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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie génèrale de la musique"

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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME TROISIÈME 



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nPOGilAPHIE DE H. FIRMIN DIOOT. — MESNIL (EURE). 



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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 

DES MUSICIENS 



ET 



BIBLIOGRAPHIB GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



oseco 



DEUXIÈME ÉDITION 

ENTIÈREMENT REFONDUE ET AUGMENTÉE DE PLUS DE MOITIÉ 

PAR F. J. FÉTIS 

■AÎTBl 99 CHAPILLB DU BOI BBS BBLOBS 
BiBBCTBUB DU COTTSBBVATOIBB BOYAL DB MUSIQUB DB BBUXBLLBB , BTC. 



TOME TROISIÈME 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C" 

IMPRIMEURS DE l'iNSTITUT, RUE MCOB^ 56 * 

1862 

« ToMt droit* rétarvcs. 

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h'A • /ARD 
SLP 20 1955 



oy«T»r^i. 



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BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



D 



DÉSARGUS (Xavieb), né à Amiens vers 
1768, fut d'abord attaché à la cathédrale de 
cette ville en qualité de musicien de chœur; 
il avait alors une fort belle voix de haute-contre. 
Les églises ayant été fermées par suite de la 
révolution de 1789, Désargus vint à Paris et 
entra dans les cliœurs de TOpéra; mais, ne se 
sentant point de goût pour le théâtre, il quitta 
cette carrière et se livra à Tétnde de la harpe. 
11 devint en peu de temps un habile professeur 
de cet instrument, et en donna des leçons jus- 
que vers 1832, époque où il a cessé d'enseigner. 
Parmi plusieurs bons élèves qu'il a formés on 
remarque son fils, qui, après avoir été attaché 
comme harpiste à TOpéra-Comique, a été à 
Berlin au service du roi de Prusse, puis est re- 
venu à Paris en lS32,et s'est établi à Bruxelles 
Ters la -fin de la même année en qualité de 
harpiste du théâtre. Après seize années de sé- 
jour dans cette ville, Désargus fils a quitté la pro- 
fession de musicien et s'est retiré à Paris. 

Les compositions de Désargus (père), au 
nombre d'environ vingt-cinq œuvres, consistent 
en sonates pour la harpe, avec ou sans accom- 
pagnement ; en pots-pourris, fantaisies et airs va- 
riés pour le même instrument ; enfin en duos 
l>our harpe et piano. En 1809 il publia une 
Méthode de harpe, à Paris, chez Naderman; 
il a refondu entièrement cet ouvrage, et l'a fait 
l>araltre, en 1816, sous le titre de Cours complet 
de harpe, rédigé sur le plan de la méthode 
de piano du Cojuervatoire^ enfin une nou- 
-velle édition de cet ouvrage, fort améliorée et 
considérablement augmentée, a été publiée à 
Paris eo 1820, chez LalBUé. 

DESAUGES (Denis), prêtre du diocèse 
d'Évreui, né en 1598, a publié un livre intitulé : 
VStclairciuemerUdu plain-chafU,oulevray 

BIOGR. OIUT. DES ■VSICIKMS. — T. III. 



ihrésor des choristes ; Paris , 1664 , 30 pages 
ln-8^ 

DÉSAUGIERS ( M abc-Antoine), né à 
Fréjus en 1742, apprit la musique sans maître. 
En 1774 il se rendit à Paris , où il se fit con- 
naître d'abord par la traduction des Réflexions 
sur l'art du chant Jiguré ^ie J.-B, Mancini; 
Paris, 1776, in-8^ Cet ouvrage fut suivi du Petit 
Œdipe, pièce en un acte, dont il fit la musique, 
et qui fut représenté aux Italiens en 1779* L*an- 
née suivante il donna à l'Opéra Érixène, ou 
V Amour enfant , paroles de Voisenon, et par 
la suite il fit représenter an ThéAtre-Italien 
Florine, en deux actes (1780), les Deux 
Sylphides ( 1781 ) , toutes deux sur des paroles 
d'imbert, et les Jumeaux de Bergame , 
paroles de Florian (1782). Cette dernière pièce 
eut un grand succès; on y trouve quelques pe- 
tits airs qui firent longtemps les délices de Paris. 
Vers le même temps, Désaugiers donna au 
théâtre de Monsieur, alors à la foire Saint-Ger- 
main , V Amant travesti, en un acte, imité du 
conte de La Fontaine intitulé le Muletier, En 
1791 il fit représenter au théâtre Feydeau le 
Médecin malgré lui, dans lequel il introduisit 
d*une manière assez plaisante Pair révolution- 
naire Ça ira. Outre ces ouvrages, il a composé^ 
la musique d*une multitude de petits opéras 
pour les théâtres secondaires qui existaient de 
son temps, entre autres les JRendest-vous, en un 
acte, pour les Beaujolais. Le chant de la musi- 
que de Désaugiers ne manque ni de naturel, ni 
de facilité; mais son harmonie, lâche et incor- 
recte, se sent de la faiblesse des études musica- 
les en France à l'époque où il avait appris la com- 
position. Ce musicien fut lié d'amitié avec Gluck 
et Sacchini, et composa à la mémoire de ce der- 
nier une messe de Requiem qui fut estimée 

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D2SAUGIERS — DESBROSSES 



dan» le temps de t^ Douveairié. L'exaltation àe 
se» \A6«^ lui a?ait fait embrasser avec ardeur les 
principes de la Révolution ; dans une pièce «le 
musique, composée de chœurs et dMostruments, 
qu^ih avait intitulée Hiérodrame, et qu'il fit 
exécuter à Notre-Dame, il célébra la prise de la 
Bastille. Il a laissé en manuserit on grand epéfa 
sur le sujet de Bélisaire, dont les parole» sont 
de son fils aîné, lequel fut secrétaire de légation 
en Danemark. Désaugiers est ^mort à Paris 
le 10 septembre 1793. 

DESAYVE Foy. Satvb(D«). 

DËSBOULMIERS(J£AN-ÂDGUfinti-JouEN), 
littérateur, né à Paris en 1731, entra fort Jeune 
dans la carrière militaire, servit quelque temps 
en Allemagne , puis revint à Paris et renonça 
aux armes pour les lettres. Toutefois il y avak 
en lui plus de penchant pour la littérature que 
de talent véritable, et dans ses ouvrages il ne 
s*éleva point au-dessus du médiocre. Il mourut 
à Paris en 1771, à l'âge de quarante ans. Au 
nombre de ses productions on trouve quel- 
ques opéras-comiques , entre autres Toinon et 
Toinette, dont Gossec a composé la musique ; 
mais ses ou vrages les plus importants sont : 1 ® His- 
toire anecdotique et raisonnée du Théâtre- 
Italien, depuis son rétablissement (en 1697) 
jusqu'à Vannée 1769; Paris, 1769, 7 toi. 
in- 12. Ce livre renferme Tanalyse des pièces 
jouées au Théâtre-Italien, et des notices sur les 
auteurs et les acteurs de ce théfttre jusqu'en 1760. 
On y trouve aussi, è la fin, un catalogue raisonné, 
par ordre alph»bétique , des pièces et des ac- 
teurs dont il n'est point parié dans l'ouvrage. — 
2* Histoire du théâtre de V Opéra-Comique; 
Paris, 1769 , 2 vol. in-12. Desboulmiers 
donne dans ce livre l'analyse des pièces qui 
ont été représentées sur le théâtre de TOpéra- 
Comique depuis 1712 jusqu'en 1761 , c'est-à- 
dire jusqu'à la naissance de l'Opéra -Ck>mique 
véritable. 

DESBOUT (Louis), chirurgieir français , 
attaché au service des troupes itaUennes dans 
la première partie du dU-huitième siècle. Il est 
auteur d'une dissertation sur l'usage de la mu • 
sique dans les maladies nerveuses, qui a paru 
sous ce titre : Ragionamento fisico-chirurgico 
sopra Veffetto deUa musica nelle malaiie 
nervose; Livourne, 1740, in-8*'. 

DESBROSSES ( Robert ) , né à Bonn -sur- 
le-Rhin, en 1719, entra comme acteur pension- 
naire à la Comédie-Italienne, en 1743, et se re- 
tira en 1764. Il a composé la musique d'un di- 
vertissement représenté en 1751, sous le titre du 
Mai, et des Sœurs Rivales, opéra-comique, re- 
présente en 1762;du Bon Seigneur, et des Deux 



Cousines, en 1763. Desbrosses était mauvais 
acteur et compositeur médiocre. Il est mort à 
Paris, le 29 pluviôse an vu ( 1799) , à Tâge de 
quatre-vingts ans. 

