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Full text of "Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savans de l'Europe"

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flsiBLIOTHEQUE 

KAISONNE'E 

Ses ouvragés 

ES SA VANS' 

►E L'EUROPE. 

j^ Pour les Mois de 

, miLt.XT, AOUT, 6- SZTTEMBRB. 

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jTOME DIX-SEPTIEME. 
VrmifTi Tmrtit, 



fA AMSTERDAM, 
Ws J. WiTtTEiH & G. Smith. 

MDCCXXXvi. 



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BIBLIOTHEQUE 

RAI SON NEE 

Des Ouvrages des Savams 

DE L'EUROPE. 

Pour les Mois de juillet , Août 
& Septembre, 173*. 



ARTICLE I. 

A Letter to Mr. Poster, on thefubjefl: 

of Heresy. By Henry Stebbing, D.D. 

' Chaplain in ordinary to His Majefty , and 

. Prcacher to the Honourable Society of 

An Ânswer to Dr. Stebbing*s Latter, 
on the fubjeâ: of Usrefy : In a LeUer to the. 
Doûor. By James- Foster. 

[ Ccft-à-dire: 

I 
I 

Lettre à Mr. Foster, aufujet de f Héré- 
sie. Par Henri Stebbing , Dq&eur en 
Théologie , Chapelain Ordinaire de Sa Majesté', 

Tm. X VI L Fart, I. A 3 - . & 



^ 



6 BiBMOTHBQSJB RaISONNEIB^ 

<^ Frédicatetff Je la Société dis Avocats 4t 
Gray'l Ida. In âétmva^ fmgg. )i. Secamh JS« 
dithn. A Londres ) cbexTj, ér J. PemBcr- 
ton, 1735. 

Réponse i la Lettre du DoSew Steb* 
BiNO, au fujet de /^Héréfie: Ou Lettre à a 
Doreur ^ far Jaqjjes Foster. In oStzvo^ 
fàgg, 72. Seconde Édition auffi. A Londres, 
chez, y Noon, 1735. 

VOiti les deut premières Pièces de laDif- 
pute, dont nous ayons promis de parler. 
Je dil^ les dêiûit fréméhoà: eu on fidt^, qufe les 
Antagoniftes n'en demeureront pas Ul II pour- 
roit bien être , comme il arrive ordinairement, 
que les Rq}lîques& Duptiqties ne contiendront 

Î;uéres de nouvelles chofes, qui fervent à appuier 
es raiibns de 'part 6t dPalitre. Qjioi qu'il en 
foit , commençons par donner un Extrait du 
Sermon de Mr.TosTER, qui a excité le Zélé de 
{m Àgmffèùr. 

Le Te:Jtte de ce Sermon tft le ftmeux Pal- 
fige de l'fiçïtre de St. Paul à TiTiV.(*) Ae- 
jette% (b) T homme Hérétique ^ afrisf avoir a^vet" 
ti uéeifu deux fm^ Sachant ^un tel h&mme ef 
miA¥?nèUf ^verri , (^ ju'ii féche , àant cék» 
damné far lui-ménf^^ 

Il y a lieu d'être furpris , quand on penÉ, 
combien le fimple ion de certtuns mots, adroi- 
tement 

f j) Ckap. IIU twrf. i^, II. (é) C*«ft ainfl que 1« Vtt* 
fion Anjl^iife tnukik wufiMiTêO. Mais la Vulgate, & 
a*autxes Verîions , Anciennes de Modant3 , difcnt : i^- 
sr^ Et ce fent convient ici pouc le moins auifi bien que 
raiitxe. 



Itoient tnéDagez, a de pouvoir fqr k plupart des 
JHbcQiDfis^ pour corrompre leurjugemenc 8e ea« 
flaœmer leurs Paifions. Ceft la (if) réflexion 
pnéfiminaire de nôtre Prédicateur. U en donne 
pour ecemples , les mots de Suferfiitiom , Z^En* 
theufiafimê , ^artifice {t) des Wtrts } termes 
donc les Ennecoîs de hR^ligi^ Cbrftiemne Mbm 
des appUcacions vagues ic confufes , éhlouiflênt 
& féduifènt partiales Simples, ou les petits gé- 
nies. Chei ]g& Cbf /tiens mêmes (de voilà oà 
l'on en vouloit venir) rien n*a produit plus d*a- 
nimofitez , dé divifions , de perfécutions , de 
icénes (ànglantes, que .iè mot ^Khipe mal en- 
tendu; ap^qué indifféremment à 'l'Erreur 8c à 
la Vérité ^ confondu avec tout ce qui s^éloi^e 
le moins du monde des Opinions reçues, bien 
ou mal fondées; renvoie de part 8c d'autre, 8c 
donnant ainfi lieu à s'anathématizer réciproque- 
ment; fervant d'inftrument au zélé furieux des 
Eedépaftijues PoUtifuef , 8c des Enthoufiafies 
bigots. 

Nôtre Auteur, pour défabufer, s'il eft po(&« 
ble, ceux qui fe laifTent prévenir d'un faux ièns 
de ce mot, d'où il naît des fuites fi funeftes, 8c 
fi préjudiciables à la Religion, qui en eft lej)ré- 
cexte ; examine avec foin ^ en quoi confiite la 
nature de VHér/fay félon l'idée odieufe qu'on f 
attache. 

Je dis , filon fidée oMeufr qifon y sttdtbe : car, 
{c) comme il le remarque d'abord , fi le terme 

d'Hf 

iéi) îag. 2l3, ér fmîv. {*) Pritjtcrafi* 
' \0) 7ag. 218 , ér Juiv, 

A* 



8 / BiBLIdTHBQSTB RaISONKS^^' 

HKiréRe eft quelquefois einploié dans un mau^ 
vais iens par les Ecrivains du Nouveau Tefta^ 
Tnent^ cela eft rare: il s*y prend d'ordinaire dam 
un {èns indifierent par lui-même, & n'emporte 
autre chofe» qu'une 5f^f, ouiinP^r/i, en ma- 
dère de R^igion. La Se&e des {a) Sàdducéens^ 
la Se£le des (é) Fharifiensy la (c) Seffe des Na- 
xaréenîy ou des Chrétiens: tout cela eft exprimé 
dans rOrijginal par le même mot d'Hér//ie, Et 
il ne fèrviroit de rien d'objeder, que r expres- 
fion eft mife dans la bouche d'Etnu^ers^ que. 
l'Auteur Sacré introduit parlans. Car St. Paul 
y dit lui-même : {d) fat fuivt^ I'Heresie des 
rharifiens , la plus exaéte de notre Religion. Il 
eft clair y que TApôtre n'entend par là rien de 
mauvais, & qu'il marque fimplement de quelle 
des trois SeStes^ qui partî^eoicnt les Juifs ^ il a* 
voit été: car il veut là fe juftifier, &non fe blâ- 
mer en aucune manière. Dans une de fes Epi* 
très, il parle ainfi : {e) Il faut qu^il y ait parmi 
vous des Hérésies , afin qu^on puiffe connoïtre 
ceux qui font dignes d^etre approuvez. Cela figni- 
fîe manifeftement, dit nôtre Auteur, que, vu 
les di£Férens caraâéres des Hommes, la diverfî- 
té de leurs vues, de leurs paffions, de leurs pré* 
juge:^, & autres cbofes fembiables. il eft naturel 
de s'attendre à les voir divife::^ en différcns partis 
de Religion , comme ils le font en matière de 
Tolitiqucy & des affaires de la Fie Civile : & que 

la 

(4)' ACTES, Chap.V, verf. J7. (h) Ihid, Chap. XV. 
vnf, s. & XXVI. verf. 5. (c) Ibiti, Chap. XXIV. verf. s. 
(d) Ibid. Chap. XXVI. verf, s. ' 
ii) I. CORINTli. Cha;p,JlL verf. 19. 



h fiige.FrârBàice le pctmet y pour tncttte i 
Vèpttxxr^lcxa mt^pfj cotttme tulB-ifiar qu'on 
puiflèdiftû^uer les pierfoones indokoteSy o^- 
geoces, & qui ^a^lTeac de miuvaUê foi dans 1« 
xécfierche de k Vérité vd'avvc ceux qui fiant »<• 
mateurs ûocéies de la Vérité, qui la cfeercheiit 
avee iicMii') d'un cœur fiam: £c bon. 

Cdabofé. VHéntPitày àfiûvre Pidéeffrié- 
ràd!e renrenxm dans ta compréhen&)n^ dittèrme, 
cdi un boonne qui & fait- Chef de quelque SftA? 
dkî Relig^ » ou qui en <Mfy£r une, .pour s'y. 
jotnidre. La %iîfication /orirâude au moC' 
(«^itn«) emporte ce €i?«r«: & k nature niéoie 
de U cbofe fe dennnâe^' tout «âe^ de l'Ame , 
qui ie rapporte à la RelSgioh , devant .étie'pro» 
duir par une détermination libre de la< Voloneé. 
Aifi£ im iié!^^«f r dans un mauvais'iifis, doit 
être celui qui embrafle qndque Doâsihe qu'il 
fiif être iàyffe, JGuL'prôfeâè & défioÉid démâm^ 
waififià des cnoi^ (pirit eft comoaimm qui répiv» 
goentià la RtUgùnt Cbrépknnèy & par con^uent 
qui forme une:Faâion, ou en ibfitient lesin*' 
térêts y . dans quelque * mauvaife vue. Le Texte» 
qu'on explique, confidésé enluirmêmey&oom* 
paré avec toute la teneur des maximes^^génétales 
du Nouveau Tefbmenc>> mène à. cette défi- 
nition. 

UHérétPjuey dont. parle St. Paul^ eft .non 
feulement jw'vfr^i,' c'âEl-à-dire , s'écarte de la 
vrsîe Foi , {a)- &:« io&tient de mauvaifes <^i^ 

nions, 

(*) He fft $nly erummm wwf Sentiments §f ChriftUnitu 
Coixiihe' le mot entertain' fe dit ordinaiieinciic des chofês 
que l'on irkiV» Mx; STftBMMO, dâfls fa hçtttt (pé^.iu) 

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que manière qu'il foit venu à s'en periùader, 2 - 
n'y a là rien qui convienne à la definiticHi que 
l'Apôtre donne de VHériftPjuey puis qu'dle ilip- 
pofe l'Hâéciaue e^nvamcu qu^û enferane ou qu'il 
profisfTe une jDoârine &uiïe y àc Cda pour de 
mauvaifes vues. 

2. II eftimpoffible, ^^un HommeAUmûàt 
bérétifue; c'cft là feèonde confêquence. Un tel 
homme peut à la vérité fe tromper ( & y a-fii 
adicun panxu nous, qui ne foit dans quelque Er« 
reur?) il peut même errer fin des f$ints èmp^r-» 
témfcram fes erreurs ne fauroieiit être dange* 
reuib , t2nt qu'il prend foin de conferver une 
bonne confcience. ^ La Nature Humaine , par 
& propre cpnftitution , eft foiUe 6c fiijette à • 
l'Erreur : £c vu la diverfité qu'il y a entre les 
HbmmeS) par rapport aux talens^ au tour d'd^ 
prit . à rE(U]cation ^ Se autres choies fomblables, 
il eft inévitable > qu'ils n'entrent dans des opi- 
nions difierentes, & par confisquent dansdes o« 
pinions erronées; la Vérité étant néceflàirement 
tbujoUrs uniforme. Le Sage & Mtférianrdieux 
Conduâeur de l'Ulaivers aura &ns doute beau*- 
coup de condefcendance pour l'imperfeâion de> 
nos lumières, la confiifion de nos raifonnemens, 
& le grand nombre de petits préjtigeZiiqui s'em- 

i>arent impercepdblement de nos Ëfprits, & les 
éduifent, dans cet état de foibleflè $c d'obrcu- 
rite, où ils fe trouvent. Sous V Evangile enpar«. 
dculier, à quelles conditions Dieu promet-il 
de nous recevoir en grâce? Demande-t-il une 
ferfeÉfhn ahfiluë? Veut-il que nous foiypns ex-, 
emts de toute Erreur de l'Entendement , à l'é-» 

gard 



^yuilkt^ jMi 6? Septemhre X716. i) 

eard de mates les parties de la Révélation , Ac 
fans aucun défaut dans nôtre Conduite ? Si cela 
étoir^ tous les Hommes (a) feroient égsdement 
& infailliblement fujets à la condamnation. lAaiM 
un défirfincér€ de connoître & de faire la volon- 
té de D 1 £ u , eft la iëule condition du Salut, 
comme elle doit l'être , dans l'état préfênt du 
Genre Humain, à moins que de faire dépendre 
de l'impoffible nôtre Bonheur à venir. Ainfi 
toute Erreur, qui efl compatible avec cette di£> 
poGtion générale & confiante, efl auffi compa- 
tible avec le Salut. Enfin , l'Ecriture ne déclt- 
re-t-elle pas expreflement , que {b) quiconque 
croit 5«tf JESUS eftk Christ, eJfn/aeDiEV} 
Preflèrons-nous donc la néceffitc d'adhérer à 



» 



„ la créance des Articles particuliers ^ eue nous 
„ avons nous-mêmes fabriquez,^ de fe former 
„ de juftes idées fur des Gontroverfes épineufes 
„ & embrouillées ? Déciderons-nous magiffa^- 
„ lement, quç tous ceux qui n'ont pas la même 
„ pénétration d'efprit» que nous, les mêmes oc- 
„ cafions & les mêmes facilitez d'avancer en 
„ connoiilànce, ou peut-être feulement la mô- 
3, me préfomtion , font abandonnez de D i e v , 
,, & perdus fens refTource } Il ne faut que cfc 
,3 peu de quefHons fimples , pour montrer d'a- 
„ bord à un Efprit attentif & judicieux la folie 
„ & le danger de telles condamnations, (î dures 
„ & fi impitoiables. Elles font fort mauvaifcs, 
„ lors même qu'elles ne viennent que de témé- 
„ rite & de précipitation : elles le font beaucoup 

„ plus 

(d) LEpîtrc de ST. Je AM, Chap.I. vtrf, g, 
\b) Ibid. Chap.V. vtrf. x. (c) Pag. 300. 



1 



14 ISniiiaTHsqini lUisqNivBlit 

,, plus , bn que U ntalkt <n eft la icHirce» & 
^y qu'elles fe trouvent accomptgiiées d'we wa^ 
yy niere d'agir envers nos Frères., pleine de mé- 
yy pris Se d'arrosaoce : mais le comble de l'iiv 
yy juftice & delà tnalignité, c'eft lors que ceuir, 
^ qui font fi âpres à condanuier les autres pour 
yy des Erreurs de Spé^uUtè$Hy peuvent être eux- 
,, mêmes accuièz avec raifon d'une vèé déréglé. 
^ II n'y a pas d'hypocrifie phis impudente & 
,yy plus monftrueufe. £t cependant ^ quelque é- 
„ trange que cela pardlfe y ces ibrtes de gens 
,, font d'ordinaire les plus graoda cri»Ueurs £c 
^ les plus ardens Défeofeurs de VOrthfdèxk yCok 
yy pour colorer leurs Vices , & en dérober la 
^ connoiflance au Public, où peut^'étre parce 
yy qu'ils croient les expier en quelque manière 
^ par un 2èle furieux & emporté pour de« ba* 
yy gatelles". Nôtre Auteur cite ki des paroles 
.très*connuës de (a) Nôtre Seigneur , comnae 
s'adrefTant direâement à de tels Hjfpotriitf : & 
il montre enfuite , combien la Rdigion &c l'E- 
glife ont .de tout tems fouffiat , par un efièt de 
ce Zélé pour des Syftêmes & des Opinioos de 
Parti. Il défie YlrréUgieny 6c YAthêfm même, 
de fè vanter d'avoir porté plus bin les défofidres. 
Venons à la troifiéme coniequence* 

3. Si VHérépey dont il ^^t, eft une Ecreur 
de la Volonté' y ôc que ceux-là fitiUs entent cou- 
pables, qui^ conJammeuf eux-mêmety comment 
pouvons-nous favoir avec certitude , du moins 
dans la plupart des cas , û un homme eft véri- 
tablement 

(•) MATTHIEU» CUp.VlI. vtrf^^j^i. 



JuUIe*^ A^ & Stptmift vjyi. \f 

taUeœeot Hé^ifXf^? Qiie diacun iè fafleà kn* 
même k^ftieftioii fans perdalité, Sx, ne pouvant 
y répCMHirtï d'4jiie minière âdsÊUfance ^ que fin 
igao/iiii€e lui apprenne du moins à écre m§éep9^ 
qiMûd il s'agit de condamner fen Prochain. A 
la yénté^ dsois les premiers Siècles du Chriftî»* 
niime , où \m des dons extraordinaires du St. 
MJfrifj (Httétoknt alors communiquer, axûC- 
toit dans le (as) dàfiermmenf des Effritt^ h qpocC- 
don po«i¥oit. être pius «fémenc décidée. Pour 
ce qui regarde life en paniculier , à qot Sr. 
Pavx. donne le confeil contenu dans le Texte 
de ce Sermon-, on ne finiroit croire^ qu'avec le 
cara£téf« Se l'emploi donc il étoic rsvétù , . il 
maoqdte éc tàs dom. Mais aujoiml%ui > quo 
ces lumières & ces Recours canniocdinaires ont 
cefle, quelle ré^ avon»-oous , pour nous diri- 
ger dans «ne recherche de cette nature? Durait- 
on, que les Fourbes, dont il s'agit, fi cmmoîffhtt 
pour l'tMdiiiAire i Imrsfrmts^ ou que leur mati- 
vaiie vie les décèle? Dans cette mppofitkxi, il 
vaudioit «ncore mieux les rqetter à caufe dU' 
Vioe, qui eft notoire & palpaUe, que pour leur 
Hér^^ dont on ne iàuroit juger Txm iureroent. 
Maisiors qu'ils fi>ot afiez circan^peâs> pour ne 
laifièr nxr ouv^ertiânent aucun Vice , âc quib 
aftdbent même un air de fitnuté y pour mieux 
Tenir à leurs fins ; peut-on ùkc aacte chc£c^ 
onelque graad fbad de malice qu'ils aîonc, «que 
de les aixindoDner an Jugonent do fouvendn 8c 
uniqiie Arbitre des Gooftiences ? JDa nifte^paâs 



ta BiBLIOTHBQjm RAISONltelBy 

3 d'il cft fi difficile la plupart du tems de ji^;er 
e VHéréfa^ en accu&rons-nous l^éreoieiit nos 
Frères, pour la moindre diâerence d'opinioiis? 
£c fur*tout, ferons^nousaffez injuftes,pour im- 
puter ce crime à des perfonnesqui iê conduilènt 
par des principes de Vertu , & dont la vie cft 
exemplaire? C'eft juftement le caraâére oppofé 
à celui des Hérétiques dont il eft parlé dans le 
Nouveau Tefiament; & pour les ranger dans la 
même clafle , il faut contredire l'autorité de 
Sf. Paul. 

Fort bien> repliquera-t-on. Mais après tout, 
les Véritez, que ces gens-là nient, finit fi clai- 
res, & foutenues de fi fones preuves, que qui- 
conque les examinera (ans prévention & de bcm- 
ne foi, y aquiefcera infailliblement. Âinfi, mal- 
é tous les beaux dehors qu'ils montrent , il 
ut que leur cœur (bit corrompu, & qu'ils ré- 
fiilent à la lumière par l'efFet de quelque mauvais 
principe caché , d'un efprit de fingubirité, par 
exemple, d'Oj^eil, d'Ambition , ou de quel- 
que pû-éjugé vicieux. Voilà , répond nôtre Au- 
teur , le ianeage confiiant des Bigou & des En^ 
thufiafies , fur-tout de ceux qui font le plus eux- 
mêmes dans Terreur. Ils ne comptent pour rien 
les proteflations les plus fblennelles, que les Par- 
tions des opinions contraires ont faites cent fois 
u'ils étoient bien perfuadez de leur vérité, & 
e la force des raifons fur quoi ils les croioient 
fondées. Mais qui ne voit , que chacun eft 
paiement en droit de rétorquer le même repro- 
che ? Ainfi cette prètenfion ne peut être rœar- 
dée, dans l'efprit de toute perfonne fage & ^- 



I 



JmUef\ Jhit 13 Stpimhre HfyS. Vf 

\ fiSe, que comme un eflèt de paffion , ou de par* 
\ tialûé. 2^'ailleurs , en vertu de quoi f^iàmc^ 
nous û enterez de nos propres lumières PSbm- 
nes'-nous infaillibles ; poiir pouvoir êtne çeitstine- 
xû&it aflurez , que hckfe aVons la Vâ-iré'dé nô- 
tre côté ? Rien n'eft jrfus manifcfteinent con- 
traire à là Modeilie , qu'une telle fiippofitfon, 
qui eft néceflàirement renfehnce dans tous ces 
ibnes de rdfonnemens. " Quand roênié nous* au- 
rions une certitude ai! defiîis de toute'd*ncc de; 
pouvoir nous tromper', tié ferôit-il p^'^'bcaîicoup 
plus excufeble de fupppfer dans nosProchainsf 
un Jugement fbible, en cbmparatfon tlà^WÔ^ife,' 
que de le» ;iccufer d'être dans PcrréùF pif yn; 
cflèt de la cbrrtiption de leur cœur?-- 

Êmfifa fà c'eft ici la dernière réflexion) qàôi^' 
que ce Xo\t une chofe très-délicate , de fn-onoh- 
cerq^-fel ou tel '^ft coupable SBéréfie ^ ceux' 
qui approchent le plus du caraâére des anciens 
Kéréti^uèj^ condamnât dans TEcritu/ie , ce font 
■ ce^^Vîolëns Zélateùrs^é Parti , qui boriittit Iç 
vnri ÇIti#ftianifméà TeQr propre FadHori , «c er- 
éotntnîfznient hardj^t tou? ceux qui dfent en* 
! trer dans d'autres penféés r ces rigidlès' Doûeurs 
: ou Fauteurs d'une Orfliodôxie prétendue Vqtii 
; v^lciie impofer à tous^ic§ Chrétiens dés SyftêJ 
I mes de Dogpaes, & dç^ formes de Giilte^d'în- 
ventiôU' purement Mimâine , comnic autanr de 
parties eflentielles de h Religion , & C0lrpme ides 
Loix qui obligent eh confcience. A îa'nnérîté, 
les gens da commun peuple, qui aident à^main- 
tenir & avancer cette Tyrannie Spirituelle, peu- 
vent le faire innocemment, pouffez ^^^TentAou-' 
Tarn. XFIL Parts L B fiafme 



i 



le^jpféçpîci^ auteurs & les promoceon de U zy- 
raiirâ, :kifs fuMout xju'cile çTstoit leni^ numi- 
£»Â9P^> leur fssocuFfsr 4es richcifefc 4efpaa- 
dcs^c^pûpe^y /dequoi viv^e dans le Luxe 6c4«is 
leftrFlai,I^Si> .peavexic jiiAen^iK «cre foQpçonnez 
de.,WB$ i^Vûcs & crnjûinellos;, ou, four parter 
avec St. Paul,. (-?) 4"Wf ^li/^rir ,g4^, ^'£. 



nÇiîgPMi'WV^ Cjpiafi% Uefleniâcl de Iii J^d^îça 
en.&eculadons fri^les^ qui A^ont nul i^poit 
à la Vertu, ca in>;ftçres.*ftr«5.& ifXcoK^m^ 
be^lçS;9.>ou en j)oo)pe, çKtériaire de IUc«s & 
deCerernooies^ 4>n peut conclure cercwiemetity 
qui^, fi cela àe yieac^ ^'^lae orès^g^yide fî[>i* 
ble& d'Ël^rït, il doit aToir ià fource ikos quel- 
que to^uv<ais principe du Cœur. 
. y ^ Ji. a' 4e précis du Çcsmioa de Hr.W^fier. 
VepoDS à.k/Duçute 9 earuë de las|i«i^)nQu$ 
Tavoi)^ ÏMt pr6cé4èt.. /e Jpiodrai , -^uâfis par 
artjiclçp «^çe; ^^'il ^ •^-^e. principal dans les Objac- 
tions^.j& ài^l^^BJ^Qj^',^ tant pour Hû^^^y 
que^ur mettre lesXleâeuis en état ^^en juger 
p^ ;cQinpiQdecnent, .. 

XlAttaquant débute d'4J^: ton dévot, magis- 
tral, iâc qui -tend à xendue d'abord odieuiè la per- 
fonne & ladodrinede celui conore qui il fe nxec 
en campîigne. (*) „ Vous croirez ^ je pcnfe, 

(dit 

( #) I. T I M O T H. Chap. VI. Vitf. $. 
i}) SlMn£i lotir i pag« 3. 



n 



,, ^ék Saiâe de O^KU toute U jiiifl^cé qui 

„ douve w gr^ «f ju% 6iJ« 4c fcafl4^:. & 
„ ht fçm V»pi'« «» vue, conww. le prwqprt 
„ filjec 4«r çf«* hetact «ft de trop pwpt coo- 
» ^uwse, poor l'^bw^owiCT aux tn^«ji^*|e» 
„ qw vw« TW!^ «te« «rigez vous-n^ODWa fi^ 
„ vw fPK^lW «ÇW», O» fur te» crrwr» <J« vos 

l.M«^> «ç ^ Tfyjf du tqjjMr d'exprrfjon» 
oui f égne «n gé^M dM^ tpfç V^ l^tOfC, 1 At- 
ûmw.MjpaiM; >) » Jç neqfc,.ï»w mji, que 
^jj» irn^ jt#ic« au? Çcttvaiq« dM W«Wf« 

^ém^m PWK que' vous, avc^ avi Tçpre- 
^ QOtft unique b(*t:«C cçmrpif leraçfflfw ropien 

„ *lipK»nde #!# q/pft J* dpfeqdç ouvpne- 

„ rie. Je me propofe dORC dç vo,i|5 pw*©! tpa- 
« «9lVî«. JfR vflw me jfiwlen«3» fe VQU? («Hr 
„ i'WBiloip ,qi|e^wçsrMi>ps de yqs f hj»^ vm; 

B a 



^6 ÈiktlOTHEt^ tt AtsiONKB^,^ '\ 

culiéfes, pour faire voir inhocemmeèt' par uci 
ej(ïài-' combien elles fcroienc Géantes à «ne au- 
tre rltùtie , & comment elles /conviennenc 
d*upe & 4'autre part fur cequieft enqueftlon, 
vous rf aurez pas jufte fiijet de vous en phin- 
dre^ puis que, fi e)les déplaHënt dans I9 0> 






5, j éviterai avec ocaucoup oc loin tout gc ^qiu 
„ fent Péfprit de querelle & d'emportement^ les 
,3 airs de Diâateurj^ Impertinence & la puéri- 
^y Jité" Académique. Vôys Commencez pat un 
„ Lieu Commun de Cèntroverfë , & voui me 
j, dites , que mm SetTpion a caufiun grand é' - 
03 J^fl? fi^^^l^' Vous ne deviez pas^,- M d n« 
j, s I È U R , parler de jufie 'fiaiïdak \ ay^nr que 
„ d'avoir montré , que 1c fcandale éC<^ inea 
j, fondé. .C*eft un poiht entore à décider.' .* . j 
,, Jcj ne ra*attendois pas ' jg^ù'ûh Auteur 'de -vôtre 
5, caraâére eût recours a iin cies artifices tes dlus 
j/ufez' j & en même tem$ les plus bas', œub 
,, Difpùteàr. Cela n*eft*b6n qu'à împoffer aux 
3, Ignorons par des fonç voide^ de fens^ oa* i é- 
,, mouvoir lés paffions du Lefteur, & paNà 
^ayeugler (on jugement 
, Après cela, pour repoufler le reprôcliè d'a- 
voir voulu fafper les foridémens àérEgUfi éu-^ 
blicy & par-là choqué tout bon Eçcféfiàftique; 



ment les mêmes idées qiill a proposes d^tf*lôn 



\ 



y^lkfj J9k & Septembre \^\js. if 

SeHnm. Tds font (a) ChillïNGWORTH, 
PEvêqur (i) Tatlor j & (c) Halbs. Com-. 
me lé dernier avok cké St. Avgvstin (d) en 
Btvear de (on opinion fur fa nature de VHMfie^ 
notre Auteur y joint un {e) autre Palïàge de ce 
Père , parfaitement conforme à la defcriptioii 
qu'il a lui-même faite de VHéréJie. Ce tfm pas 

Î[u'il prétende,queCesautoritez par elles-mêmes 
êrvent à décider la queftion : mais dles peuvent 

(ajou- 
' («) Pr^dst tê sht Jimlfr. ef'Cbaiity maiataincd » $ dtm» 
Le paiTage cft tout à la £n , & on le tiou?cra dans lii 
Tiadu6tion Fian^oife de Chtllingworth , Tom. L pé^, 
57, st. Mx. F«/f«r en indique un autre, tité. d*nne Lettre 
de ChiUingWêfT^ k fon Ami Leiigar , où il lui |«de ainfî s 
„ Si vous croies que je fuis Héréts^mê, fle par coafifqacnt 
,y qu'il faut me fuit , tous devez me prouver*, que je 
„ fois mvTêKarAtfiTOti » condamné pair mon propn jugtmtTa i 
,, ce que je fai bien que je ne fuis pas , & ainu vous ne 
,,, pottTez me croire tel". Cette Lettre, qui a été m^ 

λtimée plufieurs fois , Te trouve en partie dans la Vie de 
'Auteur , publiée en Anglois par Mr. Des Maizeaux , 
pag. 31, &fmv. 

{b) Dans un Traité Anglais De U Ubm4 i* fnfhéiifir, 
P^g* 30, 3S> £^' '» o^4vo, 

(c) Dans un Traité Anglois Du Schifmtt ^uî fait partie 
d'un Recueil, rimprimé en i7itf. pé^, isi. On le trou- 
vera dans la Traduâion Françoife de ces. pietits Traitez^ 
l'ointe au ULTome de ChillinGWORTH, pa^. 359, 360. 

{d) Ces courtes paroles : Erràre pojfum : H^reticus ejfe 
noto. On n'indique point l'Ouvrage , d'où elles font 
tirées. 

(c) H^RETICUS efi , ut mea ftri âpi/ti» , ^ut dltcujus fMP- 
poràlis conunodi , & tnàximt glorîs ptinctpatus^ue fui gratta^ 
falfas ac novaj opiniones vtl gignit vel feejMituf : iile Autem , ijui 
hujusmodi hotnimbus crédit , homo efi imagirmtitne tjudtdam ve' 
ritatis ac pietatis illufus. De Utilitat. credendi , Cap, I. col. 




(mi]te<*il) ttopoAit flence-à des tlttneuis ia* 
jMxftft ficanécer l'^âtlt dci9{)réjiq^, dootvtfAt 
^ é" émtrei Befivshi têb ^ vmf^ pféi foin 

fOus cdiix qd «fiond^tit letsM Libote^ yço^ace 
des i{»récenfioAs tynnniqises > & des ûapoiitioui 
trWtyiifres 'Sec. 

Ceft li tm éditutàk», ^ fiiSt) {mv Ai- 
le ccNinoikne ie Sctle i8c m -maie tetts ie ^géaiè 
iic jparc & d'autre. Nous ne nous arrêceroos 
akis qu'huit <iiofbstf)£i»e$ , de à ce f^i tH: de 
^ùeljuç îtrtKirtâfice. 

, Mr. Stêbpmi convient, (%) que le idàt J^Sï^ 
fifie étt rgénéml ne fignifie qu\ine SeBtf^ ou i» 
P«rfy: fnais'il'nie, quMl fbit¥4y«Mmf déieniiiûé 
I un nkùivaïs ^jhts,; & pour cet dRt, fl Cotfitdlc 
fiir crois des Pafîliges kidiqiiiEX par Mr. JRo/irr. 
Le premier eft cekri-ci, que j'ai rapporté ^enibn 
Heu , îhrec l'èxpliotlôn qub le Prédictitjeèrr «n 
flonne: {c) Il faut qi^ il y ait Hes Hxlt'k^iss 
(li^^iç) )&c. Sur qâoi 4*Ad<?effatre fnàfaÉne 
ainfi : Raiezy Je vous frky 'vs pajfnse y jwf ^oèlfs 

^t Apôtre mt tbt-^ comme il mundt fi teJàfe: 
ll4oit y kvoirpurmi 'i/oits de ta Gourmandife^ 







vrognérie ne font pas emploiez, pour exprimer ^uel-- 

(>f)Bxpté(noïi de Air. ;S'fii^ri»x, qu*dn 'lui renvoie. Elit 
eft à lu page it, 
(if) Pag. 7, &pq^' 
{€) I. CORINTiJ. Ciia^. JCI. vtrf, i^. 



*i;oir être fepréfinte% comme tels. 

A cda Mr. Fe^et ^a) répon4 : 9» J'« (âon- 

^ viens , & je crois même qi^'il n'y t guéNft 

,, personne qui fût c^ttble (k r^oiier d'uK 

y, manière aû0i extravagante qu'on ïo fitfpofe. 

^ Maj$ ce pétQiulu paméle ne r«QèDBUe fw 

^ plus au çaa> doiK 9t. P4«/ parle» qu0le9 Té- 

,, nâ)res à la Lumiér& Car, pour ftire qiicU 

,, oue cooiparaiion entre les deux ex«pqdes| ^ 

^ iondât la paritei 4e raifon^einent» il fmixoit 

^ mie les mots de Gmrmamijfe $ç ^vr^g^Herm 

yy ie pnflèot quelquefois dans un feos ladîftBrttQ^ 

^ comme le ternie d^Hér^^ ou que celui-ci & 

yy prît toujours en mauvais feqs» cocpmo ceux 

^ de <iç9rm^mdf/i & dTa^isofiNrir ; deux chofiw» 

^ de votre propre aveu, é^çmeot £iuW . . . 

M (^) P'aiUeurs y c'eft une bonne régie de Cri- 

y, tique , dans l'interprétation de toute Sonm 

,) d'Auteurs, quand il s'agit de termes reconnus 

yy de part & d'autre, pour être d'une Çgnifica- 

,) tion indifférante & indéterminée , qu'on ne 

,, do;t jamais les prendre en mAnvM fept , uns 

„ une néceffité manifefte. Dès-là que te i«i« 

yy fonnement peut être très-biep expliqué, jGms 

„ attacher aux termes une idée odieuse « c'eft 

^ une preuve qu'ils peuvent être pris aaas un; 

„ fens indi^rent : & s'ils le peuvent, il faut le 

), leurlaiiler. Car les déterminer au mauvais ièns, 

„ lora 
(4) Pag. 10. ib) Paf . s. 

B4 



jjj lors qu^ rftn a aucutiè raifon , de lors que 
j^ le'fens^/lfl(liffêrent remplit aù(G bien la penlee 
)^ de l^AixtcnTy c'eft bâtir fiir des interprécanoiis 
j, arbitraires &c. 

- Le (fecofld Paflagé, où Mr. StebbiTtg veut 
que le mot &HéréJie fe prenne en un mauvais 
fem , c'eft ce que difoienc les Juifs àt Rome^ 
\qx^ que St. Paul y étant arrivé, en eut fait a^ 
fembler les Principaux, pour leur rendre compte 
de la raifen pourquoi il étoit prifonnier : (a) Nâits 
*ûOudtiifns Inen appreHette de vûuSTmêfffe ^os fentt" 
mef^$ car à t égard de cme Seffe (ou Héréfie) 
nous fa^vons qt^elk fYoiive ùor-tout de la contra-- 
dè^i&n: Ce font des fiirjr; qui parlent, dit le 
Cenfeurv comme fi cela fwffifoit^ pour prouver, 
que te' mot A'Héréjîè eft dérerminé ici à une idée 
odieufe. Autre {b) ahfurdrté! répond (0 ^^r* 
Fûfier. • Car un Juif nc^ fauroît il parler du Cbrif^ 
tianifme y qu'en termes flétriffans ? Les Jt^s 
d'ailleurs ) dont il s'agit, n'étoient nullement du 
nombre des Perfécuteurs du Chr'tflsanifme^ aveu-» 
glex par leur prévention. Leur caraftére, biëd 
différent, eft marqué avec beaucoup de foin par 
THiftorien Sacré. Ils chérchoient de bonne foi 
la Vérité, & étoient tout difpofei à l'embrafler, 
dès qu^ils en feroient convaincus. Ils fouhaitent 
d'entendre ce que iSt.Paul a voit à dire pour fa 
Tdéfenfe^ & d'être inftruits par (â bouche de la 
oature & des fondemens de la Religion Chrétien-- 
ne ? ils prennent jour avec lui , & l'ccoutenc 

"■'■'• ■• ■ • tran-. 

> f 4) ACTES, Chap.XXVni. vtrf.iz, 
(i») Auci^e cxprclliou icnvoice.i hit* StMnx» 
(c) Pag. II, & fttiv. 



tranquiHemâit: ils ne font encore déterminez ni 
à embi«ffir cette Religion , ni à la rejettcr : ils 
la TCgÊrdçntj comme poavabt être véritable, 
ma/gré toat de qui leur paroifibit encore devoir 
les empêcher de la recônnoître pour teUe : ils fe 
montrent foit en peine de {avoir, fi elle vient de 
Dieu. Dans cette dilpofition, pouvoient-ils la 
condamner abfoloment, & la qualifier d'un ter- 
me injurieux? Rien n'eft plus iiors de toute ap- 
parence. 

Pour le troifiéme Paffage, (a) NJr. Pojter con- 
vient que ion Cenfèur avance quelque chofe de 
plaufitué, c'eft-i*dire, qui peut être imaginé par 
un Ëcrivâm promt à faire fond légèrement fur 
des peniees peu folides , Se que des Leâeurs 
d'un e/prît fùperficiel & peu attentif, pourroient 
r^arder comtne un argument décifif. TertuUé^ 
Orateur Romain , accufent 5r. Paul devant Je 
Gouverneur F(tf/x, le (b) qualifie Chef de cette 
SeBe^ ou Hifréjie. Voilà, dit Mr. (c) Stebbvfg\ 
le mot diîîérijte pris certainement dans un fens 
odieux. Permettez-moi, répond (d) Mx.Fofter^ 
de faire ici un parallèle , tiré de l'ufage que le 
terme de Parti a dans notre Langue, où il rér 
pond préci^ment à Pidée générale du mot de 
Seffe^ chez les Rvmains , & de celui dVr^iwç , 
chez les Grecs-. Suppofons, que, dans le Pro- 
cès intenté à ^Igernm Sidney , qudcun de ceux 
qui parloîent contre lui l'eût accufé d'être Chef 
du Parti Républicain; perfonne auroit-il été affez 

fimple, 

• (4) Pag. Il , & frh. (h) ACTES, Chap. XXlVivnf, >• 
(c; Pag. t. id) ?^g.Jif&{mv... . . 



i4 BlBLIOTHBQim RAfMKHtfHy 

fimplcy pour s^ixxa^pnet . que le^isot de Parti ^ 

confidere ièul, écoit là oétertniné ï mrimuvais 

Tens? La phraiè entière auroit bien été eipploiie 

en vue de rq^rocfae, xmis le mot de P4irià po^ 

voit encore conferver ik fignification gjéaémc Se 

ordinaire. Ce dont on accufint Sulmu ce a'é- 

toit pas d'avoir été d'un Parti ^ om a'avoir ccé 

du Parti RéfubUcam. De œeioe »k but 4e Tê9^ 

tulk a'étoit pas de reprocher à Sf, Paid fqo atta. 

chement à une SeSe : mais il le dénonçoît com* 

me Chef de U SeSe des HAtARA^HSy qui éloic 

accu(ee de Sédifiam. En un mot , ce font lot 

épithétes & les caraâéres , qui iQrtneQt:^ dans 

l'un & l'autre exetxqple « l'idée o4teufe> ^oAtéo 

au fens indéterminé de Se£le^ ou àj^ Parié. Mm^ 

dit le Cenfeur y Sf, Paul lui*>memo OMudit ia 

mot de Seéh dans unfbns odieux, comme il pa« 

roît par â réponiê : (a) ÇatfarmAtfenfàUvûky 

qjT'iLS APPELLENT Hcréfic, jeferf U JHern é$ 

fnei Pérès. U eft bien 4i£icfle de fwpuver ( lui 

îépond-on) aue l'Apôtre veuiUedère wxt cbc»[è^ 

(^) fî ce n'eâ; , que c'étoit fort mal^à-propos 

qu'on le re{»réfentoit comme Ch^de Sefte^ puis 

qu'il adbéroit à I'anciskne Rebfifim , cn^aant 

tout <e qtH ésoit écrit dam la JM ^ damUsPtom 

fhétes. Le mot de Se£ley dans ù, %aificatioii 

même générale» ne pouvoit pas, à parler exac* 

tement , être appliqué ici ; jpuis que ., cpmmc 

l'Apôtre le dit dans Ta défenie , il n'éeoit point 

accufé de fbûtenir des principes ni ftâuveaù^^ m 

fngu/iersytaaisles principes communs, contenus 

d^ns 

(et) Vhifitffé^ ▼«ff. 14. 

\h) Voiez le Ooftcat «AMMOKD, fat ce paiTige; 



dm»lk iM.àe MoïsK^ ttckas legEoitidet 
tt^fhétes. Ceft ainfi qoe (#) bat touraées cou-» 
ces fiss juicxies Défeofe^ 

Voici me. remarque de iAx. SféttiMg^^ tendafi- 

tt ^ eùlerer Tavantage qu^6o cire de l'idée vogue 

ic iodiîSrente qu'il ne peitt mer lui-même que 

h iDOC J^IB^n^ ne renferme au moins quelque* 

(bis ^bus le Ninrsrtfsir Teftétment; c'eft que (i) iv- 

&î itHjLRMXK^E y A t^ymrt fris en tmmvm$ 

fim^ cmmpe U fait < syofltet^-il ) t9mt LeHeur 

Aag^KàsJu fêMKfmof, Qyioii ua Le&emr Aa^oh 

du câtmmmj t^ l&Kkffija Mr. U) Ftfier) un td 

Leâeur , q« 'n'entend pœnt du touc le GrtCy 

Ëdt qœ \e nx>c d'IÛréUpe eft coiyours pris ea 

iDsmms^asl Ou^ parce qu'il wok qu'en oocre 

Liîc^e ce terme emporte toujours une accuû* 

tion d'erte$try il eft afluré que des Auteurs Grées 

eo^oîetxt foiijoars k mot ^Hlr^f^pjMr en un fins 

Odieups! Sébin h même régie, parce que le mot 

S^vêfÊtê &apSlit parmi nous un Evêque Diosé* 

/ÎMSyUn Leâeur Anglais dû commun unira donc 

que le mot <F 'ZmriemtHy^ qui répond au premier, 

ne peut ^gnifier en générd un Inf^eSeuTy oom« 

nie notie Vecâon même Angloife le tnÀik en 

{i) un endroit? Ou parce que le motd'£j:&y^ 

eft toujours pris en un bon fens, il fera fondé à 

en inférer que le Grec '£»»x«ri« ne fignifie dm 

une {e) AjfmMée^ quelle que ce fekit ? Ou enfin, 

parce 

(«) Acres', <:îhap. XJtVl, virf.^,7^^i^^. & XX Vm. 
15, 20. r*) ïag,f. (tf) Pag. 16, ér/wfv. (rf) ACTïs, 
Ch«p. XX. T/er/: zt. (0 Ron fetrlement une AiTemblée 
Civile Hgitime Bc bien léglée, commt ACTES , XIT. 39, 
ma» encore une AlTemblée iâé^^iétt^ pldne de cb^fî»- 
iioa & de ^etcllcSi IM terC 3S»4o* 



parce que le mot à^Hérétique ne fe trouve qu'une 
£iule fois, & cela pris en mauvais ièns, dans le 
Nouveau Tefiament^ un td Ledieut ûura y quTil 
n*a jamais pu être emploie en un bon (èhs, dans 
une occafion convenable; quoi que celui d'fli^ 
réfie^ d'où il eft dérivé, foie reconnu de tout le 
monde avoir une lignification indiflfercnte par 
elle-même? & quoi que, dans les Auteurs Greci 
<m trouve fouvcnt ainfi emploie te mot d'HE- 
RËsiARQUE (tf), dont la fignificàtiôa eft beau- 
coup plus forte. Faflbfis à ce qui r^arde le fond 
de la matière, ou la defcription tjue f Mr. Fofier 
fait de YHéréthfuey i^tts le fens odieux & (âon 
les traits dont St, Paul le peint. 

Ce portrait a trois parties, i. UHérétiq^ue 

{*) AfyifftofX^* Voief ntipaiTagcde SIMPLICIUS» 
Pr^M ad Prsdicamêm» A RI S TOT. & un autie d*AMMO- 
MIUS, Sch9L ad AKX^T. Cattgûtias : citez Tun Ôc Tautie 
par MeKAGE, N9U in DiOG. Laert. liib.I. $ 17. 8c oà 
les Chefis des dirccfès Se(^cs de Pliiloropbés foiit fYja\jr 
ûtz Héréfiarquts. Notic Aateui indique aulii SE X TUS 
EMPIRICUS, pag. 190. 72^ Ed. Fabric. OÙ le Philofo^ 
phe Ze'non eft appelle nfytfftdpx^ç* Puis, dans la 
xiême Note» il fait vote, que, chez les Auteurs Grecs ^ 
a'/ptftç* UtréJUi iîgnifie en gënéial un .Syftêmè d'opi- 
nions particulières, bonnes ou mauvaifes^ que Ton. cm» 
bralTes fut quoi il cite DIOGene LAERCê. ?fœm. % zcu 
CLEMENT d*^Uxandrit i Strom. Lib. VUl. & CiCE* 
ROH , qui parlant de Caton, adonn<^ à la Sefte St»s^ 
€itnnef dit: In ea eft hzrefi » ^1*4 nutlam feefmtmr fljtem ora» 
tionis &c. Paradox, init. Pour le mot alpertniç • ajoute^ 
t-on» il fe trouve laremeot, hormis daiïs les Ecrivains 
Eccléfîaftiques. Mais SuiDAS s'en fert, pourdëfigner U 
Sefte des Pyrrhoniensy voc. Tlvfp«vfiot. Si les Ecrivains 
Sacrez avoient eu bccaiîon de l'emploier ainfi dans un 
fens indifférent , on ne voit aucune laiCon pourquoi ils 
ne Tauroient pas fait« comme ce Lexicographe. 



JmSeti Apit'l^ Septembre 175^; U 

fi^tarte dé U vrMiFoL z. Il péché , c*eft. à-dire,' 
il le fiaic vokj^arretftent-y il foikienc des Dog*- 
mes ccatraires ftu Chriftiâniraie de propos d^« 
bén?, ottdans deraauvatiîesvuës. 9. Ëafio^ il 
y? contbtmm b^mèmey ou il agit contre (% propre 
confciencç. On convient: d^ part & d'autre da 

Eémier potct. Mais fur le fecoad, lAi.^Uh^ 
mg dbjcâe j que de ce que, VHfrétifite eft dit 
fét^fety on tié (kuroit rien conclure nafonoiabk^ 
ment en.ftvfcur de Fexpliwiout qu'il coç^bat: 
{a) auttemenPi ^'û y il fauJkûit nécegaifeffi$n$ 
ffffiTy ^H fif^petforme^^, péjcbe , ^ue ceux 
qui agijffnt weâement: cfmtre leur fropre^ Offê^ 
fcience. Mais c'^A^à tirer uH^^ufle conféquen-^ 
ce, (t) eneoabrouiliantle^çbpfès, ^n^fa,i^nt 
point atceotion aux cmïeif0is;d^rez.de la defcrip^ 
tion. Daoscdui, dont il $f agit, Mx*Fofieri^ 
îepour un.de5:caraâ:éres.ei3r€i?iels de VUéréfie-y 
que Terreur foit vohntàire^i t c^^qui n'eipporte 
autre chofe,; û aen'eftqwiexiaiçooque n'erre pa^ 
^gbntarreMf^fy îi'eft point; Hérétique. Il n'a j%. 
mais préceildi^ inférer de-cels^ («^^ que qu^oor 
que p^e^tVoh^airemeMf jigijp dit Cernent contre 
fa froj^ezcfnfiàence. Il &atry;.ioi|Ddre le dernier 
caraû&e quii^chéve le port^a^^c'eft q«e l'^<- 
rd/f«ft;peeiierau,fi>uverairi dçp»,. en fecondamr 
nottt Istirinémèi , 

' Que l'crmis doive êore id volontaire y m vç- 
nir de qm^qsils ; mauV^ife dtfpolkion du Cceup, 
Mt.Foftet ^4. inféré de :ce' que St:Faf^l ne p^le 
pa3 à'infimrfiVHéréiiqney^wm de Va^iertk^ de 

(4) Pag. 13. (0 Fif*^y p»g.«24, 



I 



V€$thmtif. lAx, SteUkig préceiië> qi^il {a} tattk 
de répcmdre, Que St. Paul ftrêfMoaiUt ici du 
régbf i m$ EvBQ^b y U 4t(rit naêwr$i i^tiU ttuAiâ 
fiukmemt hs points fartkulkrs qtfè tmtnaéimt ta 
Charge i/^Evêque, tels wpte fmt /'Exhortttkxi ^ 
là Réjeâion: firr^ fom ^fnilmâion, r# âevém 
ep €9mmms ^ tous les Tëfieme de fSSg^. Mbnt, 
dit {k) Mr. Fofiety fi VEMbort4tim èft abTqnle 
» dle^nséme, le tars^étÀe de celui qaieriic»:- 
téy k rçndra^-fl âge fie raiîmntbler Si elle dl 
tMurde dans la bôik:he d'un F^itte^éue k boa* 
che de tous W HooftoeB , & cela fiar k| oaci)re 
cn£tne de la ch(e>ft> De le faa-tndle pa» ai|iS dam 
la bouche d'un i:«lfiv# t Or €^ft4à jufteoMnt 
le point eSèntid de la queftion, 4iiie Mr. St^* 
éing efquive y &RS dire un iëul mot contre ce 
^ue Mr. Fofier a?oit avancé dam fou' Semaon, 
éc qu'il reïnet ici devant les veux du Leâour, 
pour montrer dombien il eft ridicule ^ en fugpQ" 
lant quelcun dans Ttffetsr àe hmmfi^y dVn v^ 
-nir à Vexhartery avant que de l*av^ oonviiaca 
-qu^l erre, ce 'cgA ne peut fé 6àve qu^enl'tnibi]^ 
fant comme fl feiÀ.; Qti'it ine (ott pmn^ tfa- 
jpûter une r^xi(!)(n , qui me «tPôît cdnfiiçic^ 
ia conlËquencey que Mr.Fafiei^mC'dp ces mots: 
après fà^if' a^^éi^i' Ql'Hé/édque;} ùm au ^x 
fois. Suppofons qu'il voulût parler à^HMtijtfoSy 
-^quifQint dé bonne feîdans l'Erreur rllu«)i^l^ bor- 
né à un ou deiHilàveitiffemens ie devoir d*un 
Miniftrè de 1- EvàtagHe à leur égard ? L«^ Hom- 
mes prévenus de qi&que erreur, lifir*tout>coimnp 

il 
(4) Pag. 14, 15. ' m Pag. 2S. 



JmM^ AktXS S$pmàrt 173^. ^f 

U «rîTe trft^&inrcDt , d'emm invéDerés t«^ 
Dues de /^iUucMoci ^ âHtifices par de puiffiim 
pneiagA^ & leodrom^ib pour ti» ou deux (bis 
qu'on les es tara avcxtis , quelque arables de 
pefUûaèsr quHm fiippofe les tàkm donc on s^sft 
ibtvî pour kur idàOSiler.les jreux ? 24c âie-on 
pa5, combînil fiucdcivnis, de patience, d'à- 
dieâb^ pQUf 4c9abufer la {di^nt des gens des 
faufiÔK idées dôot & fimt prévenus , de qudque 
maciéiie qu^dks £nent entrées dans lœr dpiic; 
&qu^ ft\eft:8licres poflible de les démeipèr que 
peu^à^ôsi, en revenant feroeat à la cham:, m 
, n&ne de lueades détours ^ eufanfitant & cir* 
Gonftanoesi&deBteDts finmiafaiés^ poiir attirer 
l'attestioB» .peur tester laujcHifd'iiui un ohâacje, 
demaio un sutae, & fucmonper ain^ it^enfible- 
Qumtla &0ceile3 pnéingas.!? Mgk ce que lam-> 
ture même de la chofe demafiri|e ici , l'aotorit^ 
^ ^.AHKf ^iQêjie cooficBie: car voici le pré- 
cepte^ ^'ildcnmeàliMAyf^ & en & perfonne 
àanisJ^MipsibesdeJ'^Faog^: Prêche h fM^ 

K»k^ Wtf«Xie EN TEMS. ET HOJtS TEMS, /ril« 

vawksài^wv^mgr^^ xeàfurjf^ ^Khmfte^asoH TOir^ 

IJ. Tfiitt>«Br.I¥. a. JKtSeft^qe paslà di» bien 
<d^etBtf»t.3 qu'on oe^oit tpàbcfe refautsr^ ni 
te lafler^ & idans le fi»n de raffliener les Ëcsans^ 
je dans oebii (le ftin^. ijaventr. Jes fiédmii» dç 
l^urs iégaseiD9iis ? D'^dl s'eidhic, que^ quand 
k inêmie Apâire -«veut qu^(»i\ ie «rnitaace if tf^eri. 
tk unefi^dmx^is PHéSKéti^^y' il ûqpppfe^dès 
f^QS, dont le cœur eft fi corrompu > comme fe 
candavmant eux-mém^^ Sf né^j^moios ot^c^à 

agir 



épt CQÔcre leur propre confcience, pour kà^ai-^ 
zeiteurs paffioii& déréglées; qu'après une oadeux 
exiiorcations onttoat bieude croire leur état des- 
e^é. Revenobs à nos Comlxatans.- 

Surce qui fait le dernier . ou le plus haut de- 
gré dà mauvais ^caraâére de VtiA^itt , fêloQ 
re)rplieation de Mr. Ffifier^ fonCea&ur étale un 
us de preuves critiques , faffifantes, i fbo ecé^ 
pQor&iredirparoîcre l'idée fouvemiriemeiltocueu- 
fe qaîon trouve xlans le &ns naturel du n:iot i»»- 
%»t»rm»^tTêç y coinme Signifiant càvà^m fi eau* 
damptwi-mime^ âerpoor aiTurer aux Ewfiêes le 
pouvoir de Ixusnir dç Pfiglife ceux' qui iont de 
boûne foi dans des.idéejÊ diâërentes'des^ opinions 
Teçucs- Il {a) copie ;id y avec ujutelfÊtes fet$u 
chaffgmens , ce qu'il;avoit déjà (^) publié là- 
deâiisy depuis quelques années y &:qui occupe 
plus de cinq pas^. 

Son fyftême te: réduit à ceci, ^tVlÊtérétique 
dont il ragit, eft cotubmn^ y non pàf fa ftopte 
aw5^»fedeVant i>iEui mais farfafrijfre iou^ 
cbt-devant les HamtoeK ,' & que Vétù^UàirJwptrH 
n'emporte autre chofe. Un Àdiritére, im For- 
nicatcur, pèchent- en fecret, & ïû>rtt garde de 
poUier leurs dér^lomens. h/lmil*Hér/fifue eft 
onvjertement tm Chef de Sede, ouPaniâm d'u- 
ne Scûe : ihn^ft plus- queftionde Témoins, 
pour le condamner ; il s^accufe , & par-là il û 
condamne lui-même, puis qu'il fe d&:lare hau- 
tement nmlateursde f Ordre é' de la Difcipline 
de fE^fe., Là^effus Mr. (c) Fofier fiiit d'abord 

deux 

• (4) Pag.i5, ér/#»iV. (h) PdemlcAl TraQs i Dtfenft 9f tbe 
^•rr, pag. 185, IS7* {t) J^g. i% ^ à' fmv. 



ymlUfj Jhât & Stptmbre iy\6. |} 

âeux reniarçacs générales, i . Cette interpréta* 
tion de Y/têrMutruMprêi y fbppoië ce qui eft en 
queftMvi , c'cft-à-dire , que l'idée qu'a le Doâeur 
fur 7a nature de VHérépe, foit jufte. Car per- 
lônne ne peut iaccufer lui -mime ouvertement 
J*Hérffie^ à moins qu'il ne foit certain, que qui- 
conque s'éloigne de la Fe», eft Hérétique par cela 
feul, felon le fèns de l'Ecriture. 2. On ne doit 
jamais abandonnera fens naturel & ordinaire des 
termes, pour en chercher de nouveaux & fineu- 
liers; à moins que la nature même des choies, 
le but du raifonnement, le caraâére & les fen- 
timens connus de TAuteur, ne le demandent; 
c'cft une rqçlc inconteftable , pour bien inter- 
préter PEcriture Sainte. Or les Savans convien- 
nent , que le fens naturel & ordinaire du mot 
mùrêiMr«i%^êi y eft, J*'/^ condamne foi-meme y 
& non pas ^»/ iaccuje foi-mime : & Mr. 'Eofier 
montrera dans la fuite, qu'on n'alloue rien qui 
oblige à s'éloigner de ce fens. Ainfi , quand 
même il y en auroit un autre peu commun, 
dont le mot fût fufceptible, on ne devroit pas y 
avoir recours. 

Le Doôeur convient lui-même y que ««t«* 
%^ifti9j d'où vient une partie du mot «prM«r«i-> 
%^rêç y lignifie proprement y CONDAMNER queU 
cun y comme iàit un J uge j & que ce n'eft qa*indi^ 
reBement & dans un Jem éloigné , ^u'on peut 
l'appliquer à ceux qui fervent àUnJirument y corn- 
me Témoins ou autrement, pour faire condam- 
ner FAccufé. D'où il s'enfuit , que xotr^ic^trùç 
fignifie proprement une perfonne condamnée , ou 
contre qui la Sentence eft prononcée. Le ter- 
Xom. Xril. Part.L C me 



14 -BuuoTHBQirB Raisonhi^^ 

me même ne fe trouve point dans le Houveâ 
Tffiamettf: mais le fens en paroît par celui d'«-. 
%0rMt^iroi , qu'on Y voit (a) emploie pour dé- 
figner une perfonne déjà accufée, mais wn^ €m:o- 
re condamnée y faute de preuves Tuffifantes. Or.| 
le pronom «vrW joint à quelque autre mot, qui 
ainfi compofé marque i^ne aâion , emporte tou- 
jours, que celui dont on parle eâ: lui-même au- 
teur de l'aâion; Aàr^ïlïtwrH y par exemple^ eil 
celui qui s^infiruft lui-même: mùrmUfirroç y qui^ 
meut lui-mime : àvrù^i»mTêÇy qmfe tué lui-même, 
AyrofLari^^TêÇy eft donc cdui qui fi cemdamne 
lui-mênte. Par furabondance de droit , Mr. Fofier 
montre enfuice, qu'il s'en faut bien que Tmitmt^iua 
£oitfiuvent pris pour accufir^ comme Téimûiny 
ou lèrvir en qudque manière d'inftrument à la 
condamnation : & faifànt pafler en revue {h) 
tous les paflàges qu'il a citez, il conclut , qu'au- 
cun n'erk bien appliqué. 

Il répond enfuite à cette objeâion de (s) Mr. 
Stehhing, „ Selon votre idée de THéréûe ^ àl ne 
,y peut y avoir y & r^j à jamais eu, même au com- 
9, mencement du Chriftianifme , im pouvoir 
3^ permanent {S) ai exhorter & de rejetter FHéré^ 
2, tique, A quoi bon St. Foui donna-t-il donc 
yy cela pour règle à Tite ? Pour canmître un Hé^ 
yy rétique y vous avouei qu*il faut connoître ion 
„ cœur. La connoifTance des cœurs a-t-elle été 
), un pouvoir permanent dans l'Eglife ? Les A-* 
9> pôtres n'attribuent-ils pas à D i e u (e) cette 

,, pré- 

C«) ACTES, Chap.XVI« verf.n, (^) Ces «alTtges ionc , 
Hébreux , Chap. XI. verf. 7. Matthieu, Chap. xil. verf. 

4I> 4^ Luc, XI. ) 1, 3Z. ROMAINS, Chap. II. verf. i. {c) Pag« 



ym&tj JMt & Septemki vf\t. \f 

^ prérogative^ comme lui éc^nt propre ? Vous 
^3 oites^ que le don de discerner les E6« 
yy 'PUITS eft ifn des dons du St, Efprit qui êtokni 
y y rarmmmètpttx, dans lês frémiers Siécksj Se Wtfjy 
y^ 7$e faitreit fufpofityqtiavec k caraSére ^ ?«»• . 
yy flot dont Tite étoit revêtu y il manquât £un tel 
y^ don. Mais comment prouvez* vous , que Iç 
y, don de difiemer les efprits fignifie un pouvoir 
y^ de conmître le Cœur des Hommes ? ^Om^ fiip* 
yy pofé qu'il le fignifie , pourquoi dites-vous^ 
5^ qu'MT ne Jàuroit croire que Tite, avec le ea- 
^y raSére fie VemfUn dont il étoit revêtu > nuaH 
yy qnât de ce don ? Quel étoit le caraâére fie 
py l'emploi àcJfte? Celui d^Evéque. Pouvesb- 
yy vous montrer , ou eil'-il raisonnable de fup- 
^ poiêr» que chaque Evêque eut alors ce don? 
yj Je ne fuis point afiuré , ni vous non plus, 
yy qu'aucun Apôtre même connût les cœurs par 
^ un don du St. Efprit» 

Mr.Fofiery qui pourroit, dit-il, alléguer d'au- 
tres choiS pour repouflèr Tobjeâion , {a) fb 
borne à ce qui lui paroît le plus inconteftable. 
Que, dans le Siècle Âpoftolique , il v eût un 
don du St. Efprit, qui confiftoit à dijcerner les 
Efprits y O'cft ce que St. Paul {t) affûrc expref- 
fâneor. Or le mot à'EJprit (mn^fw») fignifie 
clairement dans l'Ecriture, (c) ce principe mtel- 
ligent, gui juge, qui délibère, qui choiût, qui 
fe détermine.. Et ce terme, 6c celui de. Cœur 
\iM0iU) fe prennent {d) indifféremment pour 

C 2 le 

(â.) Pag. îf , & fwv. {b) I, CORINTïl. Chap. Xll. verf. 
10. (c) 1. CORINTH. Chap.ll. v«f,ll. 1. THESSAiONIC 
Çhap. V. vitf, 23. {d) MATTHIEU, Chap. XI. verf 29. 
comparé avçC I. PIERRE, Chàp.lU. vtrf,^ ér <i/«W p*»/»»- 



"^6 BlBLIOTHfe(^ RÀl'SONimB , *. 

•lé même principe. ' Ainfi le difcemement des EJ^ 
frits peut très-bien s'entendre de la connoiflànce 
des Cœurs. Lors que St: Jean {a) exhorte les 
Chrétiens ^i auxquels il écrit , à examiner les Ef- 
frits ^ four voir iils font de DiEU, ncHi iêule- 
ment il y a là un {h) autre terme, mais encore 
H s'agit de toute ^utre chofe : car X examen peut 
là fe faire entièrement à l'aide des Facultez na. 
turelles : à caufe de quoi l'Apôtre prefcric une 
R^le , par laquelle la Raifon de chacun peut 
en juger. Au lieu que le difcemement des Ef- 
frits y dont {c) parle St. Paul, étoit un pou- 
voir furnaturel, & eft mis expreflement au nom- 
bre des DoHs du St. Ejfrit. Y a-t-il donc rien 
de plus naturel, que d'entendre par-là le don de 
découvrir les vues & les frincifesy qui fàHbient 
agir certaines perfbnnes , & de dimnguer les 
mouvemens intérieurs des vms Prophètes ^ d'a- 
vec ceux des Imfojieurs y qui fe vantoient d'avoir 
TEfprit de Prophétie ? D'ailleurs , il y a divers 
cxeniples , où , .à en juger imiquement par le ré- 
cit des Hiftoriens Sacrez, & ïans s'émanciper à 
forger dés circonftances dont ils ne difént mot, 
on a tout lieu de croire, que les Apôtres ont ule 
ââuellement de ce don extraordinaire, dons le 
fèns indiqué. Notre Auteur le montre , par 

(d) Fhiftoire SAnanias & de Saffhira ; par celle 

(e) d'ELYMAs r Enchanteur^ & par la guertlbn 
de l'homme (f) impotent de Ljifire. 

Il 

^ («) LE Pitre, Chap. IV. verf.u (è) AoKtfi£^gTe t 
éprouvez, , examtnez. » ISc non pas hcexptvetv t difcemer , qui 
maïque un pouvoir de connoitie fûremcnt. (c) L COR. 
XL 10. U) ACTES , Chap. V. vtrf. 3, 4> »• (') l^d. Chap. 
XIIL vtr]: 9. xo. {/) IHd. Chap, XIV. verf. #» 



JuilUty jMt fi? Septembre 175^. 57 

n detnatK/e (^) ehfuite au Doâeur , à quel 

propos U mêle les Eveques dans cette difpute? 

Titej 4|'oâte-t- il, avoit un caraûére fi releva, fit 

un £mploi fi honorable, {h) que tout Evêqué* 

du moins de ceux dont l'Ecriture parle,, nepou- 

voit pas prétendre aller du pair avec lui à cet 

égard. Ainfi je n'examinerai pas . s'ileft vrair 

femblable, ou non, que tout Eveque Chrétien 

de la Primitive Egmê eût le don de difctrner k} 

EJfrits. Mais il eft aifé de faire voir, par les 

Ecrits du Nouveau Tefiament , une cho(è qui fuf- 

fit pleinement pour mon but, c'eft que les Joiù 

du St. Effrit en général étoient (c) communs 

dans les Égli/ès du Siècle Apofiolique : & cela 

étant, pourquoi celui de dijcemer ks Effrtts ne 

J'auroit-il point été ? Que s'ils l'étoient, n'y a- 

t-il pas toutes les apparences du monde , que 

JaU ^ perfonnage d'une beaucoup plus grande 

diftinâion, que les Fr êtres ^ les Injheéteurs^ {d) 

ou les EvSjuef des Eglifes particulières ^ Ttte^ 

compagnon de St. Paul dans fes voyages pour 

la propagation du Chriftianifme , & emploie à 

d'autres des plus importans fervices , étoit doué 

des dons miraculeux dans un degré éminent. Se 

en 

(4) Pag. 4î , & fuiv. (}) Cela eft expliqué plus bas , 
comme on le verra, (c) Comme il paioit par ACTES , 
V.32. & X. 44,4«. & XIX. 1^8. I CORINTH. 1. 5-8. & 
XU. Z7,a8,3i* & XIV. 1,12, n, 18, 23,24 &c. {d) Les 
Frittes 9 ou ^ru-iens i^piff^^ripot) & Its Evéqttes ou Infpec 
unrs ( i'jfio'KOXot) de l'Eglife ^Efhift^ étoient les mêmes 
perfonnes. ACTES, Chap.XX. vnf. 17 • compaié avec le 
vtrf. 28, Voiez Whitby , fur le veif. 17. C'cft ce que 
dit ici noue Auteuc , dans une Note. 

C3 



)8 B»UOTHBQ:^ni RAISONMBt, 

en particulier de celui de Mfeertfer les ^JprHs ? 

Mais, dit le Doâeur, les Af êtres partint Je 
U connciffance des Cœurs ^ cêmme d'une frérogati" 
n)e qui eft frofre à DiEU. U ell vrai , répond-on, 
que Dieu feul, par fa nature, connoît néceflài- 
rement les Cœurs. Mais s'enfuit-il de-là , qu'U 
ne puifTe jamais communiquer cette connoiilànce 
àperfonne? St.Paul dit, {a) que Di£U a 
LUi-sEUL timmartalité. A raiibnnâr, comme 
fait Mr. Stebhing^ il fàudroit inférer de-là, que 
les Anges ne font point immortels, ni les Anses 
des Hommes. 

§luoi qu^ilenfoity prononce enfin le {b) Ccn- 
fcur , {car il ne vaut fus la peine de difputer fitr 
ce point ) je fuis fur que le don de connaître les 
Cœurs n^étoit pas au moins un don perpétuel, JLes 
Apôtres ne Pavaient pas ^ quand Matthias fut élu 
à rApoftolat, T avoit'il d'occafion^ où il contint 
mieux ? Voici qui donne belle U) matière à Mr. 
Fofier. „ Vous aviez déjà , ait* il , avancé la 
„ même chofe dans vos Traitez, Polémiques ^ & 
„ quelques années écoulées depuis vous don- 
„ noient affezdetems pour corriger une bévue, 
„ qui faute aux yeux de tout le monde. Ce- 
„ pendant vous y perfiftcx. Le moindre Lcc- 
„ teur, un peu verfé dans THiftoire du Nouveau 
„. Tefiament , vous dira , que les Apôrres ne 
5, pouvoicnt point avoir le clon de dùcerner les 
„ Efprits , lors de réleâion de' Matthias à TA- 
„ poftolat, parce que le St, EJprit nVtoit pas en^ 
„ core donné. Il etoient dans Jérufalem , à {d) at^ 

3, tendre 

(*) I. TIMOTHE'e , Chap.VI. verf,l6. (b) Pag. 22, 23. 
(«> ^«g 47. \Ji) ACTES , Chip, I. vtrf, 4, 



» 

99 
99 



JiûJletj Aok & Septembre ij^6. j^. 

tendre lafrmejji du Féré , & («) iTf/re r#- 
wtus du fowvotr d'en^haut. Si vous tne de- 
manefez, pourquoi le St. Efpric n'avok pas été 
doané plutôt, ou pourquoi ce don extraordi- 
naire n'étoic pas communiqué d'une autre ma* 
'^ niére? de telles queftions ne méritent, à mon 
y^ avis 3 aucune réponfe. 

L'Aggi^eilèur veut inférer des princq)es de 
ion Adveriâire, que., (ëlon lui, il n'eft jamais 
pojQlible de favoir aujourd'hui , fi quelcun eft 
Hérétique. Cependant il paroît par les paroles 
mêaies du Sermon, que j'ai rapportées en leur 
place , qu'il donne à entendre le contraire: car 
il die : Qfmmewt fowtxmS'neus favnr , du momt 

EN LA PLUPART DES CAS , fi quelcitn tft 0m 

n^efi pas Hérétique ? „ On {b) peut fuppofer des 
„ cas (ajoûte-t-il ici) dans lesquels je conclurai 
„ qu'un Pécheur fe condamne lui-même^ Se cela 
9 avec beaucoup plus de probabilité, que vous 
3, ne pouvez décider, fans être infaillible, qu'il 

„ erre 

(4) Luc, XXIV. 49. Je vois, que le famenx Dod^eut 
BURNET zaiioAnoit piécifément comme fait ici notre 
Autcui > dans fon Tiaité Anglois , intitulé , Hifi^irt iet 
droits des Princes , dans U difpifitim des Bénéfices & des Biens 
Eccléfidfti^ues Sec. publié en 1682. „ La première Elec- 
,, tion (dit'il) que firent les Apôtres, fiit pat le Sort, 
„ en laiflTant \ OIEU le choix , & nommaàt feulement 
„ deux pcxfonnes. Mais comme il s'agiflbit d*un auHî 
grand emploi que celui d'Apôtre , ce fut auflî avant 
que le St, Efprit defcendit fur les Apôtres. Depuis ce 
tems-là , un de leurs dons extraordinaires étant le 
difcernement des Efprits ( 1. COR. XII. 10 ) ils ctoicnt par- 
1^ immédiatement dirigez ^ connoitre ceux qui étoienc 
}» propres \ être ordonnez ôcc. cbap^ 1. pag, i. 
(b) Pag. ^9. 



^9 

39 
>» 
» 
>9 



40 BiBUOTHBQjm RaisoknVk^ 

,, itre dans la Foi. Pour alléguer un exemide^ 
^ tiré de St. Paul (a) même, fi quelcun cnfd- 
» gne, que le Larcin eft un Vice, & qu'il foit 
„ lui-même Larron ; j'ai tout lieu de croire, 
yy qu'il fait que fa conduite eft mauvaife. Se qu'il 
„ agit direûement contre fa propre confcience, 
yy foit en condamnant le Larcin, où en le pra* 
^ tiquant. Il y a tels cas à'HMfie , qui font 
yy également notoires. Je b'^q dirai pas davan- 
„ tâge pour le coup." 

Jufqu'ici Mr. Fofier n'a fût que fe défendre, 
en forte néanmoins que, fi l'on juge qu'ilaréuffi, 
le Syfteme de fon Aggreflbur tombe néceilàire- 
ment. Il attaque maintenant à fon tour, en fki- 
fant quelques remarques far ce que Mr. Stehbing 
a dit pour expliquer, félon Tes propres idées, la 
nature de VHéréjie. 

Voici les premiers paflages,qui fe préfentent: 
(é) ,,Ceux qui, au jugement des Miniftres tU 
„ Christ, après que ceux-ci en ont feit le 
„ meilleur ufage fous la direftion de la Parole 
„ de Dieu, leur paroiffent s'écarter de la Foi 
„ (foit avec connoijjance ^ ou contre leur connoif- 
„ fance , foit Jïncérement ou de mauvaife foi ) 
„ font pour eux Hérétiques y & ils peuvent les 

„ traiter comme tels (c) Les régies , que TE- 

„ criture prefcric ià-dciïus , font précifes & 
3, fans difiinBton , étant uniquement fondées fur 
„ ce qu'ils enfeignent d'autres Doéirînes. Et 

„ 1 XL- 

(a) L'Auteur n'indique pas même TEpîtrc. Il a en 
vnë {Ans douce ces paroles de VE^Ure aux ROMAINS, 
ajldieiréçs aux Juifi : Tot\ qui prèchfs qnUl nt fatit foint d^ 
roher^ d' robes- tH? Chap. U^ verf.iJ, 

ib) i^ag. 25. {€) Pag. %6. 






Jmîlâ\^ Aét ^ Septembre vjrfi. ^i 

PEglife n'aànt àPheure qu'il cft d'autre moieii 
de coiJ/rornre ce que font ces autres DoShi^ 
nesj que fon p'ùfre Jugement^ dirigé par l'E- 
cnture Sainte , doit agir félon fon propre 
Jugement. Sur ce pié-là , il s'enfiiir , je l'a- 
voue 5 qu'un homme peut être Hérétique 
5, pour une EgUfe^ & ne l'être pas pour une au^ 
yy tre^ Se Hérétique pour l'une & l'autre, fans 
„ l'être pour cela devant Dieu. 

„ Vous fùppofez donc , dit là-deffus Mr. 
Fofier y {a) que les Hérétiques ne font tels 
qpiZix jugement àes Minifires ^Jesus-Christ, 
& non pas généralement & néceflairemei>t, 
felon ridée que l'Ecriture donne de VHéréJk. 
Car fi tous ceux qui font Hérétiques au juge- 
ment de YEglife^ le font auffi dans le fens de 



yy 



jj lie uc 1 ncrtjitr , cil uuicrciiic uc i lucc que 

yy Dieu en a. La penfée eft fi abfurde, fi im- 
„ pie, & fi contradiâoire, que je n'ai garde de 
„ vous l'attribuer ^ jufqu'à ce que vous vous 
„ foyez expliqué là-deflus bien clairement. 
yy Que fi ce n'eft pas là votre penfée, vous for- 
„ tez de l'état de la queftion. Il s'agit de là 
„ nature dé VHéréJïe en elle-même, & non pas 
„ d'une chofe, qui, de votre propre aveu, peut 
„ n'être pas véritablement Héréfie^ qui fouvent 
„ ne l'eft pas , & qui peut être & eft fouvent 
„ trè«-louable , très- conformé & à la Droite 



42 BiBLIOTHEQpV RaISONHB^, 

,, Raifon, & aux Régies de l'Evangile. Qu*eft- 
y, ce donc que V Hérétique ^ félon la doârine du 
„ Nouveau Teflament^ & en particulier de Sr. 
,, Pavl ? Vous êtes obligé de répondte , qu'un 
^ Hérétique eft celui qui s* écarte de la Foi ^ 6c 
^ qui enjeigne d'autres DoSrines^\ Mais i. Dans 
tous les Textes, que vous citez , pour prouver 
qu'il y a toujours eu dans toutes les Eglifès un 
pouvoir permanent de féparer les Hérétiques de 
k Communion des Fidèles, il n'y a pas un mot 
ôiHéréJîe ou à^Hérétiques , ni rien qui infinuë 
qu'il s'agit d'eux, (a) Caufer des divifonSy 'vi- 
vre dans le désordre^ nobéir point à la Doàrine 
des Apôtres^ & mériter ainfi à^être évité ^ cen- 
furéy éloigné 4e Tums ^ ce font tous Vices > dont 
on peut être entaché, fans être Hérétique. Et 
n'y a-t-il que les Hérétiques qui doivent être 
fuis , ou rejettes de la Communion Chrétien- 
ne ? 2. S* écarter de la Foi y eft une expreflîon va- 
gue, par où il eft impoffible de fe former une 
idée fixe & uniforme de VHéréfiey à moins que 
l'on ne détermine diftindbement les points parti- 
culiers de la Foi , qui font tels , que ceux qui 
s'en écartent font coupables à'HéréJîe. Sans ce- 
la, tout fe réduit à ce que des Eglifes particuliè- 
res , ou leurs Condu&eurs , jugeront contraire à 
IzFoi, Or de-là il naîtces conféquences: Que 
la Religion Chrétienne ne nous a donné qu'une 
idée vague de VHéréJte y (ur laquelle nous ne (au- 
rions nous .en former une jufte idée : Qu'elle 

nous 

. (d) ROMAINS, Chap. XVI. verf. I7. II. TiieSSALOï^- 
eiBNS, Chap. III. verf, 6,1^ II, E P. DE ST.JeAN, 
Vfrfé 10» 



Juiilet^ Août 6? Septembre lyyS. 45 

nous prefcrit ime R^le fur ce fujet , dont Pu. 
£ige aboutir i des imaginations & des conjedUf- 
res humaines^ & dont l'application eft abandon- 
née k la Sagejfe ou à h Folie ^ félon que ceux qui 
jugent fe trouvent on iàges & éclairez, ou aveu- 

Î^Iez d'un faux iBe^ ambitieux^impofteursiQue 
a Vérité & TErreuf , les meilleurs Chrétiens & 
les plus méchans Hommes , ieront également 
expofèZi aux Cenfures & aux Excommunications 
de TEglife : Qu'il n'y aura que déibrdres , que 
difcorde^ que divifions , qu'excommunications, 
parmi les Chrétiens : Et que les Confciences des 
Chrétiens feront fbûmifes à la tyrannie & à l'in- 
quifition deâ Eccléûaftiques : toutes chofes qui 
tendent à h deftruâion du Chriftianifine. Après 
quelques autres réflexions , (a) Mr. Fojler de- 
mande au Doâeur > ce qu'il entend par la Foi^ 
dont il fufEt de iécarter pour être Hérétique^ 
Eft- ce TOUT Dc^me de la Révélation Chré- 
tienne, ou feulement les Foinu Fondamentaux ^ 
ou des Hogmes fondamentaux Scimfortajts ? Juf- 
qu'à ce qu'il ait répondu bien nettement à ces 
queftions , les Leâeurs ne fauroient! avoir qu'« 
une idée vague & confufè de {es idées fur la na- 
ture de YHéréfie. Je voudrois bien fa voir , ajoû- 
te-t-on, fi, Iclon vous , les Calvinistes ou 
les Arminiens font dans la vraie Foi^ en ma- 
tière des Décrets de D i e u , de V efficace de la 
Grâce y de la Rédemtion univerfelle Ôcc. (choi- 
fiffeT. tel parti qu'il vous plaira , laiffant à part 
les Articles de VEgltfe Anglicane ) & quand vous 
aurez, pofé Tune ou l'autre des deux opinions 

com- 

(4) Pag. 60 , 47 Jmv, 



44 BiBLIOTHBQjm RAISONKEIB9 

comme conforme à la véritable Foi, dices-nou% 
d*où vient que ceux qui embraflent & profcflcnt 
publiquement les Dermes oppofez, faux par con- 
(ëquent, ne font pas exhortez , rejetiez & ana-^ 
thématizezy comme Hérétiques , au(fi bien que 
les SociNiENs & les Ariens? 

Un Hérétique ( dit ailleurs Mr. Stehbing ) eft 
{a) un homme qui viole l'Ordre ^ la Difeipline 
de tEglife. Autre définition, fur laquelle on le 
pouflè. {h) Où Ta-t-il trouvée ? Les luoix Ec^ 
cléfiafliques obligent-elles chacun , de la même 
manière (r) que les luoix du Fais y ou cdles de 
Dieu ? Comment accorder cela avec les prin- 
cipes de la 'Réformation , qui excluent toute in- 
faillibilité de quelque Eglife que ce foit, & lait 
fènt à chaque Chrétien la liberté de fon J^uge* 
nsent particulier en matière de Religion ? Ces 
nnolateurs de VOrdre ^ de la Difctpline de f £- 
gUfe font-ils en cela inTWcejts^ ou criminels ? S'ils 
font innocenSy le reproche de violation y Soffenje^ 
et péché y n'eft qu'un vain fantôme, aufli bien 

?ue les mots de Schifme & à^HéréJîe; toutes les 
îenfures de TEglife font injuftes, & purement 
arbitraires. S'ils font crimiTiels , comment les 
Conduâreurs de TEglife peuvent-ils favoir qu'un 
mauvais principe porte ces gens-là à ne pas 
fe foûmettre à leur Jugement , s'ils n'ont eux- 
mêmes le don de connoître les Coeurs? 

De 'tout cela , & d'autres réflexions que je 
paffe,encr'autres fur qqc^ugMx, Stehbing reltreint 

aux 



[ 



â) Pag. 17. (h) Fo/iery pag. 61, & fuiv, 
e) Comme hit, Stebifing Tialinuë , uisfu^ré* 



aux fèuls Bvêques le Pouvoir Eccicfiaftique; 
Xa) Mr. Fûfier conclut^ en récapitulant les prin- 
cipes^ Doâeur, qu'ils tendent direâement à 
établir la Domination Se Vlndépenelance de l'E- 
^IKê. Celui-ci a lui-même fenti , qu'on pour- 
roit bien en faire regarder la Ferjécution^ comme 
une fuite néceflaire ; & il eft allé au devant du 
reproche, (h) ,, Qu'on ne m'accufe pas , (dit- 
,, il fur la fin) d'être pour la Ferfécution, Cela 
,, fbroit très-injufle. Je dis feulement . quels 
yy font les Hérétiques y Se comment VEgùfe doit 
yj les traiter^ par rapport à la Communion Chfé- 
,, tienne. Jene parle point, & cela né fait rien 
„ à mon fujet, de la manière dont le Magifirat 
yy Civi/peut les traiter, eu ^ard aux Privilèges 
yy de h Société Civile &c. 

Mr. Fofier déclare là-deflus , en finiflànt û 
Lettre, qu'il n'a nul delTein d'accufer fbn Ad- 
verÊdre d'avoir jamais été , ou d'être à préfent 
pour la Ferfécution: mais qu'il laifTe aux Leâeurs 
à juger, fi les principes^ qu'il fbûtient , n'y mè- 
nent pas en quelque manière: qu'il le prie feule- 
ment de fe fouvenir, que VEglifi peut perfécu- 
ter, aufli bien que le Magifirat Civil y & de ce 
u'il a dit lui-même dans les paroles fuivantesde 
es {c) Traitez FoUmiques^ „ Pour ce qui re- 
„ garde les Z^ix Fénales , mon opinion eft, 
„ qu'ici il £iut laifTer à quartier toutes celles qui 
„ infligent ou la Mort , ou la Torture , ou le 
„ BanniHèment , ou TEmprifonnement. Mais 

(4) Pag. <7, & fw'v, (B) Pag. 29. 

{ç) EJAy t9ncnm% Civil Goutrnrutm , pag.S4, l;,93. 



î 



4^ BIBLXOTHBQPC RAItoNKS^y 

* 

„ à r^rd des Jtmendes pécuniaires , je ne crds 
,, pas qu'on doive s'en abftenir abfolutnent. A 
„ ce chef donc je rapporte la théfe fiiivante, 
„ que le Magifirat Civil peut impofer de tclleg 
^, Amendes pécuniaires, qui tendent en même 
3, tems à (prouver h fincérité des Hommes, 8c 
5, à avoir pour elle de Vimiulgence^ c'eil-à-dire, 
„ telles qu'elles ne foient pas capables de porter 
,, aucune perfonne fage & fincere à fe joindre 
,, contre fa Confcience au Cuhe National y Se 
yy que cependant elles (iiffifent, plus ou moins, 
„ à empêcher que ceux qu'aucun fcmpule filide 
55 de Confcience n'y oblige , ne lê. féparent de 

„ la Communion de l'Eglife Suppoibns 

„ une Loi, par exemple, qui porte, que toute 
„ perfonne , qui ne jugera pas à propos de fe 
„ conformer à la Religion Nationale y fera tenue 
„ de faire infcrire fon nom dans quelque Regitre 
„ Puhlic ,• & qu'autant de Livres qu'elle eft 
„ taxée au profit du Roi , elle paiera fix Sols 
,, (ou TOUTE AUTRE fomme qu'on trouvera 
„ bon) comme un tribut annuel {a) pour fa XJ- 

„ terté de Confcience Un homme a envie 

i, de quitter fe Parroiffey pour fc ranger à un 
„ Cowventicule, La Loi le lui permet, pourvu 
„ feulement qu'il paie une telle impofition pour 
„ la liberté de fa Confcience. . . . Voilà mes 
„ raifons y pour juftifîer combien les Amendes 
yy Técuniaires font légitimes. Si quebcun veut 
„ qu'on s'en abftienne, & trouve plus à propos 
yy les moiens négatifs de (h) découragement , je 



(a) He fhomfd pdy ytarly as a tfibtiU fit hh Ubirty^ 
(^) Negathe difcpur Arment s. 



n'ai 




! 99 

r „ 

>3 



, ^0if là Siptmke 17)^ ^4j! 

n'ai autre cliofe à dire , iî ce n'eft que les 
jimenjes Fécunèaires ont une influence plus 
générée y Se fuppofé qu'elles foient mfiigée» 
^^ dans une jufie fraportim y eUes n'auront pas de 
^' plus facheufes çonféqueme$'\ Voilà, conclut 
Mr. Fofier^ la maxime des Mahometans, qu^ 
commje on iâit, exigent tribut de tous ceux qui 
ne font pas profeffion de la Religion établie dans 
leur païs^ en quoi ils fuirent l'ordre exprès de 
(a) Mahomet. 

(«) Voîcz V^lcordny Chap« IX. ^«{«is^.dela Ycifîoa 
Aiigloir« de Mz. SALE. 



ARTICLE II. 

Second é* dermer Extrait des detf^ers TomeP 
des Mémoires ^ iWir. Burnet, E- 
vê^ue de Salisburv, pour fervir à VHifioire de 
la Grande Bretagne &c. £Ona 
vu le précédent dans la IL Partie du Tome 
XV. de cette Bibliothèque , Article IV.] 

IL faut achever maintenant ce qui nous refte, 
des Tomes V. ôç VI. de ces Mémoires. Nous 
en rendrons compte de la même manière que 
nous nous y ibmmes pris dans le précédent Extrait. 
Le Roi Guillaume étant mort, au mois 
de Mars X702 , {a) la Princeflè Anne , qui ve- 
noit d'encrer dans fa trente-huitième année, fê 
trouvoit celle qui devoit fuccéder à la Couronna 

en 

(*) Tonu V. fog^ 1069 & fm\ 



} 



en vertu de TAdte du Parlement , qui avoit ré^ 
glé la Succeffion. Les Confeillers Privez allè- 
rent auffi-rôt en corps rendre leurs devoirs à la 
nouvelle Reine. Elle marqua beaucoup de ref- 
peâ: pour la mémoire du feu Roi , & leur dit. 
Qu'elle avoit deffein de fuivre les mefures où il 
etoit entré 5 pour la confervation de l'Eglife & 
de l'Etat contre l'accroiffement du pouvoir de 
la France^ & pour le maintien de la Succeffion 
dans la Ligne Froteftante. Elle prononça ces pa- 
roles, comme toife fcs autres difcours^avec beau- 
Coup de dignité , &^avec une douceur dans le 
fon delà voix, un agrément dans la prononcia- 
tion y qui donnoient de la vie & de la grâce à 
tout ce qu'elle difoit. Cette déclaration , & la 
manière obligeante dont elle reçut les Adreffes 

Sue les deux Chambres lui firent le même jour, 
onnérent beaucoup de joie. Deux jours après^, 
s'étant rendue au Parlement, elle répéta plus au 
long ce qu'elle avoit dit au Confeil Privé, difànt 
néanmoins une chofe qui fut regardée comme 
portant contre le feu Roi , c'eft qu'^/fe avoit le 
€œur tout Angleis,^ . . 

Après fon Couronnement, quife fit le 2} 
i^ Avril ^ Jour de St. George^ elle foifina un Mi- 
niilére^ & donna ordre de nommer , dans les 
Prières Publiques , l'Eleftrice de Brunfivick^ 
comme Héritière préfomtive de la Couronne. 
JLe plan de la Cour ètoit, {a) de mettre les af- 
faires entre les mains des Torys. Le Comte de 
Marlborough afiura pourtant notre Evêque, qu'on 
ne leur en confioit la direâion, que fur les pro- 

niefles 

(4) Pag. 115, 1X6. 



méfies cm'Sb «voient faites de poufler vigourco* 
fetnent la Guerre , & de maintenir les Allian* 
j ces : que y s*ib renoient parole, tour iroic de plain 
pic ihns h Chambre des Communes; & que, 
\ sfSs vouloîent tromper la Reine, texte Princeffe 
cbangeroit de mefures. Mais c'eft ce que peu 
Ae gens purent fc perfuader dans ce tems-là. 
Tout le monde fut ftirpris , de voir nommer 
Membres du Cooièil, Se mis dnns de bons po^ 
tes, plufieurs peribnnes {a) qui s*croient mon»- 
trées les plus ardentes & les plus acharnées , pen- 
ibfit le dernier Régne, à blâmer tout ce qui s'y 
^iibit. 

Il n'y eut prcÉpie perfonne^ ni dans les deux 

Chanabres , ni dans la Nation , qui refufk de 

orêrei'Ie ferment, & d'abjurer le Prince de Gat^ 

I V, quoi qu*on fe fût attendu généralement qu'il 

i ^cn troureroit beaucoup^ (b) On foupçonn^^ 

1 dan» cette conduite de la Wahtfbn : & certaines 

i gçDs crurent, que ceux, qui étoient en fecret 

pour le Prétendant, n'îavoient d^autre but que de 

le mieux fervir ; dans refpcrance d'obtenir un 

Parlement à ïeurgré, où ib pourroient faire çaC» 

fa PAAe d'Abjuration. Certaines diftinâfions, 

mifes en vogue dans le Parti, augmentèrent ce 

foupçon. Car, quoi que le Serment portât que 

le rnnce de Galks n'avoir aucun droit à la Cou^ 

fmMêy on difoit dans un Papier, que notre Evê- 

que à vu, & qui couroicpanni eux, que Droif 

. ■ '- . " ' . étoiC 

(tf) Le Comte d'^/^*'*»^»» , le Vicomte àt Wetméuth, 
llXtoicto Déirmmh , Sti*»»»r,» Jéngravi^ Qurn^îtl. Àém » 
iMCên , Crower , BArc9mt &c. (k) Pag. 1 17; 

Tiww. XVIL Part. I. • D - • • 



fO BiBLiOTHBQSrB RAISONNE^, 

écoit là un terme de Jurisprudence, & marqiiok 
feulement un droit donné par les LoiXy mais noa 
pas celui au'on tient de Dieu ^ ou de (à na'tjfn^ 
' ce { d'où il fui voit , qu'en abjurant le premier 
de ces Droits , on ne renonçoit pas pour cela 
aux autres. On fuppofoit aulfi , que l'Abjura* 
tion ne devoit avoir de force qu'aufli lot^-tems 
que les chofes demeureroient dans l'état ou elles 
le trouvoicnt aâuellement , & qu'elle ceûeroit 
d'obliger , dans le cas d'une Révolution ou d'u* 
ne Conquête. 

Notre Auteur v(^) parle enfuite du Bill ^ qui 
paffa dans les deux Chambres > pour le projet, 
formé par le feu Roi , d'unir V Angleterre Se 
VEcoJfe ^ de la Déclaration de Guerre faite à la 
Framcy d'un faux bruit de quelque mauvais def- 
fein contre la Reine; de TAfTemblée du Qerge> 
tenue en même tems que le Parlement ; de l'in- 
fblence des Eccléfiaftiques envers le feu Roi; de 
l'étabUfTemènt des Sociétex, faur la R(formatian 
des mœurs ^ des brouilleries qu'il y eut en Ecaffe^ 
à l'occafion de la Séance du Parlement; de di<- 
verfes affaires S Allemagne^ & de la Guerre de 
Velùgney des Sièges de Landau , & de Keifers^ 
'iueert; du Commandement de l'Armée donné 
au Comte de MarWorough; de la manière donc 
ce fameux Général fe tira adroitement des mains 
d'un Parti François ^ où il étoit tombé, en re- 
tournant à La Haye au mois de Novembre; de 
la Campagne d'Italie j de la prife des Gallioûs 
à Fi^o éf c, 

. I^Qs Je nouveau Parlement , qui fe tint l'Hi- 
ver 



ytf^ktj jt0if & Se^mhre ijyi. f i 

Ter fuivant^ (a) il y eut, entr'autres cho&s^ de 
grands débats , fur un Bill que les Torjs préfeû* 
térent contre la {h) Conformité Occajhnneue. La 
Ck>ur ibuhaicoit ardemment qu'il paflat j jufques- 
laque le Prince George, qui, comme Grand- 
Amiral, avoir communié lelon leRice Anglican> 
& qui ne laiflbit pas de conferver fa Chapelle, 
où le Service fe failbic à la Luthérienne y ce qui 
le mettoit du nombre des Communians Occapon^ 
nelsy vint donner fâ voix en faveur du Bill. Il 
ne laiflà pas de tomber , les deux Chambres 
n'aiant pu s'accorder là-deflus. La réjeâion ne 
remporta que d'une feule voix, dans la Chambre 
Haute y encore fut-elle donnée à chaque ibis par 
une perfonne diflerente. Notre Evêque étoit 
du nombre de ceux qui s'oppoférent le plus for- 
tement au Bill, &c il efTuia une bonne partie des 
reproches qu'on prenoit de-là occafion de faire 
à ceux de ton Ordre, comme fi leur modération 
les rendoit fufpeâs d'indiâérence pour les inté- 
rêts de TEglife. 

Dans l'AfTemblée du Clergé, qui fe tc;noit en 
même tems, la Chambre {c) Baffe décida, que 
VEfifeopat étoit ^k Droit Divin , ^ Apoflolique , 
pour faire pafTer cela en Dogme de l'Eglife, ou 
en Gonflitution Eccléliaflique , contre k SIta- 
* . tut 

(4) ?ag. us y & fitiv. (b) Etablie par l'Afte du Ti/l 
tn 1673 , félon lequel tons ceux qui aroient des poftes 
de confiance , ou qui ëtotenc Magiftrats' dans quelque 
Corpoiatiofl , dévoient abjurer la Tranjf»bfidmiati$n , & re- 
cevoir la Communion dans leur KarroifTe , mais ils en 
ctoieat quittes pour le faire une feule fois. 

{c) Pag. ipo^ ^ fmv. 

D 2 



< 

tut (a) qui rend fujet aux peines de la (h) Loi 
Prammtre, ceux qui entreprennent de page i ll o 
ehofes, ou qui y ont quelque part, ûm en avoir 
obtenu permiffion de la Couronne. Les Evê^ 
ques y pénétrant les deflêins de la Chambre Bojffe^ 
ne voulurent point entrer dans cette affaire, & 
trouvèrent moien de Raccrocher, jufou^à la fin 
du Parlement, qui finiffbit auffi Its Seances^ ébi 
Clergé. De ces dîfputes naquirent les noms cfc 
Gens Je U Haute EgHfe^ Se Gem dt la Baffe E^ 
^fiyipzx tefquets on ^.'avifà de difHnguer les deux 
rartis. 

Après la Campagne de 170J, le Rrriemcnc 
aiant commencé Ces Séances au mois de Novem- 
trey là Reine recommanda fbrt à tous fes Sujets 
l'union & la concorde, dans le Difcoors qu'el- 
le fit pour l'Ouverture. Cependant {c) les Com- 
munes revinrent au projet d'Ade contre la Con- 
formité Occajimnelk , avec quelques adbucHliN 
mens, qui n'étoient que jeu & qu'artifice. Mais 
il échoua encore danç la Chambre thute, & ce- 
la dès la première leâure, n'y aiant néanmoins 
2ue deux voix de plus pour la réjedHoiT. Nbtrc 
^vêque , toujours confiant à fe %nrierpour 
maintenir la Liberté de Confcience, {d) „ o& 
„ dire, qu*un homme, qui croit pouvoir com* 
„ munier fans crime avec une Eglife dont le 

^ Culte 

(4) L*Aâ« du Parlement, qui ciatnfiima la foumîfiiQii, 
éi Clergé . fous Hbnhi VIII. en IS34. 

{h). Cette Loi décerne U confifcation de& biens , Se l'em* 
piifonnement du Coupable , pendant le bcui-plaiflc duL 
Roi. Voiez VHtfi. d^ sAnilumt de Mx. DB ILAPUf.» TQm. 
III. pdg, Î35 f Î7«. 

{c) Pag.237» érfitiv. {d) Pag.24o,x4X« 



^ Cuke âc la Doânne ne lui paroiflenc avoir 
y^ Tien de mauvais, peut néftntnoins oommanto 
,, phtf ibuvoit avec une Ej^ife qui lui paroit pluft 
^y parfaite: Qu'il avoit communié lui-même a* 
^ vec les £glifes de Genève , fie de Hallamk^ 
yy oue cela n'ecnpêchoit point qu'am même tentt 
yy il ne communiât avec TEglife d*Awgkterre : 
yy qu'à ion avis, les Non-conformiftes avoieofc 
9, tort de croire que leur Eglife fût plus parité 
^, que celle àiAwgkterrey mais qu'enfin , pais 
yy que leur erreur en cela étoit t<Mérée, la coo^ 
yy fèquence pratique le devoir être auffi". A la 

Îriére de quelques Amis , il fie iniprimer (cm 
>ifcour5, qui lui attira de violentes ËroclHires y 
mais il Iss laiûk toutes fans réponfe, 6c ât très- 
bien. 

Un {a) aunre Projet , ^ii venoit ordinaire- 
ment de notre Auteur, eut un meilleur fuccès. 
Il y a en Angleterre quelques centaines d'Eglî- 
fes , qui n'ont pas vint Livres fterling de fiae 
par an ^ & quelques milliers , qui n'en ont pas 
cinquante. §hels Minifires pemt^on avoir y qmamd 
' mt a fi peu Jechofe à hur donner 1 Notre Auteur 
avoit toujours été fcandalifë de cela ; & pendant 
qu'il travailloit à Ytiiftaife de la 'Réfirmation y où 
il rechercha l'origine des (fe) Frémers Fruits & 

des 

» 

(«) Pag. 253 , ir fmv. {4,) Droits aminels , que le Roi 
tire des Bénéfices Ecciéfîaftiques. Les Diàmtst die my- 
tre Aoteui , pioduifoient enviioa onze mille Livres ûer- 
ling par an , & les Prémitrs Fruits , ^ui écoitat j^lus ca- 
fiiels , eatre fcixe 8c diz-^ept miUe Lirrâ. 

D3 



f4 BlBLIQTHBQVB RaISONITB^^ 

des Décimes j qui devinrent partie des Revenus 
de la Couronne, il lui parut qu'on pouvoit trou- 
ver dequoi augmenter les gages de plufieurs E- 
glifcs très-pauvres, du provenu de ce Fonds, qui 
avoit été diffipé, ou emploie à de très-mauvais 
ufages. Il en fit goûter la propofition , premiè- 
rement à la Reine Marie, qui n'eut pas le 
tems de l'exécuter , quoi <m'elie y fût entière- 
ment déterminée; puis au Roi Guillaume, 
qui lui ordonna d'en parler à (es Miniftres. Tous 
l'approuvèrent. Mais Mylord SunJerland obtint 
une Aiïignation pour deux Vies, de deux mille 
Livres par an, fur deuxDîocéiês; & là le projet 
échoua. Notre Evêque en parla dès- lors quel- 
quefois à Anne , encore Princeffe de DawU" 
mark^ & fouvent à Mylord Godolphi», Enfin, 
dans le tems où nous fommes , la Reine choifit 
ranniverfaire de fa naiflance, 6 de F^w/>r, pour 
faire favoir à la Chambre des Communes, que 
fa réfoîution étoit prife, d'approprier le provenu 
des Premiers Fruits & des Décimes, à l'augmen- 
tation des petits Bénéfices. Les deux Chambres 
l'approuvèrent, & l'Ade paflà en Loi. La Rei- 
ne voulut bien que l'on lût d'elle-même, que 
notre Evèque étoit celui qui avoit donné les 
premières ouvertures du projet. 11 conjefture, 
qu'on prit ce tems pour l'exécuter, en vue d'ap- 
paifer le Clergé, mécontent de la Cour, & qui 
commençoit à crier fort haut que TEglife étoit 
en danger , parce que ni la Reine , ni fon 
Epoux , ni Mylord Godolphin , n'avoient 
pas "agi avec vigueur , jx>ur faire pafl'er 

l'Adc 



yuHla^ Aimt & Septembre 17\6. ff 

TAâe [ay coatre la Cenfarmité Occafiome/le. 

On fait combien la Campagne de 1704 foc 
glorieu/e de avantageuiè aux Afiiez y par la fk- 
xneu/è Bataille de Hochfiet , ou de Blemheim. 
(i) Notre Auteur n'en donne qu'une narration 
très-fiiccinâe , parce, dit-il y qu'il en paroîtra 
quelque jour une ample Relation, qu'il a vue lui- 
même, dreilee (bus les yeux du Duc de MarU 
iaromghyqm eut tant de part à cette grande Vie* 
toire. Il y a, ajoûte-t-il , certaines particulari- 
tex, qui font croire à ce Seigneur, au'il eft en* 
core trop tôt pour la donner au Public. „ Je 
„ tiens de fil propre bouche, qu'il n'avoit jamais 
„ vu des preuves plus claires des ibins pardcu*- 
„ Uers deia Providence, qu'il en parut ce jour« 
„ là. II y en eut une, qui le regardoit poibn- 
„ nellement. Un Eoulet de Canon vint s'en- 
„ foncer fi près de lui , qu'il en demeura quel- 
„ que tems couvert d'un nuage de terre fic'^de 
„ poufliére, que la chute de ce poids éleva." 

On verra > fur l'Année 170; , le portrait que 
notre {c) Auteur trace du caraâére de l'Empe- 
reur Leopold, qui mourut alors. Il ne laiflè 
guér^ paflër l'occaûon d'en donner de iêmbla- 

bles 

(4) cet Aâe échoua de nouveau» en l7or. Voiez 
fH' 9M » & fitiff^ Mais enfin il jpafla avec quelques a* 
doaciiTemens , en 1712, pax une mite du changement du 
>liniilére.' Voiez Ttm. VL fag. aot > & fmv» 
(*) Pag. 2«7> ér fmv» 
{e) Pag. 3J6, irfmv^ 

D4 






blet dor Pmcts > {*) oci autfes perfiiMés tfKÉH 

Voici quelques pBniicuhri«c£, auiîijtEtdiiRoî 
(^.) Charles, au>oard%iii Empemur régtiafft. | 
Lofs que Ui FioOit ^jinghurre y tutnena d'I^ 
^Ipi4ga(p Stamhope , ^te Roi Chirlu lui domt 
^^ kcks îjettres j»our ia Reine, où il f inftruîfofe 
y, lai-memc^ au lôtig & ti>^«c datte , dit VixÊi 
y, de les afikirt». H lui vétiKMgnoit betucotip de 
y, reoanmii£in<% 4e r«fliAsiiice Qu'elle lui pr£^ 
^, tûtt , 3c il lui âjlfoit l^él<9i^e de tes SdjW) pffo- 
^ cipaletneilt du Co(Me de FtieH^éf^k. Lu 
9, Jleitie me fie la gt^âce de me itiourrer ceiae 
^ ^Lenpre. £Ue jètxÀttetxta entière de k «»iû de 
^ Choftbs ^ Ac le fVaoçoii; eh écdit fi peu ^o»- 
^ reâ ) qu'il ti^ a'vidit fa^ d'ftppftrence qu'uo 
^ Sécrèiaire 4'eic dre^ pour lui. Je <KnitkB 
y^ de-4i^ que ce Prk]ee4Vivdt kii-«iême écrite. 
^ Le Gnai-TtéSatiet en r^t vtae autre , qu'A 
,, me comtnwi^ua. EHe écoit avffi toute e»- 
:^ tiére de ht main du RtA^ 9c il pcffoiflbit par 
^ une covreâioA , que te Prince Tatoîc com- 
^ pofée. Our^ terres vroir mis vers la fin , qu'A 
^ le recDmmandoic à k f¥9ttStim du Graii4- 
^ Tréforier, 1^ réflexion , qu'il fie fans doute, 
„ Que. ce terme écoit trop fort d'un Prince à un 
^ dujet^ i'eng^ca k l'efintcer ^ inais d'une ma- 



99 



niéfe 



(4) Comme , <la c^tt P i t R r a I. pa|(. 477* ^u Due de 
30URG0GNE, Tom. VI. pag. 3 t. du Ptince Ceorge de 
DanrumAfk^^ pag. 52. deCHAkIES XII. &oi de 'Suéde ^ 
pag. 9<. de Myloid GODoLPHlN, pag. 276. du feu Hoi 
de Prusse, pag. 28 1. lie. 

W 'ag. I«P» I70* 



^ 4&iére tfà MfSak -diftiRgoer tes lettres . Ac 3' 
„ wk 4ttiHldîus Je mot é'éfffkOim. Ces Lmm 
^ doimëfcat onc fciute idée <i'un Prince, <jtii, 
^ fi^^aane wcoïc^ & fi neuf dans les affidrei, 
,, éeoftr copfliMe d'écrire wwc femt de cbrté, de 
^ jitfetiieiiC) & de "force &c.** 

LTJ K a oir de VEcoffk & de P^n^ifr^ffr» eft 
UR âeB'éi^éneinmslcs plî«rena«iqusA»!ai^u f^gae 
^jOmm. Cotte Prinœflè en a^oit renouvela k 
fv&potitàon, ilteparlefea Roi, &lepi^îar 
Dilcouts quelle fit au PaiiemeiK , «près éœ 
fiidntge>fttr le TrAne, hi contenoit. Maigri !« 
^pofitkms y ^ure T^ffiiirc :rroirvii 4\fcbord , ks 
^teiixO«u»toes paflérent un Sâl, pDurautmte 
& Reine <à nommer des Oommiflyrec, qui ifuf. 
ièfit <*wgc^ dVtt traiter. i(«) Ce ne fiit néan- 
«1011» -qu^n i7©f , que trente-deux CommifTan 
tes KxmaXL de chaque Roîaume, s'aflèmblé^ 
rent Je x% Jê^M^ pour k n%)ciatk)n. Quan- 
tité de gens n'en avaient jamais bien auguré, 4c 
notre Autem- avoue, qu'il étoit de ce nombre. 
Ceux qui penfoient 4^utrement , comptoient^ui 
moins qu'il faudroit piufieurs années, pour ame* 
ner te projet à une heureufe fin. Cependant, 
contre l'attenté^de tout le monde, cette grande 
affaire fut commencée & finie dans l'eTpace d'u- 
ne feule année. Notre Evéque j admire ici Ja 
conduite de k Pn3^idence , & met devant ùs 
yeux te concours des cirConflances , qui firent 
tourner favorablement les cbc^, malgré 1^ op- 
po&cions. 

D y Sur 

(4) Ptg. 441» irfmv* 



fS BlBLIOTHBQ.trE RAISOKNE'fty 

S^u R r Année 1707 y entr'autresafi&ires étram^ 
gères , on (a) raconte, comment la Princirauté 
de Neâfchatel en Suiffe^ fut ajueée par les Ëtats 
du païs au feu Roi de Pruffe^ loûtenu dans Us 
prétendons par tous les Etats Frotefiams de VE»» 
ropey au préjudice des Prétendans Franfoisj donc 
L o u ï s XIV. appuioit vivement les intérêts. 
^ Le Roi de Pruffe^ dit notre Auteur, promit, 
^ fur fon honneur , de veiller d'une nçon fin- 
,, guliére, dans le Gouvernement de cett;ePrin- 
,, cipauté, à l'avancement de la Religion 6c des 
*) Sciences. Ce fut fur ces promeflès qu'il 6b- 
,,' tint de nos Evêques Anglois , & de moi en 
,, particulier , tout ce que nous pouvions faire 
,, pour l'y fervir. Nous écrivîmes donc, dans 
„ les termes les plus forts, à Mr. Ofiemiudây qui 
,, étoit en même tems & le plus éminent Ëcclc- 
„ fiaftique de ce petit Etat , & l'un des meil- 
^ leurs & des plus judicieux Théologiens de fon 
^ {jécle. Ce Miniflre rravailloit de fbn côté à 
,, rapprocher fon Eglifb de la nôtre, par rapport 
,, au Culte Liturgique : & le Roi de fruffe a- 
^, voit du fien frappé déjà un coup pour la réu- 
^ nion des JLuthériens & des Calviniftes y en 
„ leur défendant de porter leurs querelles en Chai- 
,, re, & en leur enjoignant de communier les 
,, uns avec les autres, malgré la diverfité de leurs 
^j (êntimens: méthode, qui eft effbâivemenc la 
„ feule prudente & Chrétienne, par laquelle on 
yy puiflc parvenir à la Réconciliation." 

Pendant cette même Année, {h) le mécon- 

teâ^ 

(m) Pag. 495 , 4P<5. 

W Pag- joi , êr fmv. 



JuiJJet^ jioàt 6? Sfptmhre lyyS. fp 

tentement des EcojfoiSy auquel le Miniftére avoit 
donné lieu par une conduite fort imprudente, 
éclacta de telle manière, qu'un Corps des Mai- 
intcnaonnez célébra publiquement TAnniverfiii- 
re de la naiffance du Prince de Galles , tant à 
Edimbomgy qu'en d'autres Villes du Roiaume; 
& qu'ils difoient tout haut , que l'occafion de 
fecouer le joug ne pouvoit être plus belle, aflii- 
rant qu'il ne fflloit pour cela qu'un petit nombre 
d'Etrangers j qui pourroient compter d'avoir 
pour eux la Nation entière , dès qu'ils auroienc 
fait defcente dans le païs. Cependant on ne fiii- 
foit lû punition, ni recherche de ces gens-là, & 
cela founùflbit matière à quantité de fpéculations 
afiligeantcs. „ La vérité eft, dit notre Auteur, 
qu'il y avoit du myftére, & pour le dèvelop- 
'^ per, tout autant que la chofe vint à ma con- 
^ noiflance, je dois parler d'un changement de 
^ fcéne qu'il y eut i la Cour. Mr. Rarley , qui 
„ ètoic Secrétaire d'Etat depuis quelques années, 
avoit pris tant d'afcendant fur l'efprit de la Rei- 
'^ ne, que, fe fentant affex fort pour fe foûtenir 
^ par lui-même, il n'avoit plus la même défé- 
\ rence pour Mylord Godolfhin. Il y avoit dans 
'' le Palais une de fes parentes ( Mad. Masham ) 
'' avec laquelle il étoit dans une liaifon d'intérêts 
^\ très-étroite. Cette parente l'étoit auffi de la 
' Ducheffe de Marlborough , qui avoit pris un 
^\ très-grand foin d'elle , & de fa famille, dans 
'^ un tems où leur fortune étoit fort réduire. La 
^, Ducheffe ne fe contenta pas de la faire entrer 
^ dans la Chambre du Lit de la Rein^ r elle la 
„ fit même entrer fi avant dans fa confidence, 

„quc 



tf9 .BiBx.nmtt(u« RAisaNftti»^ 

^, qoe par cela mecne ^ lui aqtùtim degré très-^ 
^, confidérable dans ta feveiH*. Les boacez qœ 
yy Ton avoir pour elle, nefurtût, pendant quel* 
yy ques années, que i'eflRrt du grand ctédît oe la 
,, DuCbefle. Mais la nouveUe-vetiuë apprit fi 
,, bien le manège des Cours , 6c fe fit une fi 
9, grande étude des inclinations de la SouiFerai^ 
yj ne, qu'elle gagna le cœisrde cette Piinceflè. 
„ Sa grande an:ettnon fut alors, d*aq«iÉrir faipt^ 
„ miere confiance à Mr. HarUy^ & de débus» 
„ quer la DuchelTe de Marlkofâugh ^qiH ne coi^ 
„ noilToit de tnéthode> pour fc maintenir dum 
yy la faveur, que celle de confuker en tout T»- 
,, rérêt de la Reine, & celui du Roiaume. Oa 
„ dit auffi, qu'on avcMt attiré le Prince de JD«p» 
„ nemark dans cette Cabale , en lui fuj^^aac 
,, que les Minières ne lui donnoient pas afieK 
„ de part aux affaires; que fon pouvoir étoit é- 
„ clipfé par celui du Duc de Marlhc^ougb 6c du 
„ {a) Grand-Tréforier, qui tiroîent tout à eux; 
„ que tout le ponde ne biSoit la cour qu'à c^s 
„ deux Seigneurs; que la Reine elle-mêaae n'é- 
„ toit plus qu'un Zéro dans TEtat , & que la 
„ Ducheffe la gouvemoit, pendant que le Diac 
yy gouvernoit le Roiaume. Les nouveaux Ea» 
„ voris faifoient rendre dans le inonde, par le 
„ moien de leurs Créatures, qu'il ne relfoit plus 
„ un feul Jacohite dans la Grande-Bretagne y que 
„ tous les cœurs étoient pour la Reine , que 
„ perfonne ne troubleroit aflurément le repos de 
„ fon régne ; & qu'elle de voit peu s'embarrafler 

„ de 

(4) Mylord G^tUlfbi». 



\ 



9> 



3> 



7«uS2b#, yfe(/ & Siftimère 17)5. ^f 

de ce qui regardoit, après eHe, une MaMba 
^Uemétmk. Ce langage^ qui fe gUflbic peu- 
à-peu^ donna fort à penfibr aux perlbnnes qui 
l'entendirent, & l'on n'y fit pas aflèz tôt Tar* 
tendon convciiabie. La Duchefle de MarU 
bmm^ comptoit, avec iecurité, fur toute ki 
£ivcur de Sa JVfajefté , & ne prenoit auom 
ombrage d'une Fafvx>rite qui lui devok toutes 



La découverte {a) qu'bn fit, l'année (Ay^xv* 
te 170S, de quelquesTraitres, que te Secrétaire 
dTEcat Bafky ecndoioit , arrêtèrent pour Phetire 
PexécuôoB m deueio auquel il travsulloit fecrer* 
temem avec k Favorite, de changer le Minifté- 
se. Afylords Âfop/hi^Mfgh Se GMptm proficé* 
rear de l'oecafion. £< quoi que la Reine ne 
iFtMitdt rien croire de ce qu'ils kii difoient att 
préjudice de Harleyy ils lui déclarèrent, que, 
fTi continucHt à être en poflèffiorv de fa Charge, 
ils ne pouvoient plus eux-mêmes ta fervir. ÈHe 
ne parut pas fort touchée de perdre Mylord G^ 
d9^bm: nms ta reorake de Mylord Marlèwfomglb 
b fr^pa vivement , A: eHe emploia les expreif- 
fioBs les plus ol^keantes, pour le détourner de 
cette réfolutio». Cependant on crut, qu'elle au- 
roit palle par deffiis tout , fi Harky lui-même, 
•£>aiê de ce que tous les autres Miniilres, de 
neme que les principaux Officiers de la Couron* 
ne, étoientauffi dans la difpofition de demtn^ 
der leur congé, n'eut pris le parti de réfigner lui- 
même fon Emploi, & d'y faire confencir la Rei- 
ne, qiri, dd$ le lendemain., envoia chercher le 

Duc, 

(4) TofliuVL pag. 4» & pUv. 



6t BiBLIOt'HBQim RAlSONNSlBy 

Duc 9 & après Guel<)ues reproches obligcans, lui 
dit, que le Secrétaire d'Etat alloit inceflàmment 
fortir de fa Charge ; ce qu'il fit eflEèdivcment 
au bout de deux jours. 

Une Expédition , (a) que la France prépjffoit 
pour VEcojpy & dont on reçut la nouvelle de 
Hollande "très- peu de jours après, jetta la confter- 
nation^en Angleterre ; quoi que le Parlement 
eût pris de grands foins pour contenter les Ecùp- 
fois. Ce dont on manquoit le plus alors en jin^ 
gleterre^ c'étoient des Matelots. Par un coup 
de la Providence, il en vint tout- à-coup quan- 
tité fur plufieurs flottes Marchandes, qui arri- 
vèrent à point nommé. En moins de quinze 
jours , on eut une Flotte de plus de quarante 
voiles, parfaitement équippée. L'Amiral Bmg^ 
aiant fait mine de vouloir en venir aux mains 
avec la Flotte Fr^aywyj, commandée par Mr. de 
Fourhiny^tWt fe retira, & perdit dans cette fuite 
un Vaiffeau, qui fut recouvré; car il avoir été 
pris fur les Angloisy & c'étoit alors leur Vice- 
An>iral. Cependant, fi les Fr an fois euflent fait 
leur débarquement, les aflFaires en auraient beau- 
coup fouflfèrt, & fur-toutpar rapport au crédit. 
La Reine en parut fort allarmée, & s'apperçut 
qu'elle avoir ajouté foi trop légèrement aux per- 
fonnes qui Tafluroient qu'il ne reftoit plus un feul 
yacobite dans tout le Roiaume. AuflS remarqua- 
t-oh à une chofe , qu'elle avoit changé de lan- 
gage. Dans aucune de fes Harangues au Parle- 
ment, elle n'avoit jamais parlé ni de la Révolu- 
tion de 1688, ni des perfonnes qui y avoient eu 

qucl- 
W Pag. 17, &fmvn 



1 



Juillet j jfûût ta Seftemhi 17)$. 5$ 

quelque part. Les gens même, qui tenoient les 
premiers raog^ auprès d'elle , s'attachaient, con- 
tre tout iêns & contre toute raifbn , à fonder Ces 
droits à k Couronne, fur un titre difierent de 
cette Révolution , quoi qu'en effet ils en décou- 
laiïbnt très-clairement, & qu'elle n'en eût point 
d'autres. Mais, dans la conjonâure dont il s'a- 
gît, elle prononça deux fois le mot de Révôlth- 
tion : elle dit, qu'elle regardoit les peribnnes qui 
y avoient eu part, comme celles qui lui étoient 
le plus attachées : elle donna un nom fixe au 
prétendu Prince de Galles y qu'elle appdla le Pr^- 
tendant y exemple qui fut fuivi dans les Âdreflès 
qu'on lui préfenta alors , & qui a continué de- 
puis. La crainte de l'invafion.produifît un au- 
tre bon efièt. Les Eleâions pour un nouveau 
Parlement tombèrent la plupart fur les perfonnes 
les mieux intentionnées pour le Gouvernement, 
& les plus zélées contre le Prétendant. 

Ce Parlement, dont l'ouverture fe fit au mi- 
lieu de Novembre , travailla efiScacement à pouf- 
fer la Guerre avec vigueur. Mais les Wh^s a- 
buférent de la fupériorité qu'ils avoient dans la 
Chambre BaCTe , en commettant , au fujet des 
Eleâions conteftées , la même injuftice qu'ils 
avoient autrrfois reprochée aux Torys. Entr'au- 
tres aflÊdres, on y paflà un Aâe, pour naturali- 
fer tous les Troteftans étrangers , & cela fans 
beaucoup d'oppofidons. La Reine reçut très- 
fàvorablement une Adreffe des deux Chambres, 
qui la prioieat de ne point faire de Paix, qu'à 
certaines conditions , pour la fureté de l'Etat, 
de la Religion , & du Commerce. L'article de 

la 



64 I^BLiorR«<Qm BlArsttmqnhB 9 

là dftnoMtiotx de Ihmpf^rpm^ ftrt ajoftté par h 
Cfaambre des Coinmanes^ cbcntoe étant de la 
demiére confcmjcnce. 

La, firfte & bssïn-tôt voir le fondement de ca 
rtprêfenmiony. Apris la Bataille (Je HameUex^^ 
en ï^Totf , fa Ccw de 1*^4»^^ (i^y fit i quetqu» 
AHieiç dey tmverturtt mpdienfis de Faix^ qai fur 
rent rcnouvelIée$ ^ & poufiSes beauGobp pit» 
kwn.jCn 1709: mais un feul article accrooia hs 
négociations. Notre Auteur «xpofe les rai£bnf 
qu^mçuc de fe défier de Louïs X!V: 

L'afFitire du [h) Miniftre Sacheveretli., 
fbt la plus grande qui fepaffa dans le Pariement 
tenu FM ver fuivant^ & celle (jui prit le plus do 
tems, ou qui eut ïe plus de fuites. Notre Au- 
teur en parte amplement , comme de Tqn. des 
évcnemens les plus, extraordinaires qu'il y aît eu 
de ks jours. H fait voir , comment cela en a- 
mena un autre, oui donnai lieu de s*attendre à un 
changement total de Miniftére, 

La Reine donna {c) le Bâton de Grand-Cbam* 
bdlan au Duc de SjDrenvsbvry ^ qui avoir kix un 
ffijour de plufieurs années à Romè^ depuis la fin. 
du Régne précédent 3, & qui revint en jtngleter* 
re avec une Dame Komainê , qu'il avoir épou{ee 
ta 1705,^ après qu^eïle fe fut faite Proteftante. 
La manière, dont il agit dans la Chambre Hau- 
te, en abandonnant \esTVhsgs ydaj\s tous les points 
de difputc au fujet de Sacheveretl^ fit bien com- 
prendre , qu'il y avoit quelque intelligence fe- 
crette entre lui & Harfej, avec Made. MasJham. 

L'incli- 

(4) Pag. 78 , ër /«/V. W Pag.xoi, ér/ww 
(c) fin 17 10. Pag. 123, & fniv. 



JuiSetj Août & Septembre 173(1. tff 

L*inclinatioo de la Rdne pour certe nouvelle 
Favorite^ k fon aliénation pour la Ducheflè de 
MarUrofâugh y croififoient à vue d'œil. La Du- 
cbeâe enân prie le parti de ne plus paroîrre à la 
Ccmr. 

