(logo)
(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections

Search: Advanced Search

Anonymous User (login or join us)Upload
See other formats

Full text of "Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome"

Univ. or 
Toronto 



wm 

MM 



BIBLIOTHÈQUE 



i,irî-xa 



FASCICULE VINGT-HUITIEME 

PREMIÈRE SECTION, 

LES ARTS A LA COUR DES PAPES PENDANT LE XV ET LE XVI' SIÈCLE, 
PAR M. Eugène Mûntz. 



TOULOUSE. — IMP. A. CHAUVIN ET FILS , RUE DES SALENQUES , 28. 



D 

5 

Bit 



yv 



LES ARTS 



A LA COUR DES PAPES 

PENDANT LE XV« ET LE XVI^ SIÈCLE 

RECUEIL DE DOCUMENTS INÉDITS 

TIRÉS DES ARCHIVES ET DES BIBLIOTHËQirES ROMAINES 



M. Kugène MÏJlVXZ 

ANCIEN MEMBRE DE L'ÉCOLE FRANÇAISE DE ROME 

CONSERVATEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE, DES ARCHIVES ET DU MUSÉE 

A LÉCOLE NATIONALE DES BEAUX-ARTS 



TROISIÈIHE PARTIE 

SIXTE IV — LÉON X 

• 1471 — 1521 

PREMIÈRE SECTION. 




PARIS 
ERNEST THORIN, ÉDITEUR 

I.IBIUIRE DES ÉCOLES FRANÇAISES D'ATHt;NES ET DE ROML- 

OU COM.ÈOK DE FRANCE ET DE l'ÉCOLE NORMALE SUPh^RlEUKE 

7, aÙE DE MÉOICIS, 7 



1882 



H^fU- 



LES ARTS A LA COUR DES PAPES 

PENDANT LE XV ET LE XVP SIÈCLE 



TROISIEME PARTIE 
SIXTE IV - LÉON X 

(1471 — 1521) 



SIXTE IV 

(9 AOUT 1471 — 13 AOUT 1484) 



NOTICE PRELIMINAIRE 

Ce fut un spectacle nouveau que de voir le chef d'un de ces 
ordres mendiants, si violemment attaqués par les humanistes de 
la première heure, se faire sur le trône pontitical le champion du 
progrès intellectuel, et assurer le triomphe de la Renaissance dans 
la capitale du monde chrétien. Sans se préoccuper du conflit de 
tant d'aspirations en apparence inconciliables, l'ancien général des 
Franciscains , le frère François délia Rovere , devenu le pape 
Sixte IV, mit au service d'une cause si intéressante ses rares 
facultés d'organisateur ; '1 se posa, lui un des plus insignes fau- 
teurs du népotisme , en protecteur désintéressé des littérateurs et 
des artistes, construisit à côté de la chapelle Sistine la bibliothè- 
que du Vatican, imprima à l'Université romaine la plus vive im- 
pulsion, ouvrit le musée d'antiques du Gapitole , et, par ses 
grands travaux d'édilité , fit de Rome la première ville moderne. 

Avant son élévation au pontificat, François délia Rovere n'avait 
certainement rencontré que peu d'occasions de s'occuper de litté- 
rature ou d'art ; le rôle de Mécène était celui pour lequel parais- 
sait le moins désigné ce fils d'un pauvre pêcheur , confiné jusqu'à 
l'âge de cinquante-sept ans dans un couvent, et encore dans quel 

1 



2 SIXTE IV. 

coavent ! chez ces Franciscains qui, loin de prendre exemple sur 
leurs vieux rivaux, les Dominicains, dont les monastères étaient 
de vraies pépinières de savants et d'artistes, allaient prêchant 
partout l'humilité, la pauvreté, la pénitence, le détachement des 
choses de ce monde. Cependant la science du Frère François délia 
Rovere, sa force de dialectique, le firent rapidement remarquer. 
Entendons-nous bien : c'était une science qui n'avait rien de pro- 
fane, et les discussions dans lesquelles le futur pape déployait ses 
talents oratoires ne sortaient à coup sûr pas du domaine de la 
théologie ou de la philosophie scoiastique. Les titres seuls de ses 
écrits autorisent une telle appréciation : l'un traitait De sanguine 
Christi, l'autre De fuluris contingentibus; il écrivit également sur 
la puissance de Dieu, sur la conception de la Vierge, et préparait 
un grand ouvrage sur la concordance de saint Thomas d'Aquin et 
deJeanScot, lorsque la mort de Paul II l'arracha à ses études. Il 
est fort douteux que le moine franciscain ait semé dans ses com- 
positions ces fleurs de rhétorique, ces élégances si chères à ses 
rivaux, les humanistes. En effet, on ne voit pas, dans ses biogra- 
phies, qu'il ait cherché, comme deux autres Franciscains , saint 
Bernardin de Sienne et le béat Albert de Sarteano, à fortifier son 
éloquence par l'étude des modèles classiques, et au besoin à 
demander des leçons à quelque champion de l'antiquité. Il lui 
suffisait de savoir s'exprimer dans un latin clair et facile. Sa 
pratique de cette langue devint si grande qu'il oublia presque 
celle de son pays : nous en avons une preuve dans une lettre 
écrite au duc d'Urbin ; on voit qu'il est forcé de chercher les 
mots italiens , tandis que les phrases latines se pressent en foule 
sous sa plume; rien de plus bizarre que ce mélange de deux 
idiomes unis par des liens si étroits, et cependant si dissem- 
blables (1). 

Vis-à-vis de l'art, il eût été plus difficile encore au frère François 
de se régler sur les brillants prélats qui remplissaient alors la 
cour romaine. Il était si pauvre, quand Paul II le nomma cardi- 
nal, en 1467, qu'il dut recourir à la libéralité de ses collègues 
pour réparer l'habitation contiguè à la basilique de Saint-Pierre- 
ès- Liens , son titre cardinalice (2). 



(1) Fabroni, Laurentii iledicis ifagni/ici Vita, t. II, p. 130. 

(2) « Qui Romam veniens , comiter ab omnibus snsceptus, et quorumdam 
cardinalium benevolontia adjutus (pauper cnim erat), aedes S. Pétri ad Vincula 
rimosas et ruinœ proximas ita restituit, ut ab se et familia percominode incoli 
possent » (Platina-Panvinio, Vitx pontificum). 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. - à 

Aussi, lorsque les suffrages du Sacré Collège portèrent, en 1471 , 
le cardinal de Saint-Pierre-ès-Liens au trône pontifical, le monde 
des savants et des artistes ne fut-il pas sans inquiétude sur le 
sort que le nouveau pape lui réservait. Il y avait longtemps que 
l'Eglise n'avait plus été gouvernée par un régulier : les quatre 
prédécesseurs immédiats de Sixte avaient tous eu des attaches 
mondaines ; deux d'entre eux étaient des humanistes de profes- 
sion, le troisième un jurisconsulte; le quatrième, Paul II, le 
neveu d'un pape et un grand seigneur. Eugène IV était depuis 
plusieurs générations le seul pape qui fût sorti d'un couvent : 
en comparant sa conduite à celle de Sixte , on trouverait peut- 
être chez l'un et l'autre ce penchant à la violence et à l'absolu- 
tisme trop commun aux hommes élevés loin du monde. 

Mais le nouveau pape n'eiU-il pas possédé l'intelligence si vive 
qui le distinguait, il lui eût été difBcile, peut-être impossible, de 
se désintéresser d'une cause pour laquelle les autres souverains 
italiens se passionnaient à un si haut degré , de se soustraire à 
des influences auxquelles l'Europe entière commençait à sacrifier. 
En ce qui concernait les différentes manifestations de l'art , les 
traditions , le cérémonial même de l'Eglise romaine leur accor- 
daient une si large place que Sixte n'eût pu, sans paraître renou- 
veler l'hérésie des iconoclastes, restreindre leurs droits ou amoin- 
drir leur rôle. La tentation était d'ailleurs bien grande pour tous 
ces hommes, arrivés très vieux au pouvoir souverain et privés 
de descendance , de s'occuper eux-mêmes des intérêts de leur 
gloire , de perpétuer leur souvenir par de splendides fondations. 
Pendant le quinzième et le seizième siècle , deux papes seuls ont 
dérogé à ces principes , et encore n'étaient-ce pas des Italiens : 
nous voulons parler de l'Espagnol Galixte III, Borgia, et du Fla- 
mand Adrien VI , le précepteur de Charles-Quint. 

Mais d'autres considérations, d'un ordre plus élevé, devaient in- 
spirer et guider Sixte. Dans la société italienne du quinzième siècle, 
le cuite des choses de l'esprit était à la fois un besoin intime et un 
moyen de domination. C'est à lui que de simples banquiers, tels que 
les Médicis, durent en grande partie leur fortune politique. Venise 
et d'autres villes encore comptaient des citoyens aussi riches qu'eux ; 
mais, faute d'avoir groupé autour d'eux les forces vives de leur 
nation , d'avoir légitimé leur richesse par la distinction de leur 
goût, la supériorité de leurs vues, ils n'ont pas réussi à émerger 
de la foule. D'autre part, que de crimes n'a-t-on pas pardonnes à 
des tyrans exécrables en faveur de la protection accordée à un sa- 
vant illustre, ou de l'édification de quelque monument somptueux ! 



4 SIXTE IV. 

Ce siècle avait l'esprit tourné aux grandes choses ; pour les répu- 
bliques comme pour les princes, la gloire n'était pas un vain mot. 
La vue de la civilisation antique qui, après une éclipse dix fois 
séculaire, brillait d'un nouvel éclat, contribua singulièrement à 
dilater les cœurs, à enflammer les imaginations. Vivre ainsi à 
travers les âges , transmettre son nom aux générations les plus 
reculées, soit par les vers du poète, soit par le ciseau du sta- 
tuaire , quelle tentation pour une époque ouverle à tous les sen- 
timents généreux ! A défaut d'une église ou d'un palais procla- 
mant la magnificence de leur fondateur, tous, jusqu'à d'obscurs 
bourgeois, voulaient du moins laisser un monument funéraire 
propre à rappeler leurs vertus ou leurs richesses. Les plus austè- 
res n'échappaient pas à ces préoccupations mondaines. Il y a bien 
de l'orgueil encore dans l'apparente humilité de ce cardinal, con- 
temporain de Sixte IV, qui déclare que, s'il désire une sépulture 
honorable , c'est par respect pour la dignité dont il est revêtu , 
et nullement par sollicitude pour sa misérable dépouille terrestre; 
qui, tout en protestant de son indignité, compose lui-même son 
épitaphe en beaux hexamètres; qui demande à être enterré à 
Sainl-Pierre , à côté du pape Pie II, etc., etc. (1). Le nombre de 
ceux qui méprisèrent sincèrement ces suggestions de la vanité fut 
bien restreint : sous Sixte IV, l'histoire ne cite guère qu'un nom, 
celui du cardinal Latino Orsini, qui défendit que l'on marquât 
même par une épitaphe l'endroit où il serait enseveli (2). 

(l) « Corpus meum contaminatum flagitiis , licet indignum sit , cui habeatur 
honor, sepulchrique facilis sit sempcr jactura : rationem tanien habens digni- 
tatis , quam deJit Ecclesia , pontificalis quoque officii, per quod plebi honora- 
tissimaî prccfui, sacrse etiam unctionis, qua per invisibilem speciem invisibilis 
est impressus charactcr : tradi oro ecclesiaslicHi sepulturae, atque iis insigni- 
bus adornalmii, qiise consuetudo nostri oïdinis tulit. Sapiant tamen omnia mo- 
destiain fuiieralem, non sœculi pompam. Si Romse, ut opto, morior, condi 
cupio in basylica Apostolorum Principis Potri : post allare beati Gregorii , ad 
dcxtram sepulchri l'ontiDcis Pli, ut qui me cxlulit vivens , mortuus juxta se 
habeat. Condi iliud ipsum humi volo marraore tantuni , non charo, contectum : 
quod paricti ccclesiaD conjunctum habeat caput. In ipso autcm pariete honore 
dofuncti PontiBcis ad mcmoriam meam nil fabricetur. Marmorea tabula ulnis 
tribus a terra extans parieli inseratur, quœ supra sepulchrum parieti insita epi- 
ta|)hium sequcns incisum bonis lilteris habeat : 

» Luca ortu : Scna icgc fuit niihi patria ; nomcn, etc. » 

(Epislolœ ( t cnmnientarit Jacobi Piccolomini Cardinalis Papien$is,^l\\an, 1506 
fol. 336 v»). Le mausolée du cardinal Aminanati oine le cloître de Saint-Au- 
gustin , à Rome. Il est gravé dans les Ch([s-d' œuvre de la xculpture religieuse 
à Home à l'époque de la Ile naissance , par MM. Tosi et Barbier de Montauit. 
Rome, 1870, pi, LXIII. 

(O) îlregorovius, Storin délia ciltà di lionia, t. VU. p. 787. 



À 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 5 

Pour rehausser l'éclat du Triomphe de Renommée, chanté par 
Pétrarque , le quinzième siècle ne se contenta pas de s'adresser à 
la postérité, il voulut remonter aussi haut que possible dan s le passé. 
Plus de famille qui ne cherchât à se rattacher à quoique tribu de 
l'ancienne Rome, plus de ville qui ne se découviît un fondateur 
parmi les héros de l'antiquité. Qu'étaient les poudreux parche- 
mins du moyen âge, quand on pouvait espérer de trouver ses let- 
tres de noblesse tracées sur le marbre en beaux caractères lapi- 
daires? Le souvenir dos grands hommes dégénéra en véritable 
culte. Tout à coup les Florentins , comme s'ils ne comptaient pas 
parmi leurs concitoyens vivants assez de génies impérissables, 
éprouvent le besoin d'élever dans leur cathédrale un monument 
à Giotto, mort depuis cent cinquante ans. Mantoue et Cômc tien- 
nent à honorer par des statues les écrivains qui les ont illustrées 
dans l'antiquité, Virgile, les deux Pline. Padoue montre avec 
orgueil les ossements de Tite-Live , et le roi Alphonse de Naples 
considère comme un honneur sans prix de recevoir , à titre de 
relique, un bras de l'historien. 

Dans son beau livre sur la Renaissance italienne , Jacques 
Burckhardt a montré avec quelle habileté les humanistes exploi- 
tèrent ces aspirations, qu'ils avaient si singulièrement contribué 
à provoquer. Ils s'érigèrent en dispensateurs de la gloire, promi- 
rent une louange éternelle, ou menacèrent d'une flétrissure indé- 
lébile. Pendant plus d'un demi-siècle on vit l'un des plus fameux 
d'entre eux battre monnaie en exploitant la vanité des potentats de 
l'Europe entière, sans qu'une voix s'élevât pour protester contre 
ce trafic honteux. L'impartialité de ce précurseur de l'Arétin — 
nous avons nommé François Philelphe — commode tant d'autres 
de ses confrères, peut être suspectée à bon droit ; mais sa sincérité 
est hors de cause : il croyait naïvement que les noms de ses pro- 
tecteurs passeraient à la postérité avec les vers dans lesquels il 
les avait enchâssés. 

Les artistes, de leur côté , s'efforçaient d'assouvir la soif d'im- 
mortalité dont leurs contemporains étaient possédés; un buste, 
un portrait peint ne suffisaient plus : on imagina d'introduire 
les hommes du quinzième siècle parmi les acteurs des scènes 
de l'histoire biblique ou de l'histoire romaine. Dans la cha- 
pelle du Carminé , les Médicis prirent place parmi les témoins 
des miracles de saint Pierre et de saint Paul , — anachronisme 
bien excusable; — au Campo Santo de Pise, ils servirent de mo- 
dèles pour des figures de patriarches. Tl faut remarquer qu'ici 
encore ce furent les novateurs , c'est-à-dire les champions de la 



6 srxTE IV. 

Renaissance, qui , s'inspirant des traditions antiques, donnèrent 
à leurs héros les traits de leurs contemporains. Les représentants 
des pieuses traditions du moyen âge , les Fra Angelico et les Pé- 
rugin, auraient considéré comme une profanation d'introduire 
des vivants dans les compositions sacrées. L'antiquité pouvait 
mettre d'autres ressources encore au service des courtisans mo- 
dernes : les inscriptions que l'on commençait à rechercher avec 
ardeur fournissaient les modèles les plus parfaits du style lapi- 
daire. D'autre part, l'art du médailleur , retrouvé par le Pisa- 
nello , permit de répandre partout l'image des Mécènes honorés 
de l'amitié d'un artiste. La glyptique et la gravure en monnaies 
firent le reste. Pour rivaliser avec les anciens, les souverains pon- 
tifes n'eurent plus qu'à se faire élever des statues de leur vivant, 
pratique que le moyen âge eût ré[)rouvée comme un acte d'ido- 
lâtrie, et que nous voyous refleurir à partir du règne de Paul II. 

Au moment de l'avènement de Sixte IV, l'empire des novateurs 
était solidement établi dans toute l'Italie. L'opinion publique se 
faisait par eux; ils représentaient le progrès sous toutes ses for- 
mes. Le nouveau pape, à lui seul plus avide de gloire que tous ses 
contemporains , eût-il pu s'aliéner des sympathies si précieuses , 
et remonter le courant! Dès le premier jour son parti fut pris ; il 
résolut de continuer l'oeuvre entreprise par celui de ses prédéces- 
seurs qui, dans les lettres comme dans les arts, personnifiait avec 
le plus d'éclat la Renaissance : Nicolas V fut le modèle qu'il ne 
cessa d'imiter. Attirer auprès de lui les hommes que lui signalait 
la renommée , faire de Rome la capitale littéraire et artistique de 
l'Italie , tel fut le programme auquel il travailla sans relâche : la 
suite de ce travail montrera s'il s'acquitta avec succès d'une mis- 
sion si glorieuse. 

Il est difficile, dans ces études, de distinguer entre le Mécène d'un 
côté, de l'autre, le chef de la chrétienté, le souverain de l'Etat pon- 
tifical. Sixte, — et à cet égard on est tenté de souscrire au juge- 
ment porté sur lui par M. Gregorovius, quile déclare « abominable 
en tant que prêtre,» — était avant tout possédé du besoin de domina- 
tion. Ses passions, longtemps contenues dans le couvent, débor- 
dèrent avec une violence qui effraya l'Europe entière. De mé- 
moire d'homme on n'avait pas vu une volonté aussi énergique, 
éclatant dans les plus petites comme dans les plus grandes cho- 
ses. Incapable de discuter, de négocier, il brise tout ce qui lui 
résiste. L'anathème en matière de religion , la guerre en matière 



NOTICE PRELIMINAIRE. 7 

de politique , tels sont ses seuls arguments. Un de ses contempo- 
rains le peint d'un mot : « ad arma conversus , quibus magis 
quam religioni natus fuerat (1). » Un des chefs de la maison Go- 
lonna, le fameux protonot^ire, tarde-t-il à se rendre à son appel, 
il le fait mettre à la torture et décapiter. Les délia Valle violent- 
ils ses ordres , il fait démolir de fond en comble leurs palais. La 
conjuration des Pazzi prouva qu'il ne reculait même pas devant 
l'assassinat pour triompher de ses adversaires. Et encore si ces 
entreprises avaient eu pour but la consolidation du pouvoir tem- 
porel, comme celles de son neveu Jules II ! Mais il n'avait en vue 
que l'agrandissement de sa famille, et, sacrifiant l'avenir au pré- 
sent , il suscitait d'un cœur léger les plus graves embarras à ceux 
qui prendraient en mains après lui le gouvernail de l'Eglise. On 
oublie trop que s'il s'occupa d'affaiblir l'autorité des barons ro- 
mains, ce fut surtout pour leur substituer d'autres titulaires, qui 
n'auraient pas tardé , comme eux , à se retourner contre le pou- 
voir dont ils émanaient. Son neveu Girolamo Riario, pour lequel 
il rêvait un état indépendant, serait certainement devenu poar 
ses successeurs un adversaire aussi redoutable que l'avaient été 
pour lui ou pour ses prédécesseurs les Orsini et les Golonna. 

Sixte ne sut donc ni assurer à ses sujets la tranquillité ma- 
térielle que leur avait donnée son prédécesseur Paul II , ni , 
comme l'avaient fait Pie II et Galixte III, les armer pour quelque 
grande cause, cette cause qui s'imposait à tout pontife géné- 
reux, la croisade contre les Turcs. Aucun principe politique su- 
périeur ne semble avoir présidé à ses guerres. Mais, cette réserve 
fait-e , il faut avouer qu'il eût été difficile de diriger les opé- 
rations avec plus de vigueur, d'apporter dans ces entreprises, la 
plupart injustes, une opiniâtreté plus grande. C'est que l'éner- 
gie remplaçait chez Sixte l'élévation des vues ; et cette énergie 
elle-même n'était que la résultante d'une ambition qui dut paraî- 
tre effrénée, même à cette époque si riche en parvenus fameux. 

L'énergie dont Sixte a fait preuve dans jses entreprises mili- 
taires , nous la retrouvons dans son administration civile : il y 
révèle des qualités hors ligne. Sans doute, ce sont toujours les 
mômes vues personnelles, c'est, dans le choix des moyens d'exé- 
cution , la même absence de scrupules. Mais l'intérêt du pape se 
confondant ici souvent avec celui de l'Etat pontifical , et surtout 
de la ville de Rome , les résultats obtenus ne pouvaient manquer 
d'être remarquables. A cet égard, ses contemporains Paolo dello 

(l) Raphaël Maflfei de Volterra, Commentarii rerum urbanarum, liv. XXll. 



8 SIXTE IV. 

Mastro et Infessura ont été injustes : ils n'ont vu en lui que le 
tyran, non l'organisateur (1). Personne ne savait comme Sixte 
assurer l'exécution de ses ordres; il prévoit tout; règle tout (ses 
bulles sont des chefs-d'œuvre de précision); se rend compte de tout 
par lui-même. En cas de lenteur ou de désobéissance, les armes 
spirituelles ne lui suffisant pas, il n'hésite pas à frapperde la pri- 
son, delà confiscation, de la peine capitale. C'était bien là, malheu- 
reusement, la main de fer qu'il fallait pour gouverner les Romains. 
Sixte IV le comprit cent années avant son illustre homonyme, 
Sixte V, Franciscain comme lui, et non moins implacable. 

La sévérité de Sixte IV n'avait cependant rien de systématique. 
Cet homme si emporté, si fougueux, avait, comme son neveu 
Jules II , des accès de belle humeur. Lorsque la goutte ne le tour- 
mentait pas, il s'oubliait parfois jusqu'à plaisanter avec ses cour- 
tisans. Mais ceux-ci , je le croirais volontiers , ne se fiaient qu'à 
demi à ces accalmies , toujours très courtes. Deux de ces traits 
méritent d'être rapportés : ils nous montrent combien étaient 
a ondoyantes et diverses « ces riches organisations de la Re- 
naissance. Pendant le carnaval de 1482, Sixte, revenant d'une 
promenade , trouva tout à coup le chemin barré par de nombreux 
masques : au lieu de se faire frayer un passage par ses hallebar- 
diers, il s'arrêta et s'amusa de ce divertissement (2). La même an- 
née , il apprit qu'un prédicateur l'avait attaqué en chaire avec la 
plus grande violence. On s'attendait à le voir éclater ; mais à la 
grande surprise des assistants, il ne fit que rire de ce trait d'au- 
dace, qui, sous un Alexandre VI, eût coûté la vie à son auteur (3). 

Nous devons rechercher ici , comme nous l'avons fait pour les 
règnes précédents, quelles étaient les ressources matérielles dont 
le nouveau pape disposait pour réaliser ses projets , sur quels 

(1) « Recordo io Pauolo clie nelli 1484 a dij 13 d'agosto, la notte a cinque 
hore, nioii Papa Sisto, lo quale fuuno calti(v)o Pontcfice in tutto lo suo tempo, 
che visse XIII anni, sempre ce inantenne in guerra, e carestia, e senza nulla 
justitia » (Diario de Paolo dello Mastro, dans le lîuonarroli, 1875. t. X, p. 148'. 

» In que felicissimo die Deus ipse omnipotens ostendit potcntiam siiam su- 
per terram , libcravitque popuinm siiuni chrislianum de manu talis viri, cui 
nuilus regendi populi chiistiani anior, nulla caritatis et diiectionis affectio, sed 
solum voluptas inhonesla, avarilia, pompa, seu vana gloria seaiper et continue 
praecipue viguit, et in consideratione fuit » (Diarium d'Infessura : R. I. S., 
i. ni, 2« partie, col. 1182, 118:1). 

(2) « Larvati multi eidem obviam facti sunt ex improviso. quorum spectaculo 
non mediocriter laetalus est pontifex » (J. de Volterra, dans les Rerum italica- 
runi Scriptores de Mmatori. t. XXIII. p. 163). 

(3) Ibid.. p. 173. 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 9 

avantages pouvait compter la légion de savants et d'artistes 
prêts à célébrer en lui un émule de Mécène. 

Dans ses guerres, Sixte, malgré son énergie, ne fut pas tou- 
jours victorieux; dans l'organisation de ses finances aussi , il eut 
souvent à compter avec des difficultés insurmontables. Son règne 
débuta par un véritable désastre. Le trésor pontifical était presque 
vide, et il se vit obligé de vendre les joyaux laissés par Paul II , 
d'engager son argenterie (l). Ses entreprises n'étaient pas fai- 
tes pour combler cette lacune. Il eut beau pressurer ses sujets, 
créer et vendre des charges nouvelles , — avec des besoins tels 
que les siens, les embarras pécuniaires devenaient un mal 
périodique. On ignore ce qu'ont coûté ses guerres , la recon- 
struction des forteresses du patrimoine de Saint-Pierre , Tem- 
bellissement de Rome. Nous savons seulement qu'il dépensa 
d'un coup 40,000 ducats pour acheter Forli, destiné à son neveu 
Girolamo Riario (2) , et que le frère de ce dernier , le cardinal 
de Saint-Sixte , dissipa en moins de deux ans la somme énorme 
de 260,000 ducats d'or, environ 13,000,000 de francs. Il n'est pas 
étonnant que, dès le mois de janvier 1473, la Chambre apostoli- 
que fût débitrice envers les Médicis de plus de 62,000 ducats , et 
que Sixte, en mourant, laissât pour plus de 150,000 ducats de 
dettes (3). 

A eu croire des historiens plus impartiaux que Paolo dello 
Mastro et Infessura, la magnificence aurait été une des qualités 
maîtresses de Sixte (4). Tout en reconnaissant la grandeur des 



(1) On trouvera plus loin , dans le chapitre consacré à l'orfèvrerie, la liste 
des joyaux mis en gage. Plusieurs de ces joyaux n'étaient pas encore dégagés 
en 1476. 

(2) Fontius, Annales suorum (emporum, dans Galletti, p. 157. 

(3) Voyez à la fin de cette notice préliminaire les documents relatifs à l'état 
des finances pontificales sous Sixte IV. 

(4) « Morto Paolo , nel Ponteûcato seguitô Sisto primo Francesco , e Frate 
Minore, fîi délia Robore, di patria Savonese, e gênerai dell' ordine Serafino, di 
bassa conditione procreato. Nientedimeno lui ministrando la dignità papale 
fece cose egregie, e degne di perpétua fama, massimamente che si puô dire 
havere instaurato la città di Roma, nella costnittioiWî de' magnifie! edifitij, ce- 
leberrimi tempij , et volse per magnificenza fosse salegata. il che non molto fîi 
utile alla conservazione de' corpi , considerato , che prima g!i era tanta putre- 
dine, che grande aiuto porgeva alla peste. Dei paramenti ccclesiastici fù splen- 
didissimo » (Cono, L'Historia di Milano, éd. de 1646, p. 820. — L'édition ori- 
ginale est de 1503). 

» Nam eo pontificum nullus nec animo munificentior, nec in dando hilarior. 
nec in promovendis hominibus promptior repertus fuit. Miseros enim atque a 
TuFcis ejectos principes, Bosnae Cyprique reginas , prœterea Andream Paleeo- 



10 SIXTE IV. 

sacrifices qu'il s'imposa pour faire de sa capitale une ville sans 
rivale , tout en constatant qu'il céda plus d'une fois à des fantai- 
sies ruineuses, nous croyons que l'épithète de « magnifique » 
n'est pas celle qui convient à ce pape. Ses habitudes d'ordre et de 
parcimonie perçaient jusque dans les fondations les plus propres 
à éblouir les contemporains ; il apportait d'innombrables restric- 
tions à ses libéralités. Plus d'un savant , plus d'un artiste en fit 
l'expérience. Lorsqu'il appela à l'Université de Rome François 
Philelphe, il lui accorda une pension très convenable, 500 ducats, 
et en outre 200 ducats pour sa charge de secrétaire apostolique. 
Mais il faut lire dans la correspondance du vindicatif humaniste 
avec quelles difficultés il eut à lutter pour obtenir le paiement de 
ses honoraires. N'osant mettre en cause le pape, il s'en prit à son 
trésorier, Miliaduce Cicada (1), l'accabla d'injures, le voua à 
l'exécration universelle (2). Miliaduce n'agissait sans doute ainsi 
que sur les ordres de son maître , qui , dans une autre circon- 
stance , fit à un confrère de Filelfo cette réponse mémorable : 
« Il est vrai que je vous ai assigné un traitement, mais je ne vous 
ai pas promis de vous le faire payer (3). » Ce fut le même Sixte IV 

logum Peloponnesi , et Leonardum Toccum Epiri despotes aluit. Saxoniae du- 
cem, Christiernum Daciae, deinde Mœsise, novissiniae (sic) Ferdinandum Siciliae 
reges apostolorum limina salutatum venientes , magnificentissimis sumptibus 
excepit. In operibiis publicis jeque maximus, Urbem a sita ac cœno vindica- 
vit : viis priinum munitis, porticibus qaoque ejectis quae vias occupabant, vi- 
corumque magistris ac curatoribus institutis. Templa insiiper vetustate obsita, 
omnia restituit. Xenodocheum Sancti Hpiritus pulcherrimis œdificiisampliavit. 
Templum Pacis de novo constituit, ubi canonicos regiilares a basilica Latera- 
nensi ejectos reposait. Pontcm Aurelium penitus collapsum suo nomine refe- 
cit. iEdes in Vaticano pontificias refecit. Praetorianis, excubitoribus, tnagistra- 
tibus , muneraque obeuntibus loca commoda obsignavit : qiium prius praeter 
digiiitatem in cellis fere penuariis situ squalentibus agitarent. Romam denique 
ex lutea lateritiam : sicut olim Aiigustus ex lateritia marmoreara , reliquit « 
(R. de Volterra, Reruin urbanarum commentarii , liv. XXII). 

(1) Voy. sur ce personnage, qui était un compatriote de Sixte IV, un Gé- 
nois, les Scriptores de Muratori, t. XXIII, p. 107. et les Iscrizioni délie chiese 
e d'altri edifizj di Roma, de M. Forcella, t. I , p. 157, n" 320 (inscription funé- 
raire de Miliaduce, mort en 1481 et enterré à S. Giovanni de' Genovesi. Le 
tombeau lui-même est gravé dans les Chefs-d'œuvre de la sculpture religieuse à 
Rome à l'époque de la Renaissance , par Tosi et Barbier de Montault, pi. XCII). 

(2) Voy. ses lettres dans la Vita di Francesco Filelfo da Talenlino , de Ros- 
mini, Milan, 1808, t. II, pp. 40S, 413, 418, 424, etc. L'épigramme suivante mon- 
trera jusqu'à quel degré de violence allaient ses invectives : 

Foetida Milliadus scelerum sentina Cicada 
Seiuper alit facinus, flagitiumque colit. 

(3) Cf. Infessura, apud Eccard, Corpus historicutn medii xvi , t. II, p. 1941 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 



11 



qui reçut de Théodore Gaza une leçon à laquelle les humanistes 
de l'Italie entière applaudirent : le savant grec lui ayant dédié la 
traduction d'un ouvrage d'Aristote, le pape crut le récompenser 
dignement par un don de 50 ducats ; mais celui-ci prit l'argent et 
le jeta dans le Tibre (1). Nous n'en finirions pas si nous voulions 
rapporter tous ces traits de lésincrie, trop fréquents chez les Mé- 
cènes du quinzième siècle : il nous faudrait montrer le pape assi- 
gnant à un des peintres de la Sixtine, Fra Diamante, une pension 
sur les revenus d'un couvent qui refusa d'acquitter cette dette, ou 
bien mourant sans avoir payé à Giovannino de' Dolci et au Pé- 
rugin les travaux exécutés, longtemps auparavant, dans la même 
chapelle , etc., etc. 

N'importe , le programme que s'était tracé ce fils de ses œuvres 
ne manquait pas do grandeur , et nul d'entre les papes du quin- 
zième siècle ne réussit aussi bien que lui à remplir la Ville Eter- 
nelle de sa gloire. Les circonstances le favorisèrent à souhait. Ses 
prédécesseurs , les Martin V, les Eugène IV , les Nicolas V , les 
Pie II , les Paul II avaient , chacun à un point de vue différent , 
défriche ce terrain si longtemps inculte. Souvent arrêtés par la 
grossièreté ou l'ignorance de leurs sujets , ils s'étaient décidés à 
faire appel à des étrangers , et ils avaient trouvé partout , notam- 
ment chez les Florentins, un concours empressé. La colonie fixée 
sur les bords du Tibre comptait dès lors parmi les plus brillantes 
de l'Italie. Encore un effort , et Rome n'aurait plus rien à envier 
à Florence. Avec l'énergie qui le caractérise , Sixte entreprit 
d'imprimer à cette œuvre sa consécration suprême. Son nom oc- 
cupe une place d'honneur dans les annales de la première Re- 
naissance , de même que celui de Léon X représente la Renais- 
sance parvenue à son apogée. 

Il est impossible de nier , après ce que nous avons rapporté du 

et Renazzi, Storia deW università degli studj di Roma, delta comunemmte la 
Sapiensa. Rome, 1803, t. I, p. 208. — Lorsqu'Infessura parle de l'avarice de 
Sixte, c'est cupidité qu'il faut lire. 

(1) Tantae enim ille (Theodorus Gaza), vir eruditioois quantse multis abhinc 
annis;;nemo Grsecorum , dicere ausim etiaui et Latinorum fuit , cum divinas 
propemodum elucubrationes in Aristotelis animalia , quam historiam latine ie- 
gendam repreesentarat, Xisto quarto Pont. Max. nuncupasset, sperans scilicet 
principis ejus beneficentia queesitum per tôt labores vitae subsidiuni non depar- 
cum se consecuturum , neque tamen plures quaiu aureos quinquaginta , quasi 
magnum ab eo , a quo se totum inauratum iri speraveral, retulisset : studiis 
indignatus suis, quod tam parca sibi laborum et vigiliarum suarum raerces tri- 
buta esset, nummos eus primum in Tyberim abjecit, uiox ipse liujus indigni- 
tate rei exulceratus , insolabili contabuit œgritudine. » (Valeriani, De liuera~ 
torum infelicilate. Ed. de Venise, 1628, p. 82). 



12 SIXTB IV. 

caractère de Sixte , que la gloriole , ou pour parler avec Infos- 
sura , la « vana gloria , » ait joué un grand rôle dans les entre- 
prises du nouveau Mécène. Mais il n'est pas moins certain aussi 
que l'ancien général des Franciscains finit par s'intéresser sincè- 
rement à son œuvre. Ce serait faire injure aux grands ambitieux 
de la Renaissance que de les croire uniquement guidés par des 
calculs égoïstes. A l'exception peut-être de César Borgia , on les 
voit tous s'éprendre de l'amour le plus vif pour ces fondations lit- 
téraires et artistiques qui, aux yeux de la critique moderne, pa- 
raissent avant tout des moyens de propagande. Chez Cosme de 
Médicis , chez François Sforza , chez son fils Ludovic le More , 
chez Alexandre VI même, le diplomate est toujours doublé d'un 
amateur convaincu, enthousiaste. 

L'homme remarquable, dont nous étudions les tendances, parti- 
cipe de ces grâces d'Etat. On le croit absorbé par la politique , et 
tout à coup il montre vis-à-vis des belles choses une entière liberté 
d'esprit. A l'entendre causer avec Filelfo , à le voir s'extasier de- 
vant les fresques de la Sixtine , on ne se douterait pas que l'on a 
devant soi le fougueux fondateur de la dynastie des délia Rovere, 
Sixte le Terrible. II ne se passait guère de semaine, nous dit un 
de ses biographes, sans qu'il allât visiter les églises auxquelles il 
faisait travailler, Saintc-Marie-du-Peuple, Sainte-Marie-de-la- 
Paix, ou les rues et places qui lui doivent leur restauration. A 
Ostie, à Porto , pendant une de ses excursions , il se délecte à la 
vue des ruines et écoute avec intérêt les discussions archéologi- 
ques auxquelles elles donnent lieu dans son entourage (1). Un peu 
plus d'amour pour la nature, et on croirait voir revivre Pie II, qui 
a dépeint en termes si émus les environs de Rome, et notamment 
les deux localités dont nous venons de prononcer le nom. Lors- 
que , une trentaine d'années plus tard , Jules II , dans les inter- 
valles de ses emportements, visitait Michel-Ange dans la Sixtine, 
et que le vieillard devant lequel tremblait l'Europe gravissait 
tout essoufQé les échafaudages qui cachaient les peintures du 
plafond, il ne faisait peut-être que suivre l'exemple de son oncle. 

Est-ce à dire que Sixte ait eu des vues originales sur la mission 
de la science ou de l'art, (ju'il ait élaboré à son usage une esthé- 
tique nettement définie? Le théologien qui avait écrit le traité De 



(t) 1483. « Inspectis illis reliquiis , auditis quae de eo Poitu ab aliquibus in 
diversum referebantur, ascensa navicula ad Ostiam usqne secus littus annavi- 
gavit, Isetus admoduin, et caeteros in eamdein laetitiam adducen> » (J. de Vol- 
terre, R. 1. S., t. XXIII, n. 191). 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 13 

futuris continge7itibiis, ou celui De sanguine Christi, était-il capable 
de distinguer entre la philosophie de Platon et celle d'Aristote, 
entre le style de Gicéron et celui de Quintilicn ? Savait-il seule- 
ment apprécier les différences qui séparaient l'art antique de l'art 
du moyen âge, l'Ecole florentine de l'Ecole ombrienne? Je vais 
plus loin : savait-il se rendre compte de la valeur relative d'un 
Domenico Ghirlandajo , d'un Melozzo da Forli et du médiocre 
GosimoRoscUi? L'ardeur ne tenait-elle pas lieu chez lui de goût? 
Questions indiscrètes , auxquelles nous essaierons de répondre 
dans les pages qui suivent. 

En Italie, à Rome surtout, pendant le quinzième siècle, le rôle 
d'un Mécène était double, vis-à-vis de l'art comme vis-à-vis de 
la littérature : d'un côté, sauver ou mettre au jour les monumeuts 
de l'antiquité classique ; de l'autre, favoriser l'éclosion de chefs- 
d'œuvre nouveaux. On sait avec quel enthousiasme, en ce qui 
concerne les sciences et les lettres , les souverains de la Renais- 
sance se sont dévoués à la première de ces tâches : les bibliothè- 
ques de Naples , de Rome , d'Urbin , de Florence , de Pavie et de 
tant d'autres capitales rendront à tout jamais témoignage de leurs 
efforts. Mais on a le regret de constater qu'ils n'ont pas rempli 
leur mission avec la môme ardeur vis-à-vis de cette autre face , 
non moins brillante , de la civilisation antique , les monumeuts 
de l'art. Proclamons-le bien vite : le caprice individuel n'a été 
pour rien dans cette différence d'attitude ; ils obéissaient à un 
préjugé général. Aussi bien que l'art, l'archéologie était en retard 
sur la littérature. En dehors de quelques initiateurs généreux, 
Niccolô Nicoli , le Pogge, Gyriaque d'Ancône, la plupart des hu- 
manistes n'éprouvaient qu'indifférence pour les vestiges de l'ar- 
chitecture ou de la sculpture romaine ; les textes étaient tout à 
leurs yeux ; ils ne daignaient consulter les marbres, les médailles, 
les gemmes qu'autant qu'ils leur fournissaient un renseignement 
historique, et encore ne tardèrent-ils pas à trouver que c'était là 
acheter bien cher des informations souvent précaires. La place 
que ces recherches occupent dans les écrits du quinzième siècle 
diminue de génération en génération. 

Ce sera l'honneur des Médicis d'avoir compris que le musée 
doit être le complément de la bibliothèque, et d'avoir assigné une 
place aux marbres à côté des manuscrits. Poussés, d'un côté, par 
des savants tels que ceux dont nous venons de prononcer le nom , 
de l'autre par des artistes tels que Donatello et Brunellesco , ils 
ont formé une collection d'antiques qui ne tarda pas à devenir 



14 SIXTE IV. 

la première de l'Italie, et qui jeta un éclat incomparable sur leur 
palais de la Via Larga, véritable école de la Renaissance florentine. 

A Rome, pendant tout le quinzième siècle, ces deux tendances 
paraissent inconciliables. Un pape se distingue-t-il par son amour 
pour la littérature antique, on peut affirmer d'avance qu'il négli- 
gera les monuments. S'attache-t-il , au contraire , aux monu- 
ments , c'est que la littérature n'a pas d'attraits pour lui. Paul II 
le prouva bien : il fit des efforts surhumains pour fonder dans 
son palais de Saint-Marc un musée d'antiques sans rival , tandis 
que l'accroissement de la bibliothèque du Vatican fut le moindre 
de ses soucis. 

On s'est trop hâté d'attribuer à Sixte l'initiative des mesures 
prises pour la conservation des monuments antiques de sa capi- 
tale , de même qu'on a exagéré les services rendus par lui à cette 
cause si intéressante. En fondant le musée du Capitole, il ne fit 
que suivre la voie inaugurée par son prédécesseur. Nous ajoute- 
rons même que les huit ou dix statues exposées par ses ordres 
dans cet édifice étaient bien peu de chose eu égard aux séries 
réunies par Paul II. Son unique mérite consista à ouvrir le mu- 
sée au public, tandis que son prédécesseur avait laissé à ses trésors 
le caractère d'une collection particulière. L'habile délia Rovere , 
qui s'entendait à merveille h la mise en scène, ne manqua pas de 
proclamer par une inscription pompeuse ses titres à la reconnais- 
sance de la postérité. 

Eblouis par d'autres inscriptions , rédigées avec une habileté 
tout aussi grande, les historiens modernes ont également fait 
honneur à Sixte do la restauration de la statue équestre de 
Marc Aurèlo. Mais ici encore il faut maintenir les droits de 
Paul II , qui avait commencé ce travail , de même qu'il s'était 
occupé do consolider ou de restaurer les chevaux de Montc-Ga- 
vallo, les arcs-de triomphe , la colonne placée dans les Thermes 
de Constantin , etc. 

Si nous mentionnons encore le bref par lequel Sixte défendit 
l'exportation des marbres antiques , nous aurons épuisé la liste 
des mesures de conservation h porter à son actif. Ce bref est le 
prélude d'une série de prohibitions analogues, qui aboutirent, au 
commencement do ce siècle, à la fameuse loi Pacca, actuellement 
encore en vigueur (1). 

Examinons maintenant le revers de la médaille. Quelle indifié- 

[{) Voy. plus loin le paragraphe relatif à 1 histoire des monuments antiques 
de Rome pendant le règne de Sixte IV. 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 



15 



rencepour l'antiquité, toutes les fois que la vanité du pape n'est pas 
directement en jeu ! Il ouvre le musée du Gapitole, mais disperse 
celui du palais Saint-Marc; il achève la restauration de la statue 
de Marc Aurèle , mais démolit une demi-douzaine de temples ou 
d'arcs de triomphe ; il défend l'exportation des marbres , mais 
autorise ses architectes cà prendre partout les matériaux néces- 
saires aux constructions nouvelles. Ces accusations demandent 
à être appuyées de preuves. Et tout d'abord, en ce qui concerne 
le musée de Saint-Marc , des documents nouveaux me forcent 
de reconnaître que la responsabilité de Sixte est infiniment plus 
grave que je ne l'avais admis dans mes précédentes études (I). 
11 donna ou vendit cà Laurent le Magnifique, outre les bustes 
d'Auguste et d'Agrippa , une grande partie des intailles ou des 
camées l'éunis par Paul II : nous retrouvons, notamment dans 
l'inventaire de l'amateur florentin , la fameuse calcédoine repré- 
sentant l'Enlèvement du Palladium , et les enfants menuisiers 
qui avaient précédemment orné le palais de saint Marc. 

Passe encore d'avoir sacrifié d'un cœur si léger l'héritage artis- 
tique de Paul II. Entre les mains de Laurent de Médicis, ces tré- 
sors devaient être en sûreté, et l'Italie n'en serait pas privée. Mais 
comment justifier la conduite de Sixte vis-à-vis des ruines vé- 
nérables qui couvraient sa capitale! Ses victimes sont innom- 
brables , et le long martyrologe de Rome antique enregistre son 
règne comme un des plus néfastes. Dès le 17 décembre 1471 , un 
bref autorisait les architectes de la bibliothèque Vaticane à faire 
partout des fouilles (ofFodere) pour se procurer les pierres néces- 
saires. Le bref ne dit pas où ces carrières devront être établies, 
mais il est facile de suppléer à son silence. Les entrepreneurs au- 
raient été bien naïfs de faire venir à grands frais les travertins 
de Tivoli et les marbres de Carrare , lorsque Rome même leur 
offrait tant de blocs supérieurement taillés, qu'il ne s'agissait que 
de retirer des fondations des édifices antiques. On ne tarda pas à 
s'attaquer aux édifices encore debout : le Colisée fournit les maté- 
riaux nécessaires à la construction du pont Sixte; le pont d'Ho- 
ratius Goclès, ceux que réclamait la fabrication des boulets de 
canon. Le temple d'Hercule , sur le Forum boarium , l'arc de 
triomphe situé près du palais do Sciarra Golonna furent rasés 
au niveau du sol, et qui sait quel chef-d'œuvre antique disparut 
pour faire place aux bastions de la porte du Peuple V 
Qu'on ne nous objecte pas les dispositions de la fameuse bulle 

(l) Voy. t. II, p. 156. 



SIXTE IV. 



« Gum provida sauctorum patrum décréta , » qui défend de dé- 
pouiller de leurs marbres les édifices destinés au culte : elle n'a 
trait qu'aux é,t(lises et nullement aux édifices civils ; à plus forte 
raison ne s'applique-t-elle pas aux ruines antiques. 

Quelle belle occasion pour le professeur d'archéologie de l'Uni- 
versité de Rome, pour l'ardent champion de la civilisation clas- 
sique, Pomponio Leto, de prendre la défense de tant do chefs- 
d'œuvre et de protester contre ce vandalisme toujours renaissant! 
Mais Pomponio Leto appartenait à cette classe d'humanistes que 
nous avons essayé de caractériser tout à l'heure : ce qui l'intéres- 
sait dans un monument antique, c'était non pas sa valeur ar- 
tistique, mais les souvenirs historiques se rattachant à lui. 11 
lui semblait plus intéressant de déterminer les limites des ré- 
gions de l'ancienne Rome, de découvrir l'emplacement de tel ou 
tel temple , de retrouver les noms des personnages illustres qui 
avaient habité tel ou tel palais, que d'analyser les beautés mêmes 
de l'édifice. Ce sont ces renseignements purement topographi- 
ques qui dominent dans l'ouvrage imprimé sous son nom au 
siècle suivant (1). On aurait bien étonné le brave homme en lui 
disant que la forme , le style , les ornements de tant de monu- 
ments, qu'il a encore eu le bonheur de voir debout, auraient éga- 
lement mérité une courte mention. C'est de cet ordre aussi que 
sont les préoccupations des savants qui s'occupèrent sous Sixte IV 
de dresser les plans de Rome (2) : le style des édifices est à 
peine indiqué dans leurs travaux. 

Il s'éleva cependant une voix pour plaider la cause des monu- 
ments antiques et pour prolester contre le vandalisme du pape. 
Un patriote romain , Fausto Maddaleno dei Capo di Ferro, lança 
contre le démolisseur du Golisée une épigramme virulente dans 
laquelle il flétrit l'audace de ce Ligure s'attaquant aux monu- 
ments augustes de la Ville Eternelle. Mais cette protestation par- 
tagea le sort de tant d'autres qui l'avaient précédée , et l'œuvre 
de dévastation poursuivit son cours. 

Les crimes commis par Sixte contre Rome antique ne pou- 
vaient se racheter (jue par les services rendus à Rome moderne. 
A cet égard , hâtons-nous de le proclamer , son œuvre est prodi- 

(1) {Pomponins Lxtus : De liomanx urbis vettistate noviter impressus , ac per 
Marianum de Blanchellis Prxneslinum emendatus. Rome. 1510). 

(,>) Voy. de' Rossi, Pianle icnografiche e prospettiche di Roma anteriori al 
secolo XV, pp. 99 et suiv. 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 17 

gieuse; on reste saisi d'admiration devant l'immensité de ses ef- 
forts. Et encore n'est-ce pas à Rome seule que profite cette acti- 
vité, j'allais dire cette fièvre ; toutes les villes de l'Etat pontifical 
et jusqu'à des cités lointaines, Savonc, Avignon, se couvrent par 
ses soins, ou par ceux dessiens, de monuments splendides; partout 
il s'efforce de légitimer sa fortune par le luxe de ses fondations 
et d'assurer à son nom une durée éternelle. 

Sans doute, l'œuvre de Sixte n'offre pas la distinction, l'éléva- 
tion qui caractérisent celle de Nicolas V, d'impérissable mé- 
moire. Il n'a pas eu, comme celui-ci, l'honneur de concevoir la 
réédiflcation de Saint-Pierre, ni môme, comme Paul II, celui 
de poursuivre ce travail gigantesque. Ce qui le distingue, c'est 
son esprit éminemment pratique. Assez sage pour n'aborder que 
des entreprises dont la réalisation ne dépassait pas les forces d'un 
homme, il a eu le bonheur de régner assez longtemps pour les 
mener à fin. Les travaux d'édilité l'intéressent autant que les 
hautes créations architecturales. Il ne lui suffit pas d'avoir élevé 
la chapelle Sixtine, Sainte-Marie-du-Peuple , Sainte-Marie-de-la 
Paix, l'hospice du Saint-Esprit, d'avoir restauré et embelli vingt 
basiliques : il met autant d'amour-propre h reconstruire le pont 
du Janicule, à rétablir les aqueducs de la fontaine Trevi, à paver 
les rues boueuses, à ouvrir de nouvelles avenues. Grâce à. lui, de 
grandes artères régulières remplacent ce dédale de ruelles dont 
certains quartiers de Rome nous offrent aujourd'hui encore le 
pittoresque, mais peu séduisant tableau; une rue relie directe- 
ment le pont Saint-Ange au Vatican ; d'autres sillonnent le Champ 
de Mars. Les efforts de ses successeurs aidant, Rome, la ville 
irrégulière par excellence , ne tarde pas à posséder d'immenses 
voies de communication dont l'alignement ne laisse rien h dési- 
rer : le Corso , la Via Giulia, Ripetta, la Lungara. 

Dans ces entreprises , on est en droit de l'affirmer , Sixte fit 
preuve de plus d'ardeur que de critique , de plus de magnificence 
que de goût. Si l'ensemble de son œuvre force l'admiration, que 
de réserves à faire, quand on en examine les détails ! Peu lui im- 
portait que ses architectes fussent des hommes supérieurs ; l'es- 
sentiel à ses yeux était qu'ils allassent vite. Aucun des m litres 
qu'il appela auprès de lui ne brille au premier rang. Baccio Pon- 
telli, auquel le père de l'histoire de l'art, Vasari, a attribué la 
presque totalité des constructions élevées sous ce pontificat, ne 
fut employé , en réalité , on le verra tout à l'heure, qu'en qualité 
d'ingénieur militaire. Giuliano da San Gallo , encore moins bien 
partagé , fut tenu à l'écart. Quant aux autres architectes , dont 



18 SIXTE IV. 

les registres enlouis dans les archives romaines viennent de nous 
révéler les noms , c'étaient des artistes laborieux et intelligents , 
mais dénués d'originalité et sans puissance créatrice. Si, après 
avoir passé en revue les chefs-d'œuvre dont s'enorgueillissaient 
dès lors plusieurs villes italiennes, la chapelle des Pazzi et le 
palais Ruccellaï, à Florence, le temple de Saint-François à Rimini, 
le palais ducal d'Urbin , on examine les églises et les palais éle- 
vés par Sixte , on ne peut se défendre d'un certain sentiment de 
commisération. Que nous sommes loin de l'ampleur et de la 
beauté qui distinguent les monuments dus aux Brunelleschi, aux 
Alberti , aux Luoiano da Laurana ! Combien les lourds piliers oc- 
togones des Saints-Apôtres, combien les façades si maigres et si 
pauvres de Sainte-Marie-du-Peuple et de Saint-Augustin , com- 
bien les formes hybrides de la chapelle Sixtine ne le cèdent-elles 
pas à ces libres et fortes interprétations de l'antiquité ! Leurs au- 
teurs, les Meo del Gaprina, les Giacomo da Pietrasanta, les Giovan- 
ninode'Dolci, noms qui, après un oubli de quatresiècles, paraissent 
de nouveau à la lumière, se sont contentés d'appliquer les décou- 
vertes de leurs prédécesseurs, renonçant à pousser plus loin dans 
la voie ouverte par ceux-ci. Gardons-nous bien d'ailleurs d'accu- 
ser l'insuffisance de leur talent; ils obéissaient, à leur insu , à 
une loi de l'histoire : après chaque effort , après chaque pas fait 
en avant , — et quel pas gigantesque Brunelleschi et Léon-Bap- 
tiste Alberti n'avaiont-ils pas fait faire à leur art ! — ce n'est pas 
trop du travail de toute une génération pour consolider les con- 
quêtes des initiateurs, pour les faire passer dans le sang et la 
chair de la nation. Aux puissantes conceptions synthétiques suc- 
cède le travail des vulgarisateurs , qui s'estiment trop heureux 
quand, en dehors de leur œuvre de propagande , ils ont réussi à 
perfectionner quelque détail. Il faut respecter ces intermédiaires 
sans lesquels l'humanité , qui ne va pas vite , perdrait bientôt de 
vue les hommes de génie avec leurs rapides évolutions. 

Telle a été la tâche qu'ont remplie à Rome , sous le pape dont 
nous écrivons l'histoire, quatre ou cinq architectes modestes, tous 
originaires de la Toscane. Ils refoulent de plus en plus le style 
gothique , qui n'avait d'ailleurs jamais jeté de racines profondes 
sur les bords du Tibre , la vue des sains et robustes monuments 
de l'antiijue Rome ayant suffi , à ce qu'il semble , pour préserver 
les Romains de ces inventions, si contraires au génie de leur 
race. Aux flèches élancées, avec leurs riches dentelles de pierre, 
ils opposent la coupole, simple et imposante, dont Brunelleschi 
leur a laissé l'inimitable modèle. On voit s'élever les premiers 



NOTICE PRELIMINAIRE. I V) 

dômes, aux Saiuls-Apôtres, à Sainte-Marie-du-Peiiple, à Saint- 
Augustin , imitations encore Jjicn timides du colosse de Santa 
Maria del Fiore, Leurs etïorts n'auront pas été stériles; par leurs 
soins , le terrain sera préparé pour de nouveaux progrès. Tout à 
à l'heure, quand Bramante, après avoir interrogé une fois de 
plus ces ruines romaines , muettes pour tant d'autres , en aura 
tiré la plus haute formule du beau, il se trouvera sur le trône 
pontifical un Mécène fier d'attacher son nom à cette suprême 
conquête de l'art de bcàtir. 

L'organisation des travaux d'architecture exécutés sous les aus- 
pices de Sixte mérite un examen particulier. Parmi les grands 
bâtisseurs de la Renaissance, il n'en est pas qui se soit entendu, 
comme lui, à assurer l'exécution de son programme. Encourage- 
ments et menaces , armes spirituelles et armes temporelles , il ne 
néglige aucun moyen propre à triompher de la lenteur des uns , 
de l'incurie des autres. Plusieurs bulles ou brefs témoignent de 
la sagesse de ses règlements, tour à tour bienveillants et sévères. 
Ici il invoque, pour intéresser ses sujets à son œuvre, des considé- 
rations tirées de la religion : au milieu de tant de préoccupations, 
dit-il, la propreté et l'embellissement de Rome nous tiennent jus- 
tement à cœur. Si une ville doit être bien entretenue , dignement 
ornée, c'est celle-là, capitale de l'univers, siège de la chaire de 
Saint-Pierre. Ailleurs il promet des avantages considérables à 
ceux qui élèveront des constructions sur les terrains vagues ou 
qui rectifieront l'alignement de leurs maisons. Il réorganise l'of- 
fice des Magislri viarum , chargés de veiller sur l'édiiité romaine, 
et le place sous la direction d'un bâtisseur presque aussi enthou- 
siaste que lui, le cardinal Guillaume d'Estouteville. L'expropriation 
pour cause d'utilité publique est pratiquée sur une vaste échelle, 
et des indemnités convenables sont accordées aux propriétaires 
évincés. Mais malheur à ceux qui résistent ! Un jour que Sixte 
était allé visiter les travaux, — il ne se fiait qu a lui-même pour ce 
rôle d'inspecteur, — un Genci osa protester contre la démolition 
de sa maison. Le pape donna l'ordre de le jeter sur-le-champ en 
prison , et ne partit qu'après avoir vu de ses yeux consommer la 
ruine de l'édifice. Lorsque l'expropriation était impraticable, on 
recourait au système des contributions ou à celui des corvées. 
C'est ainsi que les routes conduisant à Rome furent restaurées 
aux frais des communes intéressées. Le pape les imposa d'oflice , 
en proportion de leur richesse ou de leur population , et pas une 
n'eut le courage de réclamer. 



2(1 SIXTE IV. 

Des inscriptions, i-édigées dans un style pompeux, transmet- 
taient chaque fois à la postérité le souvenir de ces fondations. Ici 
encore éclate ce besoin de mise en scène qui a valu à Sixte 
une place à part , même parmi les Mécènes du quinzième siècle, 
tous si avides de gloire. Ecoutons les éloges que prodigue au ré- 
novateur de Rome , en trois distiques , l'auteur d'une de ces épi- 
graphes : ils feront sourire plus d'un lecteur. « 1483. Ce champ 
de Mars (Martia terra), naguère couvert d'immondices, revêt sous 
Sixte un aspect nouveau : désormais la propreté règne partout. 
Récompensons dignement ce Sixte sauveur. Quelle reconnais- 
sance Rome ne doit-elle pas à son souverain ! « 

L'esthétique d'un côté, la gloriole de l'autre, n'eurent pas 
seules part à ce remaniement de la topographie de Rome. La po- 
litique y fut pour beaucoup aussi, nous le savons de source cer- 
taine. En 1475, lors de son voyage à Rome, le roi de Naples, 
Ferdinand , un des diplomates les plus rusés de ce siècle qui en 
compta tant, conseilla au pape de faire élargir les rues et de faire 
disparaître les tourelles, balcons, loges et autres avances, qui fa- 
vorisaient si singulièrement les insurrections. « Vous n'êtes pas 
maître de Rome, lui dit-il, aussi longtemps que de simples fem- 
mes pourront, par des projectiles lancés du haut de ces construc- 
tions, mettre en fuite vos meilleurs soldats (1). » 

Nous croyons sans peine que ces considérations, absolument 
étrangères à l'art, déterminèrent dans une large mesure les in- 
nombrables travaux de voirie entrepris par Sixte IV. Tel était 
l'empire que la raison d'Etat exerçait sur l'esprit du pape qu'il 

(1) « Dell' anno 1475, a di sei di Gennajo, il re Ferrante venne a Roma ailo 
perdono, e mené con esso molti Baroni e Signori, anco con molti falconi-, sic- 
chè occisero quanti nibbj stavano ne i paesi nostri ; e donô aile chiese di santo 
Joanni , Pietro e Paolo uno pallio d'oro per ciascuna. Item don5 agli oflSciali 
romani, cioè Conservatori, Caporioni , a i CancoUieri, Riformatori dello Studio 
quattro canne di panno pavonazzo di grana fina per uno. E andô per tiilta 
Roma per vedere gli edifizj , e a santa Maria Rotonda , Colonne Antoiiiaria e 
Trajana ; e ogni uouio gli fece grande onore. E quando ebbe vedute quelle 
cose , tornô a palazzo ; e parlando con Papa Sisto disse , che csso non era si- 
gnore di questa terra, e che non la poteva signorcggiare, peraniore de i porti- 
cali , per le vie strette e per li raignani , che vi crano, e che, bisognando di 
meltere in Roma gente d'arme, le donne co i mortari da i detti mignani li fa- 
riano fuggire, e che di facile si potevano sbarrare ; e consigliogli che dovesse 
far gittare i mignani e i porticali e allargare le vie. E lo Papa piglib lo suo 
consiglio, e d'ali' ora in poi, quanto sia stato possibile, sono stati gittati i mi- 
gnani e i porticali e allargate le strade sotto colore di fare gli ammatonati, e 
illuslrare la terra : e lo detto re stette giorni tre e poi partissi » (Infessura, 
R. l. S., t. m, 1' partie, p. 1144-H45). 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 21 

n'hésitait pas , lorsqu'il le croyait nécessaire, à détruire ce qu'il 
avait si laborieusement édifié, et à couvrir de ruines des quartiers 
dont la magnificence faisait, un instant auparavant, son orgueil. 
Lors des troubles qui signalèrent la fin de son règne, il fit jeter 
bas les splendides palais des délia Valle et des Colonna , malgré 
les supplications du Sacré Collège (1). L'indignation provoquée 
par cet acte de vandalisme fut si grand , que le cardinal Piccolo- 
mini, voisin des délia Valle, quitta sur-le-champ Rome, ne pou- 
vant supporter un pareil spectacle. 

Pour triompher, dans le domaine de la sculpture et de la pein- 
ture, la Renaissance éprouva, surtout à Rome, des difficultés avec 
lesquelles les architectes n'avaient guère eu à compter. Pendant 
le quinzième siècle, ces deux arts ne purent s'y inspirer qu'indi- 
rectement, au point de vue du style, des modèles antiques. Quant 
aux sujets mêmes empruntés à l'antiquité , ils leur demeurèrent 
absolument interdits. Les papes étaient de trop bons latinistes pour 
ne pas se rappeler les vers dans lesquels le poète nous montre 
l'âme plus frappée des images que l'œil lui transmet que des sons 
qui lui sont renvoyés par l'oreille : « Segnius irritant animes... » 
Passe encore pour des créations éphémères, un décor de théâtre, 
l'ornementation d'un char de carnaval , etc. Elles disparaissaient 
sans laisser de traces. Mais comment exposer en permanence, aux 
yeux des pèlerins accourus de toutes les parties de l'Europe, des 
souvenirs de l'antiquité classique , ou , ce qui revenait au même 
pour les âmes pieuses, de l'antiquité païenne? La tentative eût été 
trop audacieuse. Sixte même, quoiqu'il ne connût guère le scru- 
pule, recula. 

Le contraste (on serait tenté de dire la contradiction) est frap- 
pant. On proscrit chez les artistes les tendances que l'on favorise 
chez les humanistes. D'un côté, l'invasion du monde païen, 
avec ses dieux , ses pompes , ses scandales ; de l'autre , une ri- 
gueur qui touche k l'ascétisme. D'un côté, d'innombrables tra- 
ductions de poèmes grecs et latins, des ouvrages historiques et 
philologiques consacrés à la glorification du monde gréco-ro- 
main, des épopées composées en l'honneur de l'Olympe; de l'au- 
tre , un art tout au service de l'Eglise et qui cherche ses héros 
parmi les prophètes, les apôtres, les martyrs. On a beau objecter 



(1) 1484. « Mercurii die jiinii secundo, demoliri sunt cœptse Vallensium sedes. 
via Pontificia , magnifiée satis constructae » (J. de Volteira, apiid Mnratori, 
t. XXIII. p. 196. Cf. Infessura, apud Eccard , t. II, pp. 1919, 19-20). 



22 SIXTE IV. 

que la ferveur a diminué, (jue les scènes deviennent de plus en 
plus profanes; on a beau relever, de loin en loin, un détail de 
costume, un ornement copié sur quelque bas-relief antique : l'en- 
semble de la production artistique n'en tranchq pas moins sur la 
production littéraire contemporaine; et c'est uniquement à la glo- 
rification de la religion que les maîtres éminents recrutés parles 
souverains pontifes consacrent leur ciseau ou leur pinceau. Quelle 
difîérence, à ce point de vue, entre Florence et Rome! Ici, toute 
une école condamnée à se mouvoir dans le champ étroit des re- 
présentations religieuses; là, une arène ouverte à toutes les fan- 
taisies : la beauté de Vénus , le courage d'Hercule, la vertu de 
Lucrèce, les hauts faits des ancêtres, ce sont là autant de thèmes 
recommandés à la vaillante phalange d'artistes groupés autour 
des Médicis. 

Les sujets profanes, même abstraction faite de l'antiquité, sont 
rares à Rome pendant la période dont nous nous occupons. Dans 
leurs relations politiques, les papes, — à commencer par Sixte, 
toujours en guerre avec ses voisins, — n'oublient jamais qu'ils 
sont des souverains temporels. Dans leurs rapports avec les ar- 
tistes, ils ne se souviennent, par un excès de scrupule, que de 
leur mission apostolique. La fiction est-elle donc plus compro- 
mettante que la réalité? Est-il plus criminel de faire éterniser par 
la peinture le souvenir d'une victoire que de prendre les armes 
et de forcer l'ennemi à combattre? Les Florentins montraient 
moins de préjugés quand il s'agissait d'appeler l'art au secours 
des passions politiques. Ils le prouvèrent bfên à Sixte, lors de la 
conjuration des Pazzi, où Julien de Médicis tomba sous les coups 
des émissaires du trop vindicatif pontife : non contents de pendre 
l'un des complices, l'archevêque de Pise, ils le firent peindre sur 
les murs du Palais Vieux, et il fallut que le pape lui-même in- 
tervînt pour faire effacer cette peinture ignominieuse. 

L'énumération des sculptures et des peintures commandées par 
Sixte [lermettra de vérifier cette loi jusque dans les moindres dé- 
tails. A la Sixtine, il fait peindre d'un côté l'histoire de Moïse, 
de l'autre celle de Jésus-Christ ; dans sa chapelle de la Concep- 
tion, à Saint-Pierre, le sujet indiqué au Pérugin est le Couronne- 
ment de la Vierge ; dans la môme basili(ine, Verrocchio exécute, 
d'après ses ordres, les statues en argent des apôtres. Les fres- 
ques de l'hospice du Saint-Esprit témoignent aussi de préoccupa- 
tions foncièrement religieuses. La représentation des miracles «[ui 
signalèrent l'enfance du futur pape y occupe plusieurs comparli- 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 23 

ments; il n'était pas encore au monde que déjà saint François 
d'Assise et saint Antoine de Padoue apparaissaient à sa mère 
pour lui ordonner de faire de sou fils un Franciscain (n° I). La 
maigreur du nouveau-né fut considérée comme l'indice de hautes 
vertus (n® IV, infans attenuato corporo... non obscuro castitatis 
omine). Parmi les actes de son pontificat, le peintre de Santo- 
Spirito célèbre tout d'abord la fondation de l'hôpital, puis la 
restauration des églises romaines. L'accueil fait aux différents 
souverains qui visitèrent les « Limina apostolorum , » la canoni- 
sation de saint Bon aventure, la confirmation des privilèges des 
ordres mendiants forment le sujet d'autres fresques. Une compo- 
sition rappelle la victoire remportée par le cardinal Olivier Caraffa 
sur les Infidèles. C'est la seule qui, pour ce règne si troublé, con- 
tienne une allusion aux exploits militaires de Sixte, et encore 
a-t-elle pour objet, non la glorification d'une victoire quelconque, 
mais celle de la guerre sainte- Bref, si nous jugions Sixte d'après 
l'ensemble de ces peintures , qui sont au nombre de trente-neuf, 
on croirait que jamais pape n'a exercé avec plus d'ardeur son mi- 
nistère évangélique. 

Les peintures de la Bibliothèque du Vatican rentrent elles-mê- 
mes dans la catégorie des compositions sacrées. La fameuse fres- 
que de Melozzo da Forli , Sixte IV nommant Platina au poste de 
préfet de la Vaticane, nous montre le pape dans l'exercice de son 
pouvoir pontifical. — On sait, en effet, que dès l'époque carlovin- 
gienne, on comptait un bibliothécaire parmi les officiers de la 
cour romaine. — A plus forte raison les portraits les docteurs de 
l'Eglise, peints dans la môme bibliothèque, offraient-ils un carac- 
tère religieux. 

Cette pudeur, en matière d'art, dura, à la cour de Rome, jus- 
qu'aux premières années du seizième siècle. En dehors des Mys- 
tères d'Osiris et d'Isis, qu'Alexandre VI, par une inspiration bi- 
zarre, fit peindre dans l'appartement Borgia , à côté de légendes 
tirées du martyrologe, il serait difficile, abstraction faite des por- 
traits, de citer une statue , une fresque, un tableau, qui n'ait pas 
pour objet immédiat la glorification de la religion. Alors même 
que Jules II et Léon X demandèrent à Raphaël de célébrer leurs 
victoires , ils reculèrent devant la représentation trop directe des 
faits : c'est sous des allusions plus ou moins transparentes que 
l'artiste dut cacher V Expulsion des Français d'Italie [Héliodore 
chassé du temple), la délivrance de Léon A', la Bataille d'Ostie, etc. 

Telle est cependant la destinée de la Ville Eternelle ([ue Sixte. 



24 SIXTE IV. 

tout eu favorisant les tendances religieuses, a beaucoup l'ait, à 
son insu, pour hâter les progrès de la Renaissance. En appelant 
aujtrès de lui les chefs de l'Ecole florentine, il les mit en présence 
des splcndides restes de l'antiquité, qui occupaient alors encore 
une si grande place sur les bords du Tibre, et leur révéla tout un 
monde nouveau. Dans leur patrie ils n'avaient eu l'occasion que 
d'étudier les statues, les pierres gravées, les médailles. Ici Ils 
virent se dresser devant eux les merveilles de l'architecture ro- 
maine : le Panthéon, le Colisée, les arcs do triomphe, les thermes, 
monuments qui frappent aujourd'hui encore de stupeur. C'est un 
des privilèges de Rome de toujours donner plus qu'elle ne reçoit et 
de payer avec usure les dettes contractées envers les étrangers. Si 
les Ghirlandajo, les Botticelli, les Filippino Lippi, les Verrocchio 
l'enrichirent de quelques chefs-d'œuvre nouveaux, que d'enseigne- 
ments ne leur offrit-elle pas en échange (1) ! De retour dans leur 
patrie, ils purent réaliser ces progrès qui aboutirent, peu d'années 
après, aux triomphes de Léonard, de Michel-Ange et de Raphaël. 
Les Ombriens eux-mêmes eurent de la peine à se soustraire à 
l'influence de cet art qui était cependant si différent du leur. Le 
Pérugin copia l'arc de Constantin dans son Saint Pierre recevant 
les clés, et chercha en outre, dans l'édifice octogonal placé au mi- 

(1) « Dicono che (D. Ghirlandajo) ritraendo anticagliedi Roina. archi, terme, 
colonne, colisei, aguj^lie, anfiteatri e acqnidott!. era si giusto nel.disegno, che 
lo faceva a occhio . senza regolo o seste o misure ; e misurandole dappoi fatte 
che l'avcva, erano giustissime , corne se e' le avesse misiirate : e ritraendo a 
occhio il Coliseo, vi fece una figura ritta appiè , che misurando quelia, tutto 
l'edificio si misurava; e fattone esperienza da' maestri' dopo la morte sua, si 
ritrovb giustissimo » (Vasari, éd. Milanesi, t. III, pp. 271, 272). 

<< In lanto vedendo Andréa [Verrocchio] che délie moite statue antiche, ed al- 
tre cose che si trovavano in Roma, si faceva grandissima stima; e che fu fatto 
porre quel cavallo di bronzo, dal papa, a San Giovanni Laterano ; e che de 
fragmenti, non che délie cose intere, che ogni di si trovavano, si faceva conto; 
délibéré d'atlendere alla scultura : e cosî, abbandonato in tutto l'orefice, si mise 
a gettare di bronzo alcune figurette, che gli furono molto lodate -, laonde , 
preso maggior animo, si mise a lavorare di niarmo » (Vasari, t. III, p. 359). 