DESBROSSES (Marib), actrice dcrOpéra- 
Comique, fille du précédent, naquit à Paris en 
17<I3. Elle n'avait quetreiBe ans lorsquVlle dé- 
buta à la Comédie*ltalienm ; elle y parut pour ta 
première fois, le 29 avril 1776, dans le rôle de 
Justine, du Sorcier, opéra de Philidor, et dans 
Colombine, de la Clochette, opérette de Duni. 
Accueillie favorablement par le public, séduit par 
un talent si précoce, elle fut engagée immédiale- 
ment^après comme pensionnaire. La suite de sa 
carrière dramatique ne répondit point à ce brillant 
début. Trop de charmes étaient attachés an talent 
et à la personne àtfâ^^ Dugazon. alors en posses- 
sion des premiers rôles, pour que M*^* DesbrosseR 
pQt lutter avec elle. Toutefois, une maladie sé- 
rieuse de Tadrice célèbre s*étant déclarée après 
les premières représentations dUlerls et Justine,, 
opéra de Dezaide, MHe Desbrosses consentit à 
la remplacer dans le rôle principal de cette pièce, 
le 4 juillet 1785. L'accueil que lui fit le public 
n'était point encourageant; la douleur qu'elle 
en ressentit donna à sa physionomie un carac- 
tère si touchant que le public consentit enfin à 
Pentendre, et cette disposition contribua à don- 
ner à son chant et à son jeu une expression vive 
qui enleva tous les suffrages et la fit rappeler à 
la fin de la pièce aux applaudissements de toute 
l'assemblée. Plus tard M"' Desbrosses joua les 
rôles de la Comtesse d'Albert, de Camille, 
dans Topera de Dalayrac, et d'autres rôles du 
même genre ; plus tard encore elle prit l'emploi 
des rôles qu'on appelait les duègnes dans l'an- 
cien opéra-comique français, et remplaça l'ex- 
cellente actrice madame Gontbier pendant une 
absence de celle-ci. Mécontente de se voir tou- 
jours repoussée par les préventions de ses ca- 
marades et de n'occuper qu^Une position incer- 
taine après de longs services, M"' Desbresses 
demanda sa retraite en 1796. Elle alla jouer quel- 
que temps en province, revint à Paris en 1798, 
et entra au théâtre Feydeau, où elle fut traitée 
plus favorablement qu'à la Comédie -Italienne. A 
la réunion des deux théàtt^, en 1801 , elle reprit 
son rang d'ancienneté dans la nouvelle société 
des acteurs de l'Opéra-Gomique. En 1812 la 
retraite de Wf^c Gontbier la rendit chef de l'em- 
ploi des duègnes. Elle n'eut jamais le jeu fin et 
spirituel d4* celle actrice inimitable ; mais, .ayant 
plus de voix et d'oreille, elle était moins anti- 
pathique à la musique. D'ailleurs elle ne man- 
quait pas d'une cettalne franchise de diction qui 
produisait de reiïet dans les rôles de son emploi. 



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DESBROSSES — DESCOUTEAUX 



Après cinquante-troi» fins de service aa théâtre, 
MUe Desbrosses s*est retirée au mois d^avril 1829. 
Elle est morte à Paris, le 36 féTrier 1856, à l'âge 
iie quatre-Tiogt-doaze ans révolus. 

DëSBUISSONS (MiCHBL-CBiUiLES ) , chan- 
tre et compositeur du seizième siècle, naquit à 
LiDe, dans Pancienne province de la Flandre 
française, vers 1620, car il est appelé Flandnu 
insulanus au litre d'un de ses onvrages. H fut 
attaché en qnalité de . chantre à la chapelle de 
l'empereur Ferdinand I. Il avait cessé de vivre 
avant 1573, car Jean Faber, qai a recueilli et 
publié quelques-uns de ses motets à quatre, 
cinq et six voix dans cette même année, 
dit, au titre de cette collection, qu'il Ta rassem- 
blée après la mort de Fauteur. Ce recueil a 
pour titre : Ctmtiones aUquti musicx, qua 
vulgo moteia vocani, quatuor, quinque et sex 
vo€um,auihoreM. Michaelis-Carol. Desbuis- 
sons, Flandro insulano, poit obitum authoris 
collecta, et nsdita per Jokatinem Fabrum; 
Monachii, per Àdamum Berg, 1573, in- 4^ obi. 
Pierre Joannelli a inséré bon nombre de molets 
de Desbuissons dans son 2Vovu5 Thésaurus mu- 
Meus ( Venise, Ant. Gardane, 1568, in^"*). On 
en troGve treize, à 5, 6 et 7 voix, dans le premier 
livre; cinq, à 5, 6 et 8 Toix dans le deuxième; 
trois, à 5 et à 6 voix dans le troisième; un à 12 
voix, un à 5, et un à 6 dans le quatrième; 
enfin mi à 6 voix dans le cinquième; en tout 
vingt -cinq. 

DESGARTES(ReRé), philosophe célèbre 
«l génie snblime, naquit à La Haye, en Touraine, 
le 31 mars 1596. L'histoire de ce grand homme 
se liant nécessairement à celle des travaux qui 
Tont illostré, mais qui ne sont pas Tobjet de ce 
livre, on se bornera ici à renvoyer aux diction- 
naires historiques, dans lesquels on trouvera sa 
biographie, Tanalyse de ses découvertes en mathé- 
matiques, et celle de ses systèmes en physique et en 
métaphysique, fruits d'une imagination brillante 
qui, souvent, aima mieux chercher à deviner la 
nature que de l'étudier. Je ne parlerai donc de 
Descartes qu*à Toccasion d'un Compendium 
Musicx qu'il écrivit en 1618, à l'âge de vingt- 
deux ans, à la prière de son ami Isaac Beckmann, 
alors recteur à Dordrecht. Malheureusement cet 
ooTrage est peu digne du nom de son auteur : 
il parut le 8entii:,car il ne voulut jamais permet- 
tre qnMl fût imprimé; aussi ne le fut-il qu^après 
sa mort, à Utrecht, en 1650, in-4''. Ce livre a 
élé réimprimé depuis lors dans les deux édi- 
tions de ses Œuvres complètes , Amsterdam , 
1690 à 1701, 9 vol. m-4*, et 1713, aussi en 
9 vol. in-4*. Lord Bronneker, président de la 
^ciété royale de Londres, en publia une tra- 



^ duction anglaise, à Londres, en 1653, in-4'*, et le 
P. Poisson, de l'Oratoire, en donna une en fran- 
çai.4, à la suite de sa Mécanique, et la fit paraître 
sous ce titre : Abrégé de la musique de 
M. Descartes, avec les éclaircissements néces» 
saires; Paris, 1668, in-4®. Cette traduction a été 
insérée dans la collection des œuvres de Descartes 
en français; Amsterdam, 1724-1729, 13 vol. 
in-12. M. Cousin a placé la traduction française 
du traité de musique de Descartes dans le cin- 
quième volume de son édition des œuvres com- 
plètes do célèbre philosophe (pages 445-503). 
En 1683 il a été publié une nouvelle édition de 
l'Abrégé de musique de Descartes, avec une tra- 
duction latine des éclaircissements da P. Poisson, 
sous ce titre : Renàti Des-Cartes Musicx Com- 
pendium; accedunt N. Poisson elucidationes 
physicx in Cartesii musicam ; Amstelodami, ex 
typographia Blaviana^ in-4^. 

Outre ce petit ouvrage. Descartes a aussi traité 
de divers objets relatifs à la musique dans ses 
épttres, imprimées i Amsterdam, in-4^ en 1682. 
On y trouve : Part, i, Bpist, ei,De Muslca et 
celeritate motus; Part. 2, Ep, 23 , DeMusica; 
EpM, De NervorumSono; Ep.6\, De Vibra* 
tioneChordarum , Ep.M, Variœ animadver- 
siones ad Musicam spectantes; Ep. 68, De 
Musica, et responsio ad quasdam quœsiiones 
musicas; Ep. 72, Cursonusfaciliusferatur se- 
cundum longitudinem trabis percussx quam 
per aerem solum; de tremore xris; Ep. 73, De 
Beflexione sont ac lumlnls;de ConsonnantUs ; 
de Refractione sonorum; Ep. 74, De Beso- 
nantia Chordarum ; Ep. 76, Variœ quxstio- 
nes; Ep. 11, De Motu Chordarum; Ep. 103, 
De Motu Chordarum et de Musica; Ep. 104, 
De Sono; Ep. 105, De Motu Chordarum 
et de Musica; de Sonis et intensione Chor- 
darum; Ep. 106, De Tonis mitslcis : de 
Tonis mixtis; Ep. 110, Ad quam distan- 
liam sonw audiri possit; de Imagina* 
tione ad judicandum de toms, de sonis, de 
sono fistutarum; Ep. 112, De Tonis musica- 
libus. Les lettres de Descartes ont été traduites 
en français, et réunies en 6 vol. in-12, Amster- 
dam, 1724-1725. Ce grand homme mourut en 
Suède le 11 février 1650. 