Notre Evêqùe trouva, cet Hiver, une occa-i 
fîon de parler à la Reine, fur l'état de (es adi- 
rés, avec plus de liberté, qu'il n'avoit jamais oie • 
le Bdre. Elle le lui demanda elle-même. Je lui 
tlis donc, ajoûte-t-il, „Que Ton répandoit fous 
,^ main, dans tout le Roiaume, le bruit, qu'dle 
3, fàvoriibic le defleùi d'y faire venir le jE^éten- 
„ dant , pour fuccéder a la Couronne, à con- 
yy dition qu'elle en demeureroit en ppflèffion ' 
yy toute ùl vie : que j'étois f&r , que tes bruits 
yy étoient répandus par des gens qui éroient liez 
yy de confidence avec des perfonnes , que Ton ' 
„ croioit inffaruites de fes ientimeûs: que je ià- 
„ vois de bonne part, qu'à fon avènement à la 
„ Couronne, les yacobitei ^Ecojfe avoieiit en- 
yy voie un certain Ogtlhy de Boyncy très-eftimé 
„ parmi eux , pour lut propofer ce marché ; 
yy qu'à fon retour, il les avoit fortement aflUrez 
yy qu'eUb avoit confenti à la propofition^ (jue je 
yy tenois cela de qudques Seigneurs E'càjfots ^ç^yxv 
yy étoient alors en grande union avec çeuk qui 
yy étoientouvertemeht5^4fdW/w; que le Comte 
yy Cromattjy voulant dilfipet ces rumeurs, avoit 
dit , dans une Harangue qu'il fit en Parlement, 
& fàifant allufioni Ht diftinâion que lés Cat- 
n^Tàfies admettent entre la Vùlmté fecrétf de 
D I E u , & fa Vpltmté révélée , §iué Sa M^efté 
n avoit fmnt de votante ftcréteepi fut càHftaire: 
tom. XVII. FaH.I. fi „ que. 



yy 

I » 

i 19 

I » 

yy 



., lûemë ùofmarçhc/pàjr Içûud km ?euple à^ 
„ voit ètfc Kvfé. & fcçrifié après fa mbrr^^^dte 
,j tcrnîroit par-là foute la gloire de idd ^^Igg^. 
„'' que cela mcttrôit le Peuple dans la necel&é 
„ de pren4re les mefures tes^ pluç profrcs pour 
y,ùk propre fureçé y flûe Ton tf en crourcroit 
,^ poi^t de plus ccrtaîne , que celle de Bife ve- 
^ nir ici, à tcms, les Succeflcurs de la Maifea 
,j Protefianti;^ que je ne pouvoig lui di(fifnuler^p 
„ que je cpticourrbis thoi-Wême volontiers à 
„ cela, ;fi eUe hejprçnoît pas des yojés efficaces 
„ pour arrêter le cours de la défiance ; que les 
Minîfl' — •»-^'- -;,Aî- U„r;-^o a*jau f\*^x^At^t 

ièrvie 






„ tonnenaènt dans Pefprit de tout, le inqnidç : 
y,' û^ElizaUtb tira là ^oîre de fon Regro de la 
„ fermeté 'dé fes. Confeils', ^^ de la continuation 
„ de fes mêmes Miniftrcs: que les trois Herniers 
^ !ftégnes,où leMiniftércavoit fubrde fréqueos 
„ changement., s'en êtbîf Ht fort m^ tixîuvcz: 
„ que. û elle permettait au îàrti dii Prétendant 
„ de dHpôfer la l^Iàtion à. le, voir un jour naon- 
„ ter aiiTrône^ elle ne Jdevoît pas fe flatter que 
„ l\)ti atcmdît, TO l'y placer, qu'eÛé eût fini 
„ naturellement te joqrs^ Qu'il ne leu manaue- 
„ roit pas'dc môiens pour \és abr^;er :' que rem 
„ ne dévbit point douter, qué^ lors qu'œ 1708 
„ le Prédçridant avbit nais en mer pour envahir 
„ lé koiaame^ ce Parti-là n'eût apofté ici des 
^MkBx^^ pôiU tacher de iê dé&ire d^elle; 
„ qij^il étoit cectaînemeoc da le^r intérêt, de le 

faire, 



iy^ftîre^tftc que Ton n'îgaqrok pas que les prin« 
^ CÂpess 4^ leur Rel^iofi le leur pertpectoient. 
^.Je.ibfàcctte Priacefiè tout ce que je viens 
^ . d&Atpponer, &.)a^e9ttCoup plus çncore. Elle 
^^ «'écouta pat^eimpenc , & .^da prefque tou* 
)»] J0U>v le filence. Mais au peu qu'elle ate dic^ 
^ ^e^^^Niiibloîc vouloir me laifler croire^ qu'elle 
p i^pprouvoic ce que je lui repréfentoq. Cepetw 
^ d|Uitj!af^isdansla fuite, que cela n'a voit fait 
^ $<iciii)e Mpceffion fur elle. Je n'en eus ,pas 
^ l'ei^t niKHDs ciîapquiUe^ content d'avoir fait^ 
^.aroc ime liberté, honnête , \t ineilleur u|s\ge 
^.qiii:m^vM:,é|épq0ible , de l'accès que j'a- 
„ voif eùiiuprès de cettç PrincefTe." 
. .'L^ ^îlaiiipagne aignc «fecotnmencé dé . bonne 
jheure;! im^^ùmares, , dips; i^çcte Année 1 7 x o , les 
Alli»^i fuirent 'Pmm^^ &ç le Fort de la Sçarfe. 
Id aoçre-jS^uteur vc^ilpit (l>bord finir fon HiC- 
msi^.'fBûm'à la. cpm^uiadepuis, {a) jurqu'àla 
6n:4e^kuGuierre.. ,Le$ oçgoçii^tioQS «^ Paix re-^ 
iKmÊ^ h/Skr,$TMMdêpbtfgj^ ]Sûm auffi infruâueu- 
Ù$0^\Vo^ précede9nte$,,font ra^^rte^. d'abord. 
CbiCQ^eâfure, /que la fermeté 4e Lauïs XIV 
i iôs ,¥Oubir. rien déaïOÇdre de? pr^cçofitions 
muoiuanou vielles 9 que ^ Pléoipoccnitiaires fai* 
ibîeiifl^ YÛK des divifi9l^ jéoietnges qu'il sp|)re- 
iiafc.<|âi '4GégafCttent jeâ^^fÎN^f^^^t &^ ^^ S^^ 
k{ I^^be» rcoom^ençoit à^ pE^pii^^r fon dçûein 
faoKideiditnger Je.MiBjil\éfÇjpréi^î, ; Ëlje s'y 
pnjt 4'^dM>iâicnt£C9èpt::,Qia(is..au mois î^'Çifotrt 

%imnc^ le.cfaaQgcffiW^i^y^^pi4^^ ^otàL 

L*an- 



68 BiBLIOTHBQpB RÀIMNNBH^ 

L'année fuivante 171 1^ Mylord Mgrlk^rougi 
étant (a) entré pour la première fois dsyas k 
Chambre Haute, au retour delà Campagne >oa 
ypropoik de lui faire un coinpliment, comme 
cm s'étoit pratiqué jufques-là à fon égard dans 
ime pareille circonfhuice: mais la propoficion ne 
fut pas foutenuë , fur Toppolition trèfr-vive au'y 
firent le Duc à^Ar^ky & qiielcjues autres oei- 

Joueurs. La Reine elle-même lui avoir déclaré i 
on abord , qu'il ne devoit point s'attendre aux 
hbnneurs que la Chambre lui faifoit autrefois^ & 
qu'elle efperoit pourtant qu'il viyroit bien avec 
(es Miniicres; fans lui rien dire des raifonsqui 
l'avoieot obligée à en changer. Quelque mau- 
vais vifkge qu'on lui montrat, il n'en fie paro!- 
tre aucun reflèntiment : &m'en parlant un jour, 
ajoute notre Evêque, il me \lit y que les Etdfs 
Généraux y ^ les autres AlSe&y taian$ friéim* 
fiofnfuent de ne feint réftpêtr le CemmanAemint de 
f Armée ^ iliétoit déterminé à la fatiemce^ ^ i 
tout fouffrir y pour mettre fin à la Guerre. Gom- 
me il voioit néanmoins, qu'il n'étoit plu^poffi- 
ble de faire revenir la Reine de fes préventiûos 
contre laDuchefle (onEpouiè^, il vint lui^mtoe 
réfîgner entre les maiUs de cette Princeflfe toutes 
les places que Myladi occupoit auprès d'elle. 

Mr. Harleyy créé Comte &Oxfrrd Se de Mer^ 
tsmeTy devint en 171 1 Premier Miniftie, fi- 
non le feul Miniilre y pius que tout pafifoir fom 
fes yeux. ,, On {k} s'apperçut bien-tôt , que 
yy toute ibn habileté confiAoic en mandes 



• • t^i. ,<. 



J 



yMÏlkty Mit & Septembre vj%6. 69 

^ tenir à toui les Partis , & pour conduire les 
y^ Duppe^ par l'atxrait des promeflès & des re- 
,, compenies. Iln^enrendoicparfairetnenc niles 
^ JRhances , ni la Politique , par rapport aux 
^ Négociations Etrangères. Son plu» grand mé« 
,, rire, & celui fur lequel il compcoit le plus, 
yy étoit de fe voir très-bien dans TeTprit de la 
yy Reine, 2c dans celui de la Favorite. Sentant 
,, le fardeau de la Guerre trop pefiint pour (es 
^ épaules, il prit la réfolution de Bure à quelque 
„ prix que ce fût une Paix au plus vite. Il s^en 
yy ouvrit avec confiance à Mylord Jerfij , qui 
„ avoir des correfpondances à la Cour de Vtr^ 
y^ failles^ & à celle de St. Germain , & penfoit 
yy même à &ire confier la Garde du Sceau Pri« 

3^ vé à ce Seigneur '. mais le Comte de 

3) y«/f/ mourut au jour précis que Ton alloit 
yy la lui conférer, & on en revêtit lAx^RoH^on^ 
yy Evêque de Briflolj que Ton deftinoit àPEm^ 
yy ploi de Plénipotentiaire au procliain Congrès 
yy de Paix. A la mort de Mylord Jerfey , un 
„ certain Trkr , oui avoit fervi ce Seigneur en 
yy qualité de Secrétaire, eut la confidence, pour 
yy continuer les Négociations que ion Maître a- 
yy voit commencées. Ce Pr»r,dans fà première 
yy jeunèflfe , fervoit en qualité de Garçon dans 
5j une Aubage , où Mylord Dorfet alloit qucl- 
„ quefois. Ce Comte, qui de fortune le ren- 
„ contra un iour lifant Horace dans TOriginal, 
„ & qui d'ailleurs étoit généreux, prit ce jeune 
y^ Homme en afièâion, & lui fit continuer {es 
yy études. OnPenvoia, en Septembre y k F arts y 
y, pour fonder le terrain , fur les çqnditiôns d'u- 

E 3 „ nç 



^ ne Paix. Son voiage fe fit ckos un pvofend 

pafibat 




^ par ce ipoieo Iç fecrec craqfpira.*' 

Un certain Mefiufntr^ qui le fiovit xle pcis, 
appofta dé la part de la Ftmtçfy des ArticksPrér 
liinioaiit»» fort difiereps de ceux que Toci avoit 
conceriex à I^ Wajê deux anoées aupaxavant. 
La Cour goûta fi fort ces prqpQfitiQD4 qu'elle 
en fit coi^muniquer copie au Comte de Galles ^ 
Mi«iftre de l'Empereur. Ce Seigpeur en mar- 
qua le plus parfait mépris ^ & les rendk publi? 
ques par Timpreffion, duis un Pqiier de Nou- 
velles. Là-deuiis, on lui défendit de fe montrer 
à la Cour, & on lui ordonna de fortir ioceOkmr 
ment du Roiaume : procédé rude, & contre la 
CoOcume y qui veut que > quaod on a quelque 
fqjet de fe plaindre d'un Miniftre Public > on le 
notifie à fon Maître, avec prière de le rappeler. 
Tout fit voir alors , que la réfolution étoix pàày 
de travailler au Traite fans le confentement d^ 
Alliez; & on y prépara les efprits de la Na^ioni 
en diamant ces Alliez, fur^tout les Ftonm^" 
Umesy par des menfonges qu'on fit pubiier,aveç 
autant d'artifice, que peu de candeur, dans une 
Brochure intitulée : La Cêtubtitê des jU^êx^^ ^ 
dn dernier Mimifiére. Pièce, dont les fauflète?^ 
turent réfiitées pié-à-pié,dan$ des Rçponiês très- 
amples qui parurent bien«46t apiis* 

A fon recour en Angl^erfty après 1« Qam- 
pagne de 1711, le Duc de M§mwmh troit 

dit 



iâii fraacbeBent ft pèiilfe ik la Rdtn^/tîir cette 
Prâ( \ fkh uonvaat fi prémiuë , que tout ce 
mfU pouvok dire ne fkifi>k ^cutie ftnprçiSoQ 
itar cjie, II lui demaiida là ](»ercDiQîon de ne Vfl^ 
air plus au Confeil, parce qu'il lie pouvpit y pa- 
iOÎtfe^&bs y contrêquarfer en tout fes Miniib'e^. 
yy Jt fus (ajQAte (a) notre Auteur) un de ceux 
yy à qui h Reine parh^ en me difâm qu'dle ne 
y^ croîok pa^ que d^ Evêques fufTent pppofez à 
„ ia Paix:" Je hû rçpoftdià , qu'il n'y en avoit 
yy point, qui ne priât Dieu tous les jours pou^ 
yy une bonne Paix; mais que les Préliminaires, 
,, propôfèz par la France ^ hc nous en promet* 
^y t6t^ pDint une feifiUabfe ; et da^û etoit iiv- 
^ coinpréhenfiblejque'ron fe'fiâtàLovïsXI^^,' 
,yy ^és^ttt ce qui s'étoit p^flë fous Ton Régne» 
y^ W^ répliqua , qu'il ne £ilk>it pas s'arrêter '^ 
„ ces Pmirbinaires i que la' Paix feroit telle; 
yy ^'qn lie fe fieroit pOine du touè i la' i^rolè du 
yy RCrf de Fra^ie ; & que nous devions fufcen- 
yy dreBos jugemens, jufi^'àée qtienous fuinôâ 
.) cé qil^^ poiToit dié-méme, g^ k cominiTr 
„ nleaiiQn^qu^elle'ên feroic à ion Pailebiënt. fç 
^y lui demandai alors la pemiiffion de lui dire u- 
yy li^ettient ma ^mfèe^ ^ &- fur la grâce qù*ç% 
yy la'éi^coffda , je Imrepréfentat,' que tor 
^ TnAé" <pir cédôxât à Philippe YEffa^tfe l 
o les lîêies ^ lie pouYbit que livrer en jpeu de 

'bit 
[vtim mÂta'hàVK» ani> elle feroit elle-même 




9> 



,,, maflàcçée ^ 6& Iqr Bûche», fisroieiit dlùniéz 
^ dans la Ville de Lonirif , pour y fSûre périr 
^, les Trotefiam ^ comme -au tems de Mgrse. 
^y Comme je m'étendois là-defllis, je vis qu'elle 
j, s'impatientoit, & je me retirai/* 

A rOuverture du Parlement le 7 de Décew' 
kre ijiiy (et) la Reine communiqua, dans foa 
Difcours, le deffein de faire la Pair, & en don- 
na de grandes idées. Elle y parloic des arfrices 
de certaines perfannes^ qui fe faifiient un piaifir 
de la Guerre: on jugea, que cela portoit contre 
Mylord MarWoroughy & contre les Préliminai- 
res concertez à La Haye. Elle ajoutoit y que 
les AlUe% a'Ooient en elle une entière cou^ance. 
Cela confondit toutes les perfonnes qui fiivoient 
les chofes : car il étoit de notoriété publique , 
que, bien loin de donner les mains au Congrès, 
\ Empereur & YEmfife s'y oppofoient avec beau- 
: coup de chaleur; & Que les "Etats Ginêranx n'y 
i avoient pas conlènti ae bon cœur , ni fans in- 
i quiétude. La Chambre Haute, dans fon Re- 
{ merciment à ce Difcours, infêra un avis, de ne 
ktiTer à la Maifon de Bourbon y ni YEffagney ni 
les ÎTMles, Les Miniftres tâchèrent de faire (up- 
primer cet article ; & la Reine , qui en parut 

{>iquée, y répondit d'une manière ambiguë, que 
'on ne laiiTa pas d'interpréter en un bon fens, 
dans le Remerciment à la Réponfe. Lq Prince 
Eugène eut beau venir en Angleterre ^ & of- 
ifrir, pour la continuation de la Guerre, ^n plan 
nouveau, par lequel l'Empereur étoit beaucoup 
plus chargé qu'auparavant ; il n'avança rien. lit 

Rei- 

W Pag. 204, t fmv. 



■MtLlttMk^. - - ■ • -■ ■•^-■^ 



3Mlte^ JiUt ti Septembre i7)tf. 7| 

Kdnc le reçut avec civilité ^ nuds' non pas ava 
la JiftinSm jMt comfemit à un fi grand mérite, 

U ne iDanquoit plus, pour venir au but de la 
révolution dans le Minillére, que de maltraiter 
Je Duc de MatWvreugh : on le fie de la manière 
du monde la plus ind^e. {a) On le rechercha 
fur quelques tommes . qu'il nroteftoit avoir été 
fi bien emploiées à leur denination naturelle , 
jjt^éfrês la bénédiSum de DiBU, ^ la hravwrt 
des Trwfesy c'étoit prmdfalement à cela jue f&m 
étoit redevaile des f^^"^ fuccès que Ton avoit 
fus. Peu de jours après, la Reine lui écrivit 
une L^:ttre, par lacjudle, à la fiiite de quelques 
plaintes des mauv^us traitemens qu'elle préten- 
doit en avoir reçus, die le déchai]geoit ae tous 
les Emplois. Evénement, ajoute notre Auteur, 
fi peu attendu, fi extraordinaire, que , pour en 
trouver des exemples dans THiftoire, il fallut re- 
monter jufqu'à la diigrace de Béiifatre , fous 
l'Empire de Justinien. On vit tout auifi-tôc 
plufieuFS Ecrivains Cauftiques , qui ou gagez 
pour le faire, ous'ingérant d'office > dans re^pé- 
Tance de gagner les fonnes grâces des Miniftres, 
décoçj^ent contre le Duc, en divers Libelles 
diffiunatoh-és , les traits de la plus noire malice. 
' Ss oférent bien le comparer à CaSiUmay à ÇraJfwSy 
à Marc Antoine. U y ayoit dans une de ces 
Brochures impertinentes, une période qui conv- 
mençoit ainfî : Feut-etre la Fortune Fa-t-eUe fa- 
vorifi une fois en fa vie. (b) Un jour que notre 
I Auteur s'entretenoit avec le Prince Eniéne , Se 

E 5 lui 

(*) Pag. ai^ , * jpiiv. 
I (*) Pag. 227. 



74 BnuoTHBQpB Raisoiiiis**^ 

lui rapportoic ces pafoles, le Prince fit^^-deffi» 
cette réflexion ing^ieuft: §lj^9m w$ fottvok hmf 
f lus finement Mjbrd Marlborough, fme ep^aUmi 
réuffi en faut €e fu'il avait ^ntreftis^ ^ ^étoat 
redevable que tPun feul fucch à b Vmtune^ U ek* 
voit tous les autres à fa profiee conduite. L'£ir^ 
que dit de fon côté , qu'en ce fens, la feule fok 
où il avQic obligation a la Fortune, devoir ècet 
celle, où, tombant entre les mains des Enn^ 
^ (nis, lors qu'il defcendoit la Meuje &\ bateau, 
il eut l'adreiTe de s^en tirer. 

Le Comte de (a) GoJokkmy dont noere An- 
teur fait un éloge magnifique , yiQt à asoimr, 
4IU mois de Seftembre 1712. Le Duc de. Mari' 
hraugh prit bien-tôt après le parti de Te retirer 
dans les Pais Etrangers. On avoir emaoïé tpth 
tre lui deux nouvelles affaires: £c tûen des gens 
jugèrent, que le but en étoi( de le porter à cet* 
té réfolution; auffi, après Ion d^rt,on fit liir- 
jfeoir toutes lès procédures. 

On fait afTez, de quelle manière le Duc d'Oiv 
W9fki^ Succeileur de JdaMopough ^ (é décaelii 
des Alliez , par ordre du Minlflére, & coai- 
ment fe paiîà & fe termina le Congrès ^^steeke. 
Le Traité de Paix entre YAngletetroy la Frm$K^^ 
& les Frowneos Unks^ y fut figné le i) de Mon 
171 3. H) Le Parlement s'étant àSêmble^ie p 
j^vril^ la Reine lui çQmmuni^ua la c<»»clufiQli 
de la Paix^ fans en exprimer lea condkTona. Lès 
deux Chambres la ielicitéient iâffi cli g^râf, 
fans lui dire un feul m^ qui marquli leur appio- 

ba^QQ. 

(4) Pag. 27<, &p»v^ 
(h) Pag. 2t4» &fmy* 



tHdQn. B fe pafJE» plus d'un xom » tmi^ quo 
Poa conuDom^uêe au Parlement I9» Aitidet de 
)a Paix ^ aiaqud^^ on joignit alors ceux d'uii 
Toicé de Cdimnerce. Tout çeb donna n»tié« 
le à bien des réflexions. Le Traité de Commer» 
ee en particulier attira de touto; pan? des plaia<« 
tas de ceux qui 7 ctpieac iiu^efleï. La Cour 
fed<xina en vain de grand;; mouvemcasy pour 
k faîro^approuver aux deux Chambres: &, ce 
qu'il (n) y a de finguUor, la Reine répondit % 
f AdreQè des Corotnunes, comme (i dles écoienc 
fan a^n^es d'un Traité contre lequd elles ft 
décUroient ^es^ nettement. Qii^ues Pkiiàas 
&ent à cette occafion, |^ U Bme mvoit ré^ 

f0S i ne ft/mt ht av9st dit. 

Pendant la tenue de ce Parlement > il y eut 
on tems od Ton joupçoniioit que les Miniftres 
y propofisrotent un Aâe, ou du moins une A«- 
droTe, pour marquer une apFûbation fdennelle 
de la Paix. A cette occaâon , notre Evéque 
prépara utiDifcours, qu'il fe propofoît de pror 
oencer dans la ChanAve Haute: & c'eft le ÇtvX 
t^ dk jamais fait d'avaqce. M$us U propoi&- 
tiQn> qui y auroit donné Ueu>tte fe fit points âi 
aii^leDifcoursfut inutile Jl ne le fera pas au moins 
four la Poftérité^ en fritm de laqùâie (^) P Au^ 
teor Pa inferé ia > pour lui apprendre ce qu'il 
poifoit d'un événenîoQt fi mémoraUe. 

U finit fes Mémoires par cette courte prière; 
)) Jeprîe Disy que cette Hilbirepuiflé être 

M lag. 257 » a9«. 
(^) Pag. Z9t» à'/Mv. 



1 



y6 BlBLIOTaBQJJB RATSOKHk^y 

,, lue avec la même candeur , £c la inême fia-' 
yy tenté y que je Tai écrite^ & que les pcrfim- 
9) nés, qui la liront, le faflent avec une acten- 
y, tion, qui les aide à bien juger des chofis^ i 
,, fe former au vrai go&c de la Piété & de* la 
yy Vertu y à connoître la Fidélité que Ton dok 
yy au Prince, de même que Tamour qui eft dft 
yy à la Patrie , & à leur impirer un lele fincére 
,, & incorruptiUe pour la défenfe de la Reli- 
9> &^^y ^ P^ur 1& maintien de nos Libertés.'' 
Ce n'eft pourtant pas la fin de l'Ouvrage. D 
refte une autre Partie , intitulée : ComcuffJtèMy 
(a) 0» ILéflexions fur tHifiorre frécedente. L'Htf- 
Coire peut être regardée cdmme le Corps, & ces 
Réflexions comme l'Ame de l'Ouvrage , puis 
qu'elles fervent à remplir le but que l'Auteur 
s^eft propoié d'inftruire la Poftérité , & qu*cUc8 
renferment quantité de leçons qu'il lui donne à 
cette occafion. C'eft un digne rafteur , un bon 
Citoien, qui prêche, pour ainû dire, de l'autre 
monde , jpuis qu'il fe repréfente comme y étant 
déjà dans le téms que l'on pourra prêter l'oreille 
à fes Sermons. Si la leâure d'un Difoours com- 
me celui-là ne mettoitpas l'Auteur, dans Pefprit 
de toutes les perfbnnes raifonnables, à l'abri des 
moindres atteintes que fes Ennemis voudroient 
donner à fa bonne roi & à la pureté de fes in- 
tentions, je ne (ai ce qu'il fàuaroit pour fonder 
un jugement favorable du cœur d'autrui. 

Les leçons de notre Evêque s'adreffent à tous 
les Ordres , & s'étendent jufiju'au Trône. D 
commence par YEgUfe Anglieaniy pour laquelle 

il 

W Pag. ÎX7-402' 



JuHbtj Ao&t & Septmbn 1716. 77 

il témoigoe un yrai xâe^mais oui ne Ptimpficlie 

pas de voir ce qu'il y auroit à reformer. Et d'i4 

bord^ il (a) trouvée très-rude robligadon qu'on 

impo/ède figaer les tnnte^neuf Artkks, ^, Ce 

^ n'eft pas (dit*il) que je ne les cioie cous moi« 

j^ même ^ mais il me paroic , d'un côté , que 

^ ceux oui concernent le Tùbé Orightel Se la 

^ PréébjfpÊatia» y auroient pû< être couchez en 

^ termes moins fujers à litige ; & de l'autre^ 

y, qu'en les confervant coihme r^le de Doâri- 

yy ne à prêcher , après y avoir corrigé quelques 

yy choies , il vaudroit mieux cenfurer ceux qui 

,, prêcheroient une Doârine oppofée, que d'en 

^ exiger iaSouicription de cous ceux qui entrent 

,, dans le Saint Miniftére. La plupan de ceux 

yy qui les ibufcrivenc, ne les ont jamais exami^ 

,, nex 'y & d'autres le fone y parce qu'il le faut 

yy faire, quoi qu'à l'égard de certains points, leur 

yy Confdence V répugne. Les Societex Civiles 

„ & Rdigieufes font bien mieux gardées par les 

^ Loix, que par les Soufcripdons ; la première 

yy de ces méthodes de Gouvernement étant la 

yy jius jufte & la plus praticable." 

L'Auteur jpafTe enfuite aux correâions qu'on 
devrc»t fiûre dans le Culte IMurgiquey dans l'ex- 
ercice de la JwtifiiSUm Ecclé^fiifuey dans la 
DifcifÈme. Parmi tout cda > il 7 a des chofes^ 
qui font de vrais abus , qui par conféquent de* 
vroient être bannis y quand il n'y auroit pas un 
&ul Nw^-Cmiformifie dans tout le Roiaume. Les 
auues font telles, que le bien de la Paix deman- 
de qu'on y apporte des changemens ou des adou- 

ciflè- 
(4} Fag. f x^. 



1 



dfièmcBS y en vue Stroii égvdwx iUfrii^j^ 
^ Kfm-^ConftrmfiÊt ; qaoi i^ue, maigre toosioi 
^éfiujcs , réds ou lioa , qm doonent lieu à x» 
fcrupules, il n'y en ait aucun qui jàfid&e la S6- 
pamtion d'avec TEglife Anglicane ,» ^mt qo'oii 
'^n'exige rien qui bleûè laConfcieBoedecenziqiii 
s'en font féparezr. D'autre côté , Flntoiàaiice 
envers eux eft inexcoûble dans cmx oîsi fbi^ 
profefflon de ne cas fe croire inftfllflhte. Et 
notre £v2que, qui s'eft toujooiS'décfaté poor lu 
Tolérance , indique (^e) id en peu Je naots les 
raifons fur lefquellcs eft fondé ce devoir indi 
pen&ble. , 

: I>&-là il pQfle au âlfy^ren paiticidier. Uren?, 
voie là-deuiis à fi>n Livre du {b) Mn ^idt^al 
cehi de twsfes {c) Ouvrais dont il fi ^k^ ^ 
fiw^ quoi qu'il lui efit attiré rindigàacian des 
personnes qui ne goûtaient pas Tes i^^ Msàà 
($ Livre )i'a pas kîfle àt faire du béoxjpeoàant 
Çxy^yfg, ilefpérpou^i^sânioit^ il torjèia 
encore davantage. B a^^te ici ftulement 4meip 
ques avis^fur un fujet qui à beaucoup socd^ns 
fon efprit, & qu'il avoit fort à cœur. Tout cç 
qu-il dit, r^rde les ouàUtex de ceuarqui fë de£- 
tînent au Saint Minifiere z l'€Z«nen<pfjb dof* 
vtot faire du motif qin les y «ngagé^.fappUca* 
tion d'un Pafteur à tcasf^ fadevoin,jrfûtôc 
qu'à chercher IHtvancement de &- fortune; Ja 
mamére de ré^er les Eoides, &cle & conduire 
dans les Difputes, finguBéretncnt jpar .'i«ppoiti 
lE^fi Bmaine ; rétention quels Qeiç^ doic 

iinroir 

W Tag. 1*6, J17, (k) Publié ea itfpa. 



r ■ 

7«riHtf, Ao&f 6? Siptmire ij^. j^ 

avoir à ne pas entrer^ comme plufieun ne foncr 
qiie trppj, dans les idées & l'efcrît iJu Fiipijmey 
en étevaiicle Pouvoir Eccléfiaitique au-ddà de 
ibs- juâes bornes &c. 

fvdtre Çvrêque adr|fle enfuite la parole aux 
(if) Bveiuesy'fis chers Vréres^ é- fis Succejfiurs 
i^ns f Ordre Efifiofal Àorès quelques réflexions 
fur la manière dpnt leur Juriffliâion eft injufte- 
mént.^reftreince, à (on avis,, il rcpréfcnte les in- ' 
convéoieàs de la mode établie parmi eux de te- 
nir table ouverte: il prefeiît les Régies, que les 
Evêqùès doivent obferver , par rapport à la con- » 
duite de leurs Femmes & de leurs Enftns : H en 
donne fur Texamen de ceux qui fe préfentenc 

rour recevoir les Ordres : il ^orte les Evêques 
^preciua: eux-mêmes, autant qu'ils peuvent: il 
leur fait bien des lieçons fur toute leur Conduite - 
& particulière, & à la Coîir , & dans le Parle- 
Hîent^, $c à' l!^td des Nm-Cfàifmmfies ^ fur la 
FhtraUté des Bénéfices^ & fur les NanlUfidencts 
&c. 

, Voilà pour le Oergé. A l'&ard dès Léù'jms^ 
on (^) commence par le Pe^ , & quelque 
heureux qu'il foit, plus que tout autre, quelque 
ghmds fecours qu'il ait pour i'inftruire de la Ke« 
i^on, on le repréfeote comme étant là dç^ 
dans uhe ignorance inconcevable., nud^é }sl fa- 
gadté &, rintelUgence qu'il a d'ailleurs en ce. 
I qui regarde fon intérêt & fes aâàires particuliè- 
res.. On propofe fes mbiens d'y remédier, p«ur 
des Catéchifmes , & des Seroions^, iaics d'une 
" ^ ma- 



L 



n 
I 



80 BiBLiotHBQirs RaisomkbV^ 

« 

manière propordonnée à la capacité de ducûnT 
Les Gentibhommes («) vienDent enfuite , & 

£r-là on entend, tout ce qui eft entre le Fahr^ 
le Peuple y ou le fimple Bourgeois. Notre Au- 
teur, dans tous (es Voyages, n'a vu, dit-il, au- 
cun païs, où ceux d'un pareil ordre (biene auflS 
mal élevez & auffi peu éclairez , généralement 

i>arlant, que le Gentilhomme Anglais. U montre 
es triiies efièts d'une telle Education , & par 
tapport à la Religion , & par rapport à TEut. 
Les avis qu'il donne, vont à déraciner le princi- 
pe du mal « & dans la Jeunefle , & dans ceux 
Sii font déjà maîtres d'eux-mêmes. Entre les 
tudes, qu'il recommande, après celle de la Re- 
ligion, il met fur-tout f Etude des Loix; & il 
croit que, pour aquérir cette ConnQifrance,aulB 
bien que pmfieurs autres des plus belles, conune 
de la Géc^phie, de l'Hiftou-e, CivÛe ou Na- 
tureHe &c. un Gentilhomme n'a pas abfolument 
befoln de Latin, quand il ne fe deftine point i 
quelque Profeffioa Savante. Le Tloéatrey 6c le 
yeu y (ont condamnez ici, comme deux des cbq- 
fès qui corrompent le plus les Mœurs. 

La Haute Noblejfe comprend tous les FairSy 
depuis le (impie B^rr^x^ jufqu'au Duc. (b) La plu- 
part des avis donnez aux Gentilshommes, leur 
conviennent d'autant plus , gue leur rang plus 
élevé demande plus de Lumières & de Vertu. 
On y en joint, qui les r^ardent en particulier. 

Cela mène à réfléchir fur le Farlement^ (c) com- 
me fur l'auguftc Corps, où toutes les parties de 

l'Etic 

(*) î*ag. Î5X^ &fmv. (*) Pag. %6Sf&Jm9^ 



r 



'w 



WmÀ rnuycoc «ftnw. Les bii^s.& kté» 
ij^te ,^ Sfeâ^n^ , e0^ le préouer objet qui 
éappe OQtrie Evî^ue^ de uo tml, qui hii ptrotc 
à»,ù,s;êi^ CQr)&§MSa[ïcc » qu'il caùfert tôt oa 
&9idh*nM9e<lM Couveracioeiit , fi l'on tfjtt^ 
^3Q4if i tçais. Apès la i^xtne des Mœuri, il 
^ foiç jqH^uQ expédient^ c^ parolt» peuc-écre^ 

4RI>^CTt*iU ^'^ 9<3ip âo^é , ou trop difficile; 
ce iêroit de rapprocher les Whigs des Tarp.^ & 
d'éteindre môm/to^feu de cène divffion y s'il 
étoic pQ0U>}e. Dç pajt i8c d'autre, il y a quan^ 
xké d'hoonetDS gfmy ^ui donnent de bonne foi 
dans certaines prévei|t]O03>deftituQea de fonde* 
VKBptf &^Qn^ m^e Autem: tâche de diifiner. 

Hcixf. çaofts y qui regarckm l'Ordre Piddic, 
foùt enfiiire propo(i^ aw tâfkmens y comme 
méritant couie leur acîentioo. La première , qui 
doit v^ :de^ l|b Çhmbff ^i F^/r/, c'eft h ré-» 
fcanmtion 4^ Fr4^4ii^m Jwmkqitesy 6ci&.lM» 
mêmes ^^ fur kfaveUqg^ .^n^ jase dans Iq^ Tribut 
O0UÏ. .14^ Vï^oèimm tont oHme dépenfb a& 
frçujlê . &; d'unt^.'fSSroiabie. longnenr ; fur*cout 
\m cg^Qn plaiide ite^mic Jal €hamelkm. IL iau* 
diQÎ< Qtr^ Û^ hàtifi% pour n'y donner aucune 
prî(àà> CUçm^'y & k pW petite £uite> cul 
Ym tofslbc far bazaed, devient une àSkiie irn* 
Iiort^niif. L^Lob: £»e en grand nombre^ & 
i^iperfllei fo» flldrc;^ : 21 leooic boa de kaiédi^. 
ffi^ mrVfflCofp^ màibûàfaÊÊt^ ou un Code en- 
lier» gà JTqh JM^deaftqgles pour la Chaoçel* 
Me, • q|lî ferviflmir i abné^ les Priicès; 

yattti»$àili^> qùiiegaide laChamt^redes 
j^mmunes, c'eil: une révifion , ou plutôt une 



tboUdoQ, de h Loi PtfleaiCQtiirej. <fû d^oinr 
à chaque Parroifle d'entretenir les Pauvres. La 

fropoution peucd'aboid fiupreodre^ tenant d'un 
^veque: notre Auteur prévient Im-mêttie r<ri>- 



Mais il fonde ce qu^il avance fiir de 
bonnes ndfons; & propofe fur- tout ici à iamer 
l'exemple de la HoUamle y comme le mtiffcur 
modèle de recueillir & de diftr&nier les cbft- 
ritcz. 

Je. ne dirai rien de ce que l'on s^ûte, fur les 
Afièmblées trop fréquentes y & les trop ior^uea 
Séances des Parkmens. Je laiflè auffi aux Roif 
le foin de faire attention aux avis refpeâueux 
que notre (a) Evêque leur donne. II les £ût 
précéder d'un pornrait des caniâéres de cinq 
Monarques à^Aj^htertt^ qu'il a eu l'hcmneurde 
voir de près, & avec beaucoup de familiarité « 
favoir, Charles II. & fes Succeflèurs, jué 
qu'à la Reine Anms;.&: c'eft comme un mi* 
roir , qu'il préfente , « pour rendre fenfibto fes 
inftruâions. Je nœ contente de rapporter, corn* 
ment {b) il y fait voir la Reine Aime. ,, Cet- 
,, te Reine (dit-il) eft d'un accès facile, & voua 
écoute toujours avec beaucoup de bbnté. Mais 
elle s'ouvre fi peu, & (es céponfes font en gé* 
néral il vagues , fi froides, Qu'on s'appérçoit 
bien*tôt, que c'efl nK>ins à ^e qu'il faut s'a* 
dréâèr, qu'à fes Miniftres, & qu'à &s Favo- 
ris, qui en récompenfë ont tout créditActout 
pouvoir fur die. Son renoncement au fkfle 
„ de la Souveraineté va trop loin, ^e mai^ 
^ en particulier: & hora les Dimanches& deux 

M ^n^ s«« » * fi^* W isf • isi pêt^ 



9> 



» 



n 



^ ou trcds Jours âe là Semaine , qu'elle ptrolt, 
y^ OU à h Chapelle, ou deux ou trois heures au 
9> Cercle, elle fe montre fi peu , que fa Cour 
39 eft comme abandonnée". Il eft bon de re« 
marquer, que ceci, comme tout le refte de la 
Ctmchfion , étoit écrit au mois de Juin 1708 
lors que notre Auteur croioit être pr^ du tems 
oà il comptoit de finir fon Hifioire. Peut-être 
que, s*il eut plus tard tracé ce caraâére, il j 
auroit joint quelques autres traits. 

Le Difcours finit par une Leçon générale, a- 
dreflee à tout l'Etat , & qui confifte à infifter 
fortement fiir la néceffité d étudier la Religion, 
& d'en pratiquer les Précq>tes. 

R E s T E la (if) Fif de r Auteur , écrite par 
Mr. Thomas Burnet, un de (es Fils. Elle 
ne pouvoît être mieux placée, qu'à la fin de cet 
Ouvrage pofthume : fie die mériteroit im Arti*^ 
cle à part , fi les Journaux {h) n'avoient dJÊja, 
peu de tems après la mort de notre Evêque, ap- 
pris au Public les princi{Hilte circonilances qu'on 
peut fbubaiter de Avoir. W fiiffit d'avertir les' 
LeÂeurs, qu'ils trouveront ici, de quoi s'inftrui- 
ré de tout ou plus (ûreolient, ou plus à fond; 2c 
de plus, quantité de partictiiaritez nouvellement 
publiées. Une fi - louable curiofité auroit dequoi 
fe contenter encore mieux , fi notre Evêque eût 
exécuté lé deflèin' qu'il avôit de finit fon Ouvrai 

gc 

(4) ?û%. 4#3 -5t<i (é>To?e£ là BiBUOTttfQyB AMC 
IT Mqokrnb de Mi4]Lç ,C^C, Tom.nL, pftg.'Btt, & 
Jmv, ic le JOURKAL LlTTKRAIRB^ Toixi. Vi. pag. zùi, 

Fa 



i4i .IM9|.iaTiii«fB It.AiwiqiBlVt' 

ge par uoo Hiftoire de 6 pro^e Vie, à l'f^eoi-^ 
pie de Mr, nw Thov, qu'ilr ayok pria pour 
modèle. Mais il n'en » UiiTé qu'ime ébauche 
imparfâuc ^ dont néanmou^s Mr. foa Fil$ a pu 
tirer quelques lumières ^ & il déclare^ que c'eft 
de*Ià qu'il a pris les faits, doôt il a'ailegue aucga 
garant : quoi que, fur cefli &its mêmes, on pût, 
?il le railoit, eu appeller à d'autres témoins. U 
n'a cité fes garants ^ue d^ les, endroits qui Qtit, 
paru te demander abiolument, du lors <^ la kc« 
ture des Pièces Originale. pouvoir faire pUiûr 
aux Curieux. Il s^eft abilenu de répéter ce que 
l'Auteur die qui le regarde lui-même, dans les 
Mémoires fur TUiftoire de fpn temsj çç U fuffi* 
foit corcainemenc d^ renvoier ^ daiia mop- Vie, 
qui les aocompa^e. 

Je ne dominerai ici qu'un, exemple des pattîcu« 
larue9& que le Fila de ce ^nd howmc nou» ap^ 
prend. (^) „ Aucun principe , dit- il , n'avoît 
„ pris daÀs ion ccieur de plus profondes xadnes, 
,1 que celui de la Tolérance. La âenne n'écoic 
„ ^ reiireînte à une Sei%e,^ou à. une KatioQ« 
„ £He avoir auraqc d'étendue, que le Chriftia^ 
„ nifmç ^i^cq&mQ* U h ficpaioître en faveur 
„ d'une AjQto.blée^ <fe jf^^îlrx à S^disiurf^ qui 
„ refuibien^ de prétei^. les Senqena de l'£tat : il 
^ obtint d'ibord du ïtoi & de la Reine la per- 
^ miffipck d'y Gonmv^* . . Et lors qu'eofiiite le 

„ Hoàtwr Beach y un des Prédicateurs dé cette 
„~A(Iëmblée, eut été condamné aux peines por- 
„ feée&pair la-lsoi^ pour un Sermon iedideux^ 
,j {dein de tfahifon qu'il y avoir prononcé, l'E»^ 

* ' - - - ,j vêquc 

{é) Pag. 484 , 4r fuiy^ 



yy vêque non feulement le fit exemter du^uppii- 
,, ce, mais encore lui fit obtenir Ibn Pardott, 
,, fans être même obligé à une Retraââtion pu- 
^j blique/ que l'on en arok d'abCrâ exigé*'. Le 
fait eir prouvé par deux Lettres , aue Ton rap- 
potte tout du long : Tune de [b) ^fylord Nln- 
ih/ghdm^ alon S^rêtdre d'E^tj Patitre du Mi- 
râStte même, qiH remerde fon généreut inter- 
c^feir, & jM-omèt de ne plus c^^er da trouble 
en aucune manière. 

Entre les autres Lettres, qu*on trouvé îépan- 
jlùëa dans cette Vie,îl 7 en a deux dela(^) Pria- 
ceiTe Sophie à notre Ëyêque,qul le premier a- 
yoit propofé au Parlement , pu* ordre du Roi 
'6mt.LAiTM£, d'appeller la Maifon ^Éiaimovtr 
k te Sirçceffion , en itfS^. La propofidon échoua 
alors; & c'eft le fujet de la prén^^re Lettre, oà 
Sâpbie remercie TEvêque de fcs eilbrts , quoi 
qtf inutiles. L'affiûre réuïfit en lyoi , âe les re- 
mercimens à cette occafion font le fi]Jet de l'au- 
tre Lettre. Ce ibnt les deux feules que le Fik 
de notrfc Evêque produit , de cinquante autres 
qu'il a , toutes écrites de la propre tnain de la 
Princefle. 

H en a inféré (e) une que fon Père lui-même 
écrivit à Chaules IL le 29 de yémvier itfSo, 
& dont TAuteur dit quelque chofc dans {d) fon 
Hiftoire. 

On trouve à la fin un Catalogue de toutes fes 
Oeuvres. 

(4») Dat^e du 19 M*ri. 1^92^ (h) P«g. M9t à' fmv* 
(c) Pag, 434, ér/MV. {d) Tom. II. 4e cette Verlion, 

F 3 AR- 



66 . BfyMOTHsavs RA^wirnB*», 



X 



ARTICLE III. 

Histoire Anetemu ifi Egyptiens >iif^ Car- 
thaginois ^ des Assyriens^ det Babylo^ 
NXENSy ^f Medes & dés Perses > des Ma.- 
cs'doniens, des Grecs. Par Mr. Rojllik, 
émcien ReSeur de FUniverpté de Paris , c$-f . 
T^me Neuvième. Tsgg. 504.. A AmftmUm , 

^ chez. J. WetfteÎQ, et GuillauDie Smith ^^^ ^7}$. 
Ave^ PriviUgie. 

LE dix-neuviéme & te vindéme^ Livre de 
PHiftoire de Mr. R0I4LIN , font conceous 
dans ce /nouveau Volume. Trois Articles com- 
pofenc.le dix-neuviéme Livre. Dans le premier 
on trouve Thiftoire de Pbrse'e , dernier Roi de 
Macédoine , dont le Régne fut de dou2£ ao$, 
& finit en l'Année i6j avant Jesus-Christ. 
Le fecond Article s'étend depuis la d^aite de ce 
Prince^ juiqu'à la ruïne de Carintbey Ville qui 
fut prife & bruiée en l'an 146; & cela renferme 
un peu plus de vint ans. Notre Auteur y joint 
des Réflexions fur les caufes de la Grandeur^ 
Mi& de la Décadence & de la ruïne de la Qréceu 
Le troifiéme Article contient l'Hiftoïre de S y- 
rie, depuis Antiochvs Empâter y Fils d'AN* 
TioCHUS Bfiphane y jufqu'à AntioCHUs tAk^ 
fatique , fous qui la Syrie devint Province de 
VEpifire Romdht , c'eft-à-dire , un efpace de 
près de cent ans , depuis ' l'Année 164 avant 

Je- 



7«^9 ^^* & Sêptmin ty%6. 87 

Jcstrs-CBUtTy ^tt'à PAimée ^. UHiftoî- 
le d*EéiPTE, qui efl ame pour h {dus jKii»le 
pôrde i cdle de ^/r^^ renferme auffi un Séde^ 
depuà la yœdéine année de Ptolsme'e FbU9^ 
mhw , jii&u'au temé ou Ptolsme^b. AnUf fut 
ehafie du Trâoe, cfeft-à-dire, depuis l'Année 
ijf^ jttfyi^à TAnbée ;8. 

. Le vindéme Livre eft partagé en trois Arti* 
des 9 qui tous trois:fi>nc des Abiégei : ItfMpcé* 
micr , œ PHiftoire des Juifs, depuis le R^e 
d'ÂkûroBULE y jqibu'à çdui d'HsRODK h 
Srand:^ le iêcond, de rHiftoire des Parthis, 
depuis i'étsildiflèment de cet Empire, jufiju'à la 
d^i^^e Crajfus^ qui eft raamtéeau long: le 
troifiéme, de FHiftoioc des Rois de Cappado-» 
es, juiqu'à la léumon de ce Roiaume à VEm^ 
fireJtûmam, lous.EEfflpereurTiBBitK^enrAn* 
née 17 depuis Jesus^Chsiist. 

J'ai donné, fur le Volume précédent, un Ex* 
trait de l'Hiftoire de I^ilippe , Père de Per- 
j/iff. Rien ne conviendra nûeuic^ que d'abréger 
id ce que notre Auteur dit du Fils, dont la dé- 
âitemit fin au Rmume de Macédame. 

Dans le tems que Pbf^f^ mourut, il avoit 
{a) Ibniié4m (h) étrange deflein; c'étoit de fài« 
re vemr de la Smrmstie Bttfméenm un Corps de 
Baf^rms , coofiflant en Troupes nombreufcs 
tant d'In&nterîe que de Cavalerie; Il avoit ré- 
Mu de détruire endérement les l>égriamenSyAo(Si 
le voifinage lui éeoit fort incommode: il promit, 

aux 

. («),Ph.|, ér/Mv. (M TiTB LiVB, Lib.XUCap.57t 
91. TÀUI OROSE» Lib.1V. C*p.2<v 

• F4 



88 Vàfft^^tmt9!e» Sa WM^imlÉ^ 

^èi f Ay^'hiffé kuAEeâaqss 6ç leuis Eèfimv 

butin opokm qu'^ coln^taQC d'y imc^' Qgyrïiè 

quelq<^^vll^t|r dèuttelzàallrçjcwdl^ La» 

Bafiarnes s'étoiencdéja mil ^aèKréhfe^&Tàsôiçw 
ppuCfé iiS^ I^id , VfmA ilftitfjptirtnt b hiaitidu 
Rpi 41 jl^^dnf0. Ccnolnôuvielie ^ j&Tidjirar» 
accidoUa q\» iewar arrhr^eoe , > fal{)ttdiotn& ieue 
ptéoûer-tictièîfly ficillfe diOipémnc deTsâcé^^A? 
d'uucre. . .Hr»HNtv««> que FWig^ doftîabit pofn^ 
ibn SitcceSvtf ^ ATQtt éeâ OB^pcné ttdigvé:liEt è 
etxxfQ iottrigii^* . AiSxittttoiUD^ Pif/& k fie tnoo» 
rir; & pcfilr nmi^uK ^jfiaoÉoffiiEir k Tràne^ ft 
eavoit é^ Aôilbdflàdeuis wt J^v^Avr, svvc xstt^ 
dre de deonivider qu'ils rcnàuâ^dhflfettt cvat iié 
rAUiance faite avec ibo^Bére^ ^fc i{ue ie Sémc 
le reoQBuât pOiar Roi. IViaé rcherdioit nuft-Bt 
qu'à gagQerau.tBim. - Une^rrie des B^dlUflwr 
avoic pâMrfuiv; j& «oBte: ; . fténic - «ândïémenc 
eti Goeirre ayeic les Ihtrdmiiàf: LesrJtmaoMr. 
(tf) en prireoCidmiiragé. Ferfies^eMCJO&r^pmr^tei 
ÀmbftfÔidimrs^yComflQB ti'aiatt! AiRrane liait-iri^én- 
treprife é^^ Bafiarnes. ter Sétiat, fins a^no^ 
fondir davantage k tchoft, iç fie avenir qu'il eâr 
foin d'obferv^ invidlabèemeiit ks condieioii^ 4i> 
Traité feit avec te BiaimâuF.^ 1 1. 

Cependtac^n (^) appm à Jïiwiae^ qœ Peff/k 
avait envolé des Ambnfl&dears; à Carfbage^ oik 
h Sénat leur donna audience de nuit dans le 



(a) TITE LT?E, Lîb. XLÏ.Ùap. l)i 
(^> /^»i. Cap. 27 , .^ /«^f. 



M. • 



-..-. J.^. 



Fcinde^^M^. U^teflUt le Sénat llM94è» 
BEL éêfèAk de â part €!A Mécédmm^ pour tcH^ 
hl» ftr 1» coixiiÉrt do Rôî. Ge Ptinœ prenôif 
aa ibIm msM^d'iHitttii meTufes. U aliâ jufqu'i 
t>e4fiês ^ > feins J»é«5tt€ de cmifuitcr l'0«c!c, 
nais eaf «fti^ ftr ce qu^ofi crut, pour avoir oc^ 
cafiOA étpHw&êKkh Gr^^ de <fc s'y f4re des 
Alliez. Il chercha fur-tout à fe rceottcaier avcd 
te uMém^ m2às Û fie pût y rfuffir. CSeta de 
k LîKitt> qui ctaig^âietic ât choquer R«w, fi- 
nent tmt ^ oufbn refiifa tnemis de donner au*» 
dkaœ datt rAâtoblée àul[ Ainbafladeuts de 

OBOit que k $éxM âvoft envtrie«& en MtKiAn^ 
m, {é) rnoomâpent ând iivoir pâ approcher du 
Roi, Ibij» pfÀe&te tantdt qu'il e^t abfcnt, tan« 
eftt qult étoit inconiffiod^ • l'un 6c l'autre éga« 
kma»: Ikux. Mait ils témoignèrent, qu'il leu^ 
ivok pant clatrctnent, que toiit Te dirpofoic à là 
Guerre. On s'y prépava dès-lors à R^e. 

Ev&âmi9£ . Roi de FergéHfe^ achera d'<n firi^ 
rc voir b neceffité. (*) Juftétnent allarmé , de» 
le cooumncement , des inierjgùes de feffie^ fl 

I pafla lui-même à R^me , oâ il Sit reçA avec toa^ 
tes ks nsarques de diftinâion poOibles , & ex^ 
poû eo dékil^àtftt des chofes. Les Ambaffi^- 
àecffs de Ftfj^ ,* qui' eurent audience quelque^ 
JoïttS après , troùvénènt le Sénat fott prévenu 

I contre leur Mftftre : & JTjfiy^r/pjCdui d'cntr'eui 
qui portait k pairolc, aigrit encore les efprits pàt 

M Idem , Lib. XLIL Gap. 2, 5, tf. 
(Ô <^- Cs^*u> ér/^^f. 






mée. U reconnut lui-même m>p tard Vth 
faute qu*il avoit fidtc^ en fuivant (ç) un 
vais confeil , quand il rjf le kûdèmam , qi 
s^arançoitpour livrer bataille, IwEiè^cmis 
pe!£ fur l'autre rive du Fleuve , bj} ib é 
paflfex à la faveur du filence de la nuk. 

Cette Viftoîre néanmoins, eonfidérfe en 

même dans toutes Tes circohAariCe^ , trst 

ftfffe d'une grande joie, de d'efpéfançéB ftli 

fes. Mais quand les phkniers tmif{)ôrts et 

ftit place à la réflexion, £1 cotnmetiça \ êtnft 

quelque forte efffaicdcs fuîtes. ^-Cfeqii^ J « 

' de fages Courtifans auprès de lui , brbfitércnt 

'heureufcs diipolitions oïl ils le voidiéH>& (*)H( 

confeillcrent de mettre à profiif Tavant^ qpï 

' vtuoit de rcmporteriur les lîwïww/^pour t&cnfK 

■ d'obtenir d'eujr une Paix honorable ; Poe 

étant la plus favorable du monde ix>ur tes r 

^u^ traitables : en quoi , s*fl ne téttffiflbit 

' il auroitdu moins la confofationd^avonr les I 

■& les Hommes pour témoins de fa Modération » 

& de rorgueilleufe opiniâtreté des lRom»hft. '* 

Le Roi fe rendit à de fi fâges remontrances, 

fié il ne s*en étoit jamais éloigné. Le plus grand 

nombre, dans le Confeil, y applautiit auffi. On 

cnvoia donc des AmbaffaacurS au Confiil, qui 

leur donna audience devant unenombreufe Af- 

fcmblée. Ils dirent là , Qu^ils venoient demaû* 

der la Paix : que Perftfe paieroit aux tSmtams h 

même tribut que Philippe leur avait paie, & qu'il 

' aoan- 

(a) Que lui donna Evundtt de Cr^e^ \t ifiSme d«nt ii 

•'étoit (cin pour fiicc «fiuiïÎMt le koi Eiémém, t 

{h) PolYBE, Lxitr^u Uifit. LXIX. 




I 

bdocmcrokicn ViiW, les Terres » & tous Ici 
rotts que Philippe avok abandonnez. 
La fermeté "B^ame parut ici avec éclat. Cfc 
^ »it {a) alors b coutume de montrer dans Tad* 
bTerfité tOMte l'aiTûrance ^ la fierté de la boona 
/Qrtune> À de faire paffoître la modératiod éa^m 





^er de fa ferfoime ^ "de fm Roiaume co^m 4 

pUiroit^ Par-là Per/I^ çon>pxit de plus.cn 

'|^> combien £a;ix7f fentoit fa fupériorité ; df 

. |pr:e que , contre ropmioti de I^ plupart de fe« 

'Amis, étrangement frappez d'un oigueil fi ^ 

traorcUnaire, & , fdon ^ux , fi mal placé, i| 

çnvoia de nouveau au Conful, Se ofErit im Tti^ 

;but; plus çonfidérabli? eucorc qUe celui dontf îi^ 

,%^ avoic été charj^é. Mais le Conful ne rabats 

! tit rien de ù, première réponfê. Aipfi Ferfée rc^ 

I muroa à iw Ctop , déterminé à tenter de nôu* 

; yeau les hazards de la Guerre. On en verra le^ 

: divers evéeemens dans l'OriginaL Je pafle tout 

d' w COUP au point décifif. 

Dans la quatrième Année t (h) Paul Emi-*^ 
LS X ^^ Conful 9 eut le Commandement de 
f Armée de MsnçÛme. Ce choix , fait maWq 
lui eQ quelque manière, fut de bon augure. Oa 
«'était ppint conteot des CQnfuls, iès Prédécef; 

♦ ièurs, 

(«) Jtts tmm moà ttm , in éiverfis ^uhum fieunds firtmtâ 
prtÊgi wmÉauuri émimÊitmftatadU* TITE LlVB» Lib. XLtt* 
Cap. 62. nw». II. 

(i) TITE LlVB, Lib^ XLIV. Cap. 17, ér/ryf» PIU- 
URQUE » lit £; V^Hit f^. 2S^> & fifp 



■ 1 

r 

fur la fomtnc ftipuléc^, fantanthut y qui 
gpjit le Traité delà çart de FerfAy zvàk 
tcienci par-là. Gentws vbuloit avpir le r< 
Mt|t que d^ezécuter fç9 engagemeoi Lors 
de j^art & d'autre on eut Uvré. Vc& Otages , 
prêté les Sermens, Tareent foit cojpj^ aux 
baffadeurs du Roi d'J/S'w, qu^ êtqient vcnua 
Telta , & oû U) pit dans d^ CaiiTa > % 
du cachet des Arobaffadeurs ^poiir être tr 
té en iMffie, jPcr/?? avoît ^ait ^c fojms ocuiia) 
fes geû5 chargez de ce trajttfcort , ; dc.JW " 
Icfateçnent ,' & > ciiisind/ils. îcroiçnj; .arrive?; ^ 
Irbïf^éres de J^Acmine^^ de ^arrêter, Ôc d'y tu 
fendre fes ordres. Pejodant toa^tt ce teois-!^ 
V4ntaûchufy qui étôît deoieuré à la Côiif <fl2k{ 
rt0^ preilbic fort le Kpi à,c fe déclatb: a>otrc m 
* . Bfiménà 

'V ■ . ' 

f IMcHU pa^. lot, lo». £4. êf.AmfitTé.) \l pr^nd, qid^ 

kes €hèjis dont «» veut i*{»firmri, J'aTois cm ju(qi}'}ci, q^^qn 
Avittot , fer-tout un tiiftorien , <fe?QÎt être fc^téfcnjté ^ 
q^fJLcé» » Ac qu^on no pouvoic pas Im Ime dite plad 
aii'ilflfi4«. Mais, fr;ottUiQgle<ie||*.;i^/«',, Um 
TOfnirs , toutes les rois que la narration parojlcs^ tniMl' 
faite, d'y fupglc'e^ ce qu'gn voudra, fur ce pcëtexteqiH 
^vstmAWOià iik dr^nt f lut. ir«Ac< ^s lidbiNet lia 
Autcut tics d^pouUte»^ d^antitv , foi|9 oi9l|r(» d^ftsii» tt 
lief^eu/ > Cette ii^ftcuôion d'aillcuis ne vàit^h^ pa# & 
faîte-par des Vote*' , otl lN)n indique fa manière pinà 
dl^ailiée , ou différente , dont les faits font lapportes 
par d'autres Auteurs i £t qui pourra fe fier à un Tra4DC* 
tgm i %dès qu'en véixa i^^MI & cfoir ôMîgd d^a^&ter à 
fc«L"T«tfB ce (^uc bon loi icmblc } Mr. lUa'ér fi^«f>èffft 
f as mime toùiouxs ït& L«ftcurs , dam tes eadrôits oh É 
ttfis! de; ce. prtften^n droit. Nous en avons mdïqntf ofi 
liiccm^le palpable, an Tmt» XXU. de cette BtWtthi^t 
fag* sedw dans la NotCk 



ymSet^ jfoût 6? Septembre 173(5. 97 

K§mahff par quelque ade d'hoftilité. Il 7 arri<* 
va pour-lors deux Ambaflàdeurs de Ropte^ pour 
fiiire alliance avec Gentius. Ce Prince, comp- 
tant que (on argent lui étoit afluré , fie empri- 
ibnner les deux Ambafladeuf^, fous ombre que 
c'étoienc des Efpions. Dès que Ferfie en eut 
reçu la nouvelle, il fit revenir ceux qui portoient 
les trois-cens Talens , croiant Gentius engagé 
uns retour contre les Romains par 'ce coup d'é- 
clat, & fë félicitant lui-même en fecret de l'heu- 
reux fuccès de fâ perfidie. 

Gentius fut le premier puni de la manière dont 
il avoir agi envers les Romains. Le Préteur ^-/ 
niciusy qui commandoit de ce côté- là, termina 
la Guérte, avant qu\}n fût à Rome (]|u'elle étoit 
commencée. Elle ne dura que trente jours. Gen^ 
tius réduit à reconnoître fa faute, & à implorer 
la miféricorde du Vainqueur , fut conduit à Ro^ 
me y avec fa Mère, fa Femme, fes Enfans, foa 
Frère, & les principaux Seigneurs du païs. 

Le tour de Perfée ne tarda pas à venir. Paul 
Emile , après avoir tout préparé pour quelque 
aâion^d'éclat^ trouva moien de livrer bataille à 
FËnnemi, près de la Ville de Pydna^ & y rem- 
porta ime grande viâoire. Le Roi de Macédoi^ 
te y eflfraie dès le commencement du Combat^' 
s'étoif retiré dans la Ville, fous prétexte d'y aller 
faire un Sacrifice à Hercuk, . Il continua la fui- 
te, & tâcha de gagner la Ville de Pella^ avec 
toute ÙL Cavalerie, qui s'étoit iàuvée de la Ba- 
taille fans aucun échec. Ceux de l'In&ncerie, 
qui fuioient en défordre, l'aiant rencontré fur le 
chemin, fe mirent à accabler d'injures ces Ca- 

Tom. XFIL Part.L G va- 



valierS) les tr«icaut;<]ielâehes,. de traîtres j & qui 
plus eft, i(s ks renverfoienc de, cheval, & en 
tuoicnt un fore grand nombre. Le Roi , q^ 
craignoit les fiiicefi de ce turaulce, quitta le graod 
chemin; & poiAr n'être pas reconnu. Il pUa Cm 
Manteau Rpial, & le mit devant lui > détacha 
(on Diadème , le porta i & main : il defcefidit 
çaême de cheval , & le merwBÇ par la bri<te, 
marchoit à pie, pour s'eniretcnir avec fes Anus. 
Il fe. trouva eafiju avec trois- feuls. de fes Cow^- 
fans, encore tous étrangers: les autres aiacu: pris 
d'autres routes, moins pour fe dérober à U po^r- 
fuire des Eonemis , que pour fe mettre à couvât 
4e la fureur de leur Fripce , dont la dtfafte oV 
voit fervi qu'à aigrir & icriseï: la férocité qjui liii 
étoit naturelle. 

Etant arrivé (ur le nùnuit àw^TelUy il tm, de 
Û propre main ^ à coups de poignards, Icg deux 
Cardes de foa Tréfor , parce qu'ils eurent la bar- 
dieflè de lui repréfenter les, fautes qu'il avoit fei- 
tçSy & qu'avec une liberté hors de fàifon , ils 
lui donnoient des confeîls fuc ce qu'il devoit foi- 
re pour fie relever. Ce. traitement cruef aliéna 
de lui tous les. esprits. ÂUai7mé par la défertioii* 
çrefque générale de fes Qfficiei:s & de fes Gpur- 
tifàns, il partit la même nuit de P«/Z^^ ou.il ne 
ft crut pas en fureté; & il ie rendit à Am^^ 
lis^ emportftat avec lui la plus grande partie de 
fes Tréfbrs, De là il envoia des Députez à 
Taul^Tnilèy pour implorer fa miféricorde. Pui& 
il paffa dans l'Ile de Samothrace , & fe ré&gia 
dans le Temple de Cafiw & VolUi^^ Toutes Tes 
Villes de MaMoine ouyrireac lc« portes au 
V. Vain- 



F 



ywtta^ M&t tS Septembre I73tf. sp 

^yainqueur , & firent leur {bûmiflion. 

Le Conful écant parti àcFydna^ arriva le len- 
demain à Telia y où il ne trouva ^ du Tréfor 
Roial y que les trois-cens Talens , donc Pirfli 
àvolt: frauré Gent'ms, Il alla enfuite à Amphi* 
folisj pour pafler de là dans l'Ile, où étoit Per* 

fée. (a) Pendant qu'il écoit campé dans le ter* 
ritoire d'une Ville obfcure {b) & inconnue, il 
reçut une Lettre du Roi, avec cette infcription: 
ILe Boi Perse's , au Conful Paul Emile. 
Quoi que la Lettre fût conçue d'un ftile hum* 
ble & fupfdiant, & que le Conful ne pût s'en!- 
pêcher de verfer des larmes, en faiiànt réflexion 
à rinconftance des choies humaines , dont il a- 
voit là un exemple bien fenfible ^ il renvoia les 
Pqnitez, ùm faire aucune répomê, à caufe du 
titre que Perfée k donnoit encore. „ Quelle 
„ hauteur dans ces fiers Républicains , qui dé^ 
„ gradent ainfi fur le champ un Roi malfaeu- 
3j reux!*' P^r/X? fentit, quel nom il devoir dé- 
formais oublier. Il écrivit une féconde Lettre, 
où il ne mit que fbn nom fimple , fans qualité. 
Bdemandoit, qu'on lui envolât des CommifTaî- 
res, avec qui il put traiter^ ce qui lui fut accor- 
dé. Mais cette Ambaflàde fut fans effet, parce 
que, d*uu côté, Perf^e ne vouloit point renon- 
cer 

(«) TITE LTtb, LSb.XLT. Gàp. j, & fi^* 
' {h) Sires ^ dans laConttée Othmmtiftu. sAd Slias ttrré 
Odomanticc» dit TiTE LIVE, Cap. 4. ubi fitpr» £riENHE 
tU ByzAfite en paile comme d'une nation de ThrauT 
tùpg^ • 'i^v0ç ep^Kifc Sec. n met auffî dans la Thract Us 
ikLêmamt, Oa'peut Taû.ià'ddTiis les Noces d«s Coxa.- 
mciitateais. 

G a - 



100 Bibliothèque RaisonneU, 

> » ■ ~ 

cer à la qualité de Roi, & que, de Tautre, Pouf 
Emtk exigeoic qu'il remit ion fort abiblumenc à 
la dirpofition du Peuple Romain. 

Pendant ce tems-là, le Préteur OBavius^ qui 
commandoit ta Flotte, étoit abordé à Samotbra^ 
4e. II n'arracha pas Perfée de cet Afylc , par 
refpedl pour les Dieux qu'on croioit y prcfider: 
mais il tâcha, mêlant les menaces aux promef- 
fcs, de rengager à (brtir de l'Afyle, & à fe li« 
vrer aux Romaim. Ses efibrts furent inutiles. 

Un jeune l^omain, nommé Aciltury prit un . 
autre tour , pour tâcher de tirer de là Ferféè. 
L'Affemblée des Samothraciens fc tenoit adtud* 
lement. Il y entra, & leur dit: „Eft-ce avec 
M vérité y ou &ns fondement, que vous dites 
„ que votre Ile eft facrée , & qu'elle eft dans 
9, toute fon étendue un Afyle (àint & inviola- 
9> ble ? " Tout le monde aiant rendu témoigna- 
ge à la fâinteté de l' Afyle : „ Pourquoi donc, 
„ continua-t-il , un homicide, fouillé du ûng 
„ du Roi Euméncy en a-t-îl violé la lainteté? 
y^ & quoi qu'on commence toutes les Cérérno- 
„ nies de Religion par en exclure ceux qui n'ont 
„ pas les mains pures , comment pouvez-vous 
„ fouffrir que votre Temple même fbit fouillé 
,1 & profané par la pré(ence d'un infâme Meur- 
„ trier?" Cette accufation tomboit fur Perjie: 
mais les Samothracient aimèrent mieux l'appli- 
quer à Evandre^ que tout le monde fâvoit avoir 
été le Miniftre de l'afTaffinat projette contre £#« 
m^. Ils envolèrent donc dire au Roi% qu'JS- 
ijaTtdreéioit accuie d'aOàffinat : qu'il vint, fé- 
lon les Loix , fe juftlâcr devant les Juges ^ ou, 

s'il 



ytàU^i Ath iâ SeptenAr* 17J6. loi 

s^ craçDôît de le fiire , <m*il prît fes fôrctcx, 
& fortît du Temple. Le Roi , aiant fait venir 
Evandre^ lui cpnfôlia fort de ne point fubir un 
td Jugement. Il craignoit q\x*Evandre ne dé- 
clarât que c*étoit par ion ordre qu'il avoit en- 
trepris cet aflàffinat : ainû il lui fît entendre. 
Que le fêul parti qu'il avoit à prendre , c'étoit de 
it donner la mort à lui-même. Evandre parut 
y confentir, & cependant il fbn^ea à fc dérober 
par la fiiite. Le Roi l'aiant appris, & crai^ant 
que les Sdtmothraciens ne fiflent retomber iur lui 
leur colère, comme aiant fouftrait le Coupable 
au fupplice qu'il méritoit , il le fit tuer ^ après 
quoi il corrompit à force d'argent le premier 
M^'ftfat, qui déckra dans l'Âflemblée, qu'E- 
vsMre s'étoit donné lui-même la mort. 

Le Préteur n'aiant pu pcrfuader à Ferfie de 
quitter fon Afyle , s'étoit réduit à lui ôter tous 
ks moiens de s'embarquer & de s'enfuir. Mal- 
gré toutes fes précautions, le Roi gagna fecréte- 
ment un certain Oroandes de Ctéte , qui avoit 
im Vaiilëau marchand, & lui pcrfuada de le re- 
cevoir dans fon bord avec toutes fes richefles, 
qui montoient à deux-mille Talens. Ils convin- 
rent, que Ferfée fe rendroit vers le minuit fur le 
Port, avec fes Enfans,& les gens qui lui étoient 
abfolument néceffaires pour le fervice de fa pcr- 
fonne. En attendant, Ferfée envoia au Vaiflèau 
de l'or & de l'argent , mais ce n'étoit qu'une 
partiej il fc rdervoit à faire porter le rcfle avec 
lui. L'heure du rendez-vous approchant, il fè 
gUifa, avec des peines infinies, par une fenêtre 
tort étroite, traverfa un Jardin, & fortit par une 

G 3 vieil- 



ip2 BiBi«ioTHBQi^ HAksdKmni^ :;" 

vieille mazure, avec (a Fem&Qc & fou Fib ««é* 
IBhiUfpe. Quelle fut ft douIeUr y &. ion dcfe^; 
poir, quand il apprit qu*Or#if«irx, avec (à riche, 
charge, Àoic en pleine mer? Il avoic conâé ib; 
autres £nfans à Ion de TbejfiUom^Me^ foa Favo-*' 
ri , mais qui letrahic^dans la nUHivatfe fomme:; 
car il livra (es Enfans à Oêhnms , & ce fut la 
principale raifon qui déternvna F^fée à iè re^. 
mettre enfin lui-même au pouvoir de ceux ifà 
avoîent entre leurs œaîa$ ces cbers gages. 

il fe livra donc y lai & fbéliffe fim Filr, m 
Préteur OSavms^ 6c ceitû-ci le fit efiibarquer^ 
pour être conduit au Conful , à qui. auparavant 
il en avoit donné avis. Paul Emile eavoia de-i 
vant lui fou Gendre 1khéf9M. Ftrffe , vêtu de 
noir, entra dans le Caotip , avec ion F ilaièul» 
te Coçffiil, qui Tattendoit avec une afifet aom- 
breufe compagnie, le voiant arriver, iâ leva de 
fôn fiége, èc s'étant un peu avancé, lui tenc^ 
la maio. Ftrfée fe jètta à iespiez: mais il k s^ 
leva a(iffi-tôt, & ne ibufirit pas qu'il, embraflât 
fes genoux. L'aiant introduit dans fa Teot^^ il 
le ht afieoir vis^à-'vis de ceux qui fbrmoient 
l'AflèmUée, & lui ci^maoda en GttCy pomqim 
il s'écoit engagé à la Guerre contre les ^tamakmy 
puis lui reprélenta le tort qu'il avoit eâ xi'^ xër 
nir là. Mais le Roi , confus, ne répondit rieti è 
tout cela , & garda toujpurs le filence , tefiant 
les yeux baiflez à terre , & veriànt des larmes, 
Vaul Emile chargea TuÙfûm de prendre foin de 
ce Prince infortuné. Il l'invita ce niçme jour 
à venir manger avec lui , >& ordonna qu'oq lui 
rendit tous les honneurs qu'on pouvait. lui 

rcn- 



TGoàrc 5 âaas Viui où il & rrouVoit. 

Uttmét faivttrite^ Pmd Emile ^ i tfai otf tvcÀt 
prorogé le ComBundemcnt des Armé» dans It 
Macâoàtnt , ûàxst réglé toutes les lAîres de ce 
paiLs4à9 x^ecQbtnjui pour retourner â\Riwtr. H 
rancMita le T/i^rr^ dir h Galère du Roi Per/H^ k 
fêîxe langsxic nimeS) dons laquelle on avoit éta* 
lé noo ièulemenc les Armes capdTss, thais enco- 
re les plus riches éto&s & les plus beaux tapis 
de poutpre trouvea parmi le Buttn. Le Procon- 
fttlofadnc. non fans quelques oppofitions, les 
hofUieursau Triomphe, qu'il avoit fi bien mé- 
rvatL. J;amais on n'en avoir vu encons de fi fo-^ 
perbe. Il dura trois jours de fuite. L'argent 
monnoîé qu'on y porta, fans compter un nom- 
bre infini de Vafes d'or & d'argent, moncoic | 
plus de rtm-^Cinq Millions. Après toutes ces 
rtchefles, on voioit le. Char de P^rfi$^ arec ies 
Armes; 6c fur iks Armes , fon Bundeau Roial. 
A peu de diflance fuivoienc fes Enfans, deux Fils 
fcune Fille, avec leurs Gouverneurs, leurs Pré- 
cepteurs , & tous les Officiers de leur Maîfon. 
Le Roi Perfée marchoit après, vêtu d'un Man- 
teau noir; & à fon air ^ à fa démarche, il pa- 
roiilbic que l'excès de fcs maux lui avoit aliéné 
1 efprit. Il croit fuivi d'une troupe de fes Amis 
& de fes Courtiiâns. Paul Emile , monté fur 
uh Char fuperbe, & magnifiquemerit orné, fer- 
moir la marche. On dit, aue Perjiff l'avoit en- 
voie prier, de lui épargner l'affronc d'être mené 
en (pei^acle aux Romains^ Se que Péwl Emile ré- 
pondit' froidement : La grâce qu'il me demandé 
ep enfottfQuvQiff éf il t^^ lui-même fi la pro-- 

G 4 curer. 



n 



104 BnuotnBQjns RAisdKim^y 

curer . C'étoic , félon \t& idées des Païens, re« 

{>rocher au Rot fa lâcheté , & ion amour pour 
a vie ) dont il auroit dû , dans une tdle con*' 
jonâure, faire un généreux iàcrifice. Qodque 
compaflion que Vaùl Emk eût des midbeurs de 
Terfie^ & quelque porté qu'il fût à le fêrvir, il 
ne put autre chofe pour lui, que de le faire crans? 
ferer de laPriibn publique dans un lieu plus com- 
mode. ' Lui, & lonFib Alexandre^ furent me- 
nez, par ordre du Sénat, à Albe^oà on le gar- 
doit, & on lui fourniObit de l'argent^ des meu- 
bles, & des gens pour le &rvir. La plupart des 
Auteurs {a) prétendent, qu'il (ê fit mourir loi- 
même, en s'abftenant de manger. 

Âinfi finit le Roiaume de Macédoine ^ dont 
Perféey qui avoit régne onze ans, étoit compté 
pour le quarantième Roi, depuis Caranus. Pen- 
dant que Faul Emile étoit dans ce pàïs-Ià , les 
Macédoniens y par ordre des CommiiTaires que k 
Sénat y avoit envoiez , furent déclarez libres, 
c'eft-àrdire , fe gouvernans par leurs propres Lois, 
fous un Confeil commun de la Nation. La Mû^ 
tédoine fut partagée en quatre Répons, dont Cha- 
cune auroit ion Confeil particulier , & paieroit 

aux 



(<i) Comme le témoigne P L U T A R QUE, în Viu Peu!. 
*j€,mU. pag. 275. Mais il ajoute, que, félon d'auties* 
les Soldats, qui gardoient Pérjée^ rcmpcche'rent de dor- 
mir, & par-là furent cau'c qu'il mourut. SAltUSTB 
a fuivi cette opinion , dans la Harangue qu'U'prêreà 
Mithridnit , jnter Fragment» Lib, IV. pag. 983. ^d, Cort, 
Valere Maxime dit (implement que Perfet mourut à 
*Alht , qu'il iivojt pour prilon : Lt% V. C»p, U nnm^ i* 



» 1 



ymttitjJdt y Septembre ty^ô. îbf 

aux Eûmahts h moitié feulement des Tributs 
' qu'elle avoit coutume de paier à fes Rois. Mais 
qudques zanéa après, on la réduiût en Provin- 
ce àt l'Empire. 



ARTICLE IV. 

NouvEtXKS Observations ^<? Jtfn Roques,' 
Fafieur de Bafle, Jhr k Cas de Conjcience fro" 
fof/for Naaman au Prophète Elifée. 

TPVAns la féconde Partie du Volume XV. de 
I J^ ce Journal (a) nous donnâmes un Article 
au troiGème Tome des Difiours &cc. de Mr. Sau^ 
rhfy continués par Mr. Roques ^ Se ne manquâ- 
mes pas de rendre au (avant & judicieux Conti- 
nuateur la juilice qui lui étoit duc. Nous eû- 
mes pourtant le chagrin de ne pouvoir nous ran- 
ger à fbn avis , dans Texplicarion qu'il donnoic 
c'un Os de Confcience, propofé par Naaman 
au Prophète Elifée^ parce que cette Explication 
nous parut avoir des conféquences facheufes 
dans la Prarique. Il y avoit long-tcms que nous 
étions entrés dans le lentiment de Mr. Bocharty 
qui ne laifle aucun jour à des difficultés du 
même ordre. Dans cette prévention, nous in- 
férâmes dans notre Extrait quelques réflexions, 
non feulement pour défendre ce fentiment, que 
nous jugions préférable à tout autre , mais auffi 
pour affoiblir celui que Mr. Hojues avoit adopté. 

G 5 C'eft 

(4) A la page 42«. 



tf6 BlBLIOTHftq^lf RÀttONNVX i 

C^ une liberté <jue l'on doit permettre 
Journaliftes , & qui même devient utile à bi 
publique des Lettres , par les £daifcifl< 
conGdérables qu'elle procure toujours ^ locsquo 
les Auteurs ne cherchent que la Vérité. La 
chofeeft arrivée dans cette Tencontre. Bien loin 
de s'ofiènfer de notre Critique , l'iUuftre Théo- 
logien de Bàfle en a pris occauod dé répandre, 
iur un Sujet fort délicat, des lun)iè;rei; dont je 
troi que^ Mx,Bochart lui-même, s*il revenoit au' 
monde, feroit content. Ces nouvelles Obferva- 
tions étant contenues dans une Lettre adre(fêe- 
9U Joumalifte , nous croyons devoir donner ici 
cette Lettre tout entière , en fupprimant néan- 
moins certain^ chofçs trop fiateuies pour ce dcr- 
nîer, & dont le Public n'a que faire. La voici. 

„ Vous ne trouverez pas mauvais, Monfieur,. 
'3^ qu'avant oue de renoncer à Thypothcfe que 
^ f ai embrafléc, fur le fens qu'on doit attribuer 
^ à la demande que îJaaman fit a £///?!?, je tâ- 
,, che de donner un nouveau jour aux preuves 
^ fur Icfquelles j'appuye l'explication que j'ai a- 
^ doptce, & de la mettre à Tabri des fçrupuks 
,^ de la confcience la plus délicate. Je , vous 
j„. conjure d'être fjerfuaoe que ce n'eft point l'ct 

;, prit de contention qui m*anirae 

.^ •.•••». ••••*•.•• 

^, Comme je conviens que les paroles de 
^ Naaman,y qui.fe lifent au 18. Vf du Chap. V. 
^ dy fécond Livre des JJwx, peuvent être tradui* 
^,'tés comme l'a fait le célèbre -Çô^i^^r/^ \\ fàjut 

«.auiQ 



JmUayAmfâ Septtwèrt vjys. ibyi 

^ lui(Sr wouer que la Gr^iixunaire n'enq)écbe " 
^ poœt qa^on œ leur éonne ]ekos àe$ Verfioni 
9, ordintires. D n'y a dooc que les ciroonfttiw 
^ ces où C» aouve celui qm parJe , & de» 
^ovmarQtfCs tîfées du dilcottrs lui-mêoie, qui 
„ puifiènt nous déterminer à croire , ou quç 
^ Nmamàm a voulu parler de ce qu'il avoic £iiCy 
^ oa de ce- qu'il vouloïc exécuter dans k 6at9r 
^ Toute, la^eftkm eft donc de ftroir £1 ie Sy^ 
yy rien a voulu dcmnoder ptfdoa de s'être trou- 
„ vé daosle Temple de Bimnwn; ou s'il a vou^ 
^ kl fimplemenc demander au Pro(4iète s'il pou-» 
„ voit donnais s'y rencontrer iisxs crime , & 
„ uniquemefit pour fcrvir d'appui i fim Prince, 
[ ^ fijtvant le devoir de fit charge. 

yy Je zeœarqiie donc i^ Qu'il eft confiant 
que les Sjrkftr adoroient phiâeun Divinieés^ 
^ comine cda paroic par le Chap. X. des Jugea 
i ,, v£ ^. & GCMiMne tout le monde en coovietit* 
I yy Msçrobe nous donne le nom. & la defcripdc^ 
3j des Divimtcs AJfyrienms y (mx Syrienms; car 
,, ces deux termes, comme vous le iàvcz^on- 
„ fieur, déploient dtez les iUteurs profimes 
^ les mêmes pciq)lc$. Sddtn % tsxDzGé y dana 
„ iès TréégoméfÊes fur les I>i9ux de Syrie , uat 
„ bon nombre de paffagcs qui mettent ceae vè^ 
„ rite hors de doute. i« AJfyrkns^ dwic, dit 
„ Macrobe , (rf) dmnent le nom d-Adâà i- /<» 
^./i/«x ff'MJe. Divinité ^ils sdorent. Ce nom 

{û) SMtmn. Lib.I. Cap.i3. rut Uiad &c .AUr^àtt/. ba 
peut eocoie coniu>tei Voffms 4* Idoioln Lib. J. Çap. 22.. 
& 13. & Silderms deDsisSjrijSynUL C«p. 6. & Je même 
^<W. Synt. i. Cap. i. ivn ^tagàbtl, zmsà Divinité Sy-»? 



1 



79 



yy 



ÎOB IBiBLrOTHBQJTB RÀlSONKB'k^ 

9) fiff^ un* ^^JF P^it^^t'ib contme le fi 
^ grand des Dieust. Mais ib lui aJJMfiwt « 
Dhjje qui perte le mm /Âtargads, ^ ils at\ 
tribuent i ces deux Droinitù um peuvnr 
verfeljur toutes cbofisy entendant fa^-li le Se* 
leilét la Terre, 

jy Aflyrii Deo^quem fummum maximun» 
venerancur , Adad nomen dederunt. Eji 
nominis interpretatjo fignificat unns. Hune 
yy eigout potendffiroum adorant Deum: fed fiib- 
yy jungunt eidem Deam nomiue AtaTgatimyOexk- 
,, nemque poteftacem cunâanim rerum hu at* 
^ tribuunc , Solem Terramque intelligentes. ** 

^y Je dis 2. Que Naaman n'avoit pas tou- 
^, îo\xtÈ eu, auprès du Roi de Syrie , remploi 
yy qui Pappelloic à l'accompagner dans le Tem- 
yy pie de RintMûny pour le foucenir dans le tems 
yy de {es adorations. Cet emploi ne fe donne 
^ pas è un jeune homme qui ne fait que d'en- 
yy trer à la Cour, & qui ne s'eft fait connoitre 
yy encore que par ledefir d'à Voir paît à la faveur 
yy du Prince. 

,, 9. Il paroit que Naaman n'étoit point un 
^ de ces E{prits*forts , à qui Torgueil tient lieu 
yy de Religion. S'il avoic eu ce malheureux ca- 
yy raâère , il fe feroit moqué de ceux qui au- 
roient voulu lui faire accroire qu'il f avoir, 
en Judée y un Prophète qui, par une efficace 
miraculeujfe, pouvt>it guérir des maladies qiil 
étoient l'écueii de tout l'art humain. H au- 
roic répondu > avec un ton de fierté & de mé- 
pris, qu'on le connoiflbit mal , & qu'il n'é- 
toit pas capable de donner dans les fiables du 

Vul. 



» 



y> 



y»illaj Âùàt là Septembre VJ16. 169 

^ Vulgaire ignorant & crédule; ni d'entrepren- 

^ dre un voyage pénible fur de fi foibles fonde» 

[^ mens. Ceft, n'en doutons pas , à peu prèi 

^ de la forte, qu'auroient répondu nos Impies, 

„ qui aicTvent mieux fréquenter les nuifons de 

y^ débKiche que les Temples, & qui, plus £^i- 

^ curiem ^Eficure lui-même, nient les Mirar 

^ clés, la rrovidence & la Divinité elle-même. 

„ Un Magicien 9 un Fourbe, décermineroient 

,, plutôt ces génies fuperbes , qui iè guindent 

„ dans leur eÇrit fort au deiTus du Vu^aire, à 

^ recourir à l'efficace du Démon, qu'on ne les 

» eogagçroit à s'adreflèr à Dieu par d'humbles 

,, prières. Ce n'efl point là le caraâère de 

^ Naaman, Il ne balance point de venir cher- 

„ cher , auprès du Dieu d'Jjroâl , la guérifon 

„ qu'il n'avoir pu obtenir des Dieux de Syrie; 

„ & dès qu'il eft guéri, il ne réfifle point à la 

„ lumière qui l'édaire j il reconnoit ouverte- 

^y ment , non feulement que le Dieu ^Elifik 

,) mérite les hommages des mortels , mais de 

» plus, qu'il eft lefeul qui en foit digne. 

,, Td étant donc le caraâère de Naamamy 
n je remarque en quatrième lieu, qu'on ne peut 
9y p«s légitimement douter qu'il n'obfervât les 
y) rites de la Religion où il avoit pris naiffance^ 
)> & par conféquent qu'il ne fê rendit dai^ les 
y, Temples des Divinités du pays , & qu'il ne 
3> leur ojBBrît des Sacrifices dans toutes les occa- 
)) fions, où les plus tièdes mêmes fe font un de« 
}> voir de ne pas paroitre indévots. 

M De tout cela je conclus i. que fi N^^- 
)) ^a» avoit voulu demander pardon à l'Eternel 

, '.de 



L 



SfP * ^ BiBiiroTsnr<tim R aisommbIt^ 

^ de ib crimes paiEb , il ne £e feroit pas 
^ tndnc à ees adoradons qu'il avcHC rmdues 
:^,fimmoM^ dans le tems qu'il y aœon^ 
^ le RoL U ie feroic 9 ce femble , ex 
'^y d'une manière plu^ générale. ^^^ lEûmet^ 
^ ^rott-il die, me pardome di ce que y vu fiM 
^ frofiêtné Jeofanf %s id^s^ ^ de ce fueje Jetf 
^. si effirt de f encens ér des viSfimes, Sur-tout/ 
.,9 il n'auroit pas oublié ce dernier Article ^ le 
^ {)lu3.in^rcant dans la Religion du Paganiûne 
j^ &,pre(que le tout, Oe4à vient que lorfau'À 
:y, eut réfcàu de changer de Religion & d'aobé- 
^ rer au culte du vrai Dieu^ il s'expriooa en ces 
yy tenMs : 71»» Servifeur y dit-il en parlant au 
^ VïO^àixtj ne fera fhs d'hekcmfie ni defacri' 
yy fce s ^antres Dieux y mais feulement à tEtet" 
^ neh Donc il paroit qu'avant ce tems-là , il 
^ avM immolé des Viâimes aux Divinités 5/- 
^y tiennes, Cq)endant il n'en . dit pas un mot 
^ dans ip pardon qu'il fouhaite que Dieu lui ac- 
^. corde; il ne parle que des adorations, ou des 
yy génufiesdensy & même uniquement de celles 
^ qui avoient le Roi pour témoin. Cette exté- 
^ nuation de ion Idolâtrie précédente n'auroit 
1^ pgs été une marque aiTurée de k âncérité dé 
yy ià repentance. 

y^ Je conclus en^fecond lieu, que û Naaman 
'y^ n'avoir voulu parler que du paiie , il n'auroit 
yy pas fait mention de l'office, qu'il rendoit au 
yy Jkoi dans le Temple de Bmmon. i. Parce 
yy que le caraâère de Nsaman & la pratique des 
I, Faieùs^ nous font comprendre que ce Q)ur- 
y> tifân n'avoit pas été moins attaché 'au cuire 



» 



L des Idoles avant Ton entrée à la Cour , que de- 
1^ puis qu'il pofledoit la faveur de ion Maitre. 
[^ Karement ac^iert-on de la Religion dans les 
'y^ Cours des Princes , mais très fouvent Ton y 
^ perd crfe qu'on avoît aaparavant. a. Parce 
3, queie fervice que Nsaman rendoit au Roi,' 
^ <&ns cette occafion, ne rendoit pas à aggra* 
j, ver fou Idolâtrie. Que le Prince s'appuyât 
^ fur lui ou non, il n'en étoit ni plus ni moins 
^ Idolâtre , pendant que fes hommages fe ter- 
yy minoient à l'Idole. ; Si donc il avoit voulu 
^ (amplement parler du pafle , il n'étoit pas né- 
jy ceflàire qu'il dît que le Roi fe foutenoit fur la 
yy main, ni de nommer l'Idole Rimnum; il fuffi- 
^ {oit de dire qu'il demandoit pardon de toutes 
^ fes idolâtries. 

,) Ces difficultés s*évanouifïènt, ce me fem^ 
5^ ble , & aucun terme n'eft de trop dans le dit 
^ cours de Naamany en fuivant l'hypothèfe or- 
^ dinaire. i. Ce n'eft point dans le v£ i8. 
^ mais dans le précédent, queNaamau eft cen« 
,2 ie demander pardon de fon idolâtrie paflee &: 
„ témoigner la fincérité de & repcntance. Car 
,; n'eft-ce pas demander pardon à Dieu que de 
y, confeffer foa 'péché , & déclarer qu'on eft 
„ fermement réfolu de n'y plus retomber ? Ce 
^ font-là les deux ^âes que le Sage renferme 
,, dans la repentance fâlutaire. (a) Celui y dit- 
^ il , fui cache fes transp'ejpons ne ftaffèrerà 
\ y^ foint y mais celui qui les amfejfe ^ Us abarp^ 
^ Âûnne ohtiemtra miféricorde. Ces deux con- 
y^ ditions fe trouyetut dans la conduite de Naa^^ 

G»y Pw. xxtiii. vf. n. 



•■••^^■^■^^^^^^^•P^i^^iWW»! 



iii Bibliothèque RAisoNNfiliey 

^, man: car en dUknc quV/ ne fera plus tThoh^ 
3», caufie m de facrijice à d'autres Dieux ju'â tE^ 
^ temely c'cft faire un aveu public de fon ido- 
,, latrie antccéderice, & du deffein qu'il avoir de 
,, n'y plus retomber. 

,3 2. Dans le vf. i8. Naaman ne demande 
5, pas, à proprement parler, pardon de l'adion 
^ qu'il fe propofoit de faire , comme s'il la 
j, croyoit mauvaife en elle-même , & en oppo- 
^ fition avec la promeflè générale par laqudle 3; 
3, venoit de s'engager à ne plus adorer que TÈ-* 
„ ternel. , Il n'eft pas naturel de faire tomber hr 
„ S^ien , qui paroit ne pas manquer de bon* 
,, iens, dans une contradiâion fi fenfible. Mais^ 
„ il fouhaite fimplement de fàvoir s'il pourra 
,, en fureté de confcience , & fans oflènfer le 
„ Dieu d'Ifraël, fe trouver encore dans la fuite 
yy dans le Temple de Rimman , non plus pour 
j, l'adorer comme auparavant • mais uniquement 
3, pour fervir d'appui à fon Maitre. De forte 
^ qu'on pourroit traduire les paroles de Naaman 
3, de cette manière : VE ternel ne defafprouvera» 
j^ t'il point cette aéiion de fon ferviteur ^ favoir^ 
Dj J«^ hrfque mon Maitre entre dans le Temple 
„ de Rimmon pour s* y profierjter ^ qifil s*appu)e 
^ fur ma main y je meprofierne aujjiy &c. 

„ Cela poé, on voit i. Pourquoi il touche 
^ cette circonfbance y quand mon Maître s*ap* 
puyerafur ma main: parce que déformais ce 
devoir être le but unique de fon entrée dans 
le Temple de l'Idole, de fervir d'appui au Roi 
dans fes adorations. 2. Pourquoi Naaman 
ne parle que des i:/^;i^/wa9x; parce que dan« 

«* la 



9> 

an 



Juilkty Joùt & Stptmbn ly^iS. ii j 

I, ia (tâte il ne vouloit plus offiir de Sacrifice à 
,, Eimmomy ni prendre aucune parc au culte da 
^ Paganifme^ ne faifanc regarder ces giénuflexions 
^ futures que comme un àâe civiK, pour (out 
9, tenir plus commodément le Roi dans fès 
^ adorations. Enfin on voit pourquoi û fe bor- 
,) ne à ce qui fe pafleroit dans le Temple de 
^ Rmmon , parce que le Prince ne fe* rendoic 
^) vraifembiablement que dans ce Temple pour 
„ fes dévotions d'éclat , ce Temple étant appa- 
» remment la Cathédrale de Damas y où la plus 
)) grande Divinité de Syrie ^ & même de l'O* 
yi rient , étoit adorée , fous le titre de RtM" 
y^ mon, 

„ Comme les Païens avoient leurs grandes 
^ Divinités & des Divinités fubalternes, les 
„ Rois fe bornoient , dans leurs dévotions 
9, d'apparat, à l'adoration du Dieu le plus diT- 
„ tingué. 

,) Mais il ùe fuâit pas de montrer que tout 
y) le difcours de Naama» s'explique, avec faci* 
}) lire , jufqu'au moindre terme , en fuppofanc 
» que la demande, qui fut faite à Elif/ey regar- 
» cie l'avenir^ il faut de plus lever deux difficul- 
yy tés qu'on oppofe, dont Tune regarde la con- 
„ fcicnce du Général Syrien & des J>amafcé^ 
yymenf^ & Tautre les facheufes confequences 
9} que les tièdesprétendroient encore aujourd'hui 
}, drer de l'exemple de Naaman. 

„Off demandera fort naturellement (je prends 
j, ia liberté^Monfieur^de copier vos expreffions) 
y^p une déclaration faite en fecret à une feule 
» p^fonne dans un fays éloigné y explûfue fuffifam» 

Tm. XFIL Part, J, H „ ment 



3 

r 



114* Bntkioi^iaQîte RAlAminhey^ 

-^ méàt^ eux .yeux du PutHc^ 4f iénârdMiè Ml 
^ éiaui fiikft tommt i Pordhtuire^ firûmt h^i^ 
^ tAkmàt mterf/rétéfs fâT h Bffi & pur kg^Ji 
yy fftuM y c^mme faitei dum b mime ffimifi 
^ fiiuupafuvant. 

yy Je VOUS avoue ) Monfieor. que fi je croTou 
^ ^tie Naumau k Fût borné àdéclarer fes inten- 
^ ticms 'en fecret au feul Eliffe y il n'aurôit pas 
^y &ti6&ic à tout ce qu'exige la fincérité qui doit 
,) être inlSparableâe laRelkîon: â aurait mon« 
^ tré qu'il avoit honte de foh changement y & 
„ jette le Roi, la Cour, & lè Peuple dans cet* 
fy ce ftufle pcnfi^ y qu'il n'avoit jpas abandonné 
^ le cuJte de RimfuoHy mais qu'il le bornok uni- 
I, quement à joindre , au Cute xies Dkux de 
îP Syrtây le ctàte du Dieu A^Ifruél. Mais je fuis 
^ comme convaincu que Naumun rendit fes in- 
yy tentions publiques, je me fonde i. fur ce 
,, que UaamoH ne fit pas â confefiion en fecrec, 
yy mais en préfence de tous les Syriens qui Tac- 
^ conqngnoîent y & qui, fuivant les apparea- 
yy ces , n'étoient pas en petit nombre > u l'oa 
fy confîdère la dignité de NamUmi 6c le fàftedes 
9> Orientant. Or les 0£Bcters 'Se les dôradti^ 
,) ques de Num/munc manquèrent pas, en t^ 
9^ portant ce qui s'éroit pifte par rapport au mi- 
^ racle, d'y joindre la réébluttoa que leur Mai- 
^ tre avoit jprife pour l'avenit, n'aknt eu aocu- 
yy ne défenle là-am&is^ & daïis quel fens il vou- 
9> loit fe trouver dans la fuite dans le Temple de 
yy Bimmon. Le miracle ne put que fiiire beau- 
^ coup de bruit & à la Cour & dans la Ville; 
^y & le récjc de ce qui s'étdt dit& fait, à Toc- 

^ cafion 



l.*^ carfffon de cette guérîfoii vxtraordinum ^ ne 
^ feiîCIbit ftucun doure fur )e deffisin de NMOÊ/uuf^ 
^ réfoitttton qui ne dut point btfroitre étrânte 
^ ft des Païens, (i ftccoiitamés de fe rouer àia 
y^ Divinité qui leur &voit accordé quelque ft« 
„ ^éUT %nAiée. 

^ 2. Je me fôtide fur ce que Kaaman ne rk^ 
,, quoit rien , éh déclarant lès intentions au Roi. 
^, Il favok combien il ett ctoit aimé, & œ n'é- 
^, coït pas encore une méthode reçue dé Violen- 
^ ter qui que ce (bit au fujet de la Rdigtoa. 
5, On ne cmignoit , ce Semble , pjiraû le$ Païens 
yy que les Athées, qui méritent d'être réprimés 
^ or punis dans tôuteâs les Sociétés bieto réglées; 
yy ig^^is on tôtéroit fttts peine tous ceux qui 
„ À^iént une Religion^ quoique ce «le i^r pas 
\yy Ut Religion du Prince. C'cft fur ce fonde. 
„ ment que N]«tfjw«ji raifontie. loHqu'il déclare 
„ que déformais il h'offriroit des Sacrifices qu'à 
„ l'Eternel, & cela fur lin autel nouveau, qu'il 
yy Touloit lui ériger publiquenEient. Ceux qui 
^ expliquent là deftiànde de Naaman comme fi 
^ elle iè i-àpportoit au ^aHe , & non point à 
yy l'avenir, doivent tothber d*accord que Niw- 
j. Thon raifonnoît &r cfes principes , pui&u*ils 
^ fiippoiènt qu'il ne rentra plus dans les Tem- 
^|>le$ de ridote fit qtfil ifé ftcrifia plus qu*i 
y^ 1 £témel. * 

„ Si ^nàfhan étft vbùlu btaUèr, étant àlXf- 
„ «ft^, il n*auroit pas manifèftéfoh fentiment 
„ i i;/gfe , en praTenéte de toutes les perfonncs 

pi raccotopagnoienlt. S'il y avdit eu è crain- 

re potn: ha tn i&crifiàiït à r£tci«ei & à TE- 

H 2 „ ternel 



v= 



«s d] 



Ïl6 /BlBLldTHBQÎTB RÀISONNK'V^ 

jy tcrnel (êul , il ne feroit pas retourné à B^mkUy 
yy û tant eft qu'il préférât la Religion de (on 
,, grand Bienraiteur à tout autre avantage. Or 
,, fi les Officiers & les Domeftiques de Naaman 
yy connoifToient le fens que Ton devoit donner 
jy déformais à fon entrée dans le Temple de 
,, 'Rimmon y fi le Roi 6c le Peuple de Damas 
,, en furent inftruits & par la bouche de Naa^ 
yy mon lui-même, & par fes Sacrifices unique- 
,, ment oâèrts à l'Eternel \ il ne manifefte au- 
yy cune timidité, & il n'engage qui que ce Ibit 
yy dans l'erreur fur la nature de fes démar- 
yy ches. 

„ Ce n'eft pas le cas du Duc de Norfolk y 
yy dont parle Mr. Burnet. Si ce Duc étoit en- 
,, tré dans la Chapelle, à la fimple invitation da 
„ Prince , ou après avoir dit au Roi qu'il n'7 
9, entroit que pour remplir ce que (à charge exi- 
,, seoit de lui, comment auroit-il pu ne pas cau- 
„ 1er du foandale dans l'efprit de tous ceux qui 
y, ne pénétroient point fes vues ? Naturellement 
„ ils auroient dû s'imaginer que c'étoit par un 
„ refte de Papifme, ou par une lâche comptai- 
,> fânce pour le Monarque, qu'il affiftoit au cul- 
„ te de l'Eglife Ramahte. Mais fi ce Duc avoit 
„ demandé ou à l'Archevêque de Cantorbérjy 
„ ou au Clergé de Londres , s'il pouvoit fiure 
yy innocemment cette démarche, dans le deflein 
„ où il étoit de ne prendre aucune part au culte 
„ qui fe faifoit à la Chapelle du Roi y fi après 
„ avoir eu l'approbation de ces Eccléfiaftiques, 
il avoit fait connoitre fes fentimens à fon 
Maitre & à la Cour ; alors il auroic été dans 

le 



5> 



9> 



ia^a» 



yuiJbtj Aûtt 6? Septembre ij\6. 117 

^ le C9& de Naafnan , Scje ne vois pas qu'avec 
,, ces précautions on pût criminalifer une telle 
yy démarche ^ purement civile par rapport au 
3> Duc dont il s'agit. Mais,, dit- on encore, n'eft- 
^ il point à crainore que les tièdes ne s'appuyent 
„ fur la permiffion accordée à Naaman ? Je dis 
yy I. qu'on nefaurdit en abu(êr, fi Ton fe borne 
yy à agir comme lui dans de pareilles circonftan* 
yy ces, & en prenant les précautions qu'il a pri- 
yy tes, Sx l'on ne déguife point fa Religion^ (i. 
9^ l'on en fait des aâes publics ; fi l'on déclare 
3J, ouvertement qu'on ne fe trouvera dans le 
„ Temple d'une Religion contraire que par une 
„ ûiite d'un emploi civil , fans vouloir prendre 
yy aucune part , ni adhérer en aucune façon à 
„ tout ce qu'on verra ou de fuperftitîeux ou 
„ d'idolâtre ; fi le Prince & les Èccléfîaftiques 
„ reçoivent cette déclaration , & permettent 
,, l'entrée des Temples à ce prix^ on ne courra 
„ aucun riique ni de fcandalifer le prochain, ni 
^, de blefTer fa propre confcience. Si les SuiJJis 
yy Réformés, qui entrent à Farts dans la Cha* 
„ pelle du Roi, &ns autre guide que la curiofi- 
„ té & fans aucune autre précaution que de ne 
yy pas adhérer intérieurement au cube; fi lesRé- 
„ formés qui ibnt dans les Troupes des Catholi- 
^ ques-Ko^^îfff , & qui (àluent.le Sacrement, 
„ en fe contentant de fe dire à eux-mêmes, 
„ qu'ils ne prétendent pas honorer le Sacrement, 
„ mais amplement ceux qui le portent , quoi- 
„ qu'ils ne fe ibient pas iuffifamment ex^qués 
„ là^defTus , & fans avoir été acceptés fur ce 
„ pied-là^ fi, dis-je, tous ces parâculiers vou- 

H 3 „ loicnt 



U9 BU^MOTSBQîm RAISONMlte; 

loien^ fe déffnchre en ^appi^nt fat Jr«eiBpte 

de Ndantan^ ils fc trompesoieiit groflfèrçBaeat^ 

n Ce Sfr»«» l^us fage, plus dé^ican , phis teli- 

gïcuîC que tous ces tièdes, s'élèvera ea jt^o- 

J' itxenf pour condamner leur Ulcheté & leur^ 

,, fcandaleufo démarches. 

^ a. le dis qu'on ne doic pas craindre qu - 

aujourd'hui qui que ce (bit fe trouva dani 1^ 

qis dé Naaman. tes Souverains des, Etao^ 

'* de k Religion Hmamey ffutdés par Pefprit irw 

:, tolérant de leurs Ecçl^aftiques , ne pernact- 

,: troieat jamais à auciKi de leurs Ofificiers <i^ 

voir un culte public diflEcrent de celui de FEc? 

'' glife , ni d^cntres àins les Temples après ar 

„ voir déclaré qu'ils né prennent? aucune part av( 

culte qui y cil oflFerc. Les fofefh , les B^r 

nhl y l€S^ NaamafÊ^ , pouvoient être autrefois 

„ dans la Cour des Rois , ea faiûnt une pïofe* 

^ fion ouverte tf une Religion difiereate de celte 

„ da l*Êtat , Étfis qu'on leur ea fit une a&kç, 

' Mais aujourd'hui dam les Etaits perftcutcurs.^ 

,^ il faut penfer comme le Princse, oufaire Gxok 

„ Ûane qii'oiï penfc comme ki, A l'oa prct^ 



„ fions , que l'amour éclairé pour ta ReBgioft 
^> dominante. 

yy Je ibrois charmé» Monfieur, fi ces^ nfour 
y^ veftux EchtfrçiiSemças ét^enc de votre goôt^, 



P. ROQJJKS^ 



AR- 



ARTICLE V. 

Seco»d Extrait ^# /^Histoire dt; Conci- 
le PB Trente par Fra-Paolo Sarpi, 
traduite par Mr. Le Courayety ficc. On trou* 
'vera le frémier Extrait dans la féconde Partie 
du Tome la VI. pag. 528. 

ON a vu , dans l'Extrait précédent , une lé- 
gère idée dé la Tréface du nouveau Tra- 
duâeur. Cette Pièce mérite certainetnçnt , à 
toute forte d'égards . la leâure la plus attentive ^ 
étant pleine de chofes intère^ntes & curieufbs, 
tant pour les Proteftans que p8ur les Catholi» 
ques-Romaips. L*Hiftoire du Concile de Tren- 
te eft , à parier proprement , Tinftruâîon du 
Procès entre les deux Partis > fur le Dogme de 
r!nfaiHft>ilî^ qui fert de bafe à.rEdifice Papal, 
& flir ^ç Droit d^exi^nçn , que l'on peuç dire, 
^ç le prémiçr principe de U Réformatiopi.. 
Donner qoftc à cette Hiftoire tpMS les £clairci& 
it^ttÈS Âr^xM Ka^thenticicé dopt çlle eft flis- 
cç^ciUç^c^feumir à lù^t le monde i^i^ mpjreil 
f&r & ufé dQ favoir qui a tort ou i;ai$>n . deç 
Evêqties dç Rqme, ou de; Commuçionç qui $'en 
font Rparées*, iSc c'ei!b ur^ Quvrage de cette n'a- 
tujrc, quç Mr. J^f Oourayjtr annonce & promet 
dans ft Préface. Peu content de traduire te P. 
Ps»/ aveè plus.d'exaâicude, fans cotnparaifon . 
qae ne Favôit fùltlâx.Amebft^ fon denein a été 

H 4 de 



de rendre cet Hiftorien lui-n)êtn« {dus ezaâ, 
plus fidèle, & fi je l'ofe dire, plus comidet qu'à 
ne reçoit auparavant, en reâihant fes dates , en 
relevant fes bévues^ en éclairçiflànt fes obfcuri-» 
tés > en fiippléant à fes orniHions ; en le défea- 
dan^dans ie$ endroits où d'injuftes Cenfeurs l'a- 
voient attac^ué j en le critiquant en d'autres qui 
méritoient juftement la Cenfiire ; & en âifant, 
en un mot, tout ce que l'on peut fouhaiter en 
ce genre, d'un Editeur qui ne cherche dans fon 
travail que la fatisfaâion & que l'utilité du Pu* 
blic, de même que la Vérité toute entière j 8c 
qui d'ailleurs a tout le tems , tous les fccours, 
tout le favoir y & toutes les qualités néceflàires 
pour l'exécution d'un Projet de çettç ipapor- 
tance. 

Nous n^ous étendrions volontiers de nouveau 
fiir tous ces Articles , pour donner à Mr. J>. 
Çourajer & à fon Ouvrage , les juftes louanges 
qui leur font dues, fi le premier Extrait ne nous; 
mettoit pas dans l'obligation de perdre de vue la 
Tréface , pour p^ffer au Morceau qui la fiiit. 
Ce Morceau eft la Vie abrégée de Fra-Paolo, 
Elle n'eft eflfeâivement qu'une efpèçe d'Abr^c 
de celle que le p. Fulgence a donnée^ ôç par ce- 
la même elle n'en eft que plus agréable. L'E- 
crivain Franfois a foignçuiement évité le ftib 
diffus, & le grand nombre de petits détails, qui 
rendent Vltaiïen affez fatigant. Au-licu de ces. 
fuperfluités , que l'Abbréviateur a retranchées, 
il a enrichi fâ Pièce de diverlès particularités 
hiftoriques , qu'il a tirées ou de Fra-Faûlo lui- 
xpême , ou de quelques-uns de fêi Contempo-. 

raio% 



Juilkt^ Aùk C^ Septembre 1736. itt 

rains > & <iont les Leâeurs qui favent pen&r , . 
jugeiont que chacune a fbn prix. Tout ce oui 
iêrc à finir le Tableau des Grands- Hommes^ nie 
un plaiûr extrême aux Connoifleurs : & je me 
trompe fort, fi, à l'aide de (on nouvel Hiftorien, 
rilluÂre Servite n'efk pas beaucoup mieux con<* 
nu, qu'il ne Ta écé en général jufqu'id. 

Fra-Taolo , nommé dans le monde P#fiT# 
S^atfiy naquit à Vetiije le 14 d'Août 1552, d'un 
Père qui avoit peu réuffi dans le Commerce, & 
cl'une Mère qui étoit Citadine. Cette Mère, 
nommée If^hellç MorelU^ avoit un Frère Reâeur 
d'Ecole. Sous les yeux de cet Oncle, naturd- 
lement févère, le Neveu ne lai0à puis dépérir les 
heureufes difpofitions naturelles au'il tvoit pour 
rétude. ^n étoit appliqué, penfit, porté un peu 
à la mélancolie , taciturne , ennemi du jeu & 
des plaifirs, d'une ibbnécé merveilleufe, & d'u- 
ne mémoire fi forte, que pour en diminuer l'i- 
dée, il diibit par mocleftie^ qu'il n'avoit jamais 
pu répéter que la valeur de trente Vers , après 
les avoir entendu réciter une feule fois. Se& 
progrès furent donc rapides. TJhs l'âge de 13 
ans, Ù embraflà tout à la fcôs la Philofopbie, les 
Mathématiques j & les Langues Grecque & H/- 
brdique. Jean Marie ÇafelU y de Crémone y do 
l'Ordire des Services , lui donna les Leçons de 
(.ogique, & fefit bien-tôt honneur de publier 
qu'il avoit un Difçiple qui pouvoit être ibn Maî- 
tre. Cette liaifon infpira fans doute au jeune 
Sarpiy le defir d'entrer dans le même Ordre ^ à 

3uoi concoururent fortement un grand amour 
e la retraite ^ beaucoup d'éloignement pour 

H 5 les 



lit . BnLXMrnMQrB RAitOKMBte, : 

ïtfi (fiffipatioiis du ûècle , & des femcnceai tfèê 
vives de Piété & de Vertu , dont il étdc Teà9^ 
vable , eo partie , aux bons exeinplee de fa Mè- 
re. Ma^ré tes oppofitions de {es ptus proches 
Pasens , il prit l'habit de Servitê^ le 2a. de No- 
vembre 1^66 y 6c deux ans après Hfkùt Frofet 
fion tacite, qu'il renouveUa fi^lenneUetneiit k 
iode Mai 1572. En entrant dans t'Odre, il 
prie le ncxn de Fra^Faclùy que nous kii doanc- 
ronsi toujours dans ta foite. 

Pendant un Chajpître Oésukû qui (c tint è 
Mamouey des TkMes qu'il y (butine fur ta Pfai- 
leibpbie isTatuveHe, & fat la Théologie, lui don- 
nèrent tanc de réputaoib», que le Duc Gt/illmh' 
me , qui honoroit les Sciences Se tes'Savana, 
le demanda, & Tobtinr dbfta Sup^eurs, pour 
&re fon Théologieiv BêUf^mOy Svêque de la 
iBcœe Ville , le nomma Leâm» de ta Catfaé» 
diale, pour la Théologie Pofitéve, les Cas- àe 
€onfciencé, & les Sta. Canons. Tous ce» Em* 
j^is ne firent qu^imer le P. Fémik d^Hiires E* 
tudes. Il mit a profit le ftjour de Mim$9uêy 
pour fe perfeâîonner dans la Langue HÂivm^|9M', 
èc s'y livra tout entier à l'HiAoïre. ^^is il 1» 
dégoika bien-tôt ou du Prince , qui- étoî^ finrç 
bizarre, oudelaCour^ dont la vie ét<:^ peor 
confonde à tes iâdinatiotts. H s'en rei^a d^ac 
à l'âge de 22 ans , & rendu à fa. Profeffi<mii il 
fe jetta fi profondément dans PEmde , c^e fa 
iànté naturellement délicate en fue itérée. Il 
en contraâa des infiFmité& habituelle» qu'il çon» 
ferva jufqu'à h vieiHeflè, & dfHit quek|ue9-i|Bef 
Tobligàrent à bwe un peu de Vinb fis^ Àoîr 

ab- 



flhAena jufipi'à Pige de 90 aqs. Encore difbi(« 
ii, qae c'étoic une de9 choies qui lui avoienc î^ 
pkis coûté, Se une de collet dont il s'éeoit cou« 
jours rqpend. Il ne A nourriflhk guère aue d/i 
pûn âç de fruits, & ufa très peu de viande jus- 
qu'à Vwgs de 59 ans ) & ce fut metne toujouif 
avec beaucoup de réferve, parce que cèb le ren* 
doit fujec à de vkdéns maux de tête. 

Sa grande réputatioti ne tarda pas à Fexpofer 

«lit traits de l'envie. Un jeune^homme, jaloux 

de & gloire, tâcba de k perdre ce le dénonçant 

à l'Inqùtfition, pour avoir IbutcQu que le Dog^* 

me de k Trinité ne pouvoit pas (o prouver par 

)e premier Chapitre de la Gemfr. L'a&ire, por* 

tée par Appel à Bmae^ y couvrit 4e confufioa 

rinquifiteur , dr ne £: termina qu'à faire mieux 

eonnoitre le mérite de l^AcçufiL Ce mérite 

éclatant cous les jours davantage, après avoir été 

gradué Doâ%ur en Théologie , &: abrégé au 

Cdiège deFtfd0«#, le P. Faut ftit nommé Pro» 

vitïcial de Ion Ordre ppur la Province de nf$ifi^ 

quoiqu'il n'eût encoée qu& 24 ^ns, chofe qua 

W9ok été jufque-là fans exemple parmi les Servie 

Us. Il remplit ce Poftc avec tant de dignité & 

4%oûneur , que qael<|ues années après il mt étevé 

Lia Charge de Proç^reur-Géoéral , dan? la^uet 
il fe & eflimer plus quft j^kmais. à Mme y ou cet 
Smpkn l^t>bUgeoic de réôder. L'i^ppUcation qu'il 
I donnoit aux a£^es qui lui étoiem commiies , 
Se les Leçons de Théologie qu'il faifoit à fes 
Confrères , rempliiS>ient fi peu tout fon tems , 

ti'il en trouvoit toujours, pour ci^lçiver d'autrei 
tudes que celles qui écolcnt le piwd'utàge dans 

iâ 



1X4 BlBUOTHBQJCTB RAISOKNlCfe^ 

fa Profeffion. Il prenoit fur-tout un plaifir ûtti 
gulier aux Matbématiques , à rAnatomie & à ia 
Chymie, & y fit des aécouvcrces de la dernière 
importance. UAcquapendente avoua dans ibn 
Traite de Vifu^ que c'étoit du P. Paul qu'il a»- 
voit appris la manière dont iè fait la Vifion ; & 
ce fiit encore de lui qu'il tira la connoifiànce des 
Valvules qui fervent à.la Circulation du iàng {a). 
Ce dernier point méritoit, à mon avis , que Mr. 
he Caurayer s*y arrêtât un peu. Il a'y agit d'un 
fait contefté dans THiftoire de la Médecine. Le 
grand nombre donne tout l'honneur de la dé« 
couverte à Mr. Harvey , & veut qu'il ait été le 
premier Obfervateur de la Circulation du iàng 
dans le Corps. On traite même cavalièrement 
de Conte , dans le Diâionaire de furetière Ed. 
de Lia Haie 1727,1e fentiment de ceux qui attri-^ 
buent la première obfervation de ce Myftère i 
ia ûgacité de l'illuftre Servite. Pour juger néan- 
moins que le fentiment des derniers eft la vérité 
toute pure , U fuffit de pefer les paroles du P. 
Fulgence^ qui après avoir parlé des Fahu/es «r- 

tenfet 

« • 

(d) Vîta dd F« f ftolo pag. 44. Ed. Veoet. J677. Di 
mtMl Argomtnf non fi trttutth* dltnn§^ ni dt gl*4Mtchi ^ ni d^ 
Mkerni , à«^m fétta mtntione > ptrcht trM €êfs incêinita fim*^ é^ 
noftri ttmpi , cb* i^^c^noftndmte m m»fi U ^mJHmt in mm 
fublicA ^HAtêmitu. Mi fine éneor* viventi tntlti tnidittjjgmi 4r 
êjnifleniijfimi Jded»€$ , trd qutfii Smtoriâ Sdntêri* , à" Pt'etron 
t^Jfttinet Francefe , che fannt cbi non fu fpeculatiûn* » W »»- 
vtwione dei xAcqnaptniente ^mÀ d$l Pddrtt Ù ^ntUt conjidtréutdù 
U xravità del Ssngut , vtnne in pâtrr* cht wn pottft fiar* fer" 
fenfo mllt venêf ftnzA iht vi fêjfe Urgfm cht U rttinejft^ ér 
thÎMfure, ch* aprendefi , ^ rifirrsndèfit gU dajfttê il fi^t 4r 
^t^ukiMo nectffkri^ i^U tÎM. 



terms dam les Veines^ que le P. Paul avoir trou* 
vées, ajoute les paroles fuivantes: ,, Chofe,^//- 
,, i/, dont aucun des Anciens, ni des Moder* 
yy nés , n'avoit pzr\é , & qui par conféquent 
yy a été inconnue jusqu'à tiotre tems, que VAc^ 
^ fnafendente la propofa dans une Leçon publi- 
yy que d'Ânatonùe. Mais , nous avons encore 
yy pleins de vie pluûeurs Médecins très favans, 
yy & très illuftres, entre lefquels £>nc Santorio 
,, SantoriOy & FierreAJfiUneau y àont le dernier 
yy eft FranpiSy qui fàvent que l'obfervation & 
), la découvQte ne vinrent pas de YAc^uapeff* 
yy dente y mais du Père, qui confidérant la pe- 
,, {ànteur du Tang, conçut qu'il ne peut pas de- 
.3^ meurer fufpendu dans les Veines , s'il n'y a 
yy pas des Digues qui le retiennent, & des Clô- 
„ turcs , qui en s'ouvrant & fe refTerrant , lui 
.,, donnei^ le mouvement & l'équilibre néceflài- 
„ rc à la vie." Ce témoignage eft précis , & 
je ne conçois pas ce que les Partifans du célèbre 
Anglm y pourroient oppofer. Ils ignorent ap- 
.paremment que le P. VauliMt lui-même un des 
plus habiles Médecins, Anatotniftes, Ghyraiftes 
& Mathématiciens , qu'il y eût dans fon Siè- 
cle. 

Quelque honneur qu'il fît en tout à fon Ordre, 
,il ne laifla pas d'y trouver de nouveaux & de 
dangereux Ennemis , qui le déclarèrent à l'In- 
quiStion de Bjme & de Venife. On l'accuÉi, 
dans le premier Endroit , d'avoir dit dans une 
Lettre , qu'(?» ne s^avanfoit aux Dignités de la 
C«»r Romaine, que far de mauvais moyens; et 
jire hin de faire aucun cas de c«s Dignités, il les 

avoit 



kvâtt m horreur. Ortfhtfic 11 nj n gotot ïÊf^ |t 
Vérité qui offen(è, jpette^ nb mt jamais pardéft» 
bét. Ccpendaiifc il n'y avoit pais de quoi procé* 
der crimitîclleirtcht , & Topi prit fegemtot le 
parti de la diffiàndacido. *0b tie lui pardonna 
pas davann^ un autre Crime qui lui fut inten- 
té , qui étoit dlentretenir eomtôerce avec des 
fit^ & avec des Uêf^Hjues. Ce cbmmerce 
n'mnt , fie n'aiant été Juiqu'ators , que de pure 
nolite0ê envers des ^^xisaé^ qui vo^igeoient en 
oavans curieut , Plnqulfition tfy put mordre; 
8c cela iie laiffa pas pourtant de mettre obflade 
àrâvanccment du P. F«rf aux Dignités Eccl6. 
fiaftiquessr ,,Ce qui entit>it fans doute dans l'or- 
yy dre de la Protidence, qui avoit fuicité ttortt 
^ Savant pour des vues que fbn âévation eÂt 
„ pu ifaire avorter, en Pempêchattt de fervir & 
y, Patrie, & en le détournant dV>ccupations qtn 
3, furent plus utiles au monde que ne Teik eié 
y, fon Epifcopat. Mais ce tems n'étott pas en» 
\y core venu. 

En attendant, Pilluftre Servite „fat mettre 
„ à profit pour fà Sanâification les momens de 
„ tepos que la Providence hii avoit ménâgis, 
„ & que lui procura la trêve de quelques infir- 
„ mités qui diminuoient avec 1*^.** 11 le li* 
vra enrièremem fie plus que jamais à l*Etude de 
rHiftoire Eccléfia'ftique fie Profane, de mètnte 
qu*à celle de l'Ecriture , & de la Morale Chiè- 
tienne. Cette tranquillité fi asréable,& fi heu- 
rcufement eiDployée, iSnit au diflfgreft'd qui s'éie- 
va,vers le commencement du XVII. Siècle, en- 
tre la Cour de fim9 fie la République* faut V, 

élu 



fAx 'P^ m i6à^ , ^inAtk éà quelques Decms 
\m S6nac > qui lui parurent être des EtitrepriÂi 
.Ifitr ies p^réçeâdues Iminàtaftés Ecdéfiaftiquei; 
"Se fie expédier deux Brefs , l'un au Doge^ 8c 
l'ftutre à FËtac , en tortrtt dé Mamtoh^y pour 
ies obliger à fe fôum^ecci^. Ces Monhoires 
ii'aiaaic pasyirôduk Tefifet que le Pontife s^eù 
éeoct promis > ik'ein pubUa un autre plus violent^ 
au mois d'Avril ttfotf , 8t déclara par cdui-ci^ 
te Doge & la Râ)ubliqùe e^coihûiuniés, fi dans 
•^4 jours ils n'obeiflbient pâ^ à (es ordres * fou*- 
mettaat tout TËtat i llnterdtt , fi trois joutli 
^après les 14.) Ils peififtoient dans leur desobeif- 
fance. Les Veantieâs déclarèrent à leur tour, 
^iie ce Br^ étok nul , injufte , & contraire ft 
fouttis les 1^1^ et f Equité & de la Raifbn ; 8e 
îSxmxûstecÉi Stàtt i leui^ Eccléâaftiques de célé- 
brer le Service dîvià , comme a l'ordinaire. 
ToJUB }dd Savons, Ou plutôt tout le monde, prie 
Wlors pard pour ou contre ; & , comtne Fra^ 
^tùélù te *^porte dans l'Hiftoire qu'il a écrite de 
te Démêle , oà rk avant le mois d'Août , wte 
ftfde ^Ècfiifëfm ^n campaffie. 