'< Attesi continuamente in Firenze a imparare sotto la bella maniera di Mi- 
chclagnolo, c da quclla mai mi sono ispiccato. In questo tempo prcsi pratica 
e amicizia strettissima con uno gentil giovanetto di mia età, il quaie ancor 
egli stava ail' orefice ; aveva nome Francesco, figliuolo diFilippo di FraFilippo 
eccellentissimo pittore. Nel praticar insiemc, gcnerô in noi un tanto amore, 
che mai ne di ne notlc stavamo l'uno senza l'altro : e perche ancora la casa sua 
era piena di quei beili studj, che aveva fatto il suo valente padre, i quai i erano 
parccchi libri disegnati di sua manu, rilratti dalle belle anticaglie di Roma ; la 
quai cosa, vedendogli , m'ianamororno assai, e due anni incirca praiicummo 
jnsieme i (Mémoires de Benvenuto Cellini, in principio). 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 25 

lieu de la même fresque , à concilier les données antiques avec 
celles des baptistères qu'il avait eu l'occasion d'étudier en Tos- 
cane. Il répéta cet édifice hybride , avec quelques changements , 
dans son Sposalizio du musée de Gaen. Pinturicchio, de son côté, 
s'inspira, dans ses fresques de l'appartement Borgia, des modèles 
antiques qu'il avait sous les yeux. Lui aussi crut nécessaire de 
donner pour fond à une de ses compositions un arc de triomphe. 
Longtemps après, quand la victoire de la Renaissance fut assurée 
en tous lieux, il mit à profit, dans ses fresques de la bibliothèque 
du Dôme de Sienne, les notes qu'il avait recueillies à Rome, et 
composa, d'après ces modèles, des ornements d'une élégance re- 
marquable. 

Si, dans le choix de ses architectes. Sixte n'a pas fait preuve de 
cette sûreté de coup d'oeil à laquelle on était en droit de s'atten- 
dre , en revanche, lorsqu'il s'agit de désigner les sculpteurs et les 
peintres qui auraient l'honneur de travailler pour lui , on ne peut 
que le féliciter de son discernement. Disons tout de suite que ces 
sculpteurs ne furent pas nombreux ; l'histoire ne cite que deux 
noms ; il est vrai que ce sont ceux de deux maîtres , Verrocchio 
et Pollaiuolo. Peut-être Sixte partageait-il contre la statuaire les 
préjugés qui dominèrent bon nombre de ses prédécesseurs. Dans 
tous les cas, si, pendant le règne de Paul II et de Pie II, cet art 
l'avait emporté sui- la peinture , sous Sixte les rôles s'intervertis- 
sent, et ce n'est que de loin en loin que l'on voit exécuter par son 
ordre une statue ou un bas-relief. 

Quant aux peintres qu'il appela près de lui, ils forment légion, et 
la plupart d'entre eux comptent parmi les premiers que l'Italie pos- 
sédât alors. A l'exception de Mantègne, retenu h la cour des Gon- 
zague, et de Benozzo Gozzoli, absorbé par la décoration du Gampo 
Santo de Pise, il serait difficile de citer un homme supérieur qui 
ait été négligé par le pape. Ses prédécesseurs immédiats, Paul II 
et Pie II, s'étaient trop facilement contentés des artistes médiocres 
fixés à Rome. Sixte, s'inspirant de l'exemple de Nicolas V, réso- 
lut, eu égard à l'insuffisance de la colonie romaine, de faire appel 
à ceux qui représentaient alors avec le plus d'éclat l'Ecole floren- 
tine, l'Ecole florentino-ombrienne, l'Ecole ombrienne. Peu lui 
importaient leurs tendances; il suffisait, pour que, réalistes ou 
idéalistes, ils eussent droit à sa faveur, qu'ils se distinguassent 
de la foule par quelque qualité transcendante. Il n'y a certes pas 
peu de mérite à avoir discerné , au milieu de tant d'artistes habi- 
les , des talents hors ligne tels que Melozzo da Forli , le Pérugin , 



26 SIXTE IV. 

Pinturicchio, Domenico Ghirlandajo, Botticelli, Filippiiio Lippi, 
Signorelli. Quant à leurs collaborateurs, Cosimo Rosselli, Piero 
di Cosimo, Fra Diamante, Antonazzo, si la postérité les a jugés 
avec une certaine sévérité, ils jouissaient auprès de leurs contem- 
porains d'une grande réputation, qui justifie la confiance dont le 
pape les honora. 

M. Rio insiste sur la mission en quelque sorte providentielle 
qu'était appelée à remplir à Rome une école nouvelle, imbue 
des traditions les plus pures et née dans les Etats mêmes de 
l'Eglise, non loin de ce sanctuaire d'Assise, qui joue un si grand 
rôle dans l'histoire de l'art chrétien. « Cette école , ajoute-t-il , 
était l'Ecole ombrienne, dont Sixte IV avait vu, pour ainsi dire, 
éclore les premiers produits pendant qu'il habitait , comme géné- 
ral des Franciscains , le couvent de cet Ordre , h Pérouse (1). » 

Le rapprochement fait par Rio est ingénieux , et nous admet- 
tons volontiers que le futur pape ait eu l'occasion d'admirer à 
Pérouse le talent naissant du Pérugin. Mais il favorisa ce maître 
comme il en favorisa tant d'autres, en considération de sa valeur 
personnelle plutôt qu'en considération des tendances dont il était 
le représentant. Sous ce dernier rapport , tout nous autorise à 
l'affirmer, le pape resta toujours un éclectique. 

Sixte , qui se connaissait si bien en hommes , comme son ne- 
veu Jules 11, ne semble pas avoir fait preuve de la même fermeté 
de jugement vis-à-vis des œuvres elles-mêmes. Georges Vasari 
nous raconte , au sujet de la décoration de la chapelle Sixtine , 
une anecdote bien caractéristique. A la suite d'un concours ou- 
vert entre les maîtres attachés à cette entreprise gigantesque, 
le pape décerna le prix au plus obscur d'entre eux , à Cosimo 
Roselli , parce que ses peintures étaient les plus riches , c'est-à- 
dire les plus chargées d'or et d'azur (2). Rio, il est vrai, qui a 

(1) De l'art chrétien, nouv. éd., t. II, p. 56, 57. 

(2) « Dicesi che il papa aveva ordinato un premio, il quale si aveva a dare a 
chi meglio in quelle pitture avesse, a giudizio d'csso pontefice, operato. Finite 
dunque le storie , andô Sua Santità a vederle, quando ciascuno de' pittori si 
era ingcgnato di far s\, che méritasse il detto premio e l'onore. Aveva Cosimo, 
sentendosi debole d'inveiizione e di disegno, cercato di occiiltare il suo defeUo 
con far coperta ail' opéra di finissimi azzurri oltramarini e d'altri vivaci colori, 
e con niolto oro illuminata la storia, onde ne albero, né erba, ne panno, ne nu- 
volo vi era che himeggiato non fusse ; facendosi a credere che il papa, corne 
poco di queir arte intendente , dovesse perciù dare a lui il premio délia vitto- 
ria. Venuto il giorno che si dovevano l'opère di tutti scoprire, fu veduta anco 
la sua , e con moite risa e motti da tutti gli altri artefici schernita e beffata , 
uccellandolo tutti in carabio d avergli compassione. Ma gli scherniti iinalmente 



NOTICE PRELIMINAIRE. 



27 



apporté dans ses études tant de préoccupations étrangères à l'art , 
s'est élevé contre l'assertion du biographe. « Lors même , dit-il , 
que cette maligne anecdote , évidemment hostile à la mémoire 
de Sixte lY, qui n'aimait pas les Médicis , ne serait pas réfutée 
par les peintures encore subsistantes de Gosimo Roselli , la con- 
texture du récit suffirait pour prouver que le biographe a voulu 
donner carrière h son imagination rancunière (1). » Nous avons 
de la peine , en ce qui nous concerne , à croire à un tel man- 
que de probité intellectuelle de la part de Vasari. Le biographe, 
accusé d'aA'oir voulu bassement faire sa cour aux Médicis en dé- 
nigrant un adversaire de leur famille , mort depuis près de trois 
quarts de siècle, n'a pas ménagé à Sixte, en dix endroits dif- 
férents, l'expression de son admiration (2). S'il a signalé , sur un 
point spécial, ce manque de goût, d'ailleurs commun à beaucoup 
d'amateurs du quinzième siècle (3) , c'est que quelque tradition 
bien établie l'y autorisait, l'y forçait. Je vais plus loin : l'examen 
des fresques de la Sixtine nous révèle , à la charge du pape , une 
autre erreur tout aussi grave. Désirant, dans ce vaste cycle nar- 
ratif, multiplier le plus possible les faits (et partant les enseigne- 
ments) , il induisit les artistes à violer la loi de l'unité d'action et 
à accumuler dans le même cadre jusqu'à trois ou quatre scènes 
distinctes. C'est ainsi que dans l'une des compositions on voit, à 
droite. Moïse tuant l'Egyptien ; au centre , Moïse et les filles de 
Jethro; à gauche , Moïse chassant les pasteurs de Madian. Dans 
une autre , le Christ est représenté quatre fois , dans quatre actes 
différents de son ministère. Et encore si ces épisodes étaient sépa- 
rés, ne fût-ce que par un pilastre, ou des baguettes dorées, comme 
chez les primitifs 1 Mais les ordres du pape étaient probablement 

furono essi ; perciocchè que' colori , siccome si era Cosimo imaginato , a un 
tratto cosi abbagliarono gli occhi del papa, che non molto s'intendeva di simili 
cose . ancorachè se ne dilettasse assai , che giudic5 Cosimo avère molto meglio 
che tutti gli altri operato. E cosi fattogli dare il premio, comandô agli altri che 
tutti coprissero le loro pitture dei migliori azzurri che si trovassero e le toc- 
cassino d'oro, acciocchè fussero simili a quelle di Cosimo nel colorito e nell' 
essere ricche. Laonde i poveri pittori, disperati d'avere a soddisfare alla poca 
intelligenza del Padre Santo , si diedero a guastare quanto avevano fatto di 
buono. Onde Cosimo si rise di coloro che poco innanzi si erano riso del fatto 
suo » (Ed. Milanesi, t. III , p. 188, 189). 

(1) De l'art chrétien, t. II, p. 73. 

(2) Vies de Baccio Pontelli , du Pérugin (Papa Sisto , corne quelle che am6 
sempre i virtuosi), etc. 

(3) Sur le rôle que l'or et l'azur jouaient, à l'époque de la Renaissance, dans 
les commande de peintures, voy. notre Raphaël, p. 59. 



28 SIXTE IV. 

formels, car pas un des collaborateurs, sauf Gosimo Roselli, 
dans son. Passage de la mer Rouge , n'a osé rompi-e avec ces erre- 
ments déplorables. Le sujet principal disparaît au milieu d'épiso- 
des secondaires ; là où l'on cherche une idée unique, savamment 
développée et rjthmée , on se trouve en présence de détails 
surabondants et confus; la composition devient inintelligible parce 
qu'elle veut trop dire. Le Pôrugin , qui l'aurait cru ? a le mieux 
su triompher de ces difficultés : sur les trois scènes qu'il était 
chargé de représenter dans un des compartiments, il en a relé- 
gué deux au fond, laissant l'autre, la Remise des clés , se déve- 
lopper librement sur le premier plan. 

Que de fois le vieux pontife, pressé de jouir de ces merveilles, 
n'a-t-il pas dû gravir les échafaudages de la Sixtine pour inciter 
les artistes , suppliant et menaçant tour à tour ! Ses vœux sem- 
blent avoir été exaucés; tout nous autorise à croire que la déco- 
ration de sa chapelle favorite fut terminée avant sa mort. 

Telle était chez Sixte la fièvre d'organisation qu'il voulut régle- 
menter non seulement l'art , mais encore les artistes. Il ordonna 
aux peintres fixés à Rome de se réunir, d'élaborer des statuts , de 
former une de ces corporations auxquelles on donnait indifférem- 
ment le nom d'Académies ou d'Universités. Une trentaine de 
maîtres répondirent à son appel , et il prit sous sa protection l'in- 
stitution naissante, qui devint si célèbre dans la suite sous le titre 
d'Académie de Saint-Luc. Nous étudierons dans un paragraphe 
spécial ses statuts primitifs , qui furent rédigés en 1478 (1). 

Mais, pour jouir de sa bienveillance, il fallait que les membres 
de la corporation restassent ses sujets dévoués, bien plus, respec- 
tueux. Sinon , leur qualité d'artistes ne les protégeait pas contre 
les emportements de l'inexorable Sixte. L'un d'entre eux, Antonio 
di Giuliano, en fit la triste expérience. Lors du siège de Cavi, dont 
la prise tenait fort à cœur au pape, il composa un panorama dont 
l'exactitude remplit d'admiration Rome entière. On y voyait, 
tente par tente, le camp des assiégeants, avec ses batteries ; on re- 
connaissait jusqu'aux différents corps de troupes. Sixte entendit 
parler de ce chef-d'œuvre, et ordonna qu'on le lui apportât. Hon- 
neur périlleux pour le pauvre artiste ! Plus clairvoyant ou plus 
irascible que les autres , le souverain pontife remarqua un détail 



(1) Une autre corporation, celle des massiers pontificaux {Servientes armo- 
rum) , qui comptait parmi ses membres un si grand nombre d'artistes, reçut 
de Sixte IV l'église de San Gregorio de Cortina, aujourd'hui détruite (Torrigio. 
Le sacre Grotte Vaticane, p. 188). 



NOTICE PRÉr.rMINAIRE. 29 

quelque peu libre qui leur avait échappé ou dout ils n'avaient fait 
que rire ; il crut y découvrir un trait dirigé contre son neveu , le 
comte Girolamo Riario, et sa colère fut sans bornes. Ordre d'ar- 
rêter le coupable, de lui administrer dix coups de corde, de mettre 
à sac sa maison et finalement de le pendre. Sur les remontrances 
de son entourage , il consentit à lui faire grâce de la vie , mais à 
condition qu'il sortirait, dans le délai de quatre jours, des terres 
de l'Eglise (1). 

Quelle que fut l'importance des ouvrages d'architecture, de 
sculpture , de peinture entrepris par Sixte IV, il ne négligea pas 
ces auxiliaires charmants, qui sont si bien faits pour compléter les 
productions du grand art , et qui, à l'époque de la Renaissance, 
ont formé avec celles-ci un ensemble si vivant et si harmonieux. 



(1) 1484. « Alli 23 (Luglio) fu pigliato Antonio figlio di Giuliano pittore, per- 
che aveva dipinto Cave in una carta, e fagli dato due tratti di corda , e gli fu 
tolta tutta la roba a lui , et a suc padre, e gli diedero bando, che fra quattro d\ 
uscisse délie terre délia Chiesa » (Notaire de Nantiporto, li. l. S., t. III, 2' par- 
tie, p. 1087). 

1481 , 23 juillet. « Et aaco in detto di accascô in Roma che un pittore gio- 
vane , che aveva lo padre e abitava in Monte Giordano , dipinse in carta da 
coro grande la Terra di Cacci, come, e in che modo stava fatta; e dipinse i pa- 
diglioni e le tende e lo campo délia Chiesa in che modo e luogo stava posato. 
Insuper vi dipinse le bombarde in che modo avevano bombardato , e tutto lo 
di bombardavano, e anco lo Signore Antonello co i suoi compagni in che modo 
davano bataglia, e facevano preda. E traie allre cose vi dipinse, mentre il conte 
Jeronimo attendeva a queste battaglie, una femmina che stava présente in quel 
campo e si faceva lavorare da un Frate di San Francesco. La quale pittura 
venendo a notizia del Papa per voler vedere le cose come passavano, e in che 
partito stava Cacci e lo campo, mand5 per questa carta, e videlaepiacquegli lo 
disegno. Ma poi che vide, che nello combattere, quelli délia Chiesa erano sem- 
pre perditori, e che lo Signore Antonello e gli altri si mostravano cosi gagliardi, 
e quelli délia Chiesa sempre perdere, si turbè in se medesimo. Alcuni dicono, 
che si turbô , quando vide quelle atto vituperoso di quelia femmina e di quel 
Frate, che la laborava , stimando forse quello esseie fatto per la moglie del 
conte, in continenti comand6, che quello pittore fosse pigliato e imprigionato, 
e datigli dieci tratti di corda ; e dopo la mattina seguente fosse impiccato, e la 
casa sua fosse messa a sacco. E cosi fu fatto, eccetto che non fu impiccato, 
perche fu scusato per pazzo » (Infessura, R. l. S., t. III, 2» partie, p. 1178J. 

Rio, qui n'a connu que le récit d'Infessura, a commis une erreur manifeste 
en disant que le premier mouvement du pape fut d'ordonner que le coupable 
fût pendu et sa maison mise au pillage ; mais que, avant que ses ordres fussent 
exécutés, il se laissa persuader qu'il était fou et lui accorda son pardon (De 
l'art chrétien, t. II, p. 84). L'artiste, les deux témoignages sont d'accord sur 
ce point, n'échappa qu'à la potence, non aux autres peines prononcées contre 
lui. 



30 SiXTE IV. 

11 encourage les inédailleurs et les graveurs do monnaies, com- 
mande de riches verrières historiées, des meubles en marqueterie, 
achète des joyaux, des broderies, des tapisseries du plus grand 
prix. Les productions de la céramique elles-mêmes ne le laissent 
pas indifférent (1). Si, en montant sur le trône, il avait protesté 
contre le luxe de son prédécesseur Paul II , il ne tarda pas à re- 
venir à d'autres sentiments : bientôt nous le voyons racheter au 
poids de l'or ces joyaux qu'il avait vendus pour une somme déri- 
soire aux Médicis. Rien ne lui parut plus trop riche , trop somp- 
tueux pour le chef de la chrétienté. Vers la fin de sa vie, en 1484, 
il se fit faire une tiare qui ne le céda guère à celle de Paul II , et 
qu'un contemporain estime 110,000 ducats d'or, environ 5 mil- 
lions et demi de francs. Il n'avait pas encore achevé de payer les 
joailliers lorsque la mort le surprit. 

Par une contradiction dont les exemples sont assez fréquents 
dans l'histoire de la papauté, Sixte, si magnifique pour lui et pour 
les siens, essaya do ramener ses sujets à la simplicité de l'âge 
apostolique. Il renforça les dispositions de l'édit somptuaire pro- 
mulgué par son prédécesseur. 

Une cour nombreuse et brillante assistait Sixte dans sa grande 
œuvre de réorganisation et de propagande. LesRiario, les Basse, les 
délia Rovere y occupaient naturellement le premier rang. C'est par 
eux que nous commencerons l'étude de ces auxiliaires dont les 
fondations ont parfois rivali.^ô avec celles du pape lui-même. 

Etant donné l'organisation de l'Etat pontifical, le népotisme, 
— du moins renfermé dans de certaines limites, — constituait un 
véritable moyen de gouvernement. La politique même conseillait 
de réserver aux parents du souverain pontife le rôle brillant et 
facile de dispensateurs de ses largesses , de surintendants de ses 
bâtiments, d'organisateurs des réjouissances publiques. A eux de 

(l) 1478 (?), 8 avril. « Sixtus P. IV. Dilectefili, salutern et apostolicam bene- 
dictionem. Vasa fictilia clegantissime elaborata , quîe tua nobilitas jam nobis 
misit, animo perlibenter suscepimus. Fuere autem eo gratiora, quo ex optimo 
animo tuo noviinus provenisse. Argumentum id quidem et devotionis et sin- 
cerae fidei erga nos tuae -, tamctsi id de te seniper nobis persuasimus. 

« Nos profecto hoc timm munus ita suscipimus, ita carum habemus, ut non 
rem fictilem, sed vel auream et vel argenteam puteinus. Itaqiie nobiliiatein ip- 
sam tuam in Uomino pluriinum corn men dam us. — Datum Romse apud S. Pe- 
trum, sub anulo piscatoris, die XIII ajinilis MCCCCLXXXVIll (sic), Pontifica- 
tus nostri anno septimo. — Dilecto filio nobili viro Costantio Sfortiae, Pisauri 
in tempo rai i bus Vicario nostro • (Ugolino, Sloria dei Conli e Duchi d' Urbino , 
Florence. 1859, t. II. p. 530). 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 31 

conquérir au pape rognant, par leur magnificence, les sympathies 
populaires. Dépassaient-ils la mesure, dans ces fonctions d'un ca- 
ractère essentiellement laïque, — et cela leur arriva plus d'une 
fois, — le peuple romain , directement intéressé à leurs prodiga- 
lités, se gardait bien de protester, et dans tous les cas la dignité 
du chef de la chrétienté n'en recevait nulle atteinte. Leur clien- 
tèle augmentait en raison de la richesse des palais qu'ils éle- 
vaient, en raison de l'éclat de leurs fêtes. Vis-à-vis des provinces 
de cet empire sans limites, les parents du pape avaient à remplir 
une mission analogue. La plupart d'entre eux possédaient de 
nombreux bénéfices, non seulement en Italie, mais encore en 
Espagne, en France, en Allemagne ; parfois même ils étaient ti- 
tulaires d'évèchés ou d'archevêchés qui ne reçurent jamais leur 
visite (un des neveux de Sixte IV administrait jusqu'à seize dio- 
cèses). Pouvaient-ils se dispenser de donner quelque marque 
d'intérêt à des ouailles qui acceptaient si facilement leur lointain 
patronage, et cet intérêt, pouvaient- ils le témoigner mieux que 
par la fondation de monuments destinés à perpétuer le souvenir 
de leur munificence ? C'est ainsi que Monteûascone et Lorette , 
Turin et Avignon, et bien d'autres villes encore, furent redeva- 
bles de constructions importantes aux délia Rovere et aux Riario. 
Il serait facile de multiplier ces exemples. On sait que plus tard, 
sous Léon X, la Transfiguration , de Raphaël , et la Résurrection 
de Lazare ^ de Sébastien del Piombo , durent leur origine à des 
obligations de même nature. Le cardinal de Médicis, mis en pos- 
session du riche archevêché de Narbonne, ne crut pouvoir se 
dispenser d'envoyer un souvenir aux fidèles de son diocèse , et 
commanda à' leur intention ces deux chefs-d'œuvre de la pein- 
ture. 

Sixte comprit à merveille le secours qu'il pourrait tirer du népo- 
tisme, et sa famille, nous nous plaisons à lui rendre cette justice, 
le seconda avec un rare empressement. Quelle exubérance de vita- 
lité et d'énergie chez ses innombrables neveux, le ban et l'arrière- 
ban des délia Rovere, des Riario et des Basso, appelés par un coup 
de fortune inespéré au partage des trésors de l'Eglise ! Jamais, de- 
puis le moyen âge , Rome n'avait vu gent plus avide d'honneurs, 
de pouvoir, d'argent , ni aussi , il faut l'ajouter , plus capable de 
soutenir son nouveau rôle. Jamais , non plus , pape ne s'était 
passionné au même point pour la grandeur do sa mais:)n. Excessif 
en tout , cet homme sans aïeux, dont la vie s'était passée au mi- 
lieu de privations de toute sorte , rêva des trônes pour les siens. 
Il ouvrit cette période de luttes dynastiques où la papauté faillit 



32 SIXTE IV. 

sombrer. Alexandre VI put s'autoriser de son exemple , lorsqu'il 
s'efforça de créer un royaume pour son fils : César Borgia ne fit 
que continuer à son profit l'œuvre de Girolamo Riario. Encore si 
Sixte s'était contenté d'allier les siens à des familles souveraines 
et de préparer leur grandeur par dos moyens pacifiques , comme 
il le fit pour son neveu Jean , dont le fils devint l'héritier du 
duché d'Urbin ! Mais il voulut leur tailler des Etats dans l'Etat 
pontifical , ou même arrondir leurs possessions aux dépens de ses 
voisins. Do là les guerres qui ensanglantèrent son règne. Mieux 
inspiré, il aurait compris que, s'il pouvait impunément prodiguer 
aux siens les honneurs et les richesses, il devait soigneusement 
les tenir à l'écart du gouvernement politique, et à plus forte raison 
leur interdire les convoitises territoriales. Les Romains montrè- 
rent bien le prix qu'ils attachaient à cette distinction. Lorsque le 
cardinal Pierre Riario, dont les folles dépenses avaient épuisé en 
deux ans le trésor pontifical, mourut, la population tout entière 
suivit en pleurant son cercueil (1). C'est que ce personnage n'avait 
demandé que de l'argent. Par contre, à la première occasion favo- 
rable , elle mit à sac le palais du frère de Pierre , le comte Giro- 
lamo , au profit duquel Sixte avait constitué l'Etat de Forli et 
d'Imola? Mais quel est l'ambitieux qui a jamais profité des le- 
çons de l'histoire ? 

Un écrivain, avec lequel nous avons souvent le regret de nous 
trouver en désaccord, Rio, nous trace de Jérôme Riario, chef de la 
branche des Riario Sforza, deNaples, aujourd'hui encore existante, 
un portrait vraiment flatté. « Quoiqu'il ait eu, dit-il, une large part 
de l'odieux attaché au népotisme de Sixte IV, il faut bien se garder 
d'admettre tous les reproches dont les partisans des Médicis ont 
chargé sa mémoire. Platina , qu'on n'accusera pas d'excès d'in- 
dulgence, dit qu'il ne fut subjugué par aucune passion mauvaise, 
et que la seule qui lui fit oublier quelquefois ses habitudes de 
calme et de modération était la chasse (2). L'historien de Forli 



(1) « Dell' anno 1474, quinta mensis januarii, mori lo cardinale di Santo 
Sisto, e fu altossicato ,- e cosî facemmo fine aile nostre feste ; délia quai morte 
ogni uomo se ne pianse, e dolse a tutti. Lo corpo suo fu sepolto in Santi Apos- 
toli » (lufessura, lierum it. Scriptores, t. III, '2' partie, p. 1144). 

(2) Rio partage ici l'erreur de beaucoup d'écrivains, qui attribuent à Platina 
la vie de Sixte IV, rodigce trois quarts de siècle plus tard. Les Vilx de Platina, 
qui mourut d'ailleurs avant Si\te IV, s'arrêtent au prédécesseur immédiat de 
ce pape, Paul II (voy. l'édition de 1485) ; les biographies suivantes sont toutes 
l'œuvre de Panvinio. 



NOTICE PRÉLLMI CAIHK. 33 

(Marchesi) , qui est encore moins suspect , attribue la ruine Je 
Riario à l'excessive abondance de ses aumônes, à l'imprévoyance 
avec laquelle il dotait une foule d'établissements pieux, sans dis- 
continuer ses bienfaits dans les temps de disette, pendant lesquels 
il nourrissait lui-mômc ses propres sujets avec les blés qu'il fai- 
sait venir , à grands frais , des pays lointains. A côté de cette 
figure noble et sévère , il faut citer celle de l'intrépide Catherine 
Sforza, son épouse, » etc. (l). 

Si nous interrogeons , au contraire , les contemporains de Jé- 
rôme Riario, ils nous montreront en lui un homino dur et cu- 
pide (2), qui mérite à peine de prendre rang dans la galerie d'ama- 
teurs distingués appartenant à la famille de Sixte IV. A Rome, il 
ne signala son passage que par la construction de son palais du 
champ de Mars, situé sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui 
le palais Altemps (3). 

Le frère du comte Jérôme , Pierre Riario , cardinal du titre de 
Saint-Sixte, s'est, malgré sa fin prématurée, assuré une place 
plus considérable dans les annales de l'art et surtout dans celles 
du faste. Simple moine franciscain , il ne comptait que vingt-six 
ans lorsque son oncle, l'année même de son avènement, en 1471, 
le promut au cardinalat , et lui assura des revenus énormes , 
60,000 ducats d'or (4). Le vertige le prit , et à partir de ce moment 
son existence ne fut plus qu'une suite de prodigalités , de folies , 
de débauches. C'était , dit un de ses biographes , le plus grand 
bourreau d'argent qu'on pût trouver. Dans l'espace de deux ans , 
il dépensa 200,000 ducats d'or , rien que pour son train de mai- 
son, et en emprunta 60,000. Il mourut à vingt-huit ans, épuisé 
par ses débauches, et fut surtout regretté des marchands, 



(i) De l'art chrétien, t. II, p. 82. 

(2) En 1484, il frappa de son autorité privée les « scrittori apostolici » d'une 
contribution de 1000 ducats (Infessura, apud Eccard, t. II, p. lOlb). 

(3) Gregorovius, Storia délia citlà di Roma , t. VII, p. 767. Voy. plus loin , 
au sujet de la construction de ce palais, l'anecdote rapportée par Lucas Pa- 
cioli. Lors de la mort de Sixte IV, en 1484, le palais fut mis à sac par les Ro- 
mains, qui enlevèrent jusqu'aux barreaux des fenêtres, jusqu'aux chambranles 
de marbre des portes : « Eadeni die et mane multi juvenes accesscrunt armati 
ad domum Comitis Hieronymi ... dictam donium ceperunt, illunique de resi- 
duo, quod ibi erat, dirubaverunt, atqiic destruxerunt, vastantes et destruentes 
mazzis ferreis portas et fenestras marmoreas , et omnia, qua; inde potueruiU, 
exlraxerunt. 'Viridarium et arbores penitus destruxerunt , prout de priesenti 
vidcri potest, quod nullum ei ostium sive fenestra relicta est » (Infessura, apud 
Eccard, Corpus hisloricum, t. II, p. 1942, et Muratori, p. !185). 

(4) Gregorovius, Storia délia città di Roma, t. VII, p. 274. 

3 



34 SIXTE IV. 

dont l'étalage se renouvelait fréquemment, grâce à lui (1). 
La magnificence de Pierre Riario devint proverbiale. Depuis 
l'antiquité , Rome n'avait plus vu luxe pareil. Les poètes déses- 
péraient de trouver des images assez brillantes, des épithètes assez 
pompeuses pour célébj-er sa libéralité sans bornes. Politien l'ap- 
pelle un dieu. Si la récompense avait répondu à son attente, l'ami 
de Laurent le Magnifique n'aurait pas tardé , il nous l'apprend 
lui-même, à le comparer à Jupiter (2). Mais le cardinal, une fois 
du moins dans sa vie , fit preuve d'esprit et se contenta de remer- 
cier son panégyriste. Les remerciements , c'était là une monnaie 
dont les humanistes se montraient fort prodigues , mais qu'ils 
n'aimaient guère à recevoir. Rien de plus humiliant que les plain- 
tes de Politien : 



Credebam démens Xistum mihi verba dédisse ; 

Fallebar, vates nam mihi verba dabam. 
Nil queror ; insanis mos est dare verba poetis : 

Di faciant ne sis, Xiste, poeta mihi (3). 

Nous aurons l'occasion de décrire plus loin les fêtes splendides 
données par le cardinal de Saint-Sixte. Ici nous devons nous oc- 
cuper de ses fondations artistiques. Parmi elles, on cite surtout 
la restauration des Saints-Apôtres et la commande des célèbres 



(t) « [Sixtus IV] Petrum ante omnes ejusdem ordinis ac patriae, quem a 
puero unà cum Hieronymo fratre sibi educaverat, ad cardinalatum usque pro- 
vexit : virum alioquin natum perdundae pecuniœ. Nam biennio quo tantum 
post ea vixit CC aureorum miilia, in luxu victitando solum absumpsit , LX 
millia seris alieni, argentorum item CGC pondo dimisit. Decessit tabidiis vo- 
luptate annorum XXVIII, opificibus maxime desideratas, quorum officinas 
novis semper lucris et operibus replebat » (Raphaël Maffei de Voiterra, Rerxttn 
urbanarum commenlarii, liv. XXII). 

(2) An quisquam neget esse deum te, Xiste, tenentem 

Imperium terris imperiumque polo? 



Est juvenis, te, Xiste, colit, veneratur amatque 

Spes sibi tu prima es, primaque cura sibi ; 
Nec malus est vates, nec pessima carmina condit, 

Sed nullo hic vates est tamen aère gravis. 

Dicenti te, Xiste, deum si dona dédisses 
Quse peliit, jam te diceret esse Jovera. 
(Prose volgari inédite e Poésie latine e greche édite ed inédite di Angelo Am- 
brogini Polixiano , éd. I. del Lungo, Florence, 1867, p. 112-114). 
(3) Loc. cit. 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 35 

fresques de Melozzo da Forli dans la tribune (la coupole) de cette 
église (1). 

Un troisième frère, Octavien Riario, fut nommé évêque de Vi- 
terbe. Nous ignorons les services qu'il a pu rendre à la cause des 
arts. 

Julien délia Rovere , nommé cardinal en même temps que 
Pierre Riario, formait avec son cousin le contraste le plus sai- 
sissant. Déjà perçaient en lui les défauts qui , joints à de très 
hautes qualités , devaient rendre si fameux le nom de Jules II. 
Son contemporain Jacques de Volterre nous le dépeint comme 
un homme opiniâtre, peu lettré, et, ajoute-t-il, peu intelli- 
gent (2). Mais il se plaît par contre à reconnaître l'ardeur qu'il 
apporta dans ses fondations , comme aussi une libéralité non 
affectée, un luxe de bon aloi (3). Un autre témoignage nous 
montre le jeune cardinal représentant, une fois au moins dans sa 
vie , la modération dans cette famille célèbre par la violence de 
ses emportements. Lors des troubles qui signalèrent la fin du 
règne de son oncle, il opina, mais sans succès, pour les mesures 
de conciliation, et se posa en adversaire de son féroce cousin 
le comte Jérôme Riario (4). A cette époque, Julien savait d'ail- 
leurs se plier à de certaines exigences. Il y eut même une occasion 
où il se montra parfait courtisan. Gomme son oncle aimait à faire 



(1) « Il deUo pittore... mise molto studio e diligenza in fare gli scorti , corne 
si puô vedere in Sanl' Apostolo di Roma, neila tribuna dell' altar maf^-iore 

la quale (opéra) gli fu fatta fare dal cardinale Riario, nipote di papa Sisto IV 
dal quale fu molto rimunerato « (Vasari, éd. Milanesi, t. III, p. 52). — Le 
mausolée de Pierre Riario orne l'Eglise des Saints Apôtres. Il est gravé dans 
les Chefs-d'œuvre de la sculpture religieuse à Rome, à l'époque de la Renais- 
sance, de Tosi et Barbier de Montault, pi. xxvii, xxviu. 

(2) 1480. « Ad nonam mensis junii, quee Veneris dies fuit, abiit in legatio- 
nem gallicanam Julianus episcopus Sabinensis, cardinalis Sancti Pétri ad Vin- 
cula... Vir est naturse duriusculae, ac uti ingcnii, mediocris literaturse. Census 
sacerdotiorura magni, supellex auipla, vasorum argenteorum vis niaxima. Ec- 
clesias fere omnes, et cœnobia suae curae et ministerio commissa inslauravit, 
et lapsa restituit. Basilica sanctorum Apostolorum et conjunctae sedes, quas 
inhabitat, et templuin venerandum Sancti Pétri ad Vincula, argumente omni- 
bus esse possunt » {R. l. S. de Muratori, t. XXIII, p. 107). 

(3) 1483 (A propos de la réception du pape à Osliei. « Ita in omnem partem 
ekicet magis quotidie cardinalis Sancti Pétri muniûcentia et liberalitas ; non 
illa quidem affectata, ut in plerisque cognoscimus, sed ingeima, sine fuco, sine 
arte, ut facile Xisti pontificis nepotem possis agnoscere * {Ibid., p. 190, 191). 

(4) Infessura, apud Eccard, t. II, p. 1923. Voy. aussi Brosch, Papst Julius H 
und die Griindung des Kirchenstaates. Gotha, 1878, p. 24. 



36 SIXTE IV. 

des excursions le long du Tibre, et surtout à Ostie , il le surprit 
par le don d'un magnifique bucentaure, qu'il avait fait construire 
pour lui à Pise, et qui était destiné à lui rendre ses voyages plus 
agréables. Le vieillard se montra fort touché de cette atten- 
tion (1). 

A Rome, Julien dclla Rovere s'imposa tout d'abord la conti- 
nuation des travaux entrepris à Saint-Pierre-cs-Liens par son on- 
cle, et aux Saints-Apôtres par son cousin Pierre Riario. Le por- 
tique de cette dernière église est, ainsi que le cloître adjacent, son 
ouvrage, comme le prouvent ses armoiries et l'inscription TVL. 
CAR. S. P. AD. VINC. En dehors de la capitale, Julien s'occupa, 
en 1479, de la restauration du portique de l'église Sainte- Agnès 
sur la Via Nomentana, et , à partir de 1483, de celle de la forte- 
resse et de la citadelle d'Ostie. Quant aux travaux entrepris par 
ses ordres à Grotta-Ferrata, ils semblent seulement dater du règne 
d'Innocent VIII (2). 

D'après Vasari , l'architecte auquel le cardinal confia la recons- 
truction de la citadelle d'Ostie et du palais de Saint-Pierre-ès- 
Liens, comme aussi dans la suite l'édification du palais de Sa- 
vone, fut Giuliano da San Gallo. 

Un des frères de Julien , Bartolommeo délia Rovere , évêque 
de Ferrare, et patriarche d'Antioche, ne nous est connu, en tant 
que Mécène , que par une médaille de Spcrandio , sur laquelle 
il est représenté en buste, avec l'inscription a. BARTHOLO- 
MEVS DE RVVKR. EPS. FERRARIEN. SIXTI PP. IIII. 
ET G. (Variante : S. OR). — r). OPVS. SPERANDEI. ANNO. 
MGGGCLXXIIII (3). 

Deux autres frères, Léonard et Jean, furent successivement 
nommés préfets de Rome . Le premier , auquel son mariage avec 
la fille naturelle du roi de Naples valut le titre de duc de Sora , 
ne jouit pas longtemps de ses dignités : il mourut en 147r) au pa- 
lais de Saint-Pierre es Liens. C'était, dit Infessura, un homme 
d'une stature exiguë et d'une intelligence encore plus bornée (4). 



(1) 1483. « Vidit (Sixtus IV) bucinctoriara navim , quam fabricari jusserat 
Pisis cardinalis Sancti Pétri pro coramodiore pontilicis navigatione. quuin ali- 
quando Ostiam , vel alio vellct proficisci. Placiiit el cardinalem commendavit » 
{Ibid., p. 189). 

(2) Voy. Reumont, Geschichle der Sladt Rom, t. III, l" partie, 409. 

(.3) Armand, Les médailleurs italiens des quinsième et seizième siècles, p. 49; 
et Friedlander, dans le Jahrbiich der Kôniglich proussischen Kunstsammlungen , 
1881, t. II, p. 39, pi. XII. n" 14. 

(4) Eccard, Corpus historiaim médit xvi, t. II, p. 1895. 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 



37 



Jean, au contraire, l'époux de Jeanne de Montefeltro, la fllle et 
l'héritière de Frédéric d'Urbin , se signala par son audace aussi 
bien que par sa magnificence. Cet homme, qui n'hésitait pas, à 
l'occasion, à se faire voleur de grand chemin , — il enleva, en 
1494, à main armée, les 40,000 ducats que le sultan envoyait cha- 
que année au pape Alexandre VI (I), — couvrit sa résidence, Si- 
nigaglia, de constructions splendides , et lui rendit l'éclat qu'elle 
avait eu du temps des Romains. L'architecte et l'ingénieur dont 
il se servit n'était autre que Raccio Pontelli ; tout nous autorise 
à croire que ce fut sous ses auspices que celui-ci entra en re- 
lations avec la cour pontificale. 

Nous n'avons pas épuisé la liste de ceux des neveux de Sixte IV 
qui furent appelés à prendre part à ce brillant tournoi artistique. 
Dans l'espace de deux années, en 1477-1478, le pape revêtit de la 
pourpre quatre des siens, et parmi eux un adolescent de dix-sept 
ans, Raphaël Riario. L'un d'eux, Christophe délia Rovere, car- 
dinal de Saint- Vital, mourut, il est vrai , peu de temps après sa 
promotion, en 1478, et n'est connu que par le tombeau qui lui 
fut élevé à Sainte-Marie-du-Peuple (2). Mais les autres ont tous 
attaché leur nom à quelque œuvre considérable. 

Raphaël Riario s'est immortalisé par la construction du palais 
de la Chancellerie. Nous aurons l'occasion d'étudier ses goûts et 
ses entreprises quand nous nous occuperons du pontificat d'Inno- 
cent VIII. 

Dominique délia Rovere, nommé en 1478, cardinal, du titre de 
Saint-Georges , puis de celui de Saint-Vital , enfin de celui de 
Saint-Clément, et archevêque de Turin, a attaché son nom au 
beau palais de Scossa-Cavalli, situé près du Vatican et servant 
aujourd'hui de résidence aux pénitenciers de Saint-Pierre. A 
Sainte-Marie-du-Peuple , le même prélat éleva et décora la cha- 
pelle consacrée à la Vierge et à saint Jérôme. Il fit en outre con- 
struire, sur les bords du Tibre, une villa que son oncle ne 
dédaigna pas de visiter (3). En dehors de Rome , on lui doit la 

vl) Dennistoun, Memoirs of the dukes of Urbino , Londres, 1851 , t. II. p. 283 
et suiv. 

(2) Grave dans les Chefs-d'œuvre de la sculpture religieuse à Rome à l'époque 
de la Renaissance, de Tosi et Barbier de Montault. pi. CXXVI. 

(3) 1481, novembre. « Profectus est Pontifex, animi relaxandi gratia, ad villam 
Dominici cardinalis sancti démentis, quam niiper supra ripam Tiberis a fun- 
damentis sedificavit , paulo a Miletio Ponte distantem , vicinamque Huentibus 
Anienis » (J. de Volterra, R. I. S., t. XXIII, p. 156). 



38 SIXTE IV. 

restcaiiration de la cathédrale de Turin et de celle de Montefias- 
coiie (1). 

Le peintre favori de Dominique délia Rovere était Pinturic- 
chio (2) ; son architecte favori , selon toute vraisemblance , Meo 
del Gaprina, qui construisit sur ses ordres, en 1492, la façade de 
la cathédrale de Turin et qui est peut-être aussi l'auteur du pa- 
lais de Scossa-Gavalli. 

Un autre cai-dinal de la famille de Sixte, Girolamo Basso délia 
Rovere, nommé en 1476 ôvêque de Recanati et en 1477 de Lo- 
rette, fit continuer activement les travaux commencés dans l'église 
de cette dernière ville par le pape Paul II; il eut la satisfaction 
d'achever, pendant le règne de son oncle, la nef principale, et 
le tambour de la coupole (3). 

D'autres parents de Sixte ont obtenu une sorte de célébrité 
posthume , grâce aux splendides mausolées que le fondateur de 
leur dynastie leur fit élever. De ce nombre sont la sœur du pape 
et son neveu Antonio Basso (f 1480), dont on admira longtemps 
les tombeaux cà Saint-Pierre (4), son frère Raphaël (f 1477), en- 
terré aux Saints-Apôtres (5), et son beau-frère Jean Basso (f 1 483), 
enterré à Sainte-Marie-du-Peuple (6). 

La sollicitude du pape s'étendait naturellement à ses nièces. 
Avec un patronage tel que le sien , il ne leur fut pas diflficile de 
trouver de brillants établissements, fussent-elles vieilles ou laides. 
L'une d'elles, Luchina, la sœur de Julien, quoique âgée de trente- 
cinq ans et par dessus le marché veuve, fit la conquête d'un beau 
jeune homme, ayant onze ans de moins qu'elle, et qui s'estima 



(1) Ciacconio, Vitœ pontificum, éd. de 1677, t. III, p. 77. 

(2) « Avendo il Pinturicchio lavorato in Roma al tempo di papa Sisto , 
quando stava con Pictro Perugino. aveva fatto scrvitù con Domenico délia Ro- 
vere, cardinale di San Clémente : onde avendo il detto cardinale fatto in Borgo 
vecchio un molto bel palazzo, voile clic tutto lo dipignesse esso Pinturicchio, 
e che faccsse nella facciata l'arme di papa Sisto , tenuta da due putti » (Va- 
sari, Vie de Pinturiccliio). — Il ne reste de ces travaux que des vestiges d'ar- 
moiries sur la façade. 

(3) Article de M. Schmarsow dans l'Art, mai 1881, p. 200. 

(4) 1480. « Corpus [Antonii Bassi] in Petii basilica positum prope matris 
Ecclesise sepulcrum marmoreum, quod egregio opère in sororis memoriam Pon- 
tifex fieri ciiravcrat, quum ante annos circiler octo Ronise et ipsa occubuisset » 
(J. de Voltcrra, R. I. S., t. XXIII, p. 109. IIO). 

(5) Monument gravé dans les Chefs-d'œuvre de la sculpture religieuse à Unme 
à l'époque de la Renaissance, pi. XXIX, 

(6) Ibid., pi. CXXIV. 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 39 

trop heureux de devenir le neveu par alliance du souverain pon- 
tife. Sa complaisance fut récompensée par sa nomination aux 
fonctions si lucratives de dépositaire de la Chambre aposto- 
lique (1). Deux des fils de Luchina furent, dans la suite, revêtus 
de la pourpre : Sisto (f 1517) et Galeotto (f 1508). 

Vis-à-vis d'une dynastie aussi brillante, aussi envahissante, on 
comprend que les représentants de l'ancienne cour pontificale aient 
tenu, eux aussi, à affirmer les qualités ou les avantages auxquels 
ils devaient leur rang. Parmi les membres du Sacré Collège , il 
n'y en avait guère alors qui ne se distinguât soit par sa naissance, 
soit par son mérite. D'un côté, les frères ou les neveux des pré- 
décesseurs de Sixte, les cardinaux Philippe de Sarzane, Ro- 
drigue Borgia, Piccolomini, Barbo, Zeno; puis les membres des 
familles souveraines, Guillaume d'Estouteville , allié aux rois de 
France , François de Gonzague , fils du marquis de Mantoue , Jean 
d'Aragon , fils du roi de Naples , et enfin les représentants des 
grandes familles romaines, les cardinaux Colonna, Savelli, Or- 
sini ; de l'autre, des prélats célèbres par leur savoir ou leur piété, 
Bessarion, Ammanati, Caraffa. Aune époque telle que le XV» 
siècle , une telle émulation ne pouvait manquer d'être féconde. 

Parmi ceux que leur faste rendait le plus propres à tenir tête 
aux délia Rovere et aux Riario, brillait au premier rang un prélat 
étranger, dont plus d'une création monumentale proclame au- 
jourd'hui encore la magnificence. Guillaume d'Estouteville , ar- 
chevêque de Rouen , évêque d'Ostie , camerlingue de l'Eglise ro- 
maine , n'était pas seulement le plus riche des cardinaux (2) ; il 
s'honorait ausssi par la protection accordée aux lettres et aux 
arts. Allié à la famille royale de France, plusieurs fois candidat 
au trône pontifical , d'Estouteville tenait du grand seigneur plus 
que du prince de l'Eglise. Il le prouva bien en reconnaissant pu- 
bliquement les cinq enfants qu'il avait eus d'une certaine Giro- 
lama Togli , et en leur prodiguant non seulement ses écus , mais 
encore ses domaines , ses châteaux-forts , Nemi , Genzano , etc. 



(1) Muratori, R. l. S., t. XXIII, p. 107. 

(2) André Fulvio, dans ses Anliquaria, fol. 56 v°, le peint d'un mot : >< num- 
mosissimus héros » : 

Nec prœtermittam magnum et spectabile templum , 
Augustine, tuum , instauratum nuper et auctum ; 
Quod Rolhomagensis prœsul Gulielmus ibidem 
A fundamentis renovans erexit ad auras . 
Naœ fuit ille potens, et nummosissimus héros. 



40 SIXTE IV. 

Les souverains pontifes . qui connaissaient son goût pour la re- 
présentation, s'en remettaient volontiers à lui du soin de présider 
certaines cérémonies ou de diriger les grands travaux d'édilité 
entrepris dans leur capitale. Dès le règne d'Eugène IV, Guillaume 
d'Estouteville cul l'honneur de consacrer l'église de l'Annonciade, 
que les Florentins venaient de reconstruire ( I ). En 1462, lors de la 
fête du Cnrpus Domini, célébrée par Pic II à Viterbe, il se distingua 
par le luxe avec lequel il orna sa demeure (2). Sous Paul II, il res- 
taura ou reconstruisit, près de Saint-Augustin, le palais de Saint- 
Apollinaire (aujourd'hui le Séminaire romain), dont il fit sa rési- 
dence (3), et le couvent môme de Saint-Augustin. Sous Sixte IV 
enfin , nous le voyons simultanément re-^taurer la basilique de 
Sainte-Marie-Majeure, reconstruire celle de Saint- Augustin, éle- 
ver le palais archiépiscopal de Velletri (4) , enfin doter Ostie de 
maisons et de rues nouvelles, d'une cathédrale, que la mort l'em- 
pêcha de terminer, et de fortifications importantes. 
Les travaux entrepris par d'Estouteville à Sainte-Marie-Majeure 



A la mort de d'Estouteville. on trouva 36,74-2 ducats en numéraire, non 
compris l'argent renferme dans des coflfres que la Chambre apostolicjue fit scel- 
ler. Voy. Cancellieri, Le due nove campane di Campidoglio bm dette dalla San- 
tità di N. S. Pio Vil, Rome. 1806. p. 166, 167. — Frizon, dans son Gallia pur- 
purata, Paris. 1638, p. 485-4^7, ne donne guère de détails sur ce prélat, qui a 
si dignement représenté la France à Rome pendant plus de quarante ans. 

(1) Reumont, Geschichte der Stadt Boni, t. III, p. 155, 156, 484. 

(2> « Qua Pontificis ornamenta dcsiverc , Rothomagensis incœperunt , et 
Constantiensis et Lebrcli cardinalium, qui suae gentis more, pannis, quos vo- 
cant Atrebatenses . obduxere parlotes, et altaria argento et auro ditia cons- 
truxerunt, et multo tliure cumularunt » {PU secundi Pontificis Max. Commmta- 
rii, éd. de 1584, p. 385). 

(3) Il l'habitait encore sous le règne de Sixte IV : « Anne a nativitate domini 
millesimo quadringcntesimo septuagesimo sexto, diebus Sabati et dominicae 
mensis Januarii, Ponlificatus sanciissimi in Christo patris et domini nostri do- 
mini Sixii divina clemenlia paiiac quarti , sexta et septima prsedictis diebus, 
propter multituilinem pluviarum ... crevit Tiber ... et intrabat aqua ... et ibat 
per viam ... Kt duravit tempestas quae iiicepit die Sabati quic fuit dies Epipha- 
nise usque ad diem marlis , et applicuit ad sanctuin Augustinum et prope du- 
minum (sic) Rotomageniem. Et praedicta die lunae non fuit audientia propter 
aquîe ductum. Et ista eadem die lunae dum reverendissimus Do. Rotomagensis 
fuisset ad Sanctam Mariam Majorem causa devolionis, ut ex consuetudine ha- 
bebat, unus ribaldus romanus amicus magistri domus ejusdem revcrendissimi 
domini intravit cameram praefali magistri domus, sublraxit sibi furto mille et. 
quingcntos diicatos de capsa sua. et fuit caplus dictus ribaldus per Joannem 
Pramiscum baligerium et ductus ad C'apitolium » (Bibl. du Vatican, fonds la- 
tin, n" 7239, fol. 157). 

(4) Gregorovius, Storia délia città di Roma, t. Vil, p. 765. 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. '41 

furent terminés en 1474, comme le prouve l'inscription tracée sur 
la façade de la basilique. Il l'orna d'un magnifique autel en mar- 
bre, qui fut sculpté par Mino da Fiesole , et dont les fragments 
sont aujourd'hui disséminés dans les différentes parties du sanc- 
tuaire (I), restaura l'escalier principal, les portes de la façade, 
enfin enrichit le trésor de nombreux vases d'or ou d'argent, d'en- 
censoirs, d'ostensoirs, ainsi que de broderies, dont quelques-unes 
sont parvenues jusqu'à nous (2). 

D'Estouteville comptait près de quatre-vingts ans quand il 
résolut, en 1479, de reconstruire l'église Saint- Augustin. On 
trouvera dans la suite de ce travail des détails sur cette œuvre 
considérable, qui lui a assuré l'immortalité. Ici encore, le prélat 
français tint h honneur d'orner , d'enrichir l'édifice élevé par ses 
soins. Grâce à sa libéralité , la sacristie ne tarda pas à regorger 
des plus beaux morceaux d'orfèvrerie , des plus belles étoffes. 

La nomination de d'Estouteville aux fonctions de surintendant 
de l'édilité romaine (1480) fut le couronnement de la carrière de 
ce bâtisseur illustre. Il occupa jusqu'à sa mort , arrivée en 1483 , 
le poste important qu'il devait à la confiance de Sixte. 

Au milieu de ses vastes entreprises, le cardinal français n'ou- 
bliait pas sa patrie, ni son siège épiscopal de Rouen. La cathédrale 
de cette ville lui doit de nombreux dons , entre, autres sa crosse , 
sa mitre et des ornements sacerdotaux de la plus grande richesse, 
énumérés dans les registres capitulaires. Citons parmi ces der- 
niers : 

« Une chappe de drap d'or velut cramoisy, avec orfraiz à perles. 

». Ung chasuble de semblable drap d'or cramoisy. 

» Une estolle et trois fanons de semblable drap d'or. 

» Item une pièce de drap d'or de deux aulnes trois quarts. 

» Item une chappe et ung chasuble de drap d'or blanc. 

» hem 7 chappes de une raison et drap d'or blanc. 

» 2 estolles et trois fanons de semblable drap d'or blanc. 

« 2 aubes garniz de drap d'or où il y a l'histoire Genuit adoravit. 

» Quatre chappes de satin noir figuré aux orfraiz de Angelis cum 
cruce (3). » 

(1) « Egli fu fatto fare dal cardinale Destovilla, che gli piaceva la sua ma- 
niera, l'altare di marmo dove è il corpo di San Giroiamo. nella chiesa di Santa 
Maria Maggiore, con istorie di bassorelievo délia vita sua : le qnali egli con- 
du-sse a perfezione e vi ritrasse quel cardinale » (Vasari, t. IV, p. 233). 

(2) Voy. la description de ces objets dans la Basilicx S. Marix Majnris... des- 
criptio et delineatio, de l'abbé de Angelis, Rome, 1621, p. 137 et suiv. 

(3) Deville, Tombeaiix de la cathédrale de Rouen, p. 164. 



42 SIXTE IV. 

Les funérailles de d'Estouteville fournirent non seulement à la 
populace romaine , mais encore au clergé régulier , l'occasion de 
donner une nouvelle preuve de leur brutalité et de leur rapacité. 
On ne respecta même pas la dépouille mortelle de cet homme qui 
avait tant fait pour la^ Ville Eternelle ; les uns arrachèrent au ca- 
davre les parements qui le recouvraient , les autres se battirent 
autour de lui à coups de torches (1). 

Pas plus que Sixte, d'Estouteville n'apporta dans ses entre- 
prises le goût supérieur qui distinguait les Médicis, par exemple, 
et qui avait son point de départ dans l'étude de l'antiquité. La 
magnificence tenait lieu chez lui , comme chez le pape , d'esthé- 
tique. Le style de ses constructions , qui ne s'élèvent en rien au- 
dessus des productions courantes de l'Ecole florentino-romaine de 
la seconde moitié du quinzième siècle , tend à prouver qu'il ne 
plaçait pas son idéal très haut. L'inventaire de ses collections 
nous fournit une autre preuve de la banalité de son goût : la ri- 
chesse de la matière première l'emportait à ses yeux sur la per- 
fection de la main-d'œuvre ; sans repousser les intailles ou les 
pierres gravées antiques , il ne s'attacha pas à réunir , comme 
l'avait fait Paul II , des pièces hors ligne. Le vrai luxe consistait 
à ses yeux en pièces d'orfèvrerie d'un grand poids, en joyaux 
d'une grosseur hors ligne , en tissus disparaissant sous les bro- 
deries. Les tt cornioles » que mentionne son inventaire semblent 
n'être arrivées entre ses mains que par un effet du hasard. 

Un des fils de d'Estouteville, Jérôme Tuttavilla, hérita de son 
goût pour les arts. On le trouve notamment en rapports avec Bra- 
mante et avec la cour de littérateurs et d'artistes si distingués 
que Ludovic le More avait groupée autour de lui. 



(1) 1483, 23 janvier. « Item dedi die jovis, 23 mensis, bon. unum pro isopo et 
carlenos undccim papales pro reconciliatione nostrae ecclcsiee Ep° de Berthe- 
noro, quae fuerat degradata propter rumores et percussiones usque ad sanguinis 
efifusionem in funeralibus reverendissirai d. card. Rothomagensis hac praesenti 
die defuncti circa viii horam et sepulti, insurgentibus contra conventum prop- 
ter quaedam cervicalia pavonatia de velluto imbrocalode auro Canonicis et Ca- 
pitulo Cathedralis ecclcsiee S. Marise majoris de Urbe, invidentibus de sepul- 
tura supradicti reverendissirai domini Cardinalis in nostra et non in eoruna 
ecclesia, cura illius ecclesiae esset archipresbiter et nostram ecclesiam fundas- 
set, cura maximo totius populi scaudalo, quod numquam fuit auditum et in 
eorum maximum prejudicium et infamiam, etc. duc. i, b. xi, d. viii » (Sagrestia 
di S. Agostino. — Voy, aussi Muratori, R. I. S., t. III, 2* partie, p. 1081). 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 43 

Mentionnons, à la suite de Guillaume d'Estoute ville, deux au- 
tres cardinaux français, également fixés à Rome pendant le règne 
de Sixte IV, mais qui n'ont guère de titres pour figurer dans cette 
galerie de Mécènes. L'un d'eux , le Breton Alain de Taillebourg 
(7 1474), dont l'opposition avait autrefois empoché l'élection de 
Bessarion , n'est connu que par son beau tombeau de Sainte- 
Praxède. L'autre, le fameux Jean la Ballue, joua, à partir de 1480, 
époque de son établissement à Rome , un certain rôle dans les 
cérémonies publiques (1) , mais ne semble pas s'être soucié de 
perpétuer son nom par quelque fondation artistique. 

Par ses richesses, le vice-chancelier, Rodrigue Borgia, rivali- 
sait presque avec d'Estouteville ; par son goût , il l'emportait sur 
lui. Le futur Alexandre VI comptait depuis longtemps parmi les 
plus fins connaisseurs; il s'entendait également bien à discerner 
les belles choses et à les mettre en lumière ; le palais qu'il s'était 
fait construire entre le pont Saint-Ange et le Gampo de' Fiori 
était un véritable musée. Pie II déjà, dans le tableau si vivant 
qu'il nous a tracé de la fête du Corpus Domini célébrée à Viterbe 
en 1462, avait signalé la magnificence du vice-chancelier (2). 

(1) Voy. J. de Volterra, apud Muratori. t. XXIIl, p. 184, 185, 186. 

(2) « Proximus deinde Vicecancellarii apparatus occurrit , quatuor et sep- 
tuagiuta passibus protensus. Cortina claudebal purpurea dives ostro simula- 
chra et personatas historias et cubiculum adornatum et lectum preciosutn , 
et fontem, qui non aquam modo sed optima quoque vina per varias fistulas 
profunderet. Appropinquanti Pontifici duo se obtulerunt pueri , tanquam an- 
geli suave canentes, qui postquam flexo genu divinam hostiam honorarunt , 
et preesulem salutarunt, rétro ad cortinam reversi suavi et alla voce cecine- 
runt : Attollite portas principes vestras, et introibit rex Plus, dominas mundi. 
Intus apparatu magnifico quinque reges, et armatorum cohors prohibere vide- 
bantur ingressum, qui, auditis angelis : Et quis est iste rex Pius?responderunt, 
et angeli , propter sacramentura , quod Pius in pompa ferebat : Dominas , in- 
quiunt, potens in orbe. Quo dicto mox cortina remota patuit aditas , et simul 
insonuere tubse et organa , et musicorum instrumenta quamplarima, et reges 
Pontifici adulantes, voce caaora et dulci de laudibus ejusheroicos versus alter- 
nantes recitavere. Intereundum ei homo silvester occurrit , leonem captivum 
ducens , cum quo sœpe luctatus est. Sublime pannorum erat per omnem pla- 
team, quee fontem ambit, et dives tectum ; pendebant vexilla, in quis Calisti 
Praesulis et Borgiœ, quondam prfefecti Uibis, insignia visebantur ; aulsea quo- 
que, non materia minus quam iugenio et arte ditissiina iateribus hsesere. quae 
non turbse tantum imperitae , sed ipsorum quoque sapientum virorum destinè- 
rent oculos atque animos pasceient. In exitu triumphalem arcum in arcis mo- 
dum aedificatum armati milites occapavere, qui tormcntis sencis imitati toni- 
trua, transeuntibus ingentem incussere timorem » (PU secimdi Pontifîcis max. 
Commentarii, éd. de 1584, p. 384). 



44 SIXTE IV. 

Ces leiidances n'avaient fait que se développer avec les années. 
Vers 1480, Raphaël de Volterra nous montre Rodrigue Borgia 
recherchant <à la fois les beaux livres, les riches étoffes, les meu- 
bles somptueux, les joyaux de toute sorte : son luxe éclatait 
jusque dans les harnachements de ses chevaux, qui dispai-ais- 
saient sous l'or et sous les broderies (I). 

Pendant le règne de Sixte IV, Rodrigue Borgia se signala prin- 
cipalement par les travaux exécutés à Subiaco , dout il fit recon- 
struire, en 1476, la citadelle (2). 

Les deux neveux du prédécesseur de Sixte, Marco Barbo et 
Battista Zeno, soutenaient, mais sans ostentation , la dignité de 
leur nom. Le premier d'entre eux continua la construction du 
palais de Saint-Marc et ât élever à son oncle le fameux mausolée 
conservé dans les cryptes de Saint-Pierre, chef-d'œuvre de Mino 
da Fiesole. Le second, qui habitait le palais archipro'=by'/'ral de 
Saint-Pierre , se distingua par la richesse de son argenterie et 
de sa garde-robe (3). 

Un autre neveu de pape, le cardinal Piccolomini, qui devait 
lui-même monter sur le trône pontifical , se signala , vers cette 



(1) 1481 « (Vicecancellarius) aedes habitat non minori ornatu quam coramodo 
a se constructas, média ferme via inter Adriani Pontem et Florae Campum. 
Sacerdotiorum census ingens ei est a cœnobiis pluribus... sed et ab ipso apos- 
tolicse Caiicellarise munere, a quo in annos singulos octo aureorum millia sibi 
provenire dicuntur. "Vasorum argenteorum , margaritarum , vestis stragulae, et 
sacrse ex auro et serico , ac librorum omnis doctrinse vis maxima ei est, 
cuncta specie et ornatu regio et pontificio. Mitto lectorum et equorum orna- 
menta innumera, etiara aurea, argentea, et serica. Mitto vestem sui usus admo- 
dum preliosam , et multam. Mitto signati auri ingens, ut dicitur, pondus. 
Cunctos patres, dempto Rolomagensi , pecunia et divitiis omnis generis su- 
perare creditur » [R. I S., t. XXIII, p. 130). 

(2) Keumont, Geschichte der Stadt liom, t. lil, l" partie, p. 411. 

(3) t Sacris operatus est Cardinalis Tuscuianus, quem propter priorem tituli 
Sanctse Marisc in Porticn vulgo appellamus. Nomcn ei est Baptista, cognomen 
Zeno, patria Venetus. nubili , ut dixi, Zenoruui (amilia genitus, sororis Pauli 
pontificis filius, quee llomae anno superiore defuncta ei-t, anno... pontilicis avun- 
culi ad Cardinalatum ex Protonotario assumtus, facie, geslu et incessu Paulum 
referons. Vir est naturae duriusculse ; acerba non tam cum alienis, quam cum 
domcsticis conversalio : difficiles mores, et domus disciplina nimis austera ; 
literaturae mediocris; culta ei est et ornata familia; suppellex splendida et ves- 
tis proprii usus dives atque magnifica ; vasa argentea non minus gravia, quam 
nitida. Annos circiter . . natus est. Ecclesiaj Vicentinœ Prsefectus , et in Pé- 
tri basilica archipresbytor. .^Edes archipresbyterales inhabitat supra gradua ba- 
silicae sitas, quas , régnante Pauio. Ricardus Cardinalis Constantiensis a fun- 
damentis pœne instauraverat , quibus absolutis occumbens , parvo admodum 
tempore iliis frui potuit » (J. de Volterra, apud Muralori, tome XXIII, p. 132). 



NOTICE PRÉLIMINAIRK. 45 

époque, par la construction d'un palais magnifique (1); il prélu- 
dait par là à ces grandes entreprises qui ont rendu sa mémoire 
inséparable de celle de Pinturiccliio et de Michel-Ange. Nous 
aurons plus d'une fois l'occasion de revenir sur cet amateur dis- 
tingué. 

De tous ces prélats grands seigneurs, celui qui , par son goût , 
se rapprochait le plus de Paul II , c'est-à-dire qui portait le plus 
vif intérêt aux chefs-d'œuvre de l'antiquité classique , était sans 
conteste le cardinal François Gonzague , fils du marquis de Man- 
toue (2). Ami de Mantègne , disciple de Paul II , collectionneur 
ardent et éclairé , le cardinal François réunit des séries impor- 
tantes de camées, d'intailles, de médailles qui, après sa mort 
(1483), tombèrent entre les mains de son digne rival, Laurent 
le Magnifique. Sa passion pour l'antiquité ne lui faisait d'ailleurs 
pas dédaigner les productions modernes : Pie II déjà avait signalé 
la beauté des tapisseries qu'il exposa à Viterbe , lors de la Fête- 
Dieu (3). C'était avant tout un homme mondain : « damnatge pu- 
dicitise , dit Panvinio , ad venationes et gaudia fjotius quam ad 
Ecclesiam natus (4). » 

Parmi les cardinaux qui se sont illustrés par quelque fonda- 
tion, rappelons encore Slefano Nardini, de Forli, qui construisit 
en 1475 le beau palais du « Goyerno vecchio, » et qui créa en ou- 
tre, près de San Toinmaso in Parione , un collège pour les étu- 
diants pauvres (5). Gabriel Rhangoni , de Modène , a également 
droit à une mention : il restaura l'église des SS. Sergius et Bac- 
chus (6). 

Le collège des cardinaux comptait deux membres encore dont 
les noms sont chers à l'historien des arts , Bessarion et Olivier 
CarafFa. Mais ces deux prélats ne jouèrent aucun rôle dans le bril- 
lant tournoi ouvert par Sixte IV. Le premier d'entre eux mou- 

(1) 1481. a Habitat Senensis in magnificis sedibus, non magis ad dignitatem 
cardinalatus, quam ad sacerdotalein frugahratem a se constructis, iater Ponti- 
ficiam viam et Pompei theatruin, quod uunc Cainpum Florae vocamus » (J. de 
Volterra, 11. l. S., t. XXIII, p. lîG). 

(2) Voy. notre t. I(, p. 117, 17S. 

(3) « Post eum cardinal is Mantiianus longum vise tractum coopérait , et no- 
bilissimis adoniavit hîstoriis, quas pentiisimi textures paanis appinxore diviti- 
bus » (Loc. cit.). 

(4) Epilome Pontificum romanorum, Venise, 1557, p. 342, 

(5) Reumont, Geschichtc der Stadt liom, t. III, 1" partie, p. 409, et Gregoro- 
vius, Storia délia ciltà di Roma, t. VII, p. 768, 769. 

(6) Platina-Panvinio, Vitx Pontificum. 



46 SIXTE IV. 

rut peu de temps après l'avènement de ce pape, en 1472, léguant 
son incomparable bibliothèque à la ville de Venise , au grand 
chagrin des Romains, qui ne reçurent, outre la dépouille mor- 
telle de l'humaniste grec , que quelques objets sacrés destinés à 
la basilique de Saint-Pierre (1). Quant à Garaffa, son goût pour 
les arts semble s'être dessiné plus tard seulement : c'est en effet 
aux règnes d'Innocent VIII et d'Alexandre VI qu'appartiennent 
les plus intéressantes de ses fondations. 

Entraînés par l'exemple du pape , les chefs de l'aristocratie ro- 
maine, si indifférents pendant la période précédente, et jusqu'aux 
étrangers de passage à Rome, s'efforcèrent de se distinguer par 
leur magnificence. Napoléon Orsini fit élever cà Bracciano un pa- 
lais somptueux, que Sixte ne dédaigna pas d'habiter pendant 
(juelques semaines (2). Les représentants à Rome de la banque des 
Médicis, les Tornabuoni, ont encore mieux mérité de l'art : une 
des chapelles delà Minerve fut décorée par leurs soins de fresques 
et de sculptures dont les auteurs s'appelaient Domenico Ghirlan- 
dajo, Verrocchio, Mino. Signalons tout d'abord le mausolée de 
Francesca di Luca Pitti (mariée en 1466  Jean Tornabuoni et 
morte en 1477) , dont les bas-reliefs se trouvent aujourd'hui au 
musée national de Florence (3). Le mari éploré demanda à Ghir- 
landajo de compléter par des fresques (histoire de la Vierge et de 
saint Jean-Baptiste) et par un rétable l'œuvre de Verrocchio. 
Ce fut à cette occasion que se forma entre le banquier florentin 
et le peintre cette amitié qui dura autant qu'eux-mêmes et à 
laquelle nous devons les admirables compositions de Santa Maria 
Novella. Quelques années plus tard , Jean , ayant perdu un de 
ses neveux, chargea Mino de lui élever, à la Minerve également, 
un monument qui existe encore et qui représente le défunt cou- 
ché sur un sarcophage, avec l'inscription : Francisco Tornabono 
nobili florentino | Sixio IIII. pont. max. ceterisque chariss. \ acerba 



(1) Voy. notre t. II, p. 298. 

(2) 1481. « Roina abiens Braccianum , Virginii Ursinioppidum, fSixtus IV] 
venit...Ibi reliquuin mcnsis consumsit in aedibus ipsiiis Virginii, quas Neapu- 
leo pater suus non tam ad frugalitatein Romani proceris, quam ad Romanorum 
Pontiûcum dignitatem ante aliquot annos construxerat » (J. de Vollerra , Mu- 
ratori, /{. 1. S., t. XXUI, p. 147). 

(3) Gravés dans Litta, Famiylie celehri, Tornabuoni ; photographiés par M. Brogi : 
n" 3242, 3243. Sur la confusion faite par Vasari de Jean Tornabuoni avec Fran- 
çois Tornabuoni, voy. l'article de M. de Reumont dans le Giornale di Erudi- 
zione artistica , 1873, p. 167. 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 47 

morte magnx de se \ expectationi mhtraclo Joannes patrvus pas (I). 

Est-ce à dire que Sixte triompha de toutes les objections , de 
toutes les résistances? Assurément non. Tl y eut des réfractaires 
jusque parmi les princes de l'Eglise. Au milieu du déchaîne- 
ment général du luxe , l'austérité ne cessa de compter ses repré- 
sentants. L'un des plus opiniâtres d'entre eux fut l'évoque de Pa- 
vie, le cardinal Ammanati, le favori de Pie II. De temps en temps 
on le voyait apparaître à la cour pontificale, toujours morose, 
toujours plein d'ardeur pour la croisade (c'était là , hélas ! le 
moindre des soucis de Sixte), et n'épargnant ses réprimandes ni 
à ses collègues ni au souverain pontife. Ce « laudator temporis 
acti » se piquait de littérature. Il croyait exceller dans le style épis- 
tolaire. Mais la poésie n'était pas son fait. Il le déclare en propres 
termes à son ami Gampano, un des plus fameux versificateurs du 
temps : « Poesim non damno : cecinere versibus Sibyllœ et pro- 
phetae et viri in ecclesia célèbres. Sed levia multa et lascivia, 
qu3e poesim ipsam sequuntur, non probo (2). » Un tel aveu ne 
peint-il pas l'homme ? 

Ces moralistes maussades , ces pédants, pour les appeler par 
leur nom , continuèrent de former autour de la papauté un 
parti qui n'était pas sans force. Ils se maintinrent môme à la 
cour si joyeuse de Léon X. Ennemis jurés de la Renaissance, ils 
ne cessaient de se voiler la face , de gémir sur la dépravation du 
siècle , de prêcher la pénitence et la contrition , de se répandre 
en prédictions sinistres. On les tolérait , ne fût-ce qu'à cause du 
contraste , sans se douter qu'ils deviendraient un jour les instru- 
ments les plus puissants de la contre-Réforme, et qu'ils réussi- 
raient à bannir de nouveau la sérénité , la saine et féconde gaieté 
que la Renaissance avait rendues au monde. 

Une afiQuence d'étrangers illustres, telle que Rome n'en avait 
plus vue depuis l'antiquité , favorisa , pendant le pontiflcat de 
Sixte , le développement de ce luxe, de cette magnificence dont le 
pape et ses neveux s'étaient faits les promoteurs. Il serait difïi- 



(1) D'après les recherches de M. de Reumont {loc. cit.), Giovanni Francesco 
di Filippo Tornabaoni mourut en 1480. — Le monument de la Minerve est gravé 
dans les Chefs-d'œuvre de la sculpture religieuse à Rome à l'époque de la Renais- 
sance, de Tosi et Barbier de Montault , pi. XIII, XIV. 

