une 
répartition dialectale des traitements ch et kh de skr. ks. Auquel 
des anciens groupes se rattache le marathe ? Cela est difficile à 



TRAITEMENT DE ks SANSKRIT H 3 

dire, car en marathe comme dans le reste des langues prâkri- 
tiques les mélanges et les doublets abondent (cf. Beames, I, 309- 
310 ; Grierson, Phon., § 77, 81 ). En attendant une analyse détail- 
lée portant sur chacune des autres langues, il faut se contenter 
d'indices. 

On sait que le singhalais s'accorde souvent avec le marathe : 
or dans cette langue, où les traitements sont aussi mélangés 
qu'ailleurs, le seul exemple que cite Geiger comme s'écartant à 
la fois du prâkrit et du pâli est un exemple de s <^ch [Lit. u Spr. 
der Siiighal., § 16, 3). D'autre part la mâhârâstrï classique oppo- 
sait aussi en plusieurs cas ch à kb des autres 'dialectes (Pischel, 
Hemacandra, II, p. 60, cité par Geiger, § 16, note 3). De même, 
l'analyse des exemples du marathe et du guzrati donne un résidu 
minime de mots où skr. ks est représenté par s (en guz. ch ou s) : 
on distingue en effet : 

1° les mots où kh est commun au marathe et aux autres langues 
prâkritiques : ils forment la majeure partie des exemples don- 
nés aux §§ 9o et 96. 

2" les mots où s du marathe correspond à s ou ch des autres 
langues ; ceux-ci sont rares : rJiiis [rksa-], surà (ksiira-), tâsuem 
{taks- ; ce mot n'existe que dans les dialectes occidentaux) ; sahâ 
[saf-) a sa place ici, car il remonte par le moyen indien 
cha- à un indo-iranien *ksaks, cf. zd xsvas (v. Meillel, Revue 
slavistique, V, p. 160). Il faut ajouter rnàçl {maksikâ), dont le 
ch se retrouve dans les autres langues à cùté de kh, et saij {ksaua-) 
qui dans le sens de k fête » où il est conservé en marathe a ch- 
depuis le prâkrit et dans tous les dialectes, le type de pkr. 
khaua- étant réservé au sens de " moment » ; dans ce dernier sens 
le mot manque au marathe. — Le mot khàr (ksâra-) faisait 
partie d'un ancien groupe du même genre : on trouve partout 
khâr spécialisé dans le sens de « sel alcali », char dans celui de 
>' cendre » : ce dernier mot manque au marathe et y a été rem- 
placé par râkh. 

3° les doublets marathes dont les deux termes se retrouvent 
dans d'autres dialectes, 

skr. aksa- ; âinkh à côté de âins (le mot est rare et ne se retrouve 
qu'en guzrati ; pour skr. aksi-, le singhalais a les deux formes ; 
partout ailleurs kh). 

skr. kakfa- : kàkh {= g. h. b. o.) et kâuis (^ s. pj. sg. h.). 

La formation de la langue maralhe. 8 



I 14 PlIONKTlQL'K 

skr. kiikfi- : kiikhdvdil (iiml dcini-savimt : kl.i on ç;;. s. pj. li.) 
et kns (== s. sg^h.). 

he douh\eA khâl [-=^ ^. s. Isiu^. h,) : sàl '^. s. li. i, dont le pro- 
totype sanskrit manque, est d'un autre g'enre : les mots pkr. 
challi, khaUù semblent se ranger en face de ski-. car»ia, krilih 
comme lat. scorlinii on regard de coriiini, cortex. 

4" enfin, les mots où le marathe, généralement d'accord avec 
le guzrati, a le traitement ch'^ s h l'encontre des autres dialectes : 

lis (skr. iksii- ; s en guz. et maldiv. ; kh en pj. l. 

farains (skr. taraksa- \ s en g., kh en pj.). 

cet (skr. kselni- ; toutes les autres langues ont kh). 

En réalité kiis [kiiksi-) cité plus haut devrait se ranger ici, 
puisque kiikh- n'existe que dans un mot isolé et demi-savant ; 
peut-être faudrait-il ajouter aussi visai ijeni (vi-ksal-) et sumdnet)i 
(pkr. cbund-, sans doute apparenté à skr. ksiid-), mais je n'ai 
retrouvé ces mots (ju'en guzrati où ils ont ch. 

Malgré l'exiguïté de ce résidu, les données qu'il fournit sont 
si précises et concordent si bien avec celles qu'on tire d'une 
part du prâkrit, de l'autre des langues étroitement voisines du 
marathe comme le singhalais et le guzrati, qu'on est en droit de 
rattacher le marathe au groupe occidental où skr. ks aboutissait 
normalement à ch (exception faite, naturellement, des cas où il 
correspondait à pkr. y'/;, v. J:^ 107). 

/ 
ï; lOo. A l'initiale, j remonte à pkr. y" issu de : 
ski-, y dans jad (et jat ; skr. jatâ), jad [jada-),jair (jana-),jal (jala-) 
jaU'i {jalaukâ), jâî 'jâti-j, jâgijein (jâgrat-). jnmgh (jânghâ), jàntiem 
ijânâti, rac. jnâ-),jân{i)vasâ (janya-),jci{iji\pnein {jalp-), jâinb[jambii-), 
jâinbhâd [iambha-], jâ{}n)vai [jâinâtr-), jâl {jâla- , jiijeiii (y/i'-i. cf. ji 
ci jJv {jJva-), jirijeiH ijlrya-], jirein { jïraka-], jîbh {jihvà). jiiijâ { jîr- 
va-j, je ijaya); 

skr. j'y dans jeth jethâ {jyeslha-), joç'i {jyotisika-) : 
skr. jv dans jar [jvard-j, jâl jâlnem {jvâla-, jvahiiia-) ; 
skr, dy dans jiivâ (dyuta-), jov jopâvtjeiii {dyota-} ; 
skr. y dans janinem yaiii-j. jar ( xarhij., jav {yava-}, jainv yâvat), 
jas [\acas-), jôù {yàtf-, jnijeiii iv^-i, jàuhavein < yajùopavlta-). jul 
{yûtika-), jumpaneni rac. v//-l, jiimval jril ' \uga1a-). jfi [yiita-). j/lin 
jumv {yuga-). jogâ {vogya-}, jot {yoktra-). jod- (rac. yut-) ; les semi-tats. 



PALATALES SONORES 118 

jatan (yatna-), jûg lynga-). — Fait exception unique le mot tnn : 
en regard de skr. yûka- la liect a déjà ûâ ; tous les autres dialectes 
ont le y initial attendu. 

§ 106. A l'intérieur du mot, / représente skr. y après nasale : 
gùinjà igaiijâ), pâmjar [pahjara-) ^ bhàmjnem [bhahj-), bhijneiii [abhyah- 
jana-), vijnà [vyahjana-] ; exceptionnellement skr. ne dans kiihji 
ikuncikâ) v. 5^ 82. 

Il remonte à pkr. jj issu de : 

skr. jj dans kàjal [kajjala-]. bhàjnem [bhrajja-], lâj {lajjà), saj- 
ijein isajja-) ; cf. ujùgar [ujjàgara-) ; 

skr. jn dans snmjem isaifijnâ), paij (pratijhâ), en regard du trai- 
tement ij de paiij, an (âjnà) \ le prâkrit admettait déjà nu à côté 
de //(Pischel, § 276) ; de même l'hindi a sàn et an à coié depaij. 

skr. jv dans ujal [ujjvala-) ; 

skr. /y dans vanjàr {vâijijya-) ; 

skr. rj dans kJkij ikharju-), khajiin [kharjfira-], gâjijein (garjana-), 
bljoj (bhftrja-), niânijar iniârjara-), màjucin [mârjana-], peut-être ty" 
[arjas-] ; 

skr. bj dans khnjà [hibja-) ; 

skr. dy dans âj [adya], ujavinein [ud\âpana-), khâjem {khâdya-), 
khijnem {khidya-}, nipajnem [nispadya-), pâj ipadya), màj {niadya-), 
vàjnein ivâdya-)^ viju (vidyut-) ; 

skr. ry dans âjâ (ârya-), kàj [kàrya-), bhàj [bhâryà) ; 

skr. yy dans çej [çayya) ; 

skr. V dans les passifs en -{i)je (skr. -yale) ; dans dej [deya-), pej 
[peyà-] et peut-être bhenij[h)iïd ibheya-) ; dans dujâ, tlj {dvitîya-, 
trtlya-). Ce cas se ramène en réalité aux précédents. Dans les 
passifs et les formations qui s'y rattachent le -jj- prâkrit qui rem- 
place skr. -V- fPischel, § S3o, o71, o72) s'explique non pas 
sans doute par l'inlluence de l'accent comme le voulait Pischel 
(§ 91), mais par l'extension analogique des cas où jj était régulier 
comme dans chijjai, bhajjai, bhijjai, bhujjai 'v. Pischel, § 54(3). 
Dans le cas de dvifiya- triîxa- on serait tenté de supposer la sub- 
stitulion du suffixe -yya- à -y^- : ce suffixe très rare en sanskrit 
classique (p. ex. çayyà en regard de çaya-) est au contraire assez 
vivant en védi({ue (v. Whitney, Skril gramm., § 1216 e, 1218) : 
fiiut-il admettre qu'ici encore le prâkrit se rattache à la langue 
védique en se séparant du sanskrit classique ? 

Dans ujn (pkr. rjn-). j iutervocalique s'est maintenu au lieu de 



I Ih PIinNKTIoLK 

tomber. Le prakrit notait (léj;! ujju-. qui ne parait pas un latsama. 
Le redoublement de y intervocalique provient [)eut-èti"e, suivant 
une explication que me suggère ^L Meillet, de ce que r avait à 
l'initiale un traitement spécial du type ";- : dès lors skr. rjii- 
aboutissait régulièrement à pkr. ujju- par l'intermédiaire *"rjn-. 
La prononciation dentale de / explique partiellement les con- 
fusions du type de mâindûs pour skr. inaii/nsà ; khâd « démangeai- 
son ». pour khâj (skr. kharjit-) a pu être influencé par les mots de 
la famille de khaâ- <> manger -> ; quant au groupe gàiiidneiii : gàmj- 
uem i< tourmenter » il est obscur : le sens de skr. gahjana- 
« mépris » est trop éloigné pour qu'on attribue aucune valeur 
au rapprochement : peut-être ne s"agit-il pas d'un doublet phoné- 
tique, mais de deux formations différentes de la famille de skr. 
gacla- « maladie » ; dans ce cas pkr. gejja-' gâgejja- devraient être 
séparés de cette famille. 

jh 

^ 107. Ce phonème est rare en sanskrit : il y apparaît dans des 
mots sans étymologie ou de nature nettement pràkritique ' Wac- 
kernagel, § lil i. Il s'isole donc dey comme ch se séparait de c. 
En prâkrit jh représente skr. h\ et dh\ ; de plus il correspond à 
skr. ks et semble se rattacher à un dialecte indépendant du san- 
skrit qui aurait conservé la sonorité d'un groupe gutturale aspi- 
rée -|- .spirante de l'indo-européen ; du reste la plupart des mots 
cités par Pischel au |^ 326 sont sans étymologie .sûre. Quoi 
qu'il en soit.yT? du marathe continue pkr. jh ; de plus il apparaît 
dans un certain nombre de mots attestés à date basse en deçi, 
en apabhraniça. et d'ailleurs d'origine inconnue, peut-être pure- 
ment locale (voir les ex. de jh- initial au lexique i. — Là où sa 
valeur est claire //; représente : 

skr. /.)v dans ojhem (vahya-), màjhâ tiijhâ cf. niahxam, lubhyam), 
rujhuem iruhxa-) ; cf. giij i^nhva-) ; 

skr. dhy dans jhiunjnem (pour *jinnjh-, skr. xitdhya- . biijhneni 
[budhya- , mâjhârîm màj [inadhya-) , vàmjh [vandhyâ) , sâijijh \ sandhyâ ) ; 
peut-être saniajueiii (rac. dh\â ? cf. § 88) ; 

skr. /ce dans jharuem ojhar nijhàrijem à côté de klnrijeni vikhaïucw 
(rac. ksar-), jhinâ jhijriem vijhuem (rac. ksi-), peut-être dans jhod 
à côté de khiidijejn khot, etc. (rac. ksul-) ; 

peut-être skr. dhi' dans jhcind ^djjvaja-) ; 



CÉRÉBRALES 117 

enfin pkr, / + '•' séparés primitivement j)ar une voyelle dans 
jhainvijeui [yabh-) ; la (orme jhavi je est attestée déjà dans une ins- 
cription de l'an 1109. 

A l'initiale, mar. jh- semble souvent un doublet pur et simple 
de y : voir § 84. 

CÉRÉBRALES 

5; 108. On sait que la cérébralisation des anciennes occlusives 
dentales est une innovation propre à l'Inde v. Wackernagel, 
§ 144). Cette cérébralisation ne s'est pas faite en une fois et 
dépend de conditions diverses. En sanskrit elle a eu lieu dans 
deux cas : 

1" Au contact d'une sifflante cérébrale: l'assimilation est cons- 
tante et se maintient en moyen-indien et dans les langues 
modernes. C'est le cas de d dans nid {nîda-, i.-e. *ni-ido-), de tb 
dans âfb [asta-], etc. 

2° Au contact de r voyelle ou consonne) tombé en cérébrali- 
sant la dentale : au contraire de la précédente, cette altération 
semble d'orig-ine dialectale. En effet d'une part elle n'atteint pas 
tous les mots placés dans des conditions phonétiques semblables, 
de l'autre elle devient plus fréquente avec le temps en sanskrit 
(v. Wackernagel, § 146-147) et en prâkrit (v. Pischel, § 289- 
294) Se fondant sur l'examen des inscriptions d'Açoka, 
M. T. Michelson considère la cérébralisation du moyen-indien 
comme un phénomène oriental (v. Am. J. Phi]., XXX, p. 240, 
294, 416, 418) ; le témoignage de Vararuci corrobore sur un 
point celui des inscriptions : selon ce grammairien, les parti- 
cipes en -da- des racines en -r kala-, Diada-) appartiennent à la 
mâgadhi iX. loi; et tandis que le pâli a kata-. mata-, et le sin- 
ghalais à sa suite kala, inala (en regard de giya <C gala- , la plu- 
part des prâkrits occidentaux ont kaa- maa- comme gaa- Pis- 
chel, ^ 219, 12; cf. mar. he-lâ nie-lâ comme ge-lâ) : mada- n'est 
attesté que tard et comme un provincialisme {Deçlnâmainâlâ, 
p. 23'i-9 iiiado haiitho mrtaç ca ; cf. peut-être 226, 5 et 223, 9} et 
le maratiie ne le conserve qu'avec des sens spéciaux [mad 
« liomme haïssable, peste, ennui », madeiu « cadavre »). Par 
contre le bengali et l'oriya sont les seuls qui aient une cérébrale 
dans cauth < skr. calurtha- : tous les autres dialectes ont caittb- 
(Beames I, 333). 



118 PHONÉTIQUE 

Pour déterminer la position propre au maratlu' parmi les autres 
dialectes, il faut éliminer tout d'abord les cas où les cérébrales 
marathes sont héritées du sanskrit ou du moyen-indien. Cette 
manière de procéder a l'inconvénient de dissimuler la continuité 
réelle des phénomènes et d'ailleurs de confondre des phénomènes 
de nature diverse, puisqu'on rangera ensemble les cérébrales 
dues au voisinage d'une sifflante cérébrale et celles dues au voi- 
sinage de r. Mais, outre que dans un très grand nombre de cas, 
l'origine réelle des cérébrales est indiscernable, cette méthode 
convient lorsqu'il s'agit, non de rendre compte de toutes les céré- 
brales du marathe, mais de voir comment il traite les dentales 
cérébralisées par lui à date récente. 

I. Cérébrales anciennes. 

/ 

§ 109. A l'intérieur du mot / remonte à : 

skr. t après nasale, dans kâintà [kantaka-\ gbâinf ^ghautâj, vàm- 
tijevi vaut-) ; 

skr. t[ dîxns atâlï {attâlikâ;, katâr {kaltâra-\, kit (au kutijein ikutla- 
na-), kutîn (kuttinî). kot (kotta-), ghât (ghatta-), pat [patta- pour paî- 
tra- ; cf. d'autre part karvat <C karapattra-). 

skr. tv dans khât^ khatamg (khatvâ, cf. skr. khalti- « litière, 
bière »j. 

skr. t dans karlï [karotù, kiitil kutila-j, kiiluiiih ' kuliiinba-), kot 
(kota-), petî (cï. pitaka-), mot [mota-] ; ces mots sont en réalité des 
tatsamas : en elîet le prâkrit ou les autres langues ont souvent 
d en regard du / marathe. Peut-être faut-il ranger ici khât khattâ 
(cf. skr. çata- . A côté de càpdà on trouve cnpaî [carpata-) : c'est 
qu'il existe deux suffixes, l'un en -/-, l'autre en -d-. 

11 existe aussi un certain nombre de thèmes verbaux où / cor- 
respond à skr. / : ainsi atuein, cf. palâtau iatati), ucatijciii, cf. iicàt 
{nccàtana-), câtnem (skr. crtf«-, T^'kv. cadd- ; ici la sourde s'explique 
par l'opposition constante des doublets à sonore et à sourde, 
représentant respectivement occlusive :occl. -)- y du sanskrit: ils 
rentrent dans la série: jalijcin : jaducnj, jntijciii : jodijcni, tiitnein : 
todijein {c(. totâ et todl), nivatucm : uivaduem \ ainsi l'on a d'une 
part khul- kbinnt- et même kbof-, et de l'autre khtid- khod- (ski-. 
khutjdati, khodayati), etc. 



CÉRÉBRALES SOURDES 1 19 

Restent quelques mots obscurs comme les noms de plantes tarod 
et tarotâ, qui à vrai dire désignent deux plantes différentes ; et 
surtout net (skr. iiikata- où la voyelle prouve qu'il s'agit d'un 
tadbhava : les mots correspondants ont dans les autres langues 
d ou ses équivalents : faut-il admettre une action en retour de 
l'original sanskrit ? 

\e sont pas attestés en sanskrit, mais sont communs au prâ- 
krit et à l'ensemble des langues, des mots comme ghotuem (glwttài) 
câtû icattû), dât idatta-), vital Ivittàla-j ; on peut considérer comme 
remontant à la langue commune ât (h. b. âtâ, etc.. iran. *ârta-], 
niat-gâ iv?ic. *niort-j. ulatiieni (ullnt-i. 

t.h 

^ 1 10. A l'intérieur du mot //' remonte à : 

skr. //.) après nasale dans kâititheiii kaiitlm-]. siDjith çnijfbi-}, etc. 
Ajouter ^^ /////; grantha-), où la cérébralisation est ancienne: cf. 
skr. nigbaijtu-, pkr. gunthai (dont le participe giittha- a abouti à 
mar. guth, d'où gumthmm) ; 

skr. st dans àth asta , ta [h trsta- . dîtb [drsti-), niâthijein {mrsfa-}, 
mithâ mista-'i, mûth niusti- , rithà aristaka-), sâfl} isasti-). Ajouter 
athî skr. tardif «///-, v. plus bas, ghâtijein, etc., v. § 89. 

skr. sth dans aiiigthâ angustha-), oiiitb {ostha-}, kâthî ikâstba-), 
kotbâ [kostbaka-'u gotbâ \gostba- , gotbî {gostbl), jetb, jetbù jyestba-) 
nithûr {nistbura-i. pâfb iprstba-), satb (sasthi } , çetbï içrestbin-). 

skr. st. sth, irrégulièrement, car le représentant normal de 
skr. st{h) est pkr. ///;, mar. th. Le principe de l'extension de la 
cérébrale aux dépens de la dentale remonte au sanskrit iAVac- 
kernagel, i; 21).^. 206) ; dans la famille de stbâ- les deux sons voi- 
sinent depuis la période la plus ancienne du prâkrit ; à côté des 
mots à dentale ([ui seront cités à leur place on trouve en marathe : 
thàij .vathâii) thâr tbày tbùv, gâvthâ gâvtbal, kii-fbein tbàkuem tbep- 
nemthevmm utbiiemsâintbnem; kavatnthse rattache, ou s'est rattaché 
au cours des âges a la même famille : il remonte à *kapittbû-, pour 
le skr. kapittba- ; dans pâtbaviuem {prastbâpaxa-) il s'est peut-être 
joint l'action de Vr de pra- comme dans pkr. padi- ■< skr. prati-, 
padbama- < skr. pmthama- ; cf. pàlat à côté de pâlthâ iparxasfa-) et 
patbârk côté de pcithiiiî et de pâtbar \ prastàra- . De môme ibddâ istnb- 
dha-). où la cérébrale initiale a entraîné la f(''rébralisation du groupe 
intérieur dès le prakrit thaddha- : ihoinh doublcl de llunul' stdin- 



120 PHONÉTIQUE 

bha-), où d'ailleurs l'assourdissement de la voyelle est irrégulier 
(v. j5 79) ; (hag (rac. sthag-), tjml'i à côté de thiili !sthûIa-)\ tht 
(strJ), forme d'ailleurs rare, peut provenir d'un dialecte où tr 
devient / ; il est de même possible f{ue athi et hâd remontent à 
un prototype formant avec skr. ast^hi- un ancien doublet du type 
gr. ;aTé;v : i'aTpxy.ov ; quant à bet, pkr. hettha, il a été expliqué par 
M. Wackernagel comme le résultat de la contamination de skr. 
adhastât -\- iiparistât ; mais mâthà [mastu-) résiste à toute tenta- 
tive d'interprétation. 

(h représente skr. //; dans les tatsamas du type kathlij et skr./;/ 
dans vithobâ vithal <C skr. visiju- ; le traitement normal de skr su 
étant pkr. ;//; >> m. ;/, on doit reconnaître ici un semi-tatsam'a 
récent, peut-être emprunté. 

Enfin //; provient de l-\- b appartenant à deux syllabes diffé- 
rentes dans authnem pour ohatijein. 

d 

§111. A 1 intérieur du mot (/ remonte à 

skr. et pkr. d suivant une nasale : anid iaijda-). kûind ikaijdu-} 
kaniiudâ ikaranda-), kuuid [knuda-j, komdâlein ikiiudala-), kbâmd 
{kbaijda-), gaiiid [gaijda-), dniiid [danda-], pàmdyâ [paudita-], pimdï 
{phida-), bbàmd [bbàiida-), bhàmdàr {bhàndàgâra-), manid {manda-) ^ 
inanidal {inandala-) , màmdav [tnandapa-) , miuudâ, munidnem {mittida-}, 
râmd (raijdâ), leindnkHetjida-), sâijid (snuda-), çeindâ (çikbanda-), somd 
{çuudà) ; govanid correspond exceptionnellement à devi goaijta-, v. 
§82: 

pkr. d issu de skr. / dans aghâdâ (âgbâta-), adau iatani-), adulsà 
[atarusa-], âd [avata-], âdl [âli-), kad [ka(i-), kadâd [katakatâ), kadàsan 
{katâsana-}, kadû [katuka-]. kadein (kataka-), kavâd {kapâta-). kâiiikdî 
[karkatika], kândâ (knnjâtaka-}, kàpad ikarpnta-), kiidapuein l'rac. kui-), 
kudav ikutapa-}, kiidâ (kntaja-), kiidi ikuti). gbadueni (gbat-), ghadà 
ighata-),gbadi {ghatikâ), ghodâ ighotaka-),capdà icarpata-), câd {câtu-), 
jad (jatâl), jadnetn {t&c. jat-), jodvem (rac. yut-), todneni (truh : cf. 
tutneiji), todî (trotakî), dhàd (dbâti-), pndal (patala-), pudâ {pi(ia-), pbadâ 
(pbatâ),bhâd {bbâli-}, inâkad iinarkata-), radijein {rat-), vâdâ {vâta-), 
vidi {vitikâ}, sadnem {çat-}, sarad {sarata-), sânikad {samkata-) ; 

pkr. d remontant à skr. / cérébralisé sous l'action d'un y voi- 
sin dans pad- et ses dérivés (skr. praii-) ; 

pkr. d <i skr. d dans khod {ksoda-}, god igaiida-), lâdtjeni [lâd-], 
nâd {nâdî}, nid {fitda-), pidijeiii iphiâ), haddù [badï) ; 



LE GROUPE r -\- DENTALE 421 

pkr. d <; skr. dd dans iiducuj [uddï-) ; 
pkr. d < skr. dr dans vàd [vadra-) ; 
d pour dh, v. î^ 89 ; 

dh. 

§ 112. ç?/j provient de 

skr. tJ) dans padbijeni [path-j, pidheiii (pttha-), niadh imatha-) \ cf. 
kiirhâd (kiUhàra-) ; 

skr. (;?/; dans gddhâ igâdha-), dàdhà (drdha-) ; probablement dans 
odhaij (cf. véd. vojhave); 

skr. ti/;r dans meiudhù [medhra-] ; 

skr. //; cérébralisé sous l'influence de *;' préhistorique dans 
Sud ha! içithila-). 

dh récent représente : d -j- h dans dhcr idevî dûharn.. h + 
(/dans idemdhâlem (deçï nUehada-). 1 + (//;dans .j^J/;/7 (çyâJivodha-) : 

Une évolution curieuse est celle qui a fait aboutir en certains 
cas (t)th issu de skr. st ou sth à dh, contrairement à la phoné- 
tique normale du prâkrit ; c'est le cas de adih)- dans les noms de 
nombre composés (asta-), hâdhucnj (krsta- ; cf. iikbadijeiii), kodh 
\kustha-), dâdh dâdhî [dainstrâ], madhnem [nirsta-., vedhneiii {vest-i, 
hâd (asthi-, asti-). Cette évolution est ancienne : le sanskrit a déjà 
incorporé des formes comme dâdhikà (Manu), kotha- fSuçruta), 
kaddhaya (dans les formules bouddhiques^ ; le pâli a vethati ; 
adha-{asta-\ se trouve dans les textes jainas, et Ton a essayé 
de le reconnaître jusque dans les inscriptions dWçoka iFleet, 
/. R. A. S., 1906. p. 401 et suiv., voir notamment p. 413 et suiv.) ; 
par contre madhai n'est attesté qu'en prâkrit tardif, et hâd n'a 
d'antécédent qu'en deçl : mais l'un et 1 autre sont communs aux 
principales langues indo-aryennes. — Sur skr. si représenté par 
m. //;, V. § li8. 

11. Traitement marathe de r -\- dentale. 

v5 113. Le traitement de ce g'roupe ne présente aucune unité 
en marathe. Les contradictions se manifestent à l'intérieur même 
de certaines familles de mots, et s'expliquent sans doute par la 
fréquence des emprunts. 

rt 
§ 1 1 i. Dans la famille de la rac. vart- on trouve dune part 



122 PHONÉTIUIE 

vâtneiii nival neiji [vartiUia-). vcitïà (vftla-i, vâl ivartnmn-), cf. vâti 
« bol -) ; de Viwxire vàl ivartika) et parvat, parât ueiii 'parivarta-'. Il 
est impossible de rendre compte phonétiquement de cette oppo- 
sition, mais elle séclaire si Ion constate que tous les nîots qui 
ont la cérébrale se retrouvent avec la même cérébrale dans 
le prâkrit et dans toutes les langues modernes : le singhalais 
seul fait exception avec sa dentale dans l'unique mot vat ivarl- 
inaii-). Par contre la dentale de vàl (vartikâ:. attestée en prâkrit 
mâhârâstrî. se retrouve dans les dialectes du centre et de l'est, 
tandis que le sindhi, le gu/rati et le singhalais s'accordent à pré- 
senter une cérébrale. 

De même dans la famille de kart- on trouve partout des céré- 
brales dans les mots correspondant à kâtijoii « couper », partout 
aussi des dentales dans ceux qui correspondent à kàtuein « iiler », 
kâtar ' karliirikâ ,. katti [kartykà >. kâtdoji krtti-j, kâtxâ 'krltikâ ou kâr- 
tika-\ : mais à kâtfit « copeau «, kûrntau >' coupui-e, insecte nuisible », 
correspondent en sindhi et hindi des mots à cérébrale, soit 
(ju'il s'ag-isse là d un traitement phonétique, soit que ces mots 
aient été rattachés à la racine de kàttiein, etc. ; mais le guzrati a 
kàtâro dans le sens d " insecte nuisible », ce qui 1 apparente au 
marathe. 

La dentale de dhutârù <dhnrta-i. attestée en prâkrit se retrouve 
partout. Au contraire celle de iiuitî 'mrttikâ\ est unique: toutes 
les autres langues, singhalais compris, ont /. Le traitement pro- 
prement marathe consiste donc probablement dans la dentale ; 
des mots comme kavanitâl, ohat, attestés uniquement dans cette 
langue, ne s accordent pas avec cette probabilité : mais l'étymo- 
logie est loin d'en être sûre ; quant à la cérébrale de gadnetn (actif 
refait sur une racine *gcit-, cf. skr. garta-j elle se retrouve 
partout. 

rth 

Les exemples sont rares. ( )n trouve dune part caiith cantbâ 
'catiirtha-), de l'autre sàth. salhl sarlini-, dont la dentale se 
retrouve partout, sauf en ce qui concerne le premier mot dans 
le groupe extrême oriental. 

\'A\ niariithi' même la pi'Oj)osition sâlhîin sàliiii " en vue de, 
pour •> parait it première vue contenir artha- '. cependant le gu/- 
rali et le sindhi témoignent d un mot sât signiliant u échange », 



LE GROUPE r -\- DENTALE 123 

coexistant dans la première de ces langues avec sàthl « pourquoi? 
par que » ; la forme à cérébrale aspirée du marathe semble 
témoigner de la contamination de ces deux mots, dont le second 
seul paraît dérivé de sârtha- (cf. § 89 j. 

rd 

^ 115. Les mots contenant une cérébrale sont rares et ne sont 
pas originaux; ce sont kavdà ikapnrda-), mad. madeui mifta-) et 
sanidneni [chard-] : le caractère oriental du mot niad a déjà été 
noté. La dentale se retrouve également partout dans vùdal war- 
dalikâ) etcaudâ [calurdaça- \\e d de s. caudahain et de pj. occ. coda 
ne prouve rien, puisqu'il se retrouve dans s. daha, pj. occ. dâh 
■< skr. daça-) ; le g-uzrati, l'hindi et le bengali s'accordent avec le 
marathe à offrir une dentale non seulement dans hidâl qui 
remonte au sanskrit [kiiddâla-] mais dans kudijciii {knrdaiia-), pâd- 
Jieiii (pard-)j làdijeiii (lard-i : le sindhi a une cérébrale dans tous 
ces mots, le singhalais s'accorde avec cette langue en ce qui con- 
cerne pard- ; lOriya comme le sindhi a kod- en regard de kud- 
dâla-: mais peut-être trouve-t-on ici un dérivé direct ou un mot 
subissant l'influence de la racine kut-. 

rdh 

Le traitement de ce groupe est [)eut-ètre le plus confus de 
tous. La cérébrale de imundhi \milrdhaii-\. de vàdhayà ivanihaka-} 
est universelle ; il en est de même pour celle de vùdhueni [vardh-), 
sauf une exception particulièrement étrange: le sindhi, qui d'or- 
dinaire préfère les cérébrales, a ici une dentale. En face de skr. 
gardabha- le marathe a à la fois gâdbav et gadhdù : le sindhi n'a 
que la forme à cérébrale ; le guzrati et l'hindi n'ont que la forme 
à dentale ; le singhalais comme le marathe possède à la fois les 
deux. Le cas le plus obscur est celui des représentants de skr. 
ardha- : en face de c'idbâ. ad-, adhpàv iardha-] on trouve sùde [sâr- 
dha-}, dtdih' {dvi-ardha- , adîc [ardhntrlïva-] et adU?)- {cirdha-) ser- 
vant de préfixe péjoratif : cette opposition se retrouve telle quelle 
dans tous les dialectes, sauf le sing'halais qui semble ne con- 
naître que la cérébrale ; elle remonte à l'époque prakrite. 

5; MB. De listes aussi confuses il est impossible (K- tirer aucune 
conclusion sûre. Les échanges et les contaminations remontiMit 
trop haut dans le passé pour qu'on puisse en chaque cas distin- 



124 PHONÉTTOUE 

guer le traitement phonétique de 1 emprunt. Tout ce qu on peut 
dire c est que les exemples de r -\- dentale sourde donnent pro- 
visoirement l'impression que le traitement phonétique du marathe 
est la dentale : ce qui s'accorderait avec les données qu'on pos- 
sède sur la période ancienne. 

111. Cérébralisation spontanée. 

^117. Tout dillérent du précédent est le cas où une ancienne 
dentale est devenue cérébrale spontanément, ou du moins sans 
influence reconnaissable. Les exemples en sont extrêmement 
rares en sanskrit : la racine védique dl- c voler » est devenue 
en sanskrit classique dï- ; c'est le seul mot à initiale céré- 
brale dont on connaisse l'origine ; la cérébrale se rencontre 
encore à 1 intérieur de (juelques mots rassemblés dans la gram- 
maire de M. Wackernagel i^ 148 b, p. 173j et dont aucun ne 
remonte jusqu'au Véda. La liste s'allonge dès qu'on arrive à la 
plus ancienne période du prâkrit classifjue : tandis (jue ^'araruci 
considère mada- et les autres participes de racines en -r- comme 
appartenant à la mâgadhï, il attribue au prâkrit commun, non 
seulement padisara- (prati-), padhama- prathama-), sidhila-{çithila-, 
pour *çr-) où l'influence de Yr a pu encore se faire sentir, mais 
padââ vedisa- (IL 8) dola- daijda- dasaua- (II, 2i) et les racines ^rt(i- 
{pat-)sad- isad- kadh-[kvath-, MIL 39, o1 ; Beames, I, 219 sq.^ 
Aux périodes les plus basses du prâkrit le phénomène prend une 
extension considérable, sans cju'on puisse davantage en déter- 
miner les conditions ; c'est alors que la nasale dentale en parti- 
culier devient cérébrale en toute position iio nah sarvatriu Varar. 
II, 42 : ci". PischeL v; 224). Enfin, à l'époque moderne les mots 
attestés avec occlusive cérébrale en sanskrit ou en prâkrit con- 
servent cette cérébrale, et la nasale intervocalique est restée 
cérébrale dans le groupe marathe-guzrati-sindhi-penjabi : de 
plus / intervocalique sest cérébralisé comme la nasale dans 
trois de ces dialectes. 

Ici encore il semble qu il s agisse dun phénomène dialectal, 
mais léparti tout autrement que dans le cas d'influence de r. A 
1 époque ancienne, il est remarquable que ni les inscriptions 
d'Açoka ni les IVagments connus de di-ames bouddhiques n'ap- 
portent d'exemples de cérébralisation spontanée autres que ceux 
du sanskrit : au contraire la cérébralisation spontanée est parti- 



CÉRÉBHALISAIION SPONTANÉE 12o 

culièrement fréquente en mahârâstrî classique et dans les prâ- 
krits jainas. A l'époque moderne ce sont trois dialectes occi- 
dentaux qui seuls connaissent / cérébral : ce sont les mêmes 
dialectes, avec le sindhi et peut-être certains parlers du nord- 
ouest himalayen (v. Grierson, Pisàca lang., p. 19) qui ont con- 
servé ;/ intervocalique ; enfin c'est le groupe occidental, et dans 
ce groupe le sindhi qui est connu pour affectionner particuliè- 
rement les occlusives cérébrales, là où on attendrait des den- 
tales (Beames, I, 2'Mi ; Grierson, Pbon., § 55, 57, 91). 

En marathe, les exemples de cérébralisation spontanée se 
rencontrent à l'initiale et à l'intérieur du mot. 

§ 118. A l'intérieur du mot, le sanskrit classique présente 
déjà quelques cas de cérébralisation : ainsi atati, udumbara- en 
regard des formes védiques atati. udumbara-. La liste s'en allonge 
quelque peu en marathe ; mais il est remarquable que les 
exemples remontent au prâkrit ancien : jodijeiii a déjà son équi- 
valent dans le Dhâtupatha ; kadhnem ikvath-' et paduein {pat-), 
attestés dans Vararuci, se retrouvent dans tous les prâkrits ; 
medh .inethi-) se lit dans les angas jainas ; seul madhû \inadhu- 
paraît récent. Des analogies ont pu jouer ici : c est par l'influence 
de padi- = skr. prati- et padhama- = skr. prathania- que M. Wac- 
kernagel essaie d'expliquer la cérébralisation de pkr. padai [^ 133 
rem.) ; de même methi- a pu prendre la cérébrale de medhra-. et 
madhu- subir l'analogie d'un doublet perdu de )uau-, où le d de 
skr. iiirdu- se serait cérébralisé. Quoi qu'il en soit de ces tenta- 
tives d'explication, il semble bien que ces mots ne sont pas pro- 
prement marathes ; il est même significatif que dans le mot 
uiubar le marathe s'accorde comme le pâli et le prâkrit avec le 
védique (udumbara-j et se sépare du sanskrit classique qui admet 
la cérébrale {udumbara-^. 

A plus forte raison peut-on considérer comme étrangers au 
marathe les mots où une ancienne dentale intervocalique a été 
remplacée par / ou r : on trouve /, représentant 1 adaptation de 
/ à la phonétique marathe, dans les noms de plantes ajçi atasî), 
kalamb ikadainba-),vehlâ [vibbitiha- : 1'/ du premier est confirmé 
par toutes les langues, celui du second remonte au prâkrit 
ancien ; le troisième est mal attesté et porte peut-être la trace 
d'une contamination. On trouve encore dohJà \dohada-) : mais ici il 
s'agit en réalité d'un d obtenu sous l'influence de r [*daurhrda- ; 



I2fi PilfiNÉTlnl K 

V. Wackeniaj^el, i; \[)i \m : (i;uis itkhal \c marathe, comme d'ail- 
leurs les autres dialectes, a opté pour miukhala- contre le védique 
nlnkbala- ; d'autre part / , qui est proprement un traitement de 
l'extrême nord-ouest ou de l'orient (voir Grierson, Phon., ^i, 52, 
p. o) se trouve dans le nom de nombre « dix » en composition 
akrâ, bârà, terà, pandhrâ. safrâ, athrâ {ekâdaça. âvàdaça. etc.; et 
celui de « soixante-dix o saltar saptati-., sur ces mots, voir § 143. 

s^ 119. Plus fréquente, et plus caractéristique, est la cérébra- 
lisation de 1 initiale. Elle est presque inconnue en sanskrit: di- est 
le seul exemple clair (il a survécu dans les dialectes modernes 
sous la forme uddi-, mar. ndiiein) ; plus tard, on trouve les cor- 
respondants de mar. diinb, dhâl ; mais c'est surtout dans la deçJ^ 
dialecte occidental, que les exemples sont nombreux : on 
retrouve dans le recueil d'Hemacandra târ tirtir toi damb dhânikaij 
dhekâ dhekiin : d'autres lan<j^ues ont en commun avec le marathe 
et la deçJ les mots tâmk tîp dâvâ dâl doJ doki doitigar dolâ doli dhenik 
(le sindhi a la dentale dh) dher ; on ne retrouve pas dans le 
lexique d'Hemacandra, mais d'autres dialectes confirment /a/»^w/ 
(ikijeiii tikà tekùd dàmg dabueni doinb. 

L'explication de ces cas est particulièrement difficile. Dans 
certains mots il s'agit d'une cérébralisation sous l'influence de r 
en groupe ; de là don " canot » à côté de don « auge » {drorn-\ 
et peut-être dâing (cf. aussi dotnoar'^. skr. draitga-) : ce traitement 
n'est pas indigène en marathe où dr >> d : ces mots sont donc 
suspects d'être empruntés à un autre dialecte, peut-être au sin- 
dhi [\. Beames, I, p. 836-337). 

Ailleurs il semble qu'il s'agisse dune assimilation à une céré- 
brale du même mot, mais non en contact avec l'initiale : ainsi 
dâkhîn {daksiim-; la cérébrale se retrouve en sindhi, multani et 
dans le groupe oriental) ; dur idara-j., dav, cf. dabbâ, forme évi- 
demment empruntée à un dialecte oriental ainsi que la forme à 
dentale dabda idarvî); lâji [tàlikà). (âlû, tâleiii (tâla-), fila itilaka-), 
dohlâ *dohada-), dolâ, doit [dol-,. 

Cette cérébralisation à distance est en tout cas contraire aux 
habitudes du marathe ; ce dialecte, comme d'ailleurs son voisin 
le guzrati, conserve la dentale initiale de taintâ tât'i tàth thamdâ 
thoint dût dâdh dâdhi : la cérébralisation ne se retrouve dans ces 
mots qu'en sindhi, en hindi et en bengali (v. Beames. I, 237) ; 
en tsigane aussi, p. ex. ia>i = skr. dauda-. 



DENTALES 12 7 

Il est remarquable que dans les mots auxquels cette explica- 
tion ne s'applique pas, la cérébrale est attestée depuis la plus 
ancienne période du pràkrit classique pour deux familles : celle 
de skr. dainç- dasuem, dainkhijein, sâmdas] et de skr. dah- [dâj- 
uenij dâhm, dâgneiji); les autres dhainkueuj^ dbakka, dhniiidâlnem (et 
dhâindhiihjeiii dhulsuciii sont d'origine obscure, mais se retrouvent 
aussi dans la plupart des dialectes ; il est donc permis d'admettre 
ici des emprunts directs ou non à une lang-ue occidentale ; 
outre les faits cités plus haut, on peut rappeler qu'Acoka écrit 
à Girnar osiidhâni tandis que les inscriptions orientales portent 
osadhàni [ausadhân'n . 

Cette hypothèse n'est cependant pas absolument nécessaire ou 
du moins pas nécessairement unique : le dictionnaire de Moles- 
worth donne comme appartenant au Concan le mot tâu 'tcina-) 
correspondant k tâij de la langue normale ; il conviendrait de 
vérifier si la langue marathe ne combine pas deux séries de dia- 
lectes, dont l'une, celle du Dekhan, conserverait les dentales 
anciennes, et l'autre, celle de la côte, s accordant avec un groupe 
dont le sindhi est le dialecte le plus caractérisé, admettrait des 
types de cérébralisation inconnus à la langue normale. Dans ce 
cas l'existence de doublets comme tâhl : tâln, tilà : til, dâhm : 
dâhueiii, danibihîj : daiid' bîi, doiiigar : dmitg, dhakhà : dhakkà s'expli- 
querait aisément. 

Dentales. 

§ 120. Réserve faite des cas de cérébralisation examinés plus 
haut, et du cas de l'ancien groupe : dentale -(- v qu'on trouvera 
§ 129, le traitement des anciennes dentales ne présente aucune 
difficulté. On remarquera que. sauf dans les mots où la cérébra- 
lisation est très ancienne et attestée en sanskrit, le groupe den- 
tale + r aboutit normalement à une dentale : c'est au reste le 
traitement général en indo-arven, sauf en sindhi (v. Beames, I, 
p. 337). 

t. 

§ 121. A l'initiale, / remonte à : 

skr. / : iad {tatl), tau [Irna-]. lahàn {trsuù\. tâv \tâpa-\. iikh 
[tJksijn-), til Uila-), etc. ; 

skr. fr : lin itrini) cf. //y, tidein. tivaij. tisal tri-) ; tutucin tnilya-) 
todxiem trolaya-), cf. totà ; todi [Iroiakl] ; 



128 PHONÉTIQUE 

A l'intérieur du mol, / représente : 

l"pkr. / suivant une nasale : ânit [anta-), kadtar [kadantara-) , 
bhitar [abhyanlarani), saint [çânta-), savant u {sâmanta-., çemvti \siman- 
tikâ), ''V' personne plur. indic. -at{i' {-anti , partie, prés, en -/ 
[-?ita-) ; 

2" pkr. // issu de : 

skr. //dans utannem{uttrna-), utarnem {uttarana-), utrân (uttara-) , 
iitânâ [uttàna-)^ utâvaj (uttâpa-), sampat (sampatli-) ; cf. ât mot 
enfantin (deçl attâ) ; 

skr. kt dans al ta (alakta-), nirutà inimkta-), pâint {pankti-}, bhàt 
{bhakfa-), ratî {raktikâ), rât{à) {rakta-), rità [rikta-), sâtii et sattû 
{saktu-) ; 

skr. pt dans tàtavnem {iapta-}, nât, nâtù inaptr-), cf. panât ipra- 
naptf-). sût [sapta), cf. satrâ isaptadaça), sattar (saptati-), sàtvaii 
{saptaparna-) ; peut-être dans alita iâlipta-^ cf. alta), et dans 
nmçlt [uthipta- ? ) ; 

skr. //; dans savat [sapatni) ; 

skr. /;■ dans âmi iantra-)^ ârat (ârâtrikâ), karvat ikarapatra-), got 
{gotra-}, carit {caritra-: Vi bref donne au mot un air de tatsama-), 
cât {cattra-),citâ {citraka-), cf. cita! icitrànga- pour le sens) et citârî 
{citrakâra-), pât {patra-}, pat [piitra-]^ cf. râfil [râjaputra-), mahàvai 
{tnahâmâtra-), fnût [mûtra-] , rât [râtri], varât [varatrâ et varayâtrâ), 
vet {vetra-), sût [sntra-] ; cf. atàm [atra]? 

skr. ktr dans jot (yoktra-). 

Remarque. — t est tombé dans les composés récents de tel 
« huile » aradeLâvel, tileL etc. 

th. 

§ 122. En sanskrit cette consonne n'a pas d'existence réelle à 
l'initiale. Dès lors m. th ne remonte à skr. //; qu'à l'intérieur du 
mot après une nasale, comme dans pain t h {pan than-), ma{m)thmm 
mathn'i \inanth-). Partout ailleurs m. //; représente un ancien 
groupe contenant une sifflante, à savoir : 

skr. is dans tharn {tsaru-) ; 

siu". st, initial, dans thanâ {stana-}, thavâ {stabaka-), thâ, thâmg 
{stâglM-}, thânjbiiem {stainbha-), them {stip-}, thodà {stoka-) ; — inté- 
rieur, dans âthi {asti), cf. nâthi {tiâsti), kothainbîr {kustumbarJ), 
pâthar {prastaia- ; cf. pâthâr), pathâri {prastâra-), pâlthâ {paryasta- ; 
cf. pàlat), pothî \piistaka-\. inâîhâ {niastaka-), vithar {vistara-), vîth 



DENTALES SONORES 129 

vilasti-u peut-être vaiiilh i vas tu-} ; et", aussi thoinl ; sur hâl, haitï 
pour *hàth ihasta-], v. >5 88 ; 

skr. sth, toujours initial, dans thaï et son composé samvthal 
[sthala-), thâvar isthàvara-) et les autres dérivés de la racine sthà- : 
thâpuem, thâr, en regard desquels on trouve des formes à céré- 
brale ■.thàr etc., v. § 110 ; thâlâ (sthâla-), thîr {sthira-}, ther istha- 
vira-), thor [sthùra-], thuif à côté de thull isthfila-). 

d. 

§ 123. A l'initiale d remonte à pkr. d issu de : 

skr. d dans damt idanta-), dah'im [dadhi-) etc.; voir au lexique ; 

skr. dr dans don à côté de don idroni-) ; 

A lintérieur d remonte à skr. -pkr. d suivant une nasale, dans 
kiiniind (kuruvinda-). mâiiidâ [fiuinda-) \ le développement d'un ^ 
dans çinidal, produit de la différenciation de un dans çin{n)al 
[chinna-], est contraire à la phonétique normale du marathe ; il 
doit être un emprunt au même titre que vândai\ forme vulgaire 
du tatsama vânar, influencé par h. handar : 

d intérieur représente aussi pkr. dd issu de : 

skr. dd dans kiidàl [kuddâla-) ; 

skr. /7^ dans^rt^ et son com^o<ié pad sa d (çahda-, pratiçahdn-)] 

skr. rd dans kudijeiji iknrdaiia-), caiidâ {caturdaça), pâdijeni {pard-), 
lâdimn [lard-), vàdal {vardalikà] , peut-être dans gadal (rac. *grd-1) ; 

skr. dr dans dâd à côté du semi-tatsama dâdar [dadru-), nid 
[nidrâ ) ^ bhàdvâ [bhàdrapada-), bhàdaruem [bhadraknraija-), mudl (mu- 
drikâ), vinidrûm {vidra-), halad {haridrà) ; à côté de ce traitement on 
trouve encore pour skr. dr les correspondants d y. § 119 et /, v, 
i; 141 : le premier paraît d'origine dialectale, le second remonte 
jusqu'au sanskrit : c'est le traitement dental qui parait être nor- 
mal en marathe, 

dh. 

^ 124. A l'initiale, db représente skr. dh dans dbau idhana') 
dharnem [dhar-j etc.; v. au lexique. 

A l'intérieur du mot dh remonte à skr. dh après nasale dans 
niiidhârâ {audhakârii-), bâiiidhijeiii \ba)idhana- 1^ viiiidhijou (rac. vyadh-) 
sàuidh [sandhi-j ; l'occlusive est exceptionnellement disparue dans 
vinhnem. doublet de vindhuem : c'est là un traitement tout ;i fait 
anormal en marathe et qui n'est réguHer qu'en bihari. en pen- 
La forinxlion de lu langue marathe. 9 



130 MIOMÎTIQUE 

jal)i et dans certains dialectes de l'extrême nord-ouest (v. ij 82); 

lih intérieur lemonle aussi à pkr. ddh issu de : 

skr. ddh dans htidl? \biiddhi-) et les composés udhunji' in tnddlkir-) 
iidhnlijcni ii(ddhûl-), peut-être udhav [ud-dbava] ; 

skr. crdh dans dndh diigdha-) ; 
- skr. bdh dans lâdhnem [hibdha-) ; 

skr. dhr dans gidhigrdhra-). 

Le traitement r//;<;skr. dhy dans ?;2m//.' esl tout à fait in-égu- 
lier (cf. § 107) et dénonce un tatsama. 

On trouve dJ) résultant du rapprochement de d et /.; apparte- 
nant primitivement à des syllabes diderentes dans dhfiv [duhilr-] 
(jui remonte au prâkrit, et dans edhavâiii (pkr. eddaha-) et sani- 
dhn'Iiji, corruption de saindehîrii ; c'est à ce rapprochement cju'est 
due la forme paiidhrâ {paùcadaça^ pkr. paijijarasa, paijiiaraha) où 
le d inséré entre // et r a recueilli l'aspiration de /.; final [cï. h. 
pandrah). 

Labiales. 

Réserve faite du traitement de dentale -|- v, qui sera examiné 
à part, l'histoire des labiales n'offre aucune difficulté. 

P- 

§ 125. A l'initiale p représente : 

skr. p dans padijein {pat-), pàv (pâda-), pyâs (pipàsâ), pût {pnira-) 
pej ipeya-j, pothl [pustaka-) et de nombreux autres mots qu'on 
trouvera au lexique ; puvà remonte à pfipa-. forme apocopée de 
apûpa-,c{m est attestée dès le sanskrit : dixnspâkhnr iupaskara-) et 
le tatsama pcksâiii (apeksâ), l'apocope est, ou paraît plus récente ; 

skr. pr dans les composés de pa<ipra- : paiiat [prauaptr-), pasar 
iprasara-), pahfir par i praLuini-), pahiln \pratlkiiiia-), pâiii, paiiii 
{prâyah, prâyeiia), pâils { prâvrsa- ) , pâkha } ijeni \prahalaya-), pàjhanieni 
<praksar-), pàthaviijeiji {prasihâpana-), pâthar pathùri (prastara-), pânbà 
(prasnava-), pùphudneiu \praspbul-), pâvneiu (prâpaija-), pâbmiâ {prâ- 
ghuna-), pitsuein \proficb-j, pekbnem {preksaua-), pesnein ipresaija-), 
povâdâ 'pravâda-], povlciji [pravàda-), poj, paiij {pratolt), paitbâ [pra- 
vista-\,pais (pradeça-): les mots composés avec pad- et pai- [pra- 
ti-) ; cf. aussi peut-être pcnith \prali^thâ) ; le mot pi\o pibii \pri\a-) : 

skv.pl dwws pùvuà (phn'a-),pi iplîbâ\ ; 

skr. px dans pobà [apyûba-). 



LAËIALES 13^ 

A l'intérieur du mot p représente sl<r. et pkr. p suivant une 
nassile dans kàinpmm, câmpù, limpuem \ il remonte surtout à pkr. 
pp issu de ; 

skr. pp dans pimpaJ ipippala-) ; cf. àpâ, mot enfantin [appa-) ; 

skr. py dans rupein {rûpya-) ; 

skr. tp dans les composés de»/- : iipaj [utpadya-), upatnem [utpà- 
tana-), npadijein (ntpaî-), peut-être upaijijein (ufpàvana-) et iiped int- 
praidh-) ; le même préfixe //- se retrouve dans npaJâijâ, cf. palây 
[paryâna-) ; 

skr. tm dans âpay, âp [àtma-) ; 

skr. rp dans kâpad {karpata-}, hàpur (karpilra-), kàpfis [karpâsa-], 
câpat (carpata-), sâp [sarpa-], sfip {çûrpa-), probablement aussi 
dans sopijem (saniarp-), opnein [arp- ou rpy-), et dans hâpuetn 
{*karp-)\ 

skr. /p dans ci inpi (çilpiri-), peut-être dans aprâ, si ce mot con- 
tient skr. alpa-. 

ph. 

§ 126. ph initial remonte îi pkr. ph issu de : 

skr. ph dans phal iphala-) et ses composés phaJâr (phalâhâra-), 
pophâj ipûgaphala-j, cf. phalâ et pharà (phalaka-), phâg iphalgu-), 
phâj (phâla-), phal [phiilla-) , pheu [phena-) ; 

skr. sp dans phàmdnem phamd [spand-) ; cf. phirnem (i. e. *spir-) ; 

skr. sph dans phâtuein phâdueni phâJuein isphat-) phâr{sphâra-), phiit- 
ijeinphod [sphut- sphoda-), phiinjein [sphur-], cf. phituem phedijeifi ; 

skr. sphy dans phâvdà (sphya-). 

A l'intérieur du mot ph représente pkr. pph issu de : 

skr. sp dans vâph ivâspa-], peut-être giiijiphâ et gophaij (giisp-) 

skr. sph dans niphal [nisphala-] ; 

skr. tph dans Hphànmm [uf-phaij-], uphalijeiji {utphiiUa-), nphàjijeiN 
{titphal-) ; 

skr. Iph dans gophâ {gulpha-j ; 

skr. sph dans aphahiein [àsphalarm-), pâphuduein (prasphut-). 

Echange de p et ph, v. ij 8i etsuiv. 

b. 

§ 127. A l'initiale b représente pkr. et skr. b dans bah,, bâgln 
(Jmka-), bakrâ [barkara-), blm {bïja-), biijhijein (bndh\a-), bel {bilva-), 
bokad \bukka-), et d'autres mots qu'on trouvera au lexique. Le 



132 PHOÉTIMUL 

maraLhc a couserM- à 1 iiiiliak- la (Uslinclicjii di' /'- cl v- anciens. 
V. plus bas. 

b initial remonte aussi h skr. br dans hdma'j e\ hàiiihl^indn ibrâh- 
niaua-^ ; 

Il représente enfin skr. p devenu initial par suite d une apo- 
cope à lépoque où les sourdes s'étaient sonorisées dans le mot 
baisuem \upavic-) : le pâli a déjà iivittha-. <[ui suppose une haplolo- 
gie de *uvavittha-. et date par conséquent dune épocjue où b 
intervocalique était déjà devenu v : le «^uzrati et le sindhi sac- 
cordent ici avec le marathe ; le kaçmiri a v ; quant au tsigane, 
il se partage : celui d'Europe abes-, celui d'Arménie ves-. Le mot 
accessoire bi iapi) porte la trace du même accident : ici le tsi- 
gane d'Europe aussi a le traitement de l'intervocalique {vi). 

A l'intérieur/? remonte à pkr. h suivant une nasale. 1" là où le 
sanskrit avait déjà mb : uiubar i itdnmbnra- . kâiiiblâ fkanibala-j, 
hisumb {hisumbha-) , lâinb \lamba-}, niiub liinb (nimba-), sâmbar [çam- 
bara-) etc. 2" là où pkr. }nb remonte à /;// .• cinib [âmla-' ou à mr : 
âwbiàmra-}, tânibeni (tânira-). On sait qu'en pareil cas les langues 
congénères simplifient »ib en m : le marathe ignore cette évolu- 
tion : il est curieux de constater qu'il semble avoir rétabli une 
occlusive finale là où létymologie s'y opposait, dans çeinb à côté 
de çein (çlesniai, forme qui est donnée comme moins bonne et qui 
est pourtant la seule régulière : de même on a thenib à côté de 
theni (stim-). 

De plus, b intérieur représente pkr. bb issu de skr. //; dans 
sioiib [çulba-), et de skr. rb dans kabrà (karbura-), diihlâ [durbaJa-], 
bàbar ibarbara-] . Ici encore le marathe distingue pkr. z%< de /;/' 
contrairement à l'opinion de M. Grierson Phon., H, 33). L'op- 
j)osition de dabbâ, dabdâ et de dâv (darvï) suflit à prouver que les 
deux premières formes sont empruntées : du reste la réduplica- 
tion de la consonne est anormale en marathe, et ajoute au carac- 
tère étranger de dabbii. Si donc ilb représente deçi iivvù. ce ne 
doit pas être une forme purement marathe ; et le rapprocluMuent 
de dâbneni avec pkr. dàiïii Pischel, i; 2t)ri est suspect. 

/; est le produit d'une désaspiration dans kbâinb skaiiibhu-i, 
thâmbnem istambha-). kiibdà (kubhra-). 

hh. 

^ 128. A l'initiale, /;/; représente pkr. bh issu de : 

skr. /'/; dans bhùl [bhakta-\, bhem [bhaya-j etc., v. au lexique ; 



LE GROUPE DENTALE -\- V 133 

skr. bhr dans hhatUi bhrastra-: mot suspect d'emprunt), hham- 
vai \bhrri-), bhàil {bhrâtr-), bhàjnem bhrajj-), bhoiiivnein bboinvadiicin 
ibhrania-), bhomvar bhouivrà \bhramaraka~). 

skr. b. V. § 84. 

A l'intérieur du mot /'/; représente pkr. /;/; suivant une nasale, 
dans àrambhauem, kiuiibh kutnbhâr {kiimbhakûra-), jâinbhâd ijambha-) ; 
bciinbhiirdà remonte à bauibhaua- doublet de bamham- (m. bctmnu) 
attesté dès le plus ancien prâkrit. 

Il remonte à pkr, bbh issu de : 

skr. rbh dans gàbh îgarbha-), dùbh (darbba-u nibhagueni {nirbha- 
gna-), peut-être bhâiubhal ibharbh-) ; 

skr. bhr dans ùbh abhra-] ; 

skr. bhy dans làbhnem{labh\a-), d'après lequel a été l'orme diibl)- 
nein {duh\a-j\ bh\a est devenu bhi dans bbitar (abhyantam-), bhijuem 
iabhyahjana-) ; 

skr. /wdans jlbh (jihvâ). 

On trouve enfin bb résultant du rapprochement de /'et /; appar- 
tenant primitivement à des syllabes différentes, dans bbûk 
(biibJjiiksâ), bherâ forme dialectale de babirâ (badbira-j, bborfip tat- 
sama récent [bahurftpa-) ; dans bbiiiein il y a peut-être non seule- 
ment réduction spontanée de bibinein, mais influence de bbeijeni 
{bbaxa-, bibhetii : la coexistence de h. nibàbnâ et nibbnâ prouve (jue 
l'aspirée a la même origine dans nibhnem (nirbâdh-). 

Le groupe sanskrit : dentale + v. 

^ 12*.(. Ce groupe a deux traitements également bien attestés 
en marathe : 1 un consiste en une consonne dentale, l'autre en 
une labiale. Les deux traitements remontent au prâkrit. A 
1 époque la plus ancienne, ils semblent bien se répartir suivant 
les régions géographi(jues, et non suivant des principes phoné- 
tiques. 

En elfet. parmi les inscriptions d'Acoka. celles de Girnar sont 
les seules ([ui aient protégé et même renforcé larticulation 
labiale : elles présentent l'absolutif en -tpâ en regard de -tu {-tvà) 
ou -//' véd. -/iv?) des autres inscriptions; on y rencontre les 
formes calpâro icatvâro), bitatpâ {hitatvât), dbâdasa [dvâdaçn), en 
regard de tadattayc \tadatva-) qu'on lit à Shahbazgarhi etMansehra 
[tadalvâye à Khalsi et Ohauli ; iadâtvaiie à (lii'Uiir . de iiidhtitatd 
iinabatva-) des inscriptions de Sahasram et lîupnalli. L'inscription 



134 PHONÉTIQUE 

de Girnar ne présente pas d'exemples du groupe : dentale + v 
devant/, en sorte qu'on ne saurait dire si à l'intérieur du dia- 
lecte de cette région il existait une différence de traitement sui- 
vant la voyelle ; on pourrait le soupçonner, à comparer le nom 
de lieu Bapjtxr, {Dvàrakà) et celui de Diit (dvlpa-) qui appartiennent 
tous deux à la même région ; malheureusement si Bapâxr, est 
attesté au premier siècle de notre ère, le second est moderne et 
date d'une époque où le nom de 1' « île » peut très bien avoir 
été uniformisé dans les diflérents dialectes : en tout cas dès Pto- 
lémée c'est la forme à dentale qu'on trouve dans le nom de 
'lajiaobu ( yavadvlpa-}; c'est la même forme que présente le nom 
de Ceylan donné par Cosmas et ses successeurs ^£).îo(êa iSiinhâ- 
ladvipa-) : rien n'empêche même de supposer que dès Açoka le 
nom du jambud'ipa- était déjà fixé ; ce qui autorise cette hypo- 
thèse, c'est qu'on le trouve au Maisour à côté de formes comme 
mahatpâ qui est à skr. mahàlmà dans le même rapport que âtpà de 
Girnar à skr. âtmà : or le traitement de tin et tv semblent voi- 
sins (on lit aussi à Brahmagiri garni- ; mais il est impossible de 
deviner la fin du mot). Quel que soit le traitement devant /, il 
reste une opposition nette dans le traitement du groupe dentale 
-1- z' devant a entre le dialecte de Girnar et ceux des autres ins- 
criptions. 

A en juger par les lectures courantes, il se trouverait une 
exception grave dans la forme du nom de nombre « douze » à 
Shahbazgarhi : on le lit généralement baraya ou hadaya ; mais la 
fin du mot est en tout cas incorrecte ; de plus l'inscription 
parallèle de Mansehra présente la forme duvadasa : enfin et sur- 
tout Bûhler avoue que les deux premières syllabes du mot se 
lisent mal (Z. D. M. G., 1889, p. 138 ; sur l'ensemble des faits, 
cf. Senart, Inscr. de Piyadasi, II, p. 3^)3 et suiv.. p. 379 et suiv.; 
et T. Michelson/. A. 0. S., XXX, 79-80, XXXI, 235, 244). 

Aussitôt qu'on arrive au pâli et aux prâkrits littéraires, on 
trouve les deux traitements attestés parallèlement dans les 
mêmes textes. Il semble cependant que le plus fréquent des deux 
en prâkrit classique normal, c'est-à-dire en mâhârâstrï. soit le 
traitement dental. On trouve côte à côte dès llàla dnra et bâra 
[dvâra-] ; Hàla a de n\èvaebium tandis que les vieux angas jainas 
ont duguna (dvignija-); mais ubbha- est entré dans la littérature 
postérieurement à tiddha- ou itddha- {rirdhv(i') ; et le remplace- 



LE GROUPE DEMALE -f" '^' 135 

ment des suffixes -ita, -Itana i-lva, -tvana) {lar -ppaija date seule- 
ment de lapabhramça (v. Pischel, §§ 298 à 300 ; cf. 436). 

§ 130. Malgré la confusion que présentent les langues 
modernes, on y devine une répartition analogue à celle que pré- 
sentent les inscriptions d'Açoka. Le kaçmiri, à côté de bar 
« porte », qui peut être emprunté aussi bien que danua'^a^ a ^"h 
« deux ))^do\niii" *< second o, ôdil « droit, juste »; le sufiixe du 
gérontif -ith rappelle le -// des inscriptions d'Açoka ; de même 
le basgali a pour suffixe de gérondif -tJ, et dû pour signifier 
« deux n et >< porte » (St. Konow, /. i?. A. S., 1911, p. 20). A 
l'extrême sud, le singhalais a iidha « droit », dora- « deux », 
diyuijn « double » et même, contrairement à la généralité des 
langues du continent, dolos « douze » (à côté de élu bara). Par 
contre il est frappant que les deux seuls dialectes où le nom de 
nombre « deux » commence par une labiale soient le sindhi {ba) 
et le guzrati {be), c'est-à-dire précisément les dialectes de la 
région où l'on trouve Girnar. 

La répartition des deux traitements en marathe semble bien 
indiquer que là aussi, c'est la dentale qui est normale. 

A skr. tv correspondent d'une part, m. t dans nâtein {jnâtitva-), 
sat (satva-), et le mot peut-être emprunté sattâ {satva-) ; d'autre 
part. m. p dans le suffixe -pam {-tvana-) dont la labiale contredit 
le pràkrit ainsi quon a vu plus haut, et qui par suite pourrait 
bien provenir d'un emprunt à quelque langue centrale. 

A skr. dv corres[)on(l m. d dans daiiid (dvandva-), dur {dvâra-), 
sâdalnein (çàdvala-) : par contre bâri « fenêtre » dérivé probable 
de dvâra-, se retrouve en guzrati à côté de bâr « porte » : ce 
n'est donc pas sûrement un mot indigène en marathe. Quant aux 
formes du nom de nombre « deux », leur histoire est trop 
obscure et leur extension trop générale et trop ancienne pour 
qu'on en puisse rien conclure : on a d'une part don « deux », 
diinâ « double », dujâ « deuxième », d'autre part /'// « deuxième 
jour de la lune », bc « deux » (dans les multiplications), bârâ 
« douze » etc., v. au chapitre des noms de nombre, 

A skr. dhv correspondent d'une part dJj dans dhùinsahjcin 
idhvants-) et dans le semi-tatsama dhajâ (dbvaja-), d'autre part bh 
dans ubhâ II bbijei II ifirdhva-), qui, ainsi qu'on a vu, ont remplacé 
tardivement en pràkrit classique le mot à dentale uddha-. 

Outre ces deux traitements, le pràkrit semble fournir des cas 



436 PHONÉTIQUE 

OÙ rancien ^'rou)3e dentale -\- v a abouti à une palatale. Tous les 
exemples (ju'en donne Pischel au i; 299 ne sont pas également 
sûrs : kiccâ par exemple est probablement le résultat de la con- 
tamination de *kiltn<Ckrtvâ par *kicca-<ikrtya- ; ils sont en général 
tardifs sauf un. jhaya- [dhvaja-), attesté très tôt dans les textes 
jainas et qui a duré jusqu'à l'époque du marathe où il a abouti 
k jhemd. 

Enfin le v a été vocalisé dans les semi-tatsumas turnt ilvarita- ; 
tûrta-'^), dhi'in idhvani-). L'absolutif en un, comme on verra, ne 
répond sans doute pas k pkr. - d)nija<C\ed. -tvâna, v. Pischel, 
§ 086. Sur car (câlvârah), v. au chapitre des noms de nombre. 

NASALES 

§ 131. Pas plus en marathe qu'en sanskrit les nasales guttu- 
rale et palatale n'ont d'existence indépendante : les seules nasales 
se rencontrant ailleurs qu'en contact avec des occlusives de leur 
ordre, et notamment en portion intervocalique, sont les nasales 
cérébrale, dentale et labiale. On trouve en pâli et enprâkrit boud- 
dhique la nasale palatale géminée hh représentant skr. ;/r et jfi 
(v. Luders, Bnichstikke, p. i8-i9) : mais ç"a été un phonème ins- 
table et qui a abouti en prâkrit classique à ;/// dans tous les dia- 
lectes sauf la mâgadhi et la paiçâcî (Pischel, ^ 276. 282 ; cf. 
§ 243). Aujourd'hui, sauf en quelques cas sporadiques et d'ori- 
gine récente du genre de ceux qu'a notés M. Hœrnle en bihari 
{Comp. Gratnni., § 13), tous les dialectes, le singhalais compris, 
conservent comme le marathe l'aspect du prâkrit normal. Le 
groupe occidental composé du sindhi (v. Beames, I, 78 ; Trumpp, 
Sindhi Gramni., >; 9, 1 i) et du penjabi au moins dans ses dia- 
lectes occidentaux (O'Brienet Wilson, Gloss. of tbc Mnltani hvig., 
p. 1-2 ; J. Wilson, Graiiuii... of Western Panjabi, p. 1-2] semble 
se séparer des langues prrdvritiques : il admet n issu de skr, ng ; 
on y trouve aussi /} pour skr. ny ; mais l'absence de ce phonème 
dans le cas où il représenterait skr. jn et la coexistence de « ou 
nn avec h là où il s'agit de skr. ny prouvent qu'il s'agit d'un phé- 
nomène récent ici comme ailleurs. On trouve encore les mêmes 
phénomènes dans les dialectes du nord-ouest himalayen : kçm. 
bena {bhaginîjest évidemment récent ; des exemples de n <C ng en 
basgali cités j)ar M. Sien Konow (J.R.^.S.. 1911. p. 23 1 on 
ne saurait lion déduire. 



NASALES 137 

Sur la chute de n et m pénultièmes dans certaines désinences, 
V. ;:; ()6 et 67. 

;/ et n. 

5^ 1.32. En sanskrit la nasale dentale et la nasale cérébrale 
étaient nettement distinctes ; en moyen-indien n s'est cérébra- 
lisé en toute position. Du moins il en est ainsi en prâkrit 
classique (v. Pischel, i; 224); mais si Taltération nesl pas 
attestée en sanskrit bouddhique, les débuts en doivent cepen- 
dant remonter plus haut : Pânini par exemple connaît un mot 
Hiâijava- « jeune brahmane ». doublet à sens spécialisé du mot 
védique inàiiava- « homme " (v. Wackernag'el, >; 173; pour une 
explication différente de ce mot, ibid. 172 b), et Ion trouve plu- 
sieurs fois // intervocalique pour n en pâli, notamment après // 
ou o{y. Kern, Festschrift Thomsen, p. 73). 

On s'attendrait dès lors à ne plus trouver qu'une catégorie de 
nasales dans les langues indo-aryennes. Gela n'est vrai qu'en 
sing-halais, en hindi et dans les dialectes centraux, où d ailleurs 
cette nasale est généralement dentale (v. Grierson. Phon.. § oi; 
trace de ;/ en bihari vulgaire, v. Hœrnle, § 13 ; sur le singhalais, 
Geig'er, § 23). Les dialectes occidentaux ont rétabli la distinction 
de n et de // suivant la place occupée par la nasale dans le mot. 
En marathe ;/ intervocalique prâkrit a subsisté ; mais ;/ initial 
ou géminé est devenu dental (v. Sten Konow J. R. A. S., 1902, 
p. 419) : en sorte que la nasale cérébrale se comporte à l'égard 
de la nasale dentale comme une spirante à l'égard d'une occlu- 
sive, par exemple comme pkr. v nasal à l'ég^ard de ///. La règle 
du marathe s'applique encore au guzrati, au rajasthani, au sindhi 
[oix *iiu issu de nd est k son tour devenu mi. v. J. Bloch, /. As.^ 
1912, 1, p. 33o), au penjabi, et pevit-être à quelques dialectes du 
nord-ouest himalayen, en tout cas au basgali (v. Sten Konow, 
J.R. A. S., 1911.'^p. 23-24; Grierson P/r. hino., p. 19, 112). La 
même g-raphie se rencontre en prâkrit. mais à date tardive : les 
manuscrits jainas sur papier sont les seuls (jui la donnent ; et 
sauf Hemacandra, le plus ancien grammairien qui l'autorise est 
Kraniadivvara, dont la date, incertaine dailleuis, ne peut être 
antérieure au rx'" siècle (Pischel. 5; 224. 37; cf. lîhandarkar, 
J. B. B. A. S.. LSS7, p. '). nolei; étant donnt'cs la date el la 
nature des textes où elle est notée, on peut donc considérer la 



138 PHONÉTIQUE 

dentalisation de // initial et de //// intérieur comme un phéno- 
mène récent et occidental : il est à remarquer ((ue ce dernier 
caractère concorde avec la répartition des dialectes modernes. 

sj 133. Du reste 1 opposition de ;/ intervocalique provenant de 
n et //. et de n initial ou intérieur issu de //// a élé troublée en 
marathe par des altérations spéciales aux différents parlers. Les 
observateurs s'accordent à constater les incertitudes de la pro- 
nonciation, mais les précisions qu'ils donnent sont insuffisantes 
ou contradictoires : selon Navalkar // devient dental dans le 
Dekhan ip. 8); d'après les renseignements du Linguistic Survey 
cette altération se rencontre dans la langue populaire du Concan 
(L. S. /., Mar., p. (>H, cf. 109, 161, 173, 198) et dans le Berar et 
les Provinces centrales (/T'/'J. p. 22o), c'est-à-dire dans des dialectes 
où par ailleurs / devient aussi / ou r : l'extension de ce phéno- 
mène phonétique, combinée d autre part avec l'influence du sans- 
krit, explique la fréquence des confusions de n dental et // céré- 
bral dans la langue commune : quelques exemples de cette con- 
fusion seront donnés ci-dessous. 

s) 134. ij ne se rencontre qu à 1 intérieur ou à la lin du mot. 11 
provient de pkr. ;/ issu de : 

skr. //, dans kaij \kaijii-), hùm (kâna-), kâran (kârana-), kivan 
(krpaija-j, keuein (krayaija-), gaijnein [ganaya-), goi.i [gotil], ghaii 
ighana-), canâ icanaka-), tau (irna-), tariiâ itaruria-), don [droni-), 
pban iphana-), phen (pbem-), iiiaijî [maui-]. Ion ilavana-), van [vra- 
ijn-), sau (çaua-), saij iksana-). Certains de ces mots sont pro- 
l)ablement des tatsamas ; le fait est clair pour des mots comme 
kiràu [kiraua-\ ou lïu irua-] ; il est rendu probable pour des mots 
comme kiu, koij par la coexistence de formes à dentale provenant 
d'altérations plus récentes : kinâ, konà konyâ : v. ci-dessous: 

skr. ;/, dans aiugaij (ti'igciiia- 1. ùuuem iànayaua-: cf. paraijijeiii 
de pariuayana-), iiijà \nmi-}, ouavnem (avanam-), kuniiau kutin {kut- 
taul, kiitfinJ), jau (jana-), jâutieni cï. jânâti), tâij tauuem (rac. tan-), 
dhaij {dhatia-}, dhaul (dhanikà), pâiii (pânïya-), puhvi [pidina-], bahîn 
(bbaginl), tnânas {mânii^a-), loin (navanJla-i, vlii viijein ivinâ), hâii 
(hàni-) ; tous les infinitifs en -ijeni \-nakaijij et les adjectifs fémi- 
nins en -;// i-ini) ; le préfixe négatif au- \an->. 

Le sentiment de l'alternance : skr. ;/, mar. // est resté si vif 
([uil aboutit non seulement ;t t";idaptalion de tatsamas comme 
kalhlij tkathina-}, mais aussi à la cérébralisation de ;/ dans 



NASALE DENTALE 1 39 

certains mots empruntés récemment, tels que phaijfis phàiias 
(ar.-pers. fânûs), maii (ar. man), nien (pers. inyân), sâbûn sâbati 
(ar.-pers. sâbiln). Inversement la coexistence de tatsamas comme 
ttîn et de tadbhavas comme tân {tâna-} a pu conduire à la res- 
titution de faux tatsamas : ainsi s'expliqueraient par exemple 
kiîiâ à côté de kiij (skr. hua-), konâ konyâ à côté de kou ikûna-). 
formes d'ailleurs en usage depuis une époque probablement 
ancienne, ainsi qu'en témoigne par exemple la transcription deçi 
kouua-. Le cas de kisân^ en regard de skr. k.rsâna- est sans doute 
différent: il s'agit probablement d'un emprunt à l'hindi. 

^ 135. n initial remonte soit à skr. n. dans iia nako nàthi (lui), 
nai inadî) et la plupart des mots à n initial qu'on trouvera au 
lexique, soit à skr. jh. dans iiàteiu [jhàtitva- . 

A l'intérieur du mot, n provient de pkr. ;/ devant occlusive 
dentale : ainsi dauit (danta-). daiiid \dvamdva-]. râiudhijeiii [rândha- 
na-), etc. Il remonte aussi à pkr. ;/// issu de : 

skr. nij, dans punav \ puiunâga-) ; 

skr. un, dans ansûd ianna-), çinâ [clnujia- ■ : 

skr. n\, dans an ânsâ ân{i)khi [anya- ; au même mot se rat- 
tache sans doute la conjonction âiji âij, prononcée â/z/ au Goncan, 
V. L. S. /., Mai-., p. 173 ; comme le marathe, le guzrati possède 
à côté de la forme à dentale une forme à cérébrale ; celle-ci 
est probablement d'origine indo-européenne), jânivasa ijaiiyà)- 
dhàn {dhan\a-\, inân iiiianyâ), uiâuijeiii niaHâvinein 'iiiaiiya-), sitiiâ 
{çûnya-) : 

skr. ijx dans rân [arau\a-\ à côté duquel on trouve la forme à 
cérébrale rùu ; celle-ci est la seule attestée dans le composé iisràii 
(deçl ucchurauaiu ] ; 

skr. jfi Aa.ns viiianjciii \vijiiâpa\a-i, jàiiaueni ■ yajùopavîta-^. On 
trouve à côté du traitement // deux autres traitements encore : 
l" // dans au {àjnài. paiij ipralijùà] forme poétique, et râm [râjùi), 
qui pourrait à la rigueur être considéré comme un emprunt ; 
2" j dans paij \pratljM) doublet de paiu, et sàiujeui (smjijhiiam). 
Les trois traitements remontent au prâkrit voir Pischel, sj 276 ) ; 
et ni dans l'histoire ancienne ni dans la répartition des dialectes 
modernes on ne trouve d'indication permettant de rendre compte 
de cette diversité ; 

skr. /•;/ dans kà)i [kanja-j, kânadà [karnàlaka-). ci'ui (cûrija-), 
jiinà (cf. jïrua-), pâii {pan.m-), vân {^vanja-}, sonein sonar [s uva rua-) . 



140 PHOÎCÉTIQUE 

Mais on trouve çtu (^skr. çirija-}, vâu et vâiiuem à côté de vân, sât- 
vaij [saplapanja-] à coté de pâii, et ckijL k côté de cfin ciinà : dans 
ce dernier cas les deux formes remontent à la decJ ; un cas de 
simplification ancienne de //;/ pràkrit est celui de pkr. kaijiynra-, 
[knrijikârn-' attesté dans les plus vieux textes du canon jaina 
(Pischel. i; 2<S7. cf. 258). 

s; 13H. Pkr. // formant groupe avec /; est devenu dental comme 
// géminé; par suite c'est mar. ttb qui répond k skr. sn, sii 
dans hànhii (krsna-), tành [lrsijâ\. pùnhâ (prnsnava-) ; le plus 
souvent, quand la voyelle qui précède ou suit le groupe est a, il 
s'insère à l'intérieur du groupe un autre a : de Ik tabân k côté de 
lành Irsijâ), mihàij k côté de nhàij (siiâfia-j, nàhâvJ k côté de nhâvi 
{*snâpila-)\ de même dans sâhaii (çlaksiia-)y où ksn est d'ailleurs 
irrégulièrement traité comme su. cf. i; OG ; parfois aussi l'aspi- 
ration disparait : de là ilii à côté de luih insija-), iipas-tùn k côté de 
tânh et lahân (trsnâ), sàn k côté de sùhan [çlaksija-'^, sfin isnusâ, 
pkr. siiijhâ). 

Peut-être y a-t-il un rapport entre cette instabilité de l'aspi- 
ration dans le groupe iih et son apparition dans certains mots où 
elle n'est pas légitimée par l'étymologie : tels dinhalà (pkr. diniia-), 
dont le thème est d'ailleurs attesté dans d'autres langues, jânha- 
vcin k côté de jânavein [ xajnopavïta- . qui semble au contraire propre 
au marathe ; c'est aussi le cas de joiiidhlâ s'il s'agit du mot deçî 
joijijalinin. 

Dans ce dernier mot il s'est de plus développé une occlusive 
dentale par dilTérenciation : on retrouve le même fait dans çindal 
doublet de çinna], çinal \chinna-] ; dans ces deux cas le développe- 
ment de d est récent: le doublet vânav : viuidar vùnara-) au 
contraire doit remonter haut dans le passé puisqu'on trouve 
les équivalents non seulement en hindi, mais en kaçmiri et même 
en singhalais ; en marathe le mot est suspect d'être simplement 
emprunté k l'hindi bândar^ dont lexpansion est bien connue (cf. 
Wackernagel, i; lo7). 

>; rn. l.a nasale labiale n existe dans les tadijhavas du marathe 
■({ue là où elle i-emonte à m initial ou k duh, iiih intérieur v. 
Beames, I, :Vi-2, :îi.5, :ît7 ; Grierson, Phoii.,^^ 9t). 102); m inter- 
vt)Cilique ancien est devenu spiiaut et a abouti à y nasal, phonème 



NASALE LABIALE lil 

instable dont la nasalité s'est généralement transportée sur la 
vovelle voisine ou a même disparu totalement. Cette spirantisation 
de ru intervocalique. universelle dans Tlntie aryenne à l'exception 
du singhalais et des dialectes montagnards du nord-ouest i v. Grier- 
son, Piç. laiig., p. H8 ; Beames, 1, 2o4 et sniv. ; Grierson, Phou., 
p. 16), semble assez tardive : les traces qu'on en trouve en sans- 
krit sont rares et suspectes (Wackernagel, I, §§ 177 note, 196 
note) ; le prâkrit classique ne l'admet que dans certaines posi- 
tions particulièrement favorables : dans la racine uam- et dans 
quelques cas analogues elle a été entraînée par la dissimilalion 
des nasales ; dans les exemples que Pischel a rassemblés dans la 
première partie du J5 251 de sa grammaire, il s'agit au contraire 
d'une assimilation à un u en contact avec m : de ce type est déjà 
l'équivalence pâli kiimiija- : skr. kupinï « filet, nasse » ; c'est un 
exemple du même genre qu'on trouve dans la plus ancienne ins- 
cription marathe connue : Ccivundaràjon [Câmuudaràjna] ; mais, 
à en juger par les transcriptions ^r^ij.S/Xy. et Kc;Aap£Î du Périple 
de la mer Erythrée, cette altération elle-même semble dans 
l'Inde de l'ouest postérieure au premier siècle de notre ère (v. 
Mél. Sylvain Lévi, p. 9). En tout cas la règ'le de spirantisation de 
/«intervocalique nest admise dans sa généralité par Hemacandra 
que pour l'apabhramça. Ce même auteur admet encore ;// inter- 
vocalif[ue dans sa notation de la dcçï : c'est ainsi qu'on trouve 
dans son recueil les îovmes gâniaiida. bhilini-pisâcu sa nuira, somala, 
etc.. équivalents des mots marathes oâvdch hhitiiu. sâiiivdr, sotuval, 
etc. Mais cette notation est peut-être conventionnelle : en effet 
on trouve v attesté non seulement dans des textes marathes pos- 
térieurs de peu d'années (p. ex. gânivii dans l'inscr. de Paithan 
de 1273j mais dans la Deçlnàmamàlà même : on y trouve karavandï 
comme équivalent de skr. karamandikâ ; surtout des mots comme 
taino et tainanatn, traduits respectivement par çoka- et cullU 
semblent bien remonter à la racine skr. tap-, pkr. tav- (cf. mar. 
tâVj et devoir par conséquent se lire *tai!ivo "^tdiiivaijani ; on trouve 
de même viiiialia- se rapportant évidemment à la l'acine val- : il 
est vrai qu ici une dissimilalion est à la rigueur admissible. En 
résumé il semble que m soit devenu spirant en toute position, 
soit après l'époque de d" Hemacandra, soit plus tôt, mais à une 
date encore assez basse pour que la tradition graphi(jue de m 
intervocalique ait été conservée par cet auteur. 



142 PHONÉTIQI F, 

Le sentiinenl de 1 alteinaiice /// : u a conduit ù taire rétablir 
dans certains mots m k la place de v même alors que v remon- 
tait à une labiale non nasale : ce fait se rencontre notamment en 
guzrati et dans les dialectes orientaux (v. Hoernle, Comp. Grani., 
p. 74 ; Grierson, Phoii., p. 17) ; le marathe semble n'en pas otîrir 
d'exemple. 

5; 138. A l'initiale, ;;/ remonte à : 

skr. m dans ntciii (inrdu-), inàg [inârga-) et quantité d'autres 
exemples qu'on trouvera au lexique ; 

skr. nir dans tnâkhuem {inraksana-] ; 

skr. çtn dans masau \çmaçâna-), à côté duquel on trouve aussi 
la forme archaïsante. même au point de vue du prâkrit, vihasan 
(cf. Pischel, § 104j. — Il faut distinguer de ce cas celui où mh 
récent remonte à m ~\- h primitivement séparées par une voyelle, 
comme dans les mots iiibaisunahisî), mhùtârà [mahaitara-], luhetar 
(pour mebetar, mehtar ; persan mihtarj, mhomv [moha-), etc. ; dans 
ce groupe l'aspiration est d'ailleurs instable aussi : de là mâfit à 
côté de mahâvat [mabàmàtra-), motsâv molsàh imahot-), mojein à côté 
de viohal{ci. skr. mukha-). 

A l'intérieur du mot m remonte : 

à skr. 1)1 en contact avec une consonne labiale, dans nnibar 
[udimibara-), kumhh \knmbha-), knsiimh [husinnbha-\, kothainhîr [kus- 
tunibarï), ctiinbatiem icumb-}, cumbal (pâli cumbata-), niinb et liiiib 
[nimba-j. liiupueiu (rac. lip-], haiiibâ ibambhâ). 

à pkr. ;/;;;, issu lui-même de : 

skr. nui dans les composés de un -\- un mot commençant 
par fn : iiniagijeiii [unniagna-), lunajuem [imniajjann-], umalijetn [un- 
mil-], nmalnem i-mala-), uniâunem (unmâna-), umâs (unniathya-) ; 
unniahiem [unniùlana-] au contraire est un semi-tatsama ; quant 
au mot sâmâçJ, il faut yvoir un composé récent de sa, c est-à-dire 
sabâ « six » -\- mus- ininsa-) plutôt (ju'un représentant de skr. 
saijniâsa- ; 

skr. ////;; peut-être dans sanior (cf. satmnukha-) ? 

skr. rm dans kàm, cf. nikùml, rikùnià (kanna), ghâm igharnia-), 
càm {carma-}, dhàniâ {dbarniika-j ; sans doute aussi dans gbnniijein 
{*ghûr-m-; cf. skr. gbûrn-). 

tn remonte enfin à mb prâkrit, représentant soit skr. mb comme 
dans bàmau [brâbmana- ; la forme bâmbburdâ remonte à pkr. bain- 
bbaija-j, soit skr. sifflante -|- m comme dans anibî asme ; cf. 



LIQUIDES 143 

tiimbi), gîHi {grJsiiia-: cf. çiiiig(h. On remarquera que l'aspiration 
est tombée partout sauf dans les pronoms personnels, de forme 
normalement archaïque ; dans câinhàr l'aspiration est adventice, 
et a été correctement expliquée par Beames (I, 346) comme due 
à l'analogie de kum(b}hâr. 

En vertu des principes énoncés plus haut, /// intervocalique ne 
représente skr. /;/ que dans les tatsamas ousemi-tatsamas : c'est le 
cas de uâîm [udyania-i, koykanml ikamala-), gosâmî h côté de gosâvï 
(gosvômin-), namnem en reg-ard de onavuem inam-), mm ou nîm 
(niyama-), vamnem [vam-) et vàm i(uâma-) en regard de vànw iyyâ- 
ma-), somal k côté de soiuval {deçï somâ la- , cf. skr. siikumâra-), etc. 

r et / ('/) 

§ 139. Ces deux phonèmes ne peuvent à aucun moment de 
l'histoire linguistique de l'Inde aryenne être considérés dune 
manière indépendante. Les textes védiques les plus anciens pré- 
sentent déjà un aspect linguistique troublé, supposant l'intro- 
duction dans un dialecte où r était le représentant normal à la 
fois de r et / indo-européens, de mots appartenant à un dialecte 
conservant i.-e. /, au moins dans certaines positions fv. i; 2|. 
Plus tard les mélanges se font plus nombreux ; et 1 extension, 
due aux circonstances religieuses et politiques, d'un dialecte 
où / représentait à la fois / et r indo-européens n'a pas dû 
peu contribuer aux substitutions de plus en plus fréquentes 
de / à r dans le vocabulaire du sanskrit et du prâkrit clas- 
siques ivoir Wackernagel, § 191-193, Pischel § 256, 257, 
259 j. Les idiomes modernes, héritiers du sanskrit et du prâkrit, 
offrent les mêmes mélanges que ces langues ; et il n'existe plus 
de dialecte ayant généralisé soit r soit / en toute position : du 
reste le détail du vocabulaire n'est jamais non plus identique 
d'un dialecte à l'autre ; en sorte qu on doit admettre que les 
emprunts et les adaptations ont continué de se faire à toute 
époque et sans doute en tout sens. Il s'est de plus produit des 
évolutions particulières à certains parlers ; ainsi en sindhi / 
intervocalique est devenu /• (Beames 1. 2t7i ; en bihari et sou- 
vent en bengali Ui même altération s'est produite, non seule- 
ment entre voyelles i Hoernle, Comp. Gr., ^ 30, 110; Grierson, 
Phon., ^ 66;, mais même à 1 initiale, ainsi que l'atteste par 
exemple le nom du village de Riiininiinleî dont le nom ancien est 



iii PHONÉTIOrE 

Lmiihiu'i ow Liimimui- ' \\'iii(liscli. Aclcs du XIV" congr. des Orien- 
tal., Als^er. I, 280 note : Fleet. /. R. A. S., 190»^, p. 177) : dans 
ce dernier cas le passag*e de /à ; paraît d'autant |)lus remarquable 
qu il se produit sur le domaine de l'ancienne magadhf où tout r 
devenait / ; il est vrai que dans les dialectes orientaux r est den- 
tal (Grierson, Pboii., ^ G')), en sorte que la transformation de / 
en r ,n\ est semblable (ju'en apparence à celle ({u on constate en 
sindhi ; elle représente une des conséquences de l'instabilité de 
/ dans ces papiers, vérifiée d'autre part par l'altération fréquente 
en bengali et en oriya de / on ;/ ( Beames. I, 2i8 ; Grierson, 
Phon., § 66, p. 15). 

î^ 140. Le marathe offre comme les autres dialectes une forte 
majorité de cas où ; et / i/i répondent respectivement à /■ et / du 
sanskrit classique : c'est ainsi que m. piinpl'i s'accorde avec skr. 
pippalï comme les formes de l'hindi et du bengali, tandis que les 
mots du guzrati et du sindhi remontent ,à la forme attestée par 
le grec zixsp'. ; de même m. sôrî reproduit skr. sârikà (cf. hindi 
sâr) tandis que le pâli avait un /, qu'on retrouve en singhalais. 
Lorsque la tradition sanskrite admettait deux formes, le marathe 
a opté dans des sens différents suivant les mots : ainsi l'on a 
d'une part lomv [lonui ; / se retrouve en singhalais et en sindhi ; 
r, en guzrati, penjabi, hindi, bengali], somval (= *sukomaîa- plu- 
tôt que suhimâra- : cf. m. komvaJ << koinaln- ; v. Pischel,§l23), a^/- 
tiein, Hgaluew, gajà, giliiein igol-, gala-, gil- : / partout, sauf en 
sindhi, où r == /), d'autre part thor [sthura-; r en guzrati, / en 
en singhalais), rohî ^robila-. r partout). Parfois aussi, le marathe 
s'oppose au sanskrit, 

sj lil. Dans un assez grand nombre de mots le marathe otfre 
/, tandis que le sanskrit a r. La plupart de ces formes sont attes- 
tées dès la plus ancienne période du prâkrit classique : c'est le cas 
de iingal \ahgura-), halad [haridrâ) en regard de haryâl, hirdâ, hirvâ, 
iharita-), qu'on trouve signalés dans Vararuci (II, 30) ; de câjîs 
[catvarimçat] dont le /est courant en pâli ; dans certains mots où;-^ 
précédant ^a été noté dès le prâkrit II : palauig pâlakh [paryanka-], 
palâtan, pâlal. palet lient (paryat-), palan {paryâna-), pâlthâ [paryasta-), 
pelnemiprerya-) ; entin des mots où skr. dr est devenu// : âlem {âr- 
draka-;,ol (udra-), attestés en prrdcrit ancien, ciiltâ, dontle prototype 
culla- est courant en pâli 'cf. k.uilla- autre forme de ksudra- dans 
l'Atharvavedaj, bhalâ [bhadra- ; la forme bhalla- a été introduite 



LIQUIDES 145 

en sanskrit classique), cil [cbidra-, au Concan çil) qui remonte à 
la deçi. Il faut probablement ajouter à cette liste d'une part les 
adjectifs en -r (pkr. -lia-, Pischel, § 595), d'autre part le nom de 
l'Ogresse lâmv [râmâ : la forme à / de râma- est attestée déjà 
dans le vieux nom lamaka- et son patronymique lùmakàyana-, sans 
compter le pf. lalâma de la racine rai>i- qu'on trouve dans le 
Harivamça,, le mot malài dérivé du nom de caste mal la-, qui 
n'est lui-même que le nom de la branche orientale dune peu- 
plade connue dans le Penjab antique sous le nom de madra- ; 
enfin le mot las « pus ». car le skr. laça- « résine » des textes 
postérieurs n'est sans doute qu'une adaptation d'un mot moderne, 
doublet de skr. rasa- « jus ». Du même type sont adulsà (ata- 
rtisa-), ^holuem {ghûrn-), colijein (cilrn-), nihâlijoii sambhùluem (rac. 
hhar- ?j, qui sont attestés récemment, mais se retrouvent, et avec 
/, dans d'autres langues, à l'exception du premier, nom de plante 
isolé. Quant à nikàl [niskar-), le fait que / y est dental permet 
de soupçonner que c'est un mot emprunté à l'hindi. 

§ 142. Le marathe a /- là où le sanskrit a /. Ainsi kir {kila), 
le seul qui soit attesté en prâkrit ancien ; sàiuvar [çahnalî : cf. m. 
çemvrl et pâli sinibalî) et pharâ, doublet de phalà [phalaka-] sont 
notés en deçî ; la plupart des exemples sont récents : avher en 
regard de hehiem \helana-), ujrï en regard de ujal [ujjvala-], knsrî 
en regard de kusal ikuçala-), nâingar [làhgala-), peut-être saver en 
regard de vel [yela). Ces mots doublant d'autres mots de sens 
identiques, sont suspects d'être empruntés, soit à quelque dia- 
lecte oriental, soit à un parler marathe où / intervocalique serait 
devenu /- : on sait en effet que dans les parlers du Concan, du 
Beraret des Provinces centrales, cette altération est normale (v. 
§ 144) ; le dictionnaire de Molesworth donne ohar comme une 
forme du Concan, s opposant au marathe normal ohal ; quant 
à nâiiigar \lâhgala-j qui fait contraste avec nâiiigli {lâùgalikâ), c'est 
probablement un mot provincial aussi : en effet le terme courant 
pour la « charrue <> dans le Dec est aût (v. Molesworth, s. v.). 

Les mots marathes dans lesquels / ou / répond à r du sans- 
krit sont donc nombreux et anciens, surtout si on met en regard 
la rareté et le caractère récent des cas inverses ; ce fait s'accorde 
particulièrement bien avec l'hypothèse que le marathe dérive 
d'une langue commune dont le vocabulaire aurait contenu un 
assez fort élément oriental. 

La formation de la langue marathe. 10 



146 PHONÉTIQUE 

Il reste maintenant k examiner les cas où r et / du sanskrit ont 
été conservés jusqu'en marathe. 



§ 1 i-{. A l'initiale, r remonte à skr. ;•; exemples : raing iranga-). 
raduem {rat-), rail iraklikâ), et tous les mots à ;■ initial qu'on trou- 
vera au lexique. 

A l'intérieur, r représente : 

skr. ;■ dans anttar {antara-), àr [ajagara-), ârat {ârâtrikâ}, tikar 
[titkara-), utaruem (uttar-), utràn [iiitara-), imdar iundura-), timbar 
{iidumba?'a-}, er (itara-), eramd ieràuda-), ovr'i (apavaraka-), kamhar 
'karkara-), kacrâ ikaccara-), kabrà [karbura-j, kar [kara-j, karnem 
ikar- , karvat (karapattra-), kâvrâ (kâtara-), kâinsâr [kâmsyakàra-) 
et les autres noms d'agent en -âr <^-kâra- comme kumbhâr câmhâr, 
mauyâr lohàr etc., khar khara-j, kher [khadira-], garodar (giint-;, 
gahirâ igabhJra-}, gàbhàr igarbhâgàra) et les autres noms compo- 
sés avec -âr <i -âgâra-, tels kaulâr, dhavlùr et bhândâr (ce dernier 
déjà attesté en sanskrit), gen'i [gairika-], gorà (gaura-), caniem 
{car-), car (catvâri), cinivar {ciknra-), cor icaura-), etc. etc.; — ghar 
répond non à skr. grha- mais à p. pkr. ghara- ; 

skr. rh dans jar, tar [yarhi, tarbii, gârâijeni doublet de garbâuem 
igarha-) ; 

skr. d ou /, contrairement à la loi générale de l'amuissement 
des intervocaliques, dans certains noms de nombre composés de 
skr. daça, et dans sattar isaptati-), v. §:5 118, 221 et 223. Les 
adjectil's pronominaux sarisâ ou sarsâ et sârikhâ ou sârkhâ ne 
doivent pas être cités ici : ces mots ne reposent pas sur sàdrça-, 
*sàdrksa-, et", taisâ 'lâdrça-), jaisà {yâdrça-) etc.. qui donne le trai- 
tement phonétique normal ; v. Wackernagel, p. xxi. 

skr. ry : le traitement normal de ce groupe est / i v. s^ 10()j ; il 
admet aussi dans des circonstances spéciales le traitement / (v. 
.^ lil I ; quant à r, il n'apparaît en prâkrit selon Pischel qu'après 
/" et fi, et d'ailleurs dans des mots où l'on peut soupçonner une 
substitution de morphème (voir Pischel, § 28ij ; les exemples 
du marathe ne sauraient s'accommoder de cette explication que 
dans le cas de vîr *vlrya-) et du mot sans doute refait sur ce 
modèle dh'ir uihairya-\ ; vipârù est un tatsania. où viparyaya- 
semble avoir été inlluencé par viparita- et peut être interprété 
comme un composé de vi-oipfir « l'autie rive, de l'autre côté » ; 



/ CÉRÉBRAL 147 

parisncin on parasuem i paryesaija- ) semble un tatsama adopté récem- 
ment, le lano^age poétique ayant conservé pariyesanem ; c'est 
aussi le cas de oyarà iabhyavahârya-, cf. abhyavahfta-) et sans 
doute même de pâriisneni, pàrosn [paryus-). Mais des formes comme 
tirkâ, tirsà {tirxak-) ou mer {maryâdâ), qui remontent d'ailleurs 
lune jusqu'au prâkrit classique, l'autre jusqu à la deçî., sont pro- 
vioirement inexplicables. 

/ 

§ 144. Ce phonème ne se rencontre en marathe qu'à l'intérieur 
ou à la fin du mot. Il provient en premier lieu de skr. / intèrvo- 
calique. Ce traitement est comparable à celui de n ; comme w 
aussi, / initial ou géminé est resté dental (v. Sten Konow, 
/. R. A. S., 1902, p. 417-418). La même loi agit en rajasthani 
(v. L.S. L, Râjasth., p. 20), en guzrati, en penjabi et en oriya 
(Beames, I, 244). A première vue le domaine de / paraît morcelé 
en un certain nombre de groupes de parlers isolés : ceci serait 
étonnant, si ce n'était pure apparence. En effet, d'une part, le 
sindhi, qui occupe la région intermédiaire entre le Guzrate et le 
Penjab, convertit / intervocalique en r ; quel que soit le détail 
de l'histoire de cette altération, elle otfre avec celle des parlers 
voisins ce caractère commun de représenter un passage de l'ar- 
ticulation dentale à la cérébrale. Cette interprétation s'applique 
sans doute aussi aux cas où / intervocalique est représenté par r 
dans les dialectes montagnards du nord-ouest, qui semblent dès 
lors se rattacher au même groupe (v. Grierson, Z .D.M.G-, 1912, 
p. 82 et 83). D'autre pari, l'oriya n'est pas aussi isolé qu'il 
semble du groupe occidental : en effet les langues dravidiennes, 
contiguës à l'un et à l'autre sur leur frontière méridionale, pos- 
sèdent toutes / cérébral, ainsi que l'a déjà remarqué Beames (I, 
245) : il en est de même du singhalais, où d'ailleurs / représente 
les occlusives cérébrales du sanskrit, et non / qui est conservé 
(Geiger, § 14, 6 ; § 26). L'Inde considérée dans son ensemble 
se répartit donc en deux groupes : le premier, qui s'étend sur 
le bassin inférieur de llndus, tout le Dekhan et Ceylan, possède 
/ et / ; le second, qui comprend les dialectes montagnards du 
nord-ouest (v. Grierson, Piç. laiig., p. 121) et les parlers du 
bassin du Gange, n'a que / dental, cet / étant susceptible à son 
tour, comme on a vu, de se transformer en r également dental. 



148 PHONÉTIQUE 

De quand date la cérébralisalion de / sur le domaine marathe ? 
Les sources prâkrites sont obscures : la paiçàcl est le seul dia- 
lecte qui soit donné comme convertissant normalement skr. / 
intervocalique en / ; encore faut-il remarquer que les règles qui 
le concernent datent d'Hemacandra, c'est-à-dire d'une époque 
très basse (Pischel, ,s; 260) ; les textes écrits dans les autres dia- 
lectes ne présentent pas une graphie uniforme : ainsi (|u on pour- 
rait s'y attendre, les manuscrits méridionaux ont / quand ceux 
du nord conservent / ; mais les grammairiens ne connaissent que 
/, même là oi^i il représente d, c'est-à-dire là où le védique avait 
déjà / (Pischel, § 220). En marathe ancien, on ne trouve que / 
dans les inscriptions de Pàtan (1206 A. D., voir la note 9 de 
M. Hâjwâde), de Pandharpur (1273, 1276), dans un ms. de 
la Jnâneçvarï (1290 A. D. ? — v. /. As., 1909, II, p. oOoj ; 
mais il est noté dans les vers de la Yogaratnamâlà en 1400 (v. 
Granthamâlâ , mars 1903, p. 33). 

Il est impossible de déterminer si l'écriture s'est adaptée à la 
prononciation à peu près en même temps que son évolution, ou 
si les graphies des grammairiens prâkrits de l'époque basse au 
moins n'étaient pas déjà en retard sur la prononciation réelle. 

La règle tle la cérébralisation de / admet dans les parlers 
locaux quelques exceptions : l'articulation dentale est maintenue 
sur la côte, de Thana à Rajapur ; / est remplacé par ;- (et même 
par j') dans les provinces centrales et au Berar (L. S. L, Mai., 
p. 23, 220); on a vu plus haut qu'au Concan rétait aussi un sub- 
stitut possible de /. 

§ I tS. Cependant / est l'aboutissant normal de / intervoca- 
lique, ainsi qu'il ressort des exemples suivants : 

agal {a romain-), amgll [angiili-^, atâlà [attalikâ), avJâ [ùmalaka-), 
ajtà iâlakta-), alaiulmn [âlamh-j, ali ''dliii-j, alein [âlavâla-], àmdul- 
nem [andolana- ; cf. ucaindalijcin, b'undniâ), nj [alaya-, âli-), àlas 
{âlasya-), isâjâ {îrsyâla-), ilà {llî), ukhnl {iidi'ikbala-], iidbalijon [uddhn- 
laya-),eîâ [elà), onigal {aniangala-), olniiigijein iavalagya-), ojanibijein 
(avalamb-), oninl (vaknla-), ol [vall], kal [kalâ], kalucm [kaJana- , kahv 
{kalâpa-), kalas ikalaça-), kajho ikalaha-), kajï ikalikâ}, kâvjâ [kâka- : 
deçi kàyala-), kûl {kâla- subst. ; cf. dttkal), kâjâ ikâla- adj.), kil 
{kila-}, kudâj [kuddâla-), kiisal [kiiçala-), kfij [kiila-], kej [kadali), 
koil [kokila-], koyknniaj {kiunaln-}, kolhùl {kolâbaJa-), konivlâ [komala-], 
kolî {kauJika-}, kolein (kavahi- ; et deçi koJn-), kbal {kbala- subst. et 



/ CÉRÉBRAL 149 

adj.), Jchalnein (skJjal-), khîl [kîla-], galijeni gala (gala-), gilneui 
igil-)^ garai (gara la-), golâ igolaha-), câlijeni, cf. nical (câlana-), 
jal {jala-),jalijci!i {jvalana-\ cf. itjalijeiii), jali'i [jalaitkâ), jâl (jala-), 
jholî {jbaiilikâ), tait (tâlikâ), lâhl {tâln-), tâleiii {tâJa-), tilà {tUaka-), 
dola (dola-), tarai ijeii! itarala-), tisal [triçilla-'l), tïl {tila-}, titl tiilijciii 
(fiila. tiilana-). tulçJ itiilasl-), thaï istbala-), thâlâ [sthâla-], dal ida- 
la-), dubUi {diirhala-), deiil {devakiila-), dhaval {dhavala-),nal {iiala-), 
nâinglï (langalika), nârel {narikela-}, nul [nala-], padal (patala-), pal- 
ijeiji [palâyana-), palas [palaça-), pâkbalijein (praksâlana-), pâj {palî-), 
pâlijcin (palaiia-), pin/pal [pippala-], pivlâ ipitala-), 'pulaij (puliiia-), 
paul (pratoli-), phal [phala- ; cf. iipbal, jâiphal, niphal, popbal, 
phalâr, etc. , phalâ (phalaka-), phal [phàla-), bal {bala-, bali-), bal 
{bala-, b'il (bila), bhîl {bhâla-), maïugal [maùgala-), niarâl (iiiarala-), 
mahal [iiiahalaya-), mal (niala-, cf. oinvlâ, umalijein), niâvlâ [uiâtiila-), 
mal ijiiâlâ), ndhieni [inilana-), mal iniùla-), mel [mêla-], moU [mnllka) , 
rasâl [rasâla-], ranl {râjakiila-), râl [râla-), lai [la là), loi- [lui-), 
valijein [valana- ; cf. oinvabjciu), valein ivalaya-), vadal [vardalikâ), 
vâld {vâla-), valu [vâliika), visai ijeni [viksal-), vilavijein [vilapana-), 
vel [velâ), saral [sarala-), sal (chala-), sâdahiein {çâdvala-), sâl [çalâ, 
çâli-), sala (cyâla-), saU (cf. cala-), çilâ içltala-), ç'il içîla-), sCd 
(çi'tla-), çel [chagala-], soinval (d. somâla-), haryâl [haritala-), bal 
[bala-), balîs [balisa), balû (laghu-), belijeiii [helana-) ; et tous les 
adjectifs a suffixe -al [misai, niokal, iiiobal, çimial, cf. pivlà, pol etc.) 
ou -al (skr. -âla-, -âlii-), dont la plupart sont récents ou attestés 
tout au plus en deçJ. 

§ 146. En second lieu / provient de skr. d intervocalique. — 
Le passag-e de d, dh à /, Ib est l'un des cas le plus anciennement 
attestés en sanskrit de l'ouverture des occlusives intervocaliques: 
il est en effet constant dès le Rg-veda ; mais le sanskrit classique 
a restauré la prononciation archaïque et réintroduit partout d et 
dh (Wackerna-el, p. xxiii ; Meillet, /. F. XXXI, p. 123). 
La sonore aspirée, telle qu'elle a été rétablie par le sanskrit clas- 
sique, s'est conservée sans changement apparent en prâkrit et en 
marathe (cf. >J 112) ; Ib au contraire est un grou[)e de consonnes 
en prâkrit comme en védique et aboutit conséquemment à //;, / 
en marathe ; cf. Pischel, § 2i7 et ci-dessous i; IkS. Quant à d, il 
est représenté en marathe à la fois par d et /. 

On trouve d dans un petit nombre de mots où skr. d semble 
avoir été maintenu artificiellement à la fois en prâkrit et dans les 



150 PHONÉTIQUE 

langues modernes ; plusieurs de ces mots ont d'ailleurs à côté 
deux des fornK^s ;\ /, ce (jui conlinne cette interprétation. Les 
exemples en sont donnés plus haut i; 1 1 I . Le traitement / au con- 
traire (confirmé par jj^u/.. /, h. /, s. r) est plus fréquent et semble 
correspondre à une évolution phonétique réelle. Remonte-t-il 
directement à la langue védi([ue ? On n'oserait l'affirmer. Tou- 
jours est-il que la tendance à ouvrir d se manifeste à toute 
époque : on en trouve les traces en sanskrit classicjue depuis 
l'Atharvaveda (Wackernagel, v^ 194 a); le passage de (/ à / est 
normal dans une série de textes palis et dans plusieurs dialectes 
du prakril bouddhique (v. Lûders, Bnichstiicke..., p. 44 et o5) ; il 
est également donné comme étant de règle en prâkrit classique; 
d'ailleurs cette règle est d'abord facultative (voir Vararuci, 11,3 
et le commentaire), puis souffre des exceptions assez nombreuses 
confirmées par l'état du vocabulaire moderne (Pischel, § 240). 
Mais dans l'ensemble, la tendance est nette, et c'est par cette 
tendance que s'expliquent les exemples marathes qui suivent. 

Dans le cas de khehjeiu [knd- : khel-), de giil, golà [giida- gaiida-: 
gola- ; cf. mar. ^(.7</, adjectif), de nâl [nùdi- : nâla- ; cf. mar. iindï), 
la forme à / est notée dès le sanskrit classique : mais l'étymologie 
et l'histoire s'accordent à en attester le caractère secondaire. Pour 
fajclv (tadûga-), pilijeiii ipld-\ cf. mar. pidiioii avec un sens moral), 
soJâ (sodaça), mots étvmologiquement clairs, le / est attesté en 
prâkrit ; de même pour nivlî {nigada-), dont le d est inexpliqué. 
Plus tardives, ou même récentes, sont les formes talapuem en 
regard de tadphad, taltat (cf. làd-), kolapijein (deçi kitd-), uiàï en 
regard demrt(/f(deçî inâdia- et peut-être mâla-), tikhaJueiu coexis- 
tant avec ukbad nein {vac. kadh-), enfin sàmgiihiem forme concanie 
de sânigaduein [samghat-). Il faut encore ajouter ciimhal (pâli 
ciunbata-). D'autres cas qu'on serait encore tenté de citer 
sont peu probants : khulù et khoda \khodii- : khola-) peuvent 
être des mots ditîérents ; pbabiciii et phdtijein \phal-\ sphai-) 
des formes tirées de thèmes ditTéronls, quoi(jue d'une même 
racine; on doit considérer /)rt///t'/(';// comme se rattachant régu- 
lièrement à skr. pravâhi- dont le doublet pnivâda- est moins bien 
attesté ; quant à kohkm [kiismâiida-] c'est un mot complètement 
obscvu- (cf. § 170). Il semble qu'il se soit produit en certains cas 
des actions en retour : ainsi à côté de nânigjî [làngalikâ) on trouve 
namgûdd iiâingdâ {Jahgûla- ? i ; mais on ne sait rien de l'origine de 
ce groupe de mots. 



/ DENTAL loi 

§ 147. Aux cas précédents il faut ajouter ceux où / représente 
skr. ;■ ou t, d, et qui ontété exposés plus haut (§ 118, 141) ; et le 
mot unique en son genre vehi (skr. veuii-), où / est attesté très 
anciennement en pâli et en prâkrit, et peut-être étymolog-ique- 
nient primitif. 

/ 

§ 148. A l'initiale, m. / représente skr. / dans lasan (Jaçi(na-), 
lahii- {la^Jjii-), làj dajja), lohùr \lohakurn-) et nombre de mots à / 
initial qu'on trouvera au lexique. En pràkrit, et par suite en 
marathe, / initial représente parfois skr. // dissimilé : limb (lim- 
ba-) ; lotil [navanîta-)\ il correspond, en apparence au moins, ky 
dans le mot lath, qu'on rapproche de skr. \asti-. Enfin pkr. d >> / 
dans khm in ( dekka-) . 

A l'intérieur du mol / remonte à pkr. // issu de : 

skr. / après nasale, dans salag [samlagna-) ; 

skr. 11 dans asval {acchabhalhi-] , gàl (galJa-), cïil (cuUî), jhâlar 
{jhaUari), pakhâl [-khalla-),pdlav [pallava-), phiil {phidla-) ; il est à 
peine besoin de faire remarquer combien tous ces mots, même 
en sanskrit, sont récents et d'aspect prâkritique (cf. Wackerna- 
D^el, v^ 19oj. Il n'y a point de raison sérieuse d'en séparer les cas 
où pkr. //représente soit skr. ry, soit skr. dr, cf. § 141, ni les 
mots attestés seulement en prakrit ou même en deçî, comme kol 
ihilla-) , khâl et sâl [challi), kholl \khuUa-), cela {cilla-), vel [vellù), 
velhâl [vellahalaA . 

skr. ly dans kal ikalya), koli [kulya), toi (taulya-), mol iinaulya-), 
sal {çalya-; cf. m. sâlî) ; 

skr. Iv dans bel (bilva-) : ce cas est douteux, car rv donne v, cf. 

Combiné avec l'aspiration, / se rencontre dans kolhâ (devenu 
à son tour kola), qui remonte à pkr. kolhua-, kiilha- [krostu-). Ici la 
graphie prâkrite, si mal explicable quelle soit, est en somme plus 
correcte que (//; : car Ih fait position en prâkrit, ainsi qvi'il 
convient au représentant d'un ancien groupe de consonnes (v. 
Pischel, § 242, cf. ^ 304) ; ce caractère est confirmé par l'articu- 
lation dentale du phonème marathe. Le mot kolhâl (kolâhala-) est 
un semi-tatsama : car il est difficile d'admettre que la chute 
de â intérieur soit, même à l'époque récente, complète au point 
de permettre l'agglutination de / -|- /; et la dentalisation du 



1 52 PHONÉTIQUE 

groupe. Un résultai curieux de réquivalence de / issu de // et de 
//; est l'existence de doublets à / ou // et //;, là où l'étvmoloj^ie 
n autorise pas l'aspiration : de là iilhâlâ à côté de iilhilâ ciulâlâ{ul- 
lalû-), kiilhâ à côté de kiilhi et kiihi (dei^i ktilla-), nialhnr pour skr. 
mallârf. Kn deçJ on trouve palhattai à côté de palatlai (cf. ni. pâJat, 
pâllhâ) : mais ici il peut saisir de l'aspiration déga<^ée par l'an- 
cienne sifflante de skr. paryasta-. Sur //.' : // en synskrit, v. Wac- 
kernag-el, § 212 a. 

sj 1 19. Par les exemples précédents on a pu déjà voir que // a 
été souvent conservé, contrairement à la règle générale de sim- 
plification des consonnes intervocaliques (^ 81). On trouve de 
vaèm^ pUlilin i\).pillaka-), idh'i (ulnka-), killi ikila-) : il est vrai que 
le premier est un mot enfantin, le second un nom d animal ser- 
vant en outre d injure ; cjuant au dernier, il coexiste avec khîl et 
pourrait donc provenir d'un emprunt. 

La forme kilac qui remonte au mot deeî kiUiica- est curieuse : 
faut-il entendre ({u'en deçi / entre deux voyelles palatales n'a pu 
devenir cérébral? Dans ce cas le mot killi supposerait correcte- 
ment à khil dont le prototype serait *k{h)ilâ. Mais /// {il'i) par 
exemple a la cérébrale ; et d'ailleurs kilac peut appartenir à la 
famille de killî. Il est impossible provisoirement de pousser la 
question plus avant. 

/ des mots étrangers n'a pas subi un trait(;ment uniforme. On 
a d'une part /)/7/, alanig (v. Printz, A'. Z., XLIV, p. 18), d'autre 
part javal. 11 est impossible de dire si cette différence de traite- 
ment tient à l'ancienneté plus ou moins grande des emprunts ou 
à d'autres circonstances. 

La même différence se rencontre dans les composés dont le 
second terme commençait par / : en regard dealaiji ^ a-\-lavana-) , 
hilagmm (abhilagna-), on trouve non seulement alainheiu ialamba-) 
qui est un nom commun dès la deçi^ et vilavijeiii ivilapana-) dont 
le thème simple a disparu, mais olakhnem (avalaks-). olamgijeni 
(avalaiigh-), olamhuem (avalamb-), qui coexistent avec les verbes 
simples ou d'autres composés des- mêmes verbes, et où le sen- 
timent de la composition n'est sans doute pas perdu. 