Le Père, que kRépubliqute avoit chôifi pour 
ifim ThÀ>Iogien & l'un de fes Çonfulteurs , fb 
"Mt idîM dans l'obligation de prendre la plume 
pour la défenfe de fon Souverain infulté* S'é-* 
tsmt àpperçu de la confternation que l'Interdît 
caulbit jufque dans le Sénat , il tâcha de diffiper 
cette frayeur panique , en vanseant l'autorité 
i temporelle des Princes, de raudacieufe ufurpa- 
tion des Pontifes Rtm^ains. Dans cette vue il 
^ puWa l'Ecrit , qui a paru depuis quelques an- 
nées en IPrài^is imprimé en HêllaÉnk^ fous le 

Titre 



1 



:i£^ filBLIOTHBqSTE RAnONNfe'k^ 

Titre de Droits des Simverains défenJms contré Ut 
lExcof^mumcations éfc. mais qui en Italien eft 
intitulé: Confilation de PEffrit fùisr tranqmllifir 
les Confciences de ceux mti vivent kien , contre les 
frayeurs de t Interdit fulUépar Faut V. Cet Ou- 
vrage ne tendant néanmoins qu'à rafliirer les 
Chefs de la République, il faloit quelque cholè 
de plus pour raffermir les Sujets ; & Fra^FéUfle 
crut d'abord qu'il fufSroit pour cela , du petit 
Traité de P Excommunication ^ compofe autrefois 
par Gerfin, Il le publia donc dans cette con- 
jonâure, en Latin & en Italien y précédé d'une 
Lettre anonyme , où l'on exhortoit les Prêtres à 
faire leurs fondions ordinaires, Ëms craindre de 
rien faire contre leur véritable devoir. Cette 
petite Pièce aiant été condamnée |»r Tlnquifi- 
tion , & cenfurée par BeUamsiny le Ikvant Ser- 
vite la (butint viâorieufement par une Afdo^ 
four Gerfin y qui fut fuivie de les Confidérations 
fur les Cenfures deFaul V^ où il ne laiflà rien à 
defirer fur cette matière. Les Partifans du Pape 
tâchèrent d'efHeurer ces Confidérations , defi>rte 
qu'elles eurent befoin à^Mnt Défenfe y dont tout 
le fonds vint du Père ; qui eut aum beaucoup 
de part au Traité de t Interdit , publié au nom 
des {a) fept Théologiens de la République ^ & 

dans 

(a) Dsins la Traduâion Fraufoife , qui parut en 1607 
) St. Vinctnt , èc que ToD dit , au Titre , avoir été faite 
fur la Copie imprimée à Venipt par T(ùbert Mejttù 1606 , il 
n'y a que (ix Tiiéologicns de nommés, favoir» Pierre 
Antoine 9 Archidiacre ôc Vicaire-Général deVenifc^ F.P4i< 
de l'Ordre de'i Servi, Théologien de la Séréniffimc Ré- 
publique de Venife 5 F.BtnMrdfcrdartj Cordelicr de TOb- 
iervance, Théologien ; F. Marc^yintotne Càpel^ Cordelier 
Conventuel , Théologien \ F, Camille , Augitftin , Théolo- 
gien; & F.Fulgence, de TOidic de'i ^avi» Théologien* 
Net* d» JemnaUfte^ 



Jmlkt^ AoAt Î3 SéptenAre 17I6. itp 

dans lequel on prouve en 19 Propofirions , que 
cet Interdit écoit contre toutes les Loix^ que let 
Eccléfiaftiques , bin d'être obligés d'y déférer, 
ne le pou voient faire avec innocence, & Que le 
Souverain en devoitabfolument empêcher l'exé- 
cution. LzCouxBamaine ^ d'autant plus piquée 
au vif de tous ces Ecrits , Qu'elle ne pouvoir y 
&ireoppo(èr de réponfe foliae, s'en prit à l'Au-- 
teur, qu'elle fit citer par un Décret du 30 OQio* 
\xti6o6y fous peine d'excommunication^ à com* 
paroitre perfbnellement pour fe jyftifier des ez« 
ces & des héréfies dont il étoit accufé. Il ne 
compamt point ; la Sentence fut prononcée, & 
Fexcotmnunié à Ibme n'en tint aucun compte à 
Vmfe, 

■ L'Hiftorien s'arrête un peu en cet endroi^ 
pour confidérer la nature , & le fond de ce 
grand démêlé. Mais, en Écrivain judicieux, il 
le borne au fimple Expofé des fujets du litige. 
Les Théologiens du Pape avancèrent daos cet- 
te occafion , tout ce que l'on peut imaginer de 
flus excef&f en faveur de l'indépendance, de 
infaillibilité, & de la domination monarcluque 
des Evêques de IRiome. Selon eux , la puiflan- 
ce de ces Evêques s'étend fur le Temporel des 
Princes, qu'elle peut ôter & transférer, comme 
elle le juge à propos , & lorsque la chofe eft 
utile à rËglife j les Clercs ne font point Sujets 
de ces Princes, & ne leur doivent ni Taxes, nî 
Impôts^ les prétendus Succeffeurs de St. Fierté 
ne peuvent jamais fe tromper quoiqu'ils pronon- 
cent, & leurs Sentences les plus injuftes doivent 
êtreobfervées, n'y aiant qu'eux qui puiflcnt dé- 
2^. XVU. fart. I. l cidcr 



1 



eîder dan» le (Sa& (fe cbute*, 6c leuc décifîoù 
yabo 2yoir. feifce dclLoi , quand msme die paroi» 
trM.(àjdSè à tous los h(>inmer; l^Pape etimi: effl 
un Dieu^en Tcrreyfa Sentence 6c ceile de Siei» 
(ont la même choie , & doutier de & puiâànce 
^ aueanc que de- douter de aâledé Dibu. ^d» 
le tàiSan Mi*. I>«f Qoutayer n'â^t^^ii' pasde dire que 
^/ ceâ Mftxiraesolà fonc taûflèsy itnendSesv moib- 
^.. ftrueufe»^ fubverfivTQs de toatrGbuverhemeDe^- 
y, âs dont plufieurs ibnc atitanc de Bia^ème?^ 
y, dont re»^amriéns*Papc9 eufiëntea autaned-hor- 
,y retir,. que les- modérner en ont paru jaloux ! ^ 
Qn me permettra bien df^outxâr^ œ çioir cbef^ 
qpe s'il arriva à^ud^ue heui»'(^ FÉdificeUi^- 
wtfi» tombe à terre , il paroitra incroyable qo^aé^ 
pe(k Evêque ait eu i^audaccdcpôrter fi Ibin l'm- 
iolençe de ibs^ prétentions» on que tous les- Prin- 
ces Chrétiiens li'en aient pas tiiarqué Tindig^- 
tiorî la plus vive. Mais qud que puiflfe être le 
jugement, qn^en portera la poftérité, il eft fur 
que ces yw^Uets Altitotants d'autrefois ont beau» 
coup.perdu de leur fuperbe langage, 6c de leurs 
ms fanfarons. Les Souverains commencent de* 
puis long-tems à n'en être plus les dupes ^ 6c 
nous n'en voyons déformais aucun que le Pape 
ok menacer dé fà foudre y ou qui craigne fort 
cette foiltdre quand il eh eft menacé. Le tems 
de rillûfiotr tire à (à fin , 6c l'on peut dire que 
parmi les coups qui ont le plus ébranlé le Trô- 
ne Pontifical , la réfiftance des Fenitient , au 
commencement du dernier fiècle, n'en fut ni le 
moihs^ terrible , ni le moins efficace. Tout 
Pouvoir ufurpé n'a rien tant à craindre que Te- 
\ ^ xamen 



JmlUlf^ Août & Septembre vj%6. \\t 

Satûeh de fes Titres; &: Texamen que l'on fit a- 
tous de rinterdit de Venife y eut pour la Cour 
'Remame des fuites , dont cette Cour ne revien- 
dra jamais. 

Il eft pourtant vrai que les Théologiens de \z 
République conservèrent encore de grands mé* 
ilagetnéns pour rufurpation qu'ils combattoienr. 
Ils n'attaquèrent propretnent que l'abus deà 
Glefs, & du Pouvoir Eccléûaftique; fe conten- 
tant de ibutenir , que les Papes fe peuvent trom- 
per; que leurs Sentences injuftes n'obligent pcr- 
fbnne; que l'autorité des Princes pour le Tem- 
porel ne leur eil point foumife ; que leurs Ex- 
Communications contre les Souverains, ou con- 
tre la Multitude, ne font pas moins pernicieufëi 
' ^ueiàcrilèges;& qu'après tout, Vobêjpince aveu^ 
ife^ inventée par IgjMce de Ltijola^ 6c fi vantée 
des Jéfuites, ne convient ni à PHomme, ni au- 
Chrétien. N'eft-il pas vrai qu'à s'en tenir là , 
c'eft toujours garder de grandes mefures avec les* 
Eveques Romains , Se que fi ces Ëvêques avoienr 
éft un peu de prudence ou de Chriftianifme, il^ 
auroicnÉ dû être charmés qu'on ne leur conteftât 
rien de plus? Auflî Me, Le Courayer l'a-t-il bien- 
fend lui- même y & n'a pas manqué d'en avertir 
Ces LeÔeurs. „ C'cft, dit-il , au maintien de 
^ CCS Maximes, que fe homèrcnt Vra-Paaloy 8c 
^ les^ autres Ecrivains de la République; & loini 
„ de les accufer d'avoit: pafle les bornes d'une 
„ jufte défenfe , il me iemble que les Romains 
39 auroient dû leur avdr quelque obligation de 
f, laiflfer encore beaucoup plus d'autonté aux 
yy Papes, qu'ils a'en'-avoieae eu dans les premier» 

I 2 „ tcms. 



L 



Mit BlBL.l6THBQJUrB RAISO^TNl^Bi 

• 

„ tems, & d'ôter indiftinAement toute autorité 
,, aux Princes dans l'adminiftration des afiàird 
,5 Eccléfiaftiques , quoiqu'à la réferve du droit 
„ déjuger en matière de DocSrine, & de la dit 
„ penfarion du Miniftère de la Parole , & da 
yy Sacremens , on fâche qu'ils ont toujours été 
^ en poffeflion de faire des Loix fur diflerentcs 
yy matières de Police £ccléfiaftique> & que le 
„ pouvoir de TEglifè en ce genre ait prefçic 
„ toujours été fubordooné à celui des Prin- 



ces." 



Un Auteur Proteftant fe feroit fins doute 
exprimé d'une manière plus forte qu'on ne vient 
de l'entendre. Mais il n'y a point de perfonnc 
éclairée) à qui la réflexion de Mr. Le Courajftr 
ne paroiffe auffi frappante que vraie , dans le 
fond principal. Les Théologiens qui écrivirent 
alors pour la République, méritoient certaine- 
ment quelque part à la faveur des Papes, pour 
les avoir fi fort ménagés. Mais ces Pères nomi- 
naux du Monde Chrétien coiuioiflènt peu les 
Loix du Chriftianifme, & les pratiquent encoïc 
beaucoup moins. Ils ont trop de zèle, pour »• 
voir de la charité. Ils ne pardonnent jamaiii 
que par impuiflànce , & Paul V donna fidèle^ 
ment en ceci à fes Succefleurs l'exemple que W 
plupart de fês Prédéceflèurs lui tracèrent. ForOBJ 
lui fut de faire fa paix avec un Etat qu'il n'avo^ 
pu détruire i heureux même de ce que HwrrlVj 
Koi de France y voulut bien" faire des avancej 
pour lui en épargner la mortification ! Mais 
ne put fe vanger de la Républiqne , qui vei 

fi publiquement de méprifcr fon Pouvoir, il 

vaW 



j 



Juillet j Joit 6? Septembre I7}5. ijj 

vangea cruellement des Ecrivains (jui en avoienc 
découvert la foiblefle , ou dévoilé TinjuHicc. 
L'orage tomba fur trente-fîx Eccléfiaftiques, qui 
fur dilerens prétextes, & en divers tenw, furent 
perfécutés à toute rigueur. Les uns périrent dans 
les Prifons , on bannit les autres, & quelques- 
uns même furent envoyés aux Galères. D'ail- 
leurs tous les gens de cet Ordre mirent un ob- 
ftacle invincible à leur fortune, pour avoir fervi 
leur Patrie. Le parti qu'ils avoient pris leur 
donna l'excluûon totale des Dignités, auxquelles 
ils auroient pu prétendre. 

Il n'y en avoit certainement aucun qui fût 
plus coupable & plus odieux à 'Rome^ que l'étoit 
fra-Taolo. Mais comme on avoit eu fbin de 
le faire comprendre dans l'Âccomnoodement de 
l'Etat, a n'y avoit pas moyen de l'attaquer d'u- 
ne façon juridique. On pafla donc fur ces for- 
malités de JuiUce, & l'on tenta d'y fuppléer par 
rAflàflSnat. Revenant un foir,5.d'Ôâobrei(îo7, 
cinq Coupejarrets armés de ftilets lui en don- 
nèrent jufqu'à i; coups , & le laiflèrent pour 
mort fur la place. Iles ÂflàlEns fe fauvèrent 
d'abord chez le Nonce , & trouvèrent enfuite 
une retraite commode & des reflburces d'argent 
fur les terres du Pape. A ces indices on foup- 
çonna naturellement la main qui avoit conduit 
fe Poignard , & Fra-Taolo lui-même ne put 
s'empêcher de dire en riant, que cela fentoit bien 
le Sttl» de Rome, Quelque honteufe que fut 
cette tentative, on y revint à plus d'une fois, & 
Tindignité alla même jufqu'à y employer des 
Moines } Se dej Confrères. Mr. Le Courayer cft 

I J pour- 



1 



pourtant aflèz généreux pour nous dire y ^ 
bien que ces attentats fe fifTent pour la cauied^ 
Pape , il cft à croire qu'on ne Pinftruifbit pi; 
des mefures criminelles & des moyens bas qoe 
Ton employoit à ce deflein. 

Aux précautions que, prit leSénatpour la con- 
fcrvation d'une tête fi chère ^ FiUuftre Sepvite 
ajouta de fa part une retraite encore plus gran- 
de , que celle qu'il avoit julqu'falors oblêrvée. 
Dans cette elpèce de'Prifon volontaire il com- 
pofa la Relation du fameux Di^end de Faul V 
avec iaR^fublique-y 8c s'appliquant enfuite à quel- 
que chofe de plus généralement utile pour lePu- 
blic , il mit en état fon fïifiohre du C^mik dç 
Trente^ dont il avoit commencé à reçueiUirles 
matériaux j depuis très long-tems. Le com- 
merce intime qu'il avoit eu a Mantaue avec OZh 
va y Secrétaire du Cardin^ du nom^e cette Vil- 
le , & la libre entrée qu'il eut à Venifi dans 
les Archives, jointe à fes grandes liaifons au de- 
hors, le mirent bien-tôt en état de développer 
aux yeux du Public les profondeurs <l'un Evé- 
nement , dont on av0it eu grand foin 4e tenir 
toutes les intrigues fecrettes , & de cacher les 
refTorts. Aufli fut-il Vrai, comme Mr. lue Cou» 
rayer l'obferve ici, que „lesi^9!^^/^y'lui furent 
„ encore plus miauvais gré de cette Hiftoire, 
„ que de la Défenfe des Droits de 1a 'Répubh- 
„ que, & que cet Ouvrage ne fer vit qu'à fbrd- 
,, fier les foupçons que l'on avoit déjà pris dp 
„ fon penchant pour la'Réiformation , & de fcs 
„ préventions contre l'Orthodoxie "Romaine^ 
Ces foupçcxis ne s'àâôîbllrent en aucune fa- 
çon 



«jran ^ quelques ^utrç^ Ecrits de ce Père. 
«&eux qui 4ortiient de ia J^kitne, Sxvc Ats Mf^ii^ 
jres Bé^0iàaks^ iûxHi9^u^timy & ,fur les AJ)^ 
Jks -^ ^ecouvroieqt trop aahus ^ ou -tendoiefjt 
trop à \es réformer > ^ur «ce pis ^plaire fouvo- 
rainement.à ceux gui ies ^voient intiroduicsy ou 
qui en profitoient. Où voyoît ^aos le pcénoier, 
qp'il^'y eut iaixia:^>de]^lieil<» pk^ icqui- 
£q5,, gue celles du Cierjgé Eomim^ JSc qu'il n*/ 

en/çpc jatnaisauffi 4<^P<^^^'^^4c P^^ iQ^u* 
^v^ ^Çc de plus hoqteuxoiidges. 'Xre tiècofid teçi" 

doicl.prouver i^ue le Xrib^ de l'Iaquifiûqp 
ée Kenife dtvok êtrefubordonfié , iiop à l'iiuta- 
litédu JPape, .mais à ceUe du .Prince. 1-e Trai- 
^ du J^nû^ des .^/^x faifoit n^ibafle iiir tou- 
ijes les Immunités jËccléfiaftlg^ies , confidésécis 
comme indépendantes du ï^ouvoir Civil , ^ 
n'xn ^inettoit aucune x]ue.ibuinîfe .à ce Pou- 
rvoir. 

Tout cela portoit yeritablement h coigaée jt 

h ,racine de T Arbre, & la JDominadon Papale 

jie tenoit prefque plus à rien, .û l'Elit de Fr#. 

;PiUfh eût prévalu dgns YEurofe. Cependant^ 

^il en faut croire l'Hiftorien de fa V|e, lès Pa- 

pf3s eurent à ce Père l'obligationde ne.pas pep* 

xirc les Vénitiens ,. qu'ils «'étoiwt aliénés ,p«r 

^Icur faute. L'endroit m'a paru ^curieux, ôCiPon 

ie fera pas fâché, fans doute , de ,1e trouver ici 

^tDut entier. 3, L'injutticC;, Jit-il ^n farla^f du 

.„ Sn'uite , J'injpliice Avec laquelle il ^^voit été 

5, traité, ne le fit jamais foulever contre la Puit 

„ ûnce.l&itime ^ & fans ^attaquer àl'«jUtorité 

„ desiSupIricurs, ^ fc contenu d'ep.retnàrguçr 

1 4. 5,lcs 



t)5 SîBtioTHSQsns Raisonnb^'^ 

^ les abus , & d'indiquer les moyens de rétsiJISt " 
^ l'ordre priovdf , comme le plus natiÀrel & le 
,, plus parfait. Ce fut à Tes avis ^ue fut dû k 
„ refpeft avec leauel le Sénat fe défendit contre 
„ les Entreprifes ae Paul V j & toujours renfer- 
yy mé dans les bornes d'une défenfe légitime , 
,, il trouva moyen de maintenir les Droits de & 
„ Patrie, fans entreprendre fur ceux de rE^lift. 
,, C'eft par ce fage tempérament qu'il prévint 
yy le Schifme que les Romains étoient prêts d'ez- 
yy citer ; & fi Fra-PaolQ n'eût eu plus de modé- 
„ ration, qu'ils n'avoient montré de prudence, 
„ Paul V eût bien-tôt fait naitre en Italie 
,, une Révolution auffi funefte à fes intérêts, 
yy aue celle qu'avoir produite en Allemagne la 
,, diftribution fcandaleufe des Indulgences ibus 
yy Léon X." 

On trouve, dans ce peu de paroles, une am- 

[)Ie matière à réflexions. . L'Auteur n'y diffimu- 
é point les difpofitions prochaines , où fc trou- 
voit alors la République , à fecouer le joug des 
Evêques de Rovte. Mais il fèmble dire auffi que 
ce fut Fra^Paoloy qui par Gl dextérité, leur para 
un coup fi terrible; infinuant même que ces E- 
vêques auroient tout ruiné pour eux en ItaËey 
fi ce Père ne les y avoir pas maintenus. Ce 
dernier Point renferme, à mon avis, une efpè-^ 
ce de Paradoxe hiftorique, dont la réalité n'eft 
pas alfée à concilier avec les apparences ; & je 
croi que nx>n avis fera celui du grand nom- 
bre. 

Je pofe d'abord, qu'il pafle pour confiant en 
Angktttrey que le raccommodement de la Ré- 

publi* 



t 



^ *—^m. mm..-^ ■■^■^ . >- _— *l 



Juillit^ jtoât C? Septembre iyi6. 157 

'pirt>Iique avec PaulV ne fut pas tant l'ouvra* 
]ge du Roi Henri IV, qu'un effet de la mauvaife 
manœuvre de ya^ues I. Afin de prouver ce 
que j'avance , on doit me permettre de donner 
ici la Tradudion d'un afTez long paflàge des 
Mémoires de Wehmod. Voici ce que dit cet 
Auteur, [a) ^ La malhabileté du Roi Jat^ues^ 
„ dans les Nidations étrangères, ne parut 
^ jamais tant qu'à Toccafion du Différend du 
^ Pape Taul V avec les Vénitiens . D paroiflbit 
yy alors dans cet Etat-là une difpofition mer- 
yy veilleufe à réformer l'Eglife , & à fecouer le 
yy joug des' Papes. Dans la vue d'y poner les 
^ cho(ês 5 Jaques envoya le Chevalier Wotttm 
,, en Ambaflade à Venijhy & fichant que l'E/1 
^ fagne fe déclaroit pour le Pape ,, il fe déclara 
j, ouvertement pour les Vénitiens ^ difant même 
„ à leur Ambaffadeur ysiflmiani^ que peu con- 
^ tent de les affifter de toutes les forces de fon 
„ Royaume , il engageroit encore tous fes AU 
yy liés à les défendre. Le Chevalier Wotton ar- 
^ rjlva dans le plus grand feu des démêles entre 
j, le Pape & la République. On s'attendoit à 
„ une réparation totale , non feulement de la 
j, Cour, mais auffi de l'Eglife Bomaine, Le &• 
„ vaut P. Paul y Se les fept Théologiens de l'E- 
„ tat qui pouflbient cette af&ire avec beaucoup 
'jj de 2èle, la conduifoient avec autant de pru- 
„ dence. A fa première Audience, l'Ambafli- 
5, deur Anghis offrit, de la part de fon Maître, 

„ toute 

(4) Welwood , Memoixs of the moft &c, Pég. if. 
Ed, 1710, 

1 5 



|}9 BlBJLlOTHEQjrjB HAiaOKNMS,, 

^ toute Taffiftance poûÂble^ & mxulà Ii?3 P| 
^ & le P^iftne d'êcce les Caufes pruiq] 
^ de tous les defordres de la ChrédcQté. ^ 
^^ fut reçu avec de grandes margues de défêi 
^ ce & de icIjpeSt pour le Monarque^ & 1( 
^ ^que le Nome ^repréfenca que <«e JPrioce émi 
yy nér«dque^ on ne devoit pas J'écouter, IePo«| 
9> ge lui repartit vivecnent>quelel2âi^^fl|giiejifrr^ 
^ crojoit €» Jéfiis-Chrifiy mais fpfe F<m ne Jkvûà 
f^'fQtnf en qui fitutt^s cfofoknt. 

^y 7fi»^^ avoir ctiargé ibp AmbaOadeur.d'u- 
^ ne Traduâion Xaiine de ion \AdniQmtm i 
yy tQUs les Etats ér FrinctUiChr/tuin^ y znec ordre 
^, de rendre cetse Pièce au Sénat.. Le P. ^^^ 
^ Se les autres ThéoIqgiens,foUicitèrent inftam- 
^y ment ce Miniflre de la cemeoxe dès Ja pué- 
j, mière Audience y & il'ailurèrent.niême qae 
y^ cela produiroic un bon .efiec II ne voulut 
^ jamais y confentir , diiânt .pour ùl xaiibn^ 
jy qu'il avoir un ordre précis ide ne donpor k 
,> Livre que Je jour de Ja St. j^ag^Sy gui n'é- 
toit pas éloisné. Le Monarque avqit eu % 
caprice de s^rrêterà ce jour- là ^ parce que 
c'eroit le Saint de fon nom ; & cela gâta tout. 
^ Avant que ce jour fût venu y raccocunpde- 
^ ment avoit été conclu , & l'occafioa fucper- 
^, due. Lors donc nue rAmbaâadeur ^ut aa- 
,, dience, & qu'il prefênta le Livre, il «ut pouc 
yy toute réponle, que l'on remercioit te Roi d'^U' 
y^ gkterre de fis bonnes intentions ^ jetais yme U 
y^ Paix avec le Fafe étoit faite , que la réfo^" 
„ tion étoit frife de n'admettre aucun chai^^ 






yy ment 



^ ment d4m la Religimy & que fo» of 4toi$ ^on^ 
^ 'venu avec la Cour de ^ome^^ 

O oarfé de WelvJQoJ s^^ccotdc parfaitesmcnt 
bien avec .ce que Mr. Le Çourayer ,a tiré Jui- 
dême 4e la Vie de r£y2çue.J5^</(r?/, & qu'il e»- 
pofe de .U çaanière fuiy^ate. ,, On ne peut 
^ ddàvouer^, iïuily ç|ue fur plufieurs .points 
^ Tra-^aih ne fut fort fayoçable aux Piotcfi- 
^ tans., .ôc qu'il n'eût ^dQpiéj)luûeur5;.c^ Jeufi 
„ Qpiqipns. (^) J^Ml;^ dçpuis £,vêq^c d^ 
^ KilmflTfi ,éa JrAawfe , & aupar^yaRt rQîapcUip 
^ <lu Chev^içr Wb^ton , Arobaffadcur d*AMler 
^ terre à ^çpife> & confident de^ difpofmqi^ 



„ M.^v^v Mv- ptéfenter s^u Sénat Yjidmmtm dû 
,, Roi yaquesl. après la Réconciliation de là 
j, Républi(}ue avec Roroe j qu'il agréoit fort le 
„ Livre de? Prières Communes d'Ai^glcterre^ 
^ &. qu'il fe propofoit de le prendre pour -Mo- 
„ dèle en cas de rupture entre le P^pe Ôç Tes 
5, Vénitiens ^ (b) qu'il s'àbftenoit , en difant la 
,, Mellè , de la récitation des Prières qui s'a- 
„ dreffent aux Saints^ ^ue dans les ConfciEGns, 
„ il tâchoit de retirer lés peuples des ahus,& des 
„ Superftitions qui avoient cours dans rÇgUiè^ 
,, & de leur infeirer de juftes idées de.la|purere 
J5 du Chriftiànifme j en un mot, qu'il eut fort 
,j fouhaité avoir quitté Venife pour paflTer en 
„ Angleterre^ mais {c) que ùl ûtuacion ne lui 

3> laiiToic 

(c) lliâ^ pag, is. 



ÎI40 BiBLIOTHBClim RAISOKMB'By 

',, hiflbit pas efpérer d'obtenir jamais cette liber* 
„ té du Sénat/* 

Telles étant les véritables difpofitions de ¥ra* 
Vaoloy je conçois que le fage tempérament ^ par 
lequel 5 à ce que dit THiftorien de (à Vie , // 
prévint k Schijme que les Romains étaient frets 
d'exciter^ procéda bien plus d'une prudence ex- 
cefSve , que d'aucune confidéradon pour les 
Droits de TEglife Romaine. Son but étoit de 
réformer PEgme ; mais il avoit fains douce un 
Plan de Réfbrmation qui diâeroit en quelque 
chofe des autres, & d'ailleurs il fe propofoit d'y 

E venir par une route plus (impie oc moins vio- 
te. Je m'en tiens.au témoignage de Mr. £/ 
^ourayer. „ A l'imitation, fit-iî, àiErafmey 
yy de Cajfandety de Mr. de Tbouy ^ de pluueurs 
9, autres grands-hommes , il étoit Catholitjue 
„ en gros, & quelquefois Proteftant en détaïï. 
„ Il obfervoit de la Religion Romaine, tout ce 
•„ qu'il en pou voit pratiquer fans fuperfHtion; 
„ & dans les chofes dont il croyoit devoir s'ab- 
^, ftenir par fcrupule, il avoit un grand foin de 
„ ne point fcandalifer les foibles. En&n égale- 
„ ment éloigné dé tout extrême, s'il defàpprou- 
^, voit les abus des Catholiques, il condamnoit 
„ auffi la trop grande chaleur des Réformés, & 
„ difoit naturellemertt à ceux qui le preflbient 
„ de fe déclarer pour les derniers, que Dieu ne 

„ lui avoit pas donné fefprit de Luther 

„ On voit par plufieurs de fes Lettres , qu'il 
„ fouhaicoit extrêmement le progrès de la Ré- 
„ formation, mais d'une manière lin peu difl&- 
„ rente de celle dont on s'y étoit pris pour la 



7> 

y> 



Juittetfjfoât (â Septmhre 1735. 141; 

^ procurer. ' Peut-être . dic-il dans une de ces 
Lettres, Dieu veut-if Jaus ce fiicle étemdre U 
lyrofmie , far des moyens flus doux fue ceux 
fu^on a tentés tar ïe fajff. Celui qui a com^ 
mencé dejetter les fondemens j ifufasjini tOt^ 
vrage. ^i fait fi en commenfant far U toit^ 
„ comme onjait à fréfent , Peffèt rien fera fas 
yy meilleur ? On feut tefférer^ fi Dieu bénit fem^ 

^ trefrife Dans pluûeurs autres Lettres 

yy on voit qu'il fè réjouifToit extrêmement de 

* ^ 1 i" V J X% 'C ' J T» A 



9) ^^^y ^ Guerre en ItMe , dit-il dans une Ler-» 
,, tre du 27 Avril itfio, tout ira bien four U 
„ Biligionj & ^efi ce que Rome craint; tlnqui^ 
,, /ition cejfera , ^ PEvangile aura cours'^ 
yy Creyez-moiy avoit-il dit dans une autre du 26 
yy Août i6oi y il J a un grand nombre d^hyfo^ 



,, mation comme le feul moyen d'abaifler Ro« 
,, me , & PabaifTement de Rome comme IV 
„ nique voie de faire refleurir la pureté de la 
yy Religion. Il n'y a rien de plus efTentiel» dit* 
,, il dans une Lettre du 5 Juillet \6\\y que d« 
,^ mïner le crédit des Jéfuites: en les ruinant on 
,> ruïne Rome ; & fi Rome eft perdue, la Reli- 
„ gion fe réformera d'elle-même." 

Mr. Le Courayer ohkxwQ y avec beaucoup de 
raifon , que tous ces traits marquent un ajfez, 

grand 



^àfut penchant pour ks R/firm&. Je ne dbate 
pas métne qu'il tf y ait bicti des gens qui» n'v 
tWJUvene un très ^attd penchant pour la Re* 
fbmiatSott. Ces-gens-KÈfe fortifieront dâi» leuw 
idées 5 quand il^ aufônt'lii les particuferîtife-Bii- 
lesnteâ qui concernent le P. Pmgenc^ , le plu» 
Co!ifidfent de toui les'Amis que Fra-Faoto eût 
d^sfon Ordre, & Ife mieux inftruit dé cous fe» 
fcntim^ns. {a} „ Le P. Fulgenct s'ctanif deman- 
5^ dé diins un Sci»môni ce que^ c'était que la VétHé^ 
5, répondit qu'il V avait efffin trouvée , & noon'- 
,5 trant un Nouveau Teftament, il dît qu'il Li 
j5 tenait dant famain. Mais^ ajouta-t-il en re- 
jy mettant l'Ouvrage dans fe pbche , ce Eivre 
jj ejt déffndu. . . . (h) HJn E>0(ftcur Duncamt, 
^ quf^ chargé de là conduite de quelques Sei- 
yf gneurs^ Anglois, fe trouvoit à Fem/e" aprèï la 
,, mbrt du P. Famly y étant tombé malade , & 
,^ paroiflânt rout-à-feit abattu , le P. Fntgence 
,, loi demanda h caufe die fon accablètfiettc, & 
j^ lui of&ii?tous fes férvices. Le DdAedr avou» 
,; ittgénuement au Père, qu'il avoir toujours dc- 
,f itaandé à Dieu lia grace de mourir dans ua^ 
„ eridroit oùjl pût recevoir le Sacrement fcron' 
3,- l'uôge de rEglifé Anglicane , c'eft-à-dire fbus^ 
„• les deux Efpèces, & que malheureufement il 
„~ fè trouvoit fans Cette elbérancedans le pays où 
„^ il étoit. Ce qui eût été une difficulté pour 
„ un autre, ne le fut pas pour le P. Fulgence, Il 
,;■ eut bien-tôt confole le Dodeur , en lui di* 
„ fant qu'il avoit les Prières Communes en Ita- 

„ lien, 



ymlkt^Aoùt ^ Sepfmlreiji6. t4| 

^ lieii , & que s'il le foubaitoit, il vieûdroic loi** 
^ même, a¥ec quelques-uns de ta Confrères, 
^ luir admmffirèr la- Communion finis les deux 
^ Eipèees^ d'aueanc plus qu'il y avoir encore 
y^ dans fon Mooaftère ièpt ou huit des Difeiples 
^ dur P. Faid , qui s'aiOfembioient de ceros en 
^y cems, piour recevoir ainfi le Sacrement. Ceft 
^ ce que le Doâeur I>uneamb rapp(Mta à My- 
^ lord Haftûn à fon retour en Angleterre, te 
„ ce que TEvêque Aturbuty attefte avoir iç- 
,,, pris^ de la- tx)uche du Capitaine Katton^ qui 
,y l'avoît entendu dire pluâeurs fois à ibn rè« 



re *' 



Que croirons-nous donc du P. P«r/, du P.' 
Vulgtnee yfx, de leurs femUables, qui vécurent & 
moururent dans la Catholicité à la Romaine? 
Leur Profeffion ne fut-elle que grimace , & 
qu'hypocriûe ? Mr. 1> Cwtfojer piécend que 
leur conduite ne le prouve en aucune manière, 
& j'avoue que je me trouve autant de penchant 
91e qui que ce foic à les difculper. Mais je penfe 
aufli que l'on m'accordera ans peine , qu'avec 
de teb feitimens, & de fi grandes lumières, ces 
Théologiens doivent s'être trouvés dans une fi* 
tuation bien trifte , & bien gênante. Ne con- 
damnons perfonne : c'eft à Dieu fèul que le 
jugement appartient. Mais ne plaindrions-nous 
pas des Confciences , dont la voix intérieure eft 
df autant plus forte, & d'autant plus inquiétante^ 
qu'dle eft plus contrainte au dehors ? Peut-on 
mieux exprimer cet embarras , que le fit le P. 
Pj»/ lui-même, dans ce fr^^nc de Jjétire que* 
rHiftorien François de fa Vie a cru devoir rap* 

' porter > 



144 BiBLIOTHfiQÙE RAISONDB'B 9 

porter? Dans k Service de Diesfy {a) di(bit jce 
grand-homme, je fais ce que je foi; mais toujours 
plein de crainte de faire quelque cbofi hors de-foi^ 
Jbny ^ d'empêcher par^la quelque cbofi de nâemx. 
' Le P. Fulgence fait de même. Nous ne devons 
' pas nous tromper , mais attendre tout d* en -haut. 
Parions net. Si Luther avoit eu Vefprit du P. 
"Eaul^ le joug Papal feroit aujourd'hui peut-être 
auflG pefaht, & auffi univerfellement reçu, qu'il 
le fut au commencement du XVI. Siècle; & fi 
le P. Vaul avoit eu Vefprit de Luther , il y a 
beaucoup d'apparence que depuis près de 130 
ans, la Kéformation feroit dominante dans le 
fein même de V Italie. 

A cela près , je ne faurois que louer le fbin 
que Mr. Le Courayer a pris de juftifier ce Père 
d'un d^uifement, qui ne peut jamais être que 
criminelen fait de Religion. Ce qu'il y a de 
certain, c'eft qu'au rapport du P. Tulgence^ Fra- 
Faolo envilàgea fa fin avec ime fermeté, & une 
tranquillité, qui parurent rendre témoignage à 
l'innocence de fa vie, & à la pureté de fes in- 
tentions. Cette fin , qu'il fentit approcher dès 
l'an 1(^22, par une fluxion accompagnée de fiè- 
vre, & fuivie d'un grand affoibliffement, aug- 
menta la férénité de fon ame. Le feul change- 
ment qu'elle y opéra , fut qu'il s'occupa moins 
de l'Etude & des Affaires , pour fe livrer prêt 
que entièrement à la méditation des chofes iâin- 
tes, & au paflàge de l'Eternité. Au commen- 
cement de 1623 , il dit à fes Amis , que cette 
•nnée feroit pour lui la dernière j & le (î de Jan- 
vier, 
(4) Lettxe du zû Mai zdof. 



JfUlUtj Joût & Septembre iyi6. i^f 

yier, txulgré raugmentation de ion mal, aiant 
pouâë la complaisance jufqu'à (ë rendre au Sé- 
nat, & en étant revenu tout épuifé, yai tâché 
de vous canfolety dit- i^ encore à (es Amis, auffi 
Ung-tems fu'il m'a été poKbk ; i préfent qneJ9. 
lien fuis Jlus capable y c'eft à vous i me rendre le 
même office. Le 8, il eut encore le courage de 
& lever pour célébrer la Mefle , & d'aller en* 
fuite prendre fon repas avec les autres. Mais il 
fut pris le lendemain d'une fbiblefle qui fit tout 
craindre pour ùl vie. „ Il fe prépara le 12 à 
„ fbn dernier moment par la demande du St. 
yy Viatique , qu'il reçut avec des (èntimens de 
„ foi y de piété, & de réfignation, qui firent 
„ admirer fa Religion , & tirèrent des larmes 

yy des yeux de tous les Speâateurs Le 

yy 14, qui fiit le jour de (à mort, il fe fit relire^ 
yy comme les jours précédens,la Paffion de J. C. 
„ (êlon St. Jean, parla de fes mifères, & de la 
„ confiance qu'il avoit au Sapg de Jéfus-Chrift » 
,, dont il releva les mifericordes^fic fit paroitre 
„ tant d'humilité & de confiance, que chacun 
yy en fut également édifié, & attendri. Lors- 
„ qu'il eu t. appris du Médécih qu'il ne paflèroit 
„ pas la nuit. Dieu/oit loué y dit-il, je prens i 
„ gré tout ce qu'il lui plait. Puis, après avoir 
„ pris quelque partie de ce qui lui avoit été or- 
„ donné. Allez-vous-en y dit- il au P.Fulgence, 
„ ne refiez plus à me voir dans cet état. Allesi 
yy vous repojery tandis que je m'en retournerai i 

„ Dteu de qui nous femmes tous venus La 

„ Communauté fe rendit auprès du Mourant, 
„ & y fit les Prières ordinaires > qu'il ne put ac- . 
Tom. XVII. Fart. h K j» com- 



1 45 BnrLioTiifiQ.ûE RAT$oimE% ^ 

„ compagner qu'en efprit , n^aiàfot plus pàtlé que 
5, pour dire ces pyoks, Efiù perpétua^ SoyeT. é- 
,j tcrneUe ; ce que l'on interpréta d'ufié prière 
j, qu'il feifoit pour la République. Alors les 
j, bras en croix , & les yeux attachés fur fon 
j, Crucifix, il-rendit rame àfon Créateur, dans 
5, la foixante & onzième année de fon âge. 

„ On lui fit des funérailles diftinguées autant 
5^ par la magnificence publique, que par le con- 
,, cours des Grands & de toutes fortes dé pcr- . 
y^ fonnes; & les regrets univerfHs qui Taccom- 
,, pagnèrent au Tombeau fircht' mieux fon Elo«* 
9y S^7 que les Panégyriques flatteurs & mèrcénai* 
^ res dont on pare la mémoire dés Grands. . . ♦ 
^ Le Sénat, plein de reconnoîflance pour les* fer«% 
„ vices que Fra^Paolo avott rendus a fà, Patrie, 
5, ne voulut pas céder à d*aùtres l'honneur de lui 

yy élever un Monument & Jean*Antop^ 

5, ne Venerio , Patrice Veiiiticîn , compoik TEpi- 
„ taphe", où l'on trouve un Abr^é de ùl Vie, 
& de fes Vertus. 

Mr. LeCûurayer nous donne ici cette Epitapbe^ 
qui fait certainement beaucoup d'honneur au 
Mort : mais qui ne lui en fait point qui ne fût 
mérite, quelque vives qu'en foient les exprès- 
fions & les idées. Il n'y aura donc point de 
perfonne intelligente & curieufe, qui ne fe fkfle 
un grand pkifir de la lire ; mais fi j'avbis un 
confeil à donner, ce feroit auffi de ne pas lire 
trop légèrement l'Elc^e que Mr. Le Courajer a 
fait lui-même de l'illufire Servite, auffi-bien que 
les jugemens qu'il porte en plufieurs endroits, 
tant de la Conduite que des Ecrits de ce Père. 

J^cn 



liCa^ z^ 



■- — 



yuîlktj Aùitt ta Septembre ijjff. 147 

pen ai raporté quelques traits, afin que Ton pût 
au moins s'en former une idëei J y ajouterai 
celui-ci, qui n'eft pas le moins propre à caraâé- 
rifer un Homme très fingulier , à toutes fortes 
d'égards. Fra-Faoloy dit ton Hiftorien François, 
y, touhaitoit la réformation des I^apes , & noa 
y, leur deftruâion. II. en vouloit à leurs abuf 
), &: à leurs prétentions, & non à leur place. Q 
y, étoit ennemi de la Superftition , mais il tolé- 
,^ roit fans peine les Cérémonies. Il condam* 
3, noit la démangeaiibn de Ëdre de nouveaux 
„ Dogmes, & ne fe hi&At pas toujours un de« 
^ voir de fe fbumettreà des déciGons faites trc^ 
„ légèrement ^ mais il ne fe croyoit pas obligé 
„ de rompre de Communion pour de nouvelËs 
3^ opinions , qu'on érigeoit trop indifcrettement 
„ en Articles de Foi, Il s'aflcrviflbit /ans ré- 
9, pugnance à l'autorité de l'Eglife, dans toutes 
yy les chofes de Rit & de Difcipline; mais il eût 
„ fouhaité que les Supérieurs Eccléfîafliques 
„ fufient plus faciles à rdâcher quelque chofe de 
„ la rigueur des Loiic. pôfitives. Il haïûbit la 
„ Perfecution, lirais il haïffoit auffi le Schifme. 
„ Il étoit Proteflant , fi c'eft l'être que de ne 
,, pas donner aveuglément dans toutes les Opi« 
„ nions régnantes , & de condamner librement 
„ les abus inventés & foutenus par intérêt. 
„ Mais il étoit Catholique , fi c'eft l'être que 
„ d'aimer fihcèrement la pureté de l'Eglife, que 
„ de haïr les divifions , que de maintenir l'or- 
„ dre & la fubordination , & que d'être animé 
„ de zèle pour réformer la Religion , & non 
„ pour la déchirer." 

K a Tout 



î 



148 BlBLIOTHEQJTB RaISONNETE, 

Tout cela forme, à mon fens , un çontrafte 
încompréhenfible. Vouloir réformer TEglife, 
fans y caufer de divifions ; réduire les Papes au 
petit pied, fans les détruire ; bannir la Superfti- 
tion , en tolérant des Cérémonies qui ne font 
faites que pour elle; trouver également mauvais 
que la Confcience foit violentée pour l'attacher 
à une Communion qu'elle de&pprouve , & 
u'elle foit dans la pleine liberté de fe détacher 
e cette Communion ; n'eft-ce point là tenter 
l'impoflîble ? Il me le femble bien fort ^ & fi ce 
fut véritablement ce que tenta Fra-^Paolo , faut- 
il s'étonner du peu de fuccès de fon entreprife? 
Il dut néceflairement échouer dans l'exécution 
d'un deffein , qui naturellement n'étoit pas pra- 
ticable 5 & tout ce que Ton peut dire à fà dé- 
charge, c'eft qu'éblouï par la beauté des idées, 
il fe flatta trop de leur . compatibilité , parce 
qu'il la fouhaita paffionfiément. Il n'y a que des 
Âmes fort élevées au-deffas du commun, qui 
puifTent tomber dans une faute lêmblable. 

Mais ces réflexions me mèneroient trop loin , 
& je m'apperçois que je me fm$ déjà trcç éten- 
du fur cette Vie, pour faire entrer dans cet Ex- 
trait autre chofe. 11 me "refte pourtant encore 
tant de matières intèreflantes, que je ne (àurois 
tne réfoudre à n'y point revenir, jy revien- 
drai donc dans la Partie fiiivante de ce Journal, 
& je me flatte qu'on ne m'en aura pa» mauvais 
gré* 



AR- 



Jttîiktj Aoit & Septembre 17 \6. 149 



ARTICLE VI. 

Le Spectacle de k Nature , ou Entretiens 
ySr ks Particularités de ^Histoire Natu- 
relle ,. qm ont paru les plus propres .à rendre 
les Jeunes-gens curieux y ^ à leur former tef- 
prit. A Utrecht, chez Etienne NéaulmeyijiJ. 
In 12. Pagg. Ç20. pour le I. Tome, & 45S 
pour le IL fans compter les Préfaces & les 
Tables des Matières. 

IL eft peu d'Ouvrages fur THiftoire Naturelle, 
qui foient écrits avec autant d'élégance &dc 
pureté que celui-ci. Le ftyle en eft naturel & 
uns aucune afiPedation. Les termes que TAu* 
teur emploie, ne pouvoient jamais être>mieux 
choifis. Pour écarter le dégoût & l'ennui, fou- 
vent caufes par un enchaînement de longues Di£- 
fertations, il a choifi le ftyle de Dialogue, qui 
eft le plus propre à bien inftruire & à attacher 
toutes fortes de perfonnes. Il introduit fur la 
fcène trois Perfonnaaes, un Comte, un Cheva- 
lier, & un Prieur. Xe premier eft un Gentil- 
homme de Picardie , qui fait depuis long-tems 
fon occupation de l'étude de la Nature, dans le 
grand loifir que la Paix lui laiffe. Le Chevalier 
eft un jeune-homme, qui fe trouve chex le Com- 
te pendant fès Vacances de la Seconde à la Rhé- 
torique. Le Prieur eft le Curé du Lieu, homme 
eftimable par fes belles connoiflances , & encore 

K 3 plus 



ifo BwuoTHBQirB RaisonneIb^ 

plus par un grand fonds de politeflè & de piété. 
Madame de Jonval, Epoute du Comte > veut 
être auffi quelouefois de la partie , & groffit le 
nombre des Acteurs. On nous la reprefente ici 
comme unie Dame d'un caraâère iblide, & qui 
s'occupe volontiers; mais qui faicen même tems 
concilier l'extrême paf&on qu'elle a die s'orner 
l'efprir par des connoiiTances utiles^ avec ce qu'elle 
doit aux bienféances du monde de à ion état. 
Comme la plupart des matières qui font le fujet 
de la Converfàtion^ font faciles à comprendre & 
fort nouvelles pour le Chevalier , il ne manque 
pss au repur de quelque partie dé Chaûè ou de 
Pêche, qui termme la journée , de mettre par 
écrit tout ce qu'il peut (e rappdler de ce ^qui 
s'en dit. Il donne enfuice ion Journal à Mr. le 
Prieur, pour le revoir & en ôter les méprifcs. Ce 
Journal dreffé & retouché de la forte , eft ce 
u'on donne aujourd'hui au Public fous le Titre 
e Spe&ack de la Nature, 
Le premier Tome de cet Ouvrage eft employé 
à, faire la revue des Animaux les plus remiarqua- 
blés dont la Terre eft peuplée. Au-lieu de palïbr 
méthodiquement des connoif&nces générales & 
des idées uriiverfelles aux particulières, l'Auteur 
a cru devoir fuivre ici l'ordre de la Nature mê- 
me, & débuter fans façon par les premiers .ob- 
jets qui fe trouvent autour de nous, & qui font 
à tous momens fous notre m^n. Il a commencé 
par les plus petits Animaux. Des Iniêdes & des 
Coquillages il vient aux Oifcaux, aux Animaux 
terreftres & aux Poiflpns. Il entame enfuite la 
matière des Plantes^ qui, font pour tous jes hom- 
mes 



î 



Jifilkt^ jloût G? Septembre ijjtf. if t 

mes une fource de fecours & d'agrémens. Il t 
cru qu'il fuffiibk d'en faire entrevoir la ftruâure 
générale , & d'en effleurer fort légèrement 
quelques Ëfpèces. ,, Lai{Iànt,^/V-//,aux Savans 
), le foin de former des Ecrits favans par des di- 
)) vifions exaâes , & par des Traites qui em- 
,, braflènt tout, nous avons cru nous rendre plus 
^ utiles aux jeunes Leâeurs que nous avons en 
), vue, en leur épargnant toutes l&s queftioas é- 
» pineu(ês , & en choififlànt dans les meilleurs 
„ Uyres d'Hiftoire Naturelle, ce qui ctoit pro- 
» pre à intèrefler leur curiofité. Sans néguger 
), ce moyen toujours (ur , nous nous propofbns 
5, d'en mettre un autre en œuvre ; c^ft de les 
9) iacèreffer par la reconnoifTance. (Je moyen 
), n'eft pas moins propre à les toucher que le pré- 
)) tnier ; & il a cet avantage fur l'autre, au'al- 
„ lant paiement à former la raitbn, il tencl en« 
)) core plus direâement à former le cœur, & à 
), faire germer les premiers fentimens de l'Hom- 
jj me de bien. ** 

On ne doit pas s'attendre à rien trouver de 
nouveau dans cet Ouvrage. Ce n'eft qu'un fîm* 
pie Recueil de ce qu'on trouve d'une manière 

S lus détaillée dans les Mémoires de l'Académie 
loyale des Sciences , les Tranfaûions Philofb- 
phiques de la Société de Londres, les Traités de 
Malpighi^ de Rhédi, de Willoughby,deLeeu- 
wenhoek, deGrew, de Nieuwenteit, deDcr- 
kam, de Swammerdam , & de quelques autres. 
On n'a pas même toujours choifi ce qu'il y avoir 
de plus curieux dans ces Traités. Le gîand mérite de 
ceLiVre confiftedans l'agrément duftyle&le tour 

K 4 nou- 



nouveau y que T Auteur a fu donner à tout ce 
qu'il dit. A ne peut être d'aucun uiâge aux Sa^ 
vans, ni à ceux qui aitnent à puifer dans les ibur- 
ces; Comme il règne dans cet Ouvrage une 
aflez grande variété de matières , nous nous bor- 
nerons à donner une idée des articles qui nous 
ont paru les plus dignes d'être rapportés. 

Ce qu'on nous apprend des Guêpes, & de la 
manière dont «elles fe bâtifTent un Nid, eft un 
morceau curieux & tout-à-fàit digne de l'atten- 
tion d'uA Philofophe. Les Guêpes logent ibus 
terre dans une efpèce de Ville, capable de Ic^er 
onze à douze mille Habitans. Ces Guêpes font 
de trois fortes, i. Les Femelles, qui foat grandes 
de au commencement en petit nombre. . 2. Les 
Mâles, qui font preique aufC gros & en plus grand 
nombre. 3. Les Mulets, c'efl-à-dire, les Guê- 
pes qui font chargées du plus fort trav^, & qui 
ne font ni mâles , ni femelles. Celles-ci font 
beaucoup plus petites & en très grand nombre. 
C'efl le gros de la Nation. 

Trois fortes de travaux occupent les Guêpes. 
a. La ftruâure de la Ruche. 2. La quête de la 
nourriture. 3. La ponte des œufs, & la nour- 
riture des petits. Pour ce qui efl de la ftruâure 
du Guêpier , d'abord elles choififfent pour leur 
demeure quelque fouterrain commence par les 
Mulots ou par les Taupes, ou bien elles le com- 
mencent elles-mêmes; mais toujours dans un ri- 
deau, c'eft-à-dire, dans un terrein élevé , afin 
que les eaux coulent nécefTairement plus bas 
qu'elles, & ne les incommodent point. Quand 
elles ont choifî l'emplacement , elles fe mettent 

au 



JmUet^ JÎoài & Septemhre iy\6. if J* 

au travail avec une ardeur mervcilleufe. Elles 
crcufent, elles coupent la terre , la jettent de- 
hors, & la portent même à quelque diftance. Il 
faut que leur aâivité foit grande, pui(qu'en peu 
de jours elles fe pratiquent fous terre un loge- 
ment d'un pied & plus de haut, & d'autant de 
large. Tandis que les uns creufent, d'autres vont 
chercher aux champs les matériaux du bâtiment, 
& à mefure qu'on retire les terres , on affermit 
la voûte, & on en empêche l'éboulement, en 
la mafticant avec de la glu : puis elles y fufpen* 
dent le commencement de leur bâtiment, qu'el- 
les continuent en dépendant , comme fi elles 
vouloient faire une cloche, qu'on ferme enfuite 
par le bas. 

On demandera peut-être comment il eftpofli- 
ble que ces Mouches détachent & jettent la ter- 
re, étant difficile de comprendre qu'elles puiflent 
ib creufër une demeure fi profonde. Mais voici 
comment la chcffe ie pafîè. Les Guêpes font 
pourvues pour cela de très bons outils : elles ont 
à la bouche une trompe, Sç à côté deux petites 
foies, qui jouent de droit à gauche, l'une con- 
tre l'autre. Outre cela elles ont deux grandes 
cornes & fix pattes. ,On ne iâit pas fi elles em- 
ployent la trompe à cetufâge: mais elles coupent 
la terre par petites parcelles avec leurs foies, 
& l'emportent dehors avec leurs pattes. 

La matière dont tout Cjet édifice eft compofé 
n'eft que du bois & de la glu. Les Mulets vont 
arracher le bois aux fenêtres, aux treillages des 
jardins, aux extrémités des toits : ils foient & 
enlèvent une multitude de petits brins: puis après 

K 5 les 



Kf4 BlBUOTHBQJTB RAISOKMB'iBy 

les avoir charpis & hachés fort mcnu^ ils les a* 
mafîèQC par petites bottes entre leiars pattes^ ib 
y verfenc Quelques jBoilttes d'une liqueur gluante, 
dont le rétervoir eft dans leur ventre , à l'aide 
de quoi ils font du tout une pâte qu'ils pétrifient, 
& mettent en boule. De retour au logis, ils po- 
fent la boule fur l'endroit du bâoxQedt qu'ils veu- 
lent allonger ou épaifCn Us retendent avec leur 
trompe & avec leur3 pattes, en allant à, reculons. 
Quand b^ boule applatie ne fournit plus ^ la Guê« 
pe revient au commencement de la trainée de 
pâte. Elle la foule, elle l'étend de nouveau en 
reculant toujours jufqu^au bout ; .& en trois ou 
quatre reprifes y cettd efpèce de charpie de bois 
ic trouve devenue unepetite feuille de couleur 
grife, mais d'une finefledont le plus fin papier 
p'approche point. Le Mulet. ^ûant mis cette 
première boule en ceuvrc, recourt ^u;;t champs 
en chercher une féconde , 6c pluûeurs autres, 
dont il fait autant de feuilles qu'il applique les 
unes fur les autres. D'autres Muletsi viennent en* 
core en applique^ de,nouvelles fur les.prémières, 
& de toutes ces bandes ainû collées & unies par 
la même glu, fe forme la grande voûte, qui fert 
de couverture & d'envdope générale à leur de- 
meure. C'eft aufli avec la même matière que fe 
fabriquent les cellules & les colonnes. . 

On remarque que la Voûte efl toujours moins 
dure que les Colonnes. Peut* être que la .matière 
des Colonnes eft plus torfê 6c plus compaûe, 
ou qu'elles font mafiiquées avec une plus grande 
quantité de glu. Il eft bien naturel que ce qui 
ioutient le bâtiment en foit la partie la plus iblide. 

ht 



yuiJktf JÎouf 6? Septembre I7jtf. -iff 

Xa matière eit prudeoiment épargnée dans la lon- 
gueur du pilier: mais il n'auroicpu ni s*appuyer 
liir le bas, ni fburenir lé haut, lans y être arrê- 
té & bien collé. Oeft pourquoi on a épaiffi les 
bouts , afin qu'ils toudiaûênt une plus grande 
furface, & qu'un plus grand volume de colle 
maintînt mieux le bas & le haut. 

U y a fans doute bien de l'intelligence dans 
tout cela. On voit de plus deux ouvertures, donc 
l'une eft la porte pour entrer , & l'autre pour 
fortir. C'eft par la première Qu'entrent les Guê- 
pes qui (ont chargées. Celles qui vont aux 
champs Ibrtent par la dernière. De cette manière 
on ne s'ernbarraue point en allant & venant. El- 
les peuvent aller & venir en liberté ibus les difié- 
rens é^es , & entrer dans telle maifon qu'il leur 
,plait. Toutes les portes de ces maifbns s'ouvrent 
par bas, à l'exception de quelques-unes que l'on 
voit fermées avec une forte de parchemin. On 
compte onze étages, qui font comme autant de 
gâteaux élevés l'un fur l'autre. Celui d'en-haut 
eft tout petit, & celui d'en-bas de même ; ^ & 
ils vont en s'élargifTant vers le milieu du panier. 
Ce qu'il y a de plus remarquable , c'eft de voir 
des gâteaux entiers compofes de loges fpacieuiês, 
& d'autres tout compofes de loges étroites. Les 
grandes cellules font deflinées à recevoir les ceufs, 
d'où doivent fortir les mâles & les femelles. Les 
loges étroites font pour loger les œufs, d'où for- 
tent les Mulets qui font beaucoup plus petits. 
Ces Architedes ne fè méprennent point dans 
leurs proportions, & jamais les Mères de famille 
ne vont mettre dans une loge de Mulets, l'œuf 

qui 



tfg BiBLIOTHfiQITB RaISONNS"^^ 

qui doit donner une femelle ou un inâle. Lef 
loges des Mulets ont fept à huit lignes de profon- 
deur, fur deux de largeur^ & les loges des autres 
ont fept à huit lignes de profondeur, fur trois & 

|)lus de large. Les colonnes peuvent avoir ûx 
ignés de hauteur. Il y a trente-neuf à quarante 
colonnes entre un étage & un autre: on en crou« 
ve même quelquefois davantage. 

Une chofe tout-à-fait digne d*admirarion, c*efl: 
la régularité des colonnes. Elles font toutes à 
fix pans , ce qui eft la figure la plus commode en 
tout fens, pour faire de ces loges un aflèmbla|e 
où il n'y ait point de vuide. Si elles euflënt eoé 
rondes, elles ne fè fèroient touchées les unes les 
autres que par un point: l'intervalle vuide auroit 
été perdu. Si elles euffent été triangulaires ou 
quarrées , elles fè fèroient à la vérité très bien 
appliquées les unes contre les autres , mais les 
coins en dedans auroientété perdus, l'animal qui 
y doit loger étant rond. Elles font hexagones ou 
à fîxpans, & par- là elles approchent plus de la 
figure ronde , & elles fe touchent exaâement 
entre elles, côté contre côté,enforte qu'il n'y a 
point du tout de terrain inutile , & que chaque 
loge, toute fbible qu'elle eft , devient ftable & 
fonde par fon union avec les autres. Le plus 
beau Palais frappe moins que la régularité de ces 
logettes. Mais venons à la nourriture des Guêpes. 
Les Guêpes aiment à fe loger dans le voifînage 
des Abeilles, auprès des meilleures treilles, à côté 
d'une vigne, & encore plus volontiers à portée 
d'une cuifine. Elles trouvent là des provifions ' 
toutes faites. Les Mulets & même les mâles 

vont 



Juillet j Août G? Septemhre 17 \6. iff 

vont àk chaflè, ils fe préfentent eârontémeot 
par-touc & jufques dans les ruches des moucher 
a miel, qui ont quelquefois bien de la peine à 
s*en dèfendi'e. Au défaut de miel , ils fe jettent 
(ùr les meilleurs fruits, ils ne fe méprennent point : 
l'Abricot, parexen!iple,eft fort de leur goât^ le 
Bon-Chrétien d'Eté, le Rouffclet de Reims, le 
Beuré, la Creflane, la Pêche la plus rouge, le 
Raiûn le plus mûr, & fur-tout le Mufcat^ voilà 
leurs mets ordinaires félon la faifon. C^ n'eil 
pas que les Guêpes foient difficiles : en d'autres 
tems elles s'accommodent de tout. Tout leur 
convient dans une cuifine, volaille, gibier, lard, 
viande de boucherie même , elles ne méprifent 
rien : & fi elles peuvent s'accofter de la maiibn 
d'un Boucher, elles vont au Iblide & ne courent 
pas plus loin. Elles y vont enlever des morceaux 
de chair moitié auflî gros qu'elles, & reportent 
le tout à la ruche, où les femelles en font la di£p 
tribution aux petits. Les Bouchers qui enten* 
dent leurs propres intérêts, s'accommodent avec 
elles, 6c leur donnent r^ulicrement un morceau 
de foie de bœuf ou de veau.^ Elles s'y attachent 
préférablement aux autres viandes qui ont des fi- 
bres, & qui font plus longues & plus difficiles à 
couper. Mais^ ce n'eft pas feulement pour les 
détourner des autres morceaux, que les Bouchers 
s'abonnent avec elles à ce prix. Ils en tirent 
un grand fervice, & ne font pas fâchés de la vi- 
fite des Guêpes. Tant qu'elles font occupées 
autour de ce morceau de roie^il n'y a pas à crain- 
dre que ni mouche , ni aujj^e infeâe entre dans 
la place, Se touche à aucune viandç. Les Guêpes 

leur 



^ 



tfS BlBUOTHBQîTB RaTSÔK^IS j 

leur donnent la chafle fins quartier , elles (oôt 
fêûdnelle , & bien bardie leroic la mouche qui 
ofêroit alors fe préfenter. Le pis-aller, c'eft qu'el- 
les taillent par-ci par-là quelque morceau à leur 
bienféance. L'inconvénient n'eft pas grand, 
parce que la Guêpe ne (âlit rien, la femelle rei^ 
tant toujours au Cruêpier avec fcs ceuf?^ au-lieu 
que la mouche cherche exprès la viande pour y 
mettre les fiens^ ce qui eft la défolation du Bou* 
cher. 

Il eft horis de doute que Tinduftrie & la pro- 
preté des Guêpes préviennent en leur faveur. 
Mais il faut tout dire : elles gâtent leurs bonnes 
qualités par d'autres bien mauvailès : elles font 

Î goulues & cruelles. Ce font , pour ainfi dire, 
es Boucanières & lu Anthropophages du peuple 
Mouche, Non contentes de voler le miel, eÛes 
tuent les Abeilles mêmes : elles prennent, elles 
jgrugent, elles maflacrent, elles vont même jus- 
qu'à manger leurs ennemis. Cependant cette 
avidité trouve en quelque forte fon excu^ dans 
la néceffité où font les Guêpes de pourvoir fans 
cefle aux befoins d'pne famille nombreufe. 

La diftribution delà nourriture (ë fait toujours 
avec beaucoup d'ordre. Les mères en font char- i 
gées , & quelquefois les Mulets* leur prêtent fe- . 
cours. On trouve d'abord au fond de chaque 
cellule un petit œuf, avec une matière gluante 
pour Tempecher de tomber. On y voit fouvent 
entrer la mère , qui apparemment y porte une 
douce chaleur pour le faire éclorre. De cet œuf 
fort un vermifleau ^e l'on nourrit avec foin, fie [ 
qui peu à peu devient un gros Ver bien gras fie 

bien 






Juillet j jfoât &f Septembre Ï716. tf^ 

bien dodu , rempliffant toute fa chambre de & 
rotondité. La* mère , après avoir reçu & mis ea 
pièces la nourriture que les Mulets ont apportée, 
la va diftribuer de chambre en chambre, dans la 
bouche de chaque Ver , tour à tour avec une 
grande ^alité , fi ce n'eft qu'on en donne plus 
fréquemment aux gros Vers qui doivent produire 
les mâles & les femelles. 

Tous ces Vcrmiffeaux ceflênt après un certain 

tems d'être à charge à la mère : ils ne mangent 

plus, ils ne veulent plus rien recevoir, & com* 

mencenc dès-lors à filer de leur bouche une foie 

très fine, dont ils collent le premier bout à l'enw 

trée de leur chambre: puis faifànt aller leur tête 

; de côté & d'autre, ils attachent ce fil à diflfêrens 

points , & à force de paffer & de repafler, ils 

forment de ce fil, qui court toujours, une petite 

étoflFe qui fert de cloifon à la porte. Retirez de 

la forte, ils fe défont de leur peau, le vermifleau 

meurt, ù, dépouille tombe au fond , & il refte ' 

une nymphe blanche qui développé peu à peu 

fes pattes & fes ailes, & acquiert infenfiblemenc 

la couleur & la forme d'une Guêpe parfeite. 

Ronopez quelques-unes de ces cloifons, & vous la 

verrez comme emmaillottée , & ne montrant 

qu'à demi les membres délicats de l'animal qui 

en doit fortir : il fe fiDrtifie doucement dans cette 

boite qui le met à couvert de tout danger, jut 

qu'à ce que fes pieds fe dégageant , il perce la 

cloifon qui le tient enfermé. 

La Guêpe ne refté dans cet état de nymphe 
que douze ou quinze jours au plus , après quoi 
fe fontarit armée de toutes pièces , die déchiré 

elle^ 



I/SO BlBLIOTHEQUB RaISONNB'K^ 

elle-même la cloifbn de fa cellule. On lui voit 
alors une corne, & puis deux: une parte fuccè* 
de, la tête fe montre, le corps élargit Tou vertus 
re : enfin il fort une Guêpe bien formée, quifè- 
che fes petites ailes toutes humides en y fâifânc 
pafler pluûeurs fois fes pattes de derrière : puis 
tout à coup on la voit prendre & volée & s*cn 
aller en campagne butiner avec les autres , dont 
elle imite d^ ce jour Tadreffe & la méchanceté. 

Dès que le Mulet fort de fa retraite, il va à la 
jpicorée: dès que le mâle fort de la (ienne , ileft 
quelque tems à jouer, puis il vient faire fà cour 
à la Keinedu canton: dès que la femelle eftéclo- 
fe, elle eft toute occupée des foins du ménage. 
Tout le gros de l'ouvrage eft pour les Mulets. 
Tous les bons morceaux & toutes les attentions 
ibnt pour les mères. Mais auffi ces mères ibnt 
en petit nombre. Elles ont un gros ménage à 
conduire : tant d'œufs à pondre, tant de petits 
à nourrir, aller fans cefle d'étage en étage, & 
de chambre en chambre, vifiter tout, contenter 
tout le monde, &. recommencer fans fin le mê- 
me travail, & cela fans fortir du logis. 

Les Guêpes ne font aucune provifîon pour 
l'Hiver, elles n'en font pas feulement pour le len- 
demain. Dès que les premiers froids fë font 
fentir, les femmes & les maris qui avoient tant 
de tendreffe pour leurs petits , les tuçnt tous. 
Oeufs , Vermiflèaux , Nymphes , Guêpes for- 
mées, ils arrachent tout, ils jettent tout hors du 
Guêpier, ils renverfènt les cellules mêmes. Com- 
me elles tentent alors qu'il n'y a plus affezde tems 
pour amener les Embryons à leur perfedtion, elles 

ne 



à 



y»iîkt^ Aùât & Septemhrê ij^ô. i6i 

ne veulent plus (e charger d'un travail inutile.' 
Qpand il fait (bleil ^i on prend encore qudaue*^ 
fois Tair. Mais il n'y a plus de joie parmi eues : 
tout languit y. on fe difperiê , chacune évite le 
froid & fê Ic^e cotnroe elle peut. Celles qui 
jreftent dans leGqepier paflènt l'Hiver fans avoir 
ni chercher aucune nourriture. Le froid les 
niorfbnd, les engourdit ou les tue^ & quelque- 
fois de huit & neuf milles Guêpes ou beaucoup 
plus que contenoit la ruche, ilnerefte que deux 
ou trois mères. 

Oeft par le moyen de ce petit nombre demè-^ 
rcs que toute l'E^ce fe conferve. Leur fécon« 
dite eil: fi grande, qu'une feule Guêpe fuffit pour 
donner un effain entier Tannée fui vante. Elle 
fe conflruit au creux d'un arbre ou dans un trou 
de muraille, deux ou trois cellules, qui forment 
coinme un petit bouquet attaché par la queue a- 
vec un peu de glu à la muraille. Elle y pond 
deux œufs de Imilets , elle leur va chercher à 
manger. Les deuxvermif&aux fe raflàfient: ilg 
filent au bout de quelques jours & ferment leur 
porte. Voilà déjà deux enfans de pourvus. La 
mère fait enfuice deux autres cellules , 8c tandis , 
ue les deux nouveaux œufs qu'elle y a mis,éclo- 

nt & fe fortifient , les deux premiers Mulets 
rompent leur porte, & fe mettent à travailler a- . 
vec la mère. Les voilà trois de^ compagnie^' 
Quinxejours après, les deux féconds grofSffent 
la troupe. Ce petit amas, de cellules s'augmente 
de jour en jour : la mète y pond un œuf de ma* 
le, & enfuite un de femelle. Le mâle devient 
mari , la femdlé devient mère. S'il y a deux 

tom. XVlh Vart. I. U mèreç 



t 



mçres %u mois de N^i« ij y en % cinouintç ^ trqii 
ftma^es après {^ ^_ çnraiiaate m^çi dçnpc^îQ^ 

fîusi de dix mltte Qu^s avafert; te jficrfs d*QkÎQ^ 
re. On n\ttend pa^ ojys h famlHe (oit fi bqoi-. 
breufe,pai\r fe loger î^i largiç.. Aprètf que îçs œç-» 
res qui ont réfiftô auiç rfeûairs cfe l'ï^iver ^ oat 
i^p p)rnaé diflferens petits cantons , ^f pÇ^pW 
cljiaçune à mrt , on fe raffçtnWç de tout 'çô,ç|^ 
d^ on fe cnpiét dès te mois de Juiq. ivi. ^çiQi;^ 
Ai çpmmode logement., 

'* Tout ce que dit ftotre Auteur 3^ des AbçflJtç^* 
des R^oucties çqm.mi|nes^ des Fo^urgxfe, jjç de 
Guel^qes autres Infe<Stçs de cette naci^çe y çiXft. 
^ moites curieuJ^ qye ce que nous, venop^ de U* 
re au ftij[et des Guêpes,.. îî vî^t eoCuieç 2145 Çq.t 
GuiHages,quîj font la matière du neuvième E^W- 
tîçn. ' G'eft là où il parie des Mpiiles , des, I^V 
nés marine?^ des tiTOÇpnsj des taches, dçç. Çp- 
gûittages , de leurs tvjtnçurs Sç inéçaUtéç.^ ijç^ 
Ferle? , Sç des Ecrçyiffès. Nous choifipoœ pQm 
cçt Extraie l'Article du Lïtaaçpn, 

C5p qu'on çerigiarque d'abord dans le Limaçoo>^ 
c*eft cette petite miaifon qy'il porte par-^put ^vçq! 
lui, & o4 il fe faiyiYe dès quî^on le touche le ^loins 
du monde. Cette ç%èçç de toit ^ fQus lequd[ if 
logpj, réunît déu)^ ^vant^e^ qi^'on m çroirpitMi 
pouvojur alliçr ,^ yçi^ eictrènjiç diaretç, ayeç h l^m. 
grande l^èrete , moyennant "q^upi Ti^iioçial efjt i 
couyerç cfe toute ipjurç.,tra,t>fpori;ç,%,s ^îo.çfea» 
logis où il; veut 3^ & ijb trouve tQuio^rs çh^ M 
«i quelque p^ys qi^'iJ voyage, Anx^ ^pjrocbc*. 
du ôoid y a ie retire dstos quelque, troqù ta U 
1^^ cpijleç de CçQ, nom \m çàltm^ QolLc qui 



^cpaîijBr à rouremic^ de k coquille, ^ qui I^ 
ibraie eadèrecoeot. Hetirc ibus cec abri, il ^aflc^ 
coaupd bi^n d'aucc^ > la mauvaife ikiioD iân« 

E iae & iânc befôio. Quand le Princems ramène 
; beaiix jours, le Licuaçoa ouvre ià porte & va 
cborchei: fortuoc Avec l'appétit, tous les befoioâi 
%1^smS&rK. Mais nuppanc cosune il fait , ià mai«> 
{fja pgr-de0iis li^ ^ s'il av<Ht les yeux auûi ba» 
^1^ le corps qu'il traîne à terre, il ne verroit paa 
les ot^eçi$ q,u,'U doit fuir ou rechercher. Il Teroic 
du snoio^ expoTé à les &lir fans ce0è dans la faur* 
ge. C'eft pourquoi la Nature Va {K>urvu de qua- 
tre iMttnçttfss d'^proche,pour l'informer de tout, 
ce €g^ Tenvkonne. Cei qjue les Ënfaos appellent. 
les cornes du Limaçon , n'eft rien moins ^ue de$ 
corner. Ce iaoii quaire tuyaux aj^ec une vitre au 
baut> oi^ qM^tre nsffy coques fur chacun del^ 
quels il y a w très b<d œU : dç non feulement il 
levé Ja têti^ pour voir de loîo^ mais il pone en- 
cp£^ bieii plus haui iê$ qqacre ner&, & les ^eux, 
qui W XWmutfit, 1\ les allonge , il les dirige 
comme A %i^c», Ainû ce ibo^ de vraies lunettes 
dfappfochp qii'U ti(e » qu'il tourne, & w'il rc^ 
fevna^^ €KwiO$ f^pn Iw beibin. L.e voilàlogé àt. 
édaisf . U eft e» écim de découvrir ce qjni TaC'*» 
çoowKMk; xom dtpovvu die pieds , comoaeni; 
nr^c^il chercher ? 

A^ dé^ de jasibesi, le Lito^çon a reçudeux^ 
gma^ p<si)« S9u£ç^le^iiès qjkii en te déridant^ 
^aflongons y fm fevraiK de nouveau leurs pli$ 
de ciev^fKT ^ £i foqir iuiv^e 4^ cous de derrière ^^ 
j|( dQ f Q4& 1^ bâ^me^t qf4 pofe defiCus^ Il fe pré* 
ivWi un ni9i^el ^«#UFra6i : 6^HJQUIS coié contre 

L z terfe,,' 



1^4 BiBLIOTHBQim Raiioniiii^9 

terre, Scn'âiant ni ailes pour s'élever en Pair^ ai 
fil pour fe foutenir en cas de chute , il fera âna 
ceue eïpofé ou à fe brifer en tombant de quel- 
que hauteur, ou à fe noyer dans la (M^mière eau 
qui rinondera. L'humidité feule fera capable de 
le pénétrer & de le tuer. La Nature Ta déKvré 
de tous ces inconvéniens^en le rempliflknt d'une 
humeur graffe Se vifqueufe qui le garantit des 
chutes par fa ténacité, Se qui le rend knpénétn- 
ble à l'humidité , par le moyen de l'huile dont e&e 
bouche tous les pores de fa peau. Il ménage cet- 
te huile qui lui eft fi précieufe : il évite le ibleil 
qui la ddiècheroit , & il la conferve aifémeot 
dans les lieux humides où die lui eft d'un grand 
fecours. 

Quand te Limaçon a trouvé fit nourriture^ 3 
met en oeuvre pour la couper deux dients aieuës^ 
avec le/quelles il fait quelquefois bien du d%$t 
fur les meilleurs fruits , fur les tendres boùtooa 
des plantes , & même fur les feuilles , de la coq* 
fervarion defquelles dépend auffi crïe du fruit. 
* Ce qu'il y a déplus furprenant dans les I4nia« 
çons, c'eft qu'ils font Hermaphrodites, & ont i 
la fois les deux fexes, enforte que chacun d'eux 
donne la fécondité à un autre, de qui il la reçoit 
en même tems. Lorsqu'ils veulent s'approcher^ 
ilss'entr'avertiflèntpar un moyen qui leur eft tout 
particulier. L'un d'eux lance & fait voler fiir 
Fautreune efpèce de petite flèche ou de dard^qui 
a quatre ailes ou quatre petits tranchans. Ce dard 
fe détache entièrement de celui qui le lance, & 
va piquer l'autre, ou- tombe à terre après l'avoir 
piqué. Celui-ci à fon tour lance fou dard fiir Je 



Jmttaj Aokt & Sepumhrt 17)5. lif 

prétnier. Oe petit combat eft fui vi d'une prom- - 
te réconcilidcîon. Le dard eft d'une matière fem- 
blâble à de la corne. Ils en trouvent toujounde 
tout prêts cheï etn dans ces approches, qui arri« 
vent tous les ans trois fois en fiz ièmaines. Cha« 
cun d'eux'dix-huit jours après dépofe (es oeufi 
en terre, k\fssj cache avec beaucoup de (bin. 
Lé Limaçon vient au monde ou fort de bm 
ceuf avec une coquille toute formée , & d'une 
petiteflè proportionnée à celle de fon corps , 2c 
I la coque de l'œuf qui la contenoit» Cette co« 
quille eft la baie d'une autre qui va toujours en 
augmentast. La petite coquille, telle qu'elle eft 
ibrde de l'ceuf , occupe toujours le centre de 
celle que l'animal devenu plu$ grand (è formera 
en ajoutant de nouveaux tours à la première^ & 
comme fon corps ne peut s'allonger que vers 
Pottverture, ce n'eft que vers l'ouverture que la 
coqifllle reçoit de nouveaux accroiflëmens. La 
matière eftdans le corps de l'animal même. C'eft 
une liqueur ou une colle compofée de glu & de 
petits grains pierreux très fins. Ces matières paÇ- 
KQt par une multitude de petits canaux, & arri- 
vent jufqu'aux pores dont la furiâce de leur corps 
eft toute cribla. Trouvant tous les pores fer^ 
mes fi)us récaiUe , elles fe détournent vers les 
parties du corps qui fortent de la coquille , 2c 

!ui fe trouvent à nud. Ces panicules de (àble 
c de glu tranfpirent au dehors. Elles s'épaiffi^ 
fent en fe collant ou en le fèchant au bord de la 
coquille. Il s'en forme d'abord^une fimple pel<* 
Hcole, fous laquelle il s'en aftemble une autre, 
' & ibu$ cèUe^a une troifième. De toutes ces 

L 3 cou* 



tel. <. .a i;v -*■ -JS^^. ._ul»-*«. -1. -^- -i./aâ. 



1^4 Biifciov'iisiipft lUiianKHiii 

t»Uç ^ f«fte <k réc«iKa/ Quand rMimai viett 
Q|}ÇQI« )^ cvQÎcr^ jt & que rexcféoMié de Ion coi{» 
n'eft p«9 fu&&cmaeiit vêtue; il ODocimie % fiier^ 
& i H(k p«r k méoM «0]K». Voi^ de <|ueUe 
w»mT^ le {.Mnçoft isoQiftMc & fépare fcm k-^ 

Paâot)9 «us Oifeftiix^ fir irà cooweievKre la fe- 
çQode ^nie dw L Tome. Ce ^le L' Auteuif' dk 
4i$ Qtfiaiisc 4e ff^iSl^ jt ^'ei( pu eftceie luie 
çj^ik brea dél9M!t»Fae. Les phts coamis fMC 
li^ QkiUe^t ^Q^Hirendeto » les CetâiKhr fenft^ 
g8i^ im ]NiKkr$^ ks Bece&^^£cles Ciciiefi. Les 
C^ilk^ a^biPiimeia^ p«iïbu^4'Afci<}ttee(i Bup^m^ 
pQ^v y j<XÛ> d'^IA Ëiii piliM «K><ié«& & . pkK ftp« 
pertahle^'^m Afriiq|i^. Sw? b finde l'Ainatem 
eUeç s'ea. recoi»«eat in^i^-dotigu^ It MédireimMr, 
pour jp4iïc4^«« rE«i^.pte & 4if» k BaibmrdV 
«e chaleiir dwce & âmiblAbkr à celfe^des «Voua 
qu'eUea at^eodonnest » lorsque le* fizil^ ^ fm>- 
delà rEjuiaeeuMT. Les OiUks s'en vo«fi fer troiw 
pesr) <]^âi)itefoi$ coiGafine deuntées : e&z. tout- 
veat lé$ VaiiQèaux ea^ leitt tâut coavofts ^ &, em 
le$ pt^eia^ fois aiicaee peine. 
. La «letbede des tiineMdisiles p4lK)k diflSiisenfe. 
On prétend ^|«e l^âeins p^iSét k Mer -^ oarâ 
l(^ Reli^doos d' Atig^terre ^ de Sidèdr ne leifiènt 
rioâ; douter ^^ ^teirs, om du micms. cell«i des 
Thys les.pkwt fepaeia«ian«j(îc. y net s'arrAseat ctt 
£u<K>pe & ne fe ce&bieo( detig de» taenia iôu^ t^- 
ce,^ eo $'9fK;sQchd»t. k» «mes eus aatres^i. t^e&t» 
CQRtrie paiii^^ beti coeroe bc$;. Ëife». ict mcidfeeitt 
pas ti!«^.deiis:des esdr<âfi&âo(igflies!diA.^e£%e des 

hom- 



te_ £*. w ■ ,^- , 



«aux. La ptéèçittew qtf fetei bxA driîfe bar «Vîui«. 
^ Ite <è biêil lùftitr li^ fiuùM œt teat huilée 

«e ée fc ^b«)<rfief j ktèteétttiéiîânfe, leëâsdi 
déhbrt 5 lëà gaHiitft fdùi^ Pcàû «c feiis ra éhdk 

â&ê»(é. ËIW f y «figèttWiflfent fit y pàî&iic Pt*. 
f» ans Rlbutetnènt; Lé ctôedr bôfetiûufc cetJdb- 
âà^ldyjèiirt à Ittk battre, «c Uu retour dû ftifr 
iffttt té éMéùt les atojuitlk. Elles regaghert 
«c«S iWift âéttèures ^rdihàire^ , ehâCutte tfàl» 
l^m^éièà Pijré, ion VUlàgé dû & Ville , at 

^ iJlis tîf Uèsj 8É lès Câhàrdîî ftûVafeès vttot aûflL 
%mmpf6thès ât raivtr, chercher des ciiâkS 
^teé€cW<. Tdûè s'àffembterit à un certain j5uh 
^iëmaè Us Hirohddlès 6c lès Caillé§. Ott dé^ 
fefeipë êé iàbm^griifc , 8t c*«ft uàé thôft àêTdl 
êgmyUî àé lés voir Vdéh Ils. s'af fangCnt ôf dl* 
fllSi^fcfîHait fiif uifté longue cdônïie tbmmë lifl I ^ 
fitt fot dttiM Mgnéi iTÉiiniéë en Un pblnt, tDShriè 
t« y reôVértd. Le CanàM bû la Grifc dui ^ 
b pdfl«t§,^ fônd Pair, ÔC facilite le paflàgé à cèut 
Iftf i fûîV^t. H tfcft 4u\iti tènià cbr^é de 11 
tèd)t»il!idh; il pdfië dé là à hâU^e. & (ihâil^ 
ti« hti fûccède. 

TtMds éés inérVtflte que éhàfcutt admire ckft 
Ifej Oifdtax dé paflPagè , donhertt lleU i là Coih^ 
îëflfe de feîrc queWueS rèflèxioïïs. „ Cjudqûè 
jéiM ac^oHtumeéj dit^ellè,à tëttt^tt^iier tôt» 
les ans en Automne un certain jour, diî tëutêft 
te^ Hirondelles ^àflètnblent pour partit dé tom- 



0> 



7> 
9? 



J> 



tou- 



f 68 BiBUOTHXQpK RAIfOKKlAlf 

p toujours un miracle pour mcx* Dans leur pa£ . 
„ (âge au-deflfus des Royaumes & des Mers, je | 
y, oe (ai ce qu'il faut le plus admirer , ou de h 
^ force qui les foucient dans un fi long trajet ^ 
9, ou de rordre avec lequel tout s'exécute. Qui 1 
^ eft-ce qui a appris à leurs petits qu'il faudroic | 
^, bien-tôt quitter leur pays natal, & voyager 
,, dans une terre étrangère ? Qiiieft-ce qui proid 
,, foin chez eux d'afiembler leConfeilpour fixer 
9, le jour du départ ? Qui eft-ce qui iônoe de h 
^ trompette pour anncncer au peuple la réfolu- 
^ tion prifè ^ afin que chacun fe tienne prêt? 
y, Ont-ils un Calendrier pour reconnoitre la ùàr 
^y Ton & le jour oà il fiiut fe mettre en route? 
yy Ont-ils des Magiftrats pour maintenir la difci- 
^ pline qui eft fi grande parmi eux? Car avant 
y^ la publication de l'ordonnance , perfi>nne ne 
,, déloge. Le lendemain du départ, il ne paroit 
,, ni traineurs ni déferteurs. Ont-ib des Cartes 
„ pour régler la marche PConnoifTent-ils lesEes 
y^ où ils pourront fe repofer & trouver des ra- 
^ fraichiflèmens? Ont- ils une boufible pour fui* 
yy yre invariablement Je côté où ils (è propofênt 
y^ d'arriver, fiuis être dérangé dans leur vol ni 
„ {ur les pluies , ni par le vent, ni par l'obfcu* 
^ rite afifreufe de plufieurs nuits? Ou bien enfin 
„ ont-ils une Raifon fupérieure à celle de l'hom* 
^, me , qui n'olê tenter ce pafiage qu'avec tant 
^ de machines , de précautions , & de provi- 
„ fions?" 

Cette efpèce de miracle , qui n'eft afTurénlen't 
pas un des moindres d'entre tous ceux qu'on re* 
marque dans la Nature, eft en.quelque^ibrte dsr 

plique 



Jtftlkt^ Aota 13 Septembre xyi6. ttfj> 

fliqoé par le Prieur & par Mr. le Comte: Ha 
preteodenc ^e ces Oi&aux n'aiant ni Girtes, ni 
"SouiToiejni Hjifoa^Dieu leur tient lieu de tout. 
Il leur imprime à tous une méthode particulière 
& des feocimens qui fiiSfent pour leur état. Si 
ces opérations étoient produites en eux pu une 
Raifonqui leur fut propre & particulière, fi Dieu 
les avoit abandonnes à leur intelligence particu- 
lière) cette intelligence qui paroi|: en eux fi ad- 
mirable & fi éceiraue, ne s'affiajeniroit pas tou- 
jours à la même façon d'agir. Tous les particu« 
liers d'une même Efpèce aiant en eux le princi- 
pe & la règle de leur conduite , comme nous a- 
vons ea nous le principe de la nôtre, & chacuQ 
d'eux^ comme p^uîni nous^ pen&nt à fii manière, 
ils yarieroient comme nous^ Les Hirondelles 
Cbinoires ne bâtiroient point comme les Hiron- 
delles Fraûçoiiës. Il y auroit parmi elles le goût 
Afiatique , 2c le goût Grec ou Romain. Les 
Hirondelles d'Italie & de Fraqce , feules en pof- 
feffion de ce bon goût , r^rderoient en pitié 
l'Architeâure Chmoife. En France même , les 
Hirondelles de Paris n'auroient garde de fe Ic^er 
& de vivre à la manière des Hirondelles Provins 
ciales. Elles feroient la mode^fims doute» & la 
communiqueroient à celles-ci ; puis fe moque- 
roient de cette mode comme d'une chofe riuble 
& gothique , dès qu'ibleur feroit venu en tête 
d'en établir une autre. S'il y avoit de la Raifcm 
chez les Hirondelles, il y auroit de la fubordina- 
tion. Les mieux raifonnantes ou les plus entre- 
; prenantes acquerroient iàns doute les prénûers 
'' poftes entre dles» Par une fuite néceuaire, les 

L 5 Hi* 



HirondeHos de dtfbinâfcioti he TOttdioieHrpàte A 
Confondre , Ss laifToroient aux HmAidéllt» dft 
commun k fbîn de tràvtiUdr» Bto ièftfdkilt uéI 
ft&ire fort fériettlê de ftyok MbiUir plds déUici^ 
eemenc qae les morts , dtoi rifl&^ioimt Ik A 
cmnièredc luftrer b plume de de ft bkft tSiecKe^ 
Ce Teroient elles qui fitfoîeift ce qy*éti ûppè}k\k 
bd-air ^ Se les dernières venues AUmiélit tOttjtM 
bien meilleure grsce que «dles de Jfc(&Bf. Efi ii 
mot, fi les HirdddtUes ttà&fhtgÀmà^ aies iîi¥«it' 
teroient, réformerokm^ peffeâ:U»âeroiefit tm 
les jours, de feroieat comtne mus ct&t tbs6È 
importances 6c raâbràMes dMt tttt tt l\it^ 
pomt du tout. 

Cette eirplicatim n'eft fw touc^t^fift Au gô& 
de k Coidtcâè. „ Vdu^ «vet, dil-«Ue^ ^a&l 
^ fi^et de vous moquer de notre EQiliît hûfiâtti- 
^^ ne. Ce que fbm les bêtes eà û 6^ê êc fi 
^ bien entendu^ qu'on cvbiroit qu'eUês ^ti^il- 
^ ne»t^ de ce que nous fà^nà #ft fiiâVMC jgé»> 
^ pricieux & fi peu fèafé ^ qâ'M Crôt^cde qôè 
91 nous ne raifontiORS point/* 

Des Oifeaux, r Aueeur pailb au» AdteiftâS 10- 
fcftns. On dit ici ifâlk Mte i:b«)fes du Gbiâf ^ 
du Cheval , fie ^es Trôupeftulr. ftfr. le Wtk*A 
entreprend' ei^fiiite de faire l'âtogé de ïAl^i Hm 
k mpnde^ dk-il ^ âbëitdmmi fj4m : je lé iNfâis 
frendte fiui ma fr^têStiM, VU funê- t^féfmf^ 
fon cet anmal mê fUity &fëffifë ifHf éoîÊMf 
^ue bim loin d'a^èir i^oèt fmàdi^Héê m fi^ 
h&e^ il f eut em Pébjêi é^un ilô^ tsHflmabfo. 

L^Atiç n'a pas Icis qa^éi tftû\mteà^ éMNs il 
a. les fi)lkks. ^ l'oùé'id^lk ikémUmàtHaaisÊx 

pour 



fôuHT las fcrvi09séi9àn^é$\ cdui-ci fournie au 

wooins lies fAm nécefitaits. Il n'a pu h voit 

t39ut>-è»fak bcUe^ ai r«ir noUe^ hi des amièrei 

fert Tivâs ; mm \mt bdk voit eft ofi nérios 

bien «mnceçanUi des^eiis folides* L'air fioble 

eft: fsempUct dsez lui par «dae douce & modeite 

çoDtcnanceé £t an-lieu de ces tâinièrcs fi iun 

b<ilent3ea de fi irréguUères du Cheval , ijui ift« 

commodcfit ibttvenc pkis qo'dks ne plaifenti 

l'Ane a une ftçôn d'agir toute naïv« & touce 

fimple. Point d'air ttngM^y poînt de ruftâfl^ 

ce : il va «mîmenc £» cheneiia. Û ne va ptt 

tien vite > mais il va de fuite fit long-^ems, H 

adiève fit bcfcgpie £uis bruit ; fl vous retid Ai 

fiarvicea avec p6rievéraoce9&j^cequieftodgralMl 

potQC dans va Domeftique , il ne ies frit point 

valoir. hAdapprét pMr km repas» le premier 

clianio& en f^c Vaffàire. II «ib croit rien dÂ^ 

<m ne le voit jamaô ni dqgomé^ ni tnécontemt 

tout ce qu'on loi donne eft hten reçu. Il gotttt 

trèsinen les naeilleutes clKrfbs » & îfe oontenté 

boenctcikient des pks maovaiiès. Si on f ootÀ 

& tjii'bn l'attache un pen loin de Fberbe^ il ptit 

ibâ maitfc le pins praétîqveiBent qu'il M a 

poffihlfr, de pourvoir à (es befoins. Bien dl-4 

jiilte ^'il vive. Il y emf^oye toœe Sa iUiéô>» 

ri^ne : & haiangue faite , il atocnd poaieHMoeai 

Fandvée d'an pe» de fon ou de <|aelqucs iÎDfiilfo' 

rs ifHKiles. A peine tftAl achevé fon repas jt 
fanée, ^il teprend ûl chaiq;e, fie & nsmer en 
oiarche (kis réplique ni raufmuvc. Voi& car'* 
taûtetnent des manières eAakmbla^ Voyons tt 
qooi il eA employé. 

Les 



17* BiBUOTHËQps RÀiiJomnhB ^ 

Les occupations de TÂne fe reflcocent de far 
btilèflë des gens qui le meccent en œuvre ; m» 
le ji^roenc qu'on porte de lui & de fon tnaitr^^ 
font également injuiles. Le travail du Juge^ de 
rhomme d'Affiûres, &duFinancter> a un air plus 
important j leur habit en impofe. Au contraire 
le travail du Pàviân a un air bas & méprtfàble, 
parcie que fon natnt eft pauvre & ion état mé- 
priie : mais réellement nous prenons le chai^. 
Ceil le travail du Paylàn qui eft le plus eitimi- 
ble & le feul néceûidre. Que nous importe que 
k Financier fbit doré depuis la tête jufqu'aux 
pieds ? ce n'eft pas pour notre avantage qu'il 
travaille. II eft vrai qu'on ne fe peut gwre paf^ 
ièr de Juçes ni d'Avocats : mais ce ibnt nos fot- 
tiiès qui Tes rendent néceiOfaires. Il n'en faudra 
plus,quand nous ferons raifbnnables. Au-lieu que 
nous ne pouvons en aucune forte, ni en aucun- 
tems, ni dans aucune condidon^nouspaflër du 
Payfan ^ de l'Artifan. Ces gens font comme 
r«ame & le nerf de la République, & le ibuden 
de notre vie. C'eft d'eux que nous tirons de« 
quoi remplir à chaque inftant quelqu'un de nos 
beibins. Nos maifons , nos habits , nos meubles 
& notre nourriture, tout vient d'eux. Or où en 
feroient réduits les vignerons, les jardiniers, les 
maçons & la plupart des gens de campagne, 
c'eft-à-dire, les deux tiers des hommes, s'il leur 
faloit d'autres hommes ou des chevaux pour le 
tranfport de leurs marchandifes & des matières 
qu'ils employent.^ L'Ane eft fans cefle à leur fc- 
cours. Il porte le fruits les herbages, les peaux 
des bétes, le charbon, le bois, la tulle, la bri- 
que. 



ymKkfj Jkàt & Sipttnàrt ly^tf. 

«ue, le plâtre, la chaux, la paille & le fumierj 
CTeft un grand avantage pour cette multitude 
d'Ouvriers, & pour noua , de trouver un ani- 
mal doux, vigoureux , fie infatigable , qui fans 
fraix & uns oi^eii remplifle les Villages & les 
Villes de toutes fortes de commodités. 
, Rien n'eft fans doute plus beau que cet %Ofgt 
lie TAne, & pour achever de fiiire mieux fentir 
Futilité de fes fervices , Mr. le Prieur le met ici 
ai (Kuallèle avec le Cheval. ^ Ce dernier, à ce 
qu'à prétend, reflëmble aflèz à ces Nations qui . 
aiment le brillant & le fracas , qui fautent de 
fianient toujours ; qui s'occupent beaucoup des 
dehors, & qui mettent de Tenjoûment par-tourj 
Elles font admirables dans les occafions diftin- 
guées & décifives: mais fouvent leur feu d^énère 
en fougue. Elles s'emportent, elles s'épuUènt» 
& perdent leurs plus beaux avantages , nute de 
ménagement & de modération. L^ne au con* 
traire reflëmble à cesPeu^es naturellement épais 
& pacifiques, qui connoiflènt leur labourage çii 
leur commerce, & rien de plus, vont leur train 
fims diftraâion, & achèvent d'un air ferieux & 
qpiniâtre tout ce qu'ils ont une fois entr^ris. 

U f^t avouer que cette companûfon eti: tout- 
à*fàit ingénieufe. Mais je ne (ai (i ces Peuples' 




les avoir compares à l'Ane. Ces Nations jmI 
mimefit le brillant & k fracas ^ qui fautent & am 
danfent teujôurs , ne feront pas non plus fort 
contentes qu'on fafle ii peu de cas de ce qu'ils 
citent le plu^. Je crains fort que Mr. le Prieur 

ne 



1 



M ff iM& Pir-4i ua gtaod nombre d'c^neotis. Et 
^ &i( 6 W Q. . • . . . n'iroQjc paa s'iœagjpiei 
w'qo ftic ki Ifui^ poftnûc ? Lt l^u^égyrifte de 
(AoQ «u^t »î^8^ à ftircL I focte varae. Cgi 
^cfÇciir» iroQvecoieni db Imc côtic Mr. IcCook 
te de Jon\^^ ^ piicP9 tiè9 Qioootimu; qu'oft 
doow lonfi Ia piéf^rcace è l'Aocu C^y mirViy 
im: <hifi infouMmUt ^ mdécen$9 fm t/mM «*« 

P0 d((g^4 f^éfwr ^f0î finmi fin m$$mfftnt y é^ 

Aj^^QAtaeiit qtm Mr^ le Coimo k mecooit «t 
tang de c«( /m^4 ^êè^y donc les qui^cés cMOfi 
Uaç de rappott i^vec celWa de F A«e» M^ c^<^ 
afl^ s'arrêter fur cet nrcicle, ài&m^ ua fpoe de» 

. ToiH <e q\ar nooit^ Ametir fK>» i^praid dm 
Poifibo^ en gémr^,. n'eft pes ce qu'il f a de 
xiyrâa çiurieti^ daos ioA Ou¥rf«. Nou» aooft 
QQni^ierotMide rtppomr e«^ qqfu dk df> kOuttr- 
re de mdques-ua^ d^eiirre &xs 9 de leur ncurri^ 
ture y ^ de leur gmode fecoodi^. lut Moutey 
espèce de ppiflott donc tt toasld^ que le» aucres 
qe deyroienc mxk ^fnok à craindre ,. ne l^fie pti 
de feivî tendre dea pièges &,de tes &irprendfc 
Pour y réuffir^ eUe fe tient en embuficsde fur k 

gcavi^, elle enrir'ouvre fes écaîUes , & les ret^ 
jrce bnifiiuemesii lorsqu^ia petit Crabbe ^ at 
cpnnoic pas le daagor^ s'avife d'y voidoir eaiicer. 
Autant en £ue l'JEiaitre à d'autres Poiflôn» auS 
ûi^rudens, l^a SqU & la pluçari des; PaU&ae 

plats 



r ■ _ ■ • 

pI^ fe cachent dgns la vafc dçni; teur dosioMli^ 
fit couleur ^ & obfervent ^«çiitivcrpcnt eii \fi^ 
femelles des ^o$ pôiÇfonf fQtit un trou ppuic y 
mettre b^s leùr^ (guft , fur lefquels Ie$ raâlct 

I vont enfuite ^pofer leurs Uitçs, pour donner lî^ 
fifcon^té % ces ceqfs. ï^a Sole fort bica-tQt A^ 
près de CQn émjbufc^de , 8ç fe jettie: fur ccttç wur-. 
lituré ex^i^Ç;^ qui lui dpnûç \ elle-même unç 
|naffe ^ une ftvçur p^f^ite. Le§ petites Sple* 
a leur touç fervçnt de nQuî^iture^aùx gros CwJbH 
bes, & comme elles nç qùitteut guère 1q pai* 
yîcr où elles çhercKent 4ps çeuÇs de poiiÏQu^^ il 
^l\ p^ iuCqu'^ux Saliquôts Qu Crevettes \ qui 
dlcs ne favent de pâture., Çc Too n'puvr^ prdF- 

I que aucune de celles-ci qù ToUs ae trouve uaci 
pu deip: pçtîtes Soleg. 

On peut; jugçic dç§ autres Efpèce^ pair cello^là^ 
D^uis les plu« gros animaux que Içs omx pro- 
Wntj,iufqu*iuxptu$ petits, tout çft en a^ioa* 
î^eii^ûçrre : cç n>ft qjie rufes^ que fuites j* 
^uç détours , & que viol^çç. Ou s'y eaoce- 
pky Qil s'y entrç-mange fejtis pudeur ni miefure.' 
En yn tnot ie3 poidons font comme leshommi^; 

&Jençiai3^^ ^ft l'Auteur, pourquoi OQ.a'^ pas 
cacojre été tgixtc de leur pretet de URaifocu R^is 
YQiçi un.ç pçnjge ua peu, plu5| férieufe. Si les 
llrtit^ des çiux fc>at toujours à l'affût pour dé- 
iforçr lç9 oeufs ^ les laites les uns des autres. Se 
Vm s*e.Q]trç-dévQter eui^^-mêmes , cjet éléwnt 
çeflçpg onSrx d'être pçuplé,& il y a rnçroe Icmg- 
t«rns ^u'il ae. le, dcvroit plus égrei Les moiadtcsi 
EPÎflBbns feçvacLt de, nourriture au^ plus fort^^au-» 

^sÀm dû. fuir i §«; ks plu§. forts^ wûi doiveoç 

• périr 



ijs ÉniAotURQjjB RaisonhbIb^ 

{>érir à leur tour,£uite de nourriture. M^ rietl 
ù'eft û frivole, que les critiques que niomme oie 
faire des ouvrages de Dieu. Il a pourvu à la 
eon(èrvation des poiflbns , en donnant aux uns 
la force, aux autres la légèreté & la prévoyance^ 
& en les multipliant tous d'une manière fi pro- 
digieufe , que leur fécondité furpaflè leur ardeur 
naturelle à fe dévorer. & que ce qui s'en détruit 
eft toujours fort au-deflbus de ce c^ui iërt à les 
renouvdler. Quelaue grand que (bit le nombre 
des Morues qui ontetë conibmmées par les hom* 
mesjpendant une année, ou dévorées en Mer 
par aautres poiflbns , ce qu'il en refte ett tou« 
jours plus que fufS(knt pour en reproduire un pa>* 
reil nombre deux ou trois ans après. 

Voici la preuve de ce que l'Auteur avance à 
ce fujet. „ Lors, dit-il, que je fus voir le Port 
,^ de Dieppe, on nous apprêta une très belle Mo- ' 
„ rue fraiche , mais fort inférieure à celles qui 
„ nous viennent du grand Banc. Je fus curieux 
,ji de compter les œufs qu'elle portoit. J'en pris 
„ la pefànteur d'un gros , & nous nous mîmes 
„ à trois fur ce gros. Nos trois fomtnea rap« 
„ prochées, & le total du gros arrêté, ixxis pe« 
„ filmes touig la mafTe d^œufs , & nous répéta- 
,^ mes huit foi/ la même fomme pour autant 
^ d'onces ou de huit gros qu'il fe trouva dam le 
„ tout. De l'addition de toutes ces (bomies il 
,, fe forma un total de neuf millions trois cens 
„ quarante -quatre mille œufs." Une Carpe 
commune n'a pas à beaucoup près autant d'oeufs 
qu'une grande Morue j mats la quantité en ^ 
cependant fi énorme , même du premier coiip 

d'œU, 



JiUikt^ Aput & Septmhn ij^6. 177 

li'oeil ^ qu'dle aide beaucoup à rendre le calcul 
précédent recevable. 

Quand on cherche quelle peut être la fin & 
k deftination de cette prodigieufe fécondité, on 
voit bien que cç n'eft pas de donner aux Riviè* 
res & à la Mer autant de poiûbns qu'il s^y trou* 
ve d'œufs: autrement le badin de la Mer ne fè- 
roit pas fuffiiânt pour les contenir. Mais on 
voit que cette fécondité tend à un double bien; 
premièrement de conferver l'Efpèce , quelque 
accident qui arrive ^ & enfuite de donner aux 
poifTons vivans une nourriture copieuib & fuc- 
culente. 

Un Phénomène aflèz fingulier, c'cft de voir 
les poifTons avancer > nager , s'élancer dans Teau^ 
&jittra()er leur proie, quoiqu'on ne remarque à 
la plupart qu'une tête, un gros corps immobile^ 
& une queue. Mais voici comment on conçoit 
que toutes ces chofès fe peuvent ftire. La figu- 
re de tous les poiiibns étant toujours un peu ai« 
guifée par la tête , les rend propres à traverfer 
un liquide. La queue à l'aide de (es muicles (è 
peut courber en tout fens : elle eft forte & agil^ 
die fe panche de gauche à droite , & en fe re-. 
dreflant elle pouffe l'eau qui eft derrière «lie: elle 
fe replie aujQS-tôt de droite à ga jche , & par cet-- 
teimpulfion alternative elle fait avancer la tête 
& tout le corps infiniment mieux que ne peut 
faire une rame qui eft à la queue d'une Barque, 
& qui jouant tour à tour à droite & à gau-^ 
che, la fait avancer. Les nageoires qui font 
fous le ventre du poiffon , fervent auffi quelque 
peu à repouffer l'eau pour faire aller le corps àc 
2^. XVIl. Fart. I. M l'ar. 



1 



r«rrêter anfiiite , quaod le poiifoo les âend &» 
les remuer. Mais la principale fonâicMi en eft. 
de diriger lis tUouvemens éa corps en le tenant 
en éqailibre ^ eoforte que fi le poiflba joue des 
nageoires qui font | drotee , 6c qu'il couche fur 
{on corps cdies qui iboc à gauche ^ tout le nx>u- 
v«tnent eft au(fi- tôt déterminé vers la droite: 
comme un Bateau k deux rames , û oa cefle 
d'en fiiire jouer une, tournera toujours du cote 
qu'on appuie contre l'eau avec l'autre. Otet les 
nageoires aux poifibns, le dos qui eft [4uspe£inr 
que le ventre n'étant plus maintenu en équilibre 
tombe fur un côté, bu defcend même deflbus^ 
comme il arrive aux poiflbns morts (fù viennenc. 
fur l'eau les nagecnres en*haut. 

On conçoit par-là conament la queue du pozA 
Ion étant pofee droite au milieu de l'eau , fhippe 
cette eau de côté & d'autre, & fait enfiitte wer 
le corps jcn avant. Il n'eft {dus queftion que de 
Avoir comment cette même queue peut pouflèr 
l'eau vers le haut & vers le bas. Voici comment 
la chofe fe pa{]k. La plupart des poiiHbns ont 
une eipèce de Veffie ou bouteille pleiiie d'haïr, 
qui leur fert à monterouàdefcendre, félon qu'ils 
h, dilatent ou qu'ils la refierrent. Pour com- 
prendre ceci , â faut d'abord pofer pour piinci« 
pe, Qu'un corps nage fur l'eau , quand il n'eft 
pas plus pe(ànt que le volume d'eau dont il occu- 
pe la place. Si une planche qui a un pied en 
?uarré fur deux pouces d'épaiflëur, (e trouve 
gale en poids à un pied d'eau en long & en large 
fur deux pouces de profondeur, die nage à fleur 
d'eau. Eft-elle une fois moins pe&nte qu'une 
même mefure d'eau, elle n'entrera dans l'eau 

' - l que 



y0iB0f^ jÊoSt &f Sêftemire iji^ 17J» 

le de ft moitié. Eft-elle trop compaâe 6t 
)«$ peâote qu'une pareille maiTe d'eau, die eiw 
Micera. Eq {ccood lieu, un corps eft plus pe« 
fvA à proportion que fes parties ibnt plus (êrrees^ 
M qu'il coudent paotns d'air; & il eft ^us l^er 
ï pr^rtioa qu'il eft plus plein de pores , & 
91'il adfriet i^us d'air. Une bouteille pleine de 
6{ueur s'enfonce dans l'eau , parce que la liqueur 
& la bouceille enfcmble pèfent plus que le rolu* 
tne d'eau qu'elles remplacent La même bou- 
teille pleine d'air furnage, parce que la bouteilte 
te Pair enfbmble ne pèfent pas tout-à-faic tant 
qfie la mafle d'eau dont elle occupe la place. En 
un mot, chaque corps: enfonce dans 1 eau^ tant 
qa'il n^eftpas en équiubre avec une quantité d'eau 
qui régule en pe^teuh 

Celafiippofe, le corps du ppiiibnqui eft plus 
pe&nt que la quantité d'eau dont il remplie h 
place , devf oit toujours tomber au fond ^ & il ne 
pourroit en efièt qu^es'y trainer, s'il n'avoir dans 
Ks cannes un vafe plein d'air qui lui ^t à iSç 
(mmk i tel ei^rok de l'eau qu'il lui plait^ 
Cette boutdlle gonfle un peu le poifTon , & le 
nod pbtseros qu'il n'dl: naturellement, mxs riten 
jouter à ton poids , ce qu'il faut bien remav- 
S<Kr. U occupe par ce moyen plus de place 
^'il n'en occuperoit &ns la bouteille , ce <}ui lé 
OMt en équilibre av^ç la ma0è d'eau dont il oc- 
cupe le lieu. En fiippofant que lie poifibn ùas 
; bouteffle pèfc fcixe orxoes , & que Veau dont il 
tieht k place ne pèfe ^i|^ q^in^ onces , le poif- 
i fon dcvroit enfoncer. Si vous mettez alors dans 
ce fpiflon une petite ;phiole pleine d'air qui 
>'SÔuce rien à fon poids , mais qui rende le 

M 2 poif- 



poiffon phis gros , il occupe plus de place, ttj 
donc I*eau dont il tient la place pèfe alors feiié ' 
onces ^ le voilà en équilibre avec cette livue 
d'eau.' Alors il fera (butenu, en quelque endroit 
de la Rivière qu*il fe trouve. Il pourra donô 
nager & avancer fur une même ligne. Voyons ^ 
I préfent comment il peut monter & descendre. ; 
Dès au*fl peut groffirfa bouteille, il devient pin | 
gros lans pcfer davantage, & occupant la fdace | 
d'un plus grand volume d'eau qu'auparavant, 3 ' 
devient, plus léger que cette eau. S'il devient j 
plus léger, il doit monter, & il monte en efiisL \ 
Au contraire , fi le poiffon refferre fa bouteiffc 
& en fait fortir un peu d'air, il devient plus pe- 
tit, il occupe moins de place fans rien perdre de 
fon poids. Par ce moyen il doit pefer davantage 

Sue l'eau dont il tient la place. Ainfi il doit 
efcendre. 
Mars, dira- 1- on , quelle apparence y a-t-i 
qu'un poiffon puîïfe à tout moment reflorrer ou I 
âargir cette bouteille, félon le befoin qu'il a de 
monter ou de defcendre.^ Ce fait eft bien prou- 
vé par* un grand nombre d'obfervations. La bou- 
teille des poiffons eft communénSent partagée en 
deux chambrettes ou portions , l'une qui eft; 
toujours également pleine d'air , pour tenir 
toujours le poifibn prefque en équilibre avec la 
inaffe au-lieu de laquelle il fe trouve: l'autre por- 
tion de la bouteille fe gonfle ou s'etréctt pour 
rendre lé poiffon plus ou moins l^er , c*cft-à- 
dire ,' pour monter ou pour deicendre au be« 
foin. 
On lira avec plai&dàns notre Auteur de quelle 

ma- 



JuiSètj Août ta Stpmlfe vf\6. i8i 

toaitière le poiflbn pompe l'air , loriquHt veut 
ERonter, & comment il laifTe échaper ce tniSme. 
air, lorsqu'il veut defcendre au fond de Teau. Il: 
avance à ce (ujet une chofe qui n'a pas encore* 
été prouvée , & que peu^être on ne prouven. 
jamais. Voici ce que c'eft. Q prétend que les 
poiflbns font toutes ces opératioh^iàns ûv(À 
qu'ils les font ; que la jufteflè de l'cxëcutioiy 
montre, non aucune connoifrance ou attention 
de la part de l'animal en qui h chofe'iè rafle, 
inais uniquement la {à^fle impéhétraUe do 
POuvrier tout-puifTant qui a &it toutes chofo; 
Çtez99MS'mêmes , dit-il / i qui Dimd dmtné la 
Edifoff f0ur régler nos aûianSy eoMien t^yfa^t^il 
Jecbofis ùà nous fiémims aucune fart ? Vàus fof^-^ 
S9m\^ foMs favoir ta pruSure ni Vujagit dw^f^u-^ 
wml ^ous fautons y nous ianfons ^ nousfaifins 
unc(htUy un jette ^ un f as de menuet ^ un fas de 
9^audony fans favêir m ks nerfs qt^ilfaut tirer ^ 
m les mufcles qi^il faut gonfler ou relâcher^ four 
faire tel ou tel pas. Toute cette queftion fe ré- 
duit à favoir ii les poifibns n'agifielit que- com* 
me de purs Automates : queftion qui a été agitée 
depuis long-tems , mais qui apparemment ne fera 
jamais décidée. On ne peur recourir ici auxjexpé- 
jieoces: il faudroit.pôuvoir nous métamorphofer 
en poiflbns, pour iâvoir ce qui fe paflè en eux» 
Les deux derniers Entretiens du L Tome de 
c^ Ouvrage ne. roulent que fur les Plantes. Cet* 
te même matière eft encore traitée dans les deux 
Panies du Tome II. Le Public n'à^w reçu 
ce dernier Tome avec la même avidité .qu'il a- 
I voit reçu le premier. Peut-être a-t-il trouvé que 

M 3 l'Au* 



ttt BlBl^lOTniQiJft RAfkONMBy^ 



f'écetidQit beauwup trop fiir ki 
des Phntes. PeiiC-être Mm a - 1 -on e<i Ueu de 
& pkûsidcé GKi'il fe lût écarté de (on Ayety 
flc o'e&t p« uiivi fou premier Plan. £0 câhr^ 
au^Uea de «'en teeir aux iîeuki produSdàta 
de la Nature, il a entrqpm de oous décrire éms 
ce ftcood Toâie frittfietics Ouvrages de ÎAn. 
Ce n'eft pkia alors ofirir au PuUic le SfffâUA 
dt U H0$wr€.^ mais le Sf^Sûch Ji fjêrt. On 7 
fj^^ouve eetteautrosla deKfi{>don&la figure d'un 
tttjg^ mréfè^ , & celk d'ua gHn Freffiir^ 
pour préparer, le Vin. On y décric , & mètat 
afle^aa- long.^ use Meub à écfMfrr ks Ps«NMr, 
Avee un Fteffirir à étrafit auffi Av Fvmmet a» & 
Kfjfwf. On n'a pas nonpkis oaUié de now don* 
asr les. fibres de ces deux machines. On en a 
trop diciMtr U manièie de. cultiver la Vkney 
& £ir œUe de &ire les diveriës fortes de VW 
Peu de.géns ont été curieux d'apprendre là ma* 
fiîère doât on prépare la Biire , le Cidr^^ ÏURfm 
êhmtXi le Pwncbr^ VEa» deme^lt Caffé &k 
dmoUa. D^un autre cotéi aui-lieu. de xhcrifir 
parmi les {dântes dequoi exciter la curiolité do 
Leâeur^ on ne lui oâire iqoe.qûdquei Arbra 
cMi quekpie autre plante qu'iliootmoit déja^ & qui 
&. renconiTe par-tout Peu de gens aiiaenc à 
lire des Diflënadons fur des madères trop «m» 
muRCS. Tout le nxmdè connoit aâet» parmi 
les fruits, les Frmjis^ la^Cefifn^ les FramMfis^ 
les GrtfiUkt ^ les Trums ^ diveriës Efpèces de 
Ftmms âc de Ft^res ; & parmi les Plantes po* 
tagères, Ità Chwx^ les Efnt^rs^ les Lsitws^ \a 

Ci- 



Carottes ^ les Saffifis, Iç Ch$rviy les Ns^u y leg 
JUws^ VOfeiUe^ la F^rée , la Ci^îfi^^ / le CVr« 
X^emly le Cf/rri, le Fourftety & plufîeurs «iicre$y 
<)iie l'on &rt cbaque jour fur les tablas Icss plus 
IxHirgeoifès. On auroit encore pu omettre uo 
afiez long Entretien qui ne roule que fiir le !.#- 
himragjf^ Celui où Ton traite des B^ix & des Fi^- 
rêts^ eft plein auffi de digrellîons qui ne devcnent 
pas entrer dans ce plan. Ce n'eft plus s^entretè- 
nir de VHifiwre Naturelle y<fie de parler de IWI- 
Mté'de la Chafey des Armes à feu^ dç^la Sdfirvfi 
jhs droit de dbaffe^ de la CharfenUfky die k N#- 
fvigatim^ de XOri&ise des Arts & de la Méùtrifi 
Jes^ Eaux ér 'Bérets ^ 

Pour faire connoitre ce &oond Tome, j'en 
.^anfcrirai quelques Articles par lefi]uels on pour- 
xa ic^ger des Remarques aue je viens de fkiir. 
Uous commencerons par les Herbes poragères, 

3ui fervent d'Entretien au Cbev^er .âc au 
^rieur.. 
Le Chevalier aiant demandé au Prieur quel- 
les font les racines dont on ^ k i4us d'u&- 
jgfiy & dans quel tems on les plante ; le Prieur 
mi répond en ces termes ; ^ lies Racines 
yy font les Saluas, les Ca]t)ttes, les Panais ^ les 
^ Chervis, les Raves, les Bètes-raves, les Na- 
^ vêts, âc quelques autres. Le ^^M cft de 
„ deux fortes ^ le commun fie celui d^Ëtpagne^ 
^ ou Scorfonère , qui groffit davimcage & eft 
pUis eftkné que le commun. On (ème laScor« 
jboère au Print^ms & au mds d'Aoât. Elle 
demeure deux ans en terre : xmis on en ième 

X 4. i» une 






1^4 BlBLIOTHVQ^E HaISOKMV^^ 

,, uoc'plante chaque année y . pour n'en poinc 
^ manquer. Le Salfifi commun fe iètne au rrin- 
^ tems^fic ne dure que jusqu'au Carême de Pan- 
^ née fuivante. Ges racines k plaifent dans une 
yy terre un peii grafle, mais extrêmement douce 
yy & ameublie : finon , la réfiftance des tnafles 
,, de terre trop liées les fait fourcher, ce qui en 
yy ôte tout le mérite. 

yy Les Fanais Se les Caraftes blanches, jau- 
,, nés, rûuges & violettes, fe ftment en Avril, 
,, dans une terre légère fic-fablonneufe , mais un 
„ peu bumeâée. On a foin de les farder, de 
yy crainte que les autres herbes ne les appauvrii^ 
y, fent; & de les éclaircir comme les Salfifis, pour 
„ les fortifier. On peut encore les faire groffirl 
„ davantage en coupant au inois d'Août tous 
„ les montans à un demi-pied de terre. Vbtdezr | 
„ vous faire encore mieux ? faites y rouler en 
„ Septembre un cylindre ou un tonneau fort pe- 
„ fàiit. On lève ces racines ayant l'Hiver, pour 
„ les confèi'vlïr fous le fablë dans la Serré. 

yy Lé^Chervi fe fème & fe plante fort dru, 
'„ parce qu'il groffit peu. On ne le conferve que 
,, jufqu'au Carême. ' ^ 

' ^) • Les Navets fe lèment auPrihtems pOur ea 
„ avoir en Eté; Onenlemeen Août j- qu'on re- 
„ cueille de même deux mois après. On les 
„ col^ve è l'abri & au fee , mais par tas & 
„ (âns^gtamde précautioti , durant tout l'Hiver. 
,j LW petits Navets de Cbatnpagne font les plus 
„ ^filmés : mais Cernés ailleurs ils n'ont plus le 
,, cbême goût. 

^ Les Jtavis veulent Jatene la plus douce 

& 



j> 



yuîUtt^ Ao&t 6? Septembre 1756; iSj» 

'^ Se de fiéquefis arrofemens. On les (ème & 
yy on les élève fur couche dès le mois de Février 
33 ea les couvr&nt. Elles ne font que cinq ou 
33 fix iêmaines en terre , & on en reième entre 
3, les rayons de laitues & de chicorée 3 pour en 
3, avoir tout l'Eté. Une même terre produit 
33 ainfi une double nooifibn. 

3, La Bite-rave ne fe multiplie que de grai- 
33 ne. On la fème 6c on la transplante au Prin* 
^ tems. On la lève avant la gelée, pour la cou» 
-33 ièrver dans le fable à couvert.** 

Telle eft la méthode que fuit notre Auteur 
<]ans THiftoire au'il fait des autres Herbes po^ 
tagères & des Légumes. On jugera par -là de 
ce qu'il peiit dire dans l'Entretien où il parle des 
-Fruits. La plupart des Curieux n'y trouveront 
lien de fort mtereflknt. Une bonne panie de 
ce Volume ne paroit convenir qu'aux Cuifi- 
niers & aur Jardiniers. 

On auroit pu retrancher de l'Entretien où l'on 
traite du B//3 tout ce qui regarde la Mmjfen^ les 
Motjfonneutf y la confervatia» du Blé^ £c lu m«- 
niire d$ battre en grange. Tous ces articles au« 
roient pu êtîe remplis par d'autres bien plus cu- 
rieux & plus importans. Le ilyle ne laine pour- 
tant pas d'être toujours vif , animé & naturel. 
On en jugera par ce que l'Auteur dit des Bat* 
teurs en grange: fujet qui ne paroît pas pouvoir 
être traité avec élégance, 6c où il y en a cepen-^ 
daîit beaucoup. 33 Le befoin , dit-il y qu'on a 
33 des pailles 3 nous obligea féparer le blé de l'épi. 
33 Ce qui fe fait en rangeant les gerbes dans l'ai- 
33 re de la grange, épis contre épis, 6c frappant 

M 5 » rudç*. 



•» 



1 

1^ BlBMOTHBQ]im RAIVpNMB'ft, 

^ rudement ceux-ci i grands coixps de fleouK, 
^ Les Anciens £sii(bienc partir le Ue hors de Té- 
^ pi en faiûnt paflèr &r^afljar fur les gerbes un 
^ Boeuf qui les fouloit aux jpieds» ou une lourde 
^ charette qui produifiiit le même eSIsL Les 
^ Gaicons & les Italiens empbjent encore à cet 
^ u&ee les charettes ou les traîneaux. Les Turcs 
^ fe &rveat de tables hériflëes de pointes de fer 
yy ou de pointes de piçrres à fufil) pour hdSu 
^ rudement les épis. Mais on n'a tien trouyé 
^ de meilleur que les bias d*un fort Batteur, qui 
^ levant en l'air le Ions levier auquel le fleao eft 
^ rufpendu , pcMrte fur les épis un coup d'aucaat 
yy plus fort qu'il eft ramené de haut. La iècw- 
^, de manière de conferv» le grain , eft de fe 
„ remuer beaucoup loriqu'il eft hors de fépi, 
yy de le cribler fouvent , de le fa&e paflër d'an 
3, endroit à l'autre en l'^urpiUaat «vec la pê- 
,, le, ou en le faifànt tomber par luie 8ug^ oh 
yy une trémie fort large par le luut & étrcto par 
yy le bas, dans d'autres oui font pofées plus baa, 
,, d'où il eft relevé fur le champ à l'aide d'une 
yy grue , ou autre machine , dans 4'ét9ge &pé- 
„ rieur. Le blé aînfi remué & aéfé de quinau 
„ jours en quinze jours durant les iix premiers 
,, mois, demande moins de ibins par V fuite, 
,) s'il eft dans un lieu fec. Le mouvement & 
„ l'air fuffifent ppur lej^rantir peod^tiin tem^ 
yy de rhumidite, de l'echaufiâifon, delà peu(- ' 
„ fière, & des diaranfons. Si on donne lettms 
„ à ces Infeâes de s'y glifler, ou d'y faire quel- 
que féjour , ils s y multiplient promtemenc 
comme des fourmilières, & pulvériicnt bien- 

7> tôt 



5> 



i 



;,i tôt t0ttt QB w. B fium leiv déclarer une guer* 

^ re perpécudle en reœutntde nouveau^ea froN 

^ tmnt les eimroûs avec des huiles & avec des 

^ barbes d'uœ odeur forte ft capable de les é* 

^ cacïcr^ ccNoame font l'ail & l'fayèble^ ou bien 

„ «1 les eipofiiDit iur des couvertures aa «rand 

^ fiileil ^uiksciie^ oi| eftin m lâchant & un 

^ caa une baade de Poulets^ qoi quitteront, dit- 

^ on y le grain pour sfatdlcher aux cbanuiibi|s, 

„ tant qu*il en pôroitra/* f 

• Nou» ne pÂiflërona pas ]^us loiii cet Extrait 

Le luo&tm pomra jueer pai* ce que nous avom 

mppôrtéyde ce qui eft contenu (uns cet Ouvra** 

ge^ 6c de la grande di£Gbrence qu'il v a entre le 

pféaûerTome & le fecond- Il faut e&érer qu^^D 

recevra le fiai vaut {m) avec ks mêmes âoges qu'on 

« donnes au pràader. 