(2) Epistolx et commentarii Jacohi Piccolomini cardinalis Papiensis , éd. de 
1506, fol. '266 \o. 



48 SIXTK IV. 

cile d'imaginer une société plus brillante, une vie plus riche et 
plus variée. Ce ne sont qu'entrées solennelles d'ambassadeurs et 
de souverains (1), Tètes religieuses, militaires et civiles, divertis- 
sements de toute sorte. Festins dignes de l'ancienne Rome par la 
recherche et la proiusion des mets, chasses épiques (2), mascarades, 

(1) [1475]. « Neir anno 1476 (sic). A di ib di Jennaro venne a Roma lo Re 
Ferdinaudo de Napoli, figlio del Re Alfonso, alla Santità di Papa Sisto, e folli 
fatto gran honore; tiiUi li cardinali gl' andaro incoritro con tutti gl' ufBciali di 
Roina, parecchie miglia fuori di Roma, e donb a Santa Maria Maggiore, a San 
Giovanni , a San Pielro , et a San Paolo , un brocato di palio per ciascuna, e 
cenlo ducati per una, et alli ofEciali di Roma donô qiialtro canne de pavonazzo, 
cioè Conservatori , Manescalchi , Caporioni , e Can" et al Governatore. A di p" 
di Febraro se parlî per andare a queste castelia. a di 13 tornô , et a di 14 se 
parti per Napoli » (Diario de Paolo dello Mastro, dans le Buonarroti, 1875, t. X, 
p. 146). Cf. ci-dessus, p. 20, le récit d'Infessura. 

(2) (1480). « Ernestus dux Saxoniœ die Mercurii , quse fuit vigesima et se- 
cunda Martii niensis, ingressus est Urbem ; solvendi voti enim gratiâ Romam 
venit , duce Brunsvicensi nomine et Guiliermo Comité Hennebergensi, prin- 
cipibus germanicis comitaLus illustribus... 

» Pontifex magnis honoribus illum aCfecit .,. ex Cardinalibus et proceribus 
Palatinis quam piurcs variis muneribus eum Principem sunt prosequuti , sed 
ante alios Hieronymus Riarius, qui ut animi magnitudine, opibus et gloria cse- 
teros antecellit, ità à nemine in Sa.xone honorando vinci passus est. 

B Ad diem enim decimum Aprilis mensis venationem illi exhibuit adeo ce- 
lebrem, ut à inulto tempore citra ejus modi vel visa, vel audita non sit. Prin- 
cipes ipsi et eorum comités vecti equis, insignibus, genimis et auro fuigentes, 
ac ieporarios laqueo tenentes, maximum Populo specta(;ulum prtebucre. Se- 
qaebatur cos innumerabilis cquitum muititudo, canum levium , et oorum qui 
excitant è silvis feras ac venaticorum omnis generis vis raaxima illuc traducta 

est. 

» Romana juventus et nobilitas omnis. visendi , placendi studio, in venatio- 
nis loca se contulit. Ek curialibus cujuslibet ordinis illuc iere quam plurimi; 
artificum eo die Romae inlermissa sunt opéra, quippe qui festus et celeber ab 
omnibus habitus est , quia non longius ab Urbe ultra octo millia passuum ve- 
natum est ; ideo etiam pueris exeundi potestas fuit. 

» Cervorum mirse magnitudinis et capriolorum vis maxima excitata fuit et 
capta, et ferse nonnullse manibus Priiicipum sunt comprehensae, quasi ipsœ ad 
felicitatem diei illius capi voluerint. Lsetae acclamationes tollebantur ; quisque 
iaudem ex cane desiderabat, quem laqueo regebat, et in excitatum leporem 
émiserai. 

n Spcctaculum omnium jucundissimum erat capreolum prospicere nunc hos, 
nunc illos praîtereuntcm ; canes alios à fronte, alios à lateribus incursantes. 

» Convivium venatoribus non niod6, sed omnibus illuc conflucntibus adMal- 
lianos Fontes sub dio paralum est, non tumulluarium , ut assolet , sed copia, 
ornatu et luxu pœne regio. Dici non potest, quantum Gcrmani illi Proceres 
more suo laetantes , vohiptatis et jocunditatis eo die acceperint. Cantantium et 
Isetantium vocibus. canum latratibus, clangoribus tubarum et cornuum ulula- 
tibus silvae omnes , nemora et arbusta omnia personabant » (J. de Volterre, 
apud Muratori, t. XXIIl, p. 104). 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 't!l 

lournois (1), canonisations, représentations théâtrales, inaugura- 
tion de monuments, joutes littéraires, il n'est spectacle dont les 
Romains , si avides de ce genre de plaisirs, n'aient pu so rassa- 
sier. Dans l'esiiace de douze ans, la Ville Eternelle voit tour à tour 
défiler, outre les ambassadeurs de toutes les cours européennes , 
outre des prélats venus des quatre coins du monde, tout ce que 
l'Italie comptait de personnages marquants : Laurent le Magni- 
fique , Eléonore d'Aragon, le roi Ferdinand de Naples, le duc 
d'Urhin, le duc de Galabre et tant d'autres. L'Europe septentrio- 
nale est représentée par des visiteurs ou des pèlerins tels que le 
comte Evrard de Wurtemberg , le duc Ernest de Saxe , dont la 
suite brillante, toute vêtue de velours noir, fît l'admiration des 
Romains (2), le roi Chrétien de Danemark ; l'Europe orientale par 
les reines de Bosnie et de Chypre , les despotes du Péloponèse 
et de l'Epire. Le tsar lui-même envoya une ambassade auprès du 
chef des catholiques. 

Raffinements introduits dans l'étiquette, inscription au budget 
de la Chambre apostolique de dépenses que l'on ne s'attendrait 
guère h y trouver, telles que l'organisation des fêtes du Carnaval, 
médailles et poésies commémoratives , rien ne fut négligé pour 
consacrer les droits , si longtemps méconnus, de ce que le pré- 
décesseur de Sixte, Paul II , appelait : « HUariUis publica. » Le 
deuil du moyen âge a pris fin ; au siècle nouveau , si pressé de 
jouir, il faut l'éclatante manifestation de ses aspirations et de 
ses conquêtes. Que les moralistes , qui ont jugé si sévèrement 
la pompe mondaine déployée par Léon X, tiennent compte de 
ces précédents! En étudiant l'attitude des papes du (juinzième 
siècle, ils seront plus disposés à l'indulgence pour l'héritier des 
Médicis. 

Le cardinal de Saint-Sixte, Pierre Riario, donna le signal des 
réjouissances. Les fêtes célébrées en l'honneur de la fiancée du 

(l) « Del detto anno 1476 lo di di San Marco lo conte Jeronimo, fi"lio, o ni- 
pote, o attinente di Papa Sisto, fcce lare in Navona una solenne giostra, dove 
vi furono di molti valentuomlni giostratori d'Italia, e fuvvi di molta "ente, e 
Calai '.ni, e Borgognoni, ed altre nazioni, e fa sLimato che in quella festa fiiro 
più di cento mila pcsone ; e durô lo venerdi, lo sabbato e la domenica. E fu- 
rono gioslrali tre pregi, de i qiiali uno ne ebbe Juliano Mataleno, el'altro Lucio 
Poncello e lo terzo lebbe un uomo d'arme dello Reame , et furono di "rand 
valore » (Infessura, /{. / S., t. lil, l^ parlie, p. 1145). 

(i) « Dell' auno Domini I47G, a di 30 dA niese di Aprile, venne in Ronia lo 
duca di Sassonia, nipote dell' impeiadore cou quattrocento cavalli, e tutti erano 
vestiti di nero, e eranci cinquanta scudien tutti vestiti di velluto nero » (In- 
fessura, loc. cit.). 



5(1 SIXTE IV. 

duc de Ferrai-e, Eléonore d'Aragon, fille du roi de Naples, lorsque 
cette" princesse traversa Rome, en 1473 , pour se rendre dans sa 
nouvelle résidence, comptent parmi les plus somptueuses dont 
l'histoire ait gardé le souvenir. Sans doute les calculs politiques 
n'étaient pas étrangers à ces prodigalités , mais le besoin de luxe 
y tenait une place encore plus large. 

Reçue par les deux tout-puissants neveux du pape , les cardi- 
naux de Saint-Sixte et de Saint-Pierre es Liens , la princesse fut 
conduite en grande pompe au palais des Saints-Apôtres, où on lui 
avait préparé des appartements dignes d'elle. Sur la place , cou- 
verte des plus riches tentures , s'ouvraient trois salles décorées 
à l'antique , avec des colonnes ornées de fleurs et de feuillage , 
et une frise formée des armes du pape, du cardinal de Saint- 
Sixte , du roi de Naples , du duc de Milan et du duc de Ferrare ; 
les murs disparaissaient derrière des tapisseries de haute lisse 
d'un prix inestimable, le sol sous des tapis non moins somptueux; 
on aurait cru, ajoute naïvement le chroniqueur milanais Gorio, 
auquel nous empruntons ces détails (1), que saint Pierre était 
descendu des cieux sur la terre. Des meubles précieux se déta- 
chaient sur ce fond éblouissant; ici une crédence ployant sous le 
poids de vases en or ou en argent ; ailleurs un lit de velours cra- 
moisi , aux franges d'or; une table de cyprès d'un seul morceau ; 
puis des banquettes, des fauteuils tendus de satin agrémenté de 
broderies. On remarquait surtout un enfant vivant, que l'on 
avait fait dorer et qui, placé près d'une fontaine , dans le costume 
le plus primitif, jouait le rôle d'ange. A la suite de ce triple ves- 
tibule s'étendaient quatorze salles, toutes splendidement ornées. 

Le chroniqueur s'étend avec complaisiuice sur le festin offert à 
la princesse. Quoique les convives ne fussent qu'au nombre de 
sept à la première table, et de trois h la seconde , on leur servit 
plus de cinquante plats, dont plusieurs étaient de dimensions co- 
lossales , par exemple ceux qui contenaient un cerf ou un ours 
entier , ou encore deux esturgeons. Pour former ce menu , dout 
la variété fnisait honneur à l'imagination du cardinal et de son 
maître d'hôtel , on avait rais à contribution tous les règnes de la 
nature. Certaines associations démets feraient certainement faire 
la grimace aux gourmets d'aujourd'hui. Aussi bien l'ordonnateur 
semble-t-il avoir voulu séduire les yeux plutôt que le palais. 
C'est ainsi qu'il avait poussé la recherche jusqu'à faire dorer le 
pain. Les tendances de l'époque se révélaient principalement 

(l) Voy. aussi plus loin ie poème composé par Boccabeila. 



NOTICE PRELIxMINAIKE. 51 

dans la composition des pièces montées , dont plusieurs étaient 
de véritables monuments. On y voyait Atalante et Hippomène, 
Persée délivrant Andromède , Cérès sur un char traîné par des 
tigres, Orphée jouant de la lyre au milieu de paons, le triomphe 
de Vénus, les exploits d'Hercule. A un certain moment, on servit 
même une montagne dont sortit un personnage qui récita des vers. 
Les souvenirs classiques éclataient jusque dans Fart culinaire; 
on se serait cru revenu au temps de Trimalcion. Ici comme 
là, on prisait, pour employer l'expression d'un contemporain, non 
seulement les festins où l'on faisait bonne chère (gulœ servien- 
tes), mais encore ceux qui consacraient les droits de l'esprit (cul- 
tis et castis animis satisfacientes). 

Dans ces préoccupations archéologiques, le cardinal pouvait 
d'ailleurs s'autoriser de l'exemple de ses concitoyens romains. 
Partout, l'influence de l'antiquité aidant, les formes de la vie 
prennent une distinction plus grande ; les organisateurs des fêtes 
ne se contentent plus de frapper les yeux : ils veulent aussi par- 
ler à l'esprit. C'est ainsi qu'en 1482 les habitants do la région des 
Monts illuminèrent au moyen de torches copiées, le chroniqueur 
le déclare expressément, sur des bas-reliefs antiques (1). 

Mais nous n'en avons pas fini avec les prouesses du cardinal 
de Saint-Sixte. Le service était digne du menu : une crédence, à 
douze gradins , supportait d'innombrables vases en or ou en ar- 
gent, ornés de pierres précieuses ; la maison du cardinal était si 
bien montée que l'on n'eut d'ailleurs pas besoin d'y toucher. Le 
sénéchal, pendant la durée du repas, changea quatre fois de cos- 
tume. Après chaque service on le vit reparaîtie portant de nou- 
veaux colliers en or, en perles ou en pierres précieuses. Il ne nous 
resterait, pour satisfaire de tout point notre curiosité, qu'à savoir 
combien de temps dura ce festin épique. 

Aux festins sardanapalesques du cardinal de Saint-Sixte, on se 
plaît à opposer celui que l'ambassadeur de Venise, Francesco 
Diedo, offrit, en 1482, aux poètes et aux savants de Rome. Le chro- 
niqueur loue l'abondance et la délicatesse des mets, et plus encore 
l'esprit et l'érudition dont firent preuve les convives (2). Le repas 

(1) n E il Rione de' Monti fece circa venti fiaccole alla antica, corne quelle 
che stanno scolpito di uiarrao , che fu una gentilezza a vederle <> ^Muratori. 
Scriplores, t. III, 2« partie, p. 1078). 

(2) 1482. « Eodem die Franciscus Diedus patricius Venelorum, oralor ad Pon- 
tificem , ut superius annotavimus , cunctos fere niajoris doctiins; homines vo- 
cavit ad creaam , tam Homanos quam peregrinos. Convenere igitur fréquentes 



;)2 SIXTE IV. 

offert la même année, le jour anniversaire de la mort de PlaLina , 
à SCS amis et admirateurs, par son élève et successeur Dômé- 
trius de Lucques, était bien fait également pour chai-mer tous les 
amis des lettres : on applaudit surtout les vers composés en 
l'honneur de l'ancien bibliothécaire de la Vaticane ; ils furent 
réunis en volume par les soins de Démétrius. Le repas (et ce fait 
est bien caractéristique), avait été précédé d'une cérémonie célé- 
brée à Sainte-Marie-Majeure, et composée de deux parties bien 
distinctes : une messe dite par l'évoque de Vintitnille en souve- 
nir du défunt, et des panégyriques récités du haut de la chaire (1). 



et qui poeticœ et qui oratoriae operam dabant, graeceque docti nonnulli. Invi- 
tât! etiam sunt aliqiii non tam literati ipsi quam literatorum studiosi , viri 
profecto comitate et gravitate prîestantes. Cœnatum est apud hospitein nobilis- 
simum et locupletissiinum, addo etiara eruditum valde et doctorum honiinum 
in primis amantissiinum. Cœna faraosissima fuit non sohun gulae serviens, sed 
etiam cultis et castis aniinis satisfaciens. Mitto opiperas dapes, exquisiti varii- 
que operis fercula. Mitto ministros non tam multos quam modestos et castes... 
nec minus forma prtestantes quam moribus. Mitto vina tam nostratia quam 
peregrina, dulcia et acida, nigra et alba, aliqua etiam ex Creta usque adducta. 
Quae omnia ut erant summo studio conquisita et diligenter parata, itaopportu- 
nis et decentibus intervallis per rainistrorum manus mcnsae apposita. Id verô 
magni faciendum quod suavitate sermonum fuit cœna referta. Lflctus super om- 
nia Diedusprotaii hospitio sibi gratulabatur, nunchunc, nunc illum iaterpelians, 
sermonem semper ad literas referebat. Quisque in respondendo non minus 
hospiti placere conabatur quam existimationem suam apud sodales servare. 
Fuere qui inter cœnandum , et deinde, positis mensis, scientiam aliquam ali- 
cui alteri prseferendam esse perpétua oratione probabant. Aliqui Poeticam , 
nonnulli Oratoriam, Militiam alii , alii Musicam sibi laudandas sumpserunt. 
Fuerunt etiam qui graece recitarunt, qui comœdias actitarunt , veterum mores 
et acta imitantes, quantum potuere, adeo ut ea omnia in volumen redacta, non 
multum a veterum scriptis dissona videantur » (J. de Volterra, apud Muratori, 
t. XXIir, p. lGl-162). 

(1) 1482. « Platinée anniversarium celebratum est die Jovis XVI II praefati 
mensis in Basilica beatse Mariae majoris ex ordinatione Demetrii Lucensis , 
Platinae ipsius alumni, a quo plerique viri eruditi vocati illuc libentissime con- 
venere ; inter quos Preesules fuere nonnulli , tam Platina; studiosi , quam 
Demetrio obsequi cupientes. Sacris operatus fuit eruditissimus Pater... Vintemi- 
lieiisis Episcopus ex Augustineiisium ordinc : quibus peractis, et ûnita cere- 
monia, quic ad tumulum defuncti agi consuevii , vaporalo lluu'e , et aqua be- 
nedicta conspersa, ac veste sacra deposita , Pompoiiius R,)manus , princeps 
Sodalitatis literariae, vir doctissimus, pulpitum ascendit Masilicie, atq.ie oratio- 
nem funebrem liabuit in laudeui et commendationem defuncti. Eam orationcm. 
eleganlius scriptam edidit quam recitavit. 

» Post cum ex eodem pulpito oravit Astreus Perusinus poeta, versu elegiaco, 
actione plurimum commendata ; carmenquc elcgantissimum habitum est : Id 
dumtaxat non probatum intelligo, quod in sanctissima œde, bealissinice Matri 
Dei dicata, secularis homo, qui neque habitum, neque signum aliquod religionis 



NOTICE PRELIMINAIRE. 



53 



Ces fêtes , moitié gastronomiques, moitié littéraires, devim-ent 
une des distractions favorites du monde savant romain. Jean Go- 
ritz, de Luxembourg, qui en organisa de si brillantes sous les rè- 
gnes de Jules II et de Léon X, leur doit une célébrilé que son 
talent ne lui eût certes pas value. Un des successeurs de Platina 
et de Démétrius de Lucqucs , Fausto Sabbeo , bibliothécaire de 
la Vaticane pendant la première moitié du seizième siècle, pous- 
sait le raffinement jusqu'à rédiger en distique ses invitations à 
dîner. La jolie pièce suivante mérite bien d'être tirée de l'oubli ; 
elle nous montre quels progrès les idées épicuriennes avaient 
faits à la cour des papes (1) : 

Âd amicos. 

Cras meus, o chari, vitae natalis, ocelli, 

Annuus adveniet, vos properate simul. 
Gloria Vida Padi, tuque, o scrutator Olympi, 

Davidice interpres Eugubianse (sic) lyrae. 

haberet, repente post Divinum Ministerium versiculos decantare prsesumpse- 
rit, quamvis élégantes, ut dixi, tamen a nostra catholica professione aliènes . 
et loco illo sacratissimo valde indignos. Pomponii oratio religiosa fuit, et gra- 
vitate sententiarutn referta , tante magis commendata , quanto soluta oratio 
versu gravier existimatur. 

» Ventum est deinde in conviviura, quod idem Demetrius magnifiée et opi- 
pare praeparaverat illis omnibus qui vocati sacris interfiierant. Id autem para- 
tum fuit in Esquiliis iisdem in sedibus, quas Platina a fundaraentis exstruxe- 
rat. Eas nunc possidet amplissimus Pater Hierenymus Sancti Chrysogoni 
Cardinalis Recanatensis , Pontificis nepos , ab hseredibus Platiuœ ab eedem 
emptas. Inter epulas versas quamplurimi ab eruditis convivis recitati fuere : 
quisque pre ingenio sue aliquid in médium attulit , quod ad laudem Platinae 
pertineret. 

» Eas omnes in volumen redegit Demetrius, ut quem viventem coluerat, 
mortuum quoque hoc pietatis officio prosequeretur. Librum, si quis leget, auc- 
tores carminum noscet, et nostra hujus setalis ingénia commendatione et laude 
digna existimabit... 

1483. » In Exquiliis prope Pomponii domum dieDominico, qui sequutus est, a 
sodalitate literaria celebralum est Romanœ Urbis natale, sacra solemniter acta 
Demetrio Lucenci Bibliothecae Pontificise Praefecto opérante. Paul us Marsus 
orationem habuit. Pransum est apud Salvatoris sacellum, ubi sodalitas litera- 
tis viris et studiorum sociis elegans conviviumparaverat. Sex antistites con- 
vivio interfuere, et eruditi ac nobiles adolescentes quami)lures. 

« Recitatiim est ad mensam Federici 111 Caesaris privilegium sodalitati cen- 
cessum, et a diversis juvenibus eruditi versus quampUires etiam memoriter re- 
citati. Actum etiam de laurca danda Fasto Foroliviensi, qua; non tam ei ne- 
gata est, quamin aliud tempus dilata cerimonia » (J. de Volterra.pp. 171, 185). 

(l) Epigrammatum Fausti Sahœi Brixiani, Cuslodis'Bibliothecs! Vatican.r libri 
quinque ad Uenricum Regem Gallix, Rome, 1556, in-TÎ. p. il9, ilO. 



54 SIXTE IV. 

Tiique, Alfonse, Deum cui cura est templa tueri. 

Caesar, et o Comi Pastor amate novi. 
Si potes, Blosi, secreta relinquere Pauli 

Pectore tuque Niger candidiore, vcni. 
Tu quoque, Ferrari, et tu, Majorane, venite. 

Portio uterque animi. tuque Guglielme, mei. 
Lingufe utriusque aderunt, vina et facunda, disertos 

Qu3e vos invitant diseruisse, viros. 
Vos aô'erte sales, dicteria, scommata, risus : 

Danda volujjtati est crastina tota dies. 
Et quia prae foribus stat mors inopina, bibendum est, 

Occupet impotos ne via longa necis. 

Les festins alternaient avec des représentations théâtrales dont 
l'histoire sainte et la mythologie fournissaient tour à tour le 
thème. Lors des fctes données en l'honneur d'Eléonore d'Aragon, 
on déhuta par le mystère de la chaste Suzanne et on termina 
par celui de saint Jean-Baptiste : ces deux pièces encadraient un 
spectacle plus profane, ayant pour sujet les noces de Pirithoûs. 
Au premier acte on vit paraître huit héros et autant d'héroïnes : 
Hercule et Déjanire, Jason et Médée, Thésée et Phèdre, etc., qui 
charmèrent les spectateurs par leurs chants et leurs danses. Sur- 
viennent les Lapithes, qui cherchent à enlever les danseuses. Une 
lutte s'engage : Hercule et ses amis font des prodiges de valeur 
et finissent par mettre en fuite les agresseurs. A ce spectacle suc- 
céda l'histoire de Bacchus et d'Ariane, et celle de ce Juif qui 
brilla le corps du Christ. Ne nous étonnons pas de ce mélange 
d'éléments sacrés et profanes. N'était-ce pas le temps où Laurent 
le Magnifique composait à la fois , avec un incontestable talent , 
son triomphe de Bacchus et d'Ariane et son mystère de saint 
Jean et de saint Paul ? Dans ce dernier, le poète florentin n'hési- 
tait pas à mettre en scène les personnages les plus divers : un 
ange, sainte Agnès et ses })arents, Constantin et sainte Constance, 
Gallicanus, saint Basile, des astrologues, la Vierge Marie ordon- 
nant au martyr saint Mercurius de tuer Julien l'apostat, qui ex- 
pira en poussant ce cri : 

O Cristo Galileo, tu hai pur vinto. 

Les mystères restèrent d'ailleurs longtemps encore en pos- 
session de la faveur publique. A Rome , chaque année, le ven- 
dredi saint , la confrérie du Gonfalone, dont faisaient partie des 
artistes distingués , entre autres le [leintre Antonazzo, représen- 
tait au Colisée, rendu pour un instant à sa destination primitive, 
les différents épisodes de la Passion. 



NOTICE PRÉLIMINAIRE. 55 

Le palais pontifical lui-même finit par servir d'asile à ces repré- 
sentations. En 1484, lors du carnaval (1), on y joua, sous les yeux 
de Sixte , qui jugea toutefois prudent de ne pas prendre place au 
milieu des spectateurs, l'histoire de Constantin le Grand. Un fa- 
milier du pape , né et élevé à Gonstantinople , mais d'origine gé- 
noise, s'acquitta avec tant de succès du rôle principal qu'il reçut 
le surnom de Constantin et s'honora de le porter sa vie durant. 
Un exploit de même nature valut, on s'en souvient, au bibliothé- 
caire de Jules II et de Léon X , à Thomas Inghirami , le surnom 
de Phèdre. 

Dans la suite, un des neveux du pape, le cardinal Raphaël Ria- 
rio , prit sous sa protection particulière ces essais auxquels le 
théâtre italien a dû sa renaissance. 

Ne nous étonnons pas de voir un art profane entre tous prendre 
un si brillant essor à la cour pontificale. Les mœurs du temps ne 
répugnaient nullement à cette sorte de promiscuité. Un savant 
chercheur, M. Isidore del Lungo , a montré que vers la même 
époque le clergé florentin s'engageait dans une voie parallèle. En 
1476, les clercs de Santa Maria del Fiore représentèrent, sous la 
direction de leur maître, ser Piero Domizio, des comédies latines. 
Laurent le Magnifique honora de sa présence la représentation 
qui eut lieu dans l'église de tous les saints (Ognisanti) (2). 

Un quart de siècle plus tard, en 1510, les habitants de Reca- 
nati, pour fêter l'entrée de Jules II dans leur ville, représentèrent 
devant le pape une comédie de Plaute. Le spectacle eut sa mora- 
lité : on força les juifs de la ville, qui n'en pouvaient mais, de 
payer les frais de la représentation (3). 

Lorsque Léon X choisit pour théâtre de la Calandra ou des 
Suppositi le château Saint-Ange ou le Vatican lui-même , il pou- 
vait s'autoriser, avouons-le, d'illustres exemples. 



(1) 1484. « Bacchanalium die, qui carnis privium nuncupatur, acta est histo- 
ria Constantini Csesaris in pontificiee atrio, ubi cardinales in curiam venientes 
ab equis descendant. Pontifex e superioribus fenestris Isetns spcctavit. Huic 
scœnse prœfectus erat Genuensis quidam , Constantinopoli natus et educatus , 
et in Pontificis familiam ascitus. Hic quum Constantini personam suslineret , 
ex eo die Imperatoris nomen accipiens, usque ad mortem secum illud honori- 
flce detulit » (,). de Volterra, R. I. S., t. XXIII, p. 194). 

(2) Archivio storico italiano, 1876, t. XXIII. 

(3) Article de M. Schmarsow dans VAri, mai 1881 , p. 204. 



APPENDICE A LA NOTICE PRÉLIMINAIRE 



IDE LAUDIBUS SIXTI QUARTI 



AuRELio Brandolini 

Le Florentin Aurelio Brandolini, surnommé Lippo à cause de sa 
Cécile (f 1497), fut un dos poètes favoris de Sixte IV, qui prenait 
plaisir à l'entendre improviser. Sa réputation devint si grande 
que Mathias Corvin l'appela auprès de lui et le combla d'hon- 
neurs. On a de la peine aujourd'hui, en lisant ses compositions 
vides et banales, à comprendre un tel engouement. Si nous nous 
sommes décidé h publier ici, d'après un manuscrit du Vatican, 
quelques-unes des poésies composées en l'honneur de son pre- 
mier protecleur, Sixte, c'est plutôt en souvenir de la haute si- 
tuation que l'auteur occupait parmi ses contemporains, comme 
aussi des éloges que lui ont prodigués Mazzuchelli , Tirabos- 
chi (1) et d'autres historiens, qu'en raison de leur valeur intrinsè- 
que. 

Quae vero species : quse forma : quis ambitus urbis ! 

Moeiiia vix nosses prisca , Quirine , tua. 
Scilicct sequatas excelsis niontibus arces 

Aspice : et sethereo proxitna templa polo. 
Jam sacrae lambunt radiantla sydcra turres 

Unde voces ipsos ad sua sacra deos. 
Adde lot exti'uctas immensis molibus aedes 

Quseque peregrino marmore tccta nitent. 
Dcsine, Crasse, tuatn , vel tu, Mcssala, refcrre . 

Exsupcrant vestras atria nostra domos. 

(1) Storia délia Lett«ratura italiana, éd. de Milan, t. "VI. p. 1411 et 31. 



APPENDICE A LA NOTICE PRÉLIMINAIRE. 57 

Miraris Tyberine tuam dutn labere Romam 
Atque ais : haec nuUo principe tanta fuit. 
At vero quis tota viris urbs prasdita fulget? 
Aut quibns urbs fulget prsedila tota dois? 
Aspice purpui'eas, insigaia sacra, Ihiaras 
Aspice sacratas, nomlna clara, mitras. 

... Quid de cultura, sculptura , plctura, archilectura cseterisque arti- 
bus dicam ? quam perfecte , quamqiie absoli'.te in nostris hominibus re- 
periuntur : ciijiis rei ne alteiius argumenta pctantur. Habcs tu. Sixte 
maxime, apud te certissimos testes qui ad sacellum tuum, tum aedifican- 
dum, tum exornandum, plurimos atque optimos omnium rerum artifices 
undique coegisti, ita ut quicumque opus illud videat libère atque ingé- 
nue fateatur neque Apellem a nobis neque Presitelem (sic) desiderare 
oportcre... 

... Imprimisque urbs Roma terrarum caput : quse tua singulari benefi- 
centia , Sixte, Pontifox benignissime , ita tota instaurata atque exornata 
est ut de integro pêne tota videatur condita. "Videre licct in ea stratas 
lateribus vias omnes : dircctisque sedificiorum ordinibus sublatisque 
porticibus, quse illas pêne totas occupaverant, latissimas roctissi masque 
efifectas : Urbi universseque specicm formamque restitutam. Phana vero 
ac templa tum plurima tum pulcherrima atque ornatissima per totam 
urbcm conspiciuntur , quaî incredibili atque infinita Sixti munificentia 
partira refecta atque instaurata : partira instituta et condita sunt. Quo 
in génère illud praeter caetera insigne ac prsestans aedificium tacere non 
possura quod ad commune inopum mi&erorumque omnium praesidium 
abs le, Sixte, optime institutum est, atque ab ipsa rn ofBcioquc excipien- 
dorum hospitum Hospilale appcllatum : quod quidem pictate an munifi- 
centia, majore aedificatum sit difficile est judicare. Pons vero ab eodcm 
Sixto flumini adjectus : atque Aurelii ponti.s qui vctustate collapsus 
erat loco subrogatus : et Urbi speciera atque utilitatera incredibilcm 
afifert : et potcst cuilibet antiquorum pontium comparari. Alla praetcrea 
publica et privata omnis generis aedificia vel a Sixto vel a principibus 
veteris urbis Sixti hortatu condita multa ac raagna cernuntur. Quae qui- 
dem omnia facile déclarant nostris hominibus neque opes neque animi 
magnitudinem aut munificentiam ad aedificandum déesse... 

... Scrii)siitaque de tuis tuorumque laudibus... duos libros... In priorc 
itaque libro de tuis quibusdam laudibus in umvcrsum, mox de tua domo 
et de operibus abs te in ea oditis , videlicet de sacello , de bibliotheca , 
de loco quem paradisum vocant : tum de urbe instaurata , de viis per 
eam stratis , de ponte abs te aedificato singillatira perscri[)si. In poste- 
riore de templis abs te vel refectis vel conditis m universum , de aede 
beatae Mariae de Populo, de domo hospilali Sancti Spiritus... divisi au- 
tem in plura capita : quae epygraramata nominavi... 



58 SIXTE IV. 

De urbe a Sixto instaurata et classe in Turchas missa. Epygramnia XVII. 

Quantum Roma tibi , quantum tibi dcbent orbis 

Si répétas, neuter solvere, Sixte, queat. 
Ipsa suo débet non tantum Roma Quirino, 

Auctori tantum nec genus omne suo. 
Condidit ille urbem, genus hic raortale creavit, 

Sed mox desoruit munus uterque suum. 
Squalebat turpi'jue situ fœdaque senecta 

Urbs tota, hinc casnlis obi'uta et Inde luto. 
Tu totam instauras, auges roddisque salubrem , 

Pervia te tota est principe, tota nitet. 
Te vocet illa patrem , te numinis instar adoret : 

Nunc Roma est : magnum nuper ovile fuit. 



De urbe Roma a Sixto iterura condita. Epygramma XVIII. 

Romulus exiguo nemorosa palatia muro 

Cinxit : et id Romse nomen habere dédit. 
Terrarum hinc orbis lustris hac urbe trecentis 

Ornanda hue vires contulit usque suas. 
Hi longas stravere vias , hi pontibus altis 

Junxerunt ripas, advena Tibri tuas. 
Cœlicolis alii passim nova templa dicarunt : 

Lapsa alii longa rcstituere die. 
Pars dédit archano numerosa volumina Phœbo , 

Virgineis campum pars decoravit aquis. 
Denique quisque aliquo donavit munere Romam 

Et [Nec] mirum est si quo tompore magna fuit. 
Ilia diu, res si qua diu mortalibus usque est 

Vivcre : vim nullam debuit illa pati. 
Sed quid non caries : quid non vis improba vincit? 

Supremum infelix sensit et illa diem 
Tôt clades , tôt passa manus , tôt tela, tôt ignés , 

Squalore ac turpi mersa erat illa situ. 
Vix ibi crediderit quisquam romana fuisse 

Mœnia : non urbs , jam Roma cadaver erat. 
Hinc cœnum , bine crebrai tcctorum altaeque ruinae, 

Inde super structse Phœbo (?) habitante casse. 
Quis foret unquam ausus prostratam tollcre Romam 

Prostratam attoUi, quis potuisse putet? 
Audeat hoc si quis : quo cuncta peregcrit sevo 

Qui peragat quonam nomine dignuserit? 
Ausus at est Sixtus veteremque resurgere solus. 



APPENDICE A LA NOTICE PRÉLIMINAIRE. 59 

Jussit Romam , immo condidit ipse novam ; 
Reddidit hic urbi formam veteresque ruinas 

Substulit : et passim coctile fecit it&r. 
Nobile pontis opus struxit , delubra refecit 

Multa quidem : fecit sed nova pluia tamen. 
Congessit veterum, congessit scripta recentura, 

Campo virgincas ipse rcduxit aquas, 
Quodque alii atque alii lustris fecere trecentis , 

Condidit hic lusti-is omne duobus opus. 
Romule , cède pater , veteres concedite ciincti : 

Hic urbis pater est, hic deus, hic donninus. 
Sed data sunt aliis ea noniina, quid tibi majus 

Nunc dabo? par meritis gloria nuUa tuis. 

De operibus a Sixto tum perfectis tum incohatis. Epygramma XXVIII. 

.-.. Sixte tiiain lustras dura lumine Romam 

Gaudia consurgunt pectora quanta tuo? 
Conspicis excelsis renovatam mœnibus urbem 

Et mire ductas ordine et arte vias. 
Conspicis erectum Tyberino in flumine pontem 

Quodque erat Aureli , nunc opus esse tuum. 
Cernis in antiquis pulcherrima tecta ruinis 

Et nova de bustis menbra renata suis. 
Exuvias posuit veteres turperaque senectam. 

Induit et cultum, Te duce, Roma novum. 
Quanta tibi subeunt dicenti gaudia : feci? 

Quanta est Roma mea ! est, quse modo nulla fuit! 
Nec tamen est operum finis finisque laborum ; 

Vix abit hsec animo , jam nova cura subit. 
Jamque alias reparas urbes , aliasque ruinas. 

Diruis atque alias sternis ubique vias -, 
Jam majus meditare aliquid? Novalia portus 

Concipis? ut domina desit in urbe nihil. 



LIBER SEGUNDUS INCIPIT. 
De tegiplis a Sixto Pontifice instauratis et conditis. Epygramma XXX. 

Ergo ubi divina mundus te sedc locavit 

Et posita est capiti sacra corona tuo , 
Prima fuit revocare deos , nova condere templa 

Et meritum superis reddere cura decus. 
Imprimis quse templa diu coUapsa jacebant 

Erigis : et vita das meliore frui. 



60 SIXTE IV. 

Quaeque situ et cana fuerant confecta seiiecta 

Exuis : atque illis das juvénile decus. 
Inde alia atque alia ingenti constructa labore 
Sumptibus sedificas constituisque tuis. 
(Bibliothèque du Vatican, fonds latin , n» 5008 , CF. 28, 31, 46, 47, 51, 

61 vo, 62, 62 vo, 66, 67 v», 68.) 

On trouvera ici, dans les pages qui suivent, les passages rela- 
tifs aux monuments de Rome. 



DOCUMENTS SUR LES FINANCES DE SIXTE IV. 

Spese ordinarie del Papa nel tempo di Sisto Quarto. 

Se. 

Bargello 1080 

Conestabili di Campidoglio quattro 1000 

Cantori di Cappella 2400 

— 120 

Soldano di Roma 200 

Advocato et Abbreviatore délia Caméra Apostolica 220 

Procurator Fiscale 100 

Castellano di Tivoli 600 

Castellano di Ceprano 240 

Bollatoi- da Cavalli. . , 72 

Inquisitor délia Caméra • 50 

Spitiale, sartore, calzettaro, maestro carpentario 288 

Sette cavalieri délia Caméra 504 

Carta , cera, inchiostro 72 

Computista délia Caméra 109 

La cera del Candeloro 850 

La Palma 50 

La Spada et Cappello per Natale 260 

La Rosa 260 

ScriUore délie Bolle de Curia 72 

Li Palii del Carnevale, del Corpo di Cristo nostro Salvatore. , . 400 

Panni da vcstir li poveri il Venerdi Santo 50 

Piggione délia Torre del soldano et del campo del Salvatore. . 70 

Bombardicri 120 

Auditor del Governator di Roma. . . . , 100 

La gente d'arme (en blanc). 

La spesa per il vivere del Palazzo (fd.). 

Spese sopra la Thesauraria di Roma. 

Se. 

Al castellano del Castel S. Angelo 2400 

Al Senatore 3000 



APPENDICE A h.\ NOTICE PRÉLIMINAIRE. 



«Il 



Conservatori ^'^^^ 

Marescalchi i 1^0 

Capoi'ioni ^38 48 

Sonatori delU Consei-vatori. 66 48 

Notai'o dolli Conservatori 33 24 

Fideli coqui et guattari 2u0 

FiJeli a S. Maria d'Agosto 41 48 

Notarii 13 per li Caporioni 108 24 

Guardiano de sale. Frate d'Aniceli 36 

Capitano del app'°" 168 

Contestavoli delli Caporioni 177 46 

Trombetti 54 

Advocato délia Caméra 66 48 

Procuratori délia Caméra del Campidogllo 90 

Notario di detta Caméra 16 48 

Estraordinarij 4 di Roma 192 

Banditori 36 48 

Mandatarii 13 89 

Executor délia Caméra 48 

Marescalco délia Caméra 50 

Scudicri delli Conservatori 48 

Scadieri detti per la fcsta del Carncvale 15 

Ostiarij di Campidogllo 36 48 

Barbieri, campanaro capomastro 53 

Bollator de Cavalli et Guardiano di detti 18 24 

Dovaneri del sale a minuto 96 

Notario del sale a grosso et minuto •. . . 72 

Dua misuratori di sale 58 25 

Commissarij, executor et scrittor del sale 24 

Sindici et Notarij delli officiali di Roma 33 

Notaro de atti pendenti 17 48 

Trombetti 4 a un Contestabile per S. Maria di Agosto. . 17 

Camerlengo délia Caméra di Campidogllo 34 24 

Dua Cavalieri di Roma 95 

Dua sindici del popolo 24 

Dua scribi segreti 47 34 8 

Duo portinari 11 54 

Duo ostiarij. . 11 54 

Barbieri 4 64 8 

Campanaro 4 64 8 

Bollator de Cavalli 4 64 8 

Guardiano de Cavalli 4 64 8 

Trombetti 4 28 26 

Banditori 4 39 12 

Mandataro del Vice Camerlengo 17 45 



52 SIXTE IV. 

Dinari spende il Camerlengo di Roma. 

Per la festa del Carnevale. 50 

S. Bjasio 35 

Di Resui-i-ettione 50 

Di S. Giorgio 35 

Di S. Marco 14 

S. Angelo 68 

Il Corpo di Cristo 28 

S. Alessandro 70 

Ottava del Corpo di Cristo. 70 

S. Maria di Agosto 180 

La festa di Natale 200 

(Bibliothèque du Vatican, fonds latin, no6533, flf.'n» 122, 123.) 

Il ne sera pas sans intérêt de placer, en regard de ces chiffres, 
le budget de la Chambre apostolique pendant le pontificat de Gré- 
goire XIII (1 572-1 5S5), c'est-à-dire un siècle après Sixte IV. 

Nota dell'Entrate et Uscite délia Rda Caméra Apostolica con li carichi di essa 
sotte il Ponlificatû di Papa Gregorio XllI. 

SOMMARIO DI TUTTA L'USCITA SOPRADETTA. 

Se. 

A' Cardinal! -^7,000 10 

Palazzo de Nostro Signore 75,781 

Cappella di Sua Beatitudiiie 10,166 72 

Officiali di Roma 761 

Ofticiali Palatini 1.560 

Diversi officiali del Palazzo . . . . 379 

Provisioni do Nuntii 18,630 

Provision! diverse 23,673 40 

Guardia 28,ô47 50 

Castcl S. Angelo 6,027 28 

Fortezze dello Stato 4,539 36 

Caméra Apostolica 8,377 86 

Governo di Roma 9,443 80 

Zecca di Pwoma 574 

Abbondanza 1,020 

Popolo Romano 11,776 93 

Pigioni di case 900 

Provisioni diverse 535 20 

Sommano in tutio le dette spese, et uscita (sic). 227,474 



APPENDICE A LA NOTICE PRÉLIMINAIRE. 63 

Entrata certa délia Caméra Apostolica , sono 303,760 

Entrate incerte délia Caméra Apostolica sono l'anno. . 205,680 
Che unité l'enti'ate corte con l'incei-te ogn'anno sono scudi cinque cento 
novemilliaquattrocentoqiiaranta,degialiXperscudo,dico. 509,440 

Delli quali se. 509,440, detti-atoiie li se. 2-27,474, che tante sono le 
spese ordinarie : in somma resta di netto d'entrata eci-ta et inccfta, se. 
ducento ottanta un millia nove cento sessanta sel. dico se. 281,966. 

Il fine. 

Nota deir entrate, che lo Stato Ecclesiastico paga ordinariamcnte ogn'anno alla 

Sede Apostolica. 

Dogane, et Thesoreria del Patrimonio ogn'anno. . . . 72,600 

Dogana di Roma 158,100 

Le quali sono affitate di nuovo ai Censi pei- 150,000 scudi. 

(Bibliotlièque du Vatican. Fonds d'Urbin, n^ 829, flf. 709, 710.) 

Declaratoria super computis Soc. de Medicis Depositariorum. 

1473, 12 mars. — Universis prsesentes literas inspeeturis salutem etc. 
Universitati vestrse notum facimiis per praesentcs quod cum spectabiles 
viri Laurentius et Julianus de Medicis etc. ab exordio assumptionis 
S""' in Cbristo patris et domini nostri domini Sixti, divina providentia 
papse IIII, ad pontificatum, pecuuiarum Camerse apostoiicae depositarii , 
per ejus Sanctitatem deputati dictum officium laudabilitcr et liberaliter 
exercuerint , de eorum propriis pecuniis continue in notabili summa 
oportunitatibus ejusdom domini nostri papse et praefatœ Camerae subve- 
niendo , cumque eorum computa retenta in praefata Caméra diligenter 
visa , examinata et calculata , ac sollidata fuerint, tam in introitu quam 
in exitu singulis mensibus, secundum morem et stilum prsefatee Camerae, 
quia tamen nonnuUse difficultates perquosdam interposita? fuerant super 
pretiis pannorum siriceorum ac laneorum et aliarum rerum per eosdem 
pro exequiis fe. re. domini Pau!i papte II ac pro coroiiatione ipsius do- 
mini nostri papse et aliis causis , ac eliam super oxstimatione plurium 
jocalium eisdem datorum in solutum : née non super sagio {sic) ducato- 
rum auri in auro {en blanr) ad ducatos auri de Caméra ad rationem 
lxxij°""° baiocorum, quibus omnibus [jluries et mature examinatis et dis- 
cussis etc. Ejus Sanctitas omnibus prajinissis auditis et iuteilectis , et 
cognito quod hidem depositarii ultra introitiim pocuniarum dictîB Ca- 
merse continue raagnam summam pecuniarum [)ropriarum eorum pro 
negotiis et oportunitatibus suse Sanctitatis et dictée Camerœ exposue- 
runt, et alla onera plurima subierunt , non sine eorum interesse et jac- 
tura , et quod in calculo et saldo computorum mensis Januarii proxime 
prseteriti repertum fuit eos fore creditores dictaî Camerse in florenis sexa- 
ginta duobus millibus et noningentis decem et octo ac bl. Ivi, ut apparet 
ex approbatione computorum dicti mensis. Volens hujusmodi onera et 



64 SIXTK IV. 

interesse coiupeiisaro ac eorum grata et pi-ompta servitia sute Saiictitati 
et Camci-ïe prsedictœ pi'ceslita rciminorafo. Rcjoctis praemissis difficul- 
talibus, quiciiiid et toliiiu ad quod proptcroa ad dictam Cainerain perti- 
noi-c posset ex prsemissis difdciillatiijus in coinpeiisationein el roioiinp- 
rationoin praedictas i-oinisit et cuncessit, ac eosdom absolvit et liln-ravit, 
mandans et volens super ois a neiiiine deinceps noiniiie dictae C.iinerae 
aut alio qiiovis modo eos dcbere aiit posse molestari et inqiiietari. Nec- 
non coinputa praelicta, sicut calculata et soliidata sunt usquc ad et per 
totum ineiisem Januai-ii proxime prœtiM'iluni confu-mavit el approbavit , 
ac i-ata et giMla liabiiit,, eosqiie fore Camerœ praidicteB creditoi-es in diclis 
florenis Ixii™ et viiii" xviii et bl. Ivi rccognovit. Igitur nos quoque de man- 
date etc. et auctoi-itate etc. dictas difûciiltates rejicimus et super liiis 
perpetuLun silentium imponimus, totumque id et quicquid propterea ad 
Cameivun apostolicain pertinei-o potuisset in coinpensationem et remu- 
ncrationeni prsedictoruin oneriim et obsequiorum eisdem depositariis 
remittimus et concedimus ac eos absolvimus et liberamus. Mandantes 
eos propterea deinceps a nemine quovis riomine inquietari posse vel 
dcbere, Ncciion coinputa eorum supradicta visa, examinata, calculata et 
approbata , ut praemitlitur coiifirmamus et approbamus ac rata et grata 
babcmus , eosdemque in et de sumnui Ixii"» et viiii' decem et octo flor. 
et bl. Ivi creditores dictae Camerae esse juxta prsefatam approbationem 
recognoscimus et declaramus per prœsentos. In quorum fidem, etc. 

(Archives secrètes du Vatic.in. Divers. Caincr<E , 147-2-147G , fol. 80 
et v».) 

Noas joignons à ces docaments la liste dos dettes laissées par 
Sixte IV, d'après une pièce conservée aux Archives d'Etat de Flo- 
rence, en faisant toutefois observer que l'énumération paraît in- 
complète. En effet, nous n'y voyons figurer ni les sommes duos 
à Giovannino de' Dolci, ni celles qu'avait encore à recevoir le Pé- 
rugin, ni diverses autres dont il sera fait mention ci-après. 

Debiti lasciati da Sisto IV. 

CREDITORI DELLA CAMERA. 

Due. 

Spannocchi sopra lo spirituale 5,500 

E sopra la Doana délie pccchore di Roma e ghabello dello 

studio 2,000 

Luigi Vismara sopra le indulgcntic di Norinbergho , e doana 

di mercliatantie , e spiriluale 10,700 

Medicj sopra lo spiriluale 4,800 

Gliirardo Uso di mare 1,750 

Strozzi sopra lo S])irUuale 7,500 

E sopra l'abondanza 5,000 

E sopra la Doana di Ripa 2,200 

Antonio del Palagio sopra lo spirituale 2,700 



APPENDICE A LA NOTICE PRÉLIMINAIRE. 65 

E sopra l'abondanza 1,500 

Martelli sopra lo spirituale 2,500 

Cienturioni sopra lo spirituale 400 

Frangiotti 5,500 

Arnoldo Straper 300 

Ghaddi sopra le décime di Milano 3,400 

E sopra l'abondanza 2,000 

E sopra lo spirituale 4,000 

E per salnitro dato 500 

E sopra lo tesauroriere (sic) del patrimonio 500 

Alessandro délia Chaxa 1,000 

Giuliano Gallo sopra le gabelle dello studio 1,150 

Salvi Boscherini sopra lo spirituale 1,000 

Rosso de Ricci sopra la Doana délia merchatantia , sopra '1 

bancho 3,500 

Niccholo Chalchagni per resto délia depositeria, circha. . . . 3,000 

Somma. . . . 72,400 



Mess. Thominaso da Chastello presto sopra la thesaureria di 

Bologna Duci 5,000, resta avère 1,500 

Mess. Domenicho da Viteibo sopra la doana délie pechore di 

Roma 1,050 

Lodovicho Miliolo e Bertoldo délia Flora extraordinari mag- 

giori 1,000 

Mess. Filippo da Pontecorvo notaio di Ripa 250 

Lodovico di Rienzolucha notaio delli extraordinari maggiori. 300 

Alesso misuratore del sale grosso 60 

Domenicho ghuardiano di Ripa 100 

Ambrogio da Siena capitano del Soldano 150 

Mess. Francesco da Castello notaio délia doana di terra. ... 150 

Francesco Pétrone notaio di detta doana 150 

Pietro Chianelluzzo scriba sénatoriale 50 

Mess. Grigorio Valletani 850 

El Chastellano di Tiboli 1,000 

El Ghastellano di Viterbo 600 

El Chastellano di Fano 2,000 

Herede di mess. Miliadus Cigala 3,500 

El Revd» mess. Falione 2,000 

Mess. Batista Capocci sopra la tesaureria del patrimonio. . . 2,000 

El Reveiendiss° Camarlingo 2,600 

La eredita del Vicecamarlingo 600 

El Sign' Conte Hyeronimo 35,000 

E per suo soldo del présente anno 20,010 

Somma. .... 75,000 

(Archives d'Etat de Floreuce. Fonds Strozzi , filza 236 A , a» 218.) 

5 



66 SIXTE IV. 

CHAPITRE PREMIER. 

NOTICES SUR LES PRINCIPAUX ARTISTES DU RÈGNE DE SIXTE IV. 

Architectes. 

Les documents que M. Milanesi a découverts dans les archives 
de la Toscane, ceux que j'ai trouvés, de mon côté, dans les 
archives du Vatican et du Gampo Marzo, nous ont permis de 
modifier sensiblement l'histoire de l'architecture romaine de la 
fin du quinzième siècle, telle qu'on l'écrivait depuis Vasari. C'est 
ainsi qu'il a fallu, en présence de textes précis, authentiques, 
restreindre, dans une proportion énorme, le rôle joué à Rome par 
Baccio Pontclli. La participation d'un autre Florentin , Giuliano 
da Majano , aux travaux entrepris dans la Ville Eternelle , sous 
Paul II et ses successeurs , est devenue fort problématique. Par 
contre, un homonyme de Giuliano da Majano, Giuliano da San 
Gallo, est reiitré en possession de droits trop longtemps mécon- 
nus. Il est certain , aujourd'hui , que ce grand artiste , le rival de 
Bramante , a exercé une influence bien autrement considérable 
qu'on ne l'admettait jusqu'ici sur le développement de l'architec- 
ture romaine. Enfin , deux nouveaux venus, dont on chercherait 
en vain les noms dans les biographies d'artistes, Meo del Caprine 
et Giacomo da Pietrasanta, ont reconquis la paternité d'oeuvres 
dont on avait jusqu'à ces derniers temps fait honneur, soit à Giu- 
liano da Majano, soit à Baccio Pontelli : l'église Saint-Augustin, 
le petit palais (palazzetto) de Saint-Marc, la loge de la Bénédiction 
élevée devant Saint-Pierre, etc., etc. 

Aujourd'hui, je demande à mes lecteurs la permission de leur 
présenter un autre inconnu, victime, lui aussi, pendant bien des 
siècles, de l'ignorance des biographes. Cette fois-ci encore, c'est 
aux dépens de Pontelli que va se constituer cette personnalité 
nouvelle. Cette fois-ci encore, le coupable, est-il besoin de l'ajou- 
ter? est Vasari. 

Voici comment le biographe s'cxpi-ime au sujet de Pontelli : 
« Ce maître construisit la grande bibliothèque située au-dessous 
des Stances de Nicolas V ; il construisit également, dans le palais, 
la chapelle appelée Sixtine, chapelle qui est ornée de belles pein- 
tures. y> 

Ici, comme d'ordinaire, messire Giorgio fait trop bon marché 



ARCHITECTES. 67 

de la chronologie : un simple rapprochement de dates nous suf- 
fira pour réduire à néant ses assertions. Occupons-nous d'abord 
de la bibliothèque. La construction de cet édifice fut commencée 
l'année même de l'avènement de Sixte IV, en 1471, un bref en 
fait foi (1). Or, en 1471, Baccio Pontelli ne comptait que vingt 
et un ans (il était né en 1450), et il résidait , non à Rome, mais 
à Pise, ville qu'il quitta en 1479 seulement, pour se rendre à 
Urbin. La bibliothèque était depuis longtemps achevée lorsque 
le jeune maître toscan arriva sur les bords du Tibre, en 1482 ou 
1483 (il était resté environ trois ans au service de Frédéric d'Ur- 
bin). On est donc forcé de retrancher de son œuvre cette élégante 
construction, à laquelle les peintures de Melozzo da Forli ont 
valu une si grande célébrité. Nous sommes , d'ailleurs , em- 
barrassé de substituer un nom à celui de Pontelli. En effet, 
les cinq maîtres mentionnés dans le bref de Sixte comme ar- 
chitectes de la bibliothèque (architecti hujusmodi cediflcii), nous 
paraissent être plutôt des entrepreneurs que des artistes propre- 
ment dits. Dans les comptes que nous avons eu l'occasion d'exa- 
miner, Giuliano di Angelino, Paolo da Campagnano, Mariano di 
Paolo Pisanelli, Manfredo Lombardo et Andréa Ficeduli jouent 
constamment un rôle secondaire. 

Le raisonnement qui nous a servi à retrancher la bibliothèque 
du Vatican du nombre des monuments élevés par Baccio Pontelli, 
peut également s'appliquer à la chapelle Sixtine. Si, comme l'ad- 
mettent les savants les plus autorisés, la construction de ce sanc- 
tuaire a commencé en 1473, c'est que Pontelli est resté absolu- 
ment étranger à l'entreprise. Mais, ici encore, il était plus facile 
d'écarter une hypothèse que d'en mettre en avant une autre. Le 
nom de l'architecte de la chapelle aurait pu être ignoré longtemps 
encore, si le hasard n'avait placé sous nos yeux un document dont 
il résulte qu'un architecte florentin, nommé Johanninus de Dul- 
cibus, construisit : 1° la grande chapelle du palais; c'est-à-dire, 
sans doute aucun, la chapelle Sixtine; 2° différentes parties du 
palais apostolique; 3^ la citadelle de Givita-Vecchia. Cet artiste, 
au moment de sa mort, arrivée au plus tard au commencement de 
l'année 1486 , était créancier de la Chambre apostolique d'une 
somme fort considérable, au sujet de laquelle son fils et héritier, 
Gristoforo, prit des engagements particuliers avec le Saint-Siège. 

Pour ceux qui ont suivi nos études sur l'histoire de l'art 
romain, le nom de Johanninus de Dulcibus, ou Giovannino de' 

(1) Archivio storico italiano, 1866, t. III, p. 215. 



68 SIXTE IV. 

Dolci, n'est plus celui d'un inconnu. Nous avons montré que cet 
artiste s'établit à Rome sous le pontificat de Nicolas V, qu'il exé- 
cuta de nombreux travaux pour Pic II, que Paul II, enfin, mit 
constamment à profit ses rares connaissances en matière d'archi- 
tecture. Ce pape l'employa notamment à la construction du palais 
de Saint-Marc et du palais du Vatican. Giovannino travaillait 
pour lui , tantôt en qualité d'entrepreneur, tantôt en qualité d'in- 
specteur (prœsidens fabricce). Le chapitre de Saint-Pierre aussi 
avait tenu à s'attacher ce constructeur si habile , et ce fut sans 
doute en souvenir de ses longues et cordiales relations que l'artiste 
lui légua en mourant la somme de 50 florins d'or. 

Giovannino était de la race de ces grands architectes-charpen- 
tiers florentins, qui excellaient à la fois dans la marqueterie, la 
sculpture en bois, l'architecture civile et l'architecture militaire : 
le Francione, Benedetto et Giuliano da Majano, Baccio Pontelli, 
Baccio d'Agnolo et, dans une certaine mesure aussi, Giuliano et 
Antonio da San Gallo. Il incruste tantôt des coffrets , tantôt des 
portes monumentales ; il dirige l'exécution des gigantesques sof- 
fites du palais de Saint-Marc; puis, par je ne sais quel miracle, 
au moment voulu , le patient intarsiateur se transforme en ingé- 
nieur et reconstruit les citadelles de 'l'Etat pontifical. 

Lorsque Sixte IV monta sur le trône, Giovannino était attaché 
aux travaux du palais apostolique avec le titre de « superstans » 
et un salaire de 8 florins par mois (1). Le nouveau pape le con- 
firma dans cette position , comme le prouve la mention de paie- 
ment rapportée en note (2). 

En 1475 (3), l'artiste florentin exécuta différents ouvrages dans 



(1) t471 , 3 octobre. « Vobis prudentibus viris fratri Colae plumbatori littera- 
rum apostollcarum ac Johanniuo de Florentia , oliin prœsidenlibus fabricarum 
tempore fe : re : domini Pauli ii per praîsentes committimus et raandamus 
quatenus infra très dies debeatis exhibere et consignare venerabilibusdoctoribus 
Dominis Antonio de Forlivio et Nicolao de Bonaparte, Camerse apostolicae cle- 
ricis, omnia coraputa dictarum fabricarum pertinentia ad dictarum fabricarum 
magistros, fabricatores et operarios quoscunque, ita quod ipsorum omnium dé- 
bita et crédita verificari possint. Datum Romse. » — A. S. V. Divers. Cam., 
1471-1478, n" 36, fol. 45. — Voy. aussi notre t. II, p. 17. 

(2) 1471, 3 septembre. « Magistro Johanni Pétri et magistro Dominico Fran- 
cisci de Florentia suprastantibus fabricse palatii aposlolici florenos de caméra 
ducentos quadraginta octo et bon. XVI ac den. quinque, e.xponendos per ipsos 
in dictis fabricis , juxta ordinationem sanctissjjjii domini nostri papse. » — 
A. S. V. 

(3) Zahn, Notisie artistiche, p. 10. 



ARCHITECTES. 69 

l'église des Saints- Apôtres , dont la reconstruction a été attribuée 
par Vasari à Baccio Pontelli , mais que d'autres juges revendi- 
quent pour Giacomo da Pietrasanta. 

A partir de 1476 commencent des travaux d'architecture mili- 
taire d'une grande importance. Giovaunino est d'abord chargé de 
la construction de la citadelle (arx) de Ronciglione. Ces travaux 
n'étaient pas encore terminés en 1480, époque à laquelle Giovau- 
nino acheta, pour le prix de 180 florins, une maison située dans 
le voisinage. 

En 1481, Sixte confie à son architecte favori la reconstruction 
de la citadelle de Givita-Vecchia. Deux brefs , encore inédits, ne 
laissent aucun doute ni sur l'importance de cette entreprise ni 
sur l'étendue des pouvoirs de l'humble charpentier , élevé à la 
dignité de commissaire des constructions pontificales. 

Voici , en abrégé, la teneur de ces deux pièces : 

a Sixte IV, à l'éveque de Rimini , châtelain de la citadelle de 
Givita-Vecchia, salut, etc. Très vénérable frère en J.-G. Ainsi que 
nous vous l'avons dit , lors de notre passage en votre ville , nous 
avons l'intention de faire restaurer notre citadelle de Givita-Vec- 
chia. Nous avons chargé de ce travail notre très cher fils, maître 
Johanninus de Dulcibus, de Florence, porteur de la présente. La 
citadelle devant être démolie peur être reconstruite sur un plan 
plus parfait, nous vous prions d'en faire la remise à maître Johan- 
ninus avec toutes ses munitions et appartenances. Donné à Rome, 
le 14 novembre 1481. » 

a A Johanninus de Dulcibus , de Florence, notre commissaire. 
Très cher fils, salut, etc. Désirant restaurer la citadelle et le port 
de Givita-Vecchia, pour la commodité et la sécurité des marins; 
connaissant, d'autre part, ton zèle et ton habileté, nous te nom- 
mons , par les présentes , commissaire spécial de la construction 
de la citadelle et du port susdits, avec autorisation de requérir les 
habitants des environs et de les forcer à te prêter leur concours , 
moyennant une indemnité raisonnable, etc., etc. Donné à Rome, 
le 14 novembre 1481. » 

Au titre de commissaire, Giovaunino ne tarda pas à joindre celui 
de châtelain; un document du 17 octobre 1482, publié par Fran- 
gipani (1), qualifie me a Johanninus Dulcius » de « Gastellanus 
arcis Givitœ VetuLie. » Mais l'artiste ne resta pas longtemps en 
possession d'une place si enviée. Le pape semble même lui avoir 



(l) htoria deW antichissima città ii Civita-Vecchia, p. 124. 



70 SIXTE IV. 

retiré la construction du port de Givita-Vecchia, entreprise qui fut 
confiée, en 1483, à Lorenzo da Pietrasanta. 

Vasari ne parle pas de la coopération de Baccio Pontelli aux 
travaux de Givita-Vecchia. Ici , cependant, il aurait pu, sans trop 
de témérité, rapprocher le nom de l'ingénieur florentin de celui 
de la citadelle reconstruite par ordre de Sixte IV. Pontelli fut en 
effet chargé, le 27 juillet 1483, un bref publié par Frangipani 
(p. 124) en fait foi, d'inspecter cette citadelle : « Ut arcem ipsam 
nostram videat et circumspiciat , » ce sont les termes employés par 
le pape. 

Voilà une indication bien précieuse pour déterminer les rap- 
ports entre Giovannino de' Dolci et son confrère : l'un trace les 
plans, dirige la construction; l'autre vient après coup examiner 
les travaux. La mission confiée à Pontelli ne pouvait aA^oir rien 
de blessant pour Giovannino, qui avait lui-môme été chargé si 
souvent de ce rôle d'inspecteur, d'expert. 

Quoique ces entreprises dussent laisser peu de loisirs à me Gio- 
vannino, il n'avait point fermé sa boutique de charpentier-me- 
nuisier. En 1472 il exécute trois fauteuils pour le pape (1). En 
1476 il reçoit d'un coup un paiement de 339 ducats pour une ar- 
moire en marqueterie, et divers autres meubles destinés au palais 
apostolique. De 1477 à 1481 , nous le voyons sculpter, avec son 
frère Marc, les armoires et bancs de la bibliothèque du Vatican. 

L'artiste ne renonça point non plus à ses fonctions d'inspecteur 
des travaux pontificaux. Le 20 novembre 1482, il est chargé de 
taxer les ouvrages exécutés à la citadelle de Tivoli par Thomas 
Gonella et Giuliano de Florence; le 8 décembre 1484, il mesure 
et estime les travaux de terrassement exécutés sur la place des 
Juifs par Lodovico de Marganis, directeur de la voirie romaine. 

G'est là le dernier document que nous possédions sur ce tra- 
vailleur infatigable , auquel aucune branche de l'art de bâtir ne 
demeura étrangère. Giovannino mourut très vraisemblablement 
peu de temps après ; au mois de février 1486, on l'a vu, il est déjà 
question de ses héritiers (2). 

(1) 1472, 30 juin. « Ad exitura... [ponatis] magistro Johanni Pétri de Fioren- 
tia fabro lignario camdem suramam [25 duc] pro lotidem sibi per Caraeram 
apostolicam debitis pro factura trium sedium cum omnibus carum farnimentis 
et reparatione ac restauratione duarum aliarum sedium pro s. domino nostro 
papa » (M. 1471-1473, fol. 139). 

(2) Giovannino semble avoir eu pour successeur un de ses compatriotes, por- 
tant le niênic prénom, et qu'il f;iut bien se garder de confondre avec lui : Gio- 
vanni (di Stagio), de Florence (Documents du l"^"- décembre 1487, du 12dccem- 



ARCHITECTES. 



71 



Puissent les documents qui viennent d'être produits appeler 
l'attention des savants sur un artiste considérable, jusqu'ici en- 
tièrement inconnu , et provoquer des recherches propres à com- 
pléter la biographie de l'architecte de la chapelle Sixtine (1) ! 

Marco de' Dolci exécuta , également sous Sixte IV, un assez 
grand nombre d'ouvrages , mais d'importance moindre que ceux 
de son frère Giovannino. Nous le verrons notamment sculpter et 
orner de marqueteries les bancs ou armoires de la bibliothèque 
Vaticane. Marco survécut à Giovannino. D'après une communi- 
cation de M. Milanesi, il vivait encore en 1506. Son fils Dome- 
nico fit construire dans l'Annunciata de Florence la chapelle de 
la Madonna del Soccorso , celle-là même qui reçut plus tard le 
tombeau de Jean de Bologne (2). 

Depuis la publication du second volume de cet ouvrage, la bio- 
graphie d'un artiste dont nous avions dès lors signalé les mérites 
transcendants a été singulièrement élucidée, grâce surtout aux 
recherches da M. Milanesi. Nous voulons parler du sculpteur- 
architecte toscan , Meo del Caprino ou del Caprina. Né cà Setti- 
gnano en 1430, dans une famille de sculpteurs, Meo di Francesco 
di Giusto fit ses premières armes à Ferrare. Vers 1464 , il se 
rendit à Rome , et y prit part à la construction de la Loge de la 
Bénédiction élevée par Pie II (voy. t. I, pp. 258, 259). Sous 
Paul II , il concourut à l'édification du palais de Saint-Marc et 
du palais du Vatican (t. II, p. 14). Puis nous perdons ses traces 
jusqu'en 1491 , où nous le retrouvons parmi les maîtres appelés 
à juger les projets d'achèvement de la façade du dôme de Flo- 

bre 1493, du 11 mars 1494, etc. Voy. plus loin les notices sur les architectes 
attachés au service d'Innocent VIII et d'Alexandre VI). 

(1) Depuis la publication de notre travail sur Giovannino de' Dolci (Chroni- 
que des arts, du 8 et du 15 novembre 1879, et Buonarroti, octobre 1879 -, tiré à 
part sous le titre de : Giovannino de Dolci, l'architetto délia cappella Sistina e 
délie fortezse di Ronciglione e di Civita-Vecchia, Rome, 1880), nous avons eu 
la satisfaction de voir les juges les plus compétents se rallier à notre opinion. 
Cf. le Repertorium filr Kunstwissenschaft, t. IV, 1881, p. 214. 

(2) Les Dolci firent-ils également souche à Rome? On serait tenté de le 
croire. En effet, le nom de la famille « Dulcis » revient assez souvent, pen- 
dant le seizième siècle, dans le recueil de Jacovacci conservé à la Vaticane, 
fonds Ottobonien, n° 2250, ff. 131-132 : 1528. « Q. nobilis vir Valerius Dulcis. 
— Mater d. Joannis Vincentii Dulcis. » — 1560. « B. m. domini Vincentii 
Dulcis. « — 1568. « Mag. dom. Modesta Dulcis -> (fol. 131). — Un « Lucas de 
Dulcibus Florentinus » entra, en 1484, au conclave comme secrétaire du car- 
dinal de Saint-Clément. Voy. le Diarium de Burckhard, éd. Gcnnarelli, p. 15. 



72 SIXTE IV. 

rence. A partir de ce moment , Meo del Caprina semble s'être 
consacré à la direction des travaux de la façade du dôme de Tu- 
rin, œuvre considérable dont il n'est plus permis aujourd'hui de 
lui contester la paternité. Le sculpteur-architecte de Settignano 
mourut en 1501 (1). 

Comment fut rempli l'intervalle entre 1471 et 1491 ? Meo con- 
tinua-t-il d'habiter Rome, et parvint-il à gagner la confiance de 
Sixte, comme il avait possédé celle de ses prédécesseurs? Nos 
registres sont muets sur ce point. Essayons de suppléer à leur 
silence. En nous demandant comment et par qui l'artiste fut 
appelé à la direction des travaux du dôme de Turin, nous rencon- 
trons une indication qui ouvre le champ à bien des conjectures. 
Son patron ne fut autre que Dominique dclla Rovere, cardinal de 
Saint-Clément. Ce fut lui qui le choisit et qui stipula avec lui. 
Nous taxera-t-on de témérité si nous supposons , avec M. Mila- 
nesi , que ce neveu de Sixte, grand bâtisseur comme son oncle, 
avait eu l'occasion d'employer Meo à Rome même, peut-être 
pour la construction de son magnifique palais du Borgo? Et si 
cette hypothèse ne semble pas trop hasardée , nous sera-t-il per- 
mis de nous demander si Sixte lui-même n'a pas eu recours à ce 
maître éminent , que lui signalait la voix publique? La compa- 
raison de la façade de la cathédrale de Turin, œuvre authentique 
de Meo del Caprina, avec les monuments élevés à Rome vers 
la même époque (voyez surtout la façade de Saintc-Marie-du-Peu- 
ple), aidera singulièrement à résoudre ce problème, que nous 
recommandons instamment à tous les -adeptes de l'architecture. 

Giacomo da Pietrasanta , un autre inconnu de la veille , a vu , 
comme Giovannino de' Dolci , comme Meo del Caprina , la répu- 
tation de Baccio Pontelli se faire aux dépens de la sienne. Nous 
avons montré que ce maître , fixé à Rome depuis le règne de 
Nicolas V (t. I, pp. 84 , 149) , avait successivement dirigé, sous 
Pie II, la construction de la Loge de la Bénédiction (t. I, pp. 263, 
282) et, sous Paul II, celle d'une partie du palais de Saint-Marc 
(t. II, p. 15 et ss.). Sous Sixte, son nom est un des premiers qui 
se présentent à nous. Au mois do juin 1472 et au mois de février 
1473, il reçoit la mission de visiter la basilique et le couvent de 
Saint-François, à Assise, et de rendre compte au pape de l'état de 
ces édifices. Dans le premier de ces voyages , il a pour compa- 
gnon et collaborateur l'architecte florentin Bernardo di Lorenzo. 

(1) Vasari, cd. Milancsi, t. II, p. G65 



ARCHITECTES. 73 

(Ici encore Vasari a mis en avant le nom de Baccio Pontelli ; à 
l'entendre, c'est lui qui, en 1480 , aurait dirigé la restauration 
du monastère) (1). Une dizaine d'années plus tard , Jacques est 
chargé par le cardinal d'Estouteville de reconstruire l'église 
de Saint-Augustin , un des premiers édifices k coupole que l'on 
ait vus k Rome. Le document que nous produisons plus loin ne 
laisse subsister aucun doute à cet égard; il nous permet d'écarter 
définitivement les prétentions de Baccio Pontelli. Jacques de Pie- 
trasanta eut pour collaborateur , dans cette entreprise considé- 
rable , un architecte florentin nommé Sebastiano , artiste sur 
lequel nous n'avons pas réussi jusqu'ici cà découvrir d'autres ren- 
seignements (2). 

Dans son travail sur Lorenzo et Stagio Stagi , M. Milanesi a 
publié un arbre généalogique d'une famille d'artistes de Pietra- 
santa , les Ricomanni , parmi lesquels nous voyons figurer un 
certain Gristofano, mort au plus tard en 1460 (3). Or, nous 
avons vu (t. II, p. 15) que le père de Giacomo da Pietrasanta 
portait précisément ce prénom. Il est vrai que, parmi les enfants 
de ce Gristofano, on n'en trouve point s'appelant Giacomo. Mais 
le silence de l'arbre généalogique , qui a pu être compilé avec des 
renseignements insuffisants , ne forme point un argument irré- 
fragable. Nous croyons donc, jusqu'à preuve du contraire , pou- 
voir donner à Giacomo da Pietrasanta le nom patronymique de 
Ricomanni. 