^ loO. A l'initiale du mot m. t» re])résente skr. v. Le marathe 
fait partie du groupe des langues occidentales — guzrati, sindhi, 



V hT b 153 

penjabi, auxquels se rattache le singhalais dune part, et d'autre 
part au nord le kaçmiri — , qui ont conservé skr. v initial ; les 
langues centrales et orientales au contraire Font confondu avec b- 
Le prâkrit classique ne note cette innovation dans aucun de ses 
dialectes ; mais on sait qu'il s'est fait des échang-es sporadiques 
de /; et v dès le Véda (Wackernag-el, § 161 ) ; et il est probable que 
l'abondance même de /; en sanskrit classique provient d'une 
influence locale, car c'est un phonème à peu près inconnu en 
indo-européen {ibid., § 158, 162) ; dans l'écriture nag-arï b n'est 
qu'un V muni d'un signe diacritique. Quoi qu'il en soit de l'ori- 
gine du système phonétique sanskrit, c'est ce système que le 
marathe reproduit tidèlement, du moins à l'initiale du mot. Le 
marathe permet donc de reconnaitre, lorsque l'orthographe des 
textes sanskrits est hésitante, laquelle des formes est authen- 
tique : ainsi oitinl ne peut remonter qu'à vakiila-', mais hîni et bil 
garantissent skr. bija- et bila- ; de même le b de biidijeiii. confirmé 
par le guzrati et déjà par le prâkrit, contredit le v de vodita-, du 
Divyàvadàna. Le cas de bâph : vâph {bâspa-, vâspa-) est obscur : le 
mot n'apparaît qu'en sanskrit classique et n'a pas d'étymologie 
connue. Le pâli et le prâkrit, comme toutes les langues modernes, 
ont b. Il existe encore en marathe une forme bijâpb tjui semble 
empruntée (v. Beanies. 1. 191) : dès lors il est permis déconsi- 
dérer bûph soit comme un compromis entre vâpb et bhùph, soit 
comme une forme également empruntée. En elfet le marathe n'a 
pas été sans emprunter des formes aux dialectes orientaux : c'est 
ce que prouve par exemple la coexistence de bijii eivijû (vidynt) ; 
de même la comparaison de guz. vûo et sgh. vœva montre que 
bdvdî (vûpï) est un mot hindi. 

Ces considérations permettent d'écarter certains rapproche- 
ments ; ainsi l'on a eu tort d'expliquer bâp par skr. vaptr- ; du 
reste/)/ aboutit normalement à tt et non pp; e\ de plus les thèmes 
nominaux en -;- donnent des noms en -/ ou -n ; l'étymologie est 
donc insoutenable de toute façon. De même /;/(/' doit sans doute 
être séparé de skr. vislhâ, qui est représenté en marathe par vif-, 
vital : en elfet le singhalais a b dans le mot correspondant, et bifï 
manque au dictionnaire hindi, ce qui semble exclure l'hypothèse 
d'un emprunt. 

Un cas curieux, et difficilement explicable, est celui de 
quelques mots attestés en dcçi avec les deux prononciations, et 



154 



PHONETIQUE 



OÙ le marathe a h uniquement >han'i bâhtilà heââ belkeni), et des 
mots /'<// ai hiijijeni (« eiïrayer ») attestés en prâkrit, seml)le-t- 
il, avec /;, mais en deçi avect'-. Le prakrit a v, la deçi b dans le 
mot auquel semblent correspondre les formes marathes vatvat- 
ucm et baâbaduein : mais il est ég-alement possible que ce soient 
là deux mots d'orig-ine ditférente, qui se seraient rapprochés 
1 un de l'autre à cause du sens. 

L arabe-persan baghair « excepté, sans » est représenté en 
marathe et en g-uzrati par vagar ; cependant bagar est plus usuel 
en marathe comme en hindi. Sans doute bamr a-t-il été influencé 
\)c\Y vagaire « et cetera », mot é<j;alemenl emprunté à l'arabe. 

§ loi. V initial, représentant skr. v, se trouve dans vatnem 
{vart-), vad {vata-), vanth {vastn-), var (vara-) et la plupart des 
mots à V initial rassemblés au lexique. 

V initial peut encore remonter à pkr. v issu, soit de skr. vr 
dans van (vraija-) et le semi-tats. vadval {-vrata-), soit de skr. vy- 
àans vâkhàu ivyâkhyâna-), va ing {vyahga-), vâgh {vyâghra-), vânjein 
{vyâhar-), vàijiv [vyàma-), vùvar (vyâpâra-), vâvsà {vyavasâya-), vec- 
nem (vyaya-) et le semi-tRts. vagra [vyagra-) ; vihu^ au contraire de 
pkr. vfiba-, est un tatsama [vyûha-). 

Dans vakhâr {avaskam-), vathàn [upasthàna-)^ var [upari), etc. v 
n'est devenu initial que par suite d'une apocope relativement 
récente. 

§ 132. A l'intérieur du mot, i' remonte : 

i° à pkr. V issu de : 

skr. V dans abev 'avidhavâ), avsà [âvùsa-], omvrâ (apavaraka-), 
onivsâ [iipavâsa-), gavas neiii (gavesana-), cavuem [cyavana-], jav 
' yava-), dàv {dâva-), dev, deval {deva-, da'âlaya-), dbâmvnem (dhâ- 
va-), nav [nava], navâ (nava-), nâv (iiâvâ), niv [niva-), nivi 
(nivi-), pârvà {pârâvàta-), pâvijâ (plav-), pâlav (pal lava-), paisâv 
i-srav-), bhâv, cf. iiiâiibbâv (bhàva-), marvà (niaruuaka-), lavaing 
(lûvaiiga-) : vakhâr iavaskara-), vasvâ iavacchada-) et les mots où 
Trt- initial alternant avec o- représente skr. ava-. Dans les com- 
posés verbaux dont le second terme est à i' initial, tels ([ue aval- 
uein, ouwâhiem [val-), âvaguein (valg-), tiivatijein [vart-), etc. il est 
le plus souvent impossible de décider s'il s'ag-it de v initial ou 
intérieur. On trouve vh correspondant à skr. çv dans parv(h)âin 
iparaçvah), cf. 5; Io7. 

skr. p dans ulavijc lit ' i{llapaiia-),karvat(karapattra-), kavdâ ikapar- 



V INTÉRIEUR 155 

da-), kavàd [kapâta-, kavâta-, cf. Wackernag-el, p. xlviuj, kâmsav 
{kacclmpLi-)^ kivanikrpaija-), klmv[krpâ), kiivâ (kapa-), khavaij (ksapa- 
nika-),civad {cipifa-}, tâv (lapa-), livaij {iripanja-), daJvi [dalapali-) 
et les autres noms propres formés avec -pati-, divâ [dîpa-), 
nhâvl [nâpitû-), pâdvâ {pratipàd-j, pâvneiii (prâpana-), bhàdvâ ibha- 
drapada-), niabâvaf (s i\ s'agit de inahâpiilra-), inâijdav {inaijdapa-), 
rovnem {ropana-), vathân [upastMna-), var (iipari), vâvar (vyâpâra-), 
vilavnem {vilapana-), savat [sapatnï], savâ (sapâda-), sâtvan {sapta- 
parna-)^ çiinsav içiinçipa-); ajouter l" peut-être dâvuein s'il s'ag-it, 
comme le veut Pischel, de skr. drp-, et khavâ dont le correspon- 
dant sanskrit manque (lat. scapula) ; 2° les composés récents de 
pà}n (pânîya-) où ce mot apparaît sous la forme -vaul, comme rt///- 
bavauî \ de même aviknem (ava-\-pikijci!i avec superposition svlla- 
bique), ahâroli {âhâra -f- poli), bâroll {bàrà -\- pàyalï) ; 3° tous les 
causatifs, où -va- ou -vi- remonte à skr. -paya- : ainsi vinavinem 
(vijnâpaya-), karavijein [kar-) et les formations analogues comme 
kamaviriem [karma-) ; 

skr. b dans thavà [stabaka-), lavdâ (alâbu-), lava (lâba-). 

2° à pkr. vv: ici les langues orientales ont régulièrement è ; on 
verra par les correspondances notées au lexique que les langues 
du centre et du nord-ouest ont souvent v ; la règle posée par 
M. Grierson, Phon., p. 11, et suivant laquelle pkr. vv devient 
toujours /; dans les langues indo-aryennes modernes, est inexacte. 
Pour le marathe au moins les exemples suivants sont probants : 

skr. vy : sav [savya-), çivuem [slvya-] ; désinence -àvà du parti- 
cipe d'obligation [-tavya-), ex. : dyâvâ « qui doit être donné » : 

skr. rv : câvuein [carv-j, dav idarvï : m. dabbà est évidemment 
un emprunt d'origine orientale), nivueiii nivâiiou (nirvana-) ; 

skr. vr : nîv [nîvra-). 

3" à pkr. m intervocalique(v. ,^ 137 et 138) dans ^rzv//;////t'/// (ânian- 
trana-), avld [âmalaka-), avas à côté de anios {amâvâsyâ), âinv [âinu-), 
àmvas (âinisa-), ugavan {udgama-), onnvnem (avajianiana-) , oinvlâ (pkr. 
avanialia-), kmnvar ikiimâra-), gâiiiv (grâijia-), gosâvî (gosvàmin-), 
jevucni (jîni-), ihâv islbâma-), tainv ijanias-), tevijeiii (liin-), dâvaij 
(dâinaiiJ), nâinv (nânia-), bhoinvijeiii^ bhoinvar etc. \bhrama-), revuem 
(deçr rein-), rovanith {roniantha-), lâniv (deçî lâniâ), vâinv ivyânia-), 
visavnein [viçrania-), savaing (saniargha-), uivein (sainaxa-], sainvthal 
[sama-), sàvanitii [sâmanta-), sàinvln içyâmala-), sa invar (deçî sâma- 
rï), sâmvà (çyâmâka-), çeinvil isemantika], soinval (à. somâla-), himv 



156 PIIONÉTIQl F. 

ihinia-), enfin dans le sunixe d'ordinal à paitir de pàiiicvâ ' pah- 
cama-). 

§ lo'i. L'articulation de v en marathe est relativement faible, 
et l'on sait que pour re[)ré.senter v anj^i'lais, les Marathes se 
servent du groupe vh. 

C est ce caractère indistinct de l'articulation qui a permis à v 
de s'insérer entre les voyelles formant hiatus ou de s'échanger 
avec n (i; oo, 57) ; de là vient aussi la réduction fréquente de 
ava-^ même récent, eu o (v. î; 78) ou en a comme dans 
iigau (cf. n^avnem) ou hâraiid [karûinaïuii-), hhonir pour hhoiiivar 
{hhraiitani-}, soinpijein {saiiiarpaya-). Il arrive encore que v tombe 
entre voyelles de quantité ou de timbre dillerenls, surtout quand 
il s'agit de v nasal issu de w intervocalique ; 1° devant / : koyka- 
mal [kitniuda-], dhul {dhrunikâ), bhuïm [bbilini-), sâl (svâmin-; cï. 
gosâvi) ; 2° en position pénultième, notamment après voyelle 
labiale, loin ponv lo)}iv {loina), jaijH i*/aijnovaiji), kiii/iknin {kuùkiiina-), 
{^abilin (godhiliiia-), et dans certaines désinences comme -ein -iiii 
{-âmi, -ayânii)^ v. 5; 60, 67. 

La chute de v devant / est extrêmement fréquente à l'initiale 
du mot ; voir L. S. /., Mar., pages 23, 06, 83, 161, 169, 195, 225: 
par exemple on dit is pour vis iyiinçat) ou Igàr \^o\\v port, vicar ; 
de même devant e : yel (c'est-à-dire ej) pour vel ; inversement f 
est rétabli abusivement, par exemple dans i//, forme plus usuelle 
que // que justifie pourtant l'étymologie iisfà), ou dans vità qui 
coexiste avec itâ {rsti-}, dsinsvisâd en regard de îs (Jsâ). 

Note sur y. 

§ 154. Cette sonante n'a pas d'existence réelle en marathe. 
Abstraction faite des talsamas, elle se rencontre : 

1" comme produit de la différenciation de e initial : ex. yeijcffi 
])Our eijcin [eti), yer pour cr (itiira-), ycJ i)our *el substitut de veJ 
[velâ], etc.; c'est sans doute la même dilférenciation qu'on 
trouve dans -yaçvn, forme de eiiiçiin aiçiin « 80 » en composition. 

2" dans les quelques cas où y se sul)stitue à une ancienne 
consonne intervocalique, v. s; 54 ; 

3" comme équivalent graphique de / ou c en diphtongue : / -j- 
voyelle : pàmdyà [paudita-), pyâr (priyakâra-), pyâs (pipâsâ), pyàhci 
(plihâ), timijyâr {iiuïijikâra-); e -\- voyelle : âgyâ (agirga-), dyâvâ 
(cf. deya-)\ les obliques en -yà, anciennement -eà : v. v^ 191 ; 



SIFFLANTE 



157 



voyelle + / : padkay {pratikrti-), vay à côté de vai {vrti-) ; les 
deux graphies coexistent fréquemment surtout à la linale ; y joue 
ici par rapport à / un rôle analog-ue à celui de -v par rapport à u ; 



cf. § 57 



SIFFLANTE 



§ 155. Il n'y a en marathe qu'une sifflante (v. § 15), laquelle 
est susceptible de deux prononciations selon le timbre de la 
vovelle qui suit : elle est dentale devante, ii eto, palatale devant 
i et sans doute e ; la sifflante du marathe, quelle que soit son 
origine, se range donc actuellement dans la même catégorie pho- 
nétique que les occlusives dérivées des anciennes palatales prâ- 
krites (v. § 100). Les mots empruntés à d'autres langues ont été 
adaptés aux tendances du marathe : c'est ainsi que les mots per- 
sans iarw, snman,sUâ, gumast sont devenus saram [çaram existe 
aussi), suniar, çisà, gumastà. Quant à çâU il représente sans doute 
syâhi plutôt que sâl. La chute de y ancien explique ici la pronon- 
ciation palatale de 5, comme celle dey dans râjâ aux cas obliques; 
c'est probablement là aussi l'origine de la sifflante palatale de 
bhoniçâ-i'ts où bhomçà est le cas oblique de bhoiiis. Dans çaiii-bhar ou 
savà-çà, la sifflante palatale peut provenir soit de l'ancienne 
yaçruti, soit de l'analogie directe de çein [çatam) : en faveur de 
cette dernière hypothèse, cf. la forme dialectale çeiiibbar citée 
dansL. S.I., Mar., p. 22-23. 

L'histoire de la sifflante est la même, qu'elle soit simple ou 
géminée, initiale ou intérieure. 

§ 156. On a déjà vu, § 102 et suiv., les cas où s (ç) provient 
de pkr. ch-. Par l'intermédiaire de pkr. s, il remonte : 

à skr. s (1°) initial dans saJ {smrti-), sal{sakhl), sakâr [satkâra-), 
iaglâ [sakala-), saingem [saiïga-), samcarnem et les autres composés 
verbaux de sam {sam-), cf. saJag (samlagna-), sat [saitva-), sarnem 
sàr et leurs composés osaruon, osrï, osâr, nisarnem, samsâr etc. 
[sar-, sàra-), sav isap-), sav [savya-), savat {sapatni-) et les autres 
composés de sa- comme savà {sapâda-)^ sâde (sàrdha-) etc., samv- 
iJkil (sa ma-), savon (samaya-), sâfi {sâdbu-), sâk {sàksï), sâc [satya-), 
sâjijeiii {sajj-], sàuijh (saindhyâ), sàt{sapta-),sûi!itâ {sant-],sâlû (saktu-), 
sâth [sârlha-], sânidh (samdhi-), sàp (sarpa-), sânipem [sâmpràtam., 
sâvantu [sàmanta-), sâyar {sâgara-), sâbijem [sah-), çijvem [sidhya-], 
sivuem [sevana-), çisem [sisà], çtm {sahila-), çlt {srsti-), çît, cf. uçît 



I iiS PHONÉTIQUE 

{siktJ?a-),çiv isîmâ), siiàr [sûpakâra-), snJ {sjlci-), siigî{sii- ; cf. stiratng, 
somval). surau [sûrana-), sût, sutâr {sutra-}, sûr {sura), çenvî [sena- 
pati-), çemdûr [sindûra-), çemvti iseumnlikâ), sonem [siivarna-), sopnem 
isamarp-), soyrà [sodâra-), somval [somala-] ; — (2'') intérieur dans 
itsâsâ, nisâs lucchvâsa-, nihçvâsa-).dâs {dâsa-),dis [divùsa-], pyâs (pi- 
pâsâ), màms {màmsa-), mâs {môsa-), ras [rasa-) , vdsnem vas ivàsa-) 
et ses composés, cf. oinvsâ [iipavâsa-), vevsà (vyavasâya-), 
hasnem [hams-] ; 

à skr. t", (1") initial dans sakuein [çakya-), sadnem (çat-), sadhal 
{çithila-}, san [çana-), saint (çànta-), cf. sâmt [çânti-), sasâ içaça-), 
sâmkû {çankn-), sâmkal [çrnkhalâ)^ sâmgnem içams-'^.), sâdî(çâta-), sân 
[çàna-), sâd, cf. padsâd [çahda-)^ sâdahiem {çâdvala-j, sâinbar [çam- 
bara-), sày [çâka-], sa] {çâlâ eiçâli-), sàlï [çalya-] , çikijcfn [çiks-], çikem 
(çikhya-), çiing (çr'ga-), çiinpî içilpin-), ciras (çirisa-), çimsav [çim- 
çipa-), çilà (çltala-), -cl dans âgçl (çikhâ), çln (çîrna-), çlr [ciras-), 
çls [çïrsa-], çll [çïla-), çtl (çilà), suâ [çuka-), sukâ [çuska-), çiunth 
[çnnthi-), sunem [çiinaka-), siidhâ [çiiddha-), cf. ansûd [çuddhi-), siinâ 
[çûnya-), sumb [çiilba-), susarUiçumàra-), sûk içukra-), sûp [çûrpa-), 
sûl [çûîa-; cf. tisaJ), çeni, cf. savâçâ, çambhar [çatam), çegat [çigru-), 
çej [çayyâ), çeindâ [çikhaijda-), çerà [çikhara-], sonid içaudâ), sos [ço^a-) ; 
(2") intérieur dans asog [açoha-], âgas cf. niâoas [agraçah), as [âçâ), 
usem [opaça-), kasâ [kaça-), kiisaj [kiiçala-), kes [keça-), kesar [keçara-), 
taisà[tâdrça-), das, cf. dasrâ, caiidas [daça), des [deçà-), nâs [nâça-), 
nisuâ (niçâna-), pisâ [piçâca-), pais (pradeça-), phnsâ ipâçaka-), masau 
[çmaçàna-], ras [râçj), las (laça-), lasan [laçnna-), vasne {vaçn-), vâinsâ 
[vaniça-) , vis [vimçat-), çimsav [çiniçipa-) ; 

à skr. j, ( l") initial dans sahâ (sat-), cf. sak[satka-), solâ [sodaça-), 
sâmd (sanda-) ; (2°) intérieur dans âmvas [âmisa-), kas [kasa-), 
gavasnem [gavesaija-) , josî [jyotisika), tiisàr [tnsara-), fus [tusa-), mis 
[misa-), mhais [niahisi), ris (ris-), rnsnem [rusya-), sos [çosa-). 

^ lo7. Par l'intermédiaire de pkr. s ou ss, la sifflante marathe 
remonte aux f^roupes : 

skr. sy [\") initial sans doute dans sàjà et peut-être 5<7(i/?/ï (^V^- 
la- ; le sanskrit connaît aussi cyâla-, qui semble plus récent] ; — 
(2°) intérieur duns ava s [amâvâsyà), âlas [âlasya-], kâinseni kânisâr 
[kàinsya-), rahas [rahasya-) ; 

skr. f)'(l°) initial dans 5âwy/^ [çyàmala-), sâmvà [çyâmàka-) ; — 
(2°) intérieur dans disijein [dfçya-), vesvâ [veçyâ) et peut-être kâmsav 
[kaçyapa-) ; 



SIFFLANTE 459 

skr. sy dans piis (pusya-) ; 

skr. sr dans iisteni [iisrâ), paisâv (pralisràva-) ; n^m (âçraya-) est 
donc un tatsama ; 

skr. ^7' initial dans ç-^f [çresthin-), intérieur dans âmsfi [açru-], 
misai {i)iiçra-), visâvncin (viçrain-), sàsi'i {çvaçnt-j et dans -s suf- 
fixe aux noms de parenté [çri) ; ci", nisan, niç'in [nihçreui-) ; 

skr. çl dans sàn [çlaksua-), çembà [çlesma-) ; 

skr. sv dans j-^;", gosâvî {svâmin-), et les semi-tatsamas sair [svai- 
ra-) et saga [svaka-] \snr [svara-] est donc un mot savant ; 

skr. çv initial dans sàsil sâsrâ {çvaçrû-, çvaçura-), intérieur 
dans âsa7id àsiipathi iacva-), pas, cf. pâsolï (pârçva-); c'est le pas- 
sage de çv à ss qui a favorisé ral)règement de skr. nuVrsvasrkâ en 
pkr. inâiissià, mar. inùvçi . De même lorsque le groupe ri' est pré- 
cédé d'une aspiration en sanskrit : nisàs {nihçvâsa-) ; parvhâni, s'il 
est indigène, ne représente donc pas skr. poraçvah ; 

à skr. rs dans çis içlrsa-) et sans doute hasueni [karsa-) ; varasuein 
ivar^a-) et aussi ârsà [âdarça-) sont donc des tatsamas, d'ailleurs 
anciens (v. Pischel, § 135); 

à skr. s initial suivi de nasale. Les exemples sâiirv [snâyu-) et 
visarnem [visniar-) sont sûrs et s'opposent au traitement nh iiih 
dont on a vu les exemples aux §!^ 136 et 138 ; sûn [snusa) s'ex- 
plique autrement : il s'agit ici d'une métathèse ancienne attes- 
tée par pkr. siiijbà. Le cas de çin est obscur : on a d'un côté 
rassî [raçini-), que la gémination de la sifflante rend suspect 
d'emprunt, et qui d'ailleurs est la forme unique en prâkrit, et 
âsand qui s'explique aussi bien par açvagandha- que açmagandha-. 
et d'autre part iii(b)asaij où l'altération de la sifflante initiale peut 
avoir été favorisée par la dissimilation (c'est aussi le cas en prâ- 
krit de mainsii- <C skv. çDiaçni- \ voir Pischel, § 312). Il est diffi- 
cile de trancher le problème : tout ce qu'on sait c'est que l'alté- 
ration de çin intérieur en ss est normale dans les dialectes du 
nord-ouest, de même que celle de siii intérieur (Grierson, Z. D. 
M. G., 1912, p. 77) ; et elle y remonte très haut dans le passé: 
Pline a déjà la forme Casiri, qui correspond à kçm. kâsiru (kaç- 
nilra-) ; on trouve chez Arrien 'Ajja/.Y]vci = Açmaka ; les fragments 
Dutreuil de Rhins, où le groupe sm est généralement conservé, 
offrent pevit-être dans la déclinaison une trace de la même évo- 
lution : si la forme de génitif -sa {-sya) peut servir de locatif, 
on peut penser que c'est parce que le locatif -smm aurait abouti 
à -5/ (cf. Senart, /. As., 1898, II, p. 214 etc.). 



GU PHONÉTIQUE 



L ASPIRÉE 



§ 158. En sanskrit /; est déjà le résultat d'une altération subie 
par d'anciennes sonores aspirées, notamment en position inter- 
vocalique (v. § 2) ; en moyen-indien toutes les consonnes aspi- 
rées intervocaliques ont perdu leur occlusion, ne faisant ainsi 
que continuer révolution commencée dès le sanskrit védique. Il 
n'v a donc pas de dilTérence essentielle entre h du sanskrit, du 
prâkrit et des langues modernes ; et les distinctions établies ci- 
dessous nont qu'une valeur de classification. 

^ 159. A l'initiale /; marathe succède à pkr. /; issu de : 

skr. /; dans banuein ihan-), harau {hariua-) et la plupart des mots 
à h initial qu'on trouvera au lexique ; 

skr. bh dans houem (bhû-) : le passag-e de bh- à /.'- est dû à l'em- 
ploi fréquent de ce mot comme accessoire dans la phrase : il 
est attesté dès le plus ancien prâkrit (Lûders, Bruchstiicke, p. <J0- 
Gl) ; le cas de m. haindî, s'il s'agit, comme il semble, d'un dou- 
blet de bhâijid ibhauda- , est plus obscur : l'aspiration simple est 
attestée dès le vu'' siècle, mais en composition, là où bb di^venait 
intérieur ; haudikâ ne se trouve au contraire que dans une antho- 
logie du xv*^ siècle. 

A l'intérieur du mot /; représente pkr. /; issu de : 

skr. /; dans ahàr [àhara-], kolhâj (kolâbaln-), ^eb (geba-), bâber 
{babir), bâhi ibâbu-), mobo {nioha-), rabas (rabnsya-\ rob [roba-), robi 
{robi-, robita-), labar {labarl-), lobâr [loba-), vabâu [iipânab-], vâbaij 
{vabana-),vivâb [vivâba-), sâbnein [sah-) ; 

skr. À'/; dans diibl {*diikba- pour diibkba-j ; 

skr. gb dans pâhunâ {prâgbuna-), mâbo {mâgba-}, iiiebiidâ {iiie- 
gba-), rabat (anigbat(a-), lahu- [lagbu-) \ cf. mâber [mâtrgrba-) ; 

skr. //; dans po})n (prtbuka-), iiwbnij iiiitiitbniia-), rabamvar 
[ratba-) ; 

skr. db dans abev [avidhavâ), gabilm (godbiliiia-), dahim [dadbi-), 
babirfi ibûdbira-), mob imadbu'), râbi (râdbâ), vabn [vadbil-) ; 

skr. bb dans abânâ (âbbânaka-) , gabirâ (gabblra-), nibâjijein [ni- 
bbal-), lâbnein {labb-}, lobo {lobba-), bilaguem iabbilagua-): pour la 
sourde, les exemples manquent, cf. Pischel, 5; 200 et Beames, I, 
271 ; d'ailleurs en sanskrit même pb est relativement rare et 
souvent d'origine obscure, v. Wackernagel, sj lo8 ; 

skr. 5 ou ^ formant groupe avec n ou ;/, d où pkr. ;//; ; là où 



ASPIKÉE 161 

raspiration ne tombe pas, elle subsiste en admettant 1 insertion 
d'une voyelle, v. i; 130 ; sur pkr. /;//; v. § 138. 

§ 160. On admet généralement qu'en certains cas h remonte 
à une ancienne sifflante. Il est vrai que dans le g-roupe du nord- 
ouest (sindhi, penjabi, kaçmiri) l'ouverture de s intervocali(|ue 
est fréquente (v. Beames, I, 259 et suiv., Grierson, PJxvi., 
§ 68) ; cette altération se rencontre aussi en guzrati vulgaire et 
dans le Rajpoutana occidental {L. S. /., i>/;/7/, p. 2, 11, 27; 
Raj.,p. 4, 330). Mais en marathe elle n'a été observée que sur 
deux points situés à la frontière du guzrati, et dans des parlers 
que la morphologie rapproche de cette langue [L. S. L, Mar., 
p. 144, 148). 

En marathe, toute sifflante sanskrite, initiale ou intervocalique, 
est normalement conservée ; les exemples divergents sont tous 
à écarter ou à discuter. 

Les plus importants sont tirés de la numération. A côté de 
das, représentant normal de skr. daça, on trouve dahâ qui est la 
forme la plus usitée, et les noms des unités de la seconde dizaine, 
de « 11 » à « 18 », akrà bàrù terâ caudà pandbrâ solû salrà aîhrâ\ 
ces formes manquent à Açoka, mais sont déjà autorisées par 
Vararuci (Pischel, § 263, cf. § 443 et 446). Le nom de nombre 
« soixante-dix » sattar [sûptati-), combiné avec les unités, devient 
-hatîùr ; cette forme remonte à une période plus basse du prâkrit 
(Pischel, § 264). 

Cette altération de la sifflante intervocalique n'est qu une des 
nombreuses irrégularités phonétiques que présentent les noms 
de nombre si on les considère d'un point de vue purement 
marathe : c'est que la numération doit provenir pour la plus 
grande part de langues communes antérieures à la fixation des 
parlers modernes; de là vient que les irrégularités signalées ici 
se retrouvent dans toutes les langues congénères (Beames. II, 
134 et suiv.; cf. I, 288). 

A côté de divasa-, le prâkrit a diaha- Pischel, § 264) qui semble 
se retrouver dans m. dî^ doublet vulgaire de dis. Mais il est 
peut-être plus simple de rappeler à propos de m. di qu'on trouve 
en deçî la forme dio, qui repose évidemment sur skr. diva-, passé 
du neutre au masculin sous l'intluence de divasa-. 

Il est dès lors illusoire d'expliquer la désinence d'oblique sin- 
gulier des noms par le génitif skr. en -asya (cf. § 183), et il faut 
La. formation de la laïujue nmrallie. Jl 



162 PHONÉTIQUE 

renoncer à rattacher directement àhnein à la racine as-^ pâhnern à 
skr. paç-, ou bàhnem à skr. bhâs- (voir ces mots au lexique). Le 
pronom démonstratif /;â, hi, hcin, ne s'explique pas j)ar l'unique 
Forma de nom. sg-. masc. apabhramça ehu, qu'on dérive de skr. 
esa (l^ischel, §263) ; pkr. aha, aho (Pischel, § 432) est énig-ma- 
ti(]ue, mais ne remonte pas nécessairement à asau. Faut-il recon- 
naître ici laproliièsc dune particule jadis enclitique /;a (cf. Brug- 
mann, Deuionstralivpionoiiiiua, p. 69)? Dans ce cas même le mot 
ne serait pas sûrement indigène en marathe : car si Ion trouve 
hcvain dans le Divyâvadana, il napparait que dans les recensions 
orientales des inscriptions d'Ayoka (^T. Michelson, Am. J. Phil., 
l'.IOli, p. 291, noie 1). 

§ 161. L'aspiration, on la vu (§ 83 et suiv.), est instable dans 
les occlusives aspirées ; à plus forte raison l'est-elle lorsqu'elle 
est un simple souftle sonore intercalé entre deux voyelles, ou 
précédant à l'initiale une voyelle (exemples dans L. S. I., Mar., 
p. 1 ii, 169, 332). Ce n'est pas là d'ailleurs un fait proprement 
marathe ; il est au contraire très fréquent partout : pour nous 
borner aux langues voisines du marathe, cf. L. S. /., Rajasthain, 
p. 20, Gujarati, p. 330, 347 etc. 

L'instabilité de l'aspiration est à l'orig-ine d'un assez grand 
nombre de cas d'anticipation sig-nalés au sj 168. 

La langue commune admet souvent la chute de /; intervocalique 
et par la suite la contraction des voyelles qui l'entourent : 

aha^û : akrâ et les noms des unités de la seconde dizaine 
cités § 160 (pkr. daha) ; agrâr [agrahâra-)^ anâ à côté de ahâuâ 
{âbhâiiaka-), thà [stàgha-), par à côté de pabàr [prahara-]^ pbalâr 
{phalàhàra-}, maràthà [màhàrastra-), mànbhàv [niabânubhàva-], là ni 
à côté de lâbijî [labb-), vârnem [vyâbar-), sàmâçï en regard de sabâ 
{fat), sutâr [sùtradbàra-y, 

ahi'^ai, et même e, l : varai {varàha-), sai {sakbî), sây à côté de 
sabâ (pkr. sâba-) ; eJ {aiiibri-? v. Grierson, Pbon., p. 403) ; çUn 
{sabita-) ; 
iba^e, i : àgçî [çikba), pi à côté de pibâ [plîban-), çemd {çikhanda-), 

çerâ (çikbara-) ; 
eba'^e : uped (d. uppebada-) ; 
abuZ>au, o : voinâî, ovar .etvavârk côté de vabû [vadbiî-], sâû{sà^ 

dbit-) ; 
ûbo'^o : tats. motsâv motsâb pour /nabot- ; 
uha'^u : amu [amukba-], gû igntba-) ; 



ASPIRÉE 163 

oha^o : oyrâ {avahar-),nio]em à côté de mohaJ (mukba-), lokhaud à 
côté de M, lohàr [Joha-), samor en regard de niohrâ [niiikhar-]; 
uhi^iii : dut à côté de duhî idiihkha-) ; 
ehu^eu : mevâu mevuà à côté de mehiiij, mehunâ {fnaifhiiua-). 

Inversement h marque simplement l'hiatus dans bàhiilà^ dou- 
blet de bùvlâ (deçi bàulla-) ; pihû, doublet de piyo [priya-) ; nahl 
pour naï [nadi) ; vahï^ouT vai[vrti-). 

Enfin/:) est tout à fait adventice, siinble-t-il, dans kobdein à côté 
de kodeiu (kûta-), jahâlâ, jhâlâ, v. mar. jàlâ {jâta-), dàhal (cf. 
skr. dala-), cf. § 136 et L. S. I., Mar., p. 66, lo7, 169; sâhâij 
pour sâij qui n'est attesté que dialectalement içâna-) a pu subir 
l'influence de sahàn : sân [çlaksija-j ; l'aspiration de kaijher, dou- 
blet de kaijer (karavira-), est déjà notée par Hemacandra ; celle de 
càmhâr [cariiiakâra-) provient de l'analog-ie de kiDiibbâr [kumbha- 
kâra-). 



LE MOT 



I. l'IlU.NÈMES liN C.ONTACT. 

§ 162. Les mots marathes indigènes se composent en prin- 
cipe de consonnes et de voyelles alternant régulièrement et ne 
semblent devoir renfermer ni voyelles en hiatus ni groupes de 
consonnes. On voit fréquemment les mots empruntés récemment 
subir des altérations qui tendent à les conformer au système ; 
ainsi l'épenthèse dans taras- [Iras-), sapan [svapna-], kirislàmv (eur. 
Christ), hukiim (ar. hukm), la métathèse dams girhà {graha-), gokran 
{gokarija-), la réduction des groupes dans cikçâ [cikitsâ), pant (pour 
pandit), maçîd {ar. masjid). 

Groupes consonantiques récents. 

§ 163. Cependant, même dans les mots cités plus haut, on cons- 
tate l'existence de groupes consonantiques. C'est que la réduc- 
tion extrême des voyelles médianes dont il a été parlé aux § 30 
et suiv., a rapproché des consonnes appartenant à des syllabes 
dilférentes. Le contact est immédiat en de nombreux cas : cela 
arrive notamment, semble-t-il, lorsqu'une des consonnes est con- 
tinue : ainsi pour les sitllantes [ispital, eur. hospital ; mhotsav, skr. 
mabotsava- ; cikçâ, skr. cikitsâ), pour ;- [girhà, gokran cités plus 
haut ; catrâ < skr. catiira-. cirhât < deçi cirihitti. circir < deç'iciri- 
cirà, bakrâ < skr. barkara-), h (cf. vahvar, vavar < vadhuvara- et 
les diverses consonnes aspirées provenant du rapprochement de 
h avec une occlusive, v. §§ 99, 107, 110, 112, 124, 128). Lorsque 
des consonnes d'articulation voisine, comme des cérébrales et des 
dentales, sont ainsi rapprochées, Tétroitesse du contact semble 
dépendre pour une part de la sonorité des occlusives : d'après le 
témoignage du D"" P. R. Bhandarkar, deux sourdes (cérébr. -j- 
dent. : tattatnein '< être tendu à craquer », vâtto, 3 sg. prés, de vàt- 
neni n il parait » ; les exempies de dentale -j- cérébrale manquent) 
ou deux sonores (céréb. -f~ é*^iit. : haddeni « entrave », uddâ- obi. 



PHONÈMES EN CONTACT 165 

de udtc^ « phaseolus radiatus » ; dent. -|- céréb. : gndhdâ « âne ») 
forment de vrais g^roupes ; d'autre part si potdukbî « mal de ventre » 
paraît trisyllabique à raudition, un souffle vocalique se disting-ue 
fort bien dans le groupe dentale sourde + cérébrale sonore : 
kâtdein <' cuir », ciitdâ « sexe de la femme ». 

^ 161. Les consonnes une fois en contact ont réagi les unes sur 
les autres ; c'est là sans doute l'origine d'un certain nombre des 
métathèses ou dissimilations citées plus bas. Il en résulte aussi 
un certain nombre d'assimilations. Elles peuvent porter : 

1° sur la sonorité. — Dans ce cas l'assimilation est g-énérale- 
ment rég-ressiA^e ; 

sonore + sourde : adhikârJ >> atkârï « fonctionnaire » ; adh-pâv 
>> âtpâv « 1/8 ser », *adh-çer >■ accher « 1/2 ser » (mais ad-çerl 
« 2 1/2 ser » subsiste), madh-câ >> iiiaccâ « médian » ; mais en 
sens inverse gartâ > garda « trou » ; 

sourde + sonore : dJmkdhuknem >> dhugdhugriem « palpiter » : 
rotgâ >> rodgâ « pâte à pain (rotî) gonflée » ; 

2° sur l'articulation ; Tassimilation est réo;ressive dans pastïs 
pour paiiic-tJs » 3o », pamsast pour pantc-sast « 63 », progressive 
dans sâdha {çyàlïvodhr-) , çennï pour çemduî (nom de plante) ; le 
D'' P. R. Bhandarkar observe que le groupe // se prononce d'une 
manière presque semblable à //. 

Il n'y a pas lieu de citer parmi les conséquences du contact 
des consonnes en marathe l'insertion de d entre w et r en con- 
tact dans vùndar (vânara-) et pandhrâ (pkr. paunaraha, skr. pahca- 
daça) ; car la concordance avec les autres langues montre que 
ces formes sont antérieures au marathe. 

Voyelles et consonnes en contact. 

S 163. En marathe comme dans toutes les langues indo- 
aryennes (sauf le kaçmiri, v. Grierson, Man. Kaçm., § 8) les 
voyelles et les consonnes réagissent très rarement les unes sur 
les autres. Le cas le plus intéressant de ce genre est celui des 
palatales et de la sifflante, dont la prononciation est dentale 
devant a, u, o, palatal t> devant / et partiellement e. Dialectale- 
ment les gutturales sont susceptibles de se palataliser devant j'g 
(^= mar. commun c) : ainsi Ion trouve au Concan jelâ à côté de 
gyelâ, gela « il est allé », jkeûn à côté de gheiln « ayant pris », 



166 PHONÉTIQUE 

ceîâin à côté de kchini « fait » (v. L. S. L, Mar., p. 60) ; le con- 
cani sur ce point comme beaucoup d'autres s'accorde avec le guz- 
rati [L. S. L, Raj., p. 330). La nasalisation de / suivant une 
voyelle nasale dans les désinences -nâ de datif pluriel et -n de 
1^'' sing. futur a déjà été notée, § 72. 

On trouve trace aussi, surtout dans les dialectes, dune colo- 
ration de la voyelle par la consonne voisine : a s'assourdit au 
contact d'une labiale ou de / cérébral (§ 70). Dans la langue 
poétique le timbre de la voyelle insérée entre deux consonnes 
dépend de l'articulation de ces consonnes : dans un mot dont la 
dernière consonne est r, /, / ou une occlusive cérébrale, la voyelle 
pénultième insérée est / si la consonne précédente est palatale, 
Il après toute autre consonne iâpulci, bagiilâ, hapiidû, mehiidà mais 
sâjirâ, etc.) ; la voyelle d'insertion après un ;■ est toujours ii 
[daniçan mânlg pour darçan mârg) ; v. Joshi, § 17o. Sur les alter- 
nances de // avec a devant cérébrale, § 76. 

II. ACTION A DISTANCE. 

Infection vocalique. ' 

§ 166. Dans quelques moks on trouve la trace de changements 
dans l'articulation des voyelles sous l'influence d'éléments appar- 
tenant à la syllabe suivante. Ces cas ont déjà été signalés : a 
devient /dans inanijirî {niahjarî), niirl [marqua-), vel (vallï) ; ai dans 
aiçîm [açlti) ; e devant une consonne suivie de y : mer [maryâ-dâ), 
çej [çayyâ), tiver, conc. verim << jusqu'à », pour var, varï [iipari) ; / 
s'assimile à // dans susar [çiçumâra-), bund à côté de bind (bindu-). 
etc., V. § 7o et suiv. Ces cas sont isolés et semblent pour la plu- 
part antérieurs au marathe ; cependant au Concan les phéno- 
mènes du même genre paraissent assez fréquents : korn mar. 
conim. karnn « ayant fait ». gcr pour gari « à la maison » (v. 
L. S. L. Mar., p. 167 . En dehors du marathe, ces faits sont 
également rares ; le cas le plus connu de ce type est celui du mot 
-herâ qui dans les langues centrales sert à former l'adjectif 
d'appartenance et semble remonter à skr. kârya- (v. Beames, II, 
p. 281 et suiv.). Mais ce mot est déjà attesté à l'époque prâkrite 
(v. Pischel, si 176; cf. Grammont. McJ. S. Lévi, p. 76) et contre- 
dit l'ensemble de la phonétique des langues indo-aryennes (v. 



MÉTATHÈSE 167 

Beanies, I, p. 134 et suiv. ). Seul semble faire exception le kaç- 
miri qui a développé un système d'harmonie vocalique tout à 
fait anoi-mal dans llnde (voir Grierson, Man. kaçm. § 6). 

Métathèse. 

§ 167. Les cas de métathèse sont particulièrement fréquents 
en guzrati, à en juger par les documents du Lingiiistic Siirvcy 
{Rcij., p. 331). Mais selon Beames (I, p. 276j ils sont courants 
dans toute l'Inde, du moins dans les basses classes ; et 1 on n'en 
tient généralement pas compte, puisqu'on les considère comme 
« résultant de lignorance ou du caprice ». L'examen du diction- 
naire marathe conduit cependant à en isoler un certain nombre 
qui sont admis dans la langue commune. Certains même remontent 
très haut, par exemple le mot Jkiln (skr. laghii-), donné sous 
la forme Jmlua- par llemacandra (v. Pischel, § 334) ; égale- 
ment attestés en prâkrit hahln [bJmginl], viarâthâ (skr. mahârûs- 
tra-) ; nidâl remonte à la période la plus ancienne du prâ- 
krit (skr. lalâfa-, pâli nalâta-, pkr. nidâla-) ; de même vahàn 
(skr. npùnah-. pali npùhanâ) ; kurhùd {kiilhâra-) est même anté- 
rieur à la forme dissimilée du prâkrit kiihâda-, Pischel a sans 
doute tort d'égaler aux exemples précédents pkr. dlhara-, rem- 
plaçant skr. dïrgba- : l'état intermédiaire *dlraha- qu'il suppose 
n'est nulle part attesté ; par contre le mot marathe der <* retard » 
remonte à une forme ancienne *derl attestée par s. deri et dérive 
du mot emprunté au pehlvi ou au persan der « longtemps » ; la 
forme pkr. dïhara- n'est qu'une interprétation de ce mot iranien. 
Par contre snn [snusâ) repose sur une métathèse également 
ancienne [sniisà >> *huiisâ > siiuhà ; l'interprétation de Pischel, 
§ 139, est à écarter). 

La métathèse est attestée à date récente seulement dans 
quelques mots. On peut citer avec certitude : kothrîb, doublet de 
kothamblr {knslumharî), pharâl, doublet de phaJâr [phalahâra-), khq- 
trad à côté de khadtar^ forme des autres langues ; quant h 
pchrau, il semble bien par l'intermédiaire d. parihaua- se rat- 
taclier à skr. paridhâna- : mais ce pourrait être aussi un 
mot persan, dont Hemacandra n'aurait fait que donner une 
interprétation sanskrite. En dehors cle l'aspiration et des con- 
tinues, la métathèse semble tout à fait rare : kekat pour ketak, 
quoique usité (cf. kekafpân « ornement d'or pour les cheveux m) 



1(18 PHONÉTIQUE 

n'est ({u'un mot .savant mal prononcé : c'est kevdâ le tadbhava 
correspondant ; niiskàn pour nuksùn (ar. nuqsàn) est une tentative 
d'adaptation au svstème ordinaire du sanskrit (cf. skandha-, 
etc.). Très rares aussi bien les cas de métathèse vocalique : asog 
pour asog (açoka-), aduJsà (skr. atarusa-) sont des noms de plante ; 
nednein pour im deuein « ne pas donner » n'est pas à citer ici : il 
est en réalité l'ait d'après le modèle de iieijijeiii [na jânâti) (jui 
est régulier. 

Un cas curieux est celui du nom de fête çinigâ : il semble déri- 
ver de deçl sugimhao {sugrîsmaka-) ; donc tout se passe comme si 
les éléments -ng- et -inih- s'étaient intervertis entiers ; rechange 
des consonnes est particulièrement étrange. 

§ 168. Il faut distinguer de la métathèse l'anticipation fré- 
quente de l'aspiration, due sans doute au sentiment de son insta- 
bilité (v. § 161, 161); cf. Grammont, /. /., p. 66). 

En position finale /; s'incorpore au mot pour subsister : cela 
apparaît dans les mots d'emprunt comme rahà pour pers. ràh^ 
tarhà pour p. tarah (v. Molesworth, Préf.^ obs. 8); de là vient 
aussi pour une part que la voyelle finale ancienne a été conser- 
vée dans les nominatifs de noms en /; comme làho inoho, v. vj 78. 
C'est encore pour cette raison sans doute que l'aspiration n'a pas 
changé de place au moment de la métathèse dekudljâra- en ktirhâd. 

Cette métathèse, on l'a vu, est ancienne ; et en elfet un cer- 
tain nombre de transports d'aspiration sont antérieurs au 
marathe : dans les monosyllabes, c'est le cas de bâd {asthi- ; cf. 
athi), attesté en deçî et dans plusieurs langues indo-aryennes ; 
sans doute celui de homt. doublet de omth [ostha-) ; la forme 
marathe est commune à toutes les langues occidentales ; du reste 
bg. thoiiit semble indiquer que le phénomène n'a pas sûrement 
été simple dans ce mot. De mèn\e khàmk [kaksa-) peut soit provenir 
du transport de l'aspirée de kdinkh^ soit résulter d'une dissimila- 
tion dasjîiration succédant à une assimilation ; le degré intermé- 
diaire *khâ)ukh serait obtenu comme jhiiinjl.niein (yndhya-), où l'as- 
similation est évidente : du reste la forme jhmnjijetn de ce dernier 
mot permet de soupçonner que peut-être l'assimilation a été 
l'étape normale de l'anticipation d'aspiration. 

A l'intérieur des polysyllabes, la tendance de l'aspiration à se 
grouper avec une occlusive j^récédente a été maintes fois notée ici 
(v. § 163); elle est d'ailleurs fréquente en d'autres langues 



DISSIMILATIO.N 1 69 

(v. Beames, I, p. 191-192) ; dans gheneiu igrahi-) le fait 
remonte au prakrit ; on le retrouve dans jbanwuem (yabh-), mhais 
{inahisî), Dibâtàrâ hnahattara- et d'une façon o^énérale tous les 
mots où mha- provient de skr. niahâ), nihetar (pers. mibtar) ; phattar 
semble tout à fait récent, puisque patthar d'où il dérive est un 
emprunt, ainsi qu'il résulte de la consonne géminée. De la même 
tendance dérive la forme kadhaî (katâha-) qui a pu être influencée 
par la racine de kadhnem {kvath-]. 11 faut encore rappeler ici l'in- 
version des groupes de continue -\-h, mentionnée par Molesworth 
(type vivhal\ v. observation li, Préf., p. xv). 

Dissimilation. 
1. — Dissimilation portant sur l'aspiration. 

§ 169. Les exemples sont assez nombreux: khâd (pkr. khad- 
dha-), khàmd {skamiba-}, khubajijeni [ksubb-), jbàmkar (deçi jbam- 
kara-), jhâmj, jhàmjrî [jbanjbâ, jbarjbarî), jhumjnem (cf. jhumjhnem, 
skr. yudby-), thâdâ (pkr. tbaddba-, skr. stabdha-), thâmg (deçï ibag- 
gha-; cf. thâ : skr. stâgba-), tbâmbnem [stambba-), dbat, dbït {dbrsta-), 
bhattâ (sans doute emprunté sous la forme bbattbâ ; cf. cependant 
bbatahiem ; skr. bbrastra-), bhîk {bhiksâ), bhnk (bubbuksâ, deçï bbuk- 
khâ), hadakuem [batb-), bambà, bauibarntnn (bauibbâ). bât, batti [basta-, 
hastin-). Dans tous ces cas, la dissimilation est progressive con- 
trairement aux trois premières lois posées par M. Grammont à 
la p. 103 de sa Dissimilation consonantique ; cf. les exemples sans- 
krits qu'il donne p. 106 ; c'est que dans tous ces mots, ou dans 
es thèmes .sur lesquels ils reposent, la seconde aspirée était 
finale ; or, c'est à la finale que l'aspiration tombe le plus facile- 
ment (cf. § 88). Dans un vrai dissyllabe comme lokbaiiicf [loba- 
khanda-), la dissimilation est régressive selon la règle ; de même 
dans garât qui remonte à *garatb issu de *garbatb (grbastba-) : la 
forme gharat a sans doute subi la contamination de gbar « mai- 
son » ; le cas de palhein « cotonnier » est obscur : la deçl a les 
deux formes, palabl et pbalabl \ la seconde peut être primitive, 
mais peut également dériver de la première par contamination 
à.ephala-. 

2. — Dissimilation portant sur le mode d'articulation. 

§ 170. Un certain nombre des cas sont attestés dès le prâkrit. 
Ainsi pour limb (cf. tats. niiiib ; v. Grammont, La dissimilation 



1 70 PHONÉTIQUE 

constmantiquc dans les langues indo-européennes loi VIII, p. 44); 

de nânigar, nânigll, et peut-être nâingodâ {langala-, etc. ; Gram- 
mont, ibid., loi XVII, p. 8i), kayer {karavira-), nidâl [lalàta-], 
peut-être aussi bail (pkr. bailla- pouv *bal-illa-'!) ; dans les mêmes 
conditions la cérébrale île pkr. padi- (prati-) tombe très ancien- 
nement devant cérébrale ; et en marathe, alors que l'on trouve 
pad- et pai- en concurrence devant les autres consonnes, pai- 
se rencontre seul devant les cérébrales (v. J. Bloch, Mél. S. Lévi, 
p. 9) ; le prototype prâkrit de kohlem semble aussi provenir d'une 
dissimilation [kusmànda- > *hunhàinda- > kilhanida ; loi XVIII 
de M. Grammont, v. /. /., p. SG). 

Sous Faction de la loi XMII de M. Grammont se sont pro- 
duites des altérations plus récentes : darodâ (devî dadavada-) ; lav- 
ijein doublet vul<j;-aire de iiavyein [natn-) ; liiksdn (ar. niiqsân), loin 
[navanîfa-) ; peut-être aussi toinc pour coinc [cancu-] : mais la forme 
des dialectes orientaux conit contredit l'explication, et permet 
de soupçonner entre le nom du '< bec » et celui de la « lèvre » 
omth, honif, hg. thonit [ostha-) des influences réciproques. 

La consonne du nom de nombre « huit » qui conserve la forme 
ath- {asta-) devant sept des noms de dizaines {athrâ, atthâvîs, etc.) 
est devenue sonore là où elle était en contact immédiat avec une 
sourde : de là adtîs « 38 », adsas ou adsath « 68 » (loi XI de 
M. Grammont^ ; il s'agit ici non proprement dune dissimilation 
mais d'une différenciation de phonèmes en contact. 

11 ne faut pas considérer la forme vulgaire khadneui « creuser », 
comme due à la dissimilation des nasales de khannem [khan-) ; c'est 
un mot de la même famille que khàdâ (deçf khadda-) « trou » ; 
gadhdâ est di'rivé régulièrement de skr. gardabha- et est indépen- 
dant de gadbav ; la dissimilation est également peu probable dans 
kunidal pour kniinlal (forme attestée en guzrati et penjabi) encore 
qu'elle y soit légitime (loi XIV) : kuindal est sans doute un simple 
tatsama. 

Sur certaines dissimilatlons antérieures au marathe attestées 
par les noms de nombre, v. § 217, 221, 223. 

3. — Dissimilation des voyelles. 

§ 171. Quand il se trouve dans un même mot deux // ou o suc- 
cessifs, le premier s'ouvre généralement : kamod tats. [knniuda-), 
ganiiitr tats. (gomûtra-), gahûm (godhimia-); catkor ou cotkar pour 



SUPERPOSITION SYLLABIQUE 171 

cotkor [cantha- + kor) ; kapût (kuputra-) semble- fait de même, 
encore qu'on puisse y soupçonner le préfixe péjoratif skr. kâ- ; 
garodar (giirii-udara-) contient peut-être le représentant de pkr. 
garu-. On peut joindre ici le cas probable de différenciation dans 
gavlt [gopâla-). Deux / semblent dissimilés dans vejit tats. pour 
vij'it, vehlâ [vibhJtika-). Dans nidâl, pkr. nidàla pour nadàla- il faut 
sans doute voir l'insertion abusive, et d'ailleurs ancienne, du pré- 
verbe ni-. 

Superposition sjllabique. 

§ 172. Les cas s'en produisent suivant la définition donnée par 
M. Grammont [ibid.. p. 147), au contact de deux éléments mor- 
phologiques différents, dont le second recouvre le premier : 

avahnem, avikijein pour avavikuein [àe pikneju « mûrir ») ; 

ekâmiiii « en une fois », de ek-kâm-, cf. du-kâiii- « en deux fois » ; 

kumphal « fruit du kinnhhà », donc : *kiimbha-phala- ; 

ketâd « sorte de palme » pour kekat-tâd (d'après Navalkar, 
p. 256) ; 

gurâkhyâ « berg-er » de gnreni « bétail » + râkhyâ « gardien » 

jànivasà « séjour » (ou c habitation »j chez la fiancée (ou « le 
fiancé ») : janya-nivâsa- ; 

divâh « fête des lampes », de divâ (skr. dîpa) -\- âvall; 

dhuvan « eau sale après le lavage » à côté de dhuvavanl {dhuva-\- 
pàni) ; 

navra « fiancé », de nava-vara- ; 

nâkâtî, nâkafijl « action de faire allonger [litt. couper) le nez de 
dépit » ; de nàk -f- kât- ; 

nâtem « parenté » de jnâli-lva- ; antérieur au marathe ; 

pathvar « fiancé pour la première fois », pop. pour prathaina- 
var- tats, ; 

rikâtnâ « vide, vain » de rikâ -f- kâiii [rikta-kanna-) ; 

lakârl « vernisseur » de làkb (skr. lâksâ] + kâr- ; 

Il faut sans doute interpréter de même l'instrumental sing. 
anomal du pronom v. m, enem « par lui », issu de etena + 
anena . 

111. LA FIN ET l'initiale DU MOT. 

§ 173. Dans la période de formation du marathe la place des 



172 PHONÉTIQUE 

phonèmes dans le mot a eu une influence capitale sur leur évo- 
lution. En ce qui concerne la fin du mot notamment, le fait a été 
noté à propos de la chute des anciennes finales (§ 37 et s.), de la 
quantité de la voyelle pénulti(''me (^ iO et s.), des formules de 
contraction particulières it la position finale (§ o9, 63), de la chute 
préhistorique des consonnes finales (§ 14), du sort des nasales 
pénultièmp.s (§ 66), de la désaspiration des finales f§ 88). Mais, 
sauf les adaptations des mots d'emprunt au système de la 
langue (p. ex. rahâ < pers. râh; tikit à côté de tikat < angl. ticht, 
V. Navalkar, p. o9), on ne constate en marathe moderne aucune 
altération phonétique propre à la finale ; de même la perte de 
l'aspiration qui y est particulièrement fréquente ne dépend pas 
uniquement de cette place. 

§ 174. L initiale consonantiqiie est restée indemne d'altération 
à toute époque (sur l'histoire générale de w et / en position ini- 
tiale, V. § 132, 144). 

L'initiale vocalique a au contraire subi un certain nombre d'al- 
térations : 

1" e- et 0- initiaux se diphtonguent : yeijeni ieti), yer iitara-) sont 
généralement écrits ainsi par un caprice orthographique ; mais 
d'ordinaire l'écriture ne trahit pas la diphtongaison, pourtant 
reconnue comme générale (v. Moles^vorth, s. v. yek^Xvo-\ cf. 
L. S- /. , Mar., p. 21, 168). Selon une remarque souvent faite, 
le trait est l'un de ceux par lesquels le marathe rappelle les 
langues dravidiennes (v. Caldwell, Comp. ^rnmm. of the dravidian 
îûNg'., p. 4). 

2° A différentes époques une voyelle brève initiale s'apocope 
(cf. Beames, 1, 176-180). En sanskrit pi- à côté de api- est un 
doublet indo-européen, sur lequel se modèle va- pour ava- (v. 
Wackernagel. Il, ij 29, v, 3) : il est possible qu'en marathe 
l'équivalence o- : va- à l'initiale ait quelque chose à faire avec le 
phénomène sanskrit ; par ailleurs l'initiale vocalique est tombée 
en sanskrit dans très peu de mots (Wackernagel, I, § 53 c, ^) ; 
le mot apfipa- : pûpa- est d'origine inconnue ; il est simplement à 
noter que le marathe puvù et les mots correspondants des autres 
langues dérivent de la forme la plus courte. Mais l'existence du 
samdhi en sanskrit et les altérations des voyelles initiales qui en 
résultent montrent que l'attaque vocalique des mots n'est pas 
spécialement résistante dans llnde. On s explique donc la fré- 



l'initiale du mot 173 

quence de l'apocope en prâkrit sans qu'il soit besoin de recourir 
avec M. Wackernagel [l. /. et § 254) à l'accent d'intensité. La 
même fréquence se retrouve dans les langues modernes : ainsi 
i" a- manque devant liquide, dans : rahât [aragbatta-], râii- 
[aranya-], rithà [aristaka-], lavdd [alâbu-] ; 2" u est tombé à diffé- 
rentes époques dans le préfixe upa- : pâkhar [upaskara-] est com- 
mun à toutes les lang-ues et attesté dès la deçî ; mais baisnem 
[upaviç-) est un mot fixé antérieurement à vathân [upasthùna- ou 
avasthâna- T) , en tout cas à vahàn (upânab-), var [upari) ; ces mots 
ont d'ailleurs des aspects différents suivant les langues ; 3° plus 
récents sont bhitar [ahhyantara-), hilaguciu [abbi-lag-j ; mais ces 
mots se retrouvent en hindi, et le / dental du second est irré- 
gulier ; on a donc peut-être affaire à des emprunts ; thï attesté 
dans la Jiiâneçvarl provient-il directement de slrl (cf. pkr. thï) 
ou de pkr . ittbï ? En tout cas une forme vulgaire comme niop pour 
ainop « beaucoup » [mâp-) est certainement récente ; récents aussi 
les tatsamas nantar « après » pour anantar, peksâui « en compa- 
raison de » pour apeksâ)n '. mais il ne s'agit probablement pas 
d'une vraie apocope ; ces mots sont en réalité des postpositions 
et tyânantar lyâpeksàm, prononciation inévitable de tyâanantar, 
tyâ-apeksâm se coupent naturellement en tya + peksâin, tvâ -f 
nantar. 

3° Restent quelques altérations tout à fait isolées, comme la 
chute de y- de skr. yùkci, m. //, qui est propre au marathe aujour- 
d'hui, mais est attestée jusqu'en pâli (v. Pischel, § 335) ; l'abrè- 
gement et la décoloration insolites de ek « un » dans le composé 
akrà « onze », qui se retrouve sous des formes variables dans les 
autres langues de la famille. 

§ 175. Sous réserve de ces quelques irrégularités, dont le 
marathe ne semble qu'exceptionnellement responsable, le mot 
marathe reste intact, à ses deux extrémités. Il est donc dans 
l'ensemble indépendant dans la phrase; par là sans doute s'ex- 
plique en partie l'archaïsme relatif de sa morphologie et de la 
constitution même de cette phrase. 



MORPHOLOGIE 

GÉNÉRALITÉS 



§ 176. L'Inde a été un terrain particulièrement favorable aux 
tendances générales qui ont abouti dans la plupart des langues 
indo-européennes à la réduction et à la normalisation des formes 
grammaticales (cf. Meillet, Introduction, p. 410 et suiv.). 

Le système préhistorique des sonantes, très altéré déjà à 
l'époque védique, est ruiné complètement du jour où r se perd; 
plus tard, la quantité et même le timbre des voyelles dépendent 
de leur place dans le mot et perdent toute valeur grammaticale : 
dès lors le jeu des anciennes alternances vocaliques est rendu 
impossible. Rien ne vient le remplacer: car s'il a existé à une 
période quelconque un accent d'intensité, en tout cas il n'a pas 
provoqué dans les thèmes d'alternances nouvelles du type fran- 
çais sire : sieur, seigneur ou meurs : mourons. En ce qui concerne la 
flexion, la chute des consonnes finales, puis retfacement des 
voyelles finales et la disparition des consonnes intervocaliques 
ruinent l'opposition entre le thème et la désinence, et nécessitent 
l'établissement d'un système flexionnel nouveau, à thèmes 
uniques et à désinences de types peu nombreux (cf. Meillet, 
/^/J., p. 413-419). 

§ 177. La catégorie grammaticale commune au nom et au 
verbe, celle du nombre, a subi une atteinte d'ailleurs conforme 
à la marche générale des dialectes indo-européens (^Meillet, ibid.y 
p. 412) : le duel a disparu très tôt. Sans doute le sanskrit clas- 
sique conserve ce nombre tel qu'il l'a reçu du védique et semble 
même en développer l'emploi (v. Guny, Le nombre duel en grec, 
p. 68) ; mais tous les textes écrits dans des dialectes proches des 
parlers réels l'ignorent. Dès l'époque d'Açoka, le nom de nombre 
(( deux » a une forme de duel figée au nominatif, mais il a aux 
cas obliques des désinences de pluriel (p. ex. instr. duvehi) et le 
nom auquel il se rapporte est au pluriel (p. ex. duve morâ « deux 
paons », Girnar, I, 4). Il en est exactement de même en pâli (v. 



176 M0RPH0LO(;ii: 

MûUer, Pâli orani.^ 01-02; et en prakril (Pischel, § 360). Il 
est donc certain que dès le m*" siècle avant J.-C. l'indo-aryen 
avait perdu le nombre duel dans l'usage vivant. 

Au contraire les deux nombres subsistants, singulier et plu- 
riel, sont encore nettement distingués en marathe. En un seul 
cas, celui des nominatifs masculins du type dev, le singulier 
est semblable au pluriel : m. dev représente à la fois skr. devah 
et devâh. Toutes les autres formes nominales ou verbales sont res- 
tées distinctes au singulier et au pluriel. 



DÉCLINAISON 



§ 178. Le marathe a conservé, mais en le réduisant et en le 
simplifiant à rextrême, le système flexionnel du prâkrit. iVu 
reste, qu'il s'agît de la formation des thèmes ou des catégories 
grammaticales, le système ancien était déjà fortement réduit en 
moyen-indien. 

Thèmes. 

§ 179. Le sanskrit avait conservé les alternances des anciennes 
sonantes y^ v, r : i, u, r ; mais du jour où r s'est confondu avec 
rt, i ou M, la déclinaison des anciens thèmes en -r- a dû être rame- 
née à celle des thèmes vocaliques subsistants ; c'est l'état que 
présentent déjà toutes les inscriptions d'Açoka, sauf celles de 
Girnar Senart, Inscr. de Piyadasi, II, p. 338, 358, 389) et que 
note à quelques archaïsmes près la littérature pràkrite (Pischel, 
§ 389 et suiv.). Quant à la déclinaison des thèmes en -/- et -/;-, 
qui a duré plus longtemps (Pischel, § 377 et suiv.), elle a été, 
comme on verra, ramenée à celle des thèmes en -î et -n et rap- 
prochée de celle des féminins en -â. 

D'autre part la chute des consonnes finales, combinée avec 
l'ouverture des intervocaliques, a provoqué en prâkrit la dispa- 
rition presque totale des thèmes consonantiques ; sans doute dans 
la déclinaison des noms en -/, -)i et -s, les textes prâkrits con- 
servent encore, probablement sous l'influence de traditions litté- 
raires, un grand nombre de formes anciennes, mais l'adaptation 
à la déclinaison vocalique est dès Açoka le cas de beaucoup le 
plus fréquent (Senart, /. c; Millier, Pâli gr., p. 6i-05, Pischel, 
§§ 353, 395, 397, 404-iOG, I09i. 

C'est donc la déclinaison vocalique du prâkrit qu'on trouve à 

l'origine de la déclinaison marathe de tous les noms et adjectifs 

et de tous les pronoms autres que les pronoms personnels. Le 

marathe ne connaît en eirct c[ue deux types de flexion : 1° celui 

La formation de la langue marathe. 12 



178 bÉCM.N'AISON 

des noms terminés par une consonne, qui remonlenl aux anciens 
thèmes en -a- (fém. -â), -/- et -7-, -/% ; 2" celui des noms terminés 
par une voyelle longue résultant d une contraction, notamment 
dans les thèmes élargis où les voyelles -a-, -/-, -n- étaient sui- 
vies du suffixe -hi- (sur ce suflixe, voir Pischel, ?; TJilS ; Beames, 
11, p. 21> et suiv. ; Grierson, Phon., §§ 13, 30, 37 ; Joshi, p. I 7 et 
suiv.). 

Dans tous les cas le radical est fixe et n'admet d autres alter- 
nances que des variations quantitatives dépendant de la place des 
voyelles dans le mot, et dépourvues de valeur grammaticale ; ce 
sont les désinences seules qui expriment les catégories caracté- 
ristiques de la déclinaison . 

Genre. 

§ 180. Le prilkrit a conservé, et le marathe a conservé à sa 
suite, la distinction des trois genres, qui s'est oblitérée dans la 
plupart des langues modernes. Le marathe n'est d'ailleurs pas 
seul à posséder encore les trois genres : il en est de même du guz- 
rati (et des dialectes s'y rattachant, v. L. S. L, Bhil hing., p. 12 ; 
Raj., p. 5, 331) et dusinghalais. Sauf dans ces trois langues, qui 
forment un groupe continu au sud-ouest, le genre neutre a dis- 
paru partout de 1 Inde aryenne, même dans un parler aussi 
archa'ique d'aspect que le sindhi ; ailleurs il ne reste du neutre 
que des traces isolées : telle, en hindi, et sans doute en penjabi, 
la désinence de nom. -ace. plur., qui a été utilisée dans la décli- 
naison des noms féminins (Beames, 11, p. 20(> et plus bas, 5; 187). 
Même à l'extrémité orientale du domaine, tout un groupe de dia- 
lectes ignore totalement le genre grammatical : il a dis[)aru du 
bengali et de l'oriya dès les plus anciens textes (Beames, II, 
p. 178, cf. p. Ii7), il est inconnu à l'assamais ; l'usage en est 
restreint en népalais et dans la plus grande partie du Behar 
{L. S. L, Bilkiri, p. 38, oO) où l'adjectif est invariable. Il faut 
sans doute voir là un héi-itage de langues parlées par les popula- 
tions de ces régions avant leur apprentissage de l'indo-européen : 
on sait en effet que le tibéto-birman ignore le genre grammati- 
cal (L. S. L, Tibeto-bitrniaiL t. I, p. ; cf. les observations de 
M. Meillet au sujet de Tarménieu et de l'iranien, Gr. coiiip. de 
Varni. class., J:; 00). En tout cas la tendance à réduire le nondire 
des genres a dû se faire sentir très tôt dans les parlers orientaux : 
Pischel note que le passage des noms neutres en -a- à la décli- 



GENRE 179 

liaison masculine est très fréquent en mâgadhi et tout à fait rare 
dans les autres dialectes (§ 3o7) : c'est ce passage à la déclinai- 
son masculine dont témoignent les nominatifs singuliers neutres 
en -e des inscriptions d'Açoka (Senart, Inscr. de Piyadasi, II, 
p. 339). 

D'ailleurs si le marathe conserve telle quelle dans ses dési- 
nences la distinction indo-européenne des genres, l'emploi des 
formes y décèle aussi une autre influence. La distinction des êtres 
en animés et inanimés, fondamentale dans la morphologie des 
langues dravidiennes (v. L. S. /., Miiuda & Drav. lûug., p. 280, 
289 1, apparaît sur deux points de la syntaxe du marathe. En 
premier lieu, le nom complément direct d'un verbe est au cas 
direct s'il désigne une chose, au cas oblique suivi de s ou de là 
s'il désigne une personne ; les êtres animés autres que les 
hommes rentrent dans l'une ou l'autre des catégories ( v. Joshi, 
§458 ; Navalkar, § 490, 491). En second lieu l'accord du verbe ou 
de l'adjectif prédicat varie, comme on verra, suivant la nature des 
êtres désignés par les substantifs. Quelle que soit d'ailleurs l'ori- 
gine de cette distinction, le marathe n'est pas seul à l'appliquer ; 
on verra qu'en sindhi l'accord du prédicat se fait à peu près 
comme en marathe ; la règle relative aux postpositions se 
retrouve dans d'autres langues encore : en guzrati (v. Tisdall, 
p. 33), en sindhi (v. Trumpp, p. 4oo et suiv.), en hindi (v. Kel- 
logg, § 678), etc. 

Cas. 

§ 181. Les mêmes langues qui ont perdu la catégorie du 
genre ont également perdu à peu près toute désinence casuelle 
(Beames, 11, p. 227 et suiv.). Le marathe au contraire, comme 
la plupart des langues de la famille, a conservé une partie de la 
flexion ancienne et s'en est servi pour construire un système 
nouveau. 

Du moment où les voyelles finales perdaient leur quantité, 
puis leur timbre caractéristique, il devait s'en suivre une confu- 
sion progressive des finales monosyllabiques. Le fait est surtout 
apparent dans la déclinaison des noms masc.-neut. en -a-, fém. 
en -d, c'est-à-dire précisément dans le type de déclinaison qui a 
supplanté peu à peu tous les autres. De là le besoin ressenti par 
le prâkrit de nouvelles diiférenciations : l'abl. singulier -âf, très 



180 DÉCLINAISON 

tôt disparu, est t'-lar^i en -âdo, -âo par utilisation de la vieille 
désinence adverbiale skr. -tah ; raccusatil" pluriel en -mi est rem- 
placé par l'accusatif pronominal en -f ; le nominatif-accusatif plu- 
riel des noms féminins en -âh^ devenu semblable au nominatif 
sing'ulier du jour où l'aspiration iinale tombait, est élargi en -ào 
par cumul ou assimilation de désinences ; à son imitation, le 
nominatif masc. plur. subit le même changement, etc. De toutes 
ces adaptations essayées par le prâkrit littéraire, il en est très 
peu ({ui aient subsisté : mais elles témoignent d'un état mouvant 
de la langue où les désinences anciennes s'elfritant, il fallait en 
réduire le nombre ou leur donner plus de consistance : cette 
seconde tendance est celle de la littérature, naturellement con- 
servatrice ; c'est la première qui l'a emporté dans les parlers 
réels qui ont abouti aux langues modernes. 

§ 182. Tout d'abord, le nominatif, le vocatif et 1 accusatif se 
sont confondus en un seul cas, le cas direct. Le vocatif singulier 
ne subsiste dans les noms en -a- ({u'avec un allongement factice 
de la voyelle finale, ou se confond avec le nominatif (Pischel, 
§ 366 b) ; dans les féminins en -^7, le vocatif en -c, seul connu de 
Vararuci, ne tarde pas à céder aussi la place au nominatif (Pis- 
chel, § 37o). Quant au groupe nominatif-accusatif, il n'y sub- 
siste presque aucune distinction dès que les voyelles sont assez 
abrégées pour que la nasalité ne s'y marque plus ; au masculin 
singulier seulement devii a peut-être été plus longtemps distinct 
de devaini) : mais, soit que la nasalité ait entraîné une fermeture 
légère de la voyelle (le fait n'est sûr que pour les langues du 
type apabhramça, v. § 39), soit que le groupe ait subi lanalogie 
des autres, le résultat général est une forme unifjue de nom.- 
acc.-voc. pour chaque nombre : 

sing. plur. 

masc. devo-devam devùh-devàn 

neut. sûiram siitrâui 

fém. umlâ-mùlâm luCilâh (vinlâo) 

Ces considérations, qui trouveraient leurs analogues si l'on 
examinait les thèmes en -/ et en -h, ex|)liquent la formation en 
marathe, et d'une fayon générale dans les langues modernes, 
d'un cas direct, qui au moins dans les noms terminés par une 
consonne, est finalement senti comme la forme même du luot 
(cf. Meillet, Introduction, p. 413). 



CAS 181 

Ce cas désig-ne le sujet et Tobjet du verbe, quelle que soit la 
nature de cet objet i v. Laddu, /. R. A. 5., 1910, p. 871). 

§ 183. Parmi les autres cas, ceux qui exprimaient des rapports 
concrets ont, conformément à une tendance g-énérale commune 
aux langues indo-européennes, disparu progressivement de 
l'usage (Meillet, ibid., p. 425). Dès le sanskrit s'établissent des 
équivalences dans l'emploi de cas différents (voir Speyer, Ved. u. 
Sanskr. Syntax, §§ o3-oo, 73-74, 82, 84 : c'est le premier stade 
dans l'histoire de la confusion des cas indirects dont un texte 
comme le Mahâvastu par exemple otTre des exemples si fréquents 
(voir les notes de l'éd. Senart, passim). En marathe, il ne reste 
plus que des traces de l'instrumental, du locatif et de l'ablatif 
anciens. Les rapports réels sont exprimés à l'époque moderne 
par des postpositions s'alïixant k un cas oblique unique, substi- 
tut des anciens génitif et datif. 

Ces deux cas s'employaient fréquemment avec la même valeur 
en sanskrit (voir Speyer, ibid.. §§ 43, 71, 72) ; même dans la 
langue des brâhmanas la désinence de génitif-ablatif fém. sing. 
(skr. class. -âh) se confondait dans tous les cas avec la désinence 
de datif en -ai, v. Whitney, § 36o d. En sanskrit bouddhique, 
on trouve, dans un texte aussi ancien que le Divyâvadâna , 
des constructions comme celles-ci : tasya tatrâropayis\âmi >< je 
le mettrai sur lui » (p. olO), bahir vihârasya « hors du cou- 
vent » (p. 490) ; à plus forte raison des confusions du même genre 
sont-elles nombreuses dans le Mahâvastu (voir les notes à 1, 123, 
13 ; 309, 10, etc.). En pâli et en prâkrit l'unification est presque 
complète et le génitif remplace généralement le datif (Mûller, 
PaJi grai)i., p. 67, Pischel, § 361;. C'est donc le génitif, seul ou 
lié à un mot déterminant la nuance spéciale de sens à exprimer, 
qu'on s'attend à trouver à la base du cas oblique moderne. 

Il en est bien ainsi, du moins au pluriel : toutes les langues 
indo-aryennes, non seulement celles de l'Inde gangétique ou de 
l'Indus (Beames, 11, p. 218 et suiv.i, mais les parlers monta- 
gnards du nord-ouest (Grierson, Piç. laiig.. p. 33 1, et le tsi- 
gane I l'hypothèse de Miklosich, XI, p. 4, ne rend pas compte du 
parallélisme avec le singulier, ni de l'uniformité de la désinence 
à travers les dilférents types de flexion), aussi bien ([ue le sin- 
ghalais (Geiger, § 34, IV, § 36, IV), présentent un oblique 
pluriel qui remonte à l'ancien génitif. 



182 DÉCLINAISON 

Au siiig'ulier, l'accord est loin dêlre le même. Sans doute c'est 
encore le g'énitil" (juOn retrouve dans l'olilique de certains par- 
1ers de l'extrême nord-ouest, notamment le kaçmiri (v. Grierson, 
/. /.) et probablement le tsigane, à en juger par l'opposition de 
masc. rakles : fém. rakfa, qui rappelle de très près celle de skr. 
-asya : -yâh (Miklosich n'avance cette interprétation que timide- 
ment en ce qui concerne le masculin, et laisse la désinence de 
féminin complètement inexpliquée, ibid., p. 3, 12). Il n'est pas 
impossible qu il en soit de même en singhalais, encore que Gei- 
ger ne rende compte ainsi que du masculin (j^ 34, II) et fasse 
appel pour le féminin à la désinence d'accusatif (i; 36, II ; pour- 
tant il est à la rigueur [)ossible que -n remonte à skr. -âyâh ; 
cf. kâ <C kâya-, § 3, 1). Mais dans les langues centrales l'expli- 
cation se heurte à de graves difficultés. Le passage de -s -à -h- 
qu'on doit invoquer pour explicjuer la désinence d oblique mas- 
culin, est inadmissible dans la plupart des cas : parmi les langues 
modernes le singhalais — où d'ailleurs la forme -asa est conser- 
vée dans les anciennes inscriptions — et, sur le continent, le sin- 
dhi et le penjabi admettent seuls cette altération. Le prâkrit non 
plus ne l autorise pas : l'apabliraniça -Af /m, -^/;(i pourrait bien n'être 
qu'une transcription d'une forme moderne, peut-être occidentale ; 
àl'époque ancienne la désinence -aha est exclusivement mâgadhi, 
et d'ailleurs obscure (Pischel, sj 3()6, cf. § 264). Du reste la survi- 
vance de Vs ancien dans les obli(jues pronominaux de l'hindi A'/j. 
lis, cf. pkr. kissd, interdit d'en admettre la disparition en d'autres 
cas. — On serait de même amené à sup[)oser des développe- 
ments phonéti(jues anormaux dans les désinences de féminin. 

Seules les désinences anciennes du datif })ermettent de rendre 
compte des formes d'oblique singulier en marathe et dans le 
groupe gangétique sans faire appel à des hypothèses accessoires. 
Malgré la tendance générale du prâkrit à faire triompher le géni- 
tif du datif, la survivance de ce cas au singulier n'est pas impos- 
sible à admettre. Tout d'abord le pr;\krit normal otl're lui-même 
un exemple frappant de l'opposition de cialif siiii^- : génitif pJiir. 
dans la déclinaison pronominale : en regard de plur. nmhciuam/\\ 
conserve au singulier, à côté de marna, la forme uiajjhain, issue de 
l'ancien daiii niahya m ; or c'est cette dernière forme qui a fait preuve 
de la plus grande vitalité, puisqu'elle fournit l'oblique des pro- 
noms personnels dans un grand nombre des langues centrales 



CAS direct: cas oblique 183 

modernes (m. iiiajb-, h. iiiiijh etc., v. Beanies, II. 304 et suiv. ; 
dans le groupe du nord-ouest — v. Grierson, ibid., p. 9o, Miklo- 
sich, ibid., p. 22 — et en singhalais — v. Geiger, § 47, 1 — la 
déclinaison pronominale est formée suivant d'autres principes) : 
D'autre part le fait (jue Vararuci, d'accord en cela avec les textes 
prâkrits les plus anciens, interdit complètement l'usage du datif, 
tandis que Hemacandra l'admet précisément au singulier (III, 
132), comme faisait le pali, pour exprimer l'intention, semble 
prouver qu'il existait dans l'usage réel une tradition à laquelle 
la littérature avait d'abord résisté et devait finalement s'adapter. 
Dès lors le remplacement rappelé plus haut de la désinence de 
g'én.-abl. féminin par celle du datif dans la langue des brâhma- 
nas semble la première manifestation d'une évolution plus géné- 
rale, dissimulée par la tradition littéraire médiévale. 

Cette origine du cas oblique explique son emploi : dans les 
plus "anciens textes, il sert à la fois de génitif (exemples dans la 
préface de Mâdgânivkar à l'éd, de la Jnâneçvarî, p. 14-15) et de 
datif (ibid., p. 11 ; cf. Jmn., III, (i7, X. 91, 106, XIII, 453, 503, 
XIV, 44, XV, 193, XVI, 471-472-473, XVIII, 1289, 1327, 1331, 
etc., etc. ; inscription de Patan : ntadhâ diiihaJâ « donné au 
temple »). L'oblique n'a pris la valeur de cas indirect universel 
que plus tard, quand l'usage des postpositions s'est étendu et 
que les anciens cas indirects ont totalement disparu ; à l'époque 
ancienne c'est le cas direct, véritable accusatif, qui accompagne 
vâiucan'i « excepté » [heiu- Jçvarii-, etc. ; Jhàn., éd. Madgâmvkar, 
p. 15-16), c'est l'instrumental qui se construit avec sîin « avec » 
{ibid., p. 14) vîua « sans » [ibid., p. 16). 

§ 184. Le groupe des deux cas, direct et oblique, cons- 
titue donc l'essentiel de la flexion marathe : il reste à en étudier 
les différents types. 

1, — LE groupe: cas direct, cas oblique. 
I 
§ 185. La déclinaison des noms marathes terminés par une 
consonne remonte à celle des noms masculins et neutres en -a-, 
et à celle des féminins en -â et -l du sanskrit. 

§ 186. Le prototype de la déclinaison des masculins en -a- est 
ainsi constitué en sanskrit : 



184 



nom. 
dat. 



De là, en prâkrit 



DKCLI.NAISON 






Sing. 




Plur. 


(icvah [devo) 


nom. 


dcvnh 


devâya 


gén. 


devcinâm 


devo 




dei'H 


devâa 




devâuam 


narathe est: 






dev 




dev 


devn 




devâtn. 



Cas direct : 

Cas oblique : devâ 

Le vieux nominatif singulier en -o est conservé dans les adjec- 
tifs pronominaux jo, to : ce sont là des archaïsmes communs à 
toutes les langues congénères (Beames, II, p. 31 o) et dus au carac- 
tère monosyllabique de ces mots ; le même nominatif se re- 
trouve, sans doute sous l'influence des pronoms, tlans les parti- 
cipes présents adaptés à la conjugaison : enfin dans les mots où 
la dernière consonne est /;, cet -o final a été conservé pour protéger 
l'aspiration [lobo, Jâho. etc.). L'étape intermédiaire, de type tfe'//, 
est notée en apabhrainça et sert couramment en vieux marathe, 
comme dans la plupart des langues parentes à l'époque ancienne ; 
c'est cette forme qu'Albiruni a notée vers l'an 1000 (cf. Albi- 
runi, India, trad. Sachau, II, p. 238-239). Aujourd'hui elle n'est 
plus conservée qu'en sindhi : dans cette langue, où les voyelles 
finales résistent encore, la distinction du nominatif sing. et 
plur, est encore nette [dcvtt : devn) : de même le tsigane 
a perdu la finale au singulier mais l'a conservée au pluriel (cor : 
cora) ; le penjabi occidental a conservé trace de la vieille opposi- 
tion dans l'alternance du type kiikhiir : kukkar (pkr. kiikkudo : 
knkhidâ). Sauf dans ces langues, la différenciation entre le sin- 
gulier et le pluriel s'est partout etfacée comme en marathe. 

La coutraction du groupe -rn'rt de l'oblique singulier s'est faite 
en-^. comme en marathe, en sindhi. en penjabi occidental (oii 1 on 
retrouve la forme kukkar <i*kukkiirâ), en népalais et en maithili. 
A Goa au contraire la conti'action s'est faite en -c (cf. Joshi, 
Coinp. Grain., p. 1)3; faut-il rappeler ici pkr. -âyc'^ v. Pischel, 
^ 30ii. Sauf dans ces dialectes, l'oblique est semblable au cas 
direct dans toutes les langues qui n'ont pas conservé l'ancien 
fifénitif. 



CAS DIKECT : CAS OBLIQUE l8o 

§ 187. La déclinaison des noms neutres en -a- est identique 
en sanskrit à celle des masculins, sauf aux nominatifs-accusatifs, 
qui ont la forme suivante : 

sing. skr. si'itram > pkr. siiftam 
plur. skr. sûtràni > pkr. siittâim. 

De là, en marathe : 

sing-. sût 
plur. suton 

En guzrati comme en marathe la forme des noms neutres est 
semblable à celle des masculins (ceci explique la confusion de 
dcvo et devain, cf. § 182). Le singhalaisau contraire oppose masc. 
-â à neut. -a (la désinence du masc. est obscure ; v. Geiger, 
§33, I, §36). 

Au pluriel, la contraction ici encore s'est faite différemment à 
Goa, où la désinence de neut. plur. est -âni. La désinence du 
marathe commun se i-etrouve dans la désinence de fém. plur. de 
hindi -eiii ; celle du goanais, dans la même désinence de fém. 
plur. de penjabi -âiii. Le guzrati n"a plus trace de l'ancienne dési- 
nence de pluriel neutre ; il la remplace par la désinence -o qu'on 
retrouve dans cette langue facultativement à tous les genres : il 
faut entendre que le guzrati a élargi une désinence zéro attestée 
par exemple dans le Mu^dhùvabodhamauktika (écrit en '139i- ; v. 
L. S. /. , Giijaraii. p. 35i) ; comme le guzrati, le singhalais a éli- 
miné la désinence ancienne du pluriel et a dû faire appel à de 
nouveaux procédés (Geiger, s; 38, IL. 

§ 188. La plupart des noms masculins et neutres en -/ et -// ont 
été élargis en-ika-, -nka- ; parmi ceux qui ont subsisté, ceux en -n- 
se déclinent comme ceux en -a~ : ils iiksu-) et bund (biiidu-), iiiob 
(iiiadbu-) se déclinent comme dev, cor ou sut ; ceux en -/ ont subi 
un sort ditférent on ne saurait identilier m. Imd, neut. et skr. 
aslhi-. ni m. lath masc. et skr. yasti-i : ils se sont assimilés aux 
féminins en -/ ; ainsi m. ns^ fém. <' skr. ao-ni- masc. 

î^ 189. Le prototype de la déclinaison des noms féminins en -a 
est constitué par les formes suivantes du sanskrit : 

Sing. Plur. 

nom. islâ nom. istâb 

dat. istâyui gén. istânàm 



186 DÉCLINAISO 

Il apparaît immédiatement à 1 examen de ce tableau que lors 
de la chute de l'aspiration linale rien ne distinguait plus le nomi- 
natif pluriel du nominatif singulier. On aboutissait ainsi en prfi- 
krit à une déclinaison où l'ensemble des nominatifs des trois 
genres présentait l'aspect suivant : 

Sin2^. Plur. 

niasc. devo devâ 

fém. ittâ ittâ 

neut. sultam sutlâivi 

Ainsi le nominatif pluriel féminin ne se distinguait plus, ni du 
nominatif singulier du même genre, ni du nominatif pluriel mas- 
culin. C'était là un état paradoxal qui ne pouvait durer. De là, 
lors de la réduction des genres dans les dialectes se rattachant 
au type màgadhi, l'adaptation de la désinence de nominatif plu- 
riel neutre au paradigme des noms féminins, dont témoignent 
encore aujourd'hui l'hindi et le penjabi '. De là aussi, les élar- 
gissements en -âxo ou -âo ; le premier, usuel chez Açoka et en 
pâli, semble formé à l'imitation des nominatifs féminins en -Jyo 
fc était la seule forme qui n'était pas parallèle dans les deux 
flexions ; cf. Johansson, Dcr dial. der Sbûl)bâ::^garhi-redakt!on, II, 
p. oo, V. Henry, Grani. pâlie, ^ 100) ; le second, commun en prâ- 
krit, est l'aboutissant du premier, plutôt que le résultat d'un 
cumul de désinences comme le veut Pischel (§ 367, 376 ; cf. 
-rtvrt/ > -âe). Nous dcA'ons donc poser à l'origine de la flexion 
marathe les formes prâkrites suivantes : 

Sing. Plur. 

ittà ittùo 

ittâe ittâuain 

De là en marathe : 

Cas dir. ït ità 

Cas obi. ite itàm 

Le pluriel du kaçmiri inâla (sg. mal) et celui du tsigane [-ya 
c'est-à-dire -i-a) s'accordent avec la forme marathe. 

1. Dans ces langues, la substitution a pu ètro favorisée [)ar l'emploi hono- 
rifi<[ne du neutre à la place du féminin, tel qu'on le constate en marathe 
et guzrati ; cf. plus bas. 



TYPE CONSONANTIQUE 187 

Ici encore on trouve en g-oanais et en guzrati un autre abou- 
tissant de la contraction : le nom. plur. y est en -o ; en sindhi 
les deux formes se rencontrent : à et fi suivant les dialectes 
(Trumpp. p. 109). Nulle part ailleurs qu'en marathe il ne s'est 
conservé de forme d'oblique sing-. distincte du cas direct dans les 
langues centrales. Kaçm. mâli (pkr. mâlâe ?) semble s'apparenter 
à la forme marathe ; cf. tsig. -ya. 

§ 190. Le prototype de la déclinaison des noms féminins en -f 
est constitué par les formes suivantes du sanskrit : 

Sing-. Plur. 

nom. râtrî nom. râtrxo 

dat. râtrxai gén. râtrJiiâni 

Lorsque y en groupe avec une occlusive perdait son articula- 
tion, on a rétabli partout J à la place de \ ancien. De là les 
formes prâkrites : 

rattî raiilo 

rattîe rattluam 

Ces formes aboutissent en marathe au paradigme suivant : 

rât rât'i 

râtl râîJin 

Le sindhi présente une déclinaison comparable : nom. sg. 
bbitè. plur. hhitefi'. obi. sg. bhitë. plur. bhit'he (Trumpp, ibid., 
p. IIO, 128). Cf. le plur. penjabi occidental en -//// iakkbh etc.). 
Le kaçmiri otTre avec le marathe un parallélisme frappant : nom. 
sg. râtb, datif sing. et nom. plur. rôt^û, dat. plur. rot^iin (Grier- 
son, Maniiûl of the kashm. lang., p. 32). 

Les noms féminins en -u ont été assimilés à la déclinaison des 
noms en -a. Ainsi : khâj ikharju-), madh (madhii-), vîj (vidyut-) font 
à l'oblique sing. khâje, madhe, vije. 

II 

§ 191. La déclinaison des noms marathes en -à. -ein, -f, -//, -o 
repose sur les mêmes principes cpie la déclinaison consonantique. 
Ces noms proviennent de noms sanskrits où la voyelle pénul- 
tième étant a, i, u, la dernière consonne du thème est tombée; 
les voyelles finales se sont alors contractées suivant les règles 
exposées au § (30. A cette déclinaison appartiennent en particu- 



188 



DECLINAISON 



lier les noms el adjectifs à élargissement des tyjies -rt-/i"rt-, -i-ka-, 
-u-ka-, qui sont extrêmement fréquents et de formation toujours 
vivante. 

Les désinences prennent dans ces noms l'aspect suivant : 

l'' Noms en -a. 

Masculins en prâkrit : -a\o -ayà 

-âydya -ayânam 

De là, en marathe, les désinences : 

-à -e 

-eô, y à -eâiju yd'P 

Neutres : les nominatifs seuls difîèrent. Ils sont en prâkrit : 

-ayaiii -ayàim 

d'où en marathe : 

-eui -îm 

Les noms féminins en -â sont tous des emprunts ; ils se 
déclinent comme les noms en consonne provenant d'anciens 
noms en -a. 

2° Noms en -/-. Masculins : 

En prâkrit : -iyo -iya 

-iyayâ -iyâijain 



d'où, en marathe 



-i -î 

-y CL -\âm 



Le nominatifs neutres sont 



-//// 



pkr. -iyaiu ~> mar. 
pkr. -iyâiiii >> mar. -ycni 

Féminins. — La finale féminine skr. -ik('i, l'are en védique 
(v. F. Edgerton, The k- suffixes of iiido-iiaiiian, I, p. 58 ; cité par 
Meillet, BiiU. Soc. Ling., n" 50, p. liv), a pris en sanskrit (plus 
particulièrement en sanskrit occidental, v. S. Lévi, Vartakà « la 
caille »,/. A., 1912, II, p. 513) comme en iranien un dévelop- 
pement plus o^rand au cours du temps et sert de désinence nor- 
male du féminin dans les noms et adjectifs élargis de l'indo- 
aryen moderne. Les formes qu'elle prend sont en prâkrit ; 



TYPE VOCALIQUE 189 

-iyâ -iyâo 

-iyàe —iyànam 

d'où en marathe : 

-î -yà 

-ie, -î -yâm 

Le nom. sing. en -ê s'est conservé dans les pronoms de la 
langue poétique : te ou tJ « elle » . 

L'obi, sing-. -/>, commun aussi dans la langue poétique, ne 
subsiste plus que pour les mots strï tats.) et hî [blja-]. 

3" Les paradigmes étymologif|uement réguliers des noms en 
-//-. obtenus suivant les mêmes principes que ceux des noms en 
-/-, sont les suivants : 

Sing. Plur. 

m. -/?, n. -/?///, f. -ù m. -/?, n. -veiii^ f. -va 

m.-n. -iw, f. -ve m.-f.-n. -vùm 

Ces formes sont 'toutes partiellement conservées, mais des 
analogies ont troublé la régularité du système. D'abord l'oblique 
sing. fém. est, comme loblique sing. des féminins en -/, 
devenu semblable au cas direct. D'autre part le cas direct plu- 
riel des féminins s'est réduit à -rt, sans doute par imitation des 
masculins, tandis que le cas oblique sing. masc. devenait à son 
tour semblable au cas direct comme celui des féminins. De là 
une flexion de masc. -fém. ainsi constituée : cas direct sing. et 
plur. -n ; cas oblique, sing. -n, plur. -vùm : on s'explique aisé- 
ment que le dernier stade du nivellement, marqué par obi. plur. 
-ilm (obtenu d'après les types masc.-neut. sing. -à, pi. -â)n, fém. 
sing. -/, pi. -//// ou sing. -vrt, plur. -yâ}u) soit atteint dans un 
grand nombre de cas. 

La déclinaison ancienne n'est plus conservée au masculin que 
dans un petit nombre de mots (dont la liste diffère d'ailleurs 
suivant les grammairiens ; voir p. ex. Joshi, p. 98-77 ; Naval- 
kar, p. ijo). Dans les féminins, la flexion ancienne n'est plus 
licite qu'au Concan. Enfin dans les neutres on constate une 
ingérence croissante de désinences provenant de la déclinaison 
en -a- : le résultat le plus commun est le suivant : 

-ûin -eiji 

-it ou -â -yàm 



490 DÉCLINAISON 

En l'état actuel des recherches il est impossible de suivre 
dans le détail l'histoire de ces altérations. 



2, TRACES d'autres DÉSINENCES ANCIENNES 

§ 192. (Jutre les désinences conservées dans la flexion vivante 
examinée jusqu'ici, le marathe a conservé quelques traces des 
anciens cas indirects autres que le génitif et le datif. 

Instrumental. 

§ 193. Dans diverses lang'ues il semble exister des formes 
d'instrumental, dont l'origine est douteuse (v. Beames, II, p. 224, 
Grierson, /;//;-. to the Maith. lau^i^., p. 44-4o). Ce n'est que dans 
le groupe du sud-ouest qu'il reste des traces sûrement anciennes 
de ce cas. En singhalais il n'a subsisté que la désinence -ena, qui 
sous la forme -en -in se rencontre au sing. neut. des noms et 
dans le mot visin [vaçena] qui sert de postposition. C'est cette 
même désinence qu'on est tenté de reconnaître dans le vieux 
guzrati sing. -////, -/////, et les formes modernes comme ^m « par 
qui? ». Enfin en marathe, l'instrumental a été un cas vivant 
dans la période ancienne de la langue, et il en reste un certain 
nombre de formes fixées à l'époque moderne. Les désinences du 
vieux marathe appartiennent elles aussi à la déclinaison des noms 
en -a ; mais elles com[)rennent les désinences de singulier et de 
pluriel masc.-neut. et de singulier féminin. 

1** La désinence d'instr. sing. masc.-neut. est -^/// <^ skr. -ena. 
Dans la Jhâneçvâri les exemples sont innombrables ; on trouve 
dans les anciennes inscriptions : Câvitijdarâjein « par le roi 
Câvuuda >i (Çravana Belgola) ; gâdhavenj « par un âne » (Parel) ; 
bâyakem « par une femme », senavaieni « par le général «, tlevein 
« par le dieu », râein « par le roi », etc. (Pandharpur) ; innpcin 
« selon (avec?) la mesure » (Patan). 

Cette désinence est, en marathe comme partout, presque la seule 
dont des traces notables aient survécu à l'époque moderne. On 
la trouve dans des mots servant de postpositions comme pra- 
viânein « à la manière de », mfilein « à cause de », saingein « en 
compagnie de, avec », probablement nciii « par le moyen de » 
[naya- ?), savent et çini « avec )> (skr. saniani, sahitani avec la dési- 
nence d'instr. par influence du sens) et dans les formes jointes à 



INSTRUMENTAL 191 

la postposition harûn « grâce à », p. ex. teueiu karftn « grâce à 
cela » (la désinence -ein a été étendue aux autres types de 
flexion ; aplxâ krpeiii harûn^^ par votre faveur », v. Navalkar, § 3o3 
note). 

2° Au pluriel la désinence est -/;// (pkr. -ehiiii, skr. -ebbih). Les 
exemples sont rares dès les plus anciens textes ; Jnàneçvârî : don- 
hïm « par les deux » (XVIII, 245 ; cité par Mâdgâmvkarj, cinhlui 
« parles signes (XVI, 14); inscr. de Pandharpur : bhatîm, pan- 
ditïm. Dans la langue moderne /;////, postposition de l'instrumen- 
tal pluriel, est la l'orme plurielle de non. 

3° Au féminin singulier, la désinence est -ù ; M. Mâdgâmvkar 
en a donné de nombreux exemples dans son édition de la Jnâ- 
neçvarl, p. 12-13; il suffit de citer ici vojâ « par honneur », 
âtmasukhâciyà godiyâ « par le goût du plaisir égoïste » ; de même, 
dans l'inscr. de Pandharpur, devià « par la déesse ». Peut-être 
est-ce cette désinence qu'on retrouve dans l'adverbe belâ (skr. 
helayà) <( facilement ». 

L'origine de cette forme est moins claire que celle des dési- 
sinences masculines. Il existe en prâkrit, à côté de l'oblique en 
-ae. une désinence d'instr.-gén.-loc. en -âa que ^'araruci n'ad- 
met pas, mais que les textes conservent et que Ilemacandra est 
finalement amené à consacrer de son autorité (v. Pischel, § 375). 
II s'agit probablement ici de la même désinence que pâli -âya qui 
a les valeurs d'instrumental, de génitif-ablatif et de datif. Cette 
désinence a très vraisemblablement son origine dans la contami- 
nation de gén.-abl. -âyâh, loc. -âyâm et instr. -ayù où la première 
voyelle s'est allongée par analogie des autres cas, comme s'était 
allongé, ainsi qu'on a vu, le -/ delà désinence fém. plur. pkr.-/o. 
C'est cette désinence pâli -âya., pkr. -àa qu'il faut sans doute 
reconnaître dans l'instr. fém. en -ci. 

Dès la période ancienne, l'instrumental pluriel manque pour le 
féminin : c'est l'oblique qui en tient lieu [vividhâin pujâni « par 
divers hommages »). C'est également l'oblique qui sert au pluriel 
dans les noms et adjectifs masculins et neutres élargis en -à : -eni 
[çrotiim « par les auditeurs » ; aisâin cinbun •< par de tels signes »'. 

Dans les noms et adjectifs masc.-neut. en -â : -ein, l'instru- 
mental singulier prend en vieux marathe une forme particulière, 
qui semble à première vue un tatsama. Ainsi, dans l'inscription 
de Patan : uiâdbîcena inàpan « selon la mesure employée au 



192 DÉCLINAISON 

temple », clans la Jfiâneçvarriwr^wrt (=: vùryà neiu « par le vent », 
XIII, 24). Mais la désinence est en réalité -ni ; la forme -na n'en 
est qu'une variante assez rare ; d'ailleurs la constance de groupes 
du type de mohem mâjireni (« par l'égarement et la folie », XIV, 
253), taiseni jmneiu (« par cette connaissance », XVIII, 1 100) rend 
peu probable a priori la restitution de la désinence sanskrite 
dans des cas si nettement définis. Il faut reconnaître ici l'oblique 
en -e, constant dans les vieux textes, suivi dune postposilion k 
n initial, sans doute précisément celle qui a pris l'extension 
que l'on sait dans la langue moderne sous la forme nem : nim ; de 
là vient que dans certaines éditions la confusion a été faite : 
ainsi au lieu de jânateni « par celui qui sait », I, 25, les éditions 
populaires ont jânate iieiu. C'est la même postposition qui s'ap- 
plique dès les plus anciens textes aux noms en -u, c'est-à-dire 
aux noms élargis en -a ; ex. vâyrini. 

Locatif. 

§ 19i. Il existe en vieux-marathe deux désinences de locatif, 
toutes deux du singulier : Tune, -îrn, est celle des noms en con- 
sonne, ex. : pàsun m. (( sur le côté, près de », velîm f. « au 
moment, à temps n,gbaniii n. » à la maison » ; l'autre est celle 
des masc.-neut. en -â, -ein : ex. galâiii m. « dans la gorge », cân- 
dinâm « au clair de lune » et des adjectifs du même type ; ex. 
âingJin mâjbxcïin (i dans mon corps » (Jnân.. M, 139), prathamhn, 
dujàmyCaitthhn (ib., X, 2i ; cf. les ex. cités par Mâdgâmvkar, p. i5j, 
lyâm pâtanîm « dans cette ville de Patan » (inscr. 1128 çaka). 
Il suffit de se rappeler les principes de la déclinaison des noms 
en consonne et des noms en voyelle longue pour écarter l'hypo- 
thèse de l'identité des deux désinences : ce sont deux formes 
d'origine dill'érente (|ui ont été adaptées à deux types de flexion. 

Le singhalais lui aussi a deux désinences de locatif, toutes 
deux applicables aux noms neutres, et arbitrairement réparties : 
Tune remonte selon (leiger à skr. -e, l'autre à p. -aiiibi (Geiger, 
§ 3(S, I, 3). Et en elfet dans l'usage prakrit les deux désinences 
en -é et -mini coexistent dans les textes sans qu'on puisse y 
reconnaître aucun principe de répartition (Pischel, § 366 a). Si 
ce sont ces désinences (ju'on retrouve en marathe, il faut admettre, 
en ce qui concerne la première, qu'à l'épocjue où -e final a passé 
à -/" (cf. pkr. ahine, m. àhinij, cet / s'est nasalisé probablement 



LOCATIF 193 

SOUS linfliience d'autres désinences, comme celle de Tinstrumen- 
tal en -eiii ou du locatif voisin en -âiii, ce qui lui a permis de 
subsister. 

D'autre part lidentilication de la désinence -âiii avec pkr. 
-animi pose des difficultés d'ordre phonétique : la réduction de 
-mm- à -m-, lui-même caduc, est tout-à-fait anormale ; faut-il y 
voir un traitement spécial à la fin du mot ? Même dans ce cas 
on s'explique mal que -/ final n'ait pas coloré la voyelle précé- 
dente comme dans -eiii désin. de neut. plur. (skr. -âmi) ou de 
l'"® pers. sing^. (skr. -âmi). 

Les autres lang-ues n'apportent guère d'éléments de solution. 
On trouve en penjabi une désinence sing-. -oin, plur. -//// ; Beames 
voit dans la forme du singulier un ablatif ; dans ce cas la nasa- 
lité y viendrait de la désinence plurielle qui serait alors, non 
l'équivalent du locatif singulier marathe, mais un instrumen- 
tal (pkr. -ebiiii, mar. -/"/// ; dans le texte de Beames, II, p. 223, 
ligne 6 du bas, corriger is not restricted en is noiu...). 

Le locatif singulier en -i au contraire se retrouve en plusieurs 
endroits, le sindhi la conservé dans les noms masculins en -u 
(Trumpp, p. 120); de même le jvieux guzrati [L. S. L, Guj., 
p. 3j4). Cet -i était normalement destiné à tomber partout : c'est 
ainsi que les poèmes de Tulsi Dàs abondent en locatifs sans dési- 
nence. Dans les noms à élargissement en -au (pkr. -rto, m. -a), le 
loc. prend régulièrement en vieux guzrati la forme -ai {L. S. L, 
Guj., p. 35G) ; la forme en -e qui en guzrati moderne a la valeur 
d'instrumental et de locatif [ghode à côté de ghodâ-e) représente sans 
doute cette désinence contaminée avec celle de l'ablatif pkr. en 
-âhi ; il est permis de supposer que c'est la même confusion qui 
explique la désinence apabhramça en -ahiin comme les désinences 
du vieux maithili en -abi^ -abiin (> e, em\ Grierson, lutrod. to 
themailb. dial., § 78) ; c'est sans doute à cette désinence, et non 
à skr. -e que remontent encore or. et beng. -e (Beames. Il, 
p. 223). La forme marathe en -//// est indépendante de celle-ci. 

Les désinences de locatif sont mortes comme telles en marathe 
moderne. Il reste de celle en -/;// des formes fixées comme s'ban))i 
u à la maison », pâçïm « auprès », velïin « à temps » ; celle en 
-ûin fournit les formes dérivées de participes présents du type 
pàbtdm « en voyant », kàritain « pour ». La distinction des thèmes 
n'est plus sentie d'une manière nette au Goncan, où l'on dit çctà)}i 
La formation de la langue marathe. 13 



194- DÉCLINAISON 

(de cet, sUr. ksetra-), gardin [m. ghariin), v. L. S. L, Marathi, 
p. 174. 

Ablatif. 

§ \*X'). Labl. niasc.-neut. siiij^. en -ât a disparu de l'Inde et de 
Ceylan ; il ne semble plus subsister que dans tsig. -al (Miklo- 
sich, XI, p. ■)). Le prrdtrit -âo qui l'a remplacé est à la base de 
Y. sindhi -au (Trumpp, p. 118 ; selon Beames, II, p. 225, la dési- 
nence moderne -àni est identique à celle-ci : dans ce cas elle 
aurait été sentie comme postposition puisqu'elle s'ajoute à 
ro])lique pluriel], probablement aussi de penj. loc. sin^. -oin cité 
plus haut et des postpositions du type hindi ko, sindhi khaiim 
khâiii, etc. (v. Grierson, K. Z., XXXVIII, p. 476). 

Il semble bien que l'on trouve la même désinence pkr. -âo, 
combinée avec le mot alïixe -/// -//, dans l'ablatif sing-. du vieux 
marathe en -amii, -oui, -uni {incghauni «■ du nuage », divûni 
« depuis le jour », etc.), qui subsiste uniquement dans des mots 
à fonction grammaticale comme kadnn, pâsnn (v. m. pàsauni) 
« dà coté [dej », âintnn « de dedans » (cf. beng-. duS.-E. abl. en 
-tun'T) ou des adverbes comme nidgnii « après ». La poésie et les 
textes de la secte Mânhhav ont conservé pour marquer Tablatif 
avec la valeur de pâsûn une forme pâsdv qui semble bien être 
l'ablatif du mot pds à l'état pur. L'absence de toute aspiration 
dans ces formes anciennes et la rareté dans les vieux textes du jux- 
taposé : oblique -|- gérondif du Acerbe « être» hoi'ui [mod. hûn) rend 
invraisemblable l'explication courante suivant laquelle v. m. -un 
serait une forme dérivée de la forme moderne en-bûn (cf. Beames, 
II, p. 234) : comme on le verra au contraire, l'inverse est le plus 
probable. V. mar. -do aboutit normalement à m. mod. -à : ceci 
rend possible l'explication de la postposition Id « pour » par un 
mot à l'ablatif ; v. plus lias § 200. 

§ 190. Ainsi, sauf le génitif-datif, le vieux marathe ne conser- 
vait que ([uelques désinences anciennes de cas indirects ; ce peu 
s'est réduit à presque rien dans la période moderne. Les rapports 
concrets et certains des rapports grammaticaux ont dû alors être 
exprimés par l'oblique accompagné de mots affixes qu'il reste à 
•examiner. 



POSTPOSITIONS 195 



POSTPOSITIONS. 



§ 197. La réduction du nombre des cas, conformément à une 
loi plus dune fois observée (cf. Bréal, Sémantique'^, p. 14, cité 
dans Meillet. De quelques innovations..., p. 28), a coïncidé avec un 
usag'e de plus en plus constant de mots accessoires destinés à 
préciser les nuances de sens laissées dans l'ombre par l'emploi 
d'un cas indirect unique. En sanskrit classique, le nombre des 
prépositions indéclinables anciennes se restreint , mais par contre 
un nombre toujours croissant de noms fixés à l'un de leurs cas 
et de gérondifs se dépouillent peu à peu de leur signification 
primitive et servent à exprimer d'une fa(jOn périphrastique les 
rapports usuels (v. Speyer, Ved. u.Sanskr. Syntax, §§89,91, 93). 
C est là 1 origine des mots ou particules aftixés aux noms 
marathes et qui fournissent à la déclinaison moderne ce qu'on 
appelle improprement ses désinences. 

Certains de ces aflixes sont clairs ; telle mot var « sur », skr. 
îipari : c'est le seul indéclinable ancien conservé par la langue popu- 
laire ; telles encore les formes diverses des mots âint « dedans » 
(loc. ûint, abl. âintan, skr. antal)), kad « côté » (obi. kade, abl. 
kadûni, skr. kati-), ghar « maison » (loc. ger « avec » en concani, 
L. S. /. , Mar., p. 174), pas » côté » (loc. pâçïin, abl. pâsùn ; skr. 
pârçva-), mâg (* chemin » (instr. mdgeni, abl. màgûn\ skr. uiârga-) 
ou des gérondifs comme vanjcnn « excepté », hoûn, hiln « de 
(abl.). » D'autres comme -si, -tein, -là <( à, vers », wmplur. nîuj 
« par » sont obscurs : c est pourquoi les grammairiens ont cou- 
tume de les classer différemment : « Ce qui distingue une dési- 
nence d'une postposition, dit Joshi, est que la première n'est 
pas un mot, parce qu'elle n'a pas de sens par elle-même ; elle 
n'acquiert de sens qu'en conjonction avec le mot avec lequel elle 
est aftixée [Coinpreh. grani., § 209), » Il reconnaît d'ailleurs que 
certaines des postpositions, comme Jâglin, sâfhiin, n'ont plus 
d'existence indépendante à l'époque moderne et jouent le rôle 
de vraies désinences. 

Tel est le cas par exemple de -//// « désinence » du « locatif » 
moderne. En réalité il s'agit d'un mot anit « l'intérieur » qui pro- 
vient, soit de skr. antrani qui n'est connu en sanskrit qu'avec le 
sens d' « entrailles », cf. antara- « intérieur ))^ soit de skr. antah 



196 DÉCLINAISON 

(pâli et pkr. anto) « dedans ». Ce mot est encore indépendant en 
vieux marathe : on trouve dans la Jnâneçvarl gâiiivâ âintii, VI, 
311. sarpahiJâ âiiit, X.2'i2, ak.unnin (li!it,X,2()9, gudJkHiji âiiit, X, 
2Î)<S lies mots sont ici séparés par le rythme: giidhâm rime avec 
piidhâin), et même, avec intercahUion d'une particule tayâ ùgha- 
veyâin ci âint, XI, 580 (dans varsâiiiliiii, XV, 28a, il s'agit du locatif 
de -anta- : <* à la (in de la pluie »). On trouve encore dans Tukâ- 
râm et Eknâth sabhe àml et même dans Moropant tumhâm âmt 
(ex. cités par Godbole, A new grain.'', p. 131) ; mais dès Nâmdev 
l'allixation se produit dans les cas favorables : kfirasâgarûmt 
{Nai'iviit, p. 16j, de même dans Tukârâm : lokiîint (ibid., p. 48) 
ouVâman: toiiidânit, divasùmt (ibid., p. 129). Elle est généralisée 
dans la langue moderne : de là par exemple les formes nadtnit, 
kalhcinl. 

Il n'est pas interdit de supposer à l'origine des autres postpo- 
sitions une évolution semblable ; mais celles notamment qui 
expriment les rapports grammaticaux se présentent souvent à un 
degré d'altération tel que 1 histoire en devient presque impos- 
sible à reconstituer. 

En elfet l'interprétation fait deux ordres de difficultés : 

1° Les mots qui se sont afiixés ainsi ont pu, en devenant 
outils grammaticaux, subir des modilications de sens considé- 
raliles qui échappent à la conjecture : tel le mot mârga-« chemin » 
qui a pris le sens de (( derrière, après » dans mar. mâgeiii niâgiin\ 
môme évolution de sens sans doute dans kaçm. path, pata si ce 
mot remonte à skr. panlhan- {\e, mot qui désigne le <( chemin » 
dans la langue est avï//;, c'est-à-dire skr. vartnuin-, m. vâf) ; de 
même en i)ali, pitlhc dont le sens primitif est « sur le dos », en 
vient à signifier non seulement « sur » [sayanapitthe « sur le lit », 
vdlukâpitthe « sur le sable ») mais « dans » {samiiggapitthesu, litt. 
« sur le dos de colFrets », « dans des colfrets » ; exemples emprun- 
tés à la note du Mahàvaslii, éd. Senart, I, p. 624) : ce même mot 
sous la forme pclh pcthi en kaçmiri veut dire « sur » et (( dans », 
et à un autre cas. sans doute l'ablatif, petha signilie (( de dessus, 
depuis, pendant » (^Griersun, Man. Kaçm., II, p. 123-124; 
M. Grierson ne donne cette étymologie que comme possible 
dans P/r. lang., p. 35). 

2" En raison de leur position accessoire et de leur faiblesse 
sémantique ces mots subissent souvent une évolution phoné- 



POSTPOSITIONS DU DATIF 197 

tique irrégulière ; on a vu la perte de la vovelle dans âiiit ; un 
des exemples les mieux connus du même fait est celui de skr. 
maàhya- ; ce mot est conservé correctement en marathe sous la 
forme iiiâj « ceinture », et c'est le tatsama madhyem (avec nasali- 
sation spontanée ou analogique des postpositions à l'instrumen- 
tal mâgeiii mfdeiu hùranem nel^i, etc.) qui sert à former le locatif 
périphrastique ; mais dans d'autres langues, où d'aillems la 
forme phonétiquement correcte existe souvent dans le sens de 
« milieu, ceinture, etc. », le mot a subi des altérations qui ne 
sont pas explicables par les règles phonétiques ordinaires : 
en sindhi. à côté de niawjhâm « hors de », on trouve me 
« dans » luànj iiioin « hors de » ; de même en hindi, à côté de 
Jiiaiiijb, les équivalents Diahùm luanj et surtout mem « dans ». Cet 
exemple sufiit à témoigner des accidents imprévisibles que 
subissent ces mots accessoires et qui déroutent l'historien. On 
est donc réduit, pour les postpositions dont le sens n'est pas 
immédiatement apparent, à des hypothèses principalement des- 
tinées à rendre compte autant que possible des formes prises par 
un même mot dans les diverses langues ; car il est peut-être 
plus urgent encore de classer les formes que de les expli- 
quer. C'est en tenant compte de ces réserves qu'il faut lire les 
remarques qui suivent. 

Les postpositions sont de deux sortes : les unes, indéclinables, 
sont des noms fixés à certains cas ou des mots orio-inairement 
indéclinables ; les plus importantes, qui sont en même temps les 
plus obscures, sont celles qui expriment à diverses époques de 
la langue les relations de « datif » et d' « instrumental ». Une 
seule est déclinable : c'est un adjectif d'appartenance, générale- 
ment désigné sous le nom de « génitif » . 



1. — Postpositions du datif. 

-si, -s 

§ 198. Cette postj)osition est la seule parmi celles du datif (pii 
soit vivante à toutes les périodes de la langue. Si elle manque à 
rinscrii)tion de Patan (c'est l'oblique seul qui a le sens du datif: 
madhâ diiihalâ « donné au temple »), on la rencontre dans celle 
de Pandharpur {viuhala-deva-râydsi, ieyâsi « à lui ») ; chez Jnâ- 



198 DÉCLINAISON 

neçvar et les poètes postérieurs, maljjjré lu concurrence du cas 
oblique indépendant et des autres postpositions, elle est fré- 
quente ; sous la forme -s elle est courante dans les Bakhars et 
encore aujourd hui lusage en est fréquent dans le Dec, constant 
au Concan. 

Ou rapporte généralement cette postposition en -s au génitif 
skr. en -sya (cf. Grierson, K. Z., XXXVIII, p. î)iSl ; en dernier 
lieu Lesny, /. R. A. 5., liUl, p. 179 1 : si l'on admet que l'oblique 
sing. en -â est un ancien datif on n'est plus obligé de supposer 
deux aboutissants à la même désinence dans la même langue 
— invraisemblance qui d ailleurs n'a arrêté aucun des savants 
jusqu'ici — et l'hypothèse courante devient plausible a priori ; 
mais elle se heurte à d'autres difficultés. Sans parler du sens, 
qui est toujours celui de l'objet direct ou indirect, et jamais le 
sens possessif ou partitif, la forme elle-même rend l'explication 
inadmissible. D'une part, ainsi que la remarqué M. Râjvâde 
[ÇrîjhâneçvarïmtlJ maralhl bbâseceiii lyâkarnij, p. 11), cette explica- 
tion ne rend précisément pas compte de la forme ancienne -si, 
dont -s n'est qu'une altération normale ; car skr. -sya ]> pkr. 
-ssa ; et d'autre part elle ne s'appliquerait, en l'admettant à la 
rigueur, qu'au gén. sing. des masc.-neut. consonantiques ; non 
seulement le pluriel des mêmes noms {nieghdnisi, II, 14), mais 
les formes des autres types de flexion [drstJsi, nicïsi, I, 23, 35 ; 
litinhaiiisi, l^^ i2j resteraient inexpliquées, sauf par une extension 
analogique invraisemblable. En réalité tout se passe comme si 
-si, -s était ajouté aux diverses formes d'obli({ue ' des substantifs 
et des pronoms. C'est ce ({ui a conduit M. lîâjvâde à l'idée ingé- 
nieuse de rapprocher l'adverbe ûspâs «■ autour », composé de 
deux mots au locatif (cf. s. âsipàsi, penj. occ. âsepâse) ; le second 
est pas =^ skr. parçve ; le premier, ])our lequel M. Râjvâde cojis- 
truit une étymologie inacceptable, est probablement le locatif du 
mot pkr. assa-, skr. açra- « bord », encore attesté sous forme 
indépendante en deçî (asayam nikatam) et en singhalais [as « côté, 
coin », n'' 993 dans Geiger, Etyni. luôrt.). Si l'étymologie propo- 

1. M. Hâjvâfle (//7/ii., p. 10) a reconnu dans -<'/ du type putâS l'ancienne 
désinence de datif -âya ; il est curieux que cela ne lait pas conduit à expli- 
quer de la même façon le o-énilif en -â. c"esl-;i-dire roljUipie lui-même (cf. 

ibiâ., \). i:{). 