(«) L'Auteur ptomèc 4e éotitia éilis la fakie im troi- 
fième TcnacL 



.fc— W>^^— ■»«>— Il ^ ■ 1^^ # 1 j Mil 



ARTICLE VU. 






PsALMo&VM Liber, in yerficulos metrice divi-^ 
fiis, & cum ^iis tritices fubûdiis , tum praç- 
cipue Metrkes ope, multis in locis integritad 
fux reftitutus. (Jum Diflèrtatioite de anti^ua 
. Hehrdf&rum Tdêfiy aliisque quxûtis,ad Librum 
Pfalmorum perdnentibus. Edidic Francis- 
eus Harç j S. T. P. Epifeopua Ciccihrcnfis, 

Ccft-à-dire: 
Le LivRt DES PsEAUMEs Mvtfé m vm^ & 



n 



t88 BlBLIOTHBQSTB RAISONNBlBy 

corrigé en fJuSeurs^ endroits far Us "Règles de I0 

" Oîtique S* ae la Vérification ^ avec une Difi 

fertation fur l'ancienne Poëfie des Hébreux, 

e^ySrr faelq^ues autres fuefthns^ qui regardent k 

Liivre des Pfeaumes. Par François Hars 

. Eveaue de Chicbefier. In oâavo pagg. 852. 

. La Diflercadon ou les Prol^mènes conden- 

nenc outre cela 83 pa^. Imfrimé à Lombes 

four S. Buckley & T. Longcnan, 173^. 

DEpuis deux mille ans, que la connoiffimce 
de la Poëfie Hébraïque s^eft perdue, il y 
a iHen eu des Savons, qui ont. £sdt leurs eâbrcs 
pour la retrouver ; mais avec fi ^ peu de ïuccès, 
qu'on a commencé à croire qu'il étxût inapoffi* 
bte d'y réuffir, 6c par confêquent inudle de (e 
donner des peines pour cela: d'autant plus que^ 
quand même nous aurions un Proaûtier partag» 
«n vers, il ne paroit pas que nous en fuffions pli|s 
avancés pour Tintelligence du Texte,que nous ne le 
femmes aujourd^ut;^' qu'il eft imprimé comme 
les Livres écries eo Profç. 

Voici pourtant une' nouvelle tentative , faite 
par un Evêque Anglois très fa vaut & très célè* 
bre. Si l'on compare fon Syftème avec celui 
des autres, on le trouvera beaucoup plus natu- 
rel, plus aifé,i5c plus vraifemblable ^ &^c'eft tout 
ce qu'on peut demander, fur un fujet qui n'eft 
pas fufccptible 'de démonftracion. 

I. Jojepbe avoit dit , que les Pfeaumes & les 
Cantiques de Moïfe écoient écrits en 'vers Hexa-» 
mètres é* Pentamètres; en quoi il a été fuivi par 

Ori- 



'i t 



ymSetj AoM & Septmtre ij\6. iSjf 

Origèney par Eu/eh , & par S. Jérôme. Us avoienC 
pourtant tort de le fuivrc^ puisqu'on peut révo« 
quer en doute & fâ capacité & u bonne^foi, fur, 
plufîeurs indices , qui prouvent qu'il n'enten« 
doit pas l'Hébreu ) & qu'il affèâoit de parler des 
Juifs d'une manière agréable aux Paiens, ce qui 
lui a fait trouver des reflfemblances entre les uns 
& les autres, où eâèâivement il n'y en avoit 
|Xis. D'ailleurs on ne découvre point, dans la 
rocfie Hébraïque, des pieds de trois fyllabes^ 
qui font pourtant néceflaires aux vers bezamè*^ 
très & poitamëtres. 

2. Franf9is Gtman publia un Livre, il y a 
cent ans, pour prouver, que la Poëfie des Hé- 
breux étoit femblable à celle de Fmdare&i de 
S^fhocky & des autres Poëtes Lyrùp$es. Ce Sys- 
tème fut d'abord reçu avec de grands applaudie 
ièmens; mais quelques années après, JLouis Caf^ 
t^lk battit en ruine, & prouva que l'hypothèfe 
de l'authentické des Points Hébreux étant huÈe^ 
l'opinion de Gûmarey qui étoit fondée là-defliis^' 
devoit nécefl&irement tomber; que fon autre hy- 
pothèfe,^ue le feheva fimple ne devoit pas être 
prononcé, rendroit la prononciation de la Lan-i 
gae Hébraïque impoffible, & détruiroit par con- 
wquent toute mélodie & toute veriificationj 

Îi'enân il étoit contre le bon-fêns de linger les 
ièaumes en vers qui ne fe reflemblent point, 
& qui n'ont aucune mefure commune, comme 
Qmare avoit fait : fur ce pied-là on pourroic 
trouver des vers par-tout, & réduire les Epi- 
ttes de Cicéron ou les thrangues de Démofthè- 

ne 



ne en forme 4c vetis^ plus fiK:iki»ai 91e ICi 
Ptèmmies. 

3. Mar€ Meihm fiOfiA «i âotm Pkdi^ flr 
Ibadm, que tous te Pfeaunes, excepa le pofi^ 
mier , Soient Cùmfofès de I^^tiftus , âc «pv 
chtcon des deux ren du Difbfae nafigno)^ 
un ftns entier. Deux fuppoficions épkmêot coih 
trakes à k miibn Se à l'eipéricnot > ftfea nôtm 
Auteur,- qw neattvque, <iu^n doit ùà» <rauaint 
moim de cas du Plan de MeUmm^ <pfil £ût pa^ 
roitre par -tout unegnnde vanioéd'^ côté^di 
de l'autre une auifi grande vndké de gagner de 
faigent en avançant des opinions pandbzes & 
infoutenables. 

4. Le fentiiaent le plus plaufible £c le plus 
généralement reçu jufqu*à préfisnt, fA celui 
qui fuppofe que les vefs Hébreux éooîent rimes ^ 
comme les vers François, £c qu'on n'y doit 
chercher que la rw». Mr. 2> Clm a fait beau* 
coup à*em}n$ pour af^yer ce fentimcat, en 
quoi il a été précédé par Ai^Mm ^EugiAi^^ & 

Sar d'autres, & ïxjim par Mr. fikrer, Ereoue 
'Avranches, par Mr. liosfc, Se en dernier licii 
par Mr. Fêttrmêmt ^àoat la Di^tttatmn far fjfjjfis 
PàeU^^ ^ far les vers des amiem Hébreux j j^ 
trouve dans les Mémires ie LittérMmre de fJt^ 
iadémse des înfiriftêens é' BèUeS'-Leitres ydc Tafi^ 
née 1714. 

Les partifàns de ce iêntiment prétendent que 
la Poëfie rimée eft la plus naturelle, & pif 
cokiféquent la plus ancienne^ que la Languf 
Hébraïque y écoic tout à fait propre ; que le| 
Juifs d'aujourd'hui, ainfi que les Aiabes & au^it 

trei 



|es Pcufto du Levant > ne. font que des veri 
«nés ^ qu'il parait même par quelques endroit» 
i<3l Pfeaomes» que la rime y écoit cherchée tvec 
lejlein : cooune au dernier ver&t du Pfisaume fe-* 
:0od^où le mot Chaldaïque ^nr, eft mis à la 
jace de l'Hébreu ben^ parce qu'on voulok \m 
aire rimer avec jf^ihir, qui fiiit. C'eft ainû qu'on 
romaïque eocore , que les mots du verf. 7. Pf. 
3tVII.nç iônt pas dûis leur ordre naturel, & cehi 
loiqueifient pour £ûrekrim&&quepour lamê« 
Doe railbo ,au verf. 10. du PC LXXII. le terme de 
WK^omfy eft iiibftitué à celui à^offriromt y qui J^ 
Miroit été plus propre, fi la rime Tavoic permis; ' 
Oa répond , que fuppofê k plus grande m^i 
ciènneté, & la coutume des Jutfs d'aujourd'hui 
déclarée pour les veis rimes, ITne s'enfuit poim 
pour cda, que les Plêaumes doivent être écrits 
m rimes ^ qu'il s'y peut trouver des rimes par 
liazard& fims ^e les règles les exigent^ que les 
éeax ou trois exemples feot fujets à des excep« 
doQs, & qu\3n n'en peut tirer une concli^on 
Kéoéiale pour te Livre des Pfeaûmes tout en?^' 
ôcr. 

D'ailleurs ce Syftème fuppofê fans preuve^ 
cb chofes qui ne ibnt point du tout croyables 
cadles- mânes. Premièrement, que quantité 
de ces vers rimes n'étoient que de deux ou trois 
fyllabes. £n iècond lieu , qu on doit croire qu'un 
vers rime avec un autre, qu<Mque leurs dernières 
^dbdxs niaient ni les mêmes voyelles ni les mé- 
fiées confonnes. Se que leur ion fi)it entièremei^ 
difSrent , quand on les prononce comtne on 
&it aujourd'hui* Enfin, ce qui réi^olce le f4us, 

c'cft 



t9t BlBI.fOTHtf<tim RÀlSONliBÎB/^ 

deft qu'il faat changer le Texte en une infini 
d'endroits>pour&ire des rimes où il n'y en avok 
poinc^fic peur ajufter le Pfeautier avec PHypochè^ 
5. Nous voici parvenus au nouveau Syflèmt^ 
Quand nous l'appelions nouveau , nous ne vou* 
Ions pas infinuer qu'il ait été abfolumenc incon*, 
nu aux Anciens. Un pafTage remarquable d'Ed- 
pie dans le cinquième Chapitre du Livre XL 
de fa Fréparatiom Evangélifue ^^p9%. 302. de l'E- 
dition de R. Etienne y nous enseigne le contrai* 

re. £mv ïk srtfp* eairùU 1$ vtnvut ^IfifAgTfêt y iç i fif/i* 
A« Mmri^f mH j^ r«9 AtM a fin, irttXfêoç , nf mbAitjhA 

fimfêtr^ti tutu ifS^ , i"/ ir* «vAAic^âv tnirùinfêivé. 
C'cft. à-dire : Les Hébreux ont auffi des Fôè- 
mes cadencés : tels font le grand Cantttjue ie 
Moifoy ^le Pfiaume CXVIÎL qui font ce que ks 
Grecs appellent des Vers Héroïques, Ce font y 
dit '^ on y des Vers Hexamètres de s ë i.z |& 
SYLLABES. Ceux qui ont communiqué cet- 
te penfée à Eufîbe , voyant que le Pfeaum 
CXIX.. félon les Hébreux étoit alpkab^iquey & 
que chacune des huit périodes qui appartiennent 
à une lettre de l'Alphabet, commençoit par cet- 



1 




ter au doigt le nombre des (yllabes, dont une 
période étoit compofée. 

C'eft apparemment ce qui a donné occafion 
à l'illuftre Prélat , dont j'annonce l'Ouvrage, 
d'effayer, fi en appliquant la méthode d'Eu/ïbei 
.d'autres Pfeaumes alphabétiques, comme au CXI. 
Se au CXII.^ on pourroit parvenir à une plus 

gran. 



ytfiJkt^ jfoit & Septmire xy^S. 191 

i^gnoide connoiflànoe de la naturel de la melu- 
4re des vers Hébreux. II y a réuffi au-delà de {on 
attente, & a poufle fi loin fès découvertes, qu'A 
s'efl trouvé en état de faire un Syftème compte^ 
tjScde nous donner le Livre des rfèaumes divifil 
im envir<m fix mille vers. Il remarque, que quoi- 
que les Hébreux prennent indiâeremment la mè* 
me fyllabe tmtot pour longue & tantôt pour 
brève, on peut pourtant diftinguer une certaine 
cadence, félon laquelle la {dupart des vers font 
lambiques , donc les fyllabes ibnt un nombre 
impair de 5, 7, 9, ou 11 fyllabes, de forte que 
le vers a ou deux pieds & demi , ou H- ou 4^. ou 
f^& les autres fontTrochaïjuefydontïes fylhbc», 
n)at un nombre pair de 6,de 8, ou de .10 fyllabes, 
de force que chaque vers a trois, quatre, ou cinq 
pieds. Il a eu foin de marquer ces derniers vers 
au frontispice , avec cette, note : ** Quelque» 
fois il y a pluGeurs verfets de fuite du même 
{eore & de la même longueur ^f2uelquefois le 
«premier eft égal au troifième , &c le (econd au 
.quatrième. Souvent les vers lambiques font 
entremêlés de Trochaïques ; quoiqu'il n'y ait 
point de vers lambique ou Trochaïque , qui 
n'ait fon compagnon de la même efpèce. 

Il ne faut pas s'imaginer, que notre Auteur 
n'ait point trouvé d'obftacles dans l'exécution de 
.fon plan, & dans l'application de les règles au 
Texte. D'abord la ponctuation du Texte, & la 
Gramrnaire, lui ont été fou vent contraires. Par 
exemple, le mot Jehova&c Samaim eft de trois 
fyllabes ^ le Jche'va limple mobile n'eft pas 
compté pour une voyelle, & ne fait point de 

Zom. XVU. Fart.I. N • fyl- 



1 

Ijrilabe «v»is li eonferme à taquelle fl «ftjataflf 
iu cfioaroin ic fthevs (omfoff fm une ^Ikbe^l 
portr*) (le memei^ ie psâaibfrrêif, Âu-l^eu qui 
iÀkm les tà^es de ia f oKfie, ffthovté & $4Pi> 
9i#i«» Bfi fifiovanc avoir que deux f^ltttbes ,' it 
fiimva a^kdi àek fe prcxiorurer £c faire (yHabé 
aycc & cenibiuiA: inais:ie€ylAwuM êêmpoféki^ 
fatathfiti^s HbhFcnt acre afiéamk. Où feifK^ 
eue raiKorité dsa Ma&mthes q^i,enf iiiv^xé tar 
^iolnt»!iw>)rdlGB^ ^'e^ dl'aucfifi poids, ^ ^uelè 
bonriens Al IHouiosie ec3^fiimeM les règles àe tjt 
Baëfie, i|uelç'0ii'a^ié(çablfes; 

I/^ucei4r nmacque apf es cela , que Von éf 
termtla Biefiire,fi on eonfidéroie ie^ Titres df9 
pftauQ^èa ôc le ov^c/S^^, cotptne faifaot paftk 
^: PoëQie Di^n^e. De-là il cotiçlud avise raifep, 
que les Ticfes font indépmcians da Pèëine)& 
qu'ils y oiït été ajoutés après CQUp : & que k 
mot felab n^eft qu'ua avertiffixEiçnc pour léf 
Mufiéifii^s * qHi fignifie , de Paveu des plus haht 
les Interprètes 5 que le Cboeur dévoie répéter et 
<ïQRcer€> ce qu'un Chantre feul avoit Ghaoré»^ 
parayant; fhù par ^bbréviation pour ywh |W; 
t»u qu't)n devoit chanter fur un autre Air l^Sta» 
ce fuivante; ou quelque autre çhpfe femblaWe, 
qui né ri^rde p^ le fens du Poëme même. 

A propiEW des Titres & Infcriptîons des Pfiatf- 
messie (avant Evêque nous dit à la page LXIIl 
àe ks Prolégomènes , qix'JMMmn ou Jedutlmy 
grand Poëte & Mufici^ n , étok nïanifefteroeBt fc 
ineme (\\x'Etban : ik qu'un inftrument de Mifî- 

Îue éroit auili appelle Iduthun du nom de feo 
@iveiiçc|u:,dans l'infçripcipn dés PfeaumestXft 
• * 6c 






le LXXVII. La première de ces Obfervations 
Sètàande quelque éclatrciflèment, tu que, fdon 
fc premier Livre des Chroniques Chap. II. vf. <J. 
Eihan étoit pttiujils de J%ia ou arrière - petit* 
fis du Patriarche Jacob, '& tfx^Iiithvn viToifc 
éu tfems du Roi David, fdon leChap.XXV. vf. 
^. 4.. & 6. du même Livre. Quant a l'autre re- 
ttarque, dte peut recevoir quelque confîrmatioil 
itJulmsFottux^çpX témoigne dans fon Livre IV; 
§.77. qxi'Iduthi étoit im inftruraent de Mufique, 
§ iii^T J eeJ)iSf JJ^. Car il femble que ce mot 
n'eft pas Grec d'origine, mais emprunté (funé 
Langue étrangère. Klais quand notre Auteur ajou- 
te qu'il s'enfuit deJà, qu'il ne faut point, dans leà 
lAfctiptions de P(baumes, entendre par Iduthué 
tm Auteur, mais un inftrument, & qu'ainfi î 
feat changer l'Infcriptîon du Pfeaume XXXIX. 
Bc Hre al jtdntun^ au-lîeu de àdutvn; on ht voit 
pas, comment cette cohclufion peut être tirée 
, Ses prcmifles. Car fi Ethân & Jedutbun écdient 
deux noms d*une mêmeperfonne; & s*U eft in- 
conteftabie, que le Pfeaume LXXXIX. porte 
le nom A^Ethan^ comme de fon Auteur: quelle 
raifon peut-on avoir pour corriger le Tette.plti- 
fot que d'avouer que te Pfeaùtné XXXIX. â 
Jté compofï par le mêtrie Aiiteti^, qui a compo^ 
è le LXXXIX ? 

Il y a encore deux autres difficultés, que riqf 
ttt Auteur a rencontrées d'ans fon chemin, 8c 
^ue bien des gens crodront infurmontables. -Pre- 
mièrement , pour conferver la mefure de fes vers 
Ha été obligé de couper un mot en deux, de 
finir un ittrs par la première moitié de tç cû(ot,8tr 

< N a . de 



jptf BiBLIOTBBQirE RAIMNKfiriBf 

de commencer Pautre par la feccmde mqtié. P 
exemple, au PC V. vf. 9. hezsJka-fmk le prémii 
vers de la Scance^ Ôc-teca commence le (ècoi 
le mot entier étant bezidkateca: au Pf. XXXI. 
14. hebivva - finit le fécond vers de la Scance> 
^'fiiUm commence le troifièroe, le verbe entier 
étant iehrwa/iJam. On avoue que c'eft une. 
irrégularité, dont on trouve pourtant des exem^j 
pies dans la Poëfie Grecque & Latine. 

L'autre difficulté eft> qu'il a été forcé d'aider i 
la lettre, & de fuppléer tantôt une f^Ilabe^ tan^ 
tôt un mot ou deux,& quelquefois un vers toub 
entier, pour ajufter le Texte aux règles de la me- 
fure des vers Hébreux; pour cette même raiiÔQJ 
il a auili falu fubftttuer Couvent un mot pour m^ 
tiutre„ & réduire deux fyllabes en une. C'eft là 
' de(rus,fans doute, qu on (e récriera le plus. £ft- 
il permis,dira-t-on , de toucher au Texte iàcrc&, 
de le vouloir corriger? Eft-ce ainfi, qu'on veutv; 
appuyer & vérifier une conjeéture hardie, par[| 
ime autre conjeâure moins certaine & plus oar-| 
die? N'auroit-il pas mieux valu régler la mefi 
des vers fur le Texte, tel que nous l'avons 1 qui 
de régler & de changer le Texte même^ iwr ' 
mefùre qu'on s'eft faite à plaifir ? Qu'en penfi 
roit BuxtorfyS'il revenoit au monde? ne diroit 
il pas, que r£glife e& en danger & que la Foi! 
devient incertaine, comme il a fait de ibn tems, 
quand Louis Cafpel fit une tentative cdtique à., 
peu près de la même nature ? 

Ces clameurs pourroient épouvanter un jeune 
Etudiant en Théologie, jufqu'à le décourager 
de fon^entreprife, & lui faire abandonner l'étu-; 

de 



1 



JuHkt^Aiût 6? Septembre lyjtf. 197 

et férieufe des Livres (acres : mais dies ne font 
pas le mOTidreeâèc (br riUuftreEvéque qui nous 
vient de donner les Pfeaumes. Il fe déclare net- 
tement & fans façon contre rinfâillibilité des Ma- 
fbrethes & des Copiftes des Livres (acres en gé- 
néral, & phis particulièrement du Livre des Pfeaû- 
ines. Il â toujours été perfuadé, que jamais on ne 
téôffira bien dans TExplication de ces Livres, à 
n)oins qu'on ne fe défâfle de fes anciens préjugé^ 
& qu'on ne prenne la même libené, qu'on prend 
avec tous les autres Livres anciens, en (e fer* 
vantde (on propre jugement, & des diSerens 
iècours que la Critique fournit. Et il croit que 
la priûciiMile raifbn , pourquoi on a (ait (i peu de 
progrès dans l'intelligence de la Bible, a été p^- 
ce que les Commentateurs (ê dépouillant de leur 
liberté naturelle, fe font livrés comme des efcla- 
ves au parti qu'ils vouloient fervir. 

La. Verfion Grecque des Septante lui a été 
d'un grand (êcours , pour rétablir la. véritable 
leçon, & pour remplir les lacunes du Texte. Il 
donne dans une page le Texte ordinaire Hébreu, 
mais fans points-voyelles, & divifé en vers: & 
"iJans la page oppofée, en caraâère Romain le 
Texte Hébreu , tel qu'il doit être félon les rè- 
gles de la Poëfie; <ivec cette précaution, que les 
nx)ts changés ou ajoutés (ont imprimés en Itali-» 
que. Au bas on trouve la Verfion Latine de 
Lmdeny retouchée. Et plus bas, des Notes cri- 
tiques, qui juftifient les changemens que l'on i 
feits au Texte Hébreu. Il y a aùffi dans les Pro- 
légomènes , des recherches qui regardent les Au- 
teurs des Pieaumes & des Infcripcions dèsPfeàu- 

N 3 mes, 



wat$iy le têtus mqaA ils ont vêca 9 faiia^^Gxncot 
dks Piêaumcft ea ua Liyre^ & le tçois cm ecb 
g*eft fek, ôcc. 

J« Bois par une vetnfltn^uf ,, qi|i méfice Inea de 

tipjuvcr r<r place ici. Ccft que le fanant Puifaïc 

s^ pvm ïiàalâmient prévenu pour tes pxidtt&- 

Mtm. Il s'exprime là-defliis en diSereos endraîtf 

4'uPe ifuinitee très noble: ,, Si jeme fiiis^ troni'' 

y pé, dic-il , le» gjsns équitable» me le pMrdoaoer 

^ KMPit facilement, & les S^vaos auront b bon*- 

^ té de me corrigjer. Peut-être que d'auires ^in- 

^ cités p^ (PO0 excNB^pte^i^-ont plus henreiix que 

^ moi. Je fouffrir^Lnon feulement qu'on donne 

^ quelque chofe de meiUeur, m^is^ cela Bœ feu 

„ tpêmc un très ^rand plaifir. — Si l'on (k« 

^ mindei ce que je penfe dç& Titres ou In&rq[^- 

y^ tioni de» P^mimes > le meiUeuf fera de ré* 

,, pondre, que je n'y entends rien. Car il ysm 

y^ mieu]( fe taire touc à iût , que d'avancer des 

y, chofes iflcertaiDes ,. fatiûes 3c abfurdes, com- 

„ me ont fait queloues Interprèi^es», qui veukaC 

^ tout lavoir, oc r^KXidre à toutes les.<{ueftiofis 

„. qu'on Iwr prc»ofc/'^ Il y a plus j notre Auteur 

»e fait point difficulté de donner à lai âd une 

feuille d'environ cent rcoraâ japons : il nous dit, 

(5U'un jour apprend l'autre > qu'il trouve detf 

endroits [ au^uels iês premières^ ktées doivent 

éltre reâifiées & cornues par les fécondes, ks* 

quelles frrcfnt peuf-être ua jour placer aux 

(rpifièmes. Il témo^e auffi oii particulier fa re- 

coneo^ance i Mr. Washbôf^rm^ Sousdoyea de 

rjEgtiiè de Sv Paul i Londr» , qui l'a beauf 

^^. aidé d«» ion .a»ir»l 

Quel 



J 



r^ 



JmK»^ Aêêa & Sè^mtri i^f«; ip^ 

Que bôflheirr ^ft^ôft de «fis Tàûmthyifânbà 
featetnent fe fervdnt cite kStif libeHé ^ tûiàé qpi H 
t(Mt&st Se f eriéoufagetf t mêmé^ dâti^ léd aliti^é^ l 
Ceft l'unique moyen cf éfilÉÉ^élf eé c^'à y a d'ol^' * 
icur,& de faire paroitre la vérité dans fon jour, La 
bôime OmA fie' pvue t im {)erdftf pst vtùt récfier* 

la faineantife & rentêtement , qui û*j tfouvcnt 
par leur compte. 



ARTICLE Vlïl. 

Èpitre du chevalier des Cyqi^è^ i Don 

v^/ifT àes Làom. Avec des RemMf^fèàM Crif^ 
^uesy Hiftoriques et PhilofiphijueSj ok k Cam^ 
mentateur fuffUe , explique y dépéd c^ êm^ 
brouille ks penfées de fa» Auteur : fans Dédiea* 
ce^fimFréfMêé^ fé9f9 Indèw^ & fimf iLf^» 
fnetiie, 

CEceè péâte Pitee ^ qiii csettiisoe jlf d Véfe, 
fe peut rapporter à la Clafle des Satires réel- 
^f dà (âfi$ fttca<|ucar isomméàiem âuciitiô p(é<N 
fonne vivante, on cenfure avec vîVàOité k» vl* 
ces & le ridicule des Hommes. Le but princi- 
pal ipie FÂuMir sY propre ^ d6 61re tôlRtir 
que le I>9fiqcMdioQsttie cft ft c6AKï!t!ifi dAis 
tous les ran^ , & dans toutes les ff^è^on^ , 

Îu'une infinité de gens, qui traitent de fou le 
'hevalier de h Manche^ ôi» qui fi ^qfâiât^ dV 

N4 



1 

zoo, BIBUOTRBQVI& RAISOKNm, 

& folie, tombent eux*memes dans une' esctmva* 
gance pareille à la tienne , finon mênae pliig 
grande & plus condamnable. U mec d^uis ce 
rang Içs Rois Conquérans, 



ye confins fi^im enferme etftre quatre 

Ces Tyrans defiruâteurs ^ ces Jkmsesrrs de Ba- 

taiUes: 

Les Rois perfécuteurs, 

S$ tu pris des Moulins pour ^énormes Géans^ 
On a vu tant Je Rois y non moins extravaganSy 
Frendre leurs bons Sujets pour des Moufires 

horribks^ 
yufyu*à tourner contre eux leurs armes hsvhh- 

cibles: 

Les faux So^jg^^ 

» 

tel fait de tes Vertus F Eloge le plys ampk^ 
Sifffi dijpenfefart defuivre ton exemple: 
Et telfe rit de toi^ qui^ fou des plus malins ^ 
Nefe contente pas d'attaquer des Moulins: 

Les Philofophes Machiniftes, à la tête desquels 
cft DeS'CarteSj 

A fes yeux inhumains les Bites les plus fines y 
Les Singes^ nos Portraits , devinrent des Ma^ 
chines: 

L'Auteur Ânglois , . qui 



.^_ J 



^ jhAt & SêpmAreijiS^ lOi 

Au-Heu défi borner à limer fis Sermons^ 
Trouva dans le Soleil ^ f Enfer ^ les Démens. 

En un mot, tous ceux qui font confifter b 
vraie Sageflb en tout autre chofe que la Vertu ^ 
& c'eft par ca Trait qu'il finit ion Ëpitre: 

On eftfi^e^ en efi teut^ quand en efi benniu 



On voit, iîir ce court expoie, que le {dan de 
rOuvnige ne peut être plus iagénieux, & que 
l'on ne iauroit guère choifir de fujet fàtirique 
qui folt fiifceptible de plus de preuves , & de 
plus d'agréniens. La manière dont l'Auteur a 
Qcécutécedeflein, montre par-tout un homme 
d'efprit, qui fait, qui penfe, qui a de la leâure 
& du goût. Cela même me fait eibérer qu'il îie 
troavera pas mauvais que J'articule ici quatre 
chofes , qui me paroidenc défigurer un peu fit 
Pièce ) & dont la correâion ne pourroit que la 
rendre meilleure. 

1. Il y a des idées, & des expre(fions,qui re«* 
viennent trop fouvent dans cette Epitre. La cen- 
fure des Princes Guerriers paroit dès le vers 9. 
jufqu'au 1 6. Elle reparoit aux vers 11^-132. 
Les termes de rage y & ai enrager y qui ne plai-' 
fent, généralement parlant, ni à TeTprit, ni à 
l'oreille jfe retrouvent aux vers 4^. 72. 207.231. 
Ladiverfité, qui charme partout, eft principa- 
lement requife dans les Ouvrages d'Efprit. 

2. Sans dire, que pour placer Des^Cartes par- 
fit les D(m ^chottes eo fait de^Philofophie, le 

N 5 Ro-' 



\ 



Roman de fes Tourbillons auroit beaucoup 
mieux prouvé <fi€ &>n Méchanisûic des Sêtes^a 
m*a femblé que P Arrfde qui fotiïe fur le Syltè- 
me Machknfte eft trop écoidsy Scttap àéaàÛé. 
Il occt^e 24 versy done k £«te eft coMée ûf^ 
fez incommodément pa« inie digreffida m fad^ 
autres fur Pimagination extraordinaire de Mr. 
^ivniifr»^i s'eA avîfé de mettierEflter da»le 
Soleil. rafTe encore fi ces 24 ver» iifol&oient 
pas au Leâeur des images particulières^ qui lui 
paroitront ou trop baffiss, ou pn cânvaiiicamies. 
Ceft ^à mon avia»/ l'effe qpie poorrofit pmliite 
œs quatre derniecs : , 

MéKS fmrr fmmpmr ffmm Truyrfkmuk^ 
.§^ met Jeux fus far «r tsm de fedgp se- 
mênél0>2 

Jlfmt hre k B»$ da . . ^ . . . Mmfék» JE^fiUi^ 
fans. 

n eft certain d'un côté,quelaTru^eft uttAnU 
mal bien &Ie^ & de Taucréy que ia j^cotifc&é ne 
prouve pas {hus fbs intellignice, que le ferobr 
celle d'un Figuier^ ou d'une CiEr<»iil)e; 

3. Il ne me paroir pas que FÂutetif air tdif^ 
jours été également heureux i dévdd|^^ ft# 
penfces. Il lui eft arrivé quelquefois de CJOrabor 
dans un défaut qa'Horaar^r a repris, 

Srevis ejfi lahoroy 
Ohfiurusfif. 

deft^à^dire,^ qile pour voutok èo» crep 

COD- 



1 



^PQCi^, outfiip fort) on ne s'explique qu'à tno&* 
lié , & l'on devieitt obfcur. Sur divers exei»- 
ples, que ceaeBpitve ei» fourAÛ;,^ je n'en dûo- 
^asti que cijte qrfoo va lire: 

Le monde fit rempli de Chevaliers errmn ! 

U tmtdedemiemf vietÊXy érfiifiHfx i*'#/ n»- 

d$m^. 
fef» àffelkf m IW, pms mftfer mmfakt^ 
VjiUt^mb^ dtf^ NerJy eu kCéfef li» Sml; 
^i0>wf§fedlÊm$eraif$û7^irén^9Êmi,JinMa$0^ 
Smitcbe^é^ffffi &fmdiûmme^mtrMPré. 

Au ba» de la page, on trouve la Remarque 
luivaate,.fiu: VAlex^uire du Nefd^ „ Mr. Veh^ 
^ w, par exemple , appelle akifi Charles XII, 
j, Roi de Suède. En digne Hiftorien, Vehmre 
^ oou» apprend enfuke, que le Mèoarquc S«c^ 
^ dois fe pbûfoit aux Ouvrages de Deffréamx^ 
„ mais fen» prendre goût à fes Saiires. Quand 
^ on lui lut ce trait delà Sat, VIII. où l'Autea» 
„ traite Alexandre de fou & d'enragé, le Rot 
^ déchira le feuillet. Hift. de ChatlesyAV Im 
„ yre V." A l'aide de cette Note on entrevoit 
ce que le Poëte a voula dire; ce n'eft pourtatit 
qu'avec peine, & l'on ne Êuroit encore dcvi» 
net ce que fait à cette pcnfée Eobfiervation fe- 
tirique que k Mande devient vieux y & ff vieux 
qt^il raMtte-y car je croi que dans la |ius grande 
icooeffe da Monde, les Conquérant auroient 
ttottvétaitt auffiLmauwia qu'aujouid'Jwi» qu'ott 

les 



104 Bibliothèque RaisokkbIs^ 

^es eût mis en parallèle avec les Fous à mettse 
aux Petites- Maifons* D'ailleurs je doute fort 
qu'un Ecrivain qui voudroic parler clairement, 
s'avifatdedire, qu'il ne craint point de w^ww 
fin fabit yipoMX marquer feulemenr, qu'il ne craint 
point ni d'être tnis eh prifon, ni de monter 'ûr 
réchàSàut. 

4,. La Verfification de cette Epitre eft fouvent 
obligée. Quelquefois les tranfitions manquent 
de nobleiTe. Ne fen attrèfie foint, Difims la Vé- 
rite. Atnfi tbomme ^f bâti. Je û réfète encore. 
Cela paroit languiflànt. Quelquefois le mariage 
des Articles , qui donne tant de grâces à la Lan- 
gue Françoiîê, n'cft pas afTezoofervé. Vers 87. 
Au-lieu de se borner à limer ses SermMs ^ tA 
moins agréable à l'oreille que le iêrbic le même 
vers en diiânr, Au-lieu de se borner à limer i>%% 
Sermans, Ainfi encore au vers 200. D^ejpérer le 
retour des Tems DE9 Amadis i û auroit fàla 
mettre, D^ejpérer le retour ^v tems dés ^ma£s. 
Pour peu que l'Auteur daigner confiilter (apropce 
oreille, il fentira rcflfèt de cette diflference. Quel- 
quefois encore il ôte,dans la prononciation, une 
mlabeà fes Vers, par l'ufage des e féminins, qui en 
font efièâivement une aux yeux, mais qui n'en 
font point à l'oreille. Vers 19. Châtie les mé- 
chansyficourt les malheureux. Vers 38. Ne for- 
ment pas toujours des pense'es bien faines. Vers 
57. Nous commettons enfin cent folies infignes. 
Vers idp. N*aiant de la Grandeur que des ide'es 
fautes. Ce ne font {)6intlàdcs Vers,&dansla 
Profe même, on doit éviter cette cacophonie.. 
Quelquefois enfin , par un itnverfement de h 

mécho- 



an. *-^^'.. ■ -^ ..■r..^afjÊk Il iiii ri HJMÊÊàiiÀ 



JtûStt^ jtoif & Septemin iyi6. iaf 

V 

Jtnéthode précédente , on trouve des mots qu'il 
6ut ab(bluinent mutiler ou allonger pour la me- 
fiire. Vers 23a. JUaù vous concluére^ k vous faire 
Éttcager. On dit conftamment, vous C9nclurre%^ 
.Se la licence poétique la plus ucentieuiè né iera 
jamais prononcer autrement. Vers 130. jiCépr^ 
^mte Curcey Affien ^ Tite Lève. Vers 134. 
Ne devrions-nous fas exterminer Suétone ? Il iau- 
droic lire Affin Se Sétonoy ce qui ne fê peut ni ^ 
lie fe doit, Afpien étant toujours de trois iylla* 
bes, & Suétone de quatre; 



ARTICLE IX. 

NOUVELLES LITTERAIRES. 

lyo X F O R D. 

Notre Univerfité a publié plufieurs Pièces en 
Vers pour féliciter S. A. R. le Prince de GaJles 
fur fbn Mariage: Gratulatio Acaderma Oxonienfis 
in Nuptias aujficatiffimas iBuJiriJJimarum Princi* 
fum Brider ici Frincifis Wallia , é- Auguflè Frinei- 
fijfe de Saxo-Gotha. In folio. On y trouve des 
Vers en toutes fortes de Langues, Hébreux > 
Grecs, Latins, Gallois, &c. 

DE CAMBRIDGE. 

Mr. Johnfin , Membre du Collée de la Ma- 
deleine, nous a donné S, Fufendorfii de Officio 
Homims et Csvis juxta Legém naturalem LàM 

dua^ 



éuû. Nâtis hcupktavh & itluJhavH , InMcesfk 
rerum Juhjunxit Thâ. fohnjm A. M, Coll. MagtL 
Cara, Sâc, In 8. Mr. yohnfan corrige les faites i 
cmPiriRndorfcft-tombéjCxjpl^ucpardes ctet^ ! 
^cs particuliers ce qu'il a dit en ganéral, 8c poot 
djn$ ample éclairciffemcnt renvoie au Traite àl 
Droit de la Guerre & de la Paiit de Grotîus , A 
au grand Ouvrage de Pufiêndorf. Il renvoie 
aufli aux Remarques de Mr. Bariéjrrac for le 
grand Ouvrage. 

Le Dr. Warren a donné une troîfième Fait& 

defon Livre contre Mr. TEvêque de Winchester. 

^n Anfwer to a Book &c C'ett à-dire : R^onji 

à un Livre intitulé ^Expruatkn clmrê^fifnple de 

la nature c^ du but du Sacrement de PEuchariftie, 

Z. Partie. Par Rifhgrfl tFarren ^DoSteur en îfo- 

iogie^ Doéieur de Cavendisk dans la Provint e de 

Suffblky é* ci^devmnt Membre du Collège de Jépa 

à Cambridge, In. 8, Les deux premières Parties 

ont été vivement attaquées dans un Edrit intini- i 

lé lî??»tff*x,c*eft-à-dire: IRe^arques fur la Ré^on^ 

fe du Dr, Warren^ &C; & on travaille à réfuter 

la troifième. L'Auteur des Remarquer fait voîf 

que le Doâeur Warren n'a ni les talens , ni k 

ftiodération nécelïàitepour bien traiter cette mt-^ 

tière. Cependant ce Dodteur promet un Appé»- 

dix , qui contiendra des Obfervations fuf les 

Prières que Mr. de Wimhefter a jointes à fon 

Livre ; il prétend prouver qu'elles ne ^font pas 

propres pour l'ufàge des Chrétiens. On s'attend 

à y trouver bien de la déclamation & de Tem^ 

pûh^cût, effets de fofl 2èle pôut l'Onhodoxie. 

DÉ 



.. M .. 



V M LO UD R E S. 

Mr^ MaHtaire a publié Antîfu^e Infirifti9ne$ 
ih^^ Ctatfi altéra^ ëlteta Latha : cmn hrevi 
Hoiarum éf Conjeéturarum Sfecimme, In folio 
pagg. ;a. Ces InfcripcioflS font gravées fur une 
planche d'airain de Corinthe, épaiflfe d'environ 
un pouce » longue de deux pieds & demi , 6c 
laree d'un pied çc demi. Elle a été communiquée 
à mr. Maittairemc Mx, Brian Fahrfax^ Gentil- 
bomme curieux oc (avant, qui l'a reçue d'Italie;' 
Sur un côté de la planche on voit l'Infcriptioa 
Grecque, Se fur l'autre l'Infcription Latine ; toutes 
deux en grofTes lettres fort anciennes. Vlnfcrip^ 
fion Grecfue marque la fitûation & la grandeur 
d'un efpace de terre confàcré à Bacchus par les 
habitans d'Héraçlée , ville d'Italie d'origine Grec- 
que, que les Tarcntins bâtirent proche des riviè- 
res Tetris 6c Siris. Mr. Maittaire ne veut pas 
déterminer le tems qu'elle a été faite ^ cependant 
il ne £iuroit douter de (on antiquité, qui parpit 
par le ftyle & la Dialeâe Dorique dont (e fer- 
voient le$ habitans de la Grande Grèce, Seâa^ 
teurs de Pythagore. Ce morceau eft d'autant 
plus curieux, que c'eft te feul que nous ayons 
de la Langue des Héracléens^ & qu'il contient 
pluûcurs expreffions iingulîères qu*on ne trouve 
point ailleurs. Mr. Maittaire en a fait graver les 
premières lignes comme elles font dans la plan- 
che^ il les donne enfuite en lettres capitales urec- 
que^tncdemes, &^en petit caraâère; après quoi 
viennent fes Remarques. Vlnfcriftion Latine 

coa« 



&_ «-•AaMai.M&.alarfBa 



contient des Règiemens touchant la police de h\ 
ville de Rome^ûcc. Mr. Mait taire k repréfeinr 
en dificrentes manières, comme il afaicTInfcr^ 
j:joû Grecque, & après l'avoir copiée d'après Por-^ 
ihographe de la planche, il met vis-à-vis Portho- 
jgraphe moderne ,& explique les abbrévktions. 
En voici un exemple. Les chiffres marquent les 
lignes. 

' 62, Quibus diebus 
virgines veftales , rex 
Tacrorum^ flamines plos- 
tris in urbe facrorum 

Î" jublicorum P, R. cauf- 
à 

; tfj. vehi oportebit ; 
quaeque ploftra trium- 
[phi cauua , quo .die 
quisque triumphavit , 
Gucei oportebit^ qux- 
que 
6^, ploftra ludorum, 

Îuei Romas aut urbei 
lomse publiée feient, 
inve pompam ludeis 
Circiendbus ducei, agei 
ppus 

6^. erit; quove mi- 
nus earum rerum cauf^ 
& eisque diebus ploftra 
interdiuin urbeducan- 
tur agantur; E. H. L. 
N.R. 



Quibus diebus viiri* 
nés veftales, regem îh 
crorum , âamines, pk»- 
ftris io urbe (âcrorum 
publicorum Popui R>- 
mani cauflà 

vehi oportebit ^quas^ 
que pUu&rû, criumpfal 
caulTa» quo die quisque 
triumphavit, duci opor- 
tebit^ quxque 

plauilra ludorum, qui 
Romx aut urbi Romx 
publice fient, inve pom- 
pam ludis Circenûbus 
duci, agi opus 

erit ; quove minas 
earum rerum cauflà eis- 
que diebus pl^ivftra in- 
terdiu in urbe ducan- 
tur, agantur; ejus hic 
kge mtogatur, ^ 



t^jéia^ 



r 



ymïïety Jaùt ^ Siptemhre lyjtf. ibj^ 

-• ^ Haratiits Flaecus. In 8. L'Auteur de cetto 
nouvelle Edition d'Horace n'a pas voulu fe nom* 
mer : eUe eft bien imprimée, & elle a cela de 
particulier qu'on n'y trouve, ni Id nom des per- 
sonnes à qui les Pièces HUarace font adreflees^ 
ni des argumens qui marquent le fujet qu'elles 
traitent, il y a à la fin quelques Notes, les con* 
jeâures des Savans, & des diverfes Leçons. On 
y^a aufli donné une Lifte des Editions à^Hoface^ 
& l'on en compte quatre qui ont précédé celle 
de Veniiê de i J.77 , que Mr. le Doâeur Bentley 
a cru être la première. 

Un Théologien anonyme a publié un Ouvra- 
ge y qu'il regarde comme un remède infaillible 
contre le Déisme. The Cure ef Deism: or tht 
Mediatoriat Stheme hy Je fus Chrift ^ the enly truê 
BJeli^on^ &c. C'eft-à*dire^. Moyen de guérir h 
J^éistHe^^ enfaifant voir que le Syftème du Média^ 
teur JéfuS'Chrift efi la feule véritable Religion. 
'Bout Jervir de réfonfe aux ObjeHions qu^ on fait 
naitre^ ér à Pidée très imparfaite de la Religion 
TuUuTflle é^ du Çhrifiiamsmey que nous donnent 
lef.i^MX Oracles du Déisme ^P Auteur du Chriftia- 
nisme aufli ancien que le Monde, ^ V Auteur 
des^ Caraâériftiques; DPvifi en deux volumes ; ^ 
émt filon une nouvelle méthode. Var un Miniftre 
de la. Campagne. In 8. avoll. L'Auteur des C/ar- 
Ta&ériftiques y que ce Théologien n'a pas voulu 
nonûmer , c'cft le défunt Comte de Shaftsbury ; 
a. le muet à latête des Déiftes. „ Le noble Au- 
yy teur des Caraéiérijiiques y dit-il, le premier en, 
„ datë,&: le plus en vogue, lance plufieurs traits 
,y. coiitre les MiraGleSj, comme s'ils ne prouvoienc . 

t Jîwîf/. XFII. Part. I. O »ricn« 



' - • - - — -^ — ■" 



\ 



^lîto: B 3'eft mis k U tête des Déiftes tnoderJ 
^ nés pendaipt plufieu» années , & c'eft pcac% 
^ êtr^ k plus fubcH Adver&ire 911 ak écrir 
^3^ concre k Rdtg^nChrécieQne. Sqq peraicîeiix 
^^ cteQ«ia a été formé d'une œamèrc & com^ne 
^ & g arti6ckufe^ qu'il n'y a que les .perfixmes 
^ initiées qui le comprennent ; on ^y mxape 
n, DrdiDaircment»il eft même quelquefois apfilsu* 
^ di pitr de uès bons Chrétiens, &c.'^ Du icft^ 

5 fe^ut^m que kt Déifœe & le Paptfine 6t pix>- 
dtufeoc réciproqueiiient » & qu'il n'y a qif on pas 
ï faire de l'un à l'autre. 

Ç'eft-à-diKe: An,al^it^ de U Re^mt naturttk & 
tMlA «atf( l'état ^ k cmn Je U NéOme. A 

?U^ Ta» a.jp'mt datx courtes IHjfertatkm : x« Jk 
identité ftrfimtk : T^dfU^ nmtnft it U Vertu, 
tar J9^ Butler y Ihantr èf JUix^ ReOeur de 
Stmhof€ deiMsfEvhbé de I>itrbénxt. In 4. Air. 
Butàr s'attache à faire vkht que les difficultés 
qu'on trouve dans récoc^atme de k Gface, fine 
analogues ou femblables à cdlea qu'on déooiiifre 
dans k cours de k Nature ou de k Providence; 

6 que puisqu'on paâè cdles-ci ans peine» on 
ne doit pas s^^urter aux autres. Il e^«nine en« 
&itë les principaux Dogmes du Chnftkniâne, 
& en montre k cmitude^ conformément au 

i|rincipe anialogiaue qu'il a pofé. Dans la DiÊ^ 
ertation fur l'Identieé perfoneUe y il s'éfoigpe 
un peu du fèntiment de Mr. JLor^. 
, The Game of Chefs ^ &c. C'eft-à-dire^ Traité 
du^JmdesEOfecs^umfemntt ks r^ies ^ éesm* 

fintt-^ I 



mru^tons nécejjaires yé*c. "Par te CafitahK Bertièl 
In la. Cet Ouvrage eft eftimé. • 

JLettersfttm a Moot at Lojuhjfy &c. C*eft-à- 
dire: Lettres fun More réfidànt i Londres ^ écri^ 
t'es à un de fes Amis à 'DmiSj contenant la Re^» 
lotion de fin Voyage dans ks Provinces ^Angletet^ 
rèy avec des Ohjfèrvations fur les LoiXy les Com-^ 
fumes yla Religion ^ é^ les Mœurs des Anglois , &c. 
In 8 . C'eft une miferable Copie des Lettres Per-^ 
Jahnes^ &c. 

^youmey fiom Alefbo to Damafcus^ &C. Cdl- 
à-dire : Voyage d'Aleb a Damas : avec une Defir^ 
fion de ces deux Vtîles^ et des parties voi fines de 
là Syrie. A quoi fon a joint une Relation des Ma^^ 
iranftes fui habitent fur le Mont Liban y c^r. ti^ 
îrée de leurs HiBoriehs. Et les Avantures furfr^-^ 
narres ^ lapn tragique de Moftafa , Turc y qui 
fprèf avoir frcfejfé là Religion Chrétienne durant 
Ùufteur's années en Bffagàe ^ en Vlandre y re- 
%0kmà en Syrie ér y mena fa femme. Le tout ac^ 
^omùâgnf 4^ Notés yO* d'ùTte Carte Géographique^ 
hx \ L'Éditeur dît que la Relation du voyage 
^' Alè^ à Dàmias étaht tort courte, il y a joint lii 
dë{ici;iptioh dé ces deuî villes & ae& pays voifîns^ 
(i(ée des Mémoires deS Millions étrangères. Lé^ 




Coûté beaucoup^ le Diâioniiaire d'Herbdôt Sç 
Quelques autres Livres afTéz communs les ont 
Ipurhicîs., . 

1^. iç M^rcjuîs M^ei èttoâiti pour la Hollan,- 
âè, après aVoif fait aÎQfex deiejoùr d«is ce Royau- 
me pour eh voir lés Ciiriôfitcs. D a Vifité Icsr An*. 
^' O a tiqui' 



1 



(iquit^s Romaines & les autres anciens Monu^ 
mens qui fe trouvent à Oxford yizns la plaine dç 
SabsIfurYy.Sçc. Il a avec lui Mr. Seguier de Wî- 
fnes ea Languedoc , jeune-homme de grande eC- 
pérance, & déjà fort intelligent dans les Anti- 
quités Grecques & Romaines, qui travaille icon- 
Xpintemeht avec Mr. Maffei aux mêmes recher- 
ches. 

La Reine Elizabeth^yoyzni que ropinioii po- 
pulaire touchant les Sorcieris & les Sorcières 
i>'étoit pas .feulement fjmSk &ç ridicule , umis 
pernicieure à l'Etat en ce qu'elle donnoit Heu de 
faire périr plufieurs perfcnnes innocentes j Çt une 
Loi où elle défendoit de vexer, inquiéter & per- 
fécuter qui que ce fut Cous prçtexte de Sortilège, 
^is fon fuccçffeur JdfuésX qui étoit Fantipo^ 
4e à^Elifiahfth^ & qui Te mêloit pédantçsqûe- 
ment de Théologie, fit révoquer la Loi dé cette 
Reine, & ramena l'ancienne fuperftition. .D fit 
même ua. Livre pour prouver qu'il y a voit des 
iSorciers, intitulé D/monologie-y comme il en avoit 
àuffi fait un. autre contre le Tabac à fumer, qu'il 
Ibutieiit avoir été inventé par le Diable. Ainfi 
fon continua à brûler les prétendus Sorciers & 
Sorcières. Mais enfin le Parlement vient de (ai- 
re ua Afte , qui a eu l'approbation du Roi, & 
qui révoquait celui de ^a^ues I. défend fbus des 
peines trçs févèrès d'accufer qui que ce foit de ' 
Sortilège, &c. Pendant que le Parlement travail- 
loit à ce Bill, il a paru quelques Brochures fur 
cette matière. ^ Difcourfe ofWitchcrafty&cc. 
Oeft-à- dire : Z)//^wrx fur le Sortilège ^ occafomié 
far h htlly fropoféau Parlement ^ four révoquer 



yuiîkt^ Août t3 Septembre Vf\6. i\% 

la J^oi faite la première année du Règne de faquet^ 
J. intitulée Ââe contre les Enchancemens & les 
Sortilèges, & le commerce avec les Efprits ma^^ 
lins.. In ^. L* Auteur fe propofe de faire voir, 
^ue les paflàges de la Bible où il eft parlé de S or* 
til^e font mal traduits: Que l'opinion touchant 
les Sorciers a été fondée fur les fables des Paiens: 
Que rinquifition l'a fomentée, parce qu'elle y - 
gagnait: Que l'Ecriture ne parle point des Sor- 
ciers, & que ce font de purs Etres de raiibn. Il 
répond enluite à ceux qui tâchent de prouver 
qu'il y en a^ & montre comment cette opinion! 
s eft introduite dans le monde. 

rhe Wiuhcraft ofthe 'ScriptureSy &c. Ccft-à- 
dire: L»e Sortilège dans le fens de t Ecriture: Ser^ . 
Tn^Tt prêché dans une occajton particulier eJ Far Pb» 
S. LJL. D. In 8. On traite ici particulièrement * 
de la Sorcière d'Endor, & on prouve qu'elle' 
trompa Saiil, & fe moqua de lui, lui &ifant ac- 
croire qu'il voyoit ce au'il ne voyoit pas. 

Il y auroit eu lieu a être furpris fi quelqu'un 
n'avoit^ pas pris le parti des Sorciers. C'eft ce 
qu'on i fait dans l'Ecrit fuivant : The Witch of 
BTuior^ &c. C'eft-à-dire: La Smière d^Endàr: 
ou D^enfe de F Adminifiration de Dieu far le moyen 
des Effrits hns ^. mauvais. Ecrite il y a quel- 
ques armées à la frière d^ûne DaTtte^ ^ mainte^' 
nant réimprimée ^ avec un Difcours FréliminairCy 
humblement adrejfé aux honorables Membres de 
là Chambre des Communes qui ont frofofé un Bill 
four abolir la Lai de jaques I. contre les Sorciers.' 
In 8. On voit par l'érudition Eccléiiafiique qui' 

O 3 règne- 



SI4 BlBUOVBBQjDB RAISONia^^ 

tîîgne dao8 cet OuvrsigCjqi;*!! viçnt d'unThécJo^ , 
l^en zèle pour les Sorciers & les Sorcières. 

Mn le Marauis Maffei a &ic imprimer ici, tf 
frsmo Ca9fU deir Ibade iOmerOj^ ttaJotto in Vèrjt 
ItafianL Dans TEpitre adreflee à S. A. R. te 
prince de Galles, il fait voir l'avantage que lo 
Yer^ fiiokl , ou non-rimés, ont fur les autres. 
Cependant il Croit qu'on pourroit encorç perfeçr 
tibnner cettf efpèce de Poëfie, & c'eft ce qu*it 
% tâché de faire dans cet Eflai , qui eft écrit de- 

Eiiis loDg-tems. Los mots compofes donnant 
çaucoup de grâce à la Poëfie, comme on le 
voir dans Homère ^ Mih<m^^c. Mr. Magii les a 
auifi inctoduits dans fes Vers Italiens. Amfi <xi y 
trouve bovioctbwtay occhiampiay occhtaz^ray oe- 
chinegray occhibrumy b^nchibracciay fifd^rgm$9iy 
fievalentey pievehce.y nubipadrey mdfiaduHanfe^ 
Scç, Voici Içs premiers Vers de cç Chant, qui 
donneront une idée de la Poëfîe de Mr. Ma^ : 

Conta lo fdegno del Feliade Achilk , 
O diva 'y atroche fdigno y che infinité 
Trodujfe affitnni a* Grecs y e moite ancara. 
jinzà tempo a Flutone anime for ti 
Mando d'Eroiy e d!effipafio a i cani 
Fecey e agis augfilli; ma cosi di Giove 
jtdempieafi il configUo, 

A Summary ofNatural ReUgimy &c. C'cft-à- 
4ire: Sommaire de la Religion Naturelle y conte^ 
nant des preuves de PExiftence ér des Attributs 
4e Dieu; dr une ï^éduSion particulière des JLoix 
Je l^ Nature} avec des Recherches fir k fonde- 

menf 



<^ 



~J 



9»ent de POiiigëti^ ûà nous fmmes de Imr oMtp 
&c. In 8. L'Auteur déclare qu il n'écrit pas pour 
les Méupbyficiens ^ mais pour le peuple : cepeii^ 
danc il ne laide pas d'être ohfcur oc akmbiqué. 

Le Dr. Gray a critiqué le fécond Volume de 
Vliifioire dts Puritams^ Mr. Vled: An Impétr^ 
fU/Exammatianjôcc. Oeft-à-dire : Examen 
Defaftèrejf/, &c. Le de&ntèreflëmenc du Dr. 
Gray confifte à nier ce que Mr. Nm/ affirme )6c 
à lui dire bien des injures. Ceil par - là qu'il (ë 
diAingue. Voici un autre titre de fa façon y où 
il ne iè dément point. An Exammatiên^ &C« 
Examen du quatorxième Chafitre des Oifervatiêni 
du Chenudkr Newfanfur les Prophéties de Daniel. 
Où tcn exéomne &fqu$e evec foin tofimende cei 
Atueur fur tOri^ & kt Caufes du Culte deé^ 
Saints dam kt Egbfes Chrétiennes. In 8. Mr*. 
Newton a accufé quelques Pères du IV. & du V. 
Siècle d'avoir introduit ou fiivorifé le Cuire At$ 
Saints : cette accuiàdon lui a déplu, & il s'eft mit 
aux chaimps pour foutenir l'orthodoxie de ce^ 
Pères. Il ne dit néanmoins point d'injures à 
Mr. Newton y il lui donne au contraire de grands 
éloges comme Mathématicien; mais lorsqu'il 
s'agit, dit-iL de Religion ou des Pères, ce grand 
homme parle comme un enfant , & fes raifon- 
nemens font pitié. Il le fbupçonne mênje d'avoir 
voulu fâvorifer l'Arianisme, & d'en vouloir aut 
Difcipies de St. Athanafe. * 

The fourth Commàndsdknt éhrogated hj the 

<xaj^/,&c. Ccft-à-dire: Le quatrièff^Comman^ 

dément akrogé Cous PEnio^^ile ^ Set, In 8. L'Au« 

teur de cetie Jwocfause, quieft ua Laïque, en- 

^ O 4 tre* 



%i6 Bibliothèque Raisokkb'e ^ 

treprend de prouver que la Loi qui obligcoît te 
Juifs de fêter le feptième jour de la fetnaine 
étant abolie , les Chrétfens doivent y fubftituer 
le premier jour de la (êmaine. 

Un Anonyme a pris à tâche de rchabîUtcr 
THiftoire de la Verfion des Septante par Ariftcas, 
û décriée parmi nos Savans. A VinJisationy &c. 
Ceft^-dire: Défenfe de fHiftoire des Septante^ 
iontre les fauffes idées qu'en ont donné le fa'vant 
Scaliger , Mr. Du fin ykDr. Hody , le Dr. Prideaux , 
C^ autres Critiques modernes. In 8. L'Auteur éta- 
le un grand fa voir, & n'oublie rien de ce ^ui 
peut fervir à prouver fa Thèfe. 

A New Treatife ofthe Vinereal Difeaji^ &c. 

Ceft-àdire: Nouveau Traité de la Vérole, Drui- 

fé en trois Parties. Contenant la méthode la fbts 

fure de rétablir la force ^ la vigueur des Organes 

ajjfeâés dans tout le cours de cette maladie. Avec 

une Differtation fur la nature^ les fropriétés du 

Mercure y ^ les efèts ^qu' il produit /ùr le corps hu-^ 

^ mam ^ où ton démontre clairement les pemicieufis 

conféquences de la Salivation dans plujieurs cas de 

la Maladie Vénérienne, Par Nicolas Rohinfon^ D. 

M, ^ Membre du Collège des Médecins de Lm» 

dres^Scc, In 8. 

On a fait une féconde Edition de laTraduâion 
Angloife de V Architeèïure de Palladio^ qu'on dit 
être plus exaâe que la première. 

The Method of Fluxions and Infinité Séries ^ Sec, 
C'eft-à-dire : Méthode des FJuxions ^ des Suites 
infinies , avec leur application à la Géométrie des 
Lignes courbes Par ^r. le Chevalier Nevuton , qui 
tn efi: l^ Inventeur. Traduit fur l'Original Latin de 



JmlUt^ jfoûf t^ Septembre I7}<5. ziy 

'*t Auteur ^ qt^i lia f as encore été publié. Ce titrç 
ne plaira pas aux panifans de Mr. L^ibnitz^Gxji 
»e veulent pas convenir que Mr. Newton toit 
rinventeur de la Méthode des Fluxions. 
' Afhrodijîacus y containing a Summary^ &C« 
C'eft- à-dire: Sommaire des anciens Auteurs oui 
ent écrit fur la Maladie Vénérienne , dijpoféfius 
Jes Chefs fuivaWy l. >de fon Origine; 2. de fes 
'Symptômes; 3. des différentes manières de la guérir^ 
Extrait des deux Torhes d^Aloyfus Luijïnus^ que 
ent été réimprimés à Leide par les foins de Mr^ 
Boerhave, Avec une Table des Auteurs qui ont 
été omis dans ce Recueil ^ Anglais ou Etranger s ^de^ 
puis té commencement dufeizÀème Siècle jufqu'à pré'» 
' fent^ ér une longue V réface. Par Daniel Tumer^ 
du Collège des Médecins de Londres. In 8. 

On fe propofe d'imprimer par foufcription,^ 
ColUaion of thefmall Birds^ $cc. Ceft-à dire; 
Recueil des petits Oifeaux qui fe trouvent dans C0 
"Royaume S* ^^* n'excèdent pas la grojfeur d'un 
Merle y recueillis par Jean Lee de Great Baddovf 
dans U Comté a^Ejfex , ^ deffinéf par Charles 
Collins de Londres. ' Les Oifeaux feront graves 
de leur grandeur naturelle, fur des planches de 
dix-huit pouces de long & de quatorze^de large. 
^ On donnera la defcription dû Mâle auffi bien 
que de la Femelle de chaque Efpèce, ce qui n'a 
pas encoffc été fait,& on repréfentera leurs cou- 
leurs avec un foin particulier. Le prix de la 
foufçription pour un exemplaire des douze Plan- 
ches enluminé fera de deux Guinées, dont on 
payera d'abord une Guinée Se demie, & demi- 
Guinée en recevant l'exemplaire. 

O 5 Ba^ 



\ 



* 






Éaroma Anglica : an Hifiorj af L»and, Ht 
étndBaronieSjanJrfTenuremcafite^Scc. C7< 
à*<iire: Hiftoire des Honneurs^ BanmeSy ér 
Fiefs nattes qui rtlèvent innnifdiatement d» 
V^ffiéfur ks Begifires, Far feu Thomas Madox^ 
Bifimoffraphe du Roi. In fol. Mr. Maddox nous % 
donné plufieurs Ouvrages dans ce genre: le pliv 
imnortant c'eft fon Hiftoire de PEcSifuier. i 

Mr. Ainsworth nous a donné Thefanrns Jjok \ 
fute Latina compendiarius : or^a ComfemJm^i 
Diaianary ^6cc, C'eft-à-dire: ViSionasre atr^ 
de la Langue Latine y à Fufige des Na fions Bri*;^ 
Uwuquesy &c. Cet Ouvrage eft diviie eo xxdi ' 
Parties^ ou trois Diâionaires, Le prénaiçr coq*, 
tient tes mots Ânglois avec leur Ggnificadon eo 
Latin ^ le fécond les ipots Latins avec leur fignH .' 
fication en Anglois ^ & le troifîème les noaà 
Latins des Perlonnes illuftres de T Antiquité, & 
des Royaumes ou Villes , &ç. avec ceux qu*i 
ont à préfent. On y a joint le Calendrier (k$ 
Romains^ un état de leurs Monnoyes, Poids & 
Mefures; une Lille de leurs Rois,Çoaful$,&c.^ 
tes Abbréviations qu'on trouve dans les Auteur^ 
Latins & dans les Infcriptions^ un petit. Diâio- 
mire des principaux termes Latins des anciennes 
Loix d'Angleterre. Ce Diâionaire effiice tous 
ks Diâionaires Latins & Anglois qui ont pam 
jufqu'ici* 

FrieTubhip in Death; in t'usent]/ LetUrs , &c. 
C'eft-à-dire: U Amitié après la Mort^ex^jée en 
*vingt Lettres des Morts aux Vivans, A quoi ton 
a ajouté des Lettres morales ^ divertijfantes ^ 
far le même Auteur, ^atrieme Edition y corrige 
ér augmentée. In 8. Mr. Sà^er s'eft propofé dan* 

ces 



- •* ^^^ ^ - 



Jm^^ JtoAt ïS Septembre ij^. »i(^ 

! Lçttrcs d'inculquer Tidéc de f iintnarttf té d« 
Aine & de la retidre familière à fes Lcôeuri . 
CMOrae étant Iç fondement de la Vertu & de la 
tdigion. Jl a auiS tâcbé de, joindre L'agrÀible à 
urile ^ & rapprobadon qu'a eu cet Ouvnsge fait 
oir qu'il y a réuffi. 

Air. Broughtany Maître è$ Artj, & Leâeuf 
te I*jEglife du Temple, fait imprimer pv {bu»« 
^tioii :^ibli^be€a HiJlarÙP^Sacr^ ^ &ç. C'cft^ 
fc-dirc: Bibltothècpt0 Riflariqw & Sacrée y cmfrifm 
t^nt ce qui concerne les ReligUms afKiepnes ^ 
W^derf*ef^ Païenne , jfuivey Chr/tsenne. ef Mét^ 
hanf/tane; ks Divinités y IdfleSy^c; les Temflef 
KgUfès y Musquées y é'C ;(^s PrêsreSyMeineSy&c.; 
fer yeénes , Fêtes ^ ^c; les Livres eu Ecrits S^crés^ 
ii^c:^ les Se^es , néréftes^OpnumSy é-ciks Rites, 
térémonies , Ufienfiles , Hahits , é^c. ; une idée des 
irffSfr entes Religions du Monde ; ^ un Pffcours 
fr^itninaire fur f origine ér le frog^ès de la véri* 
iaile jér faujffe Religion dans tous les Siècles. Tou- 
tes ces niatières feront rangées félon l'ordre de 
PAlphabct , de forte que ce fera une efpèce de 
Diârionaire. Cela ièra un volume in folio â'en-< 
viron 200 feuilles : les Souijbripteurs payeront 12 
Ihiliings fix fous d'avance^ & le refte^ quand on' 
leur livrera l'Ouvrage, à raifon d'un fou & demi 
la feuille. 

On fc propofe auffi d'imprimer par foufcrip- 
tion tous les Ouvrages du Dr. Guillaume FkeU 
lua^i/^tnortEvêque d'JE/yeii 17^3 âge de 6Î7 ans« 
C'étoit un Théologien diftic^ué par toutes le» 
qualités qui rendent un homme aimable; doux, 
modéré > o£6cicu3C » pleiA d'aiDOur & de xèle 

pour 



ii6 Bibliothèque Ràisoi^b^, 

^ùr la Religion, & pour les Loix & la Lil 
tédeû Patrie. 

D'A MST ERD A M. 

Wetfiein & Smith débitent le Lirre fiiivant^ 
pour le prix de 2 fl. 10 fous: Demwfiratto Mei 
FraBica FtQgnoJlicoirum Kippocratis]^ ea coufe 
do cum JEgTOtorum HiJiorHs in Ubro L o* IHé- 1 
Epidemiorum defcriptis y ah Henrico CopE||| 
Medico Regio ad Scatum in Hibcrnia. T)jpf^ 
Acddemia Dublinienfis y fwnptibus J. Sndth &\ 
G. Bruce. I73(î. in 8. 

D'babiies gens, qui ont lucetOuvrage^pcnfent | 
qu'on ne fauroit suères tracer un plan plus utile \ 
pour la pratique oc TArt. Hippocrace, convaiiw j 
eu que la bonne Médecine ne devait être Cmî- | 
dée que fur d'exaâes obfervations^ & jamais fur | 
des hypothèfes imaginaires, nous a donné lui- 
même les Hiftoires des maladies qu'il avoit ob- 
fervéesj mais avec quelle fidélité, quelle cxadi- 
tude, quelle candeur ! Il a raflemblé pareille- 
ment avec tant de foins & de fiiccès les Pro- 
noftics des diverfes maladies, qu'il m'y a qu'une 
Voix pour en reconnoicre la vérité dans tout 
pays, malgré les Syftèmes & les différentes Mé- 
thodes qui ont été employées fucceflivemént fur' 
la manière de traiter les malades. Auffi les Mé- 
decins du préniier ordre fe font-ils attachés ï 
prouver & à recommander par de favans Com- 
mentaires le mérite des.Obfervations d'un tel 
'Maitre. 

Mr. Cope a pris pour y parvenir un chemin 

plus , 






yuiljcf^ Joût t^ SeftemThre iji6\ ii< 

dus court & plus à la portée de tout le mon^' 
fe ; il s'cft fimplement contenté de tranfcrirc les 
Hiftoires des maladies que décrit Hippocrate 
dans le premier & le troifième Livre des Epidé-* 
haies , & d*y joindre les Pronoftics, en tâchant 
d'en démontrei* les liailôns & les rapports. Il 4 
ïuivi pour le Texte l'Edition de Van der Linden^ 
dont il a corrigé par-ci par-là dan^ le befoinjfoit 
la traduâioa, foit les fautes d'impreffion. . 

Son Ouvrage femble avoir plu à un grand Tu* 
ge en ces ipatières, à Mr. Boerhaave, THipi 
pocrate de notre Siècle, L CammenUrioloi tuoà 
,> in Hippocratica do&os é* laboriofos^ (ce ibpt 
„ les termes d'une de fes Lettres {a) à T Aureur ) 
,, magna cUtn ifoluptate fele^i^ atque meo qutdem 
y^ btmo. €fedo ^ Artis fiuidiojïs ftofore doShinî 
yy é^ exentflo. ,i., Demerehrif Medicos (lui mar- 
^ que- 1- il dans une autre Lettre (*)) tdendo aput 
>,^ maffto iahore ér do6trinA farmtam^ j^ari vet 
9j meo id fericulo y m b'onum commune e'Oulges' 

^uSor tihi fum.** 



Ht flaire de la Guerre préffnte ^contenant fout ta 
qui refi fajfé de flus imtwttànt en Italie ^ fur' U 
Rhin y en. Pologne y é* dans là plupart des Cours 
de l* Europe. Enrichie des principaux Flitsnr des 

(d) On les lit à la page Xlïï. de V Ouvrage. 

(h) Voyeas page -XIV, où l'on trouTçia aulfî une Let- 
tre fort ludicieufiç 4e Mi.7^o^m/onD odeur en Médicine \ 
l>ubiin, connu par fon favoir dans la Médecine Scies Ma- 
thématiques. Il y loue beaucoup le travail de Mr, Copg, fie 
Peyhonc fortement à publier les Hiftoires des maladies 
qu'il a eu lieu d'obferver dans fa pratique, tC l^u'il ^ 
MHgncufeinent transcrit dans ics Recueils, 



/ 



Oi 



Sièges é'^es iaiailks, Taf Mr.l?. MajfhêtJ} 
fagg. 447, fans compter la Vr^<ifie ^ là 3 
âe^ Matières, A Amfierdam che% Franfois fl 
noré, 17 je. Le Titre 4e cet Ouvrage h'ànnoi 

3|ue ce gu il contient eh eflFet. Oh y trouve 
ctail très clrconftancié de tout ce qui s*ett 1 
(S en Europe depuis la mbit ^Augufie II. 
dé PoWne, jufqu'au commencement de Tau 
Î7Î5- ^ne Hilioirc dé cette halurc^ où B 
cè^ofe uù grand nombre de P'ait^.très împon 
Revoit être écrite avec toute Timpartialitc 
Cblé. Ceft auffi le Plan que l'Auteur s'eft 
o(ë, fe il l'a fuivî avec là dernière exààit_ 
)h ne pou voit prendre de meilleur parti dai^is.. 

Jircônftances ôà fé ttpuyoicnt alors les â£B4_ 
e PEurope. Les MahïFelJes qui vehoient df 
u pari dès Puiflances en Guerre, èootenoi^ 
^ès mfons qui oaroiflbîent Vilement Fortes dtf 
partoc d'autre, & qui dévoient par côq&îùàé 
porter le Public à fifpendrc fcn jugement fïir \à 
véritables motifs^ de ç^e Guerre, ^uant ârf 
Rebdôns de^ Sièges & des Battes , il tfy a 
cffefmfe qui ne fâche . combien il dt <ji£S[c3i 
e diftinguer le Vrai cfavec le faux. Un même 
Jait^ ait notre Auteur, eji presque toujours ra- ': 
ioHte avec des circonjiances £ff^enies ^ far ceux \ 
mimes qulonf Mfi^effi à ce qui s^efipaffï. Tout ! 
eds( devôit nécefiairement le jettér dans de très 
grands embarras. Le feul parti que Pt5h pourcnê ' 
prendre, c'étoit d'expofer ces Faits ûûs entr6- i 
prendre d'en garantir un feul. Nous avons lu i 
fcette Hiftoirc avec foin . & il hôus â para par^ 
tout, que TAuteuf hfe ?éôit point départi de fou 

Syftè- 



Juilkt^ Aoif (â Septmhre ij^. ktj 

lyOème d'impartialité. Un défaut de cet OiH 
nrage, eft de n'avoir pas toute la forme hiftoi 
jique qu'on auroit pu lui donner. 

Uifiûire de ta den^èfi Guerre & Jes N^ùcia^ 
thfH peur la Paix y enrkhie des Cartes néceffatresi 
reurfirvir de finte à fHifioire de la Guerre fré^ 
fiute. Avée la Vie da Trince Eugim de Savojel 
far Mr. P. Maffuet. 3 Volumes in i. Premier^ 
W' 33î> fi^ compter la Préface qui en contient 
36. Second y pag. 172. Troifième pag. ^li^fans 
t9inpter la Table des Matées, chez le même Li^ 
kaire^ 173^. Cette Hiftoire,qui eft la continua- 
tion de li précédente, renferme tout Ce qui s'en 
uSé depuis le commencement de l'année 173^ 
|ifqu'àl la conctufion dé la Paix. L'Auteur t 
fris occafion de la mort du Prince Eugène ^ pouf 
donner la Vie de ce Héros. Sans entrer dans 
m détail ennuieux, il y â fait connoitre tous les 
gtsnds exploits militaires de ce Prince, & don* 
tt en même ttsùs une idée de fon carAâère.^ 
Kous croyons qu'il fuffit d'annoncer ici cet Ou«^ 
▼lagp, & de faire connoitre ce qu'il contient j 
Difons un mot de la Pré&ce , ou l'Auteur ré- 
pond i qt^ques Objeâions qui avoient été faites 
contre VHiJtoire de la Guerre prtfente. 

L'Abbé Besfmtatnes avoit aCcuft Mr. Majfuei 
d'avoir publié un Ouvrage , qui ne peut être 
iûftnjaif (jue pour h poftérité 5 d'avoir confulcé 
de mauvais Guides, & entre autres les Gazettes 
fioitives d'Améefdam & de Bruxelles, àu-lieu de 
coflfalreSr ceHfe de France 5 & enfin de s'être 
niontré parrifân , tantôt de PEmpereur, tantôt 
des tt^ii Couronnes alliées, dans la vue de pa- 

roi» 



roitre iippartial, & de lie déplaire à aucune 
£ion. Il paroic que notre Auteur fâtisfaic pi 
înent à toutes ces Objeftioiis. Il fait voir d'an 
bord par Quelques exemples, que l'Abbé n'eft ' 
point fonde à prétendre, quV»e Hijioire dnut les 
V ait s font encore récens ié^x^ publics , Tte feut être 
inflruêiive que pour la Fofiérité. Ces exemples i 
fbnt tirés de divers Ouvrages, qui oac été bien \ 
feçus du Public , quoiqu'ils ne CQntinflèat que 
des Faits tout récens & publics. Quant à la ^ ; 
èbnde accufation, Mr. Majfuet foucient, qu'il 
h*a jamais confulté la Gazette de Bruxelles, qu'il 
ge croit pas même l'avoir jamais lue ^ & que 
$.'il. a çu recours à celle d'Amfterdatn , il a cru 
à d'il y a voit beaucoup plus de fpnàs à faire j 
lur lesf Faits qu'elle contient > que fur ceux de ! 
la Gazette de France. "En Fr^^^r^,. dit-il, m» \ 
^azettter eft comme forcé, à déguifer les Faits y 0» 1 
ilu moins à les fuffiri^nery lorsqu'il croif qu'ils feu^ j 
vent être desagrjéahks à. cet te Cour., Il courroif 
trop de risque en écrivant autrement. Lies chofes 
ont ^té fur un autre pied en Hollande pendant la 
dernière Guerre, La parfaite Neutralité qu^ on a 
qhfervée dans ce Pays y a laijféaux Ecrivains une 
honnête liberté de parler des évènemem de la Guer* 
fe^ Nul intérêt if a du les porter àfifrévemr pour 
ou contre aucun des Partis, yaptais le Fhtepne 
iîollandois n*a eu fi belle occapon de fe faire valoir, 
ï^our réponfe à la troifiènae accufation, Mr. ^^ 
fuet prétend que ce n'eft pas un défaut dans un 
Hiflorien,de louer & de blâmer tour à tour ceux 
qui fbnt dignes de louange ou de blâme. ^ Je re« 
jf, connois, dit-il, avec F Abbé, que je me fuis 

9> inoa« 



^ moptféiF^ffffilf^^ tm^it de tSmfermtr jtamsh^ 
^ des trois Çênrofems, slUéfs^ 8c que j'en li agi 
^ de même. kïéguA des autres PuU&mcés. La 
ji yéricé le depiaiidoic. Auroic-on voulu que 
^ fenlQyeliflè dans le filence,des Faits. dont lea 
^ uns font favorables à TEmpereur , 6c les aucrea^ 
1^ aux trots Couronnes? Prétendre que par* fit 
p j'ai afièâé unQfeËtifMe alternative^ n'eft-c^* 
^ pas m'iafijlter uns aucun fondement 8c mor 
^ pricer des vues, que je n'ai pas eues ? je ne dpia^ 
,1 m'aqtendrc à de pareils reproches, que de 1% 
y^ pjQt do ceux qui ont des préjuge de P«ti out 

Û Abbé J}0rfwtaines. n'eft pas le te^ qui «ft 

avaxfxkVHifiosre de là Gmerrè. Un dés J^rna^* 

liftes di la Bitlitftlèèfùe Franfoifeà auffî toùliC 

eoia^çr en Uçe contre notre AuteuF. Illuifepr(>^ 

d]«e, comité avoit déjà £dtrAbbé, d'ayoii} pui^ 

iëdans^les C^zettes dé Hollande, &. prétend! 

çt'tvfip, de pareib Guides., il ne pouvoir manque^ 

4o ^ég«rer psesque à chaque pas. Mr. Mnfuid 

96 meotgB b^ucoup. ce nouveau Cntiquej^ttDob 

il fi^^aMf tetufiemenr. Ce n'éft pas ici ié Ueil 

4e. pi^ de ce difiereofd , qui n'a aucun rapp6f| 

%yfiC l'Hiflôifie.^ue nous annonçons. • ^ 

Itiparoitjcilc Livare fuivant : „ AaûMii/ de L^ 
» tfSi^ Méffwes e^ MMst Pièces.^ fdurfir9i^à. 
7i PHifioire de t Académie des Sciences '^ Belbti 
)> Lettres de laVUh de B^sim.'^ A Bexiers^^ 17 ^(^ 



ift 4*9. (^'environ 17^ pàge& 
: Comme on vient de recevoir cet Ouvrage 
presque au même tems qael^ nouy^» fit 
Tém.XVlh.^afUl. i W- 



zt6 BlsLioTiiv<^B RaisonnAÎe^. 

lui fera tous les honneurs dans cet endioit^pouF 
n*en point renvoyer TExtrait trop loin. 

Mv.BauillefyJjoStcux en Médecine & Profef- 
feur de Mathématiques à Beziers , fouhaitant paf* 
fionnément de voir naitre dans cette ville une 
Société fa vante, & d'unir plus étroitement par 
ce moyen quelques-uns de (es Concitoyens dont 
les defirs étoient les mêmes, crut devoir (ur-tout 
communiquer (es vues ^Mv,JeMairam. C'étoit- 
là' préfenter tout à la fois à Tilluftre Âcadémi» 
cien de Paris une occafion de fignaler fbn tèle 
pour les Sciences, & (on amour pour (à Patrie. 
Auffi ne fongea-t-il qu'aux moyens de faire réu(^ 
fir ce projet. Ses premiers (oins furent d'en par- 
ler à Mr. l'Evêque (a) de BezierSySc d'en don- 
ner avis à Mr. l'Ancien Evêque (t) de Frfjus: 
(es démarches eurent tout le fuccès que l'on pou* 
voit (è promettre. En attendant l'agréaient de 
la Cour pour les A(remblées de la future Acadé- 
mie, Mr. l'Evêque de Bezèers ménagea celui de 
l'Intendant de la Province, en (è déclarant même 
du nombre des Académiciens^ & bientôt après 
Mr. l'Ancien Evêque de Fréjus eut la borné d'é- 
crire à Mr. de Matra» y que rien ne pouvoit lui 
Élire plus d'honneur que rEtabli({ement d'une 
Académie à Béliers, & que Mr. le Duc d'Or- 
léans approuvoit fort ce deflèin. Sous de fi &- 
vorables au(pices s'ouvrit la première Séance le 
19 Août 1723. 

C'eft donc PHiftoire de l'origine & des oc- 
cupations de cette Académie jufqu'à ce jour,quç 

Ton 

{a) Ltms'Chdfîes des ^Irys du T^ouffet^ficté en 1702. 

(b) Aujouxd*htti Mr, le Caxdiaal 4e FUmj, 



yuiJletj Joui t^ Septemifi iy\6. ziy 

Von nous donne en ^ros dans cet Ouvrage; peuNj 
être que dans la fuicé Ton entrera daDs les dé« 
tails , fie qu'à l'éxem^de dés autres Acàdéoiies du 
Royaume, Ton imprimera en un corps les mor« 
ceaux les plus curieux qui s'y lifênt,en abrégeant 
lès moins intèrefTans. Ici l'on s'efl contenté 
<Pindiquer les principaux Mémoires, avec un long 
Commentaire diilribué en forme de notes. Mais 
véritablement, il eût été à fouhaiter qu'on eût 
fuivi dans ce Livre quelque arrangement métho- 
dique^ plus naturel, & plus convenable. Je vais 
tâcher d'y fuppléer. 

Comme la Société de Beziers eft compo- 
fée d'Académiciens pour les Sciences, & d'A« 
cadémiciens pour les Belles- Lettres, on juge 
uns peine de l'immeniè variété de fujets fur 
lesquels chaque Membre peut s'exercer pen- 
dant fà vie. Les Mémoires concernant les 
Sciences dont on donne le précis dans ce Re- 
cueil, font au nombre de fix. Il y en a quatre 
de Mr. Boutlkt Secrétaire perpétuel. Le pre- 
mier tend à prouver que la force d'un corps, ou 
ùl quantité de mouvement, n'eft que le {H-oduit 
de la mafTe par fa vîtefTe, & non pas le prodoit 
de (à maflë. par le quarre de fa vîteflè,ain(i que 
l'a prétendu Leibnitz. Le fécond Contient des 
conjeâures fur le Magnétisme, dans lesquelles 
on ne balance point à étendre cette propriété en 
l'attribuant à beaucoup d'autres corps, avec Boy-^ 
le y 8c quelques autres Modernes. Le troifième 
expofe la force de la preffion de l'Air fur le corps 
humain. Le quatrième traite des Champignon», 
des mauvais cSsts qu'ils produifent quelquefois , 

P 2 & 



è^desmpffiOi d^ reB)6diar, Le- dnqçiiètiitf 
M&noic^^ qui;eft del^. ÇéUt^fXoiM^fmhk for* 
matioa de b Grêle. Dm^lci- &tèaie. iliréfuce- 





ir' égarct atsx- Ltinu^fons .poïtr iêmër-^. povç^ 
i(^^. ppur^emondei^ |ç9^tfi)n»> ijjp^ tnUer. 
l#:.Yien9«-^ pour 1^ ^tçii^tfm^ pditf^ ccii^e^l^ 
bfm $e. çharpdQm>fâre. j9^ti>0i|v^feuijWQeii^'^^B^ 

4à# ÇÇ Raweîli PiHiilJ^it 'Q^ifMser; Que.i^ 
n*c{x plus avantageux à une Sbcieté^qœ tt:libà^ 
té^4'iHie^a^^Cntïqii(^ Vûiatl^fy^riMifir^}^^ 
daasYu9^f(d9>io à t^fa^oé le^.un6^0S>9W^f^/ -. 

I4S i£log(^^ abr^sa d<ff Açadéoûdeqi^.isaçiii: 
font §pm 3^ JVl». l'Ablji -^-«wjfiv. rAtbc:ift 
CifiAvr, Mr. Par falû0^ Se Mi. VàLubm^ Toué ce-^ 
b'forç^e^ geiir ainfi dire ,]U( pr^Qûère]^/aroe du/. 
Li^. : La «fe^ade eoBrUn^ qiid^ça iPiècq^ dé« 
tachées, fayo^ l. fur: la\lad^e' &. 1% lon^çor. 

cèife d^ Beziers ^ 3. iàr Ipi polkioade^NarbonfiQ. 
4» fui; là RfatiJbArl^ du Pff^^ 5. fur \çs Eçlipfef^ 
wïZDoée 1729. Enfuite vient la Rdbtiop de 
d^uxA0e<nblée^. publiques, teouea en 1731^ ;oQe 
l^ochure fur . la manière de aaker h. Petite*- Vé- 
rçle^ .enfiii le petit rainas de^^ Obfervadon» de ia- 
Spciété de.B^iers, t^pi font p^femées^ dans 
THiftoire de l'Académie Royale dés Scieaces de 
Bans. Voilà le Catalogue exaâ de tout le Re^> 
cpeik II fufiSra préfentemeat de donner on exem- 
ple d'un dea Mémoires qiki'oà y ft en«i|s> & je ' 

vak: 



i 



^^Pie^fti^ dMm<.& iîias ioimiiC^ lippsurentçi^ 
7.faQ]Ar9U(^^qMiçk:|iUM)^iet4oiv;cQn ,^ H!^- 

JWteni^r .gul^v^oir feu dets^mA.^p^Sifdffiu^^ 
sH.y fiçiHWi ^gvmMomfofè MsQ^Wim^ Ce 
t lP<Mti»;^^^de<tft^ii » que fi on lenfooce f]ikh 
5#«ao6 <àml^ ren^ Jei^roac d'to %iîerj{({]JÀ'pn^ie 
;tc^fQ^^ip^^<»s^>4u .fumier > .& iqu!pti l'arr^ (W- 
iï!Wn& V^.<k jî«u, . on vena naître d<^ Q¥U«« 
^FWnç^Li^dïis à i»inger^ Cette expiï^Qnode 
^Ç Sy ^x is^ e^mi kmu i «bnoi^er^ .prouve MeRQ9ie 
^ue de^çoMC j:^ips oji a recQpqMtC|u'ily en ^Mmt 

qui font venus 4»prt$, ont tous fuiyjs cetxoidw* 
r4^-;i Ç^^, dai^ Ton ^ ^flaire des Plgôto, a 
: co|ppcé i4ji(qu*à: vÎQgc -<fix « Genres' de Cbiaapi* 

{jSeuirs Efpèces; & vingc-tui Gcotcs de Cbitn- 
.pignons donc on peut ufer, qui renCenoeot^aaiE 
ipluAeurs J&^çes. On o^cmvermccoe dtnidàs 
^4iibçurs plus .anciens, des preuves qt^on doit- 
,0O^Ibit làt mauv^tfe quatiré>.des^f(^9ilipisiiail$; 
H c;omtne par exemple : dan^ H^pwy^e; On -. Ùt 

dans Àthénéè {a) une Épigramme qu'JS^rîjMf 
..avoit cQixipofée pour déploier k ' inort .piécipt- 
.tée de (à femme, de la fiUe^ & de.fes^deux w, 

quiavoi^tinangé des Cbmpignoias/uén^^^ 

On 



t^O BfBLIOTHEQlXB RAISONNE^ y 

On trouve dans le mêihe Athénée (a) , que Nr- 
mander défighe ainfi les mauvais Champignons 
dans fes Géorgi^ues. „Ceux, dit-il, qui croiflent 
jy auprès des Oliviers, des Grenadiers , des Chênes, 
^, des Yeufès, font très dangereux Se capables 
,, d'empoifonner, audi-bien que ceux qui (bot 
^, bouffis extraordinairement , ou qui contien- 
yy nent un fuc qui relTemble à de la colie^. En 
cflFet, THiftoire fourmille de traits qui prouvent 
la véhéhopfédcs Champignons. Tout le monde 
ûit ( pour taire ici les exemples modernes ) qu'il 
y a eu à Rome des familles entières qui ont été 
autrefois les viâimes de cette forte d'aliment; 
qix^Anneus Serenus Capitaine des Gardes de Hé" 
ron^ & quelques autres Officiers , furent de ce 
nombre. Suidas nous apprend que l'Empereur 
yc^ien allant en Cilicie , mourut après avoir 
mangé un Champignon vénéneux. 

Mais s'il y a de tels Champignons , il y en 
a d'autres qu'on peut manger fans crainte , & 
Ton n'en m que trop convaincu dans notre Siè- 
-cle. Ceux dont on peut ufer avec le moins de 
danger, font, félon Mr. Bouillety la Morille (B«- 
fo*r),le Mùujferon {Fungus pileolo rotundiori)y(c 
-ie .Champignon qui croît fur la racine de l'JSrjw- 
\giian , appelle vulganremeoc Brigwle. Il y a néan- 
moins certaines précautions à garder à leur 
égard. 

De tous les Champignons • dit Galien (b) , les 
Morilles font les moini» nuiûbles. Il ajoute. mê- 
pie(^) qu*on n'a jamais dit que perfonne fût mort* 

((«) ntdim, (h) De aliment. famUâi^ Li?. XI, C, tfp, 
U) ^f frobis pravifq. aUmnnJuce. 



Jmlkt^ jfôût & Septembre 17^6. tjt 

nniauement pour avoir mangé de cette efpèce 
de (Jhampignon, quoiqu'il avoue que toute crue> 
elle ait caufé quelquefois le Cholera-mêrbus. Que 
fi l'Empereur Claude mourut pour avoir mangé 
des Morilles dont il étoit fort friand, ce qui don- 
ba occafion à Sfftè^ue de les appeller Voluftarium 
venemtmy & à Pliffe de s'écrier , qtfée ^oluptas tan^ 
ta amifitis cihi ? ce fut parce qn'^griffhte y 
avoit mêlé du poiibn, comme l'a remarqué le 
même Pline ^ êc après lui Suétone & Tacite y qui 
appellent le Champignon que ClauJe mangea h 
veille de (a mort , Boletum meMcatmm. 

Au refte, continue l'Auteur, dans le choix 
des Champignons qu'on nomme vulgairement 
Boulets y il ne fiiut pas s'en rapporter uniqu*^ 
ment à leur couleur, à leur odeur, & à quel- 
ques autres marques par lesquelles prefque tous 
les Auteurs {a) prétendent diftinguer les bons 
d'avec les mauvais^ toutes ces marques peuvent 
être très équivoques, & le pafle doit apprendre 
que le plus fur eft de n'en point ufer. Si l'on 
mange à Paris de ces Champignons toute l'an- 
née, & uns crainte de danger lorsqu'on n'en 
ufe pas avec excès, cela ne paroitra pas furpro- 
nant,dès qu'on réfléchira qu'on les cultive dan» 
les jardins, & qu'on eft affuré qu'ils ne viennent 

Sue de crotin de cheval qui ne renferme que 
es feménces de Champignons de bonne efpèce; 
au-lieu que dans les près, & dans les champs, 
des feménces de Champignons peuvent éclorre 
conjointement avec celles qui en renferment de 

bons, 
M Dioicoride» Pline» Avicennc, &c, 

P4 



Jç^om^ ^jkmd^ «ndroi^ mtoie^ 4Hi<€o 1^11^^ 

|)Hb6ipaax fy mp(Qtx)es des i3|pla(0C; ^aj^&a fçtr f (ir 
ii^e uKiiicrer^ <:;tiampîgnoD9. . 11^ çp^ltfaidp 
fiar-çeiuç dpty 'Hiff9cr4te^Gkil$(m ont ftk-ipflOf 
^doi^, & Wfe enfuiceaux. ^^edecim. niQd«(|W« 

do^leujf d« ^^Kitte ;^ccoo)piign^ d'^#rtnde ft 
d^ difficifil^ id^ .refpirdi:, ^aoU^Sot^^ ()u'eye 'alMt 
TiiâSiquer. J'âr^^^^u, dit*.0^//AiP;9 4^ 
Mtès: avoirjnwpéua/peu:t|fpp^d€;'Cban^ 

"tims -qui ;ii^toiait ; pâç a0c:^ çvx^ ^ ^ ;fèpuc jmie 
gei^çtsur :.d'^éfta^ : un'. rci3f<CFH5inçi«: .mji. loi 
^ k jfdpin|tipa^ le fit Ipml)^ en JoiUeilib^ & 
IcMÇta^aasun^ froide^ f^dus FiJi^s tgo^ 

W\m]^w^%omwipdc Pife aùptt ipàDffé 119]^ 
dèsmmmit^^ ^pdllps par/ki 

Îj^s jip Pjays Siffariêli^ fut ^attaqué de. iiguie^ 
luyfq de yonûifemeqQS>&tomb^:dans un. dé* 

^ejd^eun;. &e^ Obfe]^atiQ05^e<>^^,' B^ 
tms.^F9fffiu$^J^^ màiquept les meàiei 
roa^tômeâ^ ai^x^u^ i^ l'opiiioi^jEe' le hoquet & 
^ss m^ çj^m H quêlqudfbil 

rétaarques idans/iCçs. foite$-d'oç<îa(^^ 
iikb coonmi&Qjce, fi^ifiinte des/mauvaîç efièts 
^iieles OiaÎDpîpiops foat eafiaUea de pro* 
oulre..^, .•.;....-. 
CeU pofê> i'JlVtf t^vir '^<^ ^'eijdiqucr les eau* 

(4) Mfiémiu Uk V.. 



p»nèd<ss. -JI-4QWjmtt»e/tf abord: ipar«tw^ 
#.gé|i4f«li^9lie!(&{lil^'furiic^^df iirpoîàMifiar 
de Champignons , de ceux même qui .pA^eas 
paifi^.^i^. ïx^^Mff ^ l^iM^ Age. 

M;^ q\i'jGm otm-liott dif^axHti9^'liai%er)i)aé n^ 
IKineiu»^ >|M&u A4| flii^: tM^oséchaiidér 0u OrA^ 

q^iiii:4cto^iMl^l^, wK>9Ttéy:xi-<JeflR»,' oiîiiii 
chera de vonur incef^imiMarpartofiiàTeCl Ar 
l?«Krciàé^ftiife>-ou «letèe^iyto <te Iffoite àSo^ 
lifê^ou4[faQitodes; boisées, ou daiM-iMMlte « 
aura dâdjévqOil^ASrj^iiîiitf de-camé^ra 
Hiftffr0tji d<mq^ -l 'k fiQe de fsftfimat dàne^ 

Î^ttlë ci^ctejQRia^de l^u chaiûde eamieHée; ^tû 
ui fit fendre le Ghasip^mHi^nid^qti'ei' 
mangé, GmBen ùrdotine ou l'Oxyiod 6x^ 
VOxymcl c^inlfole avec PHyffd^ &»F( 

à quoi il ajoute l'Ecume deNitre. Si Ton 

ve attaqué iPon dévotement avec iies'faeurs 
fiddes, de? fiaou venrens 60tfVuUi& & dâs.fyn- 
copes, on tâchera de cdmer nnimioQh der fi^ 
bres neryeufes qui caufent ces accideûs, par des 
houilions depouletsprisengrandequantité,pardes 
cmulfions daxis lesquelles on délayera des poudres 
abforbantes, par des copfeâions cardiaques, par 
des liqueurs aromatiques. Enfin, on fe gouver- 
^^ à peu près comme des perfonnes qui au« 
roient avalé du poifon. 
Ceft-là un précis de l'Extrait du Mémoire de 

P S Mr. 



2J4 , BlBl.IOTHtQim RAISOMBlErE. 

Mr. Bauittety qui renferme comme on voit de 
très bonnes chofês. Nous avons feulement omis 
ce qui houâ a paru être moins curieux ou moins 
certain. 

F. Changuhn a mis foUs preflè , PHifiwe 
Critique de la Fhdùfofhie^par Mr. D, de tAcaà^ 
mie des Sciences, 8. 3 voil. Il publiera dans pea 
k Toépu de Pétrone y fur la Guerre Crvile entre 
Ce far ^ Pompée ; avec deux ^pitres d'Ovide : Lf 
tout traduit en Vers Franfois^ avec des Bemarquts: 
et des ConjeSnres fur le Poème intitulé Perv^ 
lium Venerisj/^^n' M, Bouhier , Préfident à Mortier 
du Parlement de Bourgogne ^ 4. 

Et Epù Philofophifue/ùr fAme des Bites. Secoih 
de Edition yrevue y o* aug;men$ée tfun Traité des 
vrais Principes qui fervent de fondement i la Cer» 
titude Morale y par Mr, BoulUery 12. 2 voU. 

On trouve aâuellement chez ce Libraire :}!&- 
toiro ^ Mémoires de f Académie des Infcriptimis 
éf Belles ^Lettres y depuis F année 1726 y ju/fu'eM 
1730. 4 voll. qui font les Tomes XIU. XIV. XV. 

* xvl 

Epitres Nouvelles de Mr. Pjoujfeauy \%. 
Et lettres fur divers Sujets import ans à laR^ 
Ugiofty far Mr. J. Q. de Chaufepiéy i. 



TA- 



TA BLE 

DES 

ARTICLES. 

I. lettre à Mr. FoAcr an fujet de PHMpe, far 
Henri Stebbing. ëc Réponfe à la Lettre 
du Dr, Stebbtng,^4fr Jaques Poster., pag. % 

n. Second é^ dernier Extrait des derniers Tomes 
des Mémoires de Mr, BuRNET. 47 

m. Hifioire antienne érc far Mr. RoLLiN,Ta- 
ine IX. 8(î 

IV. Nouvelles Obfervations de Mr. Roques fur 
le Cas de confcience frofofé far Naaman à Eli* 
fée, lOÇ 

V. Second Extrait de FHiftoire d» Concile de Trejp- 
te far Fra-Paolo, traduite far Mr, Le 

COURAYER. IIQ 

VI. Le Sfeâacle de la Nature y Tome I. & IL 

1+9 

Vn. IjO làvre des Vfeaumes , divifé en Vers ^c. 

far François Hare , Eviqut de Chichefter. 

187 

VIII. Efitre dtê Chevalier des Cygnes à 
Don Quichotte de la Manche, Che^ 
valier des Lions. 199 

IX. Nouvelles Littéraires., ' 20Ç 
Detnonftratio Medico-PrafticaPrognofti- 

corum Hippocratis, ^c. ab Henrico Cope. 

220 

— Recueil de Lettres ^Mémoires cf* autres Fiè^ 

fes^ pour fervir à l* Hifioire de l'Académie des 

Sciences & Belles-Lettres de la Ville de Beziers. 

22Ç 
G A^ 



C A T A L G U E 

des: LiyREs 
.^hÙO'V^ E À l^ X. 

? A • JMAasoeti Ep^se ^OMsëè y > ttim Ver- 

-<lblh!aà>:*Sèhoiaftiw tOLitis^f^Êâs* 8r*fN^sbadi. 
mis Scriptoribus Grdscis colleâd^-clîMcce- 

VDemonftratio Medico-Praâica PtQ^ioÙ^rm 
*HippocMds ^ W> Mm. vGrièè. «<^«c,* 4c 
: ILac. 8. iDâUiai. 

mentis operationes 2c mechodum cogîatdo- 
rnet £m^oiâinc «plteo^i%6i«li>8. 
^ékiferm Obfervatfàiies^Crà^ éri Sd[<^eoRS 
quosdam Grxcos Hiftoricos, Hero4otip 
'c9»^{»e}ThacWJdèm it«m;^tit^ Xeob- 
.|éMitem-ae Artiinmi.' ^. ' 

)H»Piibnis.Med. Uxharingi decéigiiafiH!iQÉts:& 
curandis prxcipue ' interms himfam ' corto* 
.ris moi^bis Ltbn m6)6&^ FebHbus l:i« 
vtioasj cum Pœfttiofie H;jtoàrhave. 4. 
DObfcrvationcs in Heradii Impo^toris Mcdw- 
.^diMn fiafthiteaiw 4. 

Ni. 



NTovique Teftamend*, in oâo Tomai di« 
viAi^ cum. ladidbm lociiplctibui, AuâiU 
fol. 

LuciL ioMusivMiui Rerum^ R<Hqaftiniia ^ Libit 
Kaaci Pontani. Âccedunc Vgrixi'L^StiO' 

Mofis Chorenenfié Hç^erisi >AKBwnç«x lit'ibri 

G^pgçagfkif , Pi^BSPÛtiiuir frwcfetîcv^ qu« 
de Lk^acma^y ae Vevfipoft^^açra Assaenia* 
ca agit; & fubjicitur App^mUaf-, quaar<:oQ- 
tio8t.*E^iftQlas>duitt AuMiîaçflK, Più|mmi> 
CQr4mbipi;am.ack Pa^lftot ^Âpoftoluai^ ÀI* 
teram Pauti.AppftpUrad/CouaduQS'^ tiMA 
prtoxitB^, e3^ Cpdke^ MS«^ ûttftpi àiy\àigfffm. 
AFip£toiâ€À edftçlâEunrvv Latiiiè v«Keeiunty 
Notûcj^e iUuffia^fiUDr <}uUdmu&^ Sl Qeor* 

», I r • • 

■. - • « • • - 

fbieypMf^Hukp€r^..2y(di^ 

jgMùitn dti J>am$s iBupres dâ Ftâna fius M Rf* 
gne Je Louis XÎV. lo. 2 voU. NamP^ Èi6f,fig. 

jfymfèfmm ,dej0 Campag;^^ dé la Otur étf. Jfi^Jm^ 
Plll^ y,9u RAréatioMS H^ori^u^ySeatettfs tT 
(Salantes. 12. 2Voll^ , , 

J^ jl^lififkè^,Je.€mj^^ 

CeM$ 



CeiÊt NûMvelkf Nowveïkt^de Madame JeC&mez] 
Tome XL XIL XIII. & XW. 12. 

Cérémmies 'Retigkvfes defRnées par feu Bernard , 
ficart le Romain^ S'C- Tome FI. fol. 

Lies Dons des Enfans de Lapone , la Mupque & 
laChafeduCerfy Toemes dédias au Roi. 8. 
Farts, fig. 

Les Enchainemens de f Amour ^ de ta Fortune ^ 
ou les Mémoires du Marquis de Vaudrevilk ^ 
far le Marquis JtArgens, 12. 

Explication du Catéchifme Je PEgUfe AngBcaney 
far feu Mr. Samuel Clarke ^DoBeur en Théo- 
logiOy e^e, traduit de P Anglais fur ta troifè- 
me Edition. 8. 

Géographie des Enfans , ou Méttsode abrégée de la 
Géographie ^par tAhhé Lei^let du Fresney. 8. 

Le Glaneur François. 12. 3 Farties, 

Hifioire de t admirable Dom Inigo de Guipufioa^ 
Chevalier de la Vierge ^ Fondateur de la 
Monarchie des Inighifies; avec une Defirip- 
tion abrégée de tEtablijfement ér du 6m- 
vemement de cette formidable Monarchie^ 
par le Sieur Herc, Raf. de Sètva. 8. 

Wftoire des Révolutions Romaines^ par feu tAhhé 
de Vertot. 12. , 3 volL Cinquième Edition^ 
augmentée de la Vie de P Auteur. 

Hifioire de la dermèri Guerre & des N^ociatms 
pour la Fai^\ âvtc la Fie du Frime Eugène 
de Savoye; 8. irvolf. 
Hifioire de r Académie des Infcrîptions & Belles- 
Lettres y la continuation ou le Tome- 13. juS' 

qu^au 16, 
Hifioire des Découvertes ér Conquêtes des Fortn^ 
gais dans le Nouveau Monde ^ avec figures 

en 



M taitte-Joudy far le Tiré Laptai y IS? 
k mime Livre ^ 4. 2/volL 



Hifioire GMahgûjne ^ chronologique Je la Maifin 
Royale de France^ des F airs ^ des GrandsOfiU 
ciers de la Couronne et de laMaifin duRoi^éf, 
des anciens Barons du Royaume^ avec les Ar^* 
mes de leurs Familles^ far le F ère Anfelme^ 
foh ^oll. Faris. 

Hifioire de Mathilde d^Afftilar^ far Mademo^eUe 
de Scudery^ 12. 

Journées Amujantes de Mad. de GomeZy 12. 

Laneekis y ou les Voyages extraordmaires d^un 
EgyfSien dans la Terre intérieure ^ avec la 
Découverte de Pljle -des SilfhideSy far le 
Chevalier de Mouhy^ 12. 

JLettres Juives ^ ou Çorrejfondence Fhilefofhique ^ 
Hifiorique et Critique ^ entre un Ju^ Voya- 
geur à FariSj et fis Correjfondens en divers 
endroits y 8. 3 Tom, 

hogiqucy ou Syftème abrégé de "Réflexions^ quifeu-^ 
vent contribuer à la netteté ^ à t étendue 
de nos conmijfances y far Mr. de Croufiiz^ 8J 
2 voll. 

Mémoires de Monfieur le Duc de Mumtaupery Fait 
de France ^Gouverneur de Monféigneur Louis^ 
Daufhiny 12. zvoU. Faris. 

Mémoires de Hambourg y de Lubecky de Holfleiny 

de Dannemarky de Suide ér de FolognOy far 

feu MeJJire Aubery du Maurier y Auteut des 

Mémoires ^Hollande y 8. 

Trouve au Traité des Maladies des TeuXy avec de 

nouvelles Découvertes ^ far Mr. de Saint'^ 



TveSy 12. 



jRtf- 



intèreffkmtes , far Amrt BMlkatty 
Tafferan^ 8, 

rc. Tom^.'^. 12. . . 
téd Retigion du Cœur y ù» M^ji^ims tF.Mn^Ci 

du Salut ^ qui en efi tou^^Vé^^W.^ ' 



^ « 



F 



N. 



lÈLIOTHEQUE 

I R A I s O N N E' E 

^DES OUVRAGES ^ 

DESSAVANS 

bE L'EUROPE. 

f Pour les Mois 

tBocmaiœ.norEMBXEy&DECEMW^ 
; '73«- 

i TOME DIX-SEPTIEME. 
SeMitli Partit, 



1 A AMSTERDAM. 
Ckci J, Wetstkin & G. Smith. 
MDCCXXXVL 



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V. « 



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■»• 



BIBLIOTHEQUE 

RAISONNES 

\DZS OUVILAGBS DES SaVANS 

DE L'EUROPK 

Pour les Mois d'Oârobrd, Novembre^ 
. 8c Décembre, 173*. 



MMiMa 



ARTICLE I. 

OuvRAjEs Politiques dfc Mr. TAbbé de St, 
Pierre, Charles Irene'e Castel, de 
rAcademie Françpifé. Tome Hu^fiéme, Sur. 

• te Mm^ére éks Finances. Sur k Mimfiêre ^ 
des Aflfaires avec Tes Etrangers. , Frojet pomr ' 
fafvenfT a ta Paix, Pa^.^45. ToME Neu- 
vième. Obfervaphns Foétiques fur k Gou« 
vernemcnt des Rois de France. Réflexhns 
'Morales é* PhStîques fur la Vte de Charles 
.XII. 1^ de Suéde. Réflexions de même natu- 
Te fur la Vie de Pîbrre I. Empereur de Mbf^ 
.coviê. Ôhfervatims fur ht forme des Confeils 
de Louïs XIV. Pagg. 4^9. Tome X. 
4T8. ji Rotterdam',. vbe% JetanDani 
man, Affttéer lf^J^.. ^ 1735; 

Tûi», XVII. Fart. IL Q 2 h; 




144 BiBLioTHBOsnE RaisonneIb, I 

TL nous reftoic à parler, des Tomes VIII. & 
I IX. (a) de cette CoUeâJon d'Ouvrées P^ ^ 
IBifues. Le X. a paru depuis.' Nous tes juin- ] 
drons tous ici. ' 

TOME.HUITIEME. I; OBSERVATION. ; 

(*) Néceffiiéf dès Subfides. Notre Auteur vou- 
lant traiter du Minifiére des Fmanees par rapport | 
ii la'FRÀHCE, & félon {on plan univeriB doof^j 
il a tant été parlé, fait précéder cette Obier va- ; 
tiofî géolérale. Il ne lui.eft pas difficile de prou- 
ver la néceffité des SubjUts^ pour avoir de qud 
fournir & aux befoins ordinaires de l'Etat y & 
aux beibit» extraordinaires. Les Peuples* ipèxsn 
ne le plaignent pas tant des charges , que de ce 
qu'on en impole fans néceffité , ou dans un de- 
gré^xceffif , ou pour de mauvais u&ges, ou 
d'une manière qui n'eft pas bien proportionna. 
Les obfervatidm générâtes, que Mr. l'Abbé de 
St-Pi£R^i^B'A faites, fur l'impofitioB,fur le re- 
couvrement des Sublides annuels & ordinaires» 
& . fut les Subfides extraordinaires } pour les ré- 
partir avec le plus de pro^rtion, & les lever a- 
vec le moins de frai^ qu'il eft poffible, & pour 
éviter la négligence des Commis^ font ce qu'3 
nous doniie dans les Articles qui fe rapportent au 
Minifthe des Finances: y & qu'il veut qu'on joi- 
gne aux divers Mémoires qu'il a publiez en dif- 
fé^ens tems. 

II. Observation, {c) Revenus du Roi de 
France y en 1730. Ceft pour donner une 

idée 

{4) Oa a donné PExtrait des deux ptécédens» auTo- 
m^ XV« Paxt.I. Article IV. (éj fag. i—z* 



"idée de ranrangement de la dépenfe annuelle » 
ordinaire , en tema de Paix , & de la dépenfe 

' extraordinaire, en tems de Guerre, qu'on rap^ 
porte ici un Mémoire des Subfides 8c dea Dë- 
penics du Roiaume de Francty en l'Année 1730. 
On ne le garantit pas exetnt d'erreurs , mais on 

' croie qu'^es ne feront pas eflèntielles, 8c que 
cela fuffira pour fonder les obfervations. te 

' total des Rçvenus monte à environ cent-quatre- 
viot dix Millions. On trouve, par le calcul, 

' que dq)uis cinquante ans , ou le Miniftére de 
Mr. CfoLBERT, en 16S3, ^ Tailles & les an- 
ciennes Fermes du Roi font diminuées de qua-- 
rante-cinq Millions de livres, tnonnoie préfen- 
te j diminution qui vient , pour la plus grande 
partie , de YtvtfruJente aupnemtatiêm des Mom^ 
noies de 28 livres à 49 livres le Marc d'ar« 
gent fin. 

III. Observation, {a) D^enp orJinam^ 
-^^mée commune. La plAparc des Articles ont 
été ici tire£ de l'Etat de r Année 1 724, tems de 
Paix. Total cent -quatre- vint- dfeux Millions, 
neuf-cens-foixante-trdze mille huit-cens quatre- 
vint- deux livres. 

IV. Observation. (*) Effit Ju Dijcrédit 
& du Crédit TuhUc. On peut compter entre les 
terribles effets du DifiréMt d'un Etat , gu'il ne 
durcit trouver ni à acheter à crédit , ni à em* 
F^ntcr, (ju'à une perte exceffive. Notre Au- 
teur a ouï citer là-deflus, que LouiVXIV. en 
^715 > ou Tantiée qu'il mourut^ fut obligé, four 

Q, 3 avoir 

W Pag, TX-«4<|, 

0)Pag. 2i,s;. 



M4S BiBUOxEniQim AAisair nb«, 

0Viif$r hiit MUms m efpécesydetbmnifrà unBM$h 
ifuier ^ gufi nous canm^ov^ tous , potn vint^buit 
jalkons 4e Billets à fSgocier à Gqies , ér ckfz 
if autres Etrangers. Souvent il ^ Àé firfé iTaffir" 
msrfis Revenus à un qu^rty à un cinfuiéme mornSy 
;fffur avoir quelques avances, P.endapt c^eb .y }a 
JSatkn Anghifi .empmmoit fecUemeot à qiutïc 
ou cinq po^r ceat d'imérêc ^ & die n'a pre%je 
jamais eoiprjuncé iUr un plus hajoc pie. On jçq 
trouve la raifon d^ss la 

V. Ob$prvatjon. {a) Moiens dont la Na- 
tion P^x^^ïi^ ieft firviepour conferverfin ctéJk. 
Et pour ce qui reg^de la France , dans la 

VI. Observation, {h) C^ujes de I4 Jhai- 
mufson du Crédit de PEtaS ^ & THemédes. 

VIL Q^ERVATiON. (f) Sur la nature éf 
Bf venus des Vermes du Roi. 

VIII. Observation, (d) D^ârtemfint dfs 
^afre Jntendans des Finanfes. 

IX. Observation, (if) "^Bureaux Cifnfik^ 
iifs de chaque Intendant des Efnances. 

X. Observation. (/) Une Vaixferpétuei' 
h et inaùérahle doubler oit les Revenus dmefi* 
fues du Roi. 

XL Ob^erv ATifl M. (^) Z^iularit/ du fak^^ 
meut d^ Charnus Annuelles. 

XIL Observation. (A) FenJSms. 

XIII. Observation. (/) Il »'/ a.qiie deux 
raifons four a%menter les Suhfides. L'une^ c'ed 
la Guerre, & la confervation des biens 4e cha- 
que 

" (4) Pag. 2tf,i7. {b) Pag.*7,2«. W Pag.i9 — -17- 
{d) Pag J7— 44* (') Pag. 45—47. (// Pag,47,4«' 



OElûhr0^N4ve9iitr^De€efnkt^j^6. t^ 

que FfliniUe d^ Citoienc : I- autre, c'eft lors «(|e 
raugoaeBCacion de SuMcks doit ^^re em^i^ jt 
des ouvrîmes, ou à des dépenfe$,qui rapportcnjL 
aanée commune , à chaque Gicoien un intèm 
aa oHMos de CHiquantefour cepc^ cinquante firis 
pour cent fob Qu'il paie; Toute autre vqë dts 
\P¥mcês lE^dk^ felon notre Auteur, que frHes;Uy 
,fc raifm ^ie fsmtaijte. 

XIV. QBsâRVA'^ipN. {a) Ijb Sfibfie mrJbm 
..|Mir# éiH itfe fUnfoH £un fixtémcy que la Dé^ 

KV. OBiBCRVATiON. {h) Tnrit ei^ch dam 
Ui SfAfides; pu Q'cfis manières de ruiner le Peu- 
ple. I. Pariine impofition générale, exceffivc 
-eâ^ard i fon revenu annuel ; en forte que les 
Particuliers n'aient pas les (Qoiens de ^re fulv 
fifter leur'FafQiile (èlon letir condition y & de 
continuer 'leprcomaierce. j?. Par .la diftribu- 
don di^oportionnée d^uneimpofitipn médiocre 
en elle-même pour le total dés Sujets, mMs.ez» 
ceffive par rapport à un grand nombre 4c Sujets 
non protégez.. 3. Par la précipitatioadvi recou- 
vrement des Subfides &c. 

XVI. Observation, (r) Tr^arthft da^ 
la r^artition du Subfide. Cet article auroit été 
mieux intitulé : Eai/ms fQitr kfqpelks ;ks Petffks 
en général paient les Suhjldes Jans murmurer: car 
voilà ce qu*il contient. L'impofition ifrefor^ 
tion du revenus, de chacun , eft une ^ ces r^iK)ns: 
les trois autres conûftent, en ce quelles Sujets 
paient ce qu'ils ont accoutumé de paier \ qu'ils 

Q4. puifc 



(4) Yag.5T,S2. *(*) lZZ^%%mm%^ 

(r) Pag. 5i«-5^ 



1 






J4S BlBIilOTHSQirB RAUOftNrtty 

.puiflènc itvoir avec cerâude que les Subfid» 
ibnc emploie! en entier pour paier les chargea de 
i'Ecat; qu'ils aient lieu de croire que cinquante 
fols leur rapporteront tous les ans cinquatme m 
cent fols de rente, ou la valeur en commodités. 
Mais quand les Sujets voient que le Souve- 
rain fait de grands Bâtimens , qui leur foit 
_ inutiles, qu'il fait des libénuitez exceffives, 
^^ & d'autres dépenfes qui ne leur rapportent au- 
^ cun profit^ & quand ils n'ont aucune fûrefe, 
^ que les deniers cju'ils paient d'extraordinaiie, 
^ font tous etnploiez à leurs propres affàiresi 
^ quand les comptes de Recepte Se de Dépeofe 
,, ne font point rendus publics; ils s'iniagineot 
^ avec fondement, que je Roi eft prodigvie à 
„ leurs dépens, ils crient, ils murofiurent . . . 
^, fouvent avec raifon , parce que le Roi M- 
,, même murmureroit avec raiibn, s'il écoitSu- 
„ jet d'un Prince femblable, qui dcpenferoit mal 
„ à proipos les revenus du Public &c. 

XVII. Observation, (a) Dhmnuer le wm- 
tre é- la qualité des Subjïcks farticuliers^ en aug- 
mentant la quantité des Suhfides généraux. 

XVIII. Observation. (}) Fixer les P«h 
fons dans chaque Miwfiére, 

XIX. Observation, {c) Addition à tO»^ 
fvragefur /'Académie Politique &c. 

XX. Observation, (d) Membres de cette 
Académie, 

XXL Observation, (e) Sur les Arrêts 

du 

M ïa«. î<. f7. (*) Pag. 5t, 5P. (0 Pae. 5^-^^ 
(^j Pag. «3 . ^ W Pag- «4— W, 



s^ff 



if Cwfeil de 1716^ é" 172^ fPffr les Coittp- 

tables. ' 

XXII. Observation, (a) Cempag/tiet 
fuivantes centre les Comptables: 

XXIIL Observation, {b) TeurferfiBk 
wr les Capicadons far la métbeJe des Déclara^ 
tkm. 

XXIV. Observation, (f) Sur la eUfemfe 
des ^Umtatimss nwvelles en Vignes, 

Le fécond Chef général de ce Volume re- 
garde le Mmiftére des affaires avec lés Esr assers: 
& a y a d'abord une petite Fr^ace. 

I. Observation, {d) Sur les Négociateurs. 
Elle tend à n:K)mrer la néceffité de faire, ou de 
confirmer, en tems de Paix , des Alliances Dé- 
fenfives, pour affiirer l'exécution des Traitez, 
& prévenir de nouvelles Guerres :& tout aboutit 
à la Négociaticxi générale de Y Arbitrage Eurâ^ 
fétuy de b Diése Européenne ^(e\AQ capable d'être 
un bon garant, comme le Bouigeois de Paris z 
pour garant de l'exécution de fôn Contraâ le 
Parlement de P^sw. 

II. Observation, (e) La Suret/ ^ le Sa- 
lut Je PEtat e^t la frémiére Lai. Régie fort an* 
cienne, fort évidente y & fort connue : il ne 
Vagit que de la bien appliquer. On en fait ici 
iiiage, pour montrer que les Alliances Défenû* 
yçs ont plus de folidité & de durée, que les Al- 
liances Ôflenfives; parce que les dernières fi>QC 
fujettes à fe rompre , par des circonftances qui 

font 

(4) Pag. tf6««iSS. (^) Pag. ^«— fox, (c)V«s.iei«*tX|. 
W Pag. 1Ï7— m. (t) Paç. xii^iii» 



$f0 BlBMÔVnftOPV RAISOWffk, ' 

font que la confenrarioii de PJ&tat .le àamàUi 
On juftifie par-là Charles tl. Roi d'Aftgkuf^ 
.de. lie que, tout Allié qu'îlâceit^'Louîs XIV. 
Roi de France^ il lui declaca en t6f^a,^ que, ^ 
j^t^doic pas aux iXi£^i»iKf les conquêceB^qa'il 
Jirffaoic deimre âir cux^.il ne^pouvoît S'Cmpid» 
de prendre leur parti 'contre lui. Sur le taim 
fondement, les JX^/Asa^Mr, Alliez de Louis XIV. 
l'abandonnèrent avec grande raifoa , dès q\fib 
Jurent que les Conque^ qa'd^faifbit^fiir les Ef 
fêgmls eu Flandres , dans Ifannée \66%y dîstt- 
nuoient leur pnopre fureté) -qui «toit le prqicipl 
.but de leur Traité avec la ^amce. La &«ne 
An:N£ d'^»gA/^i7», en irannée ij^ii^abandoD- 
43à aufli tris fagemtm pmr elle^ ^ »bi^un»^mm 
f9ifr uùHSy dit r Auteur, l'Alliance iqu'^ avoi 
iâite avec l'Empereur, & fts AUieq&. Las ^ 
ianddis fuivirent bien- tôt fixi exemple pour iear 
foropre iÛreté, contre l'£q[ipi««ur , q^ afloi^c(^ 
."venir trop puiflknt. («] „ rron^ettre Se «eRirà 
^ parole, eft ordinairesieat utile à PËtift : v€% 
„ pourquoi il faut ordinairement t^îr & ptfolè. 
,1^ Mais fi par quôlaue conjon&uirâ, par quelque 
„ événement imprévu, il arrivoît qQ^l& ^SeuV^ 
,^ lain eût promis imprudemment des tk)|es 
.,y dont l'exécution feroit entièrement Qùmm 
^ au S^lut defon Etat, la première Loi, cdé 
„ la Loi de la confitrvation de fen £tat, rohif- 
„ ge alors à fe retraâer , £j: à ne pas tenir fit pa- 
„ rôle. Cdl que le falut de ^ Etat eft k uh 
„ fiiprême, à laquelle efl fubordonnée la Loi, 
i^^ififautteniffdfatok. C'cfl que Pon foufen- 

y^ CCflrf 

(4} Pag. X2I > 124» 12^ 



I, tend toujom'5, en cas que Ji!cxécudon de cet- 

„ te.parole ne aicttc pas rEcat jpn danger d'être 

„ reoverè. . . - Hors ce c.as,horj5 le ca$ d'uo très 

^. grand dommage, 1^$ Souveraias., comme les 

„ Particuliers y îont^ toiypurs .obli^eit de teoir 

^ kurs.projmeâirs réciprpqucsi, guoi ^u'il y ait 

21 beaucoup à .perdre pQ^ur eqic. Ejt c'eâ: aot 

^ Soiiyçrain^ yoiGos,, Juges naturels de ces ca39 

J9 à décider, .fî te danger eft .extrême^) ou fi .la 

„ |>erte eft excefllve^ ^t^lle fli*!ei]b.la perte d*ou- 

„ tre- moitié jdaos les Traicex & dans lès Pro- 

^ oxe0ès mutuelles des P^irricuUers. Cette lézioa 

» d'oujti^-moitié ne va pas, enti^e Souverains, à 

D ia /^fiôttion 4es Traitée) comme on a coutume 

» de k iifger 4an^ les Tarhmens^ .entre Parties- 

» Uçrs, jp^ à la perte d'un quart , comme .il 

,,.me paroit jufte, afin gue la parole ou la prp- 

p meueierv;ent toigours de^uelque chofe à cjd^ 

^ lui en faveur de qui elle a ecé faite. 

m. Q3S4iRVATioN. (À) Otages. tPu» Trhtfi 
vam». Un Traité d'Alliance , dont les princi- 
paux Articles feroient , qu'en cas que les Alliez 
fuffent viâprieux, ils rendroient les Placer fortea 
de l'Ennemi, mais démantelées ^ & en fecoqd 
lieu, qu'ils acuoient en otage de k concinuatign 
de la Faix, les douze prin,cipaux ou Miniflre^^ 
ou Officiers du Prince vaincu, livrez à leur 
choix , feroit très-raifonnable. Voilà ce qu'« 
établit, dans cet article. 