Cest Descartes qui , le premier, a placé le 
principe estiiéUque delà musique dans la simpli- 
cité des rapports des sons : erreur partagée par 
Eulei^ (voy. ce nom ) et par quelques autres 



DESCOUTEAUX ( Philtoert), très-bon 
joueur de muselle, vers le milieu du dix-sep- 
tième siècle , fut attaché à la musique du roi, nu 
commencement du règne de Louis XIV. Il est 

1. 



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DESCOUTEAUX — DESMARETS 



cité avec éloges dans le Traité de la niusette,àe 
Borjon ( i" partie, page 38 ). 

DESENTIS (Jean-Pierre), professeur de 
clavecin, à Paris, ?ers 1780, a publié en 1787 : 
1** Trois sonates pour le clavecin avec accom- 
pagnement de violon, op. 1. — 2® Recueil d'airs 
connus, mis en variations pour le clavecin. 

DESESSARTS ( Nicolas - Toussaint 
MOYNE, dit), né h Coutances le T^ no- 
Tenobre 1744, fut avocat à Paris , puis libraire 
etchargéd^affairescontentieuses, particulièrement 
près de U cour de cassation. 11 mourut à Paris 
le 5 octobre 1810. Compilateur iufotigable, il a 
publié un grand nombre d*ouvrages de tout genre, 
parmi lesquels on remarque celui-ci : Les trois 
théâtres de Paris, ou abrégé historique de 
Pélablissement de la Comédie-fYançaise , de 
la Comédie- Italienne et de V Opéra; Paris, 
1777, in- 8°. On trouve quelques renseignements 
relatifs à des écrivains sur la musique dans son 
livre intitulé : Siècles littéraires de la France, 
ou Nouveau Dictionnaire historique, critique 
et bibliographique de tous les écrivains fran- 
çais morts et vivants , jusqu'à la /in du dix- 
huitième siècle ;V&t'is, 1800-1801, six vol. in-8'', 
et supplément, 1803, 1 vol. in-8'*. 

DESESSAKTZ (Jean-Charles) , médecin 
distingué, né à Bragelonne, près de Bar-sor-Seine, 
.en 1730, fit ses premières études à Tonnerre, et les 
achevaÀ Paris, au collège de Beauvais. Quand elles 
furent terminées, il se livra à Tétude de la mé- 
decine, et, pendant quMI suivait les cours de cette 
science, il donna des leçons de mathématiques 
pour exister. Après avoir été reçu docteur à 
Reims, il alla exercer la médecine à Villers-Co- 
terets, puis à Noyon, et enfin à Paris, où il fut 
nommé, en 1770, professeur de chirurgie, et en- 
suite de pharmacie. A Tépoque de la formation de 
rinstitot, Desessartzy fut admis dans la classe 
des sciences physiques et mathématiques. Dans 
une séance publique de ce corps savant il lut, 
le 20 vendémiaire an xi (octobre 1803), des 
Béflexions sur la musique considérée comme 
moyen curatif. Elles ont été imprimées, sous ce 
titre, chez Baudouin, à Paris, au mois de no- 
vembre de la même année, et forment une 
brochure de 20 pages in-8^. 

DESÉTANGS (...)« sous-clief du bu- 
reau des gravures au ministère de rintérieur, à 
Paris, a publié, sous le voile de Tanonyme, un 
petit écrit intitulé : Lettre sur la musique mo- 
derne à messieurs les rédacteurs du journal 

d'annonces de Musique, par D gs; Paris, 

Miç^neret, in-8^ de 8 pages. 

DESFORGES (Hcs). Voy, Hos-Dbsfor- 

GES. 



DESHAYES (Prosper-Didier), compo- 
siteur des divertissements et ballets de la Comé- 
die-Française , depuis 1782 , s'est fait connaître 
à Paris, en 1780 , par son oratorio des Mâcha* 
bées, qui fut exécuté au Concert spirituel. 11 a 
donné ensuite divers opéras-comiques , tels que : 
l"" Le Faux Serment , au théfttre des Beaujolais» 
en 1786. — 2^ L'Auteur à la mode, 1786. — 
a^Xtf Paysan à prétention, 1787. — 4' J5erMe 
et Pépin, 1787. — 5* Adèle et Didier, 1790. 
— 6» ZéUa, 1791. — 7» la :^i'e de ZéUa^ 
1792. — 8* Le Petit Orphée, 1793. — 9* Le 
Mariage patriotique, 1793. — 10» BeUa, en 
1795, —11^ Don Carlos, en un acte, en 1799. 
Deshayes fut un des compositeurs qui écrivirtof 
la musique du Congrès dm Rois, opéra en trois 
actes, qui fut joué en 1793, au théâtre Favart. 
Les autres auteurs de la musique de cette pièce 
révolutionnaire furent Grétry , Méhul, Dalayrac, 
Devienne, Solié, Trial fils, Blasius, Kreutzer, 
Berton , Chérubini et Jadin. On a aussi de Des- 
hayes des symphonies à grand oixhestre en ma- 
nuscrit, et un livre de pièces d*harmonie à six 
parties, gravé au magasin de musique du Con- 
servatoire. On ignore l'époque de la mort de ce 
musicien. 

DESHAYES (A.-J.-J.), ancien premier 
danseur de TOpéra de Paris , professeur au Con- 
servatoire de musique et auteur de plusieurs 
ballets , a publié un petit écrit qui a pour titne : 
Idées générales sur V Académie royale de 
musique, et plus spécialement tur la danse ; 
Paris, Mongic aîné, 1822, in-8^ 

DÉSIDÉRI (JtoôMB), docteur en droit, 
naquit à Bologne vers 1635. Ses connaissances 
profondes dans la philosoplije , les mathémati- 
ques, les lettres et la musique, lui avaient ou- 
vert les portes de plusieurs académies d'Italie ; 
il prit le nom A*Indiferenle dans celle des Gelait 
de Bologne. On lui doit un petit traité des ins- 
truments de musique et de leurs inventeurs, inti- 
tulé Discorso délia musica, qui a été inséré 
dans les Prose degli Academici Gelati di Bo- 
topna (p. 321-356), Bologne, 1671, in-4^ 

DESLOUGES, musicien français du sei- 
zième siècle, n'est connu que par quelques 
motets qui ont été insérés dans un recueil inti- 
tulé ; XII moteii à quatre et cinq voix, com- 
posés par les autheurs cy-dessoubz escripts, 
naguères imprimés à Paris par Pierre At- 
taignant, demourant à la rue de la Harpe 
près de l'église Sainet-Cosme , i&29 , petit in- 
4° obi. 

DESMARETS (Hbrri) , l'un des plus ha- 
biles musiciens dn règne de Louis XIY, naqiu't à 
Paris en 1662. Après avoir été page de la musi- 



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DESMARETS — DESPÉRAMONS 



qaedu roi, il conoourut, en 1683, pour Tune 
des quatre places de maître de la chapelle du 
roi; mais Louis XIV le trouva trop jeune et lui 
donna une pension ponr le dédommager. Des- 
marets , qui a?ait composé une grande quantité 
de motets , en fit paraître une partie sous son 
nom et quelques-uns sous celui de Goopillier, 
maître de la chapelle de Versailles. Le roi, en 
ayant étéinformé, dit àGoupillier : Ava-vous au 
moins payé Desmarets? — Oui, Sire, répondit 
le maître de chapelle. Louis XIV, indigné, fil 
défendre à Desmarets de paraître devant lui. 
Les opéras dont ce compositeur a fait la mu- 
sique sont : Didon, en 1693; Circé, en 1694; 
Théagène et CharicUe, en 1695 ; les Amours 
de Momus, dans la même année ; Vénus et 
Adonis, en 1697; les Fêles galantes, en 1698; 
Iphigénie en Tauride, avec un prologue par 
Campra,en 1704; JIe?uittc{, en 1722. 11 avait 
fait, en 1682, la musique d'une idylle sur la nais- 
sance du duc de Bourgogne. 

En 1700, Desmarets, ayant été passer quelque 
temps chez son ami Genrais, maître de la ca- 
thédrale de Senlis, fit la connaissance de la fille 
du présidial de l'élection, némmé de Saint-Gobert, 
et réponse secrètement. Le père rendit plainte 
en séduction et rapt, et Desmarets fut condamné 
à mort par arrêt du Ch&telet. Il se sauva en 
Espagne , où il devint maître de la chapelle de 
Philippe V ; mais, la chaleur du climat nuisant à 
la santé de sa femme, il quitta son poste et se 
rendit à LunévUle, où il fut nommé surintendant 
de la musique du duc de Lorraibe. 