Si notre hypothèse au sujet de la filiation de Giacomo da Pie- 
trasanta est fondée , un frère du maître , Leonardo di Gristoforo , 
aurait travaillé à Rome, cà côté de lui, pendant le règne de Paul IL 
Nous avons , en effet , rencontré dans des documents datés , l'un 
du 24 novembre 1466 , l'autre du 14 février 1467 (t. II, p. 92, 93), 
la mention d'un « carpentarius « nommé « Leonardus Gristofori 
de Pielrasancta. « Ge prénom de Léonard est une présomption en 
notre faveur : le frère de Gristofano Ricomanni, un sculpteur cé- 

(1) T. IV, p. 137. Voy. plus loin, à l'article Assise, le texte de ces diflférentes 
pièces. 

(2) Un « magisler Sebastianus, faber lignarius » (sans autre qualification) , 
exécute, en 1474, des armoires destinées aux registres de la Chambre apostoli- 
que. Est-ce le même que l'architecte de Saint- Augustin? 1474, 18 avril. « De 
niandato facto die 14 aprilis magistro Sebastiano fabro lignario ducatos unde- 
cim pro residuo armariorum ligneorum ad conservationcm librorum in Caméra 
apostolica factorum. » - A. S. V., Intr. et Ex. Cam., 1473-l'i74, fol. 195 v». 

(3) Notizie di lorenzo e di Stagio Stagi da Pietrasanta, scultori del XV e XVI 
secolo, Florence, 1881, p. 3 (Extr. du t. VI des Opère di Giorgio Vasari). 



74 SIXTE IV. 

lèbre, mort en 1472, s'appelait également Léonard. Or, nous sa- 
vons combien les Italiens du quinzième siècle aimaient à donner 
à leurs enfants, soit le prénom de leur aïeul paternel, soit celui 
de leurs oncles. 

Nous retrouverons notre maître sous le règne d'Innocent VIII, 
et nous aurons alors l'occasion de compléter sa biographie. Mais 
nous croyons devoir annoncer, dès à présent, à nos lecteurs que 
des documents absolument probants nous permettent de revendi- 
quer pour Giacomo da Pietrasanta la construction de la célèbre 
villa du Belvédère , élevée par ordre d'Innocent VIII. 

Nous avons réussi , non sans difficulté , à introduire dans 
l'histoire de l'art les noms de Giovannino de' Dolci , de Meo del 
Caprina et de Giacomo da Pietrasanta. En ce qui concerne un 
autre architecte de Sixte IV, comme eux Toscan, Lorenzo da Pie- 
trasanta, la priorité de revendications do ce genre revient à 
MM. S. Varni (1) et Milanesi (2) , qui ont essayé avant nous de 
dégager sa personnalité. La tâche n'était pas des moins ardues ; 
en effet , à Pietrasanta , trois sculpteurs ou architectes ont porté 
ce prénom, presque en môme temps : Lorenzo Stagi (mort en 
1506, père du célèbre sculpteur Stagio Stagi), Lorenzo di Fran- 
cesco Ricomanni (mort en 1522), enfin Lorenzo di Bartolommeo 
Bertolucci. Tous trois ont laissé des œuvres remarquables : le 
premier, le tabernacle de l'église Saint-Martin de Pietrasanta , 
commandé en 1497; le second, d'après M. Milanesi, la façade 
du dôme de Sarzane , avec l'inscription : OP. M. LAVRENTII. 
DE PETRAS. A. D. MGCCGLXXIV; le dernier enfin, les sculp- 
tures en bois du chœur de Saint-Martin de Pietrasanta. 

Ge fut en 1477, selon toute vraisemblance, que notre Lorenzo 
entra au service de Sixte IV. Il reçut le titre de « carpcnta- 
rius palatii apostolici , » qu'il conserva longtemps, et six du- 
cats de traitement par mois (3). Il travaillait en même temps au 

(1) Di maestro Lorenxo e Stagio Stagi da Pietrasanta, Gênes, 1868. 

(2) Notixie di Lorenzo e di Stagio Stagi da Pietrasanta, scultori del XV e XVI 
secolo. 

(3) 1477, 25 octobre. « De mandate facto die 18 dicti florenos quadraginta 
duos de caméra magistro Laurentio carpentario palatii apostolici, pro cjus pro- 
visione soptem mcnsium, die ultima instantis flnicndoriun. » — A. S. V. Intr. 
et Exitus Cam. 1477-1478, fol. 221. 

1479, 1"' juin. « Magistro Laurentio de Petrasancta carpentario palatii flore- 
nos de caméra sex pro cjus provisione precsentis mensis Junii. >< — M. 1479- 
1481, fol. 12 v°. 



ARCHITECTES. 



75 



Capitule (document da 7 juin 1477). En 1480, il dirigea au Va- 
tican , des travaux d'une certaine importance, dont on trouvera 
plus loin le détail. Mais son rôle grandit surtout à partir de 1481, 
époque à laquelle le pape lui confia la construction du port de 
Civita-Vecchia. Cette entreprise colossale l'occupa de longues an- 
nées. Les comptes publiés plus loin permettent d'en suivre toutes 
les péripéties. 

Plus d'un lecteur sera tenté , devant ces revendications , de se 
demander si Baccio Pontelli , jusqu'ici si célèbre, n'est pas un 
personnage mythique , sorti tout entier de l'imagination de Va- 
sari. Gardons-nous bien, après avoir sacrifié tant de maîtres 
éminents à ce favori de l'histoire, de tomber dans l'excès opposé, 
et de le dépouiller à son tour au profit d'autres. Baccio Pontelli a 
été un artiste de talent ; il a joui de la confiance de Sixte IV et 
de son successeur Innocent VIII ; plusieurs constructions impor- 
tantes peuvent lui être attribuées avec une entière certitude. On 
le voit, morne réduite à ces proportions, la place qu'il occupe 
dans l'histoire de l'art romain ne laisse pas que d'être honorable. 

Dans cet essai de biographie , nous ne saurions mieux faire 
que de prendre pour guide M. Milanesi, dont les découvertes 
ont si singulièrement élucidé l'histoire de la vie et des travaux 
de Pontelli (1). Bartolommeo ou Baccio di Fino di Ventura de 
Puntellis était né à Florence en 1450 (un document de 1460 nous 
apprend qu'il avait à ce moment dix ans). Après avoir reçu les 
leçons d'un architecte célèbre, le Francione, il se rendit vers 1471 
à Pise, où il s'occupa surtout d'ouvrages en marqueterie. En 
1475 , il fut chargé d'exécuter pour le Dôme des stalles incrus- 
tées, terminées le 18 avril 1477; la môme année, le 10 novem- 
bre 1475, il loua à Pise, pour une période de trois ans, une 
maison , au prix de 8 florins par an. En mai 1478 , il termina les 
boiseries du chœur de l'Incoronata. Son séjour à Pise se prolon- 
gea jusqu'en 1479, époque à laquelle il se rendit à Urbin. M. Mi- 

1480, 10 mai. « De mandate facto die 13 dicti flor. de caméra septem de b. 
75 pro flor. m" Laurentio de Petrasancta pro diversis expensis factis pro Caméra 
apostolica, ut patet in mandate, » — A. S. Y. Intr. et Ex. Cam., 1479-1480, 
fol. 258. 

1481 , 2 novembre. « Laurentio de Petrasancta florenos de caméra sex pro 
ejus provisione prsesentis mensis. » — M. 1479-1481, fol. 219. 

» 12 novembre. « Magistro Laurentio de Petrasancta muratori florenos auri 
largos quingentos sine retentione depositariee. » — Ibid., fol. 216 V, etc., etc. 

(1) Voy. Vasari, éd. Milanesi, t. II. 



76 SIXTE IV. 

lanesi est disposé à croire que là encore il s'occupa de travaux 
d'incrustation (on sait quelle place les marqueteries tiennent dans 
ce monument) et non d'architecture proprement dite. Mais, selon 
toute vraisemblance, il mit aussi à profit la présence à Urbin d'un 
ingénieur illustre, Francesco di Giorgio, pour se familiariser avec 
les règles de l'architecture militaire. Ce qui est certain , c'est que 
lorsque, après la mort du dnc Frédéric (1482), Pontelli quitta Ur- 
bin pour se rendre à Rome, il put presque immédiatement entrer au 
service de Sixte comme inspecteur des fortifications. La recom- 
mandation du gendre du duc d'Urbin, Jean délia Rovere, le ser- 
vit sans doute auprès du pape. Nous avons raconté plus haut que le 
27 juillet 1483, Baccio fut chargé d'inspecter les travaux exécutés 
à Givita-Vecchia par Giovannino de' Dolci. Un document encore 
inédit nous le montre, l'année suivante (mars 1484), dirigeant lui- 
même la reconstruction de la citadelle. Ce sont là les seuls témoi- 
gnages authentiques que nous possédions sur les relations de 
Pontelli avec Sixte IV. Mais ce qui a été dit suffit pour montrer 
que les principaux monuments auxquels ce pape a attaché son 
nom ne sauraient être l'œuvre de l'architecte-ingénieur florentin, 
puisqu'ils sont tous antérieurs (bibliothèque du Vatican, chapelle 
Sixtine, S. Spirito , SS. Apôtres, S. Maria del Popolo, S. Maria 
délia Pace, etc.) à son arrivée à Rome. Il faut donc faire défi- 
nitivement justice d'une légende trop longtemps accréditée. 

Nous retrouverons Raccio Pontelli quand nous étudierons 
l'histoire du pontificat d'Innocent VIII. 

On manque de détails précis sur le rôle joué à Rome pendant 
le pontificat de Sixte IV par le rival do ces différents maîtres, 
Giuliano da San Gallo. Nous savons seulement qu'en 1472 Giu- 
liano obtint do la Chambre apostolique la cession d'une créance 
de 90 ducats sur « Stephanus de Mantaco (1). >- Puis son nom 
disparaît jusqu'en 1479, où nous le trouvons, avec le Francione, La 

(1) 1472, 19 octobre. « Tibi Guidantonio de Penisia Marescallo R^' in Christo 
patris dominisD Gubernatoris ahn Urbis per prEesentcs inandamus quatenus ho- 
norabiletn virum Stcphanum de Mantaco civem ronianum gravare debeas in 
ejus bonis pro siimma florenorum de caméra xxxx , in quibus est Camerse 
apostolicae debitor, ita quod de dicto dcbito satisfiat magistro Jiiliano Francisci 
de Florentia Camerae apostolicae creditori, cui ab ipsa Caméra assignatum est in 
partem ejus crediti debitum dieti Stephani. Et si de ejus bonis non inveneris 
usque ad condignam satisfactioncm volumus quod ipsum graves in persona. 
Datum Iloraae, in Caméra apostolica. » — Arcb. secr. Vat., Divers. Cam., 1471- 
1478, fol. 147. 



ARCHITECTES. 77 

Cecca et d'autres maîtres, occupé à défendre Colle pour le compte 
de la République florentine. De 1479 à 1483, nouvelle lacune. 
Au mois de juin de cette dernière année, il est envoyé à Sarza- 
nello en qualité de commandant d'artillerie. Vers la même époque, 
il sculpte un crucifix de bois pour l'église des Servi de Florence, 
fait un modèle pour l'agrandissement de la chapelle de l'Annon- 
ciade, également dans sa ville natale , enfin travaille à la forte- 
resse d'Ostie (1). 

A n'en juger que par un document relatif aux travaux de la 
citadelle de Tivoli, document daté du 20 novembre 1482, on 
pourrait croire que notre artiste a pris part à cette entreprise. Il 
y est en effet question d'un « Julianus de Florentia , murator. » 
Mais comme un autre document nous apprend que ce Julianus 
mourut peu de temps après , il est certain que nous avons affaire 
à un personnage distinct de Giuliano da San Gallo, dont la vie se 
prolongea jusqu'en 1516. 

Un autre architecte florentin, autour duquel on a fait beaucoup 
de bruit, sans que l'on ait pu jusqu'ici lui attribuer avec quelque 
vraisemblance n'importe quel monument (2), Bernardo di Lorenzo 
(voy. t. I, p. 234 , et t. II , pp. 51, 52), reparaît sous Sixte : le 
30 juin 1472 , il est chargé , en compagnie de Giacomo da Pie- 
trasanta , de visiter le couvent et la basilique d'Assise et de ren- 
dre compte au pape de l'état de ces édifices. 



(1) Vasari, éd. Milanesi, t. IV, p, 295. 

(2) A tant d'hypothèses émises par les savants les plus compétents, qu'on 
me permette d'en ajouter une, dont le seul mérite est de mettre en lumière un 
document jusqu'ici trop peu remarqué. Dans sa docte dissertation sur le 
peintre Antonazzo, M. Corvisieri nous apprend qu'un sculpteur florentin nommé 
Bernard fut chargé, en 1469, de payer, pour le compte du cardinal d'Estoute- 
ville, archevêque de Rouen (et non de Rohan), trois ducats à Turino de Pescia, 
qui avait sculpté les armoiries du cardinal sur la façade du couvent de Siint- 
Augustin : « An. 1469, 15 martii. Item dcdi per un arma de marmo de lo R"° 
Monsig. de Rohano per ponere inelo hedificio nuovo ad mastro Turini... per 
manus de maestro Bernardo fiorentino ducati papali tre, et dipignitura de la 
dicta arma ad maestro Antonaczio ducati doi et mezo papali » {U Buonarroti , 
1869, p. 157). Le savant archiviste romain ajoute que ce Bernard est identique 
à Bernard Rossellino, et son opinion a été adoptée par MM. Crowe et Cavalca- 
selle (Histoire de la peinture italienne, éd. ail., t. IV, p. 176); mais je ne sau- 
rais partager cette manière de voir, car Rossellino mourut cinq années avant 
répoque dont il s'agit (1464). Il me parait beaucoup plus vraisemblable de met- 
tre en avant le nom de Bernardo di Lorenzo , qui pourrait ainsi revendiquer 
une part dans les constructions du cardinal d'Estouteville. 



78 SIXTE IV. 

Deux autres Florentins, les frères Autonius et Franciscus Lori, 
se distinguent surtout par la part prise aux travaux de la fon- 
taine de Trevi. L'un d'eux, Francesco, revêtu sous Paul II du 
titre de « soprastante dalla fabbrica di N. S. « (voy. notre t. I , 
p. 21), porte, sous Sixte, celui de « suprastans fabricae aquseduc- 
tus Trivii, » et reçoit en cette qualité 4 florins de traitement par 
mois (1). Il remplit en outre l'office de receveur des gabelles (2), 
Quant à Antonio , qualifié do « scarpellinus » ou de « marmo- 
rarius, » il est occupé, de 1472 à 1475, à sculpter les frises ou 
corniches de la fontaine. 

Thomas de Florence, surnommé Gonnella, fut, en 1482, un 
des entrepreneurs de la citadelle de Tivoli; en 1483-1484 , il exé- 
cuta différents travaux pour le chapitre de Saint-Pierre. 

Citons encore , parmi les Florentins , un certain « Petrus , ma- 
gister fabricse palatii » (19 septembre 1483), et « Marsilius Johan- 
nis de Florentia, murator » (2 mars 1476 , restauration de l'Uni- 
versité de Rome ; voy. sur cet artiste, notre t. II, p. 18). 

Le glorieux chef de l'Ecole toscane, L. B. Alberti , était égale- 
ment fixé à Rome lors de l'exaltation de Sixte IV. Mais il ne sur- 
vécut que peu de mois à cet événement. Il mourut dans la Ville 
Eternelle au printemps de l'année 1472, âgé de près de soixante et 
dix ans (3). Il semblerésulterdurécitde Lucas Pacioli qu' Alberti 
occupait une situation et avait un train de maison dignes de lui. 
Le jeune mathématicien nous apprend en effet que, du temps de 

(1) 1472, 19 septembre. « Prudenti viro magistro Francisco Lori suprastanti 
et mensuratori in fabrica reparationis aquseductus fontis Trivii florenos de ca- 
méra duodeciiu pro ejus provisione et salario trium mensium die III mensis 
futuri finiendorum occasione dictorum officiorum. » — A. S. V., Divers. Cam., 
1472-1476, fol. 332 v». 

1474, 16 mars. « Magistro Francisco Lori de Florentia suprastanti fabrica3 
aquaeductus Trivii florenos de caméra viginti pro ejus provisione dictae su- 
prastantise et pro quinque mensibus finitis die vij praesentis mensis martii, 
computato toto tempore quo idem Franciscus servivit in dicto officio supras- 
tantiœ usque ad illam diem, » — Ibid., fol. 148, etc., et Archives d'Etat, M. 
1464-1473. fol. 79. 

(ï) 1473, 5 juillet. « Franciscus Lori sotius (revisorum gabeliarum vini almae 
urbis) » — 3 florins de traitement par mois. — A. S. V. Divers. Cam. 1472- 
1476, fol. 106. Cf. foi. 89 V. 

(3) 1472. « Léo Baptista Albertus , vir ingenii , atque doctrinae clegantis , 
Romse moritur, egregio architecturae codice relicto » (Palmieri, dans les Scrip- 
tores de Becucci, t. I, ad anaum). Cf. Pozzetti, Léo Baptista Alberti , Florence, 
1789, p. 53 des Preuves. 



ARCHITECTES. 79 

Paul II, Alberti lui offrit l'hospitalité, et poussa la générosité jus- 
qu'à le défrayer de tout pendant plusieurs mois (1). 

Comme sous les règnes précédents, la colonie toscane de Rome 
a pour rivale la colonie lombarde. Mais si celle-ci l'emporte en 
nombre , il s'en faut bien qu'elle égale en valeur les artistes émi- 
nents dont nous venons de nous occuper. 

Le principal de ses représentants semble avoir été un maître 
qualifié par nos documents de « carpentarius : » Gratiadei de 
Brescia (2), Sous Skte, Gratiadei dirige d'abord les travaux en- 
trepris dans le palais de Saint-Pierre-ès-Liens (21 octobre 1471); 
en 1480, nous le voyons construire , à côté de la Vaticane , le lo- 



(1) « Non so pensare, carissimi miei, per che el nostro compatriota Léon Ba- 
tista deli Alberti Fiorentino, con lo quale più e più mesi nel aima Roma al 
tempo del pontifice Paulo Barbo da Vinegia in proprio domicilio con lui a sue 
spese sempre ben ti'actato, homo certamente de grandissima perspicacia e doc- 
trina in humanita e rethorica , corne apare pel suo alto dire nela sua opéra de 
architectura : In la quale tanto amplaraente parlandone noa habia observato 
in epsa el morale documento : quai rende licito a cadauno dovere per la patria 
combattere » {Divina proportione, Venise, 1509, ch. VIII). 

Pacioli était également en relations avec Melozzo da Forli et avec le comte 
Girolamo Riario : 

« Con une de questi tall (marangoni) al tempo delà fabrica del palazzo delà 
bona memoria del conte Girolymo in Roma in sua presenza confabulando 
commo acade discorrendo la fabrica siandovi molti degni in sua comitiva de 
diverse faculla, fra gli altri a quel tempo nominato pictore Melozzo da FruUi, per 
dar piacere ala speculatione exhortamo Melozzo e io el conte che facesse 
fare une certo capitello in una de queste forme , non chiarendo noi al conte la 
difficulta, ma solo che séria degna cosa. E a questo asentendo el conte chiamo a 
seel maestro e disselile, se lui lo sapesse fare, quel rispose questo esser piccola 
facenda e che n'avia fatte piu volte. Di che el conte dubito non fosse cosa degna 
commo li commendavamo. Noi pur aflfermando el medesimo giognendovi aper- 
tamente che non lo farebbe per la impossibilita sopra aducta. E rechiamando a 
se dicto lapicida (che a quel tempo anco era de nominati) lo redomando se lo 
facesse. Alora quasi beffando surise breviter al si e al non sempre fia (?) pronto 
lo impegnare. El conte li disse se tu noi fai che vo tu perdere? E quello acorto 
rcspose non maie : signore quel tanto piu cha V. illustrissima Signoria pare de 
quel chio posso guadagnare e rimasero contenti, asegnatoli tennene {sic) 20 die 
lui chicdendo quatro. Acade che guasto molti marnii e feci un o per abaco , fi- 
naliter el conte non l'obligo se non al danno dele piètre e rimase scornato, etc. » 
{Divina proportione, chap. 57, p. 18). Voir aussi sur Pacioli le travail du prince 
Boncompagni dans le Bidlcttino di bibliografia e di storia dclls sciense materna- 
tiche et fisiche, 1879, pages 352 et suiv., travail qui rectifie et complète sur beau- 
coup de points celui de Gaye {Kunsthlall, 1836, p. 286-287). 

(2) Ce nom ne figure pas dans le Dizionario degli arttsti bresciani, publié à 
Brescia, en 1877, par M. Fenaroli. 



80 SIXTE IV. 

gement de Platiiia et de ses collègues; en 1484 enfin, il exécute, 
également dans le palais du Vatican , des travaux assez considé- 
rables , dont il dut attendre pendant de longues années le paie- 
ment. Gratiadei dirigea en outre , pour le compte du chapitre de 
Saint-Pierre, la restauration de la toiture de la basilique. 

Un autre « magister lignaminum», lombard, Francesco di Gio- 
vanni de' Boxi , de Milan, travailla, à partir de 1475 , aux boise- 
ries de la bibliothèque du Vatican . 

Parmi les « muratori », lombards, citons « Antonius Johannis 
de Ganobio » (citadelle de Tolfanella, 14 août 1471) (1), « Antonius 
de Pergamo » (14 novembre 1471, travaux exécutés près du Vati- 
can ; 28 décembre 1472 , id.) ; « Dogardus Lombardus » (basilique 
du Vatican, 1482) ; « Franciscus Pétri de Trivago, mediolanensis 
diocesis » (citadelle de S. Marinello, 5 février 1472) ; « Franciscus » 
de Gôme (2) et « Georgius Lombardus » (1471, même citadelle), 
Giovanni di Antonio da Varese, qui vend, le 5 février 1472, une 
partie d'un jardin situé à Rome (3); « Johannes, » de Gôme 
(5 juin 1472, travaux de viabilité) ; « Primus , » de Gôme (1483, 
magister fabricte palatii); « Remigius Bernard! , » de la Valteline, 
et son frère « Johannes Lombardus » (1482 , basilique du Vati- 
can) ; « Stefanus Lombardus, » simple ouvrier attaché à la même 
basilique. 

A côté des Lombards , citons un Génois , un compatriote du 
pape. « Franciscus de Insulabona Januensi , carpentarius, » ne 
nous est connu que par les travaux exécutés à l'occasion du 
couronnement (échafaudages construits au Latran et à Saint- 
Pierre-ès-Liens ; paiements du 22 août et du 3 décembre 1471). 

Rome et les environs étaient représentés par les frères « Sal va- 
lus et Egidius Andreae de Toccho(4), de Urbe, » que nous avons 

(1) M. Muzzi, dans son Vocàbolario geografico-storico-statistico deW Italia net 
suoi limiti naturaU, Bologne, 1875, p. 87, 88, mentionne deux localités de ce 
nom, l'une, Cannobio, située près de Novare, l'autre, Canobbio, dans la Suisse 
italienne. Un Antonius Johannis de Gôme travaillait, en 1482, dans la basili- 
que du Vatican. 

(2) 1483, 10 février. « Item dedi eodem die fratri Angelo de Roma procura- 
tori conventus ducatos currentes 10, bon. 30 per inanus magistri Francisci de 
Cuma muratoris » (Archives de la sacristie de Saint-Augustin, 1474-1496, 
fol. 20 v°). 

(3) Archives d'Etat : Actes d'Inf. de Leis, 1470-1487, fol. 49. Communication 
de M. A. Bertolotti. 

(4) Tocco est-il un nom de famille ou un nom de lieu? Le doute est permis. 
Deux villes italiennes portent ce nom : Tocco de Casauria, près de Chieti, et 
Tocco Gaudio, dans le district de Bénévent. 



I 



ARCHITECTES. 81 

déjà rencontrés sous le règne de Pie II (t. I , p. 239). De 1472 à 
1476, ces maîtres s'occupèrent de la restauration de la fontaine 
de Trevi, concurremment avec les frères Lori. En 1474, Egidius 
restaura en outre le corridor qui, du Vatican, conduisait au fort 
Saint-Ange. — Au début du règne de Sixte, les affaires d'Egi- 
dius ne semblent pas avoir été des plus prospères , car il se vit 
forcé de solliciter du pape un a moratorium » de vingt jours pour 
arrêter les poursuites de ses créanciers (1). 

Nous avons d'abord cru retrouver dans un autre maître origi- 
naire des Etats pontificaux , le frère Antoine de Viterbe , un des 
plus éminents artistes du règne d'Eugène IV et de celui de Ni- 
colas V, le sculpteur des portes de bois de Saint-Pierre (2). Mais, 
vérification faite, ce dernier s'appelait Antonio di Michèle, tandis 
que celui dont nous nous occupons porte le prénom d'Antonio 
di Giovanni. Il ne nous en a pas moins paru intéressant de rap- 
porter le document qui le concerne, en laissant au lecteur le soin 
de décider si le copiste pontifical n'a pas substitué par erreur le 
nom de Giovanni à celui de Michèle (3). 

Nous avons eu l'occasion, dans notre précédent volume (p. 20, 
420) , de faire connaissance avec Matteo Nuli ou Nuzi de Fano , 
l'architecte de la bibliothèque de Gésène, le successeur de L.-B. 
Alberti dans les fonctions d'architecte du temple de St-François 
de Rimini (4). Ce maître éminent, qui construisit en outre la ci- 

(1) Mandats. 1471-1477, fol. 23 : 13 février 1472. 

(2) Voy. notre t. I, pp. 44, 87 et suiv., et les Memorie dei piii insigni pittori, 
scuUori e architetti domenicani , du P. Marchese , 4° édit., Bologne, 1878-1879, 
t. I, pp. 365, 366. 

(3) 1474, 18 avril. « Latinus, etc. Cum discretus vir frater Antonius Johanuis 
de Viterbio murator variis debitis opprimatur sitque propterea in magna eges- 
tate et paupertate constitutus, nos ex certis jiistis causis animum nostrum mo- 
ventibus et in Caméra apostolica diligenter examinatis , eidem paterno affecta 
et misericordia compatientes eundem fratrem Antonium tam par aluiam Urbem 
quam per omnia et singula alla civitates, terras et ioca Sanctse Romana3 Ec- 
clesise médiate (sk) vel immédiate subjecta libère ire, stare et redire, die, noctu, 
nec ipsum ad soiutionem aliquorum debitoriim hactenus per cum contractorum 
cogi aut compelli posse, de mandate, etc., ac auctoritate, etc., nec non ex or- 
dinationein Caméra apostolica facta volumas et mandamus per preesentes, man- 
dantes universis et singuUs tam Urbis quam terrarum et locorum supradicto- 
rum marescallis aliisque ofBcialibus quibascumque quatcnus praefatum fi'atrem 
Antonium nuUo modo vexent aut molestent occasione prœmissa, contrariis non 
obstantibus quibuscumque, pressentis (sic) nostris literis ad beneplacitum nos- 
trum valituris. » — A. S. V, Divers. Cam., 1471-1478, n° 36, fol. 259 v». 

(4) Voy. sa lettre à Sigismond Malatesta (^2 décembre 1454) dans La nuova 
guida del forestière nella città di Rimini , de Tonini. llimini , 1879, p. 172-174. 

6. 



82 SIXTE IV. 

tadelle de Gésène, et qui occupa sous Paul II l'office d'inspec- 
teur des forteresses pontificales , semble être mort au début du 
règne de Sixte IV. En efîet, dans un document en date du 8 jan- 
vier 1473, il est déjà question de ses héritiers (Voyez plus loin 
l'article Gésène). 

Sur le successeur de Matteo Nuti de Fano, « Laurentius de Gas- 
tello, » nous ne connaissons que les renseignements contenus dans 
des pièces comptables des Archives secrètes (1). G. Promis ne 
mentionne pas cet ingénieur dans ses Biografie di ingegneri mili- 
tari italiani dal secolo XIV alla meta del XVIII (2). 

Signalons à côté de ces maîtres, qui furent des ingénieurs au- 
tant que des artistes, Lodovico Trotto, de Ferrare, chargé en 1476 
d'une enquête sur le dessèchement de certains marais (3) , et 
« Ghristoforus de Ferraria, architector « (Voyez l'article Gésène). 

La Sicile comptait également un représentant à Rome. Mais ce 
maître en l'art de bâtir, le dominicain Salvo Gassetta, de Palerme, 
semble s'être plutôt occupé, au service de Sixte, d'affaires ecclé- 
siastiques que de travaux d'art (4). 



(1) 1476 , 21 mars. « De inandato facto die xx ejusdem domino Laurentio de 
Castello arcium S. Ro : E. revisori florenos quingentos quinquaginta papales 
quos exponere débet in reparatione quarumdam arcium et de quibus tenebitur 
reddere computum. » — A. S. V., Intr. et Ex. Cam., 1475-1476, fol. 220. 

1479. 21 juin. « De mandato facto die xi dicti flor. auri in auro de caméra 
quatuor milia domino Laurentio de Castello exponendos pro emergentibus in 
castris, de quibus habet reddere rationem in Caméra, et quos habuit a s"° d. n. 
ad introitum ab ejus S'° in preesenti libro, fol. 6. » — A. S. V., Intr. et Ex. Cam., 
1479-1480, fol. 175 v°. 

» » « De mandato facto die 17 dicti flor. sex milia auri in auro de caméra 
prsefato d. Laurentio cui misi {sic) fuerunt ad castra per Johannem familiarem 
111. d. Comitis Hieronymi et per Petrum Poncianum Caballarium Camerae, de 
quibus tenetur reddere computum in Caméra apostolica. » — Ibid. 

(2) Miscellanea di Storia patria. Turin, 1874, t. XIV. 

(3) 1476. 5 juin. « De mandato facto die m dicti florenos sexaginta de caméra 
Ludovico Trotto de Ferraria... (en blanc) vocato a S""" D. N. ut videret an pa- 
ludes sctincc dcsicari (sic) possent, quos florenos lx etiam S"""' D. N. mandavit 
assignari dicto Ludovico. » — A. S. V., Intr. et Ex. 1476-1477, fol. 178. 

(4) « Ne guari innanzi coltivt) in patria l'architettura il dotto frate Salvo 
Cassetta de' Predicatori, Palermitano, il quai, peritissimo nello studio délie 
maiematiche, architetto lantica c.iesa di S. Domenico, di cui nel 1458 fu git- 
tata la prima pietra dall' arcivescovo Simone Bologna, essendo provinciale 
deir ordine Pietro llanzano, siccome attestava in quella un' iscrizione , serba- 
taci dal Cannizzaro e dal Pirri, dov' è memoria del frate architetto. Ma non 
pare, che indi egli abbia più avuto occasione di esercitare quell' arte, giacchè . 
trasferitosi in Roma, dovo, le più alte incombenze gli aflidù il pontefice SixtolV, 



ARCHITECTES. 83 

Nous n'avons pas pu établir la nationalité d'un autre archi- 
tecte, assez intéressant, que nous avons déjà rencontré sous 
Pie II (t. I, p. 240), Paolo da Gampagnano. Il est en effet difficile 
de distinguer entre les trois localités qui portent ce nom, Gampa- 
gnano près de Rome , Gampagnano près de Gôme et Gampagnano 
dans la Terre de Labour. En 1471 , ce maître , comme on l'a déjà 
vu, prend part à la reconstruction do la Bibliothèque du Vatican. 
En 1474 (28 décembre), le pape l'autorise à réquisitionner les 
matériaux nécessaires au pavage de la rue conduisant du château 
Saint-Ange à Saint-Pierre. Le bref qui lui accorde cette autori- 
sation l'appelle « carpentarius » et constate sa « Mes multis in 
rébus comprobata. » En 1475 (27 février), Paolo da Gampagnano 
restaure la Porta Settignana. En 1484, nous le trouvons attaché à 
l'artillerie pontificale (1). 

Gitons enfin quelques « muratori » ou « carpentarii , » sur les- 
quels nous ne possédons pas de renseignements particuliers, 
Martino de Lande (2), Gipriano (3), « Stephanus Rospus, carpen- 
tarius » (travaille en 1475 au fort Saint-Ange) , etc. 

Nucciolo de Risis, de Narni, continue, sous Sixte IV, à remplir 
l'office d'entrepreneur. S'il ne possédait pas le talent ou les con- 
naissances des artistes placés sous ses ordres, il semble, par con- 
tre, avoir été familiarisé avec tous les procédés propres à enrichir 
rapidement. Une expertise ordonnée, lors de la reconstruction du 
Ponte Sisto, montra qu'il n'éprouvait aucun scrupule à remplacer 
le mortier par de la boue. Malgré le blâme qui lui fut infligé à 
cette occasion, Nucciolo obtint, en 1476, la permission de faire des 
sondages pour chercher des filons d'or, d'argent, d'alun, etc. (4). 



vi mori nel 1483, quando già stava per conseguire la porpora » (Mongitora , 
Bibliotheca sicul., Palerme, 1708, t. I, p. 207 et suiv. — Di Marzo , l Gagini e 
la scuUura in Sicilia nei secoli ÎV e XVI, Palerme, 1880, t. I, p. 15). 

^1) 1484, 14 juillet. « De raandato facto die viii dicti florenos decem de bl. 
75 pro floreno magistro Paulo de Gampagnano carpentario pontium bombarda- 
rum pro ejus provisions » — A. S. V. Intr. et Exit. Cam. 1484, fol. 185. 

(2) 1482, 13 novembre. « Discrète vire magistro Martino de Laude muratori 
duc. auri de caméra sexagintaquatu^r ad ralionem 75 baiochorura pro quolibet 
ducato pro satisfactione certi operis per ipsum raagistrum Martinum facti de 
mandato prœfatBe Caraeree , in quibus, viso diligenter computo, comi)ertum est 
eum creditorem esse : quos . etc. G. Car''* lloth. d. papœ Cam'. » — A, S. V. 
Intr. et Ex. Cam., 1482-1483. fol. 37. ''' 

(3) 1483. 18 octobre. « De mandato facto die dicta Uor. sex, bl. 45 de bl. 75 
pro flor. Cipriano carpentario pro certis banchis et capsis ad usum Camerae 
apostolica;. » — A. S. V. Intr. et Ex. Cam., 1483-1484. fol. 209. 

(4) Archives secrètes du Vatican. Divers. Cam. 1475-1479, ff. GO et 60 v". 



84 SIXTE IV. 

Dans la saito il s'engagea « de pargando flamen Anienis sive Ti- 
beronis a ponte Mamulo nsqiie ad fossatnm prati longi (1). » Sou 
fils, Domenico-Antonio, fat nommé à cette occasion « bollatore 
dei panni nel distretto di Roma, « à charge par le père de payer 
chaque année une redevance de 40 ducats (3 mars 1479). 

Sculpteurs. 

Les registres de Sixte IV, si riches en renseignements nouveaux 
sur les architectes, sont absolument muets sur les sculpteurs 
employés par ce pape. Nous en sommes donc réduits aux infor- 
mations fort vagues , parfois môme erronées , fournies par Va- 
sari. 

Mino da Fiesole, auquel on a attribué jusqu'ici les principales 
sculptures exécutées à Rome sous Paul il et Sixte IV, semble 
n'avoir fait que de rares apparitions dans la Ville Eternelle pen- 
dant cette période. En 14G9-1470, nous le voyons obtenir son ins- 
cription sur le cadastre de Florence et signer le contrat relatif au 
monument du comte Ugo; en 1471 il exécute le tabernacle du 
dôme de Volterra; le 25 juin de la même année il signe un nouvel 
engagement pour la sépulture du comte Ugo, qu'il promet de 
terminer dans l'espace de dix-huit mois. Eu 1473, également, 
travaux à Saint-Pierre de Pérouse et à la cathédrale de Prato; 
1474, deux sarcophages pour l'église San Martino de Florence, 
un autre pour l'église de Gasaglia, trois têtes pour le bénitier de 
la sacristie de la Badia. Puis vient un intervalle de six ans pen- 
dant lequel on perd ses traces (2). C'est sans doute à ce moment 
que Mino a exécuté le monument funéraire de Paul II , à Saint- 
Pierre (3). En 1480, nouvelle inscription sur le cadastre de Flo- 



(1) Voy. Theiner, Coder diplomatieus dominii temporalis S. Sedis, ad annum, 
et A. S. V. Capit. cam. 1471-1482, (T. 137-139. Voy. également le document du 
17 mars 1479 : A. S. V. Divers. Cam. 1475-1479. ff. 260 v", 261 ; et enfin sur 
une contestation de Nucciolo avec la commune de Castro Gallese (?) (22 août 
1478), le même vol., fol. 216 v». 

(2) Vasari, éd. Miianesi, t. III, p. 129. 

(3) « Dopo morto quel papa (Paolo II), a Mino fu fatto allogazione délia sua 
sepoltura , la quale egli dopo due anni diede finita e nuirata in San Pietro ; 
che fu allora tenuta la più ricca sepoltura che fusse stata fatta d'ornamenti e 
di figure a pontefice nessuno : la quale da Bramante fu messa in terra nella 
rovina di San Pietro, e quivi stette sotterrata fra i calcinacci parecchi anni ; 
e nel MDXLVII fu fatta rimurare da alcuni Veneziani in San Pietro, nel vec- 
chio, in una pariete vicino alla cappella di papa Innocenzio. E sebbene alcuni 
credono che tal sepoltura sia di mano di Mino del Reame [Vasari lui-même 



SCULPTEURS. 85 

rence; en 1481, achèvement du tombeau du comte Ugo ; le 22 août 
de la même année, commande du tabernacle de la chapelle du 
Miracle dans l'Eglise Saint-Ambroise do Florence; en 1484 (11 
juillet), mort de l'artiste à Florence (1). 

Dans l'exécution du magnifique mausolée de Paul II , dont les 
fragments sont aujourd'hui conservés dans les cryptes de Saint- 
Pierre (2), Mino s'est certainement adjoint un assez grand nombre 
de collaborateurs. Nous pouvons citer un de ceux-ci, dont le nom 
semble avoir jusqu'ici échappé aux historiens d'art : Johannes 
de Dalmatia. Ce maître a pris soin de marquer lui-même, sur la 
statue de l'Espérance, provenant du tombeau de Paul II, la part 
qu'il a eue à son exécution. On lit en effet sur la base l'inscrip- 
tion : Joannis Dalmatse opus (3). 

C'est au témoignage de Vasari qu'il nous faut également re- 
courir pour connaître les travaux exécutés à Rome, pendant le 
pontificat de Sixte, par un autre représentant de la sculpture tos- 
cane, André Verrocchio. D'après le biographe, Verrocchio aurait 
d'abord exécuté pour le pape des figures d'apôtres destinées à la 
chapelle pontificale ; puis, la vue des chefs-d'œuvre de l'antiquité 
lui révélant sa véritable vocation, il renonça à l'orfèvrerie pour se 



avait partagé cette croyance dans une des biographies antérieures, éd. Mila- 
nesi, t. II, p. 649], ancor che fussino quasi a un tempo, ella è senza dubbio 
(Il mano di Mino da Fiesole. Bene è vero che il detto Mino del Reame vi fece 
alcune figurette uel basamento , che si conoscono : se perô ebbe nome Mino , e 
non piuttosto, come alcuni aQennano, Dino. Ma per tornare al nostro : acquis- 
tato che egli si ebbe nome in Roma per la detta sepoltura , e per la cas<a che 
fece nella Minerva, e sopra essa, di marmo, la statua di Francesco Tornabuoni 
di naturale, che è tenuta assai bella, e per altre opère, non istè molto ch' egli, 
con buon numéro di danari avanzati , a Fiesole se ne ritorn5, e toise donna » 
(Vasari-Milanesi, t. III, pp. 118, 119). 

M. de Reumont a montré, dans un article du Giornale di Enidizione artistica 
'1873, p. 168), que le monument de la Minerve datait bien du règne de Sixte IV, 
et non de celui de Léon X, comme l'ont cru les commentateurs de Vasari :,ii 
fut élevé à Giovanni-Francesco Tornabuoni , mort en 1480, par son oncle Gio- 
vanni , le représentant de la banque des Médicis , comme le prouve d'ailleurs 
l'inscription rapportée ci-dessus (p. 46). 

(1) Vasari-Milanesi, loc. cit. 

(2) Gravé dans Dionysio : Sacrarum Vaticanx basilicse cryptarum monumenta, 
pi. LIV, LXXI, LXXII, LXXIII, LXXV et LXXVI. 

(3) Dionysio, op. laud., p. 181. Ma' Barbier de Montault (Les soulcrrains et 
le trésor de S.-Pierre , à Rome, p. 40) nous oflfre une variante de cette inscrip- 
tion : Joannis Dalmatie opus. M. Courajod , enfin, qui a soumis la statue ;\ un 
examen approfondi, a lu : Johannis Dalmatici opus. 



86 SIXTE IV. 

livrer à la statuaire. Son premier ouvrage en ce genre fut le tom- 
beau de la femme de Jean Tornabuoni, à la Minerve (1). 

Dans une savante dissertation, M. de Rcumont a montré que 
Vasari , selon toute vraisemblance, a confondu Francesco Torna- 
buoni avec Giovanni Tornabuoni, dont la femme mourut effecti- 
vement à Rome en 1477 (2). Le même auteur est disposé à croire 
que le monument de cette dame (dont les bas-reliefs sont aujour- 
d'hui conservés au musée national de Florence; voy. ci-dessus, 
p. 46) a été exécuté à Florence même, non à Rome. Mais, en l'ab- 
sence de preuves positives en faveur de cette hypothèse, le lecteur 
préférera s'en tenir, comme nous, à l'assertion de Vasari. — 
D'après une communication que nous devons à l'obligeance de 
M. Bode, une des statues du tombeau de la Minerve, la Foi ou 
l'Espérance, se trouve aujourd'hui à Londres, chez M. Cavendish 
Bentinck. 

L'auteur du mausolée de Sixte IV, Antonio Pollaiuolo, semble 
n'avoir fait qu'un séjour de courte durée sur les bords du Tibre 
pendant le règne de ce pape. 

En 1477, il exécuta pour Julien délia Rovere la petite porte de 
bronze de l'armoire renfermant les chaînes du prince des apôtres, 
à Saint-Pierre-ès-Liens. Il revint à Rome peu de temps après la 
mort de Sixte IV. En effet, si, comme l'afQrme Raphaël Maffei 
de Volterra , l'exécution du monument funéraire de celui-ci a 
exigé dix ans (3) (il fut terminé en 1493) , c'est que Pollaiuolo le 
commença dès 1484. 

D'après Albertini , un parent d'Antonio Pollaiuolo , Matteo 

(1) « Mancavano, in questo tempo, in Roma alcuni di quegli apostoli grandi, 
che ordinariamente solevano starc in sull' altare délia cappella del papa, con 
alcune altre argenterie state disfatle ; per il che, niandato pcr Andréa, gli fu 
con gran favore da papa Sisto dato a fare tutto quelle che in ciô bisognava ; 
ed egli il tutto condusse con molta diligenza c giudizio a perfezione. In tanto 
vedendo Andréa... (voyez ci-dessus, p. 24), si mise a lavorare di marmo. Onde 
essendo morta sopra parto in que' giorni la nioglie di Francesco Tornabuoni , 
il marito, che molto amata l'aveva , e morta voleva quanto poteva il più ono- 
rarla, diede a fare la sepoltura ad Andréa; il quale sopra una cassa di marmo 
intagliù in una lapida la donna, il partorire, ed il passare ail' altra vita-, cd ap- 
presso in tre figure, fece tre virtù, che furono tenute molto belle, pcr la prima 
opéra che di marmo avessc lavorato : la quale sepoltura fu posta nella Minerva. 
Ritornato poi a Firenze con danari, fama ed onore... » (Ed. Milanesi, t. III, 
p. 359, 360). 

(2) Giornak di crudizione arlistica, 1873, p. IG7, 108. 

(3) « Antonius PoUaiolus sepulcrum Sisti IIII in sere spectabilc fecit, decen- 
nio elaboratum » (Voy. notre t. II, p. 30). 



SCULPTEURS. 87 

Pollaiuolo, frère du célèbre architecte surnommé il Gronaca , au- 
rait sculpté pour Sixte la Passion de saint Pierre et de saint 
Paul, ainsi que les statues des douze npotres (1). Mais Vasari, 
tout en célébrant le talent de cet artiste, nous apprend qu'il 
mourut âgé de dix-neuf ans seulement (il était né en 1452), ne 
laissant que des ouvrages inachevés (2). 

On croyait également , jusqu'ici , sur la foi de Vasari , que 
Paolo Romano avait travaillé pour Sixte IV, et qu'il avait notam- 
ment exécuté pour lui le bas-relief du tombeau de Robert Mala- 
testa , bas-relief qui , après avoir longtemps orné la basilique de 
Saint-Pierre, fait aujourd'hui partie des collections du Louvre (3). 
Mais des documents découverts par M. A. Bertolotti prouvent que 
le sculpteur romain était mort dès 1470 , près de dix-huit mois 
avant l'avènement de Sixte IV. Le monument de Robert Mala- 
testa (j 1482) ne saurait donc être de lui, et doit être rangé dans 
la catégorie , trop nombreuse , des ouvrages anonymes de l'Ecole 
romaine. 

Nous ajoutons à ces noms célèbres ceux de quelques « scarpel- 
lini » ou « marmorarii, « qui ne sont jusqu'ici connus que par 
des documents d'archives ; ce sont : « magister Franciscus Mei de 
Florentia », auquel le pape confia, en 1475, l'exécution de la frise 
du Ponte Sisto (Cf. notre t. II, p. 14) ; « Jacobus de Garrara, 
marmorarius, » chargé, en 1472, d'un travail analogue, à la fon- 
taine de Trevi ; Antonio (4) et Domenico (5), sur lesquels on ne 



(1) Voy. plus loin le chapitre consacré à la basilique de Saint-Pierre. 

(2) Ed. Milanesi, t. IV, p. 454. 

(3) « E il detto Paolo fece una statua d'un uomo armato a cavallo, che oggi 
è per terra in San Pietro, vicino alla cappella di Sant' Andréa » (Vasari, éd. 
Milanesi, t. II, p. 650. — Cf. notre t. I, p. 244, note). 

(4) 1483, 2 novembre, a De mandato facto die ultimo octobns flor. quinqua- 
ginta de bl. 75 pro flor. heredibus domini Meliaducis Cicale in deductionem 
eorum crediti, nunieratos Antonio scarpeilino et sociis. » — A. S. V. Intr. et 
Ex. Cam., 1483-1484, fol. 215. 

(d) 1484, 19 juillet. « De mandato facto die 15 dicti flor. ducentos quinque de 
bl. 75 pro flor. magistro Dominico et sociis scarpellinis in deductionem pretii 
lapiduui bombardarum per eos factarum. » — A. S. V., Intr. et Ex. Cam., 
1484, fol. 185 v°. 

') 31 juillet. « De mandato facto die ^G dicti flor. octuaginta de bl. 75 pro fl. 
m" Dominico scarpeilino et sociis in deduciionem pretii pallottarum marino- 
rearum pro bombardis « (Ibid., fol. 188 v°). 

» 13 août. « De mandato facto die vu dicti flor. sexaginta de bl. 75 pro fl. 



88 SIXTE IV. 

possède pas d'autres renseignements ; enfin le fondeur de canons 
Giacomo d'Arezzo (1). 

Quant aux deux sculpteurs-orfèvres Leonardo Corbolini et 
Leonardo Guidocci, nous étudierons, dans le chapitre consacré 
à l'orfèvrerie, le rôle qu'ils ont joué sous Sixte IV. 

A la suite des sculpteurs , nous rangerons les médailleurs. 
Parmi ceux qui ont travaillé pour Sixte, citons tout d'abord An- 
dré Guaccialotti de Prato , qui exécuta, en 1481. une médaille 
portant à l'avers le Luste du pape et au revers la figure de la 
Constance (2). D'après Gicognara (3) et Bolzenthal (4), l'orfèvre 
milanais Pierre , auquel nous devons deux médailles de René 
d'Anjou (1461-1462), modela également en bronze, en 1472 , le 
portrait de Sixte IV. La médaille est d'une extrême rareté. Le 
savant qui connaît le mieux l'histoire de cet art, M. A. Armand , 
déclare ne l'avoir jamais rencontrée (5). — Nous aurons l'occasion 
de reparler de Pierre de Milan dans la section consacrée à Inno- 
cent VIII. On attribue enfin deux autres médailles de Sixte à 
Antonio Pollaiuolo (6) et à Gristoforo di Geremia ^7). 

Le médailleur Meliolus , qu'il faut bien se garder de confondre 
avec Sperandio , et surtout, comme l'a fait M. Friedlander, avec 
Gristoforo di Geremia , rappela , de son côté , dans une médaille 



magistro Dominico scarpellino in deductioneiu pretii pallottarum borabardarum 
per eum factarum » (Ibid., fol. 205 v°). 

(1) 1482, 22 septembre. « Gubernatori Cescna;. Venerabilis fratcr salutcm , 
etc. Vdiumus ut acceptis praesentibus mittas ad nos magistrum Jacobuin bom- 
barderium , quoniani opéra sua indigeinus. Datum Romœ , etc. » — A. 8. V. 
Brevia Sixti IV, 1482-1483, fol. 68. 

Un autredocument (A. S. V. Divers. Caui. 1482-1483, ff. 177 vo-lTO V) nous 
apprend que u m' Jacubus aretinus bombarderius » renouvela, le 22 août 1483, 
ses conventions avec le Saint-Siège. Son traitement fut porté à 12 ducats par 
mois. Le pape devait en outre lui fournir un cheval, le défrayer de ses dépen- 
ses, etc. 

(2) SIXTVS IIII. PON. MAX. SACRI. CVLT. ^. SIXTE. POTES. PAR- 
CERE. SVBJECTIS. ET. DEBELLARE. SVPERBOS. — CONSTANTIA. 
MCCCCLXXXI. "Voy. Friedlœnder, Andréa Gtiazzalotli, scuUore pratesc. Prato, 
1862, p. 11 , et Armand, Les médailleurs italiens de la Renaissance, p. 31. 

(3) Storia délia scuUura. 

(4) Skizzcn zur Kunslgeschiclite dcr modernen iledaillen Arheit, p. 46. 

(5) Les riiiidailleiirs italiens, p. 24. 

(6) « Similmente fece (A. Pollaiuolo) le medaglie d'alcuni poutefici » (Vasari, 
éd. Mil., t. III, p. 2'J7). Voy. Armand, p. 35. 

(7) Ibid., p. 9. 



MÉDAILLEURS. 89 

bien connue des amateurs , la visite faite à Rome , par le roi de 
Danemark, Chrétien P"" (1). 

On savait, par le témoignage de Raphaël de Volterra (2), qu'un 
neveu de Cristoforo di Geremia , Lysippe , avait modelé une ou 
plusieurs médailles de Sixte. Mais, jusqu'à ces derniers temps, 
on ne connaissait aucune pièce pouvant être attribuée avec quel- 
que vraisemblance à ce maître. M. Armand vient enfin de décou- 
vrir une médaille portant d'un côté le buste de M. PHILETICVS 
POETA LAV . ET EQVES . COM . PAL ; de l'autre un pélican 
s'ouvrant le flanc pour nourrir ses petits, avec l'inscription : EP- 
rON • ATi;innOY • NEOTEPOY. Une autre médaille, mais qui 
n'est plus connue que par une gravure ancienne , a été publiée 
récemment par M. Friedlânder dans le Jahrbuch der konïglich 
preussischen Kimstsammlungen (\88\ , p. 183). 

Peintres. 

Grâce aux précieux registres de Platina , dont on trouvera plus 
loin de nombreux extraits , nous sommes en mesure de fixer , 
d'une manière authentique , la date à laquelle le plus illustre 
d'entre les peintres qui ont travaillé pour Sixte IV , Domenico 
Ghirlandajo, a visité Rome. Nous lisons en efîet, dans les comptes 
écrits de la main du préfet de la Vaticane, que le 28 novembre 1475 
il remit à Domenico di Tommaso, peintre florentin, 10 ducats pour 
la peinture commencée par lui dans la bibliothèque pontificale. 
Or, ce Domenico di Tommaso ne saurait être que Ghirlandajo , 
dont le père portait le prénom de Thomas. Domenico ne semble 
pas avoir achevé ce travail , car il ne reçut pas d'autre paiement. 
Selon toute vraisemblance, il chargea son fi-ère David de conti- 
nuer l'oeuvre qu'il avait ébauchée : le nom de celui-ci figure en 
effet, de décembre 1475 à mai 1476 , dans les registres de Pla- 
tina, qui lui remit pour son travail une soixantaine de ducats. 

Dans le tableau chronologique qu'il a ajouté à la biographie de 
Ghirlandajo, M. Milanesi fait dater de ce même séjour à Rome, 
c'est-à-dire de 1475, l'exécution des fresques de la chapelle Six- 
tine. L'une do ces fresques, la Vocation de saint Pierre, existe en- 
core ; l'autre, la Résurrection du Christ, a depuis longtemps péri (3). 

(I)CHIIISTIERNVS. DACIE. REX. CVI. ENSIS. ET DEVS. III. SVBMI- 
SIT. REGNA. - ^. TALIS. ROMAM. PETHT. SISTI. QVARTI. PONT. 
MAX. ANNO m. — MELLIOLVS. SACRAVIT (Armand, p. 39). 

(2) Voy. notre t. II, p. 305. 

(3) « Essendo poi chiamato a Roma da papa Sisto IV a dipignere, con altri 



90 SIXTE IV. 

Ghirlandajo décora en outre de fresques, ainsi que d'un tableau, 
dans l'église de la Minerve, le tombeau élevé par Giovanni Tor- 
nabuoni à sa femme , Francesca di Luca Pitti , morte en 1477. 
Le monument sépulcral lui-même , on s'en souvient , était l'œu- 
vre de Verrocchio (voy. ci-dessus , p. 86) (1). 

A côté de Ghirlandajo, il faut citer en première ligne son com- 
patriote Botticelli (2). On lui doit, d'après les juges les plus auto- 
risés, trois des fresques de la Sixtine : Moïse tuant VEgyptien, la 
Punition de Coré , Dathan et Abiro7i , la Tentation du Christ dans le 
désert (3). 

La participation de Filippino Lippi à la décoration de la Sixtine 
n'est établie que par un seul témoignage, et encore ce document 
ne brille-t-il ni par la précision ni par l'authenticité. Passant en 
revue les peintres auxquels Sixte confia les fresques de sa cha- 

maestri, la sua cappella, vi dipinse quando Cristo chiama a se dalle reti Pietro 
ed Andréa, e la Resurrezione di esso Gesù Cristo ; délia quale oggi è guasta la 
maggior parte, per essere ella sopra la porta, rispetto ail' avervisi avuto a rimet- 
ter un architrave che rovinô » (Vasari, Milanesi, t. III, p. 2f)9). 

(1) « Era in questi tempi medesimi in Roma Francesco Tornabuoni, onorato 
ericco mercante ed amicissimo di Domenico ; al quale essendo morta la donna 
sopra parto, corne s'è detto in Andréa Verrochio, ed avcndo, pcr onorarla come 
si conveniva alla nobiltà loro, fattolc tare una sepoltiira nella Minerva ; voile 
anco che Domenico dipignesse tutta la faccia, dove ell' era sepolta, ed oltrc a 
questo, vi facesse una piecola tavoletta a tempera. Laonde in quella parete fece 
quattro storie : due di San Giovanni Batista, e due délia Nostra Donna ; le 
quali veramente gli furono allora molto lodate » (Ibid.). 

Albertini, dans son Opusculnm (éd. de 1515, fol. 85), mentionne également 
ces peintures : « (In ecclesia S. Mariœ super Minervam) est et alia capella de 
Tornaboniis flor. depicta a Dominico Girlandario flor., ut opéra ojus Flor. in 
templo Trinitatis et Mariée Novellse demonstrat. » 

(2) « Ed allora gli arrecô in Fiorenza e fuori tanta fama, che Papa Sisto IV 
avendo fatto fabbricara la cappella in palazzo di Roma, e voleudola dipingere, 
ordinf) che egli ne divenisse capo : onde in quella fece di sua mano le infras- 
critte storie ; cioè : quando Cristo è tentato dal diavolo -, quando Mosè ammazza 
lo Egizio, e che riceve bere dalle liglic di Jetro Madianite; similmente, 
quando sacrificando i figliuoli d'Aron, venue fuoco dal cielo , ed alcuni santi 
papi, nellc nicchie di sopra aile storie. Laonde, acquistato fra' molli concor- 
renti, che seco lavorarono c Fiorentiui e di altre citlà, fama c nome maggiore, 
cbbe dal papa buona somma di danari ; i quali ad un tempo destrutti e consu- 
mati tuUi nella stanza di Roma, per vivere a caso , come era il solito suo, e 
finita insieme quella parte che gli era stata allogata , e scopertala, se ne tornô 
subitaincnte a Fiorenza » (Vasari, Milanesi, t. III, pp. 31G, 317). 

(3) Crowe et Cavalcaselle, Histoire de la peinture italienne, éd. ail., t. III, 
p. 164. 



PEINTRES. 91 

pelle, Albertini , qui écrivait en 1509, cite parmi eux son compa- 
triote Filippo (1). Se fondant sur ce passage, M. Milanesi a émis 
l'opinion que l'artiste s'était rendu à Rome en compagnie de son 
maître , Fra Diamante , et qu'il avait travaillé avec lui pour 
Sixte en 1476 (2). 

Un autre Florentin, Cosimo Rosselli (1489-1507), est l'auteur 
du Passage de la mer Rouge , du Sermon sur la montagne et de la 
Sainte Cène , peints dans la même chapelle. Rosselli s'était fait 
aider par son élève Piero di Cosimo (né en 1462), auquel le bio- 
graphe attribue le paysage qui forme le fond du Sermon sur la 
montagne (3). 

Benozzo Gozzoli ne semble pas être revenu à Rome pour se 
mettre au service du nouveau pape. Vasari affirme, il est vrai , 
qu'il fît le portrait de Sixte IV dans son fameux Triomphe de saint 
Thomas d'Aquin, aujourd'hui conservé au Louvre (4). Mais le sou- 
verain pontife représenté dans cette composition n'est certaine- 



(1) « Capella PP. Syxti IIII in palatio apostolico perpulchra , in qua sunt 
picturœ novi et veteris testamenti, cum pontificibus sanctis, manuetarte mira- 
bili nobilium pictorum concertantium, videlicet Pétri de Castro Plebis et 
Alexandri [Botticelli] et Dominici [Ghirlandajo] et Cosmse [Rosselli] atque 
Philippi [Lippi] floren. » (Opusadum de mirabilibus veteris et nove Urbis Borne, 
éd. de. 1515, fol. 83 V). 

(2) Vasari, t. III, p. 491. 

(3) « Chiamato poi con gli altri pittori ail' opéra che fece Sisto IV pontefice 
nella cappella del palazzo ia compagnia di Sandro Botticello , di Domenico 
Ghirlandaio , dell' abate di San Clémente, di Luca da Cortona, e di Piero Pe- 
l'ugino , vi dipinse di sua mano tre storie, nelle quali fece la sommersione di 
Faraone nel mar Rosso , la predica di Cristo ai popoli lungo il mare di Tibe- 
riade, e l'ultima cena degli apostoli col Salvatore : nella quale fece una tavela, 
a Otto facce tirate in prospettiva, e sopra quella, in otto facce simili, il palco 
che gira in otto angoli ; dove niolto bene scortando, mostrô d'intendere quanto 
gli altri quesl' arte » (Vasari, éd. Milanesi, t. III, p. 188). Voir aussi plus haut, 
p. 26. 

« Per questo [Cosimo] lo menô egli seco a Roma , quando vi fu chiamato 
da papa Sisto per far le storie délia cappella, in una délie quali Piero fece un 
paese bellissimo, come si disse nella vita di Cosimo » (Ed. Milanesi, t. IV, 
p. 132). 

(4) « Nel Duomo [di Pisa] , dietro alla sedia dell' arcivescovo , in una tavo- 
letta a tempera dipinse un San Tommaso d'Aquino , con infinito numéro di 
dotti che disputano sopra 1' opère sue : e , fra gli altri , vi è ritratto papa 
Sisto IV con un numéro di cardinali e molti capi e generali di diversi ordini ; 
c questa è la piîi finita e meglio opéra che facesse mai Benozzo » (Ed. Mila- 
nesi, t. III, p. 50). 



92 SIXTE IV. 

ment pas peint d'après nature : c'est une figure idéale, et qui rap- 
pelle plutôt Eugène IV, si tant est qu'on puisse la rapporter à 
un original déterminé, que l'irascible et fougueux délia Rovere. 
Vasari nous apprend en outre que Benozzo ût au Campo Santo 
de Pise, dans la Reine de Saba devant Salomon, le portrait de 
Platina, qu'il avait déjà peint à Rome. Le biographe ne confon- 
drait-il pas ici Benozzo avec Melozzo , et n'attribuerait-il pas au 
premier la fresque de la bibliothèque du Vatican : Plalina devant 
Sixte !¥{[)? 

Lucas Signorelli forme la transition entre l'Ecole florentine et 
l'Ecole ombrienne. Sa composition, la Mort (ou plutôt les derniers 
actes) de Moïse , occupe une place d'honneur parmi les peintures 
de la Sixtine. Par contre, il faut retrancher de son œuvre le Re- 
tour de Moïse en Egypte, que MM. Crowe et Gavalcaselle attribuent 
au Pérugin et M. Lermolieff à Pinturicchio. 

MM. Crowe et Gavalcaselle admettent que Signorelli a séjourné 
à Rome de 1478 à 1484; mais M. R.Vischer a réussi à circonscrire 
davantage les limites entre lesquelles se place ce séjour. D'après 
lui il serait compris entre les années 1482 et 1483 (2).' 

Vasari, suivi en cela par tous les auteurs modernes, depuis 
MM. Crowe et Gavalcaselle jusqu'au critique qui se cache sous le 
nom de Lermolieff, attribue une part assez considérable, dans la 
décoration de la chapelle Sixtine, à dom Bartolommeo délia Gatta, 
prieur de l'abbaye de Saint-Glément à Arezzo (3). On reconnaît 
avec certitude sa main tantôt dans la Mort de Moïse, de Signorelli, 
tantôt dans la Remise des clés du Pérugin. Quelle surprise n'ont 
pas dû éprouver tous ceux qui prétendent substituer l'infaillibilité 

(1) « Nella storia dunque, dove la reina Saba va a Salomone, è ritratto Mar- 
silio Ficino, fra certi prelati, l'Argiropolo, dottissimo greco , e Batista Platina, 
il quale aveva prima ritratto in Roma ; ed egli stesso... » (Ed. Milanesi , t. III, 
p. 49). 

D'après un document encore inédit, qui nous est signalé par M. G. Milanesi, 
« m» Benozzo del fu Lèse di Sandro tla Firenze , pittore, dimorante in Pisa. 
nella cappella di S. Simone délia Porta a Mare, » maria, en octobre I482, sa fille 
Bartolommca h « Picro di Francesco di Paolo Sconditi speziale di Barberino di 
Mugello, » avec 4U0 llorins « di sugello » de dot. 

(2) Luca Signorelli Jind die italienische Ilenaissance, Leijjzig, 1879, p. 88. 

(3) « Dopo, c'ondotto a Roma, lavorô una sloria nella cappella di papa Sisto, 
in compagnia di Luca da Cortona e di Pietro Perugino» (Vasari, éd. Milanesi. 
t. ai, p. 216). 

Crowe et Gavalcaselle, Histoire de la peinture italienne, t. Ill, p, 86. 



PEINTRES. 93 

de leur coup d'œil à une discussion sérieuse et raisonnée, en li- 
sant l'article dans lequel M. G. Milanesi cherche à démontrer que 
le peintre dom Bartolomnieo délia Gatta n'a jamais existé! Nous 
ne saurions entrer ici dans l'analyse de ce très ingénieux travail, 
dont les conclusions sont peut-être quelque peu hâtives. Il nous 
suffira de rappeler que M. Milanesi a établi, par un document au- 
thentique, la coopération, aux travaux de la Sixtine, de celui 
dans lequel , d'après lui , il faudrait voir une sorte de Sosie de 
dom Bartolommeo, FraDiamante (né en l430càTerra-Nuova) (l). 
II résulte, en effet, d'un registre conservé à Florence que Sixte IV 
accorda à Fra Diamante une pension de 100 ducats, à prendre sur 
les revenus de l'abbaye de San Fedele de Poppi, pour les pein- 
tures exécutées dans sa chapelle de Rome. Mais l'abbaye ayant 
refusé de payer, les deux parties convinrent, en 1482, de réduire 
la pension à 36 ducats. En 1490 nouvelle contestation, qui se ter- 
mina par le paiement d'une somme une fois donnée. 

L'artiste pour lequel Sixte semble avoir éprouvé le plus de sym- 
pathie était un Ombrien, le chef de l'Ecole de Pérouse , Pierre 
Vannucci. A Saint-Pierre, le pape le charge de la décoration de la 
chapelle de la Conception. A l.i Sixtino, il lui confie cinq fresques 
sur quinze. Aussi la gloire du Pérugin ne tarda-t-elle pas à éclip- 
ser celle de ses collaborateurs. Un de ses contemporains, un écri- 
vain d'ordinaire bien informé, Raphaël Maffei de Volterra, qui 
publiait en 1506 ses Commentarii rerum urbanarum , lui attribue 
sans hésiter toute la décoration de la Sixtine : « Petrus Perusinus 
complura et egregia, inter quae Romae sacellum in palatio Vati- 
cani a Xisto conditum, et ab eo depictum, uno tantum vitioquod 
vultus aliquantulum indiserti in plerisque adspiciuntur (2). » 

Aujourd'hui, par un excès contraire, un critique a voulu res- 
treindre outre mesure la part prise par le chef de l'Ecole om- 
brienne à la décoration de la Sixtine. Il lui enlève le Baplême du 
Christ, pour en faire honneur à son élève le Pinturicchio , et ne 
laisse au maître que la. Remise des clés (ajjs'raction faite des trois 
fresques détruites : Moïse sur les eaux, [a, Nativité, V Assomption de 
la Vierge). Et encore faut-il admettre , pour la Remise des clés , la 
collaboration de dom Bartolommeo délia Gatta (3). 



(1) L'Art, 1878, t. 1, p. G3, 04, et Vasari, t. II, p. 641. 

(2) Ânthropologia, liv. XXI. 

(3) Lermolieff, Die Wiike italienischcr Meister in den Galerienvon Miinchen, 
Dresden und Berlin, Leipzig, 1880, p. 304. 



94 SIXTE IV. 

On ignore la date des travaux du Pérugin. Nous savons seule- 
ment que l'artiste se vit obligé d'attendre longtemps le paiement 
de ses honoraires. Le successeur de Sixte IV ne se pressa pas 
plus de régler les comptes de son prédécesseur que celui-ci ne 
s'était pressé de faire honneur aux engagements contractés par 
Paul IL En 1490 enfin, près de six ans après la mort du fonda- 
teur de la Sixtine , l'artiste reçut les 180 ducats qui formaient le 
solde de sa créance (1). 

La décoration de la chapelle construite par Sixte IV à l'inté- 
rieur de Saint-Pierre fournit au Pérugin une autre occasion 
de se signaler. Cette chapelle fut consacrée à la fin de l'année 
1479 : les peintures du Pérugin sont donc antérieures à cette épo- 
que. Nous reviendrons , dans le chapitre relatif au Vatican , sur 
les fresques, aussi intéressantes que peu connues, dont Tartiste 
orna ce sanctuaire. 

Le Pérugin semble s'être trouvé à Rome au moment de la 
mort de Sixte (13 août 1484). Nous le verrons du moins exécuter 
presque aussitôt après, des travaux pour son successeur. 

Sur les relations que l'artiste ombrien put nouer dès lors avec 
les autres membres de la famille délia Rovere , nous en sommes 
réduits aux assertions de Vasari. 

Si nous en croyons Vasari , Pinturicchio suivit à Rome son 
maître le Pérugin, et exécuta dans la Ville Eternelle différents 
travaux, du vivant même de Sixte (2). Il est probable qu'il prit 
part à l'exécution des fresques de la Sixtine. Mais il nous est dif- 
ficile de lui faire honneur , sans autres preuves que des appré- 
ciations esthétiques, de deux compositions aussi importantes que 

(1) « Ho trovato che Pietro sotto il di 5 marzo del 1490 fece quitanza in Pe- 
rugia alla Rev. Caméra Ap. di 180 ducati d'oro di caméra, prezzo residuale 
«picturœ per eum factœ in cappella in palatio apostolico, » a lui allora sborsato 
in vigore di ordine camerale spedito sin dal di 8 agosto del 148!) : Rogiti 
Tancii q. Nicolai Tancii prot. ab an. liSO ad tôt. 1490. fol 185. « (Mariotti, 
Lettere pitloriche perugine. Pérouse, 1788, p. 150.) 

(2) « Avendo il Pinturicchio lavorato in Roma al tempo di papa Sisto , 
quando stava con Pietro Perugino , aveva fatto servitù con Domenico délia 
Rovere, cardinale di San Clémente, onde avendo il detto cardinale fatto in 
Borgo vecchio un molto bel palazzo . voile che tutto lo dipignesse esso Pintu- 
ricchio, e che facesse nella facciata l'arme di papa Sisto, tenuta da due putti. 
Fece il medesimo, nel palazzo di Sant' Apostolo, alcune cose per Sciarra Co- 
lonna. E non raolto dopo, cioè l'anno 1484, Innocenzio VIII, » etc. (Ed. Mila- 
nesi , t. III, pp. 497, 498). 



PEINTRES, 95 

le Baptême du Christ, jusqu'ici attribué au Pérugin, et le Retour de 
Moïse en Egypte , autrefois attribué à Signorelli , mais récemment 
revendiqué par MM. Growe et Gavalcaselle en faveur du Pérugin. 
Nous éprouvons quelque hésitation à nous ranger, à cet égard , à 
l'opinion émise dans un ouvrage récent qui a fait grand bruit lors 
de son apparition (1). 

Un autre élève du Pérugin, Rocco Zoppo, de Florence (f 1508), 
collabora également, d'après Vasari, aux fresques de la Sixtine (2). 

Vasari range en outre parmi les collaborateurs de la Sixtine 
Andréa Luigi, surnommé l'Ingegno. Mais cette assertion, comme 
Rumohr l'a prouvé, s'accorde difflcilement avec les dates (3). 

Dans la colonie romaine brille au premier rang Melozzo da 
Forli. Ce maître éminent, attiré à Rome par un neveu de Sixte, 
le farouche comte Girolamo Riario , seigneur de Forli (4) , se 
vit confier d'abord la décoration de la basilique des Saints-Apô- 
tres, dans laquelle Antonazzo avait, sous le règne de Paul II déjà, 
exécuté quelques peintures pour le compte du cardinal Bessa- 
rion (5). Il se consacra, pendant les années 1472 et 1473, à ce tra- 
vail, dont il ne reste plus aujourd'hui que le fragment exposé 
dans l'escalier principal du Quirinal , V Ascension du Christ, et les 
figures conservées à Saint-Pierre, dans la salle du chapitre. En 
1477 (15 janvier) , nous trouvons Melozzo occupé aux fresques de 
la Bibliothèque du Vatican, Jusqu'à ces derniers temps on a voulu 
contester la part qu'il a prise à ces travaux ; on a notamment 
fait honneur à Piero délia P'rancesca de la page magistrale repré- 
sentant Sixte IV conférant à Platina le titre de préfet de la Va- 
ticane (6). Mais les documents que nous produisons plus loin 
tranchent définitivement la question en faveur de notre maître. 
En 1478, Melozzo concourut à la fondation de la corporation de 



(1) Lermolieff, Die Werke, loc. cit. 

(2) « Fu discepolo [di Pietro Perugino], Rocco Zoppo, pittor fiorentino... La- 
vor5 il medesimo Rocco molti quadri di Madonne e fece molti ritratti , de' quali 
non fa bisogno ragionare : diro bene che ritrasse in Roma, nella Cappella di 
Sisto , Girolamo Riario e fra Pietro , Cardinale di San Sisto » (Ed. Milanesi , 
t. III, p. 591). 

(3) Italienische Forschungen, t. II, pp. 324-330. Cf. Vasari, éd. Milanesi. t. III, 
p. 617 et suiv. et 679. 

(4) Melchiorri, Notizie intorno alla vita ed aile opère in Roma di Melozzo da 
Forli, pittore del secolo XV. Rome, 1835, p. 6. 

(5) Voy. notre t. II, pp. 82, 83. 

(6)Voy. notamment Zanelli, La Biblioteca Vaticana. Rome, 1857, pp. 13, 15. 



96 SIXTE IV. 

Saint-Luc. En 1480 et pendant les premiers mois de 1481 , il se 
consacra de nouveau, en compagnie d'Antonazzo, à la décoration 
de la Bibliothèque da Vatican. A partir de ce moment, nous per- 
dons ses traces. 

