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BIBLIOTHEQUE 

DE L'ÉCOLE 

DES CHABTES 

• XLVl. 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR, A NOGENT-LE-ROTROU. 



BIBLIOTHÈQUE 

DE I,'1':C0LE 

DES CHARTES 

REVUE D'ÉRUDITION 

CONSACRÉE SPÉCIALEMENT A L'ÉTUDE DU MOYEN AGE 



XLVI. 

ANNÉE 1885. 



PARIS 

LIBRAIRIE d'Alphonse PICARD 

RUE BONAPARTE, 82 
4885 



11) 



UN 



DÉTAIL DU SIEGE DE PARIS 

PAR JEANNE D'ARC 



„^/v,^-- 



La découverte du texte de Parceval de Cagny par M. Qui- 
cherat a signalé pour la première fois un fait d'une importance 
considérable pour l'histoire de l'attaque de Paris par Jeanne 
d'Arc '- : le projet d'assaut de la capitale par les faubourgs de 
la rive gauche, formé par la Pucelle après l'échec subi devant 
la porte Saint-Honoré, plan que rendait exécutable la construc- 
tion récente de ponts jetés en travers de l'île Saint-Denis, mais 
qu'un ordre inconcevable de Charles VII vint faire échouer à la 
dernière heure^. Un fragment de compte ayant trait à l'établis- 
sement de ces ponts, publié par AI. Vallet de Viriville^, a, depuis, 
rendu indiscutable l'allégation du chroniqueur relative à l'exis- 
tence et à l'importance de ce passage ^ Le document édité ci-des- 
sous pourra servir à fixer un détail intéressant sur les positions 
occupées de l'autre côté de la Seine par l'armée royale, pendant 
cette période critique du siège. 

1. Bibliothèque de l'École des chartes, t. VII, p. 143 et ss. 

2. Procès, t. IV, p. 28. 

3. mstoire de Charles VII, t. II, p. 120, note 1. La Chronique normande 
de Pierre Cochon mentionne également la présence d'un pont « au desoul.z de 
Paris pour garder la Saine. » Ed. Vallet de Viriviile, dans la Chronique de la 
Pucelle, p. 465. 

4. L'expression : « les pons que lors ledit seigneur fit faire sur la rivi.TC de 
Seine, emprès Saint-Denis, » s'explique aisément par la présence de l'ile qui 
s'étend de Saint-Ouen à Épinay. Il ne semble pas qu'il y ait jamais ou de |)ont 
fixe la reliant à la terre. (Voir Lebeuf, Histoire de Paris, t. I, p. 544. Ed. Féchoz.) 
Aucun pont n'est marqué sur la carte de Cassini, qui date de 1736. 



Le 26 août 1429, Jeanne d'Arc arrive à Saint-Denis avec le 
duc d'Alençon*. Le 28, à Compiègne, Charles VII conclut avec 
Philippe le Bon, jusqu'à Noël, une trêve^ qui exceptait de l'armis- 
tice Saint-Denis, déjà pris, Paris, Saint-Cloud, Vincennes et 
Charenton, alors gardés par une garnison presque exclusivement 
bourguignonne^. Avec les Anglais, maîtres du cours de la Seine 
en aval, à partir de Saint-Germain, l'état de guerre subsistait 
comme par le passé. Dès lors la nécessité d'une attaque de vive 
force sur Paris s'imposait. On sait comment échoua celle du 
8 septembre, comment le 9 au matin le roi, entré l'avant-veille 
à Saint-Denis, fit ramener plutôt comme prisonnière Jeanne 
d'Arc auprès de lui^. A ce moment encore, grâce à la communi- 
cation conservée sur l'autre rive, toute espérance n'était pas per- 
due, et le succès d'une opération dirigée contre une partie tout 
opposée du rempart aurait été secondé par une heureuse circons- 
tance qui ne paraît pas avoir été jusqu'ici signalée. 

La lettre de rémission publiée plus loin établit en effet qu'à 
l'époque où Saint-Denis redevenait français , deux forteresses 
voisines de Paris, les châteaux de Bethemont et de Montjoye- 
Saint-Denis, situés entre Saint-Germain et Poissy, étaient éga- 
lement occupés par l'armée royale. Opérée par assaut ou sur- 

1. Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, t. II, p. 113, et de Beau- 
court, Histoire de Charles VII, t. II, p. 238, note 3, d'après Cagny. Pourtant le 
Journal d'un Bourgeois de Paris (éd. Tueley, p. 243) dit le 25. 

2. On peut en lire le texte dans le fragment de la Chronique dite des Corde- 
liers imprimé dans l'article de M. Quicherat, Supplément aux témoignages con- 
temporains sur Jeanne d'Arc, dans la Revue historique, mai-juin 1882, p. 76. 

3. C'est d'après le seul témoignage original de Cousinot de Montreuil, si mal 
informé pour tout ce qui regarde le parti bourguignon, que l'on fait générale- 
ment figurer à la défense de Paris deux mille Anglais. {Chronique de la Pucelle, 
éd. Vallet de Viriville, p. 332.) Jean Chartier n'a fait que le copier (éd. Vallet 
de Viriville, 1. 1, p. 107. Cf. Notice, p. xxi). Le Journal d'un Bourgeois de Paris 
dit qu'il ne s'en trouvait pas plus de 40 à 50 (p. 24G). D'après Parceval de 
Cagny {Procès, t. IV, p. 25), et surtout la Chronique des Cordeliers (article de 
M. Quicherat, l. c, p. 75), Paris n'aurait été gardé que par des Bourguignons, 
que le Journal évalue ailleurs à 700 (p. 242). Voir la liste des principaux chefs 
de compagnie dans la Chronique des Cordeliers {l. c.) et dans Monstrelet (éd. 
Douët d'Arcq, t. IV, p. 345). En tout ras, depuis le 13 août, l'autorité à Paris 
n'appartenait qu'au duc de Bourgogne, qui on avait été fait gouverneur par 
lettres de Henri VI, datées de ce jour. (Voir aux Archives communales de 
Douai, EE 43, vidimus du 16 octobre. Inventaire, EE, p. 9.) 

4. Ce second projet d'assaut était ignoré avant la connaissance de la Chronique 
de Parceval de Cagny. {Procès, t. IV, p. 27.) 



prise, cette conquête n'avait pu être exécutée qu'à l'aide du pont 
établi par le duc d'Alençondès son entrée à Saint-Denise C'était 
le seul ouvert aux Français depuis Troyes% et des coureurs s'en 
servaient journellement pour aller piller Asnières et les villages 
environnai! ts^ battant ainsi librement la longue presqu'île qui 
s'étend jusqu'à Rueil et Saint-Cloud^ 

La position de ces deux places, plus que l'étendue de leurs 
enceintes, rendait leur possession précieuse. La tour de Bethe- 
mont, posée sur un des promontoires de la longue chaîne de col- 
lines qui barre au sud la vallée de la Seine, commandait la route 
de Meulan à Saint-Germain et à Poissy , qui passe devant elle sur 
le plateau en forme de palier déjà exhaussé au-dessus de la 
rivières Le pan de mur en surplomb, d'aspect étrange et puis- 
sant, qui en signale aujourd'hui l'emplacement, fait reconnaître 
une construction massive à trois étages, le dernier dépassant le 
niveau de la côte, une coupure profonde pratiquée dans la colline 
servant de double fossé^. A une lieue environ, et de l'autre côté 
du vallon coudé qui débouche à Saint-Germain, le château de 
Montjoye pouvait communiquer avec la tour'. Il dominait direc- 
tement l'abbaye célèbre de Joyenval, qui lui avait valu son nom^ 
Cette petite place, perdue au milieu des bois épais de Marly, 
n'observait aucune grande route, mais se reliait à Saint-Germain, 



!....« assez tost après la venue de nos diz adversaires, ils firent ung pont, s 
Voir la pièce justificative ci-dessous. 

2. Voir le récit de la tentative infructueuse sur le pont de Bray-sur-Seine, le 
5 août. De Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II, p. 235. 

3. Voir la pièce justificative ci-dessous. 

4. Dite aujourd'hui de Gennevilliers. Tous les postes fortifiés, si nombreux 
aa xiv° siècle dans ces parages, les forts du prieuré d'Argenteuil, de May (près 
Sannois), de Gennevilliers, la tour de l'église de Cormeilles-en-Parisis avaient été 
démolis en 1359, sur l'ordre du capitaine de Paris, par les habitants de tous les 
villages « à deux lieues environ. » Arch. nat.. Trésor des chartes, Rcg. 90, 
n" 518. Cf. Siméon Luce, Histoire de Bertrand du Guesclin, t. I, p. 501 etss. 

5. Seine-et-Oise, arr. de Versailles, cant. et commune de Poissy. 

6. Lieu dit la Garenne de Belhemont, dans le parc du château de ce nom. 
(Plan cadastral de la commune de Poissy.) 

7. Seine-et-Oise, arr. de Versailles, cant. de Saint-Germain-en-Laye, com- 
mune de Chambourcy. 

8. Fondée en 1221. Gallia Christiana, t. VIII, col. 1333. Il ne faut pas con- 
fondre Montjoye, appelé par une allusion facile Montjoye-Saint-Denis, avec 
Montjay-la-Tour (Seine-et-Marne, arr. de Meaux, cant. de Claye, commune de 
Villevaudé), théâtre de plusieurs faits de guerre à cette époque. 



dont elle se trouvait ainsi constituer, selon l'occupant, la défense 
ou la menace. Il n'en subsiste plus qu'un terrassement informe 
à peine saillant, auprès d'un carrefour de la forêt qui en a con- 
servé le nom*. 

Ce dernier lieu fort, dont aucune chronique contemporaine ne 
relève la mention, avait cependant son histoire^. Pendant les 
ravages des Grandes-Compagnies aux environs de Paris, de 
1358 à 13593, il tenait bon pour le dauphin, régent de France, 
contre Philippe de Navarre cantonné à Meulan'*. Un avocat au 
Parlement, Jean Pastourel, le gardait alors ^. Durant l'occupa- 
tion anglaise, Montjoye fait partie de la prévôté de Poissy, 
Saint-Germain-en-Laye et Montjoye^, comprise dans le Pays de 
conquête dont l'administration se confondait à Rouen avec celle 
du duché de Normandie'^. PhiUppe Branche, en même temps 
bailli et capitaine de Mantes^, ensuite Jean de Hanford, seigneur 
de Maisons-sur-Seine^, gouvernent les deux forteresses à la fois, 
de 1422 à 1425; ce dernier paraît avec un détachement tiré 
d'elles au siège de GaiUon, aux journées d'Ivry et de Verneuil*''. 

1. La désignation d' «Étoile de la Montjoye » est actuellement faussement attri- 
buée à la croisée du sentier qui contourne les ruines. Elle doit être en réalité 
reportée au carrefour suivant situé plus au sud. (Plan cadastral de la commune 
de Chambourcy.) 

2. Voir dans le Prologue de la traduction de la Cité de Dieu, par Raoul de 
Prestes, le récit fabuleux de la bataille livrée par Clovis au roi sarrazin Laudat, 
entre Conflans-Sainle-Honorine et Montjoye, et l'origine légendaire des armes et 
du cri de France, rapportée à cette victoire. {Le premier volume de MonseU 
gneur sainct Augustm de la Cité de Dieu translaté de latin en françoys 
novellement imprimé à Paris. Paris, Françoys Regnault, 1531, in-folio.) 

3. Bibl. nat., mss. Titres scellés de Clairambault, 84, p. 6577. Pièces origi- 
nales : Pastourel, p. 2, 3, 4. Arch. nat., Trésor des chartes. Reg. 86, n" 615. 
Cf. Siméon Luce, l. c. 

4. Froissart. Éd. Siméon Luce, p. xlix et p. 162. 

5. Plus tard président de la Chambre des Comptes, mort sous l'habit reli- 
gieux à Saint-Victor. (Communication de M. Delachenal.) 

6. De Beaurepaire, De l'administration de la Normandie sous la domination 
anglaise, p. 36. 

7. Voir la délimitation des deux régions dans l'ouvrage de M. de Beaurepaire, 
les États de Normandie sous la domination anglaise, p. 104. 

8. Au moins du 25 décembre 1422 au 29 septembre 1423. Bibl. nat., ms. 
fr. 4485, p. 32G. Cf. Bibl. nat., ms. fr. 26044, p. 5769. 

9. Du 29 septembre 1423 (ms. fr. 4485, p. 231) au 29 septembre 1425 (ms. 
Ir. 4401, fol. 109). Cf. Bibl. nat., ms. fr. 26047, p. 304; 26048, p. 459. Pièces 
originales : Hanforde, p. 2. 

10. Ms. fr. 4485, p. 283. 



Puis Robert Harling, chevalier, ancien capitaine des passages de 
Meulan et PoissyS réunit en 1429 le triple commandement des 
ville et pont de Poissy, de Saint-Germain et de Montjoye, qui 
lui valait cinq cents livres tournois-: mais, au retour du siège 
d'Orléans^ il se décharge de ce poste ^ en échange de celui de 
bailli d'Alençon ^ C'est à son successeur, Louis Despoy^ rou- 
tier revenant aussi de la campagne de la Loire', qu'un chef de 
bandes françaises, plus hardi ou mieux renseigné que les autres, 
enleva la forteresse peu de temps après l'entrée de Jeanne d'Arc 
à Saint-Denis. 

Quant à la tour de Betheraont, la comptabilité anglaise de 
l'époque, si minutieuse pourtant, n'en porte aucune trace. Une 
tradition locale eu fait vaguement remonter la construction à 
l'époque de l'invasion anglaise^ On ne peut que constater son 
occupation par l'armée de Charles VII, en même temps que celle 
de Montjoye^. 

Si léger que cet avantage paraisse, on peut observer cependant 
qu'il avait au moins pour résultat de désorganiser la défense des 
places anglaises des bords de la Seine. Les documents contempo- 
rains déjà cités témoignent en effet de l'étroite connexion où se 
trouvaient toutes ces villes fortifiées échelonnées sur la rivière et 
qui se soutenaient ou se livraient mutuellement ^\ Poissy et Meu- 

1. Du 4 mars 1423 [ii. st. comme ci-dessous] (ms. fr. 4485, p. 233) au 29 sep- 
tembre 1425 (ms. fr. 4491, fol. 109 v°). Cf. Arch. nat., K 62, 7» et in^. Bibl. 
nat., ms. fr. 26044, p. 5763. 

2. On le trouve retenu du 29 septembre 1428 au 29 septembre 1429 (ms. 
fr. 4488, p. 297, et ms. fr. 26052, p. 950). 11 était capitaine de Saint- Germain, au 
moins depuis le 30 mars 1428 (ms. fr. 26052, p. 960). 

3. Ms. fr. 4488, p. 414. 

4. Le 31 mai et le 1" juin. Ms. fr. 4488, p. 321. 

5. Il fut nommé le 12 mai. Bibl. nat. Pièces originales : Harling, p. 4. 

6. Ms. fr. 4488, p. 298. 

7. Ibid., p. 437. C'est probablement son écbec qui le fit relever de ses fonc- 
tions le 7 janvier 1430 (ms. fr. 4488, p. 298). Il les occupait cependant de nou- 
veau au 9 février 1431 (Arch. nat., K 6.3, lO'*' et 131»), et les garda jusqu'en 
1434 où Talbot lui succéda. (Titres scellés de Clairambaull, 159, p. 4457 et suiv.) 

8. Octave Noël, Histoire de la ville de Poissy (Poissy, 1869, 1 vol. in-8'> de 
314 p.), p. 268. 

9. Voir la pièce justificative ci-dessous. 

10. Ces considérations, au point de vue du seul examen topographique des lieux, 
sont développées dans un article de M. le major de Lacombe, le Château de 
Sainl-Germain-en-Laye, publié dans le Spectateur militaire de 1867. Tirage à 
part, p, 53. 



lan comme on l'a vu, le fort de Montjoye, Saint-Germain et 
Poissy dépendant l'un de l'autre. Talbot en personne, pendant 
les derniers mois de la domination étrangère, ne dédaigna pas de 
commander ces bastilles avancées de Paris*. 

Il est possible de se rendre un compte relatif des forces dont 
disposaient les combattants sur ce point, en août 1429. 

L'absence de tout document ne permet de rien conjecturer sur 
Bethemont. Le château de Montjoye pouvait conteair delà cava- 
lerie^ et assez d'hommes pour exiger un approvisionnement de 
2,000 traits d'arbalète ^ En commun avec Saint-Germain, il 
n'avait pas en temps de paix plus de 8 lances et 24 archers de 
garde ''. Mais le chiffre de cette petite troupe ne peut être regardé 
comme la limite du nombre de soldats que ce fort était capable de 
renfermer; cette quantité dans toutes les garnisons anglaises 
était toujours, à cette époque, démesurément inférieure à l'effectif 
de guerre qui trouvait emploi dans une place ^. 

Ainsi, en face de celle-ci, la garnison de Saint-Germain pou- 
vait brusquement s'augmenter de 20 lances et 60 archers à che- 
val, et de 60 autres montés « pour tenir les champs^, » sorte de 
compagnies mobilesdont le duc de Bedford avait généralisé l'usage. 

Le château de Saint-Germain venait d'être réparé par Louis 
Despoy, le nouveau gouverneur' : celui-ci gardait en même 
temps Poissy, mais avec un faible dépôt de 2 hommes d'armes et 
6 archers*. A Meulan, commandait Thomas Kyngston, avec un 

1. Du 29 septembre 1434 au 29 septembre 1436 (Bibl. nat., ras. fr. 26058, 
p. 2376). 

2. Bibl. nat. Pièces originales : Pastourel, 3 et 4. 

3. Bibl. nat. Mss. Titres scellés de Clairambault, 84, p. 6577. 

4. Du 25 décembre 1422 au 29 septembre 1424 (Bibl. nat., ms. fr. 4485, 
p. 326 et 231). Cf. Bibl. nat., ms. fr. 26044, p. 5769; 26047, p. 3640. Pièces 
originales : Hanforde, p. 2. Réduite d'un quart jusqu'au 29 septembre 1425. 
Bibl. nat., ms. fr. 4491, fol. 109. 

5. Voir notamment pour cette année seulement le ms. fr. 25768, ainsi que les 
pièces relatives à la défense nationale en Basse-Normandie pendant l'occupation 
anglaise, publiées par M. Siméon Luce à la suite du t. I" de la Chronique du 
Mont Saint-Michel. 

6. Du 29 septembre 1434 au 29 septembre 1436 (Bibl. nat., ms. fr, 26058, 
p. 2376). Pour la période du 29 septembre 1429 au 29 septembre 1434, elle 
■varie continuellement (Bibl. nat., mss. Titres scellés de Clairambault, 159, 
p. 4455 et suiv., ms. fr. 25769, p. 491). 

7. En juin. Bibl. nat., ms. fr. 26052, p. 1110. 

8. Bibl. nat,, ms. fr. 4488, p. 298. 



M 

contingent normal de 8 hommes d'armes et 24 archers ^ , presque 
doublé, il est vrai, par une creue envoyée au milieu d'août ~. 
Mais le départ continuel de petits détachements expédiés au siège 
d'Orléans^, à la journée de Senlis^ rendait impropre à toute 
défense sérieuse ce corps de troupes toujours en mouvement^. La 
grosse artillerie du fort n'aurait plus disposé d'assez de bras pour 
la manœuvre*^. 

La présence d'un corps français entre ces trois villes, l'occu- 
pation d'un poste compris dans les défenses de l'une d'elles, per- 
mettaient d'observer leurs garnisons et de les empêcher de prendre 
à revers une armée qui aurait attaqué, à l'ouest de Paris, la porte 
Buci, la porte Saint-Germain, les portes Saint-Michel ou Saint- 
Jacques'. Les détachements partis de Saint-Denis qui passaient 
par Asnières pour se rendre à Montjoye et à Bethemont faisaient 
communiquer l'armée royale avec ces deux points^. Le projet de 
la Pucelle n'avait donc en rien le caractère d'une entreprise 
désespérée. Tout lecteur du procès a pu admirer quelle était son 
entente, sa divination de la guerre^. Ce que les témoins de sa vie 
en ont rapporté peut faire penser, d'une façon très plausible, 
qu'elle s'était ménagé cette ressource dans le cas d'un insuccès 



1. Au 15 novembre 1428, il était ordonné de nouveau pour un an (nis. fr. 4488, 
p. 294), et se trouve cité à la date du 7 septembre 1479 {Ibid., p. 138, 153). 
Est-ce lui qu'on rencontre capitaine à Falaise le 15 décembre suivant, et 
encore en 1433? Bibi. nat. Pièces originales : Kingeston, p. 2. Titres originaux 
de D. Villevieille, 18, p. 66. 

2. Ms. fr. 4488, p. 514. 

3. Ibid., p. 294 et 459. Cf. Bibl. nat., ms. fr. 26052, p. 1103. 

4. Bibl. nat., ms. fr. 25768, p. 409. 

5. Plus tard encore, il figure au siège d'Etrépagny par les Anglais, antérieu- 
rement au 27 décembre [Ibid.]. Cf. Pierre Cochon, p. 462. 

6. 11 fallait trente hommes pour remuer la grosse bombarde de fer. Bibl. 
nat., mss. Collection du Vexin. Preuves de l'histoire du Vexin par le président 
Lévrier, t. XVI, n« 1369. 

7. Pour l'état des forliiications parisiennes à cette époque, voir le plan de 
Paris en 1436, dans l'ouvrage du colonel Von Kausler, Atlas des plus mémo- 
rables batailles, combats et sièges, Mersebourg, 1839, in-folio, feuille 14. 

8. Voir la pièce justificative ci-dessous. 

9. Entre une foule d'allusions et d'assertions (voir Procès, table), voici ce que 
disait d'elle le duc d'Alençon dans l'enquête : « ità caule et provide agebat in 
facto guerrœ ac si fuisset unus capitancus qui facta guerrai per xx aut 
XXX annos cxercuisset, et maxime in prœparatione de l'artillerie. » {Procès, 
t. III, p. 100.) 



42 

dont le mauvais vouloir du roi ne rendait la prévision que trop 
facile. Quoi qu'il en soit, préparé ou décidé à la hâte, ce plan se 
trouvait facilité par les circonstances, et l'assaut inutilement 
tenté le 8 à la porte Saint-Honoré aurait pu être repris le surlen- 
demain, avec un point d'appui et les chances d'une diversion 
opportune, vers cette partie de l'enceinte qui semble le défaut 
toujours vulnérable de Paris. 

Jeanne d'Arc ne l'ignorait pas et Charles VII le savait aussi 
bien qu'elle. C'est cependant durant cette même nuit du 9 au 10, 
où se préparait le passage, qu'il donna ordre de dépecer le pontS 
pour continuer les négociations - sans but par lesquelles il espé- 
rait recouvrer Paris sans devoir sa capitale à celle qui lui avait 
déjà rendu son royaume. 

Après la retraite du roi, qui tarda encore jusqu'au 13^, après 
la trêve signée le 18 septembre avec le duc de Bourgogne^, les 
défenseurs de Montjoye et de Bethemont ne durent guère prolon- 
ger la résistance. En 1431 du moins, les religieux de Joyenval 
payaient de leur exil l'assistance qu'ils leur avaient prêtée ; l'ab- 
baye était ruinée et le château de Montjoye abattu^. Oubliées au 
milieu du pays ennemi, exceptées de la trêve qui ne s'étendait 
pas aux Anglais, ces forteresses isolées tombaient désormais à la 
merci du premier siège régulièrement entrepris. Leur abandon 
ajoute une charge de plus aux accusations que les fautes systé- 
matiques de cette campagne font peser sur Charles VIT. 

Germain Lefèvre-Pontalis. 



1. Parceval de Cagny, Procès, t. IV, p. 28. 

2. Voir le savant chapitre de M. de Beaucourt, qui a épuisé la matière des 
faits : La diplomatie de Charles VII jusqu'au traité d'Arras. Histoire de 
Charles VU, t. II, p. 40 et ss. 

3. De Beaucourt, Ilistoire de Charles VII, t. II, p. 238. 

4. Texte publié dans l'article de M, Quicherat, l. c, p. 78. La suspension 
d'armes comprenait cette fois Paris et les points précédemment exceptés. (Cf. la 
rectification de M. Wallon, Jeanne d'Arc, 3° éd., t.I, appendice XLII.) Charles VII 
sentait si bien l'inanité de ces négociations qu'il inventait pour justifier sa 
retraite, dans un manifeste adressé aux villes du royaume, le puéril scrupule 
d'une « totale destruction » à craindre pour les pays en deçà de la Seine. Texte 
publié dans Vallct de Viriville, Histoire de Charles VII, l. II, p. 120, note 2. 

^. « ... direpta ab Anj^lis an. 1431 arce Montis Gaudii et canonicis Gaudii- 
Vallis in fugam vcrsis... » Gatlia Christiana, t. VIII, col. 1336. 



43 



U34. 26 décembre. Paris. 

Rémission accordée par Henri VI à Denisot Doe, laboureur du vil- 
lage d'Asnières, qui, bien que pillé et ruiné par les adversaires du 
royaume qui passaient le pont de Saint-Denis^ était néanmoins 
allé se joindre à eux pour gagner sa vie et avait participé à plu- 
sieurs courses des garnisons de Montjoye et de Bethemont. 

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir 
faisons à tous, présens et advenir, nous avoir esté exposé de la par- 
tie de Denisot Doe, povre jeune homme laboureur, aagié de xxii ans 
ou environ, natif du port de Milly, que environ le mois d'aoust l'an 
mil cccc XXIX, ou quel temps noz adversaires occupoient la ville 
de Saint-Denis en France et vindrent devant notre bonne ville de 
Paris, ledit exposant estoit demouré à Asnières oultre Glichy-la- 
Garenne, et là se vivoit du labour qu'il faisoit à la peine de son corps, 
mais assez tost après la venue de nos diz adversaires ilz firent ung 
pont par lequel ilz passoient souvent oultre la rivière de Seine à l'en- 
droit de ladicte ville de Saint-Denis et coururent par plusieurs foiz 
ladicte ville d'Asnières et le pais environ, et de fait en icelle ville 
prindrent et ostèrent audit exposant deux chevaulx que lors il avoit 
nouvellement achetez à créance en notre dicte ville de Paris en espé- 
rance de continuer et augmenter sondit labour à son povoir au bien 
de la chose publique et pour avoir sa vie, et scmblablement lui 
ostèrent un pou de grains et autres biens qu'il avoit dont il pensoit 
à soy vivre et paier ses debtes, lequel exposant soy véant grandement 
endebté, povre et desnué de tous biens par ce que dit est n'osa venir 
ne £oy retraire en notre dicte ville de Paris pour ce que les créanciers 
l'avoient menacié de faire mectre en prison pour la debte qu'il devoit 
à cause desdiz chevaulx. Et fmablement, par l'ennortement d'aucuns 
compaignons de sa congnoissance et par desconforl de ce qu'il ne 
savoit plus de quoy vivre ne continuer sondit labour, tant par sa 
povreté comme parce que les maulx et inconvénient de la guerre se 
multiplioient de jour en jour oudit pays, icelui exposant se retray 
par devers nosdiz adversaires en ladicte ville de Saint-Denis et depuis 
par aucun temps fu avec eulx en garnison es forteresces de la Mont- 
joye et de Bethemont, et durant icelui temps a esté a plusieurs 
courses et fait guerre à rencontre de noz obéissans subgez ou pais à 
l'environ avec ceulx des autres garnisons devant dictes, sans avoir 



esté consentant ou complice de la mort de personne quelconque. Et 
en desplaisance de ce que dit est, depuis quatre mois ença ledit expo- 
sant s'est du tout retrait dudit fait de la guerre et mis hors de la 
compaignie et obéissance de nosdiz adversaires, désirant sur toutes 
choses retourner a sondit labour et demourer en notre dicte obéis- 
sance ainsi qu'il faisoit para vaut, en faisant les seremens en tel cas 
acoustumez et en baillant caucion de les entretenir loyauraent sans 
enfraindre. Et par vertu de certaines noz autres lettres obtenues par 
ledit exposant, il lui ait esté octroyé que il peust demourer et faire 
son labour audit lieu d'Asnières pour certain temps, lequel est passé, 
et par ce icelui exposant ne oseroit plus soy tenir en notre dicte 
obéissance, mais seroit contraint de soy en départir, dont il pourroit 
estre du tout destruit et désert se sur ce ne lui estoit impartie notre 
grâce, si comme il dit, requérant humblement icele. Pour quoy nous, 
considerans les choses dessusdictes, voulans miséricorde préférer à 
rigueur de justice, audit exposant à notre joyeux advènement en 
notre bonne ville de Paris et pour la révérence de notre sacre et cou- 
ronnement que avons receu en icele en laquele la requeste sur ce 
dudit exposant nous a esté présentée, avons ou cas dessusdit, de 
grâce espécial, pleine puissance et auctorité royal, quicté, remis et 
pardonné, quictons, remettons et pardonnons le cas, crime, délit et 
offense par lui commis à la cause dessusdicte, ensemble toute peine 
et amende en quoy il puet pour ce estre encouru envers nous et jus- 
tice, et le restituons à sa bonne famé et renommée, au pays et à ses 
biens non donnez, et imposons sur ce silence perpétuel à notre pro- 
cureur et à tous autres, parmy ce que ledit exposant fera serement 
es mains de notre prévost de Paris ou de son lieutenant de estre ou 
demourer doresenavant notre bon et loyal subjet et obéissant et pour 
le entretenir loyaument baillera caucion souffisante. Si donnons en 
mandement à notredit prévost de Paris et à tous noz autres justiciers 
et officiers où à leurs lieuxtenans -et à chacun d'eulx si comme à lui 
appartendra que ledit exposant facent, seuffrent et laissent de notre 
dicte grâce, pardon et remission joir et user pleinement et paisible- 
ment sans le traveillier, molester ou empeschier en corps ou en biens 
en quelque manière que ce soit au contraire. Et se son corps ou 
aucun de ses biens non donnez estoient pour ce prins, saisiz, arrestez 
ou empeschiez, si les lui mectent ou facent mectre à pleine délivrance, 
pourveu que l'entérinement de ces présentes sera requis par devant 
notre dit prévost dedans temps deu ainsi qu'il appartient. Et afin que 
ce soit ferme chose et estable à tousiours, nous avons fait mectre 



^5 

notre seel à ces présentes, sauf en autres choses notre droit et l'autruy 
en toutes. Donné à Paris le xxvi* jour de décembre, l'an de grâce 
mil cccc trente et ung, et de notre règne le dixiesme. Ainsi signé : 
Parle roy en son conseil, ouquel monseigneur le duc de Rcdford, 
monseigneur le cardinal d'Angleterre, vous, lesevesquesdeBeauvais, 
de Noion et de Paris, le comte de Warrewik, le premier président et 
plusieurs autres estiez. 

J. MlLET. 

(Arch. nat., Trésor des chartes. Reg. 175, n" 29.) 



INVENTAIRE 



DU 

TRÉSOR DU SAINT SIÈGE 

sous BONIFACE VIII 

(1295). 

(Suite i.) 
XLI. 

PIXIDES ET CASSEDDLE DE AURO ET ARGENTO ET EBORE. 

796. — Item, unam pixidem de auro laboratam ad nigellum et 
vîtes cum quatuor angelis; pond. j. m. et iij. une. 

797. — Item, unam cassetam de argento factam in modum 
arche ^, in quibusdam partibus ad nigellum j pond. ij. m. et vj. une., 
sine cocleari ^. 

798. — Item, unampixidem rotundam argenteam cumcirculisdeau- 
ratis, et pomo parvo rotundo superiori; pond. j. m. et vij. une.; et 
sunt in ea reliquie plurium sanctorum. 

799. — Item, unam cassam argenti factam ad modum arche cum 
diversis imaginibus animalium et avium elevatis ; et habet unum 
fundum seu solarium in medio, et de subtus in solario sunt iij. cas- 
sete parve de argento que extrahantur {sic) de ipsa per partem anle- 
riorem cum tribus annulis parvis''; pond. vj. m. et v. une. 

1. Voyez an manibus ; 
et subtus dictas figuras est imago R. Pétri, coram quo est imago 
domini Gregorii tenenlis per manum Palealogum et présentât eum 
beato Petro reconciliatum, cum litleris grecis et latinis; et per pan- 
num sunt multe historié apostolorum, prout predicaverunt et batti- 
zaverunt, cum litteris grecis et lalinis, in provinciis eis decretis ; in 
circuilu vero dicti panni sunt littere grece et latine, et perne per 
circuitum dicti panni ; et per diademata sanctorum et imaginum et 
per plicaturas vestium sunt perne 5 et est dictus pannus foderatus 

par le rédacteur de l'iaventaire pour désigaer la boîte où l'on renferme les 
espèces consacrées, ou toute autre boîte. L'article 798 mentionne une pixis ren- 
fermant des reliques. 

1. C'est-à-dire que les plis des vêtements du Christ sont indiqués par des fils 
de menues perles. 

2. Constatons que le scribe n'a pas su reconnaître ici la représentation de la 
Triuilé. 



de xamito rubeo et habel dictus pannus v. annulos argenli deauratos 
a quolibet latere^ 

812. — Ilem, aliud dorsale super xamilo rubeo cum mulLis inia- 
ginibus ad aurum tractilium cum historiis et lîLlcris bistorialis; et 
in capite dextre est sol cum radiis suis, et luna ex alia parte. 

8j3. _ Ilem, aliud dorsale pro allari cum imagine béate Virginis 
in medlo et a lateribus imagines apostolorum et aliorum sanctorum, 
et circumcirca sunt medie imagines cum vitibus, et est laboratum 
super xamilo rubeo ad aurum filalum. 

8|/,, _ Ilem, aliud dorsale parvum super xamito violato laboralo 
ad cruces aureas. 

Sjrj _ Ilem, duo dorsalia quorum u nus est de baldecbino^ viridi 
et rubeo ad undas velut ad spinam piscis, ad diversas imagines, 
figuras et animalia ; et est circumdatum de xamito viridi ^ aliud est 
ad schachinum de argento filato et serico rubeo, in quibus scachis 
sunt leones^. 

81 G. — Item, aliud dorsale pro altari depannode Romania'' ope- 
ratum ad leones et aquilas ad aurum. 

817. — Item, aliud dorsale de serico viridi ad arbores, et aves 
de auro, et a quolibet capile est ornatum de xamito violaceo. 

Si 8. — Item, aliud dorsale de serico viridi ad arbores et aves. 

819. — Item, aliud dorsale super xamito rubeo ubi est Crucifixus 
magnus in medio cum historiis circa eum Annuncialionis, Nativita- 
lis, Oblationis in templo, Baptismatis, Resurrectionis, Ascensionis, 
Adventus Spiritus Sancti, Assumptionis béate Marie et Transfigura- 
tionis; et est operalum ad aurum et argenlum tracticium, cl cum 
filis pernarum, et per circuitum de litteris armenicis, et est subtus 
pedem Crucifixi capul Ade laboratum de argento; [et super] historias 

1. La description de ce parement d'autel (car ici le mot dorsale ne peut avoir 
d'autre sens) est assez intéressante. D'après cette description on peut considérer 
ce parement comme un présent offert par Michel Paléologue au pape Gré- 
goire X (1271-1276), lors des préliminaires de réconciliation de l'é-^lisc latine et 
de l'église grecque au concile de Lyon ; cette réconciliation n'eut onicielleinent 
lieu qu'en 1277. 11 ne peut y avoir aucun doute à cet égard, puisque nous voyons 
le pape Grégoire tenant Michel Paléologue par la main et le présentant à saint 
Pierre. 

2. Sur l'étoffe de soie nommée baudequln, voyez à ce mot le Glossaire archéo- 
logique de V. Gay. 

.3. Échiquelé d'argent et de soie rouge, des lions étant ligures dans chaque 
compartiment. 
4. De Romanie, c'est-à-dire provenant de l'empire d'Orient. 



20 

imaginum, et super Crucilîxum, et subtus in circuitu diadematum 
Grueifixi, et subtus in circuitu diademate omnium figurarum sunt 
perne minores et in distinctionibus omnium figurarum ^ 

S20. — Item, unum dorsale de opère anglicano ^ cum imagine 
Salvatoris et béate Virginis in medio, et iiij. evangelistis circa eas 
[cum] imaginibus apostolorum omnium. 

821. — Item, unum dorsale de opère ciprensi cum imagine béate 
Marie in medio et aliis imaginibus sanctorum Nicolai etBenedicti. 

822. — Item, unum dorsale de panno rubeo de opère ciprensi ad 
spinam piscis ad aurum. 

823. — Item, unum dorsale de panno lucano cum rôtis ad grifo- 
nes in quibus sunt scuta ad arma Sabellensium ^. 

824. — Item, unum dorsale de panno de Venetiis ad leones cum 
rôtis. 

825. — Item, unum dorsale de panno tartarico albo ad folia 
aurea. 

826. — Item, unum dorsale de panno de Venetiis ad leones. 

827. — Item, unum dorsale non completum de opère ciprensi 
totum ad aurum cum multis imaginibus integris in tabernaculis. 

828. — Item, unum frontale amplum de duobus palrais de opère 
ciprensi cum historia Annunciationis, Nativitatis, Presentationis, 
Transfigurationis, Passionis, Descensionis ad inferos, Assumptionis, 
Adventus Spiritus Sancti, foderatum de cataxamito viridi. 

829. — Item, duo frustra de opère cyprensi ad aurum pro cus- 
tûdiis. 

XLIII. 

FRIXIA PRO ALTARI. 

830. — Item, unum frixium pro altari laboratum super xamito 
rubeo ad imagines médias et de auro tracticio in rôtis et ad aquilas 
et grifones de serico diversorum colorum, cura iiij. grossis mediis 

1. La présence d'inscriptions arméniennes sur ce parement peut le faire con- 
sidérer comme ayant la même origine que le n" 811. 

2. M. V. Gay (Glossaire archéologique , \° Angleterre) considère la désigna- 
tion d'opvs anglicunum (^omme synonyme A'ouvrage de perles. 

3. Les armes de la famille romaine des Savelli sont « bandé de six pièces d'or 
et de gueules au chef de sinoplc chargé d'une onde d'or, abaissé sous un autre 
chef d'argent chargé de deux lions affrontés de gueules soutenant une rose sur- 
montée d'un oiseau de môme. » 



2J 

imaginibus in campo de argenlo liacLicio fk^aul•alo cum Rmbria de 
serico diversorum colorum, oL lobalea de Alamaniiia^ 

831. — Ilem, unum frixium de opère anylicano cum figuris ad 
aurum eL fîmbria de serico diversorum colorum, et Lobalea de Ala- 
mania. 

832. — Ttem, unum frixium de opère cyprensi cum imaL^'inibusde 
auro in arcubus cl fimbria de serico diversorum colorum cum Loba- 
lea de Alemania. 

833. — iLem, unum frixium laboraLum ad aurum filalum cum 
mediis imaginibus de serico diversorum colorum eL Lobalea de Aia- 
mania. 

83-^. — Ilem, unum frixium laboralum super xamilo rubeo ad 
imagines inlegras de aurofilalo cum lobalea do Alamania. 

835. — Item, unum frixium anglicanum cum fimbria de serico 
diversorum colorum el lobalea de Alamania. 

836. — Ilem, unum frixium anglicanum anliquum cum fimbria 
de serico rubeo, eL tobalea de Alamania. 

837. — Item, unum frixium ad argenlum Lraclilium deauralum 
cum fimbria de viridi el rubeo et Lobalea de Alemania. 

XLIV. 

GOPERTORIA PRO PURIFICATORIIS. 

838. — Item, unum copertorium pro purificatorio ^ laboratum in 
capiLe de serico el auro cum Grucifixo ex una parle el MajesLale ex 
altéra cum crisLallis grossis el aliis lapidibus minuLis, el aliis vilris 
diversorum colorum. 

839. — Item, unum copertorium laboratum a capite de seMco et 
auro, cum Virgine sedente cum Filio in brachio ex una parte, et 
MagestaLe ex alLera, cum duabus crisLallis grossis et aliis vilris 
minutis. 

1. Comme l'a remarqué M. V. Gay {Glossaire archéologique, v" Allemagne), 
le trésor de la calhédralo d'Anagni conlienl un devant d'autel mentionné dans 
l'inventaire des ornements donnés à celle église jiar IJoniface VIII, qui permet 
de se rendre compte de l'emploi de la toile d'Allemagne si souvent citée dans 
le présent inventaire. Quant au mot frixium, broderie, nappe brodée, il n'a 
qu'une signification assez vague; tout ce que l'on peut en dire, c'est que c'est 
un morceau d'étoile brodée, un parement d'autel. Voyez G. Durand, nationale 
divinorum ofjiciorum, lib. I, cap. 3, par. 32. 

2. Le linge dont le prêtre se sert pour essuyer le calice après avoir communie. 



22 

ji.îO. — Item, imum coperloriuni pro purificalorio laboralum in 
capilc de serico cl auro cum MajcsLate ex uiia parle sedenle, et 
beata Virgine cum Filio ex altéra, cum Stella et (lisez ex) nacchara, 
et aliis crislallis grossis et minutis, copertum rete de serico diverso- 
rum colorum. 

841. — Item, aliud copertorium ornatum a capite de xamito nigro 
cum Agno Dei de auro ex una parte , et quadam manu ex alia ad 
aurum, cum uno pomello de cristallo. 

842. — Item, unum coperlorium ornatum a capite de quadam 
rete de serico et auro cum rosis viridibus, rubeis et violaceis, cum 
quodam pomello cum auro de serico diversorum colorum. 

843. — Item, unum copertorium ornatum in capite quadam rete 
de auro et serico violaceo, cum quodam giro de rosis de serico et 
quodam pomello, et quadam avi de serico diversorum colorum. 

844. — Item, unum copertorium pro purificatorio de serico nigro 
et albo ornatum a pede duabus listis ad diversa animalia et aves de 
auro et serico diversorum colorum cum rosulis argenti deauratis et 
appendiciis sericis. 

843. — Item, unum copertorium pro purificatorio de opère Ala- 
manie laboralum ad bestias et pisces perfilalas de serico nigro. 

846. — Item, unum coperlorium pro purificatorio de iiij. listis^ 
simul junctis a capite de opère Alamanie sine alio laborerio. 

847. — Item, médium copertorium sive tobaleola de opère Ala- 
manie cum foraminibus et uno frixio a pede de serico rubeo ad 
aurum cum fimbria de serico diversorum colorum. 

848. — Item, unum copertorium de purpura ialda et rubea cum 
fimbria de serico diversorum colorum. 

849. — Item, unum copertorium de listis ialdis et rubeis coper- 
tum rete de serico viridi, rubeo et endico cum vernicibus ^ de auro. 

850. — Item, unum coperlorium pro purificatorio de panno lineo, 
laboralum ad aurum et sericum diversorum colorum cum uno bol- 
tone de perlis in sumitale. 

Ho\. — Item, unum coperlorium pro purificatorio lislalum de 
zendalo rubeo et ialdo. 

852. — Item, unum coperlorium pro purificatorio de lino cura 
virgis per longum factis ad acum de serico diversorum colorum. 

1 . C'est-à-dire formé de quatre bandes cousues ensemble. 

2. Nous n'avons pu découvrir le sens de ce mol, qui revient plusieurs fois 
.111 cours de l'inventaire, nolaniment aux articles 1076, 1079 et 1081. 



23 

853. — Hem, unum copertorium pro purificalorio coperliim de 
zendalo rubeo el ialdo. 

854. — Item, unum copertorium de panno lineo fraclo aiitiquo, 
cum rete de serico antique ad boUones aureos. 

855. — Item, unum copertorium pro purificalorio laboratum a 
capile de serico rubeo, viridi etauro, ornatum frisis lucanis vel vene- 
ticis ad aurum. 

856. — Item, unum copertorium pro purificalorio de panno lineo 
laboratum circum circa cum duabus crucibus in medio ad aurum el 
sericum diversorum colorum. 

857. _ Item, unam peliolam pro purificalorio cum uno bottone 
de argento deaurato. 

858. — Item, unum copertorium pro purificalorio quod fuit de 
capile unius tobaleole de serico albo cum lista in medio cndica cum 
aquilis aureis. 

859. _ Item, unum copertorium simile prcdiclo. 

8(>0. — Item, aliud purificatorium de tela cum rete de serico ad 
bottonem ad aurum. 

XLV. 

REPOSITORIA PRO CORI'ORALIBIJS ^ 

864. — Item, unum repositorium ad corporalia de arjxenlo deau- 
ratum quod habel ab una parle Crucifixum clevatum cum imagine 
M[arie] et Joliannis; et ab alla parte imago Salvatoris elevata. Item 
ex parte Grucifixi est unus cameolus et circa cameolum iiij. zafliri, 
et plures alii zaffiri et lapides preciosi cum castonis et granatis et ex 
parte Salvatoris sunt duo zaffiri, et duo granati grossi; pond. xvij. 
m. el iij. une. scarsarum; et déficit ibi unus lapis; et sunt ibi duo 
corporalia. 

862. —Item, unum repositorium pro corporali de calaxamilo- 
rubeo cum imagine Majestalis ab una parte scdenlis et alia Grucifixi, 
et béate Marie et Joannis^ de auro traclitio. 



1. Éluis à corporaux. 

2. Il est à peu près impossible d'établir la différence qui existe entre le sainit 
et le cataxamilum, en français gasiesamis (Du Cange, Glossaire, \' Slamesi- 
ricus). Il y avait sans doute entre ces deux étoiles de soie une différence de 
qualité que nous ne pouvons plus apprécier aujourd'hui. 



24 

863. — Ilem, unum repositorium de opère angiicano ad aurum 
cum iiij. imaginibus et perlis et vitris. 

864. _ Item, unum repositorium de panno rubeo cum imagine 
Grucifixi ex una parte et beatorum Marie et Johannis ex alia. 

865. — Item, unum repositorium cum imaginibus ad aurum. 

866. — Item, unum repositorium de tabulis(?) copertum de panno 
ad aurum in quo sunt duo leones. 

867. — Item, aliud repositorium de opère angiicano cum imagine 
Salvatoris ex una parte et Virginis ex altéra. 

868. — Item, unum repositorium de xamito ad scachetia rubeaet 
viridia cum leonibus et aquilis ad aurum. 

869. — Item, aliud repositorium cum imagine Salvatoris ab una 
parte, et Agnus Dei in coperculo ex altéra. 

870. — Item, unum repositorium de serico diversorum colorum 
cum scutis ad diversa arma. 

871 . — Item, unum repositorium cura avibus albis ex utraque 
parte. 

872. — Item, aliud repositorium de serico ad spinam piscis ^. 

873. — Item, unum repositorium de panno ad aurum. 

874. — Item, unum repositorium de serico diversorum colorum 
laboratum ad acum. 

875. — Item, aliud médium repositorium de serico et auro labo- 
ratum ad acum cum appendiciis de tela et serico. 

876. — Item, unum repositorium de xamito rubeo cum Crucifixo, 
et duabus imaginibus ex una parte et seraphim ex alia ad aurum, 
cum aliquibus perlis, coralis et vitris. 

877. — Item, unum repositorium de panno lucano ad castella et 
lilia. 

878. — Item, aliud repositorium de serico operatum ad acum cum 
auro et rosis de serico diversorum colorum. 

879. — Item, aliud repositorium de serico ad aurum cum una 
aquila in coperculo. 

XLVI. 

PLUVIALIA^. 

880. — Item, unum pannumpro uno pluviali sive planeta^ coper- 

1. Soie brochée el rayée (?). 

2. Chapes. 

3. Chasuble. 



tlim totum de auro filalo cum vitibus de pcrlis et floribus de scrico 
diversorum colorum. 

881 . — Item, unum pluviale anglicanum cum campo loto de auro 
filato cura mullis imaginibus sanctorum et figuris avium et bestia- 
rum cum frlxis ad perlas, cum iiij. boltonibus parvis. 

882. — Item, unum pluviale album laboratum ad aurum de opère 
ciprensi cum rôtis in quibus sunt aves duplices cum frixis super 
xamito rubeo laborato ad imagines médias Virginis per totum cum 
Filio in brachio ; et est sine firmali. 

883. — Item, unum pluviale examiti albi cum frixis ad argentum 
tractitium cum mediis imaginibus in rôtis factis de perlis, et floribus 
quibusdam inler rotas argent! . 

884. — Item, unum pluviale de xamito albo cum frixis ad médias 
imagines, et floribus in campo de auro tractitio, et duobus buttoni- 
bus perlarum, et iiij. de auro. 

885. — Item, unum pluviale de xamito albo cum frixio super 
examito rubeo ad argentum deauratum laborato ad rotas et flores 
cum flrmali de modico frixio cum duobus buttonibus perlarum, et 
tribus de auro cum fdis perlarum. 

886. — Item, unum pluviale examiti albi cum frixio de Alamania 
antiquo, et cum firmali de modico frixio. 

887. — Item, unum pluviale de diaspro^ de Antiochia cum frixio 
anglicano. 

888. — Item, iiij. pluvialia examiti albi sine frixio. 

889. — Item, unum pluviale de examito rubeo brodato de argento 
tractitio deaurato, cum circulis in quibus sunt leones jacentes et 
rose et alii flores et nodi, et in nodis aliqui flores; et est fodcratum 
de zendato ialdo; et etiam est sine aurifrixio. 

890. — Item, unum pluviale de examito rubeo brodatum ad aurum 
de opère ciprensi cum rôtis in quibus sunt grifones et aquile cum 
duobus capitibus, et due aves respicienles quemdam florem, cum 
aurifrixio deaurato [ad aurum] filatum laboratum ad médias imagi- 
nes in rôtis de uno filo perlarum satis grossarum, sine firmali, fodc- 
ratum zendato ialdo. 

891. — Item, unum pluviale de examito rubeo brodatum de opéra 
cyprensi cum rôtis in quibus sunt grifones et aquile ad duo capita 
cum frixio ad aurum filatum laboratum ad médias imagines stantes 

1. Sur l'étofle nommée diapré, voyez F. Michel, Recherches sur les étoffes 
d'or et de soie, t. I", p. 286 et suiv. 



20 

in labernaculis facLis de perlis, uno filo perlarum cum firmali de 
frixio simplici, foderatum zendalo ialdo, et uno frixio anglicano 
slrilto a pede. 

892. — Uem, unum pluviale cum examito rubeo brodatura de 
opère cyprensi cum rôtis in quibus sunt grifones et aquile ad duo 
capila cum frixio ad perlas et firmali cum duobus buttonibus de 
perlis, et tribus de auro in quorum uno, scilicet de mediO;, est unus 
balassus in caslone de auro, foderatum zendato rubeo. 

893. — Item, unum pluviale de examito rubeo brodatum de opère 
cyprensi ad rotas in quibus sunt grifones et aquile ad duo capita et 
aves duplices respicientes quemdam florem, cum frixio de perlis 
minuLis inter quas sunt caricule^ serici diversorum colorum, sine 
firmali, foderatum zendato ialdo. 

894. — Item, unum pluviale de xamito rubeo brodatum de opère 
cyprensi ad rotas in quibus sunt grifones et aquile cum duobus 
capitibus, et aves duplices respicientes quemdam florem, cum frixio 
laboralo in eodem examito ad duplices imagines stantes in arcubus; 
et est sine capucio, et foderatum. 

895. __ Item, unum médium pluviale de examito rubeo brodatum 
de opère cyprensi ad rotas in quibus sunt grifones, aquile ad duo 
capita et aves respicientes florem, et quinque frustra de simili 

panno. 

896. — Item, unum pluviale opcratum ad virgas et vites de auro 
et serico diversorum colorum sine aliquo guarnimento. 

897. — Item, unum pluviale de panno tartarico rubeo ad aurum 
cum frixio de Alamania et pectorali ejusdem frixi grosso cum qua- 
dam fimbria a pede de serico diversorum colorum, foderatum zen- 
dato viridi. 

.S98. — Item, unum pluviale de panno rubeo tartarico ad aurum 
cum frixis strictis et cum uno pectorali laborato ad aurum traclitium. 

899. — Item, unum pluviale de canceo^ rubeo cum aurifrixio de 
opère ciprensi ad imagines et aves serici diversorum colorum. 

900. -- Item, ij. pluvialia de xamito rubeo cum frixio de auro 
tractitio ad perlas cum mediis imaginibus et buttonibus de auro et 
perlis. 

1. Caricule pour callicule, petites pièces de soie de diverses couleurs : origi- 
nairemenl luèces d'étoffe de couleur ou d'or cousues sur les vêtements des 
patriciens ou des personnages consulaires. 

2. Sur l'étoffe appelée canzium, canceum, le Kandj des Arabes, voyez 
F. Michel, Recherches sur les étoffes d'or et de soie, t. H, p. 57. 



27 

!^0^ . — Ilem, unum pluviale de xamito rubeo cum frixio venctico 
stricto. 

902. — Item, unum pluviale de xamito rubeo cum frixio anglicano. 

903. — Item, unum pluviale de xamito rubeo cum frixio, sine 
firmali. 

904. — Item, unum pluviale rubeo cum frixio anglicano. 

905. — Item, tria pluvialia de xamito rubeo sine frixio. 



XLVU. 

PARAME.TfA ALBA. 

906. — Item, unam planetara diaspri albi brodatam de opère 
ciprensi ad rotas in quibus sunt grifones , aquilc, papagalli respi- 
cientes florem, cum frixio anteriori ad esmalta quadra, rotunda, ali- 
qua quasi ad scuta, in quibus sunt iiij. grossi zaffiri et très aliquan- 
tulum minores, iiij. lopacii, v. granati grossi cum aliis minutis et 
diversis lapidibus pretiosis; et est cum diversis historiis Nativitatis 
et Resurrectionis, etc. 

907. — Item, unam planetam de panno tartarico albo ad aurum 
cum frixio de xamito violaceo cum perlis et corallis et quibusdam 
laboreriis. 

908. — Item, unam planetam albam de opère cyprensi ad cate- 
nas, et aves cum frixio anglicano, imagines et scuta. 

909. — Item, aiiam planetam albam. 

9-10. — Item, aliam planetam albam de opère cyprensi ad vites de 
auro cum frixio ad imagines et scuta. 

91 1. — Item, unam planetam de diaspro albo cum avibus in rôtis 
habentibus caudas, capita et pedes ad aurum cum aurifrixio anglicano 
cum nodis et sculis de serico diversorum colorum et avibus et floriiius. 

912. — Item, unam planetam de panno deauralam albo laborato 
ad folia vel pineas ad aurum minutas cum aurifrixio anglicano. 

9-13. — Item, duas planetas de diaspro albo cum frixio anglicano. 

9^4. — Item, unam planetam de diaspro albo cum aurifrixio 
anglicano. 

915. — Item, duas planetas de diaspro albo brodato de opère 
cyprensi ad grifones, aquilas et aves duplict;s in rôtis, sine frixiis; a 
pede tamen quelibet habet frixium anglicanum , et una ipsarum 
habet circa locum ubi frixium débet esse opéra de Cypro cum perlis. 



28 

91 fi. — Ilcm, duas planetas laboratas de opère anglicane addiver- 
sas historias super xamito albo, et sunt sine frixiis. 

917. — Ilem, unam planetam dediaspro albo ad aves cum capiti- 
bus de auro et frixio. 

9i8. — Item, unam planetam de diaspro albo cura frixio super 
xamito rubeo ad médias imagines, et floribus de auro cum laqueo de 
perlis. 

9 19. — iLem, unam planetam albam de opère cyprensi ad cate- 
nas et aves sine frixio. 

920. — Item, unam planetam albam de panno tartarico ad folia 
auri sine frixio. 

924 . — Item, unam planetam de diaspro albo, et frixio de Veneciis. 

922. — Item, unam planetam de xamito albo cum frixio ad aurum 
de opère cyprensi. 

923. — Item, unam tunicam et dalmaticam de diaspro albo bro- 
dato de opère cyprensi ad duplices aves in rôtis, ornatas frixiis 
anglicanis. 

924. — Item, unam dalmaticam de diaspro albo cum avibus ad 
aurum in rôtis ornatam listis laboratis ad aurum tractitium sive 
argentum deauratum cum frixio ad aurum et perlas. 

925. — Item, tunicam et dalmaticam de diaspro albo laborato ad 
aves in rôtis, porfilatas de rubeo cum listis, a pede de panno his- 
panico% et in manicis de frixio anglicano. 

926. — Item, tunicam et dalmaticam de diaspro albo ad aves cum 
capitibus, caudis, pedibus ad aurum cum listis laboratis ad aurum 
de panno tartarico rubeo et frixio anglicano. 

927. — Item, tunicam et dalmaticam de panno deauratam albo 
laborato ad folia auri, ornatas a pede, et manicis panno de auro 
rubeo ad aurum cum frixio anglicano. 

928. — Item, tunicam de diaspro albo ad aves in rôtis cum frixio 
a pede, manibus, et spatulis de Anglia ornatam. 

929. — Item, tunicam et dalmaticam de panno hispanico virgato, 
ornalam panno hispanico rubeo ad aurum cum frixio anglicano. 

930. — Item, tunicam et dalmaticam de panno hispanico virgato ; 
dalmatica ornata panno hispanico ad aurum ; tunica vero de panno 
de Venetiis rubeo ad aurum cum frixio anglicano. 

1. Un certain nombre d'articles mentionnent le pannum hispanicum; on sait 
que l'Espagne, au moyen âge, fabriquait beaucoup d'étoffes; on trouvera plus 
bas l'étoffe nommée attabis, qui paraît aussi être un produit particulier à 
l'Espagne. 



29 

931 . — Tlem, tunicam el dalmaticam de panno hispanico virgalo 
virgis aureis, ornatas panno hispanico ad aurum et frixio anylicano, 

932. — Item, tunicam et dalmaticam de panno larlarico albo cum 
granatis de panno tartarico endico ad medalias aureas. 

933. — Item, tunicam et dalmaticam de panno tartarico albo 
subtili sine laborerio cum granatis de panno tartarico nigro ad folia 
aurea. 

934. — Item, tunicam de panno venetico albo laborato ad grifones, 
Icônes et vites ad aurum ornatum ornamentis in quibus sunt reges 
sedentes in duabus avibus. 

933. — Item, unam tunicam de diaspro sine manicis de Romania, 
cum listis in eodem panno ad aurum. 

93(î. — Item, unam tunicam de diaspro albo cum listis ad aurum 
in quibus sunt vj. leones argenti et frixium anglicanum. 

937. — Item, unam tunicellam de diaspro albo antiocheno anti- 
quam cura listis de panno rubeo de Venetiis ad aves aureas in rôtis, 
et frixio anglicano. 

938. — Item, unam tunicam de panno hispanico ad bastonesauri 
cum listis de panno larlarico rubeo. 

939. — Item, tunicam et dalmaticam de purpura hispanica cum 
virgis ad aurum et listis de panno rubeo ad aurum. 

940. — Item, iij. tunicas de xamilo albo cum Uslis de panno tar- 
tarico rubeo ad aurum. 

94^. — Item, unam tunicam de diaspro albo cum granatis de 
panno tartarico rubeo. 

942. — Item, unam tunicam de purpura hispanica cum virgis ad 
aurum et sericum rubeum cum listis de panno de Venetiis ad aurum. 

943. — Item, unam dalmaticam de xamito aiho sine listis- cum 
firabria de serico diversorum colorum. 



XLVIII. 

PARAMENTA DE RUBEO. 

944. — Item, unam planetam de xamito rubeo laboratam ad 
catenas cum grifonibus etaquilis ad aurum filatum de opère Romanie 
cum aurifrixio ad aurum tractilium, perlas [et] lapides pretiosas. 

945. — Item, planetam hrodatam de opère cyprensi ad grifones 
et aquilas ad duo capita et duas aves in rôtis cum aurifrixio cum 



30 

imaginibus hominum [et] animalibus ad aurum tractilium, et vitibus 
de perlis cum bullis de aiiro. 

946. — Item, imam planelam de panno lartarico riibeo cum frixio 
rubeo ad médias imagines cum aquilis de perlis, et lapidibus in 
castonibus. 

947. — Item, unam planetam de panno tartarico rubeo ad aurum 
laboratam ad pineolas inter listas, ad modura spine piscis, cum auri- 
frixio laborato super xamito rubeo ad imagines ad aurum prolixatas 
de perlis grossis et lapidibus pretiosis. 

948. — Item, unam planetam de xamito rubeo cum frixio laborato 
ad imagines longas de auro fllatas cum multis perlis. 

949. — Item, unam planetam de panno tartarico rubeo ad pineas 
auri cum leporibus in eis et frixio anglicano. 

950. — Item, unam planetam de xamito rubeo cum frixio ad 
perlas. 

951. — Item, unam planetam de attabi rubeo' cum aurifrixio 
anglicano. 

952. — Item, unam planetam rubeam laboratam de opère angli- 
cano sine frixio. 

953. — Item, unam planetam de xamito rubeo cum frixio angli- 
cano ad rosas et vites sericas diversorum colorum. 

954. — Item, unam planetam de xamito rubeo cum frixio anglicano. 
95:3. — Item, unam planetam de xamito rubeo cum frixio ad arma 

régis Anglie. 

956. — Item, unam planetam de xamito rubeo carmesino^ cura 
frixio ad perlas minutas. 

957. — Item, unam tunicam et dalmaticam de xamito rubeo bro- 
datam de opère Romanie ad cantonos ^, grifones et aquilas sine alio 
ornamento. 

958. — Item, tunicam et dalmaticam de panno salernitano cum 
cervis et foliis auri, ornalam per totum frixio anglicano. 

959. — Item, dalmaticam rubeam de panno imperiali de Romania 
ad aquilas magnas cum duobus capitibus sine ornamentis ; [in] mani- 
cis taraen habet frixia anglicana antiqua et in spalulis de Venetiis. 

960. — Item, dalmaticam rubeam de panno hispanico virgato, 

1. Sur Vatabi, étoffe de soie qui se fabriquait en grande quantité à Almeria, 
voyez F. Michel, Recherches sur les étoffes d'or et de soie, t. I", p. 289, 290; 
et Charles Davillicr, les Arts décoratifs en Espagne, Paris, 1879, in-8% p. 72-74. 

2. Cramoisi. 

3. A compartiments. 



3^ 

ornatam a pede et in manicis panno hispanico ad aurum cum frixio 
anglicane. 

961. — Item, tunicam de xamito rubeo cum ornamento de panno 
de Venetiis ad ij. leones in rôtis cum frixio anglicano. 

902. — Item, tunicam de panno hispanico rubeo ad aurum per 
totum cura listis hispanicis ad aurum et frixio anglicano. 

963. — Item, tunicam et dalmaticam de panno tarlarico quasi 
perforato ad pineas grossas aureas, foderatas zendalo ialdo cum gra- 
natis de panno endico ad medalias auri. 

XLIX. 

PARAMENTA VIRIDARIA. 

964. — Item, unam planetam de attabi viridi cum aurifrixio angli- 
cano albo. 

965. _ Item, unam planetam de canzeo viridi cum aurifrixio 
laborato ad aurum filatum cum floribus de serico rubeo et aliis labo- 
reriis de serico viridi et nigro. 

966. — Item, unam planetam de carvi (?) ^ viridi cum aurifrixio 
laborato ad aurum super zendato rubeo ad médias imagines. 

967. _ Item, unam planetam laboratam de opère anglicano super 
canzeo viridi ad diversas historias cum frixio laborato ad vites et 
folia super rubeo ad aurum vel argentura tractilium deauratum. 

968. — Item, unam planetam de canzeo viridi cum frixio angli- 
cano. 

969. — Item, unam planetam de canzeo viridi cum frixio de 
Alamania. 

970. _ Item, unam planetam de xamito viridi antiquo cura frixio 
stricto. 

974. — Item, unam planetam de xamito viridi antiquo cum frixio 
anglicano. 

972. — Item, unam planetam de diaspro viridi cum frixio angli- 
cano. 

973. — Item, tunicam et dalmaticam de attabi viridi ornatas 
panno de Taur...- rubeo ad aurum cum frixio anglicano. 

1. Il faut sans doute lire « de canceo viridi. » 

2. Nous ne savons au juste comment remplir celte abrévialion, qui se ren- 
contre encore aux articles 974, 991 et 1017. 



32 

974. — Item, tunicam et dalmalicam de carvi (?) viridi ornalas 
panno rubeo de Taur... ad aumm cuin frixio anglicano. 

973. — Ilem, tunicam et dalmaticam de canzeo viridi ornatas 
panno de Venetiis rubeo ad arcus, leones, grifones et aquilas ad 
aurum cum frixio anglicano. 

97G. — Item, unam tunicam de diaspro viridi cum listis de panno 
rubeo de Romania ad grifones et aquilas auri et frixio anglicano. 

977. — Item, tunicam et dalmaticam de cataxamito viridi cum 
listis de panno tartarico quasi albo. 

978. — Item, tunicam et dalmaticam de panno tartarico viridi 
subtili ; dalmatica vero est ad folia cum granatis de panno tartarico 
ad folia aurea. 

L. 

PARIMENTA VIOLACEA. 

979. — Item, unam planetam violaceam laboratam ad aurum, 
grifones de auro tractitio cum vitibus de perlis grossis et minutis et 
frixio anteriori tantum ad esmalta, lapides, perlas cum auro inciso. 

980. — Item, unam planetam de xamito violaceo laborato ad vites 
de auro filato per totum cum aurifrixio de opère Gyprensi cura his- 
toria Annunciationis, Nativitatis, Passionis etc. 

981. — Item, unam planetam de xamito violaceo laborato cum 
rosis, vitibus et regibus sedentibus ad aurum cum aurifrixio angli- 
cano. 

982. — Item, unam planetam de diaspro violaceo cum avibus ad 
aurum et frixio anglicano. 

983. — Item, iiij. planetas de xamito violaceo, duas cum frixio 
anglicano et duas cum alamanicis. 

984. — Item, unam planetam de carvi violaceo cum frixio angli- 
cano. 

983. — Item, j. planetam de xamito violaceo cum frixio viridi ad 
diversa arma in sentis et alla laboreria. 

986. — Item, unam planetam de xamito violaceo cum frixio 
anglicano. 

987. — Item, unam planetam de panno tartarico quasi violaceo 
cum rosis ad aurum et avibus in eis, et frivio de opère cyprensi 
cum imaginibus in tabernaculis. 

988. — Item, unam planetam violaceam de xamito violaceo cum 
frixio anglicano. 



33 

989. — Item, iinuni pluviale de xainilo violaceo cum frixio angli- 
cano. 

990. — Item, lunicam et dalmaUcam de dyaspro violaceo ad aves 
aureas, ornatas panno de Venetiis ad aves duplices deauraLas cuin 
frixio anglicano et de Venetiis. 

991. — Item, tunicam et dalmaticam de xamilo violaceo, ornatas 
panno albo de Taur... ad auruni cum frixio anj^'Hcano. 

992. — Item, tunicam et dalmaticam de xamito violaceo ornatas 
panno rubeo de Venetiis cum rcj:e inter duas aves sedente ad aurum 
et frixio anglicano. 

993. — . Item, dalmaticam de panno violaceo cum gramitis ' de 
panno tartarico quasi albo. 

994. — Item, tunicam et dalmaticam de panno tartarico quasi 
violaceo ad aurum cum rosis et avibus, et gramitis de panno tarta- 
rico rubeo ad aurum. 

995. — Item, lunicam, et dalmaticam de calaxamito violaceo cum 
gramitis de panno viridi ad spinam piscis. 

LT. 

PARAMENTA CROCF.A. 

990. — Tlem, unam planetam de xamilo croceo brodalani de auro 
de opère Homanie euni frixio super xamito rubeo cum mediis ima- 
ginibus in rôtis. 

997. — Item, lunicam et dalmaticam xamiti crocei brodalas per 
lolum de argenlo Iraclilio deauralo ad grifones et alias aves, cum 
duobus frixiis rubeis in lateribus dalmatice. 

LU. 

PARAMEXTA MGRA. 

998. _ Item, iiij. planelas de xamito nigro, una cum aurifrixio 
anglicano amplo et pulcro; alia cumalio frixio anglicano bruno non 
ila pulchro nec amplo; aMa cum alionon ila pulchronec amplo-, alia 
cum magis stricto. 

999. _ Item, unam planetam de sendalo nigro cum frixio multum 
stricto veneticho. 

1. Des franges, ou plulôl une bordure. 



3/< 

(000. — Item, lunicam et dalmaticam de xamito nigro ornatas 
ornamentis de panno lartarico nigro cum magnis et parvis foliis 
aureis et frixio anglicano. 

1001. — Ileni, tunicam et dalmaticam de zendato nigro cum gra- 
niitis (le panno tartarico et frixio anglicano. 

LUI. 

CAMISI CUM GllAMITIS ET SINE GRAMITIS. 

1002. — Item, unum camisura ' cum gramitis ad argenlum deau- 
ratum tractitium; et per diversas partes earum sunt aves; pectorale 
autem est in xamito rubeo ornato de uno esmalto in auro in medio 
cum uno angelo et ad alia esmalta et rosas de auro, et sunt ibi unus 
amatissa, unus smaragdus, unus topacion, plures frage auree,, 
diverse perle grosse; deficiunt tamen plures lapides et Ihopacion. 

1003. — Item, unum camisum guarnitum ad aurum tractitium, 
et unum pectorale in quo smit iiij. esmalta rotunda in auro ad 
diversos flores, et iiij. zaflîri in auro, très smaragdi grossi in auro, 
vj. balassi, vij. granati et alii, ornatum diversis et ij. bottonis auri. 

-1004. — Item, camisum guarnitum gramitis de xamito rubeo 
laboratum ad columnas, figuras et arcus; et vites de auro tractitio 
et est pectorale ejusdem operis et in ipso pectorali historia quando 
cenavit Dominas cum discipulis. 

-iOOo. — Item, unum camisum cum pectorali laboratum ad argen- 
tum deauratum et aurum platum cum historia Pentecostes et cum 
gramitis de opère anglicano cum historia Annunciationis et Nativi- 
tatis; frixium autem, per spatulas, et pugnaliasunt ad perlas. 

1006. — Item, unam albam cum gramitis rubeis laboratis ad 
aurum cum seraphim et pectorali rubeo cum rosis ad aurum filatum. 

^007. — Item, unam albam cum gramitis et pectorali de panno 
tartarico rubeo. , 

■1008. — Item, unum camisum cum fimbriis de opère anglicano 
cum historia B. Nicolai, et pectorali laborato ad aurum cum imagine 
Salvatoris in medio et iiij. evangelistis. 

■1009. — Hem, unum camisum cum gramitis rubeis laboratis ad 
aurum filatum cum aviculis sericis et pectorali laborato ad aurum 

1. Aube. Sur les particularités que présente l'aube italienne du moyen âge, 
voyez V. Gay, Glossaire archéologique, au mot Aube. 



35 

tractitium el perlas-, in cuju< medio est Agnus Dei, el in qiiolihel 
annulo evangclisla, cuni pugiialibus de opère cyprensi ad perlas. 

^010. — Item, unum camisum cum fimbriis rubcis laboratis ad 
images auri in arcubus de opère anglicano, cum peclorali rubeo de 
opère cyprensi, cum imaginibus Virginis et angcli .salulauLis eam, 
et litteris circumeirca. 

101 (. — Item, unum camisum cum fimbriis endicis et rolis ad 
aurum cum historia Christi in ipsis rôtis, et pectorali rubeo cum 
Crucifixo. 

1012. — llem, unum camisum cum fimbriis indicis ad lilia aurea 
in rôtis el pectorali endico cum historia Ghrisli ad aurum. 

-10^3, — Item, unum camisum cum fimbriis de purpura violacea 
ad aves et folia de serico croceo laboratum loco frixiorum ad sericum 
diversorum colorum. 

•1014. — Item, unum camisum cum gramitis de panne tartarico 
nigro ad folia magna auri et frixium anglicanum. 

ion». — Item, unum camisum cum pectorali ad Grucifixum^ et 
gramitis rubeis ad imagines auri. 

iOI6. — Item, duos camisos cum pcctoralibus et gramitis de 
panno lucano vel venetico antiquo. 

J0I7. — Item, unum camisum cum pectorali cjusdem panni, et 
cum gramitis de panno Taur... violaceo antiquo ad bestias auri. 

101 s. — Item, unum camisum cum fimbriis rubeis laboratis ad 
aurum cum imaginibus in arcubus de opère anglicano, cum pectorali 
rubeo de opère cyprensi cum imaginibus Virginis [et angeli] salu- 
tantis eam. 

1019. — Item, unum camisum cum gramitis de panno tartarico 
ad medalias aureas. 

-1020. — llem, unum camisum cum gramitis et pectorali viola- 
ceis ad aves de auro in rôtis. 

-J02I. — Item, unum camisum cum gramitis et pectorali nigris ad 
aves de auro. 

1022. — Item, vij. camisos antiquos de tela Remensi (?) sine ali- 
quo guarnimenlo. 

1023. — Item, iiij. camisos curies simplices. 
•1024. — Item, iiij. superpellicia. 

^025. — Item, unum pectorale pro camiso cum esmalto in medio 
rotundo, operato de perlis et auro tractitio per totum; in smalto est 
média imago Virginis. 

1026. — Item, unam aliam gramitam cum viij. imaginibus stan- 



36 

libus in arcubus de auro fîlato laboratis super xamito violaceo anti- 
quo. 

4 027. — iLem, duas gramilas laboratas super tela linea ad acum 
de serico diversoruin colorum cum leonibus, aquilis et grifonibus in 
rolis el lloribus albis. 

-1028. — iLem, unam gramitam cum rosis ad aurum tractitium et 
aquilis et rosis de perlis. 

LIV. 
AMiTTi. Rubrica. 

4029. — Itéra, unum amittum laboratum ad aurum tractitium et 
perlas et flores de serico diversorum colorum. 

-1030. — Item, unum amictum laboratum ad aurum, et perlas. 

4034. — Item, unum amictum cum frixio de Romania ad aurum 
tractitium. 

4 032. — Item, unum amictum ad aurum fdatum de opère angli- 
cano cum média imagine Salvatoris in medio et vi. alie [sic] circa eam. 

4 033. — Item, unum amictum laboratum super xamito rubeo de 
opère anglicano. 

4034. — Item, unum amictum cum frixio anglicano ad imagines 
médias. 

4035. — Item, unum amictum cum frixio de Romania. 

4036. — Item, unum amictum cum frixio anglicano ad imagines 
médias. 

4037. — Item, duodecim amictos antiquos sine frixio. 

4038. — Item unum amictum de quadam lista panni benedicti. 
4 039. — Item, unum amictum cum frixio de Alamania. 

LV. 

oiiALiA. Rubrica. 

4 040. — Item, iiij. orgilia ^ magna cum tribus virgis ad aurum 
in quolibet capite, et tribus in medio, et aliis virgulis minutis. 

4044. — Item, unum orale cum tribus virgis a quolibet capite ad 
aurum et una virga de auro ab uno latere. 



1 . Pièce (l'étoffe dont le souverain pontife se couvre la tête et dont il ramène 
les cilréniités sur les épaules et la poitrine. 



37 

^042. — llem, xiiij. oralia cuni virgis amplis a lalerc de scrico 
ruben cl viridi. 

^043. — ïlem, xiij. oralia sive lobaleas, quorum aliqua habenL 
Costa ad aurum, et aliqua sunt simplicia sine laborerio. 

104-^. — Item, iiij. oralia cum virgis iiigris pcr longum. 

LVI. 

STOLE ET MANiPCLi. Rubrica. 

f0î5. — Item, stolam et manipulum cum laqueo et pineis deauro 
tractitio, farsiti [sic] de serico diversorum colorum cum hottonibus a 
pede de auro et perlis. 

^046. — Item, stolam et manipulum cum laqueo de serico viola- 
ceo et rubeo cum leonibus de auro, et fesis * de perlis. 

f047. — Item, stolam [et] manipulum de opère venetico cumlma- 
ginibus habentibus coronam de perlis. 

-1048. — Item, duas stolas cum manipulis de opère anglicano ad 
imagines de auro et serico diversorum colorum, fodei'atas de zendato 
nigro cum iiij. pugnalibus et iiij. aliis frustris strictis ex una parte, 
et amplis ex alla. 

1049. — Item, stolam et manipulum de opère anglicano cum ima- 
ginibus de serico diversorum colorum. 

^050. — Item, stolam et manipulum de serico violaceo cum nodis 
de auro. 

dOoL — Item, stolam et manipulum de serico endico et auro ad 
spinam piscis. 

^0o2. —Item, stolam et manipulum de serico diversorum 'colo- 
rum ad historiam Passionis. 

^0o3, — Item, stolam et manipulum de zendato viridi ex una 
parte, et ex alia albo. 

^0^4. — Item, stolam sine manipulo de cataxamito viridi et vili. 

^055. — Item, stolam albam sine manipulo ad aurum. 

^05(). — Item, stolam et manipulum de xamilo rubeo. 

1057. — llem, stolam et manipulum de serico violaceo laboratos 

1. Le texte porte bien « fesis. » qui nous parait inexplicable. Du Caiipe, au 
mot Fesia, explique ce mot par un changement de r en 5 .• fera. Cela ne nous 
semble guère plausible : le rédacteur de l'inventaire aurait tout simplement dit : 
Cum animalibu.s. 



38 

ad tortosum ' ad nodos ad aurum, excepto eo quod ponitur in collo 
et in bracliio. 

1058. — Item, unam stolam et manipulum de serico endico -vio- 
laceo laboratos ad aurum diversorum colorum . 

1059. — Item, unam stolam sine manipulo cum frixio anglicano 
cum perlis albis et endicis et campanellis. 

-iOGO. — Item, stolam et manipulum laboratos ad aurum et seri- 
cum rubeum et nigrum cum perlis grossis et minutis et xxiij. cam- 
panulis argent! deaurati clausis. 

-1 06^ , — Item, stolam et manipulum cum perlis laboratos ad nodos 
et leones auri in endico, sine appendiciis que fuerunt ibi. 

-1062. — Item, stolam et manipulum de serico diversorum colo- 
rum cum multis laboreriis et appendiciis cum leonibus. 

-1063. — Item, stolam et manipulum ad aurum cum nodis rubeis 
et endicis. 

•1064. — Item, stolam et manipulum violaceos laboratos ad aurum 
et sericum diversorum colorum. 

1065. — Item, stolam et manipulum de serico rubeo viridi et 
endico ad aurum cum perlis et corallis. 

1066. — Item, stolam et manipulum de serico rubeo de opère 
venetico. 

1067. — Item, stolam et manipulum ad castella et lilia. 

1068. — Item, unum succintorium vel manuale^ rubeum et endi- 
cum cum nodis et manipulis cum nodis auri filati. 

1069. — Item, succintorium rubeum ad aurum de serico rubeo. 
■1070. — Item, unum manipulum de frixio anglicano cum fîmbriis 

sériels. 

i 071 . — Item, j. manipulum laboratum super zendato endico cum 
rosctis ad iiij. angulos de argento deaurato in quibus sunt granatelli 
et turchisii. 

-1072. — Item, unum manipulum de frixio albo venetico ad aurum. 

1. Du Cange (v" tortosus), traduit par tortillé, torticié, ce qui ne donne pas 
un sens très satisfaisant. 

2. Si l'on s'en tenait au sens exact de « manuale, » il s'agirait ici d'un mani- 
|)ule, ce que contredit le reste de l'article. Le pontifical d'Elne, cité par Du 
Cange (v" Siobcindorium), dit : « ,.... cingulum cum subcinctorio, quod habel 
siinililudincm inanii)uli et depeiidet a cingulo in iatere sinisiro. » C'est donc 
une seconde ceinture. (Voyez G. Durand, Ralionale divinorum officiorum 
lib. III, cap. IV.) Le subcinctorium est réservé aujourd'hui au pape. ' 



30 

107,*}. — Ttcm, iinum manipulum de frixio ;ill)o de Alamania ad 
auruni anliquiuii. 

4074. — Item, unum manipulum de xamito rubeo fodcralo de 
zcndalo ialdo. 

LVII. 

ciNfiULi. Rubrica. 

4075. — Item, unum cingulum^ de serico ad aurum de simili 
laborerio ex utraque parte cum succinlorio rubeo ad viij. imagines. 

4076. — Item, unum cingulum album ad caslella el scula cum 
appendiciis amplis factis de vernicibus. 

4077. — Item, unum cingulum rubeum simile predicto. 

4078. — Itetn, unum cingulum de cordone rotundo violaceo cum 
tribus bottonibus grossis et appendiciis ad nodos per totum ad aurum. 

4 079. — Item, j. cingulum de strito viridi cum appendiciis factis 
de vernice et cum bottone de cristallo. 

4080. — Item, unum cingulum contextum per totum de serico 
diversorum colorum cum quibusdam bottonibus. 

4 0s^. — Item, j. cingulum de serico albo cum bottonibus et ver- 
nicibus ad aurum cum appendiciis. 

4082. —Item, j. cingulum de serico diversorum colorum cum 
campanellis de argenlo. 

4083. — Item, unum cingulum alljum ad aurum cum perlis albis 
et endicis, et nodis de auro filato. 

4 084. — Item, unum cingulum rubeum et viridem cum diversis 
laboreriis. 

408;j. — Item, unum cingulum antiquum rubeum ad castra, scuta 
et rosas auri. 

4 08r.. — Item, unum cingulum rubeum laboratum ad aurum cum 
cordone de serico rubeo et viridi. 

40S7. —Item, unum cingulum violaceum laboratum ad aurum. 

4 088. — Item, unum cingulum antiquum de serico rubeo cum bot- 
tonibus de cristallo et serico. 

1. La ceinture qui sert à retenir l'aube autour de la taille. 



40 
LVIII. 

SANDALIA ET CALIGE. BubriCU. 

^089. — Item, duosandalia laborata de auro Iraclitio cum leoni- 
bus in campis violaceis, et (loribus in campis rubeis ad perlas. 

J090. — Item, duo sandalia cum vitibus ad aurum tractitium in 
campo rubeo, endico et viridi, cum peiiis et aliquibus granatellis in 
castonibus. 

^09^. — Item, duo sandalia cum rosis ad aurum tractitium cum 
perlis. 

^092. — Item, duo sandalia cum rosis ad argentum tractitium 
deauratum super xamito rubeo cum rete de perlis et aliquibus vitreis 
endicis. 

^093. — Item, duo sandalia ad leones et rosas ad aurum filatum 
super xamito violaceo ornata perlis. 

109.1. — Item, duo sandalia ad aurum filatum et perlas, cum una 
granata. 

^095. — Item, duo sandalia laborata ad aurum et sericum rubeum 
et viride. 

1096. — Item, duo sandalia cum duobus pappagallis super xamito 
violaceo. 

^097. — Item, duo sandalia de cathaxamito violaceo cum rosis ad 
aurum filatum, et perlis et buUis. 

lOîKS. — Item, duo sandalia de panno tartarico albo ad folia auri. 

LIX. 

CARPITE ET PALIOTTI. RubriCd. 

^099. — Item, unam carpilam de panno serico vellutocum fundo 
rubeo et brodatura ialda. 

^^00. — Item, aliam carpitam de panno veluto cum fundo rubeo 
et brodatura viridi. 

H0\. — Item, aliam carpitam cum fundo de panno tartarico mul- 
tum [)ulcliro ad Mores et folia, cum brodatura de veUuto rubeo. 

M 02. — Item, aliam carpitam de [lisez : cum] fundo al [lisez ; de] 
j)anno rubeo de Ilomania ad grifones, et brodatura de canceo viridi. 

M 03. — Item, aliam carpilam antiquam cum fundo de panno 



serico diversorum colorum ad diversa lahoreria, hrodalam de xamito 
rubeo. 

1 1 0/(. — Item, aliam carpitam anÛquam cum fundo de panno serico 
ad milites in rolis, et diversa alia opéra, brodatam dexamilo rubeo. 

^^o:). — Ilcm, unam carpitam longam cum fundo ialdo in cujus 
medio est figura Majestatis et per totum est historia Jesu Christi et 
est brodata de attabi viridi. 

i i 00. — Item, unum paliotum cum fundo de panno tartarico coloris 
celestis ad barras ad aurum per longum, brodatam de vellulo rubeo. 

MOT. — Item, unum paliotum de panno velluto cum fundo rubeo 
et brodatura ialda. 

Il OS. — Item, unum paliotum cum fundo de panno de Romania 
cum avibus ad aurum et brodatura de panno tartarico ad medalias 
aureas. 

JI09. — Item, unum paliotum cum fundo de panno tartarico 
quasi cinericio ad aurum et brodatura de xamilo rubeo. 

UiO. — llem, j. paliotum de panno tartarico nigro ad aves aura- 
las cum brodatura de panno rubeo velluto. 

1 H I. — Item, unum paliotum cum fundo de panno de Romania 
rubeo ad arcus et bestias cum brodatura de xamito rubeo. 

-m 2. — Item, unum paliotum de tela alba cum imaginibus Sal- 
vatoris in medio et iiij. Evangelistarum, ad aurum et sericum. 

1H3. — Item, unum paliotum rubeum brodalum de ialdo cum 
vj. rotunditalibus ad aurum in fundo. 

\\U. — Item, unum paliotum de panno de Romania coloris celes- 
tis ad arcus et bestias ad aurum, brodatum de xamito rubeo. 



LX. 



coxixî. Rubrica. 



WVi. — Item, xviij. coxinos de xamito rubeo ad usum Pape. 

-me. — Item, unum coxinum rubeum cum imagine episcopi ex 
una parte et aquila ex alia et viij. leonibus ad aurum. 

\\\T. — Item, unum coxinum cum cervis et aliis bestiis et ani- 
malibus ad aurum. 

^^^8. — item, unum coxinum rubeum cum tribus imaginibus ex 
una parte et tribus ex altéra ad aurum. 

I H!». — Item, j. coxinum de serico diversorum colorum labora- 
tum ad schacheria. 



42 

i^20. — Ilem, unum coxinum rubeum cum quadra coperta de 
albo laboratum ad accum cum modico serico. 

^^2^. — item, unum coxinum ad purpuram ad spinam piscis. 

i 1 22. — Ttem, unum coxinum de panno venetico copertum de tela 
alba. 

H23. — Item, xij. [coxinos] de zendato rubeo. 

•Jf2-'(. — Item, unum coxinum de zendato rubeo laboratum in 
modum cultrc. 

-H25. — Item, j. coxinum laboratum de opère cyprensi de serico 
diversorum colorum cum aquilis, slellis et rosis ad aurum. 

H2G: — Item, unum coxinum laboratum super xamito rubeo ad 
aquilas et grifones ad aurum in rôtis. 

^-127. — Item, unum coxinum de panno de Venetiis albo cum 
rolis rubeis et leonibus. 

LXI. 

coPERTE PRO coxixis. Rubrica. 

-1428. — Item, coperturam pro coxino de xamito violaceo labora- 
tam ad aurum. 

^^29. — Item, unam coperturam pro coxino laboratam ad aurum 
cum diversis animalibus super xamito rubeo. 

H30. — Item, unam coperturam pro coxino laboratam ad aurum. 

M 31. — Item, coperturam pro coxino de panno rubeo ad aurum. 

'H32. — Item, unam coperturam pro coxino de zendato nigro cum 
ix. sentis ad diversa arma. 

H33. — Item, j. coperturam pro coxino ad schacheria ad aurum. 

-^^34. ^ Item, unam coperturam pro coxino laboratam super tela 
alba de auro et serico diversorum colorum. 

U3o. — Item, j. coperturam pro coxino laboratam super tela alba 
de serico diversorum colorum. 

^^36. — Hem, unam coperturam pro coxino laboratam super tela 
alba de serico diversorum colorum ad spinam piscis. 

1 137. — Item, j. coperturam pro coxino laboratam super tela alba 
de serico diversorum colorum. 

^^38. — Item, j. coperturam pro coxino laboratam super coriode 
serico diversorum colorum cum avibus nigris. 

•1^39. — Item, j. coperturam pro coxino de tela alba an tiqua appa- 
ratam in circuilu de serico nigro. 



A3 

M 40. — llem. unam coperluram riibeam ad castcUa cl lilia ad 
auruin. 

H44. — llem, unam coperluram rubeam cum cruce in medio, cL 
iiij. slellis in angulis ad aurum. 

H42. — llem, unam coperluram de allabi crocei coloris cum 
cruce in medio et iiij. rosis in angulis ad aurum. 

LXII. 

PANNI TARTARICI. RuhriCtt. 

H 43. — Item, sex pannos lartaricos rubeos ad Iblia et diversa 
laboreria ad aurum, computato uno qui non est foderatus. 

M 44. — llem, sex pannos lartaricos quasi nigros, computato uno 
quod est cinericeus, ad flores et folia et beslias ad aurum -, et sunt 
omnes foderati de lela endici [coloris] prêter unum cl sunt omnes 
quasi récentes. 

H 4 5. — Item, duos pannos lartaricos ad listas rubeas et endicas, 
cl alias de diversis laboreriis ad aurum el sunt foderati de tela viridi. 

\\H. — Item, Ires alios pannos lartaricos non ila pulcros, quasi 
cum lislis de simili opère. 

WM. — Item, 1res alios pannos lartaricos antiquos ad flores cl 
folia ad aurum, foderatos, unum de tela endica, cl alium de viridi, 
et alium de ialda. 

-1 148. — Item, duos alios pannos lartaricos nigros ad flores et folia 
ad aurum, foderatos, unum de lela endica et alium de tela viridi. 

fl49. — Item, unus alius pannus tartaricus coloris celestis ad 
flores et beslias ad aurum, foderatus de panno endico. 

-Il 50. — Item, duos alios pannos lartaricos virides, unum ad spi- 
nam piscis el alium ad rosas ad aurum, foderatos, unum de panno 
endico, et alium de viridi. 

\Vr>\. — Item, unum pannum tarlaricuni album ad flores el folia 
ad aurum, foderatum de tela viridi, 

M 52. — Item, duos alios pannos lartaricos albos ad folia auri; et 
sunt novi sine foderalura. 

M 53. — Item, unum pannum larlaricum quasi rubeum ad folia 
auri ; el est novus sine foderalura. 

J^54. — llem, iiij. pannos lartaricos rubeos subtiles ad folia auri. 

^^53. — Item, j. pannum larlaricum subtile ad folia auri. 



44 

^^56. — Ilem , ij. alios pannos tartaricos subtiles violaceos ad 
rosas auri. 
^^57. _ Item, duos alios pannos tartaricos subtiles et violaceos 

sine auro. 
^^5S. — Item, duos alios pannos tartaricos coloris celestis clari 

sine auro, 
4 1:39 — Item, unum pannum lartaricum subtile rubeum Ion gum, 

sine aliquo opère. 

\\(\0, — Item, unum pannum lartaricum subtile rubeum labora- 
lura ad flores et fôlia de eodem serico. 

\\(\l, — Item, unum pannum tartaricum rubeum subtile fodera- 
tum de tela endica. 

j { 62. — Item, unum pannum tartaricum rubeum largum et lon- 
gum. 

\]QS, — Item, unum pannum tartaricum rubeum subtile. 

^,j64. — Item, alium Ipannum tartaricum subtile dissipatum et 
fraclum. 

Ij(;5. — Ilem, unum pannum tartaricum pilosum rubeum ad 
medalias aureas. 

1 1 6(i. — Ilem, unum pannum tartaricum de attabl, quasi rosaceum, 
foderatum de tela ialda. 

-H G7. — Item, unum pannum tartaricum de attabi, coloris celestis. 

-H 68. — Ilem, unum pannum lartaricum de canci [sic). 

fl69. — Item, alium pannum canceum, coloris celestis. 

1 170. — Item, alium pannum tartaricum subtile, coloris celestis. 

\\H. — Item, alium pannum tartaricum. 

ii72. — Item, unum pannum tartaricum quasi violaceum ad 
medalias aureas. 

Emile Molinier. 
fA suivre.) 



CATALOGUE 

DES MANUSCRITS GRECS 

DE GUlLLAUiME PELIGIER 



L'évêque de Montpellier Guillaume Pelicier (1529-1568) fut 
un de ces prélats, ambassadeurs de François P"" près la république 
de Venise, comme Jean de Pins, Georges de Selve et le cardinal 
Georges d'Armagnac S qui, dans la première moitié du xvf siècle, 
rivalisèrent de zèle pour accroître les richesses de la bibliothèque 
de Fontainebleau et ont bien mérité de la renaissance des lettres 
grecques en France. Aussi n'a-t-il pas manqué à difierentes 
reprises et à des points de vue différents d'attirer l'attention des 
historiens, mais, quoiqu'il reste encore à dire sur sa vie et sur 
son rôle pohtique, ce n'est point le lieu d'en parler à nouveau 2. 

Si Pelicier sut continuer habilement, trop habilement peut-être, 
la politique de ses prédécesseurs à l'ambassade de Venise, sa mer- 
veilleuse activité trouvait encore à s'employer avec non moins de 
succès à la recherche des manuscrits, et, tout en contribuant à 
enrichir la bibliothèque de François I" ^ il réussissait à former 



1. Voyez ce qu'en dit Jean Boiviu dans ses Mémoires pour l'histoire de la 
Bibliothèque du roi, cilé par M. L. Delisle, Cabinet des Mss., t. I, p. 152-154. 

2. On peut consulter, entre autres ouvrages, sur la vie de Guillaume Pelicier, 
sans parler de la Gullia Christiana, t. VI, col. 806-812 : Gariel, Séries prusu- 
lum Magalonensium, Tolosœ, 1604, in-fol., p. 191-270; de Greffeuilie, Z^/s/oJre 
ecclésiastique de la ville de Montpellier, 1739, in-fol., p. 150-170 ; A. Germain. 
la Renaissance à Montpellier, dans les Mémoires de la Soc. archéol. de Mont- 
pellier, t. VI, 1870-70, in-4°, p. 9-25 ; J. Zeller, la Diplomatie française vers 
le milieu du XVP siècle, d'après la correspondance de Guillaume Pellicier. 
Paris, 1880, in-8% etc. 

3. Il est dilBcilc de reconnaître aujourd'hui les manuscrits grecs, en assez 



46 

pour lui-même cette belle collection de manuscrits grecs dont le 
catalogue nous a été heureusement conservé. La copie qu'on a de 
ce catalogue forme un petit cahier de papier, de cinquante-huit 
pages in-folio, couvert en parchemin, sans aucun titre, tout en 
grec, d'une assez médiocre écriture du milieu du xvf siècle, qui, 
après avoir fait partie de la collection du président de Mesmes, 
entra au xyiii*-' siècle avec les manuscrits de Colbert dans la Biblio- 
thèque du roi^ 11 est ainsi désigné, au tome II du catalogue 
de 1740, sous le n" 3068, qu'il porte encore aujourd'hui : 
« MMMLXVIII. Codex chartaceus, olim Colbertinus, quo 
« continetur index codicum manuscriptorum Grœcorum 
« bibliothecœ cujus nomen desideratur. Is codex sœculo 
« decvmo sexto exaratus est. » 

Dans ce catalogue de la bibliothèque de Guillaume Pelicier, 
qui renferme deux cent cinquante-deux articles, on distingue 
trois parties. La première comprend les cent soixante- trois 
manuscrits presque tous copiés à Venise et dans les villes voisines 
par les soins de ce prélat, pendant le temps de son ambassade, 
entre les années 1539 et 1542 (n°' 1-163) ; la seconde ne contient 
que dix-sept manuscrits (n°^ 164-180), qualifiés de IlaXatoTaia 
3'.cAîx (ce terme ne s'applique réellement qu'aux onze premiers), 
qui proviennent sans doute d'acquisitions diverses faites à la 
même époque. La troisième partie est tout entière consacrée aux 
livres grecs imprimés, au nombre de cinquante-six (n°* 181-236); 

grand nombre, qui furent envoyés à Fontainebleau par Pelicier. Une lettre- 
patente de François 1", datée de Bourg-en-Bresse, du 2 octobre 1541, et men- 
tionnée par M. L. Delisle, op. cit., p. 157, note 1, ordonne de payer 225 1. t. à 
Jehan Privât, de Moulières, serviteur de l'évêque de Montpellier, « pour le 
« reconiiicnser des fraiz et despences qu'il a faictes à cause de la voiclure et 
« conduicte de quatre caisses délivres escriptz en grec, qu'il nous a fait amener 
a et conduire. depuis Venise jusques au lieu de Chevaignes, où nous les avons 
« reçeuz pour faire mettre en nostre librairie. » (Bibl. na)., ms. français 25- 
722, fol. G97.) Cf. Zeller, op. cit., p. 124-5. 

1. Les anciennes cotes de ce manuscrit sont : « Vng. — Codex Colb. 2276. — 
« Regius 2813. A. a. » Il semble que ce soit lui qui est ainsi désigné dans le 
catalogue des manuscrits du président de Mesmes, donné par Montfaucon, Biblioth. 
hiblioUiccarum, II, 1326. d. : « Catalogus librorum Pelissionis, grec, in-fol., en 
« papier. » — Quant à l'autre exemplaire du catalogue des manuscrits de G. 
Pelicier, qui se trouve dans le ms. grec 3064 (anc. Colbert. 2145), fol. 33-65, 
c'est une copie exacte, faite au xyii"" siècle, du ms. précédent, et en tête de 
laquelle Boivin a écrit le nom de Pelicier; Monfaucon en a donné une traduc- 
tion latine abrégée dans sa Bibl. biblioth., II, 1198-1202. 



elle est suivie d'un Supplément (n°' 237-252) qui donne les titres 
des manuscrits omis dans la première partie. 

Toutes les branches des connaissances humaines étaient égale- 
ment bien représentées dans cette collection aussi variée que choi- 
sie. A côté des textes de l'Écriture sainte, peu nombreux, et de 
ses commentateurs, on trouve les Pères de l'Eghse : Athanase, 
Basile, Clément et Cyrille d'Alexandrie, Grégoire de Nazianze, 
Grégoire de Nysse, Jean Chrjsostome, etc., et un certain nombre 
de théologiens anciens et modernes ; — des exemplaires des cons- 
titutions des empereurs byzantins ; — les philosophes de l'anti- 
quité : Aristote et ses principaux commentateurs, les scholiastes 
de Platon, SextusEmpiricus, Simplicius, Théophraste, Porphyre, 
Julien, etc.; — les mathématiciens : Archimède, Cléomède, 
Héron ; — les médecins et auteurs de sciences naturelles : Hip- 
pocrate et Galien, Dioscoride, Elien, puis Aetius, Alexandre de 
Tralles, Arétée de Cappadoce, Moschion, Oribase, Rufus d'Ephèse, 
etc.; — les écrivains militaires : Élien, Onosandre et Polyen; 

— les grammairiens : Suidas et différents lexiques, Thomas 
Magistcr et Planude ; — les orateurs et auteurs de l'art oratoire : 
Hermogène, Aristide, Dion Chrysostôme, Synésius, Tliemistius; 

— les poètes : Homère et ses commentateurs, Pindare, Théocrite ; 
Aristophane, Sophocle, Oppien, Eustathe, Psellus ; — les recueils 
de proverbes : Zenobius, Michel Apostolis, etc.; — les géo- 
graphes : Strabon, Ptolémée, Denys le Périégète ; — les histo- 
riens anciens : Diodore de Sicile, Dion Cassius, Elien, Polybe, 
Xenophon, Plutarque, Philostrate, Eunape; — les historiens 
ecclésiastiques : Josèphe, Eusèbe, Théodoret; puis Sozoraène, 
Nicetas Choniate, Jean Tzetzès, etc. 

Si l'on sait que ces manuscrits furent presque tous copiés à 
Venise dans l'espace de moins de quatre années, avec un certain 
nombre d'autres destinés à la bibliothèque de Fontainebleau, on 
a fort peu de renseignements sur les détails de leur exécution. 
Dans ce qui reste de sa correspondance, Pelicier, si l'on excepte 
ses quelques lettres à l'évêque de Tulle, n'en parle qu'incidem- 
ment, et ce qu'il en dit a trait plutôt aux manuscrits qu'il desti- 
nait au roi qu'à ceux qu'il devait réserver pour sa propre biblio- 
thèque. Le 19 août 1540, il écrit à François P"" : « J'ay tousjours 
« eu jusques a ceste heure force escripvains, et de présent en ay 
« encores huict, comprins ung hebrieu, qui m'escript des clioses 
« les plus rares que je puys trouver en ceste lengue là, lesquelz 



48 

* ne se peulvent entretenir sans bien grant coust, mesmement en 
« ceste incredible charte de l'année passée, de sorte que, voyant 
« ceste cy en danger de n'estre pas moingdre, et que ay jà des- 
« pendu tout ce que avoys peu pour ce assembler avant que venyr 
« icy, je n'auroys moyen ne pouvoir de entretenyr longuement 
« les dictz escripvains*. » Il termine une lettre à Rabelais, le 
17 octobre de la même année, par un passage qui nous montre 
tout le soin qu'il apportait à surveiller l'exécution de ces copies : 
«.< M'' Martin (sans doute Martin Akakia) et moy avecques quatre 
« aultres coUateurs sommes tous les jours aprez à rescrutier livres 
« grecz et mesmement des œuvres de Gallieu, les meilleurs comme 
« vous feray entendre. » Dans une autre lettre à Rabelais, du 
20 mars 1541, il ajoute avec une légitime fierté : « Je suys tous- 
« jours aprez à faire transcripre livres grecz et continueray pen- 
« dant que j'en trouveray qui en soyent dignes, de sorte que 
« j'espère en faire une aussi bonne provision que nul de mes prede- 
« cesseurs, qui ayt esté ici par cy-devant, aydantle Créateur-. » 
Les six lettres, qui ont été conservées, de Guillaume Pelicier à 
l'évêque de Tulle, Pierre Duchâtel, alors garde de la librairie du 
roi, donnent des détails plus précis sur la formation de la biblio- 
thèque de Fontainebleau, elles mettent bien en lumière le zèle que 
déployaient à l'envi Pierre Duchâtel et Pelicier dans la recherche 
des manuscrits grecs et mériteront peut-être à ce titre d'être repro- 
duites tout au long en appendice. 

Quant aux nombreux copistes qu'il employa à Venise, Pelicier 
ne nous a pas conservé leurs noms^. Quelques-uns sont connus 

1. Registre des lettres de G. Pelicier, aux Archives du ministère des Affaires 
étrangères. Venise, tome II, fol. 26. — Deux copies partielles de ce registre de 
Pelicier, qui n'est qu'un second volume et contient les minutes des dépêches 
de son ambassade depuis le 2 juillet 1540 jusqu'au 13 septembre 1542, existent 
l'une à Aix, dans la bibliothèque Méjanes, sous le n" 142 (U. Robert, Inventaire 
des mss., n' 792), l'autre à la Bibliothèque nationale, vol. 570 de la collection 
de Clairambault (anc. Mélanges, 230). Cf. sur ces différents manuscrits J. Zel- 
1er, op. cit., p. v-viii, et un article de M. G. Hanolaux dans la Revue critique 
du 8 août 1881, p. 110-117. — Cette lettre a été publiée in-exlenso par MM. L. 
Delisle et A. Germain, Cabinet des Mss., I, 155, et la Renaissance à Montpel- 
lier, p. 15. 

2. Affaires étrangères, Venise, t. II, fol. 64 et 164 v. Ces lettres sont impri- 
mées à la suite des Qluvres de Rabelais, éd. P. Jannet, t. VII, p. lii-liv. 

3. Il en eul un moment jusqu'à douze. Cf. Boivin, dans le Cabinet des Mss., 
I, 154, et une lettre de Pelicier au connétable Anne de Montmorency, du 12 sept. 
1540, rapportée dans Zellcr, op. cit., p. 114-115. 



par les souscriptions qu'ils ont pris soin de mettre à la fin des 
exemplaires dont on leur doit la transcription; c'étaient Camillo 
Bartolomeo de' Zanetti, de Brescia, puis des Grecs : Georges et 
Nicolas Gocolos, Jean Catelos, deNauplie, et un certain Malaxos'. 
Tous pauvres gens, et plusieurs fois Pelicier demande au roi 
« quelque somme d'argent... pour satisfaire et contenter lesdicts 
« escripvains, lesquelz pour estre pauvres et chassez de leur pays 
« de Grèce ne peulvent attendre longuement leur payement, par 
« quoy les fault contenter et satisfaire au jour la journée, à tout 
« le moings de douze en quinze jours ^. » Mais son copiste favori 
paraît avoir été un chanoine régulier du Saint-Sauveur, alors 
hibliothécaire du monastère de S. Antonio-in-Castello, à Venise, 
Valeriano Albini, de Forli^; Pelicier le tenait en grande estime 
et se promettait grâce à lui un facile accès dans la bibliothèque 
de S. Antonio, presque entièrement composée de la riche collec- 
tion de manuscrits grecs, hébreux et latins du cardinal Domenico 
Grimani (f 1523). Les nombreuses copies que prit soin d'en tirer 
Pelicier sont maintenant d'autant plus précieuses qu'un incendie 
dévora complètement cette bibliothèque à la fin du xvif siècle, 
quelques années après la publication du catalogue de ses manus- 
crits *. 

A la même époque, Pelicier avait à Venise un émule dans 
l'ambassadeur de l'Empereur, Don Diego Hurtado de Mendoza. 
Graux a retracé de main de maître l'histoire de la célèbre collec- 
tion de manuscrits grecs de Mendoza, qui, laissée par lui en mou- 
rant à Philippe II et entrée dès 1576 à l'Escurial, devait périr 
en grande partie dans l'incendie de 1671 '". Si le sort des manus- 
crits de Pelicier a été heureusement différent, ils n'en sont pas 
moins aujourd'hui perdus pour nous. 

Rentré en France à la fin de 1542, Guillaume Pelicier dut 
déposer dans son château épiscopal la collection de manuscrits 
grecs qu'il avait mis tant d'ardeur à réunir en Italie ; mais en 1561 , 

1. On trouvera les souscriptions de ces copistes dans les noies de l'édition du 
Catalogue des manuscrits de Pelicier. 

2. Lettre au roi, du 19 août 1540; voyez plus haut note 5. 

3. Voyez la lettre V dans l'Appendice. 

4. Dans Toinasiui , Bibliothecx Venelx munuscriptx (Utini, 1650, in-4°), 
p. MO. 

5. Graux, Essai sur les origines du fonds grec de l'Escurial. Paris, 1880, 
in-8% p. 163 ss. 

4 



50 

les protestants devenus maîtres de Montpellier, il fut forcé de se 
retirer à Aigues-Mortes, puis dans l'ancien siège de son évêctiè à 
Maguelonne, et enfin au château de Montferrand. C'est là qu'il 
mourut on 15G8'. Il ne semble pas que sa bibliothèque ait souf- 
fert de dommage sérieux- pendant les troubles au niiUeu desquels 

1. Suivant de Greffeiiille, Ilistoire rcclés. de la ville de Montpellier, 1739, 
in-fol., 2'' partie, p. 170, Guillaume Pelicier mourut, le 25 janvier 1568, pour 
avoir pris « des pillules de coloquinte mal broyée. » Ce fut l'opinion commune 
des médecins du temps. Un de ses amis, François Vertunien de La Vau, méde- 
cin de Poitiers, auquel on doit une édition grecque-latine, faite avec Joseph 
Scaliger, du livre de Capiiis vulneribus d'Hippocrate (Paris, 1578, in-8°), nous 
a laissé sur la mort de Pelicier une lettre, qui ne paraît pas avoir été connue 
et qu'on me i»ermettra de citer ici, d'après le vol. 348, fol. 82, de la collection 
Dupuy : 

« Monsieur, celuy à qui vous escrivez est maintenant à Lodun, là où je feray 
tenir vos lettres. A mon avis qu'il a fait l'éloge de feu Guillaulme Pelissier, 
evesque de Mompeslier, et partant vous pourra il instruire de beaucoup de parti- 
cularitez que j'ignore. Ce que j'en sçay pour l'avoir veu à Maguelonne dans son 
estude l'an 1567 et ouy parler de luy à Monsieur Foubert, mon maistre et doc- 
teur, est qu'il estoit venu de pauvres parents d'autour Mompeslier, dont ne me 
souvient du village, et qu'il estoit parvenu par sa vertu à la dignité qu'il avoit, 
après avoir esté ambassadeur pour le Roy François I" à Venise. 

« Il mourut à mon avis audit lieu de Maguelonne, non fort longtemps après l'an 
susdit, d'une mort cruelle. Car c'est pour avoir pris des pillules ordonnées par 
feu Guillaulme Rondelet, où il entroit de la colocynlhe, laquelle aïant esté gros- 
sement pulvérisée par le serviteur de l'apothicaire, s'attacha à ses boyaulx et les 
escorcha, y excitant un ulcère et des trenchées si extrêmes qu'il mouroit cent 
fois le jour : mesme comme nous estions avec luy en sadite estude de Mague- 
lonne, plaine d'excellents livres manuscrits, il nous dist par deux ou trois fois, 
sentant ses douleurs : « Omauldite colocynthe, que lu me bailles de quintes! Tu 
me feras mourir. » Puis nous ouvrant son Pline : « J'ay fait, dit-il, mille correc- 
tions sur ce bel autheur, que le monde est indigne de veoir. » J'ay ouy un des 
trois ministres qui preschoient à Mompeslier en l'an susdit, qu'on disoit estre 
son neveu. 

« C'est tout ce que j'en sçay, estant marry ne vous en pouvoir rendre plus 
certain. Celuy (jui vous rend la i)resente, la Heur de tous mes amys de ce pa'is, 
eust bien désiré qu'eussiez esté son juge en un procès qui le mène A Paris, dis- 
tribué à monsieur de Villemereau. Si je ne craignois vous estre iini)ortun, je 
vous supplicrois très volontiers luy vouloir aider de quelque faveur à maintenir 
sa juste cause envers les juges vos amys, qui accroistroil l'obligation que j'ay 
d'eslre vostre très humble serviteur. 

« A Poitiers, ce 1'" février 1598. « Vertunien. » 

Cette lettre était adressée à de Thon et c'est de Sainte-Marthe dont il est 
question au début. On a une notice sur G. Pelicier au livre I, ch. \S des, Elogia 
Gallorum de Sainte-Marthe. Cf. Coll. Dupuy, 806, fol. 10, 

2. Contrairement à ce que dit Ch. de Grefleuille (ibid.) : « Par suite du 



54 

il avait passé les dernières années de sa vie. Quelques années 
après, en 1573, la plus grande partie des manuscrits de Pelicier 
était devenue la propriété d'un amateur bourguignon, Claude 
Naulot, d'Avallon. Elle ne devait que passer entre ses mains 
pour entrer bientôt dans la bibliothèque des Jésuites du Collège de 
Clermont, à Paris. 

De Claude Naulot lui-même on ne sait rien, si ce n'est qu'en 
1573, quatre ans après la mort de Pelicier, il possédait déjà les 
manuscrits de l'évêquede INlontpelIier, sur une trentaine desquels 
il répétait, avec quelques variantes, la mention suivante : 

"E-v. Xp'.î-oj (TWT-^co; /açiOY', rrjV ce ty)v 6(6>vOV àvsYvo) KXaûBioç ô 
Na'jXw-bç Ko'.).aGE'j;, 'AuaXXwvato;, £/. x^ç twv Alooûwv Btoiy.f.ffstoç. 

Anno Christ i servatoru 1573°, hune fegens agnnvit librum Clan- 
dius Naiilotiis Val/ensis, Avallonœus, ex Hœduorum diocesi. 

L'an du Saulveur Jésus Christ 4373, Claude Naulot du Val, Aval- 
lonnois, du diocèse d'Austun, ha lisant recognu ce livret 

Naulot avait au reste été lié d'amitié avec Guillaume Pelicier, 
auquel il communiqua un jour différents opuscules de S. Cyprien, 
inconnus des premiers éditeurs, et qui se trouvaient dans un ancien 
manuscrit de l'abbaye de Cluny. La copie, placée à la suite de 
l'édition de Paris, 1541, des Œuvres de saint Cyprien ^ qu'il 

« dérangement de ses affaires sa riche bibliothèque fut mise au pillage avec 
« ses commentaires sur Pline et ses autres ouvrages sur plusieurs auteurs 
« anciens. » Cf. J. Zeller, op. cit., p. -38, n. 1, et 129, n. 1, après M. Ger- 
main, la Renaissance à Montpellier, p. 21-22. 

1. On trouve dans Vfnveniaire sommaire des archives de l'Yonne, t. II, 1873, 
in-4°, p. 3G5, un Jean Naulot, receveur du chapitre de la collégiale de N'.-D. 
et do'saint-Lazare d'Avallon, de 1562 à 1569; Lazare Naulot lui succède dans 
cette charge, de 1578 à 1598. Dans le Registre des baptt^mes de la paroisse Saint- 
Pierre d'Avallon {Inventaire analijlique des archives d'Avallon, 1882, in-4% 
p. 270), on lit : « 1582, 17 janvier. Baptême d'Olivier, fils de honnorable homme 
« Lazare Naulot, receveur du chapitre d'Avallon. Parrains : noble Olivier de 
« Chastellux et M. Georges de Clugny. » C'étaient peut-être le père et le frère 
de Claude Naulot. — I^s manuscrits de Naulot passèrent-ils après sa mort dans 
la bibliothèque du chapitre? Celle-ci en tout cas aurait été vendue au xvii' s., 
d'après Courtépée, Description de la Bourgogne, 1780, iD-12, t. V, p. 610. 

2. Bibliothèque nationale, Imprimés, inventaire C. 314 (Réserve); ce volume 
vient du Collège de Clermont. A la suite du texte imprimé ont été ajoutes 
37 feuillets manuscrits, de la main de Naulot ; les vers en l'honneur de Pelicier 
sont au verso du premier feuillet. J'en dois communication à l'obligeance de 
M. Léopold Delisle. 



avait collationnée avec ce manuscrit, porte en tête les distiques 
suivants en l'honneur de Pelicier ; 

Cl. Naulotîis Vallen. Hœduus. 

Dii faciant terris multùraque diùque beatum 

Vivere, quem peperit Pellicicra domus, 
Mompclii primum, Gulielmum nomine dicLum, 

Ponlificem clarum musula nostra refert, 
Atque refert illum, que non prsestantior aller, 

Nocte diéque simul volvere sponte libros. 
Hic operis, Gypriane, tui possessor, ut olim 

Fulgeat in cselo, post pia fala, precor. 

Les Jésuites paraissent être entrés en possession de la biblio- 
thèque de Claude Naulot dans la première moitié du xvif siècle, 
et c'est peut-être au P. Sirmond* que fut due l'acquisition de 
cette collection, qui, un siècle après, formait encore plus de la 
moitié, et la meilleure partie des manuscrits grecs du collège de 
Clermont. 

En 1764, après la suppression de l'ordre des Jésuites, les manus- 
crits du collège de Clermont furent mis en vente ; on sait l'acqui- 
sition que Gérard Meermann en fit en bloc et les réclamations du 
gouvernement français à ce propos-. Sauf quelques-uns, Meer- 
mann emportait en Hollande tous les volumes décrits au Catalo- 
gus niss. codd. Collegii Claromontani (Paris, 1764, in-8°). 
En 1824, à la mort de son fils, Jean Meermann, cette collection 
fut de nouveau mise en vente et acquise en grande partie par sir 
Thomas Phillipps pour sa bibliothèque de Middlehill, aujourd'hui 
à Cheltenham^. Quelques manuscrits seulement, qu'il n'avait 

1. Beaucoup des manuscrits de Naulot, sinon tous, portent en télé un som- 
maire du contenu de la main de J. Sirmond (-|- 1651). M. F. Madan, sous-biblio- 
thécaire de la Bodléienne, veut bien me dire que ceux des manuscrits du Col- 
lège de Clermont qui sont aujourd'hui à Oxford ont tous en tête un index de 
la main de Sirmond. Le zcle du savant Jésuile pour enrichir la bibliothèque de 
son collège est au reste bien connu: voyez : [Garnicr], Sijsiema bibliothecx 
coUeoii J'arisiensis S. J. Paris, 1G78, in-4% p. 0, et le P. Jacob, Traictë des 
plus belles bibliothèques. Paris, lG4'i, in-S", p. 525. 

i. Voyez L. Delisle, Cabinet des 3Iss., I, 434-437. 

3. Uibliothecue Meermannuinae tomus IV, sive Catalogus codd. mss. Leyde, 
1824, in-8'. Les manuscrits de Meermann ont été laissés par Thomas Phillipps à 
peu près dans le même ordre où ils étaient dans la collection du célèbre ama- 



53 

point achetés, vinrent augmenter la série des Codices Miscella- 
nei de la bibliothèque lîodléienne, à Oxford, décrits dans le 
tome r"" du Catalogue de H. Coxe (Oxford, 1853, in-4°). D'autres 
restèrent en Hollande et figurent aujourd'hui dans le supplément 
des manuscrits de l'université de Leyde, publié par Geel, Cala- 
logus librorum mss., qui inde ah anno 1741... accesserunt 
(Leyde, 1852, in-4°) ; enfin un très petit nombre de ces manus- 
crits entrèrent plus tard au Ijritish Muséum dans la série addi- 
tionnelle. 

Guillaume Pelicier s'était appliqué à compléter sa riche collec- 
tion de manuscrits par un choix des plus beaux spécimens de la 
typographie grecque, encore à son berceau. On a la liste des 
incunables grecs, qu'il avait ainsi réunis, et qui comprend les 
cinquante-six derniers articles de son catalogue. La plupart sont 
des éditions princeps des auteurs classiques ou des pères de 
l'église, et il suffira de renvoyer pour identifier chacun de ces 
volumes, souvent imparfaitement décrits, aux répertoires de Hain 
[Repertorium biUiographicum , 1826-38, 4 vol. in-8''), de 
Hoffmann {Lexicon bibliographicura, 1832-36, 3 vol. in-8") 
et aux Annales de Vimprimerie des Aides d'A.-A. Renouard 
(1825 et 1834, in-8"). 

Dans l'édition du Catalogue des manuscrits grecs de Guillaume 
Pelicier, ou trouvera en note l'indication des différentes cotes 
données à ces manuscrits dans les collections du Collège de 
Clermont, de Gérard Meermann, d'Oxford, Leyde et Londres, 
enfin du feu baronnet Thomas PhiUipps, dans la bibliothèque 
duquel la plupart sont encore aujourd'hui conservés. 

H. Omont. ■ 



leur hollandais. Ils sont aux pp. 17 ss. du Catalogus librorum mss. in biblio- 
theca D. Thomue PhiUipps, Bart. A. D. 1837. Typis Medioinoulanis, 1837 el ss., 
in-fol., réimprimé en partie par l'abbé Migae, Dictionnaire des mss., t. II, 
col. 187 et ss. 



M^ 



CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS 



GUILLAUME PELIGIER. 



1. Wakvf^çiiov ToO Aaêio. 0£ocpuXàxTOu dç to xaxà Map- 
xôv xai 'IcùàvvYjV zboL-^ftkiov. 

2. Xpuao(7T6[JLOu £iç TO xatà 'Icoàvvïjv sùay^Aiov 6[xtXiat. 
Mapxupiov Twv àyicov EùcrTpaTiou, Aù^svciou, EOysyiou, MaSa- 
piou xat 'Op£(7Tou. B^oç xai [jiapTupiov 'AvacjTaaiou (jt,ova)(_ou. 
'Erràvoooç tou Xet'^àvou xoD àytou 'Avacriacriou £x îlEpiiBoç dç 
TO [ji.ova(jTTipiov aÙTOu. 0aQ[jia toû àyiou 'AvacTacr{oo £v 
[ji£pr/.7j SiTjYTjCr£i Y£và[ji.£va £v 'P(opi.'/] T'ÎQ iroX£i TC£pl T-?|Ç ôuya- 
Tpoç TOU ZTZicY.é'Kou àpTiwç àuo y/jç àxapôocTou £X£l»6£pC0G£ia7](;. 
Swi^poviou 7raTpiàp)(_ou 'Itpoctùkùixoiv iyy.6u.iov dç tov oato- 
{jtàpTupa 'AvaaTocaiov, àT£X7^c;. 

3. rprj*yop(o'j iTziGxÔTzoïi Na(!^iav'Cou xaTà 'louXiavoO aTiXt- 

TEUTtXCÇ XcJyOÇ TipWTOÇ ' TOU aUTOU 'kÔ'^OÇ S£UT£pOÇ. ToU £V 

àybiç TiaTpoç Yi[i.wv Fp-^iyoptou àp)(_t£iTiax6'Trou KovcrTavTtvou- 
TîoXtcoç TOU ©EoXdyou Xd^oç dç TOV è^tacûTTjV 'louXiavov. 

4. Euay-ys^i^v xaTa 'IcoàvvYjv, 'Icoàvvou èiiiaxoirou Kwv- 
aTavTivouTOX£(Oç TOU XpucoorTopt-ou. 

5. Bi'êXoç •ypaçixwv '(•/iTY][ji.àT(j)v xal £7:i};uo'£cov £x Siacpo'ptov 

^tQwV TW 'OpiYcV£l TrOVrjO£lC-WV TjOpOtG-fJlIvrj UTTO TWV Ta ÙdoL 

aocptov Ba(TtX£iou xai rpr,Yopiou, aùv i^ç>OLydoL tivi xaT' àçtyrqv 

£uiG-ToX"?i rp-/]Yopiou TOU 0£oXoyou , xal [/.£t' aÙTïjv itpoXoy^ 

àV(0VUUt.0U TIVOÇ. 



1. Ltî lexte du manuscrit grec 3068 a été exactement suivi, queiqu'incorrect 
qu'il fût, pour l'édition de ce catalogue. 

2. Clermont, 119; Meermann, 77 et 108; Th. Phillipps, 1437 et 1458. 

3. Clermonf, 103; Meermann, 68; Th. Phillipps, 1430; avec noie de Cl. Naulot. 



o5 

6. 'louG-zivoit Xoyoç rfiixbç r.pbç 7/r(^'iv xai Izor^vov àoîXocjç. 
'A0r,vaYOpou 'AOr,vaio'j çtXocro^O'j XpiaxtavcO irspl àvaaxaaecoç 
Tcôv v£xp(ov. Tou aÙTOu Ttptcêcta TTEpl XpicTTiavtov aÙToxpà- 
TopcTt Màpxco AùpiXtco, 'Avxcovuo xal AùpiXuo Ko[jt.6o(o, 'Apixt- 
vtaxoîç, ^app.aTr/oîç, to Sa [j.£YtcrTGv ^tV^GOOOtç. Toû àytou 
'ETitçavio'j TTEpl jj.£Tpwv xai c7TàO[ji.tov. '0[j.oXoYia TGÎJ àyiou 
'I(i)CY((p i:aTpiapy^ou KovaxavTivou ir^yXecùc C'jvto[j.oç. Toû àyiou 
'E::tçaviou rspl Ttov ct6ô£xa XtOcov Tciiv èv tw Xo^ito to^j lepoîi 
iLLTttTiYuiÉvcov. Toîi àyiou 'Iwàvvou \a^a.(jv:f]VO\j r.ipl Tr/j 
àvTsHouaiO'j Xc^yoç. 

7. 'fcoàvvGu [jLOvay_ou ptêXoç OcoXoyixà izoXkà. (jrjviy oikh-t] 
Tw KocTO-à èTitcxoTTco Maïouua. Ntxrodoou TroscêuTÉpo'J tgu 
BX£(ji.ij.iggu Xgyg(; 'it£pl r.iainsiq. WoLoO^doit tgD [i-Eya^Gu ii£pi 
GÙpavGu, ôX^yGv. 2£i»r,piavGu è-rctrjxGzou i:£pl tt^^ Yr,ç, GXi'yov. 
0£coS6tgu iiiicrxGitGu Tupou TC£pi TO xax' £ix6va xal ôjxoiwatv 6 
';r£pi '-{>'J'/;/ic Xgyg; iHaipcioç. Il£pl tgu tzCùç r, 'l^uy/i tw ac6tji.aTt 
rjywvTai. n£pi TcoaaTGç. Toû àyiou KupiX^GU 'n:£pi tgu £[j.''pu- 
GTjfJiaTOi; £x 6r,ç7aupwv, xal àxoXouOwç àX7.à Tivà BaaiX£t'ou, 
Xpuao'jTGii.Gu , AOavaGiGU, rprjyoptGU, xal aXXcov 0£GXGYa)v. 
'IwàvvGU èutcxGKOU KcovaTavTivGu iidXcWÇ 7:£pl '7ttaT£(OÇ Xg'yoç. 

8. rpr^yopiGu àpyj£7:tc7XGiiGu Nuacr^; ■:i£pl àvOpcoTcou xtigewç. 
Toû aÙTOû Tr£pl '|'U)(_?,ç. Tgu aÙTou £^'/^Yr,o-tç £tç Toùç Tîapà 
MaTOaup aaxaptc7[/.Guç. 

9. rv(0[ji.ai £OaYY^XiGU àyicov xal Oiacpopcov oLVO^oiV. 

10- Tou (jiaxapiGu ÔtOOwptTOU £i;; Ta ocTûopa tyjc; Ociaç ypa- 
9Y)<, xaT' iy.'k'j^^r^. Toû aÙTOÛ £i(; Tr|V -npwT'/iv (^tSXov twv 
'i:apaX£iuotx£vcov. Toû aÛTOû £iç 0£UT£pav Ttov irapaX£t7:o[j.£- 

6. Clermont, 83; Meermaan, 129; Oxford, Mise. 212. A la fin du premier des 
opuseules, que contient ce ms., on lit le nom du copiste : OùaXepîavoç ô 'AX^î- 
voy -/avovtxô; t^; T:o).iTe''a; toû ISwTripoç ïj|j.wv TauTr^v éypa'l/ev (îiêXov, 1532 (Coxe, 
Calalogtis, etc., p. 770). Cest un des volumes qui portent la noie de posses- 
sion de Claude Naulol. 

7. Clermont, 1.54; Meermann, 141; Th. Phillipps, 147G. 

8. Clermont, 107; Meermann, 160; Oxford, Mise, 21G. 

9. Clermont, 173; Meermann, 150; Th. rhilli|ips, 1482; avec nolede Cl. Naulol. 

10. Clermont, 56; Meermann, 33 ; Th. rhillipps, 1405. Au fol. I, on lit : Tai- 
TYjv avÉ-pyoJXî Nxj/.wx ô KoiXaôô'jç, etsi XptTToO i7(>ny]Ç)o; ,a;poY'. 1573; répété à 
la fin en grec, latin el français : 'Etôi X^icttoO, etc. 



36 

v(ov. TgC» aÙTOu 0£oScoptToij dç Tohç Tzpoc^TfzoLç xal tàç £xSc>- 
C7£iç, §t' r^v aiTtav £xô£'iGVTai uuo Twv è6oo[j.-iqxovTa, £Tt §£ Otîo 
cLAvka 0£oôcoT'!a)voç , 2v[Aijta)(^Gu xal tou àyiou Aouxiavou, 
'Icoo-rj-rcTiou te xal tcov ^' àvcovuuicov xai £V Txoiotç ypovon; âxoé- 
ooviai xoà £'jp*/]VTai ai aùxal èxod^Eiç. 

1 1 . liiêXo:; àvcôvu[jt.o;, o5 àp^rj [A£v Toiaui'/j • "A-^^a^oLi a£, 
dcYaTtrjTè àotXi^è 'PiYtv£, Tr^;; àyaOri^ upoaip£c»£(Oi; aou xai 
£U[jLaO£iaç. 

12. 'ExO£(Tiç uiaTcov twv àyicov Tpiaxoaicov oixa xai oxto) 
TiaTcOcov T(ov £V Nixaicjc, xai oioacrxaAta Oa'jfJLacTr; xal co^ÉXt- 
lJ,o<;, àvcovufjLou. ToO àyiou 'Avao-xao-iou àiioxpiaEiç upoç Taç 
Tipo; ôpOood^wv 7:£pl ôiaçopcov x£(paXai(ov. A£^£i; xr,;; upoç 
Pcojxaio'j^ à-nitcrToX'/jç. A£S£iç rr^ç r.ooc Koptv6''ouç a' àiti- 
gtoXy;:;. A£;£'.;; xr^c, iipoç KoptvGiouç S£'JT£pa^. Ai'^iiç tyjç 
upoç ràXaxac £7riffToXr,ç. A£^£t^ Tvj:; li^o;, 'Ecp£(7ioui; £irt(7T0- 
Xïjç. A£^£i; Tïjç TTpo; Ko>.aTa£Î>; im'j'zo'kr^^. iViim; ty); irpoç 
0£G'(7aXovix£Îç a' £Trt'7ToXfjc;. Aé^ciç tyjç -npo^ 0£a(7a);ovtx'?)(; 
[3' £7ri(7ToXrjc;. Al^ciç iv]? upoç 0i(jLdO£ov upwTTji; iTttaToXïjç. 

A£^£tÇ TY]? Tipôç 01(J.gO£GV 0£KTlpa; âTTlGTGXyjÇ. Aé^£li; TYJÇ 

Tcpèç TÎTGV £7ticrTGX-?i;. A£^£cç Tq:; TcpGc; 'EêpaiGuç èuiaxG- 
XtjÇ. 'Avr/jp-rjCiç xal àvaG'X£U'/j. A£^£tç 'Oa-riptxal £x T'^ç 
'OâuccEtaç [ii^'ÀGu. Al^Eiç £x f^ç 'HcioSgu ^lêXou. A£^£i(; 
tgO "^eXgu tigXitixgI £p(ji.r,v£uovT£ç. 'Al cpcoval TCOV ^cotov. 'E-nt- 

CTgX-/) TgD XoUG-GaTGULG'J àuG T?)^ E^GpiaÇ Tipèç '0Xl>[JI.TClà6aV £V 

KwvaTavT^VGu Tc6À£t. 

13. BiSXg; àXX'^ (7uv£y^oix£V'/] Xo' Xg^guc; 0£oXoyixoÙ(; , (bv 
6 irptoTiaTG; àp/^£Tai gOtco; • riavTayou (xàv £ÙÀaêouç Siavoiaç 
0£T, xai Ta i^r^ç,. 

14. 'AiiGXXivaptou [i.£Tà^pa(7tç £Î;; tgv ^j^a^Tvipa, xal 'Iwàv-^ 
vou r£a)[/.£TpGu £V olç èypa-l^î xai EùSox{a AOyou jtgu , xai otà 
tàaêcùv Aopc60£G; 'l£pGaoXu[jt,tTr|V. 

15. E'jaYY^aGv xaTà 'Icoàvvr,v, [j,£t' i^y]yrian)ici. 

lî. Clerraont, 148; Meermana, 139. 

14. Clerraoat, 98; Meermann, 121; Th. Phillipps, 1463. 

15. Clermont, 70; Meermann, 52; Th. Phillipps, 1420. Au fol. 1 : Tauiriv 



T)7 

16. 'AXXoz Toao:; cuviytov xEoàXaia V , wv 6 [xàv npoiToç 
àp/£Tai ouTO); • Aùrrj r, piéÂoc; Y^-véatCOç oOpavoû xal yt,:; çrjGiv 

Tj Ypa^T^. 'Ev TÛ OLÙtS) è'vSCTl dxTaTîUyCÇ, Y]Ç Y) 'ipy/l £(TTIV • 

17. 'EirtCTToXal X'jpcp 'Icoàvvo'j Zcovapa, xal TTptoTOGuyxpiTO'j 
xal opocrxapiou tyjç Bt-yXaç, tov àpiOu.Gv TECîjapàxovTa i'^. 
MéGooûç Tou cOpâv itocia xouxxia xpaT£t £iç y/^'p^Ç toutiç. 

18. 'ï-noOccriç £tc; xà; uapoiaïaç. 'ExxXYjaiacTTjÇ. "A(7- 
(xaTa aTiJ.à-îwv. IXapoiaïai 2o>.o[j.cavTo; u.£t' è^rp/'/^ascùç 

OXi 




ExxÀr,c7iaG'TrjÇ, pYiii-ai 

Iapar,X, £v 'l£poucraXT,a, [j.£t' £HT,yrjcr£(Oç. ""Acr^aa à(7[AaTWv ô 

a-i ^aXoacov. To'j 0£OCpiX£(7TàTOU '0*X'jfj.Tcioowpou oiaxo- 

voK uTiûGta'f.c eIc, TGV '1(66. ToO aÙToû àXXrj O-nroOcO-tç £tç tov 

aÙTov. 

19. 'Itbê p^'êXoç, '(^pt^évGu; [ji£Tà 8£0'ii:v£O(TT0u £p[xr^v£ia(;, 

20. ToO G£GÇtX£(TTàTOU 'OX.U[JLUto5(6pOU OiaXGVGU U'iIGÔ£CriÇ 

àvéyvw K),. à NauXwx Koi>.ao£Ùç, ïtei Xpi^Toù ,acpoY', 1573. — Au verso du der- 
nier feuillet la souscription suivante du copiste du manuscrit : 

'Q; ÈjjLviîcrOrj;, Kupts, ),yîcttoù èv ^•j).q), 

A£0|X£vou [xvrjffOi^Tt xoO 'Icoàvvoy 

AîTatç «Y'^'Ç Traxépwv «tuvwvOîimv 

Twv ex Ttv£Û[xaTOi; àyioy >aX-r,<TâvTwv. 
'Ev £T£t àitb T?,; Xpt(TToO ycvvr|(7£w; ,a9[xê', |J.r)v\ aùyo'j(7Tw t', xÔTtw xai Ss^to- 
TïjTt 'Iwâvvo'j KaTÉXo'j toO Na'juX.oiojTOu : — eûpKT/taaévoy Iv tvj >.a|i.irpw izolzt 
TWV BïvîTî-'wv, [XExà TT,v aîxiidtAwaiv Tr,; âa-jTOÙ TtaTpîoo; : — xa; ot avayiveoç- 
xovTci; E-j/Effôe otà tôv Kûpiov. 

Et plus bas : NayXwT Ta'jxriv àveyvojxcv, ê'tei XpiTToO ,ac()OY'. /Inno Christi 
1573. 

17. Clermont, 231 ; Meerrnann, 102; Th. Pliillipps, l'i5i. 

18. Clermont, 03; Meermann, U; Th. Phillipps, 1il2; avec note de Cl. Naulol. 

19. Clermont, 8i; Meermann, 3i; Th. Phillipps, l'iOG. Au fol. 1 : Nay/wT toO 
KoO.aoÉco; àvsyvtDxÔTo;, stei XptiTToO (j(Jizr,poz .açoy'. 1573. — Au verso du der- 
nier feuillet ou lit cette souscription : 

,ixç[l6', lo'JÏlw Ç'. 'Eypâçr) : — Tsaipyio? K^'' : — 

îv ijïvETÎa : — 

20. Clermont, 58-59; Meermann, 35-36; Th. Phillipps, 1107 et 14041. Au bas 



58 

dç Tov 'koê, Taur/] t?] TipoTÉpr,, àXX' iv àXXco T6[jLq) ysypaix- 
uLEvrj (7ÙV xaîç irpoOstopiaiç £tç x£^àXaia Xy'. 

21. To'j [jiay.apiTOu ©sacopiTO'j ÈTcto-xoitou Kupoi» £p[jt,'/]V£ta 
£tç TO acrua à(Ta,àTWV. Tw 0£O!piX£(7TàT(p dirtaxoïKo 'Iwàvvt 
©EoawptToç. 

22. KXrjU,£VTO(; GrTptou.aT£(oç -rrpoTpEUTixoç irpoç "EXXrjVaç. 
KX'/-ui.£vto:; CTpcoti-axccoç itaibaycayoç ^oyoi y'. 

23. ToO [Jiaxorpiou 0£OO(optTûu lixtaxoirou Kupou £pavi(jTr,ç 
7]T0i T:oXu[j.op'^oç • àaùyyrfzoç otàXoyoç èpaviaxTjÇ. 

24. Tou GoçwTaTou xal piToptxwTaTou àpyi£7:iax67rou Tau- 
povdoL^ Tr,ç IixeXiaç to'j £7:ixXr,v Kspautswc; oaiXia £t; t'/)V 
ioyr^v Tr^q ivôixxou y] toO vIou £tgi>ç. Toû auToO ojxtXia irepl 

(lu fol. 2 du ms. 1407 : 'Avlyvwxs NauXwr ràoe. 1573. Au dernier feuillet la 
souscription métrique suivante, qui donne en acrostiche le nom du copiste 
Malaxos : 

'Oà6o; xaôwcTtep evQa TiapscTTiv >.i'6oy:, 
MapyaptTaç te Tzo\)lvïi[io\>ç ^uvctY^'j 
'Apexxâwv Twç irjx-ia t| TTJxponfiç. 
Aôywv Xîôoi; ouv [xapyàpotffO' UTr£pTÎji,ocç, 
'AiTTpaTTostoToaopçov aSs xatv'av, 
Sévwç lyw oépouca SéXto; Trav^oçou, 
'OvTwç àvaxTOç Sa)>a|xâ)VTOi; toO iràvu, 
Stcpolox' à^àjjiavTO; 'Iwê sv uôvotç, 
'E-/o'jiTa a[x:p''TE' £v ÔÉwv ôt8affx(x>,wv, 
repouai'-/)? voOv 7rv£y[iaTe[j.?opou[jL£'v/iç, 
Paôta iiiç x£ Ta S*JcrÉx>r|7rira Ti£),£t, 
'ApyiEpEî TrpÉco'jt t'È^ avaxxôpwv, 
^u-/T)v ôé(i.a; te ripETaï; l<7T£(i.jX£vt{), 
'E-/OVT'. ô)vêov àvacpaîpETOv nôOcv, 
Tp-j^ôcv àoxvwç £V Oew ÔEWpîiQ, 
'Apjxo'jSîcoi; ■iîp(iw(7[iai £"jx),EEffTàTWC. 
AwOïiaETai yàp XpuTTÔ; àTpEXECTTa-ox;, 

'Ej^OVTt TraVTl xaî 7tEpKT<7£y<T£l é^iï). 

En travers est ajouté : -f 'Axpoffxtxî; tceçuxev rjÔE twv (ttixwv. Et au verso de 
ce feuillet : K),a'j8io; ù Nau>,à)TO; KoO.aoE'jç A'ja).),(i)vaïoç, èv Trj twv A'ôoOwv 
otoixr,(7£'.. Cl. Naulolus Vallcnsis Avallonaeus, in H.icduorura diœcesi. Claude 
Naulol du Val, Avallonnois, au diocèse d'Auslun, l'an de gr;\ce 1573. 

21. Clermont, 133; Meermann, 42: Th. Phillipps, 1413. 

22. Paris, Suj)plénicnt grec, 254. En tète se trouve une note du contenu du 
ms. de la main do J. Sirmond. 

23. Clermont, 137; Meermann, 87. 

24. Clermont, 1G3; Meermann, 100; Th. Phillipps, 1452. 



Tr,c TtaoaêoXr.c xcov uiupttov TaXàvtcov. Tou aùioO T'?i /.axà 
■npwTTjÇ u'IicocTctoç ToO TtuLiou cTaupo'j. ToD aÙTûu ôaoXoYia 
£tç rrjV 0'J;(6g''-v toO xiaiou (JTa'jpov. Toû aÙToO £x TOtj xaxà 
Aouxav [jL£Tà TTjV u'-j/tOGtv ToO Tiatou axaupou. Toîi aÙTO»j 
Tzizl TûO uioîi TTjÇ yf^py.:; bu.i'ki'X. Too aÙToO otxiXfa Tîtpi vffi 
TzoiO'xèo'kr^z ToO cûopou. Toij aÙTGÛ oaiXia uspl to'J eyovzoç tov 
XE^côiva, TgO aÙTOu otJLiXia sîç tov Xà'Capov xal £iç tôv Tzkoumov. 
To~j aÙToO GUI'.}; ''a £iç TO, 'O X'jy^voç tgD crwaaTGç i'o-Tiv G'^OaXjjLGç, 

TgO «ÙTGO £T£pa £1; TG aUTG. TgO a'JTGÎi G[J.tX''a Kcpi TTj^ ai[J.Gp- 

pGOTjvTjf; xaiTTEpi T?;ç OuYotTpo; TGU àpytauvayojyGU. Tgu aÙTOû 
G[j.iXia £'.^ rr,v cuYX'jTXTGuaav . TGÎi aÙTG'O ii£pl Tr^c, -rapa^G Arjc; tgu 
0£Îtvgu. TgCJ aÙTGO èaiXia £']; r/;v à7iGa"TGAr,v twv [j.aO'r,TWV. 
ToO aÙTGO GuiiXia ixipa £iç to aùiG'. Tgu aÙTGu oixCki'y. zlc, to, 
'HÔeXtiTcV g I-rjcTG'jç £^£A6£Îv £1^ Tïjv TaXtXaiav. Tgu aÙTOu 
GfjLtXta ci; TO, EîarrjXci g 'Iwàvvr,ç xal £x tcov fjLaOr|Ttov aÙTGu. 
Tgu auTGu b^ùJ.'x £i; tgÙ; [/.axapiaaGuç. Tgu aÙTGu o^ùl'x 
EiçTO, BiêXo^ Y£V£û£coç, xai TtEpi TT^ç ©àtxao, avaYivt6(rx£'iiai âè 
rr, xupiax-?] iipG tt,; XpiaTGU Y£V£a£(o;. Tgu aÙTGu zlc, Ta 
ayta vr^Tia. Tou aÙTGu £',ç tov £ÙaYy£Xt<7[jLov t/j:; u':i£paYiaç 
Gegtg'xgu. Tgu aÙTGu Gu.'Aia de, to, nap£GGO-/ja-av iiavTa (xot 
imo TOU TtaTpo;; [/.ou. Tou aÙTOU de, to, 'EaOwv ô 'ItiTOuç £1;; 
Ta [jL£p'^ Kai7ap£iaç r?,; tj>iXr'7î'n:Gu. Tou aÙTou G[xiXia d.c, to, 
TaîiTa £VT£XGp(,ai uaiv. Tou aÙTOu £i; to, EiTC£V • 'Eyw 
£i{jLt •/) Oupa. Tgu aÙTou 6tJt.iXta £ic to, Eitc£v g xuptoç 
Toîç éauTOu L;.aOr(Taïç • "Hoou âyco dcTîGaT£XÀco uu,aç co; iipo- 
6aTa £v {xéaco Àuxtov. Tou aÙTou £1;; Tr,v crcoT-z^piov [ji£Ta- 
ixg'p^coctiv tgu xupiGu -rifJLcov 'Iyjggu XpiGTOu. Tou aÙTOû g{jli- 
Xîa £iç TO, EicrYi7.0£v o l'/icou:; £iç xo{jLr|V Tiva. Tou aÙTOÙ de, 
TGV 'i-r:o to aèv tou ti[j.(ou npGGpGfjt.GU. Tou aaxaotGTaTGu 
xupou 'TcûàvvGu TOU <i&Gupvr, xal -npcoTOu Gpa(7TGu yàvou ^oyoç 
ir£pl TY)ç [jL£Ta7Tà(j£(o; TOU TTavaéiiTGu T'^ç 6£ot6xou CtOU-aTOÇ 
ÔTav àv£(JTT, £x TO)v Vcxpcov Ttpo TT,; XGiVYJç àvaaTàG'£(o;. 
TGuaÙTouGu,iXia£i(;TO, 'Eàv àcpT|T£ toî; àvOpcoitGtc; Ta -rtapaiiTco- 
[xaTa. Tou aÙTOu oaïAia ty] xupiaxrj tyjç GpOoGoHia;; 'îr£oi twv 
aYicov £ixGVcov. Ttj xuptaxr, 0£UTcpa Xô^-^^ ~ûv vr,aT£''tov 7:£pi 
TOU £v Raiicpvaoùut. -napaXuTixou. Tou aÙTou £tç to, "Ogtiç OcÀ£i 



60 

àrdcLù uou àXOâv àuapvTjaàG'Oa) aùxdv. Tou aOiou £iç to, 
"AvOpcoirGç Ti^ TtpoaYjXOs TCO 'Ir((3-ou yovuirETwv aÙTÔ xal Xl^iov • 
Ktjpie, iké-quàv [Jio'j TGV Otov ô'ti (jsXrjViaCsTai. Tou aÙTOu 
biLikicL £1? TrjV tgD Aa^àpGu àvàuTaciv, TgO a'jTGu stç xà 
pata. Tgu aÙTou dç to àvaêaivGtji.£v ilç 'l£pGaGXu[j.a. Tou 
aÙTGU dç xà EuayYÉXia xgu crtoxr,piou iràOouç. Tdu aùxoîi eiç 
XY)V 2aui.ao£txtoa. Tgu aùxGu £iç xr,v acox'/^piGV àvàXT/j/iv. 
Tgu aùxGU eiç x'/jv iiricpGixrjCriv xgu àytGu 7rv£U[ji.axGÇ. Tgu auxou 
XTj xupiaxYJ xwv àyiwv uàvxcov £iç, "Ocxiç a£ oikoko^çrfui è'ijLupG- 
cOîv. Tou aùxoû ô[jLiX{a eîçxov y£vo[jL£vov œjyjxàv. Tou aùxou 
Tr£pl £7rixrj[ji.TjG-£a)ç xwv uSàxwv. Tou auxou dz, xov ixaxGvxap- 
yov. Tou auxou 'ïï£pi xou £'iî£pa)xrjC"avxoç xou ttXguciou xov 
'iv](7Guv. Tou aùxou ofxtXia eiç x6 iipwxov èwGivo'v. Tou aùxou 
aç xô 0£ÙX£pGv étoôivGV. Tou aùxou £lç xo y' £(oOivGV. Tou 
aùxou £tç XG 'C icoOiVGv. Tou aùxou £1;; i iwOtvov xyj; Trpwx"/]!; 
wpaç xûv pvy' ly^'jtùv. Tou aùxou oiJuXta £iç xo ta' icoOivov. 

25. KupiXXou àp/^i£'iiicry.G-n:ou 'AX£^avop£iac; £iç 'Haafav 

pi'êXoç, àx£(paXoç. 

26. Tou Ba(7tX£iou, àp/i£Titcry.oTOu Kaidapiaç KairiraSoxia;;, 
£ptj.r|V£iai £iç xov lîpocp'/^TTjV 'H^atav. 

27. npGxoiriou Xptdxiàvou (jgçktxgù xwv dç xàç irapoijj.iaç 
2oXg[j.wvxoç èHrjYTjXiy.wv âxXoyôjv £Ttixo[j.r|. Eiç 'ExxXr,7ia- 
axYjV 2oXou.covxo; ilrpfqmç. N£ocpùxou 'itp£G-êux£pou irpoXGyoç 
£1;; XG aciJLa àa[i.àx(»)v. 'Epfxr^Vtia oiaooptov OiSaocàXwv £i; 
xo acaa xwv acj[j.àxwv xou aoçou 2gXg(j.côvxgç;. 

28. Aiaçdpwv SiSacxàXtov £!<; 'jiaXij.oùç khqjriaïc; (ov irpw- 
xtcx^çlaxi 'AftavàaiGÇ- xixXoc X'?]; [3i6Xou ouxoç èixiyéYpaitxat, 
IxtviGHûc, xû ào-àcp. 

29. Toù àYiwxàxou 4>coxtou £X XTiç aùxou ■:TpaYaax£tai; xvjç 
£7îiYpa9Gu.£vr;Ç [xupioÔiêXou, X£YO{Ji.£V-/]; 'it£pl xou Y&VGUÇ xal xwv 



26. Clerraont, 9'i; Meermann, 43; Th. Phillipps, 1114; avec note de Cl. Naiilot. 

27. Clermont, 64; Meermann, 40; Tli. Phillipps, 1411 ; avec note de Cl. Naulot. 

28. Clermont, 60 ; Meermann, 38; Th. Phillipps, 1409 ; avec note de Cl. Naulot. 

29. Clermont, 82; Meermann, 57; Th. Phillipps, 3081 ; avec note de Cl. Naulot. 



6^ 

c'jvyo'xij.ikoi'i.ùw '0^1 à^i'ou 'louaTtv&u. 'Ex vr^ç IxaXt^gi'xg'zi- 
'Ar^<; icTOSiaç r.i^i tou aÙTOÛ. Tou àyiou 'Ig'jgtivou (piXoaocpo'j 
xal [xàpTupoç it£pl T?fi £V Tw pi(o àxapa^iaç OiroOriXal XprjTt- 
[xw-axai. Tou aÙToO "ko^^oç, r^OL^oLivixubc, irpoç 'EX"Ar,vaç. 
ToO aÙToO ûpoç Tpij^cova 'louoaîûv oiàXo->,'o;. Tou aùx&u 
à-Koko-^ioL uTcsp XpiGTTiavwv TTpoç rriv Pco^xaiwv guyxX-/]tov. 
ToO aÙTGu àuoXoYia ScUxÉpa Ttpo; 'AvtcovÎvov tov EùaciSr^. 
'AvopiavGU UTîàp Xpiaiiavcov ir,\GZo\r^. 'Avtcovivou £T:t(7-oXr| 
Tîpoç To xGÎvov T?,; 'Adiac;. Màpxou paciXe.cùc; èiîtcToXir) upoç 
TYjv (rjYxXrjTGV £v f, [j.apTupcî XpiaxiavG'j^ aÎTiouç YeysvYJfTOod 
xr^ç vi'xr,ç auTtov. TgO àyiou 'Igucttivgu cjiiXGao^Gu xai [xàp- 
TupGÇ Ticpl [/.Gvapyja^. TgO oiutg'j èxOsaiç uiaxEO)!; UEpl Tr,ç 
ôpèrjÇ ôpLoT^oyiaç, -/)TOt irepl tt,;; àyiaç xal G[i.GGi»(7iGU xpiaGoç. 
ToD a'jTG-j àvaTpGiiai OGYa-àxcov tivwv 'AptaxoTEXtxwv. Tg'j 
aÙTGÛ TiptoT-/) ipcoTrjCriç XpicTiavixr, TrpGÇ 'EKkr^viç. 'ATOxpt- 
(7[ç 'EXir,vix7]. "EXsyyo:; Tr,ç à7iGxp{(7£a)ç gùx ôpOwç y£vg- 
[X£vr,;. A£UT£pa ipcoxrjCi; XptdTiavtx-ri Tipoç "EXAr^va^. 
'Ar.Gxptcjic; 'EXXt,vixY| -ûpèç Xpicr-iavGuc;. "EX£Y'/^gc xr,!; ovjxi- 
paç à'::Gxpta£(Uc; oùx GpOw:; ^(i^^iYr^ikivr^^. Tpixr, £p(6xr,Tiç 
Xpt(7Xiavtx-r| Tipoç xoùç "EXXïjvaç. 'Anoxpiatç 'EXXtjvixy) npoç 
XGÙç XpKTXiavG'j^. "EX£y/oç xr,c à'::Gxpia£cùç gùx ôpOcoç y£Y£- 
vrju.£vrj<;. T£xàpx-/i èpcoxYjat; Xpicrxiavixr,. 'AûGxpiTt; 'EXXtj- 

VtXT|. "FliyyOC, XTjÇ à'IlGXplC;£WÇ OÙX GpOwÇ Y£Y£V'r([X£V7)Ç. 

n£ijt.7:xr( ^MTr^Glç Xptdxiavix'/j irpoç xgÙi; 'EXkr^vai;. 'Au^- 
xpto-iç 'EXXTjVtxT, Tipoç XpiGXiavouç. "EX£y-/g;; à7rGxpia-£(i)^ oOx 
Gp6wç Y£7£vr,a£VTjÇ. TgD auxoîi £p(oxrja£i(; Xpicxtaviov GpÔo- 
OG^:ov £711 X151V àva^xaiGt; (ly,xrj[JLàGiv xal àitoxpicciç. 'Exi 
XGu aOxGU KpG; '^Xkr^vx^. TgO aùxGÎi £pcoxr,(7£i; 'EXXrjVixai 
irpo? xgùç Xp'.axiavGÙ; 'ii£pl' XGÎi àcrcotJLàxGu xal Tspi xou 0£GÎi 
xal ii£pl TYÎç àvacxà(7£a)ç xwv v£xpcbv. 'A'i:Gxpt(T£iç Xpicxia- 

Vixal TZpGÇ TIpGppr,0£ÎC7aÇ £p(OXT,Ç:£lÇ à-ÛO XT)^ £U(7£^£ia; X(OV 

cpuaixwv XG^iGra-àxcov. Tgu aùxoO ^oyoç aXkoç r.i^i àvaaxa- 
a£(oç xcov v£xocov, ou r, ap/jr^ XGiaO£ • Ilavxl Gucaaxt xal Xc^yw. 
Toû aùxoû irpoç Zr,vav xal ^z^r^vov xoùç àô£X'ÇG'j!; Xoyoç, où 
àpy-p) • n£pl [J.£v xr,ç xaxà TtpGêXrjtjia xivwv à^G^icxoij. Tou 
aùxou £xO£Gi(; xtjÇ dpOoôo^ou G[j.GXGY{a<;. 



62 

30. 0r|(7aupà)v tyjç [3i6Xou aïoiyûcL ÛY-oai xai â'v. 

31. Tou rpYjYopioi», àpyjEutcrxcyTiou KwvcTavT(vou hoXêwç, 
Sï.o\6^^o^j Xo^oç etç to àytov Ilacry a, ou •/] àpy-yj • 'AvacTaccWÇ 
'rip.ojv. Aoyoç Toîi aùxou OcUTepo^ sic to aOio, o5 Tj àpy^-/) • 
'Eui TYjÇ cpoXaxrjÇ [xou. Tou [aÙTOu] Xoyo; -«,'' ^^s T^'/jv xaiv/jv 
xuptax-/]v xat eiç xov MàjJiavTa. Tou aùxou Xoyoç o' sic tyjv 
àyiav TTEVTTjXoaT'/^v, Tou aùxoû Xoyoç t' zlç toÙç àyiouç 
Maxxaêaiouç. Tou aùxou £Îç àytov ispotxàpTupa Kuupiavo'v. 
Tou aÙTou Xoyoi; ^' £iç tov 'louXiavov èHicwt/jv auuLii.aOtTY;v 
aÙTOû. Tou aÙTOu tiç ayta ôsofpàvia X($yoç. Tou aùxou âm- 
xài^'.oç £ic xov pLÉyav BaaiXstov. Tou aùxou Xoyoç de, ayia 
cptoxa i . Tou aùxou ivoÉxaxOi; d<:, aytov [5à7îxtç7[j.a. Tou aùxou 
t^' £t; rprjyopiov xôv àSeXçov BaciXEiou [xsxà xyjV y^sipoxoveiav 
£7tiaxavxa. Tou aùxou Xoyoç ty' £iç [/.éyav 'AOavàaiov. Tou 
aùxou £i(; XTjV xwv pv' èirtcxoittov Trapouo-iav. Tou aùxou 7r£pi 
oiXoTixcoy laç Xoyo; \.z' . Tou aùxou £ic; xov -rcaxlpa cicortwvxa 
oià XTjV "Tzkr^Yrc^ xyjç yoikaQffi • riOLv-ziç TiaXatOYpafpoi xai 
[jL£x' £^rjY'//^£-wç xoù Nix£xoù. Tou £v àyioiç itaxpo;; -/)[ji.wv 
BaatX£'!ou àpy^iETitaxo-nou Kcaapia? xai KaTiTraûoxiaç ôf/.iXia 
TtpoxoEirxiXY] £iç SaT:x[cr[jt,ov. 0£O(piXàxxou xoù Y£vo[i.£vou 
àpyi£T:tG-xo7:ou BouXyapia;; £Hr|Yr,Gtç £iç xov xaxà MaxSaîov 
£ÙaYY£Xtov cra'^TjÇ xal aùvxo[j.oç. Tou aùxou dç xo xaxà 
'Iwawr.v £ÙavY£Xtov • àut.c:>dx£pai TiaXaioxaxat. 

32. 'ASavaciou àTciaxc^Tcou KEaapciaç £t^ '|iaX[i,oùç o^oXta. 
Tou aùxou dç xàç woaç xoù MoùcjIwç xat Tz^oGzuydç xtvaç 
'Hcaiou. ^uatoXo^ixà xiva 'î:£pl ^wcov ut.£x' àXXr,Yopixf|Ç 
£pa7,v£''aç. Aia6r|Xr, raXr,voù 7t£pl xoù àvGpwuivou acopiaxoç 
xaxao-x£Ù-/). NtxY]'p6pou RaXXidXou SavGouitduXou aù^o^iç 
àyt'ojv ypévou. 

33. B£OOcopr,xou £'xx£atç £i<; Sc6o£xa upo^TjXaç xat dç xàç 
£xodG£t^ ot' r^v atxtav âxoéoovxat ùuo xcov âCioojJiriXovxa • è'xi xai 
àiro 0£oooxtcovoç, 2u[jt.ut.àyou xal xoù àyiou Aouxiàvou, 'Iwaiirou 
x£ xai oùo àvwvù[JLCov xat £v iiototç ypovotç èxSéSovxat xai 



32. Clennont, 92; Meermann, 120; Th. Phillipps, 1462. 

33. Clermont, 13G; Meermann, 123; Oxford, Mise. 202. 



(ÎS 



£upr,vTai aOxtov Èxoocrît;. (-)£OOGp'r,TO'j ÈTtiaxoTcou K'jog'j ôiç 
Toù;; O'jooîxa -rîpof^rjXaç iipoXoYC/ç • è'ti 6à toO aùxoCi TooOctooia. 
'ÏTOOeatç ciç Tûv 'IcûTjX, xai iptxTjVEia toû aùxoû xal sic toOç 
à7.Xou4 oaotcoç, tr^ovÔTi 'Aucoç, 'Aêoiov, 'Icovav, .Mr/aïav, 
Naoùix, 'Atj.6axoù{jt., ^o^oviov, 'Ay^'^^^^v, Zaxàpiav, MaXà/iav. 