POSTPOSITFONS DU DATIF 199 

sée est exacte, il faut admettre que \e â- initial s'est réduit de la 
même façon que plus tard celui de àmt (cf. § 197). 

Quelle que soit l'interprétation étymologique de cet affixe, 
il faut en tout cas le distina^uer nettement d'un avitre affixe à s-, à 
savoir çîiii » avec » ; ce mot-ci s'apparente sans aucun doute avec 
sûhita-, dont il est un locatif ou un instrumental. Tandis que -si « à » 
n'est connu qu'en marathe (cf. peut-être aussi en bhili l'obi, 
plur. en-<?5, L. S. I., Bhil. hnig., p. 3), son rôle étant tenu ailleurs 
surtout par des mots enk- (exceptionnel sur le territoire marathe; 
traces dans les dialectes de la côte, v. Joshi, Coinp. Gram., 
p. 142'), ou en -r, le mot çîin « avec » se retrouve dans presque 
tous les suffixes en -5 des autres dialectes : singh. bâ ihi « avec », 
tsig. sa « avec », kaçm. sûtin « par », sindhi sa, sâu, se, senii 
« avec », g-uz. siini « avec », concani sa « de (abl.) », sf « parmi », 
braj. sa, rajasth. soi sfi « de )),hind. se « avec » (cf. l'emploi avec 
les verbes milnâ « se rencontrer ^^,holnâ^<- parler » ou des expres- 
sions comme hahul sâinân se ânâ « avec beaucoup de bagag-es »), 
« de, par », nép. sita « de », bhojp. et mag. se, maith. sa sait 
« par » ; la concordance des sens et des formes montre qu'il 
s'agit bien ici d'un autre mot, commun au marathe et à presque 
toutes les langues apparentées (le penjabi à l'ouest, et le groupe 
extrême oriental : oriya, bengali, assamais semblent ignorer ce 
mot; penj. si « jusqu'à », comme sindhi sla, de sens identique, 
sont rapprochés avec vraisemblance de skr. sîmâ par Trumpp, 
Sindhi gram., p. 401). Ce mot se retrouve, semble-t-il, à un autre 
cas (l'instrumental) et avec un emploi spécial dans les dialectes 
du Berar, du Goncan et à Bijapur sous les formes -çe^îi -çyâni 
-saiiyâ, à la désinence du gérondif (v. L. S. L, Mar., 50, 67, 92, 
222). 

Au suffixe s indiquant la direction, faut-il rattacher sâlhlm 
(sâtlin)'! Selon une hypothèse de M. Hoernle(Cowp. gram., § 36o) , 
ce mot serait composé de -s -(- un cas du mot dérivé de skr. 
artha- ; cette explication, acceptable si -s était la désinence du 
génitif, devient plus difficile avec l'interprétation proposée jdus 
haut ou une interprétation analogue ; sathuu est probablement 
un mot indépendant, apparenté à guz. sat « échange » ; cf. 
§ 89 et 114. 

Mot indépendant peut-être aussi la postposition sîav « pour » ; 
on a proposé avec vraisemblance d'y reconnaître le tatsama^/ïz- 



200 DÉCLINAISON 

stava « occasion, circonstance />, écourté en raison de son rôle 
de mot accessoire. Une difficulté, provisoirement insoluble, vient 
de ce que les textes de la secte mânhhâv présentent un suffixe 
d'ablatif -tav à côté de -stav : stav serait-il un composé de s — \- 
tav ? Ce mot fav serait alors, soit le mot skr. tâvat, d'ailleurs 
conservé en marathe (cf. âjtainv vulg-. « jusqu'à aujourd'hui »), 
soit l'ablatif du mot dcmt la postjiosition tein que nous allons 
examiner serait l'instrumental, 

tt'in 

§ 11)9. Cette postposition, employée très librement dans les 
plus anciens textes littéraires, disparaît bientôt de l'usage, même 
en poésie, sauf avec les pronoms de première et seconde personnes 
du singulier où l'on évitait les formes monosyllabiques (cf. plus 
bas, .; 200). M. \i-a]vâ.de'ibid.. p. 12; fait remarquer que le Chris- 
tian pnrâu écrit ihem ; de même son manuscrit de la Jnâneçvarî ; 
il ramène, d'une manière phonétiquement correcte et vraisem- 
blable du point de vue sémantique, ce them à skr, arthena ; l'ins- 
cription de Pandharpur écrit en effet avec le tatsama çrivitthala- 
ràyà arihe. C'est de ce them que serait issu -tem selon M. Râjvâde. 
Mais la forme sans aspirée est attestée plus anciennement que 
l'autre ; et l'on sait que le Christian piiràn est écrit en dialecte 
concani. 11 semlile cjuil y ait ici à distinguer deux séries : 

1" tJjetn probablement dialectal, et apparenté aux formes d'abla- 
tif bhili //jo, ho-, penj. thà, guz. thï « de, avec » ; en guzrati dialectal 
il existe même un adjectif déclinable tho« provenant de » (Grier- 
son, K. Z., XXXVllI, p. i76) ; malgré la déviation du sens, 
on peut admettre qu'il s'agit de skr. artha- : cf. avec la cérébrale, 
oriya thj'i " de (abl.) » en regard de sin^h. a( « pour ». — Beames 
(II. p. 218l proposerait pour h. taiiji l'étymologie par skr. sthâne ; 
il y a en effet une famille de postpositions se rattachant sûrement 
à la racine slhâ- : beng. thâk'Xâ gérondif servant de désinence 
d'obli([ue, thâne d'ablatif ou thâre «■ dans », thâri'i « de » ; ces mots 
semblent particuliers au groupe oriental. 

2" tetn, appartenant à une série attestée partout sauf en sin- 
ghalais, en guzrati et dans la [partie occidentale du Kajasthan : tsig. 
te '< vers, dans » (prépos. et postpos.), penj. te « de (abl.) », penj. 
occid. to tô ta <' de », le « à, dans », siiul. te « sur », ta tô « de 
dessus », te lâl toi « jusqu'à », rajasth. du n.-e. tal « de », braj. 



POSTPOSITIONS DU DATIF 201 

tè « de », hind. tâi «jusqu'à, à », bih. te « par •., beng. te « par » 
(rare ; cf. boite), or. te « dans, de » (cf. Beames, II, 222, 273). 
Gomment rendre compte de cette particule ? Aucune des expli- 
cations proposées ne s'impose. M. Bhandarkar y voit la forme 
pronominale tehiiii que Ilemacandra donne comme équivalant en 
apabhramça à skr. arllk' (IV, 423) : reste à savoir si les formes 
apabhramça tehiiii et kehiin ne sont pas elles-mêmes des transcrip- 
tions de *ke[iu) et te{iu) ; du reste -ehim doit donner en marathe 
-îm (cf. § 63), et ni les formes des autres lang-ues ni l'évolution 
du sens ne sont expliquées par là. Reste l'hypothèse d'un subs- 
tantif, rendue d'ailleurs probable par des constructions comme 
hindi is ke taiin « à lui », sàhr ke taim gayâ « allé à la ville » ; 
mais rien ne permet de décider quel peut être ce substantif. 
Est-ce skr. nimitta- « motif, raison », ou vin mot de la famille 
de tan- (cf. lat. tenus « jusqu'à » ; avadhi tmi taiiâ « vers, à, 
comme », Grierson, K. Z., XXXVIII, p. 484) ? En tout cas il ne 
s'agit probablement pas de ante, antike : car si la forme marathe 
s'accorderait fort bien de cette explication, les langues du nord- 
ouest la contredisent : la consonne y est sourde et l'on sait que 
fit y devient normalement nd (cf. § 82). 

lâ 

§ 200. Get affîxe manque dans les plus anciens textes, et n'ap- 
paraît que dans Nâmdev, où il s'applique uniquement aux pro- 
noms personnels monosyllabes, c'est-à-dire à ceux du singulier : 
à côté de tnja maja et de tiiteiii, etc., on trouve donc majJâ tnjlâ 
et maJa tiilâ en regard de anihâinsî txilsi koijdsi, sarvangâsi ; chez 
Tukàràm l'usage s'en étend, mais c'est encore aux pronoms qu'il 
s'applique le plus : dans les cent quatre-vingt-quatorze abhangs 
donnés dans le Navaiiït, on trouve tiilâ deux fois, iimlâ une fois, 
?v^/rt cinq fois, kaçâlâ et j\âlâ une fois, mais une forme comme 
vâthayâlâ « au ventre » est unique. 

Dans les textes historiques du xviii'' siècle l'usage en semble 
plus restreint, et les formes à -s sont les seules usuelles ; les 
Bakhars présentent à peu près le même aspect que les poésies 
de Tukàram ; enfin dans les ballades et les textes récents -là est 
constant et presque uni(|ue. G'est en s'appuyant sur le carac- 
tère récent de l'usage de cet affîxe que M. Râjvâde (/. /. p. 12 ; 
cf. Marâthydnwyâ itihàsâcîm sâdhauem,\'\\\, upapraslavaiià, p. 57 et 



202 DÉCLINAISON 

suiv.) a eu l'idée d'v voir un emprunt, ci nommément le persan /tï. 
Outre l'absurdité phonétique de ce rapprochement, il convient 
de noter que pour M, Ràjvâde, ce là n'apparaît qu'au temps de 
Çivaji et de Tukârâm : en réalité il est plus ancien, puisqu'il est 
attesté dans Nrimdev (M. Râjvâde le reconnaît, /. /. p. •)!). Rien 
d'ailleurs n'empêche de supposer qu'il était encore plus ancien : 
car si là n'apparaît que chez ce poète, il en est de même de 
âiiit et «e//7, mots l'un sûrement, l'autre presque sûrement 
anciens ; leur apparition chez Nâmdev et Tukârâm tient au carac- 
tère populaire de ces poètes, et il est probable que ces postposi- 
tions manquent à Jnàndev, exactement comme elles manquent 
trois siècles plus tard à Eknâth ou plus tard à Mahipati, parce 
que ce sont des poètes savants. Pour la même raison sans doute 
les textes officiels du xviii'' siècle sont plus réservés dans l'em- 
ploi de là que les ballades populaii'es. Rien n'empêche donc a 
priori de chercher à ce mot une étymolog^ie en marathe même. 

Le mot la prend dialectalement les formes //', le {L. S. /., Mara- 
thi, p. NI , 220 et s.) ; de même dans les dialectes bhils [L. S. /., 
Bhil lang., p. 9o, 158, 20o) ; on le retrouve sans doute dans sin- 
dhi lac « à cause de, pour », penj. occ. là « de (abl.) », pj. et 
h. lô i< jusqu'à », h. le. « avec », nép. lai « à », le « par », 
bih. la (' pour ». 

Dans le même emploi il existe un mot qui semble parent 
de celui-ci, et qu'on trouve dans les groupes guzrati-rajas- 
thani d'une part, beng^ali de l'autre, où là ne paraît pas avoir 
de correspondant: c'est mar. lâgï)!i « près de, vers », sing^h. 
langa « près de », g. lâgu « près de », s. làge <' en vue de », h., 
bih., v. beng. lâgi « pour ». Ce mot est sûrement le locatif du 
part, passé jikr. lagga- de la racine lag- « tomber », cf. mar. lâg- 
iiein et les mots apparentés ; lâgiin signifie donc « touchant » 
(Beames, II, 20, llœrnle, p. 222i. 

Il est tentant de rapprocher les deux mots ; aussi Bhandarkar 
propose-t-il de voir dans m. là le gérondif de làgayati, pkr. lâivi ; 
le rapport entre là et lâgJin serait dès lors à peu près celui de lâv- 
ijein à lâgiieni, du moins pour la formation. A vrai dire cette hypo- 
thèse peut bien rendre compte de formes comme nép. lâi, h. le ; 
et par un détour (en faisant appel à l'infinitif lâium) de pj. lô 
par exemple ; mais précisément en marathe le gérondif en -/ n"a 
jamais existé, et d'ailleurs -ai devrait se contracter en -e\ et s'il 



posTPOsiTiON DE l'instrume>'tal 203 

s'agissait de *Jûiiti!i le résultat aurait été sans doute semblable à la 
forme du penjal^i. Les mêmes objections s'appliqueraient à une 
interprétation par la racine là- « prendre » (g'ér. pkr. Iai\ Pischel, 
§ o9i), que suggérerait la forme de singh. lâva « par, avec », 
gér. de lanu <■<■ prendre » ; du reste la racine lâ- a fait place en 
prâkrit et dans les langues modernes à le- : m. leijein, h. lenâ dont 
le participe à l'oblique liye a en etTet pris le sens de « en vue de, 
pour », etc. 

Une interprétation plus satisfaisante a été proposée par 
M. Hœrnle [Camp, gram., p. 225), qui voit dans m. lâ, s. lui, 
nép. lâi le locatif skr. làbhe « au profit de » ; pour rendre cette 
étvmologie phonétiquement correcte il n"}" aurait qu'à voir dans 
les formes en -â et -ô d'autres cas du même mot ; mar. là s'expli- 
querait assez bien par l'ablatif, pkr. *làhà ou *Iâhâo. 

Dans ce cas il faudrait séparer de l'indéclinable lâ l'adjectif 
dit <( génitif » du Concani lo, lï, leiii (Beames, II, p. 270), ({ui 
semble n'être qu'une abréviation de la forme plus courante gelo : 
ce gelo est le part, passé du verbe (c aller » (m. gela) qui a pris le 
sens de (( appartenant à ». Et en effet les postpositions de datif 
en marathe semblent toutes des formes figées de substantifs, et 
à aucune d'elles ne semble correspondre l'adjectif d'appartenance : 
on sait que beaucoup d'autres langues présentent un aspect tout 
différent (v. Grierson, K. Z., XXXVIII, p. 470). 

2. — Postposition de l'instrumental, 
sing. »('///, plur. ni m 

§ 201. Cet affixe, absent des plus anciens textes littéraires, se 
rencontre dans une inscription de 1397 [dalâvâiyà nciu ; v. Râj- 
vâçle, Maràthyâmcyà itihâsâclni sâdhâuein, VHP' partie, jjréface, 
p. 33) et apparaît dans la littérature chez les poètes populaires, 
(p. ex. Nâmdev : tayâ neiii, Navânït, p. 18, 21, vâlmïkâ neni eva- 
dhyâiieiii, ibid., p. 19, Harl nein, âvâdl nein,^. 22, paksiçvâpâdâin 
nîni, p. 23, viyogâ neni, cinte nein, p. 24). 

Il prend au Concan les formes n, iiâ, nï [L. S. /., Marâthi, 
p. 66 ; se trouve dialectalement avec le sens de « à » : 
inanâ « à moi », ibid., p. 161). En vieux marathe on en trouve 
les formes -ni formant la désinence d'instrumental dans les noms 



20i DÉCLINAISON 

et adjectifs à élargissement (cf. § 193). et -ni ou -nixâm s'ajou- 
tant à l'ablatif des noms (cf. § 19o) et peut-être au gérondif des 
verbes 'cf. plus bas). En mavchî ne exprime le rapport d'abla- 
tif, en dehvalr celui de datif (v. L. S. I., Bhil lan^., p. 9o, 158). 
Ces deux valeurs du mot se retrouvent dans les autres langues 
centrales, du moins à date moderne : guz. ne « pour », rajasth. 
ne nai « pour » et « par » fv. L. S. /., Raj., p. 7), penj. nai 
« par », nfi « à », braj n. hindi ne « par ». Le même mot appa- 
raît sous forme déclinée, dans l'emploi d'adjectif d'appartenance 
dans certains dialectes du Concan (L. S. /. , Marathi. p. 132), en 
g-uzrati [tw, 7iJ, m'ini), et dialectalement en penjabi occidental 
(nâm, mm \ voir Wilson, Grani... of Western Penj., p. 30). 
— 11 manque aux points extrêmes du domaine indo-aryen : on 
ne le trouve ni dans le groupe oriental, ni en singhalais, ni 
dans le groupe du nord ouest (pourtant kaçm. nu est rapporté 
par M. Grierson à la même série, ibid-, p. 477 ; mais la forme 
qu'il donne dans son Mannal of the kâshm. lang., I, p. 3i, à 
saA'oir //«", s'accorde mal avec cette interprétation). 

Plusieurs hypothèses dont aucune n'est définitive ont été ou 
peuvent être proposées pour rendre compte de cet afflxe. — 
1" L'identification des suffixes à /- et à »-, le phonème /étant con- 
sidéré comme primitif, est admise par M. Hœrnle (Conip. gram., 
§ 375, 2) : mais le passage de / à «, normal dans les dialectes 
orientaux qu'il cite, est inadmissible ailleurs ; 2" le suffixe skr. 
-tana-, auquel Beames (II, p. 287 et suiv.) et M. Grierson (K. Z., 
XXXVIll, p. 473, 477, 489) ont recours, doit être probablement 
écarté aussi : en efîet n intervocalique se cérébralise partout en 
prâkrit, et c'est bien la forme tnijû- que donnent les textes en 
apabhraniça ; pour expliquer la dentale du marathe et probable- 
ment même du guzrati, quoiqu'en pense Beames fil, p. 288), il 
faudrait supposer que le suffixe est emprunté à un dialecte orien- 
tal : hypothèse supplémentaire et invérifiable, d'autant que le 
mot apparaît tard dans les autres dialectes comme en marathe 
(Beames, II, p. 267 et suiv.) ; 3° un mot se rapportant à la 
racine tan- (d'où dérive d'ailleurs le suffixe skr. -tana-, de sens 
purement temporel à l'origine, v. Brugmann, Grundriss-, II, 1, 
§ 197), est attesté dans certains parlers modernes (Beames, II, 
p. 280, Grierson, //'/(/.. p. 48i) ; peut-être est-ce précisément ce 
mot, et non l'ancien suffixe sanskrit, qui est transcrit parapabh. 



ADJECTIF d'appartenance 20S 

tana- « relatif à » : mais il y conserve son /- initial, et s'il a un cor- 
respondant en marathe, il est peu probable que ce soit noii : nïiii ; 
4° lalternance sg-. non, pi. nliii conduit à chercher à lorigine de 
laftixe un substantif, cf. pâli pitthe : pitthesii : est-ce skr. naya- 
« raison, méthode, moyen » (cf. niahïin dhannanayena pâlaya, 
fdtakamâJâ, éd. Kern, p. 17, 1. 2)o\inyciya-(.<. règle, manière » (cf. 
h. nâJ)n " à la façon de... ») ? La difficulté ici vient de l'emploi 
du mot comme adjectif ; il est du reste possible que cet emploi 
provienne d une extension analogique ; o** on pourrait songer 
pour rendre compte de cet emploi à un participe tel que celui 
de skr. nï-, pkr. ne- ; le mot voudrait alors dire proprement 
« amené par, résultant de » ; dans cette hypothèse, c'est l'emploi 
des cas indirects du mot : locatif, instrumental singulier et 
pluriel, qui fait difficulté. Il faut provisoirement s'abstenir de 
conclure : peut-être la vérité est-elle dans une combinaison des 
deux dernières hypothèses ici exposées. 

3. — Adjectif d'appartenance, dit « génitif ». 
câ, cl, cent, etc. 

§ 202. Cet adjectif se construit normalement avec l'oblique 
des noms et pronoms ; il s'affixe aussi à certains cas indirects 
{ghanm-câ « de dedans la maison » ; cf. ghaninhnn, gharàinînn 
« hors de la maison ») et au cas direct des noms en consonne 
[gharcâ « de la maison, familier », sakùlcâ «■ de hier », Gujrath câ 
« du Guzrate »). — L'emploi en est aussi ancien que la 
langue marathe elle-même ; il semble annoncé déjà dans les 
formes d'adjectifs possessifs â(w/;^crrtva- tumheccaya- « notre, votre» 
relevées par Hemacandra dans sa grammaire [\l, 149 ; cités par 
Hœrnle, p. 238). 

On trouve un ou plusieurs adjectifs affixés de même et jouant 
le même rôle dans toutes les langues du continent ; le singha- 
lais est la .seule qui s'écarte des autres à ce point de vue : la rela- 
tion de génitif y est exprimée par un mot indéclinable ge (skr. 
grhe) qui signifie primitivement « chez » ; le groupe oriental 
semble faire exception aussi ; mais cette exception est toute appa- 
rente, car les affîxes en -r sont en réalité des adjectifs normale- 
ment invariables dans des langues d'où l;i flexion a disparu [ci. 
Grierson, K. Z., XXXVIII, p. 487). 



206 DÉCLINAISON 

Mais si des adjectils employés comme cà sont communs, le 
mot marathe lui-même reste remarquablement isolé, et cela de 
deux façons. En premier lieu, il suf'lit de se reporter aux tables 
données par M. Grierson dans son article sur les suffixes casuels 
[ibid., p. 474 et 475) pour constater qu'aucune autre langue 
ne présente d'affixe déclinable à palatale sourde initiale jouant 
le rôle d'adjectif d'appartenance. De plus il n'existe nulle 
part, même en marathe, de forme casuelle fixée du même mot 
servant de postposition : or ces formes coexistent avec tous les 
autres adjectifs, soit dans la même langue, soit dans une autre ; 
M. Grierson en a donné de nombreux exemples dans l'article 
cité, p. 47G et suiv. ; aux exemples de mots à k- initial qu'il 
donne, on peut encoi-e ajouter kâ suffixe de datif en concani 
[L. S. /., Maratbi, p. 172) et kerchi qui sert à former le locatif 
en sing-halais (Geig-er, § 30 A b 7) ; de même en regard 
de penj. dû : dï on trouve de, do servant en même temps que ie 
et là à exprimer les relations d'instrumental et de datif en sâm- 
vedi [L. S. /., Maratbi, p. 148) ; comparer encore l'instr. en he, e 
du même dialecte et le suffixe déclinable en tho, ho du guzrati et 
des dialectes voisins [L. S. L, Bbil lang., p. 3) dont une forme 
casuelle, //;/", sert de désinence d'ablatif en guzrali. Le sindhi y'o 
seul semble isolé comme le marathe ; encore existe-t-il dans la 
même langue une désinence de gérondif -ije que M. Grierson en 
rapproche [ihid., p. 483) ; en tout cas il faut en séparer concani 
jim, désin. d'ablatif [L. S. /., Maratbi, p. 06) qui est en réalité 
le gérondif de jà- « être » (part, passé v. m. jâlâ, m. mod. jbàlâ) 
et correspond donc exactement à la désinence du marathe hûrij 
un, qui est le gérondif de bo- « devenir, être ». L'absence de 
•forme casuelle fixée de câ en marathe semble corrélative de l'iso- 
lement des suifixcs du dalif, qui en marathe n'ont pas non plus 
de correspondant déclinable (sur le rapport possible, mais peu 
probable de la avec conc. lo [gelo), v. § 200 j. 

Cet isolement du mot marathe en rend l'origine difficile à 
éclaircir. L'explication la plus satisfaisante a été proposée 
par M. Grierson, d'après une suggestion de M. Sten Konow 
[ibid., p. 490). Un grand nombre de suffixes analogues peuvent 
s'expliquer comme étant des participes, tirés notamment des 
verbes « faire », « être », « donner » (l'étvmologie de pj. dû '. 
dî donnée par M. Hœrnle, combattue par M. Grierson, est jjIus 



ADJECTIF d'appartenance 207 

acceptable que rarchaïsme tout à fait anormal proposé par celui- 
ci ; on pourrait aussi songer au part, présent du verbe « être », 
vu la proximité g-éographique de kaçm. sandu d'une part, 
de sindhi et marvari hando de l'autre) ; cf. les interprétations 
signalées plus haut de mar. nem et là. Ce serait du par- 
ticipe d'obligation krtya-, attesté dans le Mahâvastu dans un 
rôle déjà proche de celui des adjectifs aftixés modernes (v. les 
exemples cités, ibid., p. 486) que dériverait le marathe câ. Dans 
ce cas le mot ne serait pas complètement isolé : le kaçmiri pos- 
sède un adjecti kvut" (fém. kits'^) qui se construit avec le datif des 
noms et prend le sens de (( pour » : or kyiit- provient de skr. 
krtya- comme le suftixe de gérondif -ith provient de -tya (Grier- 
son, ihid., p. 480). 

A cette explication, M. Grierson semble personnellement en 
préférer une autre, empruntée à Beames, et d'ailleurs soutenue 
aussi par M. Bhandarkar (v. Joshi, p. 144). Selon ces auteurs, m. 
câ remonterait au suffixe d'adjectif skr. -tya- ; M. Grierson croit 
même pouvoir reconnaître la répartition des emplois de -/v<7- d'une 
part avec un indéclinable du type iJjatya tatratya et de l'autre avec 
un mot fixé à un cas oblique du typedaksinâtya paçcâttya dilretya 
dans les deux emplois de m. câ d'une part avec le thème [gharcâ], 
de l'autre avec l'oblique (gharâcâ). 11 est inutile d'insister pour 
montrer combien cette interprétation est forcée. Mais le suffixe 
skr. -tya- peut être utilement invoqué pour expliquer le type 
gharcâ : sur le modèle de dûretya, etc. on a pu former une série 
du tjqje *grlk'tya *arauyetya dont m. gharcâ râncà serait l'aboutis- 
sant normal, non seulement au point de vue phonétique, mais 
au point de vue du sens également ; car cette dérivation rend 
bien compte de la différence qu'il y a entre gharâ câ « de la mai- 
son, » cf. angl. of tJ}c hoiise, et gharcâ « relatif à la maison, fami- 
lier », ang-1. househoJd (cf. Navalkar, § 104 note). 



Rfil.ATlFS, DÉMONSTRATIFS, INTERROGATIFS, ETC. 



§ 203. Le pronom relatif jo (skr. ya-) n"a qu'un thème, et se 
décline comme un adjectif à élargissement normal. 





Masc. 


Fém. 


Neut. 


Sing-. dir. 


i^ 


jl (v. m. je) 


jem 


obi. 


jya- 


ji- (v. m. jiye-) 


jyà- 


Plur. dir. 


h 


jyâ 


j'iin 


obi. 


jycim 


jyùm 


jyàm 



Son corrélatif to, tï [te), tem, qui sert aussi de démonstratif 
de l'objet éloigné, se décline de même. 

Le démonstratif d'objets rapprochés est hà, hi, beiii, obi. sg. 
hyâ {yâ), hî (f), obi. plur. hyàm {yâw), etc. ' 

Dans les démonstratifs, j s'insère fréquemment à la suite de 
1 ol)lique : ex. tyâjlâ ; ce morphème est sans valeur étymologique 
et provient des pronoms personnels comme inaj-Jà. liij-lâ, « à moi, 
à toi. >» 

La principale caractéristique de ces formes est d avoir poussé le 
plus loin possible la tendance, déjà constatable en prâkrit (v. 
Pischel, v^ o24), à l'identification avec la flexion nominale. Sans 
parler du démonstratif hn, qui se dénonce comme récent et par 
son absence détymologie sûre et par sa forme absolument iden- 
ti(jue à celle dun adjectif (juelconque (cf. § 160), le démonstratif 
to porte la trace dune extension du thème oblique dont le gu/.rati 
te seul fournit un autre exenqjle : le tsigane, le ka^miri, le sindhi, 
les langues centrales et orientales ont conservé l'alternance du 
type sa : sa, tad : tasya, etc. (v. Beames, II, p. 315 ; Miklosich, 
XI, p. 16; Grierson, Man. kaçrii., § 32, p. iO : le singhahiis a 
perdu ce pronom, v. Geiger, § 47, II, § 48). 

Comme les thèmes, les désinences ont été assimilées à celles 
de la déclinaison nominale. Le marathe, comme le jaipuri et le 
marvari ont conservé dans les corrélatifs la distinction du mas- 



DÉ>J0NSTRAT1FS, ETC. 209 

culin et du féminin, perdue ailleurs (v. Grierson, Iiid. Anl., 
XXX, p. ooi). Parmi ces désinences, il ne subsiste plus de propre 
aux pronoms que celle de masc. sing. en -o qui est archaïque. 

Si la forme de ces pronoms a été modifiée, l'usage en est 
resté le même. D'une part le thème de skr. ya- a encore en 
marathe et dans toutes les langues de l'Inde sa valeur de relatif : 
on sait que cette conservation est unique dans tout 1 indo-euro- 
péen (v. Meillet, M. S. L., X'VIII, p. 242). D'autre part les 
démonstratifs ont gardé leur sens plein, et le marathe ne pos- 
sède pas d'article défini ; ici encore il est d'accord avec les 
langues congénères. Le tsigane seul fait exception, et sur les 
deux points à la fois ; il a donné à un démonstratif la valeur 
d'article, fait que Miklosich considère comme un emprunt au 
grec ; d'autre part c'est le pronom interrogatif qui a remplacé 
l'ancien relatif : il est probable que les migrations des Tsi- 
ganes sont pour quelque chose aussi dans cette innovation (v. 
Miklosich, XII, p. 10, 11). 

§ 204. A la différence des démonstratifs, le proliom inter- 
rogatif a encore un thème de neutre différent du thème de mas- 
culin-féminin. Les formes de masc.-fém. sont communes : 



Sing. 


Plur. 


Dir. kou 


ko H 


Obi. koijâ 


koiiâm 



L'origine de ces formes est douteuse ; selon Beames, elles pro- 
viennent toutes du nom. masc. pkr. ko iiija, skr. kab piiijah ; cf. 
apabh. kavana- ; y.h.kaim (etlecorrél. v. h. taiiii), pj. kaiiu, t^nz. 
kon (à côté de kao, fém. kal, n. kaiiiu) sont en effet des formes 
propres au nominatif (v. Beames, II, p. 323 ; cf. 314, 326). 

Au neutre le nominatif est ^'rty (/ert^f^), l'oblique sing. kasâ ou 
mieux kaçà, v. mar. kâsayà (type étymologique *kâdrksakù\a ou 
*kâdrçakùya ou kasya- -\- la désinence d'oblique des noms à élargis- 
sement?). L'ancien nom. -ace. skr. kim semble s'être conservé 
avec valeur de conjonction : kïm « que » (mais peut-être est-ce 
un locatif; cf. le locatif à élargissement Àv"?/// « pourquoi? ») ; kiin 
ne se retrouve d'une manière claire qu'en singhalais [kinida, cf. 
kisi = skr. kimcit ; Geiger, § 49, 51) ; c'est sans doute aussi bg. 
or. ki, pj. kï, peut-être h. kyâ, obi. kis (pkr. kissa) ; le guzrati et 
le sindhi sont aberrants (v. Beames, III, p. 324). 

L;i l'orinalion de l.i l.injfiie muriithe. 14 



210 UÉCLI.NAISON 

s} 205. Le rélléehi (cf. Beames. Il, p. 328 et suiv.) est âpaij, 
qui remonte au thème d'oblique skr. citiuan- ; il en est de même 
en benjj^ali u'ipni) et en oriya [ùpan à côté de àpe) d'une part, et 
de l autre dans tout le nord-ouest : s. pânii, kaçm. pana, etc. (v. 
Grierson, Piç. lang., p. 70, s. v. self). Ailleurs la forme est celle 
du nominatif â/;«^7 : h. pj. j^. âp, nép. âphii, etc. ; le thème des 
autres cas a servi à former l'adjectif possessif : h. âpnâ, pj. ùpuiu 
g. ùpuo, nép. âphnu. La répartition a été troublée en rajasthani 
parce que âp y a souvent pris la valeur de « nous » inclusif (cf. 
L. S. /., Raj., p. 9, 23, 38, 46, o6i ; de même en singhalais api 
sert de pronom personnel de l'" pers. pluriel, laniâ de réfléchi 
(v. Geiger, § 37, 31). En marathe et en sindhi, la répartition se 
fait à l'inverse des langues centrales : c'est âp- qui a fourni le 
possessif: s. pâhaiu jo, jU etc., m. âpJâ (pkr. ts^rdiï appui la-). 

v;20(). Le marathe possède un assez grand nombre d adjectifs 
et d'adverbes tirés des thèmes de pronoms ; certains sont 
anciens, comme yrt/5^7 « tel que », [yâdrça-), jai, jaiin « si, quand » 
{yadi), jaiiiii >< jusqu'à ce que » (yâvai); la plupart remontent 
tout au plus au prâkrit, comme v. m. jetï « autant que », itkà, 
titkà « autant » (pkr. etlia-, teltia-, v. Pischel, § 133), ^/te///. v. m. 
eth (pkr. etlha, issu selon Pischel, .^ 107, de véd. ittha), edlmnn 
(( alors » (pkr. eddaha-) et n'en sont pas moins obscurs ; certains 
adverbes ou conjonctions enfin sont des formes pronominales 
fixées comme Mm (loc. i « pourquoi ». jcin 'nom. -ace. neut., 
comme skr. yat) « que ». Il va sans dire que l'analogie a ici mul- 
tiplié et normalisé les formes, et cela depuis une époque très 
ancienne : de là sans doute leur obscurit»' au point de vue éty- 
mologique . 

Pronoms peuson.nhls. 

§ 207. Les pronoms de première et deuxième personnes pré- 
sentent une grande variété d aspects dans les textes pràkrits, 
et chez les grammairiens une variété plus grande encore (Pis- 
chel, ^ 416j. Pourtant les formes modernes, malgré l'obscurité 
de certaines d'entre elles, se laissent ramener à des types facile- 
ment analysables, et voisins de la déclinaison nominale. Il est 
difficile de décider si la complication du prâkrit tient à un état 
de déséquilibre réel et prolongé dans l'usage, ou si au contraire 



PRONOMS PERSONNELS 211 

les formes nouvelles s'étant établies assez tôt, et paraissant dès 
lors peu en harmonie avec la tradition littéraire, les recons- 
tructions savantes pouvaient se faire de façons diverses et arbi- 
traires. 

1 . Cas direct et oblique . 

§ 208. Les formes les plus claires sont celles du pluriel. Celles 
du nominatif âhiiiï, tnhmî remontent à pkr. amhe, tUHihCj qui sont 
de par leur origine des formes de cas indirect (véd. asiiié yusmé, 
cf. skr. véd. et class. asiiuvi asmabhih etc.^ ; le thème des nomi- 
natifs a donc disparu, ici comme dans les adjectifs pronominaux, 
devant celui des autres cas. — Les formes de l'oblique âhniâni, 
ttthinâ ni Teprésenieni pkr. aDihaijain, fumhânani, dont la désinence 
est empruntée à la déclinaison nominale. Du reste toutes les 
langues s'accordent ici avec le marathe, à de légères variations 
près (v. Beames, II, p. 307-308,310-311). 

Au singulier, l'oblique seul est tout à fait clair. De skr. dat. 
véd. Duihya, class. luahyaiu, devenu en prakrit gén. Hiajjhaiii, pro- 
vient le thème de première personne majb- niaj-, que le marathe 
est seul à posséder avec le guzrati et 1 hindi (en hindi et en mer- 
vati, — dialecte du Rajputana contigu à l'hindi — la voyelle est 
devenue ii sous l'influence de tiijh-). De même skr. tiibbyain 
adapté à la forme de la première personne, devient pkr. tujjhain, 
d'où provient la forme marathe, guzrati et hindi tiijb tuj. On 
trouve encore des formes d'oblique ma- tu- (p. ex. ma teiii, Jnancçv. 
XII, 233 = mod. malà « à moi ») dont la première au moins est 
plus diilicile à expliquer ; on ne saurait admettre avec Pischel 
que pkr. maha remonte à màhya ou iiiâhyam tout comme pkr. 
niajjha (v. § 418) ; peut-être maha provient-il d'une contamina- 
tion du thème des cas indirects ma- avec le nomxnsiixî aham. 

Au nominatif, le pronom de la 2'' personne. //?;//, remonte à pkr. 
tumain ; la forme pràkrite est d'ailleurs fort o])scure, et semble 
ne pouvoir s'expliquer (jue comme une transcription de la forme 
moderne, qui serait alors véd. t{u)vdm dont la nasalité aurait gagné 
la première voyelle : on sait en effet que //; pénultième devant 
voyelle nasale a perdu son articulation propre dans des dési- 
nences comme -âmi (v. § 67) ; à plus forte raison ne devait-il 
représenter aucune articulation définie entre une voyelle labiale 
et une voyelle nasalisée. La nasalisation manque dans ce pronom 



212 DLCLINAISON 

en tsigane et dans un groupe comprenant Ihindi, le népalais et 
les langues situées à l'est de celles-ci. 

La forme de l""^ personne, )nl est beaucoup plus obscure. Elle 
a un doublet récent mini qui sert à la fois de sujet et d'instru- 
mental ; la nasalisation y est peut-être analogique de tilni ; peut- 
être provient-elle aussi de la forme d'instrumental. A m. mi 
correspond sans doute la forme mmi, mi attestée seulement chez 
Hemacandra ; mais c'est là une forme, qui étant donné son 
apparition tardive en prâkrit, demande elle-même à être spécia- 
lement expliquée. Pour Pischel c'est la l'"^ pers. sing. du verbe 
« être )), asmi i§ 417). 11 est plus vraisemblable qu'il faut voir 
ici encore une forme pronominale. Nous avons vu que skr.asme, 
m a ma ii\ aient pu prendre la valeur du cas sujet : ceci nous auto- 
rise sans doute à voir dans ;;// i dialectalement ))ic, v. L. S. L, 
Marathi, p. 211) soit skr. pkr. me soit pkr. mai (^attesté seule- 
ment en çauraseni) provenant de skr. mayi. Le témoignage des 
autres langues n'est ici d'aucun secours : un groupe important 
composé des principales langues occidentales (kaçmiri, sindhi, 
guzrati, concani de Goa, marvari, braj) a conservé des repré- 
sentants de ahatn jusqu'à aujourd'hui ; en penjabi, rajasthani, 
hindi, l'instrumental maiiii a pris la place du nominatif ; le 
tsigane Die, le népalais ma sont obscurs, le singhalais aberrant. 

Dans le groupe oriental, bg. ;;//// ////, or. mu tu semblent bien 
remonter à des locatifs du type mayi, tvayi (véd. tve), et donner 
les singuliers correspondant à skr. astm, yusme, et dont mar. ///; 
pourrait être un représentant isolé. 

2. Instrumental. 

§ 209. Ce cas comporte des formes encore vivantes aujour- 
d'hui, et la poslposition nem : mm ne s'applique pas aux pronoms 
personnels. 

Ici encore le pluriel est seul clair : de pkr. ambebiin, tumhehiin 
où l'ancien oblique issu de véd. asinî yusmé a servi de thème et 
s'est coagulé avec la désinence traditionnelle, proviennent régu- 
lièrement mar. âhm'im tumh'uji. 

Au singulier, les formes anciennes et toujours vivantes sont 
miyâm. myâiii ; tâin, liivâni, tvâiii. Skr. maya, tvayà ont fourni 
les formes de cas oblique en singhalais (v. Geiger, ij 47, I, 1) ; 
mais mae lac, qui représentent en prakrit classique skr. maya 



PRONOMS PERSONNELS 213 

tvayâ, ne sauraient être à l'origine des formes marathes. Il faut 
supposer que les pronoms sanskrits ont été élargis très ancien- 
nement avec la désinence d'instrumental des noms : *niayâua ou 
*niilyâijani, *lvayâua ou *tvayâua}}i (\. 5; 66) sont les prototypes 
probables de m. m\â)}i. tenu ou Ivâin en moyen-indien. 

3. Adjectif possessif. 

§210. Au pluriel des pronoms, la relation de génitif est marquée 
comme dans les noms par câ, qui s'ajoute, non à l'oblique, mais 
au thème de l'oblique : ain- tiim-. c'est-à-dire pkr. amha- tumha-. 
Les adjectifs âmcâ [àimicâ), tiimcâ sont attestés depuis les plus 
anciens textes jusqu'à nos jours. 

Au singulier le marathe a formé un adjectif sur l'oblique ; 
mâjhâ fujhû, sont donc faits comme l'étaient skr. mamaka-.tâvaka-. 
Cette création isole le marathe de toutes les langues parentes : 
le singhalais n'a pas de possessif ; le sindhi forme le sien comme 
celui des noms au singulier aussi bien qu'au pluriel ; le groupe 
du nord-ouest semble faire de même dans les cas où il présente 
un adjectif (v. Grierson, P/f. lang., p. 45, 47; ManiiaJ of ihe 
Kûshm. Jaiig., § 30) ; partout ailleurs il existe au singulier comme 
au pluriel un adjectif du type apabhramça iiiahâra tiihara , amhâra 
tmuhâra (Pischel, § 434 ; aux exemples donnés par Beames, II, 
p. 312. ajouter les formes du Rajputana données, L. S. /., Rajas- 
tharù, p. 8, et tsigane d'Arménie meravterav. tsig. d'Europe viinro 
tinro, plur. amaro, înmaro). 



Ai'i'F:Nrjir;r: : lks noms dk nomork. 



§ 211 . La série des noms de nombre met particulièrement en 
évidence l'orig-ine disparate des éléments du vocabulaire marathe; 
elle permet en outre d'observer comment un bon nombre de ses 
éléments étaient déjà juxtaposés dans le vocabulaire du prâkrit 
commun. On remarquera en efîet que la plupart des noms de 
nombre ont subi une évolution semldable dans les divers dia- 
lectes ; là où le mot marathe semble remonter directement au 
sanskrit, la forme régulière est aussi donnée par le prâkrit et 
par presque toutes les autres langues indo-aryennes modernes; là 
au contraire où la forme du marathe est irrég-ulière, le trouble 
explicable d'ailleurs par le caractère de mots accessoires des 
noms de nombre est attesté dès le moyen-indien et se vérifie 
dans les autres langues parentes. Cette concordance d'aspect est 
si fréquente qu'on en vient à se demander si le rapprochement 
direct entre une forme marathe et une forme sanskrite n'est 
pas un leurre, et si le marathe n'a pas pris toute sa numération 
à un prâkrit indéterminé où voisinaient déjà les formes correctes 
et incorrectes. Ce qui rend la vérification de cette hypothèse diffi- 
cile, c'est que la numération n'est pour ainsi dire pas attestée en 
moyen-indien depuis le pâli jusqu'aux textes les plus récents du 
jainisme fv. les exemples chez Pischel, § 43o et suiv.; Beames a 
étudié les formes modernes, 11, p. 130 et suiv.). 

§212. Les noms de « un ))à « quatre » inclus sont des adjectifs ; 
ceux de « cinq » et au-dessus sont construits soit comme des 
adjectifs indéclinables, soit comme des substantifs masc.-neut. 
dont l'oblique est en -^ ; v. Navalkar, !:; 128. Sauf la transfor- 
mation possible d'anciens indéclinables en substantifs, cette dis- 
tinction reproduit fidèlement une différence d'origine indo-euro- 
péenne (v. Meillet, Introd., p. 399 et suiv,). 

§ 213. £"/; « un » est un tatsama conservé en prâkrit fskr. eka-, 
pkr. ekka-) et dans toutes les langues indo-aryennes. Ce tatsama 



>UM DE NOMBRE « UELX " 215 

a subi une légère altération due à la brévité de la voyelle initiale 
(v. § 174) dans akrâ « onze » ; mais dans ce mot comme dans 
ektiiiis « dix-neuf » la consonne sourde est maintenue ; cepen- 
dant ce sont peut-être là des formes reconstituées à date récente; 
car sauf en singhalais [choJasa, ekiiiri'isi) et en kaçmiri [kah, kiman- 
ivah ; les formes des autres dialectes himalayens manquent dans 
le tableau donné par M. Grierson, Pic. hini^., p. 37), k ancien a 
dans ces mots partout évolué jusqu'au o-, stade où il s'est fixé 
(p. ex. h. igcirab,agunls). 

§ 214. Do}i « deux » est une forme propre au marathe, tandis 
que pkr. plur. neut. domii, d'où elle dérive, est commun à la 
mâhârâstri et à la çaurasenl. Mais le mot dont don a subi l'ana- 
logie, à savoir pkr. ///////, m. fin a subsisté dans tout l'indo- 
aryen. 

Les prâkrits occidentaux emploient également pour « deux » 
(à tous les genres, comme les formes dont il sera question plus 
bas) la forme do dérivée de skr. dvan. Conservée telle quelle 
en hindi et en penjabi, elle subsiste en outre en marathe dune 
part dans l'oblique dohiiii ou dohoiii (obtenu par assimilation des 
voyelles, comme cohoiii, sur le modèle de îihiiii), d'autre part 
dans l'adjectif composé m. doghe, f. dogbï, n. doghein « les deux 
(ensemble) », dont le second élément est d'ailleurs obscur. 

Les prâkrits orientaux ont généralisé diive, auquel se rattache 
apabh. dnvi ; cette forme est représentée aujourd'hui d'une part 
dans le groupe oriental (maith. or. b. dui, awadhi dvi dûi) et au 
nord-ouest (tsig. diii, lui ; dans l'Himalaya u s'est palatalisé par 
suite du contact de /, et à son tour la consonne initiale s'est 
altérée de diverses façons, v. Grierson, Piç. laiig., p. 30-39). 
. Skr. dve subsiste aussi dans la forme singhalaise de, et dans la 
forme prâkrite encore vivante en guzrati be. Quant à s. bâ, 
remonte-t-il à véd. masc. d{ii)vâ, ou provient-il des formes com- 
posées du type m. bfrrâ « douze », bâvîs ^<^ vingt-deux »? On n'en 
saurait rien dire. 

L'initiale labiale, normale en guzrati et en sindhi, se retrouve 
en marathe à côté de la dentale attestée par le singhalais et sans 
doute phonétique en marathe (v. ^ 130). 

C'est ainsi qu'on a d'une part dïd]} « un-et-demi » (dvi -\- ar- 
dha-), dujâ « second, autre » [dvitïya-), diiijâ « double » [dviguua-] , 
d'autre part bc « deux » dans les formules de multiplication et 



21G DÉCLINAISON 

dans les composés (dve etdvaya- s'y sont sans doute confondus), 
/>/'/ « deuxième jour de la lune » [dvitiya) , bàra « douze », bdvis 
« vin<çt-doux ». 

i^ 2\''). tin « trois ». Sauf dans le nord-ouest himalayen (v. 
Grierson, ibid.), toutes les formes modernes remontent à pkr. 
//;//// {tinijain pour le sinj^halais selon Geiger, § 45). Quel est le 
rapport de pkr. //;//// à skr. irïui'] Pischel ne donne sur ce point 
(|u une explication manifestement insuffisante (v. § 438). Peut- 
être thmi est-il simplement la graphie d'un quasi- tatsa ma, resti- 
tué à une époque où // intervocalique pénultième tendait à dis- 
paraître, où par conséquent pkr. *tiui [*tinim ? v. § 66) devenait 
*tîm, c'est-à-dire que le nom de nombre « trois » ne comprenait 
plus de consonne que l'initiale : c'est sans doute pour éviter ce 
manque de consistance que;/// a été maintenu dans tiuui et ajouté 
dans don ni. 

L'oblique est ///;//// qui a servi de modèle à dohom et cobom ; cette 
forme est sans doute une adaptation de pkr. instr. tîhini (skr, 
masc. neut. tribhih) qui a pris la Aaleur de génitif à cause de la 
nasalisation qui la rapprochait du génitif pluriel devenu oblique 
dans les noms. 

A côté du thème ti-, skr. iri-, on rencontre en marathe ti- issu 
de trtl- dans tîj « 3"" jour de la lune » [trtïyâ), et ie- issu de traya- 
dans ff/ï/ « treize » (pkr. teraha), tevis « 23 », tetis on tehlJs « 33 » ; 
mais le groupe //'- est restitué à partir de trecâUs « 43 » trepann 
« 33 » etc. 

§216. car <■<■ quatre » est irrégulier de deux façons. Enpremier 
lieu, la prononciation palatale de c devant a est contraire à la 
phonétique marathe ; or on prononce souvent et même on écrit 
cyâr, et dans les composés cyanvls « 24 », cyopann « 54 » icatitr-). 
Donc même si le mot est ancien en marathe, il a subi des 
influences phonétiques étrangères. 

En second lieu, le mot car remonte à câri qui est conservé 
aujourd hui encore en sindhi et dans le groupe oriental après avoir 
été noté en apabhramça ; maisrr?// ne répond à aucune forme du 
sanskrit. C'est évidemment une abréviation de cattâri [catvàri). 
On trouve bien en pr.âkrit un certain nombre de mots où un tt 
géminé issu d'un ancien groupe semble s'être simplifié et être 
devenu v comme un ancien / intervocalique ; ainsi âyâ (et âdâ) pour 
skr. âtmâ se rencontre dans certains des plus anciens textes 



« QUATRE » ET (( CI.MJ » 217 

jainas tandis que d'autres ont appâ comme la mâhârâstrî (v. 
Pischel, § 401 ) ; on trouve dans les mêmes ouvrages goya [gotra-], 
paya (pâtra-) ; une forme de ce g^enre, râï [râtrî), apparaît en outre 
dans la mâhârâstrî dès lanthologie de Hâla, et le correspondant 
rildî est également attesté en çaurasenï (v. Pischel, § 87 ; dhâJ que 
Pischel tire de skr. dhâtiî est en réalité un emprunt persan j. Il 
semble donc qu'il y ait eu quelque part dans l'Hindoustan un 
dialecte où // géminé a rejoint t intervocalique très tôt et a passé 
comme lui à J, puis y. Le nom de nombre car, qui est pan-indien, 
provient-il de ce dialecte? On peut aussi expliquer l'irrégularité 
de cette forme par une des altérations analogiques si fréquentes 
dans les noms de nombre. 

Dans cette hypothèse — d'ailleurs combinable avec celle 
d'un emprunt — , cattâri se serait abrégé sous 1 influence de 
caiiw et des autres formes du thème skr. calu-, pkr. eau-, m. eau-, 
co [caughe « les quatre », cauth « i*" jour lunaire », cauthâ « qua- 
trième », caudâ « quatorze », cavvïs <» vingt-quatre » etc.; cohom 
oblique de car) ; le / intervocalique issu de / géminé dans cattâri 
aurait disparu comme celui de catur-, parce qu'il fallait rendre 
tous les premiers noms de nombre également dissyllabiques en 
prâkrit, c est-à-dire monosyllabiques dans les langues modernes. 
Peut-être cette évolution a-t-elle été aidée par l'existence d'une 
forme cauri attestée dans le dialecte des manuscrits Dutreuil de 
Rhins, et confirmée par les formes actuelles du nord-ouest hima- 
layen(kaçm. cCv\ g. f/l/' etc.). Le caractère relativement artificiel 
de la chute de t dans car est rendu probable par la coexistence 
de eâjjs et tàlîs (en composition) pour « quarante ». 

§ 217. pâinc « cinq » dérive régulièrement de skr. panca. C'est 
du reste la forme universelle dans llnde, sauf les altérations 
phonétiques normales mentionnées au §82. — Dans le nom de 
nombre « quinze » pandhrà pour *panrâh, pane- a subi une alté- 
ration anormale, qu'on retrouve àans pami as « cinquante ». Selon 
une explication de E. Kuhn citée par Pischel au i; 274 de sa 
grammaire, ces formes proviennent de la dissimilation de la pala- 
tale appuyée de panca par la sifflante palatale intervocalique dans 
paneadaça et pancàçat. Cette dissimilation, conforme à la loi XVII 
de M. Grammont, suppose un stade où la voyelle a de la pre- 
mière syllabe de panca- était déjà devenue nasale et longue, 
mais où ç n'était pas encore identifié à s. 



218 



DKCI.INAJSO.X 



§ 218. sahà « six » ne répond pas exactement à skr. sat, 
pkr. cha. Cette forme, propre au marathe, semble résulter du 
même besoin de donner de la consistance à la fin du mot dont 
don ei Un ont déjà témoigné. Ici il n'y avait pas d'occlusive dis- 
ponible ; il a fallu réserver une part de l'aspiration contenue 
dans l'initiale et prolonger l'émission vocalique ; l'existence de 
(iahâ «dix », pkr. daba, a d'ailleurs pu favoriser cette altération. 
On la retrouve dans s. chdb (cf. apabhr. cbaba, que Pischel essaye 
d'expliquer par l'adaptation à skr. sat du morphème -a- de la 
déclinaison nominale, v. § 441) qui coexiste en sindhi avec cba, 
forme normale en hindi et guzrati. Mar. sabâ en composition rede- 
vient sa -isâsasî « 66 » etc.). 

Ailleurs pkr. cba semble avoir été élargi d'autre façon, soit 
avec / (h. pj. cbe, b. cbay^ sgh. saya à côté de sa, kçm. çj]),ei même 
peut-être m. ce- dans çdalïs « 46 », çebatlar « 76 »), soit avec n 
(maith. cbau, tsig. çov). Toutes ces formes, également obscures, 
procèdent d'un même principe. 

Dans m. sabà, s initial peut représenter également bien skr. s 
et pkr. c/j. Dans ifl/c (satka-), soJâ (sodaça), satb isastbi-) le même 
doute peut subsister. Mais les emprunts du marathe à d'autres 
langues sont rendus évidents par le fait qu'à côté de sawis « 26 », 
sàsast « 66 » d'une part, et de çetâlis « 46 », çebattar et çâbaltar 
« 76 )),çâm\an « 86 », çamiav « 96 » de l'autre, on trouve^/; dans 
cbattis « 36 » et cbappann « o6 » dont les consonnes géminées 
attestent par ailleurs le caractère étranger. 

§ 219. sàt « sept », âth « huit » (sur ad- dans les composés, v. 
§ 170), nav ei nau « neuf » dérivent, ou semblent dériver direc- 
tement de skr. sapta, dstaii, nava. Il en est de même dans les autres 
langues indo-aryennes. 

>; 220. Dabâ « dix », en regard de pkr. daba^ présente un allon- 
gement irrégulier de la voyelle finale, qui s'explique par la ten- 
dance décrite à propos de don, tin et sabâ, et qui a pu être favorisé 
par le fait que de deux a entourant l'aspiration, le second est 
généralement long (v. § 52). 

Mais l'aspiration elle-même de m. dabâ est tout à fait décon- 
certante ; on sait que la sifflante se conserve normalement 
en marathe, et avant le marathe (v. î; 160), en prâkrit ; or 
daba est attesté très anciennement en prâkrit. Selon Vara- 
ruci dasa subsiste dans la numération, et devient dâba- dans 



« DIX » A « DIX-llUIT » 219 

les noms propres, dont les textes littéraires doivent res- 
pecter la forme courante, tandis que le mot isolé subit Tin 
fluence de skr. daça. La forme daha ne tarde pas à s'imposer 
même dans la numération : les textes l'admettent et Hemacan- 
dra doit l'autoriser, du moins en mâhârâstrï, car les prâkrits 
orientaux conservent la sifflante (v. Pischel, §262). 

Dans rindo-aryen moderne les formes se répartissent comme 
en prâkrit : avec le tsigane et la plupart des parlers de l'ouest 
himalayen, les dialectes de l'Hindoustan central et oriental con- 
servent la sifflante exclusivement ; en sing-halais, en penjabi les 
deux types coexistent ; en marathe aussi, mais dûs est rare et ne se 
présente guère que dans certains mots appartenant à la langue 
religieuse et où c,'est un vrai tatsama [dasvandan, dasnhâijeni, dasra) . 
L'aspirée n'existe seule qu'en kaçmiri, en sindhi et dans cer- 
tains dialectes guzrati : là elle est phonétique ; on sait qu'en sin- 
dhi le passage àes à /j est normal, et les dialectes du guzrati qui 
ont ^fif/j pour « dix » ont aussi hât pour « sept ». 

Il semble donc que dahà remonte à une forme occidentale ou 
centrale ; mais cette forme a été empruntée très anciennement, 
puisqu'elle s'est déjà imposée à la littérature du prâkrit classique. 

§ 221. On a vu les formes que prennent les noms d'unités de 
« onze » à « dix-huit ». Le nom « dix » y a été altéré partout 
où d était primitivement intervocalique. Seuls sont traités pho- 
nétiquement en marathe et dans les autres langues caudâ « qua- 
torze » [caturdaça) eisolâ « seize » [sodaça) : dans le premier d était 
géminé, dans le second il était remplacé dès l'origine par une 
cérébrale. 

L'accord est aussi constant entre le marathe et le reste de 
l'indo-aryen (sauf l'extrême nord-ouest : dans kaçm. kab « onze» 
bah « douze » etc. rf intervocalique est régulièrement tombé) dans 
l'irrégularité phonétique présentée par les noms akrâ « H », bârâ 
« 12 », terâ ^ 13 », pandhrâ « 15 », satrâ « 17 », athrà « 18 ». 
Dans tous ces mots, d intervocalique est remplacé par r. Le fait 
est attesté déjà dans les plus anciens textes jainas et chez Vara- 
ruci (v. Pischel, § 4i3). On s'explique que le besoin se soit fait 
sentir très tôt de protéger l'initiale du nom « dix » dans ces 
mots : mais le passage de ^ à r est anormal (cf. § 143). Selon 
Pischel r provient ici de (/, attesté en effet dans les inscriptions 
orientales d'Açoka (v. Michelson, /. F., XXIII, p. 247, n. 3); 



220 DÉCLINAISON 

dans ce cas on songerait immédiatement à l'analogie de sodaça '. 
mais d aboutit normalement à /, c'est pourquoi Ton a m. soïà ; 
l'explication vaut sans doute pour le singhalais qui a en elîet 
généralisé / (kohiha. doJasa comme solosa), mais non pour les 
formes à r du moyen-indien et des autres langues modernes. Il 
faut probablement admettre ici une dissimilation très ancienne 
de d intervocalique par d initial de dvâdaça, voire t initial de 
irayodaça (loi XIV de M. Grammont) et / appuyé de saptadaça 
(loi VIII de M. Grammont) ; ces noms auraient servi de modèle 
aux autres (explication suggérée par M. Meillet). 

§ 222. Ekiiuîs « 19 » est constitué suivant la formule du prâ- 
krit, qui laisse intactes les voyelles initiales des seconds termes 
des composés ; même les langues où eh- a généralement passé à 
eg- on g- ont conservé le // de skr. ftna- changé en o dans ekonavim- 
çati-. Le prototype du marathe est donc *ek-iiija-vîs, où n médian 
s'est naturellement abrégé, et où v intervocalique a disparu, 
n'étant point protégé par le sentiment de la série comme dans les 
noms de nombre supérieurs à c vingt », tels que bâvîs « 22 », 
tevJs « 23 », cauvîs « 24 », etc. 

Les dizaines. 

s5 223. Les noms des dizaines présentent des formes encore 
plus obscures que les noms des unités. 

vis « vingt », Us « trente ». Il n'y a plus trace nulle part en 
prâkrit de la nasale de skr. viijiçatî-, tr'uuçat d'ailleurs tout à fait 
anormale et obscure au point de vue indo-européen (v. Brug- 
mann, Gnnidriss ^, II, 2, p. 31). En prâkrit visai et même visai, 
forme de substantif répondant normalement à skr. vJniçaîi-, ont 
été notés ; mais les formes les plus usuelles sont vîsaiii meut.) et 
vîsâ{iém..) qui sont l'un et l'autre des adaptations de skr. viinçat 
formé sur le t^pe de triinçal. En marathe vis et Vis sont comme 
tous les noms de nombre au-dessus de « quatre » déclinés sur le 
type masc.-neut. dev ou ghar. Les autres langues possèdent les 
mêmes mots, avec les variantes phonétiques normales ; p. ex. 
guz . i'/5, h. bîs, s. pj. vîh, kçm. vuh\ g. h. b. tis, pj. //"/.', s. tîh. 
kçm. irah. 

Câl'is « quarante ». en regard de caivâr'uiiçat , apparaît comme 
un mâghadisme : on p-ÂVi, cattârisaiii e.l cattàlisain coexistent; mais 
le prâkrit ne connaît que les formes à /. La première partie du 



NOMS DES DIZAINES 221 

mot a subi le même sort que air pour catîâri ; mais ici le t a été 
conservé facultativement en composition : ainsi l'on dit ekcâlls, 
ekecâlls et ektâJîs, eketâlïs « 41 », cavvecâlîs et cawetâlls « 44 » etc. 
La forme k t ne semble pas usuelle en marathe (Molesworth la 
donne rég^ulièrement, mais Beames en nie l'existence), mais elle 
est courante dans les autres langues occidentales et centrales (v. 
Beames, I, 215). 

Pannâs <■< cinquante », skr. pahcâçat est une forme très ancienne, 
si l'explication présentée au § 217 est juste. Mais elle n'est plus 
représentée à l'état isolé qu'en marathe et en sing-halais (panas). 
Partout ailleurs le liom de « cinq » a été réintroduit dans celui 
de « cinquante ». 

D'ailleurs que la forme pa)iihïis ne soit pas indigène en marathe, 
cela ressort de la gémination de la nasale. 

En composition avec les unités, pkr. paunasain a été écourté à 
son tour : de là ekkû-vaijijaiii, hâ-vauuain etc., en marathe ekâvann 
bâvann etc., formes qui se retrouvent dans toute l'Inde centrale 
et orientale. 

sâth « soixante » dérive normalement de skr. sasti-, pkr. satthi-. 
Ici encore les formes des autres langues s'accordent avec le 
marathe et semblent répondre au même prototype sanskrit : kçm. 
çaith, pj. satth, s. sathi, h. g. sâth etc. 

sattar « soixante-dix » répond à skr. saptati-. Ici r intervoca- 
lique, attesté en moyen-indien et conservé partout sauf en kaç- 
miri et en singhalais, doit remonter très haut; il s'explique sans 
doute par une dissimilation de t intervocalique par / appuyé 
(loi VIII de M, Grammont) comme satrâ « dix-sept » (saptadara) , 
V. § 221. ^ — Dans les composés s se change en h : ekahatfar 
« 71 » etc.; on a vu au § 100 que cette altération est étrangère 
au marathe : cette série de noms est donc probablement tout 
entière empruntée à un dialecte occidental ou central. 

Euiaiii, aiçîm « quatre-vingts » coïncide avec g. oiiçi, hemçi^ 
mais non avec h. pj. assl etc. qui représentent normalement skr. 
açïii-, pkr. as'iini as'iî ; sur cette infection vocalique, rare en ma- 
rathe, V. § 106. 

Navvad « quatre-vingt-dix » a comme les langues de l'Hin- 
doustan une géminée, cf. pj. navve, bg. nabbai ; mais la fin du mot 
est particulière au marathe ; celle de skr. navati- se retrouve 
correctement dans pj. h. na-vve, s. nave, bg. nabbai, o. nabeei même 



222 DLCLl.NAISU.N 

kv'ii. nainiuh ; le marathe semble avoir (ixé ce mot en cours d'évo- 
lution, et représenter un moyen-indien *navadi ; il Ta de plus 
écourté en -ijijav dans les composés ekyàijijav, bydijijav etc.; le 
guzrati a fait subir au même mot des transformations encore 
plus obscures {nei'iiin). Aucune de ces formes ne correspond à 
pkr. nauim naiiî lui-même irrég-ulier. Ce mot est donc totalement 
déconcertant. 

Cent et au-dessus. 

§ 22 i. Çdinbhiir « cent » est obscur; on y reconnaît skr. çatam 
auquel semble s'être joint un mot signifiant « charge, poids » 
ou « contenance » [bhar- ou bhâr-'i. Le mot çanibhar s'emploie 
absolument. Il a pour équivalent le substantif neutre indéclinable 
fc///, toujours précédé de ek, et qui sert k former les noms de 
nombre au-dessus de cent : eh çem « cent », ek çein ek « cent un », 
don çein « deux cents » etc.; çeiii répond phonétiquement à skr. 
çatam ^ comme d'ailleurs toutes les formes correspondantes de 
lindo-aryen (sauf dans quelques parlers himalayens où « cent» 
se dit « cinq-vingts », v. Grierson. Pic. lang.. p. 37 et 39]. La 
fin du nom de caste marathe savâçà donne une autre forme du 
même mot, déclinée sur le modèle des adjectifs masculins : il 
s'agit d'une caste des « cent vingt-cinq », skr. sapâda-çataka-. 

Hajâr <* 1000 » est emprunté au persan en marathe comme 
presque partout dans l'Inde ; skr. sahasram ne semble conservé 
que dans kçm. sas Qi dans sgh. dahasa (^si du moins il s agit ici de 
sahasram ayant emprunté l'initiale de daba <> dix », comme le 
veut Geiger, 5^ 43, 7 ; on pourrait peut-être aussi voir simple- 
ment dans ce mot un composé de daba et siya, soit « dix cen- 
taines »). 

Lâkh «■ 100.000 » répond à skr. laksa- comme toutes les 
formes correspondantes du même nombre en indo-aryen ; kot 
a 10 millions » est un tatsama, skr. koti-\ la forme h. karod qui 
est générale dans 1 Inde [cï. anglo-indien t/w^) est inexpliquée. 

Fractions de l'unité. 

§ 225. Les formes désignant les fractions d'unités : adbâ, 
adh~, ad- {dîd « un et demi » ; adlc « deux et demi » ; sâde- « et 
demi », à partir de trois), skr. ardba- ; pâv « un quart », skr. pâda-, 
et ses composés p^ï/?;/ « trois quarts », proprement ^' moins un 



OUDINALX 223 

quart », skr. pùàona- {pùiiuedon « 1 3/4 », pâunetui « 2 3/4 » 
etc.), savà ou savvà « un et quart » skr. sapâda- (cf. saivâdon « 2 
1/4 etc.) ont déjà été expliquées. 

Ordinaux. 

§ 226. A partir de « cinquième », les adjectifs ordinaux sont 
tous formés avec le suffixe -va {-âvâ à partir de « dix-neuvième »): 
pânicvd « cinquième », sâlvâ « septième », dahâvâ « dixième », 
çambharâvâ « centième », etc.; ce suffixe correspond à skr. -ma- 
étendu analogiquement à tous ces nombres dès une date 
ancienne, sauf dans le cas de sahâvâ « sixième » (skr. sastha-, 
pkr. cbattha-), où l'analogie date du marathe : l'hindi [chatthâ) 
et le guzrati ichato) conservent encore la forme traditionnelle 
qui a disparu partout ailleurs comme en marathe (v. Beames, 
II, p. 143). 

Pahihi « premier » résulte de l'adaptation à skr. prathama- du 
suffixe pkr. -illa-] partout où le tatsama n'est pas employé on 
trouve dans l'Inde propre des formes du même mot (en singhalais 
et au nord-ouest les systèmes sont différents ; v. Geiger, § 44, 
3 : Grierson, Man. kaçni., ^ 28). L'extension en semble cepen- 
dant récente ; il manque au prâkrit i la forme usuelle est padha- 
ma-] ; et il est à noter que la forme marathe est identiquement 
celle de Ihindi et du penjabi. qui se propage d'autre part dans 
les langues du groupe oriental iv. Beames, II, p. 142 i. 

Diisrâ « second », tisrà « troisième » sont également com- 
muns au marathe et aux langues centrales ; le marathe possède 
en outre dujâ « autre », hîj et tîj f. « second » et « troisième jour 
de la lune » qui remontent correctement à skr. dvitlya-, trltya- et 
se retrouvent en penjabi, sindhi, guzrati. Les mots dtisrâ et tisrâ 
sont inexpliqués. 

Canthà '< quatrième » sort normalement de skr. catiirlha- 
comme d'ailleurs dans toutes les langues de l'Inde proprement 
dite; v. Beames, I, 144. 



CONJUGAISON 



§ 227. Le système verbal du marathe repose sur une simplifi- 
cation analogue à celle qui est à la base de la déclinaison. Mais 
cette simplification semble avoir commencé plus tôt dans les 
verbes que dans les noms. En effet, si la disparition du duel n'est 
un fait acquis qu'au début de l'époque prâkrite, si Tabsoiption 
de la conjugaison moyenne dans la conjugaison active est même 
plus récente encore, puisque le moyen est partiellement conservé 
dans les inscriptions d'Açoka et en pâli (pour le prâkrit, cf. Pis- 
chel, s; 452, 457), il est possible de suivre dans la littérature 
sanskrite elle-même, et cela dès sa période ancienne, l'appauvris- 
sement progressif de la vieille flexion. Dans l'intervalle qui 
sépare la rédaction duRgveda de celle des Brâhmanas, les modes 
autres que l'indicatif ont subi des pertes sensibles : le subjonctif 
n'existe plus qu'au présent et à l'aoriste, et là même son emploi 
est devenu moins fréquent ; l'optatif et l'impératif sont égale- 
ment limitésau présent (J. Bloch,Z,â! phrase nominale ensanskrit, M, 
S. Z,., XIV, p. 31). Dans le Mahàbhàrata tout le verbe tend à se 
réduire à l'indicatif et à l'impératif; du subjonctif et de l'injonc- 
tif il ne reste plus que des épaves, et l'optatif est en décadence 
{ibid., p. 37-39) ; à l'indicatif même, les temps du passé perdent 
la plupart de leurs formes et leurs sens caractéristiques [ibid., 
p. 46) ; sur le conditionnel, à peu près inexistant, v. Wliitney, 
§ 941 ; par contre le futur, qui est d'extension récente, continue 
de se développer, et le présent, conservé intact dans sa forme, 
voit son emploi s'élargir [ibid., p. 64). 

Les résultats de cette évolution se constatent en prâkril, où 
les seules formes usuelles sont celles de l'indicatif présent et 
futur et celles de l'impératif. Seuls, ou presque seuls, les dia- 
lectes jainas ont conservé d'autres formes anciennes : exception- 
nellement l'imparfait (Pischel, § 515) et le parfait [ibid., § 518 ; 
cf. Blocb, /. /., p. 73 et note 2), normalement l'aoriste et l'optatif 



THÈMES 22o 

(Pischel, §§ 516-517, 459). Il est remarquable que Toptatif et 
surtout l'aoriste soient aussi très fréquents en pâli ; cette coïnci- 
dence témoig^ne du caractère archaïque ou archaïsant des dialectes 
jainas, notamment deïardhaniâgadhï (cï. Pischel, § 18). 

Le sanskrit de basse époque confirme les données fournies par 
la littérature prâkrite : dans la Vefâlapancaviiiiçûtikâ les seules 
formes verbales vivaces sont celles d'indicatif présent (à sens 
variés, v. Bloch, /. /., p. 67 et suiv.) et futur et d'impératif pré- 
sent; c'est la phrase nominale qui supplée aux lacunes résultant 
de la réduction des formes conjugables (ibid., p. 94). 

Thèmes. 

§228. Dans la phrase nominale peuvent s'introduire divers par- 
ticipes, c'est-à-dire des mots déclinables, mais rattachés par leurs 
thèmes à la conjugaison. Or, parmi ces participes, l'adjectif en -la- 
seul (avec ses dérivés en -tavant- et -tavya-) conserve un thème 
verbal autre que celui du présent, auquel se rattachent toutes les 
formes conjugubles. Le système verbal médiéval repose donc sur 
deux thèmes : 1° celui du présent, sur lequel sont formés d'une 
part l'indicatif présent et futur, l'impératif et d'autre part le 
participe présent et l'infinitif ; 2° celui du passé, conservé dans 
le participe en -ta-. Ainsi le verbe sanskrit a évolué parallèle- 
ment à celui des autres langues indo-européennes, qui se sont 
constitué au cours du temps des conjugaisons à deux thèmes (voir 
Meillet, Introduction, p. 418 ; cf. M. S. L.. XIII, p. 350 et suiv.); 
dans le détail, son histoire rappelle plus particulièrement celle 
de la plupart des dialectes iraniens, où le verbe s'est aussi 
reconstitué autour de l'ancien présent et du verbal en -td- (sur le 
persan, v. Salemann, Grundr. dcr iran. phiL, I, 1, p. 295, Horn, 
ibid., 1,2, p. 148 ; sur l'afghan et lebeloutchi, Geiger, ibid., I, 2, 
p. 218 et 242 ; sur le kurde, Socin, ibid., I, 2, p. 280-281, sur les 
dialectes du Pamir, de la Caspienne, du centre, Geiger, ibid., 
p. 321, 362, 394 ; cf. p. 416). 

Mais les deux thèmes n'ont pas tardé dans l'Inde à réagir l'un 
sur l'autre, et la plupart des langues modernes ne conservent 
plus l'opposition ancienne que dans un nombre restreint de cas 
(v. Beames, III, p. 136 à 147). C'est en sindhi que les parti- 
cipes anciens ont conservé le plus d'indépendance à l'égard du 
thème du présent; en penjabi. en hindi, la liste de ces parti- 
La l'ormalinn de In lantjue marathe. l.'> 



22(j CONJUGAISON 

cipes est devenue très courte. Le marathe est avec les langues 
de TEst celle où le nivellement est le plus complet. 

§ 229. Deux verbes seulement y ont conservé trace de la vieille 
alternance des thèmes fort et faible : inf. manjeni [màranam], 
karnein [haranam) : pcp. me-lâ {inrta-), ke-là (krta-). Ce sont là 
deux verbes très usuels, dont le radical se termine en ;- et qui 
forment groupe ; en oriya les seuls participes forts sont égale- 
ment malù^ kaki. 

Ailleurs l'opposition des deux thèmes s'est maintenue quand il 
s'est produit des faits de supplétisme : 

\n[m. j a iicm (yâti) « aller » : pcp. ge-lâ i gâta-) 

yeueni {eti) « venir » â-lâ <âgata-) 

hoijein [hhavati) « être » jâ-lâ. j'hâîâ ijâta-) 

La langue archaïque a conservé encore un certain nombre de 
formes anciennes : ieWes pàtlâ (prâpta-), àe pâvuem « atteindre », 
remplacé depuis par pùvlâ ; bhinnalà, pur tatsama, remplacé par 
bhinh'i, cf. bhinnem bhimduem « pénétrer » ; dinnalà [dinhalà), qui 
conserve la forme pkr. diijna-, a cédé la place à dilâ, plus proche 
de deijeiii « donner » ; minlâ, fait sur un type *mil-na- (cf. pkr. 
ummilla-) est moins autorisé que miUà, de w////^/// « joindre ». 

Il est resté dans l'usage un certain nombre de participes pas- 
sés irréguliers, d'origine plus récente et de forme obscure : 

1" Ceux caractérisés par -/ : ghâtlâ « posé », de ghâlijeni, s'ex- 
plique aisément comme l'a bien vu M. Sten Konow, /. R. A. 5., 
1902, p. 421, par l'opposition d'un verbal *ghal-ta- et d'un présent 
*ghal-ya-ti, pkr. gallai. Des mots comme celui-ci, et comme pntlâ 
cité plus haut, et d'autre part la tradition du verbal skr. en -ta-, 
-ita- ont dû servir de point de déj)art aux analogies qui ont 
déterminé la formation de ghetlù « pris nigheijeiin, dhûtlâ « lavé » 
(dhiujein), baghitlâ « vu » [baghiem), mùgitlâ « demandé » imùguem), 
mhauitlâ sânigitlâ « dit » [nihanneni, sânigijeni) etc. 

2° Les verbes à radical en ;/ changent facultativement cet ;/ 
en t au passé : khalldde kbaijijeiii « creuser », mhath de nihaijijein 
« dire », bâtlâ de haijijeiii « frapper ». On ne voit pas l'origine 
de cette alternance (cf. Sten Konow /. l.;. 

3" Les monosyllabes en / forment le thème du passé en ajou- 
tant -d : pyâlâ [pinem) « bu », bhyàlâ {bhinem) « craint », vyâlâ 
{vinein) « engendré », etc. Il semble qu'ici le thème ancien bhlta- 
etc. soit conservé, mais élargi par le sufïîxe d'adjectif pkr. -alla-\ 



THÈMES 227 

un assez grand nombre de verbes d'ailleurs forment le parti- 
cipe passé en -âlâ plutôt qu'en -là (cf. Navalkar, p. 130). 

4" Les monosyllabes en â peuvent ajouter / au passé : gâilâ 
« chanté » (ginjeiii), dhyâilâ <■< réfléchi » (dhyûiiein) ; ceci peut 
remonter au prâkrit : cf. mag. guida- dans la Mrccbakatika (Pis- 
chel, 1^ 565). 

Mais khâuem « manger » ikhâd-) possède au passé, à côté de 
khâdilâ, qui est un tatsama, la forme khâlla qui est tout à fait 
obscure : cf. cependant pkr. soUa- pour skr. sûnita- « cuit » (v. 
Pischel, § 566). 

5" Les verbes en -e divergent : neijeiii « conduire » [ni-) garde 
e dans rielâ ; mais leneiii a prendre » (skr. là-, pkr. le-) est traité 
comme un thème en / : pcp. lyâhi ; et d'autre part deijeiii (dâ, 
pkr. de-) a remplacé ses anciens participes, d'ailleurs irréguliers, 
dinnalâ eididblâ (cî. guz. didhlo) par di là. 

Un grand nombre de ces formes sont facultatives : autant 
dire que le système des formes fortes du marathe ne paraît pas 
d'une solidité définitive. Au reste la plus grande partie de ces 
formes sont en réalité relativement récentes ; et en effet elles 
sont propres au marathe. 

On soupçonne qu'elles doivent dater d'une époque où la langue 
tendait à maintenir l'opposition de deux thèmes malgré les con- 
fusions provoquées par l'évolution phonétique (cf. pkr. khcli, khcia-\ 
b'ihai, *bhîa-, etc.). Mais il est difficile de découvrir les types pri- 
mitifs qui ont servi de point de départ aux formes analogiques. 

Sauf les cas qui viennent d'être énumérés, le verbe marathe, 
comme d'ailleurs le verbe des langues parentes, n'a normalement 
qu'un seul thème (v. Beames, III, p. 28). 

§ 230. Lorsque la conjugaison moderne repose sur un thème 
verbal ancien, ce thème est le plus souvent celui du présent. On 
retrouve ainsi dans le vocabulaire marathe la trace de différentes 
formations qui ont perdu leur signification morphologique ancienne. 
Le type athématique n"a pu s'étendre aux temps du passé en 
aucun cas : il n'en subsiste plus que les thèmes de yeijern [eti) et 
jàuem (yôti), qui appartiennent, ainsi qu'on l'a vu, à des verbes 
défectifs, et la 3'' personne archaïque^///;/ [asli) qui déjà en vieux 
marathe est tout à fait isolée (sauf le participe ^//;/7rt « été »). Mais 
on trouve à tous les temps : 

des thèmes à suffixe -a-, comme ceux de ulavijcm iiittapati), khâ- 



228 CONJUGAISON 

ne))! (khââati)^ neueni {na\ati\ padhnem ipathati), pekhueiii (prehate), 
baisuem iupaviçati), hcueiii ibhavati); on trouve exceptionnellement 
le redoublement conservé dans bihinefn {bibheti), pinevi {pibati) ; la 
trace s'en fait encore sentir dans la cérébrale de theiitevi et les 
autres mots dérivés de la racine sthâ-y 

des thèmes à suffixe -axa-, comme udmm itiddayali), kâpfiem 
(kalpayati), câvnem [carvayati], mâkhneni [mraksayàti), mâgnem [tiiâr- 
gayati), sânjduem ichardayati) et d'une façon générale tous les cau- 
satifs du type tâvjjein {tapayati),todne)n {trotayatij, etc.; 

des thèmes à vocalisme faible et à suffixe -ja-, comme 
upajneiu nipajuem (utpadyate, nispadyate), jumjhnem (yudhyate), nàc- 
nem {nrlyati), bujhnein [biidhyalej, mânneni [manyate) et particulière- 
ment des thèmes de passif comme tapnem{tapyate),tutiiem(trutyate) 
s'opposant aux causatifs cités plus haut (cf. Beames, III, 47 et 
suix. ), dajijein (dahyate), disijcni [drçyate), pehjem {pi-eryate\ à sens 
transitif), Jâbhijein (labhyate; cï. m.. Idhnein) , cf. rujhnem {*ruhyate), 
dubhijein fait sur le type de lâbbijeiii idith-), saknem [çakyate), où le 
verbal çakya- et même le présent çahwti ont pu collaborer avec le 
thème du présent passif ; 

de rares thèmes à nasales : lun très ancien, et seul de son 
type, jâuuem (jânaii) ; les autres à nasale insérée dans le thème et 
remplaçant les thèmes de type plus archaïque, soit dès le sanskrit 
(cf. Meillet, M. S. L., XVII, p. 194) comme dans bandhiioniban- 
dhati-), bhamjnem {bhahjayati), rundhnein (riiridhati), soit en prâkrit, 
comme dans zwi^/;/./m (pkr. vindhai, rac, lyadh-), sumdijeni (pkr. 
chundai ; rac. ksud-), seindnem (pkr. chindai ; rac. chid-) ; le prâkrit 
a éliminé la plupart des thèmes à nasale de façon ou d'autre : cf. 
jodiiein, thâiiibijein, dhiiijeiii, pâvijcin, phetnem, saincijeni, sakuem ; 

deux thèmes en -ccha-, l'un ancien, piisuem iprcchati), l'autre 
attesté seulement en moyen indien, asijein (pâli acchati, pkr. 
acchaï) . 

Aux thèmes du présent se rattachent quelques formations 
beaucoup plus rares, reposant sur l'infinitif comme bhetuem [bhet- 
tum), ou sur le participe présent, comme jâgnem {jâgrat- : le prâ- 
krit a déjà le présent jaggai). 

^ 231 . On rencontre en outre un certain nombre de verbes for- 
més sur le thème de l'ancien participe passé : ce sont là les seuls 
vestiges de l'ancien second thème du verbe médiéval. Conmientle 
participe a-t-il pu perdre sa valeur de passé, c'est ce que lexpli- 



THÈMES 229 

cation proposée parBeames (III, p. 38) n'éclaircit pas : du reste s'il 
s'agissait seulement de ce participe, on ne comprendrait pas non 
plus pourquoi tous les verbes qui en dérivent ne sont pas 
intransitifs. Or c'est sans doute le cas du plus g-rand nombre : 
ainsi iiinagijeni (unmagnà-), iiphaluem [utphulla-, cf. Whitney, § 958), 
iinialijeiii (pkr. nminilla, skr. iinmllita-), bhâguem [bhagna- ; cf. 
bhâmguem construit sur skr. bhanga-), muhjein (pkr. mukka-), lâdh- 
ijem [labdha- ; cf. lùbhuem <C labhyate et làhnem tiré de lâbha-), riidh- 
nem [ruddha-\ cf. rujhnem <i ruhyate), lagnem {lagna-), sithiem 
[çuska- ; cf. Whitney, § 958), sudâvauem (pkr. chfidha-, skr. 
ksubdha-). Mais on trouve dès l'époque prâkrite la racine de 
kâdhuem « tirer » [krsta-) avec le sens transitif ; ont le même 
emploi : ghâtuem » écraser » [ghrsta- ; cf. ghatnem « être écrasé »), 
en reg-ard de gbâsijeiii « frotter », gbusijeiii « pénétrer de force », 
ghenem « prendre, recevoir » (grhita-, pkr. gahia-),dinhuem « don- 
ner » (pkr. dinna-), viàthnem « polir », madhnem « couvrir», mit- 
nem « effacer », tirés de mrstà- (cf. vuïmjuem « oindre, essuyer », 
provenant du présent skr. màrjati) ; pitmm » battre », tiré du 
participe (non attesté) de la racine prs- <( faire du mal ». Il faut 
sans doute, pour rendre compte de la transformation du sens, 
rappeler qu'en sanskrit le participe en -ta- est normalement 
accompagné d'un substantif féminin en -ti- : c'est ainsi précisé- 
ment qu'à côté de krsta-, ghrsta-, mrsta-, on a krsti- (attesté avec 
d'autres sens seulement), ghrsti-, mrsti-. Les verbes formés sur 
le thème du participe passé ont donc pu passer pour des déno- 
minatifs. 

Du reste on ne voit pas toujours clairement auquel des deux 
thèmes le verbe moderne se rattache : ainsi unialncin, pchjein, 
peuvent remonter aux passifs *unmilyate, preryate (dans ce der- 
nier cas il faudrait admettre la formation analogique d'un actif 
*preryati) aussi bien qu'aux pcp. pkr. nmmilla- pellia-, d'autant 
que les participes prilkrits remontent aux thèmes du passif (sur 
ummiîla-, v. cependant Pischel, § 566) ; de "même lagnem peut 
provenir indifféremment de lagna- ou lagya- ; khùnem, pinem s'ex- 
pliquent aussi aisément par le présent que par le participe (cf. 
§ 229). Des verbes comme nmaguem, bhagnciii, iiuikijcni peuvent 
reposer, aussi bien que sur les participes, sur des présents tels 
que *vmo)iâti, *bhagnâti, *miihiâti, etc. 

§ 232. Au point de vue marathe, tous les thèmes dont il vient 



230 co.\.)L"(;aiso.\ 

d'être question constituent une seule catégorie, où rentrent aussi 
des verbes formés à l'époque moderne, par exemple les dénomi- 
natifs comme iitanijeni {*ni-tpia-), uphaluem {utphulla-) ou vâcijetn 
{vâc\a-}, vâjijein {vàih'n-> ; cf. Joshi, î:; 334 et suiv. Sur les thèmes 
de cette catégorie, qu (jn peut appeler thèmes primaires, se 
forment par dérivation des thèmes secondaires, qui sont ceux 
du causatif, du potentiel et du passif. 

I. — Le causatif se forme de deux façons en marathe : 

1° par le gmja de la voyelle radicale : ex. padnem « tomber », 
pâdijein V faire tomber» ; dans ce cas le verbe remonte directement 
au causatif sanskrit v. Navalkar, § 392, p. 230) ; cette forme a 
été signalée plus haut, et ne nous intéresse pas ici, puisqu'elle ne 
constitue une catégorie spéciale ni au point de vue des thèmes 
ni k celui de la flexion ; 

2° pur l'adjonction d'un morphème -âva- ou -avi- : ex. 
basijeni « asseoir » : hasav{i)iiein « faire asseoir >-. Ce mor- 
phème dérive de skr. -pa\a-, pkr. -ir-, réservé d'abord aux 
racines en -â-, puis étendu k d autres racines vocaliques 
ou consonantiques (voir Whitney, § 1042, Pischei, § 551- 
552) ; pkr. -ve- aboutit normalement k m. -vi- dont la voyelle 
étant intérieure est instable : les textes en apahhrainça notent sou- 
vent cette décoloration de la voyelle caractéristique qui aboutit 
à la confusion des conjugaisons primaire et causative (Pischei, 
§ 553). La voyelle qui précède le v est en principe -a- '. la com- 
paraison des autres langues montre qu'il s'agit originairement 
de à long(guz. -âva-, pj. h. -an, -à-, s. b. o. -(7/-, cf. Beames, III, 
p. 76) ; cette voyelle étant intérieure s'est abrégée. Le marathe, 
seul d'entre les dialectes congénères, présente une autre forme 
du même morphème où la première voyelle est -/- ou -/- : ainsi 
l'on a kanv[i)uem k côté de Jmrav[i)ijeni « faire faire » ; s'agit-il 
d'une action phonétique de la voyelle suivante ? Il est permis de 
penser qu'on retrouve ici une trace de l'ancien causatif : la coexis- 
tence de pkr. kàrei dune part, de kâravei et kâravai de l'autre a 
pu provoquer la formation d'un type *kârevai, *kârevei. 

La flexion des causatifs est celle de tous les verbes transitifs 
du marathe. 

II. — Une trompeuse analogie de forme a conduit certains 
grammairiens k confondre avec le morphème du causatif celui 
du verbe exprimant la possibilité. En réalité ce dernier est -va-, 



TIIKMi:S 2111 

jamais -vi- : et d'autre part la construction du verbe est intran- 
sitive, donc essentiellement ditférente de celle du causatif: 
mâjhyâ-iiein haravatein <■<■ je puis faire » s'oppose de toute façon à 
ml karavitom « je fais faire ». Navalkar, tenant compte de cette 
particularité de syntaxe, identifie le potentiel avec le passif du 
sanskrit (§ 400), oubliant que cette forme s'est maintenue en se 
transformant en prâkrit et jusqu'en marathe. C'est Beames qui 
a donné la vraie explication du morphème de potentiel, en y 
reconnaissant le suffixe du participe d'obligation en -tavya- 
(III, p. 1S7) : il s'est constitué en marathe sur le participe en 
-V- une conjugaison du même type que celle constituée sur les 
participes présent en -t- et passé en -/- (cf. § 243 et suiv.). 

m. — A la différence du causatif et du potentiel, le passif est 
une forme en pleine décadence. En réalité, il n'y a plus de verbe 
passif en marathe moderne ; le sens passif est exprimé par une 
périphrase semblable à celle du français, composée du participe 
passé joint au verbe ho- « être » ou jâ- « aller » . Le passif 
ancien n'est plus représenté que par une forme figée devenue 
conjonction mhauije « c'est-à-dire », littéralement « est dit », et 
par un verbe anormal pâhije « est nécessaire », littéralement 
« est vu » (v. Navalkar, § 259 et suiv.). Mais en vieux marathe le 
morphème -ij- servait normalement à former des verbes pas- 
sifs (Navalkar, § 718, Joshi, § 292 ; cf. dans les inscriptions: 
jhavije « est saillie, doit être saillie », Parel ; mùvije « est 
contenu », Patan). Ce morphème ([ui se retrouve en sin- 
dhi, en rajasthani (Beames, 111, 72 ; L. S. /. , Râjasibâni, 
p. 1(1), dans l'un des parlers de l'extrême nord-ouest (Grierson, 
Z.D.M.G., 1912, p. 83), et peut-être, avec une légère trans- 
formation de sens, dans le radical des « impératifs respectueux » 
de l'hindi et du guzrati (cf. Hœrnle, p. 340; Beames, III. 110- 
113, Grierson, J. R. A. S., 1910, p. 162-103 donnent de ces 
formes une explication différente), remonte à pkr. -ijja- qui est 
le morphème normal du passif dans les dialectes occidentaux : 
chose curieuse, c'est le penjabi seul qui aujourd'hui conserve 
clairement la forme -la- des prâkrits çaurasenï et mâgadhî ou 
-iyya- de la paiçâcï (Pischel, § 535 ; Grierson, Z. D. M. G., 1912, 
p. 85 ; cf. sur h. câhiye, etc. Grierson, /. R. A. S., 1910, p. 163). 
Les désinences moyennes ayant, comme on a vu, disparu dès la 
période prâkrite, le passif est en vieux marathe comme en prâ- 



232 CONJUf;AlS0N 

krit, non une voix, mais un thème secondaire, dont la flexion 
est identique à celle de tous les verbes intransitifs. 

Ce sont là les seuls suffixes verbaux secondaires du marathe 
à valeur morphologique définie. 

Flexion . 

§ 233. Les thèmes verbaux ainsi constitués restent toujours 
distincts des désinences. Celles-ci se répartissent en deux groupes, 
selon que les verbes sont transitifs ou intransitifs ; en d'autres 
termes le marathe a conservé dans sa flexion la distinction entre 
les 'verbes thématiques en -ati, pkr. -ai et les causatifs en -axali, 
pkr. -ei. C'est là un archaïsme qui ne se retrouve qu'en sindhi 
(voir Trumpp, p. 284-285, 313 et suiv., 322 et suiv. ; Beames, 
III, p. 115) et qui tend d'ailleurs à disparaître en marathe 
même : le morphème de transitif -/-, issu du morphème de cau- 
satif pkr. -e-, se trouve dans les temps participiaux entre con- 
sonnes à l'intérieur du mot; il y devient donc instable, et en elîet 
les grammaires le donnent comme facultatif à ces temps (Joshi, 
p. 204, 208). Même au présent et au futur, où la diphtongaison 
prête à la conjugaison transitive un aspect 'différent de la con- 
jugaison intransitive, la l""" et la 2^ personnes du pluriel sont 
normalement unifiées sur le type intransitif, et il y a flottement 
dans l'usage aux autres personnes aussi (Joshi, p. 198-199, 214 ; 
L. S. L, Maràthi, p. 26). 

§ 234. Les formes conjugables du verbe marathe se répar- 
tissent ainsi : 

1° l'ancien indicatif présent (devenu passé d'habitude) ; 

2^ le futur, formé sur l'ancien présent ; 

3" l'impératif ; 

4'' les temps refaits à l'époque moderne sur les participes, et 
fléchis selon le type du présent. 

Passé d'habitude (ancien présent). 

§ 235. Les désinences du présent sanskrit ont persisté jusqu'en 
marathe sans presque d'autres changements que ceux dus aux 
altérations phonétiques normales. 



PASSÉ d'habitude 233 

Le tableau suivant suffira à faire apparaître cette régularité : 





Intrans 


itif. 




Transitif. 




skr. 


pkr. 


mar. 


skr. 




pkr. 


mai 


■âfiii 


-à mi 


-Clll 


-ayàmi 




-emi 


-im 


■a si 


-asi 


-asi, -as ou -es 


-ayasi 




-esi 


-is 


■ati 


-ai 


-e 


-axa te 




-ei 


-î 


-âmah[- 


ânioj-âmo 


-oiii, -ihii 


-ayâmah \ 


-dyaino) 


-enio 




■atha 


-a ha 


-à i-àin) 


-ayatha 




-eha 




-anti 


-anti 


-ati , at 


-axanti 




-enti 


-itl 



A la première et à la troisième personne du singulier, les formes 
*-aim, *-ai qui sont à l'origine des désinences modernes (cf. § 58) 
n'ont pas été conservées ; mais au futur la contraction a été plus 
tardive, et les textes conservent -aiii, -ail à côté de -en, -cl ; cf. 
§ 240. Sur -zm, -/, v. § 36 ; sur la l""*^ plur. -om, -uni, § 60i. 

La voyelle finale des désinences anciennes de 2^ sg. et 3'' plur. 
est de quantité commune ; cf § 38. Les formes modernes des 
mêmes désinences posent un problème délicat : faut-il à la 2^ 
sing. considérer -^'5 comme issu de -es, et cette forme comme pho- 
nétiquement régulière ? Ceci n'est pas impossible, v. § o8 ; mais 
il est également possible que -^5 soit seul phonétique, et que par 
conséquent -es, forme d'ailleurs plus usuelle, soit dû à l'analogie 
des autres personnes du singulier ; la même explication convien- 
drait à la désinence correspondante du transitif, -Is . Quant à la 
désinence de 3® plur. -iti, -It, la conservation de a dans -ati, -at 
montre que c'est à la même analogie qu'il faut attribuer le 
timbre de la voyelle. 

La nasalisation de 2" plur. -âm est spontanée (cf. § 70) ; elle 
manque à Timpératif et au futur ; d'ailleurs même au présent 
l'usage est loin d'en être constant (v. Joshi, § 299, 14, p. 200). 

§ 236. La régularité des formes marathes est d'autant plus 
frappante que sauf le singhalais (v. Geiger, § 58) toutes les 
autres langues présentent des discordances et des obscurités 
plus ou moins graves et nombreuses '. Seule la désinence de 

1. On verra par le tableau donné dans Grierson, Piç. lang., p. 57 et les 
observations qui suivent, combien les formes sont divergentes et obscures 
dans le groupe montagnard du nord-ouest, sauf à la 1''' pars. sing. ; aussi 
ne sera-t-il pas fait état de ces parlers ici. 



234 co.N.iniAiSd.x 

3^ pers. sing. est partout i(leiiti([ue (Beames, III, 102 ; le tsigane 
a -el, qui dérive régulièrement de skr. -ati). 

A la 2*^ pers. plur., on ne retrouve -a dune manière nette 
qu'en népalais ; vu la parenté entre ce dialecte et les dialectes 
rajpoutes, on peut considérer raj. -à ni comme identique aussi à 
la forme marathe. Les langues du centre ont -o (apabh. -ahu) 
où l'on peut voir le résultat d'un assourdissement normal de 
-a final ; b. et or. -ô remonte soit à -a, soit à -ahu. 

La phonétique explique déjà plus difficilement les formes de 
i^^ personne. Au singulier, seuls les dialectes orientaux s'ac- 
cordent avec le marathe (or. -eni, h. -i, maith, -f) ; partout ail- 
leurs la voyelle est -à on -o (pj. s.-àm, g. h. raj. nép. -o;/z, avadhi 
-aum\ cf. ap. -aum). Faut-il admettre ici une évolution parti- 
culière due d'une part à la chute prématurée de -i final qu'atteste 
le tsigane d'Europe -âv (mais le tsigane d'Asie a conservé -;;// : 
v. Miklosich, XI, p. 37), d'autre part k l'assourdissement voca- 
lique provoqué par la nasalisation dans les dialectes centraux 
(cf. § 39) ? Ce qui complique la question, c'est que le timbre 
palatal, qui manque au singulier, se retrouve dans les mêmes 
langues (sauf le sindhi) au pluriel : on dirait, remarque Beames 
(III, p. 103), qu'il s'est produit un échange entre les deux formes. 
Ce n'est pas ici le lieu de discuter les explications qu'il en pro- 
pose ; il est plus important de noter que l'accord du marathe 
avec les dialectes orientaux et son désaccord avec Iss dialectes 
centraux se retrouvent ailleurs. 

A la 2*^ pers, du singulier, -s ne se retrouve qu'en bengali, en 
avadhi, en népalais et en tsigane (l'oriA'a -u est totalement aber- 
rant, V. Beames, III, p. iOi). Ailleurs on trouve des 
désinences du type apabhramça -ahi. S'agit-il partout comme en 
singhalais d'un passage phonétiquement régulier de s intervo- 
calique à /;? Cela est improbable (cf, § 160) ; peut-être ap, 
-ahi est-il partiellement la notation de -aL provenant d'une assi- 
milation de la 2*" personne k la 3'', dont les dialectes actuels pré- 
sentent plus d'un exemple (en marathe du Berar tu âhe « tu es », 
L. S. I., Marathi, p. 27 ; les cas d'analogie sont d'ailleurs plus 
fréquents au pluriel, ibid.. p. 43, 44, 45, 173, 19o) ; peut-être 
encore cette forme et celle de la l"""" personne dans les mêmes 
dialectes proviennent-elles de l'impératif (v. § 239). 

Enfin le / de 3'" plur. skr. -;/// n'a été conservé, outre le marathe 



PASSÉ DIlAltlTLDK 235 

et le siiighalais, qu'en oriva. On trouve dans les autres langues 
d'une part des désinences à 71 (b. -en, -an, nép. -un, -an, s. 
-ani, pj. -an, -au, pj. occ. -/;/, tsig. -en), d'autre part des dési- 
nences du type apabhramça -ahinj (avadhi, maith. -ai)u, niag- 
-//;/, h. -enj, raj. -aiiu -ai, guz. -e). Ni les unes ni les autres ne 
semblent pouvoir s'expliquer par la phonétique normale (cf. 
Beames, 111, 103, J. Bloch, /. As., 1912, 1, p. 333-334). 

L'opposition des formes phonétiquement régulières du marathe 
avec celles des langues de type apabhramça est un point de repère 
très important pour l'histoire générale des langues indo- 
aryennes . 

§ 237. Ce temps sert principalement en marathe à désigner une 
action répétée dans le passé ; mais c'est le sens itératif qui est 
ici le principal, car les mêmes formes s'emploient avec le sens 
du présent, non seulement dans des verbes archaïques comme 
hoy, âhe « il est », pâhije « il faut », mais dans les proverbes 
(Joshi, § 603c) ; en d'autres termes elles marquent l'éventualité, 
ce qui se remarque d'autre part à leur emploi avec la négation 
(Navalkar, § 611, 2; Joshi, § 603 e; cf. les locutions figées 
nalage « n'est pas nécessaire », ndye « ne va pas, ne devrait pas » ; 
v. Navalkar, p. lol-lo2), avec un pronom interrogatif (Joshi, 
§ 603 d), dans les propositions de sens subordonné (Navalkar, 
§611, 3-4) et d'une façon générale partout où il s'agit d'indi- 
quer la possibilité (ex, hem kâin mi-c kùrfim jànein « je sais, je 
saurai bien faire cet ouvrage », cité par Joshi /. /.). En vieux 
marathe elles ont également bien le sens présent, futur ou 
passé suivant le contexte ; ainsi l'on trouve dans un même pas- 
sage de la Jhàneçvan (= Bhagavàdgîtâ, III, 8-11) : 

Pârthâ, âiiika hî eka ^ 

neijasJ tii hem havaiiha.. 

« tune sais pas cette merveille... » (III, 79) 

dekhcm : anukramâdhârem 
svadharuia jo âcare 
to moksa teijein vxâpâreiii 
niçcita pave. 

(( vois : celui qui selon l'ordre régulier pratique sa propre loi 
obtient certainement par cette conduite la délivrance » (III, 80 j 



236 coNJir.AisoN 

ta il)! n itya xâgasa hitem 
srjiliin bhi'itein samastem 
pari neuatl ci... 

« Alors tous les êtres furent créés avec le sacrifice éternel ; 
mais ils ne savaient pas... » (III, 86) 

tevelî praj'uu vinavilâ brahmâ 
devâ, âçrayo kài etha âhmà 
iamv hmane îo kamaJajanmâ 
hhûiâmpraîi. 

« Alors les créatures demandèrent à Brahma : Dieu, quel est 
notre soutien ? Alors le Né-du-lotus parla aux êtres » (III, 87) 

je yeijeiiikarinii samastâm 
par it osa ho'ila devatâiii 
maga te tuiuhâin ipsitâ 
ârthà tem deti 
. . .yogahema niçcità 
karitJ tumcà . 

« Si les dieux sont satisfaits, ils vous donneront ensuite lob- 

jet que vous désirez; ils vous donneront propriété complète 

et sûre » iIII, 93-96). 

Cf. encore les exemples cités par Joshi. p. 399 et 191 ; le 
sens d'éventualité est particulièrement clair dans l'inscription de 
Parel : /(? kouhieçàsan lopl ...« quiconque détruira cet édit... ». 

§238.0n voit que le sens proprement temporel est très secondaire 
en marathe : ce qui caractérise la forme, c'est précisément l'indé- 
termination temporelle. Ce même trait se retrouve dans les autres 
langues : en singhalais, en tsigane fMiklosich. XII, p. 48), en 
oriya (X. S. I., Or., p. 381 j et d'ailleurs dans la plupart des dia- 
lectes non littéraires Beames. III, p. 102), le sens du présent est 
normal ; mais en bengali le même temps sert de présent histo- 
rique (Beames, III, p. 107j et presque partout dans 1 Inde il 
prend l'emploi de futur éventuel, de subjonctif (v. Beames, III, 
p. 102, 107, Grierson. /. A. S.Bg., 1895, p. 353 et suiv. ; cf. 
Grierson, Maithili grain., sj 196 et suiv., Greaves, A grain . ofinod. 
hindi, § 191 et suiv., etc.). 



DIPÉRATIF 237 

L'origine de cette indétermination de sens remonte très haut 
dans le passé. Le thème du présent sanskrit marque la notion 
de durée ; et, comme le fait observer Speyer. l'absence d'un 
temps marquant la durée dans le passé a dû être pour beaucoup 
dans l'extension du présent au sens du passé [Fed. n. sanskr. 
synt., § 172). Dans la prose du Mahâbhârata on trouve des 
verbes au présent intercalés dans une série de formes du passé : 
les premiers s'opposent nettement aux seconds, par leur sens 
duratif (J. Bloch, M. S. L., XIV, p. 35). Toutefois déjà pour 
Paiiini le présent avec sma marque le passé dans sa généralité ; 
et cet usage est constant dans la littérature classique (Speyer, 
/. /., J. Bloch, ihid., p. 67-68). — Mais en même temps, plus 
lentement, semble-t-il, en raison de la concurrence des formes 
du futur, le présent prend aussi le sens de futur prochain ou 
éventuel, de préférence dans certaines conditions — à la première 
personne, dans des réponses, avec nanii ou purâ^ surtout dans 
les phrases interrogatives et dans les relatives, c'est-à-dire celles 
qui correspondent aux subordonnées du marathe (Speyer, ibid.^ 
§ 173 ; J. Bloch, ibid., p. 36, 68-70). 

Le « passé d'habitude » du marathe est donc le vrai suc- 
cesseur du « présent » sanskrit, non seulement dans sa 
forme, mais dans son emploi. Pour exprimer avec précision les 
moments de la durée, le marathe a dû, en combinant les élé- 
ments qu'il avait reçus du sanskrit, constituer de nouvelles 
formes. — Avant de les passer en revue il convient d'examiner 
l'impératif qui est avec le présent le seul groupe de formes con- 
jugables d'origine ancienne en marathe. 

Impératif. 
î; 239. Les désinences sont les" suivantes : 



Sing. 




Plur. 


1. -/?;// 




-l'DU 


2. {-a) 




-à 


3. -0, - 


■Il 


-ot -ut 



Celles de 2" et 3'' sing. sont les seules dont la transmission 
soit régulière depuis le sanskrit : skr. pkr. m. -a ; skr. -atu, pkr. 
-au, m. -0. 



238 CO.NJLGAISdN 

A la 1"^ et kl 2'" personnes du pluriel le prakrit avait remplacé 
les désinences de l'impératif sanskrit par celles de l'indicatif pré- 
sent (v. Pischel, § 470, i71) ; étant donné la valeur indétermi- 
née du présent, la décision ou l'ordre sont aisément dénotés par 
cette forme ; d'ailleurs la perte des temps du passé en sanskrit a 
dû causer très tôt une faiblesse particulière des désinences secon- 
daires. Et en effet partout la 2'" plur. de l'impératif est semblable 
à celle de l'indicatif (v. Beames, 111, p. 108 ; sur le sin^halais, 
V. Geiger, § 62; sur le tsigane Miklosich, XI. p. 43). Cepen- 
dant en ce qui concerne la l'*^ plur., l'histoire du remplacement 
de -âiiia par -âmo n'est peut-être pas aussi simple qu'il paraît : 
on sait que le pâli avait généralisé la désinence secondaire -mû, 
et qu'on la trouve aussi au futur en prâkrit archaïque (Lûders, 
Bnichstiicke, p. oll ; toujours est-il que la désinence de l'indicatif 
présent l'a finalement emporté à l'impératif comme partout. 

Les désinences de l'*^ sing. et 3'' plur. sont nettement analo- 
giques. La première est construite sur le type -ati : -alu, -l'nni : 
*-àinu. Et en elFet les grammairiens prâkrits donnent la forme 
-ânm\ Bhâmaha (antérieur à 800 de J.-C.) donne même -amii 
(Pischel, § 467). Quant à -a/, il semble avoir été refait sur sg. -o 
comme la 3*^ plur. indic. actif-// la été sur celle du sing. -/ ; à 
moins que la forme -untii attestée en oriya à côté de -aniu (cf. 
aussi b. -un ; v. Beames, 111, p. 108-109) ne soit aussi à l'origine 
de la désinence marathe. 

L'oriya et le bengali sont avec le marathe les seules langues 
qui aient des formes spéciales d'impératif à la 3'" personne (or. 
-«, -iintu ; b. -nk, -un) . Partout ailleurs c'est le présent ancien 
qui sert à exprimer l'ordre ou la décision à prendre à toutes les 
personnes sauf la 2*^ du singulier : celle-ci a pour désinence -u 
en sindhi, -a, c'est-à-dire zéro, dans les autres langues. La 
forme de 2*^ sing. d'impératif est donc partout, sauf en sindhi, 
identique au thème même du verbe. 

Le vieux marathe possède encore à cette personne une dési- 
nence maintenant disparue de l'usage : -cm dans les verbes de 
type intransitif, -/;// dans les transitifs ; ex. sânigein « dis », 
kariin « fais » (v. Joshi, p. 213). Faut-il mettre en rapport 
cette forme avec la désinence correspondante en -/;/ conservée 
dans les vieux poètes hindis et avec le -ya final des dialectes du 
Kathiawar (Beames, III, 109; cf. L. S. L, Guj., p. i27) ? Le 



FUTUR 239 

rapprochement n'est pas sûr, car on sait que -àhi est dans ces 
langues la désinence de 2^ sing. de l'indicatif : à moins qu'on 
n'admette que les formes de l""*^ et 2'' sing'. d'indicatif sont en réa- 
lité empruntées à l'impératif. Quoi qu'il en soit, la forme mai'athe 
semble bien remonter directement à la forme prâkrite en -/;/ pro- 
venant de skr. -dhi et étendue à tous les thèmes ; le prâkrit 
paraît avoir évité d'employer le thème nu : de là les formes 
comme karesii, karehi ; ruasu ruehi et celles, fréquentes notam- 
ment en ardhamâg-adhï, comme harâhi vandâhi (Pischel, § 4G7- 
368) ; la forme en -su a disparu, sans doute parce qu'au moment 
de la chute des finales rien ne distinguait plus -su de -si ; mais 
-àhi, -ehi se sont partiellement maintenus, et c'est à ces formes 
que remontent sans doute mar. -eiu, -liu (avec nasalisation spon- 
tanée ? cf. § 70) . 

Futur. 

§ 240. Le futur, temps de création moderne, mais attesté dès les 
plus anciens textes, est formé du présent auquel s'ajoute le suffixe 
indéclinable /. Seule fait exception la V^'^ personne du pluriel, 
qui ne se distingue pas de celle du présent ancien ni de l'im- 
pératif ; cette confusion tient sans doute d'une part à l'identité 
fondamentale du sens dans les trois cas, d'autre part à l'exis- 
tence d'une forme inconjugable en -/?;/, le gérondif. Les dési- 
nences du futur sont les suivantes : 



In transitif. 


Transitif. 


-à'ui, -en 


-ï)i 


-açll 


-içïl 


-ai], -cl 


-il 


i-iiin) 


{-ilm) 


-al 


-al 


-alil 


-inl 



Ces désinences ne soulèvent aucune difficulté d'ordre phoné- 
tique (sur )i final résultant de / après voyelle nasale, v. § 72) ; 
mais leur formation même est obscure : seule la comparaison 
des autres langues permet d'entrevoir ce qu'est au juste l'affîxe / 
caractéristique du futur. 

§241. Le futur sigmatique du sanskrit semble avoir'existé par- 



240 CONJUGAISON 

tout ; il ne subsiste plus sans concurrence qu en guzrati, en penjabi 
occidental et, avec une déviation de sens, en kaçmiri (v. Grier- 
son /. As. Soc. Betig., 1895, p, 356, 375 ; cf. Beames, III, 
p. H 2) ; mais on le retrouve, coexistant le plus souvent avec des 
formes plus récentes, dans divers dialectes : le marvari qui se 
place entre le guzrati et le penjabi occidental (suffixe en -/;- ; 
L. S. L, Rajaslh., p. 12), le bliili, contigu au guzrati (suff. en -5- 
et -/;- ; L. S. L, Bhil /., p. 4); à Test des précédents le jaipuri 
(suff. en -S-), le braj et le bundeli (suff. en -/;- ; v. L. S. L, 
Rajastb., p. 12), et même dans le g-roupe oriental, les dialectes 
de l'hindi oriental et le bhojpuri, où le suffixe -b- ne s'est encore 
implanté qu'aux deux premières personnes (sulï. en -/;- ; L. S. L, 
East. hindi, p. 7). On ne trouve plus trace de ce futur à aucune 
période du marathe. 

Presque partout il a fait place, ou fait progressivement place 
à d'autres formes. En sindhi et en singhalais, le futur est consti- 
tué parle participe présent auquel s'ajoutent des désinences per- 
sonnelles (Beames, 111, p. 126; Geig-er, § 61) ; on trouve 
une variante de la même formation en concani (participe pré- 
sent, fixé au masculin -|- / -|- suffixes personnels ; ex. nidtolom 
« je dormirai », L. S. L, Mar., p. 170, 173) ; « la troisième 
variété » du futur en maithili est également faite sur le par- 
ticipe présent (Grierson, Maith. grâiii-, § 20 i) ; on remarquera 
que cette formation est celle du présent en marathe (v. plus 
bas, § 2ii). Sur un participe encore, mais cette fois sur le parti- 
cipe futur, se forme le futur de tous les dialectes orientaux [-bd- 
<^ skr. -tavya \ v. L. S. L, East. hindi, p. 6-7); il en est de 
même, avec un participe ditlerent, dans certains dialectes mon- 
tagnards du nord-ouest (Grierson, Piç. lang., p. 61-62). 

Il résulte des observations précédentes que toutes les langues 
situées sur les confins du domaine indo-aryen ont conservé l'an- 
cien futur sigmati(jue, ou l'ont remplacé en utilisant un participe. 
Seule fait exception la langue qui nous occupe : en effet sur ce 
point le marathe se rattache au groupe des langues centrales, 
dont le futur est constitué par l'ancien présent suivi d'un suffixe 
(les dialectes de l'extrême nord-ouest semblent utiliser le présent 
seul, suivant le mode iranien, v. Grierson, /. /. ; le tsigane fait 
de même ou emploie des périphrases, p. ex. avec des verbes 
signifiant « vouloir », selon une formule qu'on retrouve également 



FUTUR 241 

dans l'Iran ; v. Miklosich, XI, p. 48 et suiv. ; cf. Horn, Gnindr. 
der iran. Phil., 1% p. 155, Geiger, ibid., p. 327, 370-371 j. 

Le suffixe du futur n'est pas identique partout ; / figure outre 
le concani déjà cité, dans les suffixes lo ou là du bhili [L. S. /., 
Bhil lang., p. 3) et du marvari (L. S. L, Rajasth., p. 13) ; à l'est 
de ce dernier dialecte, le jaipuri ajoute au présent /a, mais ce suf- 
fixe est ici déclinable comme un adjectif. La même alternance 
se retrouve entre le dialecte le plus méridional du Rajputana, 
le mâlvi, où le futur a pour suffixe ^^ (qu'on retrouve en marvari 
et en bhili) et son voisin oriental lebundeli, où ce suffixe est un 
adjectif, masc. sg. go [L. S. L, Rajaslh., /. /.). Il semble donc 
qu'une ligne dialectale séj)are les dialectes du sud-ouest (mar- 
vari, malvi, bhil, marathe), où les suffixes de futur sont indé- 
clinables, des dialectes proprement centraux, où ce sont des 
adjectifs déclinés ; et en effet si l'on continue plus à l'est et au 
nord on trouvera gâ décliné en penjabi, en braj et dans tous les 
dialectes de l'hindi, et Id également décliné en népalais (en 
garhwal et kumaon lo, v. Beames, III, p. 162) et en bhojpuri [L. 
S. L, Bihari, p. 48-49, 32). 

§ 242. Le marathe est donc bien à sa place dans le groupe à suf- 
fixe indéclinable ; on est, de plus, autorisé à penser que le suffixe 
indéclinable / n'est qu'une forme réduite, un thème n'ayant pas 
subi ou conservé l'élargissement des adjectifs, de l'adjectif lo ou là 
dugroupe oriental. Quel est cet adjectif? Le mot concurrent o^rt est 
le participe pkr. gaa-, skr. gâta-; h..karHm-gà signifie donc sans 
doute proprement « je vais faire — (je suis) parti », c'est-à-dire 
«je suis parti pour faire » (v. entre autres Beames, III, p. 161). 
Dès lors il est permis de penser que l'adjectif /rt est aussi un par- 
ticipe, par exemple celui de la racine skr. là- « prendre » ou de 
la racine qui l'a généralement supplantée en pràkrit le- (cf. mar. 
lâvijein, lenein) : c'est ainsi qu'en tsigane de Russie le verbe la- 
« prendre » est employé dans la périphrase servant de futur 
comme en tsigane de Grèce le verbe /c^m- « vouloir » (Miklosich, 
XII, p. 49). Si le marathe était seul en cause, on pourrait à la 
rigueur considérer / conmie le résidu du participe *gel- *gelâ équi- 
valant à h. gâ, skr. gâta- ; en effet on a vu qu'en concani le suf- 
fixe de datif pouvait être gelo ou lo (cf. § 200) : mais l'existence 
de lo ou là dans des dialectes comme ceux du Rajputana ou du 
Népal, où le participe passé se forme sans suffixe /. et où le 
Lii. formalion de la Iniujue inuruthe. 16 



242 C(j.N.IL(iAt.S().\ 

participe du verbe " aller » en particulier est gà\o (v, L. S. /., 
Rajastb., p. 27, 29, etc. ; Grierson, Z. D. M. G., LXI, p. 66i), 
fait obstacle à cette hypothèse. 

Qu'il s'agisse d'un participe, c'est en tout cas ce que rend 
extrêmement probable, outre le futur en gd des dialectes cen- 
traux, l'existence en sindhi d'un temps formé de façon iden- 
tique : le présent indéfini (duratif et inchoatifj y est composé du 
potentiel, c'est-à-dire de l'ancien présent, plus le participe tho 
(skr. sthita-)^ ex. : ùnui halâiu tho « je vais, je vais aller » (Trumpp, 
p. 293). 

Temps participiaux. 

§243. La phrase nominale dusanskrit comportait l'emploi déplus 
en plus fréquent de participes, éléments nominaux pour la forme, 
mais à valeur verbale d'autant plus caractérisée qu'ils se substi- 
tuaient aux formes verbales tombées en désuétude (v. J. Bloch, 
M. S. Z,., XIV, p. o6 et suiv.. Si et suiv.). Ces participes étaient 
ceux en -/^/.-, -tavya-, -/^Z'^w/- ; le dernier, d'extension relativement 
récente, sort cependant tôt de l'usage,, malgré sa commodité 
[ibid., p. o8, 85); les deux autres au contraire ont subsisté au 
point que de nombreuses formations exprimant dans les langues 
modernes le passé et l'obligation (ou le futur) reposent sur les 
verbaux en -ta- et -tavya-. 