D'après une tradition ancienne, admise par M. R. Vischer , 
Melozzo serait l'auteur des huit figures de prophètes et des figu- 
res d'anges peintes à fresque dans le dôme de Lorette. Ces pein- 
tures étaient autrefois attribuées à Marco Palmezzano ; elles ont 
probablement été exécutées sur l'ordre du cardinal Hieronimo 
Basso, neveu de Sixte IV (1). 

A côté de Melozzo il faut nommer Antonazzo Aquilio (2) , dont 
nous aurons plus d'une fois encore à nous occuper. Antonazzo se 
vit confier, en 1478, avec deux de ses confrères, la mission d'éla- 
borer les statuts de la corporation des peintres de Rome. Malgré 
sa situation exceptionnelle dans la société romaine, il semble 
n'avoir pas dédaigné les travaux les plus humbles. On eu jugera 
par le document rapporté eu note (3). Quoique l'artiste n'y soit 
désigné que sous son prénom, ou n'hésitera pas à reconnaître 
Antonazzo dans le « maestro Antonio pentore » employé par les 
moines de Saint- Augustin. En effet, nous trouvons notre maître 
en relations avec eux dès 1469 (4). 

Le peintre favori de Paul II, doin Giuliano Amidei, semble 
avoir quitté Rome peu de temps après l'avènement de Sixte IV. 
Il s'établit à Lucques, où il mourut en 1496. M. Milanesi lui at- 



(1) Ltica Signorelli und die italienische Eenaissance, p. 27, 28. 

(2) Grâce aux découvertes de M. Corvisieri, nulle filiation ne semblait mieux 
établie que celle d'Antonazzo. Croirait-on cependant que certains savants napo. 
litains , poussés par un patriotisme plus ardent qu'éclairé , ont voulu faire de 
ce maître un enfant de Capoue et ont doté l'histoire de l'art d'un Antonatius 
Romanus Capuanus ! Le seul argument sur lequel ils fondent cette audacieuse 
hypothèse est l'inscription A. R. C, tracée sur le trône de la Vierge dans un 
tableau transporté du couvent de Sainte-Anne de Sessa au musée campanien 
de Capoue. Comme s'il n'était pas plus naturel de traduire simplement ces sigles 
par : « Ave regina cœli ! » V. Commissione conservatrice dei monumenti ed og- 
getli di antichità e belle arti. Verbale délia tornata del 7 maggio 1873 (Caserte), 
pp. 39 et suiv. 

(3) 1483, 26 août. « Item dedi eodem die ad mastro Antonio pentore bl. ven- 
tiquinque {sic) per vinti arme dello nostro protectore cardinale de sancto Geor- 
gio et bl. cinque per una arme grande in foglio regale peata da ogne banna , 
duc. o, b. XXIII. » 

(4) Voy. le Buonarroti, 1869, p. 157. 



PEINTRES. 97 

tribue les miniatures de plusieurs des livres de chœur conservés 
dans l'église de Saint-Martin à Lucques. En 1491, Innocent VIII 
autorisa Giuliano, qui avait contracté de nombreuses dettes pen- 
dant qu'il était prieur du couvent d'Agnano, à sortir de 'son mo- 
nastère pour se livrer à des travaux de miniature et pour réparer 
ainsi le dommage causé par sa mauvaise gestion (1). 

Cola Saccoci semble avoir occupé une situation assez considéra- 
ble dans le monde artiste de Rome, quoiqu'il n'ait été chargé d'au- 
cun travail de quelque importance, si ce n'est, en 1480, de l'exé- 
cution d'une bannière (2) : ce fut lui qui fut choisi, en 1478, avec 
Antonazzo et avec le miniaturiste Jacopo Ravaldi , pour rédiger 
les statuts de la corporation des peintres. 

Jacopo Ranaldi ou Ravaldi , dont nous venons de prononcer le 
nom, semble identique au miniaturiste qui travailla en 1481 
pour les moines de Saint-Augustin (3). 

Un confrère de Jacopo, « Johannes Mariée, » qui figure avec lui 
parmi les membres de la corporation des peintres de Rome , tra- 
vailla également pour les moines de Saint-Augustin : il enlumina 
pour eux un missel qu'il serait peut-être possible de retrouver 
dans la bibliothèque Angelica, installée de nos jours encore dans 
les dépendances du couvent (4). Nous apprenons à cette occasion 

(1) Voy. Vasari, éd. Milanesi, t. III, pp. 228, 229, et notre t. II, p. 31. 

(2) 1471 , 4 novembre. « Magistro Colse Sacozise pro se et certis suis sociis 
récipient! florenos de caméra centum viginti pro pictura certorum vexillorum : 
patet mandatum factum die xvii octobris. » — A. S. V., Intr. et Exit. Cam. 
1471-1472, fol. 152. 

1473, 18 juillet. « Discretis viris Colse Saccoccia et magistro Martino pictori- 
bus florenos de caméra viginti pro pictura et argento, ac auro duorum penno- 
num qui donati fuerunt magnifico domino Johanni de Ruvere, sanctissimi do- 
mini nostri papae nepoti. » — M. 1472-1476, fol. 16 V. 

1480, 20 avril. « Collae Saccociae pro pretio unius banderiae omnibus compu- 
tatis, quam sanclissimus dominus noster mandavit fieri, ratione mittendi eam 
Suetensibus... fl. 108, 36. « — Zahn, Notizie artistiche , p. 22. 

(3) 1481, 30 septembre. « Item dedi die dominico ultimo mensis carlenos 
papales 20 magistro Jacobo miniatori pro parte soUicionis miniaturae et liga- 
turée libri magni novi notati novorum officiorum, ut patet die dominico 
14 mensis januarii et die Jovis ultimo mensis maii festi acensionis proxime 
prseteritorum per manum sacinstse : duc. 2, b. 6. » — Eutr. ed Es. Sagr. S. Agos- 
tino, 1474-1496, fol. 14. (Deux autres paiements, l'un de 20 carlins le 2 novem- 
bre , l'autre de 5 le 30 novembre, pour le môme motif.) 

(4) 1483, 8 mars. « Item dedi die sabbati vui mensis magistro Johanni Mariœ 
miniatori moranti ad Turrira sanguineam... carlenos papales 40 pro miniatura 
et ligatura missalis quondam R"' domini Gard. Tharantini , videlicet bon. 125 
pro sexaginta litteris aureisquadris pro duobus bol. qualibetet carlenos quinque 



Ç)g SIXTE IV. 

que le prix de soixante initiales dorées était fixé à 125 bolonais ; 
que les initiales bleues, de la hauteur de deux lignes, se payaient 

3 bolonais le cent , celles de la hauteur d'une ligne 2 bolonais 
le cent. L'enluminure et la reliure du missel revinrent en tout à 

4 ducats, 12 bolonais. 

Le peintre Martino de Contreras n'est connu que par la part qu'il 
prit, en 1471, aux travaux de décoration |nécessités par le couron- 
nement de Sixte IV et par l'exécution de deux « pennones >- des- 
tinés à Jean délia Rovere , duc de Sora , neveu du pape (Voyez 
ci-dessus , p. 97 , note 2). 

On ne possède guère plus de renseignements sur Antonio di 
Tommaso (l). Nous savons seulement qu'il fut, en 1478, un des 
fondateurs de la corporation des peintres. 

Un autre des maîtres employés par Sixte, Domenico , semble 
avoir également fait partie de cette corporation (2) ; c'est lui pro- 
bablement qui y est désigné sous le nom de « Dominicus Bartho- 

lacii. » 

Dans un document du 12 avril 1484, il est question d'un abbé, 
fils du peintre Benoît : « Bartholomeus Benedicti pictoris prior 
claustralis ecclesise Givitatis Gastelli , ordinis Sancti Bene- 



nro 5 litteris magnis aureis figuratis et armis supradicti domini Card. Et carle- 
num unum pro omnibus paracrafis. Et bol. 33 pro 1100 litteris azuris tan- 
tiim pro tribus bon. quolibet centinare de duabus lineis. Et bol. 28 pro 1400 
litteris parvis de una linea pro 2 bon. centinare quolibet : Et carlenos pp. 10 
pro ligatura et copcrtura, complète in omnibus summa carlenorum pp. xl et 
bon. 4, de quibus tantum dedi carlenos prsedictos 40. Summa duc iiii , b. 
XII. » — Sagr. S. Agostino, 1474-1496, fol. 21. 

(1) 1472, 17 avril. « Similiter solvi faciatis de pecuniis Camerse... prudenti 
viro Antonio Thomce pictori florenos de caméra vu pro xvi baculis pro parafre- 
nariis sanctissimi domini nostri papae , quos depinxit auro fino , » etc. — 
M. 1471-1473, fol. 110. 

(2) 1481, 10 juillet. « Retineri faciatis infrascriptas pecuniarum summas... 
expositas pro duobus vexiUis pro triremibus euntibus contra Turchas, videli- 
cet : Florenos auri de caméra quinquaginta quatuor de carlenis decem pro flo- 
reno et bolen. 37 1/2 pro valore trium librarum et unciarum 7 1/2 tatl'etati cre- 
musini. •— Item Ilorenos similes quinquaginta quatuor, bol. lx pro valore 5350 
foliorum auri battuti et 450 foliorum similium argent!. — Item florenos similes 
quinquaginta, b. 54, pro valore librarum quatuor, unciarum 2, denariorum 18 
serici cremusini pro frangiis dictorum vexillorum. — Item florenos similes tri- 
gintaquinque datos magistro Dominico pictori pro pictura dictorum vexillo- 
rum. — Item bolen. quinquaginta duos cum dimidio pro lanceis dictorum 
ve.xiUorum. — Item bol. similes lx pro pictura diclarum lancearum. — Item 
florenum similem unum , bol. xv pro manifactura dictorum vexillorum. n — 
M. 1479-1481, fol. 198. 



PEINTRES. 99 

dicti (1). y> J'ignore si cet artiste était originaire de Rome ou s'il 
y a travaillé. Mais je n'ai pas voulu laisser passer son nom sans 
le mentionner. 

Les registres de l'Académie de Saint-Luc nous ont conservé les 
noms d'une vingtaine d'autres peintres sur lesquels nous ne pos- 
sédons pas de détails dignes d'être spécialement relevés. En voici 
la liste par ordre alphabétique : Antonius délia Bella, Antonius 
Juliani (2), Antonius Sassi , Antonius de Vitorbio , Arnoldus de 
Vultu Sancto, Baptista de Aquila , Bartholoraeus Thomacelli, 
Bartholomeus de Neapoli, Gensius, Cola Schiavelle, Evangelista 
de Sutris(3), Franciscus de Villa (4), Jacobus de Pistoa, Johannes 
Albanensis, miniaturiste, Johannes Antonius Mancinus, Johan- 
nes Magnus , Johannes Mariae, Julianus Bartholacii, Julianus 
Benedicti, Julianus Juncti, Julianus de Neapoli, Laurentius ma- 
gistri Masi , Luchas de Regno , Matheus de Borgo , miniaturiste, 
Nardus Benedicti, Nicolaus de Thodis, Provasius. 

Jusque vers la fin du quinzième siècle , les peintres fixés à 
Rome semblent n'avoir pas éprouvé le besoin de former, à l'ins- 
tar de leurs confrères de Sienne, de Florence, de Padoue et de la 
plupart des autres capitales italiennes, une corporation spéciale, 
dont saint Luc aurait été, comme de droit, le prolecteur (.i). Du 
moins si des dispositions avaient antérieurement été prises à cet 
égard, elles étaient tombées en désuétude à l'époque dont nous 
nous occupons : les statuts que nous publions plus loin le consta- 
tent formellement : « cum statuta artis picturcT super hoc alias 
édita inveniri non possint... » En 1478, saisis de celte fièvre d'or- 
ganisation que Sixte avait communiquée à toutes les classes de la 
société, les peintres et les miniaturistes chargèrent trois de leurs 



(1) Archives secrètes du Vatican. Brefs de Sixte IV, 1484, n° 16 Â, ff. 72 et 
72 v". 

(2) C'est !e héros de l'aventure racontée ci-dessus, p. 29. 

(3) 1474, avril. « riolvi nepoti Evangelistse de Sutrio pro pictura 80 arme (sic) 
pro festo Pascœ et pro factura del arme (sic) in domo domini Johannis Falniarii 
per manus Federici duc. 1 , bl. viii. » (Archives du chapitre de Saint-Pierre . 
Exilus et Introitus sacristse. 

« Die ullima novembris 1480 solvi Evangelistse pictori pro60armis pro festo 
Nativitatis per manus Federici bl. lvii. » (Ibid.) 

(4) Voy., sur ce peintre, notre t. II, p. 80. 

(5) D'après Piazza , les sculpteurs romains se seraient formés. en corporation 
dès 1406, sous Innocent VII, tandis que les orfèvres attendirent jusqu'en 1509 
pour fonder une compagnie distincte , et les maçons même jusqu'en 1527 
{Opère pie di Roma. Rome, 1679, pp. 625, 629, 633). 



IQÎ) SIXTE IV. 

confrères, Cola Saccoci, Antonazzo et Jacopo Ranaldi ou Ravaldi 
de rédiger un projet de statuts, qui fut ensuite solennellement 
approuvé par les autorités compétentes. 

Nous n'analyserons pas en détail ce document , dont la rédac- 
tion, de même que celle de la plupart des règlements similaires , 
est vraiment informe. On n'y trouve ni esprit de classification, ni 
netteté d'exposition, ni idées généreuses. Ces dernières cependant 
ne manquaient pas d'ordinaire dans les statuts des corporations ; 
il nous suffira de citer parmi elles l'obligation de visiter et de 
consoler les membres malades, de faire l'aumône, etc. 

Dans le règlement rédigé par Antonazzo et ses deux collabora- 
teurs nous remarquons tout d'abord les prescriptions relatives au 
culte. Le 15 août (Assomption de la Vierge) , le 18 octobre (fête 
de saint Luc), telles sont les fêtes spécialement signalées à la dé- 
votion des membres de la confrérie. On leur enjoint également 
d'observer les autres jours fériés , mais sans spécifier ces fêtes, 
que nous savons, par les statuts des orfèvres de Florence, avoir 
été fort nombreuses : on en comptait une cinquantaine par an, 
non compris les dimanches. Les dispositions relatives à l'élec- 
tion des consuls, à leurs devoirs, à leur juridiction, manquent de 
précision et montrent des esprits peu familiarisés avec le style 
administratif. Des mesures destinées à sauvegarder les droits des 
acheteurs, des clients , il en est à peine question; c'était là ce- 
pendant un point sur lequel les règlements des autres corpora- 
tions s'efforçaient d'offrir au public toute espèce de garanties. 
Par contre, plusieurs articles ont pour but de sauvegarder les droits 
des membres de la corporation : défense d'accepter un travail 
confié à un confrère , sans l'autorisation de ce dernier ; défense 
de prendre à son service un compagnon ou un apprenti , sans 
l'agrément de son ancien patron , etc. , etc. Constatons à ce sujet 
que des conditions du compagnonnage et de l'apprentissage il n'en 
est pas question. — Les droits d'entrée étaient fort peu élevés : 
pour deux ducats on pouvait se faire recevoir membre de la cor- 
poration. La cotisation annuelle était également fort modique : 
cinq bolonais par maître, dix quattrini par compagnon. Ajoutons 
que la corporation, d'abord limitée aux peintres et aux miniatu- 
ristes, s'ouvrit plus tard aux brodeurs, aux fabricants de banniè- 
res (banderarii), aux batteurs d'or. 

Si nous en croyons Piazza (I), la corporation fonda la même 
année (1478), dans l'Église Saint-Luc, située près de Sainte- 

(l) Opère pie di Homa , p. 021. 



STATUTS DE LA CORPORATION DES PEINTRES. 101 

Marie-Majeure et détruite sous Sixte V, un autel consacré à son 
patron. 

Les statuts de la corporation des peintres de Rome sont inédits, 
du moins dans leur texte original. Ils n'étaient connus jusqu'ici 
que par une traduction italienne insérée dans les Memorie per ser- 
vire alla sîoria délia Romana Accademia di san Luca fmo alla morte 
di Antonio Canova, de Missirini (Rome, 1823, p. 5 et suiv.). Nous 
ne surprendrons aucun de ceux qui savent avec quelle incroya- 
ble légèreté Missirini travaillait, en ajoutant que sa traduction 
abonde en erreurs de toute sorte. Il importe surtout de mettre ici 
en garde contre l'attribution faite par cet auteur à l'année 1470 
«t d'un antico foglio prezioso del quale si scorge che oltre l'Uni- 
versità eravi anche [nel 1470] una fabbrica, detta di S. Luca. » 
Dans notre deuxième volume (p. 32), nous avons déjà eu l'oc- 
casion de montrer combien il était téméraire de placer au 
quinzième siècle ce document au bas duquel figurait la signa- 
ture de d. Giulio Glovio. Grâce aux recherches que M. le profes- 
seur G. Gatti a bien voulu faire pour nous dans les Archives de 
Saint-Luc, ce problème est enfin éclairci : Missirini a lu 1470 au 
lieu de 1570, et cet « antico foglio prezioso » se réduit à un de ces 
.documents du seizième siècle tels que les archives romaines en 
possèdent tant. Voici d'ailleurs le début de la pièce : « Yo. Don 
Guilio Clovio di Crovatia mi offero per la fabricha di san Luca 
di dare scudi dieci al anno vivente iio, queslo di 22 otobre 1570. » 

Statuts de la corporation des peintres de Rome. 
1478. 

In nomine Domini Amen ; el ad honorem ejus matris Virginis gioriosae 
sanclique Lucae bealissimi evangelistœ nostri advocati, ac prolectoris artis 
pictufcTe totiusque celestis curiœ Iriumphantis. Gum statuta artis picturge 
super hoc alias édita inveniri non possint, nec salis commode absque 
statutis ingruentibus causis in communi ac particulari dictie universilali 
succurri non possil : de communi omnium consilio et assensu elecli fue- 
runt très honorabiles viri artifices dictse artis, qui in aliis novis constilu- 
tionibus condendis pneponerentur, videlicet magistri Cola Saccocii, An- 
tonius Benedicli pictores , et Jacobus Ravaldi miniator , qui prœhabita 
diligent! consideratione et maturo consilio capitula seu statuta iiifra- 
scripta pro commodo ac utililate tolius universitatis picluriu ac minia- 
turœ , temporis conditione et qualitate pensatis , de communi omnium 
infrascriploruin consilio et assensu ediderunt et promulgarunt. 

Quorum nomina sunl kec, videlicet : Nardus Benedicti. Nicolaus de 



102 SIXTE lY. 

Tliodis. JulianusBenedicti. Bartholomeus Thomacelli. Johannes Magnus. 
Cola Scbiavelle. Melossius Pi.Pa (1). Julianus Bartliolatii. Julianus de 
Neapoli. Bartholomeus de Ncapoli. Anlhonius Thonie. Laurenlius ma- 
gislri Masi. Evangclista de Sulris. Anlhonius Juliani. Johannes Anlonius 
Mancinus. Malheus de Burgo miniator. Antonius de Viterbio. Julianus 
Juncti. Symonciellus. Martinius (sic) Garabassi miniator. Johannes Alba- 
nensis miniator. Jacobus de Pistoa. Arnoldus deVultu Sancto. Antonius 
Sassi. Johannes Mariœ. Baplista de Aquila. Dominicus Bartholacii. Fran- 
ciscus de Villa. Anthonius de la Bella. Censius. Luchas de Regno et 
Provasius. 

Anno a nativitate domini millesimo quadringenlesimo septuagesimo 
octavo , die vero décima septima mensis Deccmbris, Indictione duode- 
cima, Pontificatus sanctissimi in Christo patris et domini nostri , Do- 
mini Sixli divina providentia Papse quarli anno oclavo. Prsesidentibus 
nobilibus et spectabilibus viris in consulalu et deputatis magistris Anto- 
nio Benedicti, Johanni (sic) Antonio Mancino consulibus et Colœ (sic) 
Sachocii et Jacobo Ravaldi miniatori {sic) deputatis , per magnificos 
dominos Gonservatores et illuslrem Senatorem visa et confirmata fuerunt 
anno, mense et die ut supra : — 1478. 

Incipiunt capitula reformationis Statutorum arlis picturse et minia- 
turae. 

Capitulum 1. 
Qualiler domini consules debeant soUemnizari facere diem festum 
gloriosœ Virginis Mariae de mense Augusti. 

Capitulum II. 
Quomodo soUemnizari debeat festum protecloris nostri beati Lucae 
Evangelistœ. 

Capitulum III. 
Quid facturi sunt domini Consules in die sancli Lucas. 

Capitulum IIII. 
Modus tenendns de creandis Consulibus. 
Capitulum V. 
De absentia modernorum Consulum. 

Capitulum VI. 
Qui non solvit arli. 

Capitulum VII. 
Quid facere dsbeant Consules post annum sui Consulatus. 



(1) Missirini {loc. cit.) a lu « Melosius Pipa, » mais le marquis Melchiorri (No- 
tigie intorno alla vita ed aile opère in Roma di Melozso da Forli , p. '20) propose 
de substituer h cette leçon celle de Melotius pi(ctor) Pa(p3e). 



STATUTS DE LA CORPORATION DES PEINTRES. 103 

Capitulura VIII. 
Quid agere debeat novus Sindicus in principio anni sui. 

Capitulum VIIII. 
Potestas Consulum limitata. 

Capilulum X. 
Quod nullus artifex reclamare se possit in alio foro. 

Capitulum XI. 
Qualiter omnes artifices inobedientes puniri debeant. 

Capitulum XII. 
Quod nemo dictai artis prœsumal alterius opus apretiare sine consensu 
Consulum. 

Capitulum XIII. 
Quod Consules non possint se impedire in exlimalione operis alicujus 
qui non salisfecerit arti. 

Capitulum XIIII. 
Qua pœna puniatur qui se inlromiserit ad laborandum pro aliquo ma- 
gistro lignaminum. 

Capitulum XV. 
Quod Consules nullum artificera lignaminum recipere possint sine 
omnium consensu. 

Capitulum XVI. 

Quantum solvere debeat unusquisque pro introitu artis. 

Capitulum XVII. 
Qualiter se habere debeat qui prius opus aliquod prse manibus habue- 
rit contra se in eodem opère intromittente. 
Capitulum XVIII. 
Quod nullus artifex puerum seu famulum vel laborantem alterius arti- 
ficis sine consensu primi artificis capere debeat. 
Capitulum XVIIII. 
Honor qui debetur dominis Consulibus. 

Capilulum XX. 
Qua pœna puniri debeat qui in congregatione vocatus non venerit. 

Capitulum XXI. 
Qualiter se habere debeant Consules in festivitatibus beatte Mari* et 
sancti Lucae. 

Capitulum XXII. 

Quid facere et recipere débet Notarius congregalionis. 

Capitulum XXIII. 
Quid facere et recipere débet Mandatarius. 

Capilulum XXIIII. 
Ordo judiciarius servandus in foro dominorum Consulum. 



104 SIXTE IV. 

Capitulum XXV. 
Quantum exponere possint Consules pro prandio sancli Lucsb. 

Capitulum XXVI. 
Qualiter Consules pœnas exigere singulas teneantur. 

Capitulum XXVII. 
Quod nullus artifex possit ingipsare se (?) contra statuta dictai artis. 

Capitulum XXVIII. 
Qua pœna puniri debeat Consul perdens libruni aul sigilla. 

Capitulum XXVIIII. 
Qua pœna puniatur non ferians festum beali Lucœ. 

Capitulum XXX. 
Qualiter se habere debeat unusquisque in congregalione. 

Capitulum XXXI. 
Qualiter Consules addere vel minuere statutis prœdictis minime pos- 
sint. 

Capitulum XXXII. 
Quid et quantum solvere debeant artifices , sive magistri et famuli ad 
salarium existen[tes] singulis annîs pro festo Nativitatis [Assumptionis] 
beatae Mariae de mense Augusti, et, récusantes solvere, qualiter puniantur. 

Qualiter domini Consules debeant sollemnizari facere diem festum 
gloriosa3 Virginis Mariœ de mense Augusti. Capitulum I. 

Et primo quod domini Consules teneantur surama cum veneratione 
celebrare festum Assumptionis gloriosœ Virginis Marire mensis Augusti 
modo infrascriplo, videlicet : Quod in primis Vesperis ipsius festi Con- 
sules teneantur cum funalibus sive faculis cereis sociare Salvatorem a 
templo sancli Johannis Latheranensis usque ad ecclesiam Sanctse Mariae 
majoris , ut moris est. Et similiter die sequenti ab ecclesia sanclse Mariae 
ad sanctum Johannem. Sub pœna ducalorum quinque contrafacentium, 
quorum pars tertia Camerse Romanae, tertia pars altéra Universitati 
artis praidictœ, ac altéra tertia futuris consulibus applicetur. 

Quomodo sollemnizari debeat festum protectoris nostri beati Lucae 
EvangelistiTB. Capitulum II. 

Item quod festum protectoris nostri ac beatissimi Evangelislœ sancti 
Lucœ solemnissime celebretur , et eo die missa sollemniter cantetur. Et 
quod prsefali Consules unicuique magistro et laboraiilibus unam cande- 
lam ceream tradere debeant, ut moris est. Cantata missa, artifices artis 
dominos Consules usque ad habitationes eorum assotient. Quod si secus 
fecerint ut prœfertur, Consules prœfali pœna ducatorum quinque appli- 
candorum ut supra mulctentur. 

Quid facturi sunl domini Consules in die sancli Lucae. Capitulum III. 

Item quod diclo die sancti Lucae praefati Consules teneantur dare pran- 



STATUTS DE LA CORPORATION DES PEINTRES. 105 

dium unicuique dictœ artis. Quo peracto assinent (?) statuta et sigilla 
universitali et petanl novos Consules creari. Quod si secus fecerint pœna 
ducatorum triuin applicandorum ut supra mulclentur. 

Modus tenendus de creandis consulibus. Capitulum IIII. 

Item quod extrahi debeat bussola arlis prsedictge mature et sine fraude 
per notariuni artis de de {sic) voluntate et assensu omnium seu raajoris 
partis. Et de ipsa extrahatur una balota ex qua eliciuntur duo Consules, 
videlicel unus Camerarius , alter vero Sindicus. Et Consul Camerarius 
teneat librum statutorum ac sigilla artis ut moris est. Et quicunque artis 
praefatae dicto capitule seu ordinalioni contradiceret pœna ducatorum 
trium applicandorum ut supra mulctelur. 

De absentia modernorum Consulum. Capitulum V. 

Item quod si in extractione dictre bussolîe balota eveniret alicui 
existenti extra civitatem Roraanam tune et eo casu procedatur ad elec- 
tionem alterius existentis in Urbe. 

Qui non solvit arti. Capitulum VI, 

Item quod nullus recipiatur in Gonsulalu nisi consuetus fuerit solvere 
dictse arti et principaliter illo anno et quod sit ydoneus, neque habere 
possit vocem in congregatione nisi fuerit de consensu et voluntate om- 
nium. 

Quid facere debeant Consules post annum sui Consulatus. Capitu- 
lum VII. 

Item quod infra dies quindecim post festum sancti Lucsp Consules 
prteteriti consignare debeant novis Consulibus iutroitus et exilus eorum 
officii sub pœna ducatorum trium applicandorum ut supra. 

Quid agere debeat novus Sindicus in principio anni sui. Capitu- 
lum VIII. 

Item quod prsefatus Sindicus et Sindicator debeat sindicare dictos 
Consules infra mensem post datum retractum in Capitolio in palatio do- 
minorum Conservatorum sub pœna trium ducatorum applicandorum ut 
supra. 

Potestas dominorum Consulum limitata. Capitulum VIIII. 

Item quod Consules debeant et possint audire differentias quascunque 
suo officio pertinentes in domibus eorum seu ubi magis libueril diclis 
consulibus, excepto quod unaqurcque sententia proferatur in palatio 
dominorum Conservatorum antedict[o]. Quod si alibi sententias profé- 
rant, nisi compromissaria causa fuerit, pœna ducatorum quinque appli- 
candorum ut supra mulctonlur. 

Quod nullus artifex reclamare se possit in alio foro. Capitulum X. 

Item quod nullus dictse artis artifex audeat seu présumât reclamare 
in alio foro praîterquam coram dictis Consulibus. Hoc est rerum spec- 



106 SIXTE IV. 

tanlium arti prsefatse , sub pœna ducalorum trium applicandorum ut 
supra. 

Qualiler omnes artifices inobedienles puniri debeant. Capilulurn XI. 

Item quod oinnes et siiiguli pictores, miniatores, richamatores, ban- 
derarii et ballilori (l), impernatores, sive impernalrices teneantur et 
debeant solvere quicquid eis impositum fuerit per Consules dictœ artis, 
occasione festorum gloriosae Virginis Marke mensis Augusti et sancti 
Lucoe. Et casu quo solvere recusarent prîcfati Consules teneantur ipsos 
pignorari facere. Et si pignorari nec gravari possent quavis occasione vel 
causa , nerno dict» artis prsesuraat cum ipso laborare nec dare ad labo- 
randum : nec eidem judicare'nec apreliare ejus opus : nec eidem com- 
mittat opus fiendum seu designandum in carta seu alla quavis materia 
sub pœna ducatorunj sex, incurrenda totiens quotiens ac applicanda, 
prima pars Camerse pnedictœ, secunda Universilati, tertia Consulibus et 
quarta vero iiars accusatori. 

Quod nemo dicta3 artis praesumat alterius opus apretiare sine consensu 
dominorum Gonsulum. Capitulum XII. 

Item quod nemo audeat nec prœsumat apretiare, judicare, seu arbi- 
trare aliquod opus spectans dictse arti sine licentia Gonsulum sub pœna 
ducatorum decem applicandorum ut supra. 

Quod Consules non possintse impedire in exlimacione operis alicujus 
qui non satisfecerit arti. Capitulum XIII. 

Item quod Consules non debeant apretiare, judicare vel arbitrare, nec 
dare licenliam alicui judicandi nec apretiandi aliis aliquod opus perti- 
nens dictœ arti, nisi debitiim fecerint arti secundum statutorum for- 
mam. Quod si secus fecerint Consules négligentes teneantur solvere 
totum illud in quo lenerentur illi arti descripti in matricula manu notarii 
dictœ artis. 

Qua pœna puniantur qui se intromiserint ad laborandum pro aliquo 
magistro lignaminum. Capitulum XIIII. 

Item quod nullus debeat laborare alicui artifi[ci] lignaminum seu 
quasvis {sic aliœ personœ capienli ad pingendum et qune solita non fuerit 
solvere arti sub pœna ducatorum decem applicandorum ut supra. 

Quod Consules nuUum arlificera lignaminum recipere possintsine om- 
nium consensu. Capitulum XV. 

Item quod Consules pecunias nec valorem minime capere debeant ab 
artificibus lignamiaum nec ab aliis qui soliti non sint solvere arti sine 
consensu omnium (sic Universitalis integraliter , nemine discrepante, 
sub pœna ducatorum decem applicandorum ut supra. 

Quantum solvere debeat unusquisque pro introilu artis. Capitulum XVI. 

(l) Ces deux derniers mots ont été ajoutés après coup. 



STATUTS DE LA CORPORATION DES PEINTRES. 107 

Item quod si aliquis caperet apolecam sive opus ultra ducatorum 
quinque quantitatem : tam pictor qiiam rachamator et miniator aut ban- 
derarius, tam romanus quam forensis, pro introitu dicta' artis solvere de- 
beat diicatos anri duos ad augumentundos cereos dictœ artis. Et Consules 
négligentes pro solutione prœdicta teneantur tanlum solvere de suc. 

Qualiter se habere debeat qui prius ojius aliquod pr?c manibus ha- 
buerit contra se in eodem opère intromillente. Capitulum XVII. 

Item quod nemo prjcsumat manum ponere in aliquo opère picturae 
seu miniaturîe arralo seu caparalo sub pactione dato alicui et hoc sine 
licentia primi paciscentis. Eo vero casa quod aliquis in eodem opère se 
intromitleret ad laborandum primus paciscens recurrat tanquam gravatus 
ad Consulem et Camerarium, qui Consul mandet primum paciscentem 
pra?cedere. Et contra faciens pœnam incidet ducatorum decem applican- 
dorum ut supra. 

Quod nullus artifex puerum seu famulum vel laborantem allerius arti- 
ficis sine consensu primi artifîcis capere debeat. Capitulum XVIII. 

Item quod nullus tenere debeat puerum seu laborantem alteri obliga- 
tum sub fidejussione seu testimoniis aut scedula ad annum seu annos 
vel mensem seu menses quousque primum magistrum concordaverit, 
sub pœna ducatorum decem applicandorum ul supra. 

Honor qui debetur dominis Consulibus. Capitulum XVIIII. 

Item quod unusquisque artifex tenealur revereri Consules dicta3 artis, 
nec eis injuriosa verba dicere sub pœna ducatorum trium applicandorum 
ut supra. 

Qua pœna puniri debeat qui in Congregatione vocatus non venerit. 
Capitulum XX. 

Item quod dicti Consules teneantur et debeant exigere pœnam ab uno- 
quoque arlitice dictie artis citato et non comparente ad Congregationem 
fiendam : Et hoc si sine légitima causa excusetur , videlicet pœnam unius 
librœ certe. Quod si pœnam prœfatam solvere recusaverit cogatur ad du- 
plum. Et ipso facto dicti Consules eos pr^emissa pœna aggravari lacère 
cum una citatione peremtoria solummodo. 

Qualiter se habere debeant domini Consules in festivitatibus beatae 
Mariœ et sancti Lucœ. Capitulum XXI. 

Item quod in festo beatœ Maria) de mense Augusti Consules dictai artis 
teneantur et debeant unusquisque eorum unam faculam ceream duarura 
librarum déferre ante Salvatorem. In die vero sancti Luct Notarius faculam 
unam unius librœ , et Mandatarius medi;e libriB recipiant a Consulibus. 
Et dicti Consules in vigilia Assumptionis et die sequenli pro coUationibus 
fiendis exponere valeant pro artilicibus tanlum sequen[tibus] dominos 
Consules ducatum unum. Et Sindicus negligens assotiare Consulem et 



108 SIXTE IV. 

Camerarium priveliir facula cerea et mulctelur pœna ducalorum trium 
applicandorum ut supra. 

Quid facere et recipere débet Notarius Congregationis. Capitulum XXII. 

Item quod Notarius ad rcquisilionem dominorum Consulum pro Gon- 
gregatione fienda totiens quotiens interesse teneatur; in die vero sancti 
Lucse compareat in domo dominorum Consulum pro futuris Gonsulibus 
creandis, ibique recipiat bollendinos quinquaginta (sic) et cereum unius 
librae. 

Quid facere et recJpere débet Mandatarius. Capitulum XXIII. 

Item quod Mandatarius teneatur cilare quater omnes artifices ad instan- 
tiam dominorum Consulum , videlicet pro congregation[e]. Secundo bis 
citare pro solvenda impositione solvendorum pro festivitatibus As- 
sumptionis beatse Mariae ac beati Lucte protectoris n.ostri. Et pro ejus 
mercede recipiat in festo sancti Lucse a dominis Gonsulibus bollendinos 
decem et octo. 

Ordo judiciarius servandus in foro dominorum Consulum. Capitu- 
lum xxim. 

Item quod in foro dominorum Consulum quatuor cilationes suffi- 
ciant : una ad respondendum de jure. Secunda ad penioramentum. Terlia 
ad policetam. Quarla ad peremptoriam. Post pnedictas quatuor citationes 
ad instantiam petentis detur per dictos dominos Consules apodisia contra 
contumacem : et quod provocari non possit ad alium superiorem nisi ad 
congregalionem artificum ab aliqua sententia lata per dictos dominos 
Consules sub pœna ducatorum trium applicandorum ut supra. 

Quantum exponere possint Consules pro prandio sancti Lucae. Capi- 
tulum XXV. 

Item quod domini Consules dictse Congregationis in prandio diei 
sancti Lucse exponere possint ex pecuniis dictœ Congregationis ducalos 
très. 

Qualiter Consules pœnas exigere singulas teneantur. Capitulum XXVI. 

Item quod dicti Consules teneantur exigere omnes et singulas pœnas 
supradictas juxta formam statutorum ordinatorum ut supra, quod si non 
fecerint teneantur ipsi Consules easdem pœnas solvere de suo. 

Quod nullus artifex possit ingipsare (?) contra statuta diclœ artis. Ca- 
pitulum XXVII. 

Item quod nullus dictio artis audcat seu pnesumat ingypsare aliquod 
opus lignaminis cum calce nec colores ponere conlralactos ultra ordi- 
nem dictie artis sub pœna ducalorum trium aplicandorum ut supra. 

Qua pœna puniri debeat Consul perdens librum aut sigilla. Capitu- 
lum XXVIII. 

Item quod si Consul et Camerarius qui lenet librum et sigilla diclae 
artis perderet librum et sigilla prœdicta incurrat pœnam ducatorum 



STATUTS DE LA CORPORATION DES PEINTRES. 109 

decem applicandorum pro medietate Gamerge praedictse, altéra média 

[pars] Gongregalioni pr^efate. Et ultra hoc teneatur prœmissa refficere 

suraptibus propriis. Et hoc prcEseiis capitulum annuatim novo Coiisuli 

etCamerario legatur capieiido librum et'sigilla dicti Gonsulalus et Game- 

rariatus finito prandio. 

Qua pœna piiniatur non ferians fesliiin beati Lucae. Capitulum XXVIIII. 

Item quod nemo audeat seu prsesumat laborare in die sancti Lucae 

protectoris nostri , neque in alio aliquo festo de prsecepto sanctœ matris 

Ecclesiae, nisi in casu maxirase necessitatis et lune eo casu petita licentia 

et obtenta a dorainis Gonsulibus. Quod si contrafecerint unius ducati 

pœna mulctentur , cujus pars quarta Camerœ Romanœ : altéra Univer- 

sitati arlis , alia vero Gonsulibus et altéra quarta accusatori applicetur. 

Qualiter se habere debeat unusquisque in congregatione Gapitu- 

lum XXX. 

Item quod quotiescunque Gonsules congregalionem faciant artis prœ- 
dict* in quovis loco volentes proponere causam aliquam : unusquisque 
uti debeat silentio sine licentia dominorum Gonsulum qui proponent, et 
sigillatim {sic) vocati respondeant : quod si ante vocationem respondeanl 
incurrant pœnam unius librœ cerœ quilibet contrafaciens. Et si requisitus 
pœnae antedictœ recalcitraret bis requisitus, si non satisfecerit incurrat 
pœnam duplicem. Et dicti domini Gonsules possint ipsos agravari de 
facto sine aliqua cilatione. 

(Jualiter Gonsules addere vel rainuere stalutis prsedictis minime pos- 
sint. Capitulum XXXI. 

Item quod nemo Gonsulum imposterum(sîc) creandorum praesuraatnec 
audeat addere vel diminuere de praedictis statutis : quod sententiara dic- 
torum statutorum immutet absque omnium dictae artis integraliter con- 
silio et assensu. Quod si secus factum fuerit per Gonsules subséquentes : 
ad pœnam ducatorura decem condemnentur, applicandorum pro média 
parle Camerae Romanaj, altéra vero média parte Universitati. 

Quantum debeanl solverë magistri et famuli annuatim. Capitulum 
XXXII (I). 

Iteai quod omnes et singuli magistri piclores , miniatures, richania- 
tores, impernatores sive impernalrices teneanlur et debeanl quolibet 
anno solvere praefatis dominis Gonsulibus boll. V, videlicet pro festo 
gloriosissinice Virginis Mariœ mensis Augusli et sancti Luca) Evangelistai 
similiter : famulique ad salarium existentes occasione pnedicta teneanlur 
et debeanl solvere quaternos X, sub pœna ductitorum trium de carlenis, 



(1) Ce chapitre et les chapitres suivants sont dune écriture liillorente et sem- 
blent avoir été ajoutés après coup. 



110 SIXTE IV. 

applicanda prima pars Gamerae Apostolicae (?) , secunda Universitati et 
lerlia vero Consulibus. 

Quod pecuniic in prandio exponi solitae ac omnes alise quomodocura- 
que Universitati nostrre provenientes applicari debeant in reparatione 
alicujus cappelhiB in honore (sic) sancti Lucae. Capiluluni XXXIII. 

Item quod pecuniue de quibus haclenus prandium fieri solitum est 
quolibet anno in feslo beati Lucœ prolectoris nostri , ac etiam omnes et 
singulœ alire pœn* et pecuniarum quanlilales sive inlroitus apolhecarum 
congregationi nostrœ quomodolibet debilae seu inposterum debendœ aut 
alio (?) quovis modo in commune provenientes applicentur et exponi de- 
beant pro constitulione seu reparatione, app;iralu et celebratione alicujus 
cappellae in honore sancti LucîB,eiigendœ perUniversilatem arlis prsedictaî. 
In qua quolibet anno in ejus festivitale missa soUemniter celebrari de- 
beat. Aliis vero diebus, prout ex facultate concedetur, et ordinaliones 
seu décréta Universitatis ejusdem pro tempore exigent, dici et celebrari 
poterunt : Et quod récusantes seu négligentes solvere trium ducatorum 
pœna mulctentur, applicanda ut infra [sic). 

Quod ex una ballotta extrahanlur 1res Gonsules et unus Scindicus. 
Capilulum XXXllII. 

Item ex quo plerumque oriuntur differentine super rébus non tantum 
picturse verum aracamatune, niiniatune, banderaloriœ et batlilor[i8e ?], 
et expédiât dictœ Uiiiversilali duos alios Gonsules et unum Scindicum 
pariter creare qui una cum Gonsule et Gamerario interesse teneantur 
quod in die sancti Lucie ut moris est extrahalur una ballotta, ex qua 
eliciantur très Gonsules et unus Scindicus, videlicet unus Gonsul et Ga- 
raerarius qui habeat tenere hujusmodi statuta et sigilla ; alter Consul 
aracamator , aller vero Gonsul banderariorum, et unus Scindicus qui 
habeat scindicare dictos Gonsules, qui omnes non aliter quam Gonsul et 
Gamerarius praifatus reverari debeant ab omnibus dictae Universitatis, et 
contralacientes huic capitulo et omnibus aliis incidant pœnam quinque 
ducatorum applicandorum pro una tertia parte Gamer» Urbis , pro alla 
tertia parte luturis Gonsulibus et Notario arlis pricdictœ equaliter divi- 
denda, qui dictas pœnas exigere teneantur suis sumptibus, quod capilu- 
lum locum habeat in omnibus aliis supra apposilis. 

Quod quis se non inlromittat in aliquo opère nisi primo paciscenti 
satisl'aclo. Gapilulum XXXV. 

Item quod aliquis pictor, aracamator, banderarius, miniator et bat- 
tilor[us] non audeat se intromittere ad laborandum in aliquo opère 
picturae , aracamaturai, miniaturie, impernaturai et banderaturœ ac bat- 
tilor[iiE ?] tam in Urbe quam extra cujusvis personœ, sive nobilis sive 
ignobilis, sine licentia primi paciscenlis, lam super eodem quod haberet 
prœ manibus quam alio opère illiusmet domini vel nisi cum eo fueril 



STATUTS DE LA CORPORATION DES PEINTRES. 111 

concordatiim, vel aliter de precio satisfactum, sub pœna praedicta, ut su- 
pra praefertur applicanda. 

In nomine domini Amen. Anno domini millesimo GCCG''LXXV11I'' pon- 
tificatus sanctissimi in Clirislo patris et domini noslri domini Sixti divina 
providenlia papae quarli , indiclioiie XII, mense decembris, die XVII 
prsesentata fuerunt supradicla slalula noviter per homines diclae artis 
condita et reformata in melius videnda, corrigenda, corroboranda et 
confirmanda per magnificos viros Marcellum Caput de ferro, Dominicum 
de Arlollis et Evangelistam de Bondiis Camerœ almœ Urbis Conservatores 
coram eisdem et per eos visa et diligenter perlecta et mature considerata 
et coUationata cum aliis prioribus et aiitiquis stalutis fuerunt per eosdem 
Conservatores correcta, approbata et confirmata in omnibus et per omnia, 
prout in eis continentur. Ideo ad fidem pr.emissorum me bis propriis 
manibus subscripi. Paulus Pontianus , notarius dominorum Gonserva- 
torum. 

In nomine domine Amen. Anno domini millesimo GGGGLXXVIIIo, pon- 
tificatus sanctissimi in Ghristo patris et domini nostri domini domini 
[sic) Sixti divina providenlia pap* quarti, Indictione Xll", mense Decem- 
bris , die XVIla , confirmata fuerunt supradicla statuta per magnificum 
dominum Franciscura de Scundafuricis de Neapuli (sic), militem comi- 
tem almseque Urbis Senatorem illustrem, in omnibus et per omnia, prout 
in eis continelur (sic), omni meliori modo et dummodo non facianl 
contra slatutum prœfali sanctissimi domini nostri sanctamque Sedem 
apostolicam ac populum Romanum. — Archives de l'Académie pontifi- 
cale de Saint-Luc (1). Transcription de M. le prof. G. Galti. 

CHAPITRE II. 

TRAVAUX EXÉCUTÉS A ROME : LE PALAIS ET LA BASILIQUE 
DU VATICAN. 

Au Vatican, différents travaux de restauration, la construc- 
tion d'une caserne pour la garde pontificale (2), celle de la bi- 



(l) Suivent les confirmations des statuts faites en 1481, 1483, 1484, 1485, 1488, 
1489, 1490, 1493, 1508, 1509, 1511. 1526, 153't, 1535, 1537, 1539, 1543, 1544, 1550, 
1554. 1578. 

("2) « ^des pontificias in Vaticano amplissiuiis porticibus deductis rcnova- 
vit [Sixlus IV]; praetorianis excubitoribus, qui pontificis corporis et [lalatii 
custûdiee ab eo primum lecti sunt , magistratibus insuper et niunera obennti- 
bus , loca quibns commode habitarent , condidit, qui antea prœter dignitatem 



112 SIXTE IV. 

bliothèque et de la chapelle Sixtine; à Saint-Pierre , la réparation 
de la toiture, la construction de la chapelle de la Conception 
(également appelée chapelle Sixtine), la restauration du Ciborium 
principal , telles sont les entreprises par lesquelles Sixte IV a 
marqué son passage. Nous étudierons successivement ces diffé- 
rents travaux. 

Le Palais du Vatican. 

De domo sive palatio Sixti Pont. Epigramma "VIIII. 

Marnioreas Licini , Crassique et Cnesaris œdes 

Gontemne : et sievi, Sixte, Neronis opus. 
Barbaricas vincunt laliasque haec atria moles. 

Jam Memphis taceat : Tu quoque, Roma, tace. 
Hsec , hœc Ctesareis fuerat domus apta triuinphis , 

Tota una bac poterat Roraa habilare domo. 
HcTec domus Auguslis fuerat salis omnibus una, 

Omnibus hœc fuerat vel satis una deis. 
Hœc domus , haec urbs est, toi habel delubra , toi ortos {sic), 

Toi turres, adilus , lot domus una domos. 
Montis habel speciem : quin verlice sydera puisai. 



Hinc polerant cupidi cœlum superare gigantes , 

Ni foret adversis kec quoque sacra deis. 
HtBc rapil anle suum pulsis titana tenebris , 

Quae genus humanum speret adesse diem. 
Tanta domus le , Sixte , minor , tamen ardua cœli 

Tecta mémento deis esse minora suis. 

(A. Brandolini: Bibliothèque du Vatican, fonds latin, n" 5008, flf. 58 v°, 59). 

Sixte IV choisit pour sa résidence la partie du palais qui avait 
été décorée par Pie II et qui est aujourd'hui encore connue sous 
le nom d'appartement del Papagallo (l). Il y ajouta des salles 

in cellis pêne penuariis, situ squalentibus, agitarent» (Panvinio, Additions aux 
Vies de Piatina). 

(1) Voy. notre t. I , p. 272. — 1483. « Mane vero in cubiculo Papagalli in 
veste sacra cœpta est supplicatio. » — 1484. « Rosa de more hodie dominica 
IV quadragcsimEe benedicitur in cubiculo Papagalli (J. de Volterra , fl. /. S., 
t. XXIII, p. 103, 195). — 1484. « In palatio apostolico apud sanctum Petrum, 
in superiori caméra una, supra curiam ante bibliothecam respondente, obiit... 
Sixtus quartus. » — » De caméra prsedicta ad cameram Papagalli inferiorem 
portaverunt [defunctum]. » {Diarium de Burckhard, éd. Gennarelli, p. 3.) 



LE PALAIS DU VATICAN. 113 

nouvelles (1), et construisit à proximité la bibliothèque du Vati- 
can et la chapelle à laquelle il donna son nom. 

1471. 3 septembre. Voy. ci-dessus, p. 68. 

» 14 novembre. Magistro Antonio de Pergamo muratori florenos auri de 
caméra decem pro parte sui salarii ad faciendum domum extra portara 
palacii apostolici pro custodia ejusdem palatii. — M. 1471-1473, fol. 49. 

» 16 novembre. Rmo in Christo patri domino B. Episcopo Sabinensi 
Cardinal! Niceno florenos auri papales trecentos pro novem magnis tra- 
bibus per eum venditis pro reparatione magnae aulae palatii apostolici 
facienda. — Ibid., fol. 52. 

1472. 24 avril. D. Thesaurarius de mandate sibi die 24 ejusdem 
facto... solvit domino Egidio de Ponte florenos similes vigintiquatuor cum 
dimidio pro reparatione certi stabuli in palatio aposlolico combusti. — 
A. S. V., Intr. et Ex. Cam., 1471-1472, fol. 200 r. 

» 8 mai. Maravigliamoci assai cbe habiando noy comandato per nos- 
tra lettera patente per la fabrica délie scalle di palazo , quale si fa d i 
novo, fusse lassato tagliare nelle selve de Lariano certa quantitate di le- 
gname cie (ci è) riferito che voi ne domandate el silvatico. Sappiando 
che nella locatione fattavi per la fe. me. di papa Paulo o suoi expressa- 
mente si riserba che per le fabrice del palazzo apostolico li fusse lecito a 
tagliare ogni quantita de legname. Si clie vi comandamo si vero e hab- 
biate fatta tal demanda che ne desistate et lasciate cavare dicto legname 
senza alcuna renitentia o difficulta, che se caso fusse li carrari ci venis- 
sero ,■ et per tal casione to[r]nassero vacui o perdessero tempo ve ne 
faremo pagare lo interesse corne debito séria. Valete, etc.; ex Urbe, etc. 
— A. S. V., Divers. Cam., 1471-1474, fol. 41. 

» 6 décembre. Johanni Grecco circulario et praedictiE Caraerae credi- 
tori ratione certorum vasorum ligneorum et circulorura per eum dato- 
rum pro dicti novi edificii fabrica; prout (etc.) ... florenum unum de 
caméra et bon. LVI. — M. 1471-1477, fol. 3. 

» 20 décembre. Magistro Mariano Pauli Pisanelli et sociis florenos de 
caméra quinquaginta in deductionem majoris summ;e ratione certorum 
operum in magna aula palatii apostolici per eos factorum. ~ M. 1471- 
1473, fol. 70. 

» 18 décembre. Infrascriptis personis , seu domino Jer° de Gigantibus 
eorum asserto procuratori pro eis recipienti , infrascriptas pecuniarum 
summas, et primo videlicet : Magistro Antonio de Pergamo muratori pro 
residuo XXXVI cannarum murorum cum dimidia factorum extra portam 

(1) 1484. « In novis superioribus cubiculis [papa legatos] audivit » (J. de 
Volterra, R. I. S., t. XXIII, p. 199). 

8 



I 1 ^ SIXTE IV. 

palalii apostolici in fabrica domus cuslofli;e ejusdem palatii, ad rationem 
triuin cannarum mûri pro ducalo auri de caméra, fl. II, XII. 

Item eidem m° Anl» pro cannis XXVIIII lecti ejusdem domus , ad ra- 
tionem trium cannarum pro papali ducato et VIII palmorum, fl. VIIII, 
LXVIII. 

Item eidem pro pavimento dictae domus cannarum XVTI et palmorum 
V ad rationem XII bon. pro qualibet canna, fl. II , LXVI. 

Item eidem pro uno camino in dicta domo facto pro pacto cum eo 
facto, fl. III. 

Item eidem pro explanatura et exlractura terne de dicta domo ex con- 
venlione cum eo facta, fl. II. 

Item M<=o de Neapoli pro VI cordis lignorum pro lecto ejusdem domus, 
fl. VII. 

Item Abralie hebreo pro planis pro dicto tecto CXXV, fl. V, XV. 

Item Guillelmo franzoso pro XX mezonibus (?) pro dicto tecto ad ra- 
tionem XVIII bon. pro quolibet mezone, fl. V. 

Item magistro Francisco fornazario pro XVII operibus carrettarum causa 
porlandi calcem, pozolanam et lateres, flc VI. 

Item magistro Orlando pro porlatura dictarum sex cordarum ligni et 
XX mezonum centum vigintiquinque planarum, fl. II. 

Constiluentes in totum florenos de caméra XLV et bon. XVII. — M. 
U71-U73, fol. n V. 

1473. 20 février. Venerabili viro domino Hieronymo de Giganlibus S. 
D. N. papre cubiculario etc. expônendos per eumin edificio quod in pa- 
latio apostolico de novo factum est, etc. — A. S. V., Divers. Cam., 1472- 
1476, fol. 75, et Archives d'Etat, M. 1472-1476, fol. 6. 

147G. 13 mai. Magistro Johannino Pétri de Florencia carpentario 
florenos de caméra Irecentos trigintanovem pro totali et intégra solu- 
tione lam diversorum operum per ipsum factorum in palacio apostolico 
in diversis locis, quam sedium, mensarum , scannorum et cujusdam 
armarii larsiati ac certarum capsarum magnarum et diversarum fenes- 
trarum, nec non scabelîorum pro s"'" dominis cardinalibus, ac aliarum 
diversarum rerum ejusmodi datarum in prœdicto palacio apostolico ad 
usum lam s"" d. n. papae quara tocius familiœ et domus usque in prae- 
sentem diem. — M. 1472-U7(i, fol. 259 v-^ (1). 

1477. 2') mai. Florenos trigii.hnovem , bol. LVIIII auri in auro de 



(1) 1477, 25 février. « De mandato facto (lie xiii maii flor. tricentum (sic) 
trigintanovem de caméra m» .Toanino Pctri de t'iorenlia carpentario pro intégra 
solutione diversorum operum per eum in palatio apostolico factorum , ut dis- 
tinctius in eodem mandato continetur. » — A. S. V. Intr. et Ex. Cam., 1476- 
1477, fol. 226. 



LE PALAIS DU VATICAN. 115 

caméra de mandalo facto die XVI dicti magistro Laurentio de Petra- 
sancta et sotiis carpentariis et muratoribus pro reparatione loci registri 
Caméra apostolic?e, numeratos Henrico Bruno. — A. S. V. , Intr. et Ex. 
Cam., 1476-1477, fol. 246 v°. 

1477. 29 octobre. De mandato facto die 28 dicti florenos très auri 
de caméra in auro fratri Baptistae de Janua pro pretio unius fenestrae 
vitreatœ pro Caméra apostolica. — A. S. V., Intr. et Ex. Cam., 1477- 
1478, fol. 221 r. 

1479. 14 mai. Ex"" ac nobili Leoni de Monlesicco (?) ad custodiam 
palatii apostolici deputato (?) florenos auri de caméra in auro ducentos 
septuaginta sex pro totidem per cum expositis in reparatione et fabrica 
domus habitationis capitanei custodi»,... secundum taxationem per 
deputatos factam. — M. 1479-1481 , fol. 7. 

» 24 mai. lllustrissimo et potenti domino Hieronimo de Vicecomiti- 
bus de Riario... florenos auri de caméra mille trecenlos et triginta pro 
totidem quos exposuit et est exposilurus pro totali et integro complemento 
ac perfectione fabricse habitationis provisionatorum ad custodiam palatii 
apostolici deputatorum. — Ibid., fol. 8 v° (1). 

1480. 8 août. De mandato facto die primo marcii flor. noningentos 
septuaginta unum et bl. XI, de bl. 75 pro flor. , heredibus Thomse de 
Spinellis et sociis mercatoribus , romanam curiam sequenlibiis, pro 
residuo et complemento flor. duorum milium centum et quindecim 
similium ex ordinatione s"" d. n. solulorum diversis personis pro fabrica 
custodicB palacii apostolici : quse summa eis debebatur de mense Januarii 
1477, numeratos Thomse de Bartholis institori dictae societatis in diver- 
sis communibus et annatis, in novem partitis, in prœsenti libro fol. 29 
et 30. — A. S. V., Intr. et Ex. Cam., 1480, fol. 195. 

1481. 3 février. Magistro Laurentio de Petrasancta carpentario flore- 
nos de caméra in carlenis quadraginta très et carlenum cum dimidio 
pro totidem per eum expositis in fabricari faciendo XXV cum dimidia 
cannas mûri dirupti in anditu de palacio ad castrum. — M. 1479-1481, 
fol. 159 v\ 

1483. 27 avril. De mandato facto die 5 dicti florenos viginti quinque 
de b. 75 pro flor, R*^" sibi ipsi Thesaurario pro expensis per eum factis 
in reparatione fontis palacii , ad introitum a Cruciata in prœsenli libro 
fol. XI. — A. S. V. Intr. et Ex. Cam., 1483-1484, fol. 161 v». 



(1) 1479, 21 juin. « De mandato facto die 24 maii flor. de caméra (sic) mille 
trecentum (sic) triginta auri in auro de caméra III. dno Comiti Hioronjmo pro 
totidem expositos {sic) et exponen(dis) pro complemento fabricse custodiam pa- 
lacii apostolici. » — A.. S. V. Intr, et Ex. Cam , 1479-1480, fol. I7G. 



116 SIXTE IV. 

1483. 15 octobre. Pro vitro diversorum colorum pro fencstris palacii 
d.4^b. 5. — T. S. 1483, fol. 70. 

» 19 septembre. Primo de Cumo et Petro de Florentia magistris fa- 
bricae palatii. Dilecti filii salutem , etc. Quoniam pro fabrica officiorum 
nostrae romande Curise quam nunc apud palatium nostrum construi faci- 
mus multa marmora erunt necessaria : iccirco (sic) vobis de quorum di- 
ligenlia specialem in domino fiduciam obtinemus tenore pncsenlium com- 
milimus ac raandamus ut tara in aima urbe, quam extra eam, ubicunque 
marmora et saxa tyburtina inveneritis , illa efïodiatis, seu effodi faciatis , 
et in ipsam fabricam convertatis, dummodo aliqua publica, seu privata 
aedificia non olTendatis ; mandantes omnibus et singulis officialibus ip- 
sius urbis *ut vobis cum requisiti fuerint om(ne)m oportunum favorem, 
et auxilium prœstent : ita ut de eorura prom(pti)ludine apud nos possil 
commendari. Datum RoraiE. — A. S. V., Brevia Sixti IV, 1483, n» XVI, 
fol. 26. 

1484. 22 février. De mandate facto die XI dicti flor. decem auri de 
caméra magistro Gratiadei pro una fenestra ferrata et aliis laboribus 
factis in palatio in caméra R. d. Camerarii. — A. S. V. Intr. et Ex. 
Cam., U83-U84, fol. 255 v-^. 

» 31 mars. De mandato facto die 26 decembris flor. ducentos quin- 
quaginta quinque, b. 25, de b. 75 pro flor. Leoni de Montesicco pro parte 
expensarum in fabrica custodiae palatii sibi numeratos. — A. S. V. 
Intr. et Ex. Gara. , 1483-1484 , fol. 266 v°. 

» 3 juin. De mandate facto die dicta flor. ducentos auri de caméra 
magistro Gratiadeo in deductionem expensarum fabricse palacii. — A. S. 
V. Intr. et Ex Gam., U84, fol. 166 v«. 

» 14 juillet. De mandato facto die VIII dicti flor. ducentos auri de 
caméra magistro Gratiadei in deductionem fabricœ palacii apostoiici sibi 
numeratos. — Ibid., fol. 185. 

» 9 août. De mandato facto die VIII dicti flor. ducentos auri magistro 
Gratiadeo in deductionem fabricce palacii apostoiici. — Ibid., fol. 203. 

1490. 12 juillet (ai Ghinucci). Gum magister Gratiadei architector pro 
fabrica et reparalione per eum facla in domibus custodiœ palatii apostoiici 
teinporefe. re. d. Sixti florenos ducentos quinquaginta quatuor et b. 50 
de carlenis X pro floreno, et pro diversis fabricis et laborcriis per eum 
inpalalio aposlolico factis tempore s. d. n., videlicet in cameris quas in- 
habilabal d. Urbanus Episcopus forojuliensis fl. similes 149 et bon. 61, 
ac pro diversis eliam fabricis et laboreriis in eodem palatio pro se [sic) 
factis pro residuo majoris summ;e flor. similes 482 et bon. 34 : necnon 
similes fl. 263, bon. 22 pro laboreriis factis tempore ejusdem d. Sixti in 
slantiis novis ejusdem palatii, constituentes in totum fl. 1150 et bon. 
XVII, facla prius de omnibus supradiclis per perilos in arte diligenti et 



LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN. 117 

accurala extimatione et viso ac diligenter examinato ejus computo, habere 
debeat a Caméra apostolica, prout constat ex tribus mandatis sibi desu- 
per concessis et quibusdam testimonialibus literis Rmi in Xto patris et 
dni dni Jo. Ja. Cardinalis Parmensis sub data videlicet ultirao Julii 
1484: 

Et similiter Magister Alexander de Tibure carpentarius pro diversis 
laboreriis per eum in eodera palatio apostolico ejusdem s. d. n. tem- 
pore factis diligenter prius extimatis et in ipsa Caméra apostolica discu- 
sis et examinatis flor. similes 576 et bon. XI Va habere debeat, prout in 
tribus mandatis sibi desuper concessis plene constat, vosque quantitates 
praedictas quae inter omnes constituunt fl. 1726 et bon. 29 eisdera ma- 
gistris Gratiadei et Alexandre pro intégra solutione dicti eorum crediti in 
eisdera mandatis et literis contenti pro dicta Caméra apostolica persol- 
veritis: Etpropterea summam eandem 1726 duc. et bon. 29 ipsi Caraerae 
apostolicîe ex dicta causa mutuaveritis prout patet ad ordinarium introi- 
tum ejusdem Camerse libro 6, fo... Nos vestrse super hoc indemnitati et 
securitati dt decens est oportune providere volentes vos in primis in ea- 
dem summa veros dictœ Camerœ creditores ipsamque Cameram vobis in 
eadem quantitate efficaciter obligatam aflermaraus {sic) et pro potiori 
vestra cautela ad rehabendum... quantitatem prredictam 1726 fl., bon. 
29 per vos ut prœfertur solutorum et mutuatorum de speciali man- 
date s. d. n. papae etc. ac autoritate et communicato quoque consilio 
etc. omnes introilus spirituales ex comraunibus et annalis provenientes 
et ad eandem Cameram pertinentes vobis tenore prsesenlium finito cur- 
rendi appaltu assignamus et obligamus ac volumus et présentes conce- 
dimus quod summam eandem ex introitibus supradiclis per vestras aut 
alioruin manus usque ad illius integram satisfactionem libère ac licite re- 
cuperare et retinere possitis finito appaltu prœdicto, mandantes propterea 
rdo palri d. Thesaurario ac pecuniarum ipsius Camene generali deposi- 
tario ut juxta pnesentium tenorem exequentes quantitatem prœdictam 
modo prsemisso recuperare ei retinere permittant oportunas scri^turas 
ut moris est conficientes etc. Die XIllI novembris 1491 , magistri Gra- 
tiadei et Alexander Tibulinus supradicta cesseront dictic Societati de 
Ginutiis pnesentibus d. F. Aslondo et N. de Castello testibusetc. Phy. 
de Pontecurvo. — Arch. Secr. Vat.; Divers. Cam. 1489-1491, ff. 178 
v°-179 v°. 

LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN. 

Templa, domum expositis, vicos et mœnia, pontes, 

Virgineam Trivii quod repararis aquam , 
Prisca licet nautis statuas dare coinmoda portus 

Et Vaticanum cingere, Sixte, juguiu : 



118 SIXTE IV. 

Plus tamen Urbs débet; Natn quse squallorc latebat 
Cernitur in celebri bibliotheca loco. 

Platina. 

De bibliothecha a Sixto condita. Epigramma XII. 

Quid jactas Pharii numerosa voluraina régis? 

Prisca nimis res est, desine fama loqui. 
Desine Gecropii monuraenta referre tiranni, 

Tantum moconide (?) gaudeal ille siio. 
Nec tibi jactetur, Juli, tua munera, Varro, 

Laudibus in modicis Biblioteca tui. 
Ipse palatinus servanda volumina Phœbus 

Augusti taceat dissimuletque sui. 
Omnia, Sixte, tuis cédant monumenta, velustas 

Hœc sola hsec vincit biblioteca novas. ■ 
Quicquid habet Latium, doclissima Graecia quicquid, 

Quicquid habent Solimi : quicquid et unctus Arabs, 
Omnia divini cumulavit gloria Sixti, 

Et rogo cui veterum copia tanta fuit. 
Bibliotheca fuit, fateor, sua cuique, sed una. 

Sixte pater vincis : quatuor unus habes. 

De bibliotheca ex poenu facta. Epigramma XIII. 

Quse fuerat quondam veteri raadidoque lyco 
Nunc Phœbo est Sixti munere sacra domus. 

Sic versât fortuna vices hominumque deumque, 
Omnia sic finit hoc meliora duce. 

(A. Brandoiini : Bibliothèque du Vatican, n" 5,008, lï. 60, 60 V). 

Un des premiers soins de Sixte IV fut d'assurer à la bibliothè- 
que réunie par ses prédécesseurs une installation digne d'elle. 
Il occupait le trône pontifical depuis peu de mois seulement que 
déjà il chargeait cinq architectes, Giuliano di Angelino, Paolo da 
Campagnano , Mariano di Paolo Pisanelli , Manfredo Lombardo 
et Andréa Ficcdula , de rechercher partout les matériaux néces- 
saires à la nouvelle construction. Cependant, malgré son ardeur, 
les travaux paraissent avoir avancé lentement , car ce fut seule- 
ment en 1475 que l'on put procéder à raraénagemcnt et à la dé- 
coration des nouvelles salles. Platina venait d'être nommé préfet 
de la Vaticane : ses registres, que M. le chevalier A. Bertolotti a 
été assez heureux pour retrouver aux Archives d'Etat de Rome , 



LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN. 119 

et qu'il a obligeamment mis à notre disposition (1), nous entre- 
tiennent des progrès des travaux , en même temps qu'ils nous 
font connaître les noms des artistes appelés à les diriger. 

Parmi les « muratori » et les « falegnami » employés aux tra- 
vaux de construction ou d'aménagement, nous citerons Gratiadei 
de Brescia, qui fut chargé en 1480 de construire deux pièces des- 
tinées à servir de logement aux bibliothécaires, Francesco di Gio- 
vanni de Boxi , de Milan , Giovannino et Marco dei Dolci , de 
Florence. Ces trois derniers exécutèrent les bancs et les armoires 
qui garnirent les nouvelles salles créées par Sixte. 

Les peintres chargés des décorations murales furent , outre Me- 
lozzo, Antonazzo , que nos documents qualifient de collaborateur 
de l'illustre maître de Forli , Domenico Ghirlandajo (document 
du 28 novembre 1475), David Ghirlandajo (décembre 1475 à 
mai 1476), enfin deux artistes absolument inconnus, Dionisio et 
Paolo (mai à novembre 1476). Notons le cadeau bizarre fait à ces 
deux derniers par Sixte : sur leur demande , il donna à chacun 
d'eux un ducat pour s'acheter une paire de chausses. 

Sixte voulut que sa bibliothèque fût magnifique de tout 
point ; il ne recula devant aucune dépense pour en faire une col- 
lection sans rivale, tant au point de vue des richesses bibliogra- 
phiques qu'au point de vue de la décoration. Les boiseries , les 
armoires , les bancs , sculptés par Giovannino de' Dolci et son 
frère Marco , étaient des œuvres d'art dans toute l'acception du 
mot. Les registres ds Platina nous apprennent quels soins on ap- 
portait à la confection des meubles les plus modestes. La marque- 
terie s'y alliait plus d'une fois à la sculpture; signalons surtout 
« una porta de pino intarsiata » due à maître François de Milan. 
L'or reluisait sur la porte principale et recouvrait les rosaces , 
l'anneau et le battant, exécutés par un autre Milanais, maître 
André. 

La magnificence du pontife éclata surtout dans les vitraux 
peints , dont l'exécution fut confiée à un Allemand , Hormannus 
(Hermann ?) Theutonicus (2). Ce maître reçut une cinquantaine 



(1) Ces précieux documents sont encore inédits , à l'exception des quelques 
extraits que nous avons publiés dans la Gazette des beaux-arts de 1875. Nous 
reproduisons plus loin la partie relative aux travaux d'art proprement dits, 
réservant pour une publication spéciale celle qui concerne l'organisation de la 
bibliothèque. 

(2) Ce maître est probablement identique h « mastro Hermanno tudescho 
habitante ut supra a (sancta Maria delo Portigho) » puni, en 1467 , « per non 
haver netato la strada » (Ed. Publ. 14G7, B, fol. 11). 



120 SIXTE IV. 

de ducats, du 16 septembre 1475 au 6 mai 1476, époque à laquelle 
son nom disparaît de nos registres. Les verres de couleur qu'on 
trouvait à Rome ne paraissant pas assez beaux , Hermann fut en- 
voyé à Venise pour en acheter d'autres. Deux de ses compatrio- 
tes, Conrad et Georges, complétèrent ou restaurèrent en 1477 et 
en 1480 les vitraux de la bibliothèque. 

La Vaticane comprenait trois sections distinctes : la bibliothè- 
que publique, la bibliothèque grecque, la bibliothèque secrète. 
Les salles formant la bibliothèque publique étaient décorées de 
peintures qu'Albertini, auquel nous devons ces détails, qualifie 
de très belles. On y remarquait surtout la fresque de Melozzo 
da Forli , représentant Sixte assis au milieu de ses neveux et 
nommant Platina préfet de la Vaticane, et des « portraits de doc- 
teurs , » c'est-à-dire , selon toute vraisemblance , des portraits de 
savants dans le genre de ceux qui ornaient la bibliothèque de 
Frédéric d'Urbin (1). 

L'enthousiasme provoqué par cette création , une de celles qui 
honorent le plus le règne de Sixte IV, fut grand : Platina se fit 
l'interprète du monde savant dans la célèbre inscription métrique 
que nous avons rapportée en tête de ce paragraphe. 

Les successeurs de Sixte n'ont pas respecté son œuvre. La 
fresque de Melozzo da Forli , à laquelle nous venons de faire al- 
lusion , est tout ce qui reste de ce sanctuaire de la science et de 
l'art. 

4471. 17 décembre. L. Episcopus Tusculanus , card. de Ursinis; 
Dni nri papœ Gamerarius. 

Gum pro oportunitatibus cerli edificii bibliotecarum in palatio apos- 
lohco S" Pétri construendarum necessarium sit ex diversis locis habere 
magnam quanlilatem petrarum ad id necessariarum : Iccirco tenore prae- 



(l) « In palatio apostolico in Vaticano est illa preeclara biblioteca a 
SyxtoIIII constructa cum ejus imagine, ac pulcherrimis picturis exornata cum 
his carrninibus : 

)' Templa, domum expositis (etc.) 

» Sunt picturac doctoruin et alia carmina , ut dicain in opusculo epitahaph. 

» Est et alia biblioteca apud pnedictaui, quae giseca dicitur , ab eodem Syxto 
constructa, cum caméra custodum. 

» Est et tertia biblioteca pulcherrima, in qua sunt codices auro et argento 
sericinisque tegminibus exornati a preedicto Syxto constructa : in quo loco 
Vergiiii opéra vidi litteris majusculis conscripta. 

» Omitto struincnta georaetriae et astronomiae et alia, quae in liberalibus dis- 
ciplinis pertinent, auro et argento picturis exornata »■ (Albertini , Opusmlum, 
fol. 89 V, 90, éd. de 1515). 



LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN. 121 

sentium universis et singulis ad quos spécial, de mandate etc. ac 
auctoritate etc. raandamus quatenus qualiter (sic) honorabilibus magis- 
tris Juliano Angelini , Paulo de Campagnano, Mariano Pauli Pisanelli, 
Manfredo Lombardo et Andreœ Ficedulae architectis et (?) hujusmodi «di- 
ficii usu necessariarum , dummodo ad privatas personas non pertineant, 
effodere ac exporlare ad prsefatum palatium permitlant , absque aliqua 
solulione petrarum ipsarum seu dacii et gabellse qua3 ipsarum occasione 
persolvenda essent. In contrarium facientibus, non obstantibus quibus- 
cunque. Quod si forte ad alium locura petra ipsœ exportabuntur, volu- 
mus quod (in) pœnara ducatorum duorum magistri et conduclores 
prsefati incidant pro quacunque salma quœ ad alium locura quam ad 
prsefatum palatium deveherentur, cujus pœnse medietas Camerœ apos- 
tolicae, altéra medietas accusanti irremisibiliter applicentur. Datum 
Romse, etc. XVII decembris MGCCCLXXI, anno primo. Hier. Saxaferat. 
— A. S. V., Diversorum Sixti IV, U71-U78, n° 38, fol. 66,66 r (4). 