34. BiêXoç [JL£YaXrj àvcovtj(jt.oç £x oiaoopcov oioacrxàXcov 
GuXXtXsyuicVo; auvéywv Taîixa xà i-rrouEva • K£(]po(Xaïov àv 
àv£T:iYpazxov èv X'?j àpyj?), où àpyr| xotào£ • Kai -riàvxa aèv xà 
xaxûp6(6[j.axa , xai xà £^r,ç. M£xà xoOxo xaxà xwv 'Etcixou- 
ptov xiva, £x xwv Xoywv rpr,YOpiGU xou ©ôoXoyo-j. luWo^i- 
(jxtxTj àTOO£i^tç 6'xt £l<; £axt ©eoç, xal 6'xi Xoyov £'y£i 6[ji.ooijc-tov 
iauxtov, xat 'ûVEUfj.a otxoicoç, à7:£p eIViv 6 utoc; xai xo uvEÎiîj.a 
xo aytov, xoîi Nua-crr^ç £x xou xaxr(5(_r,xcx&u Xoyûu, xtxXoç a'. 
n£pi Traxpo; xai uioO xal àyiou 7:v£u[jLaxoç, £x twv Aiovuaioi» 
'ApEGTrayriXGU, xi'xXo; 0£ux£poç. "Exi Ticpl iraxpoç xal ùioîj xal 
àyt'o'j 7:v£?j[i.axoç, èx xoù AauLacxrjVoii, x£(pàXaLa r/. Ilsol 0£ou 
xoivôiç rjxoc TiEpl 6£ox'/jxoç, £x xwv 'ApEOTiaY'riXou, xtxXoç y'- 
"Exi TTEpl 0£oO xotvtoç, xoû Aa[jt.aax'/)voîi, x£'^àXata ta'. IlEpl 
xoû àxaxàXr^Tixov £ivai xr,v OEiav O'jcrcv, £x xtov ij.tyi'ko^j rp-/;- 
yopiou xou QiokQ^^on xal XpucrocrxouLOu, xi'xXo;; o'. Ilcol Oew- 
vup.iaç, ToO 'Ap£07:a-j'-r,xou xal [ji.£YàXou rpr^YOpiou, xt'xXoç t' . 
n£pl xr,c; 0£iaç o-r(U.iou[p]Yia;, xou {ji£YàXou rpr,Yop''ou xal xou 
Nu«7Gr,ç xal xou àyiou Ma^tuiou, xt'xXo; ç'. n£pl xr^ç M'xq 
ivcLv^ï^oi-Kr^Gtiùç, £x xou 'Ap£oiraY'/5xou, xal xou rpr^yopiou 0£o- 
Xi^Y^u, xal xou NuîTCTjÇ, xal xou MaHtjaou xal Aap.a(7x-/5vou, 
xtxXo; ^'. Kaxà 'ESpaiwv, £x xr,ç X£yo[J.£V7j; £ivai xou Nu(7c7-/]ç 
^têXou XTjÇ 'Kpo(7aYop£uuivT(Ç 0£OYV(oo-ta:; , xt'xXoc; r/. "Exi 
xaxà xwv aùxtov, £x 'Icoàvvou xou XpudoaxdijLOu, xal Aa(xa(7x/,- 
vou xal £X£pwv -ûaxépcov • TOpl x?,; T:£ptxo(ji.-?;ç, xou {j.£YàXou 
'Icoàvvou xou Xpuc70(7XO[j.ou • xaxà 2i[i.ovo; xou 2a|i.àp£C0!;, xal 
Maptwvoç xou IIovxuou, xal xou IIÉpcou Màvevxoç xal iSiv 
^lavr/atcov, xîxXo; 0'. "Ext xaxà xwv auxwv, xou [jt,£YàXou 
BacriX£iou xal ixépwv xtvcav. Tou ày^ou KupiXXou xaxà 
2a6£XXiou £x XYJç xou xaxà 'IcoàvvTjV Euay^EXtou £pL/.r,V£iaç, 

34. Clermont, 174; Meermann, 151 ; Th. Phillipps, 1483. 



M 



titXûç i'. TûD 'AOavaaiou xaxà 'Apptavwv, £x Torj xaxà twv 
auTCûV §' Xoyou, xai twv aXkcdv OfoXo^wv, tÎtXo? la'. Ilepi 
Toû àyiou uv£U(j.aTo;, tou [XEYàXou 'AOavaciou xai twv àXXcov 
TtaTlpiov, [titT^o;] i^'. "Eti Tîspl twv à^u[j.wv, tou [j.£YàXou 
'AÛavaaiou • xaxà 'A-rroXXivapiGU, èx Tr,ç itpoç jMaxsoovtavov 
'AiroXivapicTYjv SiaT^é^ew;, titXoç ly'. "Eti ex twv à7^>.cov £iç 
TO aÙTO wç iv Toîç upGEtpTjp.ÉvGtç. Kaxà Nsa-Toptavwv , tou 
KupiXXou La tTjÇ £p[jir,v£ia!; tou àyiou au[j.êoXou, xal twv àXXwv 
(7UYYpa[xa.àTcov, titXoç to'. 'AOavaaiou xaTa twv >.£yo'vtci)v 
uLtav cpuatv (JuvOetgv yE^ovIvat tov Xp'.cjTOv, xal tcov àXXwv, 
titXoç i£'. RaTa \\o6apTOOoxrjT(ov Toiv àiio 'louXiàvou tou 'A-ko- 
XixapvàcTEWç xal Taïvou tou 'AXE^avopéw;, èxcy^oXtcov A£Ovtivou 
TGÛ Bi'CavTiou, titXoç iç'. KaTà twv 0£O'n:aa)(_iT(ov oi T:aGr,T-/)v 
£ôoY[JiàTt(^ov TT,v TOU uiou xal 0£ou 9£(>Tr,Ta, TOU à^/tou KupiXXou 
xal TÛv ciXkiùv, titXoç îQ'. "Etc xaTà MovoDeXt^tcôv, ^Epyiou, 
IIuopou, IlauXou, yEpovTwv TtaTpiàpy^œv Ka)VGTavTtvouu6>.£a)(; 
xal Twv àXXwv, titXo; tr/. KaTà Eixovoaàytov, iiîiTOfj.Tj tiç 
-/ixpi6o[j.£vr, aTid T£ TÔ)v TipaxTixwv ij3oo[xV(Ç auvooou xal twv 
r£p[i.avou, NixTjOOpûu to)v TcaTpiàpycov Kwva-TavTivou'ûoXEWç, 
titXoç i6'. KaTà 'Ap[J.£v((j)v, titXo; x'. KaTà twv X£yo[X£- 
v(j)v IlatXr/.iàvcùv, ix tou $toTiou, tiVàoç xa'. Kaxà Ma^ra- 
Xiavtov, titXo; x^'. KaTà Boyo^j-iXcov, titXoç xy'. KaTà 
lapaxTjVwv, oi xaXouvTai 'lapiaXîTai, titXoç xo'. HapaTiT^oç 
$(j)Tiou iraTpiàpy^ou KcovaTavTtvouuc^XEWÇ. 

35. BiêXoc; y povixYj , cruv6£Ciç Tr/voXo^ia; eiç to yXuxù 
GuvTaY[j.a Gy^£OtacrO£Îaa, 6£(cov ^oycov èvvot'av iiEptXaaêavoixév'/]. 
Eùa£6iou nauL^iAou irpoç xà uuo ^iXocTpaTOU £t<; 'AiîoXXovtov 
âià Tï)V 'kpoxXâ 7iapaX'/i90£Î7av, aÙTOu T£ xal tou XptGTOU 
ou^xpiGic;. 'Epu.£iou 2co'Co[-»ivou 2aXa[j.tviou £xxXr,(Tta(TTariç 
laxopiac xo(ji.ot 0'. 

36. 'O[i.rjpou 'iXiaç cùv (jy^oXioiç, rjSr| £X tioXXou y.al £v 
ûipijiacTi Y£Ypaiji.(jt.tvr| . 



35. Clermont, 207; Mcermann, 370; Leyde, Suppl., 11; avec les notes de 
possession de Cl. Naulot. Voyez : Geel, Calalogus, etc., p. 5. 

36. Ciermonl, 366; Mcermann, 335; Oxford, Mise. 207. 



63 

37. EOcTTaOtou ipy iz.-kigv.ôtzou SiGcikovi-'Ar^ç eiç ty,v 'Oir/,- 
pou MXiàoa -ûapExêoAai. 

38. ToO aÙToO eiç tyiv 'Oar,pou 'OSuaaEtav i:ap£x6oXaL 

39. M>.iàGG; '0[jL-/,pou [xe-xà^pacrtç xaxà XÉ^iv lou TeXXoî). 

40- 'Exlpa tgO aÙTOu xal TauxTi ty] irpoTlpa. 

41. 'ApiaTû^àvGu; xcoacobiai toeÎ:; • IIXcOto;, Nît^sXai, 
BaTpayot, aùv uTccOéasaiv xal (jyoXioi;. 

42. 2ocpoxX£ou; SpàpLaxa Suo, ctùv ôXtyoîi; cyo'kioK; xal Taîç 

43- AtGV'Jdto; Tc.pl ûîxGua.£vr,ç, [j.£t' £^T,Yr,G£co^. riivSapGÇ, 

CTÙV £Çr,'','-rjC7£t. 0£GXplTGÇ, cT', [A£t' l^T^Y^'i'^^^^ ■ 

44. 'OTtTiiavGU àXi£UTtxwv piêXi'a y'. 

45. "E,^r,YT^a£cov Etç 'O-riûiavGu àXiEuxixà TG[j,Gt ^'. 

46- riGir,[jLa Eùaxaôiou itp(i)TGVoê£XtG([j.GU xal yapxocpuAa- 
xo; TGU llapEaêGXiTGu TG xaO' 'Y(7[i.-r]viav opàixa, pioXia itcp'i- 
yov ta'. 

47. KGpVGUTG'J, •?) (b^ àXÀGl (I^GpVGUTGl), CU^YpaaiXa TtpGÇ 
TGV TWV TGlTjXCOV G^£X'.Ut.COTaTGV, gO T, àpy^T, TG'.aGc * 'O Gupa- 

vûç, co zaïSiov r£wpYi£. 

48- 'ExEpûv E'JCxaôiGu xaO' 'Yc;[i.iviav, xauxo xw iipGEipr,- 

X(>Xl. 

49. KGvcxavxivGU xal Aégvxgç aùxGxpaxGptov vg{ji.gi. ÏIgXi- 
xixûv axtywv xgO vg[jlou itapà xoO M'f^ycL'}]'k XGtj "^'eXXgO irpGç 

XGV nGp9'jpGG£VVr,XGV NlX'/jOGpGV [J.Y, ^GuXG[i.£VGV TpGCÉy £IV XGÎÇ 

v(>[XGU ii.aOr,(j.acriv oià xgO -Atyryo^ "zoxjzq'j TCcXa^GÇ. 

37. Clerrnont, 368; Meermann, 308 ; Th. Phillipps, 1586; avec note de Cl. Naulot. 

38. Clerrnont, 369; Meermann, 309; Th. Phillipps, 1587. 

39. Clerrnont, 366 ; Meermann, 335 ; Oxford, Mise. 207. 

41. Clerrnont, 372 ; Paris, Supplément grec, 135. 

42. Clerrnont, 371 ; Meermann, 339; Th. Phillipps, 1604. 

44. Clerrnont, 301; Meermann, 262; Th. Pliillijjps, 1560; avec note de Cl. Naulot. 

45. Clerrnont, 303; Meermann, 263; Th. Phillipps, 1561; avec note de CI. Naulot. 

46. Clerrnont, 385; Meermann, 345; Th. Phillipps, 1608; avec note de Cl. Naulot. 
48. Clermont, 386 ; Meermann, 346 ; Lejde, Suppl., 123. A la fin, on lit : 

*ET£t XpiTToO ,açoY', àvÉyvw xa'JTr.v ô NauXfox KoiXaÔEuç, A'jaXAtovaîô; te xat 
Aiôovo;. Voyez : Geel, Catalogus, etc., p. 36. 



()fi 



50. 'ExXoy/] xai cuvo-^tç twv [^aaiXixwv s^TjxrjVTa ^lêXiwv 

TOU Trepl UlGTECùi; [J.6vOU TItXoU TtpOTÉÔSVTOÇ TlàvTtOV TWV GTOl- 

yeiwv 8tà to Tiij.r([j.a, G\jviyj.i Se lîàaa irpaYli-aTeia azoïyjXcL 
dxoGi Toia, tbv ixàcTTO) Tiiva^ TrpoTi'GsTai. 

51 . 'Ex^oy/i £x Twv veapûv Aegvtoç tou eùasêou; pacriXsoi);. 
'Exépa TC/û aÙTOîi Xiav ox^éXtixo; irspl tûv cuvxpiêdv toÙi; 
èauTwv àvTioi'xouç [j.Y)yava)ii.£vcov. 

52. Ta SoYjjLaxa Y] v6[xoi, [xfx' £p[i.rjV£(aç. 

53. "Epli-ITITCO;, Y] TTEpl àGTpûT^OYiaç. 0£covoç 'x\>.£^avSp£a)ç 
£iç TGÙ;; 7rpo'/_£ipoi»<; xavovaç. EOxX£iôoi» xaiOTCxpixà. Toîj 
aÙTOu çatv6[jL£va. Ta Tipo twv E6xX£iûou outixwv. Tou 
aÙTOÛ S£00[jt.£va. 

54. MéGooo^ OTTOtaç xpàG£(i)ç £upic-x£Tai 6 xpovoç xpaTYjaov 
xà àiîo xTr,G£coç è'xr,, xai o'^ciXov ut:o twv oa)d£xa, xal Ôaa 

£00£60(TC xàT06£V TWV 0CO0£Xa, aUTÛÇ èCTTlV OV ^r^TYjÇ, xal £1 

t/èv (JL'/^V'/] a', £vi irpwToç )(_povGç, £? Se Suo ô£UT£pO(;, xai 
xaO£Sr(i; îiùc, tcov i^'. n£pi twv <^aivo[j.£vwv çXoywv xato- 
[ji£vwv TiEpl TGV oùpoLvbv , xal TWV xaXGi»[i.£Vwv atywv , xal 
SaXwv xal oia6£6vTWV àcTÉpwv. n£pl xo[xr|TWV xal toO yaXa- 
liou x'jxXou. n£pl ô[ji.êpGU, yoLkatri^, yiovo^ xal iray^vr,?. 
ITegI (7£ic7p.o'j. n£pl PpGVTTjÇ xal àcTpaTrrj; £x v£CpiGU T£ xal 
TucpwvGç, xal Trpr,(TTTjpGç xal xEpavGO. n£pl TWV £V TW GÙpavw 
(paiVGfxlvwv oac[ji.àTwv, n£pl l'ptSoç. n£pl pàvowv xal iiap' 
r,Xtwv, cTi §£ xal TWV £v YTi p.£TaXX£'JTwv t£ xal ôpuxTwv. 

n£0l ff£XT,VrjÇ. n£pl r|U.£pGUXTtWV Xal TWV T£S(jàpWV TGO è'TOUÇ 

xatpwv. n£pl Gixrj(7£wv. n£pl G'jpavoû xal yr,?, r,XiGu xal 
à(7T£owv. Il£pl {i.£Y£BGuç xal Gtaçopàç TWV XeydvTWV 'ir£pl 
G'JYxoic-£W!; TcpGc; t/jV Y'/jV, r,XiGu xal (7£Xr,vr,ç. Il£pl toû 
vgulixgO çaaxaXbu. BtêXiGV P' TOpl tt^ç )(_pGvtxY,ç £utv£[i.ia;. 

NtXTjÇGpGU TraTpiàp'/OU KwVCTaVTlVOU 7î($X£W(; GV£tpGXP'/)TtXGV 

50. Clermonl, 191 ; Meermann, 169. 

51. Clermont, 193; Meermann, 171. 

52. Clermonl, 190; Meermann, 168. 

53. Clermont, 287; Meermann, 282. — Clermont, (?) ; Meermann, 238; 
Th. Phillipps, 1542. 

5i. Clermont, 291; Meermann, 284; Th. Phillipps, 1574: avec note de CI. Naulot. 



67 

xaià àXûa6'r|Tov oià (JTiy^cov iatjL6'ixcov. 'AXXg ^t6XiGV àvco- 
vuuLOu, £v cl) xaûxa ivoûapysi • Il épi iy.'kv\)H3L><; xôu r^îou. 
ïlipl £xX{'];£coç Tï)ç (JÙ.r^Yr^!;. Uiol r.ooyihan.o^ tou -/iXioi» xai 
aikr^Yr^^. IlEpi yivva; Tr,c; (7£Xr,vrjÇ. Ikpi x£pxGcr£(i); àcTÉ- 
otov. n£pi âxTiéccCo; àcjTÉpwv. n£pl £ijL^avrja£co:; ï^iooç. 
Eepi po[j.ça(aç iv oùpavw. Ikpi âpuOpàôoç oùpavou. n£pl 
(rr,a£''ou $.£vou £v oùpavû. n£pl Ô[J.ou6(7£coç àvOpwiro'j £v 
ûOpavw. n£pt ppovT'?]^ [jl£t' Ti'/ov. n£p'- àffTpaucov [J.£Yà- 
Xwv. n£ûi xcoauvou xai vauôpaç. ri£pl 6£Toij Tiàvj. Il£pl 
■fcCkixLrf, rAvi>. n£pi 6£TrjCr£C0(; yoîiv èp'jOpdv. n£pi iuiêpÉ- 
^£co^ ^aTpàywv xai crxoXi'xwv. Ilipl Oa[ji.êoa£co; toû àÉpoç, 
n£pi Tapay^fjÇ àv£(j.wv. Il£pl jA£Taêàa'£a)ç Tr|Ç- rjUiipaç £tç 
vuxxa. ricpt XTUTTOD àuo GÙpàvou àxouaôlvTO!;. Iltpl xxuuou 
£x yri? àxo'jcrOÉvTGÇ. IIspi cr£i<7[j.GU TrjÇ [i.r,TpGÇ rj[i.cov yr,<;. 
"Ext û£ ■Tr£pl (jirjvcov ixàcxcov xaxà [jLEpGç. NtxTjCp^^pGu ¥^>xki- 
(j'zo\j xgD EavxGUGXGu auvouxix'^ auvo'j^iç àyicov y^pGvcov. IIpG- 
yvcoo-X'-xà £OSiavGij àlpGÇ, 'ApàxGU. n£pl Giatp£a£co^ ivtauxGU, 

$XGp£VXlVG'J. npGyVCOffXlxà y£l[A£piVGÎi àépGÇ, xai £X TIGtWV 

X£X!i.r,otcov GULêpGv 7 or, TrpGCJOGxav. "Ext oà TzoXkoL XGiaûxa 
£x otafÇGpcov GUYYpa^£(Ov èxXéyOEVxat Trepi c(xou, àfjnrlXwv, 
TrpGCaTcov, xal xcov G{j.Gitov. 'laaàx (j.GvayGu xgu 'Ap£upG'j 
cy gXigv £iç XG -iipwxGv cy_rj[i,a XYJ^ £v èuméoco xaxaypa^Tjs '^'?|Ç 

GlXr,(7£W^. 

55. 'AXXg GUYYpa[j.|j.a xtva xyjç Y£a)[jLavx(aç x£ xai àcrxpo- 
XGY(a;, àva)vu[i.G'j. 

56. KÀ£GL<.rjGGu; xuxXixYJç 0£Gpia!; xtov [j.£X£Gpcov ^lêXia ^'. 

57. <^GupvGuxG'j 6£topia r.£pi xr,; xtov 6£(uv cpuaewç. KaX- 
XicxpàxGU è'xcppaaiç £iç làxupGV S r,v £v yjyipioi hOoi -qcrAr^io, 
xai £1;; àXXà xiva. 'Hcpaiaxiojvoç irepl [jixpGu. 

58. "AXXg (ju^i'/ov TzoXkoL Tii^l xwv oc6G£xa xgticov xgu 
GtixaxiG'j xai xwv xgiguxcov, àva)vu(j.Gv. AtGVX&ç «piXGffG^Gu 
•it£pi ^aaïkiica; xat àpy^dvxwv itco;; éffxi yvôivai xg {xyjxgç xyjç 



57. Clermont, 363; Meermann, 344; Leyde, Suppl., 104; avec la note de pos- 
session de Cl, Naulot à la fin. Voyez : Geel, Catalogus, etc., p. 30. 

58. Clermont, 294; Meermann, 252; Th. Phillipps, 1551. 



68 

y.^yjr^ç xal 1f^ y^Vcxai £v -r^ àpy^-^ aùxoO. lluOayopixou Aa^su- 
TTjpio'j '/JTot ToO PaêoouX^oi» ouTO) TTwç X£YO{j.£vou ïlspataT^. 
notrj[Jia ToO £111 Tou xavixXEiou tgu KajjiaTrjpou, iiEpl (ÇwSigu 
xuxXou xal Tcov aXT^tov ocTcavxcov tcov £v oùpavco. 'A(7Tpa[jt,- 
'jyuyoç i£p£Ùç (^aaiXEÏ pLEyà^to nToX£[j.aup iiEpi xXrjpcav. 

59. 'Apy i[J.rjSouç TX£pi acpafpaç xal xuTiivSpou ^iQ^ica Suo. 
Toîi aÙTOû xuxXoi» [ih^r^Giç. Tou aÙTOû itEpl xcovoeiSecov xal 
c<patpo£iS£(ov. Toû auTOU TC£pl éXixwv. ToD aOxou TiEpl èm- 
irÉocov icoppoTiiwv Y) x£VTpaêapwv âitiirÉocov ^lO^ia Sùo. Tou 
auToîi 'j'afj.piT^TYjÇ. Tou aùxou TETpaywvtdiJioç iiapaêoXYjç. 
EÙTOx^ou 'AGxaXwviTOu Etç xà Suo TTEpl Gîpaipaç xal xuXivSpou 
'Ap)(_i[jLr|Souç. ToO aÙTou dç tyjv xuxXou [x£Tp'/](7iv 'Apyt|j.iQ- 
§ouç. ToD aÙTOu £iç xà otjo twv taoppoiiixcav xal x£VTpa6àptov 
'Apyi[i.T,Souç. 'Opiêaaiou irpoç tov utov auxau EÙGTaôiov 
£vv£a Xoyot. ToO aùxoD TC£pl o'jpcov. 

60- 'Opi^ao-bu laxptxcov auvaycoywv ^i^Xia i'. 

61. 'OpiSacriou ^têXiov TC£pi£y^ov xàç laxpixàç axEoaataç 
Tojv £[i.7rXàaTcov. ToD aOxou iiEpl Tiacûv £[jL7:XdcaTcov xal 
(TX£i»aa[JL£vtov oioL TzdpcLç. Tou aÙTOu Tipoç Eùvàiiiov. Tou 
aÙToD TiEpl ûuvà[j.£co<; tcov àuXôv xaxà aToiydov. Tou aùxou 
TTEpl T(ov 'n:avoTj[i.a)v vocrY)[ji,àTa)v, 

62- 'Ootêaaiou auvaycûywv laTpixwv àuo tou ta' [Jt.£y_pl t£'. 

63. 'Ap£Taiou Rainxaâdxou tziçX taTpixwv, 'ir£pl aiT^tov xal 
crr,ij.£icov o^étov uaGûv [3i6X{a [3'. Tou aÙTOu iiEpl cdiUov xal 
aYja£(tov ypovioiv TraOcov ^iSXia (3'. Tou aÙTOÛ o^ecov vouawv 
OEpaTTEUTixwv ^tÊXia [3'. Tou aùxou ypoviwv voùcrcov ÔEpa- 

UEUTIXCOV (ïltêXlOV £V. 'ï'iXoôloU TC£pl OÙpCOV. 'AxTOUapiOU TTEpl 

oùpwv TipaY[j.aT£ia. IlEpl ^layvwcTEWç tûv oùpwv Xoyoi oùo. 
"AXXoi 01)0 [j.£xà xoùxwv àvETiiypauToi. "Ext odo "ko^^oi TC£pl 

UpOYVWGECûÇ. 

64. Mo<75(_(covoç irepl yuvaixiwv iràOtov. 



59. Clermont, 274; Meermann, 237; Th. Phillipps, 1541. 

61. Clermont, 32G; Meermann, 227. 

G3. Clerinoril, 322; Meermann, 223; Th. Phillipps, 1531; avec note de Cl. Naulot. 



en 

65. BiQ^o? iTTiioiaT ptxr,; [j.£Tà -niocrîco; £p[;.'/)V£uo[j.£vou 2to- 
cToaTOU xat 'IitTcoxpà'CO'jç. 

66. raXrjVou 'iî£pi daTcov tgïç £Î(TaYO[jt,£Vûtç. 

67. n£pi (TuvO£(7£a)ç (papixaxwv xwv Ixtoç GW^AaTo;, ou à^yr^ 
Totào£ • 'Eooy.£'. [j.c/t oiol ppay£tov. 

68. Po'joou 'E^£(7iGu [AGVo^'iSXou, Tivaç à£l 7.aOaip£tv, xal 
T.oioiç, xaOaoTr,r.iotc xal 'iidT£. Tou aÙToO ■7T£pi twv £v xucttei 
xai V£<ppoiç TîaOûv. Po'jcpou 'F2cp£(7{G'j GVGtjLacriai tcov tgu 
àvOpcoTîoO (xoptcûv. Tgu aÙTGU ôvGfjLao'twv Twv xaxà àvôpcaiiGv 
Ptdt 



a 



69. 'IcoàvvG'j Aa[jt.aaxrjVGii Ticpi (papij.àxcov x£vouvTtov xal 
T?,; aÙTOJv (pucr£a)^. Tr,^Gpia ci' wv £OpiaxGVTai oi xuxXot 
'/jXiGU xal azki^^r^c,, lo vou.vA.hv irà^ya, y^^ovoç i[i.èokiikOç xai 
xà Totauxa. n£pl [^oxavcov àvcovofi.GU, gu r, àpy;/^ • TgÙç 
Ti'jsIxxG'JVxaç. NcGÇ'jXG'j fXGva'/^Gu 7rpGGpG[j.TjXG'j 7rpG'/_£tpGç xai 
-/_ir,(7i[XG:; cra(pT,V£ia xal auXXoYTj K£pl ^oxavôiv xal àXXwv irav- 
x^cov £i8cov ft£pa'îr£uxixcov. 

70. 2'j[j.£cov -ûpoaxG^îcrxàpy^GU xoO 'Avxioyou Ti£pl xpo^wv 
cuvàu.£wç xaxà (;xoty£ÎGV. 

71. Twv n£p7{ovxGU Pa'(f|, xgu Ak^ouè, 'A^EXtavGU, 'laaàx, 

'itoàvVGU XOO AajXacJXTjVGU ÀGyGl i'TCXa. n£pl GUpWV C7UVGt|'lÇ 
aUVXGIXGÇ àV{OV'J[JLG'J XIVGÇ. 

72. HaiCaxiG'j AiGGXGpiôGU 'Ava'Capêiwç uX'/jç laxptxYJç 
^tÔAia xo'. Tg'j a'jxG'J 7r£pl igSo^wv '((otov (7rjUL£icocri<; upG(pu- 
Xaxxixr, xal 6£paz£uxixr(. 

73. 'ExXoyr] Gtacp(>p{OV auyYpaçiWV 'A^'jpxou, 'iTcuoxpàxGuç 
xal xcov àX7>(ov 'n£pl tirztov 0£pa'7r£(aç. Neoaocptov ôtaÀa[/.6à- 

CG. Clermont, 319; Moermann, 270; Th. Pliillipps, 15G7. 
C7. Clermont, 317; Meermann, 219; Th. Philli[)ps, 1528; avec noie de Cl. Naulol. 
68. Clermont, 337; Meermann, 231; Th. Philli|)ps, 1530; avec note de Cl. Naulol. 
09. Clermont, 338; Meermann, 277; Th. Pliillipps, 1570. 

70. Clermont, 334; Meermann, 273; Th. Phillipps. 

71. Clermont, 342; Meermann, 233; Th. Phillipps, 1537; avec noie de Cl. Naulot. 

72. Clermont, 320 ; Meermann, 221 ; Th. Phillipps, 1530, avec note de Cl. 
Naulot, et 3084 (?). 

73. Clermont, 345; Meermann, 235; Th. Phillipps, 1539. 

G 



70 

vov xàç Osparstaç icov vo(T'/][JiaTcov twv cruij.€atv6vTcov xoîç 
xuvrjY£Tixotç Ttov ôpvswv GCTauTCûç xat xàç xcoixaç éxàcTOi» 
opvtou, ÈTt 0£ xat xà )(_pa)[ji.aTa. 

74. IleSaxtou Atoaxopioou 'Ava^àpêecoç upoç 'Avôp(;[/.ayov 
TÔiv àTcXwv cpap[Jiàxa)v irapàciOGi;. 

75. 2y6Xata r?js ç' âTiiôrj[ji.iac à-no çwvr,ç ïlaTCkoLoioD 
(jGCptcTOU T[j.'r|[JLaTa g'xtco. Ae^txov 'IirnoxpaTouç xaxà cxot- 
yslov. 

76. Ilaioaxiou ^.lO(Jy.oç)iool> 'Avasàp'Cswc; KtXixiaç pil^wv xat 
/i»Xtc7[jt.àTcov xai (77i£p[ji.àTcov ff'jv ^uXXtov çap[jt.àxcov xaxà cxot- 
^£tov [^têXia xS'. 

77. 'AXsHàvopoi» TpaXtavoD ^lêXia oc6o£xa. 

78. 'laTptXYj xaxà (JTOiyjXov izefi xtvcov zx'/]vtov xat vtjXXcov 
xat yspaatwv uwcov Ciuvà[ji.£co; èx xr^ç xou 2u[7,£cov Mayto^xpou 
7:paY[jLaxtaç. 0£paTr£ta £tç Xu[ji.ï]v ota^poptov ^ÀaTuxtxwv t^wcov. 
AeSixov XI [xixpov xaxà aïoiyjXov ci^yov airo ^'. 'Avxtooxot 

XtV£Ç XCOV IkpCTWV £tÇ X'^V ' EWcL^OL p,£X£YX0[JLlXl(jG'?i'7at. 

79- raXrjVoij Tr£pt ypîtaç [xoptcov xat £V£py£ia<;. 0£OCptXou 
TZcpi XYj^ xou àvOpojTcoi» xaxa(7X£urjÇ piêXta e'. raXrjVoO ôta- 
yvwGEtç xat G£pa'r:£iat Tipoç (^aatXIa xov Ilopçupoycvv'/jxov. 
'Icùàvvou ÈTCiax^uou Ilpucjâpuavoav tx xou IlaXXaotou, 'Ap'/_£- 

Xàou, 2x£Cpàvou 'A"X£^àvôp£co^ xat âia^o'pcov uaXatwv laxpwv 
uept Èvxtpcov. 

80. '[imoxpàxouç èittcjxoXY] irpoç nxoX£[ji.aîov ^aatXéa 7r£pi 
xaxaaxEU'^ç àvôpcoTiou. AtaOr^x-/) FaX'/jvou TiEpt xou àvôpw- 
Tiivou crcoijiaxoç xaxaGX£U'/^. At i-iiaxxat xûv p.VjVcov. ToCh.q- 
vou TiEpt (7U[ji.T:xa)[j,àx{ov pt^Xta, (bv o [xàv irpcoxoç àx£CpaXoç. 
Tou aùxou laxpoç Y) EtffaYwyrj. Tou aùxou ir£pt çap[JLàxco^■ 

75. Clermont, 313; Meerraann, 215; Th. Pliillipps, 1525; avec note de Cl. Naulot. 
Copié en 1540 par Valeilano Albini. 

76. Clermont, 321; Meennann, 222. 

77. Clermont, 331; Mecrmann, 230; Th. Phillipps, 1535; avec note de Cl. Naulot. 

78. Clermont, 306; Meermann, 265; Th. Phillipps, 1562; avec note de Cl. Naulot. 

79. Clermont, 315; Meermann, 217; Th. Phillipps, 1527; avec note de Cl. Naulot. 
— Clermont, 3il ; Meermann, 278. 

8U. Clermont, 312; Meermann, 269; Th. Phillipps, 1566. 



71 

Tiepl layiàooq, xal uoôàypaç xal àpOptxiooç. Tod aÙToO irspi 




iàaêwv. "AXXa xiva £'r:rj'pà[i.(J.aTa T£ xal u(j.voi £iç Ta o' 
£Oay,'£Xia xal -napOlvov iNIapiàa xal xà TOiaOTa. 

81. Neoçutou êioacTxaXia ittpl tcov èv toIç oSouatv TiaOtov. 
Aià^j'vwcn; bzkioiw toû opou TX£p( T£ )(_pto[j.àTOi)v xal ijirocjTà<T£wç. 

82. Mekiiiou p.ova)(_ou TiEpl (pu^ccoç xal tou àvOpcouou 
xaTa<7X£UY)(;. 

83. Màyvou aoçto'Tûu i^riyrjcriç irspl ouptov xal lyXkiùv izok- 
Xtov Gûçcov T£ xal oioacrxàXcov G'JVT£6£t(7a Ttapà tou '^iXocroço- 
xdtTou ixEçàvo'j TOU 'AXE^avcpÉcûç. 'Ex toû 'OXi»[/.viou tou 
'AXE^avopIcoç TTîpl ypic-rjiJLCOV rj[jt.£ptov. PaCv^ Xoyjç ixtpl Xoi- 
[j.txfj<; è^EXXriVicOîlç aixo ^upcov OLaXIxTou. Aiaixat laTptxal 
TTEpl TOÛ Tîwç 0£Î oiayEiv, àvcovu[i.ou. rispl cpX?6oTO[/.taç, àv(i)- 
vuLtou. Il£ol auvo'|»ia(; xal oiSaaxaXia^ oûpcov. IxEuac^a 
o;ouç axuXr,Tixoû uapà TIuGa-^j'Opou tou ^iXotroçou. 

84. Vk "^à 'iTITTOXpaTOUÇ TTEpl O^ÉCOV VOT/) [J,àTWV TIJ.YjfJ.aTa 

y' â^T^YrjÇnç, àvcovutj.ou. Ae^ixov 'luTroxpaTOUç xaTà G^oiyjlov. 

85- TlEpl Twv àirXwv 9ap[j.àxcov xal o-nrwç ypiq è'x te y^vé- 
(7£wç xal T'?,!; ôa[j.7Ji; xal Tïi; y pwaç TEXtxaipEûOai tTjV ixàcTou 
Twv àirXcov ôuva[j.£cov 

86. Ait(ou 'A[j.iStvoû crûvo'^/tç twv Tpiûv p'.SXtcov 'Opiêacriîiu, 
XIyco 0-/) TOÛ irpoç 'louXiavov, xal toû irpoç EûctocGiov, xal toû 
•Ttpo^ Euauvàuiov, xal twv GspaiiEUTixwv ^lO^ioiv FaXrjVOÛ xal 
'Apyi^EVouç xal ÉTÉpwv tivwv àpy aïojv £TiGr|[j.ojv Xoyc't oxto). 
'Iir-iroxoàTouç à9opi!j[j.ol [j.£t' £^r(Yr,a£(0(; C-)£oa«iXou qiXogo'qou. 
raXr,voû itpo; TEuOpav etuctoXyi '7:£pl EÙauvoiTTcov cropUYI^wv. 

81. Clermonl, 335; Meermann, 274. 

82. Clermonl, 336; Meermann, 275; Th. Phillipps, 3892. 

83. Clermonl, 332; Meermann, 272; Th. Phillipiis, 67G3. 

84. Clermonl, 313; Meermann, 215; Th. Phillipps, 1525. 
86-87. Clermonl, 329-330; Meermann, 229 ; Th. Phillipps, 1534. 



IkôXiov eOct'jvotctov irepl tcov acpuy[ji.(ov Fscopyiou layivaxiou 
ûiraTOu P(0[j.aioi» xai ^A6[i:r{zo<;. Tou aÙTou efç aà iç' 0£à[j.aTa 
TT]; GtxouLfcévrjÇ. Toîi aùxoD Stà aiiyoiv itoXiTixcov èv tyj 
'E^X'/jV^rj cptovYJ ôvo[ji.acriat twv jjlsXcov tou àvO^wiiou. Iltpl 
TCOV àyicov 'C xai oixoufXEVixwv auvc^ocov. Ilipl paGiX£(0(; 
2oXo[j.tovTOç. Mi/jx-qk TTSpi OOY[jt.aTOç. 'Ia[j.êtxGi CTr/^ot 
rpr^Yopiou TOU ©Eo^oyou. 'Icoàvvou Aa{j.a(7XTjVou tco Koafxa 
imuv.O'KCL) TOU Maïou[Aà. 

87. Tou AiTiou uTioXotuà oxto) Ta.Tj[i,aTa iraXatOYpacpOTcpa. 

88. "AXXo yVtTiou auYYpa{j,[ji.a iiàvTaç toùç aÙTou Xo^ouç 
Y.oLi:iyov, àXKcL vsoypa^poTEpov. ''Eti oà 'Acppixàvou Tcspl cTa- 
G[JLa)v xal [i:£Tpa)v. 

89- 'Ax[j,àT utou 2£ipY)[JL ôv£tpoxp-/)Tixov. 

90. Tcov 'Opiêaaiou laTpixcov cruvaycoYWV xo', £x tcov 
ra)^T,vou 7i£pl £YX£cpàXou xal [jt.7jVtYY(ov. Tôv 'OpiGaciou 
taTptxcov cruvaYcoycov, £x tcov Poucpou TtEpl ovo^-aaiaç tcov xaTà 
TOV àvOpcouov xc'. 'AxTOuapiou itEpl £V£py£icov TOU <j;uyjxou 
TiV£U[j:aTOç Xoyoç TcpwTO;;. Tou aÙTou TOpt oiatr/jç Tpo^wv 
0£UT£poç X^yoç. Tiva £iç à(poptcr[J.oùç l-HTioxpaTouç. luvo-^iiç 
2T£(pàvou cptXoo'o^ou UEpl ûiacpopaç 7IUp£TC0V. IlEpl £Ùy^U[J.COV 
xal Ticpl oiaiTrjÇ uàcTjÇ. 

91. Eicraycoy/) Ilopçuptou upoç XpTjO-adptov. 'AptaTOTÉXouç 
0£xa xaTTjYopiat. Tou auTOu u£pl £p[ji.YjV£iaç. Tou aÙTOu 
àvaXuTixcov TrpoTÉpcov [3têXia ouo. Tou aÙTOÛ àvaXuTixwv 
UGT£pcov [3t6Xia ^'. Tou auTOu totiixcov [itêXia oxtco. Tou 
aÙTOû l\h('/iùv (TOCptcTtxcov TcàvTa iraXaioypaça , xal a£Tà 
ayoXicov Ixavcov nXoTivou. 

92. 'ApicTTOTlXouç TXEpl '(cocov [Jiopicov PtêXia o'. Tou aÙTOU 
Ttcpi 'Ccocûv T.o^doLÇ. Tou aÙTou TC£pl aiGO-/^cr£coc; xal aiaGrjTcov. 
Tou aÙTOÛ TTEpl ^cocov Y£V£C7£C0(; piêXia £'. Tou aÙTOU TC£pl 
aaxpoêtoTTiToç xal ppay^uêi^TrjTOc;. Tou aÙTOU iiEpl Vco'tt^toç 

89. Clerrnont, 292; Meermann, 285; Th. Phillipiis, 1575; avec noie de Cl. Naulot. 

90. Clerinont, 324; Meermann, 225; Th. Phillipps, 1532. 

91. Clerrnont, 245; Meermann, 191; Tli. Philliiips, 1507. 

92. Clerinont, 246; Meermann, 192; Th. Phillipps, 1508. 



73 

xai yr^pw;;, xai 'Ccoy;; xai Gavàxo-j, xal -ûcpi àvaitvoTjÇ. Toîi 
aÙTOû TX£pi ûtîvou xai èYp'/jyopcewç. ToO aùxou TT£pl àvuitviwv 
xai çavTaG[ji.àTœv. Iltpi [xavTiXTjc; Tr|c: èv toÎc uiivotç ^evoue- 
v-/)ç T£ xai Xc.YG[j.£vr,ç. 'Aptc>T'JT£Xouç zepl uowv xivTjCcwc;. 
ToO aÙTOÛ TtEpi àT6(jt.(ov Ypa(j.u.â)v. Toîi aùxcû zEpl izvcUtj.aToç. 
'AptaxoTÉX&uç TTEpl '((owv iG-Topta; [3tê/Via 0'. ToO aOxou TT;£pt 
ypcouLaxcov. ToD aÙToO [Àr,*/avixa. 

93. 'AptcTOxIXouç irpoÔXrjU.axa. Tou aOxoû r^Oixà Nixo- 
uàyEia. 

94. 'ApiîTXOxIXouç TjGixà NtxofJiàyEia [ji.£[ji.êpavdYpaoa. 

95. 'Aoto-xGxIXouç rfiiYMv [/.c^aXcov ^lêXia O'jo. ToD auxoû 
upoç EuoairjLOv ptêXi'a s'. Too aùxou oixovo[j.ixcov oùo. Sto- 
ooào-xou xtva ■7r£pl ^uxcov laxop^aç. 

96. Mrf/ar^X xou "^eXXou â^'/^YT^aïc; £iç xà ir£pl ÇDatXYJç 
àxoGaccCùç o'xxcû [^lêXta. 

97. 2uoiavou (î)iXo^£vou K£pi xcov £v xw p' xr,ç [j.£xà xà 
cpu(7ixà 'ApiGXOxÉXouç 7:paY[j.ax£iaç. Tou auxoîi iutcrxÉ'jiciç 
xôjv 'AptaxoxéXouç àiiopiwv irpoç xà [/.aOrifjiaxa xai xoùç àptO- 
fxouç xoù^ £v xw [x' xai v' xTj^ ULcxà xà ouaixà 7rpaY[J-ax£iaç. 
Eiç xà UEpl Tipovoiaç xiva Guvx£Xouvxa. 

98. Ilapàçpact; xwv 'AptGXOxéXouç YjGixwv Nixo[ji.ay£icov, 
àv(ùvup,ou. 

99. AE^i-nirou (piXo^ocpou nXaxcovixou xwv elç xàç 'Apicrxo- 
xeXouç 7.a.'zr{'p^i'xc, dciroptûv xal Xuaswv x£(pàXaia p.'. 'AXe- 
Hàvopou 'Aopoo'-7i£W;; Tcpoç xoùç aùxoxpàxopa; uEpl £t[ji,ap[i.é.v/;ç 
xal xou £cp' 7j(jt.îv. 'fatjLêXr/ou UEpl £i{ji.ap(i.£vr,(;. 

100. Ilapà^pa'ji; eiç xàç xaxTjyopiaç, izi^X ô[ji.a)vuiji,wv , 



93. Clerniont, 247; Meermann, 291; Th. Phillipps, 6764. 

94. Clerniont, 248; Meermann, 292; Brit. Mus., Add. rns. 6790. 

95. Clerinont, 249; Meermann, 293; Th. Phillii>ps, 3085. 

96. Clermont, 258; Meermann, 201; Th. Phillipps, 1514; avec note de Cl. Naulot. 

97. Clerniont, 253; Meermann, 196; Oxford, Mise. 194. A la fin: 'EYpàço 
xap' èfjLoO NtxoXâo'j Kox6),ou ,a(ji.ça', h [j.r,Vt vo£[j.6ptou x5'; puis la note de pos- 
session de Cl. Naulot. Voyez : Coxc, Catalogus, etc., p. 754. 

99. Clermont, 250; Meermann, 193; Oxford, Mise. 196. 

100. Clermont, 256; Meermann, 199: Th. Pliillipps, 1512; avec note do Cl. Naulot. 



74 

auvtovufxcov, uapcovuixcov, £T£ptovu[ji,(j)v, TtoXua)vu|i.cov xal ixi- 
pcov, àvcovuaou. lyoXioL dç xà S' 'AptaTOxéXouç irspl '(cowv 
[jLopiojv. lyokicL £1^ To Tt£pl '(oStov 'iiop£ia<; 'ApicToxéXouç. 
lyokioL de, 10 TZE.p\ LJ,vr^a.r^ç xal dcva[jLvr,a£caç, uitvou xal sypr^ 
Yopascùç, xal tïjÇ xaÔ' utcvouç jj.avTix'?jÇ 'ApicrTOTéXcu;. Toû 
aùxoO cyoki'X £iç to iiEpl '(wcov xtvrjG£a)ç. "Ext dç xo Tr£pl 
(jiaxpoêtoxrjxoç xal [3payu6ioxr|Xoç, "Exi oà £iç xo 'ix£pl yrjpwç 
xal v£dx'/]xoç, xal '(wriç xal Oavàxo'j, xal ':r£pl àvauvo-^ç. 

101- TOU ^iXoTCQVOU (T/oklCL £1? 0£tJX£pOV XWV TTpOxiptùV 

àvaXuxixôv. 

102. IlpoxXou Ataodyo'j IlXaxcovixoO £Îç x/,v IlXàxwvoç 
^loko^^i'xv pjtêXia TiivxE. Tou aùxou OcoXoYix'rj (7xoi5(^£i{oac<; èv 
xEçaXaiot^ -n£pl xou ê'voç. 

103. IlpdxXo'j nT^axcovixoû Aiaooyoi» £iç IlapjjLtViSrjV IlXà- 
xwvo;; ^tCXia i'-rtxa. 'Ex xôv xou çiXo'^doou IlpdxXou (ryokioiv 
zlç xov KpàxuXov nXàxcovoç IxXoyal y^pr,Gi[ji.oi. 

104. 'Epa£io'j çiXoadcpou xwv dç xov IlT^àxtovoç $atâpov 
cyokkùv piêXia o'. 

105. Aaixacxiou çiXoGOîpou àuopiai xal AÙaiiç nt^i xoiv 
Ttpcoxwv àpyûv. 

106. '0}vu[jt.T:ioS(6pou çiT^OGOçou uyokia zlç xov IlXàxcovoç 
<î>aio{ova, 'kzinti oï xouxotç xà £^ àpyr^ç (puXXa i'^. 'E^rp,'Tj(7iç 
xou 'OXu[j.'irtoSa)pou £iç xov xou IlXàxcovo; $iXr(êôv. 



101. Clermont, 257; Meermann, 200; Th. Phillipps, 1513; avec note de Cl. Naulot. 

102. Clermont, 241; Meermann, 187; Th. Phillipps, 1505; avec note de Cl. Naulot. 

103. Clermont, 242; Meermann, 188; Th. Phillipps, 1506; avec note de Cl. Naulot. 

104. Clermont, 244; Meermann, 190; Th. Phillipps, 6761; avec note de Cl. Naulot. 

105. Clermont, 269; Meermann, 209; Th. Phillipps, 1520; avec note de Cl. Naulot. 

106. Clermont, 243; Meermann, 189; Brit. Mus., Add. ms. 10063. Au bas du 
litre, on lit : « Ta'jTYjv àvlyvwxEv o NauXwx xyjç KoO.aSoç, ëxst XpiffToù ,a?0Y', 
« 1573. » — Et à la tin, fol. 141 v° : « 'Etei XpuT-coù aw-ripo; ^açoy', trlv ôï 
« Tvjv (Jt'êXov àvéyva) KXaûSto; ô Nay^wTo; KoO.aoeuç, 'AuaDvWvaïoç, Iy. ttiç twv 
« A!5'.oO(i)v ôioixTiTEwç. — Anno Christi servatoris 1573°, hune legens agnovit 
« librum Claudius Naulotus Vallensis, Avallononis. ex Hfeduorum diocesi. — 
« L'an du saulveur Jcsus Christ 1573, Claude Naulot du Val, Avallonnois, du 
« diocèse d'Auslun, ha lisant recognu ce livre. » 

Au fol. 141, souscription du copiste du manuscrit : 'O Oùa),îpiâvo; 4>opo).i- 



75 

107- novr,ua r£copY''o'j oiaxovou TcpcoTSXotxaiou otxatocpu- 
}vaxo; ToD na/_uu.£p'^ r.i^l cpiXocrofpiaç. 

108. Ni/.r,G(^oo'j [xovaoTou xal irpcG^uTépou toO xT'r,Topo; 

109- 'louXtavoù aÙTOxpaTopoç xatcapoç 'AvTto5(_ixo!; r^ u^iuo- 
TTCOYWV. 0£ocppàG"TOu yapaxT'^ps;; 7i£pi iStwuiaTcav. 6£tj.i(7T{ou 
otXoao^o'j naaavfJTT,^ yj ^iXogo-çoç. ToO aOToO £tç tov aÙTou 
iraTtpa. 'lo'jAiavo'j y.aïaapoç £iç tov ^aaiXÉa r^Xiov ûpoç 
2aXoi»(TTÏvov . 

110. IIuOaYopoi» 2à[jLtoto è'nr, xà yp'jcrà. 'l£[po]xX£Ouç 
cpiXoGû^o'j £i<; Ta nuOayopixà cix'/j uu6[jLVY)[j!,a. 

111. npiGiav&u çiXoGocpou AuSoO [jLcTàcppaTtç twv 0£G^pà- 

cjTOi» TTSpl aîcOrj!j£CO(;. ToO aÙToO aîTa^padt; Ttov 0£o^pàc;TOtj 
u£pi ^avTaaia;. 

112. n£pi ôpviOcov, àva)V'j[jLOU, oO apy-/) [t-iv iaii • 'Eitct^T^ 
(701 Tïjç yriÇ àiiàcr'/]!; '(-/ovci. BiêXiov àXXo à^yJ>iktvov • "I-ïiiroç 
Ôt' àv T£X£i ToO |3p£90'jç. ^'JGioÀoyou Ttvo;; 7:£pl XlovTo; xal 
àXXwv, oO àp'/Yj £(JT'' • 'O Xéwv xptî;; 9'jg£i; i'/wv £V âauTtp. 
M£X£Tiou [xovxyoXi T:£pl (Çucr£(oç xal xaTa(7X£'jY)ç àvOpwitou. 
2uvo'.J;i; T:£pl ç;'J(7c(o? xal xaTaa-Xc'j-?i; àvOptozou £iç twv tvj; 
ixxXr^aia; £voo;cov xal twv â^oXoYaôwv xal (^iXococpcov. 

113. Fvtoaat xa-' i/Xo^r^^ £x twv Ar,ii.oxpiTou xal £T£pwv 
^'.Xoaoowv xal tcoiTjTwv xal pr,Topwv. 'Ep[j.£iou ç^iXotjO^o'j 
8iaai>pij.o; twv i'^w (piXoco^wv. Ar^a'/iYOpia 'AYpiu-rra paat- 
XÉwc; xal Bcpvtxr,; tt,; àG£X9r,c; aOToD irpo:; Touoaio'j; £7:ava- 
ffTrjVaL ^ouXouL£VGuç xaTa twv Pwixaiwv. '['r:7:oX''"ou z£pl TÔJv 
Swûtxa à-âoaToXwv oiiou ixa^To; àxr^piav. ToO aYto'j 'Eirt- 

^avl'o'J -HEpl TWV l^' XlOwV TWV £V TW Xo^lW TOU lEpéwç £VU£- 



êiE'jç ô 'ÀAêïvo?, xavôv'.xoç, k'ypa'^s èv tw toù âyiou 'Avtwvîo'j (j-OvaTTripio), 'Eve- 
TYJ'ît, £TEt TW à^îô xr,; 'Ir^ijoû XpiiTToO xypîo'j r|]j.û)v ,aç)|i.a', £(7-/âTr) &îXE[Aêpîo'J : — 

107. Clermont, 273; Meerinann, 210; Th. P-hiilipps, 1521; avec note de Cl. Naulol. 

108. Paris, Suppl. grec, 524. 

1 10. Clermont, 239; Meerraann, 186; Th. Phillipps, 1504; avec note de Cl. Naulol. 

111. Paris, Grec, 1954. Copié par Valeriano Albini. (Montchal.) 



76 

TTopzrjU.évwv , irpôç KtovcxavTÎvov ^aaïkioL KtovdTavxivoi» 
u(;X£co; ToO nopçupoysvvrjTov. 

114- luviciou KuprjVaiGU £iç tov aÙTOxpàxopa 'ApxàStov 
TTEpl PaaiXsiaç. ToO aùxoO cpaXaxpaç £Yxc6[jt.tov. Toîi aùxou 
Atwv, Y] Uc.pl XYJç xax' aOxGv StaycoY'^ç. ToD aùxoO IIxoXe- 
[/.àïSoç, Ai-j'UTixtoç, vj 7i£pl upovoiaç 'ko-^oi P'. Tou aùxou upoç 
Ilaio'vtov Ouàp xou âcopou, xo §£ r^v daxpoXaêoç. n£pl èvuiivicov. 
n£pl i^oLcikiiac, auOtç 6 auxoç "koyo!; xco upo£tprj [jt.évo). Toû 
aùxou b^ikioL Tj^ ^pX.''! " Où Or,cro[jt.ai x-/]v TiavTjYupiv àçtovov. 
('Otji.tXtat y'.) ToO aùxoO ùpivoi £[j.(jL£xpGi. nuGayopao /^puaa 
cTC'/]. ToO aùxoO £7ri(7XoXai. 

115. 'Ap£xaio'j 'ko-'^'oci àxc;paXo? iv w ixèv Tr£pl x£xàvou 
XtçàXaia r/, Tr£pl auvayyïjç 0', 7r£pl xôv xaxà xr,v xiovioa iraGwv, 
xal xà è^viç • xà oè Tcpo xou t]' x£^àXai 'kdTzii uXyjv [AÉpoç xt 
xoO iêoofjLOu. ToO aùxoO o^lcov itaOcov al'xia xal G'r([Ji£Îa. 
Tou aùxou ypovioiv TraOtov al'xta xal cr^ikeïoL. Tou aùxoO y po- 
vtwv TtaGwv G"/j[j.£ioxtxdv. ToO aùxou oHlwv G£pa'n:£uxixcov 
piêXia oùo. Tou aùxoO ypovicov 0£pa7:£uxtxûv [^têXtov a'. 
'Ex xwv AiXiavou iiEpl tt6tov ioloxtjXoç [3têXia t'C'. 

116. N£[X£(7(0U iuiO-XOTTOU TC£pl (pÙ(7£tOÇ àvOpWTIOU. 

117. Ilopcpuptou çiXoad'pou Ti£pl aTro^rr^ç xcov £[jl'|iÙ)(_cov 
j3tC'Xia S'. MàXxou Yj [3aa-iX£(oç IluOaydpou [3îoç. BiêXtov 
àXXo àvwvutxov, oùxcûç àpydpt.£Vov • nxoX£[jiaîoç o Aàyou xal 
'Aptcxo'êouXoç 6 'AptGXoêoùXou. 

118. IloXi[J.ovoç (puato^vcoaixa. ''Opot àvGpcoiiivcov doiiù^ 
£x xou aùxoO IIoXÉfjLOvoç. n£pl èXawov xou atop-axoç, M£Xà[Jt.- 
irocoç. 'Aoa{j.avxivou croç^cxou (puciOYVop.ixà. 

119. Hptovo!; cpiXosdcpou aTcàvOtaxa, 

120. nXouxapyou TTîpl 0£iG'[oai[j.ovtaç. ndx£pov xwv 

114. Clerinont, 130; Meermann, 13G; Leyde, Suppl., 107. Avec la note de 
possession de Cl. Naulot au rommeucement et à la (in du volume. 
1 IG. Clermont, 208; Meermann. 259; Th. Phiilipi).s, 1557; avec note de Cl. Naulot. 

117. Clermont, 323; Meermann, 224; Leyde, Suppl., 106. .\vec la note de 
possession de Cl. Naulot. Voyez : Geel, Calalogus, etc., p. 31. 

118. Clermont, 293; Meermann, 286; Th.Phillipps, 1576, avec note de fil. Naulot. 

119. Clermont, 308; Meermann, 267; Th. Phillipps, 1564. 



77 
Pcout-attov -pàY^axa vs/r^^ v; àpsTr,;;. Ilcpl xr,; 'AA^^àvopou 

-•J'/Tj;; •?) àp£T-?j^. Ilspl TO'J -ÛW:; -/p-/] TOV CplXoc-0(pOV TToXtTEUc- 

(jÔat. 'AzooOsYu^^'^a [3a(7tX£cov xai (j-paxrjYwv. 'Atzgcl-Osy- 
{jiaTa Aaxcovixcov. llXouTàpyoK o-uvaytoyov ÎGToptwvirapaXXrj- 
Xwv 'Pwaaicov xxi 'F^XX'/jvixwv, Tou aÙTOu Tîspi aapxoçayiaç. 
ripo;; r,Y£ijLOva à7ia''5r,TGv . lUpi tg'j ar^ oîlv oavcfCsfjOai . 
Kt^aXÉcov xaTaypacp/j. ToO aùxoO ctoïxwv évavxiwiJLàTwv. 
'Ou.r,po'j ^(ûç xai ylvo^ xal TCîpi ti'vcov X^yEi, nXouTapyou. 

121. A''covg; TTcpi [^aatXcia:; Xd^ot y'- A'.ûyévr,ç -?j tooi 
paatXcta;, otàXE^t; AïoyÉvou;; xai 'AXc^àvSpou, V. rispi 
Toù Ttotov £ivat ô£Î TGV (îaaiXÉa, s'. Aïoylvr^ç yj TtEpi Tupavvt- 
oo;, ç'. Atoylvr^!; •?; -ûEpi àpcT'?;;, T. Aïoy^vr,;; \ taOïJuxoc; , 
r/. AcoyÉvTj; \ Z£pl oiX£Tcav, 0'. Tpcoïxo; u^p tgO "IXigv 
jj.-/) àXcova, \ . 'OX'jijlkIxoç y) itEpi rr^ç TtpcoTr,(; tgO 0£gû 
èvvGi'aç, la'. 'Ev 'AGrjVaiç •7i£pi cpuy^ç» t^'- E06gïxg<; yj x'jvr|- 
yèç, ly'. PGGtaxGç, rJ . IlpGç 'AX£Hav6p£lç, tç'. Tapcrtxoç 
ûpwTG;, tr. Tapo-rxd:; 0£'jT£pG?. 'Ev K£Xatvat^ xrf, ^'pu- 
y(a;, '.r/. B(i)puaG£vtTixoç ov àv i'yvo) £V ty] Ttaipiot, tO'. 
RGptvOiaxGc;, x'. IlpGç NLXG[jt.r,G£Îç 7:£pi GaGVGiaç rr,*; Tipoç 
Nixa£Îc, xa'. n£pt GaGVGÎa; £v Nixaïa 7:£7:au[j.£vrj; T-?j;; crTa- 
CE(i);, x[5'. 'Ev T?; raiptoi Tr£pt xr^; irpèç 'A7:au,£Îç GixovGiaç, 
xy'. ripè; 'AiiauLEtç iiEpi GULOVotaç, xo'. AiàXE^t; £v xr, 
ûaxp''oi, x£'. ITgXixixg; £v tt, -TiaxptSt, xç'. <tiXGa/pGvr,xixGç 
TipG:; XTjV iraxptoa ciaYjyG'jpiv/iv aOxco xiixàç, x(^'. 'AitGXGyt- 
crpLG; GTiwç ÎGyrçAt Ttpoç x-^jv Traxpioa, x-/)'. IIpo xoO (^tXGGGCpcîy 
£v xfj Taxptoi, xô'. AT,[j.r|yGp''a èv xr, naxpîoi, X'. IIgXixixgç 
£v ÈxxXrjGia, Xa'. IlapaiXYiGi;; ^?7/j? ^''' ^^'-'^Ti? ^t^'- n[£pi xcov 
È'pycov £v fJo'jX'?,, Xy'. Ilpoç AtGOtopGV, Xô'. n£pi AiayuXGU xal 
locpGxXéGuç xal Eùpuui'oGu, y; r^t^i xwv <î>iXgxxY|XGu xg^wv, X£'. 

IlEpi 'OlJ.Y,pGU, Xç'. n£pl ^flcOXpàxG'JÇ, X^'. Ilcpi 'OjJLY^pG'J Xat 

2wxpàxG'jç, \r^' . Ayaiji.£[ji.vwv ■/] "ûôpl [iîa'jtXîiaç, XO'. NicTwp, 
u.'. 'AytXXiuç, aa'. <î>iXoxxr(Xrj!;, è'cxt §£ Ttapà'^pao-K;, [i.ê'. 
NIcg; Y) AYjïàv£ipa, fji.y'- Xp'j(7Y,tç, uio'. n£pi ^aGtXEiaç xat 
xupavvtGo;, ixe'. n£pt vr/r^ç, a', ixc'. Il£pi xu/y,;, p', ijl^'. 

121. Clermoot, 359; Meermaiin, 305; Leyde, Suppl. 67. 



78 

lUpi -cuyrqç, y', [j.-/]'. Ilepl So^'/jç, a', [i.ft'. na.pi oo^TjÇ, (i', 
v'. llepi âd^TjÇ y', va'. lUpi àpsTrjÇ, v[i'. IlEpi c^ikoao- 
cp^aç, vy'. Ilspi tgu cptÀoaoopou, vô'. IlEpl tou Gyriikaio^, 
vs'. rispl iriaTEWÇ, vç'. Uipi à-KiGiicLÇ, vÇ. Ilepi vofjiou, 
VY)\ Il£pl à'Oo'jç, vO'. n£pi ;p6dvou, a', V- Ilepl <pOdvoi>, 
P', ^a'. nspi ttXouto'j, H[îI'. Tcov £V Ki7.tx(a Tcepl iXsuGe- 
p^ac, ^y'. Iltpl £}\.£uG£,pia<; xal ooukdoLç, ^S'. Ilepl §ouX£^aç 
xal A£uO£piaç, ^£'. Il£pl Xu7i:y]ç, ^ç'. Ilepl 'ïzkiovi^ioLÇ, ^^'. 
Iltpl yVoyou àaxrja£(oç, ^r/. n£pl tyjç aÙToO (S^ikr^Y.oicLÇ, ^6'. 
n£pl àvayioprja-£coç, o'. Ilepl xàXXouç, oa'. n£pl Eip/jv/jç 
xal noX£[jt.ou, o[i'. "Oxt £Ùûat[jL(ov o cdtpoç, oy'. Ile pi £ùâat- 
[jLOViaç, oo'. n£pl TOU £ùSai[jt.ovoç, oe'. ïlepl toû ^ouX£U£- 
cOat, oç'. AiaTptêrj Tiepl twv £v cru[jntoa^&iç, o^'. M£}iàYxo- 
p.aça', T'?j Tà^£i p'. M£XàYXO[JLaç P', ty) xà^ei a'. Xap7]ô'/]tji.oç. 

122. 'E^7^y7](Tiç TOU $iXoudvou eîç to TtptoTov xal â£lJT£pOV 
T/jç àpi0[jL-/]Tix-^ç eîcraYWYYii; Nixo{ji.à)(_ou tou Tepaaivou. 

123. 2t[j.7cXixiou [^eyà^ou (ptXocdcpou £^t,yïi(71ç £iç to toû 
'EirtxTTjTou £Y)(_£ipiotov. napoi[ji.iat xaT' àXtfàêrjTov. 

124. ©£00c6p0U TOU npOOpd[JI.OU 7r£pl TOU \XZ^('i'k0U xal TOU 

[xtxpou xal TOU TcoXÀou xal tou oXiyou, OTt où twv iipdç ti 
eiViv àXXà TOÛ irda-ou xal Ta èvavTta. Ilpoôetapia liç to 
ttIixtitov twv EùxXeiâou (7Tor/£icov tyjç y£(0{jLeTptaç. Eiç Ta 
EùxXewou (JioiyjX'X -Kpokau.^oLvéïxiva, ex twv IlpdxXou cruopà- 
èvjv xal xaT' è'ntT0[/.7^v. reojOato-ia tou "Hpwvoç tov twv 
G'/_rj [jt-aTcov àiioâetxvuouffa [ji.oSiGp.dv. 

125. SevocpwvTOç Kupou àvaêàaecoç Xdyoi i'iîTa. Qs-ù- 
l'viôoç TOU Meyapétoç èWi. 'EY)(_£iptoiov 'EiirxTTjTOu. Iluôa- 
yopixà eV/) Ta yj^usdi. 'AptaTOTtXouç upoç 'AXe^avopov Trepl 
xdc7[xou. 

126. 'Ia)(yiiriiou 'louSaïx-^ç àçiycLioko'^icLç ^léXia ta', [jt,£T' 
àpy^Yjç TOU i^', pi'êXoç -naXaiOYpacpoTar/] . 

122. Clerniont, 28'i; Meerinann, 248; Th. Phillipps, 1549; avec note de CI. Naulot. 

124. Clerniont, 28G; Meennann, 250; Oxford, Mise. 200. Avec la note de 
possession de Cl. Naulol. Voyez : Coxc, Caialogus, etc., p. 756. 

125. Clerniont, 217; Meermann, 402 et 289; Th. Phillipps, 1643 et 1579. 

126. Clennont, 200; Meermann, 377; 0.\ford, Mise. 180. 



79 

127. Xpûvtxo^ Xg^oç àiro T-rjç toû y.6(s^ou xTiaeioç [Jt.£'/pt 
Ttov RcovcTTavTivo'j '/ùôvui^, zaXaiOYpa^GTaTOç. 

128- 'ETriôTjUi.ia Mà^api èv "Aoo'j, yj Tzi'jaic, véxpwv ivt'cov, 
TTôpi Tivtov Ttov £Ç xà pacTiXsca cj'JvavaaTp£<:pO[ji.£vtov. Ftco- 
{JLa[v]Tixà Tiva xal à(7Tpovo[i.txà, tov r^ àp^r^ • 'Tito xaxocpu- 
Xaxr,ç xal ïca)^ àpy aiGTY|TOC r,9avtcrpL£vr,. BiêXGÇ àuoTcXc- 
GuaTcov (TCpGGpa xaxco; YpacpGij,£vr, xai (o^ £7ip£7:£ T£TapaYU.£vr,. 
Toû EÙàG^iGu y£tij.wvo; TïpGyvtoaTixà. lUpl TYJç £x6oXy)<; twv 

WpWV TY^Ç GTTGtG'JGrjTlVGÇ xXlULaTa [5g'jX£1 Yj toXeCOÇ 7] ySi^OLÇ 
àuG Tcov TG'jTcov àva^optov. ricpi Oiaip£(J£COÇ TGO ^(OGtaXGU 
xai GVG[jLa(jiaç tûv (Iwoiwv. "AAXa iicpl ii.-/]V(bv (bv apy/j diiG 
àiîptXtGU, TYjç G£ [^têXGU iTriYpa^Tj r|CpaviT(ji.£VTj. "Ext Se irspl 
TjXtG'j, xal cr£Xr,vr|^, xal [jLr,vwv, xal àcTlpwv, xal TcXavtxwv, 
xal CwGicov. 

129. Toû XoyoOÉTOu NixVjTa tou XwvtàTOU y^povix-rj Strpj'r,- 
ci; àp/G[j.£VYj àiîo TYJ^ [3aG-iX£iaç TG'j RGav/jvou xupto'j 'Iwàvvou. 

130. AtXtavGÛ np£V£aToO tf,; 'IxaX^aç uotx^X'/) tcTTopia. 
TgD auTGO xaxTix'/] Otcopia. 

131. ^XauiGu 'IcouYiimou 'IouSaïxY,ç àp)(^atoXoYiac; ^lêXia 
x', vîGypacpa. 

132. 'ETTtTGUYj TY,Ç AlCOVGÇ TGU NlXafcoÇ PcorjialXYiç Î(TTG- 

pi'aç, Y,v (7'JV£T£L«.Yj 'I(oàvvr,c; G Ei'4*iXtvo;, THùiiyryjGOL [XGvap'/iaç 
Kataàpwv eixoGi Tr£VT£ àuG IlGfj.'rrr/iG'j [ji,àYVGu, [J.£Xpi; 'AX£;àv- 
ôpou TGU Mafi-aïaç. 

133. <^Xa'jiGu 'Icoo-rjTiTrGu 'ÏGuoaïxY^ç tiTGpiaç Tispl àX(6- 

G£CO; Xg^OI £.';, WV [i.£V "nipCOIGÇ àx£çàXGÇ xal £VG£YjÇ L«.£/pt 
TG'JTOU èlCetàY] TGV 'louSaiWV TipGÇ PiùlkOLiouC, TÎ(>X£[Jt,GV GuaTavTa. 

134. 'Ei>[v]au(Gu ^igi (piXGaGÇWv xal ûG'iptGTWv. 

128. Cleriiionl, 295; Meermaan, 287; Th. Phillipps, 1577. 

129. Clermont, 235; Meermann, 395; Th. Phillipps, 1639. 

130. Clermonl, 282; Meermann, 24G; Leyde, Suppl. 59. Au commencement 
et à la fin la note de possession de Cl. Naulot. Voyez : Geel, Catalogus, etc., 
p. 20. 

131. Clermont, 202. 

132. Clermont, 229; Meermann, 390; Th. Phillipps, 1635; avec note de Cl. Naulot. 

133. Clermont, 2U3; Meermann, 379: Th. Phillipps, 1G26. 



80 

135- 'liTTopia a'jGiç xoD NixTjTa Xcoviaxûu, à^yoïkivr^ iiio 
Tr^ç -oO KG[jLvr|VO'j ^aaiXsia;; xupt'ûu 'fcoavvou. 

136. «I^iXcov&ç TTEpl TTjÇ Mcou(7£coç xocrii-OTroitaç, Xd^Gç a', 
llspi Twv û£xa XoY^tov, à xscpàXata vd[JL(ov £1(tIv, Xoyoç [3'. 
Il£pi otxaaTou, X&YOÇ y'. n£pl £0G£6£taç xal (piXavOpwuiaç, 
Xdyûç o'. n£pi xaTacTaG-Etoç àpy^ovxoç, Xdyoç £'. n£pl lou 
TiàvTa o-TiouiaLGV £ivat £À£'jOcpov, Àoyoç ç'. n£pt i^ioii 6£C0pl- 
Ttxou Yj ixsTÔv àp£T(ov, Àoyoç (^'. n£pi xoû (j.(a6copt,a Trdpv/jç 
£tç To i£p&v uir, àuoo£-/ £(70ai, Aoyoç '/]'. n£pl T(0V àvacp£pouL£V(ov 
£V £tO£i vou-cov £']ç ouo ylv/] TWV 0£xa Xo^tcov, To £XTOv xai è'êôo- 
Ltov xa'. TG Ttûv [/.Gi)(_c'ov, xal TiavTGÇ ocxGXàdTGU, xat TG xaTa 
àvcpG'^Gvcov Tida-qç '^ict.ç, Xg^oç 0'. Il£pt ojv lepGuciv "A6£A T£ 
xal Kal'v, Xg^g; ta'. n£pi t(ov x£pGuêi[jt. xal cpXGYtV/jç pofji.- 
(pai'aç, xal tgO xTicGévTGÇ TtpûxGV £^ àvGpw-nGu Kaiv, Xoyoç t^'- 
n£pl Y£(opYta(;, Xgyoç iy'- ^''Xwvgç 'ix£pl ^iou MGijc7£a)ç, XoYOt 

ÔUG. TgÛ aÙTGU 'ir£pl t£pGGUVr,Ç, XgyOÇ y'- ^^^^ TloXlTlXGU 

'iî£pl loiar^^. <ï>tXtovGÇ 'i:£pl àptTcov t^tgi Tr£pl àvop£ta;, xal 
£Ùcr£€£iaç, xal çiXavOpwuta;, xal (j.£-avGia;. <î>tXcovoç [3toç 
xaxà oioaGxaX£iav T£X£ta)6£VTG:; y; vg'ugç ^Ypotcpcov. Tou auToû 
TTtpl àpcTwv, TiTGi àvGp£iaç, xal £0(7£ê£iaç, xal (ptXavApWTiia!;, 
xal (jt.£TavGia;. 

137- 'EuiTP[jt,rj iGTGpicov àuG [i!»aGiX£iaç 'IguXigu KaiaapGç 
l^i'/ç>i T'?,; AtGxXr,-iavGD (3a(7iX£''a;. XpGVGYpa'^ta àiiG AtoxXr(- 
TtavG'O £coç ^liyaTjX xal 0£GCpuXàxTGu tcov [iacriXécov. 

138. 'IcoavvGU tgO T^£T^gu icrTop^ai xal XISeiç Iuto^im^ik;. 
Tou atJTOu TC£pl oia^Gpa;; 'iioi'/]T(ov. Tgu aùxGD oioaaxaXia 
crao£aTàT'/j TiEpl twv £V tgîç aii/oïc, ijiTpcov aTràvTtov, oià ctti- 
ytov ûgXitixwv. Tgu aÙTGu u7CG6£ct<; '0[jirjpGU oùCkr^^(oprfid<ja. 
TYj xpaTaiGTaTTi PaGiXicr(T-(i. 

139. luWoy/] ,ta-TGpi(Ov àiro t-^ç tou [j.£YàXou Kwvciav- 
TÎVGu (îiac'iXsia; îJ.£'/_pi t:'?/? 'AX£^(gu tou KG[jivrjVGu. 

135. Clerraoïit, 236; Meerinaiin, 3'JG; Th. Phillipps, 67G7; avec note de Cl. Naulot. 
13G. Cleriiionl, 198; Meerrnaun, 375; Leyde, Suppl., 105. 

137. Clerinont, 2=28; Meertnann, 389; Th. Phillipps, 1634; avec note de Cl. Naulot. 

138. Clerinont, 23'2 ; Meermann, 392; Oxford, Mise. 188. Avec la note de 
possession de Cl. Naulot. Voyez : Coxe, Catalogus, etc., p. 740. 

139. Clermont, 230; Meermann, 391; Th. Phillipps, 1G36; avec note de Cl. iNaulot. 



SI 

140- Eîxovc; (tiXoo-TpaTO'j Atut.vto'j. 

141. «^tXoOcO^ tdTOpia Y) à(7X'/)TlX-?) UoXtTcia. 0£OOOp'/]TOU 

£X)cXr,aia(7Ttxr,ç iCTopiaç Toaot irévTS, (ov 6 irijj.uToç àxsXE'j- 
TTjToç i'vOaO£ teXsutcov • OOx È'or, irpiv XuOr,vat twv oegijlcov 
(jL£Ta(7y^£Ïv Tpocpf,^ Tipo;; tov. 

142- Aïootopou 2',x£}acÔT0'j icTopuov àiio ^^0£xàTO'j pi^Xio'j 
u.£ypt TOÎi i'-uxa xal Ocxoctou. 

143. 'Ex Ttov ToO ^xpaêcovo!; Y£(OYpacpixcov 7i:£pl xou xr^ç 
vr.ç xrç oixouafVTC ayraaxoc siitO'-opOcoOàv iiapà xoîi r£fj.taxoû 
nXr/icovoc;. iuvo'^iç X(ov xoX-ncav xr,ç xaO' rjUaç oly.oulxivr^ç 
£xA£Y£taa £x x?,ç yccOYpa^iofç ^xpàêtovoç Jlacrai iirapytai 
xai 'KQX£tç aï ÛTTO xov ^aaiXéa xwv Pcùixatwv ôiotxGU[i.£vat. 
Xojpoypacpia ©cTcaXiaç xou nXr,Otovoç. Xtopat xaxà xà^tv 
aTO ouGEwç i'to;; àvaxoXviÇ. HivaxcÇ Gtxoua£vr,ç xcov è'irtcrrj[jt.wv 
'7roX£cov xai vr^iCov. To ^ivo;; xwv naXatoXûycov. Xpovo- 
Ypa^ia (7'jvxo[jt,oç; àuo 'Aâàp, pté/^pi Miyjxf^k xal 0£oçiXo'j. 

144. r£(i)OYtotç Tipoç Kwvdxavxïvov ^aaiXÉa Kwvaxavxtvo'j 
ûôXctoc lIopcp'joov£vv-/;xGV Ô^^Xiot x', TcaXatoYPaciot. 

145. Al aùxal TcàXiv, viô-'^'^'X^oi. 

146- noX£[Jitx(ov iiapa(yx£U(Jûv §iaxà;£i; x'. Ilcpi (TxpaxTj- 
YÛv ôvo[jt.àx(ov x£ xal xa^ctov AiXiavoû. 

147- n£pl TToXtopxTjXtxwv (jLr,)(^avr,u.àxa)v, àvcovijao'j. 

148. AtXtavou xi'va xaxxixr,ç ficUipicLç. 'Ovocravopo'j G-xpa- 
XT,Ytxà. HoX'jatvo'j Gxpaxrp,'r,iJiaxa. 

149. ToO aùxou TcàXtv GxpaxrjYiil(Jt.aTa. Atovuciou oixo'j- 

alvTjs Tt£piYJY'/iGlÇ. 



140. Clerrnont, 223; Meermann, 386; Th. Phillipps, 1633; avec note de Cl. Naulol. 

141. Clerniont, 206 et 205; Meermann, 369 cl 308; Th. Phillipps, 1G20 el 
1619 ; avec note de Cl. Naiilot. 

142. Clerniont, 222; Meermann, 385: Th. Philli|>ps, 1632; avec note de Cl. Naulol. 

143. Clerniont, 213; Meermann, 397; Th. Pliillipps, 1040. 

145. Clerrnont, 311; Meermann, 297; Th. Phillipps, 1581. 

146. Clerniont, 283; Meermann, 247. 

148. Clerrnont, 281; Meermann, 245; Oxford, Mise. 199. Avec la note de 
possession de Cl. Naulol. Voyez : Coxe, Catalogus, etc., p. 756. 



N2 

150- riûXuêtou ^h•^^"xko'Kokixo^J ix. icov ie' icxopuov toD èx 
Tou Àoyou xax' iuixofxrjV. Tou olùtou va iou £êoû[j.ou Xoyou 
xax' £T:tTO{jL'/]v. ToO aùxo'j £x xoû '/)' xax' £'n:ixo[j.-/^v. Tou 
aùxoD £x xoO Ô' xax' i'KlXOlJ:f^v . 'Ex xou la' xax' èuixojji-^v. 
ToO aùxou £x xou ta'. Tou aùxou ex xou i^' Xdyou, xal ty', 
xal iS', xal t£', xai iç', xal it]' "Ko^oiv , xax' £'îtixo[jt.r,v. 

151. 2outoa XeEixov, 7raXaiOYpa(pov. 

152- Tou M'eXXou ai (^coval xwv '(wcov. Aé^siç xr^ç irpoç 
'EÔpai'ou; iuKJXoXf,;. Ae^tiq iriç Ttpoç 'EcprjGiouç, xal XYJç upoç 
^tXraiiriC-iouç, xal XTiÇirpoç KoXaacraEtç, xal XYJç Tcpoç TEcaaXo- 
vtxEÎç, xai XY)Ç Tîpôç T£a(7a>.ovtx£Îç ji'. A£^£i; xvjç -npoç TijjloOeov 
£TticrxoXTj(;, xal x-^ç Ttpoç Tt[J.dO£ov ^Euxépaç, xïjç irpoç Tîxov, xal 
xr^çirpo;; ra)[;.aiouç, xal xyjç irpoc; KopivOtouç, xal xr,c; i:po<; Kopiv- 
Giouç OcuxÉpaç. AÉ^stç xr|Ç iipoç raXàxaç. Ae^ei;; '0[ji,7)ptxal ex 
XTj; 'oSuo-cTctaç. AÉ^Eiçèxxou'Hc-toSou. riEplxWVTlEVXECpWVWV. 
'Ovdij.axa [j,rjVcov xax' AiYu-rcxiouç xal Pwpiaiouç. 'ExXoyal 
xal £ptjLr,v£iat otà-^opoi. AeHeiç 'j/aXxTjpiou. Ae^eiç iCov oSûv. 
AÉ^Eiç x"?î<; [^lêXou xou àyiou Atovucrtou, xyjç ixavapÉxou. "Ex£- 
pov 'kihy.bv xwv i^' Tcpo!pr,x(ov. 'Ex xou irpoçTjXou 'E(l£xi-/;X, 
'Haaiou xoû upocpY]XOU. Ae^eiç £YXEi[j.£vai £v xoîç àyioiç Eua-','- 
yEXtotç. Al^Etç xwv £"TCi(7XoXwv xou àyiou IlaijXou, xrj;; irpoç 
'E^^paiouç EirKJXoXïiç. 

153. Ae^ixov àXko xaxà cioiydov, oh r, £TciYpa<ÇY) -/^ça- 
vt(7(jL£VT,, àpyExai oà ouxwç • "Aauxo;, 6 àTrpoaTTEXacrxoç , xal 

Xà EÇE^viç. 

154. AÉ^Eiç pr,xopr/.al xwv Séxa pyjxdpwv cuXXEyEÎcai -rrEpl 
'ApTtoxpaxiwvoç Ypaij.[jLaxixou. 

155. Td vuv TcpoEtprjpLEvov Xe^ixov auGtç, àXXà VE0Ypa!3pd[i.£- 
vov. rior/)[j,a xou lEpcoxàxou [j.r(XpoTxoXixou 'HpaxXEiaç xup.ou 

NiXT^xa. 

151. Clermont, 352; Paris, Suppl. gr. 96. 

153 et 155. Clermont, 353 ; Meermann, 302 ; Th. Phillipps, 1584 ; avec note 
de Cl. Naulot. 

154. Clermont, 3i7; Meermann, 30'i ; Leyde, Suppl. 172. Au commencement 

et à la fin, on lit : 'AvayvwfrTO-j ô'vtoi; K),ay§îo"j xoù Na'jXwTo-j KoiXaoéwç, ,'X'ço^' 
1573. Voyez : Geel, Catalogus, etc., p. 48. 



83 

156- Mi/ar,X xou Bu^avxiou TJvaYtoYY] irapoiaicov xai 
auvC)r|Xr, tco Èvco^oxaTaj xal aoçotàxco dlvopt xuptw Aaupco xw 
Kupivw. 

157. Sr,vo€tO'j EziXGtxT, xcov Tappaiou xai Aio6p,ou Tiapot- 
(xttov ouvxtOîîda xaxà cioiyjXov. 

158. Kav6v£ç Ypa[xijt,axixoi TiEpi upocrcooiaç , opOGypa^iaç 
xai xcov aXXcov xoio'jxwv xwv iipoç 'y?*[^[-'-'^'^'"^''^i'^- 

159. 'lo-xopt(6ôy,ç auvaYwyï) ôvo{jt.àx(ov £XXoYip.(ov àvcpwv 
cu-j'Y?'^?^^'*' ^^ '^^^ (JU"*,'Ypa[j.[ji.àxcov aùxôv. 

160. Kupou Mayicxpou Ypaa.ii.axtxrj . Ma^iaoi» xo^i nXa- 
VOUO-/J z£pl (TuvxàHctoç pr,p.àxa)v. ïlapotjJLiat or,{jt.too£t; xaxà 
axoi)(_£Tov. 

161. EÙGièiou xou na[jiçiXou, iirtaxdTro'j Kaiao(p£(aç xyjç 
naXai(7Xivr,ç, TCcpl xiov xouixwv dvc/(j.àx(Ov xtov £v xyj 0£ia 
Ypa^Tj. AïHrxov xtov £vota0£xwv ^P^^wv £XX£0£V Tiapà 2x£- 
cpàvou xat âxÉpcov X£^tYpa(pcov. Tou àytou 'Euicpavtou 7r£pl 
ijL£Xpcov xal cxaOawv. A£^tx&v KupiAXou xax' àXçàSYjXov. 
As^ixôv àXXo (Juvxo(ji.ov. "Opoi oiàçopoi xaxà xr,v iiapàooatv 
xal Tiiaxiv xr^ç àyiat; xaOoAixyi^ xal àTCOGXGXu'r,ç èxxXr^ciaç 
X£YO(jicVot. 'ItiiioXixgu ©rjêaiGu ix xoO ypovixoû aOxou irepl 
xr^ç £vavOpco7CL(7£toç xou Kupi'ou xal xr|Ç àyiaç Mapiaç xr^ç 0£o- 
XGxo'j oguXyjÇ xal Gi' r,tj.a^ [i.r,xpGç auxGu, xg txwç àptO{ji.Gijvxat 
xà exTj aùxou. 'EirtaxoXrj xgû àyiou 'ItoàvvGu xgu XpucGcrxG- 
u,GU NtxGXào) (7xpaxï)Y(o, jjlcx' oXXcov ôXiYtov. TaX{xoi r/xGÛ 
Aa'jio. 

162. 'EiriaxGXal AtSaviou ao(pt<7XG0. 

163. 'EitKJXGXal 4>aXàptâo(; XGÎi xupàvvoi» 'Axpayavxtviov. 

(A suivre.) 

156. Clerraoni, 382; Meermann, 314; Oxford, Mise, 197. Avec la note de 
possession de Cl. Naulot. Voyez : Coxe, Catalogus, etc., p. 755. 

157. Clemiont, 383: Meermann, 347. 

160. Clermont, 355 ; Meermann, 356, 354 et 363; Leyde, Suppl. 177; Th. Phil- 
lipps, 1614; Oxford, Mise. 217. 
ICI. Clermont, 75; Meermann, 127; Oxford, Mise. 211. 



-cve<'Cs».o- 



LES 



REGISTRES D'INNOCENT III 



Le 5 janvier dernier, le prince Bandini-Giustiniani, au nom 
de son ami le comte d' Ashburnham , a offert à Sa Sainteté 
Léon XIII un des plus précieux manuscrits de la bibliothèque 
d'Ashburnham-Place, qui va combler une lacune dans la série 
des registres des papes. A l'occasion de cette réintégration, ména- 
gée par les soins de notre illustre compatriote Son Em. le cardi- 
nal Pitra, bibliothécaire de l'Eglise romaine, nous croyons 
devoir donner ici une indication sommaire ' des six volumes par 
lesquels le pontificat d'Innocent III sera désormais représenté 
sur les rayons des archives du Vatican. 

I. 

Volume en parchemin, intitulé au dos : INNOC. III BVLLA- 
RVM AN. I. IL TOM. 1. — 335 millimètres sur 226. — 
217 feuillets plus 19 feuillets préliminaires. 

Au haut du recto d'un feuillet de garde se lit une note à moitié 
effacée : « Rubrice regestri domini Innocentii pape rubricate per 
dominum Jo. de Neapoli. Cor[recte]. » — Cette note se rapporte 



1. Je me suis servi des notes prises en 1876 aux arcliives du Vatican el dès 
renseignements contenus dans les publications suivantes : Catalogue of the 
manuscripts at Ashimrnham place. Appendix (London, s. d., in-4''). — P. A. 
Munch, Oplijsnimjcr om det pavelUjc Archiv... udgivet afD' Guslav Storm 
(Christiania, 1870, in-S"). — Traduction allemande de ce mémoire par le D' S. 
Lœwcnfeld (Berlin, 1880, in-8°). — Les registres d'Innocent IV publiés par 
Élie Berj^er (Paris, 188i, in-4"). — Un volume dxi registre d'Innocent Jll donne 
à Sa Sainteté le pape Léon XIII par lord Ashburnham (article de M. Albert 
Batlandicr, dans le Journal de Rome, du HJ janvier 1885). 



sans doute à la table des rubriques des lettres contenues dans le 
volume, table qui me paraît dater de la fin du xiV^ siècle, et qui 
remplit les 19 feuillets préliminaires. 

Le livre I occupe les fol. 1-144 (édition de Baluze, t. I, 
p. 1-329), et le livre II les feuillets 145-216 (édition de IJaluze, 
1. 1, p. 335-533). — Entre les deux livres, sur le fol. 145, est 
cette rubrique : « Regestorum domini Innocentii beatissimi pape 
tercii liber primus explicit. Incipit secundus. >^ 

En marge du même fol. 145, en caractères qui ne peuvent 
guère être antérieurs auxiv'' siècle : « Jo. de Porta coplevit. » 

Le dernier feuillet du registre, coté 217, contient les deux 
serments que Baluze a publiés à la fin des lettres de la première 
année {Epist. Innoc. III, 1. 1, p. 329 et 330), puis la constitu- 
tion relative aux Juifs qui est dans le même recueil (t. I, p. 540). 
La constitution a étéition de la lettre du 26 mars 
1203, s'était assuré, au moment de l'expédition ou peu de temps 
après, que le texte en avait été fidèlement enregistré, mais encore 
que l'enregistrement avait eu lieu sur l'un des cahiers mêmes 
qui forment aujourd'hui le tome II des Registres d'Innocent III 
au Vatican. 

III. Fol. 110-179 du volume actuel. Registre de l'année VII, 
intitulé (fol. 110) : « Incipit liber septimus regestorum domini 
Innocentiipapetercii. » Publié par La Porte du Theil, p. 441-650. 

m. 

Volume en parchemin, intitulé au dos : IN. III BVL. TOM. III. 
— 365 millimètres sur 253. — 44 feuillets. 

Le titre du volume nous est fourni par une notule inscrite au 
haut de la première page, et qui devait être reproduite en 
rubrique : « Regestum domini Innocentii tertii pape super nego- 
tio Romani impei'ii. » — Publié par Baluze, t. I, p. 687-764. 

IV. 

Volume en parchemin, intitulé au dos : INNOC. III BVL- 
LAR. AN. VIII. IX. TOM. IV. — 350 millimètres sur 240. — 
147 feuillets, plus 12 feuillets préliminaires. 

Le cahier préliminaire contient la table des lettres renfermées 
dans ce volume. Au haut de la première page, on lit : « Rubrice 
de annis VIII et IX Innocentii III, facte per G. Sanh'. Cor. » 
Cette table peut avoir été dressée à la fin du xiv^ siècle. 

Le corps du volume se compose des registres des années VIII 
et IX du pontificat. 

I. Les fol. 1-67 sont occupés par les lettres de la huitième 
année : « Regestorum domini Innocentii pape III liber octavus 
incipit. » 

Au haut du premier feuillet, en caractères du xv siècle, se lit 
le nom : « N. de Palma. » 

Ce huitième livre a été publié par La Porte du Theil, p. 651-836. 



89 

IL Sur les fol. 68-140 sont les lettres de la neuvième année : 
« Regestoruni doraiiii Innocentii pape III nonus liber incipit. » 
— Publié par La Porte du Theil, p. 837-1062. 

IV BIS. 

Volume en parchemin, intitulé au dos : INNOC. REG. A. X. 
XL XII. — 14 pouces sur 11. — 132 feuillets, plus 17 feuillets 
préliminaires et plus quelques feuillets blancs. 

En tête du manuscrit, table ajoutée après coup. 

Sur le fol. 1 commence le registre de la dixième année. Au 
haut de ce feuillet, le nom de « Balduynus Nolun. » 

Au fol. 46 commence la onzième année, et au fol. 90 la dou- 
zième. — Sur ce feuillet se lit la note : « Willelmus Scufer (ou 
Scofei), Gonstantiensis diocesis, scripsit xilibrum. » 

Les livres X, XI et XII ont été publiés par lialuze, t. II, 
p. 1-404. 

V. 

Volume en parchemin, intitulé au dos : INNOC. III BVLLA- 
RII AN. XIII AD XVI. TO. V. — 420 millimètres sur 292. — 
168 feuillets. 

Ce volume, exécuté au xiv"^ ou au commencement du xv" siècle, 
est la copie des registres des années XIII, XIV, XV et XVI du 
pontificat d'Innocent III. A l'origine, il ne devait pas faire partie 
de la série officielle des archives du Vatican. Sur les feuillets de 
garde du commencement et de la fin, on lit ces mots, écrits- en 
lettres du xv« siècle : « A lo ill° et r""" car" de Medize; » il doit 
s'agir ici de Jean de Médicis, créé cardinal en 1489, et qui fut 
depuis le pape Léon X. 

Voici le titre de chacune des divisions du volume : 

Fol. 1. « Incipit tertius decimus liber regestorum domini Inno- 
cencii pape anni XIII. » 

Le livre XIII se termine, au bas du fol. 44 v°, par les mots : 
« Ministravit et nunc divina disponente clemencia, >^ lesquels 
appartiennent k une lettre du 18 février 1211 (n° 4181 de Pot- 
thast), laquelle a été publiée sans lacune par Baluze, t. II, p. 505, 
comme formant la dernière pièce du livre XIII. 



90 

Fol. 45. '< Incipit quartus decimus liber majorum registrorum 
domiaii (sic) Innocencii pape tercii. » 

Fol. 84. « Incipit quintus decimus liber regestrorum domini 
Innocencii pape III. » 

Fol. 135. « Incipit sextus decimus liber regestrorum domini 
Innocencii pape tercii. » — La page qui nous offre ce titre a 
reçu la notule : « Sygerus Nolini scripsit hune librum. » 

Aujourd'hui, le dernier feuillet du manuscrit, coté 168, se ter- 
mine ainsi : « Petro Sancte Marie in Aquiro diacono cardinali 
apostolice sedis legato. Gum dilectus filius nobilis vir S. cornes 
Montis Fortis vicecomitatum. » Ce sont les premiers mots d'une 
lettre du 29 janvier 1214 (n° 4886 de Potthast), que Baluze a 
publiée en entier comme formant le n° 170 du registre de la 
seizième année, et à la suite de laquelle il a donné onze autres 
lettres (n°' 171-182), aujourd'hui absentes du manuscrit du 
Vatican. 

L'édition que Baluze a donnée des livres XIII, XIV, XV et 
XVI des lettres d'Innocent III est la reproduction d'une édition 
publiée en 1635 par François Bosquet d'après un manuscrit qui 
était alors conservé au collège de Foix, à Toulouse. 

Cet exemplaire du collège de Foix, comme plusieurs autres 
manuscrits du même établissement, venait du fonds des archives 
pontificales que Benoît XIII avait fait transporter à Peniscola, 
en Espagne, et dont le cardinal de Foix obtint la restitution vers 
l'année 1429. Cet exemplaire est-il le manuscrit qui forme aujour- 
d'hui le tome V de la série des registres d'Innocent III au Vati- 
can? J'en doute, et j'ai plusieurs raisons d'en douter, tout en 
ayant reconnu qu'il y a la plus grande analogie entre le texte du 
ms. du Vatican et le texte du ms. jadis conservé à Toulouse ^ 

1° On ne voit pas comment un volume ajant appartenu au car- 
dinal de Médicis serait venu au collège de Foix. 

2° On ne s'explique guère comment le volume, qui est revêtu 
d'une ancienne reliure en maroquin rouge, aurait perdu à la fin 
du livre XIII et à la fin du livre XVI deux feuillets qui subsis- 
taient du temps de lîosquet. 



l. Dans le ms. du Vatican, en marge du fol. 28, on lit : « Isle littere fuerunt 
rescriple et sic correple, postquam fuerunt bullate ambc. » — A l'endroit cor- 
respondant du rns. de Toulouse, on lisait: « Iste littere fuerunt rescripte et sic 
correple, postquam fuerunt ambe bullate. » (Baluze, t. II, p. 466.) 



9^ 

3" Nous avons la preuve qu'il a existé du registre des aimées 
XIII-XVI un exemplaire différent de celui qui est aujourd'hui au 
Vatican. C'est à cet autre exemplaire que paraît se rapporter 
une table écrite au xiv*" ou au commencement du xv"" siècle, 
laquelle forme les fol. 29-52 du ms. latin 4118 de la Bibliothèque 
nationale. Voici les divisions de cette table : 

Fol. 29. <•< Incipit tercius decimus Uber regestrorum domini 
Innocencii pape III anno terciodecimo.» Renvois aux fol. i-xxxiiii 
d'un manuscrit. 

Fol. 35. « Incipit quartus decimus liber majorum regestrorum 
domiui Innocencii pape tercii. » Renvois aux fol. xxxviiii-lxvi 
d'un manuscrit. 

Fol. 40. «.< Incipit quintus decimus liber registrorum Innocen- 
cii pape III. » Renvois aux fol. lxviii-cxvii d'un manuscrit. 

Fol. 47 V. ^< Incipit sextus decimus liber regestrorum domini 
Innocencii pape tercii. » Renvois aux fol. cxx-clxix d'un 
manuscrit. 

Si l'on compare les indications fournies par cette table avec 
celles que j'ai données sur le manuscrit du Vatican, on consta- 
tera que le nombre des feuillets consacrés à chacun des livres XIII, 
XIV, XV et XVI n'est point le même dans le registre du Vati- 
can et dans le manuscrit auquel se rapporte la table du ms. latin 
4118 de la Bibhothèque nationale. En effet, on compte : 

DANS LE MS. DU VATIC.\N : DANS LE MS. DONT NOUS AVONS LA TABLE : 

Pour le livre XIII, 44 feuillets 34 feuillets. 

Pour le livre XIV, 39 — 28 — 

Pour le livre XV, 51 — 50 — 

Pour le livre XVI, 34 — 50 — 

Ces différences me paraissent significatives. .Je ne pousserai pas 
plus loin l'examen de la question, et je laisse à d'autres le soin 
de discuter si le manuscrit dont la table nous a été conservée est 
celui qui se trouvait au xv!!"" siècle dans la bibliothèque du col- 
lège de Foix. 



On voit ce qui, sans parler du Regestutn super negotio 
Romani imperii, subsiste au Vatican des registres d'Inno- 
cent III : les années I, II, III en partie seulement, V-XVI. Les 



92 

lacunes portant sur l Cer- 
dagne. Au milieu des combats qu'elles se livrent, une troisième 
puissance nous apparaît, isolée, exposée au contre-coup de ces 
guerres : les évêques d'Urgel. Ils ont la garde de vastes posses- 
sions qui sont un appât pour l'ambition des seigneurs. 

Cependant les comtes d'Urgel, appelés dans le sud par leurs 
luttes contre les Sarrasins, sont moins à craindre pour les évêques. 
Ils abandonnent peu à peu la partie septentrionale de leur comté 
pour porter leurs principaux efforts contre les infidèles. Balaguer, 
conquise sur les Sarrasins, devient leur résidence ; par une con- 
séquence inévitable , ils voient leur autorité s'affaiblir dans le 
nord de leur comté. 

Les comtes de Cerdagne profitent de cette situation pour 
essayer de se mettre à leur place et de se faire prêter hommage 
par leurs vassaux. Plusieurs actes* nous font constater, au milieu 
et à la fin du xi"" siècle, leurs envahissements progressifs. Ils ne 
se contentent pas de s'attaquer aux seigneurs laïques ; les biens 
importants de l'église d' Urgel excitent leur convoitise. Ils vont 
jusqu'à exiger l'hommage de ses évêques ^ 

D'ailleurs les comtes d'Urgel ne sont pas non plus exempts de 
reproches dans leur conduite envers l'église. Ils avouent eux- 
mêmes leurs méfaits dans plusieurs actes de donation qui ne sont 
au fond que des restitutions. Du reste, le droit qu'ils prétendaient 
avoir au pillage des biens meubles et immeubles de tout évêque 
défunt (droit auquel ils ne renoncèrent qu'en 1162^) laissait la 
porte ouverte à toutes les usurpations. 

1. Marca hispanica, < . 1096. — Archives d'Aragon, n" 193 de la collection sans 
date de Ilairnond-Fîcrengcr I"'. 

2. Marca hisp., c. 1150. , 

3. Baluze, Miscellanea. 111, jlp. 74-75. 



00 

Mais l'église d'Urgel avait encore à craindre d'autres ambi- 
tions. Au-dessous des comtes d'Urgel et de Cerdagne, il ne faut 
pas oublier leurs vassaux, prêts à imiter les usurpations de leurs 
suzerains et non moins dangereux peut-être pour l'église, parce 
qu'ils étaient, par leur proximité, plus k même de lui nuire. Les 
vassaux du comte d'Urgel spécialement étaient plus à redouter. 
L'amoindrissement du pouvoir de leur suzerain leur laissait une 
plus grande liberté d'action. 

Dans ces circonstances, les évêques comprirent que leur haute 
situation morale ne pouvait suffire à garantir l'intégrité de leurs 
possessions ; un défenseur leur était nécessaire. Il leur parut plus 
avantageux de consolider leur autorité en la partageant avec un 
seigneur laïque, que de s'exposer à la perdre tout entière. C'est 
ce qu'ils firent pour l'Andorre, celui de leurs domaines le plus diffi- 
cile à garder, en raison de sa position. 

Mais sur qui leur choix allait-il se fixer? 11 pouvait tomber 
principalement sur deux familles : celle des vicomtes de Castellion 
ou celle des seigneurs de Caboet. La première fut écartée. Exa- 
minons quels motifs firent choisir la seconde. La situation parti- 
culière qu'elle avait vis-à-vis de l'église n'a pas dû être étrangère 
à ce choix. 

§ 2. Situation particulière des seigneurs de Caboet 

VIS-A-VIS DES ÉVÊQUES d'UrGEL. 

Et d'abord une partie des possessions de la famille de Caboet 
touchait à l'Andorre : c'était la vallée de San Juan, le principal 
de ses domaines avec la vallée de Caboet. Les seigneurs de cette 
maison pouvaient facilement mettre à profit l'anarchie qui régnait 
dans le comté d'Urgel, pour étendre leur autorité aux dépens de 
celle de l'évèque. La prudence commandait donc à celui-ci de se 
conciher cette famille et de s'en faire une amie plutôt qu'une 
ennemie. 

Peut-être aussi les seigneurs de Caboet s'étaient-ils distingués 
par leur attachement à l'église d'Urgel, et avaient-ils ainsi mérité 
ses faveurs ; il est permis de le conjecturer d'après la généralité 
des actes passés entre eux et les évêques. 

En tous cas, de graves raisons ont dû les faire préférer aux 
vicomtes de Castelbon, envers lesquels une telle donation aurait 
été impolitique. La Seo d'Urgel n'est séparée de Castelbon que 



^oo 

par trois heures de marche. Assise au milieu d'un cirque de mon- 
tagnes, au confluent de deux rivières, la Sègreet l'Enbalire, elle 
est le centre où aboutissent quatre voies de communication. La 
première, la plus importante, conduit de la Seo à Puigcerda, en 
suivant le cours de la Sègre ; la seconde réunit la Seo à Lérida 
par Pons et Balaguer; des deux autres, dont l'importance est 
secondaire, l'une va rejoindre le pays de Paillars en passant 
par Castelbon ; l'autre enfin remonte vers l'Andorre, le long de 
l'Enbahre. La Seo se trouvait donc dans une position ouverte. 
La proximité des vicomtes de Castelbon, dont les domaines tou- 
chaient ceux de l'évêque, constituait un danger permanent pour 
l'église d'Urgel. Les évêques pensèrent qu'il était imprudent 
d'avoir des défenseurs dont le secours pouvait facilement dégé- 
nérer en oppression. Du reste, l'esprit querelleur dont les vicomtes 
de Castelbon ont toujours fait preuve vis-à-vis de l'église d'Urgel 
suffit à montrer que les évêques avaient eu raison de ne pas fixer 
leur choix sur eux. 

Nous venons de voir quand les seigneurs de Caboet acquirent 
leurs droits sur l'Andorre et quelles raisons expliquent cette 
acquisition ; passons maintenant à l'examen de quelques actes où 
ils reconnaissent expressément la suzeraineté de l'égUse sur cette 
vallée. 

III. Suzeraineté de V église d'Urgel sur V Andorre prouvée 
par les actes des seigneurs de Caboet. 

Nous avons déjà parlé du testament de Guillaume Guitard de 
Caboet (1110); premier document actuellement connu, où les 
seigneurs de Caboet s'avouent vassaux de l'église d'Urgel pour 
l'Andorre. Bornons-nous donc à le rappeler. Faisons cependant 
remarquer l'esprit qui anime Guillaume Guitard vis-à-vis de 
l'église. Non seulement il ne fait pas de difficulté pour se reconnaître 
son vassal, mais encore il lui donne spontanément un certain 
nombre de ses châteaux. Cet esprit sera celui de plusieurs de ses 
successeurs, comme on le verra plus loin. Rappelons aussi l'acte 
de 1150, par lequel Miron Guitard de Caboet reconnaît que son 
père, son aïeul et ses prédécesseurs ont tenu l'Andorre de l'évêque 
et que ses successeurs doivent en faire de même. Durant les qua- 
rante années qui séparent ces deux documents, on ne trouve 
aucune trace de dissentiment entre les seigneurs de Caboet et 



101 

l'église. Mais, à ces époques si profondément agitées, la paix ne 
pouvait durer toujours ; des discussions allaient s'élever au sujet 
de l'Andorre, entre plusieurs membres de la famille de Caboet, 
jusque-là si soumise à l'église. Toutefois la suzeraineté des évêques 
d'Urgel n'en reçut aucune atteinte ; elle acquit au contraire dans 
la lutte une consécration nouvelle. 

C'était en 1156; Raimond de Caboet, fils de Miron Guitard, 
dont nous avons parlé plus haut, n'avait point d'enfants. Il vou- 
lut profiter de cette situation pour signaler sa piété envers l'église 
d'Urgel. Il laissait, il est vrai, un frère, Arnaud, son seul héri- 
tier, qui était jaloux de ces faveurs et s'y opposait de toutes ses 
forces. Ce fut en vain, Raimond persévéra dans ses projets, et, 
par un acte du mois de mai delà même année^ il donna à l'église 
les vallées de Saint-Jean et de Caboet, en stipulant que son frère 
Arnaud les tiendrait d'elle comme vassal. Il alla même, tant ses 
intentions étaient arrêtées, jusqu'à faire à l'évêque d'Urgel la 
cession complète de ce qu'il tenait de lui en Andorre, si 
Arnaud se refusait à passer par les conditions qui lui étaient 
imposées. 

C'était parler sans ambages et affirmer d'une manière caté- 
gorique la suzeraineté de l'église d'Urgel. 

Aussi cet acte a-t-il une importance capitale dans la suite des 
relations de la maison de Caboet avec l'église. Cette donation fut 
en efîet la cause de toutes les difficultés qui surgirent plus tard 
entre les évêques et les héritiers de la famille Je Caboet; Arnaud, 
vicomte deCastelbon, et, après lui, les comtes de Foix subissaient 
avec impatience la suzeraineté de l'évêque d'Urgel; plus d'une 
fois ils cherchèrent à s'en affranchir. Cependant les droits de 
l'église étaient évidents, puisque Raimond de Caboet lui cède, 
dans les termes les plus formels, la propriété des vallées de Saint- 
Jean et de Caboet, pour n'en conserver à sa famille que le fief. 
D'autre part, il est impossible d'affirmer plus clairement que ne le 
fait Raimond les droits de l'église sur l'Andorre. Les documents 
postérieurs ne sont pas moins significatifs. 

Arnaud de Caboet, d'après l'acte que nous venons de citer, 
voyait de mauvais œil les générosités de son frère. Aussi il ne 
recula pas devant la violence pour changer la situation. Il lui 
enleva tout ce qu'il possédait (et même jusqu'à son cheval, ajoute 

1. Archives d'Urgel, Carlulaire, vol. I, n" 934. 



i02 

l'acte, alors qu'il ne restait plus autre chose à Raimond) et l'ex- 
pulsa de sa demeure sans ressources et gravement malade. Rai- 
mond n'en resta pas moins inébranlable dans sa détermination ; 
les mauvais traitements d'Arnaud le dispensèrent de tout ména- 
gement à l'égard de ce frère ambitieux et dénaturé. Nous en 
avons la preuve dans son testament' (18 juin de la même année). 
Il ne laisse à Arnaud les vallées de Saint-Jean, de Caboet et 
d'Andorre qu'à la condition expresse de les tenir de l'évêque. 

Au cas où son frère refuserait de se reconnaître vassal pour les 
vallées de Saint-Jean et de Caboet, il le déshérite entièrement à 
cause de son ingratitude, de ses violences, et de son désir d'arra- 
cher à l'église les aumônes qu'il veut lui faire. En prévision de 
cette éventualité, Raimond divise subsidiairement ses biens entre 
l'église d'Urgel et son neveu R. de Eveg. L'église aurait la pleine 
et entière propriété de l'Andorre, de même que celle de la moitié 
des vallées de Saint-Jean et de Caboet que Raimond s'était réser- 
vée ; la seconde moitié de ces vallées formerait la part de son 
neveu R. de Eveg, pour la tenir en fief de l'église. 

La portée de cet acte ressort d'elle-même. On le voit, Raimond 
de Caboet, quoique obsédé par son frère, ne faiblit pas un instant. 
R aurait pu sacrifier au désir de la paix et condescendre aux 
injustes prétentions d'Arnaud; loin delà, au milieu de persécu- 
tions de tout genre, il afiirme bien haut et accroît même les droits 
de l'église. 

Les querelles que Raimond de Caboet avait prévues ne se réa- 
lisèrent que trop. Arnaud ne voulut pas se soumettre aux condi- 
tions imposées par son frère, il entra en vive contestation avec 
l'évêque. Celui-ci de son côté maintint énergiquement les droits 
de son église et ne craignit pas de soutenir une guerre contre son 
vassal rebelle. Il est probable que le début des hostilités coïncida 
avec la mort de Raimond, qui n'est pas elle-même fixée d'une 
manière positive. En tout cas, on constate qu'en 1159^ (2 juillet) 
Arnaud cherchait à se créer des alliés contre l'évêque d'Urgel, 
car à cette date il passa un accord avec Pierre de Saint-Jean et 
ses frères. Il y fut arrêté que les châteaux d'Arts et d'Aous (dans 
la vallée de Caboet) seraient possédés par Pierre de Saint-Jean, 
et celui de Saint-Jean par Arnaud de Caboet. Les deux parties 

1. Archives d'Urgel, Carlulaire, \'ol. I, n» 935. 

2. Archives nalionales, J. 879, n° 18. 



103 

devaient jouir en outre, par moitié, des droits de leurs parents sur 
l'Andorre; alliance bien éphémère, car trois jours après' (5 juil- 
let), l'évêque d'Urgel parvenait à la rompre par la ligue qu'il 
faisait avec le même Pierre de Saint-Jean et ses frères. Les deux 
parties promettaient de s'entr'aider contre Arnaud de Caboet; 
Pierre de Saint-Jean et ses frères s'engageaient à être les hommes 
de l'évêque, s'ils parvenaient à s'emparer de la vallée de Saint- 
Jean. 

Privé de cet appui, Arnaud de Caboet ne pouvait longtemps 
continuer la lutte ; il courait le danger de perdre entièrement ses 
domaines. Il le comprit et se hâta de traiter avec l'évêque d'Urgel. 
Le 19 juillet de la même année"', un arrangement fut conclu entre 
le vassal et le suzerain. L'acte où il est consigné est caractéris- 
tique et décisif dans l'étude des origines de la question d'Andorre. 
C'est la justification officielle, la reconnaissance publique de la 
suzeraineté de l'église d'Urgel sur l'Andorre. Elle a lieu en pré- 
sence des personnages les plus considérables du pays, La soumis- 
sion d'Arnaud est garantie par leur intervention. Le comte de 
Paillars, par sa présence et la part qu'il prend k la réconcihation 
d'Arnaud , les hauts personnages par leur signature , qu'ils 
apposent au bas de l'acte, témoignent solennellement que la 
suzeraineté de l'église d'Urgel sur l'Andorre est un fait de droit 
public. Le document est du reste écrit dans les termes les plus 
explicites. 

Arnaud vaincu s'en remet à la miséricorde de 1 évêque. Celui-ci 
consent, par bonté, à lui rendre la propriété des vallées de 
Saint-Jean et de Caboet, ainsi que le fief de la vallée d'Andorre, 
mais après avoir déclaré retenir sur tous ces domaines son pleii} 
et entier droit de suzeraineté. 

Toutes les obligations du fief devront donc être remplies par 
Arnaud. Elles y sont énumérées. Ce seigneur prête un serment 
spécial, inséré dans l'acte, pour jurer l'observation de ces con- 
ventions. L'évêque veut bien, de son coté, offrir quelques adou- 
cissements à l'amour-propre blessé d'Arnaud. Il lui fait diverses 
donations, dont la principale est du quart de la dîme du pain et 
du vin dans la Seo, ainsi que d'une maison située dans la même 
ville. Arnaud prête un second serment et fait en outre jurer l'ob- 

1. Archives nationales, J. 879, n° 17. 

î. Archives d'Urgel, Carlulaire, vol. I, n' 936; voy. ci-après. 



servation de cet accord par deux hommes de chaque ville des 
vallées de Caboet et de Saint-Jean. On fixe de plus que les suc- 
cesseurs d'Arnaud devront prêter et faire prêter le même serment 
de fidélité. Enfin viennent les signatures des témoins. Arnaud, 
comte de Paillars, appose la sienne k la suite de toutes les autres, 
pour bien montrer qu'il couvre cet accord de sa protection spé- 
ciale. 

Il est inutile d'ajouter à ces actes de longs commentaires. Nous 
laissons au lecteur impartial le soin de tirer les conséquences qui 
en résultent. Préoccupé uniquement du côté historique de la ques- 
tion, nous avons voulu seulement exposer les faits tels que les 
actes les présentent, et montrer comment les relations des comtes 
de Foix avec les évêques d'Urgel sont la suite des rapports de 
leurs prédécesseurs avec cette église. 

Ch. Baudon de Mony. 

Conveniencia facta inter Arnalldum de Cuhoez. et episcopum JJrgel- 
Lensem super valle Sancti Johannis et valle de Caboez et aliis. 

Noticie cunctorum, tam presentium quam futurorum, tradere 
volumus qualiter fuit olim magna ac diulurna altercatio inter dom- 
num B. Urgellenscm episcopum et Arnalldum de Gaboez de valle 
Sancti Johannis, cum pertinenciis suis, quam predictus episcopus 
jurls béate Marie esse constanter affirmabat, tum donacione Guil- 
lelmi Guitardi, patrui predicti Arnalli, qui prefatam vallem béate 
Marie, in testamento suo, reiiquid [sic) , tura etiam assertione ac dona- 
cione R. de Gaboez, primogenili fralris predicti Arnalli, qui prefatam 
donacionem Guillehni Guitardi concessit et innovavit, et insuper 
vallem de Gaboez, cum omnibus ad eandem pertinentibus , cum 
feuddo episcopali vallis Andorre, huic donacioni adjecit. et in pro- 
pria dominicaluram [sic] béate Marie dimisil. Jam dictus vero 
Aruallus de G^aboez omnes allegaciones ac ruciones venerandi ponti- 
licis verissimas esse cognoscens, habito consilio nobilis viri Arnalli 
Palariensium comilis et aliorum amicorum hominumque suorum, 
liljcnti aiiimo et sponlanea voluntate posuit se in causimentum 
dompiii Bcrnardi predicti episcopi ac promisit se de hoc stare suo et 
honiinio ac juramento firmavit, sicut in sacramentali continetur ', 

1. Le scrihc ;i dû omeltrc ici un membre de phrase avec episcopus comme 
sujet. 



non esse bonuni causimentum si euiidem Arnallum proprielalo locius 
honoris privaret, per jjonum causimentum, in conspcclu jam dicli 
principis et multorum tani clericorum quam laicorum, dédit ei et 
postei'itati sue proprietatcm predictarum vallium, cum feuddo vallis 
Andorre, et retinuit in hoc tolo integrum soiniorinum per onmia, eo 
quidem tenore et ordine conservalo ut jam dictus Arnalldus et poste- 
ritas sua, iratus sive paccatus, donet polestatem de omnibus cas- 
tellis que sunt vel erunt infra terminos predictarum vallium, scilicct : 
de Tor et de Sevicz et de Arts et de Castel Podoll, et de Drogo et de 
omnibus aliis, si qua forte infra terminos carundem vallium modo 
sunt vel erunt, predicto episcopo et successoribus suis, omni tem- 
pore, per ([uantas vices ipsi requisierintab eo, per se vel per nuncios 
suos, sine contradiccione et malo ingenio et faciat seguimentum ipse 
et oranes homines predictarum vallium, cum illo et sine illo, quando 
episcopus vel nuncius suus eis mandaverit, usque in montem Bouet 
super Arau versus Palariensium terram ; ab ipso monte Bouet usque 
in monasterium de Gerrc scis Ilumen Nogera; a monasterio aulem 
de Guerre usque in Pluvinos, exinde vero usque in Tuxen^ a villa 
Tuxen usque in caslellum Sancti Martini in Barida, ab ipso kaslello 
usque in capud vallis Andorre, cum eorum armis et cibo. llabeat 
etiam canonica béate Marie in villa de Arts unum hominem in domi- 
nicum, videlicet et mansum de Guillelmi Selvani, cum omni censu 
ac redditu quem facere débet j in villa Seviz, mansum Arnalli Pétri, 
cum omni servicio quod facere débet ; in villa Aos, mansum Mironis 
Arnalli ; in villa Tor, mansum Johannis Isarni cum omni servicio 
quod facere debent, ita quod sint liberi ab omni exactione predicti 
Arnalli et bajulorum suorum omni tempore. In bajuliis autcm quas 
episcopus habet in villa Asnurre sive in mansis quos beata Maria 
habet in valle Ergolel, sive in valle Sancti Johannis, non faciat 
Arnallus vel bajulus suus vel saio ullas toltas sive ullas forczas sed 
habeat sancla Maria liberum et quietum. In ecclesiavero béate Marie 
Organiani non faciat predictus Arnallus inmoderatum adempramen- 
tum, contra voluntatem domni episcopi. 

Sicut superius scriptum est, sic ego Arnallus de Gaboez, sponta- 
neus et absque omni cohaccione, reddo atque redirigo, dono atque 
concedo béate Marie et domno meo B. Urgellensi episcopo et succes- 
soribus suis, in perpetuum, totum predictum honorem, cum omni 
integritate et accipio pei- manuni ipsius et omnium successorum 
suorum, per fevum, hec omnia suprascripta, scilicet : vallem Sancti 
Johannis ac vallem de Gaboez, cum omnibus castellis ac villis seu 



106 

vilariinculis que ibi suiU vel erunl et cum omnibus ad easdeni vallcs 
pertinenlibus, ita quod ego el posteritas mea donemus potestatem de 
omnibus castellis que sunl vel erunt in predictis vallibus episcopo el 
successoribus suis, omni lenipore, sicut superius scriplum est, et 
faciemus prenominatum seguimenlum sine dilacione. Trado etiam 
in [)oleslatem beale Marie cl in dominium suum, presencialiter, 
lolum predictum honorem el cannonice ipsius mansos prenominatos. 
Convenio insuper per me et per omnem meam posleritatem quod, in 
bajuliis quas episcopus habel in villa Asnurre et quod in mansis 
quos chanonica beale Marie habet in villa de Ergolell et in valle 
Sancli Jobannis, non faciam ullas toltas vel ullas forczas, ego vel 
bajulus meus. In ecclesia etiam béate Marie de Organiano non faciam 
ulluni inmoderalum adempramenlum contra volunlatem episcopi. 
Reddo etiam , presencialiter , cannonice béate Marie castrum de 
Gonarbal, quod pater meus ei dimisit in testamento suo, ad haben- 
dum et possidendum cum omnibus sibi pertinentibus. Sicut superius 
scriplum est, sic ego Arnallus de Gaboez convenio el propria manu 
juro et omnem posleritatem meam episcopo et successoribus suis 
jurare inslituo, quod aixi o tenrre et o atendre fedelment per Deum 
et hec sancta. Ego vero Bernardus prenominatus episcopus, cum 
consilio kannonicorum Sedis, dono libi Arnallo et posteritati tue 
quarlam partem tocius decimi ville Sedis, tam panis quam vini, el 
unas mansiones in eadem villa Sedis. Addo etiam huic donacioni 
pernas duas in villa Archavell ac reddo libi dominicaluram illam 
quam avus tuus ibi habebat. Dono insuper libi et posteritati tue 
duos receptos quos habeo in villa Bescharan de duobus porchis et de 
pane el vino et civada que pertinent ad ipsos receptos. Addo ad huic 
donacioni quod tu et posteritas tua habeas potestatem in Bescharan 
et comendo libi ipsum seniorem qui tenel per me Bescharan, ut donel 
tibi et posteritati tue potestatem de Bescharan, salva fidelitate mea 
et successorum meorum, et habeas seguimenlum in hominibus ejus- 
dem ville sive in hominibus de Archavel, usque ad lerminos superius 
diclos in seguimenlo luorum hominum, quando tu eis mandavens 
per le vel per nuncios tuos. Si forte in villa Archavel fuerit fadum 
kaslellum in anlea, habeas ibi potestatem tu et posteritas tua, salva 
fidelitate mea el successorum meorum. Si quis hoc everlere lempta- 
verit, tam episcopus quam clericus, sive alius homo vel aliquis de 
postcritatc tua, non valeat hoc vendicare sed induplo componat, et 
hec scriplura lirma semper permaneat. Et, ul nunc el in evum hoc 
firmiter tenealur, juro ego Arnallus prescriptus hoc propria manu 






107 

et facio lioc idem jurarc duos homines in unaquaque villa val lis 
Sancti Johannis. In villa Arls juranl lioc Pelrus Martini et Ponlii 
per omnes alios. In villa Seviz, Miro Pelri el Pelrus lilius Rainiundi 
Pétri per se et per omnes alios. In villa Aoss jurant hoc Arnallus 
Berengarii et Arnallus Ruf per se et per omnes alios. In villa Tor 
jurant hoc Miro Miro (sic] et Guillclmus Guillelmi per se et per 
omnes alios. Isti onnies jurant quod Arnallus allendat hoc fideliler 
quod superius scriptum est. Similiter omnis posteritas Arnalli de 
Gaboez juret hoc idem episcopo et successoribus suis et faciat hoc 
jurare duos [sic] melioribus hominibus uniuscujusciue ville vallis 
Sancti Johannis. Actum esthocannoab Incarnacione Domini G. LYIIIl. 
post millesimum, x" iiii" kalendas Augusti. S. Bernardi Urgellensis 
episcopi. S. Arnalli de Gaboez. S. Bernardi prioris. S. Guillelmi 
sacriste. S. Pétri Guillelmi archidiachoni. S. Pontii archidiachoni. 
S. Arnalldi archidiachoni. S. Berengarii archidiachoni. S. Raimundi 
archidiachoni. S. Guillelmi capiscole. S. Magistri Guillelmi. S. Rai- 
mundi Guitardi. S. Raimundi Sancle Eulalie. S. Raimundi Chera. 
S. Raimundi operarii. S. Guillelmi de Stamarich. S. Arnalli de 
Sancto Stephano. S. Pétri Girberti. S. Raimundi Guillelmi. S. Guil- 
lelmi de Alb. S. Raimundi de Autes. S. Pétri de Eveig. S. Bernardi 
de Erill. S. Raimundi de Portella. S. Montancrii de x\.ssua. S. Ber- 
nardi archidiaconi de Mosset. S. Raimundi capellani de Gardona. 
S. Bernardi de Saga. S. Guillelmi de Ovez. S. Bernardi hajuli ville 
Sedis. S. Pétri Martini de Arts. S. Pétri Pontii qui hoc propria manu 
juravimus. S. Mironis Pétri de Sevicz. S. Pétri qui hoc propria manu 
juravimus. S. Arnalli Berengarii de Aos. S. ArnaUi Ruf qui hoc 
propria manu juravimus. S. Mironis Pétri de Thor. S. Guillelmi 
Guillelmi qui hoc propria manu juravimus. 

-|- Sig...num Arnalli Palariensis comitis. 
Ferrarius Levita scripsitet hoc signum (s. manuel) 
fecit anno et die quo supra. 



**f*= 



RAPPORT 

A M. LE MINISTRE DE LINSTRUGTION PUBLIQUE 

SUR 

UNE MISSION PHILOLOGIQUE A VALENCE 

( Suite \) 

APPENDICE 1. 

TRADUCTION CASTILLANE DU a LIBRE DE LES DONES » 

Par D. Lore:vzo Matheu y Sam. 

Cette traduction, dont l'unique manuscrit connu est conservé à la 
Biblioteca Nacional de Madrid (Collection Bœhl de Faber) , n'a jamais 
été consultée par les éditeurs ou les commentateurs du Libre de les 
dones; les bibliographes les mieux informés même n'en parlaient 
que d'ouï-dire : « Nous ignorons si elle est en prose ou en vers, » 
écrivait Xi mono vers le milieu du siècle dernier 2. Aussitôt que je 
fus informé de son existence à Madrid, par la publication du cata- 
logue des manuscrits de Bœhl de Faber acquis par la Biblioteca 
Nacional-*, je me berçai de l'espoir que celte version, due à un juris- 
consulte éminent, à un Valencien très versé dans l'histoire des insti- 
tutions et des coutumes de son pays, me serait d'un grand secours 
pour l'intelligence du texte original de Roig, résoudrait bien des dif- 
ficultés qui m'avaient jusque-là arrêté; je priai donc un des plus 

1. Voyez le volume précédeiil, p. 615. 

2. Escrilores de/ regno de Valencia. Valeuce, 1749, t. II, p. 85. 

3. Rbvisla de urcliicos, bibliotecas y îiiuseos, 1. IX, p. 233. 



10!) 

inlt'llii.'LMiLs employés de la section des manuscrits a la Nacional de 
.Madrid ' de m'en faire une copie complète. Si mon espoir n'a pas été 
entièremenl déçu, je dois dire cependant que le travail, assurément 
fort méritoire, de Matlieu y Sanz ne répond que d'une façon assez 
incomplète à ce qu'on en pouvait attendre. Le traducteur a eu la 
fâcheuse idée d'adopter le mode de versification de son modèle ; il a 
dû ainsi sacrifier souvent le fond à la forme; parfois il paraphrase, 
parfois il abrège; tantôt il lui arrive d'être aussi obscur que l'auteur 
qu'il traduit, tantOt il est trop clair, parce qu'il ne traduit pas et 
passe à côte de la difficulté. Néanmoins, cette version n'est pas inu- 
tile-, incontestablement elle éclaire certains passages, explique en 
particulier les allusions assez nombreuses au droit coutumier de 
Valence : les futurs commentateurs du Libre, de les doues feront donc 
bien d'y recourir. 

Le manuscrit de cette traduction est un volume sur papier, de 
230 feuillets d'une écriture du xvii«= siècle, qui porte ce titre : « Libro 
de los consejos del Maestro Jaime Roig, poeta valenciano. Escribiôle 
en lengua lemosina y yo le traduxé para que mis hijos le puedan 
entender. En Madrid, aûo de 4665. Don Lorenzo Matheu y Sanz, 
caballero de la orden de 3Iontesa, del Consejo de Su Mag'^ y alcalde 
de casa y corte. » Suit un avis au lecteur que voici : « Al lector. 
Haviendo leido con cuidado este poema, sin embargo de tener algun 
conocimiento de la lengua valenciana lemosina, por haver trabaxado 
no poco en el estudio de los fueros escrilos en ella, y otros papelcs 
antiguos, que huve de rebolver quando escribi los tomos de Régi- 
mine-, reconoci la dificultad de percibir losconcetos que, por sutiles. 
aunquc estubieran en lengua vulgar, necessitavan de mucha espe- 
culacion. Conoci juntamente que es el libro un tesoro inestimable 
por los documentos que. disfraçados en lo burlesco de su composi- 
cion, contiene esta obra. Y porque mis hijos no carezcan dellos, 
détermine traducirle los ratos que havia de emplear en divertirme 
de la tarea de mis ocupaciones. 

« Procuro seguir el métro del autor, sin apartarme de sus sentencias, 
aunque, para explicarlas, muchas vezes hc necessilado de anadir algu- 
nos versos, y otras, de poner asonantes, porque los consonantes 
eran imposibles en lengua castellana. Verdad sea que el autor usa 
repetidas vezes desta misma licencia. ïambien dexo algunas locu- 



1. D. Antonio Paz y Melia. 

2. Traclatus de regimine Vulenti-ie. Lugduni, 1704. 



no 

clones en su nallva gramâlica, por no desquiciar los periodos. Grec 
que se ha logrado mi desvelo ; por lo menos, en que la suslancia 
quede facil de enlender ; que el igualar la obra es imposible, como 
acaeze en lodas las traducciones. Tiene algunas cosas que en la can- 
didez del tiempo en que escribiô pudieran tolerarse ; mas hoy no se 
pcrmitieran imprimir, como quando escribe de las religiosas, cuyo 
esLado se deve tanto respelar ; y lo que dize délias, se ha de entender 
ser ficcion poética, como la fabula de la muger, que, sin fundamento 
de verdad, escrive llegô al Ponlificado ^ , pues como â tal, el Expur- 
gatorio la exterminô de los libros catélicos. Con esta advertencia 
pido se lea, someliendome en todo â la censura de la iglesia. Vale. » 
Pour donner une idée de cette traduction, j'en transcrirai deux 
fragments. D'abord la première partie du livre I : « Primera parte 
de la ninez, estando con su madré. « 



Dios ayudando, 
y començando 
mi espejo y norma, 
sigo la forma 
del abreviar. 
Quiero dejar 
ya mi ninez ; 
y de una vez 
mi juventud 
en servitud, 
desheredado 
y desterrado 
miseramente, 
mis mas de veinte 
anos majores, 
con mil sudores, 
riesgos, trabajos, 
heridas, tajos, 
mi mal pasé, 
lo que empecé 
muerto mi padre. 
Kl con mi madré 
poco viviô. 
Nadie los viô 
juntos comer 



ni alago hacer, 
jamas reir. 
Su mal vivir 
ô mala suerte 
le diô la muerte 
con ciertos maies, 
no digo quales, 
pues no es bien quadre, 
siendo mi madré. 
El quedô ético 
y al fin frenético, 
moço muriô. 
No me quedô 
florin ni argento, 
que el testamento 
fué â gusto délia, 
por su querella 
segun lo quiso, 
pues Uamar hizo 
â el escribano, 
que era paisano, 
su confesor 
fuo executor 
testamentario ^, 
sin inventario 



1. L'histoire de la papesse Jeanne, voir éd. Briz, p. 121. 

2. Cf. l'original : « Ella hi volgué Un seu notari, E lo vicari, Son confesor, 
Fon inarrnessor E legatari. » (Ed. Briz, corrigée, p. 12.) 



m 



lie su caudal, 
univprsal 
quedo horedera. 
De mi que era 
ûnico hijo, 
segun colijo, 
la hizo tutora 
y curadora; 
mas no importava, 
que un real montava 
la particion 
de mi porcion, 
manda y legado. 
Ya publicado 
su testamento, 
en un momento 
me despidiô ; 
no me vistiô 
nada de luto, 
seco y enjulo 
me arrojô fuera ' ; 
alaja entera 
no me dexô, 
mas me arrojô 
luego de casa, 
con mano escasa, 
bien alinado, 
de un pié calçado, 
descalço de otro, 
bien como potro 
ô cachorron 2, 
roto el jubon, 
Ueno de harapos, 
con pocos trapos 
y sin camisa. 
Dixo a su guisa : 
« Vé donde quieras, 



buscate borteras 
para la sopa. 
Lleva tu ropa, 
agora cena, 
manana ordena 
bien la jornada 
por la ostacada ^ ; 
sino al instante 
del mar vergante 
te havrâs de hacer; 
ô bas de traer 
linterna en ronda; 
ô barbas monda; 
hazte barbero, 
que, plazentero, 
canta canciones, 
mudando sones, 
con las tigeras 
horas enteras : 
bien ganarâs. 
si querrâs 
hacerte obrero 
de tinturero, 
con real y medio 
tendras remédie. 
0, si no, herrero; 
pero escudero 
si ser querrâs, 
bien pasaràs. 
Toma advertido 
qualquier partido, 
cama ni mesa, 
aunque me pesa, 
darte no puedo. 
Pierde tu miedo, 
tenlo por dicho, 
que no es capricho. 



1 . « Lo llaviol Tragui sens cera. » Matlieu n'a i)as traduit flaviol, proprement 
M une petite llùte. » Mais dans quel sens ce mot est-il pris ici r 

2. Ces deux vers sont ajoutés. 

3. « Dema caniina A la biogina » (p. 12). Le mot broyina ou brugina sif^nifie 
« filet de pAche. » Voir Du Cange, s. v. broginus, brugina, bruginus. Matheu le 
traduit plus loin (éd. Briz, p. Iû4a) par murovia. A la p. 92a, on trouve brugine's 
(bruginers), que Matheu n'a pas traduit. Cf. dans le Procès de les olives (éd. 
1877), p. 43 : « Curau de la xarcia de la brogina. » 



112 



Cuenta no hagas 

que en mi halles pagas ; 

manos, pies tienes, 

busca Ventura. » 

La desventura 

presto me hallô, 

pues me cogiô 

grave accidente. 

Madré ô pariente 

no me acogieron, 

jamas prisieron 

por mî puchero. 

Fui me primero 

con tanto mal 

al hospital 

que es de Enclapés. 

De noche pues 

la hospitalera, 

falsa embustera, 

con su criada, 

en la posada, 

hasta el angeo 

del jubon feo 

me escudrifiaron, 

como no hallaron 

maraved!, 

dicen asî : 

« Oy dormireys, 

manana ireis 

a mendigar, 

que no bastar 

la renta puede, 

el gasto excède 

del hospital. 

Ya no hay caudal 

para acoger 

ni disponer 

camas ni curas 

a las locuras 

de tanto pobre, 

ya no hay que sobre, 



para las amas, 
no bastan camas. 
No Iraeis taza 
ni calabaza, 
boisa ni cuero. 
En un puchero 
agua tendreis, 
sal, fuego havreis 
y habitacion; 
pan ni racion, 
si deseais, 
que lo traigais. 
Pero Dios quiso 
que mancion hizo 
corta terciana. 
Una semana 
bledos comi, 
berzas y asi 
mucha ensalada ; 
carne guisada 
jamas probe. 
El mal se fué, 
dejé la cama, 
y la vil ama, 
convalecido, 
me diô el vestido. 
Luego sali, 
a pié me fui 
solo, cual uîia ^, 
a Gataluna. 
Un cavallero, 
gran bandolero, 
de buen linage, 
me hizo su page. 
Con él vivi 
hasta que fui 
hombre ya hecho. 
Él, satisfecho, 
nada perdia -. 
Alli aprendia 
a bien servir, 



1. Ms. (le Rome c En Catalunya Hon fiu ma punya » (littéralement o où je 
fls mon effort, mes premières armes »). Les éditeurs (Briz, p. I3b) : « Segumt 
forluna En Catalunya. » Mais ces vers ne riment pas. 

2. « Ab l'hom discret Temps no hi perdi. » Briz, p. 13b. 



U3 



armas scguir. 
ser picador 
y caçador ' , 
de cetreria, 
albeiteria, 
tafier, hailar, 
hasta contar 
él me ensefiô. 
Caro costô 
tanto saber, 
que la muger 
de aqueste tal 
me quiso mal 
sin culpa mia. 
Ella ténia 
hijo gentil, 
mas femenil, 
porque de gallo, 
ir â caballo, 
ni de varon 
no ténia acciou, 
que le guardava 
y apartava 
del riesgo fixo, 
con que hizo el hijo 
afeminado, 
açucarado, 
nino menique, 
todo alfanique 
y peladillas, 
hecho â rosquillas, 
tan mal criado, 
como inclinado 
â su querer. 
Viole mover 
inutilmente, 
y claramente 
yo aventajarme; 
quiso matarme 
la cavilosa, 



vieja ombidiosa, 
sembrava halilillas, 
chismes, rcncillas 
con ficcion. 
A traicion, 
cuando dormia, 
su hijo venia - 
con un tcrciado 
por su mandado 
para matarme. 
Al contemplarme 
tuvo temor, 
hize rumor, 
movime luego. 
Dixo ser jucgo, 
que se burlava, 
aunque intenlava , 
no lo logrô 
ni me tocô, 
ni supo hazer 
otro que ser 
de papel hombre ; 
mas, porque asombre, 
me puso mal 
con quexa igual 
y loco error 
con mi senor 
fiero y sangriento. 
Con juramento 
él afirmava 
que yo intentava 
lo que él hacia. 
Mi amo que via 
bien claramente, 
por ser prudente, 
que era mentira, 
y que su ira 
fué inbidia indina, 
con la pretina 
le santiguô 



1. Après ce vers, le ms. du Vatican en a six qui mauciuent aux éditions : 
« Dels bons dels règnes Bona manregnes, Peu y suerons, De lots falrons, Ili 
d'esparver, Ginet, coser. » 

2. Il faudrait le parfait rino, mais le traducteur a été contraint par la rime 
d'employer l'imparfait. 



114 



y le encerrô ' 

dentro el castillo. 

Tiemblo al dezillo. 

El sabio viejo 

me diô consejo 

que me partiese 

y me veniese. 

Vine en ei'eto 

con tal decreto 

por mi salud 

en un laud 

de Vizcainop, 

y los vecinos 

me conocieron ; 

todos tuvieron 

grande contento, 

viendo mi aliento, 

mi garbo y talle, 

gustô la calle 

de mi venida. 

Desconocida 

halle la casa ; 

estava rasa 

y despejada 

como robada. 

Mi madré vi, 

mas adverti 

no me acatava 

ni se alegrava. 

Quise alli entrar, 

mas reparar 

en mi no quiso, 

ni caso hizo 

mas que a un canario 



ô perdulario, 
cautivo estrafio ; 
con un tacano 
no hiciera mas, 
y con compas 
de dar rehenes •*, 
y sus desdenes 
algo volviô 
y me mirô 
de mui mal ojo. 
Dixo : « Piojo, 
pasa adelante, 
y en un instante 
sin convidarme 
ni aun asentarme, 
me despidiô 
y advirtiô 
îuego me fuese, 
que no me viese 
alli el sefior. 
Con escozor, 
« Quien ? » pregunté. 
Dixome : « Que, 
loco perdido? 
es mi marido, 
que a tu despecho 
mi Dios lo ha hecho, 
y es mas honrado 
que no el menguado 
del padre tuyo, 
mejor le arguyo 
y mas valiente. 
Vête, inocente ! » 
Luego me fui 



1. Le ms. du Vatican a cette leçon : « Veu clarament Qu'era falsia Com la 
iiiovia La soranueia, Ab sa correia Fort la feri E la servi He de liviujades 
L'usquena nsudes lie (el'{) U. tasia He la tança (ces quatre derniers vers 
manquent dans les éditions) Ens son caslell. » — L'éd. de 1531 a de même « la 
movla » et « la tança; » tandis que Briz, p. l'ib (et sans doute aussi les édit. 
de 15G1 et de Ros) ont deux fois lo. U est évident que la pn-inièrc leçon est la 
bonne; c'est à la mère et non pas au fils que l'ut inltigce la punition. 

2. Canari. Briz (p. 15a) a contrari. 

3. Au lieu de ces quatre vers, le texte original a seulement : « Ab sos desde- 
nys Poch se gira. » Je no sais ce que veut dire Matheu par : « Y con compas 
de dar rehenes. » 



U6 



y me escondi, 

mas por mi honor 

que por temor 

de mi padastro. 

Ya cuii malastro 

era casada. 

Viôse aliviada 

y con decencia 

muy buena hercncia 

y senoria, 

que lo tendria 

siempre entendiô. 

Como le viô 

gentil danç^ante, 

moço galante 

hecho y derecho, 

luego fué hecho. 

En ella tuvo 

quien le mantuvo, 

muy gentil renta, 
que parô en venta 
sus ornamentos 
y paramentos, 
todo prestado 
havia justado ; 
saliô lucido 
à un buen partido, 
podiendo ir, 
la hizo venir. 
Ella convida, 
tercia la dida^, 
sin testimonio : 
tal matrimonio 
se hizo al escote, 
carta de dote 
no se escriviô, 
ni aun él Uamô^ 
siquiera al cura, 
ni por Ventura 
algun pariente 
ô inteligente, 
persona alguna. 



Con tal fortuna 

fué su muger ; 

sin mas saber 

ni reparar 

ni aun contar 

le diô su hacienda. 

El muerto enmienda 

ya no admitia, 

pues no queria 

ningun pariente ; 

al hijo ausentc 

puso en olvido 

por tal marido. 

Ella creia 

que duraria 

tanto contcnto 

por anos ciento, 

y el pan de boda 

la vida toda. 
Luego huvo vozes, 
y muchas cozes 
fueron con ella. 
Vieja la bella, 
moço el velado, 
si la ha cascado 
bien satisface; 
a quien tal haze 
que Dios mantenga. 
La que mas tcnga 
aun mas merece, 
pues que apetece 
la ciegue el humo. 
Mas yo presumo 
carne la manda, 
y en su demanda 
ya envegecida, 
su edad olvida; 
tiene la panza 
de fuelles mansa 
con pliogues, piel 
comu buriel 
ô chamelote 



l. « Cabe il la dida, » Rriz (p. 15b) : « Ja bé y 1h dida, « re qui n'a aucun 



sens. 
2. « Noy appdla. » Briz (|>. 15b) : « No hi ha apela. » 



H6 



con almodrote ', 

lacia la teta ; 

hiede quai gcta, 

cumbrc novada, 

frentc arrugada, 

boca pin dientes ; 

cuenta adhérentes, 

mas no sus anos. 

Los mas estranos 

6 biilliciosos, 

los mas ociosos 

con quien encarna, 

Uena de sarna, 

loba avasalla ; 

con razon halla, 

por las edades 

y voluntades 
tan encontradas, 
las bofetadas, 
y vieja terca 
grangea, puerca, 
con su dinero 
el mal casero, 
pues mas estima, 
para que gima, 
cautividad 
que libertad. 
Dexa riqueza 
por la pobreza, 
aunquo se unda ; 
Dios la confunda. 
Si quando muere, 
algo se viere 
que à ella le sobra, 
nadie lo cobra, 
y al que la ablanda 
todo lo manda 
su testamento. 
Pues con violento 
modo se clava, 
como à. una esclava 



la han de tratar. 
No puede dar 
gusto al sentir, 
menos parir, 
mas es muger, 

à mi entender, 

la dote bella : 

que no lo es ella. 

Esto te arguye, 

cuando concluye 

la boda negra, 

el dote alegra 

que se posée : 

délia se crée 

que es la criada, 

solo casada 

para servir 

y mas sufrir 

todo el afan. 

Lo que le dan 

ha de tomar, 

y ver gastar 

bienes sin cuenta, 

rahices y renta ; 

con mil mudanças 

hacer fianças, 

por el marido 

pagar con ruido 

las doudas dél, 

y la cruel 
execucion, 
que con baldon 
todo lo vende, 
solo â esto atiende 
antes que muera. 
Con sucrte fiera 
se ve abatida, 
mal asistida, 
bien casligada, 
toda nevada 
y cano el peio, 



1. Almodrote n'est là que pour la rime. L'original (Briz, p. 16a) porte : « Ab 
semblant pell Coin lerçaneil (sorte de talletas) chamellol, Parra, bossot, 
Buyt la inamella. w 11 faut sans doute lire loi Parrû bossol sans virgule : « Le 
létin vide semblera bonrsc. » Bossol dérive de bossa. 



H7 



pues sin recelo 
no se aconsoja, 
por culpa vioja 
de penitencia 
con tal sentencia ^ , 
y este marido 
vengue al perdido : 
todo asi fué. 
Al tiempo que 
se descubrieron 
y aparecicron, 
en vez de joyas, 
cambios, traxnoyas, 
bien usurarios, 
deudas, salaries 
de oficiales, 
que muy curiales 
executaron 
y lo asolaron 
en treinta meses; 
por intereses 
costas hicieron 



y consumieron 
con gran cuidado. 
El ha jugado 
sus joyas bravas 
y las esclavas 
eu tietnpo brève, 
con causa levé -, 
muebles y censos 
con sus recenses 
fueron vendidos. 
Asi perdidos 
y rematados, 
viles, alzados, 
aprisa huyeron, 
despues morieron 
él comprador 
y caçador 
de un cavallero ; 
del lavadero 
ella criada, 
siempre afanada. 



Voici maintenant la troisième partie du livre IV, où il est parlé de 
la marraine de l'auteur : 



Por las dévidas 
obras de abismo, 
por el bautismo 
donde lavados 
y bautizados 
somos, pues son 
en conclusion 
prôximos ellas, 
si en mis querellas, 
por mi capricho, 
mentira he dicho, 
mucbo lo siento 



y me arrepiento 
de corazon, 
cualquier baldon 
sera de error. 
No hayan temor, 
las aseguro, 
si es que murmuro •'', 
las haga dano, 
que no es tamano 
bravo 6 rabion 
este leon, 
como le pintan. 



çia 
Pas 



1. Éditions (Briz, \k 17a) : « Dels peccats vells Per penitencia, ab tal sentea- 
u » Lerns. a Par pour Per; mais la vraie leçon est celle de l'édit. de lo3l : 



2. Briz, p. 17b : « Calives dues Àb molts gambals. Tots los ccnsals, >. etc. — 
Ms. et éd. de 1531 : « Catives dues, Poch a poch lais. Tols los censals, » etc. 

3. Ms. : « Si bem murmure. » Éd. 1531 : « Snben murmure. » Briz (p. lOîa) : 
« Passât murmure. » 



^^s 



pues le despintan 

por singular. 

Por no deixar 

tantas airadas 

y alborotadas, 

para mi quiero 

riecir, parlero, 

cierta palabra 

que el pecho labra 

con graii concierto. 

Todo su guerto 

de espinas Ueno, 

abrojo y heno 
he praticado 

y examinado 

mi vida toda, 

y en esta boda 
de arboles vivos, 
superlatives, 
belles, pulidos, 
he visto nidos 
de gilguerillos 
y de pardillos, 
muclias abispas, 
crudas y rispas (sic)^ 
fieras, crueles; 
y sus vergeles 
quando he buscado, 
tan solo he hallado 
un virtual 
arbol frutal, 
en todo raro, 
en virtud claro, 
bien ingerido, 
pues ha rompido 
el ojo.al diablo. 
De aquella hablo, 
siempre famosa 
y fructuosa, 
bien conocida, 
hembra tenida 



por muy valicntc ; 
santa, prudente, 
buena cristiana, 
suave, humana. 
comunicable, 
dulce y amable, 
siempre graciosa, 
bella, curiosa, 
cuerda, gentil, 
sabla entre mil, 
poco parlera, 
muy hacendera, 
hembra atinada, 
muy esforzada 
en quanto hacia; 
siempre decia 
el santo ofizio ; 
el exercicio 
de trabajar 
y siempre orar 
no le perdia^. 

Bien parecia 

esta persona, 

que agora abona 

mi pluma el nombre 

mas que hembra, hombre. 

Desque naci, 

bondad no vi 

tanta en muger. 

Llegô ella â ser 

buena casada, 

muy bien criada, 

muy instruida, 

con santa vida, 

de su marido. 

El quai la vido 

feliz morir, 

y sin sentir 

quedô asombrado, 

desconsolado, 

fuora de si. 



t. Le texte original est ici mal rendu; Roig(éd. Briz, p. 193») dit de sa mar- 
raine qu'elle était dévole, mais que l'exercice de ses devoirs religieux ne i'cm- 
pécliail pas de s'occuper de son ména.uc. « Ses hores deya E tôt l'ofiçi, Mas lo 
servie) E Iroballar Pcr son orar No remania. » 



H'» 



Bien conoci 
subplantador 
y luchador, 
blanco y bermojo, 
su nombre dejo 
aunquo me acucrdo ' ; 
délia rocuerdo, 
que is la primera 
silaba era 2, 
el pez lizero 
nombre es primero. 
Fué mi vecina, 
madré y madriua, 
mi fiel amiga, 
no muy antiga, 
muger muy clara, 
à mi muy cara; 



nada en el mundo 
de amor profundo 
tanto estimé. 
Gémi, Uoré 
quando muriô. 
Quisela yo 
muy bnamentc. 
l'ues solamente 
con tal fortuna 
he hallado una 
que ella meresca 
yo la cngrandezca 
y la haga fiesta ; 
sola por esta 
me satisfago, 
las paces hago 
para fm dar. 



APPENDICE II. 

EXTRAITS DE LA VERSION VALENCIENNE 
DU « LIBRE DE LES DONES. » 

Comme spécimen du Lexle reslilué, ou louL au moins amélioré 
dans une certaine mesure, d'après le manuscrit du Vatican et l'édition 
de -I53i, j'ai cru devoir choisir le récit du voyage et du séjour en 
France de l'auteur 3. Ce récit me semble, je l'ai dit déjà, de pure 
invention ; on pourrait être cependant d'un autre avis, et de fins 
connaisseurs de notre xv*' siècle y découvriront, possible, aulrc chose 
que des traits d'imagination. Le voici : à eux de prononcer, .le suis 
la leçon du manuscrit (A) et donne, quand cela me paraît utile, les 
variantes de l'édition princeps (B) et celles de la version courante de 
Ros et Briz (0). 



1. Le texte (p. 193b) dit le contraire : « Blanch é beriicll Es lo nom d'ell. » 
1. Mallioii a fait ici un contresens : « D'cllain recori Ys yrimcr mori , \a) peix 

lliçer Ilandi nom primer. » Ys = y es; mort n'a rien allaire avec mol. Le sens 

dn vers est : « Et elle est morte en premier lieu. » Morl pour morla à cause 

de la rime. 
3. C'est-à-dire les 2% 3° et 4' parties du livre I, qui font suite au premier des 

deux fragments qu'on vient do lire dans la version castillane. 



^2o 



Seguona part. Com fon afillat ' 
y trames. 

Puyx yo fuy çert 
esser désert 
de benvolents, 
cert als dolents 
nom atanoi'. 
En mi pensi 
nom absentas 
quem présentas 
a hun bon •' rich, 
qui fel amich 
fon de mon pare 
he gran compare 
he mon padri. 
love fadri, 
desenpenat*, 
fuy m'en anat 
al hom de Deu. 
Com ell me veu 
he m'ach hoyt 
hi ague "' sentit 
de qui fill era 
he ma manera, 
ell me senya*' 
hi m'ensenya 
cert gran Yoler, 
ab molt plaer 
ell m'achçepta, 
mas protesta 
que may nom ves 
ni qu'en sabes 
res sa muller. 



Lo mercader 
molt poderos 
he virtuos, 
ell m'afiUa 
him abilla, 
com fo mester, 
en" un troter 
ab prou dines** 
ell me trames, 
ben arreat, 
cami ferrât '', 
per Tarraguona 
a Barcelona. 
Quant arribi 
de Sent Marti 
castell fort près, 
en Panades, 
hon ab gran cuyta 
s'en era fuyta, 
ne viu cobrar, 
presa tornar, 
no menys ferrada 
que d'uU mirada, 
Na Forciana, 
qui catalana 
fon natural. 
Ab prou de mal 
llexat hauia 
abandonat, 
palau robat, 
sensé remey, 
son senyor rey, 
propi marit, 
mig mort al Hit, 



1. Adoi)té, par son parrain. 

2. Atançarse ou atansarsc, « s'appuyer sur, se réfugier auprès. » 

3. A hon ; C hom. 
k. Déplumé. 

5. B C he ach. 

6. « Il me bénit. » 

7. B C sus. 

8. Dines = diners. 

9. Cami ferrât a plutôt le sens du français « chemin ferré, » c'est-à-dire 
« empierré, » cpie du castillan camhio de la herradura, chemin de traverse, 
sentier où ne peuvent passer que les bétes de somme, les montures ferrées. 



\n 



onmetzinat' 
he fetillat, 
seguons se deya, 
atre^ tal feya 
a SOS fîllastres 
he mais empastres 
contra sa nora, 
hun punt ne ora, 
nunca scssant 3^ 
lo rey ginyant ■'', 
ab frau y engan, 
maior Johan, 
(après rey fon) 
Marti segon, 
SOS fills abdos, 
com ha traydos ^ 
deseretas, 
sols prospéras 
ella y els seus, 
fent los hereus 
de SOS regnats. 
Per tais peccats 
fon ben rodada ^ 
he turmentada, 
moites cremades 
de ses criades, 
a Uur mal grat. 
A Monserrat 
yo m'en vingué, 
aqui ^ prengui 
cami frances 8, 
fuy a Beses, 
hoy la fama 
de Nostra Dama 
quis diu del Puy, 



tant be m'i fuy 
a Sent Dinis, 
puyx a Paris, 
lunt al ostal, 
prop lo portai, 
trobi la liosta, 
prou ben conposta, 
que lli fiiava, 
he yo fiava 
que fos segura 
jus tancadura. 
Dich : « Hoslalera, 
est' angevera-', 
vos lam tancau 
he lam guardau 
axi com U'ull, 
car molt la vull. » 
Aquella nit 
près bell partit, 
mata son pare 
ella y hun frare. 
Tôt ho robarcn 
he s'en anarcn, 
mas no molt lluny. 
A très de juny 
ells s'en fogiren, 
a set moriren. 
Ella fon presa 
he nuha^o mesa 
dins huna bota 
he closa tota, 
ab com pan y ia 
de serp, bogia 
hi d'un vell guall, 
lo riu auall 



1. C e metzinat. 

2. B C altre. 

3. B C cessant. 

4. Dérivé de giny, engin. 

5. Traydos = traydors. 

6. C robada. 

7. G y asi. 

8. Le chemin français est ea Espagne celui que suivent les pèlerins venus de 
France pour se rendre à Cornpostelle. 

9. Matheu traduit ce mot, que je ne connais pas, par maleta. 

10. B C viva. 



122 



la cabuçareu ' 
ho. la llançaren. 
Feu me mal ioch : 
ultra l'or poch, 
Uetra y ténia, 
la quai venia 
ha huu marchant ; 
fon empachaiit ^ 
tots mos afos ^. 
Mas poch après 
prengui mos guatges 
he fiu viatges 
ab molt valent, 
ardida gent, 
de la francesa 
contra l'anglesa, 
i'ent caualcades, 
molt estimades, 
fort guerreiant 
he salteiant, 
cobrant castells. 
Molt jouençels 
apresonauera ■'* 
hils rescatauem '^ 
per molt argent ; 
cruel, urgent 
feyem la gucrra, 
he la desferra " 
molt bes partia, 
tôt hom nauia. 
Aquell estiu 
gran rich m'i fiu 
he ben armât, 



era estimât 

entrels guerres " 

no dels darres ^. 

En l'inuernada, 

per la gelada,' 

lo campeiar 

he asetiar 

prenia fi, 

he lo Dalû 

ab los senyors, 

capdals mai ors, 

mol ben guarnits 

he infinits, 

gentil''^ iouent, 

feya souent 

fer belles iuntes 

he correr puntes 

hi torneiar 

durant temps clar. 

En lo pluios, 

temps enuios, 

ab moites guales 

feya fer sales 

he bells conuits 

dies he nits, 

ab los grans fochs 

molts placents iochs, 

bastir castells 

per bauastells '", 

moms " e grans festes, 

les dames prestes 

al bel triscar^2^ 

baxa ^3 dancar 



1. « La plongèrent; » voir Lexique roman, au mot cabussar. 

2. L'orlhograjjhe actuelle est empatxant. 

3. Afes = afers. 

4. C apresonaven. 

5. C rescataven. 

G. « Dépouille, butin. » 

7. C guerrers. 

8. C darrers. 

9. B gent jouent. — C gent déjouent. 

10. « Marionnettes, mannequins; » voir Lexique roman, s. v.— B C banastells. 

11. C noms. 

12. A dauçar. 

13. Baxa, sorte de danse. — C baix û. 



123 



rnay lii fallieu; 
totes vonien 
ben abilladps 
lie diuisades. 
Ab tal gouern 
lo temps d'iuoru 
axil passaua 
hil espletaua ' 
conpHdament : 
mas molt forment - 
lo temps gentil 
del 3 mes d'abril 
fins al setembre 
se feya tembre. 
Pux hinuernauem 
ens ne tornauem 
a gualeiar 
e festeiar 
enamorades 
a les posades 
ab gran plaer. 

Tercera part continua los actes 
fets en Paris. 

En lo giner 
una polida, 
gualant, ardida, 
gentil burgesa, 
flor de bellesa 
de tût Paris, 
un iorn de pris, 
bon yo iunyi 
he lo guanyi, 
a sa requesta, 
me mostra festa 
em feu saber 
son bon voler, 



lo grat é ah '■, 
ab prou desalt 
dol spu burges, 
car l'entrâmes 
bel conegué 
la que u tixqué; 
hc ordidora 
fon la traydora 
de la cambrera, 
falsa tercera ; 
ella u tracta 
hins afronta. 
Ans que y entras 
ni mi trobas, 
cert no y cabi 
ni res sabi. 
Fêta l'ampresa, 
ordena presa ^ 
aquella nit 
a son marit 
per que dormis. 
Com lo sentis 
en la sabor. 
« Beueu, senyor, 
dix, l'ipocras. » 
Com s'en calas 
una gran tassa, 
ell beguén massa, 
lo fort dormir 
fon tost morir. 
Ile les yayletes '"', 
tan indiscrètes, 
mogueren crits. 
Foren senti ts 
per los veyns, 
he tots venins, 
ohint los plos ■^, 



1. Cf. V. fr. esploitier, prov. espletchar. C yom deportava. 

2. B G mas (mes) bravament. 

3. B C lo. 

4. AU, subst. verbal d'fl//ar« plaire. » Au vers suivant, desalt « chagrin, ennui. » 

5. Presa, qui signifie « prise, capture, » a ici le sens du castillan prisa « Lûle. » 
A la presa en vieux catalan signifie a toda prisa. 

G. Vayleta « petite servante. » — B C Le* imperfetes. 
7. B C plors. 



12^ 



veren lo cos ^ 

estes ho jaheut2, 

un tant calent, 

mas ia final. 

Per bon \eynat 

volent sentir 

he inquerir 

sa malaltia, 

pero mentia, 

molt sospirant, 

dix, ait plorant : 
« D'un gras porçell 

e vi novell 

a molt traguat, 
es sofeguat ^ 
de poplexia. » 
Molt s'escroxia ''. 
Tots la u cregueren 
e lan plangueren 
de sa dolor. 
Nostra baudor ^ 
fon desviada 
he destorbada. 
Tal soberch mal 
molts del ostal 
lo conegueren, 
d'ells ho cregueren, 
altres neguauen, 
lus huns plorauen, 
altres bonien *" 
lo ■ que y soutien. 
Nos poch cobrir 
tan prest morir 
he fort desastre 
no Uexas rastre 



de gran sospita. 

Por raaladita 

oUa fon presa 

ho fon defesa 

ho favorida, 

por ser nodrida 

entrels de cort. 

Mas un fiU bort 

quel mort ténia 
la perseguia 
fort brauament ; 
diligentmont 
ne feu l'anquesta, 
a sa requesta 
instant forment. 
Per parlament 
fon condempnada 
ser soterrada 
viua deius, 
lo mort de sus, 
he viva treta 
dutan 8 carreta 
forai raual, 
al cap d'un pal, 
no guayre baix, 
obrat com haix'', 
mesa a la roda, 
per U'uU hon roda 
ella liguada, 
aparellada 
d'auall foguera, 
com metzinera 
hi fos rodada 
he socarrada 
fins tôt fos çendra. 



1. B C cors. 

2. C estes jaent. 

3. B Es se offegat. — Ce .vVm ofegai. 

4. Escroixir « trembler. » 

ï Bon"-? prov. bondir, « retentir, faire entendre un bruit sourd, » ici « mur- 
murer. » 

7. A los. 

8. C duta en. 

9. C uix. 



I2:i 



La iovp tondra 
de ppna fort 
e dura mort 
ab paçienria 
près la sentenria 
he la rebé. 
A mi també 
qual({up bouratgp 
ô mal polatge, 
litilliries ' 
o porreries 
m'aguera iet : 
per ço dp fet 
ra'aconorti 
him dpporli. 
Mes aqupll any 
hun cas estrany, 
en lo mon nou, 
iorn do ninou -, 
s'i esdeuench. 
Yo tinguil rench 3; 
fin conuidar 
tots a sopar 
e rigolatge 
los de paratge 
qui iunt '' hauiem, 
alli teniem ■' 
de tots potatges, 
de carns salvatges, 
Yolateria, 
pastiçeria 
molt preçiosa, 
la pus faraosa 
de tôt Paris. 