Quelque bonté que L^uis XIV eût pour lui et 
quelque estime qu^il eût pour ses talents, on ne 
l>ut obtenir de lui la grftce de Desmarets; ce ne 
fut qu*en 1722, pendant la régence, que son pro- 
4 es fut revu : il le gagna , et son mariage fut 
^léclaré valable. Il obtint aussi du duc d^Orléans 
une augmentation de pension, et il passa le reste 
de sa vie dans Taisanoe. Il mourut à Luné- 
ville, le 7 septembre 174 1 , âgé de près de quatre- 
vingts ans. 

DESMAStfRES (Loois), né à Toumay, 
dans la première moitié du seizième siècle, a 
fait imprimer de sa composition : VingUsix can- 
Hques chantés au Seigneur, à quatre parties ; 
Lyon, par Jean de Tournes, 1&64, in-4<' obi. 
L'auteur de cet ouvrage est qualifié de Tour- 
nesien (Tournaisieo) au frontispice. 

DESORMERY (Léopold-Bastien), né en 
1740 à Bayon;, en Lorraine, a tait ses études 
musicales à la Prlmatiale de Nancy. Venu à 
Paris vers 1765 , il fît exécuter plusieurs motets 
au Concert spirituel. Son opéra d'Euikym et 
Lyris fut représenté à PAcadémie royale, en l 



1776, et eut vingt-deux représentations. Myrtil 
etLycoris, qui fut joué à la cour en 1777, passa 
ensuite au théâtre de TOpéra , où il obtint assez 
de succès pour avoir. soixante-trois représenta- 
tions consécutives, ce qui était sans exemple 
jusqu'alors. Desormery avait composé la musi- 
que de plusieurs autres opéras , mais il ne put 
parvenir à les faire jouer, et, dégoûté par les obs- 
tacles qu'il rencontrait , il renonça à la carrière 
dramatique et se livra à l'enseignement. Cepen- 
dant, à Tâge de soixante-huit ans, il reprit cou- 
rage, et composa la musique d'un ouvrage qui 
avait pour titre : les Montagnards, Celui-là 
ne fut pas plus heureux que les autres et resta 
dans son portefeuille. Desormery s'est retiré 
dans les environs de Beauvais. Il est mort 
en 1810. 

DESORMERY (JEAM-BApnsTs), fils du 
précédent, né à Nancy en 1772 , fut un pianiste 
habile. Il était élève de son père pour la musique 
et de Hulmandel pour le piano. On a de lui : 
1^ Sonatespour piano seul, œuvres 1, 2, 7, 14, 16. 

— 2^ Sonates avec accompagnement, œuvres 5, 
6, 9 et 15. — 3*^ Sonate à quatre mains, op. 11. 

— 4'' Airs variés et fantaisies. En 183 1 il a publié 
son œuvre 19*, consistant en 24 études ponr le 
piano , dans les 24 tons. 

DESPËRAMONS (François -Noël), né 
À Toulouse, le 26 novembre 1783, vint à Paris 
à Tâge de quatorze ans , et entra au Conserva- 
toire de musique,en qualité d'élève violoniste. Il 
quitta ' ensuite l'instrument qu'il avait adopté 
pour se livrer à l'étude du chant, sous la direc- 
tion de Persuis. A l'époque de la mue il fut 
obligé d'interrompre son travail; mais, ayant 
recouvré la voix , il continua ses études dans la 
classe de chant de Garât. En 1804 il débuta k 
l'Opéra, dans le rûle de Panurge, et renonça à 
ce théâtre après quelques représentations. Rentré 
au Conservatoire pour la troisième fois, il y 
remporta le premier prix de chant qui fut dé; 
cerné en 1805. L*année suivante il débuta à l'O- 
péra- Comique dans remploi de Martin ; mais nul 
ne pouvait alors soutenir la comparaison avec ce 
chanteur, dont la voix était dans toute sa beauté. 
Despéramons fut donc obligé de se borner à jouer 
dans les grandes villes de province. Il s'est fixé à 
Bordeaux comme professeur de chant. II a chanté 
pendant plusieurs années dans les concerts pu- 
blics et y a obtenu beaucoup de succès. Se 
voix était mauvaise , mais il était doué d'une 
chaleur entraînante. Jamais le beau duo de Don 
Juan, Fuggi, fuggi , crudel, n'a été aussi bien 
chanté que par lui et par madame Barbier-Val- 
bonne. Despéramons a publié plusieurs romances 
de sa composition, à Paris, chez les frères 



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6 



DESPÉRAMONS — DESPREZ 



Gaveaiix. Cet artiste s^ent relire à Toulouse vers 
1830, et y a été nommé professeur de chant du 
conservatoire. 

DESPINEY (FéLix), docteur en médecine de 
la faculté de Paris «'t professeur de l*École pra- 
tique, est né en I797,iîans le midi de la France. 
On a de lui des Mélanges physiologiques ( Lyon, 
Manuel, 1822, in- 8*^}, dans lesquels se trouve 
l'exposition d*un système particulier du méca- 
nisme de la voix humaine. Il a aussi poblié : 
Physiologie de la voix et du eharU; Bourg, 
1841, in-8^ 

DESPLANES (Je^iv-ARTOiiiEPIANf, dit), 
habile violoniste, né à Naples vers la fin du dix- 
septième siècle, vint en France en 1704 et s*alta- 
cha au comte de Toulouse. F fut le maître de Se- 
naillé. On a de lui un œuvre de sonates pour le 
▼iolon, quia été gravé à Paris. J'ai lu quelque 
part que Desplanes, étant retourné en Italie et 
s'étant fixé à Venise, y fut accusé d'avoir fait 
de fausses signatures, et tut condamné à a\oir le 
poing coupé. 

DESPOA'S (Antoike), luthier de Paris, vi- 
vait au temps de Henri lYet de Louis XIII. Ses 
violons, qui sont devenus fort rares, ont été es- 
timés et recherchés. 

DESPRÉAUX (CLAUDE-JEAM-FRiLMÇOIs), flIS 

d'un hautboisle de rOpéra,qui se retira en 1767, 
entra en qualité de violoniste au même spec- 
tacle en 17^9, devint chef des premiers violons 
en 1771, et se retira en 1782. Ayant été juré du 
tribunal révolutionnaire, il se tua le 24 thermi- 
dor, après la révolution qui fit cesser le régime 
de la Terreur. Il a i/ublié quelques œuvres de so- 
nates pour le violon et le clavecin. 

DESPRÉAUX (Louis-FÉux), frère puîné 
de Claude- Jeaa- François, naquit à Paris le 
17 avril 1746. Il se livra de bonne heure à l'é- 
tude de la musique, t fut placé par son père, 
en 1767, en qualité de quinte ou alto, à l'orchestre 
de l'Opéra. L'année suivante il entra au Concert 
spirituel. Nommé accompagnateur de PÉcole 
royale de chant, en 1 77 1 , il en remplit les fonctions 
jusqu'à la suppression de cette écoiew En 1775 
il avait quitté 1 Oi>éra. A la formation du Con*- 
servatoire de musique il fut un des professeurs 
de cette école; mais, à Tépoquede la réforme qui 
fut faite en Tan x (i 802) dans cet établissement, il 
perdit sa place comme beaucoup d'autres profes- 
seurs. Il est mort à Paris en 1813. Despréaux 
était claveciniste assez habile et surtout bon pro- 
fesseur. Il a publié plusieurs œuvres pour le piano, 
tels que des sonates, des préludes et exercices, trois 
pots-pourris, un recueil intitulé : Les genres de 
musique des différents peuples, la Bataille 
de Fleuras, des airs variés, et un Cour d'édu- 



cation pour le piano, en cinq parties : ce der- 
nier ouvrage a eu du sacoès. On a aussi de lai de» 
Cartes musicales pour apprendre la musique 
aux enfants, Paris, Janet et Coteile. 

Un frère cadet de Louis-rélix Despréaux, 
nommé Jean-Étienne, tt publié, en 18 17, un ta- 
bleau des moovemenls de la musique, sous le 
nom de Chronomètre musical établi sur les 
hases du pendule astronomique. Il était né 
le 31 août 1748, et était entré à l'Opéra, comme 
danseur.en 1766. Retiré en'1781, il ne rentra à 
ce spectacle qu^n 1792, en qualité de Directeur 
de la scène ; mais , peu de temps après, les ad- 
ministrateurs Célérier et Francoe<ir ayant été ac- 
cusés de malversation et arrêtés, Despréaax 
cessa ses fonctions. En 1807 il fut nommé ins- 
pecteur du même théâtre et de ceux de la cour., 
A la même époque il était professeur de danse 
et de maintien théâtral au Conservatoire de mu- 
sique. Il est mort le 26 mars 1820. I>espréaux, 
homme d'esprit et de manières distinguées, culti- 
vait la poésie et lit représenter beaucoup de pa- 
rodies et de vaudevilles de sa composition. H 
avait épousé la célèbre danseuse Guimard, qtif 
était née le 27 décembre 1743, et qui mourut 
en 1816. 