IV. Observation, (h) Bureau des Négocia* 
tms. 

V. On- 

W Pag. liS— .ijo, (0 Pag. uô— ija. 



Vr I, 



^ftft BiiLtonn<^rs RnsbNMB^ç 

'V. Observation, (a) N^ûâatms ifàti 
étvec Rome, feur ks penfons fwr ks Bhqm^ 
four U nomination du Roi aux Pfieurez^ é^f^ 
ksfenfions Juf ks Abbayios ^ autres Ccumwuàh 
tez oui ne Jont point en commende. 

Vi Observation. (*) Importante. 5»r Ir 
gjfieme Je /"Equilibre en Europe. Ce Syftéi») 
' (jui dure depuis deux-cens ans y quoi que peu f> 
lide, & fujet à beaucoup de Guerres^ par coo- 
' içQuent ï beaucoup de dépenfe , vaut encore 
'^ mieux que rien, dit notre Auteur ^ pour la cori- 
^ icrvation des Etats moins puifTans. Nous en jà- 

Serions de même, fi nous étions à lafdaceoa 
es Anglais^ ou des HoUandoiSy ou des Dam. 
ou du Roi de SardaignOy ou du Roi de TortHél^ 
ou des autres Princes & des autres RépaUiqua. 

* Il ne faut donc pas être étonné, fi ces Souverains 
' rœardent préfentdnent Pi»ift;//?^;/r//des Etats de 

l'Empereur en faveur de la Maiibn de Lmàm^ 

comme très avantaeeufè pour eux, afin de aaain- 

tenir cette grande F uiflànce, Rivale de la Fr^JW!?. 

Le moien infidilible de leur faire abandonner ce 

Syftême, c'efl le plan de la Diète Ewt9fkm\ 

' centre où aboutifTent toutes les lignes desprqjds 

' de Mr. TAbbé de St, Vierre, iTmontrc en dé- 

'tail, comment chacun y trouveroit fon compte. 

' VIL Observation, {e) Importante aufH: 

' Sut les diffifrens avantages y que la France ioftfi 

fropofef dans fes négodations f réfentes, M) 

* X733. Ici encore revient la Diète Euroféeir»fy 

coin- 

(4) l»ag. 133— T 5 j. (0 Pag. i|6~itf^.. . 
(e) Pag. i7o*-ito. 



J 



omme Article fondamental pour Taveair du îm^ 
ar Traité de Paix ^ qui, comme tous les autiea . 
krticles, fera ligné par les dix:- huit ou dix -neuf 
iou7erainsd'JS7iifri!^, comme Garans. Pourpar-^ 
renir à ce Traité, il &ut fur-^out ne |ioint pen* 
ér à aggrandir le Territoire de la Wramcg^tc ôter 
là^deflus tout fujet de défiance aux Voifins^ 

VIIL Observation, {a) ^ffUcathn dt U 
méthode du Scrutin ferfeSi&mré^ au Rnautne de 
PoLooNE. Il feroit à fouhaiter pour ce Roiau* 
iiie« que les Efprits y fuiletit difpofez à écouter 
de iemblables confeils. Mais il eft plus à crain- 
dre, que les FotonoiSy toujours attacher à leur 
ancien ufage, & croiant maintenir leurs privilé-» 
ges, fe mettent eux-mêmes dans quel<pie dé-* 
pèndance du dehors. 

IX. Observation, {b) Principes pour dé» 
ffndre les anciennes Làbertez de fEglite Gallicane^ 
contre bs Prétenfions excejjives des Ecrivains de la 
Cour de Rome ; par exemple^ le droit de dépofir 
y Rois. Ces prétenfions r^ardent maniteite- 
ment le temporel des Rois^ & elles font direc- 
tement contraires à l'Evangile, qui décide,. qu'f/ 
faut rendre à Cfi'sAR ce qui efi i Ce's AR. ÂinG 
ou ne doit compter pour rien , félon notre Âtv» 
be, niles opinions des Thébb^lens^ anciens ou 
tnoderaes, m i£s,interprétatio7ts de VEcriturOyid 
là décifions des Conçues Provinciaux ou Natio» 
iMMXy ni les jugemens dés. Papes : il liy a rien en 

^Aa i'n^aillibU. 

Lk Msmftére de la Guerre avet les Etrangers ^ 
cft le fécond Chef général. 

n 

M Pag. itXi^lU. (^) Fcg. 117— XSOi . . 



90 BuuonnBQim RaimkkbIi, 

XVn. Observation, {a) SttrUVhM 
Jes Emflêts MiËtaites. On fait voir les incx»- 
véniens de cet ulàge^ inconnu chez les Grecs yiil 
chez les Romains y dans le tems que la Difd]^) 
Militaire avoit été ponée au plus haut point, & 
fous le régne des Empereurs âluftres ^ kmjs Clo» 
VIS au(C, fous Charlsmagne, fous Gingvis- 
KAH, fous TamerlaN) fous les Einpereuis 
Turcs en Afie; aujourd'hui Itaêine en AHmë- 
ptey en Angleterrey en Pol^gme^ en Mofcom^ 
en Suéde ^ en Dannemâtk^ en E^^ne^ eaPtr^ 
tugal. ' 

XVIII. Observation, {t) §ljfefim FêS^ 
tique. Kempfer , à la fin de Ion Voiaga k 
Japon, foutient, qu'il y auroit plus d'avant^ 

gmr la Nation y^/rn^^ à interdire chez ibi tout 
ommerce avec les Etrangers y ^u'à le permet- 
tre. Notre Auteur eft d'une opinion conoaire, 
& il en allégué les raifons. 

XIX. Observation, (r) Exemple ii» 
Point - J^ honneur mal entendu. Le cas eft arrivé 
en 1733. Mr. de Bel. . .Lieutenant- Général de 
l'Année 173 1> commandoit le Camp fur biMh 
fille y des environs de Uletz. Par tes Lettres de 
Comtnandant, il devoit donner les ordres aux 
Gamifons de TtnonviUe & de Longwic. Mr. de 
Mu . . . Lieutenant-Général X de Tannée 171O9 
Gouverneur de ThionviBoy & Mr. de Ac . . . Lieii- 
tenant-Général de 1720, refuierent de recevoir 
les ordres fur ce qui regardoit leurs GsumiioDS, 
& iè firent un point-d'honneur de donner ^ 

ici 

(*) Pag, 2tf7--27î. (*) Pag. 27î*^ïaw 
\t) Pag, xto«»icu 



ùt la démiffion de leum Gourememens , que 
Le recevoir les ordres de leur cadet, contre rufii» 
re. Le Roi reçut leur démidion , 6c donna à 
:hacua huit -mule Hvres de penfion. On de- 
mande , fi ces Lieutenans- Généraux auroient 
nieux ob&rvé les vraies régies de l'Honneur, eo 
[ë {bûmettant à Tordre de la Cour? Notre Auteur 
le fbûtient, en alloue les raifons, & réfute cd^ 
les qu'on lui oppou dans une Converfâtion. 

XX. Observation, {m) Honneurs auxMgrtt 
fûur la Pairie. L'Auteur propofe ici Texempla 
de l'ancienne (h) Ath£'nes, où, à l'entrée des 
Speâacles, devant tout le monde afiemUé, les 
Orateurs, nommez nar le Peuple, av^entfoin 
de £ûre l'éloge des talens & des vertus des Offi* 
ciers morts en combattant pour la Patrie. Q 
nous manoue, dit-il, un Règlement pour la dis* 
tribuciôù ces difierens honneurs , d'Infcriptions 
publiques, de Médailles, de Statues , de Fêtes 
annudlles pour les Viâoires , pour honorer les 
Généraux qui les ont gagnées, à proportion de 
la grande utilité qui en erc revenue à la Patrie,' 
ou des grands mameuts dont elles l'ont garantie. 
„ .Et fur ce pié-là, on peut dire, que nous au* 
,, rions d'ici à long*tems une grande Fête an* 
„ nudle pour la dernière Viâoire de Denaim^ 
„ d'il Y a vint ans. Car, fans cette Viâoire, la 
„ France étoic dans un état a£Ereux. 

Obsxr*' 

(4) lag. |oi» )o2. 

(h) Voiez DIODORE de Sicilty Lib. XI. Cap. 3}. & Cl* 
Ck'rov, Orofr. Cap. 44. Le dexnicx dit» que TOxaiioa 
Fimcbre fe xenouTclloit tous les ans» 



T^m.Xyil. rart.'ll. 



''■> 



O^siïitv AT10N9. im) Il tfi fêffSié é fnmi 
fir U Fwhc à tEwnxpgiy & é9 Ut rmÊtbtfùk 
IféoÊtfAre 17 3,). 

Projet (*) ^rjNtrt»P«f» il ii Pair. Mw 
Tfl^ Ces deax Pièces cectniaeiiti le VIIL V»* 
Isme. Dana la première» Oft ei^que l'oripe 
d& ia^ Guerre^ & on montie la nuilké de l'Eleo* 
tioo àa Roi AuovriE. Toutes deux teodea 
à proirfcr> que la Paix peut fe Ëûre, lEiiis piéjo» 
dm dc&droicsdu Rjoâ Szakulas« L'expenco- 
ce a fittt voir la pofltbilttè de parvecir à doc 
paix: mais ii s'en faut bien que le pvojetckoo- 
ire Auteur aie été fuivi 

TotMB NsuTi&SiE.^ Des quoitre Pièces, doot 
ee Vokime eft compoie , k ptéiDiiere en œcupi 
jkule plus des deux tiers. Ujz même tm TJtri 
particulier, «a devant des trois autresi 

l: OBSERYAirioNr Fùlkifmfs frr b Goufv- 
wraent tk Filamcx. Ceft le fruit de rafiteotioa 
fue notre Auteur a eue en lifiuit rHiftoire de 
tratM.^ à lèâéclur fiir les divers nudheuKs fouf- 
&rts pâur k Nation £bus lesdifierens Régnes, les 
caufo de CCS malbeuis, & les préfervatift qui 
auioient pâ fen garantir, & qui peuvent à l'a- 
venir la garantir de ficœblabics disgcaces. U eft 
irrai, que, parmi cespréièrvati6,il rapporte qud- 
que, cfaofe de» diffîrens Projets Politiques qu il a 
publiex : mais., dit-il, que pisu£-il faire de mieiO) 
pour en prouver la fblidité, que d'en faire appli- 
cation aux événemens paOexP- Et qu'y a-t il de 
plus propre à perfuader de les mettre en exécu* 



f*^ 



^, que de faire fentir aux Lefteun^ que, fi 
dès Cjos tems-ià ils avoient été établis, ces tod* 
beurs ne feraient point arrivex. ni aux RdiSy ^i 
à leurs Sujets ?Pour la coounoatté des^Leâeun^ 
il donne une efpéce de Chronologie dès* R^es 
de chaque Roi de France ; & il diflingue THiAo- 
riqae d'avec les Obferrations Politiques. Il pré- 
fère (& les Lueurs, à fbn avis, préféreront 
toujours) la méthode de commencer THifloire du ' 
Roiaumepar Pharamond, à celle qui ne ro- 
Bionte pas plus haut {a) que le R^e de Clo- 
VIS. D'ailleurs, comme la Nation des FRAKca^ 
qui s'établit pour toujours dans les Gauks^ fous 
4:lfvify étoit la même Nation qui y avoit déjt 
6it desétaMifTemens pafiàgers, il eft raifonoaUe 
^ ne pas laifler à «quartier fes quatre piémiecs 
B.ois, ou plutôt principaux Commaochms, s'A 
eft vrai que ces Frams fuflènt ou Alliez, ou (bus 
^ proteûion de YÈmfir^ B^mmmy coomie notscé 
Auteur n'en douce poiot, fie comme le prétend 
U favanf Ahié D|u Bos Secrtoire de TAcadé»; 
Jnie Françoife, dans Ton éx€tllent Ouvrage inti- 
tulé , mfimre Critiftte de tEtMifftmnt de U 
^Mfmof^ Franfèife, 
Les bornes, que; je me fuis propofSes^ ne me 

Î^rmettent pas d'en dire davantàbEe fur cet&e 
iéce, qui d'aillieurs mérite bien <rétrelaë tou» 
te entière. On aura là dequoi fe rappeller en aA 
^ peu de tems une idée générale de l'Hii^ire 
de ¥ran€ey dans le point <fc vue <jue notre Au- 
teur h preTente. Elle «ft pouflee jorquiaux pré- 
mie- 

. (4) Comme fait PHiiftoisc da Pëia VArmu 

R a 



Sft5 Bni.iomttQim Kàno^nxtif > 

sniéres années du Régne de Louis XIV. Etoii 
avGTtk , en finiffanc y que TAuceur étfiùt u$ Jour^ 
nul Palitiqife Je France, depins i6^i,tmàfê 
natffanci^ juffues i la fin de fa vie. 

U. RE'FiiEXioNs (b) MaraUt. ér Tolttupus^ 
fur la Vie de Charles XII. Roi de Suéde. 

ni. Re'plexions {b) 4^ même nat«tt\wt U 
Vie du Cxar PiERRE I. né en Janvier 1672. 

On met à côté l'un de Taucre ces deuxPrin* 
ces, qui ont paru de notre tems fur la fcéœ, 
comme ^nt attiré, avec raifon, toute Tattea- 
tioR de YEurepe. 

Voki le portrait ,. qu'en Ëiit notre Autear, 
dans une Préface, à la tête de fes Réfleâooi 
iur CBarles XII . (c) „ Tous deux ont été tout* 
yy leur vie animez d'une ambition très*vive jc 
3, trè8*conftante. Ils cbercboient la gloire h 
„ plus pr écieuiè, la plus grande réputatioa, & 
^ la diftinéHon la plus eftimable & la plus looir 
9, Ue entre leurs i^reils ^ tant par la grandeur 
)> de leurs entreprifes, que par de grands fuc- 
„ ces. Mais roalheureufemenr pour eux-mcooes^ 
,, pour leurs Voifins, & pour leurs Sujets, oa 
^ ne leur avoir pas' appris où confîftoic cette 
jy gloire & cette réputation prccieufe. Ils oe 
^ lavoient pas ,. que les entreprifês des Hom- 
^ mes, quelque difficiles qu^'elles foient, S( iç 
^ quelques heureux fuccès qu'elles foient fiû- 
,, vies, ne font jamais dignes de louanges, fi b 
9, motifs n'en font pas dignes, & û elles ne font 
^ pas juftesy û elles ne font pas très-utiles aux 

„Hom* 

C*) Pag, a^— 177. W Pag, i7t-.4**' W W»"^ 



; Hommes en général, ou du moins à leur Pa« 
^ trie en particulier &c. . . {f) \\& n'ont man« 
I que ni de courage , ni de confiance, ni de 
^ grandes difficultés dans leurs entreprifês^ mais 
» uniquement de lumières, pour connoirre lea 
9 voies d'Equité & de BienFaifance , les feules 
yy dignes du Grand-Homme, de cet homme qui 
fi feul niérite nos louanges , notre admiration 
9 & notre efttme. 

' Comme le but de flotr« Auteur eft de donnet 
oadqiies modèles de la manière dont on doit en- 
(eigner aux Princes la Morale & la Politique, par 
des refluons de cette nature fur les Vies des 
Hommes Bluftres ; il établit les principes , fur 
lesquels on doit juger de la véritable valeur des 
iâions & des entreprifes des deux Princes^ 
dont il s'agit, 6c en fait enfuite application aux 
difierentes parties de leur caraâere & de leur 
conduite. A l'égard du courte & de la ferme- 
té, [b) le Roi de Suéde lui paroit un feu plus 
ffandy que le Cxar: mais l'un & Tautre n'ont 
tû que trop d'occa&on 4^ musfreuver cette efféce 
^ courage^ enfant de U Colère ^ de la Vengeance^ 
& de t Ambition injufle. Du {c) côté de Yùenduê 
^ offrit ^ le Czar avoit certainement une grande 
fupénorité fur le Roi de Suéde ,• celui-ci ne fâi* 
ûnt cas que des Connoii&nces 4|ui regardoienc 
la Guierre j auCG eft-il devenu le plus grand Café^ 
^aine fui ait jamais été. Le Czar même l'appel- 
ioit fon Maitre dans l'Art Militaire. Mais celui- 
ti comprit dès fa jeunelTe l'utilité du Commerce 

Ma- 

M ^H* i924 {k) 7ag. I»» iiSi (0 Ps& tih&fmv^ 



itfi BiBt.ipTnBQ,im Raisonne^, 

Maritime') des Alliances avec lès VoiliiiSj des. 
^ru, de< Manufàâxires, dea bons Ré^cmcnt^ 
des bons ËtabUSêmcns £cc. Il alla lui-méiae 
chercher ces ConnDiŒince8,& même d'excdlcas 
Ouvriers, de bons Navigateurs »& de bons Pn>- 
feflcurs , chez fet VoiÛns. Il fit gloire toute â 
vie d'apprendre de tout le monde, & de fe coi- 
riger fur les diSïrens avis qu'il recevoir : n'aiant 
que des opinions provifoircs, & tenant toujours 
la porte ouverte à l'opinion opporée, quand die 
lui feroit dénwntrée^ julques-ià ferme, & dus 
ierme encore, quand il avoii une fois démcMutn- 
tion. Au lieu que le Roi de Su/de ccoic d'une ex- 
ceffive opiniâtreté i ce qui prouve le peu d'^fen- 
duë de fon dprit. 

- On verra dans l'Originil les réflexions que 
notre Auteur ^t en particulier fur les circoo- 
ftances de l'Education & des aâions de Chdriet 
XII. comtne- fur la Bataille de Narva; fur la 
Conférence de Birzrtti fur le deiTein de détrôner 
le Roi Auguste ; fur la vifite hardie de Ch^irm 
hs à Dresde ; fur fon défour d'éconotnie ^ fur &a 
injuAice , & fur la grande faute de politique qu'il 
fit dans ion long féjour à Btftderi fur là bravoa- 
re ridicule & infenice, dam la défenlê d'une pe- 
tite maifon &c. 

Les Réflexions fur la Vie du Cx«r, concernent 
la manière dont Fierrt fuppléa à fon éducation i 
fon application aux aflàires^ le Commerce qu'u 
établit par lerreàlaCj&inrjlescaulès de la aouvd- 
le Confpiration contre lui, en 1^97^ fon man- 

gue de prudence, dans fa réfolution de voi^eri 
\a injuftice & 1^ iàulTes meâires, dans la Guer- 



re contre le Roi de Suéde; ùl grande habileté 
dans la conduite de la Guerre; (es fautes d'im* 
prudence, à T^ard de fon Fils, & leur« fuitei 
malheureufis^ Tinconvénient de la Lot au'il fit 
pour le choix de la Succei&oo au Trône do 
'BuJKe &c. 

III. Observations {a)fmr Ufomu des Cû9§» 
fesls de Louis XIV. (i) Je paflc là deffus,pour 
venir au 

DixiEMK & dernier ToMC. H cotnmence par 
une matière Fort utile. 

Projet (c) peur ferfeSionner mes Laix fur b 
DuiLL. Notre Auteur avoit déjà donné en 
1 7x5, un Mémoire fut les moiens d'extirper en 
France la malbeureufe coûtucne des Dttels; & on 
lui a dit j qu'il avoit été traduit en Anglm Se en 
Italien. Bien plus: ce Mémoire écoit parvenu 
par hazard entre les mains de Leuu XlVy quinze 
jours avant qu'il tombât malade de ùl demiéio 
maladie i & après (à mort, lelRégent en trouva 
un exemplaire dans une cafTette ou étoient le$ 
Montres du Roi, quelques Bijoux, & piufieuis 
papiers de conféquence ; ce qui donne lieu de 
croire, que le Roi Ta voit lu, & y avoit remar-» 
que des réflexions folides & importantes. „ Jd 
M fêns ( dit {d) Mr. TAbbé ) le ridicule que Ton 

i> peut 

(4) Pag. 421— 4^9. 

{h) Aptèi crtte dernière f iéce du Tome IX, on a mis 
nne Lifte des Ouvraset de L* Auteur , qui ont été impri** 
met en frémit ils font en très petit nombre , en corn* 
parsifon de ceux que concieaaenc les dix Vol^lBel» im* 
primez en HeltatuU, 

ic) Xom. X. fé^ immjs. (d) Pag. I 9 «1 

R4 



fc 






l 

Bibliothèque Raisonnev^ 

^ peut riie donner , fur ce que je rapporte an 
,, fait fi honorable pour cet Ouvrage : maK, 
,, pourvu que le Leâeur en ait plus d'attendon 
^y à le lire, &le Confeil plus de foin à le faire 1 
,, examiner 5 je confens à demeurer chargé de ce ' 
„ ridicule. Je ferai toujours fans peine de pareîb 
„ facrifi'ccs à TUtilité Publique. 

La Maladie, dont il s'agit, eft encore au- 
jourd'hui très-pernicieufe, mais plus cachée; 
elle eft confiderable j elle n'eft pas incurable: 
trois poii^rs, que notre Auteur traite d'abcxd. 
On conviendra aifément des deux premiers: ht 
difficulté gît dans le dernier. Ce qui perfùade 
néanmoins notre Auteur qu'on peut yenir à 
bout de guérir le mal, quelque enraciné qu'il foity 
c'eft que le Duel, & le Point-d'honneur qui en 
eft la fource, n'ont point été connus, ni chez 
les Perfis^ ni chez les Grecs, ni chez les 12^ 
maim , dans les tem? mêmes qu'ils avoient le plus 
de Guerres à foûtenir, & que par leurs Viâoi- 
res, & par leur Valeur, ils étoient devenus les 
Maîtres du Mondej dans le tems qtfil naiflbit 
tous les jours cinq - cens querelles dans les Ar- 
mées , parmi des Officiers qui fe piquoient de 
bravoure, & qui craignoient autant que les nô- 
tres , la réputation de poltron. Nul Officier 
n'eft deshonoré chez les Turcs, chez les FerfanSy 
chez les Chinois, & siutres Nations à^Orient , ni 
pour ie plaindre d'une infulte au Commandât, 
ni pour refufer un Appel. Ce n'eft donc pas 
une maladie, qui foit mféparable, ni de la Na^ 
ture Humaine, ni de la Profcffion Militaire. El- 
le ne vient que d'une Opinion, qui s'cft établie 
parmi nous, dans des Siècles bai^res. Il n'eft 

doac 



H 



OBohre^Novemhre ^ Decemhre^ 1735. 16 f 

.donc qucftîon que de trouver les moiens les plus 
convenables pour faire peu-à-peu évanouir cette 
opinion. 

Qu*il n'y ait point de véritable Bravoure dam 
le Duel, que le point-d'honneur qu'on y atta- 
che foit mal fondé, & que celui qui fait un ap- 
pel doive au contraire être deshonoré dans YeH* 
prit des plus fages, comn)e un homnae qui pè- 
che contre les' Loix fondamentales de la Société, 
lesquelles font elles-mêmes les régies fondamen- 
tales de la Morale^ c'eft ce qu'il n'eft pas diffi- 
cile de perfuadcr à ceux qui penfent, & qui ont 
l'efprit droit. La grande difficulté eft , cfe con^ 
vaincre de cette Vérité le Vulgaire prévenu, 
qui manque du difcernement nécellàire, & qui 
ne juge du bien & du mal , de la gloire & de 
Pinfamie, que par des préjugez anciens, par des 
exemples & par coutume. 11 ne faut pas fe trom-» 
per ici , fur le fens du mot de Vulgaire, „ J'en- 
j, tends, dit notre [a] Auteur, tous ceux, & 
^ même tous les honnêtes gens, qui penfenc 
„ 'vulgairement y de quelque condition, de quel- 
„ que naiffance qu'ils foient: le nombre en efk 



j> plus grand qu'on ne penfe. 



La Raifon par elle-même n'a nul crédit fur 
Pcfprit des Sots. Il faut donc que le LégiQateur 
cherche dans les chofes qui frappent les Sens, 
des marques deshonorables & infamantes , qui 
excitent le mépris & l'horreur du Vul^ire mê- 
ine. Les remèdes les plus efficaces, font ceux 
qui fe trouvent proportionnez au Malade & à 
la Maladie. Voici ceux que notre {h) Auteur 

R 5 pro- 

(4) Jag. $1, (0 Pag. 41, d->V, 



r.t . 



è66 BniAornu^S^ RaisonhbIb^ 

propoiê , poor une guérifbn fi importante. 

1. Le premier eft y ïùabU^tment Jfun Confit 
d^HomteuTy dont les Membres feront cbargez de 
propcfer, d'examiner, & dé mettre en oeuvre, 
par divers R^lemens,les expédiens les plus pro* 

Ses à détruire peu-à-peu la fauflè opinion fur le 
eshonneur & fur la Pokronerie^qui entrertenc 
une maladie fi pernicieufe à l'Etat. On fait voir, 
de quelles perfonnes ce Confeil doit être compo- 
£é'y comment elles doivent procéder dans le Ja« 
gement fur toutes les affaires d'Honneur, en di* 
tninuant ou modifiant les Peines ordonnées pir 
les Edits précédens, qui, pofé lanéceflitédeles 
exécuter à la rigueur, dans Tétat où font encore 
les chofes, deviennent prefque inutiles, {a) pat 
?impoffibiliré de ne pas contrevenir à la Loi, & . 
par la facilité avec laquelle les Juges aitneoc 
mieux ne point punir du tout, de peur d'être 
forcez à punir trop rigoureufèment trop de pré- 
tendus Criminels , & ainfi ne demandent ps 
mieux que de ne point trouver de preuves iuf- 
fifàntes. 

2. Nous avons , fur-tout parmi la NobleiTe 
Françoife, une opinion ancienne, & fortement 
établie. Qu'il eft infâme, & indigne d'un Geo- 
rilhomme , de manquer à une farohJPHomttwt 
donnée (blenneliement, fur une affaire férieufe 
& importante. On peut fe fervir utilement de 
la force de cette opinion, qui a pafle en Loi rst* 
violable, pour afifolblir beaucoup, & même pour 
abolir entièrement la Loi du Deshonneur, qui 
commande le Duel. Il fuific pour cda« que le 

Roi 



Roi ordonne 9 que tout Officier, «n entrant dant 
le fervice, & tout Gentilhomme, donnera £> 
knnellement & parole d'honneur, de nefe battre 
jamais en Dud. Notre Auteur dreffe ici un For- 
mulaire de ce Serment ^Honneur ^ ôc en prefcrit 
le tems, la maiûére, & les autres circonitances. 
Il nous apprend, qu'en 16^1^ un grand nombre 
d'Officiers con&dérables fignérent une Déclara» 
tion publique, par laouelle ils promettoient de 
ne fe battre janaais en buel^ & cette efpéce de 
ferment fut fort approuvé. Mais il y manquoit 
la forme & la (blennité de la parole d'Honneur. 
Déplus, iln'étoitpas univerlel. Et enfin, oo 
ifen tint point de R^îcre. Ainfi il n'eft pat 
étonnant, que l'on en ait tiré fi jpeu de fruit. 

V Un troifiéme moien connfle en puni fions 
infamantes^ que celui, par exemple, qui aura 
feit un Appel, foit enfermé pour long-tems aux 
Petites-MaUbns» & mis en curatelle pour long* 
tecQs, Ainfi on oppofera la crainte d'un vrai 
Deshoimeur , à la crainte d'un faux Deshooi^ 
neur. 

4. Punition des Affrohateuts dn DueL Qua« 
triéme moien. L'approbation d'une chofe très* 
nuiGble à TEtat, eit punifTable par elle-même; 
& elle contribue ici à entretenir la maudite ma- 
nie du Duel. On pourroit même, ajoute notre 
Auteur, mettre quelquefois fur le Théâtre des 
Scènes, pour tourner en ridicule ces Approba- 
teurs ou Approbatrices, auffi-bien que les DueU 
liftes. Le Théâtre eft bon , plus qu'on ne penib, 
à reâifier nos mœurs & nos opinions. 
S' Le cinquième moien, & trh •important ^ 

c'elt 



JÛÎS BlBLIOTnEQUE RaISONKB^, . 

c'cft d'interdire les Maitret-d" armes. L'trt, qoe j 
CCS Maîtres enfeignent, dc ferc de rien daos ua j 
Aliaut, ni dans une Bataille, foit fur terre, (bs < 
far mer. Un bon Grenadier riroit, fi, pour le j 
perfedtionner dans l'art dc tuer beaucoup d'En-? j 
nemis en peu dc tninutes, on lui confeilloir d'^ 
1er apprendre fon métier chez de pareilsMûtre> 
d'armes. Ce que l'on apprend dans ces Ecoles, 
c'ell donc uniquement à le bien battre en DueL 
Or là où le Daei elt interdit, n'en doit- 
«uflî interdire les Maîtres? 

6. Voici un autre moien, encore très-i 
tant; c'cft la défenfc de porter fEeée^ ht 
la Guerre, ou dans les Volages, Il fiiut 
ment excepter ici ceux donc le devoir dl 
toujours armez pour la fureté du Roi & c 
toiens, Par-li , dès qu'on verroic fortir ui 
cier avec fon Ep^e, on pourroitêtrc bie 
fà fjite , pour l'empêcher dc (c battre: & 
nombre de querelles, qui arrivent néceflaii 
en cent rcDcontre;, ne fcroicnt jamais me 
res. Les Officicre Militaires ne porioieni 
d'Epce à Rome: ils auroient trouvé aulïî é 
que quelqu'un d'entre eux en («) portât ord 
ment une dan: les Rues, aux Temples, d 
Maifous, que nous le crouverioiu, lî que 



(a) S'il* Il porrmcnt toufoD» , comme on : 
jourd'nui, c'cft ce que je ne fai pas. Mais il ér 
mil dc la poiicr. Se aux Officiels & aux Soldat 
qu'ils ^toicni: dint le feivice ; hors de-U, ceU cl 
ndialemenc défendu. Volez Ja(^'E5 GooiFROt, 



Krtoic toujours à Paris , dans^l'Eglife, dans les 
Liës^ dansfesVifites^ un Môufqueton^ou une 
Hallebarde^ ou û Ton y portoit toujours des Bot* 
tes, comme Tufage s'en étoit introduit pendant 
les Guerres Civiles de la Fronde. C?eft appa- 
remment, ajoute notre Auteur^ de nos Guerres 
Civiles, que nous tenons auiu la mode de ne 
point quitter l'Epée , chofe également incom- 
mode & inutile, quand notre fureté ne la de-' 
mande pas. Mais, dira-t-on, c'eft une marque 
d'honneur pour les Gentilhommes & les OflS- 
ciers. Hé bien, on leur en donnera une autre 
extérieure, ou fur leur habit, laquelle ne fera ni 
incommode , ni dangereufe. Notre Auteur ne 
veut pas même qu'il foit permis en Ville de por* 
ter rÈpee la nuit , & il repond à Fobjeûion tirée 
de la crainte des Voleurs. 

7, R/compenfer tOjfènf/y jui Je plaint au Com^ 

tnaTulanf^ ^ ÎOffenJeury qui refufi P Appel ^ c*eft 

le iêptiéme & dernier moien. Ni l'OfFenfé, ni 

rOfltenfêur, ne méritent pas ordinairement une 

récompenfe : mais ici ils feront dignes de louange 

l'un & l'autre, parce qu'ils obferveront religieu- 

fêment leur parole d'honneur , & qu'ils auront le 

courage de vouloir bien rifquer de paffer pour 

poltrons dans Fefprit de ceux qui penfent comme 

le Peuple, c^eft-à-dire, du plus grand nombre 

des Citoiens. Cette idée éioit déjà venue à 

Louis XIII. dans fpn {a) Edit contre les Duels, 

donné en 1626, & à Louïs XIV. dans celui de 

1^4.3. On cite un Article du premier, dont voï- 

ci la conclufîon: „Nou;i déclarons, que nous 

,, repu* 
(«) uni€.Xiy» 



• » ' ■ 

j, réputons & réputerons toujours tels refitf^ 
yt pour marques & témoignages d'une valcor 
3^ bien conduite , digne d'être emploîée par 
,, nous aux Charges Militaires, fie plus honora* 
\y bles & importantes, comme nous promettons 
„ & jurons devant DiEtr de les en gratifier très- 
„ volontiers, quand les occafions s'en oflfriront* 
Je ne fai, û câs occafions ont été fréquentes, & 
{\y quand elles fc font préfentées , le refus de 
PAppd a été auffi bien recompenfé, que l'Edit 
le promcttoit. 

Ke'flexions {a) fur la Vie de Socrate, é" 
JlfPoMPEiUS Atticus, deux des Hommes les 
plus (âges é^ les phs heureux de P Antiquité, Cet- 
te riéce mérite d'être lue toute entière avec at- 
tention, d'autant plus que c'eft un échantillon 
du plan que l'Auteur propofe, pour donner des 
Vies & des Comfaratjcns des Hommes lUufireSy 
qui fuppléent aux défauts qu'il trouve dans cel- 
les de Plutarque jprojet,dont il pcnfe (i) lui- 
mcme à entreprendre l'exécution. 

Questions {c)Jkr t Education des Coffret. Les 
Queftions font ia jnxjpofées Amplement, pour 
être hkcs aux Principaux des Collèges^ & pour 
avoir là-defTus leurs réponfes fie leurs avis. EDes 
tendent toutes à fâhe en forte que les Ecoliers 
emploient moins d'années de leur Education, 
ic moins d'heures de la journée, à s^exercer Sir 
Us Langues mortes, fie fur des parties de Sdeo- 
ces peu utiles ) 8c par coniëquent qu'ils emploient 

beau- 

« 

. ('O ^H' 7<— -200. (b) Il lé ptpxattt» au Tooit IX. 



-~- - 



beaucoup plus d'heures de la journée aur diveia 
eieercices de la Vertu. 

RaïsoN {a) pmêT pAUer ks moxih des Loix. 
I^a Raîfon Humaine va toujours en croiflànt: 
les Petits- Fils trouvent dans les Ouvrages de leurs 
Ancêtres beaucoup de choies à perfèâionnen 
I..es termes fignifient, tantôt plus, tantôt moins: 
par cette imperfeâion du Langage Humain, il 
«rrive à la knigue des équivoques dans quelques 
articles des Loix. La Chicane, animée par un 
intérêt vif, trouve aiiément dans les équivoques 
le moien d'éluder la force de la lettre & de l'ex* 
preflîoB de la Loi. De ces tr<Hs fuppoûtions, 
jointes à une ijuatriéme,aiii& inconteftable,qu'ua 
Souverain doit, comme Justinien felepro* 
poû autrefois , faire des Loix uniformes pour 
toutes les Provinces, & tous les Tribunaux de 
fon Roiaume, chotfiflànt toujours le plus grand 
nombre de fes Sujets^ notre Auteur déduit divecs 
avantages que produirait une Edition motivé^ 
dM articles de chaque Loi, foit en fiiveur des 
Sujets, des Juges, & des Jurifconfultes vivans, 
ibic en faveur des Miniftres dé la Légifladon fu- 
ture. On auroit grand befotn par tout pars de 
qudque réformation à cet égard, & à divers au* 



OBSEUVAfiONs it)fir tes Suhfthuthns: Ced 
tend i, reftreindre la liberté des Subftitucions, en 
ferte qu^on ne puifle en faire fans des Lettres 
Patentes de permiffion, & que la permiffion foit 
accordée lèuleinent aux Familles de ceux qui fe 
font dtilit^ucz dans le Service de TEtar. 

Pro- 

i (<<0 T^%» 210>— 22CW (0 '^S< 2X1-^22^ 



"1 



'f;ji BiBLIOTHBQirB RaISONNEII,- 

. PnojBT {a) four rendre les TYoypff ieaucewp 
Meilleures^ Cr l^s Soldats plus hewreux. Pour ren* 
dre le métier de Soldat un métier fiable, quoi 
que compofé de Soldats qui ont ellàyé de» autres 
métiers, il faut que les Soldats s'y trouvent plus 
commodément que dans les autres métiers qu'ils 
ont quittez, ou bien ouïes verra déferterfréquem* 
ment, & fbuvent pafTer chez les Ennemis, ou 
quitter le (èrvice à la fin de leur engagement^ & 
on n'aura par coniequent que de nouveaux Sol- 
dats, la plupart engagez par force, par fineflè, 
pu à force a'areent,& retenus par la feule crain- 
te de la peine de la Défertion ^ peine qu'ils évi- 
tent furement, quand ils trouvent moien de paf« 
fer chez les Ennemis. Cétoit le principe du &h 
meux' Maréchal de Vauban : & un jour notre 
Auteur fut furpris de lui entendre dire & répéter 
enconverfation, que la iblde du fîmple Soldat 
de France étoit trop fbible de plus d'un tiers^ ea 
^ard à ce qu'il lui fout pour avoir fuffifàmment 
de Pain, de Viande, & autres befoins ou com- 
moditez : & Que celle des Soldats Ejfagnols^Hd» 
landais y Anglais y évaluée fur le pie de la Mon- 
Boie en France y étoit plus forte d'un tiers. No- 
tre Auteur pouffe ces principes , & recherche 
l'origine du mal> qui ne lui paroit pas avoir été 
aflèx connue du Maréchal. U la trouve dans 
l'afibiblifTement infenfible de la Monnoie àcpm 
Hekri IV. & fur-tout dans la grande augmen- 
tation arrivée depuis trente ans. Il eft vrai que 
le Régent augmenta d'un foû par jour la paie des 
Soldats : mais ce furplus n'étoit pas proportionné 
à l'augmentation de la Monnoie. 
(4) Pag, zio'XS9t CoM* 



Comparaison {a) entre k Sjfiême de PEjui^ 
ïihre des deux princtpales Vuifftmces^^ le Sjpmê 
de ht Diète Européenne. Matière &vorite> à la- 
quelle notre Auteur revient . fbuvent. 

Observations (t)pour ferfeffionner un^aur-i 
nal, de la RétuUiq^ue des. Lettres. Notre Auteur 
a d^'a donne quelqtte chofe fur ce fujet, en par* 
lant du Journal des Savans^ fàitàP^ry/} 
comme je l'ai indiqué en fon lieu. 

Observations {c)fur la framotien freebsme 
des Mare'chaux de France. 

Observations {d) Jur les Colonies éhi* 
g:nées. Le Chevalier Petty, Anglais^ a publié 
un Livre là-defllis. Notre Auteur dit, en tr^ 
peu de mots 9 ce qu'il en penfe. 

Rrë'mier {e) Recueil de Vir$te% Mmrales é* 
Politiques. Ce titre annonce plufîeurs autres fêm- 
blables Recueils, que l'Auteur fë propoiè de 
donner. Il réduit tout à quelques Propcdtions. 

La première eft ainfi conçue : Il efi du bon 
Gouvernement y d^ établir ^ de multiplier les Cen^ 
férences fur la Vertu ^ et defornur une Académie 
de Morale dans la Capitale. On fait voir Tutili* 
té de ces Conférences, on donne une méthode 
pour former l'Académie de Morale, on prefcric 
le but qu'elle doit fe propofer, & une vue gé- 
nérale pour le Profedeur de Morale ^ Puis on 
defcend à quelques Proportions particulières. Il 
y a dans tout ce Recueil, bien des ohofes dont 

l'Au- 

(a) Pag. 2<o — 264. (b) Pag. 2é$^t€9. 
i€) Pag. 270— 277. {d) Pag. 27S«2tO. 
{€) Pagk 2S1— 319. 

Tom. XVÎÏ. fart. IL 



n 



S74 'BlB4LIOTHeQ,VB RaISONMCIB, 

TAutèur avoît traire ailleurs, & qu*il tain&c ieà^ 
tournées ou appliquées d'une autre manière. 

En traitant du^f», il établit & éclairck cette 
(a) Propofition : I/extès du J-eu eft une nudoMt 
de fEtat , j«f la Morale condamnera taujowfs 
hfutitement ^ p i^ Police ne vient a fin fècoun. 
La perte du tems, la dcpçnfe, & rintetêt dd 
Pamilies, font les trois chefs, auxquels on ré- 
duit ce qu'il y a ici de contraire au bien de TE- 
tat, & qu'on indique en très- peu de mots. Le 
projet de Règlement eft encore plus court: te 
voici tout entier, i. Défendre tous yeux de fur 
kazardy Lanfquenet, Baffctte, Biribi, Pharaon, 
Mormonic, Dez. 2. Toutes Dettes du yeu aw&f. 
funition déshonoranft four celui qui les demande y 
t^ pour celui qui a promis y Prifin à St. Lazare. 

AgathoN, {b) Archevêque très-vertueux y 
frh-fage^ S* très-heureux, ^ C'eft moins ici 
j, ((lit l'Auteur) un Portrait, qu'un Tableau d'un 
^ excellent Evcque. II eft permis aux Peintres, 
3, d'embellir un peu les Portraits qu'ils font pour 
„ la Poftérité. Et puis , comme je defire que 
^ ma peinture foit utile aux Evcques futurs , je 
„ n'ai pas fiait fcrupulc d'en faire un modèle des 
j, plus dignes d'être imité , & de peindre une 
„ Vie remplie des agrémens que produifênt lo 
„ Vertus & les Talens utiles à la Société. 

Je n'en rapporterai que. deux traits. „ Le 

\y grand {c) fecret à^Agathon^ pour faire ceffa 

^ les Difputes Théologiques, a été de n'en point 

• j, parler, d'empêcher d'en parler, & d'occuper 

W Pag. I2J , ér/wV. {h) Pag. I4«-^I7. W Pag. %7^ 



les E^cs à des objets incomparablement plus 
impbrtans au Salut, & à la Tranquillité de la 
Société. Avec cefeul mot: tTavesa-^m riim 
de plus mwriant ér d^ plus frejfé k faire , ^(mr 
*votre Salut & four le Salut des autres , yir'i 
^^jpùter^ qu^àfarkry fu^à écrire de ces mattt^ 
res ? mi^ce donc la meilleure manière J^ exercer 
la ^x^r&vSmcty four flaire à DiEV Jouverop- 

_^y nement tienfaifantï'û Ëiifoit taire ainb les pliîs 

^, cinpreffez à difputer. 

On lui demanda {a) i;n jour, s'il ne ferok 



4 

39 



^y ps^ utSle à VEglife Latine da lever préfenrcN» 



ment l'ancienne InterdiBion du Mariage poiir 
,, les Prêtres : interdiâîon que les Conciles de 
^, V^gUfe Greaue rfavoient jamais voulu faire. 
yy II dit, qu'ifcroioitgue cette main-levée pro^ 
yy dùiroît cent-mille Uhrétiens de plus par an 
yy dans VSurofe; qu'il ne voioit point de raifons^ 
^> qui puflent contrebalancer un fi grand avan^ 
„ tjjg&y $c qu'il ne comprenoit pas pourquoi la 
„. *CSng"égàtî6n deT/ofaganda Fide^ zélée com- 
^, nk enë doit être pour augmenter le nombre 
^ aà Chrétiens , ne foUicitoit j?as fortement 
,;, t'èttè m^h-levee. 

OêsëryatiÔns (i&) fur la SobriAi. Notrje 
Ài*%ar traité ici de la Sokriété , comme d'un 
txidiëîi mi'on néglige le plus , & qui cependant 
èft le tneilléUr fans cpmparaifon pour confervcr 
Ik tante. ^ Il entend par Soire^ » celui qui, à- 
• vèt le feçours d'une crainte (ùffilante des Ma- 
yy làdiâ & des Poùleûrs ^ & d'un defir vif des 
5^ aviéiîâgés de M Santé parfaite,- fe trouve aflè» 

Sa „ de 

(4) Pag. 3t2. (*) Pag. 4i«— 44<« 



tjG BlBMOTHBQjni RAUOKKin^ 

,, de force pour réfifter à propos au defir de bctt^ 
^ re & de manger, & pour demeurer, comine 
^ on die, fur fon appétit dans tous fês repas. Le 
. „ Sobre ne prend point trop ^de nourrituie , & 
^, s'apperçoit aifément des moindres eflFèts de ùl 
„ nourriture exceffive ^ il y remédie par unpront 
„ & févére retranchement de nourriture. 

Pour éclaircir cette définition, on décrit iei 
divers degrez de Sobriété , félon les divers de- 

!;rez de Santé ^ les différentes fortes d'excès, & 
eurs eâèts ^ tout cela en Phy&cien , & en at- 
tendant qu'un Médecin, bonCitoien^ entre- 
prenne là-defTus un Ouvrage complet. Car 2 
eft rare d'en trouver de tels, qui veuillent s'imf- 
pofer une telle tâche : {m) un habile Médeem <$* 
%on Ecrivain aime mieux ordinairement emfkier 
fin tems à guérir ceux qui fint malades JPimPtmfé^ 
rance , qu'à diminuer te nombre des JMtemférams 
C^ des Malades, On détaille enfuite les avanta« 
jes de la Sobriété, &, ce qui eft le plus diâSd- 
eàperfuader,Ies moyens d'en aquérir l'habitude. 
Ces moiens ibnt i. lÀre plus Ibuvent les 
Cênfdérations fur la Sobriété, 2. Comparer une 
femaine fbrtibbre & fort faine ^ à une Semaine 
moins ibbre & moins fàine. 3. Manger fiument 
feul^ & ne faire qu'un repas. Il eft vrai> ajoû« 
te-t*on, que l'on peut manger un peu pk» en 
compagnie, parce que le plai(ir,qui réfiilce de la 
compagnie, aide à la digeftion & à la tran^in. 
tion On joint à cela, pour ceux qui le peuvent « 
d'aller fouvent en Chaife de fofie fur le pavé^ 
mouvement, qui felon feu Mr. Chirac, & 

beau* 

W 3Pag. 4»7. 



i 



OSlohre^NoveffihretSDieefnbre^\y\6. %yf 

'beaucoup d'autres habiles Médecins, eft un ex» 
cellent remède contre quantité de maux qui doi« 
veac leur origine à des obfkruâions. Mais com« 
me ce remède eft cher , & encore plus embar- 
failknr, Mr. l'Abbé de St. Piem a penfé que l'on 
pourrott y fiippléer par une Machine, qu'il ap*^ 
pdle Fauteuil Jefofiey & qui fit les mêmes efifècs,' 
cocore plus (kins & plus commodes. Ce projet 
a été exécuté par MTr. Duguet. excellent la- 
g^eur Machmifte: il a inventé la Machine, & 
l'a fait exécuter., en (brte qu'elle peut facile^ 
ment être démontée, tranfportee, & remontée* 
En écrivant ceci, le 20 Décembre 1734., notre 
Aiitear en avoit déjà vu un premier eflài, qui 
lui étoit garant du fuccès de Tentreprife. Un 
Averti ffement ^ joint depuis, nous apprend , que 
la Machine a été exécutée avec fuccès^ & quon 
ailure qu'il y en a déjà de pareilles dans les Païa 
Etrangers, à laa Haie , en Allemagne , fur le Rhin^ 
à BerUn^ à Bruxelles ^ & à Jjenères. 

Articlxs {io) fondamentaux de V étahliffement 
^ la DiETE Èurope'emke. Ce font les cinq 
Articles du grand projet, dont notre Auteur 
^efibrce depuis tant d'années de perfuader l'exé* 
cation aux intéreffet. Si à force de les répéter, 
ilpouvoit en venir à bout, il feroit déjà tems d'en 
voir quelque e£Eèt. Us font placez id en vue de 
la dernière Pièce, qui fuit. 

Observations {jk) fur le Plan des Médian 
^^wrs; écrites à Paris ^ en Mars I735,à l'occa- 
fion du Plan y qui venait de paroi trr^ des Articles 

frin^ 

W '*«• 447— 4lt. (^) Pag, 454—N|St^ 

Si 



l 



frmHpéUêx om frélmiftairis ^ fur kfuel &r Méfi^ 
tms frepofêimt Je négocier ta Paix. Notre iftn- 
tcur trouve , gu'i/ feut être heauctmfferftStioemf^ 
Et tout aboutit à la figpature dô Ciwy jin^ks^ 
Ans fuM h Faix ne fera japl^t^fue fUtrée , & 
i^H$^1[)reye inceftaine de frets ou ftMtre tms &c. 



ARTICLE IL 

;rs.AiTE' dç la V&ité^t la Rex^igion Ci^aÉ- 
TiENNR. Tiré àxx Latin de Mr. J, Alphon- 
se Tu RRETTIN , ProfeCfeur en Théofogîc 
if en HiftQÎre Eccléfiaftique à Genève, Sec- 
tion IV. T>e?Excelknce Sç i^ïzBeaufé'dek 
i^hgion chrétienne^ confidérée en eUe-mêmç. 
J» biftavo, pagg. jiS./iiw la Préface & '^E- 
pïtre Pédicatoire. A Genève, che%. Marc- 
Michel Boufquet d* jCwwf <a^«;> , I75<f- 

UN.voiagede quin;te tnois;, & de nouvdlcs 
occupations {urv«iuës à Mr: Vernbt, 
préfentetnent Pafteur de l'Eglife de. Genève ^ ont 
retardé la fuite de cet Ouvrage, dont nous avons 
{a) annoncé en fon tetns les deux premières Par- 
ties. Il promet de continuer en forte qu'on n'ât 
plus de reproches à lui faire fur ^ lenteur , & 
que néanmoins on fût difpofé à les renouvdler, 
&; à ne l'oublier pas, s'il manquoit à ià parole. 

Le 

(4) r»m, VL îart, I. sArticU ». & T9m. VIU. Vait. L 
\4rticU t. 



Le Public foofaaitersi (ans doute qu'il la denne, 
& qu'il (àX^hSé %xx plutôt l'impatience où l'on 
eft de voir la fin d'un travail fi bien pouflé jui^ 

La Tr^ate rend compte de l'ordre & de la- 

méthode de cette nouvelle Parde. Il y a deur 

loTtes de Pretfo^f de IzRdigUm^ les unes mter» 

nes^ de de feotiment; les autres externes^ ou de* 

fiit. . Las premières fé drent de la beauté même 

& de l'enreUence de la Religion; les autres^ des 

BsarqiMS extérieares dont une Religion eft rêvé* 

taë?9 conune (ont les MiracIeSy les Frafbéfks^ leg' 

Témoignages non fufpeâs, les fuccès qu'elle a éïs^ 

les efifees qu'elle a produits &c. Ces deux (brtes 

de Preuves ont chacune leur valeur, & onner 

doic les né^iger ni l'une ni l'autre. La premier 

le fait d'abord impreffion fur des peHbnnes rai» 

fonnables , félon ce que dit Je'sus-ChrinT : {a) 

Si ^uel^utt efi bie» iwientionné pour faire U <P0« 

haie de DiEU , // recomtoitrafi ma DoBrrme vienS' 

^ Di su ^ 0u fi je parle de mBn chef. Mais quand 

l'eibrit n'a pas ce goât naturel de la Vérité & dç 

k Vertu , quand il s'agit de montrer la Révéla-, 

don par des endroits plus frappans, & palpables 

pour tout le monde; on eft obligé de mettre ei\ 

avant les argumens du (bcond oràre. C'eft aufli 

ce que faifoit Notre Seigneur : {b) Si vous «? 

cTâiex pas à nta paroky diloit*il, ctmz du fooins 

aux œuvres que je fais. Par-là apparemment Mr. 

Verriez a voulu prévenir une objeâton tirée de 

ce 

(4) Jean, Chap.. VIL vtrf. 17. 

\b) Ibid. Clmp. X. vtrf. }S. 

s 4 



ce que les Preuves Jtfait font le fondement pro-' 
prc & dircâ de li Révétation^ à caufe dequcx 
KuQï d'autres croient qu'il faut commencer par- 
la. Au fond, il importe peu, quelle de cesdeuc 
£utes.de Preuves marche devant. Elles fc Ibû- 
tienncDC l'une & l'autre tour-i-tour, L'cxcd- 
lencc d'une Religion difpofe st goâter les albu- 
mens qui prouvent qu'elle eA révélée : & la cer- 
titude d'une opération divine dans les Miracles 
ftits pour l'ctaBliffement d'une Religion, eft mi- 
féï l'abri de toute chicane, [w ce qu'il y a daiu 
la Religion même qui montre qu'elle eu par&- 
tcmcnt digne de Dieu. 

D s'agit donc dans ce Volume, de donner un 
vrai Tableau de la Religion Chrétienne, conâ- 
dérée en elle-même. Cela cit néceflaire, non 
Jêulemcnt par rapport aux Incrédules, mais auiS 
par rapport aux Chrétiens mêmes, qui encore 
aujourd'hui , en divers endroits, fe font une idée 
de leur Religion afîèz différente de fa Cmpliciié 
nwurelle. „ Il s'eft écoulé ptufieurs Siècles, pen- 
^ dant lesquels un goât Gothique en fait d'Ar- 
„ chiteâure, a ^it élever des biitimens éncff- 
^ mes , futchargcz d'ornemens ridicules. Li 
y, Philofophic a également fouâèrtj de ces tems 
^ de Barbarie : on en «voit fait un fetras de fub- 
^ tilicex j au(E épineufcs , que frivoles. Mal- 
^ heureulèment la Théologie n'a pas été mieux 
„ traitée. Les Dodeurs Scbolafiiques £c les Su- 
„ perftitieuz fe font prêtez la main pour l'orner 
, ^ il leur manière, c'eft-à-dire, pour la détigurcr 
j, par des Opinions bizarres &: des Pratiques 
„ puériles. Et tout cela , quoi qu'étranger au 
« Ciuif- 



OEfâbrejNovembretâ Decemhre^ijl6. z8t 

^ Chriftianilhie , s'v étok fi bien incorporé avec 

yy le tenu, qu'on n^ofoit non plus toucner i l'un 

„ qu'à Pautre. Erasme ^en plaignoic fbuvent, 

^ « ne ceflbit de dire, dans la plupart de îès 

5, Ouvrages, qu*il feUoit ôter cette craflë, re- 

^ trancher tous ces faux omemens, & en rêve- 

,, nir à la fimpHcité primitive de l*Evangile. . . . 

^ Cette voix , fuivie d'une autre encore plus 

^ courageuie & plus diftinâe , produifit d'heu- 

yy reux efièts au XVI. Siècle. Mais quoi que 

yy dis-lors la Doârine Chrétienne ait été épurée, 

yy en plufieurs païs, pour l'eflentiel^ elle n'a pas 

yy laifle d'y conièrver encore un peu de l'air & 

yy du langage étranger qu'elle avoir pris, comme 

yy on le voit dans b plupart des Cours Je Th/oh- 

yy gitySc même dans plufieurs Catéchijmes^ trop 

yy remplis de quefUons Scholaftiques & de ter« 

^, mes obfcurs. Les ïio&&irs Anglois font ceux 

yy qui, depuis près d'un Siècle, ont le mieux 

yy réuffi à tendre à la Religion ce caraâére de fim-* 

yy plicité noble & raiibnnable qui lui eft propre, 

,, & à ramener tout à la pranque. Ils ont été 

^, bien fécondez par quelques-uns des Théolo- 

„ giens Proteftans de deçà la Mer. Mr. Tur-* 

^ RETTiN s'y eft particulièrement diftingué. . . . 

Cq^dant on en voit encore de ceu^ qui, gênez 

par la nature de leur Foi, ont été obligez de pren« 

dre un autre parti. „ Incapables de fatisfàire la 

Railbn, ils ont cherche à la décrier, & ne 

Sauvant l'avoir de leur côté, ils l'ont corn- 
ttuë en Ennemie^ ibrte de combat, d'oti 
l'on ne fort jamais qu'à fa honte, lors même 
qu'on ofe triompher. La Foi & la l^ifon ne 

S 5 „fonc 



5> 
9> 



^ font pas faica pour çtre jamais iDîtèi ai<op|D^.. 
^ ûtion. Ce font deux Flambeaux,^ que DiEit 
^y nous a donne^^ fie qu'il faut porter ru9 d'une. 
y^ main, l'autre de Tautre. Taoc^ ppurceuic. 
jy qui fe font mis hors d^t de les comciBer. 

Il iâut parler au Cosur,atti& bien qu'à. la Rat» 
fbn. Et c'eft ce qu'p0 fait eocore idy m dé? 
peignant la Religion Chrétietuieî) non: feulement 
cpmme conforme, à ot^ plus ùmç& knxûéros^ 
mais auffi comme renfermant de çi^aades^ beMi- 
tez, de grandes utilisez y de graooes douceuES,. 
comme éranc aimable & infiéiâlàot)e> aufii tien 
qi^e vénérable. 

£n tout cela Mr. ^'Ww/ fuie rtoujounr» fini il- 
luftre Modèle: mais il prend k méoie Ubeccé. 
qu'auparavant , d'éteadre fes pen£eefi« & de tafh 
procher les Ot^mifé^ Fremm. Il a foc-touc 
Beaucoup mis du fien, en .ce qui rqganie.la Mor* 
rale^fiç les Préceptes. C'eft ceqyecdwîttidtàt la. 
di;6%rence qu'ilj a entredesDiflexKa&ons Acadé- 
miques, & un Ouvregef destine i l'Uiàge detous 
les Lcdeurs Frangçiâ^ 

Quajid Mr. Fff;7te^>^ttQnvé quelque boa. Ecri* 
vain, qui difpiç précifémeat ce qu'i avoir en. 
vue, il a emptoié fes propre» termes, enrkii ea 
fufant honneur.. De telles Citadoos, bienpia-. 
cées, diverfifient & enrichiflèat un. Ouvcage, 
fans le charger» 

A la tête de ce Volume^ on trouve .uocl»- 
troé^^ieny qui en feit le premier Cfaapsfere. Le 
Corps de l'Ouv^rage eftdiviféen trois; Articles, 
dont le premier trgice des Dogmes ekl'Evangfky 
U fQÇondo de h Mwk CMiew^y & ie dernier, 

des 



riMiB. 



pv 



les Vtmniffts de PEvangik. Sur le premier ^ Qfl( 
kmne d'abord une idée générale des Donnes, 
Se de leur excellence. Puis on entre dans le d^ 
3Ùl^ fur les points particuliers qui demandent 
me attention particulière, foit par leur impor- 
»nce, Ibic parce qu'il s'y rencontre quelques di& 
kultez. 

I. I. Le premier point regarde la connoiûàn-: 
ee [a) escaâe que l'Evangile donne de la nasuf^ 
h Vf M Dieu. On confidére ici fon.exceïlen-» 
ce, non iêulement par oppofition aux fauflès & 
extravagantes idées du Faganijme^ mais encorç 
eu égard à l'avantage que cette fàinte Do<^inc| 
a fui le Juddtfme^ en ce qu'elle mec mieux au 
jour trois des Perfeâions de Dieu , fa Jfrriftts^ 
Utéy (an impartialité^ & ù, clémence. 

Certaines expreffions de V Ancien Tefiameni 
touchant la Divinité, jointes au Culte matériel 
ou'on lui rendoit, pouvoient en laiiTeF prendre 
oes idées groffiéres, quand on ne perçoit pas cet^ 
te écorce. Il ne refte riep de, femblable dani 
l'Evangile. La Divinité nous y eft clairemenc 
dépdnte, comme un Efprit, entièrement dégige 
de la matière^ & le fer vice que nous lui rendons» 
ne nous fait rien concevoir que de très-pur dans 
fon effence. (h) Dieu efi ejprity & il faut qt^^ 
^eux ipti t adorent^ P adorent en effrit cr e^ vé^ 
rite. 

5ous l'Ancien Teftament, Dieu avoit ret 
treint fon Alliance à un feul Peuple^ ce qui &m- 

bbic 



W Chap. IV. fag^, iS— 2t. 
W ]bAN, Chap. IV. vtrf, 24. 



1^4 BiBLIOTHBQUB RaISONKCTB, 

bloic ne pas répondre à cet œil impartial avec 
quel on conçoit que le Créateur doit regarder 
tes fes Créatures. Le mur de (eparatîoa a 
enfin rompu, (a) Toutes les Nations, ikns 
tinâion de Langue, ni de Climat, font adi 
à l'Alliance Evangélique. Tous les lieux du 
de font propres à être confacrex à Disu , coi 
oae au Bienfaiâeur commun du Genre-Hui 
& la Terre entière tfeft plus qù*un feui Temi 
où tous les Peuples doivent invoquer (on nom. 

Enfin, au-lieu que, dans TAncien Teftamcnt,'! 
Dieu etoit le plus fouvent repréfenté comme 
un Maître redoutable, comme un Dieu vettgegr^. 
ItDieufirty V Éternel Jes Armées; il (e montre 
dans rËvangile fous un vifageplus fereia, com-J 
me un f>ieu plein de compaflion & de teodreilc' 
pour (es Créatures, comme enclin à pardonner, 
oC qui (^) s tant armé le monde ^ jn^il a envoi^^ 
fin Fils au monde four notre Salut. Il (ê montre 
moins comme un Maître, que comme un P6t: 
& en prend le titre, & nous donne le droit d'être 
appelles fes Enfans &c. 

2, Après la connoiflànce du Créateur, il n'y 
en a point de (i importante que celle (c) de moui^ 
mêmes. L'Evangile , fans entrer dans des rai* 
fonnemens abftraits fur la nature de notre Ame^ 
ne laifle ^pas d'en dire afTex pour établir claire- 
ment qu'elle eft diftlnâe du Corps ^ & qu'elle 

lui 

(«i).1L0MAmS, Chup. 1. viff. l€. II. XI. IIU 29. JeAV» 
IV. zo, &fM'v ACTES, X. 14. 

(h) Jean , chap. IIL vtrf. xtf, 
(t) Châf. Vr pagg. ap-^3é. 



■^Jj 



lui doit furvivre. Uû mot {<) de Je'sus-ChrisT 
GifiSroit pour le prouver : & la Foi Chrétienne) 
pi cela d'accord avec la Philoibpbie la plus épu« 
réC) a cet avantage y qu'elle eft propre à ea 
perfuader le Peuple, au-lieu que la umple Phito- 
ibphie ne frapperoit que les Efprits pénétrans. Ce 
encore avec afTez d^incertitude. L'Homme eft 
£ûc pour fuivre des Loîx, dans l'obfervation des- 

Suelles confifte (on bonheur, & de la violation 
esqucUes il rendra compte. Ces Loix font gra- 
vées dans fa propre nature, par des fentimens que 
h corruption même n'a jpû effacer. L'Evangile 
pofe clairement cette vérité, qui n'a été recon- 
nue qu'à demi par les Philosophes. Il nous dé- 
couvre paiement la grandeur de l'Homme , le 
ik baflèi&, le mélange de force & de fbibleffis 
qu'il y a en lui, mais où la foibleilë l'emportant, 
a abâtardi fa nature , de manière au'il faut un 
grand Médecin jpour remédier à 1 état de cor- 
ruption Se de mifére où elle eft tombée. 

3. Cela mène à traiter de U Venue de jEfsvs^ 
Christ, &defa Nature Divine, {b) Ici com«, 
mence un nouvel ordre de Véritex, qu'on ap-' 
pelle Myfiéresy c'eft-à-dire, comme [c) l'explique 
St. Paul, des chofes cachées, que la Sageflb 
Divine n'a mifës au jour que dans un certain 
tetns, & que l'Homme ne pou voit pas connoitre 
de lui-même. Ces Véritex, quoi que d'un ordre 
flirnaturel, ne répugnent point aux lumières de 
la Nature. La plupart confiftent ca faits ^ qui 

né 
(a) Matthieu , chap. X. vtrf. it. 

(*) CUp. vu. ^^. }7— 47» 

(r) I. CORINIU. Chap. lU vtfr/, 7, y» i«L 



ne font poînt încrolables, dès qu'ils font bien at* 
'tdftez. D'autres confident en de certa^ 
Dpgmesy qui nous. paroifTent obfcurs^ 6>it par« 
ce que notre pénétration ne les auroit pas de- 
couverts , n'étant pas du rang des cho/ês cott- 
nues par ta feule Kaifon ou par l'Eiçéricncc; 
fdit parce que ces Dogmes regardent les profbiK 
jiciirs de TÊtre Infini, qu'il ne nous appamett 
pa» de fonder ; fi^it enfin parce que rËcratirè. 
Sainte ne prend point à tâcne de nous expliquer 
i fbnd ces points-là, uns doute parce qu'il nie 
iious eft pas néceffaire de les comprendre dàls 
'toute leur étendue. 

La guérifon du Genre -Humain , dans VéCÈt 
dé^orable dû il étoit réduit, ne pouvoir fe fiàce 
'ùxa que la Providence y intervînt extraordinairc- 
tnent. Il fiiîlbît pour cela un Doôeur tout ain 
icre, que les Dofteurs ordinaires. Les ^mfs s'y 
âtrendoient j Se plufieurs même d'entre (m) la 
Paient en fentbient la nécèffité. Il s'agiilbic <fe 
nous apporter lés dernières votonte?^ du Cid, & 
'de réconcilier le monde à Dil^a. Ainfi le Soêt- 
'hetir du monde devoit fitre d'un ordre très-émî- 
nent^ & quieffiiçât tout ce qui avoit paru juA 
tju'alor^. C*eft ce qui l'on trouve en Je'sus, 
\ qui rÈcrimré donne lès titres lès plus augufte% 
éc dont tout ce qu'elle dit aboutit à montrer en 
lui la Nature Divine, avec toutes fes Perfeâions, 
ittiib intimement avec l'Humanité de ce Perfoo- 
ni^e 11 Ibng-tems deJGlré. 

(«) Voi«B tel paflMget allétà» dâiis la StUî^ L de 
cet OoTcagc» défi 4, 



J 



^y Si l'on demande, (a) quelle forte d'union 

^ il peut y avoir entre deux Natures fi difpro- 

I, portionnées , nous avertirons d'abord ( dit l'Au- 

^ teur ) qu'il faut bien fe garder de rien imaginer 

^ ici, qui dégrade la Divinité, comme fi elle 

^ avait fou£rcrt quelque altération ou quelque 

j^ mélange. Le Concile (t) de Chakédoine s'eft 

^ expliqué nettement là-defTus. On ne dit point 

^ que Dieu foit devenu Homme , ou qu'un 

^ rlomme foit Dieu. Il nous paroit même que 

^ c'eft parler improprement, que de dire, com<- 

3^ me on fait quelquefois dans le Stile Oratoire, 

^ qu'un Dieu nous eft né y ou'un Dieu a fivffert 

yy pour nous j parce que la Divinité eft toujours 

\^ impaflîble & immuable. Mais ^ue Diku, 

^ fans changer fon eflènce , fe foit uni à un Hom* 

,, me aufli étroitement qu'il eft poffible^ & que 

^ par ce moien la Souveraine Sagefie^ qui n'4- 

,, toit pas fuffifamment connue par les œuvres 

j, de la Nature, où elle s'eft pourtant dépeinte, 

j, fc foit venue manifefter plus clairement pour 

,, notre Salut j; qu'y a-t-il en cela, qui paUe le 

„ pouvoir de la Divinité, & qui ne foit d^e 

„ de û bonne Providence ? " On fait voir enfui- 

te, que ni lesyi«/î, ni les Vaiensy ne doivetit 

trouver ici rien dfe fort étrange. 

4. Suit le {c) Myfére de la Trinité.', in(5- 
parablement lié avec celui dont on vient de par- 
ler» 

f4) Pag. 41* 4s- 

W Qv^ pxononccy que It Divinité s'eft jointe \ l'Hu* 
manîtélans changement, fans confufion , fans dififioii» 

{c) Chap. vu. f 4^. 47— 7«» 



^aSS BiBLiOTHiQpB RAïAmnlty 

1er. On demande ici d'abord , ce qui ne peot 
Être rdïifë étjuitaUement, qu'il fott pcnnis d'ccn- 
ter les idées Bc le Ung^ as Scholifttqncs, pour 
t'en tenir i l'Ecrinire, fie ne parier qu'avec ellej 
fur quoi on cite des paroles remxrqûablcs du ft- 
maix («) Claude, Miniffire Réformé. Or, s'A 

Î' a quelque cholë de clairement cnfe^oé dan 
e Nmfiwm •nfiament , c'cft YVwiK de DiEîT. 
Et les Apôtres Se Imnent-ils cootredia grolSé- 
Teroent, en donnant atteinte à ce point fboda- 
mental? „ Au(S qu'ont-ilx dit, & que fommcs- 
„ nous obligez de croire, en nous tenant k lemx 
„ eiprcffions? i.Qu'il y a un feul Dieu,Crca- 
„ teur du Monde. Ac la prénùcre Caufè detout. 
„ z. Qii'il y a eu dans la perfixmc de Jk'sos- 
„ Cbrist un Primei/e JtviWj&nâr, la lUéJh 
„ ou la S^^ellê Ëteradle, & que [t) temte U 
„ pléwitMde de U Drvimti m hahiti em bd t i i y» 
„ rrUmunt. ■%. Quïï y * wffi un Primàfe Jm», 
^ qui a infpiré les Prcphétes & les Apôtres, <fa 
yy leur a communiqué des Dons miraculeux, & 
„ qui opère cnccnv dans l'ame des FîdâeS} pont 
„ les ûnâifier & les con&lcr. L'Ecriture met 
y, bien qudque difttnâdoa cotre ces deux Piind- 
. „ pes & leprémier; elle leur donne même àa 
-„ noms difi&cns , en les appellaot P^y 
„ & St. Bffrit : mais die a explique jr~ 
'„ à-fàit comment ces Principes (ê difti 
„ Ce côté de la cbolê demeure roilé. De 



! Zh u fOfAmti 4*U ImbX. 



r 



iy tain feulement que cette différence , qudk 
^ qu'elle puifTe être ^ ne va point jusqu'à multi* 
^ plie^ la Nature Divine , puis que l'Evangile <. 
,, nous avertit fi foigneufement que ces trois ne 
yy font qu'un. . . . Les Grecs ont emploie à ce 
yy iiijet le mot à'bypoftafey (ou (ji) manière de 
jy fùbfifter) & les Latim celui de Perfitme: ter-^ 
„ mes y qui véritablement ne font point dani 
yy l'Ecriture, & qui pourroient donner de £ius« 
yy fes idées à ceux qui ne ièroient pas fur leura 
yy gardes. Mais, en introduiiànt ces termes ,.oa 
,, nous avertit en même tems de n'en pas abuiër. 
yy Les Pérès de l'Eglife ont même avoué qu'ils 
,, n'avoient que des idées très-confufes de ce 
,, qu'ils vouloient iignifier par -là.". Sur quoi 
on cite les paroles connuçs de St. Augustin^ 
(A) qui dit, que le langage humain (e trouve ici 
court ^ 6c que fi l'on park de tr^^ PerfimteSy ce 
n'efb pas pour exprimer la chofe exadement, 
lasds pour n'être pas réduit au filence. Ainfi tom«« 
be l'objeâion de cette prétendue abfurdité, Que 
trois font un, & qu'un fait trois: car elle fup* 
po(ë fauflèment, qu'on prétende que ce qui eft 
«3» , foit auffi trifh au même égard & au même 
feus. Combien de chofes n'y a-t*il pas, oà ce 
qui efi: unique en foi iè diftin^e pourtant à cer« 
tains égards ? La Nature Divine a fes divers at<» 
tributs, & fes diverfes opérations. Qui peut fa- 

voîç 

{s) TpéXOÇ V9Fàf%9UÇ, 

{k) TAnun cum ^Uétrittnry ^w'i très, mufti pfêrfuf impsm 
ihvffy^MMi» UitBTM tU^uimn, Di&um efltémêi tus perfonsynor» 
m iilmi dietritur y Jed ne tactritur. 0e TRINITATE» Lib. V» 
Cap. 9» (nmn. lo. Ed, Bemdi^'n*) 

Tarn. XVI. Tort. IL T 



«oit KHUcs Iw fortes àe diOmâiaas, ia* dl| 
cft fiiicejxiUc? Le âifei ta «Meur liu dCur 
MMÙtout Cl ^ieAobfctir» i^«ft ps^ot 
fiMi» ni impoffibk. Il y t d« {arciUri dkm 
ta. ctei Is Nature, daw l'Hiftoire, & wi 
itfi» touefr les Scicncas. S'étonoen-i-oa ^ 
h ReUgiân ClvéïkWK oit les IcHatai Hit* 
' ' > plus écoDtiant , {{w kmi fôt àiile le i 
9 pié dans i>n iuj« suffi tnjrftériaa & tt 
Uns, çfit l'eft !'£{{««« Dwint. ^ 

r ;. L'HvHlLiAIlOH, (••>& k&SoiiAH«! 
de jK'sv«-C)liiiaT, ont d«qu«t itrpmdte^ 
■tbutct du prétnin abord. St. Pàvi. (^ snlr^ 
«le <b Cram A CbruT tjl (iumède m» ^ 
jt film mux. Qreei ; mab il «ichKc en Oxio 
tenis,qa«^ft l'on veut «mmiàer la chofti/ôai 
À ifunaeiiidépmenu^'eA tlit.bMtAéi£|nfaH 
liàs-dwHidrlaS<«eacdaDi£,0. £neâit/(é 
ua pT^usé puér^^ qnc <k joecr d'iMie DooiM 
M ^emeKeur de colui qui mmooCe. L'dl 
•n rang tou. dKs rkhefla, ne donot aocao ^'à 
«ttx parolctj ji b'7 ftnt cbercbar ^ tiTÔitt 
Kt: ce n'db pomt un oi^ndKï, que dt Ibub 

Cls. crasuté d'autna. On ciU â-defloi (<) » 
ispaiEigc d'ARMOBS, Btcs loin que loSw 
fttnccs imprimenc quBl<]iie tacke fiir b vît Sm 
Uotaae: J afta, ellca lei Tcnc tu cootnin i (■ 
jebauQia' l'icUc, Les Saga du Pagsniâne !'« 
ïtcsonu: & Platon [d) regarde celicomia 

(-) Cfl«p. TW. f«f »i_t« 

t») 1. COMWrih Chip. I. vn{. H , iffmv. 

(t) ^i»#/w CiM» , i,ib. 1. pw. 11. fii, £«A A "î* 



sUapié 
Uiktns, 



k Cddoblft d'une Verttf ûoùhmmét ^ jufiju'à y 
tmêkt do xtak» qui iêmUenc ùks <a^ris pour 
js'sv»*C^Ri9T. D'iâUeitf»^ le bm memey^uf 
Nom Seigiiettr fe^ropomt^ & ce à i|<|pi il ic 
dbOimntydBfnaadcric qu'il parât dti^ Técte k friu^ 
Innifab. Aw ir«|^ {^.fféMt foi M ^mntbi 
il jle y oahitt pu y ioùàÈt uu Empire topnpore)^ 
m danlKr aucùa ombrage lux PriiiMs , ni cAuÂr 
4tt ibâlévctte» ptraii les PeufÂes. U tenoie 
éteUir fiir b Terre kVémé & l'InnoèefiCf^ : il 
«eteit . «dliooeer la Grtœ. Q^elto; anne$ lâî 
âikfit^il podr cck, autres que l'Exemi^e & la 
Jhéàâsmotk} Se Jb'sus eût" ptru «y'ec beaucoum 
d'cdlu^ fi> ootxttbe MAHaMST , il eôt nmrébl 
i irtêee lies Armées^ ou «ifotl pâ rttnrder le 
Chriftianifine comme l'ouvrage « la Polidqiic 
Mstmâmt'^ & rien if éeoil plu» important, .que 
«Pâbigiies fiout ce ^f aeroic rà dooner le moiar 
,4rr iieui à on tci ibopçon. Ênfii»^ l^iri>aiââR)ent 
A le^imrf&taices de Notre Sdg^eur oix ^ ua 
autre uâge mm xtmui^ia^Ftam^ fc qpi mèm^ 
^Baéjd^o&r^ eMïtocim ^> dan» ua C^hiqpître 
.ib pan. 

dL hà. (^) Jfibr^ de J«!liVJ»rCfftf i»T eft lepi^ 
Rentier iona Fidâs d\m S'é6riS€$ en çeot ^xkmiBs 
^l'Ëcrmire:^ & furnâoiit mis^ VEpiPre au» Htf-» 
•Mcef^au G»e doâtmèie rapporte viâUeiaenc 

i^<:equifepnmquoivpifitii)es7'"i/^- Qn répond 
iet aofl^diffiiftifasKy & on iiiic ifematqMeriaui les 
teôtsrabirptfe» ^i paiOtflèqi^ dâa^les bçiis» ef- 
r qui naiflcnt de ce Sacrifice. 

7. La 
lit) ffkiit Cft»^ Jfvitt. »*<3^ 

{b) Cha p. ir, /4x. T^i9. 

Ta 



Xpi BlBLIOTHEQ^K KaTSOKKS^I^ 

7. LâL (a) gloire oi JeIbus-Christ # été ânf 
éfrèsfis Souffrances y ferc enfuhe à diffiper pldiie! 
mène ce que les Préjugez, avoient trouve oc cho». 
quant dans fon humiliation. Ce n'eftpas que Pa« 
baiflement même nefât accompagné de tnûts«& 
fex brillans de la Majefté Célefte , auxquels m 
Efprit attentif ne pouvoit que connoitre le Wk 
4Jf DiRU. Mais il refTufcite. Qud triomphe ^ 
beau ? La gloire de (k RéfurreSien efl^ce i 
ment Tignominie de fà Crof jc. Il eft éleré « 
Ciel , & fon Afcenfhn eft fuivie des D9ms 
eukux du St. Efprit y qu'il répand fiir &» 
pies. L'Eglife eft fondée: merveille, qui fub* 
•fifte aâuellement depuis tant de Siédes. II sy 
a rien qui ne (bit digtie de Dieu dans conte cette 
Oeeononne de Grâce, 

8. Xa dernière (i) partie de la Foi Chrâienne 
regarde la Vie à venir; fur quoi TEvangiie nous 
enfeigne plufieurs Véritez. importantes: lesuno^ 
«n partie connues par la Lumière Naturdlej \a 
autres, qui font de pure Révélation. 

• On met au premier rang V Immortalité de tA- 
me. Les plus grands Philofophes ont compris, 
quch fartie Jfiritnelle deiious->mémes n*eft point 
enfévelie avec nos cendres; & il n'y aguéres de 
Peuple, qui, foit par tradition, foit par un ni« 
fonnement naturel, n'ait eu quelque idée de cet- 
te Vérité. Mais ^ à dire vnd , ce n'étoic cha 
eux qu'une idée legéne (e) & confufe. Qudqacs 
Seâes, parmi les Faient^ craitoient cette opr- 

(s) Châp. X. féi^. %9mm9€. ih) Chap. XI. ^^ ^é—xia, 
{t) Yoicz la L ifi^Vi», Chap. i, & 1. 







nion de chimère^ & ceux qui en parloient le 
mieux y n'en parloient que d'un ton chance-^ 
lant, moins par conviâion , que par goût & par 
<lcfir. Les Juifs non plus ne trouvoient que peu 
de clarté làHieifus dans leur Loi; oc les Saadu* 
ێens en prirent occafion de rejetter ouvertement 
ce dogme. Encore à préient, quoi que la Phi« 
loiôphie foit pouflee fort loin, on lent que (es 
laifbnnemens fur ce point capital ou n'ont pas 
encore toute l'évidence nécefTaire, ou font trop 
fubcils pour le commun des Hommes. Il fallok 
jsne déclaration expreilè de la volonté de Dmi; , 
pour produire une ferme conviâion dans les Es- 
prits. Or cette déclaration fe trouve dans le 
Nouveau Tefiameut, réitérée preique à chaque 
paee » & d'une manière à ne laiflër aucun doute. 
Miûs l'Evangile va plus loin : il nous parle auffi 
de la Réjurremo» du Corps -^ article fur lequel la 
Raifon feule ne nous auroit rien appris. On n'y 
voit nulle apparence, à conlidérer la chofe en 
cUe-mcme; & qui diroit que cela peut arriveir 
par les feules caufes naturelles, diroit une chofe 
peu vraifèmblable. Mais dès que Dieu nous le 
révèle, dès que nous favons que fa PuifTance y 
veut intervenir, il n'y a plus de difficulté, qui 
empêche raifonnablement d'en être perfuade. Et 
pour affermir notre Foi, Diau a joint à & pa- 
role les exemples, fur-tout celui de Jë'sus, donc 
la Réfurreâion eft un gage de la nôtre. On ré- 
pond ici aux Objeâions de la même manière 
que fur d'autres fujets, c'eft-à-dire, qui n'eft pas 
toujours commune pour le fond des répon(ès,Sc 
qui propofe toujours avec un grand choix , ac* 

T 3 com- 



$P4 9fi^ionna!nc RAv#0irj0M, 

eomfngné 4'un beau tocir^ les pmaites fes {in 
vebattuës. 

9. Reste {d)Ufin é» Mmuk^ ^ b Jugemê 
Jnrner. Ce que (h) St. Pierre dit du pienkr i 
point, peut s'entendre ou fealemeoc de k 1^ 1 
que nous habitons^ & de l'Air qui nous envimto- j 
ae, félon louage commun de VEcrkure-^wk 
IK>tre Tourbillon entier, qui comprend les AAni 
les plus yoiûns de nous. Il n'y a rien )à, f» 
les Philofi^hes ne troorent fort probtbk; ftif 
ne feront pas en peine d'ep alléguer des odb 
toutes naturelles, ne fâ^ce que par le moienàt 
Feux foûeerrains, & de tant de matière igftKftl 
mable , qui ne peut manquer tôt ou tard de prOf 
duire quelque grand bouleveriêment. C^it k 
du Monde n'a été ignorée ni^des J^n^, nidei 
Faiem; comme on le prpuveparqudquefPat 

Quant au ytt^iment nmverfily l'Ecriture Siis- 
le eh poiie la certitude comme incontdblfe 
Ccft une fuite des Loix que Dieu nous a doft* 
oées, & fa qualité de Lé^iflateur emporte cA 
de Juge. Un Dieu Tout-Saint & Tout-Jute ne 
iiuroit (oufiFrir que l'Innocence demeure oppri' 
snée, pendant que rinjuftice triomphe, tmsst 
il arrive fouvent ici»bas. De tout tems on en t 
murmuré. On en a pris occafion de coocIuK) 
ou que la Divinité ne prend point garde à ceqû 
& paiTe en ce bas monde, ou que la Vertu o'dt 
qu'un vain nom^^ & que c'eft une folie des^ 

atti* 
* « 

(«} Chap. XII. ^^. iio—ixT. 



i 



fttdchçr. U mmffiUxiM àhm JugBment de^ 
iiwr £ft il» 4éfiwwn{, qoi juftifie liautcincpc 
Jgi Pwicknee , & q«ii d«»nc la clc de ce qyi 
Ap«9 avQit ptw une éiigaic. Us^Sages de iqms 
J«s S»d« ont jrfcoiWAi la nccdfitc de remettre 
miù lc$ ^Aofo dan* Fûidwr, nw« ûwca avç^r 
i^ p:içu¥fï5 aflcïi ppfitiycs. 

Pour k$ circcwliattiow du Jugemwt denncr, 
il n'y arok que la Révejadon «y^ii pût nous «^ 
mStfWCi ^ ce otfrilc nous en dit , cft «put 4- 
bk ^e de b SageOè Divine. Oa k £uc vqmt 
Mf k dwil de ces circooftaoçes. Le Jugemeot 
im f^c & imiyerfcl^ tant pour ceuK qui ie 
tWuW'Om f» w au dernier jour , que pour cci^ 
«ui fcroet wr// dans les Siècles precédens, fie 
Ai r^fciteroot. Ditw a'ewroera powt ce 
jSgpwciît «ff Im-œcfM; fc P#w a remis c» pou- 
voir 4u Fila. Nous ferons jqgez fur nos aaiona, 

fur Ti09 patolts, fur nos penCes, c'eft^-^ire, 
jedte «« aous avo6s approu vees , & qm cMic in- 

iklé fcr notre conduite. Chacun fera jugéldoa 
k» luroér» qu'il a reçues^ ceux <iui ont eu une 
Loitmte on œvclée,par cette Loi^euxquio en 
4«it point eâ de celle, parlcsfeuls principes nar 
W^mem «avez, dans k QaniiiBncc de tous 
l^Homeoes; chacun d'ailkacs Icion to talens^ 
ità>n ks fec£Uii5 & les occaûons qu'il aura eft 
l^r remplir Ùl tâche. Par une fiiite de la ro|- 
ioe xcaie, il y aura divers degrei. de Pane ôC 
4e «éSwBfctdie, xanformémenc à k plus exadte 
Juftice. {a) „ Quant à k nature & à k 4urfe 



Ift 



Xp6 BiBUOTHBQyB RaISONKWK) 

^ des Peines ^ l'Ecriture Sainte nous en (aie II 
„ peinture la plus propre à nous remolir d'une 
^ fraieur (âlutaiire; comme d'autre côte ék nrai 
„ dépeint la Béatitude Céldde des couletits ki 
^ plus agréables, (a) Les uns itn irmit AU min 
^ étemelky ^ Us autres à la vie étemelk. Ahisi 
„ quelque terribles que ibient les Peines desMt^ 
y^ chans, aucun pourtant n'aura fujet de fe plain- 
^ dre. Des gens qui perievérans dans rim^'- 
^ tence ont méprifé conftamment la Félicité du 
,, Ciel ) ne (kuroient trouver étrange d'en eue 
„ exclus pour toujours; & le r^ct etanel qu'ik 
„ en auront, eft une forte de nier rongeaM^ qtt 
yy fuffit pour faire leur fupplice. D'un autre co- 
5, té il eft fur que ce qu'ils auront à fouffiir de 
yy plus, fera tellement proportionné à ce gu'ik 
9, méritent, que toute Langue demeurera muec- 
,, te devant Dieu ,& fera obligée de recooa»- 
,, tre la parfaite droiture de iès Jugemens. 

IL Le fécond Article généra comoeoce, 
comme le premier, par un précis de la Mfi^^ 
Chr Menue ; d'où il paroic d'abord , que c'cft ua 
Syftêmc auffi pur, auffi exad, & auffi compte? 
Gu'on puifTe le dcfirer. Tout ce qu'on dit cd* 
uiite, pour le faire fentir plus en détail, fe réduit 
à envifager les Préceptes de l'Evangile fous qj»' 
tre feces: Du côté de leur JuJUee Naturelle -T^ 
côté de leur Utilit/: Du côté de leur Bfif^' 
Et enfin , par oppofition aux autres ^^^ 
Do&rines^ dont aucune n'eft comparable à c» 

le*ci. 

x.U 

(0 MATTa Chap. XX, verf. 4^. Scc 






I. Les Prccqptcs de l'Evangile font tous (^g) 
:onfor(nes à la Droite Raifon, & aux principes 
ie la Loi Naturelle y comme on le fait roir à 
Regard des trois che6 auxquels ils fe rapponent, 
félon la divifion fondée & fur l'Evangile, & fur 
ta natui^ mênae des chofes : les Devoirs envers 
Dieu, les Devoirs envers le Prochain ,& les 
Devoirs envers nous-mêmes. 

Perfonne jufqu'ici ne s'eft avifS d'accu(êr la 
Morale Chrétienne de relâchement. Mais quel- 
ques-uns fe plaignent de fon: auftérité, comme fi, 
à force de tendre à la perfeâion, elle étoit plu- 
tôt faite pour des Anges, que pour des Hom« 
mes. Par exemple, dit-on, n'di-ce pas outrer 
les chofes, que de vouloir que l'on simefis £»- 
nmis^i^wt l'on renonce ifii-mêmey que Von fi coupe 
un bras y que Ton s* arrache un œil, que l'on s'ex-, 
pofeau Martyre Sec? Notre Auteur fait voir, que 
c'eit faute de bien entendre de telles maximes^ 
qu'on y trouve quelque chofe de trop ngide, de 
contraire à la Nature & à la Raifon. U traite à 
cette occafion de la régie du point- d'honneur > 
qui s'en introduite parmi les gens d'£pée,pàr uû 
ufàge aufG barbare, que l'étoient les anciens Peu- 
ples d'où il vient. Sur quoi il all^e un exem- 
ple moderne de perfonnes diftinguees,qui fe font 
mifes au deffus- de ce faux & infenfé principe, 
& fe font f3dt eftimer en le méprifant. Mylord 
Galhwaiy auparavant Marquis clel^a;;ps!;',dont 
la bravoure n'a jamais été équivoque, refufa nec- 

tement 

(*) chap, U. f4j. 133—142. 



i 



Zp9 BiBUOTHSQirS RAMSOHVf^^ . 

terocQt un cvtd^ en difaot , ^u'il k croioît obU- 

Iré de garder (qq bras & (on ^p6e mut de oieil- 
eures occafions* On fora peut «-lac fiupns db 
Voir l'obligation de s'iM^fir 4w AUrfj/r^^ nu& au 
rang des maximci de l^vaogile mai eiKcnduër* 
Mali notre Auteur a eu ap^eœmenc ai vue 
ce i)ue PHiftoire Ëccleâaûique nous apprend de 
ceux d'entre les ancieaa OmtimiSy(^ couroient 
au Marcyfie uns nécefficé « & qui croioienr ^qu'on 
ne dévoie pas fuir la Periecution, en quûi pb- 
jieurs Pérès ék PEilsfioox approuvé kwcB ivâSBas 
idées fie leur pratique téméraire. La Religioii 
Chrécienoe n'eft paa cercaioenoenc r^fyon&blic 4c 
Fignorance ou du zélé mal r^lé de ceuir qui m 
outrent les maximes. Q^e ii > comme il eft nte- 
jaifoonable, on les réduit à leurs jaftes bonio, 
à ce que demande une droite inteîpréwioiiyfoQ- 
dée ùàx les régies de la Critique 4c fiir le Bcmi* 
Sens y ces maximes n'ont rien que de très - éqt^ 
table. (4f) ^ Imaginons-noul^ pour un niomept, 
0y qu'elles fuflent tout autres qu'elles ne fi>oc;par 
^ exemple, que l'Evangile permit la V^ngem- 
^ ce, qu'il autorlTit les uuels, qu'il flattât la Soi- 
^ fualitéy qu'il permît de renier la Foi> &d''erf!e 
^ hypocrite, pour ménager des intéréos cempo- 
^ rels, qu'il lâchât b brûle aux Pa^&oAs^ (^ 
^ diroit-on d'une telle Morale? Le» Liberrim 
^ eux* mêmes la mépriiêroient , & tstmem k$ 
^ premiers à nous en fiaire un jufte fi^et de /o* 
^ proche. Ils diroient, qu'une Morale fi lett- 
^ chée ne làuroit venir du Ciel , qu'elle eft in- 
,y digne de DitVy qu'elle eft même w del£)us 

» de 

W p«a. Ii*. 






de ce qu'ont penie les Sages Fsiêns^ & que 

le finiplc Dfmt Nafurtl viut mieux incoropa- 

rahiemeat. 

a. DiBU, (a) comme un Père bon & fige, 
e nous donne paa des Loi^ uniquement pout 
KHis gêner & pour nous affervir, mais pour no- 
rc propre avantage. Ce caradére à^tilHé (ê 
eocontre dans les Préceptes de l'Evangtle> pré* 
oicrement, par rapport à riniérêt des Peuples, 
u de la SêciétéCivtU en général^ 6ç enfuite par 
tflçoxt au bien de chaque Particulier. 

A r&ard des Peuples , la Morale Chrétienne eft 
out-à-&it propre à faire fleurir les Etats, à étein* 
Jf e les Guerres , & à cimenter le repos puWic. 
Car elle approuve & maintient la fubordination 
acceflàire à tout Gouvernement. Si d'un côté 
elle fait fouvenir les Princes & les Magiftrats de 
leur devoir , de l'autre elle infpire aux Peuplei 
la fQÛiniffion & la fidélité néceflaires. Je'sus- 
Christ, & fes Apôtres, ont ici, comme ail- 
leurs, confirmé leurs leçons par leur exemple* 
La plupart des Guerres, qui ravagent le monde, 
ont leur fource dansT Ambition,dans rintérêc,ou 
dans cette vanité, qui fiiit que l'on ne veut jamais 
céder de part ni d'autre. De-là tant de perfidies , 
tant de cruautez, tant d'injuftices: toutes chofcs 
contraires aux fentimens qu'infpire le Chriftia- 
nifoie. La Morale Chrétienne, en rendant les 
hommes pacifiques, ne les rend pourtant pas 
mous ni lâches. Si elle arrête tes Guerres In- 
juftes , elle n'empêche pas les Guerres Néceflai- 



W Chap, XV. & V. /*j. I»— 171* 



res^ 



. > 



JOO BlBLIOTHBQjm RAISONkE^By 

res; & même alors die infpîre Se de la iàSté 
& du courage pour lesfbûcenir. MACHiâV]3.L(«j^ 
ce fameux Politique , l'a reconnu. Une des cho" 
fe qui caufenr le plus de troubles dans le mondes 
c'eft la violence & le faux zèle en matière de 
Religion : mats rien n'eft plus contraire à Tef- 
prit de l'Evangile. Et fi l'Hiftoirc eft pleine do 
perfécurions que les Chrétiens eux-mêmes oot 
exercées pour cefujet jufqu'à la fureur, c'eft l'efièt 
d'un oubli ou d'un mépris le plus étrange des le- 
çons de leur Divin Maître, & de fes Apâcrei; 
L'idée que l'Evangile donne de la vraie Piété, k 
lepréfeote comme aiant pour objet d'infpirer fur* 
tout les Venus Sociables, comme devant être 
tournée, non tant à la fpéculation, qu'à la prt- 
tique. Ainfi il eft bien éloigné d'approuver une 
Dévotion, qui donne trop dans la fpiritualiré, 
ou qui roule fur des minuties; une dévoticm oi* 
five, creulè & Aèrilt^ fat frefyue cUt Monacbé* 
k^ qui ne convient point au Bien Public, parce 

Iu'dle détourne les Hommes des Devoirs de il 
ie Civile. Un des Devoirs, fur lequel l'Evan» 
gile infifte le plus, c'eft la Charité^ qui eft, pour 
ainfi dire, la livrée du Chrétien, Et qu'y a-t-il de 
plus propre à rendre la Société paifibie & florif- 
iânte, que les di^fitions & les efifets de cène 
Verm, telle que le Chriftianiûne l'exige? Enfin, 
pour ce qui r^arde les Mariages , où il importe 
mfiniment qu'u y ait une régie, & que l'on met- 
te des bornes à l'Incontinence , TE vangile fixe 

les 

(«) Dîfcomrs ?9lhiquis fur TITE Ll?E, Lib^ IL Cap. i. 
& Lib. 1, Cap. 12,^ 



t 



rs chofes fur le pie le plus avantageux & le plus 
arfâit; uns autorifer aailleurs les fauflès idées 
e perfeâion, que des Moraliftes outrez (è font 
àiccs là-defTus , paiement contraires à la Nature; 
Se .âu Bien-Public. 

De tout cela, il s'enfuivroit aflèz, quecfat* 

:uO) comme Membre d'un Peuple, trouve foa 

ntérêc à fuivre les Préceptes de TEvangile. Mats 

on peut suffi enviiâger les utilitez particulières 

^ en reviennent à chacun ; & ces utilitez bat 

même indépendantes de l'union dans un Corps 

de Peuple , puis qu'elles auroient lieu hon de 

toute Société Civile, & à confidérer feulement 

les Hommes comme Membres de la Société Hii« 

tnaine. Car il s'agit des avantages que proditit 

par elle-même, & par une fuite naturelle, l'ob» 

iêrvacion des Régies de la Tempérance, de fal 

Juftice , de la Charité, & de la Piété. H n'y 

a ici de difficulté, que fur les grands £icrifices9 

que la Piété exige quelquefois, comme dans les 

tenas de Perfécution. [a) „ Mais i. Cette forte 

^ d'orage s'excite rarement, & n'eft pas de dcH 

,, rée, en comparaiibn du calme dont l'^ift 

,, jouît pour l'ordinaire. 2, Cet inconvénieiit 

„ n'eft point particulier à ig Religion. Toutes 

.„ les Sociérez y font également fujettes. Ne faut-* 

„ il pas, dans les tems de Querre, que tout le 

„ inonde s'arme, au péril de (es biens &deià 

„ vie, pour la défenfe de l'Etat? Enfin, il y % 

,, cette différence efTentielle^ à l'avant^g^ de la 

„ Religion, que la Société Civile ne fauroit dé* 

„ dommager ceux qui s'immolent pour elle^ 

(éi) Pag. lU, 



^ PitnmortUicé qi^de promet i, <ês Héic» fiflfiK 
^ tant qu'âne tmmoittuté de nom : ta-lica qitfp 
^ teOinétien^ ne bornant point fis» dBfèrsaam 
^ ki-to, âtcentf une Immortalité réelle, St h 
), Bonheur étemel , qui doit être la CoatmÊê 
p da Martvre.*" Voilà dequoi adoucir tour ce^ 
li Pièce Chrétienne împdic de plus dur; oaM 
ks doQceuns qui raccooqpagnet^ CDujounr p« 
tue-mftaie^ 

9. Lftmanfére^ (n) dont la Motttle tsftpmMN 

fe dam TËTangiie , la rend tiiè»fft)pf« à pioUI» 

»r fim eflfer. Elle eflr piopoiieavec tant atàaà 

fc de fovce, qu'il n'y a perfeone qui n'en Uk 

d^abord frappe. Ce ne font point <ks précepM 

ibAni»[$ y fii àss nifonnemem diffi». Ce ml 

dtos fentcnces courtes, rites, & dkmc h véaé 

h hàt Smir à la GonfcienGe. Il r^ne , ém kt 

difcoars de Notre Semeur, ic dt 6» Apâuei. 

we fimpKcité mâle & noble, ^ave Se -gopcèà^ 

le. On km qa*il6 parlent da caar, ce qui eft 

le vrai moien de parler au cœur. (JonatM lesl 

Préceptes font pour tout le monde, ikûmn aaS 

mis à fa portée de tout le moncfie. Ceft d» lait 

pour les Enfens, & <lu pain pour les forta. L'E- 

^Eai^ile donne auffi à la Monde tout le prUiôt la 

dtegié d'importance qu'elle doit avoir. Il Jm fsà 

aeganler comme i^iïemid de la Re}igion,'& noa 

acmtne Faccefibire, ainfi que bien des geu k 

h font imaginez, & fe l'iauginent« 

' Mais il fournit dé plus un gpand noitibiNsds 

ffiotiâ, d'âvcouragemens , àc et foooaav^ pour 

dftci^ 



r 



déterniifier les Hoinmes à Fobfenration ék fes 
^écqnes, & pour leur eofacilkeria mtiqoe* 



Le paraUéle {s) de la Morale Chrétienne 

iDucff nfltre^ achève d'en défoontrer Tejr- 

cellcnce. Qaoi quo cette Monde ne Ibit prefque 
tàtre chofe que fes leçons de hi Sogeffi^ primiti- 
▼c , & le pur langage d*unc Confcicnce bien 
édairée; il s'en £uit bieaucoup que tous les Peu* 
|Ae6 n'aient fiti coflfsrm ces principes de droitu* 
le iiatarèUe, né les àbfàopper dans toute leut 
tendue 9 comme f Evangile k fait. Pluiieart 
HotioDs ont teHeOBcnt confondu les idées dià 
lixftc & de ria|ufte^ qu'ils* les ont fak dépen» 
dre uniquement de la Cêitma» & des Lêht Crvài 
far ; ce qui eft un renverTement total de la Mo« 
nie. Il n'y a p««^ ancim Griine^ qui n'ait été 
tatorilé quelque i^. Dans les lieux tnémes oÛ 
Fon voit les meiUeiires Loii^yCes>Loix n'embraf* 
fisc pas les Drfxm^ cnvess Dicv y ni envers 
mÊMi-mimm^ qui fctic poortanc eflentiels. Elles 
§è bornent à œ qui regarde le Prècham^ encore 
wftSb^x que pdur emf^her les sn^xiftices i^rian* 
t€^y comme le Larci»& le Meuttre: car pour 
ks moiefls de nuire iouidement, elles n'f met* 
iQDt point d^obftflde^ Ac nt v«»it pas à la racine 
du mai, qui ||it dans la malig^té^dans Torgueil^ 
en dans rovariee; Il né leur appartient pas d'aiU 
Icim , de pvefcrire la Bénéâcence & k Charité. 
fit te peu de Devoi» qu'diea nous: îaipofcnt ^ ne* 
tôt encore qu'i téj^ Ifeméneun 

La 



f04 BlBMOTHBQSTB RaISONHIIIj 

, La Ttéùlogie Faienne n*ajoutoit prcfqae im 
aux Loix Civiles. Les Prêtres ne fàifbient point 
leur aâfàire de prêcher la Vertu, & ne doonoient 

ÇMfit là-defllis d'InftruâioDs aux Peuples. Leur 
héolc^ie mênie auroit été plus propre à cor- 
rompre les mœurs, qu'à les reâifier. 

Il y eut à la vérité , dans le fein meoiedi 
Paeanisme, un autre ordre de gens, qui prirent 
à tache de diriger les Hommes i cet égai; des 
Philofophes & des L^iflateurs d'un graiulnoo, 
lesquels ont écrit des chofes, donc les Chiédens 
jQQcmes peuvent profiter. Mais la plupart oota^ 
prouvé ridolatrie , & d'autres abus grolSen, 
qui régnoient de leur tems ; ce qui ne jpoïc 

Î[u'infeâer la Morale de principes peroideoL 
is n'ont eu, à divers égards, qu'une idée©- 
complette des Devoirs de l'Homme; ce qui b ' 
a jettez en di verfcs erreurs. Mais^quand les mi- 
iicimes des Philofophes feroient meilleures qu'elles 
ne nous paroiiTent, il y manqueroit toujours on 
point eflfentiel, qui eSt d'être pofées fur un to 
fisndement. Car la plupart d'entre eux oerc- 
montoient point à la Divinité, à un SouvenÉ 
Légiilateur, jufte, bon, &fage,dont lavoloQ- 
té ôc l'autorité donne force de Loi aux Régler 
de la Morale^ iàns quoi cette Science deviesc 

} presque une pure fpécuUtion , & n'eft bitie que 
iir le fable. Parmi ces Moraliftes , l'un té 
ibnnoit fur un Principe , l'autre fur un ai 
Aucun n'a donné unSyftême de Morale é/" 
çlet, nifuivi, ni exempt d'erreur. Leurs l , 
étoient rarement (butenuës de l'exemple. Etu 
y avoit d'ailleurs, ce grand inconvéoicot àos 

leurs 




leurs Difèours , que l'utilité ne s'en répandoit que 
fur un petiç nombre dcDifciplcs,gens de-Lettre^ 
î&ns que le Vulgaire en pût profiter. Enfin ils 
ne pouvoient donner aucuns encouragemens,ati« 
tans fecours, pour mettre les Hommes en état 
de rcfifter aux paffions , & de Ikcrifier à leur De* 
rvoir quelque grand intérêt. 
i- Les excellens Traitex de Droit Naf$nrel, qui 
ont paru depuis un Siècle, joints avec l'Evang-. 
iè, lontTans doute d'un grand ufage. Maisl'Ë- 
'Vangile n'en devient pas moins nécefîaire, ni 
moins précieux. Car ce n'eft au fond qu'une 
Morale Chrétienne , tournée philofophiquement. 
Les Jurifeotifultes Chrétiens, qui ont ainfi per« 
feâionné le Droit Naturel , l'ont fait à l'aide des 
lumières qu'ils avoient prifes dans l'Ecole de Jb'- 
su s- Christ. Voilà ce qui leur a ouvert les 
yeux fur quantité d'abus qui n'avoient point frap- 
pé \ea Philofophes Paiens ; & qui leur a appris à 
lemoriter aux vrais principes, tirez pour la plu* 
part de la Religion. Si l'Evangile a fervi à ré- 
Habiliter & à épurer le Droit Namrel, il fervim 
encore à le fixer & le conferver en fon entier; 
fins quoi il feroit fort i craindre que l'Efpnt Hu- 
main, fuivant ùl pente naturelle, ne donnât dans 
la bizarrerie & dons le relâchement, & ne fît 
toujours des écarts fur cette matière, comme les 
plus beaux Efprits du Paganisme en ont fait«l 
. Ajoutez à cela, que, quoi que le Droit Naturel 
remonte au Légmateur Suprême, &fe fonde 
en partie fur des principes de Religion; ce ne 
peut pas être d'une manière auffi évidente & 
aufli fenQble , que quand la Révélation a parlé; 
Tm. XVIl. Fart. 11. V Ce 



\06 ' Bf BMit>THtf<l«fe RAf309im«^ 

Ce ne fera jacaais au tùcAm un principe de V#-' 
fa aaiS étendu , auffi fécond y aum aoisïé & attfll 
fimtenu, mie la Piété Cbrécienne. £n&n^ qoof 

Îu'un Syfteme méthodicjue de Drok Macmj 2k 
>n utilité pour les Efprits d'uo certakk ordre^ h 
Comaïun des HotnoQes ne s'accoœnKxleroit point 
de cette méthode^ & cq)endant la Morale eft 
£ûte pour tout le monde. On cite là-dcf&s un 
IMtflage de (a) Mr. LocKE. 

Je ne dis rien du paraUéle étendu eadâee k k 
Jjoi Mahdméfanf, Il n'eft pas néceflàîre nom pluK 
dé s'étehdrè fiir tes avantages de la Loi Eyanat 
Bque fur la I^ijudai^ue^ quoi que faint». La 
dimrétKe feule à l'égard de cet amas de Céfé»- 
monies, dont les Jum étoient chargeai, âc qm 
oht fait pkce, (bus TËvangiie, à un Culte fpm» 
tadf leul digne par Im-metnè & de Dzeu^ & 
de la Nature Humaine y fufBroit pour rderer 
ebcore ici Texcellence de la Morale de rEvan- 
gtle. 

- UL Les {h) Frvmejjhs de l'Evangile r^ardcot 
ou cette Vie, ou la Vie à Venir. JNTotre Auteur 
décaille les avantages de la Piété Chrétienne par 
npport à tes deux états ^ & Peâèt que doit na* 
lurellement produire la vue des Promeflès qui 
afTurent au Chrétien ces avantages. Nous n'en 
dirons pas davantage^ d'autant plus, que, com« 
de on le remarque ici d'abord , pluûeurs des Ar« 
ticles, qui ont déjà pafTé en revue, reparoifièm 
ki fous une autre forme. 

Mait 

{a) Chrifiinnifmt T^éifinnéAti» TOttL I, Chap. XIV. /^« 
|tS, 319. de la |. Edir. 
; (^j Anid, Ul» Chapp. I-*r« 






Ma.15 il ne hvû: pas oublier de parler d'une 
pièce ^ui fuit , Se que le titre n'annonce pas. C^ 
font des Penf/esfur la Religion y oue Mr. Tvk^ 
RETTiK (a) publia, en forme ide Théfes, ûjt 
pjus de vint ans. Ces Peniees, ou Sentences, b^eà 

Sue détachées, ont une fuite, & font ooipme ua 
ibri^é de fà Théologie. On y voit fon ciprit^ 
fes principes , fon plan^ Il j dit beaucoup ea 
peu de mots y & il en dit ailes; > pour donner de 
erandes ouvertures. Ici lylr. Ffmet n'efi: que Tra- 
quâeur, & il traduit mbt-à-mot, pouç ne ffdre 
perdre à ces Penfées que le moins (ju'il étoit poA 
uble,deleur précifion & de leur vivacité. Don* 
i^ons-en quelques exemples. 

h^m, a. „ Il eft auffi difficile de conce«\ 
„ v(âr le Monde fans une Divinité, que de con* 
yy cevoir un Poëme, une Maifbn, un Horloge» 
» iàns un Ouvrier qui Tait fait. 

Nkw. 5. „ QuANp il n'y auroit que la ftruc- 
„ ture du Corp^ Humain , & les merveilles de la . 
9, Vue, de la rarole, de la manière dont notre 
2> Corps fe nourrit, de la Génération, c'en eft 
» aflez pour rendre la Divinité comme (cnûble 
» & palpable. 

Num. 8. „ CoMMS il 7 « des Principes ou des 
}> Vérités de Sp^cuUfiam^q\x*on ne peut révoquer 
„ en doute, dès qu'on les entend^ par exemple » 
» que k Tout efi flus grand ^ue fa Fartiè , que 
9) / ^ deux chojes ^aks oh ote autant d'un citi. 
)) w i autre y tes r^es feront oncore ég^un Scc^ 
» 3 y ai au(& des Frincipei de Praiifue ou de 

(*) In 171 1. 

V 2 



|d8 IBiBUOTHBQim RAISONNtfte, 

^ Murale^ dont tout homme qui eft clans fini 
^ bon-fenSjdoit feritir Pévidence; comme, qu*i/ 
♦, jfii^^ reiidft à chacun ce ^ui lui appartient ^ q\iil 
^fautfrtférer ce jus efl flus excelknt à ce fé^ 
j, te^ mêhffy (xy! il ne faut pas rendre k mal fmsr 
^ fc hién &c. liiww.j. Ges fortes de Principes ne' 
,^ dépendent pas de nous. Ils fubfiftent in^aria^ 
,, blement,iois même que nous aurions qudquef 
„ intérêt à les changer. Çeft donc T Auteur de 
^ la Nature , qui les a imprimez dans notre 
^ Âme. Ce fi)nt autant de Loix, qui nous mar- 
^ quent aflcz clairement la volonté dé Dieu. 
^ è'eft cette Loi Naturelle, ir^v/é? dans le cœur 
j, de tous les Hommes^ dont parle St. PAUL,aa 
,j II. Chapitre des Romains, 'verf. 14. & 15. 
- Num, 48. y^CKOiKEiienj6cvivrema/yC'e& 
^ non feulement l'excès du Grime j c*eft encore 
,, la plus haute folie. C'eft comme fi quelqu'un 
^j avaloit du poifon, en le connoiflant pour tel; 
'^, ou comme fi , en votant un précipice , on al- 
y ^ loic s'y jetter de gaieté de cœur. Num. 49. 

5, Mais à -proprement parler, ce font deux cho- 
j^ fes incompatibles, que de creire bien Se vivre 
,, mal. Car en vivant mal, il paroit au moioi 
^ qu'on fe croit permis de nàal vivre; & cda 
„ même eft Terreur du inonde la plus groffiére 
^ & la plus dangereufe. 

Nu0. 57. 5, Si quelqu'un vouloît prouver une 
yy Vérité Géométrique par des promeflcs Se des 
,y nieiiaces, par la violence & par les fupplices, 
„' on r^arderoit cela comme une entreprilc de 
,>- la deroiére abfurdité. Il n'eft pas moins at>- 

fiir* 



£urde d'emploier de femblables moiens en fait 
,, de Religion. 

Num, 62. j, La Théologie n'eft autre chofe que 

y, la Religion même , expliquée & prouvée plus 

yy amplement. Ainfi tout ce qui n'eft pas d'ujÈ- 

^ se dans la Religion y ' doit tenif peu 4e place 

^yy 3zxïs h Théologie. 

Màm. 65 . j, La différence qu'il y a entre un 

yy habile & un malhabile Théologien, cfeft que 

9, celui*ci croit en fayoir beaucoup, au- lieu que 

. ,, Tautre reconnoit ingénument qu'il en fait 

5> peu.- ^ . 

Num, 6%, „ Comme, la Théologie des Cafulftes 

y^ a été afTez bien définie , l'Art de chicaner avec 

yy Dieu^ il fenible auffi qu'on ne définiroit. pas 

jy mai la Théologie Scholafiique y VArt de cBicd* 

yy nef avec les Hommes. 

Num. 69. ,,Si les Apôtres reî'.enoieht au mon- 
j, de, éntendroiént-ils la Théologie qii'oti débite 
,, en plufieurs lieux pour être la leur (par exenl- 
jj pic , i ConimbrCy à Salaman^ue, & ailleurs auffi? ) 
j. J'en doute. 

Num\ 70. „La tâclie d'un Théologien ref- 

femble affex à celle d'un Sculpteur, qui doit 

retrancher, & non ajouter au bloc qu'dn Idi 

met entre les mains. Il s'agit d'ehleVer ce 

„ qui défigure, ce qui eft fuperflu;jufqa'à ce que 

yy ce qui refte foit précifëment le NoxT VEt HoAi» 

^, M£> formé à l'ifnage de Dieu. 






V3 AIR. Tir 



1 



)iô BiBLioTHfiQtm RaisokmbIs, 




ARTICLE IIL 

HiiiTomk de I'Acade'mie Roiale 
6CRIPTIONS & Beli^es- Lettres, 
M. OCC, XXFÎ. juRju'cii M, DÔC. i^X 
Tome '^atriéme: engmirdi» 12. }fut céU^iewf 
<ï8o. pagg. Me'moîres de LfttfrAm^y fira 
des Repftres de h «îfftwe Académie, Hr ^ 
fuis, k même tems. Tomes XII. XIII: XK 

^ le XXI. a 579. pagg^ * ^^^^ '5TS'^^ 
"XIV.jjJ^ A Àmfterdam, chei^ Franc» 
. Changuion, i73<ï- 

VOici enfin les derniers Volumes <fc fïlit- 
T01RE& des ME'MoiREis àtVÀiàdhm 
Hoiale des Belles-Lettres, rîmprimefc das» 
ce pais. Si ceux qui rie peuvent lire îlEdidai 
originale, ont eu de quoi s'impatienter, îls eii fe- 
ront dédommagez par le plaifir qu% autant à 
lire tant de Pièces curieufes, dont le nombre eft 
auffi coiJidérable, que dans aucun des 'Volunics 
précédens. Nous ne fuivroris ici d'autre ordre, 
que celui félon lequel tout eft placé. . 

I. I. L'Histoire, qui remplit toujours ,'dafis 
cette Edition, le premier des Quatre 'Volumes 
fiûts des Deux de l'Edition de l^aris^ commen- 
ce par une (^r) Suite du Traité des Autels 
cenpurez au vrai Dieu , defuis la Création du 
Mondejufiiià la Naiffauce de Je'sus • Christ. 

' L'Aut 



r* Auteur de ce Traité eft Mr. TAbbé de Fon^ 
TENV^ &la première Partie s'en voit auffi au 
commencement du Tome précédent de YHiftoi^ 
-rr , c'eft-à dire, de cette Partie de la Coliedion 
où Ton fe contente de donner des Extraits <4e 
x:er raines Pièces, qu*on ne juge pas à propos de 
publier tout entières. L'ordre des tems offre 
ici d'abord au favant Académicien, les Autds 

aue Balaam {a) iît élever fur une Montagne : car 
. ne doute point, que ce ne fût en l'honneur 
du ^x^ai DiEtT, migré l'autorité de plufieurs P/- 
res de l'Eglife, & de quantité d'Interprètes de 
l'Ecriture, qui prétendent que le Démon en étoit 
l'objet. Il s'étonne, qu'on ait voulu même ôcèr 
à 'Balaam la qualité de Frepbétey que toute l'E- 
cole Juive, & St. Pierre {b) même lui «ion* 
nent. On verra , dans l'Original , comment T Au* 
teur répond aux Objeâions tirées des marques 
d'Idolâtrie, & des idées même de l'Art Magi* 
que> qu'on a cru voir dans les Cérémonies que 
"Balaam obfèrva. 

a. T>u fAfpovt de la Magie avec la The'olo- 
OiE {ç) Dans cet Article, tiré d'un Mémoire 
de Mr. Bo^AMY,^Qn tfa entrepris de parler, ai 
^u pouvoir de la Magie ^ ni desefifets furprcnans 
que l'Antiquité Païenne lui attribuoit, parmi lès 
pilations même les plus favantes &ies plus pb- 
iicces : moins encore des Crimes qu'elle ,<v>lî- 
.^g^ic Àt jQQiiuaecti». Tout cela a Mt la matière 

de 

M NOMBRES, Chap. XXIIT. êc XXIV. 
*è),ll. E^hfty Chap, IL virf. 14^ 
te) ïapg. 14-.J0. 

V 4 



"^ 



ff t BiBLIOTHBQyS RaISONN^K^ , 

de plufieurs Tnûcez ou généraux, ou particulios^ 
ibuvent auQi frivoles, que dangereux. L'Auteor 
fe contente d'examiner le ra^>orc & . la' liaifoa 
que la Magie avoic avec la Théolc^ie Paienoc^ 
comme fondées, rune&l'autxe, fur les rnêioéf 
Principes, aianc les mêmes Cérémonies, & les 
mêmes vues: car dès-là> il ne doit plus paroiriê 
étonnant, qu'on ait attribué à cet Art les eSèis 
les plus l'urprenans , & qu'on ait cru que çeiir 
qui rexerçoient avoient le pouvoir de trouWff 
toute la Nature, de confondre les, Elémcns., & 
de forcer la Divinité même à leur obéir. 

5. jDf r origine (a) de fEQUiTATlON dans U 
Grèce Une queftion agitée dans rAcadémic, 
fur l'origine & l'antiquité de VE^uitation^ ou dé 
FArt djc. monter à cheval, a produit cet Amck^ 
& le fuivant, auffi-bien qu'uiie DifTertadon en- 
tière, qui le trouve parmi les {h) Mémoires, fl 
.cft certain , dit Mr. l'Abbé Sallier , que, dans 
les tems les plus reculez, dont nous ayons con- 
noiffance, on faifoit fervir le Cheval, non feule- 
ment à tirer, mais, encore à porter. PluGeurs 
paflages des (f) Livres de Moïse, c'eft-à-diré, du 
plus ancien Livre, font voir, que de fon tems^ 
& même gauparavant , les Chevaux fervoietit de 
monture. Le Cheval^ ^ celui qui le mtmte^ c'cff- 
ainfi que les [<t) anciennes Vcrfions rendait les 

mots' 
W î'agg. 50— s 7. . , 

{h) Y%%^ 453 , 4r fuw: du TMn.'X. (oa XIV, à compter 
coût de fuite les Volumes de l'Édition de HoUande.) 

(c) Exode, Chap. XV. wr/. i, Deute'ronome , Chag. 
XX. vtrf, I. 

{d) *\f[Tov Hcà ivct^^Ttfy: E^tm^à' ^ifcenfirem: Hé$ 
dans le paiTage du Deute'ronome,^ qu'on cite» la VtU- 
gate tiaduit , & cela mieux y Efuitàm & cmuêt^ 



nocs du Teyte Hébreu. Il ferok étonnant, qu'une 
commodité, que les béfoins de la Vie avoient 
Fait , ^imaginer , comme tant d'autres, n'eût paç 
pafïé inceflamment dans les'P^ïs voiGns , & chez 
les ;Peuples, qui avoient eâtre eux quelque com- 
merce. Auffi fait-on yoif par Hôme're ^ le plu* . 
ancien Livre profane , ^ue Cet art n'ctoit pas in-'' 
connu aux Grecs , pour qui le Poëte écrivoit. dh 
allègue là-deffus trois Paflages. ' Dans V\XnJ^{a) 
^-^'lle cft repréfenté co^rîme ûnEcuier ^qui faute 




. même été déjà 
ÇortfB à une grande perfcftibh ;" quoi qu'à h'èQt 
'été d'abord inventé que pour rdtiMrë. Oii'côiï- 
firme cela par des remafquckïjràmmaticalès fur 
les termes {h) Grecs dont 'te Poète Yefert,ié ici, 
& -dans le fécond {c) Paffagéjdû il eft die, qu*tf- 
X^ir SSE faufa fur une flanche ^: ,S^ sy pofa^ éoihrne 
un homme fe met fur un Cheval de felle. Lé ' der- 
nier Pa{rag;e nous peint le mêmeUi^^ détâchant 
les Chevaux de Rhéfus^ {d) qui venoid. d'être tul, 
(^) montant fur ces Chenjaux^àc voknr,avec^D/i- 
méde^ vers les Vaifleaux. A la Vérité, & c^èftla 
grande objeâion de ceux qui croient queihif^ 
dont il s^agit étoit inconnu eh (^réce du tems de 
la Guerre de Troie ^ les Greca^ dans leurs Côni- 

f«») Iliade j Lib. XV. vtrf, é79t & fif9» ^ -f . l 

|r) OdjJf:e,'Ub V. wr/: î70i |7f. ( 3ctfon pt9>|6((, 

comme on cite ici.) . -» . 

ri/) i/iW^e, lib. X.vVr/;: ru '<T4. ' ' •- = '^'^■> 



y- 5' 



\>^. 



314 BlBUOTHBQSm ft.ATSÔKm'ft, 

tats devant cette Ville, ne parôiffèût jibint avoir 
l!Û de Soldats fervant & combattaiic à chevsiji^ 
pe faifoient pas de Corps de C^ivalerie. MÎ 
sVnliut-il, que Tan de monter à cheval, de drtt 
jfer les Chevaux, de s'en fcrvir dans les Jeux ^ 
les Tournois , ne f&c pas plus ancien q^'Hf- 

4. Comme on avoit iHcgaé des ç^emples^ ti- 
ntez de THiftoire des Tems Héroïque^ oc Fiba- 
jeux, d'où il (cmbloît fe déduire, \que !'£}•»/«• 
tion étoic alors en ufage chez les Cw/^ cela don- 
;na oçcafion à des (4) It^marfues de Mr. FrerïT 
*fir les fondement hijifriques de la fi^hle ii Bjli»- 
X-e'rôphon y é" [ut (a manière de texpli^. 
Ce Bellérofhon eft r<^ardé ordinairement comme 
un Cavalier, quî^ à Vaide du Cheval P^nfe^ttvok 
domtéla Chimère, Mais Mr.'Breret foitdeP^^* 
un Vaifleau , dont BelUropho» s'eini^ra,pour dé- 
livrer la Ljicie de Bri^nds qui en rj^v^geoient lo 
Côtes avec quelques Bâtimens. Les VériteïiMs- 
toriques, que la Mythologie ren fer me, fowbiçp 
difiSciles à déirêîer d'avec la Fable. Rien ne le 
.prouve mieux, que t^nt de nouvelles conjeâur^J 
.flu*on fubftituë de tems en tems i celles que les 
Sayans avoicnt faites ; en attendant ,que d autres, 
qui n'en feront pas contens , cherçhe^^t quelque 
chpfe de plus probable. Et à cela fe rapporte 
rArticle fuivapt;. 