En un pastis 
capolat, trit •"', 
d'om cap de dit 
hi fon Irobat. 
Fou nioll tttrbat 
quil conogué; 
rpguonegno 
que y trobaria : 
mes hi hauia 
un cap d'orella, 
carn de -vedella 
creyem menjassem ", 
ans que y trobassem ** 
l'unglal y el dit", 
tros niig partit. 
Tots lo miram 
he arhitram 
carn d'om çert era. 
La pastiçera 
ab dos aydans 
filles ia ^^ grans, 
era fornera 
ho tauernera. 
Uels que y venion, 
alli bcvien, 
alguns matavon, 
carn capolaven, 
feyen pastells 
he dels budells 
feyen salsiçes 
llonguaniçes 
del mon pus fines. 
Mare y fadrines 
quants ne tenien 



1. B C fetillei'ies. 

2. Ninou = any nou. 

3. « Il advint que je .lins la lice, » c'cst-à-dirc « <iue je I'ua vainqueur dans 
une joute. » 

4. Participe passé de ^WH^er oxxjunijir, jouter. — BC liauien. 

5. B C lenien. Ce vers et le précédent se trouvent dans A avant E rigolatge. 

6. « Chapelé et haché. » 

7. C creyen mentjassen. 

8. C trobassen. 

9. B C Dunglul petit . 

10. B C prou. 

40 



126 



taiits ne venien 
e no y bastaven. 
Elles mataven 
alguns vodells, 
ab la carn dells 
tôt ho cobrien, 
asaborien 
ab fines salses, 
les dones falses ! 
En un clôt tou \ 
fondo com pou, 
descarnats ossos, 
cames e toços^ 
allils metien 
e jal omplien 
les fembres braves, 
cruels e praues, 
infels, maluades 
e çelerades, 
abhominables : 
cert los diables, 
com los matauen, 
crech los aydauen 
he lo dimoni. 
Fas testimoni 
qu'en mengi prou : 
may carn ni brou, 
perdius, guallines 
ni francolines 
de tal sabor, 
tendror, dolçor 
may no senti ^. 
Per lo mati 
de totes très 
feren quartes ^ 
hc llur posada 



Ion derrocada 
hi la planaren, 
sal y sembraren, 
he tots los cossos, 
tallats a trossos 
cent ni contaren 
liils '■^ soterraren 
en Uoch sagrat. 
Molt agui grat 
d'aqucU pays. 
May viu diuis, 
bandolejar 
ni breguejar, 
homens prou richs 
é pacifichs, 
suaus, bénignes^. 
Dones malignes, 
moites veguades 
\iu condempnades; 
mil bandeiauen, 
mes ne peniauen 
que de rayms, 
per varis crims. 
Hunan peniaren, 
viva scorcharen, 
gran fitillera " 
he metzinera. 
De nit venia 
sens conpauyia, 
sola puiaua 
he arrancaua 
dens e quexals 
dels qui en pals 
ben ait muntats ** 
eren peniats. 
La falsa foUa 



1. « Vide. » 

2. Togo (B iosso) est pour trosso, qui est la leçon de C. 

3. C mai/ non tasli. 

4. Quartés = quarters. 

5. B C los. 

6. 11 faut avouer que cette aimable peinture des mœurs françaises convient 
peu à l'époque de Charles VI ou de Charles VII. 

7. B C feiillera. 

8. B C ails execats. 



127 



d'intre liuu ' ulla 
ben pnginyada - 
lliim amaguada 
ella ténia, 
he si sentia 
aigu passas 
he s'acostas, 
la descobria. 
De lluny paria 
espauentable 
cap de diable ; 
per cincli forats 
ben conpassats 
los raigs exien, 
hulls, lias parieii, 
gran boc' ab foch. 
Ab semblant ioch 
tots s'espantauen, 
Ibgir cuytauen. 
Gens nos torbaua 
ans acabaua 
SOS malifîçis. 
Porch plé de viçis, 
hun mal mali, 
son 3 sent Marti 
ella troba, 
la pell leixa 
per ferne bots''. 

Quarta part. Clou son viatge 
tornant ha Valençia ^. 

Puys ixquem ^ tots, 



mult bella tlota, 
t'ent" fort derrota, 
ab lo calt sol 
de iuliol, 
on les companyes 
he gents estranyes 
qu'eren vengudes 
fem corregudcs : 
nons hi triguam, 
que calsiguam 
tota llur terra. 
Ben aia guerra 
i'a rey certes ^. 
\a) rey francés 
me feu llargessa, 
uua duxessa, 
folla guerrera, 
ma presonera, 
de gran finança '^^ 
per ma quitança, 
he del boti, 
quant lo parti, 
por part doua. 
Elias (ina 
entreguament, 
dos mil e cent 
nobles ^f* de nau ; 
ella paguau 
complidament^', 
delliurament 
tira sa via. 
Yo quant auia. 



1. B C una. 

2. B G enguixada, « blanchie à la chaux. » 

3. B C fonc/i. 

4. Sail-on quelque chose dune lelie sorcière? 

5. Ce litre manque dans C, rien n'y indique la lin de la ?,' partie du livre 1. 

6. C ixquen. 

7. C sens. 

8. Matheu traduit : « Bien aya guerra Que hace corlés. » Mais il s'écarte du 
texte. 

9. B C fiança. 

10. C dobles. Sur la valeur du noble de la nau, voir Fr. Liciniano Saez, Moue- 
das de Enrique 111 et de Enriquc IV. Madrid, 179G et 180G. 

U. Ce vers et les 9i suivants manquent dans C 



VIS 



puys rich, potent 
me viu d'argent, 
armes, vexella, 
roba molt bella, 
lli, llana, seda, 
molta moneda, 
tôt exagui ', 
hc cambi hi 
seguramont. 
Cortesameut 
près comiat, 
e ben muntat - 
ab cinch canehes •^, 
ab mes lliu relies, 
a la françesa, 
tots gent cortesa, 
per mes iornades, 
fent matinades 
he curt dinar, 
per caminar 
cuytadament, 
molt cautament, 
entre Guascunya 
he Gatalunya, 
passils raollons ■* 
pels guotirlons ^, 
de carn sens osos, 
al coll tan grosses, 
paren mamelles. 
Les lalses velles 
d'aquells vilatges, 
certs mais beuratges 
fan homens beguen : 
axi los peguen '• 



al viandaut. 
En Lleyd' antrant, 
viu roçeguar 
puys squarterar 
una fornera, 
sols ])er terçera 
he conduyr 
son fill dormir 
ab ses loçanes 
parroquianes. 
En l'alquauor ^ 
ab gran riguor 
l'axecutaren, 
lo QU soltaren 
per en louent 
ser tan valent. 
De fet parti, 
tirant cami, 
fuy al castell 
antich, molt vell, 
Moruedre dit. 
Aquella nit 
un bon paies, 
vent l'entrâmes 
de sa muller, 
[quj'en lo çeller 
adulteraua, 
(que trescolaua >** 
li dau' antendre), 
lleuas ençendre 
gran carbonada ; 
metey sa relia''. 
Quant fon uermella, 
gran solch^'^ li feu 



1. Pour exegui, « je me défis. » ^ 

2. A ben encaualcat. 

3. Canehes = hacanehes, « liaqueaées. » 

4. Mollo, borne. 

5. Goitres. Allusioa aux goitreux, crétins, Cagots des Pyrénées. 
0. B axils hi p. 

7. Atcavor, c'est proprement le creux que forme une voûte ou le manteau 
d'une cheminée. Existait-il à Lérida un emplacement ou un édifice ainsi dénommé 
par les Arabes? 

8. Transvasait. 

0. Soc de charrue. 
10. Sillon. 



t2î> 



en lo camp seu ; 
dins la f'encUa ' 
Icxa y la roUa. 
EU s'en parti, 
ollas dormi 
ab tal cautpri. 
8on adulteri 
curario, 
puniçio 

haiiue condigna 
y de cert digna 
de gran memoria. 
Alt - en la gloria 
Deu la colloque. 
De fet yo broque ^ 
ves ma ciutat. 
Fuy acf-eptat 
per mon parent 
molt caramcnt, 
ab gran plaer ; 
per sa muUer 
renyant, gronyint'' 
he presumint 
fos fill bastart, 
anauan part, 
les dents ^ croxint 
he dix bonint ^ : 



« Quin Deu vos sal ! 
Tenim hostal 
de llits lornit, 
digau, marit ? 
Ginch caualcans 
orats", gualants, 
espluguabous ^, 
per quins cinch sous 
los acoUiu ? » 
E yo sabiu, 
un bell robi 
yo li doni 
he l'afalagué 
he de fet pagué 
quant despenia. 
Lo prom ténia 
com pare meu ", 
per son conrcu '" 
yo fuy persona. 
Com a llcona 
ellam miraua. 
Nom oblidaua 
lo benefici, 
feya scruici 
hc gran honor 
al prom maior. 



1. Fente: i>rov. fendilla. 

2. B prech. 

3. Broqué, l'^'' p. du jiarf. accentuée sur l'e, ne peut pas rimer avec le subjonctif 
colloque, accentué sur l'o. 

4. B gronyant, renyini. 

5. B C dits. 

6. Sur bonir, voir ci-dessus, p. 124, note 6. 

7. B C preats. 

8. Pluviers. 

9. C seu. 

10. C correu. 



^30 



APPENDICE III. 

EXTRAITS DU « LIBRE DE LES DONES » 
De Fra\(.esch Eximemz. 

Ce Livre des femmes, antérieur d'un bon demi-siècle au moins 
à celui de Roig, n'a rien de la manière satirique de notre médecin 
poète, c'est un fort long traité scolastiquement déduit, oîi la morale 
et la dévotion ne sont pas un prétexte, un passe-port, mais l'objet 
essentiel. Malgré cela Fauteur ne reste pas continuellement dans les 
généralités ; prédicateur avant tout, membre de Tordre de Saint- 
i'^rançois, Eximeniz sait que la morale a besoin d'applications, 
d'exemples pour se faire accepter par le gros des pécheurs, aussi 
donne-t-il à ses exhortations et à ses réprimandes un caractère d'ac- 
tualité, qui prête vraiment à quelques parties de son livre un assez 
vif intérêt. Dans les passages que je reproduis ici, il décrit, par 
exemple, avec une très heureuse précision, le costume, l'allure, les 
habitudes des mondaines de son temps et complète ainsi, dans une 
certaine mesure, les portraits de maître Jaume Roig. Il y a d'ailleurs 
un motif de plus pour rapprocher ces ceux livres, qui portent le 
même litre et versent sur la même matière, c'est qu' Eximeniz, 
quoique Catalan de naissance, eut l'occasion de connaître de près les 
hommes et les choses de Valence^; un de ses ouvrages est dédié à un 
archevêque, un autre aux jurais ou conseillers municipaux de cette 
ville. Lui-même y séjourna plus d'une fois sans doute, en tout cas 
le Libre de memories, dont j'ai déjà invoqué à diverses reprises le 
témoignage, atteste la présence d'Eximeniz à Valence, en 13S7. « La 
cité, dit le compilateur de ce journal quasi-officiel, par charité et 

L Par consé(iuenl aussi les femmes, dont un Flamand du xvi° siècle i)iéteiid 
qu' B elles sont les plus folAtres et lascives de toute l'Espagne » et « terrible- 
ment amies du fard » (Cork, lielacion del vioge hecho por Felipe JI, en 1885, 
(I Zarugozu, Barcelona ij Valencia, Madrid, 1876, p. 247.) Ce que conlinne un 
Italien de la suite, du cardinal Alessandrino, qui passa par Valence en 1571 : 
(( Donne di Valcnza, che sono piii belle dell' altre sinora viste in Spagna e più 
inveniisate o lisciate e liOerissime nellu ii(a loro. Vanno a spasso con cava- 
lieri a piedi, in firoppa aile mule, in cocchio, con troppo licenza. » (Voir La Ras- 
segna nationale, du 1' fi-vrier 1884, |i. .329.) 



I3J 

révérence envers IJieu, donna au religieux niailrc François Evimcniz, 
de l'ordre des Frères Mineurs, célèbre mailre en théologie, vingt 
llorins d'or, pour subvenir à ses besoins. Ce malLrc, continue le 
Libre, fut contemporain de Vincent Ferrer, et c'est à ce dernier qu'il 
dit, en le voyant accompagné de milliers de personnes : « Voilà frère 
Vincent ([ui fait la vessie, » c'est-à-dire qui enfle ses joues'. 

Le Libre de les doues d'Eximeniz, dédié à la comtesse de Prades, 
D» Sanxa de Arenos, est divisé en deux parties. « La première traite 
en général de tout ce qui concerne les femmes. La seconde traite des 
femmes spécialement, selon les cinq espèces qu'on en connaît, car 
les unes sont enfants et sont comprises cependant sous ce nom de 
femme, d'autres sont jeunes filles, d'autres mariées, d'autres veuves, 
d'autres religieuses ; et à ces cinq espèces correspondent cin({ traités. » 
C'est le traité de la femme de religion qui est de beaucoup le plus 
long; dans l'édition de Barcelone, -1^95, que je suis ici, il occupe 
presque les trois quarts du volume (fol. 72 à 267), tandis que la 
première partie et les quatre premiers traités de la seconde ne rem- 
plissent que les soixante-douze premiers feuillets. 

L'édition de Barcelone, 1495, fort rare, comme bien l'on pense, 
et dont notre Bibliothèque nationale possède un bel exemplaire^, n'a 
qu'une série de chapitres pour les deux parties. J'emprunte à l'une 
et à Fautre quelques chapitres ou fragments de chapitres, qui m'ont 
paru particulièrement curieux. 

Ca}}. XXIV. Qui mostra coin les maies donzellas son arguUoses 
e van fort vanament. 

Empero vuy lo diable axi poderosament senyoreia algunes donze- 
llas e altres dones que no es dupte que noslre senyor no fassa a la \\ 
vn gran escarninent e castich per la gran superhia que han al cor, 
vanitat e amor del mon, segons que en tôt llur ornament ensenyan 



i. « Com la ciutat per carilal el reuerencia de Dcii dona al rdigios Mcslre 
Francescti Eximcnez, del orde dels fraies inenors, solemne mcslre en ttieologia, 
en .ijuda de ses nécessitais, vint llorins de or. — Aquesl tonch conlein|Miraneo 
de S. Vicent Ferrer, y lo [sic) que li dix, vent lo anar acompanal de niillanars 
de personcs : frare Vicent, que l'a la bui'a. >> {Libre de mcmorics, ann. 1387.) Ce 
dernier Irait^ je dois l'avouer, n'est }ju('re dans le Ion du journal; il pourrait 
bien avoir été ajouté après coup, comme l'indique d'ailleurs l'emploi du mol loa- 
temporaneo. Le ms. de Paris n'est qu'ime (0|iie du siècle dernier. 

2. D 1585 (Inventaire). Réserve. 



132 

defora. Car si son donzellas, porLcn corones reyals y excessiues. Si 
maridades, porten vcls grochs abespecials liguadures... Segonament 
porten los vels esUcls ab agulles d'argent precioses, ab los caps dau- 
rals e ab perles e ab pedras qui ia agreuien io dit ornament. Terça- 
menl, a crexer llur bellesa, porten vestidures de la pus preciosa materia 
que poden, entant que ni lia de mils ornades quels altars en ques diu 
missa, so es de drap d'or e de vellut e d'escarlata et de duax ^ e de 
porpora, e de tartari e domesqui e d'altres precioses vestidures, a gran 
irreucrencia de Deu, que cors de fembra ni encara d'om condempnat 
a mort dels vcrmens, axi com tots los nostres, vaia axi ornât e 
tal de aquestes vestidures sera lo pus orat ques puxa trobar. Car 
sera al pits ample, per que puxen gran part de lurs cors ensenyar e 
al mig estret, tant que es marevella quant la estratura no les trencha 
no les fa esclatar. E après rugades a totes parts. E als peus ab 
patins^ que nols seruex sino empetxar llur anar. E ab erminis^ 
ornades, e aquestes vestidures volen moites sin poder hauer e noy 
planyen lurs marits. E dins porten alcandores'' delicades ab mane- 
gues d^altre ley, molt pus corios e pus precios a ensenyar lur deli- 
cadura e sumptuositat. E van ne altres ab coes'* longues, rossaguant 
per terra lo drap de que vn mesqui pobre séria vestit, e crida contra 
aquellas denant Deu que aytal dona ama mes perdre lo drap rossa- 
guant per terra que sil ne vestia. Apres porten al cap cabells man- 
leuats de dones mortes, qui les deurien prouocar a faresa. E per que 
appareguen bellas porten los al cap ab artificial citi, car mostren los 

1. Douai. « Panno de Doaix... Drap de Cambrai e de Douay » (Leudes de 
Perpignan, xiii° siècle; dans Alart, Documents sur la langue catalane, Paris, 
1881, pp. 74, 77 et 91). 

2. Le palin, très élevé, a plusieurs semelles de bois ou de liège, que les femmes 
chaussaient pour éviter la poussière ou la boue el aussi pour se grandir. Le 
patin valeneien (en caslillaa chapin valenciano) est célèbre en Espagne, encore 
au xvi° et au xvii" siècle. « Usano (le donne di Valenza) pianelle, dette chiapi- 
nes, allissime, nella foggia di zoccoli d'Italia; sono variamente dorate e di[)inte. » 
{Rassecjna nazionale, ibidem.) 

3. Fourrures d'hermine. « Item que no porten pena de arminis, » les dones 
eldonzeles. (Ordonnance de 1306, Alart. Docum., p. 170.) 

4. Chemises. 

b. Allusion aux queues ou aux longues traînes des robes (rossegues). « Item 
inana que noguna dona ni donzela no gaus portar en lurs robes rossegues oltre 
Il palms de Monl|iellcr, sots ))ena de c. s. qui seran pagats de lur dot. » (Ordon. 
de 1310, Alart. Docum.. p. 215.) A l'année 143!J, le Libre de memories enre- 
gistre cette défense : « Que ningu no gos rosegar faldes per dol ni per causa 
alguiia. » 



I3.T 

d'una pari ait c d'altre baix, c asi ab aylal sili cquiabaltrc, segons 
quels es vigaresques releii pusbellas. Porlcii après correges, bosses' 
e anells mulliplicals e diuerses e curiosos e praciosos, sens lola néces- 
sitât, si no a sola aperensa de llur bellesa, la cara pintada, los huis 
alcalVolats- e pintats ab altre figura pus gran e pus longua que no 
han los vyls que Deu los lia dats. Apres porlen d'estiu guants en les 
mans per tanir les plus delicades, la quai cosa es a Dcu fort pudent, 
es nodrexen alguna vngla, que par vngla de laho o de qual(iue 
bestia^ e apporten aqucUa alcanade per inleneio fort vil c carnal e 
les altres vnglcs mig blanques c mig vermelles, axi com si Deu tôt 
poderos nou bagues sabut colorar sufficientment quant les feu. E 
ni ha moites brodades de obra de brodadura e ab diuisa e scnyal 
especial. Sabales porlen Irencadas c van en paal^' de calses e ab 
lapins-' ab polaynes, per les quais donen a entendre qui son ne que 
tcnen al cor. Car diu Salomo : « l'abil e lo veslir de la persona 
ensenya persona qui es. » Ensenyan ho encara en llur parlar, car 
parlem ab especials maneras com pus primament poden, c en espe- 
cials condechs" en menar lo cap e los labis, les quais coses aprenen 
en casa deuanl lo mirall, deuant lo quai eslaran per espay de anar 
una légua, guardant los com los estara axi girant se, e axi lauar^ lo 
labi de munt, e quant se poden ensenyar les dents e quai dent es pus 
bella es pol mils ensenyar e quai fa mils a pinlar. E fan estas tanca- 
yaries^ tantes e tantes, que marauella es com la paciencia de Dcu 
les vol pus sofFerir ni portar. 

Cap. LflII. Qui par/ a contre les dissolucions que vuy son en les clones. 

Mas que direm de les dones présents, quis fan dir « doues del temps, 
dones de la guisa, dones de la verdura et dones de cort, » qui van ab 
nouells talles de veslidures, ab gesls anemorats, qui giran los vels 

1. Bourses ou aumônières. 

2. Les yeux encadrés de cohol, à la rnorisque. 

3. « Est-ce par X'ongle long qu'il porte au petit doigt, 

« Qu'il s'est acquis chez vous l'estime où l'on lo voit? » 
L'usage est donc ancien. {Misanthrope, 11, 1.) 

4. Pour peal, « sorte d'escarpin. » 

5. Tapins, espèce de chapins ou patins. 

6. Manières, minauderies. Condcch est le subst. verbal de condeiar. 

7. Pour leiiar. 

8. Pour iucanyaries. 



13^ 

aça e lia ', c van iiinles I)ras pei" bras e mosLren tôles llurs ioyes, si 
be no s'es iorn de merchat, qui han posât nom guarsones a les anli- 
gues? E en aquelles qui nos alten de llurs iochs, qui, quant sa- 
mostren, colleien e rabegen^ pus espes que serps, qui fan lots los 
marits besties e mes que mes los pus cerls, qui menan al coslat les 
monges de 11 ur lureya per cobrir llur bon fat, qui porlen les çellas 
pontades e arcbadcs e pinçades ab .XIIII. colors, qui de cap à peus 
son ramullades ^ nels fall vn sol plato^, qui totes van en ioya, tôt iorn 
ab cant frances^, totes almescades e ab odors de tunim, qui solaraent 
de punta loquen en terra, quant van, e los tapins ab polaynes, e 
d'estiu guants deurats^, es posan ait en les esglesias per que les 
vegen llurs anemorats? No saben que s'es filosa^, car lexan le^ al 
marit, qui tan volenter fmestregen quant passen a cauall, e parlen 
vn lenguatge que hom no les enten e iuguen als naips e moites a les 
taules, e si fan vila, fan condesch dels brassos els fermen sobre los 
flanciis e a tôt hom vllada, e giren se totes entregues^^ e mouen a 
compas la cama es giren ab sallet e de moites al très modories^' se 
empatxen, segons que demunt es ia tocat, quant parlam de les don- 
selles 

Cap. LVI. Qui mosira corn les maneras de les dones de altres nncions 
no son boues per tota part e coin es bo que les dones sapien legir. 



Yiuint lo rey Robert, en nostre temps rey de Sicilia e de Napols, 
alguns generosos de França vengueren ab llurs mullers e ab totes ses 
cases en Napols. E com alguns homens de paratge napolatans apren- 



1. Cà et là. 

2. Pour se. 

3. Font ondoyer leurs queues comme des serpents. 

4. Ramullades semble être pour rcmullades, mouillées, baignées (de parfums). 

5. Littéralement : « et aucun plat ne leur manque. » Je ne comprends pas. 

6. Allusion intéressante à l'intluence de la poésie française en Catalogne; il 
était de bon ton dans la société élégante de chanter en français. Voir aussi les 
cvtraits du chap. lvi, qui montrent quel prestige avaient alors les modes de 
France et avec (|uol empressement Italiens cl Espagnols les copiaisnt. 

7. Pour daurats. 

8. La veuve, seconde femme de Roig : c No vol cosir... Ni debanar Per no 
çuliar Mans de saliva, Filosa esquica. » (Éd. Briz, p. Ô5a.) 

'J. Pour la. 

10. Pour eniefjres, « entières, m 

11. Pour /«odorries, folies. 



I3:i 

guesscn de anar a la inanera do aquells Francesos, co es cQiMs c sLrels 
e fort dissoluLament, lauors les doues de cort e de la dila ciulat vol- 
gueran rasemblar a aquelles dones franreses. qui hi cran vengudes, en 
anar en cors e eslretas axi com ellas, e a ballar lot iorn e a beura pcr 
les carreres c anar caualchant axi com a hom, e abrassar e a jjasar 
los homens deuant toi hom lot iorn e de cantar frances, guarguo- 
laiaut ' , axi com fan les dones generoses en Frani^a, e de parlar de 
amors e de anemoraments e de moteiarse ab iouens lia a Uur 
manera. E en af|Liell temps era aqui vna sancla regina, appellada 
Costança-, muUer del dit vey Robert, qui era estada filla del rey de 
Mallorques, e aquesta era dona de gran sanctedat e de gran fama, e 
qui puys après mort de son marit mori menoreta en Napols en lo 
moneslir de Sancla Creu. Aquesta com vahes que les dones de la cort 
e de la ciutat comensauem a tenir llurs dissolucions franceses, appclla 
los regenls e dix : « Tots vos allres vabets les dones quines disso- 
tt lucions començen a (Ter en la cort e en la ciulal, quant es en lo mal 
« de la ciulat, yo hi do de conseil que vos allres de présent hi doncu 
« remey. Car denunsiu vos de part de Jhesu Christ lot poderos, que 
« si non fets, la ira de Deu sera prestement sobra vos allres e sobre 
« aquesta ciulat. E denunciu vos que après poch temps vos allres 
« morts algunes dones qui ara son infantes lorneran a ffer so que 
« han vist fer a aquestes franceses, e l'estil aquest se escampara per 
ce aquest régna, e axi escampal vendra tan gran presecucio a lot 
« aquest régna, qui durara lan e tant longuamcnt que ce. anys 
« aquesta ciulal ne régna no lornera en lo bo eslament en que vuy es, 
«ne per venlura iames. » Corregit lo mal aquell, algunes dones 
generoses començaren a tenir les maneras [d'] aquelles franceses 
démuni dites, e aquelles apportaren ne de pijors. E axi com la sancla 
dona dix, axis segui. Apres vench conlra aquel régna lo rey d'Ungria 
qui de lots punis lo consumi, e de puys no son estais repparats ne 
lornals, ans en pijor cayguts. Car es vengut lo duc de En Johus^, 
fill del rey Johan de Franra, quil ha consumai e perdut, e diuerses 
allres molts, qui dcspuys y ha sobre venguls. Vel com veus assi les 
folUes de dones quant aiuden a confondre la comunital, vaie[n]t lo 
cor ([ue per follia de la primera som lots dolents o plens de molts 
mais ! Deya la dicta sancla regina que de Franra deuien apendra loles 

1. En (hantant de la gorge? 

2. La femme de Robert, (ille «le Jacques de Majorque, se nommait Sanxia. 
3 Louis d'Anjou. 



-1 3r. 

les altrcs clones qui no son franreses aquestcs coses. So es porlar los 
pils cuherls e anar a la cglesia ab lo libre en la ma c en aquell legir 
conlinuament sens Icuar los vils ail, e de honrar marir e bc nodrir 
infanls. Les altres coses qui boncs no son, sien de quis vulla. Oeus 
assi saber que la dita regina fort consellaue e apronaue que lote dona 
sabers letra, car deya que hauia mayor occasio de esser deuota e de 
occupar si malexa e de informar se en tôt be e de estar mes en casa e 
de consolar se en ses tribulacions, e deya que gran follia hauia en los 
homens que. per milsguardar llurs mullers, no volien que sabessen 
letras. 1^^ corn saber letras e molt legir sia a la dona occasio de saber 
mes de be e de fer aquell mes que neguna del mon, car lo saber 
letras fa a la dona los dits bens. E vitra asso, que lo marit se pot 
mils secreteiar ab ella que no si ella non sap, car si non sap e lo marit 
li escriu, per força o ha a saber altre. E si mala vol esser, mes l'en 
poden dislolra bons libres que no loy poden enpenyer letras que li 
venguen, car sens letras ab senyals e ab paraules clares e escures 
d'unes et d'altres se poden fer los mais, e sens que noy son necessa- 
ries letras » 

Cap. XCVII. Qui mostra quines condicions deu hauer dona vidua. 

... Segonament vidua deu anar groserament vestida, car leuors 
ensenya que l'ornament ques feya quant era maridada folament o 
feya per lo marit e no per vanitat mundanal. .. que diguera Sanct 
Hieronym en aquest temps, si agues vistes les nostres vidues ligades 
a la castellana,. pintades en la caraeab les alquandores amples e pri- 
mes per los brassos e lo tall de les vestidures axi delicades com les 
maridades, qui solament porten lo negra per ensenyarse blancas e 
no pas per dol, van al lorneig e a les iunles slant per les fmestres, 
hurlant e rient aqui deuant toi hom e moslrantse venais a qui les 
voira e a qui mes hi dara ? En lurs cases no si fa may feyna o poca, 
sino del lit a la taula e de la taula a la finestra a burlar ab toi hom, 
e tôt aço son los paternostres e misses per anima del marit mort... 

Cap. ceci. Qui mostra que prrsona religioaa qui ha fct aytal vot 
slret no pot per sa propia auctoritat comprar ne vendre ne fer a 
sa guisa de les coses qui H seruexen. 

... Axi malex aiuslar diners e roba per a ffer gran prouidencia al 
csdeuenidor e a dar ho a parents ne a pobres ab falçes licencias 



437 

obleiigiidcs de lurs prosidenls, ;ib (aidas e ab maueras, c ubiai- (jual- 
sevol cosa e scriure, cosir o prociirar que piixen vendra axi coin a 
inarcaders o procurarse negocis, embaxarics, mermassorias e arl)i- 
Iracioiis c causes, procurations e dispensacions, per les quais coses 
puxen hauer diners, fahcnL encara serueys curiosos, que basLarien 
per lioniens richs del mon, e ornant lurs libres de cubortes cosides 
de seda e ab giradors ornats de perles c d'altres coses excessives no 
pertanyenls a persona pobre, comportant encara e portant drap de 
preciosa materia c apportant coltells ab manecbs de vori, ornats ab 
virolla d'argent, de agnus dei ab cuberta de vellut e paternostrcs de 
coral qui bastarien a vna regina, hauent axi matex en lurs cambres 
lits molls, ornats de corlines, haucnls cambres pintades e ben i)leiies 
de cofTrens e ornades que no y fall res; e procurant se amies del ben 
de la comunitat c companyen sa ab grans dones e anant en la lur 
companya per les vilas e ciutats ab condescs vans e ornats : tôt aço 
répugna e confon molt lo vot de pobretat e Testament de la sancta 
religio. E es en gran escandol e mal eximpli de lot lo poble qui u 
veu, que iutgcn que mes val cent vegades que donen lurs fdlas a 
marits que no a aytal seruey com veuen fer a aytals monges, e ques 
lenen per beneuyrats que les lunyan de aytal religio... 



-testée 3C. 



QUESTIONS MÉROVINGIENNES 



LA FORMULE : N. REX FRANC ORUM V. INLJ. 

On lit dans tous les traités de diplomatique que les souverains 
mérovingiens joignaient à leur titre de roi des Francs , reœ 
Francorufii, celui d'homme illustre, virinluster, selon l'ortho- 
graphe de cette époque ; que la formule de suscription, régulière- 
ment inscrite en tête de leurs diplômes, était : N. rex Fran- 
corum virinluster; et l'on ajoute habituellement que les rois 
avaient pris ce titre, emprunté à la hiérarchie officielle de l'em- 
pire romain, depuis que l'empereur Anastase avait conféré au roi 
Clovis T"" la dignité, purement honorifique, de consul. 

Si l'on ouvre une édition quelconque du recueil des diplômes 
mérovingiens, celle de Bréquigny^ celle de Pardessus ^, celle de 
Teulet^ celle de Tardifs ou celle de Karl Pertz^ on rencontre, 

1. Ce mémoire a été lu devant l'Académie des inscriptions et belles-lettres, le 
20 mars 1885. Les considérations qui y sont exposées avaient fait précédemment 
l'objet d'une communication verbale à la Société de l'École des chartes (séance 
du 2G février 1885). 

2. Diplomata, charix, epistolae, et alla documenta, ad res Frahcicas spe- 
ctantia, elc. Ediderunl L. G. O. Feudrix de Bréquigny, F. J. G. La Porte du 
Theil. Pars!, lomus I. Parisiis, J. L. Nyon, 1791, in-fol. 

3. Diplomata, chartx, epistolx, lëges aliaque instrumenta ad res Gallo- 
Fruncicas speclanlia , prius collecta a VV. CC. de Bréquigny et La Porte du 
Theil, elc. EdidilJ. M. Pardessus. Lutetiai Parisiorum, 1843-1849, 2 vol. in-fol. 

4. Diplomata et chartx Merovingicx xtatis, etc. (anonyme). Paris, 1851, 
in-8''. C'est la Iranscriplion des pièces reproduites dans les fac-similés de 
Lelronne : voy. la note 2 de la page suivante. 

5. Ministère de la maison de l'empereur, etc. Archives de l'Empire. Inven- 
taires et documents, etc. Monuments liisioriques, par M. Jules Tardif. Paris, 
J. Claye, 1866, in-4''. 

6. Monumenta Germaniae historica , etc. Edidit Georgius Heinricus Perlz. 
DiploiiiaUim iuiperii 1. J. (Piijillé par K. Perlz.) Ilannovcrae, 1872, in-fol. 



130 

presque à chaque page, la lormule en question : Chlodovius, ou 
Chlothachaiiiis, ou Childerichus, etc., rex Francorum vir 
inluster. Il semble donc impossible de douter que les rois de la 
première race aient véritablement pris et porté ce double titre. 

C'est pourtant ce que je prétends contester. Je crois qu'aucun 
roi mérovingien n'a porté le titre de inr inluster; qu'aucun 
diplôme authentique d'un roi de la première race ne contient 
les mots : reœ Francorum vir inluster; et que, si tous les 
éditeurs ont lu et imprimé ces mots, tous les éditeurs se sont 
trompés et ont mal lu. 

Ma conviction est fondée sur l'examen des diplômes originaux. 

Le nombre des actes authentiques des rois mérovingiens, dont 
le texte nous est parvenu, est d'environ quatre-vingt-dix*. Sur 
ce nombre, plus de cinquante ne nous sont connus que par des 
copies, postérieures de plusieurs siècles aux originaux perdus : 
nous ne savons jusqu'à quel point ces copies sont exactes. Trente- 
sept nous sont parvenus en original : ceux-là seuls fournissent 
des renseignements parfaitement sûrs. Il est d'ailleurs facile de 
les étudier. Tous sont conservés à Paris, trente-six aux Archives 
nationales, un à la Bibliothèque nationale. Tous ont été repro- 
duits en fac-similé, dans la publication de Letronne-, dans celle 
de Tardif-^ ou dans la collection de l'Ecole des chartes ''. 

Or, dans aucun de ces trente-sept originaux, on ne trouve 
une seule fois en toutes lettres les mots : rex Francorum, vir 
inluster ^\ 

1. K. Pertz en compte (luatie-vingl-dix-seitl ; mais les sept ou huit premiers 
de son édition et quelques-uns des suivants sont faux; d'autre part, deux ou 
trois de ceux qu'il a relégués au rang des faux sont probablement authen- 
tiques. 

2. Diplomata et cfiartx Merovingicx xiatis in archiva Francix asservaia, 
ou Diplômes et chartes de l'époque mérovingienne sxir papyrus et sur vélin, 
etc., publiés par M. Letronne. Paris, sans date, gr. in-fol. C'est la collection 
connue sous le nom de première série des fac-similés des Archives nationales. 

3. Inventaires et documents, etc. Fac-similé de chartes et diplômes méro- 
vingiens et cartovingiens, etc. Paris, J. Claye, 18GG, gr. in-fol. C'est l'atlas de 
l'inventaire des Monuments historiques publiés par J. Tardif; cet atlas est connu 
aussi sous Je nom de seconde série des fac-similés des Archives nationales. 

4. Fac-similés à l'usage de l'École des chartes, n° lOU, planche xxiv. 

5. Je cite ci-après les diplômes originaux des Archives nationales d'après les 
numéros d'ordre de l'édition de J. Tardif (T.); j'ajoute, quand il y a lieu, entre 
parenthèses, l'indication des fac-similés publiés i)ar '^laihiWon, De rediplomatica 



Cinq diplômes sont mutilés au commencement et ont perdu la 
formule initiale '. Vingt-deux portent, après les mots rex Fran- 
corwn, une abréviation composée des lettres v. ml. ou v. inlt.~. 
Dix enfin donnent, à la place de cette abréviation, deux mots 
commençant par les mêmes lettres : mais ce ne sont pas les mots 
vir inlusicr, ce sont les mots viris inlustribus'^ . 

Dans les actes où on lit distinctement viris inlustribus, les 
éditeurs ont imprimé ces mots ; dans ceux où on lit seulement 
V. inl. ou inlt., ils ont imprimé vir inlaster. Je crois qu'ils 
auraient dû imprimer partout viris inlustynbus. 

En efifet, la règle la plus élémentaire et la plus évidente de la 
critique paléographique est que, pour lire une abréviation dont 
le sens est douteux, il faut se guider sur les exemples analogues 
où l'abréviation est remplacée par un mot en toutes lettres. Dans 
nos trente-deux diplômes non mutilés, nous avons dix exemples 
certains de rex Francorum viris inlustribus et pas un exemple 
de rex Francorum vir inluster; donc, jusqu'à preuve du con- 
traire, rex Francorum v. inl. doit se lire rex Francorum- 

(Mab.), Letronne (L.), ou Tardif (T.; les numéros des fac-similés sont les 
mêmes que ceux des pièces dans son édition) et le numéro de classement des 
pièces dans le musée des Archives nationales (Mus.) ; cette dernière indication 
sert en même temps de renvoi à l'ouvrage intitulé : Musée des Archives natio- 
nales, etc. Publié par la direction générale des Archives nationales. Paris, 
Henri Pion, 1872, in-4°. 

1. T. 4 (T., Mus. 1); T. 14 (L. 11); T. 16 (T., Mus. 10) ; T. 17 (Mab. p. 377, 
L. 13); T. 27 (L. 20 bis). — T. 41 (T.) est, dit-on, une copie et non un original : 
Sickel, Monumenta Gennaniae, etc., besprochen (Berlin, 1873, in-8'>), p. 13, 
note **. 

2. V. INLT. : T. 44 (L. 37, Mus. 26); T. 45 (L. 38); T. 48 (L. 41). — V. inl. : 
T. 11 (Mab. 376 pi. xvii, L. 8, Mus. 6); T. 15 (L. 12, Mus. 9); T. 20 (L. 16, 
Mus. 12); T. 22 (L. 18, Mus. 14); ï. 25 (Mab. 379, L. 20); T. 28 (L. 24, Mus. 
16); T. 30 (L. 25, Mus. 17); T. 31 (L. 26); T. 32 (L. 27); T. 33 (Mab. 381, 
L. 28); T. 34 (Mab. 383, L. 29, Mus. 19) ; T. 35 (L. 30, Mus. 20); T. 37 (L. 32) ; 
T. 38 (L. 33, Mus. 22); T. 42 (Mab. suppl. 69, L. 35); T. 43 (Mab. 385, L. 30, 
Mus. 2.5); T. 49 (L. 42); T. 50 (Mab. 385, L. 43, Mus. 29); Bibl. nat., ms. 
lat. 9007 (exposé dans la galerie des chartes, reproduit en fac-similé dans la 
collection de l'École des chartes : K. Pertz, n" 71, p. G3). 

3. ViRis INLUSTREBUS : T. 47 (L. 40, Mus. 28). — Viris inlbus. : T. 7 (Mab. 
375, L. 5); T. 21 (L. 17, Mus. 13). — V. inlustribus : T. 46 (L. 39, Mus. 27). 

— V. inlbos. : T. 23 (L. 19). — lbus. : T. 5 (Mab. suppl. 69. L. 3, Mus. 2). 

— iBus : T. 9 (Mab. 377 [reproduction inexacte], L. 7). — Vir. inl., avec 

des signes d'abréviation après les deux mots : T. 6 (Mab. suppl, 70, L. 4, 
Mus. 3); T. 12 (L. 9, Mus. 7); T. 13 (f.. 10, Mus. 8). 



ri/'is inlustribus . Cette raison est si simple et si péremptoire 
qu'elle pourrait presque dispenser d'en donner d'autres. 

Mais il y en a d'autres à donner. La formule viris inlustri- 
bus est bien connue. En dehors des dix exemples fournis par les 
originaux, on la trouve Irèquemment dans les actes qui ne nous 
sont parvenus qu'en copie. Le sens n'en est pas douteux : elle 
désigne les fonctionnaires royaux à qui le diplôme est adressé et 
qui sont chargés d'en assurer l'exécution. Tantôt ces fonction- 
naires sont nommés, par exemple : Theudericus rex Franco- 
rum l'iris inlustribus Audoberctho et Rocconi patriciis, 
etc. ^ ; tantôt l'adresse est plus générale : Theudericus rex 
Francorum viris inlustribus omnehus agentebus tam pre- 
sentebus quam et futuris '. Ailleurs, l'adresse est contenue 
tout entière dans ces deux mots : Chilperichus rex Francorum 
viyns inlustribus. Oportit climenciae princepale , etc.^; 
alors le diplôme s'adresse à tous les fonctionnaires à qui leur 
charge assure le rang d'illustre, et ceci nous apprend que ce rang 
avait une valeur précise et n'appartenait qu'à un petit nombre "•. 
Dans tous les cas, la forme du diplôme est clairement imitée de 
celle des constitutions impériales, que nous ont conservées les 
codes: ImperatorJustinianus, etc., Menae viro illustri prae- 
fectopraefo/io,eic/-',o\i Imperatores Honorius et Theodosius 
Augusti consulibus, praetoribus, tribunis plebis, senatui, 
etc. ^. L'acte étant toujours adressé à des fonctionnaires élevés 
en dignité, il est naturel de voir dans le texte les destinataires 
désignés encore par des expressions honorifiques, conformes à 
leur rang : Idio cognuscat magnetudo seu utilitas vestra, 

1. T 21 (L. 17, Mus. 13). 

2. T. 23 (L. 19). 

3. T. 40 (L. 39, Mus. 27). 

■\. L'emploi du mot illustres jiour désigner avec précision une catégorie de 
fonctionnaires déterminés se trouve déjà dans le code Théodosien : VI, xv. De 
comitibus qui illuslribus ageniibus assiderunt , et plus loin : Assessures, qui, 
i:um primi ordinis comitiva, virorum illustrium in actu positorum... juverunt 
consilia veljuvubuni... Comparez Marculfe, 11, 50 : Indecolum co amenda (ium 
ad viros inlusfris laicos (Zeuiner, Formulae, dans les Monumentu Germaniae, 
in-4% I, p. 105 ; E. de Roziére, itecueil général des formules, n" G6G). 

5. Code Justinien, De Jusiiniano codice con/irmundo. 

6. Code Théodosien, IX, i, 19. — Comparez encore les formules initiales des 
lettres de Théodoric, dans Cassiodore : Boelio viro illustri pulritio Theodori- 
eus rex (Cassiodore, Variae, I, 45), etc. 

U 



142 

Vestra cognuscal soleroia, etc. ' . Tout ici se tient, tout est 
logique et rationnel. 

Il en est de même dans les diplômes qui portent v. inl., en 
abrégé, si on lit cette abréviation viris inlustribus ; ils sont 
alors pareils aux autres. Ce sont encore des lettres du roi, adres- 
sées à l'ensemble des liommes illustres, c'est-k-dire des fonction- 
naires royaux. Si on veut lire rex Ff^ancoriim vii- mluster, 
plusieurs difficultés se présentent. 

Le diplôme devient une lettre sans adresse 2. Il faut que les 
mots N. rex Frcmcorum vir inluster forment une phrase à 
eux seuls. Les destinataires n'étant plus nommés, doit-on croire 
que l'acte s'adresse à tout le monde? Non, car, dès les premières 
lignes, le roi donne à ceux à qui il parle des titres honorifiques, 
et ce sont les mêmes dont il se sert ailleurs pour les mri inlu- 
stres : Cognuscat magnetudo seu uiilitas vestra^, Vestra 
cognuscat industria *. Il leur ordonne de ne pas mettre obs- 
tacle à ses volontés et de ne pas permettre que d'autres y mettent 
obstacle : absque vestra aut cujuslibet contrariaetate'" ; il 
s'adresse donc à un nombre limité de personnes, et à des per- 
sonnes qui ont en main l'exercice de l'autorité. Ailleurs, le roi 
charge ceux à qui il parle de payer des sommes d'argent de sa 
part : vobis omnino jobemmus adque super omnia deman- 
damus ut, quomodo missi ipsius basileci doirmi Dionisii vel 
metnorato Chaenone abbati ad vos rinerint, ipsus soledus 
cento... eis omnemodis dare et adinplire faciatis^. Ceci ne 
peut s'adresser qu'à des agents royaux, et s'adresse en efiet à 
eux, si on lit au commencement viris inlustribus , qui est le 
titre de ces agents. Si on lit vir inluster, sans adresse, ces 
clauses n'ont pas de sens. 

Vir iyiluster était-il, sous la première race, un titre digne d'un 
roi ? C'est fort douteux. Dans l'empire romain, ce titre appartenait 
à des fonctionnaires de haut rang, sans doute, mais qui n'en étaient 

1 . T. 46 (L. 39, Mus. 27). 

2. Le diplôme mérovingien est une lettre; il en a toutes les formes, jusqu'à 
la salulalion linale, Bene valete : d'Arbois de Jubainville, dans la Bibliothique 
de L'École des chartes, t. XLl, 1880, p. 80 (noie de la j). 85). 

3. T. 20 (L. 10, Mus. 12). 

4. T. 25 (Mab. .379, L. 20). 

5. T. 20 (L. IG, Mus. 12). 
G. T. 31 (L. 20). 



113 

pas moins les officiers et les agents du prince * : telle n'était pas 
la condition d'un souverain franc. On lit que Glovis avait reçu de 
l'empereur Anastase la dignité consulaire, et que dès lors il avait 
porté les titres de consul et d'auguste : Chlodor échus, dit Grégoire 
de Tours, ah Anastasio inipci-aiore codicillos de consiUatu 
accepit ... et ab ea die tamquam consul aut augustus est 
vocitatus ^. Ceci n'explique pas pourquoi il aurait pris le titre 
de vir inluster. Les consuls étaient clarissimi et non illustres, 
comme le prouvent les formules de dates consulaires que nous 
ont conservées un grand nombre de monuments divers^; et le 
nom (ï augustus était celui que prenaient les empereurs, par 
conséquent il représentait un rang beaucoup plus baut que celui 
d'homme illustre. Quant aux princes dont nous avons des 
diplômes, ils ont régné longtemps après Clovis, puisque Clovis 
est mort en 511 et que le plus ancien diplôme original connu est 
de l'an 025. A cette époque, les rois francs, loin de briguer les 
titres conférés par les empereurs romains, se considéraient eux- 
mêmes comme des souverains, émules et successeurs des empe- 
reurs. Ils disaient notre fisc, fisc-us noster*, la clémence de 
notre règne, clemencia rigni nostri"^; ils parlaient de leur 
sérénité priucière, principalis serenitas*^'. Ils frappaient des 
pièces d'or au type impérial, et à côté de leur effigie, couronnée 
du diadème, ils mettaient leur nom, précédé, comme à Rome, des 
mots dominus noster : D. N. THEODEBERTVS VICTOR-; 
ou bien, à la place du nom de la Victoire impériale, Victoria 
Augiisti, ils mettaient celui de la Victoire du roi : VICTVRIA 
CHLOTARI\ Pense-t-on que les princes qui parlaient ce lan- 
gage fussent hommes k se parer du titre qui revenait, dans la- 
hiérarchie impériale, à un magister peditum ou à un quaestor? 
La preuve que ce titre était inférieur au rang d'un roi, c'est 
que les rois le donnaient à leurs sujets. Les ducs, les comtes, les 



1. Voy. la XotUia dignitatum, le code Théodosien, etc. 

2. Hisioria Francorum, livre II, chap. 38. 

3. Voy. Le Blanl, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, etc. 

4. T. 46 (L. 39. Mus. 27), ligne 13, etc. 

5. T. 12 (L. 9, Mus. 7). ligne 2, etc. 

6. Thierry III, 23 mai 683 : K. Pertz, p. 49, ligne 34. 

7. Du Cange, Glossarium média; et infimx latinitatis, édition Henschel, IV, 
pi. I, fig. 9. 

8. Ibid., lig. 10. 



un 

Ibnctionnaires royaux en général étaient viri inlustres. On a 
imaginé une distinction entre eux et les rois ; on a prétendu que 
le prince était vir inluster et les ducs et les comtes inlustres 
viri^ : les faits contredisent cette hj^pothèse. Inluster viretvir 
inluster sont termes parfaitement synonymes. J'ai cité dix actes 
originaux qui donnent l'adresse aux fonctionnaires royaux sous 
la forme uiris inlustribus. Ailleurs, le même titre est employé 
dans le texte des actes : Vir inl. et fedelis Deo j^'^opicio 
noster TJrsinus, dit Dagobert P"", vers 628^. Dans le grand pri- 
vilège de Clovis II pour Saint-Denis, du 22 juin 653, plusieurs 
dignitaires font précéder leur souscription des lettres v. inl. ^. 
Dans une formule de Marculfe, un roi écrivant à un autre roi 
désigne par le même titre les ambassadeurs qu'il lui envoie : 
viros inlustris illos et illos ad presenciam fraternitatis 
vestre direximus*. Une autre formule porte pour titre : Inde- 
colum conmendatium ad viros inlustris laicos'". Or, si ce 
titre appartenait aux fonctionnaires sujets du roi, est-il croyable 
qu'il appartînt en même temps au roi ? 

D'ailleurs, quelle incohérence, quelle irrégularité dans la diplo- 
matique mérovingienne, si l'on adopte la leçon admise jusqu'ici 
par les éditeurs ! Les rois mettent en tête de leurs diplômes une 
adresse , mais ils la mettent d'une façon intermittente ; ils 
prennent le titre de mr inluster, mais ils le portent d'une 
façon intermittente. Après le titre du roi des Francs, la règle est 
qu'on doit rencontrer la qualification d'homme illustre, et sur ce 
point l'usage est invariable : mais cette qualification peut être 
mise, soit au nominatif singulier et s'appliquer au roi, soit au 
datif pluriel et s'appliquer aux fonctionnaires royaux, et sur ce 
point l'usage est incertain et changeant. C'est prêter à la chan- 
cellerie mérovingienne beaucoup de laisser-aller et de négligence. 

Pour supprimer d'un seul coup toutes ces invraisemblances, 
il suffit de lire viris inlustribus l'abréviation qu'on a lue vir 



1. Bréquigny, i)rolégomènes. 3° [larlie, section I, cliap. i, art. ii (édition Par- 
dessus, I, |). 191) ; Sickel, Acta regum et imperaiorum Karolinorum, I, Lehre 
von den Urkundcn dcr ersten Karolinger (Wien, 1867, in-8°), p. 175, 176. 

2. T. 6 (Mab. suppl. 70, L. 4, Mus. 3). 

3. T. 11 (Mab. 376 pi. xvii, L. 8, Mus. 6). 

4. Marculfe, 1, 9: Zeumer, p. 48; E. de Rozière, n» 696. 

5. Marculfe, II, 50: Zoumer, p. 105; Rozière, n° 666. 



inhislet-, et qui se prête également à l'une ou l'antre lecture. 
La correction que je crois devoir proposer me semble indispen- 
sable, et, si je ne me trompe, elle satisfait à tout. 

Elle s'accorde, non seulement avec les diplômes, mais aussi 
avec les formules de la même époque. Parmi les recueils de 
formules franques, il en est un qui donne des modèles d'actes 
royaux et qui remonte à la période mérovingienne, c'est celui de 
Marculfe : on n'j lit jamais : ille rex Francorum rir inluster, 
mais bien : ille rex vero inlustris illo comité ; ille rex vero 
inlustre illo; ille rex Francorum viro inlustre ille comitae^; 
et, dans les suppléments du même recueil : ille rex Francorum 
rij'is inlustribus patriciis, comitibus, tollonnriis vel omni- 
bus curam publicam agentibus ^ 

Le titre de rex Francorum vir inluster n'appartient donc 
pas à la période mérovingienne. 

Mais, dira-t-on, quelle est l'origine de cette formule? Les 
diplomatistes modernes ne l'ont pas inventée, liien avant eux, 
on la rencontre dans les cartulaires, dans les copies du moyen 
âge. Elle n'est donc pas nouvelle. 

Elle est fort ancienne en effet, aussi ancienne qu'elle peut l'être 
sans être mérovingienne. Elle remonte au règne de Pépin le 
Bref. 

Dans les diplômes de Pépin, dans ceux de Carloman et dans 
ceux des premières années du règne de Charlemagne, on trouve 
ordinairement, après les mots rex Francorum, ceux-ci : rir 
inluster, écrits soit en toutes lettres, soit au moins assez au 
long pour ne laisser aucun doute sur la nécessité de lire ces deux 
mots au nominatif singulier -^ 



1. Marculfe, I, 28, 29, 39 : Zeumer, p. 60 (lignes 8, 18 et 40), 68; Rozière, 
n»' 435, 433 (note 3), 79. 

2. Zeumer, p. 107. 111 ; Rozière, n">' 32 bis, 32. 

3. Je cite les actes carolingiens d'après les numéros qu'ils portent dans le 
catalogue de M. Miihlbacher (J. F. Bœlimer, Uegesta imper H, l, neubearbeilel, 
Iniisbruck, en cours de publication). Je dois à l'obligeance de MM. Blanchi, 
surintendant des archives royales de Turin, Idtenson et Scherrer, à Sainl-Gall. 
Ra^nnecke, à Marbourg (Prusse), des renseignements sur les diplômes conservés 
dans ces diflérentes villes, — Vir inluster : Muhib. 100 (Marbourg, Staals- 
archiv); 113 (T. 64, Mus. 35); 116 (ï. 06. Mab. 386); 120 (Mémoires de In 



M 6 

C'est une nouveauté. Elle s'explique par la transformation 
que subit la chancellerie royale à cette époque. 

La forme des diplômes carolingiens diffère sensiblement de celle 
des actes des rois de la première race. Ceux-ci annoncent à la 
fin de leurs diplômes leur signature autographe et ne font pas 
mention de leur sceau : manus nostrae subscriptionibus sub- 
ter decrevimus roborari; Pépin et ses successeurs annoncent 
k la fois leur seing et leur sceau : subter eam firmavimits vel 
de anulo nostro sigillavimus . Les Mérovingiens signent en 
style direct : Theiidericus rex subscrij)si; la souscription 
des Carolingiens, que rien ne dit être autographe, prend cette 
forme : Signum Pippino gloriosissimo rege. Le référendaire 
qui contresigne joint à son nom, sous les Mérovingiens, le plus 
souvent le mot optolit (obtidit) , rarement recognovit; sous 
les Carolingiens, toujours recognovit. Les actes des maires du 
palais, pendant les dernières années de la première race, s'ac- 
cordent sur ces divers points avec ceux des rois carolingiens et 
diffèrent de ceux des rois mérovingiens. Il est permis d'en con- 
clure que Pépin, quand il est devenu roi, ne s'est point approprié 
la chancellerie mérovingienne pour la faire passer à son service, 
mais qu'il l'a supprimée et a élevé la sienne propre au rang de 
chancellerie royale. La chancellerie du maire du palais, en deve- 
nant la chancellerie du roi, a transporté dans les diplômes royaux 
les formules et le style des diplômes des maires du palais. 

Or, la chancellerie du maire du palais, avant l'avènement de 
Pépin, avait l'habitude de donner à son maître le titre d'homme 
illustre, qui lui revenait en qualité de fonctionnaire royal. Elle 



Société des sciences morales de Seine-et-Oise, Xll, 1880); 128 (T. 63, Mus. 34: 
copie selon Sickel) ; 146 (Sainl-Gall, Stiftsarcbiv). — Vm inlter. . Mùhlb. 87 
(T. 57 bis, Arch. nal. K. 5. 4»). — Vm inlust. : Mûhlb. 105 (T. 61. K. 5. 10, 
fac-siiii. de 1 Éc. des ch. 86 A j)l. i; copie selon Sickel); 106 (T. 60, fac-sim. de 
l'iîc. des ch. '272) ; 107 (T. 62, Mus. 33 ; copie selon Sickel) ; 1 14 (T. 65, K. 5. ll^) ; 
115 (Schœpflin, ^^sa^ja diplomatica, I, 42); 117 (archives royales de Turin); 137 
(T. 6'J, K. 5. 12»; copie selon Sickel); 140 (Schœpilin, I, 44); 147 (T. 70, Mab. 
387; copie selon Sickel); 167 (T. 71, en double original : Mus. 38 et K. 6. 3^); 172 
(Sybel el Sickel, Kaiserurkunden in Abbildungen, Berlin, en cours de publi- 
cation, I, 2); 173 (Marbourg, Staalsarchiv). — Vm inlt. : Miihlb. 187 (T. 75, 
Mus. 39). — Vm inl. : Mulilb. 76 (T. 56, K. 5. 4); 88 (Kaiserurkunden in 
Abbildungen, I, 1). — Vmi.T. : Miihlb. 166 (T. 82, K. 7. 4). — V. inlt.: Mïihlb. 
71 (T. .55. Mus. 31). 



»;7 

l'appelait au commencement des actes : inlust. rir Pipiiinus 
inajor. doinus. et à la fin elle écrivait sa souscription ainsi : 
Signum inlustri viro Pippino major, domus^. N'est-ce pas 
par une suite de cette habitude qu'elle lui a conservé ce titre 
après qu'il a été roi, et qu'elle a ajouté la qualification de rz?" 
inluster (synonyme à'inluster rir) à celle de reœ Franco- 
riun^? 

Il n'y avait pas à cela les mêmes difficultés que sous les Méro- 
vingiens. D'abord, sous Pépin et ses successeurs, on ne trouve 
plus de diplômes qui portent viris inlustribiis au lieu de tir 
inluster : les actes de ces princes ne présentent donc pas l'inco- 
hérence qui se trouverait dans ceux des rois d(^ la première race, 
si l'on acceptait la leçon des éditions. De plus, le Wive à' inluster , 
certainement inférieur au rang d'un roi sous les Mérovingiens, 
était devenu compatible avec ce rang au temps de Pépin. En 
effet, quand s'est formé le style delà chancellerie mérovingienne, 
le souvenir de la domination romaine n'était pas encore effacé exP 
Gaule, et l'on savait la valeur des appellations honorifiques; 
d'ailleurs, comment le roi des Francs aurait-il jugé digne de lui 
un titre qu'il accordait alors, non seulement à ses ducs et à ses 
comtes, mais parfois même à des percepteurs des douanes, viris 
inluslrebus omnis tilenariis Masiliensis , comme nous lisons 
dans un diplôme de Chilpéric II'^? Au contraire, à la fin du 
viii'= siècle , les souvenirs de l'époque romaine étaient loin ; la 
barbarie était allée croissant , et l'ignorance était extrême. 
Comme le titre d'homme illustre appartenait au maire du palais, 
et que l'importance du maire du palais dans l'Etat était devenue 
très grande, ce titre avait grandi eu proportion ; les hommes du 
viif siècle avaient di^i apprendre à le respecter beaucoup pkis que 
ne pouvaient le faire les sujets d'un Dagobert ou d'un Clotaire. 



1. T. 54 (L. 46). 

1. Je n'ose invoquer ici le diplôme de Péj)in pour Sainl-Galais, du '25 avril 752, 
qui porte inluster vir Pippinus rex Francorum (Muhlb. G'i ; Rec. des hist. de 
Fr., V, 698), parce qu'il ne nous est pas parvenu en oriiilnal, et que je ne sais 
même si l'autiienlicité en est bien certaine. Il faut aussi laisser dans le doute la 
question de savoir si, en se qualilianl vir inluster, Tcpin a songé dans quelque 
mesure que ce soit à imiter les rois lombards, qui prenaient le titre de vir 
excellent issimus {Historiae patriae Monumenta , Ckartae, I, col. 13, etc.; 
Monumenta Germaniae, Leges, IV, p. 1, etc.). 

3. T. 47 (L. 40, Mus. 28). 



Aussi vovons-noiis que la chancellerie du maire du palais le 
réservait à peu près exclusivement à son maître. Parmi les 
vingt-quatre diplômes des maires du palais qui nous sont parve- 
nus, en original ou en copie, il n'en est presque pas un où ce 
haut dignitaire ne soit qualifié d'illustre ; il n'en est presque 
pas un où d'autres que lui reçoivent la même qualification '. Les 
comtes et autres grands personnages, qui ont signé quelques-uns 
de ces actes, n'ont mis que leur nom 2. L'un des derniers diplômes 
de Pépin avant son avènement est adressé, sans qualification, 
omnibus episcopis, abbatïbus, ducibus, coniitibus, dome- 
sticis, etc.^. En un mot, le nom d'homme illustre était devenu en 
quelque sorte le privilège du véritable maître de l'État, du roi 
de fait ; il n'est pas étonnant que ce personnage, devenu tout à 
fait roi, ait cru pouvoir garder ce nom, en l'accolant à son titre 
royal, et que ses successeurs, Carloman et Charlemagne, aient 
imité son exemple. 

• Charlemagne fut le dernier roi qui porta le titre de vir inlu- 
ster; il s'en servit jusqu'en 77-5, puis il l'abandonna pour le rem- 
placer par celui de pcdricius Romanorum^. Ce titre ne fut donc 
en usage que pendant un peu plus d'une vingtaine d'années; 
mais durant ce temps on l'écrivit, dans presque tous les actes, 
à peu près en toutes lettres et fort lisiblement. Les copistes, qu'em- 
barrassa sans doute bientôt l'abréviation v. inl. des actes méro- 
vingiens, crurent en trouver la solution dans ces textes des 
premiers Carolingiens. De là les nombreuses copies de chartes 
mérovingiennes et les formules postérieures (sans parler des actes 
faux '") qui nous sont parvenues avec la leçon rex Franco- 
ruTii vir inluster, au lieu de viris inlustribus , et qui ont 
accrédité cette leçon jusqu'aujourd'hui parmi les diplomatistes. Je 

« 

1. Voy. la collection de ces diplômes dans le vol. de K. Pertz, p. 91-110. 

2. K. Pertz, n" 11, 12, p. 98-100. ~ 

3. T. 54 (L. 46). 

4. Sickel, Acta regumet imperatorum Karolinorum, I, [». 258, 259. 

5. On lit nir inluster en toutes lettres à la première ligne du prétendu 
diplôme de Childebert I" pour la fondation de Saint-Germain-des-Prés (T. 2, 
L. 1). Si l'on songe que la fausseté de cet acte n'a été démonirée qu'en 1865, 
|)ar Jules Quiclierat {Bibliothèque de l'École des chartes, 6' série, I, p. 513), et 
((ue jadis on ie tenait, non seulement pour authentique, mais encore pour ori- 
ginal, on ne pourra s'étonner (juc la lecture rex Fraucorum vir inluster. dans 
les diplômes mérovinj^iens, ail si longtemps passé pour indubitable. 



lin 

crois qu'il laut considérer ces mots, quand on les trouve dans 
un texte mérovingien, comme introduits par une faute de copie, 
et qu'on ne doit pas hésiter à les corriger'. 

En résumé, l'abréviation t\ inl., placée après le titre royal, 
dans les diplômes mérovingiens, doit se lire viris inlustribus. 
Le titre de vir inluster, appliqué au roi, est carolingien et non 
mérovingien. C'est un souvenir de la mairie du palais exercée 
par Pépin, et non du consulat conféré à Clovis. 

•Tulien Havet. 



1. Parmi les actes législatifs des rois mérovingiens, que nous ont conservés 
divers manuscrits, un seul, le décret attribué à Childebcrt II, 29 février 596, 
jiortc : rex Francorum vir inluster (Boretius, Capilulariu, dans les Monu- 
menta Cermaniae, in-4% I, p. 15). Mais les manuscrits qui donnent ce texte 
sont du IX'' et du x« s., et tous n'offrent pas la m(^me leçon : le ms. lat. 4404 de 
la Bibl. nat., du ix" s., porte nettenient : viris infustrihus (fol. 231). 



M. LACABANE 



La Société des anciens élèves de l'École des chartes vient d'être 
cruellement frappée. 

Son fondateur, son président honoraire, celui qui par ses con- 
seils et sa collaboration a le plus contribué à la création de notre 
recueil, et qui, après avoir puissamment aidé à la réorganisation 
de l'École, y a été pendant près de vingt-cinq ans professeur ou 
directeur, M. Léon Lacabane n'est plus. 

Né à Fons, dans le département du Lot, le 21 novembre 1798, 
il est mort à Paris le 24 décembre dernier, dans la 87'' année de 
son âge. Conformément à ses désirs, il a été transporté et inhumé 
à Reyrevignes, près de sa propriété du Puy-Blanc, dans l'arron- 
dissement de Figeac. 

Nous ne voulons pas tarder de dire à nos lecteurs les rares 
mérites, les hautes qualités de l'érudit accompli, de l'homme de 
cœur et d'esprit que nous venons de perdre, et les regrets pro- 
fonds que sa fin presque subite nous inspire. 

Élevé dans son enfance par le curé de Fons, M. Lacabane, 
après avoir fait de bonnes études au collège de Figeac, vint à 
Paris pour compléter son instruction en suivant les cours de l'École 
de droit. Le goût des choses historiques qu'il avait déjà pris en 
compulsant les parchemins de l'étude de son père, vénérable 
notaire de Fons, et les vieux livres de la bibliothèque du collège 
de Figeac, le porta à se présenter à l'École des chartes, fondée en 
1820 par le gouvernement du roi Louis XVIII. Il obtint le second 
rang dans la première promotion, nommée au mois de mai 1821, 
où figurèrent avec lui Landresse, Capefigue, Floquet et Tabbé 
Faudet. Il n'avait pas cependant pris encore sa direction définitive. 
En 1824, il entra au ministère de l'intérieur comme secrétaire 
particulier de M. Sirieys de Meyrinhac, directeur de l'agri- 
culture et des haras, ami de sa famille. Il était encore employé 



irvi 

dans la même administration en 1829, quand la recommandation 
de M. Tabbè de Lespine, professeur à l'Ecole des chartes, qui 
avait remarqué sa vive intelligence et son aptitude paléogra- 
phique, lui ouvrit lesportesdela Bibliothèque royale, enol)tenant 
pour lui la })lace d'employé au cabinet des titres. M. Lacabane 
avait dès lors trouvé sa voie, celle qui devait le conduire, non 
à la fortune, que sa modeste aisance n'ambitionna jamais, mais 
h cette situation d'un maître écouté, consulté, honoré par deux 
générations de savants et d'érudits curieux. Sans avoir les bre- 
vets de d'Hozier, il en a eu l'autorité au sein des familles et auprès 
des tribunaux par sa ferme probité et sa haute compétence. Avec 
un peu plus de résolution et un peu d'ambition, il lût devenu, s'il 
l'eût voulu, un parfait historien. 

La majeure portion des documents du cabinet des titres appar- 
tenant au xiv'^ et au xV siècle, il put voir, en les conférant aux 
chroniqueurs contemporains, combien ils apportaient de lumières 
et de rectifications à leurs récits. Aussi de bonne heure se forma 
en lui le dessein de donner une édition rectifiée du plus illustre et 
du plus précieux de ces chroniqueurs. 

On peut dire que la pensée d'établir un texte critique de Frois- 
sart a été la préoccupation dominante de la vie de M. Lacabane, 
et il est certain que la fondation de la Société de l'histoire de 
France est due en grande partie au désir de réunir les moyens 
nécessaires pour mener à fin cette belle entreprise. Si M. Laca- 
bane n'a pu réaliser les promesses qu'il s'était faites à lui-même 
à cet égard, c'est un excès de scrupule qui l'en a empêché. 
Entraîné par le détail et le courant de ses heureuses investiga- 
tions, il ne s'est jamais arrêté, ne se croyant jamais assez bien 
préparé pour mettre la main à l'œuvre capitale, tant il est vrai 
que le mieux est presque toujours l'ennemi du bien. Il s'est du 
moins consolé en voyant la réalisation de son projet et de ses 
vœux remise en de si dignes mains. 

Les recherches de M. Lacabane pour préparer l'édition de notre 
grand chroniqueur du xiv" siècle, si elles n'ont pas atteint leur 
objet principal, sont loin d'ailleurs d'être restées stériles. Indé- 
pendamment des savantes Dissertations sur V histoire de 
France qu'il en a lui-même retirées, indépendamment des innom- 
brables travaux dont il a suggéré le sujet et encouragé la publi- 
cation, son neveu, devenu depuis son filsadoptif, a puisé dans le 
dépôt des titres et dans la direction de M. Lacabane le fonds de 



i:i2 

deux mémoires considérables sur le pape Jean XXII ^ et sur les 
campagnes du comte de Derby en Guyenne ^ qui seront désormais 
comme deux pièces à ccmsulter sur l'histoire du xiv® siècle. Il 
reste un devoir à accomplir à M. Bertrandy Lacabane. Nous nous 
permettons de le recommander à son dévouement filial. C'est de 
mettre matériellement en ordre les notes et les immenses matériaux 
recueillis par son oncle, afin que la Bibliothèque nationale puisse 
les réunir un jour comme une annexe au magnifique dépôt qu'il a 
durant de si longues années conservé, étudié et amélioré. 

La notoriété des connaissances généalogiques de M. Lacabane 
était si étendue, la haute impartialité de son équité si bien établie 
que, lorsque le roi Louis-Philippe destina le palais de Versailles à 
réunir les souvenirs de toutes nos gloires françaises, le gardien 
du cabinet des titres fut naturellement désigné pour diriger et 
contrôler la formation des galeries réservées aux croisades. Les 
cinq ou six années consacrées à cette œuvre furent pour lui un 
temps de satisfaction et de triomphe, mêlé, il faut le dire, de 
quelques tourments dus à l'apparition soudaine et trop opportune 
d'un nombre considérable de chartes de croisés jusque-là incon- 
nues et provenant pour la plupart de Gênes. Avec l'abbé Gazzera, 
ancien secrétaire perpétuel de l'Académie de Turin, paléographe 
consommé, avec notre ami Canale, auteur d'une savante histoire 
de Gênes, et nombre d'autres critiques autorisés, nous persistons 
à considérer, nonobstant des avis contraires, l'immense majorité 
de ces pièces comme parfaitement authentiques. Mais n'insistons 
pas trop sur ce gros détail, soufflons sur ces nuages pour nous 
rappeler seulement la vive joie de M. Lacabane et l'unanime satis- 
faction de tous ceux qui le connaissaient, et le nombre en est 
grand, quand M. de Salvandy lui envoya la croix que le roi 
accordait à son dévouement et à son désintéressement sans pareil. 

Si absorbé qu'il fût dès lors par les tributs divers demandés à 
son obligeance et par son enseignement à l'Ecole des chartes, 
M. Lacabane présidait toujours nos séances mensuelles et colla- 
borait de temps à autre à notre Recueil. Il nous avait donné dès 

1. lieckerches sur l'origine, l'élection et le couronnement du pape 
Jean XXII. Paris, 185'i. 

2. Élude sur les chroniques de froissart, Bordeaux, in-8°, Lanefranque, 
1870. Guerre de Guijenne , I3'i5-1346. Développeinenl des faits exposés dans 
deux Lettres sur les campagnes d%i comte de Derby, parues en 1867 et 1868 
dans la Hevue d'Aquitaine 



153 

les premiers volumes une abondante réserve de ses travaux. Tout 
est excellent dans ces mémoires , la forme et le fond : netteté de 
l'exposition, correction du stjle, conclusions bien arrêtées et tou- 
jours nouvelles. 

Le premier, il a prouvé la légitimité de la réhabilitation 
d'Enguerrand de Marigny , recommandée par Philippe le Bel 
mourant à Louis le Hutin, et il en a publié l'acte solennel*. Son 
mémoire sur la mort d'Etienne Marcel, paru dans le 1" volume 
delà Bibliothèque, en réfutant l'opinion accréditée par M. Dacier, 
maintient à Jean Maillart l'honneur d'avoir empêché les traîtres 
de livrer Paris aux Anglais^. Il a complété les savants travaux de 
M. Paulin Paris et rectifié ceux de Sainte-Palaye, en établissant le 
premier que les chroniques de Saint-Denis prennent un caractère 
original, et on peut dire officiel, à partir du règne de Charles V et 
à la suite de la mission donnée par ce prince à son chancelier Pierre 
d'Orgemontd'en continuer la rédaction^. lia établi que l'usage de la 
poudre à canon existait déjà en France sous le règne de Philippe 
le Valois (1338) et il a fourni ainsi un précieux point de départ à 
l'histoire de notre artillerie ■*. Sa dissertation sur les conséquences 
d'une erreur de nom est un modèle de discussion, qui rappelle la 
meilleure manière de Quicherat''. D'un passage mal lu de Froissart, 
une légende s'était formée et avait fini par introduire dans l'his- 
toire sérieuse le nom d'abord et de proche en proche les faits et 
gestes d'un évêque de Rodez, de la noble famille de Cardaillac. 
La simple substitution de Bath (Angleterre) à Rodais détruisit 
tout l'échafaudage, et montra une fois de plus la finesse de sa cri- 
tique, l'étendue de ses connaissances et la netteté de sa discussion. 

Mais ce qu'il a publié est la moindre partie de ce qu'il a fait. S.a 
conversation, sa correspondance et ses incessantes communica- 
tions étaient un enseignement perpétuel. 

Il fallait le voir dans cette salle de l'ancien département des 
manuscrits, où se trouvait isolé un grand poêle de fa'ience blanche, 
autour duquel ont eu lieu durant des années tant de conversations 

1. Mort de Philippe le Bel. Avènement de Louis Hutin. Bibl. de l'Kcole des 
chartes, V série, t. III, p. 1. 

2. Mémoire sur la mort d'Etienne Marcel. Bibl. de l'École, 1'" série, t. I, p. 79. 

3. Recherches sur les auteurs des grandes chroniques de France, dites de 
Saint-Denis. V" série, t. II, p. 57. 

4. De la poudre à canon et de son introduction en France, t. I, p. 28. 

5. Conséquences historiques d'une erreur de nom. 1"" série, t. II, p. 554. 



scieutitiques et d'amicales discussions. Sa large figure, pleine de 
santé et de bienveillance, assurait bon accueil à tout venant, 
pourvu qu'il fût franc et sincère. A travers le cristal de ses fines 
lunettes d'or, son regard eût deviné la pensée la plus dissimulée. 

Au fond, derrière le poêle, était Géraud, déjà fort estimé de nos 
plus grands savants, et préparant la publication de Guillaume de 
Nangis. Ailleurs, Fréville étudiait les monuments de l'histoire de 
Rouen. D'autres s'occupaient des Olim et des Assises. Paillard, 
tout en faisant l'histoire des invasions normandes, inclinait de 
préférence vers les sujets juridiques, qui devaient le conduire à la 
magistrature et puis à la haute administration. Bordier dirigeait 
ses préférences du même côté. Kerdrel s'occupait toujours de sa 
chère Bretagne. Bataillard ne pensait pas encore, je crois, aux 
Bohémiens, dont il nous a depuis si bien parlé. Chaque semaine, 
Delpit, Guessard, Lalanne, Bourquelot venaient butiner pour la 
collection du tiers état; Le Roux de Lincy, notre premier et 
dévoué trésorier, pour les sujets si divers dont il s'est occupé, et 
particulièrement pour l'histoire de notre ancienne littérature et 
l'histoire de Paris ; M. De Bouille pour son histoire des ducs de 
Guise; et presque tous les jours nous voyions M'"*^ Hortense 
Cornu recueillir et transmettre au prisonnier de Ham les résultats 
de ses recherches sur l'histoire générale de l'artillerie et autres 
sujets. Aimable et généreux esprit, M"" Cornu a eu un ami sur 
le trône, bon comme elle, comme elle chimérique; elle ne s'est 
servie de sa haute faveur que pour faire du bien ou être agréable. 
De temps à autre apparaissait la figure de ce malfaiteur cosmopo- 
lite, justicié enfin par M. Delisle, et pour lequel M. Lacabane 
ressentit toujours une invincible répulsion. 

Que les attraits du fameux poêle blanc n'aient parfois ralenti la 
somme du labeur quotidien et réglementaire, pourquoi le nier? 
Mais aussi que d'utiles communications échangées entre nouSj et 
comme le travail du soir ou du lendemain recevait une impulsion 
nouvelle et une direction meilleure des causeries et des conseils 
de la veille ! M. Lacabane était, à lui seul, le centre et l'âme de 
ce bureau de renseignements perpétuels, gracieux et féconds, 
ouvert aux savants et aux familles de tous les faubourgs Saint- 
Germain de France et de l'étranger, soit pour des intérêts géné- 
raux, soit pour l'intérêt privé, non moins respectable que l'intérêt 
historique, avec lequel il se confond si souvent. 

A la grande réorganisation de l'Ecole effectuée en 1840 paF 



M. de Salvaiidy, son cours fut la continuation de cet enseigne- 
ment iamiliei' et instructif sur les questions les plus diverses et 
les plus pratiques de la paléographie et de la diplomatique, de la 
chronologie et de la géographie politique et ecclésiastique de 
l'ancienne France. Chaque année, une leçon consacrée au royaume 
d'Yvetot apprenait aux élèves les bizarreries du régime féodal, 
qui, à côté des hauts barons soumis à l'hommage, admettait l'exis- 
tence de pauvres petits seigneurs exempts de tous devoirs à l'égard 
du roi de France. 

De longues années s'écoulèrent ainsi dans une uniforme et 
paisible activité , durant lesquelles M. Lacabane présidait nos 
séances, apportait soit à la Commission des archives départemen- 
tales, soit à la Société de l'Histoire de France, soit à la Société 
des Antiquaires de France le concours de ses lumières et de son 
expérience. Nous avons de lui k cette époque deux mémoires que 
l'on peut classer parmi ses meilleurs travaux. D'une main discrète, 
et tout en glorifiant le patriotisme des habitants de Condora, il 
leur a prouvé que la fondation de fêtes et de concours annuels, 
pour célébrer l'expulsion des garnisons anglaises par leurs pères 
en 1369 et 1374, n'avait pas de fondement historique ^ Ses deux 
dissertations sur le cartulaire de Beaulieu montrent que rien ne 
lui était étranger de l'histoire de sa chère province de Quercy -, et 
qu'il en savait merveilleusement l'ancienne géographie pour l'avoir 
établie par le menu sur les documents du meilleur aloi. C'est le 
dernier écrit que nous ayons eu de lui. Il est de 1860 et 1861 ; 
d'un temps déjà où, sans éprouver la moindre lassitude, M. Laca- 
bane cherchait un peu plus de repos. 

Nos malheurs de 1870 attristèrent douloureusement son patrie^ 
tisrae et amenèrent un notable changement dans sa vie, non dans 
son caractère resté toujours également affable. Il prit sa retraite 
en 1871 et ne vécut plus dès lors que pour sa famiUe qui l'entou- 
rait des soins les plus affectueux. 

Il n'était atteint d'aucune infirmité, ses facultés étaient intactes, 
mais il commençait à ressentir le poids des années de suréro- 



1. Mémoire sur les deux prétendues délivrances de Condom en 1309 et 1374. 
3" série, t. II, p. 97, 1851. 

2. Observations sur la géographie et l'histoire du Queraj et du Limousin, à 
propos de la publication du cartulaire de Beaulieu, b' série, t. I, p. 305, l. II, 
p. 97, 1860-18Ô1. 



gation que Dieu lui accordait. Le défaut d'exercice augmentait 
son embonpoint, et néanmoins, bien que les déplacements lui 
fussent devenus pénibles et fatigants, il ne laissait jamais s'écouler 
un trop long temps sans revoir ses parents et ses amis du Lot. 

Il était depuis peu de retour à Paris et rien ne faisait prévoir 
une fin si prochaine, quand un jour nous apprîmes qu'il s'était 
éteint paisiblement, doucement, chrétiennement, comme il avait 
toujours vécu. 

Qu'il reçoive ici, au nom de nous tous, l'adieu d'afi'ection et 
de respect que nous n'avons pu déposer sur sa tombe'. 

L. DE Mas Latrie. 

!. Voici les dates principales de la carrière de M. Lacabane : 

11 mai 1821. Élève pensionnaire de l'École des chartes. 

1" janvier 1825. Employé au ministère de l'intérieur. Bureau des haras et 
manufactures. 

13 mai 1829. Employé au cabinet des titres à la Bibliothèque royale. 

11 juin 1845. Chevalier de la Légion d'honneur. 

G janvier 1846. Professeur à l'École des chartes. 

18 mars 1854. Conservateur adjoint au département des manuscrits, à la 
Bibliothèque impériale. 

23 décembre 1857. Directeur de l'École des chartes. 

13 août 1866. Officier de la Légion d'honneur. 

18 juillet 1871. Professeur directeur honoraire de l'École des chartes. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Anonyme de Cordoue. Chronique rimée des derniers rois de Tolède 
et de la conquête d'Espa(jne par les Arabes^ éditée cl annotée par 
le P. J. Tailhav, de la Compagnie de Jésus. Paris, E. Leroux, -1883. 
In-folio, xx-206 p., avec vingt héliogravures. 

La petite chronique à laquelle le P. Tailhan vient de consacrer un 
gros volume in-lolio est une composition du milieu du vnic siècle, géné- 
ralement attribuée à un Isidore de Badajoz, dont l'existence est fort 
problématique. Le P. Tailhan a cru prudent d'appeler simplement 
l'auteur un Anonyme de Cordoue. Il publie l'ouvrage d'après deux mss., 
l'un du x« siècle, appartenante l'Académie d'histoire de Madrid, l'autre du 
xiv«, conservé à Paris, dans la bibliothèque de l'Arsenal. Il a disposé le 
texte de manière à en biou faire ressortir le caractère rythmique ; il l'a 
éclairai par des notes fort étendues et par des dissertations, au nombre 
de vingt-quatre, dans lesquelles sont discutées beaucoup de points 
importants de l'histoire d'Espagne, au vn° et au vni« siècle. 

L'édition de la chronique peut être contrôlée dans les moindres détails. 
En effet, le P. Tailhan, donnant un modèle qui devrait être suivi s'il 
n'entraînait pas des dépenses considérables, a fait entrer dans son volume 
le fac-similé complet des manuscrits dont il s'est servi : il n'a pas reculé 
devant l'héliogravure de huit grandes pages du ms. de l'Académie d'his- 
toire, de dix pages du ms. de l'Arsenal et de deux pages d'un ms. de 
Saint-Isidore de Léon, qui fait maintenant partie de la bibliothèque- 
nationale de Madrid. Dix de ces excellentes héliogravures se rapportent 
à des textes visigothiques et seroi.' d'une grande utilité pour étudier 
un genre d'écriture qui jusqu'à ces derniers temps était fort mal connu. 

L'ouvrage du P. Tailhan se recommande donc à la fois comme un 
livre de. critique historique et comme un livre de paléographie. 

En annonçant cette publication, nous pouvons donner un détail assez 
curieux sur l'ancien ms. de l'Anonyme de Cordoue, que possède l'Aca- 
démie royale d'histoire et que le P. Tailhan a fait reproduire en fac- 
similé. Il ne se compose plus aujourd'hui que de quatre feuillets et 
présente trois lacunes, au commencement, au milieu et à la fin. La 
lacune du milieu correspond aux chapitres ou portions de chapitres qui 
ont formé les vers 742-1179 de l'édition. Or c'est exactement le contenu 
de deux feuillets de l'Anonyme de Cordoue qui ont été recueillis au 

12 



138 

Musée britannique, et, comme le caractère et les dimensions de ces deux 
feuillets sont identiques au caractère et aux dimensions des feuillets 
conservés à Madrid, il est évident que les uns et les autres ont jadis fait 
partie du même exemplaire. C'est ce qu'on peut vérifier en mettant le 
fac-similé des feuillets de Madrid à côté du fac-similé d'une page du 
ms. de Londres qui vient de paraître dans le magnifique volume inti- 
tulé : Catalogue of ancient manuscripts in the British Muséum, part If, 
Latin (London, 1884, in-folio), planche XXXVI. 

L. Delisle. 



Sancti Amehni, Cantuariensis archiepiscopi, Mariale, seu Liber 
precum metricarum ad beatam Virginem Mariam quotidie dicen- 
darum... studio et cura P. Racet, Soc! etatis Mariée. Londini, Burns 
et Oates [^883J. Petit in-S", xxxII-^22 p. 

Sancti Anselmi Mariale : Poème de saint Anselme sur la sainte 
Vierge, par P. Ragey, mariste. Paris, F. Levé, ^8S3. In-8°, o7 p. 
(Extrait des Annales de philosophie chrétienne.) 

L'un des ouvrages connus au moyen âge sous le titre de Mariale est 
un poème rythmique en l'honneur de la sainte Vierge, dont le carac- 
tère est bien indiqué par M. l'abbé P. Ragey : « poème de 1078 vers, 
composé d'une assez longue exhortation à s'attacher à Dieu seul, en 
s'appuyant sur l'intercession toute-puissante de la sainte Vierge, d'un 
monologue sur les raisons propres à nous déterminer à célébrer fré- 
quemment ses louanges, et d'une série d'hymnes en son honneur, unies 
par le lien d'une commune inspiration, bien plus que par une liaison 
logique. » Cette longue prière a eu un grand succès au moyen âge, et 
plusieurs tirades en ont été employées pour servir d'hymnes dans diffé- 
rents livres d'offices. Telle est notamment l'origine de l'hymne com- 
mençant par les mots Omni die et qui a longtemps passé pour être 
l'œuvre de saint Casimir. La pièce complète fut publiée en 1684 par le 
P. Hommey, d'après un ms. du xiis siècle qui l'attribue à saint Bernard 
et qui forme aujourd'hui à la Bibliothèque nationale le n* 2445 A du 
fonds latin. Le docteur Mone en a signalé dans la bibliothèque de 
Carlsruhe une copie du xiv^ siècle, qui est intitulée « Soliloquium 
soliloquiorum sancti Thomte de Aquino, ordinis Pra;dicatorum. » Une 
édition en a été donnée en 1866 par le comte Alexandre Przezdziecki, 
d'après notre ms. 2445 A et d'après le ms. de Carlsruhe. M. l'abbé 
Ragey l'a retrouvée dans trois autres mss. de la Bibliothèque nationale, 
les nos 10522, 11867 et 16565 du fonds latin, et dans cinq mss. du 
Musée britannique, les n" 7. A. vi, 8. B. i, et 2. A. ix du fonds royal, 
le n* 2882 du fonds harléien et le n° 21927 du fonds additionnel. Il a 
donc eu plus de ressources que ses devanciers pour en établir le texte, 
qu'il a découpé d'une façon un peu arbitraire pour en former treize 



^D9 

hymnes. Le titre de Mariale lui a été fourni par le ms. 7. A. vi du fonds 
royal au Musée britannique. 

M. l'abbé Ragey ne s'est pas borné à nous donner une édition du 
Mariait' en vers; il a essayé d'en découvrir l'auteur. 11 ne lui a pas été 
difficile de prouver que saint Casimir, saint Thomas d'Aquin et saint 
Bernard sont hors de cause. Mais il est allé trop loin quand il a cru 
pouvoir démontrer que la pièce était l'œuvre de saint Anselme. Cette 
attribution n'est donnée par aucun manuscrit. Les raisons que M. Ragey 
a mises en avant pour la justifier se réduisent à ces trois points : 1° le 
poème est inséré dans un psautier exécuté vers la fin du xi= siècle pour 
un monastère de la province d'York (ms. additionnel 21927) ; 2° il fait 
partie d'un ms. anglais du xu^ siècle, oii sont contenues, en outre, 
quatre prières en prose qui ont été publiées sous le nom de saint 
Anselme; S" il est le développement des idées qu'on trouve dans les 
prières en prose de saint Anselme. Aucune de ces raisons ne me paraît 
décisive. Le travail de M. l'abbé Ragey n'en est pas moins très méri- 
toire; il permet, en effet, de bien étudier un poème rythmique qui 
occupe une place honorable dans la littérature religieuse du moyen âge. 

L. Delisle. 

DeutscheVerfassungs(jesckichte,yonGi^ov2:Y^km. IV. Bd. II. Ablhei- 

lung : Die Verfassuny des frànkischen Reichs. III. Bd. II. AbLli. 

Zweite Auflage. Berlin, ^88o. 

La Bibliothèque de VÈcoU des chartes a récemment signalé la publi- 
cation de la première partie de la deuxième édition du tome IV de 
VHistoire constitutionnelle de l'Allemagne, de M. G. Waitz (tome III de 
l'histoire constitutionnelle du royaume et de l'empire franc)'. Nous 
sommes heureux de pouvoir annoncer, plus tôt que nous n'osions 
l'espérer, une nouvelle partie de l'œuvre importante que l'éminent his- 
torien poursuit avec tant de soin et de persévérance. 

Ce volume termine l'histoire des institutions carolingiennes : il com- 
prend trois chapitres, savoir : chap. vni : Organisation judiciaire et 
administration de la justice (p. 365-530); chap. ix : Organisation mili- 
taire (p. 531-633); chap. x : Dissolution de l'empire franc (634-644). 

Dans la première édition, ces trois chapitres comprenaient 313 pages ; 
ils en forment 379 dans la seconde, dont la justification est d'ailleurs 
plus grande. Les additions portent non seulement sur les notes, mais 
aussi sur le texte, qui a été souvent remanié et complété par l'auteur. 
On trouve en outre, à la suite du chap. vni, une note intéressante sur 
les assemblées de comté ou de centaine, dans laquelle M, Waitz discute 
les opinions de M. R. Sohm. 

1. T. XLV, |). 357. 



160 

La table des matières a aussi reçu de nombreuses additions ; de vingt 
pages elle a été portée à trente-cinq. 

Ad. Tardif. 



H. Bruxner. Mithio und sperantes, aus Juristische Abhandlungen, 
Fesigabe fur G. Beseler. 4885. In-8% 29 pages. 

Le mot mithius, qu'on trouve dans la loi salique, les formules de 
Marculf, les capitulaires et les diplômes, jusqu'au ix"^ siècle, est un des 
termes les plus énigmatiques de notre ancien droit. On le rencontre 
souvent dans des clauses oià figurent les mots sperare, sperantes, dont le 
sens est non moins obscur. M. H. Brunner nous donne une explication 
très plausible de ces deux termes. 

Le mot mithius lui parait avoir plusieurs acceptions un peu diffé- 
rentes, mais se rattachant néanmoins au même ordre d'idées : 1° réponse 
en justice, le répons en court de notre droit coutumier; 2' les personnes 
dont on doit répondre en justice ; 3° les lieux dont on a la responsabilité 
juridique. Ce mot se rattacherait étymologiquement à une racine 
gothique qu'on pourrait rapprocher du latin mutuus et du grec [aoItoç. 

Les sperantes sont les personnes libres ou non libres dont on a la pro- 
tection ou la responsabilité, qu'on peut ou doit représenter en justice, 
soit en vertu de la loi, soit en vertu d'un mandat. Le verbe sperare 
exprime les mêmes idées ; mais il est employé tantôt dans le sens actif, 
tantôt dans le sens passif. 

Voici quelques-uns des textes qui peuvent justifier ces interprétations. 

Form. Sirm. seu Turon. 3 (Roz., cclxhi his; Zeum., p. 136)... Illeper 
hune mandatum ad me speravit ut donationem illam... gestis municipa- 
libus... allegare deberem. — « Par ce mandat, il m'a chargé du soin de 
« faire enregistrer cette donation... » 

Form. Roz. xi... Jubimus ut neque vos, nequejuniores... ipso vel homi- 
nis suis qui per ipso légitime sperare videntur inquietare... non prxsu- 
matis. — « Les hommes qui sont légalement représentés ou protégés 
« par lui. » 

Marc. Form. ii, 23... Jubemiis ut dum illis partibus fuerit demoratus, 
omnes causas suas, suisque amicis aut gasindis , seu undeciimque ipse 
legitimo redebit rnitio, in suspenso dcbeant resedere. — « Que tous ses 
« procès, et ceux de ses parents ou serviteurs, ou de toute personne 
« pour qui il devra répondre en justice, resteront en suspens. » 

Dipl. Ghilp. I. a. 562 (MGD., n»9; Pard., n» 168)... ut eum (abbatem) 
et ipsum monaslerium una cum omnibus rébus vcl hominibus suis, gasin- 
dis, amicis, vcl qui per ipsum monasterium sperare videntur, vel unde 
légitima redebel mitio, sub sermone tuitionis noslrsd... recipere deberemus. 
— « Ceux qui peuvent réclamer protection au monastère, et dont il doit 
« répondre en justice. » 



Dipl. Pipp. Ihl-IM (D. Bouquet. V, fiOi^). Ner liomincs ipsius cceksiw 
tain ingenuos quam scrvos qui svper corum terris vel micio commancrc 
videntiir. — « Les hommes de l'église, ingénus ou serfs, qui habitent 
« sur ses terres ou dans le ressort de sa juridiction. » 

Ad. Tardif. 



H. Rrdxxer. Ueber das Alter der Lcx Alamannorwn (extrait des 
Mémoires dr. V Académie royale des sciences de Berlin). ^885. 
Gr. in-S", 24 pages. 

Les legcs popularcs des Alamans nous sont parvenus sous une double 
forme : la loi primitive, communément appelée Pactus Alamannorum, 
dont il reste des fragments assez étendus, et un texte plus récent : Lcx 
Alamannorum. 

Merkel a cru reconnaître dans les mss. trois états distincts de cette 
dernière loi, et il en a donné trois textes dans les Monumenia Germaniw 
historica, Leges, t. III. 

Ce long travail fournit des renseignements très précieux sur l'état des 
mss. de la loi des Alamans, mais l'établissement du texte, qui repose 
sur de mauvaises bases, est tout à fait manqué, dans l'opinion de 
MM. Waitz et Brunner et aussi de quelques érudits français. 

Merkel a donné à ses trois textes les dénominations de Lex Hlothe- 
riana, Lcx Lantfridana et Lex Karolina sive reformata; la première loi 
serait de dotai re II, la seconde du duc Lantfrid Ie^ la troisième aurait 
été promulguée dans les dix premières années du ix« siècle. 

M. Brunner est arrivé à se convaincre, par ses études personnelles et 
aussi par la lecture d'un mémoire encore inédit d'un jeune savant, 
M. Charles Lehmann, sur la critique du texte et l'histoire des leges 
popularcs des Alamans, que la /ea^i/amannorum nous est parvenue sous 
une forme unique et que sa rédaction a eu lieu pendant l'administration 
du duc Lantfrid, très vraisemblablement sous le règne de Clotaire IV-, 
entre les années 717 et 719. 

Cette loi de Lantfrid comprend trois parties qu'on peut aisément 
reconnaître dans les éditions de Baluze et de F. Walter, bien plus 
répandues en France que la grande édition des MGH. Les titres 1 à 23 
traitent des causx ecclesiw : les titres 24 à 41, des causx qui ad Duce perti- 
nent; au chap. 45 commencent les causx qui sxpe soient contingere in 
populo. Quant aux titres 98 à 104, dont Merkel a fait un liber tertius, les 
nouvelles recherches de M. Charles Lehmann conhrment l'opinion de 
M. de Rozière, qui, dès l'année 1855, a vu dans ces titres des fragments 
de l'ancien Pactus. M. Lehmann rattache encore à ce texte primitif les 
titres 78 et 79; les titres 94 et 97 paraissent avoir une origine bavaroise. 

Nous ne pouvons suivre M. Brunner dans l'argumentation très 
savante et très serrée par laquelle il établit les résultats nouveaux que 



162 

nous venons de résumer. Nous emprunterons seulement à cet intéressant 
mémoire l'indication d'un des procédés employés par Merkel pour cons- 
tituer les rédactions différentes de la Lex Alamannorum qu'il a cru 
retrouver, et notamment sa lex Hlotheriana et sa lex Lantfridana. A la 
prétendue loi de Clotaire, il rattache quatre mss., mais il prend pour 
base de son édition le plus mauvais de tous, un ms. de Wolfenbiittel, 
écrit par un copiste inintelligent et négligent, qui a commis de nom- 
breuses méprises et laissé dans sa transcription de nombreuses lacunes 
qu'une autre main a corrigées ou remplies. Toutes ces bonnes leçons et 
restitutions ont été noyées dans un déluge de variantes dont il est 
malaisé de les dégager. Pour la lex Lantfridana, au contraire, Merkel a 
choisi les mss. les plus corrects et les plus complets, et il est arrivé 
ainsi à constituer un second texte qui, à première vue, diffère notable- 
ment du premier, dont il a fait la loi de Clotaire. Mais ces différences 
disparaissent si dans cette loi on remplace, à l'aide des variantes, les 
mauvaises leçons du ms. de Wolfenbiittel par les bonnes, et si l'on 
comble, avec de meilleurs mss., les lacunes manifestes qu'il présente. 
On ramène ainsi les deux lois dites de Clotaire et de Lantfrid à un seul 
et même texte par la simple application des règles élémentaires de la 
critique des manuscrits. 

Ad. Takdif. 



Le Livre des constitucions démenées el Chastellet de Paris. Nou- 
velle édition, avec une introduction, des notes et un glossaire, par 
Charles Mortet, docteur en droit, archiviste-paléographe, biblio- 
thécaire de l'Université. Paris, H. Champion, -1883. In- 8°, 
^00 pages. (Extrait des Mémoires de la Société de V histoire de 
Paris et de V Ile-de-France., t. X.) 

Ce texte juridique avait jadis été publié, mais de la manière la plus 
défectueuse, par l'illustre jurisconsulte Eusèbe de Laurière, sous le titre 
^'Anciennes Constitutions du Chdtelet de Paris ,-^1. Mortet l'a réédité avec 
une aussi grande perfection que le permettait un manuscrit unique et 
bien souvent fautif, et en y joignant une introduction et des notes qui 
en augmentent singulièrement la.valeur. 

Le titre que Laurière et M. Mortet ont dû donner à l'ouvrage d'après 
l'explicit du manuscrit n'est guère justifié par le contenu : c'est un 
recueil de règles de procédure, et accessoirement de droit privé, à 
l'usage des cours laïques, surtout des cours seigneuriales, de l'Ile-de- 
France, recueil fait sans aucune espèce de prétention théorique et des- 
tiné avant tout à guider les parties au milieu des nombreux* écueils de 
la procédure. 

Le manuscrit étant du commencement du xiv^ siècle, et certains pas- 
.sages prouvant que le texte est postérieur à l'ordonnance contre les 



If. 3 

duols dite do 1"2G0, il faut eu lixer la rédaction à la fin du xnc siècle ou 
aux premières années du xiv. M. Mortel le croit contemporain de 
l'ouvrage de Beauraanoir ; c'est peut-être un peu tôt, et il reconnaît 
lui-même que sur quelques points, « notamment en ce qui concerne la 
procédure par écrit, les Constitucions paraissent indiquer un développe- 
ment du droit plus avancé que les Coutumes de Beauvoisis. » 

Fixer à cette époque la rédaction du Livre des Constitucions, c'est dire 
qu'il appartient au début de ce qu'on a appelé la période de transition 
de la procédure, et son intérêt réside surtout en ce qu'il nous montre 
tous les traits caractéristicjues de la vieille procédure féodale coexistant 
avec les règles nouvelles prescrites par les ordonnances royales ou dues 
à l'influence du droit canonique. 

Dans son introduction, M. Mortet, après avoir successivement exa- 
miné l'objet, le caractère et la date du texte, a passe en revue les ren- 
seignements qu'on y trouve sur le formalisme , sur la procédure par 
écrit, sur les voies de recours contre les jugements et sur le duel. Dans 
le paragraphe relatif aux voies de recours, M. Mortet s'est efforcé de 
voir clair dans le chaos où la théorie de l'appel était plongée à cette 
époque; peut-être pourrait-on lui reprocher d'y avoir vu un peu trop 
clair et d'avoir tracé des règles d'une précision bien grande pour une 
matière aussi confuse. 

Dans des notes abondantes, l'éditeur s'est ensuite attaché à expliquer 
un grand nombre de détails particuliers et à comparer les Constitucions 
avec les documents contemporains, surtout avec Beaumanoir. Enfin, 
une table méthodique des matières et un glossaire achèvent de faire de 
ce petit volume un pratique et précieux instrument de travail. 

M. Mortet nous annonce qu'il se propose de rééditer dans la même 
forme le recueil publié par Brodeau sous le nom de Décisions de Jean 
Desinares; nous ne pouvons que souhaiter la prompte réalisation de ce 
projet. 

P. GuiLHIERMOZ. 



Éludes sur les monuments primitifs de la peinture chrétienne en 
Italie^ et mélanges archéologiques^ par Louis Lefout. Paris, 
Pion, ^885. In-^6, 285 pages. 

Le petit volume que nous annonçons se compose d'une série d'articles 
critiques et de quelques études originales publiés précédemment dans 
diverses revues, quatorze morceaux en tout. Bien qu'ils ne composent 
pas un ensemble homogène, comme l'avoue l'auteur, c'est toujours à 
l'histoire de la peinture pendant les premiers siècles du christianisme 
qu'ils se rapportent. Leur réunion offre au moins cet intérêt d'être le 
résumé de plusieurs des découvertes si précieuses que M. de Rossi a 
faites pendant ces dernières années dans les catacombes romaines. La 



164 

plus importante de ces études est un catalogue chronologique des pein- 
tures des catacombes, répertoire utile qui n'avait pas encore été entre- 
pris : complètement refondu par l'auteur, il est pour le moment le 
dernier mot sur la question. 

Nous allons passer en revue les articles divers du recueil en insistant 
vseulement sur les plus importants. 

M Mosaïque de sainte Pudentienne à Rome (p. 1-8). Cette étude date 
de I87'i : l'auteur tient à le rappeler pour bien établir sa priorité dans 
l'interprétation d'un point délicat de cette composition. Un rapproche- 
ment ingénieux, tiré de sa comparaison avec une autre peinture (à 
Sainte-Sabine), lui a fait conclure qu'il ne faut voir que deux figures 
symboliques, l'Église juive et l'Église des gentils, accompagnant et 
désignant les personnages de saint Pierre et de saint Paul, dans les 
deux femmes de la Mosaïque qu'un nomme toujours sainte Pudentienne 
et sainte Praxède. Je crains bien malgré tout que cette attribution ne 
persiste longtemps encore : la légende tient bon, malgré sa base fra- 
gile, et l'auteur d'un récent volume sur la Mosaïque la reproduit sans 
hésiter. 

Chronologie des peintures des catacombes romaines (p. 9-106). Ce 
répertoire comprend 135 numéros rangés en 17 périodes, du i" au 
ix" siècle. Chaque pièce est complètement et nettement décrite et la des- 
cription en est précédée d'une bibliographie qui permet de suppléer 
facilement au manque de figures du volume : ce soin était indispensable 
pour que le catalogue pût rendre tous les services qu'on est en droit 
d'en attendre. L'auteur n'enregistre que les peintures dont on peut voir 
encore les originaux ; pourtant il énumère brièvement à la fin celles qui 
sont perdues aujourd'hui, mais dont on possède encore des gravures. Il 
y a là désormais un vrai secours pour l'étude : bien des questions de 
date étaient et sont encore fort délicates à trancher; avec l'aide des 
judicieux principes établis par M. de Rossi, M. L. Lefort y a répondu 
aussi soigneusement que possible. Une Chronologie des peintures des 
catacombes de Naples (p. 107-142), dressée sur le même plan que la pré- 
cédente, comprend trente-huit numéros en neuf époques. Presque toutes 
les pièces appartiennent aux catacombes de saint Janvier. 

Les Scènes de banquets peintes dans les catacombes romaines et notam- 
ment dans celle des saints Marcellin et Pierre (p. 143-158). M. L. Lefort 
passe ici en revue les dix-sept curieuses fresques découvertes jusqu'à ce 
jour, et fait remarquer que ces représentations paraissent avoir été le 
résultat de vogues intermittentes. Sauf deux, toutes sont allégoriques : 
car il n'y faut pas chercher cVagapes, opinion longtemps courante, mais 
à peu près abandonnée maintenant. L'auteur résume sur la question les 
derniers argumoiits de M. de Rossi. 

La Basilique de sainte Pétronille dans la catacombe de Domitillc 
(p. 159-180). Ce sanctuaire, d'environ dix-neuf mètres sur vingt-trois, 



IH5 

composé de trois nefs, une abside etunnarthex sur leijuel donnent trois 
portes, a été découvert en 1854, mais déblayé seulement depuis 1873. 
M. de Rossi, sur des preuves concluantes, en fixe la construction entre 
390 et 395. Une file de quatre colonnes entre deux piles massives sépare 
la nef des bas-côtés. C'est un tremblement de terre qui renversa les 
colonnes et produisit l'affaissement du sol supérieur. Mais, comme cette 
basilique avait malheureusement été spoliée par les Lombards, il ne 
reste plus que des inscriptions et pas d'objets ni de peintures. 

Viennent ensuite divers détails sur les autres fouilles opérées dans la 
même catacombe : 

Nouvelles Découvertes dans la catacombe de Domitillc (p. 181-206), en 
1874-1875; le Cubicule d'Ampiiatus {i>. 207-2151, découvert en 1881. 

Peinture d'un cubicule dans la catacombe de Ci/riaque (p. 217-221). 
Cette composition des plus rares, de l'époque de Constantin, représente, 
d'après une interprétation nouvelle de M. de Rossi, la comparution 
d'une âme devant le tribunal du Christ. 

Citons encore les articles : Peintures d'un arcoseuille dans la cata- 
combe de Santa Maria di Gesu à Syracuse (p. 223-226) ; Fouilles à Rome 
et dans sa banlieue (p. 227-236) ; le Musée d'inscriptions chrétiennes au 
Latran (p. 237- 242), ensemble unique au monde, classé par M. de Rossi, 
et dont on nous donne les divisions. 

Dans une étude plus importante, M. L. Lefort décrit le Cimetière 
chrétien de Julia Concordia (Porto Gruaro, en Vénetie, p. 243-261), décou- 
vert en 1873, et en relève les inscriptions. 

A propos d'une nouvelle découverte de M. de Rossi, et sur une disser- 
tation de lui, l'auteur examine encore les Colliers et les Bulles des 
esclaves fugitifs aux derniers siècles de l'empire romain (p. 263-274). Les 
bulles remplacèrent depuis Constantin les marques au fer rouge : on a 
retrouvé dessus de nombreuses inscriptions, citées ici. 

Peintures inédites de l'église Saint-Nicolas à Saint-Victor près de San 
Germano Cassino (p. 275-284). Ces peintures curieuses, mais fort abî- 
mées, ont été découvertes en 1876, par hasard, sous plusieurs couches 
de chaux. Il y a deux décorations successives, l'une au xii% et l'autre, 
superposée, au xiv'' siècle, époque où fut agrandie l'église. 

H. nE CuRZoN. 

Le Roman de Renart , publié par Ernest Martin. Strasbourg, 
Triihner, et Paris, Leroux, 1882 et ^ 885. 2 vol. in-8% xxvii-48/« 
et 380 p. 

Le Boman de Renart forme avec les fabliaux le contingent presque com- 
plet de la poésie .satirique du moyen âge ; cette longue épopée à travers la- 
quelle {q goupil, sous le nom humain Ag Renart, représente .successivement 
tous les personnages de la société du xni« siècle, et fait la critique de 



cette époque, ofl're un vaste champ à la littérature comparée, et demande 
à être étudiée longuement. Malheureusement M. Ernest Martin, en 
publiant cette nouvelle édition du Roman de Renart, a suivi l'exemple 
d'un grand nombre d'éditeurs allemands : il s'est contenté de joindre 
à sa publication une description des manuscrits dont il s'est servi, et a 
négligé la partie littéraire de son sujet, sans indiquer s'il y reviendrait 
plus tard. 

L'introduction, exclusivement consacrée aux manuscrits, est placée 
en tête du premier des deux volumes, aujourd'hui parus, qui com- 
prennent le texte du Roman de Renart ; c'est la reproduction d'une bro- 
chure de M. Martin {Examen critique des manuscrits du roman de Renart, 
Bâle, 1872), augmentée et complétée. A la suite de cette introduction, 
l'éditeur nous indique comment il a constitué son texte : il reproduit 
généralement un manuscrit, qu'il corrige parfois, et rejette dans un 
troisième volume, encore à venir, les variantes des autres manuscrits. 
Cette façon d'agir ne permet pas de contrôler dès maintenant les leçons 
adoptées pour le texte, qui semble du reste généralement bien établi. 

Ce qui caractérise surtout l'édition de M. Martin et en fait la valeur, 
c'est la nouvelle disposition des branches, admise par l'éditeur. On sait 
en effet que le Roman de Renart proprement dit, sans parler des suites, 
se compose de branches ou épisodes distincts, dont l'ordre n'est pas 
identique dans tous les manuscrits ; de ces branches, les unes sont plus 
anciennes, les autres ont été ajoutées après coup. En classant les manus- 
crits, M. Martin est arrivé cà reconstituer dans son premier volume 
« l'ancienne collection des branches, » qu'il distingue des branches 
additionnelles, formant le deuxième volume. Ici encore un mot d'expli- 
cation eût été utile, car l'introduction n'offre aucun moyen de savoir 
quelle raison a déterminé M. Martin à donner à telle branche une, place 
plutôt qu'une autre, et on est obligé pour se renseigner de recourir à 
VExamen critique, dont il est parlé plus haut. 

En résumé, cette nouvelle édition du Roman de Renart offre un texte 
bien supérieur à celui de Méon ; l'ordre des branches y est plus rationnel ; 
il est regrettable toutefois que l'auteur, qui prépare ce travail depuis 
si longtemps, n'y ait pas joint des éclaircissements, nécessaires non 
seulement au point de vue littéraire général, mais encore au point de 
vue tout particulier de l'établissement du texte. 

Gaston Raynaud. 

Docteur E. Beivjoy. Vie de saint Yves, tirée d'un manuscrit sur 
vélin du XIV^ siècle. SainL-Brieuc, -1884. In-H", 71 p. 

Le B. Yves de Ker-Martin, prêtre et docteur en droit de Tréguier, 
mourut à Lohanec le 19 mai 1303, après une vie de dévouement qui 
l'a fait surnommer V Avocat des Pauvres. 



Les BoUandiste? ont inséré au tome IV du mois de mai, col. 538-543, 
un sommaire de la vie du saint, que l'on croit avoir été écrit 28 ans 
après sa mort, c'est-à-dire vers l'époque de sa canonisation. M. le doc- 
teur Benjoy publie aujourd'hui un document qui ajoute un élément 
nouveau et important à ce que l'on sait de la l'amille et de la vie du 
B. Yves. Ce sont neuf leçons composées à sa louange vers la tin du 
xive siècle. M. Benjoy donne le fac-similé héliographique et le te.xte 
restitué de ces leçons, dont le manuscrit lui appartient. 

Quand on aura fait l'examen comparatif el critique que ce document 
sollicite et mérite (alors même que son auteur resterait inconnu), il 
prendra vraisemblablement sa place dans la grande publication des 
Monuments originaux de l'histoire de saint Yves, préparée par notre 
savant confrère M. A. de la Borderie. 

M. L. 



Documents et mémoire pour servir à r histoire du territoire de Bel fort 
{Haut-Rhin fr(uiçais), recueillis et publiés par Léon Viellaiid. 
\° Introduction ; 2° Mémoire sur L'origine des comtes de Montbé- 
liard; 3" Tableau généalogique ; 4° Recueil de documents antérieurs 
à l'an l2ol. Besançon, Paul Jacquin, I.S84. In-S", xi-o48 p. 

L'auteur de ce volume a recueilli et classé les documents qui nous 
sont parvenus sur l'histoire du territoire de Belfort pour les temps 
antérieurs au milieu du xin^ siècle. Il a disposé dans une seule série 
chronologique le texte des chartes et les témoignages fournis par des 
chroniques, des légendes de saints et des écrits de toute espèce, anciens 
et modernes. Le mélange d'éléments si divers pourra amener des con- 
fusions, d'autant plus que M. Viellard ne donne pas de renseignements 
suffisants sur la valeur des matériaux qu'il a amassés, et que, peut-être 
par suite d'erreurs d'impression, un certain nombre des indications 
bibliographifjues laissent à désirer. C'est ainsi que nous lisons à la 
page 36 : « Vita sancti Remigii, dans Duchesne, 524 ; » — à la p. 39 : 
« Recueil des histor. de France, III, p. 534, Chronique de Verdue d 
(c'est un passage de la Chronique de Verdun par Hugues de Flavigni, 
qui se trouve dans le tome III de dom Bouquet, à la p. 354 et non à la 
p. 534) ; — à la p. 41 : « Chronique de saint Marin, évêque d'Avenche; » 

— à la p. 42 : « Chronique d'Eusèbe » (c'est un pas.sage de Frédégaire, 
dont la reproduction est inexacte) ; — à la p. 46 : Vita S. Eligii, BoU. 
l""" décembre (le volume que les Bollandistes con.sacreront aux saints 
du l^"" décembre ne verra le jour qu'au xx'= siècle); — p. 76 et 77 : 
« Hermann, contract; » — p. 105 : « Ex Hermanni Contracte Chronico ; » 

— p. 158 : « Le Père André Du Ghesne, preuves de l'histoire de Bar- 
le-Duc, p. 9. » 



16S 

M. Viellard a largement mis à contribution, comme c'était son rlroit, 
les publications faites avant lui, et notamment une collection de docu- 
ments que notre confrère M. Tuetey avait commencé à imprimer, pour 
la Société d'émulation de Montbéliard ; mais aux textes anciennement 
connus il a ajouté beaucoup de pièces nouvelles, qu'il a trouvées pour 
la plupart dans les dépôts de Paris, de Besançon, de Vesouletde Dijon, 
Le nombre en est suffisant pour assurer le succès d'un ouvrage qui n'a 
pas seulement le mérite d'asseoir sur une base solide l'histoire territo- 
riale du pays de Belfort, mais qui éclaircit encore sur beaucoup de 
points les origines du comté de Montbéliard. 

L. D. 

Inrentaire-sommaire des Archives hospitalières antérieures «^790, 
rédigé par M. Alfred Leroux, archiviste. Haute-Vienne. Premier 
fascicule : Ville de Limoges., séries A à D. Limoges, impr. Gely, 
^884. Li-4% xxxviii, S, 130, 7 et 24 pages. 

Depuis sa nomination à Limoges en qualité d'archiviste départemen- 
tal, M. Alfred Leroux a imprimé une vigoureuse impulsion à la publica- 
tion des inventaires-sommaires des différents dépôts d'archives dont la 
garde ou l'inspection lui sont confiées. Le premier fascicule de l'inven- 
taire des archives hospitalières de la Haute-Vienne qu'il vient d'achever 
nous fournit une nouvelle preuve de son activité. 

Il est impossible de ne pas reconnaître les nombreuses améliorations 
introduites depuis une dizaine d'années dans la rédaction de ces inven- 
taires-sommaires, qui tendent de plus en plus à devenir de véritables 
publications historiques. Jadis, les archivistes départementaux devaient 
se borner à donner les dates extrêmes des documents compris dans 
chacun des articles de leurs inventaires, à analyser quelques pièces de 
chaque liasse ou registre et à indiquer les autres par des etc. En 
fractionnant minutieusement le fonds de l'hôpital de Limoges par 
petites liasses, qui comprennent rarement plus de dix pièces et souvent 
ne contiennent qu'un seul parchemin, M. Leroux est parvenu à nous 
donner l'analyse et la date de tous les titres de cet ancien établissement. 
Proportionnant ses analyses à l'importance des pièces, il n'a pas craint 
de nous donner sur un seul registre vingt colonnes compactes de détails 
qui équivalent à une table des matières. Nous ne pouvons que l'ap- 
plaudir d'être entré dans cette nouvelle voie; car les inventaires 
d'archives ne peuvent avoir de valeur qu'à la condition d'être aussi 
complets que possible : mieux vaudrait à mon avis publier un simple 
répertoire indiquant, dans l'ordre de classement, le contenu de chacune 
des liasses ou registres que d'analyser certaines pièces et d'omettre les 
autres. Il existait du reste un ancien inventaire des titres de l'hôpital 
de Limoges dressé à la fin du xviii« siècle, qui a dû fournir à M. Leroi'x 



469 

de précieux renseignements sur l'ensemble du fonds dont il s'occupait, 
et dont il a pu conserver les principales divisions, on les adaptant toute- 
lois au cadre tracé par les instructions ministérielles. 

M. A. Leroux se montre assez sobre de détails sur l'histoire du fonds 
qu'il inventorie. Depuis la Révolution, nous dit-il dans son introduc- 
tion, ce dépôt a été abandonné sans contrôle à la garde de la commis- 
sion hospitalière, mais n'a pas souffert de cet abandon : « Un de nos 
prédécesseurs aux archives de la Haute-Vienne, M. Maurice Ardant, 
visita vers 1856 le dépôt de l'hôpital général pour en séparer les docu- 
ments étrangers qu'on y avait transportés jadis sans raison. Ce fut tout. » 
Il n'est peut-être pas sans intérêt de connaître la raison qui avait 
fait transporter aux archives de l'hôpital de Limoges ces documents 
étrangers. 

La loi du 4 ventôse an IX et l'arrêté consulaire du 27 messidor de la 
même année (23 févr. et 26 juin 1801) avaient affecté aux besoins 
des hospices les domaines nationaux usurpés par des particuliers, les 
rentes et prestations dues par les acquéreurs de ces mêmes domaines, 
les rentes dues pour fondations pieuses à des cures, fabriques, commu- 
nautés et corporations supprimées, etc. Les détenteurs de ces rentes et 
domaines ne vinrent pas se déclarer eux-mêmes, il fallut les rechercher 
et les poursuivre. Les hospices furent obligés en conséquence, pour 
retrouver la trace de leurs nouveaux droits, de compulser les papiers 
des communautés religieuses et des émigrés, dont ils étaient ainsi 
devenus les héritiers. Ces papiers étaient déposés aux archives des pré- 
fectures. Ils furent très libéralement communiqués, et les plus impor- 
tants d'entre eux, titres de rentes et terriers, furent transportés, soit à 
l'hôpital même, soit au domicile des administrateurs ou de l'économe. 

Ces titres furent réintégrés plus tard ; dans le département dé la 
Haute- Vienne, ils restèrent aux archives de l'hôpital jusqu'en 1856, et 
ce sont très probablement ces documents que M. Maurice Ardant fit 
transporter aux archives départementales. De même, en 1846, les Archives 
du royaume firent réintégrer les titres et papiers communiqués, dans 
l'intérêt des hospices, au sieur Mariette, qui s'était chargé de révéler à 
ces établissements les rentes et domaines auxquels ils avaient droit. 

Il serait trop long d'analyser ici les détails fort intéressants que nous 
donne M. Leroux dans son Introduction, sur les causes de la misère dans 
la Marche et le Limousin pendant le moyen âge, sur les hôpitaux, lépro- 
series, confréries charitables et aumônes particulières à Limoges et dans 
tout le diocèse, sur les développements successifs de l'hôpital général 
de Limoges de 1660 à 1790. Cette introduction peut être considérée 
comme une véritable histoire de la charité en Limousin, et il serait à 
souhaiter que l'auteur en fit exécuter un tirage à part, en y ajoutant 
quelques chapitres sur la période intermédiaire et le xix« siècle. 

Le fonds de l'hôpital de Limoges n'est pas demeuré inexploré jusqu'à 



no 

nos jours. M. Louis Guibert l'a utilement consulté pour ses études sur 
les confréries de charité, de pénitents et de métiers à Limoges pendant 
le moyen âge. M. A. Leroux a inséré, dans ses Documents historiques 
et dans ses Chartes et chroniques pour servir à l'histoire de la Marche et 
du Limousin, la plupart des documents des xi«, xii" et xiii^ siècles que 
renferment ces archives ; il n'en reste pas moins beaucoup à faire. 

Le cadre tracé officiellement pour les inventaires-sommaires n'a pas 
permis à M. Leroux de nous faire connaître les différents types que 
présentent les 301 sceaux renfermés dans les archives de l'hôpital de 
Limoges. 11 pourrait en faire l'objet d'une notice spéciale ; en dressant 
une liste raisonnée de ces sceaux, il contribuerait pour sa part à com- 
pléter la grande enquête sur les sceaux de France commencée par 
M. Douet d'Arcq, continuée par M. Demay et demeurée inachevée. 

Par ses publications de textes et d'inventaires, M. A. Leroux rend de 
grands services à tous ceux qui s'occupent du Limousin. Il réunit ainsi 
les matériaux d'une histoire de cette province, que nous lui souhaitons 
de pouvoir entreprendre et mener à bonne fin. 

C. RiVAIN. 



Limoges d'après ses anciens plans, par Paul Ddcodrtieux. Limoges, 
-1884. In-8°, -192 pages. 

Sous ce titre, M. Ducourtieux nous donne une étude bibliographique 
sur les anciens plans de sa ville natale et en même temps une histoire 
des développements successifs de cette même ville, depuis l'époque 
gallo-romaine jusqu'à la fin du xyiii« siècle. 

Il existe à Limoges deux parties distinctes : la cité et le château ; la 
cité soumise à l'évêque; le château dépendant des abbés de Saint- 
Martial, puis des vicomtes. Chacune de ces deux villes conserva jusqu'en 
1792 sa vie particulière, son administration consulaire distincte. Sou- 
vent même elles n'appartenaient pas au même parti : pendant la période 
des guerres de religion, la cité tient pour la Ligue, tandis que le château 
se déclare ouvertement pour le parti des politiques et pour le Roi. 
En 1371, la cité seule ouvre ses portes aux chevaliers français et s'attire 
de la part du Prince Noir un chà.timent terrible. Ces deux villes ont 
chacune leur enceinte fortifiée, et il est intéressant de suivre avec- 
M. Ducourtieux les transformations successives de ces fortifications, de 
connaître le nombre et la forme des portes et des tours. 

Pondant tout le moyen âge, les bourgeois à la moindre alerte ferment 
leurs portes, se retranchent derrière leurs murailles et n'osent s'aven- 
turer au dehors. Au xvi* siècle, ces murailles deviennent trop étroites 
pour contenir les habitants, et trop peu solides pour les défendre, bien 
qu'armées de 65 pièces d'artillerie. Au xvn« siècle, les fortifications 
tombent on ruine. Au wni^, les terrains des fossés sont vendus aux 



^7^ 

particuliers, transformés en boulevards et plantés d'arbres. L'espace 
compris entre les deux villes, les grandes routes qui convergent vers la 
cité et le château se couvrent de constructions et forment de longs fau- 
bourgs bientôt plus considérables que l'agglomération primitive. De 
tous côtés des églises, des abbayes, des communautés religieuses, des 
monuments publics. 

M. Ducourtieux nous donne sur la topographie de l'ancien Limoges 
beaucoup de détails; mais tous les renseignements qu'il a recueillis sur 
une rue, une maison, un édifice quelconque, gagneraient beaucoup, je 
crois, à se trouver groupés par ordre alphabétique au nom de cette rue 
et de ce monument, au lieu d'être reproduits dans l'ordre chronologique 
sous forme d'annales ou de chroniques ; car la plupart de ces faits n'ont 
aucun lien qui les relie entre eux. Disposé dans l'ordre alphabétique, le 
travail de M. Ducourtieux deviendrait plus clair, plus facile à consulter 
et serait appelé à rendre de grands services. Remanié et continué jus- 
qu'à nos jours, il formerait un dictionnaire administratif et historique 
des rues de Limoges et de ses monuments, aussi utile et aussi précieux 
pour les habitants de cette ville que celui qui a été dressé pour Paris 
en 1844 par MM. Félix et Louis Lazare. 

Les quatre anciens plans reproduits par M. Ducourtieux étaient un 
complément indispensable de sa publication. Parmi ces plans figure 
celui qui est connu sous le nom de« Plan des trésoriers de France, » dressé 
vers 1G80 par A. Jouvin de Rochefprt. M. Ducourtieux suppose avec 
raison, mais sans preuves, que l'auteur dut acheter la charge de tréso- 
rier de France à Limoges, de 1676 à 1680. Albert Jouvin, sieur de 
Rochefort, fut en etfet pourvu de. cet office le 14 mars 1675, après la 
démission de Pierre de Fortia. Ses provisions, prestation de serment 
et acte de réception sont encore aujourd'hui conservés aux Archives 
nationales. 

C. RlVALN. 

Ernest Deseille. Curiosités de. l'histoire di pays boulonnais, mœurs 
et usages, traditions^ superstitions, etc. Paris, Alph. Picard, LS8^. 
In-S", III-228 pages. 

Ernest Deseille. Glossaire du patois des matelots boulonnais. Paris, 
Alph. Picard, 1SS4. Iii-S», 136 pages. 

Nous réunissons dans un même compte-rendu les deux ouvrages de 
M. Ernest Deseille, tous deux relatifs au pays boulonnais. 

Le premier, Curiosités du pays boulonnais; est une sorte de petite 
encyclopédie de tout ce qui se rapporte à Boulogne-sur-Mer ; on y 
trouve confondues dans l'ordre alphabétique les superstitions populaires 
les plus anciennes à côté d'ordonnances de police qui ne datent que 
d'hier, les anecdotes personnelles à côté de notions sur le patois et les 



172 

coutumes du pays. Un index, placé en tête du volume, permet du reste 
de s'orienter au milieu de cette compilation un peu disparate, qui offre 
surtout aux folk-loristes des renseignements utiles et difficiles à rencon- 
trer ailleurs. 

Le second livre de M. Deseille, Glossaire du patois des Diatelots bou- 
lonnais, se compose de trois parties. Tout d'abord, l'auteur, prenant pour 
modèle le lOi'^ régiment de Jules Noriac, passe en revue, dans Y Équi- 
page du n" 101, les différents types que présente l'équipage d'un bateau : 
le matelot, le mousse, le patron, etc. Vient ensuite un deuxième cha- 
pitre consacré à la langue des matelots et intitulé Langage ed nos zens ; 
c'est un assez long glossaire, où les termes de marine, communs à 
toute la France, sont mêlés à des mots exclusivement boulonnais. Le 
livre se termine par le relevé des surnoms que les marins se donnent 
entre eux. C'est ici la partie fantaisiste de l'ouvrage, tandis que le glos- 
saire, comme toutes les œuvres de ce genre, est appelé à fournir aux 
linguistes de nouveaux matériaux de travail. 

Gaston Raynaud. 

Le Compte de recettes et dépenses du roi de Navarre en France et en 
Nonnandie de -1367 à 1370, publié par E. IzARt, avec une intro- 
duclioiî par Gustave-A. Prévost. Paris, Alph. Picard, ^885. In-8°, 
cxlvi-dOS p. 

L'importance du document dont nous devons la publication à M. Izarn 
et le commentaire à M. Prévost avait déjà été signalée par plusieurs 
historiens. Le travail dont il vient d'être l'objet justifiera les espérances 
qu'avait fait concevoir la citation de quelques articles. Il y aura una- 
nimité à reconnaître que c'est une mine inépuisable de renseignements 
sur les hommes, les institutions et les événements des premières années 
du règne de Charles V. 

Le compte est par lui-même fort instructif, et le fait seul d'en avoir 
donné une édition très exacte, avec une table détaillée, aurait suffi pour 
assurer la reconnaissance des amis de l'histoire à l'éditeur, M. Izarn, qui 
avait, d'ailleurs, fait ses preuves dans un excellent volume publié en 
1875 sous le titre modeste de Notice historique sur la commune de Saint- 
Germain-lès-Evrcux (Saint-Germain de Navarre). Le mérite en est encore 
relevé par l'introduction dont M. Gustave-A. Prévost l'a fait précéder- 
et dont l'objet est bien défini par les titres des huit chapitres qui la 
composent. 

I. Formation du comté d'Évreux. Le parfournissement de 1298. Pre- 
miers accroissements. Érection du comté d'Evreux en pairie. Comté de 
Mortain. Le traité de Mantes. Le traité de 1365. Les domaines saisis par 
le roi de France, ou engagés par Charles le Mauvais. Le chiffre de ses 
revenus. 



173 

II. Droits et prérogatives divers, leur extension abusive. Les vassaux 
Je Charles le Mauvais contraints de servir contre le rui de France. 
Revenus d'un haut seigneur d'après Brussel. Droits réservés par le roi. 
Conflits et compétitions. Le domaine et les aides. Les impositions géné- 
rales dans les apanages et spécialement dans le comté d'Evreux. 

III. Revenus ordinaires; ceux qui sont perrus directement et ceux 
qui sont affermés. Impositions établies par l'ordonnance de 1360; leur 
mode d'assiette et de perception d'après le compte de Climence et celui 
d'Yvon Huart. Aides et taillées, leur répartition et leur perception; les 
nobles paient les aides. Emprunts. Recettes diverses. Évaluation des 
recettes totales. 

IV. Organisation Qnancière. Vicomtes et receveurs. Le trésorier 
J. Climence. La Chambre des comptes. Comptabilité. Recettes fictives. 
Arrêts pour dépenses non payées. Délégations et assignations. Arrêté du 
compte de Climence. Nouvelle révision en 1379. Ruine du pays, de la 
noblesse, des comptables. État obéré des finances du roi de Navarre; il 
emprunte sur gages. 

V. Les variations des monnaies. Abandon de la monnaie de compte. 
Le franc d'or. Le cours volontaire des monnaies. Les diverses espèces 
monétaires. Le pouvoir relatif de l'argent. 

VI. Les chapitres des dépenses. Les dépenses personnelles de Charles 
le Mauvais, costumes, étoffes, armures. Le portrait de la cathédrale 
d'Évreux. Son sceau du secret. Son argenterie, transport de son argen- 
terie en Navarre. Les officiers de sa maison. Le Conseil d'ami de G. de 
Machault. 

VII. Les personnages contemporains. Du Guesclin, Chandos, etc. Les 
dons à héritage, à vie, à volonté. Les frères de (Charles le Mauvais. Le 
captai de Buch. Les lieutenants du Navarrais. Les capitaines. Les agents. 
Les conseillers. 

VIII. Les dépenses relatives à la guerre et aux gens de guerre. Solde 
des capitaines et gens d'armes. Prix des chevaux, de l'équipement. 
Approvisionnement et munitions des châteaux. 

M. Prévost a traité avec beaucoup de méthode et avec une véritable 
compétence toutes les questions indiquées dans les rubriques qui 
viennent d'être reproduites. Il n'a pas seulement résumé les données 
du compte dont il avait à s'occuper; il a encore judicieusement inter- 
rogé les autres documents contemporains. Ses observations complètent 
sur bien des points les célèbres mémoires que Secousse a jadis con- 
sacrés à l'histoire de Charles le Mauvais. 

En un mot, le volume que viennent de publier MM. Izarn et Prévost 
mérite d'occuper une des premières places parmi les livres à consulter 
sur les événements et les institutions du règne de Charles V. 

L. Delisle. 

13 



\7Ji 

Archives de Bretagne. Recueil cVactes, de chroniques et de documents 
historiques rares ou inédits, publié par la Société des bibliophiles 
bretons et de l'histoire de Bretagne. Tome II. Complot breton de 
M CCCC XCII. Nantes, Société des bibliophiles bretons, ^884. 
In-^", XLiv-^59 p. 

Go volume, œuvre de notre confrère M. de la Borderie, offre un puis- 
sant intérêt. Il est tout entier consacré à un épisode du règne de 
Charles VIU qui avait échappé aux historiens et qui méritait bien de 
sortir de l'oubli. II s'agit d'un complot qui avait pour but de placer la 
Bretagne sous la suzeraineté du roi d'Angleterre. Tous les détails de la 
conspiration sont aujourd'hui connus, non seulement par les documents 
qu'a réunis et publiés notre confrère, mais encore mieux par le récit 
animé dont il les a fait précéder. Les pièces les plus curieuses de la col- 
lection viennent d'une découverte faite par M. Jules Gauthier, aux 
archives du département du Doubs, dans les papiers de la maison de 
Ghalon. 

Le volume dont nous annonçons l'apparition est rempli de détails 
nouveaux et instructifs sur la réunion de la Bretagne à la couronne de 
France, sur les relations de la France et de l'Angleterre au temps de 
Charles VIII et de Henri VII, sur l'état de l'artillerie bretonne à la fin 
du XV* siècle. L. D. 

Notice sur la seigneurie et le château du Blanc-Buisson, par 
M. l'abbé Porei;. Gaen, 1884, A planches. — Un Historien nor- 
mand, Gabriel du Moulin, curé de Menncval, par M. l'abbé Porée. 
Caen, 1884. ln-H°. — Guillaume de la Tremblaye, sculpteur et 
architecte (< 644-1 71 5), par M. Tabbé Porée. Caen, 1884. ln-8°. — 
L'Hercule terrassant VMjdre de Lerne, du Puget, par M. l'abbé 
Porée. Bernay, -1884. In-8°. 

Ces travaux, dont les trois premiers ont paru dans V Annualité normand 
de 1884, dont le dernier est tiré des publications de la Société libre d'agri- 
culture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure, prouvent l'activité de 
M. l'abbé Porée et en même temps la variété des études auxquelles il 
se livre. 

Le château du Blanc-Buisson, situé sur la commune de Saint-Pierre 
du Mesnil, canton de Beaumesnil (Eure), ancienne demeure de la vieille 
famille normande des du Merle, tient à la fois de l'habitation féodale et 
de la ferme. Construit dans le dernier tiers du xvi^ siècle, il a pris la 
place d'une construction plus ancienne remontant au xiv^ siècle et a 
gardé la ceinture de fossés du vieux manoir. Dans la première partie, 
l'auteur raconte l'histoire de la seigneurie du Blanc-Buisson, des familles 
et des personnages qui l'ont successivement possédée ; la seconde est 



175 

consacrée à la description archéologique du château, singulièrement 
aidée par les trois planches en héliogravure et à l'eau-forte qui repré- 
sentent, sous ses différents aspects, l'état actuel des bâtiments. 

Dans un appendice sont réunis quatre aveux et hommages des anciens 
seigneurs, portant les dates de 1399, 1462, 1499 et 1538. 

Dans la notice sur Guillaume du Moulin, Tauteur cherche à recons- 
tituer la biographie du premier écrivain qui ait écrit en français une 
Histoire générale de la Normandie. Pour les dates de sa naissance et de 
sa mort, on en est encore réduit aux conjectures. L'abbé Porée place la 
première entre les années 1575 et 1580 et fixe approximativement la 
seconde à 1662. Toutes ses recherches pour obtenir des chiffres plus 
précis sont demeurées sans résultat. Les registres de la paroisse de 
Menneval, dont Guillaume du Moulin était curé dès 1618, ne remontent 
pas au delà de 1664. 

Guillaume de la Tremblaye, né à Bernay, probablement en 1644, fit 
profession, comme religieux convers, dan? la congrégation de Saint-Maur, 
en 1669. Il avait déjà donné des preuves de son talent de sculpteur quand il 
entra dans l'ordre des Bénédictins. Il travailla longtemps pour l'église 
abbatiale du Bec. Des statues exécutées par lui se trouvent aujourd'hui 
dispersées dans les églises de Bernay ou du voisinage. Il dirigea des 
travaux dans l'église Saint-Germain-des-Prés et donna les dessins de la 
façade orientale du monastère de Saint-Étienne à Caen. Guillaume de 
la Tremblaye mourut à Caen le 9 janvier 1715. 

La dernière brochure de l'abbé Porée relate l'histoire de la décou- 
verte d'une statue du Puget, l'Hercule terrassant l'hydre de Lerne, exé- 
cutée en 1659 pour le château de Vaudreuil, et retrouvée dans des 
terrains dépendant du château de la Lande. La part que M. l'abbé de 
la Balle a prise à cette découverte et celle de M. Gaston Lebreton, qui 
est parvenu à exhumer la tête de la statue et à faire entrer le tout au 
musée de Rouen, sont nettement exposées dans cette courte brochure, 
qui contient le récit d'un des événements artistiques les plus considé-' 
râbles <ie ces dernières années, événement auquel M. l'abbé Porée a pris 

une part très honorable. 

J. G. 



Ollo Mein'ardes. Formel-Sammlungen and Hamthilcher aus deu 
Bureaux der paepstlichen VenvoUuny des \y>. Jahrkunderts in 
Hannover. lExtrait du Neues Archiv der Gesdhcliufl fiir aeltere 
deutsche Geschichlskunde, tome X, 188^, 1" cahier, p. 3:j-79.) 

Les treize volumes décrits et analysés par M. Meinardus, après avoir 
appartenu dès la fin du xv^ siècle aux archives de l'archovêché de 
Brème, après avoir suivi dans leurs migrations les fonds qui compo- 
saient ce dèpôtj ont fait retour, il y a vingt ans environ, aux archives 



ne 

de Hanovre. Ils ont été composés à la chancellerie pontificale, par des 
fonctionnaires de cette chancellerie, à l'usage de divers services admi- 
nistratifs. 

La formation en remonte au w' siècle, à part quelques cahiers, qui 
datent du xiv«. Ce sont des formulaires, des manuels, des collections de 
lettres apostoliques destinées à servir de modèles et souvent accompa- 
gnées de notes. Ils ont dû être apportés à Brème, soit par Jean Rode, 
prévôt capitulaire de la cathédrale de Brème, mort en 1477, soit par 
Alherl Kock, prévôt du même chapitre, soit par un autre Jean Rode, 
successeur d'Albert Kock, mort en 1497. Le premier des deux Jean Rode, 
après avoir été Abbreviator du concile de Bàle, fut, sous Pie II, notaire 
et référendaire apostolique, correcteur des lettres pontificales et comme 
tel placé sous la protection immédiate du saint-siège, enfin protono- 
taire; il séjourna longtemps à la cour des papes et revint à Brème 
après 1460. Albert Kock fut doctor decretorum et auxiliaire du vice- 
chancelier Rodrigue Borgia, plus tard Alexandre VI. M. Meinardus 
pense que ces deux personnages ont pris part l'un et l'autre à la rédac- 
tion de ses registres. 

Les volumes, sous leurs reliures actuelles, sont enveloppés dans des 
lettres tombées en rebut de Martin Y, d'Eugène IV, de Nicolas V, de 
Pie II, ou dans des chartes émanées de commissaires apostoliques. Ils 
sont, à part quelques feuillets, tout entiers écrits sur papier. On lira, 
non sans intérêt, les descriptions parfois détaillées que leur consacre 
l'auteur de ce mémoire; je me borne à résumer ici ce qu'il dit des 
tomes I, II et VI, recueils de lettres apostoliques, destinées à servir 
d'exemples et classées par ordre de matières. Ces trois volumes ont dû 
être faits, au moins en partie, à l'aide de documents empruntés aux 
registres des papes, qu'on y trouve cités à divers endroits, et avec les- 
quels on doit se garder de les confondre ; il serait en effet impossible 
d'y trouver aucun ordre chronologique, et nulle part on n'y trouve de 
titres indiquant les noms des papes ou les années des pontificats. La 
première moitié du tome l^" (trois cahiers de 16 feuillets) renferme des 
documents auxquels M. Meinardus assigne les dates extrêmes de 1359 
et 1376. 

Les tomes II et VI sont également des recueils de modèles pour ditTé- 
rentes sortes de lettres ; ils intéressent le xv* siècle, et sans doute ils 
ont été composés sous Martin V et Eugène IV. 

Les extraits assez nombreux que donne M. Meinardus sont presque 
tous relatifs à l'Allemagne. On en trouvera pourtant qui montreront 
combien les registres de Brème sont précieux pour l'histoire de l'admi- 
nistration et de la chancellerie pontificales. Je me borne à citer en 
passant un « Ordo prelatorum curie Romane » (p. 49), deux listes des 
taxes perçues par la chancellerie pour l'expédition des actes (p. 66, 72 
et 73), une série de citations, des plus intéressantes, concernant les dis- 



177 

eussions auxquelles donnait lieu, dans les bureaux de la chancellerie, 
la rédaction des pièces (p. 69 à 71). Évidemment l'histoire de France 
aurait quelque chose à gagner au dépouillement de ces registres; si l'on 
s'en rapporte aux chiiVres donnés par M. Meinardus, les lettres intéres- 
sant l'Empire ou relatives à des Allemands n'en occupent qu'une assez 
faible partie, et les notes suivantes, qu'il a extraites du tome VI, 
prouvent que des lettres où il était question de la France ont dû être à 
bien des endroits introduites dans cette compilation : 

« Martinus Y mandat omnibus opiscopis et personis ecclesiasticis ut 
citatum ad Homanam curiam Johannem comitem de Armenaci {sic), 
socium Pétri de Luna, de cujus oppositione varia narrât, in veniendo ad 
curiam nullam inférant injuriam » (p. 53). 

« Quod scolares, etc., studii Andegavensis non teneantur promoveri 
ratione parrochialium ecclesiarum ad diaconatus et presbyteratus 
ordines » (p. 55). 

« Item in eadem quod presbyteri possint audire et légère loges. » 

« Legatus deputatur ad concordandum ad regnum F'rancie. » 

Mentionnons en finissant la subdivision du même volume qui est 
intitulée « Cruciata » et des articles relatifs à l'Alsace : 

« Mandatum ad sedandas dissensiones inter Wiliolinum electum 
Argentinensem et proconsules oppidi. Datum Constantie » (p. 56). 

L'auteur, parlant (p. 4'0 d'une lettre de Martin V dans laquelle est 
enveloppé le premier volume, observe que le texte de cette pièce et la 
date ne sont pas de la même main. Il va sans dire que ce fait ne sau- 
rait avoir provoqué la mise au rebut d'une lettre apostolique; on sait 
qu'il est très fréquent au xv« siècle et au xiv^ . 

Elle Berger. 



LIVRES NOUVEAUX. 



SOMMAIRE DES MATIÈRES. 

Sciences auxiliaires. — Épigraphie, 37. — Paléographie, 63. — 
Bibliographie, 69; manuscrits, 2, 8, 30, 50, 51, 63, 82. 

Sources. — Chroniques, 27, 98. — Mémoires, 60. — Archives, 35, 
94. — Recueils de documents, 3, 23, 32, 48, 78, 85, 86, 102. 

Biographie et généalooie, 1, 47, 72, 88, 92, 102. — Arnaud, 4; 



178 

Becket, 28 ; Cornillc, Gornulicr, 4'i ; Dinlcvillc, 11 ; Gondovald, 13 ; Gra- 
denigo, 24 ; Honorius III, 86 ; Hugues, marquis de Toscane, 87 ; Jeanne 
d'Arc, 95 ; Jeanne de Bretagne, 97 ; La Marche, 60 ; Legouais, 77 ; 
Lellis, 41 ; Louis XI, 75; Lusignan, 76; saint Malo, 101 ; Montbéliard, 
102 ; Robert de Cassel, 97 ; Spiiinbergo, 98. 

Géographie, topographie, 33, 67, 96. 

Droit, 17, 21, 40, 84, 99. 

Institutions, 10, 18, 43, 53, 54, 61, 73. 

Religions. — Bible, 83. — Catholicisme : liturgie, 8 ; papauté, 86 ; 
diocèses, 1, 33, 52, 66; églises, 6, 100; ordres, 41 ; monastères, 30, 34, 
39, 64, 65, 68, 78, 85, 100. 

Archéologie, 15, 25, 31, 55. — Architecture, 71 ; édifices religieux, 
5, 36-39, 45, 57, 65, 81 ; sépultures, 5, 36, 37, 42, 43, 45, 49. — Sculp- 
ture, 88. — Peinture, 16, 57, 63, 72, 73. — Mobilier, 7, 39. — Blason, 
1, 44. — Sphragistique, 1, 93. — Numismatique, 49. — Musique, 8, 
22, 62. 

Langues et littératures. — Latin, 30, 50, 51, 77, 101. — Français, 
26, 77, 83. 

SOMMAIRE GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne. — Alsace-Lorraine, 83. 

Belgique, 6, 59, 79, 97. 

France, 40, .53, 67, 75, 89. — Bretagne, 3, 34, 44; Flandre, 18, 97; 
Picardie, 55. — Ain, 78 ; Basses-Alpes, 4 ; Ardennes, 94 ; Ariège, 20 ; 
Aube, .52, 68 ; Bouches-du-Rhône, 1 ; Côte-d'Or, 5, 11, 16 ; Doubs, 102; 
Eure-et-Loir, 52; Haute-Garonne, 21, 38, 84; Ille-et-Vilaine, 101; Loir- 
et-Cher, 19, 54; Loire-Inférieure, 57; Loiret, 12, 52, 96; Lozère, 29 
Meurthe-et-Moselle, 66 ; Meuse, 45 ; Nord, 18, 51 ; Oise, 70 ; Orne, 56 
Pas-de-Calais, 31; Puy-de-Dôme, 48; Haut-Rhin, 102; Rhône, 88 
Haute-Saône, 30, 100; Saône-et-Loire, 85; Sarthe, 35, 58; Savoie, 15, 
69, 81; Haute-Savoie, 81; Seine, 36, 50; Seine-et-Marne, 9; Seine-et- 
Oise, 39, 47; Soine-Inférieure, 32, 49, 91, 99; Deux-Sèvres, 33, 64; 
Somme, 65, 91; Tarn-et-Garonne, 42; Vaucluse, 8, 37; Yonne, 52, 74. 

Grande-Bretagne, 80. 

Italie, 69, 71, 82. — Italie centrale, 2, 23, 86, 90 ; Lombardie, 10, 14 ; 
Sicile, 17, 46; Toscane, 87; Vénétie, 24, 27, 73. 

Suisse, 81, 92. 

Orient, 76, 87, 93. 

1. Albanès (l'abbé J.-IT.). Armoriai et Sigillographie des évêques de 



«70 

Marseille, avec des notices histori({ues sur chacun do ces prélats. Mar- 
seille, impr. Olive. Gr. in-i°, xv-204 p. avec fig. 

2. Antonelli (Giuscppe). Catalogo de' manoscritti délia civica biblid- 
teca di Ferrara. Ferrara, tip. A. Taddei. Gr. in-S», 311 p. 

3. Archives de Bretagne, recueil d'actes, de chroniques et de docu- 
ments historiques rares ou inédits, publié par la Société des bibliophiles 
bretons et de l'histoire de Bretagne. Tome II. Complot breton de 1492. 
Documents inédits Nantes, la Société. In-4o, xliv-167 p. 

4. Arnaud (Camille). Œuvres posthumes. Histoire d'une famille pro- 
vençale depuis le milieu du xiv« siècle jusqu'en 18S3. Recherches et 
documents sur la famille Arnaud, de Forcalquier. Tome II. Marseille, 
Camoin. In-S", 380 p. 

5. AuBERTiN (Charles). Les Sépultures de l'église des Minimes à Beaune. 
Beaune, impr. Batault. In-8», 15 p. Extrait des Mémoires de la Société 
d'Instoirc, elc., de Beaune, 1883. 

6. Barbier (l'abbé Victor). Le Chapitre noble de Moustier-sur-Sambre. 
Namur, v J. Douxfils. In-S», 198 p. 2 fr. 15 c. 

7. Barbier de Montault (X.). Un Reliquaire du xv^ siècle. Tours, 
impr. Bousrez. In-8°, 12 p., 1 fig. Extrait du Bulletin monumental, 1884. 

8. Bavle (Gustave). Étude historique, littéraire et musicale sur un 
recueil manuscrit des anciens noëls de Notre-Dame-dcs-Doms. Avignon, 
Aubanel; Paris, Oudin. In-8o, 64 p. 

9. Benoist (L.), Adrien. Notice historique et statistique sur Jaigncs, 
canton de Lizy-sur-Ourcq. Meaux, impr. Destouches. In-8'', 63 p. 
Extrait du Bulletin de la Société d'archéologie, etc., de Seine-et-Marne. 

10. BiFFi (S.). SuUe antiche carceri di Milanoe dclducato milanesee 
sui sodalizii chc vi assistevano 1 prigionieri ed i condannati a morte. 
Studii. Milano, tip. Bernardoni di C. Rebeschini. In-8'', 376 p. 10 I. 

11. BiGARNE (Charles). Notice sur Jacques de Dintcville, capitaine du 
château de Beaune. Beaune, impr. Batault. In-8'', 16 p. Extrait des 
Mémoires de la Société d'histoire, etc., de Beaune, 1883. 

12. Bimbenet (Eugène). Histoire de la ville d'Orléans. Orléans, Her- 
luison. In-8°, xvii-353 p. 

13. Bl.\ncard (Louis). La Question Gondovald. Essai critique sur les 
mémoires de M. Deloche et M. Ch. Robert, membres de l'Institut, rela- 
tifs à cette question. Marseille, impr. Barlatier-Foissat. In-8*, 34 p. 

14. Bonfadini (R.). Milano ne' suoi momenti storici. Seconda série. 
Milano, Trêves. In-16. 4 1. 

15. Borrel (E.-L.). Les Monuments anciens de laTarentaise (Savoie). 
Paris, Ducher. Gr. in-4°, 338 p., 05 pi. 50 fr. 

16. BoLDROT (l'abbé J.-B.). Le Triptyque d'Auxey. Beaune, impr. 



Batault. In-8o, 8 p. Extrait des Mémoires de la Sociélc cVhistoirc, etc., de 
IJeaune, 1883. 

17. Brandileone (Fr.). Il Diritto romano ncUe leggi normanne e sveve 
del regno di Sicilia. Studio. Con introduzionc di Bartolomeo Gapasso e 
col teste deile assise normanne, ecc. Torino, Loescher, In-8*, xxxvi- 
138 p. Nuova Gollezione di opère giuridiche, n. 21. 4 1. 

18. Brassart (Félix). La Féodalité dans le nord delà France. Bans et 
arrière-bans dans la Flandre wallonne sous Charles le Téméraire et 
Maximilien d'Autriche, publiés avec une table des noms de famille et 
de seigneurie. Douai, Grépin. In-8°, 78 p. Extrait des Souvenirs de la 
Flandre ivallonne, 2<= série, t. IV. 4 fr. 

19. Brethon (Gélestin). Notes historiques sur Saint- Georges-sur - 
Gher. Tours, impr. Arrault. In-8% 84 p. 

20. Gau-Durban (l'abbé), Pasquier. Une ancienne Confrérie rurale dans 
le Gouserans. Publication d'un texte inédit avec introduction et notes. 
Foix, ye Pomiès. In-8'', 12 p. Extrait du Bulletin de la Société ariégeoise 
des sciences, etc. 

21. Chartes de coutumes inédites de la Gascogne toulousaine. Docu- 
ments publiés pour la Société historique de Gascogne par Edmond 
Gabié. Paris, Champion. In-8°, 160 p. Archives historiques de la Gas- 
cogne, fasc. 5. 

22. Clément (Félix). Histoire de la musique depuis les temps anciens 
jusqu'à nos jours. Paris, Hachette. Gr. in-8% vi-823 p., 359 fig., 68 por- 
traits, fac-similés, etc. 15 fr. 

23. Gollezione di documenti storici antichi inediti ed editi rari délie 
città e terre marchigiane, eseguita da una Société di studiosi ed eruditi 
per cura di G. Giavarini. Tomo V, contenente : Carte diplomatiche 
jesine, trascritte ed annotate da A. Gianandre, vol. I. Ancona, tip. N. 
Mengarelli, 1884. In-8'', xliv-355 p. 

24. Gommissione del doge di Venezia Pier Gradenigo al castellano di 
Belforte, data tra l'anno 1289 ed il 1311. Udine, tip. del Patronato. 
In-4% 18 p. Per nozze Rizzi-Quarantotto. 

25. Congrès archéologique de France. 50« session. Séances générales 
tenues à Gaen en 1883 par la Société française d'archéologie pour la. 
conservation et la description des monuments. Paris, Champion. In-S", 
xLvn-561 p. 

26. GoNSTANs (L.). Ghrestomathie de l'ancien français (ix«-xve siècles) 
à l'usage dos classes, précédée d'un tableau sommaire de la littérature 
française au moyen âge et suivie d'un glossaire étymologitjue détaillé. 
Paris, Vieweg. In-8% xlviii-376 p. 

27. Gronaca dal 1227 al 1524 (di autore vicentino ignoto), ad memo- 
riani praetcriti temporis, praesentis alque piiluri, pubblicata per le nozzo 



Malvezzi-Chiclin, o traita dalla miscellauea manoscritta di documcnti 
compiliita dal P. Gaetano Maccà. Vicenza, tip. Pavoni. In-8'', 110 \>. 

28. Darsy. Recherches sur la nationalité et la famille de saint Tho- 
mas de Canlorhéry. Amiens, impr. Douillet. In-8% 37 p. Extrait des 
Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, t. XXVIII. 

29. Daudé (le D"" J.). En Gévaudan. Recherches haye de Saint-Sulpice en Bugey, suivi de 
documents inédits pour servir à l'histoire du diocèse de Belley, par 
M. G. Guigue. Lyon, Mougin-Rusand. In-8'', ix-198 p. 

79. PiRARD (Jules), prêtre liégeois. Quelques Notes historiques sur 
l'ancienne Belgique depuis vingt siècles. Seconde édition. Liège, l'au- 
teur. In-16, 156 p. 

80. Pleas of Ihc Crown lor tlic county of Gloucester before the abbot 
of Readingand liis f'ellow justices itinérant in the fifth year of the reign 



of king lloury tlie Third aucl Iho year of grâce iiti. Editeil by F. \\ . 
Maitland. London, Macmillan, 1884. la-8", lii-155 p. 7 s. 6 d. 

81. PoNOET (l'abbe P. -F.). Étude historique et artistique sur les 
ancieunes églises de la Savoie et des rives du lac Léman. Annecy, 
impr. Niérat. In-8°, 98 p. Extrait des Mémoires et Documents publiés par 
l'Académie salCsienne, t. VII. 

82. PoRRO (Giulio). Gatalogo dei codici mauoscritti délia Trivulziana. 
Toriao, Bocca, ISb'^. In-8°, xvi-582 p. Biblioteca storica italiana, pub- 
blicata per cura délia R. Deputazione di storia patria. 16 1. 

83. Psautier (le) de Metz. Texte du xiv« siècle. Édition critique, 
publiée d'après quatre manuscrits par François Bonnardot. Tome I. 
Texte intégral. Paris, Vieweg. In-S", 470 p. Bibliothèque du moyen âge. 

84. Recueil de textes pour servir à l'enseignement de l'histoire du 
droit. Coutumes de Toulouse, publiées, d'après les manuscrits 9187 et 
9993 fonds latin de la Bibliothèque nationale, par Ad. Tardif. Paris, 
Alphonse Picard, 1884. In-8o, xxvi-92 p. 

85. Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny, formé par Auguste 
Bernard, complété, revisé et publié par Alexandre Bruel. Tome 111 
(987-1027). Paris, imprimerie nationale. In-4'', 828 p. Collection de 
documents inédits sur l'histoire de France. 

86. Regesti (i) del pontehce Onorio 111 dall' anno 1216 ail' anno 1227, 
compilati sui codici dell' archivio vaticano od altri fonti storiche per l'ab. 
Pictro Pressutti. Vol. 1. Roma, tip. A. Befani, 1884. In-S», lxxv-385 p. 

87. Riant. La Donation de Hugues, marquis de Toscane, au saint 
sépulcre, et les établissements latins de Jérusalem au x« siècle. Paris, 
imprimerie nationale. In-4'', 49 p. Extrait des Mémoires de V Académie 
des inscriptions et belles-lettres, t. XXXI, 2"^ partie. 

88. RoNDOT (Natalis). Les Sculpteurs de Lyon du xivcau xvni" siècle. 
Paris, Gharavay. Gr. in-8°, 79 p. Extrait de la Hevue hjonnaise, mars, 
avril et mai 1884. 

89. RoY (Jules). L'An mille. Formation de la légende de l'an mille. 
État de la î^rance de l'an 950 à l'an 1050. Paris, Hachette, ln-18, 357 p., 
36 grav. Bibliothèque des merveilles. 2 fr. 25 c. 

90. Sansi (A.). Storia di Spoleto dal secolo xii al xvii, seguita da 
alcune memorie dei tempi posteriori. Parte H. Foligno, tip. Sgariglia. 
In-16, 321 p. Accademia spoletina, anno 1884 : studii storici. 

91. Sauvage i l'abbé). La Question d'Augusta (deuxième article). 
Amiens, impr. Delattre-Lenoel. ln-8°, 16 p. 

92. Schauenberg-Ott (G.). Der Stammregister der gegenwiirtigen und 
in diesem Jahrhundert ausgestorbenen biirgerl. Geschlechter der Stadt 
ZoBngen seit deren Aufnahme in das Bùrgerrecht nebst einem Ver- 



186 

zeichniss sàmmtlicher Geschlechter seit. 1200 und Notizen ùber Zofin- 
gen in xix. Jahrhundert. Zofingen, Schauenberg-Ott. In-H», 605 p. 15 fr. 

93. ScHLUMBERGEK (Gustave). Sigillographie de l'empire byzantin. 
Paris, Leroux. In-4% vii-749 p., 1100 dessins par Dardel. 100 fr. 

94. Sénemaud (Éd.). Inventaire sommaire des archives communales 
de la ville de Mézières antérieures à 1790. Mézières, impr. Lelaurin. 
Gr. in-4", 93 p. 

95. Sepet (Marins). Jeanne d'Arc. Tours, Marne, 1885. Gr. in-8% ix- 
563 p., 30 grav. hors texte. 

96. Simon (Gabriel). Recherches sur le nom de Coraeranum et sur 
l'attribution de ce nom à Boiscommun. Orléans, Herluison. In-8°, 16 p. 
Extrait des A7i?iales de la Société historique et archéologique du Gâtinais. 

97. Smyttere (le D'' P.-J.-E. de). Robert de Cassel et Jehanne de 
Bretagne sa femme (xiv^ siècle). Hazebrouck, impr. David. In-8o, xxv- 
330 p. 

98. Spilimbergo (Roberto de' signori di). Gronaca de' suoi tempi dal 
1499 à 1540. Udine, tip. Patronato. In-8«, 38 p. Per nozze Serravallo- 
de Goncina. 

99. TiEucLiER (Guillaume). Le Coustumier de la vicomte de Dieppe. 
Publié pour la première fois, in-extenso, avec introduction et notes, par 
Emmanuel Coppinger. Dieppe, impr. Leprêtre. In-8% Lvn-100 p. 

100. Vannier (l'abbé). Histoire du prieuré de Saint-Nicolas-de-Mar- 
teroy de Vesoul, de l'église de Saint-Georges de Vesoul et de l'insigne 
chapitre de Notre-Dame de Calmoutier. Vesoul, impr. Varigault. 
In-8% 305 p. 4 fr. 

101. Vie inédite de saint Malo, écrite au ix^ siècle par Bili, évéque 
de Vannes et martyr, publiée avec notes et prolégomènes par le R. P. 
Fr. Plaine. Suivie de : Autre vie de saint Malo, écrite au ix^ siècle par 
un anonyme, publiée avec notes et observations par Arthur de la Bor- 
derie. Rennes, Plihon. In-8% 181 p. 

102. ViELLAHD (Léon). Documents et Mémoires pour servir à l'histoire 
du territoire, de Belfort (Haut- Rhin français). 1" Introduction. 2° 
Mémoire sur l'origine des comtes de Montbéliard. 30 Tableau généalo- 
gique. 4" Recueil de documents antérieurs à l'an 1251. Besançon, Jac- 
quin. Gr. in-8°, xi-548 p. 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 



Le rapport suivant sur les thèses de l'École des chartes, soutenues au 
mois de janvier 1885, a été adressé au ministre de l'instruction publique 
par M. le président du conseil de perfectionnement : 

Monsieur le ministre, 

Cette année encore, l'épreuve des thèses a donné à l'École des chartes des 
résultats très satisfaisants, qui témoignent à la fois de la bonne direction 
donnée à toutes les parties de l'enseignement et de l'ardeur avec laquelle 
la plupart des candidats se préparent à entrer dans la carrière de l'éru- 
dition historique. Ces résultats justifient la tendance du conseil de per- 
fectionnement et du corps des professeurs à attacher à l'examen et à la 
discussion des thèses une importance de plus en plus grande. Ils l'au- 
torisent aussi à se montrer de plus en plus difficile pour des travaux 
dont la composition permet d'apprécier la valeur et les aptitudes spé- 
ciales des futurs archivistes paléographes. 