Ce n'est pas tout : le participe présent, qui en sanskrit clas- 
sique ne s'employait guère que comme apposition à un complé- 
ment ou au sujet d'un autre verbe, a pris à l'époque moderne un 
emploi semblable à celui des autres pai'ticipes. On le trouve parfois, 
surtout dans la prose védique, juxtaposé à un verbe exprimant 
l'état et prenant ainsi la valeur d'un verbe duratif de temps ou 
de mode déterminé par la forme du verbe exprimant l'état ; 
mais cette construction, dont on trouvera des exemples dans 
Whitney, § 1075, et Speyer, Ved. u. Skr. Synt., § 205, devient 
exceptionnelle à l'époque classique. Cependant la valeur tempo- 
relle du présent ancien s'alfaiblissant, le participe a servi à for- 
mer une nouvelle périphrase exprimant la durée dans le présent. 
Des périphrases jouant le même rôle se rencontrent dans diffé- 
rentes langues (v. Meillet, Scientin, 1912, p. 399); mais il n'existe 
de tvpe comparable à l'indo-aryen qu'à date moderne en anglais 
(dans le type I aiii coiiiiiig, he is rcadingthc Bible) et en grec, d'une 



TEMPS PARTICIPIAL X 243 

part à l'époque de la y.of.vr/, d'autre part dans quelques dialectes 
modernes isolés, notamment le tsaconien (v. Moulton, Einhitiuig in 
die Spr. des Nentest.^ p, 337-360; les exemples analogues de 
l'époque classique sont contestés par Alexander, Ain. J. Phi]., 
1883, p. 291 etsuiv.). Encore ne retrouve-t-on ni en anglais ni 
en grec l'union intime des éléments qui caractérise l'indo-aryen. 

Là, en effet, sans que rien dans l'histoire du sanskrit ne le fît 
prévoir, des temps nouveaux se sont constitués sur le participe 
en -ant- comme sur les adjectifs verbaux en -ta- et -tavya- ; ces 
créations récentes se retrouvent dans presque toutes les langues 
de l'Inde continentale (v. Grierson, /. As. S. Beng., 1895, p. 367 
et suiv.; Beames, III, p. 126 et suiv.). Parmi les causes qui ont 
pu favoriser cette extension nouvelle du participe présent, on 
peut compter, d'une part, le vide résultant dans la conjugaison 
de la perte de la valeur temporelle propre de l'indicatif présent, 
d'autre part, la disparition du participe en -tavant-, à peu de chose 
près homonyme et synonyme du participe en -anl- ; peut-être 
convient-il de rappeler aussi que le verbe dravidien est essen- 
tiellement un participe à suffixe pronominal, comme les pro- 
noms variant en genre à la 3^ personne (L. S. !.. Munda & drav. 
lang.. p. 29o et passini ; cf. Vinson, Mnn. de langne tmnoule, § 46- 
48), et qu'au présent la caractéristique thématique de ce parti- 
cipe est / dans les langues dravidiennes les plus septentrionales 
sauf le brahui [L. S. /., ihid., p. 296). 

En définitive, on peut dire que le participe présent fournit 
au même titre que les participes passé et futur des formations 
nouvelles aux langues indo-aryennes modernes. Du reste, quelle 
que soit l'ancienneté respective de leurs origines, toutes ces 
formes participiales sont modernes et se sont développées indé- 
pendamment dans les divers dialectes : en effet si le principe en 
est commun à tous, les procédés ne sont pas les mêmes. 

La formation des temps participiaux se poursuit encore de nos 
jours ; ainsi l'on assiste dans les dialectes orientaux au remplace- 
ment progressif du futur sigmatique par le futur en -/;- ( skr. -tavya-): 
de parlera parler on observe dans la répartition des formes des 
hésitations qui témoignent d'un état instable (v. L. S. I. , East. 
hindi, p. 7) ; de même en marathe les diverses formes tirées du 
participe passé se font une concurrence où la logique et les autori- 
tés scolaires ne peuvent rien ; on y assiste aux débuts delà trans- 



244 CONJUGAISON 

formation en verbe conjugué du participe en -va {-tavya-). On 
conçoit dès lorsqu'en l'absence de statistiques philologiques et de 
descriptions dialectales minutieuses, l'histoire de toutes les formes 
reste souvent obscure, même lorsque 1 origine et les principes 
en sont clairs. 

Temps formés sur le participe présent en -/ : 
Présent, conditionnel. 

§ 2ii. L origine nominale de ces formes transparaît dans les 
désinences du singulier, qui varient suivant les genres ; celles du 
pluriel, au contraire, sont presque complètement assimilées au 
verbe. 

Les désinences du présent sont les suivantes : 

Sing. l. m. -/()///, f. -tem {-tyenr, n. -te in 

2. m. -los. f. -tes {-tyes, -tis), n. -tems 

3. m. -/(). f. -te i-tye, -tî), n. -tein. 

Plur. 1. -toi II 

2. -ta III 

3. -tât (dial. fém. -tyàt). 

Les désinences du conditionnel (irréel, v. Navalkar, § 622, 673) 
sont : 



Sing. 


1. m. 


-toiii, f. -teiij. 


n. 


-lein 




2. m. 


-tas, f. -tîs, 


n. 


-teins 




3. m. 


-ta, f. -/?, 


n. 


-tciii . 


Plur. 




1 . tOlll 

2. ta in 








3. 


m. -te, f. -tyâ, 


n. 


-tint. 



§ 245. La différenciation entre ces deux formes semble d'origine 
récente. Dans la Jnâneçvarî les formes nominales du premier 
type manquent absolument ; les formes du second type ont le 
sens du présent ; du reste elles manquent à la première per- 
sonne. On trouve pour le singulier : 

2'' pers. '.dâvitâsi (var. dâvisi) « tu montres », pâlitàsi (var. pà- 
îisi, pâlilosi) « tu protèges » (XI, 311), bûjhatasi « tu comprends » 
(XVIII, 1340), hotàsi^' tu as été » (XI, 274), dekhatàsi « tu vois » 
(XVIII, 1o4o). 



TEMPS FORMÉS SUR LE PARTICIPE PRÉSENT 24o 

Supers. : piiravitâ *' il remplit » (I, 27), hol'i « elle est » (V, lo), 
positâ « il soutient » (XVIII, 1630) ; on rencontre aussi la même 
forme employée dans des propositions conditionnelles, XVIII, 
1702, 1704 : mais comme on trouve dans le même passage le 
vieux présent construit de la même façon, on n'en peut rien con- 
clure. 

A la troisième personne du pluriel, la forme moderne est fré- 
quemment attestée : dumdumitâti (var. dumdumitl) « résonnent » 
'ou « résonnaient » ; tout le passag'e est une description de faits 
passés, I, 130), hiiiivatâti « frissonnent, frissonnaient » (I, 433), 
varsatâti (<^ pleuvent, pleuvaient » (I, i(î&), giiiivasitâti (? var. gùii- 
vasîl âhàtï) « purifient, cherchent » (XI, 307), çinatâti « se fatiguent» 
(XI, 677), dekhatâti « voient » (XIII, 59), mânilâti « considèrent » 
(XIII, \[^^), pusatùti « demandent » (XV, 1138), nàmdatàti «se 
réjouissent » (XVIII, 1394), etc. 

A côté des formes à désinence verbale, on trouve aussi, avec le 
même sens, la forme du « conditionnel » moderne : je bote « ceux 
qui sont » ou « étaient » (I, 164), jumjhate je « ceux qui com- 
battent » (I, 170), he marte « ils meurent » (II, 137). 

§ 246. Les formes du « conditionnel » moderne, dans la mesure 
où elles ne recouvrent pas celles du (( présent » , sont en réalité 
des participes comportant l'élargissement normal des adjectifs en 
-à (pkr. -ao). 

Le participe en -t a seul survécu dans la langue moderne, à 
l'exception de holà qui a pris le sens passé, et peut-être des 
formes adverbiales en -tàin, v. § 194. Mais dans la Jnâneçvarî le 
participe en -ta est aussi normal que l'autre : il se trouve dans 
des juxtaposés comme bol ta jâJâ « disait » litt. «■ fut (été) disant » 
(XII, 20, XV, 48), kartd hoil « fera » litt. « sera faisant » (IV, 
21). Il s'emploie seul avec la valeur d'un verbe à la 3*^ pers. du 
présent, par application des règles antiques de la phrase nomi- 
nale. Joint à un pronom personnel, il a suivant les mêmes règles 
(cf. J. Bloch, M. S. L., XIV, p. 34, 76,90) la valeur d'un présent 
à la personne qu'exprime ce pronom : on trouve par exemple à 
la l'*' du singulier ml màritâ he marte « je frappe, ils meurent » 
(II, 137), mi kartâ ((je fais » (XVIII, 313), tari mi na mhaijatâ, 
jari. . . nadekhatâ (( je ne le dirais pas, si je ne voyais. . . ))(VI, 
122). 

Enfin, comme faisait le verbal en-ta- du sanskrit (v. J. Bloch, 



2i() i:<tN.llT,AIS(>N 

ibiiL. p. y 1-92;, les participes présents du marathe peuvent s'ac- 
compagner d'un verbe exprimant l'existence. 

(Quelquefois les éléments du groupe sont disjoints, comme 
dans kûril ci ase « il fait » (XVIII, 1 177) ; le plus souvent ils se 
juxtaposent. Ainsi l'on trouve dans la Jnâneçvarl : 

;;// arcil aseiu « j'adore » ilX, 1 i), mi. . . bolat âhe « je dis » (X, 
144); 

tûm... haritu àhâsi « tu fais » (II, 6, 12) tûm... nihauat âlmsi « tu 
dis » (II, 137 , haravït âhâsi « tu fais faire » (III, 5), parisat àhâsi 
(( tu écoutes » (VIII, o4) ; 

kâinpat ase « il tremble » (I, 129), mhauatasc. « il dit » (I, 169), 
karîl ase « il fait » (II, 1), det âhe « il donne » (VII, 61), vicarijat 
ase « est demandé », galat'i âhe « s'égoutte » (le sujet est au 
féminin ; XV, 287) ; 

âhmi sâmgat asom « nous disons » (M, \Q2), pâhat âhani « nous 
regardons » (X, 182) ; 

holat asâiii « vous dites » (W, J84) ; 

pâhat âhâli « regardent » (XIII, 6i2j, pâvatehoti « acquièrent » 
(sujet au masc, III, 44), kâritem âhâti « font » (suj. neutre ; XIII, 
306), vartateiu (var. variai., vartatîm ; le sujet est au neutre) âhâti 
(( se trouvent » (VII, 37). 

§ 247 . Il suffît de comparer ceux de ces groupes composés 
du participe non élargi et du verbe âhijeiii avec les formes citées 
au § 24o pour constater leur identité. L'aspiration, instable 
entre voyelles, l'est particulièrement entre deux à : dehha- 
tâsi et dehhat âhâsi, pâhatâsi et pâhat âhâsi sont donc formes non 
seulement équivalentes, mais identiques. Du reste, que ces 
juxtaposés soient formés exclusivement avec le participe sans 
élargissement, c'est ce qui n'est pas sûr, ni universel : les 
dialectes du Concan conservent à la 3'' pers. du pluriel 
une désinence féminine -lyâl qui remonte à -t\â âhâl; il est 
donc possible que dans la langue commune même il se soit pro- 
duit à date relativement récente des unifications de formes, le 
masculin l'emportant comme toujours (cf. ci-dessous). 

A la troisième personne du pluriel, le juxtaposé a conservé 
dans la langue normale le sens du présent ; les formes nominales 
sont réservées au conditionnel. Mais les trois formes du singu- 
lier ont pris la valeur conditionnelle : à quoi attribuer ce chan- 
gement ? L évolution n'a rien en soi d'anormal, et l'on en 



TEMl'S FOKMliS SLR LK l'AKTlCll't: PRÉSENT 247 

rencontre des analogues en hindi, en bengali et en oriya (Beanies, 
III, p. 129, 132j ; mais il est impossible d'en faire l'histoire en 
marathe. En tout cas elle est propre au Dec : car les dialectes 
ont généralement conservé le présent qu'on trouve dans la Jnâ- 
neçvarï ; ainsi le présent de 7iid- « dormir » est au Concan : 
sing. 1. 7iidtâm, 2. indlâ\[cî. asây « tu es » ; à Goa on dirait }i{d- 
1âs,v. Joshi, p. 188j, 3. iiidtâ ; plur. i. uidlâv, 2. iiidtât (la 2" plur, 
est toujours assimilée à la 3'^), 3. iiidlâ! \L. S. L, Mar., p. 173). 
On voit que la valeur nominale de ces formes a totalement 
cessé d'être sentie ; cela se marque notamment au fait que la 
forme masculine seule subsiste au singulier. Il n'est pas impos- 
sible d'ailleurs que la forme provienne dans ces dialectes d'un 
emprunt à la lang-ue commune : car l'élargissement v est en 
-à, alors que dans ces dialectes l'élargissement normal est en 

-0. 

§248. Inversement, le Dec ignore normalement l'élargissement 
en -0 :or le présent actuel repose sur un participe à désinence masc. 
-to, dont l'extension paraît liée avec le changement de sens des 
participes en -ta. La Jnâneçvari ignore ces formes : dansée texte 
pâjitosi nesi qu'une variante incorrecte àe pâlit à si (XI, 311); de 
vcièxï\e. stavito « il loue » (^XVIII, [\^1), bhogito « il jouit » (XVIII, 
1154), que donnent certains textes, doivent se lire stavi to., hhogl to : 
ce sont des 3^ pers. du présent suivies du pronom qui leur sert 
de sujet, comme aniibbavl to « il éprouve » (V, o7) pour lequel 
aucune variante n'a été relevée. Mais Nâmdev connaît déjà les 
formes nouvelles : yetom « je viens », pâhtosi « tu vois », karito 
« il fait ». D'où viennent ces formes? On ne saurait admettre un 
emprunt, puisque les dialectes où l'élargissement normal est en 
-a ont précisément adopté la forme en -â ; le verbe hoijeiii est éga- 
lement hors de cause, cart) ne se retrouve pas à tous les genres. 
Le plus probable est qu'il faut reconnaître dans le présent actuel 
les désinences pronominales : en effet le féminin de ces formes 
est marqué non par /" mais par e comme dans les pronoms (cf. 
Navalkar, p. 99). On peut d'ailleurs concevoir la chose de deux 
façons différentes. Ou bien il s'agit d'une extension de la dési- 
nence pronominale, due à la place fréquente du pronom après le 
verbe ou le participe auquel il se rapporte : à côté des formes 
comme anubhavl to citées plus haut, on trouve par exemple piira- 
vitâ to « il remplit » (I, 27) ; une haplologie facile (puravitâ to~^ 



248 CONJUGAISON 

puravito) aurait lixé la désinence pronominale au participe. Uu 
bien la forme est non pas plus récente, mais plus ancienne, mal- 
g-ré les apparences, cpie la forme en -ta : on a déjà vu que les 
poètes populaires présentent des formes qui, tout en manquant à 
la Jnâneçvarï et à la poésie savante en général, étaient d'origine 
ancienne ; il ne faut pas oublier d'ailleurs que l'on a dans la 
Jnâneçvarï même des désinences de 1''' pers. sing. du passé en 
-lom à côté de désinences de 2*^ pers. en -làsi. 

Il n'est donc pas impossible que le type pàhtosi de Nâmdev soit 
aussi ancien, voire plus ancien que le type dekhatâsi de Jhâneçvar 
et que les désinences participiales sur lesquelles repose le présent 
moderne soient contemporaines des formes pronominales et non 
refaites d'après elles ; en d'autres termes, que toutes deux soient 
au même titre les débris de la déclinaison archaïque. 

§ 2 i9. Abstraction faite des variations désinentielles, le présent- 
conditionnel est donc un juxtaposé du participe présent et du verbe 
âh- « être », oii la soudure des deux mots est plus complète que 
dans les périphrases composées du même participe et de as- ou 
ho-, par exemple. L histoire du marathe se retrouve dans la plus 
grande partie des langues indo-aryennes. 

Dans les langues centrales et occidentales, le participe seul 
équivaut à un verbe personnel (Beames, III, p. 431-132 ; Grier- 
son.J.As. S.Beng., 1895, p. 367-3G8) ; en sindhi cet usage est 
réservé à la poésie ; dans la langue courante le participe est 
suivi de formes pronominales obliques (Grierson, ibid., Trumpp, 
p. 289-291, 294) ; l'affixation de pronoms obliques se retrouve 
dans certains parlers du nord-ouest himalayen (Grierson, Piç. 
lang., p. o7). Cependant presque partout le participe s'emploie 
aussi communément juxtaposé à un verbe signifiant « être ». Le 
plus souvent les deux mots restent indépendants par la forme : 
c'est le cas en sindhi, penjabi, braj, hindi, bundeli, bengali, dans 
les dialectes du centre himalayen (Beames, 111, p. 179 et suiv., 
192 et .suiv., 203 et suiv., Grierson, Z-. S. L, Rajasîh.^ p. 13 ; cf. 
Bhil lûtig., p. 4), en kaçmiri (Grierson, Ma)! .kaçiii., ^ 60 et suiv.), 
Mais en penjabi occidental la soudure est fréquente avec le verbe 
hà- (Wilson, Gravi... ofwesL Penj., p. ol ; Gloss. of the Multani 
lang.,, p. •")2) ; malgré certaines dilïicultés de détail, il est pro- 
bable que le présent (à sens conditionnel en bengali, bihari, bais- 
varij de toutes les langues du groupe oriental s'explique par 



PASSÉ 249 

une soudure semblable à celle du marathe : eiiellet, tandis qu'à 
la troisième personne le participe reste sans addition, aux autres 
personnes il s'y ajoute des désinences semblables à celles de l'an- 
cien présent (v. Beames, III, p. 129-130 ; et comparer les tableaux 
donnés par M. Grierson dans l'article cité, aux pages 368 et 354); 
enfin les parlers de l'extrême nord-ouest, malgré leur obscurité, 
laissent entrevoir des faits analogues, v. Grierson, Piç. lang., 
p. S8. 

Le marathe s'accorde donc ici avec la plupart des langues 
parentes ; en même temps, il se sépare nettement d'un groupe 
dialectal qui lui est contigu au nord. En guzrati le participe 
subsiste isolé avec la valeur de conditionnel ou de passé 
indéfini suivant qu'il comporte ou non l'élargissement (v. Tis- 
dall, Siiitpl. graiji..., p. 48-i9) ; mais il n'entre dans aucun jux- 
taposé servant à marquer le présent ; le guzrati moderne (à date 
ancienne il ne possède que le présent archaïque, v. L. S. I. Ra- 
jastb., p. 360), le bhil septentrional et les dialectes du Rajputana 
{L. S. I. Rajastb., p. 13, Bhil lang., p. 4) s'accordent k former 
le présent en juxtaposant deux formes conjuguées, k savoir le 
présent archaïque et le présent du verbe « être » ; ce type est 
inconnu ailleurs. 

Passé. 
§ 250. Les désinences du passé sont les suivantes : 

fém. neut. 

-/y^;//, -/('/// -lein 

-lis -h'iHS 

-lï -h'iii 

aux trois genres 

-lyâ -lini. 

Ces désinences reposent sur le participe passé en -là comme 
faisait le présent à l'égard du participe présent en -ta ; mais la 
fixation en semble plus ancienne : dans la Jnânevvarl l'opposi- 
tion provisoirement inexplicable des désinences masc.-fém. pro- 
nominales k la 1 '■'' personne du singulier, nominales k la 2'' per- 
sonne, y est déjk normale (on trouve cependant des variantes 







masc. 


Singulier 


:1. 


-hvii 




2. 


-lâs 




3. 


-là 


Pluriel : 


: 1. 


-loin 1 




2. 


-làin * 




3. 


-le 



250 CONJLOAISON 

curieuses : ;«/'/W/7rt//i ou boliloiii « j ai dit », iiiJ... piilhhn ou pâtloin 
« je suis tombé », XVIII, 1767, 1774). 

A la 2*" personne du pluriel on trouve à côté de -lâni, soii -lânit, 
soit une désinence variable en genre m. -lel, f. -h'àt, n. -/;';/;/ ; 
ces formes, fréquentes chez les poètes, sont données aujourd'hui 
comme provinciales (Joshi, p. 20S ; cf. L. S. /. , Mar., p. 43) ; 
elles proviennent de l'assimilation fréquente dans les dialectes, 
ainsi qu'on a déjà vu, de la 2'^ pers. plur. à la S*" personne ; de 
plus elles supposent l'existence à la 3" personne de juxtaposés 
avec àhâti du même type que ceux qui ont fourni la désinence 
du présent : la Jnânecvarl offre en effet des exemples de ces jux- 
taposés {ghàtale âhàti '« sont pris », XVIII, 1064; cf. (^ele asati 
« sont allés », I, 86). 

§ 2ol. L'emploi de ces formes appelle quelques observations. Le 
participe marathe en-/rt, comme le participe sanskrit en -ta- auquel 
il succède, prend suivant le sens de la racine une valeur intran- 
sitive ou passive. Le premier cas va de soi : jhâd padlcin « l'arbre 
est tombé », mi padlom «je suis tombé » sont des phrases nomi- 
nales de type normal. Dans le second cas, la construction primi- 
tive a subi diverses altérations secondaires dont certaines ont 
réag-i sur la forme elle-même. 

En principe l'objet logique de l'action est au nominatif, le 
sujet logique à l'instrumental. Exemples : 

Câvuudaràjem karaviynlevi « fait sur l'ordre de Câvunda-râja » 
(inscr. de Çravana Belgola) ; 

myâui ahlùvandiln çrïgnru ci « j'ai adoré le guru » (Jiiân,, I, 
27); aiseui pâhihin inxàin « voilà ce que j'ai vu » (ibid., XI, 275) ; 
jein lunihî vâkyabolilein « la parole que vous avez dite » (ibid., III, 
1); krpâ kelï tumhim « vous avez eu pitié » [ibid., XI, 255) ; 
Uimhïm mi aùgiknrilâ « vous m'avez accepté » [ibid., I, 65). 

Un cas particulier de cette construction est celui où le parti- 
cipe au neutre singulier ne s'accompagne d'aucune apposition 
exprimant le complément logique : ce type de phrase, très fré- 
quent en sanskrit et en prâkrit (J. Bloch, M. S. L., XIV, p. 58 
et suiv., 89 et suiv.; Jacobi, Ausgew. Et\àhl., Gramm., § 82), 
persiste en marathe comme partout ; ex. arjtineiu mhaiji talent 
a Arjuna dit : » (Jfiân., III, 1). 

Mais là ne s'arrête pas le rôle de cette tournure dans un grand 
nombre de langues indo-aryennes modernes : au groupe se suffisant 



CONSTRLCTION Dl PASSÉ 251 

originellement à lui-même, et composé du participe neutre accom- 
pagné de son sujet logique à l'instrumental, s'est ajouté un complé- 
ment logique à un cas oblique. De là l'emploi des suffixes prono- 
minaux juxtaposés au participe de façon à constituer une conju- 
gaison nouvelle dans les groupes du nord-ouest et de l'est (v. 
Grierson, /. As. Soc. Beng., 1895, p. 363 et suiv.j. Delà aussi, en 
hindi par exemple, l'existence de phrases comme : tab râjâ ne is 
bai ko batâyâ (masc. à sens de neutre), à côté de la phrase cons- 
truite logiquement : tab râjâ ne yih bât batâi « alors le roi expliqua 
cette affaire » (ex. tiré de Greaves, Gram. of mod. hindi, § 153; 
cf. Grierson, ibid., p. 361 etsuiv.). La même tournure se retrouve 
en marathe : ainsi l'on dit tyâ uem Râmâs mârilem au lieu de Ràni 
mârilà « il a frappé Râm » ; d'ailleurs elle y est d'introduction 
récente, et ne s'emploie que lorsque le complément logique est 
un nom de personne ou d'être animé ; encore n'est-elle même 
dans ce cas que facultative (v. Joshi, § 462, 468 d). 

§ 252 . Par contre il s'est produit en marathe des innovations 
dont le principe est la tendance à maintenir le sujet logique au 
nominatif. 

La plus simple consiste dans la confusion des deux construc- 
tions nominales ci-dessus exposées. Au lieu de dire : tyânein âplâ 
mulgâ çâlenit pâthavilâ, ou tyâtiein âplyâ mulâs çâlemt pâthavilem « il 
a envoyé son fils à l'école », on dira tyânem âplyâ mulâs çâlemt 
pâthavilâ (ex. de Joshi, î; 466 b). Cette tournure, incorrecte au 
point de vue du grammairien, est pourtant fréquente et attestée 
chez les poètes ; selon les enquêteurs du Linguistic Survcy elle 
serait propre au Concan (L. S. /. , Mar., p. 67, 170) ; du reste 
elle se retrouve en guzrati normalement et en rajasthani quelque- 
fois (v. L.S.I.,Raj., p. 332). 

Une autre confusion se produit dans les phrases dont le sujet 
logique est à la deuxième personne. Au lieu de dire ivâiii [lum- 
him) kâmkelein « tu as (vous avez) fait l'ouvrage », on réta])litle 
pronom personnel au nominatif et l'on ajoute au participe décliné 
la désinence normale des verbes intransitifs ; de là : tûiii kâm ke- 
lems « tu as fait l'ouvrage », luiii polhî lihilïs « tu as écrit le livre », 
tûiii pothyâ lihilyâs « tu as écrit les livres », tunihl kâm kelciiil <' vous 
avez fait l'ouvrage », etc. 

Malgré sa complication apparente, et malgré les autorités de 
l'Instruction publique, cette tournure est d'usage constant, 



2o2 CONJUGAISON 

et les poètes modernes n ont pas craint de 1 employer. Au Con- 
can elle s'étend même à la troisième personne ; mais ici la dési- 
nence ajoutée au participe ne pouvant être verbale, est 
empruntée à la déclinaison nominale : c'est la désinence de l'ins- 
trumental ; ainsi l'on dit yà saheban (sahebanim) malâ dile-n {dile- 
ntm) « le saheb m'a (les s. m'ont donné) un pourboire » 
(exemples empruntés aux notes de M. Bhandarkar ; cf. Joshi, 
§ 406 a etl. S. /., Mar., p. 07. 221). 

La conséquence dernière de cette tendance à garder le sujet 
logique au nominatif et à accorder avec lui le participe passé a 
été la constitution d un véritable passé à valeur active. Toute 
une série de verbes, classés par les grammairiens dans le umaj- 
gaij, ont ainsi transformé la construction traditionnelle. On dit, 
non pas : myâm teni umajlem, myàm gost visarlî, mais wf tein uma- 
jlom <' j'ai compris cela », ml tujJn gost visarlom « j'ai oublié ton 
histoire » ; de même /; asem mhanàll *< elle a dit cela », etc. (v. 
Joshi, ^ 468^). 

La classe des verbes dont il s'agit est constituée par les verbes 
suivants selon Joshi (§ 299, 4) : nmaj- « comprendre », âmcav- 
(( se rincer la bouche », ok- « vomir », utar- « franchir », khej- 
« jouer », cadh- « monter », cuk- « manquer », iar- « passer », 
pasav- « mettre bas (jument, ânesse), éclater (épi) », pâv- «obte- 
nir », pohanic- « arriver à, obtenir n, poh- « traverser à la nage », 
prasav- « engendrer », badbad- «■ bavarder », bol- « dire », bhaj- 
« adorer «^ bhul- « oublier », miik- « perdre o, ladh- « combattre », 
lâbh-, lâh- (.(. obtenir, gagner », vad- « dire », visar- « oublier », 
visamb- « négliger », çik- « apprendre », samaj- « comprendre », 
imflr- « se rappeler » , hag-i< excréter », hiik- «manquer », nihau- 
« dire » (mhaijâloin etc., la (orme mhatjem garde le sens passif). 
Cette liste, dont l'ordre même révèle les remaniements récents 
iâincav- devrait être en tête) n'est pas complète ; les verbes gâ- 
« chanter », pi- « boire », le- «prendre », kar- « faire » (dans cer- 
taines expressions snân karnem « se baigner », Jetc), ghad- 
« toucher », àcar- « pratiquer, faire » et bien d'autres encore 
peuvent se construire de la même façon [x. Joshi, § 4ti8, c, e, /; 
cf. §299, G: cf. Molesworth, Préface, gêner, intim., § 13, p. vui). 

L'innovation dont il s'agit ici n'est pas récente en marathe ; 
on trouve par exemple déjà dans la Jnâneçvari : hem bolilom « j'ai 
dit cela » (XVIIl, 1131),;/»" granthalom « j'ai composé » (XVIII, 



PARTICIPE d'obligation ET POTENTIEL 2o3 

1770), leilâsi « tu as pris » (XI, 294), etc. (par contre jeijein tàri- 
lom hâ sainsàrapiirn « [le gurii] grâce à qui j'ai traversé les flots 
débordés de la transmig-ratioii » (I, 22) semble incorrect de toute 
façon étant donné que le nom est au nominatif ; la variante târilà 
devrait être introduite dans le texte). 

Attestée depuis les origines, s'imposant aujourd'hui de plus 
en plus à l'usag-e, il semble que la construction active du passé 
des verbes transitifs ait dès à présent acquis assez de vitalité 
aux deux premières personnes pour éliminer la construction pas- 
sive traditionnelle ; en effet des phrases comme celles-ci, tirées 
de la Jnâneçvarï : 

////... kavaliloiii iiiohciii « j'ai été en proie à l'égarement » (III, 
10); 

hem padhavihur J'i-svâmî-Nivrltidevlui « voici ce que j"ai appris de 
N. » (Xil, 247) ; 

myàm dekhilâsi (( tu as été vu par moi » (XI, 306, cf. 238, 282); 
sont, de par leur origine (cf. J. Bloch, M. S. L., XIY, p. 58, 
60, 86, 90j absolument correctes, et pourtant elles sont sorties 
de l'usage (v. Joshi, § 302 / ; cf. § 463). 

La tendance actuelle du marathe est donc d'établir au passé 
une conjugaison unique constituée aux deux premières per- 
sonnes par les formes à désinence verbale s'accordant avec le 
sujet logique au nominatif ; à la troisième personne les deux 
constructions coexistent encore, mais les troubles qui s'y cons- 
tatent attestent un état de déséquilibre provisoire, qui aboutira 
peut-être aussi à l'unification. 

Temps formé sur le participe d'obligation. 

§ 233. Le participe en -àvâ (skr. -tavyah) peut se construire d'une 
façon purement nominale à toutes les personnes sauf à la 2*" sin- 
gulier, où le -s caractéristique s'est imposé à l'usage ; au pluriel, 
à côté des formes nominales, on trouve aussi les mêmes dési- 
nences verbales qu'au passé. Le temps en question est donc encore 
en voie de formation, et c'est par un abus que les grammaires 
le classent à l'égal des autres temps. Voici le tableau des formes 
qu'elles donnent : 



ma se. 


fém. 


neut. 


-a va 


-âvi 


-âvcin 


-âvâs 


-âvîs 


-âvciiis 









CUNJL'OAISU.N 






3. 


-âvâ 




-âvî 






-âvetn 


1. 


-âve 




-ùvyà 






-âvini ou -LÏveni 

[indécl 


2 et 3. 


-ave ou 


-àvet 


■âvyâ 


ou 


-âvyât 


-âvïni ou -àvlint. 



254 
Plur 



L'emploi de ces formes est analogue à celui des formes du passé. 
Dans le cas des verljes intransitifs, le participe s'accorde avec le 
sujet s'il désigne un être inanimé ; il peut aussi se construire au 
neutre,le sujet logique étant à l'instrumental, si c'est un êtreanimé; 
ex. àtà})i pàûs padâvâ « maintenant la pluie devrait tomber » ; lo 
gbaiîni yâvâ oxityànein yâvein « il doit venir à la maison » (ex. de 
Joshi, § 468 i). Dans le cas des racines à sens transitif, la cons- 
truction passive est de règle ; ex.nhnii kâ\ karàvein « que devons- 
nous faire ? » ( Jnân., III, 6), littnhi... vojagaveti ahniiin « nous devons 
nous attacher à vous » [ibid., XII, 247). Mais toute une série de 
verbes, à savoir aikijtiii, parisuein « écouter )i, liekhijeiii <« voir », 
baghijein « regarder », pnsijeiii « demander », sâingijein, inhaijijein 
« dire », bhajuem « adorer n.dasuon « mordre », câvuem « mâcher », 
çivnem, ghadneiii « toucher », jhagaduem, jhoiijhueiu ,lagaluem « s'em- 
parer de » se construisent au neutre, le sujet logique étant à 
l'instrumental (Joshi, § 468 g^ h) ; de plus le participe futur se 
transforme en verbe actif comme le participe en -là par l'addition 
de -j au singulier, -^ au pluriel, à la forme régulièrement déclinée ; 
ex. (de M. Bhandarkar) : tiliii granlh lihâvâs, pothî vâcavls âijî ditsrein 
kû)ii karùvciiis « tu devrais écrire un ouvrage, lire un livre et faire 
quelque autre travail ». 

^ 2>)i. Il faut pro])ablement faire remonter au même participe 
la conjugaison entière dn polcntiel que plusieurs grammairiens rap- 
prochent abusivement du causatif, dont la construction et le sens 
sont tout différents. En elfet le sujet logique du potentiel est 
toujours à un cas indirect, ordinairement 1 instrumental : mâjhyù- 
nciu ou iiialâ câlavlein, câlavleiii « je peux marcher, j'ai pu 
marcher » ; màjhyâueiii ou malâ dhadâ çikavlâ « j'ai pu apprendre la 
leçon y-), niâjhyânei!! ou mnlâ txâhi çikavlem « j'ai pu l'enseigner », 
cf. âbinîin çaktihineiu kaisein karavel teiii nenem >< privé de force, 
que puis-je faire, je l'ignore » (Tukârâm) ; voir Navalkar, 233 et 
suiv.; Joshi, i^ 321) et suiv., § 468/; exemples tirés des textes 
chez Godbole, v; 2113. 



PARTICIPES 25o 

F0R3IES NON PERSONNELLES. 

Participes. 

§ 25o.Le participe présent est en -/, et remonte donc au parti- 
cipe actif skr. -ant-, pkr. -anta- (Pischel, §o60). La même forme 
se retrouve en guzrati, rajasthani, et en hindi ; elle est attestée 
indirectement par linfinilif en -ite du bengali ; dans les langues 
où une sourde devient sonore après nasale, c'est-à-dire en tsi- 
gane, sindhi, penjabi et népalais, le participe correspondant est 
en -nd ou -d (v. Beames, III, p. 123 et suiv. ; cf. L. S. L, Raj., 
p. 14 ; Mikiosich, X, p. 44). Parmi les dialectes montagnards 
du nord-ouest, certains ont conservé -nnt ou -t ; d'autres ont -an 
ou -an qui remontent peut-être à la même forme : c'est du moins 
l'explication que M. Grierson en propose dans sa phonétique 
iPiç. laug., Pljoiiol. det., ^ 182, p. 144) ; mais dans sa morpholo- 
gie {ibid., p. 35) il semble préférer y voir le participe moyen de 
liranien, zd -âna-, phi. -an. A vrai dire, s'il s'agit d'une forme 
moyenne, il vaudrait peut-être mieux recourir au participe du 
sanskrit en -âna-, commun en pâli et attesté exceptionnellement 
en prâkrit (Pischel, § 502) ; la vitalité de cette forme est garan- 
tie par son dérivé singhalais en -na (Geiger, § 55). Toujours est-il 
qu'à l'exception de dialectes isolés aux frontières extrêmes, — le 
singhalais, Toriya (très obscur; v. Beames, III, p. 125) et peut- 
être le nord-ouest himalayen — la forme universellement usitée 
est celle que conserve aussi le marathe. 

Le participe en -t s'est élargi de deux façons : 1° la forme en 
-to est réservée à la conjugaison ; 2° la forme en -là, dans la 
mesure où elle en fait partie, prend la valeur de passé (v. Joshi, 
§ 344, 8) et par suite de conditionnel (v. § 24 i et suiv.) ; mais elle 
sert aussi normalement d'adjectif (Joshi, i; 617 c). 

§ 256 . Le participe passé est formé par le suffixe déclinable -lâ 
s'ajoutant au thème du passé, que ce thème soit l'ancien thème du 
participe sanskrit en -ta-, ou que ce soit le thème unique du 
verbe, cf. plus haut sj 229. De par son origine, ce suffixe n'est 
autre, ainsi que l'a montré M. Sten Konow (/. R. A. S., 1902, 
p. 417, 420), que le suffixe d'adjectif prrd^rit en -rt//rt-, variante de 
celui plus fréquent en -il la- : le participe marathe n'est donc 
qu'une forme élargie du verbal sanskrit en -ta- : cela est appa- 



2o6 CONJUGAISON 

rent dans les participes irréguliers comme kelâ [krta-), gela (gâta-), 
pàtlâ {prâpta-), etc. Le prâkrit ij^iiore ce développement du suf- 
fixe -illa-, -alla- : le cas de ànUliya- [ànltà-] y est isolé et s'ex- 
plique par des raisons particulières (v. Pischel, § o9o, p. 403). 
Pourtant plusieurs dialectes ont élargi leur participe par -/ : ce 
sont d une part ceux du groupe oriental, bihari, oriya, bengali, 
assamais ; d'autre part le guzrati, voisin du marathe (où le part, en 
-/o remplace un part, en -o archaïque, v. L. S. L, Raj., p. 342) ; 
enfin peut-être certains parlers du nord-ouest himalayen (v. Grier- 
son, Piç. lang., p. 5o). L'isolement de ces dialectes, joint au 
caractère récent du suffixe, vérifiable dans plusieurs d'entre eux, 
prouve que la valeur morphologique du suffixe en -/- s'est déve- 
loppée indépendamment dans chacun de ces dialectes ; il en est 
d'autant plus remar([uable qu'il faille joindre des parlers indous au 
groupe de langues indo-européennes où des ajectifs en *-/- (sans 
doute ici *-l-\a- > pkr. -Ua-) ont été rattachés aux thèmes ver- 
baux : ce groupe comprend comme on sait, le slave, l'arménien 
et le tokharien (v. S. Lévi et Meillet, M. S. L., XVIII, p. 22). 

Par ailleurs le suffixe en -/ a gardé en marathe sa valeur adjec- 
tivale : cf. p. ex. pahilâ « premier » (cf. prothama-)^ âglà " qui 
est en tète » (agra-), audil « mâle » [auda-] ; le participe en -là 
peut donc avoir une valeur purement adjective : c'est pour éviter 
la confusion d'emploi qui en résulte que s'est constituée récem- 
ment la forme en -Iclâ d'emploi purement adjectif (v. Joshi, 
§61!>). 

§ 2.^7 . Le participe d'obligation du sanskrit en -lavya- a donné en 
marathe le participe en -civâ, de même sens. Le même adjectif 
existe en sindhi et en guzrati avec le sens de participe présent 
passif ; on le retrouve, fixé à l'une de ses formes avec la valeur 
d'infinitif, en guzrati d'abord et dans le groupe contigu du Rajas- 
than (v. L. S. /., Raj., p. 14), d'autre part dans le groupe orien- 
tal bihari-bengali-oriya-assamais (Beames, III, p. lo3-13o ; 
L. S. L, Beng., p. 8, 403) ; dans ces dernières langues le parti- 
cipe a dû exister avec sa valeur primitive, puisqu'elles pos- 
sèdent un futur en -b- qui en dérive (Beames, III, p. 158). 

§258. Le participe en-âvâ ayant en marathe conservé sa valeur 
passive (sauf quelques exceptions récentes) et en tout cas son sens 
d'obligation, le marathe se trouvait sans participe futur. C'est ce 
vide que l'adjectif en -)jàr est destiné à combler. Cette forme 



PARTICll'ES 2o7 

n'est pas propre au marathe : elle se trouve avec la valeur de 
nom d'agent en guzrati ; mais ici la forme ancienne est pourvue 
d'une aspiration : kàrduahàra « celui qui fait ') (v. L. S. I., Raj., 
p. 362) ; même forme et même sens en sindhi, p. ex. sirjauahàru 
« créateur », Hkhauahârii « écrivain, qui va écrire » (Trumpp, 
p. 7o) ; de même en hindi : dekhiiehàrà « voyant ». Le sens futur 
qui perce en sindhi, semble récent en marathe; dans cet 
exemple de Nâmdev [NavnJt, p. IS, abh. 18, 3j on n'a affaire 
qu'à un nom d'agent : 

dhàniia artha kàiiui inoksà cârl staiia \ 
ihhoijâr dhanya Piiudallka \\ 

« La loi, l'intérêt, le désir, la délivrance sont quatre mamelles ; 
celui qui les trait c'est l'heureux Pundalïk ». 

Cet adjectif est évidemment tiré du nom d'agent en -na- qui a 
par ailleurs fourni l'infinitif en -uein. Quel est le suffixe? Est-ce 
le même que celui des noms comme aiidbâr « obscurité » iandha- 
kâra-), hiimbhàr « potier » (kunibbakâra-) , siiàr « cuisinier » isilpa- 
kàra-) ? Ou faut-il y reconnaître celui de siitâr « charpentier » 
(siltradbâra-) ? L'aspirée des autres langues semblerait devoir faire 
pencher pour cette dernière explication ; sans compter qu'on 
est tenté de rapprocher par le sens -dhârâ- « soutien » de -pala- 
is protecteur, gardien », mot qui est à l'origine du suffixe bien 
connu de l'hindi en -vâlâ. d'emploi analogue. 11 est vrai que /; 
n'est souvent guère qu'un signe graphique de l'hiatus, notam- 
ment dans les langues du type apabhramça (cf. plus haut § 22, 
66, 161, 210 et Trumpp, /. /.) ; et que les origines de cet emploi 
de -dhâra- sont beaucoup moins claires que celles de -pâla-. 
Beames hésite, avouant sa préférence pour la première hypothèse 
(v. III, p. 238) et l'on ne peut que l'imiter faute d'argument 
décisif. 

Gomme le participe en -/, celui-ci, prenant un élargissement 
en -â, devient adjectif, garde l'emploi de nom d'agent et perd la 
valeur de participe futur. Ex. : yeijâre lok « les gens qui doivent 
venir » ; bolnâre piiskal, karnàre thodc « beaucoup de parleurs, peu 
d'agissants » (Navalkar, § 6 i 1-642) ; ou encore : pohuârâ bndto, 
lihnàrà cukto... « le nageur (seul) se noie, le scribe (seul") fait des 
fautes... » fcité par Molesworth. s. \ . pabiu'iiii . 

Lu for million de lu lunijui' muntlhe. [' 



25«S CONJUGAISON 

Emploi des participes; verbes auxiliaires. 

§259: L'emploi de toutes ces formes n'est pas identique. Le par- 
ticipe d'obligation a g-ardé dans l'ensemble sa valeur primitive ; et 
jusque dans la conjugation potentielle la construction est restée 
indirecte. Les autres participes au contraire, en sisolant des 
formes élargies à valeur d'adjectif, ont pris avec le temps une 
valeur verbale de plus en plus nette et une construction uni- 
forme. Le trait caractéristique en est leur juxtaposition aux 
verbes signifiant « être ». On a déjà vu que les <( temps partici- 
piaux » ne sont en réalité que des groupes ainsi constitués ; 
c'est des mêmes éléments, mais isolés, que se forment les « temps 
composés ». Par réaction contre l'habitude, en effet blâmable de 
plus d'une façon, de modeler les grammaires descriptives du 
marathe sur les grammaires de l'anglais, M. Joshi condamne 
§ o9o ; cf. au contraire Navalkar, § 313 et suiv.) la notion de 
temps composés et n'en donne une liste qu'à titre de concession 
pratique. Les temps composés ne forment pas en effet un sys-' 
tème défini ; mais puisque certains temps simples sont en réalité 
déjà composés d'un participe et d'un auxiliaire, ce serait donner 
une image infidèle du système verbal que de séparer iiiî caltom 
« je marche » de //// calaî âbeiii « je marche », iiiJ calât hotoiii « je 
marchais ». Le principe de ces formations est d'ailleurs commun 
à la plupart des langues indo-aryennes (v. Beames, III, chap. IV, 
p. 170 et suiv. ; cf. Grierson, Mail, kaçiii., § 4S, 60 et suiv. ; 
Geiger, v^ 03). 

J520O.Les auxiliaires employés en marathe sont ^/j- et âh-«èire)) 
(le premier à sens duratif, Joshi, i? 315) ; le premier se retrouve 
partout sauf en penjabi et en sindhi ; le second semble propre à 
l'oriya et au groupe occidental : marathe, guzrati (dans le verbe 
négatif), sindhi, penjabi, hindi. Le verbe ho-, d'enqiloi courant 
dans toute l'Inde centrale, en penjabi et en guzrati, ne sert eti 
marathe que dans les temps participiaux, et avec la valeur du 
passé. 

5^261. Le verbe jâijcin « aller » (skr. \à-) sert à former des temps 
périphrastiquesàsensde passif : lo inârilâ jâll ^* il sera battu», to 
7)iârilâ gela « il a été battu ». Cette construction est récente en 
marathe, et d'ailleurs peu usitée (v. Navalkar, qui au § 305 donne 
les divers équivalents plus usuels; cf. Joshi. >; 503. 5, p. 39 h. 



PASSIF PÉRIPIIRASTIOUE 2o9 

On la trouve aussi en guzrati où elle commence à faire concur- 
rence au passif normal en -à- (Tisdall, p. 67-69, L. S. I., Raj., 
p. 343) ; le niarvari, le sindhi ne connaissent comme le vieux 
marathe que l'ancien passif en -ij- (Beames, III, p. 71 et suiv.). 
Le passif périphrastique semble bien en maTathe et en guzrati un 
emprunt aux langues centrales, notamment à Ihindi, où cette 
tournure est courante (v. Beames. 111, p. 213-21 i). Quoiqu'il en 
soit, l'orig-ine de cette construction reste obscure. Le verbe 
« venir», combiné avec un cas oblique de l'infinitif, équivaut à un 
passif en kaçmiri : giipana xiiiia « je serai caché » (Grierson, Mâii. 
Kasbiii., § 91) ; cf. la construction de l'hindi dehhne mein âtà « il 
vient en vue » ; on conçoit pour le verbe « aller » un emploi du 
même genre : ainsi en marathe tem jaJnn jâïl, littér. « cela ira en 
ayant brûlé », équivaut à « cela sera brûlé ». 11 est possible que 
l'homonymie de l'adjectif verbal skr. y^/a-, pkr. jâa- « devenu », 
qui s'accole volontiers à un adjectif verbal en -ta- exprimant l'état 
en sanskrit (surtout sous la forme de composé saiiijâta- '. p. ex. 
sa vibarapîditâ sainjâtâ : Vetrda, éd. Uhle 14, o) et en pràkrit (v. 
Jacobi, Ausgeiu. Er^., Grani., ^ 113; cf. mutfâijain gbaijareijuija 
vva churio jào mhi etihantare c< me voilà [devenu, couvert comme 
d'une poussière de perles » KarpûramahjarU I, 29 d)^ soit pour 
quelque chose dans l'emploi nouveau du verbe y^- « aller » ; et en 
effet Ton trouve dans tel vers de la Jnâneçvari (XVIII. 783), jciti 
sigpifîant« ils deviennent, ils se produisent ». sans qu'on voie clai- 
rement s'il s'agit d'un verbe refait sur le thème du participe /^/rt 
« été » ou du verbe « aller ». Que le verbe « aller » puisse prendre 
le sens d' <( être » et servir dès lors à la formation des passifs, 
c'est ce que prouve non pas seulement le dravidien, où la chose 
. est rare et que Beames a donc tort de citer (III, p. 74), mais l'ira- 
nien : on sait qu'en persan sudnn « devenir «, anciennement 
(( aller » icf. skr. c\a-), a succédé au pelhvi cstâtan « se tenir » 
(cf. skr. sthà-) dans la fonction qui nous occupe ; et l'afghan fait 
de même (Geiger, Gnindriss der iran. Phil., l'~, p. loo, 222). 
D'ailleurs l'opinion indigène attribue la construction avec jàuem 
à un emprunt fait au persan (Joshi, p. 391) ; o-n ne peut que 
signaler cette hypothèse, qui n'est p/is absurde, et qui n'est pas 
non plus nécessair e. 



260 CONJUGAISON 

Formes absolues tirées des participes. 

§ 262. Le participe présent, fixé à l'un de ses cas, fournit une 
forme qui se construit absolument : lo caJlâin caltàm khâliiu padïà 
« tout en marchant il est tombé » ; hàrâ bnjtàin \à « viens à midi 
(à douze sonnant) » ; tyàln khdtàin niyâju pàhilcni «■ je l'ai vu jouer 
(jouant) » ; âbniJ khejat astâm to âlâ « il est venu tandis que nous 
étions en train de jouer ». A côté de la forme en -tâin existe une 
forme en -tânuiâ, de même sens : inyâin jevilànmâ ttijhî cit'i vâciln 
tâkill- « j'ai fini de lire ton billet en prenant mon repas » ; myàtn 
Jyâlâ ghodyàlà mârtànmà pàhilem « je l'ai vu battre le cheval ». 

On s'accorde généralement à voir dans cette forme lie locatif 
du participe élargi en -îâ ; pour le sens, ceci correspondrait bien 
aux formes en -te du guzrati et du bengali, dont l'emploi est ana- 
logue (v. Beames, III, p. 12i-12o). Mais cette explication ne 
permet pas de rendre compte de l'affîxe -nà (Beames, /. /. et 
Joshi, p, 237 se contentent de le caractériser comme « empha- 
tique »). De plus le guzrati possède à côté de la forme en -te, la 
forme en -tàm du marathe. S'il s'agit d'une forme déclinée du 
participe, une seule hypothèse rend compte de toutes ces formes : 
c'est qu'il s'agit de l'oblique pluriel, c'est-k-dire de l'ancien géni- 
tif, et dans le cas de la forme en-/^7;//;w,du datif pluriel — on sait 
en elfetque l'affixe là prend derrière la voyelle nasale de l'oblique 
la forme iià (v. .; 72). En guzrati la désinence -àm est celle du 
neutre pluriel, skr. -àni ; elle peut à plus forte raison représen- 
ter skr. -ânâiii. Il s'agirait ici d'un génitif comniodi (cf. Speyer, 
Ved. u Skr. Syiitax, ^ 72) : l'hypothèse est d'ailleurs invérifiable, 
car dès les plus anciens textes la forme s'emploie déjà avec la 
liberté dont témoignent les exemples précédemment cités (et 
empruntés à Navalkar. sj 6i0, I). 

Il ne faut pas négliger cependant de rappeler l'absolutif du 
pâli en -/iw»rt/// et de l'ardliamâgadhi en -ttâijâiii (Pischel, ^ o8o) ; 
l'origine de ces formes est obscure (Wackernagel, p. xxiv, 
note 3). 11 n'est pas impossible que ce soit ici l'origine de l'abso- 
lutif marathe et guzrati en -ta ni : (cf. Râjvâde, Vyâkaran, 
p. 109) ; dans ce cas, l'addition de l'affixe nâ, c'est-à-dire là, 
serait analogique et tiendrait à la confusion avec la forme 
d'oblique pluriel. 

v; 263. Le participe passé et le participe d'ol)ligation sont souvent 
employés connue des noms verbaux. Le premier, tout en gardant 



FORMES ABSOLUES 261 

son sujet au nominatif, se met au cas oblique et s'accompagne 
d'une postposition : tujht âl vàrlyà-pàsûn « depuis ta mère 
morte, depuis la mort de ta mère ». Le second se construit au 
cas oblique du singulier comme le nom verbal en -uein : ùincâ hâg 
pâbvayâs cala « allez voir mon jardin » ; âpnâçim riiaJâ kâinbfiii 
boJàyâcem âhe « j'ai quelque chose à vous dire » (Navalkar, p. 34o, 
348-341) ; cf. L. S. I., Mar.., p. 27). Le nom neutre auquel ces 
formes se rattachent est l'exact correspondant de l'infinitif guz- 
rati en -///// : la seule différence est que c'est précisément le nomi- 
natif correspondant à la forme du guzrati qui n'a pas en marathe 
la valeur d'infinitif. 

§ 264. C'est à ce même nom verbal qu'il faut sans doute rattacher 
l'absolutif en -Un, qui pour le sens correspond à skr. -tvà : 
mâmâpiidlmn jâûn mî pâyâin padeiji « j'irai trouver mon oncle, et 
(ayant été devant mon oncle) je me jetterai à ses pieds ». C'est 
cette correspondance de sens qui a conduit la plupart des savants 
à expliquer mar. -iin par la forme prakrite -///7;;û(, -/?//« (Navalkar, 
p. 107 ; Joshi, p. 239, Beames, III, p. 233, etc.). 

L'absolutif en -ûija est en effet normal en prâkrit mâhârâstrï et 
dans les prâkrits jainas sous la forme -dilua, -ûua (Pischel, § S86) ; 
mais ;/ dental final fait difficulté, comme l'a bien vu M. Sten Konow 
[J.R.A. 5., 1902, p. 419); la nasale intervocalique, loin de subsister 
sous forme de dentale, devait tomber (v. § 66j ; et par suite la forme 
devait se confondre avec l'infinitif issu de skr. -itum. Dans cet 
embarras, l'examen des autres langues ne sert de rien : partout 
l'absolutif semble remonter à skr. -ya, conservé dans les prâkrits 
orientaux (v. Pischel, § 589 et suiv.) et dont l'aboutissant -/, 
noté en apabhramça (^Pischel, § 094), se retrouve dune manière 
plus ou moins claire en singhalais (v. Geiger, § 56, 2), dans guz. 
s. -;", p. h. -/ (>» zéro), -e, bg. -iyâ (v. Beames, III, p. 230 et 
suiv.), 

La clef de la forme marathe est précisément la nasale finale 
qui fait difficulté dans l'hypothèse mentionnée ci-dessus. Cette 
nasale apparaît dans la vieille langue sous la forme -;// ou-uixâiii : 
or c'est là une postposition bien connue, qu'il est invraisemblable 
de supposer affixée à une forme isolée de la déclinaison, comme 
l'infinitif en -tuDi ou l'absolutif en -tvà. Du reste la voyelle qui 
précède est anciennement non pas -a mais -o ou même -an. Ceci, 
en excluant tout recours à un thème en -u-, nous conduit à con- 
sidérer la forme comme l'ablatif d'un thème en -a-, du même type 



262 CO.N.Il (iAISO.N 

que nieghauni, divi'mi, etc. ; v. i; 111."); soit *haravonni dont le v 
intervocalique serait tombé comme il arrive si fréquemment, sur- 
tout en présence d'une voyelle labiale (cf. § 153) : d'où karauni, 
karoni, etc. (cf. karavun karaviitan, iiwmnavnn dans Tinscr. de 
Cikurdem). 

Cette explication cadre bien avec l'emploi de la forme, qui 
sert à marquer la succession bistorique ou logique de deux 
actions (v. Josbi, § G20, Navalkar, p. 346-347). 

Nom verbal et infinitif. 

§ 263. L'infinitif type du marathe est le nom verbal en -;/^w, qui 
remonte au nom verbal du sanskrit en -anam : la forme du sans- 
krit subsiste dans le singhalais -;/// (Geig-er, § 57), le kaçm. -««, 
le sindhi -;///, le penjabi occidental -//// (obi. -rt;/), le bundeli -//n ; 
la forme élarg-ie du marathe se retrouve dans les langues cen- 
trales : dial. du Rajasthnn -no ou -;///. hindi -nâs braj -nanni, penj. 
-yâ ou -nâ après cérébrale (cf. Beames, III, p. 236 et suiv., 
L. S. L, Rcij-, p. I 4 ; on a proposé aussi de faire remonter ces 
formes non au nom verbal du sanskrit, mais au participe d'obli- 
gation en -aniyam ; cf. Sten Konow, /. R. A. S., 1902, p. 418 n.) ; 
on a vu que le guzrati et quelques parlers voisins d'une part, 
et de l'autre le groupe oriental se servent d'un futur de type 
-ha- issu du participe skr. -tavya-. 

Cet infinitif est en réalité un nom d'action déclinable et se 
construit comme tel : tyâ cUu kanjïin cànif^lhu âhet « ses actions 
sont bonnes » ; mnlâ luîpâcl âjùâ mânya knrueiu prâpi âhc <■ il me 
faut traiter avec respect Tordre de mon père » ; uiag jem 
karuem asel teiu kar « alors fais ce qui est ii faire » (litt. « ce 
qui est l'action ») ; au nominatif il forme des phrases nominales 
exprimant l'obligation : patr lihît jâuem « continuez d'écrire » ; au 
datif il marque l'intention : karuyâs ou kanjxâlâ « pour faire ». etc. 
(cf. Navalkar, § 643). 

Outre ce nom d'action et les participes déclinés comme tels, le 
marathe possède encore un infinitif indéclinable, qui marque l'in- 
tention : to teiiikarûin [=^karâyâs) icchiio ^f il désire le faire » ; // ton 
karfim çakel « elle pourra le faire » ; mal à yeuni de « donne-moi (la 
permission de) venir », etc. (v. Navalkar, § 635, 216). Cette forme 
sort, ainsi qu'on l'a généralement reconnu, de skr. -tuni, pkr. 
-iuni ( Pischel. ,^ 573 ; sur la chute de / en mnrathe. v. plus haut, 
§ ()3 ; sur la confusion avec l'nbsolutif pkr. on-tnja, >5 264). 



LA PHRASE 



§ 266. Les chang-ements qu'ont subis les mots du marathe par 
suite des altérations phonétiques ou de l'évolution grammaticale 
n'ont pas été assez profonds pour tranformer fondamentalement la 
constitution de la phrase. On verra par les quelques observations 
qui suivent que les règles essentielles de la phrase marathe sont 
à peu de chose près celles de la phrase sanskrite : ni dans la 
structure de la phrase, ni dans les rapports ou l'agencement de 
ses éléments on ne se trouve en présence d'innovations impor- 
tantes. 

Phrase nominale et phrase verbale. 

§ 267. La phrase marathe comprend normalement un sujet et un 
verbe. Ex. : udyàiu pàûs padcl «demain il pleuvra » ; maJù ek piis- 
tak pâhije « il me faut un livre », tilin âplein kùm kar « fais ton 
ouvrage » ; cal, nihn tiilâ kâh'uu viauj dàkhavitoin « viens, je vais 
te montrer quelque chose d'étrange », etc. 

Le verbe « être » n'est pas indispensable à la phrase. En poé- 
sie il manque le plus souvent ; dans l'usage courant il peut man- 
quer dans les phrases proverbiales ou à valeur affective : jelbein 
gâniv tethein vmhcirvâdà « où il y a un village, il y a un quartier 
de mahârs » ; tum murkh kharà « tu es un vrai fou ». Il manque 
généralement dans les phrases interrogatives et les réponses : 
tiijhem nâm kày « quel est ton nom ? », màjhem nâmv gopùl « mon 
nom est Gopâl ». On peut y joindre les phrases contenant la 
nég-ation nâhïni, encore que ce mot contienne précisément le 
verbe « être » et que 71a existe isolé ; car le sentiment du verbe 
s'y perd au point que l'on dit au Goncan to âhl nâh'uu âhe « il 
n'est pas venu » (Xavalkar, p. 272). 

Cependant le verbe « être » peut toujours être exprimé, et il 
l'est en fait le plus souvent. Ex. : Pâns-çahrâmt ckandar câjîs- 
var uâtakgrhem âhet, âditvùnm gardi phâr astc... sarvâ uâtakgrhâmt 



26i LA PHRASK 

sarva prahârem çrest asetn jem nâtakgrha tyâcemnàmv Apdrn. hî imà- 
rat phârac siindar âhe. « Dans la ville de Paris il y a en tout plus 
de iO théâtres. Le dimanche la foule y est considérable. De tous 
les théâtres celui qui est de tous points le meilleur s'appelle (de 
lui le nom [est]) l'Opéra. Cet édifice est extrêmement beau » 
[Vilâyatcâ pravâs, I, Pouna, 1889, p. 185, 187). On a d'ailleurs 
vu déjà que plusieurs des formes verbales étaient composées avec 
le verbe <■ être », et cela en des cas où le sanskrit admettait la 
phrase nominale pure ; les formes nominales anciennes qui ont 
subsisté, comme par ex. les troisièmes personnes du type karto 
« il fait ;),sonten réalité, étant donné leur incorporation à la con- 
jugaison, des formes à affixe verbal zéro. Toutefois il ne faut pas 
considérer le verbe « être » comme un pur accessoire dans la 
phrase marathe : il y occupe en effet la même place que tout 
autre verbe, â savoir généralement la dernière (cf. Meillet, 
M. S. L., XIV, p. 22), et il se juxtapose même aux temps parti- 
cipiaux qui le contiennent déjà en leur donnant une nuance de 
sens spéciale : ;;///// haslom « je me suis assis » ; nnm basloin âhein 
« j e suis assis » : io âplxà mitrâms patrem lihlt haslâ âhe « il était assis 
à écrire des lettres à ses amis ». 

§268. Sans donc présenter un état essentiellement différent de 
l'état sanskrit, la phrase marathe a sensiblement dépassé le stade 
où se trouve le sanskrit de basse époque. Dans cette langue 
l'absence de verbe était normale, non seulement dans les 
maximes générales, mais dans les phrases contenant un pro- 
nom, notamment un pronom interrogatif, relatif ou démons- 
tratif, et surtout dans celles qui contenaient un participe. 
Le verbe « être » à sens de copule ne s'insérait que dans le 
vieux type de phrase nominale, celui qui n'était accompagné 
d'aucune détermination {marna duhkhakârauam bahukâraijam asti 
« la cause de mes malheurs est multiple », etc., v. J. Bloch, 
M. S. L., XIV, p. 82) ; en s'ajoutant à l'adjectif en -ta-, il en 
modifiait le sens comme il fait en marathe (castre kathitam asti 
« il est écrit dans le livre » ; tat tayeti kathitam « c'est là ce 
qu'elle a dit » ; v. ibid., p. 92 1. 

L'état du marathe est à peu de chose près celui de la plupart 
des autres langues de l'Inde continentale (voir p. ex. sur le 
sindhi, Trumpp, p. oio; sur l'hindi, Kellogg, 5^ 8o6 et suiv. ; sur 
le tsigane, Miklosich, XII, p. 27 ; le kaçmiri semble avoir subi 



ACCORD DE l'adjectif 26o 

dans sa syntaxe comme dans sa phonétique des influences 
locales : on verra que l'ordre des mots y présente de graves 
innovations, et le verbe « être » y est aussi nécessaire). On 
notera qu'il diffère assez, dans le détail, de celui des autres 
langues indo-européennes anciennes qui avaient gardé des traces 
de la phrase nominale pure (v. Meillet, M. S. I,., XIV, p. 15-18 ; 
sur le latin, Marouzeau, La phrase à verbe « are »..., p. loO et 
suiv. : l'aspect du gotique est proche de celui du marathe, 
mais la place du verbe « être » y est moins uniforme, v. Meillet, 
M. S. I., XV, p. 94, 9o, 97)/ 

Accord. 

§ 269. Comme les noms, les adjectifs sont en marathe de deux 
sortes : 1° ceux qui se terminent par une consonne : ceux-ci sont 
invariables, du moinsà l'époque moderne (v. Navalkar, § 116), et 
forment avec le substantif auquel ils se rapportent une sorte de 
composé ; ainsi l'on a au nominatif singulier : lâl âiiibâ (masc.) 
« mangue rouge » ; lui cime (fém.) « tamarin rouge » ; lâl pagofein 
(neut.) « turban rouge » ; au pluriel nom. lâl pâgofîni « turbans 
rouges », au dat. sing. lâl pâgotyâs, etc. ; ati tJmiiid pâijyâ nem 
sàrdî hoîl « avec de l'eau très fraîche il se produira un refroidis- 
sement » ; 2" les adjectifs à élargissement en -â, -i, -eni, auxquels 
il faut joindre les pronoms démonstratifs et relatifs, qui ont été 
assimilés à la déclinaison nominale, et les temps participiaux du 
verbe, qui sont en réalité des participes déclinés. C'est de ces 
adjectifs à élargissement qu'il est uniquement question ici. 

Genre et nombre. 

§ 270. L'adjectif épithète s'accorde en genre et nombre avec le 
substantif auquel il se rapporte ; s'il y a plusieurs substantifs, il 
s'accorde avec le plus proche, c'est-à-dire avec le premier : 
tyâlâ mothâ bhâii va bahiij âhe « il a un grand frère et (une grande) 
sœur » ; h\â havenitllin (neut.) janâvarein (neut.) va pâhfi (masc), 
etheni âdhaltat « les bêtes et les oiseaux indigènes se trouvent là » 
(v. Navalkar, § 516, Joshi, 5; 573). Sur l'accord aux cas indi- 
rects, V. plus bas § 272. 

§ 271 .Les règles d'accord du prédicat sont plus compliquées. En 
effet, malgré la persistance en marathe des anciens genres gram- 
maticaux, elles dépendent de la distinction des êtres animés et 
inanimés (v. § 180). 



266 LA l'iiHAsi: 

Lorsque le prédicat fadjectii" ou verbe) se rapporte à plusieurs 
noms de genres différents, il s'accorde avec le dernier seul s'il 
s'agit d'êtres inanimés ; dans le cas contraire, il se met au plu- 
riel neutre, comme dans les phrases suivantes : tyâcà hâp âijî ai 
niolhîin bhalîni ahet « son père et sa mère sont très (////. « grands) 
bons » ; Dhâkn âui Sâjî hîin doghem bekâr hoi'iti âllin « Dhâkû (masc.) 
et Sâll ffém.) se trouvant sans travail sont venus tous deux » 
(Navalkar, § 486, o17 ; cf. Joshi, § o74). 

Une répartition analogue se retrouve en sindhi : s'il s'agit d'êtres 
inanimés, le prédicat s'accorde avec le nom le plus proche, ou 
bien se met au pluriel, le genre étant variable suivant les cas ; 
s'il s'agit d'êtres animés c'est le masculin qui l'emporte : il 
ne faut pas oublier qu'il n'y a pas de neutre en sindhi (Trumpp, 
p. 518). En guzrati, la distinction en êtres animés et inanimés 
manque ; mais le prédicat se rapportant à des noms de genres 
différents prend toujours le genre neutre (v. Tisdall, p. 3o, 96). 
Il est à noter qu'en guzrati et en marathe, le neutre pluriel sert 
de féminin respectueux : mar. bàîsàheb âliin astim, pan... « Madame 
serait venue, mais... » ; guz. rânî àvyâm che « la reine est venue » 
(Navalkar, p. 270, Tisdall, p. 96). Il y a sans doute un lien 
entre les deux faits : la désinence neutre, désignant les per- 
sonnes d'une manière moins directe, est un signe de respect ; 
c'est d'une façon analogue, quoique inverse, que le neutre s'em- 
ploie par humilité (v. Navalkar, § 484, 2). 

La formule de la règle marathe s'applique communément en 
prâkrit jaina (v. Jacobi, Ansgew. Er^^., § 79-80) ; mais elle ne 
semble pas remonter plus haut (v. Spever, Fed. u Skr. S\nt., 
§101). 

En hindi et sans doute dans la plupart des langues qui ont 
perdu le genre neutre, ou bien l'accord se fait avec le nom le 
plus proche, qu'il précède ou suive, ou bien c'est le masculin 
qui l'emporte (v. p. ex. Kellogg, § 803, 871 ; Grierson, Man. 
kaçm., § 2o). 

Cas. 

§ 272. En vieux marathe l'adjectif épithète s'accorde en principe 
à tous les cas. Dans la langue moderne cela n'est plus vrai que du 
nominatif. Il n'y a plus qu'une forme d'oblique commune aux 
deux nombres et aux trois genres, celle de l'oblique masculin- 



ACCORD DE l'adjectif 207 

neutre singulier. Cette forme précède immédiatement le substan- 
tif, qui seul possède laffixe ou la postposition caractéristique 
réclamée par le sens, Ex. : mag nûiii halkyâ lokâiii çJiji boliiâr nâhîni 
« alors je ne parlerai plus avec de petites gens » ; dusryù divçâm 
(( le lendemain » ; àpjyâ viitrâs, ùpJyà mitrânis « à son ami, à ses 
amis », j)'Â imârtî la don kot nipaytiiijvar kharc jhâJâ « on a dépensé 
pour cet édifice plus de deux crores de roupies » (v . Xavalkar, 
§ 31 S). 

Que l'oblique de l'adjectif soit employé seul, cela est normal 
puisque l'oblique d'un nom est une forme déclinée de ce nom et 
un mot indépendant. Mais que l'oblique masculin neutre singu- 
lier soit seul employé dans tous les cas, c'est ce dont il est plus 
difficile de rendre compte. On reconnaît ici la trace de la tendance 
générale à la simplification des adjectifs épithètes que Beames a 
bien notée, mais en donnant des raisons àe. psychologie chimé- 
rique justement critiquées par Miklosich (v. Beames, II, p. 240- 
243 ; Miklosich, XI, p. 35). Le détail de l'évolution est fort 
obscur. Voici comment on pourrait l'imaginer : la confusion de 
l'oblique masc.-neut. du pluriel avec celui du singulier peut se 
concevoir, étant donné le caractère instable de la nasalité dans 
les voyelles ; d autre part le transport de la désinence d'oblique 
masc.-neut. singulier au féminin peut être dû à' lanalogie du 
pluriel, où les trois genres n'ont normalement qu'une forme 
d'oblique. 

Les hypothèses qu'on peut faire sur ce point sont indémon- 
trables, car les autres langues ne fournissent aucune indication 
utilisable. Dans le groupe occidental — guzrati (abstraction faite 
de laffixe -o du pluriel), rajasthani (avec quelques hésitations 
aux cas indirects autres que l'oblique, v. L. S. I., Raj.^ p. 7. 22. 
37), penjabi, sindhi, kaçmiri — l'accord se fait à tous les cas. 
Dans tout le groupe oriental, l'adjectif est invariable ou ne varie 
qu'en genre (cf. L. S. I.,East. hindi, p. 16, 22, 28 ; 5//;., p. 26, 38, 
50, 380) ; en singhalais il est absolument invariable (v. Geiger, 
§ 43'). Restent l'hindi et le tsigane qui, comme le marathe, simpli- 
fient la déclinaison de l'épitliète, mais de manières divergentes. 

L'hindi décline ainsi les groupes : kâJù ghorâ << cheval noir », 
kâJî hillï « chat noir » (Kellogg, § 199) : 

o- Dir. kâlâ ?horâ kàll hilll . 

°' Obi. knJeghore kàll hilll. 







LA IMIRASK 


Dir. 


kâle gbore 


làilî billiyâin 


Obi. 


kâle ghoroni 


kâlï billiyom. 



2 OS 
Phu 



Les divers dialectes tsiganes déclinent ainsi les groupes kalo 
mauiis « homme noir », hali mauusiii « femme noire » (Miklosich, 
XI p.:]3,-3o): 



Sint 
Plui 



Nom. kalo iiuiiiiii hali iiiannsi 

Obi. kaJt' inannses kaJya manusha (ts. grec : hali nf 

Nom. haïe }iianns kalc manusùa 

Obi. kale maniikn kalc mannshen 



Si Ton admet avec Miklosich que les formes d'oblique du mas- 
culin sont dues à la chute des consonnes finales et tiennent la 
place de *kales *kaJeu^ on est obligé de séparer le tsigane du 
marathe et de l'hindi sur le seul point où l'on pourrait imaginer 
un accord dans les trois langues. Chacune d'elles semble avoir 
simplifié la déclinaison des adjectifs épithètes d'une manière indé- 
pendante. 

Ordre des mots. 

§273.En sanskrit classique, l'ordre des mots, sans être fixe, obéit 
à des règles d'usage assez constantes. D'habitude le sujet ouvre la 
phrase, le verbe ou le prédicat la termine ; dans les groupes de 
mots qui se déterminent, le déterminant précède le déterminé 
(sauf l'apposition, qui est en réalité le prédicat d'une phrase 
insérée dans une autre phrase; . Cependant cet ordre peut tou- 
jours être troublé pour des raisons momentanées ; le mot impor- 
tant se place volontiers au début de la phrase, quelle que soit sa 
nature. Seuls sont fixes les mots enclitiques, qui suivent le pre- 
mier mot de la phrase ou le mot dont ils renforcent la valeur (v. 
Speyer, Ved. u. Skr. Synt., § 2i7-2o0). 

Le marathe, qui a conservé une llexion moins riche que le 
sanskrit, mais où rien d'essentiel ne manque, a aussi gardé les 
mêmes principes d'ordre des mots. 

§ 274. L'ordre usuel est : sujet-complément-adverbe-verbe ; 
l'adjectif épithète précède le nom ; le complément indirect pré- 
cède le complément direct ; les mots désignant les circonstances, 
le lieu, le temps se placent immédiatement après le sujet; les 



ORDRE DES MOTS 269 

conjonctions se mettent en tête de phrase. Rien en principe ne 
montre dans Tordre des mots la valeur affective de la phrase : 
màjhi tarvâr kholîiut âhe « mon sabre est dans la chambre » peut 
noter une affirmation, une exclamation, une interrog-ation, et 
s'il suit une phrase contenant jar (skr. yarhi). une condition 
(v. Navalkar, § 466 à i67, Joshi l^ 531 k 336). 

La fixité de l'ordre des mots est plus grande en marathe qu'en 
sanskrit. On conçoit que la simplification de l'adjectif épithète, 
par opposition au prédicat, aille de pair avec une constance 
plus grande de sa place ; de même le complément indirect du 
verbe passif, exprimant le sujet logique de l'action, qui déjà 
tendait à occuper la première place en sanskrit (v. Speyer /. /., 
§ 248|, s'y installe d'autant plus volontiers dans une langue où la 
phrase à participe passif s'assimile à la phrase à verbe actif ; de 
même encore les « fausses prépositions », mots figés à l'un de 
leurs cas et exprimant des rapports circonstanciels .ou logiques, 
qui en sanskrit tendaient à suivre le mot qu'elles déterminaient 
(■V, Thommen, Die Wortstellung im nachved. Altind. iind im Mittel- 
ind., § 32), se sont fixées à cette place en marathe au point d'ap- 
paraître en certains cas comme des désinences casuelles. 

Cependant il reste une liberté relative à laquelle n'échappent 
guère que les rares enclitiques servant à mettre un mot isolé en 
valeur, à savoir c. v. m. ci (pkr. -ciya), hi (skr. hi), pan (skr, 
piiiiah, \)a\i pana, piinaj. Ainsi l'on peut dire sampel kotbnn « com- 
ment cela serait {litt. sera-t)-il fini? », pustak mi Harïlâ dilein 
« c'est un livre que j'ai donné à Hari », Munibalhûn Ràmà kâl 
sakâlîin âlà « c'est de Bombay que Râmâ est venu hier matin )>, 
Paris-çahrà)ut ehandar 40 var nâfakgrbein âhet ; âditvârJin gardi phâr 
aste « à Paris il y a en tout plus de 40 théâtres ; c'est le dimanche 
que l'affluence y est le plus inombreuse) ». Le pronom interro- 
gatif neutre kàx se place à la fin de la phrase, quand il sert uni- 
quement à en noter le sens interrogatif : âj pans padeî kày « pleu- 
vra-t-il aujourd'hui ? » ; mais en dehors de cet emploi sa place 
est libre : to kâydeîl, teni ghefin de c apporte ce qu'il te donnera », 
kây hein dhairya « quel est son courage ! » (Xavalkar, i; oTo) ; de 
même on dit à volonté //'//// kàin âlâs. kâni tfiin âlâs, tnin âlàs kâin 
« pourquoi es-tu venu ? ». La négation semble même avoir plus 
de liberté qu'en sanskrit : là sa place est devant le verbe, à une 
distance variable, et on ne la trouve après que dans quelques 



270 LA PHRASE 

exemples isolés de basse époque (v. Thommen, ihid., ^ \\)-2'2); 
en marathe, iia se place ordinairement devant le verbe, au point 
qu'il s'y est aggloméré en certains cas : tiâthi skr. nâsli, navhe 
<C na hoy, nase •< na ase, iiâhim ■< na âhe ; naye « (cela) ne va pas », 
nalage « il n'est pas nécessaire », n'existent plus que sous cette 
forme ; cf. encore nako « il ne faut pas » qui semble contenir le 
pronom interrogatif, mais a pris des désinences verbales (v. 
Joshi, §317, Navalkar, 1^ 2(j(î et suiv.j. Cependant nà se place 
volontiers en lin de phrase, non seulement dans la langue poé- 
tique (p. ex. teuein viçesem karmàtein tynjâvein nâ, Jnân., III, 168 
« il ne doit pas renoncer à l'acte », to hannabandha âmgïin vâjail 
nà, ibid., III, 175 « le lien de l'acte ne touchera pas son corps »), 
mais encore actuellement après le passé d'habitude ou le condi- 
tionnel : karînâ, astà nâ « il ne fait pas ; s'il n'était pas » ; la place 
finale est à ce point usuelle que la négation s insère souvent 
deA'ant la désinence : 2'' pers. sg. han-nà-s, harï-nà-t. etc. (v. 
Joshi, § 613) ; cette tendance a abouti en konkani à la formation 
d'une véritable conjugaison négative .• nidnù « il ne dort pas »)•, 
nidnânt « ils ne dorment pas », nidnâlloin « je ne dormais pas » 
(v. I. 5. 1., Mar., p. 171). 

§ 275. A quelques détails près ces règles s'applitpient à tout 
l'ensemble des langues de l'Inde proprement dite. Eu guzrati par 
exemple « l'ordre usuel est celui-ci: 1. sujet; 2. complément 
indirect ; 3. complément direct ; ï. prédicat. Mais il peut être 
changé pour l'emphase » (Tisdall, p. 95) ; l'adjectif et l'adverbe 
précèdent les mots qu'ils déterminent [ibid., p. 34, 77) ; la néga- 
tion na précède généralement le verbe, mais la négation prohibi- 
tive ma (qui manque au marathe), se place après, et de même nà 
quand il s'emploie dans le même sens (v. L. S. 1. Raj., p. 343). 
On verra par l'exposé détaillé de Kellogg [Gramm. of ihe hindi 
lang., § 913 k 929) combien l'usage est pareil en hindi. 

Seul de toutes les lanj^ues indo-aryennes, le kaçmiri (et, 
d'après une comnmnication personnelle de M. Grierson. tout le 
groupe du nord-ouest himalayen) a eu une évolution divergente, 
qui le rapproche d'une manière étrange des langues de l'Europe 
occidentale, et notamment du germanique : le verbe de la pro- 
position principale prend normalement la seconde place ; une 
phrase comme snb chah gàtiil" niajMnyiiv" recouvre exactement la 
phrase française équivalente « il est habile homme », ou la 



ORDRE DES MOTS 271 

phrase allemande « er ist (ein) geschickler Mann » ; dans les 
subordonnées le verbe reste à la fin, en kaçmiri comme en alle- 
mand : yot"-tâm \inda rô:^a, tamis kara àdar, cf. ail, so lange ich 
lebendig bhibe... « aussi longtemps que je resterai vivant, je lui 
rendrai honneur » (v. Grierson, Man. kaçiii., § 97-99). Mais 
la position de l'auxiliaire cbuh ne semble pas différer d'une 
phrase à l'autre : cf. siih chnb prath rcta aki phiri daiuâhkhcivân « il 
prend (est prenant) médecine ordinairement une fois par mois » 
et /'"/; chukha zânan kiis hahini chuh tas dawàh karân <( savez- 
vous (étes-vous sachant/ quel médecin le soigne (est à lui méde- 
cine faisant) ? » (Grierson, ibid. Vocab. n"* 1773, 1323 ; cf. 
cependant ibid., n°* 464 et 465). On notera d'ailleurs dans ces 
dernières phrases que les groupes plus petits du complément et 
du participe conservent l'ordre ancien ; cf. kethapôth' hekùn tim 
koin" karith « comment peuvent-ils faire l'ouvrage (l'ouvrage 
faire) », ail. « wie konnen sie die Arbeit tun ? » ; de même 
le mot qui détermine la relation casuelle est affîxe, comme en 
marathe et en sanskrit : nullas aiidar « dans la racine », niôlis 
San « avec le père » (v. Grierson, ibid., § 13); enfin l'épithète 
précède le substantif, tandis que Tattribut le suit (ibid., § 19 ; cf. 
Vocab., n°* 462, 465, 467, etc., et le premier des exemples cités 
plus hauti. Ce n'est donc pas une langue indo-aryenne qui a pu 
fournir le modèle de l'ordre : substanlif-épithète, adopté par le 
bouddhiste du V siècle Asa^ga dans ses œuvres sanskrites (v. 
Mahàymiasût rùJainkàra , éd. et trad. Sylvain Lévi. 11, ////;-., p. 12) ; 
c'est en iranien seulement que cet écrivain, natif de Péchaver, a 
pu connaître la tournure en question. 

Subordination. 

§ 276. Le marathe ne connaît guère comme propositions subor- 
données que les propositions relatives ou introduites par un 
adverbe relatif (conditionnelles, etc.). La subordination logique se 
marque le plus souvent par des procédés relevant de la parataxe. 

C'est d'abord l'insertion dans la phrase d'un groupe dépendant 
de l'absolutif en -un, à la façon de skr. -tvà (cf. § 264) : to aseni 
boUin geJâ « ayant ainsi parlé, il s'en alla » ; le sujet de cette 
seconde proposition peut être dilférent du sujet principal : bhet 
hoi'in varsa lofJeiii « depuis notre rencontre (////. rencontre ayant 
étéi une année s'est écoulée ». 



272 LA PIIKASE 

C'est aussi l'utilisation de lanaphoiique hein ou de l'adjectif 
aseni « telle chose, cela ». Ces pronoms servent normalement k 
résumer des substantifs énumérés, comme dans la phrase : Râuiâ 
Krsnà âiji Vinfi he (ou ase) tethem baslelehote « R. K. et V. ils étaient 
assis là ». On dira de même, en déclinant seulement le pronom 
et en laissant le substantif au nominatif absolu : Jmlll ghode âu'i 
bail hyâiiis cùrà ghâlâ « donnez de Iherbe aux éléphants, aux 
chevaux et aux buffles ». 11 est conforme au procédé de reprendre 
une proposition entière par l'anaphorique au neutre : Rânià gela 
asein txânein aiklein « Il a entendu dire que Râma est parti », 
////. : « Râma est parti ; cela il a entendu » ; mï tiijheni kâni kàrln 
asein to mhanàlà « il a dit qu'il ferait mon ouvrage », litt. : » je 
ferai ton ouvragée, cela il a dit » ; lyci miilicî àî lahâd navhe... hein 
tiijhyânein kaçâvan'in sùingavel « comment t'est-il possible de dire 
que la mère de cette fillette n'est pas une menteuse ? » (v. Naval- 
kar, «^ 566, Joshi, § oiS, 628 a). — A plus forte raison l'ana- 
phorique peut-il être employé avec une postposition comme dans 
yâ-stav, tyâ-mnjem « à cause de cela ». 

Les deux tours précédents sont compris dans l'emploi de la 
conjonction mhanfin qui s'insère entre deux propositions : nihanûn, 
pour hein mhaijrin, qui se rencontre aussi, veut dire proprement 
« ayant dit cela » et prend le sens de « par conséquent », ou 
même de « que » dans le sens le plus général (Navalkar, § 337, 
4, ^ 667, 668). Ce mot a perdu k ce point son sens étymolo- 
gique qu'il en vient k servir d'équivalent à l'anaphorique : âtnbâ 
mhannn phàr càniglein phal âhe « la mangue est un fruit excellent ». 
n n'est pas sans intérêt de noter que les verbes pour (( dire » 
sont employés de même en dravidien ( v. Kittel, Gramni. of the 
kannada lang., p. 333 ; Vinson, Mon. de la langue tamotde, p. 147) ; 
on retrouve d'autre part le même emploi en népalais (Kellogg, 
Granini. of the hindi lang., ^ 889j. Il faut ajouter k ces tours l'em- 
ploi de l'absolutif en -tâin et des infinitifs tirés du participe en 
-va et en -là et du verbal eu -ijein dont il a été (juestion plus haut 
(§262 et suiv.; Navalkar, § 670y. 

La liberté de la liaison des phrases est telle qu'une phrase 
quelconque peut se construire comme un nom quelconque. Ex. : 
mï yeiin paryant tyâlâ vât pâhnyàs sâmg « jusqu'k ce que je vienne 
dis-lui de m'altendre (////. regarderie chemin). » 

La phrase relative elle-même conserve une certaine indépen- 



SUBORDINATION 273 

daiice ; en effet elle est. construite exactement comme une phrase 
principale ; de plus le pronom ou Fadverbe relatif pevd manquer ; 
entin le nom commun aux deux phrases se met de préférence 
dans la proposition relative, parce quelle est la première ; l'ana- 
phorique au contraire est de règle dans la proposition principale, 
qui vient normalement en second. La phrase suivante jo niulgâ 
mvm M] pàhilà toc hâ âhe « c'est là l'enfant que j ai vu hier » ne 
diffère pas des autres formules niulgà iiiiiii pâhilâ toc âhe ou ;;///// 
pâhilâ to niitigâ âhe (v. Joshi, § 028 h ; cf. Navalkar, § 554) ; de 
même jar pâi'ts padat nslâ tar ycùiu nako « ne venez pas s'il pleut », 
et ;;//";// Jihit nasloin iar iiiâtr main \cnii bhct « si je ne suis pas en 
train d'écrire, alors seulement viens me voir (7/7/. : étant venu 
visite-moi » (Navalkar, § 624). 

§ 277. A l'époque moderne seulement il s'est formé une sorte de 
proposition subordonnée souvrant, soit avec jem (cf. skr. \at) 
(( que » suivant la principale, soit avec klm « que » ; il n'v a 
cependant pas de discours indirect ; sâhcbun... sevahâs piisilein kïin 
âple pite... xâijïin << Le Sâhib dit à son serviteur : « Votre père... » ; 
prasann hoiln bolilâ je tiijhà vaiiiçâint... « Satisfait, il dit: « Dans 
votre famille... »; (cf. Navalkar, p. 204, 20o ; cf. 298, 357). 
Aujourd'hui jeiu en cet emploi est sorti de l'usage ; mais il n'en 
suit pas nécessairement que jeiii a précédé knii ; peut-être est-ce 
cette dernière conjonction qui a servi de modèle à l'autre. Quoi 
qu'il en soit, kîni en marathe est probablement emprunté à l'hin- 
doustani ki. Or, ki en hindoustani même est très moderne, et 
partant suspect d'importation étrangère. En tout cas le caractère 
récent de cette conjonction dans llnde rappelle forcément le 
grand mouvement d'extension de persan ki ou kiin : on sait que 
ces conjonctions se sont introduites par ailleurs en turc, où la 
proposition relative fait normalement défaut (v. Mirza Kasem 
Beg, Grain, der Tiirkiscb-Talan'schen Spr., trad. Zenker, p. 235 et 
236 ; ce renseignement m'a été communiqué par M. Gauthiot). 

Si la tournure en question ne résulte pas d'un développement 
purement autonome du marathe, on ne saurait s'étonner d'en 
retrouver encore les équivalents dans les autres lang-ues indo- 
aryennes. Le guzrati aussi emploie la tournure par l'anapho- 
rique, et place les propositions de type relatif en tête ; mais la 
phrase subordonnée introduite par /;^y est moins autorisée (v. Tis- 
dall, p. 95, 96, 99). En sindhi les phrases subordonnées pré- 
La formation de la langue marathe. IS 



27i i,A l'iii'.Asr. 

cèdent nornialemonl la j)rincipnlo ; toutefois la proposition rela- 
tive peut la suivre, et il existe des propositions subordonnées 
introduites par ki, jo, la ; mais il n'y a pas de discours indirect 
(^v. Trumpp, p. 521, 525, 526, 528j. Les mêmes formules sont 
applicables encore en hindi (v. Kellog^^', /./.,>; 883 etsuiv.). En 
kacmiri la proposition relative précède aussi la principale intro- 
duite par le démonstratif; mais le mot ~/ « que » introduit toute 
sorte de subordonnées (Grierson,M^/;/. kaçiii., Focab., s. v. yih (2) 
et -/) . 



CONCLUSION 



v^ 278, De l'exposé qui précède il ressort que sur aucun point le 
marathe n"a apporté d'innovations graves dans le système lin- 
guistique qu'il avait hérité du moyen-indien. 

C'est dans la période la plus ancienne à laquelle nous puis- 
sions atteindre que le type ancien de l'indo-iranien a commencé 
de s'altérer dans l'Inde. Déjà le Rgveda laisse deviner la perte 
de r voyelle, c'est-à-dire de la seule sonante qui fournissait 
encore un jeu d'alternances sensible aux sujets parlants ; et l'on 
voit la morphologie comme la phonétique profondément altérées 
dès les inscriptions d'Açoka. Le marathe n'a fait que recons- 
truire un nouveau système avec les débris conservés par le 
moyen-indien ; et il la fait de la même façon dans l'ensemble 
que les autres langues indo-aryennes modernes, du moins celles 
qui sont parlées à l'est de l'Indus. En effet le singhalais, le tsi- 
gane et les dialectes du nord-ouest himalayen ont eu une évolu- 
tion parallèle en partie à l'évolution générale de l'indo-aryen, 
mais chacun deux présente des innovations particulières à beau- 
coup d'égards. Les autres langues au contraire, qu'on pourrait 
pour cela dénommer prâkritiques, remontent [presque toutes à 
une même langue commune attestée par les divers documents du 
moyen-indien, et ont évolué de façon très semblable ; les diver- 
gences de détail qui s'y rencontrent ne coïncident pas assez fré- 
quemment pour qu'on puisse les répartir en groupes nettement 
séparés. Ainsi le marathe, qui généralement s'accorde avec la 
langue géographiquement la plus voisine, le guzrati, s'en dis- 
tingue souvent. 

Le traitement des voyelles devant consonne géminée est le 
même en marathe, en guzrati, dans les langues du centre et de 
l'est ; il s'oppose à celui du sindhi, du penjabi et de l'hindi occi- 
dental. Avec le guzrati encore, mais avec le guzrati seul, le ma- 



276 CONCLUSION 

rathe conserve intact le groupe nasale -|- occlusive. En marathe 
et en g^uzrati, comme dans tout le groupe occidental, v initial et 
géminé est conservé, ;/ et / intervocaliques sont cérébraux. Mais 
les groupements sont partiellement différents : le sing-halais con- 
serve t', mais conserve aussi ;/ et / ; par contre loriya, quoique 
appartenant au groupe oriental, a / cérébral intervocalique. De 
plus le marathe se sépare du guzrati dans le traitement de ch, 
qui est représenté par ^ en marathe et dans des dialectes isolés, 
notamment ceux de Textrême-est ; de même plusieurs diph- 
tongues finales du prâkrit, et par suite un certain nombre de 
désinences, sont les mêmes en marathe et en hindi par exemple, 
et dillerent des diphtongues et des désinences correspondantes 
du guzrati et d'autres langues occidentales. 

Dans la morphologie, le marathe et le guzrati seuls sur le con- 
tinent ont conservé les trois genres anciens ; seuls aussi ils ont 
étendu au nominatif des démonstratifs le thème en /- des cas 
obliques ; le participe en -là du marathe a encore son équivalent 
en guzrati et en outre dans les parlers du nord-ouest et du groupe 
oriental. Mais par la formotion du futur le marathe se sépare 
du guzrati et rejoint les dialectes du Rajputana ; avec les mêmes 
dialectes entre autres il forme linlinitifen-//- et non en -v- comme 
le guzrati et les pailers orientaux ; dautre part il se distingue, non 
seulement du guzrati, mais encore des parlers du Rajputana par 
la manière de former le présent ; enfin pour la conservation des 
désinences -asi, -anli, -anlit, le marathe n"a comme compagnons 
que des parlers orientaux. 

§ 279; Le marathe ne se rattache donc à aucun groupe d'une 
manière exclusive. Mais surtout il présente extrêmement peu de 
caractérisliques cjui lui soient propres. Dans la phonétique, qui est 
bipartie la moins originale de cette langue, on ne trouve guère à 
mentionner que le traitement particulier des palatales, suivant le 
timbre de la voyelle qui les suit : or, il s'agit moins ici d'un 
développement normal que d'vme trace d'un substrat linguisticjue 
ancien. La déclinaison ne diffère de celle des langues parentes 
que par le choix des afïixes ou des pospositions : ceci est au 
fond affaire de vocabulaire. La formation des possessifs iiiâjhâ, 
liijhth et dans le verbe, le gérondif en -ini pai-aissent les seules 
particularités présentées unicjuement par le marathe. Les formes 
et leur emploi sont souvent plus archaïques en marathe que dans 



CONCLUSION 277 

d'autres langues : mais il semble que ce ne soit là même qu'un 
état transitoire. Dans la formation dun temps passé actif, dans 
la régularité d'emploi du verbe « être », dans la simplification 
des formes de l'adjectif épithète, dans la fixité relative de la 
place des éléments constituant la phrase on perçoit l'action de 
tendances nouvelles ; autonomes sans doute pour la plus grande 
part, ces tendances sont aussi renforcées par l'action de la 
langue écrite, qui emprunte des tournures à d'autres langues, 
notamment à Ihindi et à l'anglais (sur l'anglais, v. Joshi, p. 44), 
Quelle que soit l'origine de ces tendances, leur action semble 
bien conduire le marathe, langue encore relativement archaïque, 
à rejoindre progressivement celles des langues indo-aryennes où 
la morphologie et la syntaxe ont évolué plus rapidement. 



APPENDICE 



NOTE SUR 
QUELQUES DOCUMENTS DU VIEUX MARATHE 

§ 280. M. Râjvâde a publié dans le Viçvavrtta de janvier 
1907 une inscription trouvée à Gikurde dans la région de Kolha- 
pur. Elle porte la date suivante : bhàva saiiivachare vaiçâkhainâse 
kfsitapakse bhamiiadine astaiiixâiu tithait. Ceci correspond suivant 
1 éditeur à l'année 658 çaka. La question de date mise à part il reste 
encore quelques diflicultés qui nous embarrasseront d'autant 
moins que l'inscription n'est pas en marathe comme le prétend 
M. Râjvâde, mais dans une mixture étrange de sanskrit correct 
et de sanskrit incorrect, dont certaines formes ont un aspect 
marathe ou même canarais (on remarque en deux endroits la dési- 
nence -lu caractéristique de cette dernière langue). Il semble 
qu'on reconnaisse du marathe dans l'adjectif magilu « sur le che- 
min » [mârga-], dans les substantifs kudo désignant une mesure 
de capacité fm. ktidav, skr. kudapa-), deviil « temple » (m. deul, 
skr. devakula-), nàvï <' barbier » (m. nhàvi, skr. nâpita-), part. prés. 
karit « faisant », absol. karavitna karaviitana « ayant fait », 
mamnaviinu « respectant ». 

Mais il convient de faire peu d'usage de ce texte plein d'obs- 
curités reconnues même par un éditeur aussi hardi que M. Râj- 
vâde. 

§ 281. Le plus ancien document du marathe est la double 
inscription de Çravana Belgola au Maissour et gravée au plus 
tard en 1118 J.-C. 

Çrï câviindaràjein karaviyalem. 

« Fait sur l'ordre du roi Câvunda. » 

Çrl Gaijiga ràje sut talc karaviyalon. 

« Mur d'enceinte (?) construit sur Tordre du roi Ganga. » 



2tS0 AI'I'KMJICE 

Ces inscriplions ont clé l'ditiU's en dernier lieu ])ar M. llultzsch 
dans YEpigraphiahidica, VII, p. lOÎ). 

!^ 282. Plus tard on trouve quelques fragments de prose 
niaral lie dans le Mâiiasollâsn ou Abbilasilârtlmcinlâniniji de Bliûlo- 
kanialla, écrit en 1051 çaka. M. Râjvâde adonné les deux pas- 
sages dans le Viçvaviila de juilU't !ÎM)7, p. S ; les voici : 

jcijein rasâlalniiiiii )natsyariipcin veda aniyale manuçivaka vânixak to 
sainsârasâxaratarana moha[hain\tâ rùvo nâniyaijii (v. 2143). 

(( Celui par f[ui sous la forme du Poisson a été apporté du 
Rasatal (le plus profond des enfers) le Veda, (et) ont été chantés 
Manu et Çiva, celui-là, le Passeur de l'océan des existences, le 
Vainqueur de l'Egarement, c'est le roi Narayana. » 

L'autre passage est très obscur : 

jo gopijauc gâyije (lecture revue ; II. lit mâyije) bahii pari n'tpem 
nirhàuji^o... 'Je reste est incompréhensible)... (v. 2162) « celui qui 
est beaucoup chanté par les vachères, mais en ce ({ui concerne 
laspect extérieur (est) privé de corps. » 

i; 283. En 1109 Çaka (1180 J.-C.) une inscription sanskrite 
d'Aparâditya le Çilâhara trouvée à Parel est suivie dune impré- 
cation dont voici le texte et le sens, d'après l'édition de Bhag- 
vanlal Indraji (/, As. Soc. Bonih., XII, p. 334). 

aiha lu jo Iwniihuvi (lire ci ?) e çàsan lopi tecyà vedyanàthadei'âcî bhâl 
snkitliiijdn ùpadcin \ tchàcl iiiây gàdhaveni jliavije. 

« Mais quicon(|ue détériorera cet édit, la lance du dieu Vai- 
dyanâtha tombera sur lui et sur sa famille ; et sa mère sera sail- 
lie par un âne. » 

v;284. On trouve dans VEpigraphia Indica, I, p. 343-346, une 
inscription de 1 128 Çaka trouvée à Piitnâ (ou Patan) dans le 
Khande(,', et qui contient une longue partie en marathe que 
M. Kielhorn renonce à comprendre. M. Hajvade en a tenté en 
11)06 un nouveau déchiffrement qu'il a publié dans le Prnbljât de 
Dhulia, et qui pour la partie marathe dill'ère non seulement de 
celui de M. Kielhorn, mais même de celui antérieur de Bhau Daji 
(/. As. Soc. Bomb., I, p. 414 et suiv.). ^'oici le texte marathe, tel 
que M. Râjvâde le donne, et une traduction faite d'après la sienne : 

[22J... iyâm pâtamm jemhnem nghate tehâcâ asi àlw jo rùulà honilct 
gràhakapàsîm to -madhà dinhalà \ brâhmanâm jem vikateyàpàsïm brah- 
mottara tem bràhinanun dinhaJop \ grâha [23] kàpàsim dâinâcâ visovâ 
àsupâthl magarem dlnhalà jj jalâdâiyâm bailâm siddhavem || bàhïrilâ 



APPENDICE 281 

ûsiipàthi gidhaveiii i^râbahnpâs'im pâ)n£a pophali grâbakûpâstiu j| pabi 
[24J leâ ghàneà dânâcï loti iiiafhâ dïnhall j| jctl gbâijciii vaiubati tetiyâiii 
pratipalï pâli îelâ \\ etba jein uiavije km iiiadhïcena niàpein mavàvem 
mâpàii madbâ arddbaiii || arddbain [25] niàpahân \ tnpacem sfunka \ 
tatbàbbrimib \\ caturâgbâîaviçiiddbaoïudbugrâiiui pasama bâieâ kâmatu 
madbyem vadabuindlm \\ pukalaviundbii || painditâmcù bâmatn \ cîtegrci 
[26];/// càiirà || dbâiitojictâ soiudbiàm \\ . 

<( Dans cette ville de Pâtan, (le produit de) la taxe dite asi qui 
est levée sur les marchandises exposées (au bazar), qui se trouve 
au palais royal chez le percepteur, est donné au couvent. Le 
bénéfice obtenu par les brahmanes sur les marchandises mises 
en vente est donné par les brahmanes au couvent. Un vingtième 
de la somme (reçue par lui) est donnée par le cavalier Magar 
(k Crocodile ») au percepteur. (Le percepteur) doit veiller aux 
bœufs chargés d'amener l'eau (au couvent). (Un vingtième de la 
taxe) sur les marchandises venues du dehors (est) donné au per- 
cepteur par le cavalier Gidhav f« ^'autour » ?) 

Les cinq promesses ci-dessous ont été faites au percepteur. 

La coulée du grain de la première presse d'huile est donnée 
au couvent. Autant de presses qui fonctionnent, autant de fois 
une pâli (4 toi) d'huile (est donnée au couvent). L'huile qui est 
mesurée ici doit être mesurée avec la mesure du couvent. L huile 
à verser (se répartit) moitié pour le couvent (selon R. : « dans la 
jarre » : inadb = inntb), moitié ^^our le vérificateur des mesures. 

La taxe du beurre clarifié. 

De plus un terrain défini par les quatre limites (suivantes) : le 
village du Ruisseau, à l'ouest la terre attribuée à Bâlà, au milieu 
le tronc de figuier, le tronc depiikal^ la terre attribuée aux Pan- 
dits, un câhîir (120 bigha) au Village du Léopard; les éperons 
de la montagne de Dhamoji ". 

§ 28o. Parmi les documents postérieurs autres que les textes 
littéraires, il n'a été fait usage ici que d'une inscription votive de 
Pandharpur de 1195-1199 caka, dont il est question dans le 
Gaietteer de Solapur (G^;;. of ihe Bombay Près., XX, p. 421-422) 
et qui a été rééditée par M. Rajvâde dans la Graiithyiiâbi d'avril 
1905. La partie marathe débute ainsi : 

\S] Svasti Ç7i saku ii^J çrîmukbam samvatsare phâganipiiraçrvviîtha- 
ladevaràyàsi Hsàsitl (?) phulem dàmde âcamdrârka câJâveà nânâ bhakti 
màlîàm daltapaikàcà vivaru \ 



282 APPENDICE 

Voici comment M. Râjvâde l'entend : 

« Pour le roi-dieu Vitlhiil de Phâg-anipur... fleurs et cannes, 
pour servir aussi longtemps que la lune et le soleil, données par 
divers groupes de dévots ; détail des objets » (ou : « détail des 
objets donnés par... » etc.) 

Le reste de l'inscription est trop fragmentaire pour valoir la 
peine d'être transcrit ici. 



ERRATUM 

Page 3, ligne o du bus ; lire : en 150 après J.-C. 



INDEX ÉTYMOLOGIQUE 

DES MOTS CITÉS DANS L'OUVRAGE 



INDEX 



aût n. « instrument; (dans le 
Dec) charrue ; terrain que 
deux buffles peuvent labou- 
rer » Il skr. âxiikfa- ? — § 1 i2. 

aiiik, ânik, aijikh m. « nom- 
bre, marque, sig'ne » || g'. 
ayik, ùinkdo, h. àmk, ùmkdù, 
s. angu ; kçm. okh. sgh. ak 
« marque », àka « sein » || 
pkr. skr. anka-. — § 85. 

akrù « onze ^Hg-. agiâr; s. ikâra- 
haiii, y (Ira lia in, pj. giârâin, h. 
igàrah, gyàrab, bg-. o. egâr, 
kçm. kâb, sgh. ekolos, ekolaba\\ 
pkr.ap. eggâraba, eâraba, etc., 
ardham. ekkârasa,p. ekôdasa, 
ekâ m sa W^kr. ekâdaça-. — § 45, 
74, 118, 143, IGO, 161, 174, 
213, 221. 

akâint m. (( lamentation immo- 
dérée » Il skr. âkranda-, peut- 
être sous l'influence de skr. 
âkrâîita-, v. § 90. 

akbjâ, akbitlj, f. « troisième 
jour lunaire de la première 
quinzaine de vaiçâkha » || g. 
akbâfrîj, h. akbelij,akbt!J, kçm. 
achintray\\s.kv . aksayatrtlyà ou 
ahatatrtiyâ . — § 49. 



akbà, âkbâ, adj. « entier, en 
tout » il g. âkbalo « taureau 
non châtré », àkbiou « en- 
tier » Il pkr. akkhaya-\\^kT . a- 
ksala- « entier ». — § 47. 49, 
60,96. 

aiiigtbâ, poét. amgutbâ m. 
« pouce »||g. aiiigitfbo ; h. 
aiiigiUbâ \ s. afii'itbo [ pj. occ. 
angûtb\ sgh. angiita, tsig. 
a;7^ni/||skr. ahgustba-. — § 
50, 110. 

amgan m. âmgauemn. « cour » 
||g. ânigaijuiii, âmganiyum ; 
s. ahaiiu : h. pj. bg. o. «m- 
^«/;||skr. ahgana-. — § 134. 

ag\â adj. « de devant »||g. 
aguvo « guide » ; h. agvâ, 
agvânâ "qui va au devant », 
âge « devant » ; pj . agge, s . 
agi, agiâiii, bg. âge « devant », 
agyom « précédent » ; cf. 
sgh. aga « le premier, 
pointe », aghi « devant, d'a- 
vant » ; kçm. og'^ « premier 
jour de la quinzaine » ; tsig. 
agor <( pointe »||pkr. agga-^^^ 
skr. agra-. — § 49, 62, 63, 
98, 154. 



286 



INDEX 



aglâ, agjâ, adj. « antérieur, 
supérieur »||g-. âgluni adj., 
àgaï, adv., v. g. àgali « de- 
vant », s. agaro; h. aglâ \ 
l)g-. o. âgli \ tsiy. ^;?a/(; «de- 
vant "||ap. aggalait, dérivé 
de skr. agra- ; — § 49, 98. 

agaJ, àgal, nghaj m. f. 
« barre de porte ; rets »|j 
g. âgalî, àgalo \ h. aggaU 
àgaU f- ; PJ- aggal ; hg. agàd\ 
sgh. aguïa^\ik.v. aggala-'^sk.T . 
argala-. — § 49, 98, 14o. 

amgidî^amgluamgoU f. « doigt » ; 
||g. anigtili^anignJt, âingli,âni- 
gJl ; h. aingiili, iiinglî ; s. ahuri, 
f. ; pj. uhgnU \ ]^qm.. ongn- 
jii f. (cf. ow^î// m. (( mesure 
d'un doigt )>) ; sgh. âhgiUa\\ 
pkr. skr. ahguli-. — § 50, 
145. 

amgocchâ, m. « pièce d'étotîe 
jetée sur 1 épaule, mou- 
choir ))||g. ahguccho ; s. rt//- 
gocho; kçm. angôca \ h. ^7///- 
^oJjâj|skr. angavastra-, — i; 
51,78, 101. 

aghâdô, aghedâ, m. « achy- 
ranthes aspera »)||g. âghâdo, 
nghedo; h. rt^T/;^(f^j|d. agghâ- 
da- {agghâdatUDii iiwnramau- 
randâ ; comni : iiiauro tathà 
maiirando apàniàrgah », 224, 
12, 14) Il skr. âgbâta-. — ^ 11, 
90, 99, 111. 

aijighûJ, amghol « ablution » ; de 
ahga- -\- holiiei)i\\g. ainghol 
<i bain », amgholvuu « se bai- 
gner ». — § 99. 



amcavnem « se rincer la 
bouche >i||h. acvau\\s]i.v. àca- 
wfl«fl-. — .§ 70, 101,252. 

accher, pour adh-çer « demi- 
sère ))||g. accher. — § 164. 

atuein « voyager, circuler » 
(poét.)llg. atvum\\^kT. atai 
(cf. d. talaamtaibhramali. 160, 
10) Il skr. ^/rt//. — § 109. 

atâlâ, atolâ m. « mirador élevé 
dans un champ », atâjj, 
atâlî f. « terrace ))||g. pj. 
atàrl ; h. atàl « tas, réserve 
de grain », atâlâ « tas, pile, 
mobilier »||skr. attaJikâ. — 
.i; 109, 145. 

atbrâ >< dix-huit »||h. athârah, 
pj. athârâm, bg. âthâr, o. 
athar, g. adhâr, arâd, s. «(/a- 
hain, kçm. ardab, sgh. a/rt/(?5|| 
pkr. atthârasa, ap. û!ff/;Ârfl/;fl|| 
skr. astâdaça-. — § 221. 

a//?/, f. « noyau »|lkv'm. d^a, 
fém. plur., sgh. a/rt||skr. 
asthi-, asîhi-, asti-. — 5^ 110, 
108. 

âmd n. « testicule », amdem 
n. « œuf ))||g. amd, h. pj. 
k(,m. àiud., bg. o. âindû, s. 
^'7?zo « œuf », a;z/?/'(7 « testi- 
cule », tsig. arm. aniu 
« œuf »||skr. nijda-. — 
§111. 

ad- « huit », dans ad 11 s « 38 », 
adsat «■ 68 »||g. adâr, adhâr 
« 18 », adsat h « 68 », h. ad- 
tis, adsathW^V.T. adha-\\^kv . 
asta-. astâ-. — % 89, 112. 

ad- âd- en compo.sition « demi-, 



INDEX 



287 



semi-, mal » ; adhâ « demiru- 
kâ (monnaie) ))||g. âd-, s. âdb- 
(« et demi »), kçm. ad-, sgh. 
acf^llpkr. (jaina) addha-\\ skr. 
ardha-. — % 49,89,115,225. 

adçer'i « deux ser et demi » 
[adîc + ■^^'') à distinguer de 
accher « demi-ser » [adh 4" 
f^r). — § 164. 

adic « deux et demi » ; adceiii, 
adjein « deux fois et demie ))|| 
Les formes des autres langues 
ne comportent pas de pala- 
tale à la lin : g-, ndhl, adl, s. 
h. o. adhâï, pj . dhâJ, hg. 
rt(f<7z|| en prâkrit la sonore seule 
est attestée dans le com- 
posé ardhamâg. addhàijja-\\ 
skr. ardhàtrViya-. Il faut noter 
que skr. trtiya- est représenté 
en prâkrit par taia- qui ex- 
plique les formes modernes 
citées ci-dessus ; il y a de plus 
une forme ardhamâgadhï tâc- 
ca- i^trtya-'1), cf. diicca- en re- 
gard de skr. dvitlya- ; on peut 
supposer une forme *ticca- à 
l'origine du mot marathe. — 
§ 30, 63, 89, 101, 115, 225. 

adau f. « cadre d'éventail en 
bambou », ad}il « trépied ))|| 
g. âd}il « tabouret sur lequel 
on fait le pain ))||p. atani- 
« cadre de lit ))||skr. aiaiû 
« extrémité courbe de l'arc » , 

— § 111 • 
adiiJsà m. « justiciaganderussa » 
||g. adiisJ\\skv. atariisa-. — i^ 
111, 141, 167. 



au- préfixe négatif, dans auvâui 
'< nu-pieds » (de vahâij 
« sandale ») ; cf. anmol 
« sans prix », anàthâylm « à 
une mauvaise place »||g. au- 
(très fréquent), s. a//-, pj . 
anjân, h. anjân «ignorant», 
h. audekhâ « invisible », 
kçm. anpar (skr. apathita- 
« non lu »); le singhalais 
emploie comme le sanskrit 
a- devant consonne, au- de- 
vant voyelle||pkr. aua- de- 
vant consonne||skr. a-, an-. 
-§134. 

atkârï 'pour adhikârî tats. « per- 
sonne autorisée, fonctionnaire 
etc. » — !§ 164. 

auUar n. « intérieur »||g. h. 
aintar<-< intérieur, entrailles », 
s. andaru, p j . occ. ândrâ 
« entrailles», tsig. andre « de- 
dans »||pkr. skr. autara-. — 

§ 143- 

alâiji, attâun^ maintenant »||cf. 
g. atare « ici », atyâr « cette 
fois, maintenant », s. itâui 
« là », kçm. ati, oiu. « là »|| 
pkr. atto\\s\^v . atah \ ou skr. 
àtra -f- dés. de locatif (§ 1 94) ; 
ou gérondif présent du vb . 
àh-a être» (§262)?— §121. 

ad- en comp. <- demi », comme 
dans adkos « 1/2 kos », adpâv 
« demi-quart (de ser) », ad- 
çer « 1/2 ser »||g. adh-, ad-, 
pj . h. ad- âd- ; cf. m. âdhâ.. 
— § 115, 164. 

amdhâr, amdhârà m. « obscu- 



288 



INDEX 



rité»j|g. âmdhlutn >< aveugle». 
omdhântni « obscurité », atji- 
âherii « sombre », s. andho. 
audhcro « aveugle », andhùru 
« obscurité ». pj . occ. an- 
nhà « aveugle ». anhârâ, an- 
/7é'/77 « obscur )), kçni, on*' »a- 
veugle » , h . andhà « aveugle » , 
atidher m. « obscurité ». 
maith. ânh, ânhar, sgh. àn- 
dtira^i obscur »||pkr. andhaâ- 
ra-||skr. andhakàra- « obs- 
curité », de and ha- « aveugle» . 

— § 61. 124. 258. 
ansûd,ançud, f. «action de ver- 
ser du beurre fondu sur du 
riz ))|jGf.li.fl';7,s. «;/ « grain». 
kçm. an « repas », sgh. an 
« nourriture, repas »||skr. 
anna-çiiddhi-. — i; 8 (S, 135, 
156. 

ap?-â adj. « court (nez, habit) ))|| 
de skr. alpa- " petit », ou 
pour apura « incomplet ». 
cf. pnrâ « entier». — 5; 125. 

dpût « non touché, non sali » 
(mets, etc.)||pkr. apnttha-\\ 
skr. asprsta- — § ^4, 88, 
8*». 

aphalnem « frapperviolemment» 
(poét. )||pkr . apphalia- « frap- 
pé, secoué » Il skr. àsphalana-. 

— § 49,126. 

amfi « muet »j|skr. ainiikha-. — 
§ 161. 

awNp « immesurable » (rac. 
^7 -j- niâp) ; cf. vulg. niop 
(( beaucoup ». — § 174. 

arsâ, ârsà m. « miroir »||g. 



ârsï, ârsû, s. ârisî f.j|skr, 
adarça-. — ,^ 49, 61 , 157 . 

alaingï. « bâtiment long » (ca- 
serne, table. etc.jj|h. bih. 
alanig, âlamg « ligne, tran- 
chée, mur de ville »jjper- 
san alang. — § I 49 . 

nlifâ, ajtâ, alita m. « peinture 
de laque rouge »||g. alto m. 
" laque ». h. altâ m.. kçm. 
o////*'||skr. alakta- « laque», 
combiné peut-être avecâlipta- 
(( enduit ». — § 50, \2\ . 

alikde, alïkde « de ce côté-ci » ; 
de kad côté (skr. kati-)\ la 
première partie du mot est 
obscure, cf. m. alâd « de ce 
côté-ci »||g. âh « proche, 
égal »||d. alllaiii nikatain 
hhayam (28, 10-11). —§50. 

avakneni, avihicm « trop mûrir »; 
de ava -f- piknem « mûrir » . 
— §50. 172. 

avaîueni. civatnctn, avamtnem 
aumtuem « inviter »[|sgh. 
amatanavâ « inviter, atten- 
dre )y,âmatiiniai'- invitation» ; 
avec un autre préverbe, g. 
notarvuiu « inviter », noian 
« garçon d honneur ». h' 
nevatnci, naiitnâ inviter, s. 
notim <( invitation ))\\p.ânian- 
teti. pkr. pcp. inantida-\\skT . 
amant raxa te. — § 49, 71, 
152. 

avas, âvas,amns, ainos. amoçâ f. 
« nouvelle lune >'iig. aniâs, 
s. iiniâsn, h. animâs\\skr. amâ- 
vàsyâ. — ^ 49, 78,152, 157. 



INDEX 



280 



aval « serré, contracté », aval- 
ijeiii i< froncer, contracter ))|| 
g. avaliim « contraire, obs- 
tiné, renversé )),s. avalo 
« pervers, difficile, défavora- 
ble », d. avilo paçii halhinaç ca 
(24, 13)||skr. *^-iw/-, cf. ùva- 
rana- . — § 4-2, Io2. 

av]â « myrobolan »||o-. aval, s. 
âinviro, kçm. ôm"Ia, p j . h. 
âinvla, bg-. âvJâ\\&kr.ânialaka-. 
— ^60, 145,152. 

avher m. manque de respect »|| 
h . aver f . || skr . avahela-, n . — 
§142. 

amsdî,âsd'i, f. « crotte de mou- 
che rtW^Aiasâti'kâ. — § 52, 
70. 

asuem « être »||h. achnâ, tsig-. 
at « rester » ; ce verbe est 
généralement défectif et ne 
s'emploie guère qu'au présent 
et notamment dans les temps 
périphrastiques : ainsi g-. 
chnm, jaipuri chûni, mevati 
sinii, kym. cJjiis, nép. chu, 
maith. chï, hg . âchi, o. achi 
« je suis » ; la racine semble 
manquer en sindhi et penja- 
bi||p. acchati, pkr. acchai\\ 
i-e. *esk-, cf. futur latin ar- 
chaïque escit, prétérit grec 
hom. è'(j/.;v, è'jy.s, subjonctif 
arménien içeiii « que je soie», 
tokharien H sketar « est », 
skente ^<^ sont» (v. S. Lévi et 
Meillet, M. S. L., XVIII, 
p. 28). — § 103, 230, 246, 
250. 

La formation de lu langue niaralhe 



asval « ours »||d. acchahhallo 
rksah{M, 16)||cf. d'une part 
sgh. as, p. accha-, skr. rha-\ 
de l'autre m. h. bhâlfi, d. 
bhalhlrksah (218, 2), et })eut- 
ètre tsig . bah « porc » . — 
§ 30,55, 103, 148. 

asein, n. « cela », anaphori({ue ; 
pour aiseiii ; cf. taisâ « tel » . 
-§276'. 

asok, asog, osag f . « arbre aço- 
ka »||g. âso i-pâtan^h. asog, 
asok , m . \\pkr . asoa-, asoga-\\ 
skr. açoka-. — §98, 156, 167. 

abâuâ, anâ m. (( adage, prover- 
be »||h. hanm\\^kv . âbhâiia- 
ka-. — §52, 62, 159, 161. 

abânjeiu « être indolent à la 
suite d'un trop grand re- 
pas » ; âhâr m. « nourriture, 
repas »||g. hg.âhâr,h.. abâr, 
s. âhâru\\skv. pkr. âhâr à-. 
-§159. 

abâroji f . « gâteau frit sur la 
braise » ; de ahâ}' « braise » 
et polï « gâteau ». — § 1 52 , 

ahev f. '< femme quia son mari 
vivant »||h. ahîbât, ah'ivât 
(( condition des femmes dont 
le mari est vivant »||skr. avi- 
dhavâ.— §63, 152, 159. 

al,alaî, ajJ, f. « ver de fruits et 
de graines,sorte de chenille »|| 
g. alâî « irritation de la 
peau », el « ver »,h. ail 
<( grosse abeille noire, scor- 
pion )>, bg. ali, sgh. rt//(( scor- 
pion » ||skr. alin-ii guêpe, 
scorpion ». — § 145. 