DESPRÉAUX (Guillaume ROSS), com- 
positeur de muftique, né à Ctermont (Puy-de- 
Dôme) en 1803, fut admis comme élève au Con- 
servatoire de Paris, et reçut des leçons décom- 
position de Fauteur de cette notice et de 
Berlon. Ayant été reçu comme acteur, en 
1824, au Gymnase dramatique, il resta attaché é 
ce théâtre jusqu'en 1828. L'année précédente le 
second grand prix de composition musicale lui 
avait été décerné au concours de llnstitut. Le 
sujet du concours était ta cantate â^Orphée. En 
1828 M. Despréaux obtint le premier prix, et si» 
cantate fut exécutée à la séance publique de l'Ins- 
titut . Peu de temps après il partit pour Rome, 
d^où il envoya en 1830 un Requiem et nn Dies 
irx. Dans la même année il écrivit de Maples 
une lettre spirituelle sur l'état de la musique dans 
cette ville, qui fut insérée dans le septi<^me vo- 
lume de la Revue Musicale (p. 169 et suiv.), rt 
qui produis'! une assez vive sensation. Dei*etoor 
à Paris, Despréaux y a fait représenter à l'O- 
péra-Comique, le 23 janvier 1833, un petit opéra 
intitulé le Souper dy, Mari. Il a écrit depuis lors 
. plusieurs ouvrages qui n'ont point été joués. 

DESPRÉS ou DESPREZ (Josquin). Voy, 
Deprès. 

DESPREZ ( Jeaiy-Baptiste), violoniste, né à 
Versailles en 1771, eut pour maître de musique 
Richer, son concitoyen. Il a publié : Six duo* 
dialogues pour deux violons, 0]^. l|Pari8,179a 



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DESPREZ — DESSAUER 



00 a aussi de cet artiste des Principes élémen- 
taires de musique; Paris (sans date), in-8''. 

DESQI7ESNES (Jean), ou d'ESQUE- 
IVES (l/,.muMcien belge, vécut vers la fin 
do seizième siècle. Il naquit vraidemblablenient 
à Mons ou à SaintGliilain, petite ville du liai- 
naot , où plasieiirs familles de ce nom existaient. 
'Cet artiste n^a^t connu que par un recueil de 
compositions intitulé : Madrlgali di Giov, Des- 
quesnes, il primo Ubro a cinque voci ; Anversa, 
ts9l, in-4'* obi. Le prénom italianisé et le genre 
de la musique semblent indiquer que le corn- 
posHeur a vécu en Italie. Cependant, si c'est 
de lui qu*il est question dans un compte de la 
maison de Tarchiduc Ernest, gouverneur des 
Paya- Bas, en 1630 , cité à l'article Dequesne 
( Vog. ce nom ), il était revenu dans sa patrie h 
cette époque et devait être d'un âge avancé, puis* 
qn*on de ses ouvrages avait été publié prè» de 
quarante ans auparavant. 

DESQUESI^ES (Nicolas), vraisemblable- 
ment parent du précédent et son contemporain, 
fut bachelier en théologie et pasteur de Sebourcq 
(dép. du Nord), près de Valenciennés, pendant 
quarante ans. il y mourut en 1633. Un liisto- 
rieo contempordin (2) a dit de Ini : « Ce dit 
« pasteur de Sebourcq a laissé grands volumes 
« mosicales à ladite égtise, eontenans diverses 
« messes, antiennes, hymnes et oraisons en mo- 
n sique, en ayant aussi laissé en plusieurs en- 
• droits de «es provinces. Entr'aulres lorsqu'on 
H se mouroît de la peste à Yalentiennes, qui fut 
« l'an 1627, il présenta un hymne ou oraison en 

1 cinq parties à Messieurs du Magistrat dudit 

■ Yalentiennes laquelle commençoil : 

< Boc est prœclaram, etc. » Le même écrivain 
dit que le roi d*l<:9pagne, Philippe III, lui fit 
faire des propositions pour aller remplir la 
plaoe de maître de chapelle à sa cour, mats que 
Desquesoes s'en excusa prudemment au con- 
iesdement de Sa Majesté. On n'a rien retrouvé 
jttsqa'à ce jour des ouvrages de ce prêtre. 

DESSALLE-RÉGIS (...), littérateur et 

critique , né À Montpellier, au commencement 

de ce siècle, a pubHé une brochure qui a pour 

- titre : De la musique dans le midi de la France ; 

Montpellier, Gastel, 1839, in-S^'de 64 pages. On 

t aussi de loi : Feuilles de province. Ut- 



|l| SolvBOt le catalogae de la ItbralTie musicale de Bal- 
fliuir Bellere. elle par M. & de Cousiema&ifr {IVotieê 
sur U$ cotleciUm» mutictUtt tU te bibliothèque de 
Cambrai, p. Jtt ). 

{i: maokrt de la terre et comté de Sebourcq, par 
Piem lêbomeq (Yatenclennes et Broielleii, ie4B, in-^"). 
•v'rage elté par M. B. de Couseemaker {Notice sur U» 
toOectkms musicales de la bibttothé(tus de Cambrai, 
Pt» IT eC 161). 



iéralure, fntAii^ti^;Paris, imprimerie de Gros. 
1840, in-8° de 128 pages. Ce dernier ouvrage 
est composé d'articles fournis par l'auteur à divers 
joumaui. 

DESSANE (Louis), né à Paris vers 18(tt, 
a fait ses études élémeataires de musique au 
Conservatoire de cette ville. Son premier instru- 
ment fut le violon , mais plus tard il se livra à 
Tétude du mélophone, instrument à anches 
libres dans une forme asses analogue à celle 
de la guitare, avec un clavier mobile sur la 
touche. Le vent était fourni par un soufflet que 
la main droite faisait mouvoir, tandis que la 
gauche formait des cluinLs, des liannonies et des 
arpèges sur le clavier du manclie. Dessaone ac- 
quit en peu de temps une grande habileté sur 
cet instrument, et le fit entendre avec beaucoup 
de succès à l'exposition de Tindustrieen 1838. La 
sensation qu'il y produisit fit imaginer d^employer 
le mélophone pour des eiïets particuliers dans Tor- 
chestre de l'Opéra. Dessane y fut attaché pendant 
deux ans; mais Tusage du méloplMme y était 
trop borné ; il ne répondit pas a ce qu'on en atten- 
dait : l'administration du théâtre y renonça, et 
Dessane partit pour l'Allemagne, dans le dessein 
d'y donner des concerts pour son instrument. 
En 1844 il se fit entendre à Darmstadt, puis à 
Francfort, et dans la même année il établit à 
Nuremberg une fabrique de mélophones ; mais 
cette entreprise ne réussit pas, parce que l'ins- 
trument est imparfait, ses soupapes fonctionoaat 
mal, et parce que son doigté est difficile. Les 
renseignements manquent sur Ui suite de la car- 
rière de Dessane. 