Dans la dernière session, qui a eu lieu le 26, le 27 et le 28 jan- 
vier 1885, le conseil s'est trouvé en présence de vingt thèses, dont les 
positions ou le sommaire remplissent une brochure de 166 pages; il en 
a accepté quinze, dont cinq lui ont paru mériter les honneurs d'une 
mention tout à fait particulière. 

Les deux premières thèses sont des morceaux de genres très diffé- 
rents, mais de mérite égal, dont l'École a le droit d'être fière. 

L'une a pour auteur M. Ch.-V. Langlois, qui, tout en suivant régu- 
lièrement les cours de l'École, a réussi à conquérir le diplôme de licencié 
en droit et la première place au récent concours d'agrégation d'histoire. 
M. Langlois a voulu faire connaître en détail le règne de Philippe le 
Hardi. L'étude qu'il nous a soumise nous fait espérer la prochaine 
publication d'un livre fondamental pour l'histoire du gouvernement 
royal et des institutions administratives du xni' siècle. L'auteur en a 
déjà rassemblé et dégrossi les matériaux essentiels ; il en a arrêté le 
plan et traité certaines parties avec une véritable originalité. Sans avoir 
la prétention de donner un grand relief à la figure un peu effacée de 
Philippe le Hardi, il nous montre, par de fines analyses, comment le 
règne de ce prince a été à la fois la continuation du règne de saint Louis 
et la préparation du règne de Philippe le Bel. 



^88 

La ihèse de M. Eugène Leievre-Pontalis, que le conseil a placée sur 
la même ligne que celle de M. Langlois, appartient à l'archéologie. Elle 
a pour sujet l'architecture religieuse dans l'ancien diocèse de Boissons 
au xi8 et au xrt'' siècle. Nous avons été étonnés qu'un jeune homme 
ait pu, pendant son séjour à l'Ecole, examiner en détail tant de monu- 
ments , se mettre au courant des moindres travaux publiés sur la 
matière, résumer sous une forme claire des observations aussi minu- 
tieuses et aussi compliquées, aborder avec assurance et succès des pro- 
blèmes fort délicats, et exécuter soigneusement et à grande échelle des 
planches qu'un habile architecte ne désavouerait pas. M. Eugène 
Lefèvre-Pontalis sera l'un des meilleurs élèves de l'école archéologique 
qu'a fondée notre regretté directeur Jules Quicherat et à laquelle un 
brillant avenir est réservé. 

M, Léon Le Grand a choisi un sujet plus modeste que les deux con- 
currents dont il vient d'être question. Il a écrit l'histoire des Quinze- 
Vingts de Paris, depuis la fondation jusqu'au milieu du xvi<^ siècle. La 
matière n'était pas très étendue; mais l'auteur en a tiré un excellent 
parti : il a poursuivi ses recherches avec méthode et sagacité ; il a pré- 
senté avec beaucoup d'ordre et d'habileté les renseignements très nom- 
breux et très variés qu'il avait recueillis de différents côtés, et notam- 
ment dans les anciens comptes; on a particulièrement loué le soin 
minutieux qu'il a mis à justifier par des textes les moindres parties de 
son exposition. 

Les mêmes qualités ont été signalées dans la thèse de M. Goville, 
qui a, comme M. Langlois, subi avec succès les épreuves de l'agrégation 
d'histoire. M. Goville a étudié les états de Normandie au xiv^ siècle. Il 
n'a guère éclairci la question, peut-être insoluble, des origines de cette 
institution; mais il a exactement rassemblé, nettement classé et judi- 
cieusement interprété tous les faits par lesquels nous la voyons se 
manifester jusqu'au règne de Charles VI. Gette étude, qui n'est pas 
encore terminée, repose en grande partie sur des documents inédits ; 
elle s'ajoutera à la série, déjà considérable, des travaux qui, dans ces 
vingt dernières années, ont renouvelé l'histoire de la guerre de cent 
ans. 

La thèse de M. Henri Stein, intitulée Étude biographique, littéraire et 
bibliographique sur Olivier de la Marche, nous transporte au xv^ siècle, 
à la cour des ducs de Bourgogne. Elle nous révèle beaucoup de parti- 
cularités intéressantes, en jetant une nouvelle lumière sur le rôle d'un 
personnage dont beaucoup d'auteurs ont parlé, mais dont la vie était 
loin cependant d'être parfaitement connue. M. Stein a fait de véritables 
trouvailles pour la biographie d'Olivier de la Marche, il a judicieuse- 
ment apprécié les œuvres de cet écrivain, et il en a signalé les manus- 
crits et les éditions en bibliographe exercé. 

Nous passons en Lorraine avec M. Duvernay, dont la thèse sur les 



I S!> 

corporations ouvrières de cette province au xw^ et au w" siècle est 
bien conçue, bien distribuée et bien écrite. Les conclusions en sont 
peut-être un peu vagues, et l'auteur s'est peut-être trop exclusivement 
renfermé dans l'étude des statuts, sans rechercher quelle en fut l'appli- 
cation et sans vérifier comment ils furent mis en pratique; mais il faut 
lui savoir gré d'avoir bien compris les documents qu'il a rassemblés, 
d'en avoir dégagé la substance historique et d'avoir fait ressortir les 
caractères propres aux corporations de la Lorraine et du Barrois. 

La thèse de M. Iluet est un bon chapitre de notre histoire littéraire. 
Elle a trait aux chansons de Gasse Brûlé, dont nous pouvons espérer 
posséder bientôt une excellente édition. Les conclusions auxquelles est 
arrivé M. Huet paraissent s'imposer à la critique. Le degré d'authenti- 
cité de chacune des pièces qui forment r(euvre de Gasse Brûlé est dis- 
cuté avec sagacité et fixé à l'aide d'arguments très variés. La méthode 
adoptée pour l'établissement du texte a reçu l'approbation des juges 
compétents. 

La place que l'amiral Louis Malet de Graville tient dans l'histoire des 
règnes de Louis XI, Charles VIII et Louis XII suffit pour expliquer 
l'étendue des recherches que M. Perret a entreprises et souvent menées 
à bonne fin sur la vie de ce personnage. Les pièces qu'il a réunies sont 
exactement copiées et les analyses dont il les a fait précéder en rendent 
l'usage très facile. Les récits qu'il en a tirés devront être repris en sous- 
œuvre, si l'auteur veut nous bien faire connaître et comprendre la vie 
publique et la vie privée de l'amiral de Graville. 

Des observations du même genre ont été faites à l'occasion de la 
biographie de Louis de Luxembourg, comte de Saint-Paul, connétable 
de France, qui forme la thèse de M. Gagé. L'auteur s'est procuré un 
assez grand nombre de documents d'un réel intérêt, dont les historiens 
n'avaient pas encore tiré parti ; il les a convenablement combinés avec 
les notions (jui étaient déjà entrées dans le domaine public. Le tout a 
été groupé en bon ordre, mais avec trop peu d'art pour que le lecteur 
se rende aisément compte du rôle historique du connétable de Luxem- 
bourg. 

L'étude de M. Auvray sur la vie et la correspondance de Fulbert, 
évêquc de Chartres, est un travail consciencieux, dont les éléments ont 
été patiemment recueiUis et dont la composition ne manque pas de 
mérite. Il aurait suffi d'y mettre un peu plus d'animation pour que la 
lecture en fût vraiment intéressante. L'auteur a rendu un compte 
exact et diligent de tout ce qu'il a vu et n'a rien négligé de ce qui lui 
était accessible. 

M. Funck-Brentano, en voulant traiter à fond la politique extérieure 
de Philippe le Bel, a fait preuve d'une grande curiosité et d'un très 
louable empressement à examiner sous toutes les faces plusieurs des 
questions les plus difficiles de l'histoire de l'Europe au xni' et au xiv« 

U 



<90 

siècle. Il a été le premier à reconnaître qu'il avait embrassé un sujet 
beaucoup trop vaste, et c'est à peine s'il a pu en esquisser plusieurs 
chapitres, dans lesquels les examinateurs ont signalé des défauts qu'une 
révision méticuleuse fera disparaître et des qualités qu'il sera facile de 
développer. Dès maintenant le travail de M. Funck-Brentano contient 
beaucoup d'informations nouvelles, notamment sur les rapports de la 
France et de l'Angleterre ; on y trouve plusieurs rectifications qu'on ne 
saurait hésiter à admettre. 

M. Dunoyer de Segouzac ne s'est pas exposé au reproche d'avoir 
abordé un sujet trop vaste. Il s'est uniquement occupé de la manière 
dont la rançon du roi Jean fut ou dut être payée, aux termes du traité 
de Brétigny, sans même tenir compte des événements qui avaient pré- 
cédé et amené la conclusion du traité. II aurait encore pu, même sans 
élargir son cadre, puiser à des sources qu'il ne paraît pas avoir connues. 
On doit l'encourager à poursuivre des recherches dont les résultats 
déjà acquis sont loin d'être à dédaigner. Sur plus d'un point, M. Du- 
noyer de Segon^ac a rectifié des détails répétés par les historiens 
modernes les plus autorisés. 

M. Alaus, qui a concentré, avec une assiduité exemplaire, ses efforts 
sur l'un des plus célèbres cartulaires du midi, celui de l'abbaye de Gel- 
lone, ne s'est pas encore approprié toutes les richesses que renferme 
une mine aussi précieuse. Il lui reste notamment à revoir attentivement 
le texte, surtout pour les parties romanes. Il n'a pas suffisamment déter- 
miné dans quelles conditions ont été conservées ou restituées les chartes et 
les notices antérieures à l'incendie qui détruisit les archives du monas- 
tère au milieu du xi*^ siècle. Il devra aussi s'aider des témoignages con- 
temporains que lui fournissent d'autres documents appartenant à la 
même région. C'est du reste la voie qu'il a suivie quand il a discuté 
une question de géographie historique, celle de l'emplacement à'Arisi- 
tum, qui a donné lieu à tant de controverses et sur laquelle on ne 
pourra pas revenir sans prendre en considération les observations de 
M. Alaus. 

Dans la thèse de M. Barroux sur Jacques de Vitry, nous avons des 
matériaux laborieusement amassés, mais très imparfaitement mis en 
œuvre. L'analyse que l'auteur a faite des Sermons et des Exemples de 
Jacques de "Vitry abonde en traits curieux pour l'histoire des mœurs; • 
mais M. Barroux s'est trop exclusivement borné à lire les œuvres de 
l'écrivain qu'il étudiait. Une part plus large aurait dû être réservée à la 
comparaison et à la discussion. 

La dernière thèse à mentionner est celle de M. Camille Martin sur 
Robert I*^"" de Sarrebruck, damoiseau de Commercy. Les éléments en 
ont été recueillis à la Bibliothèque nationale dans la collection de Lor- 
raine, à Bar -le -Duc dans les archives de l'ancienne chambre des 
comptes, et à Nancy au trésor des chartes des ducs de Lorraine. Mai- 



^9^ 

gré l'étendue des recherches effectuées, la matière est loin d'avoir été 
épuisée, et M. Camille Martin devra remanier son essai de fond en 
comble pour nous donner un portrait définitif d'un homme iort peu 
sympathique, mais qui peut fournir le sujet d'une bonne thèse, parce que 
son nom est mêlé à l'histoire de beaucoup d'événements du xv siècle. 

Telles sont, monsieur le ministre, les quinze thèses que le jury 
d'examen a cru devoir accepter, et dont la plupart pourront être plus 
ou moins prochainement publiées avec honneur pour l'École des 
chartes et profit pour les études historiques. 

En tenant compte du mérite de ces thèses et du résultat des examens 
subis dans le cours de l'année dernière, le conseil de perfectionnement 
m'a chargé, monsieur le ministre, de vous présenter dans l'ordre sui- 
vant les élèves qu'il a jugés dignes de recevoir le diplôme d'archiviste 
paléographe... 

— Conformément aux propositions jointes au précédent rapport, le 
diplôme d'archiviste paléographe a été conféré, par arrêté du 25 fé- 
vrier 1885, aux anciens élèves de l'École des chartes dont les noms 
suivent : 

lo Liste par ordre de mérite (candidats de la promotion 1885) : 

MM. 
i. L.oGLOis (Charles -Victor), né à Rouen (Seine -Inférieure), le 
26 mai 1863. 

2. Le Grand (Léon-Frédéric), né à Saint-Pierre-lez-Nemours (Seine- 
et-Marne), le 5 juillet 1861. 

3. AuvRAY (Louis-Henri-Lucien), né à Orléans (Loiret), le 28 février 
1860. 

4. Lefèvre-Po.ntalis (Eugène- Amédée), né à Paris, le 12 février 1862. 

5. FuNCK - Bbentano (Jacques -Chrétien- François -Seraphicus), né à 
Munsbach, commune de Schultrange, canton do Luxembourg, grand- 
duché de Luxembourg, le 15 juin 1862. (M. Funck-Brentanu est fils de 
parents naturalisés français.) 

6. DuNOYER de Sego.nzac (Jacques- Joseph -François -Gaston) , né à 
Carennac (Lot), le 31 décembre 1863. 

7. DuvERNOv (Émile-Eugène), né à Nancy (Meurthe), le 25 juillet 1861. 

8. Perret (Paul-Michel), né à Lyon (Rhône), le 24 juin 1861. 

9. Stein (Frédéric-Alexandre-Henri), né à Pierry (Marne), le 28 fé- 
vrier 1862. 

10. Barroux (Léon-Marius) , né à Paris, le 10 décembre 1862. 

2» Liste par ordre alphabétique (candidats des promotions antérieures 
non classés) : 

MM. 

Al.\us (Marie -Joseph -Etienne -Barthélémy -Paul) , né à Montpellier 
(Hérault), le 27 juin 18G0. 



192 

Caok (Charles-Léouco-Gaston), né à Lucheux (Somnip) , le 1ô jan- 
vier 1862. 

GoviLLE (Alexandre-Alfred), né à Versailles (Seine-et-Oise), le \ \ août 
1860. 

HuET (Gédéon), né à Ilaarlem (Pays-Bays), le 31 mai 1860. (M. Huet, 
entré à l'École à titre d'élève étranger, a lors de sa majorité réclamé la 
nationalité française comme descendant de réfugiés français.) 

Martin (Camille), né à Bruz (Ille-et- Vilaine), le 11 mai 1860. 

— Par décret du 9 janvier 1885, notre confrère M. de Mas Latrie, 
professeur de diplomatique à l'École des chartes, a été admis, sur sa 
demande et pour cause d'ancienneté d'âge et de service, à faire valoir 
ses droits à une pension de retraite à partir du \" janvier 1885. Il 
a été nommé professeur honoraire de ladite École. 

Par décret du 27 mars 1885, rendu sur la proposition du ministre 
de l'instruction publique et des beaux-arts, conformément aux présen- 
tations faites par le conseil de perfectionnement et les professeurs de 
l'École des chartes et par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 
notre confrère M. Giry a été nommé professeur de diplomatique à 
l'École des chartes, en remplacement de M. de Mas Latrie. 

— Par arrêté du 26 décembre 1884, notre confrère M. de Mas Latrie, 
chef de section aux Archives nationales, admis à faire valoir ses droits 
à une pension de retraite, a été nommé chef de section honoraire ; 

Notre confrère M. Emile Gampardon, sous-chef de la section législa- 
tive et judiciaire, a été nommé chef de cette section, en remplacement 
de M. de Mas Latrie; 

Notre confrère M. Alexandre Tuetey, archiviste à la section législative 
et judiciaire, a été nommé sous-chef de cette section, en remplacement 
de M. Gampardon; 

Nos confrères MM. Parent de Gurzon et Bûche, archivistes auxi- 
liaires, ont été nommés archivistes, le premier à la section du secréta- 
riat, le second à la section législative et judiciaire. 

— Par arrêté du 28 janvier 1885, notre confrère M. Ulysse Robert, 
inspecteur général des bibliothèques et des archives, est chargé de la 
direction et du contrôle des travaux relatifs au catalogue des manus- 
crits des bibliothèques publiques. 

— Par arrêté du 17 mars 1885, sont appelés à faire partie du comité 
central des bibliothèques de l'Arsenal, Mazarine et Sainte-Geneviève 
nos confrères MM. de Rozière, Servois, Lacombe et Ulysse Robert. 

— Par arrêté du préfet du Calvados, en date du 16 décembre 1884, 
notre confrère M. Bénet a été nommé archiviste du Calvados, en rem- 
placement de M. Ghatel, admis à la retraite. 

— Le 6 mars 1885, notre confrère M. de Mas Latrie a été élu 
membre libre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. 



193 

— Notre confrère M. Cb. Bémont a soutenu le 3 rtôccmbre ISS'i, 
devant la Faculté des lettres de Paris, les deux thèses qu'il avait fait 
imprimer sous les titres suivants : De Johanne cognominc Sine Terra, 
LutetisB Parisiorum anno 1202 condemnato (Paris, A. Picard, 1884, in-8' 
de 68 p.), et Simon de Montforl, comte de Leiceslcr (120?-i265). Son rôle 
politique en France et en Angleterre (Paris, A, Picard, 1884, in-8° de 
385 p.). 

M. Bémont a été déclaré, à l'unanimité, digne du grade de docteur. 

— Par arrêté du 23 décembre 1884, notre confrère M. Antoine Tho- 
mas a été nommé officier d'académie. 

— Par arrêté du 31 décembre 1884, notre confrère M. Alfred Leroux, 
archiviste du département de la Haute- Vienne, a été nommé officier 
d'académie. 

— Par arrêté du !«'' janvier 1885, notre confrère M. Gouard-Luys, 
archiviste du département de l'Oise, a été nommé officier d'académie. 

— Par décret du 9 février 1885, notre confrère M. Fournier, agrégé 
des Facultés de droit, a été nommé professeur de droit romain à la 
Faculté de droit de Grenoble. 

— Notre confrère M. le marquis de Riperl-Monclar, consul général 
à Montevideo, a été nommé consul général et chargé d'affaires de la 
République française à Santa-Fé-de-Bogota. 

— Le 5 janvier 1885, notre confrère M. le comte de Marsy a été 
nommé directeur de la Société française d'archéologie et directeur du 
Bulletin monumental. 



M. LE MERCIER DE MORIÈRE. 

Au moment où le dernier fascicule de la Bibliothèque de l'École des 
chartes pour l'année 1884 venait de paraître, un de nos plus jeunes 
confrères succombait à la suite d'une cruelle maladie, qu'on avait pu 
un instant croire détinilivcraent conjurée. Laurent-Marie-Joseph Le 
Mercier de Morière, docteur en droit, secrétaire de la Société d'archéo- 
logie lorraine, membre correspondant de l'Académie de Stanislas, est 
mort à Nancy le 12 janvier 1885, à l'âge de trente-deux ans. Entré à 
l'École des chartes en 1875, il devait sortir avec la promotion du 
19-20 janvier 1880, lorsque des motifs d'un ordre tout intime l'enga- 
gèrent à différer le dépôt de sa thèse. Ce ne fut que le 29 janvier 1883, 
qu'après avoir présenté et soutenu une thèse ayant pour titre : Introduc- 
tion historique et diplomatique au catalogue des actes de Mathieu II, duc de 
Lorraine (1220-1251), il reçut le diplôme d'archiviste paléographe. M. le 
présidont du ronsoi! de perfectionnomont terminait ainsi l'appréciation 



19^ 

d'un travail qu'il plaçait au quatrième rang : « Les recherches de M. Le 
Mercier de Morière satisferont les juges les plus exigeants ; elles jettent, 
en effet, beaucoup de lumière sur des points obscurs de l'histoire de la 
Lorraine et des provinces voisines pendant la première moitié du 
xni^ siècle » {Ilibliothèqiie de C École des chartes, t. XLIV, 4883, p. 119). 
Depuis, il avait publié les Testaments au profit de l'église de Tout (Nancy, 
typ. C. Grépin-Leblond, 1884, in-8° de 44 p.). La thèse de sortie de 
l'École, présentée en manuscrit au concours des antiquités nationales, 
sous le voile de l'anonyme, avec la devise : « Prenez, prenez... », était 
signalée à l'attention de l'Académie dans le rapport de M. Alexandre 
Bertrand (Bibliothèque de l'École des chartes, t. XLV, 1884, p. 698). Enfin 
le Polybiblion (partie littéraire, t. XLI, p. 474) annonçait une édition 
par notre confrère du cartulaire des comtes de Bar-le-Duc, ms. du 
xnp siècle, appartenant à la Bibliothèque nationale. Au moment même 
où il s'occupait très activement de ce travail, ses dernières lettres à ses 
amis en font foi, la mort est venue le surprendre, plein de force et d'ac- 
tivité, et l'enlever à sa jeune femme et à sa petite fille. Ce coup a été 
si imprévu et si rapide que la Société de l'École des chartes n'a pu 
être représentée au moins par quelques-uns de ses membres aux 
obsèques de notre jeune confrère. Dans sa séance de janvier, elle a 
exprimé, par l'organe de son président, le regret que lui inspirait cette 
perte, si vivement sentie par tous ceux qui ont connu et apprécié Le 
Mercier de Morière. 

BOURMONT. 

Au moment où s'imprimait cette feuille, nous avons reçu une notice 
dans laquelle M. Henri Lepage, au nom de la Société d'archéologie lor- 
raine, a rendu un digne hommage aux qualités de cœur et d'esprit qui 
distinguaient notre jeune confrère. Nous empruntons à cette notice 
l'indication des travaux par lesquels il s'était avantageusement fait 
connaître aux amis de l'histoire de Lorraine. 

« Les recherches de M. Le Mercier de Morière sur le règne de Mathieu II, 
dit M. Lepage, l'avaient conduit à relever bien des particularités concer- 
nant les familles de l'ancienne chevalerie lorraine. De là les deux intéres- 
santes dissertations qu'il a publiées dans les volumes de nos Mémoires 
de 1881 et 1882 : Recherches sur la famille des Armoises et en particulier 
sur la branche de Neuville ; — l'Origine de la maison de Chambley. 

« Outre ces deux dissertations, remarquables à plus d'un titre, M. de 
Morière nous a donné, pour le volume qui va paraître, une curieuse 
étude intitulée : les Testaments au profit de l'église de Toul, qu'il se pro- 
posait de compléter à l'aide d'un nécrologe de cette église, dont il avait 
fait faire la copie. 

« Il a aussi inséré dans notre Journal plusieurs articles, qui, sans 
avoir la même imiiortance^ méritent néanmoins d'être mentionnés : 



^95 

« 1883. — Tcslamcnl d'Henri, fils aine du pronicr comlc de Salm en 
Vosges. 

« Notes hagiographiques et bibliographiques sur saint Livicr. 

« 1884. — Documents relatifs à la maison de Ludre. 

« Nouvelles Données sur Coriginc de la maison de Ligniville. 

« Un Livre de liturgie du AT" siècle ayant appartenu au château de 
Gombervauw. (En collaboration avec M. J. Favier.) 

« M. le colonel de Sailly (notice nécrologique). » 

Dans les derniers temps de sa \ie, M. Le Mercier de Morière avait 
fait une très curieuse communication au Comité des travaux histo- 
riques; elle portait sur deux chartes scellées de Jean, sire de Joinville, 
et de Robert, sire de Sailly. Le texte de ces deux chartes vient de 
paraître, avec une héliogravure des sceaux, dans le Bulletin archéolo- 
gique du Comité des travaux historiques et scientifiques, année 1884, 
p. 477. 



ADDITIONS 
AU SUPPLÉMENT GREC DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 

1883-1885. 

Depuis la publication de l'Inventaire sommaire, en 1883, le fonds des 
manuscrits du Supplément grec de la Bibliothèque nationale s'est accru 
de 3i nouveaux volumes, dont on trouvera plus loin le détail sous les 
nos 1011-1044. 

On nous permettra de signaler parmi ces manuscrits : des homélies 
de saint Jean Chrysostome sur saint Matthieu, du xi^ siècle (n» 1011) ; 
le premier volume d'un Menée, recueil de vies de saints ou de ser- 
mons, extraits des œuvres des Pères, suivant l'ordre des jours du mois 
(n» lOlî); — deux manuscrits, des xri" et xin« siècles, des lettres de 
saint Basile (n»" 1020 et 1021); un Manuel d'Épictcte, avec le commen- 
taire de Simplicius, du xv^ siècle (n" 1023); un manuscrit do Théocri te, 
aussi du xv^ siècle (n° 1024); le traité des Songes de Synésius, avec le 
commentaire de Nicéphore Grégoras, du xiv« siècle (n°1033); un exem- 
plaire de la Chronique de Constantin Manassès, copié en 1364 (nol034); 
un Commentaire de Simplicius sur la Physique d'Aristote, du xvi«= siècle 
(n"' 1037); enfin différents manuscrits qui intéressent la littérature 
grecque moderne, parmi lesquels un poème sur les malheurs de Béli- 
saire (n» 1043). 

1011. S. Joannis Chrysostomi homiliae XXXVII. in Matthaeum. 
XI s. Parch. 305 fol. g^ 

1. Les lettres G, M, P servent à désigner les formats grand, moyen, petit. 



196 

1012. Menœum (sept.-febr.) : Yita et miracula SS. Cosmse et Damiani 
(1); — s. Andrae Gretensis orationes duae ia Nativitatem beata3 Mariœ 
(1(3 v°) ; — S. Joannis Damasceni sermo in Mativitatem beatie Mariae 
(29 v"); — S. Andreœ Gretensis sermo in exaltationem sanctœ cruels 
(36 V') ; — S. Joannis Gln-ysoslomi encomium in sanctam crucem f45 v°) ; 

— ejusdem encomium in 8. Joannem evangelistam (50); — 'Leonisim- 
peratoris encomium S. Demetrii (55) ; — Michaelis Syncelli encomium 
in SS. Dei archangelos et angelos (61 v); — Georgii Ghartophylacis 
magna?, ecclesia? encomium in Praesentationem Deiparae (79) ; — ejus- 
dem in eamdem, cum in templo a suis parentibus triennio oblata est 
(86 \') ; — Germani, arcbiepiscopi GP., encomium in Deiparam, quando 
in S. Sanctorum oblata est (101 v") ; — sermo initio mutilus (106) ; — 
S. Joannis Ghrysostomi sermo in Abrahamum et Josephum (112 V); 

— ejusdem oratio in S. Philogonium (124); — S. Athanasii Alexan- 
drin! oratio in descriptionem beatse Mari;e (132); — S. Gregorii 
Nysseni oratio in Nativitatem Domini (138 v"); — S. Joannis Ghryso- 
stomi sermones duo in Epiphaniam (146) ; — S. Gregorii Neocœsa- 
riensis sermo in Epiphaniam (157); — Theodori Daphnopatae homilia 
in S. Joannis Baptistae manum allatam Antiochia (162); — Gosmas 
Yestitoris oratio de translatis S. Joannis Ghrysostomi reliquiis (174); — 
Joamiis, Euchaïtarum metrop., encomium in très liierarchas SS. Basi- 
lium, Gregorium Nazianzenum et Joannem Chrysostomum (182); — 
S. Athanasii Alexandrin! oratio in Purificationem beatîi; Mariœ (193 v). 
xn s. Parch. 200 fol. m. 

1013. « Fragmenta comicorum grsecorum, pars altéra; e biblioth. Th. 
Ganter!. » 

xvn s. Pap. 226 fol. (S. -Germain.) m. 

1014. Lettres, papiers et notes diverses d'Athanase de Byzance (Atha- 
nasius Rhetor). 

1629-1635. 425 fol. (Goislin.) g. 

1015. (( 'ExTÔvii;pa-/0£VTwv£vK(i)v<TTavTtvo'JTiô>.£nïcpt 'AyaTtîouxal Bayaôtou...» 
et fragmenta varia SS. Patrum. 

XVI s. Pap. 30 fol. (Gf. Goislin. 154.) g. 

1016. Menaeum [mart. 31-aug. 31] (1) ; — S. Joannis Ghrysostomi litur- 
giîB fragmentum (173). 

XV s. Pap. 176 fol. M. 

1017. Sticherarii fragmentum. 

XIV s. Parch. 7 fol. (Goislin. anc. 190.) m. 

1018. « Opuscula varia de excellentia sacrorum mysteriorum et de 
modo accedendi ad sacram synaxim » (1) ; — « Expositio psalmorum 
brevis, ex monast. Gryptoferrat. , exscripsit D. Joannes Guillot » (75), 
xvii-xvni s. Pap. 91 fol. (S. -Germain.) .m. 

1019. (( Synaxarium monasleri! Gryptœ- Ferratensis, exscriptum e 
codice ms. dicti monasteri! a D. Joh-. Guillot. » 



197 

xvii-xviii s. Pap. 223 fol. (S. -Germain.) m. 

1020. S. Basilii opistolœ. 

XII s. Parch. 258 fol. ilIarlay-S. -Germain.) h. 

1021. S. Basilii epistol». 

XIII s. Parch. i29 fol. Palimps. (Coislin. anc. 288.) p. 

1022. Democriti physica et mystica (1); — Synesii philo.'^oplii in 
librum Democriti scholia (13). 

xvn s. Pap. 21 fol. (S. -Germain.) p. 

1023. Epicteti enchiridion (II, — cum Simplicii commentariis (15). 
XV s. Pap. 186 fol. (S.-Germain.) p. 

1024. Theocriti idyllia IX. (4), — proicedit ejus vita (1). 

XV s. Bombyc. 52 fol. (S.-Germain.) p. 

1025. * Index [alphabeticus] (luorumdam lihrorum nondum editorum, 
qui sunt in bibliotheca Escorialis. » 

xvn s. Pap. 75 fol. m. 

1026. Lettres, papiers et notes diverses d'Athanase de Byzancc (Atha- 
nasius Rhetor) ; parmi lesquels différents commentaires sur Pythaf^ore 
(67), — Jamblique (80), — le Parménide (254) — et le Timéc de Platon 
(400). 

XVII s. Pap. 542 fol. (Coislin. anc. 384.) m. 

1027. Lettres, etc., d'Athanase deByzance. 
XVII s. Pap. 522 fol. (Coislin. anc. 385.) p. 

1028. « Collecta ex Pindari Olympiis, Pythiis, Nemeïs, Isthmiis et 
cœterorum octo lyricorum poetarum... operibus. Lutetiœ, a. 1589 » (1) ; 
— « Selectaex 10. Senecœ tragœdiis... Turonis, 1.589 » (82) ; — extraits 
divers d'auteurs anciens et d'ouvrages modernes (100). 

XVI s. Pap. 220 fol. m. 

1029. Glossarium grœco-latinum. 
xvi-xvu s. Pap. 82 fol. p. 

1030. Lettres et extraits divers d'Athanase de Byzance (Athanasius 
Rhetor) (1); — Extraits de lettres de Londres, 1643-44 (137). 

XVII s. Pap. 161 fol. (Coislin.) m. 

1031. Preces ante et post communioncm dicend;e(l); — Matthœi 
peccatoris versus ad beatam Virginem (30) ; — homiliaî in singulis die- 
bus septimanœ sancta; (32). 

XIV s. Copié par Philippe to-j StoepoTipâtoy. Bombyc. 140 fol. (S.-Ger- 
main.) p. 

1032. Preces varia^ (1); — S. Hippolyti sermo de Antichristo (62) ; — 
Anastasii Sinaitaî homilia in Psalmum VI. (102) ; — S. Basilii preces 
seu exorcismi (121); — Psalterium, cum Canticis (151). 

XV s. Bombyc. 274 fol. (S.-Germain.) i>. 

1033. Synesii de insomniis, cum Nicephori Gregorae scholiis. 
XIV s. Bombyc. 74 foi, (S.-Germain.) p. 

1034. Constantini Manassischfonicon, versibuspoliticis (1); — séries 



108 

impcratorum Constantinop. (165) ; — séries patriarcharum Constantinop. 
(166 v°); — Theodori Prodromi versus ad Manuelem Comncnum (169); 

— Ililarionis monachi versus ad eumdem imperatorem (176). 
Copié en 1364. Bombyc. 191 fol. (S. -Germain.) p. 

1035-1036. Fragments de manuscrits, 
xi-xix s. Parch. et pap. 41 et 29 fol. o. 

1037. Simplicii commentarius in physica Aristotelis. 
XVI s. Pap. 112 fol. M. 

1038. S. Athanasii ad Marcellinum epi.'Jtola de interpretatione psal- 
morum (1); ~ de Ptolemaeo Pliiladelpho : nTo>£(j.aîo; ô *iXâ8eX?oç èitixXïi- 
eeïç... (5 v°) ; — S. Gregorii Nazianzeni versus : Twv ÈÔvtxwv piêXîwv... (8 v°). 

XVI s. Pap. 8 fol. p. 

1039. Ovidii Metamorphoseon liliri, cum scholiis, e gallico in neo- 
graecam linguam versi a Joachimo Pario, tomis II. 

xviii s. Pap. 731 pages, p. 

1040. Meletii Pigœ, Alexandrini patriarchœ, epistolse ccxi. (1) ; — 
S. Joannis Chrysostomi epistola ad imperatricem Eudociam : '0 |j.èv 

0£Ô; 7va(7riç... (375). 

Copié en 1801 par Théophile de Lybie. Pap. 376 pages, p. 

1041. Sapphus reliquiae (odee très, epigrammata duo). 

XVII s. Pap. 8 fol. p. 

1042. Hodœporicon per Siberiam et descriptio ejus regionis, auc- 
tore Nicolao Spathario. 1675. 

XIX s. Pap. 393 pages, m. 

1043. Anonymi poema de casu Belisarii, idiomate vulgari : « 'Q 
6au(xa(JTÔv irapâôo^ov... » 

xvn s. Pap. 23 fol. p. 

1044. Epistolœ Gra^corum recentiorum, inter quos : Michaelis Pselli 
characteres epistolici xxxiv. (9), — Theodosii [Theophili] Gorydallei (25), 

— Joannis Caryophylli (34, etc.), — Eugenii ^Etoli (34 v°), — Constantini 
Guliani (59), — Andreae Licinii (62), — Constantini Duca; (64), — Bar- 
tholomaei Heracleensis (66 v»), — Pachomii Philipponis (68), — Joannis 
Comncni (74), — Michaelis Caryophylli (83), — Jacobi Gabrielopuli (84), 

— Churmuzii Byzantii (87) ; — hymni et epigrammata acrosticha, initio 
mutila : « K-jpîa uàvTwv... » (114). 

XVII s. Pap. 148 fol. p. 

LES PREMIERS LIVRES DE LA CHRONIQUE D'HÉLINAND. 

Dans le volume de Notices et Documents publié à l'occasion du cin- 
quantième anniversaire de la fondation de la Société de l'histoire de 
France, on trouve, aux p. 141-154, la notice du manuscrit original des 
derniers livres de la chronique d'Hélinand, aujourd'hui conservé au 



séminaire de Beauvais. Les premiers livres de la même chronique sont 
contenus dans un manuscrit du Musée britannique (fonds Gottonien, 
Claudius B. IX), dont la description suivante nous a été communiquée 
par M. Thompson, h^ savant et zèle conservateur du département des 
manuscrits : 

Grand volume de 306 feuillets, de 13 pouces 1/2 de haut sur 10 3/4 de 
large [environ 0™343 sur 0"273]. Le texte d'Hélinand remplit 261 feuil- 
lets, écrits sur deux colonnes, de 43 lignes à la colonne. La copie a du 
être faite en France au xv« siècle. 

Suit l'indication des différentes parties de l'ouvrage : 

« Prima pars cronicorum Helinandi monachi ordinis Cistariensis (sic). 
Liber primus : de creatione mundi. » — Fol. 2-11. 

« Liber secundus : de creatione mundi et angelorum ; de demoni- 
bus. » — Fol. 11-23. 

« Liber tertius : de creatione hominis; de lapsu primi hominis; tem- 
pora Ade, etc. ; tempora prime etatis usque ad gigantes. » — Fol. 23-34. 

« Liber quartus : tempora gigantum ; diluvii; Noe post diluvium; 
raciones de arcu, etc. » — Fol. 35-45. 

« Liber quintus : tempora Abrahe, Nini et Europis et Thebeorum 
et Egyptorum, etc. » — Fol. 45-55 b. 

« Liber sextus : tempora Jacob et Xersis et Thuriniachi et Inachi 
etc. » L'auteur y a fait entrer un long traité sur l'astrologie : « Dispu- 
tacio contra mathematicos, » et une « Moralis exposicio de peregrina- 
cione Jacob. » — Fol. 55 b-84. 

« Liber septimus : tempora Joseph et Apsis et Mesapi, etc. » — 
Fol. 84-99 b. 

(( Liber octavus : tempus mortis Joseph et regum Argi, etc. ; opinio 
gentilium de origine animarum ; opinio antiquorum theologorum de 
inferis; opinio Platonicorum de descensu animarum ad corpora; 
responsio contra Apollinis oraculum de origine animarum ; exposicio 
Delphici oraculi; disputacio contra Macrobium et Apulcium de auima^- 
bus defunctorum; contra Platonicos de revolucione animarum; de ori- 
gine anime; questio de inferis. » — Fol. 99 b-131. 

« Liber nonus : tempora servitutis Hebreorum. » Histoire de l'Egypte, 
etc. — Fol. 132-148. 

« Liber decimus : tempora Moysi; excerpta de Exodo; de Levitico ad 
litteram. » — Fol. 148-174. 

« Liber undecimus : tempora Moysi ; excerpta de libro Numeri ad 
litteram; de libro Deuteronomii. » — Fol. 174-185. 

« Liber xn : tempora Josue ; [tempora Judicum;] tempora Priami et 
Herculis, etc.; belli Trojani ; Labdon et capte Troje. » — Fol. 180-219 b. 

a Liber xni : tempora Labdon et Pelasgi et Demofontis etc. ; San- 
sonis et Ulixis et Horrcstis etc. ; hist, Ruth ; tempora Saulis et Samuo- 
lis etc ; Azarie et Arbaci resis Medeorum etc. » — Fol. 219 b-235 b. 



200 

« Lil)cr xnii : tompora Joathan et Romuli ; Achon; Ezechie ; Nume 
Pompilii; Mariasse et Nume; Ammon ; Tullii Hostilii; Anci Marci; 
Joacliim ; Tarquinii Prisci. » — Fol. 235 b-244. 

a Liber xv : tempus captivitatis Judaice et Tarquinii Prisci; Giri régis 
Persarum; destruccionis Babylonice;Tulii Servilii; Tarquinii Superbi.» 
— Fol. 245-253 b. 

« Liber xvi : tempora Darii et Alexandri Anniste filii ; Xersis; Arta- 
xersis et Perdice; Noti et Archelai. » — Fol. 253 b-263. 

L'ouvrage se termine brusquement par les mots : « Si autem dicatur 
quod Ezras, qui legem incensam reparavit, istum librum cum ceteris 
reparavit. » 

Il y a 33 cahiers, en comptant les cahiers xxii et xxiii, qui sont per- 
dus et dont la place était entre les feuillets actuellement cotés 185 et 
186. La lacune correspond à la Hn du livre xi et au commencement du 
livre xn. 



ALAIN DE PENRITH, RECTEUR DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS. 

L'Anglais Alain de Penrith est connu pour avoir donné à la biblio- 
thèque de la Sorbonne un exemplaire de la Somme le Roi, qui forme 
aujourd'hui le n" 24780 du fonds français à la Bibliothèque nationale^. 
La commission des manuscrits historiques de la Grande-Bretagne vient 
de publier^, d'après un registre de l'évêché de Garlisle, un document 
fort important pour la biographie de ce personnage. G'est la lettre que 
l'université de Paris adressa, vers l'année 1308, à Jean de Halucton, 
évêque de Garlisle, pour lui recommander Alain de Penrith, originaire 
du diocèse de Garlisle, et pour le prier de le pourvoir d'un bénéfice 
avantageux. On y voit qu'Alain avait professé à la faculté des arts et 
qu'il avait été élevé deux fois à la dignité de recteur de l'université de 
Paris. 

Voici le texte de la lettre : 

« Reverendo in Ghristo patri ac domino Johanni, Dei gratia Karliolensi 
episcopo, universitas magistrorum et scolarium^' Parisius studencium, 
dignam [et debitam] reverenciam. Quia dignum est, etc. Hinc est quod 
magistrum Alanum de Penreth, Anglicum, devotum vestrum clericum, 
necnon de vestra diocesi oriundum, diu retroactis temporibus Parisius 
regentem in artium facullate, quem moribus ac scientia refulgentem... 
agnovinius, in tantuni ut, suis exigcntibus mcrilis, nostre univcrsitatis 
bis ollicium rectorie honoriûce gerebat , vestre palernitati merito 

1. Le Cahinet des manuscrits, 11, 143. 

2. Ninlh Report of the royal commission of historical mss., part I, p. 183. 

3. T,'pdilion anglaise |>orto scolaruvi; il faut sans flouto lire et scolnririm. 



2o^ 

recommendamut;... supplicanles quatinus eidem magislro... in aliiiuo 
bénéficie compotonti et stalui congruonto providere digneniini piu[itor 
Deuni, attondentes sanctam malrcm ecclesiam nullas habere majuris 
precii margarilas quam personas idoneas in quibus mores et scientia 
raaritantur... » 



LE PONTIFICAL DE FERRI DE CLUGNI. 

Notre confrère M. Castan a reconnu l'origine d'un magnifique missel 
du xv« siècle qui se conserve à la bibliothèque de Sienne. Dans la des- 
cription qu'il en a donnée et que n'ont pas oubliée les lecteurs de la 
Bibliothèque de l'École des chartes (t. XLII, 1881 , p. 442), il a montré 
que le livre a été fait pour Ferri de Glugni, évêque de Tournai, depuis 
1474 jusqu'en 1483. 

Il nous est parvenu un autre livre exécuté pour le même prélat avec 
un luxe remarquable. C'est un pontifical orné de peintures et intitulé : 
« Ordinis et officii pontificalis liber incipit, qui ex multis libris ponti- 
ticalibus collectus est per me Ferricum de Clugnyaco, utriusque juris 
doctorem et insignis ecclesia3 Tornacensis licet indignum presulem. » 

Ce beau volume a figuré sous le n^ 822 dans le catalogue de la biblio- 
thèque Perkins, vendue en Angleterre au mois de juin 1873. Nous ne 
pouvons dire dans quelle collection il est passé ; mais la notice du cata- 
logue de vente, qui est accompagnée du croquis d'une des peintures, 
aidera à le retrouver. 



LES LIVRES DE COMPTE DES FRÈRES BONIS. 

M. Éd. Forestié, secrétaire de la Société archéologique de Tarn-et.- 
Garonne, à Montauban, a ouvert une souscription pour la publication des 
Livres de compte des frères Bonis, marchands muntalbanais du XI V siècle. 
L'importance de ces livres a été mise en lumière par les communications 
dont ils ont fourni la matière aux derniers congrès de la Sorbonne. C'est 
l'accueil fait à ces communications qui a décidé iVI. Éd. Forestié à 
entreprendre une publication longue, difficile et coûteuse, mais qui est 
appelée, nous l'espérons, à un véritable succès. Il est en effet peu de 
documents qui puissent nous renseigner aussi complètement sur tous 
les détails de la vie privée au xiv' siècle. Le genre d'intérêt que pré- 
sentent les Uvres des frères Bonis est indiqué sans aucune exagération 
dans un prospectus de l'éditeur, dont nous reproduisons les premières 
lignes : 
« Les livres de comptes des frères Bonis, marchands montalbanais du 



202 

xiY* siôcle, ambrassent une période de trente années environ (de 1339 
à 1369). 

a Les inventaires de mobiliers du moyen âge el de la Renaissance 
et les livres de raison publiés dans ces dernières années ont fait mieux 
connaître les mœurs et les coutumes de nos ancêtres. Mais la plupart 
de ces documents ne racontent que les splendeurs des demeures prin- 
cières ou royales, ou se renferment dans le cercle limité d'une famille 
seigneuriale. La publication des livres de Bonis permet d'étudier à la 
fois la vie intime et les transactions commerciales des babitants de nos 
vieilles cités, de reconstituer par la pensée ces patriarcales demeures 
où les générations se succédaient, défendant avec énergie les libertés 
et les francbises municipales. 

« C'est, pour ainsi dire, la pbysionomie d'une époque prise sur le vif, 
et dont les traits se déroulent successivement devant les yeux. 

« Les branches de commerce et d'industrie exploitées par les frères 
Bonis étaient si nombreuses, que nous avons dû les réunir sous des 
titres généraux : 

« Banquiers, prêteurs d'argent sur titre, sur gage et par hypothèque. 

« Marchands d'étoffes, merciers, chapeliers, etc. 

« Loueurs ou marchands de draps funèbres, de cire et d'encens pour 
les sépultures. 

« Fournisseurs d'objets divers pour les baptêmes et les mariages. 

« Épiciers, confiseurs, fruitiers, apothicaires et même étuvistes. 

« Marchands d'armes et d'armures, de selles, de bâts, de chevaux, etc. 

« Bijoutiers. 

« Procureurs fondés pour la liquidation de successions, collecteurs de 
tailles, etc., etc. 

« C'est là, on le voit, une mine inépuisable de renseignements pou- 
vant fournir matière à diverses études. 

« Les livres d£ Bonis sont écrits presque en entier en langue romano- 
provençale, et présentent par conséquent un intérêt spécial pour les 
linguistes, d'autant plus que Bonis écrivait avec une très grande pureté 
d'orthographe; et, comme il mentionne une quantité d'objets usuels, on 
y trouve les éléments d'un glossaire de la langue parlée dans le Midi 
au xive siècle, contenant beaucoup de mots qui n'existent pas dans les 
lexiques. » 

L'édition formera deux gros volumes in-S", auxquels on peut sous- 
crire dés maintenant, à raison de 12 fr. 50 le volume. Les souscriptions 
doivent être adressées à M. Edouard Forestié, secrétaire de la Société 
archéologique, à Montauban. 



4 



203 



REVUE HISTORIQUE DE L'OUEST. 

Quelques travailleurs se sont réunis à Nantes pour fonder, sous le 
titre do Revue historique de l'Ouest, un recueil consacré à des monogra- 
phies relatives à l'histoire de la Bretagne et à la puhlication de docu- 
ments inédits. Parmi les collaborateurs de cette revue, dont le direc- 
teur sera M. Gaston de Carné, nous remarquons les noms de nos 
confrères MM. de la Borderie , l'abbé Ghaufûcr, Léon Maître, de 
MM. Kerviler, de Gourcufl", de la Nieullière, dom Plaine, etc. Dès que 
le nombre des souscriptions sera complété, la Revue historique de l'Ouest 
paraîtra tous les deux mois, par livraisons de 128 pages; le prix est de 
12 fr.; on s'abonne chez MM. V. Forest et E. Grimaud, place du Com- 
merce, 4, à Nantes. 

ARGHIVIO PALEOGRAFIGO ITALIANO. 

Nous avons annoncé en 1882 (t. XLIII, p. 719 et 720) la publication 
de la première livraison d'un grand recueil que la maison Martelli de 
Rome fait paraître sous le titre d'Archivio paleografico italiano, et dont 
le directeur est M. Ernest Monaci. Une nouvelle livraison du même 
recueil vient d'être mise en vente au prix de 14 1. 90. Elle forme le pre- 
mier fascicule du second volume de la collection, qui sera spécialement 
consacré aux monuments paléographiques romains, comme l'indique le 
sous-titre : Monumenti paleografici di Roma. 

Cette livraison, à laquelle ont collaboré MM. Guido Levi^ Alfred 
Monaci et Henri Stevenson, témoigne du zèle et du succès avec les- 
quels les études paléographiques et diplomatiques sont poursuivies en 
Italie. Voici le sujet des dix planches dont se compose la livraison : 

1. Charte de l'année 951, touchant une obligation contractée par un 
chevalier nommé Benoit au profit du monastère de Saint-Côme-et- 
Saint-Damien de Rome. (Archives de l'État à Rome.) 

2. Bail emphytéotique d'un moulin, consenti par Jean, abbé de Saint- 
Côme-et-Saint-Damien, au profit de deux frères, le prêtre Jean et 
Grescentius, Uls de Pascal. 25 mars 1029. (Mômes archives.) 

3. Deux pages de la chronique de Benoit, moine de Saint- André dol 
Monte Soratte, ms. du x« siècle. (Bibliothèque Ghigi, F. IV. 75.) 

4. Première page des Usages de Farfa, rédigés et transcrits vers le 
milieu du xi^ siècle. (Bibliothèque du Vatican, n" 6808 du fonds du 
Vatican.) 

5. Deux pages du martyrologe et de l'obituaire de Saint-Cyriaque in 



204 

via Lata ; le martyrologe est du xi'^ siècle ; les notes qui forment l'obi- 
tuaire ont été ajoutées dans le cours des trois siècles suivants. (Biblio- 
thèque Yallicellane, C 75.) 

6-8. Trois pages du registre de Grégoire VII, conservé aux archives 
du Vatican. 

9-10. Deu.x; pages de la collection canonique du cardinal Deusdedit 
d'après le ms. du Vatican (fonds du Vatican, n" 3833), qui doit être du 
temps de Paschal II. 



QUESTIONS MÉROVINGIENNES 

II. 

LES DÉCOUVERTES DE JÉRÔME VIGNIER. 

TESTAMENT ET ÉI'ITAPUE DE PERPe'tL'E, ÉVÈQUE DE TOURS; 

DIPLOME DE CLOVIS PODR MICY (saLNï-MESMIN) ; 

COLLOQUE DE LYON, 499; 

CINQ LETTRES d'ÉVÊQUES ET DE PAPES, 462-rjOI; 

FRAGMENT d'uNE VIE DE SAINTE ODILE. 



§1- 

Le plus ancien acte connu de l'époque mérovingienne est le 
testament attribué à saint Perpétue, évêque de Tours, qui porte 
la date du l^"" mai 475. 

Ce testament a été publié pour la première fois par d'Achery, 
au tome V du Spicilegium (édition in-4°, 1661). Il a été souvent, 
réimprimé d'après cette première édition. Tous les auteurs qui 
l'ont cité en ont admis l'authenticité sans discussion. 

Cependant l'origine n'en est pas claire. D'Achery en avait 
trouvé la copie dans les papiers du P. Jérôme Vignier, prêtre de 
l'Oratoire, mort le 14 novembre 1661. Cette copie ne portait pas 
d'indication de provenance, et l'on ne sait d'où Vignier l'avait 
tirée : « e latebris bibliothecarum eruerat Hieron}mus Vigne- 
rius », disent Bréquigny et La Porte du Theil, ne pouvant pré- 
ciser davantage. Avant lui, personne n'avait connu ce texte. 
Après lui, personne ne l'a retrouvé dans aucun manuscrit. Les 
éditeurs qui l'ont réimprimé depuis 1661 ont reproduit l'édition 
de d'Achery . 

^5 



206 

Le plus ancien acte ro3'al connu de la même période est un 
diplôme, sans date, par lequel Glovis F'' donne à deux saints per- 
sonnages, le prêtre Euspice et son neveu Maximin ou Mesmin, la 
terre de Micy ou Saint-Mesmin, au diocèse d'Orléans. C'est le 
seul diplôme de Glovis P'" dont i'autlienticité soit aujourd'hui 
admise. 

Cet acte est exactement dans les mêmes conditions que le tes- 
tament de Perpétue : il a été publié pour la première fois dans le 
tome V du Spicilegimn ; la copie en avait été trouvée par 
d'Achery dans les papiers de Jérôme Vignier; on ignore d'où 
Vignier l'avait tiré; on ne l'a pas cité avant Vignier et on ne l'a 
retrouvé après lui dans aucun manuscrit ; on n'en a d'autre texte 
que celui qui a été donné par d'Acliery et qu'ont reproduit tous 
les éditeurs. 

Ce n'est pas tout. Le même tome V du Spicileghini contient 
encore sept pièces qui ont la même origine et qui se trouvent dans 
le même cas, savoir : 

Une épitaphe de saint Perpétue, en vers latins ; 

Les actes d'un colloque tenu en présence du roi Gondebaud, 
à Lyon, en septembre 499, entre les évêques catholiques et les 
évêques ariens du royaume de Bourgogne ; 

Une lettre de saint Léonce, évêque d'Arles, à saint Hilaire, 
pape (462) ; 

Une lettre de saint Loup, évêque de Troyes, à saint Sidoine 
Apollinaire, évêque de Clermont (472) ; 

Une lettre de saint Gélase, pape, à saint Rustique, évêque de 
Lyon (25 janvier 494) ; 

Une lettre de saint Anastase II , pape , à Clovis P^ roi des 
Francs, pour le féliciter de sa conversion au christianisme (497) ; 

Une lettre de saint Symmaque, pape, à saint Avit, évêque de 
Vienne (13 octobre 501). 

Toutes ces pièces ne sont parvenues à notre connaissance que 
par les copies de Jérôme Vignier. Elles étaient restées ignorées 
avant lui ; elles n'ont pas été retrouvées après lui. Si c'est dans 
des manuscrits qu'il les a découvertes, ces manuscrits ont dis- 
paru; il est à la fois le premier et le dernier qui les ait vus. 

Cette circonstance rend ces textes suspects. Il est arrivé 
parfois que tel manuscrit, consulté par un savant du xvif siècle, 
a péri depuis lors et ne nous est connu aujourd'hui que par les 
travaux de ce savant : mais il est surprenant qu'un même homme 



207 

ait eu la bonne fortune de découvrir tant de pièces curieuses de 
nature diverse, et qu'aussitôt après sa mort une même fatalité ait 
fait disparaître toutes ses découvertes. On doit se demander 
si ces prétendus documents du v'' et du vf siècle, dont l'origine 
est si mal établie, ne seraient pas simplement des fabrications 
modernes. 

Il faut chercher la réponse à cette question dans les documents 
eux-mêmes. S'ils sont autlientiques, ils doivent porter en eux un 
caractère d'ancienneté qui s'impose au lecteur et force la convic- 
tion. S'ils sont apocryphes, il sera probablement aisé d'y relever 
des indices de fausseté plus ou moins marqués, des difficultés, 
des contradictions, des anachronismes. 

Quelques-uns, il est vrai, sont trop courts et trop peu remplis 
pour fournir par eux-mêmes les éléments d'une appréciation cri- 
tique. Mais il sera permis de conclure des uns aux autres. Si 
l'authenticité des principales pièces de la série était démontrée, il 
n'y aurait pas de motif de suspecter le reste. Si, au contraire, 
nous sommes en présence de l'œuvre d'un faussaire, il n'est pas 
à présumer que ce faussaire ait mêlé à ses fabrications de vrais 
textes inédits. 

Examinons donc ces textes les uns après les autres. 

§ 2. — TESTAMENT DE PERPÉTUE. 

.Je commence par reproduire le texte du testament attribué à 
saint Perpétue^ (d'Achery, Spicilegium, in-4°, t. V, p. 105) : 

TESTAMENT VM PERPETVI Turonensis Episcopi. 

In nomine Iesv-Ghristi, Amen. Ego Perpetvvs peccator Turonicaî 
EcclcsicC Sacerdos abirenolui sine testamcnlo, ne fraudentur pauperes 
ils quœ superna gralia mihi non merito liberahler et amanter con- 
luUt; et ne, quod absit, transeant ad ahos quàm ad Ecclesiam 
Sacerdotis bona. 

1. Le testament attribué à Perpétue et les autres pièces qui font l'objet de ce 
mémoire n'étant connus que par l'édition de d'Achery, cette édition a pour ces 
textes la valeur d'un manuscrit unique. C'est pourquoi j'ai cru devoir en repro- 
duire exactement l'orthographe et jusqu'à la ponctuation, autant que le per- 
mettent les ressources ordinaires de la typographie moderne. 



208 

Presbyteris, Diaconibus et Glericis Ecclesiœ mese pacem Domini 
Iesv-Ghrjsti do, lego, Amen. Confirma hoc Domine quod operatus es 
in nobis, nescianL sehismala, slabiles in fîde permaneanl ; (juicunque 
regulam Euangelij fiicrit secuLus, sit benediclus omni benedictione 
spirituali in supcrnis per Christvm Iesvm, Amen. Et Dominas Iesvs 
occidat impium vento oris sui, Amen, Amen. Pax Ecclesise, pax 
populo, in vrbe, in agro à Deo et Pâtre Domini Iesv-Curisti, Amen. 
Veni, Domine, et noli sustinere. Amen. Vobis itaque Presbyteris, 
Diaconibus et Glericis Ecclesise meœ cum consilio Agilonis Gomitis 
scpeliendum cadauer mortis hujus vbicunque elegeritis, permitto; 
scio quôd Redemptor meus non moritur, et in carne videbo liberato- 
rem meum. Amen. Tamen si indigno mihi feceritis misericordiam, 
quam supplex postulo, oplarem ad Domni 3Iarïixi pedes in diem 
quiescere judicij, videritis, judicabitis, eligetis; volo, statuo. Ratum 
jubeo quod vobis dominis et fratribus meis placuerit. 

In primis itaque ego Perpetvvs, volo liberos esse liberâsque homi- 
nes et fœminas quotquot habeo in villa Saponaria, quos emi de mea 
pecunia, vt et pueros, quos in die [p. 106 :] discessus mei nonmanu- 
misero in Ecclesia : ita tamen vt libéré seruiant, quandiu vixerint, 
Ecclesise mese, sed absque seruitute ad heredes transmissibili et gle- 
batica. 

Do etiam Ecclesise mese agrum, quem Aligarius mihi vendidit in 
dicta villa Saponaria, cum stagno. Item molendina supra Garum 
prope dictam villamj necnon pecuaria et prata ipsi Ecclesise mese 
do, lego. 

Villam de Bertiniaco cum sylva et omni reditu, ea conditione, quâ 
mihi à Daniele Diacono vendita est, Ecclesise mese pariter do, lego. 
Ita tamen vt de eorum proucntibus oleum paretur pro Domni Martini 
sepulcro indeficienter illustrando : quod si fuerit neglectum , et 
voluntas mea, quod non spero, cassa, dicta villa de Bertiniaco cum 
adjunctis, heredibus meis mox nominandis cedat, volo, statuo, jubeo. 

Quidquid et quoquo in loco, et à quacunque persona fuerit mihi 
debitum, quo dieabscessero, dcbitoribus ipsis do, lego. Exigerequod 
dimitto nuUus prsesumat, volo, statuo. 

Tibi Fratri et Gonsacerdoti dilectissimo Evfronio^ thecam ex 
argento de Reliquiis Sanctorum do, lego. lUamintelligo quam déferre 
solebam ; nam deauratam aliam quœ est in capsario meo, cum duo- 
bus calicibus aureis, et cruce similiter aurea, quam Mabuinus fecit, 

1. Saint Euphrone, évéque d'Autun. 



20!) 

EcclesiîP me.-e do, lego. Simul eL oniiics libros mcos, prccLor Eiian- 
geliorum librum , quem scripsil Hilarivs quondam Piclauicnsis 
Sacerdos, quem tibi Evfronfo Fralri et Consacerdoti dilcclissimo 
cum prœfata llieca do, lego, voie, statuo : Memor eslo mei, Amen. 

Ecclesia? S. Dionysij de Rambasciaco, calicem argenteum, el cru- 
ceni similiter argenleam in cujus manubrio est Reliquia de eodem 
S. Dionysio do, lego. 

Ecclesiap de Proillio similiter calicem argenteum et urgcos*^ 
argenleos do lego. Similiter et Amalario ibidem Presbytero capsuiani 
vnam eommunem de serico, item peristcrium, et columbam argen- 
leam ad repositorium, nisi maluerit Ecelesia raea illam quâ vtitur 
eidem Amalario [p. 107 :] transmittere, meam retinere : tibi Eccle- 
s'ix meœ eligendum permitto, volo, statuo. 

Sorori mese FiDiiE ïvlije PERPETViE crucem paruam auream ex 
emblasmate, in qua sunt de Reliquiis Domini, do. lego. Quam tamcn 
obnixè rogatam velim, vt si forte, jubente Domino, eam contingat 
migrare ante DADOLEuam [sic] Virginem, Ecclesiae mese ei possiden- 
dam relinquat-. Te ctiam rogo soror Dadolexa, vt moriens eam 
Ecclesiœ quœ libuerit addicas, ne veniat ad indignos. Quôd si transcat 
Dadolena ante te, sit tibi liberum, carissima soror Fidia Ivlia 
Perpeiva, prsediclam crucem cui volueris Ecclesice relinqucrc, volo, 
statuo. Memor esto mei dilectissima, Amen. 

Tibi Agiloni Comiti ob egregia tua in Ecclesiam meam, et pau- 
peres filios meos mérita, et vt pergas eorum defensionem robuste 
suscipere sicut cœpisti, cquum meum parabilcra, et mulum quem 
clegeris do, lego. Memor esto mei fili dilectissime, Amen. 

Ecclesiae S. Pétri peristromata, quœ ei ad vtcndum in Natati ejus- 
dem sa?pè concessi, omninè et absolutc do, lego. 

Tibi Fratri et Consacerdoti carissimo, de quo Dominus prouidebit 
regendœ post discessum meum Ecclesiae nunc meœ, tune tuœ, aut 
potiùs nec meae nec tuœ, sed Ghristi, do quicquid ad vsum Episco- 
palem de rébus meis volueris eligere in caméra et sacrario vicino. 
Quod nolueris, heredum meorum nominandorum esto. Presbyterum 
de Malleio, ei'imque de Orbona ad gradus vnde meritô dejecti sunt, 
nunquam restitue. Sportulam tamen habeant quandiu vixerint supei- 
parle redituum meorum de Preslaio; quod supererit, cum parte illa 



1. Ea marge : siue * vrceos. 

2. Il faut lire : Ante Dadolenam Virginem Ecclesiae meae, ei possidendam 
relinquat. 



240 

quam vleiidam fruendam illis concessi, postquàm obierint, el Ubi 
vtendum fruendum relinquo; post discessum luum Ecclesise mese 
do, lego. At lu, Frater et Gonsacerdos carissime. Presbytères, Dia- 
conos, Clericos, Virgines, meos, tuos, ama, exemple juua, bene- 
iiolentia prseiieni; fac vt sciant se tibi fdios non seruos, te illis 
Patrem non dominatorem, rogo, volo, statuo. 

[/'. 108 :] At vos viscera mea, fratres dilectissimi, corona mea, 
gaudium meum, domini mei, filij mei, pauperes Christi, egeni, men- 
dici, œgri, viduse, orphani. Vos, inquam, heredes meos scribo, dico, 
statuo. His quse suprà detractis, quicquid in bonis habeo, siue in 
agris, pascuis, pratis, nemoribus, vineis, mansis, hortis, aquis, 
molendinis, siue in auro, argento, el vestibus, caeten'sque rébus, de 
quibus me disposuisse non constabit, heredes esse vos jubeo. Et vt 
omnia per discretionem administrentur, volo vt distrabantur quam- 
primùm obiero, et fieri poterit , et in pecuniam redigantur, cujus 
Ires partes fiant. Hominibus egenis duse distribuantur, vt placuerit 
Agrario Presbytère, et Comiti Agiloni. Tertia viduis et pauperibus 
fœminis, vti placuerit Virgini Dadolen^, distribuatur, volo, rogo, 

statuo. 

Testamentum hoc manu propria scriptum relegi et subscripsi ego 
Perpetvvs, Galend. Maias' post Gonsulatum Leonis Minoris A. lUud 
tu Delmati fîli apud te depositum serua ; et cum alio simili meapari- 
Icr manu scriptum et subscriptum, quodapud Dedolenam [sic] depo- 
sui, Agilo.ni Gomiti coram Fratribus meis Presbyteris, Diaconibus et 
Glericis aperiendum et legendum trades, in nomine Domini volo, 
rogo, statuo, fixum ratiimque sit. Benedic Domine: veni Ghriste Iesv. 

Ego Perpetvvs in nomine tuo, Amen^. 

Saint Perpétue fut évêque de Tours pendant trente ans, de 460 
à 490, selon les uns, de 464 à 494, selon les autres. Il nous est 
connu par plusieurs passages de Grégoire de Tours et de Sidoine 
Apollinaire ^ ainsi que par les actes de deux conciles qu'il a 

1. l"' mai 475. 

2. Le testament attribué à saint Perpétue a été réimprivné dans la nouvelle 
édition du Spicilegium, in-folio, 1723, t. III, p. 303; dans les Acta sanctorum 
Aprilis, t. I, p. 750; Ruinait, .S. Georgii Florentii Orecjoru episcopi Turonensis 
Opéra, col. 1317; Bréquigny et La Porte du Theil, Diplomata, p. 1; Pardes- 
sus, Diplomaia, t. I, p. 23; Gallia christiana, XIV, iuslr., col. 1 ; Migne, 
Patrolofjix Cursus, séries Latina, l. LVIIÎ, col. 753, et t. LXXI, col. 1149, etc. 

3. Grégoire de Tours, Ilistoria Francorum, H, 14, 26; X, 31; Miracula 
S. Martini, I, 6. — Sidoine, livre IV, lettre 18, et livre VII, lettre 9. 



2M 

présidés*. 11 était de famille .sénatoriale et fort riche; ses biens 
étaient situés dans plusieurs cités, c'est-à-dire dans les territoires 
de plusieurs diocèses différents 2. Il reconstruisit la basilique de 
Saint-Martin et y fut enterrée 

Grégoire de Tours mentionne un testament de saint Perpétue : 
« Il fit, dit-il, son testament : il distribua les biens qu'il possédait, 
en différentes cités, aux églises mêmes de ces cités et en assigna une 
part notable à celle de Tours ^. » On admet ordinairement que ce 
testament est celui qui a été imprimé dans le Spicilegium et qui 
vient d'être reproduit. D'Aclierj^ en le publiant le premier, a 
signalé l'accord qui lui semblait exister entre les dispositions con- 
tenues dans ce texte et les paroles de Grégoire ^ 

Cet accord n'est pourtant pas parfait. Grégoire dit que les 
domaines de Perpétue étaient nombreux et situés en diverses 
cités, c'est-à-dire en divers diocèses; le testament n'en men- 
tionne que trois, un dont la position n'est pas connue, Pres- 
laium, les deux autres situés dans le diocèse de Tours et non loin 
de cette ville, Savonnières et Berthenay. Selon Grégoire, Perpé- 
tue distribua ses biens entre les églises des cités où ils étaient 
situés, c'est-à-dire entre les cathédrales des diocèses auxquels ils 
appartenaient; dans le testament, les seules églises qui reçoivent 
des legs sont la cathédrale de Tours et trois paroisses du diocèse : 
Saint-Pierre de Tours, Saint-Denis d'Amboise et Preuilly. 

Il est vrai qu'on ferait disparaître ces contradictions en chan- 
geant la traduction d'un seul mot : il suffirait d'admettre que 
ciHtas, dans Grégoire, peut désigner un bourg ou un village 
aussi bien qu'une cité. Alors ce mot s'appliquerait sans difficulté 

• 

1. Collections des conciles, 18 aov, 461, par exemple Mansi, t. VII, col. 947 : 
« Perpétuas Turonicœ civilatis episcopus interfui et subscripsi. » — Concile de 
Vannes, vers /i65, Mansi, VU, 955 : « Perpetuus episcopus banc definitioneui 
nostram relegi. » 

2. Grégoire de Tours, Hist. Franc, X, 31 : « De génère et ipse, ut aiunt, 
senatorio... Dives valde et per multas civitates babens posscssiones. » 

3. Grégoire de Tours, ibid. 

4. Ibid. : « Coadiditquc testamentura, et deputavit per singulas civitates quod 
possidebat in eis ipsis scilicet ecclesiis, non modicain et Turonicai tribuens 
facultatern. » 

5. Spicilegium, in-4% t. V, préface, p. 10 : « Nobile antiquitalis monumen- 
luni hue usquc incdiluin, S. Perpetui Turonensis c|)iscopi lostamonlum, nuUa 
eget observalione; concordant universa in eo contenta ... cum iis quœ narrât de 
eo Perpeluo Gregorius Florentins... » 



212 

à Savonnières, à Berthenay, à Araboise, à Preuillj, et le texte 
du testament et celui de Grégoire ne seraient plus en désaccord. 
Nous devons rejeter cette hypothèse ; nous savons positivement que 
civitas, au Vf siècle, ne pouvait désigner qu'un chef-lieu de dio- 
cèse ou son territoire *. Mais autrefois, au xvif siècle, par exemple, 
on n'était pas aussi bien instruit de ce détail. Un traducteur dont 
le livre parut en 1668, l'abbé de Marolles, a cru que, dans le 
passage qui nous occupe , Grégoire entendait par civitates 
divers bourgs voisins de Tours, mentionnés par lui un peu plus 
haut-; et d'autres ont pu alors l'interpréter comme M. de Marolles. 
Ainsi, le testament publié au xvtf siècle, sous le nom de Perpétue, 
est en désaccord avec le texte de Grégoire de Tours, comme Gré- 
goire l'entendait certainement lui-même, et il est d'accord avec 
ce texte, comme on l'entendait au xvii'' siècle. Cela ne donne pas 
lieu de croire que Grégoire eût lu ce testament. N'est-ce pas 
plutôt l'auteur de ce testament qui avait lu Grégoire ? 

On a loué, dans le testament de saint Perpétue, la parfaite con- 
formité des dispositions prises par le testateur avec le droit romain 
en vigueur en Gaule à la tîn du v° siècle 3, Ceci demande à être 
vérifié. 

Tours, en 475, faisait partie du royaume des Visigoths'*. Ces 
barbares n'avaient pas enlevé à leurs sujets romains l'usage du 
droit romain. Un roi visigoth, Alaric II, fit rédiger à l'usage de 
la population indigène de ses Etats le corps de droit romain connu 
sous les noms de Breviarium Alarici, Liber Aniani ou Leœ 
Romana Visigothormn. Ce Breviariian, promulgué en 506, 
trente et un ans après la date du testament attribué à Perpétue, 



1. Aug, Longnon, Géographie de la Gaule au VP siècle (Paris, 1878, gr. 
in-S»), p. 7. 

2. L'Histoire des François, de S. Grégoire, evesque de Tours, de la traduc- 
tion de M. de Marolles, abbé de Vili«^loin (Paris, 16G8, 2 vol. ia-8°), t. I, 
p. 731 : « De son temps furent aussi bâties des églises aux bourgs de Eve, de 
Melré, deBerray... Il l'd aussi un testament par lequel il donna à chacune de 
ces églises ce qu'il y possedoit, qui nestoil pas peu de chose... » 

3. D'Achery, Spicilegium, ibid. : « Concordant universa in eo contenta cum 
jure Cœsareo. » — Hauréau, Gallia christiana, XIV, col. 14 : « Annotare 
non supervacuum ex Acherio, t. V, prajf., p. 10, subscribente de Brequigny, in 
Prolegom. Diplomatum, part. III, sect. 2, cap. 2. art. 3, lestamentum hoc Per- 
petui ad norrnam juris Cœsarei eximie digestura. Omnis unde removelur falsi- 
tatis suspicio. » 

4. Longnon, Géographie de la Gaule au VI'' siècle, p. 41. 



2^3 

est presque entièrement composé de textes de lois et d'extraits des 
ouvrages des jurisconsultes antérieurs à la seconde moitié du 
v'' siècle. Le droit qu'il contient était donc en vigueur dès avant 
475 et n'avait pas cessé d'être observé trente ans plus tard : c'est 
bien le droit qui régnait en Gaule à l'époque du prétendu testa- 
ment et d'après lequel il faut en juger les dispositions. 

Or, selon le droit romain en général et le Breviarium en par- 
ticulier, un testament est essentiellement l'acte par lequel on ins- 
titue un ou plusieurs héritiers, successeurs k titre universel. Sans 
institution, il n'y a pas de testament. L'acte peut contenir d'autres 
dispositions, des legs particuliers, des affranchissements d'es- 
claves : mais ces clauses secondaires sont subordonnées à l'insti- 
tution, en dépendent et en tirent leur force. Par suite, l'institution 
doit être écrite la première, les legs et les affranchissements 
ensuite : sinon, les legs et les affranchissements inscrits avant 
l'institution sont nuls. Cette règle est énoncée formellement au 
II" siècle par le jurisconsulte Gains S au m^ par Paul^ et Ulpien-S 
et elle est répétée au commencement du vi'' dans la Lex Romana 
Visigothorum*. Elle n'avait donc pas cessé d'être en vigueur 
durant tout le v'' siècle. Et non seulement elle était restée inscrite 
dans les lois, mais encore elle était connue et observée dans la 
pratique. Nous avons le texte de plusieurs testaments authen- 
tiques du vi« et du VII'' siècle : ceux de saint Rémi de Reims ^ 
mort en 533; de saint Césaire d'Arles*', mort en 542; de saint 



1. Gaius. II, 229, 230 : « De inutlliter relictis legatis. Anlc hcrcdis inslilulionein 
[in]uliliter legalur, scilicet quia teslamenta vira ex insliliitione heredis accipiunt 
et ob id Nelulcapul el fuudamenlum inlcllegiliir tolius leslamenli heredis insli- 
tulio. Pari ralione nec liberlas ante heredis iustitulionera dari polest. » Gaii 
Institutiones, éd. P. Kruegcr et G. Sludemund (Berolini. 1877, in-8°), p. 83. 
C'est évidemment par erreur que le manuscrit porte utUiter pour iautiliter ; 
comparez le passaj^e correspondant des Inslitutes de Juslinien, II, xx, 3i, qui 
abroge cette règle : « .\iile heredis iustilulioneni iiiulililer antea legabatur, sci- 
licet (juia teslamenta », etc. 

2. Paul, Sent., III, 6, reproduit dans la Lex Romana Visigothorum (ci-des- 
sous, note 4). 

3. Ul]iien, Fragm., I, 20 : « Post inortem heredis aut ante inslilulionein 
heredis testamenlo liberlas dari non polest, excepto leslamenlo miiilis. » 

4. Lex Romana Visigothorum, instr. G. llaencl (Lipsiae, 1858, gr. in-i"), 
p. 386 (Paul, Sent.) : « Ante heredis inslitulionera legari non polest. » 

5. Pardessus, Diplomaia, t. I, p. 81. 

6. Ibid., I, 104. 



21/. 

YrieixS mort en 591; de saint Bertrand du Mans 2, mort vers 
623; de saint Hadoind du Mans 3, mort en 652, etc. Tous ces 
actes débutent par l'institution d'iiéritier : les legs et les affran- 
chissements viennent ensuite. Il en est de même dans une formule 
de testament que nous a conservée le recueil de Marculfe^. On 
savait donc que la loi le voulait ainsi et qu'un ordre contraire 
entraînerait la nullité des clauses écrites avant l'institution. Eh 
bien, dans le testament de saint Perpétue, cette règle n'est pas 
observée. L'institution des héritiers est placée à la fin ; c'est la 
dernière clause de l'acte. Les legs particuliers et les affranchisse- 
ments d'esclaves viennent devant. Ces legs et ces affranchisse- 
ments sont donc nuls de plein droit. 

Une autre règle, constamment observée chez les Romains, veut 
que l'héritier institué soit une personne certaine, c'est-à-dire con- 
nue avec précision du testateur au moment où il fait son testament. 
L'institution est nuUe, si elle est formulée en faveur d'une personne 
incertaine, par exemple si l'on écrit : Le premier qui viendra 
à mon enterrement sera mon héritier, ou : Tous ceux qui 
viendront à mon enterrement seront mes héritiers, ou même 
si l'on institue une personne morale, une corporation, une muni- 
cipalité, ou un enfant qui n'est pas encore né. Ce principe, 
exprimé par Gains au 11'= siècle et par Ulpien au III<=^ se trouve 



1. Pardessus, Diplomata, t. I, p. 137. 

2. Ibid., I, 198. 

3. Ibid., II, 69. 

'i. Marculfe, II, 17 : Zeumer, Formulae, p. 86 ; E. de Rozière, Recueil général, 
n» 129. — Pour trouver un ou deux exemples contraires, il faut descendre au vii*^ 
el au VIII" siècle et aller les chercher dans les contrées de la Gaule où l'invasion 
fran(iuc avait le plus complètement effacé l'influence romaine : on trouve l'insti- 
tution après les legs dans le testament A'Adalgijsehis qui et Gryjno, diacre de 
Verdun-sur-Meuse, en 634 {Mémoires de la Société philomathique de Verdun, 
t. III, 1846, in-8", j». 329), dans celui de Widerad, abbé de Flavigny, mort en 
747 (Pardessus, II, 623; acte imité, avec une transposition maladroite, de la 
formule de Marculfe, II, 17), et dans une formule copiée sur ce dernier 
(Rozière, n° 128); on rencontre aussi alors et dans les mêmes régions quelques 
actes sans aucune institution d'héritier, que les rédacteurs appellent des tes- 
taments, mais qui ne sont que des donations (Pardessus, II, 15, 251, etc.). 

5. Ulpien, XXII, 4, 5, 6 : « Incerla persona hères institui non potest, velut 
hoc modo, Qm<iquis primus ad funus meum venerit, hères esta; quoniam cer- 
tum consilium débet esse testantis. Nec inunicipia nec municipes lieredes institui 
possinil, ([uoniam incertum cor])us est... Ueos hcredes instituere non possumus, 
prœter eos, quos senatus consulte constitulionibusve principuin insliluere cop- 



2irj 

encore dans une constitution de Justinien, promulguée en 528 ou 
529, qui en restreint les effets sans l'abolira Au v*' siècle, il 
n'avait subi aucune atteinte. Or, au mépris de ce principe, le tes- 
tament attribué à saint Perpétue nomme pour héritiers une caté- 
gorie de personnes désignées de la façon la plus générale et la 
moins certaine, les pauvres : « At vos, dit l'évêque, viscera mea, 
fratres dilectissimi, corona mea, gaudium meum, domini mei, filii 
mei, pauperes Christi, egeni, mendici, œgri, viduae, orphani, vos, 
inquam,lieredesmeosscribo,dico,statuo. » Il est impossible de voir 
dans cette phrase éloquente la désignation d'une ceria j)erso7ia. 
Pour donner une apparence de précision à la disposition, l'une 
des phrases suivantes nomme trois exécuteurs testamentaires 
chargés de recueillir les biens du testateur et d'en faire des 
aumônes : « Et ut omnia per discretionem administrentur, volo 
ut distrahantur ... et in pecuniam redigantur, cujus très partes 
fiant : hominibus egenis duœ distribuantur, ut placuerit Agrario 
presbytère et comiti Agiloni; tertia viduis et pauperibus fœminis, 
uti placuerit virgini Dadolenœ, distribuatur. » C'est donc à l'arbi- 
traire de ces trois mandataires qu'est laissé le choix des personnes 
appelées à bénéficier du testament : ces personnes elles-mêmes 
sont absolument inconnues du testateur. Les trois exécuteurs tes- 
tamentaires sont les véritables maîtres de la succession, et pour- 
tant ils ne sont pas institués héritiers. En somme, il n'y a pas d'ins- 
titution, partant pas de testament. 

S'il s'agissait d'attaquer en justice la validité de l'acte, ce qui vient 
d'être dit suffirait : dans un acte essentiellement inexistant, peu im- 
porte une clause nulle de plus ou de moins ; mais, pour la question 
de critique dont il s'agit ici, il n'est pas indifférent de multipher les 
preuves. Perpétue, selon le testament qu'on nous donne sous son 
nom, lègue àtous ceux qui seront ses débiteurs, au jour de sa mort, 
la remise de leurs dettes : « Quidquid et quoquo in loco et a qua- 
cunque persona fuerit mihi debitum, quo die abscessero, debito- 
ribus ipsis do, lego. Exigerequod dimitlo nullus praisumat : volo. 



cessum est... » Cf. Gaius, II, 238 : « Incerla aulein videlur persona quam per 
incertarn opinionem animo suo leslalor subicit, velut... Qui primus ad funus 
meum ven[er]it... Quicutnquc ad funus mcum venerit... » 243 : « Ac ne hères 
quidem potesl inslitui postunius alienus, est enim incerla j)ersona. » 

1. Code de Justinien, VI, xlvjii, 1 (constitution restituée d'après les Basi- 
liques), 'i 2 : Ka\ o-i où T-jyy wpôï xXripovôixov; vpdcBETOai àsavEÏ:;... Cf. ibid., g 27. 



216 

statuo. » Or, un legs, tout comme une institution d'héritier, doit 
s'adresser à une personne certaine, connue avec précision du tes- 
tateur; il doit aussi porter sur une chose certaine. Il faut que 
l'auteur du testament sache ce qu'il lègue et à qui il le lègue. 
Ainsi l'exigent les jurisconsultes de l'époque classique, et, à leur 
suite, la loi romaine des Visigoths^ La clause qu'on vient dehre 
ne satisfait pas à cette double condition. L'évêque de Tours ne 
peut savoir, au moment où il teste, quels seront ses débiteurs au 
moment de sa mort et quelles sommes ils lui devront. Le legs est 
incertain, il est donc illégal et nul. Il faut en dire autant de 
la clause par laquelle Perpétue, un peu plus loin, dispose de 
divers objets en faveur de son successeur futur sur le siège épis- 
copal de Tours : « Tibi fratri et consacerdoti carissimo, de quo 
Dominus providebit regendse post discessum raeum Ecclesise nunc 
mese, tune tuse ... do quicquid ad usum episcopalem de rébus meis 
volueris eligere in caméra et sacrario vicino. » Ici, la chose léguée 
est laissée au choix du légataire, et ce légataire lui-même ne sera 
déterminé que par une élection qui aura lieu après la mort du tes- 
tateur. Celui qui sera élu évêque de Tours, ce n'est pas une 
formule plus précise que : les premiers qui seront désignés 
consuls ; or , cette dernière formule est expressément prévue et 
déclarée non valable, dans deux textes formels, l'un du if siècle, 
l'autre du vi*^ 

Le prétendu testament de Perpétue est donc loin d'être aussi 
correct en droit qu'on l'avait dit. Mais, chose curieuse, s'il con- 
tredit le droit romain du temps et du pays où il est censé avoir 
été écrit, le droit en vigueur en Gaule au v' siècle, il s'accorde 
au contraire assez bien avec le droit qui fut promulgué à Cons- 
tantinople, au siècle suivant, par l'empereur Justinien. La plu- 
part des règles auxquelles il contrevient ne se retrouvent pas dans 



1. Gaius, II, 238 : « Incerlae persoaae legatum inutiliter relinquilur... » — 
Ulpien, XXIV, 18 : « Incertae personae legari non potcst... » — Paul, Sent., III, 
VI, 13 : « Legatum nisi certfc lei sit et ad cerlam pcrsonam deferatur, nullius 
est momenli. » Ce dernier passage se trouve dans la Lex lîomana Visigothorum 
(édition Haenel, p. 388), avec cette note : « Interpretalionc non eget. » 

2. Gaius, II, 238 (cf. InsUtutes de Justinien, II, xx, 25) : « Quod ita relin- 
([uilur, Qui post testamentum [scripimnprimi] consules désignai/ eruni, ieque 
incertis personis legari videlur. » — Code de Justinien, VI, xlviii, 1, § 27 : 
Kai Tispi TOÙ, âàv Ttç zin-(i i^Xopo^^Vo'' «'J'^o^ ys.^ia^oi.1 tov irpw-ov yEvôjiîvov uTratov 
\Lfza ■zt'f.tMvr^v aÙToO ... oùôè VoyaTOv toio'jtoi; TTpOffwuoi; xaTa),i[ATtavô|XEvov KJ^ue'* 



217 

la législation de ce prince. Celle qui ordonnait de placer l'insti- 
tution avant les legs et les affranchissements l'ut abrogée par 
Justinien en 528*. La même année ou en 529, le même empereur 
ordonna que les dispositions en faveur des pauvres ne seraient 
pas annulées comme adressées à des personnes incertaines-. Entin, 
il y a dans les Institutes un passage qui semble abroger la 
défense de faire un legs en faveur d'un légataire incertain^. Ainsi 
disparaissent les diverses irrégularités signalées dans le testament 
de Perpétue, et un jurisconsulte nourri du droit de Justinien pour- 
rait déclarer ce testament valable. Qu'en conclure, sinon que celui 
qui l'a écrit avait en effet appris le droit romain dans les livres de 
Justinien ? Or, on sait que ces livres ne pénétrèrent pas en Gaule au 
moment où ils lurent promulgués et qu'ils ne forment la base de 
l'étude du droit chez nous que depuis le xif siècle. Il y a donc lieu 
de croire que le prétendu testament de Perpétue a été rédigé à une 
date relativement récente. ( 

La langue du document ne prête qu'à un petit nombre de ! 

remarques . Les mots et les tournures qu'on y rencontre paraissent, [ 



1. Code de Justinien, VI, xxiii, 24 : (c Ainbiguitates , quie vel imperilia vel 
desidia lestanienta conscribentLuni oriuntur, resecandas esse censemus et, sive 
institutio heredum post legalorum daliones scripta sit vei alia prœterraissa sit 
observatio ... nuUi licenlium coiicedimus per eam occasionera testatoris volun- 
tateni subvertere vel minuere. » — Inst., II, xx, 34 ; « Ante heredis inslitu- 
lionein inutililer antea legabatur ... aec Jibertas ante heredis institutlonem 
daii poterat. Sed, quia incivile esse putaviraus ordineni quidcm scriplurœ 
sequi ... sperni auteni testatoris voluntatem, per noslram constilutionem et hoc 
vitium emendavimus, ut liceat et ante heredis instilutionem cl inter médias 
heredum instituliones legalum reiinquere et muito magis libertatem... » 

2. Code, VI, XLViii, l,_g 29 : Kal oxt t6 toî; tttw/o'.i; xaTa>.i[A7ravô[X£vov (iV) 
vo[AiÇi(îOw aovjXov. Nous n'avons pas le texte exact de cette constitution ; il faut 
supposer qu'il réglait l'emploi et la gestion des biens laissés aux pauvres. 

3. Inst., II, XX, 2.5-27 : « Incerlis vero personis neque legata neque fidei- 
commissa olim relinqui concessum erat... Sed nec hujusmodi si)ecies penitus est 
sine jusla eraendalione derelicta, cum in noslro codice conslitutio posita est, 
per quarn et huic parti medevinius non solum in heredilatibus, sed eliam in 
legatis et fideicommissis : quod evidenler ex ipsius conslilutionis lectione cla- 
rescit. » La constitution ici visée est la loi unique, au Code, VI. xlviii, dont 
nous n'avons pas le texte ; l'analyse grecque ([ui nous en a élé conservée par 
les Basiliques ne parait pas indiquer l'abrogation complète de l'ancienne règle 
(voy. surtout le g 27). Le passage des Inslilutes n'en a pas moins été compris et 
expliqué, à tort ou à raison, en ce sens que Justinien permet de faire des legs 
à toute personne incertaine : voy. par exemple Accarias, Précis de droit 
romain, t. I (Paris, 1872, in-S"), p. 746 et 886. 



î 



2^s 

pour la plupart, à leur place dans un texte du v*^ siècle. Pourtant 
deux ou trois termes font exception. 

Perpétue, voulant marquer qu'il laisse aux pauvres ses biens 
fonciers de toute nature, déclare leur transmettre tout ce qu'il 
possède « in agris, pascuis, pratis, neraoribus, vineis, mansis, 
hortis, aquis, molendinis. » Je ne m'arrêterai pas sur ce dernier 
mot : si l'on a remarqué avec raison que l'emploi en est rare dans 
les textes anciens S il n'est pourtant pas sans exemple ^ Mais 
mansus ou mansum est un mot de l'époque carolingienne, dont 
on ne s'explique pas la présence au v*" siècle. Le dictionnaire de 
Forcellini ne l'a admis que sur la foi de ce passage et n'en cite pas 
d'autre exemple; ceux qu'indique Du Gange ne remontent pas 
au delà du temps de la seconde race. 

Plus haut, le testateur lègue la liberté à certains esclaves, à 
condition qu'ils resteront durant leur vie au service de l'église de 
Tours, mais sans que leurs enfants héritent de leur condition ser- 
vile : « ita tamen ut libère serviant, quandiu vixerint, Ecclesise 
meae, sed absque servitute ad heredes transmissibili et glebatica. » 
Qu'est-ce qu'une servitus ad heredes transmissibilis et gleba- 
tica? Il est étrange d'entendre parler des héritiers d'un esclave : 
l'homme libre seul, chez les Romains, peut avoir des héritiers, 
puisque seul il a des biens et des droits ; réunir dans une même 
phrase les mots servitus et heredes, c'est associer des idées con- 
tradictoires. Les adjectifs transmissibilis et glebaticus sont tous 
deux inconnus à la langue latine, même à celle de l'époque la plus 
basse. Le second seul se trouve dans le glossaire de Du Gange, 
qui n'en cite d'autre exemple que celui du testament attribué à 
Perpétue. Il semble que servitus glebatica traduit l'expression 
française « esclavage de la glèbe », familière aux légistes des 
temps modernes; et transmissibilis, inusité en latin, paraît 
calqué sur « transmissible », qui existe dans notre langue, d'après 
le dictionnaire de Littré, depuis le xvf siècle. 

Ge sont encore là quelques indices de la date moderne du texte. 

1. J. Quicherat, Critique des deux plus anciennes chartes de l'abbaye de 
Saint -Germain des Prés, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, 
2G' année, l. I de la 6' série, 18G5, p. 525; K. F. Slumpf, Uebe)- die Merovin- 
ger-Diplome, dans la Historische Zeitschrift, XXIX, p. 390. 

2. Saint Augustin, In Psalm. XXXVI. 2, et Tn Psalm. CXXXII, 4; Amraien 
Marcellin, XVII, 4 (15); Monumenta Germaniae, in-fol., DipL, p. 27, 1. 1, 
et p. 42, 1. 21. 



•2^9 

Il est remarquable qu'il n'y en ait pas davantage de ce genre. Si 
l'on doit admettre, et pour moi je n'en doute pas, que le testament 
dit de Perpétue est une œuvre moderne, il faut du moins recon- 
naître le talent avec lequel l'auteur a su s'approprier la langue et 
la phraséologie du temps où il voulait paraître avoir écrit. 

Il a été moins heureux en ce qui concerne la topographie. 

Sept noms de lieu en tout (outre celui de la cité même de Tours) 
figurent dans le testament. C'est bien peu, si l'on songe que le 
testateur était un riche propriétaire, possédant des domaines en 
diverses provinces, clives valcle etiwr multas civitates habens 
possessiones, et surtout si l'on met en comparaison l'abondance 
des indications topographiques contenues dans certains testa- 
ments authentiques, comme celui de saint Rémi de Reims et celui 
de saint Bertrand du Mans'. Quoi qu'il en soit, de ces sept noms, 
deux seulement n'offrent aucune difficulté : ce sont ceux de la 
villaSapo7iaria, supra Canmi, et de la villa de Bertiniaco, 
où l'on reconnaît à première vue deux locahtés voisines de Tours, 
Savonnières, sur le Cher, etBerthenay (Indre-et-Loire). 

Deux autres noms, aussi faciles à traduire que ceux-ci, sont 
moins faciles à expliquer : ce sont Proillium (« ecclesia de 
Proillio ») et Malleium (« presbyterum de Malleio »), qu'on 
traduit, l'un par Preuilly, l'autre par Maillé, aujourd'hui Luynes 
(Indre-et-Loire). Au v'' siècle, ces noms devaient être encore 
Prulliacus (ou une forme encore plus ancienne) et Malliacus; 
Proillium et Malleium sont de ces formes comme on en a 
fabriqué en France depuis le xi" siècle, une fois le latin devenu 
entièrement une langue morte. Il est vrai que le testament de 
Perpétue, en le supposant autlientique, ne nous serait parvenu 
que par des copies relativement récentes. î^lais on sait que les 
copistes du moyen âge n'étaient pas capables de changer les 
noms, dans les textes qu'ils copiaient, pour les accommoder à la 
mode de leur temps ; les manuscrits de Grégoire de Tours nous 
ont fidèlement transmis les noms de lieu sous la forme qu'ils 
avaient au vr siècle, et qui est souvent bien différente de celle 
qu'on employait au temps où ces manuscrits ont été copiés. Il 

1. Jules Quicherat a déjà signalé, dans un document attribué à l'époque 
mérovingienne, la rareté des indications topographiques, comme un indice de 
fabrication postérieure : Bibliothèque de l'École des chartes, 6" série, l. I, 
p. 539. 



220 

n'est pas possible de croire qu'un texte où se rencontrent les 
formes Proillium et Malleium soit un texte authentique du 
v° siècle. 

La même observation s'applique à Preslaium (« super parte 
redituum meorum de Preslaio »), qui n'a pas été identifié, mais où 
l'on reconnaît aisément un de ces noms terminés en français 
moderne par les lettres ay. La terminaison ordinaire de ces noms 
en latin antique est acus. Un nom comme « Preslay », auquel 
fait penser naturellement Preslaium, aurait été au v*-" siècle 
quelque chose comme Pratellacus. 

Enfin, il est tout à fait impossible de rendre compte du nom de 
Yecclesia sancti Dionysii de Rambasciaco, à laquelle Perpé- 
tue lègue un calice et une croix avec des reliques, et de celui 
à'Orbona, lieu qui avait, selon le testament, un prêtre et par 
conséquent sans doute une église. On a traduit Rambasciacus 
par Amboise, et il est difficile de ne pas accepter cette traduction, 
Amboise étant à ce qu'il paraît le seul lieu du diocèse de Tours, en 
dehors de la cité même, qui eût une éghse dédiée à saint Denis'. 
Mais Amboise est en latin Ambasia, et dans Rambasciacus la 
présence de YR initiale et celle du suffixe iacus sont également 
inexplicables-. Dans Orbona, qui est, dit-on, Orbigny (Indre-et- 
Loire), c'est au contraire Tabsence du suffixe iacus qui doit 
étonner; sans compter qu'au v' siècle Orbigny n'avait encore, 
nous le savons, pas d'église et par conséquent pas de prêtre^. Ces 
formes sont de celles qu'on pouvait forger, il y a un siècle ou deux, 
quand on ignorait encore les lois fixes de la transformation des 



1. Ém. Mabille, Notice sur les anciennes divisions territoriales et la topo- 
graphie de l'ancienne province de Touraine (Paris, 1866, in-8"; extrait de la 
Bibliothèque de l'École des chartes, 186-2-1866), p. 182, 188. 

2. Ruinart, reproduisant le testament à la suite des œuvres de Grégoire de 
Tours, a été si frappé de l'impossibilité de la forme Rambasciaco qu'il l'a cor- 
rigée de son autorité privée et a imprimé de Ambasciaco, sans avertir qu'il 
modifiait arbitrairement le texte : Sancti Georgii Florentii Gregorii episcopi 
Tiironensis Opéra omnia, opéra et studio D. Th. Ruinart (Paris, 1699, in-fol.), 
col. 1.318 c. 

3. Grégoire de Tours, Hisioria Francorum, X, 31 : « Octavus decimus Eufro- 
nius presbiter ordinatur episcopus... Taurisiaco, Cerale et Orbaaiaco vicis 
ecclesiœ .'cdificatœ sunt. » Mabille {Notice, p. 43, 44) accuse ici Grégoire 
d'erreur, sur la seule foi du testament. Grégoire de Tours se montre en général 
bien informé de ces détails de l'histoire de son diocèse, et son autorité doit 
être préférée à celle d'un texte déjà suspect à tant d'égards. 



221 

noms latins en français ; ce ne sont pas des formes qui aient pu 
réellement exister à une époque ancienne. 

Nous arrivons donc toujours h une même conclusion. Soit qu'on 
rapproche le testament attribué à Perpétue du texte de Grégoire 
de Tours sur cet évèque, soit qu'on en compare les dispositions 
avec les règles du droit romain observé en Gaule au V siècle, soit 
qu'on l'examine au point de vue de la langue ou au point de vue 
de la topographie, on trouve des raisons de douter qu'il ait été 
réellement écrit à la date qu'il porte, et on est conduit à y voir 
une production moderne. 

Ce résultat pourra étonner. On a signalé avec raison dans le tes- 
tament de Perpétue des pensées édifiantes, exprimées en assez bon 
stjleS et l'on aura peine à admettre qu'un morceau dont la lec- 
ture a touché beaucoup de personnes de mérite soit l'œuvre d'un 
imposteur^. Mais il serait dangereux, dans une question de cri- 

1. Le Nain de Tillemonl, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, 
t. XVI^ p. 397, 39S : « Ce furent les pauvres, comme nous verrons, qu'il institua 
ses héritiers, par un testament ijuo Dieu a fait découvrir il n'y a que peu 
d'années... Son testament, qu'il lit 15 ou 16 ans avant sa morl, nous apprend 
encore combien il desiroit de quitter la terre, pour aller jouir de Dieu. 11 le 
finit par ces mots du disciple bien aimé : Venez Jésus Christ mon Sauveur. En 
un mot il avoit la dignité des Apostres, la vie des Anges. » — E. Le Blant, 
Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. I, p. 247 : « Il légua aux églises des 
vases sacrés et laissa son bien anx pauvres, comme nous l'apprend son admi- 
rable testament. » — Hauréau, Gallia chrisiiana, t. XIV, col. 13 : « Tesla- 
mentum illius infra reperies, pietatis erga Deum et pauperes perquam lauda- 
bile pignus et monumenlum. » 

2. Le testament -xUribué à Perpétue semble n'avoir pas été sans induence sur 
le testament écrit le 8 mars 1697 par le janséniste Pierre Thomas, sieur du 
Fossé, qui avait été l'ami et le collaborateur de Le Nain de Tillemont, et qui 
mourut en 1G98. Comparez les passages suivants des deux textes. Perpétue : 
« Tibi fratri et consacerdoti dilectissimo Eufronio thecam ex argenlodereliquiis 
sanctoruni do, lego ; illam inteliigo quam déferre solebam... Sorori mcœ Fidi;e 
Juliœ Perpctu.'e crucem parvam auream ex cmblasmate, in qua sunt de reli- 
quiis Domini, do, lego; quam tamen obnixe rogalam velim, ut, si forte jubenl(! 
Domino eam conlingal migrare ante Dadolenam virginem Ecclesiœ me<e, ci 
possidendain relinquat. Te eliam rogo, soror Dadolena, ut moricns eam ecclesiae 
quœ libuerit addicas, ne veniat ad indignos... » Du Fossé : « Je donne à ma 
sœur du liosroger les deux croix d'or, dans l'une desquelles est une portion très 
auerée du bois de la vraye croix de Nostre Seigneur, que j'auois accoutumé de 
porter toujours sur moy... Je donne à Madame de Mongobert le reli(|uaire que 
ma sœur Mellhide m'auoit donné ... la suppliant neanlraoins de vouloir bien le 
laisser après sa mort à mon frère, à cause de la vraye croix de Nostre Seigneur 
qui est dedans, et que je souhaitlerois qu'elle ne lombast point en d'autres 

IG 



^•22 



tique, de trop s'abandonner à des raisons de sentiment. Le faussaire 
qui, ayant vu dans Grégoire de Tours la mention d'un testament 
de saint Perpétue, entreprenait de refaire ce testament, jugeait 
aisément qu'il était à propos d'y exprimer des sentiments de piété. 
Si ce faussaire savait bien le latin, ce qui n'était pas rare dans 
les derniers siècles, et s'il avait quelque talent pour écrire en 
cette langue, les bons termes ne devaient pas lui manquer, et il 
pouvait, sans trop de difficulté, produire le morceau que nous 
lisons aujourd'hui. 

A le bien prendre, l'étalage même de piété qui se montre dans 
ce morceau est peut-être un motif de plus pour le rejeter. Saint 
Rémi de Reims n'était pas un prélat moins pieux que saint Per- 
pétue ; pourtant son testament ne contient pas de ces suites de 
phrases édifiantes qui remplissent celui de l'évêque de Tours. 
Saint Rémi savait mettre chaque chose à sa place ; dans un testa- 
ment, qui est un acte civil, il parlait la langue des affaires civiles. 
En lisant ce qu'on nous donne pour le testament de Perpétue, on 
croirait parfois écouter une homélie. La faute n'en est pas au 
saint évêque de Tours : elle est au faussaire des temps modernes 
qui a osé s'emparer de son nom. 



§ 3. — EPITAPHE DE PERPETUE. 

L'épitaphe de Perpétue, qui suit le testament dans la première 
édition, se compose de huit distiques [Spicilegium, in-4'', t.V, 
p. 109) : 

EPITAPHIVM EIVSDEM PERPETVI EPISGOPL 

CVLMINA sublimi tollunt quse vertice cristas 
Eximius meritis PERPETVVS dederat 

Domno MARTINO, cujus sub marmore pamani 
Ossa, veneratur guœ pia plebs precibus. 

Heredem scripsii Christum, atcjun aurea multa 
Sacrando Domini vasa cruore dédit. 



mains tjue celle de nôtre fantiille... » Mémoires de Pierre Thomas, sieur du 
Fossé, publiés par F. Bouquet, t. IV (Rouen, Société de l'histoire de Normandie, 
1879, in-8°), p. 398, 399. 



223 

Transmisit cœlo, quœ plurima cessif egenis, 

Fecif et antè suas scandere diuitias. 
Clarus auis, atauisque potem, fuit atque Scnator : 

Clarior at sua dum pauperibus tribuit. 
Sed neque MARTI NO soli iam grande sepulcrum 

Construxit, tumulum fecit et essesuum. 
Et licct ante pedes MARTINI contumuletur, 

In cœlo simili gaudet rterque loco : 
Rcspice de superis super hoc, bone Pastor, ouili, 

PERPETVVSque tuam perpelua palriauiK 

Le style et la facture de ces vers rappellent assez bien les poé- 
sies du v*' siècle et notamment une pièce de Sidoine Apollinaire, 
qu'on trouve à la fois dans les œuvres de cet auteur et dans le 
recueil des inscriptions de la basilique de Saint-Martin de Tours, 
rêédifiée par Perpétue-. Cette pièce se termine par un jeu de mots 
sur le nom de Perpetuus ^ : le même jeu de mots se retrouve au 
dernier vers de l'épitaphe. L'auteur de l'épitaphe a certainement 
imité la pièce de Sidoine. Il était naturel de prendre ce modèle en 
cette circonstance, et cela ne nous apprend rien sur l'époque à 
laquelle cette épitaplie a été composée. 

La seule chose à remarquer, c'est l'accord de ces vers avec le 
prétendu testament. Le testament contient une disposition univer- 
selle en faveur des pauvres ; l'épitaphe loue l'évêque d'avoir laissé 
aux pauvres ses richesses. Le testament renferme divers legs de 
vases et d'objets d'orfèvrerie en faveur des églises; l'épitaphe 
parle de vases d'or légués aux sanctuaires. Or, on vient de voir 
que le testament est faux et que la disposition en faveur des 
pauvres est l'un des indices qui donnent le droit d'en nier l'au- 
thenticité. Les legs d'objets précieux aux églises sont également 
suspects ■*. 



1. Réimprimé : Spicilecjium, iii-fol., 1723, III, 304; J. Quicherat, Restifuiion 
de la basiliqup de Saint-Martin de Tours, dans la Revue archéologique, nou- 
velle série, XX, 2- sera. 1869, p. 10; Gallia christiana, XIV, 14; Le BlanI, 
Inscriptions chrétiennes de la Gaule, I, p. 247; Mijine, LVIH, 755, etc. 

2. Sidoine Apollinaire, livre IV, lettre 18 ; E. Le Riant, Inscriptions chré- 
tiennes de la Gaule, t. I, p. 241 ; cf. J. Quicherat, lievue archéologique, nou- 
velle série, XIX, 1" sem. 1869, p. 315 et suivantes, etc. 

3. Perpetuo durent culmina Perpelui. 

4. Grégoire dit de Perpétue : « Deputavit per singulas civitates quod possi- 



Si le testament et l'épitaphe nous étaient parvenus par des 
voies différentes, on pourrait admettre l'authenticité de l'épitaphe 
et supposer qu'elle a été connue du faussaire qui a fabriqué le 
testament; c'est là qu'il aurait pris l'idée des dispositions qu'il y 
a inscrites. Comme les deux textes, au contraire, ont une même 
origine, et une origine suspecte, il est plutôt à croire qu'ils ont 
été fabriqués par une même personne. Il est tout simple alors que 
le faussaire ait répété dans la pièce de vers les détails qu'il 
avait mis dans l'acte en prose, afin d'accréditer ses deux pro- 
ductions l'une par l'autre. 

§ 4. _ DONATION DE MICY. 

On a cru jusqu'en notre siècle posséder le texte de plusieurs 
diplômes de Clovis P^ La critique de notre temps a fait justice de 
ces fabrications du moyen âge. Tous les diplômes autrefois attri- 
bués à Clovis P"" sont aujourd'hui relégués au rang des pièces 
apocryphes, à Texception d'un seul : ce survivant unique est le 
diplôme de donation de la terre de Micy à saint Euspice et à son 
neveu Mesmin, publié par d'Achery d'après une copie trouvée 
dans les papiers de Jérôme Vignier, et ainsi conçu {Spicilegiu7n, 
in-4°, t. V, p. 303) : 

FVNDATIO ABBATLE MIGIAGENSIS, 
Nunc S. Maximini, vulgô S. Memix, à Glodoueo I. Francorum Rege 

Christiano. 

Clodovevs Francorum Rex vir inluster, Tibi venerabilis senex 

débat in eis, ipsis scilicetecclesiis. » Par les mots quodpossidebatineis, il entend 
a|)parerament les biens-fonds que Févt^que de Tours possédait dans le territoire 
de chaque cité. Si l'on ignorait, ainsi qu'on l'a vu plus haut, que civiias dési- 
gnât un territoire, celte phrase pouvait avoir quelque obscurité; on devait 
alors être tenté de ne pas mettre de virgule après eis et d'entendre : les objets 
que Perpétue possédait dans chaque église, c'est-à-dire les pièces de mobilier 
ccciésiaslique qu'il y avait mises en dépôt ou prêtées, sans en abandonner la 
propriété. On peut conjecturer que celui qui a fabriqué le testament a commis 
ce contre-sens, et qu'il a tiré de là l'idée des clauses suivantes : « Ecclesiœ de 
Proillio similiter calicem argenteum ... do, lego; sirailiter et Amalario ibidem 
presbytero ... columbam argenteam ad repositorium, nisi maluerit Ecclesia mea 
illam qua nunc utitur eidem Amalario transmitterc, meam retinere. » — 
« Ecclesiœ S. Pelri peristromata quœ ci ad ulenduin in natali ejusdem saepe 
concessi, omnino et absolute do, lego. » — « Tibi fratri et consacerdoti ... do 
quicquid ad usum episcopalem volueris eligere in caméra et sacrario vicino. » Etc. 



Eosnci, luôque Maximino, vl possilis, el hi qui vobis in sanclo pro- 
posilo succèdent, pro noslra. dileclaeque conjugis et filiorum .sos|>i- 
late diuinam misericordiam precibus vestris impetrarc*^; Miciacum 
concedimu?, ot f|uidiinid est fisci noslri inlra lluminum alucos, per 
sanctam confarreaLionem et annuium inexceptionaliler Iradimus, el 
corporaliter possidendum pr?pbemus absque trii)uUs, naulo et exa- 
clione, siue infra siue extra Ligerim et Ligerinum, cum querceln cl 
saliclo, el vtroque molendino. Tu verô EvsEiii sancle, religionis 
Catholicœ Episcope, Evspicii senectara foue, Maximino faue, et tam 
eos quàm possessiones eorum in tua Parochia, ab omni calumnia et 
injuria prœsta liberos-, neque enim nocendi sunt quos Regalis 
affectus prosequitur. Idem agite, ô vos omnes sancti Gatholicœ Reli- 
gionis P]piscopi. 

[P. 304 :] Vos ergoEvspici et Maximine desinite inter Prancos esse 
peregrini, et sint vobis loco patriœ in perpetuum possessiones ([uas 
donamus in nomine Sanctœ, Indiuiduœ. œqualis, et consubstantialis 
Trinitatis. 

lia fiât vt ego Glodovevs volui. 

EvsEBivs Episcopus confirraaui-. 

Si cette donation était en effet authentique, elle occuperait une 
place prééminente parmi les actes royaux de la dynastie méro- 
vingienne. Ce serait non seulement le seul diplôme connu de 
Clovis P^ mais même le seul diplôme antérieur à l'an 562 et 
plus probablement le seul du vi*" siècle^. L'intérêt en serait donc 

1. En marge : /".* implorare. 

2. Réimprimé : Spkilegium, in-fol., 1723, 111, 307; Mabillon, De rt d'qdo-^ 
matica. p. 463; Annales ordinis S. lîenedicli, t. I, \). 34; Histoire des contes- 
tations sur la Diplomatique, p. 'i6; liouquel, Recueil des historiens des Gaules 
et de la France, 1. IV, p. G16; Bréqiiigny, p. 14; Pardessus, T, p. 57: K. Perlz, 
Monumenta Germaniae. in-fol., DipL, I, 1, etc. 

3. Le plus ancien diplôme qui existe en original est do l'an 625 (Tardif, 
Monuments historiques, n" 4; Monumenta Germaniae, in-fol., Diplomotum 
imperii t. 1, n° 10, p. 13). Neuf prétendues pièces authentiques antérieures ;\ 
cette date, connues par des copies, ligurent dans la dernière édition des actes 
des rois mérovingiens {Monumenta Germaniae, ibid.). De ces neuf pièces, le 
n" 1 est la donation de Micy ; le n° 7 n'est pas un diplôme royal, c'est une lettre 
de sainte Radegonde, rapportée par Grégoire de Tours ; les n" 2, 4, 5, 6 et 8 ont 
été reconnus apocryphes (Th. Sickel, Monumenta Germaniae, etc., Diploma- 
tum imperii tomus I, etc., hesprochen, Berlin, 1873, in-8'', p. 63 et 64; Stum|>f, 
dans la Historische Zeitschrift, XXfX, p. 386. 401, etc.); la fausseté du n" 3 a 
été reconnue et sera, je pense, prochainement démontrée par M. Robert de Las- 



220 

très grand. Mais, plus une pièce est importante, plus on doit se 
garder de l'accepter sans bonne garantie. L'authenticité de celle- 
ci, admise sans examen jusqu'à ce jour, n'est pas démontrée. 

L'abba} e de Micy ou de Saint-Mesmin, située dans le diocèse 
d'Orléans, au confluent de la Loire et du Loiret, honorait 
comme son fondateur et son premier abbé un saint personnage 
appelé en latin Maximinus, en français saint Mesmin. C'est de 
ce saint qu'elle a pris le nom sous lequel elle a été généralement 
connue aux temps modernes. Nous avons plusieurs biographies 
de saint Mesmin, écrites pendant le moyen âge ^ . Ces divers récits 
ne diffèrent que par la forme ; ce sont évidemment plusieurs 
rédactions d'une même matière. On y lit que Mesmin était le 
neveu d'un prêtre de Yerdun-sur-Meuse, nommé Euspice, qui 
vivait au temps de Clovis. Les habitants de Verdun s'étant 
révoltés contre le roi, celui-ci vint assiéger la ville. Euspice alla 
le trouver et obtint de lui la grâce de ses concitoyens. Clovis 
voulut alors le faire évèque de Verdun, en remplacement de 
saint Firmin, qui était mort pendant le siège : Euspice refusa cet 
honneur, mais il consentit, ainsi que son neveu Mesmin, à suivre 
le roi quand celui-ci quitta Verdun, et tous deux l'accompa- 
gnèrent jusqu'à Orléans. Là, Clovis invita Euspice à choisir 
parmi les biens du fisc un domaine pour s'y établir et y finir ses 
jours. Le prêtre fixa son choix sur la terre de Micj', mais, se 
sentant près de sa fin, il pria le roi de faire la donation au nom 
de Mesmin plutôt qu'au sien. Le diplôme fut expédié comme le 
vieillard l'avait demandé. Euspice et Mesmin, installés à Micy, y 
réunirent autour d'eux un certain nombre de religieux ; après la 
mort d'Euspice, Micy devint un monastère régulièrement consti- 
tué, et Mesmin en fut le premier abbé. 

On ne sait ce qu'il faut croire de ces afiirmations. Les diverses 
rédactions de la Vie de saint Mesmin ne paraissent pas avoir été 
écrites avant le ix" siècle 2; elles sont donc postérieures de trois 

leyric. Reste le n" 9, qu'on peut à la ligueur croire authonti(jue et (ju'il faudrait 
dans cette supposition rapporter à l'année 562, si encore il était bien établi que 
le Chilpericus dont il porte le nom fût, comme on le prétend, Cbilpéric I". 

1. Du Chcsne, Uisiorix Francorum Scriptores, t. I, p. 531, et Mabillon, 
Acla sanctorum ordinis S. Benedicti, saec. I, p. 5S1; Acta sonctonim 0. S. B., 
I, p. 591; Bibl. nat., ms. lat. 12612, f" 85-88. 

2. Selon Mabillon, la Vie publiée partiellement dans Du Cliesne, t. I, p. 531, 
et en entier dans les Acla sanctorum ordinis S. Benedicti, saec. I, p. 581, serait 



i 



227 

siècles aux faits qu elles rapportent. La rébellion des Vordiinois 
et le siège de Verdun ne sont mentionnés dans aucune chronique 
de l'époque mérovingienne. On ignore donc si ce sont des évé- 
nements réels ou s'il ne faut y voir qu'une légende. En les 
supposant réels, on ne sait à quelle époque les placer dans le règne 
de Clovis * . 

L'existence bien constatée du texte de la donation de Clovis à 
saint Mesmin apporterait à ces récits plus ou moins dignes de foi 
une confirmation aussi précise que rare. Or, nous avons, non pas 
un, mais trois textes de cette donation. On les trouve tous trois à 
la suite les uns des autres dans le recueil de lîréquigny. L'un est 
celui que d' Achery a trouvé dans les papiers de Vignier ; les deux 
autres 2, entre lesquels on remarque peu de différence, sont tirés 
d'un cartulaire de Saint-Mesmin, écrit au xiif siècle et aujourd'hui 
perdu. 

Ces deux derniers sont d'une fausseté évidente, comme l'ont 
reconnu et démontré Bréquigny et La Porte du Theil, auxquels il 
suffit de renvoyer'^. Il est clair qu'ils ont été fabriqués au moyen 



du vii° s.; le dernier chapitre, qui mentionne un évoque d'Orléans du ix" s., 
Jonas, et qui manque dans quelques manuscrits, serait une interpolation. Cette 
lin manque en efl'et dans le ms. lat. 5310, de la Hibliolliéque nationale 
(f"' 147-158), qui est du xi" s. ; mais elle se trouve dans les mss. lat. 3851 A 
(f"* 110-121), du X» s., et 1543G (f- 181-186), du xi\ Comme ce dernier 
chapitre traite, non de la vie de saint Mesmin, mais de ses miracles après sa 
mort, et que ces miracles ont été racontés dans un ouvrage distinct (AA. 
SS. 0. s, B., I, 598), on comprend que quelques copistes aient cru devoir 
retrancher ce chapitre de la Vie, où il semblait mal placé. Le style de cette 
Vie ne permet pas d'y voir une œuvre du vu'' s.; on y sent l'inlluence de la 
renaissance carolingienne. L'autre Vie (AA. SS. 0. S. B., I, 591) est cert^ii- 
nement du ix' s., comme le prouve la dédicace à Jonas. La Vie inédite con- 
tenue dans un ms. du xiir s., lat. 12612 (f"' 85-88), renferme des anachronismcs 
qui trahissent une rédaction bien postérieure aux deux jirécédentes. 

1 W. Junghans, Histoire critique des règnes de Childerich et de Chlodovech, 
traduite par M. Gabriel Monod {'il" fascicule de la Bibliothèque de l'École des 
hautes études, 1879, in-S"), p. 32. 

2. Bréquigny et La Porte du Theil, Diplomata, n"' 7 et 8, p. 15, 17; Par- 
dessus, t. I, p. 58, 59. M. Jules Doinel, archiviste du Loiret, a bien voulu 
me signaler l'existence d'une copie de l'une ou l'autre de ces chartes, dans un 
dossier donné aux archives du Loiret par l'abbé Desnoyers. C'est la copie notariée 
d'un vidimus de 1348, reproduisant un vidimus de 1318, celui-ci fait d'après le 
prétendu original. 

3. Bréquigny, p. 16, note 2, et p. 17, note 1 ; Pardessus, p. .58, note 4, et 
p. 59, note 1. 



22S 

âge (au xiii" siècle au plus tard) et que le faussaire en a pris 
l'idée et les dispositions dans le récit de la vie de saint Mesmin. 
Il n'y a pas de raison sérieuse d'accorder plus de créance au 
texte de Vignier, publié par d'Aclierj'. 

Si les bénédictins de Micj, au xiif siècle ou à une époque plus 
ancienne, ont éprouvé le besoin de fabriquer un faux diplôme de 
donation du roi Clovis pour saint Mesmin , c'est apparemment 
que l'acte véritable de cette donation n'était pas entre leurs 
mains. Donc, ou cet acte n'avait jamais existé, ou il était perdu. 
Dans l'un et l'autre cas, où et comment Jérôme Vignier a-t-il pu 
le retrouver au xvii' siècle? C'est ce qu'il est impossible de 
comprendre, et il y a là une première difficulté sérieuse. 

Pour rejeter les deux diplômes tirés du cartulaire de Saint- 
Mesmin, on a fait remarquer avec raison que les formules qui s'y 
trouvent n'étaient pas en usage à l'époque mérovingienne. Cette 
objection s'applique également au diplôme de Vignier. 

Les diplômes mérovingiens sont toujours rédigés sous la forme 
d'une lettre adressée aux fonctionnaires royaux 2. Dans la donation 
de Micy, le roi s'adresse, non à ses agents, mais au vieillard Eus- 
pice; il le tutoie, ce qui n'est pas ordinaire dans les actes du temps 
de la première race^ : « Tibi, venerabilis senex Euspici, tuoque 
Maximino ... Miciacum concedimus, etc. » Puis, contrairement 
aux usages, non seulement de la diplomatique mérovingienne, 
mais pour ainsi dire de la diplomatique de tous les temps et de 
tous les pays, le destinataire auquel est adressée la lettre change 
plusieurs fois dans le corps du même document. La première 
phrase était adressée à Euspice ; la seconde s'adresse à l'évêque 
d'Orléans, Eusèbe : « Tuvero, Eusebi, sancte religionis catholicse 
episcope, Euspicii senectam fove, Maximino fave », etc. ; la 
troisième, à tous les évêques : <' Idem agite {sic), vos omnes 
sancti catholicae religionis episcopi » ; la quatrième, de nouveau, 

1. D'après une noie de Bréquigny, l'auUienlicitédc ce diplôme a élé contestée 
dés 1GG2, par Toynart, dans un mémoire publié à propos d'un procès soutenu 
par l'abbaye de Saint-Mesmin. Je n'ai pu voir ce mémoire. 

2. Julien Havet, Questions mérovingiennes, I, p. 8, 9 [Bibliothèque de l'École 
des chartes, t. XLVI, 1885, p. 141, 142). 

3. Le roi Gondebaud, écrivant, dans les premières années du vi" siècle, à saint 
Avit, évéque de Vienne, ne le tutoie pas ; il l'appelle : « Sanctitatem Vestram. » 
(Aviti Epistolx, 19 : éd. Sirmond, p. 62 ; éd. Peipcr, dans les Monumenta 
Germaniae, n' XXF, p. 54.) 



221» 

aux donataires, mais à tous doux ensemble et non plus à Eus- 
piceseul : « Yosergo, Euspiciet Maximine, desinite inter Fran- 
cos esse peregrini », etc. ; la dernière enfin prend une forme 
impersonnelle : « Ita fiât ut ego Clodoveus volui. » 

On a lait remarquer plus haut que le prétendu testament de 
Perpétue contient trop de phrases éloquentes ou de pensées 
pieuses, peu à leur place dans un acte de droit civil. Il en est 
de même du diplôme de la donation de Micy . Au lieu des formules 
juridiques en usage dans les actes des rois mérovingiens, on ren- 
contre dans celui-ci des phrases et des expressions qui sentent 
plus l'éloquence sacrée que le style de chancellerie : « Tibi, vene- 
rabihs senex Euspici, tuoque Maximino... » — « Tu vero 
Eusebi ... Euspicii senectam fove, Maximino fave... » — « Vos 
ergo, Euspici et Maximine, desinite inter Francos esse pere- 
grini... Sint vobis loco patriœ in perpetuum possessiones quas 
donamus... » 

On cherche en vain à la fin de l'acte l'annonce de la souscrip- 
tion royale, qui termine ordinairement les diplômes des Mérovin- 
giens : « Manus nostra) subscriptionibus infra roborare decrevi- 
mus'. » Le roi est quahfié Francorum rex, au lieu de rex 
Francorum, qui est le seul titre usité sous la première race. 
Après avoir employé en parlant de lui-même la première personne 
du pluriel dans le texte, il emploie la première personne du sin- 
gulier, dans la souscription, avec le pronom ego, ce qui est encore 
contraire à l'usage du temps. L'évêque Eusèbe, souscrivant l'acte 
après le roi, se sert du mot confirmavi, au lieu de subsoripsi 
ou de consensi et subsoripsi^. 

Dès les premières années du xviif siècle, la rédaction insolite- 
de cet acte avait vivement fi^appé l'auteur de Y Histoire des 
contestations sur la Diplomatiqice . Dans ce livre, qui contient 
sous forme dialoguée l'examen et la réfutation des objections 
faites à cette époque aux doctrines de dom Mabillon, l'un des 
interlocuteurs, celui qui rapporte l'entretien, cite la pièce qui 
nous occupe : 

Elle est très courte et d'un stile assez particulier... 



1. Mabillon, De re diplomatica, p. 107. 

2. Voy. les souscri|itioiis des évèques dans Tardif, Monuments historiques, 
n- 11, p. 10 et 11. 



230 

— Quand j'eus achevé de lire, Quelle différence, s'écria le Conseil- 
ler, pour le slile, entre cette charlre de Glovis quun Historien nous 
rapporte % et les prétendus originaux du P. Mabillon! 

— C'est, repartit l'Abbé, que la chartre de Clovis est antérieure 
au moins de six vingt ans à la chartre faite sous Glotaire II, la plus 
ancienne de celles que le P. Mabillon a trouvées en original. 

— Je doute, répliqua le Conseiller, qu'en six vingt ans le stile 
des Chartres ait pu se défigurer d'une si étrange manière. 

— Il faut vous en laisser douter, répondit l'Abbé en riant, pourvu 
que vous nous le laissiez croire^. 

Personne aujourd'hui ne songe à contester les « prétendus ori- 
ginaux du P. Mabillon ». Ce n'est donc plus contre eux qu'on 
pourrait tourner l'argument du Conseiller ; ce serait contre la 
charte de Micy, qui n'est pas rapportée par un historien, n'en 
déplaise à ce Conseiller, qui n'est dans aucun manuscrit, dont 
rien n'atteste la provenance et que rien ne garantit. Non, les 
« six vingt ans » qui séparent les dernières années de Clovis I" de 
celles de Clotaire II ne suffisent pas à expliquer une différence 
aussi marquée entre le diplôme incriminé et les originaux authen- 
tiques. On connaît la persistance ordinaire des formules de chan- 
cellerie, qu'on voit souvent se maintenir sans changement pendant 
plusieurs siècles ; et l'on admettra difficilement, avec l'auteur qui 
vient d'être cité, « qu'en six vingt ans le stile des Chartres ait 
pu se défigurer d'une si étrange manière. » 

Supposons même qu'en un siècle le style et les habitudes de la 
chancellerie royale se soient aussi profondément modifiés : cela 
expliquera bien que les formules ordinaires des actes mérovin- 
giens soient absentes de celui de Clovis, mais non que celui de 
Clovis contienne déjà des formules qui ne se sont introduites que 
plusieurs siècles plus tard. Or, c'est ce qu'on remarque pour une 
ou deux des irrégularités signalées plus haut. Au commencement, 
Clovis se quahfie Francorum rex : le titre constant des Méro- 
vingiens comme des Carolingiens est 7^eœ Francorum, et l'on 
n'a commencé à intervertir l'ordre de ces deux mots qu'h la fin 



1. Ceci est une erreur. 

2. Histoire des contestations sur la Diplomatique, avec l'analyse de cet 
ouvrage compose par le P. Mabillon (Paris, 1708, ia-l2), p. 46-48. Cet ouvrage 
est, dit-on, de Jacques-Philippe Lallemant. 



231 

du X'' siècle'. A la fin, le roi, qui a toujours parlé au pluriel, Ira- 
dimus, concedimus, donamus, emploie tout à coup le singulier 
et le pronom ego : « Ita fiât ut ego Clodoveus volui. » C'est un 
fait qui n'est pas sans exemple dans la diplomatique royale : 
mais, comme l'a remarqué Maliillon, les premiers exemples que 
l'on en connaisse en dehors de ce diplôme sont du x'' et du 
xi^ siècle, et non du v" ou du vi'^^ 

Deux passages présentent des difficultés particulières. 
L'un est celui où le roi déclare qu'en donnant à Euspice et à 
Mesmin la terre de Micj, il leur 'en fait tradition « par la 
sainte confarréation et l'anneau », per sanctam confarrea- 
tionem et annulum. On n'a pas expliqué ce que signifie ici 
ce mot de confarréation, nom d'une cérémonie païenne qui 
accompagnait parfois le mariage chez les anciens Romains. 
La mention de l'anneau fait penser, elle aussi, aux cérémonies 
nuptiales; mais on ne voit pas ce qu'une allusion à ces cérémo- 
nies viendrait faire dans la donation d'un roi à un prêtre, pour la 
fondation d'un monastère^. Six ou sept siècles plus tard, on 
trouve des exemples fréquents de la formahté de l'investiture par 
l'anneau^ : mais cette formalité féodale serait un choquant ana- 
chronisme dans une charte de Clovis. 11 faudrait en dire autant, 
si le mot annulus devait s'entendre ici du sceau roj'al attaché au 
diplôme : on n'a mentionné le sceau dans les actes des rois qu'à 
partir de la seconde race^. 

L'autre passage suspect est celui-ci : « Tibi, venerabilis senex 
Euspici, tuoque Maximino, ut possitis, et hi qui vobis in sancto 
proposito succèdent, pro nostra dilectseque conjugis et filiorum 
sospitate divinam misericordiam precibus vestris impetrare... » 
D'Achery ayant qualifié notre diplôme de « fondation de l'abbaye 



1. Mabillon ne menlionne l'emiiloi de la formule Fruncorum rex qu'à partir 
de Louis d'Outre-Mer {De re diplomutka, p. 77). Dans les Monuments histo- 
riques de J. Tardif, les iiremiors exemples de cette tournure sont d'environ 982 
et de 997 (n" 236, p. l'uS, et n" 240, p. 150i. 

2. De re diplomatica, p. 88 d. 

3. Du Cange cite, sous le mot confarreatio, la donation de Micy ; il n'in- 
dique aucun exemple analogue. 

■i. Du Cange, Glossarium, s. v. iNVESxrruRA (édition llenschell, t. lll, p. 886, 
col. 3). 

5. Mabillon, De re diplomatica, p. 107 c; Th. Sickel, Monumenia, etc., 
besprochen, p. 6'i, note*. 



232 

de Micy », et l'auteur de X Histoire des contestations ayant 
dit que ce diplôme était donné pour « l'Abbaye de Micy à 
S. Mesmin près d'Orléans », Bréquigny et La Porte du Theil leur 
ont reproché d'avoir mal lu l'acte, de n'avoir pas vu qu'il n'y est 
pas question d'abbaye et que la donation est faite à Euspice et 
Mesmin personnellement ^ La critique n'est pas bien fondée ; elle 
ne tient pas compte de ces mots : « et hi qui vobis in sancto pro- 
posito succèdent. » La création du couvent est contenue là en 
germe, et d'Achery a eu raison de l'y voir. Mais, si cette phrase 
justifie l'auteur du Spicilegiwn, elle n'est pas propre à accré- 
diter le document où on la lit. Pourquoi, en effet, le roi Clovis 
aurait-il eu recours à cette manière obscure et détournée de s'ex- 
primer? S'il a voulu donner Micy à Euspice et à Mesmin en pro- 
priété privée, ces mots ne signifient rien ; s'il a voulu fonder un 
couvent, pourquoi ne pas le dire nettement et expressément? De 
la part de Clovis, ces mots sont donc inexplicables ; de la part d'un 
faussaire, au contraire, ils se comprennent aisément. Ce faussaire 
avait sous les yeux la Vie de saint Mesmin, qu'il devait suivre, et 
qui ne parlait que d'une donation du roi à Euspice et à son neveu ; 
mais il avait aussi devant les yeux l'abbaye même de Micy, qui 
était sortie, disait-on, de cette donation, et il devait être tenté 
d'indiquer dans l'acte qu'il fabriquait le lien qui rattachait les 
origines du monastère à la libéralité royale. Quoi de plus ingé- 
nieux pour résoudre ce problème, sans contredire les données des 
textes, que la tournure qu'il a imaginée : « à toi Euspice, à ton 
neveu Mesmin, et à ceux qui vous suivront dans votre pieux 
dessein »? 

Aucune preuve extérieure ne garantit donc l'authenticité de ce 
diplôme, et nombre d'indices conduisent à y reconnaître une 
fabrication. 

Le faussaire avait lu certainement l'une des rédactions de la Vie 
de saint Mesmin. C'est de là qu'il a tiré tout ce qu'il a mis dans 
le diplôme : la donation aux deux saints^ ; l'âge avancé d'Eus- 



t. Bréquigny, p. 14, note '2; Pardessus, p. 57, noie 4. 

2. Vie (le saint Mesmin, Du Chesne, I, p. 532 b : « Sanctus Euspicius ... non 
suo nomini lanlum munus adscribi, sed sub tilulo nepolis sui beali Maximini 
voluil condrmari. » — Diplôme de donation : « Tibi, venerabilis senex Euspici, 
tuoquo Maximino ... Miciacum conccdimus, » 



233 

pice'; la dépendance affectueuse où est Mesmin à l'égard de son 
oncle"; l'heureuse situation de Micy, entre la Loire et le Loiret"*; 
l'acte expédié au nom du roi^ ; la recommandation que fait le roi 
des deux, donataires à révèque Eusèbe^; l'annonce indirecte de 
la transformation future de Micy en un couvent*^. Or, en 1661, 
quand Vignier mourut et quand d'Acliery trouva cette pièc(; 
dans ses papiers, une seule Yie de saint Mesmin avait été impri- 
mée : elle avait paru dans le tome P"" des Historiœ Francorum 
Scynptores de Du Gliesne, publié en 1630. Sans doute, le 
faussaire aurait pu aussi avoir connaissance d'une des Vies 
manuscrites ; mais, du moment qu'il y en avait une imprimée, il 
est plus naturel de supposer, jusqu'à preuve du contraire, que 
c'est de celle-là qu'il s'est servi. On doit donc présumer que la 
fausse charte de Glovis F' pour les fondateurs de l'abbaye de 
Micy a été fabriquée entre les années 1636 et 1661. 

§ 5. — COLLOQUE DE LYON. 
Le diplôme de donation de Micy fait peu d'honneur au talent 

1. Du Chesne, ibid. : « Saiiclus Euspicius, qui sciret imminere sibi diem voca- 
lionis extremae. » — Diplôme : « Tu vero Eusebi ... Euspicii seneclam fove. » 

2. Du Chesne, p. 532 a : « Id ab eo (Euspicio) muneris reciproci exacluin est, 
(jualeiius refais praeceplo Maximiiius ncpos ejus coasors illius (ierel ilineris. » — 
Diplôme : « Tibi ... tuoque Maximiao. » 

3. Du Cliesne, p. 532c : « Isdcm iiamiiue fiiiidus, qui cis adlribulus est, 
Miciacensis scilicet, adeo est sancto ordini inonachlco congruus... \,im hinc iiulc 
dum lliiviis alluilur... Est eiiim f'erax Irilicl... Nemora lam agrcslia qiiam insi- 
liva multam eidem loco augmentant pulcliriludinem. » — Diplôme : « Mi(;iacuii> 
concedimus, et quidquid est li.sci nostri inlia lluminum alveos ... sive infra sivc 
extra Ligerim et Ligerinum, cum querceto et salicto cl ulroque molendino. » 

j. Du Chesne, p. 532 b : « Ideoque accilis commentariensibus et notariis 
publicis, soiemnes ordinataj atque conscripla; vel confirmala; sunt conscriptio- 
nes, adhibilis signis atque sigillis. » 

5. Du Chesne, p. 532 c : « Rex Chlodoveus eosdem venerabiles viros supra- 
dictos pnusuli Eusebio cum prœdiis supra memoratis commendavil, ut ejus 
juvamine tucrenlur. » — Diplôme : « Tu vero Eusebi ... Eusiilcii seneclam fove, 
Maxiniino fave, et tara eos quam possessiones eorum in tua parochia ab omni 
calumnia et injuria prcesta libères. » 

6. Du Cliesne, p. 532 b : « Qualenus dum supersumus (c'est Eusidce qui 
parle), Deo nobis vacare ibi liceat, cum his qui nostraj jungi volucrint socie- 
tati. » — Diplôme : « Ut possitis, et hi qui vobis in sancto proposito succè- 
dent ... divinam misericordiam precibus vestris irapetrare. » 



234 

du faussaire qui l'a fabriqué. Plus versé probablement dans 
l'histoire de l'Eglise et dans la littérature sacrée que dans 
la diplomatique, science k peine naissante de son temps, il n'a 
pas su imiter le style et les formules d'une charte royale. Au 
contraire, le document purement ecclésiastique auquel nous arri- 
vons maintenant est un chef-d'œuvre de falsification. On ne doit 
pas s'étonner beaucoup qu'il ait fait illusion à tous les savants qui 
l'ont étudié. C'est la relation d'un colloque ou d'une discussion 
solennelle sur les dogmes chrétiens, qui aurait eu lieu à Lyon, 
en 499, en présence du roi bourguignon et arien Gondebaud, 
entre les prélats catholiques et ariens du royaume de Bourgogne. 
Donnons-en d'abord le texte, d'après le Spicilegiuni (in-4°, t. V, 
p. 110) : 

GOLLATIO EPISGOPORVM, PRJISERTIM AVITI VIENNENSIS 
EPISGOPI, GORAM REGE GVNDEBALDO 

Aduersus Arianos. 

Providente Dom. Ecclesiae suœ, et inspirante pro sainte totius 
gentis cor Domni Remigij, qui vbique altaria destruebat Idolorum, 
et veram fidem potenter cum multitudine signorum amplificabat, fa- 
ctum est vt Episcopi plures non contradicente Rege*^ congregarentur, 
si fieri posset, vt Ariani, qui religionem Ghristianam scindebant, ad 
vnitatem possent reuerti. Quod vt meliiis fleret, videretùrque id non 
consilio accidisse sed occasione, Domnus Stepha^jvs scripsit ad Epi- 
scopos multos, et inuitauit illosad festiuitatem S. Ivsti cpiœ instabat, 
in qua ob fréquent iam miraculorum llebat concursus plurimus popu- 
lorum. Venerunt itaque de Vienna Auitus, de Arelate /Eonius, de 

Valentia , de MassiUa ius, et plures alij omnes Catholicae 

professionis et laudabilisvitsein Domino. Qui omnes ad salutationem 
Régis cum Domno Stephano ad Sarbiniacum, vbi tune erat, profecti 
sunt. Erant quidam inibi de potentioribus Arianis cum eo, qui si 
potuissent, prohibuissent nostrorum accessum ad Regem, sed, 
Domino coopérante, nihil profecerunt. 

Post salutationem factam, Domnus Avitvs, cui, licet non esset 
senior née dignitale, nec setate, tamen plurimùm deferebatur, dixit 
ad Regem : Si excelientia vestra [p. \\\ •] vellet procurare pacem 
Ecclesiaî parati sumus fidem nostram tam clarè demonstrare esse 

1. En marine : *Gundebaldo. 



235 

secundùm Euangelium et Aposlolos, quôd nulli dubium erit, illain 
quam relinetis non esse secundùm Deum et Ecclesiam. Habelis hic 
de vcstris qui sunt instrucli in omnibus scienliis, jubcalis vl nobis- 
cumcoiloquanlur, eL videant si possinLrespondere raLionibus nosLris, 
vt parali sumus respondere ralionibus eorum. 

Ad quae Rcx rcspondit : Si vcstra fides est vera, quare F^piscopi 
veslri non impediunl Regem Francorum, qui mihi bellum indixit, et 
se cum inimicis mois sociauit vt me dcstruerent : nam non est fides 
vbi estappelentia alieni, et silis sanguinis populorum ; ostcndat fidem 
per opéra sua. 

Tune humiiiler rcspondit Domnus Auitus faciem habens Angeli- 
cam vt et sermonem : Ignoramus, b Rex, quo consilio et qua de 
causa Rex Francorum facit quod dicitis; sed Scriptura nos docet, 
quôd propler dereliclionem legis Dei sœpe subuertunlur régna, et 
suscitantur inimici omni ex parte, illis qui se iniraicos aduersus 
Deum constituunt. Sed redite cum populo vestro ad legem Dei, et 
ipse dabit pacem in finibus vestris; nam si habelis pacem cum illo, 
habebitis et cum caîteris, et non prœualebunt inimici veslri. 

Gui Rex : Nonne legem Dei profiteor? sed quia nolo très Deos, 
dicitis quia non profiteor legem Dei. In Scriptura sancta non legi 
plures esse Deos, sed vnum. 

Ad quae Domnus Auitus : Absit, ô Rex, vt plures Deos colamus, 
Vnus est Deus tuus 6 Israël^ sed ille vnus Deus in essenlia, est tri- 
nus in personis ; et Filius, et Spiritus sanctus non sunt alij Dei, sed 
vnus Deus, cujus prima persona est Pater, secunda Filius, tertia 
Spiritus sanctus ; sed Patri non est aha substantia quàm Filio, et 
Spiritui sanclo non est alla quam Patri et Filio ; et ille Deus qui olini 
locutus est per Prophetas, nouissimè locutus est in Filio, et adhuc 
loquitur quotidie in Spiritu sancto. Et quamuis olim per Prophetas," 
mox per FiUum, nuncper Spiritum, vnus idémq; Deus loquitur; sed 
sic dicitur ad distinclionem personarum, cùm reuera sint coaiternaî et 
consubstantia-[p. I \ 2 :]les. Hoc profitemur el parati sumus oslendcre. 

Et cùm videret Regem pacifiée audientem, prolelauit sermonem et 
dixil : si vellel sagacitas veslra cognoscere quàm benè fundala sit 
nostra fides, quantum boni vobis et populo vestro inde proueniret; 
nam et cœlestis gloria vobis non deesset et pax et abundantia in tur- 
ribus vestris. Sed vestri cùm sint inimici (^hristi super regnum ve- 
strum, et super populum, iram desuperaccendunl, quod, vtsperamus, 

1. Deut., VI, 4; Marc, xii, 29. 



236 

non esseL si velleLis audire monila nostra, et jubere vt vestri Sacer- 
dotes de his nobiscum colloquantur coram sublimitate vestra, et 
populo Tcsiro, vl sciatis quia Dominus Tesvs esl œlerni Patris œter- 
nus Filius, et vtrique coseternus Spiritus sanctus, vnus Deus bene- 
dictus in ssecula ; simiilque ante omnia tempora et absque vllo initio. 

Oùm ha^cdixissetprocidit ad pedes Régis, et amplectens eos flebal 
amarè, procubuerunt et omnes Episcopi cum eo; vnde Rex valdè 
commotus est, et inclinans se vsque ad eos, erexit Domnum Auitum 
cum cœteris, quibus amicabiliter dixit se responsum daturum illis 
super petitionibus illorum. 

Quod et crastina die factum est : nam Rex per Sagonam rediens ad 
vrbera misit ad Domnos Stephanum et Auitum, vt venirent apud 
illum : qui cùm venissent, Rex dixit ad illos : Habetis quod postu- 
latis, nam Sacerdotes mei parati sunt vobis ostendere quod nullus 
potest esse coœternus et consubstantialis Deo. Sed nolo vt id fiat 
coram omni populo, ne turbœ excitentur; sed tantùm coram Senato- 
ribus meis, et aliis quos eligam, sicut vos eligetis ex vestris quos 
volueritis ; sed non in magno numéro, et id fîet die crastina in hoc 
loco. Quo dicto Episcopi salutato Rege discesserunt et reuersi sunt, 
vt omnia intimarent aliis Episcopis. Erat autem vigilia solemnitatis 
S. lusti. Et licet optauissent quod hoc fieret die solemnitatem 
sequenti, noluerunt tamen propter tantum bonum ampliùs procra- 
stinare. Sed vnanimiter decreuerunt apud S. lusti sepulcrum perno- 
ctare, vt illo intercedente obtinerent à Domino petitiones cordis sui. 

[P. i\B :] Euenit autem vt eanocte cùm Lector secundùm morem 
inciperet Lectionem à Moyse, incidit in illa verba Domini : Sed ego 
iudurabo [sic] cor ejus^ et muliiplicabo signa et ostenta mea in terra 
/Egtjpti, et non audiet vosK Deinde cùm post Psalmos decantatos 
recitaret ex Prophetis, occurrerunt verba Domini ad Esaiam dicen- 
tis : Vadeet dices populo huic^audite audienfeset nolite intelligere ; 
et videte visionem et nolite cognoscere. Excxca cor populi ejus, et 
aures ejus aggraua^ et oculos ejus claude ne forte videat oculissuis, 
et uuribus audiai, et inielligat suo corde, et conuertatur, et sane/n 
eum'^. Cùmque adhuc psalmi fuissent decantati, et legeret ex Euan- 
gelio incidit in verba quibus Saluator exprobrat ludaeis incredulita- 
tem : Vx tihi Corrazaïm, vœ tibi Betzaïda; quia si in Tyro et in 
Sidone virtutes factœ essent, qux sunt factœ in vobis, jamdudum in 

1. Exod.. vji, 3, 'i. 

2. Isai., VI, 9, 10. 



237 

cilicio et cincre pœnilenfiam egisscnf '. Dcniquc cùm lecLio fierel ex 
Aposlolo, proiiuriciala suuL verba illa : An diuitias bonitutis ejus et 
patientixet lonyanunitalis contemnis ? ignoras quoniam suatinentia 
Dei ad pa;nilentiam te adducil? secundàm autem daritiam tuam et 
iinpœnitens cor ihesaurizas tibi iram in tempore irx'-. Quod cùm ab 
omnibus Episcopis obseruatuin fuissel, cognoucruul leclioncs illas 
sic occurrisse voleiiLe Domino, vt scircnt induralum esse cor Régis, 
Deùmque illum in sua impœnitentia relinquere, ad ostendendum 
diuitias justitiœ suîie, vnde valdè Iristes cfTecli, noclem in lacrymis 
transegerunt. Non destiterunL Lamen verilalem noslrœ reiigionis 
conlra Arianos asserere. 

Igitur lempore quo Rex jusserat, conueniunt omnes Episcopi et 
simul ad Regiam vaduiit cum raullis Sacerdolibus et Diaconibus, et 
quibusdam de Gatholicis, inter quos erant Placidvs et Lvcanvs qui 
erant de praecipuis militia? Régis. Venerunt etiam Ariani cum suis. 
Cùm ergo sedissent coram Rege Domnus Avitvs pro Catbolicis, 
BoNiFAcivs pro Arianis, serraonem habuerunt. Sedpostquàm Domnus 
Avitvs proposait fidem nostram cum testimonijs sacrœ Scriptura:^, vL 
erat alter Tullius, et Dominus inspirabal gratiam omnibus qua^ dice- 
bat; tanta conslernatio cecidit super Arianos, vt qui satis amical)i- 
liter audientiam prœbucrat Bonifacivs nihil omninô respon- [p. \ 14 :] 
dere posset ad rationes Domni Aviti, sed tantùm (juœstiones diffi- 
ciles proponerel, quibus videbatur velle Regem fatigare -, sed cùm ab 
AviTO urgeretur, vt responderet ad antedicta, promi tiens se etiam 
responsurum ad ea quœ proposuerat, non potuil respondere ad vnam 
de rationibus qua; fuerant à Domno Avito proposilse, neque vUam 
pro defensione suœ partis allegare; sed tantùm os suum in conuitiis 
aperiebat, et dicebat Catholicos esse prœstigialores, et colère multir 
tudinem Deorum. Quod solùm cùm diccret, viderétque Rex confu- 
sionem suae sectœ, surrexit de sua sede, diccns quôd in craslinum 
responderet Bonifacivs. Discesserunt ergo omnes Episcopi : et quia 
adhuc dies non erat inclinala, iuerunt simul cum ca?leris Catbolicis 
ad Basilicam Domni lusti confltentes Dominum quoniam bonus, et 
laudantes eum qui dederat illis lalem victoriam de inimicis suis. 

Sequenti verô die iterum ad Regiam profecti cum bis qui in prae- 
cedenli aderanl : cùmqueingrederenlur, inuenerunt Areuivm, qui eis 
persuadere volebal vt regrederentur ; dicebat enim quôd laies rixae 

1. Mallh., XI, 21. 

2. Ad Rom., ii, 4, 5. 



23.S 

exasperabant animos mullitudinis, et quôd non poteral aliquid boni 
ex cis prouenire. Sed Domnus Stephanys, qui sciebaL illum fauere 
Arianis vL yraliam Régis conscqueretur, licel fidem nostram profi- 
lerclur, respondit ei qu6d non limendum eratne rixse procédèrent ex 
inquisitione verilatis, et amore salutis fratrum suorum, imô nihil 
esse vtilius adjungendos animos in sanctaamieitia, quàm cognoscere 
apud quos esset vcritas, quia vbicunque est, amabilis est, et profes- 
sores ejus reddit amabiles. 

Addidit insuper omnes hùc venissc secundùm jussionem Régis, 
contra quod responsum non est ausus Aredius ampliùs resilire. 
Ingressi sunt ergo, et cùm Rex eos vidisset^ surrexit in occursum 
eorum, mediùsque inter Domnum Stephanvm et Domnum Avitvm 
adhuc multa loculus est contra Francorum Regem, quera dicebat 
solicitare fratrem suum contra se, Sed cùm responderent prœfati 
Episcopi, quôd non esset melior via ineundi pacem, quàm concor- 
dare in flde, et operam suam, si gratam haberet, polli- [p. W^i :] 
cerentur pro tam sancto fœdere conciliando, nihil ampliùs locutus est, 
sed vnusquisque locum quem prœcedenti die tenuerat, occupauit. 

Gùm itaque sedissent, Domnus Avitvs lam lucide probauit quôd 
Gatholici non plures Deos adorabant, vt sapientiam ejus tam Catho- 
lici quàm aduersarij cum stupore mirarentur. Id autem fecit vt 
responderet conuitiis quse Bo:vifacivs in nostram fidem jecerat. Post- 
quàm ergo conticuit, vt locum daret responsionibus Bonifacij, nihil 
aUud potuit ille dicere, quàm quod prœcedenti die fecerat, et conui- 
tiis addens conuitia, tanto impelu clamabat, vt prse raucitate non 
posset ampliùs loqui, et quasi suffocaretur. 

Quod cùm Rex vidisset et satis diu expectasset, tandem surrexit 
vultu indignationem praetendens contra Bomfacivm. Tune Domnus 
Avitvs dixit ad Regem : Si sublimitas vestra vellet jubere vt hi 
responderent propositionibus nostris, vt posset judicare quaenam fides 
esset retincnda. Sed nihil Rex respondit , neque cseteri Ariani qui 
erant cum illo, adeô stupefacti erant de doctrina et sapientia Domni 
AviTi. Qui cùm videret eorum silentium subjunxit : si vestri non 
possunt respondere rationibus nostris, quid obstat, cur non omnes 
simul conueniamus in eadcm fide. Tune murmurantibus illis, de sua 
flde securus in Domino addidit : Si rationes nostree non possunt 
illos conuincerc, non dubilo quin Deus lîdem nostram miraculo con- 
firmet; jui)cat sublimitas vestra vt tam illi quàm nos eamus ad sepul- 
crum hominis Dei lusti, et interrogemus illum de nostra flde, 
simili ter et Bonifacius de sua, et Dominus pronunciabit per os serui 



23'J 

sui in quibus complaccal. Rex allonitus annuero vidobalur : scd 
inclamare cœpcrunl Ariani, cL dicere S(3 pro fide sua manifcsLanda 
facerenolle vL feceraLSaiil, el ideô malediclus fuerat* ;aul recurrere 
ad ineanlaliones el illicila, sufficerc sibi se liabcre Scripliiram, (\ux 
sit fortior omnibus prœsUgiis, et ha?c semper repclenles, cl boanles 
potiùs quàm vociférantes; Rex qui jam surrexerat accipiens per 
manus Doiunum Sïeimiawm el Doninum Avitv,>i duxit eos vsque ad 
eu- [p. MO :] JJiculum suum, eteùm inlrarelamplexusesteos, dicens 
vt orarent pro eo. Cognouerunt quidem illi perplexitatem et angu- 
slias cordis ejus, sed quia Pater eum non Iraxerat; non potuilvenire 
ad Fibum, vt verilas implerelur : Non est volentis^ neque festinantis, 
srd miserentis Dei^. Et ex ea die plurlmi Ariani ad pœnitentiani 
venerunl, et post aliquot dies baptisati fuerunt : el magnificauit 
Dominus fidem nostrani per intercessioncm Domni Ivsti in con- 
speclu omnium^. 

Ce long morceau peut se résumer ainsi. Au temps où saint 
Rémi travaillait avec succès à détruire partout le culte des idoles 
et à propager le christianisme, le clergé bourguignon songeait de 
son côté aux moyens de combattre l'hérésie arienne et de rétablir 
l'unité de foi parmi les chrétiens. Dans cette pensée, Etienne, 
évêque de Lyon, invite un jour les autres évêques du royaume à 
se réunir en cette ville, à l'occasion de la fête de saint Juste 
(2 septembre), qui y attirait chaque année un grand nombre de 
jSdèles. Plusieurs prélats se rendent à cette invitation, et parmi eux 
le célèbre saint Avit, évêque de Vienne. Ils arrivent à Lyon l'avant- 
veille de la fête, le 31 août par conséquent, et vont aussitôt saluer le 
roi dans un domaine des environs de Lyon, où il résidait alors. Dès. 
les premiers mots, Avit, au nom de tous, demande au roi une dis- 
cussion publique avec les principaux prélats ariens et promet de 
démontrer contre eux la vérité du dogme catholique : le roi diffère 
d'abord sa réponse, mais, dès le lendemain, de retour à Lyon, il 
accorde aux évêques leur demande et fixe au jour suivant, c'est- 
à-dire à la fête même de saint Juste, le débat entre les prélats des 



1. 1 Reg., xxviii, 7-19. 

2. Ad Rom., ix, 16. 

3. Réimprimé : Spicilegium, in-fol., 1723, III, 304; coUeclion des conciles; 
Bouquet, Recueil des historiens, IV, 99 ; Alcimi Ecdicii Avili Viennensis 
episcopi Opéra, rec. Rud. Peiper (dans les Monumenta Germaniae hislorica, 
in-i', Auctoruvi anliquissimormn tomi VI pars II), p. IGI, etc. 



240 

deux Eglises. Les évêques catholiques passent la nuit en prières 
auprès du tombeau du saint ; ils écoutent la lecture de quelques 
paragraphes de l'Écriture sainte, pris successivement dans 
divers livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, et chaque fois 
le lecteur tombe sur des passages où paraît prédit l'insuccès des 
tentatives qui vont être laites pour convertir le roi. Attristés, 
mais non abattus par ce présage, les évêques catholiques se 
rendent à la conférence, et Avit porte la parole en leur nom, en 
présence du roi, des prélats ariens et de plusieurs grands de la 
cour. Il parle avec éloquence pour le dogme catholique : le chef 
(lu parti arien, Boniface, ne trouve rien de probant à lui répliquer, 
et le roi remet la suite de la discussion au lendemain. Le 3 sep- 
tembre, Avit parle de nouveau, et Boniface lui répond, non par 
des arguments, mais par des injures, qui excitent la colère du roi. 
Avit se croit alors sûr du succès ; il presse Gondebaud de se décla- 
rer catholique; il propose aux ariens de se rendre avec lui au 
tombeau de saint Juste et assure que là le Seigneur ne manquera 
pas de se prononcer, par quelque miracle évident, pour sa foi 
contre la leur. Mais le roi, fatigué ou indécis, prend le parti de 
renvoyer l'assemblée sans rien conclure. L'entreprise avorte 
ainsi, comme l'avait fait prévoir le présage de la nuit d'avant la 
fête. Toutefois, plusieurs particuliers ariens se convertissent et, 
au bout de quelques jours, reçoivent le baptême catholique. 

Il est facile de détermiaer l'année où ces faits sont supposés se 
passer. A deux reprises, Gondebaud, dans ses conversations avec 
saint Avit, parle du roi des Francs, qui, dit-il, le menace d'une 
guerre et cherche à soulever contre lui son propre frère. Or, c'est 
en 500 que Clovis, roi des Francs, et Godégisèle, frère de Gonde- 
baud, s'unirent pour attaquer celui-ci ; la même année, Gonde- 
baud réussit à vaincre son frère et le fît périr'. Le colloque, qui 
eut lieu, dit-on, le jour et le lendemain de la Saint-Juste, 2 et 
3 septembre, ne peut yuère être rapporté qu'à l'année qui précéda 
cette guerre, c'est-à-dire à l'an 499 de notre ère. C'est en effet la 
date à laquelle l'ont fixé tous les historiens. 

La relation du colloque est écrite dans un style simple et clair, 
qui attache le lecteur et surprend agréablement l'érudit, peu habi- 

1. Chronique de Marius d'Avenches, an 500, Patricio et Yppacio [consuli- 
bus] : Marii epi.scopi Aventicensis Chronicon, edidit Wilhelmus Arndt (Lipsise, 
1878, in-8"), p. 10. 



2 /il 

tué à rencontrer ce mérite littéraire dans les documents du v^ et 
du VI'' siècle. De plus, on y remarque des traits de caractère qui 
donnent au récit une assez grande apparence de vérité. Saint 
Avit, théologien convaincu et controversiste passionné, croit 
ses arguments irrésistibles et ne cherche que Toccasion de les 
produire. A peine a-t-il salué le roi dans sa maison de campagne, 
qu'il l'interpelle et le somme en quelque sorte d'ordonner une 
discussion entre les représentants des deux sectes chrétiennes ; et 
il n'attend pas l'ordre royal pour entamer cette discussion contre 
Gondebaud lui-même. Plus tard, quand il voit les docteurs 
ariens embarrassés de répondre à ses raisonnements, il s'écrie 
avec une confiance naïve : Si vous n'avez rien à répondre, pour- 
quoi ne vous convertissez-vous pas à mon opinion? Gondebaud, 
au contraire, se montre uniquement occupé des soucis de son gou- 
vernement. Aux prélats qui lui parlent théologie, il parle poli- 
tique : Si votre religion est vraie, dit-il, pourquoi le roi des 
Francs, qui la professe, m'attaque-t-il injustement? Il consent à 
la discussion demandée, mais il ne veut pas qu'elle soit publique, 
de peur d'agiter le peuple. En séparant l'assemblée, il renvoie 
les évêques avec de belles paroles, leur dit de prier pour lui et se 
montre touché de leurs arguments, mais il n'a garde de choquer 
son peuple en embrassant leur foi. Un autre type de politique est 
le courtisan Arédius, qui professe le catholicisme, mais favorise 
l'arianisme pour plaire au roi, et qui essaie d'arrêter la conférence 
en représentant aux évèques que ces disputes aigrissent les esprits 
sans utilité. Rien n'est plus ordinaire et plus vraisemblable aussi 
que le procédé de discussion imputé au docteur arien Boniface, qui, 
au lieu de répondre aux raisons de son adversaire, se borne à lui 
proposer des questions subtiles et difficiles, dont il semblait, dit le 
narrateur, qu'il voulait fatiguer l'esprit du roi. Tous ces traits 
sont d'un naturel parfait et composent un tableau plein d'agré- 
ment et dévie. 

Mais ces qualités n'empêchent pas que cette relation, si on la 
soumet à un examen critique, n'offre des difficultés sérieuses. 

La première difficulté, c'est son mérite même. La simplicité et 
la clarté ne sont pas les qualités les plus ordinaires chez les écri- 
vains du siècle de Sidoine Apollinaire et de saint Avit. Il est 
rare aussi que les nuteurs de l'époque mérovingienne nous ren- 
seignent aussi nettement, nous donnent une lumière aussi pleine 
sur les Êiits dont ils nous parlent. C'est ce qu'a déjà remarqué un 



242 

historien du royaume des Bourguignons, M. C. Binding : Rare- 
ment, dit-il, un document original expose à nos yeux d'une façon 
aussi pittoresque l'ensemble delà situation à un moment donné*. 
En écrivant ces paroles, il a voulu faire l'éloge du document dont 
il parlait : mais cet éloge peut se retourner et devenir une arme 
contre le texte auquel il s'adresse. 

Un récit aussi minutieusement détaillé semble n'avoir pu être 
écrit que par un contemporain. Mais à quel propos un contempo- 
rain de Gondebaud aura-t-il eu l'idée de raconter une conférence 
qui n'a pas abouti, qui n'a rien décidé ni rien fait, qui n'avait 
qu'un intérêt historique, il vaudrait même mieux dire un intérêt 
anecdotique? Jérôme Yignier nous a laissé la réponse à cette 
question. Des neuf pièces trouvées après sa mort, celle-ci paraît 
être la seule sur laquelle il ait donné quelques explications, et ces 
explications ont été reproduites par d'Achery. Vignier n'y dit 
pas dans quel manuscrit il a trouvé ce texte : mais il se vante de 
l'avoir découvert, en relève l'intérêt et assure qu'il l'a extrait 
d'un ouvrage inédit sur les miracles de saint Justes Ce livre de 
miracles, à en juger par ce spécimen, devait être fort intéres- 
sant. Il est singulier qu'il ait péri sans laisser d'autre trace; 
on peut s'étonner qu'il n'ait pas été connu des Bollandistes, qui, 
depuis deux siècles et demi, travaillent avec zèle à recueillir les 
documents relatifs à la vie et aux miracles des saints. Le tome I 
des Actes des saints de septembre, publié en 1746, ne le men- 
tionne pas, et le colloque de 199 y est cité d'après les éditions, 
sans qu'il soit dit un mot du livre de miracles d'où il aurait été 
tiré 3. En 1884, en réponse à une demande de renseignement que 
j'avais adressée aux PP. Bollandistes de Bruxelles, le R. P. de 
Smedt a bien voulu m'informer qu'on n'a découvert jusqu'ici cet 
ouvrage nulle part ; il lui était, me disait-il, « impossible de fournir 

1. c. Binding, Das burgundisch-romanische Kœnigrekh, I (1868, in-8°), 
p. 147, noie 507 : « Selten schilderl eine Quelle die gesaramle Lage in einem 
bestimmleu Montient in so draslischer Weise. » 

2. Spicilegium, m-ii", t. V, préface, p. 11 : « Lugdunensis Ecclesiœ ej)iscopi 
fere omnes hoc anno adversus Arianos Liigduni convenerc. Mirura est rei tantae 
monimenla apud scriplores omnes anli([uos nulla exlare, et pauca qua> habemus 
apud unum de niiraculis S. Jusli scriplorern inedilum conservari. Doleraus sane 
hujus celcberriuii convenlus acla inlercidisse, sed gauderaus salis adhuc in eo 
auclore superare, quo pio lectori ôpsliç movealur nobisque graliiloUir, qui Ihe- 
saiirum istum illi minime invidemus. » 

.3. Acia sanctorum Septembris, \. \, p. 3G5, c, e, p. 