5. Réflexions (i) fir les Vûi^ef^?^' 
'WEy&fir fin Combat ai^tPnm&'K. EUesSxi 

de Mr. FAbbc Baj^ij^r , qui a voulu pouffer 






OHobrâj Novembre G? Deèe)nhre^x7i6. * fxf 

• • • 

lus loin fcs recherches, que tfavoirfait (a) uh 
le fes Confrères y Se fexpli(]uer hiftoriquemeoc 
|ne Fable dont celui- ci regarcloit Téoigaiç çoxt^^ 
be inexplicable. ' ji - 

6. VoiCi quelque choie dfe Mqs utile. (^)Ôb- 
lE'RVATioNs gé»eraktjur Tés rribuhauj^ '^tahfis 
l Athe'nes four le maintien^ des X^isç^ ^\four 
r^ler les ^ffirenJf fui ^élphotént entré les ^ffSi^ 
mUers. C/cft comme unie latroduSion'/ qiie 
Mr. Slakchard donne^ al'^oire particul^ 
ire de -dix Tribunaux , donc les Juges écoicnc ékc- 
ùh : quatre pour les 'n^aôçres jorimiaeUe^iV % 
pour celles qui étoient purement civiles. 'Qpryl 
mfife àaaautre (Ir) AcadejtSdeà 3e onziémëvqu 
X Aréopage , le plus &meui « le glus xionfîcierji- 
blc de 'tous. Qh voit 4fcf^:(Ib , Quelle whiâ-e 
les Juges, écoient élûs^-r^^^eô rfgQureûi: qXi^^ 
"dévoient ïu'bir après TéleâioAi. ks .quajîtc^^ |è- 
xnarquables qu'on exigèoit. éii Içux^ les Scotws 

3u'on leur fiwfoit prêterV*le compte qu'ils iôh- 
oieot de leur adminliltration; la cju^uité & Ae 
nombre de§ Greffiers^ Jcc. TA^ bien des cltafes 
lontici traitées a{rez.rupQrfici£Ueaient) 'P^^i^- 
ce qu'on ne donne qu'Mi?.E?itràii^ Xoit .Êptè qc 
trouver davantage .dans les' Mouumens de 1*^- 
tiquité. Je ne dis riéii du manque d'aùtôritez^ 

pour 

^. ^ * ^ \ 

I " * '* ► 

. («) Mf, l'Abbé MA$SJEV«4&9^}Ufi^ci^^^>(i<9 Tst les 
Ctrgna ytom. IV. fag, 70, ér ftûv,\Q\X .Vplillip9 Yd.oàjies 
compex tckiw.) \ -^ 

(0 Mr. l'Abbé DE ÇA^YS»*?^9^i^>*» ^^^ J*W[^ -*i^' 
ftrt^ions fui rARE'OFAGE, au T«;», X, des Mémoires (OU 

Volume XIV.) pag. 171, &f»iv. 



AlS BlpMOTHBQ!im RAISOKNmlt, ! 

r • '' . . ç . . ' I 

pour prouver ce qu'on avance, ou de la manié-^ 
Ve vague dont on cite^^ lors quV>o en indique 
quelqu'une. C'eft un défaut qui régne dans un 
boh nombre de Pièces de tout le Recueil 4p 
l'Acacjéroiey ^ dont il iaudfoît trop (buvoft 
parler, fi Ton en avertiflbit toujours où il y. 4 
lieu. 

/ 7. Sur Pùrîgine ér les fm&ions des PRTTi- 
NE)8 , èrf^r Us PRYTANE'iiS. [a) C'eft par cil 
' Mr/ Blanchard commence la defcriptiôn des 
Tribunaux particuliers ii Athènes, Le Prit*- 
"jniÊe^ qui étoit le lieu du Tribunal , fei'vôit à tfasH 
j.tres'ùfages poul- l'utilité de la République j & la 
^^Onmiraairiens , à leur ordinaire , ne font pas 
' â'accord fur .l'origine de ce mot. Notre Aa- 
'démicien conjèûore,* qu'il vient de Frytams^ 
' {h) un des prétniers & des plus ' confiderables 
'hommes delà Famille Roiale des Burjfontides^ 

• fous le régne duquel s'éleva la Guerre entre les 
' laacédémomèns & les Argiens, Ceux qui voa- 
" droÀt s'inftruire plus à ifond des Ttjtànes & des 

Trjtànées , peuvent le faire en lifant une belle 

• (c) DilTçrtation de l'illuftre Baron de Span- 
' HEiM. On-dit après lui, & d'autres, qu'il y avoit 

des Fry fanées dans uft grand nombre de Villes 
'de la Grèce y ou de Nadon Gréijue^ qu'on in(fi- 
i • - que. 

' (é) On peut vofr; fax ce Hoi» MtOKSlVS, Dt iigm 
* tinnic^ Cap. if. • . 

(c I Dt Nummt Smyrnzoram , fuê de Vesta «b* PRITTA* 
NIBUS Grzcorum ; rimprimëe dtns Fe Tr^tr du uimipi» 

• M VMuWf 9 de GflUfcinvSi an Tonu V. 



î 



ue. Oh.'auroît pu y ajouter Pile de CrAe, Car, 
cft fait mention d'un Prytan/e dans une {a) 
Infcri^iori qui contient un Traité entre les Ii4* 
fifTts &C les Olontiens. 

' 8. Sur /m (*) Hk'liastes. Autre Tribunal 
SAthéms. Ici Mr. Blanchard s'arrête. Mais 
on fait efpérçr, qu'il continuera dans les Vblii^', 
mes fuivans. 

9. Re'flexions {c) critMuesfur tHifiatre Je 
He'ro & dt Ls'andre. Par Mr. Mahudêl.* 
Pour lavoir de quoi il s^agit, il faut jivoir lu une 
Pièce d'un autre Académicien, que l'on criti- 
que ici, & qui (è trouve dans {d) les Mémoire^. 
Nous 'parlerons là tout d'un tems de ces Ré* 
âcxions. 

10. QtTE (e) ks Anciens ont fait le tout de 
r Afrique) é^ qu*ik en cmnoijjinent les Cites Mi» 
fiJimaks. C'etoit une opinion afTez giénérale- 
ment reçue, que les Portugais furent les premiers 
qui doublèrent le Cap de Bonne ^E^éranee^ Ôc 

? d'avant eux perfonne n'avoit fidt le tour de 
Afrique. Marmol , Dapfer, & qudques 
autres encore, s'aviférent de prouver^ eue les 
Anciens avoient connu les Cotes Méridionales 
de cette partie du Monde, & les avoient doù«. 
blées. Mr. Huet,(/), Evêque d'Avranches^ 

donna 

(4) Publiée par Mi. ChishuiL, dans fcs ^mi^mma 
^fiêticsy pag. U4. 

(^) Pagg. 106 — iij. («) Pagg. Tiy — laj. 

id) Têm, X. ( ou Volum. Xlv^ ) /»*?. jr»» & TWv. 

itl Page. I1I..II5. 

(/) mj^oire dtt Ctmmeru & d* UKéviiMim dA nAntUn$i 
Cfaap. t. dt 4«. - 



dpnpa depuis à cette opinion toute la ytabai 
blancc qu'elle pouvoit avoir. Mr. rAbbcBi«» 
|ti5^ puifanc dan$ les mêmes fources, a cru pou* 
Yoir mettre la chofe aans un plus grapd joar,fi^{ 
joigpaaat aux PafTages cûez une critique & mi 
léScxioDi qui unifient les confequences qa'o% 

en tire. .. )] 

' li. Sur la (a) imrée du rigpe de Sk'i.%VG]^ 
iScaf^r. L'Hiftoire du rçgtie de ce premier Rat 
de SjrJe eft très-importante pour la ChroooiqM 
de cea tems-là. Cqpendant il y a une srande di* 
verûté d'opinions^ fur la durée de ce rœnc. Af- 
Pi^N dit) que séeucus r^na 42. ans : Eusi'aSy 
3». le P. Pe'tau, UsseViu$,& VaillanTi 
3i.leP.SouciËT,3o. MaisMr.os LANAma, 
d^ms cet Article > prétend qu'il a rqgné fo. $D&y 
Ce mêpe davantage. U fe fonde princiixdeoxat 
iur la difficulté ou Ton eit de fixer la Chrooolo* 

£'e des événemens arrivez depuis la 29. anoop 
I régoe de Sékucus jufqu'à fa mort. Ces é^é^ 
démens , qu'on voudroit reflbrer dans l'ebaica 
de quelques mois, demandent , {blonlui, nçcct 
âijrement u^ fuite de plufieurs jannécs. B fiût à^ 

grands cfibrts d'érudition , pour accorder enfem- 
.le les anciens Auteurs, â: ajufter tout à ioa 
hjpQtbéfe. 

12. RÈ'flexions {i)fitr k CataBére^ les Of? 
vrageSy ^ les Editions de CsLSE le Médecm, Par 
Mr. Mahttdel. Dans toutes les Editions da 
Traité De MedMna^. qui feul nous refte des Ou- 
vrages de cet Auteur, le titre porte jiitT. Cane- 

W '»W« n<— i;i. CO Ptgg. 151-r'^aw 



1^ Cél/m; d: l'on • ainfi exjf>liqué le prétnkr 
lénocu y -qui'dtâfi les ManuTcf us eft marqué pÊC 
U Maiji Mr. Mabudely fuivant la conjeâriure 
'AsrDB M^NUcii, croit contre l'opinion !com^ 
kune^^ue en A* ÇmàfitAMluSyàc non pas An^ 
étÊs, Çflfi vivoit tous les régnes d'ÂUGUSTS^ 
t Tias'kb , te de Claude ; 2c il écrivoic 
H toxoa des deux derniers Empereurs, comme 
D rinfére de ce qu'il dit lui-même (4) tu fajet 
H Tkfmifiny ic de quelques Paf&ges de (k) Cq*^ 
iUUELiau La qualité de Médecin lui a été 
onteftée pat* ouelques-uns, fous prétexte qu'il 
voit écrk des Ouvrages fiir l'Art Militaire, fut 
'Agricttkuirc, & fur divers autres fujets. Mais 
)Ax. MéiJMel foûtient, qu'on ne doit pas plus 
louta qu'il ait exercé cette profeiSon, qu'on ne 
)CHinoic ie £ûre à l'égard ae Fracastor , de 
PsRRAiziiT, & de Charles Patin, desquds 
>dus avons d'exceUms Ouvrages dePoëfie^d'Ar- 
chiteâure) âc d'Hiftoire. Il en appelle fur-tout 
lu témoignage de Pline , qui donne ibuvent à 
Ç^lji la qcudicé de Médecin , & parle même de 
Tes (c) opérations. Une autre queftion , que. lès 
Critiques opt propofée, c'eft fi Ceifi n'a été que 
fitnple Traduâeur , ou s'il a travaillé de ibn pro* 
pre fonds fur la Médecine ? Mais le dernier eft 
Uiîonteftable, fdon notre Académicien, qui en 
tire la preuve de l'Ouvrage même, du ton déci« 
fif dont l'Auteur y parle, quand il s'agit de di* 

ver- 

(«) Prsfat. pag. 4. Ed. ^ImeUv. T6S7* 
(k) De \i K^ic, Lib. L Cap. i. nwn. 14- Ed. Gtfmr» JÀb^ 
m. Cap. 17. mm, 4. 
(0 mfi. it^wr. Lib. ZZ. Cap. 4. f^ M 



"irèries manières de pratiquer «. du foiii qifilié 
iàire toujours honneur à ceux de qui il a a ' 
quelque chofe &x:. Cet Ouvrage d'ailleurs 
-ne une idée très-avantageufe de ion efprit,de 

Kûr, de fen caràâére, de fa conduite^ 
zercice de (àprofeffion^ par où roodbft 
dédommagé de ce que les Anciens ne oomm 

Ccnnent rien , ni des aâions & de 1%, oi m 
mort de ce célèbre Médecin. Pourleiixrf 
de l'Ouvrage, Mr. Mahukl le rr^rde codok 
ie Corps le plus parfait & le plus médndipe 
jque nous ayons en Latin de toutes les pirtia de 
ia Médecine pratique des Anciens; outre l'itti- 
té qu'en peuvent tirer les Grammairieas, to 
Philologues , les Hifloriens, les Antiquaires. Ces 
réflexions, & autres, qu'on fait ici,peuvairfep' 
3rir de fupplément âc de correâif à ce qœ Nfr. 
f ABRicius a dit de Ctlfe dans û (a) UhM' 
fue Latine y oà en revanche on trouvera bien des 
chofiss, dont notre Académicien ne dit lieo, oa 
i|u'il ne traite que légèrement. 
L M. RE'FLEXiDN^Ar k{h) cafoSéfe <ftjH) 
vinfitrle Vagamfme Je FEmperemr JuLiEN. Mf- 
BoKAMT fe déclare ici, après d'autres, coooe 
les qualifications odieufes dont les AuteursEcdé- 
fiaffaques ont chargé. un Empereur, qui, 1^ 
apojftafie près, fut le premier des Céfats, H s'a 
tient auffi , pour le genre de mort, qui ccnniB 
la vie de Julien y à ÂMMiEN MarcelliN, W 
témoin oculaire, qui dit qu'il naourut 0109* 

nxtt 

(rf) Lib. IL Cap. IV. dans le I. Têm. U Va Sn^» \ 



ment & en Philofophe , après avoir icombattu 
courag^ufetnent contre les Pérfity danft Cette r^ 
fétre Expéàtiêny ifut U fuccès feni fit fa fit foift 
téflférairê. 

^. 14. EcLAlRClssEMSMs (^) 4& quelques J^ 
€mhex géuérakt qui fe trouvent dàn^ ht Auteun 
Grecs. Ct^ une efoéce de fupplénieht aux No* 
«es de Mr. PAbbé Ôe'doyn fur fà 'Traduâioil 
de Pausanias. ' En y travaillant-, il «voit pro* 
ipo(é à l'Académie' quelques difficultés, qu'il tâ« 
choit d'éclaircir , ficfur lesquelles il né fit pa^ eo- 
trer dans fès Notes tout ce qu'il avoit dit. D fis 
roit à Ibuhaiter qùé de Traduâéur> eût lu aufl! 
tout fon Ouvrage à l' Académie, avant que de le 
£ure imprimer. On l'auroit apparemment averti 
de bien des fautes^ qui lui ont été {i>\ repl-ocfaée^ 
avec trop d'impolitefTe à la vérité, mais non fans 
fondement^ & (pli même ne font pas les fi^ulea 
^u'oQ trouvera. 

.. 15. Remarqués {c)fuf ta Vie de Romulù»; 
Mr. 0£ LA CuRNE, Auteur de ces Remarques 
for une des Vief devFLUTARQUÇ ^ s'eft eng^é 
i en donner fiir d'autres, fur le plan que Mn 
"SECatrssE (d) avoit commencé, mais qu'il a été 
obligé de dUcontinuer pour travailler au Recueil 

def 

f-) PUgg. ïéi^iiq. 
. (ê) Dans, les ACTÂ IvRUI^tTORÙM dé Ltrpfi^ » Aiiiu 
1713. p^X' io|,^/f^^i Voiez aufli la Préfaà de Ml. l*Ab* 
bé BeLIEMGer , fui le Tome X. ajouté aux Vitj de FXU* 
iTARQUfe , de la tiaduâion de Mr. DACier.. 

(O '*Pg« Ho-a-iot. 

Id) Dans le Tome lll. de VHtfttite ( ott Volume 17U ) 

Tom. XVII. Fart. IL X 



4$$ Ord&mMm€0s in Ms, ifr France ,occapatia|i 
rivil^tée^ & digne de coiw fes foins. Ccèt 
,t6 dommage <)u'il ne & f&c pas (rauvé qudqttVn 
qui fuccéd&c à un travail plus utile pour la loâm^ 
te de. tUtt^fqi^y que tant de mimices de Cniî- 
que^ donc les Editions que nous avons font m» 
plies. Ces Obfisrvacions regardent les cboiès m£» 
mes: dles; tendent à relever les &utes de f Au* 
teilr^ 6c à comparer fa narration avec celledef 
autres Ecrivains de l'Anti^uicf. Mr. Siou^ 
avoit encore quelques Articles de prêcs^ quiia* 

vent ici 

16, 17. 18* 19. aa, 21. Remarquas yirrZsn» 
jk Cr Assus. Sur la Vk Je CaTaN i^Utifme. Sè^ 
U Vif de Ce'sAR , Cûmpôfée fmr PuuTAROTli 
^ /n Fie w^ CiCe'rçK 9 cmf^ pétr U wem% 
Sm' la Vk de, Brutus. Sut la Vie i/Antoire. 

Z2,. Examen {a) critique de quelques correc* 
tiens d^ Auteurs Grecs & Latins, .Par Mr. PAb* 
))é Sali^iSr; Le premier Paflàge tSt de Ci* 
ce'Rom. {h) Traité De la Nature des Dteux. 
On y introdi^t le Philoropbe Chrtsippe di&i^ 
que l'Homme dt fSût pour Contempler & pour 
imiter rUni vers : Ipfe autem Homo ortus ep ai 
'Mundum çontmplandum ^ miTANDUM. Ceft 
fûnfi que portent les plus'ancienneé Editions, & 
les dernières au(fi>de toutes les Oeuvres deTOrt- 
teur Romain. Le feul Mr. Davxes^ Anglo»| 
qui en donna {c) une nouvelle des Livres d'od 
dSt tiré ce pafSi^e} a mis dans (ovl Texte nùrath 
dum ; de ibrte que Vimitation de l'Univers & 

cbsah 

U) Vagg« aoi«i474* 10 Af^^UtC^i B4. (c) En zriit 



0^oiréjNovemBre(^DecemBre^iyi6. )%| 



l^iiange ftibfi en fimple aJmiration. C'eft-là, 

notre Académicien, afibiblir le difcours de Chy^ 

fippe^ ^écmet de fa pen(ee, & altérer un Textt 

crès-pur^ four k Jhfftgifir de U nouveauté. jQ 

prouve très-bien, que la leçon reçue eft confbr* 

me aux principes de celui qui parle. Caton le 

Cenfèur , Stoicien^ & qui écoic parmi les R^maim^ 

ce que Chrjjippe écoit chez les Grecs ^ l'appui & 

le ibûtien du Portique, dit, dans un autre Ou-» 

vr âge de Ckéren , {a) que les Dieux imnxsrtels OQt 

répandu les Ames dans nos Corps, afin qu'il j 

eût fur la Terre des SfeSuteurs^ qui confidéranc 

Fordre des choies céleftes, puilënt Yhmter par la 

régularité confiante de leur vie; & que l'autariti 

des plus grands Pbilofopbes l'a confirmé àmà 

cette penfée. Ces anciens Pbilofopbes étoient 

Ptthagore, fes Seâateurs, & Platon. On 

cite là-deifus un {h) Paflàge du dernier. Mais 

pour Taccufation qu'on intente à feu lAx.Bavkt^ 

d'avoir altéré le texte fat k feulfhnfir Je U mm^ 

'oeamté^ cela eft un peu trop fort; & l'on inié- 

rcroit affezde-là, quand Mr. l'Abbé Sédber ne 

rinfinueroit pas,qu'Ll n'a vu l'Edition du Savant 

Anglois. que dans la Copie du Texte que Mn 

l'Abbé d'OLivET joignit à fà Traduâion^ laif<» 

lant les Notes, à k referve de qudque peu par» 

ci par «-là. Car Mr. Davies dit G^Oement,' 

qu'il a fuivi un Manufcrit; & pour en appuier la 

leçon^il cite, entre autres Auteurs, {c) Sene- 

QUE, 

(4} Dt SeneSm» Cap. zi. 

Xb) In Timétt , Tom. UL ptg. 47* C* EtU H* Sttfi» 

(tf) D* CfnJfléU* éà Htlv. Cap. !• 

Xa 



3^4 Bibliothèque RAisonKEfB, 

QUE , Stoïcien de profeffiôn , &c Clk'ment 
iAÙxânim {d) , qui imite pre(que par -tout le 
langage des Stoïciens; l'un & Tautre jcMgqantà 
la cmten^latiinLy Ysibmratpm du Mitnde, Il jr a 
plus: l'Editeur Ânglois, dans £i feconde Édî* 
don^ publiée en 1723, a remis dans le Texte 
hmumdum. Il avoue là, que c'eft fans imeni- 
fi)n fuffifànte qu'il àvoit dxmdonné la leçon 
commune, parce qu'elle eft très-conforme aux 
Principes des Stosciems^ & il cite préôfémeot ie 
même PaiTage du Dialogue de U Viettteffe , où 
Ckérim fait mrler Caton l'Ancien. A quoi il joint 
un mot du Fhiioibphe Hie'rocle^s : {h) Ce pe 
Ton admire, on limite au ffi^ autant qn^on feut. 
Un autre Paffage de Cice'ron^ où Mr. l'Ab- 
bé Sallier fait voir qu'on a change mal-à-pfopos 
l'andenne leçon du Tesstt , fe trouve tout au 
commencement du Dialogue intitulé le Luculkt: 
Mag^tum ingemum L. LuCulU, magnumqme etfth> 
-maftam artium findium^. tum omnis Uberais^ ^ 
Sgna bomini nolili ak eo fercepta do&rina: ^ 
kus temforihus jhrere in jiro maxime potmt^ m- 
ruit omnrno rébus urbanis. C'eft- à - dire, que 
LucuUuSy avec le grand génie que la Nature loi 
avoit accordé, avec fon amour pour les beaux 
Arts , avec toutes les conneiflknces qu'il avoit 
;aquiies, & qui conviennent fi bien à une miC> 

ùnct 

(4) Sttomât. Lib. VII. fag. |T2. ( Cap. 12. imt. pag. u% 

(k) *Ù y)tf Hyarctf rtç • tuû fuiutrm % 9a>oy ivr^ oSh rt. 
In n^mrea Carm, PYTHAGOR. pag. ZX. Ed, Needham, Cette 
dernière Edition eft la féale où on lit 1iy»Ttu • fur li foi 
4*ua Mf, de Fiortnti, L«s précédentes poztoient AyueiL 



imce ilhiftre; ce LmcuIIms s^eft tenu éloigné du 
nanîment des afiàires civiles , dans le tems où il 
luroic pu briller avec le plus d'éclat dans le Bar^ 
reau. Gruter, fiiivi en cela par les Editeurs 
poftérieurs de toutes les Oeuvres de Ckérony au- 
lieu de rébus urbaniSy mit rébus humants y fur la 
foi de quelques MIT. {a) Se il alla jufqu'à dire, 
qu'il fidloic être bien fot pour retenir la première 
manière de lire , quelque interprétation qu'on 
pût lui donner. Mr. l'Abbé Sallier trouve au 
contraire, que (aruit rébus utbanis eft la feule 
kçon qui (bit fufceptiUe d'une interprétation re- 
cevable. L'autre lignifieroit , ou que LucuUus 
mourut y ce qui eft contraire & à la nature du dif- 
courç de Cscéron^ & à la fuite de l'hiftoire qu'il 
fiiic de la Vie de Lucuibs; ou que LucuUus n'a- 
voit pris aucune part aux aSàires de la Vie Hu- 
maine y ce qui ne s'accorderoit pas plus avec la 
vérité des chofes,puis(i) qu'il paffa toute fa Jeu- 
nefle dans l'exercice du Barreau. Mais, en liiànt 
rébus urbaniSyCicérm veut faire comprendre, d'un 
côté, que LucuUus y par ta grandeur de fon gé-. 
nie, & par fes foins à le cultiver, fit de grands 
progrès tandis qu'il parut au Barreau , n'étant en 
aucune manière diftraic par le gouvernement des 
^tfiàires publiques de Rome^ dont il ne (è mêla 
point; de l'autre, que les voiages de LueuUus^ 
fie les commandemens dont il fut décidé dans la 
fiûte, bien loin de lui être des obftadcs pour 

de» 

(à) Héatnm vHliMi; rebns uibanis» pr§rfiu fiêlidi^ ^im* 
<Mo^if« etUm wdo interpraernar» 
^ (6) Comme le dit plus bat CiCe'aON : ^ sdêltfcmiàm 

X 3 



^25 BiBi^ioTHBQyti RAisommU^ 

devenir habile y lui procurèrent ou un loffir , ai 
des fecoun^ dont il fut bien profiter. L'expret 
fion eft aufli du Me de CkéroHy qui^ conssie qa 
le fait voir» (a) emploie les mots de res mrhnt4y 
pour marquer radmmiftration des affaires cIviIb 
de la République, ou de l'intérieur de Bmmty^ 
oppofition aux militaires ( tes bettics ) qui avoienc 

Eur leur Théâtre les Provinces de rÉmpîre,ou 
Païs qu'il falloit conquérir. Ici encore il pa- 
xoit, que Mr. l'Abbé Sallier n'a point vu P£dî» 
don (o) de Mr. Daviesy ni (u apparemment xpt 
ce Savant Anglois en eût dfmné une, puis qu'il 
n'en fait aucune mention. Le rébus urhamis ij 
lit dans le Texte ;& l'Editeur rejette la leçon de 
Grutety comme manifefteroent contraire à la na- 
ture des chofes , de quoi il donne en poi de wacs 
les mêmes raifons que notre Académicien. 

A ces exemples de changemens &its ians n&* 
ceffité, contre la manière ancietme de lire, fuc- 
cédent d'autres de changemens (c) fmi méritent 
encore moins de gr^ce: ce font ceux que U €afrke 
fiul froduit ^ ^ ûè le Critique moderne s^ériieent 
^^ Jh^ > fi^^l^ vouloir freferire i P Auteur en* 
iien le choix ou t arrangement des mots. U Editeur 
Anglois i^HoRACK ( £s Doâeur Bentley )t^a 
fas craint y ^joute-t'On y de jouer plus d^mee fris ce 
ferfonnage. Deux échantillons , qu'on en donoe, 
en font la preuve. L'un eft, \t ficcit (d) ocub 
changé en reâiSy dans la defcription du courage 
& de la fermeté que doit avoir eu celui qui le 

(4) De ojpc, Lib. L Cflp« la. (h) Publiée en I7£5« 
(0 fag, 2SS. idj LiU L Od. UU verf. IS. 



— j 



s 



;»-étxiier où braver les dat^ers de la Mer. Uaa* 
re regarde une conjeâure^que l'Editeur même, 
:ouc hardi qu'il eft, n'a point bazardé de mettre 
iauis le Texte : Denfum (a) avida Mit aute vmI» 
lus y pour Denfum humeris &c. Sur ce dernier 
a:idroic Mr. TÂbbé SéUlier a été prévenu par feu 
VIr. (^) Alexandre Cuningam. Celui-ci 
raifbnne précifément de même, pour montrer 
ue la correâion, bien loin de faire honneur au 
été, détruit abfolumçnt l'image qu'il vouloic 
préiënter à l'efprit du L^eur. 

On verâi enfuite, que notre Académicien ne 
s'épargne pas lui-même. U avoit autrefois pro* 
pofé à la Compagnie des remarques fur divers 
Auteurs Grecs , entre ai^tres fur un vers de («) 
YEleSlre d'EuRiFiDE ,où il vouloit lire liinuf^^ 
au-lieu de ^ 9v^%, U avoue ici qu'il s'étoic 
trompé. £t comme il avoir parlé alors d'un Cri- 
tique Anglois^ qu'il ne nomme pas, qui change 
#kCC<(w^s en ^mwfêiiy dans le Traité de {d) 
Px^UTARQUE fur la Suferftitwny il fait voir que 
la correâion eft inutile ôc mal fondée. Il en pro« 
pofe lui-même une fur un Fragment {é) d'EuRi*. 
px]>£> comparé avec un autre raffage du'Poëce, 
(/*) où la mêmepenfee fe trouve expriméeeumê-^ 

me» 

(4} Lib. II. Oi. XIII. vtrf %i. 

\b) ^nimadvirC tn RICHARD. BENTUJI NtdS ^ EntemUt* 
Md QL HORAT. FIACC Cap. Xlll. PMI, litt&f»qq. Cttte 
Ciitique, avec l'Edition ^Hwrace de Mr. CUNINGAM, pa» 
ztuent en 1721. Voiez aufiS ce qu'il dit fui l'aucxe pai* 
fage, Cdp. U. péig. 21, 22. 

(c) Verf XI82. (d) Pag. 16^. Toim 11. Ed, Wëtih 

(#) Tom. IL fap 477» wr/; 14, Ij.^ 

(/) £/«^r. veilTzoytyZo»».] 

X 4 



|23 BfStrlOTHBQpS RaISOKMB'K 9 

ines tectiiesjà deux près^ qui fembleot plus oob^ 
venabks. 

23. Explication (a) ^ ctnrreSun iwm làf^ 
fagf Je la Poëciquè J'Aristote. Par Mr. VAb* 

bé Vatri. Ce pafTage eft vers la fiq du Cbd^, 
7. Et comme le Pïûlofophe s'y contredit lut 
même, on tâche de lever la contradiâion, ei^ 
ajoutant un mot, & lifant, i inç aJ^t Tix»ti ff»| 
tu-lieu de, v tvc W^v^ 'Wi. 

24. Correction [h) Jun Tarage J^Yms^h* 
yiDE. Par Mr. Hardion. C'eft un Vers(f)do 
VfyhigékiecnAultdey où, par un l^Ar change* 
ment 3^ on lit «^«7, au-lieu d'«^;^«. 

aç. Remarques {d) far la fignificatimi de «* 
P9/X maON MNHMA. Mr. l'Abbé Sallier (ait 
voir ici, que.!' 'H^y fmf/u^ , un Tombeau de Hi^ 
rosy c'eft celui qui étoit entouré d'un p)etit Boia 
&cré, accompagné d'Autels, que les Parens ou 
les Amis du Défunt alioient, en des tetQs tnar- 
quez, arrofer de libations, & charger de préfens. 
Les preuves de Tulàge des anciens Grecs déter* 
minent l'étendue du fens Gramçutiçal des ter- 
mes. 

. 26. Kb'ti.KXIOIJs (e) far la fignificatiom du mot 
WXX^* ^ ^^^ fij^ifie ordinairement une Xm^ 
«r. 11 s'agit de fa voir, s'il fe prend quelquefois 
pour une Ef/e; & de é naquit une cônteft^doo 
entre Mr, l'AbbéSALLiER,^ Mr. Fourmont 
(Aine. Le demjer tient la négative, contre Tau-. 

totké 

(«> '«gg. it9---2W. W Pagg. 296— xpt. 
(0 Vers. 14' «. (d).Hi$, xy^.jo;. 



-■^'- -* A..9-M 






OSâhre^ NovefHhe C? Décembre^ 1 7 jff , 3 2j> 

orité d'un grand nombre de Grammairiens fie 
le Scholiaftcs L'autre établit raffirmarive, par 
livers paflàges de Poètes Tr^iques, où il fait 
w>ir , €^1^x9* ne peut fignifier qu'ujie Bfée, Ce* 
ia eft plus amplement déduit dans l'Article fui* 
rant. 

2.7 Du mérite (a) dis anciens Gr amm a IR lEN^, 
iJ* quel cas an en Joif faire; avec de nouvelles Re^ 
marques fir la fgnincation dû mot ''Byx^S^* Ces 
iténexions , très-iavantes & très judiciçufo, 
montrent que Mr. l'Abbé Sallier n'a pour 
les Grammairiens que le degré d'eftime qu'ils mé« 
rirent, & que ce n'eft pas lâns examen qu'il (^ 
foùmet à leur décifion. 

28. ExPX-iCATioN (h) & Carr^Siqn de jueU 
fies endroits de Pline. Il y se peu d'Anciens» 
qu'on ait plus de peine à entendre, que ce Na^ 
turalîfte. Sauvent il veut tout dire avec efprit, 
ou du moins il veut tour dire en moins de paro^ 
les, qu'un autre n'auroit fait. Cette brièveté aP* 
fèâée le rend quelquefois fi obfcur, qu'on li^ 
devine plutôt qu'on ne l'çntend ^ mais elle n'eft 
jamais plus facheuie , que lors qu'elle fait qu'il 
s'exprime d'une manière qui prèfente un fens tout 
difierent de celui qu'il avoit danfiTelprit. Mr, 
DE LA Barre le prouve par deux endroits {c\ 
de cettç forte, don^ il dpni^e l'explication, fl 

coni» 

[c) Bift, Nénur, Lib. VI. ( & non pas ftftiéme , comm« 
rAuteui dit } c^f, 21. tmm, z$, Hsrd. pag. 127- ûJUmm 
Enfhréifisy^^Mfii. Et Lik» IV. dp. Il, Circuitu ver4 têéêm 
^9^t\mmâdJHit» Nuin* Ï4. Hard. pag. 11$. £d. iikf$k 

X5 



IP BlBLIOYHBQUB RAISOMKBk, 



corrige eofuite {a) quelques Pailàges du 
Auteur. 

29. R.ZhlAKQVEs{k) fur un PaffagedePAVSA^ 
NIAS. Par Mr. TAbbé Banier. il s'a^ d'un 
Paâàge (c) corrompu en plus d'un endroit. On 
Voir clairement que Pausanias , dans ce qui 
précède, parle de plufieurs Temples, que les Nym- 
phes Néréides aroient dans la Gr/ce : après quoi 
liiivent les paroles, qui ont donné lieu aux Ke* 
marques de notre Abbé : A#tMf ^ or TAfimXus iifiif 
y» u^ê9. Apud Docos hà Gabalis efifanâti&mm 
templum, Ceft ainû qu'a traduit Ama&ex, fis: 
^u'il devoit traduire, de la manière que le Tez« 
te porte dans toutes les Edidons. {i) Guillau^ 
ME Ganter a prétendu, qu'au lieu de A^iv%, 
il faut lire A«i«i : car il eft certain, qu'il 7 aroç 
une Nérfsde nommée Doto. Et cette correc« 
tion, fort (impie, paroit très conforme à la (ui- 
te du diTcours. Cependant Mr. l'Abbé Bémkr 
veut maintenir la leçon du Texte , & par con- 
iequent, la manière dont le Traduâeur La* 
fin l'a rendu* Je doute, que (es raifôns finent 
âtisfai&nces. Il fe fonde fur ce que, conmie fl 
faut néceifairement fuppofer ici une Ville de Gét^ 
haies en Grèce ^ & vrailemblablement en Tiejfa^ 
£f , on peut bien y admettre auffi un Canton, 

dont 

'(s) Lib. IV. Cap. ir. (nnm, xt. HdrJ, pag. 205. ) ^ 
Iftfi «/»• éd 9s Pomi psff. BLV. M. étui ficén dcc où oa 
lit COLV. M. Et Libi V. Cap. 32. ( num, 43. pag. 291.) 
abeft « Calchedone VU. mWs psffimtn, au -lieu de XH. 

W ragg» 119.— 34^. , 

..(«) Cfrinthisc, feu £ift. II. Gap. U pag. Xl|. Ed. KjikM. 
id) N»v. LtSU^ lib, VL Cap. i. 



dont les Habitaos portaflènc le nom de Dâtient : or, 
dit-il , on trouve ce petit Canton en ThejfaUe , 
Bommé (j$) Fedium Dotium^ nui pouvoit avoir 
donné fon nom à Ceux qui rhamtoient. On voit 
par- là, que notre Académicien n'a confuké que 
Cb) Strabon y qui parie du ianim miify comme 
étant au milieu de la Tbejfab$. Car il 'paroit par 
(0 Eti£NNE de Byzancey qu'il y avoit en Thef-. 
jpuiê une Ville nommée A#iMf Dotium; & qu'el-* 
le étoic dans une Plaine , qui tSi ce que l'on ap-« 
pelloit àimt ifiJ^êt y du nom de la Ville. De plu^ 
pour exprimer les gens de ce païs-là, on ne di« 
feit pas A«»r«^ , comme il y auroit dans Pausa« 
KiAs, ni même àiwtj qui feroit mieux; mais 
ùétvHÇj félon le même Auteur , qui en donne 
plu&eurs exemples. Comment trouver mainte-^ 
nant une Ville de Gahaks dans la Plaine des Da» 
tiéensy qui n*étoit que le Territoire de cette Vil- 
le? Quoi qu'il en foit, comme Faufanèas parle 
enfuite du Voile d'Eriphile , qui étoit dans le 
Temple dont il s'agit, Mr. l'Abbé Baniery tou- 
jours occupé à expliquer la Fable, donne enfiiite 
l'hiiioire de ce Voile, & du Collier, qui caufé- 
rent tant de malheurs dans la Famille d'An^bia' 
raùs. 

30. Sur {i) tutilitéde /*Hiftoire Ancienne de 
la G&Ë'Cfi. Il y a long-tems, quelesSavans 
ont reconnu cette utilité. Mr. Fourmont l'Aî- 
né l'étend û loin^ qu'il prétend, par ce fecours 

tout 

{a) 11 y a ici éciic P«if«i»,pai une faute d'impreffion, 
oni cft aufli dans l*£dition de Pânu 

(Ip) Uh. IX. pag. «74. Eà. ^mfi. (c) Voc. à^m. 



)J£ BiBLIOraBQJTB RAISÔNNKfE, 

(out feviy redreflfcr toutes les fautes de nos Cbso^^ 
notogiftes; c^ cela^ dit-il, efi déf/a exécutif ap» 
paremment dans quelque Ouvrage qu&le farasCr 
Académicien nous prépare. Il fë contente ici def 
montrer i'ufage de fon principe dans deux hxtif' 
cles« Le premier èft, l'Explication de la Fable ^ 
des Gorgones. L'autre y pris de rHiiloîre, 
rq;arde l'Infcription du fameux Monument de 
Sardanapale. Ici , à l'aide de la I«i7xri:#e CktsA 
déènjte^ & des conjeâures, Mr. Fùurment noas 
préfente un fens bien différent de celui que les 
Gpecs avoient trouve dans l'Infcription , où d'A» 
leurs ils ne s'accordent pas toujours enfemble. 

31. Recueil (if) /Infcrlptions antiques ^«vee 
mehues OhCervatUms. Par Mr. Lakcelot. 
C'eft une uiite des Infcriptions, que l'Autety 
«voit déjà (y) publiées . avec de pareilles Ot>- 
ièrvations. Il négligea alors quelques Infcripdons» 
qui lui parurent moins dignes d'attention. Mais 
tout a ion u{age ; & outre un grand nombre d'au- 
tres, que Mr. Laftcebt trouva dans le cours de 
fts Volages , il joint ici quelques pièces , qui , quoi 
que d'un tems aflez peu reculé, (ont peut-être 
«uffi remarquables par leur fingularité, que les 
Monumens les plus antiques. Le Daufbmé^ 
la Provence^ & le Lionguedoc y (ont néanmoins 
les Provinces, qui feules ont fourni cette abon- 
dante nKÛfibn. A l'occaGon de la dernière In- 
fcription, qui eft l'Epittphe d'une (c) Religieufe 

da 

{k) Dans le IIL Tome d« VHifiêin (^u VohinwlX.) 
1*1^. 41*» ér/WV. 
(c) Monc ea lat»» 



MHMflMflMÉ 



dtt treizième Siècle , on remarque deux choies 
fort fingulicres. La première eft, une Eclipfc 
de Soleily marquée fur cette Infcripdon. L'au* 
tre , la defcription (à) des Cérémonies ridicules 

3ui fe pratiquoient dans certaines Fêtes appellèes 
es Fous^ ou des Anes^ ou des Immensy ou des 
Calendes: Cérémonies y &XrOn y (t)^ue lafimpliciti 
de nos Fêtes etvoif introJuitos^ ^ yue fEgËJi m 
défais fi jttjfipfenf abolies. Elle auroit mieux fiût 
de ne leur laiflèr jamais preaidre pié. 

3a. Sur {c) une Infinftion ufpeUée le Mo- 
nument de {i) Vent A VON. C'ait une fuite de 
l'Article précédent. Comme Mr. Lancelot 
y avoit fait entrer quelques Infcriptions déjà pu- 
bliées^ quand il pou voit les donner plus correc« 
tcs^ il en rapporta une^dont la Copie fe trouve, 
avec quelques différences, dans un DifioursHifio^ 
rifue (e) d'AiMAR du^Perier,& dans les {/) 
Mfcellanea de Jaques Spon. Cela Tengage» 
depuis à fake copier riofcripdon fur le lieu mé« 
me par une perfonne intelligente, & lui fournit 
ainfi de quoi iFaire des Obfervations fiir quelques 
endroits. C'eft de quoi on rend compte ici, 
ca y joipiant les penfées de Mr. de Valbo-? 
NAYs, de Mr. {g) Laisn&% & de Mr. Ec-» 

CAR0. 

33.N0U-. 

(éi) Ttfcc d'un Rituel maAufcrît <le Viviers. 

CO ^^5- 3V7. (c) Pagg. 40Ç — 407. 

{d) Vêtit Bourg dans le Ompenfois ^ près de |a Dmrmcê^ 
à cinq licuës de Gap, & à une Jieuë à*Vpaix, 
> (e) Difc, hifi, fuchant Cetâi générM da GAULES » ûnpjtimé 
en X7I0. 

(/> i4/ft Erudité ^ntiq.'f%^, Î64. 

ix) Membre de TAcadcmie de l^^n. 



n 



f J4 B1BUOTHRQ.1TB RAtsoKmAy 

35. Nouvelle (a) Deferhtion ëTum ^ 

Mmiment de Provence. Ce Monument cf 
uii grand Maufolée de pierres, tr^folide & tite 
élevé, dans toutes les proportions de PArdbàn» 
ture la plus régulière. On le voit, au milicQ é$ 
la* Plaine, à un quart de lieuë de St. Rem/^VUt 
anciennement nommée GUmtm. HoNORl^ 
Bouche (^), Jaques {c) Spon, èc le {i) P^ 
re DE MoNTFAUcoN, en ont donné cbacoi 
un Deflein. Mr. de Mautour , qui en a eft 
deux autres, beaucoup plus grands & plus ciafl»^ 
le décrit auffi pl^ exactement, & 7 joint fis a« 
^lications. 

34. Re'flexions {e) fit k cârmSên ^ 
fufige des Me'daiLLons afOvjues, Par Nfe 
Mahudel. Les Antiquaires ne font pas encoit 
d'accord , fi les Médmillmu étoient de vérôa- 
bles Monnoies courantes ; & Popinion com« 
mune va à les exclure de ce nombre. La qurf> 
rion n'avoit pas encore été traitée à fond. Mr. 
Méimdel l'entrq)rend ici, & nous donne les ob* 
lërvations particulières, qui tendent à fâiie re- 
garder la plupart des Médaillons comme aiant dl 
cours dans le commerce, auffi -bien que lesMÎ>» 
dalles, dont totit le nx)nde convient. Il répond 
en même tems aux Objeâions qu'il a prévues. 

35. Notice (/) de ftfe/jues Livres ék laBh 

bliodé* 

Uy fagj. 4o«— 414. 
(y) Dans fon Hi^oiu dû PROVENCE. 
« (()..Dans une eftampe qui cft à la t6te de fct T^fdkkkê 

(d) ^Ht/'^mtt Estpit'^it Tom. V. Tait. L pâg^ l|t» 
(«) Pagg. 4I1<— f»7. (/) PagE* 4*7—414. 



OScifi^Navimhre^ Décembre^ tj^6. 3 jf 

Uiothéque A Roi y chargez de Netes manufctitet. 
On trouve , dans cette riche Bibliothèque, mi 
ipmd nombre de Livres, chargez de Notes par* 
dculiéres , de la main de ceux à qui ils ont ap^ 

Ktcnu. Mr. rAbbc Sallier a deflein d'en 
iner la notice, & il commence par un eflài» 
qui fera ibuhaiter qu'il continue. Ce font les 
Notes du (avant Mbziriac fur le Livre nn) 

ymfêaêtmf mnë^umrmfy De miralnlilmSy qui a été 
attribué, tantôt à Aristote, tantôt à Ttiz'o^ 
pjiRASTE , & que d'autres Critiques ont crû 
n'être qu'une compilation de différentes Obfèr- 
vations fur i'Hiftoire Naturelle, dont nous fom** 
mes redevables à la curiofité de qudque Difci- 
pie à^Arifiote. On rapporte ici deux de ces No- 
tes : l'une , fur l'Animal que les Nàturaliftes ont 
noixmé Bmafiês : l'autre, fur la fondation dlT- 
tiqttey Ville de mbye^ & fur fes Salines. Mr. 
l'Abbé SalliiTy en joignant à tout cela fes propres 
femarques, augmente le prix du préfent qu'il &it 
au Public. 

3<î. Que [a) St. Gre'goire de Tours i^eft 
f4tt P Auteur delà Vie de Sx. Yrier (ou Ari^ 
Jmf.) Par Mr. DE F0NCEMAONE. 

37. l>ioric%itun{b)Manufcrit intituUVirÀ 
Karoli Magni. Quoi que le titre de ce Ma* 
nufcrit ne promette que la Vie de Charlema- 
ONE , il renferme près de vint mbrceaux difii. 
rens , qui pour la plupart n'ont aucune liaifon 
Oitre eux, & où pourtant on ne voit fouverit 
rien qui les faffè diftinguer les uns des autres, de 

forte 

m '«««• 4I4-HI7* (0 3Pagg. 437— 447f 



•« » 



I 

forte qu'il faut 4ine extrême attetition pour âd 
de ces monumens tout l'avantî^ qu'on en peot 
attendre. Mr. de la Curne , qui nous en dooK 
ne la Notice , & en fait voir Tuiage, a\rouë qiîk 
font peu confidérables en eux-mêmes. 

38. Notice («).^jw Manufirit de U CoTOt 
AMouRftusE, é* des Rois de l'ëpinetti. 
Ce Manufcrlt. qui n'eft écrit qu'au commeocfr 
iïientdu XVII. Siècle, a été copié fur quclgul 
autre ) antérieur d'une centaine d'années. limé* 
iite l'attention des Curieux » par les détal&.qu'l 
contient d'une C^urt amùureuji^ & des JM à 
fEpiNETTS, dont la mémoire eft presque effila 
cée, quoi qu'elle fût encore dans toute & fplea« 
jdeur au muieu du XV. Siédt. Mr. Moreait 
DE Mautour , entre les mains de qui ie jMi- 
nufcrit tomba en ;I727 ,& Mr. Lancelot ,qai 
l'examina enfuite.de plus près, nous en donneot 
la notice. Il (èroit curieux de favoir Jes Sùttoo 
de cette efpéce de Société de Galanterie,^ qu'eu 
àppella Cour armureufe. Mais tout ce qu'os 
trouve ici, ce font ies noms, & les armûinei 
jcnluminées, de ceux qui la compoibicnt^ eoco^ 
re y manque -t- il pluiieurs feuillets. Il mnk^ 
gue cette Cour avoit différentes clafTes d'Qfi- 
ciers, établis fur le modèle de ceux qui formoieat 
.celles des Princes, & celles des Jurisdiâioni bf 
périeures. Dans la première claflè, où eftiala» 
cune, on voit les noms des plus confidémbles 
lAaàSons it France ^ de Bourgog^^ de Flaudm^ 
& à' Artois, Après cela viennent, chacun en ion 
laog, les Grands-Veneurs de U Cour; les7>^ 

ritrs 



tiers des Chartres ^ Itegiftres anufuretffis ;\es Aw* 

ébteurs de la Court \ lec Chevaliers d honneur^ Coffi- 

feillers de la Court amoureufe-^ Ic^ Maifhes des Re^ 

quefies; les Secrétaires {les Suhfiituts du Procureur 

Général y les Concierges des Gardms <^ Vergiers 

innaureux ^ les Veneurs. Parmi les Auditeurs de la 

Cour amoureufe , on tr«uve un Maitre en Théolo* 

perdes Chanoines de Varis ^ie Tburnaiy de Cam-^ 

kraij de St. Orner &c. [/établilTemenr de cette 

Cour fe fit fous le régne de Charles Vf. Lei 

[dates du Grand- Faucontiier , Euftache de Gau^ 

four t y qui poflcda cette Charge depuis 140^ 

jufqu'à (a mort arrivée en i+i5> & du Prévôt 

des Marchands, Culdoë^ qui cefla de Terre en 

i+ii , déterminent nécefîaircmenr fon époque 

vers 1410. On fait d*ailleurs qu'un pareil établit 

fcment étoit fort du goût de la Cour de Charles 

Vl; & qn'I/abeau de Bavière ^ fa Femme, qui y 

avott introduit le luxe & la magnificence, a voit 

auffi contribué à rintrodudion de la galanterie. 

Les Peuples de Flandres & des Païs-Èas ont 
toujours aimé les Jeux & les Speâacles. Chaque 
Ville avoir inftitué des Fêtes ^ des Combats, des 
Tournois. Ulle fur-tout, la plus riche de Flan^ 
dresy fe diftinguoit par pluficurs femblables Fê- 
tes, dont la magnificence & Its divertiflemens y 
attiroient un concours extraordinaire de fês coha- 
patriotes, & des Etrangers. La plus célèbre érott 
celle de l'Efinette-, & c'eft des Rois de cette Fe- 
te que le Manufcrit dont il s'agit contient une 
Lifte, depuis 128^, jufqu'à 14.83. Elleavoit dé- 
j^ paru, un peu plusexaâe, dans la Gallo-Flan* 
dm du P. Jean Buzelin. Le Roi étoit élu 

Tom. XVI. Fart. U. Y touf 



3)9 BlBUOTHEQJTB RaISONKjKÏ^^ 

tous les ans, le jour du Mardi gras. Otk&IHt 
en mendie cems deux Jouteurs pour raccom^i* 
ener. Les jours précédens, & tout iereftele 
h femaine fe padbient en Feftins & en Bals. Le 
Dimanche des Brandons , pu premier Dimafr 
che du Carême, le Roi fe rendoit en gnoje 
pompe au lieu deftiné pour le Combat .les CoflB- 
battans y joûtoient à la Lance. Le prix du Vic- 
torieux ctoit un Epervicr d'or. Les quacrejou» 
fuivans, le Roi, avec fes deux Jo&teurs&k 
Chevalier viâorieux, étoit obligé de fetioiiTff 
au lieu du Combat, pour rompre des lances cofif 
tre tous ceux qui fe préfentoient. On fait ici vfl» 
elpéce d'hiftoire de cette Fcte, dont il ne «fr 
aujourd'hui que le nom de l'£fi;w«#,quife<k»- 
ne à un des bas Officiers du Magifhat , ou dcli 
Maifon de Ville de Lille, L'origine de ce nom 
de VEptTtettc eft incertaine. Tout ce que l'a 
fait, c'eft qu'on donnoit au Roi une pefifc l^ 
ne, 6\x £pinette , pour marque de fa digpûé, 
& qu'il alloit tous les ans en poppe honorff i 
SMnte Efine qui eft dans l'Eglife des Dotmcm 
de Lille. 

39. Sur les {a) premiers TRADUcWi« 
François : avec un EJfai de Bibliothk'QSï 
Françoise. Par Mr. Falconet. 

40. OsERVATioNs {h) critiques fuf Jeux «h 
droits de la Notice des Gaules de Mr. Pfi Va- 
lois. Par Mr. de Fonckmagne. 

4.x. Projet d'une (c) nouvelle Notice w 

(é) Paorg. 4j 6—459. • (k) Pagg, 4^9— 4fi. 
. (c; f4gg. 471—^84. 



GAXrL.ES y ^ des Faisfàùmis aux Fra^^çoiSj tk'* 
ms la fondation de la Monarchie Par Mr. Se- 
ix>ussE. C*eft dptEimage que les occupations dfc 
'Auteur, dont on a parlé ci-déffus, ne lui pcrr 
nettent pas d'exécuter ce projet. Oh fcmbfe 
léanmoins faire cfpàrer, qu'il pourra y revenir 
(aelque jour. 

42. Examen {a) de tofîmon de Mr. Mait* 
rAiRC , touchant fépoaue de /"Imprinterie en 
France. Par Mr. dte Fokckmagne. Il s'agit 
fune difierence de deux ou trois ans. Tous lej 
Ecrivains François, qui ont traité la matière , 
:onviennent que l'établiJûfement de rimprimerie 
^fronce iè rapporte ou -à la fin de l'année 14^9^ 
Ml au commencement de 1470. Mr. Maittatre 
[ffétend au contraire, que cet Art floriflbit à Tours 
iès Tanniée ^4^7. On réfute ici te raifons, fur 
lesquelles il le fonde, 

43. Examen (*) critique de la VJô die Cas- 
TRuccïo par Machiavel. M<r. l'Abbé Sàl- 
LiEk, Auteur de cet Examen, s'étonne que Ma* 
îhiavely qui a écrit la Vie de ce célèbre Tyran 
fc Ltécquet y Se qui, en fe renfermant dans iç 
Smple récit des faits, pou voit nous donner une 
belle Hiflxjire, ait cru avoir befoin du fecôiirs 
de k-fiaion,pour la rendre & plus brillante. Se 
plus iméreflànte. Auffi lui a-t-on fait l'honneur 
âfe chercher du myftére dans cette conduite Mr. 
Leiénitz, en comparait THiftoiré dé Caflruc-^ 
^ âvet la Cyropédie de X e'n o ph o n , pré- 
tend que Machiavel a voulu nous donner dana 

ce 

Y 2 



140 BiBUOTHEQJTB RAISaNKE^'Sy 

ce modèle l'idée d'un Prince parfait, telle qril 
fe rétoit formée dans fon Traité M Primifk 
P'autres ont cru, que Machiavel avoir fuivi tsaft 
aveuglément les mouvemens d'averfion que toit 
Fhrenthi devoit avoir conçus contre un boom 
qui avoit travaillé à ruiner Florence^ ou qu'il s'fc 
Coit flatté qu'en cachant la vérité fous le vo&i 
du menfonge, il réuHiroit à obicurcir la gloitt 
4e Cafiruccia , & à rendre fufpeâe la foi dm 
Hiftoriensf, qui avoient entrepris ou qui estier 
prendroient à l'avenir d'écrire l'Hiftoirc de ce 
Prince. Mr. l'Abbé S^IH^ , fans entrer dans 9k 
cun de ces fentimens, rapporte les fables qifem 
trouve dans cette Vie, 6c les réfute par le lé* 
rooignage des Hiftoriens contemporains, oupv 
4es Pièces authentiques. 

. 44. HiSTOiRK {a} d'une Révekth» arrivée m 
Perse, dans k fixiéme Siècle. Par Mr. l'Abbé 
FouRMomT. Cette Hiftoire, dont on nousdo»- 
ne ici le précis, eft tirée d'un Manufcrit Turcj 
Çdais les titres de plufieurs Chapitres ibnt en Laih 
gue perfane. On corijeâure que c'en eft une 
traduâion, & fort ancienne. Elle prélênte use 
Révolution, dont les. Hiftoriens [h) Grées ^ qâ 
en ont parlé, quoi que contemporains, étoflôt 
mal informez, & ne nous apprennent m la caa- 
fe, ni les plus importantes circonftances. On 
y voit un medacle rare, 6ç pre(que unique d^ 
THiftoire Orientale: Un Roi jugé indice da 

' ' 'Tronc, 

(é) Pagg; fo«— 521. 

{b) The'OPhVLACTE SIMOCATTS > TfO'OPHANE, Z<h 



Tdne , & dépofê jurî^ueinent par le con^bh^ 
mient unanime de toute la Nation afièmblée; 
on Fils, mis fur. le Trône à fa place, le bit 
oignardet dans fa prifon : ce Fils lui-roéme eft 
ontraint de (bitir de (on Roiaume j qui devient 
I proie d'un Sujet ^ & ce Sujet eft forcé à 
bn tcHir de ie réfugier chez fes Ennemis. Le 
toi dépofé eft Khosroes Hormudz, autre* 
Dent Hormkcélas III. qui éroit Fils de Khosross 
!^ouscHiRWAN,.Fiis de Khosroes Kobades. 
^ Fils, qui /égna après la dépofition du Père, 
^eft Parwiz^ & le Sujet, à qui les Grands of« 
drent la Couronne , indignez du parricide de 
tarwiz,^ c'eft {a) Beheram, autrement noOH 
toé Waraines, Pén'wix ^ fâuvé à peine par (êi 
Oncles , fe retira à ConftanttMple^ où TEmpereur 
Maurice l'adopta, & lui donna en manage la 
l^nncefTe Marie y autrement Sirine. Mais quatre 
ans après, il furvint avec une Armée formidable 
de Grecs ^ & IVaranes aiant perdu trois Batailles 
tangées, fe réfugia chez les TartareSy où il fut. 
QDpoifonné. Il 7 a d'autres chofes dans le Ma^ 
txulcrit, qui font croire, que c'eft la fuite d'un 
plus grand Ouvrage. Il contient l'hiftoire des 
dernières années du régne de Noufchirwan^ Q\d 
fat très-glorieux. Mr. l'Abbé Fourmonf^ po(ïc£- 
ièur du Manufcrit, nous donne une Traduâion 
du f eftament de ce Roi. La Pièce eft curieufe^ 
& remplie de fencimens très -dignes d'un fage 
Roi. 
+5. Relation {b) ahrég/ê d'un Vêinge Littf^ 

ratré 

(«) Les Guu rappellent BéirAm, {h) Fagg. 5xi«fej|t« 

Y? 



> 



tékt épit M¥. tAhhé SEyiN a fdit dam le L«: 
VSOt fof^ ^dH du Roi y dam h^ àmées 172^^ ^ 
1730; Tout le monde fiitj que, par ordre de 
toirïs XV 5 Mr. TAbbé SEf m, & Mr. Ykl^ 
bé FovRMOHT, furent envolez dans le Levanê^ 
pbur 7 rama{C*r des richefle^ Littéraires, écmt on 
m peut guéres efpérer de faire de grandes aquS»' 
tiens y ans la proteâîon & les libéralicex dé 
c[uelque Puîffance. Le prértît* deflètn en ^' 
nmné, fur tes efpérances que Zdid j€gm vréS^ 
Uiflé entrevoir , dans une Lettre à Ml*. t^AbM 
BïGNON, de pénétrer dafts la Bibliothèque ai 
QYand SeigTteut, où Ton croioit encore troov<f- 
celle des anciens Empereurs Grecs ^ laquelle, ki» 
de la prife dé Conflantinoplt^ fut foigneufement 
Confervée par le commandettient exprès de Ma- 
UbUtt If. Mais tout aboutit làrdeffus à fe coii^ 
i^àincre de ce qu'on avoir déjà de fortes rai- 
ihns de croire, c'eft que, malgré laperfliafîon 
où font encore aujourd'hui les Juifs ^ les Chtê^ 
^enSy 8c le^ Titres^ cette Bibliothèque n'exiflë 
plus. Elle ne fubfifta que jufqu'au régne d'AMiN 
ItAT IV. qui fecrifia les Livres ramaffez par les 
Smpfereurs Gr&csy à la haine implacable dont il 
Àoit animé contre les Chréstem, Ainfi Mr: FAb- 
bé Senjtin fut dans la néceffité de fe bom^ aux 
recherches particulières, qtfil fît, en partie k 
Çûnftanthiùple , en partie ailleurs . Ces recherche» 
n'ont pas été inutiles, puis qu'il a rapporté pour 
la Bibliothèque du Roi plus de fix>cens Miuiai^ 
crîts d'élite, fans compter ceux que les conet 
jJohdances, qu'il eut foin d'établir en divers lieux, 
ont procurez, depuis foo retour , & promettent 

cnco? 



p^ 



•T^^^^i l^uiB i^^^ip^pFV^avp 



encore pourravénîr. On n*en parle ici qu*ça 
général, fans en donner une Lifte exafte. Il y z 
des Manufcrîts Grw, dL2.wxxt$ Arméniens ^ Ara", 
hes^ ou PerfaM. Pzxtni les Grecs ^ on indiqué 
des Parallèles tirez de divers Traitfe dcs.f^fx., 
qui ont fèrvi de modèle à celui qiie Jean, Da- 

Ï'jisÇbfNE noùs.a'donnc dans le mênie goût:une^ 
irurgîe de St^JëÂn Çhrî^sostome , quinV 
guéres moins de fept-cenjs ans: un Manufcrit dç\^ 
Gre^oôire de Nazianze^ orné de figures, &, 
accompagné de ScHohes- un Leétionnaire Efclà^ 
von y très-ancien. & les Amfhihckia de Pbo^ 
Ttvsy Ouvrage (avant ,& qui mériteroit de voir 
lé jour ; quelques Ouvrages de St.Chryfifio-^ 
me qui n'ont poiat été publiez, & les Dilcours 
dfe ce Père contré les ^uifs^ dont les Mff. fiJXiC 
cxtrênaement rares &ç. Pour les Auteurs Profa- 
nes, je DC vois qu'un Home're manufcrit, qui 
peut avoir quatre cens ans, avec une Paraphra^ 
îç & des Scholiçs. Ce né fera pas peut-être cJe- 
lui que bien des gctis fpuhaiteront le moins dé 
voir. Et il y a auffi grande apparence que les aqui- . 
filions faites par Mr. l'Abbé Foummityàont oa 
rçrid çotopte dé même dans l'Article fuivant> 
n^excitfcront pas. njoins là curiofité des Savans. 

.4-^ R£LAT,ipisr T4f) abrégée du Vùîage lÀttt^ 
raire que Mr\ PÂibe.FovKMOiJT a fait dans U[ 
Levant. &c. Cet Abbé, & Mr, l'Abbé Semn:^ 
étant arrivez à Confant'mofle^ fe féwrcrcntbiçnir 
tôt, ppur faire çHaQun,.en divers Keùx, dés re- ' 
cherches qui ne dçmandoiènt pas leur concours. 
Là înoiioron du Collcjguc adjoint fut àbendantc. 

Y é Oi^trc 

(4) >agg. ht— 5<c* 



J44 BiBUOTnEQjTB RaisonnbIh^ 

Outre un grand nombre de Médailles andqaei, 
il rapporta plus de trois mille Infcriptions, qm 
n'ont pas encore été publiées. L'antiqoiré & 
la qualité des Infcripiioos en relève beaucoup k 
prixl II y en a d'écrites de la droite à la ffah' 
che, & de la gauche à la droite, félon Ti^t 
des Grecs long-tems avant la Guerre de TY^ne^ ft 
qui a duré plufieurs Siècles après Homère. II 7 en 
a d'une grande importance pour l'Hiftoire^ & 
ici il ne faudroit que nommer les Tables oàâ^ 
nales des Loix d'ATH&.'NEs, fi fages, fi vaon^ 
fi long-tems cherchées , que l'on avoir cru per- 
dues pendant tant de (îécles, & donc nous n'a* 
vions dans les plus anciens Auteurs que des lam* 
beaux, qui nous laiflbient ignorer la plus -grande 
partie du Droit Civil des Athéniens. Outre ctiz^ 
on aura maintenant plus de cent Liftes déjeunes» 
Cens de toutes les Tribus de YAttique^ Vain- 
queurs dans les difïerens Jeux : les noms des Ma- 
giftrats à^ Athènes , fous le gouvernement des- 
quels ces Jeux ont été célébrez, d'où l'on pourai 
tirer beaucoup d'éclairciiïèmens pour la Chrono- 
logie: d'autres Liftes de Prêtres & de Prctreflès 
des diffère As Dieux diverfèinent qualifiez^ qui ne 
répandront pas moins de jour fur quelques points 
de là Religion des Anciens; des Arrêts des Am- 
fhi£iyensy pour régler le tribut de chaque 'Ville: 
prefque uneSuke des Éphores^ des NomopbylaceSy 
ôc des Bouliai dé "Lacédémone^ un grand liombre 
de fes Agoranomes & de fes tlatanifta-^ des Ca- 
talogues des Prêtres du Dieu Lycurgue, & 
d'autres Divinitez; les Arrêts que l'on afBchoit 
dans les Temples de Lycurgue^ par où ^on coo- 

noi- 



oitra beaucoup mieux les Loix de Ltocédémane^ 
les Généalogies de deux Familles Roiales; celles 
les lamides^ Prêtres fameux daos la Grèce: des 
jÂx d'Aoïs, dont perfbnne n'avoir encore en* 
endu parler , morceau des plus précieux &C. 
yf r. l'Abbé iBQufmmt a auffi fait de belles décou* 
certes pour la Géographie ancienne , & pris des 
dans exadts de divers Monumens antiques. 
Tout cela, dit-on, fera la matière d'un Ouvra*" 
^ auffi utile que curieux. Nous en (bmmes per« 
uadet, & nous fouhaitons que 1* Auteur puillë 
bien-tôt tenir parole. 

45. Devises, InfiriptionSy ér MiJaitteSyfétP" 
tes far t Académie. Nous les laiflbns dans l'Ori- 
ginal, auffi bien que les Zloget^ qui fui vent, des 
AcâdémicieTts morts depuis 1726, jufqu'en 1730. 
Cet Extrait eftdéja fi long, que nous (bmmes 
obligez de renvoier à une autre fois les Mémoins* 



ARTICLE IV. 

JoA». Frédéric. Reitzius, De Ambiox/is," 
me^is & contrariis: fivc de fignificatione Ver« 
borum ac Phrafium ambigua. 

C'eft- à-dire: 

De la Jîgmfication des Mots ér des Phrafes f«l 
renferment auelque forte <f Ambiguïté' Tar^ 
Mr, Jean-Frederic Reitzius. Ew ^ani 
in oâavo, PH&* 6io^fams la Préface, une 

Y 5 i>îr- 



J4* &Bt;rotBnBQtTtt; Raisonné*, 

' l^îpf ration Dé Afnbfeuis, é* autres cbofh^ 
qui en occupent ^i. Alfixccht^chèz MdchfflT- 
' Léonard Charlois, I73(î. 



I' *AtTTEUR de cet Ouvrage eft Doûeur ai' 
î^ MédÈcîric, & RcÛeur de VEcoie mfrm^ 
vtiennè ^Vtrècht, Mais, comme il le déclare luî^* 
nïême dans fa Préface, il né s'étoit jamais ûfiatt 
enfoncé dans FEtude de la Médecine, qu'il ne" 
fç^ réfervât tous les jours quelques heures pour It. 
rè les Auteurs ClaflSques; & déformais il vafe* 
donner tout entier aux Belles-Lettres. Il ne fiut 
aîhfi que retourner à foh Etude favorite; celle 3ft 
là Médecine étoit plutôt l'effet de fon obâflàiicè'. 
à la deftination'de fe^Pârens, ijue de fon propre^ 
choix. On' rcliflît toujours nueux à praidre le 
p^rti , auquel on a dii panchant. Mr. Reitzint 
avoit bien penfe à entreprendre un travail qui au- 
roit réuni les uâges de ces deux fortes d'Etude^ 
c'étoit de donner une nouvdle Edition de Cor- 
ne L i us Ce L9U« , De< Medièiwt. Mais confidS- 
rant la peine qu'on a de déterrer des Manufcrics» 
o^ d'obtenii^ dfe'ceux qui en poiledent k j>ermiA 
iîonde les ccxifulter, il a abandonné ce projet; 
d'autant plus volontiers, qu'il craignoit d'être 

J prévenu par d'autres plus à portée de trouver les 
ècours néceflàires^'. ou'mieuif fournis de leur 
propre fonds. Il a donc choifi un fujet pure- 
ifeept Littéraire: & ce fujet eft tel qu-aucun, 
qu^l fâche, ne: l'a traité de la manière qu'il s'y 
prend, & félon le bu« qu'il s'cft propofe. Pour 
WQiT de qu(H il s'agit.,, il fauedoaqfflr une idée 

de 



dte la Diflèrtation De AffAiguify qu'il a mife à la 
tf te de fon Ouvrage. 

Ce Livre, comme on le voit d'abord en y jet- 
tanc les yeux, eft un Recueil, par ordre alpha- 
bédque, ou une efpêce de Diaionnaire Latin, 
des Termes & dçs Phraf«,qai en cette Langue, 
oût quelque chofé à! ambigu , ou d'équivoque. 
Ghrtsippb, fameux Stoicien^ foûtenoît, que 
tSbus les Mot» font équivoques de leur nature, 
(#) DioDORE , autre {h) ancien Philofophe, 
pfétendbit, au contraire, qu'il n'y en a aucun 
tfÂjuivoque. Si Topinion du premier éroît vé- 
rïtablë, le plan de l'Ouvrage de notre Auteur 
âuroit dû être beaucoup plus vafte: il falloît don« 
ûer un nouveau Diftionnaire univerfd. Que fi 
Vtadore avoit raifon , Mr. Reitziur auroit pris pour 
fiqet une chimère. H commence donc par exa- 
miner ces deux opinions contradidoires, & il 
montre que ce ne font que de vaines fubtilitez, 
de quelque manière qu'on les entende. Sur quoi 
îl cite feu Mr. .Pe-rit.onius, dans fes Notes 
for (c) Sanctii Mmerv4.y où il a refuté ce. fa- 
fiâeux Grammairien , qui avoît embrafle le fenti- 
ment de DhJpre. Il en appelle auffi à l'autorité 
des Anciens, qui ont tenu pour l'exiftence des 
Termes ou Phrafes Equivoques, comme Aris- 
ToTE, Cice'ron, Horace, Sue'tone,Se- 

H^EQUE, QUINTILIEN, AtJLU-GeLLE, dont 

il cite plufîeurs paâages. Mais, fans tous ces fuf- 

frages^ 

(<) AVLP'GfxJIiS» Lib. XI. C<ip, n. 

(k) De la SeSit Cfrénaï^He. 

ity Ub. IV, Câf, 14. fA^, 744 , ^/r^y. 4ç la 4. Edjt, I7i4i 



)4S BnUOTHBQUS RAISONNBltf 

frages, les exemples que fouraUïènt toutes let. 
Langues, & tous les Écrivains , fuffiroient d(^. 
îefte. Ëc il feroic à fbuhairer qu'on y en troaàt 
beaucoup moins. Gela ôceroit la (burce ou l'oo»: 
cafîon de bien des malentendus, de bien des CN 
reurs, de bien des chicanes. 

D'autres difenc, que chaque Terme a une'fi- 
gnification propre & naturelle, d'où il en dérive 
enfuite plufieurs par anak^e. Mais cela même 
prouve qu'il y a des Ambiguïté!, puis qu'entre 
Ces diâerentes fignifîtifions il faut en décoSor 
une qui convienne à l'endroit où le Mot fe trou». 
ve. Cette connoilTance ne peut donc s'aqucdr 
que par des exemples^ & elle eft d'autant ph» 
oéceuaire, que de l'intelligence des Mots dé* 
pend l'intdligencedes Chofes mêmes. D'où vient 
que les Jurifconfukes, & anciens & modernes ^ 
ont été fi fbigneux d'expliquer ceux qui fe rap- 
portoient à leur Art. Un Titre entier & des Pan* 
Sectes, & du Code , traite De verharum fffû^ 
jicatkme; à quoi l'infcription du dernier ajoute^ 
^ rerum. 

Pour entrer en matière, Mr. Eeitzius donne 
l'etymolc^ie de VAmtiguuPn^y d'où fe tire la défi- 
nition del'^^^», ou Equivoque. Ce mot, fis 
Ion (it) Vossius, vient ^ambigu; & jinii^^ 
&ambej^ c'eft à-dire, ctrcum^ autour: de même 

Îu'en Grec, 'Afn^it^ vient d' Mftfly & /I^aa 
out cela donne à entendre , que les Termes 
Ambigus ont quelque chofe qui fait que TEfprit 
tourne^ pour aitifi ciire, tout autour ^dzns l'incer*^ 
titude où il eft* FfiSTUf défiait Y^mUffom^ 

'(4) lu WtjmU^u 



quad m ambas fartes anima agi potefi; par où il 
' fecnbie le tirer d'amha^ comme s'il y avoic deux 
côtex, ou deux fens, vers lesquels rËfpricpeut 
fe porter. Cek eft fauîf , dit notre Auteur, pour 
ce qui regarde Torigine (ÏAmiiguttm : mais la 
choie en elle-même convient aflèz à Pufage^ car 
CiÇE^RON (a) & QuiNTiLiEN (b) reftrelgneiit 
Vuimbiguité à deux lignifications diflérences. Ce 
n'efi: pas qu'un Mot Ambigu ne puifle renfermer 
' & n'en renferme quelquefois plus de deux ; les mê-^ 
-xnes {c) Auteurs le difent ailleurs, & en dotment 
des exemples. Mais comme le nombre de ceux 
qui n'en ont que deux eft beaucoup plus grand, 
Tuiâge eft d'appeller proprement & principale- 
ment Ambigu y tout Mot qui peut fignifier deux 
chofes. Le plus court feroit, à mon avis, de dt- 
re, que le nombre de Jeux marque feulement 
flus Jtvn'y ce qui eft toujours vrai, (bit qu'il n'y 
iaic que deux fîgnifications , ou qu'il y en ait trois, 
quatre &ç. Au refte, il faut que ces (îgnifîca- 
tiens renferment autant Atpenfées difflfrenteî: car 
encore ^u'un Mot puifTe être expliqué ou con- 
ffaruit difteremment , fi le fens revient prefque 
au même, ou fi l'on voit afiëz. ce qu'a voulu di- 
re celui qui parle ou qui écrit, on me doit point 
traiter cela d'Ambiguïté. 

No- 

(4) ^mftriptum AMBIGVUM ffi $ mT DVM differênfts fut* 
ttntU éucifi poj/int, Tppiç. Cap. 25^, 

(b) Ntc riftrt , tfuomoiô faHa. fit Amphibolia , étut qu9 rf. 
fihatHr. Duas tnim ru fignificAri muntfefium tfi, Inftit. Oiat« 
JJh, VII. Cap. 9» 

. (f) CICe'ron» De lavuit, Lib. II. Cap. 40. ÇtFIHTI* 
UEtt , «bj fitpr, où il rapporte quaiie ugaifictUoiis dà 
XBLOt GaUuu 



- 1 

Notre Auteur indique enfiiite qiieli^«6 ^^atwl 
mots {d) fyQonymes à AnA^émmj qucé qu-ikiè«! 
lefoienc pas toujours exaâemeot. Tel m emit\ 
autres celui d'i^kfiur. ,A la vérité, les Tenots' 
.Equivoques font fouvecit par*là tkfcvrs^ Mal 
tout ce qui eft Qhfiwt , n'eu pas pour cda ^ | 
v^. LObfiur eft proprement, où l'on ôe vok I 
rien , âc ainli où Ton ne peut rien comprendre. ; 
Au-lieuque, dans Vjimtigify ou r£quivoque^oa 
.voit quelque chofe, & même plus d'une cl^: 
mai^. ou Ton ignore à quelle des deux ou de pb- 
iieurs on doit k fixer, ou bien on en conçoit 
deux à la fois. Combi^i d'endroits, mr exe»- ; 

fie , la'y a-t-il pas dans les Lettres de Ôice'roâ 
Atticus^ que nous n'entendons point, iauce<b 
avoir les faits donc il s'agir, ou parce que fAu^ 
teur de propos délibéré a enveloppe fon difcoun 
d'énigmes & d'allégories, afin qu'aucun autre que 
Ibn Ami, à qui il écrivoit , n'y comprît rien? 
Cependant on ne iàuroit dire, qu'il y ait aucu- 
ne ambiguïté en ces endroits- là, ou deuxfeis 
différens, que l'on apperçoive. 

On réduit enfiiite à certaines Ciaflès, iesTer- 
tnes ou les Phraiês Equivoques, dont le noofoie 
eft fi grand,, que la difficulté de les connoitre & 
de les, rafTembler eft apparemment, fdon notri 
Auteur, ce qui a empêché que perfonne , jufqu'i 
lui, ne l'entreprît. Qjjintilien , dont on ci- 
Ce ici les paroles ^ a donné {h) une diviiion, à â 

maoié- 

(4) OhCcHrum ^ iuhiumt amfkiMin f éuptefs ^ M'fmm, 
(0 Vki frpr. LiU VU. Cap. 9. 



fDaniére. Mais comme die ne renferme pas tout 
^e qu'il h\xiyMx. ReitzjMs tidie ici d'y {uppléer^ 
en l'expliquant. 

VAfnbiguitéc& Ou dans les MAtSj ou dans Içs 
Cbofes mêmes. Il ne s'agit ici que de la premiè- 
re. Elle fe trouve ou dans un Mat fiul yoa dans 
fffMx ouflufieurs Mafs^ joints. tnfrmbk. 

L'Ambiguïté sFim Mot vient ou de quelque 
Um^ymie , ou de deux fens y qui ion t ou iigXrenSy 
ou contraires, UHomonymie , c'eft lors qu'via 
même Mot figaifie plulieurs chofes difierentqs. 
Par exemple , Taurus eft quelquefois l'Animfd 
nommé Taureau ; quelquefois le nom d'une {a) 
Montagne ; quelquefois une Conftellation &:c. 
L'Auteur rapporte encore ici l'ambiguïté qui naic 
de deux Cas d'un même Nom , écrits de ti^eme, 
fur-tout félon l'ancienne Ecriture, qui s'eft coa- 
fervée dans les Manufcrits. Par (If) exemple, 
dans ce Vers d'HoRACE (c) : Nec curfus dupli- 
cis fer mare Ulixei y on peut, coipme le remar* 
que un ancien Scboliafte, rapporter duflicisy ou 
comme Génitif , ÏUlyJfey & abrs il donnerai 
Vlyjfe la qualité de douhk ^ ou de fin, de ru(e; 
ou bien, comme Accufatif pluriel, à curfus y & 
ce fera alors les deux volages àHJljffe, I^e Maut 

iAu 

(a) Ea sAfit. 

(0 Voiez le mot /i, daas ce Blecueil alphabétique 
(c) Uh, I. Oi. VI. veiC 7. On renvoie, pour la 4é«- 
fioii,aux Notes de Mr. Bentley. Mais ce Savant, apret 
savoir tourné de tous cotez ces deux feo; , ne trouve x^n 
de fatisfaifant dans l'un , ni dans l'autre \ & atant le- 
coûts à Ton expédient ordinaire , il conclut , comme ea 
éant prefque perfuadé, qu*HoaAC£ avoit ccût rUkM^ 
S& non pis éitpUds, \ 



I f I BiBUOTHBQSm R AISOKKni 

Jt Accent dans un Mot, dont les feos 
né fe diilinguent (]ue par là, peut auffi 
une telle Ambiguïté^ comme {d) dansuoFaftJ 
gede {b) Sue'tonb, où les Interprètes dif' 
tant (i candi fum êlêum vient de conien^ ou 
ionébre; ce qui taie un fens fort différent. L'B^ 
mmynne ièmble rentrer dans l'autre chef généid, 

3ue Ton a diftingué^ou dans l'Ambiguïté qui ne 
'une différence de fens. Cependant (Xi'm^, 
que §imntilkn a cù raifon d'en faire uneCb£à 
part ^ parce que cette Ambiguïté fe troave Je 
plus fouvent dans les Noms Subftantifs; aa-tai 
que Tautre'a lieu dans les Verbes, dans les Non 
Adjeâiis , & dans les Prépoûtions. Mm ca 
rejette, comme n'appartenant point à rHomoof- 
mie, & comme aiant quelque cbofe de ridiculfi 
ces exemples, que d'autres en donnent, d*A^} 
tantôt verbe, & tantôt adverbe 9 d'ji/x, tantôt 
nom, & tantôt venant du verbe abfam. 

Pour ce qui eil des Mots qui ont plusd'ooe 
figntfication, ces fens font quelouefbit t^frm^ 

Îuelquefois canfrsires y & quelquefois 'VfpKi, 
Veà à donner des exemples de rAmbiguïté^a 
naît de- là, que notre Auteur s'eft principaleoMat 
attaché^ parce oue ni ^imiUen^ ni aucun su- 
tre, du moins de ceux dont il nous refte des E* 
crits, n'y ont guéres penfê. 

Quand on parle ici de fins contrasrtf^ on n*t' 
tache pas toi\jours à l'épithéte de cantr^^i ^ 
me idée que les Logiciens; mais on y compreod 

aofi 

(s) Voiex le mot ^teemuu 
OJ lu Vit. JnU Crfér. Cap. si* 



iaflS ce qui eft feuletndic opfôfi^ ou les mots qui' 
tantôt fervent à augmçnter , tantôt à diminuer j 
ceux qui eriiportent quelquefois de la ^louange, 
& quelquefois du blâme ; ceux qui (è pret^ûenc 
tantôt en mtuvaife part, tantôt en bdiinê part, 
ou du moins en un fens plus favorable. • 

Les Termes dont le fens eft vague (je ne trou-, 
ve rieïî de plus propre pour exprimer le Latin de 
notre Auteur, Media) ce font ceux oui de 4eur 
nature, n'ont pas une fignification déterminée J 
mais font paiement propres à en marquer detut 
di£fêrentes, ou contraires^ & néanmoin#ée rfen«> 
ferment pas toujours une véritable Atribiguïté. 
Valetudik^ par exemple, fe dit & d'une bonne 
iknté) & crune mauvaîie. ''''-. 

Il y a des Mots tjui fe prennent, tantôt 'dans 
un fens aftif, tantôt dans un iêns paffif , 8c Jqu*» 
AuLU-Gelle {a) appelle 'Reciproca : Comme 
Tifrmdûhfus figntfîe ou celui qui craint , oà 
celui qui eft craint. 

lÂsh pour ce qui eft de l'Ambiguïté formée 
par un nneme Mot partagé en deux, ou de deux 
Mots réutiis, elle ne peut guéres fèrvir qu'à fid^ 
re rire par un jeu de mots. Ainfi notre Auteur 
la kifle à quartier , ^ès ^intilien qui ^ traite 
ijk) de fubuité ridicule ces iortes d'EquiVôqùes^ 



(i) Lih. XII. ^4^ 9. Mais AULU'GcLtB appelle ces 
mots ^ncipitUf ôc non pas.T^^pi r« «. Ce m/iJ appelle 
ailleurs l^ciprtcay en Grec àvTtçpé^ra * cc {oHidcs ai- 
gumens qui peuvent et ré rétorquez contre cehii qni les 
fait. Uff. V. ,Cap. lo fie IX. î6. 

(^) Vbt fupr. VIL 9. on il en donne trois exrm(>les», 
Intmttui ^4rmAmen*Hmt Corvtnttm, Car, en faifant du {|]^ 
inier deux mots , In , 8e f <»mv le fens devicndca' %it 
diftërent $ Se ainfi des autres. 

2fe». xyn. fart. u. z 



dt Comroverfe. 

Voilà pour l'AmbteiUtc àtwsk ûxa^ Ta ^ 
Celle qm vi4nt Ac fSfaMfs ioism eatenUe^» 
tWeen uo gmàd «orabre de wmmeiy^^fÊt 
ienc fe réduire à tioi« clafles^ k ^»qf)iii^,è 

Les Ambiguïcez qtii aaiflenc 4e \A.mjrtM% 
Ibot infiiHea^ & ôb en peut ii»|giner ^loeiai» 
rë. Aiofi Boti« Auteur s^eft ciMMeaié .4>j0f 
to|^ (41) des «seo^W^i <}a'il.a oroiiinadiBilli 

ABCîeas. 

,l>etix ou fduâeitfs Mo^ joints «utohl&f <i 
HUeiquefois u^c dm^if fism^'^^itxh^Sm 
te, ou même contraire. TMcre fiAwr,^*!!?^! 
};ordiiMUre^/b<iifr das^Ënfiu» : mai3 il èffiB^m 

Pour W F^i»rfy lif VMtm^^ n^é Aumt 
tenvoie ji Vo8siu§, qui en ^siSffLWià^ 
fes Ufistutiêm Ofa$9ires. U en donne ftnioM 
4es exeipplçs d«i8 qu€lqiieg(*) Articl«<oi^iàfr 
moins il avoue qu'il n'y a point tf Ai^^'V^) 
imis ieMlement des fens ^ppresL. ^ ^ 

- Il viénten/Sii^e à rechef ctîer les €âuf(n4efAKl^ 
g^iféy àç il ib borne 4ux princîoalcs qu'aott 
peui recparquer. La, première eft, la p««^ 
de la Langue LuLtme^ dont pluûeurs {c) Ando^ 

fiOtt 



(4) Aux mots nrêckylHi^, CênftmSiê , ÈU^ , ft"»^^!* 
(^> Aux macs ^du&ivum^ thqrmwn^ CMâtkr^i'^ 

Uj LvCR^'Cl , Ub. l. wir/. t|l,8|2. SENE'QW>i>''T 
Xîb..U cap. 14. & ^ift. %%.imu FHNB,.t»* JF.AT 
.li« DIGBSX&» U4* i^ P/4i/«rijpA friï^ 



qa^û cioe^ fe font phincs. Cice'aom (») néaQ» 
siQtiis trouve ome t4ugue plus riche que hOrém 

veut pas eminioer^ fi en^ 
fr raifoa. Il l«i tumc ^ qmi 
Langues ait & pwrtetif, 
d*oà tmt iouyenc quelque Ambimicé, fur^noui^ 
4ftsis l'Homonymie y & dons les Termes des-Ans» 
.Qii?oiii dife titK qu'on voudra , ^ue les HqoAoo]^ 
au9s 19116 été former par analogie d'une figmiob 



recourir k l'aMbgîe, menq^e qufoa manquok dm 
ttnoes. poqr e]qMiaiec les cmfes aujcquçUea on 
dtinrw le nom de quelque a^tre, Toutnadoîc 
pas néanmoins écre amribué à cette diièçce. Ç'^ 
uMivenc la £iute de ceux <iui parlent, Sç q^i au* 
fQÎeot p4 trouver dequoi s'exprimer cownoilé» 
inent. Que qudqu'nn dife, par exemple: JB09 
ietk me parmt$im.:€é3L a deux fens fort diflSçrena; 
i'ti9 ^ i F(mf fifmneti four Vére , ou «je vou» tieo» 
dhrai lieu de fére : l'autre, ^e vous jerak obiiffant^ 
Y avoit-il rien de plus facile, que d'éviter Tequic- 
iKx)iie,tB'diiiuK,ou j%fARto»»/^«^««^Qu Hor 
tpi^ me êMiefUemy fdk>n qu'on avait ^ma l'eC^ 
prit l'un ou Tautrç de ces feus ? Mais lors qu'oie 
•p befoin de quriqv^périphraTe pour s^expâmei;» 
l^additipii même p^uve qur la Langiie manquç 
4'expisefliQn coa venajbk à ce ^i/on veut disa» - 
Une autie fo(ir<^ d'Ambiguïté, c^eft la natuve 
«ême des chofes > ou les diverlês qualités qiui i^ 
wsom^ai dans um <èule & même choie. Par 
^f$mi!i^^Furp0remyq\^ vient de Fmftf^pMQm' 

pre 

z» 



^f6 ' BiBtiotHEavB RAisomnm^ 

prc, fe dit de pîuficufs Couleurs, même de Cou* 
teurs oppoilËes ou contraires, coinme du Slémt 
èc du Nûsr. Mr. Reitzm rapporte (m) &-defi» 
quantité de PaOàges, d'oiï il condot, que Pan 
tvoit en vue quelquefois ce que certaine ooidesr 
de Pourpre a de ft>ncé, & qui tire fur le Noîr: 
quelquerois Ibn écht^ & à cet ^rd on doonoic 
le nom de Furfureus à ce qui ôoit fort Kanc; 
quelquefois enfin la véritable couleur y tàinm ht 
le Violet, ou d*un Rouge plus ou moins vif. SU 
y a des Paflàges qu'on ne puîile concilier par-tt, 
il faut ou en attribuer l'ambiguïté à la Ucaœ 
des Poètes, ou dire que le Pourpre eft un vrai 
Chamâéon, qui pï'end toute forte de Couleurs, 
comme font aufli certaines Etoffes de fixe. 

La troîfiéme Caufe d'Âmb^ïté confifte en 
diveries fkces, ibus lesquelks les chofes peuvent 
être confidéiws. Ultimus^ w exemple, défigne 
le ékmier^ ou le^^'fr, félon que l'on enviSige, 
en defcendant, ou cû montant , les deux exSé* 
mitez, d'une chofe. 

Une quatrième Caufe, mais qui n'efl: qu'ac- 
cidentelle , c'en: quelque Coutume , quelque Ri- 
te, ou quelque autre chofe cafuelle^im abus mê^ 
me, qui donnent lieu à changer la fignificatim 
de Certains Mots. Imtercedo ne. fignifioit propre* 
ment que fe mêler dans quelque afifsdre : cepen- 
dant il a été enfuite emploie le plus fou vent pour 
étendre y empêcher^ ^^(^fi^i parce qu'on exprf- 
moit ainfi le pouvoir quavoient les Ttihtm df 
Teupk^ cbtô les Komains^ d'arrêter ^ par leur op- 

po- 

{é) Soi k mot PUr^urms, 



QOfArej Novembre tS Dicembre^ijlô. %yf 

)Ofidon, les délibérations du Sénat. Ceft ainfî 
luc les Termes d'un uûgc commun prennent 
me fignificarion différente, lors que les Maîtrcg 
k qudque Art les empruntent pour exprimer des 
:hofes qui ^y rapportent. 

De cette Caufe on en dérive une cinquième, 
biffant néanmoins la liberté de la laiflèr dans la 
même daflè. Il y a des Mots, dont rancienne 
^fiçation s'abolit par Pufage: & cependant le» 
Auteurs la ramènent quelquefois. 

Pour n'oublier aucun genre de Caufe, notre 
Auteur traite enfuitc de la Caufe Eficienttydes 
Ambiguïtés. Elles font produites par la faute 
des Auteurs. Car ou ils veulent de propos déli- 
béré jouer fur des équivoques j ou ils négligent 
de les éviter , comme ils pourroient i ou à force 
ffafièaer une trop grande brièveté, ils ic rendent 
obfcurs de cette manière , comme de pluffeurs 
autres. V o s s I u s a (a) remarqué , qu'on ne 
trouve aucune Ambiguïté dans Homère. Ce- 
la eft au, moins très-rare, dit notre Auteur. Mais 
pour les autres Ecrivains de l'Antiquité, Grecs 
ôc Latins , ils ne font pa^ exemts de ce vice. 
Quelquefois aufli un Auteur fe fert de qudque 

-• 

(*) Notre Auteur ne dit point oà. Je vois feulement» 
<!ttc Vpffimy en traitant de V^m^biMit» rapporte une 
penféc d*HERMOGiHB , comme remarquable : c eft qu en- 
cote que, fdon plufîeurs, U y ait de VémphiM* en plo- 
fieuM endroit» à^Hêmér* , «è d»autre$ , cependant il ne 
s'en trouve aucune: dans aucun ancien Autpi Ap^. /lî/Wr. 
pTétar. Lib. IV. Cap. I. § n. Si par hasard jU'^iinJMt 
iToit ctt ce pafla^ dans i'crpxit , U le faoït fort mepns. 



Mot dans un &ns àitEheat de odui que d'; 



y donnent. Enfin , pour ignorer le rrsl fta^ 
on trouve tufli de TAnibiguité , où il n^ e&i 
poinc. Cela anive quelquefois aux Commenâi» 
céurs, fur-tout, dit Mr,ReitziuSyï ceux qui ûià 

Sublie les Auteurs à Tufage du Datifbm^ & ^« 
3i les anciens, au Grammairien Skrvius, 6 
tant e£b qt^e tout cequipafle ibus fon nom^iâi 
de lui vënjaiAement. 

Après quelques autres obiêrvations, VÂiOsm 
en &[t une, qui tend à empêcher qu'on ne mi^ 
prife U Langue Latine , ibus prétexte du gnoi 
nombre d'Àmbiguïtez qui s'y trouvent , m 
^'ainfi on ne (bit dégoûté de Tai^rendre. Qs^ 
que Langue a (es AmbîgaAtez ; & dans la Eb* 
mande feule on en trouve, plus que dans la léMA 
me. Cela vient fur-tout de ce qu'A y a beaucouf) 

Elus de monofyllabes, & moins de variation dam 
ss caS;^de quoi Mx.^Uzius donne quelques cX" 
croples à la fin de ià Diflèrtation, |)our cgaierla 
xnatiére. Il rapporte ici, fans vouloir l^^ouni^ 
lier, une penlee du {a) célèbre MoaHOF, qui 
prétend, que la raifini pourquoi de en Alkinan£ 
oc en flamand , on a tant de monoiyllàbes : t^di 
g^Jd Nation Germaniaue boit beamcotip , & 
que 3 comme en cet état4à on ne parle que pir 
IDonofylUMS) la Langue s'en eft reflëode. 

Il ne fuffit pas de ûvcHr , -^'il y % des Ami» 
guïtezj il faut a CT'rcnd re aies démêler daàslçi 
iAuteurs^ & à lesi éiricer foi-même. Sur le jko^ 
mm artide » ce qui fto le ph», c'cft de M 



. •' -. ... ..j 

M On fit dit pat aoa plus» tfk màOtnwg^ ésMr^ 
f fe txoave cette p etfikicacièaft, 



ttMdoaà !« iipiie du^ ^iftenrii > qui dététmm 
Sptmeot zvefç hd^miéH^:étvi4mo^9 à quel dey 
4ew^ imhot^ (Me ^'mèW' En ce cas là m^ 
me^ iéloÉiiiotse Aucttur» â o'y^ P<^^ d'AmbL 
ipïcéi : piF^impe^t ^nfi wmné^ ; aimremeoc il 
» F a^p^|llefi|ue p^iqi de pa^c 0Û Ton o'ea 
toovar^ de*âtfflâU^s , dtns l«s Ecrks.âc dai 
Aipôeos^y. '&p 4es Modknsfts. Bien entendu néaw> 
8K)W> ^ Icf^ paroles ^ expliqueni celles o^ 
AtJFa ({kifKHir éqittvoqtie , ne ie trouvent pis 
ÔJi>p âQJigj9ee$>Ies wes des autres ; de qubioa akt 
%u€ <^ eiieisi{de , tiré de Ci c i£ r o » ^ que >e 
lljpporter^i plos bas , fur le moi luofàa, Maj$| 
Bpurvâ que le feus pareil aiiëment par la fuke 
noochaine du difcours , Û ne faut pas toujours^ 
ieba notre Au&eor, évker de' fe Lcrvic de quel* 
<]|ie Terme Ambigu, énp9J?kuEie ou en écrivant j, 
Qs feroic ui^k foin trop pénibte & vàaç fcrupuieux; 
On ea excepte néanmoins^ af>tès {et) TAuteor'. 
de h Rb^farique Reliée à Hs b. s n N i it s, len 
'Ceftamens, & autres Ââes, où Ton ne iàurott 
ttop fè précaurionpeir contre la chicane. Mr^ 
Uiitzm s'abjeâe icirautocitédeQtJiNTiUS)!. 
Ce fameux Rhéteur ppfe pour régie ^^ (k) qvfik 
&ir éviter b^ âidem^nc l' Amlit^té qui mec 
l^c^ ea f^fpens, mm «Kore çeUe^qaî pcoeL 



XP^} <fu»i tHamfi nm pttt/t turharê finfiim ^ in idem tëm0m^ 
^^rfhmi vifmm tnaUt : m fi tfnk dicat , vifiMi^ a (è heni* 
"iftti Iibnii|b fo^ibcntem. tutfft ttian^ Hhrm 4f évimm 
l9il>i patiot , m4ie tamen eomçfiftmf , fêitfâtqm émkigff^mf 
g^»« wri» 'ijr/i^^ ta», vUï. Pap. S. ^ 675 , f7f. #4 



txôubler le (èos , à ne ranuder que TtiTtiig^^ 

des Mots} parce qu'il eft toujours vrai que cêéri 

qai parle s'explique mal, & qu'il ne tient p»l 

lui que le ibns ne fait équivoque. Mais nonel 

Auteur n'eft pas tout-à-&k de ce fatrimem , f^ 

il s'en dent à ce que dit ailleurs 0fmmii6 e m h 

même, qu'il n'y a point d'^M^^MMSé, quand k 

vnâ feus paroit aflèi. Je ne vois pas y poor rooi^ 

qu'en cela ^mntUiên fe contredife, ni qull 

tort. Car, dans l'endroit dont il s'agit id, ix 

le Chapitre tend à faire voir le grand foin q\foa(l 

doit avoir de la Clarté, pour bien parler & M 

écrire ; . or ce foin demande certainement 

Ton évite tout ce qui fent l'équivoque , ou IV 

fcurité. Et dans l'autre , il n'eft queftion < 

de iàvoir, quand on veut expliquer un Auteurj 

qu'il s'exprime bien ou mal, ce qui doit être te 

nu pour une véritable Ambiguïté ,• qui nuife 

Pintellîgènce du fens. Il n'y a là rien oui caHj 

pêche que cette Ambiguïté^ quoi qu'aifee à m 

mêler, he puifle être regardée comnae un vicc|1 

quand il y avoit moyen de n'en pas laiflfèr n^êcne* 

I apparence. Outre que tous les Leâeurs ne 

font pas égidement attentifs. 

Voici maintenant quelques Régies , que Mr. 
]tfin^«/ indique (implementw i. Un Tenne 
Aff^igu doit être fixe au fens le ^us ordinaire. 
%. Tout Mçt Ambigu ne rend pas pour cela le 
iens équiVoque. 3. Il ne faut pas imiter aveu- 
glémcQC tout ce qui £e trouve dans les ancieoi 
AutearSv 4. On doit déterminer par la fiiite da 
difcours le fëns des Termes Ambigus ^ à moîiv 
^*il*'dé ^Âroifle que l'Auteur a v^ilu jouer iîir 



%• . ■ ' 



cette ambfguïcé. 5. Les jeux de mots > qui 
nmlehc fur fine Ambiguïté , s'expliquent pour 
Fordtnaire eh mauvaife part. 6. L'Ambiguïté 
aui vient de deux Acculktife joints eofemble, té 
démêle , en exprimant Pun par TAblatif^ • 
(s) VHam&nymie^ en ajoâtant, quelquefois auffi 
en retranchant Quelques mots. 7. Quand (t) il 
j a dans un Teftament quelque chofe d'Ambigu, 
ou de mal écrit , if fiiut Tinterpréter favorable- 
ment , & félon ce qu'a eu probablement dans 
l'efprit le Teftateur. S. Toutes (r) les fois que 
Us paroles font ambiguës dans les Aâions ou les 
Exceptions de Droit , le meilleur eft de fuivre le 
lèns qui va à &ire (ubfifter la chofe dont il s'a* 
git, plâtôt qu'à la rendre &os effet. 9. Al'é- 

Sird de ce qu'on appelle Status Amhiguiy ou des 
fiicultez qui naiflent de Loix contraires , il 
faut confulter la {i) RbAarif$fe*ï Hérennius^ & 
le {é) C9nciliatar de M b R ci e R. 10. II faut 
prendre (f) garde de ne s'exprimer jamais ni a- 
vec confuuon , ni d'une manière embarraflee, 
ni avec ambiguïté, ni en termes nouveaux. 

Quel- 

(4) Voies QpiNTaiEK, Ltb. VIU. Cap. 9. 

{b) C*eft dne Régie du Digestb, U 24. D. Dt nhm 
ànhiis» <c) Antre Régie de Droit. JL. ii, I>. Dt rtbm di^ 
kits, (d) Lib. 1. & IL (tf) }OANNIS MCRCBRII {HOUs^ 
tf y Jhe sAr$ têncitiandênêm » qms in Juu cêntrâttA vtdmÊtmrtrf 
mtÉMdiifiu sis fM* vtrê €MtrdrU pmt. Il 7 a plttficuts £di-> 
tiODs de ce petit Livre. La dernière, 8c la meilleure» 
eft U cin<|uiéme A^^AlUmMmtt imprimée à 4<Wi« en 17x1» 
avec àts Notes de feu Mr.RciMOlX>, Profeflcui en Droit 
à Vrmufm ï\xtï*Oier. {f) Régie de PAùteùr de la T(^ 
t0ri^ \ HaaaKMius, Lib. X <Uip. 9. l^lle fe trouve à 
peu pxèt da même daai ÇiCfi^OM» JiMjmum.^ libui» 
Cap. », - ^ 



• Quelques^uiies de ces R^es , coimni>«^ 

J^Ourrà difémenc le jiigst , k rapportent à VJm^ 
i^ithé des $hojis ^ donc notre Auteuff t ^ 
jdaré qu^il ne Vouloir point traicer , plucôc --^ 
çiçSh des Mots. U in Uque eiifixice ceux d"* 
les Anciens & les IVlodernes , qui ont tisipé 
ipnéral des Ambiguuez., de ^lelque vmm^<tii 
&$ fQieat 1 autant ou'ib fixH vfOMs i fii copici 
lance. 

Pour, revenir makitcna^t à ta Préface . Ife 
iRe$fzws avertit, que, .comme fon ^n wëti^ 
rent de celui de lous ces Auteurs qyî l^Mt péf ^ 
cédé > il n'en a pris ncMi plus que peu de ésfÊk 
qui lui convînt. Àinfi marcbaot prefi|ue fm 
guide dans une carrière epifieufe , il deoianli 

{racé, éc il l'obtiendra ai^j»»ent de tt^tLcxâcm 
quitable, pour les£|utç$, cm ks oo^IBms, qâ 
peuvent lut être éçhappjSe^. Il la mériterait ff0 
tin^jènvàxé feule avec laquelle U en pMi^hm 
ttiemëy dans les Addetuim , ^uelques^unes^dM 
il s'eft ^perçû , ou qu'on lui a ^ i^emarquo; 
Le fbncf de fon tra^vaU vient de fes fimipm JU^ 
cueils. Ce n'eft pas qu'on ne trouve dans ce 
Livre bien des chofes communes , & qui ft 
voient même dan$ les Diâionnaires çommam: 
mais il vi!j avoit pas modea de les omettre, bm 
rendre l'Ouvrage imparfait. L^ Auteur s^eft cou* 
mité d'indiquer feulement de {pareilles cboâi» 
ou iàns gutorjtez , bu en n'y joignant que pev 
d'exemples. Et il n^a pas naéme ftit àiS6ç\ià$ 
4e reiivoier aux Diâionnaires, qu'il cooiakoit 
^aiUei^rs pUis pour nt fz$. répéter les. Paflîi|OP 
4uiiiy.iMiBt9 que pwr «a &TOu6ge Ir" -^ - 




V 



à moins qu'a ne put y en ajourer de fon dicf 
^udque autre ^ ou pluGeurs. ,En particulier., 
pour ce qui regarde le Thésaurus FabrIj^ 
dont les Editions fe font fi fort multipliées^ 
toujours revues & groiSq» , . il n'en a eu fous la 
main d'autre ^ que celle de 16^6. Âinfi il eft 
pfefque inévitable, qu'il ne fe trouve quelquefois 
dans les poftérieures > des Citations .^ue notro 
Auteur a crû n'avoir point éçc produites. Ali 
fond^ il etoit eh droit de prendre ]^-tout ce.qui 
entroit dans fon plan ; & la principale gloke, % 
hquelle il rfpire, c'eil d'avoir raflemhlÉ en bon 
ordre tant de chpfesdifperiees.en £iifant toujounr 
honneur à chacun de ce qu'U énipruntoit d'ail* 
fcurs. Il remercie même publiquement deux 
pKrfcflèurs {a) àVtrechfy & un (^) de fes Fré-| 
rcs, qui lui en ont communiqué, ou d'eux-mê- 
ûJcs, ou lors qu'il les confultoit. îl prornet de 
témoigner au dernier £1 reconn6i(£ince , en lut 
rendant k pareUlé pour un Recueil de SffmjfMà 
qu'il préparc. On croira aifément^ qu'il ne don» 
ne pas cette ei^ce de Diâionnaire i>our abiblu'*^ 
xnent complet. Bien loin de-là: il lui eft échap^ 
pé des chofes qu'il avoit deftinées à j entrer, & 
il en ^ omis d'autres de propos délibéré , pour tiQ 
pas trop groffir fon Livre. Tel eft le fort, deé 
Compiutions , qu'elles laillènt toujours matiéisft 
à jgoûtCT : & il fiait efperer , au'il pourra biea 
quelque jour donner une nouvelle Edition dé £;6 
livre plus ample ôc plus correâe. 

• 

rM ite. OTTO êc DltASBMBORCH. 
\h\ MX, GUO&AUMB MVO ftBSCHI^ 



^64 BlBI.IOTHBQSrB Raisonmic, 

Le Cèrps d'un Ouvn^ comme celui-ci itêf, 
pos^ comme oh voie ^ lufceptible d'Extraite S 
fumra d'en montrer la mémcxie par quelq(ie(, 
exemples. ' 

Classes. Le Pluriel Clafef^ CUffikf^ 
fignifie ou la Cavalerie , ou les Clajes des Citekm^ 
ou des VMffeaux. Çda peut rendre auelquefioV 
le fens fort douteux. Tite-Live meaies'7 elT 
trompé, {d) n avoir trouvé dans quelques An**' 
nales. classibus ipùeiue ai Fidenas fÊgutim 
cum Vejentibus &c. Faute de prendre gsode^ 
<]ue CUJRbus fignifie là de la CavaUrse ^ il tiOQve' 
incroiabie qu'il |>uifle y avoir eu un Cootat 
donné fur l'eau près de Fidenes. CdBt la remaN 
que (b) de Tannsouy le Fsvre,, à qui os 
renvoie. Notre Auteur n'a pas (û, ou ne s'eft 
pas Ibuvenu ^ que Philippe oella Toru 
a entrepris de {c) juftifier ici Tite Lève. U aii- 
rolt (ans doute examiné ou indiqué du moins ki 
raiibsks que ce doâe Italien avance. H remir- 

Sue eniruite> que la fignification la plus ordinaire 
u mot Clajfes, eft d'entendre par là des Vait 

Eaux; 

M ZJk IV. Cép. i4. (4 &ifi' Lab. I. Ep. 49;. U dé- 
leadlt depuis fa temtsqvit, dans on petit i^ivre» intitt» 
lé: JéwrméU d» Journal t «M Ctnfwf de U Ctmfmn ^ C'cft4* 
diie » qu'il répondit là à quelques tiaics de CxkiqiK U* 
ekei coûtze lui, daas l^Extcah que le JoU|i}«al des Sa- 
TANS avoit donné de Tes Ltttus^ en 1* Année xtf«. ^, 
t^% &fiuv. Ed. d*^«i/?. Au lefte » Charebs DATI, 
Italien, dans ronXivic qui a po^u-tirie^ Prêfi Fiêrmàdt 
It'efb déclaré de même fentiment » & a fo&cena, que, 
comme Titê Ltvê n*étoit pas li^méin » il n*avoit pis (à 
précifément le fens 4ù mot €14** i âinfi qile le ICflUU* 
que l'Anteur qa»*'ie Tais indiquer. 

(c) Mêmmunui Vom'i ASTîl» DUÙ L 



faux; 2ç.comn!ie k chofe, eft aflèz connue^ il' 
n'en donne que^ peu d'exemples. ^ En ce ien& 
même, félon le Grammairien Skrvius, (a) Vi^ 
dée en eft venue de k Cavalerie. On trouve 
auffi au finguUer CUffisfrûcm^a^ pour une Âr-^ 
mée de Terre, âulu-Gex«ls^ Xi^. IL C4fÀ 
ij. au ccmmeocement. Virgile même don-^ 
Qe à un feul Vaiilèau le nom de Çlaffir : {h) Sia 
faiur latruîBéim y classique mmittit habenas j^ 
conome ilp^oîtpar ce qui précède. Âinfi ^uand. 
on trouve Chffif^ il eft qudiqudois incertain $'il| 
Ëiut entendre par là une Flotte ^ ou un (èul Vai/n, 
fiaui , Pour exprimer une fetilei ¥^ott&> on diti 
auffi tantôt Claffi;^ tantôt d^ps,, ' Sur ouo^ nq^ 
trie Autçur^renvoiç à une Npte de Mr. Dùi(&]i[ 
fur FLoKys {€), . ^ „ v 

QraT^a. Orates^. On rerpiirque ici,iÇpt]l]j 
me uneiçhoiê commune 9 •qoei Gratta fe jpren4 
ea bonjQe:& en Qiauvaife part j, , auffi bien qgq 
Çt0fefjyjisffisr^c€$ e3cpreffion9,..jR(5^e gratiaf^^ 
IPerfilvere gn^tes y qui fignifient i?endre la p^eil-; 
le, tantôt en bien, tantôt en Q^al.. Gratiamfa-^ 
fsfe jmkj^a^ ^ àk au(Ç équivqqpe. Il (içaifi^ 
quelquefois, idifpenfer d'unSeVgient itfit, laifTa 
b liberté d^ ne. pas le tenif j^coniçi^ dans ç^V^Çf 
£ig)sideSv|;rro^£, {d) oûiL^agit d'un Çbevat 
lier Romain j qui avoit j^é oô^jac répudier ja-j 
nuis & Femine , qui f^t .eoluite cpnvaincuç 
d'adultére;.r£f»i/i TUnnam yJKuyJVLhnJxi ORA- 
TiAM FECit [Tiberius] »t uxorem in fiufro gèr 
. ' ' '' ' ' ntfi 

(«) In VIRGIJ. «^mm/. Lîb.Vl. v«^.l. • 
(i) •^mid.VL I. {e) UkX Céf,%t. himé.^, 
{d) la Tifftr. Cap. 15. 



§69 'BiMimTiMQsnR K^iiomart, 

^Bdiaturum mtête jt0/ifôefâ$^ Macs [ 
ce \ «joflte notre Auteur > oue cette 
fienifieroit pas'^ufji , dirpen^* d*aii 
faire ? Sur qubî il rai voie i une N( 
(à) Taubman;*' GeU eft ii vraiv qc^i f 
plufieurs exempter dàcGs le» Fm^afeM dis ti 
Tcirisconrulte»; ficil^iie âiitpour eek^j 
les veux fur le DiâicMttikvdb^Blt tt%^^ 
«iné il n'eÀ pd^ néeeflaire de k dédi^ f0< 
ftquehce, cotntne on fiât id, d'un autref 
g^ de SuKToi9ï<) èù (^) i;ftf^i«ir)ki*v 
fMMS %nifie ) ^mtiettre de ne pis entrera 
Ohe tonjuration. Oà diégue emike ua 
Fkffiige du même Hiftortea , oà (r) 
uigrutiam fecit lignifie» permettre de 
Ton veut^ ôû laf fler h liboté de r«ttfre 
ne pas renxve. S'*<Kll'on conëlut qu'il 71 
tinè Ambisiïté, «eii ^ que p^âtUmfacm 
porte tantôt la permiffion de faire une 
tantôt la permiffion de ne la pa& test, 
" b^oPiA. Elkns tiâe des {i) Lettres i Ai 
eus, CïCEllo»' dk t Ctht$rMi veUy f 
INOPIAM jTTmct^M. Cetu peut figoifier 
que Cfcéran voiant qu'il manqueroit de 
intègres, calà la ^ile^ n'i^t pas àuffi v%c 
lèinent Qu'il âurdt fiât dans le'Ji^etnfl 
Cbubft fut abfods : ou bien qu'il M rAi 
que tous ceux , tiûi dévoient être loges d»s 
te Giufe^ étaient des gens peu riches^ des 

(4) Sac 1« 7(»ira/ dé TtAUTB» P«g- ^52^ 

(i) In «;«i0»>. Cap. t7*' Uï i^i* Oàp. |t. 
{4) Ltb, I. ^/, itf, u / ^^ 



? 



r 



iriles jSc vÀudb, qae lâpauvrctérendroit fiifcep-* 
tibles de^ corrufKKHi. C'eft . b remarque dl s a e 
GA$AUBQH, qui fe conoence-d'indiquer Tambi* 
guïté , 6os ffeodre aucun ^rti. £c il n'en £iur 
pw davanteçe foat fiûre voir ^ qu'il 7 a ta de* 
fuçfi efnteurraflër les {to grands Critiques. Mr.' 
i(^4rib/r.tnfiuve.immxi(H09.,i que le fens ptrdh 
4e Kci^Q ^r.ce qui eft die daÉts un .autre endkrie 
4e:k: nwnle. lettre y qu'il le ncouva ^i Jt^es^ 

ri fi^vinriic plàû&t . le». t;x>nfeib de k finm , qud 
itiifl de leur propre r^taéim : XXXijue^ 

£t il al%i0,là-deirus un Pailtge de i^s) Sub4 
9il»N&.^ •ûû^il^M S^mafmwm Ce prend au méma 
fa»/ 'Il (toute même iéi fi.iiM{^i« ianêrum ^uinsk 
iaiÉ»\ ^vjtniais emploie ^ur défigner be petit 
Bombre, ou la d^ecce de Gens^le-bien.; Fex^ 
preffipn cbmmune étwaxffnftrhf boiwrum. Mais^ 
Ams.les:(i) AJJfjtda ^ il fe retrace là-defliis^ 
iMQt;Teuyé depuis un Paflfage de (t) Sai^lus*» 
^ ©ù jli]f.a<«Mj^^ irMionmi^ pour dire, qu'il( j 
afmcl^te-de gens riches^ car c'eft ce que figni». 
fie là bimi^ & non pas hofi^es ym. - -:\ 

N^KiierÀuteuraufoit pâ' alléguer, fur cejuoc 
d'Ia^M y une autre fignifieacion quirenfçm^ 
«œ ambiguïté d'autant plus remarquable, qù^ 
Je a jexté dans Terreur, les Interprètes dû Droit 
Qvil fiir des points importana. Il y a déupc 
^ Loix .> où l'on trouve ÎMjpÂs frgkatimmL 
Ml A>cfl|4iqué ces n^oti d'un déiaut de preuves;: 

& 

M In Tf ^«r. Gap. 47. (♦) Pâg. 4^ a. 







j63 BiBLioTmquB RÀisomim,^ 

& ià-de(ru8 on a inféré d'une de ces Loîx, âfg 
lé Juge pouvoir défiérer le Serment qu'on aÇ* 

g lié >Sufplét9irê y quand il n'7 a pas. des preMi 
ffifances, mais feulement une demi-preuve, «t 
Témoin uniaue, par exemple ; ce qui eft tm^ 
traire aux R^les de la Jurisprudence RonuÉe,* 
Mais Mr. Noodt a fidt voir , {à) qa 
ff^mthmmm n'eft là autre cholè que ce 

S appelle ailleurs y en traitant du même 
\) dt$iia C0»fky c'cft-à-dire, lors qu'il yat 
e preuves alléguées de part & d'autre, qaafe : 
Juge ne .(ait quel parti prendre. Et il ei^pbpe 
par là auffi l'autre Loi , où il s'agit de la Tor- 
ture infligée aux Ëfdaves , pour les faire dcp 
ooAtre leurs Maîtres. Il prouve ce fia» par m 
Pai&ge {€) d'ApULE'E , où il v a frmeuS iU». 
téorem hÊ9pia; ce qui, comme le nxmtre toute 
la fuite du difcours, i^nifie, que Ffytbiy dsa 
la grande abondance de plaifirs qui s'o/R-oiencà 
elle de toutes parts , ne lavoit quel goûter, plo» 
tôt que l'autre. Voilà donc une idée attachée 
au mot Inofiay toute oppofêe à celle qu*il ren- 
ferme ordinairement. 

. Ce n'eft pas le feol endroit d'où l'on peut ja- 
gar, que la leârure des Jurisconfultes Modemety 
quiVattachent à la Critique, ou dans leurs Com- 
mentaires, ou dans des Ouvrages à part, aurot 
pu fournir \ notre Auteur bien des/ chofcs qd 
lui aùroient été d'ufage pour fon bu(. Par er« 
emple , au mot Tmpniitns , • il .£ût quelques it»> 
. . marques 

(^) VtthMU Jwrii dviL Lib. IlL Ctp/</ 
- <i)-L. »!. />.. Dt.fttrtfuréimh, {<) Memm»9fê^ lA, f« 
pi^. 170. Ed. Simmk. (pag. 105» toC £dL Pritéh) 



j 



ftiàrques fiir une {a). Loi du Digeste , où il 
fie rapporte quç ce qu'a dit là-deffus (*) Gil- 
bert Regius. ' L'IUuftre Mr. de \c) Byn- 

KERSHOEK, Mr. AvERANi {d) , Mr. NoODT (t), 

Mr. Van de Water (/), ont exercé leur 
Critique, chacun à iâ manière, fiir cette Loi. \ 
;,' Du refte, l'Ouvrage fera très- utile 1 tous ceiix 
^ui veulent bien entendre les anciens Auteurs, 
cuis qu'il peut fervir de guide pour fe tirer d'eflî- 
pàrras fur ce qui fait une des plus grandes (oui*- 
3tes des diiBEculcel qu'on troave 'ckns leur lec- 

: turc. V 

' ■ ■ . •• 

(«) U 52. 5 5. D. frt S9a9. {b) Thëf, Jur. Tom* IX. 
^F*S-I5«>7- («) Oiftw, Lib. U. Cap. lo. (d) Intirpret,fwr^ 
l15. 11. Cap. 26. (e) Comment, in DIGEST. pag, |t4. 
T«OT,II. Opp. (/) Obf. >r, Ti/tm, Lib.I. Cap. <. » 



A R T I G L E V. 

KïTUUM, qui olitn apud Romanoî obtinuçruût, 
fuccin£ba ezplicatio ; ad intelligentiam Vecè- 
mm Auâorum fàciU inethodo confcripta a 
G. H. NiEUPooRT. Editio Qaarta , priori- 
bus audior , ut Procetnium dôéet; 

' • . C'eft-à-dire: 

« . ■ ■ ■ . « 

-Courte ^explication des A^ïtiquite^ Ro- 
maines, écrite avec une méthode aijée y pdt 
i^r. Nieupoort. ^airiéme' Edition^ aug-- 
; meniée -^ comme on k verra dans la mowvelk 
Tom. XriL Pari. IL .'. .': Àa ::3 ;- , Pr^ 



LE nom de Mn Rsinitrl^ dont tm W 
nom de purkr » nous a Aie avenir dek 
MUveUe Editk» de ce Livie^ àhoidleild 
.^çnlque part. Un de fis Fraies ^A àm^à 
^ndpsl foin. Ctf cette F^iniille eft féconiea 
wetiSKie* Lettres ) & deintîme proièffioii. GÉi 
dont il s'agit id ^ (n) Mr. GtriLLÀtTMi-Ono 
RsiTXius , eft Rcûcur d'une EcoJc i Wlfr 
Jétm. Et je vois , par les Vers qui font àkite 
idu Livre Bf Amb^k &c. qu*ifv en 1 bd tfct 
iBemé. lâ&iii»'iSfx-&^i!^^ qui eft ReâeurdcA- 
cole ae T^T^^r; . 

Comme c'eft ici une Quatrième Edicioa de 
POuvrage de feu Mr. Nieupoort^ûds comp- 
ter {b) celle à* Allemagne ; il doit écre m 
connu , fiç «n peuç jug^r qu'a a été trouvé utik 
Cependant il eft bon d'en dire un mot^ zaA 
4es avatituges^que cctie Sdkioa a fiir ks pr^ 
denteSb 

L^expérience liit ûSèi yok^ que ^ pour lire 
4 vec fruit ^ avec ^aiûr les anciens AutaiR, 
X^ims & Gths^ ti mut avoir au moins uneideff 

(énérak de la République Rmame^ de fes Mi- 

gilfasti 

(«) Il â Bublié nn OuTrage tiitîtulë BEtGA Criôl«ih 
Jlfùe le Fubfîé k leçh tkvoïaMemefit i com Ae a **^ *' 

mpÊC9. Elle eft, dit- on, jfoit maùvaife; &quip'«* 
1N^ J tt cAt Mfte trots. 



giftrats^ Politiques. & Militaires, ic la Rdigioa 
des R^mamsy de leurs Loix, de leurs Rice^, de 
leurs Ufages, de leurs Coutumes, tant pour la 
Vie Pttbiiauc, que pour la Vie Privée, & d'un 
grand nomore de choies particulières qui fe rap^ 
portent à ces cheÊ, Sans cela on efl: arrêté à 
tout moment^ ou bien on croit entendre ce que 
Pon n'entead pas , & l'on fe fait de âuflès ide^ 
co jugeant des anciens téms par les nôtres. II 
ae manque pas de Livres, où les Sàvans ont pris 
à tâche d^eaqpliquer les differeotes parcies^ de ces 
Antiquitez : mais leurs Ouvrages font & long^ 
pour la jrfâpart, & en grand nombre , chaife;^ 
d'aflleurs d'un étalage <r érudition , ic fouvc ne 
écrits (ans ordre. On en eft bien venu depuis 
long*tems à réduire en un Corps tant de cboiès 
détachées, & à donner des Abrézez , qui puA 
iènt être lus en peu de ten». IVfais JVfr. Kieu^ 
poorfi qui en avoir vu beaucoup , n'en trouvoit 
aucun où il ne remarquât des defiiuts , qui 1^ 
rendent infiiâUâns pour l'uiâjze , auquel m doi- 
veot êtpe deftinez. Car tantôt on s'y étend trop 
lur des cbo&s peu néceiTaires^ tantôt on en omee 
(f autres plus importantes, ou bien on les traite 



trop légeremient 9 & flir le tout, ces fortes d' A- 
bregez manquent iouvcnt d'ordre & de métho- 
de. La plupart même n'indiquent pas les an>-i 
cieos Auteurs, d'où font tirées les choies qu'on 
y avance; £t parmi ceux ^i citent, il y en a 
qui le font au contraire avec trop de profufion , • 
ou fans choix , {a) & en y mêlant quantité de 

Aa- z cho- 

U) Tel eu fo*tont 1?-Abfégé dt KlFPIKGlUS, comme 
le remarque notre Auteur. r •' ■: • • ' 



^ji BlBLIOTHB(^TB RAISONNE'k, 

thofës impertinentes. Notre Auteur entrepritj 
il y a environ vint-cinq ans, de remédier à tous 
ces défauts > & il a pu depuis perfeâionner fin 
Ouvrage. La première Edition en parut f année 
171a. La féconde, en iji6. Et la troifiéme, 
en 1723. Chacune des deux dernières fut n- 
▼uë & augmentée par l'Auteur même, qui étant 
Tenu à mourir depuis , n'a rien laifle dont oa 
pût fidre ufage dans la quatrième , dont il s'a- 
git. 

Mr. G. O. IRgîtTJusy à la prière du Libraire, 
& mr le confcild'un {a) de fes Amis, s'eft don- 
né oeaucoup de peine pour revoir cet Ouvrage, 
& le faire paroître dans un état qui le rendît en- 
core plus commode & plus utile. H a corr^c 
toutes les fautes ou d^mpreflîon, ou d'inadver- 
tence^ <jui Vjètoientgliflèesj fans prendre d'd- 
leurs la liberté de rien changer au ftile de l'Au- 
teur, quoi qù*il y trouvât quelque chofè contre 
la pureté de la Langue en certains endroits, qd 
au fond ne font pas en grand nombre. U a eô 
la patience de conférer enfemble toutes les trcMs 
Eclitions précédentes , & il a pu ainfi trouver 
même dans la première de quoi redrefler les au- 
tres. Il ne s'eft néanmoins fié à aucune , dans 
les endroits où les Citations avoient guelque cho- 
fe de différent, mais il eft allé aux fources, pour 
voir quelle Citation étoit la meilleure. Toutes 
les autres auffi qu'il foupçonnoit d'être fautives, 
il les a examinées , & redreflees , quand 2 es 
étoit befoin. 

Cela, joint à quelques changemens faits dans 

Ja 

(«) Mr. Jbnsiusl 



G&ohrej Novembre ^ Decemhreyiyi6. J71 

la difpofition des Notes, fufBroic pour faire pré- 
^^ércr cette Edition aux précédentes. Mais l'E- 
direur y a encore ajouré quelque chofe du fieii 
'eii un grand nombre d'endroits. Les Note* de 
1* Auteur ne contiennent prefque que de pures 
Citations d'Ecrivains , Anciens ou Modernes. 
IVIr. Reitxius y en a joint beaucoup d'autres, 
porur fournir de quoi s'inftruire plus amplement 
"des matières dont il s'agit • ou pour redreflèr 
quelques inexactitudes de Ion Auteur, ou pour 
quelque autre raifon, félon qu'il le jugeoit à po- 
pos & qu'il s'en avifoit pendant la révifion de la 
Copie. Ces additions font pour la plupart au 
bas des pages, $c quelquefois dans le Texte mê- 
me ^ mais toujours diftinguées par âits crochets. 
Il y en a auffi quelques-unes du Frère de l'Edi- 
teur. 