19 



290 



iM)i:x 



ajtâ m. « teinture de laque »|| 

V. alita. — § oO, 14'). 
alainbein^ ajawbheiii n. « cliampi- 
g-non »||d. àlamhaiu bhnmi- 
cchatram yad varsàsu prarohaii 
(28,4-5). — §49, 145, 149. 
aliiï « non salé ))||li. alonâ,s. 
alni,ia\\s\u'. aJavaua-. — >i51, 
1 i9 . 
alç'i 1". « lin ))||g-. aJasï. ilsJ,h. 
alsJ, s. elisi, alisJ, kçm. a]ish\\ 
skr. atasï. —§49,118. 
ajn m., au Concan, alinii n. 
« calladium esculentum », 
alkiidî <' la racine de cette 
plante «||g'. t^l'i'î, h- (iJi'i 
« pomme de terre » (cf. Yule- 
Burnell, Hobson-Jobsou \ p. 
885 1)11 skr. âlu- n. — § 50. 
ajciii n . «cavité autour dun ar- 
bre ))||g. âjivo « grand trou 
dans un mur», h. âlâ <( cavité 
autour d'un arbre »||p. âlaka-\\ 
skr. aJavàla- « cavité autour 
dun arbre ». — §145. 
âkûl « rempli, agité (par un sen- 
timent] », tatsama||skr . ahi- 
la-. —^ iO. 
âiiikJ) ni. « axe, essieu »; cf. 
m. ^////.f|]skr. aksa- . Cf. skr. 
aksi-, pivr. akhJn-, g-, h. 
âtiikbjH. akb,p}. akkh, kç-m. 
acJy f., bg. o. (iinkbi, sgh. 
ak et âsa « œil ». — § ()9, 
9G, 104. 
âkhâd m. " mois â.^âdha »||g. 
âsâdh, âçâdh, akhâd, h . àsâdb 
âsâd, s. âkbâdii, sg-h. asnJa, 
âbâla\\skr.àfâdba-.—%SS,d^. 



âkbiidijem « contracter, resser- 
rer "llpkr. akkbodai " dégai- 
ner »[[skr. *il-kbnd-, de kbud- 
« briser ». — § 96. 
âg f. " feu »||g. h. âg, s. agi, 
kçm. ogim, pj . fl!^^, maith. 
agi, bg. agit II, o. nia, sgh. 
aga. gina\\ p . giiii-, pkr . aggi-\\ 
skr . agni- m . — 5; 29, 41, 69, 
98. 188. 
âgtî f., âgteiii n., âgtbi f. « foy- 
er, creuset, trou à feu ))|| 
skr. agnistbikâ, agnistba-. — 
§ 50, 89. 
âgçî f. « flammèche »|!skr. 
agniçikbà. — § 62, 156, 161 , 
âgas « tôt » (mieux que àgas)\\ 
skr. agraçab — i; 39, 98, 
156. 
âme i. « flamme »||g. s. h. 
âme, sgh. fli/« éclair, éclat ))|J 
pkr. ûffr/-||skr. arci- m., 
arci.^- n. — § 39, 69, 70, 
101. 
^/ '< aujourd'hui »||g. rt/, h. aj, 
s. ^/y//. pj. ajj, kçm. rtyV, rty, 
bg . o . âji, sgh . âî^ûf II pkr . 
ajja,ajju ||skr. ai/ya. — §106. 
âjâ, âjâs m. « grand-père (pat. 
ou mat.) »||g. âjo « grand- 
père maternel », h. âjâ 
« grand-père paternel », 
sgh. aya « individu, person- 
ne » (s'emploie même en 
parlant des animaux) ; le 
mot a été emprunté en dra- 
vidien : can. axya « maître, 
grand-père, père, maître 
d'école », tam. ayyan « sei- 



INDEX 



291 



.„. aro, 
ICe mot 



o-neur » etc.||pkr. ajja-, cf. 
d. ûjjo jino 'rban buddhaç ca 
(3, 18), pâli et pkr. épigr. 
ayya-, a\a-\\s\iv. ârxa- « noble, 
vénérable ». — 36. 106. 
ât f. « riz bouilli et mêlé avec 
de la farine »j|g. s. âto, h. 
hg. âtâ, kçm. ôt", tsi 
vanro « farine 
n'est pas attesté en sanskrit 
ni en moyen-indien, mais il 
est indo-européen : zd asa- 
« moulu », sogdien aiH 
« moulin », persan ârd, af- 
ghan nra « farine », arménien 
aiam, grec xkIu) « je mouds ». 
-§109. 
âtketn n. « huitième partie ». 

Cf. âthi< huit ». — § 89. 
âth " huit » y. h. maith. o. 
âîh, bg. ât, s. ath, pj. atth, 
kçm. dtj}. En composition, 
ath-, ad-\\pki\ attha-, adha-\\ 
skr. astau. — ^ 39, 108, 219. 
âd m. « puits »||h. s. ad f. « con- 
duite d'eau »j|d. ado kûpah (i, 
29), pkr. ada-\\sk.r. avata- m. 
« cavité, puits ». — § 111. 
âdalî, âdî i. « grive» || h. âd: cf. 
s. ârl « canard sauvage )> ?|| 
skr. rt//-, âti-. — §111. 
an f. « serment »||g. au « ordre, 
serment », h. an « ordre», s. 
^// « soumission, sujétion » 
(h. p'].âgyâ, s. flcry^ .( ordre » 
sont des tatsamas), kçm. an, 
sgh. aua « ordre». Au début 
du x*" siècle une inscription 
tamoule porte ânai ; la forme 



tamoule moderne est ânai fv. 
Arch. Snrvey of India, Ann. 
Rep. 1904-1903, p. 133j||p. 
ahhâ, pkr. ajjâ,ânâ\\skY.âjhâ. 
— § 106, 13o. 
ânnein <' apporter ))||g. ânvnm 
(cf. ânuni « invitation à la 
jeune épouse de passer de la 
maison de son père dans 
celle de son mari»), s. ânaiiii, 
kçm. aniin, tsig. an-, h. ânnâ\\ 
skr. ânayali-. — § 134, 282. 
âni, ankhï << et », an (poét.) 
« en outre », ;/'pop.) « et »; 
ânsâ adj. (poét.) « autre »|| 
g. an, an « autre », a}ie 
« et », V. h. a)ii, an, sgh. 
anuni anik « autre », anikdâ 
« après demain ».||A côté de 
pkr. aijna-, correctement dé- 
rivé de skr. anya- « autre », 
ap. ann « autrement » témoi- 
gne pour rinde d'un thème 
*ana- ; cf. peut-être en tokha- 
rien l'opposition de alyekà 
« autre » : alecce « étranger ». 
L'élément radical se retrou- 
ve dans got. an-par, lit. an- 
tra-s « autre » ; cf. en latin 
aller en regard dealius. — § 
133,237,276. 
ât f. «■ sœur du père »]|d. attâ 
caturarthà ; mâtâ janani ; piuc- 
châ pUrsvasâ ; çvaçruh çvaçii- 
rabhàryâ ; sakhî vayasxâ (24, 
8). — ^39, 41, 12f. 
an_it n. « entrailles »; -rt/y// post- 
position « à l'intérieur »||g. 
aintar, ânitardnin (« entrail- 



292 



I.NDHX 



les )) ), h. mnl, ântar, s. aintar, 
m., rt////M, m.,kçm. aiid" r<' en- 
trailles )', andar « dedans ')|| 
pâli ^;//()||skr. anîah << de- 
dans», anlrani « entrailles». 
— i5 68,121, 19o, 197. 

amtharaijeni « couvrir », àiiitbar 
m. f. (( natte de bambous » 
||g. âthar « tapis », atharavum 
<( étendre »||skr. âstar-. — 
§ 69. 

àihî n il y a... » (poét.) pcp. 
âthilâ « été ))||sg'h. âti, âta\\ 
pkr. rt///;/||skr. nsli. — >; 47, 
69, 122, 230. 

âdhâ{poéi.)adi. <(demi ')\\s.adhii, 
pj. fiddhci, pj. oce. addh, h. 
h^. âdbà,o. adhâ, maith. âdh, 
k^m. ad'hyoP' « demi-pais 
(monnaie) ))=h. m. âdhelâ\\ 
pkr. aJ^/;rt-||skr. ardha-. Cf. 
«(/-, rt^/;-, 5r7(/f, ^/J. — § 49, 
89, 113, 164,223. 

âp- (en composition , ùpau " soi- 
même ) ; âplâ « propre «jj 
j4'. r//), i7/);/(;, cl", à le, âio, pote; 
rajp. âp, âpiiii. pj. h. ^/), âpan. 
âpas, hy;. âp, apaiii, o. âpt\ 
ùpau, nép. rîp/.'//. âphnu, s. 
pâijii, kcm. /)r7«^, Ichovâr 
/^?;7. gârvl tanJeic. (v. Grier- 
son, P/V. /o;/^'^.. p. 76 , tsig-. 
po, pes-, sgh. api, dp « nous », 
tûiiiâ i< i)ropre ))||pkr. ^//i/i^ et 
attâ (la mâhârâsliM a j)resque 
toujours<z/)/)rtjiiskr. âtiiian-. — 
§ 18, 47, 69, 12o, 165, 205. 
âpâ « terme de respect envers 
un aîné ou un enfant »l|e:. 



âpo '> père (employé par les 
bergers; »|j d. appo pila ('i-,12j. 
— § 125. 
ânih f. '< sorte de vinaigre ob- 
tenu en jetant le soir une 
étolfe sur des pois chiches en 
Heurs »j|g. âinb, h. ainbat, 
sg'h. ^////;/// Il pkr. rt;;//7^-||skr. 
âinla-. — § 127. 

âiiihâ m. « mangur iij|g. âvibo 
{« manguier » i, h. âm, awb, 
(poét.j âiiibâ, s. anibu, ânw\\ 
pj. âm,ând>, kçm. (?;«/;, bg. o. 
âiiib, âm, sgh. amba\\pkT. am- 
ba-\\^k.T.âmra-. — § 60, 127. 

âbh. n. (au Goncan) « ciel, nua- 
ges »i|g. âbh, h. abhâJ, s. abhu, 
kçm. rt^//r,sgh. ^î/v'a||cf. d. 
abbhnpisâo râbiih (20, 3) ; pkr. 
abbha-, skr. ahhra-. — vj 
128. 

âmhï « nous », âiucâ « notre »|| 
g. aine, s. pj. asliu, pj. occ- 
assâiji. kc"^- 'i^i, ^^^ë- o'>it"ii, 
raj. hain, mh\ h. haui, nép. 
hâini, bg. âiiii, o. ^?////;d'||pkr. 
ahineW^V.v. nsiiiad- (dat.-loc. 
véd. asnié). — 5; 39, 75, 138, 
194, 210. 

âr- dans kavalâr, kauJâr « toit 
de briques », dhavalâr poét. 
<( maison à terrasse blanchie 
à la chaux, terrasse »||skr. 
âgâra-. — >; (il . 

âr m. « boa constrictor »||skr. 
ajagara-. — ?; il, 65, 143. 

ârat, âiiî f. « lampe balancée 
devant une idole; action de 
balancer ainsi la lampe »||g. 



I.NDEX 



293 



s. h. ârtî. kçm. âlatb\\skr. 
ârâtrihà. — § 39, 52, 121, 
143. 

ârainhhijeiii " commencer >'\\g. s. 
h. bg-. âraiiibh-. sg-h. arainha 
(c début», araha àrainbn (posi- 
pos.) « en commençant par, 
relatif à », kçm. ùramb « dé- 
but ))||skr. ârainhha-, àranibha- 
ua-. — § 128. 

àlâ « venu », pcpe passé de 
de yenem " venir ))||sgh. à 
« venu, présent »,kçm. âv, 
de \i)i" « venir »||pkr. âa-\\ 
skr. âgata-. — Il faut distin- 
guer h. âyà et pj . âeâ, du verbe 
ânâ, qui est pour âvna : cf. 
g-, s. âv-, tsig. av-, skr. âp-. 
— ^ 63, 229. 

àlein n. « gingembre ))|| g. âdu 
n., s. adirak f. iàlo « humi- 
de »), h. âdà [cilci « humide»), 
kçm. ôdûriï [odnrii « humide »), 
sgh. ada^pkw alla-\\s]^T . ar- 
dra-^ârdraka- « humide, gin- 
o-embre ». — îj i 4 1 . 

âiiivï. « dyspepsie ))||h. âiiiv, s. 
âinuï., kçm. oiii" « cru », âiii 
(( ver intestinal », sgh. ûiiin 
« cru », àmiyàva « indiges- 
tion » Il skr. ânia- « cru », 
àmaya- « dyspepsie, mala- 
die ». — § lo2. 

âvagijciii « se déchaîner »||cf. h. 
bagnâ « aller «jjskr. àvalgate 
(( sauter ». — § o2, 98, 1S2. 

âiiivas n. « viande d'un buffle 
tué par le tigre réservée pour 



le lendemain 



» Il sgh. ânia 



« appât »||p. âtni5a-\\skr. 
âiiiisa- « viande ». — § 42, 
136. 

âvsâ m. « érection temporaire 
de branches, baraque »||g. 
avâs^ h. âvâs, sgh. avas, avà 
« maison »||pkr. p. skv.àvà- 
sa-. —§32,132. 

âsûiiid ï. « physalis fïexuosa ))|| 
h. asgandh, isgand, s. asi- 
gandhu, bg. a^rt^Uskr. açva- 
gandha- (cf. pkr. assa- de skr. 
açva-). —§62, 88, 98, 137. 

âsiipùthi (( à cheval ))||skr. açva- 
prsthe. — § 137. 

ùs, àms m. « essieu »||g. âms 
m. Il pkr. accha-, acchi-\\?>kY . 
aha- m. — §69, 104. 

LÏsi. « espoir »||g. as, h. s. âs^ 
âsâ f.,kçm. fif.v/;||skr. âçâ . — 
§ 39,136. 

âspâs « tout autour »||g. h. 
kçm. àspâs, s. âsipâsi, pj . 
occ. âsepâse ;sgh. as «• côté, 
coin » ||d . âsayam nihatam (28, 
1 0) ; pkr . assa- et passa-, pàsa- 
II skr. açra- « bord », pârçva- 
« côté ». — § 39, 198. 

âsrâ m. « refuge »g. âsro^h. âsrà, 
s. âsû>\ âsiro, kçm. âsara, 
pj . bih . nép . bg . o . ass . 
^rc/'rt||skr. âçraya-. — § 60, 
137. 

âsre n. pi. « démons jdes 
eaux »||h. acchar ; sgh, asara 
« divinité »||p. pkr. accharâ 
Il skr. apsaras-. — ,§69, 103. 

asi'i, âinsû n . « larme » ||g . âinju, 
âiHSit, h. nép. âi!isn,s. hamj\ 



29 i 



iM)i:x 



pj . aiujhii, k^m. osh", tsiij^. 
asvû, sg-Ii . //.Ç(/j pkr. niiisu-, 
p. rt55M- Il skr. flfn/-. — ^ fiî^, 
70, lo7. 

ôhijein « être ))||s. âinh- \ . h., 
avadhi rt/;-, pj . , raj., braj.. 
bundeli, h. /;- présent /.;///// 
etc. i; cf. m. h. etc. nùhiiji 
« n'est pas, non )).||Etymo- 
logie incertaine ; skr. nhJja- 
valil — % 70, 100,230, 237, 
246, 250,268. 

â] ni. f. « désir ))||sgh. ala 
« maison, désir » Il pkr. âïaa- 
II skr. àlaya- — § 145. 

al f. « chemin »||sgfh. àla « ca- 
nal »||p. skr. âli- « ligne, 
chemin ». — § 145. 

âjasm. « paresse »||g-. âlasn., 
h. âJas, s. arisii, alisit, m. 
«indolence », àrisi « pares- 
seux » ; kçm . âloch" « pares- 
se » ; sg-h. las « paresseux, 
lent » Il pkr. âlassa-\\skr. âla- 
sya-. — § 40, 145, 157. 

iiiigal, inigol m. « charbon »|| ; g. 
i)!igâro\\ pkr . ingâra-\\ skr . /;/- 
gara- (chez Harsa), angàra- . 
— Cf. m. aiiigàr m. « tison » 
g. aiiigâro {plus fréquent que 
iiiigâro),s. aùarn, h. aiiigâr. 
sg. angiiru, tsig. angar. — 
§42, 75, 79,141. 

itâ^ vitâ ni. (( pique servant de 
masse d'armes » ; ///", vit m. 
« bâton servant au jeu de 
itldâudn »||h. 'ithl, îtî, s. ;//|| 
skr . rsti- . — § 30, 1 53 . 
itukâ (poét.), itkâ adj. (( aussi 



nonil)reux, aussi grand »||g. 
elio, s. ctiro, h. p j . itnâ, kçm. 
yût'\ bg. eta, o. ete, sgh. elahn 
(cf. m.kitkâ « combien grand » 
h. kilkâ etc., tsig. ^t'//)||pkr, 
ittia-, ettia-\\skr. i\at-, sui- 
vant l'opinion de llemacan- 
dra reprise par Goldschmidt, 
discutée par Pischel (§ 153), 
et cependant phmsible, étant 
données les règles de la 
contraction de i -\- a en 
marathe, v. v^ 63. — § 75, 
206. 
/5/)//^/ Il européen hospilal . — § 

163. 
ilâ m . " faucille », //; f . « serpe » 

Il skr. ///-. —§149. 
il, vît f. « brique »||g. inif ; h. 
/7, /;///||pkr. ///^||skr. islà . — 
§ il, 88, 153^ 189. 
Is, isâd, visâd n. « timon de 
charrue »||g. s. is f. « les 
côtés du cadre d'un lit »||d. 
isain kilakabCio, 17); p. isâ\\ 
skr. isâ . — § 44, 153. 
iikatijein " inciser »||h. ukatnâ 
« creuser, déraciner » ; s. 
iikanjii. iikinjn, ukhainii\\skr . 
nlkrl-, ukartana-. — § 93. 
itkad, iikdâ. ukidvà, itkiidvà adj. 
« accroupi »||cf. sgh. iikula 
« hanche »||p. ///vVi7///7i77-||skr. 
utkatnka-, iitkutaka- « accrou- 
pi », et kata- « hanche ». — 
§75, 93. 
ukaduem « bouillir »j|skr. ut- 

kvathati. — § 93. 
ukahiem u bouillir, bouillon- 



INDEX 



21»; 



ner ))||g. ukalvitni, cf. iikâlo 
« décoction, chaleur », h. 
i{kahiâ\\skr. iilkal- « lâcher », 
ou Htkfda- « débordé (cours 
deau^ ». — ^93. 

nkar, iikir m. « tas de terre ; 
ukardâ, iikirdâ, itkrid m. f< tas 
d"ordures »j[g-. iikardo. ukaxdo 
||d. iikkunidï avakararâçih, 
nkkunidû ratnâdînâin api rùçih 
(46, iO),pkr. «Mfm-, iikkara- 
||skr. iitkcira-. iitkira-. — i;"-^, 
93, 143. 

nkhadueiu « déraciner », ukljal- 
ijeiii « labourer un champ 
pour la première fois ; déchi- 
rer »|jg-. iikhadvuiii, h. iikbâd- 
«^jlpkr. i(kkaddbai\\skr. utkar- 
sati. — i; 96, 112, 140. 

iikhal m., iikljji f. " mortier »|| 
g-, ukha! n., iikhl'i ; h. nkhU , 
îikhal f. : s. ukhirl f. ||pkr. iik- 
khala-\\skv. ndiikhaJa-. — >; 90, 
118, 145. 

ukhâuù m. « énig-me »||g'. okhà' 
ijitiu uhhâijo ukhâuiiin ; s. okhâ- 
)ii f. " exemple », okhâuauit 
<( reconnaître »||skr. iipâkhxil- 
na- « relation », iipàkhyà- 
<( rapporter, raconter ». — 
i; o2, 90. 

ugaij f., ugavan f. « éruption 
(d'une maladie) », ugavuem . 
« se lever (en parlant d'une 
étoile) »|| g. iigavmii « mon- 
ter », h. ugnâ, s. ugaiju 
« pousser, grandir, se pro- 
duire||pkr. uggama-, itgge « il 



monte »||skr. iidgama-, ndga- 
mana- — § 98, lo3. 
iigaînt')!! « ruminer, cracher, vo- 
mir »||s. iicrâraiiu i<^ vomir », 

Mo* ' 

ogârauu ^< ruminer », pj. occ. 
ugâll «rumination », h. ugal- 
;zÂ||skr. iidgâra. — § ^^0- 

unie, iiiiicâ adj. <( haut, en haut» 
jjg. iiinco, s. ûco « supérieur », 
pj. iiccâ, h. fiincâ, tsig. vuco, 
sgh. us, usa, uha\\p. pkr. skr. 
ucca-. — i; 69, 101. 

ncakijeiji <^ voler »jjg. ui}icakvu}n 
Hcakvum « soulever », g. nc- 
cakko, pj . occ. ucakka « vo- 
leur »; h. Hcaknâ\\sQn\h\e dé- 
rivé de skr. ])kv.HCca- « haut » 
(m. umc) ; cf. français fami- 
lier (' soulever ». — >5 94. 

ucatnem <' détacher », iicâtijeiii 
« se détacher, être dégoûté 
de... », ucât m. n. « impa- 
tience »j|g. uccât « dégoût », 
s. iicâtn « triste », h. ucatnà 
« s'en aller, être dégoûté », 
uccât honâ « |être dégoûté »|| 
ap. uccâdanu « abandon »|| 
skr. uccatati, uccâiana-. — § 
101, 109. 

ucaïudalnem <^ renverser ^un li- 
(juide) »||d6 ucca- -\-andola-. 
— § ol, 143. 

ucchâVjUtsav, utsâhxn. « fête ))|| 
h. ucchùo^ ucchàhu : s. ucchaû, 
sgh. usâ\\p- usâha-\\skr. nisa- 
IW-. -§101. 

ujavijciu « être conclu régulière- 
ment, réussir ))||g. ujavaviim 
llskr. udyâpana-. — § '^2, 106. 



29() 



i.mji:x 



iija! iuV]. « brillant », cf. iijrî f. 
(poét.) « éclat »||g. ujhiin, s. 
Il juin, h. iijjal, ////rt||pkr. nj- 
/«/^T-j|skr. ujjvala-. — § 106, 
142. 

iijâgar m. « état de veille )<||g. 
lijagaiv: h. iijâgar « clair )>[| 
d.iijjagirain aiiiuiidryam (49, 
3)||skr. iijjàgaia-. — ^ o2, 
106. 

////"/ adj. « droit » ; sg-h. min, 
tsig. ui^o « pur ))|{pkr. iijjiia- 
||skr. rjii-. — ij 30, 106. 

M///^/// " frotter, oindre )/||g. 
utvuin, s. ubbatanu, h. ubatnâ 
<( oindre », bih. ahtan « on- 
guent »||skr. iidvartana-1 (x. 
Grierson, Phou., p. 27j. — ^ 
51, 64,114. 

ïithiiem « se lever »||g-. uthviiiii^ 
pj. h. iithnâ; s. iithanu, kym. 
wo//;- « se lever, être pro- 
duit » ; bg-. uthite ; tsig. n'sti 
llpkr. M///;^/||skr. ///- -|- slhâ-. 

— §110. 

udiiem <' voler » ; g-, itdviun, s. 
udàniaijii, cauaaiiï iidâi un, pj. 
occ. iidd-, h. z^J;w, kçm. 
a'ï/(i-, tsig. «/-/jjap. liddânein 
instr., pkr. tiddei, iiddâi\\skr. 
uddaxale, iiddixatc. — § ol, 
lll,'lll>, 230.' 

tidïd m. (' phaseolus radia tus » 
\\g. adad m.; h. uni, iird « ves- 
ce, dolichos pilosus » ; s. iir- 
du, iiridii « cajanus indiens » 
||d. ndido luàsadhànyam (41 , o). 

— §41, 163. 

WHâ adj. (( manquant )>j|g-. niju 



s. un H, h. un, ûuâ, sgh. un a 
'( manque ))j|skr. nna-. — § 
134. 

utaniiein « enlever les herbes 
d'un plafond »; cf. m. tan 
llpkr. ////rt-||skr. /nw-.— §121, 
232. 

iitarnein « descendre, déposer » 
Ijg. utarvinn, s. ularnii, h. 
utarnà ; sg-h. ntaranavà « dé- 
border » Il pkr. ////flra/||skr. 
nltarati, uttàrayati. — § 121, 
143,232. 

utrân f. « vent du nord »||g, 
utarâtum, utarâduni\ h. utta- 
rnyâ, uttaràhà ; s. iitaiu « le 
nord »|lskr. uttara-. — Il 
faut séparer g-, utaràn « sol- 
stice d'été », s. ulirânn, de 
skr. nltarâyana-. — § 121, 
143. 

utavnein <' bouillir oji skr. nttapati 
(transitif). — § lo2, 230. 

utânâ adj. « étendu, face en 
l'air »||g. utan ; h. utlàn, ulâii, 
iitâiiâ\\ski\ ntlàna- c acte de 
s'étendre ». — § o2, 121. 

utùval f. « hâte, impatience »|j 
g-, h. utâval, s. ntàvili f . « hâ- 
te », ntàvilu « hàtif ))||skr. 
lit tapa- " ardeur, anxiété ». — 
§121. 

utbaj, ntal adj . « peu pro- 
fond »j|g. ulhalvniu, u ta- 
in ni « être renversé » ; h. 
uthalnâ « renverser )>, uthal 
iitthal « plat », s. uthilanii 
« être renversé, déborder », 
uthal f. « inondation »||d. 



INDEX 



297 



ntthaliam grbai)i ; ntthaliain 
iininiikbûgalaiii ity ûiiye (48,7); 
pkr. iitthaUai « renverser »|| 
skr. Ht-sthaJa-. — § 89. 

iiindar, vulg. undîr m. « rat ))|| 
g", undar ; h. et g-roupe 
oriental [indttr ; sgh. undu- 
r//||p. skr. nndiira-. — § 76, 
143. 

tidlm m. « affaire ))|jh. iidynm, 
tiddûiii, iiddi}n\\skr. iid\ama- 
« effort ... — .:<74, 138. 

udyâm, iidaik u demain », cf. 
iideuon « se lever ))\\g. iide m. 
u lever », iidcti « au lever du 
soleil » ; h. //J^ry, ndae\\^\\.r. 
iidaxa-. — s; o7. 

udhanicin " vomir »)j|g-. iidhar- 
viini, h. iidhadnâ « être sou- 
levé )) ; s. iidhânjii « déli- 
vrer » Il skr. uddharaua- . — ^^ 
124. 

iidhai\ udav « lève-toi ! réveille- 
toi ! ))||g-. itdo ndo\\\à. iiddlm- 
vao nccadio . . . ntksiptârlhâh 
(48, 2) Il skr. iid- -\- dhav-, cf. 
m, dbâvijeiii « courir » ; ou 
faut-il comparer s. iidhijn 
(( croître » et skr. nidlrvci-, 
pkr. nddha- ? Cf. m. //A/m. — 
5< 89. 12i. 

iidhaJnein " jeter, éparpiller ))j| 
h, iidhalna iidhaljâuà « être 
ruiné, dissipé )>||skr. iiddhfda- 
yati « asperger de poussière 
ou de poudre ». — ?< 124, 
14?). 

nnnialut'in « déraciner )'j|[)roba- 
blement combinaison de skr. 



itiiiiiùlaiia- et dun tadbhava 
*iii}ialueiu, cf. pkr. ununnla- 
)ia-\ skr. iinmnlana-. — §138. 

lipakbûrc m. « petites dépenses» 
Il espèce de tatsama, composé 
de skr. upa- etpers. \atr, av. 
Ijarj.^^ 101. 

upajijeiii « venir de, naître »||g. 
Kpajvuiii, s. upa j au H « se pro- 
duire », h. iipajnâ \' gran- 
dir », sgh, npadinavâ « se 
produire, croître », pcpe upan 
« né » Il pkr. uppajjai\\skv.- 
utpadyate. — § 52, 125, 230. 

upatueiu <' déraciner ))||g. upûd- 
viiin ; s . upatuu « tirer, dé- 
couvrir » ; h . upatjiâ « dé- 
border, tomber, être ruiné, 
enlevé », sgh. upurauavâ ; 
Ijskr. iitpâfûxati . — § 125. 

iipadijeiu « tomber (arbre, clou)» 
Il composé de pkr. //-, skr. 
ut- et Y>kv. pad-, skr. pat-; cf. 
m, padijeiii « tomber ». — 
>i 125. 

upaijuciii « vanner », npueui n. 
n grain vanné »||g. npaij- 
vuiu, s. upaijanuWpkr . iippa- 
//^///<r-|îskr. iitpai'aua-'! — >; 
125. 

uplâijâ -dd] . « sans selle »||De 
pkr. //-, skr. ///-et m. palâij 
« selle ». — § 125. 

upclv, npay m. " mf)yen »||g. 
h. npâv, upây, s. iipâri\\skv. 
iipàya-. — § 57. 

upâsnx. «jeûne »||h. ///)/? x, sgh . 
//iw5//|iskr . upavnsa- . — s; bl . 

upcdinV]. " élevé terrain j »|| 



298 



FNDKX 



(1. tippe})ada))i idhas'mm... ud- 
bhalùrlhâh (iS, 14)||skr. */</- 
praidh-. — 120, llH. 
Hphauuem, iiphaiiijem « faire 
éru[)tioii, fermenter »||g". 
npljân n., iiphùno « efferves- 
cence » ; h . nphaniin c bouil- 
lir, déborder », iipbân m. 
« ébullilion ))||skr. *iit-phau-. 
-§o2, 126. 

Hphahiein « s'épanouir; (tig*. ) 
ouvrir son cœur »||cf. d. 
uppbâlai kathayati (49, 5) , pkr . 
npphnlla-\\skv. iitphiiUa- « épa- 
noui ». — § 50, 126, 231, 
232. 

uphâhji'iH '< bouillonner, se g-on- 
fler, monter (flamme) », 
iiphfil m . « surplus, ébulli- 
lion »||s. uphirjauu « être 
nogflé de vent »||pkr. uppha- 
Ia-\\skr. utplmlati « crever, 
s'épandre, sauter », ntphâla- 
« saut, galop » ; pkr . uppha- 
la-. — § 126, 145. 

uinharm. « ficus glomerata », 
miihûiâ m. « seuil «Hg-. mnro 
K seuil », uiiiardo « figuier » ; 
h. nmri f. « figuier » ; bu-. 
dnijiny \ o . dunjvn\\A. iimiiiaro 
grhadehaU ( i(l, 7 ; cf. 38, 
8), pkr. Kiiihara-, ms. D. 
de Hhins 7/^///;w/ï7-|| védique 
udumbàra-, skr. udumhara-. — 
?5 6l, 118,127, 138, li.3. 

uhhaluem «bluter »||g-. nbhclviim 
« vanner du blé », ubhclo m. 
« riz décortiqué »j|d. nbbhà- 



lûiiani çiirpàdinolpavanam (43, 
13). -§52. 

ubhà adj . « droit, debout », 
itbhijein^( soulever ))||g. iibbinii, 
s. ubho,s'^. iidu\\pkv. nddha-, 
iiddha • , iibbha- j | skr . // rdhva- . 
- § 130. 

ubhârâ m. (poét.) « montée. 



dilliision (parfum) 



ubhàr 



« grand volume combiné avec 
un poids léger », ubhro « ef- 
fervescence » ; h. ubhârf gon- 
flement » ; s . nbhnrun, pj . 
occ. iibbharnù « se lever, re- 
bondir », pj . b . iibhàrnâ « sou- 
lever, relever», g. nbhârvuin 
« ranimer le feu » ; b. o. 
1 1 bha ran\\ skv . ndbharali . — 
§ 52. 

uiiiagnein, luuaingnem « être con- 
nu, transpirer nouvelle) »|| 
pkr. u)iuiiagga-\\i>kY . iimiia- 
giia- « revenu sur l'eau » . — 
§ 138, 231. 

iiiiiajijein « venir à resi)rit ))|| 
skr. iiiuuajjana- . — >5 138, 
252. 

miiatijein « devenir clair, dis- 
tinct (son, impression) »||g.. 
miuilvuiii, uinadvuin « appa- 
raître » Il pkr, u}nniaUha-\\i^kY . 
itmiirsta- « effacé », cf. 
pour le sens le participe du 
causatif unniàrjiia- « poli, 
propre ». — § ^'^ • 

iiinadin. « jet d'eau, de sang », 
iiDiâd f. i< agitation de la 
mer »||g. uiiifid, ituiâdo m. 
(« tison » ; h. umûudnù <-'■ gon- 



INDEX 



299 



fier, déborder, abonder »|| 
d. tiiiuiiandani halha udvrttaiji 
ca{^2, 4). — § 71. 

umabicm « éclater, s'épanouir » 
Il g. iiinalviini « être sur le 
point de mettre bas «jjpkr. 
«/;/w/7/rt-||skr. luimilita-. — 
i^oO, 138, 281. 

UDiahicm « laver ))||skr. *//^i- 
„iahi-. — §138,1 io. 

uiiiiîijijeni « comparer ))||skr. 
uiimâija- . — § 138 . 

iiDiâs m. « nausée, fermenta- 
tion ))||g. limas f. « dégoût, 
évanouissement »||d. niiiniac- 
chiam rusitam âkidaiii ca (o7, 
7)||skr. uniiialbyate « être 
agité ». — § 40, 103, 138. 

iilaiijein « tourner, renverser », 
ulat, iiJtl f . « vomissement » 
Il g. nltuiji « le contraire, au 
contraire », ///// « vomisse- 
ment »; s. uUto « renversé, 
étrange », //.//// « vomisse- 
ment »||skr. iillulhati « rou- 
ler » . — § .oO, 109. 

nlâlâ, iillâla, iilbàhï m. « saut » 
Il g. ///(/.//\'c)«saut », h. iilalmâ 
« surgir, pousser »;|skr. iil- 
hila-, uUalali . — § 1 i8. 

iikijhjhiïkin n. iilâdhàl f. « spé- 
culation, aventure »!|d. iillc- 
hado lampatah (i4, 6). — ,i; 
70" 77, 112. 



uUii m . « idiot » | 



uUi 



iiUii (t chouette, idiot »||skr. 
itlaka- — Jî 149. 
uver, uver'i f. « surplus, rési- 
du »||h. nharnù « rester en 



plus », iibrù-stihrn « surplus, 
reste »||d. iivvariam adhiham 
anïpsitauj niçcilam iâpo'ganitain 
ccti pûficârthûiii (o4, 3). — 
§ 77, 106. 

iisteiii n, « crépuscule du matin» 
sgh . lis f . « rayon de soleil » 
|[pkr. M5^||skr. usrâ « auro- 
re ». — § 1 57 . 

iisriiijn. « plantation de canne à 
sucre »j|d. ucchuraiiain ucchna- 
ranam ca iksuvâfah (49, 3). 

— § 13o. 

itsalijcin « sauter, éclabousser » 
||g. iichùlo « saut, attaque »; 
g. uchalviuiu s. lichalnuti, pj , 
h. iicbaliiâ « sauter »||pkr. 
ncchalai, /7jï//^?/|| skr . ucchalati . 

— § 103. 

iisâij n. " grande marée, dé- 
bordement brusque »||sgh. 
lisiivaimvâ « soulever », cf. 
peut-être s. osàin f. « vague, 
barre », h. iisùnnà « faire 
bouillir »||p. iiss(ipfti\\skv . 
iiccbrâxa-, iicchraxana- . — 5; 
103. ' 

usas m. « soupir »j|pj. occ, 
h. //j^r^Hap. iisâsa-, pkr. iis- 
sâsa-\\skr. ucchvâsa-. — § 103, 
1 56 . 

uiuçit n . « répercussion de par- 
celles pendant qu'on mange 
ou boit »||skr. tifsikta-, tit- 
hipta-1. — ^ 69, 121. 

iisein n. « oreiller »||d. iisaam 
apadhâiiaiii^çavaiieniastakottaiii-' 
hbaiiâxa \an niveçyate (50, 8). 
||skr. véd. opaçâ- . — Il faut 



300 



INDKX 



séparer ^. osisuiu, h. iisis, 
osîs, (le pkr. fts'isa-, skr. 
Hcchîrsa- . — ^ lo6. 

/"/, ûm f. « pou »||g. jii ; h. jfi)i\ 
s. jfiinà, juin i". : kçm. -«//i' ; 
tsig-. jitv\ tsig-. arni. (i;^n'|| 
(1. //("/ ynkà (ol, 3), p. akâ\\ 
skr. ^'krt. — § lOo, 174. 

////// m. n. K chameau »||^. iDnt 
n., s. ////;//, h. /?///f, pj. occ. 
«/f/;, kvm. zi'/ï//7,sgh.£)///-i'rtj|p. 
ottba-: pkr. ////i/-||skr. iisira-. 
— § 88, 89. 

-/7/; désinence dabsolulit. — § 
130. 

ili! «chaud », fin, ftnh n. «cha- 
leur », itnhàlà m. « été »||^. 
nniiiii, sgh . ////// «chaud»; s. 
iinbâro, pj. occ. iiiiJjâlâ «été» 
IJpkr. /////;rt-|jskr. nsija-, ii.uia- 
kâla-. —^136. 

iih f. « chaleur confinée, cha- 
leur animale, air chaud >^\\g . 
ubharo « efîervescence » ; h . 
iihhà « chaleur », nbh va. 
« chaleur; Utn'j;ueur causée 
par la chaleur >-,i'ibhiiâ« être 
oppressé de chaleur » ; s. 
iihhùro, uh f . « vapeur, mias- 
me », iibùtanii « brûler », 
iibhâniuii « bouillir »\\d. iivvâ 
iivvara tivvàha iikkolâç calvâro 
pi dharnuirtha h . Ce mot ne 
paraît pas apparenté à pkr. 
innha-, skr. iisnioii-. — i; 
127. 

Ils, ûms m. (' sucre «[jg'. fis; h. 
nkb, ikh ; bg . âkii ; o . âkhit ; 
sgh. uky ik\ maldiv. //j||pkr. 



iicchii-, pkr. jaina /^'Â:/j«-||skr. 

ikui-. — § 41, 104, 188. 
ek « un »||g. maith. b. o.ek\ h. 

ek, yak ; s. eku, hiku, haku ; pj. 

ikk, pj. occ. hekk, hikk ; kvm. 

ûk ; tsig-. yek; sg-h.^^jjp. pkr. 

fM^ï-||skr. eka-. — § 4o, 77, 

94,174,213. 
L'klà <- seul »||g. ekal, ekliiin ; h. 

ekal \\pkv. ekkhaUa-, — § io. 
ekamîiii « en une fois »||de^A' -}- 

kàni au locatif. — v^ 172. 
ekiinîs « dix-neuf »||g. ogiûs \ s. 

iiijivih, unîh ; pj . 7rw»/; pj. 

occ, unvî ; h. www, v. h. ^0-//- 

nls, gnnls ; maith. nnaïs; bg. 

//;;/5 ; sgh. ekunvisi ; kçm. A'k- 

;2rtîC7//;||pkr. egilijaviinsa-, egil- 

ijavlsa-, auijavïsam\\^\ir . ekona- 

viinçati-. — vj 222. 
ed^. a pression du talon »||g. 

pj. h. b. ('(/, ('(/' " talon ))|| 

Létymologie par skr. aùghri- 

« pied » est très douteuse . — 

5< 77, 161. 
eiion dans cijeiiikadiin, eucinka- 

rnn « par ce moyen », eijepra- 

iiiâijein i< de cette façon » . 

Instrumental d un thème de 

démonstratif c- qui manque 

au marathe, v. i; 203 1| g. c, 

s./, /;/, he, pj. //;, ch, kçm. 

yih, h. i{h),e{h), h. o. e, sgh. 

è, f. (U n. ('3'rt||pkr. m-||skr. 

eta-. — La forme marathe 

est une combinaison de deux 

pronoms, i; 172. 
l'ib, cthcin adv. « ici »||s. ///, pj. 

ilthcy o. eihà, sgh. ^/aj|pkr. 



INDEX 



aoi 



ettha\\skv. atra selon Hema- 
caiidra, ce qui fait difficulté 
au point de vue phonétique ; 
védique itthà « ainsi, réel- 
lement », que rapproche 
Pischel, va mal pour le sens. 
Le mot est un composé de 
skr. iha, qui est représenté 
par ia dans les inscriptions 
prâkrites (v. Fleet, /. R. A. 
5., 1 909, p. 1089), et de -j^/;^-: 
l'alternance de la dentale 
et de la cérébrale (dans o. 
efhà) est en elîet une ca- 
ractéristique de cette racine, 
V. § 110. — § 70, 206. 

edhvâin « maintenant » poét.|| 
pkr. eddal}a-\\skr . élâvat- selon 
les g-rammairiens indigènes, 
îdrça- selon Weber et Pi- 
schel; opinions également dif- 
ciles à soutenir. — § 124, 
206. 

evhâin adv. (( maintenant »||g. 

hev, cf. evo « tel »||cf. ap. 

einvahiin, d'origine obscure. 

— §70. 
er ad]. « autre ))||cf. g. eniin 

'< là » Il pkr. /rt;-^-||skr. ilara-. 

— § 63, 143, ir;4. 

eramd m. f. « ricin »||g. eraijdo, 
erankâkdî; h. raudi, craud,au- 
(//"Ijskr. crauda-. — § 143. 

einçiin, aiçJni, en composition 
-yaçlin «■ quatre-vingts »||g. 
einçJ, hcinçî ', s. nsJ ; pj . h. 
maitli. assï ; h. âçJ ; o. açî ; 
sgh. asû, asûva] kçm. çîth'^ 



pkr. asliiu, rt'j/7||skr. açïti-. — 
§58, 77, lo4, 166, 223. 

ejâ f. pi. « cardamomes »||h. 
elâ,ilâciï. sg.jjskr. elâ f. sg. 
— § Uo. 

aiknein « entendre ))||mot isolé 
et d'étymologie obscure . 
Faut-il rapprocher pkr. ahi- 
kkhaija-, skr. abhîks- « regar- 
der »? — § 57 . 

aità pron. « celui-là, voilà » ; 
âylâ adj . « tout prêt » ; v. 
m. àitJ f. <( préparatif ))j|g. 
âytuin « prêt, gratis » ; h. 
âyitd ; sgh , ayati, ayiti « dé- 
pendant de, appartenant à » 
Il skr. àyatta-. — § 57. 

aitvâr m. u dimanche »||g. 
âtvâr, ilvâr; h. âitvar ] s. 
âditvâr;^]. occ. g/i;^r||skr. 
âdityavâra-. — § 57. 

OHifil, vaiinil f. " mvmusops 
Elengi »|jskr. vakida-. — § 
145, 150. 

ok f. « vomissement », okuein 
«vomir ))||g. okvum; h. oin- 
knâ, uknâ ; s. okaiinWd. okkiani 
usitam, 'vdnlam ity anyc (^60, 
16). — § 252. 

oingal « mauvais, sale »||skr. 
amamgala-. — § 98, 145. 

ogal, oghal, ohal, vaghal m. 
« ruisseau » ; ogajuctn, oghal- 
nein etc. « suinter, dégoutter » 
\\g . ogajviufi u fondre, dégout- 
ter »||d. oggâlo tathâ oâlo al- 
ptvn srolah (60, 15)||skr. avci- 
gcil-. L'aspiration provient 
sans doute de la contamina- 



.'^02 



INOKX 



tion de skr. -ghr- « mouiller », 
ou de skr. ogha- « courant », 
ou enfin de m . ojhar- (v . ce 
mot). — § 78, 86. 
omcâ m . k action de rassembler 
une étolîe, ballot ; nœud qui 
attache les vêtements à la 
ceinture ))||skr. nccaya- « ac- 
tion de rassembler, de cueil- 
lir ». —§60, 09, 80, 101. 

oj n. (> vie, vitalité ))||g. ojviim 
« être fort, grandir » ; s. oju 
m. « hauteur (altitude), for- 
ce, rapidité ))||pkr. ujja-\ cf. 

d. ojjallo balavân (62, 1), uj- 
jallà . . . balàtkârah 4 1 , 2) || skr . 
ûrjas-. — i^ 106. 

oinjaJ, oinjhal, vainjaJ m . f . 
'( creux des paumes des deux 
mains jointes ))||sg-h. itàeli\\ 
skr . ahjali- . — § 78 . 

ojhar m. « suintement, courant, 
chute d'eau » ; ojharucm « dé- 
goutter »||pkr. avajharei, oj- 
y/?a/7ï-||skr. avak^ar-. — sj 86, 
107. 

ojhon n. « fardeau »||g'. ojho\ 
il. hojh (emprunté en g. et 
m . ) Il d . vojjhao tathâ vojjljaiiial- 
lo hhârah (2()(), 7) ; pkr. voj- 
;7M-||ski-. vahya- influencé par 
vodhnm etc . J . Charpentier 
admet un prototype *vûdhya-. 
— 5< 78, 107. 

olb, oinibm. « lèvre ))||g. otb, 
h. ointh ; o . oth ; sgli. ola ; 
kvm. u'iitj}\ tsig. w/i/jjpkr. 
ûtlha-, u(tba- (à coté de hut- 



tha- , c f . m . homt ) || sk r . oftha- . 
§ 69,78, ll(», 168. 

odan, odhau n. « bouclier »; o(/w;, 
odhnï i . « châle ))m.||g. odha- 
ijJ, odbannin ; s . odbanu « cou- 
vrir (d'un manteau etc.) », 
odbatii « châle », odhako « a- 
bri ))||d. oddbanam iittarlyam 
(62, 7), ohâdânl pidhànî (64, 
16) Il semble apparenté à skr. 
vah-, cf. infin. vodbum etc. 
— §89,112. 

ouavijein, onavuem,0}mvinem, ona- 
vinem « se baisser, se pen- 
cher ))||cf. g. namaviDn', s. 
uavaiju, namvamnii ; pj . niva- 
nà \ h. navnà, binaunà\ b. 
nuyâite ; o. nummbà\\^\<T . pcpe 
t)//awiï-||skr. avanam-. — § 78, 
134, 138. 

opiiein « confier, vendre »||pkr. 
oppei, uppei, pcpe oppia-, uppia-; 
p. oppita-\\skr. arpayaîi, d'où 
rpy- ? Ou le mot a-t-il été ex- 
trait de m. soinpuem<isamar- 
payatn — § 30. 12o. 

ombaluem « laver légèrement, 
plonger ))||g. obâl « dépôt al- 
luvial, limon entraîné par la 
rivière » ||pkr . ombàlài (= plà- 
vayali. Heniac. IV, 41 ; cf. 
Deçin. 68, 13). — § M2. 

oyrâ m. « portion de riz, nourri- 
ture journalière mise de côté 
pour être préparée, cuisine, 
centre de la maison »||skr. 
abhyavahrta - , abbyavabârya - 
« nourriture ». — § 1 43, 161 . 

orapijeiii « arracher, déchirer »|| 



INDEX 



303 



g. ràmp f. « houe, charrue » 
||(i. oddainpîa orainpia çahdau 
nasle tathâkrânte (67, loj ; cf. 
rampai rainphai taksijoti (237, 
4)||skr. raph-, rph- « faire du 
mal », véd. râpas- « infirmi- 
té, maladie », raphitâ- « mi- 
sérable ». — § 71, 78 . 

ol f. m. « humidité », olà adj . 
« mouillé »||pkr. olla-, iil- 
/rt-||skr. udra- « animal aqua- 
tique », udrin- " abondant en 
eau ».— § 80, 141. 

oinvrâ m. « cuisine », ovri f. 
« logements pour les pèlerins 
sous les portiques dressés le 
long- du mur d'un temple ))|| 
g. ordo, ordi « appartement » 
Il p. ovaraka- « chambre ))|| 
skr. apavarahi-. — ,^ 78, 143, 
lo2. 

ovar'^owY vovar . — § 161. 

oinvasucin « accomplir certains 
rites par suite d'un vœu (se 
dit des femmes) ^y,o)nvsâ m. 
« les rites en question »|| 
pkr. avavâsa-, oâsa-, iiâsa-\\ 
skr. iipavasati , iipavâsa- 
« jeûne ». — >:; 78, 152, 156. 

oiiivâlijein « balancer un plateau 
couvert d'offrandes autour de 
la tête d'une idole »||g. ovàl- 
vuin\\skr . ava 4- val-. — §o2, 
78, 14o, 152. 

avlâ,oifivlâ (( impur "jjpkr. onia- 
//fl!-||skr. ava- -\- iiiala-. — v^ 
145, 152. 

ovJ \u\g . 0/ f . (( stance (particu- 
lière à la poésie marathe) » 



Il faut-il comparer d. oviam 
àropitam ruditain câtu nmktam 
brtaiii ceti pancârtham (66, 16)? 
Dans le MânasoUasa [\ . 2052) 
le mot est mentionné et ex- 
pliqué : tathà mahârastresii \o- 
sidbhir ovi geyâ tu kaudane. — 
§ 64. 

osag, pour rt[500'j|skr. açoka-. — § 
167. 

osamg, osaingà m. « sein ))||skr. 
iiîsanga-. — §80. 

osar, osàr, usâr m . « espace lais- 
sé pour le passage ))||g-. osar- 
vum « s'en aller »; h. iisàrnà 
« enlever, finir M||skr. apasâ- 
ra- « sortie ». — § 1 36 . 

osarijein « déborder ; décliner 
(fièvre); passer (pluie) »||g". 
osarvuin « décliner, hésiter » ; 
s. avasaru, aiisaru « manque 
de pluie, sécheresse ))||skr. 
apasar- . — § 136. 

osrâ « véranda ))||g. osari f . ; h. 
usârà\\à. osariâ alindah (64, 
15) Il skr. apasar aka-. — i^ 78, 
156. 

osvà m. « ombre des arbres )>|| 
skr. avacchada-. — § 103. 

ohat n\. «reflux », ohatuem <.<v&- 
fluer » ||g . 0/ f . ||d . ohattoapasr- 
to(66, 12)|iskr. apahrta- ? — 
§57, lli. 

ohuiâx, povir vahmây « mère de 
l'épouse » Il pkr. vahuinââ- ; 
skr. *vadhù-mâtr- . — § 64, 

ohar m. « canal provenant de 
la mer »||d. voharain jalasya 
vahanam{2(i(j, 14). — §112. 



:^04 



INDF3X 



oJmI m., ohâji f. '< ruisseau ))|| 
vaholo vàhal'i virao traxo 'py ele 
laghujalapravâhavâcakôh (250, 
o). — ??li2. 

ol, val, val'i f. '< li^ne, conduite >> 
||g. 0/ f . ; h. ba},bhal « côté, 
direction, manière » ; s. vari 
f. «tour», varitïw. « courbe, 
tour »||skr. valî. — vj 14o. 

olakhuein <> connaître ))|| g . ojakh- 
■i7///i||skr. npalnksaua- . — § 
78,96, 4 49. 

oJamgmfH, olatnghuein, valainguem 
« être suspendu à... »||g. 
valagvitin « s'emparer ; tenir, 
embrassé ; s'attacher à. . .», 
valagàdvuin « être suspendu 
à. . . » ; h. hihangnà « grim- 
pera. . ., s'accrocher ))||pkr. 
va]aggai\\sk.T . avalag-. — § 
80, Ï45, 149. 

clambuein, valambijein « être sus- 
pendu » Il cf. h . bilainb « retard, 
lenteur » , bilambnâ ; sgh . 0- 
lambn « suspendu »,ilainbenû- 
vâ « approcher ))||skr. ava- 
lamb-. — ^ 14:), 149. 

authiji'in, [iour ohûlijein. — § .')7 . 

kamhan m., kainkuJ, kaingijJ f. 
« bracelet ))||g. kainkan, kain- 
gan (neut. ) ; s. kaingauii, pj . 
kaingaij; h. kainkan, kanigan; 
b. o. kùmkan, knmgaii ; k(;m. 
kàiikam, kangnn || pkr . skr . 
kankana- . — § 82 . 

kauikar m. « caillou »||g. h. 
kamkar, s. kakiro, pj . occ. 
kakkar « gelée, glace », nép. 



b. ass. ^rtm^rt;'||skr. karkara-. 
— § 82, 93, 143. 
kanikvà, kamgvâ m, « sorte de 
peigne ))||s. kaingo; h. kam- 
giivà kamgbâ\\^kr . kaùkala-. — 
î^oo, 82. 

kaiiikolin. « piment ))|| skr. y^a;/- 
kola-, kakkola- . — § 82. 

kac f. « difficulté ))||d. kaccam 
talbà kodnmbam kûryam (69, 
1 2) ; pkr . kaccà || skr . krtyà 
« affaire ». — § 30, 41, 
101. 

kacrâ m. <( ordures »||g. kacaro\ 
s . kaciro << restes de légumes », 
kiciro (<■ bala3'ures » ; h. kacrâ 
« craie, saleté »||cf. d. kasso 
tathà kaccharo pankah (69, 
13)||skr. kaccara- « sale ». — 
.^ 101, 143. 

kat m. (( peine, travail »||g. kât 
« obstacle », kâthum « dur, a- 
vare », h. kath « peine », 
kçm. Àm/, ^flf//7y//«"||pkr. kat- 
//w-||skr. kasia-. — § 88. 

katâri'. « poignard »||g. katàr 
f., s. katâro, h. katâr m. ||d. 
kattârï ksiirikà "0, 7)||skr, 
katjâya- . — § 1 09 . 

knijilh m . , kâiuthem n . « gorge » 
Ijg. h. kamth, s. kai!ithu,^gh. 
kafa\\pkr . skr. kautha- . — § 
88, 110. 

kathiij, kadhuj « difficile »||g. 
kathau, s. kathanu, h. kathan 
Il pkr. kadhiua-\\?,kv . kat bina-. 
— ^ 40, 110, 134. 

ka)!id, kamdù f. « démangeai- 



INDEX 



305 



son ))||g. h. kandû\\skT. kan- 
dû-. — §111. 

kad f. « côté, ceinture » Il g-, kad, 
ked ; s . ker « digue » ; h . kat, 
kar\\pkv. kadi- 1 1 skr . kû ti- . — 
§ 111, 195, 197. 

kadcî f. « petite hadhaî ^)j|On 
trouve dans les lang-ues pa- 
rentes un mot semblable dé- 
signant la (douche » : g. kad- 
chi\ s. kanchû, karchft; h. 
karchï, karchî ; cf.d. kadacchû 
ayodarvî (71 , 10) . V . les mots 
kadha'i, kadhnem \ \ skr . kvath- 
« bouillir »? — § 101. 

kadtar m. «vieux panier, éven- 
tail ou natte usée^||d. kada?i- 
taram jîrnaçûrpàdyupakaranam 
(75, 1); cf. kadanlariain ddri- 
tam (76, 12).'— § 46, 71, 
121. 

kadapn. « petite meule d'her- 
bes » 1 1 g . kadap II d . kadappo nika- 
rah (73, 15). — § 46. 

kadâd m. u craquement »j|g. 
kadakad, s. karkàt, h. karâ- 
kar, cf. pj . occ. karak\\skr . 
katakatà-. — § 62, 111. 

kamdàrnem n . « marteau de 
joaillier ; ciseaux «jjpkr. kaiii- 
dàrei '< sculpter » ; semble un 
dénominatif remontant à une 
racine *kaud-,àoi\i\e doublet 
à s- initial serait représenté 
par khaijd-, khind- . — § 52. 

kadàsan n . « peau d'animal ser- 
vant de siège »||g. kadàsan\\ 
skr. katàsana-. — § 52, 111 . 

kadii., kadein n. « anneau ))j| 

La formation de la langue marathe 



g. kadî, S. p j . h. b. karï; 
kçm. ^ar"||pkr. kadaya-\\skv. 
kataka-. — § 46, 111 . 

kada '< amer «jjg. kadii, s.karo, 
h. karuâ karvâ, sgh. kulu\\ 
skr . katu- . — § 1 H . 

kadhal f. « poêle à frire (hé- 
misphérique, avec un man- 
che) ))||g. kadhâ ; s. karàhl^ 
kanâho ; h. kadàhâ, kadhâolî; 
h . kad, kadâi ; o . karâî, karhâî, 
kadheJ\\skv. katàha-. — § 92, 
168. 

kadhuem « bouillir )>||g. kadhvum; 
s. karhanu; kçm. kâr- ; tsig. 
^/ra^'-?||pkr. kadhai, p. pcpe 
kathita-\\akT . kvath- . — §4^6, 
92,118. 

kan m . , kariî f . , kâiiû n, « grain, 
particule ))||g. kati, kaiji, ka- 
uum ; s . kano^ kani ; pj . kan ; 
pj . occ . kaiii '<■ goutte » ; h . 
^a«||skr. kana-. — § 134. 

kanîs n. « épi ))||g. ka)jas\\skr. 
kaiiiça-. — § 40, 50. 

kaner, kaiiher f . « laurier-rose » 
Il g. kaner f. ; h. kaner m.||pkr. 
kanera-, kauhera- (peut-être 
sous l'influence de kanha-<i 
krsna-), kanavlra-Wskr . kara- 
vira-. — § 135, 170. 

katu f. « couteau )/||g. katl « cou- 
teau », s. kàtl « poignard », 
h . kùtî « pince d'orfèvre » ; 
tsig. kat « ciseau» ; cf. canar. 
tamoul kattJ « couteau ))||skr. 
kartrkâ, kartrikà. — § H4. 

kamp, kamph m. « tremblement » ; 
kànipnem « trembler oj|g. h. 

20 



306 



INDEX 



katnp- kâmp-, s . p j . kamb- ; 
kçm. kôinp-; sgh . kàpavtim 
{( tremblement » || skr . kampa- . 
§ 80, 12o. 
kapûtm. « mauvais fils )/||g. ka- 
pùt; s. kapnt, kiiput; h. kapût 
kupût\\skr. hipiilra-. — § 
171. 
kabrà ;< gris, tacheté )/||g. kâbar\ 
s. kubiro, cf. kabari « geai » ; 
pj . kabrà : h. kàbar, kabrà ;sgh. 
kabara- « panthère ))|jskr. 
karbiira-, karbûra- . — § 48, 
50, 127,|141. 

kamàviuem « gagner, acquérir » 
Il g. kamàviim « gagner», ka- 
tnài « profits » ; s. kamàîuu ; 
pj . kamâm; h. ^â!?«rt«^||cf . d. 
kammavai iipabhunkte (78, 1)|| 
Causatif tiré de karma- y cf. 
m . kàm . — § 1 52 . 

kamod m. « lotus (nymphaea 
esculenta) )>||h. kamûd, kamod 
« drogue extraite du nénu- 
far » ; probabl . g . kamod 
« riz odorant» Il skr. kumuda- . 
— § 171. 

kar m. « impôt »||g. h. kar, 
sgh. kar a, cf. s. À'^ni «bras » 
Il skr. kara- . — § 143. 

karaty karavat m. n. « certain 
fruit amer »|js. kartu « me- 
lon musqué pas mûr ))j|cf. 
m. kadû « amer », skr. kaiu-1 
-§ol. 

karti f. «noix de coco, crâne »|| 
pkr. karodia- « coupe »||skr. 
karotî-. —§51, 109. 

karamdà m . « boîte en métal » 



||g. karamdo\\skT . karanda-. 
-§111. 

kariiem « faire », pcpe kelà ; cau- 
satif karavnem karavinem, pcjje 
n. sg. karaviyahm\\\\ . s. 
kçm . pj . h . etc , kar- ; tsig . 
^(^-(tsig. arm. ybr-)||pkr. skr. 
kar-. —§92, 143, 152,229, 
232,239,252, 280,281. 

kariài]!, karitàni « pour ». — § 
194. 

karvatm. « scie »||g. karvat, h. 
o. ^a;-o/||skr. karapatra- . — § 
40,109,121,143,152. 

kar lin postposition « grâce à » . 
-§193. 

kalolï, kuluh, kûlolï m . « rut des 
chevaux ))||h. kalol, kilol f. 
« gambades »||skr. kallola-. 
-§76. 

kamvamtal n . « magie malfai- 
sante »||pkr. kavattia-\\se\oxi 
Hemacandra, skr. kadarthita- 
(V. Pischel, § 246^. — § 69, 
114. 

kavath, kavamîh f . « feronia ele- 
phantum »||s. kavitu] h. ka- 
thbel, kaith ; o . kaîl \\ pkr . kavit- 
iha-, kavittha-\\skT . kapittha- . 
— § 42, 69,110. 

kavdà m . « coquillage servant de 
monnaie, cowrie ))||g. b. ^(/;, 
h. kaur'i, sgh. kavadiya\\^kY . 
kavadda-\\skY . kaparda-. — § 
46,115,152. 
kaval m . « bouchée »||g. kojiyo, 
pj . kiirli,h. kaul, h. b. kidlî 
Ijskr. kavala-. — § 40, 46. 
kavàd n . « porte »||pj . h . knvâd, 



moEx 



307 



b. o.kabât,\. h. kevâr;sgh. 
kaviduva « fenêtre ))||p. kavâ- 
/a-||skr. kapâta-, havàta-. — 
§40, 49, 111, 152. 

kas m . « épreuve à la pierre de 
touche» Il g. h. sgh. kas, s. 
Àwjo//||pkr. kasa-\\?>\\v . kasa- . 
-§ lo6. 

kasnem « faire mal »||g. kasvum 
« fatiguer », h . kasaknà « souf- 
frir », kasak « courbature »j| 
skr. kasati. — § 4&, 157. 

kasnem « attacher », kasâ m. 
« corde, lien »||s. kaîii « la- 
nière », pj. occ. kask « corde 
de la selle », sg-h. kas« fouet » ; 
pj . kass-, g. s. h. kas- « atta- 
cher » llpkr. ^'rt.rrt-i|skr. kaça-. 
- § 136. 

kal f. « poignée de porte ; pro- 
cédé, moyen secret »||g. kaj ; 
s. kara f. « barrage », kala f. 
« science, machine » ; pj. 
^a/f.||skr. kalâ.—^ 41, 145. 

kalnem « être compris, sensible ; 
apparaître ))||g. kaîvum « com- 
prendre », p j . kalnâ, s. kira- 
nii « apprendre »||skr. ka- 
lana-. — § 46, 145. 

kalanib m. « nauclea cadamba »|| 
h. kadamb, /crt^rtw||pkr. ka- 
lamba-\\skT. kadaniba-. — § 46, 
118. 

kâjvâ m. « entrave '>||h. kalâvà, 

' pj . kalàvâ ((embrassade » || pkr. 
kalàva-\\sk.v . kalàpa-. — § 46, 
52, 145. 

kaçâ, V. m. kâsayà. oblique 



sing. du pronom interroga- 

tif ^0//. — §201. 
kalas m. « pinacle ; pot à eau » 

jjg. kalsî, s. kalisu, pj. kals, 

h. kalas, bih. kalsâ\\skv. ka- 

laça-. — § 46, 145. 
kal ho m. « dispute »j|g. kalo, s. 

kilo, h. kalah\\skT. kalaha-. — 

§ 39, 78, 145. 
kalî f. « bouton de fleur »||g. 

kali, kaliyo ; s. pj. h. kalt\\ 

skr. kalikâ. — § 46, 63, 145. 



kâ 



m « pourquoi 
tsig. 



kâm ; 



ka « où »||ap. kahàm 
ikutah). — § 204, 206. 

kàili. (( bouilloire ))|| Plutôt qu'à 
skr. kvath- dont le correspon- 
dant pràkrit et marathe est 
kadh- (cf. s. v. kadhnem), 
ce mot semble s'apparenter 
à canara kày- « chauffer », 
qui se retrouve en d'autres 
dialectesdravidiens: telougou 
kâgii, kâyu, tulu kdyi, tamoul 
et malay. kày. — § 92. 

kâi'i m. (mot enfantin), kàvlâ 
m. (( corbeau »||g. kâû \ s. 
kâm, kàmu \ pj. kàm\ kçm. 
kâv ; sgh. kà ; h. mmv «■ croas- 
sement ))||pkr. kâya-\ d. kà- 
yalo priyah kâkaçca (91, 11)|| 
skr. kàka-. — § 39, 92, 98. 

kâmkdl f. « concombre »||g. 
kâkad n., kâkdï f . ; s. kakidï ; 
pj. h. kakdl kakkadi ; h. o. 
kâkiidï ; sgh. kàkira, cf. kakti- 
liivà (( crabe »||skr. karka- 
tikà. — § 47, 69,82, 93,111. 



308 



INDEX 



kàkh, kâmkh,khâmk(. « aisselle » 
Il g', b. o. kàkh, h. kànikh (dial. 
khâkh), tsig. kakh ; cf. s. v. 
m. ^w^llpkr. (jaina) kakkha- 
||skr. 'kak?à. —§69, 92, 95, 
90, lOi, 168. 
kàmg m. « millet ))||g. kâmg\\ 
skr. kahgii-, kahkii-. — Cf. s. 
kamgmi. h. kâiiigaii, de skr. 
kangunî. — § 39, 82. 
^^Jâ adj. « rusé ))|| semble 
emprunté à h. kâgdâ « cor- 
beau», cf. g. pj. h. kâg, s. 
kàmgîi, canarais kâgë, kâgi 
« corbeau ». — § 98. 
kànicyn m. « pli du vêtement 
dhotar, ceinture »|| emprunté 
à h. kâchâ ; cf. pj. occ. kâinch 
(( caleçon étroit pour les 
sports » Il skr. kaccha-, kaccha- 
tikâ. — §69, lOi. 
kàj n. « ouvrage »||g. pj. h. 
kàj^ s. kûju, pj. occ. kajj 
(( cérémonie »||pkr. kajja-\\ 
skr. kârya-. — § 106. 
kâjal n. (( noir de fumée ser- 
vant de collyre »||g. kàjal, s. 
kajalu, h. kàj ah pj. kajlâ\\ 
skr. kajjala-. — s; 47, 106. 
kàtnem « couper », kat rient «. être 
coupé »||g. h. b. o. kàt-, s. 
kçm. sgh. /l'a/-, pj. /vV7f/-||pkr. 
katt\\skv. kart-. — § 48, 114. 
kâmtâ m. « épine »||g. h. b. o. 
kâintâ, s. kanidi, pj. kanidâ, 
tsig. kando, sgh. ^^//(t'a||pkr. 
skr. kmitaka-. — § 109. 
kàthii. « tronc, bâton »||g. pj . 
kàth^ sgh. kata « bois de cons- 



truction » ; s. kâthu, b. h. 
kdthy kçm. kût", tsig. kast\\ 
pkr. ^a/f/;a-||skr. kàftha-. — 

§110. ■■ 

kâdhnem « tirer »||g. kâdhvum 
kâhâdviim, s. kùdhanii, pj. ^aJ- 
dhanà, kçm. kadiin, h.kâdbnâ, 
b. kâdîte^ o. kâdhibà ; tsig. 
arm. ^^i-, tsig. de Palestine 
^ia/-||pkr. ^fl(i(f/;û!/||skr. kar'- 
sati. —§112, 231. 
kâijâ adj. « borgne »|[g. s. kâtio, 
pj. b. kâiià, h. Â'^/w, o.kaijâ, 
sgh. A'â!;/rt, kçm. Àwz"[|skr. 
kâija-. — § 46, 134. 
kâiiit m. <( copeau », kâintan 
n. « morceau », f. « insecte 
nuisible »||g. kâtâro « in- 
secte ; s. kat, h. kât « cou- 
pure »[|skr. karlana-Jirntana-. 
-§114. 
kâldetn n. « peau, cuir»||g. kât- 
(/;||pkr. /crt/^/-, ^////'-jjskr. ^r///-. 
— §114,163. 
kâmtnem, kàtnem « filer, tour- 
ner »||g. kànUvnni, pj. kattnà, 
h. kàtnà. s. kçm. tsig. ^a/- ; 
cf. g. kàtnt « fuseau », h. 
kâtl « fileuse »||skr. ^^rf-. — 
§ 114. 
kàtyà f. plur. « les Pléiades »|| 
sgh. kàti, s. katJinn ; cf. h. 
/^rt///.r, pj. ^rt//rt/? « mois kar- 
lika » Il pkr. kattia-\\skv . kriti- 
kà. — § 30, 114. 
Jiàtar, kàtri« f. ciseau »|| g. /.-^/rtr, 
s. katar, pj. kattar, kati, h. 
\^\.katarnï, b. kataran, o. ^^- 
/M/7Ï, sgh. kattnra- ; tsig. ^/|| 



INDEX 



309 



cf. d. kattârl ksurikà (70, 7)|| 

skr. kart tari, karttarikâ. — 

§47, 114. 
kdmdà m. « oignon )>||g. kâmdo, 

h. kàmdà\\skT. kanda-. — 

§92. 
kân m. « oreille «Hg-. h. b. o. 

kàn^ s. kanii, pj . Â'a;7«, kçm. 

tsig. kan, sgh. À'rtwaHpkr. 

X'd!;i«a-||skr. kanja-. — § 92, 

185. 
kândâ adj. (( habitant du Carna- 

tic » ; subst. m. « mode 

musical du Carnatic »j|g. 

kândî « Ganarais » ; g", kândo, 

s . kâniiv « mode musical » . 

— § 47, 92, 111, 135. 
kânhû, kânhflhâ m . , nom local 

de Krsria ||s. kàim, h. pj . 

kành ; avec le sens de « noir » : 

sg'b. kiun, kçm. krèhûn"\\^V.v . 

kanha-\\skY. krsiia-. — § 30, 

39, 92, 136. ° 
kâpûd n. « étoffe ))||g. b. o. 

kâpad, pj. kappa r, h. kaprâ, 

s. kaparn, kçm. kapitr, sgh. 

kapaJ-\\p. kappa fa-\\iikr. kar- 
pata-. — §40, 47, 92, 111, 

123. 
kâpuem « couper ))|[g. kâp-, s. 

sgh. kap-^ pj. kapp- « cou- 
per » ; h. kâmp « tranche »|| 

p. pkr. kapp-\\skv. kalp-. — 

§92, 125, 230. 
kàpilrm. «camphre ))||g. s. pj. 

h. b. o. kapûr, sgh. kapura\\ 

pkr. p. kappura-\\s,kv . kar- 
pûra-. — § 47, 125. 
kapfis m., kapçi f.. kap, kapâs 



m. « coton ))||g. kàpus n., 
sgh. kapu\ h. b. kapàs, s. pj. 
kapàh , kçm. /^â'/ja j 1 1 p . kappàsa- 
||skr. karpâsa-. — § 47, 85, 
92, 125. 

kâmUâ m. « drap ))||sgh. kum- 
hala ; g. /câ^/o, kâmal ; s. 
/v'rt;/in ; pj . kambal kammal ; 
h. kambal, kammal \ bg. /ca'w- 
bal, kamii : o. /rrtwrt/|| p. pkr. 
skr. kambala-. — § 92, 127. 

kûm n. « affaire, ouvrage ))||g. 
h. ^'^w. s. kamn, p j . kamm, 
kçm. Zw/z", tsig. arm. A^aw, 
sgh.À'rt'7//, p. pkr. kamma\\skv. 
karma. — § 92, 138, 252. 

kây n. « quoi? » ; À7"/ « est-ce 
que » (cf. pour le même 
emploi h. ^-y^, b. /^/, etc.)|| 
skr. kâdrk-. — § 204. 

kânjein « à cause de ))||s. kâraiji, 
h. ^<îm« ; cf. g. pj. À'^raw 
« cause )) ; g. /crtm;/ j^r, kâ- 
ran ke » à cause de » ; kçm. 
kâran « cause », kûrana « à 
cause de » ; sgh. karnija 
« objet, cause ))||skr. kâva- 
ijena. — § 46, 197. 

kâramdâ m., karvaind f. « co- 
rinda » ; karaindein « fruit du 
corinda ))||h. karaumdâ, karoin- 
dâ ; probablement s. karno 
« arbre à fleurs blanches odo- 
riférantes ))||d. karavandîe a 
sîhauahi ; comm. slhauahl kà- 
ramandikû{2m,l-'è). —§49, 
51, 153. 

kâl « hier »||g. kâl, b. o. kàli, 
h. kaU s. pj . /vV///7 « hier » ; kçm. 



310 



INDFX 



kôl'-kèth <( après-demain », 
sgh. kàl « matin »||pkr. kalla- 
« hier », p. kalla- « matin »|| 
skr. kalya-. — § 148. 
kâvad f. «(bambou pour le trans- 
port des fardeaux sur l'é- 
paule »||g. kâvad, s. kâvâthU 
h. kâ))ivar\\skT. kamaiha-. — 
§ 49. 
kâvrâ f. adj. «affolé (de frayeur, 
rage, surprise) »||g-. h. b. 
kâyar « dég^oûté, timide, pa- 
resseux » |[ skr. hàtara- — 
§ 143. 
lias, kâms f. « pis. mamelle; 
taille ))i|s. pj. h. kacch m. et 
f., kçm. kac, sgh. kàsa « ais- 
selle »||pkr. kaccba-\\skr. 
kaksà. — Cf. m. kâkh. — § 104. 
kâs m. « prairie »||g-. kàs « ga- 
zon », sgh. kàsa « taillis » ; 
cf. g. kâchiyo « marchand de 
légumes », h. kàchi « jardi- 
nier » ?||p, kaccha- « gazon »|| 
skr. kaksa-, kaccha- « herbe, 
prairie, terre marécageuse ». 
-§41,103. 
kâsav, kâtnsavn. m. « tortue »|| 
pj. h. kachiiâ, h. kach, s. ka- 
cbaifuuiiykachûin, h. kâchîm, o. 
kacini. sgh. kâsiip, kàsba\\skr. 
kaccha pa-, véd. - kaçyâpa-, — 
§ 47, 69, 102, 103, 152, 157. 
kàsâr, kâifisârm., nom de caste, 
« bronzier » ; h. kamsagar, nép. 
kassar\\^kv . kâmsyakâra-. — 
§ 143. i:i7. 
kômsem n. « laiton ).||g. kânisiini, 
s. kamjho, pj. kâinsî, h. kâs, i 



h. b. o. kâmsâ\\pkr. kamsa-, 
kàsa-\\skT. kâmsya-. — § lo7. 
kùst « scribe » (nom de caste) || 
g. kâyat,h..kàyath\\skv. kâyas- 
//;rt-. — §61. 
kàl m. (( temps, mort »||g. kâU 
s. kàlu, pj. h. k(,m. kâU sgh. 
Â'fl/allp. pkr. skr. kâla-. — 
§145. 
kâlâ adj. « noir ))||g. kàlo, s. 
kàro, tsig. Imlo, pj. h. b. 
kàlà, o, kaJà, sgh. ^'«//<||pkr. 
kâJaa-, p. /v^/rt-||skr, kâJa-. — 
§ 46, 145. 
kuiikijJ f. « clochette »\\g. kitn- 
kiuJ, h. kiiiikinJ. pj. kimgm 
« pendant d'oreilles »j|skr. 
kimkinl. — § 50. 
kin n., À'/Vw m., kinein kinheni n. 
« durillon »||h. Z.'/;/i|skr. kiua-. 
— § 134. 
kir, kîr « certainement »||pkr, 
/v/r^||skr. kila. — § 41, 142. 
kirân m. « rayon »||g. kiran 
kînj, s. kiruji; pj. kiran kiran, 
h. À'/Vâinllskr. kirana-. — § 40, 
134. 
kiristâini\ nom du dialecte des 
catholiques indigènes de Tha- 
na, V. L. S. L, Mar., p. 83 1| 
eur. Christ. — § 162. 
kilac, kilic f. « latte »||d. kalih- 
jain talhâ kilincain laghndâru 
(72, 18). — 5s 42, 71, 101, 
149. 
killî f. « clef »||g. kîli, h. killâ, 
« clef », s. kilï, pj. kill kîl, 
o. kilâ, kçm. kit kij" « clou, 



INDEX 



311 



cheville », tsig:, kiJo 



>A\ 



.Q. ,v„.^ pieu 
skr. kîJa-. —§149. 

kivaij f. ^) pitié »|jpkr. kivaija-, 
kivi lia -'^skr. hrpana- « misé- 
rable » ; cf. skr. hrpù «. pi- 
tié ». — § 30. 134, lo2. 

hsân m. «■ paysan »'lpj. kisàn, 
h. kisân ; cf. sgh. kasa (de 
skr. krsaka-)\\skr . krsâiia-. — 
§30.40.134. 

kisûl m . '< jeune pousse wjjpkr. 
kisala-\\skr. kisalaya-. — § 79. 

kisen, n. propre||pj. kisan\\skv . 
krsija-. — § 30. 

kilas m. f.. kilos (dialectal) m. 
« nausée ; symptôme de ma- 
ladie ))||p. skr. kiJàsa- « tache 
de lèpre, fatig-ue ». — § 79. 

kîm conj . « que ))j|h. pj. ki. — 
§ 204, 277. 

kit n. « crasse »||g. kîtî « rési- 
dus de coton », kîtuin « fond 
de casserole », s. kitl f., h. 
kît m. « ordure » ; cf. sg-h. 
km « sécrétion, règ-les, urine » 
Il skr. kit ta-. — § 92. 

kid f., kidâ m. « ver, insecte »|| 
g . kîdo « ver » kidï « fourmi », 
s. khî, pj. h. kîrâ « ver », 
tsig. kiri « fourmi »||skr. kl- 
f^/r^-. — § 44, 92. 

kliuv ï . « lamentation, compas- 
sion »|iskr. krpâ. Dans le pre- 
mier sens, peut-être un mot 
expressif, cf. s. kîh f. « cri », 
cf. fr. crier, ail. kreiten. gr. 
ïv,pv/,z'i, etc. (V. Grammont, 
R. L. Rom., XLIV, p. 1391 
— § lo2. 



kîl n. (( éclat »||skr. kila- 
« flamme ». — § 14o. 

kukar m. « chien »||g. kukar, 
pj . kukar, h. kukar kiikur, 
h. kukkur. sg-h. kukuru\\skT. 
kiirkura-, kukkura-. — § 42, 
82. 186. 

kuiJikriin n. « safran »||g. kiuu- 
kniji, kainku ihimkâ- « rouge »), 
s. kuingû, pj. kuinggû, kçm. 
kong, h. kumkum, sg-h. kokum 
kokum'^?>kr. kunkuma-. — §82, 
93. 

kuiiikotri f. « invitation à une 
noce » Il skr. kunkuma- et pat- 
trikâ. — § 64, 92. 

kukhâvart adj. « (cheval) ayant 
une boucle de poils sur le 
flanc »||d. kukkhi kuksiJp (82, 
15) Il skr. kuksi- et tats. âvar- 
^rt._§96, 104. 

kuiucâ m. « brosse «Hg-. kuco, 
kuincdo; pj. kûcâ ; h. s. kûcJ ; 
tsig-. de Palestine kuc « men- 
ton, barbe »||pkr. kucca- 
« barbe »||skr.^rt/rrt-. — §101 . 

kuiuj'i f. « clef »||g. kuifid ; h. 
pj. s. À"///»// ; kçm. kun:(' b. 
À'rt// ; o. kumjhi ; sgh. ^i/|| 
skr. kuncikà. — § 82, 106. 

kutnem « écraser »j|g. kutvuin, 
s. kufanu, h. kûtnâ, sgh. ^o/^!- 
;;«iw, cf. tsig. À'//r- « battre »|| 
p. kotteti\\skv. kiittana-. — 
§ 109." 

kuintaij, kultij f. « entremet- 
teuse »||g. pj . kutm, h. kut- 
nî, o. kutum\\^kv. ku{tam, kut- 
//m.— §69, 109, 134. 



312 



INDEX 



kutïl « pervers ))||g. kutil, p j . 

kutal\\skr. kutila-. — § 109. 
kutumb n. « famille, femme ))|| 

g. h. kutavib, kutam ; pj. 

kutamb, kiituinu « famille ». 

kiidam « parenté par alliance » ; 

s. hitiinu, httambhii \ cf. h. 

kiidmà « apparenté «jjskr. 

kutumba- . — § 109. 
kiitheiji «■ où? » ; cf. kiitbije, 

kuthne « d'où? ))||b. kotbâ ; s. 

kathl; le premier élément de 

s. kithî, p j . ^Z//?^ kithâii est 

différent II Semble le n.-acc. 

neut. sing-. de skr. kvasiha- 

adj . « se trouvant où ? » . — 

§ 76, 110. 
hund n. « puits, pot »||g, h. 

kundy s. kiini, pj . kunâl, sgh. 

kenidiya\\s,kr. kuuda- . — §111. 
kudapuem « recourber, crisper » 

j|cf. h. kiidnk « pelote de fil ))|| 

skr. kutati «■ être courbé ». — 

§111.' 

kudav, kudo m . <( mesure de 

grain» Il skr. kutapa-, kudava-. 

— §111,280. 
knnidal n. « boucle d'oreilles »|| 

g. pj . kiiindaj, s . kumdhalu, 

kuniru, h. b. o. kunidal, sgh. 

komdol\\ skr. kundala-. — § 1 70. 
kudà m. « echites antidysente- 

ria » Il skr. hitaja- . — § 60. 

111. 
kudà, knd « faux, perfide «jjg. 

kudtini, pj . kûrâ, sgh. kiilti ; 

g. kad, s. kûni « mensonge » ; 

llpkr. kada-, p. /ew./a-||skr. 

kma-.~% 92, 111. 



À://J/ f. " hutte »||sgh. kili ; cf. 
s. kurih « étable, maison », 
pj. kurh « enclos pour le bé- 
tail », kurhii « hutte », h. 
kilrhl « maison » ?||skr. ktitJ . 
— §111. 

kutrâ m. « chien »||g. kutro ; cf. 
pj. h. kiitlâW A séparer de 
skr. kukkura- ; l'un et l'autre 
d'ailleurs sont des mots 
expressifs ou enfantins, v. 
Sainean,M.5.L.,XIV,p.220 
(aux exemples iraniens cités 
là on peut ajouter sogd. ^kwt', 
yagnobi kut, v. Gauthiot, 
Grainm. sogdienne, p. 51). — 
§42. 

kiiduem « sauter »||g. kudvum, 
s. kiidaiju, pj. kiiddaiiâ, h. 
kndml, b. kiidan, o. kudibâ\\ 
cf. de kuddano rasakah (84. 
5)||skr. kardana-. — §44, 115, 
123. 

kudâl m. « houe »||g. kodâjo, s. 
kodri, pj. kudà], h. kodâl^ b. 
kodàl, sgh. iidalu\\skT. kud- 
,iâia-. — §44, 80, 123, 145. 

kiip'iu f. « pièce d'étoffe cou- 
vrant les parties sexuelles »|| 
g. h. kopin, s. kopîni, p j . ku- 
/)/;/[|skr. kanplna. — § 45. 

kumphaJ « fruit du kitiubhâ »|| 
skr. kiniibha-phaJa. — § 172. 

kubdâ « bossu », kiibdi f. « es- 
' cargot »||g. kitbdo ; s. kiibo, 
pj. kubbâ, kçm. kôb",h.kubbà, 
kubrâ. Il faut séparer d'une 
part sgh. /c//ûfû[, d'autre part 
h. o. kajà,, b. kumjâ, cf. m. 



INDEX 



313 



khujà « nain » , avec une aspi- 
rée initiale qui rappelle celle 
de ni. khubà « protubérance, 
bosse, escargot » (v . ces 
deux mots plus bas)j|skr. 
hiihhra- « buffle à bosse » . — 
§ 84, 89, 127. 

kuinbh m. « jarre ))||g. pj. h. 
kunéh, s. kumbhu, kumbu, sgh. 
hii}iba\\skT . himbha-, — § 128. 
138. 

kumbhâr m. « potier ))j|g. kitm- 
bhdr, s. kionbharu, pj. h. 
kHtnhâr, b. ap. kiunâr, sg-h. 
kumbnkani\\^lii\ kiimbhaàra-, 
kumbhàra-\\sk.v . kumbhakâra- . 
— § 61, 128, 138, 141, 238. 

kurhâd f. « hache ))||g. kuhàdo, 
s. kiihâro, pj. kuhàrà kulhârà, 
bih. kodâr, h. kuhràdl, o. kiih- 
râdi kHtâdî\\Tpkv. kuhàda-\\skr. 
kiithâra-'. — % 112, 167, 168. 

kurumd m. « corindon ))|js. kii- 
rimdu « pierre ponce », pj . 
kiiriimd, h. kiiraind, sgh. /c/^- 
r//;;/JzA||skr. p. kuruvinda. — 
§64, 123. 

kulâ, kullâ, kiilhâ m. <( fesse »|j 
g. kulo, h..kûlâ\\à. kiillo grivâ 
[cf. pj. kiilhà « partie de la 
bosse du buffle sur laquelle 
pèse le joug »] , asaDiartJmç [ci. 
m. kol « impuissant », pj. kùlà 
« doux, tendre »j chinnapuc- 
chaç ceti tryarthah (92, o). — 
§ 148. 

kumvar m. « petit garçon », 
kuiuvàr i. « jeune lille »||g. 
ku invar kumver, s. kiitnyâro. 



pj. katnvar kavàr [kuâr f. « vir- 
ginité »), pj. occ. kumvâr, h. 
kumvar ktinmr, sgh. kiima- 
r//iw]|pkr. knniàra-, kumara- ; 
kuarl f. ||skr. kumàra-, kumà- 
rl. — §42, 152. 

kuvâ m. (( puits »||g. kuvo, s. 
khnhii, kçm. khuh, pj. khilh, 
kûâ, h, kûâni, nep. kuvâ, h. o. 
kûâ\\skv. kfipa-. — § 64, 92, 
152. 

kusal f. « sorcière »j|cf. pj. h. 
kusal « santé », g. kasllyum 
« épidémie, choléra »||skr. 
hiçala- « prospère, habile ». 
— § 142. 143. 156. 

hisumb m. « fleurs séchées ou 
teinture de carthame »|jg.^fl!- 
sUmbho, s. khuhumbo, pj. ku- 
sumb, kusumbh, kusunih, h. 
hisumb, kusumbh, kusum, bih. 
kosum\\skv . kusumbha- . — § 
127, 138. 

hilkarm m. « trésorier, archi- 
viste de village »|| Composé 
de kûl [kula-] « famille ». et 
kàrni [karanika-] « archi- 



viste ». 



44. 



kûs f. « ventre »||s. kuchiri 
« hanche », pj. kucch f. 
« coin », kucchar « hanche, 
sein », kçm. kôch « giron », 
tsig. koc « genou ».sgh. kus 
kis ; d'autre part g. kukh, s. 
kukki, p j . kukkh, h. kokh, cf. 
m . kukhâvart \\ pkr . kucchl, 
||skr. /^»yt/i. — § 92, 104. 

kûln. « famille »||g. o. kul, s. 
/;///«, pj. kul(., pj. occ. À'?///, 



:] I \ 



INDEX 



h. ^///m.jjpkr. skr. hnla- . — 
^ 1 io. 

kekal n. <( pandanus odoratissi- 
nius )» ; keklnd n. « sorte de 
palme ))||g. kctak, s. p j . h. 
ketkî\\skv. ketaka-.— ^ IG7, 
172. 

keâhavat « un si long- temps ))|| 
de kevdhà « combien grand » 
(v. Beames, II, p. 333-334) et 
veJ « temps ». — § 63. 

keneinn. marchandise »||h. kinnâ 
« acheter », bg-. keijà « achat », 
kçm. /;'';/- k ven<lre », kalasa 
^r^« achat», tsig. /"/«- « ache- 
ter »||skr. krayana- » achat». 

— § ol, 77, 92, 134. 

kelâ adj. « fait ))||g. /c^r^'O, kldho, 
kito, pj. /i/7^, ^'/";7^ï, h.À'nw, tsig. 
s. Â:^;-Jo, sgh. À'fl/rt||pkr. A'rt^-, 
kaya- : p. /i.vz/flfj|skr. ^r/rt-. — 
§ 62, I6o, 229, 2o2, 2o6. 

kevdâ m. « pandanus odoratis- 
simus »||g. kevdo, s. kcro, p j . 
h. kevrâ, sgh. /r^||skr. kelaka-. 

— § 00, 63, 77. 

kes, kems m. « cheveu »||g. keç 
(plur.), s. kesu, pj. h. kes, 
kè ; tsig. /f^i « soie ))||pkr. 
fe5a-||skr. keça-. — § 70, 77, 
156. 

kemsarm., kesri m. « lion »||g. 
kesrî, s. kehari, pj . h. kehar, 
kebrJ <> lion »||skr. keçara-, 
kesara-, krçarin-, kesarin-. — 
.5< 70, 1o6. 

kel f. , kdcin n. « banane ))jjg. ke] 
f., s. kelhoy pj. h. keJâ^ b. /e^/â 
Ijpkr. ^'fl^/[, kayali\\skr. ka- 



dalî, kadala-.— ^ 39, 62, 92. 
14o. 

kaik (' beaucoup »l|g. kaimk, h. 
kaiek, kaek \\^kr. eka-eka-, — 
§ 56. 

kaivàd n. « ruse, machination »|| 
h. kaitab, braj. kaitau\\'^\i.T . 
/i"^mw-||skr. kaitava-. — §36. 

koil, kolJ, koyâl f. « coucou »||g. 
koyaj, s. pj. h. koil, o. koyali, 
sgh. kevilli k&i'uUâWp. skr. 
kokila-. — § 64, 143. 

kot m. (' forteresse »||g. pj. h. 
kot, s. kotu, kçm. ^of/;||pkr. 
kot ta- d. kot tain nagaram, 87, 
2)ljskr. kotta-. — §109. 

kot f. « crore, dizaine de mil- 
lions »||s. kot, pj. kot « beau- 
coup », sgh. kela\\skT. koti-. — 
§ 109. 

kothâ m. « magasin, réservoir » 
Il g. s. kot ho, p j . h. kothâ, 
kçm. kitth" « chambre », sgh. 
kotiiva, kota\\[>. kottha-\\skr. 
koslhû-, kosthaka-. — § 78, 
110. 

koindleni n. (( cercle, enclos »||g. 
pj. h. kiiindaj ; sgh. koindol, 
s. kuniru « boucle d'oreille »|| 
p. skr. kiiijdala-. — >; 80, 
111. 

kodem, kohdeiii, kiihedein n. « em- 
barras, énigme »||g. koydo, 
kohdo *' énigme », s. kuru 
(( mensonge n , koriko 
(( trappe », pj. knrâ « men- 
songe, menteur », sgh. knlii 
« faux, désobéissant »||d. 



INDEX 



315 



kûdopâçah (86, 3)||skr. kûta-. 

— §80, IGl. 

kodem n. « soucoupe de terre 
où Ton met l'huile et les 
mèches d'une lampe «Ijg-. 
lwdiyum\\à. kodiain laghuçarâ- 
vah{Sl, 1o).— §63. 

kodh, kod m. n. <( lèpre ))||^. 
kohod kod, s. koriho, pj. h. 
korh, nép. kor, bg-. kiidh, o. 
/.W/||pkr. k°dha-\\s>kT. kitstba-, 
kotha- ; cf. le jeu de mots sur 
varakodhl « le bon lépreux ; 
enveloppé d'un foulard {l'U- 
raka-) » attribué à Bâna par 
Merutunga (v. Etting^hausen, 
Harsa. p. 126). — ;^ 80, 88, 
92, 112. 

kon (neut. kùy, obi. kaçà) « qui ? » 
||g. kon, pj. kaiin^ h. kann, 
kon, tsig-. Àw/||ap. et v. m. 
kavaua-\\sk.T. kah piinob ? — 
§58,76,204. 

kmi m. « ang-le, coin »||g. pj. 
kon, h. kon ; cf. h. kohnl, tsig. 
kuni « coude »||p. skr. kona-. 

— § 78, 134. 

kotbiinbîr, vulg. kotbrïh kotrib f. 
« coriandre » Il g. kotbml kotb- 
mîr, h. kotbniJr /:o//jw//'||skr. 
knstnniban. — § 71, 89, 122, 
138, 167. 

kon m. « coin ; accouchement 
(période où la femme vit dans 
une partie retirée de la mai- 
son) » ; konà konyà m. « coin, 
pierre angulaire ))||d. kouno 
grbakonab (87, 2). — § 134. 

kopnetn « être en colère «jjg. s. 



pj. h. kop-, sgh. ko « colère », 
kipenavâ « s'irriter «Ijpkr. 
kuppai ; p. kuppati, caus. ko- 
peti\\skv. hipyati. — § 80. 

kopar, kompar m. « coude ))j|g. 
kopariyum \ \ pkr. koppara-, kup- 
para-\\skr. kûrpara- . — § 69. 

komnem « se faner ))||s. komâi- 
jauH,^']. kumàvan\\à. kumnia- 
uam knntàram kurumàriam 
traymn api mlânàrîbam (84, 
1-8).— § 30. 

koykamal n. <( lotus (nymphaea 
pubescens) ))||s. kûni, h. kol 
koiiiî ; d'autre part g. kanial, 
s. kamvalu, pj . kaul, h. kain- 
val « nelumbo »||skr. kumuda- 
kamala-. — § 64, 138, 14o, 
133. 

kor f. « côté, direction, bord»|| 
g. pj. h. kor', s. koli « à, près 
de », pj. kol « près de, par » 
Il skr. kora- « articulation 
(doigt , genou) » , kola- 
(( flanc ». — § 78. 

kol « incapable, impotent »||d. 
kiillo. . . asamarthah . — § 148. 

kolî f. « trou pour un jeu d'en- 
fants »||g. kolo « trou dans 
un mur ». h. kol, kçm. kiil 
(( rivière ))||skr. kulxâ . — 
§80, 148. 

kolbâ, kola m. « chacal »||g. 
kohliun kolwn ; h . kolbâ kola ; 
sgh . kotaW^kv. kujba- kolbua- ; 
d. kolbno... çrgàlab (93, 5), 
kulbo çrgàlah (82, 16); p. 
Âv///;//||skr. krostr-. — § 92, 
I i8 . 



310 



INDEX 



kvlhâl m. « cris, hurlements <)|| 
skr. kolâhala-. — ^ 52, 78, 
U5, 148, 149. 
hcimvlâ adj. « jeune, tendre ))|| 
g. honial kitnilum, s. komalu, 
h. komal, p j . kùlâ, kçm. kn- 
mol\ tsig. A'oi'/cjllskr. koiiiala-. 
— ^ 140, 145. 
kos m. « lieue »j|g. h. kos. s. 
^/;//, pj. Jioh, kçm. ^;7//;||skr. 
/m)rrt-. — i^ 92. 
kohjem, kovhakm, kohàleiu, koho- 
hnn. « gourde wjjg. kohhim 
kûlum, h. komhar, sgh. A'C- 
?;/W?^ Jwmamdu\\d. kohaU, pkr. 
kùhandci-^ kohanda-\\&kv . kus- 
niâuda-. — § 71, 80. 1 i(), 
170. 
kolapijeiJi « être écorché, tanné » ; 
cf. kojamjnem « brûler, con- 
sumer », kolamgà koîsâ m. 
« tison ))||g, koylo kolso, s. 
Â'0/7o, pj. kola, h. ^^â^/ ^/^^ 
« tison ))||d. kond karîsàgnih 
(88, 7), koilà kâsthângârôh (88, 
13), p. kojâpa- «(arbre) des- 
séché »; cf. p. knndaka- 
« cuisine ))j|skr. rac. kudi 
dàhe. — § 140. 
kolambem n. <( pot à large ou- 
verture »||d. kolambo tathà kol- 
laro pitharam (87, 15) ; p. 
liolamba-. — § 145. 
lioU m. « pêcheur, porteur d'eau 
(nom de caste) ; sorte d'arai- 
gnée )i||s. korî <( tisserand; 
araignée », g. kol'u h. kolh 
nom de castejjd. kolîo tantii- 
vâgo jàlakàrakrmiç ca (93, 5)|| 



skr. kanîa-, kaiilika- . — 5; 78, 
145. 
kolem n . <( panier contenant du 
riz ou des graines »||g. ko- 
liyo « bouchée » ; h . kauli 
« paquet de blé donné à un 
fonctionnaire de village »|j 
skr. kavala-. — § 145. 
kolem n. « bosse du buffle »||d. 
kolo grîvâ (87, 1) ; kullo grlvâ 
(92, 5). — § 80, 145. 
kaitl n. « tuile » ; kaulâr n. 
« toit de tuiles ». — § 143. 
khacnem « sertir »||g. khac « en 
serrant fort », h. khacnà « être 
fixé, inséré ))||d. ]i^e khaciya- 
II skr. khacayati. — § 48, 95, 
101. 
khajûr m. « datte sauvage », 
khajurl f. « dattier ))||g. kha- 
jûr n. (( datte », khajtirl f. 
« dattier » ; s. pj. khajûr f. , 
h. khajûr m. « datte, dattier », 
sgh. kaduru\\skY. kharjûra-. — 
§50,95, 100. 
khatamg n. « lit »||skr. khat- 
vàfiga- « massue », étjmolo- 
giquement « pied de lit » ; 
cf. m. khât. — § 48, 95, 109. 
khadtar, khatrad adj. « agaçant, 
importun »||g. khadtal khadtal, 
h. khartal. — %im. 
khadl f. « sorte de stéatite qui 
sert à écrire au tableau ou à 
blanchir les murs »||g. s. pj. 
h. khadi^ o. khadi « chaux »|| 
skr. khatikâ, khadikâ. — § 95. 
khadïn. khadari « vicieux, diffî- 



INDEX 



317 



cile (animal) «jjd. khaddio 

mattah\\skv. kathina-. — § 95. 
khatinefn « creuser ))||g. s. khan-, 

h. kçm. khan-, tsig. xan, sgh. 

haninavà\\sk.T. khan-. — §49, 

95, 170, 229. 
khaijlein n. « instrument pour 

creuser des trous ))||h. khanti, 

bih. khanti\\skv. khanitraka-. — 

khapfjein « peiner, s'épuiser, se 
vendre ))||g-. s. pj. h. khap-\ 
kçm. chap- « attendre la fin 
de la pluie »||skr. ksapila- 
« détruit », ksapauani « des- 
truction ». — § 48, 95. 

khar adj. « piquant, mordant», 
kharad f. « esquisse, brouil- 
lon «Il g', khar « rude » ; g. 
s. khar do, h. kharrd « brouil- 
lon »j|d. kharadiam rûksani 
bhagnam ca (98, 13)||skr. 
khara-. — § 46, 95, 163. 

kharnem « souffrir de sperma- 
torrhée ; émettre le sperme » 
llg-. kharviim « tomber », s. 
kharauu « dégénérer, se cail- 
ler », pj. kharnà « seffriter », 
kçm. char un « aller à la selle » 
(|skr. ksarati. — § 46, 75, 95. 

khavanà m. (( Jaïna digambar » 
Il skr. ksapanaka-. — § 46, 
95, 152. 

khavâ m. « articulation de 
l'épaule »||g. khahho, pj. h. 
khavà\\à.. khavao skandhah (93, 
1 6) Il cf. skr. kaphani- « coude » , 
et peut-être lat. scapida. — 45, 
95. 152. 



khal adj. u vil, méchant »||g. 

khal khal, h. ^/;fl/||pkr. skr. 

khala-. — § 95, 145. 
khal f. « pâte à gâteaux »||g. 

khôl m., s. khar II m. f. , pj. 

khal f., h. khal m, khalî f. 

« tourteau »||d. khali tilapin- 

dikâ (93, 11)11 skr. khala-. — 

§95, 145. 
khal, khaleiji n. « aire »||g. 

khali khalnnj, s. kharo, kçm. 

khal, h. khallâ\\s\^v. khala-, — 

§95,145. 
khalnein « s'arrêter »||g. khal- 

vum Ijpkr. khalai\^ skr. skhal-. 

— §46, 95, 145. 
khalbalneni « rincer, agiter »||g-. 

khalbalviiin « être indécis, en 
révolution »,pj. khalhalànnà, 
h. khalbalânâ « bouillir, être 
agité » , pj . h . khalbali « tu- 
multe » Il skr. skhal-. — § 95. 

khâl f. (' fosse »j|s. khàhl, pj. h. 
khm\\à. khàià parikhà (96,4)|| 
skr. khâtaka-. — § 95. 

khâil adj. (en comp.) <( glou- 
ton », f. « pâtisserie '>||g. 
khâû « destruction » ; pj . h. 
khân, kçm. khâo « glouton »|[ 
skr . khàduka-. — § 95 . 

khâmk, khâk f. « aisselle »|| h. 
khâk, tsig'. /^/;a/:||Métathèse 
de ^Â/;//v/;. — § 95, 168. 

khâj f. démangeaison », khâjueni 
« gratter »||s. khàjl, pj. h. 
khâj, tsig. xand^\\skv. kharju-. 

— § 39, 41, 48, 95, 106, 
190. 

khcij?in n. « pâtisserie », panic- 



31S 



1>DEX 



khâjein « les cinq condiments 
employés dans les sacrifices 
(dont les noms commencent 
par ^/;)»|lg. khâj, s. khàju, pj. 
khajjâ, h. khàjâ « victuailles » 
i|skr. khâdya-. — § 47, 95, 
106. 

khât f. «■ lit ))||g. Mâf, s. khat, 
pj. h. ^/jûf/ khàtWpkr. khattà\\ 
skr. khatvâ.— ^ 48, 9o, 109. 

khâind f. « cassure, morceau, 
sucre », khâindnem, khamdnem 
(( briser »||g. pj. h. khâmd-, 
khamd-, sgh. kad- « briser » ; 
g. khàmd, pj. kçm. h. /r/wm^/ 
f. (( sucre », s. khanu, h. 
kham, kçm. ^/;«/;(f" f., sgh. 
/rrt(ffl « morceau», pj. khannl 
« moitié », tsig. xandi «peu» 
llpkr, skr. khaud-, khaiida-. 
— §30,68, 75, 95, 111. 

khàmdà m. « glaive »||g. pj. h. 
b. khàmd khâmdâ, s. khano, 
kçm. khadak, isig. xaudo xan- 
ro, sgh. /ea(f/n'a||On retrouve 
dans ce mot le premier élé- 
ment de skr. khadga-, lequel 
k son tour s'apparente à 
lat. clàdès, gladius et celtique 
*kIad-yo- (v. Vendryes, Mél. 
Saussure, p. 309-310). La 
nasale peut provenir d'une 
contamination avec la famille 
de khand- « briser ». — .^ 95. 

khâdà, khadà m. <c trou »|lg. 
khâdo ; s . khad f . , jij . khâd 
khad f., kçm. khod m., tsig. 
xar f.lld. khaddo khânih\Wkv . 



khad- « casser ». — § 75, 95, 
170. 
khân f. « carrière, mine )>||g. 
khâu. s. khàni, h. kçm. /^/M« 
« mine » ; pj. khànl « source 
de la naissance (œuf, sperme, 
croissance) »;sgh./rfl« « fou- 
le »||pkr. /c^rt;.//||skr. khâni-. 
— §95, 13i. 
khànem « manger »||g. s. pj. h. 
b. o. khà-, kçm. khè-; maiyâ 
ÀV;rt-,xowar khô-, sinâ À'fl-, tsig. 
xa-, sgh. À'a- llpkr. ^/;â/||skr. 
^/w.irt//.— §46, 95,229,230, 
231. 
khàt n. « fumier », khat n. 
« blessure, plaie »||pj. khàt 
m. « trou, fumier », h. khattà 
(( trou servant de grenier »|| 
pkr. khatta- « trou » ; d. 
khauuam tathà khattam khd- 
tam (93, 10)||skr. khâtra-. — 
§ 95. 
khâd i. « nourriture »; v. m. 
khâdilâ « mangé »||g. khâdh 
n. « provisions ». khâdhum 
« mangé », pj. khâdh f. « nour- 
riture », khâdâ « mangé », s. 
khàdho « nourriture » ; man- 
gé );||d. khad d ha ni tathà kha- 
mmWW^'/«w(93, 16). — §88, 
95, 169, 229. 
khâd f. '< démangeaison ». Pour 

khâj. — § 106. 
khàind m. u épaule »||g. khàmd 
khàindho, pj. kannhà, h. kàin- 
dhâ, o. b. kânidh, sgh. kamda; 
s. kâtndho « bosse du buffle », 
khânidîyo « fardeau porté sur 



INDEX 



319 



l'épaule «jlpkr. p. khaudha-\\ 
skr. skandha-. — § 9o, 169. 

khâpar n. « plat de terre, tuile » 
llpj. khappar, h. khâpar\\^kv. 
khap par a- \\iyonh\ei à s- pré- 
fixé de skr. karpara- (cf. v. 
h, a. scirbi, v. Uhlenbeck s. 
V.). — § 47, 84, 93. 

khànibm. « poteau ))||g. h. khàin, 
pj. b. o. ^/;rtm/'/7^||pkr. khciDi- 
bha-\\s]\Y. véd. skaiiibbà-. — 
§68, 95, 127. 

khâr m. « sel, potasse «Ijg-. pj. 
h. khâr. s. ÀV^dn ; cf. g. <:/;^r 
m., pj. h. cbâr f. , s. chàru, 
tsig. mr u cendre »||pkr. 
khàra-, châra-\\^'kv. ksâra-. — 
§ 95, 104. 

khàsnem, khàmsuem « tousser ))|| 
g. pj. h. khâins- khâs-, s. 



khani^h-, tsig'. A-rt5-, 



sgh. 



^ât/;-, cf. ^rt5Jd; « toux » ; cf. 
kçm. sâs c( toux ))j|pkr. khâ- 
j-m-||skr. kâs-. — § 48, 84. 

khâlî. « écorce, cuir ))||g-. h.kbâL 
s. kçm. khal, p].khall ; cf. tsig-. 
arm. xar « sac ))||d. khallâ 
cflrm(93, 10).— §104, 148. 

khijnem « se vexer, s'irriter »|| 
,ç. s. khij-, pj. h. kbijh-\\p. 
pkr. ^/;//y- ; cf. d. khijjiam 
upâlambbah\\skv . khidyale. — 
§ 44, 93, 106. 

khirnd f. « col de montagne, 
trou «llg-.^^/i» vallée. passe », 
h. kbimd « trou, fissure »||. 
Apparenté à la famille de 
kbaijd-, avec contamination 



possible de khid-. — § 30, 
73, 93. 

khidki f. « fenêtre, porte de der- 
rière «llg-. kbadkl « cour, 
rue »; s. pj. h. b. khirkl 
« petite porte, fenêtre »||d. 
kbadakkï lagbudvàram . — §73. 

khirnem « couler (en parlant du 
sperme ou de l'urine) || h. 
khernà \ \ pkr . khirai \ \ Appa- 
renté à skr. ksar-. — § 73, 
93, 107. 

khirnî f. « mimusops kauki » 
Il h. ^/;/rnî||skr. ksirinî . — 
§93. 

khîr f. « gâteau de riz au lait » 
||g. pj. h. khîr f. ; cf. s. 
kblro., kçm. chir khir m. 
« lait », tsig. kbil « beurre, 
grain », sgh. kira, kiri « lait » 
Il pkr. khlri'^^Vv .ksira- « lait », 
ksîrikd « mets préparé avec 
du lait ». — § 93. 

kbil f. (( épingle, clou »||g. 
kbilo, s. kilokïro, p j . kllî. kill 
m., kçm. kyul", h. kll kh'il\\ 
p. pkr. khlla-\\skT . kila-, 
kh'ila- (x\tharvaveda, Taitt. 
Br.). — § 84, 143, 149. 

khuj'â, dial. komjâ, komjhâ, adj . 
« nain »||h. o. kûjâ, h. kujj, 
sgh. ^«J^ Il pkr. kbujja-, kujja- 
Ijskr. kiibja-. — §44, 84,83, 
106. 

khiituein khutnem « être arrêté, 
obstrué, manquer » ; khot f. 
« perte, fausseté » ; khutuem, 
kbudnem « cueillir, arracher » 
||g. khutvuin « être fini, tra- 



320 



INDEX 



hir », s. khiitaiju « mar- 
quer », pj. khiittnà « être 
fini » ; g. p j . h . khot « perte, 
fausseté », kçm. khôt" « con- 
trefait » ; g. 11. khumt- « cueil- 
lir »||pkr. khuttai {tudali)\\cî. 
skr. kbund- khud- « briser » . 
— § 68, 95, 107, 109. 

khudaknem « avoir une crampe » , 
khudâ adj. « contracture »|| 
s. h. khiirak- kharak- « cra- 
quer »||ap. khndukkai « faire 
du mal ». — § 94, 93. 

khubalnem « être ag-ité ))||s. 
khohhn chobhu, h. choh « agita- 
tion, colère »||pkr, khohai, 
khubbai \ \ skr, ksubhyati . — 
§ 93, 169. 

khubâ m. bosse, escargot »||g. 
kubduiit, s. kubiro, pj. kubbâ 
(( bossu » ; s. kiibbii, pj. h. 
b. kubb, kçm. kaub « bosse », 
Il cf. skr. hibhra- « buffle ». 
-§83,89. 

khuhiem « ouvrir (au sens 
figuré) »||g. h. kçm. khol-^ s. 
khul-khol- , pj . khullh-\\ Semble 
apparenté k skr. hur- khur- 
« couper », khiid- « briser ». 
-§93. 

khiilûad] . «■ atrophié » jjg. khodiun. 
h. khorci, sgh. kor « paralysé »|| 
pkr. khoda-\\skT. khoda-, forme 
moins bien attestée et moins 
correcte étymologiquemenl 
(cf. lat. scaurus) que khora-. — 
§95, 146. 

khiir m. « sabot de cheval »||g. 



pj . h. khur, s. khuru, sgh. 
kuraya ; kçm. khôr « pied », 
khûr" <( talon »||p. skr. khura-, 
— § 93. 

kheinkad m. « crabe, écrevisse » 
Il h. kenikdâ, kheinkdâ ; s. kâyi- 
kiro, b. o. kàinkrâ, sgh. kd- 
k!ili{Vû\\skv. karkata-. — § 77, 
84. 

khedem n. « hameau »j|g. khed 
(( culture », khedum <' vil- 
lage », pj. khedâ « village, 
village en ruines », h. khedâ 
« terrain cultivé, village en 
ruines, tsig. kherav « ville » 
llpkr. khedaya-\\skv . khetaka-. 
-§95.' 

khcr khair m. « acacia catechu»|| 
g. kher, pj . h. khair, sgh. 
H/?//-/ Il pkr. khaira-\\sk.v . kha- 
dira-. — § 95, 143. 

kherïj 'Aà]. adv. « en plus »||ar. 
pers. h. khârij « extérieur ». 
-§77. 

khefiivâ m. « action de ramer »|| 
pj. h. khevnâ « ramer », pj. 
khevci '<■ batelier, cargo », h. 
khevà « passage, prix du pas- 
sage, bateau » ; kçm. khèv 
« câble de remorque »||skr. 
ksip- « envoyer », cf. ksepa- 
nika- « batelier ». — § 77, 
93. 

khel m. « jeu », khehiem 
«jouer »||g. pj. s. h. b. tsig. 
khel-, g. kheloi( acteur », sgh. 
keli, kida « jeu »||pkr. kîdà 
kheddà, ap. khelarm-, khelîai\\ 



INDEX 



32! 



skr. khelayati. — § 80, 84, 
146. 

khod 11. « paralytique », f. 
« vice » ; khodà m. « paraly- 
sie, crampe ))||g. khoduin, b. 
kho)ndâ, sgh. kora « paraly- 
tique » ; g", khod f. « vice », 
h. khorl « vice, méchanceté », 
khod « malédiction, maladie » 
llpkr. khoda- ; d. khodo ...khah- 
jah (98, 17) ; ap. khodi- (dosa-) 
Il skr. khoda- khora-. 

khodn. « tronc d'arbre ; arçon de 
selle », khodî f. « pieu, pilori » 
Ijg. h. khod « pièce de bois », 
h. khorà (( pilori », s. kho- 
ranu « ficher »||d. khodo sïmâ- 
kàstham (98, \T) \ tanttikkhodl 
vâyakatanlropakaranam ( 1 o9 , 
9) Il skr. ksoda- « pieu pour 
attacher les éléphants ». — 

§ 9o, m. 

kholî f. « chambre ))||g-. kholï\\ 

d. khuUam kiiH (96, M). — 

§ 148. 
gamth f. « nœud », gàmthnem 

(( nouer »||g. h. gamth-, s. 

gaijtdh-, pj. gaifidh-, kçm. 

gand-, tsig-. ged-, h. gâi]it-, 

sgh. o-â/-||pkr. ganth-, p. 

^ani/j-llskr. granthi-, granth-. 

-§97, 110. 
^ami m. « joue, tempe » gâind, 

f. « fesses »||g. h. b. gamd, 

sgh. o^rtJû; « joue » ; g, pj. h. 

b. gâmd, s. gàindi ((^ fesses ))|| 

pkr. skr. gdijda-. — § 97, 

111. 
gadgadijci!i,gadâdi,iei!i « gronder, 



retentir (tonnerre, etc.) »||d. 
gadayadl (var. gadaadi) vajra- 
nirghosah. — § 62 . 

gauuein « compter »||g. gan- 
vuiii, pj. giijnâ, h. ginnâ, kçm. 
gâniar-, tsig. gén-, sgh. gap- 
Jlpkr. o-rt;/g/||skr. aa/./rtV^//. — 
§ 46, 97, 134. 

gadal n. « saleté )>, adj. <( sale » 
Il s. gadâl] g. gadiuiit, h. 
gadlâ « sale »|| L'élément ^a^- 
senible remonter à *grd- ou 
*gard-, cf. persan ^'^/V « sale- 
té». — § 97, 123. 

gadhdà m. « âne »||g. gadhàdo 
gadhedo, pj. h. gadhâ, gârvi 
gadâ, kalâsa gardôk, xovar 
gurdnx, m3ii\ù.ghadà, sgh. ga- 
^//^/< Il pkr. gaddaha-, p. gad- 
dabha-\\skv. gardabha-, — §48, 
97, 115, 170. 

gamdh m. <^ odeur », gamdhà 
adj. « puant ))||g. pj. h. 
gaiiidh, sgh. gamda ; g. gam- 
dhàvum « puer, se putréfier », 
h. gamdhà « puant », tsig. 
khan « puanteur »||d. gan- 
dhio diirgamihah (99 , 1 6) || skr. 
gandha-. — § 97. 

gamtitr n. « urine de vache »|| 
sgh. gomu\\P oiiv goinùtr, tat- 
sama. — § 4.'), 74, 171. 

garât, gharat f. « femme respec- 
table » Il skr. grhasthâ. — §87, 
88, 169. 

garodar adj . « enceinte (femme) » 
||s. garakûrl \ cf. s. gara 
« lourd »||p.pkr. ^a/7i-||skr. 



La. formation de la la,ngue marallic. 