243 

la moindre indication sur le livre des miracles de saint Juste. » En 
outre, pourquoi un auteur qui voulait raconter les miracles d'un 
saint aurait-il rapporté des faits étrangers à son sujet? Si l'inter- 
vention de saint Juste avait déterminé la conversion du roi Gon- 
debaud au catholicisme, c'eïÀt été un miracle dont le souvenir 
méritait d'être conservé : mais cette intervention n'a pas été 
demandée et ne s'est pas produite. Un seul fait merveilleux est 
relaté, la coïncidence qui aurait ramené plusieurs fois de suite 
sous les yeux du lecteur, la veille de la fête, des passages des 
livres saints où semblait prédit l'insuccès de la conférence : c'en 
est déjà plus que nous ne pouvons croire, mais ce n'est pas de 
quoi justifier l'insertion du récit dans un livre de miracles. A quoi 
bon, par exemple, dans un ouvrage de ce genre, le détail des 
conversations entre Gondebaud et les évèques, ou entre saint Avit 
et Arédius ? 11 est donc bien difficile de croire à ce prétendu 
scriptor de 'iniraculis sancti JusH, qui aurait parlé de tout, 
excepté des miracles de son saint, et dont le livre, sorti de terre 
à point pour fournir à Jérôme Vignier l'occasion d'une décou- 
verte dont il s'est montré fier, y serait tout aussitôt rentré pour 
toujours. 

L'évêque de Lyon, qui avait, dit-on, convoqué les autres pré- 
lats à la conférence, est appelé Etienne, Stephanus. Il est 
vrai qu'il y eut à Lyon un évêque de ce nom; mais il succéda, sur 
le siège de cette métropole, à un prélat nommé Rus tiens ou Ru- 
stieius, et l'épitaphe de ce dernier, qui nous a été conservée en 
grande partie, nous apprend qu'il mourut en 501 ou en 502, le 
25 avril : « Obiit VII kal. Maias Abieno consule^ » C'est donc 
Rustique et non Etienne qui devait être évêque en 499. Aussi 
a-t-on été obligé de supposer que Rustique avait résigné ses fonc- 
tions plusieurs années avant sa mort-, ce qui est une hypothèse 
purement gratuite ; dans ce qui nous est parvenu de son épi- 
taphe, il est appelé simplement évêque, saeerdus (sie), et on ne 
trouve aucune allusion à sa prétendue retraite. Il est à remar- 
quer qu'au xvii" siècle cette épitaphe et par suite la date de la 



1. Alph. de Boissieu, Inscriptions antiques de Lyon (1846-185 'j, gr. iii-i"), 
p. 569; E. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, I, p. 50. 

l. G. Binding, l)as burgundisch-romunische Kœnirjreich, I, p. 147, note 507; 
A. Jahn, Die Geschichte der Burcjundionen und Bnrgundiens (1874, in-8''), Jl, 
p. 18, note 2. 



244 

mort de Rustique n'étaient pas connues, ainsi qu'on peut le voir 
par la Gallia cliristiana de 1656*. Quand donc Jérôme Yignier 
recueillait cette pièce et se flattait de la donner le premier au 
public, il devait la croire irréprochable au point de vue chro- 
nologique. Rien ne lui permettait de prévoir qu'on y découvrirait 
un jour une difficulté de chronologie assez grave pour en faire 
suspecter l'authenticité. 

Avec Etienne et Avit, la relation du colloque désigne encore 
spécialement trois évêques présents : celui d'Arles, Eone, et ceux 
de Valence et de Marseille, dont le nom est laissé en blanc dans le 

texte : De Arelate uEoiiius, de Valentia de Massilia 

ius. Cette double lacune n'est pas expliquée; par une 

coïncidence, assez singulière si le document est authentique, natu- 
relle, au contraire, si c'est une fabrication moderne, les deux 
noms qui manquent sont précisément de ceux que nous ne pou- 
vons restituer d'ailleurs, car la succession des évêques ne nous 
est pas connue, à cette date, pour ces deux sièges 2. Quant à 
saint Eone, évêque d'Arles, il est difficile de croire qu'il ait 
assisté à une assemblée ecclésiastique où se trouvait F évêque de 
Tienne. Les deux églises de Vienne et d'Arles étaient depuis 
longtemps en démêlé sur une question de prééminence ; la déci- 
sion de saint Léon le Grand, du 5 mai 450, qui avait divisé la 
province romaine de Viennoise, pour en former les deux pro- 
vinces ecclésiastiques d'Arles et de Vienne, n'avait apaisé le dif- 
férend que pour un temps 3. Le pape Anastase II (496-498) 
avait cassé cette décision et attribué au seul évêque de Vienne les 
droits de métropolitain sur toute la Viennoise, réduisant ainsi 
celui d'Arles au rang de suffragant^. C'était saint Avit qui avait 
obtenu cette nouvelle décision, et c'était au détriment de saint 
Eone qu'elle était rendue; aussi, à peine Anastase mort, en 499, 
voyons-nous Éone poursuivre auprès du nouveau pape, saint 

1. Sararaarthani, Gallia christiana, I (1656), p. 295. 

2. La Gallia christiana de 1656(111, 644, 1109) ne fournil aucune indicalion 
précise sur les évêques qui siégeaient à Marseille el à V'alence en 49'J. Ou n'est 
guère plus avancé aujourd'hui. 

3. Edgar Loening, Geschichte des deutscheti Kirchenrechts , I (Strassburg, 
1878, in-8°), p. 490; Jaflfé, Regesta ponti/icum Romanorum (1851), n" 228; id., 
2= éd. (1881), n" 450, etc. 

4. Loening, p. 530; lettres de Symmaque, de 499 et de 500 : voy. les deux 
noies suivantes. 



Symmaque, la restitution de ses droits de métropolitain, qu'il 
obtint en effet en 500 '. Une lettre de Symmaque h Éone, relative 
à cette affaire, est datée du 21 octobre 499, un mois et demi 
après le prétendu colloque^ Ainsi, au moment où l'on place cette 
assemblée, la lutte était plus aiguë que jamais entre les titulaires 
des deux métropoles, et ils devaient peu rechercher les occasions 
de se rencontrer. Si cela est vrai d'une réunion quelconque, à 
combien plus forte raison d'une assemblée où l'on montre tous les 
prélats prodiguant à saint Avit les marques d'une déférence 
exceptionnelle, peu faite apparemment pour plaire à son rival : 
« Avitus, cui, licet non esset senior nec dignitate nec setate, 
tamen plurimum deferebatur... » ! Éone, d'ailleurs, était d'autant 
moins obligé de se rendre à la convocation de l'évêque de Lyon 
que cette ville était située, ainsi que Vienne, dans les Etats du roi 
des Bourguignons, tandis qu'Arles appartenait probablement aux 
Yisigoths^ C'est pour les mêmes raisons, sans doute, que 
son successeur Césaire ne parut pas au concile bourguignon 
(VEpao, présidé par les métropolitains de Vienne et de Lyon, 
en 517. En un mot, la présence de saint Eone d'Arles, sujet des 
Visigoths et rival de saint Avit de Vienne, dans une réunion 
d'évêques bourguignons où le rôle principal appartint, du consen- 
tement de tous, à ce même saint Avit, est un fait contraire à 
toutes les vraisemblances. 

La maison de campagne où les évoques vont saluer Gc>ndebaud, 
le 31 août, et d'où le roi revient à Lyon, par la Saône {rex per 
Sagonam rediens ad urheni), le 1" septembre, est appelée Sar- 
biniacus. On a cru d'abord que ce nom désignait Savigny, près 
de l'Arbresle, mais cela est impossible, car la Saône ne coule pas 
à Savigny, et « le point de la rivière le plus près de Savigny est 
Lyon même ; il aurait donc été inutile de gagner la Saône pour 
venir ensuite à la villes >> Le seul endroit des bords de la Saône, 



1. Jaffé, 1" éd., 470; 2" éd., 754; A. Thiel, Epistolae Romanorum ponli- 
ficum genuinae (Brunsbergae, 1868, in-8°), p. 655. 

2. Jaffé, 1" éd., 469; 2^ éd., 753; Thiel, p. 654. 

3. Loening, p. 528; Longrion. Géographie de la Gaule au VI' siècle, p. 48-51. 

4. Aug. Bernard, Cariulaire de l'abbaye de Savigny (dans la Collection de 
documents inédits sur l'histoire de France, Paris, 1853, in-4''), p. lxxvi. — 
On a voulu aussi identifier Sarbiniacus avec Vopp'idum civitatis Lugdunens'ium 
quod nuncupatur Sardinia, mentionné dans la vie de saint Apollinaire et dans 
celle de saint Avit {Acta sanctorum Octobris, t. III, p. 59, c, d; Febr., t. I, 



246 

à peu de distance de Lyon, dont le nom rappelle Sarbiniacus, 
est Albigny (Rhône, canton de Neuville-sur-Saône, à environ 
15 kil. de Lyon), autrefois ArbignyS et c'est sans doute celui 
qu'a voulu désigner l'auteur de notre relation. Il est clair 
cependant qu' Albigny ne s'est pas appelé dans l'antiquité Sar- 
Mniacus, car les mots latins qui commencent par une S suivie 
d'une voyelle ne perdent jamais cette consonne en passant en 
français. Mais, si l'on n'a pas oublié les observations auxquelles 
a donné lieu ci-dessus le faux testament de saint Perpétue, on se 
rappelle que le fabricateur de ce testament a désigné Amboise par 
le nom de Rambasciacus , montrant ainsi qu'il ignorait les lois de 
la transformation du latin en français et qu'il croyait que la 
consonne initiale d'un nom ancien pouvait disparaître en passant 
en notre langue. Sarbmiacus semble être une forme fabriquée 
sous l'influence de la même erreur. La présence de cette forme 
donne donc lieu de présumer, non seulement que la relation du 
colloque de 499 est apocryphe, mais encore qu'elle est l'œuvre 
du même faussaire qui a supposé le testament de Perpétue. 

Enfin, s'il est vrai que beaucoup de détails du récit se distin- 
guent par un air de vérité assez séduisant, la règle n'est pas sans 
exception, et il faut signaler vers la fin un trait d'une invraisem- 
blance choquante. Saint Avit, pQur avoir raison de la résistance 
des ariens, s'engage publiquement à obtenir du ciel un miracle 
qui les confonde : Si nos raisons, dit -il à Gondebaud, ne 
peuvent convaincre ces gens-là, je ne doute pas que Dieu ne fasse 
un miracle pour confirmer notre foi : ordonnez-leur d'aller avec 
nous au tombeau de saint Juste ; nous interrogerons le saint sur 
notre foi, Boniface l'interrogera sur la sienne, et le Seigneur pro- 
noncera par la bouche de son serviteur. Un procédé aussi simple, 
pour trancher les difficultés théologiques, aurait sans doute été 
souvent mis en usage, s'il était admis par l'Eglise : mais l'Eglise 
ne peut admettre qu'un homme, fût-ce un évêque, promette de 
son chef une intervention miraculeuse du ciel, et semble ainsi 
vouloir contraindre en quelque sorte la Divinité d'obéir à ses 
commandements. Les ariens sont à leur aise pour répondre. 



p. 668, B, c; Peiper, Aviti Opéra, dans les Monumenia Germaniae, p. 178- 
179); mais ce rapprochement est inadmissible, car les textes placent expressé- 
ment Sarbiniacus sur la Saône et Sardinia sur le Rhône. 
1. Cartulaire de Savigny, p. 935, 981. 



2Î7 

comme ils le font dans le récit qui nous occupe : Nous ne voulons 
pas recourir aux incantations et aux maléfices, comme Saiil, qui 
a été maudit ; nous nous en tenons au témoignage de l'Ecriture, 
qui est plus forte que tous les prodiges ! Les paroles prêtées à 
saint Avit sont, de plus, imprudentes : si, après une pareille pro- 
messe, le miracle annoncé venait à manquer, quel effet désastreux 
sur ceux que l'on prétendait convertir ! II n'est pas possible de 
croire qu'un prélat éminent et éclairé, comme l'était saint Avit, 
se soit laissé entraîner à parler aussi légèrement ; et il suffirait de 
ce trait pour faire suspecter la pièce entière. 

Voilà les raisons de douter de l'authenticité du récit en ques- 
tion. Mais, dira-t-on, si c'est une fabrication, où le faussaire en 
a-t-il trouvé les éléments? A-t-il eu assez d'imagination pour 
inventer les faits qu'il rapporte ? Non; il a pris l'idée de ces faits 
dans divers passages des oeuvres de saint Avit et de quelques 
autres textes anciens. Il n'a eu qu'à recueillir ces traits épars et 
à les coordonner. 

L'idée d'une conférence théologique entre l'évêque de Vienne 
et le roi Gondebaud était fournie par une lettre qui fait partie des 
œuvres de saint Avit. L'évêque, écrivant au prince catholique 
Sigismond, fils de Gondebaud, lui rend compte des efforts qu'il a 
faits, dans une discussion suivie, pour détacher le roi de l'hérésie 
arienne. 11 résulte des premières lignes de la même lettre que 
cette conférence avait eu lieu au moment d'une fête^ L'idée que 
des prêtres ariens avaient pris part au débat pouvait encore être 
tirée du même texte'. Celle de placer la conférence dans la ville de 
Lyon et d'y faire figurer plusieurs évêques catholiques, assem- 
blés en une sorte de concile, a dû être suggérée par une autre' 



1. Aviti archiepiscopi Viennen.sis Opéra, studio J. Sirmoiuli (Paris, 1643, 
in-S"), epist. XXI. p. 04 : « Quod me de colloculione regali ad noliliain veslrain 
non detulisse cuipalis, occursui meo exacla feslivitatc servaveraiii ; quia rêvera 
indicari vobislillerario facQulalu cunclaper ordinem disce|)lationis proiixilas pcr- 
plexitasque non patitur, etc. » — Je cite saint Avit d'après 1 "édition de Sirmond, 
parce que c'est la seule que le faussaire ait pu coniiaitre; en toute autre cir- 
constance, il faudrait citer de préférence la belle édition donnée par M. R. Pciper 
dans la collection des Monumenta Germa niae. — Il semble que la discussion 
dont il est ])arlé dans cette lettre ait eu lieu entre Avit et Gondebaud seuls; 
pourtant on l'a compris autrement et on a admis ([u'il s'agissait d'une confé- 
rence entre plusieurs personnes : M. Pciper parait l'entendre ainsi. 

2. Ibid., p. 66 : « Adjecit ... sic scriptum misissem sacerdolibus ... suis, n 



2 '.s 

lettre du même recueil*. Une fois le lieu de l'assemblée fixé, il 
était assez naturel de choisir, pour l'occasion de cette réunion, 
la fête de saint Juste : plusieurs passages, tant dans la corres- 
pondance de saint Avit que dans celle de Sidoine Apollinaire, 
font allusion au concours de fidèles que cette fête amenait chaque 
année à Lyon-. Quant au choix de la date, il convenait qu'elle fût 
rapprochée de l'époque de la guerre entre Gondehaud et Clovis, 
pour permettre des allusions historiques qui donneraient plus 
d'intérêt au récit : mais il fallait aussi que le royaume bourgui- 
gnon ne fût pas envahi, pour que le roi eût encore le loisir de s'oc- 
cuper de discussions théologiques ; on satisfaisait à ces deux 
conditions en admettant que la conférence avait eu lieu à la veille 
des hostilités, au moment où Clovis menaçait la Bourgogne, mais 
ne l'attaquait pas encore. 

Dans le détail même, on retrouve aisément les passages qui ont 
inspiré telle ou telle phrase du récit apocryphe. Quand Gonde- 
haud dit aux évêques : Mes prêtres, sacer dotes mei, sont prêts 
à vous prouver que, etc. , cette expression rappelle celle de saint 
Avit , écrivant à Sigismond que le roi lui a demandé par écrit 
plusieurs passages de l'Ecriture pour les soumettre à ses prêtres, 
sacerdotibus suis ^. L'ordre que Gondebaud donne ensuite 
de ne pas tenir la conférence en public, mais seulement devant 
un petit nombre de personnes, fait penser à un autre passage de 

1. Ibid., epist. XXVIII, p. 73 : « Avilus Viennensis ei)iscopus domiio Gundo- 
bado régi. Rediens ab urbe Lugdunensi sanctus Chartenius episcopus, in qua, 
nobis de conciiio discedentibus, ad privala quœdam negotia expedienda resedc- 
rat, quœstionem sibi, inimo niagis omnibus nobis proposuisse vos relulit. Quœ 
si fuissel coram positis indicata, subministrante sancto Spiritu facile sascita- 
tioni vestrae quœ ad causarn pertinebanl suggeri potuerant. » 

2. Ibid., epist. LIX, p. 117, Viventiolus, évêque de Lyon, à Avit : « Ad simili- 
tudinem divlnse benignitatis delibcratio vestra cultorum suorum petilionibus 
temperelur, ut in sollemnitate sancli Justi plebeculam suara apostolatus vestri 
visitatio benedicat. » Cf. epist. LXVII, p. 116, LU, p. 11 'i, et l'épitaphe de saint 
Juste, dans l'édition Peiper, p. 183. — Sidoine Apollinaire, livre V, lettre 17 : 
« Conveneramus ad sancti Justi sepulcrum, sed libi inlirraitas inipedimenlo, ne 
tune adesses. Proccssio fuerat antelucana, solennitas anniversaria... » 

3. Avili Opéra., epist. XXI, p. G6 : « Quod cum sibi ex niaxima parle pronun- 
liaret incognituin, adjecit simpliciter sic scriptuni niisissem sacerdotibus, imnio 
magis seductoribus et ut adhuc verius dicainus sectatoribus suis. » — CoUatio 
episcoporum : « Rex dixit ad illos : Ilabetis (juod postulatis, nam sacerdotes 
mei parati sunt vobis oslcndere quod nullus potest esse coacternus et consub- 
slantialis Deo. » 



2.^0 

cette lettre où saint Avit semble louer le roi d'avoir ordonné que 
la discussion qui a eu lieu entre eux restât secrète *. Toujours dans 
la même lettre, Avit se plaint des questions embrouillées que les 
docteurs ariens ont imaginées pour l'embarrasser : dans le col- 
loque, on représente l'arien Bonilace appliqué à entraver la dis- 
cussion, en proposant des questions difficiles, dont il semble vou- 
loir fatiguer le roi-. Grégoire de Tours aussi a été mis à profit. Il 
a fourni l'histoire de l'union de Godégisèle avec Clovis contre 
Gondebaud, qui motive les plaintes de celui-ci ^ l'épisode des pré- 
sages tirés de la lecture des livres saints * ; l'éloge de l'éloquence 
de saint Avit, reproduit en termes plus vifs dans le récit du col- 
loque^; le personnage épisodique du courtisan Arédius, qui, 
dans ce récit comme dans une occasion racontée par Grégoire, 
met au service des intérêts de son roi les ressources de son esprit 
délié et de son caractère peu loyaP. Enfin, un passage d'Ennodius, 
dans la Vie de saint Épiphane de Pavie, aura suggéré l'idée de la 
visite que les évêques catholiques font au roi Gondebaud dès leur 
arrivée à Lyon". 

\. Aviti Opéra, ibid., !>. 65 : « Sed curavit consulte necessitalis opporUinitale 
provisa et rei, ut, quicumque conlentionis fuisset eventus, nec superiorem lumere 
nec superatura pateretur erubescere. » — Collatio : « Sed nolo ut id liât coram 
omni populo, etc. » 

2. Aviti Opéra, ibid., p. 65 : « Quicquid per imidicalissiraos quaeslionum mor- 
dacium nodos longo spalio sagax industria potuit arare, commotum est. » — 
Collatio : « Sed tantum quaestiones difficiles proponeret, quibus videbatur velle 
regem fatigare. » 

3. Grégoire de Tours, Historia Francorum, II, 32, etc. 

4. Historia Francorum, IV, 31, depuis les mots Positis clerici tribus libris 
jusqu'à ruina ejus magna. 

5. Historia Francorum, II, 3i : « Magna; enim facundia; eral tune tcmporis 
beatus Avitus. » — Collatio : a Sed postquam douinus Avitus proposuil (idem 
nostram cum teslimoniis sacra; Scriptura;, ut eral aller TuUius et Dominus 
inspirabat gratiam omnibus qute dicebal, tanta conslernatio cecidit super Aria- 
nos, etc. » 

6. Histotia francorum, II, 32. — Cf. Historia epitomata, 18, 19 (Du Chesne, 
Historiée Francorum Scriptores, I, p. 728, 729). 

7. Magni Fclicis Ennodii episcopi Ticinensis Opéra, éd. J. Sirmondus (Paris, 
1611, in-8'), p. 402 : « Quem (il s'agit d'Épiphane, évOque de Pavie) poslfiuam 
Gundobadus terrée illius dominus venisse cognovil : Ile, iiiquitad suos, et videte 
hominem... Qui quando nos velit videre inquirile... Constilutus ergo videndi regem 
dies, ad quem cum ingressus est, salutavit... » — Collatio : « Venerunt itaque de 
Vienna Avitus, de Arelate ^onius ... et plures alii omnes catholica; professionis 
et laudabilis vitae in Domino. Qui omnes ad salutationem régis cum domno 
Stephano ... profecti suul. » 



250 

La relation du colloque de Lyon était suspecte de fausseté par 
sa seule présence dans les papiers de Jérôme Vignier, à côté du 
faux testament de Perpétue et de la fausse donation de Micy. 
L'examen de la pièce elle-même n*a pas dissipé les soupçons ; il les 
a confirmés. Nous pouvons mettre sans crainte cette pièce, avec 
les précédentes, au nombre des documents apocryphes. L'époque 
de la fabrication peut être déterminée à quelques années près. Les 
lettres de saint Avit, auxquelles le faussaire a fait des emprunts, 
ont été publiées pour la première fois en 1G43 ; la fausse relation 
elle-même a été imprimée en 1661 : le faussaire l'a donc composée 
après 1643 et avant 1661. 



^ 6. — LETTRES D'EVÊQUES ET DE PAPES. 

J'ai cru pouvoir affirmer la fausseté de quatre des pièces 
recueillies dans les papiers de Jérôme Vignier, et notamment des 
trois plus importantes : le testament de Perpétue, la donation de 
Micy, le colloque de Lyon. Les cinq lettres qui restent à exami- 
ner offrent moins de prise à la critique, car elles sont courtes et 
renferment peu de faits. Mais la démonstration, si on la considère 
comme faite pour les pièces précédentes, constitue une grave pré- 
somption contre celles-ci. Si les unes sont fausses, il est peu pro- 
bable que les autres soient authentiques. 

A défaut de preuves, divers indices rendent vraisemblable, 
pour ces lettres aussi, l'hypothèse d'une fabrication moderne. 

La première de ces lettres est attribuée à saint Léonce, évêque 
d'Arles, et est adressée au pape saint Hilaire, en 462 {Spici- 
legium, in-4°, t. V, p. 578) : 

DOMINO Meritorum fastigio laudatissimo et Apostolicx Sedis 
dignissimo Papx Domno Hilaro Leontivs Episcopus. 

QvoD Leonem sanclissimum Praedecessorem luum mors abstuleril 
contra hœreses inuigilanlem, et iolium in agro Domini, heu ! nimis 
fruticans eradicantem, dolemus. Quôd de tua sanctitate reparauerit, 
gratulamur. Nam gaudet fdius de honore matris, et cùm Ecclesia 
Romaiia sit omnium mater, fuit vobis* gaudendum, quôd in tanta 

1. Sic dans le Spicilegium , mais il faut lire nobis. 



251 

consLernalionc rcrum, ol infirmitalc s;pculorum, super cam leerexc- 
rit, vl iudices populos in iequilale et jzentes in lerra dirigas. Vnde 
cùm nobis nuntius ille per Goncordivm Ecclesia» noslrœ Diaconum, 
qui tune praesens eraL cùm sancliLas tua ad id honoris (asligatum cul- 
meu euecta est, relatus est ; gralias Deo nostro reddidimus, et Le 
decreuimus (juani prinuuu hac humililalis nostra? epistola salutare; 
vL et sic afTectus qui inter tuam sancLitatcm et nos iani diu ci»aluit, 
in Domino corroboretur, et de celero augeatur, cum débita reuerentia 
quà decet filios palrem prosequi. Rcnedictus ilaque qui venit in 
nomine Domini. lam forliter sancLitati Luœ insudandum et anhelan- 
dum est, vt quod sanctissimus Léo Papa incepit, ad lerminabilem 
perducas limilem, et cum exercitu Gedeonis per tubas in orefortium 
concrepantes, et per lampadas in robusta manuagitatasetventilatas, 
maledictos rauros lerico iam toties anathematizatos et quassatos 
sanctitas tua faciat prosternere. Geterùm cùm Kcclesia no- [p. 570 :] 
stra Arelalensis semper ab Apostolica sede amplis fauoribusetpriui- 
legiis fuerit decorata, rogamus sanctitatem tuam, vt per eam nihil 
nobis decedat, sed potiiis augeatur, vt et collaborarc tecum in vinea 
Domini Dei Sabaoth valeamus, et inuidorum conatus infringere, quos 
si non esset auctoritas reprimens, certum est de die in diem grassa- 
turos in peins, quia malitia' qui nos odcrunt, ascendit semper. Dat. 
K Seveiuj, Avg. (ïos. -. 

Cette lettre comble une lacune dans la correspondance des 
papes : car on a la réponse de saint Hilaire à une lettre que lui 
avait écrite Léonce 3, et ce qui est dit de cette lettre dans la réponse 
s'accorde bien avec le texte trouvé chez Jérôme Vignier^ Or, si, 
au temps de Vignier, la lettre d'Hilaire n'avait pas encore été , 
publiée, l'accord entre les deux pièces serait un fait notable et 
prouverait à la fois l'autlienticité de l'une et de l'autre; mais. 



1. Suppléer corum y 

2. Réimprimé : Spicilegimn, in-fol., 1723, III, 302; collections des conciles; 
Thiel, p. 138. 

3. Baronius, Annales ecclesiastici, ann. 462, n" IV; Sirmond, Concilia and- 
qua Galliae, t. I (1629, in-fol), p. 127; Thiel, Epistolae Romanorum ponli- 
ficum, p. 139. — Jafl'é, liegesta, {"= éd., 328; 2" éd., 553. 

•'i. Hilaire dit que, des termes de la lettre de Léonce, il résulte que celui-ci 
n'a pas reçu une première lettre par laquelle le pape lui annonçait son avène- 
ment ; dans la lettre trouvée chez Vignier, Léonce dit n'avoir appris l'élection du 
pape que par un diacre qui y avait assisté. 



comme elle était au contraire imprimée depuis longtemps dans des 
ouvrages fort répandus, on peut penser qu'il y a tout simplement 
imitation et que la lettre attribuée à l'évêque d'Arles a été com- 
posée à l'aide de celle du pape. La mention d'une lettre perdue a 
suggéré l'idée de refaire cette lettre, comme un passage de Gré- 
goire de Tours avait suggéré l'idée de refaire le testament de 
Perpétue, et la Vie. de saint Mesrain le diplôme de Clovis pour 
l'abbaje de Micy. 

L'évêque d'Arles, dans cette lettre, tutoie le pape. Cela est 
conforme aux règles de la langue latine à l'époque classique, mais 
cela est contraire aux usages de la seconde moitié du v*" siècle. 
L'étiquette d'alors voulait qu'en écrivant au pape, on lui dît vos 
et non tu * ; les exceptions à cette règle ne se rencontrent que 
dans quelques lettres écrites par les princes ou les évêques de 
l'Orient". Dans le recueil formé par A. Thiel, qui comprend 
toutes les lettres écrites ou reçues par les papes de 461 à 523, la 
prétendue lettre de Léonce à Hilaire est la seule où un évêque 
d'Occident tutoie le pontife romain^. 

La lettre suivante porte le nom de saint Loup, évêque de 
Troyes, et contient des félicitations à Sidoine Apollinaire sur son 
élection à l'évêclié de Clermont, en 472 {Spicilegium , in-4°, 
t. V, p. 579) : 

Lvpvs Domno Papse Sidonio. 

Grattas ago Domino Deo nostro Iesv Christo per Spiritum san- 
cLum, qui le, Garissime Frater, in hac generali titubatione et pressura 
dilectissimse sponsœ Ecclesiae suœ, ad eius sustentationem et conso- 
lationem in Sacerdotem vocault, vt sis lucerna in Israël, et sicut 
ambitiosos honores mundanse militiœ cum sumraa laude exequutus 
es, ila militiae cœlestis operosa munia, et humilia ministeria ipso 
adjuuanle Christo alacriter percurras, nec rétro ad aratrum applicatà 
manu, pigrilantium agricolarum more oculos conuertas. Tu Impera- 
torios apices per gloriosissimas affinitates proximè consecutus es : 
tu Irabeales ornatus splendidâsque prsefecturas, et quicquid irrequieta 



1. Thiel, p. 155, 157, 348, 696, 698, 730, 731-73-i, 742, 761, 764, 781, 814, etc. 

2. Thiel, p. 192, 709, 741, 742, 831, etc. 

3. La lettre d'Ennodius à Ilormisdas (Thiel, p. 910), où le tutoiement paraît 
dans la dernière phrase, a été écrite avant qu'Horrnisdas ne fût pape. 



233 

desideriorum séries sibi bealius in sœculo potesl fingcre, lionorificus 
et inter slreperos plausus cxercuisti. Mulatus est ordo, cl in domo 
Doraini apicem attigisli, qui non in exubcranli mundani fastus ful- 
gore, sed in maxime infima mentis dcpressionc, el lunnili rcsupinati 
cordis abjeclione perlractandus est. Qui olim conabaris nataiium 
décora addilis bonoribus supcrare, nec crcdebas homini sufficere, si 
ceteris par csset, et pares non transgrederelur, in eum statum deue- 
nisti, in quo licel superior nulli le debes superiorem repu tare; minime 
subditorum luorum supposilus, eô plus eris bonoratior, quô tehumi- 
lilas Christi accinget, et eorum plantas osculaberis, supra quorum 
capita pedes luos olim collocare dedignabaris. Iste profectô iam tibi 
labor incumbil, vt sis omnium seruus qui videbaris omnium domi- 
nus, et aliis [p. 580 ;] incurueris, qui ceteros conculeabas, non quia 
eras superbus, sed quia dignitatum prœteritarum majestate ne dicam 
vanilate, tanlùm tibi ceteros anlecedendum erat, quantum tibi modo 
prœ ceteris est recedendum. Fac ergo vt nunc ingenium transferas ad 
diuina, qui tantùm valuisti ad humana. GoUigant plèbes tuœ ex ore 
tuo spinas de capite Crucifixi, qui ex verbis tuis colligebant rosas de 
pompa mundiali ; et capiant de eloquio Sacerdotis vcrba disciplina? 
cselestis, qui capiebant de eloquio dominantis normam disciplinse ciui- 
lis. Ego quidem, qui le tanlùm amaui cùm sequebaris aridilatem 
sœculi, quali mensura pulas iam amare sequentem vbertatem cœli? 
Iam delibor, et instans est resolulio mea, sed non pulauero resolui, 
qui licèt solutus, in le viuam, et te in Ecclesia relinquam. Gaudeo 
exui, poslquàm Ecclesiam induisti, et te induit Ecclesia. Macte ami- 
citia vétusté, sed fraternilale recens. Supprimit postremus titulus 
antiquos, nihil est quôd hodie velim de prseterita meminisse dile- 
ctione, quando raoderna dignitas et firmiorem facit esse caritatem et . 
tenaciorem. si Deus vellet vl te amplecterer ! sed in spirilu perficio 
quod non possum in corpore, et preesente Ghrislo non ampliùs Rei- 
publicae Praefectum veneror et osculor, sed Ecclesiœ, qui mihi filius 
œtate, dignilate frater, et meritis pater est. Ora prome, vl in Domino 
consummatus, opus quod injunxit consummera, et in eo landem 
impleam tempora quae restant, qui tôt et tanta (vae mihi !) bis quœ 
non debui, impleui*", sed apud Dominum misericordia. Memor esto 
mei^. 

Il y a dans les œuvres de Sidoine quatre lettres adressées à 

1. En marge : siue* impendi. 

2. Réimprimé : Spicilegium, ia-fol., 1723, III, 302, etc. 

-18 



254 

saint Loup ^ ; de celui-ci nous n'avons pas d'autre ouvrage qu'une 
lettre écrite en commun par lui et Euplirone d'Autun à l'évêque 
Talase d'Angers^ Celle-ci est d'un style assez simple ; la lettre 
qu'on vient de lire, au contraire, est pleine de prétention et de 
recherche. On y remarque des élégances alambiquées et des 
antithèses savantes, qui rappellent la manière de Sidoine ; on ne 
peut s'empêcher de penser que, si l'on demandait à un bon écolier 
de rhétorique de composer pour devoir une lettre d'un évêque à 
Sidoine, après avoir lu un ou deux livres de cet auteur, il produi- 
rait probablement un morceau assez semblable à celui-ci. L'imi- 
tation n'est pas seulement dans le style, elle est aussi dans les 
formules et dans certaines expressions. Les lettres de Sidoine 
à saint Loup portent en tête : Sidonius domino papœ Lupo 
sahitem, et à la fin : Memor nostri esse dignay^e, doynine 
papa; la prétendue lettre de Loup commence par : Lupus domno 
papœ Sidonio, et finit par : Memor esto mei. Cet emploi du 
mot papa au sens d'évêque, habituel chez Sidoine, n'était pas 
d'un usage universel parmi ses contemporains. Loup et Euplirone, 
écrivant à Talase, évêque d'Angers, l'appellent epwcojow5 et non 
papa, et se qualifient eux-mêmes episcopi. 

En troisième lieu vient, dans l'édition de d'Achery, une lettre 
du pape Gélase P'' à Rustique, évêque de Lyon, en date du 25 jan- 
vier 494 {Spicilegium, in-4°, t. V, p. 581) : 

DILECTISSIMO FRATRI Rvstico Gelasivs. 

Inter ingruenlium malorum turbines, et variorum tenlationum 
quibus penè mergimur afthctatlones, tua nobis caritas, amantissimc 
Frater, grande solutlum propinauit. Quid enira consolalius posset 
accidere quàm videre fralres carissimos inuieem compatientes, etpar- 
tem oneris ferentes, quibus non minima benedictionis portio collala 
est. Benediclus Deus, qui tua erga nos taliter affecit prsecordia, vt 
non tanlùm quse patimur anime senlias, scd et monstres in sanclse 
Iributionis exhibêdo misericordiam , qualem habeas in compassiuo 
corde caritatem ; et adjungas ad dulcissimse consolationis sermones, 
qua) sunt prœcipuœ inter amicos opituiationes. Verùm diiectionera 



1. Livre VI, lettres 1, 4, 9, et livre IX, lettre 11. Cf. les passages relatifs à 
saint Loup, livre IV, lettre 17, et livre VII, lettre 13. 

2. Migne, LVIII, G6. 



tuam non fatigabimus, scribentes quàm in arlo fuerimus. ScitFraler 
noster et Coëpiscopus iEo\ivs quàm vtile fueril et quod misit, et quod 
adnosmisisli subsidium. Ceterùm frater noster Epipoanivs, qui ad gen- 
tis sucfi misci'ias releuandas, et rcdimendos captiuosad parles vestras 
destinatur, Fraternitalcm tuam certiorem faciet, quantam oh impiis- 
simi Acacij causam persecutionem sustinemus. Sed non deficimus, et 
inter lot pressuras nec cedit animus, nec relaxatur zelus, ncc subuertil 
metus. Sed licei aporiantes et angustiati, coniîdimus in eum qui dabit 
cum tentatione prouentum : et si ad tempus sinit deprimi, non patietur 
opprimi. Fac, carissime Frater, vt luus luori'imque in nos, vel potiùs 
in sedem Apostolicam, non cesset afteclus. Qui enim in petra solida- 
bunlur, cum petra exultabuntur. Adjuua Fratrem noslrum Epipua- 
NivM, et sentiat quia me amas, et eùm redierit ad propria, scribat 
dilectio tua tam quœ sibi, quàm qme Fratribus nostris et Coëpisco- 
pis per Gallias constitutis circa impiissimi Acacii causam videbuntur. 
[P. :iS2 :] Deus te prœstet incolumem, Frater carissime. Datum viii. 
Kalend. Febr. Asterio et Pr/esidio W. Clarisse. 

Il est étonnant de trouver une lettre de Gélase à un évêque de 
Gaule, à la date du 25 janvier 494. En effet, nous avons une 
autre lettre, écrite par le même pape à Éone, évêque d'Arles, le 
23 août de la même année; dans celle-ci, il s'excuse de n'avoir 
pas encore trouvé le temps de faire part aux évêques de Gaule de 
son avènement au pontificat (qui remontait au l"^"" mars 492), et il 
charge Éone de le leur annoncer : « Per divinam gratiam sedis 
apostolicfe regimen nos adiisse pandentes... Dilectionem tuam 
duximus admonendam qua tenus et vigere apud nos alternse viscera 
gratise fratres et coepiscopi nostri per Gallias constituti caritate 
tua vulgante cognoscerent-... » S'exprimerait -il ainsi, s'il 
avait été en correspondance, sept mois auparavant, avec l'évêque 
de Lyon ? 

La lettre à Rustique se termine par cette formule : « Deus te 
prœstet incolumem, frater carissime. » Dans une autre lettre, 
publiée aussi par d'Achery d'après les papiers de Vignier et qu'on 
verra tout à l'heure, celle qui porte le nom du pape Symmaque 
et qui est adressée à saint Avit, on lit : « Deus te incolumem servet, 
frater dilectissime . » Ce sont là les seuls exemples que l'on connaisse 

1. Reimprimé : Spicilegium, in-fol., 1723, III, 304; collections des conciles; 
Thiel,p. 358. — Jaffé, Regesta, 1" éd., 390; 2" éd., 634. 

2. Thiel, p. 386; cf. p. 34. 



256 

de ces deux formules : dans les lettres écrites par les papes aux 
évêques, à cette époque, la salutation est ordinairement conçue en 
ces termes : « Deus te incolumem custodiat, frater carissime. » 
La différence semble peu importante : mais, si l'on examine les 
longues séries de lettres des papes, du v« siècle et des siècles sui- 
vants, qui offrent toujours les mêmes formules de courtoisie répé- 
tées dans les mêmes termes, on se convaincra que dès cette 
époque ces questions d'étiquette n'étaient pas abandonnées au 
hasard, que le style de la chancellerie pontificale était formé et 
les règles du protocole nettement définies. Le plus ancien exemple 
de la formule en question est du 27 janvier 417 : une lettre d'In- 
nocent P"", adressée à cinq évêques, porte : 

« Deus vos incolumes custodiat, fratres carissimi*. » 
En 430, on rencontre la même salutation en grec : 

Et en latin : « Deus te custodiat incolumem, frater carissime^ »; 

En 431 : « Deus vos incolumes custodiat, fratres carissimi'*. » 

Dans le recueil déjà cité des lettres pontificales de 461 à 523, 
publiées par A. Thiel, on trouve : 

« Deus autem incolumem te custodiat, frater carissime », une 
fois^; 

« Deus te incolumem custodiat >■>, une fois''; 

« Deus te incolumem custodiat, fili dilectissime », unefois'^; 

« Deus te incolumem custodiat, frater carissime », onze fois* ; 

« Dominus te incolumem custodiat, frater carissime », trois 
fois»; 

Et dans les lettres adressées à plusieurs destinataires à la fois : 

« Deus autem vos incolumes custodiat, fratres carissimi », une 
fois^o; 



1. P. Couslant, Epistolae Romanoi^um pontificum, I (Paris, 1721, in-fol.), 
col. 904. 

2. Ibid., col. 1112. 

3. Ibid., col. 1130. 

4. Ibid., col. 1188. 

5. En 465, Thiel, p. 170. 

6. En 492, p. 321. 

7. En 493, p. 339. Le destinataire n'est pas évéque. 

8. De 462 à 521, p. 1.38, 140, 141, 147, 242, G27, 727, 729, 885,981, 990. 

9. En 494, 499 et 500, p. 386, 655, G5G. 

10. En 521, p. 982. 



257 

« Deus custodiat vos, dilectissimi fratres », une fois*; 

« Deus vos custodiat, fratres carissimi, sevo longiore », une 
fois-; 

« Deus vos incolumes custodiat, filii dilectissimi », une fois ^ ; 

« Deus vos incolumes custodiat, fratres carissimi », neuf fois''. 

Dans le Liber diurnus, formulaire delà chancellerie romaine, 
que le dernier éditeur croit avoir été composé entre les années 
685 et 751 , la salutation finale des lettres adressées aux évêques 
et aux clercs est toujours conçue en ces termes : 

« Deus te incolumem custodiat^... » 

De tous ces exemples, il résulte que certains détails de la for- 
mule ont pu être parfois changés, l'ordre des mots modifié, 
Dominiis substitué à Deus, etc., mais le verbe est toujours le 
même : custodiat. Les prétendues lettres de Gélaseà Rustique et 
de Sjmmaque à Avit, trouvées dans les papiers de Jérôme 
Vignier. sont les seules où ce mot soit remplacé par un terme 
difierent, prœstet dans l'une, servet dans l'autre. Toutes deux 
pèchent donc contre une règle bien constatée de la diplomatique 
pontificale du x'' et du vf siècle. 

Trois points sont touchés dans cette lettre : le pape recom- 
mande à Rustique l'évèque de Pavie Epiphane, qui se rend dans 
le royaume de Bourgogne pour le soulagement de ses compa- 
triotes; il entretient Rustique de son dissentiment avec le 
patriarche de Constantinople, Acace, et demande l'opinion des 
évêques de Gaule sur ce prélat suspect d'hérésie ; il remercie des 
subsides que lui ont envoyés Rustique et l'évèque d'Arles Éone. Il 
n'y a rien dans tout cela qu'un faussaire du xvii" siècle ne pût 
aisément imaginer. Le voyage d'Épiphane de Pavie, envoyé k 
Lyon pour racheter des prisonniers italiens, et le bon accueil que 
lui fit l'évèque Rustique, vers 494 , sont racontés dans la bio- 
graphie d'Épiphane, qui fait partie des œuvres d'Ennodius : ces 
œuvres ont été publiées en 1611 par Sirmond^. Le détail des 

1. En 488, p. 266. 

2. En 464, p. 151. 

3. En 485, p. 257. Les destinataires sont de simples clercs et non des év<*ques. 

4. De 462 à 515, p. 146, 152, 155, 169,337, 637, 722, 723, 761. 

5. Liber diurnus, éd. Eug. de Rozière, p. 11-15. 

6. Magni Felicis Ennodii episcopi Ticinensis Opéra, éd. J. Sirmondus (Paris, 
1611, in-8°), p. 402. L'évèque de Lyon est appelé là Rusticius et non Rusticus; 
mais cette dernière forme était donnée par la Gallia chrisliana de 1656 (I, 295). 



258 

démêlés des papes avec le patriarche Acace remplit leur corres- 
pondance, et notamment celle de Gélase. Enfin, l'idée d'un sub- 
side envoyé au pape par les églises de Gaule a pu être tirée d'une 
phrase écrite par Gélase à Eone d'Arles ' . 

Sur la lettre de félicitation adressée, dit-on, par le pape Anas- 
tase II au roi Clovis P^ à propos de sa conversion au christia- 
nisme (voy. ci-dessous), jemeborneraià dire: l°que, necontenant 
qu'un développement oratoire, sans aucun fait, elle offre peu de 
prise à la critique ; 2° que, pour un faussaire qui fabriquait des 
documents sur l'histoire ecclésiastique de la France au v*' siècle, 
il n'y avait guère de sujet plus tentant que celui-là ; 3° que c'est 
une faute et une invraisemblance d'avoir employé dans toute la 
lettre la tournure par tu, l'usage le plus ordinaire étant alors 
de dire vous aux rois 2. 

Voici cette prétendue lettre d'un pape au premier roi très chré- 
tien {Spicilegium, in-4", t. V, p. 582) : 



1. Lettre du 23 août 494, Sirraond, Concilia antiqua GaUiae, I, 153;Tliiel, 
p. 385; JafFé, l"" éd., 394; 2" éd., 640. Le pape protite, pour écrire à Éone, de l'oc- 
casion qui s'est offerte « religiosis viris lîliis nostris Euphronio presbytero et Resti- 
luto vire religioso, qui ad Italiœ partes ad providendam congregationi sanclce 
substantiam conimearant, remeanlibus ad propria. » — Ici se rencontre une 
difficulté : si le faussaire a connu celte lettre de Gélase à Éone, comment n'a-t-il 
pas vu le désaccord signalé plus haut entre cette lettre et celle qu'il a fabriquée ? 
Comment, d'ailleurs^ a-t-il pu faire adresser dès janvier par le pape des remer- 
ciements pour un secours reçu en août? Peut-être, dans sa pensée, la lettre 
fabriquée par lui devait-elle, quoique portant les noms des consuls de 494, être 
rapportée au 25 janvier 495 : voyant dans quelques textes (par exemple dans 
le concile d'Epao) qu'on commençait parfois alors l'année au 1" mars, il a pu 
s'imaginer qu'on ne changeait aussi la date consulaire qu'au 1" mars et non au 
l"'' janvier. Il n'est pas certain d'ailleurs que le voyage d'Épiphane ne doive pas 
être rapporté à l'année 495, jtlutôt qu'à 494 comme l'a affirmé Sirmond (dans les 
noies de son édition, p. 6G) . 

2. Saint Avit, lettre 41 (édition de Sirmond, p. 9i); Bouquet, Recueil des his- 
toriens, IV, 103; Cassiodore, Var., III, 1-4; Thiel, p. 489; fAber diurnus, éd. 
de Roziére, p. 10, 379. Dans les deux lettres de saint Rémi à Clovis (Du Chesne, 
Historiae Francoruiu Scriplores, 1, 849, etc.), le tutoiement se rencontre, mais 
mêlé avec la tournure par vos, et celle-ci prédomine. 



259 

GLOIUOSO ET ILLVSTPxI FILIO 

Clvdoecho * ^ Anastasius Episcopus. 

TvTM, gloriose fili, in Ghrisliana fide cum exordio nostro in Pon- 
tificatu contigisse gratulamur. Quippe sedes Pétri in taiila occasione 
non potest non iaetari, cùm pleniLudinem genlium intuelur ad cam 
veloci gradu concurrere, et per temporum spatia repleri sagenam, 
quam in allum iussus est mittere idem piscator hominum, etca^leslis 
lerusalem l)eatus (jlauiger. Quod serenitati tua? insinuare voluimus 
perEvMERivM Presbylerum, vt cùni audiueris iaetitiam patris, crescas 
in bonis operibus, impleas gaudium nostrura, et sis corona nostra, 
gaudeâtque mater Ecclesia de tanli Régis, quem nuper Deo peperit, 
profectu. Lœlifica ergo, gloriose et iliustris l-'ili, matrcm tuam, et 
esto illi in columnam ferream. Nam refrigescit caritas muUorum, et 
malorum hominum versuliâ nauicula nostra feris fluctibus agitatur, 
et despumantibus vndis pertundilur. Sed speramus in spem contra 
spem, et Dominum collaudamus, qui eruit te de potestale tenebrarum, 
et in tanto Principe prouidit Ecclesiae, qui possit eam tueri, et contra 
occurentes pesliferorum conatus galeam salutis induere. Perge igitur, 
dilecte et gloriose Fili, vt Deus omnipotens serenilalem tuam, et 
Regnum protectione caelesli prosequatur, et x\ngelis suis mandat vt 
cuslodiant te in omnibus viis luis, et det tibi in circuitu de inimicis 
suis victoriam-; 

La dernière lettre est attribuée encore à un pape, Symmaque, 
et adressée à l'évêque de Vienne, Avit, sous la date du 13 octobre 
501 [Spicilegiitm, in-4°, t. V, p. 583) : 

DILECTISSIMO F RAT RI Avito Symmachvs. 

No-\ debuit caritatem tuam offendere, quôd ad Fratrem et Goëpi- 
scopum nostrum ^Eonivm nuper rescripsimus. Non enim juri lue, dile- 
clissime Frater, prsejudicalum fuit, cùm nos, inaudita parte, et absque 
competenti iustructione [sic], non posse judicarc respondimus. Vnde 
Fraternitati tuœ saluum est, allegare quod putauerit allegandum, et 
proponerequodviderit proponendum. Nam licetconfusionem prouin- 

1. Ea marge : * Ciodoueo. 

2. Réimprimé : Spicilegium, in-fol., 1723, 111, 30 i; collections des conciles; 
Thiel, p. 623. — Jaffé, 1" éd., i65; 2<' éd., 745. 



260 

cise à prœdecessore nostro sanctae mémorise Anastasio Episcopoprœter 
Ecclesise consuetudinem, et antiqua Prœdecessorum nostrorum sta- 
tuta faclam esse dixerimus, et non esse tolerandam; attamen si ea 
quse fecit, rationabiliter fecisse Fraternitas tua docuerit, gaudebimus 
nihil esse ab eo contra canones attentatum, quia quod fit praeter regu- 
lam, modo sit ex justa causa, non infringit regulam, quam sola 
peruicacia, etantiquitatis contemptus lœdit. Nam quamuis à Patribus 
statuta, diligenti obseruatione, et obseruanti diligentia sint custo- 
dienda ; nihilorainus propter aliquod bonum de rigore legis aliquid 
relaxatur, quod et ipsa lex cauisset, si prœuidisset. Et seepè crudele 
esset insistere legi, cùm obseruantia ejus esse praejudicabilis Ecclesise 
videtur ; quoniam leges ea intentione latee sunt, vt proficiant, non vt 
noceant. Quamobrem pergat dilectio tua, rationes quœ prœdecessorem 
nostrum ad tractandam prsedictam confusionem impulerunt ad nos 
dirigere, vt et sciamus quid fuerit statuendum, et in Domino lœtemur 
beatse mémorise Anastasium nihil fecisse retractandum. Deusteinco- 
lumem seruet, Frater dilectissime. Data m. Id. Octobr. Avieno et 
POMPEIO Goss. ^ . 

Il y a dans cette pièce deux marques de fausseté. L'une est 
la formule de salutation, Deus te incolumem servet, au lieu de 
custodiat, dont il a été question tout à l'heure. L'autre est la 
date, Avieno et Pompeio consulibus. Ces noms sont bien ceux 
des deux consuls de l'année 501; mais, comme l'a montré M. de 
Rossi, l'un de ces magistrats, Aviénus, était consul en Occident, 
l'autre, Pompéius, en Orient; et, à la date du 13 octobre, le 
nom du consul d'Orient n'était pas connu à Rome, en sorte qu'on 
datait habituellement du nom d'Aviénus seul. Il y a là une invrai- 
semblance telle, qu'elle a conduit M. de Rossi à déclarer que la date 
de cette lettre devait être interpolée ou falsifiée. Son argumentation, 
que je reproduis en note, est convaincante ' ; mais, au lieu d'ad- 

1. Réimprimé : Spicilegium, in-fol., 1723, III, 307; collections des conciles; 
Thicl, p. 656; Peiper, Alcitni Ecdicii Avili Viennensis episcopi Opéra, dans 
les Monumenia Germaniae, p. 63. — Jaffé, 1" éd., 472; 2'^ éd., 75G. 

2. I. B.de Rossi, InscripHones chrisUanae urbis Romae, p. 413 : « Nimc de 
Oricntalibus duoruin Avienorum collegis, quae opus sunt, dicam. Priori Avieno 
[501j Pompejum, alteri [502] Probum collegas Conslanlinopoli datos Orientales 
fasli et Anastasii leges teslantur, in quibus uterque quoque Avienus cietur... 
Orientales contra consulcs his annis in Occidente aut ignoti aut pro ignotis habiti : 
eoruinque noniina monumenlis inscribi in Italia et Galliis desueludine plane 
abrogatum... El ro sane vera neque Pompejum, neque Probum duorum Avie- 



261 

mettre une interpolation dans la date seulement, il est plus naturel 
de croire que c'est la lettre entière qui est fausse, comme toutes 
les autres pièces de la même série. Le contenu de cette lettre a 
trait au différend entre les églises d'Arles et de Vienne, au sujet 
du rang de métropole prétendu concurremment par l'une et 
l'autre; le fabricateur s'est évidemment inspiré de deux autres 
lettres du pape Sj'mmaque, adressées à Eone d'Arles et rela- 
tives au même sujet*. 

Arrivé au terme de cet examen, j'espère que le lecteur tirera 
de ce qui précède la même conclusion que moi. Ces cinq dernières 
lettres sont fausses, aussi bien que les quatre documents étudiés 
précédemment. En somme, d'Acherv n'a tiré des papiers de 
Jérôme Vignier que des pièces apocryphes. 

§ 7. — JEROME VIGNIER; VIE DE SAINTE ODILE. 

Les neuf pièces sont probablement l'œuvre d'un même faus- 
saire. Elles ont été trouvées ensemble et nous sont parvenues par 
une même voie. On reconnaît d'ailleurs dans toutes à peu près la 
même langue, le même style, les mêmes procédés^ 



norum collegas veteres inscriptiones et publica Roinanarum synodoruni acta 
atque ipsa (quae res observalionem magis provocat) Theodorici régis edicta nomi- 
nant; quo lit, ut valdc miruni mihi videatur Syiinnaclii ponlilicis epislolam 
datam Ili idus Octobres, ante Romanam neinpc synoduin, quae Novembri habita 
mense est, iiac consignatam l'ornuila esse : Avieno et Poinpejo conss.; et de 
Pompcii nomine ab aliquo canonuin (;oliectore adjecto atque interpolato valde- 
suspicer. » 

1. Jaflfé, Regesta, \" éd., 469, 470; 2° éd., 753, 754; Sirmond, Concilia anti- 
qua Gulliae, 1, 156, 157 ; Thiel, p. 654, 655. 

2. Voy. ci-dessus, p. 246, la remarque relative aux formes fautives Ramba.scia- 
cus, pour Amboise, dans le testament, et Sarbiniacus, pour Aibi^ny, dans le col- 
loque, qui ne peuvent avoir été fabriquées que sous l'inlluence d'une même erreur, 
louchant le mode de formation des noms de lieu en français. Voici quelques pas- 
sages des diverses pièces, dans lesquels on peut remarquer la répétition de cer- 
taines expressions ou de certaines tournures : — Testament attribué à Perpétue, 
4' alinéa : « Item molendina supra Carum [irope diclam viilam. » Donation de 
Micy : « Cum querceto et saliclo el utroque molendino. » On sait que l'emploi du 
mot molendinum est rare dans les texies anciens : voy. ci-dessus, p. 218, noie 1. 
— Testament, 7°, 10*' et 11'' alinéas : a Memor eslo mci. » Lettre attribuée à 
saint Loup : « Memor esto mei. » — Testament, 7' alinéa : « Tibi fralri et consa- 
ccrdoli dileclissimo Eufronio. » Lettre attribuée à Gélase : « Frater nostcr et 



2(J2 

La date do la fabrication peut être déduite de celle des ouvrages 
consultés par le fabricateur. Ces ouvrages se réduisent à un très 
petit nombre : le tome I des Historiœ Francorum Scriptoy^es 
de Du Chesne, publié en 1636, la Gallia christiana de 1656, et 
diverses publications du P. Jacques Sirmond, qui ont paru de 1611 
à 1643. C'est dans Du Chesne seulement que l'auteur de nos pièces 
a pu lire la Vie de saint Mesmin, d'où il a tiré l'idée du faiixdiplôme 
de donation de Micy ; le même volume contient Grégoire de Tours, 
d'où il a tiré l'idée du testament attribué à Perpétue et certains 
traits du récit du colloque de Lyon. La Gallia christiana lui a 
fourni, pour le colloque, le nom d'Etienne, évêque de Lyon, et, 
pour la lettre attribuée à Gélase, celui de son prédécesseur. Rus- 
tique {Rusticus, au lieu de Rusticius, que donne Ennodius). 
Tout le reste a été inspiré par les ouvrages de Sirmond : la pré- 
tendue épitaphe de Perpétue et la prétendue lettre de saint Loup, 
par son édition de Sidoine Apollinaire, 1614 ; le colloque de 499, 
par celle des œuvres de saint Avit, 1643; la lettre attribuée à 
Gélase, par celle d'Ennodius, 1611 ; la lettre attribuée à Léonce, 
par les Concilia antiqua Galliœ, du même auteur, 1629 ; celle 
qui porte le nom de Symmaque, à la fois par le saint Avit et les 
Concilia^. Toutes ces pièces ont été trouvées à la mort de Jérôme 

coepiscopiis iïonius. » Lettre attribuée à Symmaque : « Quod ad fratrera et 
coepiscopum nostnira ^Eonium nuper rescripsimus. » — Testament, U' alinéa : 
« Tibi Agiloni comiti ... ut pergas eorum defensionem robuste suscipere... » Lettre 
attribuée à Anastase : « Perge igitur, dilecte et gloriose lili, ut Deus omnipolens 
serenitatem tuam et regnum protectione caelesti prosequalur. » Lettre attribuée 
à Symmaque : « Quamobrem pergat dilectio tua rationes ... ad nos dlrigere. » 
Comparez encore dans la donation de Micy : « Vos ergo, Euspici et Maximine, 
desinite inter Francos esse peregrini », et dans la prétendue lettre d'Anastase à 
Clovis : « Lsetifica ergo, gloriose et illustris fili, matrem tuam. » Ces exhorta- 
tions banales, introduites toujours de la même façon, trahissent, si je ne me 
trompe, l'embarras du faussaire, qui ne sait que dire. Il a pourtant fait preuve 
en plusieurs endroits d'une faculté d'invention assez remarquable. Il l'a particuliè- 
rement exercée dans la création des noms qu'il a donnés à divers personnages 
introduits incidemment : dans le testament, le comte Agilon, Aligarius et le 
diacre Daniel, vendeurs de terres acquises par Perpétue, l'orfèvre Mabuinus, 
les prêtres Amalarius et Agrarius, la sœur du testateur, Fidia Julia Perpétua, 
la vierge Dadolena et le dépositaire du testament, Delmalius ; dans le colloque, 
l'arien Bonifacc, les courtisans Placidus et Lucanus; dans les lettres, le diacre 
Concordius (Léonce, 462) et le prêtre Eumerius (Anastase, 497). 

1. 11 serait oiseux de chercher la source de la prétendue lettre du pape Anas- 
tase à Clovis. Cette lettre ne fait allusion qu'à la conversion du roi et à l'avène- 
ment du pape, faits bien connus et qu'on pouvait trouver partout. 



263 

Vignier, en 1601. Elles avaient donc été composées peu avant 
cette date, de 1656 à 1661 probablement. 

Sont-elles l'œuvre de Jérôme Vignier? II n'est guère possible 
d'en douter. 

11 s'en attribuait la découverte : d'Achery, qui avait été son 
ami* et avait eu, après sa mort, ses papiers entre les mains^, 
écrit sans hésitation : « Tostamentum ... Epitaphium ... et 
Collationem episcoporum ... eruerat jam pridem V. C. Hierony- 
mus Vignerius^... » Dans le préambule que Vignier avait pré- 
paré pour le récit du colloque de Lyon, il réclame à l'avance la 
reconnaissance du lecteur pour la publication de ce texte, dans des 
termes qui n'indiquent nullement qu'il l'eût reçu lui-même d'un 
autre : « Mirum est rei tantas monimenta apud scriptores ... nulla 
extare, et pauca quae habemus apud unum de miraculis S. Justi 
scriptorem ineditum conservari. Dolemus sane hujus celeberrimi 
conventus acta intercidisse, sed gaudemus satis adhuc in eo au- 
ctore superare, quo pio lectori opz^iç moveatur, nobisque gratule- 
tur, qui tbesaurum istum illi minime invidemus^ » 

D'ailleurs, il n'en était pas à son coup d'essai. En 1619, il avait 
fait imprimer un volume intitulé : la Véritable Origine des 
très -illustres ynaisons cV Alsace, de Lorraine, d'Austriche, 
etc. (Paris, Gaspar Meturas, in-fol.). Ce livre ne porte pas de nom 
d'auteur, mais il est certain qu'il est de Jérôme Vignier : la 
Bibliothèque nationale en possède un exemplaire avec un envoi 
signé de son nom% et dès 1650 Chiflet, dans un livre imprimé à 
Anvers, le citait en le lui attribuant*'. L'objet de l'ouvrage est de 
soutenir un nouveau système sur les origines de la maison d'Au- 
triche, que l'auteur prétend faire descendre, comme celle d'Alsace, 
d'Ethicon ou Adalric, père de sainte Odile. Ce système eut un 
grand succès : Chiflet, qui avait publié quelques années auparavant 

1. Spicil., in-A". V, préface, p. Il : « El quia limti viri, duin in vivis aj^erel 
mihi amicitia ac familiaritate conjunclissimi, mentionern feci... » 

2.. Ibid., p. 12 : n Gaeleruni quai narro didici e clariss. llioronyini schcdis, 
quas plena manu frater ipsius vir nobilis Benjamiuus Vignerius ullro allulit 
obtulitque. » 

3. Ibid., p. 11. 

■1 Ibid., p. 11. 

5. Département des imprimés, in-fol., Lm-' 10. 

6. Stemma Austriucum annis abhinc millenis. Ilieronymus Vignerius prio- 
reà nouem graaus elucubrauit; loanu. lac. Chidetius ... asseriiit at([ue illu- 
strauit. (Aalucrpise, ex ofiicina Planliniana Balthasaris Moreli, 1650, in-fol.; 



2(54 

lin tableau généalogique de la maison d'Autriche et d'Espagne', 
s'empressa d'imprimer un nouveau volume pour rétracter ce qu'il 
avait dit de la première origine de cette maison et adopter l'opi- 
nion de Vignier'. Or, celui-ci appuyait ses assertions principale- 
ment sur deux textes : l'un est la Vie du pape Léon IX, écrite au 
xf siècle par l'archidiacre Wibert et publiée par Jacques Sir- 
mond en 1615^; l'autre est un fragment d'une Vie inédite de 
sainte Odile, qu'il déclarait avoir découverte. Voici en quels 
termes, dans la préface de son livre, il parle de cette trouvaille: 

Estant donc, il y a quelques années, en Lorraine dans vne petite 
ville du Comté de Vaudemont, nommée Vezelise , ie m'enquis, 
selon mon ordinaire, s^il n'y auoit point de personnes doctes et 
curieuses de qui ie puisse apprendre quelque chose. Et ayant sçeu 
que le malheur de la guerre auoit chassé tous ceux qui pouuoient 
estre vtiles à ma curiosité, à la reserue d'vn vieillard de plus de 
quatre vingts ans, que la pesanteur de son âge et ses incommoditez 
auoient attaché à la misère, dont il ne se pouuoit tirer pour se sauuer 
ailleurs. le le fus visiter; mais ie ne trouuay plus en ce bon vieillard, 
qui s'appelloit Pistor le Bègue, qui auoit esté Secrétaire d'Estat des Ducs 
de Lorraine, et employé par eux en quantité de négociations impor- 
tantes, que de belles masures d'vn beau bastiment que le temps auoit 
ruiné, ie veux dire, que ie ne rencontray dans son entretien, que les 
restes de beaucoup de science que la mémoire affoiblie estouffoit et 
ne laissoit paroistre qu'à grand peine. le l'enquis des anciens Comtes 
de Vaudemont, oi^i estoient leurs tombeaux, et de quelle Famille ils 
estoient; il ne m'en pust apprendre autre chose, sinon qu'il me dit, 
qu'il auoit sauué du naufrage quelques cayers de parchemin qui m'en 
pouuoient enseigner quelque chose. Ces cayers qui ne faiso'ent en 
tout que dix ou douze pages estoient les restes d\n volume médiocre 
que la pourriture et les vers auoient tres-mal traitté, car il n'y auoit 
ny fin ny commencement, pas vn fueillet entier, toutes les lettres ter- 
nies et effacées par Thumidité, et aucun tiltre pour descouurir les 
matières dont il traittoit ; il auoit esté pretieux autres foys, car il y 
auoit eu de grandes lettres escrites en or, et des bordures de mesme, 
mais les petits enfans les auoient couppées pour se ioiier. Neantmoins 

1. Chillel, Vindiciae Hispanicae, éd. altéra (16i7, in-fol.), p. 314. 
'2. Siemma Austriacum, p. 53, dernier alinéa. 

3. Vita S. Leonis IX. papne, Leucorum antea episcopi. Wiberto archidia- 
cono rOcTtanoo aiictoro. (Lutetiœ Parisioriim, Seb. Cramoisy, 161.'i, in-8".) 



265 

en remuanl ce fumier ie trouuay vne perle. Ce volume n'esloit qu'vn 
recueil de quelques vies de Saints, il restoit quelque morceau de celle 
de saillie Odilie, que i'ay produit dans mes prcuues, et quelque chose 
de celle de saint Lf.o\ IX. Voicy donc le gain (jub ie fis, c'est que dans 
vn fueillet qui pouuoit cslre le penultiesine, quand le liurc esloit 
entier, et que son malheur auoit fait le dernier, ilyauoit comme vne 
fin d'Epistre, ou de quelque Apostrophe àvn Geraud, qui sans doute 
esloit Gérard de Vavdemont, lors Euesque de Toul, par laquelle celuy 
qui auoit compilé cet amas, luy disoit : Hœc sunt Domine Gerarde 
qux de sanctis qui de tua prosapia esse difjnoscuntur, et quorum es 
successor habui dicere. De tous les Saints dont les vies auoient autre- 
fois fait ce Liure, ie ne pus descouurir qu'Oi)iLiE et Léon, auparauant 
Brl.\o Euesque de Toul. Pour ce qui esloit de la vie de sainl Léon 
ie reconnus que c'estoit celle que TArchidiacre Wihert auoit escrite, 
et que le Père Sirmond auoil publiée. Pour les fragmens de celle de 
sainte Odilie, ie les descriuis, et ie résolus en mesme temps 
d'apprendre de quelles Maisons tous les deux descendoient , puis 
qu'ils esloient, selon cet Autheur, de la mesme race que les Comtes 
de Yaudemont. 

Voilà un beau récit et une découverte surprenante. Mais l'au- 
teur a oublié de signaler encore une circonstance remarquable. 
De ce manuscrit mutilé et délabré, il n'a pu tirer que des frag- 
ments très courts, deux pages environ : mais ces deux pages 
sont pleines de détails généalogiques, c'est-à-dire précisément 
de ce qui pouvait être le plus utile au P. Vignier pour sa thèse. 
Plusieurs fois, les relations de parenté des divers membres de 
la femille de sainte Odile sont exprimées dans les termes les 
plus précis et les plus conformes au système soutenu dans la 
Vemtable Origine des maisons d'Alsace, etc. Voici le mor- 
ceau entier; en dehors des renseignements généalogiques, il ne 
contient, on peut le dire, aucun fait intéressant {la Véritable 
Origine, p. 63) : 

Ex Veteri Codice MS. omni fere ex parte mutila^ et qnàm pessimè 
habito, inquo inter plura alia, pauca quœdamsed perantiqua^ vitx 
B. Odilix fragmenta se obtulerunt, qux ipse exscripsi. Codicem 
exhibuit Clariss. D. Pistorius le Bègue olim àsecretis Caroli Lotha- 
ringix Ducis, Veziliaci in Comitatu Vadani montis. 

Dvji igilur dux Ethico et Brvsvvixda vxor eius, post piam conuer- 
sationem ad longos annos peruenissent, tandem volente domino. 



260 

vlerque magno pieLatis inslincLU; cum Beatissima Odilia eorum filia 
vilani finire, summo ardore flagitauerunt quod diligenter exoptantes, 
landem in montem qui AlLitona diciLur perueneruiit. Sed vix elapsi 
sunt aliquol menses^ quod venerabilis Princeps Ethico dulciter ani- 
mam eftlauit, consolante eum et roboranteB. Odilia. Domina autem 
Brvsvvi.\J)A nono post maritura die similiter expirauit^ et sine vllo 
morbo cum esset in sacello B. lohannis. 

Intérim vcneruntad exequias parentum, Ethico dux etADALBERTVs 
dux pariter, Ethicoxis et BavsvvoD^ gloriosissima progenies, qui 
magno eiulatu super cadauera parentum prostrati, non poterant prse 
nimio dolore à lachrymis temperare. Dum hsec agerent B. Odilia, 
se se incluserat taliter, vt neqae manducaret^ neque biberet, sed et 
continua mastigatione corpus suum dilaniaret. Gum enim in oratione 
esset vidit prœfatum parentcm suum Ethiconem, nimio ardore mise- 
rabiliter consumptum propter qusedam peccata quce ei exciderant, et 
maxime quia eam abiecerat propter cœcitatem, nec inter alios suos 
liberos volebat eam reputare, quia cœca nata erat. Gogitans ergo 
B. Odilia quod ipsa prgecipuè in causa esset, cur venerabilis parens 
in bac flamma cruciaretur, sciens quia Dominus misericors exaudie- 
bat eam, et non despiciebat preces eius, interclusit se et iure iurando 
erga Dominum se obstrinxit, quod non manducaret, neque biberet, 
quoad vsque tormentis, quibus torquebatur pater eius, liberaretur. 

lamque in tantâ inedià et corporis maceratione, quinque dies 
absumpserat, cum ecce repente lux magna, locum in quo se abdiderat 
circumfulsit, viditque animam venerabilis Ethiconis, quam Angeli 
et vir quidam habilu religioso in cœlum deducebant cum ingenti glo- 
ria. Gratias ergo agens Deo misericordi qui preces sues [sic] non con- 
tempscrat, aperto hostio egressa est cum sororibus suis, et caeteris 
Virginibus quœ cum illa erant, et post multa verba consolationis 
fratres suos Ethiconem et Adalbertvm ad propria dimisit, qui laetan- 
tes repatriauerunt , propter misericordiam quam Deus fecerat 
Domino Ethiconi. 

Cum sic autem Deo deseruiret B. Odilia, accidit vt Leprosus qui- 
dam Eicemosynœ petendge gratia ad fores Monasterij procumberet-, 
tanto vero fœtore omnia replebat, vt nuUus in arnbitu loci in quo 
iacebat posset permanere. Nuntiatum est hoc B, Odili^e, quœ ei 
parauit cibos, ipsaque amplectens eum et amicabililer fouens, propria 
manu cibos in os ingerebat, orans eum cum perenni lletu, vt aut ei 
sanitatem aut patientiam largiretur. Et sane comprobatum est 
quantum petitio iusli sil acceptabilis apud Dcum, nam mendicus ille 



267 

et aller Lazarus, faclusost in momenLosanus, nec prions leprositalis 
aut fœtoris nota, in illo apparuit. 

Plurima hic in codice desunt, et tandem post muUa fo/ia, partim 
erosa et putridn, partim mutila, author vitx sic concludit, — : 
.... circiter annorum centum. Hanc multi nostrorum viderunl, et 
ego infœlix prœ nimia incuria, cum nec Deo altenderem nec sanctis, 
lanto me bono priuaui ; quod vtiijue conabor resarcirc, si ad niemo- 
riam eorum qui post nos venturi sunt, gloriosa mérita et actiones 
mirablles Beatissimœ Odili.î:, per hœc charlarum monumenta consi- 
gnauero, et in imilationem eius, quantum imbecillitas mea patitur 
excitauero. Vt eius precibus ad régna polorum peruenire raereamur 
vbi cum Christo régnât in ssecula saeculorum. 

[Ibid., p. OS, 7^, 70 :] Fréquenter veniebanl, vtà H. sororc vcrba 
vitœ acciperenl, nec frustra, postaliquot enim annos, prœfatos Duces 
ita Domino subiugauit. vt non tantum illi bona suafundandisMona- 
sterils impendcrent, sed et illius nepotes, tam Etoiconis, cuius (ilij 
fuerunt Episcopus Argentinensis eequiuocus, et Aluericvs Gomes, 
(juam Adalbeiiti liberi, Ebeiurdvs scilicet et Lvitfridvs, sed ctiam 
HvGOMS qui ante parentes suos defunclus erat, largiter Monasteria 
dotauerint et conslruxerint, et omnes fere se Dei seruitio^ tam ma- 
sculi quam fœminee abiecto sœculi fastu, mancipauerint. Inter quos 
Eberardvs Alberici Comitis filius, qui licet Leone et Vrso ferocior, 
aliquando in seruos Dei sœuierit, et bona nostra vsurpauerit, tamen 
faucnte Deo et per mérita beatœ Odille, non tantum arrepta restituit, 
sed et de suo largiter constituit habenda. 

Ce texte n'a pas été suspecté jusqu'à présent. Eccard l'a réim- 
primé dans ses Origines familiœ Habsbwrgo-Austriacœ^ et 
Grandidier parmi les preuves de son Histoiy^e de l'église de 
Strasbourg-; Potthast l'a inscrit sans observation dans son 
utile répertoire bibliographique 3. C'est qu'on n'était pas averti 
de se défier d'un document présenté par Jérôme Vignier. Il ne faut 
plus songer maintenant à prendre au sérieux , ni ce prétendu 
monument historique, ni les circonstances presque merveil- 
leuses qui nous l'avaient, disait-on, conservé. Il est clair que 
nous avons là simplement un faux de plus à enregistrer, et que 

1. Lipsiae, 1721, ia-fol., col. 87. 

2. 1776-1778, in-4°, t. I, p. xlvii. 

3. Aug. PoUhast, Bibliolheca historica medii aeoi (Berlin, 18G2, in-S"), p. 835, 
et supplément (1868), p. 171. 



268 

celui qui l'a commis est le même auquel on doit imputer le faux 
testament de Perpétue, la fausse donation de Micy et les autres 
falsifications dont il a été question dans les paragraphes précédents*. 

On peut regretter que la mort ait empêché l'auteur de publier 
ces dernières pièces lui-même. Nous y avons sans doute perdu, 
sur la découverte de ces textes, une série de récits probablement 
aussi intéressants que l'histoire du manuscrit pourri et mutilé, 
trouvé à Vézelise chez le vénérable Pistor Le Bègue. 

Nous v avons fait une autre perte, mais celle-ci n'est pas regret- 
table : c'est celle de quelques autres pièces fausses. D'Achery 
mentionne, en effet, outre les morceaux qu'il imprime, quelques 
autres textes que Vignier avait recueillis et qu'il se proposait de 
publier, mais qui ont disparu après sa mort : les actes d'un con- 
cile de Bordeaux, présidé par l'évêque Delphin (fin du iv® siècle) et 
auquel assistait saint Martin, ceux d'un autre concile réuni pour 
juger Robert d'Arbrissel, etc. Tout cela n'était sans doute pas 
plus authentique que le reste. 

Il n'est pas probable que Vignier ait été poussé à ces fabrica- 
tions par un motif d'intérêt ; on ne voit pas ce qu'il aurait pu 
y gagner. Il a révélé probablement toute sa pensée dans le pas- 
sage où il exprime l'espoir que les lecteurs le remercieront de 
leur avoir donné le récit du colloque de 499 : « Quo pio lectori 
cps;-.; moveatur nobisque gratuletur, qui thesaurum istum illi 
minime invidemus. » Il a poursuivi simplement la renommée lit- 
téraire que devait lui donner la découverte de tant de textes pré- 
cieux. On ne peut dire qu'il ait manqué son but, puisque pendant 
plus de deux siècles le public savant a été victime de ses super- 
cheries et lui a fait honneur de ses prétendues trouvailles^. 

1. Pistor Le Bègue est un personnage réel : voy. Ambr. Pelletier, Nobiliaire 
ou Armoriai général de la Lorraine (Nancy, 1858, in-fol.), p. 454; mais, en 
(lisant qu'il avait trouvé son texte chez un octogénaire affaibli par l'âge, dans 
un manuscrit déjà presque détruit, Vignier mettait prudemment sa découverte 
à l'abri de tout contrôle. — Notons* en terminant deux détails. Jérôme 
Vignier, dans le passage de sa préface cité plus haut, cite un ouvrage de Jacques 
Sirmond ; on se rappelle que l'auteur des fausses pièces publiées par d'Achery 
s'est surtout servi, pour composer ces pièces, des publications diverses de Sir- 
mond, les Concilia, le Sidoine Apollinaire, l'Ennodius, etc. Vignier appelle la 
ville de Vézelise, en latin, Veziliacus ; il montre ainsi son ignorance de la valeur 
du suffixe iacus, et celte ignorance rappelle celle dont a fait preuve l'auteur du 
faux testament de Perpétue, en écrivant de Rambasciaco pour Amboise et de 
Proillio pour Preuilly. 

2. Sur la vie et les ouvrages de Jérôme Vignier, voy. d'Achery, préface du 



269 



§ 8. — CONCLUSIONS. 

Le testament en date du 1" mai 475, attribué à Perpétue, 
èvêque de Tours, l'épitaphe de cet évêque, le diplôme de donation 
de Micv, attribué à Clovis, le récit du prétendu colloqpie de Lyon 
de 499, les lettres attribuées à Léonce d'Arles (462), à Loup de 
Troyes (472), aux papes Gélase l"' (25 janvier 494), Anastase II 
(497) et Symmaque (13 octobre 501), sont apocryphes. 

Le fragment d'une prétendue Vie ancienne de sainte Odile, 
imprimé dans la Véritable Origine des tres-illustres maisons 
d'Alsace, de Lorraine, etc. (p. 63-76), est également apocryphe. 

L'auteur de ces textes est Jérôme Vignier, prêtre de l'Oratoire, 
né à Blois en 1606, mort à Paris le 14 novembre 1661. 

Julien Havet. 



APPENDICE. 



EXTRAITS DE LA PREFACE DU TOME V DD SPICILEGIDM DE D ACBERY. 

[P. 10 :] Nobile antiquitatis monumentum hue vsque ineditum 
S. Porpetui Turonensis Episcopi Testamentum, nuUa eget obseruatione, 
concordant vniuersa in eo contenta cum jure Gœsareo, Pontificiôque, 
concordant cum fastis Consularibus, concordant cum iis quœ narrât de 
eo Perpetuo Gregorius Florentius cap. 6. Perpetuus de génère et ipse 
{vt aiiint) senatorio, et propinquus decessoris sui : diues valdè, et per 
multas ciuitates habens possessiones. Et aliis interjectis : Condidïtque 
Testamentum, et deputaiiit per singulas ciuitates quod possidebat, in eis 
ipsis scilicet Ecclesiis non modicam, et Turonicw tribuens facultalcm. 
Sedil autem annos trigihta, et sepiiltus est in Dasilica S. Martini. 

[P. Il :] Testamentum verô et Epitaphium S. Perpetui, et GoUatio- 
nem Episcoporum, Auiti Viennensis potissimùm, coram Gondebaldo 
Rege Burgundionum aduersus Pseudo-Episcopos Arianos, quœ damus 
in hicem, eruerat jam pridem V. G. Hieronymus Vignerius, ac Histo- 
riée Ecclesiasticie, siue Episcoporum orbis Gallici intexuerat, vnà cùm 

t. V du Spicilegrum (ci-après, Appendice) ; Perrault, les Hommes illustres (Paris, 
1697-1700, in-fol.), II, p. 17; Calraet, Bibliothèque lorraine (Nancy, 1G51 , 
in-fol.), col. 1014; Mictiaud, Biographie universelle, art. Vignier (Jérôme), etc. 



270 

optimœ nolœ veteiis leui scriptis, pneserlim Concilio Burdigaleusi, cui 
Delphinus pr.Tsedit, interfuîtque S. Martinus; alio item Concilio ad 
Yontilandam Roberli de Abricellis causam celebrato; Epistolis Pétri 
Salmuriensis; cfeterisque id genus, quorum pleraque apud se seruabat 
autographa, vel apographa antiqua manu exarata. 

De Auiti Coliatione sic habet doctissimus ille Vignerius in prœfata à 
se scripta historia ad an. ccccxcix. Lugdunensis Ecclesise Episcopi ferè 
ovines hoc anno aduersus Arianos Lu(jâu7ii conuenêre. Mirum est rei 
tantx monimenta apud Scriplores omnes antiquos nulla extare; et pauca 
qux habemus apud vnum de miraculis S. lusti Scriptorem ineditum con- 
seruari. Dolemus sanè hujus celeberrimi conuentûs acta ùitercidisse, sed 
gaudemus satis adhuc in eo Auctore siiperare, quo pio Lectori ops^iç 
inoiieatur, nobisquegraluletur, qui thesaurum istiim illi minime inuidemus. 

Et quia tanti viri, dum in viuis ageret roihi amicitià ac familiaritale 
conjunctissimi , mentionem feci , non pigebit pauca percurrere qua^ 
gessit. Is è nobili et antiqua Vigneriorum fami- [p. 12 :] lia oriundus 
in Burgundia, filius extitit Nicolai Mottœ domini, et Olympiœ deBlon; 
nepos illustris illius Nicolai, Regum Francorum Henrici III. et IV. in 
arcano concilio Senatoris, et Historiographi percelebris. Multiplex eratin 
Hieronymo lectio, acre ingenium ac felix memoria. Triginta plus minus 
annis inter eruditissimos Congrégation i s Oratorij D. I. religione, do- 
ctrinâ, scriptis enituit. Semel domui Rupellensi proefuit, bis San-Maglo- 
rianaî Parisiensi. Varia summo labore elucubrauit Opéra; videlicet 
Genealogiam Alsatientium dominorum ; perutile ad S. Augustini Opéra 
Supplementum ; et GallicamEuangeliorum Concordantiam, Opus posthu- 
mum nuperrimè Parisiis editum. At insignem Tractatum S. Fulgentij 
hactenus tenebris obsitum prelo parauerat ; sicut et Originem Burgundio- 
num Regum ; Genealogiam Comitum Campania? ; Historiam Ecclesise Gal- 
licanae, vti superiùs indicaui ; in quibus texendis multum studij, vigilia- 
rûmque pluribus annis insumpserat; idcircô Galliam propè vniuersam, 
Lotharingiam, Alsatiam peragrârat : Sed proh dolor ! postquam morte 
abreptus est, nescio quis illius gloriœ, immo literarise vtilitati inuidens, 
clam inscio herede surripuit omnia. CtTterùm qu?e narro didici è Clariss. 
Hieronymi schedis, quas plena manu frater ipsius vir nobilis Benja- 
minus Vignerius vltrô attulit, obtulitque; ea profectô humanitate ac 
beneuolentià, vt quoniam vehementi admiratione obstupefactus eram, 
in gra-[p. 13 :J tiis agendis mihi penè verba deessent. Schedas istas 
ordine Chronologico digcstas Gallia; Episcoporum seriem et historiam 
complectentes in mus;eo nostro nunc asseruamus*. Obiit Hieronymus 
omni virtutum génère cumulatus Parisiis, sepultûsque est in .^de San- 



1. J'ai cherché inulilement ces notes à la Bibliothèque nationale, où est aujour- 
d'hui la plus grande |)arlie des papiers des bénédictins. 



27^ 

Magloriana die xiv. Nouemb. iEtatis suai currente anno lyi. Reparatae 
verô salutis, mdclxi. 

[P. 17 :] Breuipsima, sed antiquissima fundatio Miciacensis Mona- 
sterij prope ciuitatem Aurelianorum, secura è tenebris emergit, critico- 
rum etiam seueriorum non metuens linguam, calamûmque. Inter prima 
Christian;o Religionis monumenta qufp Glodoueus I. féliciter erexit, 
postquàm falsos Deos detestatus Christum Deum adorauit, sacra ipsius 
mysteria, ritûsque didicit, merito est annumeranda. 

[P. 30 :] Quinque posteriores Epistolas non suc looo eam ob rem 
emittimus, quôd eas ab Illustri Benjamino Vignerio, quera suprà lau- 
dauimus, cùm ad exitum perduceremus hune Spicilegij Tomum V. acce- 
perimus ; vnde Miscellaneis Appendicem supponere coacti sumus. Erunt, 
ppero, Lectori non [p. 31 :] iugratœ pri?ci reui Epistohe ill;p, vt pote à 
viris tum dignitate, tum sanctitate, tum deniq; erudilione insignibus 
conscriptœ ; quas hîc veluti pretiosissimas margaritas intexuimus : pia- 
culum enim foret illas diutiùs in musœo squallentes contegere. 



CATALOGUE 

DU FONDS BOURRÉ 

A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE^ 

(Suite.) 



1012. — 5 décembre [H83]. Bourges. — Lettre de Mart à 

Bourré, lui annonçant que, sur Tordre de M. et de M""^ (de Beaujeu), 

il a suivi M. de Préc , principal gouverneur de M. le Cardinal, au 

lieu de se rendre aux états généraux^. F ■!. 

1013. — [Après le 30 août 1483.] — Lettre de à Bourré pour 

l'assurer de l'amitié que Briçonnet a pour lui, et sur des affaires de 
finances. F 152. 

1014. — [Après le 30 août 1 483.] — Requête d'Alexandre Lorgetà 
Charles VIII, pour être confirmé dans sa charge de grenetier du gre- 
nier à sel de Pontoise, dont Jacques Hérode s'était emparé à son 
détriment, malgré les lettres de confirmation déjà obtenues par ledit 
Lorget. M 90. 

1015. — Demande d'exemption de droit d'aubaine adressée à 
Charles VIII par Guilleminc, veuve de Hans Thiemery, Allemand, 
archer de la garde de Charles VIII et des ordonnances de Louis XI, 
pendant plus de quarante ans, restée seule avec quatre petits enfants. 
M 65. 

1. Voyez t. XLIV, année 1883, p. 26 et 301 ; t. XLV, année 1884, p. 152 
et 488. 

2. Les états généraux avaient été convoqués pour le 5 janvier 1484, date à 
laquelle ils se réunirent effectivement à Tours. Picot, Histoire des états géné- 
raux, I, 359. 



273 

1016. — [1484.] — Requête des habitants d'Angers pour obtenir 
l'enregistrement, au profit de leur mairie, par le Parlement, du droit 
de prévention contre les crimes commis dans la ville, droit que leur 
contestait le clergé, tant régulier que séculier, de ladite ville d'An- 
gers^ K 20. 

1017. — « S'ensuit ce que le feu roy (Louis XI), que Dieu absoille, 
avoit donné et aumosné à l'église de Monseigneur saint Jehan de 
la « (au mois de mars ^483). H 56. 

1018. — « Valeur et estimation du dommaine de la seneschaucée 
des Lannes, pour Tannée commençant à la saint Michel, mil 1111^ 
IIII" et trois, et finissant l'an révolu mil lllV IIII^^ et 1111. « Q ^3-V6. 

1019. — .Mandement de Charles VIII pour assigner, sur les recettes 
d'Antoine Bayart et de Jacques Erlant, le paiement de ce qui est dû 
à Antoine de Beauvau, président de la chambre des comptes. J 121. 

1020. — Demande des abbé et couvent de Cîteaux au roi 
Charles VIII, pour être maintenus en jouissance d'une rente de 24 1. 1. 
que « feu le roy Loys leur avoit quicté et remis, à cause d'une maison, 
assise en la ville de Saint-Jehan de Losne. » M 88. 

1021. — 7 janvier [1484]. Tours. — Lettre de Jean Dauvet à 
Bourré, pour lui annoncer que Téglise d'Angers proteste contre la 
déclaration de ses biens, qui lui est demandée, comme attentatoire à 
ses droits, et sur les négociations avec la Bretagne. K 58. 

1022. — Mardi, 9 février [1484]. Angers. — Lettre du chapitre 
d'Angers à Bourré pour solliciter sa bienveillance en faveur de leur 
messager et des demandes qu'il lui porte. K 27. 

1023. — [1484.] — « Touchant les foyres royales d'Angers. 
Mémoires pour impetrer lectres royaulx de provision pour les maire 
et eschevins, conseilliers d'Angiers, sur ce qui s'ensuit. » R 25, 26. 

1024. — [1484.] — « Les supplications que font au roy les 
maire et eschevins, conseilliers de la ville d'Angiers. » K 24. 

1025. — 23 avril 1484. — Réorganisation faite par Bourré et Du 
Rollel, trésoriers de France, de la mairie d'Angers, en vertu des 
pouvoirs à eux confiés par les habitants d'Angers et le grand conseil. 
En vertu de leur décision, le corps municipal dut se composer : d'un 



1. Voir, sur les contestations dont la mairie d'Angers fut l'occasion au com- 
mencement du règne de Charles YIII, la notice biographique qui précède ce 
catalogue. 



274 

maire, de vingt-quatre conseillers, d'un procureur, d'un clerc de 
ville, d'un receveur et de quatre sergents; le maire et le receveur 
sont nommés tous les ans, le i" mai, par les gens du roi et ceux des 
états lais de ladite ville, les autres sont nommés à vie par le maire. 
K43-d9. 

1036. — Vendredi. — Lettre du sire deChourses à Bourré, pour 
se plaindre d'un arrêt rendu par le Parlement de Paris contre les 
habitants d'Angers, qui demandaient à être déchargés de la garde de 
leur ville. E 48. 

1027. — [-1484.] — « Pour la responce des articles baillée par noz 
seigneurs de Maigny, cappitaine du chasteau d'Angiers, et du Plesseis 
Bourré, conseiller du roy, nostre sire, et trésorier de France, com- 
missaires touchant la mairie d'Angers. » K 53, 36. 

1028. — ii mai [^484]. Angers. — Lettre des maire et échevins 
d^Angers à Bourré, seigneur du Plessis, conseiller du roi, trésorier 
de France et capitaine du château d'Angers, pour lui annoncer l'af- 
fectation d'une somme de ^,000 1. t. à la réparation des remparts 
d'Angers, sans compter ce que donneront les gens d'église, et le 
prier d'obtenir du roi que les 3,000 1. t. qu'il leur a accordées y 
soient également employées. R 42. 

1029. — V juin [^484]. Angers. — Lettre des maire et échevins 
d'Angers à Bourré, seigneur du Plessis, conseiller du roi, trésorier 
de France et capitaine du château d'Angers, pour lui annoncer qu'ils 
écrivent au roi et lui demander d'appuyer leur requête. K 57. 

1030. — [^484.] — Lettre de à Bourré pour lui demander de 

ne pas favoriser le projet de mairie, ni d'empêcher le marché aux 
bêtes, « parce que qui empescheroit le marché aux bestes, ilz rame- 
neroient lesdits porceaux à son huys. » K 35. 

1031. ^- [1484.] — Lettre de Jean Lohéac à Bourré, relative- 
ment au procès de la mairie d'Angers. K 21-22. 

1032. — 2i juin ^484. — Déposition d'Antoine Bouju, écuyer, sei- 
gneur de Chenu, relativement à la proposition que lui avait faite le 
seigneur de Bueil, de se saisir des seigneurs de Bretagne, qui se trou- 
vaient à Angers. K 36. (La môme déposition se trouve reproduite 
au r 37.) 

1033. —Vendredi 6 juillet [US4]. Paris. — Lettre de Courthardi 
à Bourré, le remerciant de ce qu'il ne le considère pas seulement 



275 

comme un ami de cour, cl lui donnant des nouvelles du roi, qui a 
présidé et compte présider encore le Parlement'. F ^40. 

1034. — Août 1484. — Lettre des trésoriers de France à M" Oli- 
vier le Gentilhomme, licencié en lois, le nommant commissaire 
enquêteur, sur une donation de 10,000 arpents de bois, faite par 
Louis XI à Adam Fumée, dans la forêt de Loches. L 66. 

1035. — [1484.] — Requête de Martin d'Argouges à Charles Vlll, 
pour obtenir contre les héritiers de feu M. Du Lau des lettres de 
contrainte, jusqu'à concurrence de ce qui lui était dû. et aussi pour 
être inscrit au nombre des officiers de la maison du roi, comme 
conseiller de son échansonnerie, dont il avait reçu l'office^. M -16. 

1036. — ^0 décembre [1484]. Gien-sur-Loire. — Lettre missive 
de Charles YIII aux habitants d'Angers, pour demander l'avis des 
officiers de la monnaie de leur ville et des marchands sur la réforme 
monétaire, les marchands étrangers exportant tout l'argent monnayé 
du royaume, pour le refondre et en fabriquer une monnaie d'un titre 
inférieur^. F U6. 

1037. — Demande d'Antoine Delacroix à Charles Vlll, pour être 
remboursé de 2,500 1. t. qui lui étaient dues par le feu roi René sur 
le revenu de Champloceaux ou sur celui des assises d'Angers. M 85. 

1038. — io janvier ^485. Montargis. — « Estât par estimacion de 
la receple de Baugé, Monno\ s et Bouldroy, pour l'année coinmanssant 
le premier jour d'octobre l'an mil CCCC quatre-vingts et quatre, et 
finissant le derrenier jour de septembre l'an mil CCGG quatre-vingts 
et cinq, laquelle recepte pourra valloir par estimacion, comme dit est, 

1. Il doit être ici question de Charles VIII et de sa première enlrée à Paris, 
le 5 juillet 1484. Molinet, II, 98. Seulement le calendrier place le 6 juillet un 
mardi ; je serais pour mon compte tenté do, voir là un lapsus calami du copiste, 
qui aura, mis VI au lieu de XVI, le 16 juillet tombant, en eflet, un vendredi 
en 1484. 

2. La dernière mention que je trouve de Du Lau est extraite des Procès-ver- 
baux des séances du conseil de rcgencede. Charles VIII, [)nbliés par \. Bernier, 
dans la Collection de documents inédits, Paris, 183G, in-4°. Du Lau fai.sail 
partie de ce conseil ; sa présence est signalée à la séance du 19 août 1484, p. 192, 
l)uis il n'y reparaît plus, et à la séance du 7 octobre 1484 je trouve l'indication 
suivante : « Unes lettres d'estat de six moys entiers, pour les causes de la 
veufve de feu monseif^neur Du Lau. » C'est donc entre le 19 août et le 7 octobre 
1484 qu'il faut placer sa mort. 

3. II est fait allusion à la récente réunion des états généraux, qui s'étaient 
séparés le 14 mars 1484. Picot, nist. des états généraux, I, 398. 



276 

laiiL en deniers certains comme muables, amendes, pariaiges, lodz, 
ventes, reliefz de terres, racliaptz, que autres clioses, eu regart à la 
valleur de l'année précédente, environ de xvni<= 1. t. » P H4-f[5. 

1039. — ^9 février. Moulins. — Lettre de à Charles VIII, 

pour lui accuser réception de sa lettre, datée de Paris, le 24 jan- 
vier et lui annoncer qu'il l'a communiquée au connétable pour la 

levée du ban et de Tarrière-ban, et qu'il se rend à Montferrand et au 
bailliage des Montagnes « faire les cryes et assemblées des nobles, 
gens d'église et ruraux ^ » G 31 . 

1040. — 6 juillet -1485. — Requête de Jean de Gaigneux, ex-rece- 
veur des aides et des tailles en l'élection de Beauvais, à Charles VIII, 
pour être tenu quitte de 3,300 1. t. dont il était débiteur envers le 
roi, et pour lesquelles il avait été emprisonné, et ses biens vendus. 
M 38. 

1041. — ^ 5 juillet -i48o. — Requête des prévôt, compagnons, 
ouvriers et monnayers du serment de France au roi Charles VIII, 
pour qu'il oblige la cour des aides à vérifier leurs privilèges. Q 27. 

1042. — M août 1483. — Lettres de Jacques de Savoie, comte de 
Romont, de Marie et de Brienne, vicomte de Meaux, seigneur d'En- 
ghien, châtelain de Lille, ordonnant à Nicolas Cagnost, procureur, 
et à Jean Leclerc , receveur de sa vicomte de Meaux et Condé en 
Brie, de payer au bailli de Meaux une pension annuelle à lui assi- 
gnée sur les deniers de ladite vicomte. A ] 3. 

1043. — [^483.] — Lettre annonçant qu'au dire du sire de la 
Rochecervière, des Bretons en armes, au nombre de soixante envi- 
ron, ont envahi le village de Bouyng? et en ont rançonné les habi- 
tants jusqu'à concurrence des rentes qui leur étaient dues, le dimanche 
28 août 2. F 73. 

1044. — 20 novembre 1 483. — Vidimus, en date du 27 septembre 
1490, de lettres de Bourré, seigneur du Plessis, conseiller du Roi, tré- 
sorier de France, capitaine du château d'Angers, delà date ci-dessus, 
nommant pour son lieutenant, chargé de la garde dudit château, 
Regnault Gravy^ avec les gages de 300 1. t. à prendre sur les 1,200 



1. Le connétable dont il est ici question ne peut être que Jean II, duc de 
Bourbon, qui avait été investi de cette dignité au mois de juillet 1484. 

2. Le 28 août tombe un dimanche, en 1485, année où la France se trouvait en 
hostilité avec la Bretagne. 



277 

que le roi accordait à Bourré, comme capitaine du dit château. 
K 63-(;-i. 

1045. — Lettre de Reguault Gravy à Bourré et à de Moy sur les 

réparations du château d'Angers. E :> I . 

1046. — 24 novembre [1485]. — Lettre de Regnauld Gravy à 
Bourré sur les réparations du château d'Angers et la fonte de l'artil- 
lerie. K (H. 

1047. — « Estât au vray de la recepte ordinaire de lacomptable- 
rie de Bordeaulx et coustume, pour ung an entier commençant le 
premier jour de janvier l'an mil CCGC quatre vingts et quatre 
(V. st.), et finissant le derrenier jour de décembre l'an mil GGGG 
quatre-vingts cinq. » Q 31-34. 

1048. — 14 février <486. Angers. — « Estât au vray de la recepte 
ordinaire du bailliage de Touraine, baillé par maistre Jehan Pré- 
vost, notaire et secrétaire du roy, nostre sire, et son receveur ordi- 
naire du dit pays, pour un an entier, commandant le premier jour de 
janvier mil llll'^ IIII^^ quatre (v. st.), et finissant le derrenier jour de 
décembre après ensuivant mil GGGG IIII''^ cinq, lesdits deux jours 
inclus. « Q t)^-80. 

1049. — 22 avril [^486]. — Lettre de au baiUi pour lui 

annoncer la résistance que font les Angevins de toutes les classes à 
contribuer aux frais des fortifications de leur ville, et lui demander 
un mandement pour que le nommé Bernard soit continué dans ses 
fonctions de maire, attendu que la date d'une nouvelle élection est 
arrivée ^ G ^03. 

1050. — 23 juin i486. Ghartrcs. — Interrogatoire de Jean Rete 
et Joachim Blondeau, arrêtés à Chartres comme porteurs de lettres, 
adressées, les unes aux ambassadeurs du duc de Bretagne auprès du 
roi des Romains, les autres au grand sénéchal de Normandie, à Henri 
Poulart, haijitant de Nogent-le-Roi, et à M"^ de Beaumont. J 89-90. 

1051. — 3 août ^486. Paris. — « Inventoire des lectres etacquictz 
qu'envoyé Jacques Du Vivier, trésorier pour le roy, nostre sire, en 
Quercy, de la recepte ordinaire de demye année, commencée de la 
Sainct Jehan Baptiste mil IIII'^ IlII'^'' et troys, et finissant à la feste 

1. Jean Bernard, qui avait été maire d'Angers pendant l'année 1485, ne fut pas, 
comme le demande l'auteur de cette lettre, maintenu dans ces fonctions pour 
l'année 1486, mais, en 1487, il redevint maire pour la seconde fois. Bodin, omit. 
cit., II, 645. 



278 

de Noël après ensuyvant, mil CGGG ITII"'' et troys audit an, à Paris, 
pour faire Testât au vray par M*' Pierre Combes, bachelier en droit, 
habitant de Fighac, pour iceulx bailler à maislre Estienne Pavés, mon 
procureur en la chambre des comptes, ainsi et en la maaiere que 
s'ensuyt. » Q 4 6-4 8. 

1052. — Lundi 4 septembre [i4SC]. Angers. — Lettre des éche- 
vins d^ Angers à Jean Bernard, pour le prier de solliciter du roi un 
dégrèvement en leur faveur ^ K 28. 

1053. — « Estât par estimacion de la recepte ordinaire de la comp- 
tablie de Bordeaux, pour ung an, commanssant le premier jour de 
janvier mil IIII^ IIII^x et six (v. st.), et finissant l'an revollu l'an mil 
OGCG IIII^'' et sept, laquelle recepte se pourra monter par estimacion, 
en ce comprins l3 fait de la traicte et coustume, environ de xxm'" 1. 1. » 
Q8. 

1054. — « Estât par estimacion de la recepte ordinaire de la 
comptablie de Bordeaulx, pour ung an commançant le premier jour 
de janvier l'an mil GGGG IIII^'' et six (v. st.), et finissant l'an révolu, 
l'an mil GGGG IIII^'' et sept, laquelle recepte pourra monter par esti- 
macion, en ce comprins le faict de la traicte et coustume, environ 
de XXIII" 1. t. » 0-i i . 

1055. — H décembre [^486]. Angers. — Lettre de Jean Ber- 
nard à Jean Bourré, seigneur du Plessis, de Jarzé et de Longue, 
conseiller du roi, trésorier, maître des comptes et capitaine du châ- 
teau d'Angers, sur les préparatifs que Ton fait dans cette ville pour 
recevoir le roi^. F 89. 

1056. — Lettre qui semble adressée au roi par le commandant 
d'une place assiégée, et qui mentionne l'armée de MM. de la Roche- 
cervière, Du Bois, Jean Pellaud, de la Bégondière, etc.^. A -15. 

1057. — 2 décembre. — Requête des habitants de Langres au 
roi G 93. 

1058. — 2 janvier 1487. — « Taille et impost faict sur les manans 
et habitans de la ville et cité de Langres, de la somme de quatre cens 1. 1. 
pour le principal, et de 50 1. 1., tant pour les frais que mauvais deniers 
d'icelle, ordonnée et passée en assemblée générale tenue audit Lengres, 

1. Le 4 septembre tombe un lundi en 1486. 

2. Voy. les Arch. mun. d'Angers, BB 4, f° 44. 

3. CeUc lettre a l'air de se rapporter à la guerre de Bretagne et à l'année 
1487 ou l'i88. 



270 

le second jour du moys de janvier mil quatre cents quatre vinjitz et six, 
ou chappilre des frères presclieurs dudit Lengres, par iceulxnianans 
et habilans, par devant honnorable homme messire Loys de Saincy, 
licencié en loiz etc. » B 21-/(0. 

1059. — 30 1 'i87. Ancenis. — Mandement de Charles VIII 

de 0,250 1. t. au profit de Jean Bourré et de , adressé à Arnoul 

Ruzé, trésorier. 5(). 

1060. — [^486 ou «487.] — Requête des habitants de Chàleau- 
Gontier et de Craon au roi Charles VIII, pour qu'il fasse cesser les 
pilleries de ses gens d'armes'. G 80. 

1061. — 8 mars [1487]. Le Verger. — Lettre de Pierre deRohan 
à Bourré, lui annonçant entre autres choses, que « Monseigneur de 
Labret et monseigneur de Rieux sont allez en la Basse de Bretaigne 
ou à Redon, ainsi que dit ledit chevaucheur. » E 87. 

1062. — 2 mai [1487]. Angers. — Lettre des maire et éehevins 
d'Angers à Bourré, lui annonçant renvoi d'une lettre du roi qui leur 
a été adressée, l'arrivée de M'"" de Laval à Saumur, de M' de Rieux 
à Ancenis, et de M-" de Guéméné au Verger, avec le maréchal, son frère, 
enfin l'élection de Jean Bernard, comme maire d'Angers-. K 23. 

1063. — 8 mai [1487]. — Déposition de Geoffroy Bas3ompicrre,sur 
la mission que lui avait confiée le duc de Lorraine, le deuxième 
samedi de carême dernier, de se transporter avec Jacot de Germigny 
en Bourgogne, à Lucy le Bois, et d'y arrêter le nommé ïeure^. F 70. 

1064. — ^0 mai [1487]. Le Plessis-Bourré. — Lettre de [Bourré?] 
à Charles VllI, pour lui annoncer qu'il a reçu le serment et la déposi- 
tion de Bassompierre, et lui demander à qui il doit en confier la 
garde, le bailli de Nancy étant absent. G ^^4. 

1065. — Lettre de [Bourré?] à l'amiral, pour lui annoncer qu'il 
envoie au roi la déposition de Bassompierre. G H4. 

1066. — 2() mai [^487]. Angers. — Lettre des commissaires des 
vivres, étant à Angers, à Bourré, pour lui exposer les plaintes des 

t. Voy. Marchegay, Jean Bourré, gouverneur du dauphin, p. 39. 

2. Voy. sur celte seconde nomination de Jean Bernard à la mairie d'Angers, 
Bodin, OMIT, cit., II, 6'i5. 

3. Jacques de Germigny et Geoffroy de Bassompierre avaient été chargés par 
le duc de Lorraine, René 11, d'enlever de Bourganenf le prince Zizim, frère du 
sultan Bajazel II; le roi leur fit rendre la liberté; cette lettre a l'air de se 
rapporter à cet incident. Clierrier, Uisloire de Charles VI fl, 1, 157. 



280 

vivandiers que les soldats refusent de payer autrement qu'en mon- 
naie dépréciée 1. E 86. 

1067. — Dimanche [1487]. Château-Gontier. — Lettre de 

Louis de Graville à Bourré pour lui annoncer l'arrivée du roi et des 
ambassadeurs hongres avec lui^, et l'engager à faire les préparatifs 
nécessaires. E 9. 

1068. — 9 juin [i487]. Angers. — Lettre de Barraut à Bourré, 
trésorier de France, pour lui annoncer qu'il a dépêché M. d'Avaugour 
et ses gens, et l'arrivée à Angers, entre sept et huit heures du matin, 
de l'ambassade de Hongrie. E 99. 

1069. — -1" octobre [U87]. Le Plessis-Bourré. — Lettre de Jean 
Bourré à Jean Briçonnet, pour lui annoncer qu'il s'est réconcilié 
avec Jean Gilliet, et le prier de verser entre les mains de celui-ci 
une somme de ^00 1. t.^. G 'IS. 

1070. — -f" octobre 1487. Bordeaux. — Mandement de Gaston, 
comte de Foix, captai de Buch, comte de Gandale, de Benauges et de 
Lavaur, autorisant le nommé Perot de Belsausse, marchand de 
Bayonne, à transporter en cette ville, sur le navire la Marie ^ une 
charge de trente tonneaux de blé, pourvu qu'il donne caution de ne 
pas les faire sortir du royaume. J 46. 

1071. — 6 octobre 1487. — « Inventoire des bagues et biens [de 
madjame [de Beaujeu], par elle leissez en la garde de madame du 
Plessis Bourré. » H 60. 

1072. — [1487.] — Lettre de Jean de Rieux à M'- de Montafil- 
lant, pour lui annoncer qu'il écrit au gouverneur d'Ancenis, afin d'en 
avoir assurance par écrit de la promesse faite au procureur général, 
que les hostilités cesseraient pendant un mois ou six semaines entre 
le roi et le duc de Bretagne ^ G 70. 

1073. — [1487.] — Lettre de Jean de Rieux au gouverneur d'An- 
cenis, pour savoir au juste ce qu'il en est d'une promesse de trêve, 

1. Sur cette question des approvisionnements de l'armée française pendant la 
guerre de Bretagne, voir Dupuy, ouvr. cit., 11, 110-111. 

2. Voirsurla réceptionde celte ambassade les .irc/i. num. d'Angers, BB5,f" 25. 

3. Quittance est donnée de cette somme au dos de la lettre, avec l'indication 
de l'année 1487. 

4. Cette lettre doit se placer à l'automne de 1487, au moment où le maréchal 
de Rieux, mécontent du duc de Bretagne, sans oser encore se déclarer franche- 
ment pour le roi, tâchait deprofiter des négociations engagées entre Charles VIII 
et François II. 



284 

pendant un mois ou six semaines, entre le roi et le duc de Bretagne. 
G 70. 

1074. — 4 5 novembre H87. Angers. — « Estât par estimacion 
de la recepLe ordinaire de Poictou, pour ung an entier commençant à 
la saint Jehan Baptiste mil CGCG IIIl" et sept, et finissant à sem- 
blable feste, que l'on dira mil CGGC III^" et huit. « P 94. 

1075. — Décembre [1487]. — Lettre de Dymanège? du Ragnjer 
au roi, lui annonçant qu'il est allé avec sa compagnie à Rostrenen, 
et qu'il compte aller à Vannes, vers M. de Ghampéroux, dans trois 
ou quatre jours, que M. du Pont et ses hommes sont au Gonq, et que 
la ville de Quimper s'est rendue *. G 449. 

1076. — « Abrégé des parties emploiées pour euvres, reppara- 
tions, gaiges d'officiers et autres mises extraordinaires, ou compte 
de la clouaison et deniers de la ville d'Angers, rendus par Jehan 
Fallet, receveur, pour le temps de deux ans et deux moys, commen- 
çant au premier jour d'aousl mil IIUc IIII"" cinq et finissant le der- 
renier de septembre lllh^ VII. >> K ."59. 

1077. — « Plaise à monseigneur Du Plessis Bourré, trésorier de 
France, faire raison et rabès à Jehan Fallet, fermier de la prevosté 
d'Angiers, des choses cy-après declerées, qui sont mambre dépen- 
dant de sa dicte ferme, et dont ledit Fallet n'a aucunement joy. « 
E4(i-47. 

1078. — « GontreroUe de l'estat au vray de la recepte de Gascoigne, 
par moy fait, Marc de Gai lies, contrerolleur de ladicte recepte, pour 
ung an commançant au jour et feste de Nouël rail GtïGG 1111'^" et six, 
et finissant à ladicte feste. Fan révolu mil 1111^ 1111"^ et sept, ladicte 
feste non comprinse. » Q 35-39. 

1079. — [4488.] — Lettre de Gharles VJIl à son « cher et amé 
cousin » le sire de la Trémoille et « à ses amez et feaulx » sur la 
guerre de Bretagne. G 34-35. 

1080. — [xMai 4 488.] — Lettre complètement biffée, où il est ques- 
tion d'une descente des Anglais^. G 4 48 v°. 

1081. — « Estât au vray de la recepte ordinaire du pays et senes- 
chaucée de Quercy. » 95. 

1. La menlioa de la présence du s' de Champeroux, Gilbert de Grassay, capi- 
taine de Charles VIII, à Vannes, permet de dater cette lettre. Vannes, occupée 
par les Français eu juin 1487, ne resta, en eflfet, en leur pouvoir que jusqu'au 
3 mars de l'année suivante. 

2. Voir à ce sujet Dupuy, ouvr. cit., Il, 132. 



282 

1082. — -1488. — Requête des habitants de Saint- Jean de Luz à 
Charles VIII, pour obtenir la suspension pendant dix ans encore de 
la cise ou treuage, dont Louis XI les avait exemptés en -1463. E 63. 

1083. — Lundi -18 mai [-1489]. Saint-Malo. — Lettre de Cauwart 
au roi sur les préparatifs d'une expédition en Bretagne ^ D 08. 

1084. — « Goppie de ce qui est couché en Testât au vray de la 
recepte de Saintonge et delà Rochelle, de l'année finissant à la saint 
Jehan Baptiste mil 1111*= llll^^ neuf, du chappitre de deniers qui se 
payent par descharge du trésor. » Q 72. 

1085. — « Autre coppie de ce qui est couché en Testât par esti- 
macion de la recepte de Xaintonge, de Tan finissant à la saint Jehan 
Baptiste mil IlII^ IIII''^ et dix, ou chappitre de deniers qui se payent 
par descharge du trésor. » P 72. 

1086. — 20 septembre 1490. — Attestation par «RegnaultGravy. 
escuier, seigneur du Rouvre, lieutenant du chasteau d'Angiers, des 
sommes despensées pour les réparations dudit chasteau. » E 45. 

1087. — « Estât au vray de la recepte ordinaire du paysetsenes- 
chaucée de Quercy. pour Tannée commençant à la feste de Noël 
mil GCGG IIII'^^ et neuf, et finissant audit jour et feste de Noël ensui- 
vant, Tan révolu mil GGGG IIII^^ et dix. P 4. 

1088. — ^0 septembre -1493. Plessis-Bourré. — « Estât par esti- 
macion de la recepte ordinaire d'Anjou pour Tannée commancée le 
premier jour de novembre mil GGGG IIII^^ et douze, et finissant le 
derrenier jour d'octobre Tan mil GGGG 1111^^^ et treze, en cecomprins 
le trespas de Loyre, dont la ferme commance le premier jour d'oc- 
tobre dudit an mil UU'= IIII^^^ Xll, laquelle recepte pourra valloir, eu 
regart à ce qu'elle a vallu Tannée derreniere, par estimacion, la 
somme de vu™ 1. i. y> (^ \\\-\\2. 

1089. — 7 février ^494. Tours. — « S'ensuivent les messes que 
le roy a ordonnées estre dictes et célébrées à dyacre et soubz dyacre, 
durant ung an entier, pour certains veuz qu'il a faiz pour monseigneur 
le daulphin. » Suit un mandement de la date ci-dessus aux tréso- 
riers de France, pour assurer l'exécution des précédentes disposi- 
tions. I 93. 

1. L'année 1489 est la seule où, le 18 mai tombant un lundi, je trouve une 
expédition engagée contre la Bretagne, dans les conditions que décrit la présente 
lettre. 



283 

1090. — 29 mars 1494. Vienne '. — LcLlre missive de Charles VIII 
aux membres de son conseil leur ordonnant de juyer le procès sou- 
levé entre M"* de Mosluc et son « amée et féale cousine, Charlotte de 
Bretagne. » ¥ Vi. 

Suivent deux autres lettres, mallieureusement en très mauvais 
état, l'une adressée par ou à i}P de Vallée, et datée de Lyon {les 
déchirures empêchent d'en savoir plus long^, l'autre^ d'oii le no)a de 
r auteur lui-même a disparu; le destinataire est le procureur du roi 
en Saintonge; un reçu de ces pièces, donné par le même procureur, 
porte la date du ^8 mai 1494. F ^5. 

1091. — 8 juin -1494. Saint-Just, près Lyon. — Lettres de 
(.harles VIII ordonnant à la chambre des comptes d'enregistrer les 
lettres de surséancc accordées à Henri lîohier, successeur de feu Guy 
Avrillot, comme clerc ordinaire en la chambre des comptes, lettres 
de surséance en violation desquelles ladite chambre des comptes 
avait reçu pour cette place le serment d'une autre personne. B ^6. 

1092. — -17 juin [1494]. Jarzé. — Lettre de Bourré à s'excu- 

sant de ne pas se rendre à Moulins comme il en a reçu l'ordre sur ce 
qu'il est trop malade, et deux autres lettres à du Bouchage et à 
Parent, pour leur faire connaître à eux aussi son état de santé, et les 
prier de ne pas parler de lui, afin de ne pas faire remarquer son 
absence^. G 8. 

1093. — [Été de 1494.] — Lettre de à annonçant le départ 

du roi Charles VIII de Lyon pour Vienne, puis pour Grenoble et de 
là pour Gènes 3, A ^4. 

1094. — « Estât au vray de la recepte ordinaire de Perigort, pour 

1. C'est l'endroit d'où celte lettre est datée qui me détermine à l;i placer en 
1494. 

2. Il semble, d'après cette lettre, que le roi était à Moulins, et que Bourré y 
avait été mandé; dans ce cas, elle se placerait, je crois, en 1494, avant le départ 
de Charles VIII pour l'Italie. Charles VIII se trouvait à Auxerre au mois de 
juin de celte année : Ord. des R. de Fr., \\, 441. Le reste du mois, nous le trou- 
vons à Lyon, ibid., 442; dans l'inlervalle, il est assez vraisemblable qu'il se 
soit arrêté à Moulins, chez le duc de Bourbon, à peu près à mi-chemin entre 
les deux villes précitées. 

3. Voy. Commines, 1. VII, c. iv. Charles VIII était encore à Lyon le 11 août 1494 : 
Ord. des R. de Fr., XX. 449. Il alla de là à Vienne, mais il revint encore à Lyon, 
car je trouve une ordonnance sur l'administration générale du royaume, datée 
encore de cette dernière ville, au mois de septembre 1494 : Ord. des R. de Fr. 
XX, 453. 



284 

l'année commençante la fesle desainlJeanBapLisleMCCCniI^^XIII, 
et finissant à ladite feste l'an M GGGG IIII^'' XIIII. » P 4n-H8. 

1095. — Élat du produit des impositions dans les provinces de 
Poitou, Saintonge, Berry, etc. (^49^-4494). H 24. 

1096. — Requête de Pierre Lorfèvre, « seigneur d'Ermenonville, 
conseiller maistre des comptes en Parlement, » tendant à obtenir 
décret de prise de corps contre Nicolle TuUeu, soi-disant examinateur 
au Glîâtelet de Paris, en vertu d'informations contre lui faites par 
ledit Lorfèvre. 

Appointement fut rendu sur cette requête le 5 août 4494. J 25. 

1097. — 4 2 avril [U95]. Naples. — Lettre de Gilles de Gléram- 
baut à Bourré, conseiller et chambellan du roi, pour qu'il appuie 
auprès de celui-ci la demande qu'il fait d^une petite terre voisine de 
ses domaines ^ G 44. 

1098. — 4 8 août [i 495]. Pièvre? — Lettre de Macé Bardois, secré- 
taire du roi, à Bourré ? lui annonçant que le pape a dit que « le comte 
Urbin a rompu le seigneur Sigismond. » F 44. 

1099. — 6 septembre [4495]. Rome. — Lettre de à sur 

les événements du royaume de Naples, et notamment sur la levée 
momentanée du siège de Naples par les Espagnols. E 40. 

1100. — 28 décembre 4495. — Déclaration par Barthélemi Gai- 
court, receveur ordinaire en Limousin, qu'il a reçu pour lui et son 
collègue de Périgord, défense du roi de rien payer sans autorisation 
du changeur du trésor. N 74 . 

1101. — 4 février 4499. Angers. — « Estât par estimacion de la 
valleur de la recepte ordinaire du domaine du duché d'Orléans, pour 
ung an, commanczant au jour et feste Sainct Jehan Baptiste mil IIII" 
IIIl'^^ et dix-huit, et finissant audit jour mil IIIIc IIII^x et dix- 
neuf. )) P 82-83. 

1102. — a La veille de Pasques Fleuries, xrx* de mars [4502]. 
Lettre d'A. Martin à M"" le premier Président, M" Germain Ghartelier, 
et M* Yves Brinon, relativement à un procès^. » G 4. 

1. Cette lettre, comme les deux suivantes, doit avoir été écrite en 1495, 
pendant l'expédition de Charles VllI en Italie, et par quelqu'un qui y prit part. 

2. L'année 1502, où les Rameaux tombent en eflet le 20 mars, semble indi- 
quée comme date de ce document. Bourré n'ayant pas pu, aux années antérieures 
où s'est produite celte coïncidence, être qualifié comme il l'est ici a Monsei- 
gneur le premier Président. » 



285 

1103. — U mai i:)2f. — LcUreew espagnol du ûvlc de MoniQlea.? 
à ? B 90. 

1104. — Rôle (en italien) des gens de la galère d'Alphonse de 
Garces (en écriture du xvi= siècle). B 20. 

1105. — Rôle [en italien) des gens de la galère d'Alphonse VI. 
B^o. 

1106. — Rôle {en italien) des gens de la galère royale. B 17-^8. 

1107. — Inventaire des pièces produites par les habitants de 
Langres en 1527. B 42-53. 

1108. — 23 mars -1530. Salbourg? — Lettre de Bastian Joly au 
duc de Guise, pour lui demander d'entrer à son service. B 67. 

1109. — « Traité de neutralité d'entre la duché et comté de Bour- 
gongne et les seigneurs des Ligues, le xxix juillet 1555. » A 66. 

1110. — 30 août 1558. — Lettres patentes donnant commission à 
Michel Quelain, conseiller du roi, de procéder à l'unification des poids 
et mesures dans la sénéchaussée d'Anjou et ses dépendances. (Ces 
lettres ne sont qu'indiquées.) A 34. 

1111. — iMandement de Michel Quelain aux sergents de la séné- 
chaussée d'Anjou dassigner les seigneurs de ladite sénéchaussée, 
jouissant ou prétendant jouir du droit de poids et mesures, à compa- 
raître le 5 décembre suivant, en l'auditoire et palais royal d'Angers, 
pour « speciffîer et bailler les noms de leurs mesures et poids, du 
plus grand jusques au plus petit. « Suit un procès-verbal de compa- 
rution de « damoiselle Marie de Maillé, bail et garde de Charles 
Bourré, nostre fils. » A 34-35. 

1112. — « Discours sur les conditions de la paix^ » A 94-95. 

1113. — \2 novembre ^563. Paris. — Lettre relative au désar- 
mement de Paris et au procès de l'amiral de Goligny à la suite de 
l'assassinat du duc de Guise [en italien). B 68-69. 

1114. — 4 février ^1564. Paris. — Lettre sur l'arrivée du cardinal 
de Lorraine à Paris, et sur l'accueil très froid qui lui a été fait par la 
reine-mère, Catherine de Médicis [en italien). B 70. 

1115. — -15 et ^8 octobre ^564. La Fcre. — Lettre de l'abbé 
Ondedei au duc de Guise {en italien). B 'lOO-'IOI . 

1. Celle de Caleau-Carabrésis, conclue les 2 et 3 avril 1559 entre la France, 
d'une part, l'Angleterre et l'Espagne, de l'autre. 

20 



286 

1116. — [Mai 1509.] — Nouvelles de Parmée du duc d'Anjou 
(depuis Henri III), apportées par « ung homme qui partit hier de 
Xainctes »; prise de Cognac, mort de M. d'Andelot. B 79. 

1117. — ^3 décembre ^1572. — Nouvelles de Rome [en italien). 
P. 72-73. 

1118. — Négociations du règne de Henri III. I 99. 

1119. — Pièces relatives aux guerres de religion, intitulées : « Nou- 
velles du mi de ce moys. » B 74. 

1120. — « Extraict d'un article contenu au mémoire par ticullier, 
présenté au roi par les depputez de Monseigneur, depuis la publica- 
tion de la paix. » B 78. 

1121. — 30 décembre. Joinville. — Demande adressée par Antoi- 
nette de Bourbon au cardinal de Lorraine, en faveur du concierge de 
la maison que son fils a à Troyes. d'un office de tabellion des foires 
de ladite ville. A 48. 

1122. — 22 novembre. Luçay. — Lettre de M"^ de Rochefort à 
Msf de Guise, au sujet d'un délai pour le rachat d'une terre de la 
Faulche Selon, dont elle a été mise en jouissance après quinze ans 
de procès. A 52. 

1123. — Demande de Louis de Sainte M[au]re au duc de Guise de 
vouloir bien entendre son procureur. A 53. 

1124. — 21 août Sedan. — Lettre de félicitations adressée au 

duc de Guise sur sa délivrance. A 54. 

1125. — Lettre de Fressencourt, capitaine de Ribemont, à « Me^ le 
duc de Guise, lieutenant gênerai pour le roy en son royaume, » pour 
demander qu'on lui envoie de l'argent pour les soldats de sa garni- 
son, ou qu'on en fasse une montre. A 55. 

1126. — [Commencement du xvii^ siècle.] — Lettre au roi, sans 
date ni signature, pour lui demander de commettre, sans gages et au 
prix de cinquante écus soleil, la garde des forets de Dourdan, pour 
laquelle personne ne s^est présenté. A 56, 

1127. — Lettre de « M. Mesmyn aux cantons des ligues de Suisse. » 
Sans date. A 86. 

1128. — 9 juin 1587. Meaux. — Lettres de Henri III convoquant 
la gendarmerie, pour marcher contre les Allemands, auxiliaires des 
Huguenots. A 96-98. 

1129. — « Articuli aliquot heretici Davidis Georgii absurdissimi 
ex libris ejus desumpti. » B 76-77. 



287 

1130. — LeLlres « au comte de Barby, colonel des pistoiicrs, » 
pour le rachat de deux prisonniers , signées Moriti Frisse ; du même 
au même, relativement à l'évasion d'un prisonnier sur parole -, de 
Glirislophe Rab au môme, pour lui demander un compas; à George 
Wittheyn, pour lui demander de faire parvenir une lettre à Rodulf 
Ilemighc ; de Jean de Massègue à Evalt Eclevies, pour lui deman- 
der cinq écus. A^o. 

1131. — Relation de la campagne faite en Normandie par Henri IV 
contre les troupes de la Ligue, au début de son règne, avec indica- 
tion d'événements extérieurs. (Le récit émane d'un témoin oculaire, 
le baron de Biron, s'il faut en croire une note placée au haut de la 
page.) A ^00-^03. 

1132. — -159^. — « Coppie des articles de la confédération des 
Suisses. » A 88-90. 

1133. — 14 novembre 16-15. Milan. — Lettre sans signature, ni 
adresse, contenant des protestations de dévouement et des offres de 
service à la France [en italien). B 80-81. 

1134. — 2 décembre 4615. Rome. — Lettre de au duc de 

Guise, pour lui donner la nouvelle de la nomination de son frère, l'ar- 
chevêque de Reims, au cardinalat. B 82. 

1135. — iO décembre 1615. — Demande faite par Antonio Nobili 
du poste d'auditeur de rote pour la France. B 84-86. 

1136. — 22 décembre -1615. Avignon. — Lettre de Malalesla à 
l'archevêque de Reims, pour le féliciter de son élévation au cardina- 
lat (en italien). B 88. 

1137. — Lettre relative à la défense des places de la frontière des 
Alpes : Exiles, Briançon, Château-Dauphin, et aux subsides néces- 
saires à cet effet. (Sans date ni signature, écriture du xvii« siècle.) 
A 50. 

1138. — « Ce que M. de Ghastcllux, gouverneur de la citadelle de 
Metz, fait observer pour la sûreté el garde d'icelle. » B 61-63. 

1139. — « L'ordre qui se tient en ladicte citadelle, advenant une 
allarme. » B 63-64. 

1140. — « PoUice millitaire, prise sur les ordonnances du roi, qui 
se Ht tous les premiers vendrediz du moys, en la présence de tous les 
officiers et soldatz de céans. » B 64-65. 

1141. — Liste des traités entre les rois de France et les souverains 



2S8 

étrangers. Le premier est le traité d'alliance du -18 juillet -1 K»4, entre 
la France et la Bohème, le dernier, celui pour la pacification des 
troubles du royaume au mois de mai ^6-^8. A 62-64. 

1142. — 20 mai 'l()28. Rome. — Lettre à Juliano de Villy de Gue- 
vara, secrétaire du duc de Guise [en espagnol). B 98. 

1143. — « Mémoire succin des trêves et paix les plus remar- 
quables, depuis le roi Jehan jusques à présent, la publication des- 
quelles a tousjours esté faite par les roys ou heraudz d'armes. » Le 
premier de ces traités est celui de Brétigny, le dernier est le traité 
conclu entre la France et l'Angleterre, le 20 mai \ 629. A 58-60. 

1144. — « Articles et poinctz accordez par l'illustrissime seigneur, 
le prince d'Orange, et les Estats Unis des Pais Bas, aux ecclésias- 
tiques et magistrats de la ville de Maestricht, le 22e d'aoust -1632, 
signé Frédéric Henri de Nassau, et estoient lesdits articles scelés du 
scel de Son Excellence, en cire vermeille, avec une couverte dessus \ 
et plus bas : par ordonnance de Son Excellence, J. Junius. » A 82-84. 

1145. — ^3 août ^1640. — « Traité de confédération et alliance 
entre Louis 13% roy de France et Navarre, et la principauté de Cata- 
logne. » A 92-93. 

1146. — « Traité fait entre le roy de France et MM. les princes 
Maurice, cardinal, et Thomas de Savoye, le 14 juin 1642, » A 76-81. 

1147. — 3i mai -1648. Rome. — Lettre du cardinal au duc de 

Guise, pour le féliciter de fheureux succès de l'expédition de Naples, 
et lui promettre des secours. B 94. 

1148. — 27 juin 1648. — Lettre de D. Camille Pamphih au duc 
de Guise, pour lui faire part de la naissance d'un fils {en italien). 
B96. 

1149. — 13 août 1648. La Gapelle. — Lettre de M. de Roquépine 

à M'""^ pour s'excuser d'avoir retenu de force les paysans dans la 

place de la Gapelle, qu'il commande. B 99. 

1150. — Mémoire en italien de Fabio Paguani, Milanais, sur l'in- 
vention de nouveaux moulins mus par les chevaux. B r35-56. 

1151. — Mémoire en italien sur un miroir, au moyen duquel on 
explique la constitution de la voie lactée, la différence de la fumée 
allumée et de la fumée éclairée., on brûle les os les plus gros, sans 
consumer les objets blancs, on fait fondre du plomb, etc. B r37-60. 

1152. — Ponts-de-Cé. — Lettre de P. Folcartà Bourré, lui deman- 



289 

dant « d'expédier Raymond Arnaud louchant la receple de Perigord, » 
attendu « qu'il n'y a plus rien à donnera » A4. 

1153. — ^9 septembre. Amboise. — Demande, adressée par 
Jacques d'Espinay à Bourré, d'ordonnancer pour lui sur le comp- 
table de Bordeaux, une somme de 100 1. t., à lui duc pour la capi- 
tainerie de Sainl-Macaire. A 5. 

1154. — Lundi de Pâques. Amboise. — Lettre d'Etienne du Vesc 
à Bourré, relativement à un acquit à délivrer à Georges d'Aussy, et 
pour lui recommander de ne pas quitter Angers avant l'arrivée de 
Du Bouchage. A 7. 

1155. — Lettre de à Bourré, pour lui annoncer qu'il demande 

à entrer au service du roi. A ^2. 

1156. — Demandes diverses adressées au roi par le marquis de 
Pont-, la ville de Vernon, Jean Isabeau, Reimon Monsault, général 
des monnaies, Minglos, Pierre Jobert et M« Robert Turpin. A -17. 

1157. — 28 décembre. Saint-Piat. — Demande faite par Jeanne 
de Pellecol, pour Etienne Badoulx, mari de la fille naturelle de son 
mari, du tabellionnage de Chartres pour six ans, en remplacement du 
greffe du bailliage de Chartres, qu'avait eu d'abord le premier mari 
de ladite fille, et qui, après la mort de celui-ci, avait été alfermé a un 
autre pour six ans. A 21 . 

1158. — (> septembre. Roves? — Demande de Legentilhomme, 
envoyé à Bordoxiux pour faire une enquête relative aux seigneuries 
de Blancafort et de Saulnier, à Bourré, des pièces nécessaires à l'ac- 
complissement de sa mission A 25. 

1159. — 6 avril. Sarlat. — Lettre du lieutenant général de Rouizet 
el du procureur Hamelin, pour annoncer à Bourré les résultats d'une 
enquête sur les résultats d'un arrêt du Parlement de Bordeaux concer- 
nant les greffes. A 26. 

1160. — 7 février. Noire Castle, Northumberland. — Lettre {en 
anglais] du capitaine Ilatherington pour offrir au roi de France ses 

1. Ici commence la série des pièces qu'il ne m'a pas été possible de dater, ou 
que je n'ai pu dater que d'une façon tout à fait insuffisante, et que j'ai dû me 
contenter de ranger par ordre numérique. 

2. Nicolas de Calabre, marquis de Pont, petit-fils du roi René, mourut le 
27 juillet 1473. C'est la seule indication chronologique que je possède sur ce 
document. 



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services, et ceux d'une compagnie d'hommes d'armes de sa nation. 
A 44. 

1161. — 24 octobre. Baugé. — Supplique de Primaudaye à Bourré, 
concernant la jouissance d'un greffe. B 6. 

1162. — Lettre de Pierre Jobert à Bourré, sur des questions de 
finances. B 7-8. 

1163. — 18 juin. Paris. — Lettre de Jean Coingnet à Barthé- 
lémy Bourrassier, pour lui demander le payement de ses gages et une 
avance de 50 1. t. à l'occasion du mariage de sa fille. B ^3. 

1164. — Lettre [en espagnol) du comte de Monte Lea. B 92. 

1165. — « C'est la requeste que monseigneur le mareschal de 
Loheac fait au roy, » pour pouvoir achever de payer sa compagnie 
de cent lances, et recevoir ce qui lui reste dû d'une somme de 
-16,000 écus, qui lui ont été promis par le roi pour l'entretien de 
cette compagnie. G 3. 

1166. — 3^ décembre. Fécamp. — Demande faite par Pierre de 
la Salle de nouvelles lettres l'investissant de la charge de maître du 
pont de la Roche, les premières n'étant pas valables, et ledit office 
lui étant contesté par Colin Leroux, auquel il avait été ultérieurement 
attribué par inadvertance. G 7. 

1167. — M janvier, Grenoble. — Reçu donné par G. deMorlhon 
d'une lettre du roi, lui recommandant d'entretenir toujours « les gens 
de son hostel le mieulx que possible lui sera. » G 1 ^ . 

1168. — 3^ octobre. Beaumont. — Lettre de de Beaumont à 

un prince, pour le prévenir des démarches faites à son détriment, 
auprès du roi son père, par les sires de Bueil et de Maillée G ^3. 

1169. — Lettre de au roi, se plaignant de ce qu'on Taccuse 

auprès du duc de lui avoir fait demander de l'argent par le roi, ce 
qui n'a eu lieu que parce qu'en réalité le roi avait besoin d'argent, et 
assurant que la faute de M^ Jean Lapite, auquel il a succédé dans le 
poste de clerc des comptes, est évidente. G 22. 

1. Ce qu'il y a d'étrange dans celle lettre, c'est que, bien qu'il soit question du 
roi, son père, le prince, auquel elle est adressée, y est qualilié « sire, » titre 
ordinairement réservé à un souverain régnant. Pareille lettre se placerait assez 
naturellement à la limite des deux règnes de Charles VII et de Louis XI, mais le 
31 octobre 1461, Louis XI, monté sur le trône le 22 juillet précédent, était roi 
depuis près de trois mois et demi. 



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H70. — Requête du sénéchal d'Albret au roi, pour obtenir les 
4,000 1. t. de pension qui lui avaient été assignées, 500 en Limousin, 
et 500 en Languedoc, plus le payement d'un don de 2,000 écus qui 
lui avait été fait, enfin la capitainerie de Pézenas, C 33. 

1171. — Lettre de Reilhac à Louis XI, pour lui annoncer le paye- 
ment de la pension de Charles d'Amboise, et l'établissement de ce 
qui est dû à M. de Saint-Pé. G 3/(. 

1172. — ^ novembre. Vie. — Lettre de Bertrand [de la Tour], 
dauphin d'Auvergne et comte de Boulogne, demandant des instruc- 
tions à Louis XI sur la direction à donner à ses troupes, parties du 
Rouergue, et qui sont à la Souterraine (Creuse). C 44. 

1173. — 28 novembre. Vitré. — Lettre de à Louis XI, lui 

promettant le concours que le roi lui a fait demander par Pierre de 
Courses. C 54. 

1174. — 24 octobre. — Lettre de recommandation adressée à 
Louis XI par l'amiral en faveur de Richard Fée, maître des œuvres 
de M?"" d'Orléans, qui « avoit servy à raectre sus l'artillerie. » C 58. 

1 175. — Lettre à Louis XI? (en portugais) à peu près illisible. G 92. 

1176. — 8 avril. Saint-Jean d'Angciy. — Lettre de Gaston du 
Lyon à Louis XI pour lui recommander Jean Chevalier, qui porta à 
Amboise, au roi, un « vouge à coulevrine, » et lui annoncer que 
Vignolles est arrivé, que la peste est à Taillebourg, et que la reine a 
dû quitter cette ville. G 1 H. 

1177. — 8 janvier. Poitiers. — Lettre de D. Dausserre au roi, 
s'excusant de ne pas se rendre vers lui, en raison de son état de 
santé. G M 3. 

1178. — (> mai. Bourges. — Lettre d'un prêtre du diocèse de 
Bourges, pour désavouer les richesses que l'on attribue au clergé 
dudit diocèse, et déclarer qu'on ne peut le taxer au delà de 2,000 1. t. 
C i\7. 

1179. — Lettre de Leprévost au roi pour lui annoncer qu'en 
réponse à sa lettre, on lui enverra par Greffin, qui l'a apportée, 
cinq cents pelles, et qu'il en a été fait deux cents qui ne sont pas 
encore payées. C \ 22. 

1180. — Dimanche 4 février. — Le château d'Angers. — Lettre 
dWmbroys Cornilleau à Louis XI, lui annonçant que_, suivant son 
ordre, il a fait prêter serment à Regnault de Giresrae sur la croix de 



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Saint-Laud^ en présence de « M^ Jehan Jousseau, chanoine, eL de 
messire Bertran Gauteron, presbtre et secrétaire deladicte église <. » 
C ^24. 

1181. — 1^"' mai. N.-D. de Selles. — Lettre de l'abbé de Selles à 
Louis XI, lui annonçant que M. de Ruffec cherche à se procurer de 
Targent sur son héritage, et qu'il y aurait lieu de l'en empêcher. 
G ^26. 

1182. — -13 décembre. Teustz? — Lettre de F. de à Louis XI, 

lui demandant d'être maintenu en jouissance de sa pension de 
^50 1. t. et de son office de lieutenant de M. de Gharlus en Rouergue. 

1183. — 6 octobre. Paris. — Lettre de l'élu de Paris à Louis XI 
lui indiquant ce qu'il a payé, tant à M. de VouUon que pour les for- 
tifications de Pont-Sainte-Maxence, Pontoise et Beauvais. G 140. 

1184. — 31 octobre. La Rochelle. — Lettre des habitants de la 
Rochelle au roi Louis XI, pour obtenir Finterdiction de la traite des 
blés de Guienne, de Saintonge et du gouvernement de la Rochelle. 
G US. 

1185. — Lettre du seigneur de Graville à M. de Bressuire, lui 
annonçant son intention de se conformer aux lettres envoyées par le 
roi à Bourré et à lui. G -144. 

1186. — 22 octobre. Saint-Jean-de-Luz, — Lettre des habitants 
de Saint-Jean-de-Luz pour demander au roi de contraindre le cha- 
pitre de N.-D. de Bayonne à céder le bailliage de ladite ville de Saint- 
Jean-de-Luz à Marticho d'Eiratsu, dit Malo. G -147. 

1187. — 24 août. — Lettre de à Louis XI pour le remercier. 

G ^oO. 

1188. — 15 février. Paris. — Lettre de 3Iaudonier à Louis XI, 
pour lui demander une somme de 200 écus que le nommé Jacques 
Meteraye, de Bruges, avait été condamné par le Parlement de Paris à 
consigner au greffe. G •152. 

1189. — Lettre missive de Louis XI à un capitaine d'ordonnance. 
G VJH. 

1190. — -10 janvier. Paris. — Lettre de Jean Léger, chanoine de 

1. Celte pièce doit être postérieure à l'occupation de l'Anjou par Louis XI, et 
l'année 1481 se trouve la seule, après cette occupation, où le 4 février tombe un 
dimanche. 



203 

Rouen, à Louis XI, lui ofîranl ses services pour la réfonnalion de la 
justice, suivant un plan discuté autrefois par lui avec M. dePrecigny 
et AP Jean Munier. G 1 60. 

1191. — Mémoire indiquant au roi divers moyens de se procurer 
de l'argent. G JG2. 

1192. — 23 janvier. Saint-Florentin. — Lettre de à Louis XI, 

pour lui annoncer l'envoi de nouvelles par Jean de Bonscuze et par 
« messire Yvon. » G 163. 

1193. — Demande de privilèges adressée au roi par les habitants 
de Villeneuve-de-Bert, en Vivarais. G ^65. 

1194. — 13 juillet. Le Vergier ^ — Lettre de à M. de Montc- 

jan, pour le prier d'envoyer les titres relatifs à la seigneurie de Gil- 
lebourg, qui sont en sa possession, et de venir le voir avant son 
départ pour faire ses adieux au maréchal de Bretagne et à iM. deGué- 
méné, le chargeant enfin de faire ses compliments aux différents 
membres de sa famille. 1) i 6. 

1195. — io mai. La Flèche. — Lettre de la duchesse iMarguerite 
d'Alençon à « monseigneur l'eslcu» en faveur de M""" des Barres. 1) 50. 

1196. — Mardi, 2i> juin. Ambouaise (Amboisei. — Lettre de Gathe- 
rine de Blot à Louis XI, lui demandant pour son frère un prieuré 
possédé par l'abbé élu d'Entremont. D 62. 

1197. — 24 mars. Rouen. — Lettre de Pierre Jobert à Louis XI, 
l'engageant à réduire la solde des gens de guerre, et sur une demande 
pécuniaire du duc d'Alençon. D ^04. 

1198. — Pâques Fleuries. Dreux. — Lettre de J. Holet à Louis XI, 
pour lui rendre compte de linsucccs de sa mission auprès de Guidot 
du Lar, et des intrigues de celui-ci avec l'archidiacre de Neubourg, 
frère de M'"«de Jenlly. D ^06. 

1199. — 18 juin. Grenoble. — Lettre de Pierre Gruel à Du Bou- 
chage, pour le prier d'appuyer la requête d'un nommé Botu, qui va 
solliciter des lettres d'abolition. D LiO. 

1200. — 7 avril. Tullins. — Lettre de à Louis XI, sur les 



1. Le Verger élail une résidence du maréchal de Gié, dont le nom revient sou- 
vent dans l'histoire de Bretagne, au commencement du régne de Charles Vill. Il 
y fut même signé entre ce roi et François II, duc de Bretagne, un traité, à la 
date du 20 août 1488. Dupuy, ouvr. cit., II, li7-1.50. Aussi serais-je disposé à 
placer cette lettre pendant le régne de Charles VIII. 



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affaires de Dauphiné, et pour lui demander l'autorisalion de vendre 
des blés hors de la province, vu le bas prix auquel ils sont. D -1 2^ . 

1201. — 14 juillet. Bayonne. — Lettre de Gaston du Lyon et d'Es- 
tevenot à Louis XI, pour lui recommander Arnaut Guillem de la 
Gouste, procureur du roi en la sénéchaussée des Lannes, et lui 
annoncer l'arrivée en Navarre des rois de Gastille et d'Aragon, pour 
conclure un arrangement. D 134. 

1202. — Lettre de Jean de Tardes à Louis XI, pour lui annoncer 
que selon les ordres que le roi lui a fait parvenir par Pierre Dayes, 
il restera à Bordeaux, et pour le prier de rendre à son beau-père, dont 
le roi lui-même lui a fait épouser la fdle, l'ordonnance qui lui a été 
enlevée. D 137. 

1203. — 3 novembre. Lyon. — Lettre de Pétrequind'Autrey à Phi- 
lippe de Savoie, seigneur de Bresse, pour lui annoncer qu'Antoine de 
Soliers, d'Asti, refuse de lui payer ses frais de voyage en France, vers 
M"'« d'Orléans*. DUl. 

1204. — 18 novembre. Paris. — Lettre de d'Alincourt à 

Louis XI, pour lui demander un remboursement, et le paiement de 
sa pension. D 149. 

1205. — 23 novembre. Saint-Saturnin. — Lettre de à Louis XI, 

pour lui demander « descharge de sa pension, sans laquelle des- 
charge le capitaine Tartaille ne puet tirer avant, » et un mandement 
pour faire saisir tous les chiens couchants du pays, et défendre la 
chasse à la « touvelle. » D 159. 

1206. — 30 mars. Grenoble. — Lettre de Pierre Gruel, président 
de la chambre des comptes de Dauphiné, à Louis XI, pour lui rap- 
peler que le pape Jean XXIII avait accordé aux dauphins de Viennois 
le droit de nommer aux bénéfices de chanoines dans la chapelle de 
Saint-André de Grenoble, droit que les prévôts de Saint-André 
s'étaient induement attribué. D 163. 

1207. — 30 novembre. Barbezieux. — Lettre de Marguerite de la 
Roche, veuve de M. de Maillé, pour obtenir du roi la permission de 
prêter l'hommage dont elle est tenue devant le sénéchal de Sain- 
longe, et la traite de deux mille tonneaux de froment de ses terres, 
pour pouvoir subvenir aux frais de fortification qu'il lui a fallu faire. 
D 163. 

1. Au moins après le 4 janvier 1465, date de la mort du duc d'Orléans, puis- 
qu'il n'est question que de la duchesse. 



295 

1208. — 2'» février. La .Molle. — Lellre de Jacques de Ucaumonl 
à Louis XI, pour lui annoncer l'envoi d'un chiffre, donl il se sert 
avec ses amis, el lui demander une commission pour le logement en 
Poitou de ses gens de Normandie. D \ 67. 

1209. — 20 novembre. Orléans. — Lettre des gens des finances à 
Louis XI pour lui conseiller un dégrèvement, et sur la nomination 
d'Etienne de Mazeau à la recette générale de la Chambre aux 
deniers. D 109. 

1210. — 8 octobre. Paris. — Lellre des officiers de la chambre 
des comptes à Louis XI, pour lui annoncer « que, depuis le moys 
de décembre dernier passé, jusques au premier jour de may ensui- 
vant et derrenier passé, les loups et louves ont estranglé et mengié à 
Tentour de la ville de Meleun, el es environs, à moins de six lieues, 
tant en Brye, comme en Gaslinoys, dix-neuf personnes, tant enffans 
que autres, et, avec ce, en ont navré et inconvenienté plusieurs autres 
dont les aucuns en sont mors » 1) ^71. 

1211. — 27 novembre. — Lettre de à Louis XI, renfermant, 

en même temps que des protestations de fidélité, une demande de 
sûrelé. D ^8^. 

1212. — Requête des habitants de Pézenas et de Montagnac, pour 
que, dans les dix jours de leurs foires, ne soient pas compris les 
jours non ouvrables, qu'elles puissent être prolongées en cas de néces- 
sité, et que les étrangers n'y puissent vendre, comme autrefois, que 
des vins du pays. D 181). 

1213. — 15 août. Villeneuve-la-Comtesse. — Lettre de Catherine 
de Thevyne, veuve de NicoUe Chambre, à Louis XI, pour lui deman- 
der des secours en souvenir de son mari, qui avait été compromis 
pour l'avoir servi du temps qu'il était dauphin, el être autorisée à 
prêter hommage devant le sénéchal de Sainlonge, pour ses terres de 
Villeneuve-la-Gomtesse, Ghampaigne et la Jarroie. D iOL 

1214. — S octobre. — Lettre de J. d'Amboise et de Daillon, s'du 
Lude, à Bourré, sur des questions de finances. E A. 

1215. — 28 avril. Grenoble. — Lellre d'Erlant à Bourré, relative 
à une assignation de ii'= xx écus, que M. de Chaste lui demande, à 
cause de son cheval. E 8. 

1216. — ^9 mars. Paris. — Lettre de François Bourdin à Bourré, 
sur des questions de finances, et dénonçant la misère de la popula- 
tion par suite de l'exagération des impots. E V2. 



296 

1^217. — Lettre d'Odet d'Aydie à Bourré, accusant réception 

d'une lettre du s' de Bressuire, et le priant de lui faire parvenir sa 
réponse. E ^6. 

1218. — ^ 6 octobre. — Lettre de Jalicard à M. de Hangest, pour lui 
commander les lettres de confirmation de l'office de maître des 
œuvres de maçonnerie et de charpenterie en la comté de Poitou, pour 
Jean Guibon. E 20. 

1219. — 8 mars. Reims. — Lettre de Beauvarlet à Bourré, sur 
des questions de finances. E 22. 

1220. — 30 avril. Paris. — Lettre de l'évêque de Paris à Bourré, 
pour l'assurer de sa bienveillance en faveur de son neveu, pour 
lequel Bourré sollicitait une prébende de chanoine. E 23. 

1221. — Mardi. Les Bordes. — Lettre de Marguerite de Culant à 
Bourré, pour obtenir décharge de « tous despens, arreraiges et fraiz, » 
que pourraient lui demander ses frères depuis la mort de leur père. 
E 24. 

1222. — 3^ mai. Orléans. — Lettre de Jean Le Prévost à 
Bourré, pour se recommander, lui et le porteur de sa lettre, à sa 
bienveillance. E 23. 

1223. — 22 novembre. Milly. — Lettre de Louis de Graville à 
Bourré, pour lui annoncer l'envoi de toutes les commissions qui lui 
sont nécessaires. E 27. 

1224. — 21 février. Tours. — Lettre de Pierre de Rohan à 
Bourré pour lui accuser réception d'une lettre. E 35. 

1225. —Dimanche. Saint-Martin-le-Beau. — Lettre de Chabannay 
à Bourré, le pressant d'ordonner au maître d'hôtel Estienne de payer 
les ouvriers qui n'ont rien reçu pour la construction de la chapelle 
Saint-Biaise à Amboise. E 36. 

1226. — « C'est l'offre que la ville et cité de Bourdeaulx a faictet 
faict encores touchant la modération des charges et subsides, que 
payent au roy les marchans venans en marchandise à ladicte ville, et 
ce, affin que les marchans soyent bien traités, et le fait de marchan- 
dise bien entretenu, à l'honneur, proffît et utilité dudit seigneur et 
de ses pays et subgiets. » E 40. 

1227. — Lettre de à un évêque, pour s'excuser de ne pou- 
voir assister à son sacre. E 43. 

1228. — 15 janvier. Selles en Berry. — Lettre de Jehan Jozien, 
archidiacre de Sanccrre, secrétaire du roi, à Bourré, pour s'excuser 



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d'avoir tardé à lui rédiger les lettres pour le pape, qui lui avaient 
été commandées, parce qu'il avait été trop pressé par le légat, le jour 
du départ de celui-ci de Tours. E 54. 

1229. — ^ 5 mars. Lyon. — Lettre de Miquel de Gramont à Bourré, 
pour lui demander d'imputer iiii'^ écus d'or, qui lui avaient été don- 
nés par le roi, sur le reste de feu Pierre Porcian, receveur du domaine 
de la sénéchaussée des Lannes. E 55. 

1230. — Lettre de Jean Briçonnet à Bourré, sur les traites d'An- 
jou^. E 56. 

1231. — 2(5 juin. Figeac. — Lettre de Guillaume de Varye à 
Etienne Chevalier et à Jean Bourré, sur des questions de finances, 
et pour leur annoncer qu'il se rend aux états de Languedoc. E 58. 

1232. — ^7 décembre. Rossillon. — Lettre du bâtard de Villars 
au roi, pour l'assurer que, quoi qu'on en ait dit, il n'a pas quitté le 
Dauphiné. E 60. 

1233. — 7 août. Paris. — Lettre de Jean Henri à Etienne Che- 
valier, sur le procès du seigneur du Monlet, et sur l'utilité d'envoyer 
comme commissaire, pour examiner Guillaume de Varye et le comp- 
table de Bordeaux, M^ Jean Baudry, ex-procureur du roi à Bordeaux. 
E 67. 

1234. — Lettre de pour se plaindre de la rébellion de ses 

sujets et demander au Parlement de ne pas les entendre. E 70. 

1235. — Serment prêté par de servir le roi envers et contre 

tous, sauf le pape et l'église. E 71. 

1236. — 21 juillet. Jarzé. — Lettre de Loys Mourier, « imagier, » 
demandant [à Bourré] à quel endroit de l'église il faut placer le tra- 
vail exécuté par lui 2. E 73. 

1237. — 25 août. Lyon. — Lettre de Loys Nyvart à René d'Alen- 
çon, comte du Perche, pour l'assurer de la bonne volonté qu'il a de 
lui faire payer sa pension. E 76. 

1238. — 22 novembre. Rouen. — Lettre de Jean Raguier à 
M. de Villezet, lui annonçant que, si le comte n'a pu avoir son 

1. 11 y a des chances pour que ceUe lettre soit de l'année 1474, où Bourré, 
après l'occupation de l'Anjou, fut chargé de celte afl'aire des traites, et où l'on 
trouve précisément d'autres lettres à lui adressées à ce sujet. Voir la notice 
biographique qui précède ce catalogue. 

2. L'endroit d'où est datée cette lettre indique que le travail était exécuté pour 
Bourré, qui était seigneur de Jarzé. 



298 

argent pour le Pont-de-l' Arche, c'est qu'il n'y avait pas eu d'assigna- 
tion. E 77. 

1239. — 20 septembre. Tours. — Lettre de Leprince à Bourré, 
sur des affaires de finances et d'impôts. E 89. 

1240. — iS juin. Perpignan. — Lettre de Refuge à de la Loère, 
trésorier de Languedoc, pour lui demander de faire une avance à 
Etienne de Grammont, qui va dans la montagne servir le roi. E 94. 

1241. — Premier jour de l'an, Pâques. Tours. — Lettre de Du 
Lau à Bourré , lui demandant de vérifier les lettres de surséance 
accordées à Bernard de Banquet. E 97. 

1242. — 5 juillet. Chartres. — Lettre de M. de Brézé au général 
de Languedoc, pour obtenir une commission de commandant pour 
la place de l'Isle, sans quoi ladite place risque d'être prise. F 7. 

1243. — 20 mai. Paris. — Lettre de Legentilhomme à Bourré, 
chevalier, trésorier de France, sur l'enquête de Blancafort, et sur 
celles de Grécy, Gournay et Moret. F ^2. 

1244. — Lettre de à Louis XI, annonçant la nomination en 

Auvergne de Jean Bernier, greffier du duc de Bourbon, et d'un autre 
individu dont il ignore le nom, sur le fait de nouveaux acquêts. F ^4. 

1245. — a Advertissement touchant les finances de Guienne. » 

F n. 

1246. — l" décembre. Vieilleville. — Lettre de recommandation 
de M. de Scépeaux à Bourré pour son fils. F 3o. 

1247. — 6 novembre. Mouson. — Lettre de l'Ospital à Bourré, 
pour demander le payement de ses gens d'armes et des munitions. F 40. 

1248. — Lundi. Tours. — Lettre de à Bourré, lui annonçant 

son intention de se rendre vers le roi, et sollicitant sa protection. F 47. 

1249. — 22 novembre. Rouen. — Lettre des bourgeois et conseil- 
lers de Rouen à Bourré et à Guillaume de Varye, pour obtenir que 
les droits levés par la ville sur les bières et les cervoises soient 
maintenus, malgré les plaintes des brasseurs, attendu qu'ils ont peu 
de temps à durer, et qu'ils doivent ensuite être diminués. F 63. 

1250. — 30 novembre. Tours. — Lettre du curé du Puy-N-.D., 
informant Bourré que le seigneur de Recheillieu demande 3,000 écus 
sur sa dime. F 07. 

1251. — Samedi. Le Vergier. — Lettre de René Laval et Henri 
Bonnet à Bourré, pour lui annoncer la mort de la maréchale [de Gié] 
et son enterrement pour le lundi suivant. F 08. 



299 

1252. — ♦> décembre. — Lcllre de Myolans a Bourré, pour lui 
demander Monlrichard, que le roi lui a donné. F 7(). 

1253. — 19 février. Angers. — Lettre de P. Jarey à Bourré, pour 
s'excuser de n'avoir rien dépensé, pour augmenter le service de N.-D. 
de Béimart. F 77. 

1254. — Lettre de Maillart, trésorier d'Orléans, à Bourré, le priant 
de l'excuser auprès du roi, de ce qu'il ne se rend pas immédiatement 
vers lui, attendu qu'il est retenu par les alTaires de la duchesse d'Or- 
léans <. F 78. 

1255. — Lettre de Jean Ourant, de Grenoble, pour recommander 
à Bourré M« Jean Rossât, afin que sa place de secrétaire du roi au 
Parlement de Grenoble lui soit conservée. F 79. 

1256. — « Cy après s'ensuivent les gens de guerre, que le roy 
par ses lectres patentes a ordonnez estre paiez sans monstre. » F 82. 

1257. — Dimanche, U mars. Orléans. — Lettre de Reilhac à 
Bourré, pour lui annoncer que, par suite d'une lettre de M"^ Baude, 
qui lui en a envoyé l'ordre au nom du roi, il est allé faire le serment 
de la trésorerie auprès de M. le chancelier, que celui-ci l'a bien reçu, 
mais que d'Ennery lui a fait opposition et en a appelé au Parlement. 
F 85. 

1258. — Lettres patentes de Louis XI, nommant M« Jacques 
Loup, chanoine de Bordeaux, licencié en droit, conseiller au Parle- 
ment de ladite ville. F 85. 

1259. — 20 septembre. Tours. — Lettre de Jean Briçonnet à 
Bourré, conseiller et maître des comptes, lui donnant notamment 
des nouvelles du roi. F 87. 

1260. — -1" février. Dax. — Lettre de Jean de Philip à Bourré, 
relativement au droit de haute justice de Poyloaud. F 94. 

1261. — 29 décembre. Saumur. — Lettre de Pierre Burdelot à 
Bourré, lui annonçant que son frère, le grenetier de Saumur, n'a pas 
pu lui verser les sommes dont il était comptable. F 9(1. 

1262. — \(> novembre. Le Vergier. — Lettre de Pierre de Rohan 
à Bourré, pour lui recommander ses affaires, et l'assurer qu'il n'at- 
tend que sa réponse pour s'occuper de son différend (à Bourré) avec 
M. delà Fresnaye. F 'I0<. 

1263. — 28 août. Laon. — Lettre de Guillaume Guéroult, rece- 

l. Veuve de Louis d'Orléans, inorl le 4 janvier 1465. 



300 

veur de Vermandoîs à Bourré, le priant d'appuyer une demande de 
lettres de noblesse qu'il adresse au roi. F ■104. 

1264. — Lettre de à Bourré, sur la recette des aides. F -m v°. 

1265. — Appointement des gens de finances ordonnant de payer 
2,223 1. 1. à Gaston du Lyon, sénéchal de Toulouse, sur la recette des 
affaires et équivalent de Poitou, et en déduction de 3,000 écus, que 
lui devait Jean Raguier, receveur général de Normandie. F -H^. 

1266. — Montpellier. — Lettre de la Loère à Bourré, conseiller et 
maître des comptes du roi, sur le payement de -1 ,500 1. 1. fait à M. de 
Barra, sur l'ordre exprès du roi, et par dérogation à de précédentes 
instructions. F -US. 