DESSAUER (Joseph), compositeur, né à 
Prague, le 28 mai, 1794, de parents aisés qui lui 
firent donner une brillante éducation, fut destiné 
au commerce dès son enfance. Toraaschek en 
fit un pianiste habile, et Frédérie- Denis Weber, 
directeur du Conservatoire de Prague, lui doMia 
des leçons d'harmonie. Quelques compositions 
estimables qu'il fit paraître dans sa jeuness«; 
prouvèrent ses heureuses dispositions; mais, 
détourné de la pratique do la musique par les 
affaires, il n(^gligea cet art pendant plusieurs 
années. Un voyage qu'il fit à Naples, en 1821, 
pour des spéculations de commerce, lui ayant 
fourni Toccasion de faire admirer ses talents de 
pianiste et de compositeur, lui fit comprendre 
qu^il n^avait pas suivi sa véritable vocation. De 
retour dans sa patrie, 11 prit la résolution de 
cultiver avec plus d^activité les heureux dons 
qu'il avait reçus de la nature |)our la musique, 
et il écrivit l)eaucoup de chants à une ou plu- 
sieurs voix, des morceaux de piano, des qua- 
tuors cl des ouvertures pour l'orchestre. Dans 



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DFSSAUER — DESTOUCHES 



un autre T^yage qu*il fil à Milan, dix ans plus 
tard, il écrivit plusieurs ouvrages de masique 
instrumentale et vocale, et commença un opéra 
qui est resté inaclievé jusqu'à ce jour. Dans les 
années 1832 et 1833 il a visité l'Angleterre et 
la France. Pendant un s^our de dii-bvit mois 
à Paris, il y fit entendre souvent avec succès 
dans les salons ses chansons allemandes. H avait 
le dessein d^écrire un opéra français; maïs après 
.mille démarcliea inutiles pour obtenir un livret, 
il dut y renoncer, et, lorsqu'il s'éloigna de Paris, 
il était tombé dans le découragement. 11 s'est 
ensuite fixé à Prague, y consacrant à la musi- 
que tous les moments qu'il pouvait dérober aux 
afTaires. On a publié de M. Dessaûer : 1^ Mi- 
membranze di NapoU, compostions per il 
piano-forte sopra motivi origîTiali napole- 
tani, op. 1 et 2; Vienne, Leidesdorf. — 2® Ca- 
priccio sopra alcunl motivi delV opéra 
tiorma; Milan, Ricordî. — 3^ Six Canzoni ita- 
liennes et allemandes, avec accompagnement de 
piano ; Vienne, Mechetti. -- 4** Six Chansons alle- 
mandes avec piano, op. 6 ; Vienne, Artaria. — 
&* Trois Lieder avec piano^ op. 6 ; Vienne, Dia- 
belli; d'autres recueils de chants, œuvres 14, 45, 
46, 47, et un nombre considérable de Lieder 
détachés. C'est dans ces Lieder qu'est le g<^nie de 
Dessaûer, génie original et aussi fin que pas- 
sionné. Le Wassermann (l'Homtoe de l'ean), 
le Flot et VEnfant, les Deux Cercueils^ la 
Marguerite, l'Asile, tous les chants des œuvres 
5, 6, 14, 45, la Rêverie de nuit, et tant 
d'autres qu'il faudrait citer, n'ont pas moins de 
poésie que les mélodies de Schubert. Dessaûera 
fait aussi représenter & Dresde l'opéra comique 
Bin Besueh in SaHU^yr (une Visite à Saint- 
Cyr), en i838,%t/;i<ftr<ntia, à Prague, deux ans 
auparavant. 

DESSIRIER (Hippolttb), né à Besançon, 
professeur de musique , a fait ses études musi- 
cales sous la direction de Travisini , mettre 'de 
chapelle dans cette ville, n est auteur d'une Mé- 
thode élémentaire de musqué. 

DESTOUCHES (AnnnA-CàRDiifAL), com- 
positeur dramatique, né à Paris en 1672, Ait 
d'abord mousquetaire et simple amateur de mu- 
sique. Dans sa jeunesse il fit le voyage de Siam 
avec le P. Tachard, jésuite, à qui il promit d'entrer 
dans la compagnie de Jésus; mais de retour en 
Europe il oublia sa promesse et préféra fa car- 
rière des armes, que son humeur inconstante loi 
fit bientôt abandonner pour se livrer à l'étude 
de la musique. Lorsqu'il composa son premier 
opéra ( Issé), son instruction dans cet art était 
si peu avancée qu'il fut obligé d'avoir recours 
à un autre musicien pour écrire sa partition. 



Cependant il avait des idées naturelles qui fir nt 
le succès de cet ouvrage, dont la première re- 
présentation eut lieu à Trianon , le 17 décembre 
1697. Plus tard Destouches comprit la né- 
cessité d'apprendre ce qu'on appelait alors la 
basse continue^ mais, devenu plus habile , il fut 
moins heureux dans ses Inspirations. Il fut su-, 
rintendant de la musique du roi et inspecteur 
général de l'Opéra, depuis. 1713 jusqu'en 1751. 
Son opéra d'/ss^fut suivi d'iinuzdis de Grèce, en 
1699; de Marthésia, dans la même année; 
d*Ompkal€, en 1701 ; du Carnaval et la FO' 
lie, en 1704. En 1712 il donna Callirhoé, eu 
1714 Télémaque, en 1718 Sémiramis, en 
1725 les Éléments, en société avec Lalande^ et 
enfin, en 1726, les Stratagèmes de V Amour, 
Louis XIV fut si satisfait à'Issé qu'il fit donner 
à l'auteur une gratification de deux cents louia, 
et déclara que Desiouches était le seul qui ne 
lui eût point fait regretter LulU. Toutefois il 
paraît que sa musique ne plut pas à tout le 
monde, car on fit contre son opéra de CaUirhoé 
ce couplet salîrique : 

Koj tUflé, 

Pour l'être eneore 

Fait éclore 

Sa CalUrboé ; 

Bt Deatoudiet 

Met aur ^ ven 

Une couche 
mnslpldeti alra. 



Qaolqa'éllqiie 
Flatte et piqoa 
Le softt des tnidaada. 
Heoreox travanx 1 
Lignoranee 
Récompeuae 
Deux Blgaada. 

Destouches est mort à Paris, en 1749, à l^e 
de 77 ans. 

DESTOUCHES (Feaiiçod), compositeur, 
né à Munich le 14 octobre 1774 , prit des leçons 
de musique et d'iiarmonie de Théodore Grfln- 
berger, moine augustin , et fit .des progrès re- 
marquables dans ces sciences. Son père, qui était 
conseiller de la chambre fiscale de la cour de 
l'électeur, l'envoya à Vienne, en 1787, pour y 
étudier la composition sous la direction de Jo- 
seph Haydu. Il resta dans cette ville jusqu'en 
1791 et retourna ensuite dans sa patrie. Bientôt 
après il y mit eu musique l'opéra-oomique in- 
titulé Die Thomas NaetU (la Nuit de Thomas ;, 
qui fut représenté sur le théâtre national et sur 
celui de la cour en 1792. Il partit ensuite pour la 
Suisse et l'Autriche, et donna des concerts dans 
plusieurs villes* Arrivé à Erlangen, il s'y arrdta et 
y exerça les fonctions de directeur de musique 
pendant deux ans. Eu 1799 il passa an servit e 



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DESTOUCHES — DEVIENNE 



9 



da duc de Saxc-Weiroar, retint à Munich en 
1810, et fut enfin placé comme professeur d'har- 
monie à Tuniversilé de Landshul, où il élait en- 
core en 1816. Outre plusieurs messes de sa 
composition , qui sont connues avantageusement 
en Allemagne, il a mis en musique, à Weimar, 
Topera intitulé Missoerstsmdniss {là Rupture), 
qui eut beaucoup de succès dans la nouveauté. 
Il a composé pour*le même thé&tre les chœurs 
du drame Die Hussiten von Nauniburg (les 
Hussites deNaumbourg), ainsi que les ouvertures 
<le8 pièces de Schiller, la Fiancée de Messine, 
la Pucelle d'Orléans, Guillaume Tell et 
Wallerslein. Il est aussi Tauteur des chœurs de 
Wanda, tragédie de Werner. On a gravé à Augs- 
foourg, chez Gombart, et à Oiïenbach, chez 
André, plusieurs de ses concertos pour divers 
instruments , des sonates de piano , des Yaria- 
tions et autres compositions instrumentales. 
Parmi ces productions on remarque : 1® Trois 
Sonates pour le piano , op. 1 ; Offenbach, 1792, 
^ 2'* Fantaisie pour le piano, op. 10; Augs- 
bourg, 1799. — 3° Marche avec 10 variations, 
op. 8. —4* Ariette avec 9 variations, n* 2; 
Hcilhronn, 1798. —5* Ariette avec 9 variations, 
n® 3. — 6* Sonates pour piano, violon et tIo- 
loncelle, op. Il; Aug^bourg. — T* Concerto 
{en sol) pour piano et orchestre; Augsbourg, 
Gombart. Destouches est mort à Munich au mois 
de décembre 1844. 

pEURlNG (Benoit), moine allemand, né en 
Bavière, vivait vers le milieu du dix-buitième siè- 
de. Il a publié douze motets de sa composition, sous 
le titre de C(mceptusmusici; Augsbourg , 1730, 
in fol. 

DECZINGER (J.-F.-P.). On a sous ce 
nom un Iraité d'accompagnement de Torgue et 
du clavecin intitulé : Compendium musicum, 
oder Fu72damentapartitursc, dass ist : Unier- 
richt fur die Orgel und dos Klavier, en deux 
parties; Augsbourg, Lutter, 1788. 