1475. Hic scribunlur pecunise habitse a depositario S. D. N. ad usum 
bibliothecse, die ultima junii 1475 et ego Platyna bibliothecarius de 
his expensis ubi eas habuero redditurum rationem me poUiceor. 

Recepi a Miliaduce depositario s. d. n. Sixti IlII ad usum bibliothecae 
ducatos 4 die XV mensis julii 1475. 

(Suit la liste de divers autres paiements dont le total, jusqu'au 14 avril 
1477, s'élève à 1,066 ducats, 3 bolonais, moins I carlin). 

Hic scribunlur omnes pecunii:e expensœ per me Platynam s. d. n. 
bibliotbecarium ad usum bibliothecœ, scilicet scribendorum, ligandorum, 
minandorumve (sic) librorum, necnon in banchis conficiendis catenisque 
quo libri ipsi ad usum communem disponi commode possint, die 
ultima junii 1475. 

Enumeravi, présente Clémente synescalcho familice s. d. n., Salvato 
librario et Demelrio lectore, ducatos XLV Francischo fabro lignario 
mediolanensi habitatori piscin;e urbis Romœ pro banchis bibliothecss 
conficiendis, maxime vero decem qu;e ad sinislram jacent , quorum 
longitude est XXXVIII palmorum , vel circa , et ita accepta parle pecu- 
niarum, cujus summa est centum et XXX ducatorum, faclurum se debi- 
lum promittit et obligat, die XV julii 1475 (Suit le reçu de magistro 
Francescho de Gyovane da Milano). 

Dedi ducatum unum muratoribus ob tectorium opus dealbalionemque 
parietum ipsius bibliothecae, die nona Augusti 1475. 

Item dedi carlenos duos fabro quem Donatus archilectus ad hauc 



(1) Publié, mais avec quelques variantes, dans VArchivio storico italiano, 
1866, t. m, p. 215. 



122 SIXTE IV. 

operam conduxerat, dixilque solutionem ad me pertinere, die XIIII Au- 
gusti 1475. 

Item dedi Francischo fabro lignario ducatos auri de caméra pro 
fabrica bibliotheca} L die XXI Augusli 1475 (Suit le reçu de Francesco 
de Govane di Boxi da Milano). 

Dedi muralori qui pavimentum ex brevioribus lapillis restituit in 
bibliotheca ducalum unum, computatis bis eliam pecuniis quae operariis 
sunt numeratae , die XXI Augusti. 

Dedi lapicidis pro una porta et feneslra ad usum bibliothec» , die 
ultima Augusti 1475, car. XVIII. 

Dedi die II septembris 1475 supradicto magistro Francisco fabro 
lignario ducatos XXX auri de caméra ob prajdictam fabricam (Suit le 
reçu de l'artiste). i 

Dedi die XVI septembris 1475 carlenos ires papales Hormanno Theu- 
tonico qui vitreas fenestras in bibliotheca facit ad carbones emendos ut 
liquefaciat plumbura. 

Dedi die XVIIII septembris 1475 ducatos XXX supradicto magistro 
Francischo fabro lignario pro banchis (Suit le reçu de ra^ François). 

Expendi pro libris octo stamni pro fenestris vitreis carlenos sex, die 
XVIUI 1475. 

Dedi ducatum unum muratoribus , qui fenestram camerae bibliotheca^ 
fecere qua, ad curiam vergit. 

Dedi et carlenura pro cardenibus ejusdem fenestrae, die XXI septem- 
bris 1475, car. I. 

Dedi Hormanno Theutonico qui fenestras vitreas Cabricat in biblio- 
theca ducatum unum aureura pro vitro varii coloris empto ad usum 
bibliothecce , die supradicta et millesimo. 

Dedi ducatos XXX eidem magistro Francischo fabro lignario pro 
supradicta fabrica die XIII octobris 1475 (Suit le reçu de l'artiste). 

Dedi Hormanno Theutonico magistro fenestrarum car. XV pro quin- 
quaginta libris plumbi et sex stamni, die XIII 1475, 

Dedi Hormanno Theutonico libras nonaginta ferri fabrefacti... 

Dedi dicto Hormanno ducatos HII ituro Veuetias ad emenda vitra pro 
usu bibliothecie, bas autem pecunias datas esse pro expensis itineris 
inlelligendum est, die primo novembris 1475. 

Dedi muratoribus qui cardines in fenestris collocarunt restituereque 
muros quosdam disfractos et contusos ducatos duos , die primo novem- 
bris 1475. 



LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN. 123 

Dedi ducatos X auri Dominico Thomasii (1) pictori florentine pro 
pictura bibliothecae quam incohavit, die XXVIII novembris 1475. 

Dedi Xanthino muratori pro lignis et funibus ad pontes faciendos 
ducatos très et car. IIII, ii pontes pro pictura fiunt in bibliotheca, die 
XXVIII U75. 

Erai scalam unam pro usu bibliothecae car. quinque , die XXVIII 
novembris 1475. 

Emi tabulas centum et quinquaginta pro tabulato pictorum ducatis 
sex, flie XXVIIII novembris 1475. 

Dedi Santino et Joanni ejus socio die ultiraa novembris 1475 ducatos 
quatuor pro ponte confecto mutatove ubi oportuit et pro adœquatis 
fenestris qua3 propter insequalitatem recipere non poterant tabulas 
ligneas. 

Dedi Petro fabro lignario ducatura unum pro pari caligarum quas 
d. n. ei promiserat pro beveragio die 4 decembris 1475. 

Dedi Hormanno Theutonico ducatos duos die XIIII decembris 1475, 
quae pecuniœ sunt computandse in salario suo. 

Dedi ducatos quinque David pictori fratri Dominici (2) supradicti, XIIII 
decembris 1475. 

Dedi his qui portarunt cassas vitri et stamnum e dovana (?) ad palatium 
car. un. , die XV decembris 1475. 

Expendi ducatos XV et b. LXIIII pro vectura et expensis factis ab 
urbe Veneta hucus pro vitro et stamno ad usum fenestrarum conducto 
die XV decembris 1475. 

Erai centum libras plumbi pro fenestris vitri duobus ducatis , XVI 
decembris 1475. 

Dedi Hormanno ducatos duos pro salario vel mercede sua , XVIII 
decembris 1475. 

Dedi Hormanno supradicto ducatum unum pro mercede, XXIII de- 
cembris 1475. 

Hactenus habui a Scaramusca (?) fabro ferrario quingentas et triginta 
libras ferri fabrefactas ad usum bibliothecœ pro quo in partem solu- 
tions dedi ei ducatos quinque XXIII decembris 1475, solvendo reliquum 
intégra summa computabitur. 

Dedi Hormanno pro mercede sua ducatum unum die VI januarii 1476. 
Dedi David pro mercede sua ducatos quinque die VIIII Januarii 1476. 

(1) Domenico Ghlrlandajo. 

(2) David Ghirlandajo. 



124 SIXTE IV. 

Emi libras plumbi centum et quinquaginta tribus ducalis, XI januarii 
1476. 

Dedi ducatos quinquaginta auri eidem M. Francischo fabro lignario 
pro banchis bibliotheoée , die XII januarii 1476 (Suit la quittance). 

Dedi carlenos sex Hormanno pro emendis carbonibus qui debent poni 
ad computum salarii, XV januarii 1476. 

Dedi Hormanno carlenos quindecim pro salario suo , XVII januarii 
1476. 

Dedi David pictori pro salario suo ducatos XVIII, XXII januarii 1476. 

Solutum est die XXII januarii 1476 Dominico Pétri mercatori veneto 
pro vitris eraptis et stamno ad usum bibliothecae ducatos LXII, bj. III, 
ut superius apparel. 

Item solutum est bancho de Medicis in Mediolano eadem die LI du- 
catum pro cathenis emptis ad usum bibliothecae et b. XXV. 

Dedi Hormanno ducatos duos pro salario suo primo februarii 1476. 

Dedi Hormanno prsedicto ducatum unum pro mercede sua die VIII fe- 
bruarii 1476. 

Dedi Hormanno praedicto ducatos duos pro mercede sua VIII februarii 
1476. 

Dedi Hormanno praedicto ducatos très pro mercede sua die XXIIII 
1476. 

Item emi eadem die CG libras plumbi pro fenestris vitreis ducatis 
tribus et carlenis octo. 

Dedi David pictori pro mercede sua ducatos XXI die II marcii 1476. 

Emi eadem die III marcii libras plumbi L uno ducato. 

Dedi Rochae mercatori pisano ducatos XXI pro miliario cum dimidio 
ferri romani pro usu bibliothecae die XIII marcii 1476. 

Dedi Hormanno eadem die ducatos XIII pro mercede sua. 

Item dedi Demetrio pro ducentis libris plumbi ducatos très et carlenos 
octo ad usum feneslrarum die XIII marcii 1476. 

Item dedi m" Joanni mediolanensi fabro ferrario ducatos X die XVI 
marcii 1476. 

Item dedi David pictori ducatos quinque pro laboribus suis eadem die. 

Dedi Hormanno die XXII marcii 1476 ducatum unum. 

Dedi magistro Francisco fabro lignario ducatos XXXV die XXVI mar- 
di 1476 (Suit la quittance). 

Dedi Hormanno ducatos seplem et XXHII bononenos pro mercede sua 
die XXVH marcii 1476. 



LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN. 125 

Dedi Hormanno pro emendis claviculis ad figendas feneslras vilri 
carlenos VIII, die XXX mardi U76. 

Dedi Demelrio carlenos XVIII pro emendis centum libris plumbi 
eadem die. 

Dedi Rochae mercatori pisano pro miliario ferri ad usum bibliothecse 
empti ducatos XV, die secunda aprilis 1476. 

Item solvi pro vectura octo balletorum catenarum ad usum Biblio- 
thecae ex Mediolano Romam avectarum ducatos X et b. XXIII, computa- 
tis etiam gabelUs quas solvil in multis locis, maxime vero in terris Ducis 
Mediolani , die secunda aprilis 1476. 

Dedi Hormanno ducatos decem pro mercede sua , die quarta aprilis 
U76. 

Dedi Demetrio pro ducentis libris plumbi ad usum fenestrarum duca- 
tos très et carlenos octo , die XI aprilis 1476. 

Dedi Pauline Albertino (1) pro clavis œneis quos facturus est pro ma- 
gna porta bibliothecse ducatos duos ad emendum ses , die secunda maii. 

Dedi calonibus qui portarunt catenas et reportarunt a magistro Jeanne 
fabro carlenos quinque, reficere n. anulos oportuit qui parvi erant , 
die IIII Maii. 

Item dedi eisdem carlenos IIII qui portarunt ferraraenta quibus caten* 
innituntur, eadem die. 

Item dedi Hormanno ducatum unum pro mercede sua , die IIII Maii 
1476. 

Item dedi David pictori ducatum unum pro mercede sua eadem die. 

Item dedi Hormanno ducatos quinque pro mercede sua , nil amplius 
restât habere , die sexta maii 1476. 

Dedi m° Andrecemediolanensi qui inauraturus est clavos portîe magnae 
bibliothecœ ducatos IIII pro parte solutionis die X aprilis 1476. 

Dedi m" Joanni lapicidœ ducatos duos pro marmore fabrefacto ad por- 
tam Bibliothecse die XVII maii 1476. 

Dedi eidem Pauline ducatos duos pro clavis aeneis, die XVIIH maii 
1476. 

Dedi Paulo et Dionysio pictoribus cancelli et portœ bibliothecœ ducatos 
II, die XXII maii 1476. 

Dedi Paulo et Dionysio pictoribus ducatum unum die XXVI maii 1476. 

(1) Ce mot est à moitié efifacé. 



126 SIXTE IV. 

Dedi eidem magistro Andreœ aurario ducalos septem, die XXVII maii 
1476. 

Per do asle per purgare la libraria per scarpellino che fece un buso (?) 
in la porta per una sponga b. XVIII. 

Dedi eidem Pauline ducalum unura et carlenos VIII , die XXIII maii 
1476. 

Dedi eidem Paulo et Dionysio ducatum unum, die XXVIII maii. 

Dedi Paulo et Dionysio ducatum unum pro pictura, die V Junii 1476. 

Dedi Rochte mercatori pisano pro miliario ferri ducatos XV ad usum 
bibliolhecse, nil amplius restât habere, die VI Junii 1476. 

Dedi eidem Francisco fabro lignario pro catenis librorum e Mediolano 
avectis ducalos XXI, erani aulem docenfe centum XXXXIIII, dedi autem 
dimidiura ducatum pro qualibet docena, adduntur superiores soluti me- 
dio, et erit intégra solulio catenarum omnium, die VII Junii 1476. 

Item solvi eidem ducatos XXX pro reliquo XXV banchorum biblio- 
thecœ : pro longioribus autem qui sunt X solvebantur centum et tri- 
ginta, ut supra scriptum est, pro reliquis solvebantur centum et seplua- 
ginta , quse summa est tricentorum ducatorum , atque ita pro banchis 
omnibus ei satisfactum est, die VII Junii 1476 (Suit la quittance). 

PrcBterea me debilorem facio ejusdem magistri Francisci centum et 
XXII ducatorum pro quinque feneslris magnis , duabus minoribus , pro 
tallariis VIIII nucis , pro canzello portas , pro fodralura quattuor porta- 
rum , pro bancho custodum , quarum rerum omnium in solutione verus 
valor explicabitur, die supradicta et millesimo. 

Dedi magistro Joanni fabricatori catenarum longarum ad retinendas 
catenas pro serraturis et pro fenestris ferreis ducatos quinquaginta , in 
solutione reliqui computabitur usque ad summam centum et quinque 
ducatorum el rerum omnium exprimelur quantitas et valor, die qua su- 
pra et milesimo. 

Dedi pictoribus videlicet Dionysio et Paulo ducatos X pro pictura can- 
celli et portée magnae, die octava Junii 1476. 

Dedi Paulino suprascripto pro clavis nonaginta quinque aeneis mag- 
nis pro annulo ejusdem portit" cum rosa , sculo, clavo ad percutiendum 
hostium ducatos Xlill cum dimidio die VII novembris 1476; nil amplius 
restât habere, computanlur autem superiores pecunise ab eo habitai cum 
islis , qui sunt ducati X et carleni VIII , sunt autem isti postremo dati 
ducati très et carleni VII. 

Dedi Scaramuliie fabro ferrario de quo supra pro reliquo quingenta- 



LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN. 127 

rnm librarum et XXX ferri fabrefacli ad usum bibliothecse ducatos XYI 
et carlenos 2, nil amplius restât habere, die Vlïnovembris 1476. 

Pro railliaribus tribus bulletarum ex sera, pro miliaribus daobos, pro 
quinquaginta IIII petiis ossis , pro corio quinternandi , pro cartis per- 
gamenis, pro aplandis feneslris a vento disfractis, pro portandis in cas- 
trum libris et reporlandis in discessu d. n. ab Urbe et reditu , item pro 
miliario bulletarum, pro quibusdam ferris fenestris vitri addilis ducatos 
VI et carlenos III. 

Dedi carlenos quinque magistro Andrese aurario pro relique inaura- 
turae clavorum aeneorum portse majoris, summa est XI ducatorum et quin- 
que carlenorum, nil amplius restai habere, die VII noverabris \Alù. 

Dedi Paulo et Dionysio pictoribus pro relique picturse factse in can- 
cello et auro ibi posito pro restaurata pictura bibliothecao ducatos X, nil 
amplius restant habere. Omnino sunt d. XXV, die VII novembris lAlQ. 

Dedi magistro Andreœ aurario ducatos très cum dimidio pro inaura- 
tura annuli portas magnie, pro clavo ad percutiendum, scuto et rosa, nil 
restât habere, die XIII novembris 1-476. 

Dedi Jacobo de Bosiis de Mediolano merzario in Urbe fratri supra- 
dicti magistri Francisci fabri lignarii nomine ejusdem ducatos quinqua- 
ginta die XVI novembris 1476, et in fidem acceptas pecuniae semet sub- 
scribet. 

Ita est ut dixit Platina et ego Jacobus de Boxiis frater prsedicti magis- 
tri Francisci fabri legnarii fateor me récépissé prœdictam pecuniam die 
qua supra et in fidem hujus hoc manu mea subscripsi. 

Dedi magistro Melotio pictori pro auro emendo pro pictura quam pin- 
git in bibliotheca ducatos sex die XV Januarii 14-77. 

Dedi magistro Joanni florentine magistro lignaminis ducatos XXX pa- 
pales pro opère facto in bibliotheca ponlificis sécréta, valor autem rerum 
omnium re perfecta computabitur, die XVIIl Januarii 1477. 

Dedi portatoribus trium banchorum magiiorum ducatum unum pa- 
palem eadem die. 

Dedi ducatum unum calonibus qui portarunt banchos duos et spale- 
rias duas magnas, die quinta marcii 1477. 

Bombarderius de Gellano (?) magister clavium ob serraturas XXII factas 
in banchis et armariis bibliothecse secretœ, ob très catenaciolos factos in 
eadem bibliotheca debebat habere ducatos sex et carlenum unum, ex bis 
habuit ducatos papales quattuor die VII Marcii 1477. 

Magister Francischus de Mediolano faber lignarius habuit a me die 



128 SIXTE IV. 

XIIII Aprilis 1477 ducalos decem ad summam centum et XXII duorum 
ducatorum quos ei debebam. 

Computalio : pro centum quinquaginta tabulis ducatos VI. 

Pro quinque fenestris magnis ducatos XXI. 

Pro octo talariis nucis et(iara) magnis ducatos XXVIII. 

Pro duabus fenestris et(iam) magnis quse vergunt ad curiam du- 
catos IIII. 

Pro cancello portas majoris dtcatos XXX. 

Pro magna porta ducatos XVI. 

Pro bancho custodum cum spalera ducatos X. 

Pro fodratura IIII porlarum ducatos VII. 

Hic est verus valor cum tabulis quas omiseram , quera me expressu- 
rum promiseram. 

Habuit a me post computum illud factum die VII junii 1476 ducatos 
LX, reliqui erunt LXII; hoc autem scripsi die XIIII aprilis 1477. 

Magister Joannes fabricator catenarura habuit a me die XIIII aprilis 
1477 ducalos decem, ad summam centum et quinque ducatorum quos 
ei debebam pro tribus miliaribus et libris octingentis ferri fabrefacti ad 
usum bibliothecœ , videlicet pro quadraginta octo virgis ferreis ad quas 
in banchis libri connectuntur, pro una fenestra ferrea, pro bacculis fer- 
reis ad vitreas feneslras posilis, per maschieti de la porta grande , per 
rampini che tengono le fenestre de fori , per bandelle e altri maschieti 
para XXXII. 

Harum rerum fabricatura sunt ducati L et bononeni quinquaginta 
salvo jure calculi. Dantur autem ei vel solvuntur pro qualibet libra bo- 
noneni très. 

Per serrature XLVIII , ducatos XXVIIII. 

Per serrature e cathenaci de tre porte d. VIIII. 

Annelli VIII, d. III. 

Cadenaci doa grandi per la porta grande colle serrature dopie d. XI. 

Doa serrature del cancello ducati II. 

Per notole (?) sei e forcine dua carlini VI, 

Haec est vera computalio quam facturum me promiseram : habuit au- 
tem a me post compulum factum die XIlll aprilis, ut superius apparet, 
ducatos X; reliqui sunt quinquaginta quinque ; hoc scripsi aprilis die q^ 
supra raillesimo. 

Habuit idem magister Joannes florentinus magister lignaminis pro fa- 
brica banchorum Bibliolhec.e secreta3 ducatos XX die XIIII aprilis 1477. 

Scaramutia faber ferrarius habuit a Rocha mercatore pisano unum 
miliare ferri pisani positum mihi XIl ducatis pro trecentis libris ferri 



LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN. 129 

fabrefacti in bibliotheca sécréta, computata libra tribus bononenis, die 
XVIII aprilis 1477 , et nil amplius restât habere. 

Habuit idem magister Joannes faber ferrarius ducatos auri LUI, car- 
lenos VI pro parte reliqua sue (?) lutionis (solulionis?) , qui erant LV 
ducati, ut superius in cartha prœcedenti apparet, die XXIII aprilis HTT 
(suit la vérification du compte). 

Computa bihliothecœ apostoHcœ (1477-1478). 

Ego Platyna s. d. n. bibliothecarius habui a Baptista capserio d. Mi- 
liaducis depositarii ejusdem s. d. n. ducatos quinquaginta pro usu Bi- 
bliothecae die XIIII Aprilis 1477 (Total des sommes reçues : 847 d., 
117 bol. i/2). 

Magister Franciscus de Mediolano faber lignarius pro fabrica bancho- 
rum Bibliothecae communis restât habere ducatos LXII, ut in libro appa- 
ret Camerse apostolicœ per me assignato. 

Ad hanc summam habuit ducatos decem die VII^ maii 1477. 

Item habuit ducatos XX die quinta septerabris 1477. 

Item habuit ducatos X die quinta decembris 1477. 

Item habuit ducatos X die Vllll januarii 1478. 

Item habuit ducatos XII die XI januarii 1478. 

De ratione veteri nil amplius restât habere, ut ipse sua manu approbat 
(suit la quittance). 

Pro nova autem ratione, scilicet (?) pro rébus infrascriplis restât 
habere quod in suraario apparebit. 

Una letiera per la libraria dove dormono doa custodi colla testera a 
fundo, d. 3. 

Una porta col tellaro d. 2, b. 0. 

Per quatro tavole da rigare, b. 22. 

Una riga per tre tellari da invetriati de noce d. 5, b. 5 Va- 

Per un altra letiera e cariola colla testiera soa... per usodelbibliothe- 
cario e famigli, d. 7. 

Per lo tellaro del mappamondo b. 52. 

Per una cassa grande, d. 2, b. 60. 

Summa d. XXI, b. VI; fecimus hoc computum die XII mensis janua- 
rii 1478. 

Habuit ducatos X die X martii 1478. 

Habuit ducatos undecim die XVIIll martii 1478; nil amplius restât 
habere ut ex ejus manu apparet (signature et quittance de Francesco). 

Magister Joannes faber ferrarius débet habere a Bibliotheca id pecu- 
niarum quod apparebit infra ex rébus ab eo factis : 

Prima per un focone grande per la libraria colli bastoni stagnati e 

9 



I3U SIXTE IV. 

grande in summo colle rotelle de ferro per condurlo de luogo a luogo 
per la libraria colle piastre de ferro dinlorno, diicali X. 

Item per dodese stange (?) de ferro per la libraria sécréta ducali VIII 
colU catarzoni (?). 

Item nove serrature per la libraria sécréta sette carlini l'una, mon- 
tano ducati VI et carlini III. 

Bacheto de ferro per tre feneslre invetriate, mascheli, bandelle, can- 
cani, ducati tre et carlini VII. 

Suraraa ducati XXVIII, fecimus hoc computura die XVIIII Januarii 
1478. 

Habuit dictos XXVIII ducatos die XVIII martii 1478; nil amplius restât 
habere ut ex ejus scripto apparat (signature et quittance). 

Prseterea idem magister Joannes habuit infrascriptas pecunias pro ré- 
bus ad usum Bibliothecae ab eo habitis : primo per un focone picolo per 
lo legatore da libri , ducati 2 e carlini III. 

Item pro uno tellaro grande de ferro cujus pondus fuit sexaginta quat- 
tuor librarum, a tre bolognini la libra, monta cento e XXXII bolognini. 

Un altro tellaro pur per le ramate (?), peso libre LXVI, monta bolo- 
gnini cento e XXXIIII. 

Dua catarzoni pro Bibliotheca sécréta, montano b. LXV. 

Arpioni triginta duo per tenere i telari, montano bolognini sexaginta 
quattuor. 

Tre peze de scala ferrati , montano duc. uno, carlini V. Fecimus hoc 
computum simul die décima mensis junii 1478 pro rébus omnibus ab eo 
usque ad hanc diem habitis; nil amplius restât habere (signature et quit- 
tance). 

Magister Joanninus fiiber lignarius de Florentia habuit à me Plalyna 
s. d. n. bibliothecario pro fabrica banchorum Bibliothecae secretaî pro 
armario magno et spaleria ejusdem loci , quœ omnia extimata fuerunt 
centum et octuaginla ducat, à magistro Francisco de Mediolano; habuit 
ut praeferlur ducatos sexaginta quinque et bononenos sexaginta die VII 
maii 1477. 

Item habuit ducatos XL die quinta septembris 1477. 

Item habuit idem m. Jo. ducatos XXV die IlII Decembris 1477. 

Item habuit idem m. Jo. ducatos Xdie VIllI Januarii 1478. 

Habuit idem ducatos XXV die X marcii ut ex scripto ejus apparat 
1478. 

Habuit idem ducatos XV die XVIII marcii 1478, de supradicla ratione, 
nil restât habere. 

Habuit ultimo ducatos octo pro tribus tabulis ex nuce cornisate (?) ad 
conlinenda nomina librorum e per le cornise de tre banchi vechi ex nuce 



LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN. 131 

die supradicta; ni! omnino restât habere, ut ipse sua manu affirmai, 
computatis in his illis LX bononenis qui superius scribunlur. 

lo maestro Giovannj sopra detto chonfesso esere (sic) chosi chôme di- 
cie el Platina. 

Bombarderius de Celano clavarius habuit pro clavibus factis ad usum 
Bibliothecœ et clauslris armariorum ducatum unum; alterum restât ha- 
bere; die VII maii 1477. 

Habuit famulus magistri Melotii ducatum unum pro armis pontificis 
pictis in libris Bibliothecaî, a Sanctitate sua dono datis die qua supra. 

Habuit Bombarderius de Celano ducatum unum prima Junii 1477. 
Nil amplius restât habere. 

Dedi Joanni pictori famulo m. Melotii pro pictura triura tabularum 
ubi descripta sunt librorum nomina carlenos XVIII die X octobris 4477. 

Habuit Coradus Theutonicus qui restituit fenestras vitreas et très denuo 
fecit ducatos duos et carlenos quinque die XI decembris 1477. 

Habuere Paulus et Dionysius pictores duos ducatos pro duobus pari- 
bus caligarum quas petiere à domino nostro dum pingerent cancellos bi- 
bliothecae et restituèrent picturam bibliothecae grsecœ, ita n. Sanctitas 
sua mandavit, die XVIII martii 1478. 

Item dedi ducatum unum his qui fecerunt fenestras ex ramo (?) pro 
totella (sic) fenestrarum vitrearum die VIIII maii 1478, quantum consti- 
terant in reliqua solutione computabitur. 

Item dedi ducatos duos his qui fecere prœdictas ramatas die XVIIII 
maii 1478. 

Habuit Corradus theutonicus carlenos V pro restitutione fenestrarum 
ex vitro die XV octobris 1478. 

Dedi ciavario qui restituit serraturam portai magnœ et alias restituit 
carlenos très die XX octobris 1478. 

Computa bibliothecœ apostolicce (1479). 

Habui ego Platyna... postredditara rationem superioris anni, in qua 
resto debitor ut in libro illo apparet ducalorum LXV... (Les dépenses 
contenues dans ce registre se rapportent presque exclusivement à l'en- 
tretien de la bibliothèque ; elles seront publiées dans le travail spécial 
que nous préparons sur la Vaticane). 



132 SIXTE IV. 



iU81). 



Hic describuntur pecuniae habitas a Miliaduce sanctissimi d. n. Sixti 
pap;e IHI ad usum Bibliothecse Palatinae : quarum ego Plalyna ut in hoc 
libro apparebit rationem reddam. Visa autem rationesupcrioris anni us- 
que ad diem ultimam martii 1480 restabam debitor Ltl ducalorum et 
b. XI, den. VIII. 

(Recettes du 31 mai 1480 au 4 mai 1481 : 506 ducats. Les folios 7-8 
du registre contiennent la liste des paiements faits à Platina , à Derae- 
trius et à Jean pour leurs honoraires : 10 ducats par mois au premier , 
1 ducat à chacun des autres). 

Hic describuntur expensae minutai pro bibliotheca sanctissimi d. n. 
Sixti. 

Habuit m. Gratiadeus murator pro claudendis fenestris, hostiis (?), 
foraminibus, pro reficiendis mursi, calce puteolanaque eraenda in bi- 
bliotheca nova ducatos Vil et b. XXV die XXV augusti 1480. 

Item habuit dictus Gratiadeus ducatos quatluor pro operis muratorum 
et operariorum pro ponte pictoribus facto ad pingendum die XXVII au- 
gusti 1480. 

Expendi in purganda Bibliotheca , scilicet in asportandis ruderibus, 
sordibus , calcenaciis b. XXVI. 

Item pro scopis, vase ligneo, et bocale terrestri b. XV, die qua supra. 

Item pro purganda bibliotheca veteri et asportandis calcinaciis dua- 
rum fenestrarum factarum inter gnecam et latinam b. XX, die qua supra. 

Habuit Gratiadeus eadera die ducatos duos pro tabulis emptis ad pon- 
tem conficiendum in bibliotheca sécréta pro pictoribus. 

Item habuit m. Jo. de Caravagio pro ponte facto ut supra b. XXV. 

Idem {sic) habuit carlenos duos pro refecto tabulato ubi pingendum 
erat. 

Idem habuit b. XXV pro ponte facto ad pingendum in bibliotheca 
nova. 

Habuit m. Joannes de Caravagio pro importandis et exportandis lignis 
tabulis pro pontibus factis b. XXX. 

Habuere pictores pro tela ad rimas incolandas b. VII '/a. 

Erai libras XII vitri albi pro armis faciendis in fenestra vitrea biblio- 
Ihecaî novîe à VI b. la libra. Item uncias Mil smalti a b. HH l'onza et 
XXX filcete (filzette?) de paternostri pro eisdem fenestris b. VI, die qua 
supra, d. I, b. XVHI. 



LA BIBLIOTHÈQUE DU YATICAN. 133 

Item emi libras XXX stamni pro fenestris vitreis conficiendis, a baio- 
chi sete la libra, ducati doa e b. LXV, die XXVIII seplembris 1480. 

Habuil à me Joannes Voltolina murator ducatum pro quinque operibus 
factis ad cardines octo imponendos fenestrse Bibliothecse , videlicet in 
faciendis foraminibus et murandis, die ultima septembris 1480. 

Item habuit ille q\ii cardines stipitibus imposait carlenos duos eadem 
die. 

Item habuere calones qui portarunt spaleriam magnam carlenos quin- 
que, die XII octobris 1480. 

Item habuit Georgius theutonicus pro factura feneslne vitrec'e magnae 
in bibliotheca nova factaj ducalos IIII auri, die XVIII octobris 1480. 

Emi de stagne libras X, b. LXX. 

Emi de plumbo pro eisdem fenestris libras quinquaginta a sei(?) quat- 
trini la libra , ducatum unum. 

Item b. VII V2 pro clavis ad pangendas fenestras. 

Habuit Gratiadeus pro fabrica quse fit apud Bibliothecam pro duabus 
cameris ad usum bibliotbecarii et custodum, ubi erat coquina vêtus. 

Primo ducatos decem auri , s. ducatos undecim currentes , die XVIII 
octobris 1480. 

Item habuil ducalos quinque et b. XXXVII '/2- 

Item habuit ducatos quinque auri et b. XXXVII Vs- 

Item habuit ducatos X die XXI octobris 1480. 

Item habuit ducatos X auri die XXV octobris 1480. 

Item comparai libre XXIIII de bandelle per le fenestre de la caméra 
a doa b. la libra, b. XLVIII. 

Item dedi calonibus pro porfatura sex banchorum raagnorum ducatum 
unum die II decembris 1480... 

Item habuil supradictus Gratiadeus pro eadem fabrica ducatos X die 
XI decembris 1480. 

Item habuit Gratiadeus ducati 4 V2 per doa bordoni (?) de la delta ca- 
méra colla portalura. Item ducati V|e carlini III per la porlatura de delti 
travicelli a uno carlino el travicello. Ilem per lavole cenlo d'abiete per 
foderare la voila de la delta caméra ducati VII colla porlatura. Item per 
rugia XXX de calce per la delta caméra supra et infra ad Ire carlini el 
rugio, ducati VIIII et b. XXII 72- Item per bagnatura de delta calce ducati 
doa et b. XXX. Item per cenlenara quindeci de pozolana ducati VIIII a 
tre libre el centenaro. Item per libre XXV de chiodi per bolete mille e 
trecento per foderare la delta voila ducato uno e b. XXXVIl. Item per 
migliara VIII de maloni per lo camino, le fenestre amatonare de sotte e 
de sopra le do camere e do studii à decedoto (?) carlini el migliaro, mon- 
tano ducati XII, b. LX. 



134 SIXTE IV. 

Item luibiiit magister Franciscus de Mediolano faber lignarius pro una 
porta de pino inlarsiata che va de la caméra a la libraria ducati Ire. 
Item per una porta de pino va nela corle ducati doa. Per uno bancale 
b. XXX. Item ducati tre sono per doa finestre quadripartite de la caméra 
di sopra. Item ducati doa per la fineslra de sotto foderata, montano X 
ducati e b. XXX; fone pagato adi VIÎI de genaro U81. 

Item habuit m. Joannes de Caravagio faber lignarius pro duabus por- 
tis duplicibus sludii et camerœ ducatos très, pro fenestra studii et ea quœ 
respicit in librariam ducatos duos, pro porta scake et quœ sub scala est 
ducatos duos, pro porta necessarii inferioris carlenos Vlll, pro fenestris 
armariorum superioris et inferioris pro clavis et arpionibus d. unum 
et b. XV, ducatos novem, die VIÏÏ Januarii 1484. 

Item habuere bastasii pro portatura sex banchorum longiorum cœteris 
ducatum et b. XXX die XVII februarii U80. 

Item solvi pro portatura duarum fenestrarum , quarum altéra ferrea 
fuit, altéra lignea, b. XII. 

Habuere Melotius et Anlonatius pictores pro pictura facta in biblio- 
theca sécréta et in illa additione quam nuper fecit d. n. ducatos decem 
die XXX Junii 1480. 

Item habuere prœdicti pictores ducatos decem die XVIIII Julii 1480. 

Item habuere prœdicti ducatos X die ultima Julii U80. 

Habuit magister Antonatius per un arma de legno intagliata per met- 
tere nel sopracelo délia libraria sécréta ducati doa die XVI augusti 1480. 

Item habuere praedicti pictores ducatos decem die XVH augusti 1480. 

Item habuere prœdicli ducatos decem die XXVI augusti 1480. 

Item emi ex auro et azuro pro pictura de doa arme l'una in la libraria 
sécréta, l'allra nela gorita (?);fatta e per le linestre de la libraria grande 
ducati un e carlini VHI, die VH septembris 1480. 

Item habuit pro factura vel pictura fenestrarum et armorum ducatos 
V die VIH septembris 1480. 

Item habuit m. Melotius cura socio ducatos XV et carlenos quinque 
die noua septembris 1 480. 

Item habuere Antonatius et Melantius ducatos septem auri, die XXVIH 
octobris 1480. 

Item habuere Antonatius et Melotius ducatos decem die VHI Januarii 
1481. 

Item habuit magister Antonatius ducatos duos cum dimidio pro linia- 
menlishosliorum et fenestrarum ^mot effacé) pictarum in ipsa bibliotheca 
dieXaprilis 14-81, nil amplius restant habere. 

Magister Joanninus de Florentia et m. Marcus ejus frater faber ligna- 



LA CHAPELLE SIXTINE. 135 

rius habuere ducalos XXV pro parte solutionis banchorum, quae fiunt in 
bibliotheca addita nunc à 8°»° d. nostro, die XVIIII Julii 1 i80. 

Item habuit dictus Joanninus ducatos XXX die VIII Januarii pro su- 
pradicta fabrica. 

Habuere m. Marchus et m. Joannes de Florentia supradicti ducatos 
XLV die VII aprilis 1481. 

Huic nondura est satisfactum quia nondum gerimus calculura. 

Habuit Bernardinus nepos magistri Joannis de Mediolano fabri ferra- 
rii pro clavibus, serraturis, catenis, aliisve ferraraenlis conficiendis in 
bibliotheca nova ducatos decem die XXVI augusti 1480. 

Item habuit magister Joannes ducatos X die VIII Januarii 1481. 

Item habuit Bernardinus nepos magistri Joannis ducatos decem die 
VII aprilis 1481, nec huic omnino satisfactum (suit la vérification des 
comptes). 

LA CHAPELLF; SIXTINE. 

De Phano quod Sixtus in domo sive palatio condidit. 
Epigramma X. 

Hic ubi sydereum consurgil ad œthera templum 

Unde queat propius turba videre deos : 
Squalebat senio atque situ vix nomine phanum, 

Vixque ipsis locus is manibus aptus erat. 
Non tulit hoc sacri pietas et gloria Sixti 

Et puduit magnos sic habitare deos. 
Protinus hic celsam jussit se tollere molem 

Quam sibi célestes edificasse putes. 
Addidit et sacras veterura monumenla figuras 

Picta quidem : sed quae viva putare queas. 
Nunc sua Parrasius contemnere lintea posset 

Cunque viris Zeusis cederet ipse suis. 
Si nunc Prothogenes , si nunc remearet Apelles , 

Artifices cuperent, Sixte, videre tuos. 
Talia ponlificem tantum monumenta decebant , 

Sic decuit magnos Sixte habitare deos. 

De loco qui Paradisus dicitur a Sixto edificato. 
Epigramma XI. 

Nocturnae hic fuerant média qua luce tenehrse, 

Nec domus hsec hominum : carcer opacus erat. 
Indignus quo carcer erat tantum, antra fuere 



136 SIXTE IV. 

Inque usus ovium condila non hominura. 
Inferno cognomen erat : cui vivere in illa 

Conligit, in stigia vixerat ille domo. 
Expulit at tenebras Sixtus : coelumque reduxit 

Insolitumque loco reddidit ipse diem. 
Hic claros habilare viros lemplique ministres 

Nec tanlura cellas jussit habere domos, 
Quaî mala lune hominum, domus incipit esse deorum; 

Quique infernus erat, jam paradisus erit. 
Hœc pietas, hic verus anior, post condita divum 

Templa , doinum sacris condidit ille viris. 

(A. Brandolini, loc. cil., ff. 59-60). 

Quand a été commencée, quand a été achevée l'édiflcation de la 
chapelle Sixtine, qui fut, avec la biJDliothcque, la principale des 
fondations entreprises par Sixte IV clans l'enceinte du palais du 
Vatican? C'est là un problème que les recherches de plusieurs 
générations de travailleurs n'ont pas réussi à résoudre d'une ma- 
nière satisfaisante. Nous n'avons pas été plus heureux que nos 
prédécesseurs. Tout ce que nous pouvons affirmer, en nous fon- 
dant sur la chronique de Jacques de Volterra, dans des passages 
qui semblent n'avoir pas été relevés jusqu'ici, c'est qu'en 1481 les 
travaux de la chapelle n'étaient pas encore assez avancés pour 
que Ton pût y officier (1). Par contre, au moment de la mort de 
Sixte IV, en août 1484, la chapelle était entièrement terminée. 
Nous le savons par Burckhard, qui nous apprend qu'on y installa 
le conclave dont sortit Innocent VIII (2). Le nouveau pape ne 
tarda pas à faire célébrer les offices dans la chapelle construite 
par son prédécesseur (3), et dès lors il est à chaque instant ques- 

(1) [1481]. « Prima dominica quadragesimse , quœ evenit xi mensis Martii, 
itum est in Vaticanum ad divina. Exivit Ponlifex in propinquam cubiculis 
aulani, quse pro sucello habetur quandoque , quousque aliud niajiis erit instau- 

"''V'- "^ ratum, quod cgregio opère et magno sumptu rcBedificatur » (R. /. S., t. XXIII, 
p. 123). 

[1481. Noël], (i Celebrata autem fuere [sacra] in aula pontificia , ut csetera, 
eo quod , ut sœpe diximus , nondum sacelkim niajus est absoiutum ; continue 
enira eniblemate et pictura ornatur » {Ibid., p. 159). 

(2) « Eadcm die (22 août) incepta fuit structura conclavis ad ordinationem 
RR. DD. Camerarii et saneti Marci cardinaliiun in cappella majore. » — « In 
cappella majori ah una parte crectse sunt colUihc 13 pares, a rauro altaris ad 
muruui ostii totuni coniprehendentes , totidcni ab alia parte » {Diarium, éd. 
Geunarelli, p. 7, 13). 

(3) » Feria sexta 24 decciubris (148i), vigilia Nativitatis Doniini Nostri Jesu 



LA CHAPELLE SIXTINE. 137 

tion des cérémonies dont la « grande chapelle du palais , » — c'est 
le titre sous lequel on désignait la Sixtine, — fut le théâtre. 

Si la chronologie des travaux exécutés dans la Sixtine n'est pas 
encore suffisamment élucidée, nous savons du moins aujourd'hui 
à qui revient l'honneur de la construction de ce sanctuaire. Au 
nom de Baccio Pontelli, universellement mis en avant jusqu'à 
ces derniers temps, il faut substituer, comme nous l'avons mon- 
tré plus haut (p. 67 et s.), celui de Giovannino de' Dolci. C'est au 
rôle joué parce maître que se rapportent les documents suivants : 

MGCCCLXXXVI. Die XXVI februarii solvit similiter (thesaurarius) 
de mandato facto die 25 dicti per introilum et exitum florenostria millia 
de carlenis X pro (loreno , videlicet florenos mille qiiingentos expensis 
ordinariis pro tolidem de quibus efficitur créditer Christofforus de Dul- 
cibus , filius et hères magistri Joanini florentini in deductionem majoris 
summa} de qua est creditor Camene pro fabrica capellœ majoris et alio- 
rum membrorum palalii apostolici et arcis Civitsevetul» fact. per dictum 
Joaninura, et ducatos 1,500 in m. s™» domino nostro mutuatos Rdo do- 
mino archiepiscopo Cusenlin. in prsesenti libro fol. A3. 

Die XXVI februarii habuit similiter (thesaurarius) florenos tria mil- 
lia, de carlenis X pro floreno , a Christoforo de Dulcibus filio et herede 
magistri Joannis de Florentia, videlicet florenos mille quingentos in de- 
ductionem majoris summœ in qua idem Joannes erat creditor Camerae 
pro expensis fabricarum capelliB majoris et arcis Civilœvetulae ac diver- 
sorum [laboreriorum] in palatio factorum. Et florenos mille quingentos 
quos mutuavit idem Christoforus Camerae apostolicœ, conslituentes dic- 
tam summam flor. 3,000, de quibus habet assignamentum super spiritua- 
libus, ut ex patentibus per manus d. Phy. de Pontecurvo, ad exitum ex- 
pensis extraordinariis et sanctissimo d. nostro in prœsenti libro folio 
189. —A. S. V. Intr. et Exitus Cam. ap. 1485, n" 512, fif. 43, 189. 

1486. 13 février. Dileclo, etc. Cristoforo de Dulcibus de Florentia, éx- 
traordinario majori almcX' urbis salutem etc. Quoniam calculatis tandem 
computis ralione edificiorum per quondam magistrum Johanninum de 
Florentia patrem tuum in capella et aliis membris palatii apostolici ac 
in arce Civitaî Vetulse factorum tenus se habitis etreceplis per ipsum pa- 
trem tuum a fe. re. Sixto papa llll. et Caméra sua apostolica ac de ope- 

Christi , SS. D. Noster habiturus post vesperas collationem publicara in aula 
majore palatii apostolici apud S. Petrum, vesperas celebrari yoluit in cappella 
majori dicti palatii pro majore rei commoditatc, ne discedendo, et recedendo 
ex basilica S. Pétri uimium temporis dispensaretur ; sicque factum est » {Dia- 
rium, éd. Gennarelli, p. 59). 



138 SIXTE IV. 

ribus et materia rebusque per ipsum patrem tuum in eisdem edificiis 
exposilis repertum Cuit pro residuo sumraie eidem palri luo ex causa 
pnemissa débite te ejusdem Johannini filiura et una cum matre tuahere- 
dem creditorem esse Camerac apostolicse in et de nolabili summa pecu- 
niarum in cujus quidem suminse deductionem pro ducatis mille quingen- 
tis de carlenis decem pro ducato , te creditorem pro nunc declaramus : 
Et cum etiam nunc tu in necessilatibus s""' d. n. papa3 et Camerse apos- 
tolicae modo ocurrentibus ejusdem Sanctilati et Cameraj suse apostolicae 
subveniendo ultra dictam sumraam in qua ut praefertur creditor existis, 
aliam summam mille quingenlorum ducatorumde carlenis Xsimiliummu- 
tuasti : qua propter s'""^ d. n. prœfatus le ad officium prîedictum extraor- 
dinarialus majoris almaeurbis adtriennium deputavit, prout inbrevi suae 
Sanctitalis de deputatione et concessione dicti offîcii et de mutuo hujus- 
modi in libro 2» introituum Gamerœ apostolicaî apparel. Cum pacto et 
convenlione quod tu summam ipsam debitam et aliam nunc rautuatam 
et modis et terminis infrascriptis recuperare possis. Et ideo comiinicalo 
super hiis R. p. d. praesidentiura et Clericorum prsefatse Camerse consilio 
ac de mandato etc. auctoritate etc. tuœ desuper indemnitati providere vo- 
lentes, déclarantes inprimis te ipsius Camerse pro dictis summis, hoc est 
in totum trium milium ducalorum verum creditorem et ipsam Came- 
ram efficaciter obligatam ; ad recuperandum summam ipsam assignamus 
tibi omnes et singulos introitus rerum spiritualium lam ex communibus 
ecclesiarum et monasteriorum quam ex annatis quorumcumque benefi- 
ciorum et ex bullis tam per manus tuas quam aliorum quorumcumque 
expediendis ad ipsam Gameram spectantes et pertinentes, hactamen con- 
ditione adjecta quod post sex menses proxime futuros incipias medie- 
tatem dictcc summïc, hoc est 1,500, recuperare, aliam vero medietatem 
usque ad complementum dicte summœ trium milium ducatorum incipias 
recuperare in principio ultimi anni a die datae prsesentium computando 
et ut sequitur usque ad finem dicti biennii [sic) recuperare et consequi 
debeas. Decernentes insuper officii prccdicti exercitium pro tempore in 
brevi prsedicto expresso, juxta voluntatem Sanctitatis pnefalaî continuari 
debere per te, et ab eodem exercitio nullalenus posse te amoveri durante 
tibi concesso tempore. Et si contingat officium ipsum alteri concedi tu 
ab illius exercitio discedere non tenearis nisi prius tibi de prœdicta 
summa fuerit integraliter satisfactum. Et déclarantes salarium et emo- 
lumenta ratione dicti officii per te suscipienda et habenda in sortem sive 
deductionem dictai summœ 3,000 ducatorum tibi ut pr.cfertur debitorum 
computari non debere, sed ad te vigore officii per te administrandi hujus- 
modi specialiter pertinere. Mandantes propterea R^i» p. dno (Thesaurario) 
generali, pnosidentibus, clcricis et onicialibus dictai Caméra; ac illis ad 
quos spoctat quatenus ad omnem tuam requisitionem scripturas faciant 



LA BASILIQUE DU VATICAN. 139 

oporlunas et in conipulis tam diclae Camerœ quam solventium hujusmocli 
admittant et describanl oporlune atque etiara admilli faciant, prout et 
nos admiltemus etc. — Arch. Secr. Vat. Divers. Gara. 1484-1486, ff. 
220 à 221 v«. 

La basilique du Vatican. 

Les travaux entrepris par Sixte IV dans la basilique de Saint- 
Pierre ont eu pour objet, les uns la consolidation de l'édifice, les 
autres son embellissement. Parmi les premiers nous citerons sur- 
tout la réparation de la toiture, ainsi que celle de la chapelle de 
Sainte-Pétronille (Louis XI , comme on le verra , contribua, par 
des subsides assez considérables, à cette dernière entreprise). 
Quant à l'embellissement du sanctuaire, il consista dans le re- 
nouvellement de la verrière (1), dans la restauration de la sacris- 
tie (2), dans la construction de la chapelle de la Conception, enfin 
dans la restauration du Cihorium. Mentionnons aussi l'érection 
du mausolée de Robert Malatesta (3). 

Nous ignorons si Sixte IV fit travailler à l'achèvement de la 
loge de la bénédiction, commencée par Pie II, et continuée par 
Paul II. Ce qui est certain , c'est que dès lors la construction de 
ce monument était assez avancée pour que le pape pût y faire son 
apparition et bénir la foule réunie sur la pjlace de Saint-Pierre. 
A chaque instant les chroniqueurs nous apprennent que : « ex 
pulpito populo benedictum est (4), » 

(1) « Divi Pétri in Vaticano basilicam ante repurgatam marmoreis et vitreis 
fenestris templo accomodatis dilucidiorem reddidit , et ruinatn sinistre latere 
minantem , additis lateritiis repagulis confirraavit » ( Panvinio , Additions aux 
Vies de Platina). 

C?) [1483]. a Die solemni assumtionis beatse Marise Virginis in cœlum, qui 
advenit in sabbato, processit Pontifex'in novum sacrarium, ... fuerc haec prima 
sacra post sacrarii instaurationem » (Muratori , R. I. S., t. XXIII, p. 188). 

(3) 1484, avril. « Solvi fatiatis magistro Eusebio de Caravagio flor. quatuor 
de Gam'' pro depositu facto in basilica principis apostolorum de Urbe de cor- 
pore quondain magniQci d. Roberti d'Ariuiino. » — M. 1484, fol. 11. 

1482. « Robeiti sepulcrum niarmoreum , in Pétri Apostoli basilica in insigni 
loco constitutum, videtur ab omnibus hodie » (J. de Volterra, Muratori, B. /. 
S., t. XXIII, p. 180). 

« E a dij 12 di settembro (1482) mon lo ditto signer Roberto de soa morte, 
il Papa li fece granne honore, e fecelo solterrare in S'" Pietro , allato ail' ai- 
tare granne, dove stavo de rellievo de marmu a cavalio » (Diario, de Paolo 
dello Mastro, dans le BuonarroH, 1875, t. X, p. 147). — On sait que le bas-re- 
lief surmontant le tombeau de Robert Malatesta est aujourd'hui au Louvre. — 
Voy. ci-dessus , p. 87, et t. I, p. 244, n. 3. 

(4) Muratori, R. /. S., t. XXIII, p. 185 et passim. 



140 SIXTE IV. 

Computum expensarum in reficiendis tectis et trabibus basilicse, de 
anno 1482 et 1483, de pecuniis régis Francise, per R. P. Antonium de 
Forlivio, apostolicse Caraerae clericura. 

1482. 

Sequuntur pecuniae solutœ per R. Patrem D. Antonium de Forlivio 
apostolicic Camera3 clericum, ac basilicœ Principis apostolorum de Urbe 
canonicum et altararium , per manus mei Cristofori Sancti benefîciati, 
pro tectis reformandiset restaurandis , ejusque basilicœ de pecuniis sermi 
régis Franciœ missisetdeputatis pro dicto opère tectorum (1) : imprimis, 
recepi et manualiter habui a dicto D. Antonio, et pro eo a D, Johanne 
de Brixia familiare Rmi D. archipresbyteri duc. auri in auro quatuor, 
quos idem solvit pro parte introitus cujusdam clericatus ejusdem basi- 
licae, qui sunt ad rationem bolon. 75 duc. IIII, b. XXX... (suit le dé- 
compte de versements s'élevant, jusqu'au 8 janvier 1484, à la somme 
de 300 ducats environ). 

MCGGGLXXXIII, et mense septemb., die vero XXVIIII infrascriptae sunt 
pecuniae solutœ per praefatum R. P. D. Antonium de Forlivio per manus 
mei Ghristophori supradicti pro fabrica lignorum tecti ejusdem basilicaî, 
videlicet de navi cruceriœ supra allare majori pro junctis et aliis ne- 
cessariis : 

Imprimis , die XXVIIII , ut supra , supradicti mensis et anni habui et 
recepi a supradiclo domino Antonio pro supradictis junctis duc. auri in 
auro quinquaginta , sunt d. LV , b. o (versements totaux , environ 
295 ducats). 

MGGGGLXXXIII , mense Novembris, die... infrascripta3 sunt pecuniœ 
solutœ per praefatum R. Patrem , dominum Antonium de Forlivio , pro 
fabrica librariaî construendœ in basilica prsedicta. 

Imprimis habui ab eodem, die ut supra, pro dicta fabrica duc. auri in 
auro viginti quinque , qui sunt d. XXVII , b. XXXVI... (versements to- 
taux jusqu'au 11 sept. 1484, environ 440 ducats). 

Infrascripta' sunt pecuniae soluta' per prœfatum dominum Antonium 
pro marmoribus ad usum supradictai librariœ : 

Imprimis habui ab eodem domino Antonio, pro marmoribus praedictse 
librariaî, d. VIII. 

It. die VIIII mensis maii pro praidiclis marmoribus in duabus solulio- 
nibus duc. triginta, d. XXX. 

(1) Ce paragraphe et le paragraphe 3 ont été publiés par Torrigio, dans ses 
Sacre grotte Yaticanc , éd. de 1G39 , p. 128, et par Bonanui, Templi Yalicani 
hisloria, éd. de 1700, p. 37 ; le reste semble inédit. 



LA BASILIQUE DU VATICAN. 141 

It. die XXVIII mensis julii a domino Britio de Monte, et pro eo a ma- 
gistro Gratiadei duc. septem, quos dictus (solvit?) pro tiburtinis inven- 
tis in domo ecclesiae apud Metam , et fuerunt soluti supradicto raagistro 
Basso. d. VII. 

MCCGGLXXXII, et mense octobris die XXIII, pecunire solut» per prae- 
fatum dominum Antonium de Forlivio canonicum et altararium ejusdem 
basilicae, per manus mei Ghrislophori Sancti supradicti, pro fabrica tec- 
torum ejusdem basilicœ : 

Et primo magistro Remigio Bernardi de Ultolina, pro jornatis quadra- 
ginta duabus positis in teclis basilicie in navibus penitentiariorum , pre- 
tio bol. decem et septem pro opéra, duc. novem, bol. 41 1/2- 

It. Johanni Lombarde de Ultolina fratri germano ejusdem magistri 
Remigii pro jornatis similiter quatraginta duabus positis in supradiclis 
tectis versus penitentiarios, pretio bolon. undecim, d. VI, b. 12. 

It. die uUima mensis octobris praîdicti eidem magistro Remigio pro 
jornatis quatuor pretio pnedicto, b. LXVIII. 

It. eidem Jobanni Bernardi pro jornatis similiter quatuor pretio bol. 
XI, ut supra, positis in dictis tectis , b. XLIIII. 

Pro navibus versus palatium. Item solvimus magistro Antonio Johannis 
de Como et Dominico ejus sotio pro sexdecim jornatis positis in supra- 
dictisnaviculis versus palatium pretio bol. XVI projornata, d. III, b. XXX. 

Item Johannetto et sotiis manualibus ejusdem magistri Dominici pro 
jornatis similiter sexdecim, pretio bol. X, d. 2. b. X. 

It. die XVIII mensis noverabris , solvimus magistro Dogardo lombardo 
pro jornatis viginti et una positis in supradictis tectis bol. quindecim 
pro opéra, d. IIII, b. XV. 

Item Stefano lombardo , ejusdem manuali , pro jornatis similiter vi- 
ginti et una, pretio bol. XIII pro opéra, d. III, b. XLVIII. 

Die XVIIII mensis novembris magistro Dominico de Brixia pro sep- 
tem jornatis, pretio bol. sexdecim, duc. I, b. XXXVII. 

It. die dicta Antonio lombardo, ejusdem manuali , pro septem simili- 
bus operis in dictis tectis, prelio b. VII '/a, d. 0, b. LU 'Z^. 

Item XX ejusdem mensis Tomaxio fornaciario pro mille canalibus, 
pretio bol. pro centenario, d. III. 

Item Dominico de Matritio seclori pro quindecim lignis pro dictis 
tectis et pro tegulis replicandis d. I, b. XXII Va- 
Item duobus manualibus per manus magistri Remigii pro operis decem 
ad portandas tegulas plumbi in tecto, d. l. 

It. solvi per manus magistri Leonardi pro libris novem stagni ad con- 
struendum foramina tegularum, prelio bol. VII '/.2, d. 0, b. LXVII V^. 

It. per manus ejusdem die dicta pro quatuor salmis carbonum pro 
usu dictarum tegularum pretio bol. XVI, d. 0, b. LXIIII. 



142 SIXTE IV. 

Die ultima mensis novembris solvi magistro Remigio supradiclo et 
Johanni ejus fratri germano pro eorum salarie prsesenlis mensis , de 
conventione facta cura eis pro eorum quolibet duc. très de carlenis , qui 
sunt d. VI, b. 0. 

Die ultima mensis decemb. solvi eisdem magistris Remigio et Johanni 
pro eorum salarie prœsentis mensis pro quolibet duc. similes très , qui 
sunt d. VI (paiements analogues jusqu'au 20 janvier 1484). 

It. similiter die ultima mensis decembris pnedicti solvi magistro Leo- 
nardo Guidotii artis raetalli pro suo salarie prsesentis mensis de con- 
ventione facta et pactu duc. auri in auro papales quatuor , qui sunt d. 
IIII, b. XXXVIII (paiements analogues jusqu'en mars 4483). 

Item similiter solvi suo famulo , qui laborat cum eo, nomine Mareni, 
pro suo salarie prœsentis mensis de pactu et conventione facta , cari. 
viginti quinque, d. II, b. XXXVII «/a (paiements analogues jusqu'en mars 
1483). 

1483. Die ultima aprilis neviter convenit Leonardus magister metalli 
in pretio pro mense duc. sex, propler dies longiores, et solvi eidem pro 
mense prsesenli d. VI (paiements analogues jusqu'en novembre 1483). 

It. solvi Mareno suo servitori et laboranti pro salarie praesentis men- 
sis aprilis duc. duos et médium, d. II, b. XXXVII (paiements analogues 
jusqu'en juillet 1483). 

Solvi die ultima mensis (Julii) magistro Johanni Rausco, noviter con- 
ducto ad laborandum cum dicto magistro Leonarde, pro salarie suo pr*- 
sentis mensis Julii duc. très et médium, d. lll, bol. XXXVI. 

Item solvi, die ut supra, alteri magistro Johanni qui laborabat in ec- 
clesia apud sanctam Luciam et resolidabat dictas tegulas, pro suo sala- 
rio à die XXVI Junii praeteriti usque ad ultimum diem mensis Julii pra^- 
sentis, d. V. 

Item solvi Aleisie magistri Gabrielis, suo laboranti, pro salario medii 
mensis pniisentis Julii cari, quindecim, d. I, b. XXXVII '/a- 

It. solvi Leonarde magistro metalli pro suo salario viginti duorum 
dierum posit. in pnesenti mense augusti, d. V. 

Item solvi Johanni Teotonico suo laborjinti pro suo salario prcedicto- 
rum viginti duorum dierum priesentis mensis, d. II, b. XXXVI. 

It. solvi Johanni suo laboranti [vid. Leonardi] etiam pro suo salario 
praedicli medii mensis prcesenlis [septembris] cari, quindecim, d. I, 
b. XXXVIII. 

II. dicta die [ultima mensis octobris] Esopo laboranti dicti magistri 



LA BASILIQUE DU VATICAN. Î4S 

Leonardi pro suo salarie raensis prasentis octobris, cari, viginti quinque, 
d. II, b. XXXVII V2. 

It. die ut supra [ultimanovembris] Dorainicosuo laboranti [Leonardi], 
noviler conducto, pro suo salarie praesentis mensis novembris, d. III. 

It. die dicto [ultima decembris] solvi Doraînico manuali et laboranti 
magistri Leonardi supradicti pro salario qulndecim dierum , d. 0. b. 
LX. 

Die XX januarii 1484 solvi per manus magistri Remigii supradicti 
Bartholomeo Blasio etPalmisano pro jornatis viginti interomnes quando 
deposuerunt plumbum et raetallum de tecto et quando fuit ponderatum 
et repositum, pretio bol. octo pro qualibet jornata, d. II, b. X. 

Sequuntur aliœ expensce factœ per praefatura R^um Patrem D. Antonium 
de Forlivio per manus mei Christophori pro dictis tectis , videlicet in 
métallo, carbonibus , stagno ac aliis diversis rébus emplis per manus 
magistri Leonardi et magistri Remigii, proul infra patebit, videlicet a 
die ult. mensis novemb. anni MGGCCLXXXII, usque ad diem XX mensis 
jan. MCCCCLXXXIV. 

Imprimis solvimus per manus magistri Leonardi supradicti (pro) cer- 
tis casis (?) vasorum quae dicuntur griscioli ad fundendum metallum pro 
construendis foraminibus tegularum, d. II, b. LXXX, VllII V2. 

It. per manus ejusdem Leonardi pro duobus centenariis et libris vi- 
ginti metalli pro resolidaturis prœdictarum tegularum pretio ducatorum 
sex pro centenario d. XII , b. VIIII '/a- 

It. solvi per manus ejusdem pro libris septem clavorum et tribus lirais 
ad usum dictarum tegularum metalli d. I. 

It. solvi per manus ejusdem Leonardi in diversis vicibus pro libris 
decem et novem stagni pretio unius carleni pro libra pro dictis tegulis 
construendis d. I, b. LVXII '/a- 

It. solvi per manus ejusdem pro cimatura , pice grœca , et nonnullis 
formis pro usu dictarum tegularum d. 0, b. L. 

It. ultima decembris per manus ejusdem Leonardi pro una clavi, no- 
vem asseribus, duabus slrictoribus et diversis aliis rébus emptis per ma- 
nus ejusdem, a die XX octobris usque in diem supradictum , d. II, b 
LXII Va. 

It. in alla manu per manus dicti Leonardi pro tondis formis, incudi- 
nibus, mantacis ac aliis diversis rébus necessariis ad dictain fabricam 
tegularum metalli, d. IIII, b. XV '/a... (Diverses autres dépenses analo- 
gues.) 



144 SIXTE IV. 

It. XII mensis Julii de mandato domini Antonii de Forlivio pro una 
caméra fada cum fucina in ecclesia supradicta apud sanctam Luciam, 
videlicet pro lateribus, portalura crelse, clavis, lignis et aliis rébus ne- 
cessariis ad dictam fucinam conslruendam pro magistro Johanne ad 
usum tegulanim metalli, d. III. 

It. ultima Julii, usque ad XXIIII decembris solvi in diversis solutio- 
nibus Tomassio fornaciario, prœsente praefato domino Antonio , pro vi- 
ginti tribus centenariis tegularum de forma grossa , prelio duc. duorum 
pro centenario, d. XLVI, 

Pro tahernaculo S. Andreœ. 
Solvimus magistro Nicolao fabro apud S. Eustachium pro duabus 
gratibus seu tabulis aciarii confictis in canceiiis ferreis capitis sancti 
Andreae, me prâesente, duc. IIII. 

Pro organis. 

Solvimus magistro J. Baplist» carpentario pro sexdecim operis 
positis in dictis organis ad faciendum telaria in dictis organis , prelio 
bolon. quindecim, d. III, b. XXII V2- 

It, magistro Nicolao supradicto fabro pro sexdecim paribus can- 
canorum cum bandellis et aliis ferramentis ad claudendum de concordia 
cari, viginti, d. II. 

It. solvimus magistro Jacobo qui fecit organa per manus ejusdem do- 
mini Antonii pro panno lineo erapto per eumdem magistrum Jacobum 
pro foderando dicta organa rétro et pro clavis et suo labore , d. II , b. 
XXXVII Va. 

' It. in alia manu eidem magistro Jacobo , pro sua mercede laboris 
quando construxit organa parva et illa tempera vit et fecit, duc. très. 

Pro S. Maria de Febribus. 

Sequunlur expensae factse pro copertura S. Mariœ de Febribus per 
supradiclum dorainum Antonium per manus mei Cristofori supradicti. 

Et primo solvimus per manus magistri Andreae de Florentia pro ru- 
bris octo calcinas in duabus solutionibus, prelio bol. triginta pro rubro, 
d. III, b. XV... (Diverses autres dépenses analogues.) 

MCCGCLXXXIlll. Sequuntur expensai faclie pro junctis et caballis 
cruceri;c ejusdem lecti basilicie per magistrum Julianum Angelini de re- 
gione Columpnio, a die XXVIIII septembris prculerili anni MCCCCLXXXIII 
usque ad diem iillimam mensis marlii anni supradicti. 

Et primo solvimus magistro juliano Angelini supradicto pro seplem 
junctis factis in cordis lecti supra allare majus, prelio duc. viginti quin- 
que pro qualibet juncta ipsarum Irabium , seu cordarum, ut conventum 



LA BASILIQUE DU VATICAN. 145 

extitit per prsefatum dominum Antoniura , prœsenle R. pâtre domino 
Celso de Millinis, et diclum magistrum Julianuni, duc. cenlum seplua- 
ginta quinque. 

II. solvimus eidem magislro Juliano pro sex junctis caballorum supra- 
dictis cordis , prelio ducatorum decem et septem pro qualibet ipsorum, 
ducatos cenlum et duos , et pro cerlis subcaballis duc. decem cum di- 
midio , visis , taxatis et exlimalis per magistrum Johanninum Florenti- 
num, de commissione praefali domini Antonii, et sic sunl in lotum d. 
CXII, b. XXXVII V2. 

II. solvimus eidem magislro Juliano pro uno caballo intègre cura 
una clavi dicti caballi secundum extimalionem dicli raagistri Johannis, 
de commissione ut supra, duc. triginta septem. 

II. et pro una juncla ultimo facta per diclum magistrum Julianum 
cum una clavi in medio in diclis tectis ad discrelionem et laxalionem 
dicti domini Antonii duc. viginti. 

MCCCCLXXXIII, mensis novembris die XV. Sequuntur expensse factae 
per RJ"™ P. dominum Antonium de Forlivio pro libraria ejusdem basi- 
licœ, per manus mei Cliristophori ut supra. 

Et primo solvi magislro Tomassio Florentino alias lo Gonnella a die 
supradicla usque ad diem undecimam mensis seplembris anni MCGCG 
LXXXIIII in diversis vicibus et solutionibus , computatis pecuniis eidem 
solutis per banchum de Spinellis pro parte solutionis ejusdem fabricse , 
duc. trecentos nonaginta quatuor, d. ccclxxxxiiii , b. xxii 1/2. 
Pro marmoribus et tiburtin(is). 

Solvi magislro Basso Florentino marmorario pro parle solutionis mar- 
moris et liburlin. pro dicta fabrica libraricC a die quinladecima februarii 
usque ad diem nonam mensis maii per manus pnedicti domini Antonii 
de Forlivio in duabus solutionibus , duc. triginta et oclo. 

II. solvi eidem Basso die XV mensis maii in duabus solutionibus pro 
parle solutionis dicUe opene duc. duos. 

II. solvi die XXVIII mensis Julii eidem magislro Basso per manus 
domini Brilii canonici dictcC basilica3 , et pro eo a (?) mag. Gratiadey , 
pro parte solutionis dictse opérai, duc. septem. 

II. solvi die VII augusli per manus R. P. domini episcopi Favenlin. 
vicarii ejusdem basilicse pro parte solutionis diche operœ, d. v. 

II. die V mensis oclobris habuit magister Bassus supradictus pro dicta 
opéra sacristiae duc. auri in auro Ires. 

Pro lampadar. ante sacramenlum. 

Solvi , de mandalo R. in Ghrislo patris et domini de Canonicis et per 
manus ejusdem , magislro Petro calalano aurifabro pro lampadar. ante 
sacramenlum ad allare convenctus d. vi, b. xxx. 
Pro tectis dictai librari;i'. 

10 



146 SIXTE IV. 

Sequunlur expensœ facUe pro leclis diclre librariio et aiike. 

El primo solvi Francisco [de] Sinibaldis per manus magislri Andréa? 
pro quatuor trabibus pro leclis aulaî superioris duc. qualuordecim cum 
dimidio, compulala veclura diclarum Irabiuma sanclo Adriano ad prae- 
fatam noslram basilicam , duc. xiiii, b. xxxvk 

It. solvi die dicta magistro Juliano Angelini de regione Columpnœ 
pio ducenlis cl viginli planis castane.e pro leclis dictœ aulic el scha- 
l;iriiiii, preliû libr. viginli pro ceiilenario , duc. deccm, el pro porlalura 
diclarum planarum a sanclo Adriano ad basilicam cari. sex. , d. x, 

b. XLV. 

II. solvi per manus magislri Tomasii alias Gonella pro triginla planis 
grossis pro gronna (?) (I) libranœ, videlicet super cameris, duc. très, et 
pro veclura cari, duos, d. m, b. xv... (Suivent plusieurs dépenses sans 
intérêt.) 

II. die V mensis supradicli [seplerabris] magistro Antonio sectori , 
qui sccuit Irabes imbussulal(;\s) camerarum pro quatuor diebus, b. lvi. 

Solvi , die ut supra , magislro BaplisUe carpentario pro jornal. 
viginli posilis ad bussulandum cameram, prclio bol. xvii, d. un, b. xl. 

Solvi die dicta magislro Leoni , sotio dicii magislri Baplista}, pro jor- 
nalis viginli duabus, pretio priediclo, ad fabricandum in diclis cameris 
d. V, b. II. 

Solvi Dilaiuti aromalorio pro cenlenariis novem bulletl. , prclio bol. 
quatuor pro quolibet centenario, b. xxxvi. 

Solvi magislro Pelro pictori pro bussulis , baslonibus el lislis depiclis 
pro diclis cameris d. un , b. lxii. 

Solvi duobus manualibus qui porlaverunl ligna anliqua a libraria ad 
sanclum Stefanum b. xxxn 

Solvi pro uno ligno habielis pro usu camcnc prœdicl.T, posil. in me- 
dio diclLC cameroe, duc. duos. 

Solvi pro oporis novem magislro Dogardo positis in leclis sancti Slc- 
phani , prclio bol. quindecim , d. i, b. lx (Suivent plusieurs dépenses 
sans inlércl.) 

Solvi pro bullellis et porlalura dicUc parv;c caîueraj per manus Bap- 
lisliu carpeiilarii bol. xxxxin , pro porlalura labularum a ripa ad basi- 
licam bol. x.xii 1/2, sunt lxv. — Archives du Chapitre de Saint-Pierre (2). 

1483, 7 juin. Pro illis qui muraverunt porlam camer;c domini Anlo- 
nii Symonetlii' in paradiso per obilum fralris sui, d. o , b. 22 1/1. — 
T. S., 1483-1484, loi. JO. 



(l) Ducangc : « gronna ^= locus bitiiminosus et uligiiiosus. » 
(i) D'après la transcription communiquée par D. P. Wcnzel , archiviste du 
Chapitre. 



LA CHAPELLE DE LA CONCEPTION. 147 

» 26 octobre. Régi Franciœ... Quantum attinet ad fundalionem 
Capeliœ S. Petronilkie, de qua idem Jacobus [Sigaud, secretarius tuus] 
nomine luo nobisciun ioculus est : Commisimus rem hanc venerabilibus 
fratribus nostris S. Pétri ad Vincula , et Matisconensi cardinalibus, qui 
una cum ipso Jacobo curabunt , ut desiderio cla, me. genito(ris tui ex) 
tune de ea satisfiat. Datum Rom.e, etc. — A. S. V., Brevia Sixli IV, 
1483, fol. 60. (Transcription de M. Gatti.) 

LA CHAPELLE DE LA CONCEPTION OU CHŒUR DES CHANOINES. 

La Sixtine devait être, dans la pensée de son fondateur, la cha- 
pelle privée des papes. Désirant perpétuer son souvenir dans la 
basilique de Saint-Pierre par une autre création , plus accessible 
h la masse des fidèles , Sixte IV y fit élever, à l'endroit où se 
trouve actuellement le chœur , une chapelle qui prit également 
son nom et qui souvent a été confondue avec la précédente. La 
distinction est cependant facile k établir : les auteurs anciens, 
en parlant do la chapelle Sixtine proprement dite, ne manquent 
jamais de la désigner sous le titre de « cappella del palazzo, » tan- 
dis qu'ils rangent l'autre parmi les dépendances de la basilique 
de Saint-Pierre. D'après Grimaldi , ce dernier sanctuaire a été 
consacré en 1479 (1). 