1267. — ^5 mars, mardi. Plessis-Macé. — Lettre de Chariot de 
Beaumont à Bourré, concernant les opérations des commissaires des 
francs-fiefs en Laudunois et pour se recommander à lui. F 4 20.' 

1268. — Demande de dégrèvement des habitants de Limoges, en 
raison de la contagion qui règne dans leur ville, et accueil favorable 
fait à cette demande par les commissaires chargés de l'examiner. F -f 24 . 

1269. — Tours, 18 décembre. — Lettre de Jean Prévost à 
Bourré, pour s'excuser de ne pouvoir donner l'état au vrai de sa 
recette que demandait le roi, et pour donner les motifs de cette impos- 
sibilité. F ^26-^27. 

1270. — ^6 juillet. Tours. — Lettre deTilhartà Bourré, conseil- 
ler et maître des comptes du roi, et trésorier de France, accusant 
réception d'une lettre, et annonçant la prochaine arrivée du roi au 
Plessis-du-Parc. F'129. 

1271. — 21 août. Tours. — Lettre de Martin Leroy à Bourré, 
conseiller et maître des comptes du roi, pour obtenir des lettres 
de commission, autorisant les auditeurs à faire rentrer les deniers des 
nouveaux droits, quand le général est forcé de s'absenter. F -133. 

1272. — Fragment de lettre, sans date ni signature, et en très 
mauvais état. F ^45. 

1273. — 28 avril. Paris. — Lettre de l'élu de Paris à Bourré, 
maître des comptes et trésorier de France, sur la situation de la capi- 
tale. F 4 47. 

1274. — 4 janvier. Fontaine. — Lettre de Daillon à Bourré, pour 
lui recommander une affaire qu'un de ses cousins a en la chancel- 
lerie. F 148. 



30< 

1275. —20 septembre. Tours. — LeLlre de Flameng à Bourré, lui 
donnant des nouvelles du roi el de la reine, et lui parlant d'affaires 
de finances. F -(55. 

1276. — Lettre de à Louis XL pour lui annoncer qu'un 

marcliand milanais, liabitantToulouse, par crainte du droit d'aubaine, 
qui ne lui a été appliqué, ni à la mort de son père, ni même à celle de 
son grand-père, serait disposé à payer 300 écus, et pour lui annoncer 
la maladie de Gourtinelles. G 7. 

1277. — 7 août. Angers. — Fragment de lettre adressée à Louis XI 
par ?G^2 v°. 

1278. — « Instruction à monseigneur de Grantmont de ce qu'il a à 
faire de par le roy, au[près de] madame la princesse de Navarre, ou 
ses gens ayans povoir d'elle. » G 32. 

1279. — Liste des « cappitaines du ban et arriere-ban. » G 33. 

1280. — Instructions données à ambassadeur de Louis XI, 

auprès de Philippe de Savoie, seigneur de Bresse. G 53-54. 

1281. — -12 janvier. Amboise. — Lettre de à Louis XI, pour 

lui demander un mandement, justifiant les remises d'argent par lui 
faites au curé du Puy N.-D. G 56. 

1282. — Demande d'argent des procureurs de l'église de N.-D. de 
Montfort, pour continuer les réparations de ladite église, commen- 
cées jadis avec une subvention prise sur les revenus du grenier à sel 
de Normandie. G 62. 

1283. — Lettre du président de la chambre des comptes de Dau- 
phiné au roi, pour lui demander la marche à suivre dans certaines 
affaires de cette province. G 64. 

1284. — Lettre de à sur les affaires de Savoie et d^Es- 

pagne. G 67. 

1285. — 30 juin. Amboise. — Lettre de aux procureurs de la 

fabrique du Puy-N.-D. sur le fait des bois et dhnes de Sanzay. G 69. 

1286. — Lettre de à au sujet des susdites dîmes. G 75. 

1287. — Lettre missive de Louis XI à G 84. 

1288. — Demande de à Louis XI de 4,000 f., des capitainerie, 

viguerie et cliâtellenie d'Aigues-Morles et de la Charbonnière, enfin 
de l'office de conseiller et premier maître d'hôtel du roi. G ^103. 

1289. — « Les trois points » G 106. 

2\ 



302 

1290. — 3 aoûL Amboise. — Lettre de à relative à des 

collations d'offices. G ^08. 

1291. — Première phrase, à ce qu'il semble, de minutes de lettres, 
presque identiques en la forme, adressées, l'une à Louis XI, lautre 
à la reine, une autre à 3Iadeleine de France, comtesse de Foix, sœur 
du roi. G ^^3. 

1292. — -13 janvier. Ving — Lettre missive de Louis XI 

à G^I6. 

1293. — 28 août. Montaigu. — Lettre de à ^1*= Nicolle, pour 

le prier d'appuyer auprès du roi une lettre qu'il lui écrit. G US. 

1294. — « A monseigneur l'amyral l'ouverture de la recom- 
panse d'arganl. » G 425. 

1295. — Assignation de gages. G ^126. 

1296. — « Memoyre de Glison des troys pointz. » G -132. 

1297. — « C'est ce que le seneschal de Xaintonge requiert au 
roy. » G 437. 

J. Vaesen. 
{A suivre.) 



PASSAGES 



DE 



CHARLES VU ET DU DAUPHIN LOUIS 

A LIMOGES EN 1459, 

DES MÊMES ET DE LA REINE DE FRANCE EN 1442. 



La courte chronique que nous donnons ici est tirée d'un gros 
registre in-folio de la cliambrerie de Saint-Martial, conservé aux 
Archives départementales de la Haute-Vienne (fonds Saint-Martial, 
n" prov. H. 468, f°' ccxviii v" et ccxrx r"). Elle a été transcrite à la fin 
du XVII' siècle par doni Estiennot [Fragmnnts dliist. d^ Aquitaine, 
I, 247 et 358) et au siècle suivant par l'abbé Nadaud [Mss. du grand 
séminaire de Limoges). Elle a été publiée pour la première fois par 
la Société des antiquaires de France [Mémoires^ XI, 357) sur une 
copie communiquée par AUou, l'auteur de la Description des monu- 
mens de la Haute-Vienne, qui s'était servi vraisemblablement de la 
transcription de Nadaud. Elle fut reproduite quelques années plus 
tard dans le Bulletin de la Société d'agriculture^ sciences et arts du 
Limousin (1842), puis, de nouveau, par Maurice Ardant dans le Bul- 
letin de la Société archéologique du Limousin (^854), et enfin, pour 
la quatrième fois, par M. Duplès-Agier, dans les Chroniques de 
Saint-Martial de Limoges (1874, p. 202). Mais, soit que les copies 
de dom Estiennot et de l'abbé Nadaud fussent défectueuses, soit que 
les épreuves aient été mal corrigées, toujours est-il que les quatre 
publications mentionnées ne nous donnent qu'un texte très incorrect. 

Dans de pareilles conditions, on reconnaîtra avec nous la nécessité 
d'une nouvelle publication de cette chronique si pittoresque dans 
ses détails. Nous avons tâché de rendre cette publication définitive 
par une attentive collation du texte original, que M. Duplès-Agier 



304 

croyait perdu. Outre l'orthographe des mots, nous avons pu rectifier 
de la sorte bon nombre de lectures fausses et restituer des passages 
omis ou transposés. Nous avons pris soin aussi d'identifier tous les 
noms de lieux, dans l'opinion que les historiens du règne de Charles VII 
pourraient trouver profit à ces menues indications. 

Alfred Leroux. 



Nota hic per modum memorie qualiter receptus fuit rex 
Francie Karolus cwn filio suo dalphino quando intrave- 
runt castrum Lemoincense insimul cuni multis ducibus, 
comitibus, baronibus et aliis nobilibus^. 

Anno ab incarnacione Domini raillesimo CCCG° XXXVIIP, 
die lune, secunda dies {sic) mensis mardi', rex Francie Karo- 
lus cum filio suo Ludovico, dalphino, primogenito suo et tune 
temporis unico, intraverunt castrum Lemovicense^ et modus rece- 
pcionis talis fuit : 

Primo, ipse rex, qui jacuerat in villa de Dauratc*, pransus fuit 
in Castro de Tour ont '", et dominus dalphinus, qui jacuerat in 
villa de Bellaco et ibidem pransus, expectavit eum in loco nostro 
qui dicitur Cozes'^ vel Yulgsàiier Petit-Limoges. Et tune ipsis 
venientibus insimul eum sua nobili eomitiva oeeurrerunt primo " 
multe turbe puerorum ex ipso Castro Lemovieensi clamantes et 
dieentes : Vivat rex et dominus dalphinus ! quasi in medio itine- 
ris ; et clamantes semper sic precedebant eum eum panuneellis 
suis, ubi pieté erant arme Francie. 

Deinde, in ingressu loci Montis Gaudii^ precedebant nos fra- 
tres minores, quod tamen non placebat domino episcopo Lemovi- 
eensi^ ; post quos inmediate veniebat dominus abbas saneti Mar- 

1. Au lieu de ce titre, on trouve dans la publication de M. Ardant le litre 
suivant, qui ne figure pas dans le manuscrit : Advenius régis Caroli Vil cum Ludo- 
vico delphino et commoratio eorum Lemovici (sic) anno M. CCCC. XXXVIII. 

2. N. st. 1439. 

3. Le château, bûti autour de la basilique de Saint-Marlial, par opposition à la 
cxik {civitas), qui formait une agglomération distincte autour de la cathédrale. 

'i et 5. Le Dorât et Thouron, arr. de Bellac, Haute-Vienne. 

6. Couzeix, près Limoges. 

7. Le texte porte simplement po. 

8. Montjauvy, faubourg de Limoges. 

9. Pierre de Montbrun, depuis l'i27. 



305 

cialisS indutus cappa domini episcopiLemovicensis deManhaco^ 
cum colore adureo adurata. Conventus vero erat in albis et non 
cappis, quia tempus pluviosum erat; et recte ante domum con- 
ventus Montis Gaudii, in quadam parva platea recte in itinere, 
posueramus scannum paratuin et reliquie desuper videlicet imago 
béate Marie de Sepulchro^ et crux argentea doraini cardinalis'' et 
magna crux aurea, juvene stante ante dictas reliquias et ipsam 
(sic) defferente. Rex vero descendit de sonipede sua : flexis geni- 
bus, adora vit crucem, porrigente domino abbate, remota mitra, 
et incipiente cantore nostro responsorium Deum time et alia 
responsoria de beata Mai'ia Gaude Maria et de beato Marciale. 
Et readscenso rege equum suum, processimus ordinato conventu 
hinc inde usque ad locum ubi dominus episcopus cum canonicis 
suis iterum reliquias paraverant quasi in medio ilineris inter 
Montera Gaudii et portam Montis Malier''. Et iterum rex des- 
cendit et adoravit reliquias per manus episcopi sibi porrectas''^ ; et 
rege remonta to, conabantur canonici quod ante ipsos pergeremus, 
et per interpositas personas dominorum clamantes alta voce : 
Davant! Bavant! Modicum renitentes et contradicentes habui- 
mus locum nostrum, videlicet partera sinistram, dominus abbas 
cum conventu suo et dominus episcopus cum canonicis suis par- 
tem dexteram. Et sic ordinatis hinc inde venimus usque ante clo- 
cherium, et ibi iterum paratis reliquiis expectabamus'^; et domino 
episcopo cum canonicis suis recedente, invitatus a domino abbate 
remansit cum canonicis ; et sic stantes anibo ante reliquias in 
ingressu ecclesie sancti Marcialis expectabamus regem. 

Rex vero ingressus portale Montis Malie7% invenit paratum 
papilionem pulcrum cum armis suis, quem portabant consules et 
burgences {sic) dicte ville ; et ipse rex solus erat desubtus. Et sic 
pergebant per médium carrerie, Gentes vero armorum stabant 
ordinate hinc inde ab utroque latere ruarum, transeunte rege 
cum nobili coraitiva. Populus autem alta voce claraabat Noe, Noe, 

1. Jacques II Jouviond, depuis 1433. 

2. Hugues de Magnac, -j- 1412. 

3. Autrernent dit la crypte de la basilique Saint-Martial. 

4. Guy d'Arfeuille, dit le cardinal de Sarragosse, ou oncore le cardinal de Tus- 
culum, inhumé à Saint-Martial vers 1364. 

5. Auj. Monnialier, nom d'un faubourg de Limoges. 

6. Le texte porte porretas, ce qui semble une faute du scribe. 

7. Le texte porte eocpectamus ba. 



300 

Noe^! ciim jubilacione et gaudio' raagno, et supra[dicjti pueri 
semper eciam alta voce : Vive le roy et monsr. le daulphi! 
Vive! 

Et sic venit ordinate usque ante clocherium^ et ibi descendit de 
equo, et osculata cruce sibi per dominum episcopum Lemovicen- 
sem porrecta, et data sibi aqua benedicta, intravit ecclesiam et 
recta via venit ante majus altare sanctissimi Marcialis, et ibi liexis 
genibus, iterum osculatus est crucem sibi per dominum episco- 
pum tensam, et finita collecta beati Marcialis et data benedictione 
ab ipso episcopo, domino abbate stante juxta ipsum episcopum, 
rex non descendit in sepulchro, sed recta via per quam venerat 
regressus est, et ante clocherium, ubi expectabatur, readscendit 
equum suum, et sub papilione perductus est in domura Guillelmi 
Juliani vocata[m] vulgariterBayardariaveHowjBa^^zsmen^^- et 
ibi hospitatus remansit. 

Dominus vero dalphinus, fillius ejus, descendit in doraum domini 
abbatis; ibi eciam locatus remansit. 

Confessor autem suus pênes prepositum de Gumbis '", qui in 
die qua recessit dominus dalphinus requisivit dominum abbatem 
ut amore ipsius concederet prebendam in abbatia Marciali Meze, 
nepoti supradicti prepositi de Cumbis, tanquam priori de Mutone^, 
usque ad novos fructus. Dominus vero abbas ad requestam 
ipsius concessit usque ad festum Pasche, alii dicunt usque ad 
novos fructus. 

Medicus vero erat pênes infirmarium hospitatus, et iste procu- 
ravit, ad requestam Guidoni[s] de Phelinis et fratrum suorum, 
quod dominus dalphinus requireret dominum abbatem quod red- 
deret sibi officium pitanciarie, quod aserebat justo et bono titulo 
esse suum auctori[ta]te apostolica. Quod dominus dalphinus 
fecit, mittens domino abbati unum suum militem qui ipsum rege- 
bat, qui dicebatur dominus c?e Tusse, ut ipsum requireret nomine 
ipsius quod sibi velletreddere et dare amore sui. Dominus excusa- 
vit se et noluit facere et ivit loquutum cum domino dalphino, 
dicens quod illud erat destruccio abbacie et conventus, sed viso 



1. Plus ordinairement Noël! Voy. Ducange au mot Natale. 

2. Le texte porte gaugio. 

3. Le clocher de la basilique Saint-Martial. 

4. Sis aujourd'hui au bas de la rue de l'Ancienne-Comédie. 

5. La juridiction du quartier des Combes appartenait à l'abbé de Sainl-Marlial. 

6. Mouton, arr. de Rufifec, Charente. 



307 

lioc quod dicerat lionerabat conscienciam suam, et faceret vel pre- 
ciperet sibi quod vellet, et illud dalphino multum displicuit quod 
conscienciam lionerabat, sed propter hoc non desiit, et iterura in 
crastinum raisit supradictum milletem {sic) et in societate sua 
quendam alium militem qui vocabatur dominus de Tissai, 
dicentes domino abbati quod vellet acquiescere et facere volunta- 
tem doniini dalphini. Tandem, post multa verba, reperta est talis 
via sati[s]faeiendi, quia dominus abbas quendam pri[o]ratum qui 
nuper vaccaverat et dederat preposito de FiscoS cum officio sub- 
cantorie, contulit et dédit supradicto Guidoni de Phelinis et ipse 
renunciavit juri et accioni quod habebat et poterat habere in offi- 
cio pitanciarie; et sic habuit supradictum prioratum de Chazelis-, 
cum supradicto officio subcantorie, cum prebenda in claustro; et 
[pro] recompensacione supradicti prioratus , dominus abbas de 
voluntate conventus tradidit supradicto preposito de Fisco sali- 
nam mensis junii, que erat et est de officio pitanciarie, donec et 
quousque recompensatus fuerit de tanto quantum extimari potest 
communiter valor salis ; et cum hoc ipse débet solvere sal conven- 
tui et omnia alla onera quecumque sint. 

Apotheccarius domini dalphini, qui vocatur /. Boiitet, de 
civitate Bituricensi, fuit hospes meus; qui non me gravavit in 
aliquo contra voluntatem meam; verumptamen in caméra et 
lecto meo jacebat, et ego cum Dyonisio, clerico meo, mihi ser- 
vienti; cui dédit in recessu v solidos, quod tamen ego nolebam, 
Dyonisio clerico, servitori meo. Multi alii hospitati erant inabba- 
tia, quod causa brevitatis relinquo. Item erat quidem (sic) pulcher 
juvenis in hospicio domini dalphini, qui dicebatur dominus de 
Tancarville . 

Nota eciam hic quod Taneguin du Chastel, olim prepositus 
Parisiensis, transmisit supradicto domino dalphino quanda[m] 
leonam etatis viii'" mensium, ut dicebant, quam receperat in 
villa de Bellaco et secum ibi adduxerat, quam multi viderunt et 
desiderabant videre : sed ex infortunio ille qui eam regebat, cum 
quadam corda quam in coUo habebat eam ligaverat prope fenes- 
tras camere domini abbatis, non in illa in qua dominus dalphinus 
jacebat, sed in alia de ante. De nocte per fenestram saliens cum 
corda quam in collo habebat se subspendit et ibi mortua est ; et 

1. Feyx-Faite ou simplement Feyt, arr. d'Ussel, Corrèze. 

2. Peut-être Chazelles, arr. d'Angouléme, Charente. 



308 

propter hoc ipse dalphinus multum doluit ; et excorticata detule- 
rimt secum pellem cum sagimine et caudal Nota eciam quod 
dorainus abbas dédit domino dalphino quendam pulcrum lepora- 
rium. 

Et die ix"'" postquam venerat, videlicet die martis ix™^ mar- 
di- in anno supradicto, post prandium recessit, et illo sero intra- 
vit villam sancti Leonardi^, et post per unam aliam noctem 
jacuit in villa Burgi-novi^ ubi equi gencium suorum comede- 
runt m sextarios avene mee, et gentes régis unum. Qui non 
recessit cum filio; sed in crastinum, videlicet die mercurii post 
prandium, quia ante prandium fecit amputari publiée et in alto 
loco prope et ante pillorium caput Bertrandi de Azat, militis, 
proditoris, qui fecerat se Anglicum et captus fuerat in loco de 
Domme'" per unum bastardum cura aliis 1111°'' de nocte. Et bene 
evasisset, sed noluit facere, quia ipse et duo filii intérim se face- 
rent Franciscos ; et tamen multas prodiciones et mala fecerat régi, 
ut dicebatur. Anima ejus requiescat in pace. Amen. 

Sequntur illa que rex fecit, ipso stante et résidente ibi sin- 
gulis diebus. Et primo, die martis m marcii postquam venit, 
venit ad sanctum Marcialem et ibi audivit missam suam de die 
et vesperas ad majus altare; et erat fixa tenta sua et parata in 
cornu altaris ante armarium, ubi continue jacet custos majoris 
altaris. Post vesperas cappelle sue dominus abbas cum conventu 
suo ante supradictum altare majus fuerunt presentati régi per 
dominum Jacobum de Cabanis ^ militera et senescallum Tholoze; 
et ibimet rex audivit dorainum abbatem bénigne se et conventum 
suura et bona ecclesie ofFerentera sibi et suo servicio et voluntati. 
Et hoc idem fecit domino dalphino, verumptamen non ibi, sed in 
caméra sua ; et sic recessit rex pro illa die, et celebravimus mis- 
sam majorera ad altare sancti Pétri et vesperas post recessum 
régis et cantorura ejus qui tenebant chorura in choro. Et post 
prandiura mandavit rex nobis quod in crastinum ostenderetur 

1. La phrase qui suit, omise dans les précédentes éditions, se trouve en marge 
du manuscrit. 

2. S'il s'agit réellement du mardi, il faut corriger ixma enxma. 

3. Saint-Léonard de Noblac, arr. de Limoges. 
't. Bourgaiicuf, rh.-l. d'arr., Creuse. 

5. Dommc, arr. de Sarlat, Dordogne. 

6. Jacques de Cbabannes^ sieur de la Palice. 



30'.) 

sibi caput beatissimi Marcialis; quod ita fuit laclum, et adoravit 
eum {sic) ibi ad niajus altare et alii domini qui tune secum pré- 
sentes erant, vel major pars ipsorum. Postea inmediate delatum 
fuit ad altare sancte crucis, et ibi publiée et honori[fî]ce ostensum 
fuit usque ad duas horas post meridiem vel circa, et postea repo- 
situra et clausum ubi erat prius in griba sua. Rex vero audivit 
ibidem totum servicium suum, ut fecerat in die precedenti, et nos 
similiter ibi. 

In sequenti vero die, scilicet in die jovis, non *, fecit sibi 

parari cappellam beati Benedicti, et ibi totum servicium suum 
fecerunt quamdiu in dicta villa stetit, et nos in choro. In recessu 
suo de ecclesia, ipsa die ante prandium, in domo ubi manebat, 
magister Marcialis Barmundeti, locumtenens regius et consul 
dicte ville in ipso anno, multum bene et notabiliter coram rege 
proposuit et arengam fecit, exponens et dicens publiée pauperta- 
tes, miserias et affliciones, raubaciones Cas tri Luceti^ et alia que 
paciebatur omni die patria; et omnia rex libenter et bénigne 
audivit, et concilium {sic) ejus, promittens se appositurum reme- 
dium infra brève tempus. Post prandium vero, ipsa die, cum 
raajori parte baronum et nobilium suorum, rexequesivitadcam- 
pos, et transiensper portam Montis ilia/î'er versus sanctum Mar- 
tinum^, intravit ecclesiam sancti Stephani prothoraartiris^ et ibi 
monstrata fuit sibi camisia sancte Valérie, prothomartiris Gallie, 
cum macillis ejusdem; quibus adoratis, recessit et visitavit civi- 
tatem, et transiens ante Predicatores et sanctum Geraldum et 
ante Carmelitas"' venit ad crosum de Arenis vel VAt^ena^, et ibi 
modicum respiciens trahentes de arbalista, revenit intrare portam 



1. Un mot de deux leUres illisible. On a voulu lire nonas V, ce qui est inad- 
missible. Nous lirions volontiers non Se, c'est-à-dire nonas scilicet, si le jeudi 
correspondait au\ nones de mars 1139. 

•2. Chalncet, château fort à quelques kilomètres de Limoges. Il ap|)arlenait 
depuis 1 iOO à la maison d'Albret. Les dévastations dont se plaignent ici les habi- 
tants de Limoges dataient de loin. Voy. sur ce point la Chronique de Gérald 
Tarneau, notaire de PierrebulDère, 1424 à 1427. 

3. L'abbaye de Saint-Martin- lez-Limoges. 

4. Il s'agit de l'église cathédrale. 

5. Le couvent des FF. Prêcheurs, le prieuré de Saint-Gérald et le monastère 
des Carmélites étaient situés extra muros, entre le château et la cité. 

6. Le creux des Arènes, c'est-à-dire le centre même de l'amphithéâtre, en 
contre-bas du sol environnant. 



3<0 

de Arena, et ante fontem de Eygolena* transivit per mercatum 
ante pillorium et domum Mathei Benedicti, venit per Descensum 
Manlianie- et magnam carreriam et per Taulas^. Ante cloche- 
rium recta via ante domum Simonis Lucas, receptus est in 
domum suam. 

Aliis vero diebus nichil aliud notabile fecit ; sed semper conci- 
lium {sic) ejus tractabat et procurabat unde peccunia posset 
extrahi et haberi ; et finaliter debuit habere a villa in promptu tria 
millia scutorum et a tota patria viginti millia librarum, et ut mihi 
retulit supradictus locumtenens regius, raagister Marcialis'* Bar- 
mundeti, bene decostitit ville in omnibus, tam in donis quam in 
aliis missionibus omnibus, vii'^™ millia scutorum velcirca. 

Item donavit nobi[s] et concessit salvam gardiam perpetuam, 
importantem casum complainte, per quam possumus ponere 
panuncellos et gardianura nostrumunumvelplures. Item conces- 
sit eciam litteram relevamenti de omnibus redditibus perditis, 
tam in capite quam in membris, a quatuor viginti decem annis 
citra. Item dominus^ fecit sibi juramentumfidelitatis, quod omnia 
quecumque tenet a rege tenet ab ipso cum simplici juramento 
fidelitatis; et de toto boc et juramento sibi facto habuit litteram 
sigillatam cum suo magno sigillo in cera alba. 

Sequntur breviter nomina baronum et nobilium et eciam 
prelatorum existencium in societate régis et qui cum ipso vene- 
runt^. Et primo dominus Karolus, dux Borbonensis et Alvernhie, 
et cui rex commiserat regimen tocius Acquitanie, magnus domi- 
nus et major post regem et in regimine et in dominacionibus. 

Item Carolus de Anjo, comes de au May ne et frater regine. 

Item comes de Vendôme, magnus magister bospicii régis et 
de magno concilio {sic) régis. 

Item bastardus de Aurelianis, miles, nobilis, pulcber, dulcis et 
mansuetus et magno consilio et quem rex multum diligebat, non 



1. La fontaine d'Eygoulène, dans l'intérieur même de la ville [castrum). 

2. Auj. la rue Dcsccndant-Manigne. 

3. Auj. la rue des Taules {Tabulae}. 

4. Le texte porte Margialis. 

5. L'abbé de Saint-Martial. 

6. Quelques-uns des noms qui suivent ne nous sont pas connus ; d'autres au 
contraire le sont trop pour qu'il soit nécessaire de les identilier. 



3n 

sine causa quia prudens et boni regimiiiiserat, ut communis fama 
refferebat. 

Item dominus de Tancarville^, ut in societatedominldalphini 
mencionem fecimus. 

Item erat ibi eciam marescallus Francie, qui dicebatur la 
Fayetta, qui erat eciam de magno consilio, et hospitatus in lios- 
picio magistri Marcialis-, locura tenentis, quiaamicussuusfami- 
liaris ex longo tempore fuerat^. Dominus dux Borbonensis erat 
pênes Matheum Benedicti in domo patei-nali. Carolnsf/eAn/o in 
alia de ante in eadem carreria, Bastardus pênes Dinnamandi, 
prout credo. 

Item erat eciam hic Prejan de Coytivi, gubernator Rupelle, 
miles. 

Item dominus de Turre de Alvernhia, miles etpulcherjuvenis. 

Item dominus de Choumont, miles, quem rex multum dili- 
gebat. 

Item dominus Jacobus de Cabanis*, qui dominum abbatem régi 
cum conventu presentavit, ut superius dictum est : et multi alii 
nobiles erant, quos omnesnominare tediosum esset. 

Item erant eciam quidam nobiles patrie et Johannes de la 
Roche, qui venit penultima die ante recessum régis et ab ipso 
recessit. Verumptaraen dominus de Aquila^ non venit ibi, sed ad 
sanctum Leonardum. 

Rex tamen ibi'^ convocaverat très status patrie Lemovicensis. 
Comes Marchie in villa Guaracti ^ erat et ibi regem pênes suum 
cancellai'ium notabiliter cum raagnis piscibus festivavit, et régi 
ibi se sociavit et cum ipso rege recessit. 

Sequntur eciam breviter nomina dominorum episcoporum, qui 
cum multis aliis nobilibus'^ dominis de societate régis supradic- 

1. Guillaume d'IIarcourt, seigneur comte de Tancarviile. 

2. Sans doute Martial Bermondet, mentionné plus haut à deux reprises. 

3. Tout ce qui suit a été transposé dans les éditions précédentes. 

4. 11 est qualifié plus liant de chevalier et sénéchal de Toulouse. 

5. Le fameux Jean de Laigle. dont il est souvent question dans la chronique 
de Gérald Tarneau. 

6. C'esl-à-dire à Limoges. Cf. A. Thomas, les États provinciaux de la France 
centrale sous Charles VII, I, 230. 

7. Guéret, ch.-l. de la Creuse. 

8. L'o de nobilibus el plus loin celui de nobiliter portent un siglc abrévialif 
dont la valeur nous échappe. 



312 

tis, etaliis notabilibusclericis, qui dicebantur magnum consilium 
régis. 

Et primo erat ibi dominus archiepiscopus Tholozanus S vel 
saltim electus seu postulatus. 

Item dominus episcopus Magalonensis', cancellarius Francie. 

Item episcopus Parisiensis^. 

Item episcopus Pictavensis^. 

Item dominus episcopus Malliazensis^; et isti erant de magno 
consilio. 

Item dominus episcopus Lemovicensis^. 

Item Eiigolismensis", frater suus germanus. 

Item episcopus Tutelensis^. 

Et dominus episcopus Castrensis seu de Castres en Albiges^, 
confessor régis. Credo quod non erant plures. 

Item erat ibi quidam clericus qui fecit quoddam dictamen in 
gallico seu frances, quod mihi tradidit dominus locumtenens *% 
quod scripsi in quadam papiro mea post romancium de Fouveau^^. 
Aliud carmen fecerat in latinum, quod tradidit in manu régis, de 
quo nondum potui coppiamliabere. Etista sufficiantpropresenti. 

Rex autem ivit recta via ad sanctum Leonardum, ut dictum 
est; dehinc ad Burgum Novum, et ibi jacuit, cum fllio semper 
secum. Deinde ivit apud Garactum et ibi stetit per quatuor dies, 
et filius suus in villa sancti Simphoriani ^^ p^nes magistrum 
Guillelmum Piedieu, et ivit visum patrem in villa Garacti, et ibi 
nobiliter comes Marchie et de Perdiac ipsos festivavit, ut dic- 
tum est supra. Deinde perrexit ad Chancdeigles *=*et ibi jacuit, et 

1. Pierre du Moulin. 

2. Robert de Rouvres, depuis 1433. 

3. Denis du Moulin, depuis février 1439. 

4. Serait-ce Hugues de Conibarel, dont la présence à Poitiers après 1438 est 
douteuse ? 

5. Thibaud de Lucé, depuis 1438. 

6. Pierre de Montbrun, depuis 1427. 

7. Jean V, depuis 1419. 

8. Jean de Cluys, depuis 1428. 

9. Gérard Machet, depuis 1432. 

10. Martial Bermondet, déjà nommé. 

11. Peut-être pour Fauvel, poème satirique du xiv"^ siècle. Voy. Hist. litte'r., 
XXIV. 

12. Saiiite-Feyre, arr. de Guéret, Creuse. Voy. Bibliothèque de l'Ecole des 
chartes, XXXVII, 1876, p. 311. 

13. Chénérailles, arr. d'Aubusson, Creuse. 



313 

filius suus in burgo Agedimi' ; et deinde apud Aiizanse- et ad 
Montem Acutum in Combrallia ^ et apud Riomum ; et sic est tinis. 
Deo gracias. Amen. 

Nota hic eciam qiiod anno Doraini M'"° CCCC"" XL. Il», prima 
diemaii, in supradicto anno, KarolusrexFrancorum, cum unico 
filio suc et multis aliis baronibus et dorainis, inter quos erat Karo- 
lus de Anjo, frater régi ne, et multi alii doraini, intraverunt 
supradictam \ illam seu castrum Lemovicense. Et tune ibant, ut 
dicebatur, ad jornatam assignatam Anglicis, conflicturi cum ipsis, 
ante locum qui dicitur et appellatur Tartas^ in Vasconia et 
prope villam Burdegale ; et ibi traditis obsidibus per dominum de 
AlebretoS forciori debebat reddi, non venientibus Anglicis et 
defficien[ti]bus ; reddita fuit honorabiliter domino nostro régi 
Francie cum multis aliis civitatibus, villis, castris et locis. Non 
recepimus eum quando venit, quia quasi de nocte intravit. Et 
ibi tenuit magnum consilium suum ubi aplicuerunt multi amba- 
ciatores plurimorum dominorum, principum et ducum, ut videli- 
cet doraini Aurelianensis, doraini ducis Burgundie et doraini ducis 
Borbonencis et doraini ducis de Alanson. Et multi alii ibi vene- 
runt, quod tediosura esset audire. 

Item, durante ibi supradicto consilio et stanteibi rege, aplicuit 
ibi dux Aurelianensis cura uxore sua, cum multis aliis dominabus 
et aliis raulieribus, multura plures quara cura regina, et pluriori- 
bus curribus. Et totum fuit hospitalatum {sic) et locatum in abba- 
cia ista»^ ; et totum multura honorabiliter. Taraen non exiviraus 
obviara eis cum processione propter presenciam régis ; et petitura 
fuit régi, sed responsum fuit quod non debebaraus facere ; et non 
feciraus. Et breviter tra[cjtata pace inter ipsos infra brève tera- 
pus, fuerunt reconsiliati {sic) et boni araici inter eos. Et multa 
largitus e[sjt rex domino duci Aurelianensi', et remanssit ibi post 
recessura régis cum comitiva bene per viii° dies^. 

1. Ahun, arr. de Guérel, Creuse. 

2. Auzances, arr. d'Aubusson, Creuse. 

3. Montaigut-ea-Combraille, arr. de Riom, Puy-dc-Dùme. 

4. Arr. de Sainl-Sever, Landes. 

5. Jean V'\ 

6. Il faut entendre l'abbaye de Saint-Martial. 

7. Le texte porte Aurelianensis. 

8. Rappelons que le Registre consulaire AA 1 de.s Archives communales de 
Limoges renferme aussi quelques détails sur le double passage de Charles VII 
à Limoge». 



314 

Nota eciam hic quod die xxvni marcii in anno Domini mille- 
simo CCGC XLIP* seu in die mercurii sancta, regina Francie- 
intravit viliam Lemovicensem seu castrura, ciim numéro alia- 
rum XX dominarura, et centum homines armati cum equis, ut 
oppinebatur {sic), vel circa, hora quarta post meridiem. Nos et 
omnes alie ecclesie nobiscum, exceptis canonicis qui non recepe- 
runt eam, recepimus cum domino abbate sancti Augustin!^ et 
priore sancti Geraldi^ in societate domini abbatis cum cappis. 
Regina cum societate et comitiva sua descendit in loco de 
Cozeys'", in domo domini abbatis, et ibi se calefecit cum multis 
de societate. Et exivimus ei obviam quasi in medio itineris 
Montis Melier seu Montis Gaudii, et ibi recepimus eam cum 
comitiva. Et sic veniens intravit ecclesiam nostram et oravit; et 
régressa hospitata est in domo Guillelmi Julliani seu Bavardaria ; 
et non ita cito vidit gloriosum caput, sed post certos dies post. Et 
ibi stetit usque post Pascha, et die mercurii post festum recessit 
cum curribus et societate, tendens peregrina ad beatam Mariam 
Magdalenam de la Baume'^. Que reversa est ibi cum paucis et 
quasi sex mulieribus, sine curribus, sed equis, ingressa est ite- 
rum viliam Lemovicensem xi aprilis anno revoluto, dimisso rege 
in civitate Tholozana ; et in isto regressu non exivimus obviam 
revertiti {sic) nec cum processione, nisi solummodo dominus abbas 
cum multis aliis de villa egressi obviaverunt ei extra viliam eques. 
Regina non mansit ibi nisi per duos vel très dies, quia dies {sic) 
martis xi™^ aprilis intravit et jovis post inmediate recessit ten- 
dens Pictavis, ut dicebatur. 

1. L'année commençant en Limousin au 25 mars, la date est exacte. 

2. Marie, lille de Louis II d'Anjou, roi de Sicile. 

3 et 4. L'abbaye de Saint-Augustin et le prieuré de Saint-Gérard étaient situés 
tous deux extra viuros. 

5. Couzeix, déjà nommé, comme la plupart des noms propres qui suivent. 

G. La Sainte-Baume avec sa grotte de la Magdeleine, commune de Plan-dAups, 
arr. de Brignoles, Var. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Catalogue of ancient manuacripts in the British Muséum. Part II. 
Latin. London, IS8i. Grand in-folio de vi et 80 pages, plus 
CI planches autotypiques. 

L'administration du Musée britannique a voulu faire connaître, par 
un catalogue détaillé et par un choix de fac-similés autotypiques, les 
plus anciens manuscrits conservés dans les divers fonds de l'établisse- 
ment. 

En 1881, nous avons vu paraitre un volume de ce catalogue consacré 
aux manuscrits grecs (v et 25 pages, avec 20 planches). Le volume rela- 
tif aux manuscrits latins vient à son tour d'être mis en distribution. Il 
fait le plus grand honneur aux bibliothécaires qui en ont dirigé et pré- 
paré la publication, principalement à MM. Bond, Thompson et War- 
ner. Ainsi compris et ainsi exécuté, un catalogue est assuré de prendre 
place parmi les plus utiles ouvrages de paléographie. 

Pour bien faire comprendre l'importance du catalogue des anciens 
manuscrits latins du Musée britannique, je vais dresser la liste des 
98 volumes ou fragments de volumes que M. Thompson et ses collabora- 
teurs ont passés en revue. Les notices sont réparties en huit séries, suivant 
l'ordre méthodique des matières contenues dans les manuscrits : Écriture 
sainte, — Théologie, — Liturgie, — Vies de Saints, — Gomput, — 
Littérature classique ou semi-classique, — Histoire, — Droit canonique. 
La table analytique que publie la Bibliothèque de l'Ecole des chartes est 
disposée tout ditTéremmcnl. Les manuscrits y seront classés suivant 
l'ordre chronologique, en commençant par les plus anciens. Pour cha- 
cun deux, j'indiquerai la page du catalogue à laquelle l'on trouve la 
notice descriptive, le sujet du volume, la cote, la date et le numéro des 
planches auxquelles il a donné lieu. J'ajouterai quelques détails sur les 
articles qui me sembleront offrir un intérêt particulier pour des lecteurs 
français. 

P. 69. Annales de Jicinianus. Fonds additionnel, n° 17212. — Écriture 
onciale du v« siècle, laquelle a été effacée au siècle suivant pour faire 
place à un ouvrage de grammaire écrit en cursive; cette deuxième écri- 
ture a été elle-même effacée et remplacée au ix^ ou au x^ siècle par le 
texte syriaque des homélies de saint Jean Ghrysostome. Les planches 



3^6 

1 et 2 donnent une idée du genre d'écriture employé pour la copie des 
Annales de Licinianus et du traité grammatical. 

P. 14. Les quatre évangiles. Fonds Harléien, n» 1775. — Volume de 
petit format, écrit en lettres onciales, au vi^ ou au va" siècle. Le fol. 63 v° 
est reproduit sur la planche 3. — Ce volume a été volé en 1707 à la 
bibliothèque du roi par Jean Aymon ; il portait le n° 4582 sur l'inven- 
taire dressé en 1G82 par Clément, et venait de la bibliothèque du car- 
dinal Mazarin. 

P. 76. Glossaire grec-latin, suivi de synonymes et de traités médicaux. 
Fonds Harléien, n° 5792. Ce volume, dont le fol. 273 v° est reproduit 
sur la planche 4, a appartenu au cardinal Nicolas de Cues. Il est en 
onciale du vii^ siècle. 

P. 73. Fragment d'Orose. Fonds additionnel, n» 24144. En onciale 
du vne siècle. De ce manuscrit il ne subsiste plus que des fragments 
qui ont servi de gardes à des livres de l'abbaye de Stavelot. Le Musée 
britannique en a acquis en 1861 deux feuillets et des morceaux de cinq 
autres feuillets, qu'une notice de M. Polain avait fait connaître en 
1849 ; une des pages les mieux conservées est reproduite sur la planche 6. 
Deux autres feuillets du même manuscrit forment le n° 19609 de la 
bibliothèque royale de Belgique; Pertz en avait vu trois autres feuillets 
à Bruxelles en 1826. Aux renseignements consignés dans le catalogue 
du Musée britannique, il faut ajouter ceux que le docteur Zangeraei- 
ster a donnés en 1882 dans son édition d'Orose, p. xi et xii. 

P. 53. Homélies et divers morceaux théologiques, suivis de la vie de 
saint Fursi. Ms. Harléien, n" 5041. La vie de saint Fursi, qui occupe la 
dernière partie du volume (fol. 79-98 V), aété copiée au ix<= siècle; mais 
le reste du volume (fol 1-78 v) est beaucoup plus ancien et peut remon- 
ter à la fin du vii^ siècle ; les quinze premières pages (fol. 1-8) sont 
en minuscule mérovingienne et les suivantes (fol. 8 v°-78 v) en onciale. 
Sur la planche 31, nous avons la reproduction d'une page de minuscule 
(fol. 5 v") et d'une page d'onciale (fol. 39). 

P. 49. Homélies d'Origène sur Balaam et Balac. — Fonds Burney, 
n° 340. Écriture onciale de la fin du vn« siècle. Le fol. 51 v° est repro- 
duit sur la planche 5. Ce volume est la première partie d'un manuscrit 
jadis conservé à Gorbie, puis à Saint-Germain-des-Prés, où il fut volé 
en 1791. Il portait dans le fonds latin de Saint-Germain le n° 197. 
Primitivement, le volume était composé de 104 feuillets et contenait :' 
1° (fol. 1) Poème de 101 vers relatifs à saint Laurent, dont voici les 
premiers et les derniers : 

Non suis omentum, non iutestinabidentum, 

Non bovis arvinam, non thus carnemque caprinam 

Sed carnem propriam quo gratior hostia fiam : 



3n 

Viscera torta vora, scelus est, sed agis graviora 
Qui torres nudum quasi nolis mandere crudum. 

Ce morceau est une addition du xii' siècle. 

2* (fol. 2-60;. « Incipit tractatus Origenis de Balaham et Balac. — 
Expliciunt humilias de Balaham et Balac. » 

3° (fol. 61-104). « Johannis Constantinopolitani de reparatione lapsi. » 

Le Musée britannique n'a recueilli que les cahiers renfermant les 
homéhes d'Origène, c'est-à-dire, si je ne me trompe, 59 ou 60 feuillets 
(et non pas 80, comme il est dit dans la publication dont je rends 
compte). — Le reste, c'est-à-dire le fol. 1 et les fol. 61-104, est passé à 
Saint-Pétersbourg, comme nous l'apprenons par les notes du docteur 
K. Gillert (.yeues\4.rchiv,\, 245 et 246). 

Les auteurs du catalogue des anciens mss. latins du Musée britan- 
nique ont pensé que le volume dont il s'agit avait été transféré de Saint- 
Germain-des-Prés dans une abbaye de Saint-Laurent, d'où il fut enlevé 
lors des pillages de la Révolution. Il y a là une confusion. Le manus- 
crit est resté à Saint-Germain jusqu'en 1791 ; s'il a été à une certaine 
époque conservé dan? un monastère de Saint- Laurent, c'est au moyen 
âge et dans le prieuré de Saint-Laurent de Heilly, comme un certain 
nombre de manuscrits de Gorbie, que j'ai indiqués dans le Cabinet des 
manuscrits, t. II, p. 125. 

P. 49. Sermons de saint Augustin, etc. Fonds additionnel, n° 29972. — 
Fragment d'un petit volume écrit en minuscule mérovingienne, du 
genre employé dans le célèbre lectionnaire de Luxeuil, ms. latin 9427 
delà Bibliothèque nationale. Ce fragment consiste en 13 feuillets ; une 
page en est reproduite sur la planche 30. — Des morceaux de manus- 
crits analogues, mais d'un format un peu différent, forment le n° 57 du 
fonds Barrois, chez le comte d'Ahsburnham, et le premier des fragments 
réunis à la Bibliothèque nationale dans le n" 2243 du fonds latin des 
Nouvelles acquisitions. 

P. 51. Morales de saint Grégoire sur Job. Fonds additionnel, 
n° 1 1878. — Écriture mérovingienne du vii^ siècle, analogue à celle du 
ms. additionnel 29972. Deux pages en sont reproduites sur la planche 29. 

P. 8. Psautier, avec gloses anglo-saxonnes. Fonds cottonien, Vespa- 
sien. A. i. — Copié vers l'an 700 en lettres onciales par un calligraphe 
anglo-saxon. Suivant une tradition dénuée de fondement, ce serait un 
des livres que le vénérable Bède dit avoir été envoyés à saint Augustin 
par le pape saint Grégoire. — Les planches 12 et 13 reproduisent deux 
des pages préliminaires qui sont en capitales; la planche 14, une page 
du texte en onciales; la planche 15, l'image du roi David entouré de 
musiciens qui rempUt le fol. 30 v» du ms. 

P. 15. Les quatre évangiles. Fonds cottonien, Nero. D. iv. — Volume 
écrit vers l'an 700 dans l'ile de Landisfarne et connu sous ladénomina- 



3^8 

tion d'Évangilos de Landisfarne, d'Évangiles de saint Cuthbert ou de 
Livre de Durham. On y a ajouté des gloses interlinéaires en dialecte 
northumbrien du x<= siècle. — L'une des trois planches (9-11) qu'a 
fournies ce ms. nous fait connaître à la fois l'écriture de la partie pri- 
mitive, qui est une grosso demi-onciale saxonne, et l'écriture de la 
partie additionnelle, notamment la longue remarque dans laquelle l'au- 
teur des gloses, Aldred, fils d'Alfred et de Tilwin, raconte comment le 
volume a été exécuté. La disposition des chapitres des quatre évangiles 
dans le ms. de Landisfarne est la même que dans la Bible Amiatine de 
Florence, particularité qui s'ajoute aux raisons que M. lo commandeur 
J.-B. de Rossi peut avoir d'attribuer à cette Bible une origine anglo- 
saxonne. 

P. 62. Fragments des Vies des Pères. — Deux feuillets servant de 
gardes au ms. additionnel 15350. En onciale du viii« siècle. 

P. 68. Alphabets suivis de la lettre de Denis le Petit sur la Pâque. 
Fonds cottonieu, Domitien. A. ix. — Un seul feuillet, dont l'écriture en 
petite onciale paraît dater du vin^ siècle. 

P. 19. Les quatre évangiles. Fonds royal, 1. B. vu. — Volume écrit 
au vni« siècle, en demi-onciale anglo-saxonne. Une page en est repro- 
duite sur la planche 16. 

P. 20. Les évangiles de saint Matthieu et de saint Marc. Fonds cotto- 
nien, Otho. C. v. — Demi-onciale irlandaise du vni<^ siècle. 

P. 20. Les quatre évangiles. Fonds royal, 1. E. vr. — Écriture demi- 
onciale saxonne, de la fin du viri« siècle. Peintures et ornements remar- 
quables ; plusieurs feuillets en parchemin pourpré. Ce ms. paraît être la 
dernière partie d'une grande Bible qui, suivant une tradition inaccep- 
table, aurait été donnée par le pape saint Grégoire à saint Augustin. 
— Nous avons dans les planches 17 et 18 une page du texte et une 
page des canons. 

P. 60. Recueil de prières. Fonds royal, 2. A. xx. — Volume en carac- 
tères anglo-saxons, du viii" siècle ; le fol. 14 v° en est reproduit sur la 
planche 21. 

P. 78. L'Histoire ecclésiastique des Bretons par Bède. Fonds cotto- 
nien, Tiberius. C. n. — Écriture saxonne du vni« siècle. Le fol. ôSven 
est reproduit sur la planche 19. 

P. 89. Concile de Glovesho, lettre de saint Boniface, etc. — Huit frag- 
ments d'un ms. anglais du vin<= siècle, fonds cottonien, Otho. A. i, 
lequel a été à peu près entièrement détruit par l'incendie de l'année 1731. 

P. 18. Les quatre évangiles. Fonds additionnel, n" 5463. — Volume 
d'origine italienne, en lettres onciales, du vni« siècle; il a été copié par 
le moine Lupus, suivant les ordres de « plus pater Ato. » On a supposé 
que ce personnage est l'abbé Atton, qui gouverna le monastère de Saint- 
Vincent de Volturno, depuis 739 jusqu'en 760. — La planche 7 est le 
fac-similé du fol. 191 du ms. 5463. 



S\9 

P. 61. Leçons et prières. Fonds harloieii, n° 2965. — Ecriture anglo- 
saxonne du viii^ siècle. Le fol. 16 v est reproduit sur la planche 22. 

P. 54. Morceaux de théologie et de comput. Fonds cottonien, Nero. 
A. II, seconde partie (foi. 12-43) du ms. — Écrit probahlement en France, 
au viiie siècle. Les fol. 25 v" et 26 sont reproduits sur la planche 32. 

P. 57. Fragments d'un sacramentaire, servant de feuilles de garde au 
ms. additionnel 29276, qui parait venir d'un monastère dédié à saint 
Pierre et à saint Maurice et situé près de Bingen sur le Rhin. Ces frag- 
ments sont attribués au viii' siècle. 

P. 51. Morales de saint Grégoire sur Job. Fonds additionnel n» 31031. 

— Minuscule mérovingienne du viii^ siècle, dans laquelle les i se font 
remarquer par un trait fort développé qui se prolonge au-dessous de la 
ligne, dirigé de droite à gauche. Ce manuscrit, dont une page forme le 
sujet de la planche 33, vient de l'abbaye d'Ottenbeuren en Bavière et a 
figuré en 1879 à la vente de M. Didot. 

P. 51. Morales de saint Grégoire sur Job. Fonds additionnel, n° 24143. 

— Écriture du viiie siècle. Il y en a une page reproduite sur la planche 34. 
P. 55. Fragments d'homélies, conservés comme feuilles de garde dans 

les rass. additionnels 18304, 18322, 18344, 18347, 18349 et 18350, qui 
paraissent venir du monastère de Georgenberg en Tyrol. — Écriture du 
viii« siècle, ou du ix* suivant la table mise en tête du volume. Une 
page en est reproduite sur la planche 53. 

P. 61. Litanies et prières. Fonds harléien, no7653. — Écriture irlan- 
daise du vni'^ ou du ix^ siècle. Ce manuscrit ne consiste qu'en sept 
feuillets. Le fol. 2 v est reproduit sur la planche 23. 
, P. 79. L'Histoire ecclésiastique des Bretons, par Bède. Fonds cotto- 
nien, Tiberius. A. xiv. — Écriture saxonne du commencement du 
IX* siècle. Une page (fol. 20 \°) forme le sujet de la planche 20. 

P. 13. Fragments de la Bible. Fonds Egerton, n° 1046. — Écriture 
anglo-saxonne du commencement du ix" siècle. Le fol. 22 \° est repro- 
duit sur la planche 26. 

P. 79. Très court martyrologe en vers, suivi de notes chronologiques, 
d'un catalogue de papes et des listes des évéques de la Grande-Bretagne. 
Fonds cottonien, Vespasien. B. vi. Cahier de 7 feuillets, en caractères 
saxons, copié selon toute apparence dans le royaume de Mercie^ entre 
les années 81 1 et 814. La première page est reproduite sur la planche 24. 

P. 21. Les quatre évangiles. Fonds harléien, n° 2788. — Ms. en 
onciales d'or du commencement du ix« siècle, d'origine française, ayant 
fait partie de la collection de J.-J. Charron, marquis de Menars, vendue 
à la Haye en 1720. A la notice sont jointes trois planches (no^ 39-41), 
qui reproduisent le commencement de l'évangile de saint Matthieu, une 
page du texte courant et l'image de saint Matthieu ; elles faciliteront 
de curieuses comparaisons avec un ms. qui a déjà été signalé comme 
offrant de grandes analogies avec le ms. Harléien 2788, le livre des 



320 

évangiles venu de Saint-Médard de Soissons et classé à la Bibliothèque 
nationale sous le n° 8850 du fonds latin. 

P. 69. L'Orateur de Gicéron. Fonds harléien, n° 2736. — Écriture du 
commencement du ix' siècle, dont une page a été reproduite sur la 
planche 58. A la fin (fol. 107 v° et 108), on a ajouté des vers qui 
semblent indiquer que le ms. vient de l'abbaye de Gormeri eu Touraine, 
En voici le texte : 

I. Herardus presul templum sacravit et aram; 

Rector erat nobis Autacher abba sacer. 
Signavitque locum Martino rite patrono ; 

Stat confessorum junctus honore chorus. 
Pra^cipuum Benedictus habens, quem suspicit orbis, 

Gregorium sociat, qui sua dicta probat. 

II. Hoc Fredricus adest tumulo, quem Francia misit, 

Nobiliter natum, gaudia nostra diu. 
Laudato laicam tenuit moderamine vitam, 

Ut prudens, fortis, justus ubique satis. 
Pêne senex mortem morbo sibi sensit adesse, 

Mox fidei merito creditur isse Deo. 

Les auteurs du catalogue ont pensé que la première de ces pièces est 
relative à la dédicace de l'abbaye de Villeloin, célébrée en 859 par 
Hérard, archevêque de Tours, à la demande de « Audacher », abbé de 
Gormeri. — La seconde pièce est l'épitaphe d'un certain Frédéric, qui 
est connu pour avoir conclu en 840 un échange avec le même abbé 
« Audacher. » 

P. 1. Bible dite d'Alcuin. Fonds additionnel, n» 10546. — Ms. du 
ix^ siècle, vraisemblablement sorti des écoles de Tours. La parfaite 
ressemblance de ce ms. avec la première des Bibles de Gharles le Ghauve 
(n" 1 du fonds latin à la Bibliothèque nationale) ne saurait plus être 
contestée après la lecture de la notice de M. Thompson et l'examen des 
fac-similés (pi. 42 et 43), qui représentent, le premier une page du texte 
courant (fol. 429 v° du ms.), le second les peintures consacrées à deux 
scènes de l'Exode (fol. 25 v). Sur la planche 42, on retrouve tous les carac- 
tères de la demi-onciale et de la minuscule, tels qu'on les rencontre dans 
beaucoup de manuscrits tourangeaux de la première moitié du ix^ siècle. 
La planche 43 nous permet de comparer la manière dont le même sujet . 
est traité dans trois des plus célèbres Bibles carlovingiennes. La Bible 
dite d'Alcuin, la première Bible de Gharles le Ghauve et la Bible de Saint- 
Paul hors les murs de Rome renferment toutes les trois une grande 
peinture destinée à rappeler un des plus importants épisodes de la vie 
de Moyse; dans les deux premiers manuscrits, le sujet en est indiqué 
par l'inscription : Suscipit legem Moyses corusca régis e dextra superi — 
sed infra jam docet Ghristi populum repletus nectare sancto. En effet, 



321 

nous voyons, dans le compartiment supérieur du tableau, Moyse rece- 
vant la loi de la main du Tout-Puissant, qui sort des nuages; dans le 
compartiment inférieur, Moyse, assisté d'Aaron et de Josuë, lit les 
articles de la loi aux fils d'Israël. Le ms. de Londres et celui de Paris 
nous offrent une composition parfaitement identique ; il n'y a que des 
différences de détail ; ainsi, dans le ms. de Londres, le livre de Moyse 
est ouvert à ces mots : Audi Israhcl Dominus... Diliges Dominum... 
(Deuter., VI, 4 et 5t ; dans le ms. de Paris, il est ouvert aux mots : Diliges 
Dominum Deinn tuum ex toto... (Deuter., VI, 5). Le tableau du ms. de 
Rome se rattache au même type que- ceux des mss. de Londres et de 
Paris ; mais on y remarque d'assez notables différences. J'ai cru devoir 
signaler ces particularités pour montrer combien il est intéressant de 
rapprocher les fac-similés que nous avons maintenant de ces trois 
manuscrits : du ms. de Londres, dans la publication que j'annonce; de 
celui de Paris, dans l'ouvrage de M. le comte de Bastard, et de celui de 
Rome, dans le recueil de photographies de Parker. 

P. 24. Les quatre évangiles. Fonds harléien, n* 2790. — Ce volume, 
dont une page est reproduite en fac-similé sur la planche 44, est écrit 
en minuscule Caroline du ix« siècle, et vient de la cathédrale de Nevers, 
à laquelle il avait été donné par l'evéque Hérimannus, entre les 
années 840 et 860 ou environ, comme le prouvent trois distiques ins- 
crits au fol. 19 v : 

Me quicunque legis, Ilerimanni sis memor, oro ; 

Cujus me studio possidet iste locus. 
Obtulit ecclesiae sibi commissae memorandus 

Praesul me, fateor, pro bonitatis ope. 
Me sancto Cyrico tali sub conditione 

En dédit ut pereat qui cupit abstrahere. 

Dans l'arcade d'une page des canons (fol. 23), se lit en lettres capitales 
le nom de Gédéon, qu'on a supposé pouvoir être le nom d'un artiste 
employé à la décoration du livre. — Sur quelques pages blanches, on a 
ajouté après coup des documents très curieux pour l'histoire de l'église 
de Nevers, tels qu'un ancien catalogue des évêques, des inventaires des 
livres et des ornements du trésor de la cathédrale et la charte suivante, 
qui paraît émaner de l'évèque Hugues IV, du commencement du 
XII' siècle : « Notum fieri volumus omnibus sanctin Dei ecclesiaî filiis 
quod ego Hugo, Nivernonsis episcopus, Rotgerium, priorem abbati;n 
sancta; Maria? et sancti Stephani, cum duobus monachis, Arnulfo sci- 
licet et Adalardo ïheutonico, propter inobedientiam quam Deo et 
michi fecerunt, feci venire nudis pedibus usque ad altare sancti Cirici 
ante presentiam meam et totius ecclesiae, ad satisfaciendum Deo et 
michi in ipsa festivitatc sancti Stephani post natale Domini. » 

P. 4. Première partie d'une Bible, depuis la Genèse jusqu'au Psau- 



322 

tier, y compris les Prophètes. Fonds de Harley, n° 2805. — Ms, du 
IX' siècle, probablement d'origine allemande. 

P. 5. Bible de l'abbaye de Saint-Hubert. Fonds additionnel, 24142. — 
Ms. du IX' siècle. L'écriture et la disposition des différents livres de l'An- 
cien et du Nouveau Testament sont telles qu'on les voit dans les deux 
bibles connues en France sous le nom de Bibles de Théodulfe, l'une à 
la Bibliothèque nationale, n» 9380 du fonds latin, l'autre au trésor de 
la cathédrale du Puy. Toutefois, l'exemplaire venu de Saint-Hubert est 
beaucoup moins luxueux que les deux autres; il se rapproche davan- 
tage de deux autres Bibles de la même famille, l'une ayant appartenu à 
Saint-Germain-des-Prés, aujourd'hui n" 11937 du fonds latin à la 
Bibliothèque nationale, l'autre classée sous le n° 1 du nouveau fonds 
royal à la Bibliothèque royale de Copenhague. 

M. Thompson est porté à croire que nos deux Bibles dites de Théo- 
dulfe sont, comme la Bible de Saint-Hubert, la copie d'une Bible copiée 
par l'ordre du célèbre évêque d'Orléans; toutes les trois lui paraissent 
d'une époque plus récente que le temps de Charlemagne. De plus, il lui 
semble douteux que Théodulfe ait travaillé à une révision du texte de 
la Bible. Quand on reviendra sur ces questions, il faudra tenir grand 
compte de l'opinion d'un juge tel que M. Thompson. J'avoue cependant 
que l'attribution à Théodulfe de notre Bible n° 9380 et de la Bible du 
Puy me semble très plausible. Quant à notre Bible n° 11937, à celle de 
Saint-Hubert et à celle de Copenhague, j'admettrais volontiers qu'elles 
sont des imitations un tant soit peu plus jeunes. Maintenant le sujet 
peut être étudié plus facilement qu'autrefois, grâce aux excellents fac- 
similés qui sont ou qui vont être dans le domaine public, savoir : 

1° Pour le ms. latin 9380 de la Bibliothèque nationale, les planches 109- 
111 du grand ouvrage du comte de Bastard, qui reproduisent les 
fol. 146 v°, 3, 3 V et 347 et des fragments des fol. 249 v% 253, 252 v°, 
250, 248 V*, 251, 248, 250 V et 253 v" du ms. ; et une planche du recueil 
que va publier la Société de l'École des chartes, sur laquelle sont repro- 
duits les fol. 136 v" et 137 du ms. 

2° Pour le ms. du Puy, la planche 126 du Recueil de fac-similés à 
l'usage de l'École des chartes (fascicule IH). 

3" Pour le ms. du Musée britannique, la planche 45 de l'ouvrage dont 
je rends compte et qui est consacrée au fol. 165 v° du ms. 

On n'a point encore, à ma connaissance, publié de fac-similé du ms. 
de Copenhague; mais j'en possède une bonne photographie. 

P. 68. Ouvrages de comput. Fonds cottonien, Vespasien. B. vi. 
— Volume écrit vers l'année 840, probablement en France. 

P. 11. Psautier. Fonds harléien, n° 2793. — Ms. du ix^ siècle. 

P. 12. Psautier. Fonds cottonien , Galba. A. xvin. — Ms. du 
ix« siècle, de très petit format, d'origine continentale, avec des additions 



323 

ot des peintures faites en Angleterre au x'' siècle. On l'a attribué, mais 
sans raisons solides, au roi .Etholstan. — Sur le fol. "28, qui était primi- 
tivement à l'état de fouille volante, une main du ix" siècle a marqué 
les obits de « Karolus imperator, Pippiuus rcx, Bernhardus rex, Vuo- 
radus dux, Hilmildruda comitissa, » avec la note « Hœc omnia super- 
scripta juxta ritum compoti celebrandi {sic) sunitures. On y trouve en effet 9 modèles d'écriture onciale, 
14 de minuscule ou de demi-onciale saxonne ou irlandaise, 4 de minus- 
cule mérovingienne. 1 de lombardique et 3 de wisigothiquc. 



329 

J'ai voulu particulièrement mettre en relief le côté paléographique de 
la publication de M. Thompson et de ses collaborateurs ; mais les notices 
qu'ils ont rédigées sont utiles pour beaucoup d'autres études. Elles sont 
remplies d'indications bibliographiques et d'observations originales de 
genres très variés. Il convient d'accorder une mention particulière à 
l'appendice qui occupe les p. 39-48 ; il sera d'un grand secours pour 
distinguer les familles auxquelles il faut rattacher les anciens manus- 
crits de la version latine de la Bible. Les auteurs du catalogue y ont 
présenté, dans un taljleau synoptique, les variantes que vingt-neuf 
manuscrits du Musée donnent pour une cinquantaine de passages de 
l'Ancien et du Nouveau Testament, passages qui ont été choisis avec 
l'aide de MM. les professeurs Hort, de Cambridge, et Wordsworlh, 
d'Oxford. 

Puisse un aussi louable exemple trouver des imitateurs dans les 
grandes bibliothèques du continent ! 

L. Delisle. 



Essai sur V organisât ion des études dan^ l'ordre des Frères prêcheurs 
au XI fl^ et au A7P siècle ( f 21 G- 1 342) , première province de Pro- 
vence, province de Toulouse, avec de nombreux textes inédits et 
un état du personnel enseignant dans cinquante-cinq couvents du 
midi de la France, par G. Dolais, chanoiiic liunoraire de Mont- 
pellier, professeur à l'InstlLuL catholique de Toulouse. Paris, Picard, 
et Toulouse, Privai, 1884. In-8", xvi-288 pages. 

L'ouvrage de M. l'abbé Douais, presque entièrement composé à l'aide 
des manuscrits de Toulouse, montre quel parti l'on peut tirer des docu- 
ments conservés dans quelques-unes de nos bibliothèques départemen- 
tales, et quel intérêt peuvent offrir, même au point de vue le plus géné- 
ral, certains sujets d'histoire locale habilement circonscrits. Charles 
Thurot avait exposé, dans un livre aujourd'hui classique, l'organisation 
de l'enseignement dans l'université de Paris; M. Douais a entrepris 
un travail analogue pour une partie de ces écoles conventuelles des 
frères prêcheurs, dont un article récent nous faisait admirer l'activité 
universelle et la fécondité « prodigieuse < ». Avec l'énumération des 
ordonnances capitulaires qui prescrivaient l'étude aux frères prêcheurs 
comme un devoir d'état, on trouvera dans ce volume des détails abon- 
dants sur les privilèges de l'étudiant, sur la discipline scolaire, sur la 
conservation et la multiplication des livres, sur la substitution de saint 

1. Guillem Bernard de Gaillac et l'enseignement des dominicains à la fin 
du XIIP siècle, par M. Ch. Molinier, dans la Revue historique, juillel-aoùt 
1884, p. 266-274. 



330 

Thomas d'Aquin à Pierre Lombard comme guide dans les études 
théologiques, enfin sur l'étendue et la diversité des objets de l'enseigne- 
ment dominicain, qui comprenait la rhétorique, la logique, la philoso- 
phie, l'exégèse et jusqu'aux langues arabe, hébraïque et grecque. Une 
seule critique de détail : M. l'abbé Douais distingue à tort (p. 86) les 
propositions condamnées en 1240 par les maîtres en théologie de l'uni- 
versité de Paris et les erreurs censurées en 1250 par l'évéque et par la 
Faculté. Il n'y eut qu'une seule condamnation, que Mathieu Paris et 
un manuscrit de la bibliothèque de Rouen ' placent vers 1243, et que 
le texte le plus ancien et le plus digne de foi^ date du 13 janvier 1241 
(n. st.). 

Parmi les documents nombreux publiés en appendice, nous avons eu 
plaisir à rencontrer plusieurs textes inédits de Humbert de Romans et 
la fameuse liste des maîtres en théologie de Paris commencée par 
Etienne de Salanhac, qui fournit la date de l'érection de la première 
chaire de théologie dans le couvent des frères prêcheurs de la rue 
Saint-Jacques 3. 

N. Valois. 



Mémoire sur les statues équestres de Constantin placées dans les 
églises de l'ouest de la France, par l'abbé Arbellot, chanoine de 
Limoges , président de la Société archéologique du Limousin. 
Limoges, veuve H. Ducourtieux, -1885. In-S", 34 p. 

M. l'abbé Arbellot vient de publier l'intéressant travail qu'il avait lu 
en substance en 1882 au congrès des sociétés savantes de la Sorbonne 
et en 1884 au congrès archéologique organisé à Poitiers par la Société 
des antiquaires de l'Ouest. La question qui s'y trouve traitée passionne 
depuis quarante ans les archéologues. Elle soulève en ce moment de 
nouvelles discussions en Poitou et en Saintonge. Le mémoire de l'abbé 
Arbellot apportant quelques faits nouveaux, il ne sera pas sans intérêt 
de lui consacrer ici une courte analyse. 

Au siècle dernier, on voyait encore à Limoges une fontaine que le 
vulgaire appelait alors fontaine du Chevalet, à cause du petit cavalier" 
qui la surmontait, mais qui antérieurement était dénommée fontaine de 
Constantin, ainsi que M. Arbellot l'établit par des textes allant de l'an- 
née 1G05 au xin" siècle (voir p. 4 et 24). Ce cavalier présentant la plus 
grande analogie avec ceux du Poitou, de la Saintonge et de l'Angou- 



1 . Cité par M. Omont, Bulletin de la Société de l'histoire de Paris, novembre- 
décembre 1881, p. 178. 

2. Bibl. nat.,ms. latin n° 15G61, fol. 100. 

3. V. Bibliothèque de l'École des chartes, t. XLIV, 1883, p. 363. 



33< 

mois, M. Arbellot conclut avec raison que les textes établissant que le 
moyen âge y a vu la représentation de Constantin sont des plus 
importants. 

La liste des cavaliers dressée par M. Arbellot (p. 5) donne lieu à 
quelques observations : 1° Département de la Vienne. N'eùt-il pas été 
bon de rappeler la peinture avec inscription du temple Saint-Jean, 
dont il est question plus loin (page 14 et 22), et qui est peut-être 
le document le plus décisif? — 2° Deux-Sèvres. Le cavalier de Saint- 
Hilaire de Melle ne se trouve pas « au sommet d'un porche latéral, » 
mais bien au bas du portail latéral. -M. Ledain a signalé l'année der- 
nière, dans sa notice sur Saint-Jouin-les-Marnes, un nouvel exemple 
de cavalier (Mémoires des antiquaires de l'Ouest, 2*= série, t. "VI, p. 52; 
tirage à part, p. 6 ; cf. Arnauld, Monuments des Deux-Sèvres, 2^ édition, 
p. Vib). L'identification de M. Ledain est-elle plausible? En tout cas elle 
était à mentionner, — 3" Vendée. Le cavalier de Toussain ne serait-il 
qu'un mythe? Nous en avons en vain cherché les traces et dans le 
monument lui-même et dans les descriptions données par M. de Lon- 
guemar en 1853 (Mémoires des antiquaires de l'Ouest, t. XX, p. 83 à 88) 
et dans le compte rendu du congrès archéologique de Fontenay (p. 124- 
125 et 162). En revanche, le congrès de Fontenay, après avoir parlé du 
cavalier de Benêt, en mentionne un autre à « Ardens » (p. 12G); cette 
indication était à discuter. — 4° Charente-Inférieure. Les publications 
géographiques de Joanne signalent un cavalier à Matha; il a disparu, 
il est vrai, mais l'existence en est certaine. — 5" Charente. M. l'abbé 
Arbellot a oublié le cavalier de Chalais (voir l'abbé Michon, Statistique 
monumentale de la Charente, p. 299). 

Si l'iconographie des cavaliers donnée par M. Arbellot est incom- 
plète, l'historique des discussions que les statues équestres ont soulevées 
de 1843 à 1882 est très précis et très intéressant, La théorie des Cons- 
tantin se fait jour, à la suite de la découverte par M, de Longuemar, 
dans les peintures du temple Saint-Jean, du cavalier avec l'inscription 
[ConsJtantinu[s]. En 1859, M. P. de Verneilh la soutient au Congrès 
de Limoges, mais, dès 1854, M. Lecointre-Dupont avait hésité entre 
Constantin et Charlemagne, En 1869, vint M, l'abbé Grasilier, avec son 
texte relatif à Notre-Dame de Saintes, que M. Georges Musset défendit 
en 1873 contre M. Audiat. 

M. l'abbé Arbellot apporte des arguments nouveaux à la thèse de 
MM. de Verneilh, Grasilier et Musset. Sa brochure est bien certaine- 
ment de toutes les études d'ensemble qui ont été écrites sur la question 
des cavaliers la plus serrée, la plus nourrie de faits, celle où l'imagi- 
nation tient le moins de place. 

Jos. Berthelé. 



332 

Le Meuble, par Alfred de Ghampeacx. I. Antiquité, moyen âge et 
Renaissance. Paris, Quantin, 'ISSo. lii-8°, 320 p., 73 fig. 

Voici encore un utile manuel que nous offre la Bibliothèque de l'ensei- 
gnement des beaux-arts. Personne n'avait encore résumé en quelques 
pages claires et précises l'histoire générale du meuble. On peut dire 
que M. de Champeaux y a pleinement réussi. Il a su réunir en un 
petit volume des notions qu'il faudrait aller chercher avec peine dans 
un grand nombre d'ouvrages spéciaux, en accompagnant son texte 
d'exemples convenablement choisis, tant dans nos musées que dans les 
collections particulières et en grande partie inédits. Son ouvrage serait 
pourtant mieux intitulé l'Art du bois. Prenant en effet, d'une part, 
le meuble dans son acception la plus étroite, c'est-à-dire les objets 
mobiliers, sièges, tables, coffres, lits, armoires, etc., où le bois est seul 
employé, il s'étend de l'autre aux lambris, portes, pans de bois sculptés, 
qui ne sauraient rentrer dans la catégorie des objets mobiliers. Dans 
les deux premiers chapitres, consacrés à l'étude du meuble dans l'anti- 
quité et au moyen âge, il ne faut pas chercher autre chose qu'un rapide 
résumé de l'état des connaissances actuelles sur la matière. Mais, lors- 
qu'il arrive à la Renaissance, l'auteur fait preuve d'une véritable origi- 
nalité. Il a étudié avec soin tous les meubles admirables dont le xvi-^ s. 
nous a laissé un si grand nombre. Il est le premier qui ait résolu d'une 
façon concluante la question si délicate et si épineuse de la division en 
écoles; il en propose en France huit principales : 1° École de Normandie 
et de Bretagne; 2" École de Picardie et de Champagne; 3° École de la 
Touraine et de l'Ile-de-France ; 4° École de Bourgogne ; 5° École de la 
ville et des environs de Lyon ; 6° École du Midi ; 7° École de l'Auvergne ; 
8° École de Toulouse. Chacune d'elles est caractérisée de la manière la 
plus satisfaisante et la plus claire. De courtes considérations sur le 
meuble en Italie, en Espagne, en Allemagne, dans les Pays-Bas, en 
Angleterre et dans les pays Scandinaves terminent le volume. Aussi 
bien doit-on regretter que l'auteur ait négligé la partie bibliographique 
qui eût été de la plus grande utilité pour celui qui, partant de son 
ouvrage, voudrait approfondir quelqu'une des questions que les dimen- 
sions exiguës du volume ne lui ont permis que d'effleurer. En résumé, 
le petit manuel de M. de Champeaux peut être considéré comme un 
des meilleurs qu'ait encore donnés la collection de M. Quantin, et fait 
vivement désirer le second volume, qui renfermera l'histoire du meuble 
dans les temps modernes. 

G. Durand. 



333 

Archives dr rabbai/r de Cluny. Inventaire général, publié, d'après 
les mannscri/s tnédils des Archives départementales de Saône-et- 
Loire, par MSI. A. Bénet et J.-L. Bazin. I'^ partie. Mâcon, impr. 
Prolat, ^1884. ln-8°, xi-'IST pages. 

Le titre que nous venons de transcrire est à la ibis inexact et un peu 
•ambitieux. Il tendrait à faire croire qu'il existe aux archives de Mâcon 
des manuscrits inédits de Cluny, ce qui n'est pas, car de l'Inventaire 
lui-même, rédigé on 168-2 par Claude Locquet, avocat en Parlement et 
secrétaire de la chambre abbatiale, dont MM. Bénet et Bazin viennent 
de commencer la publication , il ne nous est parvenu qu'une copie 
en deux volumes, assez défectueuse, de l'aveu même des éditeurs, et 
conservée aujourd'hui aux Archives départementales de Saône-et-Loire, 
sous les cotes H 22 et 23. 

Le véritable titre de ce travail est : « Inventaire général des titres de 
l'abbaye de Cluny. » C'est même celui que porte la copie dont nous 
venons de parler. Avant d'apprécier la valeur et l'opportunité de cette 
publication, nous devons dire quelques mots du plan des éditeurs. Tout 
en se bornant pour le moment à imprimer une copie presque textuelle 
de l'ouvrage de Locquet, ils annoncent, pour être placées en tête du 
dernier volume : !« « Une introduction, qui renfermera l'histoire des 
archives et de la bibliothèque de Cluny » (prétention peut-être un peu 
grande après les travaux de MM. L. Delisle et L. Niepce*); 2» « la cor- 
rection des erreurs graphiques » (n'aurait-il pas mieux valu les corriger 
au fur et à mesure, au lieu de les imprimer?); 3" « l'identification des 
noms de lieux et de personnes ; le renvoi aux sources manuscrites ou 
aux ouvrages imprimés qui ont publié chaque pièce, etc. » On se 
demande d'après quoi les éditeurs feront le travail qu'ils annoncent, 
n'ayant pas les textes à leur disposition, si ce n'est ceux qui ont paru 
dans les volumes déjà publiés du Recueil des chartes de l'abbaye de 
Cluny. Ne seront-ils pas amenés forcément à se servir des tables qui 
accompagneront cet ouvrage pour leurs identifications ; mais, alors, où 
sera leur mérite ? 

Les éditeurs nous promettent encore : 4° « l'analyse des documents 
concernant l'abbaye, conservés dans divers dépôts (qu'ils n'indiquent 
pas), et qui ont été omis dans l'Inventaire, c'est-à-dire principalement 
les pièces postérieures à 1682 ou celles qui étaient sorties du trésor à 
cette date. » 

MM. Bénet et Bazin semblent ignorer que M. A. Bernard, avec une 

1. L. Delisle, le Cabinet des Manuscrits, t. H, p. 458 à 485; du même, 
Inventaire des manuscrits de la Bibliothèque nationale, fonds de Ctani, ia-8°, 
préface de xxv pages et catalogue de 413 pages. — L. Niepce, Archéologie lyon- 
naise. II. La bibliothèque et les chartes de Cluny, 1881, gr. 'm-8°, p. 45 à G4. 

23 



334 

persévérance digne des plus grands éloges et de la reconnaissance des éru- 
dits, avait recueilli non seulement à Cluny, mais à Paris, à Mâcon, à Dijon, 
à Londres même, tous les actes relatifs à l'abbaye de Gluny, intégrale- 
ment depuis l'origine jusqu'en 1300, et en sommaires depuis 1301 jus- 
qu'en 1790, sauf les actes importants qu'il avait toujours copiés in 
extenso. Il y a plus, M. Bernard annonçait dans son Plan de publication, 
adressé au ministre de l'instruction publique dès 1861, l'intention de 
publier l'inventaire de Claude Locquet (p. 7 du prospectus). Il se pro- 
posait d'indiquer à la fin de cbaque article si la pièce existe encore et 
dans ce cas où elle se trouve. Il y a deux choses à retenir ici, c'est : 1° que 
A. Bernard avait indiqué la manière rationnelle de publier ce document, 
dont les éditeurs n'ont pas profité ; 2" que cette publication ne peut 
avoir lieu qu'après celle du grand recueil de chartes commencé par 
A. Bernard. 

Quant aux nombreuses copies réunies par ce savant, elles ont été 
recueillies avec soin par son successeur, qui les a augmentées encore, 
et quoique le comité des travaux historiques n'ait voté le travail que 
jusqu'en 1200 (ce qui est déjà une lourde tâche pour un éditeur), rien 
n'indique que ce dernier ait renoncé à donner la suite, au moins en 
analyses, et, dans ce cas, il resterait probablement bien peu de pièces 
nouvelles à découvrir dans l'Inventaire de Locquet, qui ne figurassent 
pas déjà dans le Recueil des chartes^. 

Ce que les éditeurs nous annoncent sous leur 5°, savoir « la liste des 
documents par ordre chronologique, » serait inutile, s'ils avaient adopté 
un mode de publication plus rationnel. 

Les tables alphabétiques des noms de lieux, de personnes et de 
matières feront (en grande partie du moins et jusqu'au xm'= siècle) 
double emploi avec celles du Recueil des chartes de Cluny. 

Nous avons hâte d'arriver à l'examen de la valeur de cet Inventaire 
de Locquet, car il est clair que tant vaudra l'Inventaire, tant vaudront 
les tables qui seront faites d'après lui. Or, nous avons le regret de dire 
qu'il est fort défectueux et nous le montrerons rapidement. Faisons 
connaître d'abord la nature de cet Inventaire et l'ordre qui y. a été suivi. 

Claude Locquet a conçu son travail comme il le devait, au point de 
vue des intérêts temporels de l'abbaye et non au point de vue histo- 
rique ; il a suivi l'ordre des armoires et des layettes qui renfermaient 
les pièces, sans souci de la chronologie. Quelques titres de chapitres, 
montreront dans quel esprit l'Inventaire a été rédigé : 

Donations, p. 1. 

Acquisitions, fondations et asservissages, p. 37. 

1. Le supplément de pièces postérieures à 1682 ou qui étaient sorties du 
trésor à cette date serait classé, sans doute, par ordre chronologique, ce qui 
condamne le système de pubUcatiou suivi par les éditeurs. 



335 

Privilèges des rois et des papes, p. 50. 

Amortissements, p. 64. 

Baux à ferme, p. 97. 

Cartulaires du domaine et terriers, p. \0\ (bonne série, faisant con- 
naître quels cartulaires ont été perdus). 

iJixmes d'Étrignij, Champlieu, etc., p. UO. 

Titres du doyenné de Malay en sept liasses, p. 118, etc. 

Les analyses .sont fort inégales, tantôt très courtes, tantôt très déve- 
loppées, quand il y avait utilité pour les intérêts temporels de l'abbaye 
(voyez, nos H28 et 958 bis, la déclaration du doyenné de Paray). 

Mais ce sont là des exceptions; en général, les analyses sont incom- 
plètes, n'indiquant qu'un donateur, lorsqu'il y en a plusieurs, et souvent 
même elles sont inexactes. 

En voici quelques exemples : 

« N° 7. Donnation faite à l'abbaye de Cluny par la comtesse Willaume 
d'Ingelberge, femme dud. Willaume, du village et chapelle de Romans, 
avec toutes leurs dépendances, du temps de Tabbé Berno, l'an 20 du 
règne de Charles, qui revient à l'an 919. » 

Si nous ouvrons le Recueil des chartes de Cluny au n° 205, nous 
voyons qu'il s'agit d'une donation faite à Cluny par les exécuteurs 
testamentaires de la comtesse Ingelberge, savoir : le comte CTuillaume, 
son mari, Roger, comte, etc., et que l'acte est du mois de janvier 917. 

« N' lit. Donnation faite à l'abbaye de Cluny, par Grolard, d'une 
vigne seize en Maçonnais, au territoire de Cicy, au village dit Lenco, 
l'an premier de Hugues, environ 987. » 

C'est une charte par laquelle Gislard, Constantin et Durand, frères, 
donnent à Cluny une vigne dans Vager de Saint-Gengoux-de-Scissé, au 
village de Lanques, au mois d'avril 988 (Cluny, n° 1788). 

En veut-on un exemple plus décisif encore ? 

« N" H2. Donnation faite à l'abbaye de Cluny par le comte Gaufroy 
de plusieurs vignes seize au territoire de Cbaalon, en lieu dit Fuissée, 
du temps de saint Mayeul, l'an 34 du règne de Lothaire, environ 988. » 

C'est une donation faite à Cluny par Geoffroi, comte de Chalon, et sa 
femme Adélaïde, et Hugues, fils du comte Lambert, de plusieurs vignes 
dans la finis de Jambles, au lieu dit Fuisse, en mars 979 (Cluny, 
n» 1474). 

En voilà assez pour prouver ce que nous avons avancé ; on remar- 
quera que les actes sont datés uniquement par l'année, presque jamais 
par le mois, et souvent même les dates d'années sont inexactes, quand 
elles ne font pas défaut*. 



1. Eq voici quelques exemples encore: N" 2de l'Inventaire, 888, lisez 893; n«7, 
919, lisez 917; n° 10, 924, lisez 924, 3 juin; n" 11, 925 environ, lisez 925, 



336 

Ces fautes et ces lacunes sont imputables au rédacteur primitif de 
l'Inventaire et non pas aux éditeurs, qui n'ont eu que le tort de les 
reproduire trop scrupuleusement; ils se flattent du moins de tirer de 
ce travail un autre genre de service. « Cette compilation forme une 
source inappréciable de matériaux historiques, dont beaucoup ne se 
trouvent plus ailleurs. Combien de pièces dont nos manuscrits seuls 
conservent la trace et le souvenir ! » Ici encore nous regrettons d'avoir 
à détruire une illusion des éditeurs. Sans doute les archives cluni- 
soises ont été fort éprouvées, mais, s'il manque beaucoup d'originaux, 
les cartulaires et les précieuses copies de Lambert de Barive nous ont 
conservé des milliers de chartes ! Ce dernier même a découvert dans le 
Trésor de Cluny un grand cotfre rempli de chartes originales, qu'il a 
inventoriées pour la première fois et copiées intégralement. Aussi, non 
seulement toutes les chartes énumérées dans l'Inventaire de Locquet se 
trouvent imprimées tout au long dans le Recueil des chartes de l'abbaye 
de Cluny (nous en avons fait le relevé avec soin); mais encore on y 
trouve une quantité de pièces qui ne sont même pas indiquées dans 
l'Inventaire, au moins jusqu'à présent. D'ailleurs, combien d'actes 
grossissent le travail de Locquet qui ne sont que des pièces de procé- 
dure sans aucun intérêt pour nous! (Voyez notamment les chapitres 
Asservissages , n°^ 352 et suivants; Baux à ferme, n^ 707; Dixmes , 
n° 795, etc.) 

L'ordre suivi par les éditeurs rendant presque impossible la recherche 
d'un acte d'une date donnée, leur publication ne peut être utile que 
lorsqu'elle sera terminée. Il est permis de se demander quand elle le 
sera, car, d'après les renseignements que nous possédons, la première 
partie de l'Inventaire, la seule publiée, représente à peine un sixième 
du manuscrit total. Il faudrait donc environ 1 ,200 pages pour toute la 
compilation de Locquet, sans compter l'introduction annoncée par les 
éditeurs, l'histoire de la bibliothèque et des archives de Cluny, les rec- 
tiUcations et notes promises, les tables, etc., etc. 

MM. Bénet et Bazin ne nous paraissent pas avoir bien réfléchi à toutes 
ces difficultés. Cette œuvre, qu'ils ont abordée par le côté le plus aisé, 

11 octobre; n° 8, an 13, Usez an 23 de l'empereur Louis l'Aveugle; n° 119, 
ajoutez la date 990-991. 

Qu'on nous pernielle encore quelques citations pour les noms de lieux : 

N» 8. Crost, lisez villa Crotlis, ou Crotla (Isère). 

N° 14. Felne, lisez Felnerias. 

N" 28. Au lieu dit Monlmédy (in loco Monlemadio), lisez Monlmay. 

N" 68. ChapeMe de Saint-Germain, lisez Saint-Georges, au village de Rond vent 
{Ronnenco), lisez Ronneins, auj. Reneins. Qui reconnaîtrait sous le n" 58, dans 
les mots « monastère de Saint-Amant, au comté de Trezin, » le monastère de 
Saiiit-Araand, au comté de Saiut-Paul-Trois-Chàleaux, coinilatu Trahesino, 
pour Tricastino, etc., elc.V 



337 



est condamnée à rester longtemps en grande partie inutile, et (soit dit 
sans aucun sentiment d'envie de notre part) ne sera que le sommaire 
incomplet et souvent fautif d'une autre publication que l'on aura tou- 
jours intérêt et protit à consulter de préférence. 

A. Bruel. 



Les Anciennes Provinces de la France. Études étymologiques etono- 
matologiques sur leur nom et celui de leurs habitants, par André 
RoLLAM) DE Denfs. Paris , librairie historique des provinces, 
E. Lechevalier, <885. In-8", viii-294 pages. 

On nous a prié de signaler ce volume aux lecteurs de la Bibliothèque 
de V École des chartes ; mais nous avons bien peur qu'il ne soit pas d'une 
grande utilité pour eux. L'auteur, du reste, n'affiche pas de prétentions 
scientifiques: il s'adresse aux élèves des écoles et aux habitants des pro- 
vinces, et le livre, à ce point de vue, est curieux et sera lu avec profit. 
Ses patientes recherches, nous dit-il, l'ont amené à présenter dans son 
ouvrage deux séries de renseignements : d'abord, « l'étymologie du nom 
des provinces de l'ancienne France et de celui de ces petits pays eipagi 
qui se trouvaient quelquefois en assez grand nombre au milieu de leur 
territoire ; » en second lieu, « le nom vulgaire et général qui sert à dési- 
gner les habitants de ces provinces et de cespagi. » Ce point sera surtout 
élucidé dans une seconde partie que l'auteur nous promet et où il compte 
examiner en détail chacune des villes de France. 

Pour le moment, il nous donne une série de monographies dont 
voici le plan méthodiquement suivi : Historique de la province, et 
recherches étymologiques, géographiques et mythologiques au besoin 
sur son nom (d'après quelles sources?). — Noms employés pour dési- 
gner les habitants des diverses parties de la province. (Les sources sont 
ici une masse assez respectable de citations d'auteurs anciens et 
modernes, connus et inconnus, rangées pêle-mêle.) — Anecdotes sur le 
caractère de ces habitants. — « Nomenclature des pays et pagi. » — 
Une table analytique d'un certain nombre de noms termine le volume. 

Pour donner un rang à son livre parmi les travaux de l'érudition 
actuelle, l'auteur aurait eu profit à le débarrasser de quelques-unes des 
citations, superflues ou sans autorité, qui l'encombrent, et à les rem- 
placer par des observations personnelles. Il aurait pu au moins choisir 
parmi ses sources, et accorder quelque crédit à des œuvres de premier 
ordre, comme celles de M. .\. Longnun, dont le nom n'est pas prononcé 
une seule fois. Il aurait enfin été mieux inspiré en abandonnant aux 
almanachs des campagnes ces anecdotes plus ou moins risquées et ces 
plaisanteries plus ou moins neuves sur le sexe des Auvergnats, ou sur 
« les craques et les blagues attribuées aux Gascons, et aussi nombreuses 
que les habitants de ce pays ». G. 



338 

Étude sur la vie privée au XV" siècle en Anjou, par André Joubert. 

Angers, Germain eL Grassin, ^884. In-S", iii-287 pages. 

Le volume que nous donne M. André Joubert sur la vie privée en 
Anjou au xv« siècle se divise en deux parties. La première renferme 
l'analyse et le commentaire d'un registre contenant, pour les années 
1463 à 1466, les comptes de Guillaume Tuai, receveur de diverses sei- 
gneuries possédées en Anjou par Jean Bourré, secrétaire de Louis XI; 
ce registre fait partie de la belle collection de documents angevins ras- 
semblés par M. de Yilloutreys. Cette première partie se subdivise en 
deux sections : la première traite de la vie à la ville, la seconde de la 
vie à la campagne. 

La seconde partie expose, d'après divers documents conservés à la 
Bibliothèqtie nationale (fonds Bourré), aux archives de Maine-et-Loire 
et à la bibliothèque d'Angers, la vie privée hors du logis et la vie en 
famille. 

L'auteur avertit, dans sa préface, que les différents chapitres qui 
composent ce volume ont d'abord été publiés séparément dans la Revue 
de l'Anjou. C'est un renseignement qu'il a bien fait de donner, car il 
répond à une critique qu'un lecteur non prévenu pourrait adresser à la 
composition générale du livre. La seconde partie de ces études n'est guère, 
en effet, qu'un supplément à la première ; c'est, en somme, le même 
sujet qui y est traité à l'aide de nouveaux documents que, sans doute, 
l'auteur n'avait pas encore recueillis lorsqu'il a fait paraître la première 
partie. Nous croyons que le livre gagnerait beaucoup en clarté et en 
intérêt si l'auteur voulait bien, dans une seconde édition, fondre dans 
une exposition unique les deux parties qui ne sont aujourd'hui que jux- 
taposées. 

Tel qu'il se présente d'ailleurs, ce livre renferme sur la vie privée au 
xv" siècle des détails intéressants dont l'histoire des mœurs fera son 
profit. On y trouvera notamment sur la nourriture, sur le logement, sur 
l'habillement, sur les salaires des ouvriers des villes et sur ceux des 
travailleurs ruraux, sur le prix des denrées, etc., une série de renseigne- 
ments précis qui se recommandent à l'attention des économistes. 

Le volume se termine par un appendice sur Jean Bourré et sur son 
rôle politique. Il est complété par une suite de pièces, parmi lesquelles 
nous notons l'acte de fondation du chapitre de Jarzé en 1499 et le testa- 
ment de Bourré. E. L. 

Ambroise Paré, d'après de nouveaux documents découverts aux 
Archives nationales et des papiers de famille, par le D'' Le 
Paulmier, avec un portrait inédit de Paré. Paris, Gharavay frères, 
i885. \\-\-H°, 4^8 pages. 
Depuis la publication par le professeur Malgaigne des OEuvres com- 



33!) 

plètes d'Ambroise Parc, l'ouvrage du D"" Le Paulmior est le plus im- 
portant et le plus neuf que l'on ait consacré à l'illustre chirurgien du 
xYi'-' siècle. Malgaigne s'était attaché surtout à mettre en lumière les pro- 
grès dont la chirurgio est redevable à Paré. ]\I. Le Paulmior a voulu 
nous faire mieux connaître la vie intime, la famille, les alliances, les 
amis du grand praticien, et il y a réussi pleinement. Cinquante pièces 
justificatives, publiées à la fin de son livre et tirées des Archives natio- 
nales, de la Bibliothèque nationale et de certaines collections particu- 
lières, notamment des archives du château do Paley, prouvent combien 
les recherches du savant docteur ont été approfondies et fructueuses. 
Presque toutes ces pièces sont inédites ; le curieux mémoire que Paré ht 
paraître en 1575, en réponse aux attaques de la Faculté à propos de la 
publication de ses œuvres, n'est qu'une réimpression, mais c'est la réim- 
pression d'un opuscule rarissime. Nous en recommandons la lecture à 
tous ceux qui s'intéressent à l'histoire des mœurs et de la langue médi- 
cale. Outre ces cinquante pièces justificatives, qui vont de 1541 à 1G69, 
M. Le Paulmior a publié en appendice deux notices substantielles sur 
deux célèbres médecins contemporains d'Ambroise Paré, l'un le Coten- 
tinais Julien Le Paulmier, l'auteur du Traité du iiin et du cidre, 
l'autre le Béarnais Antoine Portail, premier chirurgien de Henri IV. 
Ces deux notices sont accompagnées de six pièces justificatives. 

On peut dire que M. Le Paulmier a renouvelé la biographie d'Am- 
broise Paré. Il serait trop long d'indiquer en détail tous les résultats 
nouveaux qui se dégagent de ses recherches. Nous dirons seulement que 
l'un de ces résultats sera do mettre fin à la controverse qui s'agitait au 
sujet de la religion du grand chirurgien ; il ressort avec évidence d'un 
passage du mémoire apologétique adressé à la Faculté do Paris que Paré 
appartenait à la religion réformée. Les notes nombreuses que M. Le 
Paulmier a mises au bas des pages de son livre ne se lisent pas avec 
moins de plaisir et de profit que le texte lui-même; nous reprocherons 
seulement au très érudit médecin de n'avoir pas tenu un compte suffi- 
sant de l'ignorance do beaucoup de ses lecteurs en n'expliquant point 
certains termes techniques, tels que « thèse pastillaire, » « thèse qtiod- 
libélaire, » « vespérie, » qui reviennent assez souvent dans le cours de 
son ouvrage. 

Siméon Luce. 



Epistolae povtificum Romanorum ineditar. Edidil S. Loewenfeld. 
Lipsiae, Veit et Comp., LS85. In-S", vii-28S pages. 

Le D'' Loewenfeld, qui est bien connu de tous nos lecteurs, sur- 
tout pour la part qu'il prend à la nouvelle édition des Regcsta ponli- 
ficum Romanorum de Jaffé, a rassemblé dans ce volume 424 lettres de 



340 

papes, toutes antérieures à ravènemcnt d'Innocent III. A peu d'excep- 
tions près, il en a trouve le texte : 1° dans le recueil canonique, si célèbre 
depuis plusieurs années sous le titre de « CoUectio britannica, » que nous 
olTre le ms. additionnel 8873 du Musée britannique; 2° dans diverses 
collections de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales à 
Paris ; 3° dans un fragment des registres d'Alexandre III, conservé à 
Cambridge (m s. R. 9. 17 de Trinity Collège). 

La publication du D"- Loewenfeld mérite d'être recommandée d'une 
façon toute particulière à l'attention de nos lecteurs. Ils y trouve- 
ront beaucoup de textes tout à fait nouveaux sur beaucoup de lieux, 
de personnages et d'événements français , principalement sous les 
règnes de Louis YII et de Philippe- Auguste. Le désir d'annoncer sans 
le moindre retard l'apparition d'un volume aussi important nous fait 
renoncer au plaisir que nous aurions eu à citer ici plusieurs des pièces 
les plus curieuses qu'il renferme, et notamment quelques-unes des lettres 

d'Alexandre III copiées dans le ms. de Cambridge. 

L. Delisle. 

Sancti Zenonis, episcopi Veronemîs, sermones, post Sjmraverium et 
Ballerinios, Maffeii, Vallarsii^ a Prato, Perazz-inii, Dionysii alio- 
rumque^ prœsertim Veronmsium^ in sanctum Zcnonem studia 
coUegif, anxilio codicum et qui Ballerinios latuerant in primis 
Pistoriensis, quotquot modo exstant vetustioris, textum recensuit, 
commentario nofisque illustravit Jo. Bapl. Carolus Go. Giuliari 
canonicus a bibliotheca capituli Yeronensis. Yeronae, e stereo-typ. 
cpisc. F. Golumbari in seminario, 1883. 111-4°, clxi et 359 p. 

Nous devons signaler l'intérêt de ce volume, où se trouve réunie, 
sous une forme correcte et avec d'amples commentaires, l'iBuvre entière 
de saint Zenon, évêque de Vérone au iv^ siècle. Le chanoine Giuliari en 
a revu le texte sur tous les manuscrits qu'il a pu consulter. Dans 
l'introduction, il a discuté et résolu avec beaucoup de science et de cri- 
tique les questions qiie soulèvent la date de l'épiscopat de saint Zenon, 
le culte dont il a été l'objet, la valeur et l'authenticité de ses œuvres. 
Des chapitres spéciaux renferment un expose méthodique des res- 
sources que le texte de saint Zenon nous olîre pour l'histoire des doc- 
trines théologiques et des usages ecclésiastiques ou profanes. La latinité 
de l'auteur a été traitée avec un soin particulier dans un chapitre de 
l'introduction et dans un glossaire qui n'occupe pas moins de 72 colonnes. 
Ainsi comprise et exécutée, l'édition d'un des plus anciens Pères de 
l'Église latine rendra de véritables services à la théologie, à l'histoire et 
à la philologie. Puisse-t-ellc obtenir le succès que méritent tous les 
travaux de l'aimable et savant bibliothécaire du chapitre de Yérone ! 

L. Delisle. 



344 

Fnc-sitnilps of national manmcripts of ïretand, sc/ected and rdUrd 
under tlte direction oft/ir right honorable Edward Sullivan, hiaster 
oftherolls in Ireland, l)y J. T. Gili!i:rt, F. S. A., M. R. I. A., secrc- 
lary of Lhe Public Record Office oflrcland, and p/iotozincoyraphed 
by command of lier Majesty Queen Victoria by major gênerai sir 
Henry James, R. E., F. R. S., director gênerai of lhe Ordnance 
survey'. Londres, Longman et G'% ^.S74-IS84, In-folio maxlmo, 
quatre partie?, dont les trois premières forment chacune un volume 
et dont la quatrième en forme deux. 

Ce recueil savant, dont la publication a duré onze ans et qui est dû à 
l'homme le plus compétent peut-être aujourd'hui en fait d'histoire d'Ir- 
lande, est ce que nous avons aujourd'hui de plus complet sur la paléo- 
graphie irlandaise. Il comprend 282 planches accompagnées de trans- 
criptions en caractères typographiques, de traductions quand il y a lieu, 
et toujours de notices fort instructives. Les écritures dont ces planches 
donnent le spécimen sont empruntées à des manuscrits très nombreux 
dont les plus anciens datent probablement du ix* siècle, et les plus 
récents du xvm^. L'auteur a systématiquement laissé de côté les manus- 
crits conservés dans les bibliothèques du continent, qui lui semblaient 
sans doute mériter l'honneur d'une publication séparée; il a fait usage 
exclusivement de manuscrits qui se trouvent dans les Iles-Britanniques. 
D'autre part, on aurait tort de conclure du titre que tous les manuscrits 
dont ce savant nous donne des fac-similés soient en écriture irlandaise 
et contiennent des textes écrits en irlandais. Non seulement, parmi les 
manuscrits qui ont fourni à M. Gilbert ses fac-similés, un certain 
nombre contiennent en écriture irlandaise de? textes latins, mais pour 
la partie la plus considérable ils ne nous offrent même pas de l'écriture 
irlandaise, ils sont l'œuvre, soit dos scribes anglo-normands amenés en 
Irlande par la conquête du xii^ siècle, soit de leurs élèves ; ils sont des 
monuments de la domination anglaise en Irlande. Ils ont par consé- 
quent, au point de vue français, un intérêt tout particulier, car la paléo- 
graphie anglaise, à partir de Guillaume le Gontjuérant, est une branche 
de la paléographie française. C'est même, comme on le sait, le français 
qui a été la langue de la classe dominante en Angleterre pendant les 
siècles qui ont suivi l'invasion normande. C'est par conséquent le fran- 
çais que d'Angleterre les descendants de Guillaume le Conquérant et de 
ses compagnons ont porté en Irlande quand ils ont mis cette île sous le 
joug. De là, dans le recueil de M. Gilbert, des pièces composées en fran- 



1. Il n'est plus question de photozincogravure ni du major général Henry James 
dans les litres de la quatrième partie. Pour cette jiarlie, on a remplacé le pro- 
cédé de la photozincogravure par celui de l'héliogravure, combiné quelquefois 
avec celui de la chromolithographie. 



342 

çais ou, pour mieux dire, dans ce dialecte de notre langue qu'on est 
convenu d'appeler anglo-normand. En voici un exemple intéressant 
pour nous, c'est une pièce datée de 1276 et qui parait émaner d'un 
membre de la maison de Joinville, établi en Irlande et investi des 
fonctions de « justice » ou grand juge. 

« A son tres-cber seingnur e mut a boiiurer toz jurs Edeward, par 
la grâce de Deu rey de Engleterre, seingnw)' de Irlande e duc de Aqui- 
taingne, le soen lige cbevaler Gyoffrey de GeynviUe^ sa justice de 
Irlande, saluz e révérence e honur, co)?ime à son cher seingni^r [toz] 
jurs. 

« Cher sire, nous parlâmes premer ement ove mi sire Thomas de Clare 
ore puys ke il vint de Engleterre le jour de la Seinte Croiz en may. 
Liquel nous dit de la vostre part que vous purverriez de autre justice; 
de laqueu chose nous vous rendom grez e grâces. E nous dit aussi de 
par vous ke nous meissom peine en voz husoingnes entre ci e la ke 
l'autre justice venist, e nomeement en destrure les maufesurs des mong- 
taingnes de Dyvelyne. Cher sire, en vos husoingnes traveillerom qtiant- 
que nous porrom e saverom e avant e après. Sur la busoingne des 
avant dis maufesurs, fu treté en plusurs manéres par devant mi sire 
Thomas avant dit e vostre conseil ke la fu, e bien entendom ove l'aide 
de Deu de trover gent pur fére la busoingne, mes ke nous eussom 
avoir. Mes en nule manére ne savom purpenser ne purveer dont 
l'avoir puisse venir se vous n'i mettez autre conseil. Ne ceste chose ne 
purra on mie fére sanz grant plenté de avoir as desturbours ke i sunt. Kar 
se toz cens ke le deussent fére i vouzissent bien aider, om le feist de 
moins e plus légèrement. E se la chose feust emprise, e par deffaute de 
avoir perisseit (laqueu chose ja ne aveingne!), grant honte serreit e 
grant perill a tote la terre e grand domage. E nos mettrom peine en 
qwanqwe nous purrom a purveer de gent jeske now5 eyons nostre man- 
dement. E mettrom la chose en tel point, se nous avom de quey, he 
la busoingne ira bien, se il plest a Deu. E ne rettez mie a nous, se il 
vous plest, se la chose demoere par deffaute de avoir ; car nous en ferom^ 
tôt nostre poeir ; e avant nous ne poom. E, cher sire, il serreit bien 
reson ke les seingneurs de Leynestere i meissent bien dou lour, issi 
ke ceste chose ne cheist tôt sus vous. E de cette chose, sire, se il vous 
plest, nous mandez vostre volenté. 

« Deu vous sauve e gard, sire, par long tens ! 

« Ceste lettre fu donée a Dyvelyne le xi jur de may l'an de vostre 
rengne quart'. » 

Geoffroy de Joinville vivait encore trente-deux ans plus tard. Vers cette 
époque, il quitta le monde et se fit dominicain. Nous l'apprenons par 

1. 2' partie, pi. LXXIV, n» 3. 



343 

un autre document publié comme celui-ci par M. Gilbert dans l'ouvrage 
dont nous rendons compte. 

« llem dominus Rogerus de Morliio Mari cum sua consorte, recta 
herede Midie, intraveru/ît Uiberniam in festo ianctonnn Simonis et 
Jude, et seisinam cepcrunt de Midia, domino Galfrido de Geynville 
cedente eisdem et intranteordinem iratnim predicatorujn apud Trym*. » 

Geoffroy de Joinville devait alors être fort âgé, nous le savons parles 
documents qui nous apprennent la cause de son importante situation en 
Irlande en 1276. Il avait épousé Mathilde deXacy, béritière du comté 
de Meath, et son mariage était déjà cliose faite en 1252. C'est ce qui est 
établi par les pièces suivantes, dont l'analyse a été publiée par M. Gilbert-, 
d'après un cartulaire conservé au château de Gormanston en Irlande : 

« Charter of Henry III to Galfrid de Geynuill and Matilda de Laci, 
his vvife. Woodstock, 8 aug., 36th year (8 août 1252). 5 6. 

« Carta domini Henrici, régis Auglie, de libertatc domini Galfridi de 
Geynuill de Midia, qui fuit in custodia fratrum minorum de Trim. Apud 
Windesor, 27 feb. an. xli (26 février 1257). 5 6. 

« Charter of Henry HI to G. de Geneuil and his wife Matilda de 
Lacy. Apud Woodstock, 8 aug. 36th year (8 août 1252). 6 a. 

« Brève qnod senescallus non permittat aliquem vendere aliquas ter- 
ras, quin ipse illas ingrediatur antequam alias plcnam habeat saisi- 
nam : S"" de Geynnuil à son senescal de Trum. 7 a. 

t Provisio facta per d'ominum G. de Geynuill ad magnâtes Midie. 7 a. 

« Servicia que debentur domino G. de Genuil et Matilde, uxori ejus, 
de medietate terre Midie, quando plénum servicium capitur. 7 b. » 

Un fac-similé de la première page du cartulaire qui contient ces 
pièces est offert par la planche XXXI de la troisième partie de 
l'ouvrage dont nous rendons compte. 

La femme de Geoffroy de Joinville, Mathilde de Lacy, était fille et 
héritière de Gautier de Lacy, seigneur de Meath, en latin Midia : 

« Gautier de Lacy, seigneur de Midie, mourut en 1234. Il n'eut point 
« d'enfants mâles; il laissa deux filles cohéritières de ses vastes posses- 
€ sions, savoir : Marguerite, qui épousa le lord Théobald de Verden, et 
€ Mathilde, mariée avec Jeffrey de Geneville. » Voilà ce qu'on lit dans 
V Histoire de V Irlande ancienne et moderne, par l'abbé Mac-Geoghegan='. 

Nous savons par un autre document que Geoffroi de Joinville assis- 
tait en 1290 à une réunion du parlement anglais '*. 

1. Annalps d'Irlande, année 1308-1309. Voyez l'ouvrage de M. Gilbert, 3"^ par- 
lie, pi. .WII. d'après le ms. du Musée britannique. Sloane 4792. 

2. Fourtfi Report of the royal commission on historial manuscripts, 1874, 
p. 574, col, 1. 

3. Paris, 1758, in-4°. T. II, p. 67, 

4. « Archiepiscopus Dublini supplicat domino régi, quod ipse velit apponere 



344 

Les textes relatifs à Geoffroy de Joiaville ne sont pas les seuls docu- 
ments intéressants au point de vue français qu'on puisse signaler 
dans la publication de M. Gilbert. Nous mentionnerons comme exemple 
les pièces qui concernent des envois de blé irlandais en Gascogne, en 
1297 et en 1298 (seconde partie, planche LXXXIII), des soldats irlan- 
dais au service de Henri VIII en France, en 1544 (troisième partie, 
pi. LXXVI). 

Dans une publication aussi considérable, il est difficile qu'il n'y ait 
pas quelque chose qui donne prise à la critique. 

M. Gilbert a quelque peu cédé à la tendance qui entraîne ses com- 
patriotes à exagérer l'antiquité de leurs documents les plus anciens ; 
cependant, il a su y mettre plus de réserve, et nous l'en félicitons de 
grand cœur. Comme exemple de cette réserve, nous citerons une notice 
sur un fragment de psautier appartenant aux Franciscains de Dublin et 
que des savants irlandais du xvn« siècle ont daté du vii^ siècle et 
attribué à saint Gaimin, mort en 650. J'ai eu, il y a quelques années, 
occasion de parler de ce ms. et j'ai exprimé des doutes sur l'exactitude 
de cette date. M. le comte Nigra, qui avait vu ce ms. à Rome, au 
monastère franciscain irlandais de Saint-Isidore, m'a envoyé la note 
suivante : 

« Le ms. irlandais de saint Gaimin. 

« Beati immaculati (Bibliothèque de Saint-Isidore, n^ 1). Transporté 
« en 1871 du couvent de Saint-Isidore de Rome au couvent des Fran- 
ce ciscains à Dublin. 

« Le ms. comprend six grands feuillets de parchemin in-f°. Au bas 
« du premier feuillet, on lit : Ex libris conventus Dumnagall (Scrittura 
« diO'Clery). 

« Un premier feuillet qui manque au manuscrit devait contenir une 
« partie de la préface ou de l'argument. La fin de cet argument se 
« trouve dans le feuillet n" 1 actuel. Ge feuillet commence ainsi : Ut 
« meritum divini carminis honore tituli possit agnosci. Suit le com- 
« mencement du psaume Beati immaculati, Ps. GXVIII. 

« La transcription du psaume continue jusqu'au 6" feuillet inclusive. La 
« dernière ligne du dernier feuillet contient les mots : Suscite me (1) 
« secundum eloquium tuum et vivam (2), accompagnés des gloses interli- 
« néaires latines : (1) Ut accipiam vitam œternam. (2) Tantum in Domino. 

coDsiliura de statu terre sue Hybernie, de quo statu ei alias nunciavit per 
dominum Galfrediim de Genevyle et alios, de quo stalu domino régi constare 
poterit per eundem Galfredum et alios qui sunt de consilio domini régis in 
Hibernia, et modo sunt hic in parliamento. » — Henry Cole, Documents illus- 
trative of English history in the thirteenth and fourteenth centuries, selected 
from the reports of the Queen's remembrancer ofthe Exchequer. Londres, 
184i petit in-fol. 



345 

« Dans les marges, il y a un commentaire perpéluel latin. Entre les 
« lif^nes, il y a des gloses latines et irlandaises, ces dernières en fort 
« petit nombre. Les voici toutes, sauf une peut-être : 

« Fol. 1-' : .i. caintech igl.: eligiaco métro). 

« Fol. 4" : agulum .i. binntén. Coagulum coraposifuju a con et agu- 
« lum vel a gelo cogitatum. Foeside (gl. coagulatum est sicut lac cor 
(( eorum). 

« Fol. 5^' : bagair (gl. paulo minus). 

« Fol. 5b : ciaci-uth (gl. quomodo). 

« Il ms. è dato da Usher e da Ware come sincrono e délia mano di 
« S. Caimin (7" secolo). 0' Clery è dello stesso avviso e non dubita di 
€ scrivere : 

« Ps. GXVllI : 8 Beati immaculati, s quem S. Caimin de Inniskeltra 
« propria manu scripsit. E vita migravit sanctus ille anuo circiter 
« salutis DCLIII. 

« Le fait est que le ms. n'est pas antérieur à la moitié du xi^ s. » 

M. Gilbert (quatrième partie, seconde livraison, notice sur la pi. XXIII 
de l'appendice) déclare qu'il est paléograpbiquement difûcile d'admettre 
que ce document remonte aussi haut que saint Caimin. Mais il n'a pas 
eu le même courage pour les documents par lesquels son recueil 
débute, notamment pour le psautier dit Calhach et pour l'évangéliaire 
dit Book of Durrow, qui, suivant la prétention irlandaise, auraient été 
écrits par saint Columban, 521-597. Avouer qu'on n'a pas de documents 
antérieurs au ix'^ siècle, c'est pour un paléographe un rude sacrifice. 
Nous pardonnerons facilement à M. Gilbert de n'avoir pu s'y résigner, 

H. d'Arbois de Jlib.\inville. 

Francesco Garta. Di un messale i-aldostano del secolo XV. Nota 

bibliografico-artistica con fac simile. Roma, Forzani e c, -1885. 

Grand in-4°, 8 p. , une planche. 

Ce missel, que le comte Passerin d'Entreves e Gourmayeur, de Turin, 
avait envoyé en 1881 à l'exposition musicale de Turin, est intitulé : 
Incipit ordù missalis per anni circulum secundum usum ecclesie 
prioratus Sancti Ursi civitatis Auguste, ordinis canonicorum sancti 
Augustini. » C'est une œuvre française qui mérite d'être signalée 
dans notre recueil. Voici les premiers et les derniers mots d'une longue 
inscription tracée au recto du feuillet dont le verso est couvert par un 
tableau de la CruciQxion ; « Ce présent missal, à l'usage du prioré de 
Saint-Ours d'Aouste, a fait faire révérend père monsigneur messire 
George de Challant, du saint-siège apostolique prothonolaire, chanoine 
et conte de l'église de Lyon, archidiacre et chanoine d'Ouste.... Et fut 
accomply le dit missal l'an M. GCCC. LXXXXIX. » 

Sur le tableau de la Crucifixion, le peintre a représenté trois person- 



/ 



34(5 

nages agenouillés et en prières. M. Carta, dans l'excellente description 
qu'il a donnée du missel, a montré que nous avons là les portraits du 
protonotaire Georges de Ghallant, chanoine et comte de Lyon, de Mar- 
guerite de la Chambre, veuve de Louis de Ghallant, et de Philibert de 
Ghallant, fils de Louis et de Marguerite, qui fut depuis lieutenant géné- 
ral du duché d'Aoste et de la province d'Ivrée. 

L'auteur de cet opuscule, aujourd'hui bibliothécaire de la Vallicel- 
lane à Rome, s'occupe particulièrement de l'histoire de la décoration 
des manuscrits. Il a entrepris sur les miniatures de la bibliothèque 
nationale de Milan un grand travail dont un chapitre vient de paraître 
sous le titre suivant : Std poemetto di Pictro da Bescapé esistente nella 
hiblioteca nazionale di Milano (Roma, Forzani e c, 1885, in-4* de 
7 pages avec une planche). Nous faisons des vœux pour que le catalogue 
promis par M. Carta ne tarde pas à être publié et pour qu'il con- 
tienne beaucoup de chapitres pareils à celui qui vient d'être signalé. 

L. Delisle. 



Gli Archivi e le Bibliofeche di Spagna in rapporta alla storia cflta- 
lia in générale e di Sicilia in particolare. Relazione di Isidoro 
Garini, archivista, professore di paleografia e diplomatica nel- 
l'Archivio di Stato di Palermo, al comm. Giuseppe Silvestri, sovra- 
inlendente agli archivi siciliani. Parte prima. Fascicolo I. — 
Documenti ed aUegati annessi alla Relazione. Parle seconda, 
Fascicolo L — Palermo, LS84. In-8°, VIII-^60, ^92 p. 

M. l'abbé Isidoro Garini, archiviste au Vatican et précédemment pro- 
fesseur de paléographie et de diplomatique aux archives d'État de 
Palerme, a été chargé, en 1881, par le gouvernement italien d'une mis- 
sion en Espagne, à l'effet de réunir des documents inédits sur l'histoire 
des Vêpres siciliennes. C'est à Barcelone, aux archives de la couronne 
d'Aragon, qu'il a commencé ses recherches et qu'il a fait la moisson la 
plus abondante. Il y a d'abord transcrit intégralement deux registres de 
la chancellerie de Pierre III, relatifs aux affaires de Sicile, du 9 sep- 
tembre l'i82 au 26 août 1283, puis il y a examiné une trentaine d'autres 
registres et un grand nombre d'actes divers, diplômes, mandements et 
lettres, dont il a dressé un catalogue détaillé. Comme complément de ce 
travail, il a rédigé un long rapport sur les archives et les bibliothèques- 
d'Espagne qu'il a visitées, où il signale tout ce que ces dépots con- 
tiennent de précieux pour l'histoire d'Italie et celle de Sicile en parti- 
culier. Les deux fascicules que nous annonçons renferment la première 
partie du rapport et la première partie du régeste. Le rapport est inté- 
ressant, quoiqu'il traite peut-être de trop de choses qui n'ont pas un 
rapport direct avec le sujet, et de choses connues, décrites déjà par 
d'autres missionnaires : l'Espagne n'est plus aujourd'hui une terre 



347 

inexplorée au point qu'on doive, à propos d'une question spéciale, s'éga- 
rer dans les généralités et révéler ce que chacun a le moyen de savoir. 
Pressé par le temps aussi et pfivé sans doute, pendant son voyage, 
de livres de référence, M. l'abbé Carini a commis parfois quelques 
inexactitudes. Un exemple : il croit inédite la relation si connue 
de l'ambassade de Simon Contarini en Espagne, en 1605, parce qu'il 
ne l'a « pas trouvée dans la collection d'Alberi. » Il serait étrange 
qu'elle y fût, étant de KlOr), mais on la trouve ailleurs et là où elle doit 
être, dans la série des relations vénitiennes du xvii« siècle, publiées par 
Barozzi et Berchet (t. I, p. 227). J'ajoute que cette relation a été impri- 
mée au moins deux fois en Espagne. — Le régeste a plus d'importance 
et servira aussi à nos historiens par les renseignements qu'il leur four- 
nira sur l'invasion de la Catalogne par Philippe le Hardi, en 1285. En 
général, les analyses sommaires de ces documents sont satisfaisantes, 
quoiqu'elles aient été faites un peu au courant de la plume. Quelques 
inutilités çà et là. A quoi bon par exemple une traduction presque inté- 
grale du traité de Pierre III avec le roi de Tunis Abou llafes (2 juin 
1285), qui a été publié par Capmany et par le comte de Mas Latrie 
dans ses Traités de paix et de commerce des chrétiens avec les Arabes de 
l'Afrique septentrionale? Puis on s'aperçoit que la langue catalane n'a 
pas encore livré tous ses secrets à M. l'abbé Carini. A la p. 77, il est 
parlé de tayrels : c'est de cayrels [quadrellos] qu'il s'agit. Mais ces légers 
défauts, résultat inévitable de la précipitation avec laquelle ce travail a 
été conduit, n'empêchent pas la publication de M. l'abbé Carini d'être 
fort utile; nous en souhaitons le prompt achèvement. 

A. M.-F. 



Le Protectorat espagnol à Monaco, ses origines et les causes de sa 
rupture, par Gustave SAuiE. Monaco, 188^3. In-12 carré. 

Pour l'observateur superficiel, la principauté de Monaco offre un 
échantillon de la division féodale de l'Europe au moyen âge, que rien 
ne distingue de quelques autres petits pays restés, eux aussi, indépen- 
dants. Elle présente, au contraire, un caractère particulier, celui de 
n'avoir de tout temps « relevé que de Dieu. » Tandis que de puissants 
royaumes ne sont arrivés à la plénitude de la souveraineté que de nos 
jours, ou n'y sont même point parvenus encore, les seigneurs de ce 
rocher ont su garder leur indépendance intacte à travers les âges. Pour 
ne comparer Monaco qu'à ses analogues en puissance, la principauté 
de Liechtenstein, d'abord fief de l'Empire, ensuite incorporée à la 
Confédération germanique, <i relève de Dieu seul » depuis 1871 seule- 
ment. La république de Saint-Marin, de môme que celle d'Andorre, 
s'est constituée sur une base féodale, et cette dernière est encore main- 
tanant rattachée à la France et à l'évêché d'Urgel par un lien de 



34S 

vassalité. Pour parler comme les feudistes, la souveraineté de Monaco 
est donc o d'une essence supérieure, » de même « essence « que celle 
des plus vieilles et des plus puissantes monarchies de l'Europe. 

Gomment ce curieux phénomène a-t-il pu se produire? Par quels 
prodiges d'hahileté et de ténacité cette prérogative a-t-elle été conservée 
à un simple rocher au centre même du champ de halaille perpétuel des 
trois plus grandes puissances de l'histoire européenne , la France , 
l'Empire et l'Espagne, sans que la force ou la contrainte ait amené 
un jour ou l'autre les seigneurs de cette place forte, convoitée partons, 
à « la reprendre en fief » de l'un de leurs dangereux voisins? 

Là est le vif intérêt de l'histoire de la maison de Grimaldi ; mais il 
est difficile de répondre à cette question à l'aide des documents publiés 
jusqu'à ce jour. Obligés, par leur faiblesse même, à une prudence 
excessive, les pi'inces de Monaco, à une époque où les archives des 
plus puissants monarques étaient tenues secrètes, devaient, plus encore 
que ces derniers, garder dans l'ombre les documents qui pouvaient, au 
cours d'une négociation, leur fournir un argument inattendu ou déjouer 
une tentative d'empiétement sur leur indépendance. Les historiens ne 
pouvaient donc se servir que de renseignements puisés à des sources 
étrangères et nécessairement incomplètes, et les Grimaldi n'avaient cru 
pouvoir encourager sans danger que des généalogistes, plus curieux de 
rapporter leurs belles alliances, leurs titres et leurs honneurs, que les 
difficultés sans cesse renaissantes auxquelles ils ont dû sans doute leur 
habileté diplomatique pour ainsi dire héréditaire. Aussi le travail de 
notre confrère M. G. Saige est-il absolument neuf et plein d'intéres- 
santes révélations. 

Les seigneurs de Monaco, trop faibles pour se maintenir seuls debout, 
s'appuyaient sur l'un de leurs voisins, auquel ils se liaient par un traité 
d'alliance, de protectorat, consenti d'égal à égal en essence, sinon en 
force, et la disposition de la forteresse et du port, si admirablement 
situés et alors au nombre des mieux défendus du monde, compensait 
les avantages de protection à main armée et de subsides en espèces et 
en vivres qu'ils stipulaient en retour. Au rebours de ce que la diplo- 
matie contemporaine pourrait nous faire penser, ces alliances avaient 
une durée considérable, et les oscillations de la politique monégasque 
étaient fort lentes. Le travail que nous analysons n'en envisage qu'une 
seule, le protectorat consenti à Charles-Quint cl continué par ses descen-. 
dants, et cette évolution embrasse à elle seule une durée de cent vingt ans 
environ, coïncidant exactement avec l'époque qui vit naître, s'imposer, 
puis décUner l'influence austro-espagnole dans la Méditerranée. Ce cadre 
a suffi amplement pour démontrer le vif intérêt des archives secrètes de 
la principauté, non pas seulement pour l'histoire de Monaco, mais 
pour rinlelligence de la politique générale de l'Europe. 
Beaucoup de points restés obscurs ou inconnus sont éclaircis, révélés 



349 

ou rectifiés dans cette étude : les projets d'échange de Monaco contre la 
souveraineté d'une place forte moins convoitée; le récit des circons- 
tances qui ont précédé l'assassinat de Lucien, considéré généralement 
comme amené par sa défection au protit do l'Espagne, tandis qu'il est 
dû plutôt à ses propres menées; la preuve complète qu'Augustin Gri- 
maldi n'a point fait exécuter le coupable Barthélémy Doria, lequel 
eût supprimé, par la réussite de son plan, les obstacles qui le séparaient 
de la riche succession de Monaco ; les tentatives de retour à l'alliance 
française dès 15:27, et ensuite pendant la mission de M. de Sabran à 
Gènes, plusieurs années avant la rupture définitive avec l'Espagne et le 
retour à l'alliance française; le refus de subsides à l'Empire en 1596, 
lorsque, sommé à deux reprises par Beccaria, vicaire de l'Empereur 
Rodolphe II, de fournir le devoir féodal. Hercule Grimaldi laisse la 
première sommation sans réponse, et rétorque la seconde par l'affir- 
mation de sa qualité d'allié et non de vassal. Tels sont les principaux 
faits de l'histoire de Monaco rectifiés ou révélés par cette étude, si 
sommaire cependant. 

Au point de vue de l'histoire générale, elle renferme les renseigne- 
ments les plus précieux sur la marine et en particulier sur le condot- 
tiere André Doria, sur la politique de la république de Gênes, sur 
le fonctionnement administratif et financier de l'immense empire 
de Charles-Quint, dont les vices paralysent les conventions les plus 
précises et entravent à tout moment la volonté de l'Empereur. Pour- 
suivant son travail d'élucidation, l'auteur établit que le traité dit de 
Valdetare compromit la situation de la principauté, non par l'effet 
de ses clauses, comme l'ont dit certains historiens, mais par l'inexécu- 
tion même de celles-ci, résultat du désordre des finances et du défaut 
d'obéissance des vice-rois, et consigne à cette occasion des observations 
utiles à l'histoire de l'économie politique. 

Enfin, le côté anecdotique, à peine indiqué dans une étude aussi 
substantielle et aussi concise, laisse cependant pressentir l'intérêt qui 
pourrait lui être donné. L'épisode du « gubernant, » Etienne Grimaldi, 
« padre eletto » du prince Honoré, est certainement un des traits les 
plus originaux de la diplomatie de Charles-Quint, et quelques mots sur 
les correspondances de l'agent de la principauté à la cour de Henri II 
sont de nature à piquer la curiosité de tous les chercheurs qui ont 
quelque préférence pour l'époque des Valois. 

Que l'auteur nous permette une critique : la méthode constamment 
chronologique qui convient à un résumé aussi rapide a été parfois 
abandonnée par lui, notamment lorsqu'il suit jusqu'à sa mort la bio- 
graphie de l'assassin de Lucien, Barthélémy Grimaldi. Il en résulte, au 
moment où il revient sur ses pas pour reprendre la suite des événements, 
une confusion dans l'esprit du lecteur, qui eût pu être évitée facilement. 

En terminant, il nous reste à exprimer un vœu, c'est que le prince 

24 



350 

régnant de Monaco autorise la publication in extenso des précieux 
documents dont M. Saige nous a donné l'analyse ou la simple mention. 
Les raisons qui imposaient autrefois le secret des archives n'existent 
plus de nos jours, et le passé de cette grande maison des Grimaldi 
sortirait ainsi du domaine de la généalogie, où elle s'est trop confinée, 
pour prendre dans l'histoire la place qui lui revient de droit. 

M's DE MONCLAR. 

Archives des missions scientifiques et littéraires. Choix de rapports et 
instructions., publié sous les auspices du ministère de Vinstruction 
publique et des beaux-arts. 3*^ série, tome XI. Paris, imprimerie 
nationale, J885. In-8°, 479 pages, 56 planches et 3 cartes. 

Ce volume comprend : 

l" Un rapport de M. René Gagnât (sept. 1882) sur une mission archéo- 
logique accomplie en Tunisie pendant les années 1881 et 1882 ; 

2° Un rapport de M. Ch. Glermont-Ganneau sur une mission archéo- 
logique accomplie en Palestine et en Phénicie en 1881 ; 

3° Un rapport du regretté M. Charles Tissot, sur des inscriptions 
romaines relevées en Tunisie par divers voyageurs ; 

4° Un rapport d'un caractère plus général (géologie, météorologie et 
hydrographie, anthropologie, pathologie, dialectes, géographie politique, 
agriculture, commerce) rédigé par M. le D"" J. Montano et se référant 
à des observations faites, pendant les années 1879 et 1880, aux îles 
Philippines et en Malaisie. 

Ces divers travaux sont accompagnés de planches gravées insérées 
dans le texte, d'héliogravures et de cartes géographiques. Les trois pre- 
miers renferment un grand nombre d'inscriptions. 

G. T. 



LIVRES NOUVEAUX. 



SOMMAIRE DES MATIÈRES. 

Sciences auxiliaires. — Épigraphie, 139. — Paléographie, 180. — 
Bibliographie, 167, 174, 198; bibliothèques, 140, 201; manuscrits, 122, 
133, 171; imprimés, 186, 188, 215. 



351 

Sources. — Chroniques, 169. —Archives, 128, 144, 168. — Recueils 
de documents, 131, 134, 142, 143, 148, 202, 205, 212. 

Biographie et généalogie. — Saint Alexis, 125, 216 ; Ancel de Join- 
ville, 151 ; Arnaud de Brescia, 1 18 ; Arnoul, 124 ; Bothon, 194 ; Galixte II, 
120; Chambige, 136; Gornilhan, 127; la Cour d'Aubergenville, 121; 
Enzio, 113; François I-^-", 189; Frédéric I*»-, 199; Frédéric II, 172; Gré- 
goire VII, 217 ; Grégoire IX, 172 ; Henri II d'Angleterre, 166; Hermann 
de Salza, 162; Honorius III, 172; R. de Houdenc, 114; Innocent IV, 
172; Lifferin, 103; Linange, 158; G-. de Long-Champ, 117; Louis de 
Bavière, 209; Manassès, archevêque de Reims, 217; Perréal, 106; 
Sforza, 214; Sigismond, 161; Visconti, 161; Wycliffe, 146; saint 
Yves, 163. 

Géographie, topographie, 112. 

Droit, 109, 110, 133, 147, 148, 203, 208. 

Institutions communales, 200, 204 ; militaires, 164, 210. 

MœuRS, 149. 

Religions. — Judaïsme, 134. — Catholicisme, 196; conciles, 166; 
papauté, 120, 172, 217; cardinaux, 115; évoques, diocèses, 107, 117, 
121, 199, 217; églises, 108; ordres, 162; monastères, 123, 127, 160, 178, 
185, 197. — Réforme, 146. 

Archéologie, 179, 184, 191, 198. — Architecture : édifices civils, 111, 
116, 135, 141, 159, 206; édifices religieux, 121, 137, 139, 145, 150. — 
Peinture, 103, 106, 130, 150, 176. — Mobilier, 132, 165, 176. — Bla- 
son, 132, 206. — Sphragistique, 140. — Numismatique, 155, 158, 190, 
192, 195. 

Langues et littératures. — Grec et hébreu, 186. — Latin, 122. — 
Langues romanes : espagnol, 181 ; français, 114, 125, 152, 156, 175, 216; 
italien, 105, 171; provençal, 125, 183, 187. — Langues germaniques, 
125, 218. 

SOMMAIRE GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne, 109, 113, 162, 172. — Alsace-Lorraine, 158. — liesse, 
157. - Lûbeck, 212. — Prusse, 130, 157, 169, 177. — Saxe, 200. 

Autriche-Hongrie. — Autriche, 203. — Hongrie, 133. 

Belgique, 130, 178, 179, 193, 215. 

Danemark, 155. 

Espagne, 181. 

Frange. —Bourgogne, 174, 199; Champagne, 195; Gascogne, 202; 
Limousin et Marche, 143 ; Poitou, 191. — Ain, 131 ; Allier, 137 ; Aube, 
138; Corrèze, 143; Côte-d'Or, 130; Creuse, 143; Doubs, 132, 150; 



352 

Eure, 121 ; Gard, 127 ; Gers, 188 ; Loir-et-Cher, 182; Loire, 131 ; Haute- 
Loire, 145; Manche, 166 ; Marne, 139, 217 ; Haute-Marne, 151 ; Mayenne, 
159, 160; Meurthe-et-Moselle, 151, 206; Nord, 124; Oise, 136; Orne, 
135, 167; Pas-de-Calais, 123; Rhône, 131, 213; Sarthe, 197; Savoie, 
192; Haute-Savoie, 192; Seine, 112, 140, 184, 186, 207; Seine-et- 
Marne, 170; Seine-et-Oise, 141; Seine-inférieure, 154; Deux-Sèvres, 
191 ; Tarn, 173 ; Vaucluse, 127, 144 ; Vendée, 191 ; Vienne, 191 ; Haute- 
Vienne, 143, 165; Vosges, 185. — Algérie, 153. 

Grande-Bretagne. — Angleterre, 117, 146, 166, 202. — Ecosse, 190. 

Italie, 113, 199. — Galabre, 104; Emilie, 211 ; Ligurie, 128; Lom- 
bardie, 118, 161, 214; Marche, 214; Ombrie, 148; Piémont, 116, 119, 
129; Rome, 209; Sardaigne, 204; Sicile, 115, 134; Toscane, 107, 108, 
205; Vénétie, 111, 126, 142. 

Suisse, 122. 

Turquie, 111. 

103. Albanès (J.-H.). Josse Lifferin, peintre marseillais du xv« siècle. 
Paris, imprimerie nationale. In-8°, 16 p. Extrait du Bulletin du comité 
des travaux historiques. Archéologie, 1884, n» 3. 

104. Amato (G.). Crono-istoria di Corigliano Calabro. Gorigliano 
Galabro, tip. del Popolano, 1884. In-8o, xxvin-312 p. 4 1. 

105. Ballate d'amore del secolo xni, messe in luce per la prima volta 
dal dott. prof. Tommaso Casini. Roma, tip. Pietro Metastasio, 6 mag- 
gio 1884. Per nozze Anderloni-Veladini. In-8°, vi feuillets. 

106. Bancel (E.-M.). Jehan Perréal, dit Jehan de Paris, peintre et 
valet de chambre des rois Charles VIII, Louis XII et François I«^ 
Recherches sur sa vie et son œuvre. Ouvrage orné de nombreuses gra- 
vures et d'une lettre de J. Perréal en fac-similé. Paris, Launette. In-4o, 
iv-252 p., 23 pi. 

107. Beani (conte Gaetano). La Chiesa pistoiese dalla sua origine ai 
tempi nostri. Appunti storici. Pistoia, tip. Cino dei fr. Bracali, 1883- 

1884. In-16, 254 p. 

108. Befâni (sac. G. B.). Memorie storiche dell' antichissima basilica 
di San Giovanni Battista di Firenze. Firenze, tip. délia pia casa di 
patronato, 1884. In-8°, 220 p., pi. 1 1. 50 c. 

109. Behrend (J.-Fr.). Anevang und Erbengewere. Berlin, Guttentag,' 

1885. In-8», 55 p. 3 m. 

110. Bensa (E.). Il Contratto di assicurazione iiel medio evo. Genova, 
1884. In-8o, 238 p. 

m. Berchet e Sagredo, Il Fondaco dei Turchi a Venezia. Studii 
storici ed artistici, con documenti e tavole illustrative. Venezia, tip. 
délia Gazzetta. In-4% 112 p. 8 1. 



353 

Wl. Berty (A.). Topographie historique du vieux Paris. 2« édition. 
Région du Louvre et des Tuileries. Tome I. Paris, Champion. In-4% 
nv-3'iO p., 22 planches, 10 grav., 1 plan. (Histoire générale de Paris.) 
Les t. I et II, 100 fr. 

il3. Blasius (Ilermann). Konig Enzio. Ein Beitrag zur Geschichto 
Kaiser Friedrichs II. Breslau, Koebner, 1884. In-8% vi-146 p. 3 m. 

\\\. BoERNER (0.). Raoul de Iloudenc. Ein stilistische Untersuchung 
iiber seine Identitât mit dem Verfasser des « Messire Gauvain. » Leip- 
zig, Fock, 1885. In-8% 127 p. 2 m. 40 pf. 

11."). Boc.LiNO (B. L.). La Sicilia e i suoi cardinali. Note storiche. 
Palcrmo, tip. dell' Armonia, 1884. In-S", 105 p. 2 1. 

1 16. BoiTO (Camillo). Il Castello medioevale délia osposizione di Torino 
188'i. Prima parte dell' Album délia esposizione di Torino. Milano, 
Trêves, 1884. Gr. in^" avec gravures. 2 1. 

117. Boivin-Ghampea.ux (L.). Notice sur Guillaume de Long-Champ, 
évèquc d'Ély, vice-roi d'Angleterre. Bernay, Delamotte. In-8', 264 p. 

118. BoNGHi (Ruggero). Arnaldo da Brescia. Studio. Gittà di Castello, 
S. Lapi, 1884. In-16, i.\-73 p. 1 1. 

119. BoTTERi (G. B.). Memorie storiche suUa chiesa di Pesio. Torino, 
Grato Scioldo. ln-16, 292 p. 3 1. 

120. BoucHET (Ch.). Une Lettre inédite du pape Galixte II. Vendôme, 
impr. Lemercier. In-8'', 29 p. Extrait du Bulletin de la Société archéolo- 
gique, scientifique et littéraire du Vendnmois. 

121. Bourbon (Georges). Note sur la découverte de la sépulture de 
Jean II de la Cour d'Aubergenville, évrque d'Évreux (1244-1250). Paris, 
imprimerie nationale. In-8», 4 p., planche. Extrait du Bullclin archéolo- 
gique du comité des travaux historiques et scientifiques, année 1885. 

122. Br.vndt (Sam.). Der St. Galler Palimpsest der Divinae Institu- 
tiones des Lactantius. Wien, Gerold's Sohn, 1885. In-8% 110 p., 1 pi. 
photolith. 

123. Brandt de Galamez (le comte de). Le Prieuré de Saint-André- 
lez-Aire, au diocèse de Térouanne, ses prieurs, son temporel, son obi- 
tnaire, 1202 à 1793, suivi d'un fragment généalogique sur les sires de 
Crésecque, ses fondateurs. Saint-Omer, impr. d'Iîomont. In-8°, 159 p. 

124. Brapsart (Félix). La Féodalité dans le nord de la France. 
Mémoires sur les trois Arnoul qui ont possédé Douai au x^ siècle. Douai, 
Crépin. In-8°, 47 p. Extrait des Souvenirs de la Flandre ivallonne, 
2« série, t. II. 

125. Brauns (JuI.). Ueber Quelle und Entwicklung dor altfranzôsi- 
schen Cançun de saint Alexis, verglichen mit der provcnzalischen Vida 



35? 

powic dcn altcnglischcn und mittelhochdcutschen Darstellungcn. Kiel, 
Lipsius und Tischer, 1884. In-S", x-56 p. 1 m. 80 pf. 

126. Brentari (Ottono). Storia di Dassano e del suo territorio. Bas- 
sano, tip. Pozzato. In-4°, xii-824 p. 15 1. 

127. Bruguier-Roure (Louis). Les Hospitaliers du Pont- Saint-Esprit 
à Saint-Pierre de Vassols et le prieur Cornilhan. Avignon, impr. Auba- 
neL In-8°, 15 p. 

128. Bruno (A.). Gli Archivii del comune di Savona. Savona, tip. 
vescovile di Miralta, 1884. In-16, 52 p. 

129. Galuso cronistorico-corografico, nei suoi rapport! colla storia délia 
vetusta Eporedia, del Ganavese, e degli avvenimenti subalpino-italiani 
da tempo remoto al 1870, di G. G. Il Ganavese. Vol. I : corografia. 
Torino, tip. San Giuseppe, 1884. In-8% 180 p., 1 carte. 2 1. 25 c. 

130. Garlet (Joseph). Le Jugement dernier, retable de l'Hùtel-Dieu 
de Beaune. Suivi d'une notice sur les triptyques de Dantzig et d'Anvers, 
Beaune, Damongeot, Devis ; Paris, Lamarche. In-8°, 41 p., 2 hélio- 
gravures. 

131. Gartulaire lyonnais. Documents inédits pour servir à l'histoire 
des anciennes provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais, Dombes, Bresse 
et Bugey, comprises jadis dans le ■pagus major Lugdunensis, recueillis 
et publiés par M. G. Guigue. Tome I. Documents antérieurs à l'an- 
née 1255. Lyon, impr. Plan. In^», ix-886 p. (Collection de documents iné- 
dits pour servir à l'histoire du Lyonnais, publiés par les soins de l'Aca- 
démie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon.) 

132. Gastan (Auguste). Un Fer à gaufres du xv® siècle aux armoiries 
de la ville de Besançon et de ses sept quartiers ou bannières. Besançon, 
impr. Dodivers. In-8°, 15 p. avec dessins. Extrait des Mémoires de la 
Société d'émulation du Doubs, 12 déc. 1883. 

133. Godex (der) Altenberger. Textabdruck der Hermannstàdter 
Ilandschrift, herausgegeben von Gust. Lindner. Klausenburg, Stein, 
1885. In"8°, xu-300 p., 2 photolith. 

134. Godice diplomatico del giudei di Sicilia, raccolto e pubblicato dai 
frat. sacerdoti Bartolomeo e Giuseppe Lagumina. Vol. I, parte L 
(Documenti per servire alla storia di Sicilia, pubblicati per cura délia. 
Società siciiiana per la storia patria. 1* série, diplomatica, vol. VI, 
fasc. I.) 

135. GoNTADES (le comte Gérard de). Rasnes, histoire d'un château 
normand. Paris, Ghampion, 1884. In-4% 69 p. 

130. GouARD-LuYs (E.). Note sur une mission de Martin Ghambigc à 
Senlis en 1504. Paris, imprimerie nationale. ln-8o, 3 p. Extrait du Bul- 
letin archéologique du comité des travaux historiques et scientifiques, 1884. 



335 

137. CuRzON (H. DE). Notice sur l'église priourale de Saint-Germain- 
fles-Fossés (Allier). Paris, imprimerie nationale. In-8% 7 p. avec Ûg. 
Extrait du Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et 
scientifiques, 1884, n» 4. 

138. Defer (l'abbé). Histoire de Trainel. Troyes, impr. Dufour-Bou- 
quot. In-8", 249 p. et plans. 

139. Dem.\ison (L.). Note sur deux inscriptions de l'église Saint-Remi 
de Reims, antérieures au xn^ siècle. Paris, imprimerie nationale. In-8", 
3 p. Extrait du Bulletin archéologique du comité des travaux historiques 
et scientifiques, 1884. 

MO. Demay (G.). Inventaire des sceaux de la collection Glairambault 
à la Bibliothèque nationale. Tome I. Paris, Hachette. In-4", ti-704 p. 
(Collection de documents inédits sur l'histoire do France.) 

141. Desjardins (Gustave). Le Petit-Trianon, histoire et description. 
Versailles, Bernard. Gr. in-8°, xvi-472 p., 22 grav., 22 pi. hors texte. 
25 fr. 

142. Documenti friulani dal 1242 al 1384 [Dismontaduris et Morgen- 
gabium), pubblicati por nozze Schiavi-Bressanutti. Udine, tip. Doretti, 
1884. In-16, 23 p. 

143. Documents historiques bas-latins, provençaux et français, con- 
cernant principalement la Marche et le Limousin, publiés par Alfred 
Leroux, Emile Molinier et Antoine Thomas. Tome H. Limoges, Ducour- 
tieux. In-8% 384 p. Les 2 vol., 12 fr. 

144. Duhamel (L.). Inventaire sommaire des archives départementales 
de Vaucluse antérieures à 1790. Archives civiles. Série B (fin). 
Art. 1502-2696. Tome II. Avignon, Seguin. In-4°, 285 p. 

145. Faucon (Maurice), Notice sur la construction de l'église de la 
Chaise-Dieu (Haute-Loire), son fondateur, son architecte^ ses décora- 
teurs (1344-1352), d'après les documents conservés aux archives du Vati- 
can. Paris, imprimerie nationale. In-S", 62 p., 3 pi. Extrait du Bulletin 
archéologique du comité des travaux historiques et scientifiques, 1884, n° 4. 

146. Feer (Léon). John Wycliffe, réformateur anglais (1320-1384), à 
l'occasion du cinq-centième anniversaire de sa mort (30 décembre 1884). 
Paris, Grassart. In-8'', 31 p. 

147. FouRNiER (Marcel). Essai sur les formes et les effets de l'affran- 
chissement dans le droit gallo-franc. Paris, Vieweg. In-8°, xni-180 p. 
(Bibliothèque de l'École des hautes études, fasc. 60.) 

148. FuMi (Luigi). Codice diplomatico délia città di Orvieto : docu- 
menti e regesti dal secolo xi al xv ; e la carta del popolo, codice statu- 
tario del comune d'Orvieto ; con illustrazioni e note. Firenze, G. P. 
Vieusseux, 1884. In-8°. (Documenti di storia italiana, etc. Vol. VIII.) 



356 

)'i9. Galabert (l'abbé). Mœurs chrétiennes au xv^ siècle. Montauban, 
impr. Forestié. In-8°, 15 p. Extrait du Bulletin de la Société archéologique 
de Tarn-ct-Garonne. 

150. Gauthier (Jules). Marché conclu pour la peinture et la dorure 
du maitre-retable de l'église Saint-Pierre de Besançon. Paris, imprime- 
rie nationale. In-S", 4 p. Extrait du Bulletin archéologique du comité des 
travaux historiques et scientifiques, 1884, n° 4. 

151. Germain (Léon). Fragment d'études historiques sur le comté de 
Yaudémont. Ancel, sire de Joinville. Nancy, impr. Crépin-Leblond. 
In-8<», 35 p. Extrait des Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, 1884. 

152. GRAFENBERG(S.).Beitràgezurfranzôsischen Syntax des xvi. Jahr- 
hunderts. Erlangen, Deichert, 1885. In-S", 139 p. 

153. Grammont (H.-D. de). Études algériennes. La course, l'esclavage 
et la rédemption à Alger. Paris. In-8% 124 p. Extrait de la Revue histo- 
rique. Ne peut être mis en vente. 

154. GuÉRODLT (le D»- Ernest). Le Manoir de la Planquette et l'Hos- 
pice Sainte-Anne à Gaudebec-en-Caux. Rouen, impr. Gagniard. In-8°, 
15 p. Extrait du Bulletin de la commission des antiquités de la Seine- Infé- 
rieure. 

155. Hauberg (P.). Danmarks Myntvœsen og Mynter i Tidsrummet 
1241-1377. Kœbenhavn, 1885. In-S», 160 p. 

156. Histoire littéraire de la France, ouvrage commencé par des reli- 
gieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur et continué par des 
membres de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres). 
Tome XXIX : suite du xiV siècle. Paris, imprimerie nationale. In-4'', 
xLiv-637 p. 

157. Jaeger (JuL). Kurmainz und Duderstadt in den Jahren 1477- 
1479, nach einer gleichzeitigen Aufzeichnung des Duderstàdter Stadt- 
schreibers [Kurt Wichenand]. Hildesheim, Lax, 1885. In-8% 61 p. 2 m. 

158. Joseph (P.). Die Miinzen des graflichen und fiirstlichen Hauses 
Leiningen. Wien, 1884. 111-8°, 110 p., 2 pi. 

159. JouBERT (André). Le Château seigneurial de Saint-Laurent-des- 
Mortiers, d'après des documents inédits (1356-1789). Mamers, impr. 
Fleury et Dangin. In-S", 21 p. 

160. JouBERT (André). La Seigneurie de la Garaudière, dépendance 
de l'abbaye de la Roë, d'après les documents inédits, xin*-xviii« siècles. 
Mamers, Fleury et Dangin. In-8'', 33 p. Extrait de la Revue historique et 
archéologique du Maine. 

161. Kagelmagher (E.). Filippo Maria Visconti und Konig Sigis- 
mund. 1413-1431. Ein Beitrag zur Geschichte des 15. Jahrhunderts. 
Berlin, Siemenroth, 1885. In-8% iv-121 p. 2 m. 50 pf. 



357 

162. KoGU (Ad.)- Hermann von Salza, Meister des deutschen Ordons 
(f 12391. Ein biographischer Versucli. Leipzig, Duncker und Humblot, 
1885. In-8^ ix-140 p. 3 m. 20 pf. 

163. L.A. BoRDERiE (Arthur de). Les Monuments originaux de l'histoire 
de saint Yves. Rapport à Mgr l'évèque de Saint-Brieuc et Tréguier. 
Saint-Brieuc, Prud'homme. In-8°, 40 p. 1 fr. 

164. La Chauvelays (de). Le Combat à pied de la cavalerie au moyen 
âge. Paris, Pion. In-8% 59 p. 

165. Lasteyrie (R. de). Notice sur une croix du xni*' siècle conservée 
à Gorre (Haute- Vienne). Paris, imprimerie nationale. In-8o, 16 p. et 
2 pi. Extrait du Bulletin archéologique du comité des travaux historiques 
et scientifiques, 1884. 

166. Lebreton (Ch.). La Pénitence de Henri II, roi d'Angleterre, et 
le Concile d'Avranches en 1172. Saint-Brieuc, Guyon. In-8", 39 p. 

167. Le Vavasseur (G.), Contades (le comte de). Canton d'Ecouché. 
Essai de bibliographie cantonale. Paris, Champion, 1884. In-12, xxix- 
49 p. (Bibliothèque ornaise.) 

168. Lois, Instructions et Règlements relatifs aux archives départe- 
mentales, communales et hospitalières. Paris, Champion. In-8'', 215 p. 

169. Lorenz (Hermann). Die Jahrbiicher von Hersfeld, uach ihren 
Ableitungen und Quellen untersucht und wiederhergestellt. Leipzig, 
Fock, 1885. ln-8o, vi-105 p. 1 m. 50 pf. 

170. Maillé (J.). Notice historique sur l'ancienne seigneurie de Cou- 
tençon. Paris, impr. Roussel. In-8°, 47 p. 

171. Manoscritti (i) italiani délia Biblioteca nazionale di Firenze, de- 
scritti da una società di studiosi sotto la direzione del prof. Adolfo Bar- 
toli. Vol. m. Firenze, Carnesecchi, 1884. In-8% 384 p. 24 1. 

172. Masetti (Pio Tommaso). I Pontefici Onorio III, Gregorio IX 
ed Innocenzo IV a fronte dell' imp. Federico II nel sec. xm. Disserta- 
zioue academica. Roma, tipografia éditrice romana, 1884. 

173. Mazens (Louis). Les Seigneurs et les Consuls de Lasgraïsses. 
Toulouse, impr. Chauvin. In-8°, 144 p., planches. 

174. MiLSAND (Ph.). Bibliographie bourguignonne, ou Catalogue 
méthodique d'ouvrages relatifs à la Bourgogne, sciences, arts, histoire. 
Dijon, Lamarche. In-8°, vni-663 p. Publication de l'Académie des 
sciences, arts et belles-lettres de Dijon. 

175. Miracles de Nostre-Dame par personnages, publiés, d'après le 
manuscrit de la Bibliothèque nationale, par Gaston Paris et Ulysse 
Robert. Tome VII. Paris, Didot. In-8'', 378 p. Publication de la Société 
des anciens textes français. 

176. MiREUR. Signification du mot revers appliqué aux retables. But 



358 

et emploi de cet ornement. Paris, imprimerie nationale. In-8% 7 p. 
Extrait du Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et 
scienlifiques, 1884, n° 4. 

177. MoHR. Koln in seiner Glanzzeit. Neue Forschungen. Kôln, 
A. Ahn, 1885. In-S-, Ynr-280 p. 5 m. 

178. MoNNiER (Clément). Histoire de l'abbaye de Gambron. Tome IL 
Mons, Hector Manceaux. In-8°, 574 p. 

179. MoNOYER (Jules). Archéologie populaire du canton du Rœulx ou 
Inventaire raisonné des antiquités préhistoriques, germaines, romaines 
et frankes, découvertes jusqu'aujourd'hui dans les limites de ce ressort. 
Mons, Hector Manceaux. In-S», 121 p., 4 pi. 2 fr. 50 c. 

180. Monumenti paleografici di Roma, pubblicati dalla R. Società di 
storia patria. Fasc. I. Roma, A. Martelli, 1884. In-fol., vni p., 10 pi. 
14 1. 90 c. 

181. Morel-Fatio (Alfred). La Comedia espagnole du xvn^ siècle. 
Leçon d'ouverture du cours de langues et littératures de l'Europe méri- 
dionale au Collège de France. Paris, Yieweg. In-8% 40 p. 

182. MouLARD (P.). Notice sur Souday, commune de Loir-et-Cher. 
Mamers, impr. Fleury et Dangin. In-8°, 45 p. 

183. Mystère (le) de saint Anthoni de Viennes, publié, d'après une 
copie de l'an 1503, par l'abbé Paul Guillaume. Gap, Société d'études; 
Paris, Maisonneuve. In-8°, cxx-224 p. 

184. Normand (Charles). Société des amis des monuments parisiens, 
constituée dans le but de veiller sur les monuments d'art et la physio- 
nomie monumentale de Paris (architecture, peinture, sculpture, curio- 
sités et souvenirs historiques). Paris, Cerf. In-S", 8 p. Extrait du Bul- 
letin du cercle Saint-Simon (Société historique). 

185. Notice sur l'abbaye d'Autrey, d'après des documents inédits. 
Épinal, impr. CoUot. In-12, 232 p. et planche. 

186. Omont (H.). Alphabets grecs et hébreux publiés à Paris au 
xvi" siècle. Paris. In-8», 15 p. Extrait du Bulletin de la Société de l'his- 
toire de Paris et de V Ile-de-France, 1884. 

187. Pape (Richard). Die Wortstellung in der provenzalischen Prosa- 
Literatur des xn. und xni. Jahrhunderts. Jcna, Deistung, 1883. In-8°, 
iY-100 p. 1 m. 40 pf. 

188. Parfouru (Paul). Catalogue des incunables de la bibliothèque 
d'Auch, précédé d'une notice historique. Auch,impr. Cocharaux. In-8", 
20 pages. 

189. Paris (Paulin). Études sur François I^S roi de France, sur sa 
vie privée et son règne. Publiées d'après le manuscrit de l'auteur et 



359 

accompagnées d'une préface par Gaston Paris. Paris, Techener. 2 vol. 
in-8% ix-257, 377 p. 16 fr. 

190. Patrick (R. W. C). The Medals of Scotland. A descriptive cata- 
logue of the royal and other medals relating to Scolland. Edinburgh, 
1884. Iu-4». 

191. Paysages et Monuments du Poitou, photographiés par Jules 
Robuchon, imprimés en photoglyptie par la maison Roussod et Valadon 
(Goupil et G'«) à Paris. Notices par divers auteurs. Paris, impr. Motte- 
roz. In-fol. Paraîtra en 150 livraisons à 3 fr. 

Livr. 1-3. Ghauvigny (Vienne). Par G. Tranchant. 

4-6. Vouvent (Vendée) et la Forêt. Par René Vallettc, 
7-11. Oyron (Deux-Sèvres). Par Daviau. 
12-14. Sanxay (Vienne). Découvertes gallo-romaines d'Horbois^, 

près Sanxay. Par le R. P. Gamille de la Croix. 
15-17. Nioul-sur-l'Autise, Ouïmes et Bouillé-Gourdault. Par 
J. Berthelé et l'abbé Brochon. 

192. Perrin (André). Catalogue du médaillier de Savoie du musée 
d'Annecy. Chambéry, Perrin. In-80, xii-112 p. avec fig. 

193. PiRARD (Jules). Quelques Notes historiques sur l'ancienne Bel- 
gique depuis vingt siècles. 3° édition, revue, corrigée et augmentée. 
Liège, l'auteur. 25, rue des Spaneux. In-12, 216 p. 2 fr. 50 c. 

194. Poli (le vicomte Oscar de). Les Seigneurs et le Château de 
Bothon. Paris, conseil héraldique de France. In-18 jésus, 226 p. 

195. Ponton d'Amécourt (de). Notes sur quelques ateliers monétaires 
mérovingiens de Brio et de Champagne : Binson, Château -Thierry, 
Jouarre, Mouroux et Provins. Paris, imprimerie nationale. In-S^, 20 p. 
avec fig. Extrait des Comptes-rendus de l'Académie des inscriplions et 
belles-lettres. 

196. PooLE (R.). Illustrations of the history of mediœval thought in 
the departments of theology and ecclesiastical politics. London, 1885. 
In-8°, 406 p. 

197. Prieuré (le) Saint-Denis de Saint-Calais. Saint-Calais, Pclticr. 
In-S", 75 p. Extrait de V inventaire des trois ordres de l'ancienne châtelle- 
nie de Saint-Calais. 

198. Quicher.\t (Jules). Mélanges d'archéologie et d'histoire. Antiqui- 
tés celtiques, romaines et gallo-romaines, mémoires et fragments réunis 
et mis en ordre par Arthur Giry et Auguste Castan, précédés d'une 
notice sur la vie et les travaux de J. Quicherat, par Robert de Lasteyrie, 
et d'une bibliographie de ses œuvres. Paris, Picard. In-S», vni-581 p., 
portrait, fig. et 8 pi. 

199. Reese (Rudolf). Die staatsrechtliche Stellung der Bischôfe Bur- 



360 

gunds und Italiens unter Kaiser Friedrich I. Gôttingen, 1885. In-8°, 
viii-llS p. 2 m. 

200. RicHTER (0.). Verfassungs- und Verwaltungsgeschichte der Stadt 
Dresden. I. B. : Verfassungsgeschichte. Dresden, Baensch, 1885. In-8», 
xii-450 p. 8 m. 

201. Robert (Ulysse). Etat des catalogues des bibliothèques de France, 
Lille, impr. Danel. In-8°, 27 p. Extrait du Bulletin des bibliothèques et 
des archives. 

202. Rôles gascons, transcrits et publiés par Francisque Michel. 
Tome I. (1242-1254.) Paris, Hachette. In-4'', xxxvt-,579 p. (Collection de 
documents inédits sur l'histoire de France.) 

203. RuBER(Ign. von). StreifziigedurchdieRechtsgeschichteMàhrens. 
I. Abth. : Geschichte des landrechtlichen Verfahrens. Wien, "Winiker, 
1885. In-8% ni-103 p. 2 m. 

204. Satta-Branga (P.). Il Gomune di Sassari nei secoli xni e xiv. 
Studio storico-giuridico. Roma, Loescher. In-16, 188 p. 2 1. 

205. Sforza (G.). Memorie e Document! per servire alla storia di 
Pontremoli. Parte 2» : Documenti. Lucca, tip. Giusti, 1884. In-8% 
xxxiv-382 p. 

206. SouHESMEs (R. de). Note sur la borne armoriée du bois de Gham- 
pigneulles. Nancy, impr. Crépin-Leblond. In-8% 4 p. et planche. Extrait 
du Journal de la Société d'archéologie lorraine, sept.-oct. 1884. 

207. Souvenirs historiques du vieux Paris. Reconstitution de la Sor- 
bonne. Paris, Salmon. In-32, 30 p. 

208. Tardif (Ad.). Étude sur la date du formulaire de Marculf. Bar- 
le-Duc, impr. Gontant-Laguerre. In-8°, 8 p. Extrait de la Nouvelle Revue 
historique de droit français et étranger. 

209. Tesdorpf (W.). Der Rômerzug Ludwigs des Baiern 1327-1330. 
Kônigsberg, Koch und Reimer, 1885. In-8°, 84 p. 1 m. 20 pf. 

210. Thomas (Henri). Des réquisitions mihtaires et du logement des 
gens de guerre en France depuis le y<= siècle jusqu'en 1789. Paris, Larose 
et Forcel. In-S", 226 p. 

211. ToNiNi (dott. G.). La Goltura letteraria e scientifica in Rimini dal 
sec. XIV ai primordii del xix. Rimini, tip. Danesi, 1884. 2 vol. in-16. 
Ghaque vol., 5 1. 

212. Urkunden-Buch der Stadt Liibeck. Herausgegeben von dem 
Vereine fiir lùbeckische Geschichte und Alterthumskunde. VIL 
Lûbeck, Grautofï, 1885. In-4'', 934 p. 

213. Vachez (A.). BuUy-sur-l'Arbresle (Rhône) et ses environs, notice 
historique et archéologique. Lyon, imprimerie générale. In-8°, 40 p. et 
gravures. 