DEUTSCHlfANiV (Jacques), facteur d'or- 
gues distingué, à Vienne, a eu une part consi- 
dérable dans les perfectionnements des ori^ues à 
anchea libres, appelés Physarmonica en Alle- 
magne , et Harmonium en France. Dans une 
«sposition publique d'instruments de musique 
qui fat faite dans la capitale de TAutriclie, en 
1839, il plaça un grand instrument de ce genre, 
composé de trois registres. Le rapport des mem- 
bres du Jury, MM. Bocklet, Antoine de Halm 
et FIschof , constata en particulier que le sys- 
tème du soufflet était nouveau , quMl produisait 
«ans secousse le son, et qu*il le prolongeait long- 
temps sans être renouvelé par le mouvement de 
la pédale. £n 1845 une médaille d'or fut dé- 



cernée à Deutschmann pour de nouveaux per- 
fectionnements faits auK instruments de ce genre 
qu'il avait mis à Texposition de cette année, & 
Vienne. Cet artiste est mort dans la même ville, 
en 1853. 

DEVASINI (....), compositeur de Tépoque 
actuelle, a fait ses études musicales au Conserva- 
toire de Milan , où il se trouvait encore en 1842. 
Il y fit représenter par ses condisciples, en 1841, 
Francesca diAin^fnl, drame musical, etdans Tan- • 
née suivante Un Giorno di no2se , opéra boufle. 
Cet artiste a écrit aussi de la musique instru- 
mentale , parmi laquelle on remarque un Sesteito 
ponr flûte, hautbois , 2 clarinettes, cor et basson 
concertants. 

DEVERGIE (L'abbé), ecclésiastiMue à 
Beau vais , est auteur d'nne Méthode de Plaén-^ 
Chant ^ Beau vais, Bocquillon-Porquier, 1840, 
in-8'' <ie 168 pages. 

DEVI€Q (Éloy), d'une famille distinguée 
de Tancien parlement de Flandres, naquit à 
Douai vers 1778. Dans les troubles révolution- 
naires de 1792, ses parents sortirent de France 
et cherchèy^ent un asile à Hambourg. Privés de 
leur fortune par l'émigration, ils trouvèrent 
heureusement une ressource dans le talent mu- 
sical de leur fils, qui, ayant étudié la musique 
et le violon avec ardeur, dès son enfance, pot , 
à peine ftgé dé quinze ans, donner des leçons et 
entrer comme violoniste à l'orchestre du tbéAtre 
de Hambourg. Quelque temps après il partit pour 
la Russie, vécut plusieurs années à Saint-Péters- 
bourg et à Moscou, et perfectionna son talent 
par ses liaisons avec Rode, Baillot et le célèbre 
violoncelliste Lamare. De retour en France vers 
1809, M. Éloy Devicq se maria à Abbeville et s'y 
établit, ne cultivant plus la musique que comme 
amateur, mais y puisant ses jouissances les plus 
Tives. Sa manière grande et classique de jouer le 
violon, et le profond sentiment musical dont il 
était pénétré, ont fait longtemps le charme de 
ceux qui l'ont entendu. C'est à ce pur amour de 
l'art dont il était toujours animé qu'Abbeville 
doit rùistilution d'une école publique de mu- 
sique qui a formé de bons élèves et propagé 
le goût de cet art. M. Éloy Devicq a publié : 
Air russe varié pow violon principal, avec 
violon, alto et vioUmceUe ou piano ; Paris , 
Pacini. Il est morte Abbeville en 1847. 

DEVIENNE (FflANçois), né à Joinville 
(Haute-Marne) en 1759, fut élevé par son frère, 
musicien au service du prince de Deux-Ponts. 
Dès son enfance il annonça les plus heureuses 
dispositions pour la musique; à peine Agé de dix 
ans il composa une messe avec accompagne- 
ment d'instruments à vent, qui fut ONécutée par 



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10 



DEVIENNE 



les mnsiciena du régiment où il était déjà en- 
gagé comme flûle. Ses études musicales termi- 
nées, il s'attacha au cardinal de Rohan, et passa 
ensuite dans la musique des Gardes-Suisses, 
qu'il quitta pour entrer, en 1 788, dans Torches- 
tre du théâtre de Monsieur; en qualité de basso- 
niste. Également dif^tingué par son talent sur la 
flûte et sur le basson. Devienne avait une con- 
naissance générale de tous les autres instruments, 
et savait en tirer des effets inconnus en France 
avant lui. Né avec du talent pour la composi- 
tion, il créa un nouveau genre de musique pour 
les instruments à vent , encouragea les artistes 



1798. — 9**/> Valet des deux maifres, en 
deux actes, 1799. Devienne a été colliiborateur,. 
pour la musique, du Congrès des Bols^ opéra 
révolutionnaire joué au théâtre Favart en 1793. 

— II. Pièces DÉTAcaéES : 10** Romances 
d^Estelle^ avec accompagnement de piano et 
flûte; Paris, Naderman. — H® Romances de 
Gonzalve de Cordoue, avec accompagnement 
de piano et flûte ou violon , oq. 53, Paris, 1795. 

— 12* Romances patriotiques; Paris, Oty. — 
13* Chansons républicaines, à Vusage des 
fêtes nationales; ibid. •— 14* Première li- 
vraison de six romances, paroles de Labiée^ 



à perfectionner leur exécution , et contribua i avec accompagnement de piano et harpe. — 
par là à Tamélioration des orchestres français. I m. Octestures et symphonies : 15* Symphonie 
Non moins recommandable comme compositeur ' concertatite pour cor et basson , n* 1 ; Paris , 



dramatique, il a laissé quelques opéras qui pour- 
raient être encore entendus avec plaisir, et qui 
se font remarquer par la fraîcheur des idées et 
Télégance de rinslrumentation. L'un de ses ou- 
vrages, connu sous le titre les VisitândineSt fut 
joué longtemps avec succès. 

Les productions de Devienne sont en si grand 
nombre qu'on ne comprendrait qu'à peine sa 
fécondité, si l'on ne savait que, nonobstant tous 
les devoirs que lui imposaient ses places et les 
leçons qu'il donnait, il travaillait ordinairement 



1792. — l6*Syrop1ionie concertante pour haut- 
bois ou clarinette et basson, n* 2; ibid., 1793. 
— 17* Symphonie concertante pour flûle, clari- 
nette et ba5ison; ibid. — 18* Symphonie concer- 
tanle pour flûte, hautbois, cor et basson, avec or- 
chestre, n* 4 ; ibid . , 1 794 ; production excellente en 
son genre, et qui a obtenu le plus grand succès. — 
19* Symphonie concertante pour deux clarinettes 
et orchestre , op. 25; ibid. ^ 20* La Bataille de 
Jemmapes, pour vingt instruments; ibid., 
1796. — 21* Ouvertures pour Instruments à 



huit heures chaque jour. Cet excès de travail ; vent, à Tusage des fêtes nationales, n"^ 1, 2, 3, 



finit par altérer ses facultés ; sa tête se dérangea, 
et Ton fut obligé de l'enfermer à Charenton, où 
il mourut le 5 septembre 1803. Il avait été 



4, 5, 6 et 7 ; Paris , Oiy. — 22* Symphonie 
concertante pour deux flûtes et orchestre ; ibid. _ 
23* Deuxième symphonie concertante pour flûte. 



professeur au Conservatoire de musique, et fut I hautbois, cor et basson; Paris, 1800. — IV. Con- 



compris dans la réforme générale de 1802. 
Yoici la liste de ses productions : I. Opéras : 
1* Encore des Savoyards, opéra -comique en un 
acte, au théâtre de Monsieur, en 1789. — 2* Le 
Mariage clandestin, en un acte, au théâtre Mon- 
tansier, 1791. — ^^ Les Quiproquos espagnols, 
au théâtre Feydeau, 1792.— 4* /.« Visitandines, 
en deux actes, an théâtre Feydeau, 1792. Un 
troisième acte fut ajouté à cet opéra en 1793 ; puis 
la pièce fut remise en deux actes, en 1795. Re- 
fusée maladroitement au théâtre Favart, cette 
pièce fut jouée avec un succès d'enthousiasme au 
tliéfltre Feydeau, et continua de jouir de la faveur 
publique iusqu'à la Restauration. Plus tard elle 
fut arrangée sous le titre du Pensionnat de 
Jeunes Demoiselles pour être jouée à TOpéra- 
Comique, et sous celui des Français au Sérail, 
au théâtre de l'Odéon. Depuis la révolution de 
juillet 1830 elle a repris son premier titre. — 
5* Rose etAurèle, en un acte, au théâtre Feydeau, 
1703. — 6* Agnès et Félix, ou les deux Es- 
piègles, en deux actes. 1794. — 7* Valecour, 
ou un toHr de page, en un acte, 1797. — 
8* Les Comédiens Ambulants, en trois actes , 