La chapelle dont nous nous occupons a joui d'une célébrité 
fort grande j usqu'au moment où Paul V en ordonna la démoli- 
tion '(! 609), la sacrifiant aux nécessités de l'agrandissement de la 
basilique. On y admirait tout d'abord une fresque du Pérugin , 
représentant Sixte JV agenouillé devant la Vierge, qui trônait 
dans les airs avec son lils, au milieu d'une gloire d'anges; saint 
Pierre qui servait de présentateur au pape , avec saint François à 
ses côtés; et, du côté opposé, saint Paul et saint Antoine de 



(1) Voy. dans la Collectio hullarum, hreviiim aliorumque diplomatum sacro- 
sanctœ basilicx Valicanx (Rome, 1750, t. II, p. 205) la bulle relative h la cha- 
pelle de la Conception (8 décembre 1479). 

1480. « Octava die mensis decembris , qua celebratur conceptio beatfe Marire 
Virginis, Pontifex in sacellum a se nuper a fundamentis erectum ad sinistram 
Pétri basilicee sitiim mane ad divina descendit » (Muratori, R, I. S., t. XXIII 
p. 115). 

« In ecclesia S. Pétri est capella cum choro et pulchcrrirais coluranis por- 
phir., spolia thermarum Domiani (sic), qua; vocatur Syxti capella : in qua est 
sepulchrum œneum Bj-xti IIII : quEC omnia tua Sanctitas (Jules II) in minori- 
bus constituta benemerenti patruo posuit : ut dicam in Epytaphiorum opus- 
colo » (Albertini, Opusculum, fol. 8i). 



148 SIXTE IV. 

Padoiie (1). Pais venaient le tombeau de Sixte IV, chef-d'œuvre 
d'Antonio PoUajuolo, auquel s'ajoutèrent dans la suite la Pietà de 
Michel-Ange, et les figures de saint Pierre et de saint Paul, pein- 
tes en camaïou par Balthazar Peruzzi. La description de Gri- 
maldi nous a conservé le souvenir de ce sanctuaire, où tout por- 
tait l'empreinte de la magnificence do son fondateur, depuis le 
pavement on terre émaillée (2), jusqu'aux stalles couvertes de 
riches incrustations, jusqu'aux chapiteaux ornés de la fameuse 
branche de chêne, emblème des Délia Rovere. Gomme nous 
avons publié ailleurs le document auquel nous empruntons ces 
renseignements, il nous suffira de renvoyer le lecteur à notre 
précédent travail. 

1480, l*""" septembre. Magistro Laurentio de Petrasancta carpentario 
palatii florenos de caméra duodecim ad ralionem x carlenorum pro quo- 
libet floreno, videlicet quatuor quia fecit conduci unum pilum marmo- 
reum ad capellam S™' d. n. in sanclo Pelro, ires quia adaplavit au- 
dien(tiam) rolfe, duos quia misit dentés leofanlis in capella, unum et 
médium pro festo sancli Antonii de Padua , unum et médium quia 
adaplavit sepulcrum D"' Antonii de Ruvere. — M. 1479-1481 , fol. l.il. 

LE CIBORIUM. 

On doit on outre à Sixte IV la restauration du tabernacle dont 
Matteo Pollaiuolo (voy. ci-dessus p. 87) aurait, d'après Albertini, 
exécuté les ornements (3). Les statues des douze apôtres, qui fai- 
saient partie do ce monument, sont aujourdliui conservées dans 
les cryptes du Vatican ; on en trouvera la reproduction dans l'ou- 



(1) Nous avons étudié, dans notre travail sur J. Grinialdi {Ricerche intorno 
ai lavori archeologici di Giacomo Grimaldi , Florence, 1881, p. 42 et suiv.), 
l'Iiistoire de cette composition, dont des fragments existaient encore au com- 
mencement de ce siècle. D'après Mff' Barbier de Montault. une fresque des 
cryptes Vaticanes, représentant saint Pierre tenant un livre et un sceptre (res- 
tauration moderne), proviendrait également de la chapelle de Sixte IV (Les 
souterrains et le trésor de S. Pierre à Rome, Rome, 1866, p. 45). 

(2) « Pavimentum stratum erat parvis latcribus quadris vitriatis cura robore 
gentilicio Sixti. » {Ricerche intorno ai lavori archeologici di Giacomo Grimaldi, 
p. 47.) 

(3) « In basilica sancti Pétri in Vatic. est tabernaculum marmoreum IIII por- 
phireis suffultum columnis : in quo sunt XII Apostoli sculpti cum passione 
martyrii apostolorum Pet. et Pauli : manu Mathei Puliarii flo. sculptoris prœ- 
clarissimi , quod quidem opus mirandum Syxtus IIII restituit auroque exorna- 
vit » (Albertini, Opusculum, fol. 84 v°). 



LE GIBORIUM DU VATICAN. 149 

vrage de Dionisio (1). Quant aux bas-reliefs qui décoraient l'autel, 
M?"" Barbier de Montault les décrit comme suit : « N» 37. Magni- 
fique bas-relief exécuté sous Sixte IV, pour orner la face anté- 
rieure de l'autel papal. Il représente le jugement des SS. Apôtres 
par Néron , et est divisé par une série de pilastres derrière les- 
quels se meuvent des personnages. — N° 229. Admirable relief, 
provenant de l'autel de Sixte IV : le Christ assis donne les clés 
à saint Pierre agenouillé, en présence des apôtres. — Saint Pierre 
guérit un boiteux devant une foule considérable. — Il est crucifié, 
la tête en bas ; les soldats et un peuple nombreux assistent à son 
supplice. — N" 235. Admirable relief de l'autel de Sixte IV : Saint 
Paul, saisi par les soldats, est garrotté. — Il est à genoux devant 
Néron; un soldat lève son glaive pour le décapiter. — Néron 
présent, Simon le Magicien, qui s'était élevé dans les airs du 
haut d'un château de bois fait exprès pour la circonstance , gît à 
terre, les os brisés. On remarque près de lui l'énorme chien qu'il 
avait dressé à moMre les saints apôtres, et dont saint Pierre se 
débarrassa en lui jetant un morceau de pain bénit qui le tua ins- 
tantanément (2). « 

Ciborium supra altare sacrosanctum Principis Apostolorum tolum 
marmoreum erat, a Sixlo IllI Ponlifice Maxime fabrefactum, cuni his- 
loriis inferius apponendis , et quatuor splendidissimis porpliyrelis co- 
lumnis integris, quarum duœ hodie in altari SS. Simonis et Judœ, et 
alise duœ in altari SS. Processi et Marliniani in novo templo visunlur, 
jamdudum in primo ciborio, ut inquit Anastasius , a gloriosre memoria) 
Constanlino Maximo adhibilœ; magnificum igilur alque auratum aliquot 
in locis hoc nobile tegmen Sixtus exlruxit, Jeanne Millino Cardinale id 
maxime curante ; ut sequens memoria docel in antique libro raanu- 
scripto Bibiiolhecaî Basilicio S. Pétri , cujus tiiulus est : Summa super 
titulis decrelalîum, édita ab Ardiiepiscopo Ebi'udunense , in membranis ; 
hisce verbis. 

MGGGGLXXX die XVIII mensis Maii. 

Hanc summam legavit bo : me : Joannes de Millinis , tiluli SS. Nerei et 
Achillei presbyler Cardinalis , BasiliCcO Principis Apostolorum de Urbe 



(1) Sacrarum Vatkanx basilicx cryptarum momcmcnta , pi. X, LXXVII, 
LXXVllI. Cf. le texte p. 190. Ces a[)ôtres sont en marbre, non en bronze, 
comme le rapportent les annotateurs de Vasari : éd. Lemonnicr, t. VIIl, p. 126. 

(2) Les souterrains et k trésor de S. Pierre à Rome, p. 25, 47, 49, 50. Cf. Dio- 
nisio, pi. XXIII, n» 2 ; LXXVII, n" 3-5, et le texte, p. 50, 188. 



150 SIXTE IV. 

in suo teslamento , quod manu sua conscripseral, et quod reperlum 
fuit in monumentis et codicibus suis , cujus BasiliccT antea ipso dudum 
Canonicus extilil, et in qua cappellam Sixti Qtiarti cum choro fabrefaclo, 
necnon ciborium marmoreum in altari marmoreo, ac laquearia tecli pro 
parle longa vetustalo consumpta, et feneslros marmoreasvitrcatas conslrui 
inipensa dicti Xysli curavit, in qiiibus ad mille et ultra de suis impendit 
cum nihil quam quod ex proprio qu;esisset haberet. Obiit post assump- 
tionem ad Cardinalatum decimo nono mense, non parvo de se omni in- 
credibili relicto desiderio; propterea quod omne a'vum in Iransigendis 
rébus Guriœ et Principum exegerat summa cum fide et justilia. Fraler 
germanus ejus Petrus Millinus cornes Palatinus, eandem fidem et justiliam 
imitatus, legatum restituit, quod potuisset facile relineri, ut intelligerent 
omnes plus ad bonos optimam conscientiam et rectam vivendi rationem 
valere, quam leges Principum et plébiscita populorum. — Bibliothèque 
Barberini, n" XXXIV, 50, fol. 159. Ms. de J. Grimaldi. 

LE TOMBEAU DE SIXTE IV (l). 

Aperitio sepulcri Sixti IIII. Pont. Max. 
Die Mercurii XI Februarii MDCX. 

Cum proximis diebus marmora et columnas preciosas , subsellia 
Canonicorum , aliaque ornamenta a choro Sixti Quarti Ponlificis Maximi 
fabri amo\issent; sepulcrum ;eneum ipsius summi Ponlificis in sacelli 
medio positum cinctumque pulcherrimis crassisque marmoribus lacaî- 
demoniis viridis , a terra elevarunt. Quod pr?etcr operam clari arlificis 
prœstantem ita compactum crat et unitum , ut nccessc fuerit totam reris 
machinam simul movere. Sepulcri œnei vacuum plénum erat calcc et 
maceria , quod faclum fuisse opiner, ne in solemniis agendis id conscen- 
dentis populi pondère gravatum , aliqua ex parle inclinari vel frangi 
posset. 

Delato itaque elegantissimo hoc tumulo in sacrarium, cum Sixti ca- 
daver exhumandum foret, dicla die et aiino posl missam majorem RR. 
patres dfii Aloysius Gittadinus, Aloysius Rainahlutius, Tiberius Ricciar- 
dellus, Bernardinus Paulinus, et Paris Pallottus dictai Valicanœ Basilicit 
Ganonici cum interventu III'»' domini .Emilii de/Emiliis Pisaurensis V. J. 
D., Gonsiliarii sercnissimi Ducis Urbini se coutulerunt in p'""^ chori sa- 



(l) Voy. ci-dessus, p. 86. D'aprcs un document drcouvcrt par M. 11. Janit- 
schck dans le Cod. Magliabccliianus , cl. XVI, n» 33, le tombeau de Sixte IV 
aurait coûté 5,(300 ducats (/i./H'/tornnn fur Knnslwissenschaft, t. III, p. 84). 



LE TOMBEAU DE SIXTE IV. 151 

cellum , ubi a cœmentariis demolita lumba lateritia , in qua erat arca 
marmorea cum corpore Sixli IIIl. Pont. iMax. jussu eorundeni doraino- 
rum aperla fuit arca ipsa , et inspectum ab omnibus ibi circumslanlibus 
cadaver ipsius summi Pontificis, situm pedibus versis ad allare. Indutum 
erat planeta sive casula ex broccato aureo ad operam cum figuris sanc- 
torum acu lextis in aurifrigio solidi operis; dalmaticas habebal ex ormi- 
sino. Pallium pontificale consumptum erat; remanserant plumba nigro 
serico tecla. Favonem sive vélum aureum ciica coUum et pectus aureis 
listis ornalum, ut hodie summi Pontifices uluntur, tenebat. Sandalia 
cruce insignita rubri coloris , quie ex uno latere ligula stringebantur. 
Mitram aureani ex broccato ad operam habebal. Gaput et crura in ossa 
redacta cernebantur. Manus in signum Crucis complicat;e chirolhecis 
sericis tegebantur ; in digilo annulari manus dexterœ purissimi auri 
annulum tenebat cum magno saphirro preciosissimo , cum armis Pauli 
secundi eodem in cavo cœlatis , ac cum lilteris PAVLVS . VENETVS . 
PAPA. SEGVNDVS. Supra planelam erant numismata haic: Unum scilicet 
aeneum cum imagine summi Pontificis Sixti ad vivum exprcssa, et lilte- 
ris in gyro , videlicet SIXTVS. IIII. PONT. MAX. SACRI. GVLTVS. In 
altéra ejus nummi parle Sanclus Franciscus et Sanctus Anlonius Pala- 
vinus, Sixto sedenli thiaram imponentes cum lilteris in gyro : 

Hœc damus in terris, œterna dabunlur Olympo. 

Item aureum unum cusum imaginibus Aposlolorum Pétri et Pauli et 
Sixti Pontificis , imago Pétri ad dexteram. Julios duos cusos eadem Sixti 
figura cum alio nummo argenleo simili , quem hodie vulgus teslonem 
vocal. 

Statura Sixli palmorum oclo circiter erat. In arca marmorea sculpta 
erat arbor roboris , insigne gentilicium ejus , et lillene SIXTVS. PAPA. 
lUI. Annulum pnofatum cum ipsis nummis aureo , argenteis , et a^reo 
R. d. Aloysius Giltadinus Ganonicus a pnediclo Pontificis corpore acce- 
pil coram iisdem RR. dd. Ganonicis et tcslibus infrascriptis , ac 111'"' 
domino iï^.milio de /Emiliis supranominalo , ut ea omnia 111'»'° et R"»^ do- 
mino Cardinali Gusenlino Archipresbylcro osleiideret. Fabri deiiide 
clauserunt arcani cum corpore Sixli inUis eam, et fibbulis l'erreis firina- 
runt-, ac ndduxcrunliu sacrarium memoratiL' Basilica'. Super quibus etc. 
Aclum in dicto clioro , pni'sentibus oie. RR. dd. Jacobo Rainaldulio 
Faneuse bencficiato et llicronymo Jacomello clerico benelicialo, Joaune 
de Bar, Gallo, custode altaris majoris, ac domino Paulo q. Don:inici Mgri, 
Romano, testibus etc. rogalis. ~ Bibliothèque Barbcrini, n" XXXIV, 5L), 
11. 226, 227. Ms. de J. Giimaldi. 



152 SIXTE IV. 

CHAPITRE III. 

TRAVAUX EXÉCUTÉS A RO.ME (silitc). — LES ÉGLISES. 

Nous ne saurions mieux faire, au début de celte section , que 
de reproduire le texte de la fameuse buHo de Sixte IV, destinée 
à protéger les sanctuaires de sa capitale contre le vandalisme de 
ses snjets. Ce document n'appelle pas de commentaire spécial : 
nous nous bornerons à faire observer qu'il vise les édifices consa- 
crés au culte, et nullement les monuments profanes, c'est-à-dire 
les chefs-d'œuvre de l'architecture antique : il importait de met-, 
tre en lumière cette distinction, qui, si elle permet de préciser le 
caractère de la bulle , nous force également à en atténuer la 
portée. 

Sixtus episcopus, servus servorum Dei. Ad perpeluam rei memoriam. 

Cura provida sanctorum Palrum décréta eos sacrilegos esse diffiniant, 
qui ecclesias et loca sacra Allissimo dedicata dévastant, ipsorumque di- 
ripiunt ornamenla, sicut et illos qui de sacro sacrum auferre impia te- 
meritate pnesumunt, pariquc ulrumquc (lagilium ac duplici pœna coer- 
ceant, decet merilo nos quibus Ecclesiarum omnium cura disposilione 
superna commissa est , pro detestatione lanti criminis , proque statu 
prospère, venuslate et décore ipsarum Ecclesiarum in sua decentia dé- 
bile conservandis, omni vigilantia, et allenlioue curare, ne perversorum 
crescente malitia , Cccdem ecclesiœ et sacra Dei Icmpla , prœcipue 
AlmcO Urbis, noslro conspeclui aiileposila , suis nudcnlur ornalibus , et 
liujus sceleris nequissimi palralores , debilam recipiant ullionem. Sanc 
fide dignorum relatibus, non sine admiralione ad noslrum pervenit audi- 
turn , quod nonuulli iniquitalis fdii , se iiianiter Glirislianos esse proli- 
tentes, et a quorum oculis Dei timor, et reverentia Ghrislianaî Religionis 
abscessil, de palriarchalibus, et aliis sacralissimis ecclosiis , et basilicis 
dicl.D Urbis porphyrelicos, marmoreos , et alios diversorum generum 
et colorum lapides ad ipsarum usum , decorem et ornalum députâtes 
ausu sacrilego abstulerunl haclenus, et in dies auferre, eosque ad diversa 
loca por se, vel alios asportare pnesumunt, in gravera Divinœ Majeslalis 
oiïensain, ecclesiarura earuradem deformitatem, delrlraenluraque anima- 
runi suarum, periculum et scandalum pUnimoriim. Nos igilur sacrile- 
gorum impies et temerarios ausus hujusmodi , quantum nobis ex alto 
concedilur, repriraerc cupicntes quamvis pnemissorura occasione nonnul- 
lorum prajdecessorum noslrorura sancliones,ctproliibiliones varia' eraa- 



SS. AMBROGIO E CARLO. 



153 



navcrint temporibus relroactis, quas in eo duntaxat quod de ecclesiarum, 
et sacrorura locorum ornamentis atqiic lapidibus anledictis minime aufe- 
rendis, prohibent vel disponunt, seu illos qui hujusmodi flagiliosissimos 
acpene inChristiano Orbe inaudilos excessus perpetrare, et in hissacri- 
legas manus injicere pnesumpserunt, excommunicationis senlentia inno- 
datos fore déclarant, in suc robore volumus permanere , omnes et sin- 
gulos cujuscunque dignitalis , status, gradus, ordinis, vel conditionis 
fuerint, qui ex prœdiclis lapidibus, sive aliis ornamentis earundem ec- 
clesiarum, sivc basilicarum dictœ Urbis habuerint, aut in surripiendo, 
servando, et retinendo, auxilium pneslilerint, vel favorem, nisi a die ba- 
bitœ prœsentium literarum notitire , ea restituant cum effeclu : scientes 
vero révèlent, et ad notiliam nostram sallem per minores Pœnitenliarios 
noslros deduci faciant, majoris excommunicationis sententia, a qua nisi 
in morlis arliculo, et débita salisfaclione praîvia, a nullo prielerquam a 
Romano Pontifice absolvi possint , irrelilos esse : Ecclesias vero et loca 
alia quorum usibus , et ornatui illa deputata fuerint, aut forsan (quod 
absil) , deputari conligerit in futurum , lamdiu Ecclcsiastico interdiclo 
subjacere, quandiu ad loca, nnde prius ablala fuere, absque diminulione 
aliqua fuerint reportata, harum série dcclaramus. Et insuper quisquis 
suîe salutis immemorsacrilegii crimen hujusmodi committerc pra3sump- 
serit in futurum, ultra censuras prœdictas, ccclesire sive basilic;e, a qua 
lapides , et ornamenta hujusmodi abstulerint , raediam libram auri pro 
recompensa sibi irrogat;e injuria} absque diminulione aliqua solvere te- 
neatur. Nulli ergo omnino hominum liccal banc paginam nostrœ volun- 
talis et declaralionis infringerc, vel ei ausu temerario contraire. Si quis 
autem hoc altenlare pnesumpserit, indignalionem omnipotentis Dei , ac 
Beatorum Pelri et Pauli Aposlolorum ejus se noverit incursurum. 

Dat. Romœ, apud sanclum Pelrum, anno Incarnalionis Dominic;e mil- 
lésime quadringentesimo sepluagesimo quarto, seplimo Idus Aprilis , 
Ponlificatus noslri anno tertio. — Statula Almx Urhis Romœ, éd. de 
1580, 2<^ partie, p. 34, 35. 

SS. Ambrogio e Carlo. 

(au Corso). 

Une inscription, publiée par M. Forcella (1), nous apprend 
que Sixte IV concéda en 1471 le terrain nécessaire h la cons- 
truction de cette église. 



(1) hcrizioni, t. V, p. 352, n" 978. 



154 SIXTE IV. 

SS. Apôtres. 

La restauration de l'église et du palais des SS. Apôtres fut 
noramencéo i)ar le fameux Pierre délia Rovcrc (j- 1474) (I), et 
continuée, après sa mort, par son cousin Julien, le futur Ju- 
les II. On doit notamment à ce dernier la construction du cloître, 
dont les arcades, aujourd'hui murées, portent encore l'inscription 
IVL. CAR. S. P. AD VING. avec les armes dos DcUa Rovere. Le 
portique fut orné par ses soins d'une aigle antique en marbre te- 
nant une couronne de clicne et trouvée au Forum de Trajan (2). 
La nef principale reçut, de son côté, d'importantes modifications, 
comme le prouvait l'inscription tracée sur le grand arc, « nel 
gran arco in capo alla nave maggioro (3). » Le document repro- 
duit plus loin nous autorise à croire que ces travaux furent con- 
fiés à Giovannino de' Dolci. Gomme il y est question de la tri- 
bune de la basilique , on ne nous taxera pas de témérité si 
nous attribuons à l'architecte florentin la construction de la cou- 
pole (détruite au siècle dernier) , illustrée peu de temps après 
par les fresques de Melozzo da Forli. Gette coupole , ainsi que 
le palais adjacent, ressemble beaucoup, dans le plan de Man- 
toue publié par M. de Rossi (4), à la coupole et au palais de 

(t) L'inscription funéraire de ce personnage porte que « quippe qui majora 
mente concœperat et poUiccbatur, ut sedes miro sumplu apud Apostolos in- 
clioatœ ostendunt » (Forccila, ïscrizioni, t. II, p. 227. n" 659). 

(2) « Tôt ruinis servalam Jul. car. Sixti IIII. pont, ncp^s hic statuit, » lellc 
est l'inscription qui accompagne cette belle antique (Forcella, Ïscrizioni, t. II, 
p. 227, n» 662). 

(3) « Sedente Sixto IIII. Pont. max. Jul. card. S. P. ad Vincula nepos 
hanc basilicam pêne collabentem restituit » (Forcella Ïscrizioni, t. II, p. 228, 
n" 665). 

Voici, en outre, quelques renseignements empruntes au recueil de Mura- 
tori : 

1481. « Ex porticu qucC in basilicam despicit. [Sixtus] vcsperis interfuit -. 
(.1. de VoUerra. H. /. S., t. XXIII, p. 132). 

Ii82. « Calendis maii profectus est Pontifcx ad XU Aiiostolorum basilicam, 
cujus îcdcs inhabitat Julius cardinalis sancti Pétri ad Vincula, ejus nepos. In- 
terfuit diviiicc rci, qu<c solcmniter acta ibi est. prtcsentibus patribus et Curise 
pra-latis. Sacris autem operalus fuit Valentinus Agenonsis Episcopus , ipsius 
cardinalis nepos. Pransus apud nepotem est Pontifcx, et ex cardinalibus oclo. 
Interfuerc omncs vespertina) orationi, ex loco tamen superiori, qui in basilicam 
despicit » (Ibid., p. 172). 

1184, « In œdium supcriora ascendcns, c fencstris canccUatis qui in basili- 
cam despiciunt, [Sixtus] majora sacra spectavit » (Ibid., p. l'JG). 

(4) Plante icnogra^che c prospettiche di Borna antcriori al sccolo XVI. 



SAINTE AGNÈS. l^S 

Saint-Augustin, construits par le cardinal d'Estoutevillc pendant 
le môme règne. D'après Albertini, Julien délia Rovere aurait en 
outre fait décorer de peintures et de sculptures la chapelle princi- 
pale de l'église des SS. Apôtres (1). 

Vasari a attribué la reconstruction de la basilique des SS. Apô- 
tres à Baccio Pontolli, et cette opinion a été universellement ad- 
mise jusqu'ici. Mais, ainsi que nous l'avons fait observer tout à 
l'heure, il nous paraît ditTicile de ne pas accorder à Giovannino 
de' Dolci une certaine part dans ces travaux. Nous devons tou- 
tefois ajouter que M. H. Janitschek est disposé à faire honneur 
de la reconstruction du portique à Giacomo da Pietrasanta (2). 

Le palais contigu à l'église n'était pas encore achevé eu. 1484, 
comme le prouve le témoignage d'Infessura (3). 

U75. 17 mars. Dt3 mandato facto die xv ejusdem magistro Johaniii de 
Florenlia lignario florenos quadringenlos in deduclionem solulionis 
fabricie Sanclorum Aposlolorum et ejiis IribuiKu et diicalos vigiiiliduos 
datos pro exigendis dictis cccc. ducalis a certis Rliealiiiis. — A. S. V., 
Inlr. el Ex. Cam., 1474-1475, fol. 139 v«. 



Sainte Agnès fuori le mura. 

IVL. GARD. S. P. AD • VINGVLA • SIXTI • IIII • PONT. 
MAX. NEPOS • PORTIGVM | AD yEDES • S. AGNETIS. VE- 
TVSTATE • COLLAPSAM • RESTITVIT [1479] (Forcella , /*- 
crlzioni, t. XI, p. 350, no 5i3. — L'inscription existe encore). 



(1) << In ccclesia sanctorum XII Apostolorum est capella major, pulcherrime 
dcpicta, ciim tabernf;ciilo mannoreo, IIII porphireis columnis substentato, cum 
alio labernaciilo marmoreo corporis Christi et apostolorum Phil. et Jacobi si- 
mulachris, cum sepulchro Raphaël, sermauo, quœ omnia posuit tua Beatitudo 
(Jules II) anno salutis christianœ MCCCCtiXX VII, ut apeitius dicam in epytha. -> 

(Albertini, Opuscnlum, fol. 84 v"). 

(2) Repertorium fur Kunstwisscnschafl, 18S1 , p. 'il'i. 

(3) 14S4, 2 juillet. « ... Item pombanle, et loro armature, le quali lo Conte 
Hicronimo fec.c metterc in pronto , e tolsc li travi di Santo Apostolo, 11 quali 
lo Cardinale di Santo Pictro in Vincola li haveva fatto venire per acconciare 
lo suo Palazzo, e per suo dispetto lo Conte Hicronimo te toUere. c lavorare in 
prima delli loclii suoi , e non se ne poteva ajuiarc. c lo diUo lavoro dur6 piii 
di, intra li quali ci intravennc lo di délia Domenica , quœ fuit quarta Julii. in 
nella quale laborarono corne non fosse festa » (Eccard, Corpus historicum, t. II, 
p. 1931). 



156 SIXTE IV. 

Saint-Augustin. 

C'est encore à Baccio Pontelli que Vasari . suivi en cela par 
l'immense majorité des historiens d'art, attribue la reconstruction 
de l'église de Saint-Augustin. Mais ici nous pouvons lui opposer 
un document encore plus décisif, document que Landucci (1) et 
plus récemment M. A. Ferri (2) ont signalé, sans toutefois avoir 
réussi à faire triompher leur 0[)inion. Nous joignons à cette pièce 
intéressante d'autres témoignages contemporains absolument 
inédits, qui permettent de suivre pas à pas la marche des travaux 
et qui montrent avec quelle ardeur le fondateur, le cardinal 
Guillaume d'Estouteville, sut mener l'entreprise. 

1479. 4 novembre (3). Sedenle eodem Sixto IIII pont, maximo , sui 
ponlificatus anno IX, die Jovis IIII novembris 1479. 

Noverinl, etc. ad perpetuam rei memoriam : quod supradictus Rmus 
dominus Cardinalis protector, etc. [Guilelmus de Estoutevilla Episcopus 
Cardinalis Osliensis, Rolhomagensis vulgariternuncupalus] cum decrevis- 
set ecclesiam nostram sancli Auguslini de novo a fundamentis fundare ac 
in longnitudine crescere ipso supradicto die hora XIX depulavit magis- 
trum architeclorem Jacobum de Petrasancta principalem : et magistrum 
Sebastianum de Fiorentia perilos in arte archilectune : Et primus fossor 
fuit Rmus pater generalis pnefalus versus plateam exislenlem anle dic- 
tam ecclesiam , per cannas circa Ires ultra quam prias esset longa : se- 
quentibus Reverendis palribus magistris et fratribus omnibus conventus 
infrascriptis : Et die Veneris in festo sanctœ Gatherin.e Virginis XXV 
ejusdem mensis supradicli novembris per supradictum Rmum P. N. G. 
processionaliteretcum magna solemnilate fucrunt benedicla fundamenla 
pnefatoe ecclesi;c atque primo fundata a latere versus palalium et do- 
mum ejusdem Rmi dni Gardinalis prolectoris etc. Sequenlibus palribus 
et fratribus infrascriptis videlicet : Rdo magislro Gaspare Urbevetano 
provinciali et procuratorc ordinis (etc., etc.). — Sagrestia di S. Agos- 
tino : Introilus et exilus. 



(1) Origine dcl tempio... del Popolo. Rome, 1046, p. 52. 

(2) L'Architeltura in Uoma nei secoli XV e XVI, Rome, 1867, p. 18. 

(3) » Dell' anno domini 1479, ;i di primo di novembre lo cardinale di Roano 
Camerlengo , cioè Guglielmo di Estoutevillc , comincio ad eilificare la chiesa 
di Sanl' Agostino, la quale benchè fosse fatta da principio, nientc dimcno sua 
Signoria la rifcce in miglior forma da i fondamenti aile suc spesc « (Infes- 
sura, R. I. S., t. III, 2« partie, p. 1147), 



SAINT AUGUSTIN. 157 

1481. 22 avril. Sedente eodem Sixlo IIII" pont.max., annoX, etsupra- 
dictorum omnium officialium ordinis et conventus lempore. 

Noverint ad perpeluam rei memoriam etc. Quod de mense aprilis prœ- 
sentis supradicli anni 1481 ante XXII diem in quo celebratum fuit fes- 
lum Pasclialis Resurrexionis dni nri Jesu Chrisli fuerunt clause tesludi- 
nes minores ab utroque lalere ecclesiae noslrse supradictse sancli 
Auguslini : Et die luna3 XXV mensis Junii ejusdem anni, hora XXI, infra 
octavam Corporis Ghristi et sancli Johannis Baplist?e processionaliter et 
cum magna solemnitate fuerunt ciausae testudines majores ejusdem ec- 
clesioe : cum canlicu hymni — Te Deuni laudamus etc. : ascendentibus 
palribus et fratribus omnibus magnis et parvis usque ad praefatum lo- 
cum : concurrente magno populo et ascendente : atque benediclœ fue- 
runt per supradiclum Reverendum patrem provincialem nostrum sacris 
veslibus indutum : Vidente et audiente supradicto Rmo d. Cardinali Os- 
tiensi Rolhomagensi etc. fundatore etc. cum magna Mitia et jocunditate 
existentibus cum sua Rma d. praelatis et curialibus mullis : atque su- 
pradicto Rmo P. N. G. ex suo palatio magno etc. Cum fungerelur officio 
Camerariatus S. D. N. prsefati etc. — IbicL, fol. 21 v". 

1482. 20 mai. Ad perpeluam rei memoriam, sedente supradicto Sixto 
IIII, eodem anno XI" sui pontificalus, omncs arclius principaliores subs- 
tinentes cupulam magnam nostra; supradiclœ ecclesise sancli Auguslini de 
hoc praesenti mense supradicto maii perfecti clausique sunt. lia ut ulti- 
mus qui respicil faciem seu corpus ecclesise die luna3 XX ejusdem mensis, 
hora XXIII, clausus et perfectus fuit in suo edificii opère simplicium mu- 
rorum etc. — Ihid., fol. 27 v°. 

» 14 juin. Ad perpeluam rei memoriam, sedente eodem Sixto IIII, etc. 
Testudines amb;E qu.e sunt in lateribus cupulœ de hoc prœsenti mense 
junii clausa} sunt, quarum una versus sacristiam die sabbali prima men- 
sis , altéra versus capellam sanclœ Monicse die martis XI ejusdem , ha- 
buerunt finem in suo edificii opère simplicium murorum, etc. El die Ve- 
neris XIIII ejusdem claus;e sunt testudines capelhe magna3, etc. — Ibid., 
fol. 28. 

» (Septembre). Ad perpeluam rei memoriam. Sedente eodem Sixlo 
IIII sui pontificalus anno XII" clausa fuit faciès magna marmorea ante 
ecclesiam , die martis X mensis pra3sentis, qua? incepla fuit die lunaj V 
mensis novembris 1481, etc. — Ihid., fol. 30 v". 

» 14 novembre. Ad perpeluam rei memoriam. Sedente eodem Sixlo IIII" 
et eodem XII" anno sui pontificalus clausa fuit cupula rotunda magna 
ecclesise die Jovis XIIII" mensis pr?esenlis circa meridiem : El die Sab- 
bali XXIII fuit complelum friseum marmoreum rosarum conslruclum in 
facie magna marmorea ecclesiœ a lalere campanilis hora 23 , etc. -— 
Ihid., fol. 32 vo. 



J 



158 SIXTE IV. 

1482. 16 décembre. Die lunte XVI praesentis mensis completum et 
perfectum fuit aliud friseiim ab aiia parte taciei marmoreie ecclesiae 
nostrae, etc. — Ibid., fol. 33. 

Sainle-Balblne. 

Panvinio range cette église parmi les édifices restaurés par les 
soins de Sixte IV (1). 

Sainte- Constance. 

Nous avons raconté (t. H, p. 84) l'odys.séc du sarcophage de 
porphyre de Sainte-Constance, qui, après bien des vicissitudes, a 
trouvé un asile définitif au Musée du Vatican. En le restituant à 
la rotonde de la Via Nomonlana , Sixte IV préludait en quelque 
sorte aux dispositions de la fameuse bulle reproduite en tête de 
ce chapitre. 

• U71. 3 novembre. Magislro Paalo deCampagnano carpenlarlo (lorc- 
nos de caméra quinquaginla pro ejiis mercede cl expensis pcr eum fa- 
ciendis in reconducendo sepulcr(um) sand:e ConslanliiC a sanclo Marco 
ad sanctam Agnetem et reponendo ipsam {sic) in suo anliquo loco. — 
M. U7 1-1473, fol. 39. 

» 6 décembre. Barlholomeo Gapeliai pro xiiii rubeis calcis ad ralio- 
nem xx!!"'""' bolendinorum pro quolibet rubeo pro reclausura capellœ 
S. Constancia^, (1. IlII, b. XX. 

Item magislro Jacobo de Carraria lapicukc pro manifaclura pedum 
dictai sepullurœ sanctœ Constancia), II. VI. 

Item magislro Paulo de Gampagnano pro magislerio dictié reclausuraB, 

n. III. 

Item pro tribus cenlenariis pozzolan. ad racionen trium librarum 
cum dimidia pro quolibet centenario, H. II, b. XIII. 

Constiluenles iii totum flor. de caméra quindecim et bon. XXXIII. 
Dat. Romai apud montem Jordani — anno domini MCCGGLXXI", die vero 
VI mensis decembris. — M. 1464-1473, fol. 70 v". 



(l) a Multas per urbem sacras œdes vetustate labcfactas, in his SS. Aposto- 
loriim absidam, S. Pelri ad Vincula, S. Susannaj, S, Vitalis , SS. Nerci et 
Achilei, S. Balbinre , SS. Qiiirici et Jiilittœ, S. Vili in Macollo. S. Salvatoris 
trans Tibcrim, et alias multas sua inipensa, ut ex cjus insignibus. et elogiis 
liquet, refccit »• (Additions aux Vies de Platina, éd. de Cologne, 1C26, p; 331). 



SS. COSME ET DAMIEN. — SAINT-JEAN DE LATRAN. 159 

SS. Cosme et, Damien. 

(Transtévère.) 

A. l'occasion du jubilé, Sixte IV lit complètement reconstruire 
cette église, dont on fait remonter la fondation au dixième siè- 
cle (l). L'architrave de la porte principale est encore ornée de 
l'épigraphe : SIXTVS IIII PON. MAX. FVNDAVIT. ANNO 
IVBILEI • MGGGGLXXV (2). Le campanile ne fut toutefois 
achevé que quelques années plus tard, en 1482 : 

1482. 14 janvier. Demandalo facto die 28 novembris florenos cenlum 
de carlenis X pro floreno domimc Theodorîe abbalissœ monasterii 
sancti Gosmati {sic) in Transliberim ad eiïeclinn fabricie canipanilis dicli 
monaslerli , quos habuit de mense maii a domino Raphaële Fodralo. 
Ad introitum ab eodem in prœsenli Hbro fol. 53. — Arcli. Secr. Vat. , 
Inlr. et Exit. Cam., 1481-1482, fol. 192. 

Saint- Jean de Latran. 

Seul, parmi les papes de la Renaissance, Martin V a témoigné 
un intérêt réel à la basilique du Latran, qui l'avait emporté si 
souvent, dans les prédilections de ses prédécesseurs, sur la basi- 
lique Vaticane. Après lui , cent cinquante années se passent sans 
que l'on trouve de nouveau trace de travaux vraiment importants. 
G'était là, somme toute, la conduite la plus sage à tenir vis-à-vis 
d'un sanctuaire si riche, exigeant des mesures de conservation 
plutôt qu'il n'appelait des emlDellissemcnts nouveaux. Plût au ciel 
que Sixte V se fût pénétré de ce principe, avant de détruire un en- 
semble qui, après la ruine de la basilique Vaticane sous Jules II, 
était unique au monde. Mieux inspiré, Sixte IV se ])orna à des 
travaux d'entretien ; il fit restaurer le campanile, ainsi que le pa- 
vement des nefs latérales. Le témoignage do Panvinio en fait 
foi (3). 

(1) Nibby, Koma ncW anno 1838, p. m., t. I, p. 189. 

(1) Forcella, Iscrizioni, t. X, p. 323, n° 543. — Cf. F. Martinelli , Uoma et 
eH.nica sacra, p. 94. 

(3) « Xystiis un turrim campanarum vestutate collabentem refecit, ot, basi- 
lica omni rcpurgata, ejus latera stravit « (De seplem ecclesiis p. 115). Dans ses 
additions aux Vies des Papes de Piatina, Panvinio ajoute : « Palatium vêtus 
liateranense ruinosum resarcivit. » 



160 SIXTE IV. 

Des deux documents que nous reproduisons ci -après, l'un se 
rapporte à des échafaudages probablement exécutés à l'occasion 
des fêtes du « possesso , » l'autre cà un don d'une grande valeur 
fait cà la basilique par le roi Louis XI. 

1471. 5 décembre. Magistro Francisco de Insulabona Januensi flore- 
nos similes cenlum nonaginla très pro certis palchis et abis operibus ex 
ligno faclis apud sanctum Johanncm Lateranum et sancluni Petrum ad 
Vincula, ut patet ex mandate facto die XV novembris. — A. S. V., Inlr. 
et Ex. Cam., 1471-1472, fol. 166. 

14-82. 16 septembre. Régi Franciœ. Carissime in Christo fili noster 
salutera, etc. Accepimus lœtissimo animo calicem quem tua Celsitudo ad 
basiUcam saneti Jobannis Lateranensis de Urbe nuper misil , qui ei 
ecclesiie magna cum solennilate dedicatus est , et ingenti laetitia om- 
nium receptus, ad perpetuum nominis lui decus et ornamentum. Ex 
quo rebgio et pia mens tua multis ante argumenlis cognita et perspecta, 
multum adaucta est , et ab omnibus, prccserlim a nobis iaudata , prout 
latius Serenitas tua a suo nunlio, qui prudenter et diligenter ea quae 
habuit in commissis nobis rettuUt , intelHget. Dalum Romœ, etc. — 
A. S. V., Brevia Sixti IV, 1482-1483, ff. 53, 54 (1). 

Sainte- Marguerite. , 

Une inscription encastrée dans la façade de la petite église de 
Sainte-Marguerite (autrefois Santa Maria de Splazolario), située 
près de Santa Croce , nous apprend la part que Sixte IV a eue à 
son édification : SIXTVS IIII • FONDA VIT [sic). MGGGC 
LXXVI (2). 

Sainte-Marie in Aracœli. 

Pour cette église, Sixte IV semble s'être borné à solder les 
travaux commencés sous Paul II (paiements du 15 février, du 
2 mai, du 28 juillet 1472, etc., rapportés dans notre t. II, p. 87). 
Mais, un particulier, plus soucieux que lui d'embellir ce sanc- 



(1) Antérieurement déjà, Louis XI avait envoyé à la basilique du Latran un 
calice d'une grande valeur : 1470. « Fu mostrato un calice, chc lo Re di Fran- 
cia aveva donato a Santo Joanni Laterano , lo qualc cra d'oro, et ornato di 
moite piètre preziose , e fu stimato , tra l'oro e le piètre , che valeva tre mila 
ducati » (Infessura, apud Muratori, fi. /. S., t. III, 2* partie, p. lliî). 

(2) Forcella, Iscrizionx, t. XIII. p. .î31, n° 1328. — Cf. t. VIII, p. 18G, 
n" 501. 



SAINTE-MARIE DE LA CONSOLATION. — SAINTE-MARIE DE LA PAIX. 161 

tuaire, y fit exécuter, en 1476, les portes dont nous nous occupe- 
rons plus loin , dans le chapitre consacré h l'orfèvrerie. 

Sainte-Marie de la Consolation. 

Bulle de 1472, publiée dans les Iscrizioni de M. Forcella, t. VIII, 
p. 324, n° 780. 

Sainte-Marie Majeure. 

A Sainte-Marie Majeure, comme à Saint-Augustin, ce n'est 
pas à Sixte IV, mais à un de ses favoris, le cardinal d'Estoute- 
ville, que revient l'honneur des embellissements dont la basi- 
lique a été l'objet entre 1471 et 1484. Dès l'entrée, une inscription 
annonçait au visiteur la libéralité du richissime prélat français : 
« G. Episcopus ostiensis, cardinalis de Stouteville, archiepiscopus 
Rothomagensis, archipresbyterhujusbasilica?, MGGGGLXXIIII. « 
L'auteur qui a relevé cette inscription au seizième siècle ajoute : 
« Fecit hic cardinalis duas portadas marmoreas, cum quindecim 
gradibus ibidem marmoreis per quos ad ecclesiam S. Marise ma- 
joris ascenditur et multa in eadem œde vetustate corrupta resti- 
tuit et in melius reformavit (1). » 

Sixte ne voulut toutefois pas se laisser vaincre en magnifi- 
cence par un simple cardinal, et il dota la basilique Libérienne 
d'un orgue (2). 

Sainte-Marie de la Paix (3). 

S. D. (le document suivant est du 28 mars 1484). — Cum nuper in 
aima Urbe nostra a fundamentis inter alias ecclesias ac tenipla et alia 
pia loca propria nostra impensa conslrui fecerimus quoddam templum , 
cui cognomen Pacis indiximus , illudque per Congregalionem Lateranen- 

(1) Bibliothèque Chigi, I, V, 167, fol. 4. 

(2) « Ad exprimendum suum in Yirginem aflfectuni, prseter templa Romae 
"Virgini excitata, in basilica Liberiana a Iseva arse maximae organum concinna- 
vit, quod postea Clemens VIII instauravit » {Cinccomo , Vit x pontificiim , éd. 
de 1677, t. III, p. 30). Voy. aussi l'ouvrage de De Angelis, Basilicx S. Marix 
Majoris... descriptio, à la table. 

(3) 1482. « AUi 13 dicembre, venerdi , festa di Santa Lucia, Papa Sisto and6 
per Roma, et entré in Santa Maria délie Virtîi, e stato li un pezzo ad orare , 
battezz6 la chiesa délia Madonna délie Virtù, e chiamoUa Santa Maria in Pace a 
{Notajo di Nantiporto, apud Muratori , t. III, 2° partie, p, 1080. — Voy. aussi 
Martinelli, Roma ex ethnica sacra, p. 162-164). 

11 



162 SIXTE IV. 

sem canonicorum regularium ordinis sancli Aiigustini perpetuo lenendum, 
regendum el gubernanduni decreverimus, atque slaluerimus, noslrœque 
intentionis existât templum hujusmodi in œdificiis el redditibus, deo con- 
cédante, arapliare, atque augere, ad hoc utillius onera Congregatio ipsa 
facilius supporlare et cuni fervore devotionis populi ad illud dietim pras- 
conduentis (sic) laudabilius in divinis deserviret, etinibi canonici ad hu- 
jusmodi regimen et gubcrnalionem pro tempore existentes commodius 
residere possint. Et qiiin, siciit noviteraccepimus, dilectusfiliusConstan- 
tius de Mediolano canonicus et procurator in romana curia ejusdem Con- 
gregationis, quem ad regimen et gubernalionem hiijusmodi et in praepo- 
silum dicti templi per prœposilum gubernandi ex decreto nostro usque ad 
Capitulum générale pra3fat;o Congregalionis proxime futurum deputavi- 
mus, a vobis requisitus seu pro ordine et consueludiiie diclce Gamene se et 
Congregationem ipsam specialiter et expresse obligaveril sub pénis et cen- 
suris solitis solvendi annatain fructuum etc. dicti templi ac jocalia pro 
erectione dignitatis et loci solvi solita el consueta in similibus seu alias, 
prout per vos stalutum cl deliberalum foret. Cum autem de re nostra 
propria agalur et expensis nostris hœc omnia fiant : Volumus ac tenore 
pnesenlium vobis in virtule sanclœ obedientiaî expresse commitliraus et 
raandamus ut statim visis prgesenlibus obiigationem ipsam de libris 
Camerse apostolicae deleatis et cancelletis et hoc prœsens mandatum 
nostrum apud illam registrelis, quia ejusdem intentionis nostrœ et om- 
niniodo voluntatis existit ut Congregatio pnedicta ratione dicti templi ab 
annata ac jocalibus ac aliis oneribus in Caméra prœdicta el alibi ubi- 
cunque penitus immunis el libéra perpetuo existât, non obstantibus, etc. 
Placel motu proprio et ila mandamus. — Arch. Secr. Val. , Divers. 
Cam., 1471-1482, fol. 310. 

Sainle-Marie-du-Peuple. 

De templo divae Mariae de Populo a Sixto aedificato. 
Epygramma XXXI. 

Omnia conspicuis ornavil numina templis, 

Et dédit hac cunctis Sixlus in urbe locum. 
Sed tibi pr;eslantem multo, dea, condidit a'dem : 

Quare hoc plus uni debuil ille tibi. 
' Ille quidem mullum tibi se debere putabat, 

Persolvit plus quam debuit ipse tamen. 
Condidit eximium donis el marmore templum, 

Et dédit hoc meritis, diva pudica, luis. 



SAINTE-MARIE-DU-PEUPLE. 163 

Nec factum hoc natum, sed vix natum esse putares : 
Qui videt haec hodie, non erat, inquit, heri. 



De eodem templo. 
Epygramma XXXII. 

Cum tibi, diva parens, totum sint templa per orbem, 

Cur juvat imprimis hoc habitare loco? 
Est insigne quidem : nec eo prfestantius ullum, 

Huic tamen œqua aliis sunt quoque templa locis. 
An quia sit magnum : donisque auroque superbum? 

Sunt tibi majores, si modo quaeris, opes. 
Quse causa est igitur? videor mihi nosse fatebor : 

Ut Sixtum possis ssepe videre tuum (1). 

(A. Brandolini. Cod. Vatic. lat., n° 5008, S. 68 v», 69). 



(1) SIXTVS PAPA IIII. PONT. MAX. 1477 : inscription tracée sur les deux 
portes latérales (Forcella , Iscrizioni, t. I, p. 315, n" 1179, et t. XIII, p. 432, 
n° 1042). 

(1480). « Dum adhuc RoniEe esset Ernestus, die Sabbati, quo celebrantur so- 
lemnia Matris gloriosse Domini Salvatoris nostri, itum est ad divina a Ponlifice, 
Patribus, et cunctis ordinibus, et proceribus Curise , ad sedem beatae Mariée 
Populese, quam superioribus annis Pontifex ipse pro sua religione a fundamen- 
tis instauraverat , et in eam formam ex humili et populari redegit, quam nunc 
cernimus » (J. de Volterra , Diarium, dans les R. I. S. t. XXIll, p. 105). 

« Pontifex ad œdem beatae Marise Virginis Popularis quolibet fere sabbato 
religionis causa proficiscitur, quum serenus dies est , et valetudine non impe- 
ditur » (Jacques de Volterra : Muratori , R. I. S., t. XXIIl, p. 137. Cf. p. 153, 
155). 

« Accanto alla porta del Popolo dalla banda di fuori vi sono due bastioni 
fatli modernamente di belli quadri di marmi gentili, quali sono tutti bucati ail' 
usanza de' Goti, per rubarne le spranghe, che cosi ne fanno fede gli altri edi- 
fizj antichi ; ed ho osservato, che bucavano tra un sasso, e l'altro, dove era la 
commessura , per essere quelle il luogo délia spranga ; e cosi veniva bucato il 
raarmo di sopra , e quello di sotto , altrimente non la potevano cavare. Ora in 
detti bastioni dette bûche non affrontano. Dunque è segno manifesto, che sono 
spoglie d'altri edifizj : ed avendo Sisto IV, gran fabbricatore, edificata S. Maria 
del Popolo, acciô più eternaraente durasse la sua memoria, essendo la chiesa 
attaccata a detta porta, che un giorno per qualunque accidente di guerra poteva 
esser desolata, egli vi fabbric5 detti bastioni per sua difesa con li detti marmi, 
de' quali spogliasse quel gran masso, che altro non poteva essere, che un mau- 
soleo ; giacchè vediarao che appresso le porte délia città, e nelle vie pubbliche 
si collocavano, e V. S. ne ha uno accanto la porta di S. Pietro in Perugia » 
(Flaminio Vacca, dans les Miscellanea filologica, critica e antiquaria, de Fea; 
Rome, 1790, p. c, ci. — Cf. Montfaucon, Diarium italicwn, p. 232). 



164 SIXTE IV. 

SS. Nérée et Achillée (1). 

Cette basilique est une de celles que Sixte IV fit restaurer à 
l'occasion du jubilé (1). 

Saint-Pierre es Liens. 

1471, 21 octobre. Gratiadei de Brixia (2) carpentario pro se et quinque 
suis sociis recipienli florenosde caméra oclo et bon. XXVI pro soliilione 
XLIÎI dierum quibus operati sunt faciendo mangiatorias , rastelleria et 
alia ejusmodi in stabulis palatii Sancti Pétri ad Vincula. Dat. Romae, 
MCCCGLXXI, die XXI mensis Octobris. — M. U71-1473, fol. 38 v«. 

1471 . (S. D.) Spese fatte per sancto Pietro in Vincula per recoprire li 
tecti de la giesia (sic) e de lo palazo , tegole semille {sic) cinquecenlo 
fornite. 

Item per tavole d'olmo trecento. 

Item per piu ferraraenti ducati quattro. 

Item per decorrenti e altri legnarae ducati tre. 

Item giornatesexanta, tenneconcto Gratiadio, montono ducati quindici. 

« In divse Mariée de Populo saceliura in Virginis Marise, ac D. Hieronymi 
honorem extruxit, et congrua dote dotavit, ut habemus ex ipsis notis in eodem 
sacello exaralis, et sunt : 

Dominicus de Ruvere card. S. Clcmentis 
Capellam Marise Virg. genetrici 
Dei ac divo Hieronymo. 

» Atque in eo Christophoro fratri, sibique sepulchrum ercxit... E mortalium 
societate egressus est Rornse die 22 aprilis, anno orbis redempti 1501, et sepul- 
tus in temple S. Marise de Populo, in sacello a se extructo, cura hac sepulchrali 
inscriptione : 

Dominicus de Ruvere card. tit. S. Clementis 
Qui aedem hanc a fundamentis perfecit 
Hic pro tempore quiescit. » 

(Ciacconio , Vilx et res gesLv Poniificiim romanornin , éd. de 1677, t. III; 
p. 76, 77). 

(I) « Et ecclesia sanctorum martyrum Nerei et Archiici (sic) cuna ecclesia 
sancti Stcphani in "Vaticano cum nonnuUis capellis, quee (sic) omnes collapsae 
a fundamentis Syxtus IIII anno jubilei restituit » (Albcrtini, Opuscuhim , 
fol. 83). 

(1) 1471, 15 novembre, u Magistrô Gratiadei de Brixia pro se et sociis flore- 
nos similes octo, bon. xxxvi pro operis xl positis in aptando ad sanctum Pe- 
trum ad Vincula; patet mandatum factura xxvi octobris » (A. S. V., Intr. et 
Ex. Cam., 1471-1472, fol. 150). 



SAINT-PIERRE IN MONTORIO. 



165 



Saldo le sopradicte cose, e montano in lullo duc. 86. 

Et de havere m^° Francesco per lo soprapiu de lavoro fatto a Sancto 
Jauni duc. 50. 

E lo lavore (sic) falto a Se» Maria Magiore, monta duc. 57. 

Fiat mandatum de suprascriptis centum nonaginla tribus florenis pro 
praedictis fabricis et operibus. Ant. de Forlivio , app. camerse clericus. 
— M. 1471-1477, fol. 70 V. 

1472 [15 janvier]. Spectabilibus viris Guillermo et Johanni de Pazzis 
etc., ponatis et describatis ad exitum unum smaragdum in tab. signa- 
tum H., extimatum duc. LXX, q. ex ordinatione nostra consignastisRi^o ia 
Christo patri domino Julio tituli S. Pétri ad Vincula presbitero Cardi- 
nali pro residuo satisfactionis certaruni pecuniarum per bo. me. domi- 
num Nicolaum de Cuszaejusdem tituli Cardinalem dudum legatarum pro 
reparatione ecclesicTe S. Pétri pr;edicti , et quas fe. re. dominus Paulus 
prsefatus certo modo receperat a domino prothonotariode Gesarinis, tes- 
tamenti ejusdem Nicolai exequutore Cardinalis, quera sic descriptum 
etc. ut supra etc. — L. Gard, de Ursinis. — Gaspar Blondus. — 
M. 1471-1477, fol. 57 r. 

S. Pietro in Montorio. 

1483, 5 mars. — Régi Francité. — Garissirae in Christo fîli noster 
salutem etc. Gratissimœ fuerunt nobis tu?e Majestatis literœ, quibus 
gratias agit nobis de votorum suorum commutalione, et tuœ devotionis 
fervorem magnopere laudamus , qui jam ea in quœ vota commutavimus 
diligenter et cumulate fueris executus , missis quingentis scutis ad 
basilicam principis apostolorum de Urbe pro illius tectorum et ecclesice 
reparatione , et totidem in supplementum fabricre beati Pétri in Monte 
aureo. Quae per dilectum filium nostrum Phy(lippum)tituli S. Joanniset 
Pauli presbiterum Gardinalem matisconensem fecimus tuo nomine pne- 
sentari , eidemque ordinavimus , ut curet ipsam pecuniam quam util- 
lime expendi. Gonspicuum quoque et liberalissima devotione tua dig- 
num calicis aurei donum per te nuper ad sacrosanctam Lateranensem 
ecclesiam missum, tanto libentius vidimus , quanlo cognoscimus non 
solum tuam devotionem mirifice in dies augeri : sed continuis tuse erga 
Deum et sanctos pientissinicO liberalilatis exemplis , c^eteros quoque ad 
divinum excitari cultum et majorem devotionem accendi : ex quo tanto 
majoris id tibi apud Deum merili est , et apud mortales laudis et hono- 
ris. Galix ipse prioribus tu;c munificentissimir pielalis donis qu;i' in 
eadem sunt ecclesia aggregatum est per eundem Gardinalem el dilectum 
filium Franciscum Sextoris, hue Majestatis nunlium, qui calicem, ut 



166 SIXTE IV. 

dileclus filius Jacobus Vigorosi, eliamnunlius, pecuniam, accuratissime 
pertulerunt, et intégra consignarunt fide. Datum Romae, etc. — A. S. 
V., Brevia Sixti IV, 1482-1483 , fol. 404. 

SS. Quirico e Giulitta. 

Ici encore le jubilé a été la cause déterminante d'une restaura- 
tion dont nous ignorons l'étendue et la nature : 

INSTAVRATA VIDET QVIRICVS CVM MATRE JVLITA 
QV^ FVERANT LONGA DIRVTA TEMPLA DIE. 

PRINCIPE SVB SIXTO DELVBRIS NVLLA VETVSTAS : 
HIC REFICIT PONTES , MOENIA , TEMPLA , VIAS. 



JVSSV IMPENSAQVE SIXTI IV PONT. MAX. | GEORGIVS DE RVVERE 
EGCLESIARVM VRBIS | CVRATOR INSTAVRAVIT ANNO JVBILEI (1). 

S. Salvatore al Ponte Senatorio. 

SIXTVS . IIII . a fundamentis reslauravit anno jobilei {sic) MCCCC 
LXXV (2). 

S. Spirito. 

Les deux documents suivants n'ajoutent guère de renseigne- 
ments nouveaux à ceux que nous possédons sur l'histoire de cette 
fondation grandiose. Mais comme ils contiennent des dates, qu'il 
n'est pas sans intérêt de relever, nous n'avons pas cru devoir les 
laisser de côté. 

1475 , 27 janvier. Baptisl;Te Drago Viterbiensis Patrimonii etc. Ihesau- 
rario seu ejus locumlenenli, etc. Nobilis vir,elc. saluteni, etc. A la San- 

(1) Forcella, hcrizioni, t. VIII, p. 301, n°' 73G. 738. — F. Martinelli, dans sa 
lioma ex elhnica sacra, p. 293, ajoute à l'inscription les détails suivants : « In 
regionc montium, quec antiquitus appcllabatur Suburana, prope fori Nervse rui- 
nas. Antiquum, quod Sixtus IV restauravit, reliquiis ditavit, prcsbyteri cardi- 
nalis titulo cohoneslavit . stationcmquc, ex sanclo Ciriaco in Thcnuis, ruinis 
obruto, in idem transtulit : hi versus olini extabant. 

n Instaurata videt.... » 

(2) Forcella, hcrizioni, t. IX, p. 263, n» 531. 



SANTO SPIRITO. 167 

tita de N. S'^^ piace che sia permesso la p(ersona ?) del comendatore de 
Sanclo Spirito de Roma ôvero suo messo far tagliare nelle selve de la 
Caméra aposlolica in quella provincia legname da opéra quanto li sia 
necessario per lo edificio che al présente se fa nel dicto Sanclo Spirito : 
E percio noi vi comandiarao per la présente che senza alquna {sic) ex- 
ceptione li lasciale tagliare li dicti legnami, havendo percio accurata 
diligentia che per questo si guastino legnami frucliferi quanto meno sia 
possibile e chel legname tagliato non si conduca piioi (sic) ad altro che 
al predicto uso. Valele, etc. — A. S. V., Divers. Cam. , 1471-1474, 
fol. 89 v°. Voyez aussi A. S. V.,Intr. et Ex.Cam.,U75-1476, fol. 204 r. 

De dorao hospitali Sancti Spiritus in Saxia a Sixto condita. 
Epygramma XXXIII. 

Aspicis ereclam quicunque ad sydera molem 

Alriaque in longos continuata sinus, 
Miraris : longeque magis mirabere noris {sic) 

Quosque habet h?BC usus quodque habet intus opus. 
Hsec miseris addicta domus languentibus orbis : 

Omnem usum brevius pandere non potui. 
Sublevat haec inopes, languentia corpora curât, 

Haec est incerlis fœtibus una parens. 
Quse gemina innumeris longo strata ordine loctis 

Aspicis segrotis atria tota patent. 
Intus ad baic ali.-e alquic aliie sunt munera sedes. 

Quid multa? est miseris tota dicata domus. 
Miraris puto tantum opus aucloremque requiris : 

Condidit hoc , qui nunc ctetera, Sixlus opus. 
Toile oculos : vitamque mei moresque partMitis 

Perlege; si nescis, singula picta vide. 
Quis rogo principiis : quo cursu atque ordine vitœ 

Contigit œtherei verlice summa poli? 
Sancta fides, pietas, mores, sapientia, virlus, 

Omnia in hoc demum sunt cumulata viro. 
Nil tilulis eget ille meis : monumenta perennem 

Efficiunt : astris h;oc domus una local. 
Haec superat veteres, superat domus una récentes : 

Cfetera mirari desine, fama loquax. 
Magna quidem fecere alii : sibi magna, sed uni : 

Maxima tu cunclis, non tibi. Sixte, facis. 



(A. Brandoliiii : Bibliothèque du Vatican, fonds latin, n» 5U0S, fol. 69 v»). 



168 SIXTE IV. 

Sainte-Susanne. 

Mentionnée par Panvinio parmi les églises restaurées sous les 
auspices de Sixte IV(Voy. ci-dessus, p. 158). 

S. Vital, 

Une inscription tracée sur la porte principale rappelle la restau- 
ration très considérable dont cette église a été l'olDJet en 1475 (1). 

SS. Vîto et Modesto. 

Sur l'architrave de la porte , on lit cette épigraphe , rapportée 
par M. Forcella : SIXTVS IIII • PONT. MAX. FVNDAVIT • 
1477 (2). 

CHAPITRE IV. 

TRAVAUX EXÉCUTÉS A ROME {suile) : LES MONUMENTS ANTIQUES. 

J'ai cherché, dans la Notice préliminaire, à définir l'attitude 
de Sixte IV vis-à-vis de l'art antique (3). Il me reste à produire 



(1) Forcella, Iscrizioni, t. XI, p. 221, n° 356. 

(2) Iscrisioni, t. XI, p. 151, n° 285. — Cf. Martinelli, Jîoma ex ethnica sacra 
p. 318. 

(3) Les partisans de Sixte ne manqueront pas d'invoquer en sa faveur les termes 
d'un bref défendant au châtelain d'Ostie de laisser sortir soit des statues, soit, 
des colonnes, — bref dont un extrait a été publié par A. de Zahn dans le Bul- 
letin do l'Institut de correspondance archéologique (1867, p. 191). Mais la date de 
ce document m'inspire quelques doutes sur sa portée. Sixte avait été élu le 
9 août, c'est-à-dire deux jours seulement avant cette décision, qui semble ne pas 
avoir offert un caractère d'urgence bien marqué. N'aurait-il pas songé tout sim- 
plement à empêcher l'enlèvement des antiques réunies par Paul II? On a en 
effet vu que quelques serviteurs du défunt pape détournèrent une partie de ses 
trésors (t. II, p. 15G). Quoi qu'il en soit, je reproduirai ci-dessous le texte en 
question , afin de mettre le lecteur à même de se prononcer en parfaite con- 
naissance de cause : 

1471, 11 août. « Dilecto AntoncUo de Rocha j)riori prajscnti et pro tempore 
futuro arcis Osliœ castellano, salutem in domino. De mandato S™' domini nos- 
tri pap;e, nobis super hoc oraculo vivaî vocis facto, et auctorilate nostri came- 
raiiatus ollicii vobis harum série mandamus ut attente, et cum omni possibili 



LES MONUMENTS ANTIQUES. 169 

les documents à l'appui. J'étudierai successivement dans ce cha- 
13itre la restauration du palais du Gapitole et l'organisation du 
musée qui y fut installé par les soins du pape, les travaux d'en- 
tretien exécutés dans les différents autres monuments antiques 
de Rome, enfin les trop nombreux travaux de démolition qui 
firent disparaître des ruines jusqu'alors respectées. 

Le palais du Capitole. 

1473. 6 juillet. Magnificis almœ Urbis conservatoribus seu Jacobo An- 
tonii Jacobutii de castro Viturchiani , eorum comeslabili et expenditori, 
fl. auri de caméra XXV exponen(dos) per ipsos dominos conservatores 
in fabricam citernœ palalii eorum residenliro. — Mandais 1472-1476 , 
fol. 10. 

» 21 juillet. Magnificis viris domino Andreœ de sancta Cruce.. . et ejus 
sociis, Camerse ipsius Urbis conservatoribus, florenos de caméra Iriginta 
exponendos per eos in perfeclione fabricie reparationis cisternœ palalii 
eorum residenli?e. — A. S. V,, Divers. Cam., 1472-1476, fol. 111. 

1477. 21 avril. De mandato facto die XVIII dicli mensis flor. cenlum 
de caméra Laurenlio de Petrasancta exponendos per ipsum in fabrica 
salariœ aposlolicse in Capitolio. — A. S. V., Intr. et Ex. Cam. , 1476- 

1477, fol. 238 vo. 

» 7 Juin. De mandate facto die III dicli llor. quinquaginta de caméra 
magislro Laurenlio de Petrasancta pro fabrica salariae Capilolii, de qui- 
bus habebil reddere compulum. — A. S. V., Inlr. et Ex. Gara., 1477- 

1478, fol. 175 v°. — Voyez aussi aux Archives d'Etat le registre Tes. 
Patrimonio, 1484-1485, fol. 154. 

Le musée du Capitole. 

L'inscription rapportée en note célèbre, en termes pompeux, 
les droits que Sixte IV s'est assurés à la reconnaissance de la pos- 
térité par la fondation de ce musée , la première en date des col- 
lections publiques de l'Italie (1). 



diligentia curetis et provideatis qiiod per viam portas Ostiee nulkira genus 
marmoris, tam in signis et yiaaginibiis, quain in cokunnis aut qiiaciunque alia 
forma per quoscLunque extrahatur, aut edueatur, sine cxpressa nostra licentia 
in scriptis obtenta. Non obstantibus contrariis (luibuscumque. Datuni in domi- 
bus habitationis nostréc apud montem Jordani, etc. » — A. S. V., Div. Cam., 
1471-1478, foi. 5. 
(l) M Sixtus IIII. Pont. max. ob immensam benignitatem aeneas insignes sta- 



170 SIXTE IV. 

Le musée comprenait , à cette époque , les antiques suivantes : 
le tireur d'épine , le lion dévorant un cheval , la main de bronze 
avec la palla , l'Hercule de bronze du Forum boarium , la « Zin- 
gara, » un certain nombre de bustes antiques, l'urne d'Agrippine, 
enfin divers fragments. 

Les premiers bronzes remis entre les mains des conservateurs 
provenaient , non pas , comme on l'a cru , du musée de Paul II , 
qui les aurait enlevés h la collection municipale (c'est ainsi que , 
dans l'inscription ci-dessus relatée , on a voulu justifier la leçon 
de « unde extortse fuere »), mais du palais de Latran. Telle était 
l'origine de la célèbre louve; un texte authentique en fait foi (l). 
La main de bronze avec la « palla » et le buste de Domitien, éga- 
lement en bronze , avaient la môme origine. M. Stevenson l'a 
établi par des arguments péremptoires (2). 

L'Hercule de bronze, un des principaux joyaux de la collec- 
tion naissante, était une conquête de Sixte IV; on l'avait trouvé 
en démolissant le temple consacré au héros grec au pied de 
l'Aventin (3). 

tuas priscae excellentiae virtutisque monumentum romano populo unde exortae 
fuere restituendas condonandasque censuit. Lalino de Ursinis cardinali came- 
rario administrante et Johanne Alperino, Phil. Paloscio, Nicolao Pinciaronio, 
Urbis conservatoribus procuraiitibus. Annosalutisnosti'EeMCCCCLXXI. XVIII 
kal. januar. » (Forcella, IscHiioni, t. I, p. 28, n" 16). 

(1) 1471, 13 novembre. « Magistris Came(ra3) almœ Urbis conservatoribus flo- 
renos auri de caméra centum exponendos per ipsos in fabrica loci in quo sta- 
tuenda est apud eorum palatium luppa senea quaî hactenus erat apud S. Jo. 
Lateranensem. et in certis aliis ornamentis prjedicti eorum palatii, juxta ordi- 
nationem per S. D. N. papam factam » (En marge : « pro fabrica palatii con- 
servatorum Urbis ubi ponenda est luppa œnea »). — M. 1471-1473, fol. 51 v°. 

(i) Scoperte di anhchi cdifizi al Laterano , Rome, 1877, pp. 52-55. Quelques 
archéologues modernes ont voulu voir dans ce bronze un ouvrage du moyen 
âge (Burckhardt et Bode, Dcr Cicérone, éd. de 1879). 

(3) a Verum et Romse adhuc Herculis sereum signum in Capitolio custoditur, 
tripedanea fere mensura majus , quod tenuissimis aureis laminis intectum pr?c 
se fert mirabilem illam antiquarum artium structuram, quam hujus aevi homi- 
nes iiegant ulla , qua absoluliun .est arte imitari potuisse » (B. Rucellai , De 
Urbe Româ, apud Tartini et Becucci, p. %8. Cf. Montfaucon, Diariiim italicum, 

p. 173). 

« Herculis apud sciiolam grœeam sub Avcntino, ubi Berça statua mea setate 
reperta, qucE in îcdibus conservatorum visitur » (R. MalToi de Voltcrra, Rerum 
urbanariim commentarii, liv. VI). 

« In quo ipalatio conservatorum et senatoris)... sunt monimenta quamplura Ru. 
S. statua Herculis icnca cum bac inscriptione : Syxlo llll Pont. max. régnante 
xneum Herculis simulachnim aurea mala secundum vivenlc (sic) Iropeum sinixtra 
gercnlis in ruinis Herculis Vict. Fori boar. effossiim conscrvatorcs in monumentum 
glorix romanx heic locandum curarunt^> (Albcrtini, Opusculiim, fol. 8G). 



LE MUSÉE DU CAPITOLE. l"?! 

Les environs de la porte de Saint-Paul étaient représentés par 
le lion dévorant un cheval , actuellement installé au fond de la 
cour du palais des Conservateurs (1). 

Deux autres antiques dont la provenance n'est pas connue com- 
plétaient , sous Sixte IV, la collection du Capitole. La première 
d'entre elles était le tireur d'épine ; la seconde une statue dési- 
gnée sous le nom de « Zingara. » Il est probable que la décou- 
verte du tireur d'épine remontait à un grand nombre d'années 
déjà, car lors du concours pour les portes du Baptistère de Flo- 
rence, en 1402-1403, Brunellesco s'en inspira, — Cicognara en a 
fait la remarque, — dans la figure de l'un des serviteurs d'Abra- 
ham. Quant à la mystérieuse Zingara , que l'on croit retrouver 
dans le Camille de bronze du Capitole, on en est réduit au té- 
moignage d'un auteur anonyme du quinzième siècle , qui signe 
a Prospettivo Milanese, » et dont les poésies, écrites dans un ita- 
lien barbare, ont récemment été rééditées par M. Gilbert Govi (2). 

On remarquait, en outre, l'urne d'Agrippine qui, pendant long- 
temps, avait servi à mesurer le blé (3). 

Il est bien possible que les deux lions de basalte , que l'on voit 
actuellement au bas de la rampe conduisant au Capitole, y aient 
été placés dès le règne de Sixte IV. Andréa Fulvio les décrit en 
effet comme se trouvant à cet endroit , en 1513 au plus tard (4). 

Tous ces morceaux étaient disposés selon les besoins de la dé- 
coration , plutôt que groupés dans un ordre scientifique. 

Un insigne monument de la sculpture du moyen âge, la statue 

(1) G. Govi, Intorno a un opuscolo rarissimo délia fine del secolo XV intitolato 
Antiquarie Prospettiche Romane, composte per Prospettivo Milanese dipintore, 
Rome. 876, p. 126. 

(2) Propinqu' allui a una circata dochio 

E una zingra di magior varizia 
Che non son quelle che fec' el "Verochio. 
(^Intorno a un opuscolo rarissimo délia fine dcl secolo XV intitolato Antiquarie 
Prospettiche Romane, pp. 15, 25. 

(3) Gregorovius, Storia délia città di Roma, t. YII , p. G65 ; Forcella, Iscri- 
zioni, t. I, p. 28, n° 20. 

(4) Dans la traduction de Flaminlus Vacca, publiée par Montfaucon {Dia- 
rium italicum, p. 247), il est dit que Sixte IV fit enlever ces lions de la place 
du Panthéon ; dans le texte original publié par Fea {iliscellanea, t. I, p. Lxx), 
ce déplacement est au contraire attribué à Sixte V. Ajoutons que, d'après cer- 
tains auteurs, les lions actuels proviendraient de l'église de Saint-Etienne in 
Gaco. — Deux autres lions , en marbre rouge, figuraient sur la place du Pan- 
théon du temps d'Alexandre "VI : « Davanti alla medcsima (chiesa) stanno col- 
locati sopra colonne due leoni di marmo rosso » (lleumont, Viaggio in Halia 
nel MCDXCVIl del cav, Arnoldo di Harff, Venise, 1876, p. 17). 



172 SIXTE IV. 

de Charles d'Anjou, aujourd'hui reléguée au fond d'un corridor 
du palais des Conservateurs, a aussi été remis en lumière par les 
soins de Sixte. Nous le savons i)ar une inscription (I) que l'on 
croyait perdue depuis longtemps , mais qui vient d'être retrou- 
vée (2). 

Le château Saint-Ange. 