3CI 

214. Valeri (Gioachino). Délia signoria di Francesco Sforza nolla 
Marca, seconde le memorie e i documenti dell' archivio di Serrasan- 
quirico. Milano, tip. Bortolotti, 188-'i. Iu-8% 96 p. Extrait de V Archivio 
storico lombardo. 

215. Van Havre (le chevalier G.). Marques typographiques des 
imprimeurs et libraires anversois. Tome I. Gand, Ad. Hoste. In-S-, 
297 p., avec gravures dans le texte. (Uitgaven der antwerpsche biblio- 
philen, n° 13.) Les 2 vol., 20 fr. 

216. Vie (la) de saint Alexis, poème du xi« siècle, publié par Gaston 
Paris. Paris, Vieweg. In-12, viii-28 p. 

217. WiEDEMANN (Max). Gregor VII. und Erzbischof Manasses I. von 
Reims. Ein Beitrag zur Geschichte der l'ranzôsischen Kircheni)olitik 
des Papstes Gregor Vil. Leipzig, Fock, 1884. In-8% 88 p. 2 m. 

218. ZiNGERLE (Osw.). Die Quellen zum Alexander des Rudolf v. Ems. 
Im Anhang : die Historia do proeliis. Breslau, Koebner, 1885. In-8% 
vn-265 p. (Germanistische Abhandlungen, herausgegeben von K. Wein- 
hold, IV.) 8 m. 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 



— Le bureau et les commissions de la Société de l'École des chartes 
ont été ainsi composés pour l'année 1885-1886 : 

Président : M. Rodolphe Dareste. 

Vice-président : M. Anatole de Montaiglon. 

Secrétaire : M. Léon Lecestre. 

Secrétaire-adjoint : M. Paul Guilhiermoz. 

Trésorier : M. Alexandre Tuetey. 

Commission de publication de la Bibliothèque de l'École des chartes : 
membres ordinaires, MM. L. Delisle, R. de Lasteyrie, H. Omont; 
membres suppléants, MM. Julien Havet, Noël Valois. 

Commission de comptabilité : MM. Bruel, Dupont, Rocquain. 

— L'un des fondateurs et des plus constants collaborateurs de la 
Bibliothèque de l'École des chartes, M. Paul Marchegay, s'est éteint, à la 
suite d'une longue maladie, dans son manoir des Roches- Baritaud, dans 
la nuit du 2 au 3 juillet. 

— Notre confrère M. Morel-Fatio a été nommé secrétaire-trésorier de 
l'École des chartes. 

— Le 11 avril, à l'assemblée générale qui a clos le congrès des 
sociétés savantes, M. le ministre de l'instruction publique a proclamé : 

Officiers de l'instruction publique, nos confrères M. Finot, archiviste 
du Nord, et M. Gauthier, archiviste du Doubs ; 
Officier d'académie, notre confrère M. Parfouru, archiviste du Gers. 

— Par décret du 19 mai, notre confrère M. le marquis de Ripert- 
Monclar a été nommé consul général de France à Québec. 

DÉCRET PORTANT RÉORGANISATION DE LA BIBLIOTHÈQUE 

NATIONALE. 

Le Président de la République française. 

Sur le rapport du ministre de l'instruction publique, des beaux-arts 
et des cultes, 

Vu le décret de la Convention, du 25 vendémiaire an I\; 

Vu les ordonnances royales des 2 novembre 1828, 14 novembre 1832, 
22 février 1839, 2 juillet suivant et 2 septembre 1847; 



363 

Vu l'article [" du décret du 9 mars 185-2 et les décrets des 31 août 
1854, 14 juillet 1858, 27 janvier 1869 et 30 mai 4879, 
Décrète : 

Art. l^--. — La Bibliothèque nationale est composée de 4 départe- 
ments : 

1° Des livres imprimés, cartes et collections géographiques ; 

2° Des manuscrits, chartes et diplômes ; 

3" Des médailles, pierres gravées et antiques ; 

4° Des estampes. 

Art. 2. — Une salle de travail est ouverte dans chaque département. 
En outre, une salle de lecture est annexée au département des imprimés. 

L'admission dans les salles de travail est accordée conformément 
aux règlements ministériels établis à cet effet. Aucune formalité n'est 
imposée pour l'accès dans la salle de lecture. 

Art. 3. — Les salles de travail de chacun des départements, ainsi que 
la salle de lecture, sont ouvertes toute l'année, sauf exception, aux 
jours et heures déterminés par règlement administratif. 

Art. 4. — Un administrateur général est chargé de diriger l'ensemble 
des services qui composent la Bibliothèque nationale. 

Art. 5. — L'administrateur général est assisté par des conservateurs 
et des conservateurs-adjoints et par un bureau d'administration, conhc 
à un secrétaire-trésorier. Ce bureau est chargé à la fois de la corres- 
pondance, de la comptabilité, du matériel et de la surveillance générale. 

Art. 6. — Les conservateurs forment un conseil d'administration, dit 
comité consultatif de la Bibliothèque nationale. 

Les conservateurs-adjoints prennent part aux délibérations du comité, 
mais chaque département, quel que soit le nombre de ses représentants, 
n'a droit qu'à un suffrage exprimé à la majorité des membres présents. 

Le comité est présidé par l'administrateur général. 

Le secrétaire-trésorier remplit les fonctions de secrétaire du comité. 

Art. 7. — Sur la convocation de l'administrateur général, le comité 
se réunit une fois par semaine, et plus souvent si les circonstances 
l'exigent. 11 donne son avis sur l'admission dans les salles de travail, 
sur les autorisations de communications spéciales, sur la répartition des 
fonds entre les divers départements, sur l'achat des livres, cartes, manus- 
crits, médailles, estampes, etc., sur la rédaction et l'impression des 
catalogues, sur les travaux de classement, sur les acceptations de dons 
et de legs, et, généralement, sur toutes les questions de service qui lui 
sont soumises par l'administrateur général. 

Art. 8. — L'administrateur général est nommé et révoqué par décret, 
sur la proposition du ministre de l'instruction publique, des beaux-arts 
et des cultes. 

Il est tenu de résider à la Bibliothèque nationale et ne peut s'absenter 
sans une autorisation préalable du ministre. 



36/« 

En cas d'absence ou d'empêchement, l'administrateur général est 
supplée dans toutes ses attributions par un conservateur que le ministre 
désigne à cet effet, sur la proposition du directeur du secrétariat. 

Art. 9. — Le personnel de la Bibliothèque nationale comprend : 

1° Des conservateurs, dont le nombre ne peut excéder celui des 
départements ; 

2° Des conservateurs-adjoints, huit au maximum; 

3° Des bibliothécaires, partagés en six classes ; 

4° Dessous-bibliothécaires, divisés en quatre classes; 

5° Des stagiaires ; 

6° Des commis; 

1" Des ouvriers et gagistes. 

Le secrétaire-trésorier a rang de sous-bibliothécaire, de bibliothécaire 
ou de conservateur hors cadre. 

Le secrétaire est tenu de résider à la Bibliothèque nationale. Il ne 
peut s'absenter sans l'autorisation préalable de l'administrateur général. 

Art. 10. — Les conservateurs et les conservateurs-adjoints sont nom- 
més et révoqués par le ministre, sur le rapport de l'administrateur 
général et la proposition du directeur du secrétariat. 

L'un d'eux, choisi par le ministre, dans chacun des départements, est 
chargé, quel que soit son grade, d'en diriger les travaux sous l'autorité 
de l'administrateur général. 

Les autres sont répartis par l'administrateur général suivant les 
besoins du service. 

En cas d'absence ou d'empêchement, les conservateurs peuvent être 
remplacés temporairement, si l'administrateur général le juge utile, par 
un autre conservateur ou par un bibliothécaire dont il a la désignation. 

Art. 11. — Les bibliothécaires, sous-bibhothécaires, stagiaires, com- 
mis, gagistes et ouvriers sont nommés et révoqués par le ministre, sur 
le rapport de l'administrateur général et la proposition du directeur du 
secrétariat. 

Art. 12. — Nul ne peut être nommé stagiaire s'il n'est pourvu du 
diplôme de bachelier es lettres ou de celui de bachelier es sciences, et 
s'il n'a subi avec succès un examen d'admission. 

Sont exemptés de cet examen, les archivistes paléographes et les 
élèves diplômés de l'école des langues orientales. 

Après avis du comité consultatif et de l'administrateur général, et 
sur la proposition du directeur du secrétariat, le ministre pourra auto- 
riser exceptionnellement des candidats âgés de vingt-cinq ans au moins 
et de trente ans au plus, et ayant travaillé pendant trois ans au bureau 
du catalogue, à se présenter à l'examen pour l'emploi de stagiaire sans 
être pourvu de diplôme. 

Art. 13. — Nul n'est nommé sous-bibliothécaire s'il n'a été pendant 



3«r> 

un an au moins stagiaire, et s'il n'a justifié d'une aptitude spéciale dans 
un concours dont le programme sera déterminé par le ministre. 

Tout stagiaire peut être congédié, si ses services sont jugés insuffi- 
sants, et privé du droit de se présenter audit concours. 

Les sous-bibliothécaires prennent rang au jour de leur nomination 
dans la 4<' classe. 

Les articles 12 et 13 ne sont pas applicables au secrétaire-trésorier. 

Art. 14. — Les hommes de service sont choisis parmi d'anciens 
militaires reconnus aptes aux travaux qu'ils doivent exécuter à la biblio- 
thèque. 

Art. 15. — Les commis sont recrutés exclusivement parmi les 
hommes de service de l""" classe, qui auront justifié par un examen 
d'une instruction suffisante. 

Art. 16. — Les traitements sont fixés de la manière suivante : 

Administrateur général 15,000 

Conservateurs 10,000 

Conservateurs-adjoints 7,000 

Bibliothécaires de !■•<= classe G, 000 

Bibliothécaires de 2*= classe 5,500 

Bibliothécaires de 3'= classe 5,000 

Bibliothécaires de 4' classe 4,500 

Bibliothécaires de 5e classe 4,000 

Bibliothécaires de G" classe 3,600 

Sous-bibliothécaires de l'"<' classe 3,300 

Sous-bibliothécaires de 2« classe 3,000 

Sous-bibliothécaires de 3« classe 2,700 

Sous-bibliothécaires de 4= classe 2,400 

Stagiaires 1,800 

Commis . de 1,500 à 2,400 

Ouvriers et gagistes. 

Chef du service de 1,500 à 1,800 

Hommes de service de l^'' classe de 1,300 à 1,400 

Hommes de service de 2= classe de 1,100 à 1,200 

Concierges-femmes et femmes de service ... de 500 à 600 

Chef de l'atelier de reliure de 1,800 à 2,200 

Relieurs de l'atelier intérieur de 1,300 à 2,000 

Relieuses de l'atelier intérieur de 800 à 1,200 

Colleurs de l'atelier d'estampes de 1,100 à 1,600 

Art. 17. — Aucun fonctionnaire ne peut cumuler un autre emploi 

avec celui qu'il occupe à la Bibliothèque nationale. 

Art. 18. — Des peines disciplinaires peuvent être encourues par le 

personnel de tout rang de la Bibliothèque nationale. 

25 



*• 360 

Ces peines sont, suivant la gravité des fautes : 

\° La réprimande par l'administrateur général; 

2" La privation du traitement pendant un temps qui ne peut excéder 
deux mois; 

3" La mise en disponibilité ; 

4» La révocation. 

L'application de ces trois dernières peines est prononcée par le 
ministre, après avis du comité consultatif, sur le rapport de l'adminis- 
trateur général et la proposition du directeur du secrétariat. 

En attendant la décision supérieure, l'administrateur général peut 
prononcer l'interdiction de l'entrée à la bibliothèque. 

Art. 19. — L'administrateur général présente tous les ans an ministre 
un rapport sur l'état des locaux, les acquisitions provenant du dépôt 
légal, d'achats, de dons ou d'échanges, le classement, la rédaction et 
l'impression des catalogues, les recherches et communications, le tra- 
vail du personnel et l'emploi des crédits. 

Art. 20. — Toutes les dispositions contraires au présent décret sont 
abrogées. 

Art. 21. — Le ministre de l'instruction publique, des beaux-arts et 
des cultes pourvoit, par des règlements particuliers, à tous les détails du 
service de la Bibliothèque nationale. 

Fait à Paris, le 17 juin 1885. 

Jules Grévy. 
Par le Président de la République : 

Le ministre de l'instruction publique, 

des beaux-arts et des cultes, 

René Goblet. 

— Un arrêté ministériel du 27 juin a réorganisé les cadres du person- 
nel de la Bibliothèque nationale, conformément au décret du 18 juin 
qu'on vient de lire. 

Voici les noms de ceux de nos confrères qui sont mentionnés dans 
l'arrêté. 

Département des imprimés. 

Bibliothécaire de 6'= classe : M. Havet. 
Sous-bibliothécaires de 2« classe : MM. Soury et Lecaron. 
Id. de 4° classe : MM. Du Parc et Guilhiermoz. 
Stagiaires : MM. Martineau et Corda. 

Département des manuscrits. 
Bibliothécaire de 4« classe : M. Deprez. 
Bibliothécaire de ô"-' classe : M. Scpet. 
Sous-bibliothécaire de 2° classe : M. Raynaud. 
Id. de 3" classe : M. Omont. 



367 

Département des médailles. 
Sous-bihliothécaire de 2"= classe : M. Babelon. 
Stagiaire : M. Prou. 

Département des estampes. 

Sous-bibliothécaire de 3"^ classe : M. Bouchot. 

MONUMENTA GERMANIAE HISTORIGA. 

Nous empruntons au rapport sur l'assemblée annuelle de la direction 
centrale des Monumenla Germaniae, tenue à Berlin du 30 mars au 
!«' avril 1885, la liste des ouvrages publiés pendant l'année 1884-1885 
et de ceux dont la publication prochaine est annoncée. 

Volumes publiés en 1884-1885 : 

Scriptores, t. XXYII, in-fol. ; 

Ottonis et Rahewini Gesta Friderici I imperatoris, editio altéra, rec. 
G. Waitz, in-8°; 

Chronicon Moguntinum, éd. G. Hegel, in-8°; 

Diplomata regum et imperatoruvi Germaniae, t. I, pars m, in-4° ; 

Libri confraternitatum S. Galli, Aiigiensis, Fabariensis, éd. P. Piper, 
in-4° ; 

Neues Archiv der Gesellschaft fur altère deutsche Geschichtskunde, 
vol. X, in-8°. 

Volumes en préparation (la plupart sous presse) : 

Aiictores antiquissimi : Ennodius, par Vogel, et Fortunat, t. II, 
presque achevés ; Sidoine, commencé par feu Liitjohann, continué par 
Léo et Mommsen (M. Krusch donnera en appendice les lettres de 
Ruricius et de Faustus); Claudien^ par Birt; petites chroniques, par 
Mommsen ; 

Scriptores : t. XV, in-fol. (Vitae de l'époque carolingienne) ; Grégoire 
de Tours, 2^ partie, par Krusch et Bonnet; les travaux préparatoires se 
poursuivent pour divers autres volumes; 

Leges : loi des Alamans (M. Brunner s'occupe d'une nouvelle édition 
de ce texte) ; lex Romana Utinensis, par Zeumer; t. II des capitulaires, 
par Boretius, etc. ; 

Diplomata : diplômes d'Otton II et d'Otton III (les travaux prépara- 
toires se poursuivent sous la direction de M. de Sickel) ; 

Epistolae : registre de Grégoire I«'", par Ewald ; lettres relatives à 
l'histoire des Francs, par Gundlach; Innocent IV, par Rodenberg; 

Antiquitates : poètes carolingiens, t. III, par Traube; obituaires de la 
région alamannique, par Baumann, et d'Autriche, par Herzberg-Frànkel. 

PALÉOGRAPHIE DES CLASSIQUES LATINS. 
M. Emile Châtelain, bibliothécaire à la biltliuthèque de l'Université, 



368 

vient de publier à la librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain, 
la deuxième livraison de sa Paléographie des classiques latins. 

Cette seconde livraison (Ciccron, Rhétorique et Discours, l'^ partie) 
contient, en 15 planches, des reproductions de 29 pages de manuscrits 
de Gicéron appartenant aux bibliothèques de Rome, Milan, Florence, 
Turin, Berne, Saint-Gall, Einsiedeln, Zurich, Munich, Paris et 
Avranches. 



PI. XVI.. 
XVII. 
XVIII 

XIX.. 
XX.. . 
XXI.. 
XXII. 

XXIII. 

La 3e 



XXIV. 



XXV. 
XXVI 
XXVII 



. Paris., 7714, s. IX. 
. Bernensis, '133, s. IX. 
. Laurentiaiius, LI, 10, s. XI 
. Sangallensis, 85',;, s. XII. 
. Sangallensis, 820, s. X. 
. Sangallensis (Vad., 313), 

s. X. 
. Âbrincensis, 238, s. IX 

(2 pages). 
. Sangallensis, 818, s. XI. 
. Paris., 7704, s. XV. 
. Sangallensis, 830, s. X. 
. Einsidlensis, 324, s. IX. 
. Paris., 7696, s. XI. 
. Paris., 7231, s. XI. 
. Paris., 7794, s. IX. 

livraison contiendra les principaux 



Laurentianus, XLVIII, 25, 
s. XV. 

Palatinus, 1.525, s. XV. 
Basil.S.Pelri,H,25,s.VIll. 
Monacensis, 18787, s. X. 

— . Monacensis, 19474, s. XII. 

— . Monacensis, 15964, s. XI. 
XXVIII Turicensis (Rhein., 127), 

s. XI (2 pages). 

— Paris., 18525, s. XII. 

— Ambros., G. 29, inf., s. X. 
Ambros., R. 57,sup., s.V(?). 
Taurinensis , k, II, 2*, 

s. IV (?). 
Taurinensis, A, II, 2*, 
s. III (?) (2 pages). 



XXIX 



XXX. 



manuscrits de Gicéron 



[Discours, fin, LpÀtres et écrits philosophiques) 



CATALOGUE DES MANUSCRITS DU A^ATIGAN. 

Un premier volume du catalogue des manuscrits de la bibliothèque 
Vaticane vient de paraître et contient la description des 432 manuscrits 
grecs du fonds Palatin : Codices manuscripti Palatini grœci bibliothecas 
Vatican^, descripti prseside J. B. cardinali Pitra, episcopo Portuensi, 
S. R. E. bibliothccario, recensuit et digessit Henricus Stevenson scniorj ejus- 
dembiblioihecse scriptor. (Romœ, ex typographeo Vaticano, 1885, in-4", 
XXXVII et 336 pages.) 

L'histoire de la bibliothèque Palatine est bien connue et a fait l'objet 
de plusieurs mémoires depuis la publication de Fr. Wilken [Gcschichte 
der alten hcidclbcrgischen Biïchersainmlungen , 1817). M. Stevenson a 
résumé cette histoire à grands traits dans son introduction et l'a com- 
plétée sur quelques points. 

Quant à la description des manuscrits, qui est aussi l'œuvre de 
M. H. Stevenson, on peut dire qu'elle répond à toutes les exigences de 
la critique. Le contenu de chacun des volumes de cette belle collection 
est exactement détaillé feuillet par feuillet, et les moindres mentions 
relatives à l'histoire des manuscrits palatins, souscriptions de copistes, 
notes de possesseurs, etc., sont soigneusement relevées. 



369 

Ce premier volume se termine par une série de tables, toutes fort 
utiles : concordance des anciens et des nouveaux numéros du fonds 
palatin, listes des manuscrits datés, des copistes et des anciens posses- 
seurs des manuscrits, enfin un très complet Index rerum et verborum. 
Tous les érudits salueront avec reconnaissance les débuts de cette belle 
publication et en remercieront notre compatriote le savant cardinal 
Pitra, au zèle duquel elle doit d'avoir vu le jour. 

THE AMERICAN JOURNAL OF ARCILEOLOGY. 

Il vient de paraître le premier numéro d'une revue archéologique 
imprimée à Baltimore; comme elle nous paraît appelée à rendre de 
vrais services, non seulement aux États-Unis, mais en Europe et en 
France, nous nous faisons un plaisir de l'annoncer ici. « Organe officiel » 
de V Archœological [nstitute of America, le nouveau journal est dirigé par 
le prof. Ch. Eliot Norton et par le D"- A. L. Frothingham j"-, dont le 
nom est bien connu parmi nous. Le plan est vaste et bien conçu : 
embrassant à la fois l'antiquité et le moyen âge, il comporte des articles 
de fond et des communications, des comptes rendus, des sommaires de 
périodiques et une réunion très abondante et nettement classée de nou- 
velles archéologiques de tous les pays. C'est la méthode employée par 
la Revue archéologique et surtout par la Gazette archéologique. Des figures 
et des planches héliotypiques illustrent un texte d'une impression très 
soignée. 

Dans cette première livraison, en dehors des articles relatifs à l'anti- 
quité, comme ceux de Ch. Waldstein (the Panathenaic Festival and the Cen- 
tral Slab of the Parthenon frieze), d'.\ug. C. Merriam [Inscribed sepulchral 
Vases from Alexandria, Ipl.), d'Arth. Richm. Marsh (Ancient crude-brick 
Construction and its influence on the Doric stylé), nous tenons à signaler 
l'étude de M. Frothingham : the Revival of sculpture in Europe in the 
thirteenth centunj. Ce travail, qui comportera plusieurs articles, est 
rempli d'idées fort justes et de nature à intéresser particulièrement les 
lecteurs français. Il est accompagné de deux planches assez bonnes, qui 
reproduisent des statues du portail de Chartres et le tympan du tran- 
sept sud de Notre-Dame de Paris. 

Une revue très nourrie des découvertes archéologiques faites pendant 
l'année 1884 (par Th. W. Ludlow, sous le titre de News Department) 
termine la livraison (p. 71-103). 

II. DE CURZON. 

LES MANUSCRITS GRECS DE BÉRAT. 

Nous sommes heureux de pouvoir placer sous les yeux de nos lecteurs 
une partie du rapport de M. l'abbé Batilîol sur la collection de manus- 
crits grecs que, d'après les indications de M. l'abbé Duchesne et sous 



370 

les auspices du ministère de rinstruclion publique, il vient de recon- 
naître dans le trésor de l'église de Bérat, en Albanie. 

« Les manuscrits que j'ai trouvés à la métropole de Bérat sont au 
nombre d'une vingtaine environ, tous se rapportant à des matières ecclé- 
siastiques. 

« Un premier groupe consiste en une quinzaine de manuscrits, la 
plupart fort détériores, avec des reliures délabrées et abandonnés sous 
les divans de la métropole au milieu de la poussière et des mites. J'en 
ai dressé l'inventaire et parmi les plus intéressants je signalerai : 

« Trois exemplaires de menées des xii^, xiv^ et xv^ siècles ; 

« Un typique ou recueil de règles et ordonnances ecclésiastiques du 
xv= siècle ; 

« Deux homiliaires du xni= et du xiV siècle, renfermant des homélies 
de saint Jean Chrysostome ; 

« Un évangéliaire du xiii" siècle; 

« Deux diptyques du xiv« siècle, renfermant des renseignements inté- 
ressants sur l'histoire contemporaine, dont j'ai pris note. 

« Un second groupe comprend un petit nombre de mss. ayant servi à 
l'usage liturgique et dont la valeur critique ou paléographique est tout 
autre. Ce sont : 

« Un exemplaire des Actes des Apôtres, d'écriture minuscule et sur 
vélin, ayant ceci de particulier qu'il est daté de 1158; 

« Un premier Évangile cursif, manuscrit de vélin, datant vraisem- 
blablement du xi° ou du xii« siècle, et orné de miniatures, d'un type 
d'ailleurs connu ; 

« Un second Évangile cursif, sur vélin, orné de miniatures et d'orne- 
ments peints d'un travail très délicat : ce manuscrit avait été donné à 
un monastère de la Panagia HéUouça par l'empereur macédonien Théo- 
dore l'Ange (xni" siècle) ; 

« Un évangéliaire, sur vélin, en belle écriture cursive du xi^/xn» siècle, 
avec des bandeaux décorés ; 

« Une liturgie ou texte de l'office dit de saint Jean Chrysostome : 
rouleau de vélin pourpre, long de 2™85, large de 0^26 : l'écriture est 
de large et belle minuscule du xn"/xin" siècle et l'encre est d'argent pour 
le corps du texte, d'or pour les capitales et les noms propres ou sacrés; 

a Un Évangile, comprenant les quatre évangélistes, sur vélin pourpre, 
d'écriture minuscule, très régulière et pure de toute forme onciale ; écrit 
tout entier à l'encre d'or et orné de miniatures d'ailleurs sans intérêt 
artistique. Ce manuscrit, que l'on croit, à Bérat, avoir été écrit de la 
propre main de saint Jean Chrysostome, et qui est, comme tel, vénéré 
comme une relique, est en réalité du x<= siècle ou du commencement 
du xr. Les monuments de la chrysographie byzantine sont rares : on con- 
naît le psautier de Londres (ssec. xi) et l'évangéliaire de Florence 
(saîc. XI) : on pourra y joindre désormais l'évangile de Bérat, que nous 
désignerons sous le nom de codex awxo-purpureus Anthymi. 



374 

a Reste un dernier manuscrit, de beaucoup le plus précieux. 

« Ties manuscrits grecs sur vélin puurpre à lettres d'argent sont très 
rares. On connaît la Genèse illustrée de Vienne (sœc. vi), l'Evangile de 
Patmos (sîBC. vi), l'Evangile de Rossano (sœc. vi), le psautier de Zurich 
(sœc. vn) et l'évangéliaire de Vienne (saec. ix). Si nous laissons de côté 
les quelques feuillets séparés publiés par P. Uspenski, il y a une tren- 
taine d'années, c'est tout ce que l'on possède de mss. pourpres grecs à 
encre d'argent. D'autre part, on sait quel intérêt s'attache aux manus- 
crits onciaux du Nouveau Testament pour l'histoire et la constitution 
du texte sacré. Les mss. du iv" et du v« siècle sont en assez petit nombre 
pour être tous célèbres et importants. Si tous ceux que nous possédons 
du vi<= étaient des manuscrits complets, ils ne le seraient pas moins : il 
suffit de rappeler les noms du codex Bezx, du codex Ciaromontanus, du 
codex Laudianus. Et c'est ce qui explique, même en dehors de la ques- 
tion d'art, l'intérêt qu'a excité il y a cinq ans la découverte d'un ms. 
du vi«> siècle sur pourpre et lettres d'argent, dans la ville de Rossano, 
par MM. Gebhardt et liarnack, nous voulons parler du codex Rossanensis . 

« Le dernier manuscrit de la métropole de Bérat est un Évangile, 
renfermant le texte de saint Matthieu et de saint Marc, comme le codex 
Rossanensis, moins les six premiers chapitres de saint Matthieu et les 
deux derniers de saint Marc. C'est un manuscrit in-4% à 190 folios de 
deux colonnes de dix-sept lignes, sur vélin pourpre, à encre d'argent, 
l'écriture étant d'onciale ronde et carrée, semblable à celle des frag- 
ments palimpsestes de Saint-Pétersbourg, désignés par le sigle Qc et 
dont on pourra voir un fac-similé dans les Anecdota sacra et profana de 
Tischendorf (tab. III, sp. vi). On ne peut douter que le ms. ne .soit du 
vi*= siècle. Quant au texte, l'examen des leçons me permet de le ranger 
dans la tradition dite occidentale et de l'apparenter par conséquent avec 
le codex Dezsd ^ . 

« De ce manuscrit, j'ai pris plusieurs fac-similés et une collation minu- 
tieuse qui pourront être publiés. » 

UN RECUEIL DE LETTRES DE PHILIPPE LE BEL. 

Notre confrère M. Ad. Baudouin prépare la publication d'un très curieux 
recueil de lettres de Philippe le Bel qu'il a découvert en classant les 
archives de l'archevêché de Toulouse et qu'il a mentionné dans les 
termes suivants sur un des inventaires des archives de la Haute-Garonne. 

« G. 345. — Recueil de 134 lettres de Philippe le Bel et de 10 lettres 
de PhiUppe V adressées aux sénéchaux de Toulouse et de Carcassonne, 
etc., et relatives aux démêlés des officiers royaux avecl'évéque de Tou- 
louse (1285-1320). 

1. C'est en réalité un ras. mixte, mais le fond en est bien réellement occiden- 
tal, et on peut l'apparenter sans liésiler à la famille dont les mss. principaux 
sont D et r et les cursifs 1, 13, 28, 33, 69, 61, 124. 



372 

« xiye siècle. Parchemin, 62 feuillets ; 280 millimètres sur 205. Reliure 
eu peau verte. » 

Dans une communication adressée au comité des travaux historiques, 
M. Baudctuin indique ainsi le genre d'intérêt que présentent les lettres 
du registre G. 345 : « Ces lettres, dit-il, ont en général pour objet d'in- 
terdire aux officiers royaux de rien entreprendre sur la juridiction, les 
droits, privilèges et libertés des évêques de Toulouse. Ce qui rend ces 
recommandations intéressantes, c'est que ces évéques refusaient de prê- 
ter foi et hommage pour leur temporalité; le roi les en dispensait par 
politique (les lettres dont il s'agit en fournissent la preuve), mais avec 
l'arrière-pensée de faire tôt ou tard prévaloir son autorité. Selon ce que 
je crois voir, le démembrement de l'ancien diocèse en 1317 par 
Jean XXII n'aurait été que la riposte des clercs du conseil aux préten- 
tions d'indépendance de ces vassaux trop puissants. » 

Le registre de Toulouse nous présente les lettres dans le plus complet 
désordre ; elles seront ramenées à l'ordre chronologique dans l'édition 
que va donner M. Baudouin et qui est appelée, nous n'en doutons pas, 
à un véritable succès. 

LA VERSION LATINE DU PASTEUR D'HERMAS. 

La version latine du Pasteur d'Hermas, dite versio vulgata, nous a été 
conservée dans un petit nombre de mss., dont trois sont donnés comme 
Parisini. Hilgenfeld demanda en -1869 à M. Zotenberg une description 
de ces trois mss., mais on n'en retrouva que deux, tous deux à la Biblio- 
thèque nationale. Nous pouvons signaler l'existence du troisième à 
la bibliothèque de l'Arsenal, où il porte le n° 337 (alias 354). C'est un 
ms. grand in-4°, à grandes marges et à une colonne, avec lettrines 
fleuronnées au trait et relevées de vert et de rose sur champ bleu ; les 
titres sont dorés ; l'écriture est une belle et grande cursive, imitant les 
formes anciennes. Le catalogue l'attribue au x<= siècle; nous l'attribue- 
rions sans hésiter au xV. Ce ms. contient V Itinerarium démentis 
(fol. la-166b) et le Liber Pastoris (fol. 167^-216^) ; il a appartenu au cou- 
vent des Carmes {Conventus 5* Joseph Parisiensis Garmelitarum Dis- 
calceatorum) , et c'est le même dont Gotelier a cité les variantes en 
marge de son édition des Pères apostoliques de 1672. Il faut ajou- 
ter à ces trois mss. de Paris un quatrième ms. qui n'avait pas encore 
été signalé. Il est actuellement à la bibliothèque Sainte-Geneviève, 
où il est coté Bl 44. C'est un ms. in-4'' à deux colonnes, écriture 
gothique du xni'' siècle. Le Pasteur comprend les fol. 57''-102b ; le 
texte est le même que le texte reçu. Il porte la souscription finale 
que voici : Finis. G. Hispanus. Explicit liber Pastoris. 



FRAGMENTS DE CHARTES 

DU r SIÈCLE 
PROVENANT DE SAINT-JULIEN DE TOURS 

RECUEILLIS SUR LES REGISTRES D'ÉTAT CIVIL 
D'INDRE-ET-LOIRE. 



Bien peu d'archives de province seraient aussi riches que celles 
d'Indre-et-Loire en documents anciens et remontant jusqu'à 
l'époque carlovingienne, si les circonstances les plus déplorables 
ne s'étaient réunies pour les disperser et les détruire en grande 
partie. Il suffit de citer les incomparables chartriers de l'abbaye 
de Marmoutier et de la collégiale de Saint- Martin pour donner 
une idée des richesses historiques et paléographiques accumulées 
dans notre dépôt par la Révolution. Malheureusement, on peut 
affirmer, sans crainte de se tromper, qu'à peine un trentième de 
ces précieux documents est arrivé jusqu'à nous. 

Dès l'année 1855, dans une notice sur les archives d'Indre-et- 
Loire S dont la garde venait de m' être confiée, j'esquissais l'his- 
toire vraiment lamentable de ces destructions qui ne doivent point 
être toutes mises sur le compte de la Révolution et qui se sont 
prolongées jusqu'aux premières années du règne de Louis-Phi- 
lippe. Je mentionnais notamment des vols de papiers, et même de 
parchemins, exécutés au cours de la Restauration par un gar- 
çon de bureau. Les faits m'avaient été affirmés par le doyen des 
chefs de division de la préfecture, M. Norraandin, qui, en 1818, 
avait présidé à la translation de nos archives, des salles de l'an- 

1. Mémoires de la Société archéologique de Toiiruine, tome VII. p. 144. 

26 



374 

cienne Intendance dans le bâtiment de la nouvelle Préfecture qui 
leur avait été destiné, mais M. Norniandin n'avait pu me spécifier 
sur quels fonds avaient porté ces détournements. 

Au cours de ma gestion, j'ai été assez heureux pour faire 
réintégrer dans nos archives plus de douze cents chartes, presque 
toutes antérieures au xiif siècle, et dont la plus grande partie 
avait très probablement cette coupable origine. Il s'était rencon- 
tré parmi elles des épaves de presque tous nos chartriers locaux ; 
évidemment les voleurs prenaient au hasard et selon que l'occa- 
sion se présentait. J'avais été frappé du petit nombre de pièces 
provenant de l'abbaye de Saint-Julien de Tours, qui cependant 
possédait encore à la veille de la Révolution des archives pré- 
cieuses et tenues en très bon ordre, ainsi qu'en témoignent les 
inventaires qui nous ont été conservés. Il nous restait bien un cer- 
tain nombre de chartes de cette ahhaye, mais les plus anciennes, 
qui appartenaient au x'' siècle, avaient presque toutes disparu et 
n'étaient plus représentées que par deux actes de l'archevêque 
Téotolon, qu'André Salmon avait publiés à la suite de sa notice sur 
l'abbaye de Saint-Loup*. 

Je croyais ces précieux documents à jamais perdus, comme 
tant d'autres, lorsqu'une communication faite le 28 mai 1880, à 
l'Académie des inscriptions et belles-lettres, par M. Gauthier, 
greffier du tribunal de Loches, vint éveiller mon attention et me 
mettre sur la voie que je cherchais. Par cette communication, 
M. Gauthier annonçait à l'Académie qu'il venait de découvrir sur 
les registres de l'état civil de l'année 1831 , conservés au greffe du 
tribunal de Loches, cinquante-trois fragments de toute dimension, 
se rapportant à trente-quatre chartes, dont plus de la moitié était 
du x'' siècle ^ 

Le jour même où j'avais connaissance de cette découverte, 
indirectement il est vrai, et par la lecture d'un article de journal, 
M. le Préfet d'Indre-et-Loire recevait de M. le Ministre de l'In- 
térieur une lettre dans laquelle, après avoir mentionné la com- 
munication faite à l'académie, M. le Ministre ajoutait: 

« Un pareil fait permettant de conjecturer qu'une vente ou uu 
vol d'anciens titres a eu lieu à cette époque (vers 1830) aux 
archives d'Indi^e-et-Loire, il importe de s'assurer si dans les 

1. Bibl. de l'École des chartes, t. I de la 2' série (1844-5), p. 445. 

2. Journal officiel, du 1" juin 1880, p. 5942. 



375 

greffes, mairies, ou autres établissements publics, les gros 
registres ou volumes reliés vers 1831 ne contiennent pas non 
plus dans les dos et les plats d'autres fragments de parchemins. 
Vous voudrez bien inviter M. l'archiviste, inspecteur des archives 
communales et hospitalières, à procéder à cette vérification avec 
soin et le plus tôt possible. Il est urgent en effet de prendre 
les devants sur les amateurs ou les spéculateurs que la nouvelle 
de la découverte dont il s'agit pourrait décider à opérer, dans leur 
propre intérêt, des recherches analogues. 

« Tous les fragments de chartes qui seront trouvés dans les 
reliures seront déposés aux archives départementales. » 

Je trouvai M. le Préfet d'Indre-et-Loire, l'honorable M. Dau- 
nassans, très disposé à seconder les intentions de M. le Ministre 
et à étendre à tous les dépôts d'archives du département les 
recherches si heureusement commencées à Loches par M. Gau- 
thier. Il voulut bien, à ma prière, adresser immédiatement une 
circulaire à messieurs les maires, pour les tenir en garde contre 
les amateurs et les spéculateurs visés dans la dépêche minis- 
térielle. Des lettres furent également écrites par lui à messieurs 
les procureurs de la République du département, les priant de 
faciliter à l'archiviste l'accomplissement de la mission dont il 
était chargé dans les greffes; et, pendant toute la durée de cette 
longue et délicate opération, j'ai constamment trouvé en M. Dau- 
nassans l'appui le plus bienveillant et le plus éclairé. 

Je me mis immédiatement en campagne, et je constatai d'abord 
dans les greffes de Tours et de Chinon la présence, sur les registres 
de l'état civil, de chartes ou de fragments de chartes d'une haute 
ancienneté. Cette première constatation était du reste assez facile à 
faire. Dans presque tous les cas, il est vrai, le côté écrit de la charte 
a été placé directement sur le carton de la reliure, et il n'y a de 
visible que le dos de cette charte, mais il porte parfois une cote 
en écriture plus ou moins ancienne, qui donne la date et une 
courte analyse de la pièce dont on n'entrevoit pas une seule ligne. 
Aussi des constatations analogues avaient-elles été faites déjà par 
diverses personnes mises sur la voie par la découverte de M. Gau- 
thier et notamment par M. Delaville Le Roulx, ancien élève de 
l'Ecole des chartes, et par M. Gillet, juge au tribunal de Chinon, 
qui s'était empressé de se rendre au greffe et me remit un certain 
nombre de fragments qu'il avait recueillis. 

Il est donc permis de penser qu'un demi-siècle ne se fût pas 



37f> 

écoulé, comme il est arrivé, avant qu'on eût été mis sur la trace 
de ces précieux fragments, si les grejSes n'étaient pas des dépôts à 
peu près inaccessibles, où des documents fort intéressants pour 
l'histoire, et surtout pour les mœurs du passé, dorment inutiles 
et sont généralement inconnus des hommes qui en ont la garde. 
La découverte faite par M. Gauthier, et qui consiste principale- 
mont en ce qu'il a reconnu que les fragments de chartes anciennes 
appartenaient aux registres de l'état civil de 1831, ne pouvait 
donc guère être que l'œuvre d'un greffier, ayant à la fois sous 
les yeux et sous la main un grand nombre de registres de la 
même année ; mais il fallait un homme doué de l'intelligence et de 
la sagacité qui distinguent M. Gauthier. On verra plus loin que le 
retard apporté à cette découverte, par les difficultés qu'offre l'ac- 
cès des greffes, a été fatal à un grand nombre de précieux docu- 
ments, et il en sera de même sans aucun doute, tant que le 
régime de ces dépôts, qui jure avec toutes les tendances modernes, 
n'aura pas été profondément modifié en ce qui concerne la por- 
tion antérieure à la Révolution. 

C'est le résultat des recherches auxquelles je me suis livré, en 
conséquence de la lettre ministérielle du 21 juin 1880, que je me 
propose de placer sous les yeux des lecteurs de la Bibliothèque de 
r Ecole des chartes, me bornant pour le moment à faire con- 
naître les pièces antérieures à l'an mille qu'il m'a été donné de 
reconstituer, sinon toujours dans leur entier, du moins dans leurs 
parties essentielles. 

Les fragments trouvés au greffe de Loches, au nombre de 
soixante, étaient tout d'abord rentrés dans notre dépôt. Ils y ont 
été restitués par la Société archéologique de Touraine, à laquelle 
M. Gauthier avait cru, bien à tort, pouvoir en faire hommage*. 
Ces documents sont en effet la propriété des archives d'Indre-et- 
Loire, auxquelles ils ont été volés vers 1830, et vendus à un 
relieur qui les a employés sur les registres de l'état civil de 1831, 
sans se douter des trésors historiques et paléographiques qu'il, 
livrait ainsi à la destruction. 

Le greffe de Chinon, par lequel je commençai mes opérations, 
me donna tout d'abord une abondante récolte. Plusieurs registres 
étaient reliés en parchemin plein, et, bien que ces feuilles ne soient 
pas toutes fort anciennes, do. dépôt m'a fourni cependant plu- 

1. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. V, p. 178. 



377 

sieurs pièces entières, ou presqu'entières , appartenant au 
x*' siècle. Il en contenait à lui seul plus que les greffes de Tours 
et de Loches réunis. 

En résumé, les simples fragments ou petites bandes de parche- 
min de trois ou quatre centimètres de largeur, trouvés dans les 
trois greffes, sont au nombre de 399, plus 23 pièces entières ou 
presqu'entières, et une notable partie de ces documents remonte 
au x^ siècle ! 

Dans les communes rurales, la moisson a été beaucoup moins 
abondante, comme on pouvait le prévoir du reste, les registres 
ayant été, depuis un quart de siècle environ, assez fréquemment 
reliés par période de dix années, et les anciens dos de parchemin 
jetés aux rognures. Les pertes éprouvées de ce chef sont très consi- 
dérables ; les trois cent quatre-vingt-deux communes du départe- 
ment ne nous ont guère donné qu'une centaine de fragments, c'est- 
à-dire le quart à peine de ce que nous avons trouvé sur les 
doubles déposés dans les greffes. Or ces deux catégories de registres 
sortaient des mains du même relieur, qui les avait confectionnés en 
même temps, et il est permis de penser que les chartes volées s'y 
trouvaient réparties en proportion à peu près égale. On voit par 
là que si le régime des greffes eût été plus libéral, les constata- 
tions et la découverte faites par M. Gauthier un peu avant 1880 
eussent pu avoir lieu bien antérieurement et d'une façon plus 
fructueuse. Il y a vingt-cinq ans, très peu de communes avaient 
fait relier leurs registres de l'état civil, et en 1860, sans remonter 
plus haut, le nombre des fragments de vieux et précieux parche- 
mins devait être à peu près égal dans les mairies à celui que nous 
avons trouvé dans les greffes. 

Ma récolte faite, je songeai à en tirer parti et à rétablir autant 
que possible les chartes dans leur état primitif. Cette entreprise 
offrait de sérieuses difficultés, car ces précieux documents ont été 
découpés de la façon la plus capricieuse et la plus barbare. Le 
ciseau du relieur les a tranchés tantôt dans le sens de la largeur, 
tantôt dans celui de la hauteur ; parfois même une pièce de grande 
dimension a subi cette opération dans les deux sens, ce qui rend 
les rapprochements d'autant plus difficiles. Je reconnus bientôt 
que presque tous les fragments provenaient du chartrier de l'ab- 
baye bénédictine de Saint-Julien, transporté à la Révolution au 
district de Tours. Comme il s'agissait en général de pièces iné- 
dites, et que, sur de simples et souvent rares fragments, il serait 



378 

impossible de reconnaître un document dont on n'aurait aucune 
notion, je dus tout d'abord recueillir à Paris et ailleurs les copies 
et analyses prises dans l'ancien chartrier de Saint-Julien par dif- 
férents érudits des deux derniers siècles, tels que Gaignières, 
Baluze, dom Housseau, etc. Mais assez souvent nos pièces n'ont 
pas été copiées, ni même analj^sées, et, pour celles dont les frag- 
ments sont très exigus et en petit nombre, la reconstitution a été 
très difficile et parfois impossible. 

Cependant, toujours en ne parlant que des pièces antérieures 
à l'an mille, je suis parvenu à reconstituer, au moins dans leurs 
parties essentielles, trente-quatre chartes, qui proviennent presque 
toutes du fonds de Saint-Julien et dont la plus ancienne est de 
l'année 927 et la plus récente de 999 environ. Un tel résultat 
méritait assurément d'être poursuivi avec ardeur et persévérance, 
même au prix d'efforts que n'apprécieront peut-être que ceux 
auxquels a pu incomber une semblable tâche ; mais l'archiviste 
se considère comme largement payé de ses peines par la satis- 
faction de voir plus que doubler dans son dépôt le nombre des 
chartes antérieures à l'an mille * . 

Le 16 juin 1882, j'ai été admis à l'honneur de lire devant l'Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres une note relative à la plupart 
de ces chartes du x" siècle. La docte compagnie a bien voulu témoi- 
gner de l'intérêt qu'elle prenait à cette découverte, et deux de ses 
membres, M. Renan, l'émiuent administrateur du Collège de 
France, et M. Hauréau, le savant continuateur du Gallia chris- 
tiana, ont échangé à ce sujet des observations d'un haut intérêt. 



1. Celles qui se trouvaient dans nos cartons avant 1880 ont été de la part de 
mon honorable confrère M. Delaville Le Roulx l'objet d'une intéressante publi- 
cation qui les a fait mieux connaître et apprécier, bien que les principales 
d'entre elles eussent déjà été publiées. On me permettra ici de faire remarquer 
que ces précieux débris de nos anciens chartriers n'avaient pas jusque-là été 
aussi négligés que pourrait le faire penser une des dernières phrases de la 
notice de M. Delaville Le Roulx. Ces documents, dont l'archiviste appréciait 
parfaitement toute la valeur, avaient été l'objet de soins particuliers et d'un 
inventaire spécial; ils portaient et portent encore an dos un numéro à l'encre 
rouge, se référant à cet inventaire, qui datait déjà de plusieurs années, puisque 
ces numéros sont mentionnés dans un Essai sur la géographie ancienne de la 
Touraiae, publié par M. de la Ponce, dans le tome IX des Mémoires de la 
Société archéologique de Touraine, lequel a paru en 1857. On conviendra que 
cette date est bien antérieure à l'époque oii mon honorable confrère, sorti de 
l'École des chartes en 1877^ a pu s'occuper de ces documents. 



37i> 

Nos chartes offrent des spécimens curieux et variés de l'écri- 
ture du x' siècle. Dans la plupart, les signatures sont accompa- 
gnées de notes tironiennes dont l'usage semble s'être conservé en 
Touraine plus longtemps que dans les autres contrées. Le savant 
Kopp, dans sa Palœographia critica, fixe au milieu du x'' siècle 
la disparition de ce genre d'écriture ; or, plusieurs de nos frag- 
ments appartenant au dernier quart de ce siècle et même au com- 
mencement du suivant offrent des notes tironiennes, avec des 
formes un peu altérées parfois, mais encore bien caractérisées. Il 
en est de même de l'emploi des lettres grecques qui figurent dans 
les signatures de l'archevêque Téotolon et de quelques autres digni- 
taires ecclésiastiques , et que l'on rencontre assez rarement au 
milieu du x'' siècle. Téotolon, qui a donné et signé quelques-unes 
de nos chartes, me paraît l'un des hommes les plus distingués de 
cette époque trop calomniée, et il mériterait une biographie que 
j'essaierai peut-être un jour. Né eu Touraine d'une famille riche 
et considérable, il fut poussé de bonne heure par un penchant irré- 
sistible vers la vie religieuse. Dès 903, nous le voyons chanoine de 
Saint-Martin ; en 905 il est préchantre, et en 909 il occupe la 
haute dignité de doyen, qu'il conserva au moins jusqu'en 927. Peu 
après cette date, il quitta la collégiale pour entrer dans l'abbaye 
deCluny, où il demeura jusqu'au moment de son élévation sur le 
siège de Tours, à la fin de 931. Sa mort nous paraît, comme à 
Salmon, devoir être fixée au 28 avril 945*. 

On ne le connaît guère que comme restaurateur de l'abbaye de 
Saint-Julien, ruinée au siècle précédent par les Normands, mais 
il est très probable que, si les documents du x*' siècle étaient moins 
rares, nous le verrions exercer son zèle et son activité en de bien 
autres circonstances. Il fut l'ami particulier de saint Odon, le 
célèbre abbé de Cluny, et paraît même avoir été mêlé aux grandes 
affaires du royaume, car Flodoard nous dit qu'il mourut en reve- 
nant de Laon, où il était allé ménager la paix entre les princes ^ 

D'autres archevêques de Tours de la même époque figurent 
également dans nos chartes, notamment Joseph, Frottier et Har- 
douin, sur le compte desquels on sait si peu de chose que les 
moindres indications qui les concernent ont un véritable prix. 

Parmi les grands personnages laïques, outre différents comtes 

1. Bibl. de l'École des chartes, t. I de la 2' série, p. 447, note 13. 

2. Gallia christiana, t. XIV, col. 50. 



380 

de Tours, d'Anjou et du Maine, on rencontre deux fois la signa- 
ture de Hugues Capet, à une époque où il n'était pas encore roi 
de France et portait seulement le titre de duc des Francs, dux 
Francorum . 

Plusieurs points de chronologie et de géographie locales peuvent, 
à l'aide de nos chartes, être éclaircis et résolus d'une façon plus 
satisfaisante qu'on ne l'avait fait jusqu'à présent. Je signalerai 
seulement la détermination de l'emplacement de la vicaria 
AnguliacpMsis, sur le compte de laquelle on n'avait encore émis 
que des opinions parfaitement erronées, et le prolongement de la 
carrière épiscopale de Joseph II, dont le Gallia christiana pla- 
çait le terme en 980, mais qu'une de nos pièces montre en fonc- 
tion au moins jusqu'en 983. 

En dehors des documents publiés ici, il reste bien encore 
quelques fragments qui paraissent appartenir au x*^ siècle, mais 
ils sont si exigus que je n'ai pu jusqu'à présent reconnaître de 
quelles pièces ils proviennent. Peut-être des recherches ulté- 
rieures ou quelques heureux hasards permettront-ils de les déter- 
miner, mais les résultats obtenus me paraissent de nature à 
intéresser les hommes qui se livrent à l'étude du moyen âge et je 
ne crois pas devoir tarder plus longtemps à les mettre sous leurs 
yeux. 

On trouvera en tête des pièces les notes et les observations aux- 
quelles elles m'ont paru pouvoir donner lieu. Non pas que je 
pense avoir épuisé la matière, je sais trop ce qui me fait défaut 
pour atteindre un tel but, surtout travaillant en province, mais 
les documents seront publiés et les érudits mis à même d'en tirer 
tout le parti désirable. 

Dans l'impression des textes, l'absence d'e cédille m'a amené à 
représenter cette lettre, ainsi que les ae liés ensemble, par œ; 
lorsque ces derniers sont écrits séparément, je les imprime de 
cette même façon. 

Je ne terminerai pas sans offrir tous mes remerciements à 
mon honorable confrère M. Omont, pour la complaisance avec 
laquelle il a bien voulu m'aider à lire les notes tironiennes, dans 
le déchiffrement desquelles il. est devenu de bonne heure, comme 
on sait, un véritable maître. 

Ch. DE Grandmaison. 



381 



I. 



CHARTE DE l' ARCHEVEQUE DE TOURS ROBERT, CONCÉDANT, A LA 
PRIÈRE DE TÉOTOLON, DEUX ARPENTS DE TERRE AU DIACRE 
ARDOUIN. — AVRIL 927. 

Trois fragments : un vertical et deux horizontaux. 

Je n'avais d'abord rencontré de cette pièce qu'un fragment verti- 
cal très exigu de 0"'153™"i de hauteur et de 0^33'°'" de largeur, 
contenant quelques mots des dernières lignes du texte et les pre- 
mières lettres de huit signatures. Je fus frappé de l'ordre où 
étaient rangées ces souscriptions et dans lequel le thêta du nom de 
Téotolon ne venait qu'en seconde ligne, fait qui ne se présentait 
jamais dans les chartes émanées de lui et conservées dans les 
archives de Saint-Julien. Le nom qui précédait le sien, et com- 
mençait par les lettres Rot, ne pouvait appartenir qu'h un très 
haut personnage. Je songeai sur-le-champ à l'archevêque Robert, 
qui avait occupé le siège de Tours avant Téotolon. Dans la revue 
que je fis des chartes de ce prélat, je tombai sur l'une d'elles, 
datée de 927 et dans laquelle il permet à Téotolon, alors doyen 
de Saint-Martin, de donner à vie à Ardouin, diacre de la même 
collégiale, deux arpents et un quartier de terre dépendant du 
presbytère de Saint-Vincent et relevant de l'archevêque, qui en 
avait précédemment pourvu Téotolon. La signature de Robert y 
précède en effet celle de Téotolon ; mais ce cas pouvait fort bien 
n'être pas unique, et il me restait encore des doutes, d'autant 
mieux que la copie de cette pièce, qui nous a été conservée par 
dom Rousseau, ne porte que deux signatures, celles de Robert et 
de Téotolon, et que mon fragment en offrait davantage. Heureu- 
sement, un inventaire analytique des plus anciennes chartes de 
Saint-Julien, conservé dans les Archives d'Indre-et-Loire, conte- 
nait tout en tête une analyse de cette même pièce, à la fin de 
laquelle figuraient de plus nombreuses signatures et dans l'ordre 
suivant : Robert, Téotolon, Rarthélemy Or, sur notre frag- 
ment, le commencement du nom de ce dernier vient après les deux 
autres. Le doute n'est donc plus guère possible : c'est bien un frag- 
ment de la charte de Robert donnée en 927 que nous possédons. 

Au cours de mes investigations, je rencontrai deux nouveaux 



382 

fragments donnant, outre quelques signatures, la plus grande 
partie de la date telle que dom Housseau nous l'a conservée, sous 
la forme suivante : « Datamenseaprili,annoIV, régnante Rodul- 

pho rege. » On y lit en effet les mots : « mense aprili in 

civitate Turonus anno IIII, régnante R » Le mois et l'an- 
née du règne sont identiques ; le nom du roi Raoul manque, il est 
vrai, mais le ciseau de l'impitoyable relieur a laissé subsister, 
après le mot régnante, une notable partie de la lettre R, qui est 
bien la première du nom de Rodulphus (Raoul) ; quant aux mots 
in civitate Turonus, qu'on ne trouve pas sur la copie de dom 
Housseau, il faut considérer que cette copie est abrégée, comme 
beaucoup de celles qu'il a recueillies, et que les parties essentielles 
ont seules été conservées. Ceci explique également l'absence sur 
cette copie du nom du scribe de la charte que nous donne l'un de 
nos fragments, où nous lisons : « Ego Ingelbertus, licet indignus 
sacerdos presens fui et rogitus {scripsi et subscripsi). » 

Les analyses de chartes de Saint-Julien, qui m'ont aidé à 
reconnaître la provenance de ces fragments, ont été évidem- 
ment rédigées dans l'abbaye, par un homme qui en avait le char- 
trier à sa disposition. Les pièces analysées sont seulement au 
nombre de treize et vont de 927 à 945. Parmi elles se trouvent 
plusieurs de celles que nous avons pu recueillir, mais il s'en ren- 
contre aussi dont il ne subsiste plus aucune trace et même que 
Baluze et Gaignières n'ont pas connues, car ils n'auraient pas 
négligé des pièces de cette antiquité. Étaient-elles perdues à 
l'époque de leurs savantes recherches ou jugea-t-on ne devoir 
pas les leur communiquer ? 

Quoi qu'il en soit, ces analyses, dont la plupart sont en latin, ne 
peuvent être que l'œuvre d'un véritable paléographe et j'ai long- 
temps cherché à qui les attribuer. L'écriture très caractérisée ne 
ressemble point à celle des grands Bénédictins du xvii'' siècle, et 
d'ailleurs elle me paraissait leur être un peu antérieure et remon- 
ter au premier tiers de ce siècle. Après bien des tâtonnements, je 
crois enfin être parvenu à résoudre ce petit problème. 

Il existe au département des manuscrits de la Bibliothèque 
nationale un volume portant le n° 13898 du fonds latin, dont 
l'écriture offre la plus grande analogie avec celle des analyses de 
Saint-Julien. L'aspect général est le même, et surtout certaines 
lettres, qui affectent une forme particulière et insolite, sont iden- 
tiques, notamment G et P. Le doute ne nous paraît pas possible. 



383 

Or, ce manuscrit, contenant de nombreuses copies de pièces du 
chartrier de Saint-Martin, est de la main de dom François Le 
Sueur, religieux bénédictin qui, né à Rouen en 1606, entra dans 
la congrégation de Saint-Maur, fit profession dans l'abbaye de 
Jumièges en 1625 et mourut à Saint-Wandrille, le 27 avril 1667. 
Il dit lui-même, dans le titre, qu'il fit cette copie à Tours, en 1643. 

Le Sueur était instruit et laborieux et avait recueilli sur les saints 
bénédictins des notes et des renseignements que INIabillon recon- 
naît lui avoir été fort utiles lorsqu'il composa les actes de l'ordre 
de Saint-Benoît. Il avait même écrit une vie d'Alcuin , qui se 
trouvait au xvii® siècle dans l'abbaye de Saint-Wandrille. 
Quoique né, entré en religion et mort en Normandie, sa vie ne se 
passa pas tout entière dans cette province. Nous avons vu qu'en 
1643 il était à Tours, où il avait accès dans les archives de Saint- 
Martin, et c'est là probablement qu'il composa la vie d'Alcuin, 
mais j"ai trouvé d'autres preuves incontestables de son séjour en 
Touraine et même à Saint-Julien. En effet, un des registres capi- 
tulaires de cette abbaye, conservé aux archives d'Indre-et-Loire, 
contient la nomination de dom François Le Sueur comme scribe 
ou secrétaire du chapitre. L'acte entièrement écrit de sa main et 
portant sa signature à côté de celle du prieur Benoît de Jumilhac 
est du 11 août 1642. Notre religieux fonctionne en cette qualité 
jusqu'au 5 juin 1643 et son successeur est nommé le 20 juillet de 
la même année. L'écriture est bien la même que celle des analyses, 
quoiqu'exécutée à main plus posée. C'est donc pendant son séjour 
à Saint-Julien que dom Le Sueur a rédigé les analyses que nous 
possédons. 11 est très probable qu'il y passa plus de deux années 
et qu'il ne fut pas appelé à un poste de confiance le lendemain 
même de son arrivée au monastère, d'autant mieux qu'au bas de 
l'acte de nomination sa signature est accompagnée de la qualité 
senior, preuve manifeste de la considération qu'il s'était acquise 
déjà auprès de ses supérieurs et de ses frères. 

Cette charte est inédite. 

Dom Housseau, no 154, d'après le cartulaire de Saint- Julien (extrait). 

In nomine Domini nostri Jesu Christi. Rotbertus sanctee TuronicaB 

sedis archiepiscopus, notum volumus Quoniam deprecatus est 

nos quidam gregis inclili confessoris Christi beali Martini venerabilis 
canonicus ac decanus, nomine Teotolo, ut aliquid ex potestate noslra, 
videlicet ex presbiterio cellulœ sancti Vincentii^ quœ sita est in 



384 

suburbio Turonicae urbis cuidam prefati gregis diacono, nomiiie 

Arduino, sub inslitulione census annuatina reddendura, per hanc 
iiostrae auclorilatis firmitatem concederemus : cujus deprecationem, 
ut par erat, benigna recipientes animo, concessimus prselibato 
Arduino ex potestate sancLi Yincentii de terra arabili aripcnn. 
II,.... silos in suburbio Turonicae urbis, juxta arcus antiquos, non 
longe a cornu monasterii Sancti Martini terminantur elc 

Et ut haec manusfirma certior habeatur manu propria eam 

subscripsiraus et ad canonicos nostrae matris ecclesise firraari feci- 
raus. XP. Rotbertus. GïjwGwXw, etc. 

Data mense aprili, anno IV, régnante Rodulpho rege. 

Tel est le texte un peu abrégé qui nous a été conservé par 
D. Housseau. Aux deux signatures qu'il porte, il faut en ajouter, 
d'après l'un de nos fragments, six autres dans l'ordre suivant : 
Bartli[olomeus]. Rotbe[rtus]. Rotber[tus]. Dodal[dus]. Arnul[fus]. 
Adalulf[usj. Et nous sommes loin d'avoir toutes les signatures, 
car dans ses analyses dom Le Sueur, qui en donne quatre, dit 
qu'il s'en trouvait encore vingt-quatre autres, ce qui fait un total 
de vingt-huit. Le fragment qui contient la date mentionnée plus 
haut dans la notice donne les noms de Rotgerius, Rotbertus, 
Beringerius, tous trois accompagnés de la note tironienne qui 
signifie clericus. 

IL 

DÉLIMITATION PAR LARCHEVÈQUE TÉOTOLON DES PAROISSES 
DE SAINT-JULIEN ET DE SAINT-SATURNIN. — 933. 

Haut. 0'"450"''". — Larg. 0'»275™°». 

Nous avons de cette charte plusieurs fragments, provenant de 
deux exemplaires, que nous désignerons par les lettres A et B. 

L'exemplaire A, quoiqu'il ait été découpé en un plus grand 
nombre de morceaux, est cependant le moins incomplet, et c'est 
lui que nous reproduisons, en mettant entre crochets les mots 
qu'il nous a fallu suppléer. Il ne compte pas moins d'onze frag- 
ments, septverticaux et quatre horizontaux, qui, malgré quelques 
lacunes, nous donnent la hauteur et la largeur de la pièce. 
L'exemplaire B se compose de trois bandes horizontales, dont 
une en deux parties, et d'un grand fragment à peu près carré, de 



385 

Qm3i2°"° de largeur sur 0'"344'"'" de hauteur. Une lacune assez 
considérable existe vers le milieu, ce qui ne permet pas de con- 
naître la hauteur de la pièce : la largeur est de O^SIO""'" à 

Ces deux exemplaires, dont l'écriture n'est pas identique, sont 
d'une époque postérieure au temps où vivait Téotolon, mais il est 
difficile d'en déterminer l'âge, les copistes ayant voulu sans doute 
imiter un caractère plus ancien. Us diffèrent entre eux dans 
quelques-unes de leurs parties, ainsi qu'on le verra, mais tous 
deux offrent la même date qui est ainsi libellée : « Acta sunt haec 
Turonus, auno ab incarnatione Domini DCCCGXXXIII, indic- 
tione V, régnante Ludovico rege anno XII. » 

Les contradictions et les impossibilités contenues dans cette 
date sautent aux yeux tout d'abord. En effet, ni l'indiction V, 
ni la douzième année du règne de Louis d'Outremer ne corres- 
pondent à 933, de quelque façon que l'on commence à compter 
les années de ce prince, soit de 929, année de la mort de son 
père Charles le Simple, soit de 936, époque de son avènement à 
la couronne. Aussi les érudits ont-ils eu recours aux suppositions 
les plus variées et les plus ingénieuses pour découvrir le genre 
d'erreur qu'avaient bien pu commettre les copistes du xvii" siècle, 
erreur qui leur semblait surtout devoir porter sur la date de 933, 
où les uns voulaient voir 943 et les autres 947. Mais aujourd'hui 
nous avons sous les yeux deux exemplaires, sinon originaux, du 
moins très anciens, de cette pièce, et tous deux portent identique- 
ment la même date. Il faut donc renoncer aux explications plus 
ou moins fantaisistes auxquelles on s'est livré, et accepter la date 
de 933. 

Or, en cette année, Louis d'Outremer, fils de Charles le 
Simple, était encore réfugié en Angleterre, d'où il ne fut rappelé 
qu'après la mort de Raoul, et son sacre n'eut lieu que le 19 juin 
936. Dans aucun acte autre que celui-ci, on ne lui donne avant 
930 le titre de roi. Ce n'est que postérieurement à son couronne- 
ment et par pure flatterie que, dans quelques chartes, on fait 



l. Les largeurs du haut et du bas de la charte ne sont pas tout à fait égales 
et j'avais d'abord songé à dédoubler cet exemplaire, mais l'écriture et le par- 
chemin me paraissent identiques, les intervalles entre les lignes sont bien les 
m^mes et, après mur examen, je crois qu'il n'y a là que des fragments d'un seul 
exemplaire. 



386 

remonter son avènement au 7 octobre 929, date de la mort de son 
père. Il est donc impossible que cette charte ait été donnée en 933, 
d'autant mieux qu'elle suppose et même mentionne des donations 
antérieures, et que, d'après la chronique de Saint-Julien*, c'est 
en 937 seulement que Téotolon commença à relever et à restau- 
rer cette abbaje ruinée par les Normands. 

Non seulement la date de cette pièce est fausse, mais la charte 
elle-même me paraît suspecte et cela pour plusieurs raisons très 
graves. 

D'abord les fragments que nous possédons ne sont évidemment 
que des copies postérieures au temps où vivait Téotolon. Il suffit 
pour s'en convaincre de comparer leur écriture à celle des chartes 
authentiques de ce prélat venues jusqu'à nous. Dans ces der- 
nières, la liste des signatures n'est jamais précédée des mots 
Testes hujus rei, comme nous le voyons dans l'exemplaire A, 
et le nom de Téotolon est toujours écrit en caractères grecs, tan- 
dis que les fragments datés de 933 le donnent en lettres ordinaires. 
De plus, les notes tironiennes, qui dans les chartes authentiques 
accompagnent le nom de Téotolon et des témoins, font ici défaut 
et auraient été plus ou moins bien imitées par les copistes, si 
ceux-ci les eussent rencontrés sur un original, ainsi du reste que 
cela est arrivé assez souvent. 

Il n'est donc pas probable que ces copies aient été prises sur un 
original dont la date seule aurait été altérée. 

Enfin, et ceci nous semble capital : l'objet même du document 
est en complet désaccord avec le véritable état des choses et des 
lieux à l'époque de Téotolon, tel du moins que nous le montre une 
étude sérieuse et attentive des documents non douteux. En effet, 
la charte de 933 a pour objet de déterminer exactement les limites 
des paroisses de Saint-Julien, Saint-Saturnin et Saint-Pierre-le- 
Puellier, et cela dans le but de fixer ce qui doit revenir à chacune 
d'elles dans les droits de baptême, de sépulture et autres. Le besoin 
et même l'utilité d'un tel acte, d'un caractère non moins fiscal 
que religieux, n'a dû se faire sentir que lorsque les deux paroisses 
de Saint-Julien et de Saint-Saturnin, dont il est principalement 
question, eurent acquis une réelle importance et une population 
assez nombreuse pour que les droits mentionnés fussent devenus 
véritablement productifs. Or, au temps où vivait Téotolon, l'es- 

t. Salmon, Pecueil de chroniques de Touraine, p. 223. 



3S7 

pace compris entre Saint-Julien et Saint-Saturnin n'était occupé 
que par des vignes et des terrains en culture et ce n'est que peu à 
peu et postérieurement qu'il se couvrit d'habitations. C'est alors 
que la question des droits de sépulture et autres devint réellement 
intéressante et donna lieu à des discussions, au cours desquelles 
surgit sans doute la pièce qui nous occupe. Ainsi s'expliquerait 
tout naturellement le préambule, dans lequel le rédacteur de la 
charte fait dire à Téotolon qu'en examinant les donations et pri- 
vilèges qu'il avait concédés à Saint-Julien et placés dans les 
archives, in archivo, il a trouvé qu'il en manquait plusieurs dont 
l'absence pourrait engendrer des débats, notamment en ce qui 
concerne les limites de la paroisse et les droits qui y sont afférents. 
Après quoi, l'archevêque détermine minutieusement ces limites et 
ces droits, surtout par rapport aux paroisses de Saint-Saturnin 
et de Saint-Pierre-le-Puellier. Or, toutes les donations de Téo- 
tolon à Saint-Julien, venues jusqu'à nous, sont postérieures 
à 933 ; la dédicace même de l'église remonte seulement à 943 S et 
dans une charte de mars 945, où ce même Téotolon donne à l'ab- 
baye nouvellement construite par lui, ad cœnohium noviter 
constructum, l'église de Saint-Saturnin, il qualifie cette dernière 
de simple cella et de loculus, ce qui ne semble pas indiquer une 
église paroissiale ^ Quant au monastère de Saint-Pierre-le-Puel- 
lier, dont une tradition sans preuves attribue la fondation à 
sainte Clotilde, bien loin d'être une paroisse vers le milieu du 
x*" siècle, il était encore à l'état de ruine où l'avaient laissé les 
invasions normandes et l'on voit, dans la charte de fondation de 
Beaumont par Hervé S que vers l'an mille il se trouvait vide, 
puisqu'il n'existait alors en Touraine aucun monastère de femmes. 
De tout ce qui précède il me semble résulter que la charte 
de 933 est radicalement fausse et que nous ne nous trouvons 
même pas ici, comme il arrive parfois, en présence d'un acte 
dont le rédacteur a tenté de reconstituer à l'aide de données 
certaines un document mutilé ou perdu. Elle doit donc être 
rejetée en entier, notamment en ce qui concerne les digni- 
taires de Saint-Martin et de la cathédrale ou Saint-Maurice, 
qui figurent parmi les témoins et sur la chronologie desquels elle 

1. Salmon, Recueil de chroniques de Touraine, p. 223. 

2. Dorn Rousseau, n" 159. Saint-Saturnin ne paraît avec le litre de paroisse 
que dans la seconde moitié du xii" siècle. 

3. Gallia chrisliana, t. XIV, Instr., col. 63. 



388 

a déjà servi à propager trop d'erreurs. Ainsi, parmi les doyens 
de Saint-Maurice, Otbertus I, qu'on ne trouve mentionné que dans 
cet acte, doit être supprimé. Quant à Boso, Nefingus, Otgerius, 
Gualterius, Arbertus, il faut, croyons-nous, renoncer à les voir 
en exercice dès 933, d'autant mieux qu'en cette année, nous trou- 
vons comme doyen de Saint-Martin Bernerius, et non pas Nefin- 
gus, qui ne figure en cette qualité qu'à partir de 940. 

On pourra s'étonner après cela que ce document ait été 
imprimé par les Sainte-Marthe, tomel, p. 751, de l'ancien Gallia, 
sans aucune observation sur le degré de confiance qu'il peut méri- 
ter. Baluze lui-même l'a transcrit sans paraître douter de son 
authenticité. Cependant l'aspect seul des fragments que nous pos- 
sédons suffit pour éveiller les soupçons ; mais peut-être ces frag- 
ments ne sont-ils eux-mêmes que des copies d'une pièce plus 
ancienne, ou dans laquelle l'écriture du x^ siècle était mieux 
imitée. Toujours est-il que Le Sueur ne la mentionne pas dans ses 
analyses, qui cependant vont de 927 à 945 et relatent des pièces 
dont on ne retrouve dans la suite aucune indication. 

Dans le tome XIV du nouveau Gallia christiana, col. 51, le 
savant M. Hauréau, qui prolonge la carrière de Téotolon jus- 
qu'en 948, place notre charte au delà de juin 947, où il trouve 
l'indiction V et la douzième année de Louis d'Outremer. Mais, 
pour arriver à ce résultat il faut, comme il le fait du reste, tenir 
pour erronée la date d'avril 946 que porte la première charte 
signée de Joseph, successeur de Téotolon. Il est vrai qu'on ne 
retrouve plus l'original de cette pièce, publiée par M. Tarbé^ 
ce qui permet toutes les hypothèses. Dans les circonstances de ce 
genre, où l'on peut supposer les copies exactes ou fautives selon 
les besoins de la cause que l'on veut soutenir, il est bien difficile 
d'arriver à une solution certaine. 11 faut remarquer que dans les 
copies de cette pièce, données par Gaignières et par le cartulaire de 
Saint-Julien, l'année 946 est formellement exprimée et que cette 
même date se retrouve dans trois inventaires ou listes des chartes 
de l'abbaye, conservés aux archives d'Indre-et-Loire, tous écrits 
au xvif siècle par des mains et à des époques différentes ; une 
erreur n'est donc guère probable. 

Gallia (1656), t. I, p. 751.— Bibl. nat., Baluze, t. LXXVII, fol. 81. 
1. Examen critique de diverses chartes relatives à la Touraine, p. 11 et 12. 



389 

XP.^ Ego Tcotolo, gratia Dei Turonorum metropolitanus, curam 
maxiniam gerens monaslerio Sancti Juliani, rebusque ei aiiliquitusab 
optimis viris et nuperrime a me ipso coUatis, meluensque cupidas 
mentes improborum, manusque diripientium tara presentum quam 
futurorum, ipsas res ad posterorum nolieiani litteris prout polui mari- 
dare curavi. De potioribus igitur ac valentio[nbus]^, sigillis regum 
insignita testaments feci ; de quibusdam vero mee ditioni subactis 
kartas edidi atque firmavi, et in archive ^ ipsius œcclesiœ servanda 
tradidi. Quœ dum nuper revolverem, inveni déesse aliqua que si igno- 
rarenturpossentgenerare scandala; de parrocchia scilicet ipsius^ mo- 
nasterii, de reditibusque ejus, hoc est, censu, baptisterio, sep[ultura 
quae, siciit] antiqui homine's et veraces^, et in polegio nostrae raatris 
aecclesige repperi, ita hic inserui. Ab oricnlali parte [versus civitatem 
deterjminatur parrociiia Sancti JuHani Sanctique Saturnini, cum 
sepultura et aUis reditibus, cum œcclesia Sancti Pétri : a m[eridiana 
parte, cum] œcclesia Sancti Hilarii Sanctique Vincentii : ab occidentali 
parte ab œcclesia Sancti Albini, sunt vineœ de œcclesia Sancti Satur- 
nini, et de œcclesia Sancti Albini, et de meo proprio alodo pertingentes, 
usque ad burgum Sancti Pétri Puellaris'^. Hœc in dominio Sancti 
Juliani ' habentur absque uUa consuetudine allerius sancti, vel cujus- 
libet hominis. Habitatores veroomnes domorum magnarum scu par- 
varum in circuitu harum vinearum positarum [de parte viarum, seu 
de parte Ligerls, vel de] parte burgi Sancti Pétri, vel intra vineas 
sitarum, parochi sunt Sancti Juliani et baptislerium [et sepulturam 
Sancto Juliano persolvunt^. Alodum] Sancti Juliani et burgum 
Sancti Pétri disterminat una arcta via mittens euntes ad Ligerlm. 

1. Le chrisrae que l'on renconire au commencement de la plupart des chartes 
de celte époque est fort dénaturé, mais encore bien reconaaissable. 

2. On lit dans l'exemplaire B, ainsi que dans l'ancien Gallia (1656) : de valen- 
tioribus igitur ac potioribus rébus; ce dernier mot manque dans A. 

3. L'ancien Gallia, au lieu il'archivo, donne marotimo, mot tout à fait inso- 
lite et dont Du Cange ne cite que ce seul exemple. Comme il ne se trouve point 
dans Baluze, il faut supposer l'existence d'un troisième exemplaire de notre 
charte. 

4. Nous lisons dans B : ipsius ecclesix seu monasterii. 

5. Le mot asseruerunt, cependant nécessaire pour l'intelligence du texte, 
manque dans A et se trouve dans B. 

6. L'exemplaire B donne, après le mot Puellaris, la ligne suivante, que l'on 
retrouve dans le texte publié par les Sainte-Marthe : cum terra arcnosa et ripa 
fluminis medietateque Lirjeris fluminis. 

7. Après Juliani, on lit dans B et dans l'ancien Gallia : vionachorumque ejus. 

8. Ce passage n'est pas dans B tout à fait conforme à ce qu'on rencontre dans 

27 



300 

Acta [est hsec determinatio Turonus in presentia domini] Nefingi 
Sancti Martini dccani, atque Guallerii thesaurarii, Olberti Sancli Mau- 
ricii decani, Arberti Sancti Martini precentoris, [OlgeriiSancJti Mau- 
ricii precenloris, Guntelmi, Ingeiberti atque aliorum mullorum nobi- 
lium, tam clericorum quam laicorum. Est autem hic alodus, [undc 
iste tracjtatus habctur, prope ecclesiam Sancti Pétri Puellaris; quic- 
quid de eo exit perpetiialiler Sancto Juliano erit. [Si quis unquajm 
quolibet modo bec Sancto Juliano surripere voluerit, vel in pejus 
mutare, ex auctoritate Patris et Filii et Spiritus Sancti et sancti Pétri 
totiusque [cbrislianitatis et nostjra excommunicatus perraaneat, et 
omnes ipsi consentientes eodem modo excommunicati sint, nisi resi- 
puerint, perpetuo dampnaU anathemate *. 

[Testes huj us re]i^ : Teotolo archipresul, Boso archidiaconuS; Nefm- 
gus Sancti Martini decanus, Otbertus Sancti Mauricii decanus, Otge- 
rius precen[tor ejusdem Sancti], GuaUerius Sancti Martini thesaura- 
rius, Arbertus ejusdem Sancti precentor, Guntelmus, Ingelbertus. 
[Signum Odonis, signum Dodjaldi, signum Acherii, signum Acardi. 

[Acta sunt hec Turjonus, anno ab incarnatione Domini 
DGGGGXXXIII, indictione V, régnante Ludovico rege anno XII. 

[Ingelbertus] licet indignus sacerdos presens fui et rogitus scripsi 
et sîibscnpsi^. 



A ; il est ainsi libellé : Habitatores vero domorum in circuiiu harum vinea- 
rum positarum, seu magnarum seu parvarum domorum, seu de parte fJgeris, 
sive de parte viarum, aut ex parte burgi Sancti Pétri Puellaris, tel intra 
vineas sitarum parochi sunt Sancti Juliani, Sanctique Saturnini; baptisterium 
atque scpultmam persolvunt. 

On remarquera que Saint-Saturnin, qui ne figure pas dans A, est mentionné 
dans B, ainsi que dans l'ancien Gallia qui donne le même texte que ce der- 
nier exemplaire. 

1. Toute cette fin est remplacée dans B et dans l'ancien Gallia par le pas- 
sage suivant : Precamur interea omnes Dei fidèles, ut quod nos facimus pro 
Dei amore animseque suae redemptione annuant. Et si quis huic harte contra- 
dixerit, contradicat ei Deus suum regmim et gloriam ; excommunicatus perpe- 
tualiter sit, nisi resipuerit. 

2. La forme dans laquelle sont données les signatures diffère dans B. Elles y 
sont j)récédées du mot signum et au génitif. Téotolon y est qualifié archiepi- 
scopus et non archipresul, comme dans A. La signature d'Otgerius, précliantre de 
Saint-Maurice, manque dans B et ne se trouve pas non plus dans le texte donné 
par les Sainte-Marthe, où les signatures différent du reste un peu, et sont, comme 
dans B, au génitif. 

3. Les mots en italiques représentent ici et ailleurs les notes tironiennes. 



39^ 



m. 



l'archevêque téotolon confirme la donation faite a saint- 
julien PAR FULCULFE DE PLUSIEURS MANSES SITUES EN TOU- 
RAINE. — NOVEMBRE 940. 

Haut. 0'"345'"'". — Larg. 0'"274"»'". 

Le texte de cette belle charte nous est parvenu en entier, mais 
les signatures ont été coupées, sauf cependant la plus précieuse, 
celle de Téotolon, qui est en caractères grecs et accompagnée de 
notes tironiennes plus nombreuses qu'il n'arrive ordinairement. 
Cette pièce, bien écrite et bien conservée, est un original. Elle a 
été copiée par Baluze dans les archives de Saint-Julien, alors 
qu'elle était intacte, mais il ne donne que la signature de Téoto- 
lon, avec celle du doyen Badilo, et très certainement elles étaient 
plus nombreuses. Ce savant y a heureusement joint la date, qui 
était ainsi conçue : « Data mense novembri, in civitate Turonus, 
anno Dominicae incarnationis DCGCCXL, sub anno IIII régnante 
LudovicoUltramarino, rege postmodum Francorum. » Les années 
du règne de Louis d'Outremer ne sont point ici comptées à par- 
tir du 19 juin 936, ainsi qu'on le fait ordinairement, mais du 
19 juin 937, ce dont M. Bruel a trouvé 19 exemples dans les 
cliartes de Cluny^ 

La copie de Baluze est, comme toujours, exacte, sauf pour la 
façon dont il a reproduit la diphtongue ae ; il l'écrit constamment 
se, tandis que dans l'original on trouve tantôt e simple avec une 
cédille, tantôt ae, en deux lettres séparées, mais jamais la forme 
adoptée par Baluze. Notons que dans le corps de la pièce origi- 
nale le nom de Téotolon est toujours écrit par un T et non par Th. 

Au dos, on lit en caractères anciens la cote suivante : « Karta 
de Varenas et Miserias et Florenciaco , quam Fulculfus dédit 
Sancto Juliano. » Puis une cote moderne avec la date 940. 

La villa Florenciacum a été identifiée par M. de BusseroUe^ 
avec la ferme de Fleuriant, commune de Sublaines , canton de 

1. Bibliothèque de l'École des chartes, t. XLI, p. 41 et suiv. 

2. DicUoanaire historique et géographique d' Indre-et-Loire, l. III, p. 71. 



392 

Bléré {Vicaria Bridriacensis), mais cette opinion me paraît 
peu conforme aux lois de la philologie. 

Quant aux villas Varennas et Miserias, Mabille a cru pouvoir 
les identifier avec la Varenne et Mazère, deux hameaux de la 
commune de Reignac, nom actuel de l'ancienne paroisse du Fau, 
dont le nom primitif était Bray, et qui se trouvait comprise 
dans la viguerie de Chambourg. 

Bibl. nat., Baluze, t. LXXVII, fol. 82. — Ms. latin 17047 (anc. 
Gaignières, n- 1793), p. 33. — Ms. latin 5443, p. 30. 

XP. Humanaefragiiitatisexcessuscumsitcunetismortalibusincertus, 
provida tamen dispositione, prout superna pietas concesserit, unum- 
quemque oportet ut ex rébus suae possibiHtatis cum adhuc proprio 
suae libertatis fruitur arbitrio, id peragatquatinus ex rébus momenta- 
neis et caducis manentia lucrelur et ex transitoriis perpétua sibi 
adquiratur. Quamobrem ego Teotolo, divina miseratione Turonicae 
sedis archiepiscopus, notura fieri cunctis sanctae Dei ecclesiae fideU- 
bus et precipuae successoribus nostris cupimus, quoniam adiit qui- 
dam inclitae specLabilitatis vir, nomine Fulculfus, prœsentiam nostrae 
pastorahtatis, humiliter deprecans uli res quas quondam a predeces- 
sore nostro, domno Rotberto archiepiscopo, more precarioobligaverat, 
ad monasterium Sancti Juliani, quod situm est in suburbio Turo- 
nicae urbis, conLulissemus, quia ibi se ad monasticum ordinem, jam 
ex multo tempore, se transferre de niundiali militia desiderabat, si 
locus eveniret, sieuti in proximo erat; et ut ipse res, tam in victua- 
libus stipendiis monachorum, quam in caeteris utilitatibus permane- 
rent id omnimodis exflagitavit. Gujus inquam deprecationem rectam 
et perutilem atque ad profectura, seu ad augmenlum ejusdem eoeno- 
bii considérantes, bénigne recepimus. Concessimus igitur una cum 
consensu nostrorum canonicorum, simulque nobilium laicorum, fide- 
liura nostrorum, res quas idem Fulculfus, pro remedio animae suae, 
Deo ac nostrae potestati contulerat, ad monasterium Sancti Juliani, 
sive Sancti Antonii, perpetuo ad habendum; hocestmansum i situm 
in pago Turonico, in vicaria Bridriacensi, in villa Florentiaco, cum 
terris cultis et incultis et vinea arip. i, et silva, aquis, et arcas ad 
molendinos faciendos, et mancipia sex ad ipsum pertinentes. Prœte- 
rea concessimus et alias res, videlicet mansos v qui ad cellam Sancti 
Saturnini, quœ nostrae matri ecclesiae subjecta est, pertinentes, olim 
Ipsi ad beneficium quoruradam habiti, cum terris cultis et incultis et 
omnibus aliis illorum adjacentiis, silvis, et horainibus desuper com- 



393 

manenlibus et ad ipsos perlinenlibus, sitos in pago Tiironico, in 
vicaria Camborli, inter villas Varennas et Miscrias. Eo siquidcm 
ralionis ordine atquc tenore suprascriplas res cum omjii integritatc, 
sicut nobis videnlur esse reddite a venerabili viro, nomiiie FulcuKo, 
jam dicto, ad monaslerium uL prellximus Sancti Juliani, Sancli Anlo- 
nii, ia speliales usus monachorura conferiraus atque condonamus; 
et omni anno ad fesllvitatcm Sancli Juliani, qua^ celebratur v kal. 
septcmbris, nobis vel suecessoribus noslris, gralia karilalis, rcddcrc 
studeant censura solidorum v, et sic prefatœ res omni lempore abs- 
que uUa contrarietatc ad sa:'pedictum Sancli Juliani, sive Sancli 
Antonii, locum permaneanl. Imploramus interea successorum nos- 
Irorum clementiam, et in Deum obsecramus, recordantes quandoque 
ejusdem me (sic) polestatis fuisse quam adhuc tenent misero gravali 
peccamine, et conlinuam contemplantes undique lerram, et considé- 
rantes id se esse quod egosum, manere patianlur haec nostrae parvi- 
tatis gesta, sicuti sua cupiunt posl miserum laborem stabiliri facta. 
El ut haec noslra conlalio in fulurum cerlior ac lirmior babeatur, 
manu noslra eam nrmavimus et ad fidèles nostros utriusque ordinis 
adfirmari supter rogavimus. 

XP. 0ï;coOa>X(i), miseratione omnipotentis Dei Turonorum humilis 
arckiepiscopus, manu propria huic auctoritati subscripsi. 

Les autres signatures manquent. Baluze ne donne, après Teo- 
tolo, que celle de Badilo decanus, mais elles devaient être bien 
plus nombreuses. 

[Data mense novembri in civitale Turonus anno Dominicae incar- 
nationis D(XCCXL, sub anno ÏIIl régnante Hludovico Ultramarino 
rege poslmodum Francorum.] 



IV. 



DONATION A SAINT-JULIEN D UN VERNACDLUS NOMME GADZBERT 
PAR CORBON ET SA FEMME SENEHILDIS. — MAI 941. 

Haut. 0"'420'"'". — Larg. 0'"255°"". 

Nous avons retrouvé de cette pièce quatre fragments : deux 
très grands et verticaux qui contiennent le corps entier de la 
charte et la plupart des signatures, plus deux petits fragments 
horizontaux donnant quelques autres signatures et une partie de 



394 

la date. En somme, il ne manque que la fin de celle-ci et un petit 
nombre de signatures. 

La date est ainsi conçue : « Data mense maio, in civitate Turo- 
nus, anno V reg[nante].... » Comme on le voit, le nom du roi 
est absent, mais nous pensons qu'il faut suppléer Hludovico, 
et qu'il s'agit ici de Louis IV d'Outremer, dont les années se 
comptent ordinairement à partir du 19 juin 936, ce qui donnerait 
l'année 941. Voici les raisons qui nous ont déterminé dans cette 
circonstance : d'abord le seigneur Foulques, dont le nom se trouve 
en tête des souscriptions, nous paraît être Foulques le Bon, 
comte d'Anjou, quel'Ar^ de vérifier les dates fait mourir, il est 
vrai, en 938, mais bien à tort, comme l'a démontré le regretté 
Mabille, en publiant une pièce émanée et signée de lui, et datée du 
mois d'août 941 ^ La signature de cette charte est exactement 
conforme à la nôtre. Dans les deux pièces. Foulques ne prend 
point la qualité de comte d'Anjou et on lit simplement signum 
domni Fulconis. Quant à Rotberius filius Archembaldi , 
dont le nom vient immédiatement après celui de Foulques et sur 
la même ligne ^, il s'agit très probablement ici du Robert, fils 
d'Archambauld, qui, en 942, donna à l'abbaye de Saint-Julien 
l'église de Saint-Martin de Chanceaux, donation ratifiée par une 
charte de Hugues le Grand, dans laquelle figure Foulques le 
Bon^. De plus, parmi les signataires de la charte de Corbon, on 
rencontre des témoins de celle de Foulques, entre autres Guani- 
lon, vicaire ou vicomte de Tours. 

Enfin plusieurs des signataires de la charte donnée par Corbon 
figurent sur des actes de la fin de la première moitié du x'' siècle, 
notamment Rainaldus, août 941 et 943; Andraldus, avril et 
août 943; Gelduinus, octobre 949; Alkerius, avril et août 943 
et avril 946 ; Solio , octobre 949 ; Achardus , avril 946 et 
octobre 949 ; Atto, avril et août 943 ; Gislebertus, avril 946 ; 
Gumbertus, mars 945 ; Ermenmarus, avril et août 943 ; Guido, 
941 ; Gauzfredus, août 943; Franco, avril 943. 



1. Introduction aux Chroniques des comtes d'Anjou, publiées pour la Société, 
de l'Histoire de France, p. civ. 

2. Il est à noter que les deux signatures de Foulques et de Robert sont d'une 
autre encre, et peut-être d'une autre main que les suivantes, et ont sans doute 
été intercalées après coup. 

3. Salmon, Chroniques de Touraine, p. 332. 



393 

Cette pièce est inédite et nous n'en connaissons ni copie ni 
analyse. 

XP. Duminhac prensenli [sic] vitatransitoriaquisqueconsistit, débet 
summo studio insudare quomodo pro caducis aeterna, pro temporali- 
bus et momentaneis rébus valeat mcrcari sempilerna; quamobrem 
ego, in Dei nominc, Gorbo, et uxor meaSenebildis, cogitantes de Dei 
timoré ac aeterna retributione, pro remedio anime nostrae ac paren- 
lum nostrorum. bonc placitum et bene visum est nobis contradere et 
condonare Sancto Juliano, suosque ' monachis quendam vernaculum 
juris nostri, noraine Gauzherto, tradimus, cedimusin jusetpotesta- 
tem eorum, ita ut ab hodierna die et deinceps quicquid ex supradicto 
servo facerc voluerint, ssepedicto sancto ac domno Juliano suœquc 
congregalioni tradimus, ut liberam et firmissimam in omnibus 
babeant potestatem faciendi quicquid voluerint jure proprietario. Si 
quis vero, quod nuUatcnus futurum credimus, nos ipsi, aut aliquis 
parentum nostrorum, seu aliqua intromissa persona, banc cartam 
donationis a nobis factam pro remedio anime nostrae et parentum 
nostrorum infringere, aut quocumque modo violare, temptaverit, 
illiid quod reppelit non vindicet, et insuper contra quem lilem intu- 
ieritargentilibras vexsolvere cogatur; ethaec donationostrisnostro- 
rumque parentum manibus, ac ceterorum bonorum hominum mani- 
bus roborata, firma et inviolabilis ubique permaneat. 

+ Signum domni Fulconis. Signum Rotberti, filium [sic] Archem- 

baldi. 
4- Signum Gorbonis, qui banc donationem signo sanctaî cruels 

impressit. 
Signum Senebildis uxoris ejus, qui banc donationem fieri deprecata 

est et ipsa firma vit. 
Signum Girau. Signum Rainaldi. Signum Andraldi. Signum Gelduini, 
Signum Guaniloni, Turonicce urbis vicharii. Signum Landrici. Signum 

Bernerii. 
Signum Adalardi. Signum Adalelmi. Signum Alkerii. Signum Solioni. 

Signum Adalgerii. 
Signum Achardi. Signum Attonis. Signum Gisleberti. Signum Gun- 

berli. Signum Ermenmari. 
[Signum] Laetardi. Signum Gunberti. Signum Gualterii. Signum 

Ervici. Signum item Achardi. 

1. L'o de swos semble avoir été remplacé par un i mis au-dessus. 



396 

Signum Odalgerii. Signum Guidonis Gauzfredi. Signum Man- 

f[redi] 

[Signum FJranconis. Signum Bernardi ? Gauf.?.... Signum Ca.... 

Signum Guarnaldi. Signum Eurini. Signum Fulconis. Signum F 

Data raense maio, in civitate Turonis, anno V reg[nanle Hludovico 

rege]. 

V. 

DONATION FAITE A SAINT-JULIEN PAR TEOTOLON DE VIGNES 
SITUÉES ENTRE LADITE ABBAYE ET LE BOURG DE SAINT-PIERRE- 
LE-PUELLIER. — AOUT 941. 

Haut. 0^350'"'". — Larg. O^BOO"". 

Nous possédons de cette charte dix bandes verticales, dont 
trois sont incomplètes; il en manque deux autres entières, mais 
une bande horizontale donne une portion de la date et le nom 
d'Ebernus, antigraphus, c'est-à-dire scribe. Elle nous paraît une 
simple copie, écrite à peu près à la même époque que les exem- 
plaires de la pièce de 933. Ici encore la signature de Téotolon est 
en caractères ordinaires, sans autres notes tironiennes que celles 
qui représentent les mots miseratione [omnipotentis Dei] ; 
mais les notes tironiennes accompagnant la plupart des autres 
signatures ont été passablement imitées. 

La date, que nous avons pu restituer en entier, d'après une copie 
• de Baluze, était ainsi conçue : « Data mense augusto, in civitate 
ïuronus, anno XII régnante Hludovico rege, in dedicatione eccle- 
sise Sancti Juhani. » 

Cette date nous paraît difficile à admettre. En effet, d'après la 
chronique de Saint-Julien, formellement confirmée par une charte 
de Téotolon dont nous possédons l'original, la dédicace de l'église 
de ce monastère eut lieu le 17 août 943. Or, la douzième année 
du règne de Louis d'Outremer ne répond point à cette époque, de 
quelque façon que l'on commence son règne, soit du 7 octobre 
929, date de la mort de son père, soit du 19 juin 936, qui est celle 
de son avènement à la couronne. 

Si cette charte, dont nous n'avons qu'une ancienne copie, n'est 
pas entièrement fausse, elle nous semble devoir être placée à l'an- 
née 941, qui correspond à la douzième de Louis d'Outremer, en 



307 

faisant, comme il arrive quelquefois, commencer le règne de ce 
prince au 7 octobre 929, date de la mort de son père Charles le 
Simple. 

Erberne, indiqué comme scribe de cette pièce, a écrit également 
une charte de Téotolon pour l'abbaye de Saint-Loup, publiée par 
André Salmon* et datée comme celle-ci du mois d'août, douzième 
année du roi Louis d'Outremer, c'est-à-dire 941, en comptant 
également à partir de 929 ; mais, dans la pièce de Saint-Loup, 
Erberne ne prend point le titre à'antigraphus et agit simple- 
ment comme le suppléant d'Ingelbert, que nous voyons figurer 
avec la qualité susdite au bas d'autres chartes d'une authenticité 
incontestée. Y aurait-il là autre chose qu'une inadvertance de 
copiste et serait-on en droit d'y voir une maladresse de faussaire ? 
La question semble pouvoir être soulevée, surtout si l'on rap- 
proche cette variante, difficile à expliquer, du titre de Turono- 
7'um raetropolis cpiscopus, donné à Téotolon dans les signa- 
tures et qu'on ne rencontre jamais à cette place dans les pièces 
où le nom de ce prélat est écrit en caractères grecs. Nous n'osons 
nous prononcer, de peur de paraître trop sceptique, mais nous 
avouons conserver quelques doutes sur l'authenticité de cette 
charte, au moins dans la forme où elle nous est parvenue. 

Cette pièce est inédite. 

Bibi. nat., ms. lat. 5443, p. 29 et 30. — Ms. latin 17047 (anc. Gai- 
gnières, n» 1793), p. 31 et 32. — Baluze, t. LXXVII, fol. 83. 

XP. Ego Teotolo gratia Dei Turonice ecclesi[e presul, pro] commun! 
sainte totius ecclesiae michi commisse, cum as[sensu nostrorum cano- 
nicorum ceterjorumque fidelium, ad monastcrium Sancti Juliani, 
quod ego [pro meo posse] post efferam Nortmannorum devastatio- 
nem restaurar[e decrevi, dono perpetualitcr ad] hal)endum vineas 
quas ego olim plantaveram, parti m [in terra Sancti] Albini Sanctique 
Saturnini, partira in meo proprio alodo [meeque sororis Gcrscndis, 
cum] terra juxta posita, incuita atque arenosa, et cum f[luvio Lige- 
ris] ecclesiis Sancti Juliani et Sancti Albini antiquitus pertinenli, ad 
[farinarios componendos et ad s]clusas faciendas ad victum mona- 
chorum ibidem U[eo scrvientium]. Sunt autem hae vinese in suburbio 
civitatis, subtus [monasterium Sancti Juliani Sancti]que Albini. Ter- 
minantur autem hae vineae ab un[a fronte vin]eis Sancti Albini, ab 

1. Bibliothèque de l'École des chartes, 2"^ série, 1. 1, 1». 448 et 449. 



308 

altéra via publica, a parte occide[ntis burgo Sancti Pétri Puellarum,] 
usquc in alveum Ligeris e regione decurrentis; termin[ationem 
quartjœ partis fluvius Liger intra spatium sui cursus recipi[t. Has 
inter terminationes tjotura et ad integrum, vineas scilicet, terram 
vacuam, [aquarumve] decursus Sanclo Juliano et monacliis ejus per- 
petualiter t[rado ad possidendum, atque de] meo jure et potestate in 
eorum Iransfundo dominati[onem. Precamjur interea successorum nos- 
trorum benignilatem, ut [quod nos fecimus ad commujnem utilitatem 
ecclesise ipsi libenter et inconvulse pro [animarum sujarum annuant 
salute. Quod si fuerit usquam aliq[uis, sive propinquus seu extr]a- 
neus, qui hocdonum ecclesifea me traditum quolijjet [modo infrin]- 
gere voluerit, ex auctoritate Patris et Filii et Spiritus Sa[ncti totiusque 
christianitatis exjcommunicatus sit, nisi resipuerit, atque a Dei regno 
[separatus poejnas infernales luat. Et ut hoc donum firmum omni 
tem[pore pcrmaneat, banc kartam manu] propria firmavi, manibus- 
que nostrorum [fideliumj roborandam tradidi. 

XP. Teotolo, miseratione [omnipotentis Dei] Turonorum raetropolis 

episcopi {sic). 
xNefingus, Sancti Martini [decanus subscripsit]. Guntelmus levita 

atque archiclavis subscrijjsit. [Otbertus] decanus. 
Ingelbertus sacerdos et [ipse subscripsit]. S. Rotbertus {sic). 
Parafe initial. Otgerius, diaconus atque precentor. Rotbertus. Har- 

duinus. Arbertus, Sancti M[artini precjentor, subscripsit. 
Gauzbertus presbyter subscripsit. A[rnulfus] Dodaldus. Mainardus. 

Odo diaconus subscripsit. 
G[irardus]. Adalulfus. Beringarius. S. Gersind[is sororis ajrchie- 

piscopi. 
[Data mense] auguste, in civitate Turonus, anno XII régnante Hlu- 

dovico rege, in dedicatione ecclesiae Sancti Juliani. 
XP. Erbernus antigraphus scripsit et subscripsit. 

VI. 

TÉOTOLON RATIFIE LA DONATION FAITE A SAINT-JULIEN, PAR UN 
DIACRE DE SAINT-MARTIN, NOMMÉ ARDOUIN, DE TROIS ARPENTS 
ET UN QUARTIER DE VIGNES. — FEVRIER 942. 

Haut. Qn^eSS""'. — Larg. 0'"270™'". 
Nous avons retrouvé de cette charte une portion considérable, 



3!)!) 

qui nous en donne la plus grande partie, avec la signature de 
Téotolou écrite en caractères grecs et accompagnée de notes tiro- 
niennes, pius un fragment horizontal, qui contient environ les 
trois quarts des deux premières lignes, et dix fragments verti- 
caux d'inégale longueur, donnant le côté droit de la pièce, les 
signatures des témoins et la date. 11 manque seulement quelques 
mots du texte et de la date, ainsi qu'un petit nombre de signa- 
tures, et nous nous estimons fort heureux d'être parvenu à resti- 
tuer cette belle pièce, qui est inédite. EUe a été, comme d'ordinaire, 
fort bien copiée par Baluze, sauf toujours les ae, mais il se con- 
tente de transcrire les signatures de Téotolonetdu doyen Badilo, 
qu'il accompagne de la mention suivante : Il y a une grande 
quantité de souscriptions inutiles quant à présent. Nous donnons 
toutes celles qu'offrent nos fragments avec la traduction des 
nombreuses notes tironiennes qui les accompagnent. Quant au 
corps même de la charte, nous le complétons d'après la copie de 
Baluze, en mettant entre crochets les quelques mots qui font 
défaut dans notre texte. 

Ardouin, l'auteur de la donation faite à Saint-Julien et que 
nous trouvons qualifié diacre de Saint-Martin, semble bien être 
le même personnage qui devint, en 959, archevêque de Tours. Les 
vignes données s'étendaient au sud-ouest de Tours, non loin des 
murailles de Saint-Martin, dans une localité qui n'est pas nom- 
mée, mais qui paraît placée entre les deux grandes voies qui, de 
Tours et de Ghàteauneuf, se dirigeaient l'une vers Vançay, 
aujourd'hui Saint- Avertin, l'autre vers Joué, et qui sont mar- 
quées sur notre plan de la plaine de Tours au x" siècle ^ . La date 
de 942 ne correspond à la cinquième année de Louis d'Outremer 
qu'en faisant partir le règne de ce prince du l'"" janvier 938, 
ce dont on a d'autres exemples. 

Cette charte est inédite. 

Bibl. nat., Baluze, t. LXXVII, fol. 80. 

XP. Innomine-summisalvalorisDei.Teotolo, sanctac Tur[omcae 
sedis humijlis arehiepiscopus, nolum immo et percognilura esse volu- 
mus [cunctis fidelibus sancte Dei] ecclesiaî, prescntibus scilicet ac futu- 
ris, precipueque successoribus nostris, quoniam accessit ad nostram 

1. Tours archéologique. Paris, Champion, 1879, in-8". 

2. Cette pièce a été héliogravée pour l'École des chartes (n° 271 de la col- 
lection). 



/iOO 

palernitatem quidam SancU Martini basilicae pernobilis diaconus 
nomine Arduiiius, humiliter expelens uti arpen. m de vinea quos 
ipse complantavcrat, necnon etquarlerium i ex potestate Sancli Vin- 
centii pertinentes, quos etiam a prcdccessore nostro domno Rotberto 
archiepiscopo, olim per manusfirmce auctoritatem impetraverat, eos- 
demque ex terra arabili ad vineae opus redigerat, Deo sanctoque mar- 
tiri ejus Juliano et omnium sanctorum ipsius, ad supplementum 
monachorum ibidem Domino jugiter famulancium, pro remedio 
animse nostrœ et successorum nostrorum ac suse ubi jam ipse de 
canonicoabituad monasticum ordinem se transferre obtabat, etob id 
sub institutione census annuatim reddendum prefîxos arpennes de 
vinea jam dicto loco deprecatus est ut eos concedere atque condonare 
dignaremur. Gujus humillimam deprecationem una cum assensu et 
voluntate utrorumque fidelium nostrorum, clericorum scilicet et lai- 
corum, concessimus jam dictos arpen. m de vinea et quarterium i 
ad prescriptum Saneti Juliani locum, in victualibus stipendiis mona- 
chorum, sitos in suburbio Turonicae urbis. Terminantur de una parte 
vinea ex potestate Saneti Martini basilicse, et de alia parte vineis ex 
jam dicta Saneti Vincentii potestate, quas tenent Beringerius presbi- 
ter et Arpuinus laicus, et de tercia et quarla parte viis publicis. Eo 
etiam modo concedimus jam dictam vineam ad prefixum Saneti 
Juliani monasterium, in spetiales usus monachorum, ut habeant 
Ucentiam desuper quodcumque meUus elegerint cmeliorandi , et annua- 
tim partibus rectorum Saneti Vincentii, ad missam ipsius que celebra- 
tur XI liai, februarii, ipsi monachi pro ipsa reddere studeant censuni 
denariorum xii et sic quiète eam teneant et possideant. Si autem de 
instituto censu neglegentes reperti fuerint, id ipsum emendare stu- 
deant et quod tenuerint non ideo amittant. Precamur interea succes- 
sorum nostrorum clementiam ut sicuti sua statuta que pro amore Dei 
omnipotentis gesserint post obitura carnis voluerint inconcussa ser- 
vari, ita hœc nostrge parvitatis gesta sinant manere intacta et 
inviolata. Ut autem hœc auctoritas firmior sit, firmiorque permaneat, 
manu propria eam supter firmavimus, manibusque fidelium nostro- 
rum adfirmare rogavimus. 
XP. 0Y)a)OwXa)j miseratione omnipotentis Dei Turonorum humilis 

nrchiejnscopus. 
XP. Badilo, decanus atque archiclavis, sim abbas, subscripsit. 

XP. nee-r^cOiuc 

XP. Rotbertus archidiaconus subscripsit. Parafe initial. Otgerius, 

diaconus atque precentor subscripsit. flf G... 



40^ 

XP. Item Roihevius archidùiconus xubscripsit. Parafe initial. Gauz- 
hevlmj^resbytcrsubscripsit. Arnulfus... Girardus jjr<?A&?//er subscrip- 
sit. Mainardus presbijter subscripsit. Ricbertus presbyter subseripsif. . 
Godulbe.[rlus]... \da\u\h\s diaconvs subseripsif. [MarJLinus diaconus 
subscripsit. GïvMus diaconus subscripsit. Arman[nus].... Archerius 
diaconus subscripsit ernus acolythus subscripsit. Ebruinus diaco- 
nus subscripsit . Rotgeri[us]... Bernardus, diaconus... [HJermenfridus 
diaconus subscripsit. Acflidus clericus subscripsit. Ilucbaldus. .. Gun- 
bertus clericus [subscripsit. Johjannes clericus subscripsit. Dodaldus 
presbyter subscripsit. Raino clericus [subscripsit], Signum Adalehiii. 
[Signum...]ni. Signum Andraldi. Signum RoLberli. Signum Adal- 
berti. [Signum] Gualterii. [Signum GJunberli. Signum Guarlni. 

Data mense [februario, in] civitate [Turonus], anno incarnationis 
Dominicœ DCCCGXLIl [sive a]nno V r[egnante] Hludovico rege. 
Ego Ingelbertus [licet indignus] sacerdos, [presens fui] et rogitus 
scripsi et subscripsi. 

VIL 

TÉOTOLON ET SA SŒDR GERSINDE DONNENT A l' ABBAYE DE SAINT- 
JULIEN CERTAINS BIENS DEPENDANT DE LEUR PATRIMOINE. — 
AVRIL 943. 

Haut. O'^Soo""'". — Larg. 0™310'°"\ 

Ici, nous n'avons que de petits fragments, sept horizontaux et 
huit verticaux , malheureusement , avec d'assez nombreuses 
lacunes, dans les uns comme dans les autres; la signature de 
Téotolon est toujours en caractères grecs, ensuite vient celle de 
sa sœur Gersinde, puis de notables portions de celles de Franco 
et d'Otbertus, en grec; parmi les autres, qui sont plus nom- 
breuses que celles données par dora Martène, plusieurs ont été 
écrites en lettres capitales. De la date, passablement mutilée, il ne 

reste que : « mense aprili, in civit nus, anno incarn 

minice DGCCGX , anno V régnante Ludovico rege. » 

Gette mention du mois d'avril est bien lisible et bien for- 
melle; cependant, à l'avant-dernière ligne de notre charte, il est 
question des chanoines de Saint-Martin et de Saint-Maurice, ce 
qui n'a pas lieu dans le texte publié par dom Martène et se trouve 
au contraire dans une charte presque identique, mais datée du 



-102 

mois d'août de la même année, et dont nous parlerons à l'article 
suivant. Gela provient sans doute d'une omission des anciens 
copistes de la pièce d'avril, car ces mots sont bien dans la charte 
que nous avons sous les yeux. D'ailleurs, l'expression aliosque 
fidèles, qui vient ensuite, et que dom Martène a conservée, ne 
s'expliquerait pas si elle n'était précédée d'une autre énonciation. 
Il est à noter que la cinquième année de Louis ne répond à 943 
qu'en faisant partir son règne du 19 juin 938, manière de compter 
dont M. Bruel cite des exemples empruntés aux chartes de Cluny. 
Il ne paraît pas du reste que dom Martène, qui a publié cette pièce, 
ait eu sous les j-eux le texte que nous avons retrouvé, car celui- 
ci diffère du sien dans quelques-unes des parties qui ont survécu, 
notamment à la fin, où l'on trouve, avant les menaces finales, 
une objurgation de Téotolon à ses successeurs, que dom Martène 
n'a point donnée. Le corps même delà charte offre également des 
différences. Les biens concédés ne sont pas énumérés dans le 
même ordre ni désignés de la même façon. Le célèbre érudit 
du xvif siècle a évidemment eu sous les yeux un autre texte, 
et ceci vient confirmer l'allégation de dom François Le Sueur, 
qui nous dit, dans ses analyses manuscrites, que de son temps 
plusieurs exemplaires de cette pièce existaient dans le chartrier de 
Saint-Julien. Les noms de lieux sont identifiés à la pièce suivante. 

Imprimée, mais abrégée : dom Martène, Thésaurus, t. I, p. 73, 
Amplissima collectio, t. V, p. 1074, et dans le Recueil des chroniques de 
Touraine, par Salmon, p. 223. — Bibl. nat., ms. latin 17047 (anc. Gai- 
gnières, n° 179^), p. 35. — Extrait, ms. lat. 5443, fol. 31. 

XP. In nomine Domini nostri J hesu Ghristi qui est totius boni princi- 
pium atque finis. Gausam quam in nomine ejus agere disposuimus 
aggredientes, notum facimus cunctis sanctae Turonicae sedis succes- 
soribus nostris, quod ego Teotolo, licet indignus prœdictae sedis 
archiepiscopus, quandam ejusdem sedis cellam in ordine monastico 
construere decrevimus, et hoc quidem ex consensu canonicorum 
nostrorum, sed et fidelium laicorum facientes, et regalem indc pre- 
ceptum et apostolicum etiam privilegium impelravimus, ubi videlicet 
monachi cum abbate suo regulariter degentes, ita prsedictae matri 
ecclesiœ subjccti sint, sicut in auctoritate de ipsius loci constitutione 
prœhbatum est. Gaelerum, in die dedicalionis ejusdem cellce, ego et 
soror raea Gersindis, res nostras quse nobis ex jure hercditario obve- 
nerunt, vel quas ego alicubi legalitcr adquisivi, eidem cellae, vel 
monachis eandem incolentibus, in perpetuumtradimuspossidendas: 



fiOS 

vineam, quae dicitur Ad Palfictuin, in cjusdomccll.Tvlcinio silam, quam 
datismeis preliis torram [arabilemcomparavi, videliccL ni quarterios 
inler Gauzuinum Sancti Martini diaconum el Guimbcronem carpen- 
tarium, nec non el arponnes duos, plus minus, quos concamiavi ex 
polestato Sancli M.irlini, pertiuLMitem de granica l'ratruni, pro quo 
dedi alodum qui fuit condara Hunfagro et Gauzuino, quem comparavi 
de Erlanno, Sancti Martini canonico, nopote corum, (juem cliam ite- 
rum comniutavi], et dedi alodum, qui fuitcondam Miloni, et de Gui- 
nemanno diacono conaparavi, ipsum lenent modo Erlannus el Gauzel- 
mus Sancti Martini canonici. Commutavi cliam quarterium i, plus 
minus, in ipso Palficto de Sancti Martini tliesauro cum domno Gualterio 
thesaurario, pro quo dedi alodum qui fuit Adalramno sacerdoti, quem 
comparavi de Guilleberto, sui ipsius sacerdoti , [et pratum arpen- 
num VII, quod dicitur Ad Estappum. qui sunt siti juxta pratum de 
Odato, qui fuerunt quondam Milonis et Bernonis, quos comparavi de 
Guinemanno, et non longe ah ipso loco ii arpcnnes ex proprioalodo, 
qui fuerunt quondam Andraldi fidelis noslri.Trans Ligerim vero, in villa 
que dicitur Cersilla, ecclcsiam Sancti Pétri , cum caeteris ad ipsam perll- 
nentibus] rébus, Alnetum videlicet, et Banlilium, et in villa Cancellis, 
quod visisummus habere, et villam Kercionem; in Oximense, villa quae 
vocatur Mons Edralis, capellas duas cum molendinis ac Ccetcris appendi- 
tiis ad ipsi3(s2c)pcrtinentibus. Et item Sauriacum et Mal val[lum et Mon- 
tera Dadonis,] et caetera que ex successione avunculorum nostrorum 
Hieronimi, Sigeberti, necnon [Otgeriii alque Rainbjaldi nobis adve- 
nerunt. [Hae iglitur, que vcl [in mancipiis], vel terris cultis et inc[ultis 
inqjuisita sunt vel inquircnda, ad predictum locum tra[dimus ut 
i]nde monacbl quicq[uid eis vel] successoribus eorum utile [fuerit 
fajciendi liberam [habeant] potestatem. 

Gont[estamur] autem cunctos succe[ssores nostrjos et ipsius etiara 
loci i[ncolas, per no]men sanctae Trinita[lis, omjnibus creaturis 
cont[remiscen]dunî, ut nunquam ea3[dem res, ve]l alias, quœ eidem 
ad[quisite fuerjint, distrahere [aut in]quietare présumant. [Si quis 
aujtem fuerit ulla emis[sapcrsona], que contra istas res [jam supra- 
djictas uilam calumniam [induerje presumpserit, aut i[nfringere] 
voluerit, hoc quod re[petit non vjindicet et insuper iram Dei [omni- 
potejntis invcniat [et cum] Dathan et Abiron et J[uda, qui Dominujm 
tradidit, sortem de[ducatet] insuper auri libras xx [coactu]s exsolvat, 
et insua[maliv]ola cupiditate conf[usus abse]dat; sed insuper omni- 
que[tempore] firma permaneat ccss[io ista cum] stipulatione [subni]xa. 
Ut autem aucto[ritas huju]s scripturae rirmi[or habealujr, et a nobis 



404 

cerlius [facla esse c]redatur, et a nemi[ne viojlari quandoque presu- 
[malur, manju propria eam rirmavi[mus et ad cajnonicos Sancti Mar- 
tini et [Sancti Maurijcii subter corro[borandum] aiiosque fidèles 
[nostros se sub]scribere rogavimus. 

... BrjôwXd) [miseratione] otnnipotentis Dei [Turonorum] humilis 
archie2nscopus\o[\ania]r'\esubscripsi... Gersindis pro[pria] voluntate 
prore[medio] parentum nostro[rum propjria manu firmavi. .. Nefingus 
[leviia afque] decanus subscripsit. [Guntejlmus levita atque archi- 
clavis [subscripsit.] [Arjbertus sacerdos [et pr]ecentor fîrmavit. 
[Erlannus] sacerdos et yppodecanus subscripsit. [Otbjertus levifa et 
prepositus subscripsit. [Ada]lardus levita et prepositus subscripsit. 
[Erlujinus sacerdos subscripsit. Be[ringerius] sacerdos subscripsit. 
Gauz[fredus] diaconus subscripsit. [Gaujzelmus sacerdos subscrip- 
sit. [Fulco subscripsit]. Bernardus diaconus subscripsit. [Sajlaco 
diaconus subscripsit. «ï>pa[v>ta)] diaconus subscripsit. [Rajinaldus 

diaconus subscripsit. [Badijlo decanus atque subscripsit. 

XP. Q66Y][p0ouc] archidiaconus sive abbas subscripsit. [Rotjbertus 
archidiaconus. [Gauzbe]rtus^;res6?/^er subscripsit. Parafe initial. [Ot- 
ger]ius diaconus atque pre[centor subscripsit]. XP. Odo diaconus 
subscripsit. Rotbertus archidiaconus subscripsit. Maina[rdus] pres- 
by fer subscripsit. A.da\u\Q[u?, subscripsit]. XP. Erbernus licet indignus 
[sacerdos] presens fuietrogitus subscripsi. [Rotge]rius? clericus sub- 
scripsit. Gira[ldus] subscripsit. Bertramnus.... A.rma.nn\is diaconus 
subscripsit. [Arjcherius presbyter subscripsit. 

[Signum AJdalelmi. Signum A[dalberti]. Signum Andraldi. [Sig- 
num] Ermenraari. Signum At[tonis]. Signum Alcherii. 

[Data] raense aprili, in civi[tate Turojnus, anno incarn[alionis 
Dojminice DGGGGX[LIII, sive] anno V régnante Hludovico rege. 
rogitus, scripsi et subscripsi. 

XP. Erbernus, indignus diaconus, presens fui et rogitus ab Ingel- 
berto antigrafo scripsi et subscripsi. 

VIII. 

AUTRE DONATION FAITE A SAINT-JULIEN PAR TEOTOLON ET SA SŒUR 
GERSINDE. — AOUT 943. 

Haut. 0'^660™"\ — Larg. 0'^400ï^"». 
Cette charte est presque semblable à la précédente, qui est de 



405 

la même année et antérieure seulement de quelques mois. Elle 
la renouvelle en quelque sorte, sans la mentionner cependant. 
Nous en avons retrouvé un très grand fragment, donnant envi- 
ron les neuf dixièmes de la charte proprement dite, plus dix 
fragments horizontaux et un vertical, qui contiennent les signa- 
tures, avec quelques lacunes il est vrai. En tête se trouve celle 
de Téotolon, en grec, puis celle de Gersinde et un grand nombre 
d'autres, qui n'ont pas toutes été reproduites dans les copies 
anciennes que nous avons de cette pièce. La plupart sont en 
lettres capitales ou au moins onciales ; les noms de Franco et 
d'Otbertus écrits en grec. La date est perdue, mais cette pièce est 
bien celle d'août 943. Elle est, il est vrai, ainsi que nous l'avons 
dit, presque identique à celle d'avril, mais elle en diffère en 
quelques points, notamment par la mention avant la vigne Ad 
Palfîctum de la vigne Ad Clausum, dont il n'est pas question 
dans la charte d'avril. 

Malgré cette similitude, qui pourrait faire penser à un original 
et à une copie, ces deux pièces paraissent bien être des originaux ; 
elles offrent du moins tous les caractères d'authenticité qu'on a 
coutume de demander aux documents de cette époque et l'on a 
d'autres exemples de chartes sur un même sujet, répétées à peu 
d'intervalle l'une de l'autre, et pour ainsi dire redoublées. Ce qui 
peut ici paraître singulier, c'est que toutes deux, quoique sépa- 
rées par un intervalle de plus de trois mois, sont dites données le 
jour de la dédicace de l'église de Saint-Julien. Il y a mieux encore, 
la chronique de Saint- Julien fixe le jour de cette dédicace au 
XVI* des calendes de septembre 943, c'est-à-dire au 17 août, et 
appuie son affirmation d'une copie un peu abrégée de la charte 
du mois d'avril', sans compter que la charte n" 4, publiée plus 
haut, place cette dédicace au mois d'août 941. Tout ceci prouve 
avec quelle prudence et quelle réserve on doit, surtout pour ces 
époques reculées, se fier aux documents en apparence les plus 
authentiques et qui trop souvent étaient rédigés après coup et en 
dehors des lieux où s'étaient passés les événements qu'ils devaient 
constater. 

Nous aurions vivement désiré identifier les diverses localités 
mentionnées dans cette charte et dans celle du mois d'avril, mais 

1. Recueil de chroniques de Touraiae, publié par A. Salmon, in-8% 1854, 
p. 22-2. 

28 



/«06 

cela ne nous a pas toujours été possible. Voici le résultat de nos 
recherches : Malvallum est Malvau, commune de la ]\lembrolle, 
Sauriacum paraît être Soreau, commune de Fondettes, et Ban- 
liliwn la Baillière, commune de Cerelles. Alnetum doit être une 
des nombreuses localités nommées Aunais ou Aulnais, mais nous 
n'avons pu faire un choix. La villa Kercio devrait se trouver 
dans la paroisse de Chanceaux, mais elle a entièrement disparu 
ou a reçu un autre nom. Il en est de même de Mons Dado- 
nis et de Mons Edralis , ce dernier lieu placé par la charte 
dans le voisinage d'Huismes (m Oxiiiiense). Quant aux deux 
prés appelés Ad Estajopum et de Odato, et qui étaient con- 
tigus, ils se trouvaient à l'occident des murailles de Chàteauneuf 
et ont disparu sous les constructions de la ville actuelle. Il en a 
été de même des deux vignes Ad Clausum et Ad Pcdfictum. La 
première était placée entre la Loire, l'église Notre-Dame-la- 
Pauvre, depuis appelée la Riche, le castelhmi de Saint-Martin 
et le monastère de Saint-Pierre-le-Puellier ; la seconde était 
plus voisine des murs occidentaux de l'abbaye de Saint-Julien et 
devait s'étendre en grande partie sur le terrain plus tard occupé 
par la paroisse de Saint-Saturnin. 

Cette charte est la dernière en date de celles de Téotolon que 
nous possédons en original ou au moins en exemplaires très 
anciens. En comprenant les deux chartes de Saint-Loup, publiées 
par Salmon, elles sont au nombre de huit, dont six offrent la 
souscription du prélat écrite en caractères grecs. On a vu que les 
deux où ce nom est en caractères ordinaires sont au plus des 
copies. Parmi les signatures en grec, il n'en est que deux, celles 
d'avril et d'août 943, dans lesquelles, après l'êta de la première 
syllabe, on ne rencontre pas un oméga. Dans toutes les autres, les 
omégas sont au nombre de trois, ce qui les fait concorder avec la 
forme Teotolo usitée dans le corps même des chartes. Mais cette 
forme est-eUe bien exactement celle qu'affectait le nom de notre 
archevêque? Il est permis d'en douter, et peut-être eut-il, en 
plein x*' siècle, la fantaisie de donner à une partie de son nom 
une tournure grecque, comme le firent tant de savants lors de la 
Renaissance du xv^ et du xvi" siècle. On trouve en effet dans les 
anciens écrivains les formes suivantes : Teutolus, Teutilo, Theo- 
tilo, Teotolo, Theotolop, Theotholoh, Theotholohe et Thieteloh. 
On peut hésiter à faire un choix entre ces diverses variantes. 
Quoi qu'il en soit, le nom de Téotolon et celui de sa sœur Ger- 



407 

sinde ont une physionomie germanique bien prononcée ; il en est 
de même de ceux de ses oncles Sigebertus, Otgerius, Rambau- 
dus, ou mieux Raimbaldus, mentionnés dans les pièces d'avril et 
d'août 943. 

Il est à remarquer que, dans le corps des chartes, ce nom est 
toujours écrit Teotolo, par deux T et non pas deux Th, qui seraient 
la représentation des tliêtas des souscriptions. D'ordinaire, on met 
un Tli à la première syllabe et un simple T à la seconde. Je n'ai 
point cru devoir me conformer à cet usage, dans lequel on respecte 
le premier thêta et l'on sacrifie le second, et j'écris Téotolon avec 
deux T, comme dans les chartes. Une inscription en caractères 
grecs, signalée dans un manuscrit de Vendôme du x'^ siècle par 
notre vénéré et regretté maître Jules Quicherat, qui l'attribue à 
l'école de Tours, nous montre que dans ce genre d'écriture les 
voyelles E et 0, les consonnes S et T sont invariablement ren- 
dues par H, Ci, G et 0*. Dans deux de nos chartes tourangelles, 
l'une de 859, l'autre de 999, la dernière lettre du mot scripsit 
(en caractères grecs) est un thêta-. 

Quant à Gersindis, elle est qualifiée comitissa dans le nécro- 
loge de Saint-Julien^. On ne voit pas quel comte elle aurait 
épousé; rien même n'indique qu'elle ait jamais été mariée. Il est 
probable que le rédacteur du nécrologe, qui écrivait au xv" siècle, 
a voulu, en lui donnant cette qualité, marquer qu'elle était d'une 
famille très considérable. Ce nom se trouve dans le Polyptyque 
d'Irminon, sous les formes Gersenda et Girsindis, et sous celle 
de Garsindis, dans Pertz^. 

Bibl. nat., Baluze, t. LXXVII, fol. 84. 
XP. Innomine Domininostri JhesuGhri3ti,qui est loliusboni prin- 
cipium atque finis. Causam quam in nomine ejus agere disposuimus 
aggredientes, notum facimus cunclis sanclae Turonicac sedis sucecs- 
soribus nostris, quod ego TeoLolo, liceL indignus prœdiclae sedis archie- 
piscopus, quandam ejusdem sedis cellam in ordine monastico cons- 
. Iruere decrevimus et hoc quidem ex consensu canonicorum nostrorum 
sed et fidelium laicorum facientes, et regalem indc preceptum et 

1. Bibl. de l'École des chartes, t. XLI, p. 452. 

2. .Notice sur l'abbaye de Saint-Loup, par Salmon, dans la Bibliothèque de 
l'École des chartes, t. I de la 2° série, p. 444 et 445. 

3. Mémoires de la Soc. archéol. de Touraine, t. XXIII, 2'' fascicule, p. 297. 

4. Monumenta Gennanix, script., t. V, p. 465, note 83. 



408 

apostolicum etiam privilegium impetravimus, ubi videlicet monachi 
cum abbate suo regulariler degentes, ita prœdictae matri ecclesiœ sub- 
jecli sint sicut in auctoritate de ipsius loci constitutione prœlibalum 
est. Gaeterum in die dedicationis ejusdem cellse, ego et soror mea Ger- 
sindis res nostras quae nobis ex jure hereditario obvenerunt, vel 
quas ego alicubi legaliter adquisivi, eidem cellge vel monachis eandem 
incolentibus in perpetuum tradimus possidendas. Vineam quse dicitur 
Ad Glausum silam inter Ligerim fluvium atque aecclesiara Sanclae 
Mariae, quse Paupercula vocatur, neenon et castellum Sancti Martini, 
sive coenobium apostolorum principis Beati Pétri Puellare nun- 
cupatum. [Quam vinejam ego noveliam jam plantatam de Gauzebuo 
canonico prefati patronis [sic] domni Martini, precio emi quantum 
inter nos [convenit, qujique ipse de Adam tesaurario egregii presulis 
sepius nominati ejusque nepote Francone, nihilominus precio emerat, 
venundantibus [illis coram idjoneis Lestibus proprium suum alodum, 
quem jurepossidere videbantur. Item aliam vineam, quse dicitur Ad 
Palfictum, in ejusdem Sancti Juliani monasterii [vicinio sitam, q]uam 
datis meis pretiis terram arabilem comparavi, videb'cet m quar- 
terios inter Gauzuinum, Sancti ftlartini diaconum, et Guimberonem 
carpen[tarium, necn]on et arp, ii, plus minus, quos concamiavi 
ex potestate Sancti Martini pertinentem de granica fratrum, pro quo 
dedi alodum, qui fuit condam [Hunfagro, et Gajuzuino, quem compa- 
ravi de Erlanno, Sancti Martini canonico, nepote eorum, quem 
etiam iterum commuLavi, et dedi alodum, qui fuit condam Miloni, [et 
de Guinemajnno diacono comparavi ; ipsum tenent modo Erlannus 
et Gauzelmus Sancti Martini canonici. Commutavi etiam quarterios 
III, plus minus, [in ipso Palficto], de Sancti Martini thcsauro, cum 
domno Gualterio thesaurario, pro quo dedi alodum, qui fuit Adal- 
ranno sacerdoti, quem comparavi de Guilleberto [sui ipsius sacer-] 
doti; et pratum arpen. vu, quod dicitur Ad Estappum, qui sunt 
siti juxta pralum de Odato, qui fuerunt quondam Milonis et Berno- 
nis, quos [comparavi de] Guinemanno ; et non longe ab ipso loco, 
II arpcnnes ex proprio alodo, qui fuerunt quondam Andraidi fidelis 
nostri. [Trans Ligerim], vero in villam quœ dicitur Gersilla, ecclesiara 
Sancti Pctri cum caeteris ad ipsam pcrtinentibus rébus, Alnelum vide- 
licet et Banlilium, et in villa Cancellis, [quod visi sumus habjere, et 
villam Kercionem; in Oximcnse, villa quae vocatur Mons Edralis, 
capellas duas cum molendinis ac ceteris appendiciis ad ip[sas pcrti- 
nentibus, et it]em Sauriacum et Malvallum et Montem Dadonis, et 
caetera quœ ex successionc avunculorum nostrorum Ilieronymi, Sige- 



1 



409 

berLi n[ecnon Otgcrii alquo Raiibaudji nobis obvenerunt. Haec ipilur 
omnia quse vol in mancipiis, vel in terris cultis et incultis, inquisila 
sunt, vel inquirenda, ad [predictum locum Iradimus ut Inde] monachi 
quidqiiid eis vel successoribus eoriim utile fuerit facicndi liberam 
iiabeant potestatem. Conteslamur autem cunc[tos successores nos- 
tros] et ipsius etiam loci Incolas, per nomen sanctae Trinitatis omni- 
bus creaturis contremiscendum, ut numquam easdcni res, vel alias 
qua? [ibidem adqaisitefuerijnl, distrahere aud inquielare présumant. 
Si quis autem fuerit ulla emissa persona quse contra istas res jam 
supradictas [ullam calumniam induere] presumpserit aut infrangere 
voluerit, hoc quod repetit non vindicet, et insuper iram Dei omnipo- 
tentis inveniat, et [cum Dathan et Abiron et Ju]da, qui Dominum tra- 
didit, sortem deducat, et insuper auri libras lx coactus exsolvat, e[t in 
sua malivola cupiditale confusus] abscedat; s[ed insuper omnique 
tempore firma permaneat cessio ista cum sUpulatione subnixa. Ut 
autem aucloritas hujus scriptu]re firmior [habeatur, et a nobis cer- 
tius facta esse credatur, et a neminc violari quandoque praesumatur, 
manu propria eam firmavimus, et] ad canoni[cos Sancti Martini et 
Sancti Mauricii subter corroborandum aliosquc fidèles nostros sub- 
scriberc se rogavimus]. 

. . . .0r,6a)Xa) , miseratione omnipoteniis Dei Turonnrum humilis 
archiepiscopus, volunlarie subscripsi... Gersi[ndis], propria volun- 
tate, pro remedio parentum nostrorum, propria manu firmavi... 
Nefin[gus] levifa afque decanus subscripsif. Guntelmus levita et 
archiclavis subscripsit. Arbertus, sacerdos atque precentor finnavit. 
Erlannus sacerdos et yppodecanus subscripsit. Otbertus levita et 
prœpositus subscripsit. Odilardus levita et prxpositus subscripsit. 
Erluinus sacerdos subscripsit. *I)pav[7.o)]... Beringerius sacerdos sub- 
scripsit. Gauzfredus diaconus subscripsit. Gauzelmus sacerdos 
subscripsit. Fulco subdiaconus. Gerardus diaconus subscripsit. 
Letardus diaconus subscripsit. Bernardus diaconus subscripsit. Far- 
mannus diaconus subscripsit. Salaco diaconus subscripsit. Rain- 
naldus diaconus subscripsit. Rainus subdiaconus. Actnj'dus sub- 
diaconus subscripsit. Arduinus diaconus subscripsit. Hugo diaconus 
subscripsit. Vivianus diaconus subscripsif. Adalmarus subdiaconus. 
\)msde[subdiaco7ius. AndrMus clericus subscripsit. Badilo decanus 
atrjue archiclavis sive abbas subscripsit. XP. O06-^p0o'jc archidia- 
conus sive abbas subscripsit. PQ. Rotbcrtus archidiaconus subscrip- 
sit. Item Rotbcrtus archidiaconus [subscripsit].... Otgerius diaconus 
atque precentor. XP. Odo diaconus subscripsit.... krnulfus presbyter 



/<10 

subscripsit. Adalulfus diaconus subscripsit. [Erbjernus... et indig- 
nus acolythus presens fui et royitus subscripsi. Rotgerius.... mbscrip- 
sit. Seguinus clericus subscripsit. Vivianus clericus subscripsit.... 
presbyter subscripsit. Mainardus presbyter subscripsit. Girardus cle- 
ricus subscripsit. kxmdAwwi?, diaconus subscripsit . Arclierius,pre56î//er 

subscripsit. Bernardus [Signura Adajlolmi. Signum Adalberli. 

Signum Andraldi. Signum Ermenmari. Signum Rainardi. Signum 
Gauz.,.. Signum Warnerii. Signum Dadonis. Signum Solioni. Signum 
Sanctioni. Signum AUo[nis] ....uini. Signum Gunberti. Signum Wal- 
terii. Signum Gilleberli. Signum Alcherii. 

[Data mense augusto ineunte, et anno incarnationis Dominicaî 
DGGGGXLIII, indiclione V, régnante Hludovico rege anno VIII.] 

IX. 

l'archevêque JOSEPH CONFIRME LA CONCESSION d'uN ARPENT 
DE TERRE FAITE A INGELFREDUS PAR INGENALDUS, ABBE DE 
SAINT-JULIEN. — 946-954. 

Haut. O^STO"""". — Larg. 0'"215°^'". 

Cette charte de Joseph a été découpée en bandes verticales ; 
nous en avons six à peu près entières et deux portions d'une sep- 
tième, plus un fragment horizontal ; il manque une bande sur le 
côté droit. Le nom du lieu où était située la pièce de terre, objet 
de la concession, est absent, mais on voit qu'il se trouvait au 
couchant de la ville de Tours et près de la Loire. La femme 
d'Ingelfredus, qui est mentionnée avec ses deux fils, porte comme 
son mari un nom germanique et s'appelle Richilde. Les noms des 
moines de Saint-Julien qui signent la charte sont accompagnés de 
notes tironiennes bien exécutées. 

La date se trouvait dans les parties perdues. D'après un extrait 
de cette pièce, donné p. 42 du ms. latin' 5443 de la Bibliothèque 
nationale, elle était ainsi conçue : « Data mense augusto, in 
civitate Turonus, régnante Hludovico rege. » L'année du règne 
du roi Louis d'Outremer faisait défaut, comme on voit, mais cette 
charte ne peut être ni antérieure à l'épiscopat de Joseph, ni pos- 
térieure à la mort de Louis ; elle doit donc être placée entre les 
années 946 et 954. 

Cette pièce est inédite ; on n'en connaissait que l'extrait men- 
tionné plus haut. 



4 M 

XP. [In nomine sum]mi Salvatoris Dei, Joseph, sanctae Turonicae 

[sedis archi-] 
episcopus, notum immo et percognitum fore cupimus omnibus ri[de- 

libus] 
presenlibus scilicct ac futuris, precipuseque successoribus nostris 

q[uoniam deprecatus est] 
nosvenerabilis abbas coenobii Sancti Juliani, nomine lng[enaldus]... 
subjeclis monachis, ut ex alodo quod quidam noslrai congre[galio- 

nis], 

Ebroinus nomine, eis concesserat ad habendum arpenn 

de terra arabili cuidam homini nomine Ingelfredo [et uxori sue] 

Richildi ac infantibus eorum, id est Godoni et [sub ins] 

titutione census annuatim reddendum per hujus nostrœ auc[torita- 

tis testamentum con-] 
cederemus. Quorum unanimem assensum monachorum ben[igniter 

recipientes] 

prescriplo Ingelfredo et uxori suae Richildi, ac infantibus 

gardi, ut dictum est, intcr pratum et terram, plus minus arpen 

Martini, in parle occidentis, non longe a fluvio Ligeris 

Teodricum. Terminantur ab una parte terra Sancti Mar[lini] 

Sancli Mauritii, aliis vero duabus partibus viis publicis. Eo e 

hominibus prefalam terram ut habcant licentiam desuper ae[diri- 

candi, constru-] 

endi et quicquid melius voluerint operandi, solvcnLe[s] 

missam sancti Juliani qucC cclcbratur v kal. septcmbris partib[us]... 
successoribus suis, censum, denariorum vieteis amplius non requi- 

ralur 

censu libère ac quiele possideant, ncmine inquieta[nte] 

Et si de eodem censu tardi aut neglegentes reperti fueri[nt] 

ant et quod tenuerint non ideo amittant. Ut aul[cm] 

sit firmaque permaneat manu propria eam subternrm[avimus] 

Juliani subscribere rogavimus. 
XP. Joseph, sanclse Turonicse sedis humilis archicpiscopus, huic... 
XP. Ingenaldus, presbyter et monac/tus atquc abbas, subscripsit. 
Gauzuinus, presbyter alque momichus, subscripsit. 
Johannes, presbyter atque înonachuSy subscripsit. 
Gauzcelmus, presbyter et precenlor atque monachus^ subsci'ipsit. 

Anscheriu, presbyter et monachus, subscripsit. Girardus 

Rotbertus, presbyter atque monachus., subscripsit. 

Deodonus, diaconus atque monachus, subscripsit. Gundramn[us] 



/H 2 

Bernardus, presbyier et monachus, subscripsit. Judicalis, presbyter 

et monachus, subscripsit. Otfredus 

....Ralrocus, presbyter atque monachus^ subscripsit. Christianus 

...Johannes monachus subscripsit. Maiiifredus 

fmig&cm., presbyter atque monachus., subscripsit. Item Johann[es].... 

Ado, presbyter et monachus, subscripsit. Rainal[dus] 

[Data raense augusto, in civitate Turonus, régnante Hludovico rege.] 



X. 



DONATION A SAINT-JULIEN, PAR GELDUIN, D UN SERF NOMME 
FULGUTIO. — 946 A 957. 

Haut. 0'"330i"'^. — Larg. 0>^260'"". 

Cette charte nous est parvenue fort incomplète. Les huit 
bandes verticales que nous avons pu retrouver devaient être 
accompagnées d'au moins trois autres. Ce qui subsiste suffit 
cependant pour donner une idée exacte du sujet, qui est une 
simple donation de serf, mais quelques détails sont dignes d'être 
remarqués. 

Dans le préambule, le rédacteur de la pièce invoque la loi 
romaine, ce qui est fort rare au x'' siècle dans nos contrées et 
doit très probablement s'entendre du Bréviaire d'Alaric. 

Le corps même de la charte offre une expression peu usitée 
dans les textes tourangeaux : le donateur menace les violateurs 
de sa donation d'une amende d'une grosse somme d'or, auri ad 
purum scocti. C'est sans doute excocti qu'il faut lire. Cette 
expression aurum ecccoctum, qu'on pourrait traduire par or cuit 
ou recuit, est employée dans les diplômes ou chartes des Carlo- 
vingiens et premiers Capétiens pour indiquer de l'or au premier 
titre et par conséquent très pur. Ducange en donne plusieurs 
exemples au mot Aurum. 

Cette charte est inédite et je n'en connais ni copie, ni analyse. 
Comme elle porte la souscription de l'arclievêque Joseph, elle doit 
être placée entre les deux dates extrêmes de son épiscopat, de 
946 à 957. La première me paraît établie par la donation de 
Saunay à Saint-Julien, publiée par M. Tarbé* ; quant à la seconde, 

1. Examen critique et analytique de diverses chartes relatives à la Tou- 
raine, p. Il cl 12, el Reviie rétrospective, 1837. 



qui résultait déjà de l'ensemble des pièces connues, elle nous est 
donnée d'une façon formelle par une note en écriture du x'' siècle 
consignée sur un manuscrit de la bibliothèque de Tours. Ce beau 
codex, inscrit au catalogue de M. Dorange sous len" 181, et qui 
est le sacramentaire du pape Grégoire le Grand, appartient tout 
entier au x" siècle. Or, dans la marge du fol. 72, on lit la note 
suivante, qui paraît bien de la même main que le manuscrit et 
qui, en tout cas, est certainement de la même époque : sic obiit 
Joseph, Turonice urbis episcopus, anno Domini D CCCC 
LVII. L'obituaire de Saint-Julien plaçant l'anniversaire de 
Joseph au xiv des calendes de juillet, le jour précis du décès de 
ce prélat doit être fixé au 18 juin 957. On conviendra que bien 
peu de dates de cette époque peuvent être établies d'une façon 
aussi probante. En plaçant l'avènement de Joseph en avril 94G 
et sa mort au 18 juin 957, on a les onze ans deux mois et dix- 
huit jours d'épiscopat que lui donnent la Chronique des arche- 
vêques de Tours, publiée par Salmon ', et le manuscrit, aujourd'hui 
perdu, suivi par Maan, qui l'appelle le catalogue d'Amboise, 
du nom de la viUe où il était conservé. 

XP decrevit née non et lex roma[na].... igilur ut.... mancipia 

ad ecclesiam Dei transferre pro remédie ani[me].... condon[are].... 

....ram habeat 
potestatem faciendi quicquid voluerit. P[roindc] ego Geldu[inus] 

[cu]pio omnibus 
sanclae Dei ecclesise fidelibusetprecipue noslrissuccess[oribusqu]a- 

liler pro rem[edioj.... Irado, cedo 
servum juris moi nomine Fulcutionem ad [monaster]ium Saneti 

Juli[ani].... monachorum 
ut ibidem dicbus vitse suac eis deserviat, et procreatio s[ua] ex eo 

orla 
simili ralione in eodem loco deserviat. Si a[ulem].... ab bac d[ie] ac 

pro heredibus 
[q]ui hanc donationem a me factam contraire.... et modo in.... quod 

repelit 
[non vijndicet et insuper contra quem litcm intu[lerit].... ecclœsias- 

ticam.... est sexentorum 
...auri ad purum scocti, necnon et mancipia.... solvere coga[tur]-, 
petitio nuUum 

1. Recueil de chroniques de Touraine, 1854, in-8°, p. 215. 



^14 

[effecjtum obtineat. Set insuper hœc donatio meis.... que bonorum 

[ma]nibus 
rata atque firmata omni lempore, ... et inviola[ta permjaneat. 
....[JJoseph, sanctge Turonicœ s[eclis] archi[episcopus].... 
[Signum] Gorbonis. XP. Ardui[iius fra]ter ejus sîibscripsit. 
[Signum] Guarinon. [Signum] Fredrici. 
Ego Gelduinus hanc [donatijonem a me [factam signo] sanctse crucis 

propria manu fi[rmavi]. 

Signum Adalardi. Signum A Signum.... Signum Grimaldi. 

Signum Guanilonis vicarii. Signum H.... Signum Sol[ionis]. [Signum 

Fr]ancionis. 

Signum Adalberti. Signum Ervici. Signum [Frejdrici rii. 

Data [mense] aprili,.... anno Hludovico 

XL 

DONATION A SAINT -JULIEN DE TERRES DANS LA VILLA BRUCIA ET 
AUTRES LIEUX. — DECEMBRE 948. 

Haut. O^'SIO'""^. — Larg. 0«»190'"'". 

Cette charte est très incomplète. Nous en possédons cinq bandes 
verticales, il est vrai, mais elles ne sont pas tout à fait entières 
et il en manque au moins trois. Les portions absentes contenaient 
justement le nom du donateur et celui de la viguerie où se trou- 
vaient situés les biens, objet de la donation. Une portion de ces 
biens faisait partie d'une villa appelée Briicia, qui pourrait être 
Brèche , aujourd'liui commune de l'arrondissement de Tours , 
canton de Château--la-Vallière, et où Saint-Julien a possédé au 
moyen âge un prieuré. On trouve dans les textes anciens les 
formes Brechia, Brochia, qui se rapprochent beaucoup de celles 
que donne notre charte ^ Peut-être cependant avons-nous ici une 
des nombreuses localités aujourd'hui portant le nom de la Brosse. 

Quant à la villa Felgeriis, mentionnée au commencement de 

1 . On pourrait ciler de nombreux exemples du changement de Vu en e dans 
nos noms de lieux de Touraine. Ainsi la forêt de Brechcnay est appelée en 1127 
foresta que Brunesciaciim dicitur, en 1190 nemus de Bruscheignio, en 1255 
nemus de Brussenaio, en 1286 Brussenay, et au xir*" siècle et postérieurement 
forêt de Brechenay. La paroisse de Bréhémont est nommée Bruhemmum dans 
la Grande Chronique de Tours, p. 104, édition Salmon. 



/H 5 

la charte, et dont rien ne nous indique la situation, il faut très 
probablement y voir un des hameaux de Touraine désignés sous 
les noms de Fougeray et de Fougères. 

La date est incomplète, bien qu'on y trouve la mention du 
mois, mais nous voyons que cette charte a été donnée la treizième 
année du règne d'un roi dont le nom se terminait par la syllabe 
eus, à l'ablatif <?o. Or, à l'époque indiquée par l'écriture de cette 
pièce, qui est le milieu du x" siècle, le seul roi de France dont le 
nom affecte cette terminaison est Louis IV d'Outremer, monté 
sur le trône en juin 936 et dont les années se comptent le plus 
généralement à partir de cette époque ; la treizième répondrait 
donc à l'année 948, qui paraît être la date exacte de cette charte. 



XP.... ubi.... 
se... 

im.... 

me. . . . 

inv.... 
cens.... 

a me.... 

donc 
arab.... 

et in ips.... 
vel asij[icere] 

que Julia.... 
Ycl pro ercd.... 

donatio m[ea] 

sed insuper s... 

[Da]tiianctAbi[ron] 



gulariter et commune perpétue vivendo 

omninus h.... 
jam dictis sanctis et supra abbati et fratrlbus 

ibidem.... 
atis meae quas legaliter teneo adque possi- 

de[o].... 
to lapidense in Felgeriis villa cum tcreia.... 
fai'inarium unum cum siivis et praLis terris 

arab[ilibus].... 
[ve]l aspiccrc videtur totum et ad intcgrum 

lermin[um].... 
[a]Uo loco in ipso pago et in ipsa vicaria.... 
[ijncultis et pratis et quantum a me aspicit 

vel.... 
villa que appellalur Brucia terras arabile[s] .... 
terminalur vero ipsa terra diversis tcrmina- 

tioni[bus].... 
et fratribus ibidem monasterio scrvienlibus. . . . 
ve quelibet aliundc emissa persona, quod 

non si t.... 
ahquam kalumniam conalus fueril inferre, 

supra.... 
auri libras x cogalur illi legaliter persol- 

vere.... 
et Juda, Domini prodiLorc, cterna damnatione 

supjac[eat].... 



4^6 

...Iraditio [tejncatur et verius ab omnibus credatur, 
manu propria. . . . 
corrobor[are] feci. Data anno incarnalionis Do[minicœ].... 
CD rcgc m... s xrir, in niense decembrio, feria prima.... 
-J- [cjomilis. Signum ^ Odulfi. Signum Landricii. 

Signum Ber 

Pla... Guarimunni. Signum item Bernerii. Signum 

Guillelmi. 
Ha... Elgaudi. Signum item Gotefredi. Signum 
Guandalber[ti]. 



XII. 



DONATION d'un MANSE A SAINT-JULIEN PAR LES CHANOINES DE 
SAINT-MARTIN. — 948 OU 949. 

Haut, inconnue. — Larg. 0'"260'^™. 

Nous n'avons ici que quatre bandes horizontales, dont la pre- 
mière est incomplète, et le tout ensemble ne nous donne que la 
date de la pièce avec le nom du scribe. Le corps même de la charte 
fait jusqu'à présent défaut, et en ce qui concerne son objet, nous 
sommes réduits à de simples conjectures. Cependant, comme elle 
a été donnée dans le chapitre de Saint-Martin et que nous la 
trouvons dans le char trier de Saint-Julien, je pense que nous 
avons ici la fin d'une donation faite à l'abbaye par la puissante 
collégiale, donation analogue à celle d'une prébende faite à la 
prière de Tèotolon en 940 -. La date est dans les deux pièces for- 
mulée de la même façon ; le chiffre des années diffère presque seul. 

Il ne s'agit point ici d'une prébende, mais d'un simple manse, 
car on lit au dos de la première bande, en vieilles capitales ana- 
logues à celles que nous offrent d'autres chartes de Saint-Julien, 
les mots suivants : de Mansello in Baniolis sito. Le territoire 
ainsi désigné s'étendait au sud de la ville de Tours "et de la Mar- 
tinopole, sur l'espace plus tard compris dans la châtellenie des 
Bains. 

La treizième année de Louis d'Outremer, en partant comme 

1. La noie lironienne de subscripsit remplace le mol signum. 

2. Mabillon, Annales ordinis S. Benedidi, t. lil, i). 710. 



4^7 

on le fait ordinairement du 19 juin 936, correspond à 948 ou 949, 
selon que la charte a été donnée avant ou après le 19 juin. Quant 
au scribe Adalniarus, qui est dit maître-école de Saint-Martin, il 
figure avec cette dernière qualité jusqu'en 957. 
Voici le texte de nos trop courts fragments : 

Data est auLem liujus manusfirmce auctoritas... Turonis, castello 
scilicet Sancli Martini, in pleno fralrum capitulo, anno xiii regni 
Hludovici régis. 

Ego Adalmarus, Sancti Martini laevila et ejusdem sancti scholae 
minister, rogitus scripsi et subscripsi. 



XIII. 



CHARTE DE MAINARD , EVEQUE DU MANS, CONCEDANT UNE 
PRÉBENDE A SAINT-JULIEN. — 948-968. 

Cinq bandes verticales et trois horizontales, dont la seconde 
est en deux fragments. Cette charte est fort incomplète, nous ne 
pouvons en indiquer ni la hauteur ni la largeur, et il y manque le 
nom de la prébende donnée à Saint-Julien par l'évêque Mainard. 
Le scribe de cette pièce, très probablement écrite dans le Maine, 
avait oublié le sens des notes tironiennes au point de prendre la note 
représentant le mot subscripsit pour l'abréviation de signum, 
et il en a fait précéder les noms de la plupart des signataires 
qu'il a mis au génitif. 

La date manque, mais l'évêque Mainard ayant occupé le siège 
du Mans pendant vingt ans cinq mois et trois jours, et figurant 
dans une charte de 908, elle doit être placée entre les années 
948 et 968. Une cote, au dos, donne la date de 900, qui peut être 
exacte et était vraisemblablement écrite sur une portion de la 
charte aujourd'hui perdue. 

Cette pièce est inédite et nous n'en connaissons aucune copie 
ancienne, mais seulement dans le Monasticon Benedictinum, 
une simple mention qui a été reproduite dans le Gallia chris- 
tiana, t. XIV, col. 240. 

...sanctae sedis CenomanicBe episcopus et cuncta congregalio 

...Ghristi Gervasii et Protasii sanetique Juhani.... 
percognitum ac manifesLura esse volumus.... 



humiliter postulantes uti pro sola nostra.... 

fratrum animarum salute prebendani.... 

Teotolo archiepiscopus, pro multorum utilitate.... 
preseus manifestai auctoritas. Concessimus igitur illis, ut dictum 

est, prebendam unam [ad] 
monadiorum videlicet subsidlum ibidem degentium; eo lamen ratio- 

nis ordine ut orationes 
eorum et sacrae oblationes, pro nobis fiant velud et pro ipsis lam 

pro vivis quam etiam et def[unctis].... 

foedere et memoriale nos [succjessorum nostro[rum].... 

precamus omnes gregis nostri cano[nicos]... sedis nostrae.... 

[commu]nem helemosinam ac contributionem sicuti a nobis 
facta est.... 

permittant. Si autem evenerit, quod absit, ut aliquis.... 

aut etiam invidia vel raalo ingenio seductus, prelibatam pre- 
bendam.... 

abstrahere voluerit, cum Dathan et Habiron jaceat in inferno.... 

adimplere permiLtatur. Et ut hujus nostrae communis helemo- 
[sinae].... 

[aucto]ritas firmior ac certior per diuturna tempora habeatur, 
ma[nu].... 

manibus que fratrum nostrorum adsignari rogavimus. 

Signum^ Engilbaldi. 

Signum Gauzmari. 

Signwn Isaac. XP. Mainard[us] 

Signum Odo. 

Signum Isembardi. 

Signum Frambcrti. 

Signum Walcharii. 

Albericus suhscripsit. 
Signum Simeoni. 

Gerbaldus subscripsit. 

1. Le signe qui précède les noms mis au génitif est bien la note tironienne 
représentant le mot subscripsit ; le scribe de la charte l'a évidemment employée 
pour l'abrévialioa du mot signum. 



419 



XIV. 



DONATION A SAINT-JULIEN PAR L ARCHEVEQUE JOSEPH, A LA 
PRIÈRE d'aRIERIUS, DE VIGNES APPARTENANT A SAINT-MEXME 
DE CHINON. — AVRIL 949. 

Haut, inconnue. — Larg. 0"'245'"'°. 

De cette charte, nous avons retrouvé deux petits fragments 
liorizontaux, qui, joints à celui découvert au greffe de Loches 
par M. Gauthier et publié par M. Delaville LeRoulx*, nous en 
donnent les six premières lignes. M. Delaville Le Roulx avait 
cru pouvoir y reconnaître une pièce de l'archevêque Joseph 
mentionnée dans le Gallia Christiana^ par M. Hauréau. Il ne 
s'était point trompé, car nous avons rencontré dans deux manus- 
crits de la Bibliothèque nationale un extrait de ce document, qui 
ne laisse aucun doute à cet égard et contient, outre la fin de la 
charte, les souscriptions de Joseph et d'Arierius, ainsi que la 
date, qui est du mois d'avril, treizième année du règne de Louis 
d'Outremer, ce qui correspond à 949. 

Les portions que nous fournissent les manuscrits sont placées 
entre crochets. 

Bibl. nat. Fonds lat. ms. 5443, p. 43, et 17047, p. 41. 

XP. In nomine summi Salvatoris Dci, Joseph, sanclae TuronicaB 
sedis hu[milis] archiepiscopus nolum immo et percognitum esse volu- 
mus cunclis fidelibus archi.... vel ahis sanclae Dci ecclesise, presen- 
tibus scilicet ac fuluris prccipueque successodbus nostris quoniam 
deprecatus est nos Arierius sacerdos uti jucto[s] ii et médium de vinea 
quos ipse more complanti aedificaverat et ex potestate Sancti Maxim! 
...erat eosdemad Sancti Juliani monachos, ob monimentum et rcc... 
[...condonare dignaremur.... concessimus ad jam dictos monachos 
prœflxos juctos 

XP. Joseph Turonicae sedis archiepiscopus subscripsit. 

XP. Arierius, qui huic auctoritati fieri deprecatus est 

Data mense aprili in civilate Turonus anno XIII regnanti Hludo- 
vico recte.l 



1. Notice, etc., p. 20. 

2. Tome XIV, coL 51. 



420 



XV. 



VENTE A l'aBBE INGENALDUS , PAR ADALSINDIS ET SES FILS, 
d'une TERRE SITUEE DANS LA VIGUERIE DE CHINON, IN VILLA 
ADALSON. — DÉCEMBRE 950. 

Haut. 0'°318'"'". — Larg. 0^204™'". 

Cette charte, bien qu'elle ait été découpée par le relieur en 
huit bandes verticales, a été reconstituée intégralement, résultat 
qu'il nous a été très rarement donné d'atteindre. Les personnages 
qui y figurent et y signent sont de condition plus modeste que 
dans les précédentes; elle n'émane point, comme la plupart de 
celles-ci, de quelque chancellerie épiscopale et est évidemment 
l'œuvre d'un scribe inférieur. Elle n'en est que plus intéressante, 
à ce qu'il semble, car elle nous montre à quel degré de décadence 
était arrivée la langue latine vers la moitié du x^ siècle. Les 
règles les plus élémentaires de la grammaire sont ici outrageuse- 
ment violées. Nous noterons seulement l'emploi du datif pour 
le génitif, et la confusion de la troisième déclinaison avec la 
seconde, ainsi que l'accusatif pris dans le sens de l'ablatif absolu. 

Adalson nous paraît devoir être identifié avec Auzon ou Ozon, 
localité fort ancienne du Chinonnais, dans la commune d'Huisnes, 
et où Ton a découvert des sépultures de l'époque mérovingienne*. 
Le D est tombé; les deux A et l'L se sont contractés en Au, 
puis en 0, et l'on a eu Auson ou Ozon. Une pièce du cartulaire 
de l'archevêché nous montre du reste que la terre d'Ozon, qui, 
depuis le xiii*' siècle, appartint aux archevêques de Tours, avait 
été originairement la propriété de Saint- Juhen. C'est en 1231 
que l'abbaje l'abandonna à l'archevêque Juhel, pour se libérer 
de deux repas qu'elle devait lui fournir lors de ses visites 2. Parmi 
les témoins se trouve le prêtre Arierius, à la prière duquel 
Joseph II donnait en 949, aux moines de Saint-Julien, des vignes 
appartenant à Saint-Mexme. 

Le mois de décembre de la quinzième année de Louis IV se 
trouve en 950, selon la façon habituelle de compter les années de 
ce prince à partir du 19 juin 936. 

1. Bulletin monumental, t. XXXVI, n° 8. 

2. Archives d'Indre-el-Loire. Cartulaire de l'archevêché, p. 79. 



421 

Pas trace de notes tironiennes dans cette pièce, qui est men- 
tionnée dans le Gallia clunstiana, à l'article de l'abbé lugenal- 
dus, d'après le Monasticon Benedictinum, mais dont le texte 
lui-même était inconnu. 

Au dos, ancienne cote : « Carta Adalsindis admonachos Sancti 
Juliani, de Alxon. » 

Une autre cote plus moderne porte : « De predio prope Caino- 
nem, Tulgo Chinon, empto ab abbate Ingenaldo. » Cette indica- 
tion du voisinage de Chinon convient parfaitement à Ozon et 
vient confirmer notre hypothèse. 

Il ne subsiste plus du manoir d'Ozon qu'un portail fort délabré ; 
le nom même a disparu et a été remplacé par celui de Tours, sans 
doute à cause de la longue possession des archevêques, mais il 
se retrouve aux fontaines d'Ozon, qui sont dans le voisinage. 

XP. Igitur ego, in Dei nomine, Adalsindis et fihus meus Isembertus, 
et frater suus Rainaldus, constat nos insimul vendere et ila vendimus, 
tradere et ita tradimus, ad alicos homines, Ingenaltdo [sic] abbalo et 
Bernardo preposito, sive omnium gongregacio monachorum, hoc est 
alodum unum de terra arabile qui resedit in pago Turonico, in vica- 
ria Kainonensi, in villa que dicltur Adalson, hoc est in tolum, plus 
minus, vetic. ii; et habet lateraciones ex duobus lateribus terra 
Sancti Juliani, tercia lalerc, terra Sancti Mauricii, quarta latere, 
terra Rainaudo, ex suo bénéficie. Ipsa terra superius dicta a die pre- 
sensente [sic] vobis vendimus adquc transfundimus et de juro nostro 
in vobis tradimus potestale et dominacione. Undc accepimus de vobis 
precium in co nobis bene complacuit atque convenit, hoc est in 
argento, sol. xiii et dnr. tantum. Ita ut ab hac die, quicquid de ipsa 
re superius dicta facere voluerllis, liberam et firmissimam in omni- 
bus habeatis potestatem faciendi, neminem contradicentem. Si quis 
vero, nos ipsi aut ullusex heredibus, vel de propinquis, scu quislibet 
intromissa persona, qui contra hanc vcndicioncm venire aut inquie- 
tare presumpserit, sol. l multa cumponat, et quod repelit non vin- 
dicet, sed presens vendicio ista omnique lempore firma et stabilis 
valeat perdurare, com stipulatione subnixa. 