On a mis encore à la fin deux Apfendix. 
L'un, Dtf NoTis Romanorum , five Siglis 
maxime memafrahilibus ^ c'eft-à-dire, des Abbré- 
viations les plus remarquables , qui étoient en 
» ufâge parmi les Romains, L'Editeur les a choi* 
fies dans le Recueil de {a) Sertorius Ursa- 
TTJSj pour l'ufage de la Jeunefle, qui ne peut 
les déchiffrer fans quelque fecours (ëmblable. 
Dans l'autre Appendix^ il donne une règle géné- 
rale, & très-aiféc , pour favoir à quel jour de 
nos Mois fe rapf>orte une date exprimée à la ma- 
nière des Romains. Tout fe réduit à rappeller 
dans fa mémoire ce vers : 

JMajusfex Non AS, O^ober ^JuUus ^ ^ Mars. 

Aa 3 Et 

(4) Qui fft infèté au Tome XU d« ^miqwttx» T^nm*' 

fW«».4c GRiBTiUS. 



J74 BlBLlOTHBQUB RAISOMlISfB, 

Et c^eft une addition à ce que l'Auteur de cet 
Abrégé dit fur la divifion des Tems (a). 

Mr. Reitzms avoir eu deifein d'ajouter un Ar- 
ticle, fur les Efclaves. On pourroic mêcne trou» 
ver à redire qu'il y en manque cinq autres, &* 
voir I. Ce qui r^rde les Horloges Se les Cl^ 
fjdres des Anciens. 2. Leur Marine^ 3. Leun 
{i) Vèifures. 4. Leurs Lèvres^ leur manioc 
à^écrirg & àiétuMer^ 5. Leurs, »ir»rj lickai 
attachement à la Religsm , la manière dont is 
élevoient & inftruiibient les Enfans &c. L'E- 
diteur y auroit auffi fuppléé volontiers : m»; 
tout cela auroit trop grofli un Abrégé cornooe 
celui-ci y qui d'ailleurs efk fiât principalemesc 
pour k» Etudians en Droit. 

Au refte, quelque exaâ que (bit en gros l'Au- 
teur» il pourroit bien être qu'après même tant 
de réviûons, il reflet encore qudques endroits à 
réformer. Je me ibuviens, qu'en parcourant la 

gémiére Edition y il m'en tomba un exemple 
us les yeux , dont je fus frappé. J'ai cherdié , 
d'abord dans cette dernière , (i on y auroit £ûc 
quelque changement : mais tout s'y trouve de 
même. Voici ce que c'eft. Mr. Nietfpoort {() . 
met entre les droits, que les anciens Patres ^ 
inftituex par Runulus^ avoient par rapport àleua 
Clients y Que , fi ceux-ci venoient à mourir âb 
imufiat y les Patrons étoient leurs Héritiers 1^ 
times; à caufe de quoi auiS la Loi leur déféroit 
la Tutéle des Enfans que les Clients laiflbienr. 
Fatrpni etiam CHentum y fi mteftati dectffijjènty 

. . legitim 

(«) Seft.lV. Câp, 4. {h) Dt T(i VihitmM. 

(«) Sc^ U CVy. 4« S )• /<s. 50, su àe cette EdicJkm. 



.-J 



légitimé bereJef étant; ^ iJeo pajue h^timi i^ 
hrorum eort/m T^twres ; quia ^enmfue wHJuC" 
ceKonis ejt emolumentum^ ibi o* TateLe mots ^ 
Jehet, dur quoi on cite au bas de la page le Ti- 
tre de8*lNsTiTUT£s De légitima FatronàrumTh^ 
tela. Mais il ne faut (^ue jecttr les yeux fur ce 
Titre même , pour voir qu'il s'agit d'une toute 
autre forte de Patrons bien difierens, c'eft-à dir- 
rCj de ceux qu'on appelloit ainfi par rapport aux 
Efckves qu'ils avoient affianchis , Liberté. 
{a) Dents d'Hatieamaffe , & (*) Plutar- 
^£ y auxquels on renvoie un peu {Hus haut, 
comme décaillant les droit» réciproques d^un 
fatren 6c d'un Cbenty ne difênt rien non plus 
d'où l'on puifle feulement foujpçonner . que le 
Patron eût ce droit de Succemon aux biens de 
ion CËent mort ab inteftat. Et je ne Ikche p^ 
qu'il y en a!c ailleurs aucune trace. Si cela |» 
toit, on auroit dû au moins indiquer fiir quoiea 
fe fbndoit : mais je doute fort qu on eût pu pro* 
duire aucune autorité tant Ê>it peu concluante. 
Jç vois au moins qu'un fiivant Jurisconfulte a 
dit 9 il y a long-tenis y qu'i) B'a;voit rien lu de 
tel. SeJ Clientibus , ut Libertis intefiatis ^ fie* 
cejjijfe Patrpnos non legi. Ce font les propres ter?» 
mes de François ^alduin , dans Ibn Gom- 
inèntaire fvir les {c) Loix des Dopxê Tables, 

La TaUe des Matières , qui étoit danis les E-^ 
dicÎQOs précédentes , a été corrigée fie ai^meo» 

, téf. 

(«) ^mi^, K^ân. Llb.U. Ca|t.f. fâg.%i^U» JBd, Om»^^ 
4t) Vit, ^«mip/. pag. s|. B4. Wttif. 
l/) Palans. £4. BéfiUiSij. 

Aa4 



^^& BiBLIOTHBqjTB RAISOlfNK'E,' 

tée.- Mais les chiffres fè rapportent à la troîfié^ 
me > donc à caufe de cela on a marqué les pagei 
en marge. 



ARTICLE VI. 

bfiUVREs DE "Mr. Scarron, Nouvelle EJi- 

tèon , revue y corrigée ^ augmentée de queutité 

Je Pièces omifes dans les Editions frécéànus. 

On y a joint une Epicre Dédicatoire à TAo- 

1. tcur, THiftoire de fa Vie & de fcs Ouvrages, 

. e§- »» Difcours fur le Style Burlefque. A Am- 

. fterdam , chez J. Wetfteia , C^ G. Smith, 1737. 

. 10 Fol, fçtit in iz. 

ÏL y a long-tems que le Public attend une E- 
ditioa de cet Auteur, moins confufe & plus 
Completce que les précédentes. Les Libraires 
de Paris, & ceux de Hollande enfuite,n'avoieQC 
donné aux Oeuvres de Scarron d'autre arrangp- 
.mei)t, que celui que le hazard avoit fourni. Us 
avoient fait leurs additions à mefure qu'elles leur 
tomboient encre les mains. H ne faut qu'ouvrir 
.les Editions antérieures à celle-ci, pour fe coo- 
vaiflcre de ce defordre. 

D'un côté, l'envie de groffir le Livre y avoit 
fait inférer des Ouvrages qui n'ont aucun rappon 
avec Scarron. Telles font des Lettres à M. D. 
*L. M. La date qui eft de 1678, cft une preuve 
.qu'elles ne font point de Scarron & qu'il ne ûu- 
roit y avoir eu part , puifqu'il écoit mort 1 8 ans 



OttoheyN(n^enitref^D$cembre^\fl6. \jy 

aypàravant. De l'autre côcc^la négligence avoic 
iaic perdre à TAuteur" bien des Kèces qui va- 
loienc bien la peine d'être confervées. Telles 
font enore autres la féconde Légende de Bourbon j 
la. Lettre où il rend compte au Surintendant Fou- 
quet de la querelle ou'il avoit avec Gilles Boi- 
leau j & quantité de Poëfies qui ne fc trouvoienc 
plus que dans les anciennes Editions. 

Le Virgile Traveftl & le Roman Comique con- 
tinués par divers Auteurs, étoient différens dans 
les Editions de Paris & d'Amfterdatn. Chacune 
"de ces deux Villes avoit adopté une Suite qui lui 
étoit particulière, & qui manquoit à l'Edition de 
l'autre: on les a mifes toutes dans celle-ci, mais 
"à la fin de tout le Recueil; de forte qu'elles n'in- 
terrompent point le plaifir du Leôeur, charmé 
de l'enjouement de Scarron ^ qu'elles n'ont pas à 
'beaucoup près. 

L'Editeur ne fe défigne que par le nom d'J?»- 

trapélophik: il nous paroit néanmoins reconnoif- 

fable à fa manière d'apprécier les chofes ; & (i 

nous ne le nommons pas, c'eft uniquement par 

égard pour les raifbns qu'il peut avoir eues de ne 

fe pas nommer lui-même à la tête de cette Edf* 

tion , qui, tout bien évalué, ne peut que lui faire 

honneur. Son Epitre à Scarron eft fingulière: 

nous en copierons ici quelques traits. „ Le cas 

\y de dédier à une perfonne.qui* ne vit plus, ne 

„ paroitra pas étrange à ceux qui fauront un 

„ peu l'Hiftoire des Dédicaces. Mr. de Fonte^ 

^, nelle a dédié fes nouveaux Dialogues des 

„ Morts à Lucien, qu'il n'avoit jamais ni vu , ni 

^ connu. Mr. de La Motte a dédié une de fes 

Aa 5 »Tt9r 



p9 BlBI^IOTHBQirx Rat SONKE'B 9 

^ Tragédies à un de fts Patrons {a\ déjà enter- 
^y ré: & vous-n)êaic vous avez, àèiiè vos Nou* 
y, velles à Mr. Moreatf , déjà expiré. U efik be^ 
„ d'imiter de fi grands modèles r* 

L'Editeur annonce à Scarrom^ conaine me 
nouvelle qu'il ne fait peut-être pas , que ,^lc 
,) Prémier-Préfîdent Guillaume de LamoigiioQ 
^ pofledoit parfaitement le Visgile cravdÇH y & 
^ qu'en badinant familièrement avec les per- 
^ fonnes de fa confidence, il en empruntCHt dçB 
yy vers, qu'il plaçoit proverbial6menr9 afiad'é? 
^> g^ycr la converiation. " 

Nous pafibns ce qu'A dit du ddordre des 
Editions précédentes, ou les Oeuvres n'éroientpas 
mieux rangées „que le iëroit une Bibliothèque 
yi que Ton viendroit de jetter par les fenêtres^ 
& ce qu'il ajoute du Roman Comique que rAi^ 
teur a îaifle imparfait ; aufS-bien que m juge- 
ment des Suites de cet Ouvrage & de cdUes du 
Virgile travefti : nous venons tout d'un coup 
à la comparaifon qu'il fiiit du Burleique de Scar- 
ton , avec le Style Néoli^ique d'aujourd'hui, 

,) Quelqu'un vous aura peut-ctre dit que Je 
„ Burleique eft mort avec vous , & que d'une 
fj multitude d'Ouvrages Burlefijues qui ont été 
,, faits à l'envi l'un de l'autre, il n'y a que les 
9, vôtres qui fe foutiennent. Cela eft vrai d» 
p ce Burlefque dont vous étiez le modèle. Mais 
^, en récompenfe on en a inventé depuis qud- 
„ ques années une nouvelle EfpèCe , que vous 
t> ne connoiâez pas. C'efl un Burleique dé- 



(4)' Le Cardinal duBûii^ 



._i 



OHoirej Novembre ^ Deeembre^i7i6. 379 

y, guiie ^qui fe Ibutient aflez bien en France. Q 
^^ y a des Auteurs, & j'en fai dans rAcadémie^ 
yy qui Pemployenc dans des Ouvrages de Mprale 
^ êc de Pieté, dans des Harangues d'apparat, & 
„ même dans desOaifons funâ>res. Ils fe gar- 
„ dent bien de le nommer, par Ton véritable 
„ nom , ils ne voudroient pas pour chofe au 
,, monde qu'il fût dit en leur prélence qu'ils é- 
„ crivent burleiquement : mais ils ne lai0ent 
„ pas de le faire. Ce qui diftingue ce Burlefque 
„ de celui dont vous vous êtes fervi, c'eft qu^il 
„ eft ierieux, & qu'il faut de la réflexion & du 
,, ^oût pour s'appercevoir que c'en eft^ au-lieu 
„ que le vôtre faute aux yeux , & fe fait fentir 
yy d'abord par le fel réjouiffant dont il eft afTai- 
„ fbnné. Ce qu'il y a de confblant pour vous , 
yy c'eit que ce Burlefque ne fait pomt de tore 
„ au vôtre, qui conferve toujours fes parti&ns. 
L'Editeur reprend enfuite le détail de ce qu'il a 
faic pour rendre cette Edition plus exaâe,& finît 
par cfe trait: „Je ne vous dirai point, à l'exemple 
„ de ceux qui dédient, que je m'abftiensde vous 
„ faire à vous-même votre éloge, pour ne vous 
„ pas faire rougir,& pour ménager votre modeftie. 
„ Paire rougir un merty érblejfer la mode Aie d'un 
„ Fo'étCy ne font pas des chofe s qtiil faiue jamais 
yy craindre. Auffi n'ai-je aucune appréhenfion 
„ là-de{ru5« Mon but en ne vous louant pas en 
„ fiu?e , eft de réferver pour le Public le bien 
„ ûue j'ai à dire de votre efprit ; & en cela je 
yy fais ce que font tous les honnêtes^gens, qui 
„ louent plus volontiers un Ami en fonabfencé, 
yy qu'en fa préfence/' Je fuis, &c. 

Celui 



/ 



}8o BiBÙotHEQirB RaisonneIb^ 

Celui à qui nous devons cette Edition, tient 
parole à fon Auteur , dans VHifioire de Scârrm 
^ défis Ouvrages. Ce n*eft point un El(^e,(ri 
tout eft vanté, ou du moins (kuvc, par des dé- 
tours ingénieux. L'Hiftorien ne flatte point foa i 
fujet , fors qu'il ne pourroit le faire qu'aux de- 1 
pens de la vérité : en voici quelques exémpia 
qui fe préfentenr. Après avoir die que Scarm 
avoir pris le petit Collet , il ajoute : „ Véai 
,, Ecclélia(lique ne lui convenoit aucunemenr; 
\ aufiî ne s'y engagea-t-il point: il n'en prit que 
,, l'habit 5 qui fe peut porter (ans confequence 8c 
,, n'oblige à rien"« En parlant des Sociétés da. 
marais, dont il fait une agréable peinture, PAih 
teur montre qu'il connoit affez bien f'état de| 
Paris en ce teros-là , quoique nous remarquiom ' 
en lui une jeunefle de Style, qui nous perfiiade 
qu'il ne vivoit pas alors. „ Il règnoit alors, dit- 
„ il, un certain tour d'efprit plein d'enjouement, 
'„ qui prenoit diverfes nuances, félon le {dusoa 
„ le moins de delicatefie de chaque perlbnne en 
„ paniculier. Quelques Dames, comme la fi* 
^ meufe Marion de Lorme & l'immortelle Ni- 
yy non de l'Enclos, fi vantées par St.Evremond 
^, & par tant d'autres Ecrivains de ce tem»-Ià» 
„ a voient toujours chex elles une Compagnie 
„ nombreufe, que leurs charmes y attiroient 
„ Elles a voient un goût fin & exquis pour h 
„ volupté, une Morale douce & commode j di- 
„ ions mieux, un Epicutéifme déclaré, quife 
* ^ reconnoit aifément dans les Lettres de Made- 
„ moifelle de l'Enclos, dans les Oeuvres de Se. 
p,.£vremond> & dans les Poefies de Chapelle, i 

,, Cèft 



A 



OSoïfre^Novemhre t^ Decenthre^xyiS. j8f 

^ Ceft dans cette Ecole qu'ils s'étoient formée; 
y^ L'Abbé Scarron ne pouvoir guères prendre le 
,) véritable .cfpric de fon état dans un pareil Sé- 
5, minaire: auffi ne Teut- il jamais; & nous ver- 
„ rons dans la fuite, que les maladies longues & 
)} (jouloureufes qui font fbuvent naitre des rè^ 
^ flexions férieules à ceux qui en (ont attaqués^ 
„ ne produifirent en lui d'autre effet , que de 
^ lui donner matière à un badinage dont un Bel- 
„ eferit bien fain feroit.à peine capable.*'^ 

n ne difCmule point que les Maladies de 
Scarron furent une fuite ^de fon intempérance & 
de fes plaifirs. Voici la manière dont cet aveu 
cft tourné. „ Un jeune-homme dé cette hu- 
)9 meur , qiii n'a voit ni la Ibbriété, ni la tem- 
yy pérance a*un Anachorète , vécut fort vîte. 
„ Une lymphe acre fe jetta fur fes nerfs, & fe 
„ joua de tout le favôir des Médecins^ La Scia- 
3) tique , le Rhumatifme , & plufieurs autres 
„ maladies vinrent tantôt fucceffivement, tan- 
,, tôt enfemble , & firent du pauvre Abbé un 
„ trifte objet de compaffion." Ces traits, qui 
partent de la fincérité de l'Hiliorien , difpofenc 
à croire aifément le bicH qu'il dit de celui dont 
il fiiit l'Hiftoire. 

Cette Hiftoire eft un tifTu de ce que Ton ap- 
prend de Scarron dans fes Ouvrages, & dans ceux 
des Auteurs qui l'ont connu. Il ne fe trouve 
point d'Eloge de Scarron dans les Journaux Lit- 
téraires} il n'y en avoit' point de fon tems , & 
cet établiffemfent n'étoit pas encore commencé. 
L'Auteur de fa Vie foupçonne même „ que la 
>, grande fortune que fie Madame Scarron, con- 

„ tribuâ 



1 



|8Z BiBUOTHBQVB RAISMFlIBk^ 

^y tribua au filenge des Ecrivains qui auroâcm pi 
^ traiter cette matière. Peut-être ciaî^pîiM^* 
^ ils que l'on n'hnputât l'Ëioee du Man i Foi- 
^ vie de faire reflbuvenir la Veuve des kin£tar 
^ commencemens qui ne lui iNx>niettoîent jiê 
^ une élévation fi glorieulè.'' 

Scarron étoit né Pan x6iOy oii. rannée £it 
tante; & ce qu'il y a de reniarqufli>le, c'eft qpif 
le ^os des Auteurs qui ont eu occaIk>n dé pm^ 
1er de lui y s'eft également trompé fiir le fiemr 
de ÙL naiflance & fur celui de iâ mort. VAu-' 
teur de k Defcriftim de Pétris le fait moiuîr 1o 
14 d'Oûobre i6do^ ige de cinquante oeiifa»! 
il ièroit donc pé en 1601 y lèlon ce calcul: mai 
Scarron le détruit lui-même* 

Dans une Lettre \ Marigtw^ il dk: ,, Quaocf 
^ je fbnge que j'ai été afièz uin juiqu'à Page de 
yy vingt-iept ans pour avoir bu (buvent il FABe^ 

2, mande." Ceik veut dire, que ce Ait i T^ 
e vin^-fept 1x1 de vingt-huit ans qu'il per& 
cette Uathy qu'il ri^recte en plus d'un OuvngeL 
II faut joindre à ce témoignage ce qu'il dît du 
commencement de & maladie, dans le Typbco» 
£n parlant au Cardinal Mazarin , il aŒire ex- 

Ereuement qu'il tomba malade dans le tems que 
V Reine accoucha de Louis XIV. Ce Prince 
naquit en ii$38« Scarron avoit alors v^lgt-ièpt 
ou vingt-huit ans. Toutes les autres Epbqucsfê 
rapportent \ ce calcul. Il compte huit ou neuf 
ans de maladie dans fon Epitre à Henri Prince 
de Çondé , qui certainement eft de l'an \6ifi. 
Dans ion Portrait £uJt par lui-même 9 il dit qu'il 
à trente ans pafTés^ & que s'il va juiqu'à quanm* 

te. 



Ht^ A ai'outera beaucoup de maux à ceux cju'il t 
jd^i (buâms de^îs huit ou neuf ans. Ce Pon 
trait eft de Tan i6^^ ou i6^f^ & fut imprimé 
■JÊKk t6^. En 164.7, ScarroQ avoit neuf ans de 
snalâdie & étoit alors dans fii trcnte-feptième an« 
«éei II avoit plus de trente ans, & pou voit en* 
core (oixSnx beaucoup avant que d'arriver à 
fiiaraate: ilti'citdoac pas polSbie qu'il pûc çn 
«Toir cinquante-neuf quand il mourut, comme 
Wfiippo(ê l'Auteur de la Deferipcion de Paris. 

Quoique cette di&uffion (bit moins agréable 
^«e llHiAoire même dont elle eft Hiivie , & 
^oi eft pidne de £iits agréablement touchés, 
aous n'avonis pas cru la devoir négliger; parce 
^'eUe donne une idée de h méthode que fuit 
t'Aotear pour s'afTurer de la vérité d'une Epo- 
que. Il y a deux difcaffions pareilles dans çettie 
HîAotte : on vient de voir k prémiete ; la fé- 
conde regarde le mois oà mourut Scarrcti. Il 
mtafUt, felOA notre Aifteur, au mois de Juin 
.^^660 y a|é d'eoviroa ckiquaiite ans. 

^ rtâ^ tout le nftoode, dit-il, s'eft accoN 
jy ëé i fixer & jport au 14. d'Oâobre ; mats 
j^ cette erreur, qcû a pu être commiië d'abord 
j^ nsprudeoMent par une perfonnemal inftruit^ 
yy & copiée par les autres avec trop de confiai»- 
^. ce , eft <(emfite par Siegmis ami de Scarron* 
:^ B dit expreflement: Scarron mourut au mois 
^ de Jqin id6», pendant que j'étds au Voya^ 
^ titt Roi pour uxi Mariage ; & je n'en avqis 
^ rien iii* La première chofe que je fis à moâ 
^ 4»C0ur I ce fut de l'aller voir ^ mais quand 
^ j'anâvai devast (à poixe^ je vis qu'on empor- 

ntdc 



^^4 



BiBLiormosni KAisômmMf 



'^y toit de cbez lui la chaife fur laquelle il éûak 

3, toujours affis , que Ton vcnoît de vendre i 

„ fon Inventaire.... Ce détail s'accorde avec îi 

yy date du mois de Juin. Serais arriva à Pi 

3, au plus tard avec la Cour, qui revînt de ce 

i> Voyage à fort petites journées, & qui s'anil 

•„ même Quelque tems à Vincenncs , afoA 

^y donner le rems ^ de faire tous les ^épmÊSt 

•„ pour l'Entrée de la Reine. Or cette £ntn^^ 

5, fe fit le 26 d*Août. Segraîs , qui au-Iiea <firf- 

',, 1er à Vincénnes , étoit venu dircâernest à 

)) Paris, y arriva en Juillet. ou tout au pbistnl 

.,, au commencement d'Août. Si Scarroa ifé- 

•„ toit mort que le i+d'Oftobre, il l'eût tromt 

„ encore vivant à fon retour. Il le trouva mo!t, 

„ de (es meubles déjà vendus : il devoir dooc 

„ être mort au mois de Juin." 

L'Hillorieri de Scarron nous paroitbienià 

fait de THiftoire Littéraire de ce rems-là. B 

^a (bin de marquer la fituation où étoit Gm Âtf- 

teur, lorsqu'il compôfa fes principaux Ouvrag». 

'II le fuit dans les d4Vcrs états de ù. vie; & coat- 

tne Scarron a été m^é pour quelque choie dm 

un certain nombre de querelles qui ont fait hnài 

<au Pamaflè , fon Hiftorieti a eu foin de xnecne 

*k Leâeur au fait. 

•Ce qu'il dit du Théâtre de Scarron, dontoa 
joue encore quelques Comédies , nous paroic 
'fort judicieux. „ Ce n'étoit pas , dit-il, ud 
'„ homme à étudier ni les règles, ni les modèb 
',, du Poëmé Dramatique. Il n'en avoir ni h 
„ patience , ni le* loifir. Ariftôte j HonK:e) 
^, Plaute &.TéFeiice:, lui âaroieât fait peur; & 
* iv j, peut- 



9» peut-être ne (kvoit il pas qu'il y eût jamais eu* 
j, un Ariftophane. Il voyoit devant lui un chc* 
„ min firayé. La mode de ce tems-là étoit dé' 
yy plier les Poètes Efpagnols ; Montfleuri & 
^ Thomas Corneille l'avoient fait avec fuccès. 
» Scarron favoit cette Langue. Il lui étoit plus 
2, facile de moifTonner dans un champ ou il 
^^trouvQÎt déjà tout préparé, que de fe rompre 
» la tête à inventer un oujet ôcenfuite à, le mec- 
,> tre dans la règle des trois Unités. Il commen-' 
30 ça par fecouer un joug dont fon efprit ennc* 
9) mi de toute contrainte ne pouvoir s'accom- 
9, moder." Ce qu'il ajoute de l'état où étoic 
âors la Comédie, n'cft pas moins juile. „ Une 
» Comédie alors n'éroit autre chofe qu'une in- 
>9 trigue afièz obfcure d'abord, qui par des mé« 
,>prifes, fou vent par l'étourderie d'un Valet, 
}> par l'intrigue de quelque Soubrette, ou par ua 
9> coup du hazard , s'embrouilloit de plus en 
>, plus, & s'éclairciâbit enfin par quelque autre 
9, hazârd auffi peu prévu que le premier. Quel* 
), Que Valet, mauvais plaifant pour l'ordinaire, 
yy aiibit quelques ridicules douceurs à laSuivan-* 
„ te, qui répondoit à coup fur dans le. même fty^ 
» le. Un Vieillard & quelque Mari rebuté, au- 
), quel on oppofoit un Galant plus aimé qu'aima* 
yy oie, fourniilbient quelquefois une Scène plus 
„ Ou moins comique. Point de mœurs, point 
„ de caraâères, point d'unité, point de règles. 
,> Un Aâe repréfentoit une entrevue dans uo 
„ jardin, un autre fe paflbit dans un hôtel, Tou- 
„ vent le troifième repréfentoit un quartier de 
^ la Ville à un quart de lieue de la Scène du 
Tm. XVll. ?art. II. B b „prés 



}85 BlBLIOTHBQjT^ RAISOHNBlly 

prçtnier Ââe. Les apcièns Comiques, taoc 
^ Eljpagnols que François, n'y rcgardoicnc pas de 
^ fi près. 

., Des Ouvrages où rieç ne gênoit TAutor 
^ le fâiibient frcflemenc. Les Efpagpols écoieK 
^y riches de cette forte de compofitions. Scir* 
y^ ron,qui pofledoit cette Langue, prenoit d'ail 
^ Pintrigue d'une Comédie & n'avoir qu'à j lé- 
„ jpandre le badmage qui lui écoit fi naturel: 
^ ainfi une Pièce de Théâtre lui coutoit peu. 
„ Toutes les fiennes font des fujets £^hçdoIs. 
„ Chex lui le travail con&ftoit , non à faire çax- 
^ 1er plaifamment les Peribnnages comiqua, 
„ mais à donntf des en)reffions férieufes à ceux 
„ qui dévoient parler ferieufen^nt. Le iërieor 
yy étoit une Langue étrangère pour lui. " 

Il n'étoit pas poffible d'écrire l'Hiftoire de 
Scarron , fans parler de fon mariage. L'Hiftoire 
de Madame de Maintenon s'y trouvoit natorelie- 
ment liée. L'Auteur en parle d'un ton bien d^ 
ferent de celui qui fe trouve en plus d'un Libelle. 
U nomme fes garants du bien qu'il ea die ; & 
comme l'efpérance ne fauroit avoir eu de pan 
ftux éloges qu'il fait de cette Dame plufieun 
années après la mort , il eft jufte de pe les attri- 
buer qu'à fon amour pour la vérité ^ & c'eft le 
parti que nous prenons. 

Cet Extrait deviendroit trop long , fi no» 
nous arrêtions à tout ce qu'il v a de remarqua- 
ble dans le Difcmtrs fur U Style burlejque en gé- 
néral y ^ fur celui de Scarron en farticuier: 
nous ne laifTerons pas d'en donner une idée fuc- 
cinte. 



- SéLrra%àn eft le premier qui ait employé, co 
C310C dans un Ouvrée imprimé ; mais ce mot 
»€>urroic bien être ne chez Scarron, où Sarraziti 
requencoit. La choie qu'il fignifie eft beaucoup 
lus ancienne, quoique les Grecs & les Ladni 
t^^eot pas connu ce que nous appelions aujpuTi» 
[*liui proprement le ^/yfe burkfyue. 

Surlefiiue vient de ricâlien BurUy qui eft lui* 
nerae emprunté dé lia Langue Caftillane, daqf 
i.queUe il veut dire un b^dinage , une malice^ 
l»es Italiens^ chez qui il iignifie une flaifanierie ^ 
îïl ont fait burkf€0,.plaifanty & burlare ^ pUi-^ 
'in fer m Burh fignine au(H la Farce que l'on joue 
iprès une grande Pièce j & comme les façons de 
>arler les plus comiques & même les plus gro^ 
:efques y font reçues , de-là vient qu'on a ap- 
>clle Styk burlefyuçy celui qui convient propre* 
xient aux Farces. Le mot Burkjque n'étbit pas 
încore en uûge au mois de Décembre ï<^î7- 
L^Hiftoire de r Académie Françoife par Pelliflba 
?n fournit la preuve. 

„ Avant Scarron,il y avoit un Sxy\t familier^ 
^ çnjouéy & vraiment comijue. On a un badi-i 
^ nage élégant de. ce gqnre dans pluHeurs Epi- 
^y très de Marot, de Boisrobert, &c. Mais ce 
^ h'eft point là le Burlefque. Saint Amand fe- 
,^ couant le joug avoit donné dans un badinaga 
„ plus facile à exécutçr ) en admettant les phra-^ 
,, fes populaires, les expreffions triviales, dans 
^y des vers uniquement confacrés à la débauchej 
ji. Ce n'eft point encore là le vrai Burlefque, td 
yy que Scarron nous l'a montré. Mr, de la Mon- 
^ noyc a doçné Ip nom de Sfjfk niais à celui de 

Bb a ' " „ û 



^S8 BnLIOTfiEQVB RATSONKBfE^ 

^, la Chanfon de Mr. de h Pàliflè. L'Aufeeor 
^ appelleroit volontiers Stjk grivois , le Style de 
^ St. Âcnand. Ses faillies & le cour qifil les 
^ a donné , fentent plus le Corps de garde que 
^ les bonnes Compagnies.'^ 

La maniè^re de Scarron A originale. H n'a 
point eu de modèle à qui il.fe (bit e;ffbrcé de 
reflèmbler ; mais il a été lui-même le modèle de 
ceux qui ont taché inutilement de rioûrer , Se 
qui ont, poiir ainfi dire, deshonoré le Burieique 
par le mauvais uË^e qu'ils en ont fait. De mê- 
me qu'on a donne le nom de Marotique au Sty* 
le qui étoit propre à Marot, il y auroit eu de b 
juftice à inventer un nouveau nom en Ëiveurda 
Burlefque de Scarron , pour le diftinguer de ce* 
lui de fes ridicules imitateurs. 

Le Burlefque fut goûté dès qu'il parut. L'Au- 
teur explique ce mot en cet endroit par une fiai- 
fanterie ingénieufe^ telle qu'elle fe trouve dans 
les trois' Ouvrages pour lefquels Balzac deman- 
doit grâce, au cas qu'il falût irrémifliblemenr que 
le Style de Marot & le Genre Burlefque pérît 
fent. On voit que Balzac ne met point de ài&^ 
rence entre le Burlefque & le Marotique. Ces 
trois Ouvrages qu'il vouloic fauver , font les A^ 
'vantures de la Sourts par Sarrazin , la Requête Je 
Scarron au Cardinal de Richelieu , & celle de$ 
pi^iânnaires à P Académie , par Ménage. Le 
Commentateur de Boileau Defpréaux conclud 
de-là , que Balzac n'a point connu le Burlefque; 
& qu'il a confondu le naïf avec le boufbn, Se 
l'agréable avec le ridicule. Notre Auteur jufti- 
fie Balzac, en expliquant ce qu'il entendoit par 

But- 



i 



G/lêire^Nû'HmbreÇ^ Décembre^ 17^6. )8p 

Surlefque. 11 appelloit ainfi un Style gai & naïf, 
me agréable & ingénieufe boufonnerie propre à 
mire rire les honnetes-gens. Ge caraâère naïf & 
tgréable, refferré daasdes bornes trop étroites^ne 
::onvcnoit point à l'efprit libertin de Scarron. Il 
fturoit pu fe contraindre jufqu'à ne s'en point 
scarter, dans un Ouvrage un peu court : mais 
L'rfï»ric boufon Temportoit dans un Ouvrage de 
longue haleine ,& il faloit qu'il mêlât ces deux 
fortes de Genres, qui paroiffent à Mr. Broflèttefi 
oppo(es l'un à l'autre. Si ceux qui l'imitèrent 
a voient eu l'efprit de les afibcier comme lui, 
l'inconvénient n'eût pas été fi grand : mais mal- 
heureufement le naïf leur manqua, ils ne prirent 
de lui que le boufon &c le ridicule, qui n'étant 
plus afTaifonnés du naïf, comme ils le fbfit^iuis 
les Ouvrages , ne purent & fbutenir dans ceux 
où ils les cmployoient. 

Le débordement du Burlesque en France, & 
l'abus que l'on en fit, foulevèrent plufîeurs Ecri-^ 
vains contre ce Genre d'écrire. PeilifTon fut des 
premiers; mais le nom de Burlçfquefe donnoit 
• à des Ouvrages très férieux. On appelloit vers 
burlefques les petits vers; & notre Auteur trou- 
ve que cet ufage étoit fondé en raifbn: car, dit- 
il , û B»rîa veut dire Farce, & Burkfyue ce qui 
appartient à la Farce, quantité d'anciennes Farces, 
comme le Cartel de Guillot^ le Mariage de Bien y 
le Cocu battu & conte jtt, Se autres petites Co*' 
inédies de ce tems-là , font écrites en vers de 
cette mefure. Le déchainement de Pelliflbn & 
de Defpréaux contre le Burlefque prévient 
moins, quand on remarque avec notre Auteur, 

Bb 3 que 



\ 



que Scarrpn lui-même en aroît parlé avant eux, 
avec encore plus de mépris qu'ils n'ont fait. 

Si nous fuivions l'Auceur dans THiftwe da 
Burlefque, dans ce qu'il die du Naïf qu"!! ^ftin- 
gue toujours du Boufon y dans la comparaifao 
qu'il ^t de Scarron avec fes imitateurs y il 
nous mèneroit trop loin. Nous finirons par un 
traie qu'il lâche vers la fin de ce Difcours, con- 
tre ce qu'il a appelle dans ibn Epicre^ le BurJef- 
jtfe tfùkleme. 

^ J'avoUe nion (biUé , dit-il , je m'accom- 
^ mode encore mieux du ridicule plaifàot de 
,,. Scarron, que du ridicule (erîeux de nos Néo- 
,, logues modernes. Que Scarron emploie un 
^ ter ANC boufon , je ne puis l'attribuer qu'à l'ei>- 
y\^ vie qu'il a eue de me. divertir. Je me prête 
,^ même à ibn defleiii. Je ne l'ouvre que pour 
„ V trouver de la gaieté j& en fiait de joie U cft 
yy Don. de li'être pas toujours trop difficile à con- 
^ tenter. Mais quand je lis un Livre auffi fe- 
y^ rieux que les Révolutions de la République 
yy Romame, par l'Abbé de Vertot, & que j'y 
yy trouve cette étrange façon de parler, que ks 
,, Romains tir oient leurs vivres de leurs derrières y 
yy ce Burleique auquel je ne m'attends point me 
,, fait rire, à la vérité^ mais ce rire t& bien dif« 
yy féreot de celui qu'excite la leâure de Scar- 
,> ron. Ce dernier efl: accompagné d'approba- 
•„ tion : l'Auteur a voulu me réjouir , il a 
^y réuffi y je lui en fai gré. L'autre fait un eâèt 
99 contraire : il me raconte férieufement, & dans 
9, un ftyle orné , des Guerres^ des Batailles, des 
M Révolutions^ je fuis content du ton dont il 

n m'en 



'„ m'en parte. Tout à coup il change de ftylé 
3, fans m'avcftir,& me donne unBuriefque digne 
5, du Ronmi Cotni'que. Je ne puis le foupçon- 
yy ner d'avoir eu defïèitï de m'éga^er : il faut 
yy doncqtfil tfait pas fenti lui-ittcme tout le bou- 
55 fort qui eft datis les tefmes donc il s'eft fcrvi: 
„ il me divertit, uni le vouloir j je fuis difpen- 
yy fé dt lui en favoir gré. *^ 

Gtitre les ttôis Pièces, dont nous venons de 
parler, & qui paroiffent dans cette Edition pour 
la première fois , elle a encore l'avantag» de 
l'ordre, qui né fe çouve en auCunè des pfccc- 
dentes. Voici la divifion des Volumes. 

Le I. contient î'Êpitre à l'Auteur, PMiftoirc 
de (à Vie & de fes Ouvrages, leDifcours fur le 
Style Burlefque en général , & fur Celui de Scar- 
ron en particulier j les Faâums, les Portraits, 
& les Lettres de cet Auteur. Le 1 1. le Roman 
Comique, Lelll. les Nouvelles. LélV. & 
le V. les Poëmcs Epiques^ favoir, le Typhon & 
le Virgile travefti. Le VI. & le Vil. le théâ- 
tre de Scarron. Le VIIL fes Pocfies diverfey; 
chaque efpèce eft à part & de fuite , fans cette con - 
fiifion, où ce Volume étoit autrefois! Le IX. 
& le X. contiennent la Mazarinade,la Baronade,- 
les Suites du Romaii Comique, & celles du Vir-' 
gile traverti. 

Au-Iicù des chifîRMis d'images fans goût , ni 
fixjet y qui deshonoroient les autres Editions^ 
celle-ci eft ornée d'Eftatnpes. Celle du Virgile 
travelli, bit exetnplè,eftfirigulière,ence qu'elle 
rcpréfcnte Enée habillé à la Françoife , portant 
fôn Père qui a une toque à la Polonoifc y Créufc 

B b 4 a fait 



}pt BiBLIOTHBQITB RaISONHBÏ^ 

ft Tair d'une perfbnne affligée, ayec un cliapdec 
à la ceinture ; & Afcagne qui eft en robe de 
chambre aifez courte^ a Tair d'un véritable ni- 

faud. Les Eftampes font de très bonne main, 
Tous fouhaiterions que dana un Livre enDcr^ 
ment François, on eût mis fous le nouveau Por- 
trait de Scarron une Infcription Françoiiê, aa- 
Ceu des vers Latins de Ménage. Cdle-ci) entre 1 
autres, nous auroit paru du moins aulE conFe-j 
nable. 

Pour le Poutrait de Scarron. 

Tel fut Paul Fils de Paiil, Père du vti^ 

Burleffuey 
Il fit ^ aptciant leNatfau Grotefyue^ 
Se frayer uue route à fimmortalité. 
Elftit vif ^Auteur gai^ malade imÎTnstabky 
Il porta t agrément jufyu^à nous rendre 

mable 
Lte détail defes maux ^ de fa pawvreté 



ARTICLE VIL 

II L Extrait de T Histoire dit Conq- 
LE DE Trente par Fra-Paolo Sarpi» 
. traduite par Mr. I^e Courayery &c. On trou- 
vera le premier Extrait dans la féconde Partît 
du Tome XVI, pag.^zi. ^ le fécond dam U 
première Partie du Tome XVI L pag.u^. 

A Près avoir rendu compte des Pièces qui 
précèdent ici l'Ouvrage de Fra-Paolo ^ b 
» cou- 



w 



coutume voudroic aue nous donnaffions un dé- 
tail de l'Ouvrage meirie. Mais cette Hifiaire eft 
connue depuis (i long tems , & d'ailleurs elle 
eft chargée de tant d'evènemens, que nous nous 
croyons naturellement difpenfés d'un travail af- 
fez pénible , & peu néceflàire. Il nous fuflira 
d'obferver, que comme il n'y a ni Proteilant, 
ni Catholique-Romain qui ne doive prendre in« 
tèrêt à ce qui fe pafTa dans le Concile de Trente^ 
aufli VHiflaire de ce Conàle n'a jamais paru dans 
rétat d'cxaaitude & de pafeâion où Mr. Le 
Courayer nous la donne à préfent. On peut s'en 
être déjà fait quelque idée, fur ce que nous en 
avons dit dans les autres Extraits ; ntais il eft 
tems d'examiner la choie de plus près , &c de 
voir de quelle m.anière le nouveau Traduâeur a 
exécuté fon def&in. Ce deflêin n'a pas été feu* 
lement de rendre avec plus de fidélité fon Ori- 
ginal en Franfois , mais encore, d'y ajouter un 
Commentaire dont le but principal eft d'expli*. 
quer nettement les faits , & les chofes,- ce qui 
l'engage fouvent à juftifier fon Hiftorien dans. 
les endroits où il a raifon, à le condamner où il 
a tort, ^ l^étendre dans les occafions où ion ré-, 
cit eft obfcur , à reâifio: fa narration .quand il 
fc trompe, a y fuppléer lorsqu'elle eft imparfei* 
te, & à donner des EclairciflTemens Hiftoriques. 
&Théol(^ques dans tous les lieux où ils étoient 
néceffaires. Il règne en tout cela tant de patien*» 
ce, tant de difcumon, tant de leâure, tant de 
£ivoir de toutes les fortes , tant de jufte difcer-^ 
nement, &, généralement parlant, tant.d'im^ 
partialité , qu'à notre avis, la République des 

B b 5 Let- 



}P4 StBi:^c'niB4ùÉ RAisolrm1i| 

Lettres n't guères rien vu de phis âchtPt ettoe 

i^enre, fi tant eft même qifSy ttt rim qutlé 
oit au même degré. 

Nous devons donc confidérer ici le km 
Auteur d'un ii bâ Ouvrée , ibus deui igsb 
différens, dont le premier tsn celui d'Iotcrj^ 
te y & le fécond fera edui de Gotnme&tateur. 

En qualité d'Interprète , foa travaS tié peut 
être mieux apprécié que par la cocnpainK»^ 
Fon en doit faire avec celui ilAmekt àt UHaf 
fayey dont la Traduâion étoit la meiUetnèqaft 
nous euffions avant celle-ci. Quelques £xa&i 
pies fuffiront pour £ûre fentir la fupériorité àt 
nouveau Traduftcur. Nous prendrons le prti 
œier prefque au commencement àt-VHiftmi 
Voici ce qu'y dit Pra - Psoh. ,j Avant qpé 
^ d'entrer en matière , je doiô avertir que dia^ 
„ l'Eglife Chrétienne l'ancien uiàge étoit d'affco- 
yy bler des Synodes pour te^min<^ les coâtrorer- 
yy fes en marière de Kéligion, 6t pour féfônoef 
yy les abus qui s^étotent introduits datif /a Difii^ 
^ flinê. Ceft ainfi que, du vivant même de la 
^ plupart des Apôtres, fut terminée, ï]émk* 
„ lem , par une Aflëmblée , où fe trtntvèrtni 
^ tous les Fù/èlèf dé cette VÛky & quatfe Afi' 
jy tre$ , la première dilpute qui s'étoit élèvfe 
p dans l'Eglile au fujet de l'obfervatibn des Ce- 

yy rémonies Mofaïqute A cet exemi*c, 

„ pendant deux cens ans& plus.'. . . Ifes Eve- 
„ ques & les Principaux des Eglifes s*âflèmWè- 

,, rent v!j êiant 4jue ce té^dè feur itn 

ir ^f divtfons. " J'ai marqué par une difiërcot^ 
de caraûèrtts , les' endroit^ où lAî.^mht avoît 

i - maD- 



O^oire^ Navemhre ^ Decemhreyij\6. 

nianqué de fidélité ou.d'exaâicude. Au-lieu des 
abus introJui/s dans la Dtfcipline , i) avoir mis 
des abus introduits dans l'Ordre EccUjiaftique ^ 
ce qui rcflèrroic lins raifon le fens de l'Auteur. 
Il lui taifoit dire enfuite, que tous les Fidèles s'é- 
toienc trouvés au Concile de Jérufalem j ce qui 
écoit vifiblement faux , & fort contraire à ce 

2UC dit VHifiorieMy qui fpécifie uniquement tous 
s Fidèles de cette Ville. FravPaolo ajoute fim* 
plement^que quatre A^otres ajjifièrent à ce Con*^ 
cile^ & fon ancien Tradudeur lui faifoit dire 
Kffiîs y fféfidèrent. Enfin ce raême Tradufteur 
en parlant des Conciles en général , fait dire il 
YHifiorien^ <{\x^il n^y avoit alors ^ c'eft-à-dir^ daof 
ces premiers tcms , que <e rimède pour oter les. 
divipons y y ajoutant de fon chef le terme è!m\ 
lors y qui litnite le tems que i'Qriginal n'a point 
limité. 

Une page ou deux plus bas , Fra-Faolo dit, 
en parlant des Vaudois & des Alhigeois ^ que datis 
refprit de leurs Voifins, ils pa0bient pour de» 

^ in cof yf- 

Amelot 

en avet", 

jîon , foit pour leurs impiétés ^ou pour leurs faletés. i 
ce qui attribue a l'Hiftorien les faux jugemens que 
leurs Voifins en portèrent. 

A la page (aju (43) il efî dit ,,que le Pape; 
^, confulta diverfes perfonnes, pour trouver par 
„ leur moyen quelque remède aux abus les plua 
y confidémbles, entre lefquels celui de la prodi- 

ii galité 

(a) Le premier di: ces Chiffiet Q^ittqu^ la page de l'EâK 
t>oa 4cJUondieS| & le fécond celle de l'£d. d'Am^crdam. 




^ 



Iptf BlBLÎOTHBQJUrS RAISO¥ras%| 

yy galité des Indulgences paroiflbk le plus inh 
^ portant." Il y a dans l'Original , Trâ fà 
frma fi rapfrefentava la froJsgaUtà M Im* 
genzây ce que Mr. Ameht a traduit par li oM' 
tf mercétMtfe des Indulgences ^ ce qui £m m 
faux fens , puilque rHiftoricn ne parle que de 
leur profufîon , & non de leur vénalité. 

Ceftpis encore à lapage4X> (47)5puisqueraK 
cien Interprète y a pris tout-à-fait à amtka^ 
fon Auteur. Cet Auteur, parlant du Pape if» 
drien VI, quipanchoit à réformer bicntedïH 
fcs, dit, que l'un des fujets de chagrin qtfottCCf 
Pontife , fut que quand il s*étoit déterminé i i* 
quelques abus y il ne manquait feint de fi trw0 

des gens qui s^ofiniitroient à foutemr J^î 

ks choÇes que Von voulait fiêpprimer éteient kneii 
9U même nécejfaires. Ameht a tradmt , qu'iljf 
éPOHt des gens qui prenaient à tâche Je frètent 
que fautes ces réfarmatians étaient bonnes é" ^ 
mécefaires. Un Traducteur intelligent & jufr 
cieux pouvoit-il faire une faute femblable ? Os 
n*eft pourtant point la feule de cette cfpè» 
qû^Amelatahite^ & nous pourrions en accufl»- 
kr les preuves, s'il en étoit befoin à cette heurt; 
Mais comme ceci ne pourroit qu'ennuyer k 
Leâeur, nous padbns à quelque objet plus ^ 
tèrcflant, & contents d'avoir tait fcntir rcxco- 
IcncedelanouvelleTraduftion, nousnouséocfr 
dions un peu davantage fur celle du Commeft' 
taire. 

La première chofe que l'on exige d'un Coœ- 
mentatcur bonnêtc-homme , dm qu'il fc dé- 
pouille de tout préjugé pour l'Ecrivain qu'il cott- 

tneote, 



OSûh'e^Novemire& Décembre jtj^6. I9f 

mente , & qu'il veuille en avouer les fiiutes, 
fans prétendre les excufer par de mauvais fub- 
terfuges. Or en ceci Mr. L» Courayer montre 
par-tout une int^ité qui doit (èrvir de modèle. 
Quelquefois il reconnoit (ans &çon que rHii)x>« 
rien s'eft trompé. Les Exemples en font fi fré- 
quens , que j'en prendrai un à l'ouverture du Li- 
vre. Je tombe fur l'an 1547, ou il fe palla des 
choies bien iinportantes, tant à "Rome^ que dans 
l'intérieur du Concile, qui le firent enfin trans« 
férer à Bologne dans la Seffion VIIL L'Hiftoriea 
dit que Faul III aiant appris avec plaifir la di£^ 
pofirion que marquoient quelques Èvêques de 
lui renvoyer l'aSâire qui les occupoit, ne tarda 
point à battre kfer pendant quUl était chaud y et 
Cj}JL allant fins loin que ne lui avaient marqué les 
Légats y il fit expédier une Bulle par laquelle il 
évoquait à fin toute V affaire de la RéfitrmatiafK 
Si le fait étoit vrai , on ne pourroit imaginer 
d'attentat plus criant contre l'autorité du Con«* 
cile ^ &c l'on doit avouer que les Evêques qui 
fkifoient en gencraL à Trente^ \ine fort fotte fi- 
gure, y auroient du perdre entièrement conte- 
nance, s'il eût paru, par un Aâe formel, qu'ils 
n'avoient de pouvoir que fous le bon-plaiur du 
Pontife. Il n'eft donc guère vraifemblable, que 
JPaul III, tout hardi quil étoit, ait eu l'impru- 
dence de montrer fi ouvertement le mépris qu'il 
fâîfoit de cette Affemblée. Auffi Mr. La Cou^ 
rayer a-t'il eu foin de nous avertir de la fauflèeé 
de TafiFaire, Sa Note entière mérite d'être rap- 
portée. „ Notre Hiftorien, ^>-//, s'eft trom- 
^ pé ici 9 en prenant une Bulle pour une autre. 



^ 



)98 BiBE.i<rrnB<;tyB R'Aisoimi%, 

y^ n n'y en eut point pour évoquer toute laRé- 
,, formation à Rome. Le Pape avoic (as^ 
^ ment ordonné aux Légats paur un Bief du 2t 
^ de Mars 1546, cité par RayiuiUus No. ]L 
y, de ne rien laider ftatuer fur la RéfbnmiQil 
yy qu'après le lui avoir communiqué. LeCardisj 
^ Palavicin &it mention d'un autre Bref du 2} 
^ de Février 1547, qui autorifbit leCoodk) 
^^ réformer ce qui r^rdoitles XJïàopsàati* 
yy néfîces, en réfervam pourtant au Pzfchi k 
^) pouvoir de régler ce qui regardoii fes Mi- 
yy niftres félon que Texigeroienc les coDJonfibi* 
^ res, fans que les Pères fe donnalTeat Tautio- 
^ rixé de lui lier les mains ^ & c'eft peut-être ce 
yy Bref qui a donné occafion à la méprifède A» 
y<^ Paûh, Mais les Légats n'ofèrent conuau» 
,^. quer ce Bref au Concile , de peur que qixt* 
yt ques-uns ne le regardafTent comme une injoR 
„ ftite à l'autorité de cette Affemblce , (fcat 
,) Paul fembloit méconnoitre la jurisdiâkmm 
yy lui dél^uant la fienne, comtTîc l'avoue Pifc 
., vicin lui-même, Liv. IX. C. 10." Ds'œ 
niut bien, à la vérité, que ceci ne mette à coo- 
Yert la liberté du Concile. On y voit mcoac 
très clairement que cette AfTemblée n'étoit, en- 
tre les mains du Pape , que comme un jeu de 
Marionettes , qu'il dirigeoic abfolument à fa &n- 
taifie. Mais enfin il eft faux que ce Pape aie 
expédié un Bref , pour évoquer à fit twitk 
Mi^9rmation d'une manière pure & iirople,coaK 
me Fra-VaohXt dit ou l'infinue^ & Mr. LfCn». 
fayer a bien fait de Iç relever dans cette rencoo- 

cre^ oà l'exaâe vérité le vouloir. 

U 



OStohrejNovmhrttâ Deceinhrey\ji6. jpp 

Le (crupule & la délicateflè du Cômtnenta- 
mr vont quelquefois fi loin , à cet égard, que 
m pourroit craindre qu'il ne les portât à Tex- 
es. Ceft ce que bien des gens foupçonneronr, 
eut-être j en .li(ânt Tes Réflexions fur un £vè- 
enjcnt de Tan 1559. Je veux parler de la Paix 
pnclue à Cateau-Camtrefis entre la France & 
EJfagne. UHiftorien affure , d'un ton pofi- 
L que cette Paix cha^ina extrêmement Paul 
Vj parce que ks Jeux Rois s^oHigeoient Je tra-^ 
mkr Je bonne foi à frocurer Je concert la celé- 
faim Ju Concile^ la Reformât ion Je tEglife^ ^ 
t conciliation Jes JifférenJs Je Religion ^ & que 
W fentoit combien étoient ffécieux les noms Je 
léformation ^ Je Concile. Voici ce que Mr. 
> Courayer a noté là-deflus. „ Je ne (ai, 16/- 
I il y fur quoi fondé notre Hiftorien prétend quç 
, Paul fut idus mortifié de cette Paix, que de 
y tous les autres Evènemens. Du moins nous 
, ne voyons rien dans (a conduite , qui nous 
y convainque de ce mécontentement; & il n'a« 
9 voit aucun intérêt à defapprouver cette Paix^ 
, puisqu'aucua des Princes contraâans ne pa- 
^ roifibit d'humeur à vouloir en &ire û&go à 
, fon préjudice. Quant à l'égard de l'article 
^ particviUer du Concile , comme il étoit réfolu 
^ de n'en point tenir hors de Rome , il làvoit 
« bien qu'il en feroit toujours le maitre, & que 
a riçn ne s'y pafTeroit contre fa volonté. Aufli 
n.c voyons-nous pas que les Hiftoriens parlent 
)> de ce prétendu mécontentement. AJriam 
D dit au contraire, L. 16. pas. iioy. que le Pape 
)) en parut fprt joyeux, é" nPafafrincifalmente 



400 BlBLIOTRBQUB R AISOKHEif 

5, mofiro JCeJferne lieto. Et Onuphre^ autre Afc 
yy ceur afTeZi impartial auffi-bien qu'^^^, 
,j nous afTure que l'on en fit paroitre beaucoup 
jy de joie à Rome. Cujus facis caufs Emu 
yy Fontifice more majorum infignes fiffUcatm 
yy habita y Utitia figna édita, C'eft donc £ù 

- ,j fondement, que Tra-Faob attribue ce tnécon- 
„ tenrement au Pape , ' qui avoit au contraiie 
„ tout fujec de fe réjouir de voir rétablir ii paix 
„ entre ces deux Princes , qui paroiffoicnt l'un 
i, & l'autre très difpofés à arrêter les procès 
9, des nouvelles Seâes dans leurs EtaC5, ce qaHs 

. „ ne pou voient tenter utilement qu'après b 
j, paix, " Je ne fai fi ces raifonnemens convàa- 
cront tout le monde. En quelque endroit q« 
fc dût tenir le Concile y il le pouvoir ah /mœ 
que cet objet caufât quelques inquiétudes au Pi- 
pe j & pour peu que l'on connoifTe la Cour de 
Rome y on ne faûroit ignorer que les marqa» 
extérieures de fa joie ne font pas toujours fort 
fincères. Il feroit donc très poffible cpiAind 
& Onufhrèy qui femblent donner le déraendà 
Fra-Paolo , ne le contredifent point cSèâivÇ' 
ment. Mais le Commentateur de ce dernier 
doit être louable de n'avoir pas laifle fans cenlb- 
te un endroit qui lui a paru cenfurabie,* &rott 
voit à cela, que fa prévention pour l'Auteur qrfl 
publie , n'eft rien moins qu'exceffi ve. 

Avec la même droiture de cœur il juftific, & 

défend , quand il le "faut , cet Auteur , caaat 
les perfonnes qui l'ont injuftement auaqué, foit 
en prenant mal fapenfée^ ou en le chicanant (ans 

wÈfa. Il n'eft pis nécellàire d'aller fort loîa 
-■ : . • pouri 



ipour en cherdier;des exemples. Nous en trou» 

irons de fbrt remarquables dès le commence* 

ment de THiftoire/ Ceft à Tendroit où From 

^aoh nous donne une idée générale du Concile 

^e T^tntt. Je la tranfcrirai toute entière , afin de 

me ttr e au fait mes Ledeiffs ; & pour cet e£fet 

je marquerai, en caraârère italsp/ej les expre& 

^jons qui ont le plus choaué les Critiques. ^ Je 

^ raconterai donc , Jif tHiflmen , les Cauiès 

^ & les Intrigues d'une AfTecnbléeEccléfiaftiqu^ 

^ qui durant le cours de 22 ans , a été, pour 

99 diverfes fins, & par diâerens moyens, recher« 

99 chée & (blÛcitée par les uns, & arrêtée ou 

99 retardée par les autres; & qui pendant i S ans, 

99 tantôt aâemblée & tantôt interrompue, a eu 

9, enfin un fuccès tout contraire à Tattente de 

,, ceux qui Tavoient procurée, & à la crainte de 

„ çeur qui Pavoient traverfee. Belle leçon, qui 

9, nous apprend à remettre tout entre les mams 

yy de Dieu, & à ne nous point repofer fur la 

9, prudence humaine. Car au-lieu que ce Con- 

9, cile avoit été defiré & foUicité par des perfôn-* 

9, nés pieufes pour réunir TEglife qui commco* 

^ çoit à iè divifer , {a) il a fi bien étMi k SchH^ 

„ me fat Vohftinatiim des partis ofpojés ^ quitta 

,, yenJu la divifion irréconciliable, hts Princes 

^ l'avoient demandé,* comme néceflfaire pour It 

„ réforme de POrdre Eccléfiaftique ; Se il ai 

„ caufi dans fEglife plifs de dérangement , qu^l 

9, ne ij en éteit vu depuis la naijfance ib$ Chrifiia* 

„ nsiwse^ 

(4) Paltyic. lAtrod. Cap. 7. & fi^f» 

Tm. XVII. fart. IL Ce 



r 



40» '^onMvmB^^é KâMomamY 

^ mà(m. Les Evéqaes (4)' asmsnt tivià h 
,, teoMwer fautoricé Epiftca^c , paâe (Rh 
>^ <iue86ule ent^rc entr^ les inains desFis^ 
^^ 8c Û la lem afmt fgrdn taut-À^faif , nk 
^ réiHifa$t$ i wte phs grande pryitmde. Au coq- 
^ traire la Cour de Rome, cfà apprélieQddt& 
^, âadott la tenue de ce Concile, comme fi&- 
^y ftruaieot le [dus efficace pour modérer cette 
9, puiflànce exorbitante, c}ui, fNur ài!&ïmf^ 
^ grte^ étoit montée , des plus foibles iepa^ 
9, auo excès lâns bornes , yaaffenmdeteliç 
^ forte fon empire fur la partie qui lui reftt 
„ fiijette, que jamais (on autorité n'a été fi g^ 
„ de, 8c n'a jeccé de fi profondes racina. (h 
^ ^«^ ^<Amp 4^^ frofnment a^Un et Oaét^ 
„ Wlîade de nette Sièck." 

Cette Introduâion en ion tout, ne pottvoîi 
que déplaii^ fouverainement aux Papes , &ii 
leurs Partions. On y découvre trop aHemeot 
d'un coup 4'œil , que ce ne fut pas TErprit de 
Dieu, c'eft-à-dire un Efprit de Paix, &de V^ 
rite, qui dirigea le Concile de lYente. On m 
pouvoit même indiquer , d'une manière fkt 
fimple & plus naturdle , le vilain manège da 
Pontifes J^omttfi^, pour te moquer tout ïhSà 
des Princes, des Ëvêques^ & de toutes les per- 
Ibnnes pieutes. Difbns^le en un mot. UoeAt 
jfirmblée d'Eiclaves ne pouvoit être peinte, cq 
ininiature, de plu^ vives couleurs. Malhem* 
ièmenc pour les Papes, & pour leur Rdigiaoi 
la peinti^re n'eft que trop vnde , & la déduâkn 



(4} Thasjb Lib, XXXV, No. tu 



hiftorique ne pennct point d*cn douter. Mm 
comme il n'y a guère que la Vérité qui ofïfenfiï, 
ce début de fra-fodh a . furieufement irrité Ict 
Ultramontàîns & leurs adhérens. . Entre les 
traits, qui paroiflènt leur être le plus fehfibles, 
on remarque d'abord ce que dit l'Hiftorieh , due 
le Cohéile de Trente a fi bien itabU lé ichi/mè 
par P^ebfirnation dès taftis Qppofh]^ ^^il a rendu U 
ib^ifhn îH'écdnciBabie. L* Auteur de la Critiqué 
de rHiftoire de Pra-Paifa , page 148, chicane 
for cette expreflSon, comme fi elle vouloit dire^ 
que ce fut le Concile qui fit naître le Schîfm'e* 
Ù eft de notoriété que dans ce fens-là PexpreC- 
fion feroit faiifle. Car Iç Schifme qui commen- 
ça par la Sentence précipitée d'excommunica- 
tion, que Léon X lança, contre Luther SC feâ 
Steâateurs, ne fut au vrai, que confirmé par les 
Anathèmes que les Pères de Trente fulminèrent, ' 
à tors & à travers, contre des gens que les Pa- 
pfcs avoient déjà retranchés , & qu'eux-mêmes 
né daignèrent jamais entendre. Àuflî Mr. Le 
C^ttrayer ne manque-t-il pas de faire obfervef , 
qae fbn Auteur n'avoit dit , & Voulu dire autre 
chofe, finon que le Concile avoit fervi à forti- 
fier le Schifme , & à le rendre éternel. ^ Or 
,,c'eft, dit'it j ce qu'on ne peut raîfonnable- 
,, ment contefter , pour peu que Ton fafle at- 
„ teiïtion que c'eft à la multiplicité des nouveU 
j, les décifions faîtes à Trente , & fur lefquelles 
,, on opinoit librement auparavant , qu'eft due 
„ la principale oppofirîon qu'ont faite les Pro> 
,, teftans depuis le Conàile de fe réunir, & la 
n plus (onc accu&ion qu'ils ont £dce contre 
""^ Ce a ^l'E- 



404 Bni.!pTHBQPB RAIfONHlClf 

^ rEgUfe Roimiiie, ax lui imputant d'avoir fà 
^ de nouveaux Dogmes, & œ nouveanx tiA 
^ clés de foi/' Si l'on ajoute à cda les vadat- 
nés erreurs qui furent canooifees d'une suBéère 
à ne laiâer ^lus.de jour aux droits de la Vérid) 
on aura toutes les raifons qui ont ôcé toute ef|ié- 
nnce à la poffibilité même de quelque réumm 
avec l'Edife Rmoému. Cette réunie» étnceo- 
core poffible avant le Concile de Urenu^ pua, 
que la Réformation que l'on deEmnddc àcetee 
Églife, n'étoit pas encore impoffible; tmd^ 
puis ce tems-lày rimpoffibilicé en eft abiibe, 
parce que le Concile ne laiilà point de porte <n- 
verte à aucun accommodement, & qu'il faut de 
toute néceffité que les Papes écrafent tout , oa 
qu'ils fbient écra(es. 

Le Cardinal PaUvki» accufe auifi Fra-Tià 
d'avoir excel&vement exi^éré en ce qu'il dit 
dans la fuite, que le Concile de TYentè dennodé 
: par les Princes, comme nécêffaire four U téfrm 
de tOfdre EccUpafiifve , a eau// déms tE£Ë^ 
plus de déraf^ement juUl ne r^j eu était vu àfàt 
la naijfance du Chrifiiamjme. . L'expreifioa A 
très forte &ns doute , & je conçois aifeneot 
tout le chagrin qu'elle doit faire aux porfaono 
qui foiit de bonne foi dans le Syilème de PU- 
nion avec PEglife de Rome. De quelle udlit^> 
de quelle re£K>urce feront déformais te Conci- 
les , les {dus légitimement convoqués , & les 
plus intimement unis avec la prétendue Ôume^fc 
St. Pierre , ii bien loin de remédier aux defbr- 
dres, ils peuvent ne fervir qu'à les rendre pb 
grands & plus nombreux ? QiieUe flécrifliireQ^ 



^ 



faroit-ce pas en particulier pour edoide Trea- 
te y s'il écoic vrai qu'il eut caufi détns PEglifg 
plus de Jérat^sPÊtent qu^il ne ^en était vu d^is 
ria naiffÔMce du Chrifitamfme î Ses décifioas (ërvi- 
-rooc-^es de Règle à la Foi, aux Mœurs , & à 
la Difcipline ? âront^elles encore refpeâables? 
•Il s'agit feulement de avoir û ce que Fra-Pueb 
:cn avance eft fondé. Ceft le contredire bien 
foiUement, que de dire ûmplement, qu'il a iâ, 
.excédé dans fa Cenfure. Ceft pourtant à quoi 
iè retranche le Cardinal Palavùiu y au rapport 
de Mr. Le Cour^yety à qui l'expreflion a fait auffi 
quelque pdne y parce, dit-il , ,, que quelques 
^y abus qui reftent à redreflèr , & quelaues ae{^ 
^ ordres qui r^nent encore dans l'EguIb Ro- 
yy maine , ils (ont incomparablement moîos 
^ grands qu'ils n'étoient avant le Concilei £1 ce 
yy n'eft peut-être, ^eute-t-Hy qu'on veuille dire 
yy <iu'à la faveur dç (es Règlemens , on peut 
^ juilifier plufieurs pratiques que l'on regardent 
:,, auparavant comme autant d'abus, comme les 
^ Commendes à vie, les Réfignations tufevo* 
,yy tem^ la pluralité des Bénéfices , les Peniions, 
>^ &c.". JLe fkvant & judicieux Commenta- 
^teur auroit fans doute raifon, fi (oii Hiflorien a- 
voit porté (à penfée fur des abus de cette na- 
ture. Mais cetHiftorien s'eft fi bien expliqué, 
-que le dérangement dont il parle ne peut être 
:cntendu de mille petites chofes fèmb}ables* Ce 
déréo^ement porte fiir l'effènce & fur la Confti- 
tution du Gouvernement EccléfiaAique. „ Les 
^ Evêques, dH-ïl^ avoient efpéré de recouvrer 
-^ Tautoricé Epi&opale , paflée prefquc toute 

C c 3 „ en- 



^ 



406 Broi.l6THBQ9B RAXSOKmte^ 

„ entière eam les mains des Papes ; & le Gv- 
,, ri/r 4/^ DreMte le leur a &ic perdre toiit-à-£ûc, 
,, en les réduîTanc à une plus gnmde iêrvicode." 
Voilà en quoi conGfte le dér^ngemem^, qui pdTc 
tout ce qui s*é9oit im dam tEififo defuis la m^ 
fanée du Chrifiiamjme. Il n'v a plus, ipmla 
proprement , qu'un feul Eveque dons TEglift 
Chrétienne. Outre celui de JRÔmej cous les au- 
tres h'eii ont ^e le nom & les Titres. Jk nt 
ihnty à la lettre, que des Ev^ues oommauz 
& titulaires I les Subftituts & lesoerviteurs^noa 
deJéfus-Chiift, mais c|u Pape ^ car le Condk 
de Tr^ce kur a fait perdre tetU^it-faH leur mb- 
teritéEfifcefaU^ & l'a fait fans efpoir de retCMH. 
Je n'en veu)( pour ^rant que Mr. Le Ceurayef 
hiî • même , dont je tranlerirai toute la Noce 
fur ce dernier Article , parce qu'elle eft extri: 
memenc peinarquable. Le Concile leur a ^ 
perdre toute leur autorité, „ non, i/i/-//, en refièr- 
^, rant davantage l'exercice de leur autorité, mais 
,, en ne leur accordant ^u'à titré de dél^jatioa 
„ l'exercice d'un pouvoir qui leur appaneocHt 
„ eflentiellèment comme Ev^ues , & en leiE 
,, ôtaht toute efpérance de recouvrer ce pov- 
,) voir, paries conceffions faites aux Papes, 6l 
yy qui font- devenues une forte de droit, s|u*tieii 
^ qa*au{)araV&nt on pouvoit les regarder comme 
^, autani: d^ifurpations. C^eft ce qu*a obfefvé 
,, très judicieufement Mr. De Theu , qui afprès 
„ avoir rapporté le deflein qu'avoit Fhil^fe^^ 
,^ Roi àiEffagney de reflferrcr l'autorité des Pi- 
^, pes, 6c celle des Chapitre^, pour augaieocer 
p celle des Evêques, ajoute; Hae èmiUêQfa-kh 



jy teffrefatsane PhUiffi ûfnjilium criminati iUi id 
,, egÎBcerknt , ut mM fiiuffi pêteftas Epèficfporum 
yy fftmanâia , fid multum ex eà dehiatum pt ^ 
,, tum eapoteftas fuïe ipfirum proffia efly ex Dei 
yy inftituto m attrihuUi , iisdêfn tanquam a Sède 
yj ApôUolka deiégatis concedatur , ^ Bftjcâfi 
,, pàffim non Jua fid FantifUis auéoritate ac vice 
j, m munere Jitâ obeundo fiingi dicantur. C'eft 
,, en «ce feiM <(\\xeVra'Faolo a dit cjud le Gdndle 
yy atoit felt pefdre aux Evêques toute leur aiito- 
„ ntc, & PalUvicin ne l'eût pu contcfter, s'U 
yy n*eât penfë , conlhie la- plupart des Ubramàn* 
„ tains y qu*ils n'ont réellement d'autorité eu 
„ matière dejurisdiftion , qfueêelle que leur ac- 
,, cordent les Papes/* Il éft donc certain que 
le Concile de TVente a tout bôuleverfé dans la 
Conftitution fondamentale de FEgIi(e Chrétien- 
ne; qu'il lui a donné une forme toute nouvelle; 
cju'il n'y a laifle qu'un feul Evêque effedîf : & 
je demande fi ce n'eft pa^ là un fi erand dérange^ 
ment , c^ilne s'en éteit point vu ae pareil depuis 
la naijfance du Chrifiianifine 7 

On peut donc affe% proprement appelkf ce Con-r 
€ilé l'Iliade de notre pck. C'eft ce qu'en dit 
Fra-Paohy mais on a^duvé fort mauvais qu'il 
Fait dit. „ Scipion Henri , dit Mr. Le Cou^ 
yy rayer dans fa Note , critique fortement Fra^ 
^, Paoloy pour avoir di)nné ce nom au Concile. 
Mais on ne voit pas àfquel titre, puisque tant 
de raifbns montrent la jufteflfe de cette appli- 
cation. Peut-être que la longueur de cette 
Aflcmblée n'a été que le moindre motif de 
cette dénomination." . « 

C c 4 C'eft 






n 



408 BiBi^iotKBQim RAîsomQif^i 

Ceft ainG que rilloftre Commenttceur le^ 
poufTe toujours, avec autant de force que dé 
(plidité, les Cenfeurs de fon Hiftorien ^ VnKft 
leur Critique lui paroit mal-fondée. Les Esem- 
{des en font ans nombre , êc Ton doit juger in 
refte fur ce que je viens d'en produire. On k 
tromperoic pourtapt beaucoup , fi Ton croyoic ooe 
j'ai ctoifi celui-ci comme le plus remarquable^ 
car il jr en a une infinité d'autres qui font, ûaa 
coroparaifon, bien jdus importans. J'ai pns le 
préoiîer qui s'eft offert à mes yeux dans k Li- 
vre , 2c ]'en avois même marqué plufiems au- 
tres, dont j'avois eu deiTein de parler : maïs la 
longueur de celui-ci . m'a fait craindre de m'cn^ 
gager trop avant. Se je dois ménager de l'eipace 
pour de nouvelles Obièrvations, que j'ai enoxe 
à faire fur le travail de Mn Le Cottra/er^ pw 
en faire fentir tout le prix. 

Je ne parlerai ni des Dates reâifiée$ , oi da 
vrais Noms rétablis , ni des Faits éclaircis , m 
4es Circonilances mieux arrangées, ni de p!u- 
fleurs autres chofès femblaUes , qui , pour efitt 
petites, en elles-mêmes , ne laiflent pas d'être 
d'une grande udUté aux Ledeurs , & d'*-. 
voir coure beaucoup de tems & de peine à l'Au- 
teur. U n'y a prefque point de jpage où l'on œ 
voye de nouvelles preuves de u>n exaâitude i 
tous ces égards. Mais comme dans l'HiftcHre 
du Concile de TVenfe on cherche prinçipalancoc 
. les Queftions propofees , les Opinions avancée^ 
jes Réfblutions prifes , & les Raifbns détenni- 
liantes ; c'eft auffi à do bons éclairciflèmens fur 
Wt cola , que fe porte la première 6c h fias 

gnade 



^pande curiofi^ des perfoones fenfées , n'y m 
fiant 2uèrc aucune oui .puilTe faire cette lecture 
Avec fruit], ùas un fecoqrs de ce genre. Faute 
de bien entendre, ici Téut de la queftion, & 
là le Sens du Décret; tantôt les termes, & tan-- 
tôtles diftinâions d^ la Scholaftique; dans un 
lieu l'ancien u&ge , & dans l'autre la pratiaue 
moderne; pàr-tout rScriçurei, les Pères, THis» 
toire Ecclefiaftique & Pro&ne , la Controver- 
ib , le. caraâère dça, principaux Peribnnages , 
la lîtuation des Ecrits & des Âfiàires : faute, 
dis-je , d'entendre bien toutes ces chofes , 2c 
d^autres de la même n^ure, on ne peut qu'être 
perpétuellement accroché , ce quelquefois même 
on court rifque de faire de faux jugemens, ou 
parce que l'on défère trop à l'autorité de l'HiC- 
torien, ou parce que l'on n'y a pas aflèz de con* 
fiance, ou parce que l'on ne pénètre pas tout-à*- 
£iit ÙL penfee. Grâce, aux foins, à 1 érudition, 
au difcemenoent , & fiir-tout à la probité de 
Mr. Le Cêurayer , on n^aura jamais inutilement 
recours à fon Commentaire ; ^ 1^^ perfonnes, 
même les plus lavantes , y verront bien des cho- 
ies qui méritent ou leurs réflexions, ou leur con- 
noiuance* 

Mais parce que d'un coté les Catholiques-K0« 
mamsy 6ç ^ue de l'autre les Proteftans , pour- 
roient avoir le Commentateur pour fufpeâ^ les 
premiers fur ce que , pour fe mettre à couvert 
des periecutions de fonËglife, ils'eft réfugié en 
^ffgk ferre; & les derniers fur ce que, àixis Con 
Kéftige y il s'efl toujours tenu attaché à l'Unité 
de l'Eg^fe CsAho]iqaC'JtêmshÊe } il nous paroit 

C c 5 et 



414^ BfBtfô'flu^^inB RAfsèmn^ft, 

èfiendel de perei* c& Article. Les fsndi ^aBégoés 
de part & d'autre font incooteftAMeinenc vnk. 
Ce favant hoiâine , vivant * Pji¥éf , n'y état 
point Cd.thciiqwe'Romaht CômitléXT fom ks ao- 
rtes Habitans de cette grande Vâfe ; fit ië trou- 
vant à lAndreSy il v^j cA point Proteftant à h 
mode ^ngUcane. Avant là xetratte, il fàvorifaît 
ouvertement y en bien des cbofes, la Rdigioo 
Protribnte ^ & depuis au'il i pafle la Mer ^ uns 
changer de fentimensist de. langage , ilnes'eft 
point détaché du Papifme. 'Quelies confibq^iea- 
cts tirer dé cette conduite , par rapport à fan 
Coitnnentaire ? Cette conduite caraârérilè , usa 
équivoque, un Homune qui cherche avec can- 
deur la Vérité : qui a le courage de dire par-toot 
ce qu'il croit être vrai; qu'aucune confidératioa 
temporelle ne peut retenir dans cette rencontre; 
qui eft incapable de fè livrer en aveugle ni à 
l'un ni à l'autre parti; 2e qui aime mieux courir 
le ri(que de l'opprobre & de l'indigence «que de 
trahir fes vrab (ëntimens. Placez un Homme 
de ce caraâère, dans un Royaume où ta liberté 
de penfer & d'écrire eil plm grande qu'elle ne 
lé mt jamais ni à Rtme^ ni dans Athènes ^ dans 
les plus beaux jours de ces Républiques; iraasi- 
ne^-le (bus la proteâion d'une Rémè éclainee, 
& de diverfès perlbnnes confidéfables qui n'exi* 
gent de lui ni diffimulation ni contrainte ; met- 
tez-le à portée de voir,, fans feçoft, toutes for- 
tes de Livres; de fréquenter, fans conféquence, 
toutes fortes de gens ; d'examiner de près &à 
fond toutes fortes de R^li^ions : ceae peinca- 
re eft ^ autant que je puis le favoir ^ ceUe àt 

l'Ctit 



1 



Vétzt où Mn Le Coiffajet fe trouve à prétètit 
dans la Grandi BMagne ^ Si Von doit m'a vouer 
que la concluâoii aaturellr qui efl réfulte , par 
rapport à fonTrâV^, n'f ^iHOôiK^e que l'itiipai^ 
daliré h plus âncère ^ 6i que les prévencioi^ 
quel'oa s'en £iràicftttMfltfâlt!t^ ne peuvent étr^ 
qu'injuftes. Car edfifi uâ Sa^^I , qui rCétàk 
pas Papifte en tout, loffdu'il éfôit encore Oift^- 
noine & Bibâotbéeaire a'une Gôtâmatiauté Re- 
ligteufe à FérU ^ àc -qui ti-eà^ pi» Proteflant ea 
tout, dèpiÀ ^miyoQk à îjmiitêê de la plus en- 
tière liberté ; M SaviUit d^ m <>idre, dis-je^ 
doit être infinldtsent ptnâ^ d^n^ ooe tout autre>, 
de tout ce qui' â^àpp«Ue efprir, ik^t^ ou entête- 
ment de Patti:^ ' & (Mf <k>fiié4iietlt lès lumières 
doivent être iQfiff?(DdHt mdflfiffiirpéâés, ou plus 
refpe<â:fliUe5^ 'pante que dâfts*' 1^ ôéCafions lâé- 
me ou il lui arrivé dd ft f f dttifM^r , comme ef- 
feâivement H «ft impoflfilbte qu« Cela ne lui foie 
arrivé qudquefeîë $ dtf éft au moins afTuié 
qu'il ne ra fait |ii par haine ^ ni par flatterie. 

Pour juftifier i^mst idée, ^^J^ qu'à pâccoti- 
tir le Comméhtdire dafiis cdtte Édition de THm- 
têtre in Omcilè dà Tfeme, O)» y Voit par-tfooc 
la Caufe RonMnè , & h Ffatéfiame , ^ftesr^ 
autant qu'il fe j^eut ^ en.àëd balances égalesr; 
cour à tour ioUees ou ^koées , contredites ou 
défendues. Que VAiitettt tfj ddnme pas avet»^ 
glément dand- toutes les idées , qui r%nent ea 
-général parmi tes- Prôteftan^j C^eft ce qui fai»- 
te aux fdix. Pbtiir éviter l'embartas dànii Jef 
choix de mâs preuves, je lés tk-ërit du I. LivBc. 
A lajHige^f <3i>,ël fef Vm 1521, Fr^Fâf9t& dit 

que 



4li BlBUMTHBQVB RAUÔKNirft, 

que „pU]s Luther étudîoit, ^us il acquérait de 
„ lumières , à la fiiveur desquelles , il «Boît 
^ toujours eu tvdnt , & décQUvroic des dnfs 
^ auxquelles il n'avott pas pcnfe aupaiavaoc.* 
Là-deuiis le Commeutateur a £uc une Noie^ 
qui ne marque certainement rien moins qifoa 
préjugé trop fevorable pour cec illuflre Réfor- 
mateur. La voici toute entière. ^ Ce devoir 
,9 être le fruit natturd de Ces Etudes , (Jel^^^J) 
^ Mais Ton peut dire auffi ^ que fi à force d^éco- 
^ dier,il acquit plus de connoU&nces, îi^.cgBft 
^ auffi davant^ en pludeurs matières, Scispûfr- 
]^ tra beaucoup plus d'entêtement, de violeDC^ 
,, & d'emportement." Le Portrait qu'il donne 
un peu plus bas, de Henri VIII, Roi dufasfe- 
terre^ ^ auffi aune force qui pardroit diflScî- 
lement d'une main Protelfamte. C'eft à la page 
.31 (36), & fur la même année. Henri^ dk\ 
^ fiarvint à la Couronne au mois d'Airril de l'sa 
^ 1509. Prince qui par un mélange bizaire de 
^ bonnes Sf de mauvaifes qualités , donna fut- 
^ ceffivement de grandes eTpérances, 6cles ft 
^ perdre. U balança pendant toute iâ via k 
j, fortune de l'Europe >ians en tirer aucun znor 
^ tage pour lui-même. Pour vouloir être ^a^ 
^, bitre de Ces Âllié$, il en fut toujours la dupe; 
^ Né naturellement libéral, il & ruïna lui & fa 
^ Sujets , par des profolions crimmelles & cxtrsK 
^ vagames. Mauvais Maitre , il iacrifioit & 
^ Miniftres avec la même facilité qu'il les â^ 
p, voit. ^Mauvais Mari, il rcgardoities Femmes 
^, plutôt comme fes Efclaves, que comme i^ 
^ Ëpoufes , ^ lçS;iaunQ]loit | â jalouiîe apo^ 

avoir 



» 



OSt0ireyNowmère(^Decemhtjij^6. 41 1 

,9 avoir Atishit à fes paiSbns. Superftitiec0c. 
^ dans ibnirréUgion, il ne fut ni Catholique ni 
^y PrQteftanc, tandis qu'il afièâoic de montrer 
^ ton xèle par les fupplices qu'il fkifoic ibuffrir 
^, à &s Sujets. En un mot, capable par iès tar 
yy lens naturels , d'orner le Trône qu'il occu« 
yy poitj ilie fouilla par fes crimes, & mourut 
yy détefté de pre^iue tous les Partis, auxquels il 
^ s^écoit reoda praque ^dément redoutable, 
^& par fes caprices , & par (es cruautés.'*, 
Quelque vrai ^e tout cela puifïe être, les Pro- 
teftans tK laiuènt pas d'être portés à traiter 
avec plus de douceur un Prince qui (ëcoua le 
joug des Evêqués de Borne. U eft certain auffi 
qu'en parlant des VauJoiSy ils ne diroient pas, 
comme le iaie Mr. Le Cours/ery à la page 7 (10), 
Xfx'ils écoutèrent Jefms fhpeurs erreurs i celles 
qu'ils avaient enfiignées ; qu'ils auroient ùi&y 
pour juftifier ces mêmes FaudoiSy l'occafion qui 
a^en préfente ii naturellement dans ce que dit 
Fra^Paok , qu'ils faJJUent four impies , et four 
dijfolusy occafion néanmoins que le Commenta* 
teur a tout-à*fàit n^ligée; & fe feroient expri^ 
mes avec plus de circonipeâion dans un en* 
droit où il s'agit d'évaluer les Motifs qui déta* 
obèrent \e& Luthériens de l'Eglifel{0x»i9ti»r.Cet en- 
duit eft à la page 103 (ii8),furl'an 1532. L'Hi& 
torieh aiant rendu compte de la Paix ratifiée 
par l'Empereur Chorks V* le a d'Août, fiç qui 
donna la première liberté de Religion par un 
Décret public ^ il dit qu'il 7 eut des gens qui en 
louèrent ce Prince , parce aue, quoique les Pro- 
cdbms Jugèrent des autres dans quelques Bits far-* 

tictH 



4t4 BiBLidTHBCipB RAiso^JkKmliy 



tie^Hetfj diffSfrence J^ailkurs ajjkz. fem tjjnmt\ 
ib ne laijfent pMS «vr J^itte toujmtrs Chrhtm^ 
On Ut: au bas la Remarque fuîvante. ^ Dy 
,^ avoit fans doute quelque ehofe de plus qtfuoi^ 
,, fiœple diâërence en quelques Rks y JtVoi 
,) Luthériens eux-mêmes euflent été \Am ûdbè^ 
^ qufi l'on crût qu'il n'y en avoit poim cPaucmi* 
,y puis que c'eût été un grand crime ée ioiDpi% 
^ Puntcé & la diarité pour de fimples Rks. U 
y'y e& vrai cependnac, qu^ beaucoup des pnlid-- 
,) paux Articles, qui excitoient alors )e ^kns de 
,> conteftatioa , nfont paru depuis que de fim- 
yy pies difputes de mots. Mais auffi, il refte eo^ 
,) core Quelque chofe de plus que des Rks, 8e 
yy l'on eft toujours diviié uir plufieurs opimoos, 
yy qui font peut«être moins euentielles qu'on ne 
y^ cnerche à le faire croire ; mais aulB auxqud- 
yy les on ne peut ni fe (bumettre, ni renoncer 
,, auâS facilement qu'à des Rits, qui de leur na- 
yy ture font indifierens." Je ne prétends point 
iei difpucer contre Mr. LeCourajer^ & lui proo- 
ver dans les formes, qu'il a mis à trop bas prix 
les caufes de la Séparation Proteflante. J'ai 
voulu fimplement faire voir que fit partialité pour 
le: Proreflantifme n'efl pas un objet à prévenir 
contre lui les Catholiques- Ronoains , & je croî 
que la Remarque que Ton vient de lire ne per« 
mettra pas d'en douter. 

Mais les Proteftans auroient tort auflS de k 
croire trop favorable à leurs Ennemis. En quel- 
que endroit que Ton ouvre le Livre, on s'apper- 
cevra facilement du contraire. Bien loin dy 
cacher les défauts des Papes , de leur Cour ft 

de 



t kar EglÊê^ on les y montre dans un fi grand 
iur, qu'ils ne peuvent Pâtre davantage; non à 
i vérité par voie d*inveâîve ou de Satire , mais 
ur des Ëroofês purement hiftoriques. En par- 
ait de yules II. THiftorien fe contente de dire* 
uWyJ Irvroit pks k fexer€ic0 des armes qu'à 
Jui de fan Miniftire; 6c voici ce que le Com- 
mentateur Y ajoute. ,, PalaviciMy qui ea même 
, tems qu'il reproche à Fta-^aoh d'exercer fim 
^ efpric Ikiri^que contre les Papes, s'en rend lui- 
y même le plus vil adulateur , après avoir fàk 
f tout foa poffible pour couvrir les fureurs de 
, 3^^ ri- eft pourtant obligé d'avouer que ce 
> Pontife étoit d'un caraâère colère 6c fêroce^ 
y Se qu'il avoit une paffiM pour la guerre fore 
,y indécente pour fbn Caradère. Era Gmlw di 
>, cuor feT9ce ér iraeondo. . . Trascorfi ben egU 
» in quakhe etcejfo miliSare. . . mm decevok alU 
„ fantHà del grado, C'eft beaucoup plus en 
» dire «que n'en a dit Fra-Fsole^ dont on doit 
>9 plutôt eftimer la modération fur ce point, & 
), qui fe contente d'affurer qu'il fe livroit plui 
9> qu'il ne devoit à l'exercice des armes, cho& 
j) dont tous les Hiftoriens du tems fourniffoit 
,, affez de preuves. Bellsca gleria , pks quam 
„ deceret Fontifieem , cUrus , dit Onuphre. U 
» n'avoit d'un Pontife que l'habit & le nom, 
), nm riterteva di Fantefice sltro chè tbabito^ 
), il nome y dit Guicciarainy qui ledépeint en mê- 
)3 me tems comme coupable de oimonie, !««• 
}> veterato nella Simonia ^ ne cofiumi vffami^ 
), Lib. II. Bembo dans (on Hiftoire de Vcnife 
»> confirme la ûiême cbofe^ & il n'y a fur cela 

„ qu'une 



1 

4i<; BiBLiémliikFfe RAitosRMr^ 

,, qu'une (êule Voa de tous l» Hîfiniai** 
Léém X eut de grandes qualités , érekté^ 
dk Fra-foûby um PoMtife farfmt ^fi )^tMâ^m 
ferfeSkm il titfHia jmuqite (omtégSotcfàttiit 
/es Je U ReUgùm ^ & um feu plus ItimliMââmii 
U fiétéy cbùfes. dwt il ne fatut junuÊts fê mem 
ieaucêuf em feiue. Letntteftvif. UnCbrfè 
r£gUiè> qui n'a ni la moindre coiiQoiŒuK:e M 
h Religion) ni le moindre pençjbaot à la pîéfiiî 
quel objet! Mais le ait eft-il vrai, & o^ auioît- 
il point d'hj^perbole ? Confultons le Comnair 
mrty & Toici ce qu'on y trouve» „ FaLnàm 
^ n'ofe pas ici contredire Fra-Paob : Nrf <M 

,» iù^ mn gli seuttéulke Nem vogie gië 

yy affrmare sbè feffe m hà tésmis <ura delU fiàf 
^ ^antafi ricbieaeva délie fiato quafi ttivm é^ 
yy £c c'eit une preuve bien iênuble , que €*€( 
^ moins par efprit de ûtire que par actschenial 
^ pour la vérité , que notre Auteur a*a pu dr/^ 
,> muler le peu de Religion de ce Pape, attdf 
^ d'ailleurs par les Hiftorieas. EiUter maufif 
,, dit Guicciardin , Jedito slt em & a fisseri^ 
yy ^ hera per la treppo Uceuxa ^ gtoMinu 
jy abeno faffa mede deÛefdcendey immerfe si et' 
yy re tutto l giorno mufichey facétie y e hugmj i^ 
^y clinato aneora troppopiu chè tbonefto apMri, 
yy Lib. XIV. Sa jeunefle fut affirz édifiaote,imii 
,, cette réputation ne fe (butint pas pendaat in 
yy Pontificat ; & FauiyovOy qui le loue afltt 
,, d'ailleurs, convient qu'il ftit foupçonné ckdé- 
,, bauches, & même des plus criminelles." Os 
a fbuvent reproché à la mémoire de ce Pape> 
l'infavic abus qu'il fit des Indulgences y àxxci 

cmployt 



cmidoya les revenus à enrichir dés Patrons, aux 
dépens du pauvre peuple Chrétien. Frà-Poùb 




fuivanre. „ F^ttUviàn Lib.I. Cap. 3. juge que, 
>y fuppofé que ce don fût véritable, on pourroit 
), le juftifier. Mais il prétend >qu'on n'en trou- 
»i ve aucune preuve dans les Archives,, & dans 
yy les Regîtres de la Chambre ApoftoUaue. Ce- 
^ la peut être; mais ce font des libéralités dont 
îy on n'aime pas à charger des comptes. Le 
yy filence eft ici la plus foible de toutes les preur 
yy ves« fiir<iCout lorsque le fait eft attefté par les 
yy Hiftoriens, comme celui-ci Teft par Gmcctar-^ 
,9 tbn. Et M€crehbey dit cet Hiftorien Lib. 13. 
yy chè il Fonteficey il quak fer facilita deUa na^ 
'), tiita fùa efercitavA if moite cofi com poca 
yy maefia Pufficio pantefiâok , dano a Maddalena 
„ fua firella h emeïuvfento e^ teffatiwe délie 
yy indulgenxe Ji moite farte di Germamia. Le té- 
9, moignaee d'un Hiftorien qui vivoit dans ce. 
^ tems mime, & qui étoit attaché à L^éon par 
„ fês emplois, peut bien fuppléer au ûlence des 
,, Reglitres; ou du. moins on ne^ peut pas accu- 
la '{et Fra-Paob d'avoir inventé le fidt." 

Adrien VI, Succefleur de Léon y plus reli- 

S 'eux & plus éclairé , penchoit fort à faire une 
éformation, dont iliëntoit la néceiSré. Mai$ 
l'envie qu'il en marqua, & les démarches qu'Û 
£t pour y tendre, ne fèrvirent qu'à faire connoi- 
tre au naturel l'efprit de la Cour Romaine, qui 
ne veut jamais, reculer , quiiie peut fie réfouarc 
Tem. XVII. Fart. IL D d i 



n 



418 BtBLlôtUBtlti KAMSOVnnfÉf 

à Piveù d6 (es fkutel , fie €fà «me mîeuiftnr 
dae de céder les chùCts même les plus juAestc 
les plus nifoiiinUes. Des CardintuK fimtvifr 
à ce Pape^ que la Rëfbrmatioa écoh impoffiU^ 
^'aucttn de fo Prédécefleurs ne Pavoit jugée 
utile> à: que leur méthode de porter le fer Âc 
le feu Ml mal, étoit la feule qu'il y eût à foivte. 
Ces odiaifes 6c déteftables Maximes Aueat 
èoDftaatimem toujours celles de la CourdeAMir. 
Mais éootsaota ce que Mr. Le Q^rmjer nous dtc 
là-deflùs, aux pages 41 (48) flc 4a (49) , (ut Pia 
t5ft2. >, Le Cardiikl ^dmÀcm. . . convient^ 
^ la réfelufioti que prit ce Pape , àx, léfaima 
^ la Péniteiicetie 6c fat Daterie, & des oppot 
y, tiorn ^ail y trouva de la part des Cartuosos 
,) Tutà de ^&dhi0iy qui lui en repréfencèfent 
3, rimpb(fibiUté. Cet aveu eft une preuve de la 
^ vérité de ce mie ra[^rte ici notre HiAorien, 
y^ Ôc de la jufleÛe d'utte réflexion qu'il fait affn 
^ fouvent ) du peu d'eTpérance que l'on adâ »- 
yy voir de voir remédier efficacement smx aboi 
,, de la Oour de Rome. Mais ce qui oae paioic 
^ de pkis remarquable, c'eft que Pabrricmy ait- 
3, lieu d'applaudir à ces tentatives d*jidtàe»^ les 
p tmite d'idées chimériques , qui n'écoîent M- 
,,.les qu^en i^culadon , mais impradciMes 01 
j, elles- mêmes. I y»0f, ^Utmi M/egm ^rmm kke 
^, àfirattey Mlijfime a cantemflarfiy ma ntm ftt^ 
^, mt froportiofMfe àUe candixàmi deBat mmterk. 
yy Ce qui revient afTesL à l'éloge qu'il fait <fe ce 
„ Pape, c. g. où il dit que»c'étoit un très boa 
^, Ëccléfiaftique, mais un Pape fort médiocre, 
yyfk Bcdtjiépkpvnimy F^Àficem verità ar- 



^ j^çm,' ISm par m psireil idgenoepiCy de C^r- 
y, àmé iaic a)piii$ de cart à la tsiémoix^ d'^.* 
^ </fV» 9 dope un ^1 fiècle n'écoit pa$ dkae, 
yy qu'à b iiepoe pi;Qpre ^ & nous donne ifeule* 
i^ SM»c i enicendr^, que les ^bos ibnc ûjiiSorrK 
,, gibles, & que le Pape le mieu^ iniieqiçiQanÇ 
^ inDuVem caujOiirs 4^ obftadcs iQfui'iQonta^ 
^ (pIq$ i fc$ d«âèm$ ^ à fes meiUeures r^ibW 

,> tàsm» , Ces raUboaemeqs, ^junfte.ffus 

yy has k C(mment0Hury 0h fiijit iu mç^le Ju 
yy fis Frétéceffiurs quf le CarJinfilàopi^TSiiY^i 
y, fr^fiit à j^xen ; ces raifooQem^s ailez 
py àègpcs d'un PoliQ<^ , ne ççavenoîenc gu^re 
^ dai^ Ja bouche d'ui^ Erêquç, & d'un Cardi- 
9y nal, dont coutiss 1^ vue; aç devaient tendre 
qi^l X3pnferv«r ou à réï;^blir la pureté de ^E- 
>9 ê^^^y & ^ procurer la Tanâriâcation des pi- 
yy dèles. J^aymm a'en juge pas ainfi ^ &: fort 
„ chutent dfis Mniinjes de $(^miy y fixitient^ 
^ qu'à la màf&fiÇit àfis Scbifmes Se d^ Héré* 
„ .fies, la Rifortmtipn n'^ft pas un njoyen pro- 
5, jpre Jcrwiçn^ ies.ge^s ftdyits, ôc qu'on ne 
yy pQLitle fake rfiçaçflng^pnt que par la terreur, 
^ & par tes fwwes. lifitfitiP délie ribellkm mn 
^y fi finoma fo nm ^ a^l giek del terrore^ ,è cm U 
jt ff^^jd^fiff^Hf^' C'^ft (ur de pareils fonde- 
py mens j^i'ooia éUvé l'Iaquifidon, & l'on peut 
yy juger àc h ii^sSk j4e la Maaqme p^r Tappli* 
.,, caiten que T^û fin 11 faitgc. Elle îpeut être 
y, mcsàc^ii l'^^rd des révQltes volontaires contre 
^y une auimté légitime, :^ d^ devpirs conn^^ 
^ i^ais. comme on ne refufe de (c foumettre à 
yy une déciiion, ou de croire une çhofe y que 

Ûd a ' ' » parce 



n 



4x0 BnuoTRBQsm Raisonkc», 

^ parce au*on la juge fieiufle , 8c que h tcneor 
,, 8c les lupplices ne fervent de rien à codwh 
yy crelesefprics; un moyen propre à êtreap{&* 
y que dans les affiûies temporelles , eft àmob- 
^ ment mauvais 8c pernicieux dam ks afiikci 
„ de Rel^on." 

Après AirknVly vient Clément VU, ot, 
i ce qu'obferve Mr. Le Courayer , „ était JRai 
^ de J^£»» ék Médkis, 8c d'une Femme çu'â 
y, tenoit , les uns difent comme Goocobine, 
p te les autres comme fon Epoufe. Ce <|^il 7 
^ a de certain, ajoute-t-ity c'eft qu'on le rcpor- 
,. de {a) plus communément comme YmaAy 
,y quoique fi>us Lé^m X , il fût déclaré léânme 
yy par une (èntence rendue à Rome. Il fucc^ 
yy da à Adrien le 19 de Novembre 1^23 , 1^* 
yy un Conclave de près de deux mois, où les 6c« 
„ tions furent extrêmement oppo(ë«?, & ne fi- . 
^ nirent félon Mendoze , Let. du 10 d'Oâo- 
yy bre i548> 8c Guicciardin L. 15. que par une 
yy Convention Simoniaque, entre lui 8cle Qr« 
yy dinal C^bfmte , ou par la crainte que ce dcr- 
yy nier eut que Médicis ne fit élire €}rfimy en- 
^ nemi capiàl des Oftomnes. TaUvicin nous dit 
,, au contraire fiir des ' Mémoires anonymo, 
yy dont il ne nous marque ni le mérite ni l'An- 
„ teur, que l'exaltation de Clémemt fut Je fhik 
,, de ùl modeftie. La charité peut nous porter 
^ à le croire ; c'eft domm»K, qu'on n*en ait 
y. point d'autres preuves. ** Ce Pape aj^irélien- 
éa toujours la convocation d'un Concile^ en 

par- 



^ 



Offûfre^ Novembre (^ Decemhre^ij^. 411 

particulier , parce qu'il craignoic que l'on n'7 ap- 
profondît le myftère de ù. naiflance, & celui de 
fon exaltation ^ & en général , parce qu'il écoic 
invinciblement prévenu contre ces Aflecnblées. 
Il n'y eut donc point de ru(ês qu'il ne mît en 
œuvre, m de ftratagèmes qu'il ne jouât, pour en 
rejetter la demande. Cependant il fut preflë là* 
4ieQbs d'une manière û vive, en 1532 , que 
pour (è tirer d'afiàire « il lui falut prendre un 
nouveau tour de finefie. Le Pape , dit Fra- 
Paolo , JM$ ne voulait point du tout de Concik^ 
mais (pi nepouvoitpas ouvertement rejetter cette 
demande y y confentit^ mais tune manière dont il 
fofuoit bien jue ton ne fi contenteroit pas. Le 
Commentateur a &it là-deiTus une Remarque 
qui doit être lue. ,, Quelque efibrts , dit-il^ 
yy que fàSh Palavicin pour {trouver que Clément 
conièntoit de bonne foi à la tenue du Conci- 




jy nal lui-même ne fauroit defavouer qu'il y étoit 
^ tout-à-fiiit contraire d'inclination. Il Papa fi 
^ fifo gimbcio non v^inclinava^ dit-il, L. 3. C. 7. 
^ riùutandolo poc^ opportune alla qualità del fw^ 
yy blico maie y è dalv altra parte incommode à fi 
^, in quel tempo, : • . Nondimeno veggendoy chi 
,, il ricufii^rh gif eoncitarebbe grand* odio ed hifa>^ 
yy miaj eleggea pih toflo di confintire ad un danuQ 
yy verOy che di répugnât e ad un bene falfamente 
^y fperato. Ce n'étoit donc , (elon Palavicin m£- 
yy me, que malgré lui oue Clément avoit cette 
yy complai£mce pour l'Empereur^ & perfuadc 

Dd3 ,, qu'il 



1 



4U BiBiiiôTHEO^ RAisaiim%^ 

3> qu'il y avok peu à efpérer d'»n CoBGÎVt pour 
^) le recour desProteftans^ & beaucoup à aûn- 
,> dre pour fon autorité y il n'eit pas étoonaDê 

2 qu'il en écoutât peu volontiers la propofitioQ.'* 
eut donc l'art de faire trainer ces n^ociatioai 
jtt^u'en 1534, q\i'elks fitre^f ^ dit Fra-Paok), 
tout d*un coup interromfuts par la mort de Clk- 
MENT, (i[ui après une longue mahuUe termua fe% 
jours dans le mois de Septembre ^ a la graudâjk^ 
tisfâHion de fa Cour, „ Ceft ce qu'aflûre Guk^ 
„ ciardiny ajoute le Commaitateur. Mwè %àêfi 
^ alla Cotte , faspetto à Frmifà , ^ can famé 
3^ pik preflo grave ^ odiofa ehè fhuet^ , e&uJk 
^. riputato avaro^ dipôca fede\ ^ atiemt S uâ- 
^ tura da beneficerè gti huomni. £c PaLtwm 
9, confirme ce jugement]^ en di&tit; que ta mon 
fg fut reçue avec autant de joie que (on âeâdoo. 
,, Fufentitacon altretànta allegre^s^^ c^m juau^ 
jj ta già la fua eleziene. '* 

Dès ÏGjour mime que k Conclave fut fermé ^ 
qui éïàit le iz dOBobre^ on Oui Fape i fjmfn- 
vifie k Cardinal FarnesE ; qui frit, ... A 
Uraw. . . , de Paul III. Fontife qui avait de bou» 
nés qualités; mais qui f^en eftimoit aucune à ti- 
gai dé fa diffimulation. C'elt ce qu'en dit Pt&- 
torien du Concile > & ce qu'il eft dit n'eft lien 
inoins que démenti par la Note, ^ Au moÎDS, 
3^7 tfi^il dit y Falavicin convient que c'étok 
j) l'opinion qu'on avoic de ce Pontife* Cof la 
i, famà chè Pàob havea di prudente ^ fe daffri- 
„ ma riputar a i Politici ck^ igli fngejji. Mm 
j, il fbutient en même tems qu'on n'en jugeoi 
)3 ainfi , que parce que raronent le monde ^ 

j, difiitt- 



ORotrCj Novembre ^ jb(€p»bre^i7l6. 4^1 

^^ diftinguer la diflimuladon de la prudence.'^ 
' Ce Pape amufà d'abord le monde par le beau 
femblant qu'il fit de vouloir & de louhaiter lé 
Concile, quoique rien ne fût alors plu3 loin dé 
ià penfée. Il repécoic même fouvent, qu'il étoit 
néceflàire de commencer la reforme par fa Cour, 
& par les Cardinaux. Cela faifoic efpérer de Iva 
de grandes chofes ^ mai$ il ne faluc que deux 
mois y pour découvrir que ce beau femblant 
p'écoic que manège. ,, Au mois de Décembre 
,^ fuivaqt , dit Fra-Taolo , il créa Cardinaux^ 
^ Alexandre Farnèfe âgé de 14 ans , & Gui-Af^ 
^y cagne Sforce âgé de 16, fes Pecics*fils. . . . 
^ diunt à quiconque parloir de leur jeunefle^qu'U 
» y fuppléeroic par fbn âge décrépit. Dès->lors 
^ s'évanouirent l'attente que l'on avoit de voir 
^ réformer les Cardinaux , âc la craiate qu'en 
^ avoient quelques-uns , puisque c'eut été par 
99 l'âge & la nailTance de ceux que l'on devoijt 
^^ creer^ qu'il auroit falu commencer. Le Pa- . 
^ pe lui-même ceflà depuis de parler commç 
yy auparavant de réforme , ne pouvant plus & 
9, mafquer après une aâion de cette nature.'' 
La démarche étoit bien précipitée pour un hocQ- 
me prudent ^ ou plutôt, le jeu étoit bien grofr 
fier pour un homme dimmulé. Il n'y avoit pa$ 
moyen de pallier une aâion femblable, puisqu'el- 
le etoit ii contraire à l'attente donnée au Public. 
^uiB Mr. 2> Courajer Zrt- il eu ibin de placer 
.ici une Note pour en marquer là penlee. 99 Qp 



fut^ dit 'il ^ le 18 de Décembre 15 H 9 deux 

mojs après ibn éledion, que F4ulht iC^tf 

y^ proimotion, que le Cardinal fahvicf^tichfi 

D d 4 j> .d*ex- 



19 

» 



4i4 BiBi^ioTHBQSTB Raisonh», 

yy d^excuièr comme il peut y c'eft-Vdiit aflè^ 
^, mal) en dUânc qu'ua cd excès deimàidiib 
,, ne (eroit pas un défaut dans d'autres quR dus 
,, un Pape. Mais en qui ne condanmerok-oû 
^ point le choix de deux En&ns y pour occupa 
j^, une Di^ité, dont lafonâioa ne confifleà 
^ rien moms qu'à partager avec le Pape leGo»- 
^ vernement de l'Ëdiie Univerfelle , & à loi 
^ donner des confeiS dans les affaires du idoo- 
yy de les plus importantes ? Ne ierott-ce pobit 
,, un défaut dans d'autres que dans iHiPa^^de 
9, faire un tel choix ^ & Quelle eA la Morakda 
yy Cardinal, s'il Ta cru ? il faut avouer qu'il a un 
yy Evangile, tout particulier pour les Papes , & 
^y qu'il eft auiB difficile de l'excufer d'un excès 
',, de flaterie , oue Fra-P^olo quelquefois d'un 
^y peu trop de malignité." Je ne fai fî ce repro- 
che d'un peu trop de malignité y fait à i'Hifio- 
rien, n'auroit pas pu être placé dians quelque au- 
tre endroit plus commode. Mais n'importe, & 
foit dit feulement en palTant. 

Makré ùl Prudence y ou fa Diffimulation, 
Pàu/ Iil , entraîné contre ion penchant par ks 
çirconfliances , confentit enfin au Concile, & 
fit expédier le 2 de Juin X53<S, une Bulle qui le 
convoquoit à Mantoue ypo\xt le 23 de Mai 1537. 
La chofe n'aiant pu avoir lieu pour diveriês nû- 
fons, où la profondeur du Pontife n'entre pas 
'médiocrement; par une autre Bulle, en date da 
8 d'Oaobre 1537, il indiqua l'AfTemblée à fï- 
cenzfy {X)ur le premier de Mai 1538. Nes'f 
trouvant alors que les Légats, l'Ou vernir* fut 
proro|;ée jufqu'à Piqués dç l'aimée produii»; 

& 



09oireyNùvmbr€^ Decmbreyiji6. 4if 

& cette année 1539 ^^ expédia le 13 de Juin 
one nouvelle Bulle, par laquelle il fufpendoitàfon 
bon-plaifir, & à celui du S. Siège, le Concile 

au'il avoit convoqué. Mais en conféquence 
'une Entrevue qu'il eut avec TEmpereur à 
Ijucjues en 1541 , Foui te détermina tout-à-fait 
à tenir rAflemblée , & fit offrir à la Diète de 
l'Empire, de' la convoquer à Trente ; ce que 
FerJinMul 6c les Princes Catholiques acceptè- 
rent y ne pouvant mieux obtenir. Mais les Pro- 
ceftans n'agréèrent ni Trente pour le Lieu du 
Concile , ni qu'il tût convoqué par le Pape. 
Sans avoir é^rd à leurs oppoutions , quoique 
ce fût pour eux que la chofe étoit demandée, 
rindiâion duConcile fut expédiée le 22 de Mât 
1542, pour fe tenir à Trente au mois de No- 
vembre fuivant. En cflfet il y envoya fes Légats, 
& à' ce que dit Fra^PaoUy il donna ardre à ^uel^ 
yuet Eveqt^es de fes plut cânfidens de t'y rendre 
auffi. Cette dernière particularité eft trop frap- 
pante , pour la pafler iâns quelques réflexions : 
' mais comme il s'agit ici bien plus de cel}es de 
Mr. 2> Courayer que des miennes, il faut Ten- 
tendré parler. „ Le Cardinal Palavhin Lib. 5. 
„ Cap. 4. dit que c'efl une grande faufTeté, fi 
,, Fra-Paola entend qu'il preQa plus ceux-»ci que 
,, ceux de tous les autres pays , auprès defquels 
,, il fit de très fortes inilances de fe rendre au 
,, Concile. Se intende , che a bello ftudio fce^ 
^ gliejfe fil qyefiiy fràferifce una sfaciatà hugia, 
^ Mais ce qu'il apt)elle un Menfonge efïrontc , 
,, eft pourtant un fait attefté par le témoignage 
.. d'un Auteur eftimé très fidèle. Il Pentefice^ 

Ddj ,;dit 



42.S BiBLiOTHBQSTB RArsoHmrv, 

jy folvi qu'il ne s'y décideroit rien qœ àe coq^ 
,, forme à la Sentence de Léon^ qui farvGÎtd^ 
„ préjugé dans toute cette aflSure*** 

JLf Concile ifétoitqu9 pour la forme ! On 
l'avoit donc afTemble que pour té jouer du ( 
Se de la Terre! C'efI: peu que Mr. Le Coure) 
le <life : ce ibnt les Buts mêmes qui parkal 
On l'a vu dans le peu que nous eu avons dit ja' 

3u'ici. Que fèroit-ce (i nous rappordoos pli 
u détail^ ou fi nous continuions juiqu^au boc 
cet informe Abrégé ? Avec le fëcours de ^é 
Paeloy & de fon Commentateur ^ nous 
rions par-tout , dans l'Hiftoire du Concile 
7Ve9i/f ,dequoi embarraffer les parti&ns de laPi| 
pauté les plus entêtés. Mais continuons 
quiUement notre route, &di(bnsici que ce' 
cile, dont la prémièreoeffion fe tint vers la fini 
Tannée 1545 , fut transféré par le Pape en i;^ 
à Bologne y par une BuUe dreflee deux ans zuç 
ravant pour donner ce pouvoir aux Légats ^ qui 
n'y eut guère que les Créatures de la Cour 
moine y qui fe fournirent à cette Tranflatî 
qu'il y eut ainfi comme deux Conciles^ qui de^ 
meurèrent dans une efbèce d'inaâion , fî ce n'eft 
pour fe chicaner l'un l'autre ^ & que cela dais 
jufqu'à la mort de Paul îll y qui finit (es jours de 
chagrin & de colère^ au mois de Novembre 
1549. 
L'A 



'Àfiemblée fut rétablie à TYente par fon Sue- 
ur, yean-Marie del Monte y qui prit le nom 
de 7«&j III. N*écant que Cardinal, plufieuis 



ceffeur, yean-Marie del Monte y oui prit le nom 

que Cardii 
perfonnes aimoient en lui un caraâère Uhre^ 



éloigné de l'hypocrifie & de la diflimulatioo^ & 

ou- 



■Il éM 



OBoiN^N9vmhretâDeumhrijij%6. 4£ji 

oavert à tout le monde. Mais , devenu Pape , à 
ce que dit Fra^Péwloy „ il ne demeura pas long- 
yy cems fans faire connoitre ce ^ue l'on devoit 
yy attendre de (bn Gouvernement. Il padbit lea 
9, jours entiers dans fes Jardins, fkilbit élever des 
yy Maifbns de plaifance, & moncroit beaucoup 
,, de penchant pour les plaiûrs, & peu d'incli* 
yy nation pour, les aâàires y & principalement 
yy pour, celles qu'il trouvoit difficdes à manier. " 
Ce Portrait, peu avantageux pour un Père com- 
mun de tous les Chrétiens , n'eft point fait à 
plaiûr. ,, Ceft , félon Mr. Le Ceurayety le 
y, caniâère que donnent tous les Hiftoriens de 
^y ce Pape, & dont Fdlavicin lui-même a été 
yy oblige de convenir, Lib. XI. Cap. 7. La 
yy maggiar farte JelterafOy dit Adriani Lib.VIIL 
» pag. 50J. Jimerava oziofiy à un fùo giardhtê 
yy dave faceva fabrkare falaxad dr ioggie^ aJor'^ 
^, nanJob di fiatue antkhe ^ marmi fellegrimy 
yy ^ di egni altro raro éf ^^^o laverOy con ijfeja 
^y gramSffima. Onde i Certigiani éf altri auui 
^ la cofa m^tavafe ne dijheravano. Onuphre 
yy n'en parle pas autrement dans la Vie de Jules y 
yy qu'il repréfente comme uniquement livré à 
yy l'o^veté & aux plaifirs. Fruendo fotius y dit 
yy cet Hiftorien , quam regendo Pentificatt^i m» 
yy cumbebaty Musqué erat in extruenda elegan^ 
yy tiffima ad voluftarios feteffus Villa Julia^ «». 
yy yua fer totum Pentificafum conviviis fotius 
yy juam fublicée frocurationi vacahat. . • . ahdi* 
\yy €ata rerum cura hilaritati et genio fuo mmium 
yy mdulfit. Leis autres Hiftoriens n'en parlent 

^ pasdifi^remment, fie s'accordent entièrement 

„avec 



^ arec Ftm^FmU dans l'idée qn'ik ènuoe^ 
„ ce Pape.** Sor oate idée, on ccapûivS^ 
tnent la Téricé de ce q«e cet HiAofiea ittt de 
3^111, for Pan 1555, que ^c'éwîtfixiQrfbt 
,, naifede maudire les Coib^iÉa âcceis^klj 
,^ oatîm«iités,flc cpi'il fc pladpioit denetnoot^ 
,, aacane ifllie pour fortir des iîffioHleé8,&.il^ 
^ Tcmr toujours àdos \m Coadie, ttp Q i M itt pv 
„ «ou une Dîè». fl mandiffoit iw «ns fi difi» 
,, cultueux, & louoit ces fiècles boicHiK , oii 
^j les Papes pouvoient vi^ie tranquiiltt , &» 
„ craindre pour la perte de leur aucoricé." 

Il mourut cette même a»ée, Qc le CaïKfar 
ve ehit à fa place ^yMauelCervim^ Çantimai de 
„ Ste.CmKy homme grare, févère, anAnt^ 
,, qvdy tint pour marquer fiifiameté, qae pour 
jy montrer au monde que â nowreBe dipié 
^j n'avràfâit en iui aucun dungemenc, raéai 
^ retenir fon prémierBom. " Oumme Uneib- 
gca que 21 jour , on ne ^âuroit dire s'ilaEBx 
feucenu fen inimité dans un règne p3us ioa& 
Le 23 de Mai fotvant on élut pour fon Suooeu 
fcur yemh-Pierre C^affi , mi prit le fx» dç 
P4f«/ IV. Dès gu'il fe vit Pape, oekii-ci i> 
pouilla toute l'aunérité de mœurs ^qu'oa lui a> 
voit cru. Il mourut le 19 d'Aoét 1559, »fi«» 
,, recommander autre cfaofe aux Cardmauz qap 
„ rOjffice de l'Inquifition, qu'il difoit êvptVmàr» 
55 que moyen de conferver l'Eglife ^ & les ex* 
i, liortant à employer tous leurs S»ittpour k faks 
„ établir en Italie , & par-tout où l'on poiis» 
„ roit." Après bien des contclSattions & ds 
brigues, Jam-An^ de Méikk ftit 'éfai P^ la 

nuit 



i 



r 



mat de Noël, & prit le nom de Tie IV. Cm 
fin: fous fon Pondhcat que le Concile de IVente 
tepm iërieuftiineiic fou aâivicé > Se fut enfin xct^ 
mille au mois de Décembre i^6%. Ce ^t auffi 
ibus la direâion de ce Pontife ^ un des plus fiers 

rt Rame ait vus , que les Evéques achevèrenc 
perdre tout droit à TAutorité Epifcoj^e, n'ca 
confervftnt plus que le nom te les apparences. 
Voici ce qu*cn dit Fta^faolo fur Tan 15(^2. Ea 
,^ s^texpiiqûant fur T Article de PInftitution'des 
,, Evéques, a leur marqua, (àfcs L^ts) que 
y, c'ctoit une opinion fauffe & erronée de fou* 
^ teâJr abfotument que Vinptutiên des Evfquet 
p fteit iiè Droit Mvmy puilque la feule puiffancé 
yy de POrdre vient de Jéfus-Chrifi^ mais quVfr 
yy tefeiventkurjumdiiiHonduTafe.^ EtleCom* 
laentateur ajoute ce qu'on va lire. „ Par \m 
yy Lettres àa Cardinal Berromée^ il ne parpit pat 
yy que le Pat)e ait traité fi pofitivement de fiiuflfe 
yy l'opinion de l'inftitiitton des Evéques de DtûH 
yy Jivm. Mais ce qui eft certain, c'eft que àt 
99 quel(}ue manière qu'il la regardât, il ne voo* 
yy lut jam^ fouffitr que Pon déclarât par un 
^^ Canon que cette infUtution étoit telle, dans 
yy h crainte du préjudice qu'en pouvoit recevcâr 
yy fon auttn-ité. Cependant, comme d'un autre 
yy oôsé, une grande partie des Pères étoit pour 
yy cette déclaration y c'eft ce qui obligea de 
yy tourner en tant de manières ce Canon , afin 
yy que Chacun p6t le tirer à fon avantage. MA 
yy enfin , h patience & l'adrefle des Rmam 
^, remportèrent for la réfiftance des Frafif^h & 
^ des Effofftok. L^ififtiEttlicHi ^es Evéqubs ne 

» fat 



n 



4)£ BlBLIOTHBQ]UB flAISONIMr, 

^*fut point déclarée de Drcit divm. Lear 6é^ 
,) pendance du Pape fiit clairement èablk ^ 
^ ^ le huitième Canon , & Pon y enfê^oa infi- 
,, reâemenc en même tems,que ce qu'ils avoicoi 
,^ d'autorité , ils le recevoienc par la médiatiHi 
y^ du Pape ; ce qui avoir toujours été lé grml 
„ objet 4es Romains, & s'accommodoit parfû- 
^ tement avec l'opinion qu'ils vouloient faire 
^ recevoir^ qu'il n'y avoit que le Pqie ieol éoh 
yy bli immédiatement par Jefus-Chnfl, & que 
^ tous les autres Evêques l'étoient par k ?a- 

On voit par ces divers morceaux que fa 
rafTemblés de l'Ouvrage de Mr: 1> Cmnâjer^ 
avec quelle libertç fincère il rapporte les faits & 
juge oes chofes. Si l'on veut (avoir de plus de 
quelle manière il difcute les Points de Contio- 
yerfe qui furent agités ou conclus dans le Qxi- 
cile, je n'en donnerai qu'un Exemple; mais qâ 
mérite une attention fingulière. Il regarde k 

4. Décret de la X I II. Seffion. Ce Décret A 
conçu de la manière fuivante. „ Que par k 
yy consécration du Pain & du Vin , il te fait 
,, une Converfion de ces deux Subfbmces en k 
yy Subftance du Corps & du Sang de Jâbs- 

5, Chrift ; Converfion que l'Eglifé appelle d'une 
5, manière fort jufte & fort propre > Traoifiib- 
^ ftantiation. " C'eft ce que dit le Concile > & 
nous allons entendre ce que le Commentateur 
nous en die. „ C'eft-à-dire, que le pain & k 
yy vin ne font plus aux yeux de la ^i ,. après k 
:,, confecration , que le corps & le feng de/é- 
^ fi|$-Chriil : non que le pain & le vin naoïrd 

,><Ç^t 



py .Ibient détruits, lïiais parce que la foi n'y etf 
p,. viiàge plus autre choie que la préfence ae Je^ 
^ ius-Chrift. Ceft-là le fens dans leqiielles 
»» Anciens ont parlé de changetnent ; ipais çç 
^ n'eft pas celui du Concile , qui enfeigoe que 
^9 tou^e la fubftancc du pain fie du vin eft détrui^ 
19 te, & qu'il n'en refte que les accidens & 1^ 
»9 apparences. C'étoit alors la doârine coutan* 
>9 ce des Ecoles Romaines , quoique jofqu'aut 
^y derniers tenis plufieurs de leurs. Théologiens 
\y n'eufient donné cette opinion que comme 
^, fimplement probable. Ce qui m'étonne, c^eft 
9, qu'un Dogme auffi ftupide ait jamais pu en- 
^y trer dans l'cfprit de perfonne, étant aum conr 
yy traire qu'il l'eft à la Raifon , & n'aiant nul 
yy fondement dans l'Ântiquicé. Car il eft cer- 
yy <ain qu'à quelques expreflîons métaphoriques 
^ près, on ne trouve pas jufqu'au^X. oiècle les 
„ plus légers indices de ce fentiment , qui au 
'^y contraire. eft évidepunent détruit par les té- 
„ moignages à&.Théodoret^ de Gélafe^^de I'Aut 
yy teur de la Lettre à C/faire^de Facundus^ & de 
^ pluCeurs autres Auteurs , qu'on ne peut pas 
yy foupçonn^r d'erreur en ce point , puifqu'au 
„ contraire ils attaquoient les Hérétiques fur un 
), Principe qu'ils croyoient reconnu dans l'Egliiè* 
,>.Ce ne fut donc que depuis que l'opinion d'u- 
^ ne préfence corporelle eut commencé à pré*. 
„ valoir, que les femences de laTraniGTubftantia*. 
„ tion commencèreiy % k répandre, ikns pour- 
„ tant qu'on en fît un Dogme ^ jufqu'àu tems! 
„ d^Innocent III, qui dans fbn Concile de La-! 
^ tran le donna pour (m Article de foi, & con- 
; 7#w. XFII.Tart.n. Ee „ damna 



414 ^ BnuoTKÉ^srft R Aîtomnrt»^ 

^ diMdttia axotat Hérédmes Mtt cwt 
^ croy^ietic le coinraife. Depoi» ceDécRt 
^ pendmc il n'ji pis UiB& dy avoir ^uf 
^ Théola^MSj qui ont toiiiour» tegjmk 
^ opifiioti ODtotne itic€tt&ifi6 ^ ou tossi m 
^ comme j^baUe; &dle ne s'eft irôoirée 
^ fixéâ comme ud Article de foi que dépens 
^ Goiidle de Trente. Mtis in/ _ 
^ de rabfurdicé de ce fenrimenc ^' û eft il 
^ étrange ^u'oa ait voidu érigar en Dçgcot 
), point purement pliilofophique , piû^sfA 
^ s*agit que de lu mamère dont Jéfiis-Chrift 
5, pttfeDt dans l'Eucfaariftîe^ ficque rex[ 
^ de cette maniàre ne pieut jaftma apparteair 
„ la foi." 