Les travaux exécutés dans cette citadelle de la papauté , sous 
Sixte IV, ne sont rien en comparaison de ceux qu'y entreprit 
Alexandre VI. Nos documents nous servent toutefois à établir un 
fait intéressant : c'est que, longtemps avant Alexandre VI, le Va- 
tican communiquait avec le château Saint-Ange par un chemin 
couvert, qui permettait de se rendre de l'un à l'autre édifice sans 
être vu du dehors. 

1473, 22 janvier. Magistro Paulo de Campagnano muralori florenos 
de caméra centum per eum exponendos in reparalione mûri per quem 
iturdepalatio aposlolico in castrum S. Angeli. — A. S. V., Divers. Cam., 
1472-1476, fol. 67 vo(3). 

HIA. 30 avril. Magistro Jacobo de Cremona ferrario infrascriplas pe- 
cuniarum summas ex causis infrascriplis , videlicet : Primo pro duobus 
vasis eneis ponderis librarum viginli oclo ad hauriendum aquam de 
puteo pro usu castri sancti Angeli ad rationem baiocorum septem 
pro qualibet libra, 11. II, bl. LU. Item pro libris XXVI cum dimidia ferri 
additi ad cathenam... {en blanc) dicti caslri, quœ nuper reparata (ou re- 
perla) est, fl. I, b. XXVIII; constituentes in toto llorenos de caméra 
quatuor et baiocos octo. — M. 1472-1476, fol. 68. 

»12juin. Magistro Egidio de Tocho muratori llorenos de caméra sexa- 
ginta exponendos per eum in reparatione mûri per quem itur de palatio 

(1) nie ego, prseclari tuleram qui sceptra senatus, 

Rex Siculis Carolus jura dedi populis. 
Obrutus heu jacui saxis fumoque ; dederunt 

Hune tua conspicuum tempora, Sixte, locum. 
Hac me Matheus posuit Tuschanus in aula, 

Et patrise et gentis gloria magna suéc. 
Is dédit et populo post ine bona jura senator, 

Insignis titulis dotibus atque animi. 
Anno domini MCCCCLXXXI. III semestri. 
(•2) Archivio storico, arlistico, archeologico c letlerarlo délia città e proiincia di 
lloma, 1875, p. 48. 

(3) 1483. « In senatu, in quem ex Adriani mole, per murum a mole ipsa ad 
Pontificiampcitinentem, Sabellus etColumna venere » (J. de Volterra, R. I. S., 
t. XXIII, p. 191). 



LE CHATEAU SAINT-ANGE. 173 

apostolico in castram sancti Angeli , de quibus teneatur reddere ratio- 
nem et computuin, — A. S. V., Divers. Cam. 1472-1476, fol. 171 v". 

1475. 13 mars. Magistro Stephano Rospo carpentario florenos de ca- 
méra quinque exponendos per eum pro factura et lignis ac ferramentis 
et serris necessariis unius cancelli faciendi ad portam castri sancti An- 
geli , ne quis possit de nocte per eam transire. — M. 1472-1476 , fol. 
149 r. 

» 29 avril. Magistro Leonardo Guidocii romano aurifabro florenos de 
caméra novem pro certa reparatione quara fecit circa angelum eneum 
qui est supra castrum sancti Angeli. — Ibid., fol. 162, 

y> 31 mai. De mandato facto die 29 aprilis magistro Guidoccio aurifabro 
florenos novem pro certa reparatione facta circa angelum marmoreum 
et alas ejus œneas in castro sancti Angeli. — A. S. V,, Intr. et Ex. Cam., 
1474-1475, fol. 158 v". 

» 13 juin. De mandato facto die VIII ejusdem magistro Johanni de Ala- 
mania florenos viginti pro factura et callo (sic) metalli unius campanse 
ponderis librarum 598 factse ad usum castri S. Angeli de Urbe. — A. 
S. V., Intr. et Ex. Cam., 1475-1476, fol. 153 vo. 

1480. 4 février. De mandato facto die 24 decerabris flor. de caméra 
mille ducentura (sic) octuaginta quatuor auri de caméra, b. XXII 
1/2 Rdo patri domino Thom?e Episcopo Leonensi, castellano sancti An- 
geli, in deductionera expensarum per eum pro reparatione dicti castri 
factarum. — A. S. V., Intr. et Ex. Cam., 1479-1480, fol. 233 v». 

1481. 22 mars. Honorabili viro Mino de Celsi de Senis florenos de caméra 
quinquaginta, ad rationem LXXV bon. pro floreno, per eum exponendos 
et distribuendos inter plures et diversos operarios ac pro valore diversa- 
rum rerum oportunarura pro certa fabrica facienda de mandato s™' do- 
mini n. papœ in castro S. Angeli. — M. 1479-1481 , fol. 165. 

» 7 avril. De mandato facto die 22 marcii flor. quinquaginta de cari. X 
pro flor. mo Laurenlio de Petrasancta pro expensis factis in castro sancti 
Angeli. — A. S. V., Intr. et Ex. Cam., 1480-1481, fol. 220. 

» 18 avril. De mandato facto die VIIII dicti flor. viginti octo de caméra 
de karl. X pro flor. Salvato de Matrice pro 1000 tabulis positis in Cas- 
tro sancti Angeli. — Ibid., fol. 222 vo. 

))24 mai. De mandato facto die 20 februarii flor. quingentos sexaginla 
quinque de caméra, videlicet de cari. X pro duc. Rdo domino Thomie epis- 
copo Leonensi pro residuo et complemento flor. 2200 similium per eum 
expositorum ex commissione S. D. N. pro diversis ediliciis et reparalio- 
nibus in castro sancti Angeli. — Ibid., fol. 232. 

» 17 juillet. Rdo in Christo patri domino Thomœ, dei gratia episcopo 
Leonensi , castri sancti Angeli castellano, florenos de caméra quinqua- 
ginta octo pro residuo et complemento solutionis pecuniarum per eum- 



174 SIXTE IV. 

dem castellanum factœ in fabrica, videlicet, porlis, feneslris et aliis ré- 
bus oportunis in dicto Castro. — M. 1479-1481, fol. 197. 

Le temple de Vesta. 

Cet édifice, également appelé Santo-Stefano aile Garrozze (1), 
fut restauré par les soins de Sixte IV (2). 

La fontaine de Trevi (3). 

1472. 22 juin. Magistris Salvato Andreae de Toccho et Egidio ejus fra- 
tri muratoribus florenos de caméra ducentos pro parte et in deduclio- 
nem fabricie reparationis aquœductus fonlis Trevii (sic). — » 6 août. 
Autre paiement de 200 tlorins fait aux mêmes. — M. 1464-1473, ff. 74 
v°, 76. 

» 15 juillet. Antonio Lori et Jacobo de Carrara scarpellinis florenos de 
caméra quadraginta , videlicet cuilibet ipsorum viginti , pro parte et in 
deductionem solutionis cornicum quas facere debent pro ductu aquse 
Trivii, quod de S. D. N. mandate reparatur. — Ibid., fol. 75 v». 

» 9 septembre. Magistro Salvato et magistro Egidio de Toccho fratribus 
quibus commissa est cura reparandi aquœductum Trivii florenos de ca- 
méra centum in deductionem expensa^ dictiB reparationis. De quibus hi- 
dem magister Salvatus et magisler Egidius postraodum habebunt reddere 
rationem, quos, etc. — Id. 19 septembre, 100 florins. — Id. 10 octo- 
bre, 100 florins. — Id. 13 novembre, 200 florins. — A. S. V., Divers. 
Cam., 1472-1476, fl^. 327, 332, 336, 339 v». 

» 10 octobre. Venerabili viro domino Hieronimo de Gigantibus s™» d. n. 
papaî cubiculario etc. florenos de caméra L», de quibus solvere debebit in- 
frascriplas quantitates infrascriptis personis, videlicet primo... (en blanc) 
patrono vinete in qua erat quidam arcus ex marmoribus tiburtinis qui 
demolitus fuit et dicta marmora portata in usum fornicum novorum 
aquœ ductus Trivii, fl. XII. 

Item magistris qui ipsum arcum fuerunt demoliti pro eorum mer- 
cede laboris, fl. X. 

Item diversis personis habentibus vineas finitiraas prœdicto arcui per 
quas opporluit duci currus et alias (sic) instrumenta ad vehendum ipsa 



(1) Martinelli, Roma ex ethnica sacra, p. 309. 

(2) « Tem])lum VestcC nonnulli dicunt illud fuisse quod nunc dicatum est ad 
hoDorein S. Stephani, a Sixto IIII instauratum, inter ccclesiam sanctse Marise 
in Cosinedim et ïyberim » (Albertini, Opuscuhim, fol. 45 v°). 

(3) Voy. notre t. I, p. 156, 157. 



LA FONTAINE TREVI. 175 

marmora pro qualitate cujusque interesse et damni passi, ac etiam pro 
mercede carretarum quibus eadem raarmora fueruntvecla ad locum dicti 
fornicis, in tolo, fl. XXVIII. 

De quibus tamen idem dominus Hieronimus tenebitur reddere parti- 
cularem rationem, etc. — Ibid., fol. 336. 

1472. 13 novembre. Florenos quadraginta prudentibus viris magistris 
Antonio Lori de Florenlia et Jacobo de Carrera {sic) marraorariis per ip- 
sos exponendos pro cornicibus aquseductus fonlis Trivii, de quibus tene- 
buntur reddere rationem parlicularem, quos etc. — Ibid., fol. 340. 

))27 décembre. Prudentibus viris magistris Salvato deToccho et Egi- 
dio ejus fratri muratoribus florenos de caméra ducentos per ipsos expo- 
nendos pro continualione reparationis fabricse aquaeductus fontis Trivii 
et in deductionem dicl;B reparationis, de quibus florenis tenebuntur red- 
dere parlicularem rationem, quos etc. — Ibid., fol. 106. 

1473. 27 mars. Prudentibus viris magistris Salvato de Toccho et Egi- 
dio ejus fratri muratoribus florenos de caméra ducentos per ipsos expo- 
nendos pro continuatione reparationis fabricte aquœduclus fontis Trivii 
et in deductionem dictse reparationis, de quibus tenebuntur reddere ratio- 
nem, quos etc. — Ibid., fol. 80 v». 

» 2-4 mai. Providis viris Salvato et magistro Egidio de Thocco muratori- 
bus ad reparandum aquccductum Trivii deputatis florenos de caméra 
ducentos ad rationem LXXV b. (pro floreno) in deductionem diclre repa- 
rationis, de quibus teneantur reddere rationem, quos etc. — Ibid., ff. 93 
v», 94. 

» 11 novembre. Providis viris magistris Salvato et Egidio de Toccho 
fratribus muratoribus ad reparandum aquœductum fontis Trivii deputatis 
florenos de caméra ducentos , ad rationem septuaginta quinque baioco- 
rum pro quolibet floreno , in deductionem dictœ reparationis, de quibus 
teneantur reddere rationem, quos etc. — 1474, 17 janvier, Id. 200 flo- 
rins. — 14 mars, Id. 200 florins. — Ibid., if. 124 v», 131, 145 vo. 

1474. 8 juin. Providis viris magistris Salvato et Egidio fratribus mu- 
ratoribus ad reparandum aqu^ductum fontis Trivii deputatis florenos de 
caméra centum et viginti octo et baiocos XXXIIIIo'' pro eflossione et con- 
ductione cerlœ quantitatis marmorum et tiburtinorum ex porta Salaria 
conductorum pro reparatione dicti fontis Trivii , quos etc. — Le même 
jour autre paiement de 200 florins. — 30 septembre, Id. 200 florins. 
— Ibid.,fl'. 171, 189. 

» 6 septembre. Providis viris magistris Salvato et Egidio de Tocho 
muratoribus fratribus florenos de caméra ducentos pro purgatione aquaî- 
ductus fontis Trivii ab intra, de quibus dicti fratres teneantur reddere 
rationem. — 30 septembre. Autre paiement de 200 florins. — Ibid., 
ff. 185 y\ 189. 



176 SIXTE IV. 

1474.23 novembre. Magistris Salvalo et Egidio de Tocho muratoribus 
fralribus ad reparandum aqiueductum fontis Trivii depulatis florenos de 
caméra ducentos , pro purgalione dicti fontis Trivii ab intra. De quibus 
florenis postmodum dicti fratres tenebuntur reddere rationem, quos etc. 
— 24 décembre, autre paiement de 400 florins. — Ibid., ff .195 v», 200. 

1475. 3 octobre. De pecuniis gabelki; studii etc. solvatis etCo Sabbœ de 
Porcariis etc. florenos de caméra ducentos sexaginta quatuor, b. 18 pro 
totidem quos exposuit in evacualionne et emundatione aquaeductus fon- 
tis Trivii ab intra, quos etc. —Ibid., fol. 244. 

»» Magistro Antonio Lori de Florentia scarpellino florenos de caméra 
sexaginta très et b. 33 pro residuo operis omnium cornicum , cantono- 
rum, fenestrarum, portarum et duorum armorum domini nostri posito- 
rum in opère aquisductus fontis Trivii. — Ibid., fol. 244. 

1476. 26 mars. Magistro Salvalo de Tocho muratori florenos de ca- 
méra decem pro purgatione cloachœ per quam derivalur aqua ex fonte 
Trivii ad certos ortos (sic). Qure cloacha repleta est, etnonrecipitipsam 
aquam cum maximo detrimenlo tam dicti fontis quam totius viciniœ 
(sic) ; prout nobis constat ex relatione Rdi palris domini Fabiani de Monte- 
policiano, apostolica; Camersc clerici, qui ex ordinatione Camerœ inspexit 
ipsam cloacham et loca proxima. De quibus dictus Mag. Salvatus habe- 
bit reddere rationem. — Ibid., fol. 267. 

» 8 avril. Honorabili viro m'" Salvato de Toccho muratori , qui prse- 
fuit fabricœ formre fontis Trivii florenos de caméra (1) ducentos in quibus, 
facto computo totius mûri facti in ipsa fabrica et aliarum diversarum ex- 
pensarum, et deductis omnibus pecuniis quas recepit dicta causa a de- 
positariis generalibus Gamerse apostolicœ, reperitur restare creditor, ra- 
tlone ipsius fabricae, omnibus computatis. — Ibid., fol. 271. 

La statue équestre de Marc-Aurèle (2). 

1473. 3 juillet. Honorabilibus viris m'"'' Nardo Corbolini et Leonardo 
Guidoccii civibus romanis , aurifabris , quibus data est cura sarciendi 
equumœneum Constanlini ante palatium Lateranense exislentem, florenos 
auri de caméra centum in deductionem mercedis ipsis promisse pro illo 
opère, ac expensarum quas eadem de causa facturi sunt. — A. S. V., 
Divers. Gam., 1472-1476, fl'. 103 vo, 104. 

» 11 décembre. Aux mêmes, 200 florins du pape. — Ibid., fol. 126. 

1474. 24 avril. Providis viris Nardo Corbolini et Leonardo Guidoccii, 



(1) Ce chilTre a été substitué après coup h celui de « quadringentos et quin- 
quaginta et b. LXiv. » 

(2) Voy. t. II, p. 92 et suiv. 



LES MONUMENTS ANTIQUES. 177 

aurifabris ducatos auri papales cenlum pro parte et in deductionem eo- 
rurn mercedis pro reinstauratione et refectione equi Constanlini apud 
sanctura Johannem Laterancnsem. — Ibid., fol. 156 v". 

1474. 15 novembre. Providis viris Nardo Corbolini et Leonardo Gui- 
docii aurifabris, florenos auri ducentos papales pro residuo eorum mer- 
cedis pro reinstauratione et refectione equi Constanlini apud sanctum 
Johannem Lateranensem. — Ibid., fol. 194. 

» 24 décembre. Magislro... (en blanc) florenos auri de caméra in auro 
septuaginta quinque pro parte operis quod Hicturus est in basi nova 
raarmorea equi Gonstantini , de quibus postmodum reddet ralionem. — 
Ibid., fol. 200 (1). 

LES MONUMENTS DÉTRUITS. 

Quis tibi Caesareum suasit furor amphitheatrum 

"Vilior illirico vertere, Sixte, solo? 
Scilicet, ut parvi starent fondamina pontis , 

Ampla tufe quatinant amphitheatra manus? 
QucC neque vis cœli, neque fulmine Jiippiter ullo 

Obruit, et fuerant religiosa deis , 
iEquat humi Lygurum natus, proh Juppiter, arvis, 

Substinet et tantuin Martia Roma nefas (2). 

Le temple d'Hercule (3). 

Ce. fut à l'occasion de la démolition de ce temple que l'on dé- 
couvrit la statue d'Hercule exposée dans la suite au Gapitole. 

(1) Public en extrait par M. de Zahn : Bulletin de l'Institut de correspondance 
archéologique, 1867, p. 190. 

« Syxtus III I (statuam equestrem) cuin ingenti base raarmorea variis in- 
signibus sculpta instauravit cum bac inscriptione : « Syxtus IIII Pont. Max. 
equum hune seneum vetustatequassatum collabentem cumassessore restituit » 
(Albcrtini, Opusculum de mirabilihus novx et veteris urhis Roinx , éd. de 1515 
fol. 02). Cette inscription, rapportée par plusieurs auteurs modernes, a été 
omise dans les Iscrisioni de M. Forcella. 

(2) Epigramme de Fausto Muddaleno dei Capo di Ferro, dans le CoJ. Vatic. 
n° 3351, fol. 76. Publié par M. Gregorovius, Storia délia città di Roma t. VII 
p. 059. 

(3) rt Post muros ?cdificiorum scholag grœcaî, slatim non longe fuit templum 
Herculis in foroBoario, rotundum, cum multis antiquitatum vestiCTiis, et dira- 
lum tempore Xisti IIII» {Pompoaio Leto, De antiquitatibus nrbis Rovuv libellus 
longe utilissimus. Bàle, 1538, ]i, 24). 

(c Hoc quidem templum (quod Livius rotundum fuisse scribit, quare pleriquo 
adducti sunt ut illudFani (sic) templum fuisse dixerunt(stc), quod Veslai juxta 
Tiberim assignavimus), Sixto IlIIpontiflce , solo œquatum scimus » (L. Fauno 
De antiquilatibus itrbis liomx, éd. de 1549, fol. 72 v). 

12 



178 SIXTE IV. 

L'arc de triomphe de Sciarra-Colonna (1). 
Le pont d'Horatius Codés (2). 
CHAPITRE V. 

TRAVAUX EXÉCUTÉS A ROME (suitc) : ÉDIFICES CIVILS DIVERS. 
PLACES ET RUES. PONTS. PORTES ET MURS. 

Les grands travaux de voirie entrepris par Sixte IV ont leur 
point de départ dans la bulle du l*"'' janvier 1475. Il faut rectifier 
sur ce point l'assertion d'Iniessura, d'après lequel le pape n'aurait 
fait que suivre le conseil de Ferdinand d'Aragon (voy. ci-dessus, 
p. 20). En effet, le voyage du monarque napolitain est postérieur 
de quelques jours à cette huile, dont l'initiative revient tout en- 
tière à Sixte. Ce ne fut toutefois qu'en 1480 que celui-ci mit à 
exécution, — nous avons montré dans la Notice préliminaire 
avec quelle ardeur, — des projets si longtemps caressés (3). 

Pour diriger cette tâche colossale, Sixte réorganisa l'office des 
« magistri viarum , » sous la présidence du cardinal d'Estoute- 
ville, et lui accorda les pouvoirs les plus absolus (4). Nous le 



(1) Alter (arcus), apud Sarrae (superant nam signa) plateam, 

E versus Sixti jussu cognomine quarti. 
Sarra Columensis [sic) fuit hic et maxinms héros, 
Praînestinae urbis Dux et Romana propage. 
(Pulvius, Anliquaria Urbis, Rome, 1513, fol. 40 v°). 

(i) 1484. « Insuper a 23 di Luglio in campo furono mandat! per papa Sisto 
venti carra di palle da bombarde di travertina attondate, le quali furono quat- 
trocento in numéro, ... e le dette palle furono fabricate a Marmorata, dove che 
fu ûnito di distruggere un ponte di travertino rotto, il quale si chiaraava il 
ponte di Orazio Codes » {Diariiim d'Infessura, dans les R. I. S. de Muratori , 
t. III, 2» partie, p. 1178). 

(3) « Dell' anno domini 1480, a di 8 di Gennajo , Papa Sisto cominciô a mct- 
tere ad esecuzione lo consiglio che gli diede il lie Ferrante , quando stette in 
Roma del 1475, pure del mese di Gennajo, cioè che cominci6 a gittare mingna- 
nelli, et allargare strade, e comincic) alli Armaroli in Ponte » (Infessura, R. I. S., 
t. III, 2» partie, p. 1147; — et Eccard, Corpus hisloricum medii xvi, t. II, 
p. 1900). 

« Sixtus quartus summus et maximus Pontifex cœpit Urbem instaurare. 
Primus nam obscuras porticus dcstruxit, ac vias ot plateas Urbis dilalavit et 
lateritio opère stravit, ecclesiasque multas dirutas a fundamentis in pristinam 
formam redegit » (Alborlini, Opusculum, fui. 80). 

(4) Un ollice analogue existait à Florence au quinzième siècle : « Officiai! 
délia Torre hanno a mantenere c migliorare ponti , e mura délia città , e con- 



RÈGLEMENTS SUR LA VOIRIE. 179 

voyons à cette occasion, dans la bulle de 1480, poser avec une net- 
teté incomparable les règles de l'expropriation pour cause d'utilité 
publique. Parmi les « magistri viarum » nous citerons Lodovico 
Margano, mort en 1497 (Forcella, Iscrizmii, 1. 1, p. 155), Primus 
Antonii Gornelii (Ibid., t. I, p. 152, n» 564), Francesco Porcari, 
Battista degli Arcioni, BattistaStaglia,etc. (1). Dès les premières 
années du règne de Sixte on trouve ces magistrats en fonctions (2) ; 
mais leur véritable rôle commença en 1480 seulement. 



iàlS. 7 décembre. Sixlus Papa quartus. Dilecle fili', salulem et apos- 
tolicam benedictionem. Non débet a nobis inler abas innumeras curas 
negligi almae urbis nostne mundities et ornatus. Nam si quam mundam 
ornatamque esse decet , eam profecto decet quœ caput est orbis , et 
propter beati Pelri cathedram inter omnes alias oblinet principalum. 
Considérantes igitur quod sive par indulgenliam, sive negligentiameorum 
quibus reparandarum publicarura viarum et platearum dictœ urbis cura 
demandari solet pluribus in locis via? plaleseque ipsa3 sordide et incom- 
posite (sic) reperiantur : de tua sœpius speclata industria alque pruden- 
tia confisi, prœsentium tibi tenore commillimus ac mandamus ut dein- 
ceps viarum ipsarum reparandarum pnecipuam curam sumas, officialesque 
publicos ad id députâtes vel depulandos ad reparationem necessariara 



tado, fare e acconciare i lastrichi délie vie, quando sono guasti, e a provvedere 
a lettij e sporti, et ruine » (Gori, Prodromo, p. 186). 

(1) 1480.20 mars. « Sp'*"" viris Francisco de Parariis (pour Porcariis) et Bap"" 
de Staglis magistris œdificiorum et viarum almse urbis de pecuniis gabelia; stu- 
dii flor. ducentos , vid. centum pro quolibet ... pro eorum et cujuslibet ipso- 
rum provisibne et salarie olEcii magistratus hujusmodi pro uno anno, die prima 
januarii proxime prseteritaincepto, et ut sequitur finiendo. « — M. 147G-1485, 
fol. 88. 

1482.28 mars. « Nobilibus viris Hieronymo de Mellinis et Gregorio de Palo- 
nibus » même traitement pour l'année 1482. — Ib., fol. 96 v». 

» 1 décembre. « Nobili viro Ludovico(ce nom a remplacé celui de Nicolaus, 
qui a été effacé) Margano magistro stratarura et sedificiorum. » 50 florins pour 
six mois à partir du 15 juin 1482. — Ib., fol. 98 \°. 

1483. 13 avril. « Nobilibus viris Bap"" de Arcionibus et Ludovico de Marga- 
nis magistris ... 200 florins pour l'année 1483. — Ib., fol. 99 \°. 

1484. 9 février. Aux mêmes, 200 fl. pour l'année 1484. — Ib., fol. 101 v". 

(2) « Hyeronimus Pétri Trerosani de Thedallinis , Laurentius Barbarini de 
Gatellinis, et Paulus Benedicti de Magistris, magistri tcdiQciorum, stratarum et 
aliorum locorum almœ Urbis. — ... datum Ilomae, in Palatio Capitolii, ad nos- 
trum solitum tribunal sub anno ... 1472 (19 novembre) (Adinolfi, Laterano e 
Via Maggiore, Rome, 1857, p. 156-157. Il s'agit de la permission accordée aux 
gardiens du Sancta sanctorum de faire exécuter quelques travaux). 



180 SIXTE IV. 

procurandam excites et admoneas. Ipsis vero cessanlibus vel negligenti- 
bus tu ipse vias ubi opus fuerit impensis eorum ad quos spectat reparari 
facias : dantes tibi plenam facuUatem mandandi , ordinandi , agendi et 
exequendi omnia et singala que impnemissis (sic) necessaria visa fuerint, 
aut quomodolibet opportuna. Conlrariis non obstantibus quibuscumque. 
Datum Roma3, apud sanctuni Pelrum, sub annulo piscatoris. Dilecto filio 
Hieronymo de Giganlibus cubiculario et commissario nostro. — A. S. 
V., Divers. Cam., 1471-1478, iï. 210 v° et 211. 

1475. 1 janvier. Sixtus, etc. Ad perpeluam rei memoriam. Etsi 
universis Roraanae Ecclesia, dominio temporali subjectis civitatibus pro 
earum statu prospero et increraentis felicibus apostolica nos deceatpro- 
visione consulere, almœ tamen Urbi nostrœ, sanctorum apostolorum Pé- 
tri et Pauli martirio consecratae, quœ (est) ipsius Pétri sedes, sacerdotii 
principatus et Christianœ religionis caput, eo nos convenit ampliori cura 
prospicere, quo ipsa sacerdotalis civitas cunctis aliis prœlata , nobisque 
peculiaris filia et paterna dilectione conjuncta existlt. Cupientes igitur 
pro inslauratione dictœ Urbis, qua3 causantibus sinistris eventibus in ci- 
vibus, incolis et cedificiis plurimum diminuta est, ut annuente Altissimo 
virorura copia instauretur, et quantoties ipsius structuras et œdificia re- 
fectionem et reparationem pro ejus venustate et décore consequantur , 
suisque statui et necessitati opporlunis remediis consulatur, de venera- 
bilium fratrura nostrorum Sanctaî Romanœ Ecclesiai Cardinalium consi- 
lio et assensu , ac perpétua valitura conslitutione, statuimus et ordina- 
mus quod omnes et singuli , tam noslri curiales , Roinanam Guriam 
sequentes , quam alii cujuscumque dignitatis, status, gradus , ordinis, 
pr.Teminentiœ vel condilionis existant, etiam si Cardinalalus honore, aut 
patriarcliali, archiepiscopali, episcopali, abbatial! vel quavis alla eccle- 
siaslica vel niundana dignilale fulgeant , eliamsi regulares fuerint, am- 
ministralionem aut dignilalem obtineant , quœ palatia , domos , casalia , 
sive alia tTedificia urbana vel rustica œdilicarunt, redificaverunt aut a^difica- 
bunt, seu œdificari et fundari fecerunt vel fecerint in futurum 
aut cedificala et constructa emerunt aut emerint seu eraent , aut 
illa vel census annuos , jura et qusevis immobilia bona in dicta Urbe vel 
extra aut prope cam ad miliaria decem alio quovis justo tilulo , tam ex 
bonis et pccuniis propriis, quam omnium l'rucluum, reddituum et pro- 
ventuum ecclesiasticorum beneficiorum, ad eos spectantium, provenien- 
tibus acquisiverunt haclenus, vel acquirent in posterum, de eisdem casa- 
libus, domibus, palatiis, ;edificiis, censibus, juribus nec non territoriis, 
domibus, leudis, jurisdictionibus et bonis aliis quibuslibet, dummodo 
ad occlesias, nionasleria et alia loca aliter quam ex IVuctibus earurn , ut 
pncferlur, de quibus ad elVcclum pnosenlium licere volumuseispro volo 
dispunoro, non pertineant, in vitiu ipsorum et niortis articule, prout 



RÈGLEMENTS SUR LA VOIRIE. 181 

eis videbitur disponere, lestari, codicillari eaque legare, relinquere seu 
inter vivos et causa morlis , aut pro remuneratione laborum aut obse- 
quiorum eis impensorum quibusvis personis , cujuscumqiie status , 
gradus vel conditionis fuerint, ctiam si alias heredes , legatarii , dona- 
tarii , universales aut particulares heredes , successores aut personne 
aliae , ad quas ex dominorum voluntate illa pervenerint , filii , nepotes , 
consanguinei, affines, familiares vel alii etiam incapaces et inhabiles 
sint, et inhabililate vel capacitate quacuraque notati , dummodo crimine 
lœsaî majeslatis rei aut Ecclesiœ Romande praîdiclœ hostes non existant, 
erogare, donare, legare, relinquere ac etiam in piosetalios quoscumque 
usus convertere : et si ipsas ecclesiasticas aut dignitatem seu amminis- 
tracionem habenles regulares personas de bonis pnrdiclis aliter non 
dispositis decedere contingent, palatia, domus, casalia et alla ipsorum 
bona in Urbe prœdicta , vel infra miliaria hujusmodi consistentia ad 
proximiores suos, etiam si agnali , cognati et minus capaces vel inhabi- 
les fuerint, ut prœfertur, salva tamen gradus pncrogativa juxta disposi- 
tionem juris , si aliter de ipsorum decedenlium voluntate non conslet , 
bona prœdicta deveniant; ipsique proximiores, sive agnali vel cognati in 
eis succedere possinl et debeanl in omnibus et per omnia, ac si descen- 
dentes, filii, nepotes, agnati et cognati habiles, capaces et heredes scripti 
existèrent, ac palatia, domus, casalia et reliqua bona ipsorum ex labore 
vel induslria, non autem ex fructibus , redditibus et proventibus eccle- 
siaslicis acquisita fuissent, auctoritate apostolica tenore prœsentium ex 
certa scientia concedimus, eisque facultatem et potestatcm testandi, co- 
dicillandi, legandi, concedendi, donandi, erogandi, proximioribus vero 
nec non agnatis et cognatis prœdiclis etiam incapacibus et defectum na- 
talium patientibus in ois, ut prœfertur, succcdendi licentiam liberam 
impartimur, districlius inhibentes dilectis filiis Camene apostolica} cle- 
ricis et aliis nostris ac Curiiic et Urbis pncdiclarum officialibus, nec non 
ecclesiarum, monasteriorum et aliorum omnium ecclesiasticorum loco- 
rurnprœlatis, capitulis , convenlibus, prioribus, prœpositis , plebanis , 
rectoribus aliisque, quocumque nomine nuncupentur , ne de bonis per 
eosdem, ut priemiltitur, relictis, legatis seu donatis quovis modo se in- 
tromittere, aut illa petere, vindicare, seu heredes et successores dece- 
denlium personarum carundem illorum occasione impetere aut moles - 
tare quoquo modo prœsumant, ac dccernentes irritum cl inane quicquid 
per quemvis, quavis auctoritate, sçienlervelignoranter contigeril attenip- 
tari. Nulli ergo etc. noslrorum statuli, ordinationis, voluntatis, conces- 
sionis, elargitionis, inhibitionis et constitutionis infringere, etc. Si quis, 
etc. Datum Ilomœ, apud Sanctum Petruni , anno, etc. MCCCCLXXIIII. 
Kalendis Januarii , Ponlificatus nostri anno quarto. — Tliciner , Codex 
diplomaticiis dominii temporalis S. Scdis, t. Ill, pp. 480, 'i81. 



182 SIXTE IV. 

1480. Sixtus episcopus, servus servorum Dei , ad perpetuam rei me- 
nioriam. 

Et si de cunclarum civilalum lemporali dominio Romanïe Ecclesiœ 
subjeclarum décore et veimstale cogitare nos deceat , ad noslrain tamen 
almam urbem , Apostolorum Pelri et Paiili glorioso martyrii cruore 
domino noslro Jesu Glirislo consecralam , Givitatem sacerdotalem et re- 
giam ejusq. decorem et venustatem lanto accuralius aciem nostr?e consi- 
derationis extendere nos convenit, qiianto illa caput est orbis et Allissi- 
mus in ea sacerdolii principatum et Cbristiame religionis caput insliluit, 
et sui Vicarii sedem, ad quam de universis mundi partibus Cbrisli fidèles 
confluunt in numéro copioso, voluit collocari. Gum itaque vi;c et slraUc 
publicse ejusdem urbis, in plerisque locis, causantibus porticibus, pro- 
sellis, et aliis variis sedificiis domorum silarum juxta illas , adeo arclae 
existant, ut per eas commode deambiilari, et necessaria ad victum mul- 
tiludinis Civium Romanorum et Curialium, ac aliorum in ipsa urbc ba- 
bilantium et confluentium ad eandem , praesertim temporibus indulgen- 
tiarum anni Jubilei et aliarum concessarum per nos et pnedecessores 
nostros, Roman. Pontilkes , visitantibus Apostolorum Basilicas, et alias 
ejusdem urbis Ecclesias , deferri commode nequeanl : et in quibusdam 
locis vix singulariter singuli équestres se obviantes in eis transire possint 
per easdem , idque cedat ad non modicam ejusdem urbis deformitatem, 
ac Givium, Gurialium, et conlluentium pnedictorum incommoditatem; 

Et propterca nos, babita super his deliberatione raatura , decrevimus 
vias ipsas pr«serlim quse magis irequentantur, et principaliores existant, 
ampliari , ac porlicus et impedimenta pnedicta , quibus sic arctanlur 
amoveri, et laleribus opportune pavimenlari. Jamque opus ipsum cœp- 
tum sit in diversis locis, et in illius prosecutione non cesselur, ac sicut 
accepimus propler demolitionem hujusmodi nonnulkc ex domibus ipsis 
quorum {sic) porlicus et prosellia ac aliaccdilicia dirui oportuit, exindc ul 
pôle necessariis mansionibus solilis et officinis caren. ad inhabitandum 
minus commode, et fere inutiles facial sint, et eapropler illarum do- 
mini earum parieles decenler, ut expedirel, ad decorem viarum earum- 
dem reparare et expensas opporlunas propterca subire non curent, sub- 
lala spe babitandi in eis , aut alias utilitatem rccipiendi ex eisdem : 
Expediatque ad obviandum bujusmodi incommodilalibus ex duabus aul 
pluribus conliguis domibus unam commodam consliluere , aut partem 
unius ex eisdem domibus alleri convicimu domui incorporare, sicque in- 
demnitati dominorum earumdem obviare , et decori bujusmodi consu- 
lere, et vicinarum domorum domini, ut plurimum super bis non conve- 
niant, et récusent sibi invicem complacere eliam pro justo et rationabili 
prelio : conlingal quoque inlerdum nonnuUos tam Roraanos Gives quam 
Curiales et alios forenses in eadera urbe domos de novo œdificare vel an- 



RÈGLEMENTS SUR LA VOIRIE. 183 

tiquas reformare, et ampliare velle, et pro illarum decenti constructione 
indigere convicinis domibus inlerdura ruinosis, et depressis , vel domo- 
rum dirutarum sediminibus, plaleolis, et solo, seu alio loco vicinis et hu- 
jusmodi doraorum et sediminum, seu plaleolarum , et soli, aut loci do- 
minos requisilos , ut de illis eisdem œdificare et reformare volentibus, 
venditionis titulo complaceanl de domibus, sediminibus, solo, seu loco 
oblato eliam perstepe plus quam justo pretio, id facere nuUalenus velle, 
aut longe plus justo pretio, eliam nonnunquam duplum illius Irascen- 
dendo , petere pro eisdem , quo fit ut prredicti novas domos sedificar?e , 
aut antiquas ampliare volentes, prœsertim Guriales et foreuses qui adju- 
vari et allici deberenl maxime a Romanis Givibus ad hujusmodi eorum 
laudabili œdificandi aut ampliandi proposito relrahantur. Et si aliquando 
dilecti filii Franciscus de Porcariis et Baptista Staglia , moderni et qui 
pro tempore sunt raagistri œdificiorum et stratarum ejusdem urbis, pro 
conslruendis novis plaleis in locis convenientibus, aut antiquis amplian- 
dis et reformandis volunt domos aliquas dirui facere in totum vel pro 
parte, illarum domini similiter oblato eis eliam justo et rationabili pre- 
tio ne id fiât pertinaciter se opponere et hujusmodi novarum platearum 
ordinationem et antiquarum dilalationem et ampliationem, omni conatu 
possibili impedire non verentur : quœ omnia publico bono, et decori ac 
pulchritudini ejusdem urbis noslrseque circa id intention! obviare mani- 
feste cernuntur. 

Nos igitur œquum arbitrantes publicara utilitatem in his prœferri pri- 
vatfe commoditati quorumlibet, et illorum, qui tam salubri publico bono 
indirecte modo preemisso seopponunl, duritiam superiori auctoritate 
et œqua ordinatione comprimi, ac propterea volentes super bis omnibus 
opportunum adbibere reraedium : Molu proprio , non ad alicujus nobis 
super hoc oblatcC petitionis instanliam, sed de nostra inera deliberalione, 
ac ex certa nostra scienlia, et de plenitudine polestalis Apostolicœ , hao 
in perpetuum valitura constitulione, statuimus et ordinamus quod vene- 
rabilis frater Guillerinus Episcopus Ostien.,Gamerarius noster, et pra^fati 
Franciscus et Baptisla, acipsorum Episcopi, Francisci et BaplisUc in Ca- 
merariatus nostri et pro tempore existentis Romani Pontificis , ac Ma- 
gistratus œdificiorum Urbis officiis respective successores, qui pro tem- 
pore erunt , perpetuis fuluris teinporibus ad requisilionem dominorum 
domorum quarum porticus, prosellia, seu alla iedificia pro viis seu 
plateis , el aliis locis publicis ejusdem Urbis haclenus dirula fue- 
rint , et dirui contingeret in l'ulurum quandocumque , de man- 
dato magistrorum eorumdom, si domini pmedicti in domibus ipsis 
inhabitare solili erant, ante demolilionem eamdem et tempore demolilio- 
nis hujusmodi facUc , et quam fieri contingeret in futurum , absque dolo 
et fraude inhabitabant el in poslerum inliabitabunl , et propter hujus- 



184 SIXTE IV. 

modi jarn factam et qnm fieret , domus ipsce effectœ sint vel efficerentur 
in posloriim proeorumdem dominoriim ipsarurn commoda receplione et 
habilatione incapaces, sintque juxta cas aliqiise domus per earum domi- 
nos minime inhabitari solita:!, sed pro earum annua responsione vel alias 
locari consuel;i3, ex quarum conjunclione cum domo iiujusmodi sic in- 
commodic eiïeclai, adversus incommodilates iiujusmodi subvcniri valeat, 
teneantur et debcant corapellcre illos ad quod domus ipsas sic vicinas 
légitime pertinere cis oonstabit, eliam si nd ccclesias et monasteria tam 
virorum quam mulierum ordinum quorumcumque eliam exemptorum, 
necnon bénéficia ecclesiaslica , hospitalia , ac loca pia pertinercnt , ad 
vcndendum easdem domos vicinas, quas inhabitari soliti non sunt, domi" 
nis domorum conliguarum, quas sic incommodas effectas esse cognove- 
rint pro prelio per duos probos et expertes viros per uframque partem 
eligendos, dcterminando et declarando. Si vcro ii duo concordes in eo- 
dem assignando prelio non essent , eo casu ipsi Camerarius et xMagistri 
redificiorum prœfatœ urbis, habito ipsorumduorum judicio, pretia eadem 
imponere et assignare habeant. Et si forsan contingcret ex demolilione 
hujusmodi duas domos sic per earum dominos inliabilalas incommodas 
modo pra^dicto effici et inler cas esse aliam domum per illius dominum 
locari solitam, quam quilibet dominorum vicinarum domorum pra;dicta- 
rum incommoditali subjacenlium et ad receptionem ipsorum non suffi- 
cientium sibi vendi , et sute domui incorporari postularct , dcbeanl Ca- 
merarius et magislri prœfati illi ex eis sic petentibus venditionem 
hujusmodi fieri mandare , quem magis indigere domo vendenda cogno- 
verint : et si forsan uterque [cqualiler indigeret, partem uni, et partem 
alteri, si commode vendi polerit, vendi faciant aut aliter dcsuper provi- 
deant, prout eis videbitur expedire; et si in neutra domorum vicinarum 
quie sic inutiles jam effeclrc forent ex demolilione prœdicta vel efficeren- 
tur in futurum, earum domini inhabitarent, sed eas locari soliti cssenl 
liceal etiam tune Camerario et magistris prœfatis , si id pelatur per alle- 
rum dominorum earumdem domum quam majora incommoda passam 
esse cognoverint, domino alteri us domus minus kes;e, si emere voluerit, 
vendi facere modo pncdicto , et illo instante dominum domus inagis 
l;es;e ad id coinpellere, et simililcr dominum domus econlra minus kes;e 
ad inslanliam domini domus magis kcs;o ad emendum domum magis hu- 
sam aut suam domino domus minus \xsx vendendum compellerc, seu 
alias prout eis videbitur providere , quod amb;u domus ips.c inutiles et 
inhabitabiles non remaneant et similiter prout cis videbitur providere 
teneantur, quotiens domus ips^e sic vicina> et locari solitic iT3qualiler 
l;os;c et incommod.i' cffecla; forent. Et ne ob l'rolerviam et duritiem do- 
minorum domorum sine quarum demolilione plale;o in eadem Urbe ne- 
cessariiL- et uliles ad illius decoreni de novo ordinari vel jam ordinaltc 



RÈGLEMENTS SUR LA VOIRIE. 185 

ampliari, et nova palatia novjeque domus construi, seu jam construcla 
ampliari commode nequeunt, plalearum earumdem ordinalio et amplia- 
lio, ac palatiorum etdomorum deiiovo constructio seu reformalio retar- 
detiir, eisdem motu et scientia ac aucloritale et potestate statuinius, 
quod Camerarius et magistri praefati possint et debeant dominos domo- 
riim quarumlibet locari, non aulem per ipsosmet dominos inhabilari so- 
litariim, ecclesiasticos et sieculares quacumque dignitatefungentes.com- 
pellere oos ad vendendum conservatoribus seu syndico ejusdem urbis 
domos quas Camerarius et magistri prœfali necessarias et utiles esse 
cognoverint pro bujusmodi plateis de novo ordinandis et antiquis refor- 
mandiset ampliandis, pro justo etrationabili prelio utprœmitliturimpo- 
nendo, et simililer ad vendendum domos bujusmodi per eos inbabilari 
minime solitas, sed locari, quas utiles et necessarias esse pulaverint 
pro palatiis, domibus seu aliis a^dificiis tara profanis quam ecclesiaslicis 
in eadem urbe de novo conslruendis , seu jam constructis ampliandis , 
personis habitantibus juxta illas domum, seu solum, aut locum alium o[ 
volentihus inibi de novo domos vel palatia construere , seu jam cons- 
trucla ampliare pro justo et rationabili preti(», ut prœfertur taxando , et 
inler duos seu plures sic cedificare seu ampliare volentes , et pro bujus- 
modi venditione eis fienda ad cffectum prœmissum instantes illamque 
eis fieri petentes , illi prieferatur cui domus, plalea, seu locus, de cujus 
venditione ageretur, magis adjaceret, seu qui illo magis indigeret, et ex 
cujus œdificio plus decori ejusdem urbis consuli speraretur, et si in om- 
nibus paritas foret, liceat Camerario et magistris prsefatis venditionem 
bujusmodi pro parte uni , et pro parte alteri fieri mandare, aut eorum 
alteri, prout eis videbitur, et in singulis casibus prtcdictis, in quibus vo- 
lumus quod Camerarius et magistri pnefali compellere possint aliquos 
ad vendendum, si illi ad quos perlinerent monili et requisiti- per Came- 
rarium et magistros prœdiclos bis cum termino convenienti eorum arbi- 
trio moderando vendere recusaverint , aut malitiose distulerint, pnefali 
Camerarius et magistri debeant vice et nomine illorum sic requisitorum 
et recusantium vel differentium venditionem bujusmodi facere , cum 
promissionibus , obligationibus, pœnis , renuncialionibus , juramenlo, 
pactis et clausulis consuetis, et prelium inde proveniens recipere et pê- 
nes œdem sacram aut fide et facultatibus idoneam personam dcponere, 
dominis domus, seu alterius loci sic per eos pro temporo vendit! , si 
venditionem ipsam ratani babere , et fidejussores de evictione prœstare 
voluerint, et non alias consignandum, babeanlque vendiliones ipsœ quas 
sic per Camerarium et magistros fieri conlingeret et Iradiliones locorum 
et domorum sic venditorum plenam roboris firmilatem , ac si per illos 
ad quos domus ipsai lune perlinebunt fièrent, et eosdem penilus et om- 
nino operarentur effeclus, quos operarentur si fièrent ab eisdem. 



186 SIXTE IV. 

Provideant autem Caraerarius et magistri prsefati in casibus prsedictis 
in quibus staluimus aliquos compelli debere ad vendendum proponenti- 
bus nova œdificia construere, seu jam conslructa ampliare velle, ut taies 
sic proponentes ante omnia se obligent ad inchoandum et perficiendum 
liujusmodi nova fcdificia modis et formis , ac infra tempos et sub pœnis 
de quibus ipsis Gumerario et magistris, personarum eta^dificiorum quali- 
tate inspecta , videbitur , et ab illis qui sic se obligaverint et praimissa 
non adimpleverint pœnas exigant memoratas , et niliilominus eos com- 
pellant ad observandum promissa per eos vel quas (sic) prius habitabant 
et etiam propterea eis venditas domos aliis ledificare volenlibus venden- 
dum pro justo et rationabili prelio, ut praîfertur, modorando. Et quia in- 
terdum contingit quod habentes domus sive domorum sedimina, claus- 
tra seu loca in cadem urbe , et illa vendere volentes variis plerumque 
modis etoccasionibus illa vendere récusant habentibus domos, sedimina, 
clauslra et loca vicina illisque vendere nolunt, et nonnunquam illa vendunt 
tcmulis eorumdum vicinorum seu personis eis parum gratis , quo fit ut 
ipsi domorum, claustrorum et sediminum seu aliorum locorum vicinorum 
domini illa emere volentes et habere nequeuntes retrahantur persa^pe ab 
a'dificando de novo in eorum sedim.inibus, et locis vicinis, acampliando 
domos quas inibi habent, sicque decori ejusdem urbis aut saltem ipso- 
rum vicinorum commoditati non parum detrahilur : 
Volentes super hœc œqua ordinatione providere : 
Motu, scicntia et auctoritate pnedictis etiam staluimus et ordinamus , 
quod pra?fali sic vendere volentes teneantur et debeant domos, sedimina, 
claustra, plaleolas et loca venalia hujusmodi vendere habentibus domos, 
sedimina, claustra et loca alla illis contigua pro justo et rationabili pre- 
tio per alios evidenter et non ficfe forsitan oblato , et si illa aliis quam 
vicinis praîfatis venderent venditiones ipsa) quoad illos qui emerent et 
eorum commodum nullius sint roboris vel momenli et habeantur pro 
infectis et perinde ac si per illum ex vicinis cui venditio ipsa pnescntis cons- 
litutionis vigore fieri debebat facta foret, debeant Camerarius et magistri 
pra3fati ementem a possessione domus, sediminis, claustri, plateoho seu 
alterius loci sic empli absque uUa tela judicii, vicino instante et prelium 
rationabile offerente, et diclo emptori si illud rccipere et emptioni per eum 
faclai renunciare et ipsum vicinum, juxla Camerarii et magistromm prai- 
diclorum ordinationem , caulum facere noluerinl, persolvendum dépo- 
nente amoverc, cl ipsum vicinum in illius possessionem inducere : et si 
forsan duo essent vicini quibus domus, clauslrum, sedimen, plaleola seu 
alius locus de cujus venditione ageretur, ulililatcm et commoditatem 
afferre posset, ille ex eis pra^ferri debeat in prœmissis quem Camerarius 
et magistri pncfati consideralis circumslantiisuniversis venali domo, se- 
dimine, claustre, solo, plaleola seu loco alio magis indigere déclara ve- 



RÈGLEMENTS SUR LA VOIRIE. 187 

rint : et si cequaliler indigerent, et pro parte uni et pro parte alteripossit 
exinde commoditas provenire : ulrique proporlionabiliter concedalur : si 
vero fada illius divisione porliones utriusque fere inutiles essent, non 
dividalur, sed Camorarius et magislriallerumeorumdemvicinoruni quem 
voluerint prœferri faciant in praimissis. Et ut ea qu;e supra slatula sunt 
votivum sortiantur effectum in pra3missis omnibus et singulis, Caraerario 
in ecclesiasticas, et ei ac magistrispnefatis in alias personas facultatem et 
poteslatem concedimus , ita quod idem Camerarius per censuram eccle- 
siasticam et ipse ac magistri pnefati per pœnarum et mulctarum exactio- 
nem ac personalem distractionem, etaliajuris remédia contradictores 
quoslibet et rebelles compellere valeant ad prnemissa. Non obstanlibus 
conslitulionibus et ordinationibus aposlolicis ac municipalibus statulis 
urbis , confirmatione apostolica vel quavis firraitale alia vallatis 
exemptionibusque ac indullis, privilegiis, et lilteris aposlolicis, necnon 
interdictis personis ecclesiaslicis bonorum immobilium alienationibus , 
et pra3Stitis per eos desuper juramentis , a quibus eas absolvimus , con- 
trariis quibuscumque , seii si aliquibus communiler vel divisim a Sede 
pnolata indultum existât quod inlerdici, suspendi vel excoramunicari non 
possint per lilteras apostolicas non facientes plenam et expressam ac de 
verbo ad verbum de indulto hujusmodi mentionera. Volumus autem quod 
prelia domorum et aliorum bonorum immobilium ad ecclesias, monasle- 
ria et pia loca hujusmodi pertinentium quœ vendi contingeret in posterum 
vigore prœsentium pênes œdem sacrara, aut fide et facultatibus idoneam 
personam cum recognitionibus, obligationibus et cautelis etiam in talibus 
adhiberi solitis deponantur, et in emptionem aliorum bonorum immo- 
bilium pro eisdem ecclesiis, monasteriis et piis locis omnino converlan- 
tur, quodque dilecti filii Camene ejusdem urbis conservalores pnusenles 
noslras litteras in registro privilegiorum et aliarum scripturarum ejus- 
dem urbis in eorumdem archivio conservari solito registrari, etillarum 
lenores in locis publicis et consuetis ejusdem urbis sono tub;e pnomisso 
vulgari sermone publicari , ac présentes in valvis Capitolii tri duo juris 
horis et alibi, prout Gamerario et magistris prosfatis visum fuerit, afligi 
faciant, ut omnibus omni temporc facilius innotescanl. Nulli ergo om- 
nino hominum liceal banc paginam nostrorum statuli, ordinalionis, con- 
cessionis, absolutionis et voluntatis infringere, vel ei ausu temerario 
contraire. Si quis aulem hoc altentare prii3surapserit indignationem om- 
nipotentis Dei ac beatorum Pelri et Pauli Apostolorum ejus se noverit 
incursurum. Datum Roniai, apud sanclum Petrum : Anno incarnationis 
Dominic;c millesimo quadringentesimo octuagesimo , Pridie Kal. Julii, 
Pontificalus Nostri anno nono. — Statuta almœ Urbis Romœ , éd. de 
1580, pp. 51-55. 



SIXTE IV. 



EDIFICES CIVILS DIVERS. 

Tor di Nona (1). 

1474. 13 décembre, Magistro Chrisloforo Malnato muralori florenos 
de caméra sexaginta ad exponendum in reparalione domus turris Nouai 
in qua lenentur carceres turris Soldani, secundum ordinaLionemRdi pa- 
Iris domini Falconis de Sinibaldis, clerici Camer.c, de quibus idem ma- 
gister Chris loforus tenebitur reddere rationem in Caméra apostolica. -=» 
Arch. Secret. Vat., Divers. Cam., 1472-1476, fol. 197 r. 

Torre del Soldano. 

1480. 26 avril. De mandato facto die 23 februarii florenos ducenlum 
(sic) duodecim de b. 75 pro flor. Taddoo Gaddi etsotiis pro restilutione 
tolidem per eum Caineno nposlolicée nnilualorum ad exponendum pro 
roparatione Turris Soldani , de quibus habueral assignamenlum super 
spiritualibus. — A. S. V., Inlr. et Ex. Cam., 1479-1480, fol. 250 v^. 

L'UniversUé. 

1475. 8 février (Miliaduci Cigala). De summa illorum cenlum et viginli 
quinque florenorum de caméra quos his diebus ex ordinalione noslra 
relinuislis seu retinere debuistis ex salariis omnium doclorum in stu- 
dio pra3fat;Tî urbis legentium hoc anno solvatis et numerelis venerabill 
viro domino Nicolao de Giganlibus llorenos de caméra sexaginta quinque 
dandos magistris qui laborant in dicta fabrica in deductionem eorum sa- 
lariorum. — Arch. Secr. Vat., Divers. Cam., 1472-1476, loi. 211 v». 

1476. 2 mars. Spectabili viro domino Miliaduci Cigahc deposilario pe- 
cuniarum camerœ aima) urbis salutem in domino. Auctorilatc nosiri ca- 
nierarialus officii vobis liaruin série mandamus ut de pecuniis camerio 
aima) urbis solvatis et numeretis magistro Marsilio Johannis de Florenlia 
muralori florenos papales deccm pro residuo et complemento solutionis 
operis per eum facti in reparationem domus studii pra3fat;c Urbis. — 
Ibid., fol. 261 V" (2). 



(1) 1481. « ... raptiis ad carccrem est, et ad Nonnœ turrini custodiic tradit'.is» 
(J. de Volterra, apud Muratori, t. XXIII, p. 141). 

(2) Cf. Ilenazzi, Storia deW Univcrsità dcyli Studj di lioma, délia comiinemcnte 
la Sapienza, Rome, 1803, t. I, pp. 285, 28C. 



ÉDIFICES CIVILS DIVERS. — PLACES ET RUES. 189 



PLACES ET RUES (1). 

De Urbe a Sixto viis ornata. 
Epygramma XYIIII. 

Tola erat urbs casulis alrisque obsessa tabernis, 

Inque urbe effigies nullius urbis erat. 
Fada erat aut nusquam aut allô vix pervia cœno, 

Sic quoque vix arclo limite trames erat. 
Non lulil lîoc Sixlus : casulas bumilesque tabernas 

Disjicit : et reclas sternil ubique vias. 
Toliitur inde lulum : fit pervia filque salubris, 

Praeslat inoffensum per loca uncta pedem, 
Qua nec equo poterat, nec plaustris luce sereiia, 

Nunc carpit pedibus nocte viator iter. 
Sentit eques, sentitque pedes tua munera, Sixte , 

Ipsa tibi grates Roma referre cupit. 
Quœ modo vix stabulum fuerat : te principe formam 

Urbis babef , duce le reddila Roma sibi est. 

De via quœ a Ponte ad Palatium ducit. 
Epygramma XX. 

Appia si mihi nuncdetur, deturve Latina, 

Flammineae dentur si monumenta vire , 
Strata Jovis manibus fulvis si marmora signis : 

Sit modo, Sixte, tuœ copia parva vicC. 
Omnia despiciam veterum monumenta virorum , 

Strata Jovis manibus marmora despiciam. 

(1) 1482. « Rediit (Sixtus I"V) via Florca et Mcrcaloria ; substitit vero in tri- 
vio Mcssarionim prope Pontem Adriani, ubi veteres porticus jussii suo in 
Urbis ornatum demoliebantur. Ibi Antoniiim Censiiim Marcelli filium demoli- 
toribus se opponentem ob jactnram tabernarum suarum rapi jussit in carcerem. 
atque illico se praîsente domum ipsius demoliri imperavit » (Jacques de Vol- 
terra, dans les R. 7. S., t. XXIII, p. 16G). 

» Via Pontiûcum notissima , per quam Pont, ad Lateranum inccdit, a 
Syxto IlII ampliata, deinde ab Innocentio YlII. Postrenio a tua Beatitiidinc 
(Jules II) multis in locis ampliata... 

» Via S. Celsi a Syxto instaurala et a tua Healitudinc ampliata... 

n Platea S. Pétri a Syxto et Pio et tua Boatitudinc ampliata est cum platea 
sancti Celsi et Marire Rotundœ et Judajorum et Agonis » (Alberlini, Oi)Usch- 
lum, ff. 0-2 V, 93). 



190 SIXTE IV. 

Hic quamvis lateres, illic sint marmora et aurum , 

Prœ lateres auro raarmoribusque ferara. 
Imprimis htcc recta, nitens, celebrisque frequensque, 

Ha'C plaustris siraul est pervia tergeminis. 
Neve viatores Phœbi vis improba Uedat, 

Redditur arboreo semper opaca sinu. 
Quodque placet cunclis, fluviuraque urbemque relinquens 

Ante tuas sistit, maxime Sixte, fores. 
Sacrati proceres veneranda ad tecta venite, 

Allicit ad sacram vos via pulchra domum. 
Non alia vos ire via, sacra turba, decebat, 

Tu quoque non alia, Sixte, adeundus eras. 

De via quam Sanctam vocant, ubi via loquitur. 
Epygramma XXI. 

Quisquis iter facis bac : mecum ketare viator. 

Et pia pro Sixto concipe vota meo. 
Sacra fui quondam : nam cum sacra perderet hostis 

Gorpora sunt noslro plurima tracta solo. 
Mox cum barbaries direptara incederet urbem 

Obruta sum turpi facta prophana luto. 
Me squalere diu, rénovât qui cetera, Sixtus 

Non tulit : et stratum marmore signât iter. 
Quare pius non viva modo tibi corpora debent 

Ipsa etiam debent corpora functa tibi. 
Nunc ego sacra tuo, nunc fœlix munere dicar : 

Hinc cupiant iterum corpora sancta trahi. 

De via quée ducit ad ^î]dem Beatfç Marise de Populo. 
Epygramma XXII. 

Considérât cast?e templum venerabile malris 
Sixtus, et, hoc populi sil volo munus, ait. 

Non satis est visum qua posset pergere vulgus. 
Ad sua templa novam sternere cura viam est. 

Das cœlum populo cum numine , templa viasque 
Das patcr, o studium principis o pietasl 

De via quse a Ponte ducit in campum Florcc. 
Epygramma XXIII. 

Hic ubi tôt cernis dexlra laevaque tabernas, 



PLACES ET RUES. 191 

Hic ubi Roma suas aurea jactat opes, 
Qua nitet imraenso via nunc pulcherrima tractu, 

Obruta porlicibus seraita nuper erat. 
Porticibus, dixi, casulis cœnoque, ruinis 

Dicere duberam {sic pour debueram) : talia nuper erant. 
At novus et melior Romanœ conditor urbis 

Romanis dédit hoc rébus inesse decus. 
Hinc via ad aurigeras mensas arcemque superbam 

Ast hinc Roraanum ducit ad usque forum. 
Hoc spalio est quicquid cupidissima vita requirit, 

Cernitur hic tolo quicquid in orbe latet. 
Quicumque aut sera meminit vix cedere nocte, 

Aut tardura cupida prrevenit arte diem, 
Sive opitex seu mendaci magis institor ore , 

Gaudeat -. et munus tuto agat ille suum. 
Cumque omnem hibernis sicco pede noctibus urbem 

Circuit : hoc dicat debeo, Sixte, tibi. 
Hoc affecta facit non uno munere Roma, 

Hoc abs te rursus condita Roma facit. 
Muneribus qiiis finis erit? quœ gratia tantis? 

Est tellus meritis non satis una tuis. 

De via quam Papalem vocant. 
EpygTamma XXIIII. 

Sordibus et cœno immundœ vix pervia plebi 

Hrec via dicta tamen Pontificalis erat. 
Indoluit Sixtus vili tam nobile nomen 

Esse loco et certe non ita, dixit, erit. 
Mundari sternique jubet : doraibusque reductis 

Pontificis dignum nomine fecit iter. 
Hic vulgi varias artes variosque labores 

Quos viloe cultus postulat esse dédit. 
Quîe nostri tibi cura, pater? quis singula fando 

Explicet? est vulgi qmu tibi cura tui ! 

De via quam Rectam vocant. 
Epygramma XXV. 

Quisquis adis procerumque domos ac templa deorum 

Perge âge : recta novum nam via pandit iter. 
Hinc tibi salvator delubrum insigne petendus 

Delubrum Ursina) nobile gentis opus. 



192 SIXTE IV. 

Inde Augustinus Galli pietale refeclus 

Praîsulis (1) : haud procul liiiic ipsius ampla domus. 
Hoc spalium proceresque alii civesque frequenlant. 

Est via prœclaris Iota referta Viris. 
Francisci imprimis domus hic geiierosa Joannis, 

Qui mcruit neptem ducere, Sixle, tuam. 
Solus opes meruit servare ne solvere sacras 

Inclilus ingenio, sanguine, diviliis. 
Hic vicum insignit solus, nec nomine clara est 

Sixte tuo : ipsius nomine clara via est. 

De via qu?e ad trivium ducit qucm Marii montcm vocant. 
Epygramma XXVI. 

Gum média ex agris, plebs rustica, nocte redibis 

Strata via est Sixti munere, hieta redi. 
Nec libi jam cœnum dextra lœvaque timendum est, 

Alta nec in medio fossa cavenda luto. 
Tu quoque, quisquis equo teris hnecloca, tutus abito, 

Non linquet soleas, dum properabit, equus. 
Thyrrheni Gallique urbem celebrate, ministral 

Ipse pater vobis quod celebrelis iter. 
Strata viis urbs visa parum : vis, Sixte, per agrum 

Esse peregrinis agricolisque vias. 

U80. 24 janvier. Egrcgiis Francisco de Porcariis ac Baptistaî Staglia} 
magislris slralarum urbis et Juliano Gallo mercatori Romano pro eisdem 
magistris recipienti (ac depositario pereos deputalo), (lorenos quingentos 
de caméra cxponendos in reparationem domorum dirutarum et diruen- 
darum pro amplialione diclarum slralarum, qucmadmodum de voluntate 
prrefali Smi d. n. pap;o procedit, de quibus fient particularia mandata 
(etc., etc.). — M. U7G-1485, fol. 87. 

» 13 mars. 1070 florins aux mêmes : pro anno proxime futuro 
exponendos pro reparatione dirucndarum domorum et pro amplialione 
liujusmodi slralarum. — Ibid., fol. 88 v». 

148.']. 22 mars. Paulo Francisci de Regionc Columnaî, civi Romano 
commissario. Dilecte lili , snlutem, etc. Desidcrantcs quod fabricn? qua3 
noslro nomine fiunt cito ad exitum perducanlur : Gonlisi de fide, soler- 
tia el diligenlia tua , damus tibi facultalem et poleslalem mandandi cl 
pnecipicndi omnibus calcem, matones, cl pclram facicnlibus, puzolanam 
seu sabulum fodientibus et advehenlibus, aquain portanlibus, ac cujus- 

(1) Le cardinal d'Estoutcviile. 



PLACES ET RUES. 193 

cunque generis artificii fabris , magistris et operariis , quorum opéra 
necessaria tibi ad ipsas fabricas videbilur , ut pro convenienli et justo 
prelio vendant, portent et laborent, prout tu pro hujusmodi fabricis ne- 
cessarium et oportunum duxeris : Mandantes omnibus et singulis almae 
urbis nostrte officialibus et mareschallis ut tibi in hoc assistant et fa- 
veant, renitenles et contradictores sub pœna X ducatorum , ac pcr de- 
tentionem personalera cogant et compellant , totiens quotiens obedire 
recusaverint, prout expediens fuerit. Conlrariis non obstantibus quibus- 
cunque. Datum Rorase, etc. — Arch. Secr. Vat., Brevia Sixli IV, 1482- 
U83, ff. Ud-Ui. 

1483. 24 juillet. Spectabilibus viris Baptistse de Arcionibus et Ludovico 
de Marganis magistris stratarum et aidificiorum Urbis florenos mille in 
Urbe currentes pro reparatione dictorum ;edificiorum et stratarum per 
eos exponendos. — M. 1476-1485, fol. 100 v». 

1473. 12 octobre. Venerabili viro domino Jeronimo de Gigantibus 
etc. florenos de caméra triginta exponendos per ipsum in reparatione 
stratae pontis ante caslrum sancti Angeli, videlicet pro lateribus, harena 
et magisterio ac aliis necessariis , de quibus idem dominus Jeronimus 
postmodum reddet rationem. — A. S. V. , Divers. Cam. , 1472-1476, 
fol. 123 (1). 

(( [S. d.] : au même : flor. 22 , 34 per eum expositos in reparatione 
stratae pontis ante castrum S. Angeli de Urbe. — Ibid., fol. 124 v». 

1474. 28 décembre. Dilecto, etc. magistro Paulo de Campagnano car- 
pentario , in Urbe commoranti , salutem , etc. Fides tua multis in rébus 
comprobata nos inducit ut négocia, honorem S™' D. N. pap» et decorem 
hujus almae Urbis , ac commoditatem Romance Curi.c concernentia , tibi 
cum fiducia committamus. Igitur cum intendamus ex S™' domini nostri 
papae ordinatione de novo sterni facereviam qua ilur a ponte sancti An- 
geli ad basilicam sancti Pétri et palalium apostolicum, et ad id faciendum 
necessarium sit reperire magnam quantitatem lapidum diversorum etiam 
latericiorum et calcis ac puteolanae : 

(1) « Sixti IV. pont. max. jussu opt. ac piiss. 

Quam bene Sixtina hœc quse prseter fluminis undas 

Anctoris meruit nomen habere siii ! 
Hœc Mariée quse templa dédit via tramite recto ; 

l'ecil ut Pétri sedibus esset iter, 
Sixte, tuum munus ; jam nunc Sixtina vocari 
Roma potes : minus est condere quam colère. 
« Nel Galletti (cod. Vatic. 7912, car. 11, n'° 32) è rcgistrata questa bella iscri- 
zione che esisteva nella via detta Sistina , che dalla mole Adriaiia o Castel S. 
Angelo porta al Vaticano » (Forcelia, Iscrizioni, t. XIII, p. 85. Cf. Albertini , 
Opusculum, ff. 92 v», 93). 

13 



194 SIXTE IV. 

Nos de persona tua sumentes in domino fiduciam specialem , tibi ha- 
rum série committimus ut cum omni diligentia perquiras et ubilibet per 
Urbem et extra pro dictis tam lapidibus quam calce et puteolana et ubi- 
cumque repereris ad opus dictte vite perduci facias. Concedentes tibi li- 
centiam, facultatem et potestatem ejusmodi lapides, calcem et puteolanam 
ab omnibus dominis etiam invitis recipiendi et ad ipsum opus , ut prœ- 
mittitur, perduci faciendi , taxato tamen ipsarum rerum precium (sic), 
quod intendimus dictis dominis débite solvi lacère; mandantes propterea 
omnibus et singulis almœ Urbis pnedictte et locorum finitimorum offi- 
cialibus quocunque nomine censeantur ut tibi in pnemissis exequendis 
contra quascunque personas, quocienscuraque a teseu tuo nomine requi- 
siti fuerint omnibus possibilibus favoribus et auxiliis assistant , si S"" 
domini nostri papœ gratiam cupiunt sibi conservare. Non obstantibus, 
etc. — Arch. Secr. Vat., Divers. Cam., 1472-U76, fol. 203 y". 

4475. 6 novembre. Honorabili viro domino Johanni Petro Gastaldi 
commissario, etc. florenos auri de caméra in auro centum octuaginta qua- 
tuor et b. LXVII pro residuo et complemento expensîE faclae pro salciata 
et matonatu pontis castri sancti Angeli, de quibus idem dominus Johan- 
nes Petrus tenebitur reddere rationem. — Ibid. , fol. 245 v°. 

1474. 24 décembre. Petro de Marganis florenos auri de caméra in 
auro centum exponendos per eum pro strata facienda inter castrum 
sancti Angeli et ecclesiam sancti Pétri , de quibus C florenis postmodum 
reddet rationem. — Ibid., fol. 200. 

» » (au même) : florenos centum pro reparatione viœ Sanctic quae est 
inter portam castri S. Angeli et basilicam S. Pétri de Urbe. — Ibid., 
fol. 203 v". 

4475. 20 janvier. De pecuniis gabellse Studii solvatis et numeretis spec- 
tabilibus viris Guillermo et Johanni de Pazzis etc. nostro nomine reci- 
pientibus pro fabrica stratte qua itur ad palatium apostolicum florenos 
de caméra centum et viginti, quos volumus postmodum relineri de sala- 
riis omnium doctorum in dicto Studio legentium hoc anno, videlicel de 
unoquoque floreno romano dicti salarii duos solidos monetœ romanœ. — 
Ibid., fol. 208 v". 

» 22 janvier. Spectabilibus viris Guillermo et Johanni de Pazzis etc. 
nostro nomine recipientibus pro fabrica stratie qua itur ad palatium 
apostolicum florenos de caméra ducentos et quinquaginta, per praefalos 
dominos depositarios retinendos de pecuniis por eos in hoc currenti 
anno solvendis gentibus armigeris S. R. E., ad rationem b. XXIIII»'- 
pro qualibet lancea inlegrarura conductarum, videlicet computalis flore- 
nis de caméra octuaginta stipendii seu provisionis pro una lancea. Non 
obstantibus contrariis quibuscunijue. — Ibid. 



PLACES ET RUES. 195 

1475. 22 janvier. Rdo in Christo patri domino B. de Maraschis, epis- 
copo Civilalis Caslelli, et spectabili vire domino Miliaduci Cigala , mer- 
clialori Januensi, Romanam curiam seqiienli, pecuniarum Camene apos- 
tolicœ depositariis, etc. mandamus ut de pecuniis per vos in hoc currenti 
anno solvendis gentibus armigeris S. R. E. retineatis b. XXIIII"' pro 
qualibet lancea integrarum conductarum seu ad eam rationem, compu- 
tatis florenis de caméra octuaginta stipendii seu provisionis pro una 
lancea. Et hoc pro fabrica stralœ qua itur a castro sancti Angeli ad pa- 
latium apostolicum. — Ibid., fol. 209. 

» 6 février. De mandato facto die XXI Januarii , societati de Medicis 
florenos quingentos expoiiendos pro fabrica stratœ novre silizatîe a ponte 
sancti Angeli ad palatium appostolicum. — A. S. V., Intr. et Ex. Cam,, 
1474-1475, fol. 129. 

» 8 février. Jacobo Rentii Statii civi romano florenos de ramera sexa- 
ginta in deductionem precii lapidum quos dédit pro dicta fabrica (fa- 
brica strate qua a castro S. Ang. itur ad pal. ap.). — A. S. V., Divers. 
Cam., 1472-1476, fol. 211 r. 

» » (Laurentio et Juliano de Medicis mercatoribus) solvatis et nu- 
merelis omnes et singulas pecunias per vos ex ordinatione nostra vigore 
alterius nostri mandati retentas seu quas in posterum retinebitis... pro 
fabrica stratœ qua itur a castro sancti Angeli ad palatium apostolicum, 
juxta tenorem quorumvis mandatorum nostrorum pro negotio dictae 
fabricœ vobis directorum seu dirigendoruni. Non obstantibus contrariis 
quibuscunque. — Ibid., fol. 212. 

» 22 juin. De mandato facto die XXII maii societati de Pazzis flore- 
nos auri in auro ducentos quinquaginta pro fabrica strat;^ castri sancti 
Angeli ad palatium apostolicum, etc. — A. S. V., Intr. et Ex. Gain., 
1475-1476, fol. 154 v». 

» 25 juin. Honorabili viro Paulo de Maximis civi et merchatori romano 
florenos auri de caméra mille solutos per eum juxta nostram ordinatio- 
nem pro fabrica stratre noviie qua itur a castro sancti Angeli ad palatium 
apostolicum : et de quibus reddetur computus {{sic) rationis simul cum 
cieteris pecuniis pro eadem fabrica expositis. — A. S. V., Divers. Gara., 
1472-1476, fol. 219. 

» 11 octobre. De pecuniis gabellœ studii alm;e Urbis ponatis ad exi- 
tum et vobis retineatis pro Gamera apostolica florenos auri de caméra 
in auro ducentos et quinquaginta pro lotidem qui fuerunt expositi in 
strata malonata , qua itur eundo a castro sancti Angeli ad palatium 
apostolicum , ex communi servicio ecclesia' Placentinensis ad pra-dictam 
Cameram spectante , et eandem summam ponalis ad inlroitum dict;i^ Ga- 
merte apostolicse pro restitucione dicti communis. — Ibid., fol. 244. 



196 SIXTE IV. 

1482. 6 avril.