Signum Adalsindis. Signum Isemberto. Signum Rainaldo. Isti sunt 
qui fieri vel adfirmare rogaverunl. 

Signum Bernardo levita. Signum Andraldi. Signum Arierii sacer- 
doti. 

29 



422 

Signum Berengarii. Signum Hermengerii. Signum Dominel. 
Data in raense decembrio, anno XV régnante Hludovico rege. 



XVI. 



CONCESSION DE CINQ ARPENTS DE TERRE, PRES DU CHER, FAITE 
PAR INGENALDUS, ABBE DE SAINT-JULIEN, A GEOFFROY, FILS 
DE RENAULD. — 950-964. 

Haut. 0"»320'"'^? — Larg. 0"^260'"'"? 

Six bandes verticales, fort mutilées par le bas. Il en manque 
au moins deux, une de chaque côté ; mais nous avons bien tout le 
cœur de la charte, qui n'offre, du reste, rien de particulier et dans 
laquelle nous retrouvons les formules usitées dans les actes de 
cette nature. Le point intéressant de la pièce se rencontre dans 
les signatures, cependant fort mutilées. Celle de l'abbé Ingenal- 
dus est ainsi libellée : Ingenaldus, archisterii Sancti Juliani 
hmnilis abbas. L'expression archisteynwn est peu usitée ; elle 
a le même sens que monasterium ou cœnobium, comme on 
peut le voir dans Ducange au mot Asceterium. 

La date manque, mais cette charte doit être placée entre les 
années 950 et 964, pendant lesquelles Ingenaldus fut abbé de 
Saint- Julien. 

Pièce inédite et dont nous ne connaissons ni copie, ni analyse. 

[XP. In nomine] Domlni Salvatoris Dei nostri, quidem ego Ingenaldus 
etomnis congrega[lio... nojtum cupimus esse omnibus sanctse Dei 
ecclesiœ fidelibus, presentibus sciUcet atque fut[uris, quod dcpreca- 
tus] est nos quidam homo, Rainaldus nomine, uti duos arpennos et 

médium aUios quoque duos arpennos et dimidium de spineto, ad 

faciendum pratum Albini, quae nostri jurishabctur, cuidam fdio 

SUD, nomine Gauzfredo [succejssoribus sub institutione census 

annuatim reddendum concederemus. Cujus pre ...ebentes, concessi- 
mus jam dicto Gauzfredo et duobus successoribus suis dictos... 
...propc tluvium Karis. Terminantur vero duo quidem arpenni... 
rius de vinea, de una parte te [sic) terra Sancti Mauricii, et de dua- 
bus partibus... arcta via publica; illi quoque duo arpenni et dimidius 
spineti de una parle terra... et de tribus partibus terra Sancti 
Mauritii. Intra bas terminationes totum et adm[odum]... Gauzfredo 
et duobus successoribus concedimus, ea ralione ut habeant Ucen- 



423 

tiam... et quicquid melius elegerinL faciendi, el si nccesse cis fuerit 
vendendi, salvo tam[en]... ipsius, solventes exindeannissiiigulis,ad 

raissam sancli Martini, quœ celebratur ris censum denarios x 

etvnii, eteis amplius non requiratur-, quodsi de isto ce[nsu] [negle-] 
gentes extiterint, id ipsuni emendaro eis liceat, etquod teniierint non 
ideo am[itlant]. ...qui huic conscriptioni litcm iuferre velit, solidos 
centum so[lvat]. Et ut firmior sit ista conscriptio, nomina qui cam 
firmave[runt].... 

[Ingenjaldus archisterii sancLi Juliani humilis abbas subscripsit. 
[Ardui]nus(?) decanus et sacerdos subscripsit. 

SuLhardus subdiaconus subscripsit. 

Gau Gauzfredus subdiaconus subscripsit. 

Ym Gaulterius subdiaconus subscripsit 

Lup 

Judi[cael] 

XVII. 

l'archevêque JOSEPH CONCÈDE A BERNERIUS ET A SA FEMME 
ODOALOCH QUATRE ARPENTS ET TROIS PERCHES DE TERRE 
DANS LE VOISINAGE DE TOURS. — SEPT. 953. 

Haut. 0™320"i'«. — Larg. 0™270'n™. 

Les chartes de Joseph, successeur de Téotolon sur le siège de 
Tours, sont rares ; celle-ci nous est parvenue à peu près entière, 
en dix bandes verticales. Il ne paraît en manquer que deux, et 
ce que nous avons suffit parfaitement pour nous donner connais- 
sance de l'objet de la pièce ainsi que des personnes et du lieu 
qu'elle concerne. Ce heu, très voisin de la viUe de Tours, est 
appelé Ac? Culturam Sancti Ger... La fin du nom du saint était 
sur une bande qui est perdue, mais il faut sans aucun doute lire 
sancti Gervasii, car il existait à Tours, au x° siècle, une église 
dédiée à saint Gervais et à saint Protais. Elle était située tout près 
de la muraille, dans l'angle sud-ouest, au lieu même où s'élève le 
palais archiépiscopal actuel. Construite d'abord par les évoques 
Eustoche et Ommatius, détruite dans l'incendie général de la 
cité, arrivé en 561, elle avait été rebâtie par Eufrone, ainsi que 
nous l'apprend Grégoire de Tours, et ne fut détruite qu'au 
xvif siècle, lors de l'agrandissement de l'archevêché. Quelques 



424 

archéologues veulent même en voir un reste dans une pièce 
voûtée englobée dans l'aile occidentale de ce palais, mais cette 
opinion nous paraît plus que douteuse. Quoi qu'il en soit, la Cou- 
ture-Saint-Gervais devait s'étendre sur les terrains occupés 
aujourd'hui par le jardin de l'archevêché et la partie haute de la 
rue des Ursulines. 

De la souscription de Joseph, il ne subsiste que l'A final, mais 
la mention de son titre, qui suit immédiatement, rend un doute 
impossible sur ce nom, d'ailleurs écrit en toutes lettres dans la 
première ligne delà charte. Parmi les autres signatures, celle de 
Rotgerius est en caractères grecs et presque toutes sont accom- 
pagnées de notes tironiennes. 

La pièce est datée du mois de septembre , de la dix-huitième année 
d'un roi dont le nom manque, mais qui, d'après les dates extrêmes 
de l'épiscopat de Joseph, ne peut être autre que Louis d'Outre- 
mer. Cette année correspond à 953, d'après la façon la plus 
habituelle de compter les années de ce prince à partir du 
19 juin 936. 

Le personnage qualifié doyen et abbé, qui souscrit immédiate- 
ment après l'archevêque Joseph et du nom duquel U ne subsiste 
plus que la s} llabe 7ms, me semble bien être Arduinus. 

Le nom de la femme de Bernerius, Odoaloch, a une physiono- 
mie germanique bien prononcée et sa terminaison est la même 
que celle d'une des formes du nom de Téotolon, qu'on trouve 
écrit Theotholoch. 

Cette pièce est inédite, et on n'en connaît ni copie ni analyse. 

XP. [In nojmine summi salvatoris Del, Joseph, sanctae Turonicae 
sedis humil[is archiejpiscopus, notum immo et percognitum [esse vo]- 
lumus cunctis fidelibus sanctae Del ecclesiae, presentibus scihcet ac 
futuris, pre[cipueque sujecessoribus nostris, quoniam deprecati sunl 
venerabilesnostrse matris ecclesise canonici, uti ex rcbus eorum stipen- 
die one subjectis, hoc est de illa... arpen. nii et perticas m de 

terra arabih quidam homini, n[omine Berjnerio et uxori suœ Odoaloch 
[sub ins]titutione census annuatim reddendum per hujus nostra3 
auctorita[tis testamentjum concederemus, quorum depre[cation]em 
bénigne recipientes, concessimus jam dicto Bernerio et [uxori suse] 
Odoaloch préfixes arpen. nii [et pertiejas m de terra arabili, sitos 
non longe a suburbio Turonicae [civitatis], quem dicunt Ad Culturam 
Sancti Ger[vasii]. .. [terjminantur ex omnibus partibus terra de eodem 



^25 

potestale... cl pasto communi. Eo cliam mocloconce[dinius prc]fixos 
arpen. de lerra ul habcanl licenLiam desuper aedifican[di, plan- 
land]i, construendi et quicquid meliu[s clegerint] emeliorandi. Sol- 
ventes exinde annis singulis, ad missam sancti [Johannis Ba]ptisl?e 
quœ colilur viii kl. julii, p[rerix]um censum, sol. ii, et eis amplius 
non requiratur aut exig[atur, sed su]b talicensu libère ac quiète eam 
t[eneanl et] possidcant, et si de eodem censu tardi aut négligentes 
repert[i fucrint, id ijpsum emendare studeant et quod t[eneant n]on 
ideo amittant; habeantque licentiam..,. quam et... ut ad proprios 
parentes relinq[ucre]...,etiam ad poteslatem Sancii Mauricii vendere. 
Ut auteni hsec auc[toritas firjmior habcatur, manu propria eam s[ub- 
lerfirjmavimus manibusque fidelium nostrorum adfirmarc fec[imus 
et njotari decrevimus. 

XP. [Josepjh, sancte Turonicœ sedis humil[is arclnepiscopus], 

rogitus subscripsit. 
XP. [Ardui]nus decanus atque abbas subscripsit. PQ. Bernardus. ... 

Rolgerius diaconus subscripsit. 
Parafe initial .. .arc hidiaconus subscripsit . PwÔYYjpuouc sacerdos at- 
que ..(ivis presbi/ter subscripsit . Odo diaconus- subscripsit. 

It (?) ....rtus archidiaconus. Gauzbertus presbijter subscripsit. 
Rauber[tus]... Girardus diaconus subscripsit. 
A... presbyter subscripsit. Arcberius presbyter subscripsit. Arman- 

[dus]... [Ermjenfridus ^jre6'6î/<er subscripsit. 
Gir[ardus] presbyter subscripsit. Ingelbertus diaconus subscripsit. 

Ghristianus Franco subdiaconus subscripsit. 

... Hildcgarius monachus subscripsit. Dodaldus Otbertus clericus 

subscripsit. 
[Data mense] setembri, in civitate Turonus, anno XVIII rcg[nantc 
Hludovico] rege. 

XVIII. 

DONATION A SAINT -JULIEN , PAR FROTIER , ARCHEVEQUE DE 
TOURS, DE BIENS DEPENDANT DE l' ABBAYE DE SAINT-VINCENT 
DE TOURS. — 959. 

Haut. 0™405'"'^. — Larg. 0">270""". 
Nous avons rencontré cinq petits fragments du commencement 
de cette charte, dont la plus grande partie a été découverte, 
avant 1879, par M. Gauthier, sur les registres de l'état civil, 



426 

conservés au greffe de Loches. M. Delaville Le Roulx l'a publiée 
dans sa Notice sur les chartes originales relatives à la Tou- 
raine antérieures à Van mil^ et a donné un fac-similé des 
signatures, qui sont accompagnées de notes tironiennes intéres- 
santes à étudier. Nous ne reproduirons pas ici la pièce en entier 
et nous nous bornerons à transcrire les premières lignes que nous 
avons trouvées et qui viennent la compléter. 

XP. . . [Frojtherius, sanctse Turonicœ sedis humilis arc[hiepiscopus], 
notum immo et percognitum esse volumus cunctis fidelibus sanclae 
Dei ecclesiœ, presen[tibus] scilicetacfuLuris, precipueque successoribus 
nostris, quoniam accesseruiit venerabiles mo[nachi Sancli] Juliani 
monasterii, quod est silum in suburbio Turonicae urbis, ad nostrse 
paternitatis celsitu[dinem humililer deprecantes] 



XIX. 



ARDOUIN, ARCHEVEQUE DE TOURS, CONCEDE A SAINT -JULIEN 
DIVERSES PIÈCES DE TERRE SITUÉES DANS LE PAGUS DE TOURS, 
DANS LA VILLA APPELEE VITRARIAS. — FEVRIER 960. 

Haut. 0"'395"^'". — Larg. 0™244'"'^\ 

Charte bien écrite et bien conservée, à laquelle il ne manquait 
que la date, que nous avons retrouvée, sauf un petit fragment à 
droite. La villa Vitrarias, qui s'est appelée au moyen âge les 
Verreries, a changé de nom à la fin du xv" siècle, où elle est 
devenue Vaître des Calouris; c'est aujourd'hui la Calourie, 
hameau de la commune de Monnaie, canton de Vouvray et arron- 
dissement de Tours. 

Les signatures sont accompagnées de notes tironiennes très 
bien formées. On remarquera qu'Ardouin n'oublie pas de men- 
tionner, après son titre d'archevêque, sa qualité de trésorier de 
Marmoutier, ce qui montre en quelle haute estime étaient tenues 
les dignités de la puissante abbaye. 

Au dos, on ht, en anciennes capitales, la cote suivante : Carta 
Bernardi de Vedrarias, quarn fecit Sancti Juliani. La men- 

1. Notice, etc., p. 21. Celle nolice a été également publiée dans le t. IV du 
Bulletin de la Société archéologique de Touraine, p. 334 et s. 



427 

tioû du nom de Bernard s'explique, parce que c'est à sa prière 
qu'eut lieu la concession d'Ardouin. Autres cotes plus modernes 
avec la date 960, qui est exacte, en comptant les années de 
Lothaire à partir du 12 novembre 954, comme on le fait le plus 
généralement. Cette pièce est inédite. 

Bibl. nat. Baluze, t. LXXVII, fol. 75; ms. lat. n" 5443, p. 42, 
mais seulement avec les premières signatures. 

XP. In nomine summi omnipotentis Dei, Nos quidem Arduinus 
sanctœ sedis Turonicac archiepiscopus, necnon et Sancti Martini Majo- 
ris Monaslcrii aediluus, notum hymmo et pcrcognilum esse volumus 
cunctis sanclae Dei ecclesiœ fidelibus, presentibus sciliceL ac futuris, 
precipuaeque successoribus nostris, ejusdcm loci thesaurariis, quo- 
niam deprecalus est nos quidam vassallus ac fidells nostcr, nomiiie lîcr- 
nardus, ut ex rébus pertinentes ex noslro minislerio, quas ipso per 
sericm cartarum ac manusfirmc auctoritatem de nobis tenere vide- 
tur, quartulam i et farinarium i, cum pratis aripen. ii, partim culta 
parlimquc inculta, ad monachos Sancli Juliani, sub inslilutione census 
annualim reddendum, per bujusnoslrae auctoritalis tesLamentumeis 
concederemus. Gujus deprecalionem bénigne rccipicntcs, concessi- 
mus jam dicLis Sancli .[uliani monachis prescriplam quartulam cum 
pralis ac farinario. Est quidem sita ipsa terra in pago Turonico ex 
polcstate Sancti Martini, in villa quam vocant Vitrarias. Eo namque 
lenore prelibatam tf3rram eis concedimus ut habeant licentiam dcsu- 
per aedificandi, construendi, vel quicquid boni voluerint operandi, et 
annuatim in missam sancti Martini auctumnalem nobis, sive succes- 
soribus nostris, qui eundem thesauro Sancli Martini Majoris Monas- 
terii regere videntur, reddere sLudeant censum solidorum m , cl eis 
ampliusnonrequiratur. Et si deeodem censu necglegentes quicquam 
aut tardi cxtiterint, id ipsum ei cmendare studeant, quod vero tenue- 
rint non ideo amiltant. Precamur inlerea succcssorum noslrorum 
clementia ut, sicut sua acta que gesserint stabili voluerint vigore 
persistere, ila haec nostrae parvitatis gesta sinant mancre inlacla et 
inviolata. Ul auLem bccc auclorilas pleniorem in Dei nomine oblineat 
firmilatem et ad [sic) successoribus nostris inviolabililer conscrvelur, 
manu propria eam subterlirmavimus et canonicos ejusdem loci corro- 
borare decrevimus. 

XP. Dompnus Arduinus, archicpiscopus atque liicsaurarius Sancli 
Martini Majoris Monaslerii, banc auclorilalem fieri jussit vel adfir- 
mare rogavit. 



428 

Signum Bernard! et fîlii ejus Waloni, qui hanc manumfirmam fieri 
jusserunt el ipsi firmaverunt. 

XP. Gotefridus decanus atque leviia. 
Gonstantius diaconus subscripsit. 
Leutfredus presbtjter subscripsit. 

XP. Hodilo saeerdos subscripsit. 
Samson presbyter subscripsit. 
Hildohardus saeerdos subscripsit. 
Ernulfus presbyter subscripsit. 
Rainaldus diaconus subscripsit. 
Rotberlus levita subscripsit. 
Hymmarus levita. 
Rainaldus diaconus subscripsit. 
RoLbertus levita subscripsit. 
Gonstantius diaconus subscripsit. 
Adalelraus diaconus subscripsit. 

Data est ergo hujus manusfirme auctoritas un kalendas m[artii] 

monasterii, anno VI regni Hlotharii régis. 
Parafe initial. Teotbertus saeerdos rogitus scripsi atque subscripsi. 



XX. 



CONCESSION SOUS UN CENS FAITE PAR L ABBE INGENALDUS A...? 
— 20 MAI 964. 

Haut, inconnue. — Larg. 0'"257'""i. 

Nous ne possédons de cette charte que deux fragments hori- 
zontaux, qui nous en: donnent la date ainsi que le nom du scribe 
qui l'a écrite. La perte de la pièce elle-même est d'autant plus 
regrettable qu'on n'en a aucune copie, ni même une analyse un peu 
détaillée, et qu'elle n'est connue que par une mention faite dans 
le Monasticon Benedictinum et reproduite dans le Gallia 
christ Jana, à l'article d'Ingenaldus, abbé de Saint-Julien'. Cette 
mention, toute brève qu'elle soit, nous permet cependant de 
croire que ces fragments proviennent bien de la charte qu'avait 
sous les yeux le rédacteur du Monasticon. 

En effet, nous lisons sur nos deux bandes horizontales : 

1. Gallia christiana, t. XIV, col. 240. 



/.29 

...duodecimo Lolharii rogis, mense maio, die xx", anno ab incar- 

natione Domini D CGGO LXlllI, indiclione vu. 
Ego Acfredus, rogalus ab Evrardo cancellario, scripsi et subscripsi. 

Or, le Monasticon mentionne une donation , sous un cens, 
faite par l'abbé Ingenaldus le 20" jour de mai de l'année 964, 
indiction vu; la date est identique, même pour le jour, et, comme 
nos fragments proviennent des archives de Saint-Julien, on ne 
peut guère supposer que ces archives continssent deux chartes du 
x" siècle, données le même jour. Cette fin doit donc être celle de 
la donation d'Ingenaldus. 

La date donne lieu à une observation intéressante : le mois de 
mai de la douzième année de Lothaire ne saurait répondre à 904, 
si l'on faisait commencer le règne de ce prince au 12 novembre 
954, comme il arrive généralement. Il faut ici reporter ce com- 
mencement aux premiers mois de 953, alors que Louis d'Outremer 
était encore vivant. Notre confrère M. Bruel, qui, dans ses 
^?i\Si\\ies Études sur la chronologie des rois de France et de 
Bourgogne^, a démontré que les années du règne de Lothaire 
avaient été comptées à partir de différentes époques, ne cite point 
d'exemples pour cette année 953, mais il en donne pour 951, et 
pense que cette date doit se rapporter à un couronnement de 
Lothaire, qui aurait été associé au gouvernement par son père 
Louis d'Outremer. Notre date peut être expliquée par une raison 
analogue. En tous les cas, c'est un nouveau point de départ dans 
la façon de compter les années de Lothaire. 

Il est à noter que le scribe Acfredus doit être le même qui 
écrira en 9(37 la charte suivante, où il se dit moine de Saint- 
Julien, et que le chancelier Evrard semble bien le personnage 
qui deviendra, en 976, abbé de ce même monastère. 

1. Bibiiothique de l'École des chartes, t. XLI, p. ild et suiv. 

[A suivre.) 



QUESTIONS MÉROVINGIENNES 

m. 

LA DATE D'UN MANUSCRIT DE LUXEUIL. 



Mabillon a publié en fac-similé, dans le De re diplomatica, 
deux spécimens d'écriture onciale du vu" siècle, tirés d'un manus- 
crit des homélies de saint Augustin, alors conservé dans la biblio- 
thèque de la cathédrale de Beauvais^. On a ignoré pendant long- 
temps ce que ce manuscrit était devenu. M. Léopold Delisle l'a 
retrouvé récemment dans la bibliothèque de M. Le Caron de 
Troussures, au château de Troussures (Oise), et en a donné, 
dans une notice spéciale, une description détaillée, accompagnée 
de trois fac-similés 2. 

A la dernière page de ce manuscrit, on lit qu'il a été terminé 
au monastère de Luxeuil, dans la 12'' année d'un roi nommé Clo- 
taire et dans la 13'' indiction : 

EXPLECITÛOPUSFAUENTEDNO 
APUDCOENUBIÛLUSSOUIÛANNO 
DUODECIMOREGISCHLOTÏÏACHA 
RIMNDICTIONETERGIADEGIMA 
AN • XLSIMO PIS NI FËL P ACTO 

« Explecitum opus favente Domino apud coenubium Lussovium 
anno duodecimo régis Chlothacharii, indictione tercia décima, 
anno quadragesimo patris nostri féliciter peracto. » 

1. De re diplomatica, p. 359, 11° 2. 

2. Notice sur un manuscrit de Vahbaye de Luxeuil (Paris, in-i"; extrait 
des Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale, etc., 
t. XXXI, 2= partie). 



431 

Selon Mabillon, dont l'opinion a été généralement acceptée, le 
roi en question est Clotaire II, qui commença de régner en Neus- 
trie en 584, en Austrasie et en Bourgogne en 013; Luxeuil étant 
en Bourgogne, les années du roi sont comptées à partir de cette 
seconde date : la 12'-^ est l'an 625 de notre ère, qui répond à la 
13' indiction*. 

Cette explication est difficile h admettre. Elle suppose que les rois 
de la première race dont la domination s'est étendue successive- 
ment sur diverses parties de la Gaule ont compté les années de 
leur règne d'une façon différente dans chacune de ces parties. Il 
est probable au contraire que, pendant la période mérovingienne, 
on a compté invariablement les années des rois à partir de leur 
premier avènement, même dans les territoires qui ne sont tombés 
en leur puissance que plus tard. Telle était l'opinion de feu Jules 
Tardif-, qui s'est réglé sur ce principe pour dater les diplômes 
publiés dans son inventaire des Monuments historiques^ En 
1872, K. Stumpf s'est prononcé dans le même sens et a présenté 
diverses raisons à l'appui de cette opinion^. La monarchie des 
Mérovingiens est, dit-il, théoriquement une et indivise; tous les 
rois, quelle que soit leur part du royaume, prennent le même 
titre, rex Francorum; tous datent par une même formule, 
annum tanto regni nostri, sans ajouter iyi Burgundia, in 
Neustria, etc. Grégoire de Tours date les événements de son 
temps alternativement par les années de Childebert II et par celles 
de Gontran, selon que la cité de Tours passe ou repasse sous la 
domination de l'un ou de l'autre de ces princes, mais il compte 
ces années à partir du premier avènement de chacun, non à par- 
tir de leurs conquêtes successives. Enfin, tous les diplômes origi- 
naux (c'est-à-dire les seuls dont le texte ne puisse faire de doute) 
se prêtent sans difficulté à cette manière de compter. Ajoutons 
qu'un seul historien de la période mérovingienne, l'auteur ano- 
nyme de la chronique dite de Frédégaire, s'est écarté de ce sys- 

1. De re diplomatica, p. 358 b. 

2. Revxie critique d'histoire et de littérature, T année, 1873, 2= semestre, 
p. 76, note 1. 

3. Par exemple le diplôme n" 7, daté de Clipiacus, près de Paris, la 10° année 
de Dagobert 1", est selon lui de 631 ou 632, parce qu'il compte depuis l'avène- 
ment de Dagobert en Austrasie, qu'il place en 622, et non depuis la rnort de 
Clotaire II, qu'on place ordinairement en 628. 

i. Historische Zeitschrift, XXXIX, p. 385 et 386. 



432 

tème, et une fois seulement : il compte les années de Childebert II 
à partir de la mort de Contran, qui rendit ce roi maître de la 
Bourgogne ; mais il laisse voir que cette manière de compter est 
insolite, selon lui, car il prend soin de la marquer à trois reprises 
en termes exprès; il ne dit pas : « Anno secundo, etc., Childe- 
berti régis », mais : « Anno secundo cum Childebertus regnum 
accepisset Burgundiae » (chap. 15) ; « Anno III. Childeberto in Bur- 
gundia régnante » (ibid.); « Anno IV. postquam Childebertus 
regnum Cuntliramni acceperat » (chap. 16). Pour les autres rois, 
il s'en tient à la supputation normale, et notamment il compte les 
années de Clotaire II à partir de 584, quoiqu'il écrive dans la 
Bourgogne, dont Clotaire II n'était devenu maître qu'en 613; 
aussi les années de ce roi commencent-elles, dans son livre, à la 
30^ (chap. 43). On possède aussi une inscription de la Bour- 
gogne, qui est datée de la 46" année de Clotaire II, alors que sa 
domination sur ce pays n'a pas duré plus de seize ans^. 

Ainsi, même dans un manuscrit bourguignon, on n'a dû comp- 
ter les années de Clotaire II qu'à partir de 584, non à partir de 
613 : la 12" année de ce règne ne pourrait être que 595 ou 
596, non 625. Or, en 595 et 596, Clotaire II ne régnait pas sur 
le pays où est situé Luxeuil. Ce n'est donc pas de lui qu'il est 
question dans la note du manuscrit de Troussures. 

Ce n'est pas non plus de Clotaire P"", qui était mort quand le 
monastère de Luxeuil fut fondé. Reste Clotaire III. 

« Sous le règne de Clotaire III, dit M. Delisle, l'indiction XIII 
tomba en 655 et 670. Or, Clotaire III monta sur le trône en 655 
ou 656 et mourut en 670 ou 671. Dans aucun système, ni l'an- 
née 655 ni l'année 670 ne peuvent correspondre à la douzième année 
de son règne. » Et plus loin : « Mabillon... ajoutait... que l'indic- 
tion XIII s'était aussi rencontrée en 670 sous Clotaire III ; mais 
il n'a pas essayé de montrer comment l'année douzième de Clo- 
taire III pourrait concorder avec l'année 670 de l'incarnation. » 
Mabillon a sans doute prévu l'objection, et c'est pourquoi il n'a 
fait qu'indiquer cette hypothèse, sans s'y arrêter. Mais un travail 
récent fournit le moyen d'écarter cette difficulté. 



1. Le Blant, Imcriptions chrétiennes de la Gaule, II, p. 10, n° 375. D'après 
le meilleur manuscrit de la chronique dite de Frédégaire, Clotaire II est mort 
en effet dans la 46= année de son règne et non dans la 45° : Krusch, dans les 
Forschungen z,ur deutschen Geschichte, XXII, 1882, p. 459. 



-^33 



En 1882, M. Bruno Krusch a fait paraître une étude sur la 
chronologie des rois mérovingiens et particulièrement sur les 
dates des rois du vu" siècle*. 11 a montré que les dates générale- 
ment fixées pour l'avènement et la mort de la plupart de ces 
princes ne reposent que sur les indications toujours vagues et par- 
fois contradictoires de la chronique dite de Frédégaire, et il s'est 
attaché à les rectifier d'après des données plus certaines. Les résul- 
tats auxquels il est arrivé différent sensiblement de ceux auxquels 
on s'était arrêté avant lui ; on en jugera par le tableau suivant, 
que je lui emprunte : 



Contran 

Childebert II, en Bourgogne 

Thierry II 

Clotaire II 

Dagobert I"' 

Sigebert III 

Clovis II 

Cbildebert, fils de Grimoald 

Clotaire III 

Grimoald 
Childéric II 

— en Neustrie 



Selon l'opinion commune 
de 561 au 28 mars 593 
du 28 mars 593 à 596 
de 596 à 613 
de 584 à 628 
de 622 à janvier 638 
de 632 à 656 

de janvier 638 à 656 

656 

de 056 à 670 



de 660 à 673 
de 670 à 673 



de 673 à 091 



Selon M. Krusch : 

de 561 au 28 mars 592 

du 28 mars 592 à 595 

de 595 à 613 

de 584 à la fin de 629 

de mars 623 à janvier 639 

du commencement de 634 à fé- 
vrier 050 

de janvier 039 à la fin de 057 

de 656 à 657 

de la fin de 637 au commence- 
ment de 673 

de 657 à 663 

de 663 à la fin de 675 

du commencement de 673 à la 
fin de 675 

de la fin de 675 à 691 



Thierry III 

Il n'est pas nécessaire de rapporter ici les arguments par les- 
quels M. Krusch a soutenu son opinion au sujet de chacun de ces 
rois; il suffit de faire connaître, en leur donnant une forme un 
peu plus précise, ceux par lesquels il a établi les dates de l'avè- 
nement et de la mort de Clotaire III. 

1° Dans un manuscrit de Milan, qui contient un fragment de 
la table de Pâques de Victorius, on trouve divers calculs chrono- 
logiques tirés des données de cet auteur ; celui qui a écrit ces sup- 
putations termine en affirmant que la 16^ année de Clotaire III, 
dans laquelle il écrit, répond à l'an du monde 5874 : « In summa 
enim ab initio mundi usque in présente anno, id est sexto decimo 
anno régnante Clothario filio Chlodoveo, sunt anni 58742. » Or, 



1. Zur Chronologie der merowingischen Konifje, dans les Forschungen ziir 
deutschen GeschiclUe, XXII, 1882, p. 449-490. 

2. Bibliothèque Ambrosienne, H. 150. Inf., fol. 129 v {Forschungen zur deut- 
schen Geschichie, XXII, p. 462). 



434 

selon les calculs de Victorius, l'an 457 de notre ère était l'an du 
monde 5658 ^ ; l'an du monde 5874 est donc l'an 673 de notre 
ère. Ainsi, tout ou partie de la 16" année de Clotaire III a coïn- 
cidé avec tout ou partie de l'année 673 : pour cela, il faut que 
Clotaire III ait commencé de régner au plus tôt le 2 janvier 657, 
au plus tard le 31 décembre 658. 

2° Mabillon a relevé, dans un manuscrit de la Vie de saint 
Jean de Réomé, par l'abbé Jonas de Moutier-Saint-Jean, une 
note qui commence ainsi : « Anno centesimo post explicionem 
numeri sancti Victori episcopi ciclum recapitulantem,anno tertio 
domni Clotharii régis... noni mensis secunda ebdomada », etc. 2; 
c'est-à-dire que dans la 100" année de la seconde révolution du 
cycle de Victorius, dans la seconde semaine de novembre, on 
se trouvait dans la 3® année du règne de Clotaire. Le cycle de 
Victorius est de 532 ans ^ ; la première révolution de ce cycle 
a commencé en l'an 28 (l'année de la Passion selon Victorius) 
pour finir en 559; la seconde, cyclus recapitulans , a donc 
commencé en 560, et la 100" année de cette seconde révo- 
lution est 659. En 659, le mois de novembre commença un 
vendredi ; par la seconde semaine de ce mois, il faut entendre, 
soit celle qui commença le dimanche 3 et finit le samedi 9, soit 
celle qui commença le dimanche 10 et finit le samedi 16. Ainsi, 
dans l'un au moins des jours compris depuis le 3 jusqu'au 16 no- 
vembre 659, Clotaire III était dans la 3^ année de son règne : 
il faut donc que ce règne ait commencé au plus tôt le 4 no- 
vembre 656, au plus tard le 16 novembre 657. 

En combinant ces deux données ensemble, on trouve que Clo- 
taire III ne peut avoir commencé de régner plus tôt que le 2 jan- 
vier 657, ni plus tard que le 16 novembre 657. 

3° Un manuscrit des chroniques d'Isidore de SéviUe, du x" ou 
XF siècle, conservé à Oxford, contient une note, évidemment 
copiée sur un manuscrit plus ancien, où se trouvent des calculs 
analogues. D'après cette note, Clotaire III régna 15 ans et 

1. Thiel, Epistolae Romanoruhi pontifiaim, p. 13i : « Et simul omnes a 
rmindi origine iisque ad Conslantinum et Rufum praesentes consules quinque 
millia DCLVIII anni refeninlur. » 

2. Veiera Analecta, in-8% III, p. 514; in-fol., p. 517. 

3. Voy. yEgidil Bucherii, Atrebaiis, e Societate Jem, In Victorii AquUani 
canonem puschalem ... Commeniarius (Antverpiœ, 1633, in-fol.; réimprimé 
l'année suivante sous le titre de De docirina temporum). 



433 

5 mois, son frère Childéric II gouverna ensuite la Neustrie pen- 
dant 2 ans et 6 mois (ce qui fait ensemble 17 ans et 11 mois), 
et Thierry III succéda à Childéric II en l'an du monde 5870 : 
« Abinde (primo anno regni Clotharii filii Ghlodovei) usque trans- 
itum illius , quando Heldericus germanus suus tria hec régna , 
Neustria, Austria et l^ungundia, subjugavit, sunt anni quinde- 
cim et menses V. Hildericus regnavit in Neustria annos II et men- 
sesVI. Gui germanus suus ïeodericus successit in regno... Fiunt 
insimul ab inicio mundi usque in predicto primo anni regni Teo- 
derici incliti régis anni VDCCGLXX et VI*. » Geci confirme la 
fixation de l'avènement de Glotaire III à l'année 657 : en effet, 

1. Bibliothèque Bodléienne, e Mus. 113 {olim 94), fol. 114 v» et 115. Cette 
note a été publiée par M. Waitz dans le Neues Archiv der GeseUschaft fur 
altère deutsche Geschichtskunde, IV, 1879, p. 383. J'en dois une autre copie à 
l'obligeance de MM. Neubauer et Madan, de la Bodléienne. En voici le texte 
complet ; j'y insère à leur place deux corrections proposées par M. Kruscb, 
qui paraissent certaines : « A passione Domini nostri Jhesu Christi usque ad 
transitura Childeberti régis, in quo anno cyclus Victurii rurso ex passione 
dominica circulum annorun\ ad inicium rediil, sunt anni D.XXXII. In sumraa ab 
inicio mundi usque in predicto anno sunt anni VDCCLX. Ab eo anno usque 
primo anno regni Clotharii (ilii Chlodovei sunt anni LXXX VIIII [lisez LXXXXVIII l] . 
Abinde usque transitum illius. quando Heldericus germanus suus tria hec régna, 
Neustria, Austria et Bungundia, subjugavit, sunt anni quindecim et menses 
/////// ^- Hildericus regnavit in Neustria annos II et menses VI. Cui germa- 
nus suus Teodcricus successit in regno. Ab eo anno quando passus est Dominus 
noster Jhesus Christus usque primo anno Teodcrici régis anni sunt DCLXVIII 
[lisez DCXLVIIIJ. Fiunt in.simul ab inicio_ mundi usque in predicto primo 
anni [sic] regni Teoderici incliti régis anni vbCCCLXX et VI, et restât de sexto 
miliario anni CXXHII. Exi)licit. » Selon M. Krusch, le grattage entre les mots 
menses et V, dans la quatrième phrase, représenterait une lacune ; il faudrait 
suppléer un nombre quelconque, i[ui se rapporterait à menses, el le mot dies, 
auquel se rapporterait V : « auni quindecim el menses x, dies V. » Mais, si l'au- 
teur de la noie avait voulu indicfuer la durée du régne de Clolaire III à la fois en 
années, en mois et en jours, il aurait mis le mol et devant dies et non devant 
menses; d'ailleurs, puisque pour Childéric II il n'a indiqué que des ans et des 
mois, il n'est pas probable qu'il ait précisé plus pour son prédécesseur. Je pense 
donc qu'il ne faut pas tenir compte du grattage et qu'on doit lire sans lacune : 
c anni quindecim et menses V. » Tel est aussi, après examen du manus- 
crit, l'avis de M. Neubauer. On remarquera que l'auteur de cette note fixe 
la mort de Childebert I" à la dernière année du cycle de Viclorius et à 
l'an du monde 5760, c'est-à-dire à 559. Ordinairement on la place en 558, sur 
la foi de Marius d'Avenches. Or, Marius est sujet à se tromper sur les événe- 
ments étrangers à la Bourgogne ; il place en 576 l'avènement de Childebert II, 
qui, d'après Grégoire de Tours, eut lieu certainement en 575. On peut donc dou- 
ter si la mort de Childebert V" doit être rapportée en réalité à 558 ou à 559. 



436 

en comptant, à partir de 657, 17 ans et 11 mois, ou, en chiffres 
ronds, 18 ans, on trouve pour l'avènement de Thierry III l'an 
675, et c'est précisément la date qui répond à l'an du monde 
5876, selon le calcul victorien. 

4° Un diplôme dont l'original est conservé à Paris, aux 
Archives nationales, est daté du 10 mars de la 16® année de 
Clotaire IIP. Or, on vient de voir que Clotaire III n'a régné que 

15 ans et 5 mois, c'est-à-dire qu'il n'a pas accompli le Q^ mois 
de sa 16'' année. Donc, au 10 mars, cette 16" année était 
commencée depuis moins de six mois, et par conséquent le 
jour de son avènement et du commencement de chacune de 
ses années de règne était compris entre le 11 septembre et le 
10 mars. Mais il a été aussi démontré plus haut que son avène- 
ment ne pouvait être antérieur au 2 janvier ni postérieur au 

16 novembre 657. En combinant ces résultats, on se trouve 
réduit à deux hypothèses : Clotaire III est devenu roi en 657, 
soit du 2 janvier au 10 mars, soit du 11 septembre au 16 novembre. 

Revenons maintenant au manuscrit de Troussures et appli- 
quons successivement ces deux hypothèses à l'interprétation de la 
note finale de ce manuscrit, qui mentionne à la fois la 12" année 
du roi Clotaire et la ISMndiction. 

Si Clotaire III a commencé de régner entre le 2 janvier et le 
10 mars 657, sa 12« année a commencé entre le 2 janvier et le 

10 mars 668 et s'est terminée entre le l*^"" janvier et le 9 mars 

669. Aucune partie de ce temps n'appartient à la IS'' indiction : 
en effet, la 11® indiction a commencé le l'"' septembre 667 et 
a fini le 31 août 668, la 12'' a commencé le 1*"" septembre 668 et 
a fini le 31 août 669. Dans cette hypothèse, la note qui termine le 
manuscrit reste donc inexpliquée. 

Si, au contraire, Clotaire III a commencé de régner entre le 

11 septembre et le 16 novembre 657, sa 12*= année a commencé 
entre le 11 septembre et le 16 novembre 668 et s'est terminée 
entre le 10 septembre et le 15 novembre 669. Or, la 13° indic- 
tion a commencé le l'^'" septembre 669 et s'est terminée le 31 août 

670. Il y a donc eu un laps de temps, de dix jours au moins 
(du l*"-"" au 10 septembre 669), de soixante-seize jours au plus 

1. K. 2, n° 10; Musée, W 11; Leironae et Teulet, Diplomata et Charix, 
n" XIV; Tardif, Monuments historiques, n" 19. 



/,37 

(du 1" septembre au 15 novembre 669), pendant lequel on 
a compté à la fois la 12*" année de Clotaire et la 13^' indic- 
tion. Il y a tout lieu de croire que la note qui nous occupe a été 
écrite pendant ce laps de temps. Des deux hypothèses indiquées 
plus haut, la seconde seule peut donc être admise : Clotaire III a 
commencé de régner entre le 11 septembre et le IC novembre 657, 
et le manuscrit du château de Troussures a été achevé, à Luxeuil, 
entre le l*"" septembre et le 15 novembre 669. Le problème ne 
paraît pas avoir d'autre solution. 

11 y a plusieurs conséquences à tirer de ce résultat. 

Clotaire III ayant commencé de régner entre le 11 septembre 
et le 16 novembre 657, le diplôme déjàcité, qui est daté du 10 mars 
de la lô*" année de son règne, est du 10 mars 673. Clotaire III 
était donc encore vivant à cette date. D'autre part, puisqu'il n'a 
pas accompli le 6'' mois de sa 16'^ année de règne, et que cette 
16" année a commencé au plus tard le 16 novembre 672, il 
ne peut avoir atteint le 16 mai 673. Il est donc mort dans l'inter- 
valle compris du 11 mars au 15 mai 673 inclusivement. 

Childéric II a régné après lui en Neustrie pendant 2 ans et 
6 mois, c'est-à-dire au moins 2 ans et 6 mois exactement, au 
plus 2 ans et 7 mois moins un jour ; sa mort et l'avènement de 
Thierry III ont donc eu lieu au plus tôt le 11 septembre et au 
plus tard le 14 décembre 675. Il faudra rectifier en conséquence 
les dates des diplômes de Thierry III, qu'on a calculées jusqu'ici 
en supposant son avènement en 673*. 

La note finale du manuscrit de Troussures, après la mention de 
l'an du règne et de l'indiction, ajoute cette indication : « la 40'' année 
de notre père heureusement accomphe », anno quadragesimo 
patns nostri féliciter peracto. Dans l'hypothèse qui plaçait la 
rédaction du manuscrit en 625, Mabillon avait pensé que ces mots 
renfermaient une allusion à saint Colomban, fondateur de Luxeuil, 
et que les quarante ans étaient comptés à partir de l'arrivée du saint 
en Bourgogne. Si le manuscrit est de 669, il faut renoncer à cette 
hypothèse et revenir à une autre explication, qu'on doit aussi à 
Mabillon^. Il s'agit, non de Colomban, mais de Waldebert, troi- 
sième abbé de Luxeuil, qui, au rapport de son biographe Adson, 
mourut après avoir gouverné le monastère pendant quarante ans : 

1. Tardif, n"* 20, 21, 22, 24, 25; K. Pertz, Dipl., n" 40 et suivants. 

2. De re diplomaiica, p. 358 bc. 

30 



438 

« Nam ciim per quadraginta annorum spatium gloriosus con- 
fesser Domini Waldebertus locum sibi delegatura omni virtutis 
génère optime dispositum augeret rébus et numéro Deo servien- 
tium, multis miraculorum virtutibus adornatus migra vit ad Domi- 
num VI nonas Maias*. » La longue durée de ce gouvernement fit 
sans doute une forte impression sur l'esprit des moines de Luxeuil; 
c'est cette impression que nous trouvons à la fois dans la Vie de 
Waldebert et dans la note du manuscrit des homélies de saint 
Augustin. On admet ordinairement que Waldebert est mort en 
665 et qu'il était devenu abbé en 625, mais ces dates ne reposent 
que sur des conjectures sans fondement 2. Il est aisé maintenant 
de les rectifier. D'après Adson, Waldebert mourut le 2 mai, 
après avoir été abbé quarante ans, c'est-à-dire dans la 41^ année 
de son gouvernement ; d'après le manuscrit de Troussures, à une 
date comprise entre le l"^"" septembre et le 15 novembre 669, la 
40^ année était accomplie et Waldebert vivait encore : donc il 
est mort l'année suivante, le 2 mai 670, et il était devenu abbé 
en 629, après le 2 mai et au plus tard le 15 novembre. 

En résumé, les points suivants peuvent être considérés comme 
acquis : 

Le manuscrit des homélies de saint Augustin, conservé autre- 
fois à Beauvais et aujourd'hui au château de Troussures, a été 
terminé à Luxeuil, non en 625, mais en 669, au plus tôt le 
l^"" septembre, au plus tard le 15 novembre. 

Clotaire III a commencé de régner, non en 655 ou 656, mais 
en 657, au plus tôt le 11 septembre, au plus tard le 16 novembre. 

Clotaire III est mort et Childéric II lui a succédé dans la Neus- 
trie, non en 670, mais en 673, au plus tôt le 11 mars, au plus 
tard le 15 mai. 

Childéric II est mort et Thierry III lui a succédé, non en 673, 
mais en 675, au plus tôt le 10 septembre, au plus tard le 
14 décembre. 

Waldebert est devenu abbé de Luxeuil, non en 625, mais en 
629, au plus tôt le 3 mai, au plus tard le 15 novembre ; il est 
mort, non le 2 mai 665, mais le 2 mai 670. 

1. Acta sanctorum ordinis S. Benedicti, saec. m, pars II, p. 455, 

2. Hauréau, Gallia chrisiiana, XV, col. 149 : « Ea quidera temporis nota 
nonnihil dubitationis habet. » 



439 

Ces conclusions n'ont pas été toutes vues ni formulées en ces 
termes par M. Krusch*, mais elles reposent presque entièrement 
sur les considérations qu'il a présentées et développées le premier. 
Cet exemple permet de juger de l'importance et de la valeur de 
son travail, auquel on n'a pas accordé chez nous toute l'attention 
qu'il méritait. 

Julien H A VET. 



1. Dans son article des Forschungen zur deuischen Ceschichte, XXII, p. 458, 
M. Kruscli cite, d'après Mabillon, la souscription du manuscrit des homélies 
de saint Augustin, et il adopte l'explicalion qui ra|i|)orte ce manuscrit à l'an 
625. II ne s'est donc pas aperçu ([u'il fournissait lui-même le moyen de le dater 
autrement. 



-3--â?'^5?- 



NOUVEAUX FRAGMENTS 



DU 



LIBER INQUESTARUM 

DE NICOLAS DE CHARTRES 

(1269-1298) 



La restitution partielle d'un registre perdu des Olim, qui avait 
été rédigé de 1269 à 1298 par Nicolas de Chartres et qu'une note 
de Pierre de Bourges, greffier du Parlement, désigne, à la date 
de 1299, sous le nom de Liber Inquestarum, est un des grands 
services que M. Léopold Delisle a rendus aux études historiques. 
Il a opéré cette restitution, qui comble une lacune si fâcheuse 
dans la collection des archives primitives du Parlement de Paris : 
1" à l'aide de copies fragmentaires du Linre des Enquêtes, com- 
pilations antérieures à la seconde moitié du xvf siècle, qui sont 
déposées à la Bibliothèque nationale; 2° d'après des expéditions, 
aujourd'hui dispersées dans des fonds très divers , qui avaient 
jadis été délivrées aux parties d'après le texte du registre dont 
on regrette la disparition ^ 

Dans un travail publié en 1863, à la fin du premier volume de 
l'Inventaire des Ac^e5c?MPa/'/emen^ de M. Boutaric, M. Léopold 
Delisle, après avoir exposé avec une grande clarté le but et le 
caractère de la restitution projetée, ainsi que la nature des res- 
sources dont il avait usé-, mit au jour l'analyse sommaire (d'après 
le ms. n» 547 du fonds de Saint-Germain) ou le texte complet de 

1. Sur cette source, v. Actes du Parlement, I, 307. 

2. V. la préface de l'Essai de restUuiion dans les Actes du Parlement, I, 
pp. 297 à 314. 



444 

neuf cent soixante arrêts environ. Quoique le Liber Inqucstaritm 
ait renfermé assurément un nombre considérable de jugements, 
dont y Essai de restitution ne mentionne ni le texte, ni l'abrégé, 
on peut affirmer que les neuf cents arrêts retrouvés, convenable- 
ment rangés, reproduisaient à peu près le contenu essentiel du 
registre de Nicolas de Chartres. Mais trois cents pièces seulement 
du recueil formé par M. Delisle étaient publiées intégralement, 
— encore le texte en restait-il souvent douteux à cause de l'im- 
perfection des mss. ; toutes les autres n'étaient représentées que 
par les analyses brèves et obscures du ras. de Saint-Germain. 

En 1872, le même auteur compléta son ouvrage en imprimant 
in extenso, d'après une compilation qui lui avait d'abord échappé, 
cent vingt-quatre articles du Livre des enquêtes^ ; ils s'identi- 
fient facilement, pour la plupart, avec les cotes abrégées que 
donnait déjà Y Essai de restitution, à défaut des textes eux- 
mêmes. 

C'est un complément analogue que je me propose de donner ici 
en me servant d'une copie partielle des Olim, qui n'a point été 
utilisée jusqu'à présent. Elle est conservée au British Muséum 
(Harley, n"4791). 

Des nombreuses copies des premiers registres du Parlement de 
Paris que possède le British Muséum S le ms. 4971 de la Biblio- 
thèque harléienne est le seul qui remonte aux premières années 
du xvi" siècle'\ C'est un volume in-quarto, en papier, de 266 feuil- 
lets^. Le titre, qui a été imprimé sur le dos de sa reliure en par- 
chemin, est vague (« Inqueste varie in Parlamento Gallico 
ann. 1269-1420 »), mais on n'en trouve aucun sur le premier 
feuillet. Le ms. ne contient pas non plus d'indications qui per- 
mettent de déterminer sa provenance. 

Le compilateur, qui ne semble pas s'être préoccupé de faire un 

1. V. Frarjmeats inédits du rerjisire de Nicolas de Chartres, dans Notices 
et extraits des manuscrits, XXIII, 2*^ partie. 

2. Addit. ?)iss., n" 9025 (colleclioii du président de Nesinond), n» 18790, etc. 
Ces collections d'extraits s'ajoutent à celles qu'énuraère M. A. Griin dans sa 
Notice sur les archives du Parlement de Paris, Actes du Parlement, I, 
p. ccLXxix et suiv. 

3. Le ins. Harléien n" 4503 contient aussi, il est vrai, des documents utiles 
pour l'histoire de la jurisprudence du Parlement (au xiv' et au xv"" siècle), mais 
c'est un recueil original, (jui n'a point été fait, comme celui qui nous occupe, 
sur les registres officiels . 

4. V. Catalogue of tlie Harleian manuscripts, III, 205, col. 2. 



442 

choix méthodique parmi les arrêts de toute espèce que renferment 
les anciens registres du Parlement, s'est servi d'abord (fol. 1-19) 
du Liber Inquestarum. Sans raison apparente et sans nous en 
avertir aucunement, il l'abandonne au fol. 19 et, jusqu'au fol. 60, 
ne transcrit plus que des textes appartenant au deuxième et au 
troisième volume des Olim. Du fol. 60 au fol. 105, tous les docu- 
ments sont empruntés de nouveau au registre perdu de Nicolas de 
Chartres. Il est impossible d'expliquer ce désordre par une inter- 
version de feuillets pendant la reliure. 

Le dernier arrêt est de 1298; après quelques pages blanches 
commence, de la même main que la première partie du manuscrit, la 
transcription d'un très grand nombre de titres et de pièces relatives 
aux affaires de l'église de Brioude devant le Parlement de Paris 
(fol. 109-126) ^ La troisième partie est beaucoup moins intéres- 
sante et d'une confusion extrême. — Au fol. 126 se trouve un 
« extraict des registres du grand Conseil du Roy » du 20 sep- 
tembre 1494. — Du fol. 128 au fol. 164, extraits des registres 
du parlement depuis le xiv'' siècle jusqu'au 17 septembre 1416. 
— Fol. 164 et suiv. Notes brèves sur le contenu du deuxième 
volume des Olim, à partir de 1291. — Fol. 179. « Sequitur ex 
libro qui incipit Olim. » De là jusqu'à la fin du ms., on ne ren- 
contre plus que des extraits sans importance des registres bien 
connus, des ordonnances et des arrêts réduits en courts axiomes 
de jurisprudence, souvent précédés de la formule « Nota quod. . . » 
Le copiste a renoncé aux transcriptions intégrales et très cor- 
rectes qu'il faisait d'abord ; il feuillette désormais les registres et 
il observe même assez mal, dans ses notes rapides, dont la dernière 
se réfère à l'année 1411, l'ordre chronologique. 

On voit que, par un hasard heureux, le registre dont le compi- 
lateur s'est attaché à transcrire avec le plus de soin les pièces 
qu'iljugeait sans doute les plus intéressantes est précisément celui 
de Nicolas de Chartres. Ses copies sont généralement bonnes, 
sauf quant à la reproduction de quelques noms propres ; elles 
valent mieux que celles dont M. Léopold Delisle a été obligé 



I. L'ensemble de ces titres (depuis des diplômes carolingiens jusqu'à un man- 
dement du roi Jean, mai 1362) est suivi de la note que voici : « Exlractuin de 
voluntate et jjrecepto venerabilis capituli ecclesie Brivatensis a quodam libro 
auclenlico dicte ecclesie por me, nolarium regiuni subscriptum, pro sibi valendo 
quod juris fucrit et racionis. — Sic signatum. A. Faure. » 



.U3 



d'user pour rétablir les textes dans son Essai de restitution. 
Ainsi, pour les arrêts qui se trouvent à la fois dans les compila- 
tions déjà utilisées et dans le ms. 4791, il sera très profitable de 
faire une collation minutieuse, si l'on tente jamais d'ajouter dans 
la Collection des Documents inédits, aux quatre tomes publiés 
autrefois par Al. Beugnot, une édition aussi complète que pos- 
sible du Liber InquestarumK 

Comme la réimpression des arrêts déjà publiés, soit en 1863, 
soit en 1872, n'est pas urgente, je me suis borné à dégager les 
articles inédits que le ms. harléien fournit seul. Ils ne sont pas 
très nombreux (près de quarante), mais quelques-uns d'entre 
eux ont une véritable valeur. Personne n'ignore du reste que les 
documents judiciaires, dès la fin du xiif siècle, sont, de toutes les 
sources historiques, la plus instructive et la plus sincère. Les 
Olim forment un recueil inestimable, et tout ce qui les complète 
directement a son prix. 

AI. Léopold Delisle s'est contenté, en éditant les fragments 
complémentaires du Livre des Enquêtes qu'il a découverts, de 
les accompagner seulement des références tout à fait indispen- 
sables; on suivra ici la même méthode. Toutes les fois qu'il sera 
possible d'identifier les articles retrouvés avec les analyses consi- 
gnées dans Y Essai de restitution, l'identification sera faite. 



Inqueste expedite et terminate in Parlamento Penthecostes anno 
domini M" CC° LX° nono. 

Domino Roberto Louvet, milite, conquerente quod domus et mane- 
ria sua de Gondeto et de Dumo devaslata fuerunl et ceciderunt prop- 
ler defectum domini régis tempore quo pater ipsius et ipse fuerunl 
in custodia cjusdem-, quare petebat reslitulioncm sibi fierl a domino 
rege ad valorem quingentarum Ubrarum luronensium, probaLionibus 



1. Le texte du ms. 4791 diflere surtout de celui de l'Essai de restitidion pour 
les articles n» 333, n° 50i, n" 711. En outre, le ras. harléien place certains 
arrêts à d'autres dates que les recueils connus : or, dans la première partie, sa 
chronologie est très sûre. L'ordonnance sur la mêlée et l'atteinte à la paix, 
(jue M. Léopold Delisle, contre le témoignage des mss., a placée par hypothèse 
(Essai de restitution, n» 213, note) en 1274, se trouve en eflet à cette date dans 
le manuscrit de Londres. 



444 

dicti milills super hiis recepLis, visis et plcnius inlellectis, pronun- 
cialum fuit quod, super deterioratione dictorum maneriorum dura 
idem Robertus et pater suus erant in garda domini régis, rcx non est 
in totum absolvendus nec in totum condemnandus. Gommissum 
fuit domino Juliano de Perona ut ad arbitrium boni viri faciat fieri 
restitutionem dicto Roberto ^ [Fol. L] 

Judicia, consilia et arresta in Parlamento Penthecostes anno domini 
3P ce LXX° tercio. 

Pro violentia facta in ecclesia Ambianensi a preposito Belvacini et 
quodam serviente suo, ordinatum fuit quod iidem prepositus et ser- 
vions nudis pedibus, in camisia et braccis, ab ecclesia beati Jacobi 
venient usque ad ecclesiam béate Marie, emendaturi capitulo foris- 
factum predictum, et amovebitur a servicio domini régis ita quod 
dictus serviens amodo noneritin servicio domini régis ^. [Fol. 4 v°.] 

Gum dominus rex manum apponi fecisset in custodiaaljbatie Vizi- 
liacensis propter contentionem monachorumetabbatis, comité Niver- 
nense super hoc conquerente et dicente dictam abbatiam esse in 
gardia sua, dominus rex amovit manum suam, dum tamen per ipsum 
comitem quantum ad statum abbatie et personarum nichil immutetur ; 
quod si contingat immutari, preceptum fuit baillivo ut hoc non per- 
mittat sed manum supra hoc apponere non omittat^. [Fol. 4 v°.] 

Inqueste expedite Parisius in Parlamento omnium Sanctorum anno 
domini M° CC° LXX" quinto. 

Gum proponeret comitissa Gampanie, regina Navarre, contra prio- 
rem Sancte Geline Meldensis quod ipsa et predecessores sui sunt et 
fueruntinpossessionecustodie seu garde dicti prioralus Sancte Geline; 
priore dicti loci asserente contrarium et dicente quod ipse et prede- 
cessores sui sunt et fuerunt in possessione garde seu custodie dicti 
prioratus per dominum regem, et dominus rex in possessione 
garde seu custodie dicti prioratus ; visa inquesla facta de mandato 
curie, auditis bine inde propositis, pronuncialum fuit quod dicta comi- 
tissa remanebit in possessione custodie seu garde dicti prioratus 
Sancte Gehne''. [Fol. 9.] 

1. Cf. Beugnol, I, 301, n" xi. 

2. Cf. Beugnot, I, 925, n» x. 

3. Cf. Essai de reslitution, n° 150; Beugnot, 1, 931, n° xx. 

4. Cf. Essai de restitution, n» 234. 



/.4o 



Uee sunt inqueste expedile et determinate in Parlamento in crastino 
béate Jlagdalene, anno domini M" CC'^ LXX° septimo. 

Dicebant episcopus et capitulum Glaromonlenses quod ipsi et pre- 
decessores sui sunt et fuerunt in possessione, a temporibus quorum 
memoria non existit, faciendi fabricari monelam que vocatur ciar- 
inonteis, et quod dicta monela expendi et recipi consuevit in Glaro- 
monlensi diocesi infra certos terminos, videlicet ab aqua que dicilur 
Morgnu versus Foresium, Anicium, Mimate, Rulhenam, Caturci- 
nium, Lemovicinium et alibi, certis locis, et communiler ad ipsam eme- 
batur et vendebatur, et quod nummate et conlractus fiebant ad ipsam ; 
et dicebant quod cursus dicte monele impediei)atur propter monetam 
régis quam rex faciebat habere cursum suum in dicto diocesi ; quare 
pctebant impedimentum hujusmodi amoveri et dictam monetam 
Claromontensem ad cursum suum reduci. — E contrario dicebant 
gentes domini rcgis pro rege quod comes Pictavensis quondam fecit 
cudi monetam in Arvernia publiée in pluribus locis, et quod babuit 
cursum per Arverniam. in suis feodis et retrofeodis, et quod expcn- 
debatur in villissuiset nummate talliabanlurad ipsam, et quod alias 
monetas fecit descriari; et quod emendas fecit levari ab illis qui 
fecerunt contra bannum suum. Super predictis fuerunt facte inqueste : 
visis testibus hinc et inde receptis et diligenter examinatis, inventum 
fuit gentes domini régis pro rege probasse predictum comitem Pic- 
tavensem fecisse predicta suo tempore, ut superlus sunt posita. Et 
propter hoc judicatum fuit dominum regem remanere debere in pos- 
sessione predictorum ' . [Fol. \\ v°.] 

Proponebat episcopus Glaromontensis contra dominum regem quod 
offîcialis curie sue est in possessione compellendi per censuram eccle- 
siasticam baillivos et alias personas exercilium lemporalis jurisdic- 
lionis habentes in diocesi Glaromontensi quod ipsicompellantsubditos 
sucs et sub suo districtu existentes, excommunicatos ab ipso officiali, 
ad satisfaciendum conquerentibus et ad parendum juri coram ipso 
officiaii. Item proponebat quod baillivi et alii supradicti parebant 
raonicioni et sentencie dicti offîcialis in predictis seu complebant et 
exequebantur mandatum offîcialis ; et, si aliquando non parebant man- 
dato offîcialis, faciebant se postea absolvi. — E contrario proponeba- 
tur per gentes domini régis pro rege contra dictum episcopum quod 

1. Cf. Essai de restitution, n" 268. 



446 

connestabularii Arvernie, qui pro tempore fuerunt, inhibuerunt tem- 
pore comitis quondam Pictavie, pluries et publiée in assisiis, bajulis 
suis ne obedirent monitionibus predicLis emananlibus de curia predicti 
episcopi. Super predicLis facla fuit inquesla : visis testibus bine et 
indeproducLis, receptis et diligenterauditis, non fuit aliquid inventum 
probatum, quare bajuli domini régis, qui pro tempore fuerint, tenen- 
tur obedire monitionibus predictis predicti officialis Claromonten- 
sis, secundum quod propositum est et petitum pro episcopo memo- 
rato. [Fol. io v°.] 

Inqueste expedite in Parlamento omnium Sanctorum anno domini 
31° ce LXX° nono. 

Cornes Dompni Martini dicebat contra Johannem, dominum de 
Escantilliaco, militem, quod ipse erat in bona saisinaetpacifica, sine 
contradictione aliqua, venandi in foresta domini Johannis, in gruagio 
et extra gruagium, ad rhetia et sine rhetibus, ad grossa animalia, quo- 
cumque modo sibi placeret. Idem Jobannes [in] contrarium asserebat 
quod garenna in foresta de Ghantelliaco erat sua ad omnia animalia 
et juslicia dicte garenne ad ipsum pertinebat, et quod erat in saisina 
servandi dictam garennam contra omnes et specialiter comitem pre- 
dictum. Visa inquesta facta super premissis de mandato curie, pro- 
nunciatum fuit quod dictus cornes sufficienter probavit quod ipse et 
antecessores sui sint in saisina venandi ad grossa animalia in dicta 
foresta et gruagio et extra gruagium, et quod remanere débet in dicta 
saisina, salvo jure proprietatis^ [Fol. ^8.] 

Inquesta facta super damnis, violenciis, et injuriis factis in villa de 
Feuqueriis hominibus de Feuqueriis per homines Abbatisville, ordina- 
tum fuit quod baillivus Pontivi, qui tune erat, et major et scabini, 
nomine suo et dicte ville Abbatisville, emendabunt boc domino régi ad 
voluntatem suam ; et Inde habebit rex decem millia librarum turonen- 
sium pro emenda ; et emendabunt Furseio de Peronna, servienti domini 
régis, injuriam sibi factam ibidem, et dominus rex dabit ei cenlura 
libras luronensium de dictis decem millibus libris ; et quod emendabunt 
abbati sancti Ricbarii, cum constiterit quod ipse babeat omnimodam 
jusliciam in dicta villa de Feuqueriis, et reddent omnia facta per eos 
illis de Feuqueriis, de quibus liquebat per eorura juramenta, additis 

1. Cf. Essai de restitulion, n" 377. 



447 

cuilibet illorum tic Fcuqueriis duobus vel tribus conjuraloribus de 
vicinis suis fide dignis'. [Fol. ^8 v".] 

Inquesîe et aprisie expedite et determinate in ParJamento PenthC' 
castes anno dot/nui M° CC" ZAAA" primo. 

Viso processu et sentencia lata pro Girardo Arquerii, contra domi- 
num regem seu ejus procuratorem, per magistrum Philippum de 
Tuyci, tune judicem majorem Garcassonne. super monlana dicta de 
Galandesca, de Rocha et de Petra Mala, fuit senlentia ipsa confirmata 
in presenli Parlamento per dominos magistrum Slephanum de Lor- 
riaco, archidiaconum Bajocenscra, et magistrum Stephanum, cano- 
nicum Carnotensem, clericos domini régis, auditores deputatos [in] 
senescalii[is] Garcassonne, Tholose, Bellicadri, Biluricensi et Petra- 
goricensi. [Fol. 60.] 

Gum comitissa Rouciaci proponeret in judicio coram nobis quod 
ipsa et ejus predecessores fuerunt in possessione custodiendi ecclesiam 
de Valle Régis et loca que secuntur, videlicet, grangiam de Lisancourl, 
grangiam au Bos et Monteigny ; quod negabat procurator dicte abba- 
tie et dicebat quod loca predicta erant de garda nostra. Visa inquesta 
de mandato nostro super hoc facta et diligenter inspecta, pronuncia- 
tum fuit per judicium curie nostre quod dicta comitissa remanebit 
in saisina custodiendi ecclesiam et loca supradicta usque ad annum 
incarnationis dominice anno domini M" GG° LXX" quo lempore 
posuimus ibi unum servientem ad peticionem monachorum ^. 
[Fol. 62.] 

Inqueste et aprisie expedite in Parlamento Penthecostes anno domini 
M" CC" LXXX" secundo. 

Gum discordia verteretur inter monachos monasterii sancti Maglorii 
Parisiensis ex una parte, et comilem Drocensem et Montisfortis ex 
altéra, super eo quod procurator dicti monasterii dicebat nomine dicti 
monasterii quod dictum monasterium est in saisina justicie per 
totam terram suam, et erat, eo tempore quo abbas dicti monasterii se 
dimisit, in quadam villa que vocatur Meriacum, que est de membris 
et pertinenciis dicti monasterii ; et quod in dicta villa erant duo homi- 
nes cubantes et levantes in terra dicti monasterii justiciabiles ipsius, 

1. Cf. Essai de restitution, n° 381, Beugnot, II, 171. 

2. Cf. Essai de restitution, n° 437. 



448 

quorum unus vocabatur Johannes Quirin et alter Symon Tribole, qui 
verberaverant scrvientem ecclesie adeo ut exinde mortuus sit, ut dice- 
batur j et quod ccperunt in terra sua unum de dictis hominibus pro 
dicto forisfacto et ipsum imprisionaverunt, videlicct illum qucm rex 
tenet in manu sua ad requisitionera comitis supradicti, qui ponit ibi 
debatum -, et quod cornes vel gentes ejus ceperunt alium malefacto- 
rem in terra sua sine presenti .delicto ; quare petebat dictus procu- 
rator, nomine quo supra, ut dicti malefactores sibi redderentur et tra- 
derentur tanquam justiciabiles dicti monasterii. Dicto comité negante 
dictos monachos esse in saisina justiciandi in terra sua in villa de 
Meriaco predicta et asserente se et predecessores suos comités Mon- 
tisfortis se usos fuisse et esse in saisina justiciandi in villa predicta 
de Meriaco in terra monachorum predicta, sicut in sua, de cry de 
harou, de sanguine, de melleiis et de omnibus casibus qui requirunt 
penani sanguinis; visa inquesta super hoc facta, auditis probationibus 
hinc et Inde, judicatum est monachos predictos non probasse suam 
intencionem et comitem predictum probassc se esse in possessione 
seu saisina justiciandi ad Meriacum in terra monachorum de cry de 
harou, de sanguine, de melleiis, de latrone et de omnibus casibus 
consimilibus et quod predictus Symon Tribole quem rex tenet in 
manu sua ad requisitionem predicti tradetur et restituetur dicto 
comiti^. [Fol. 63 v°.] 

Inqueste et aprisie expedite in Parlamento beati Martini (Hyemalis) 
anno domini M° CC LXXX° secundo. 

Judicatum fuit quod comes Astariaci raaliciose et mendaciter dixit 
in pleno Parlamento, diffamando magistrum Egidium Oamelin, quod 
idem comes in causis quas habebat contra abbatem et conventum de 
Symorra jus suum assequi non poterat propter favorem Egidii Came- 
lin, cujus nepoti abbas predictus contulerat quemdam prioratum; qui 
comes mulavit postea suum sermonem, asserens quod dictus abbas 
per simulatam collalionem contulerat dictum prloratum cuidam 
notario tholosano; sed dictus magister Egidius se purgavit super 
hoc et emendabit comes ad voluntatcm régis ^. [Fol. 64 v".] 

Cum abbas et conventus Ursicampi, Gisterciensis ordinis, propone- 
rent in curia nostra contra karissimum fratrem nostrum R. comitem 

1. Cf. Essai de restitution, n° 472. 

2. Cf. Essai de restitution, a° 507. 



^49 

Glarimontis quod ipsi el membra sui monasterii cum perlinenciis 
suis eranl cl l'ueranl in pacKîca cuslodia noslra, racionc priviiegio- 
rum cisdem a noslris predecessoribus conccssorum, et quod ipsi erant 
el fuerant in pacifica possessione dicte custodie et quod dictus cornes 
ceperat seu capi feceral, injuste el sine causa, cquos ipsorum et qua- 
drigas in quadam grangia ipsorum [que] dicitur Warnaville, quam 
esse dicebant dicti monachi de garda predicta et ibi babere omnem 
justiciam et quod ipse et predecessores sui sunt et fuerunt in posses- 
sione predicte garde, racione cujus capcionis dampnificati fuerunt in 
centum libris parisiensium, quas a dicto comité pctebant sibi reddi. 
Prefato vero comité in contrarium asserente et dicente quod dicta 
grangia cum suis perlinenciis est et erat de garda sua et de comitalu 
Glarimontis et quod liabebat ibi omnem justiciam et quod ipse et pre- 
decessores sui fuerunt in possessione predictarum garde et justicic, 
racione comitatus Glarimontis, et quod dictam capcionem fecerat 
utendo jure suo. Tandem, visa inquesta de mandato nostro inde facta, 
visis eciam privilegiis, cartis et instrumentis ex utraque parte exhi- 
bitis, auditis cl intelleclis que partes proponere voluerunt coram 
nobis, per judicium curie nostre pronunciatum est justiciam et gar- 
dam predictas esse dicti comitis et ad eundem comitem pertinere in 
dicta grangia et perlinenciis suis, propter quod eundem comitem ab 
impelilione dictorum monachorum per idem judicium duximus 
absolvendum, super predictis eisdem monachis perpetuum silencium 
imponendo, salvo jure nostro, si quod nobis competit in premissis'. 
[Fol. 63.] 

Inqueste expedite in Parlamento omnium Sanctorum anno domini 
M" ce Z.YXY« quinlo. 

Cum contentio verteretur inter archidiaconum Remensem, ex una 
parte, et abbatem etconventum Gluniacenses, ex altéra, super saisina 
prioratus de Turribus et ejus perlinenciis, quem prioratum dicebat 
dictus archidiaconus fuisse sibi collatum per summum pontificem et 
cujus saisinam dicebat se habuisse per suos executores; dictis 
abbate et conventu in contrarium asserentibus et dicentibus dictum 
archidiaconum dictam saisinam habuisse talem qualem et eidem 



1. Cf. Essai de resiitution, n" 503. Ce jugement était déjà connu d'après une 
expédition transcrite dans le carlulaire d'Ourscarnps (v. L. Delisle, Frugm. inéd. 
du registre de Nicolas de Chartres, p. 7G). Il est curieux de comparer l'expédi- 
tion au texte du registre ; les différences sont très légères. 



/.30 

archidyacono tradilam fuisse per quemdam servientem domini régis 
elam et indei3ite et per potentiam ipsius servientis -, facla inqiiesta 
super saisina predicta de mandato curie, visa et diligenter inspecta, 
inventum fuit quod dicli abbas et conventus erant in saisina priora- 
tus predicli, antcquam scrviens intraret prioratum predictum et tem- 
pore quo intravit. Et ideo pronunciatum est per judicium curie nostre 
quod dicti abbas et conventus remanebunt in saisina prioratus pre- 
dicti ; et quicquid factum est per dictum servientem de saisina dicti 
prioratus et executione dicti archydyaconis et totus processus ad 
nichilum redigatur. — Postmodum fuit istud negocium totaliter per- 
mutatum et remansit presens inquesta in suo robore^ [Fol. 7f.] 

Contra Guillermum Alcuiele, cancellarium Riomi. Per inquestam 
factam compertum fuit dominura Guillelmum non esse nec fuisse 
bonum nec fidelem nec sufficientem in officio cancellarie. [Fol. 72.] 

Inqueste et apprisie expedite in Parlamento omnium Sanctormn 
anno domini M° CC° LXXX" sexto. 

Lite nata inter episcopum Ebroicensem et homines burgenses epis- 
copi morantes Ebroicis, ex una parte, et burgenses domini régis Ebroi- 
cis morantes, ex altéra, super hoc quod diceba[n]t episcopus et bur- 
genses ejus quod semper fuerunt et transierunt liberi et quieti de 
tallia régis Ebroicis quamvis plures tallie fuerint facte Ebroicis ex 
parte domini régis pluries. Burgensibus domini régis morantibus 
Ebroicis contrarium asserentibus, et dicentibus se esse in saisina tal- 
liandi eosdem. Tandem super premissis facta inquesta et visa, viso 
etiam registro curie domini régis Ebroicis manente in sua probatione, 
inventum fuit dictum episcopum et burgenses suos intentionem suam 
sufficienter probavisse et burgenses domini régis Ebroicis morantes 
in sua probatione defecisse^. [Fol. 72 v".] 

Inqueste et aprisie expedite in Parlamento Penthecostes anno domini 
M° ce LXXX° septimo. 

Discordia mota inter Johannem Dain, prepositum Villenove Régis, 
ex una parte, et decanum Altissiodorenscm ex altéra, super hoc quod 
cum dictus prepositus de mandato curie vellct resaisi re claustrum 
sancti Osilii apud Altissiodorum de quodam Lombardo nomine Ghiue ^ 

t. Cf. Essai de restitution, n° 587. 

2. Cf. Essai de restitution, n" 599. 

3. Lecture douteuse. 



454 

quantum ad tlcbaLum quod erat inler episcopum Allissiodorensem ex 
una parle et comitem ejusdem loci ex altéra, ipse intendens ([iiod 
decanus, associata secum mullitudine armatorum, volebal subripcre 
eidem dictum Lombardum, preccpit decaiio ex parte régis et inquan- 
tum poterat satisfacere contra regem ne impediret eum facientcm 
predictam resaisinam nec faceret impediri; et quod esset ita saisitus 
de armatis existentibus secum quod de ipsisposset eidem respondere. 
Et cum prepositiis esset ad locum ubi facere debebat resaisinam, plu- 
res armati ibidem exislentes cum decano, videlicet milites, clerici, 
scutiferi, venerunt contra prepositum eum capiendo per frcnum et ad 
corpus et pannos, et percusserunt grossis baculis, dicto precipiente 
decano quod amoveret sibi illam vim. Et hoc non obstante, predicti 
armati volentes amovere preposito Lombardum, forciaverunt eundem 
et quosdam servientes régis cum eo existentes, videlicet Petrum de 
Chablies, eum vulnerando, Odonem de Daunee, Theobaldum Divitem 
projiciendo in lutum. Predicto decano in contrarium dicente quod cum 
dictus prepositus adduxit dictum Lombardum pro faciendo dictam 
resaisinam, decanus dixit ei quod erat in saisina justiciandi dictum 
Lombardum, ut clericum, et ut clericum pro multro i)ro quo captus 
fuerat sigillator ejus eum ceperatantequamaliquisalius. Etrequisivit 
dictum prepositum quod dictum Lombardum ei liberaret ; quod non 
fecit sed locum resaisivit; loco resaisito^ decanus intendens uti jure 
suc, et nolens spoliar[i] per gentes episcopi présentes et contendentes 
contra decanum super jurisdictione spiritual! in illo Chine, preccpit 
gentibus suis ut caperent dictum Lombardum; et cum cepissent 
et ducerent ad prisionem decani, prepositus antedictus venit ad 
decanum et precepit ei ex parte régis quod ei dimitteret dictum Lom- 
bardum; decano respondente preposito quod, si apponeret manum, 
dimitteret eidem ob honorcm régis et dicente preposito quod eum 
spoliabat et desaisiebat. — Tandem super hoc facta inquesta et visa, 
judicatum fuit et pronunciatum predictum prepositum sufficienter 
probasse intentioncm suam, et ideo decanus predictus et illi qui cum 
eo fuerunt eidem predictas injurias cmendabunt ; et dictum decanum 
non debuisse admitti per auditores ad aliquid probandum contra 
dictum prepositum, cumsepartem in dicto judicio contra prepositum 
non fecisset. [Fol. 74.] 

Inqueste et aprisie expedite in Parlamento omnium Sanclorum anno 
#° ce» LXXX'' septimo. 

Arnaldus de Marignac dicebat contra regem Anglie quod dictus 



452 

dominas rex creaverat seu constituerai de novo pedagium sive custu- 
mam in quadam villa quam fecerat a viginti annis citra que dicitur 
Liborna; scilicet de quolibet dolio vini duodecim denarios burdega- 
lensis monete et de quolibet modio salis quatuor solidos et aliis mer- 
caturis recipicbat et exigebat de novo pedagium ibidem, quamvis 
dictus Arnaldus et alii mercatores essent immunes ab omni pedagio 
quando transiebat per dictum locum cum manibus suis oneratis, 
asccndendo vel descendendo, per dictum locum vel territorium ubi 
est dicta villa edifficata, antequam dicta villa fieret. Dicebat etiam 
quod super dicta novitate alias mota fuerat querela dicto régi et pre- 
ceptum quod super hoc inquireretur. Dicebat insuper quod ipse et 
alii homines de Bregeriaco et de aliis locis consueverant ire cum 
mercaturis suis et navibus absque nullo irapedimento per flumen 
Dordonie usque ad portum antiquum de Petraficta ascendendo et des- 
cendendo, et modo, de novo, scilicet a viginti vel quindecim annis, dic- 
tus rex contra jus et justiciam compellit dictum Arnaldum et alios 
bomines de Bergeriaco et de aliis locis, contra usum antiquum, aspor- 
tare tonellos suos vini apud Libornam predictam nec permittunt 
magnas naves ascendere usque ad dictum portum antiquum de 
Petraficta, quod cedit in eorum magnum periculum et gravamen. 
Dicebat eciam quoddepredictis estfamapublica in diocesybus Petrago- 
ricensi, Vasatensi et Burdegalensi. — Procuratore dicti régis asserente 
in contrarium et dicente quod, antequam dicta villa seu bastida de 
Liborna esset ibi edifficata, quod ibi erat villa alias edifficata et portus 
ab antiquo, licet non ita magnus ut est modo, et quod erat ibi peda- 
gium ab antiquo. Dicebat etiam quod dicta villa seu bastida de 
Liborna facta fuerat ad instanciam plurium mercatorum et aliorum 
volentium et consentientium quod esset ibi portus et quod remane- 
rent ibi naves ascendendo et quod ibi applicarent et afierentur mer- 
cature per terram et aquam et quod de quolibet dolio vini quod ibi 
oneralur, solverentur. xii. denarii, pedagii nomine; et quod premissis 
interfuit dictus Arnaldus et consensit et multi eciam alii. Dicebat 
insuper dictus procurator quod mercatores solverent ibi pedagium, 
sine contradictione, de aliis rébus, dequibus solvi consuevit ab antiquo, 
et quod pedagium mercaturarum de pondère et parva et magna cus- 
turaa vini erant, propter dictum portum, Burdegale multum dimi- 
nute, et quod mercatores de dicto portu magnam utilitatem habebant. 
— Visainquesla super hiis facta et depositionibus testium utriusque 
partis diligenter inspectis, auditis eciam racionibus partium-, consi- 
deratis insuper omnibus que nos monere poterant et debebant, quia 



453 

inventum est el pr'obalum qiiod Lalis portus et talc pedagium sunt in 
dicto loco de novo per dictuni regem Ânglie instituta, el maxime quod 
super predictis alias sibi controversia mota fuit, judicatum fuit quod 
dicli portus et pedagium cadent^ [Fol. 76 v".] 

Cum ex parte Berlrandi Gousse, servientis nostri, nobis fuisset rela- 
tum quod, cum dictum Bertrandum cum dilecto et fideli nostro archie- 
piscopo Biluriccnsi ut ipsum defenderct in suisjustis saisinisBurdc- 
gale jussissemus, decanus el capilulum majoris ecclesie Burdegaleiisis 
eidem Berlrando, officium exercenti juxta formam sibi anobistradi- 
tam, plures et graves injurias inlulerunt in contemptum noslrum 
et regni, et muita enormia facere non verenlesi decano et capi- 
tulo predictis in contrarium quedam frivola proponcnlibus. Super 
hoc de mandato nostro facta inquesta et visa, quia dictus Bertrandus 
sufficienter probavil ea que nobis retulerat esse vera, decano et capi- 
tulo predictis nichil probanliI)us quod obstaret, dicli decanus el 
capitulum condemnali fucrunl in mille et quingenlis libris turonen- 
sium pro emenda, quas levari mandavimus per senescallum nostrum 
Petragoricensem, el eidem dedimus in mandatis ut de dicta emenda 
tradat procuratori dicli Berlrandi quingentas libras turonensium pro 
expensis suis factis in prosecutione dicti negocii. [Fol. 77.] 

Gum episcopus Aulissiodorensis diceret et intenderct probare quod 
cum ipse et sui predecessores, noraine sue ecclesie, essenl in bona saisina 
tradendi quamdara mensuram ad mensurandum sal vocatam hruneau 
omnibus illis qui volunt mensurare sal venditum vel non venditum 
inter vivarium de Basset et pontem d'Arcy, ac levandi et babendi do 
omni sale vendito et mensurato, vel vendito et non mensurato, vel 
mensurato et non vendito, inler prediclas mêlas, cuslumam, videlicet : 
dimidium quarterii de ({uolibet modio Aulissiodorcnsi, Joliannes et 
Morellus dicti Paquain, fratres, desaisierant dictum episcopum sua 
saisina predicla, vendendo el mensurando sal inter dictas mêlas ad 
alios brunellos quamad brunellos episcopi, et contradicendo mensu- 
rare ad brunellos episcopi et sibi solvere cuslumam supradictam de 
sale quod vendunt et vendiderunt dicti fratres inter dictas mêlas; 
dictis fratribus asscrenlibus se esse in saisina mensurandi sal inler 
dictas metas cum aliis bruncllis quam brunellis dicli episcopi, sine ali- 
qua custuma solvenda episcopo. Tandem, visa inquesta super hoc facta, 
inventum est quod prcdicli fratres spoliaverunt et desaisierunt dictum 
episcopum sua saisina predicta, et ideo judicatum est quod episcopus 

1. Cf. Essai de restitution, a' 656. 

34 



434 

restituetur ad suam saisinam predictam, et quod dicti fratres, quan- 
documque voluerunt sal mensurare inter dictas mêlas, mensurabunt 
cum brunellis episcopi et ei solvent custumam predictam de omni 
sale vendito et non mensurato, vel mensurato et non vendilo, inter 
dictas metas^. [Fol. 77 v".] 

Inqueste et aprisie expedite in Parlamenlo Penihecostes anno domini 
M° CC° LXXX° octavo. 

Gum vir nobilis dominas Emondus, filius régis Anglie, proponeret 
contra regem ad hanc finem quod garda et saisina garde corporis abba- 
tie de Boulencourt ad dictum dominum de Belloforti debeat remanere : 
videlicct quod dicta abbatia est inter terminos castellanie de Belloforti 
et de justicia ejusdem, et quod domini de Belloforti fuerunt in sai- 
sina garde abbatie a tempore quo memoria non existit ; item quod 
ipse dominus Emondus et gentes sue (continu) ando^ saisinam prede- 
cessorum suorum, dominorum de Belloforti, fuerunt in saisina garde 
dicte abbatie post baillivum Gampanie, et erant tempore quo baillivus 
Calidimontis inhibuit monachis dicte abbatie ne domino Emundo vel 
suis gentibus ulterius obedirent; item quod predicta abbatia fundata 
fuit per dominos quondam de Belloforti. Gentibus domini régis pro 
ipso ex adverso proponentibus quod ipsa abbatia est et fuit ab antiquo 
tempore de garda et ressorto comitum Gampanie et pro tempore quo 
cornes de Retel vendidit castrum de Belloforti cum pertinenciis comiti 
Gampanie, abbatia predicta erat de garda comitum Gampanie et jus- 
ticiabatur de temporali suo per prepositum de Bonay. Tandem super 
hoc facta inquesta et visa, quia inventum est predictum dominum 
Emundumsufficienter probasse intentionem suam, per judicium curie 
nostre pronunciatum est quod garda et saisina garde corporis predicte 
abbatie ad dictum dominum Emundum remanebit ^. [Fol. 79.] 

Ista inquesta portabitur ad Parlamentum die Normannorum prop- 
ter dubium, quia judicatum fuit alias in Sca[ca]rio contra episcopos 
Gonstanciensem et Lexoviensem quod, licethabeant altam et bassam 
justiciam in villis suis, Judei morabuntur in ipsis villis contra volun- 
tatem eorum nec poterunt racione residencie Judeorum aliquid petere 
vel habere. — Racione istius inqueste aut aprisie facte in Parlamenlo 
Penthecostes anno oclogesimo octavo coram magistris dicti Palatii, 

1. Cf. Essai de restitution, n» 657. 

2. Ms. Eslimando. 

3. Cf. Essai de restitution, n" 679. 



455 

concordatum fuil quod dominiis de Nonancuria remanebit in posses- 
sione recipiendi Judeos doniini régis in villa sua de Nonancuria et 
capiendi censura ab oisdeni, judicio in scacario facto contra episcopos 
Gonstanciensem et Lexoviensem super hoc, ut dicitur, non obstanle, 
salva questione proprictatis'. [Fol. 79 v''.] 

Inqueste et aprisie expedite in Parlamento Penthecostes anno domini 
M° CC° nonagesimo. 

Cum inter nos, ex una parle, et consules Caturcenses, ex altéra, 
controversia moverelur super eo videlicet quod nos dicebamus 
communitateni ville Galurcensis bone recordalionis genitori noslro 
in .xviii'n. libris turonensium pro quodam delicto in personani 
Jacobi Donada, olim civis Gaturcensis, per dictam communitalcin 
commisso, fuisse condemnalam. fJictique consules diccrent dictam 
condemnationeni tantummodo de .xvi'". fuisse factam -, de qua 
summa dicebant et asserebant dicti consules predictura genitorem 
nostrum mille libras sibi remisisse, necnon voluisse et ordinasse quod 
orphani et vidue dicte civitatis tempore perpetrati delicti essent liberi 
a condemnalione predicta et, pro rata dictos orpbanos et viduas tan- 
gente, fieret diminutio de condemnatione predicta; dicercnlque quod 
senescallis et locumtenentibus senescallorum qui pro tempore fuerunt 
necnon diversis servientibus, quorum quosdam missos dicebant per 
predecessorem nostrum ad rogatum ipsorum ad custodiam pacis 
dicte civitatis, post dictum delictum perpetratum, quosdam vero mis- 
sos ut nolentes solvere partem collecte eisdem imposite compellerent 
ad solvendum, et alios missos diversis causis et temporibus, diversas 
summas solverunt, quas volebant et petebant eis computari ad dimi- 
nulionem summe predicLe; produxissentque super hiis de predictis 
receptis tam per dictos senescallos, eorum locumtencntes quam per 
servientes antedictos faclis .xi. paria lilterarum. Procuratore nostro 
pro nobis dicente multis rationibus et causis prcdicUis reccptas non 
debere diminueresummam condemnationis predictam, neganteetiam 
remissionem de diclis mille libris fuisse eis factam, confidente tamen 
dictam remissionem de summa dictos orpbanos et viduas contingente 
factam fuisse. — Visa diligenter inquesta super hiis de mandalo 
nostro facta, invenlum fuit per scripla régis, prout magister Pelrus 
de Gondeto nobis reltulit, quod dicta condemnationis summa ascen- 
debat usque ad summam .xviii. m. librarum turonensium et quod 

1. Cf. Essai de restitution, a" 688 et 689. 



456 

.XVI". libre turonensium quas recepil dominus H. de Gandoviler, 
miles, senescallus GaUircensis, una cum quibusdam sociis suis per 
prcdecessorem nostrum apud Gaturcum missis pro forefacto prediclo, 
et .XX. libre turonensium quas Simon Gilberti, predecessoris nostri 
servions, reccpit, computabuntur ad diminutionem summe condemna- 
tionis predJete. Relique autcm summe in dictis aliis litteris per ipsos 
productis contente non computabuntur nec deducentur de summa 
condemnationis predicte. — Item inventum fuit in coraraissione 
super isto negocio facta quod Guilhelmus Johannis recognoverat se 
récépissé et habuisse de dicta condemnationis summa xii"' v^ xlv libras 
et aliquos solidos a consulibus antedictis. [Fol. 85.] 

Cum inter charissimam et fidelem nostram amitam Johannam, 
Alençonis etBlesensem comitissam, ex parte una, et abbatem et con- 
ventum Majoris Monasterii Turonensis racione prioratus de Moureis, 
ex altéra, in nostra curia controversia moveretur super eo quod pro- 
curator dictorum abbatis et conventus dicebat quod gentes ipsius 
comilisse in territorio ipsius prioratus seu ejus pertinentes quemdam 
equum ceperant, in cujus equi saisina idem procurator dicebat esse 
dictos abbatem et conventum tempore capcionis dicti equi; necnon 
super quibusdam novitatibus et gravarainibus factis et illatis in 
rébus ipsius prioratus per gentes ipsius comitisse , ut dicebat ; 
quem equum petebat sibi restitui ratione spave quam ad dic- 
tos abbatem et conventum dicebat pertinere, et se esse in possessione 
dicte spave in territorio supradicto, et dictas novitates et gravamina 
amoveri. Dictaque comitissa dicebat quod curia sua sibi reddi 
debebat et cognitio de predictis, quam sibi petebat reddi piuribus 
racionibus, usibus et consuetudinibus. Dicto procuratore ex adverso 
dicente quod pênes nos dicta curia et cognitio debebat remanere 
piuribus rationibus, usibus et consuetudinibus. Tandem auditis 
rationibus utriusque partis, visis eciam quibusdam judicatis super 
garda ipsius prioratus et pertinenciarum ejusdem dudum in nostra 
curia factis, visis eciam quibusdam litteris cujusdam compositionis 
facte post dicta judicata super garda ipsius prioratus per bone memo- 
rie Vinc[e]ntium, quondam archiepiscopumTuronensera; vise eciam 
quodam judicato nuper facto inter abbatem et conventum et dictam 
comitissam in curia nostra ex parte comitisse producto, visaque 
diligenter inquesta demandato nostro super hoc facta, pronunciatum 
fuit per curie nostre judicium dictos abbatem et conventum racione 
dicti prioratus et pertinenciarum ejusdem super petitis ab ipso pro- 
curatore, nomine que supra, contra ipsam comitissam, debere remitti 



4r,7 

ad curiam predicle comitissc eL ipsos esse ad ipsius comilisse curie 
rcmilLendos, salvo in omnibus et per omnia jure nostro^ [Fol. 86 v°.] 

Cum inquisitione facta per senescallura Pelragoricensem contra 
quosdam monachos de Brantelmio; conlra Guiilelmum, preposilum 
episcopi Petragoricensis. mililem ; ilem, conlra Steplianum et Helyam 
de Postunio, Foucherium nuncium Pétri de Haut, Petrum Loys, G. 
Foucaudi, Hemericum Jordani et fratrem suum, super quibusdam 
injuriis et violenciis laclis gentil)us noslris a nobis deputatis ad cus- 
todiam Bernardi, abbatis de Brantelmio, et eidem abbati illatis 
in nostra garda existenli, predictos videlicet monachos pro pre- 
missis in mille libris pro emenda, dictuni prepositum in quin- 
gentis, et alios supra nominatos in ducentis libris turonensium, idem 
noster senescallus per judicium condemnassel, predicti monachi et 
prepositus et alii nominali ad nos récurrentes proposucrunt se fuisse 
gravatos in taxatione emendarum predictarum, ad hoc rationes 
aliquas proponentes, per quas dicebanl dictas cmendas adnullari 
dcbere vel sallem diminui. Super quibus inquesla iteralo facLa de 
mandato nostro et diligenter visa, quia non fuit invenlum quod per 
aliqua que proposuissent predicti rei dicte emende diminui deberent 
in aliquo, pronunciatum fuit per judicium curie nostre condemna- 
lionem emendarum factarura predictarum contra dicLum prepositum 
et alios seculares superius nominatos foreexecucioni demandandam -, et 
quia proprium non habebant dicti monachi in quibus posset execucio 
demandari pro emenda mille liiirarum taxata contra ipsos, exccu- 
cioni dicte condemnationis supersedebitur ad presens. Nichilominus 
vocabuntur coram senescallo Petragoricensi adjutores et fautorcs 
eorumdem cl homines de Brantelmio super hiis responsuri. Qui 
senescallus super premissis inquiret et terminabit prout justicia sua- 
debil. De predictis vero quingentis libris trecente, et de dictis ducentis 
libris due partes nobis applicabuntur, et ducenle alie residue et ter- 
cia pars ducenlarura iibrarum abbati predicto. [Fol. 87 v°.] 

Cum inter charissimum consanguineum et fidelem nostrum 
regem Anglie illustrem, ex parte una, et fidelem nostrum episcopum, 
decanum et capitulum Aniciensis ecclesie, ex altéra, in nostra 
curia, diu est, controversia verteretur super eo quod idem epi- 
scopus, decanus et capitulum dicebant quod idem rex Anglie ipsos 
in possessione vel quasi feodagii vel homagii comitatus Bigorre, 
excepto homagio castri Lorde, injuste spoliaverat, recipiendo in homa- 

t. Cf. Essai de restitution, n" 765. 



458 

gium pru dicto comitalu, excepto dicto Castro^ Eschivatum de Ghabe- 
nesio qui per violentiara, excepto dicto Castro, possessionem dicti 
castri post mortem defTuncti Symonis de MontefTorti, quondam 
Bigorrecomitis, occupaverat, utdicebaiit; necnon quod ipsos episco- 
pum, decanum et capitulum in possessione vel quasi feudagii seu 
homagii caslri Lorde multipliciler impediverat et perturbaverat ac 
usurpare visus fuerat; ita quod ipsi non poterant gaudere pacifiée 
possessione vel quasi feodagii seu homagii dicti castri : dictum scilicet 
castrum obsidendo et in ejus pertinenliis incendia faciendo, homines 
capiendo et occidendo, muros diruendo et multa similia faciendo, ad 
hoc ut sibi obediretur tanquam domino feodali ipsius castri Lorde, 
quod castrum a rege Navarre tenente ut suum advoabatur et reco- 
gnoscebalur teneri ab eis episcopo, decano et capitulo tanquam a 
dominis feodalibus dicti castri. Quare petebant possessionem vel 
quasi feodagii seu homagii dicti comitatus, excepto castro Lorde, per 
ipsum regem Anglie ipsis restitui, necnon et predicta impedimenta 
per ipsum regem Anglie apposila in possessione vel quasi feodagii 
seu homagii dicti castri totaliter amoveri, et ipsum regem cessare a 
predictis impedimentis et perturbationibus antedictis. Ex adverso pro- 
curator régis x\nglie proponebat quod idem rex non spoliaverat neque 
desaisiverat ipsos episcopum, decanum et capitulum possessione vel 
quasi feodagii seu homagii predicti comitatus Bigorre, nec ipsos impe- 
diverat seu perturbaverat injuste possessione vel quasi feodagii seu 
homagii predicti castri Lorde; dicebatque quod ipse rex Anglie de 
voluntateB. quondam episcopi, decani et capituli Aniciensisadeptus 
fuerat possessionem vel quasi feodagii seu homagii prediclorum castri 
Lorde et comitatus Bigorre et quod de voluntate ipsorum episcopi, 
decani et capituli processerat quod idem rex Anglie adipisceretur, 
haberet et possideret quidquid ipsi habebant in comitatu et castro 
predictis; super quibus ambe partes multa alia hinc et inde propo- 
nebant. Tandem auditis rationibus ex utraque parle propositis, visis 
etiam quibusdam litteris ex parte régis Anglie productis-, visis etiam 
inquesta facta super hoc de mandato clare memorie Ludovici, Dei 
gratia Francorum régis, avi nostri, pronunciatum fuit per curie 
nostre judicium ipsum regem Anglie, ipsos episcopum, decanum 
et capitulum super possessione vel quasi feodagii seu homagii dicti 
comitatus, excepto castro Lorde, injuste spoliasse; necnon ipsum 
regem Anghe ipsos decanum et capitulum super possessione vel 
quasi feodagii seu homagii dicti castri Lorde injuste perturbasse, 
jpsumque regem Anglie teneri ad restitutionem possessionis vel 



439 

quasi feodagii spu homagiidiclicaslri, exceplo Lorde, ipsis episcopo, 
decano cl capiLulo facieiidam, necnon ipsuni regeni Ânylie Iciicri 
ad tollendum dicta impedimenta per ipsum apposita in posses- 
sione vel quasi feodagii seu homagii dicti castri et a predictis 
impedimeutis et perturbationibus in possessione vel quasi feodagii 
seu homagii dicti castri per ipsum regem Anglie appositis cessare 
debere, dicte régi super premissis questione proprietatis reservata ^ . 
[Fol. 88 v".] 

Inqueste et aprisic expedile in Parlamento omnium Sanctorum anno 
domini M" CC° LXXXX" secundo. 

Cum abbas Exiensis conquestus de senescallo Agennensi fuisset 
coram noslris magistris tencnlibus parlamentum Tholose super eo 
quod verberari fecerat génies raonaslerii sui et letaliter vulnerari et 
in presencia gardialoris sui, in ejus edi[bus] ; et ideo supplicarel legiti- 
mam securitalem sibi preslari vel licenciam quod génies suepossent 
arma porlare vel quod haberent .x. homines armatos cum gardialore 
suo ad corporum suorum tuitionem; visa inquisitione facta super 
dictis excessibus, pronunciatum fuit supplicationem dicti abbalis fieri 
non debere 2, [Fol. 91.] 

Procurator abbatis et conventus monasterii Aureliacensis, ipsius 
monasterii et sui prioralus Sancli Frontonis nomine, asserebat quod 
predictum monaslerium cum omnil)us membris et bonis suis crat et 
fuerat in speciali garda domini régis Francie per privilegium ipsi 
monasterio concessum ab inclyte recordationis Ludowico, quondam 
rege Francie, et quod dominus rex Francie erat in possessione cus- 
todiendi dictum prioratum Sancti Frontonis de dicto prioralu. Ex 
adverso senescallus Agcnnensis pro rege Anglie proponebat quod rex 
Anglie crat in pacilica possessione custodie prioralus Sancti Frontonis 
illo lempore quo prior dicti loci asserit se fuisse spolialum de dicto 
prioralu per génies régis Anglie. Tandem visa inquesla super hoc facta, 
quia inventum est quod dicti religiosi [erant] in saisinaut diclussuus 
prioralus S. Frontonis custodiretur per dominum regem Francie, et 
quod idem dominus rex erat in saisina custodiendi dicLum prioratum 
eo lempore quo prior dicli prioralus dicit se fuisse spoliatum dicto 

1. Cf. Essai de restitution, n" 777. V. aussi ce que dit M. Léopold Delisle, 
Fragments inédits du registre de Nicolas de Chartres, p. 80. Ce jugement est 
du Parlement de la Chandeleur 1291. 

2. Cf. Essai de restitution, n" 821. 



400 

prioratu suo per gentes régis AnglieJudicaLum esl dictos abbatemeL 
conventum et priorem S. FronLonis ad suam saisinam predictam per 
regem Anglie esse restilueiidos ^ [Fol. 91.] 

Gum Hugo de Gardilliaco condemnatus fuisset a judice curie de 
Perincia(?) in sexaginta libris turonensium nobis solvendis pro eo quod 
dominus Hugo duos homines nobis immédiate subjectos capi fecerat 
et eosdem ligaverat et ligatos in compedibus posuerat, neenon in gra- 
vibus tormentis eos poni fecerat in contemptum jurisdictionls nostre j 
a qua sentencia dominus Hugo, tanquam ab iniqua, et procurator 
noster pro eo [quod] condemnatus erat in minori summa quam debe- 
ret^ ad nos appeilaverunt-, viso diligenter processu, cognitoque de 
meritis appeliationum, pronunciatum est per curie nostre judicium 
utrumque maie appellasse et dictum judicem bene et légitime pro- 
nunciasse, sentenciam dicti judicis per idem judicium confirmamus. 
[Fol. 92.] 

Quia inventum est et probatum quod dominus Girardus de Sorel 
junior et Radulpbus de Sorel, frater suus, venerunt ad domum 
Hugonis de Goussencourt cum armis apertis et ensibus nudis, inve- 
nientes in curia dominum Petrum de Bries, militem, et Girardum du 
Vergier, nepotem dicti Pelri, et dixit dictus Girardus dicto Petro : 
« Ha ! prave miles, te querebam. » Et voluit eum percutere ense, 
sed ictus cecidit super equum dicti Pétri, ita quod habuit magnam 
plagam, et dictus Petrus fugit ad quamdam cameram timoré sui 
corporis; postea venerunt ad Girardum du Vergier, nepotem dicti 
Pétri, et eum graviter vulneravit tam in capite quam in manu et in 
humero. Ordinatum est quod mandetur baillivo Viromandensi quod 
capiat eos et complices suos qui erant ad portam, scilicet dominum 
Gilonem de Boncalvesnes et Gilonem de Bencourt et quod mittat eos 
Parisius in Gastelleto, et bona eorum in manu régis ponat absque 
recredencia et mandato speciab domini régis. 

Taxate sunt emende ad quingentas libras turonensium pro duobus 
delictis dequibus babebit dominus rex trecentas et dominus Stepha- 
nus de Pedagio centum et dominus Petrus de Bries et ejus nepos cen- 
tum. [Fol. 92 V.j 

Notum facimus quod cum Jobanncs de Stabulo, Hymbertus Rubet, 
Petrus Anavimi, mcrcator, R. Johannis Drudo, G. Arnaldi de Trula- 
ribus, Aymericus Blanquerii, Petrus Maurini parator, Arnaldus 
Oliverii, G. Maynardi Olius quondam Berengarii Maynardi, Jacobus 

l. Cf. Essai de restitution, n° 810. 



Bernardi, cives Narbone, proinjustacondemnalioneadsuspendiumcle 
tribus servientibusarcliicpiscopalis lemporalis Narbone, sede vacante, 
sint nobis in .x. millibus libris luronensiiim condemnati, ac dilec- 
lus et fidelis noslcr archiopiscopus Narhonensis, quia factum pro quo 
fuerunt condemnati probatum erat et notorium, supplicaret nobis 
emendam suam sibi et uxoribus etliberis suspensorum adjudicari et 
taxari; iiabila deliberacionc, dicto.Iobanni de Slabulo in curia noslra 
pro se présente et nomine procuratoris aliorum noveni predictoruni, 
pronunciatura fuit per curie nostre judicium quod de bonis dictorum 
decem superius nominatorum septingentis et quinquagenta libris 
turonensium ad opus uxorum et liberorum dictorum trium suspen- 
sorum, prout justura fuerit inter ipsos distribuendis, necnon quater- 
centum libris turonensium ad emendandum redditus pro quadam 
capellania pro animabus dictorum mortuorum fundanda^ et insti- 
tuenda prius levatis, etiam ante condemnationem pro nobis factam ; ac 
postmodum dictis decem millibus libris turonensium in quibus nobis 
sunt condemnati nobis persolutis, residuum omnium bonorum mobi- 
lium et immobilium dictorum decem adjudicatum fuit applicandum 
dicto archiepiscopo pro emenda sua ; et per idem judicium privati 
fuerunt dicti decem potestate judicandi et consulendi in judiciis, ita 
quod non possunt de cetero in judiciis faciendis vel in consiliis dandis 
in judiciis faciendis [sic). In cujus rei testimonium, etc. [Fol. 93.] 

Urdinatum est quod episcopus Gorisopilensis condemnatus est in 
mille libris turonensium et mendelur sibi quod mittat infra quinde- 
nam Pasche Parisius per istas personas nominatas scilicet : le Pater, 
le Gonsec, le Saum, Gralein, M" Grimart, clericos sibi subjectos; et 
raandetur baillivo Turonensi quod informet se de privatis personis 
laicis que fuerunt culpabiles hujusmodi deiictorum et injuriarum et 
puniateos publiée secundum quod eos invenerit deliquisse^. [Fol. 94.] 

Inqiteste et aprisie expedite in Parlamento omnium Sanctorum anno 
domini M" CC LXXXX" tercio. 

Visa inquesta facta super injuriis Durando, quondam preposito 
Meldensi, per abbatem de Latignaco, prepositum suum, etalios mona- 
chos et gentes suas illatis, abbas condemnatus fuit domino régi pro 
emenda in quingentis libris turonensium. Item in sexaginta libris, 
prout rettulit Joliannes de Montigny, pro expcnsis. [Fol. 9^.] 

1. Hfs. fundala. 

2. Cf. Essai de restitution, n" 814. 



462 

Gum inter dilectum et fidelem consanguineum noslrum regem 
Anglie, ducem Acquitanie, et gentes suas, videlicet Raymuiidum de 
Gampis, militem, bajulos et officiales suos in Agennesio, ex parle una, 
et universos consules et homines AUivillaris, Agenneiisis diocesis, ex 
altéra, in nostra curie controversia verteretur super eo quod sindi- 
cus seu procurator ipsius universitatis consulum et hominum nomine 
procuraloi'io seu sindicatus ipsorum et pro ipsis dicebat et propone- 
bat quod, lite inter ipsos, ex una parte, et dominum regem Anglie gen- 
tesque suas predictas, ex altéra, in curia nostra pendente super quadam 
appellalione, ut dicebatur, per eos ad curiam noslram interjecta super 
deffectu juris ab audiencia Augerii, militis, senescalli Agennensis ; 
bajulis, offîciariis et gentibus régis Anglie ne in prejudicium ipsius 
appellationis aliquidattemptarent seu aliquam facerent novitatem con- 
tra universitatem et homines antedictos [monitis], terraque et villa AUi- 
villaris in noslro servicio de mandato nostro in Gathalonia existente, 
ceterisque (sic) servientibus ex parte nostra ibi dimissisadcustodiendum 
et defTendendum terram et bona dicti vicecomitis et hominum AUi- 
villaris, vexillo nostro in signum luitionis et garde nostre manifeste 
apposito, prefatis que appellatione et tuitione et salvagarda durantibus 
et pendentibus, dictoque vicecomite in dicto nostro servicio existente, 
Raymundus de Gampania, senescaUus Agennensis, cum bajulis de 
Dumis, de Valencia_, de Donziaco, de Agenno, de Grandi Gastro, de 
*Mansonvilla, consules et universitates dictorum locorum et plurium 
aliorumcummultitudinearmatorum, peditumetequitum, ad castrum 
AUivillaris accedentes, hominibus ejusdem loci non requisitis, non 
monitis, nec convictis, sedpotius insciis, in prejudicium dicte appella- 
tionis et non in modicum noslrum dedecus et contemptum, dictum cas- 
trum cum armis hostiliter expugnaverunt, servientes nostros ibidem, 
ut dictum est, positos et dimissos attrociter vulneraverunt, domos et 
bordas in ipso castro quamplures et ejus pertinencias fregerunt, vio- 
lencias, rapinas,oppressionesmulierum, vulnera, occisiones hominum 
et alla plura facinora commiscrunt, inventa pecora, pecudes, porcos 
et alia animalia, pecunia, vestes, ulensilia, superlectilia, blada, vina 
et aha bona dictorum hominum rapuerunt et secum asporlaverunt, 
vcxillum nostrum prostraverunt et ad terram projecerunt, quamplu- 
res castri ipsius homines cepcrunt et depredaverunt pecuniis et aliis 
bonis suis, captos duxerunt et in carceribus diutius tenuerunt. Dicebal 
insuper ac eciam proponebat idem sindicus, nomine quo supra, quod 
ipsi armati sepe et sepius circa dictum castrum discurrerunt, caval- 
catas et insultus quamplurimos fecerunt, ita (juod diclos homines 



/i63 

exire diclum caslrum non permiLtcbanl pro suis negociis faciendis, 
ita quod blada sua colligcre, lerras suas colère non audebant. PropLer 
quas rapinas, efVractiones, capliones, depredaliones , discursiones, 
insultus et alia damna illata eisdem el cavalcalas circumquaque dic- 
tum caslrum factas ipsam universilalem el homiues anlediclos in decem 
millibus libris turonensium et amplius dampnificaverunl et injuste. 
Quare pelebanl omnia el singula supradiclaad stalum debilum reduci 
sibique damna predicta restilui in integrum ac eciam emendari 
et super hiis statui et decerni quod foret racionis. Et cum nos de 
prediclis mandassemus, vocalis evocandis, diligenter inquiri, gcnles 
predicle ad hec coram inquisitoribus evocale et sufficienter inlerpel- 
lale quod predictis omnibus et singuiis responderent, contumaciter 
recedentes noluerunt aliquatenus respondere. Etnichilominus diclus 
syndicus, nomine quo supra, forma juris tolaliler observata, ad pro- 
bandum predicta quamplures testes produxit. Tandem facta super hiis 
inquesta, et juris ordine observato, ipsaque diligenter visa, ipsum 
regem Anglie, ducem Acquilanie, scnescallum, bajulos et ofUciarios 
predictos et dictas gentes ipsius régis Anglie, ducis Acquilanie, con- 
demnavimus in decem millibus libris luronensium pro bonis deper- 
dilis supradictis dicte universilale refundendis et dividendisper scnes- 
callum noslrum Pelragoricensem damna predicta passis, secundum 
magis el minus, et ul de dicla summa pcr diclum senescallum aniicis 
propinquioribus in diclo condiclu occisorum aliqua de dicla pecunia 
satisfactio fiai; condemnavimus etiam predicLum regem, ducem Ac- 
quilanie, el génies suas predictas in decem millibus libris parisiensium 
nobis reddendis pro contemplibus et excessibus antediclis nobis fac- 
tis, ut diclum est, per eosdem, injungenles ex nunc genlibus ipsius 
régis Anglie, ducis Acquilanie, quod viginti personas de principalio- 
ribus que ibi interfuerint, infra duos menses per senescallum noslrum 
monite fuerint super hoc, in Gaslellelum noslrum Parisius adducant, 
ibidem in noslro carcere rcmansuras quamdiu noslre placuerit 
voluntali. [Fol. U \\] 

Cum nobis denuncialum fuisset quod vicarius el procurator dilecli 
et fidelis nostri episcopi Magalonensis, apud Melgorium, in nostra 
senescaHiaBellicadri,vicario noslro de Bellicadro necnon quibusdam 
servientibusnostrisvirgam seu baculum signi nostri deferenlibus, qui 
apud Melgorium vénérant pro quibusdam lanis ibidem arreslalis et, 
ut dicitur, nobis forisfactis, calcandis et nobis apud Belliquadrum 
adducendis, fecerunl rescussam, diclis lanis jam per diclum vicarium 
noslrum in duobus quadrigis cargalis, arrcstaveruntequos diclarum 



464 

quadrigarum per capserias capiendo, hostiaque claudendo per que 
diclc quadrige transire debebant, servientes que nostros viliter trac- 
lando et quemdam ex eis, Hcmedum nomine, ad terrani projiciendo, 
virgamque signi nostri super unum de quadrigis prediclis jam posi- 
tam ad terram projiciendo et super eam passando, con[gre]gando 
raultos homines ipsius ville ad predicta facienda; iiosque cum super 
ils fecissemus inquiri diligenter veritatem, vocatis evocandis, quia 
per dictam inquestam predicta inventa fuerunt probata, dictum epi- 
scopum in mille libris turonensium nobis condemnavimus, salvojure 
nostro et dicli episcopi in lana predicta ^ [Fol. 97.] 

Inqueste et aprisie terminate in Parlamento omnium Sandorum 
anno dom.ini M° CC° XC° quinto. 

Pro negligentia inventa et probata contra majorera et juratos et 
communiam Sancti Quintini in capcione malefactorum qui interfece- 
runt magistrum Symonem de Mascherain, clericum, et in disturbando 
dictum factura, condemnati fuerunt dicti major, jurati et communia 
domino régi in duobus millibus libris turonensium et dicta pecunia 
mediante statu ville in manu domini régis propter capta eisdem 
reddetur; et de suspectis qui procuraverunt dictum factura fieri 
curia ordinavit et pronunciatum fuit bona sex homicidarum qui de 
dicto maleficio convicti sunt domino régi applicari ; et de bonis decani 
Sancti Quintini ultimo defuncti, preceptum fuit retineri circiter cen- 
tum et .XX. libras quas levavit, ut dicitur, ab illis de Sancto Quin- 
tino pro expensis inquestarura. [Fol. ^01 v°.] 

Inqueste et aprisie expedite et terminate in Parlamento omnium 
Sanctorum anno domini M" CC° XC° sexto. 

Signifîcavit nobis graviter conquerendo Laurentius dictus le Four- 
nier, serviens noster, quod cum ipse fuisset deputatus a nobis ad 
partes Lingonenses ad levandura et explectandura quinquagesimale 
subsidiura pro defensione regni nostri in civilate et villa Lingonensi 
a civibus Lingonensibus, necnon ab aliis comraorantibus in terra 
episcopi Lingonensis et a coramorantibus in terra decani et capituli 
Lingonensis, pcliissetquc a senescallo ipsius loci episcopi et a majore 
et obedienciario dictorum decani et capituli quod sibi traderent ser- 
vientes qui ipsum et suos coadjutores in negocio predicto servarent 

1. Cf. Essai de restitution, n° 861. 



465 

ab injurlis et violenciis et juvareiU eosac dirigerenl in agendo proul 
ad quemlibel eoruin perLinel)al, predicti scnescallus pro episcopo, 
major et obedienciarius pro capilulo, denegando predicta faccre 
recusariinl. Verumtamen pro parte ipsius senescalli proclamatum 
fuit quod gentibus nostris in predictis obedirelur. El poslea ex parte 
ipsius episcopi in omnibus locis dicte civitatis in quibus preconizatio- 
nesconsueveruntfieri, cxtitit proclamatum ncaliquis dicto Laurentio 
seu gentibus noslris in dicto quinijuagcsimali sui)siilio levando obe- 
diret. — Cumque dictus Laurentius propter inobediencias dictorum 
civium et commorantium in terra ipsorum decani et capituli noien- 
tium solvere subvcntionem predictam, una cum quibusdam aliis 
servientibus nostris, animalia dictorum civium cepisset in campis 
caque vcllet duccre tanquam pignora ob hoc capta, maxima raulti- 
tudo civium et hominum Lingonensium de dicta civitate exeuntium 
cum lanceis, spadis et aliis armaturis, clamando : « Abaf ! ahai! or 
aux royaux, or aux royaux, or aux larrons, or aux murtriers^ nullus 
evadet! », per violcnciam et armorum potenciam rescusserunt ani- 
malia supradicta et ea sic rescussa ad civitalem Lingonensem reduxc- 
runt. Et, quod gravius fuit, quemdam servientem nostrum Petrum 
de Apulia ibidem ita atrociter in capite vulneraverunt quod ex dictis 
vulneribus mori communiter credebatur. Et cum dictus Laurentius 
de dictis campis ad civitatem reverteretur una cum dicto Petro, qui 
quasi mortuus portabatur, etpluribus aliis nostris servientibus, por- 
lam civitatis clausam invencrunt, pluresque homines quasi innume- 
rabiles qui in coUibus juxta portas ascenderant jactantes ad eos 
lapides pugnales invenerunt, ita quod dictus Petrus non fuit ausus 
inlrare, scd per alium locum fecit se deferri in civitatem predictam. 
Opportuitque filium dicli Laurentii de suo equo descendere ut porte 
guichetum aperiret et, cum ipsum guichetum intrasset, ipsos euntes 
per villam quasi omnes communiter derridebant -, aliamque rescus- 
sam eisdem servientibus cum armis fecerant de quibusdam equis 
predicta occasione captis, custodem equorum per ipsos scrvientes 
dcputatum multipliciter et enormiter vulnerando et ostia domus in 
qua dicti equi in custodia erant positi frangendo, multas alias violen- 
cias injurias et contumelias dictis servientibus et nobis per ipsos 
faciendo; super quibus omnibus et singulis idem Laurentius a nobis 
petiit inquiri et tantos excessus vindicari. Nosque super predictis dili- 
genter, vocatis evocandis, fecimus inquiri, invenimusque per ipsam 
inquestam predicta omnia et singula fore sufficienter probata. Quare 
dictum episcopum in sex miilibus libris turonensium, dictes cives 



466 

Lingoncnses in sex millibus libris luronensium et dictos decanum 
et capitulum in ducentis libris turonensium condemnavimus et eciam 
condemnamus ^ [Fol. -102 v».] 

Inqueste, aprisie et informationes expedite in Parlamento omnium 
Sanctorum anno clomini M° CC° XC octavo. 

Visa inquesta super hoc facta, condemnati sunt abbas et conventus 
Sancti Martini Laudunensis pro equitatione, armorum portatione et 
pro excessibus per ipsos factis contra abbatem et conventum S. 
Johannis Laudunensis domino régi in tribus millibus parisiensium et 
quilibet eorum qui.predictis interfuerunt in sexaginta libris parisien- 
sium 2. [Fol. 105.] 

Pro rescussis et inobedienciis factis gentibus domini régis Lingo- 
nis a gentibus episcopi Lingonensis, capituli Lingonensis et a civibus 
Lingonensibus, visa inquesta secundo facta, pronunciatura fuit quod 
condemnatio primo facta contra dictum episcopum de sex millibus 
libris turonensium, et contra capitulum de ducentis libris turonensium, 
et contra cives et villam de sex millibus libris turonensium in sua 
virtute et statu remanebunt, non obstante inquesta secundo facta ^. 
[Fol. 4 05.] 

Les lacunes qui restent dans la restitution du Liber Inques- 
tarum sont encore très nombreuses ; mais, en admettant même 
qu'on ne rencontre plus désormais de nouvelles copies de l'ou- 
vrage de Nicolas de Chartres, il est permis d'espérer qu'elles 
seront comblées peu à peu. — En effet, sans parler des articles 
isolés qui se retrouvent par hasard dans les papiers de tel ou 
tel érudit, comme ce jugement de la Pentecôte 1280 pour 
l'abbaje de Saint-Riquier ^ qui a été récemment publié d'après 
les notes de dom Cotron^, les expéditions anciennes dont nos 
archives départementales possèdent une si grande quantité seront 
un jour dépouillées et recueillies avec beaucoup de profit. Je 
me réserve de montrer ultérieurement tout le parti qu'on en peut 
tirer pour la reconstitution des archives judiciaires du xin^ siècle. 

1. Cf. Essai de restitution, n° 900. 

2. Cf. Essai de restitution, n" 916. 

3. Cf. Essai de restitution, n° 931. 

4. Cf. Essai de restitution, n" 411. 

5. Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie. Doc. inéd., X, 515 a. 



467 

Quant aux expéditions conservées h Paris, M. Delisle s'est 
attaché à les imprimer toutes. Cependant, j'en signalerai deux, 
fort longues et fort verbeuses, qui ont échappé à ses recherches 
approfondies. La première* correspond au n" 195, la seconde ^ 
au n» 224 de Y Essai de restitution ; voici le texte de ces deux 
pièces, qui sont inédites : 

I. 

Philippus, Dci grafia, Francorum rex^ notum facimus universis 
tam prcsentibus quam fufuris quod cum abbas et convenlus monas- 
lerii burgi Dolensis contra dominum Castri Radulphi, proponerent 
coram nobis quod ipsi sequelam habebahl et jus scquelc hominum 
et feminarum suarum apud Gaslrum Radulphum in burgo SancLi 
Gildasii et per totam terram prefati domini Castri Radulphi, villa de 
Aguiranda excepta, et quod idem domhius Gaslri Radulphi qui esset 
pro tempore banc sequelam seu jus sequele eis defendcre ac garan- 
tisare perpétue lenebalur; neenon quod idem dominas Gaslri Radul- 
phi homines ecclesie memorate ad suum recipere domanium aut eos- 
dem contra dictos abbatem et conventum manutenere seu delTendere 
non debebat. Item, cum ipsi proponerent se jus habere unum ser- 
vientem habendi in Gastro Radulpho ab omni consueludine salvum 
et liberum, prout alii servientes militum soient esse, ac eciam quod 
habebant eamdem libertatem et laie domanium in villa Sancli Dloni- 
sii prope caslrura quale domanium et qualem habebant in villa de 
Menilio libertatem; et quod in burgo de Menilio habebant et usi erant 
habere furnum et caniificium sive stalla pro vendendis carnibus, et 
quod hiis pacilice ulebantur. Rursus, quod dominus Gaslri Radulphi 
quicumque esset pro tempore debebat jurare ac jurari facere per 
bailiivos, senescallos et prepositos suos quod jura dictorum abbatis 
et convenlus non impedirent vel facerenl impediri, immo pro posse 
suo jura eorum observarent illesa et facerent observari; item quod 
res Dolensis ecclesie seu hominum suorum, ubicumque essent, per 
dominum Gaslri Radulphi vel allocalos suos non debebant capi, nisi 
abbas vel ejus mandatum ab ipso domino vel senescallo suo requisiti 
de juslicia facienda eidem domino vel senescallo super hiisdequibus 
requisiti essent, nollent vel recusarenl justiciam cxhibere; neenon 

1. Arch. nat., K. 176, n" 13. Copie. 

2. Arch. nat., MM. 876, n" 43, 44. Expédition originale. 



quod dominus Gastri Radulphi, per se vel per nuncios suos, res vel 
vadia cujuslibet infra cruces et termines libertatis burgis Dolensis 
capere sive capi facere non polerat, nec etiam homincs infra ipsius 
libertatis cruces et terminos commorantes, quantumcumque delinqae- 
rent, nisi essent in presenti et manifesto commisso extra cruces et 
terminos hujusmodi deprehensi; nec eciam res ipsorum hominum 
idem dominus capere sive capi facere poterat aut debebat quamdiu 
coram dicto abbate vel mandato ejus pati essent ipsi homines stare 
juri. Et insuper quod burgus Dolensis liber et imraunis erat et sem- 
per fuerat, et quod ad ipsos abbatem et conventum spectabant omnis 
justicia et districture hominum ibidem habitantium infra terminos 
libertatis, ac eciam quod prefatus dominus nullam violentiam debe- 
bat inferre vel inferri permittere infra terminos libertatis predicte, 
immo ad defendendum ab hujusmodi violentiis tenebatur consilium 
et auxilium impartiri. Item quod usus communis erat in castel- 
lania Gastri Radulphi quod quilibet dominus censive poterat ipsam 
censivam, cura vendi contingebat, eamdem pro vendilionis ipsius pre- 
tio retinere; ac etiam quod in dicto burgo quelibet mercimonia et 
quodcumque genus negotiationis cujuslibet vendebantur, emebantur, 
fiebant et exercebantur libère et aperte, et quod eorum homines in 
dicto burgo manentes pannos ibi vendere coloris cujuslibet usi erant : 
necnon quod quicumque mercatores erant usi in ipso burgo cum suis 
mercibus quibuscUmque temporibus hospitari. — Tandem, auditis 
omnibus et singulis que partes proponere voluerunt, ipsisque con- 
senti entibus quod, secundum privilégia exhibita et attestationes tes- 
tium predictorum ex parte abbatis et conventus predictorum et litte- 
ras predictas et raciones propositas ex parte dicti domini Gastri 
Radulphi justicia fieret inter ipsos, ac insuper eisdem attestationibus, 
privilegiis et litteris ac racionibus diligenter inspectis, quiainventum 
fuit dictos abbatem et conventum suam super premissis suffîcienter 
intentionem probasse, per judicium curie nostre pronunciatum fuit 
privilégia et cartas dictorum abbatis et conventus sibi debere lencri 
a domino Gastri Radulphi qui pro tempore fuerit, quantum ad pre- 
missos articulos, prout continetur in illis, salvo tamen quod, quan- 
tum ad homines Gastri Radulphi, predictus articulus de sequela rema- 
neat in suspenso; qui quoad ipsum articulum audiantur, si sua 
crediderint interesse. Et insuper pronunciatum fuit per idem judi- 
cium quod abbas et conventus predicti furno et stallis ad vendendum 
carnes in burgo de Sancto Dyonisio, sicut utebantur in burgo de 
Menilio, uti poterant et debebant, sine contradictione domin i Gastri 



460 

Radulphi, salvo jure cujuslibet allerius; el quod ipsi ccnsivas suas 
vendilas pro venditionis precio poleranl rctinere absque dicti domini 
contradictione, cujuslibet alterius jure salvo, ac eciam quod in burgo 
Dolensi panni cujuscumquc coloris publice, vendi poleranl et aperte; 
necnon quod mercalorcsquicumque ibidem quibuscumque lemporibus 
hospitari poleranl cum suis quibuslibet mercaluris. In cujus rei, etc. 
Aetum Parisius, anno domini M" CC° LXX° quinto, mense decembri. 

II. 

Philippus, Dei gracia, Francorum rex, notum facimus univer- 
sis quod cum conlenlio verleretur inler priorem et fratres domus 
Hospitalis Jhcrusalem in Francia, ex una parle, el Johannem Bri- 
taudi, militem, dominum Nangiaci, ex altéra, super eo videlicet 
quod ipsi Hospilalarii seu eoriim mandalum inhumavcranl apud 
Monlcm Dei, in lerra ipsorum, unam feminam pro deliclo ab ipsa 
perpelrato, furcas levaverant, justiciaminibi exercendo, procuratore 
dicti militis in presencia' existenle el premissa vidcnte. Poslmo- 
dum idem miles contra justiciam spoliavit eosdem, illam inhuma- 
tam amovendo, asportando furcas predictas et eas diruendo ; quare 
petebant ad suam prediclam possessionem reslilui, cum per predic- 
tum militem predicta possessione fuerinl indebite spoliati, maxime 
cum fuissent in possessione de premissis per spacium trium men- 
sium et amplius-, dicto milite in contrarium respondente et asserente 
quod feminam amoverat de terra eorum predicta et furcas diruerat, 
sed utendo jure suo premissa fecerat, non ipsos spoliando, quia an te 
illud faclum eratet fuerat in possessione vel quasi, tam ipscquam ejus 
antecessores, faciendi et exercendi omnimodam jurisdiclionem in locis 
omnibus circumquaque adjacenlibus terre eorum, et que sunl ejusdem 
condicionis cujus est terra Hospitalariorum, videlicet in terris mili- 
tum et aliorum que ipsorum Hospitalariorum terre junguntur, et est 
in possessione vel quasi exercendi diclam justiciam in territoriis adja- 
cenlibus quando casus se oblulil, el premissa fecil suam possessionem 
vel quasi continuando, non eos spoliando, preserlim quia Hospila- 
larii fecerunl illud de quo sibi vindicant possessionem clandestine in 
absencia dicti mililis, ulpole dicto milite agenle in exlraneis partibus 
el remotis ; proponente etiam ad sui defensionem quod villa Monlis 
Dei, de cujus justicia movelur contentio inler parles, est infra fines 
jurisdictionis seu castellanie Nangiaci; item quod villa Monlis Dei 
est in lerritorio Nangiaci; item quod omnls justicia alla et bassa de 

32 



470 

jure communi ad diclum militem infra fines predicte castellanie per- 
tinebat; item quod ipse et ejus anlecessores sunt et fuerunt in pos- 
scssione vel quasi lalliandi, bonandi, limitandi cheminos seu vias 
publicas seu itinera publica et omnimodam justiciam in dicto loco 
et locis circumquaque adjacentibus exercendi per lantum teraporis 
quod eidem plénum jus, et in possessionc et in proprietate, extitit 
acquisitum. Dictis priore et fratribus seu ipsorum procuratore in 
contrarium asserentilius : videlicet quod terra et villa Montis Dei est 
in castellania de Meleduno et quod usi sunt in villa et territorio de 
Monte Dei omni justicia usque nunc et temporibus retroaetis et sunt 
et erant in possessione vel quasi omnem justiciam inibi exercendi-, 
visa inquesta de mandato curie nostre super premissis facta et audi- 
lis bine inde propositis, judicatum est quod omnimoda justicia in villa 
et territorio de Monte Dei dicto militi remanebit. — Geterum, cum 
inter dictos priorem et fratres, ex una parte, et dictum Johannem Bri- 
taudi, militem, et Johannem de Castello, armigerum, ex altéra, alla 
questio verteretur super eo videlicet quod dicti miles et armiger pro- 
ponebant quod villa de Gruce in Bria est infra fines jurisdictionis seu 
castellanie Nangiaci predicte, et infra pedagium castellanie ejusdem, 
et quod omnia justicia alta et bassa infra fines et pedagium dicte cas- 
tellanie ad ipsos pertinet pleno jure j insuper eciam quod sunt in pos- 
sessione vel quasi levandi pedagium, limitandi, talliandi, bonandi 
cheminos, vias publicas seu eciam itinera publica seu metas ponendi 
juxta itinera publica in villa de Gruce predicta et in territorio et locis 
circumquaque adjacentibus, et faciendi et exhibendi justicie comple- 
mentum hominibus seu hospitibus Hospitalariorum predictorum in 
villa de Gruce commorantibus conquerentibus de Hospitalariis supra- 
dictis, et habendi resortum de curia eorumdem ; item et in dicta villa 
et territorio omnimodam justiciam exercendi a tempore cuji^smemo- 
ria non existit, necnon eciam ponendi bannum in dicta villa super 
homines et hospites Hospitalariorum in villa predicta et territorio 
commorantes ad plessandas, sublevandas et inforciandas haias de 
Bria, que vulgo dicuntur fortalicium castri Nangiaci superius nomi- 
nati, singulis die])U5 dominicis a Nativitate Domini usque ad festum 
Resurrectionis dominice proximo subsequentis; premissa omnia et 
et singula quod predictis militi et armigero debeantur in villa et ter- 
ritorio predictis, fama publica referente. Priore et fratribus supradic- 
tis seu ipsorum procuratore contrarium asserentibus et ad sui defen- 
sionem proponentlbus quod villa predicta de Gruce in Bria ad diclos 
priorem et fratres pertinet pleno jure, exceptis quibusdam hominibus 



seu hospilibus quos dicti miles et armiger in ipsa villa habere 
dicunlur, necnon eciam quod in ipsa villa el territorio habent omni- 
modam jusliciam altam el bassam et sunL et fuerunt dicti prior et fra- 
tres in possessione vel quasi in dictis villa et territorio omnimodam 
justiciam exercendi a tanto tempore quod eisdem sufficitadprcscrip- 
tionera legilimam, exceptis hominibus et hospilibus supradiclis; item 
quod dicta villa de Gruce est in castellania Meledunensi et infra fines 
castellanie predicle. Visa inquesta de mandalo curie noslre super hiis 
facta, judicaluni est quod alla justicia el resorlum in dictis villa et 
territorio dictis milili et armigero remanebit; item jus levandi peda- 
gium, limitandi, lalliandi, bonandi vias seu itinera publica in villa et 
territorio predictis, necnon faciendi et exhibendi justicie complemen- 
tum hominibus seu hospilibus Hospitalariorum in villa de Cruce et 
territorio commorantibus, conquerenlibus de iïospitalariis supradic- 
lis, et habendi resorlum de curia eorumdem, necnon eciam ponendi 
bannum in dicta villa super homines et hospites Hospitalariorum 
predictorum ad plessandas et inforciandas et sublevandas haias supra- 
diclas, tempore superius determinalo, dictis militi et armigero rema- 
nebit. Justicia vero lalronis et homicidii et bassa sive parva justicia 
inferius dictis Hospilalariis remanebit in omnibus casibus, illis tamen 
exceptis qui dictis milili et armigero rémanent, prout superius est 
expressum. In cujus rei testimonium, presentibus litteris nostrum 
fecimua appoyii dgillum. Actum Parisius, anno domini i/*» CO LXX" 
quinto, mcnse Julio. 

Gh.-V. Langlois. 



Aux nouveaux matériaux dont M. Langlois vient de révéler 
l'existence pour la restitution définitive du registre de Nicolas de 
Chartres, je demande la permission de joindre plusieurs pièces 
qui pourront servir au même travail et qui, je crois, n'avaient 
pas encore été signalées. Ces pièces, au nombre de six, sont con- 
servées aux Archives du département de l'Aisne, dans le grand 
cartulaire de l'évêché de Laon. 

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler ici que la Bibliothèque 
de V Ecole des chartes a publié en 1873 (t. XXXIV, p. 659) 
le texte d'un jugement du parlement de la Toussaint 1288, qui 
règle les droits du chapitre de Laon sur les hommes de Brissy et 



472 

sur ceux de Braye-en-Laonnois, jugement qui était représenté 
par une note très sommaire dans l'Essai de restitution du 
registre de Nicolas de Chartres (article 706). 

L. D. 

V. 

Philippus, Dei gratia Francorum rex, universis présentes litteras 
inspecturis, salutem. Notum facimus quod, conquerentibus coram 
nobis custodibus regalium Laudunensium de Ingerranno domino 
Cociaci, super hoc quod gentes ipsius graviter vulneraverunt et 
ceperunt in terra episcopatus Laudunensis, in qua episcopus Lau- 
dunensis habet omnimodam justiciam, Johannem dictum Tartarim, 
hominem de corpore episcopatus Laudunensis et in terra episcopatus 
manentem, et in prisionem dicti domini duxerunt, quem hominem 
dictus dominus reddere vel recredere noluit, nec locum in quo captus 
fuerat resaisire, licet super hoc fuisset a dictis custodibus et a ser- 
vienlibus Laudunensibus sufficienter requisitus, nec etiam dictum 
vulneratum eisdem ostendere ; immo eum tam diu tenuit in prisione 
sua quod post requisitionem predictam expiravit ibidem; dictus 
dominus, propter hoc coram nobis adjournatus et constitutus, nichil 
de predictis contra ipsum propositis negavit, sed ad defensionem 
suam proposuit quod in loco in quo captus fuerat homo predictus, et 
de quo facta fuerat ostensio coram balhvo nostro Viromandensi, 
habet garennam suam, et erat et est in possessione capiendi et arres- 
tandi ratione garenne sue ibidem; dictis custodibus negantibus 
supradicta, et dicentibus quod omnes, et maxime homines apud 
Versigniacum manentes, possunt et consueverunt ibidem pro volun- 
tate sua venari; facta itaque de mandato nostro super predictis 
inquisitione, et productis ab utraque parte testibus et diligenter exa- 
minatis, et eadem inquisitione diligenter inspecta et examinata, non 
fuit inventum dictum dominum causam rationabilem habuisse 
capiendi seu detinendi hominem supradictum, nec ipsum habere 
garennam in loco predicto, videhcet extra boscum, aut esse in pos- 
sessione capiendi seu arrestandi ibidem ratione garenne sue, dic- 
losque custodes inlentionem suam suflicienter et légitime probavisse. 

1. Ce jugement, rendu au parlement de l'Epiphanie 1278 (n. st.), est indiqué 
sous le n» 311 dans VEssai de restitution. 11 est dans le grand cartulaire de 
l'évêché de Laon, pièce 11. 



473 

Conquerentibus insuper diclis custodibus de domino supradicto, super 
hoc quod ipse seu servientes sui ceperant quendam servientcm nos- 
Irum, a dictis custodibus deputalum ad exercendam jusUtiam in 
quodam loco apud Yersigniacum, in quo loco dicei^anl dicti custodes 
quod episcopus Guillelmus et prcdecessores sui exercuerant omnirao- 
dum justiciam, et erant in possessione justicie tempore quo vivebant-, 
dictus vero dominus locum predictum Allodium appellabat\ et ad 
se diccbat justiciam dicti loci pcrtinere; nos super predictis fecimus 
diligenter inquiri; facta itaque inquisitione, et productis testibus et 
diligenter examinatis, inspeclaque inquisitione predicta et diligenter 
examinata, inventum fuit custodes predictos intentioncm suamlegit- 
lime probavisse, nec fuit inventum aliquod probatum pro parte 
domini de Cociaco, quare in loco predicto aliquam justiciam debeat 
obtinere. In cujus rci testimonium, presentibus litteris nostrum 
fecimus apponi sigillum. Actum Parisius, anno Domini M" CG° septua- 
gesimo septimo, mense martio. 

II 2. 

Philippus, Dei gratia Francorum rex, universis présentes litteras 
inspecturis, salutem. Notum facimus quod, [cum] discordia vertere- 
tur inter dilectum et fidelem nostrum episcopum Laudunensem, ex 
una parte, et dominum Cociaci, ex altéra, super eo quod dominus 
Gociaci dicebat se esse in saisina faciendi recredentiam per manum 
suam de prisiis factis per gentes suas nomine suo in suis forestis et 
in suis nemoribus supra gentes episcopi Laudunensis ; dicto epîscopo 
hoc negante, et affirmante se esse in saisina habcndi dictam recre- 
dentiam per manum nostram; visa inqucsta super hoc facta, et 
auditis rationibus hinc et inde, pronunciatum fuit per curie nostre 
judicium dictum episcopum remanere debere in saisina habendi et 
capiendi dictam recredentiam per manum nostram. In cujus rei tes- 
timonium , presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. 
Actum Parisius, anno Domini M* GG" octogesimo primo, mense 
januario. 



1. Le carlulaire porte appellebat. 

2. Jugement du parlement des Octaves de la Saint-Martin 1281, tiré du grand 
cartulaire de l'évèctié de Laon, pièce 27 A. Mentionné dans VEssai de restitu- 
tion sous le n" 464. 



474 

iir. 

Philippus, Dei gratia Prancorum rex, universis présentes litteras 
inspecturis, salutem. Notum facimus quod, cum in nostra curia 
contentio verlcretur inter dilectum et fidelem nostrum episcopum 
Laudunensera, ex una parte, et majorem et juratos de Brueriis, ex 
altéra, super eo quod dictus episcopus dicebat se esse in saisina 
quod, quando homines ipsius episcopi capti erant apud Bruerias ad 
presentem melleiam, remittebantur sibi, et habebat de ipsis cogni- 
tionera et judicium, quare petebat dictus episcopus quod quidam qui 
erant homines sui capti ad presentem melleiam apud Bruerias sibi 
redderentur, ut haberet cognitionem et judicium de eisdem-, majore 
etjuratis de Brueriis contrarium asserentibus, et dicentibus quod 
très homines qui capti fuerant ad presentem melleiam apud Bruerias 
forisfactum coram^ ipsis majore et juratis sponte et sine aliqua 
coactione emendaverant, et quod dicti major et jurati emendam taxa- 
verant, ut dicebant; asserebant etiam dicti major et jurati se esse in 
saisina quod, quando aliquis extraneus captus est ad presentem 
melleiam in villa de Brueriis, ipsi habent cognitionem et judicium, 
cujuscumque loci vel dominii sit, et hoc dicebant se habere per 
punctum carte eis date de consensu episcopi Laudunensis ; tandem , 
super premissis facta inquesta et diligenler visa, visis etiam et 
intellectis rationibus utriusque partis, quia probatum inventum fuit 
dictum episcopum esse in saisina quod, quando homines sui de cor- 
pore capti sunt apud Bruerias ad presentem melleiam, remittuntur 
sibi, et habet de ipsis cognitionem et judicium; pronunciatum fuit 
per curie nostre judicium dictum episcopum in saisina hujusmodi 
remanere debere, questione proprietatis reservata. In cujus rei testi- 
monium,presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. Actum 
Parisius, anno Doraini M" GG° octogesimo secundo, mense raartio. 

Philippus, Dei gratia Francorum rex, universis présentes litteras 

1. Jugement du parlemenl de la Saint-Martin 1282 ; copié dans le grand car- 
tulaire de l'évêché de Laon, sous le n" 53. Il répond au n" 482 de l'Essai de 
restitution. 

2. Le cartulaire porte contra. 

3. Jugement du parlement de la Saint-Martin 1282, mentionné sous le n* 483 
de y Essai de restitution. Grand cartulaire de l'évêché de Laon, pièce 13. 



475 

inspecturis, salutem. Notum facimus quod, cum in nostra curiacon- 
tentio vertcretur inler dilcclum et fidelcm nostrum episcopum Laudu- 
nensem, ex una parle, cL majorera et juratos do Brueriis, ex altéra, 
super eo quod dictus episcopus dicebat contra cos et probare inten- 
debat quod bomines episcopalus sunt et fuerunt in saisina transeundi 
quitte et libère per calceyas de Brueriis et de Vorges sine solvere 
calceiam, et quod, si aliquis cepit propter hoc gagia eorum, reddita 
fuerunt et liberala absque aliquo solvcndo, diclis majore et juralis 
contrarium asserentibus, et dicentibus quod ipsi usi sunt et explecla- 
verunt et sunt in saisina de longo tempore capiendi et capi faciendi 
calceiam apud Rruerias et apud Vorges ab hominibus episcopatus, 
utendo saisina sua et conlinuando eandem-, tandem, super hiis facta 
inquesta et visa, visis etiam rationibus utriusquc partis, pronuncia- 
tum fuit per curie nostrc judicium bomines de corpore episcopatus 
Laudunensis in saisina transeundi quitte et libère per calcoias de 
Brueriis et de Vorges et absque solvcndo calceiam remanere debere, 
salva questione proprietatis. In cujus rei testimonium, presentibus 
litteris nostrum fecimus apponi sigillum, Actum Parisius, anno 
Domini M^ GG" octogesimo secundo, mense martio. 



Philippus, Dei gratia Francorum rex, univcrsis présentes litteras 
inspecturis, salutem. Notum facimus quod, cum dilectus et fidelis 
noster episcopus Laudunensis nobis conqueslus fuissel quod major et 
jurati Laudunenses irapediebant minus juste quominus servientes 
dieti episcopi custodes nemorura et garennarum suarum per villam 
et pacem Lauduni déferre possent enses suos cinctos ad latera vel 
pendentes ad coilum sive ad humeros, et arcus suos distentos et 
sagittas suas sicut vellent ; auditis super hoc partibus, esgardatum 
fuit per nostram curiam dictos majorera et juratos ab impedimentis 
premissis cessare debere, et eisdera custodibus seu servientibus 
licere, ut dictura est, premissa déferre. In cujus rei testimonium, 
presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. Actum Pari- 
sius, mense raartii; anno Domini M" GG° octogesimo secundo. 

1. Jugement de la même session que les deux précédents. — Copié dans le 
grand cartulaire de l'évêché de Laon, pièce 14. 



476 



vr. 

Universis présentes litteras inspecluris, Th. miseralione divina 
ecclesie Dolensis minister humilis, Malheus eadem miscratione 
ecclesie Beati Dyonisii in Francia abbas humilis, et Symon de Claro- 
monte, dominas Nigelle, salutem. Notum facimus quod, cum in curia 
domini régis contentio verteretur inter dilectum et fidelem domini 
régis episcopum Laudunensem, ex una parle, majorem et juratos 
Laudunenses, ex altéra, super pluribus artieuhs et diversis, auditis 
rationibus hinc et inde,'per curiam domini régis extitit ordinatum de 
eisdem in forma que sequitur. In primis cum dictus episcopus asse- 
reret se habere Lauduni servientem pro justicia thelonei et roagii 
exercenda, dictis civibus dicentibus et asserentibus dictam justiciam 
per dictum servientem absque scabinis exerceri non posse, ordinatum 
fuit quod dictus serviens dictam justiciam thelonei et roagii et non 
alius exercebit et habebit. Item cum dictus episcopus assereret quod 
deputaverat et poterat deputare servientes suos Lauduni ad inspicien- 
dum carnes, pisces et vina, et videndum utrum essent corrupta vel 
non, ordinatum fuit quod dictus episcopus potest deputare servientes 
suos qui auctoritate domini episcopi polerunt carnes, pisces et vina 
inspicere, cognoscere et judicare, et effundere vina si ea viderint 
esse corrupta, et bannire pisces et carnes si eisdem videatur quod 
sint bannienda ; et major et jurati poterunt idem facere in sua jus- 
ticia extra justiciam dicti episcopi. Super articulo de cambiis, quo- 
rum jurisdictio ad episcopum pertinet, fuit ordinatum quod dicta 
cambia reponantur in statu antiquo in quo fuerunt, ita tamen quod 
ibi poterit bene vendi si sint plura cambia quam sit neccesse ; quod si 
supcrvenerint campsores, liberabuntureis cambia. Prohibebitur etiam 
propter fraudem evitandam ne Lauduni quis cambiat alibi quam in 
cambiis antedictis. Item cum episcopus conquereretur quod dicti 
cives habebant sexdecim servientes armatos expletantes in ducatu 
et comitatu suo infra terminos pacis Lauduni, ordinatum fuit quod 
[dicti cives] habere poterunt messores et custodes vi[nearum] ultra 
numerum consuetum ah antiquo, nec poterunt messores et custodes 
aliud officium exercere quam illud quod pertinet ad custodiam vinea- 

1. Jugement du parlement des octaves de la Pentecôte 1283. Grand cartu- 
laire de l'évôclié de Laon, pièce 5. A rapprocher de l'arrêt qui est dans les 
Olim, t. III, p. 221. 



477 

rum et segetum infra tcrminos pacis. Item cum dicliis episcopus 
assereret Odonem de ('ouillefeu, eaplum per sL'rvienles suos in jus- 
licia sua, rescassum fuisse per majorem Laudunensem et faulorcs 
suos, ordinalum fuil quod diclus major diclam rescussam emendahit 
et eraendavil, et cpiscopum predictum resalsiel de Odone anlediclo. 
Item cum dictus episcopus assereret quemdam canonicum Sancte 
Genovefc in justicia sua fuisse verberatum per quosdam malefac- 
tores, et quemdam de malefactoribus captum fuisse per suos ser- 
vientes, scilicet Pietinum, et eundem fuisse rescussum per plures de 
pace Lauduni; visa intjuesta super hoc facta, exlitit ordinatum quod 
Sûibertus de Ghanni capialur, et corpus ejus leneatur carccri man- 
cipatum quousque emendaverit episcopo rescussam antedictam et 
resaisavcrit eumdem, et pro dicta rescussa oplime punietur, et Pie- 
tinus tonebitur quousque injuriam emendaverit tam episcopo quam 
canonico antedicto. Item ordinatum fuit quod homines episcopi Lau- 
duncnsis gaudebunt franchesiis et libertalibus sibi adjudicatis, crcan- 
tum faciendo vel fidcm prestando quod sint bomincs de couditione 
tantum. Item ordinatum fuit quod dicti major et jurali de bomine 
capto pro cunicubs, rescusso tam per bomincs Laudunenses quam 
per bomincs de Vallibus, cujus rescussam emcndaverunt episcopo 
memorato, resaisiant eumdem. Item de latronc cujus auriculam 
absciderunt in bala ubi pisces venduntur, pro quo emendam fccerunt 
episcopo memorato, resaisiant locum. Item predicle cmende facte 
fuerunt per dictos majorem et juratos, cum quibusdam aUis emendis 
factis eidem; taxate fuerunt per curiam domini régis ad quingentas 
libras luronensium, episcopo memorato a predictis majore et juratis 
persolvendas. Emenda etiam llaimmardi de Remis, servientis domini 
régis, qui dictum cpiscopum et gentes suas cuslodicbat de prcceplo 
domini régis speciali, pro injuria sibi illata, taxata fuit usque ad 
quinquaginla bbras turonensium, eidem a predictis majore et juralis 
persolvendas. In cujus rei testimonium, presentibus liLtcris nostra 
feciraus apponi siglUa. Actum Parisius, anno Domini M» GG" octua- 
gesimo tercio, mense auguslo. 



ETUDE SUR LA DATE 



DE 



L'EGLISE DE SAINT-GERMER 



Si l'âge de la plupart des grandes cathédrales françaises ne fait 
plus aujourd'hui l'objet d'aucune controv^erse, grâce à la décou- 
verte de documents qui déterminent avec précision l'époque où 
elles furent construites, il n'en est malheureusement pas de même 
d'un grand nombre d'églises abbatiales delà France, dont la date 
ne peut être fixée que d'une manière approximative d'après les 
caractères généraux de leur architecture. Parmi les édifices reli- 
gieux de cette dernière catégorie, il en est un sur lequel les 
archéologues ont émis bien des opinions contradictoires, c'est 
l'église de Saint-Germer S qui a été attribuée tantôt au xi% tantôt 
au xii^ siècle. Il nous a paru intéressant de reprendre la question 
de la date de ce monument, après avoir eu l'occasion de visiter 
un grand nombre d'églises rurales du Vexin, du Beauvaisis, du 
Soissonnais et duLaonnais antérieures au xiif siècle. Mais, avant 
de développer les raisons qui servent de base à notre opinion, il 
convient d'exposer d'abord les conclusions des études dont l'église 
de Saint-Germer a déjà été l'objet. 

C'est en 1841 que l'édifice fut attribué pour la première fois 
au xf siècle par M. Graves, dans son Précis statistique sur le 
canton du Coudray-Saint-Germer-. « Cette église, dit-il, est 
intéressante comme monument historique par la brièveté du 
chœur comparé à la nef, disposition exceptionnelle dans les cons- 
tructions du xf siècle Elle a été commencée vers 1030: le 

chœur paraît avoir précédé la nef et celle-ci a dû précéder l'an- 

1. Oise, arr. de Beauvais, cant. du Coudray-Saint-Germer. 

2. Annuaire de l'Oise, 1841, 2« partie, p. 76. 



^79 

cienne façade, à en juger par les quatre piliers qui ont survécu à 
la dévastation de 1400. » Quinze ans plus tard, en 1856, le même 
auteur n'avait pas changé d'avis, car on rencontre la phrase 
suivante dans un autre de ses ouvrages : « L'éghse de Saint- 
Germer, qui date de la première moitié du xi" siècle, a la lour- 
deur et les ogives disgracieuses des constructions normandes du 
même temps ^ » M. l'abbé Corblet adopta en 1842 l'opinion 
émise par M. Graves et s'exprime à ce sujet de la manière suivante : 
« Drogon, 41" évêque de Beauvais, grand bâtisseur de moû- 
tiers, fit réédifier l'abbaye et y établit des bénédictins de la con- 
grégation de Saint-Maur. Ce fut par ses ordres que fut érigée, 
l'an 1036, l'éghse abbatiale que nous devons décrire ^ » En 
1873, le même auteur a maintenu son assertion quand il fait 
observer qu' « en Picardie on voit plusieurs monuments du 
xf siècle où apparaît déjà l'arcade ogivale, et que le plus remar- 
quable est l'église de Saint-Germer de Flay (Oise), qui date de 
l'an 1036 ^. » Dans le cours de l'année 1847, deux autres archéo- 
logues furent également du même avis. M. l'abbé Cochet ^ pense 
<.< que Saint-Germer date de 1036 » et M. l'abbé Bourgeois admet 
que « l'église de Saint-Germer a été bâtie dans la première moitié 
du xf siècle sur un plan invariable et bien conçue » M. Eugène 
Woillez a été moins affirmatif en 1849 : « Il est évident, dit-il, 
que le chœur et les transepts ont été construits avant la nef. 
C'étaient sans doute les parties édifiées du temps de l'historien 
Guibert, vivant comme on sait à la fin du xi" et dans la première 
partie du xri' siècle. » Et plus loin : « Il faut reconnaître que le 
plan de l'édifice, et surtout celui de sa partie orientale, peuvent 
bien dater de 1060, mais qu'il faut laisser indécises les dates de 
l'édification et de l'ornementation du reste de l'œuvre entre cette 
époque précisée par l'histoire et la seconde moitié du xif siècle ''. » 

1. Notice archéologique sur le département de l'Oise. Beauvais, 185G, in-8% 
p. 359. 

2. Description historique de l'église et de la chapelle de Saint-Germer de 
Flay, article inséré dans les Mémoires de la Société des antiquaires de Picar- 
die, 1" série, t. V, 1842, p. 179. 

3. Manuel élémentaire d'archéologie nationale, 1' éd. Paris, 1873, in-8°, 
p. 192. 

4. De Vogive et du plein cintre. Cf. Bulletin monumental, t. XIII, 18i7, 
p. 390. 

5. Bulletin monumental, t. XIII, 1847, p. Gl. 

6. Archéologie des monuments religieux de l'ancien Beauvaisis pendant la 



480 

En 1862, M. Daniel Ramée et M. Emmanuel Woillez ont fait des 
remarques analogues ; le premier auteur est d'avis que l'église 
de Saint-Gerraer, « commencée à la fin du xf siècle, n'a été ter- 
minée qu'au xii^ S » et le second s'est borné à faire remarquer 
que « cet édifice du xi° au xif siècle présente des particularités 
architectoniques remarquables ^ » Enfin, il y a quelques années, 
en 1879, M. Edouard Fleury, qui a toujours été porté à reculer 
la date des monuments dont il a parlé, même accidentellement, 
dans son ouvrage, admet que « le style dit de transition, c'est-à- 
dire le mariage du vieux plein cintre et de la jeune ogive, ne date 
pas du xif siècle, mais du xf, puisqu'il se manifeste dans l'église 
de Saint-Germer de l'Oise, bâtie en 1036 ^. » 

Malgré des affirmations aussi catégoriques, nous avons eu la 
curiosité de rechercher le texte sur lequel s'appuyait l'opinion de 
ces divers auteurs. Il était facile de reconnaître à première vue 
que ce n'était pas un document bien précis, puisque M. Graves 
fixait la date de la construction de l'église à l'année 1030, 
M. l'abbé Corblet à l'année 1036 et M. Woillez à l'année 1060. 
En effet, voici le fait historique invoqué par ces trois archéo- 
logues. Dans le cours de l'année 906, l'abbaye de Saint-Germer de 
Flay avait été ruinée de fond en comble par les Normands, et elle 
était encore complètement abandonnée plus d'un siècle après ce 
désastre quand Drogon , évêque de Beauvais , entreprit de la restau- 
rer en y installant des religieux de l 'ordre de Saint-Benoît * . Or Dro- 
gon, qui n'est mentionné dans aucune charte avant l'année 1035, 
mourut vers 1058. Ces deux dates ne sont pas très précises, mais 
on sait d'une manière positive que le prédécesseur de Drogon, 
Garin, cessa de vivre le 6 novembre 1030, et que son successeur 
Guilbert était évêque de Beauvais en 1059, puisqu'il est men- 
tionné dans une lettre écrite à cette époque par le pape Nicolas II 

métamorphose romane. Paris, 1839-1849, in-folio. Monographie de Saint-Ger- 
mer, p. 18. 

1. Histoire générale de l'architecture. Paris, 1862, in-8°, t. II, p. 870. 

2. Répertoire archéologique du département de l'Oise, colonne 44. En 1842, 
M. Emmanuel "W'oillez, dans ses Études archéologiques sur les monuments 
religieux de la Picardie, n'avait pas hésité ;\ attribuer l'église de Saint-Germer 
au XI' siècle. Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, 1" série, 
t. VI, p. 238. 

3. Antiquités et monuments du département de l'Aisne. Paris, 1877-1882, 
4 vol. in-folio. T. III, p. 116. 

4. Gallia christiana, t. IX, col. 787. 



484 

à l'archevêque de Reiras*. On peut donc considérer les années 
1030 et 1059 comme les limites extrêmes de l'épiscopat de Dro- 
gon. Nous ne saurions expliquer pourquoi M. Graves a choisi la 
première de ces dates et M. Woillez la seconde, à une année près, 
pour fixer l'époque de la construction de l'église de Saint-Ger- 
mer. Cependant nous ne serions pas étonné que M. Graves se 
soit laissé entraîner par le désir d'attribuer une très grande anti- 
quité à l'édifice, de même qu'il avait pris pour une œuvre du 
viii^ siècle la curieuse façade de l'église de Trie-Château (Oise), 
qui porte l'empreinte du style en usage dans la première moitié 
du \if siècle ^ M. Woillez, beaucoup plus prudent dans ses con- 
clusions, n'osa pas rejeter la tradition qui considère l'église 
actuelle comme l'œuvre de Drogon, mais il s'efforça du moins de 
reculer la date du monument jusqu'à la dernière année de la vie 
de l'évêque, car il s'est parfaitement rendu compte des objections 
qui pouvaient être opposées à sa doctrine. Quant à l'opinion de 
M. l'abbé Corblet, elle s'appuie sur le passage suivant du G allia 
christiana^ : Monasterium Flaviacum à Rollone anno 906 
usque ad solum destruitur, religiosisque defunctis et pro- 
fugis desertuiii et incolis vacuum centum et trigenta annis 
mansit, dmn pacatis regni dissidiis Broco episcopus, ut 
Nicolai mentem assequeretur , de restituendo Flaviaco 
sedulo cogitavit quod S. Geremari nuncupari voluit. 
Cette phrase fixe bien la date du rétablissement de l'abbaye à 
l'année 1036, mais on remarquera qu'elle ne renferme aucune 
mention de l'église, et, quand même on y trouverait en propres 
termes que Drogon fit reconstruire l'église et les bâtiments monas- 
tiques, il resterait encore à prouver le point le plus important, à 
savoir que l'édifice bâti en 1036 est bien celui qui s'élève actuel- 
lement au centre du village de Saint-Germer. Le raisonnement 
de M. l'abbé Corblet peut se résumer ainsi. Le Gallia chris- 
tiana nous apprend que Drogon installa des religieux à Saint- 
Germer en 1036; or il est probable que les moines s'empressèrent 
de rebâtir l'abbaye et l'église aussitôt après leur arrivée; d'un 
autre côté, les chroniques ne mentionnent aucune construction 



1. Gallia christiana, t. IX, col. 708. 

2. Précis statistique du canton de Chaumont-en-Vexin, notice insérée dans 
XAnnuaire de l'Oise, année 1827, \>. 310. 

3. T. IX, col. 787. 



482 

d'église à Saint-Germer pendant le moyen âge; donc le monu- 
ment actuel est contemporain du rétablissement de l'abbaye. Un 
semblable système peut conduire très loin; appliquons-le par 
exemple à une église voisine de Saint-Germer, celle de Saint- 
Etienne de Beauvais. Le Gallia christiana rapporte qu'en 997 
l'évêque Hervé jeta les fondements de l'église de Saint-Etienne ^ 
or les historiens gardent le silence sur les travaux exécutés pos- 
térieurement à cette date, donc l'édifice remonte à l'année 997. 
On se trouverait amené de cette manière à faire remonter au 
x^ siècle une église dont les parties les plus anciennes, suivant 
l'opinion de tous les archéologues ^ et de M. l'abbé Corblet lui- 
même ^ ne sont pas antérieures au premier quart du xii* siècle. 
Il nous paraît bon de rappeler à ce sujet le conseil que Jules Qui- 
cherat donnait à ses lecteurs en terminant l'article où il établis- 
sait d'une façon si judicieuse l'âge de la cathédrale de Laon. 
« Puisse le nouvel exemple que nous venons de produire rendre 
les archéologues plus circonspects lorsqu'ils font l'application des 
témoignages écrits aux monuments^. » 

S'il est impossible de prouver qu'on construisit dès l'année 
1036 une grande église à Saint-Germer, on est du moins certain de 
l'existence d'un édifice religieux dans l'enceinte de l'abbaye à la 
fin du xi° siècle. Le témoignage de Guibert de Nogent ne permet 
pas d'élever le moindre doute à cet égard. Cet historien de la 
première croisade, auteur des Gesia Dei per Francos, né en 
1053 à Clermont-en-Beauvaisis et mort en 1124, fut moine à 
Saint-Germer dès l'âge de onze ans, en 1064. Il y reçut les leçons 
de saint Anselme et séjourna dans l'abbaye jusqu'au jour où il 
fut nommé abbé du monastère de Nogent-sous-Coucy, en 1104^. 
Dans le premier livre de l'ouvrage, qui