Un jugement , qui marche fi peu de 
rence pour tes Conciles de iMtm £c de 
ne pourroit que caufer une e^ctrème (urprifë, 
fiant d'un EccléfiMUque attaché à i'Uofté del'l 
ctife Catholique ^wnéim , fi l'on ignoroic 
Syi^ètne fiir rautoricé des Concile». U eft 
néceflàirè que j'expofe ici fes idées fiir un 
de C(ette itnportance^ & je ne (auroia k 
d'une immièreni plus courte, ni moins 

Îue , qu'en copiant ce qu'il en dit tui-tôêiner 
^eft à l'occafion de ce que rapporte FVv^Pjifa^ 
fiir Pan I5fl. que ks Cmfiilkrs dt^Parlêmemé 
Fofis. . . . difikHt, . . . f «e ^welftte jMNsArvaa 
jÊf^fif wm CêHciky fes Décrets ne fimvotetU Mh 
gjir les Egfifii jùi n*j étoknt point mtervemtesyf 
riks ne jugèrent pas à fropes de les rtsewit* 
Le Commentateur obferve là-defliis ^ que ,,diiis 
9> les matières de Difcipline $'a toujours été 

. ^ con- 



(Coo&saomeat k tanxmc de Etmct ^ & d« 

rcoos ks Ro^moi CatÉnliqiws ^ «qui k fit 

£>st jiuiiais en» liés par «ncmikts Loiz ^ s'a! 

Joe led aroîenc reçued âc acceptéea; de faipreu* 

"ve^ j^Bs/>-/-tf/, s'enyérifie fntr l'^scempie inè« 

:iBe du ijQoCiile de Trenoe, dotir la Enuioé &ù 

id'anQpes RoyaumoB ont Tejietté ou osiodifié plu^o 

£curB Déorcts. Et à Yèpatd des matières dé 

iDoâniK) cmtfimàe't'^^ il n'eâ: guère xnoini 

xrercdn que . fitttenrentton «ft ^aletnent; 

néceEfidre , piiUque le Condle ne tkànjt 

fini sinoritê que du témoignatf^ général f 

ce tétnoignage ne peut-être td, ou que: 

pmr Pinterveûcba des Fayties , ou par leuif 

acceptsticm fubfoquetite , qui eft ube inter- 

ventioQ rktuelle y Cms laqiedle ie Coocile: 

fte Tpeut être cenfé général. En efifet^ coin«-^ 

•me toute rautTorké du Ck>ncile vient du té^ 

çocngmge des Eglifes que leurs Evêques i epr6^ 

Sàateûty 8c que la repréfentation n'a de vertu 

qoîautant qu'dtte eft générale, & mie les r&^ 

IM^mans. font avoués de kurs Eglite ; il s'teii- 

ijak Bferi&ircment que l'intervention desPaf-* 

tâes eft mtceSàtt, Et cette ma^nse étoie 

même â bien fecomiue dans le Concile ^ qua 

dsns les matières de Ikiâme on tie croyoit 

pas que îa pluralité fu84t , & qu'on vouloh:| 

wot faire pafleruttr Décret, que l'unaniniite 

\ fût«iitiète4m prrfque«tttière: ce qui juftlfie- 

\ îUi nraime de Frs-F^h ^ ôc oelle- de l*EgKfiic 

Pour peu que Ton veuille étendre & deve* 
ôôper Ce Syftême, il mené ncceflàiremçnt, da, 

E e a cou- 



4S($ BlBLKHTHBQJTB RAISOKmik^ 

conlSquetice en coniSquence >à recoBookre qal 
n*Y a que ies-décifions de la Paiole dcDkn qiô 
floéritent une entière founûffion de foi de la fait 
des Chrétiens ; & dans le fond cette Conda- 
fion n'eft pas moins vraie dans la Commuoini 
de E^ne , aae dans la nôtre. Le Concile mcoel 
de TVente aonna ceci pour la baie de la Rd^i 
Chrétienne, dans le [nrétnier Décret de iâ qo^ 
trième Sel&on. Il y dit , (a) qu'il a eu j, d^ 
* ^ vaut les yeux de conferver dans VE%lî&. . . . 
^ la pureté même de P£ vangUe , qui vffàa afoir 
,, été promis auparavant par les Prophètes dsm 
,, les Saintes Ecritures , a été enfuite publié pié- 
,, mièrement par la bouche de Notre Sàwa 
y, Jéfus-Chrift Fils de Dieu , & puis peuTfeA- 
,, nôtres auxquels il a donoé la commiiEoo ît 
,, rannoncer à tous les hommes , comne k 
^ iburce de toute vérité , qui r^urde le âim, 
^ & le bon règlement des mœurs. " il afoos 
à la vérité» que cette Vérité^ ^ cette Eigk à 
Morale , étant contenues dans ks Livres Arits^ 
ou fins écrit dans ks Traditions. . . . il ksem^ 
Ifraffe anjec un fareil reffeS. Mais l'équivQOB 
eft vifible, & rien n'eft ni plus vrai ni plus fo- 
ie que ce que Mr. LeÇaurajer a noté là-dcflk 
,9 Les Ëveques de Fano & de Chieg&my àt4^ 
,» s'étoient fortement oppofés à ce Décret, & 
„ ce^demier avoit traite ouvertement cette «a- 
,9/lité à'in^e. H y auroit de l'impiété en m. 
„ à ^er la parole des hommes à celle deDiea,| 

y^ coflaocl 

M îout éviter Ja chicane, je me fuit Icrrl de lâf/f 
«oâxoii de TAbbd diémm , 171^ ! 



comme l'Evêque de ChioggU difbit que fâifbit 

le Concile en galant les Traditions à FEcri- 

trure. Mais les Pèr^ répondoicnt , que ne s*a- 

giflknc ici que des Traditions divines, c'étoit 

ég;aler la parole de Dieu à elle-même, puifque 

d'être écrite ou non écrite , eela ne change 

rien à fa nature. L'e principe eft très vrai , 

mais la di£[erence eft infinie dans l'application. 

, Car on fait où eft contenue la parole de Dieu 

» écrite ; au-lieu que rien n'eft n incertain que 

^ les Traditions non écrites , faute de pouvoir 

^' remonter avec certimde juiqu'à leur origine. 

^ C'étoit fans doute ce qu'entendoit Nachianti^ 

^ Evêque de Choggia ; & il fèmble qu'à cet é- 

y gard il n'avoit pas trop de tort de traiter d'im- 

y pie l'égalité que l'on mettoit entre l'Ecriturefic 

, les Traditions. " 

A la fin de cette Edition de YHi flaire duCm^ 
^ile de Trente ^ on trouve un Affendix^ qui con- 
ient deux Pièces fort inégales, tant pour le prix 

Îue pour la longueur. La féconde n'eft que le 
Titre de l'Edition publiée à Lmdres par Marc-» 
Antoine de Damimsy & que l'Epitre dédicatoire 
le ce Prélat adreffécày^^iref I. : chofés qui peu- 
vent avoir quelque u%e pour les Curieux; maig 
?ui d'ailleurs n'iritèrefïent que très peu le Public, 
e me garderai bien de dire la même chofè de la 
première Pièce, intitulée : Difcours hifiortquéjur 
M réception de ce Concile ^ particulièrement en Fran^ 
€e. Ce Difcours eft rempli de tant de faits dont 
la connoifTance eft utile, & peu commune, que 
cette partie du travail de Mr. Le Courayer n'en 
paflèrà pas pour la moites efUmabie. Nous n'a- 

Ee 3 yiona 



448 BfMLToYfitecB^ ItArsomiM, 

Vions encore rien de pareB, ni poaf le yjaar n 
pour Fexaâitude ^ & je dbis à U ÊHJshâkm de 
xhes Leâeûrs, le foin de lear en fkire mu pedc 
Abrégé. Mais comme cet Article eft d^ fcit 
loDg, & qu'il pourroic (e préfemer fiir ma route 
qudqaes réflesfions à faire, 8c que je fiq^prim» 
fois avec petue , on me permeccra de reDvofti 
cec Ouvn^e k une autre Pardc de oome Jouf 
nal. 



i<i»— »■* w'ip' ■ ■ w »'! I l ■ n i n » n ^ 



ARTICLE VIII. 

JottAMNrs RoBECK, Calmavût-Suedi, Eter» 
tatio Phâofophica de ^vxl^f ^7^^^ fi^ 
Morte voluntaria Philoibphoram Se bononm 

" Viromm, etiam Judacorum Se ChriftlsDioniaL 
Recenfoit, perpetuis animcadverlionibas nath 
vit, prafatus eft, & indrcem rerum locupic- 

* tiffiflûum addicHt Jo«, NicotittTs Fu»e- 
crus Marburgenfe. Èhfte/i/ ^ lÀteris Je, 
ÇtKhfr. Mnaxy 17 '^. 

Ceft-à-dire; 

'pijfêftatiùn Thilèfophtque fir PHomkide Afin- 
mfmêy far Jeàm Robeck, ave^ nne Tt^m 
& dis Notes de Mr. FtTNCCiu's. jf Rîmd, 
che% Jean Godefr. Emix, 173^^. petit in-^art9^ 
Pagg. Ç2 /^«r Ac f réface ^ S' 3 19 pùurte Cfffs 
de rOtfVrage^ fans ctmftet U Tablé des JULasê" 
resy ^ PE^e OéMcatùtre adreffét i Mr:k 

Baru 



^mmmmtwmi 



Barmt cI'Adelebsen, ib la fart 4§ Mr. 
VviACCiVB^frrfsfiUirtn Eloquence^ tnHif^ 
taire & eu FoUtique^ & Bibbatbfcmrf de tA-^ 
caJémii de Riocel. . 

Quelque irrû qu^il ibit, en général, que lei 
Ouvn^es fervent à âûre Gonnoicre le ça- 
rtâère des Auteurs , il a'eA pas moins 
fur quelquefois que les Auteurs eux-mêmes ca* 
nâerifenc leurs Ouvrages. Nous pouvons le 
dire en particulier de coui-ci, peut-être autant» 
ou plus, que d'aucun autre; & û le Tipre de b 
JHffertatim en annonce 'fuffifiunmeot le fiijet, . 
Peftime que l'on en doit faire dépoid , en gran- 
de partie, de celle que l'on fè fera du PhUofb- 
riie qui l'a compofee. On trouve là^eflus des 
^daircifTemens fort curieux dans la Fréfét^^oiX la 
ÏHffertatUm tfélimfMire du fiivant Editeur. £a 
voici l'Abrégé. 

Jean Roketk naquit à Calmar en Sitêde le x; 
de Septembre i6ja, , dans une Famille aSêt di^ 
tinguee; fbn Père, Matthias Baieik^ étant uo 
des premiers Ma^rats de la Ville. Les pro<^ 
grès qu'il fit rapidonent dans l'Etude, n'auroicftt . 
pu que lui aiTurer une grande réputation, s'il p?f 
eftc pas lui-même mis obâacle , par Timpa-* 
tience qu'il témoigna de paroitre. Dans le cours 
des Icâures qu'il fit à Uffal^ il tomba fur quel^ 
ques endroits des Réfiescions de MarC'-Jbffcwm^ 
qui lui faiiant concevoir un extrême mépris de 
cette Vie, lui firent naître Fidéedu ridicule qu'il 
doit 7 avoir dans l'attachement qu^ les hommes 
«a oiarqucnc» Rempli de ce fujet^ il le ii6dvu& 

£e 4 en 



^ 



445 BiBuoTmQjm Kawsovm^^ : 

cnTbéfis y qu'il (ê propofii de (buteoir piJ^âqtK- 
mmit dans l'Univerfité , où il avoit ^fiè&t: 
ans, à direrfes repriiès. (1 ne put en obcemr h 
permiiSon de l'Archevêque d'L;^/,*~qui eftauffi 
Chancelier de l'Académie. Vivement piqué 
de ce refuis, il fi^tit d'une Patrie ingrate, & qu'il 
cmt indigne de le poflëder. Ce dut ênne vers 
l'an 1703, ou 1704. Après avoir couru quel- 
que tems VjiiUmagney il vint à HàUesbem, ad 
il fit connoiflànce avec les Jéfiiites y dont û prie 
des Leçons de Philofophie. Charmé 4e fes 
Maîtres, il abjura ]a Religion^de ùl natfiance, 
& entra dans la Société. Il reçut la préonèrB 
Tonfure le 7 de Mars 1705, £c nie eofuite clac- 

Se dediveries Comciiffions importantes del'Or^ 
re > tant à Vieii$ie qu'à Roxne. Dans l'un de ces 
Voyages, il ne manqua point d'aller à Laremy 
où il prit le Sacrement de Pénitence le 2p Oc- 
tobre 17 10, des mains de Febx Frigiem^ Pcni- 
tsnciér de cette Maifon. De retour à Kiame, 
le Cardinal Tiazza lui admiiiiftra fuccefliveaxot 
an 17 12 l(!s quatre Mineurs, le Sousdianocat, 
le Diaconat , âc enfin la Prêtrife. Qudques 
années auparavant , certain refte de tendreÀ 
pour l'Air natal, qui fe réveilla, l'avoit ei^agé à 
faire des tentatives pour obtenir la penniffion 
de retourner en Suède y d'où^ félon les Loix, 
£1 Catholicité Rûmaàne l'excluoit pour toujours. 
Les follicitations de fa Famille y firent enfin 
confentir Charles XII. Mais la défaite de ce 
Prince à Pub^nvay fit craindre à Rabeck qu'il ne 
fut pas fur pour lui de faite valoir cette g»- 
çe y dans un^ çonjonâure de conftemittioo & 
' de 



dé trouble. Il n^ fie donc aucun ufiige ju(qu1i 
la tnort de ce Monarque, & ce fut enfuice inu* 
tildxient qu'il fit agir auprès de ion Succeâeur. 
Il y a beaucoup d'apparence que le Caraâère de 
Prêtre 9 ajouté à celui dejéfuite , mit leplua 
erand obftacle à la fiiveur qu'il faiibit poftuler» 
Je ne conçois pas néanmoins comment il pou* 
voit attenore que la Cour de Stockholm lui ac-^ 
cprdât fa demande , à moins qu'il ne Ht luire 
quelque efpérance de rentrer dans le Luthéranif* 
ine. Quoiqu'il en loit^ Chriftpphh^Antnfie dé 
Stjtfov^ Ssaemtecky Evêque de Uvome^ lui ac« 
corda en 1714. le Titre & la Faculté de Con* 
feiïèur dans ^ Frovince. En 1716, George Sfi^ 
noUy Archevêque de Céfarée^ & Ncmce en Al* 
lemagne^ l'étabÛt Miffionaire Apoftolique Prê« 
tre, avec pouvoir de célébrer la MefTe y qusuid 
fie où il voudroit. Après avoir couru plus de 
dix ans en cette qualité, il vint dans la Weftphar 
lie y Sa obtint en 1727, de Jean Adolphe ^ Vir 
çaire Apoftolique, qui étoit alors à Qfnabrugy • 
la fi^culté de prêcher, de célébrer , & dé con«- 
feffer, dans la maifon d'un Particulier Catho»- 
Ilque Jiomain^ qui n'étoit pas éloignée de la Vil<- 
le de Hambourg, Il y demeura près de 7 ans, 
dont la durée, jointe à l'obfcurité de fa retraite, 
(if ) lui donna le loifir de faire plus de réflexions 
que jamais fur lui-même. Dégoûté de la vie, 

& 

. (4) Sâtmr viUf ad fi rtdnt, TaTOue que je n*fti pu. 4^ 
inëlet tout le fens* de ces paroles de Mr. Ftinccms : Il rr- 
x/intdfiù Eft-ce par rapport au Luthéianifme , ou OA 
^l^axd à qucl<|ue inclination vicieufe i 

Eej' 



44t BiBUOTSfeQsrm RAfsoimini, 

Se de fi» occupations âcerdcMiales , il pnc kté- 
fialucion de rompre cous (c$ tuiaxs lîcns poui fe 
doimer tout enrier à la méditstàon de h mort, 
& à la compofitioo de fes Livres. Dans car ef- 
prk il s^âokna de Hamtêurg , & irim à ISntfrf 
en 17^4*- A peine y fiit-il arrivé qu'il camt 
un Billec ï Mr. Vunecius , pour lui dire qui i 
écoic, fon état , Tes difpofitions ; ajoutant cpfil 
fi>uhaitoic de le confulter fur fii fituadoo pmao- 
te, s'il daigooit lui donner une heure coouoode^ 
L'illuftre Profeflèur le reçut dear fbb âsms fc 
maifon, oà la conver&tion ne roula que fiir la 
Lettres. IR^htck {s) alla quelquefol9 reMeadre 
«I public , & ne fe trouva ^e rarement aia 
Exercices publics de la Reliçîon. Il ne Somk 
prefquê point, & paâà plus d^une année renfer- 
mé dans fon Cabinet. Perfuadé qu'il ne pou* 
voit être loin de la fin de ks jours, il ne tf'étok 
ménagé que le peu de chofe dont il comptoît 
avoir befoin pour. trois années. Mais à peine 
eut*il paflè 13 mois à Bmtel ^ qu'il écrivic à 
Mr. Fumàus une féconde fois pour lui dire en 
lîibftance, qu'à l'âge de 64 ans, il alloit faire ibo 
■dernier Voyage ^ que h mélancholie, qui ai^- 
mentoit tous les jours , achevoit de lui miner 
l'eforit & le corps ; qu'à l'exemple de tous lei 
malades, il vouloit chan^r d'air, non qu'il en 
attendit aucun bien, mais parce que ion mal en 
feroit amufé^ que pour iè décharger de tout em- 
barras , il faifoit préfent à la Bibliothèque de 

l'A- 

(«) x^li^mtùt mi fM:ê 9tânUm dutUvk % me^m féaû 
ÎHterfm fé^itu^ 



l'Académie, de la phipsrt de (es Livres, de quei* 
ques Manttfcrits, & de 90 florins qu'il atoit en 
efjpèces; qu'il le piîoic de faire imprimer un de 
fes Ouvrâmes, en y ajoutant une Préface; fie 

Ïi'it lui enrojroit en même cems la Notice des 
bnts 6c des ManuTcries qu'il donnoic à la Bi- 
tîUotfaèque publique. On trouve ici cette Noti- 
•ee y qtâ contient pour les imprimés^ 10 Fplia, 
X7 Quarto, 24. Oâavo, & 22 Duodecimo; te 
quant atix Manufcrits , 9s (bnc au nombre de 9, 
tons compofés par le Pfaiiofophe Suédois, pour 
. '£otx u6ge particulier, ou pour celui du Public. 
n chargea quelques autres perfonnes de diftribuer 
«ux Pauvres ce qu'il avoir d'habits" 8c de meu- 
bles, flt fît remettre à Mr. Funccius 20 Ducats, 
auxquels* il ajouta trente florins & demi , defti* 
' fiant CCS deux fommes à l'impreffion de quelqu'un 
de fes Livres. Lui aiant auffi laiile les Lettres 
^ qu'il avoir reçues de diverfes perfonnes cohfidé- 
rabies de PE^fe R»mame^ tant Princes que Car- 
étnaux , & n'emportant avec lui qu'une petite 
Vaïife pour mettre fes hardes pendant le chemin, 

5 prit la route de Brhne au mots de Juin 1735. 
Des qu'il j fat arrivé, il crtvofyz i Mr. Fmeehs 

6 Vaiife , dans laquelle il avoit mis tout ce nui 
lui rcflrort de Livres , de linge , & d'habille- 
mens, excepté ce qtf'ilpôrtoît fur le corps; & 
prh par Lettre Mr. le profefleur de vendre tout 

* cck,& d'en diftribuer le provenu à des Pauvres 
honteux. Quand tout cela fut fait , on le vit. 
on beau jour, habillé fort proprement, s'embar- 
quer feui dkins un petit Bateau qu'il avoit achè- 
te >& s'écarter da riifttge,àl'éeonnemeiit de tous 

les 



444 ^BJLIOTSBQjm RAISOKSKlff^ 

les Q)eAateurs. Quelques jours après oq xskwz 
fou corps dans le ^^r, à trois milles àe Brf- 
mey ic près d'un Village, où il fut enterré. Tdle 
a été la fin de ce prétendu Pbilofophe. On ne 
iâuroit douter qu'elle n'ait été volontaire , & 
pême de longue main préméditée. Mais quanl 
on penfe qu'ilavoit commencé de bonne neue 
à s'entêter de l'innocence d'une mort iemblable; 
qu'il s'étoit mis dans l'imagination de briller par 
' ce Paradoxe à Uf/à/; que de fîmples Thèiès il 
en avoit fait une Dijffrtatwn fort étendue*, que 
cette opinion , bizarre pour tous les hommes, 
.& fingulièrement criminelle pour un Chrétien, 
.devoit par conféquent l'avoir occupé toute (a 
vie^ que le dépit, qui le fit fbrtir de Smède^ ùt 
vraifèmblablement le motif principal qui lui fit 
abandonner la Religion de (à naiilknce à Page 
de 32 ans ^ que quatre ans après il parut ibuhai- 
ter avec pamon de pouvoir retourner dans fâ 
Patrie; que ce defîr ne fut pas moins violent 
après 4 ou 5 de Prêtrife; que fa vie entière ^dt 
[imlee à courir d'un lieu à l'autre; qu'il étoit {a) 
naturellement atrabilaire ; que ù. prof(Hide re- 
traite ne put qu'ajouter à (à mélancholie, & qu'il 
entra dans ion petit Bateau en plein jour, com- 
me pour avoir des témoins de fa mort , & fe 
donner en fpeâacle: quand on fe rappdle, dis- 
je, toutes ces choies, on ne &it guère que juger 
de cette Pbiloibphie. I^te plus fur eil d'aban- 
donner 

(i«) Voici ce qu^il en dît lui-même, dsns an de (es 
'Billets, à Mi* Funcdm, Stnti; • . • mwbi$m, • • • mum 
fêkm^ » • • ><x rtdmiâmU » m ^9 , mtâ^ Mit», 



donner ce iècret à Dieu, qui en a déjà pronc»!!- 
ce la Sencoice* 

Mr; Wirnctius , touche de la trifte fin d'un 
ïlomme pour lequel il avoir conçu de Peftime, 
n'en eut pas plutôt appris la nouvelle , qu'il ré* 
^luc d'exécuter les ordres qu'il lui avoir laifléa 
de faire imprimer quelques-uns de fès Ouvrages ^ 
&: fe détermina pour cette Differtatkm FbUofo» 
phifue far PHomicide de So$*meme , qu'il croit 
néanmoins n'avoir pas été peu funefte à i'Âmeur. 
Sentant bien cq)endant que Ton pourroit le blâ«- 
mer d'avoir publié une Pièce , qu'il ne tenoit 
qu'à lui de fupprimer, & dont la luppreffion au- 
roit fak plus (le bien que de mal , il tâche de 
juftifier fa conduite. D'abord il fait valoir la 
volonté du Mort, qui devoitêtre refpeâée. En- 
iùite il fe retranche aux Notes qu'il a mifes par* 
tout pour fervir de contre-poifbn. D'ailleurs il 
fait remarquer que ce Sujet a été manié par quan- 
tité de diâerentes Perfbnnes; que yean D&ttnêy 
Doyen de St. Foui en Angleterre y a défendu l'in- 
nocence de l'Homicide de ibi-tnême^ dans tit| 
Traité, qui malgré là défenfë qu'il en fit mou- 
rant, fut imprimé à Londres en i6^%y & réim- 
Çimé dans la même Ville en i ^64; que cette 
ièce fut attaquée par un Anglais anonyme, qui 
publia (à Réponfe en 1658; que plulieurs Savans 
qu'il nomme, ont donné des Diflèrtations fur la 
même matière^ que les Pères, que les Théolo- 
giens, que les Jurisconfultes, ne fe font fait au- 
cun fcrupule d'en traiter dans les occafions qui 
s'en font préfentéés^(]^ue le droit qu'ont les Hom- 
mes fur leur propre vie n'eft point une Doâiine 

nou- 



à I 



«nnnrik; que cette IXodbfue ^atc âe^vmiim 
ptnni les Païens ^ que Ton en ^ ces éixoaris 
de» Fcftiges dam le Corps de I>raît9 Se jiéit 
g OKmcJssé finttemie ^r desG^iAttCfar«iicai^ 
tek que Sûf9^ Smukéz^ Dimmu Se Grêimde, A 
oeODc oocaâoa Mr. Bumehf ;s'«figi^ à ptîfer loi 
eaeoapleft «de Jes arû^oai de ces Fias «iedattes^ 
oûntre. riococeoioe desŒsdks il iê dédtie âv«c 
iiirce.: Mais coiasxie il^&k co ûedqMVuiiH 
obcr &r la Diflèitttîoii de £«htf j^ 9 Aiôrib 
Noteâ qu'il y a ajoutées^ je ptOe à l'OumEMèi 

UacafioDdilé dtsÉ cett^ IHffèrtutim FHbfr* 
fHfÊiep tant ce qae ià Leâïiiit Se Ces Méàâs^ 
tÎDnf lot 9WXLmt ibormipour l'sffî'eax.lêraBDeat 
dont il s'étxnt coéffî, <}«s l'on petit i^ crii» 
ib. déftife fei'^Bco». |e dis tm^ ^ ùm cxcèp* 
tion y {miidu'il foeie ^MMuferfement le knt Se le 
-fbible. D^BUeiicsil:parle tûi^tmrs t» mu Dé» 
fkftufteitr , pQuiGuic même quelquefois la Ilécia« 
mitSda iii£]ii'à Mme t£pèce d!eaâioaûafiBe tria 
{Niértle, fic trèsiriâcok. 
. D'atord il pofe povx Principe , ce qtd eft taôi 
fittiK^ quepsami lesOirétiens, LaBâtme ScSi, 
Ai^Jk» furent les ptéteten qui condamnèroBr 
Tiîkimicide de ibi-âiême ; ce qa^ atûiboe i 
Te^C de molleâë qui s'étoit ti^edmt daot 
FEgliiè^ depuis que tes Perieci^âons aiant cefiEs 
l'on n'y voyoit plus deMarqrrs ^ de nràne qa'fc 
l'enTié de contrecarrer certains Hérétiques qoi 
tenoîcnt pour rinnocenœ de cet Honaicide. A 
l'autorité de ces deux Pàies^ fl (^pofe le fîlence 
frécendu des crocs à qoao^ ptétniers Siècles ds 

Chris- 



Ckiifkimiftùè j MA paCTagd de Cicér<xi , où te 
Dt(^ de h naceffité font panis fert knn j ^ iç 
déCAil de ceitaioes Ââions, crioniwiles en ellei«- 
mêmes, que cette néceffité jiifti6e^ à ce qti^il 
dir. Après être entré dnfi en matière-, il hit un 
fecoûd préâtmbule fur rtitilité qu'il y a de IneU 
pofer mat de la queftion, dans tous les Pointi 

rie ¥on traite; & povtt en donner Pexemple^ 
téàuk la fienne à favoir, fU t^y Afa$ dn Cês 
Amtéf^ dam kpptekmtèmmefeut/iter U V$è^ 
ttmne ifàanèèft hàtè^ & mime par éhvHr^ Pooar 
feutemr ié Côhtraire il ne faut pas moins, dit-*il^ 
aucune Loi Naicttrelleoa Divine, ou qudque Rtii^ 
fôti^ oti quelque Vertu qui nous oblige d'aim<^ 
teHement notté Corps que iioud devions te cotH 
ferver à tout prix. L*Auteur fait donc ici Pé*- 
fluiriératioti de certeids Cas, qui fent autant de 
divers Points de vue fous kKjuels il veut que 
fbn envifàgte la queftiôà pro{x>£§e; & ne man* 
^ point d'en citer des Ésem^te, qu'il ne né^ 
^e pas non plus de peindre avec toute la fovcé 
^î lui a été poffible. Ces Cas font, de cruds tt 
\OKs^ fiippllces, que Ton ne peut évker que ^ 
Pantkipation de ta Mort; des maladies, g^deS;^ 
& incurables ; une Faim exceffive; & diver-^ 
fe autres chofes rend>lableSj auxquelles il reviemë 
foutent dans la fi^ , les répétitions lui étant 
fctft ordinaires. 

Pour iâvoir donc fi dans ces Cass extrêmes^* 
tA r<m peut dire en général , que la mort eft 
préférable à la vie, il peut être permis à chacun 
de fe donner la première , il examine la nature 
èes Loix que Poti. doit comuiter là^iefrus ; & pkr 

une 



44^ BtBfiiorHtfQlfB RAisQvnlr^ ; 

une pure pétition de Principe, il pofe pour vam 
Vérité reconnue 1^ que les Loix ne font doifflées 
que pour les Cas ordinaires., & font par cooft- 
quent reftreintes au train cooamun des cfaofa 
humaines. JBâtiâant là-defll^, il prétend que la 
Jjoi qui dit,, tu ne tueras foktt , eft modi&ée 
tardes Cas dj$néce0ité, par rapport aux autrq 
hommes; & s'eftime en droit deconclune que 
la même nKxiificatipn ne peut qu'être fuppdSet 
gufC par rapport à noas*m£mes« Uinduétioa 
eft vif)blement illufoire, puisque, la La\ àivkie 
^qui fpécifie des Cas où un Homme en peut tuer 
un autre, n'en .fpécide aucun où qui que ce fok 
puiiTe fe tuer Itarmême. Mais, dit Eoheck^ixi 
doit préfumer ce droit, fur ce que Dieu nous a 
laiffé le pouvoir de renoncer, volontairement à 
tçnis les autres biens qui nous appartiennent en 
propre: &. pourquoi notre vie feroit-elle le lad 
bien, dont noùys ne puiffions l^timemeot nous 
diéËûre ? Même., félon lui, c'eft déshonorer 
Dieu , que de prétendre qu'il ait voulu nous gê- 
ner là-deflus. Un. peu plus de discuffion lui au- 
rait aifément découven la groffièreté du Sophis- 
me y car cette conûdération eft abfolument h 
tnême que la précédente , fi ce n'eft qu'elle eft 
tournée d'une autre manière. Il y a des Cas où 
la Loi de Dieu nous permet, nous ordonne mê- 
me d'aliéner tous nos autres biens. Y en a-t-H 
quelqu'une qui nous accorde le pouvoir ou la 
permiffion d'aliéner notre vie , éc de nous en 
déifaire pr nous-mêmes } S'il y en a quelqu'u- 
ne, ce devroit être néceflàirement dans r£crini* 
re Sainte. Cette Ecriture a fuppofé des Cas «4 

l'hom- 



Phomme de bien peut être expofe , pour 
juftice, aux extrémités les plus longues, les 
plus violentes & les plus douloureufës. Notre 
Sauveur prédit à fes Difciples le rems , où le 
monde les haïroit, les perlecuteroit, les feroit 
mourir^ où ils auroient à fbuffirir pour ion nom y 
la fSiim, l'opprobre , la mendicité, les tourmens 
les plus rudes. Ce fbnt-là précifément les Cas 
de néceffité , où le Philofopbe Suédois prétend 
qu'un Homme de bien peut & doit s'ôter vo- 
lontairement la vie, pour fe dérober à tant d'au- 
tres maux. Si la chofe étoit vraie, Jéfas-Chrifi 
ne devoit-il pas nous l'apprendre? ôcqui ne fait 
qu'au contraire, dans ces circonftances fi triftes 
6c fi déplorables , il ne nous ordonne que pa- 
tience, 'que fermeté, que courage? Il veut bien 
que nous préférions le devoir à la vie; mais il 
veut auffi que fi nous facrifions la vie au devoir^ 
ce ibit d'autres mains que les nôtres qui nous la 
raviflent. 

Si Robeck avoit cherché de bonne foi la vé*» 
rite dans la Religion Chrétienne , il auroit fen- 
ti, malgré qu'il en eût, que le pani d'impatien- 

' ce & de defespoir, qui lui a paru fi beau & fi 
Philofophique , efl: dans une oppofition diamé- 
trale à celui du Chriftianisme. Mais au-lieu de 
chercher l'explication desLoix de la Nature dans 
la Morale de l'Evangile , il ne l'a guère cher- 
chée que dans les Ecrits des Hommes, & fur-tout 
dans ceux du Paganisme. C'eft un manège qui-, 
à mon avis, marque peu de droiture. On ne 
prend ce tour , qu'à caufe de la facilité que l'on 

- trouve alors à chicaner le terrein. QuelquesSages 
Tom. XriL Fart. IL F f Gen* 



1 



4fO BlBLIOTHBQPS RAXSOimrfti 

Cwtils ont comparé PHomme ï un Solàft^qœ 
Dieu, bomme (on Général y a mis en SoBâoel^ 
le 9 & qui P^f coaféquenc ne peut èat daos 
h Ubmé d'abandonner fon Pofte , avant qwe 
d'en avoir la permifEon. Toutes les compuai* 
£)ii8 clochent par quelque endroit. Cdie-cin'cft 
pis li par&ite, qvrelle n'ait , comme toutes les 
autres , ion endroit moins fort, ou plus fbifde. 
Ceft à ce côté fbibk ^ue notre prétendu Philo- 
iopbe s'attache, & lui en voilà pour 12 gandcê 
pases de Déclamation ou d'Eisotene^ Auprès 
cda il Te jette fur Macreie qui s'eS ayi& de i&e, 
que TÂme ne fe décache pas afIeL du Cwpsi 
lorsque la feparation s'en £ût par coBtrûme^ 
ce qu'il trouve fort ridicule. Il s'en proid enfiô- 
te aux FlatomcienSy qui difênt qu'une Mort an* 
ticipée ne laifTe pas à l'Âme le tems dont dk 
a befbin pour s'épurer des Paâions corporelles» 
pe-là il revient à la comparaiibn du So/dar nm 
en Sentinelle, & répétant en d'autres mots ce 
ou'il en avoit déjà dit, il fe rabat enfin à nous 
donner Sénèque pour le Juge fuprème de cette 
Pispute, parce, dit-il, qu'U n'y a peribime qd 
en ait traité ni avec plus de diver(ité,ni avec ph» 
d'exaûitude. Au prix de SAfèque , s'il faut l'en 
-croire, {a) St. Augufim ne mérite aucune dé- 
férence. Ce Père n'a que des paroles , & que 
des raifbnnettes. Les Théologiens poftérieun 
du Chriftianisme lui paroiffent encore bieo 
moins refpeâables. S'ils allèguent r£criture, 

c'eft, 

(4) Tutilis iîU KAHguJlirU & dUoritm , ex o^inipmbm , im 



c'eft, ajoute-t-il , qu'ils l'expliquent à leur &ntai? 
fie, comme ils le font fur tant d'autres chofèf 
qui leur foumifTent )e prétexte de fè damner les uni 
les autres 9 ou de fe tourmenter de )a façon la plu| 
inhumaine. C'eft-à-direappareil)ment,quefèloi|, 
Rifbefky û les Ecrits de Sme^ue étoient érigés ei| 
R^le de foi, tx)ut le monde les entepdroit de L| 
mêczie manière. O l'habile homme que vôil|^ 
& que fa connoifTance de l'Esprit humain ei| 
prc^ode I Je croirois piutôt que Sénèfue lui ai^r 
roit paru auffi obicur que l'Ecriture, s^îl pe l'^r 
voit pas trouvé plus favorable à fês fentimens. 
Ce oui me le perhiade, tSt l'inquiécude que paroÎF 
lui donner cette feule I^oi du Décabgue, Tu hê 
tueras fêimt. Il y revient de plus belle, & ce 
font toujours les mêmes diflinâions & les mèa^ 
ines raifonnemens, fbus une forme diver&. O9 
diroit que dans toute la Parole de Dieu, il n'y % 
point d'autre hoi que celle-là, que l'on puiflè al^ 
i^uer contre ion (entiment. 
. £n effet , de fês vagues ipéculations fur ce Pré* 
cepte divin, il paile abruptement aux Loix hu- 
maines, & commence par en dire, en peu dç 
xnots, tout le mal qu'il fe peut. Elles font ar*- 
bitraires , l'ouvrage des PafCons , contraires à I9 
Nature. A ce début, vous croiriez qu'elles s'acf- 
cordent toutes à condamner l'attentat fur foîr 
même. Mais vous vous tromperiez grandement. 
t^betk n'a placé là cette inveûive, que pour jr 
jBontrer fa lecture. II y a enchafle les grands noms 
de Flatm^àtSocrate ^A^Tlanude ^àtLentulus ^ de 
Sénè^ue, Il ne pouvoit ^y propofer autre cho- 
ie y car d'ailleurs il afliire avec gravité , quoique 

Ff 2 fins 



4fl BiBUOTHBQJTB RAISONNA, 

Ëms preuves, que les Loix^les Coutumes. & les 
Conftitutions de tous les anciens Peupes^Cc 
fur-tout des Romains ^ biffèrent à tous lesSi^CEs 
le droit de vie & de mort fur eux-mêmes. D 
•porte même la confiance jusqu'à fbutenir orfi 
(a) peine fe trouvera-t-il quelque Peuple, cncz 
qui la Loi foit contraire à la Thèfe^ de ibrre que 
cette dîfcuffion ne mérite pas qu'on s'y arrête: 
infinuant ainfî, contre toute raifon^ au gue cel- 
les qui n'ont rien dit là-deffus lui font fâvora*- 
bles, ou qu'il n'y en eut pas une fêu\e q\n àéci- 
<lât contre lui. Cette Méthode eft bien cavaliè* 
re pour un Philofophe , dans une a£&ire fi fi- 
rieufe. Elle marque avec trop d'évidence im 
Esprit ' aveuglé par un excès d'entêtement , & 
qui après s'être trompé lui-même, travaille aaffi 
à tromper les autres. Car enfin , fi toutes les 
Loix, îi toutes les Coutumes, fi toutes les Coih 
ftitutions des anciens Peuples étoient pour lui, 
pourquoi n'en pas alléguer ici au moins qud- 

3ues-unes? D'où vient qu'un Auteur fi prodigue 
e citations fur toute autre chofè, en eilicifi 
avare? L'illufion eft d'autant plus groflîère, que 
fentant bien, malgré fbn affurance, que toutie 
monde ne voudra pas l'en croire fur fà parole, 
il fait bientôt mine de produire les garants de ce 
u'il venoit d'avancer. Et s'il vous plait, quipefi- 
Î2-VOUS que ce foit ? Tout fe réduit à > ou ( 
Réflexions de Sénèque^ auxquelles il en a coda 
tout autant diEpBèté, Ce qu'il y a de fore fia. 

guliff 

(«) Frufira hic diJpMtam»s de Itgilms etiam bumam*, Vim 
mm mquâm gentinm txtam^ qtt* mftr4 C4féfs adverfu — 



i 



£ 



0Shhre^Nwenitre^Decemère^ijl6. 4f| 

gulier en ceci , c*eft qu'après avoir donné ces 
deux Philofophes pour les Interprètes de toutes 
ks Loix humaines , il ne trouve de témoignage 
oppofé qu'en deux Hiftoriens , favoir §iuinte^ 
Curée & Tacite^ qui femblent, tant par les faits 
u'ils rapportent , que par la manière dont ils 
î font exprimés , avoir jugé qu'il y ayoit 
plus de grandeur d'ame à fbufmr patiemment les 
plus trilles revers de la vie, qu'à s'abandonner 
au dernier deièspoir. C'eft bien peu que deux 
Hiftoriais de TÂntiquité où cette maxime fe 
trouve I il n'y en auroit peut-êtr« pas un ièul 
où elle ne fè trouvât, (i l'on ne craignoit pas 
de l'y chercher. Mais il en auroit trop coûté 
aux préventions de Roheck, pour fe donner cette 
peine. On le voit.au chagrin que paroiflènt lui 
avoir donné les endroits qu'il a tirés de Tacite & 
de ^luinte-Curce : il fue (kng & eau, & fe donne 
mille entoriès , pour fe tirer ces épines du jMed. 

Jusqu'ici, fes eâEbrts fe font bornés à combat- 
tre fes Âdveriâires : il vient enfin à la partie de fâ 
tâche , par laquelle il auroit dû naturellement 
commencer. Il s'y ajgit d'établir fa propre Thè- 
fe , & par préliminaire , il annonce pompeufè- 
ment Xll Preuves qui la fondent d'une manière 
claireSc diftindie. Voilà oui eft terrible j XII Preu- 
ves de l'innocence de l'Homicide de foi-même! 
En vérité c'eft beaucoup^ & ce fera bioi plus 
encore, fi elles ont toute la clarté & toute la pré- 
cifion que l'Auteur y fait efpérer. Heureufemenc 
il n'y a gu'à les voir, & qu'à les pefèr , ppur en 
découvrir la foibleffe , dir^-je, ou le ridlcde 
l>arfait. 
*^ Ff5 La 



4f4 BlBLIOTHEQJ^E RAISOKXffi^ ' 

La L Treitvt eft prifè de ce que laTUboiK 
polée eft fiuifle & précaire^ ce que A0Wci|»- 
ceod avoir démontré par fes Réfiezbos pncéàea- 
tes. Je ne fai fi d'autres auront k ûmpliàtde 
l'en croire: mais powr inoi, je puis dire qii€)e 
n'y ai trouvé « que mauvaife -foi , que E>écli* 
flMtion > que fauflè Rbécorique,& que Loeiqae 
encore plus faufle. Afin que tout le meixfe en 
pût juger (àinement, j'en ai donné la&hftuoe 
arec toute l'exaâitude poûiblé. 

La IL PfAnw revient affisx à lapréob&eite^ 
On ti'en eft tout au plus qu'une fîntpie exten&oa. 
Elle oonfifteidire, qu^iln'jrapoint deLoigx 
doua ordonne d'aimer fi fort la vie^ qu'il n'y ait 
aucun Cas, ni fi jufte, ni fi néceSbiat^ oui 
itous fi)it permis de nous en défaire. £a*m 
on allègue à ILsbeck le penchant naturel qui pcme 
eous les.hommes à leur confervatioa peife^U^ 
En- vain tnéme Sétèfwe foh' nrand Auteur eo ^ 
t*il dit, ce qu'en dit toute u terre: iiluiiuffic 
pour fe moquer de cette inclination xmïïéki 
qu'il n'y ait félon lui» m dans la Nature, qî du» 
la Religion, aucune Loi qui Fait exprdËoKflE 
commandée. Comment disputer contre un Phn 
lofophe de ce caraâère > Cependant il oc ib 

Eut rien de plus curieux, que de l'enteoidreiii* 
Dner fur cet article. L'Homme» dit-il, éoirt 
doué dèRaifbn,iI ne doit pas s'aiiner lui-méoXi 
comme s'aknent les Ours & les Sit^gesu D'aï* 
kurs, l'amour de nous-mêmes eft aàtérieur à tou- 
te Loi,£c par confêquentnepeut avoii deioiqÀ 
l^ordonne. Outre cela , fi c'eft on crime cfictf 

que de fe défidre foi-même^ il £iut, parkiDÎte 

dea 



ORolfre^ Novembre ^ Decei9^e^\y%6. 4ff 

ics contraires , qu'une conduire oppofée Ibit la 
plus grande des V ertus : ce qui n'a jamais été 
dit par periônne. Enfin l'amour de nous-mêmep 
eft la fource, ou l'aliment de tous les crimes^ fie 
rien de plus propre à rendre les hommes lâchea 
& vicieux^ que l'amour exceffif de la vie. Qud 
Pbiloibphe ! & quelle Philofophie ! C'eft avec la 
même profondeur qu'il répond aux Loix Divi« 
nés que St. Âuguftm allègue, fie qui par cela 
même ne méritent que mépris aux yeux de l'Au- 
teur Suédois. De ces deux Loix, l'une dit, Tk 
ne tueras point ^ fie l'autre, Th atmeras ton pro- 
chain comme tot-meme. Comment iy prend-fl 
pour en parer les conséquences ? Quant à la pré« 
mière, il obferve qu'dle ne fut donnée que 250^ 
ans après la création du Monde ^ que dans un 
Défert ; qu'à un Peuple eroffier ; qu'à ce fèul 
Peuple; & qu'elle n'intermt l'Homicide de foi* 
nriême , qu'autant qu'il eft fait fans caufe néceflàire. 
Pour ce qui regarde enfiiite l'ordre d'^fipmrr kfro*^ 
cbain comme nons'-memosy il prétend que l'on n'en 
peut rien conclure contre lui, parce que l'amouif 
de nous-mêmes e& antérieur à la Loi Révélée j 
parce qu'une telle Loi étoit inutile; parce que 
Càns elle tous les hommes uns acception s'aiment 
aus-mêmes; parce que la Loi Révélée qui noua 
cHxionne cet amour, en fuppofe néceffiliremenc 
la préexiftence; fie parce etmn que les gens qui 
portent l'amour d'eux-mêmes jusqu'à fouffirir lesr 
plus rudes extrémités plutôt que de fe priver de 
lia vie, en font punis par une infinité de maux 

Îui font les fuites de leur obftinatk)n,ôcque l'on 
oit regarder comme des cbâtimens qui leur font 

Ff+ infli- 



4f6 BlBLIOTHfiQSTB RAISOKIlh, 

infligés par la Providence Divine. PeatsAlirc 
tout cela fans la dernière furprife } Dvas mt 
queftion t}û il ne s'agirok que de la peitedfm 
quart*d'écu, il n'y a pas d'Avocat fi badin qû 
ne craienît de fe profticuer de la forte. 

La lll. Preuve n'eft encore que la même que 
les deux précédentes, fous un tour difiercnt. Le 
penchant naturel qui nous porte à nous aimer 
nous-mêmes ne doit pas être auffi reftreiar çu'il 
l'eft dans les Brutes. Car l'Homme eft un A- 
nimal raifoanable ^ &c par confequent , (àon le 
Suédois y l'exemple des Bêtes , dont aucune ne 
& défait elle-même , n'eft pas une chofe que Tod 
doive ftUéguer à un Animal de cet ordre. Car^ 
dit-il > 1°. ce feroit raiibnner en Bête. 2®. Site 
Bêtes avoient de l'incelligence, elles ferotent les 
premières à fe moquer d'un Homme qui nâfoo- 
neroit de cette manière. g°. U eft faux que les 
Bêtes préfèrent la vie à tout, puisque, ièion yiof- 
fus y il y en a qui meurent d'amour ^ queferoo 
le même , il y en a auffi qui haxardent leur vk 
{>our leurs Petits^ que félon Plme^ il n'y a point 
d'Anefle qui ne fe jette au travers d'un feupoor 
aller à fon Poulain , fi elle ne peut pas y aller au- 
trement; & que félon la notoriété pulidique, fl 
y a , dit-on , en Arméme (#) des Rats-blaoo qui 
aiment mieux fe lailTe prendre & mourir, que 
de palfcr par un endroit où ils perdroteot leur 
blancheur. 4^. Cicéron & Sénèque ont pofèpour 
conftaqt, que l'Homme doit vivre autrement que 

k 

(«) Dt Mme alSù KÂrmtmt natwn efi » qnid rtfirtur , mlk 



la Brute. 5**. On a toujours loué dans les Hom- 
mes y une infinité d'aâions de Courage, que l'on 
ne peut ni ne doit attendre des Bêtes. Mais 
comme on ne manque point de dire ici , que c'eft 
la Raiibn elle-même qui nous défend d'attenter 
fur notre propre vie ; le Philofophe Suédois fê 
met en déienfe. Voici TObjeâion qu'il fe fait 
propofer. „ La Raifon nous défend de févir . 
^^ contre un Homme innocent, & qui ne nous 
9^ a fait aucun mA. Elle nous défend donc en- 
yy core avec jJus de force, de févir contre nous- 
yy mêmes, de qui nous n'avons jamais efTuyé des 
yy marques de haine, ou de qui plutôt nous n'a- 
,, vons expérimenté que l'amour le plus tendre, 
55 porté même quelquefois à l'excès." Voulez- 
vous favoir fa Réponfe } Ce font- là, dit- il, des 
raifonnemens d'une Vieille radoteufe, qui fe re- 

erdant dans un miroir fe prend pour une autre, 
n Médecin ne fàit-il pas du mal à un Homme 
qui ne lui en a jamais But ? n'eft-ce pas faire du 
bien à un innocent, que de lui épargner par une 
promte mort de longues douleurs } 

La IV. Treuvè , tirée du peu d'eflime que 
méritent le Corps humain & la Vie, n'efl qu'une 
Déclamation toute pure. Le Corps n'eft qu'un 
peu de boue animée. La Vie n'eft qu*un (buf- 
fle. Hé bien ! s'enfuit -il que nous ayons Un 
Droit abfolu fur l'un & fur l'autre ? 

La V. Preuve n'eft encore que pure Décla- 
mation, avec quelque apparence de DiscufSon 
Philofophique. L'Auteur y expofe les divers 
fentimens fur la nature de l'Ame, & fur la qua- 
lité du Souveraia-Bien ^ fans y mêler néanmoins 

Ff 5 un 



4r8 BiBUOTHBQsm Raisonkiv^ 

un mot de Chriftxaoûme : & de cetExjofiE il 
conclud , que dans tous les SyftècDcs , vmciinrc 
anticipée ne nuit ni à TAme^ ni aiîi Bonheur h* 

gàme , ou que plutôt elle peut être utile àVqa 
à l'autre. Cela eft vrai de la ufvt eu g^ 
rai : mais comment peut*il Têtre de la nmt m^ 
âpépyû elleeft cnmindle? & les Q>éculatioQs ti* 
gués de Robe^k établiiTent-elles le contraire? N'y 
a-t-il donc point de différence enore ce çui peut 
n'être point inutile en un certain àns^& ce qui 
eft en tout honnête & jufte? 

La VI. Pnuve eft une inveâive, pleine de 
bU^hème & d'impiété, contre la voloo&é de 
Dieu, s'il nous mettoit dans l'obligation d'^- 
gner notre vie, pendant qu'il ne ncHis la oooiar* 
veroit lui-même que pour nom y tourtnenter 
par toutes fortes de maux. Il n'y a point de Ty-* 
ran û cruel, dit l'Auteur, qui pouilè la birbt* 
rie jusqu'à prétendre qu'on lui iâcbe gtédefy 
mauvais traitemens. Or , félon lui. Dieu & rtn« 
droit coupable de cette affreufe Tyrannie , s'A 
nous donnoit de telle forte la vie à titre de gri* 
ce y qu'il ne nous fût pas permis de nous en dé- 
Sûre pour nous dérober à toutes les rigueur? de 
ia Providence. A dire le vrai, je n'ai pu lire 
ceci iàns horreur. Qu'on le compare feulemou 
avec les premiers Verfets du Chapitre VIU. it 
PEpitre aux Romains , 6c du Chapitre XU. de 
l'Epicre aux Hékreux; 6c l'on en fendra d'abord 
toute la fureur , & tout l'Ânticbriftianif me. C'eft 
mal raccommoder la choie) que de fe jetter i 
cette occafion , comme le ^t l'Auteur » dans li 
queftion générale, Si même dan$ k train cooi» 

fflun 



9iun des choies^ la mort ne ferok point préfera« 
•le à la vie. Eft-cede cela qu'il s'agit? Il s'agit 
e favoir fi une mort criminelle feroit préférable 
. la vie la plus malheureufe^ tant qu'elle eft in- 
Locente. 

La VIL Treuve eft un So{>hisme des plus pi* 
pyables. S'il n^étoit pas permis de s'ôter la vie I 
bi-même, il ne feroit pas permis non plus d« 
neccre en danger celle aes autres pour les cauiês 
^es plus légitimes. Et pourquoi cela , je voua 
[>rie } Les Loix qui nous permettent touâ les 
ipoyens Intimes d'une jufte défenfib , noua per- 
aiettent-eUes de même d'attenter fur notre pro^ 
pre vie? 

La VIII. Freuve (q tire de ce que rien ne 
peut être plus conforme à la Raifon^ que le droit 
de fe défaire ibi-même en cenaines extrémités 
très prefTantes. Ceci n'eft donc qu'une fimplo 

Îétiaon de Principe. Il paroît raiionnable à JRa- 
eck : il ne le paroît pas à d'autres. La queftion 
eft de iàvoir de quel côté eft la Raifon^ & fou-^ 
vent ceux qui difent avec fierté qu'elle eil 
pour eux, font les moins raifonnables. 

La IX. Preuve eft' prife de ce qu'il n'y a quel«> 
quefois qu'une mort volontaire, qui puiQe mettre 
notre Vertu à couvert. Mais donner ce tour à 
la chofe, n'eft-ce pas avouer ^ue l'on ne fe fenc 
pas zSeL de courage pour perfevérer dans fbn in- 
nocence , & que 1 on fe donne la mort bien 
moins par grandeur d'ame , que par excès de 
foiblefie? D'ailleurs, fi cette mort volontaire eft 
un Crime, comment met-elle à couvert la Ver« 
tu ? Robeck a beau dire que la néceifité la juftifie^ 

a 



4JSô BiBLioTHBQtrB RaisonirIep^ 

il ne Ta rien moins que. prouvé jusqu'ici; bc jus- 
qu'à ce qu*on le feffe, ûl IX. Preuve rfcft ci- 
core qu'une pure pétition de Principe. 

X. Mais nous voici à la grande Preuve. Ccft 
celle de l'Exemple & de l'Autorité > en commen- 
çant par le Paganisme. L^ Auteur entaflè ici pê- 
le-mêle tout ce qu'il a trouvé en ce genre ^ qui a 
quelque air de faire pour lui. D'abord on voie 
un paflàge de Sénèque-^ car Sénèque dtpour iui j 
ce que font la Loi^ les Prophètes & l'Evaogife 
pour les Chrétiens. Sénèque^ dans fà Lettre 14. 
renvcne aux Hiftoires pour favoir le grand nom- 
bre, de gens qui ont renoncé volontairement à 
la vie. Âuffi-tôt on entend parler de Sardéour- 
fak ^d*OfboM , de R/hiur , de Cléopatre , de Mmto- 
jimtoiwey de Sofhonisbe^ des deux Filles de HiB' 
tbridate , de Z6tolne , d*Arrie , de Sexitie y de 
Twcky de Service ^ de Junte y & de tant d'au- 
tres Héros ou Héroïnes du Monde Gentil. II 
faut ajouter à cda la Coutume des anciens Mot* 
fiillûis y qui tenoient de la Ciguë toute prête pour 
ks pérfonnes que l'on jugeoit alléguer de honoes 
raUons pour ibuhaiter de mourir; celle des habi- 
tans de Céosy chez qui les vieillards décrépits k 
fkifoient un devoir de boire auffi publiquement 
de la Ciguë, pour fe dérober aux dernières infir- 
mités de leur ^e; & celle des Troglodytes ^ qui 
ne trouvoîent rien de plus blâmable que d'ai- 
mer la vie, lors que l'on éft à charge à ibi-mê- 
me, & aux autres. On produit enfuite le Roi 
Codrms^ qui fè préfenta lui-même à la mort pour 
le (àlut de fon Peuple; les ébges que Ton fit de 
Z^Êom^ de Cléémfbe-^ & que cUrai-je encore, ie 

mille 



shille autres Exemples de cette natures iâns bu-i 
blier le Philofophe Térégrmus , fi bien connu 
par le récit de Lucien ? Que fi vous objeâez à 
Robeck que tous ces gens*là ont mal fait, il vous 
répondra froidement ^ qu'il ne fufifit pas de le di<* 
re; que c'çft vous qui faites mal en jugeant de 
la {brte^ & qu'il ne s'agit pas de lavoir s'ils ont 
£ut bien ou mal, mais feulement de&voircê 
qu'ils ont fait. Fort bien ! Mais fi cda efi: , 
pourqu(M érifi[ez-vous ces Exemples en preuve? 
Vous jugez fans doute qu'ils ont bien Eût, puis- 
qu'autrement vous ne prouveriez rien^ & vous 
ne voulez pas me permettre d'en porter un juge- 
ment contraire , parce qu'il ne s'agit pas d'en 
juger ! En vérité, fi ce n'eft pas là une des plus 
lîaicules pétitions de Principe qu'il 7 ait jamus 
eu, je ne fai où il y en aura. 11 eft vrai que 
l'Auteur fè réfbut pourtant enfin à peler ces ac- 
tions, & qu'il tâche de leur donner du prix & 
du luflre. Mais il le fait bien plus en Deckma- 
teur, qu'en Philofophe Chrétien & qu'en QLfii<« 
ifte. Paflë encore s'il eût daigné faire un tria« 
ge! Mais nous donner pour Modèles, les Sardom 
napales , les Othêns , les NéronSy les Antomes^ 
les Cléofatresy c'efl prendre trop le monde pour 
dupe, ou l'être furieufèment de foi-même. 
. Des^Exemples du Gentilisme, l'Auteur paflè 
à ceux' que l'on trouve dans l'Hifloire Juive & 
Chrétienne. Dans cet Article, qui eft le plus 
long, & qui paroît être le plus travaillé de tout 
fon Ouvrage , il s'eft furpafle lui-même dans l'art 
de raifonner à tors & à travers, & de faire venir 
également à fon but le pour & le contre, iâns 

aucun 



46% BnLwmmQpÉ RAisonin»/ 



«acun égftrd poor le jugsment du Publk. Céft 
peu de confondre (#) Ttâion de Smmfim , «oc 
celles (*) du Roi SM^ de (() Ri^xims^ {i) tf£. 
Adauir & de diyerf autres dont J^fifhe a parié; 
e'^*à-diic,de confondre un vaoffea de léginme 
dâenfe, avec des coups de téaiérité>ou & des- 
e^ir : il ne dalene pas même examiner fi k 
Gonclufion géoérde qu'il en dre y t& ceUe qui lui 
convient. Il en condiid que tous cesgeas-Jà {e) 
furent charmés de mounr. Je pounoîs remarquer 
que le fait qu'il avance eft très faux par tappoit à 
9My Se ï RMzàMs; niais après tout, qu'eft-ce que 
cda fient à fil Tbèfe? La queftion eft de (avoir fi 
k mort de Samjmy & fi Ton veut auffi, cdk 
d'£il^2#r , doivent être rapportées à k C3aflè des 
mêmes morts volontaiies, dont le PhSofiçhe 
Sméiois a entrais k déknk. Il 7 a fims doute 
des Cas, oà Pfaonnête-homme doit courir à une 
mort certaine avec ide. Ceft aiafi que le fboc 
tous les joure des Oifficiers & de finaples Soldats, 
qui ont à garder un Pofte duquel dépend le fii- 
HR de toufie TÂrmée. A-t-^xi jamak cUt que ces 
BnMFes, qui & font hacher en pièces plutôt que 
d'abandonner leur terrein, ibnt liomicuies d'eux- 
mêmes? On les pkint, on les loue, ou donne 
à leur courage de juftes éloges; mais on ne les 
taxe pas de s'être défaits eux-mêmes; & fi leur 
mort efl volontaire , ce n'eft qu'emant qu'ils n'ont 
pu f éviter en fiûfiuit leur devoir. 



(*) Jaass XVL xs*-*3o. W t Sam. XXXI. i 
f) xMacck, XIV. S7*-H^ (d) I Macch. yi. 



ï 



' Cette diftifiâion fî ooQoiie,& fi namrcjleyau* 
xoit pu foroik Aohni^ iiX dàt voulu feulement 
ouvrir les yeux à la yéricé. Mais ne cherchant 
que de fiuiflès lueurs, ou pour éblouir les au« • 
treis» ou pour s'éblouir lui^^meme, il ne mec au** 
çuncdiâ^eoce encre leDe&speré qui s'ôce la vie 
par impatience, £c k Héros qui y renonce par 
obligadoti. Rico ne moncre mieux ibn plsu de 
discernement à cet épià , ou plutôt le peu d'en^* 
lue qu'il avoit de difcemer les chofiss,que fisPa* 
ftlojnsmes , ou que 6s» infidélités au fiq'et de 
THmoire Cbrétienûe. On y trouve quantité 
d'illuftres Martyrs, qui par un libre aveu de leur 
Chriftianisme , rendiroit leur mort inévicable. 
On y voit aum des i^és téméraires, qui vinrent 
Ce préfenter d'euJt-memes aux Bourreaux qui ne 
les cherchotent pas. On y découvre auffi quel- 
ques Femmes , qui préférant l'honneur à la vie ,ie 
{mvèrenc de Tune , pour conferver l'autre fia» 
cache. Roheik n'ignoroit pas la disparité de ces 
trois efeèces ; mais il importoit à ùl Caufe de 
les confondre, & c'eft ce qu'il a eu grand foin 
de faire. Son audace même en ceci eft allée fi 
loin , qu'il a mk St. Etiemw au rang des indi&recs, 
qui par un zèle à contretetns bâtenc leur fiip* 
pUce , en irritant les Perfécuteurs par des réflexions 
qui les choquent. Telle eft fon affeâation con* 
ilante à brouiller les idées. J'efpère donc qu'il 
c'en impofera à perfbnne. La moindre attention 
doit convaincre toutes les personnes fenfées,que 
c'eft uniquement des védcables Marcyrs que Fan 
pourroic conclure l'innocence d'une mort volon- 
taire, en iuppofiuit que c'eft $'6ter à foi^oiéme la 

-Vie. 



40^4 BlBLlÔTHECtlTB RAISONnfft^ 

vie , que de fournir aux autres le préteflte de 
nous l'ôter par une confeffion ingénue de Utc- 
ricé, ou par un attachement inviolable au dcvôr. 
Mais aufli, fe peut-il de fuppoGtion plus 6ui&, 
& moins conforme à l'esprit du Chrifiianisme> 
S'en peut- il même qui y foit plus oppoféc? & 
comment s*eft-il pu faire que l'Auteur de cette 
DiiTertatioii n'ait pas feulement daigné fidre (êm- 
blant de connoitre Tordre que yéfùs-'Ch^ a 
donné à fes Difciples^ de le confeflèc en preân* 
ce des Hommes , avec menace de reniet dans le 
Ciel ceux qui l'auroient renié fur la Terre? Il ne 
ûuroit y avoir en cela qu'illufion enthoufiaâe, 
ou que mauvaife finefle. 

La XL Preuve y qui coïncide avec la IX. dé- 
montre ce que je viens de dire : car il y pofe 
pour évident, que la Sageflë, ou la Vertu ^ ou k 
Confcience^ car félon lui, tous ces termes font 
fynonymes^ que cela, dis-jc, doit être préferéà 
la vie ; & il en conclud qu'il doit être pernûs de 
s'ôter cette dernière, lorsque Ton ne peut mettre 
. autrement le refle à couvert. Sénèque l'a dit^ & 

Îu'oppofer à cet Oracle? Objeâera-t>-on que k 
^atience eft d'obligation, qu'elle eft utile à k 
gloire de Dieu, qu'elle fert à l'édification pubfi- 

2ue, & que c'eft à cette Vertu que les promef' 
ss de l'Érernité furent faites? Bagatelles, abus 
que tout cela, dit Rohecky & pourquoi? Parce 
t^. oue l'on n'eft pas iûr de ne point fiiccomber. 
2?. Parce que ce que Ton dit de la Patience, 
efl l'opinion du grand nombre, qui par cela mê- 
me doit être fuspeâe. Ne voilà-t-il pas de hd- 
. les railbns, pour traiter de h^ut en bas un de; plus 

bàiux 



beaux endroits de la Morale Chrétienne ! & (e^ 
râ-ce donc fur des ràifons de ce genre, que nous 
donnerons phis de eréapco ^ ^^^ qu'à J^^x-» 
Chrifil 

Enfin ]$, XII. (^ c^ipière F'^èuem f^ griff flu 
Courage qu'infpire pour les belles aâîons un iné- 
pris généreux de la vie. Il refte à prouver que ce 
tnépris doive aller jusqu^à l'Honifcidè de fbi-mc- 
me, pour fèrvir d'appui ou de motif à la YertUL. 
Or ceci eft fi peu poffible, que la m^me raifqp 
peut aufli mtretenir les plus grand» ÇFiBi0|. 
Combien n'y a-t-il pas de Scélérats qui k dé«- 
font de leurs propres tnains,&:qui (buyeotmême 
ne font fi hardis dans leur fcélératefie que parce 
qu'ils comptent fur cet expédient? L^Objeâioa 
eft fenfible. 'R9he€k s'en dk apperçu, & PQUr ? 
lÈépondre, il dit, i^ que les Scélérats ont tort ; qt 
^o que e'efi: pour leur infpirer une nouvelle ter- 
T«ur,qu'à la fimple mort iesMagiftrats ont ajou* 
té contre eux divers Appendices de touriqent 
ou d'opprobre. On ne peut terminer plus pi- 
toyablement une Dijfertatian très mauvaiiê, & 
très foible en fon tout. / 

Je dis qu'elle finit ici , parce que f à ^ P^^ 
que l'Auteur y a mifes de plus, ne coptienneqt 
qu'une récapitulation des mêmes c)iofes. Je fini- 
rai auffi en ce lieu mon Extrait. Mgis je n^: 
4ois pas le fidre fans avertir que les Notes de Mr. 
Fmccius ne tiennent guère moins de volumi^ 
ue le Texte, Se font auffi dignes d'un Profef» 
ur en Hiftoire & en Eloquence, qu'elles peu-i 
vent être néceffaires à quantité de leâeurs, pour • 
réclâirciffement des fj^s, çu pour le dçvek^* 
ment des fbphismes. 
Tom. XFIL Part.II. G g AR- 



s 



^S BiBLiOTHEQsrs RAisomnOT^ 



ARTICLE IX. 

NOUVELLES LITTERAIRES^ 
ly o X F o R n. 

T 'Imprcffion des Voyages de Mr. S&rw, em 
I M Barbarie , en Egypte y &c* {a) mni été 
fuspeodue pendant quelque cems, le bniit avait 
couru que cet Ouvnige ne paroicroit point; ce 
qui avoit alarmé les Soufcripteurs. qui en conn(»f- 
&nt tout le roérire. Pour le$ raflurer, Mr. Sbam 
a fait préfenter à la Société Royale ce qu'il y en 
a déjà d'imprimé, qui va à peu près à la moitié 
du Livre ^ & l'a &it afTurer qu'on en avoit repris 
rimpre{non^& qu'elle feroit pouflee vigoureuiê- 
ment. 

Mr. Fahre^ qui nous donna en 1724? une ma* 
gnifîque Edition de VAmnte^iuTajlJ^ia %^. & en 
17)1 les deux Comédies d'ErcoU Bentévoglie^ l 
Fantasmi y 6c II Gelofi y avec une Tradu^m 
Françoife à côté, travaille à une nouvelle Edi« 
don de la Secchia rapita du Taffam^ qui ne ce- 
dera pas à celle de VAminte. ïl promet de nous 
donner bien-tôt quatre Comédies de VArHnt^ 
purgées d'une infinité de fautes d'impreffion qui 
fe trouvent dans les Editions précédentes^ & on 
eipère qu'il les accompagnera d'une Traduâioo. 

(*) Voyez Tom. XII, ptg. 474. 



D £ L N P R E s. 

Mr. Rolli^ qui nous denna en 1729 la Tra* 
duâion Italienne des ûx premiers Livres du Pa-^ 
f^is perdu de Milt&n [a) , a publié les fix der- 
niers,* ce qui rend cet excellent Ouvrage com- 
plet. Del Faradifo perduto , Foeme Ingkfe di 
Giovanni Miltm , Traduzzime di Faolo RalU 
Covjfagno délia Reak Società in Lmdra^ VAccla- 
mato neW Academia degf Intronati in Siena^ é 
Fafiore Arcade in Rama. In* folio. Mr. Rolli a 
mis à la fin du Volume les Correftions qu'il a 
faites de (on chef , ou par le eonfeil de fes Amis, 
dans les fix premiers Livres. Cet Ouvrage n*au- 
roit peut-être jamais paru dans fbn entier, fans la 
protedion généreufe de Monfbigneur le Prince 
de Galles. AuflS Mr. RoUi rCz^-iX pas manqué 
de le confacrer à Son Alteflè Royale par une Ë- 
pitre dédicatoire en vers, fiàrt bien tournée. En 
voici un morceau. 

Gran Germe (U Britamtci Régnants y 
Frederico Real, Frefidio illufrre 
Dé" facri Ingegni^ e dolce tor Décor y 
Triéwtarie al tuo fie l'Itak Mufe 
Fort an la ht for je maggior Fatica 
In quefta aurea^ far Te , febce Etade. 



Tu mie Fafiche fortunate accogliy 



Sê^ 



(a) Voyez le Tome VI. de cette Bibliothèque vpag. $52 
& fui?, où 1*00 a donné l*£xtrait de ces fix pxémicia 
LWres. 



Gga 



Serem Tu volgi û cotain^ Ofra^ il uutth\ 
id etta atCenno gênerrfoy émerge 
Xtf figtê^ evê teff$4 Temkfr^ 4 X^^r. 

JUffettate il GRAfi NoUE éUPOfr^mfrmtt: 
Hadiamtf mfuofplembry fu^lfifs SutU^ 
S»$mrà tutto il vofkre^ Cerfa y eVei 
N*ammir0Kete i Rai , liwdfeu U Suem^ 
E fer gfa» K^rma u mofirerete s R^p 
D'indifi cor^Matê Olivi m Psce , 
jyaliere Palme in onerata G^fettay 
M di Miru $ tPAlkea in Qzi iUnflri: ' 
lPr0^ di SavrumaM L^fho^ emde ofvtaiy 
Prencs inmertaly quelfite date éJGfaede 
JOieW fmfia SiOH Soafver$i$er Laiimf^ 
TUah A DfiLixiA ai«l Gbrme UimUNo. 

Il paroic depuis quelqiie tes», Am im f arîïA 
€^tfehismy Sec. Ceft-à-dire, Catéchisme smfof^ 
tialj ou Examen fidèle des frmcifau» Femts de le 
BjeUgUm Chrétienne : dans lequel tes tstn^entUms^ m- 
fefitians , & additiens hnmUnes Jitff refréfentétt 
avec candeur y ^ relevées fans fréoccnfatiem^fnst^ 
berie eccléfiafiùpse y on esfrit de farts. Par m 
Ami de la Férité. In 8. Dans la Pré&cr> qui 
eft affex longi^, l'Auteur montre l'excdfeoce 
de la Religion Chrétienne, telle qu'elie nous eft 
enfeignée dans le Nouveau Teftamenc, réduite 
a fa première fîmplicité» Se affirancbîe de toutes 
leA glofes, dont les hommes l'ont obfcurcîe& 
défigurée. Il ajoute y qu'aiant été donnée noo 
ièulemenc pour les Savans, mais pour' les perfin- 
ces d'une capacité médiocre ^ elle doit être cUre 

&in- 



_J 



O^cèri^Nwmire^ Deemhrei^ij%6. 4^^ 



intellklUé dàm toutes fes parties : que ce n'eft 
_ une Science de Spéculation y mais une Doc- 
trine de pratique, deftinée à nous enfeigner la 
'^oie de la Verta flc de la Juftice,&c. Dans cet 
Outrage^ écrit en forme de Catéchisme, l'Âu^ 
^€ur nous donne un Syftème de Religion , qui 
^ft le réfultac de Texamen fincère & ddintèrefli 
«qu'il a fait des Livres acres: en voici quelques 
^traits. Il fait voir d'abord, que le Monde eft 
l'ouvrage de Dieu ; mais il avoue qu'il ne fiiuroit 
^comprendre qu'il ait été créé de rten, ou qu'il 
.]3Huifle être anéanti. Il mec de la fubordûiaricm 
«oans les Perfonnes de la Trinité: le Père eft la 
.finirce de la Divinité, & pollède par lui-même 
toutes les perfeâions; mais les deuK autres Pav 
Ibnties vt&i ont qu'autant au'il a bien voulu leur 
«n communiquer. Le péché d'Adam eft per- 
{bnd; fil poftéricé n'y a eu aucune part, & par 
.eontequem elle n'en eft point coupable. Cepen- 
dant elle a été excluiè du Paradis , privée de l'Ar- 
bre de vie, èc fujette à la mort; au4ieu que,0 
Adam n'avoit pas péché, il eft très vraifemUa^ 
•Ue que & vie auroit été confervée : mais de fin 
skAx (\ les hoGomes étoient deftioés à vivre dams 
4U1 Paradis terreftre, ou fi, après y avoir vécu 
«m temsconfidorable, ils auroienteré transplaa- 
«es dans un lejour meilleur & plus glorieuic,c'eft 
^ce qu'on ne fiuuoit déçerminer. Les Cérém^ 
nies que Dieu prefcrivit aux Juiâ, Se te Cuke 
fqu*il en exigeoît, de regardoient point fes autres 
Nations : il n'agit pas en cda consme Maître ou 
.Seigneur de l'Univers, mais feulement comme 
Roi des Juifs. Au0i , toutes les hoiisL igu'il leur 

Gg î don- 



r 



I 470 BlBUOTHBQyB RAISONKIt, 

donna, 8c toutes les réconapenfes & les ^éoes 

3\i*û Y attacha, étoient purement t^nporéb, 
c ne fe réduifoient qu'aux devoirs que desSttjos 
rendent à leur Souverain. Ils lui badreot une 
Maifon, & ii y habirôit. La Tribu de livi 
fuivott la Cour: les Offrandes qu'on faif(ût, é- 
toit le Tribut continuel qu'il faloit payer; Tribat 

3ui étoit nécelTaire pour l'entretien des Officias 
e la Maifon du Souverain , qui n'éroir du que 
parce qu'il étoît commandé , & qui v!(m pas 
commandé par aucun mérite quecesOSranles 
eulTent en eUes-mêmes, ou pour aucuQ avano- 
ge qui en revint, mais feulement pour expier oa 
péché commis par le violement d'une Ordon- 
nance arbitraire. 

Mr. Fofter a répliqué au Doftcur SteUi^: 
An Anfwer , &c. C.'eft-à-dire, Réf9nfti U 
féconde Lettre .du Dà&eur Stehhing fin kfi^ft à 
tHéréfie : oà tente cette dispute eft fidètement expo- 
fie y éf examinée de nouveau. Par Jaquisfojttr. 
In 8. Mr. Fofter pouffe ici fon Adverfaire cnco- 
^ re plus vivement qu'il n'avoic fait. Mr. Sthepr^ 

qui publia il y a quelque tems une Brochure con- 
tre Mr. Fofter (a) , vient d'en donner une autre: 
.A LetterScc. Lettre à Mr, Fofter ^ écrite if fc- 
cafion de fa féconde Lettre au Dr, SteUnnsfrf^ 
fàjet de PH&éJze. Far Ttpfing Silveftef, Mém 
es Arts &c. In 8. Il prend toujours le corn»- 
pied de Mr. Fofter. 

Mr. Serces , Genevois, & à prélènt Curé «i'flfl 
Village de la Province de Lincoln , nous a donne 

W Voyez Tome XYI. f ag, 225, 



Ogtohre^ Ntrvefnbrei^ Dicemhrey 1735. 471 

une Brochure intitulée: Topery an enemy to Script 
ture: or an Account &c. C'eft-"à dire: LeFMs^ 
me ennemi de V Ecriture Sainte : ou Expofé des dif- 
férentes méthodes dont PEglife Romaine Je fert four 
détruire V Autorité des Saintes Ecritures^ S* de 
flufieursfalfifications qu'elle^ a faites dans quelques 
tYaduâions du Nouveau Teftament , publiées en- 
François éf* «» Anglois par les Théologiens de cet-^ 
tê Communion y particulièrement dans la dernière 
Verfon Angloije du Dr, W. Frofejfeur en Théologie 
À Douay. Far j^aques Sercesy Vicaire d'Appleby^ 
^ Chapelain de Mylord Harrington Secrétaire 
if Etat, lo 8 Mr. Serces a pris un fujet très 
connu, & qui a fourni matière à plufieurs Vo- 
lumes ; ainfi il ne faut pas s*attendfe à trou- 
ver ici rien d'extrêmement nouveau. Il y a ap- 
parence que Talarme qu'on nous donna j il y a 
quelque tems, de raccroiflèmént du Papisme, 
& qui fit que nos bons Presbytériens fe mirent 
. d'abord aux champs {a) , engagea Mr. Serces à 
féconder leur zèle ;& qu'enfuice n'aiant pas vou- 
lu perdre fes Recueils, il en a compofé cette 

Brochure. 

TheDoBrine oftheTrinity^as it is contained in 
the Scriptures , explained and confirmed , &c. 
Ceft-à-dire, Explication & Confirmation duDog-^ 
me de la Trinité ^ tel qu^il eft contenu dans PEcrt" 
ture; Démonjlration de fa conformité avec lespriTh- 
cipes de la Raifon naturelle; Réponfe aux difficul^ 
tés qu'on y peut faire; & preuves de la Suprême 
Divinité du Fils ér du Saint Esprit , & de leur 

égalité 

(*) Voyez Tome XV* pag. m. 



4f^ n[Bi.ioTHEQpB Raisonne'^, 

égdUté avec le Fête dans toutes ks ferfeâiêm ê^ 
ms^& dans la gloire. Avec une ^Ri^onje foa^- 
t0 wx ffinc^ales ÔkjeBiom contre iaOivhùtéfn- 
frèment dite de ces deux Ferjonnes. tje taut^mh 
tenu en plùfieurs Sermons friches à Notthsgbam. 
Far Jaques SloÊ , Maître es Arts, À ^uoi fm 
« ajontif fkfieurs Lettres écHtes^ tAathsr^ Ar 
i^ même matière y avec les Ri^onfis. In 8. Ce 
Volume contièm dix-huit âerâions«(]ui' tous ont 
pour texte le fameux pa{](âge AeSt, /e<^ ^/^^ 
a frBss qm rendefrt témoignage an Ciel, le ^^^ 
ta Farùle^ ^ le Samt Esprit-^ et ces troiS'iàfmt 
mn : où Nîr. SUfi trouve comâie en raccourci tou'- 
te lt| Doârine de la Trinité. Les Sernoons font 
fuivis àc quelques Lettres ^écrites à l'Auteur par 
un Êccléfiadique de {es Amis, qu^tl n^a p^ jiigç. 
à propos de nommer, ^ôn y combat Pauthc^ 
tkcîté du paàoge des trois Témoins, éc Mr. Shfi 
Attache i la défendre: inais iÂen âes gensjuge^ 
ront que les ^^x>hires ne Ibnt pas de la for ce des 
ObjeâionS|& que l'Anonyme a tout IWantage. 
Au refle , Mr^ SÎoJs gémit ^^ns k Préface , de 
voir combien les Ëglife^ rroteflantes ibnc in» 
fenfiblemeat déchues de leur ^cienne pureté, 
jufôu'à ce qa'enfîa quelques^une^ ont abandonné 
lé Ghriftianisifkie , & embrafté le Déisme ; œ 

Îù^eHes ont fait en abandonnant Tes t)agmes de la 
îrace tâiçace , de l'iËleâibn & de la R^oha- 
tionécpmeile, quoi^'ils foient û x:lairement en« 
ieignés dans l'ËcrKurè , qu^en les niant on dé- 
truit kl divinité de rÊcriture, & par coafeqaenc 
ifi jChriftiailismâ. 

LèDt.Bentlejfz detmé «aiie huktèsicfiditiar, 

fort 



OStohre^Navmbrt^ Décembre ji7^6. 47) 

fbit auganeneée^ des Remarquef qu'il publia (bus 
lé nom de Pbikteufherus iLipftenJts , fur le Difamrs 
de la Liberté de fenjer attribué à fteu Mr. CotUtu, 
JLes Additions ont été imprimées à part, C^ 
Doâetir jfak aAuellement imprimer une nouvel- 
le Edition de Manik in 4.. avec des Remarque»» 
II (aie entrer fes Correâions dans le Texte do 
l'Âuteuï , cooune il a fait dans fon Edidioa d'tio^ 
race. 

Oratio annrverfarta m Yheatfo Collègn Re§aUi 
JMedicorUm iLonMneufmm , ex JÈtarv^i Infiltttto^ 
habita iit j8. OShiris 1730, tn 4.. Mr. Lee y 
élit l'Hiftôire des Médecins qui ie font di^qguei 
en Ângleéerre^âc des Découvertes qu^ils ont faî^ 
tes, Linace^ yCaius yCaâvjaldus ^ tlarvey^ ^^^T: 
ton y WîUis ^ Lower ^ Sjfdemham ^ RaukJt^^.iç 
Prieni. 

. fie Catalef^ Sthediasma : una cian Hifiofia j^pn- 
tierif ca/taleftita^Sûcietati 'Ritgia communickiay \ 
'Bàchario ^.yrtetl^ Fharmact^œft LimdiTienfi. In 4,. 

Mr. Whifitm ^ toujours attârché à la doânoi 
dès premiers Chrétiens, nous a communiqué ce 
qu'ils ont cm fur rEuchariAie : 7loe frimitive 
^uchdrifi revive J:. er an Account ofthe Ba^rin^ 
&c. C'eft-à-dire, VÉuchariftie des ^nùeh 
Chrétiens rétahUe: ou "Exf option de la ï>o£lrine ièr 
de la fratique des deux premiers Siècles toUcbastif 
la célébration de THiVchafiftie ^ donnée dans les fro- 
fres termes des Ecrivains facrés ^ ou des plut a»^ 
tiens Auteurs Eccléfiafiiques . Ecrite à Voccafioil^ 
d'un Livre puilié depuis peu fous le titf^ /Expli- 
cation claire âc fimple de là nature & du but tlu 
écrément tle la oainte Cène, &c. tar GuiT- 

Gg 5 lauîne 



474 BlBLIOTHEQJTB tiAI SOKM'K^ 

lawme Whifionj Maître es Arts, In S. Mr/ 
Whifio» rapporte d'abord les paflàges de; £av- 
Tains Éicrés, à la tête desquels il mec les Cotfih 
hffioMS Afoftolî^ues'^ & enfuite il pafie à IréM&^ 
aux Réeognitkms de Clément ^ à yuftm Martjt^ 
& aux anciennes Liturgies. Les riotcs qu'u % 
fiûces fur ces pafTages tont fort curieufo, auiS« 
bien que les Obfervations qu'il a mifês à la fin 
du Livre , & qui regardent principaJemenr h 
pratique des premiers Chrétiens fiit ce fûjet. 

Mr. WSAftim nous a aufli donné une cmqdi^ 
me Edition de fa. Théorie de la Terre : A nev» 
Tbeêry rftbe Eartb &c. Ceft-à-dire, Notruet- 
ie Théorie de la Terre , depuis fin origine juffiï 
la eonfimmation de toutes chofes. Où Fan fût voir 
fue U Création du Monde en jix jours ^ U Délugfi 
. itmverfily dt la Conflapration générale du Monde ^ 
telles que t Ecrit lire fainte nous les enfiignoy fiut 
farfmtement conformes à la Raifin ^ àU PÂuûJi^ 
fbie. Avec un Difcours préliminaire touchant la 
véritable nature^ le ftyky & t étendue de tlUf' 
toire de la Création par Moife : Et un Appen* 
éSx contenant une nouvelle Théorie du JDéluge^ le^ 
jueiefi un Abrégé de ce que t Auteur a dit fur ce 
jiijet dans différons Traités, In 4. Dans VAppeU" 
dhe^ parmi plafieurs chofes très curieufes , Afr. 
Whifion entreprend de prouver, que la Comète 
fm parut eu i6%x y en defcendant vers le Soleil ^k 
prémer jour du Déluge de Noéy s* approcha beau- 
coup de la Ttrre , é^ fut la caufe phyflque de ce 
Déluge. D croit que la révolution de cette Co- 
xoèce eft d'environ 575 ans , & qu'elle a dé/a ^ 



OSobre^ Novembre ^ Dec^nhre^i7\iS. 47f 

paru Tan 44. avant l'Ere Chrétienne, & les an« 
nées 531 & 1106 de fcfus-Chrift. 

Mr. Fatio de Duillier , (i connu par la parfaite 
cônnoiflànce qu'il a des Mathémariques^fe flatte 
d'avoir découvert les règles de la Poëiie Hébraï« 

Îue; & il a communiqué fes idées à de iâvana 
uifs > qui en ont éré fort'' concens II (e propo- 
-fe de traduire les P&aumes 6c les autres Pièces de 
Poëûe de la Bible, en Vers Anglois non rimé^^ 
de la même mefure que les vers Hébreux j & ea 
attendant il donnera cinquante Pfèaumes, com- 
me un échantillon de fon Ouvrage II y joindra 
5 quelques Pfêaumes en Vers François non rimes ^ 
don le même plan. 
The laife and gemtsne (V^itings of PhiSp late 
'Duke of Whart9H , &c. C'eft-à-dire : L.a Vit é* 
les véritables Ouvrages du feu Duc de Whartoie^ 
eontenant r Ecrit hebdomadaire intitulé Thtirxj^ 
Briton ^ é^ la Harangue quUlfit dans la Chambre 
des Pairs en faveur dm Dr. Atterbury ^EvêfHe de 
Rochefier. In 8. 2 voll. 

On a traduit en Anglois les deux derniers V0* 
lûmes des Voyages de le Bruyn : à quoi l*on à 
joint le Voyage Slsbrakts à la Chine par la 
Ruffie & la Tartariej & des Remarques fur les 
Voyages du Chevalier Chardin^ & de Mr. Kemfm 
fer. In Folio, 2 voll. 

On imprime la Relation de la Rujfie^ Sibérie-^ 
ér Grande Tartarie , faite par les PrifonniefK 
Suédois , & traduite de l'Allemand de Mr. 
Strahlenbergy imprimée à Stockholm en 1730^ 
in quarto. 

Mr. Sale y qui nous a. donné une Traduâioa 

de 



47^ BiBLiOTHsQim Raiboitrs^, 

de VAkwan^ mourut ici le 13 de ce mai de 
Novembre 9 extrêmement regrettée 



. On vient de publier , A VmMea$imÊ , &c. €é^ 
à-dire : Défenfe Je l Hj/loitf des Sept^mte MU 
fsr Arifiée^ C9n^r§ U$ faux fâffwts de SiaB^^ 
Pm Pin^ Hodj » Prkieamx^ & éwpres Critif»» 
modernes. Nou» <n doonerom le détail à la pre- 
mière occafion» 

D'ji MS TE R D A M. 

LETTRE 4M^^ g. y. 'sGravèfÊnde^ Ffo. 

Jsffeur en Thilojophie à Leide , /itr fim Im tfine 
Ji0n i U Phihfipbie & fmHkulièremem far U 
J^atnre de U Liberté, A Âmfterdiai> cbe^J.f. 
Bernard, 17364 12.^^^.71. Lefiijetdcce^ 
^e Lettre eft cie$ plus incèreflàns par hiî^méoie. 
X' Auteur^ qui iê dit Angleès de naiffincc, nk- 
ionoe d'une manière ferrée & claire ^ 8c paioit 
fort verfé dans les Ecrits des Philoibpiiea mo- 
^demes. 11 donne, comme de raifim, de gran- 
des louanges à Mr. *sGravefimde^ & à hn Jm- 
irodu&iê ad FhilofipbiéMn , dans Usuelle il r '9 
|dit-il , un détail excellent , net 1^ fticis de VAft 
Je reififmer, Jl $(l fâché néadimoflis d'avoir 
trouvé * dans cet Ouvrage , des Principes qtiî 
ne tendent pas à moins qu'à renverfer de md 
en comble toute la Religion. L'Acculâtioii 
ne fauroic écre plus gravé; & pour la prouver » 
l'Anonyme fixe frémièrement ks Idées du Phi- 
lofbphe de Leide fur U Nécejjité ^ h Liierté; 
^ Êphs cel^ il kt icmfnre, 0Vfc,teUes sk S^iva- 



Oaaêr€yHwtmife^De^mtre^\yi6. 47J1 

A; d'où il conclud , tpiil f^j a mlk dïffifrenc$> 
ptrt la BatélM Sfhtozifie , (m Msbometane^ ^ 
eUe Je Mr. V Gravefamde, Ceci eneageaQ( 
tifuite P Auteur de la Lettre à donner m pro* 
rres idées fur une matière de cette importance, 
t 7 trouve une nouvelle ocçafion de faire fentîf 
oute Fixnpiété du Spmozijme mitigé, ou plutôt 
l^uifé y que Ton Soupçonne Mr. Leibmt% d'à** 
roir voulu revêtir d'une forme impofante. Sam 
Mrendre aucun parti dans cette grande querelle^ 
Bc fans vouloir choquer peribnne, on nous permet* 
tra bien de dire, que les difficultés & les éclaircif* 
Cbmens de T Anonyme font d'une nature à mériter 
l'attention du Pul^lic. Il fe peut faire, ou qu'il 
n*aic pas pris tout le fens de Mr. V Qravtfanie,^ 
ta que Mr. V GtMvefandi ne fe foit pas fuâiânv« 
Vient expliqué. C'eft de quoi nous ne prêter» 
dons point nous porter pour Arbitres. Noiis 
dirons {êulement qu'il eft à fouhaiter , Se qu'il 
elEl: même à préfumer, fur la grande & jufte r6- 

Ktation de rilluâre Philofophe de Leide, qu'on 
niai compris. L'Anonyme , qui l'a bien feo* 
ti, n'a pas manqué de le prévenir là-deflus. „J|^ 
^ me flatte, Monfieur, «S/-//, que la rechercbA 
,, de la Vérité de vos Opinions , par rapport à 
^ leurs Principes & à leurs Conféquences, n# 
^ (àuroic être delkgréable à une perfbnne de vom. 
y^ tre mérite , qui fent parfaitement les impcr^ 
,^ feâkxis de l'Humanité. ... Il faut être toi* 
,) gneuiement en garde contre l'Erreur, fur-tou(^ 
„ fi elle fe montre revêtue de l'Autoriré. ... * 
3, Que ne croifa-t-on pas dans le monde, qoanj 
j^ la Foi implicite proidra le deûus? •' 



» " 



47^ filBUÔTHB^È RaISOMMÉ, ^" 

^ Malebraffche^ Se Leihntz nous mènent \ ^iet 
yy Doârines également étranges & incombé* 
„ henfibles. ... Le dernier nous, donne pou 
j> principe du Sehs*commun , des termes d'Ait 
^ que refprir le plus fubtil ne (àuroit entendre; 
^ Rai fin fuffifmte^ Hofnmme fréétablie , Pf^ 
,5 cîfe refréjtntatif^ par où P(wi ne formera ^- 
5, mais aucun Syftème raiibnnable. ** Après 
s'être ainfi mis en défenlc contre le préjugé per*' 
ibnel, il expofe en peu de mots ce qoil^ £xi* 
levé contre la Doétrine. „ Vous iàvez, Moft- 
^ fieur, ditil , que c'eft une Opinion commo. 
^ ne, que le Libertinage (j'entends leLiberdna- 
5> gc par rapport aux bonnes Moeurs, car il rfy 
„ en a point d'autre) eft extrêmement en vo- 
,, gue chez nous en Angleterre. On prétend 
^ qu'il gagne du terrein chaque jour. Mais j'en 
y^ parle avec réferve , parce que j*avoue que ;c 
,, n'en fuis pas Juge compétent, n'aiant pas en- 
,, core comparé à cet égard les anglais avec les 
^ autns Nations. Quoi qu'il en Coit^ fi cela cil 
5, vrai, il eft de notre devoir de préferver nos 
^ Troupeaux de l'illufion. ... en les garanoA 
yy fant d'une erreur qui pourroit avoir une mau- 
j5 vaife influence fur leurs Aâions morales. La 
^ Doôrine de la Néceffité, dans le fens que 
,j Spinoza & Hobbes l'entendent , ou quelque 
yy autre Néceffité phyfique que ce foit, nommée 
,> proprement ainii , ne peut que conduire les 
yy Hommes au Vice; &c'eftauffi , comme je 
yy le crains , à quoi tendent vos notions , pour 
yy ne pas dire qu'elles font les mêmes que les 
,» leurs. • . . Cdkdommsig^yajifute't'^il^ersJk 



^ fimbfit Lettre i quHinelntroduâion à hPhi«^ 
^ lolbphie, & des Inftitutions pour la JeuneÔè, 
yy donnent occafion' à la propagation de certai* 
39 nés Idées dangéreufes dans le monde, fur- tout 
y, d'une Morale relâchée , qui n'eft chez nous 
,> que trop commune^ & je crains bien que de 
^ tels Principes n'y conduifent." 

D E L E I D E. 

y. e^ H. Verbeeky Libraires à Leide, ont im- 
primé , G; y. V Gravefande IntroduB'w ad Fhib^ 
fiphimm ; MstafhyRcam ér Logicam amtmem. 
Edith altéra y 8. Ils donneront auffi dans peu 
le même Livre en François. 

Les mêmes Libraires ont fous preflè, Bernard 
d* Sie^ied Altmiy Anatomes o* Chirurgie in 
Academia Batava^ qua Laida efi^ FrofejforiSy 
Ojpum Fœtus Humani Icônes 163, cum earumEx-» 
flanationibus , in quarto. Toutes les Planches 
de cet Ouvrage font du fiitneux Graveur y.f^^- 
delaaty qui n*a rien épargné pour les rendre par- 
£ûtes. 

7. A. Langer ak y tcf.&K, Verbeeky Librai- 
res à Leide, impriment Fhypces Elemenfa Ma- 
thematicay Experimentis confirmata^ five Intro- 
duBio ad Fhilofiphiam Nev)tonianam y Auâere 
G. y. * s Gravefande. 

D'UTRECHT. 

y, Broedekty Libraire, vient d'imprimer à 
part in octavo, Everhardi OttoniSy Juriscanfulti 

^ An* 



1 



^ jMec9jfbris , Je Vite y SfmJihy Sterifitn ^ 
fttm^rihfs Servii Sulffcii , LemtottU , Hi^, ]^ 
t$sç9nfultOTum ^nmifis y Uhtr fimgwtaris, Eja$* 
éim P. Alftnus Vams , mk mptrm Vèfermm é» 
RtcemH9ntm btersipt. Nous ne faiibiis qifaii- 
Sioocçr ici le Titra du Livre , purce qiie sous v 
von$ deffein d'en donner up jBxmk y dans 1$ 
Partie fuivante de cette Bibliothèque. 

Ptg. 109, UgM ao, fw'M, lif. j>*VMf. nig. 
Alf, 1. dem. Mr. y U£ Maiétme. Ott. 219, L 4. 
1/, k £i&. ibid. 1. <. f»W, lif. }WV&, 



TABLE 



TABLE 






DE S 

A R T ï C L É^^S. 



I. g^Uvrajes FoBtsf^es de Mr. PAbb/deSt: 
V^ Pierre, Tomes VIII. IX. & X.pag.24.3 

IL Traité de la Vérité de laJLeËgfcnÇfy^étifmn^ 
tiré du 'Latin de. Mr. J. Alphqn^ XuîI^ 
RETTiN. SeâionlV.' *^ * *l*f8 

III. Hiftàire de fAçAp£;MlÇ RoYii^tK D£8 
Inscriptions et Belles- Lettres, 
defuis 1726 jusqu'en 1730. Toiné IV. Mé' 
moires de Uttérature^ tirés des Regifires de 
la même Académie y é^ depuis le wiême tems., 
Toroes XII. XHL & XIV. S» 

I V., De la pgnification des Mots ^ des Thrafis 

Îui renferment ^pelque forte d^ Ambiguïtés 
^ar^rjEAN-kFRj&DERic Reitzius. 345 
V. Courte Explication des Antiquités Romaines^ 
écrite avec une méthode aifée. Par Air. 

NlEUPOORT. '3^9 

yi. Oeuvres de JWî». Sçarron. Noûveilç Edi»' 
{xon y revue ^ corrigée ^^ auffoentée de qùani 
titéde Pièces ûmifès dans les Editions fréc/'* 
dentés y &c. ' ' xjC 

VIL Troifième Extrait de tHiJioire du Concile de 
Trente par Fra-Paolo, traduite par Mr. 
Le Courayer. 392 

VIII. Difertation Philofophique fur rHomicidè 
de foi-même y par JeanRobeck.,&c. 438 

IX. Nouvelles Littéraires. ±66 

Tom. XriL Part. IL H h C A* 




C AT J| )L a G U E 

D E s Ipl VR £ s 

I » » 4 

Jdtii Cae^rris de FeQls C^dl&o A CShîh' 

rdffaipejano j^ ncti^ aon A. tfcxil ^ ABo- 

rumauip de Bdte A!p3pan(Jrino^ Afdcsw^ 

■ ' ' *^ èè ^^ropamcçfi Cbtementarii, cutq, âite- 

< • ' ' ms notis B. Vofffi , /. D^vil^ & S. 

. : Cfarfîil. Oitiêc Studio F. Qudendotpii.4. 

Ô/Hkircf AngK Qpera -, fivp E^percicatio Anato- 

liiîca Vlè Mdût Q)r^^ jjr S^nguinis ^ Ani- 

; ^alibu& 7 âtqiiie'ïxtH:îtacicmcs db« ^%^^ 

. giiâsc^. de Orciû^tiorre Sanguinfe, hwî}qac 

Êîtehcftationcs de Gèaeratiooc Ani][|;^uai 

' •' ètifcus PrîefetîoniMtr aijfidit fiem. Ste Al- 

'^:<j: Marèhaiti "ïrobabilÊt recéptarum Xcaio- 

\ jQjjm luds Civilis. 8. • 
"A. ' WîiîHng Lcéyonuti? * J^iris CiviKs. Lihri 
•■■•\:aûd:;? •■■^■' 
Lîb•r^JSbi, cùtn nova Verfione ad Hebrxum 

■ fojjtcPji 5c i^QOiipentario perpétue. ^CvM3«ftt 

ériedidit Alb. Schi^rens. 4. 2 Toi». 

E. P. Heifteri. Laur: fflir Apotegia pro Medi- 

. çis^ qua eorujm depdticur CaviU^ïip wd 

JVJedicinam in Athdsmùra alios^ue iu TIko- 

ïc^ia errorcs abrfucèré perfiibenc. 8. 

Lad. Dureti Incerprecadones dç Eûarrauancs in 

: j 1.: *, Hipr 



QUL 6c Pjrapi^tipij^l^ adj^it, Aa. Pderya 

J?et. Scriverii Opéra aneçdpâ^ iPhilokgtca & 
Poetica. EX fcbedisÂuâQyi^ M5$y <jruft ^ 
edi curavic A. W. Weftçrl|pyii|fi. ^fc 

phiam.i Me»phyft:w ^ Wi€«»?. conti- 

.Got. Kraozii HiAffit* Eçcleliaâ^ilia, a^ Qirifto 
. . Oifio ad noftm usqii^ TeçnpQra. 4p 

MtdiCQCum SUefoCQRMP Sa^ra^ ^ qiup. ^i^i^m^ 
ob(êrratione$ , cafus , experinienta , tenta- 
miûa ex oaa^ Medicipa^ ambiti%peû{%ç4lî« 
bcnc SpeciiQcnl. ^ 



m 



M^QTts, dç fik. Sçarrony No^veli^ EJftiany r^ 
ime y cofrigéjg ç^ nf^gmêntée de quantité 4$ Ptf * 
ces. ^rnifes dans les ÈStians précédentes. Op. 
jt 4,j(ùnf^ i(fteEpi(re déMcatoire, i fAfttemr^ 
tHijlpire dfi fa Kte é* de fis OnvragfSy ^ 
un Difcours fur k StyU Burksgui^ 12,. 10 

7Tm. Fk. 

Hipoire des det(x Affafts^ Femmes illufires de jr 
Grec^ y avec des Remarques Hijhriques & Cri-^ 
tifi^. Far Mr. le Coûte dç Bievre^ 12. 

Htfiqire de Monade y dont les frinçipales Avant»^ 
rje^ fi fa^t faffées en Mexique , divifée en 
ckifjK^ parties : Avec k Marquis de hejv^ 
nouvelle Ffpagnok. 12. 2 Tomes. 

Inprodu^ion à, PHjfioire Univerfelley contenant la 
fond.afiot^7 les progrès^ les changentens y ^ 
4 rjéme, éfes J^ïonarcbies y des principaux 

Hh 2 • ÏRojau^, 



1- d *-4_*»*. 



^ 



ntencememt du îdmtâe y j^pl^^ ^ Muinee 
de tEir^e Romain en Oc€iden$ y févr D«i. 
Tbiet^nty Fritte, 4.. 

yujhfication des Difcoufs e^ de PHiJMreEcd^* 
tifue de Mr, F Abbé Fleuri y contre ks re- 
proches ^ ks calomnies de queifttes ReÈgtewx 
Flamans contre cet Hifiorien. 12. 

tteçneil de Mffifrens Traités de Thyp^ue & d'S^ 
re Naturelle^ frofres iferfe&hmner ces dans 
SiietéceSy avec figures. Far Mr. l>^figmd^. 8» 

Ouvrages Po/f tiques de Mr. PAbbé de St. Yxrre , 
Thm. XL 8. 

Le Nouveau Théâtre FranfoiSy Tome IX. 12. 

La Promenade de VerfasUeSy ou Entretiens de fx 
Coquettes. 8. 

Les Cent Nouvelles Nouvelles dé Madame de Go* 
mexi. Tmes Xy& XVl. 12. 

Nouvelle Méthode pour apprendre facilement la 
Langue Latine y &c. 8. Onzième Edition. 

Logique^ ou Réflexions Jir les Forces de VJLntende^ 
ment Humain , (S* fur leur légitime VfagOy 
dans la Connoijfance de la Vérité y par Cb. 
Wof. 8. • 

Ejfai^ Hifioriques ér Phihfophiques fur leGoit. i. 

Hiftoire a" Alburcide ^ Nouvelle Arabe 12. 

La Philofophie du Bon-fens , ou Réflexions Fhilofi' 
phiques fur t Incertitude des Connotffances »• 
maines , à Pufage des Cavaliers c^ du Beau* 
Sexe^ par Mr le Marq. ctArgenSy 12. 

^Jfai Phihfophique fur tAmé des Bêtes : oh 0» 
trouvé diverfes Réflexions fur la Nature de la 
Liberté^ fur celle de nos SenfationSyfur tVnka 
de PAme ^ du Corps , fur V Immort alité de 
tAme. Sec. Edition. Par Mr. BoulUer. 12. 
2 Tom. 

TA- 



T A B L E 

DES 

MATIERES. 

A. 

ADrien VT. Envie qu*a marque pour faire 
une Réformation dans l'Egliie. 417. Op- 
pofitions iju'il rencontre & qui Tempe- 
chent d*exccuter ce projet. 41g 

Afrique. Si les Anciens ont fkit le tour de TAfri- 

3ue , & s'ils en connoifToient les Côtes Méri- 
ionales. . jij 

A'tfitrtç. Signification originale de ce terme. 9' 
Ame (V) a été regardée par les plus grands Ph^ 
loibphes de l'Antiquité comme la partie ipiri- 
tuelle de nous*mémes. 29a 

'Ameht eh la Heuffaje (Mr.) accufe d'avoir man- 

3ué de fidélité ou d'exaâitude dans ià Tn« 
uiStion de YHsftoire du Caucik de Trente pat 
Fra-Paoh. 394. & faiv: 

Ane» Elc^e qu'on fait de cet Animal. 170 ^^ 
fuiv. Ms en parallèle avec le Cheval. 175' 
Anne (la Princeffe), Reine d'Angleterre: Ret 
peâ qu'elle marqua pour le feu Roi Guillau- 
me, lorsqu'elle monta fur le Trône. 47, 4g; 
? Tems auquel fe fit fon* Couronnement. 48; 
L'Eleâlrice de Brunswick nommée par cette 
Reine comme héritière préfbmpti ve de la Cou- 
ronae. iHd. Nom fixe qu'elle (k)qna ^u pré- 
tendu Prince de Galles ^ en l'appellanc Trétenm 
dant. 63 . Son aliénation pour k Ducheiîè de 

Hh 3 MarU 



TABLE 

MarlBarough. 6^. Ëlté comcQunique & Tar- 
lemenc le deflëin ûà etie'écoit de mire hPûx 
avec là France. jx 

ÀMp^in (Se.) Définition ^u'il ^onne<['ui»fie- 
rétique.2i. Accufe d'avoir oublié & contre- 
dit fa définition. iJU. 

A^ftcurmcfiTêç^ Signification de ce tenue. ;3» 
Son origine. ihid. 



B 



fi- 

-. C5^.i*Abbe)SésiM^^ 

^s de Pçrlce^ &fiir fa» Combat a^uec PJifnéc 

àtdHchard (Mr.) Ses Oifirvathm %énér^s [mt 

l lit Tribunaux itaibs à Athènes fatir le m4m^ 

■tien kes Loix^ ^ four règkr les d^ènds /jui 

^éUvotent entre les Particuliers. jiç 

"Êènam (Mr.) Sts IMexiom yir U earoBère 
^Pifrtt , & fur le T-àgaH^Jke ik PÈmpereur 
JuUen. 5^0 

T^ijne (Ogi^de) envoyé par les ,7«r©fo'i*j iTÉ- 
coge :à fa fteine Annç, <& dans quelle vue.. d$ 

l^rnet (Mr^ Evêque de Salishuty : Se6 Mhm- ' 
tes four fervir à tHifleire de la GramkÈfw^ 
^Mswe. 4.7. é'friv, Il dche de détourner k 
Reipe Anne de faire la t^aix avec la'Frande. 

' ^l, Particularités de & Vie. %^t^ 



Cfc 



î. t'em^ «uq\id çc'Sïédtedh vrroiL |iy. 
'ou23i]uoî la qualité ^e Médeciii -lui a éé 



COt%r» 






D^S MATIERES. 

4onteftée pu* goel^es Autouts. ttid. J^f^M* 
non^de-ceue opiiuôn, iM. S'il n'a été tdue 
.fimple iVaduâfior , on s'il ft Mvaillé de tf>n 
S|X]£TefâfKkf^ria:l^^ Md. Ëiqgede 

^ Ouvrages. ^o 

CJhMfff^mms. Senlknent de divoss Autonca fiii 
les Champignons. 229. lé* fi^* Marque^^ 
lefquelles on prétend diftinguer ceux qui fotït 
bons d'avec les m^axytàs. 231. Maux caofés 
par Tufage indifcrec qu'on en fait. 232 

d^Kmm VI I> Pape , regardé comnicl bit^d SS 

déclaré l^ime par une iêm«AceraBdueiRo* 

me. 490. Tems auquel il pur^iot au Pootifi- 

fCSit.ikid* SaoK)rt, M2 

Cùuray0r (Mr. Le). Plan au?il s^eft ptopofé daoa 
ûk Tsaduâion de rHiitoire du Concile de 
Trente par Wta'^aok. ilj)>c&o 

D. 

E\3f$né ijéan) Doyen de St. Paul en Atrgfc- 
W terre,'! diéFendu nntïocence de l'IfotDici- 
dte de foi-même. 44f 

!>**/. Projet dcf Mr. l'Abbé deSt,'Pierre pout per- 
fe^^ntter les Loit fur le Dud. , 2^3 

E. 

T?Jlt//f ÇP^/) eftéluOohfiil&obtjentleeoœ- 
XL mandemenc de F Armée de Macédoine, l^. 
Ses belles ^ualicés. 94, ViâcMre <|u'il rempor- 
te fur PerSe Roi de Macédoine. $rf. .Son i|e- 
tour à Rome. .193. )X obtient ks.l)onoejarsgu 
' Triomphe. ibi^' 

Hh 4 Erreur^ 



rr. *-s->^«i=^-- - -w^ 



TABLÉ 

ErriNtr. A quoi on doit attrSiuerTErreat. x<^J 
De quelle manière on doit ramener ceux râ 
ibat dans l'Erreur. iM* PowqucH nulle £t- 
reur pure & ûmple de l'Entèûdemcnt ne fint- 
roit être une Heréfic. ii 

EtigMo {Augufim d"). Sentiment de cet Auteur 
(ur Iqs Pfèaumes, ' iy> 

F. 

• 

ERa-FJoh Sarpi. Second Eztmi 4^\'tl^«fr^' 
du Concik de Trenie ^r cet Auteur. 119. 
Tems de iâ naiflànce. 1 121. Progrès rapidies 

' qu'il fit dans les études. iW. Il entre dansFOr- 
dre des Servites. 122. Réputation qu'il s'ac-- 

: quit par des Tbèfes qu'il ibutinc (ur la Phib- 
iophie^ Naturelle , & lur la Théologie. Msâ/. 
Emplois qu'on lui donna, ibid. Il eft dénoncé 
àrihquifition, & pourquoi. 123. Cette a£&'- 
re terminée à fon avantage. i^Àj. Nommé Pro- 
vincial de fon Ordre pour la Province de Ve- 
ni(è. ihid. Se élevé etuiiite à la Chaige de Pro- 

; cureur-Gcoéral. ibid. S'il eft l'Auteur db la 

, découverte de la Circulation du Sang. 124. II 

' écrit en faveur de la République de Venilê 
contre les prétentions de la Cour de RomeJ 
128. Il eft cité, par la Cour, de Rome i 

' comparoltrie perfonellement pour (ê juftifier 
des excès Se des héréiîes dont il étoit accote. 
129; II eft excommunié à Rome. ibùl. Ses 

^ fencimens fur la Religion'. 140. Sa mort. 146, 
Idée qu'on domie dl ce âmeiix Hiftor^. 



r» ^- -*■- 



iV"^«^^^HVipM^«nm^^'" uju • . 



DES MATIERES. 

Wra-Paob Sarpi. Troifième Extrait de fbn Hh^ 
fêire diê Cûncik de Trente. 39a. e^ fuiv. 

G. 

GOMTifr^ {Franfoif). Ouvrage de cet Auteur, 
pour prouver j auc la Poëfie des Hébreux 
ecoit fejttiblable à celle dé Pmdare & de Sofbo* 
de y Se des autres Poëtes Lyriques. 1S9 

Gmêpef. Combien de fortes on en diilingue. if2. 
L«eurs travaux. #m. Comment elles bâtiflent 
leur Guêpier, ibid. &Juiv. Endroits où elles 
aiment à fè loger» 15^. Leur nourriture. 1574 
Accufées d'être goulues. 158. De quelle ma** 
nière elles nourriflent leurs petits, ibid. Leur' 
métamorphofe. 159. Elles ne font aucune pro« 
vïfion pour l'Hiver. 1(^0. Par qud moyen leur • 
Efpàçe k conferve» i^i. Leur grande fécon- • 
dite. ièid.. 

Jti. 

HAfky (Mr.) créé Comte à'Osford & de- 
Mertimer. 6%, Elu Premier Miniftre de la 
Reine Anne. ibid. En quoi confîftoit toute, 
fon habileté. (Ï9. Raifonsqui le portèrent àfai-' 

- re la Paix avec la France. ibid. 
Méréfe, Combien ce mot mal entendu a cau(S 

dedefordres. 7. Dans auel fens il efl: employé 

par les Ecrivains du Nouveau Teftament. 8. 

Ce que fuppofe néceflàirement l'Héréfie. li» 

' Quelle en cil; la plus fûre marque. 18. Paflà- 

- ges de l'Ecriture qui font voir dans quel (tùi 
ou doit prendre ce terme. 24* âf 

. Hh j h4 




MCibi (Mr.). Soa JinttêitJ&faiptum^^ 

iti^jics, avec queifjÊêS'^Ç^ifjk^ êt i êmé jji 



Hér^iMi. Ce ^ue c'eft qu'œ H6r^^igm^\Gn- 

vreTiclée générale reoleroiée dâûs la taasf^ 
henfiôn de ce terme. 9. Ce qu'on doit enten- 
dre par un HérétMuej^^ en prenant ce teime 
dans un mauvais fens. ihid, Impoffibilité qirïl 
^a qu'un bpmme de iDien: ibk Uéréçi^iiQ. Ta». 
vTomhien il dk difiâcâede iàvoir-»i^€i&^eertîni*^ 
âe^ & Un homme ^lï vericsrideisDBac âéiséâ- 
•qUe.' 14, 15. Q^ui^fbot^cQX qui ^ofrochedtk 
.^s du ctraâère (les anoie&s^mM4W& ^7 

1 ce. Î39 

J^^itf Si^încadôn de ce terttie. %66 

Intercède, piverfts-j^nifeaçions de-ce teffBc. ^6 
^.obnfim (Mr.) Duviage de cet A\xt&». 2»% 
yugenmtet dernUr. Oe^ quelle ^manière ïl <en €ft 
' parlé dans l^cnture Sainte. ^^ 

Jugement uwuerfel. L'Ecriture Sainte ca pote 
la certitude comme inconteftable. 294 

yuhs m. QiiaUtés 4e ce Pape torsquSl ^n%Dir 
^encore que Cardinal. 438 Ce qu'il 'fit ton» 
qu'il &t élu Pape. 4^9. Sa ^mort. 4^0 

^Irmi (l'Empereur) juftifié eonœ les ^ualifiea- 
tions odieufes dont 4I a été 4ihaige fauTiies Au- 
teurs Ecdéûaftiques. . ^3d 



1 1 



j 






DES MATIEITiis. 



jlmitTi (Mr.), cité. 3)9 

^Xiei^n X. Jugètoelic fur là CôtlHuite & fur té (5a- 

ràiftère de ce Pontife. 41^ é'fuiv. 

XJmafêits. iTroùs dans lesqliiâls its fe récireni àut 

approchés ^u ftdd. 161; t>efcrit)cion de ce 

Îu'on nomme communément les Car)»^/ du 
«imaçtfn. 16). Pâux itiiifcutèufes qui leur 
tiieûnetit llëu de Jambes. ihU. Dégâts qu'ils 
CaUfeilt far lés plantes. Kf^.. Manière fihgli- 
" Hère dont ils s^efatr" aVértUfètit lorsqu'ils vèii- 
lertt s*at>Pfoc'to-. '^W Comméiit ils \rtcnhenc 
â.u monde. 145. Formation de leur CoqiiîU 
le. ^ ihia.'' 

M. 

y^1[4chi^^^ accufi d'âvbfr eu rtcoùrs à la 

Jj^i ÉSt\m pôUr rendre fa Vie de Caprucch plus 
brOlâilte $c pkks iiitèrefTahle. 1^9. De quel- 
le màiiiète 'on tâche de le juftifler. 340 

ifariï^/(?, Ràf^pôrt de la Magie avec la *ÏTiéolp- 
gie. 3*1 1 

jfîâfcel Cervm^ Cardinal * 5/^.' Cftf/*, relevé- à là 
PàtttUté.4^0. Ses dualités. Ifci/. Sàtftort. tbidr 

Jifaflïorough (le Duc de). Franchife avec làquéU 
le il dit & pènféfe à îa Réirie Anne fUr la Paix' 
que cètfe Ptincefle vôulôit Tàirfe à\rec ta Fr*i- 
ce. 71. Déchargé par la kèlne de tous fcs 
Emplois. 7.3. Sa fètrâîfe'dans lès iPays étf*- 
gers. 74 

Majfuet (liîr;). Son B^iîife de ta^defnièfe Guer-^ 
te, 221. Sa Réponiê à quelques Objeâions 
Élites contre cet Ouvrage. 223 ^fuiv. 

Meibom {Marc). Opinion ck cet Auteur tou- 
chant 



T À BLE 

chant les Pfèaumeç ^ qu'il prétend avoir âé 

compofes de Diftiques. 190 

Jdesnager (Mr.), envoyé par la France. en A&> 

fleterre pour y p(Hter des propc^ctoos de 
^aîx. ■ ' ^ 70 

Meurs {Herman ik)y Archevêque de Cok^ne, 
donne de roccupatîon à rEoipereur & au Pa- 
pe. 42^. Difcipline & bon ordre qu'il veut 
rétablir dans fon Diocèfe. 427. Cité à coqk 

firoitre devant l'Empereur. îtiJ. 3r devant k 
ape. " îttt^ 

MmfyBdthlêt. Kaifbn pour laquelle il 7 en a tant 
' & en Allemand, & en Flamand. 358 

Morak Chrétienne (la) r^ardée comme un S^- 
tèmepur, exaâ, 6c complet. z^6. Perfbtw 
ne ne s'eft encore avifê de l'accufêr de relâ- 
chement. 297. Combler; elle eft propre à 
faire fleurir les Etats. 299. En rendant les 
' hommes pacifiques , elle ne les rend m' mous 
nil&ches. ibid. Clarté avec kqueVlo die efb 
propofee dans TEvangite. 302 

Morhof, Pcnfée curieufe attribuée à cet Au- 
teur. ' ■ ^ 3j8 

Mort. Auteurs qui ont écrit pour fiûre voir 
Qu'il étoit permis de fe la donner. 447,44^. 
o'il y a des cas où l'on peut s'ôter la vie d'u- 
ne manière licite, & même par devoir. 44.7. 
Preuves alléguées par Jean Bêkèek pour l'afiSr- 
mative de ce ièntiment. 454 ^ fiivl 



N.Nm}-: 



/ 



N 



DES MATIERES: 

.:■'::." , K.: • 

E$fchAtfiL De quelle manière cette Pria« 

. cipauté a été ajugée par les Etats du Pays 

au Roi de Pruffe. 58 



P.--' • • 

XTa^^"»- Signification de ce terme. 6 

» ■ • ■ . '. 

JPaullV^ Pape> dépouille toute? l'aqftérité dç fes 
mœurs, dès qu'il fe voit élevé à la Papajute. 
.430. Sa. mort. MJ, Ce qu'il recommanda 
aux Cardinaux en mourant. ih/d: 

Télijm. Son déchainement contre le Burks^ 
que, 389 

Perf/e, fils de Philippe Roi de Macédoine. 87. 
Il fait mourir Antigom. que Philippe avoir det 
tiné pQur fon Succeflfeur. 88. Moyens infâ- 

, mes auxquels il eut recours pour fe défaire 
d'Eùmène. 90. Viûoire qu'il remporte fur le* 
Romains , mais dont il ne fut pas profiter. 91. 
Ambaffadèurs qu'il envoie ïGentiuSy un des 
Rois d'IUy rie, pour l'engager à quitter le par*. 
ri des Romains, & à embraffer le fien. 94. 
Traits'de fa grande avarice, ihid. & 95. Il 
cft battu par les Romains. 97. Sa cruautéj 
: 98. LettjTfô qu'il écrit à Paul Emile Général 
de l'Armée Romaine. 99: Il fe livre au Pré- 
teur OBavius , qui le fait conduire à Paul Emi- 
le. 102. Sa mort. 104 
Tiene (Mr. l'Abbé de St.). Oavrage de cet Au- 
teur. ^4î 



\ 



\ 



• ->¥ 
-Jl i^ -^£ 




P«[^i«r. Defcripdon de leur Queue. 177. 13&^ 
ge de leurs Nageoires, ihùi. Se 178. VéSe 
ou Bouteille pleine d'air, qui leur fart àmon- 
*' ter ou à defeendi-e; «M* ^ 7^- ^^ ^ 
• fyok4m$ (avoir oei qit'ils foat, i ii 

Pfior (Mr.) fërvoic dans&préanènejeuoeflè en 

Qualité de Garçon dans une Auberge. 6ç, 
envoyé à Paris pour 'y fonder le cerreio furies 
^ conditiop^tf}WÏ!ai^«Wi;Qla,Fhmœ&l'4if 

. elptçrre, -- . *^- ^ 7? 

^attmer ^ei^HBeBs de dmr& Auteurs iwr k 

'manière dp^c i)i&,^kaijmeBdtM6i6d<xn été 

\ écrit». 1*9 & firV' 



Ri^ff MfMff <m Armékûe, qiH aknêat mîedt 
fc ]ai(Ièr proidre & t&oimr^ que de pafler 
^ p^i: ua endroit où ils perdrâieoc iav bfam- 

• Àeiir. 45^ 
lUilH^ (Jtoft^FriWi'ic). Son Tnpe&ifr ^i^ 

• fcàthn dâs Mots ^' i<ff Pbrafiis- ^0$ fm^isrimewt 

H#W r5&4»i).. Sa. m^tatw^fiÊr fUmnkiàtde 

• fof-nmne. \%%. cf*^^. Tems &: lieu deû 
- nalflàn^e; i^î^; Pr^ës qu'ili ât> deuis les chi- 
: die^. j^^. lUdicule qu'il crut àppercevoir dans 
' i^ttactetneor que les hommes marquent pour 
" \\}fv^^ iM. Il réduit ce fujec en Thèfes. 440. 
' ^fqukte la Suède j' & après avc^r coiiru qud- 

que rems l'Allemagne , il fe rond à HHdnbem. 
^MÎ^ Il abjure 6%eIi^on , & encse dans h 
'des Jéfuitjcs. md. CommiiBoQs is>- 

por- 



^ tNA^t^rtteMt ft &£ c^sorgà à Vienne As àR(>: 
. Oie. M. Il fe fait P«àmv: i^W. U dii|)ore de 

iQiii::ieorqi£i}i% s'efi9t»fque &uLdaB5 ui| pedt 
. Sateau , & eft. triHivi eofiiite noyé à crois 

milles de Brème. 44^>443, 444. Conjeâu^e 

Wiéinfin {Nicolas). Traité die. ce Médfda cou-^ 
Jfe^Vi^ (Mr.}. Son Hifiotre aminm^ dit Egyp^ 

jtwwR;i&c; ■ ■ « 

JBi9f^m{fAr,). Sts Nouvelles OB/crva^tàns Jbr le 

Cas da ÇSàséfkméfr^f^fiff Naaman m INA- 

; fhite Elijéè. loj 

.8. 

* . . ' " ■ - ' ♦'•'♦ 

S Aie (Mr.) Auteur d'une Verfion Angj^ife; 
de L'Alfiôran. 4.^ 

fues Correilions dJb/tmarsiSrfffS ^ Lafkgs.^2,i 

&mfo9. Sx {à 0)ûrt éûkitïc rapportée à hdaflè 
-des morts volontaire». • : x^6z 

Scarron, Nouvelle Edition de fes Oeuvres, ^y6. 
Caufes des Maladies auxquelles il fut fujet. 
$8f. Tem^defâaaiilàncé. 3S2. Sanâ^ii^e 
ë'cGiti» tegtfctée €xm^mc qiiffaeit. 388. Jn- 
fcription pour fon Portrait. -j^qz 

SdeMut Hic^t. Qranéti ^irÈtÊip .dftsj^saBSbs 
fur la durée de fon Règne. ^ 318 

Swin {Mr. rAWaé) . Voyage fait par cet aIk 
ésm le. Levant. 342. Mant^crtts qu^\eo«3 
rapportés. . iiiji & .343 

^bafisburj { le Comte de) mis à ]a tête des 






<#^ 



t 

* 




'''•3>éîftes. abp.'l^e quelle mànièFe il afbiae 
r fon jpemicieux deffein. u^ 

jSftfapf (Algerwmy^ Procès intenté. contre h 
: .>25., De quoi on^Paccufoit. 
SMêciêt (lePèrç):,^cit^. . . 5 

Sftanheim. pifTerradDh de ce Baron fur les Fr^ 
-j taifès & les BtytjiMées. 3 16 

.S^ola {George) Arche vcque de Céûréè& Non- 
• çé en' Atlemàgne. . ^^J' 

iSubhmg {Henri), tctcrc de-cc-^YftKfoma t 

-Stttfi^ Szembeck .(jCbifiofhb^iffome de) &vc- 
7c^uede Livonie, cité. - . 441 

T. 

Tjf^lar. Ouvrage de cet Evêque Anglok 
' ' ' 21 

Troglodytes (les) ne trouvoient rien deplusblâ* 
« mable que d^aimer là iFÎe^iorsquVia eâ à cikf- 
; . ge à foi^même âc aux autres. 4^ 

'jTïérreÉtm ( Mr. J . .Idée que l'on donne de fis 
i. \2efiféef fur la Religion, 507 



*: .'i ' . -w ; 




•-rf/fî. (Mr. rÀbbé). Explicatimé^carfeBiH 
iun Faffas^de ta Poétique étAri&otcféf 
"cet 'Abbé. 'ifll 

: Vjenuwon, Infcrîption appellée le Mom^ment à 
« . ':Ventavon, 33} 

jFé/x^ (Mr.).^ Otivragcdece MiiMftre. a/lj 
rVfrtot ( TAbbé de ). critiqué, fur une expreffioi 
; .. cout-à-fait (ingulière. jf^\ 

. :. Fin dx t k Tablx* 



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