21 



322 



INDEX 



gun'idara-. — § 64. 74, 143, 
iTI. 

gara} f. « venin de serpent »|| 
g. garai n., pj. garai f., h. 
garai m.ljskr. garala-. — 
§ 97, 143. 

gartà, garda m. « trou »||h. 
gart, gardodâ\\skr. garta-. — 
§ 164. 

garhàuem, garànem « se plain- 
dre de, supplier »||pj. gall, 
gàlh, h. gâlï, s. b. gâri « pa- 
role, injures » ; cf. s. garhaiiu 
« informer » , kcm . mritn 
« s'informer, demander », 
tsig. khar « appeler » ?||pkr. 
^^n^fl/||skr. garhaua- <« re- 
proche». — § 97, 143. 

gavasijein « chercher »|lpj. ga- 
verau « chercher, voler »|| 
pkr. gavesaV)^?>V.v . gavesayati . 
— §46, oi, 97, 132, 136. 

gavH m., gavlaii f. « berger »|| 
s. gavant, pj. gavâl, h. nep. 
b. goâl\\skv. gopàla-. — § 32, 
97, 171. 

gahirâ,\. m. gahlruad']. « pro- 
fond, intense »|jpj. gahirâ 
« sombre », h. or^/;ra||pkr. 
gahîra-W^kv. gabhlra-. — § 24, 
30, 97, 143, 139. 

gahnni m, « blé »||g. gahum 
ghaum, s. gehiim, b. o. goma, 
sgh. goyama, tsig. ^/t'||skr. 
godbûnia-. — § 41, 43, 64, 
74, 97, 133, 139, 171. 

galnem c< égoutter, tomber »|jg. 
galviim, s. garavu, p']. galnà, 
h. gaînâ, kçm. galim, sgh. 



galanavàWpkr . p. skr. gai-. 
— § 97, 140, 143. 

gajà m. « gorge, nuque »||g. 
gahim ; s . garûgirû « nuque », 
galû « gorge », galti <f joue »; 
pj- h. ^rt/, ^fl/^; sgh. ^fl/a; 
cf. tsig. knrlo « cou »||pkr. 
p. skr. gala-. — § 46, 97, 
140, 143. 

gâ'i, gày, f. « vache », gavll 
« vachette (terme d'affec- 
tion) »|jg. gâegây, s. garni 
gau,p']. gamgao, h. gâî gàv, 
b. gàvî, kçm. gâv (cf. Grier- 
son, Piç. lang. p. 67), sgh. 
gava go gâ\\]^kv . gâa-, gaiia-, 
p. gava-, gâvï\\skT. gaiih. — 
§46,57,97. 

gâa f. « chanson de nour- 
rice » Il skr. yéà. gâta- . — § 
37, 97. 

gàjnem, garajnem « tonner, ré- 
sonner »||s. gàj « tonnerre » ; 
g. gâjvum, pj. gajjnâ garajrjâ, 
h. gâjnâ garajnâ « tonner » ; 
ci. ki^ixi. gaqarày « tonnerre » 
il pkr. gajj-\ cf. d. gajjana- 
saddo mrgavârauadlji'anih\\s,kv. 
garjana-. — §47, 97, 106. 

gùmjnem, gâmdnem « tourmen- 
ter »||g. gâmjvum « subju- 
guer, intimider », h. gâtnjnâ 
« agiter, battre le beurre », 
b. ganjd- « insulter »||ap. 
ganjîdu (pîditaui): cf. d. 
gàgejiam tathâ gejjain tnathi- 
tham (101, 16)?||skr. gan- 
jana- « mépris » , gada- « ma- 



INDEX 



323 



ladie » , ou gaiidhayaîe « bles- 
ser ))? — § 106. 

gàmjâxn. « chanvre séché »|jg'. 
gàmje « fleurs de chanvre », 
PJ ■ i^Uijà *< chanvre à fu- 
mer « ; s. gâmjo, h. gâinjhâ 
« chanvre, feuilles de chan- 
vre »j|skr. ganjà. — § 9^, 
106. 

gàdmin « enfouir ))||g. h. b. 
gàd-\\pkr.gadda- « trou))||skr. 
garta-\ ou gàdha- ? — § 48, 
89, 114. 

gâdl f. « voiture »||g". h. etc. 
gàdU kçm. g6di\\à. gaddi gan- 
/n(99, 3). —§47. " 

gâdhav n. « âne ))||s. gadahu, 
sg-h. gaduinbuWYikr. gaddaha- 
||skr. gardabha-. — § 47, 48, 
97, 115, 170, 283,291. 

gâdhà adj . « épais, compact » 
||pj. h. gârhâ, s. gaharu\\ 
pkr. skr. gàdha-. — §46, 97, 
112. 

gân f. « cavité contenant de 
Teau sur un terrain élevé ))|| 
g. gân f . (( mine, carrière, 
cellier », p j . gùu m. « petit 
champ entouré dune digue 
k l'intérieur d'un autre, pour 
retenir l'eau », s. gân f. 
« mine, trou conservant 
l'eau », kçm. gân m. 
« cave «Il skr. gahana- . — § 
62,97. 

gâneni « chanter »||g. ^âyu;.», s. 
gâinih PJ- gàunâ, h. gànâ, 
kçm. gèu'un, pasai ^é, maiyâ 



0-^7(2 « chanter 



gâun 



« chant »; sg-h. ^â remonte 
à skr. gàya- ou gâthâ\\TpkT. 
gâna-\\skT. gâna-. — § 97, 
229,232. 

gât n . « parties d'un cadre de 
lit ))j|g. h. gât, sgh. gâta 
« corps »j|pkr. o-^//a-||skr. 
gâtra-. — § 97. 

gàtdi, gâtâdî f . « barre de bois 
où l'on attache le bétail ; 
barrière devant une idole »|| 
d. gattâdî tathâ gâni gavâdanï. 
(99, 10). — § 47. 

gâbl) m. <( embryon »||s. gabhu, 
pj.gabbh, h. gâbh, sgh. gaba; 
cf. kçm. gabin « sein », 
tsig-, khabni « enceinte ))|| 
pkr. p. gahbhci-\\sk.r . garbha-, 
— § 97, 128. 

gâbhâr m. « sanctuaire »||skr. 
garbhâgâra- . — § 61, 143. 

gâl m. « joue »!|g. h. gâl,^]. 
gallh, pj. occ. gâlb « joue »; 
s. galu « joue )),galo « partie 
de la gorge qui est sous les 
joues »j|skr: galla- ^<. bas de 
lajoue » (mot signalé comme 
grâniya par Vâmana, v. 
Regnaud, Rhét . sanskr . , 
p. 41). —§97,148. 

gàniv,gàv m. n. <( village »||g. 
gain, s. gâiim gâniu, pj . gi- 
râin, h. gàmv, kçm. gâni, 
basgali kalasa grom, tsig. 
gav, sgh. gama\\^kv . p . gâma- 
II skr. grânia-. — § 97, 137, 
152. 

gâvthâ m. « villageois » ; gâv- 
ihan n . , gâvthal n . « site 



324 



INDKX 



duii village ))||skr. grâina- -\- 
stha-, sthâna-, slhala- . — § 
110, 122. 
gâvdàm. « fonctionnaire de vil- 
lag^e ))||d. gânuntdo. . . grâ- 
mapradhâna- [ 102, 5) || skr . 
grâmahûta-. 
girhâ m. « démon aquatique; 
éclipse »||s. girah « planète, 
bouchée », pj. girùh « bou- 
chée » ; cf. tsig. gerav « ca- 
cher » Il skr. graha-. — § 75, 
162, 163. 
gilneni «■ avaler ))||s. giranii, b. 
giliie, sgh.^///«^i;^||pkr. skr. 
gil-. — § 44, 97, 140, 145. 
gîdh, gid, gidhàd m . (( vautour n 
||g. gid, s. gijh, pj. ghiddb, 
gijh, pj. occ. girij, h. gldh, 
kqxn. gred, sgh. gidn « avi- 
de » 1 1 pkr . giddha- , p . gijjha- \ \ 
skr. grdhra-. —§41, 44, 88, 
97, 124. 
gïin m. « saison chaude wjlsg-h. 
giiii « chaud », giima grima 
« chaleur ))||pkr. p. gimha-\\ 
skr. çrrïsma-. — ^5 97, 138. 
gitgûl ni. (' bdellium, résine ))||g. 
gugal, s. gugurti, pj . guggul 
guggal, \i.gûgal\\skr.giiggu]u-. 
-§40,97. 
giich m. « bouquet »\\g. guch, 
pj. h.gtichâ\\[ykv. skv. guccha-. 
-§101. 
g un m. « qualité » ; gunnem 
« multiplier ; répéter (une 
leçon) »||g. pj. h. b. gun, s. 
^MWM, kçm. gon ; s. pj. h. 
gnu- « multiplier, compter » 



llpkr. guua- « qualité », gun- 
« 'apprendre »j|skr. giina-, 
gunann-. — § 97. 

gimthijem, gutijeni « emmêler », 
giltb f. « nœud », ^î<//rt m. 
« contrat, monopole ))||g. 
guinthviiiu « tresser, nouer », 
s. gnndhauu " natter », pj. 
gunnhci (part, giiddhd) « tres- 
ser, pétrir », h. gtindhnâ 
. « entrelacer, pétrir », giilhnâ 
« enfiler », sgh. gotaiiavà 
« attacher » ; pj . gutt f . . 
kçm . giit m . « natte de che- 
veux », g. ^''////o, s. giiio^ h. 
giittà «^ contrat, monopole »|| 
pkr. part, giiltha-] d. giittï 
bandhanani icchâ vacanain lalà 
çiroiiullyaiu ceti pahcarthâ (106, 
16) Il cf. skr. graniha-. — § 
30, 97, 110. ' 

giunphà, giiphà f. « retraite syl- 
vestre d'un yogi, berceau, 
caverne »||g. s. h. gtiphd f . , 
kçm. gopb\\d. guinpho gnptih 
(102, 13) Il skr. gnsp- <( accu- 
muler », guph- « tresser » 
(cf. tsig. khuv-}, giip- « ca- 
cher»?- § 71, 86, 126. 

giirgnrnem, gburghurnem « gro- 
gner » ||g . gùrvum ghurakvum, 
s. giiranii, pj. gurguràmjâ, h. 
gurrâiiâ, gbiirgbiirâiiâWcï . d. 
gbiiggburî tatbâ ghurghur'i 
niaijdnkab (109, 8); mot imi- 
tatif (autre explic, Pischel 
B.B. 111,237). — § 76. 

gurûm n. « vache, buffle », 
S'urcni n. « héUi'û <y, <yi un kb\â 



INDEX 



325 



.< herser >'l|pj. h.gonl, tsig. 
guruv\\skT. go — \-'rûpam. — 
§ 66, 97, 172. 

gû m. « excréments ))||g. h. b. 
sgh . gû ; s . goho, pj . gtihà 
« bouse séchée ». kçm. guh 
« fumier ))||p. skr, gniha-. — 
97, 161. 

gnj n. <' secret »||g. gftj, s. 
gujho, pj. gujjh, h. giijhl 
« secret » , kçm . gûj'- « no- 
yau ))j|pkr. gujjha-^skr . gii- 
hya-. — § 88, 97, 107. ' 

0^/7/, ^//(/ m . « sucre brut, mé- 
lasse »||g. o-o/, s. giidit, pj . 
h. ^//_r||pkr. ^///rt-|lskr. giida-. 
— §97,146. 

gerûi. « ocre ))||g-. geni, s. ^^t'.r/?, 
pj. o-^;77 o-gr/", h. gerûgairfi, b. 
o-^r/, kçm. gunif- « brun »|| 

^> * o . Il 

pkr. geria-, geruya-^?,'kv . gai- 
riha-. — §77, 97, 143. 

gela adj. « allé ))||g. o-ao, pj. 
oià, maith. o-g/, b. o^^/o, h. 
^flv^. -gâ (dans les futurs), 
kçm. gaiiv gayôv, tsig. gelo, 
sgh. giyaWpkr. o^^a-Uskr. 
gâta-. —'§62, 97, 16o. 200, 
229, 242, 256. 

geh n. « maison »j|g. h. b. gch, 
sgh. ^^ o-^vfl||pkr. p. skr. 
geha-. — § lo9. 

gokraij f. n. « oreille de vache, 
objets ayant cette forme .)}| 
skr. gokanja-. — § 162, 163. 

gothâ m. « parc à bestiaux », 
S'othî £Osth f. « histoire »||e:. 
gotho goth (« confidence »), 
pj. gohth gost, h. gosth, gosthï\\ 



pkr .gott ha- , gotthï\\ skr. gostha-, 
gosthï. — § 78", 97, 110. 

god adj. « sucré, doux »||g. godî 
«- douceur », tsig-. gudlo 
« doux : sucreries »||skr. 
gauda-. —78,97,116, 146. 

gou f. « SAC y>\\g. h. gun, s. gûnî, 
h.gon, kçm. guna, tsig. gono\\ 
skr. gonJ. — § 78, 97, 134. 

got n. « caste M||g, (neut.), pj. 
(fém.), h. (masc.) 0-0/, s. gotii, 
sgh. got] maiyâ slnâ got ou 
got, sinâ. gos- « maison ))||pkr. 
p. o-o//a-||skr. gotra-. — § 78, 
97, 121. 

gophâ m. « cheville, chignon » 
\\skr. gulpha-. — § 80, 97. 

gorâ adj. « blanc, pâle »j|g. go- 
rum, s. gorii, pj. h. b. gorà, 
sffh . goraWskv. salira-. — S 
78, 97, 143. 

goi'anid m. « piste du bétail »|| 
d . goantà gocarauâh ( 1 Oo , 13. 

— § S5, 111. 

gùvarm. « bouse sèche »||g. gor, 
gohar. h. b. gobar\\d. govaram 
karJsam (105, \)\\skr. govara- 
gorvara-. — § 97. 

gosâmï, gosâvJ m. « ascète »j|g. 
h. gosâim\\skr . gosvàmin- . — § 
97, 138, 152, 153. 

golà m. « boule », gojl f. « pi- 
lule »||g. gol « rond », gojl 
(.( pilule » ; s. goîii, golû h- 
gol golî, h.gol,gulî, kçm. gfd' 
<( balle » Il skr. golaka-, giitikâ. 

— § 97, 145, 146. 

gair- « dé-, mé-, extra- »||ar. 
gair «■ autre ». — § 29. 



326 



INHEX 



gyàj f. n. « corde garnie de son- 
nettes attachée au cou d'un 
buffle ))||cf. sgh. giv « cou » 
||skr. ^mw-/)'n ? — 07, 106. 

ghadgbadnem « tonner », ghad- 
ghad « en craquant, brusque- 
ment «llg-. gharakvum « gro- 
gner », s. gharaknii « sonner 
(cloche) », h. ghargharânâ 
« tonner, craquer ^^,gharahnâ 
« grogner, menacer »||ap. 
ghudiikkai [garjati). — § 76. 

ghadnem « former, toucher ))|| 
g. s. pj. h. ghad- « former, 
faire ». kçm. gar- « couper, 
faire », sgh. galvanavà «frot- 
ter » llpkr. ghadai\\sk.v. ghatate. 
— §46, 99, \\\, 253. 

ghadâ « pot de terre »||g. gha- 
dnm,^']. h.gbarâ, kçm. gada. 
tsig. khoro\\p. skr. ghata-. — 
§46,99,111. 

ghadî f. « période de 24 minu- 
tes >)||g. s. pj. h. b. ghadî\\ 
skr. ghatikâ. — § 99, 111.' 

ghan adj. « épais, dense ))||g. 
ghaijuin, s. ghami, pi.gbaijth 
h, ghan, h. ghan, sgh. gana ; 
pasai gan, kalasa yona, maiyâ 
■{ô « grand »||pkr. ghaija-\\p. 
skr. ghana-. — § 99, 134. 

gha7- n. (( maison ))||g. pj . h. 
b. ghar, s. gharu, kçm. gar, 
tsig. kher, tsig. arm. khar, 
sgh. gara\\p\ir. p.^W^-||cf. 
skr. grha-. — § 99, 143, 
191, 197. 

ghâgar (. « pot à eau »i|g. pj. 



h. gà gar ï.\\skr. gargara-. — 

§ 84. • 
ghât m. « quai, escalier n\\g. 

pj. h. b. ghât, s. ghâtu, kçm. 

^rt^/;||skr. ghatta-. — § 99, 

109. 
ghiïmt f . « cloche »|jg. ghamt, s. 

ghamtii, pj. b. ghanità, kçm. 

ganta, ^wr''j|skr. ghantâ. — § 

99, 109. 
ghâtnem « écraser », ghatnem 

« se contracter » Il g. a/j^f/î/î/y/î, 

pj. ghaiun « se contracter, 

diminuer » ; s. ghâtu, pj. 

f/;^//rt « perte «jjpkr. ghattha- 

\\<ikr. ghrsta-.— §30, 48,89, 

99, 110, 231. 
gbân f. '< puanteur »||g. ghâij, 

tsig. khan ; sgh. gahaiia « nez » 

llpkr. p. ^/7â«a-||skr. ghràna-. 

-§ »9.' 
^/ww m. « sueur »||g. h. ghàm 

« lumière du soleil, chaleur, 

sueur », b. ghâmite « suer », 

kçm. gam « tristesse, peine », 

tsig. kham « soleil ))||pkr. 

ghamma-\\skT. ghar ma-, — § 

99,138. 
ghây, ghâo m. « blessure >'>,ekâ- 

ghâyîni " d'un coup »||g. ghâ, 

ghâv, s. h. ghâfi, pj. b. ghâ\\ 

pkr._^''/Mrt-||skr. ghâfa-. — § 53, 

57, 99. 
ghâsnein « frotter, écorcher »|| 

g. ghàs-, s. ghâmch-, pj. h. b. 

ghas-, tsig. Â'/:7L).f-, sgh. ^â'/;-|| 

pkr. ghasai, p. o'/j^m5a//||skr. 

;^^^rrfl//. —§99,231. 
ghâs m. « herbe, foin »||g.h. b. 



INDEX 



327 



ghàs, pj. ghâh, kçm. gâsa, 
tsig. khas\\skT.gràsa-. — § 99. 

ghàlnem « verser, jeter ))||g. h. 
ghàl-, pj. ^/7a//-||ap. ghallai 
{k^ipatî)\\cî. skr. jigharti et ^a- 
/^//. — § 99, 229. 

ghln.ii beurre clarifié n\\g. pj. 
^- gh'., pj. ^/:'^(5, s. gihii, b. 
o'/;/, s. o-^j/a, kçm. ghyau, sgh. 
^î ^/ya||pkr. ghaa- ghia-, p. 
o'/jdfû-||skr. ghrta-. — § 30, 
31, 66, 99. 

ghumnem « résonner, durer, 
gonfler, fermenter n\\g. ghum- 
vuffi « souffler » ; s. ghumann, 
pj. ghumtnnâ,h. ghumnâ(i rou- 
ler » ; cf. o. o'/7Mr-||pkr, 
ghummai\\skT. ghûrnati. — § 
99, 138. 

ghusajnem « baratter, secouer » 
g. pj. h. ghus- « s'insérer, 
entrer », tsig. arm. khusel 
« essuyer, balayer »||(i. ghti- 
salai mathnâti (109, 13)||skr. 
ghrs-. — §30, 99. 

ghenem ghepnetfi « prendre », 
ghaghâ cl vidyâ « l'art de 
prendre », -ghe (ajouté aux 
noms de nombre) « ensem- 
ble ))j|s. ginhanu, o. ghen, h. 
gahnâ, sgh. gannavâ (pcpe 
gattâ, absol. gêna) ; groupe 
N.-W. gi- et tsig. gelavâ 
« apporter » ; pj . gahà « ac- 
tion de prendre » ; kçm. hé- 
(( prendre » ?||pkr. genhai 
gheppai, ahsoX.. gahi il Ji a, gheù- 
na ; pkr. genhàti^^V.v . grhnâti, 
grbhàyati, graha-(i. -ir. *ghra- 



l,h9.). — § 30, 31, 80, 99, 
165, 168,229,231. 

ghot m. « gorgée », ghotnem 
« avaler », ghntghut « par 
gorgées, dune gorgée »||g. 
ghot, pj. ghiitu h- ghonit; s. 
ghntakijUyh.ghumtnâghataknà, 
o. ghHtanâ\\d. ghuttai pibati 
(109, 12), ap. gbmntai, pkr. 
ghottai. — § 76, 80, 109. 

gbodâ m. « cheval »||g. s. ghodo, 
pj. h. b. ghorà, kçm. gur", 
waialâ gur, gawarbati pasai 
gora, garwi gor, maiyJl gbo, 
tsig. khuro « poulain »||skr. 
ghotakà-. —§99, 111, 194. 

ghoz',ghoho m. «mari »||d. gàma- 
ni gàmaudo gàmagoho goho ete 
ca tvàro 'pigrà mapradhà nârthàh\ 
goho bhata ily anye (102, 5). — - 
§78,99. 

ghoms, ghos m. «bouquet »||skr. 
guccha-. — § 84. 

ghohiem <( secouer »,||g. o^/;a/t'ww,- 
pj. h. gholnâ « fondre », b. 
gholàite « mélanger »||pkr. 
0-/;///- Il skr. ghûni-. — § 99, 
111. 

r, V. m. ci, particule emphati- 
que (enclitique^ Il chattisgarhi 
r, g. s. /Ilpkr. ccia, ccea\\sk\\ 
caiva . 

cakvâ m . « oiseau casarca rutila » 
(v. Hobson-Jobson, s. v. 
hrahminy J//r^)||g. cakvo, s. 
cakuo, p. h. cakvâ, sgh. sahvâ 
Ilpkr. mM^a-||skr. cakràvàka- 
— §48, 60, 101. 

canKarmm « chanceler, hésiter», 



328 



INDEX 



caincal adj . (( tremblant »||g. 
camcal, s. camcalu, pj. h. b. 
camcal « hésitant » ou« actif» ; 
Sf^^li . saml « agitation, hésita- 
tion, œil )'||cf. cl. cauicario 
bhramarah (H3,6)||skr. carca- 
rîli, caficala-, cf. caùcarin- 
(. abeille ». — §101 . 

cad, cadaki. « claque ))j|g. cad, 
b. cadcadl « craquement >». 
pj. carahià « craquer », h. 
carcar « craquant » ||ap . cadah- 
^flf-||skr. catacatati. — Mot 
expressif ; cf. les formes 
dravidiennes citées § 94. 

cadhnem « monter ))||g. càd-cadh- 
s. pj. h. o. cadh- ; sgl. sàda 
« montée »||pkr. cadai. — § 
46, 252. 

canâ m. <• pois chiche »||g. pj. 
canà, s. cano, h. b. canâ, kçm. 
mMûîllskr. cana. — § 46, 134, 

catrà adj. « habile »||skr. catiira-. 
— § 163. 

catkor, catkar, cotkor m. f. " quart 
de gâteau, de fruit »||m. caiit 
m. (' quart » -[- kor f. « bord, 
quart de gâteau ». — § 43, 
171. 

caruem « paître ))||g. s. pj. h. b. 
kalacha garvi isig.car-. china 
cer-, maiya sâr ; p. ê. kçm. 
car- « rassembler, ramasser, 
becqueter ». ||pkr. p. skr. 
car-.— § 49, li3. 

carit n. « actions, exploits »||h. 
carit, pj. h. carilar. sgh. si rit 
« mœurs »||skr. ca titra-. — 
§ 121. 



cavnem « tomber dans la dé- 
bauche, devenir fou >'||g. cav- 
viim « renaître », sgh. henavâ 
(' tomber »||pkr. cavai^f^^r. 
cyav-. — § 46, 101, 152. 

cavdâ, cavvîs, v. caudâ. covîs. 

câ adj. servant à former ladjec- 
tif d'appartenance, dit « gé- 
nitif ». — § 202. 

càkn. « roue ))||g. h. b. càk, s. 
caku, pj. cakk, kçm. carakh, 
sgh. jû^llpkr. cakka-\\skr. ca- 
kra-. — § 48, 93. 

càkhuem « goûter », câtmm <( lé- 
cher »||g. s. h. b. câkh-, pj. 
cakkh- '« goûter » kçm. cah 
« sucer » ; g. h. cât, s. cat-, 
pj. catt-, tsig. car- « lécher » 
Il pkr. cakkhai « manger, goû- 
ter », caddai « manger »||skr. 
cas- « manger » (non attesté 
dans les textes), cf. persan 
câst « déjeuner », cas- « goû- 
ter », en regard de cas- « ap- 
prendre », cf. skr. caste, cak- 
sate « voir, dire ». — - § 47, 
109. 

câti'i m, « louche de bois, rame » 
Ijpj. cattn « mortier en bois ». 
Il faut séparer sans doute 
d'une part g. câdinii « creux 
au bout dune cuiller, lampe, 
bouche (t. de mépris) », 
d'autre part s. câdî, pj. câttt, 
h. câti, sgh. sal sâliya « pot 
ou écuelle de terre », tsig. 
caro <* assiette »||d. cattn dâ- 
rubastah[\l[A). — ^il,\09. 

Cad f. f< désir, affection »||g. ^^(i 



INDEX 



329 



f. « souci », s. càdi « désir », 
pj. eût « prédilection ).^||skr. 
câtii- m. n.. « caresse ». — 
§111. 

cât m. f. n. « rouet, fuseau »j| 

g. câtn\\d. catto tarkuh (Hl,4) 
Il skr. cattra-. — § 121 . 

câmd m. « lune »||g'. h. cdmd, 
s. candii. pj . cajui, p j . occ. 
can, maith . câmd câu, tsi^. 
con, sg^h. ^aw^^llpkr. canda-'^ 
skr. r^;/^;-^-. — § 68, 123. 

càpat, capdà adj . « plat, bas ))|| 
g'. crt/>a/ capat, h. rapM, s. 
capitini « plat », kçm. ra/^a- 
thal « en forme de planche », 
h. càpdâ « plaine », b. capad 
« paume », pj . câpar, h. m/)/'î 
« gâteau de bouse de vache » 
||skr. carpata-. — §48,109, 
111, 12o. 

càmpà m. « magnolia »||g. râm- 
/)//;;/, s. cainbo, pj . cainhâ cain- 
pâ, kçm . camba, h. campa, 
sgh. i'fl'/)// Il skr , campaka- . — 
§68, 71, 123. 

f^;// n. « cuir »||g. h. b. câfn, 
s. CiDiin, pj . ca)um, tsig. arm. 
f.jflw, sgh. 5awfl!||pkr. camma 
||skr. canna. — § 138. 

càmhârva. « corroyeur »||g. h. 
camâr, s. camârii, p j . camàr 
camiâr, kçm. m)/" camàr, sgh. 
5tw/;7w;7<||pkr. frtm//w;'flf<z-||skr. 
carmakâra-. — § 61, 138, 
143, 161. 

car, cyâr « quatre »||g. p j . h. 
car, s. b. o. càri, maith. 
câr\ chinsL car, kçm. côr (cï. 



GriersonP/f. lang. p. 37), tsig. 
star, tsig. arm. ts?tar, sgh. 
hatara, Mr||ap. càri, pkr. 
r^^Wn||skr. catvâri . — §61, 
143,216. 
car m. « buchanania latifolia » 
||d. câropiyàlavrksah (119, 9). 

— §101. 

càhiein « aller, avancer »||g. b. 
o. câl-, pj . call-, s. h. rrt/- ; 
kçm . cal « s'enfuir » ; caus . 
tsig. calav « battre, remuer » 
sgh. .çflf/- « remuer, renver- 
ser » Il pkr. caUai\\sk.T. calai i . 

— §48, 143, 234. 

càvnem ^^ mâcher »||g. càv-, s. 
pj. cabb-, h. b. càb- ; cf. kçm. 
cop'^ « morsure » ? Miklosich 
rapproche à tort tsig. cam 
(( joue » (skr. /awW;a-)||skr. 
carvayati. —§132, 230,233. 

Câviinda-, nom propre. — § 137, 
281. 

cajjs « quarante ))||g. câjjs, s. 
rrtM;, p j . câli, h. r^/'/j, b. 
^a//û, kçm. catajih, sgh. ^rt^^- 
/z7ja-5â/îV||pkr. càyâlïsam cal- 
tâlisam, p. cattâUsain caltàrî- 
5<rw||skr. catvârimçat . — § 
141, 216, 223. 

cikati adj. « gluant ))||g. ciko- 
uiiin, pj . cikkâii, h. cikiiâ 
« gras », tsig. ciken « graisse » ; 
cf. m. g. r;7c « résine », pj . 
cik « sol », h. cîk « dépôt de 
suie », tsig. cik « ordure, 
terre », s. ciko « glutineux », 
cikâm « boueux »||slir. cikka- 
ua-. —§03. 



330 



INDEX 



cikçâ ciksyâi. <' soupçon, appré- 
hension »|jg^. r7^j^||skr. cikit- 
sâ. — § 162, 163. 

cike«^ un peu », cikkar adj . « pe- 
tit »j|d. cikkâ alpamvastu ta- 
nudhàrà ceti dvyarthà (M 9, 9) 
||canara cihka <( petit », cihkt 
« tache ». — § 94. 

cikhal m. « boue »||g. cikkal, 
pj . cikkar, sgh. .<-//rrt/||d. aÂ- 
khallo kardamah (MS, r))||skr. 
cikhalla-. — § 101 . 

cinnctn « construire, boucher » 
Il g. cinvnm « plier » ; s. 
ciinaijn, pj. <:/w«â « empi- 
ler, plier », h. n*«»â cunnâ 
« rassembler, bâtir », tsig. 
cinav- i<- secouer ))||pkr. cinni 
||skr. cinoti. — § 101, 230. 

cimtnem « penser »||g. citvum 
cintvum, s. cîtavii, h. ««^?7â|| 
skr. cintana-. — § 71 . 

«/«/ m . n . « antilope tacheté » 
Il g. c'iial (( serpent tacheté », 
pj. citlâ adj. « tacheté », h. 
cîtal\\d. cittalam manditam , cit- 
talam ramamyam ityanye (112, 
8) Il dérivé de skr. citra- . — 
§ 121. 

cita cittâ m. " léopard »||g. cit- 
to, s. cito cito, p j . cittâ, h. 
cita ; cf. tsig. cicay « chat » || 
skr. citraka-. — § 44, 101, 
121. 

citâri m. « peintre »||g. citâro, 
pj. citera, sgh. siliyara,\\skr. 
citrakâra-. — § 44, 61, 121 . 

cipnem cepnem « écraser »|| g. cip- 
vum « presser, plier » ; pj . 



cippuâ « fouler, rapiécer » ; 
h. cepnà « coller » ; s. cipanu, 
h. cipite <' écraser », kçm. 
cipiDi « cacher »||skr. rac. 
cip- « écraser »(v. Çlksàmuc- 
caya, éd. Bendall, p. 182, 
note 1), cipita- « aplati ». Il 
est permis de penser que la 
voyelle de la racine repose 
sur un ancien r, cf. d une part 
m.ctippfS.cipu cupii, h. Clip etc. 
« silence », d'autre part m. 
càpnem, h. câpnà etc. « écra- 
ser, imprimer », et m. càpat, 
skr. carpata- u plat » (v. sous 
ce mot). — § 80. 

ciraknem « craquer ; avoir des 
selles brusques et peu abon- 
dantes »||pj. ciraknâ, h. cirak- 
nà ; kçm. clr- « faire sortir 
l'eau en écrasant ou en tor- 
dant »||cf. d. cirikkâ... tanu- 
dhârà pratyûsaç ceti (119,10) ; 
dérivé de la racine m. cir-, 
g. s. pj, h. b. clr- « déchi- 
rer », cf. m. etc. clr « déchi- 
rure », kçm. ciran « trou » ; 
skr. ctra- « bande d'étoffe, 
haillon », rac. ciri himsàyàin ? 
— § 50. 

circir, circiràm, ciriciri adj. « en 
pluie fine »||d. ciricirà tathà 
ciriincirâ jaladhàrà (116,5). 
^ §163. 

cimvar civar n. « filaments 
entourant la pulpe du fruit 
de l'arbre à })ain »||skr. ciku- 
ra- « cheveu ». — § 1 43 . 

civadnem « écraser », civdà m. 



INDEX 



331 



« fruits écrasés »j|h. cindâ 
(( riz écrasé ))j|pkr. cimidha- 
cividha-\\sk.T . cipita-. — § 44, 
152. 

cuhi f. « pincée ))||s. ciiko 
«quelques gouttes », h. cuk- 
tà « poignée ))||d. ciikko mus- 
?//;(H6,13). — § 44. 

cukuem « s'égarer, se tromper » 
||g. s. h. b. cuk-^ pj. cnkk-\\ 
pkr. cnkkai bhraçyati, v. Pis- 
chel § o66 et n. 4 ; cf. skr. 
cukka vyathane"^ — § 44, 93, 
252. 

cukà m. « oseille sauvage ))||s. 
cûko, h. cilkâ, h. cîlk ; g. fw^o, 
pj . cûkà cukkâ « espèce de lé- 
gume ))|jskr, cukra-. — § 44, 
93. 

cuinc f. « plante médicinale ))|| 
skr. CUCCU-. — § 101. 

cudà m. « bracelet »||g. cudo, s- 
cûro, pj. h. «/m||d. cûdovala- 
yâvall (118,6), cf. valayabdhn 
cùdakàkhyam bhujàbharauam 
(255, 7). — § 44. 

cunî f. « son grossier mêlé d'un 
peu de gruau »||pj. h, cûnï 
« poussière de pierres pré- 
cieuses, ou de grains écra- 
sés ))|| d. cunio reuuvicchurila 
iti tu cûruitaçabdabhavah (M 7, 
18)j|skr. azrw/^. — §135. 

cnnà m. « ciment ))||g. cuno 
cûno, pj . h. cûnâ, kçm. cû- 
na, sgh. /;«;/« Il pkr. cuuna- 
d . ciinaio cû ruàha tah{\\.l, 18); 
curiûo. . . vyatikarah (119, 14)|| 
skr. cûrua-. — § 44, 135 . 



cumbnem « embrasser »||g. s. 
cum-, pj . cutntn-, h . cnin-, 
tsig. cHinh- cum- ; kçm. cu- 
mun « implorer, flatter )) Il pkr. 
skr . cumb- . — § 138. 

cuinbal cuinhhaln. « rond d'étoffe 
posé sur la tète pour porter 
des fardeaux »||h. cumiiial 
cumll ; sgh . suinbula « cou- 
ronne))||p. cmnbata- . — §86, 
138, 146. 

cultà m. « oncle paternel »|| 
l)kr . cullatâya- « beau-père » 
Il Cf. skr. ksulla- et tàta-. — 
§ 60, 101, 141. 

cujcul f. « impatience »||pj. h. 
culcul\\à. culuculai spandati 
(118,5). 

cud^- «torche »,||cf. d. cudidï 
ulM (117, 4 

cûu n 

de grains donnés en nourri- 
ture au bétail », cûn n. 
« raclures de noix de coco » 
||pj. h. cûn « son, farine, 
poussière »||pkr. cunna-^s^T. 
cûrua-. — § 135. 

cûJ f . « fourneau »||g. culo cûl, 
s. ctdhi, p j . culh, h. cuJhî\\ 
skr. culli. — § 148. 

cela m. « élève »||g. celo, s. 
celu, pj . cela « disciple », 
cerà « disciple, esclave », 
kçm. cela, h. b. a'/ÂJ|d. cillo 
ta thà cedo bâ lah (114, 1 5 ) 1 1 pj . 
cerà et d. céda- remontent 
sans doute à skr. cela- « es- 
clave » ; le mot marathe se 
rattache à une racine dravi- 



« balles et fragments 



3:{2 



INDEX 



dienne : canara cUlara rillu 
fini « petitesse, tàmoul ri la 
« un peu » etc. — § liiS. 

cevavinein cavavinem « réveiller 
exciter ». ceinem cenem <( ré- 
veiller ))||g-. ceivuin « réchauf- 
fer »||pkr. ceyan a- \\skr. cèla- 
na-. — § o5, 77. 

cokh adj. (( réel, pur, beau oUg-. 
cokkhum, pj . rokkhâ, h. cokh\\ 
skr. coksa- . — § 96. 

coda m . « caresse, coquetterie « 
Il g-, comclàm (neut. pi.), pj. 
h. coclâ\\à.. cumculiam ava- 
dhàritam satrsnatâ ^d! (1 20, 1 ) ; 
mot expressif sans doute ap- 
parenté d'une part à m. coda, 
'^.cuniâ, pj. cùcâ, kçm, cica, 
isig. cuci, skr. cûcuka- « sein », 
d'autre part à skr. cancu-, m.. 
conic « bec ». — § 80. 

corne, cûmc, tome f. « bec »||g^. 
càmc, toc, s. cûmji, pj. cumj, 
kçm. côifit" i< menton », h. 
corne, h. s. tow/, sg-h. /;o/â!|| 
pkr. cameil ; d. cunieidî eahcuç 
culiikaç ea (120, 1)||skr. m/V 
«<-. — 5<6S, 80, 101, 170. 

cojm. n. « merveille ))||h. pj. 
fo/||d. cujjâm âçcaryaiit ; olsani- 
yoge; iti cojjam il y api{\\('), 
li)||skr. codya-. — ;^ 80. 

cor m. « voleur »||g-. pj. h. b. 
tsig. cor, kçm. cûr,sg\\.horâ\\ 
Y>k.cora-\\skr. caura-. — § 29, 
78,143,180. 

cozna, cavvîs, cyauvis « ^•ing■t- 
quatre >)\\g.covis, s. eoinh, pj. 
caubï, kçm. côiuiih, h. caubts. 



I 1). cabb]s\\\ikv. eaiivisa cauv- 
VI sa cauvviha \ \ skr . cattirvim- 
çal. — % oO, 216. 

cohiem « frotter, frictionner »|| 
g. co}vuin\\QÏ. skr. ctlrna- ? — 
^ 141. 

cauk m. « tour, bâtiment, es- 
pace ([uadrangulaire »||g^- 
cok, pj . h. b. cauk, kçm. eokh\\ 
d. caukkam catvaram (111, 
ll)||skr. catuska-. — i; 56, 
93. 

eauthi. « quatrièmejour lunaire » 
||g. pj. h. rû!»//j, s. coihi ; kçm. 
co//; « fièvre quarte ))||skr. 
crt///;-//;/. — ,^5 o6, 108, 114, 
216. 

cauthâ adj. >< quatrième »||g. 
cothum, s.cotho, pj. h. cauthâ, 
b. cauthâ, o. ^^7«//;||pkr. cûm/- 
tha- cotiha-\\skr. caturtha-. — 
§ 20, o6, 108, 114,216, 226. 

caudàcavdà <- quatorze », caudas 
câvdas f . « quatorzième jour 
du mois > ||g-. b. o. caud, s. 
eodahain, pj. eandâiu, pj. occ. 
coda, h. caudah, kçm. fo^ô/j, 
sg-h. /»^/<i « quatorze » ; g. 
caudaç, pj. caudas » 14'^ jour » 
Il pkr. cauddasa-, coddasa- 
( textes), côddaha- fgramm.), 
ap. eauddaha-\\iiki\ caturdaça-, 
caturdaçV. — 5^ 56, 57, 11;}, 
123, 156,216,221. 

chabiJù adj. « joli, g-racieux »|| 
g. chabilo, pj. h. c/;^/';7^||cf. d. 
châillo prad'ipah . .. surûpaç ceti 
(124, 18) Il skr. chavi-. — § 
101. 



I.NDEX 



333 



chàvad n . , terme d'atlectiou ap- 
pliqué à un enfant ; châvùm. 
« jeune éléphant ^y\\g. cbonnu 
« enfant », pj. h. chaiinâ 
«petit d'animal », pj. chohàr 
« enfant », h. chàvà « jeune 
éléphant », b. châ chàin « pe- 
tit d'animal », châval châlâ 
«enfant », tsig. càvo^<- enfant, 
fils », cf. g', cbokro, s. chokfv, 
pj. h. b. chokrà, kçm. chûhir 
« enfant », tsi^. arm. coki 
« fille » pkr. châva-, p. châ- 
pdt-l|skr. çàva-. — § 101. 

chàvnl chàvni f. « abri, camp, 
plafond »;|g'. pj. h, chàviil 
châvnî,s. chàijiviijl; cf. s. châ- 
mii « toit », g. h. châ-, pj. 
châii- (( couvrir »!jskr. châ- 
dana-. — § 101 . 

jaklây vulg-aire ]^ouv sakal « tout » 
Ijskr. sakala-. — § 90. 

jag n. « monde »||o-. h. jag, s. 
jagii, X^j-jagg, sg-h. J/>||pkr. 
jaam, ap. jagu^skv. jagat. — 
§98. 

jat f. « chig-non des ascètes », 
jad f. « racine »||g. h. jatà, 
pj. jat « chignon, racines 
pendantes du banian », g. 
pj . h . h.j'ar, s. j or ha (^ racine » , 
tsig. jar c( cheveu «IJskr, 
jata. — % 105, 109. 

jad adj. « froid, apathique, 
lourd » Il g-, h. jad, s. jani jjskr. 
jada-. — § lOo. 

jadueni « combiner, sertir »||g. 
s. pj. h. b.jad-jar^à. jadiain 
khacitam (116, 12)||skr. jat 



jhat samghâte ; cf. canara jadi- 
« écraser, sertir », tamoul 
çadei- « clouer » ; can. jadda, 
télougou jadde « union », 
etc. — § 46, 109, m. 

jan m. f. n. <« personne, indivi- 
du »\\g. jan, s. jann, pj. h. 
b. jan, tsig. jeno, sgh. dana\\ 
pkr. jana-\\sk\\ jana-. — § 
105, 134. 

jar, jarl, jarlm « si wjjskr. yar- 
hi. —§38,39, 103,143,274. 

jar ni. « fièvre ))||s. jara f. 
« chaleur d'un foyer », h. jar 
<i fièvre »[|pkr.;am-||pkr. jva- 
ra-. — §103, 143. 

jardî, jaranidî « vieille femme 
infirme » ||d . jaramdo vrddhah ; 
jarado ity anye (126, 7)||skr. 
jara-, jaratha-. — § 103. 

jav m. « orge »||g-. s, h. jav. 
jau, tsig. jav, cf. 'Ia,3a5',cy, 
nom de Java chez Ptolémée 
[[skr. \ava-. — § 103, 129, 
132. 

javal « près de )),javlûn « d'au- 
près de »||ar.-pers. jiiuâr 
proximité ». — § 149. 

jainv, joui « au moment où », 
jauin « jusqu'à ce que »||g. 
jav « quand », pj . jau 
« comme », h. jah « quand », 
sgh. yav « jusqu'à ce que, 
tant que », cf. tsig. //«jus- 
qu'à » ?j|ap. jâti, jâuin\\ski'. 
yâvat. A distinguer de g. pj, 
h . jo « si », s . jo « puisque » , 
skr. yatah. — § 103, 206. 

jas n. « succès »||s. jasu^ g. 



334 



i>1)p:x 



pj. h. jn<;, sgh. yasa « hon- 
neur, gloire ))i|pkr. jasa-\\ 

skr. yaçah. — § 103. 
jal n. « eau ))||g. jd, s. jarii, 

pj . h./a/jlpkr. fikv. j a la-. — 

§ 39, 41, lOo, 143. 
jal lient n. " brûler », jâl m. 

« flamme », jâjijem act. 

« brûler »||g-. pj . h. b. Jal-, 

s. /rt/-, o. jval-, kçm. :^^/-, 

sgh. dal- ; et g-, ^rt/-, s. bar-, 

h. pj. Z'rtZ-Jlpkr. jalaiy jàlâ\\ 

skr. jvalati, jvâlâ, jvâlayali. 

— §103,143. 
jalû f. « sangsue »||g. jah, s. 

/arw , pj . jalam 1 1 p . jalogl- 1 1 skr . 

jalankâ. — § 46-, 64, 103, 

143. 
jai f. (> jasmin », jâiphal n. 

c< muscade ))||g. /<7r, s. jâ, h. 

/rt/;/", sgh. dâ; g. jâyphal, s. 

/rt///r, pj . jâfal, h. jaephaL 

sgh. ^rt/)rt/rt||pkr. ;rt/-||skr. 

;V///-. —§46, 103, 143. 
/âû f. « femme du frère du 

mari »||skr. yâtf-. — § 46, 

103. 
jâgnon «^ s'éveiller » Il g. s. pj . 

h. b. jâg, tsig. jang, kçm. 

lâg- « être attentif »]|pkr. 

jaggai\\skT. jâgarti, part, jâ- 

grat-. — § 103, 230. 
jâmg, jâmgh f. « cuisse »[|g. s. 

pi-jaingb, h. b. jâmgh, nép. 

/rt7/,tsig . cang »< jambe », sgh . 

damga « mollet »||pkr. skr. 

janghâ . — § 88, 103. 
jànnem « savoir » , jânau jario 

iâiifl '< comme si »i|ar. s. 



pj. o. jàn-, h. b. jân-, kçm. 
^ân-, tsig. jan-, sgh. dan- 
((■ savoir, réfléchir (en ce 
dernier sens, provient sans 
doute de skr. dhyàna-, p. 
jhâna-) ; g . pj . jârie, s . 
janu,\\. jâno jane, kçm. ^an 
« comme si »[|pkr. jâriai • 
ap . jaijii jani {iva)\\skT . jânâti. 
— § 46, 60, 103, 134, 230. 

jâijeifi « aller »jjtsig. g. ja-, pj. 
h. b. jâ-, o. ji-, tsig. russe 
yà- kçm. yi-1 (Grierson, Piç. 
lang. p. 119), sgh. _)'rt-||pkr. 
/à/ Il skr. yâti. —§46, 103, 
229, 230^232, 261. 

jànavsâ jânivsà m. « séjour d'un 
des fiancés chez l'autre »||h. 
janvâs « endroit où se fait la 
réception du fiancé »||skr. 
janya- et vâsâ- . — § 32, 74, 
103,135,172. 

jânvem, jânfi, jânhavi, jânhavem, 
n . « cordon brahmanique » 
||g. janoî f., s. janyo, pj . 
h. janeu\\pkT. jaijna-, -ova- 
z;m-||skr. yajnopavlta- . — § 
63, 103, 135, 136, 133. 

jâp jâbm. « réponse, parole »]| 
persan jawâb, peut-être con- 
taminé avec le mot suivant. 

-§99. 

jâpiieiii,jâinpijei!n< dire, parler » 

||sgh. dap-\\pkr . jampai, p. 

jappati\\skv . jalpati. — § 47, 

103. 
jàmb, jàmbh, jâtnbûl, jàmbhûl, m. 

« arbre jambou »||g. h. b. 

jâi)i,s. ass. jâiim, sgh. dain- 



INDEX 



335 



ba ;s. jàmun, p j . h. jàtiiiiii, 
sgh. dmthul\\skr. fanibii-,jani- 
biila-. — §39, 83, 86, 103. 

jàbdd, jâbhâd, jâinbhâdn. «joue» 
Ijskr. jambha- et m. hâd 
(skr. asthi-). — § 89, 103, 
128. 

jàval, jâmvàl m. « gendre ))|| 
g. jamâî, s. jâto, pj. jaiiiâl 
jùvâl, h. janivâu Is'ig. janiutro, 
tsig. de Palestine /rt/rfll skr. 
jiïnuUr-. — ^46, 103. 

jàl f . « buisson », jâli f. jâlem 
n. (( filet» Il g. jâliiin <i filet», 
jàrtun « toile d'araignée», s. 
jàni, p j . h. jùl, kçm. ^^/, 
sgh. dâJa\\skr . jâla-. — §46, 
103, 143. 

jimhiem « vaincre ))j|s.y;/-, kçm. 
:(è«-||skr. //-. — §70. 

jinein « vivre » ; n. « vie »|| g. 
pj. jiv, s. ji- h. jî-, h. ji- 
kçm. T^iiV-, tsig. //i'-||pkr. 
/7a/, iîanla-\\skv. jivali. — § 
44, 63, 103. 

jirnem « être absorbé, digéré »|| 
g. jïravvuin « digérer », pj . 
jlrnà j'iuruâ « s'absorber, s'in- 
filtrer », sgh. dirauavà « vieil- 
lir, se décomposer » ; sgh. 
dirini « vieille femme »,kçm. 
:{irin « vieillard », h. j'uiil 
« vieillesse, digestion »||pkr. 
/îm/||skr. j'iryati . — ,§ 4i, 
103. 

jirem jirUn jirum n. <( graine de 
cumin »||g. ;fr«wj, s. jlrû, pj. 
j'irî jirà, h. jîrà, sgh. duni\\ 
skr. jiraka-. — § 103. 



;î, particule marquant le respect , 
l'assentiment; s'afïixe aux 
noms autres que ceux des 
Brahmanes||g. pj. h. jl, s. 
jlu, /î II skr. jîva « vive ! ». 
-§103. 

jibh f. « langue »||g. pj . h. jlbh, 
s. jibha^ kalacha china jib, 
kçm. ;^^i; (iranien ? v. Grier- 
son, Piç. lang., p. 78), tsig. 
cib jib Ijpkr. jibbhâ fjaina) 
et jihâ\\ skr. jihvâ. — § 103, 
128. 

jiv m. (( vie )>||g. h. jlv, s. pj . 

jîti, kçm. :(iiv, cf. sgh. divi 

(^jivita-)\\T^kv . jlva- ;fa-||skr. 

jîva-. — § 103. 
jlvâ f. « corde d'arc »||h. 

jlvâ, jyâ] sgh. diya\\skr. jyâ. 

-§ 44. 
juî f . (( jasminum auriculatum » 

||g. //«, juî, h. ;rt/?/||skr. yû- 

thikâ. —§44, 64, 103. 

jujiiein, jumjnem, jumjhiiem, 
jhujiiem « combattre » ||g. jhuj- 
jhujh-, pj . jaj-jnjh-, h. jujh-, 
kçm.^'O^-, tsig. arm . juj « ba- 
taille » Il pkr . jujjhai jhujjhai \ \ 
skr. yudhyate. — § 69, 84, 
107, 168,169,230. 

jumi adj . « vieux » Il g. junum, 
s. jhnrio, h. jrm jaun, sgh. 
diinu\\pkr. jiijija- junija-\\skT. 
jîrna- y véd. jurnà-. — § 44, 
103, 133. 

juinpijem « atteler ensemble, 
joindre, mettre en ordre »|| 
g. /7/////it7////j|pkr. ji(ppai\\^k[\ 



336 



IMDEX 



rac. yiip- {ekikaraiie sainika- 
ranc). — § 105. 

jumval, jûl n. « groupe de ju- 
meaux, paire »||pj- jûlà 
«joug- )',sgh. ytivala « paire» 
Jlpkr. juvala-\\s>\iT. yugala-. — 
§ 64, lOo. 

juvâ m. « jeu de dés »||g. jii- 
viim, s. juvâ, pj. h. b. jnâ, 
sgh. duva ^«jjpkr. jûa-\\skr. 
dyata-. — §44, 55, 105. 

juvàrî, jtiârî f. « sorg-ho ))j|g- 
juvâr, s. jiiari, h. jiivù)i\\à. 
jonalid jovàrî ; dhànyam \jovà- 
rï çahdo'pi deçya aw(l30, 10). 
-§64. 

y«w, jumv n. « joug ))j|h. jû ; 
s^\i. yu (' durée de deux mois » 
jlpkr. jtia-\\iik.v. yuga-. — § 64, 
105. 

jûg n. « âge du monde ))||s.y»- 
gu,h. /H^||skr. ;7/^a-.— §98, 
105. 

/(j particule d'invocation respec- 
tueuse, p. ex. je ràjd\\ g. ;V|| 
skr. impératiî jaya. — § 105. 

je f. archaïque pour //, fém. de 
jo « qui ». — § 203. 

je, jem « que » (neut. et con- 
jonction) || g. je, pj. occ. je, s. 
pj. yo||nom.-acc. neut. de jo 
" qui », cf. skr. yat, pronom 
et conjonction . — >:; 20G, 277. 

jethvad f. jesth, jyestb m. " mois 
Jyaistha »||g. pj. h. jeth, s. 
jethu, kçm: ~r//7||skr. jyaistha-. 
— § 105, 110. 

jethâ m. « la première et plus 
forte teinture tirée du safran », 



jethi m. « lutteur de profes- 
sion ))|)g. h. jeth « aîné », s. 
jethii, pj.jeth, « frère aîné du 
mari », b. jeth « frère aîné 
du père », pj. jetthâ, h. jethâ 
(t aillé, supérieur, excellent », 
h. jethî « champion de lutte, 
lutteur », kçm . ~yuth" « aine » , 
sgh. J^/M« le meilleur »j|pkr. 
jettha-\\skr. jyestha-. — § 105, 

lib. 

jeti, jettilâ adj. « autant que.. » 
Il g. jetlo, s. jetiro jetaro, pj. 
jilï jitlâ jitnâ, kçm. yûl", h. 
jitnd, b. jata, o. jete\\p]\v. 
jettia-, refait sur ettia- (skr. 
iyat-, V. sous le mot m. itukà). 

— § 206. 

jevNem« faire un repas, manger» 
jlg. jamvuni, pj . jeiinâ, h. jeonâ 
jeninâ, b. ;>;;/«»« repas »|| skr. 
rac. jim-, jemana-. — § 152. 

jai, jaim « si, quand »||g. s.pj. 
je « si »|)pkr. /fl/||skr. yadi. 

— §200. 

jo pron. relatif « qui »j|g. o. je, 
s. pj. h. jo, b. je jini, kçm. 
yi]}\ sgh. yam-. particule re- 
lative ||pkr. yoUskr. ja-. — • § 
58, 105, 203. 

jogâ adj. « convenable, digne» 
ilg- jog,^- jogn, pj . jog joggâ, 
^^■jogjogâ, kçm. vô^jllpkr. 
jogga- ,skv . yogxa- . — § 78, 
î)8, 105. 

jod m . f. " paire, jonction », 
jodnem jnfijeni « joindre ))||g. 
pj. h. jod, s. jorti; g. s. pj. 
h. yoif-||pkr. jod-\\skr.jut-jud 



INDEX 



337 



{bandhane).— ^ 109, 111, 
114, 230. 

jot n. « joug «llg-. pj . 'jotar 
« harnais », s. joto « corde », 
h . b . o jot^ ts . jiiiOy sgh . yota 
||skr. yoktfa-, — § 29, 78, 
105, 121. 

joindhhîm. « sorgho ))||cf. sans 
doute d. jouualiam jovàrî ; 
dhânyamin^, 10). —§136. 

l'opiïvijeiii « surveiller »|| Le pre- 
mier élément se retrouve dans 
g. joviun,^']. John à, h. jcyvnâ 
johnâ « regarder )y\\d. joamrn 
locanam (130, 9), ap. joedi 
« voir » ||skr. dyotana-. — § 
lOo. 

jov f. « éclair», /aîm/ n. « orage» 
||d. joï vidyut (130, 3)||skr. 
dyota-, jyolis'-. — § oS , 56, 1 05 . 

joçJ, V. m. joisî m. « astronome, 
astrologue »; joskï i.,jospanà 
m. « métier d'astrologue »[| 
g . joçl dosl, s . josî, pj . josî josî, 
h. jofi^ kçm. iichi\\sk.v. jyoti- 
j/À-rt-.— §38,50,78, 105,156. 

jaum «jusqu'à ce que ». \ .jamv. 

jhatahiem «■ secouer », jbafkâ m. 
(f coup brusque »||g. s. h. 
jhatak-, pj. jhatah jharàk\\ci. 
skr . ujjhatita- « égaré » . — 
§107. 

jhatpatï. « vitesse »||g. jhatàpat 
« hâte .) ; s. jhatpati, h. y'/j^/- 
prt/ K vite ». Cf. jhadneui, 
jhadap. 

jhad f. «pluie continue »||g. s. 
pj . h. jhàdî, b. jhad «■ tem- 
pête »||d.y/;â!jz nirantaràvrstih 

La formulion de lu langue inaralhe 



(131, 11), et jhâdajhadïsu 
vadappam (VII, 84) et le 
commentaire : vadappam latà- 
gahanam nirantaravrstiç ca 
(268, l)||canara jadi jidi, 
telougouy7;aç?z' «pluie, trouble ; 
(adj.) incessant ». — § 107. 

jhad mm « se faner » || pkr . jhad ai 
||skr. ^a^-?— §46. 

jhadnem « être actif » jhadap f. 
« bond », jhadpad f. « vio- 
lente agitation »||g. jhadap 
« saut, rapidité ». s. jharap 
« coup (de soleil, de vent, 
du sort), h. jhadap « flamme, 
chaleur »||d. jaadai tvarate 
(128, 3); ap. jhadappadahim 
{vegaih). — § 107. 

jhani, jhauem « si par hasard, 
même si ». V, jànû. — § 84. 

jhapjhap « brusquement, vi- 
te »||g. pj. h. b. jhapjhap, 
pj. jhapp <(■ vif», h. jhap jha- 
pat « saut, élan », g.jhdniplâ- 
vavtun « se précipiter »||skr. 
jhampa- « saut » (cf. hap- ?). 
— § 107. 

jhaniein « couler, dégoutter »|| 
g. s. h. b. jhar- ||pkr. jharai\\ 
skr. ksarati. — § 75, 107. 

jhavijein, jhamvnem « saillir » || 
pj . jahimi ; s . jahânl « prix 
de la prostitution », jâhû 
(( débauché »||skr. yabhati. — 
§ 46, 107, 168, 232, 283. 

jhal f. « coup de soleil » ; jha- 
lak f. « éclat », jhalahmn 
« briller »||g. s. pj. h. jha- 
lak-\\d. jhalâ mrgatrsm [ 131, 



22 



J 



:)3cS 



INDliX 



11) ; ap. jhalakkia- idagdha-) 
Ijskr. jval-l —^ 107. 

j'hâî/ikan n. <» couvercle ». V. 
dhânikaij. 

jhciinkarn. <( buisson épais ))|| 
Il g. jhâinkhanm, h. jbâmkar, 
pj. jhai!igar\\d. jhankharo çus- 
kataruh (131, 17). — § 107, 
169. 

jhàiuj,jhâijijrlï. (( cymbales, cas- 
tagnettes »||g- h. jhânijh 
jbâmj\ g. jhâinjrJ, s. jbamjhn 
pj . jhâinj « son d'un instru- 
mentde musique » '^ûi.v . jhatn- 
jhà » grondement du vent ^>, 
jharjhaiî « espèce de tambour 
ou de flûte ». — § 69, 169. 

jhâiiif m. (( poils du pubis »,f, 
« natte pendante »||g. jhain- 
(uni,s.jhàinta, pj.jbâintb jbâinl, 
h . ;7;rt//// Il d . jbamti lagbnrdbva- 
keçàb (Ï31, H)'.'— ^ 107. 

jbâd n. « arbre, buisson ))||g. 
jbâd^ s. jbârii, « arbre » ; pj. 
h. b. jbâr « buisson »||skr. 
de lexique jhàta- . Cf. jâd. — 
§84. 

jbâlar f. « frange ^)j|g. s. pj . h. 
b. y7M/^/-||skr. de lexique 
jhallarî. — § 47, 148. 

jhâlâ, V. m. yVz/â, part, passé 
« été »||skr. jâta-, — § 84, 
161,202,229,261. 

jhijueui « s'user, maigrir ))||s. 
jbijnu\[<x'p. jbijj-\\skv. kflyatc. 

jhii}à adj . « usé »||g. jbiijuiii 
<( mince, petit >; ; s. jhïijo, pj . 
jblijî, h. jbiiiâ u faible »i|pkr. 



;/;/;/«- Il skr. kfnia- . — § 107. 

jhujnem, jhiijhijetn, jbmnjijem 
<( combattre »||pj. jhfijpâ, 
jbttjhnâ\\\. m. jujnem. 

jhfit f. « mensonge y>\\g. jutbuni, 
pj. jhû(h, h. jhût\\d. jhuttbain 
aJïkam fl33, 13)". — § 107. 

jhem particule emphatique, em- 
ployée comme jo . V. jem, jo. 
- § 84. ■ 

jbeindà m, « drapeau, bannière » 
\\fi.jbamdo, pj. h. jbaindâWpkr. 
jhaa-\\skr. dlrvaja- m. — §68, 
107,130. 

jbeindûfn « parkia biglandulosa 
(les boutons des fleurs ont 
laspecl de boules de ve- 
lours rouge], caillot de sang 
vomi à la morsure de certains 
serpents »||d. jbeijdtio kandti- 
kab (134, 4). — § 107. 

jboijit f. « boucle de cheveux 
pendante »||g. jhiido « mèche 
de faux cheveux », s. jbiilu 
« mèche sur le haut de la 
tête »||d. jbiiintariam pravâbah 
(133. 14). — §107. 

jhodnein <> écraser »||pj. jbaur 
« attaque », h. jbaunui\\cï. 
d. jbodio vyàdhah (134, iO) ? 
IJskr. ksud-.~ § 107. 

jboinpdl f. « hutte »||h. jhotnprà 
||ap. jbmnpadà [hUiraha-). — 
§107. 

jbompnein « dormir »i| isolé ; ail- 
leurs on trouve des représen- 
tants de skr. svap- : g. stivutfi, 
s. sumahnu (part, siito), p j . 
siiHijci, h. sofiâ; h. sau-, kçm. 



INDEX 



339 



ion g-, tsig. sov-, sgh. hov-\\ 
canara jômpu jômii « ivresse, 
stupeur », jômpa « endor- 
mi ». — § 84. 

jholi f . « besace de mendiant » 
||pj. jholi\\di. jholiâi jhalajhalià 
(III, 06); comm : jholikàçabdo 
yadi samskrte na rûdhas ta- 
dâyam api deçyah (133, i) ; cf. 
jhâulam karpàsaphalam (133, 
8)|lskr. jhaulika-. — § 407, 
145. 

taujk m . « ciseau de sculpteur », 
tâmk m. « bec de plume , 
plat de métal avec image en 
repoussé ; roupie en monnaie 
d'argent », tàiiikà m. « cou- 
ture •», tâfiikï f. tâmkem n. 
« citerne »||g. tako tamk 
(( roupie, argent », tàmknum 
« ciseau » , tàmkviun « coudre » , 
tâmkl « citerne » ; s. (âinkû 
(( couture » ; pj . tàinknâ 
« coudre » ; h. fâiiikâ « ai- 
guille, citerne », fâtnkî « ci- 
seau, trou », tâmknâ « cou- 
dre » ; b. tamko « pelle, ci- 
seau, couteau, jambe, mon- 
naie », tâinkite « coudre »||d. 
tanjko khadgaç chinnain khâtain 
janghâ khanilram bhittis tatam 
ceti saptârthah (137, 12). — 
§ 119. 

talijeiii « passer, s'écouler, man- 
quer »j|g. (al-, s. tir-, PJ.h- 
b. o. ta!-. — §119. 

târ m. a mauvais cheval, rosse » 

lld. (âro adhanuïlnraijgah (136, 



ll)||skr. véd. tara- « rapide, 
vitesse » ? — § 119. 

tâli f- « claqviement des paumes 
de la main »||g. tâli, s. tara, 
pj. /j//||skr. tâlikâ f. — § 
119, 145. 

tâlû f. « palais de la bouche »|| 
g. tâlii, tâlvuiii, s. tânltn, pj. 
h.tglû,kçm. ^n/||skr. tàlti- n. 
m. —§119, 145. 

(âleiii n. (( entresol, face, 
semelle »|jg. taliyiiin, pj./a/^, 
h. /â/â|lskr. tala- n. — § 119, 
145. 

tiknem « vivre, rester, endurer » 
Il g. tak-, s. pj . h. b. tik-. — 
§119. 

tikà, tikkà m. « marque circu- 
laire appliquée sur le front » || 
g. tîko tikko, s. tiko, pj. tikkâ, 
h. nkà, b. o. //^û||d. tippl ta- 
thà tikkam tilakatii (136, IG). 
— §119! 

tirtir f . « éclat brusque » , adv . 
« en un éclair ))|jcf. pkr, tiri- 
tillai bhrâmyati cité dans le 
comm. de la Deçlnâuiamâlâ, 
137, 1. —§119. 

tilâ m. « marque colorée sur le 
front, indiquant la secte »||g. 
tilo, pj . /î7||skr, tilaka-m. — § 
119, 145. 

tip n. « goutte, larme »j|g. ti- 
piini, s. tîpo, pj. tipp ; h. tîp- 
nà « faire égoutter », tapkâ 
« égouttement continu »llrac. 
skr. tip- « égoutter ». — § 
119. 

Ickad^ tekâdn. i< émincnce, col- 



:m 



iM)i:x 



line ))||g. tekrî, h. {ekar, pj. 

h. tekrâ. — § 119. 
toi m. « sauterelle »||d. tolo çala- 

hhah (137, 7). — §119. 
thak, thag m. « filou »||g. h. 

/^^^^, pj- (hag thagg; kçm. 

//?flf^- « filouter ))||pkr. thag- 

||skr. slhag- « cacher x. — 

§110. 
thàknem « se tenir "Ijap. thakkei 

[tisthati). — §9i, 110. 
thddâ adj . « droit »l|pj. ihâdhà. 

h . b . thàd, sgh . /aJ^ « dur » , 

kçm. thod" « haut »||pkr. 

thaddha-, p . thaddha-\\ skr . 

stahdha-. — § 47, MO, 169. 
//;rt;/ n. « écurie, place », thà- 

fieni n. « station, poste »l|g. 

f/7« thànum, s . thânu, pj . 

f^^w //7â7/â thânâ, h . /Mw, 

b. /Z;ânâ, sgh. /fl« tàna, isig. 

//M«||pkr. thàna-, thâna-^skr. 

sthâfia- n . — §110. 
ihàym. « place »||pj. thahi, h. 

thâî\\d. thaio uthiptah ] ihaio 

avakàça ity anye (137, 17)||skr. 

sihà-. —§110. 
thàr adv. « tout à fait, subite- 
ment » ; tharijern « être fixé. 

durer »||g. thàr, s. tharthap 

« àrinstant»,pj. thar « froid. 

gelée ))||Cf. d. thariam . . . 

ûrdhvasthitam (238, 6)?||skr. 

sthâvara-. — § 110, 
thôvm. « fond, place »\\h . thàv 

m. f, '< place >'||ap. thàn\\ 

skr. sthànian- n. ? Cf. sous 

m.thà. — § 110, 152. 
//;î f. " femme ))||kçm. tsiy (cf. 



Grierson, P/f- lang., p. 79), 
h. tiriyà, b. //n||skr, i/n f. 
— § 110, 174. 

thumthan « tronc, membre am- 
puté ))||g. thimthiim « tronc, 
manchot, ébréché », s. thu- 
thu (' effeuillé, desséché », pj. 
thoth « stupide ». h. thiïmth 
'( tronc, branche effeuillée, 
bras amputé »||d. tnmto chin- 
nakarah ( 1 37, 2) || cf. skr, pras- 
tumpati (gntih, v. ganapâtha 
140). — § 110. 

thull, thult f. « farine gros- 
sière »||s. thulhâî, pj. tholh 
« grosseur, corpulence », tsig. 
thîilo « gros, grossier », tsig. 
arm. thulav « lait caillé »», 
sgh. tul « gros))||pkr, thulla- 
||skr. sthiila-. — § 110, 122. 

thenem « .se tenir droit », thep- 
nem '< s'appuyer », thevnem 
« placer, garder »||pj. the 
(( place », thenî « dépôt », 
thevà « pierre sertie », thi the 
imp. du verbe « être », h. 
thà adj. « été », maith. f/;i^- 
'( être », kçm. thav- thâv- 
« tenir », tsig. arm. thenav 
<( place ))||pkr. ut-thei, thia- à 
côté de f/;â/||skr. sthita-, sthà- 
i tisthati). — § 45, 77, 110, 
230. 

thombm . <( pieu »||g. thomb, thàm- 
lo, s. thambhu, pj. thamm, h. 
thavib, sgh. tàiubaWpkr . tham- 
bha-\\sk.r. stambha-m. ■ — §79, 
110. 

dniiikh f. « morsure », damhh- 



INDEX 



341 



nem « mordre, piquer »||g. 
damkh, s. damf^u, damganu, 
pj. daing, daink, damggm, h. 
damk, o. dainkibâ \\pk.r . part. 
dakka-, cf. pkr. d. dhamhma-, 
dhemkum- « punaise ))||skr. 
damç-. — § 119. 

dabbâm. « cuiller »||pj. h. dab- 
bâ, bih. dâbà, dâbâ\\skT. dar- 
vlî. — % 119, 127, 152. Cf. 
m. dav. 

dambh, daitibh, m. (( hypocri- 
sie » ; dafnbhi, dambhî adj . 
« hypocrite ))||kçni. dâmb, 
dambl\\à. dambhio dyiltakarah 
(139, 4) Il skr . dambha-, dam- 
bhin-. —§119. 

dar m. « peur », darnem « avoir 
peur »||g. pj. h. b. kçni. 
dar, s . daru, tsig. dar « peur » ; 
g. s. pj. h. b. dar- « avoir 
peur ))||pkr.(/^m- darai, p. 
daro\\s>kv. dîryate, darati . ■ — 

(/az; m. « noix de coco vidée 
pour servir de récipient ))||h. 
davâ dùvù « louche », sgh. 
dàvi\\skY. darvî f. — § 119, 
127, lo2.Cf.m. doietdabbà. 

dasneni « mordre », dâms m. 
« moustique, morsure »||g'. 
dams, pj. das « morsure », h. 
dasnâ « mordre »||pkr. dasai\\ 
skr. dainça-.— §120,253. 

dâkhîii f. « vent du sud wjjs. 
dâkhino, pj. dâhnà, h. dâhiiuJ, 
b. dàln,o. dàhan, kçm. Ja- 
chyiin", « droit » ; kçm. daklnn 
i(sud»,sg'h. dahina « droit, 



méridional »||pkr. dakkhina-, 
dàhina-\\sV.v . daksina-. — § 47, 
52,96,119. 

Jâ;//^ m. n. « région sauvage et 
montagneuse des environs de 
Nâsik » ; dâmgl, dâingyâ m. 
« officier de douanes ))||h. 
dârng « sommet », b. dâtng 
i< terre sèche, haute terre ", 
g. dâglt « tête, cerveau », 
kçm. dong" « mirador dans 
un champ », drag « émi- 
nence », drang « poste de 
douane »|jd. daggalo bhavano- 
pari bhûmitalam (169, 3)||skr. 
dranga- « poste militaire et 
douanier dans les passes de 
montagne ». Cf. m. domgar. 

dâgneni « brûler »||g. dâgh 
« cortège funèbre », s. dàghii 
« bûcher funèbre », kçm. 
dâS! « brûlure » ; s. dàgmi, 
pj. dâgna, h. dâgbnâ « allu- 
mer »||pkr. ddgha-\\CÎ. skr. 
dagdha-. — § 4-9. 

dâjnem « être chaud »||g. dâjb- 
vutn « être brûlé », s. dajhuu 
(( se consumer d'envie », 
dàjho « désir brûlant », pj. 
dàjh « soif du fiévreux », kçm. 
da:(tm « brûler »||pkr. dajjhai 
||skr. dahyate. — § 47, 49, 
89, 230. ' 

dùH. n. « sorte de panier »||g. 
dàlum, s. dàli, pj- dall, h- 
dâl, dalla, b. dalâ dàll\\à. 
dallant pitikà (138, 16). — § 
119. 

dâvâ adj. « gauche »||g. dàbum 



^42 



INDEX 



dtibJmtti, vS. dùiii. h. [dial.)dâ- 
vâ ; là où ce mot est employé 
le mot pour « droit » ne 
remonte pas à skr. dakslm-\\ 
(l. davvo lathâ dàvo vâvinkarah 
(138, 9). — 5? 47. ^ ' 

dàh, dâhoni. « brûlure ))j|g. pj. 
k(,;m. dâh « brûlure », s. dàh 
(( affliction », h. dâh « rage » 
llpkr. dâha-\\skT. dâha- m. — 
§ 119. 

dâhal m. « élagage », dùhlâ 
« plante, branche feuillue » || 
g-. dâJ, s. dâru, pj . h. b. dâL 
« branche » ; d. dâli çâkhâ 
(i39,i0)||skr. dala- n?— i< 
161. 

daim. « tas »j|g-. dalo^ pj. dalô 
dalîu h. daUà\\à. dalo lostah 
(138, 16).'-^ § 119.' 

(//';///' m. « lils »||h. dimh « nou- 
veau-né », b. dimb '< œuf, 
petit animal »||pkr. ^kv.dim- 
bha-m. — §119. 

duJriem <' balancer, rouler »||g. 
h. dot-, s. dol-dor-, kçm, dul- 
||skr. dolayati. — § 119. 

doi, doy, dokt f. « tête »||g. dok 
f . (' nuque » , dokum n . « tête » , 
doi (( louche », doko « pénis, 
rien du tout » ; s. pj. dou 
(( louche»; h. doi « louche, 
rame, tête », doi>à davâ dohrâ 
(' louche ». maith. doU tsig. 
roy " cuiller »> ; kçm. dèka 
tt front »||d. doo dùruhasiah 
(140, 9). — §('.4,94,119. Cf. 
m. dav. 

d(yt)iear m. « montagne »li8-. 



dumgar, s. domgani, h. doin- 
gctr\\d. duipgaro cailah (140, 
8). — § 119. Apparenté iv m. 
dàmg'^. 

don, dont f. « canot, bateau ))|| 
h. donû sg-h, cfe;/rt||pkr. p. do- 
;//-||skr. dronî f. « cuve, au- 
ge ». — § 119, 123. 

domb m. (nom de caste) c cro- 
quemort »||g. (/?/;;/«. pj . dom- 
râ « musicien ambulant 
(caste) », h, b. dotn « croque- 
mort, vannier ». kçm. dfwib 
«■ gardien de nuit » ; tsig. 
rom, tsig. arm. lotn, tsig. 
Palest. dont <» Tsigane, hom- 
me »)|d. dumbo çvapacah fl40, 
8). — § 119. 

dohlct^ dohâlâ m. « envie de fem- 
me enceinte »||sgh. dola\\pkr. 
dohala\\skv. dohada- m . — i; 79. 
118. 

dolà m. « œil ))||g. (/o/o||skr. 
doJa- m. (( agitation ».^ i; 78, 
119, 145. 

doHi. « litière su.spendue, dooJy » 
||s. pj. h. dolu kçm. duV\\à. 
doJâ çibikâ ; andoJanavâcakas tu 
dolàçahdabhiwah (140. 9)||skr. 
dolà f. — ^119. 

dhakâ, dhakû m. « choc, coup 
du sort »j|g. dhak- dhak-, s. 
dhiko, pj. dhakkâ, kçm. (idi/i'tf. 
h. dhakkâ dhakkâ, b. <//;fl^, o. 
dhakâ. —^ 94. 119.' 

dhâ)fikiiein,jh(imkne)fi «< couvrir » ; 
dhâinkan, jhàmkan n. <( cou- 
vercle)» \\e;.dhâ)nkvni!i. s. ^i/j^À'- 
;//?. pj . dhakiiâ, h. dhakiiâ 



INDEX 



343 



dhâmhiâ, h. dbaJàte « cou- 
vrir »jjpkr. dhakkai\ d. dham- 
kanî pidhânikà (141, 12). — § 
94, 119. 

dhâ mdhulnem , dhumdhâ hmm cher- 
cher soigneusement "Hg. h. 
dbuindh-. s. dbftt)idh-, pj. 
dhuindh- dhumd- 1 1 d . dham- 
dhallai hhramati, dhaindhojai 
gavesayatî {ii2, 2). — §119. 

dhâlâ m. « branche ». — V. 
dâhlâ . 

dhîlâ adj. « lâche, flasque ))||g-, 
dhilum, s. dhilo dhiro,])]. dhil- 
Jâ, h. (//j//^, b. 0. dbil, sgh. 
ibil libil lll ; kçm . dîl dal « mol- 
lesse »|]pkr. dhîlla- \ cf. d. 
dbello nirdbanab (142, 11). — 
§119. 

dhusijem « se précipiter tête 
basse )>||pj. dhûsijâ, h. dbasnâ, 
s. dhnsii « précipitation ))|| 
pkr. dhiisai [bbrai)iati). — § 
119. 

dbemk f. « mugissement ))|js. 
dbiknu « mugir ))||d, dhikkai 
vrsabbo garjati {Vt2, 7). — § 
119. 

ç?/;f;^â m. « pièce courte de bois 
qui passe et appuie sur le 
rouleau du moulin à huile » ; 
dbekï f. « appareil à levier 
pour écraser la chaux, le riz 
etc. )>||d. dbemkà harsah kûpa- 
tulâ ccli dvyartbâ (143,3). — 
§ 119- 

dbehlih dbc'iiikûij m. (i punaise ))|| 
d. dbniiikinio taibit dbeinknno 



matkumb (141,12). — § 77, 
119. 

dljer f. (( panse ))j|pj . dher, "kçm. 
der^ « tas «jjd. dabarl alinja- 
ram (138,16).— § 112. 

-uer dans les noms de ville du 
Dekhan {Anialner, Amner, 
Atner, Badnera, Dbanera, Jam- 
iier, Konner, Panier, Pimpal- 
ner, Sangamner, Saoner, 
Sbivner) et du Rajasthan 
(Babaner, Bikaner, Bhainàir, 
Bimer, Raner, Sanganer, Sankb- 
nera, Susner); les exceptions 
en pays marathe sont très 
rares : Sinnar près Nasik ; 
Jiinnar semble une forme 
récente : ainsi que M. F. W. 
Thomas a l'amabilité de 
m'en faire part, on trouve 
• 1 4 fois Juner dans la Sloria do 
Mogor de Nicolas Manucci 
(trad. W. Irvine, v. l'index), 
de même /rtnnc^/'t' pour l'année 
1621 dans tbe. Englisb Factories 
in India (éd. W. Forster, 
Oxford, 1906, p. 315) et 
Jnneere dans la portion du 
même recueil concernant 
l'année 163(i (p. 281). On 
trouve de même plusieurs 
Ner, Neri, Nerem en pays 
marathe. Au Guzrate une 
forme comme Cbampaner est 
moins usuelle ; cf. Gintar, 
Nar, Nara ; au Bengal 
Mobnar et Mohner, Dinara (à 
côté de Dmanagctr. Dinapur). 
Cf. encore au Rajasthan 



34 i 



INDKX 



Bijnaiir Bijiior jisj^li- nuvani 
(' ville )»||pkr. iiaarà\\skv. 
nagara- n. — sj 62. 

tatlat adv. m en craquant fétin- 
celles, friture, etc. ) », tattat- 
uem « craquer, cracher, être 
tendu à craquer »||g. tadtad, 
pj. iartrôt, h. tapiâ « cra- 
quement », g. tadakviim, pj. 
tartaràvnâ, h. taraknâ « cra- 
quer », kçm. trat « coup de 
tonnerre »||skr. tratat adv.- 
II faut sans doute séparer pj . 
îarnâ «être tiré, tendu, serré», 
tsig'. trd- « tirer », cf. pkr. 
tad-, pour skr. tan-. — § 146, 
163. 

iamtà m. « dispute ))||g. tamto 
ianito, s. tamtH,'pj. tamtâ, h. 
tamtâ tamtâ\\cf. d. tatntam 
prstam (157,4)?— § 119. • 

tad f. « bord, rive »||g. pj. h. 
tat m., bg. /rtr||pkr. /«(ia-|| 
skr. tata-, tati. — § 121. 

tadphad f. « secousse, lutte », 
tadphadnem « secouer vio- 
lemment »||s. îarpharm, h. 
tarpàite, g. pj. h. tarphar-\\ 
ap. tadapphadai [iittâinyati, 
àhilibhavati, capalâyate). — 5; 
146. 

tan n. « herbe »jjg. taiikhalutn 
« paille », pj. //'«, h. tinkâ. 
sg-h. fflwrt||pkr. taua-, tina-\\ 
skr. trna- n. — i;30,31. 121. 
134. ' 

tanârà m. « meule de paille de 
riz ou d'herbe »j|skr. tr}ia--\- 
âkara- m. — § ")2. 61. 



iamt, tânit f. , tamtu m. « lil, 
libre, corde d'instrument de 
musique »||g. tamt tamtu., s. 
tafiidu, pj. tatiid, h. /«w/ /rt//// 
t ami II, sgh. /«/fl /a/M||cf. d. 
tantukkhodl vàyakatantropaka- 
rauam (lo9,9j||skr. tantu- m, 
— ?; 39. 68, 121. 

tattù adj, « bas, infâme », 
tattâmâl m. « la meilleure 
portion, crème, quintessen- 
ce »||pj. tatt, h. tat « élément, 
essence »|| ap. /a//M-||skr. 
tatlva-n. —§ 121, 129. 

tan f. n. tanu f. « corps »||g. 
tan, pj . tan, g. s. h. b. 
tanu, sgh, /«««jlpkr. taiiu-\\ 
skr. tanu- f. — § 39, 121 . 

tar, tarhîni, tariin « alors ))||skr. 
tarhi. — § 38, 39, 70. 121. 
143. 

tarnem « flotter, nager, passer » 
||g. s. pj. kçm. h. pj. tar-\\ 
pkr. skr. /rt/-. — § 46. 121. 
252. 

tarnàdiài. «jeune »||g. tarun, 
p']. tarn, h. /rtnm,tsig. terno, 
sgh. /7/m///i||pkr. skr. taru- 
na-. —§46, 50, 121, 134. 

tarvad, tarod « cassia auricula- 
ta )'||h. tan'ar\\d. taravatto 
prapunâtah, tadavadâ âulivrk- 
sah{\^S,'\\).'—% 46. 

taras, tarants m. n. u hyène »j| 
g. taras, p j . occ. tarkh, sgh. 
tarasa\\ pkr . taraccha-\\skv . 
taraksa- m. — J5 i6. 69. 104. 
121. 

tarasgàmdyâ m. « poltron », ta- 



INDEX 



345 



râs m. « ennui, vexation ))|| 
s. tarsu, h. taras, ipy tarâh 
taras, sgh. tàtl « crainte », 
p j . occ. tars « pitié » ; tsig^. 
Iras- ^^ craindre »||ap. causa- 
tif taràsai, pkr. tasai\\&kv. 
tras-. — § 162. 

taralnern, tarâlnem « vagabon- 
der » Il pkr. tarala-\\skr. tara- 
la-. — § 121, 143. 

taniv « jusqu'alors »||s. toin 
« depuis », tomyàm « jusqu'à 
ce que » ; kçm. tâm tân «jus- 
qu'à ; de quelque façon » ; 
g. tàv, h. taum toin « ainsi, 
alors ))[|ap. tâinva, /âMm||skr. 
tâvat. — § 121, 198. 

tav, taniv, tavâ f. « vertig-e »|| 
h. iamvàlâ ; tsig. tant 
« aveugle «jjpkr. tamo, ta- 
maw||skr. îamas-, tâmyati. — 
§ 121, 152. 

tavâ m. « poêle à frire »||g'. ta- 
vo, pj. h. tavâ, kçm. tâo ; 
cf. sgh. tava « ascèse »||pkr. 
tavao ; cf. d. tamo çohah (157, 
6), tamanain culll (157, 11)|| 
skr. tâpaka- m. — § 46, 121, 
137. 

tabân, tânhi. « soif ))||sgh. ta- 
iia, pj. tâmgh «■ désir »||pkr. 
tanhâ\\skT . irsnâ . — Ailleurs 
on trouve, soit des tatsamas, 
comme kçm. trësnâ, soit des 
représentants de skr. trsâ : 
s. tih, pj . tihâ, h. tis, kçm. 
très, tsig. trus, ou de skr. 
tarsa- : g. taras, s. tiras, h. 



tirkhâ, — § 30, 31, 52, 121, 

136. 
tûlm. « fond, sol »||g. s. ial, 

s. taru, pj. h. b. tal, sgh. 

tala; kçm. tal, tal', tsig. tele 

« en bas, dans»||skr. fflAr- n. 

-§121. 
tahiem « frire -«Hg. talvtun, s. 

tarnti, p j . /^//w, h. ^âf/nâ||cf. 

d. ta lima... bhrâstrah{\Qi, 11). 

-§46. 
talapnetn « briller ; être brandi » 

Ijpj . tappiiâ tarappijâ, h. tarap- 

nâ (( bondir »||cf. m. tâdnem. 

— §146. 
lalàv m., takiii n. « étang »||g. 

talâv, s . p j . /a/flîf, h . talâo 

talâh tarâv, sgh. /rt/^||pkr. 

talâa-\\skT. tadâga- n. — §46, 

53, 121, 146. 
tâk n. « petit lait »||g. tâk, 

sgh. /rt^jlpkr. takka-\\ski\ ta- 

kra- n. — § 93, 121. 
tât, tàtii. « haie »j|g. tâtî, s, 

tatî, pj. fa///", h. tattâ tattâ tâtî 

Ijd. /«m" vrlih ('137, 5). — § 

48, 119. 
tâth adj. « raide »||s. tâtu, h. b. 

tât ; Il skr. trsta-. — § 30, 

110, 119. 

tâd, tâl m. '( palmier à éven- 
tail ))||g. pj . h. b. târ, s. 
târt, o. tâl, h. b. lâl, sgli . 
/â;/||skr. tâla- m. — § 121. 

tâdnem « frapper, punir ))||g. 
tâd-, pj. h. b. /âr-, sgh. tal- 
Ijpkr. skr. /âJ-. — § 76, 

111, 121, 146. 

tau c- tension », iâijueiii « ten- 



3ifi 



iM)i;\ 



dre »||g. iiw tnuinuji, s. tân- 
iju tôinju, pj . iàn taijnâ, h. iân 
tau tâumho. fanibâ\\i'ikr. iâua- 
Ijskr. iàna- m. — i^ 121, IHi. 

ICmt f. « fil ». V. iamt . 

iâlâviji'in « èix-e fatig-ué, impa- 
tienté» ||sgh. làta « fatigue » ; 
s. inli <' chaleur » ; <j^. tntitiii, 
\\\. lattù, h. iât. h. tntcu 
k(^'m. tôt., tsig. tato «■ chaud » 
Ijpkr. /rt//rt-||skr. tapta-, — § 
47,121. 

tcip m . « fièvre » , tâpnem 
« s'échauffer, briller », tap- 
iieift « ])riller, s'irriter »\\§. 
pj. h. h. /<?/), s. tapu f., kçm. 
/rt/) « fièvre », tâp '< chaleur 
du soleil », tsig. tbab [tah] 
(' chaud >' ; g. tap- « brûler », 
iâp- « s'échaufTer », s, iap-, 
p j . tâp-tnp-, pj. occ. /rt/>-, h. 
lap-, h. tnp-\\skr. tapa- m., ta- 
pyate. — ^ 47, 48, 121, 230. 

tâpâ m. " radeau ))||g. /rt/)o /â- 
/»^À, h. tâpâ ; cf. pj. tâppû 
« île » ?|| moyen-indien plur. 
-rpâTUTuaYx (Pér. de la Mer 
Erythrée). — § 121, 125. 

Ulmh f. (' rouille », tninbeni n. 
« cuivre »||g. tambiDii, s. /« - 
m/), pj . /^w/Zw tâmrâ, kym. 
/;ï?m, h. /<?m lànibâ, b. /^w^, 
sgh. /rtw/'rt « cuivre »||pkr. 
iomba'\\skr. tàmra- n. — !:5121, 
127. 

<7m m. <( étoile »||g. târo, s. /rt- 
r/<, pj. h. b. /rnï7, kçm. tâ- 
riik, sgh. /flm /»n/||pkr. skr. 
tnrû f. — § 121, 143. 



tâl m . i< mare (de liquide répan- 
du)||pj.h./Â/ « étang »\\d.îal- 
!am pahalûm (16i, 7)||skr. 
Inllii- (mot grâwya selon Vâ- 
niana, v. Regnaud, Khét. 
sanskr., p. 141). — Le rap- 
port de tnlJa- à tndâga- est 
inverse de celui de m . tâd à 
skr. tâla-\ v. m. ta! â, tâd. 

tâv m . « action de porter les 
métaux au rouge », tâvnei}i 
« chauffer, battre »j|g. h. 
làv, s. tâu \ pj. ta, ta II} g. 
tâviwi, s. tâiiiu,p']. Inuijâ, h. 
lâvnâ, b. lâvâite, kçm. /r/x'M;? 
tôvarun, tsig. /A^i'- f/r/i'-) 
« cuire »||pkr. /rtî;a-||skr. 
tapa-, 'iàpayati. — v> 46, 121, 
152. 230. 

tâsuoii « tailler, raboter »||g. 
tâchvum, s. tacha un, p']. tacch- 
uâ, pj . occ. Inchaijr, kçm. 
tachnnWpkr. tacchai\\skr. taks- 
ijoti. —§47, 104, 121. 

ItijJs (en composition) « qua- 
rante »||g. s. pj . h. b. -tâlis, 
kçm. -tdjib\\pkv . callâlisaïuW 
skr. catvâriiuçat-. — >; 223. 

lâlfi f . « palais (de la bouche) »|| 
s. tara m, pj. h. b. /r7/7?||skr. 
tâhi- n. — '§ 40, 121, 145. 

//- (en comp.j « trois »||g. pj. 
h. sgh. //-, s. ti-, kçm. trë- 
/f-||pkr. p. //-||9kr. /;•/-. — ,5; 
121, 215. 

tidem n.« fesse »||d. [Pniya lac- 
chï) /fyfl-||skr. triha- n. — ij 
63, 121. 

titkâ, titlâ adj, « autant »||s. te- 



INDEX 



347 



tiru, h. /f//m,kçm. /v?7/"||pkr. 
ieltia-, tettula-. — § 206. 

tiiar m. « francolin »||g. h. tî- 
tar, s. titiru, pj. b. tittar ; cf. 
sgh . //Y « tache », titrnuvâ 
« cerf tacheté »j|pkr. skr. //"/- 
//m- m.— ^42, 44,421, 143 

//rA'i? adj. « oblique », tirsâ adj . 
«louche (œil) ))||g. tiracchuni 
iirkas, pj. h. tirchù « oblique » ; 
s. //r/r» « réflexion de la lu- 
mière » ; sgh . tirisanà « ani- 
mal » (cf. skr. tiryagyoni-)^ 
pkr. //V/fjM-j|skr, tiryak- ; 
tiryagiksa- ou *tiryag-aksi- ? — 
§ U3. 

tivanî. « feuille à trois lobes ))|| 
s, tipâiin « indigofera à 
feuille triple ))||skr. triparua- 
m. — § 44, 152. 

//Vrrt adj. (( troisième ))||h. tisrâ, 
pj, tisràt f. « 3'^ personne, 
arbitre; 3** fois », s. tihara 
« tiers ». — § 226. 

iisal m. f. « zanthoxylon Rhet- 
sa (arbre épineux) »||tsig-. 
irusul « croix »||skr. triçahi- 
n?_ § 14o, 156. 

tïkh ^à']. (( piquant »||g. tlkhuiii, 
pj. tikkhâ, h. /?"/i7w ; sgh. //Â- 
« rayon brûlant du soleil », 
tiyuna « piquant » ; tsig- . tik- 
no « petit » ?||pkr. tikkhn-, p. 
//^/;/;.w.-||skr. tJksijii-. — sj Î^H), 
121. 

/^y f. (( troisième jour de la 
lune »||g. s. pj. h. //"/ ; g. lïjo 
s. ty'o, pj . /;/V] « troisième » ; 
cf. m. rt^/;//f/||pkr. tiijja-; ap. 



/^ï/))ï||skr. trtlyà f. — § 30, 

63, 106, 215, 226. 
tîn « trois »||g. /mw tow trintii:, 

pj. f/m« ////«, h. Un, mailh. 

tîn', b. //« tîti, o. tint, sgh. 

///n tuna, tsig. ^r//;; d'autre 

part s. tL kçm. /n'/j ;re"/7||pkr. 

///////||skr. trlNÎ. — § 29, 121, 

215. 
/;;■ n. « rive »j|g. h. b. tîr, s. 

tîrii, sgh. /^rrf ; pj. tir f. 

;< gué » Il pkr. skr. tïra'n. — § 

121, 143. 
lis '< trente »||g. h. maith. tis, 

s. ///;, pj. tih, kçm. trcth, sgh. 

tisa /f/7rt||pkr. fertw; /î^^||skr. 

trirnçal-. — § 223. 
//'/ m. « sésame »|jg. p j . h. b. 

//■/, s. tirti, sgh. tala\\?>\^i\ tila- 

m. — § 41, 121, 145. 
Iiitnem « se briser »||g. tiitr, s. 

fM^, pj. tutt , h. /«/- /«f-|| 

pkr. tiittai\\ skr. tmtyati.- ^ 

76, 80,"l09, 111, 121, 230. 
///;//^f adj. « corpulent »||pj. h. 

1). tiuiid ; cf. pj. /««m « nom- 

liril »||d. tundam udaraiii 

(162,7)||skr. tunda-.— ^ 80. 
înmbdi f. « bol de mendiant, 

fait d'une gourde ))||g. tttmbdl, 

g. //rw/?;", s. /////ïi, pj. tûmhar 

tomrî ton, h. tomrâ tuntbrâ 

« gourde »||d. tiwibî alnbfi 

(162, 8) Il skr. /«wi/w- m. — § 

121, 127. 
ttirûtiidv. « vite »||g. h. tural, 

s. tiirtu, pj. /«/■/, pj. h. turanil; 

sgh. ////'M « oiseau » ?ljpkr. 

///nd-||skr. tvaritavu — § 130. 



:^48 



INDEX 



tuçî adj . « d'un rouge jaunâtre » 
||d. tncchain avaçuskam (1H2, 
7). _ § 103. 

titsâr m. « bruine )>||pj. tiikkâr, 
h. tiisàr « froidure » ; sgh. 
îtisara K rosée, brouillard ))|| 
pkr. tiisâra-\\s]s.v . tnsùra- m. — 
§44, 121, 15C. 

/«/ f. « balance », lujaîi. « pou- 
tre, sorte de balance », tul- 
riem « peser » ||s. tulti m . « Ba- 
lance (constellation) », toro 
« poids », tornu et ialmi «pe- 
ser » ; pj . ??^/â;' « pesée » ; pj . 
h. tulnà ; kçm. tiihm « sou- 
lever, entreprendre » ; sgh . 
talan ^i poutre »||skr. tulàf., 
tulayati.— § 44, 121, 14^. 

tulas, tulçî f. « basilic »||g-. s. 
pj. h. b. tulsl, sgh. tald\\à. 
tulasl surasalatâ (162, 8)||skr. 
tiilasi f . — § 44, 145. 

tùm « toi », tujhâ « tien » ; iiihmï 
« vous »||g. tum tame, s. /«w 
tâuihim, pj . ?rtw /«i-fn, h. 
/ffw tum, b. /;?w /«mz, tsig^. 
Ui tumen, sg-h. /ô /o/)/, kçm. 
c'^h /d/;'Hpkr. tumam, tujjham, 
tumhe\\skr. tvani, tubhyain, 
yusma-. — § 39, 34, 64, 70, 
107, 208, 210. 

tûp n. « beurre clarifié, ghl »|| 
g. tilp\\à. tnppo... mrahi- 
tah snigdhah hiiupaç celi (163. 
1).— §284. 

tùr i. « métier du tisserand »|| 
pj. b. ///;-, s. /Mn||skr. turîi. 
— § 39, 41. 

tùs n. m. (( balle du riz, blé. 



etc. »||pj. toh tuhâ, s. tuhit, 

kçm. toh, h. tus, sgh. /o/7o||skr. 

tusa- m. — § 156. 
tem postposition « à » . — § 

299. 
ter, nom de ville |jskr. Tagara-. 

— §62. 

terà « treize »j| g. o. ter, s. 
teraham, pj . terâm, h. terah, 
b. tero, sgh. telesa, kçm. tru- 
zuahWpkr , terasa- teraha-\\skv . 
trayodaça-.— % 118, 143, 221 . 

tel n. « huile »||g. pj. h. b 
tsig. arm. tel, s. telu, kçm. 
///, sgh. ^é/^ljpkr. tella-,tela-\\ 
skr. taila-n.— §29,77,121. 

tevneiu « briller, brûler »|| sgh. 
teda ^< lueur » Il pkr. tea-,teavai 
{pradlpyate)\\&kr . tejas- n. — § 
53,63,121. 

tevnem « dissoudre, suinter »|| 
pj . tefnnà <* tremper » , sgh . 
tem- « mouiller », tsig. tindo 
<( mouillé »||cf. d. timinarn 
àrdradàru (161,4)||Cf. skr. ti- 
mita-. — § 132. 

tiiiiu « alors ))||g. tav, s. tn 
« alors », tsig. 'te « quand » 
Ijpkr. /rt/a||skr. tadà (kçm. 
tsig. ta « et » ^ skr. tathà). 

— § 56. 

taisà, tasâ adj. « tel »||g. tasuin ; 
pj. h. taisâ; cf. tsig. rt5o||pkr. 
tâdisa-, ap. taisa-\\skr. tàdrça-. 

— §30,31, 37,38, 143, 156. 
toîà m. (( perte, manque »|| g. 

s. toto, g. toto ; pj. tottà, h. 
totâ, b. totâ adj.||ap. tuttau\\ 
skr. trutita-. —§80, 119. 



INDEX 



349 



tonid m. « bouche ))j|g. b. tutfid, 
sg-h. tiida « gueule », tola 
« lèvre ))|ipkr. tornda-; à. 
tumdam âsyam (162,7)||skr. 
tîuida- n.— § 68,80, 121. 

odnem « briser ))j|g. s. pj. h. b. 
tor-\\pkr.todai\\skT.irotayati. — 
§76, 80, 109, 111, 230. 

todi f. , nom d'un mode musical 
llg-. s. h. /m||skr. trotakl f. — 
,^80,109.111. 

toindel adj. « corpulent »||h. îoni- 
dail tomdîl 1 1 pkr . tundilla- \ \ skr . 
iiindila-. — § 80. 

toi m. « pesée ))j|s. toro tara, g". 
pj. h. toi; s. îot\ kçm. tôl- 
« peser» ; sgh. tul « sembla- 
ble »||pkr. /w//<7-|jrskr. tnlya-. 
— § 78. 148. 

thakuem, thàkuem « être fatigué, 
embarrassé »||g. b. thùk-, s. 
kçm. h.thak-, pj. //;rtÀ'^-||pkr. 
thakkai « s'arrêter ». — § 48, 
110, 122. 

t bai ! id s.dj . «. froid ))j|g. fddbum 
thamduin,^']. thanidâ thanidhâ, 
h. thamdà. — § 119. 

thanâ m., tlxin n. '<. sein »||g. 
thân, s. thaijH, pj . thaij, kçm . 
to», h. b. o. than, sgh. /rt«rt|| 
pkr. thana-\\skr. sta)ia-m. — 
§ 122. 

tharàr adv. (f en tremblant » ; 
tharaknem, thartharnem « trem- 
bler »||g. tharakvum tharthar- 
vum, s. tharkanii, tharthiln 
(( désordre », pj , tharaknà 
tharlharâuiiâ, h. ihartharnâ 
thalthalnà, b. thurtburite, thar- 



thar « secousse »j|pkr. thara- 
tharai ; d . tharabariam kampi- 
tam (166, 13) Il skr. tharatha- 
râyate. — § 122, 158. 

tbariïm. « poignée »||pj. fbari', 
||d. - tharû tsaruh (163,10)|| 
skr. tsaru- m. — § 46, 122. 
Cf . m . saril . 

tbavâ m. « troupe, foule »||pkr. 
tbavaa-\\skT. stabaka- m. — 
§46, 122, lo2. 

thaï n. « plantation, endroit »|| 
g. o. thaL b. h. thaï, p j . 
f/:;^!/ ; s. tbaru « désert » ?|| 
pkr. thala-\\skr. stbala-n. — § 
122,145. 

thâ f. « fond, base »j|s. thâbu, 
pj. h. tbâh, b. /Mjjpkr. tbâba-; 
d. thânam sthânam ; iiudatn 
gambhîrajalam ; prtbu vistîr- 
uam\ tatra trayepi thàhaçabdah; 
tbàbo dïrgba ity anye (168,5); 
cf. thaho nilayah (165, 10), et 
V. Pischel § 88||skr. stbâgha- 
(Liiders Briicbstiické, fragm. I 
recto 1. 3 : sthâgham labbate 
« s'établit » ; il est inutile de 
corriger en stbânain ; cf, stâ- 
gho gâdbah, Hemac. Uuàdi° 
109). — § 41,61,122, 161, 
169. 

thâmg m. « place exacte, fond» 
||g. tbâg, h. thâmg\\d. tbaggho 
^âJM(165, 10).— §122,169. 
Cf. le précédent. 

tbâpnon « établir, fixer »||g. s. 
pj . h . tbàp-^ ap . tbappi [stbàpya] 
Il skr. stbàpayati. — § 122. 

thàmbnem, tbàmuem <■<■ s'arrêter » 



3S0 



INDEX 



||h. thâvinâ.h. //w //m ;m< apai- 
sement » ; sgli. tabanavâ 
« placer » ; s. ihambhanu, pj . 
thainmhnâ « supporter n\\stam- 
bhate, stabhyale. — .5; 79, 422. 
127, 109,230. 

ÛJdr m. « résidence, support, 
constance ». îhârnein « s'arrê- 
ter, rester », thâvanjein as' ar- 
rêter ; se redresser ; restau- 
rer ; détenir »||g.h. thâvar 
thàrâ, sgh. taviira « fixe »; 
s. thàra « calme » ; pj. thaiir 
« résidence »; g. pj. thâr- 
« coaguler, congeler » : s . 
thar-iise refroidir, se calmer» ; 
h. tbâr « détermination, coa- 
gulation » ; o. sethâre « là »\\ 
pkr. thâvara-; d. thâro ghanah 
(166,13)|jskr. sthâvara- adj. 
— § 61, MO. 122. 

thàlà m. « plat de métal »||g. 
thâlo, s. ihâlu thàlhiiy pj. h. 
thâL sgh. /rt//j|pkr. thala-\\ 
skr. sthâla- n. — ^ 46. 122, 
14o. 

//;//- adj. « calme, grave ))|tg. 
pj. h. ibir, s. tbini. sgh. tara 
tira ; h. ibir a difficile j);|pkr. 
thira-\\îikr. sthira-. — § 122. 

them postpos. « à ». — § 199. 

themb, thin m. « goutte ))||g. 
iitbevo ; sgh. /«;/i (( humidité » 
llcf. d. thevobinduh{]&l,d); 
tbippaî\\skr. stiniyati. — >; 8i, 
pkr. 122. 

tï)er adj. « décrépit »||s. iherii 
thairti « grand bouc », sgh. 
tera « prêtre >)|jd. //vro brahinâ 



(167,10)||pkr.//;dra-||skr. stha- 

vira- . — § o8 , 122. 
thoint n. « tronc »||s. thûmthu, 

h. fbnnit.h. thonit, o. ^/wm/. — 

^119,122. 
tJyodà adj. « en petit nombre ))|| 

g. thodiiin, s. //wro, pj. h. //w^n; 

cf. sgh. tika, « peu, petit ))?|| 

pkr. tboa-\\ski\ stoka-. — § 64, 

122. 
tbor adj. « grand »||g. tbor, tsig. 

thulo; s. tljolbi, pj. //jo//j f. 

« grosseur ))j|pkr. thara-\\skr . 

sihûrâ- stbala- . — §80, 122, 

140. 
datfid, dmiid m. ^ bâton ojjg. 

danid, dànido: s. (^rt//«{i ; pj. 

dannâ, dann « punition » ; h. 

damd, dânid, daiinâ ; kçm. 

dan « poignée », dôna « pi- 
lon »; tsig. ran\ sgh. fi(fl</rt 

« punition, amende »||pkr. 

skr . daiida- m . — § 1 1 1 , 1 23 . 
daint, dâint m. « dent, défense 

d'éléphant »||g. h. daint, s. 

daindu, pj. danid danid, kçm. 

tsig. J^W, sgh. dala\\pkv. 

skr. danta-m. — § 123,135. 
datfid n. « discorde »jjpkr. dan- 

f/Â-||skr. dvandva-n. — § 130, 

135. 
dabdà m. « pot en cuir ». — V. 

dabbâ , Jrti' . 
dainh, dambhi « hypocrite, hy- 
pocrisie ». — V. dainb, dat}d)hî. 
daravdà, darodâ m. « attaque » 

(par une bande de voleurs) || 

g. darodo\\d. dadavado dhàtl 

(169,17). — §78,' 170. 



INDEX 



351 



daiiivn. « rosée, humidité »l|d. 
dayain jalam (169,1). — § 123. 

davadnein, daiidnem « courir »|| 
s . dor-y pj . h. dàur-, kçm . 
c?ôr-||skr. dravali. — §37, 78, 
123. 

das, dahà « dix ))j|g. h. maith. 
b. o. das. s. daha dàb, pj. das 
dah, kçm. dab (cf. Griersor, 
Piç. lang., p. 37), tsig-, dei, 
tsig. arm. las, sg-h. dasadaha 
llpkr. dasa-, daha-\\skv .daça-. 
§39, 136, 160, 220. 

dasrâ m. « 10® jour de la quin- 
zaine claire d Açvina »||g'. 
dasrâ daserâ, kçm. dasëhâr, h. 
dasabrâ\\skr. daçabarâ f. — § 
32, 220. 

dabiinn. u lait caillé »\\g. dahûii. 
pj . dahim f., h. cf^^;", b. </«/, 
sgh. ^î|jpkr. Jrt/;/-||skr. iidJ- 
^/;/- n. —§46,123, 139. 

(/rt/n. (( armée; feuille n\\g. o. 
^a/, s . dahiy pj . kçm . dal 
dal, sg-h . dala\\ski\ dala- n. — 
§123, 143. 

dah.iem « écraser ))||g-. h. dal-\\ 
skr . dalaiia- n . — §123, 1 43 . 

dalvcii dalvt m. « général )>j|skr. 
dalapati- m. — §132. 

dàkbavinem « montrer ))||g. ^^/i/j- 
v«;« ; sgh. dakinavâ « voir ))jj 
pkr. dakkbavai; p. dakkhati\\ 
Cf. skr. aor. adrâkslt, rac. 
^/arf-. — § 30, 123. 

^rt^ adj . « épais ))|jg. ^/^/ 
« dense » ; s. dato, pj. (/a//^ 
« gros, gras » ; kçm. drof" 
« fort », drotb" « durci )>||d. 



saffuiattayam safulagnain; ka~ 
pratyayàbbàve saindattaiji ily 
api ; saffidattaifi saiiighatta ity 
anye{2S(i, 2), —§109, 119. 

dàdb f. « dent molaire, joue »|| 
g. dâdh, s. dârhi, pj . dâhar 
dârh, h. dârb, h. dur, sgh. 
(/a/a llpkr. dndbd, p. t/â//;Â|| 
skr . datnstrâ ^ . — §76, 112, 
119. 

d âdbâ -Ady « courageux, fort » 
||pj. daddbâ, b. dad, kçm. 
Ja/'", sgh. dala « gros », dâdi 
« dur » Il pkr. iirt</(i/;fl!-||skr. 
dniha-. —§30, 31, 111. 

dâdbl f. " barbe ))||g. dûdbî, s. 
pj. dàrbî, h. darbi, kçm. 
(/or , sgh. c?a//||skr. daiiistrikâ 
dâdbikâ f. — § 112, 119. 

dâuiin « maintenant »||5gh. (y^/i 
llpkr. ^/^///, ^â/./w/||skr. idà- 
ntm. — § 134, 174. 

dâd f . « dartre )),dâdar n , « her- 
pès ))||g. dàdar. s. dadani, 
pj. ifrt^rf dad bar, h. dad ru, 
sgh . dada\\ skr . dadra- f . — § 
119,123. 

dâbru'in « comprimer, opprimer » 
j|g. h, b. o. dâb-y s. kçm, 
dab-, pj. ^iz/'/' « pression », 
tsig. dab « coup ». — § 127. 

dâbb m. « herbe sacrée, poa 
cynosuroides ))||g. dâbb dâbb, 
s. dabhu, pj. c/a^/'/j, h. rf^/;/;, 
kçm. darb\\pkr. dabbha-\\skY . 
darbha- m. — § 178. 

dâr n. M porte »||s. daru, kçm. 
dar dâr, sgh. <io)m||pkr. dârn- 
||skr. dvâra- n. — § 130. 



352 



rNDi:\ 



dâv m. « forêt, forêt en feu »\\ 
g. h. dâv, h. dâbjSgh. dava\\ 
p. skr. dâva-. — § lo2. 

dàvan f. « corde »||g. dâmni, s. 
dâvafju, pj . danni dâiim dâum, 
h. daman dâvan\\skT. dàmanl f. 
— § 39, 46, 132. 

dâviiein « montrer ))||cf. peut- 
être h. dâo « stratagème, 
feinte »||pkr. dàvai. — § 30, 
152. 

dâs m. " esclave ))||g. pj. kçm. 
h. b. dâs, s. dâsUj sgh. das, 
tsig . de Grèce das « Bulgare » 
llpkr.skr. dâsa-m. — § 123, 
156. 

dâhneni, dahânem " brûler » {act. 
et neut.)||g. s. pj. dah-, h. dâh- 
dâh-, o. dâb- ; kçm. Jâ!;(- 
(neut. ; p^ri. dod" =z skr. ddg- 
dha-) ; sgh . dahan « feu » ; 
Geiger écarte sgh. dav- « brû- 
ler ))||pkr. dah- dah-\\skr. 
dahati. — § 49,52, 54, 123. 

divâ m. « lampe ))|]g. c?wo, s. 
dtathu, pj . Jw, h. diyâ divà^ 
sgh. ^/m<||pkr. ^ztw-||skr. dt- 
pa-m.— ^ 61,123,152, 172. 

disnem « apparaître, paraître ))|| 
sgh. g. h. o. dis-, s. dis, pj. 
diss- diss- ; kçm. des- « voir ))|| 
pkr. disai\\shv . drçyate. — § 
30, 157, 230. 

di m. « jour ))||g. dî, s. cfîo||pkr. 
diaha- ; d. dio divasah (171, 7) 
Ijskr. divasa- m. — §63, 160. 

dith f. « vision ))||s. dlthi, h. 
^if/;, kçm, dremtb, sgh. c^///^ 
« vue » ; cf. g. dîfhuin, s. dithu 



« vu » Il pkr. J/7//;î-||skr. 

drsti-(. — ^ 30, 110. 
^/fJ, (fiç?/; adj. « un et-demi, et- 

demi <)||g. dodh, s. dedbu, pj . 

dedh didh deiidh dûdh, h. dedh, 

maith. deorhà, h.ded,o. dedh, 

kçm. (/d(f||pkr. divaddha-\\skr. 

dvi- -f- ardha-. — § 63, 88, 

89, 115, 214, 225. 
dïr m. « beau-frère ». V. *der. 
dis m. « jour »||g. dis dahâdo, s. 

dïmhum, pj. deh dimh, kçm. 

doh, tsig. f/îm, sgh. davasa\^ 

diasa- divasa-\\i=>kT . divasa- m. 

— §63, 156, 160. 

duhàm n. c ouvrage double ))|| 

skr. dvi-, karma-. — ,^ 172. 
dukal, dtikâl m. « famine »||g. 

diikâl, h. ^wÀ'Â/||skr. duskâla- 

m. — § 44, 78, 89, 93. 
diijâ adj. « deuxième, autre ))|| 

g. bijo, s. /7/yo bio, kçm. /n'^w; 

pj. ^rt/yÂ, h. dnjâ ^/</â||pkr. 

c^wm- ducca- hiia- hiijja-^cï. 

skr. dvitiya-. — ^ 106, 130, 

214.225. 
^////M adj. « double ))j|s. diiijii, 

pj. dnija. 11. (/////À (//7;/<7, b. 

dtnjâ, sgh . i//v«;///||pkr. diuija- 

duiiija-\\skv. dviguya- . — § 63 , 

130, 214. 
dûdhï, dudhuj f. «■ gourde ))||g. 

dudhï II d . dtiddbiij t ... tumbl 

(177,2). — i< iO. 
dtihlâ adj. « pauvre »j|g. dubal, 

s . dubiro doblo, pj . h . dnblâ 

« faible », sgh. dumbul 

« vieillard ))||skr. durbala-, 

— § 127, 145. 



INDEX 



3o3 



dubhnem *< donner du lait 
(vache) ))[|s. pj. dtibh- ||pkr. 
dubhhai\\skv. ânhyâte. — § 
123,230. 

dusrâad]. « second »||h. dusrâ . 
- § 22(5. 

dtiht, du! f. « désagrément ))||s. 
dnhH, pj . dubell « difficile ■» ; 
pj. h. dithâî « plainte ))||pkr. 
dîtha- (d'après pkr. suha-, de 
skr. siikha-) ; d. duham asu- 
kham{\12, 9), cf. dabaîo . . Jnr- 
bhaga-{\12,\Q)\\skv. duhkha- 
n. et adj. — § lo9, 161 . 

dûdh n. « lait »\\^. h. dadh, s. 
dodhii, pj. duddh dûdh, b. o. 
dudh, kçm. dôd, tsig. thiid, tsig. 
arm. ///?/;, sgh. dudu\\ç\<^v. 
duddha-\\skv . dugdha- n. — ^ 
123, 424. 

J/7radj. « lointain ))||g-. pj. kçm. 
h. b. dûr^ s. dur dur, tsig. 
Jwr, sgh. ^Mmljpkr. skr. Jw- 
ra-. — % 123, 143. 

</gM/ h. « temple ». V. devaL 

dehhnem « voir ))||g. h, b. o. 
dekh-, s. dekh-, pj. i^^^^- (fe/e^-, 
tsig. i//^/;-, tsig. arm. lekh-', 
pkr. Je/e/r/;tf/||skr. i/r^"-. — § 
30, 252, 253. 

dej n . <( argent donné par le 
fiancé au père de la fiancée » 
Il g. dej', s. dej II « dot » ; h. 
dâejà déjà dahe^, kçm. dâj 
'< dot » semblent résulter de 
la contamination du même 
mot avec persan jahe:!^\\pkr. 
dejja- 1 1 skr . dey a- . — § 106. 

denem « donner » || sgh. g. h.h.de-, 

La formation de lu lanijne inurR 



S. de-dia-, pj. de-, dev-, kçm. 

di-, tsig. ^à- Il pkr. ^«||skr. 

da-dàti. — § 62, 136, 183, 

229,231,252. 
denlen m. « affaires »||pj. den 

den, kçm. dên, h. den, b. denà 

« dette » ; m. dinnalà, sgh. 

diinnà, tsig. dino « donné » 

Il pkr. dinna-. — § 80, 229, 

231. 
der, dïrm. « frère cadet du mari» 

||g. devar diyar, s. deru, p j . 

deiir, kçm. dryity", o. deyur\\ 

pkr. diarâ-,devara-\\skv. deva- 

ra-m. — §63, 123,143,153. 
der ï . « délai, retard »||g. h. b. 

der, s. deri, pj . der der\\pkv . 

Jî/;am- Il persan der « long ». 

— § 167. 
dev m. « dieu »||g. dev, s. pj. 

deii, h. deo, b. o. de (nom de 

famille), kçm. J/î;||pkr. skr. 

deva- m. — § 77, 152, 177, 

186. 
deval deitl n. « temple »||s. 

deva II, pj. devàlci, h. deval, b. 

deul ; tsig. devèl « dieu, ciel », 

tsig. arm. levai <■<■ dieu »|| pkr. 

devaula-, ^gM/^-||skr. devakula- 

n._§ 59,77, 145, 152,280. 
des m. «pays »||s. desudesu, pj. 

h. des, kçm. dis, tsig. arm. 

leçi leçvav « village », sgh. desa 

llpkr. ^é5rt-||skr. deçà- m. — § 

25, 77, 156. 
deh m. « corps »||g. b. deh, s. 

dehi dehi, pj. h. deh f.||pkr. 

dcha- m. n. — § 77, 159. 
dain m. '( détresse »||h. dain, 

Ihe. 23 



AU 



l.NfiKX 



kçm. tim||pkr. dainna-\\skT . 

daiiiya- n. — § 3G. 
don f. " auge »|)g. doin dohtji, 

h. du ni ; sgh. de^ja <' bateau » ; 

pj . diltj t< vallée », kçni. 

dran f. «( terrain maréca- 

g-eux où Ton s'enlise » ?||p. 

doiji\\skr. droiiJ f. — § 120. 

123, 434. Cf. m. don « bateau». 
don « deux »||concani doni. 

maïth.dun"; pj . dodo, h. do: 

avadhi doi dfii, niaith. o. 1). 

tsig. (////; kçm. :(^b, obi. don ; 

sgh. de-; g. be, s. /?aj|pkr. 

dotjfii, betpji pi. neut. de ^t), 

duve, be; ap. dui, bi, instr. 

i/o/7/;;/||skr. ^/î;^//. — § 130, 

193,214. 
dorm. « corde »||g. ^o;-, s. don, 

pj . h. (/o/ , kçm. «/rtr", tsig. 

dori (tous leni.)||d. davaro 

tanliih (169,15), dàro tathà 

doro katisûtram (170,17). — § 

153. 
dohnem,duhneni « traire» ||pj . dol)- 

s. diih-, h . h. doh-, kçm. dôy-, 

sgh. rfâz;-||skr. dohati. — ïj 

123, 159. 
dvàvà, participe d'obligation de 

denem. — §52, 152, 154. 
dhaj n. f . , dhajâ f. " bannière » 

Il g. s. pj . dhaj f. , pj. dha;â f. , 

h . dhajâ m . , sgh . dada, kçm. 

Jd^jjskr. dhvaja-m. — § 130. 
dhat, dhatt ad] . « courageux )>|| 

pj. dhatfh, dhattâ « épais » 

(il semble qu'il y ait eu ici 

contamination de sens avec 

skr. drdha-, v. m. dâdha, et 



I aussi m. dât )\\pkr. dhattha-\\ 
! skr. dhrsta-. —§30, 169. 

dhan f. « richesse, chance )>||g. 
pj . dhan, s. dhanu, h. dhan, 
kçm. dana, b. (^/mw (tous 
masc.)||pkr. dhana-\\skT. dha- 
na- n.— § 124, 134. 

dhanî f. « désir, .satiété «jjd. 
dhain bhàryâ (cf. dhaniâ priyà, 
178,3) paryàptir... (179,15). 
— § 134. 

dharnem « tenir »||g. s. pj. h. 
b. dhar-, kçm. sgh. dar-, 
tsig. arm. //;«;- jjpkr. dharai 
Il Cf. skr. dhàrayati. — § 46, 
124, 143. 

Jhavlâr n. « maison avec ter- 
rasse blanchie à la chaux ))|| 
pj. dhaular « palais ))||skr. 
dhavala--\-âgàra-. — § 61 , 1 63 . 

dhaval adj. «blanc ))||g. dholmri, 
s. dhauro, pj. h. dhaniâ, h. o. 
rf/;o/^||skr. dhavala-. — § 165. 

dhàd f. « assaut »||g. s. h. dhâr 
Ijskr. dhàli f. — § 111. 

dhan n. (( grain, riz ))||g. h. b. 
dhàn, pj. dhân. kçm. dàhè, 
sgh. danW^kr. dhanna-\\s>k\\ 
dhânya- n. — § 135. 

dhâtngaind, dhàmà m., terme 
d'injure adressé aux Mad- 
hyandin ou Yajnrvedi\\s. dhâma 
f. , pj . dhâmmâ dbâmâmh « fête» ; 
h.dhâmtyàrn, nomd'unesecte; 
cf. sgh. dam « religion », 
dàmitu «■ bon )>\\skv . dhannya- . 
-§138. 

dhàvnem, dhârtiviiem^" courir ». 
dhiiv ï. t. course 'A\\x. dhavnni. 



INDEX 



353 



p}. dhâutjâ, h. dhâvnà dhànù , 

kçm. davun, tsig-. thav-\\pkT. 

dhâvai, dbâi\\skT. dhâvati. — 

5; l-i2. 
dhâsalneiii, dhâimalnem « céder, 

s'écrouler "jlpj. h. dhas- ; g . 

dhas-, dhass- « pousser ))j|skr. 

dhvams-.— § 130. 
dh'it adj. <( courageux » Il g. dhït^ 

s. dirhi, pj . h. dhith\\pkv . 

dhittha- 1] skr . dhrsta- . — § 30 , 

169. 
dhîr va. « patience, fermeté »»j| 

g. s. pj . dh'irî., h. dhïrm., 

kçm. dlri dârî, sgh. t//?'/||skr. 

dhairya- n. — § 143. 
dhul f. « brouillard ))||cf. s. 

dûmhàm, pj. dhilni, pj. h. o, 

dhuàm, b. dhnyàm, kçm. i/"/;, 

sgh. i/«w, « fumée » ; tsig. 

thuv « tabac «jjskr. dhûmikâ f. 

— § 64, 133. 

dhiikdhuknem *< palpiter ))||s. 
dhakidhaki « palpitation », pj. 
dhukdhukâ, b. dlmJcdhukni « an- 
xiété »j|pkr. dhiikkâdhukkai. — 
^ 164. 

dhufieifi , dhiivueni « laver »> ; 
dhuvau n. <( eau dans laquelle 
on a lavé le blé ))j|g. pj- h. 
dho-., s. dhua-, b. ^/7ow- ^/j?/-, 
sgh. Joz'-, tsig. //jo-i/- ; kçm. 
cjtiîv- « balayer '>?j'|pkr. dhuai 
Il skr. dhiinoli. — ?! 64. 172. 
229, 230. 

dhutdrà m. « imposteur »\\ g. 
dhillâriDii; cf. s. J/;«f dhuto, 
pj . dhulâ, h. dhul là, sgh. 



^w/jipkr. ^^«/fa-|jskr. dhûrta- 
kâra-. —§44, 114. 119. 

^//;/iAZ f. « son vibrant, fredon- 
nement ))||pj. J/;//;/ ^/;««, h. 
dhunî, sgh. t/a«ijjpkr. dhuiji- 
\\skr. dbvani- m. — § 76, 130. 

dhnp m . « encens » . dhupâmgrà 
m . <i charbon ardent destiné 
à allumer l'encens »jipj. h. 
dhûp, kçm. duph\\skT. dhûpa-, 
angâra- n. — § 44. 

dhûvî. '< fille .)|| sgh. dû dura, 
ba.sgali waialâ jn, gawar- 
bati ;(/?, gârwf dût ; g.pj . h . dhi 
dlnyà, s. dhiii dhiya, b. jhi.o. 
jhia, maiyâ dhi, sina dl ||pkr . 
dhûà dhiâ\\skr. duhitr- f. — § 
64,124. 

na nà n- négation ; en compo- 
sition : ndge naxe nalage « ne va 
pas, ne convient pas », navhe 
« n'est pas », nasnem « ne pas 
exister» :nâhîfn» ne... pas »; 
nako « il ne faut pas, il n'y 
a pas besoin de » ; niunajnem 
« ne pas comprendre )>, nenijein 
nolakhfiem < ne pas connaitre », 
nednem « ne pas donner » etc. 
||g. etc. nan-\\ pkr. p. skr. na. 
— § ol, 57, 70, 135, 237, 
267, 274. 

liai nahtî. << rivière »j|s. nâinhn, 
pj. nai,cixmhinei, sgh. «î||pkr, 
//a^ Il skr. nadl f. — § 46, 57, 
J35, 161. 

naktà adj. « au nez coupé, ca- 
mus » ||g. naktum et iiàkkattiiin, 
il. /m^/^j|par superpctsitiun 



:]:\n 



i.M)i;x 



.s_vllabi(jue, de nâk-\-kât-. — 
5;' 48. 172. 

nakh 111. 11. << ongle })\\g. h. b. 
nakh m. , pj . nakh f . ; le ladbha- 
va se retrouve fhins h. nah, 
pj. nahiun nabi m., tsig. nai 
« ongle », g. nahiyuni " peau 
près de Vongle n\\pkr. y akkha- 
(cf. d. 143, 10)||skr. nakba-m. 
n. — § 48, 96. 

nathcirâ adj. <> inutile, mauvais » 
||g. nathàrum ; ||pkr. nanha-\\ 
skr. nasta-. — s? 48. Voir aussi 
m. nàt. 

nadijcni « aller difficilement, 
être embarrassé ))||g\ nadviiin 
« obstruer, empêcher ))||pkr. 
nadai, nadijjai; d. nadiovahci- 
tah{cï. m. nâdfieni « voler, dé- 
pouiller ))) ; khedita ity anye 
(143,12)||skr.«a/-, cf. unnat-. 

— § m, 135. 

nath f. « anneau de nez ; méde- 
cine administrée par le nez» 
||g. s. b. nalh, g. b. nàth, pj. 
occ . fiatth\\ÔL. natthànàsàrajjnh 
(143, 5)||skr. nasiaha- m., 
m/j/^f. — §48, 122. 

nanlar « après, ensuite ))j|cf. 
sgh. not,pkT.nanta- «infini» 
[skr . ananta-)\\skT . anatilarani . 

— § 174. 

naroti f. « crâne, noix de coco 
creuse, vache mauvaise lai- 
tière )>||cf. d. nârotto bilani 
(145, 10). — §48. 

navra nattrà m, (( fiancé, jeune 
homme en âge d'être marié, 



mari ))||skr. nava-varaka- m. 
-§46,57, 172. 

navas m. « vœu »||d. namasiam 
iipayâcitakam ; navasiam ity 
anye (1 45, 3)||cf. skr. naniasya- 
ti <( faire hommage », namah 
n. « hommage », sens in- 
fluencé par l'iranien : persan 
namà:;^, beloutchi îianiâs navâ's 
« prière ». — § 152. 

//rtt'//rtM('9»j|g. h. maith. //a//,pj. 
naniii.s. idinntn, h.nay, kçin. 
nav nau, sgh. ttava ;/fl/;zaj|pkr. 
skr. nava-. — §152,219. 

«fliTâî^f «90 »||g. nevum, s. nave, 
pj. h. navve, maith. b. nab- 
bai, o . nabe, kçni . namat ; 
sgh. anû (sous l'influence de 
asîi « 80 »)||pkr. nanî, -uavai\\ 
skr. navati- . — § 223. 

navâ adj. « nouveau »||g. na- 
vum, s. nain in in, pj. navâm, h. 
navâ, b. ;/a/, sgh. nava, kçm. 
«01"', tsig. n^w||pkr. skr. na- 
va-. — § 46, 152. 

nahân nhân n. « ablution •>, 



nâhneni 



se baiii'ner »l|g. 



'b"^' "MO 
nâhnii « bain du fiancé » ; pj. 

nbâunâ,h. nhànâ, tsig. nand, 
nay, sgh. nànavct « se bai- 
gner»; kyni. iTÂ;/ est un ta t- 
saina adapté || pkr. nhâna-'^skv. 
sncina- n. — § 52, 136. 

naj nalâ m. nalîL « tuyau, tige 
de lotus, tibia »|| g. nal, s. 
;/«/'//, pj. h. b. Mfl/j|skr. na- 
da-, nal a- m. nalikà f. — § 
145. 

nùa, nâlpu, nhâvi, nâhàvi, v. m. 



INDEX 



35 



nâvi, m. « barbier » ||o^. s. pj. 
h. b. ndi, kçm. jîâyid,h. h. aussi 
w^M||pkr. mâg. çaur. nâvida-, 
mah. iihàvia-\\skv . nâpita- m. 
— §46,57,62,136,152,280. 

nâk n. « nez » ||^. h . b. nâk, s. na- 
kii, pj. w^ÂVi, tsig-, nakh, tsig. 
arm . /â!«/e {de *»^w^)||pkr. 
jtakka- ; cî. à. nakko ghrânam 
mûkaç ca (155, 5)||skr. nas-, 
nâs- é\i\T^\en*naska- ; la forme 
ancienne n'est représentée 
que par .sg-h. nahaya. — § 48, 
94. 

nâk affixé par courtoisie aux 
noms des Mahârs et Parvàrîs, 
comme i^^;;;;w/^||skr. nâyaka- 
m. — § 61. 

nâgâr, ndgor, nàmgar, nânigor. 
m. « charrue » || h. nâingar nâin- 
gal lanigar, h. nâiugal, sgh. 
nagala nagiila ; s. langaru, 
g. pj. kçm . langar « ancre », 
tsig-, nanari « peigne ))||pkr. 
naûgala- langala-\\'^^T . lan ga- 
la- lângala- n. — ^ 98. 142, 
170. 

nâmglîi. « liane ))||skr. Jaùga- 
iikàf. — § 98,142,145, 146, 
170. 

nâgvà^ nàgà adj. « nu »||g. nâ- 
gurn, s. namgo, pj. h. namgà, 
o. iia))iglâ, kçm. nanga, 
tsig. nango\ tsig. arm. ngaJeJ 
« mettre à nu )> ; h. b. tiâgiï 
H mendiant », sgh. nagâ nafi- 
gâ « petite sœur », terme 
d'affection ||pkr. naoga-\\ii\\r. 
nagna-. — § 47. 55, 98. 



nâiugââ nâmgodâm. « queue de 
scorpion ^)\\g.Jamgii?' lamgid, 
sgh. nagal naguta « queue »|| 
pkr. namgola- naingnla-'^^^v. 
làngûla-n. ? — § 1 46, 170. 

nâcnein « danser »||g. h. h.nâc-. 
s. kçm. nac-, pj. «â!rc-||pkr. 
naccai\\skr. nrtyali. — § 47, 
101,230. 

nât adj. « banqueroutier », nâ- 
tà nâthà « vil, méchant »||pj. 
nâtâ, h. nath « détruit » nât 
nât «vicieux, vil », sgh. 7iata 
«détruit ». — Cf. m. nâthârâ 
Il pkr. nattha- || skr. nasta-. — 



§47. 4{ 



88. 



nàdi. « artère, tube »||g. pj. h. 
nàd, s. «ô.n||skr. nâdlî. — >; 
111, 146. 

nâuem n. « pièce de monnaie » 
j|g. nânutn, s. «^//7<||skr. na- 
ît aka- n. — § 46. 

7iâtû m. « petit-fils »||h. b. o. 
nâtl, sgh. «a/M||pkr. nattita- 
nattia-\\skv . naptr- m. — § i", 
121. 

nâiem n. « parenté »||g. «c7/«///, 
g. s. nâto, pj. nâtlà, h. nâtâ \ 
cf. sgh. nfl(p. w^//-)||skr. jnà- 
titva- n. —§130, 135, 172. 

nâthi « n'est pas; ne... pas »||g. 
nathi, sgh. 7îàti, tsig. arm. 
«fl'//;||pkr. mtihi\\skr. nâsti. — 
§122, 135. 

nâind f. « grand pot à large ou- 
vertvire »||s. nâdi, pj. nânid 
m., h. natnd f-||d. namdam 
iks unipidanakândani ku ijdâ khyo 



358 



INDEX 



bhândaviçesac ceti dvyartham 
(154, 17). 

iiâmdnem « convenir ; être ha- 
bité ; habiter »j|h. nândnâ 
« rester en paix, habiter », 
sgh. nadan «joie » ; g. namd- 
vum « se briser » (se dit d'un 
objet sacré)||skr. natidana-. 
— § 123, 135. 

nclnâ ni. terme de respect dé- 
signant une personnejl pj. 
nnnnâ, s. uâno, h. b. nânù 
« grand-père maternel )>||d. 
nanno...jyesthobhrâtâ (155, o). 
-§135. ■ 

nâri. « femme »||g. pj. h. nàr 
iiârï, s. nâri, b. vân ; sgh. 
?;fl;v7 m.||pkr. iiârion. pl,||skr. 
nârt f. — § 39. 

7/â;'e/ nâral m. « noix de coco » 
||g. nàriyal^ s. narelu nâiru, 
pj. «ar^/ «dî/fr, h. nâriyal, sgh. 
w<;ra/w||pkr. nàriela-, nàliara- 
||skr. nârikeJa- m. — § 42, 
46, 63, 145. 

w/z'y, «a?/, iiaukâ f. « bateau «||g. 
wÂ7^ neut., s. nâukâ, pj. h. 
?;ôo, kçm. nâv, b. «/?, sgh. 
72fliw||pkr. nnvâ\\skr. nàn-, 
nâvà àVa^ f. — § 135, 152. 

nâmvnàvn. « nom »||g. «rt^;/, 
s. nâmum, pj. nâum, h. nâmiK 
Ivçm. w^i', tsig. ;z«î^, sgh. w^- 
mflllpkr. nâtiia-, ap. ):7^/^m|| 
skr. nânian- n. — § 39, 152. 

W/7.Î m. « ruine, perte », nâstiem 
« corrompre, se corrompre» 
||g. b. nâç, pj. w^^ f., s. n^- 
.w/, h. «rt5 m.; sgh. nahanavâ 



c détruire » ; h . nâsnâ « pé- 
rir, disparaître, s'enfuir » ; de 
même g. nàsvum « s'enfuir, 
s'envoler », pj . nasàunâ « chas- 
ser », tsig. nas- farm. nas-) 
« se sauver, s'en aller »||pkr. 
nâsana-, nassai\\s\ir . nâça- m . , 
nâçana- n., naçyati. — § 46, 
156. 

w^/;, «J//; m. « maître »|| h. nâh\ 
mais partout nâih est le plus 
usuel II pkr.-w^/jfl[-|| skr. nâtha- 
m. — § 24. 

nàl n. « tige de lotus ; cordon 
ombilical ))||g. «rt/, pj. h. b. 
;/^/||skr. uâla- n. — § 145, 
146. 

nikhordà Qià\. «miséreux, aban- 
donné » 1 1 h . nikhorâ }iikhorâ || d . 
iiikkhuriam adrdham (152, 3)|| 
skr. nikhuryapd- « protecteur 
des affligés » (à'-a^, v. Taitt. 
Samh. trad. Keith p. 595, n. 
7). — § 80. 

w/Mwiadj. c. inutile »||s. nikaiiio. 
pj. nihammà, h. niknni nikâ- 
mî, sgh. nikani\\skr. niskar- 
man-. — § 44, 89,138. 

nikâl m. «passage, sortie »||g. 
nikajvum, s. nikiiavu, pj. nik- 
kahjn, h. nikalnâ, tsig." «/^û^/- 
w/À^- « sortir »||ap. part, nik- 
/m//// Il skr. jiiskâlya « ayant 
chassé », «/V»'<7/// «a- n. « con- 
duite (du bétail) ... — i; 89, 
141. 

nical adj. « sans mouvement » 
||pj. uirall, h. niclâ, sgh. ni- 



INDEX 



3o9 



5fl/||pkr. niccala-\\skv. niçcala-. 
— § 101, 14o. 
nicimt. adj « libre d'inquiétude » 

I j g . pj . h , nicint 1 1 ap . ipccintai 1 1 
skr. niçcinta-. — § 71, i 01. 

nijharmm « dégoutter, suinter » 

II h. nijjhar « cascade, source » 
Ijpkr. nijjharai\\skr. *nisksa- 
rati. —§30, 107. 

nijhûr adj. « décrépit (homme), 

pauvre (sol) »||d. nijjharam 

jlrmm ; nijjhûrain ity anye (146, 

11V. -§30. 
nithûr adj. «dur, cruel ))||h.b. 

nithur ; s. nitarii « obstiné » ? 

Ilpkr. intthura-\\skv. nisthn- 

m-. — § 40, 110. 
nidhal nidhâl tridàln. «. front ))|| 

s. nirâru nirrii, h. lilâr, sgh. 

«a/^/a Ilpkr. nalâda- nilâda- ni- 

dâla-, cf. d. nedâli pattavàsità 

çirohhûsanahhedah (153, 18) ; 

T^.nalàta-\\sk.v. lalâta-, nîtàla-, 

nitala-, nitila- n. — § 86, 

167, 170. 171. 
nimdnem « sarcler » jjg. nïmdvum, 

kçm. nindâ\\d. nimdini. . . 

kutrnoddharandm (130, 4). 
nipajném « dériver de, devenir» 

||g. s. nipaj-\ cf. sgh. nipan 

niput ^< naissance » Ilpkr. nip- 

pajjai\\skr . nispadyate. — 

§ 106, 230. 
nipt « absolument, très ))||g. pj. 

h. b. nipt\\d. nippattho adhi- 

^^/;(U8,i0). 
niphal adj. « stérile »||pkr. uip- 

phahi-\\<.kT . nisphala-. — § 

126, li5. 



niiidi m. « azadirachta indica » 
(v. Hobson-Jobson s. v. neem)\\s>. 
nimu f. , pj. nimm. h. nîm\\ 
pkr. skr. nimba- m. — § 68. 

nibhagnem « être fêlé »||pkr. 
*nibbhagga-, cf. d. nibbhuggo 
bhagnah (149, 1) de skr. nir- 
bhugna-'^sk.v . nirbhagna-, — 
§ 128. 

nibhnem « surmonter, endurer, 
réussir »||g. nibhz'n in <^ endu- 
rer »), pj. nibhâunâ nihàhuuâ 
« accomplir », h. tnbhnn 
« réussir, durer » caus. nibâh- 
nâ « pratiquer, surveiller », 
kçm . nibàv- « diriger, occu- 
per le temps »||skr. nirvâha- 
na-. L'étymologie proposée au 
§ 128 s'accorde beaucoup 
moins bien avec les sens du 
mot dans les diverses langues. 
Mais il résulte de celle-ci 
que le mot marathe est em- 
prunté ; de même le mot 
guzrati ; cf. p. ex. m. câvijeni 
et §152, 2«. 

nirakhnem nirekhnem « contem- 
pler »||g. pj. h. nirakh-, h. 
aussi nirekh-'^^^kr . nirihkhaua- 
II skr. nirïksate. — § 50. 

nirutâ nirutem adv, « certaine- 
ment » (poét.)ll d. niruttam 
niçcitam (148, 3)j|skr. niruk- 
/tf-.— §50, 121. 

/w"n2 adj. « pur »|| g. nirum^ s. 
niru ; pj. h. nirâ, sans doute 
par substitution de suffixe ; 
sgh . nirô « sain » représente 



3f;o 



INDEX 



skr. titroga-\\i=>kv . niruja-. — 
^ 64. 

nivatnem « détruire, tuer » 
(poét.)j|h. nibatnà « être con- 
sumé >>, pj. nibirann <* finir », 
b. nibadile^<- finir », sgh. navai- 
(« faire cesser »||pkr. nivattai 
Il skr. nivartayati. — § 114, 
lo2. 

7iivatnem nivadtjetn « devenir 
visible, avoir laspect gonflé 
(fruit), ressortir »\\g. nivad- 
viim « se produire », pj. nib- 
badnâ, h. nibatnà nibadnà 
« être décidé », cf. sgh. ni- 
val « origine, naissance » 
( skr . ninrtti-) \ \ pkr . nizwadai 
||skr. nirvartayati. — § o2, 
109. 1 1 i. Cf. m. vàtnem. 

nivijem « faire refroidir; dé- 
croître ))||sgh. nimanavà nive- 
navà « se refroidir, s'étein- 
dre »{|pkr. ;7/wâ/||skr. nirvâ- 
ti. — § o2, lo2. Cf. le mot 
suivant. 

nivânem n . « destruction, rui- 
ne »|jcf. d. niwânam duhkba- 
kathanam (149. 8)||skr. tiirvà- 
ija- n. — î^ o2. 

nisatmm « glisser de ..., s'en 
aller ))[|skr. nisrsta-. — i; 30, 
89,231. 

nisan niç'in f. « échelle »|| h. ni- 
senJ iiascnî nisaini nasainî, sgh. 
;//5/;.//||pkr. nlsauià nissem\\skT . 
niçrem f. —§ 42, 44, 52, 157. 

yiisnà m. « pierre à aiguiser »,j| 
sgh. nihunugâ, même sens; 
nihunn « action d'aiguiser »|j 



skr. niçâna- n. — J5 52, 15G. 
nîm m. « offrande régulière à 

un démon », netn niyam m. 

« règle, observance »||g. «iw 

nem, les sens répartis comme 

en m. ; s. nemu, h . w/"w, pj . 

mm, kçm. nêm « règle », s. 

neml <• régulier »||tats., skr. 

niyanta- m. ^ § 75. 
nïd n. m. « nid »||h. b. nld\\ 

Tatsama, skr. nîda- m. n. — 

§108. 
nid f. « sommeil »||g. ninidrâ 

nidâr, kçm. nènd'^r, h. nid 

nimd, sgh. nidi nidu, tsig. 

Iindr\\p. pkr. niddâ\\s]iv. ni- 

drâ f. — § 123. 
n^/7 adv . prép. <( près de, au- 
près »||g. s. h. pj. nede\\skT. 

nikaîe. — § 63. 109. 
neueni « enlever, conduire »||pj. 

nenâ; kçm. ;//-. tsig. arm. 

nenel « porter » ; cf. g. nen, 

s. nenu, h. nain, sgh. nuvana 

« œil «Hpkr. naana-\\skT. 

nayati, nayana- n . — § 62. 
ne)\ nom d'une localité du 

Khandeçjjpkr. //aam-||skr. 

nagara- . — § t)2. V. sous m. 

lier, 
nesriein « mettre (un habit »)|| 

skr. nivasana- n., nivaste. — 

§ 63. 
nyâv, V. m. nyâvo m. « justice » 

Il s, h. niân, g. b. kçm. nyày, 

sgh . niyâva niyâya 1 1 pk i" . nùa-, 

p. ;VnY7-!|skr. nyâxa- m. — 5; 

57. 
pakhâl f. « outre à eau »||g.pj. 



INDEX 



361 



h. pakhàl\\skv. payai)-, kha 11 a- 
m. Cf. sousm. khâl. — § 148. 

pamcàvann « 53 ))||g. h. pamcù- 
vaiu b. pamcânji, cf. maith. 
pacpan en regard de s. paijijo- 
injâb, pj. pacvamj, kçm. pôn- 
ravaniâh\\d. pahcâvauuâ tathâ 
panavamià pancâdhikapàhcàçai 
(191,7). -§223. 

pamchl m. « oiseau »||pj. h. 
pamchl\ mais g. pamkhï, s. 
pakhi, h. pàhhu sg-h. pak\\])kv. 
paccbi- pakkhi-\\skv . paksin- m. 
Emprunté ; le mot usuel en 
marathe est pâkhrûin. — s; 
101. 

pathâr n . « plateau, plaine éle- 
vée, fond », cf. m. pâthar \\ 
skr. prastâra- m. — § 48. 
110, 122, 12o. 

pad- préfîxe||g. h. etc. pad-^ sg-h. 
pili- 1 1 pkr . padi- \ | skf . prati- . — 
§39, 111, 125, 170. 

padkay f. « prêt à charge de 
revanche »||d. padikkao prati- 
kriyâ (188. 9i; cf. p. katikà 
« convention »jjskr. prati- 
krti-ï. —§30, 57. 154. 

padkhar adj. « rude »||d. padik- 
khâro ksûrah (190. 12)||skr. 
piati--\- ksàra-1 — § 42. 

padnem « tomber ))j|g. padviiiii. 
h.padnâ. h. padite, tsig. per-, 
tsig. arm. par-: en regard 
de s. pavaijii,p]. paiuâ paunâ. 
kçm. pè-, caus. p^t'-jlpkr. 
padai\\f^Vv. patati. — § 46, 48. 
79, 118. 125,232,251, 253. 

padsâd m. « écho KJjskr. prati- 



çabda- m. - § 49, 123. Cf. 
m. sâd. 

padaln. « taie sur l'œil ; essaim 
de mouches (poét.) ojjg, pa- 
dalWpkv. padala-\\skr. pata'la- 
n. — § 111, 145. 

pados « près de », padosà m. 
« voisinage », padoçl m. « voi- 
sin ))j|g. s. pj. h. padosi, b. 
pad si, o. padisa\\&kT . prativâsa-, 
prativàsin- m. — § 49, 50, 78 . 

padhntm «lire »[[g. padhvum, s. 
padahmi, pj. padhiiâ, h. padh- 
nâ, b. padite, ass. parh-, o. 
padhîbâ, kçm. parM«||pkr. /)a- 
dbai\\skT.pafhati. — § 46. 1 12, 
230, 252. 

/)rt» « mais, aussi ». v. m. pani\\ 
g. /)«'//, s. ^///;/ pini, h. />/?«« 
/?/;/;? ^«« puni, h. pani, nép. 
/)rt;?/, sgh./)â!/7a /)««rt|[pkr. pu- 
ua, puijo, uija (encl.), p. pana, 
pi{iià\\skr. punah. — § 39, 41, 
27i. 

panât f. " arrière-petite-fille », 
pantû m. « arrière-petit-fils j| 
h. panàtl f. jjpkr. épigraphi- 
que pranatika-, panatika- 
(Açoka)||skr. pranaptr-m. — • 
§46, 121. 125. 

pant terme honorifique qui s'a- 
joute aux noms propres || skr. 
paudita-. — § 162. ^'. m. 
pâindyâ. 

pamth pânith m. « chemin »||g. 
s. pj. h. panilh, s. pj. aussi 
panidh, h. panthd, isig . arm.- 
panth\\pkr. pantha-\\skr. pan- 
Ihan- m. — § 122. 



3fi2 



INOFX 



pathi'ar m . « fiancé pour la pre- 
mière fois ». Par superposi- 
tion syllabique, de skr. pra- 
ihama vara-. — ^ 172. 

palhàtî f. '< matelas, tapis ))||g. 
pathnrî, s. patharu, h. patthar, 
so-h. patara « chose répan- 
due »||d. pathârî mharah pras- 
taraçca (206, lo)||skr. prastâ- 
m-m. — ^i8, 8i, 110. 122, 
125. 

pànidhà ■' quinze »||g. paindar, 
s. pniiidhrâiji, panidrahani, pj. 
pâmdràmM. pamdrah, b. poner, 
kçm. pandah : sgh. pasalosa\\ 
pkr. paijiiarasa-, ap. paniiara- 
ba-\\skr.pancadaça-. — ,^ 11 (S. 
124, 143,164, 221. 

pamiàs « cinquante ))||g. h. /)âf- 
câs. pj. s. panjâh, b. pancâs, 
o. pûfr/ïr, kçm. pancâh, sgh. 
^«flj||pkr. pannasam pannasâ 
il skr. pancâçat-. — § 2 17, 223. 

paranncm « épouser «[jg. parau- 
viiin, s. par nanti, pj. parnàhu 
« mariao-e », h. /)û(r«Â|| skr. 
parinayali. — ^ 49, 50, ni, 
134. 

parval m. « commerce, affaire », 
parafneiji, parvaineni c retoui- 
ner, changer »j|pkr. pariyat- 
/âf-||skr. parivarta- m . — § 49, 
ol,lU. 

parvâni parvhàm « après-de- 
main, avant-hier »|jg. parâm 
H à distance » ; s. parimham, 
pj. parsom, h.parsoni parhaujn, 
paroinW^kr. paraçvah « après- 
demain ». — S 132,-157. 



parai, parel m. " pot de terre » 
||d. pariait sthâlam ; bhojana- 
hhâiidam iti xâvat (185, 6). — 
i< 42, 63. 

parasmm, pariyesanem , parisnem 
« entendre, écouter »||skr. 
paryes- « chercher ». — § 49, 
51, 63, 143, 233. 

parâyâ, paràvà adj. « étranger, 
d" autrui »||g. parâyiiyi: s. 
parâyo, parâo, parai ; h. parâyâ 
j|skr. paràgaia-. — ^ 5i, 55. 

parlt m. « blanchisseur »ijs. pa- 
r/7//||d. pariatto rajakah ^186, 
18).— §63. 

paris m. *< pierre philosophale ». 
cf. paras paris « que » idans 
une comparaison) Il cf. skr, 
paru sa f. « épreuve ». — sj 
42, 49. 

paryamî « jusqu'à »j|skr. parxan- 
ta-m. — § 68. 

palamo m. « lit ))||g. pj. h. b. 
palamg, s. palamgii, sgh. pa- 
jaingaWpkr. pallanka-\\skr. pa- 
ryanhi- m. — i; 48, 82, lil. 
Cf. m. pâlak. 

palâtan, paletaij n. « tour, péré- 
grination »j|pkr. pariaftai : d. 
allattapallattam pârcvaparivar- 
tanaui [2'S, {yj\\<ikr. par y ai ana- 
n. — ;5 48, 51, 77, 109, lil. 

palan, pâlàn n. « selle )>||g. o. 
palan, fi. palânii, pj. palâii, h. 
b. pâlânWi'ikr. pallâ)ia-\\skr . 
paryâna- n. — § 48, 125, 141 . 

pavjt-m ptri-lein n. « corail »|jg. 
parvâlum, sgh. pavalaW^kr. 
pavâla-\\skT. pravâda-, prabà- 



INDEX 



363 



la- m. n. — § 70, 79, 125. 

pamvàdâ povâdâ m. - « ballade 
historique ))|]g. pavàdo, h. 
poâdâ ; s. pavâdo « bruit, tu- 
multe » i-dâ, -do est un suf- 
fixe) j|skr. pravâda- m. — i; 
01, 70, 79, l2o. 

pasar'm. « expansion », pasar- 
nem <' répandre »l|g. pj. h. 
b. pasar-, s. p^^^r-Hpkr. prtj-^y- 
;v7/||skr. prasara-m.. prosara- 
//.—§ 32,63, 123. 

pamsast « 63 n^ pastis « 33 ». — 
§ 232 . 

/)^.y^j m. « faveur «[jskr. prasà- 
da- m. — § 164. 

pastâv m. « regret » [Ig.^rtJWi'ww, 
s. pachutâo, h. pachtâo, h.pas- 
tân, sgh. pasittàv; cf. g-, o.- 
/)ac/;(', h. /)rt^/;^, sg-h. pas, s. 
poe puâm « après ))||pkr. çaur. 
pacchàdùva-] cf. pkr. /)rtrc/?^|| 
skr. paçcâttâpa- m. — § 103, 
132. 

pahâr, par m. « intervalle de 
trois heures ))||g. /'or, p j , /^a;- 
/;/>, h. pahar, pabirâ, b. pahnr 
II skr. prahara- m. — § 40, 
123, 161. 

pahilâ adj. « premier »||g. /)^/;- 
//^///, pj . o. b. pahilâ, h. pablâ 
pailâ ; — b. pahar yo, asn. porta, 
sgh. /)rt/fl'w/<||ap. pahilâ-: 
pkr. padhama- (cf. la forme 
singhalaise)||skr . prathania- . 
~§ 46,123,226, 236. 

palnein « fuir »||g. palviiin, h. 
palâitè; sgh. impér. pa/tï|| 



pkr. ^rti/Âi||skr. palâyate . — 
§ 46, 52, 143. 

palasm. « butea frondosa ))|j 
s.palâSN, pj. pa/rt/;. sgh.;)^- 
/flj-||skr. palâça- n, — § 42, 
46, 143. 

palhein, palein. n. «cotonnier» 
Il g. pel « coton filé "||d. pala- 
hï karpâsah (182, 7), phalahi 
karpasah (210, 13). — § 46, 
169. 

pcim particule explétive||ap. pâu 
j|skr. prâyah. —§60, 125. 

pmk, m. « pion, courrier ))||pj. 
h.paik, b. prt/"Â-||pkr. p^/Â-Z^df-H 
persan /^rtzV. pehlvi paik ; à 
séparer de skr. padâti- « fan- 
tassin », padika- « piéton ». 

pâmi adj. (en composition) || 
« moins un quart »||g. pono, 
s. patujOj pj. paiinâ, h. panne, 
h. o. panne, kçm. ^/7«"||skr. 
pàdona-. — § 46, 37, 223. 

pâlis m. (( pluie »j|g. h. pâvas\\ 
pkr. pàusa-, pâli /jni7/5fl-|| 
skr. prâvrsa- m. « saison des 
pluies ».°— § 30, 46, 123, 
233. 

pâmklU pâklî, pâkôll, f. '< pétale 
de fleur »|jg. pàmkhdU h. pa- 
/i'/:7(«)(//||pkr. pamha-, pamhala- 
présente un traitement diffé- 
rent || cf. skr. paksman- n. — 
§47 69, 79, 89. 

pâkh, pâmkh m. « aile, côté de 
toit, quinzaine lunaire »||g. 
h. b. pâkh, pj. h. pakh, s. 
pakhu pamgho paijigii, o. paksa 
(prononcé pakho), kçm. pac- 



3«ji 



INFtEX 



cba, sgh.pak '< partie, parti », 
tsig. pbak pakWpkr . pakkha-\\ 
skr. paksa- m . — § 96 . 

pâkhar f. « caparaçon ))||g. pj . 
11. pâkhar, s. pâhhirii « selle 
de chameau y-iWà. pakkharà tti- 
ragasannàhah (184, 10)||skr. 
iipaskara- m. — ^40, 47, 
125, 174. 

pâkhrûm n. « oiseau );||skr. *pa- 
ksi-rûpa- . — § 47, 50, 66, 96. 

pàkhahum « oindre une idole ))|| 
g. pakhàlviim, pj . pakhahiâ 
pakharm, h. pakhâlnà\\skv . 
praksàlayati. — § 125, 145. 

pàîjig, pâmglâ, pàmgù « paraly- 
tique, estropié «[[g', pâmga- 
lum, pj . pânigiilâ, h. panigu 
pamgà painglâ, s. pain go « fai- 
ble », b. paingrl, tsig. pango 
(? V. Miklosich, s. v. phag\\ 
pkr. skr. pangu-. — § 39, 68. 
98. 

pâme « cinq ))||h. g. b. o. kçm. 

pâtnc, s . pj . pamj, tsig. pane. 

sgh . pas\\ pkr. ^fl;//cûf-|| skr . 

pailca-. — § 39, 101, 217. 
pàj f. « passe de montagne >'|| 

g. p^y f. « quai, pont ))||d. 

/jûs/'/â adhirohim niârga- 

vâcakah tu padyàçabdabhavab 

(181, 5, 6)||skr. padyâ f. — 

.^ 106. 
pânijrà m. « cage))||g. pàmjnun. 

h. b. kçm. pamjar\\s\\T. pan- 

jara- n. — ij 75, 106. Cf. m. 

pimjar. 
pâjbanjein <> dégoutter ))||pkr. 



pajjbarai\\skv. praksaraii. — sj 
125. 

Pâtan nom de ville || skr. patta- 
ya- n. — ^ 194, 284. 

pat m. « tabouret », pâtâ m. 
« tablette, planche ))||g, /J^fo, 
'< bande d'étoffe, ceinture », 
g. pj. pât, « planche, banc », 
s. pâti f. « plateau », h. pât 
'< tablette, tabouret, battant 
de porte », b. pâtâ « plan- 
che », pâtî « plateau ». sg. 
pata, « lien, soie ^\pati « cein- 
ture )),kçm. pût^ « planche >>•, 
pd/" '< soie », tsig. pbar 
« soie » Il skr. patta- m. (cf. 
pattra-). — ^\09. 

pâtîj, pâtel, V. m. pâtailu m. 
« chef de village »||g. pateJ, 
s. ^fl/£/«||skr. pattalika- paî- 
takila- m. — § 38. 

pâth m. (( dos »||g. pïtb pfitb, 
s. ^//Z/;/, pj , pittbi putth. h . b . 
pJtb. o. /i///;/, sgh. pita, tsig. 
d'Asie /)//i/o (v. Miklosich s. 
V . pbi'ko) ; kçm . pnst « dos de 
chaise » petbi « sur. dans », 
petba " de dessus, depuis »j| 
jtkr. pnttba-, pittba-, puttba-\\ 
skr. prstba- n. — ^^ 30, 31, 
110, 197. 

pâibavinem « envoyer »||g. pâ- 
tbâvavnin, s. pathann, p. ^a- 
tbânâ, h. pâibaite, o. patbâîbà\\ 
pkr. y)fl///;^1î'û'/||skr. prasthâ- 
payati (cf. sgh. ^^;/fl« « com- 
mencement », de skr. pras- 
//;^«fl-).— §47,48, 110,125. 

pâdnem « faire tomber »||g./)rtJ- 



i.mjex 



36o 



viwi, h. pâdnâ, h. pâdite 
« étendre »||pkr. pâdei\\skr. 
pâtayaii. — § 48. 

pàdçi f. « vache stérile »||d. pa- 
dicchià ciraprasûtà uiahïsï (186, 
4). — § 49/ 

pâdâ m. « veau ')||g". pâdiDii, s. 
pâdo, h, pâdâ\\d. padoo balah 
(184, 3) ; paddî prathmnapra- 
siltà (181,3).'— §47. 

pâdvà m. « l*^'jour de la quin- 
zaine, jour de l'an ))\\^. padvo, 
h. parivà, padvâ, b. parab\\ 
pkr. pâdivaà\\sk.r . prâtipada- 
adj. — § 60, 152. 

pâmdyâ m. nom propre de Brah- 
mane || h. pâijde « savant, 
maître d'école » , pamdà « des- 
servant dans un temple ))|| 
skr. pandita- m. — § 65, 1 1 1 , 
154. 

pàmdhar f. " sol blanc, pays 
habité ))||g. h. h . pàmdur (^i- pâ- 
le » , h . pàmdrl « sol blan- 
châtre », sgh. pamdara 
« blanc, jaune ))||skr. pânda- 
ra- adj. — § 86. 

pâijî n. «eau» Il g-, s. pânî, p j . 
paiji, h . b . pâni, kçm . pon", 
tsig. pani, sgh. ^a«,||pkr. pâ- 
«/a-||skr. pâniya- n. — § 46, 
66, 134, 152. 

pât m. « feuille ))||g-. pattum 
pàtrutn, pj. patt, h. pattâ 
pâtd, h. pât, sg^h. pat, tsig. 
pair \\pkr. patta-\\skv. pattra- 
n. — § 121. 

pâmt f. « ligne, rangée »||g. h. 
pânit, s. pamgati,sg. pet\\pkr. 



pamti-\\skr. pankti- f. — § 121 . 

pàtal adj. « mince, faible »||g. 
pâtlmn, s. patiru, pj . h. 
/>flf/rt, b. pâtal, pàtlâ\\d. pat- 
talam krçam (186, 3) ; dérivé 
de pattra- . — § 47 . 

pâthar f. « pierre plate et po- 
lie ))|[g. pathro, s. patharu, 
pj . palthar h . b . pâthar 
kçm. palhur « sol », pathar 
« par terre », sgh. patara 
" dispersion »||d. pathàrt ni- 
karah prastaraçca (206, 15)|| 
skr. prastara- va . — § 48, 52, 
84, 110, 122, 125. 

pâdnem « péter »||g. h. b. ^â^-, 
s . sgh . pad -\\skr . par date . — 
§ 47, 115, 123. 

pan n. « feuille »||g. h. pàn, s. 
panu, kçm. sgh. pan, h. o. 
pân\\skr. pariia-. — § 39, 
135. 

pânhâ m . (( montée du lait dans 
le sein »\\^. pàno\ b. pânâite 
(« faire téter un veau pour 
que la vache donne du lait ») 
||d. panho slanadhârâ (182, 1) 
Il skr. prasnava- m. — § 60, 
125, 136. 

pâpnl f. « paupière »|jLe rap- 
prochement avec skr. paks- 
iiian- n . est douteux . Cf. 
cependant pkr. ruppa- de skr. 
rukma-; et pour l'absence d'as- 
piration, cf. m. pâklî . — § 
89. 

pâphudnem « s'écailler »j|pkr. 
papphodaï\\skv . prasphutati. — 
§125,126. 



3()G 



ly dp:x 



pâym. « pied ; quart (sens rare)» 
Il Sans doute emprunté à l'hin- 
di. V. au mot pâv. — §07. 

pnyrl f. » pas »||g. prt^'n, s. 
/)j/>o, h.pair pairâ, sgh . /)î)'iï- 
twm « empreinte du pied <)|| 
skr. *pâdâkâra-. — Cf. § o2, 
H2. 

par m . « fin, limite » ; adv . 
« de l'autre eôté »||g. pj. li- 
b. par ; s. pân/ «' limite », 
pari '< de l'autre côté ))||skr. 
para- n., pare. — § 39. 

pârakhnein « examiner, contrô- 
ler ))||g. pârakhvurii, s, par- 
khaiju, pj. parakhnâ,h. para- 
khtiû, b. /)rt;-^/;||skr. parlksate. 
— §49. 

pârkà, pàrkhà adj . « autre, étran- 
ger ))||g. pârkum, en regard 
de pj, parâiWpkr. pàrakka-\\ 
cf. . skr. pàrakïya- . — § 86, 
93 . 

pârad f. « chasse »||g. parad\\ 
pkr. pâraddhi-, cf. d. pàrad- 
dham... âkhciakah (209,7 )||se- 
mi-tatsama ancien : skr. pa- 
parddhi- f. —§46, 8S. 

pùrai'dâ, m. « quartier de villa- 
ge » \\s.pâro, h. h. pâdâ\\pkv. 
pââra- pârâa-, pâra-\\skr. prâ- 
kâra- m . — § 46, 61 . 

pârvâm. « pigeon bleu »j|g. h. 
parnv, s. parelo, sgh. /)^/77- 
Z7}'rt||pkr . pârai'aa-||skr. /7âw- 
lYifû- m. — § 46, r)2, 1.j2. 

paras paris m. « pierre philoso- 
phale »||s. pârasu ; g. pj. h. 
pàrab, b. /)rt/ïT5 parespakbar •< p. 



philosophale, p. de touche ». 
Il Si skr. parlkfâ » est à la base 
de ce mot, le changement de 
genre en marathe et en sindhi 
reste inexpliqué ; il semble 
(ju'il y ait eu quelque part 
une confusion avec la racine 
de skr. sparç- (g. h. b. paras- 
if. toucher »), cf. sparçamani-, 
mot de lexique, « p. philoso- 
phale », et peut-être celle de 
paryes-, v. sous m. parasriem. 
- § 42, 49. 

para m. « mercure ))||g. s. pàro, 
p j . h. b. 'pârà\\skr. parât a- 
pârâda- m. — § 46, 60. 

parussent « devenir rassis », pâ- 
ravsâ adj. « rassis », pârosâ 
adj. (( qui n'a pas encore fait 
ses ablutions journalières, » || 
g. pâroth « pourri ». pj. parossà 
« part gardée pour un invité 
retardataire », s. pârûthn 
« rassis» Il skr. paryusita-, pa- 
ryufta-. — §49, 30, ol, 63, 
6o. 

pâlak, pâlakh m. a berceau », 
palkhi, palki f. « siège »||s. pâ- 
li ki, pj. h. pâlkt, sgh. palak\\ 
pkr. pallanka-\\skr. paryanka- 
m. — § 82, 86, 141. —Cf. 
m . palanig . 

pâlat m. « tour, vicissitude » ; 
pâlatijein « retourner, chan- 
ger » ; pâlthâ, adj. « renver- 
sé, retourné »||pj. h. paltâ 
i< renversé » ; g. palatvum 
pâlalvioii, s. païatuH, h. palat- 
nâ, b. pâlalite'^ renverser »||d. 



INDEX 



367 



pallattho pallatto paryasta iii pa- 
ryasta-çabdabhavam M 86, 8) ; 
pallattai palhatthai paryasyati 
(192, \\)\\?<kT. paryasta-, — § 
48, 88, 110, 122, 141, 148. 

pâlà, pâlav m. « bourgeon ))||g^. 
pàlo, palâv ; sgh. pahi « os, 
articulation ))||skr. pallava- 
m. n. — § 47, 48, 60, 148, 
132. 

pàv m. « un quart ^)\\^.pâv^ s. 
pj. h. pào, b. poà, sgh, pu, 
tsig'. arm. pav ; d'autre part 
m . g. pây, h . o . pâ^, pà, kçm. 
/>wr". sg-h. /7a_)'a||pkr. pâa-\\ 
skr. /Jrt^^rt- m. — § 35, 123, 
223. 

pàvnû m. <* marin ))j|cf. h. pânsl 
«barque ))||cf. pkr. pavium inf. 
||skr. *plâvanaka-. — § 49, 
125, 132. 

pâvijein « atteindre » (part, pât- 
lâ,pàvlà)\\g. pânivunij s.pâifjti, 
pj . pâmjâ, h. pânà, pânnà, 
h. pâite, o. pâiba, sg-h. pànii- 
nenavd, kym, prâvun\\^\iv. pà- 
vai\\skT. pràp-. — § 46, 123, 
132, 229, 230, 237, 256. 

pas, pâçïtn «^ près de »\\^ . pâstiin 
«côte, côté», s.pnsii «côté », 
pj . pas, pàh, h. b. pas « près 
de », sgh . pas, pasa, « côté, 
proximité », tsig. pas « moi- 
tié )i,paso « près », peut-être 
kçm. pâsaK page d un livre» 
jjskr. pârçva-n. — § 84, 137, 
194, 195. 
pâsoiî phàslï ï . « côte »|| s. pâsi- 
ri, h. pash pasuli ; pj. pâslâ 



«décote » diA].\\T^. phàsnlikâ\\ 
dérivé de skv . pàrçva- . — § 69, 
84, 137. 

pùhnem « voir, regarder »,pâljije 
« est nécessaire ; il i"aut»||s. 
pahaiiu « considérer, délibé- 
rer », en regard de pasiju 
« voir, regarder» Il A séparer 
de pkr. pas-, skr. paçyati. De 
skr. sprh- « désirer, cher- 
cher»? — § 52, 160, 232, 
237. 

pâhuuâ, pâboijâ m. « hôte »||g. 
poijo, pj. pâhuuà, h. pàhiinâ 
« hôte, gendre » ||skr.^/77^'-/;77r- 
ua- prâghuija- m . — §125, 159. 

pàj f. « bord des oreilles, pnra- 
pet, objets répandus en cer- 
cle autour d'autres »||g. pâl 
« bord, margelle », s. pâl h 
« couches de paille entre les- 
quelles on dispose les fruits 
pour les faire mûrir » , pj . 
pâl « série », h. pâl « digue », 
sgh. pela « ligne, lignée, 
texte » , kym . pal'yâr « palis- 
sade »||pkr. p. skr. pâli- f. 
-§145. 

pàluoji « nourrir, élever »||g. 
pâlviiin, s. pâlauii, h. pâlnâ, 
b. pâlite, sgh. palna\\}^kv. pâl- 
/)rt/-||skr. pâlayati. — § 46, 
145. 

pikâ adj . « mûr »[| Isolé en re- 
gard de h. pakkâ (emprunté 
partout), kçm. pap- « mûrir » ; 
tsig. pek-^<- cuire» est ambigu 
Il pkr. pikhi- à côté de pakka- 
l|skr. pakva-. — § 73, 93. 



368 



INDEX 



pimjar n., pimjrâ ni. » ca^e, 
thorax »j|s. pihiro, p]. pinijrî, 
h. b. phnjar, o. pimjtrà\\skT. 
pinjara-. — § 75. Cf. va.pàmjar. 

pitnem « battre, écraser )'ijg. s. 
pj . h. b. o. /)//-||pkr. pittha- 
\\skv. pista-. —,^89, 231.' Cf. 
m. pîth. 

pinid m. « boule »,pundï f . « pi- 
lule »||g". pimdJo « boulette 
de craie ou de farine », pj . 
occ. pifin- " mendier », s. 
pina « aumône » pinu « pa- 
quet » h. ped pitnâî, h. piind, 
sg-h. pida « petite quantité, 
boulette »||skr. pinda- m. — 
§111. 

pidhenivn. « tabouret, support» 
[!§•. pldhiyum '< poutre sup- 
portant les planches du plan- 
cher »; s. pirhi, pi.pihrâ, sgh. 
pila " trône », kçm, pir" «ta- 
bouret ))|jpkr. pïdha-\\skr. pi- 
iha- n. — § 80, 112. 

pinem « boire ))||g. pj. h. pi-, s. 
b. tsig. pi-, sgh. bo- (part, bl- 
và), caus. pova- (part, pev- 
z;â)||pkr. piai, piei\\skT. pibati. 
— § 63,229, 230, 231,232. 

pimpli f. « poivre long «Hg-. pi- 
par f., s. pipirî, h. pi pli, b. pi- 
pûl pimprd pippalt\\sk.T . pippalî 
f. — § 140. 

pi)!ipajvn. (< ficus religiosa »||g. 
pipalo, pipai, s. pipirii, pj. b. 
pippal, o. pi7npal\\skr . pippala- 
m. — § 69, 125, 145. 

pimpahier nom de villej|skr. pip- 



palanagara- . 
ner, Jier . 



>j 62. y. sous 



pilûm pilhlm n. « petit d'ani- 
mal ))||g-. pilô « bourg-eon », 
h. pilû, pilla, «petit chien », 
h. pu, sgh. pilavà\\). pillaka- 
(cf. tam . pillei « fils » ?) — 
§149. 

pivlà adj. « jaune »j|g. piluni, 
s. pîlo; pj. h. pîlâ; h. piyûdî 
pevdî « craie jaune, couleur 
jaune »||d. pivalam pitain iti 
tu pitaçabdabhavam (200,13). 
Ijskr. pitala-. — § 44, 145. 

pisuem « broyer »||g. pu- pis-, 
s. p7/;-, pj. plh- pis-, h. ^û-, 
b. pis-,kçm.. pih-, tsig-. /j/i-|| 
pkr./)Z5fl!/|jskr. pinasti. — § 44. 

/)/irt adj. « fou »,pisemn. « folie », 
pisâleiji n. « folie ))||pkr. /)/- 
5Ââ!-, pisalla-\\?>kv. piçàca- m. 

— § 52, 60, 01, 156. 

piyo pihû m. « amant »||g. p/- 
3'Mw, pj. s. piyii, pj. /)m, h. 
piyà, sg'h. p/jw; cf. tsig./)//'jwt'- 
« débaucher, se prostituer » 
llpkr. piâ-\\iykT. priya-. — 
§39, 125, 161. 

pilueni « écraser »j|pj. pelnà, h. 
pelnâ ; sgh . pelenavâ « être 
torturé », pila « peine »||pkr. 
pilana- pîdaijcjf-\\skr. pid-. — 
§ 44, 146. Cf. m. p'idnein. 

pi î., piyahà, pihâ m. « rate »|| 
h . pïlhâ pilhâ, h. pila, o.pilhâi\\ 
skr. plihan- m . , plîhà f. (lex.). 

— §64, 154, 161. 

pithn. « farine ))||g. pj. pîth f . , 
h. plthà « gâteau de farine de 



INDEX 



369 



riz », sg-h. ^/V/||pkr. p. pitiha- 
||skr. pista-. — § 41, 110. 

« tourmenter »||g. pîd- 
vum, s. pîdnu, pj. pidhnâ, h. 
pednà, h. pîdlte\\skr. pïd-. — 
Cf. m. pihiem. — § 44, 111, 
146. 

pis m. « plume ))j|g-. pïmch\\pkr. 
skr. piccha- n. — § 103. 

pudâm. « paquet ))||g-. s. pitdo, 
h. pudd\\d. pudaiam piiin- 
daiam pindïkrtam (201 , 1 5) , cf . 
abhinnapudo riktaputah (21, 1) 
||skr . puta- m. n . — §111. 

piiûâ m. « statue d'homme », 

piitll f. « poupée «llg-. puûl 

putluîfi, s. putili, pj . h. piitli, 

b. piitul\\skT. putraka-m., pu- 

trikà f. — §44. 

punav m. « sterculia fœtida, 
poon-iree » || pj . pùnnâ Wpkr.piin- 
fiûa-,puijnâma-\\ skr. piiiiinâga- 
m. —§44,55, 135. 

punav f . « jour de la pleine 
lune »||cf. sgh.puijti «plein » 
Il skr. pûrnimài. — § 39, 42, 
44, 135. 

piirâ., adj. « plein »||g. puro, s. 
paro,^].\\. b. o, pûrà, sg-h. 
piri, kçm. ^Mr"||skr. puriia-, 
pur a- (bouddhique). — § 44. 

piilâ m. « petite botte de foin, 
d'herbe »||g". h. ptilà, pj. pU- 
/â||pkr. ^(?//rtfl!-||skr. pûla- m. 
— §44. 

puvâ m. «gâteau »||h. pûà, piï, 
sgh . ptiva, ^ w 1 1 skr . papa- apûpa- 
m. — § 44, 64, 125, 174. 

pHsnem <( balayer ))||g. h. piitnch-, 

Lu furinulion de lu Inmjne nuu 



p j . pûmjh-, b. piiinch- pomch-, 
sg-h . pis- pih- 1 1 d . pumcha ipimi- 
sài pusai : niârsti (20 1 , 1 1 ) || skr. 
pronch-, pohch- (bouddhique). 

— § 44, 71, 103, 125. 
pusnem « demander »||g. s. h. 

b . tsig- . puch-, pj . pticcb-\\pkr. 
pitcchai\\skr . prcchati. — §31, 
71,103,230,253. 
pitlann. « plaine, rive sablon- 
neuse ))||skr. pulina- m. n. 

— §42, 134, 145. 

pu m. pus »||s. pnnï f. , b. pfiyâ 
^/7w/||skr. pûya- m. n. — § 64. 

pût m. (( fils », potl- f. « fille »|| 
g-, p j . pût, s. piitii, h. b. put, 
o. pua, sgh. pit, put « lils » ; 
kçm. pat'^ « poussin «jjpkr. 
putta-\\skT. putra- m. — § 29, 
121. 

pillm. «pont» Il g. pûl, pj. h. pul, 
s. puliï. WpersAn put. — §41, 
1 49 . 

pas m. « mois pausa »||g". pos, 
pas, s. pohu^p']. poh, h. pus, o. 
^/7j-||skr. pusya- m. — § 157. 

pehsmn « en comparaison de »|| 
skr. apehà f. — § 125, 174. 

pekhnem pehieui « attendre »||g^. 
pekhvimi « voir, observer », 
pj. pekhijâ « voir », h. pekbnâ 
(( désirer » ; sgh. pckaijiya 
« nombril » (« le visible »)|| 
pkr. pekkbai\\skv. preksate. — 
§30, 77, 89, 96, 125,230. 

pej f. « bouillie de riz » ; pejciu 
n. « lait »||s. h. pej f. ||pkr. 
pejja-\\ skr. peya-,peyya-(hoxià.- 
dhique). — § 77,106, 125. 

atl>e. 24 



370 



Index 



peu f. « boite, jjanier, ceinture » 

Il g. s. pj. h, pelî, h. petiyâ, 
pedà « panier de voyag-e », 
.s^h. /)f/;Hpkr. pedci\\sikT. pita- 
ha-n.,pcliî. —§101). 
pcinth f. « ville, marché ))j|h. 
peinth paimih\\skT. pratistbâ 1". 

— §125. 

penid' m. «. boue attachée aux 
souliers », f. « résidus de 
poix d'où on extrait de riiui- 
le » ; pcifidhl f. « paquet »|| 
g . penido « boulette de terre », 
h. ped peind « balle, boule »|| 
pkr. pet,ida-;cï. d. penidabàJam 
poudaUyam. . .piridlkrtam (201 , 
lo)||skr. pinda- m. — >^ 77, 
86. 

pedhl f. •< siège, trône xjjg. pedhï 
1 1 pkr . ped ha- 1 1 s kr . pltba- n . — 
§80. 

per m. (c action de répandre du 
riz pour le faire écraser par 
des bœufs »; pernevi « semer» 
Ijcf. d. payaro çarah, ...prada- 
raçahdahhava- ( 1 86,8) || skr . 
pradara- m, — § 62. 

pehjeiii <' pousser ))||h.p^/77^7||pkr. 
peUai^ pellana-\\skT. preryate. 

— § 141, 230, 231. 
pesnetn « envoyer un démon à q, 

qu'un » Il skr. presayati. — 
.^ 77, 125. 
pehran peran n. « chemise d'en- 
fant »||g. pahcrau, s. paJnrâ- 
««||d. parihaijain paridbàimm 
(\S^J, 'i)\\skr. paridhàna- n. ou 
plutôt persan pêrâhan (mod. 
pirâhan). La famille de skr. 



paridhà- se retrouve dans m. 
pchràv « costume », g. paher- 
vum, s. paharanu (caùs. pa- 
rahùinti), pj. paJnvnâ (caus. 
pahirânnù), h. pahinnâ, kym. 
pair- « vêtir, revêtir ». — 
§80, 167. 

pai- prélixe commun à un cer- 
tain nombre de mots j| skr. 
prati-. — § 29, 125, 170. 

paini « certes, généralement »|| 
g. pj. h. pai « mais »|| 
ap. prâiva\\fikr. prâyena. — 
§ 57, 125. 

paikijein paikhtjem « attendre »|| 
skr. pratlksate. Ou contami- 
nation depekhitevi « attendre » 
et aihiem « entendre, écou- 
ter »? — § 56, 89. 

paij f. « pari, engagement )>||s. 
paij m. '< honorabilité, cré- 
dit », pj. h. patj « vœu, pro- 
messe » ; tsig, prinjan- « con- 
naître, reconnaître »||skr. 
pratijM f.— §56, 106, 135. 

Pai (ban nom de ville ||d, pait- 
tbânaiit u a garant (1 92,3) || skr. 
pratistbnna- n. — § 42, 56. 

paitba m. « entrée »\\h.pailh, h. 
paithâ »' échelle, escalier »,sgh. 
pivitii « entrée » ; g. pethiiiii 
(part, de pesvuni) « entré » ; 
cf. g. pesTuin, s. pchnu, h. 
paithnà et paisnà, tsig. arm. 
pescl « entrer ))\\d. paiubo jfia- 
taraso viraiammârgaçcdi îryar- 
thah (216,3)|(skr.;)rfli';V/fl!-. — 
Pour la chute de v, cf. hais- 
vern {skr.upai'iç-). — § 56, 125. 



INDEX 



37i 



paii,i f. «convention, pari »||6kr. 
pratijnà. Cf. paij. — § S6, 
106, 135. 

pail « opposé », pailâ «^ fjui est 
de l'autre côté « (mots poé- 
tiques) |[g. pelmn ; h. pailùr 
adv. « de l'autre côté »||déri- 
vé de pkr. pai' avec le suf- 
fixe pkr- -illa- (cf. § 256),—-- 
§56. 

pais m. « place, espace »||sgli. 
piyes\\^kv. paesa^\\sk.T. pradeça^ 
m."^§o6, 125, 156. 

paisâVSkà']. « répandu», m. « re- 
lâchement »||skr. prati-\-sfâ- 
va- m. — § 152, 157. 

pûmkhn. « extrémité d'uneligne, 
d'une rangée j)[|skr. puûkha- 
m. ? — § 80. 

pokharn. « étang » ||pj . h.pokhar, 
h. pfihlr, o. pokhuri', sgh. po- 
kura «"^otus »[|p. pkr. pokkba- 
m-||skr. pitskara- n. — § 80, 
89, 96. 

potn. « ventre »|[g. s. b. pj.h. 
peU< \enire», h. piitÎJ« anus », 
pût (c os de la queue du bœuf » 
\\d. pottayi tidaram{^Oi,o)\\ski\ 
pusta- adj. « gros ». — § 80, 
J63. 

potjà m., poflî f. « objets enfer- 
més dans un bout d'étoffe »|| 
g. pot, potlo, s. potri, pj. h. 
pot,poill, b. p//;;/fa//||d. kumti 
poltalmii; vaslranîbaddbaip dra- 
vyam{S2,]Q). — § 145. 

pûl m. f. « perle de verre ou 
d'or, pierrerie »|jg. })]. pot f., 



s. pûti f., h. pot m., b. pot\\d. 
pottl kâcah (204,5). 

pothl f. « livre »||g. pothî^ s. /)o- 
thi^ pothu, pj, h. pothl, pothù, 
b. /)/<//;/, sgh. ^o/a, kçm, pntlf 
Ijpkr, pottha^,polthiâ, p.pottba- 
/M-||skr. ptistaka- n. — «^ 80, 
122, 125, 252. 

pophaj f. « aréquier »|jg. phophal 
n. Il pkr, popphala-\\skT. paga- 
pbala- n. — § 64, 126, 145. 

poln.u graine vide »||g. polwn, 
s. poro, pj. poî^ h. /)o/â « vide » 
Il pkr. polla- {rikta- ; cf, Mejer, 
H indu Taies, p. 129, n, 5)|| 
skr. pfdya- {cHr.a.q ; Whitney, 
Atbarvaveda transi., p. 765, 
traduit par « shrivelled 
grains »). — § 84. 

pohamcyein « arriver à, obtenir» 
||g. pocvuin, s, pahncnu, p j . 
pahiijwiià, h . pabitincnâ , b . pain- 
bucan, o palmijicîbn. Etjmo- 
logie inconnue ; cf. m. pàhu- 
ijà, skr, prâgharija- ? — § 252. 

pobâ m. « troupe »||phr. pûba- 
II skr. *apyùha-, cité à tort 
sans observation au § 125, est 
une restitution arbitraire de 
Pischel (§ 286). 

pobà m. « riz pressé ))||6kr.' 

pftbuka- m, n. — § 30, 159, 

pol m. « taureau dédié aux 

dieux »||pkr.^câ!/a*, cf. d. poâ- 

iovr^abbab (204, 17)[|skr. po- 

talika-[déTi\é dépota- : cf. sgh. 

po, h. ptiâ « petit d'animal ») 

— §64, 145. 

pol, paui f. « mur bas de con- 



372 



INDEX 



struction peu serrée )>\\g. pol 
f. « rue », h. pol, paul, paiir, 
m. « porte, cour, quartier 
ayant sa porte », dialectes 
hinialayens ^'o/||skr. pratoli- 
f. — §^36, 59, 125, 145. 

polnem « brûler », poU f. « ga- 
lette frite » ||g. poli, ^pi-poli pol- 
ir, s. porî, b. ptili, « gâteau 
frit », b. podâite, pudite « brû- 
ler » || d. paillai pacati (192,11). 
-§(52. 

Pyâr adj. « chéri ))||g. pyârwn, 
s. pyàrOy pj. piàrà, h. pyâr^ 
skr. priyakâra-. — § o3, 154. 

pyàs f. « soif »|[g. s. pj . h. b. 
/)/)m||pkr. pivàsa- piâsa- (adj.) 
||skr. pipasàî. — § 63, 125, 
154, 156. 

pragat, adj. a notoire »||g. h. 
pragaf, s. parghatu,^']. h. par- 
gat ; mais sgh. pahala\\?>^v. 
prakata-. — § 98. 

pramânem « k la manière de »j| 
skr. prainmia-. — § 193. 

phat f. « cassure », phataknem 
« bondir, se séparer, cribler » 
||g. pj.h. phatak-, s. phadak-, 
kçm. phyàr-\\skT. sphat-. — 
§ 48, 84. V. m. phâhiem. 

phadà f . « capuchon de serpent, 
bout de branche ou de feuille 
de dattier ))j|h. phadâ « bout 
de branche, épi de maïs »,b. 
phadhi « petit rameau »|ld. 
phadain sarpasya sarvaçariravi 
phanaç ca (212,13)||skr. pha- 
tâ f. — § 111. 
phan m. « capuchon du cobra » 



\\g. phanâ, phaiiJ, phen, s, pha- 
ni f. , pj . phan f., h. b. o. pha- 
ijâ, sgh. pana\\skT. phaiia- m. 
— § 134. 

phanas, panas m. (> jacquier »|| 
g. phanas, h. panas, phanas ^ 
h. panas\\pkT. panasa- phanasa- 
\\skr.paîiasa~m. — §84. 

phattar m. « pierre » (emplois 
figurés) [| h. phattar. — V. m. 
patthar. — § 168. 

pharas m. « hache d'armes »|| g. 
pharsl, pharçï, h. pharsà, b. 
pharsâ, phalsâ\\pkT. parasu, 
pkr. p. pharasu-\^skT . paraçu- 
m. — §84. 

pharà m. « omoplate »||pj. phar 
Wà.pharao phaMah (210,15)|| 
skr. phalaha- n. m. — § 125, 
142. 

phal m. « fruit »|[g. pj. h. b. 
kçm. phal, s. pharuphalu, sgh. 
pala\\skr. phala- n. — § 126. 

phalâ m. « planche ))||s. phariiho, 
h. phadî,sgh. palihaAsig. phal\\ 
pkv. phalaga-\\ skr. phal aka- n. 
m. — § 46, 126, 142, 145. 

phalâr, pharâl m. « petit repas 
(de fruits etc.) ))||g. phalâr, 
pharâl, h. phalâr, phalyâr, h. 
phalâr\\skr. phalâhâra- m. — § 
126, 145, 161,167. 

phâg m. « vers en l'honneur de 
K sua récités pendant la 
Hoir »||g. phng, phagvo « pré- 
sent reçu k l'occasion de la 
\{o\\yi , phâgan « nom du mois 
Phalgima » ; s. phâgu « nom 
du mois, amusement pendant 



INDEX 



373 



la Holi; lancement de poudre 
rouge » ; pj. phâg « Holi » 
phaggû nom du mois, h. phâg, 
b. phàgili-<- poudre rouge »||d. 
phaggû vasantotsavah ( 2 1 . 1 5 ) 1 1 
skr. phalgii-, phalguna-. — § 
38, 39, 126. 

phâtnevi «se déchirer »\\g. s.pj. 
h. b. kçra. phat- phat-phad-, 
tsig. phar-, sgh. prt/-||skr. 
sphatati.— % 48, 126, 146. 

phâdnon « ennuyer ». V. m. 
phâlijein. 

phâiiidnein « sauter, bondir fen 
parlant d'un animal) «jjh. b. 
pbâmd-\\skr. spm:d- . — § 126. 

phânûs,phâims m. n. « lanterne» 
Il g. phânas, s. fâmsu, fanûsû, 
pj. h..fânî2s\\aT. -pevs.fânûs. — 
§ 42, 46, 134. 

phâr adj. « nombreux », adv. 
« très »||g. phâr adv.||pkr. 
phâra-\\skT. sphâra-. — § 126. 

phâvdâ m. « houe de bois »||h. 
phâorâ, phaurâ « hovau, bê- 
che », hih. phmirâ, b. pbâodâ 
« pelle pour les cendres »|| 
skr. iphyâ- n . ? — §126. 

phâijis m. (( fdet, rets »||g. 
phâmso, s. phâsî, phâsJin « fi- 
let, trappe y^,phâsaijii, «s'em- 
bourber, être pris », b, 
pj. phâsnâ, sgh. pasà\\ pkr. 
pharns-\\skv . pâça-m. — § 84. 

phâsâ m. « dé à jouer »|| g. 
pâso, pj. h. pâsâ^skT . pâçaJca- 
m.— § 84, 156. 

phâl m. (( soc de charrue »|| s. 
phâni, p j . phâJâ, h. b. phâU 



||skr. phâla- m. — § 126, 
14S. 

phâjnem « déchirer r. phâlâ m . 
« pièce arrachée, déchirure » 
\\g. phâlvavuni « partager », 
phâlo « part » ; g. s. h. b. 
phâd- « déchirer » ; o. phâlâ- 
phâlâ « déchiré »||skr. spha- 
tati.—% 126, 146. 

phitiiem « se relâcher »||g. s. 
phit-\\pkT. phittai. — § 80, 
126, 230. Cf. m.phednem. 

phiniem « tourner »||g. pher- 
phar-, s. h. b. kom. tsig. 
phir- « tourner, circuler »|| 
Etymologie inconnue. 

phulel «huile de sésame parfu- 
mée »|| de m. phâl « fleur » 
et tel « huile ». — § 44. 

phiikat phuhà adv. «gratis »[|g. 
phok « vide, vain », s. phoka- 
tu « sans raison, gratis », pj. 
phok phog « rebut » phokâ 
«vain, insipide», \\. phokat 
« vaurien ; gratis » , b . phukâr 
« espace libre, ouverture »|| 
d. phukkâ mithyâ (211, 10). 

phutnem « briser », phoducin 
« éclater »||g. phutviim phod- 
vum, s. phiitim et phodaiiu 
« craquer, éclater » ; h. phûl- 
nà phodnâ, b. phiitite « écla- 
ter »,ùholan « enflure »||pkr. 
phuttai, phudai\\ skr. sphutayaii. 
-§126. ■ 

phurfiem « avoir des convul- 
sions » 1 1 g.phiirviun , pj . phii njâ , 
s. phurami « piller, cambrio- 
ler, surgir (une idée) », sgh. 



374 



INDEX 



piipura <■< étincelle »j|pkr.p^//- 
ranta-, phuraphuranta- « trem- 
blant ))||skr. sphurati. — §126. 

phelm. a gousse, cosse vide» 
\\à. pheUo âaridrah (211, 17). 

phfil m. « fleur ))|j g. h. b. phûl^ 
s. phulu, pj. phidl, sgh. pil, 
pu! jjp. skr. phnUa- adj. — § 

126, 148.- 

phednem forme active de phitijeni 
« défaire, relâcher »|jg. phe- 
dvnm, b. pheliU « jeter », 
phelâite\\ti\^. phedai\\. — • § 80, 
126. 

pheu m.,pheijl f. « écume ))|| h. 
phen, phenà m., s. phenu m. 
pheni f . , b. phen, pheiji^^ jus de 
canne à sucre » [|skr. phena- 
m. —§126, 134. 

phod m. « pustule, clou »||h. b. 
phodâ , sgh . po]a ] j p . phota- 1 1 skr . 
sphota-m. — §'lH^ 126. 

phodnl f. « huile ou ghî frit 
avec de la graine de mou- 
tarde pour faire une sauce » |J 
g. phodiil\\à. phodiayam râji- 
kà, dhûinitam (213,1). 

phodiiein»^ éclater »[| g. phodvum, 
s. phorann « craquer » phori 
f. '< fissure, déchirure», h. 
phodnâ, h. pholan c enflure », 
pholâite '< ij-riter » \\skT.sphotati. 
— .^ 126. Cf. m. pht^iem. 

bak, baglâ m. « héron »j|g.^^^, 
bag, baglo, s. bagu, bagido, pj. 
h. baglà, bagiiJâ, bugl(l\\pkr. 
bakka-\\skr. M\z-m.— § 98, 

127, 16"). 

hakrâ, m. a bouc »||g. bakfo, s. 



bakiro, pj. bakkarà, h. b. o. 
bakrâ, kçm. hakar, tsig. /^a^rt» 
jjskr. barkara- m. — § 93, 
127,163. 

/»rtf/zrf m. « lien, digue »|j persan 
band.—%^^. 

badbadnem, vatvatnem « jacasser, 
bavarder »||g. s. pj. h, 
badbad-\\ pkr . vadavâdai, d , 
badabadai vilapati (214, 12). — 
§150, 252. 

barû m. « roseau »||g. s. pj. h. 
barû^à. baniam iksusadrçatr- 
uam ; . . . atra bariia-balavatti- 
çabdau dantoslhyâdî kaiçcin ni- 
baddhau (214, 3-5). -§ 46, 
loO. 

barà^à]. « bon njmrem (au Con- 
can, boreni) « bien ))||skr. va- 
m-?. — § 79. 

bahirù adj. « sourd »||g. behero 
bero, h. bahirà bahrâ, h. baherâ, 
o. bahirâ, sgh. ^//;în, bihirâ\\ 
skr. badhira-.— § 50, 128, 
159. 

^flf/?/';; f . " sœur » (Goncan : boin) 
Il g. /»^/jm ^^«, s. bhenu, pj. 
bainh, bhaiii, h. bahin, bahni, 
b. /'«»/, o. bhaiivï, kçm, ^<';1^, 
sgh. bihini, buhun « sœur 
aînée », tsig. phen\\pkr. bahini 
jjskr. bhaginî f. — § 46, 79, 
134, 167. 

bal r. (( offrande, sacrifice »|| g. 
/;«/?", pj. bail, s. b. ^a//, h. 
kçm. baJ, sgh. bili bil}a\\f>kr. 
bali- m . — § 1 45 . 

/'fl/n. « force »||g. bal n., s, 
^rt//f, pj. h. b. kçm. bal, 



INDEX 



375 



sgh. baîa\\ipkv. skr. bala- n. 
-§Uo. 

hall a.d']. « fort ))l|g'. balî, s. pj. 
h. b. ball\\d. balio plnaJp {2\d, 
3) Il skr. balin-. 

hâj m. « peur »||pkr. bajjai, d. 
vajjai trasyati (2ol,6). — § 
150. 

bâmdhmin « attacher n\\g.bam- 
dhâvuiji « être attaché », s, 
baindbaijii, h. bâ)idbi!â, p j . 
bannbnâ, b. o. bâmdh, sg-h. 
bandinavâ (participe /'â^a), 
tsig-. arm. Z'a/z/k'/ijpkr. skr. 
bandh-.—% 124, 230. 

/^^/) m. « père »||g.pj. h. b. tsig. 
iXTm.bâp^s. M/w||pkr. bappa-, 
ap. bapplkî, d. bappo siibhatah, 
pitety anye (213, 3). — § 150. 

bâpudà adj . « pauvre, pitoyable» 
Il g. bàpdnin, h. bâpdâ, bâprâ 
\\ap.bappudâ (= varàkâh). — 
^ 165. 

babar f. « cheveux ébouriffés » 
Il g", bàbrl « démêlures », h. 
bâbar « herbe dont on fait du 
cordage », pj. h. bàbriyâiu 
« cheveux longs et mal soi- 
gnés »||d. babbarl keçaracanâ 
(213,1 5) Il skr. barbara-. — § 
47, 127. 

bâbhûlï. « acacia arabica »||g". 
bavai, s. baburu, pj. h. babùl, 
h. babûr bâ bul\\ skr . vâvilla-, 
varvûra- (lex.). — §86. 

bâmbhurdà (employé comme 
injure), bàman m. « brahma- 
ne» ||g. h. b. bàman, s. bâiii- 
bhanu, pj. bâmhan, sgh. bamba 



Ijpkr. bambhana-, baiiihana-\\ 
skr. bràhmana- m. — § 127, 
128, 138. 

bàvko f. « femme », v. m. instr. 
bàyahem\\^. h. /»â/", kcm. bày\\ 
Et. inconnue. — § 64, 193. 

bàrà « douze »|| g. o. ^^r, s. 
bâraham, pj. bar à m, h. bàrah 
bàrà bàro, sgh. ^ara dolasa 
dolaha, kçm. ^i7/;||pkr. bârasa, 
bàraha duvâlasa\\skv. dvddaça-. 
— § 118, 143,214, 221. 

bâri f. « fenêtre »||s. bàrJ, g. 
/wn, bartim (« porte »), kçm, 
tsig. arm. fo?r||skr. dvàra- 
n. « porte ».— - § 130. 

bàvdi f. « grand puits à ciel 
ouvert, bowry »||g. vào vannas. 
vâî, h. bàvdl bàvll bâvrïbilUn, 
sgh. vœva (v. sgh. vaviya, 
maldiv. wen) ||skr. w//)/", î^rtpî- 
kàf. — ^ 150. 

Z'iîi'rt» « cinquante-deux »||g. h. 
bàvan, pj. bavainjà, s. bàvain- 
jàh, h. bâyan, o. ^^«w, kçm . 
^/oîyflJ«;(â/3||pkr. Mî/an/y^/z/Uskr . 
dvàpahcàsat-. — § 223. 

bâvJs bevls « vingt-deux » 1 1 g . 
bâvlSjS . bàvlh, pj . bâi, h . maith . 
bàîs, b. o. />â?r||pkr. bdvîsani, 
ap. hâisa\\?>kv . dvâvimçati- . — 
§ 214. 

bàhnem « appeler, crier »||skr. 
brmhati « barrir, parler (sens 
donné par le Dhàliip.) » — 
§30, 52,160. 

bâhattar «■ 72 »||g. bàhofer, s. 
bàhatari, pj. bâhattar, h. b. 
bàhatiar, maith. bahattari, 



376 



INDEX 



kc;in. dusatat\\pkv. hâvaitarim 
\\&kT.dvâsâptati-.—%\^^,22^. 

bâhïi. «bras »||s. bâmhân, pj. 
h. bânib, sgh. bâ, kçm. bâû 
(bâhi « bracelet »), tsi^.^âiv|| 
pkr. bouddh. bâhâ\\skv. bâhti- 
m. — § 70, 159. 

bâhiilà bâvlâ (dial. bâholâ) m. 
« image, poupée, statuB »||g. 
bâvalum^à. bâull'i pancâlïkà ; 
atra bapphâida -hâiiUl-çabdau 
heçàmciddantyosthyâdî{2\ 4,13). 

— § 46, 50, 57,150,161. 
bâher « dehors » ; bâhirilà (ins- 
cript, de 1206), adj . « de 
dehors ))||g. bahôr, bâher, s. 
bâhari, bâhnni, h. bâhîi\ pj .h. 
hnhar, h. bnhir, sgh. bâpâra\\ 
p. pkr. bàhira-\\skr . hahih . 

— §46, 80, 159. 

bâl n. « enfant », adj . « jeune » 
Il g. pj. h. b. kçm. bâl, s. 
bàrii, bâlu, sgh. bal, tsig. 
balo « porc »?||p. pkr. skr. 
bùla- m. et adj. — § 145. 

bijlï f. « éclair »||g. viilî, pj. h. 
b. bijli, o. bijulï, sgh. vidu- 
//)w||pkr. wyy/f/m II skr. mdyut- 
f. — Emprunt hindi. — § 150, 

bitî f. « bouse, ordure ))||sgh. 
betto ; kçm . botb' « bouse 
sèche servant de combus- 
tible »|| semble devoir être 
séparé de la famille de h . 
bit h, skr. visthâ ; cf . m . vital. 
-§150. 

bimd m, binidcni n. (( goutte de 
sperme, sperme ))|| g. s. h. 
b. biindw, h, kçm. binid, 



sgh . bimda « goutte » || pkr . 
skr. bindn- m. — § 76, 166. 

bhn n., bi f. « semence ))|| g, 
bï blj, s. bihanii, pj. blm^ 
h. b'ihan, blj, biyà, b. bij, bic, 
o. bihan, kçm. byôh\[sk.v. 
/;i/fl-n.— §41,127,-150, 191. 

hi « aussi, en plus »||g. s. H, 
pj . h. hl bhï, tsig. î;/||pkr. 
pf, i7"||skr. api. — § 127. 

bïj f. « 2'^ jour de la lune »||g. 
s. bîyà ; g. s. bijo, pj . biâ 
« second », kçm. biya «autre» 
Il pkr. biijja- en regard de 
M^.- Il skr. dvitlya- adj. — § 
130, 214, 226. 

b'dn. « trou (de, rat, serpent, 
etc.) »||s. biru, h. b. bil, 
sgh. bala\\-ç. pkr. skr. bila- 
n. —§145, 150. 

hujnem « effrayer »||d. vojjhâ- 
ram atltam bhîtafn ca ; vojjai 
trasyati{Ti\,%). — §86,150. 

bujhuein « comprendre »||g. ass. 
buj-, s. h. b. o. bujh-, pj. 
bujjh-, kçm. fc;{-||pkr. bnjjhai\\ 
skr. budhyate. — § 44, 85, 
107, 127, 230. 

budimn « sombrer »||g. s. b. 
bud-, h. bûd-, kçm. bôd-; tsig. 
fe/- « plonger »||pkr. buddai. 
-§150. ■ 

bunidm. « goutte »||g. pj. h. 
bumd, s. buiiido. bMîd\\skT. 
Z»/;;^//. -m.— §39,76,166,188. 

budh f. « raison »||s. budhi,^]. 
biiddh, h. /'M^/j, kçm. bôd., 
cf. sgh. bndu«. le Buddha ))|| 
skr.^;/<Ji/;/-f.— § 124. 



INDEX 



be « deux » dans les formules de 
multiplication [be ek be, be 
trik sahà) ou en composition 
[bevîs « 22 », becâUs « 42 )))j| 
^.be ben. s. bâ, sgh.. ^£||pkr. 
^^llskr. dve-. — § 77, 130, 
214. 

bedâ m. « radeau oUg-. bedo, s. 
^m, pj. h. bedâ, tsig'. ^gro||d. 
Mo «««M216,6). — § 150. 

bel m. « aeg-le marmelos||g. btlï, 
h. ^d/, sgh. bêla, kçm. M /;// 
llpkr. /'^//dJ-llskr. bilva-va. — 
§77, 80, 127, 148. 

belkem n. « fourche d'un arbre, 
bâton fourchu »||h. kçm. bel 
«pelle ))||d. bell sthûnà (216, 
6). — § loO. 

baisiiem, basimn « s'asseoir »||g. 
besvmn, s. bthaiju, pj . besnâ, h. 
baisnà, kçm. bëhiin. tsig. ^^i-, 
tsig. arm. z'^'i-ljskr. npaviçati . 
— § 46, 56, 127, 174, 230, 
232. 

MW m. « bouc ))||g. ^o^Jo, pj. 
/'O^, h. bokrâ; s. fo^^; f. « cri 
dubouc))j|d. bokkado châgah 
(216, 13j||skr. bukka-m.— § 
80, 127. 

bovid n. « bourgeon, tétine. ))|| 
d, bomdam cilcukam (216,12). 
DraA'idien ? cf. can. budde 
« enflure, protubérance », tel. 
boddu ('nombril proéminent». 
^ § 70 . 

bar f. « jujubier ))||g. bor n., 
pj . h. ber, s . beru, berî, h. bair, 
kçm. Z'rû:_)'||pkr . bora-,borî\\&kv. 
badara-m.. badarîi. — S 55. 



bolnem « dire »|j g. s. pj . h. b. 
kçm..bol-\\^kv.bollai\ cf. skr. 
bouddhique bahubollaka- « ba- 
vard ». — § 252 . 

bhamgnem « casser, détruire »|| 
g. pj. bhamg « rupture », 
s. bhâTngo « brindille sèche », 
bhamgo « interruption », pj. 
bhâmggâ « dommage », b. 
bhâmcrite « casser, se casser », 
tsig. phag-[bang-) « casser» || 
skr. bhafiga- m., cf. bhanakti, 
bhahjayati. — § 230. 

bhataknem « aller de côté et 
d'autre »||g. s. pj . h. bbatak-\ 
sgh, bâta « enfoncé, disparu 
(soleil) »||pkr. bhattha-\\skr . 
bhrasta-- — § i8, 89, 169. 

bhattâ m. « pot contenant du 
feu », bhattî f. « foyer, forge » 
||g. bhatthi, pj. bhatth, h. 
bhatthâ,bhatthi,bhatl «feu, four- 
neau »,b. bhâtt « fourneau de 
distillerie » || skr. bbrastra- m . 
— §128,169. 

bhalâ adj. « bon »||g. bhalum, s. 
bhalo, p j . h. bhalâ, h..bhâl\ pj. 
h. bhaddâ « imbécile >>, sgh. 
bada-kala « heureux »||skr. 
bhalla- (signalé comme « vil- 
lageois » par Vâmana, v. 
Regnaud, Rhét . Sanskrile, p. 
141), bhadra-.— iS, Itl. 

bbar, bhâr, va. u poids, charge », 
bharuein « porter »||g. bhar- 
vuin, bhâr, s. bhar prépos. 
« sur » ; h. bhâr m., bharuâ 
« supporter », sgh. bara 
(■(. poids; lourd », kçm. bar", 



378 



INDEX 



tsig. pharo « lourd »||p. pkr. 
skr. bhâra-, bhara- m. — § 
128. 
bhamvaî f. « sourcil ))j|g. bha- 
vtim, h. bhaiim, pj.bhaurjih, h. 
bhomâ, sgh. bàma, kçm. bu ni. 
tsig. phov\\ p. bhavmka-. pkr. 
bhiimaâ bhainuhà\\skv . bhrû-i. 

— % 128. 

bhâi bhàù m. « frère »||s. pj . 
/'/jmz ; g. pj . s. (en comp.) h. 
b. bhàl, kçm. bôy"^ sgh. ^^^' 
/7r/ ; la répartition géogra- 
phique, comme les règles 
générales de phonétique ma- 
rathe, V. § 31, montrent que 
bhâ'i est emprunté; un dernier 
groupe est celui de tsig. 
arm. phal, euvop. phral, v. § 
18 II pkr. bhâyâ ; cf. d. bhâo 
jyesthabhaginlpatih (216,5); p . 
bhâtiha- ^/;â/rt||skr. bbrât^- m. 

— 128. 

bhâj f. « épouse »||kçm. bd?-^yâ, 
sgh. /'an II pkr. bJMJjâ\\skT. 
bhâryà f. — § 106. 

bhâgmtn « se fatiguer, céder ))|| 
g. h. b. SiHii.bhâg-(( fuir», o. 
bhâfng\\skT. bhagua-. — § 230. 

bhâjnem « rôtir, griller ))||g. 
bhajyum « gâteau frit »; s. 
h. bhâj-, h. bhaj-, kçm. ba^-, 
sgh. bad- « rôtir ))|| p. bhaj- 
;n//||skr, bhrjjati. — § 47. 
106. 128. ^ 

bhàmjnem « partager )j||g. h. 
bhâmj- ; pj. bhâmjlm « part «jj 
pkr, bhahjai\\ skr. bhanjayali. 

— § 106, 230. 



bhâd f . '< profits obtenus par la 
prostitution des femmes »|| 
g. s. h. bhâd, pj . b. bhàdâ 
« loyer »; sgh. bal a « salaire » 
Il skr. bhâit- f. ^ § 111. 

bhâijuj m. (' boulFon (nom de 
caste ) « i|g. pj . h . b. bhâind, s . 
bhamdii, kçm. bârid\\bhaindo... 
mâgadho{2'2\, 16)||skr. bhan- 
da- m . — § 111. 

bhâmd n. « pot ))||g, bhamdnm, 
s. bhâmdo; pj. h. bhâindd, h.b. 
bhâwd ; sgh . badr « ventre » 
\n:m.bâra k pot, flancs o||pkr. 
bhanda- ||skr. bhârida- n. — § 
68, 111, 159. 

hhâmdau n. « dispute », bhâmd- 
iiein « se disputer », bhânid 
(( querelleur ))||g. bhànidvum 
a injurier, se quereller », 
bhâmdan <( querelle », s. 
bhamdanu «■ crier », h. bhanidnâ 
« faire des reproches, inju- 
rier, calomnier »||d. bhamda- 
vam kalahah (218, 15). — ^ 
111. 

bhâmdâr n. v trésor »||g. pj. 
bhani^Jâr, s. bhamdâru, h. bhâm- 
dâr, h. bhândàr\\pkT . bhandâra- 
||skr. bhâiidâgâra- n. — § 01, 
111,143. 

bhâi m. « riz bouilli »||g. h. b. 
o. bhât^ s. bhatn, pj. bhatt, 
kçm. bata,s^h.. batW'Çtkv . bhat- 
ta-\\s>kv.bhaka-.— %i2\,\2%. 

bhàdarnem « raser »||cf. pj . 
bhaddan « tonsure », bhaddan 
harvnunâ « se raser (en signe 
de deuil, etc.)))||skr. bha- 



INDEX 



379 



drâkarana- n. [d.xn.hhalâ ei 
le suivant).— § 47, Gl, 123. 

bhàcivâ m., nom de mois||g. 
bhàdaravo, pj. occ. baddhro, 
bhadrmn, bhaduin, h. bhâdvâ, 
pj. h. bhàdoin, kçm. bâdarapëtJ) 
||skr. bhàdrapada- m. — § 47, 
60, 123, io2. 

bhànibhaJ ad'], «(oublieux, étour- 
di »|| s. bhambhtdijanu « être 
préoccupé, orgueilleux »||d. 
bhambhah miirkho (222, 3)|| 
skr . bharbh- [hiinsâyàm) . — 
§69, 128. 

bhâl f. « lance »||g. bhâlum, g. 
s. bhâlo, pj . bhâlâ, h. ^/;^7/, 
kçm. bâla\\skr. bhaUa- m. 
^'/w/Zff. ~ §48, 283. 

bhàv m. « nature »||h. b. bhâv, 
bhâo\ kçm. /m', s>g\i.bava\\^kv. 
bhâva- m. — § i42. 

bhàvjal f. « femme du frère »|| 
g.bhçj'âi, s. bhâjâî, pj. bharjâJ, 
pj. occ. bhijâî, h. b. o. bhâuj, 
h. hhauji bhaujâl'^à. bhâuj jâ 
bhrà trjàyâ (216, 1 1 ) 1 1 sk r . 
bhrâtrjâyâ f. — §61 . 

bhûvavem (poétique) <( considé- 
rer, examiner, désirer «Hg. 
bhàvaviim « désirer, se plaire 
à », s. bhâminu, pj. bhâiiijâ 
« préférence », h. bhàvnà, 
bhaonà m. « réflexion ». b. 
bhâbîte, kçm. bàwun « expli- 
quer, dire »||skr. bhâvana-n. 
— § 1^2. 

Ww/?? f. « ourse, femelle du cha- 
cal vivant isolée »||h. o. bhâ- 
lil m., bhojp. bhâul., b. bhd- 



lûk « ours » ; sgh . ballcl bain 
« chien» Il d. bhallûrksah (218, 
2)]|skr. bballuka-, bhaJlfika- 
m. ; cî.acchabhalla-, m. asval. 
§ 148. 

/^/m/ n. « front »||g, ^/w/, h. b. 
bhà},k.qn\. Z'^/||skr. bhâïa-. — 
§ 145. Le vrai mot est mâthâ. 

bhimgrûtîi. « grillon »||sgh. biin- 
gû, bimgii « abeille, guêpe » 
j|d. bhimgârl cîrl, nmçaka ii\ 
anye{2'20, 6)||p. pkr. bbiijga- 
Ijskr. bhrfiga- m. — § 30. 52. 

bhijmm « se mouiller »||g. bhij- 
vum, bhifujvum, s. bhijanu,])]. 
bhijjijâ, h. bhijnà, b. bhijite\\ 
pkr. ^/;zyrt/j|skr. abhyanjana- 
n. _ § 71, 73, 106,^ 128. 

bhinem bihinem bheuem « crain- 
dre » ||g. bihaviim bivin!t,isig. 
arm. /j/g/Hpkr. /;?/;<;/ /'/fe/, d. 
blhai (215, 8)||skr. /-/^k//. — 
§ 128, 229, 230. 

bhimt bblmt L « mur ))||g. /)/;î///f 
f., s. bhiti, h. /?/7/7, b. bbif. sgh. 
/'//fl!, />?7//||pkr. skr. bbitti- f. 
— § 69, 190. 

bbitar (poétique) « dedans »||g. 
bhitar, h. b. bhîtar\\pkv. abbhin- 
tara-\\skr. abhyantara-. — 
§ 44, 71, 75, 121, 128, 174. 

bbiniiein bhimdnein « pénétrer »|| 
sgh. bimdinavâ « briser », 
kçm. bënnmi bèinin « se bri- 
ser », bëffrun « briser »||skr. 
bhind-, bbinna- . — § 229. 

bbisern n. « tige de lotus »||h. 
hbism. « racine de lotus (co- 
mestible) », sgh. bisi « pail- 



380 



INDEX 



lasse »||pkr. p. bhisa-\\s]iv. bi- 

sa- n. — § 8i. 
hhimsL « poils velus »||sgh. hisi 

(. paillasse (pour essuyer les 

pieds) ; siège (d'un ascète) »|| 

pkr. ^/?/5i||skr. brs'ii. — § 8i. 
bhik f. « aumône ^>||g. h. bhîkh, 

s. bikha,])}. bhikkh, h. b. bhik, 

kçm. bîkh bêcha, sgh. bik\\ 

pkr. bhikkhâ\\skr. hhiksâ f. — 

§88, 169. 
bhiiî bhuhn f. « terre »||g. />/;(;/// 

bhomy, s. bhuiuî bhûm, pj. 

bhum, h. bhûhn bbiiiiihii bhûtn, 

b. W;/! bbilnii, sgh. è/;/m, kçm. 

^Mw, tsig. ^Z;Mt/||Hemacandra 

note encore la nasale dans d. 

bhûmipisdo tâlah (221, 3)||p. 

pkr . skr. bhûmi-î. — § 64, 71 , 

153. 
bhuknem « aboyer » || g. bhomkvum, 

bhukvmn, s. bhanmkanu, h. 

bhomknâ, bhûkna, bhoknâ, kçm. 

bakun ; tsig. phukav- « dire, 

dénoncer » ?jjpkr./'/;îiMa/; cf. 

d. bhukkano çvà (222, 3). — 

§ 44, 80, 84. 
bhulnem^( oublier, se tromper »|| 

g. s. h. b. bhul-, pj. bhull-, 

kçm. Z'M/-||pkr. bhullai. — 

§252. 
^/;m^ f. « faim », bhuhiem « avoir 

faim »||g. s. bhukh,Tpi . bhukkh, 

h. bhùkh, h. b. è/;w^, tsig. 

Z'oM ; kçm. bukha, isi§. arm. 

bukhav « affamé ))||d. bhukkhà 

^/«/(220,;13)l|skr. bubhuksâï. 

— § 88, 89, 128, 169. 
bhihnsn. « balle des grains »\\g. 



bhiunsum, h. /'/;//5, bhilms, 
bhûmsà, b. Z'^îm, kçm. bos^' ; 
tsig.phusii paille» Il skr. bitsa- 
n.— § 34. 

bhe))i n. « peur )'||g. o. bhe, s. 
bhai, bhau, pj . ^/7fl/, h. bhai, 
bhae, h. bhay bhi, sgh. baya, 
-bâ, kçm. /^rtjijskr. bhaya- n. 
— §62, 128. 

bhemjûd. bhemjhûd, adj . « crain- 
tif ))||d. bhedo bhejjo bhejjalao 
trayo" py ete bhîrûvâcakàh (221, 
4)||.skr. bheya-1 — § 106. 

bhed, adj. (poétique) « craintif, 
lâche, timide ». — V. le 
précédent. 

bherf. « jujube ))||h. b. ègr||skr 
badara-m. — § 84. V. m. bor. 

bhetnem « diviser longitudinale- 
ment », bhet n. f . « tranche» 
Ijs. bhetu «différence, secret », 
pj. bhet « secret »||skr. inf. 
bhettum. — § 230. 

bher f. « timbale » (instr. de 
musique) Il g. h. bher, bherî, 
s. bheri, sgh. beraya^skv. bheri 
f. — § 128. 

hhoj m. « bouleau »||g. pj. h. 
bhoj, s. bhoja-, kçm. bur^a\\ 
La forme d. bhuani (220, 13) 
ne paraît pas attestée || skr. 
bhnrja- m. — §80, 116. 

bhorpî, bhoi-ûp m. « charlatan »|| 
h. bahrûpWs^T. bahurûpa-. — 
§ 128. 

bhomvadnem « tourbillonner »|| 
h, bhaiunriyà7iâ\\^y^v . d. bhani- 
madai bhamàdai bha7nadai{219, 
i)\\skr. bbramati,— § 79, 128. 



INDEX 



381 



bhoinvuern <■< tourner ))|| g. bhram- 
viiin bhainviiin, s. bhatftvapu, 
p j . bharamnà bbaiurmâ, h. 
bhamnâ, bhaonâ, kçni. braiiinn', 
sgh. bamana « tour, cercle » 
llpkr. bhamai\\skT. hhramati-. 
-§79, 128, lo2. 

bhomvar m. « abeille noire » 
hhomr adj. (( noir ))||s. bhauni- 
ru, pj • h • bhaiiivar, bhauiiirà, h. 
bhomàr, s. bhainar^ sgh. bain- 
Z'fifr^, llpkr. p. bhamara-\\ skr. 
bhramara- m. — ■ § 79, 128, 
152, lo3. 

bhomvrà m. « boucle de cheveux» 
Il s. pj. h. bhaumri, sgh. bam- 
bnruhes || skr . bhramaraka- m . n . 
- § 128. 

bhordî f. «sorte de héron ))||d. bho- 
riido bhâruuâapakfi (221, 10). 

bboms, bhoiiiçâas m. « canne à 
sucre », bhoms m. « espèce de 
roseau »||d. bhamùso ihusadr- 
çatrnam ; bhamaso iti Dhana- 
pâiah {218, 13). — § 79, 155. 

mail (monosyllabique et dissyl- 
labique) adj. « tendre »||g. 
inauWiikT. inaua- min- ; cf . d. 
tnâîlï, mâuccho, neut. mâuk- 
kam [228, 18)||skr. mrdu-.— 
§30, 31,46, 56, 138. 

mag «alors, après, tout-à-l'heu- 
re » ; magilu adj . « sur le 
chemin «Hg. mag ^< chemin n , 
adv. « vers »||d. mcigâ paçcàt 
(3, 8), maggo paçcàt {:222,^)\\ 
skr. mâr^a-. V. m. ma g. — 
§280. 

mamgaU\. « fortune favorable », 



maingalvâr m. « mardi »||g'. 

niaïugal « mars, mardi », s. 

manigalii.,pi. mamggal.h. b. 

inamgal, .sgh. ' magida\\pkr. 

skr. mangala-. — • § 98, 145. 
maccâ adj . « médian » . Pour 

madh-cà. —§ 101, 164. 
macnem « se g-onfler, monter» || 

g-, s. h. wat- llpkr. maccai 

à côté de majjai ||skr. màdyati. 

— § 48, 90. 

mamjirl f. « fleur composée, 
castagnettes »||g. mamjarl 
« bouquet »,ma7wy/râpl.masc. 
« cymbales » ; h. mamjarl 
« bouquet, bouton, fleur, 
perle >),mamjtr m. «ornement 
pour les pieds, bracelet » 
main j ira m. « cymbales »,b. 
Wfl!////;;' m, «bracelet de pieds» , 
mamjarî f. «bouton, bouquet » 
etc. llpkr. skr. mahjarli. — 
§ 75, 166. 

matgà adj. « trop petit », mât- 
knlâ « petit ))||g. mâthiiin<-' in- 
complet, mauvais», s. matho, 
b. mât « mauvais »||d. matto 
çrngavihlnah ; matto tathâ ma- 
ràlo alasah {222, \i) . Semble 
se rattacher à la racine de 
mrnâti « écraser » ; cf. skr. 
miitati « écraser », m. mut- 
kalein « boulette de pâte », 
miitaknein « tapoter » ; pour 
l'élargissementen -t- de la ra- 
cine i.-e. *mer-, cf. lat . mor- 
târiiim {y . Walde -, p. 464). 

— §48, 109. 

mathd m. « lait caillé et battu » 



382 



INbEt 



||g. matJjo, niatijjo ; s. tnatho 
« plat fait de lait caillé mêlé 
à des épices » ; p j . h. ma\hâ\ 
b. mnlhà\\hkT . mastu- n. — § 
48, HO. 

mad m. «homme haïssable, pes- 
te, ennui», mâdem n. « cada- 
vre »||g. madutfi, h. inadâ, sgh. 
tnala\\ d. modo kajjfho mrtaçca 
(233, 9) ; madavojjhâ çibihâ 
(226, 5) ; madiyâ samàhatâ 
(223, 9)||skr. mrta-. — § 30, 
31, 108, 415. 

Dianidnx. (ccolle de riz, écume 
d'une infusion qui bout ou 
fermente », mâtfidâm. « gâ- 
teau "llpj. nianti « gâteau» 
màiud " eau de riz »,h. màmd 
(( colle de riz, pâte », màfpdâ 
« gâteau » ; b. mand^ sgh . 
mada, tsig. mmiro « pain » 
llpkr. wa;./(/a-||skr. mançia-, 
maiidaha- m. — § 111 . 

mamdaln. « cercle », inàmda] f . 
« anneau »|lpj. b. o. mmiidaU 
B.fnaijdalu,k(^m. 7natjdûj'% sgh. 
madiiJla fpl. madulu), ftuïdiUâ 
(' serpent »||skr. maydala-. 
-§411. 

inadhiem « couvrir, garnir »|) g. 
s. Yi.înadh-^, b. wrtJ- « écra- 
ser» , pj . 7;/rtJ/; (' couverture (de 
cuir, d'or en feuilles) »|)pkr. 
inadhai\\»'kr . niafhati est une 
forme tardivement refaite ; il 
s'agit sans doute dune conta- 
mination de skr . mardali (pkr. 
iiiaddai, représenté par sgh. 
ntad- « presser, frotter), et de 



skr, ))ii5ta-. Corriger en ce 
sens ce qui est dit dans le 
texte, § 46, 112, 231. 

iiiadhî i. « habitation dun ascè- 
te », v. m. ma4hy mad})à\\^. 
madhl « hutte », s, inadhii « ré- 
sidence », madhi « résiden- 
ce d'un ascète », pj. ma^h 
« monument funéraire », h. 
madhi, madhâ « construction 
temporaire », kçm. -;;/a;'l|skr. 
malha- m. n. — ;^ 412, 183, 
493,498. 

madhû adj. « doux (fruit) ».|| 
Contamination de skr. midu^ 
et madhu-, — § 46, 448. 

mail m. « mesure de capacité et 
de poids »||g. s. pj. nian, h. 
mfl'«||persan ar. ?;mw« poids». 
V. Hobson-Jobson s.v. matind. 
- g 134. 

mani, maijî m. (c perle, pierre 
précieuse », mapyar, inât;er, 
manen « joaillier », nom de 
castejjg. maui n., s. jnaui 
f,, pj. main f. , h, man, maïf 
m,, niaiji^ manî m. f., sgh. 
iiiiija,màija\\skT. mani- m. — § 
62, 134, 154. 

math\mn maijithiiem « baratter, 
agiter »||g. matlwîun, s. tna- 
thaiiii, pj. mandhnà niaddbijâ, 
h. malhuâ mâJmà, h. viathite, 
kçm. malhun\\skv. mathali, 
manihati. — § "1, 122. 

mamd adj, « lent, stupide »i|g. 
pj. h. h.' mamd, s. mamdo 
« lent », kçm. mand «pares- 
seux », sgh. mada «■ petit, 



iJiDËX 



M 



faible » (m. pj. h. inâmdâ^s. 
màmdo « épuisé, malade » est 
un emjDrunt persan) llpkr. skr. 
manda-. — § 123. 

madhhhâg m . « la partie moyen- 
ne » ; madhl})!, madbein, ma- 
dhyem « au milieu, dans "[jg". 
madhrât « minuit », madh- 
hhâg « milieu », h. madh, 
maddhfViadhî, h. ?nadhya (pron . 
moddh) Il skr. madhya-^. — 
§124, 197. 

manâvincin « réconcilier, persua- 
der »||g. manâvavuin, s. ma- 
«Â/««, pj. manâvm,h. manànâ, 
h . mànâite\\ pkr . tnanâvai . 
Causatif de mânnem. — ^48. 

niaft tu lift, adv. « gratuitement » 
Il g", fnaft, tmijîas, s. mufiu, 
pj. h. miift, ass. w/My/ù|| per- 
san miift. — § 74. 

marital, margal^ w/^r^/ adj . « qui 
reste obstinément couché, 
feignant l'épuisement » ; ma- 
ragal, maral f. « épuisement 
à tomber parterre »|jb. h. 
maràl\\(X. marâlo alasah (222, 
13). Dérivés prykrits de la 
rac, mai-. 

manjein « mourir ))|[g. s. pj. h. 
kçni. mar-, sgh. màr-, tsig. 
W€/'-||plvr. marai \\ski\ mara- 
ti. — ^ 46, 48, 229. 

marvà m. « origanum majorana, 
artemisia vulgaris »||pj. ma- 
rM, h. màruà marvù\\^V.v. 
mariivaka- m. — § 132. 

marathà m. « marathe >'>\\^. nia- 
râthà\\pkr. marahattha-, pkr. 



épigraph, makârathi-, p. ma- 
hùrattha-\\ skr. mahâràstra-. — 
§52,62,161,167. 

maràl m . « canard à bec et pat- 
tes rouges ))||g. maral, h. b. 
marâî\\d. marâlo hamsaiti Sà- 
tavâhanaJp [222, 14)j|skr. ma- 
ràla- m. — § 145. 

malaî f.« vacarme et coups (dans 
une dispute) ))||cf. pj . etc. 
/7/fl//(< lutteur )),sgh, mal <(h^v- 
bare»||skr. wa//û-m,— § 141. 

malhâr f. nom d'un mode 
musical (râ^)||g, pj. ma- 
lhâr m,, s. malâru, h. malâr 
mallàr malhâr\\skT. mallàr'i f. 
-§148. 

tnaçi f. « suie ))||g. masi mes 
mems, s. m a su f. « encre », pj. 
mas massii « encre », h. masl 
masï, sgh. rnàsidâ « substance 
noire utilisée comme méde- 
cine » Ijpkr . wtf5/-||skr. masi-ï. 

masîd, inaçîd f. « mosquée »||g. 
h. masïd, s. iiwsîti,p'}. h. masït, 
b. masid\\'di\ masjid . — § 162. 

mhasau, masau n. « lieu de cré- 
mation »||g. masân, s. masâ- 
nu, pj. masân, h. masân, b. 
mctçân, o. maçân ; sgh. sCma, 
sùhona, te«||pkr. niasâna-su- 
sâna-\\skT. çmaçâna-n. — § 42, 
46, 156, 137. 

mahâ', mhâ- « grand »[|cf. par 
ex. sgh. maha- mâ-'W skr. ma- 
hà-. ~ § 168. 

mahâgy mhâg adj, « cher, coû- 
teux »||g. monighmn, tnaghitin, 
s. tnahatfigo, h. mahamgiâ), 



384 



INDEX 



pj. niahinigâ\\'^kr . mahàrgJja-. 
— % 46,69, 79, 88, 168. 

mahât, mahâvat , ma ût m . « cor- 
nac ))||g-. mahâvat ^ mahât , pj. 
h. mahaiit\\sk.T . mahâmàtra- ; 
refait sur le modèle de ràUt, 
skr. râjaputra-, selon Th. 
Bloch, Z. D. M. G., 1908, 
p.372.—i^ 121, 138,152, 168. 

mahâl m . « rites funéraires de 
la 2*^ quinzaine du mois Bhâ- 
drapada »[|cf. h. mahârî « pa- 
lais, sanctuaire )>, et peut- 
être sgh. mahal « résidence, 
palais » (si ce n'est comme 
partout le mot arabe) || skr. 
mahâlaya- va. — § 46, 145. 

tnahinâ m. <( mois, mensualité » 
||g. s. mahijio, p j . h. mahînà 
Il persan mah'tn. — § 50. 

mal m . « saleté », mallu « sale » || 
g-, ma], s. mani,])]. h. b. mal, 
tsig. mel ; sgh. mala « excré- 
tion » milina '< sale ))||pkr. 
mala-; cf. d. tnalo svedah (222, 
9) Il skr. mala- n. m. — § 46, 
145. 

malnem « battre le blé, presser, 
fouler »||g. pj. mal-, s. h. b. 
o. mal-\ tsig. iiialav-\\i>kv . 
malal\\Cï. skr. mardatia-'i (v. 
Pischel,§ 244,294). — §145. 

malà m. « verger, terrain plat 
et riche ))|| cf. sgh. maluva 
« cour de maison » (Geiger 
rapproche p.mâlaka)\\d. malao 
giryekadeça upavanamca (234, 
4). — § 145. 

malî f. « partie de champ, pièce 



déterre ^>\\d.maUain laghuhe- 
train htndam ceti dvyartham 
(234,4). — §145. 

mal f. « mère ))||g. )nâ, mât, s. 
niât, 'mâu, pj. înâû, h. jnâ, mai, 
mâû, b. ma {mai = « ma- 
melle »), sgh. mav, m^jjpkr. 
iiiââ (gén. plur. mâîimi!i)\\skr . 
mâtr- f. — § 283. 

iiiâkadm. n. « singe »||g. mâk- 
dum « singe », s. makora 
« fourmi », pj . makkar « sau- 
terelle, araignée », pj. occ. 
iiiâkorâ « grosse fourmi », h. 
màkdâjh.mâkad « araignée », 
sgh. makiil « singe, arai- 
gnée »||pkr. makkada-\\sk.v . 
markata- m. — § 93, 111 . 

mâkhnem « frotter, oindre >, , mà- 
khan n. « onguent »||g. mâ- 
khau n. « beurre », s. makha- 
nu « oindre, beurrer », pj. 
makkhan, h. mâkhan makkhan, 
b. mâkhan « beurre » mâkhi- 
tc « frotter, oindre », sgh. ma- 
kanavâ « déraciner, déranger» , 
tsig. makh-\\^kT. makkhei, p. 
makkheti \\ skr. mraksayati, 
mraksana- n. — § 47, 96, 230. 

niâgm. « chemin, trace, piste» 
Ijg. mâg, s. mâgîL « place, 
résidence », h. mânig, mag, 
pj- "i(igg, sgh. viagaW^kv, 
niagga-\\skv. niârga- m. — § 
69, 98, 197. Cf. m. mag. 

mâmgm., nom de caste [|g. mânig 
m . h dessin à la suie sur un plat 
de laiton représentant une 
famille de vidangeurs, et qui 



INDEX 



38S 



est l'objet d'un culte ))||pkr. 
mâyanga- 1 1 s kr . mâtaûga- m , 
-§61. 

mâgnem « demander »\\g. mâg- 
vum, s. mmianu^'pi.mamggnâ, 
h.màmgnâ^h. mâgite, tnângite, 
o. viâgan, sgh. inàgum<f. vue, 
perception », kçni. mangun, 
tsig. mang-\\^kx. maggai\\skv. 
màrgayati. — § 47, 98, 229, 
230. ' 

mâgem « antérieurement, der- 
rière, après ». Instr. de mâg 
« chemin » . Cf. d. viagà paç- 
càt (3, 8), viaggo paçcàt (222,9) 
||skr, mârga-. — § 197. 

mâgaiitein, ma g ut a adv .<( de nou- 
veau ». — ^39. 

mâc m. « cadre (de lit, etc.), fon- 
dation », inâincîi. « cadre pour 
potiers», mâcl f. « palissade, 
plate-forme »||g. màd f. « ta- 
bouret », màcdo «■ cadre de 
bois » , niâco « série de carrés 
dessinés sur une planche pour 
jouer ausogfâ », s. iiiaiiijï « ta- 
bouret, cadre », màinjauu 
« cadre, support », pj. mainjà 
« cadre de lit »; h. mâcl <■<■ ta- 
bouret )i, mâcâ « plate-forme » , 
bih. màciyâ <■<■ chaise », niâmc 
macàn « échafaudage, plate- 
forme » ; sg-h. massa « plate- 
forme, hutte de veilleur dans 
les rizières » Il skr. mahca- ra. 
— § 71, 101. 

màj m. «rut, orgueil », màjuem 
«être ivre », mâjlrâm.. « folie » 
Il h. màmj, tnàjà, mamjhd « é- 

La formation de la langue niaralhe 



cume de l'eau des premières 
pluies » , sgh, mada « arack » || 
pkr. înajja-\\skv. madya- n. — 
§ 106, 193. 

mâj m. « ceinture », ?nàjîmmà- 
ji « parmi »j|s. mamjhi, pj. 
mainjh, h. mâjh, mamjh, h. 
majhâmâjhïm, màj h ; o. majhi, 
sgh. màda « milieu », kçm. 
7naii^ « milieu, dans », tsig. 
arm. mand^<( milieu, taille », 
tsig. eur. mashare « au milieu » 
Il pkr. //wyy7;a-||skr. madhya-. 
— §69, 72,88,89, 107,197. 

iiiâmjnem «oindre, essuyer »||g. 
mâmjvum, s. mâjariu « polir 
en frottant », pj . luânijuâ, h. 
mainjnà, b. mâjite, o. mâjîbâ, 

• sgh. madinavà « frotter, aigui- 
ser », mata « poli, brillant » 
[|pkr. majjai\\iik.v. marjati. — 
§ 47, 69, 106, 231. 

màmjar, mâjar m . « chat »||g. 
mâmjar, h. mamjâr, mamjâd, 
sgh. w^^/m||pkr. majjâra-^ 
mamjàra-\\sk.v. mdrjâra- m. — 
§ 47, 69, 70, 106. 

màjhàsià]. « mien » ; majià, iiia- 
là « à moi, me »|| thème d'o- 
blique g. maj miij, pj. h. 
miijh; par contre s.mûiii mom, 
bih. b. o. 7IW- etc.||pkr. maj- 
jJmin (( de moi »||skr. ma- 
/jj'^w.— §107,183, 208,210. 

mâjhârîiu « à l'intérieur de »||g. 
iiiojâr, s.mainjhâru, h.niajhâre 
(adv.); b. mâjhàr «le milieu », 
cf. pj. majhcru « axe de rouet » 
||d. majjhaàrain madhyam[22D, 

23 



386 



INDEX 



17)||skr. madhya-. — § 89, 
107. 

mâthnem « polir»||g. wa/Mrz;«;» 
matherviim, pj. mâthan « rabo- 
ter », h. matthà « adouci par le 
frottement ou l'usure » , mâm- 
dnâ « frotter, écraser », sgh. 
mata «poli, brillant», madi- 
navà « polir »||pkr. mattha-, 
p. mattha-^ wa??a-||skr. mrsta-. 
— § 30,31,4S, 89, 110,231. 

màmdnem « disposer, arranger » 
||g. mamdvuni, s. iiiaindanii, 
h. manidnâ, b. maindau « cou- 
verture (de plaques métalli- 
ques, cuivre, etc)», sg-h. mada 
«décoration »||skr. mandana- 
n. — §68. 

màmdavm. « tente pour fêtes; 
péristyle consacré », mnnidvl 

f. « dais léger au-dessus d'une 
idole » j|g. mâindavï, s. mamda- 
pH, h. viaiiiduâ^mandavà, sgh. 
maduvà « hutte «jjpkr. mau- 
dava-\\^kr. mandapa- m. n. 
— § 111, 152. 

mâdi f. « étage d'une maison à 
un étage, grenier avec plan- 
cher »|js. p j . mârî « étage 
supérieur » 1| d . mâdiam gi'haiii 
(228. 12). Cf. s. V. màlà. — 
§ 46, 146. 

mâriûs, tnâijas m. « homme »|| 

g. pj. mànas, s. mànhû, h. ww- 
?zîii', mântis, mànas, sgh. w»>n'- 
JÀ « homme » mmî « cadavre «^ 
tsig. arm. nianus, eur. niavus 
Ijskr. mânusa-, mcniusya-. — 
§ 40, 46, 50, 134. 



mâtï f. « terre »||g. pj. màti 
viitti, h. aussi matti, s. mi'/ï, 
sgh. ;»a//, k^m. m^^"îjpkr. 
mal fia, p. m^/f/^^zltskr. mftti- 
kàL —§30, 31, 47, 114. 

màthan, mâthni «pot à large 
ouverture servan t de baratte » 
Ijg. maihani, h. ;/m;///;a«i||cf. 
m. mathnem. — § ^^ » '122. 

inàthâ m. « front, tête »|jg. jnd- 
thiini, s. matho, pj . matthà, h. b. 
mâihà, G. mathâ, sgh. ma^jt 
pkr. ;»fl!///;â!a-|jskr. niastaka- 
m. n. — § 47, 48, 122. 

mâinduem « enduire »|j« le mot 
u.suel est mâjneni», dit Moles- 
worth ; en est-ce un doublet 
(v. sous màmjnem) ? mais cf. 
sgh. madinavâ « frotter, pres- 
ser », et pkr. maddai, sam- 
madda-, p. maddati, skr. mar- 
date. — ^ 47. 

mâijidnsf. «coffre, boîte» (poét.) 
{Lsgh. inados 'Ipkr. p. mahjûsâ 
i|skr. mahjùsâ f. — § 106. 

wrt« f. « cou »j| tsig. m^«|jskr. 
manyà f. (du. et plur.). — § 
135. 

mânuem « obéir, croire, conve- 
nir »ljg. h. b. kçm. mân-, pj. 
man-\\^kT . mavnai\\?>k.v. man- 
3w/^.— §47,48, 135, 230. 

mànbhùv m. nom dune secte 
religieuse||skr. mahânubhava- . 
— § 152, 161. 

mâpijein « mesurer », viàp n. 
« mesure »||g. s. p j ■ h. 
b. mâp-, ; cf. kçm. mcn-, sgh. 
nian- (skr. inàna-j « mesurer », 



INDEX 



387 



tnavan- {ma paya-) « fabri- 
quer ))||Tatsama, de skr. 
màpayati . Sur le sort de la 
racine niâ- en prâkrit, v. Pis- 
chel, § 487. — § 193. Cf. 
m, màvyem. 

mâmdTù.. « oncle maternel ))j|g. 
s. mâmo, h. mâm, pj.b, ma- 
mà, s. viàmii\\ci. d. mamml 
mallâul màmà trayo 'py arnî 
mâtulânîvcicakàh ; mànil-çabdo 
'pi (qui est employé comme 
forme prâkrite dans le vers 
d'Hemacandra) deçyah, par- 
yàyabhangyâ tûpàttah (222, 
15). Cf. m. màvlà. 

màrnem « frapper, tuer «Hg. s. 
p j . h. b. kçm. mâr-, sgh. 
tsig. mfljr- Il pkr. jnàrei, mâra- 
wa-||skr. niàrayati^ màrana- n. 
— § 48, 251. 

màv f. « fraude, sorcellerie », 
sgh. wÂ, w^||skr. màyài. — § 
55. 

màvnem « tenir dans un réci- 
pient ))||g-. màvum^ s. màinu 
mâmijanu, h. m<7n^||pkr. viâai 
Il skr. iiiâti pour le sens ; 
7nâpayati pour la forme ; cf. 
màpnem, où le sens de ce mot 
a été altéré aussi. — § 51, 
55, 232. 

màvlà m. <( oncle maternel », 
mavlan f. « femme de l'oncle 
maternel, sœur du père » 
Il h. màv II « mère » ; sgh. 
mayil « oncle maternel, 
beau-père »||d. mâalià mà- 
tifvasà (229, 11) ; pkr. màiila- 



^''a-||skr. màtulaka- m., màtu- 
)m f. —§42, 48, 57, 145. 

màvçï f. « tante maternelle », 
mnûsà m. « son mari »||g. 
s. pj . b. niùsl (g. viâsra., s. 
mâsàru m.), h. maiisî, màsî\\ 
pkr. màussiâ, mUucchâ^skv . 
mâtrsvasrkà f. — § 57, 63, 102, 
157. 

inàs m. « mois »||g. h. b. màs, 
s. pj. occ, màmh, sgh. mas, 
tsig. masek\\sk.T. ma sa- m. — 
§ 156. 

màins mâs n. « viande »||g. 
màms,'s. mâ{in)su màhii, pj. 
mâs, h. mà{m)s, kçm. mà:(, 
sgh. tsig, ?;m.r||pkr. mainsa-\\ 
skr. màmsa- n, — § 71, 156. 

ma sa m. , (( poisson », màsU f. , 
« poisson » (collectif, dimi- 
nutif) || g. màcball, h. macch, 
machalï, pj . macch, s. màchii, 
machadl, h. o. mâcb, tsig. 
eur. maco, arm. iiianthsav, 
sgh. mfli-||pkr. maccha-, maç- 
cali\\skT. matsya- m. — §103. 

mâçî f. « mouche »||g. màkh, s. 
makhi, h. màkhî, màcfn, màin- 
khl, màtnchî, pj. makkhî, h. 
mâcht, kqm. fnacJf, sgh, mas- 
sa, inàkkà, tsig. makhi\\pkr. 
macchià mahkhià^skT . mak^ikà 

f. — § 46. 

màhar, màhergbar n . « maison 
maternelle de la femme »|| 
skr. màtrgrha- n. — § 159. 

niàhi,màhô m. nom d'un mois|| 

g. mâhàjp}. wâh\\skr. mâgba- 
m. — § 39, 46, 78, 159,^ 



388 



INDEX 



mal f. « j^uirlande de fleurs, 
corolle ))||g. iiiâj, s. Diàlà f., 
h. viâJ, b. niâlà, sgh. niala 
(( fleur ))||skr. màlâ f. — § 
U5. 

mal m. « plateau, éta^e », wâ/â 
« grenier, échafaudage »||g. 
ww/ « étage d'une maison », 
mâlo « étage, maison, nid » 
||d. mâlo... mancah (234, 146). 
— § 46, 146. Cf. m. mââi. 

micakiiemii cligner (yeux), pres- 
ser (lèvres) »||g. mîcvuin, pj . 
mîcfiâ, h. mic?m\\Y>kr . mimca- 
tia- (= caksuhsthagana-, v. 
Deçmâmamàlâ, 122, 12). — 
Cf. la famille de lat. micàre^ 
helouichimicac «clin d'yeux », 
ail. mickcn ; d'autre part, can. 
m'nuciï « lancer un éclair », 
milaJdsu « cligner », telougou 
fniki- « cligner », mimcû 
« éclat ». — § 71, 94. 

mitnem « clore (lèvres, yeux) » 
Il g. mit « endurarjce ; ren- 
contre des regards » ; s. mit- 
nu « fermer les yeux pour 
dissimuler »||pkr. mittJ]a-\\ 
skr. mrsta-, mrsti-, de mrç-. 
Mais cf. aussi can. mitakisii 
c< cligner », et le mot précé- 
dent. 

mitnem « effacer; disparaître »|| 
g. s.pj. b. o. mit-\ h. mith-\\ 
pkr. matta-\\skT. mijta-, de 
^;.r/-. -§30, 31,23l'. 

mithà adj . « doux, sucré »||g. 
mithdmn, mlthiim, s. mlthu 
(( douceur » mitho « doux », 



h. mJlhâ, mith, h. mith, k^m. 
myfilh" ii doux, exquis », tsig, 
misto (« bon »||skr. mista- . — 
§ 110. 

inirif. « poivre noir»||g. mari, 
n.; s. mirî, mirai, pj. miric, 
mire ; h . marie, mirt, mire ; 
sgli. ;/;/V/V||pkr. miriya-\\skT . 
marica- m . — § 75, 1 66 . 

misuew « mélanger » ; missî f . 
« mixture pour noircir les 
dents »||g. s. h. mi si ; pj . h. 
misa, sgh. musu muhu « mé- 
langé » Il pkr. missa-, misa-^ 
skr. iniçra- miçrita-. — § 157, 

misai adj. « mélangé », f. 
(( mixture »|| b. miçâî « mix- 
ture », masâlâ « ingrédients » 
Ijd. misâliam miçritam iti tu 
miçraçabdabhavam (230, 5) ; 
pkr. misa-, missà-\\^k.T. miçra-. 
— § 145, 157. 

million « mêler, mélanger », 
part, millâ, minlâ\\g. melava- 
vuin, s. milann, pj- h. milnà, 
melnâ, b. milite, milàite\\pkT. 
mclavai\\skT. milati. — § 145, 
22ij. 

;;//, nfun « je, moi »||pkr. mai, 
me\\sVT. mayi. — §208. 

mis n. (( prétexte, imposture » 
Il h, w/5||skr. misa- n, A sépa- 
rer de h. b. miehâ, sgh. misa 
« faux )), de skr. mithyâ. — 
§ 156. 

muhà, mugût m. « aigrette »|| 
s. modii\\skT. miikuta-. — §98. 

mukneni « perdre »||g. mukvum 
« laisser, délier », s. muhi 



INDEX 



389 



part, de mumjauii « envoyer^), 
pj. muhknà « tomber, se 
perdre », tsig. muk- « lais- 
ser » ; sg-h. 7mik « démon 
(esprit libéré du corps) » ; 
cf. sgh. niud-, kçm. mucar- 
« lâcher ))||pkr. niuhka-\\skT . 
rniincati,'muha-. — § 94, 231, 
252. 

mukà adj. « muet, silencieux » 
Il g. îiiumgum, h. b. mûk, sgh. 
wî/^llpkr. mukha-, mua- ; cette 
deuxième forme ne semble 
pas avoir de représentant, 
malgré d. tnûallo mûalo mûkah 
(231,16)||skr. mûka-,— %n. 

muhh n. « bouche, face » ; 
mukhlm « sur le bout de la 
langue, par cœur », nnikhein 
« sous prétexte de ))||skr. 
mukha- n. Le mot usuel est 
tofnd ; presque toutes les 
langues ont un tadbhava de 
mukha-, cî. m, mohal. — §96. 

mumgûs, mamgûSj muingas m. 
« mangouste »||h. mumgûs 
mamgûs\\à. mamgûso muggnsu 
muggaso trayo 'py ete nakula- 
vâcakâh (224, 15). Forme 
régionale : télougou mangîsii, 
mungîsu , mais g. noliyo^ s. 
noriaru, h. neolâ neval etc., de 
skr. nakula-. — § ^^4. 

muiiid n., mumdl minndln f. 
« tête »||g. pj. h, b. mumd 
mumdl (h . mumdâsà « turba n » ) , 
s, mumdhî\\^^v . imiiudha-^sl^Y. 
mûrdhan- m. — § 85, 89. 

mumdnem « raser », miimdà 



mumdhà adj. « chauve, rasé, 
décapité »|[g. mumdvtwi, s. 
mumdanu, pj. mumjâ, h. muin- 
dnâ « raser » ; h. mil indu 
« moine » niiundo « veuve » ; 
sgh. madu « chauve », fém. 
midi « esclave » ; kçm. mônd 
« veuve » ; tsig. mur- « ra- 
ser »||pkr. skr. iiiinjda-. — § 
85,111. 

miidî f. « anneau »||s. mumdt 
« anneau », mudâ, mudrà 
(( boucle d'oreille », sgh. 
mudiiva, miidda\\pkr. mudda- 
II skr. miidrikâ f. — § 44, 123. 

musai n. « pilon »[|g. miisluni, 
s. muhurî muhtiliru, pj. mohlâ, 
h. mûsàl, bih. mîisar, sgh. 
moholmôlWpkr. mûsala- musala- 
||skr. musaJa-va. n. — § 145. 

miig m, « phaseolus mungo )i|[ 
s. Diui'iu, pj. mugg, h. bih. 
miiing, G. b. miig^ sgh. ;;m;/|| 
pkr. mugga-^skv. mudga- m. 
- § 69. 

math f. « poing, poignée »||g. 
mtitthî, s. inufhi, pj. 7iiutth, h. 
w/?|/;, h. b. miithâ, sgh. z/;//^/, 
kçm. ?;/o//j « poing », ;;/i)//; 
« poignée, main pleine »j|p. 
pkr. ;;î//.///j/-||skr. miisfi- m. 

f. — § lio. 

mût n. m. « urine », mutuem 
« uriner »||g. miitarviun, mi'i- 
tra, miitar ; s. mutaijn, muUi ; 
pj. miitâï viutâlâ « qui a envie 
d'uriner » ; h. b. mût, sgh. 
mû ; tsig. arm. iniirrel, mureJ 
« uriner » ; tsig . eur . muter, 



390 



INDEX 



mutt <( urine ))||pkr. mutta-\\ 
mût m- n, • — § 121. 

mus f. (dial. mos) « creuset ))|| 
g. h. 7)uis, b. ^ntlsï, sgh. mu- 
sci\\skT. musa- m. — § 80, 

mûl n. « racine » ; mûhm « par, 
à cause de ))||g-. mûl n,, s. 
mfiJu, pj. h. b. kçm. mûl, sgh. 
mul, w///a||pkr. p. skr. tnûla- 
n. — § 145, 193, 197, 276. 

med, medh, medhi f., medhâ m. 
(( poteau, pilier »||b. mei, 
medhi ; med « cadre de bam- 
bou autour d'une idole » ;bih. 
mejiib « pieu » (v. Bih. peas . 
Hfe\ § 889)|lpkr. fnedhî\\skT. 
methi- m. — § 88, 118. 

memdnhnuhh m. « tête de gre- 
nouille » (marque sur un 
cheval)||g. h. memdak, sgh. 
mddiyâ « grenouille », cf. tsig. 
Scandinave marokka « gre- 
nouille » Il skr. maudiiha- m. 
— §77. 

memdhâ m. (( bélier, crochet ))|| 
g. menidho bhed; pj-medâ ; h. 
memdhâ , bhemdâ ; h . o. meda, 
medhâ, bhelâ, ass. mer, sgh. 
màda\\p. pkr. me}!da-\\ski\ 
medhra- mendha- m. — § 1 12. 

nten mena m. « fourreau »|j per- 
san myân. — § 63, 134. 

mer f. « limite, bord ))||g. mer, 
h. madi, memd, sgh. wwrrt||d. 
majjâtathâmerâ maryâdà (223, 
3). — § 77, 143, 166. 

melà adj. « mort »|| Isolé; g. 
WMO muelo, pj. w(W, h. w//r7, 
kçm. mûd», sgh. w/rt'/tf, tsig. 



eur. murdal, tsig. arm. mM/-|| 
pkr. maa-, mua-, wm{fa-||skr. 
;;/r/a-. — § 30, 31 , 62, 229. 

mehtar mehetar mhetar m. « ba- 
layeur ))||g. mehtar, metar, b. 
mehtar^ b. ;w/^r|| persan mih- 
tar. — § 80, 108. 

mehudâ m, « nuage » (poét.)||g. 
we/; mehulo, s. nilnihu, \V] . h. 
memh, sgh. i;/?||pkr, m^/>fl-|| 
skr. megha- m. — § 39, 51, 
77, 159. 

mchiiuâ mevnâ m . « frère de la 
femme, mari de la stpur », 
mehiint f. « cousine », mehun 
n. (( couple de nouveaux 
mariés »||sgh. mevun « paire, 
couple ))||d. mehnniâ patnyâ 
hhaginl mâtulâtmajâ ca ; mehu- 
ijao pitrsvasrsuta iti. . . (231,5) 
Il skr. mailhnna- « accouplé, 
marié ». L'évolution de sens 
est la même sur le domaine 
dravidien : can. mayduna 
« mari, parent, beau-frère », 
tam. mahtunan màccinan 
« beau-frère ». — § 55, 77, 
159, 161. 

me] m. « accord, groupe », melâ 
m. « assemblée, foire » (poét. 
melâvâ)\\g. me], melo « foire, 
assemblée », s. tnelu « ami- 
tié, compagnie » melo « foire » , 
pj. h. b. mel, melâ, kçm. mël, 
sgh. wt'/<7||p. pkr. skr. niela- 
m. — § 145. 

maimds.à]. « lourd, paresseux, 
stupide »||b. maiud « singe » 
Il skr. manda-. — § 58. 



INDEX 



391 



mail adj. « sale )y\\g.melum, s. 
tnain . , maïliim. « saleté » 
mero « sale », pj. h. inailâ\\ 
pkr. maila-\\&kv . tnalina- va 
mal pour la forme ; en ma- 
rathe même, 17 dentale dé- 
nonce le mot comme em- 
prmité. Cf. m. mal. 

mokal f. « objets en vrac, liqui- 
dation de dette, liberté », 
moldâ adj . « libre » , mokalpem 
mokalnem « libérer »||g. mok- 
lum « libre », s. mokal « per- 
mission » mohahiu « envoyer », 
pj. muklâvà « conduite de la 
mariée à sa maison », pj . h . 
moklà « lâche, vaste », kçm. 
mokal- <■' être libéré, être ter- 
miné » môkol'^ « inoccupé »|| 
cf. ap . mokkalada- « libéral ». 
Cf. sous m. muhiem. — §94, 
US. 

mogar m. « maillet »||g. mogar, 
madgal, magdal, s. mtmiro, h. 
b. mûgrâ, mogrà, mugdar, pj. 
o. mugdar, b. mugui\ mug- 
dar^ sg-h. muguru\\^. pkr. 
moggara- muggara-\\skv . mud- 
gara-m. — § 80, 98. 

mocâ m. « pantoufle »||g". s. pj. 
h. mocî « cordonnier, save- 
tier », s. mocani m. (( sou- 
lier (employé dans le cas dun 
coup porté avec la pan- 
toufle)», b. miicl « savetier » 
||d. mocam ardhàjanghl (232, 
41)||pehlvi mom/c (persan mo- 
le). — § 80. 

mot f. « paquet », mfith m.. 



« bât de buffle », miidi f. 
« paquet de grains »j|g. mo- 
tiyiiin « sac de grains », s. 
mori, « petit paquet », niûro 
(( balle », pj. mottâ « gros », 
h. motQ)) f. , motà, b. mot, 
7notâ, sgh. mitiya, « paquet, 
charge » ; kçm . môt'^ « gros, 
gras »j|skr. mota- m. n. — § 
80, 109. 

modnem « briser, changer »||g. 
s. h. b. mod-\\pkT. modei\\ 
skr. motati. — § 111. 

motlmn. « perle »||g. s. pj. h. 
nwtî, b. o. moti, sgh. mutti^ 
kçm, môkhta\\ç>k.T. maiiktika- 
n. ~ § 78. 

mothi. « cyperus rotundus »j|g. 
s. moth, pj. h. mothà, b. o. 
ass. w7///;â||pkr. mottbâ\\skr. 
mustà f. — §80. 

rnop adj. « beaucoup » (forme 
vulgaire pour^/»cip)!j skr. m^/?-. 
-§174. 

mor m. « paon »||g. pj. h. mor, 
s, moru, sgh. «?/)707<|jpkr, 
mam- Il skr. mayûra- m. — § o6. 

moràmhà, murabbâ m. « confi- 
tures »j| arabe mitrabhà. — § 
80. 

mol n. (( prix »||g. h. b. mol, s. 
mitlhu, pj . ;;/////, o. tnûl, sgh. 
mila, kçm. ;»o/, tsig. wo/ 
« digne '>!|pkr. môlla-, mulla- 
II skr. millya-, maulya- n. — 
§ 78, 80, 148. 

mo]} moho m. « fascination, éga- 
rement »||g. h. b. moh, pj, 
s. Diohti. sofh. mo: kçm. mnhiui 



392 



INDEX 



'( tromper ))||pkr. skr. tnoha- 

m. — §39, 78,159,168, 193, 

2o2. 
tnoh moho n. m. « nid et rayon 

d'abeilles ))j|h. mau « miel », 

sgh. ml « miel », cf. tsig. 

iiiol « vin » Il skr. madhti- n. — 

§188. 
moh, mohâ, mhomv m. <( bassia 

latifolia »||g. mahudum, pj. 

h. mahûà, tnahvà, sgh. mihin- 

gu, înigaha\\skr . madhuka- m. 

— § S5, 59, 159, 188, 190. 
mohar f. « le devant, avant- 
garde », mohrâ adj. « ayant 
du penchant pour » ; mohre 
« devant », cf. samor « en 
face '>||g. mor « devant », 
mohdilm n. « face » ; pj . mo- 
har, h. mohrà « avant-garde » ; 
s. mont « le principal, capi- 
tal », muharii mohri « front, 
origine », mahnru « face, 
proue »|jcf. pour la forme skr. 
mukhara- a bavard ». — § 
64, 79, 161. V. le suivant. 

mohal mohleni n . « muselière de 
veau ))||sgh. miihul muhiina 
« visage »|lpkr. miihuUa-, à. 
muhalam muhhain (230, 12] || 
skr. ninkha-n. Le simple, avec 
le sens de « visage », a été 
conservé dans g. moinh, s. 
mubtiin, pj. miiinh mûhum, h. 
jnunih, sgh. muva, tsig. eur. 
miiy, asiatique moh, arménien 
771US. — §64, 145, 161. 

tnoll f. « fagot » Il skr. mullkà f. 

— § 80, 145. 



mhannem (part, tnhatla) « dire », 
mhanije « c'est-à-dire », mha- 
ijnn c( par suite de quoi wjj 
Mot isolé, pour lequel la pho- 
néticpe interdit tout rappro- 
chement avec g. bhànvum 
« réciter, lire, étudier », h. 
bhannà, sgh. baninavâ, tsig. 
eur. phen-, tsig. arm. phan-, 
« parler », qui représentent 
correctement pkr. p. skr. 
bhan-. — § 79, 229, 232, 252, 
253, 276. 

mhàiàràva.. « vieux »||pkr. skr. 
mahattara-. — ^ 168. 

7nhais f. mhaisà m. « buffle »|| 
g. bhems ; s. metnhi, mamjh ; 
pj. maimh inemh, majjh \ h. 
bih. bhaims, bhahnsà\h. bhaims, 
o. bhayes, sgh. miyu mivu mi\\ 
pkr. mahisa-\\iikv . mahisî f., 
mahisa- m. — § 46, 56, 70, 
156, 168. 

yek, yenem, yer pour ek, enem, er. 
-§174. 

yeuem eyem « venir, arriver », 
part, d'obligation )'âz'rt||kçm. 
yinu (défectif) « venir » ? cf. 
Grierson, Piç. lang., p. 66 1| 
skr. eti. —§24,29, 77,154, 
174, 229,230, 253. 

raing m. « couleur, beauté, ap- 
parence »||g. pj. h. b. kçm. 
raing, s. ramgu, sgh. ramga\\ 
p. skr. ranga- m. — § 98, 
143. 

radnein « pleurer »||g. radvum, 
s. radiiH « crier », h. ratnà 
« s'écrier », b. ralnite « par-' 



TNDEX 



393 



1er ))||ap. radaiiitaiïWskr. ratati. 
— §46,111. 
ratl f. « graine d'abrus preca- 
torius, employée comme 
poids »||g-. s. m//", pj. h. b. 
rattï, rfl^/||skr. raktikà f. — § 
48, 121, 143. 

ràvli. « baratte »||d. ravao man- 
thànah (237, 4). 

ras m. « jus, goût », rasa m. 
« sauce ))||g. h. bih. b. ras, s. 
rasu, pj. ras rasa « jus » rahâ 
« soupe », sgh. râha râ « goût, 
boisson enivrante ))||pkr. skr. 
rasa- m. — § 156. 

rasàly rasâl adj. « juteux »||g. 
rasâl rasâl, h. b. rai'â/||pkr. 
rasàla- «■ juteux ))||skr. rasâla- 
ni. <( canne à sucre, mets 
sucré ». — § 46, 145. 

rassàm. « corde », rassî f. « fi-' 
celle »||g. rasï, raso, râs f., s. 
rasi « câble de remorque », 
pj. rassâ rassî, h. râs « rêne » 
rassi « corde », b. rasa rasî^ 
ass. raçi, kçm. ra^, sgh. ras 
« rayon de lumière »||pkr. 
mjj/-|lskr. raçmi-m. — § 157- 

rahâmvâr{poét.) « charexcellent, 
chariot » || skr. ratha- m. 
(j'athavara-, rathânârnvara- ?). 
Forme isolée ; sans doute le 
mot simple a-t-il été chassé 
par persan rah « route ». On 
le trouve dans sgh. riya 
« voiture ». — § 46, 159. 

rahasn. « secret, mystère »||h. 
rahas ; b. rahas « en privé » 



llpkr. rahassa-\\s\ii\ rabasya- 
n. — § 46, 157, 159. 

rahât m. « balancier pour tirer 
l'eau d'un puits, picote »||g. 
h. reiiit, s. aratu, pj. ratt rat, 
h. rahat arhatW^^T. rahatta-\\ 
skr. araghatta- m. — § 40, 
46, 159, 174. 

rahânem râhnem « rester, se 
tenir »||g. rahevum, s. rahanu, 
pj. rahiijâ, h. rahnâ,h. rahite, 
kçm. rflXun\\pkT. jaina rabae 
(' il resta », cf. d. ràho... ni- 
rantarah (142, 2). — § 52. 

râl f. « moutarde »||g. s. pj. 
h. b. râî||skr. râjikâ f. — § 
46, 57. 

râul n. (( palais, temple »||h. 
râul, râval « prince guerrier », 
râur raid « palais royal »|| 
pkr. râula-\\skT. ràjahda- n. 

— §46, 57, 59, 61, 145. 
râo, râvo, rây m. « roi »j|g. s. 

pj. h. râo rây ou râî, b. tsig. 
rây, kçm. râ:(a, sgh. rada\\ 
pkr. rââ râa-\\skr. râjan- m. 

— § 38, 39, 55, 193, 198, 
282. 

râkh f. « cendres », râkhi f. 
« bracelet d'étoffe »||g. pj. h. 
râkh f., s. rakhyâ, « conserva- 
tion ; bracelet ou collier 
(amulette) »||skr. raksâ f. — 
§ 96, 104. 

râkhijein « garder »||g. b. râkh-, 
s. h. o. tsig. rakh-, sgh. rak-, 
kçm. rach-\\pkT. rakkhai\\skv . 
raksati. — § 47, 96. 

râkhlsmukh f. n. « le sud », 



394 



INDEX 



râkhesmohrâ « vers le sud ))|| 
g. pj. h. râkhas, s. râkhasu, 
râkhàsu, hih. râkas, sgh.rakus 
a démon ))||p. pkr . rakkhasa-\\ 
skr. râkfasa- m. — § 96. 

râfjtjait m. « pot à eau »||d. 
ramjano ghatah ; ramjanam 
kiindain iti kecit (237, 3). 

râjà m. « prince »||Tatsama; 
cf. râOy ràîit, râtij. — § 100, 
loo. 

râtrid, f- " veuve ))||h, g. o. b. 
rânid, s. ran, raudl ; pj. rann 
« femme, épouse n||skr. 
randà f. — §111. 

rànî f. « reine ))||s. pj. h. ràul, 
s. ràno « roi ))||skr. i-àjnl f. — 
§ 47, 135. 

r^/ f. « nuit )>||g. pj. h. kçm. 
rat, s. b. o. râ//, tsig. rai ; 
sgh. m ra^'ûtjlpkr. ratti-, râî\\ 
skr. mfrff. — § 121,190. 

râMadj. « rouge », mf m. rou- 
geur des yeux »||h. râtà, g. 
râtuiii, s, ra/a, pj. mf/^, sgh. 
frti « rouge ; sang », kçm. 
tsig. rat u sang ))||pkr. ratia- 
||skr. rakta-. — § 47, 48, 
121. 

ràmdhnem « cuire » [rândhatem 
ghar n. « cuisine » etc.)||g. 
rà}idhvmn,s. rdndhai^ii, h. rân- 
dhnâ,h. ràndhite, kçm. ranun, 
tsig. arm. dranthel ; sgh. ridda- 
navâ « détruire »||skr. ràn- 
dhayati. — §135. 

ràii ràn n. « forêt, brousse, 
désert ))||g. ra», s. rinii ran 
rifi, pj. h. ramj, h. ra«, sgh. 



m«fl!m«||pkr. araima- ra}jna-\\ 
skr. aranya- n. — § 72, 135, 
174. 
ràpuem rânipnem u se noircir à 
l'air, déteindre »||pkr. râvei 
{râhjayati Hemacandra, IV, 
49 ; cf. râviain ranjitam, Deçî- 
nâmamâlâ 238, 1) est le cau- 
satif dont le passif aurait à 
réta"-e sanskrit la forme 

o 

*râpya-. 

râinpâ m. « ràcloir », ràmpli. 
« outil de corroyeur » ||g. râmp 
f., s, rambu, pj. rainbâ, g. h, 
bih. ;v7»;^/||pkr . rampai ram- 
phai [taksnoti\ v. Deçtnâma° 
237, 4), rampa- nimpa- '< co- 
peau ». — § 82. 

râb m. « allées et venues », 
râbijem « fréquenter, vivre, 
travailler »||d. rambhai gac- 
chati{2^1, 4).— §47. 

Râ)ii, Rama, Ràmn (n. propre) || 
skr. Râma-. —§39, 276. 

ras f. « signe du zodiaque, tas» 
Il g. pj . h. râs, s. râsi « signe 
du zodiaque, propriété », 
sgh. ras '< troupe, ensemble » 
||p. pkr. ;-rt5/-||skr. râçii. — § 
156. 

Râhï nom de femme, fréquent 
chez les Kunbis||skr. Râdhâ 
f . — § 46, 159. 

râl f. « résine »||g. s. râj, pj . 
h. b. m/||skr. râla-, ràli- m. 
— § 145. 

rikùmà adj . « vide, vain », ri- 
kâniti f. « loisir »||s. rûainu 
« inutile »||d. rikkaiji stokam 



INDEX 



395 



(238, 8); pkr. ritta-, nhka-\\ 
skr. rikia-karma-. — § '^'i? 
138, 172. 

righnem « entrer »||pkr. riggai, 
d. riggo pmveçah (238, 2). 
Rapport obscur avec le grou- 
pe : g-, righvum, b. rimghan, 
skr. rinkh-, ring- « ramper » . 

rithâ m., rimthî f. « sapindus 
detergens ))||g. nf/;, pj. ?'<"//;«, 
h. rlthà, b. nV/j^, sgh. riti\\ 
pkr. rtnY^/ja-||skr. aristaka- m. 

— §44,110,174. 

r/'/â adj . « vide »||pj. rîtî, h. 
nfÂ, sgh. r// Il pkr. riUa-\\&kv. 
rikta-. — §44,121. 

n/,7 n. «■ dette ))||pj. h. ?-m||pkr. 
n;;a-||skr. riia- n. — §30, 134. 

ris, rîms m. « ours »|jg. rîmch, 
s. ricchu, pj. r/Vc/;, h. nc/j, 
tsig. rie- (fém. ricini); mais 
kçm. /f/;||pkr. riccha-, rikkha- 
||skr. rZ7«- m. — § 30, 69, 
104. 

ris f. « offense, aversion ^)||g. 
m, pj.h. m, s. m, « rivali- 
té » Il skr. ris- f., risyati. — 
§ 156. 

nn f. « calotropis gigantea ))|| 
d. rûvî arkddrumah (239,10). 

— §44,64. 

ruhhâ adj. « sec, dur »||s. riihhu, 
pj. rukkhâ, h. rûkbâ ; sgh. 
r//À' " tourment, makidie ))|| 
pkr. riikkha- hikkha- h'iha- (h . 
rûhai « rudesse », v. Huber, 
B.E.F.E.O.,\\,^.^, n.2; 
Pischel, §257)|Iskr. rilksa-.— 
§96. 



rucnem « avoir bon goût au pa- 
lais; plaire »||g. s. pj. h. b. 
rue- ; sgh. risi « désirant ; 
désir )), nissanavâ « se plaire 
à », kçm. rue « préférence » 
Ijpkr. riiccai\\s^v. nwyate. — 
§101. 

rujiiem, rujhiiem,rudhnein « bour- 
geonner » Il pkr. rM/;-||skr. ro- 
hati, absol. -ruhya] cf. véd. 
rôdhati et -rodhatia- . — § 89, 
107, 230, 231. 

rudhnem, rudhavnein, runidhnem 
« être obstrué », rodhnem 
« obstruer »||g. runidJjvum, 
s . part, rudho du verbe rum- 
bhanu, h. rodhnâ, rûndhnà, pas- 
sif rujhnài b. rodhite'^skT . 
ruddha-.— ^230, 231. 

ru>ndâ,rumdh, runidhâ adj . « lar- 
ge »||d. rundo vipulo (241,6) 
Il skr. (lex.) riindra- « abon- 
dant ». 

rupem n. « argent »||g. n'ipum, 
s. riipti, pj. ruppà, h. rsp, b. 
rf</)^, kçm. rôp, tsig. rw/) ; 
seul le sgh. a ridl, de skr. 
rajata-\\skv . rûpya- n. — § 
125. 

rusnenm être offensé »||g. pj.s. 
b. rus- (pj . roh « colère »), 
h. rûs- ros-, tsig. ;7w-||pkr. 
nïia/||skr. rusyati. — §156. 

-rûin suffixe neutre, à sens di- 
minutif ou péjoratif, s'ajou- 
tant en particulier à des 
noms d'animaux, comme ff«- 
riim, pâkhrûvi, vâsrfim (v. ces 
mots ; cf. Navalkar, p . 68 ; 



396 



rNDEX 



Joshi, p. 290), hatrmn « élé. 
pliant » (méprisant), etc. Le 
ladbhava isolé est inconnu à 
l'Inde (mais sgh. rua, ni). 
L'usage marathe remonte au 
pràkrit (v. Jacobi, Eriàhlun- 
gen, à l'index, et Meyer, 
Hindii Taies, p. 127, n. 6 ; p. 
ex. dàsarûva- « esclave », 
dikharûva- (m. lekrûin) « en- 
fant ))) et déjà au pâli (gorù- 
pa- « bufïle » dans le Milin- 
dapahha)'^skT . n'ipa- n. — § 39. 

rû m. riiï f . , « coton cardé »||g. 
riï n . , s. rai, pj. rûm, riiîm, h. 
riil, bih. rû rr«||d. mam tfilavi 
(239, 10). 

rùkh m. « arbre ))j|g. h. ri'ikh, 
pj. rukkh, sgh. rik ruk, tsig. 
n^^llpkr. rukkha-\\skT. vrksa-, 



véd. riiksa- m 



§96. 



fé'^/; f. « ligne ))||g. h. rckh, s. 
reghï« traits de méchanceté», 
sgh. /^||skr. rekhà f . — § 99. 

renijnein « respecter, craindre » 
||d. revayaiii prauàmah (239, 
11) est fait sur le causatif du 
mot dont le marathe est la 
forme à suffixe -ya-, mais ce 
mot est inconnu. 

renem n. « excréments de jeunes 
veaux noirs »||s. renl « irri- 
gation », b. rin « exsuda- 
tion », sgh. rcnavà « défé- 
quer »||d. rejfl pankalp (239, 
10)||skr. rîyate « couler », cf. 
raya- m. « courant » ; Gei- 
ger compare pour le sens 
persan rîtan. 



reviiem « remplir »||g. rewum 
<( cimenter »||d. ahiremai pû- 
rayati [23,2). —55152. 

roincuein « forcer dans, pénétrer 
dans »||pkr. romcai ■=. pinasti 
Il cf. skr. roîate « frapper con- 
tre ». Cf. le suivant. — § 
101. 

rot m, ((. pâte de farine cuite », 
rotâ, rotï « pain »||g. rotll 
«petit gâteau », rotl, s.rotu, 
roîlu, pj . h. rot, rot à, rotï, h. 
rutî\\à. rot ta m ta iidu lapis ta m 
(240, 3) ; pkr. jaina rottaga-. 
Cf. le précédent. — § 164. 

rov, roh m . « semence qui a 
germé »||b. roâ « planté » 
(riz de la saison froide )|| skr, 
roha- « croissance » m. — § 
33, 139. 

rovamîh, rohaml, ravamth, romth, 
romt m. « action de ruminer, 
mastication du bétel »||h. 
ro;/?//;|Iskr. romantha- m.. — § 
88, 132. 

rovnern « planter »||g. ropvurn, 
b. riiite\\?<^v. ropayati. — § 33, 
132. 

rohi f. , rohem n. « antilope »|| 
skr. rohi- m. — Le même 
animal s'appelle en g. s. pj. 
h. rojh, cf. d. îsao rojjhàkhyo 
virgah[3ï>, 17). —§159. 

rohi f. « carpe «jjh. rohû, ruî, 
rohï, b. ruî, sgh. rehemas, rê- 
mas^skv. rohita-. — § 140, 
139. 

lakdâ, lâkad, laknd, m. « bois, 
bâton »||g. hikdi « bâton », 



INDEX 



397 



làkad « en bois »; s. lâkudyo 
(( en bois »; pj. lakkad, h. 
lakdâ, h. lagitd « bâton », lagî 
« gaffe en bambou », lagà 
« perche », lagad f. « barre 
de métal «jjd, lakkudo lakutah 
(243, 1); p. lagida-\\?>kv. la- 
kuta-, lagiida-, m. — § 40, 
49, 50, 94. 

Iakârïm. « vernisseur, fabricant 
de bracelets de laque » . De 
lâkh « laque » + kâr-. — § 
48, 172. 

lamg Sid^. « affaibli parle jeûne 
ou la maladie » , lamgdà « pa- 
ralysé »||g. laingad, s. Janii, 
pj. h. lafugà laingdà^ kç-m. 
îong^ ; tsig. /^n^ (( boiteux » 
(|skr. lânga-. — § 98. 

lamghuem « maigrir (sous l'in- 
fluence du jeûne, de la fati- 
gue) ; transgresser » Il s. lam- 
ghanu « sauter sur ; jeû- 
ne », pj. lamgbait,h. lamghan 
« jeûne », b. lamghite « pas- 
ser, transgresser »||pkr. skr. 
langh-. — § 99. 

lût lafth m. (( massue »||g. là- 
thî, lât f-, lath m., s. lathi, 
pj. latjhî, h, làth, lâthï, h. o. 
Jâthl, ladJ: sgh. la tu « nom 
d'une plante grimpante » ; 
tsig. Jaxti « coup de pied ; 
combattre »?||pkr. latthi- lat- 
tha-. — § 48. 88, 148, 188. 

lavamg f. « girofle »||g. lavanig 
n., s. launigu, pj. Jauing, h. 
lavamg, launig, loing, b. o. 



lamga [longô)\\skv . lavanga- 
m. n. — § 46, 152. 

lavdà m. « pénis »||s. lauru, h. 
laudâ « pénis » ; pj . laiikl, h. 
làvû, b. là II, sgh. labha (pi. 
lahii) « gourde »||pkr, /âm|| 
skr. alàbu- m. n. — § 48, 
57,152, 174. 

lavnem (doublet vulgaire de 
navnem) « se coucher, pen- 
cher »||skr. namati . — § 170. 

/am, lâmv m. « perdrix »||pj. 
lava, h. lâvâ, b. /fl^||skr. lâ- 
ha- làvaha- m . — § 152 . 

las f. « mucosité, pus »||s. 
laso « uni, brillant » ; s. pj. 
las f . , h. las, lassa m. «visco- 
sité »||d. lasuam tailam (242, 
ll)||skr. laça- « résine » m. 
— § 141, 156. 

lasan n. f. , lasûn m. f. « ail »|| 
g. pj. lasan, h. lasiin, lasan, 
b. lasàn; sgh. lfma<^ ognon »|| 
pkr. lasuua-\\skr. laçiina- n. 
m. — § 40,42,46, 148,156. 

lahar f. « vague, convulsion »|| 
g. leher, 1er f., s. lahar i, pj. 
/fl/;/r, h. /a/7rt;-, b. /fl/jfl/-^||skr. 
lahari- f. —§46, 159. 

/û'/m;/ adj. « petit »||pkr. lanha- 
pour *lhaijba-, skr. çlaksna- 
(v. Wackernagel, p. 255). 
Cf. m. sahân. — § 52, 136. 

lahulahân adj. « petit et gentil » 
Ijpj. lahudâ « jeune », kçm. 
lot", sgh.. Itihim léger, petit» 
Ijpkr. /a/;/^-||skr. laghu-. — § 
46, 148, 159. Cf. m. haUi, et 
le mot précédent. 



398 



INDEX 



/â, postposition « pour ». — !^ 
480, 195, 197, 200. 

lâkh f. « teinture roug-e, laque, 
cire à cacheter » j|g. s. pj. 
lâkh, h. lâkh là h m., b. làbà, 
/à, sgh. lâ, kçm. lâcchWskr. 
Mjâf.— § 48,96, 172. 

/^À'/; m. (( cent mille ))||g. pj. 
h. lâkh, s. pj. lakh, h. lâk, 
kçm. /flr/;;s^h. /a/v « sig-ne»|| 
pkr. lakkha-\\skv . laksa- m. — 
§96, 224. 

làkhnem « se fixer comme but 
(un objet) «Hg-. s. pj. h. b. 
lakh- « observer, compren- 
dre » ||d . ahilamkhai ahilamghai 
kânksati (23, 3)||skr. lahayati. 
— §9G. 

lUgneiii « toucher, frapper, con- 
venir, se produire »||g. Z^^- 
vuifi, s. lagim, pj. laggijâ, h. 
/rt^«â (dial. làgnd), h. làgite, 
kçm. /fl^wn actif, /a^mw neut., 
sgh. laginavâ, « se reposer, 
habiter ))|lpkr. /ao-o^rt/llskr. 

1)1 oo II 

lagna- ou lagya- . — § 47, 98, 
231. 

làgîm « près de, vers «Hg-. làgii 
« près de », s. lâge « à cause 
de», pj. lagge, h., v. h.lâgi, 
sg-h. loniga «près de, en re- 
lation avec »||p. pkr. lagga-\\ 
skr. lagna-. — § 98, 197, 200. 

lâmcï. « pot-de-vin »||g. s. h. 
(dial.) lâtnc; sgh. /rt5a||pkr. 
p. lanca-\\skT. lahcâ f. — § 
101. 

lâj f. « honte »||g". o. b. lâj, s. 
laj, pj. /rt/;, sgh. lada, tsig. 



/fl/ljpkr. skr. lajjà f. — §106, 
148. 

lât iuterj. « bien, bravo! ))||pj. 
latt « maitresse »|jd. lattho 
anyàsakto manoharah priyanivâ- 
daç ceti tryarthah (243, 16) ; 
pkr. lattha-. — A séparer de 
s. lâdlo, h. lâdà « chéri », s. 
lâda, pj. lâdà « fiancé », pj. 
lad « amour », h. làdhiyà 
« cajoleur », qui se ratta- 
chent plus directement à la 
famille de m. lâdil « gâteau », 
pj. h. laddû, sgh. ladu, etc., 
pkr. skr. laddu-\\skT. lafita- 
{Vasta-). —'§88. 

lâd f. «troua fumier »||s. lidi, 
h. lâdî laddl « crotte, crot- 
tin » Il skr. (Divyâv.) laddt f. 
-§111. 

lâdriem « charger, fréter »|]g. 
lâdviun lâdlnmm, s. ladnu, pj . 
laddiiâ, h. lâdnà lâdnà, kçm, 
ladiin, tsig. ladav-\\s\u\ lar- 
dayati. —§47, Ho, 123. 

lâdhnem « s'accroître, s'ajouter 
en bénéfice »]|g. làdlwum 
« croître, être trouvé », s. 
ladhu ladhi « trouvaille, pro- 
fit », pj. laddhnâ « être trou- 
vé, chercher», v. h. lad- 
dhiyâ (mod. lîyâ) » pris », 
sgh. lada « atteint, terminé » 
Ilpkr. /^^J/M-||skr. labdha-. — 
§47, 49, 124, 231. 

lâmb adj . « long, loin »|[g. 
l a m b II in, s. lambu, pj. lamntâ, 
h. lânib; s. pj. làm f. « lon- 
gueur »||skr. lainba-. — § 127. 



INDEX 



399 



làbhiiem « être acquis, êtreavan- 
tag-eux », lâbh m, « gain »|| 
g. làbljvum « acquérir, trou- 
ver », s. labhauu « être ob- 
tenu, acquis » ; sgh. labanavà 
«. recevoir » ; kçm . labiin 
« prendre, trouver » || pkr. lab- 
bhai\\skv. labhyate. — § 49, 
128,230,231,232. 

/âwi'f.c ogresse, vilaine femme » 
lld. lûmâ dâkinï (243, 14)|| 
Doublet de skr. râiiiâ'l — § 
141, 152. 

lâvijetii « placer sur, envoyer »|| 
g. làzmiin « apporter, fer- 
mer », pj. lâium « appliquer, 
fixer, mettre, chercher », h. 
làvnâ lànà «apporter, acheter, 
faire », sgh. lancivâ (part. 
lâvà) u poser », kçm. lày- 
« frapper »||skr, îâgayati ayec 
un sens non attesté en sans- 
krit, mais correspondant nor- 
malement à celui à&Jagati. — 
§ 55, 200, 242. 

lâhnem « acquérir, prendre, se 
présenter », là ni lâhnli- « ré- 
colte », lâho m. « gain » 
Il g. lahan n. « gain », 
probablement lahevnm « écou- 
ter avec attention », s . laha- 
iiU(( obtenir », s. lâho, pj. Icih, 
« profit », h. lâosâo « gain, 
avantage », lah)iâ « obtenir, 
trouver, croître, aller bien », 
subst. « profit, gain », sgh. 
labanavà « recevoir, obtenir » 
Il pkr. lahal, p. Iabhati\\skv. 
labhate, làbha- m. — §39, 49, 



139, IGI, 186,230,231, 252. 

làli. « salive »||g. /â/, h. làl. 
Ma, lâr, ra/||skr, lâlâ f. ■ — § 
145. 

lihnem « se cacher, être caché » 
||s. lihm, hiknit ; h. luknâ, 
pj . lukan,h. lukite\\d. likkai 
Ihikkai nilîyate (244, 7) ; pkr. 
aussi liikkai. — §394. 

linipnein « oindre »||g. lipvum, 
s. linibaiin, p j . limmnâ, h. 

. iJpnâ^ lepnâ (passif Upna)\\ 
skr. limpati. — § 7.0, 125, 
138. 

limbm. « azadirachta indica »|| 
g. limdo, s. limu\\^kv . limba- 
II skr. niinba-m. — §127, 138, 
148, 170. Cf. sous m. niijib. 

likh f. « pou, lente »||g. s. p j . 
h. lîkh, b. Hkhâ, sgh. Hkkà, 
tsig. /î7e/;||skr. liksà lïk^à î. — 
§96. 

luksân, luskan n. f. (( perte, 
dommage », adj . « faible, 
épuisé »|jh. lnqsân\\i\Tdihe niiq- 
mn. — § 167, 170. 

lutnem « piller », lût f. a pilla- 
ge »||g. lumt- lut-, s. h. b. 
/m/-, pj. lutt-j kçm. lur-, tsig. 
lur- [Inrdo « soldat )))||skr. 
luntati. — §109. 

lulâ adj. (( fané, infirme »|| g. 
h'iliun, s. lûlo, pj. h. lîilâ\\ 
pkr. km-, plus le suffixe 
-â!//^-||skr. lata- (â'-a; = 
vichinna-), lana- . — § 04. 

lek, lekrCun n. « enfant ))||d. 
liujko tathà Ilvo bâlah{2M, 3); 
pkr. jaina dikkarûva- dekkarû- 



400 



INDEX 



va-. — § 148. Cf. \n..-7Ûm. 

lekh m. « écrit, écriture «Hg-. 
pj . lekh, g. lekhiiifH' compte ». 
A disting-uer de s. h. b. 
lekh f. « ligne » tats. de skr. 
lekhâ, dont le tadbhava se 
trouve dans g. lîh, sgh. le 
« lig-ne » Il skr. lekhya- . — § 
96. Cf. m. lehnem. 

letnem « être couché »||g. s. pj. 
h. /^f-||rac. h-. — § 80. 

lemd m . (f crotte » , lemdûk i^. 
<( tas d'excréments ))||s. lendu 
lediDio, h. lenid, leindî\\d. le- 
dtikko lampato lostaçca (246, 
11), lehudo ledhtikko lediio trayo 
'py ete lostavdcakâh (243, 3), 
Jehado — lampatah (24o , 8) || 
skr. lemda- n. — § lH • 

leuem «. placer, appliquer, se 
vêtir de n\\g. levum, h. lenâ^ 
h. leite, tsig. arm. liel « pren- 
dre », s. letî « réception »|| 
d. Jaiain parihitam\ laiamange 
pinaddhain iiy anye (242, 10) ; 
ap. lehi impér., /m à côté de 
/ûî/ absol. Il Altération de skr. 
là- (cf. isig. eur, la- « pren- 
dre») sur le modèle de pkr. 
dei\ cf. m. lenden, levdev 
« échanges ». — § 77, 200, 
229, 252. 

lehnem lihinein « écrire »|lsgh. 
liyanavà ; mais g. lakh-, s. pj. 
h. b. likh-, kçm. ///t/;-||pkr. 
lihai\\skv .likhati . Cf. m. lekh. 
-§80. 

loin, lomv, lamv f. « poil, toi- 
son » ||g. ruminn, s. pj . lûin, pj . 



h. roâm,h. ronjà, h. sgh. lom\\ 
skr. loman-, roman- n. — § 
78,140, 153. 

lok « peuple »||tatsama; même 
forme partout ; on trouve 
aussi h. /a^||skr. loka- m. — 
§ 43, 19?! 

lokhamd n. « fer », lohàr m. 
<( forgeron »|!g.h. lokhamd, s. 
lohu, pj. h. lohà, b. loh, sgh.. 
loho lô, g. lodhuin « fer »; — 
g. pj. h. b. lohàr, s. luharu 
luhàru,sgh.loz'aru « forgeron; 
cf. tsig. lovo « argent (mon- 
naie) »||pkr. skr. loha-, skr. 
lohakàra- m. Cf. de skr. lo- 
hita-, pj . loin, tsig. lolo « rou- 
ge », pj. lohû « sang ». Pour 
la seconde partie du mot, v. 
m. khàmd.—% 78, 143, 148, 
139, 161, 169. 



lotuem « rouler wlls:. 



h. b, 



io- PJ- 

lot- ; s. lotiko, « épars, errant » 
Il pkr. lôttai\\skv. lutyati. — § 
109. 

Ion f. (( plante de marais sa- 
lant, salinité du sol >»||g. lûn 
n., s. lûnu, p j . lûn, h. non, 
nûn, lûn. Ion, h. nûn ilonà, 
« salé »), o. nûn, sgh. /mwm, 
kçm. 7iûn, tsig. Ion <' sel » 
(le mot marathe désignant 
le « sel » est wî//;)||pkr. 
/o;w-||skr. lavana- m. — § 
78, 134. 

lorii n. « beurre »||h. lûnl, lônî, 
b. lanï, nanî, tsig. arm. nol, 
tsig. persan 7/»/[| skr. navanî- 



I.NDHX 



:oi 



ta-n. — §06, 78, 134, 148, 
17Q. 
lomhuein « être suspendu ))||s. 
lamnit « être suspendu, pla- 
ner », h. luninà « pendre, 
être bas (nuasres) wllskr. lam- 



hate . 



§79. 



lombat, loinbad f . « tas (de noix 
de coco, etc.) », lombanî. 
« grappe » Il g-, lûm f. «grap- 
pe », b. lûm « queue »||d. 
lumbl slabako Jatà ca (246^ 7)|| 
skr. laïuba-. — § 79. 

loho m. (( tendresse » (employé 
dans la Ig. relig. et les pro- 
verbes)||sgh. loba « désir »|| 
skr. lobha- m. — § 39, 78, 
79, lo9, 186. 

loi lîi- '< instabilité ». lohjein 
« rouler », lolâ m. «■ battant 
de cloche, luette >'|jg. lolo 
« langue », s. roln, rolâku, 
rolo « vagabond » ntlauu 
« errer », pj. Util i< pénis >., 
h. loi ^< tremblant, agité », lo- 
lâ m. « pendant d'oreilles, 
pénis », lolnâ « secouer », b. 
loi « pendant, instable », loi 
dàite « pendre », sgh. Ici a 
instable, mouvant » , lelavannà 
« aller de-ci,de-là; secouer » 
Il p. pkr. /o/- Il skr. lolati, lola- 
— §80, 145. 
vaunil, va^haL vamjaUvanavmm, 
vapnem, vasvâ, val,valaingijein, 
V. onml, oghal, etc. — § '^^• 
vakbâr f. <( magasin, dépôt »|| 
g. s. vahhûr, h. b. bâkhâr\\ 
cf. d. vakkhârayam ratigrhani, 

La formation de la tançjiie marathe. 



aniahpiiram ily anye (232, 13) 
Ijskr. avaskara- m. « dépôt 
dordures »? — § 1 ol , 152 . 
vagar (forme commune : bagar) 
« excepté, sans »||g. vagar, 
pj. vagâi', h. ^go-ar II arabe-per- 
san bighair, baghair. — § 150. 
vat f. « résidu du lavage de la 
soie brute » |d. vattiniain ati- 
riktam (248, 9). 
vatnem c< écraser du coton »jjg. 
vâfviim, s. vatijii, h. batnâf b. 
bâtite, cf. g. vâtno « pilon »|| 
skr. oiT^oL^vatyante « sont écra- 
sés »._§48, 78, 114, 151. 
vathân n. « chambre, apparte- 
ment »||s. vâtl'ânii f. « enclos 
pour le bétail la nuit, place, 
résidence »; pj. vatan, kçm. 
valan « pays, résidence » ; 
h. bathàn « hutte dans la 
jungle* (pour les éleveurs) », 
bathàn « pâturage »||skr.«prt5- 
thàna- ou .avasthâna- n. — § 
48, 110, 151, 152, 174. 
vad m. <( banian, ficus indica » 
||g. vad, s. baru, pj. vad et 
/W, h. b. /W||pkr. vada-\\s\^v. 
vata- m . — § 151. 
vadhnem odhnem « tirer, tendre 
vers »[|g. odvum\\])kr. vaddhai 
[—kaddhaiWc. IV, 187)." — 
§78. 
van m. n. « cicatrice »|| sgh. îv/z/a 
« blessure, abcès »||pkr. va- 
//â!-||skr. vraua- m. — § 134, 
151. 
-van, -z/^^/f (en comp.) «eau ». 
De m. pâuï. — § 152. 

26 



402 



IN'DKX 



vanaj t". « voyag'e commercial». 
vaijjâr m. « troupe de hrinja- 
ries, marcliands ambulants 
(le g^rains et de sel »\\g. vanaj 
m., s. vaijij m., pj. banj m., 
kçm. banj m. « commerce » ; 
s^". vaijjar f . « caravane » ; s. 
vaijijaro, pj . vaijjârâ « mar- 
chand », h. banjàrâ, n. de 
caste, « iJ-rainetier »j|skr. 
vanijyà f., vâuijya- n. — s; 
k'I, 48, 106. 

vauvâ m. « incendie de forêt ))|| 
d. vaiiavo davâgnih (249, 10) || 
skr. vanavàta- m. — §46. 

varun « du côté de, à cause de, 
au nom de »||g. vat'i « du 
côté de, à la place de, de la 
part de », vate « par le moyen 
de » ; s. vati « près de, en 
échang'e de, avec », vaUDi 
« d'auprès de, de » ;sg'li. vat, 
kçm. buth" « visage »||p. vat- 
^flf-||skr. vaktra- n. — A sépa- 
rer de pj. vàt « nouvelle », h. 
bât <> parole, chose », kçm. 
bnth « discours », de skr. vàr- 
tâl — ^ 48,78, 1;)1. 

vainth m. « part de patrimoine » 
Il s. vatbu, sgh. val « chose, 
argent, histoire» ||pkr. valîhn- 
||skr.tw/M-n.? — § 122, loi. 

vamuem « vomir »||h. bamnâ ; b. 
zâinit « vomissement »||skr. 
vamati. — § 138. 

var m. <( iiancé, mari »||g. pj. 
var ; ^.varaWm fenime mariée 
(dont lo mari est en vie) », 
varaijii, « épouser » ; h. h.bar 



« Iiancé »||skr. vara- m. — i> 

1 ri I . 

varal « pagode » (monnaie) || 
cf. sgh. varâ « sanglier »|| 
skr. varâha- m. — si 46, 57, 
161. 
var, varî postposition « sur, 
jusqu'à », vartâ adj. « au- 
dessus », varia, varil « supé- 
rieur, extérieur ))||g. par, s. 
pari, h. iipar, par[i),h . o . pare- 
« sur », Il skr. upari. — ij 1 o 1 , 
152, 166,174, 197. 
varamd f. varamdâ m. varamdî 
f . « parapet, mur de clôture 
bas »||d. varamdo prâkârah 
kapotapâlï ceti dvyarlhah (268, 
11). On remarquera la con- 
cordance des sens ; d'autre 
part pj. barâiiidâ, h. baraiiidâ, 
1). barâiiidâ, kçm. bràiul dési- 
gnent le portique à colonnes 
(ou la plate-forme à l'entrée 
d'une maison), comme fr. vé- 
randa. C'est sans doute ici un 
autre mot, p.-è. d'origine 
européenne, v. p. ex. Hohson 
Jobsoii, s. v. verandah, ou Dal- 
gado, Iiifluencia do vorabnJdrio 
portugitês.. . s. V. varanda. En 
tout cas le mot marathe est 
antérieur à tout contact avec 
aucune langue romane. — § 
48. 
varasueiji « pleuvoir »||g^. varas- 
vuuu varas « pluie » ; s. var- 
sârii « saison des [)luics », 
varsaua oivasaijnc pleuvoir > , 
varhii « année», vas « pluie. 



INDEX 



403 



verdure » ; pj- varbijn « pleu- 
voir ». varah varhà « année » ; 
h. b. haras- bars- ; \s.^\n.wuhiu " 
« âgé de . . . années » ; tsig, 
hers (asiatique bers vers) « an- 
née » ; sgh. vas « pluie » tW5- 
bah- « pleuvoir ))j|pkr. varisa-, 
p. vassa-\\slii\ varsa- m., var- 
sati. — § loT. 

varât. vàrtï f. « corde, câble »|| 
^. varot n. ; g-, s. varat h. 
barat f, ||skr. varat râ f. — >; 
4G, 121. 

varât ï. « procession nuptiale »|| 
g. pj. varât, h. barât, bih. 
^aravîVJIskr. varayâtra i". — 
§61,121. 

vasnevi « habiter ))||g. vâsvunh, 
s. viharm (sans doute prove- 
nant de *z'rt//- contaminé par 
*t'//;- « s'asseoir », v. sous 
m. basuein), pj. vassyâ. h. 
basnâ; sgh. tw.^rt;wiw||pkr. tw- 
.<-fl/||skr. vasati. — § 46, 136. 

z/fl(.y;zé « dans l'opinion de, selon, 
de la partde )'||s. vasu « pou- 
voir », vasi « docile », kçm . 
vas '.( au pouvoir de » ; tsig. 
twi « à cause de », sg-h. vasin 
visin « grâce à »||pkr. t'(7.9rt-|| 
skr, vaça- m. — § [i')(j, 1!)3. 

vàsvâ osvâ m. « ombre »||g. oc- 
chino « protection contre la 
chaleur, protection » occhâyo 
«ombre »||skr. avaccbâda- m. 
-§78, lo2. 

vahâi! vâhâii f. <> sandale ^jpj. 
pâhaij, o. panâU sgh. vahan\\ 
[)kr. nvâijaha-, pâlktija-, vâ- 



haija- : p. iipâhanâ\\s]iv, upâ- 
nah- f. — § 40. 52. i:;il, 167, 
174. 

vahilâ adj.(poét,) « séparé, dis- 
tinct ; vite; certainement »j| 
g. vaheliiin, s. vaha]u\\pUi'. 
vahilla-, rue. vab-. — § oO. 

vahû f. « bru » ; vahnmâi voiiiâi 
« belle-mère »j|g. vâhu, s. va- 
hft, pj. bohn, h. bah H, b. bau, 
o. /'â'/;«||d. vahiivvâ kanisiha- 
awfr«/? (2oÛ, 12), i)kr. vahfi\\ 
skr. vadhû-î. — § 46, 78, 139, 
161. 

vahvar, vavar, ovar n. « couple 
de mariés »||g. vahiivar'^^\^v. 
vadhûvara- n. — § 78, 161,' 
163. 

vajijeiji <■< tourner, natter », val 
m. « tumeur, enroulement » 
jjg. valavuni, s. varauii, pj. 
valijâ, h. balnâ, kçm. tw///«|| 
skr. valayali. — § 46, 32, 78, 
143. 

î'rt/^/// n. « anneau »||s, varu,pj. 
val à, h. balà, o. Z'^ï//, kçm. 
vôj" , sgh. z;fl/â||pkr. iw/^a-H 
skr. vaJaya- m. n. — § 46, 
77, 143. 

vâijik m. n. « couri)e », f . « or- 
nement de bras », vâljikà adj . 
« courbe »\\g.vâ)!ikii, s.viiiii^o, 
\)']. vanigg, h. bâiiik, h. bânikâ, 
sgh. îY7À'||pkr. vaiiika-,p. vah- 
/c(ir-||skr. vakra- (cf. xcd.vai'i- 
kn-). — § 92. 

vânikad f. « pluie continue », 
vânikdî f. '< froid rigoureux » 
lld. vaddalam lalbii vakkadaiii 



iOi 



INDEX 



dages 
f. 



durdinam ; vakkadmn nirantara- 
vrstir ity eke{2iS, 16). Dérivé 
de skr. vahra-, comme le pré- 
cédent; cf. encore m. vâmkdâ 
adj . « hostile » . 

vàk vâkh m. « filaments végé- 
taux servant à faire des cor- 
vâkh vâkhal vâkal 
couverture faite de mor- 
ceaux rapiécés, haillons ))||g. 
vâkh vâk, sg'h. vak; h. hakal 
h. bàklà « écorce ))||skr. val- 
ka- m. n. — § 80. 

vâkhàu f. « éloge ))[|g. vakhàu n., 
pj . s . vakhdn f . , h . hakhân ; 
b. bàkhân << injures )),kçm. 
vakhiin" « leçon, sujet d'étu- 
de ))||pkr. vakkhâna -\\skr . 
vyàkhyâna- n. — § 47, 48, 91), 
151. 

vàmg m. « tache sur la peau, 
pustule, engourdissement, 
douleur sourde (à la suite 
d'une contusion)» Il s.virjig f. 
" défaut, vice » ; kçm. vong" 
u estropié », sgh. vamgi 
« tordu, bossu «jjskr- vyan- 
ga-. — § IM. 

vàmgi f. « aubergine ))|| pj . 
vamgà, h. banig\\d. vamgam 
vrniàkam (246,13). — Plu- 
sieurs des noms de l'auber- 
gine ont avec celui-ci une 
parenté évidente, quoi([ue 
indéfinissable. Ainsi g. vew- 
gaij, s. vânanu, pj. baimgan, 
h. bih. baingan, b. beiiigan, et 
bâgnn, qui rappellent par 
ailleurs persan badinjùn. Cf. 



encore en draA'idien, canara 
badani (et tamoul valudalei, 
malay. va[udhîi2) . 

vâgul f. « action de chiquer » || 
g. vâgolvum\\d. vaggolai ro- 
manthayati (2o4, 4), — § 47. 

vùgJ) m. « tigre ))||g. vagh, s. 
vâgh, bâgh, pj. h. b. bàgh 
pkr. va<j^gha-\\skr. vyàghra- m . 
-§99, loi. 

vârMm « lire ))||g. vàmcvum, s. 
vàcaiju, pj. vâcnâ, h. bâcnâ, h. 
bâcàite « expliquer ))||Tatsa- 
ma, skr. vàcayati. — § 101. 

vàmcûn « excepté » (gérondif 
de vàmcnem « échapper »)|| 
^XsT.vâncayati. — § 197. 

l'àjijeiii (t émettre un son, réson- 
ner ))||g. vâjvuiii, s. vâju<( ins- 
trument de musique », vaja- 
uu « résonner », pj. vajnâ, 
h. bâjnâ, h. bâjite\\skT .vddya-. 
— § 47, 100, 232. 

vànijhâ vâmjâ adj. « stérile », 
vaiuj vàmjh f. « femme sté- 
rile »||g. s. vânijh, h. bâinjb 
h. bâmjhâ, sgh. vainda ; kçm. 
banjar « désert »||skr. van- 
dbya-.— ^ S^. 107. 

vût f. « chemin »||g. s. pj. val, 
11. b. bât, s'^h. vat, kçm. vât 
Ijd. m«^ panthâh (247,8) ; 
pkr. vattâWskr. vartiiian- n. — 
5<39, lïi, 197. 

vàminem « partager »||g. zw;///- 
î'M/.», pj . vaifidan, s. vâtnu, 
h. bamtnâ, b. bamtite \ bih. 
Mw/ « métayage »||skr. iw;/- 
/«/i. — §68,^109. 



INDEX 



i05 



vâtuciii « paraître, apparaître » 

(cf. nivatnem)\\\). bâte « oui », 
o. atai ate « il est » ; b. bâti 
bih. bâtïijt « je suis » ; sg-h. 
vatinavâ « mériter », vàtenavà 
« tomber » ; kçm. vâtini 
« arriver, venir, se passer » 
Il pkr. vattai\\skv. vartate. — 
§ 47, H4,163. 

vâtJà adj. «autourde », l'^ftw m. 
« sac rond » (de banquier et 
joaillier)||g. vàt f., vàto'-' ban- 
de dune roue », h. batvà, 
« sac rond », sg^h. vata 
« cercle, ceinture, circulaire » 
vàta « haie »||p. pkr. vatta- 
•yflfft-jlskr. vrtta-. — § 47, 
114. 

vàtî f. « bol de métal »||g. s. 
■vàtl, bih. bàtl,battâ\\]}kv. vat- 
tiya-. — § H 4. 

tW(/(poét.) «grand »||g. vadtim, 
s. t'fl'^fo, pj.tû:ç?(/^, h. b. Zwc/^r, 
sgh.twJ/, kçm. bodii, tsig-. Z?^- 
ro||d. vaddo mahân (246,13) || 
skr. vadra-. — § 111. 

■vùdà m. c< quartier », vâdl f. 
« clôture, hameau » -vâdeiii 
n. en comp. dans les noms 
propres, âitvâdeiii, zUvavâdeiii 
etc.||g. vâdî, vâdo, s. vâdl 
« champ de légumes », vâdï. 
« clôture », vâdo « enclos 
pour bestiaux ». pj. vàdâ 
« enclos », h. bàd,bàr f. bàdà, 
b. bâdî, à côté de b. bàtU 
sgh. vàta, « haie »||d. vâdî... 
vrti- '2ol,l6),||skr. vàta- m. 
— i;46.51. 111. 



vàdhuenm croître »\\^.vadhviun, 
h. badhànà (cf. budhà « vieil- 
lard »),b. bàdite, sgh. i-a^?/- 
navâ, kçm. bddiin, tsig-. /)/;/<- 
;o « vieillard » ; avec une 
dentale, s. vadhuu, pj. vadhnà 
et vadhan à côté de t'â;(//jû:;/|| 
pkr. i;fl(^ç?/iaf||skr. vardhate. — 
§48, 113. 

vâdhâyâm. « charpentier »|| h. 
b. o.badhal, sgh. vadiivà\ cf. 
g-, vâdhvum, pj. vaddhuâ, s. 
vadhami « couper » \^.vadh, s. 
vadhii, sgh. îwJ « coupure, 
coupe » Il pkr. vaddhaia-\\ skr. 
- vardhaka- tïi., vardJmyati . — 
§47,113. 

iwn n. « don pieux de fruits, de 
gâteaux, de vêtements »||h. 
bâyan, bainâ\\à. vàyauam bho- 
jyopâyanam (2o7,3) ||skr. vâya- 
na- n. — § 61. 

vâu vân,m. « couleur )),vâni « à 
la façon de, comme »||g'. vân 
s.vanahu m., vanik f., h. bân 
(( qualité », bânâ « aspect, 
couleur », Si^h. vaua « cou- 
leur », van « semblable à » 
lipkr. vanua-\\s\^v. varua- m. 
— § 135. 

vounern. vâniijern (poét.) « faire 
l'élog-e de »||sgh. vaiianavà 
« louer, dire », kçm. vanun 
« parler » ; d'autre part h. 
bannâ <^^ être décoré, fabriqué, 
fait ». b. banâlle « faire » ; cf. 
\^].vannovûnii! '< de différentes 
sortes », vnnkt vantia^gf 
(( spécimen, marque »||pkr. 



106 



INDEX 



vaiiNtiiiii 'u\L. p. vniiijeti\\ skr. 
vanjayali. — §''>!, 135. 

vùmm.. « marchand ))||^.iw///vc). 
vân'ut, 11. baniyà, b, hâniyn ; 
sgh . venamâa ; cf. kçiu . i/^w 
« }>outique )i)| pkr. mrna-\\ 
skr. vâuija-n. — § 46, 48, 61 . 
CM. 

vât 1. « mèche de lampe »||g". 
vàl, s.vati, pj. h. baltl. h. b. 
bàli. o. ^fl^/, sgh. vàtiya\\pkv. 
vatti-, vatti-. p. vattikd\\skr . 
vartikâ f. — § H 4. 

vâindar et vànar m. n. « singe » || 
g. vàndar, s. vànarn. pj. h. 
h. hiïndar, bûnar, sgh. vamdu- 
ra, kçm. zv}^//(/Hskr. vânara- 
m. — L'insertion est an- 
cienne ; mais en marathe le 
mot a Tair d'un emprunt ; v. 
sous inâkad. — § 123, 136, 
16i. 

vndaln\. f". n. « mauvais temps» 
Il g. vâdal, s. badalu, pj. bad- 
daU h. h. o. hàdal\\à. vadda- 
laiii tathâ vakkadamdurdhiam; 
vakkadam nirajitaravrstir ity eke 
(248,16) ; p. vaddûtikâ\\fikr. 
vardalihâ f . — § 47 , 1 1 ."i , 123, 
143. 

vâdl vàdhl f . « courroie de cuir» 
\[^.vàdhar f.,s. vadhi,vaddhrL 
sgh. vada\\pk\\ vaddha-\\skv. 
vardhra- m. n. — § 47. 

vàp m. <( semailles », f . <( champ 
déjeune blé »; vâphnem «se- 
mer », vnphâm. « plantation» 
Il g. vâpho, sgh. zw/) ; kçm. l'ût- 
/)îo; à coté devavun « semer » 



Il pkr. vappû-{v. Deçinâmamâlâ 
267,14; cf. vapphio 268.7, 
vappîdiam 253, 1 5)||skr. vdfpra- 
m. n. Cf. g. vavvum, h.bom, 
kçm. vai'un, sgh. vavanavâ 
■ « semer, planter », de skr. 
vapayati: m. xwi'ar « chami», 
pré », de *vàpakàra-, ou semi- 
tatsama de vapra-. — § 86, 
89. 

vâph bnph bhâph f. « vapeur »|| 
g. vâph, g. s. h. ^rt/)/;; sgh. 
bapa « larmes »||pkr. p. 
bappha- bappa-\\skv. vàspa- m. 
— §84,89, 126. 

vàm adj. « gauche »||g. vàin, 
pj. bàiàm, h. bâiuàm, bâyâm, 
h. o. bâni, sgh. î'^m « gau- 
che », vami « femme »||skr. 
va ma-. Tatsama. Le mot 
indigène est dâvâ. — § 138. 

vcir m. « jour, temps, fois (en 
compos. dans loout. adv.)»|| 
g. pj . vâr, s. vâni, h. b. kçm. 
bâr, sgh. var, tsig. î.'/zr||skr. 
vâra- m. 

vânjem « crier »|lg. vbâr vâr i. 
« plainte, appel à l'aide, aide » 
est probablement à séparer, 
cf. s. vâhuru « protecteur », 
\i].vâhar « protection »||pkr. 
part. îw/7^na-||skr. vyâhârati. 
§46,151, 161. 

vnrâ m. « vent, air »||g. vâyaro^ 
h. h.bayâr\ s. vârâinu^< aérer » 
•jjd. vâyâro çiçiravâtah[2Vi^y\i) 
||dérivé de skr. vâîa- m. — 
§46,61, 193. 

vânhra. idial.) « barbier »i|h. 



INDEX 



407 



hCvî « caste dont luccupation 
est de vendre des torches (et 
faisant à l'occasion office de 
barbiers) ))||d. vacchiutto ialhâ 
varia nâpilah (233, 10)||skr. 
*vâpak(irin- (cf. hrtavàpa-. vâ- 
pana-) . — § 46. 

vârn m. « coursier de g'uerre » 
(poét., popul.)j|g. vârï m. 
« cheval ))|[skr. vâru- m. — 
§46. 

vâv m. « vent, air ))||g. va, vâî, 
s. pj. vâiii h. bâv, bâï, h. bâo, 
bàl^ o. bâô^ kçm. vàv, sgh. va, 
tsig. balval valval, tsig. de 
Palestine zc/a/'Upkr. vâa-\\skr. 
vâta- m. — § 00, 61. 

vâiiiv f. n. vovâ m. « brasse » 
Il g-. wr//i f. m., h. bâiii m., 
byâuû,h. vaniù, sgh. banibaya, 
rama II s kr. vyâma- m. — ■ § 
78, 138, loi, 152. 

vàvar m. « activité, besogne 
domestique » || g- . vavaivmn , 
vâparvuin « user, occuper, 
emplo3-er, vivre » vorvitin 
(( acheter, rassembler, men- 
dier », s. vapilru « affaires », 
vapin«- marchand » ; h. bepar, 
byopâr, bepâiî, kçm. vêvahâr\\ 
pkr. vâvàra-\\skr. vyàpâra- 
ni. _ § 46. 131, 152.' 

vâvsâv, vivsâ, vevsà m , « affaires, 
trafic » Il pkr. vavasàa-\\skv . 
vyavasùya- m. — § 75, loi, 
156. 

vas m. « odeur, pvianteur ))|| 
g-, vas f., s. vas H, h. b. bâs\\ 
skr. va sa- m. — sj 15(). 



vas m. « habitation », vasnem 
« habiter »||g. pj . vas, s. vàso, 
h. b. bas, sg'h. vas; g. vâs- 
vii}/!, jij. vassnà vàsnà, h. /'a5- 
w^ Il skr. îvHfl- m., vasati. — 
§ 156. 

vàmsâ vàsâ m . « perche, poutre » ; 
vasebîm n . « semence de 
bambou » (cf. sous m. ^î/m)|| 
g. vàms vainsdo, s. vainsu, pj . 
vamjhy h. b. bâins, sgh. vas\\ 
skr. vainça- m. — § 71, 156. 

vàsrilm vàinsnlm n. « veau »||g. 
vachrûm vach, s. iwc/;/, pj . 
t'A!*:/; f. , h. bacbâ, h. baccà 
bâcha « enfant » bùchur « veau » , 
kçm. voch", sgh. x^aj-/^ i'rtj-5â|| 
pkr. vaccha-\\fikY . vatsa- m., 
vatsarûpLi- m. Cf. m. -rfun-. 
— § 47. 66, 69. 

•iY7/;/./£;/i « couler n^vâhaij f. « cou- 
rant »||g. vaheviun « couler, 
écouler, être trompé », vâh- 
vuiu « tromper », vabâij « l)a- 
teau », pj. vahhiù c llotter », 
h. /?a/;wT « couler, flotter »,b. 
bâhite « ramer » bahite « s'écou- 
ler », sgh. vahana « radeau » 
Il pkr. z'a/?fl!«fl-||skr. vahati, 
vahana- n. — § 52. 

vâhlî f. « ruisseau ))||g. vehijo 
vahdo. s. vàhuru « canal, bras 
de rivière », sgh. vahala\\à. 
vaholo vâhali virao tniyo 'pi 
laghujalapravâha vâcakâh (250, 
5). — § 78. 

vâlâ m. '< andropogon nmrica- 
tu m , khaskbas » 1 1 g . vâjo, s . 
twro, h.bùlà ; cf. pj. kçm.îw/. 



i08 



INDKX 



s<;li. i-nhu l'^ij^- i^^^' " cheveu - 
IJsUr. vâJa-m. — J^ 46, lia. 

valu f. « sable »||g-. valu velu f. 
s. vârî, h. hâlvâ, hâhl, h. hàli, 
o. hnli, sg-h. i'^//||pkr. vâluâ\\ 
skr. vâlukâ f. — ^46, 14o. 

vihiem « vendre, se vendre ))||gr. 

' lin 

vecvmn, s. vikimiu, pj. vecijâ 
« vendre » vihjâ « être en 
vente », h. becnâ biknâ, h. 
becite bikâite, sgh . vikiiijavâ, 
tsig. arm. vignel, tsig. eur. 
bihiavâ ; le mot simple, là où 
il existe, veut dire « acheter » 
comme en sanskrit : h. kinnâ, 
tsig-. Mnavâ. bg-. kenâ ;-kçm. 
k^'iun « vendre » fait excep- 
tion, mais « acheter » s'ex- 
])rime par he- « prendre n, 
comme en marathe oheijeiji, le 
mot keijem ayant pris une ac- 
ception spéciale (v. ces mots) 
Ijpkr. vikinai vikkei \ cf. d. 
vikhemiam vikreyam (261, 15)|| 
skr. vikrînîte, vikraya- m . — 
^ol,71. 

vikh v'ikh n. « poison )>||g. pj. 
vikh, s. vikhu, vihu (visiharu 
'< venimeux »), pj . veh, pj. 
occ. viss. h. bis, h. b. bikh, 
kçm. vèh, sgh. t'/ja z'^/wjlpkr. 
î'7Vfl!-j|skr. insa- n. Mot em- 
prunté. — v^ Oo. 

vikharneiii. vikhnrnem « répandre 
en désordre »|[g. vikhervnm 
<( répandre, disperser », vi- 
kharvuifi « être répandu », s. 
vikhirâinu,i( séparer, diviser» 
vikhiru « part, séparation », 



pj. vikhrânnâ « répandre », 
\\.bikharuà, bikhernâ\\^kT . vi- 
kkhirai, vikkirai ||8kr. vikirati 
*viskirati, cf. vifkira-. — § 30, 
89, 96, 107. 

vighaduern « démolir »||g. bagad- 
vuiii, s. bigiranu, pj. vigadiiâ, 
h. bighadnà « être gâté », b. 
/'/Vfl^/Yellskr. vighatayati. — § 
99. 

vimcin f. « petit trou dans un 
vase de ^métal (attribué à la 
piqûre du scorpion »)||d. 
vimciniam pâtit a m dhârâ ca 
(270, 8). — § 43, 50, 101. 
Cf. le suivant. 

vimcH va. « scorpion »||g. vini- 
chî, vJcbu, vich'i, s. vichûm, h. 
bii'hii, bichuâ, b. bichà\\Yikv. 
vimchia- vicchua-, p. vicchika-W 
skr. vrçcika- m. — ^30, 69, 
101. " 

vijuà vijnà m. « éventail «Hg. 
vinijrio, s. vihivu, h. ^//wrt 
Zw7rt, sgh. î;/f/m/||cf. pkr. t-w- 
wa-||skr. vijana-n. Tatsama. 
La forme skr. vyafijana-, allé- 
guée à tort dans le texte (§ 71 , 
76, 106), est cependant at- 
testée par des lexiques et 
confirmée par les mots sin- 
dhi et guzrati. 

vijii vlj L « éclair ojjs. viju f. , 
pj. bijj vij, h. bijjùg, sgh. vidu 
Il pkr. î7y/«-||skr. vidxnt- f. — 
§ 39, 106, 150. 190. 

vijhan n. « extinction », vijh- 
uein « s'éteindre, expirer »|| 
s. vihàinn " détruire », h. 



INDEX 



409 



btijbnâ t< s'éleindre (lumière), 
se calmer (soifj », sg-h. viJa- 
vanavà « détruire »||pkr. vij- 
jhâvai 1 1 s k r . viksinâti . — §107. 

vitâ, visâd, vit ; v. ita, isâd, Jt. 
— §153. 

vital m. « impureté »||g'. vatiïl, 
s. vitârriii, h. z7>^/||ap. vittâla-, 
pkr. part, vittâliya-. De la 
famille de m. vit « dégoût », 
vitnem « salir », skr. visthâ f. 
« excrément », dont le nom 
s'est conservé dans s. vithi, 
pj. vitth, h. blfh ; cf. aussi m. 
biti. —§ 109, 150. 

vithû vithobâ vitthal m., dieu de 
Pandharpur, à qui- sont dé- 
diés les poèmes de Nâmdev 
et Tukârâm (cf. Moles worth, 
p. XXV, xxvn) ; on l'identifie 
avec Krsna. Le nom remonte 
à un thème en -a- : vitho-bâ 
et vithû s'expliquent comme 
kânho-bâ et kânhil (v. sous ce 
mot). La correspondance 
avec skr. visiju- est admise 
très anciennement : au nom 
de pays p. vethadlpa- corres- 
pond sur une inscription 
visuitdvîpa- ; de même un 
canarais Bitta- s'appelle Vis- 
nuvardhana- (v. les notes de 
Vogel, Sten Kono^x^, Fleet, 
Grierson, dans /. R. A. S-, 
1907, p. 1049-1051 ; 1908, 
p. 164). Mais il n'y a pas de 
lien phonétique entre vetha- 
vittha- et visuu- \ l'idée de 
l'emprunt du marathe à un 



parler oriental, proposée § 
110, est à rejeter, la pronon- 
ciation b. Bistu étant toute 
moderne et bien postérieure 
à l'assimilation st >> tth du 
moyen-indien. Du reste le 
culte de Vithobâ est local et 
moderne. Le représentant 
normal de visnu- en marathe 
est VinUn. pr., la forme at- 
tendue (§ 136 ; V. l'exemple 
donné p. 272. 1. 4); cf. sgh. 
venu ven. 

vidï f . « cigare ; chique de bétel » 
Il h. ^;"^î|| skr. vltikà f. — § 1 1 1 • 

vimiem « tisser ))||g. vanvuin, 
pj. vunnâ, h. binnâ,so;h.-Viya- 
navà (part, vivvâ ; viyannà 
(( tisserand »), kçm. zt'ôWMn||p. 
vlyati\\skv. vayati, vayana- 
dont la nasale s'est incorporée 
à la racine. 

viiieni, vin, vinâ « sans »||g. viii, 
vinà, s. binu, bina, h. biji, bina, 
h. bina, sgh. î;/n^||skr. vinâ. 
— § 183. 

vinem « engendrer ))||g. viâvutn, 
pj. occ. viâvanr, s. vyâù 
a enfant » vlàtû « prolifique » , 
h. hyânâ, b. biyani « portée », 
sgh. vadanavâ\\cî. pkr. jàai 
jâi, jania-\\sk.T. vijanana-, 
vijàyate. — § 63, 229. 

vithar m. « dispersion, ruine », 
adj. « dévié, irrégulier »||s. 
vithiro « séparé », h. bithârnâ, 
kçm. vatharâvun « étendre » 
vatharnn" « lit », sgh. vàtire- 
navâ w s'étendre, déborder >i. 



410 



INDEX 



vatura « crue », vitiira « lar- 
g-eur )>||cf. pkr. vittharai\\skT. 
vistara- vistâra- m. — § 122. 

vimdrûm vimdhnlm n. « trou «j] 
skr. vidra- n., mal attesté, 
et m. -rûm ? Cf. g. vimdhtim 
(« trou », s. vimdh « perfora- 
tion des perles », h. W/j 
h'imdh « trou », qui se rat- 
tachent au mot suivant. — .^ 
89, 123. 

vimdhucw « percer, perforer »|| 
g', vimdbviim, s. vinidhm, pj. 
vinnhijâjh. beindhnâ bedlniâ, h. 
biindbite\\pkv. viiiidhai à côté 
de vebai (cL pj. vch. h. beh 
a trou » ) I j skr . vidhyati . — § 82 , 
124,230. 

vinavineni « supplier, implorer » 
Il g. vmavavum, h. binaunâ 
« révérer, vénérer «jjpkr. 
Z'///;wy«||skr. vijnàpayali. — 
§135,152. 

vinat'i vinantï f. « requête ))||g. 
vinati, viiianti, s. vînati, h. 
hinali, b./wrt//||skr. vijnapti- 



f. 



§70. 



l'/pâmadj. « contraire, pervers, 
idiot, enfant qui se présente 
les pieds devant »||g. b. bi- 
parît II skr . viparyaya- , viparUa- . 
— § 65, 143. 

virnem « fondre, s'user »||g. 
varvum « s'épuiser », sg-h. 
viriyanavà « fondre, s'écou- 
ler » en regard de vilin « li- 
quide », tsig. bil- « fondre » 
llpkr. f/m/||cf. skr. véd. ni- 



riijîle en regard de viliyate. — 
§ 142. 

virhâ m. <■ ruisseau »||h. barhd\\ 
d . vaholo vâhall virao trayo 'py 
ete laghujalapravàhavàcakàh 
(250,5). Apparenté au mot 
précédent; laspiration vient- 
elle des mots cités en même 
temps par Hemacandra, et 
qui appartiennent à la famille 
de m . vâbneni, vbâl ? 

vivaluem «grogner, soupirer ))|| 
d . vimaliam matsarabbanitam 
saçabdam ceti dv\arlbam (270, 
3i. — § 137, 152. Curieuse 
coïncidence de sens avec vilav- 
iienï [vilapana-) : s'agit-il 
d'une métathèse ancienne ? 

vivâb m . « mariage » , vyâhî m . 
« apparenté par le mariage 
des enfants »||g. vivâb, s. 
vibàmlu .])'] . viâh, h. hivàh byàb, 
sgh. î'mz||skr. vivûha-m. — 
§ 63, 159. 

visarneni « oublier ))||g. visar- 
vmn,s. visâranii, p j . visârnà, 
h. bisarnâ,tsïo;. bistràva\\pkr . 
vîsarai\\skr. visinarati. — 
§ 157, 252. 

visavuem visâvnein « s'arrêter ». 
se reposer »||g. visàmo « re- 
pos », s.visàmmi, pj. visamuâ, 
« s'éteindre ))[|pkr. visamm-, 
vissani-Wskr. viçrâmyali. — § 
49, 52, 152, 157. 

visahieni visulnem « rincer »||g. 
vichalviiin 1 1 sk r . pa r t . viksà îita- 
— §79, 104, 145. 

vihû « formation tactique »||pkr. 



INDEX 



411 



vûha-\\ skr. vyûha- ni . — § 1 o 1 • 

vilavneni «grogner, soupirer ))jj 
pj. vilap}iâ,h. bilûpnâ, hillânà 
\\skr.iilapati. — § 14o, 149, 
152. Cf. vivahiem . 

vît vîth f. « empan »^^.veint, h. 
hltà bittâ, sgh. i7}'a/j|Albiruni 
donne la forme biyattiu) ; (|pkr. 
vihatthi-\\skv . vitasti- f. ||Cf. 
kçm. vyeth, pj. occ . vehat 
<( la rivière Vit as ta ». — § 63, 
88, 122. 

v'ir viiî f. « force» Il h. b'irj . m., 
sgh. vera « force »||p. pkr. 
viria- t7r()w-||skr. vlrya- n. — 
§ 143. 

Vis « vingt ))||g. VIS, s. pj. i'//;, 
h. b'is, b. /^/i, sgh. visi vissa, 
kçm. 17^;, tsig. bis /;/i;|pkr. 
z'7.^i/m||skr. vimçali-, dont la 
nasale est unique dans tout 
lindo-européen (sauf ossète 
insài, V. Brugmann, Grun- 
^rm^Il,2,p.31n.;.— §laO, 
lo3, 223. 

vlj f. (' marée, flux et reflux » 
Ijg. vil vtl, s. wn'ljd. vllï ta- 
rangah (263, 9) . 

vecuem^^ dépenser ))||A séparer 
de g. pj.i'^c-, h. b. bec- (■< ven- 
dre », V. sous m. i'//f;wn||ap, 
veccai {prayacchati\\\?>kv. vyaya- 
ti.—%\^\. 

vejit adj . « vaincu » jjskr . vijita-. 
Tatsama avec dissimilation. 

veth f. « corvée, « fardeau )>i|g. 
veth\ sgh. vit « prix, solde » 



Il pkr. villhi-, vetthi-\\skv. visti- 

f. — § 77, 80. 

vedhuem « entourer », vedh n. f. 
«anneau, cercle »||g. v'itvum 
{vedh « bague »), s. vedhanu, h. 
bedhnâ,h. bedite, sgh. velanavâ 
jjp. vethati, pkr. vedhai ; d. 
vemdhia- pour pkr. vedhia- 
(264, 11, 13)i!skr. vestaynii. 
-§112. 

t't';/ f. « douleur «llpkr. viatjâ, 
veyanâ \\skr. vedanà f. — §63. 

tr/ m. « jonc ))||pj. h. b. bet., 
sgh. l'g^rtjjpkr. î;^f/fl!-j|skr. z'^- 
tra- m. n. — § 77, 121. 

veindhlâ 3idj . « stupide, déréglé, 
malpropre» \\veiddho ilrdhvïkrto 
visa mslhii la âviddhah çithilata m 
gataç ceti catnrarlhah (271, 1). 

. — §63. 

verlm postpos. dial. « jusqu à, 
vers » (temps et espace) ||g . 
vere«- (se marier) avec »||skr. 
upari, qui donne normale- 
ment îwr, van . — §142, 1 1)6 . 

velxii. f. «plante grimpante »|| 

g. pj . vel, pj. aussi z/a//;, s. 
vali, h. bel y sgh. vàl\\à. vdld 
vallï (270, 13), pkr. velli-\\ 
skr. vain f. — § 148, 166. 

velhâl m. « chéri, cher », f. 

« maîtresse »|;d. vellahaloho- 

nialo vilâsJ ca (271, 7). — 

i;148. 
vevsâ vevsày vn'sâvi'n. « alfai- 

res ». — V. s. V. vàvsàv. 
veve, exclamation de terreurjjs. 

p j . ir'Ipkr. d. vevve ibhaya- 



412 



INDEX 



vârana visîidâmantranârlhesu , 

270, 44). 
vesvâ f. « femme adultère ou 

débauchée »||pj. vesvâ m. , h. 

hesvâti sgh..ves-{en comp.)|| 

pkr.i'^jâ||skr, veçvâ f. — §"7, 

157. 
vehlâ vhelà m. « myrobolan ))|'| 

h. hahedâ;\\^qm. buleIa{peTSiin 

halll, ar. balllij) est à séparerij 

skr. vibhitikà- vibhïdaka- m. 

— § 80, 118, 171. 
veli. <' bord delà mer ))||s. pj. 

ver, h . ber à côté de pj . h . 

velâ, kçm. vêla, « temps » ; 

sgh. t'^/ (( rivage ))|jskr. velâ 

£.— §39,142, 145,lo3,lo4, 

194. 
vevhàr n. « affaire, profession » 

Il s. vahavàr « affaires » ; p j . 

beorâ, h. byorà, kçm. vëvahâr, 

sgh. vahara « coutume ))|| 

skr. vyavahâra- m. Semi-tat- 

sama ; cf. ni. vàvar de vyàpâ- 

ra-. — § 158. 
fg/w m. « bambou ))|| Isolé; cf. 

sous m. vàmsà^p . pkr. iW//- 

II skr. venu- m. — § 147. 
vai, vaî, vahî, vay f. « clôture, 

palissade ))||pkr. vai, cf. d. 

vattl taihâ vaivelâ dvàv etau sî- 

mavàcakau (247, 9)||skr. vrli- 

f. —§57, 154,161. 
vaim. « inimitié ))||s. wn^jjpkr. 

skr. vaira- n. — § 57. 
vhanse, vhavje, honse, hoijje, vain- 

sem vansem n. et fém. pi. 

« sœur du mari )),||m. vahini 

« femme de mon frère aîné », 



p j . vannini « femme, épouse» 
fournit le premier terme- du 
composé ; pour le second, 
cf. pkr. -ssià (skr. svasrkài.) 
dont le représentant normal 
ou marathe est -p, p. ex. 
dans mâvçl « tante ». — § 
63. 

vhàl m. f. « ruisseau »||sgh. 
vahala à côté de vahana\\à. 
vaholo vàhalâ virao trayo 'pi 
la^hujaïapravàhavàcakàh (250 , 
5). Cf. m. virhà. 

-s, si postposition. — § 197, 
198. 

-s, suffixe de noms de parenté, 
comme àjâs « grand-père », 
djîs « grand'mère », àtes 
« tante », bâpûs « père », 
bhûûs « père », sâsfîs « belle- 
mère ». De même lâms, v. 
sous ce mot.||skr. çrl- f. — i^ 
38, 157. 

saï, sayi. « amie, compagne »|| 
g. saî, saîyar f . , s. sahî m. 
s. pj . h. sahelî, sgh. saha 
<( ami » Il pkr. sahî\\skr. sakhî 
f. — 46,57, 156,161. 

saî, say f. « souvenir »||sgh. 
sih iya sihi 1 1 p . .ra//- 1 1 skr . smrti 
f. _ §57, 156. 

sak n. m. « groupe de 6 : le 6 
aux dés. 6 multiplié par..., 
etc. »||pj. ^/;ûK'^, kçm. çaka\\ 
pkr. chakka-\\skT . satha- n. — 
§48, 93, 156. 

saknetn « pouvoir »||g. çah'utn, 
s. saghim, pj. sakkiiâ,h. saknà, 
kçm. hékun, tsig. say-? sgh. 



INDEX 



413 



sàki hàki « capable ))||pkr. 

sakkei, sakkai\\skv . çaknoti, ça- 

kyate. — § 48, 93, 136, 230. 
sakàr m. << acceptation dune 

traite «Hg-. sakàr, s . sakârauu, 

« accepter, faire honneur à », 

h. sakârâ\\pkv. sakkàra-\\skv . 

satkâra-m. — § lo6. 
saga adj . « propre, parent ))[js. 

sago, h.sagâ, pj . sagg, sgh. siya, 

siyau\\skT. svaka-. — § 98, 

157. 
saglâ adj. « tout, chacun ))||g. 

saghlum, pj. sagal, sagrâ, h. 

sagar, sagrâ, sagal, saglâ, sg-h. 

styala, siyalla « totalité ))|| 

pkr. saala-, ap. sagala-\\skT. 

sakala-. — § 98, lo6. 
samgem « avec, en compagnie 

de » Il g . h . o. samge, pj . h . 

^(inig,v]- ^^sg'^ pj- ^^^^ ^• 

san, kçin. sân [sang « com- 
pagnie »), s. sani « en con- 
sidération de » {sanii « pa- 
renté par le mariage )))||skr. 
saingata-. — § 98, 136, 193. 

samcaruem « pénétrer, posséder 
(démon) ))||g. pj. h. sanicar-\\ 
ap. absol. samcâri^skv . sam- 
carati. — §49. 101, 136. 

sat sath f. « sixième jour de la 
quinzaine » ; sat sath sathl 
« déesse du 6'' jour après la 
naissance (Durgâ) ; le culte 
qui lui est rendu >> ||g. chath, s. 
chathi, pj. h. chath chat « 6'= 
jour » ; g-, chatthï, s. h. chathi 
« culte rendu à Durgâ » ; h. 
chathà, chatâ <■ sixième ))||skr. 



sasthi- f. — § 88, 110, 218. 
Cf. sàth « soixante ». 

sadnem « pourrir »||g. s. pj. h. 
b. j-^i-||skr. çatati. — § 46, 
111, 136. 

sadhal adj . « libéral, prodigue » 
Il pkr. sidhila -, p . sithilo- \ \ 
skr. çithila-. Cf. m. dhilà. — 
§ 30, 31, 42, 112, 136. 

san m. « fête, vacance )>||g, 
khan f . , pj . khin m . , chin f . 
« moment », s. khiinu « in- 
tervalle, délai » ; h.chan,chtn, 
khan, khin « instant, certain 
jour de la quinzaine lunai- 
re » ; bg-. e-khan, ta-khan 
« alors » ; kçm. vun-kën « en 
ce moment » ; sg-h. sàna, sa- 
na, « moment, fête », samda 
« pendant que », kenehi « aus- 
sitôt »|jd. chano utsavah (\20, 
8); pkr. chaua-, khana-, p. 
chana- » fête », khaija- « mo- 
rnent »||skr. ksana- m. — § 
104, 13i. 

san m. « chanvre du Bengale » 
Il g. pj. san, s. siiju « nom 
d'une espèce d'herbe », h. 
5afz||skr. çana- m. — § 134, 
136. 

sat n. « essence, force, vertu», 
||g. s. h. 5^/.pj. sati m. « es- 
sence », sgh. sata « créa- 
ture ))||pkr. satta-\\skT. sattva- 
n. — §130, 136. 

samt m. « saint, dévot »||g. pj- 
h. samt; s. sanitu^^^kr. santa- 
||skr. san-, ou çànta- '^ M. 
Meillet me fait remarquer 



414 



INDtX 



que si le mot zd spmtô avait 
un correspondant dans l'Inde 
il no pourrait avoir une autre 
forme. On pourrait aussi 
plus simplement penser au 
naot européen « saint ». 
ital. portug. santo. — § 121, 
156. 
saint adj. « doux, calme (brise, 
flamme, tempérament) »|)pj. 
saint i.,sgh.set « tranquilli- 



té », cf. sgh. sali 



fin. 



anéantissement ))||p. pkr. 

santa-{santi-)\\ski\ çânta- (çân- 

ti^ f.). --§121, 156. 
sattar «■ soixante-dix »||g. sitter, 

s. salaria pj. h. b. sattar, o. 

sattori, maith. sattar i ; sgh. 

sàttàiva), kçm. satâth\\pkr. 

sattari \ p. saltali, sattari\\skr. 

saptati-i.^^ 118, 121, 143. 

160, 219, 223. 
satrâ « dix-sept ))||g. o. satar, 

pj. saiârâin, s. satralmm, h. 

sattrah,h. sater, maith. satrah; 

sgh. satalos, kçm. sa(iahl\pkr. 

sattarasa'-\\skr . saptadaça, — - 

§ 118, 121,143,221. 
saindhevïin « dans le doute >i ; 

pour samdehlm || g. sandhe 

(( doute », s. sandehu, pj . h. 

sandeh\\skv. saindeha- m. — i; 

55, 124. 
sanipat f. « richesse, prospéri- 
té »|lg. h. sanipat, sgh. sapât 

sàpatWlikr. skr. sanipatti- f. — 

§ 121,156. 
sapan m. « rêve ))||Tatsama, 

skr. svapna- m. Cf. les mots 



pour « dormir » cités sous 
m, jhoinpnein. — ^' 162. 

saphâniçl « (monnaie, médaille) 
pourvue d'un crochet pour la 
suspendre ». — De sa — j- 
phâms (skr. pâça-), v. sous ce 
mot. La composition avec 
sa- reste donc vivante. — § 
84. 

ça inbhar a cent »||skr. çatam -\- 
bhar- ou hhâr--? — i<224. Cf. 
ce m. 

samajnern « comprendre »||g. 
satnaj-, s. pj. samajh-, h. sa- 
nmjh- (cf. h. ;//////; de skr. 
niahyani) ; cf. pj . sohaj f . 
« intelligence, vue, ostenta- 
tion » Il skr. samâdhynyali'^ 
Dans ce cas le début du mot 
serait traité comme un tatsa- 
ma ; des mots prâkrits com- 
me les représentants de skr. 
sanimanyate, sammantrayati su- 
rinent pu agir aussi. — §80, 
107, 252. ^ 

sarm. « collier, guirlande wjjs. 
sar f. |!d. sarâ màlâ (272, 12). 
— ,^ 156. 

sanior « en face »|]g. snniniiisa- 
nibûin, })j. saiihein « en face»' ; 
sgh. hamuva « en face »||skr, 
samiiinJcba-. — i; 64, 138, 161. 
Cf. m. mohar. 

sardâ sardhà m. <( caméléon, lé- 
zard »||g. sardo, pj. occ. sad- 
dur, h. sarat\\d. sarada- {2~(), 
1 ijlskr. sarala- m, — § 111. 

sarijcni « avancer, aller bien »|| 
g. s. pj. h. sar-; kçm. ///_ 



ti\t)EX 



418 



« croître ))?|jpkr. sarai\\iikr . 
sarati. — § 46, 156, 

sarvà m. « ondée ))||g. saravà 
m. pl.||d. sarivâo tathâ sîharao 
âsârah (276, 9) . — § 46,50. 

saral « droit, honnête ))\\g. saral, 
s. saralo, pj. h. 5rt;ïz/||pkr. 
skr. sarala-. — § 145. 

sarm, çarm n. « honte ))||g-. sarm, 
çann, s. saramii, pj. sarm, h. 
sarm. f^r?;/;] persan sarm. — 
§ 155. 

sarsà adj. « semblable, conti- 
gu », sarçîm « avec » Hg'. sarsiuu 
a contre, avec », h. saras 
(( semblable, selon «, pj. sa- 
rlh " en présence de », sgh. 
sari « ressemblance, avec », 
cf. tsig-. sar « comme, pour- 
quoi », s. sàrû <( selon » (ou 
faut-il les rattacher à la fa- 
mille de skr. sar-, cf. anusà- 
rena ? Là long en tout cas ne 
fait pas difficulté, cf. m. sâr- 
khâ parallèle à sarsà)\\pkr. sa- 
ri sa- (cï. à. sarisâhuloil^, 5). 
Si pkr. çaur. lâdisa-, de skr. 
tâdira- (m. taisâ) , est à séparer 
de pkr. p. târisa-=^ gr. -r,'/.'.- 
■/.or, ce qui est loin d être 
sûr, il faut admettre que la 
confusion est très ancienne, 
puisqu'on trouve faits sur le 
modèle de târisa- : etàrisa- 
yârisa- chez Asoka et en pâli 
(à côté de idisa- kîdisa-), puis 
erisa- sarisa- ahmârisa- dans 
l'anthologie de Hala, et, d'a- 
près l'équivalence de skr. 



sadrça- : sadrksa-, pkr. sariccha- 
sàriccha- dans le même re- 
cueil ; V. toutes les formes 
prâkrites chezPischel § 245. 

— § 143. 

sarà m. « liqueur de jus de pal- 
me, liqueur spiritueuse »||s. 
h . 5^ro||contamination de skr. 
sur à f . et sàra- m. n. ? — § 
74. 

sarû m. <( manche, poignée 
(hache, etc.) »||g. charo, cha- 
rï, « couteau », sgh. saru 
(( manche d'épée »\\pkr.charu- 
||skr. tsaru- m.. — Cf. m. 
tharil. —§46,103. 

sal f. « douleur aiguë, perçan- 
te », sal m. n. « écharde »||g. 
salak f. , salJco m., pj. sali 
« douleur perçante », h. sal 
« épine, embarras », sgh. sala 
« piquant du porc-épic »j| 
skr. çalya- m. n. — § 148. 

salag adj. d continu »|}g. h., sa- 
/rt^j|skr. samlagna-. — § 71, 
98, li8, 156. 

sav f. « le Nord »|jskr. savya- 
« gauche ». — § 152, 156. 

sàv f. « goût, plaisir »||s.' ja/; 
« amour », pj. sah « rut «|| 
skr. véd. sapali « recherciier, 
aimer », sapa- m. « pénis » ? 

— §156. 

savaing «■ bon marché .)j|g. .C()///- 
ghiini, s. sahitingo\\fikv. satiiar- 
a/M-. — §46, 69, 88, 152. 

savad « en face de », savdyâin 
« en face » [|d. savadaiiniiuho 
abhimiikhdh (281, 7j. ■ — §46. 



in; 



INDEX 



savat f. " rivale ))j|h. savat, 
saut] pj. saut « féconde » [sa- 
piitrà) est à séparerj|pkr. sa- 
twY//'||skr. sapatnl f. — § 40. 
46, 121, 152, 136. 

5flmadj. « -et-quart ))||g. s. pj. 
h. b. savâ^ maith. savaiyà^ o. 
saiiym\\skv. sapâda-. — § 46, 
60, 61, 152, 156. 

savâçâ m. « tribu de Brahmanes, 
membre de cette tribu »\\g. 
savâso, h. savâsan\\d. savâso 
bràhmanah (273, 17) montre 
l'ancienneté de la forme]] 
skr. sapàda-çataka- . — § 155, 
156, 224. 

savent « de compag'nie, avec »|| 
prob. skr. sahitam. — § 198. 
Cf. m. çhn. 

savem-c « immédiatement, spon- 
tanément » ; save [sàmj-cà) 
«aumoment(du crépuscule) » 
||g. h.samOy pj. h. ?.^\\. samâ 
« temps ))|]skr. samaya- m. 
[samayena, samaye) . — §46, 
58, 152, 156, 193. 

sanwthaln. « terrain plat »J|skr. 
safna- sthala-. — § 46, 122, 
152, 156. 

saver « à temps «\\g. saverà sa- 
vejâ, s. saver e savele savero 
(adj. et adv.) « tôt», h. saver 
savel, Jh. saverà « aurore » ; la 
présence dans ces langues de 
s. pj. ver, h. ber « temps », 
à côté de pj. h. velâ « temps», 
tandis que le marathe ne 
possède que vej, avec le sens 
de « rivage », porte à consi- 



dérer m. saver comme un em- 
prunt. — §142. 

sasâ m. « lièvre »||g. saso, pj. h. 
sasâ, s'^h. sâvâ hâvâ sa hà, 
tsig. ioiojjjskr. çaça- m. — § 
46, 156. 

samsàr m. « monde, vie hu- 
maine »||g. h. samsàr, s. sam- 
sàr ii, .sgh. 5û!5flm||pkr. skr. 
samsara- m. — § 156. 

sahâ, sày, sai f. « crème »||d. 
sàho. . . dadhisarah. . . dadhisa- 
ro dadhna npari sârani (291, 
15j. -=-§46, 52, 161. 

sahâ « six », sahàvà « sixième » 
Il g. dm, s. cha{h), pj. che, h. 
cha,cbe, h. chay, o.chôh, maith. 
chau, sgh. sa, saya, ha, baya, 
kçm. sih, tsig. ço, fofjlpkr. 
cha-i ap . chaha\\skr . sat{indo- 
iranien *ksaks). — § 39, 41, 
104,156, 218,226.' 

sal m. « conduite irritante, 
tourmentante »||g. s. chai, 
pj. h. chai, sgh. sala sala « ru- 
se » Il skr. chala- n. — § 103, 
145. 

sàlra., terme de respect, orig. 
(( maître «jjg. sànn « fakir » ; 
s. sàmîm, pj. h. sàltn, b. o. 
sàîm, sgh. sàmi, himi, himinà 
llpkr. 5âw/-||skr. svàmin- m. 
— § 153, 157. 

çài f. encre ||g. çàî, pj. siàhu 
h. sàhî, 5)'^ Z;j II persan syahi. 
-§ 155. 

sàk f. « personne envoyée à la 
recherche, garde; crédit, ré- 
putation »||s. pj. sàkhi, kçm. 



INDEX 



417 



sôksî « témoin ^),h.sàkb « cré- 
dit, témoignage ))j|skr. sâhsin-. 

— § l'")^- 
sâmkal sàkal sâinkhal f. " chaî- 
ne ))||g. sdmkal, s. samghar. 
pj . smnggal. h. sàinkal sâmkar 
stkad, h. sikhal, kçm. hônkal, 
sgh. sàkilla hàkilla\\pkr. saip- 
khalâ simkhalâ\\sls.T. çrnkhalà 
f. — ^ 30, 31, 71, 89, 9(5, 

sàmkadn. « difficulté »||g. sàin- 
kûduni, s. samkatii « vexa- 
tion, infortune », samgatu 
« interruption », kçm. sakhfh 
« dur », sgh. sakiilu, sàhdu, 
« dur, compact »j|pkr. sanka- 
^a-|[skr. sainkata- n. — § 82, 
93,111. 

sàkhar, sâkar f. « sucre »[|g. sd- 
kar f., pj. h..sakkar, sgh. ha- 
kurii « sucre de palme »||pkr. 
sakkara-, ^xy.yinp'. (Pér. de la 
mer Erythrée), p. sakkharâ\\ 
skr. çarkarâ f.— § 47,89, 93. 

sàmkhmm « se cong'eler, coa^u- 
1er »j|pj. sainghijâ adj. « épais, 
serré »||d. sainkhâi saiiislyàyate 
(276, 2). — § 89. 

sâvikû m. « pont»|jh. sâinkhn\\ 
skr. çankii-m. — § 156. 

sâmgad m. f. « radeau fait de 
deux canots attachés »j|g. 



samghâdo « tour », so-n. sam- 



sgh. 



gala « paire », hamgulii f< ra- 
deau » ; — cf. tamoul çanga- 
dani, tulu jangala « radeau » 
||d. samghâdl yugalam (174, 
12); en Limurike ay.';';y.zo:'., 

La formation de la langue maralhe. 



nom de radeau d après le Pé- 
riple de la mer Erythrée ; 
cf. p. mvâsamghâta- jj skr. 
samghata-, sanighàta- . — § 89. 

sâingadnem « tenir, attacher », 
sâmgulueni « se congeler, se 
coaguler »||d. samgalai sam- 
ghatate (280, 13). — § 79; 
89, 146. 

sâingijem « dire »||pkr. samghâi 
sâhai, ms. Dutr. de Rhins 
çajhaH\\skv. çamsati.'Sloi sans 
correspondant dans les autres 
langues modernes, mais qui 
semble ancien ; pour l'alté- 
ration de s intérieur, qui 
apparaît déjà dans les 
formes prâkrites, voir § 160; 
larticulation gutturale, qui 
remonte à la même période, 
est due à la nasalité de 
la voyelle précédente, cf. 
pkr. sim^ha- de skr. siinha-. 
— § 89, 156, 229, 239, 253. 

sac, samcà^]. « vrai »||g. sàc n. 
« vérité », sàsum « vrai », 
sâce «vraiment », s. sacii, sa- 
ro. pj . sacc, sùwcâ, h . sac, sâmc, 
1). o. sâcâ; sgh. sasa «Véri- 
té », tsig. ca^ojlpkr. sacca-\\ 
skr. satya-.—^ 69, 101,156. 

sâinc m. « place, contenance », 
sânicà m. « moule », sàmcnem 
« accumuler » 1 1 g. sàmcviini 
« rassembler », sdiiico « ma- 
chine; moule », s. sâmcauii 
« surveiller », h. samcnà «ac- 
cumuler », pj. h. sâmcà 
« moule, matrice », kvm. 



418 



INDEX 



sancl't « accumulation »|jpkr. 

saincinaiWskv. samcaya- m. — 
fïliO, 101,230. 
sânij sâmjh f. « soir ))|j^'. sfunj, 
s. sa 171 j ht samjho, pj. h. h. o. 
sanijh, h. sanij, sg-h. sâiiidî 
sniiidaWpkr. sai!ijbfî\\fi\<i'. san- 
dkyâ f. — §88, 107, l-JG. 

uijuein « orner, convenir à ))||g\ 
sûjvuyi, s. sijilàifiu, pj . sâjnâ, 
h. sâjnâ, sg-h. 5rtc?(77rti'^||pkr. 
sajjei\\skr. sajjayati. — § 47, 
106, 1o6. 

sâmjeui n. « vœu, promesse ))j| 
Ailleurs le mot a le sens de 
« sig-ne, sig-nal » : g. sân, h. 
San sai?i, sgh. 5âf«||pkr. j^w/^H 
skr. sâmjriâ f. — § 106, 135. 

sâth « soixante ))||g. h. sàth, s. 
Jrt'//;/, pj. satîb, h. sâith, o. sâ- 
tbie, kçm. çaitb, çeth, sg-h. /.w- 
/rt ^f7/(7|jpkr. j-rtf//;/-|,|skr. ,s7/.y//- 
f. — !^ MO, 218, 223. 

sùijitbnein « accumuler »||h. 5^///- 
thnâ; sg-h. satabaw " signe, 
foi-me »||pkr. M/;7//;^/./rt-||skr . 
samsthâua-, saitisthâpayati. — § 
89, 110. 

sâtjniu , sâiîm «en vue de, pour» 
||g. .w/c « en échang-e, pour », 
sâtbl « parce que, poui-quoi, 
comment », s. sato « éclian- 
g"e », sathâito '« à un moment 
avantageux », sathâinu, sg-h. 
la « pour » Il skr. sârtha-. — § 
81), 114, 197, 198. V. sâth. 

sâniduem « répandre, faire tom- 
ber yi'^f^. chaindviun, s. chavid- 
iju, pj . cbaddbijâ chaindnâ, h. 



chânidnâ, h. cbâdilc, liçm. cha- 
diin, sgh. bel a n avà, is'ig. cat- 
« vomir »||pkr. cbaddei, chad- 
dai\\ûir. chardayaù. — s^ 47, 
69,70,103,115,230. 

sâ)}id m. « taureau en liberté » 
Il g-, h. sàind, s. sànu, pj. sânh 
il skr. ^anda- m. — ij '1 1 "1 , 1 -^6. 

sâdl t"., sâdâ m. « robe de fem- 
me »||g;. h. sâdl, s. pj. sâdhl., 
sgh. sa! m'a, ba]uva-\\pkr. sàla- 
/iV/-|'skr. çâta- m. — § 156. 

saden. « et demi » (à partir de 
trois)||g. sâdù, s. sâdbâ, pj.b. 
sâdbe (pj. .W(i f. « moitié »), 
b . ^^(/^ 1 1 pkr . saaddba- 1| s k r . 
sârdba-.— § 46, 89,115, 156, 
225. 

sâdbfi m. « mari de la sœur de 
la femme »||g'. sâdû, s. sam- 
dhn, pj. 5^(//.«?. saindbû, h. i^r- 
(//;//, iï/(f/7,||skr. çyâlivodhr- m . 
— §89, 112, 157, 164. ^ 

sâij f. « eniplacement du pa- 
lan({uin de Holïdevi ))||g-. châ- 
vaiji, s. cbânivini « camp », 
h. cbârul i< couvrir», p].chauii, 
h. t/m;/ « toit de chaume», 
cbâviiî '< cantonnement, pla- 
fond », sgh. bivanavâ i< cou- 
vrir, abriter »||pkr. cbâaua-\\ 
skr. châàayati, cbâdana- m. — 
§ 61. 

San sabâu f. « meule »||pj. sân, 
sgh. 5<?if/fl!- baua-, tsig. rtjw, || 
(1. f/w7m-(124, 14) Il skr. r^//rt- 
m. — § 52,156,161. 

sat « sept »||g. h. bih. .y^/, s. 
sat, pj. irt//, b, o. sâlo, sg'h. 5^^ 



INDEX 



19 



haf, kçm. sâth, Isig-. Palest. 
/;ô/||pkr. satta \\skr. sapta. — 
§ 121, io6, 219. 

sàtvaij n. sâîvîij m. f. n. « écla- 
tes scholaris », plante qui a 
7 feuilles sur la tige, cf. sgh. 
satpâi , satda Ia,\\ pkr.sattavauija- 
||skr. saptaparna- m. n. ■ — •§ 
47, 121, 13o, 152. 

sàtâ sâmtâ adj. « étant "j|pj. 
satndâ, s. hamdo, kçm. sond" 
hond" (servant à former l'ad- 
jectif d'appartenance) || pkr. 
santa-\\&kv. sanl-. — § 71, 
156, 202. 

sùtn., sattû m. « org-e, farine d'or- 
g-e grillée ))j|g^. sàtu m., pj. 
saltû, h. sâtû, sattû, « farine 
de blé grillé ))||skr. saktu-m- 
— § 47, 121, 156. 

sâth f. (( compagnie, compa- 
g'non », sâthl sâtîm., «compa- 
gnon ))|lg. pj. h. sâth sâthî, s. 
sâthii sâtbî, kçm. sotht, cf. sg-li. 
satvâ « marchand »|)pkr. sat- 
tha-\\ski\ sàrtha-. — § 114, 
156. Cf. m. sâtJifi. 

sâd m. f. « appel, cri »|jg-. h. 
sâd, pj . sadd, s. sado, kçm. 
sg-h. W^ljpkr. sadda'\\skv. 
çahda-m.^§ 123, 156. 

sâdalnem « être humide »||pkr. 
saddala- \\ skr, çâdvala-. — § 
47, 130, 145, 156. 

sâffuib^ sâmd f . « jointure, fissu- 
re ^^\\^. sàmdh i. (( joint, fen- 
te », sùindhaviDii « joindre », 
s. saindhii m. <( jointure », 
samdhi f. « trou percé par des 



voleurs », seindhî, seindho (^ a- 
mitié; pj. saniib. h. seiiidh 
« trou percé par des vo- 
leurs », b. o. simdh \ sgh. 
sanda « articulation » handiya 
« nœud, jointure '>||pkr. sam- 
dhai\\û^Y. samdhi- m. — §88, 
12i, 156. 

sùp m. « serpent »||g. b. o.sâp, 
s. sapu, pj. sapp, h. sâinp, 
sgh. sapu, hapii, tsig. .w/'||p. 
pkr. sappa-'\\skv. sarpa- m. — 
§ 69, 125, 156. 

sampadnem <( tomber dans, se 
trouver, se rencontrer »[|g. 
sàmpadviim « trouver, décou- 
vrir » ; kçm. somhar- « ras- 
sembler, ramasser »?|j d. 
sainpadiam Jabdham (277, 15)|| 
skr. sampatati « rencontrer »? 
Cf. m. padijeni. 

sâiiipein a maintenant », sâinpecâ 
adj. « actuel, daujourd hui » 
]|pkr. sainpayaiji^^kv . sâinpra- 
tain. — § 62, 71 , 156. 

sâiiibar m. n . « cervus Elaphas » 
||g. sàbar, s. sânibaru, sâniva- 
ru, h. sàbar, sâmbar\\skv . 
çambara- m. — § 127. 

sâbûiiT sâban m. « savon »||g. sâ- 
hii, pj. sabîm sahan, h. sâbûn, 
ki^m. sâban\\ar. pers. sâbûn. — 
§42,134. 

sâmâçt adj. (( de 6 mois » \ sâ- 
tiiâçein, sâmâscin n. « fètecom- 
mémorative six mois après 
la mort de quelqu'un » \\sahâ-\- 
inâs {inàsa-). — § 138, 161 . 

sây, sâvà, sâg m. « bois de teck » 



420 



l.MJKX 



j|g. h. sag m., s. ^7"7,^«||.skr. 
çâka- m. — §98, loi). 

V. m. sâxcir m. « océan ))||s<^h. 
sayum\\skv . sàgara- m. — î; 
4H, U, 156,282. 

scir n. « essence, suc ; sirop do 
fruits ))j|g. p j . h. k(;m. sàr, 
s. sâni, sgh. sara, « substan- 
ce, crème, etc. ))||skr. sâra- 
m. n. — § 1o6. 

sârâ adj. « tout, entier » ; part, 
de sàrnem « activer, termi- 
ner ))||g. sâruni, s. sâro, pj . b. 
sârâ, kçm. sôru-y « tout, 
complet » (pj, sârâ aussi 
« chaque »), en reii^ard de h. 
pj. sârnâ, b. sârite « terminer, 
réparer »||Ce n'est pas le 
correspondant exact de skr. 
sarva-, pkr. s avva-, p. sabba-: 
g. savi, s. sahhii, pj. sabh 
hahb, h. sab, sgh. j-âty /jai^, 
tsig. arm. sav, tsig.eur. savoro 
saro <' tout ». Néanmoins il y 
a i)eut-ètre lieu de rattacher 
m. sârâ au grand groupe dont 
skr. sarva- est un des repré- 
sentants, et en particulier, 
malgré la difïerence des sens, 
à lat. sôhis^ got. sels <' bon, 
apte » ; cf. Walde, à larticle 
s al vu s. 

sârkhà sârihhâ i\à]. ;< semblable, 
égal »j|g. sarkhiiiii, s. sarkho. 
h . sari khâ sa rkhâ sa rkù ; 1 1 p k r . 
sârikkha-. — § 14-3. Cf. m. 
sarsâ . 

sari f. « grive, lurdiis salica »|| 
h. sâr, sgh. sàla^ /;rt/fl|lpkr. 



.sïZ/'/î||skr. sârikâ f. — § 46, 
1 40 . 

sâl f. « écorce, peau ))||g. chàl 
f. « peau, pelure, écorce, cou- 
verture, s. chil{u), pj . chall 
f. « écorce, cosse », h. chàl 
ï. ,châlâ m. « peau, écorce », 
kçm. chai « morceau »|Id. 
. challî ivak (120, 8). — § 104, 
148. 

sâv, sail, m. « banquier, hom- 
me honorable ^Hg. sâhti, sâii, 
s. sâhil, pj. sâû, h. sâhû <■ res- 
pectable ; banquier », sâû 
(( docile, innocent », kçm. 
w" « riche »||pkr. 5rt^M-||skr. 
sàdhu-. — § 46, 55, 156, 161 . 

sâmv f. « muscle »||Traitement 
diderent dans pkr. uhâru- 
>jhâii-, p. nahâra- et sgh. naha- 
my^-llskr. snâyii- f. n. — § 
157. 

sâinvar f. « bombax heptaphyl- 
lum »j|g. sâmar^pi. sambhal\\ 
d. sâmari çalmalî (282, 2). 
Cf. sous çemvrî. — § 46, 77, 
142, 152. 

V. m. sâvamiît m.||pj. savâmdri 
« voisin ))|;skr. sâmanta- m. 
— ij38, 46, 121, 152, 156. 

sâvll f. « ombre » sâvat f. « place 
k l'ombre »||Lemot primitif 
"sâv- dont il ne reste en ma- 
l'alhe que des dérivés se re- 
trouve dans g. chânn, s. châni, 
châinv, pj. h. châni, sgh. se 
(entre en compos. pour for- 
mer des adverbes : suva-sê 
« heureusement », csê « ain- 



INDEX 



421 



si )>)llskr. châyâL —46, 90, 
103. 

sâval n. t". u grande branche de 
palmier », sâvjî f . « branche 
petite ou moyenne de coco- 
tier ou palmier »j|d. sâhnlî 
... çùkhà (292, l)|lDérivé 
probable de skr. çâhhâ f. - — i^ 
40, 00. 

sâiiivlâ adj . « de teint clair ; 
pourpre ))|jsens vmique : g-. 
çâmlu, s. sàmvilo sàmviro, pj . 
h. sàvlà «• sombre » ; cf. pj.