CERTOS : 24* Concertino d'airs variés pour la 
flûte, n* 1 ; ibid. — 25* Concertos pour flûte et 
orchestre, n** 1, en ré; 2, en ré; 3, en sol; 4, 
en sol; 5, en sol; 6 , en ré; 7, en mi mineur \ 
8, enso/; 9, en mi mineur; 10, en r^; 11, en 
5<mtnenr; 12, en la; Paris, Imbault etSieber; 
— n* 13, posthume, en «o/ ; Oriéans, Demar. — 
26* Concertos pour basson et orche^^tre , n* l,en 
ut, Imbault ; n*2, Naderman ; n* 3, en fa; n* 4, 
en ut ; Paris, Sieber. — V. Quatuors : 27* Qua- 
tuors pour flûte, violon, alto et 'basse, op. 1, 3, 
Paris, Le Duc; op. 16, liv. 1 et 2, Paris, Sie- 
ber; op. 62, Offenbach, André; op. 66, liv. 1 et 
2, Paris, Imbault; op. 67, ibid., formant en- 
semble trente-six quatours. — 28* Trois quatuors 
pour clarinette, violon, alto et l>asse, op. 78; 
Paris, Érard. — 29* Trois quatuors pour basson, 
violon , alto et bas.<ie^ op. 75 ; ibid. — VI. Trios : 
30* Six trios pour flûte, alto et basse, liv. 1 et 
2; Paris, Sieber. — 31* Six trios pour flûte, 
violon et basse, op. 18; Paris, Imbault. — 32* 
Six idem, op. 66; Paris , Ga veaux . — 33* Six 
trios pour deux flûtes et basse , op. 19^ Paris, 
Sieber. — 34* Six trios pour deux flûtes et bas- 



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DEVIENNE —DEVISME DU VALGAÏ 



11 



MO, op. 77; Ibtd. — 35** Six trios pour flûte , 
dirinette et basson, op. 61, Ut. 1 et 3 ; OfTen- 
badi, André. — 36^ Six trios pour trois flûtes, 
lîT. I et 2 ; Paris, Imbault. — 37*^ Six trios poor 
deux clarinettes et basson, op. 27 ; Paris, Sieber. 

— 38^ Trois trios pour deux clarinettes et basson, 
op. 75; ibid. — 39^ Trots idem, lÎTre troisième; 
Paris, Sieber. — 40^ Six trios pour basson, Tio- 
lonet basse, op. 17; Paru, Imbault. — YII. 
I>co6 : 41^ Cent cinquante-huit duos pour di?ers 
ÎDStroments , ceuvres 2, 5, 6, 7, B, lô, 20, 21, 
S3, 64» 65, 68, 69, 70, 78, 79, 81 , 84; Paris, 
Londres, OfTenbach, Berlin, 1788-1801. — VIII. 
SosATES : 42° Six sonates pour piano, flûte et 
basse, op. 22 et 23^ Paris, Naderman. — 
43^ Six sooates pour basson , avec accompagne- 
ment de basse, op. 24 ; Paris , Sieber. — 44** Six 
sooatea poor clarinette, avec accompagnement 
de basse , op. 28 ; ibid. — 45° Six sonates |ionr 
flûte, avec accompagnement de basse, op. 14; 
Orléans , Demar. — 46° Six idem , op. 58. — 
47" Six idem, op. 68; Paris, Sieber. -48° Six 
idem, lîv. 4; Paris, Imbault — 49° Six idem, 
cinquième livre;. Paris, Pleyel. — 50° Six idem, 
ii%'. 6; Paris, Frey. — 51° Six idem, liv. 7; 
Paris, Sieber.^ 52° Six idem, liv. 8; ibid. — 
53° Doaxe sonates pour hautbois, avec accom- 
pagnement de basse, op. 70 et 71 ; Paris, Le 
Duc. — IX. Harmonie : 54° Douze suites d'har- 
monies à huit et douze parties; Paris, 1798-1801. 

— X. 55° Méthode de flûte théorique et pra- 
tique, conlenant tous les principes , des pe- 
tits duos et sonates faciles; Paris, Imbault, 
1795. Cet ouvrage estimé a été reproduit dans 
plusieurs éditions. 

DEVISME DU VALG AY ( Annb-Pierrb- 
Jagqoes), né à Paris en 1745, entra dans les 
fermes, où il parvint à l'emploi de sous-directeur. 
Dans sa jeunesse il se livra à l'étude de la mu- 
sique, et publia un Abrégé des règles de la coni' 
posUion et de Vaccompagnement, dédié à la 
reine; Paris, 1767, in-4°. La protection du valet 
de chambre de la reine loi flt obtenir, en 1777, 
l'entreprise de l'Opéra de Paris. Le privilège lui 
fat accordé pour douze ans, moyennant un cau- 
tionnenoent de cinq cent mille francs , dont la 
viUe devait lui payer Tintérét, outre un 8ul)side 
de quatre- vinj^t mille francs qu'il devait recevoir. 
Deux règlements du 27 février et da 22 mars 
1778 établirent les droits deTentreprenenret de 
ses subordonnés; le premier avril suivant, De- 
visme prit possession de son entreprise. A cette 
époqoe les aroatears de POpéra étaient divisés 
ta quatre partis , dont les goûts et les préventions 
élaksit différents. Vo premier de ces partis , corn- 
jMsédes LuJlistes ou amateurs de rancienne mu- 



sique française, était le plus faible; le second, 
plus vigoureux, était formé par les défenseurs 
de Rameau; les troisième et quatrième, où 
étaient enrôlés les admirateurs enthousiastes de 
la musique nouvelle, dédaignaient de combattre 
les préjugés des partisans de Luili ou Tentète- 
ment des Bamistes, et, se plaçant les uns sous 
la bannière de Gluck , les autres sous celle de 
Piccinni, se faisaient une guerre aussi vive que 
sMl se fût agi des intérêts les plus graves.* Ces 
circonstances étalent favorables au nouveau di- 
recteur : il sut en profiter et déploya une acti- 
vité prodigieuse. Voulant que le public pAt juger 
des diverses transformations qui s'étaient opé- 
rées en France dans la musique théAtrale, il 
donna dans une seule année Thésée, de Lnlli; 
Castor et Pollux, Pygmalion, de Rameau; 
Emelinde,àe Philidor; Ârmide, tphigénie , 
Orphée de Gtock; Roland, de Piccinni, et fit 
composer par Grétry une pièce intitulée les Trois 
Ages de VOpéra. Outre cela il rappela les bouf- 
fons Italiens , et leur fit jouer, alternativement 
avec l'Opéra français, les meilleurs ouvrages 
d'AnfossI, de Piccinni et de Paisiello. Mais tant 
de nouveautés avaient coôté des frais énormes , 
et, malgré l'aflluence du public, la recette ne 
couvrait pas la dépense. DevUme recevait les 
félicitations de quelques amateurs zélés, mais fl 
se ruinait. D'ailleurs ses réformes et sa ma- 
nière nouvelle d'administrer FOpéra avaient 
froissé des intérêts particuliers et lui avaient 
fait des ennemis : ils l'accablaient de sarcasmes et 
de dégoûts. Nonobstant ses talents et sa fermeté, 
il ne put parvenir à déraciner les abus d'une ad- 
ministration vicieuse. Malgré la protection de In 
reine, Devismene put résister aux haines, aux ca- 
bales et aux tracasseries de tout genre auxquelles 
il était en butte; il oiTrit la résiliation de son 
bail, et elle fut acceptée le l**" avril 1779; mais 
il conserva la direction jusqu^au mois de mars 
de Tannée suivante, poar le compte de la ville. 
A la clôtnre de l'année théfllrale de 1780, Ber- 
ton prit la direction de POpéra pour le compte 
du roi, et Devisme reçut le brevet d'une pen- 
sion de neuf mille francs avec une indemnité de 
vingt-quatre mille francs, faible dédommagement 
des pertes qu'il avait essuyées. 

Le 20 fructidor an vu (12 septembre 1799) 
Devisme fut nommé administrateur de l'Opéra, 
conjointement avec Bonnet de Treiches, ex -lé- 
gislateur, par un arrêté du Directoirer Le 13 
mars 1800 le ministre de l'inlérieur nomma 
Devisme directeur de ce spectacle, et Bonnet 
n'eut plus que le titre de conservateur do maté- 
riel ; mais bientôt des soupçons circulèrent sur la 
gestion du directeur; iU parurent assez graves et 



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12 



DEVISME DU VALGAY — DEVRIENT 



Assez fondés pour que l'autorité le priv&t de son 
emploi et le fît remplacer par Bonnet, qui eut te 
titre de commissaire du gouTernement , le 23 
décembre 1800. Un procès fâcheux fut intenté à 
Devisme sur la partie contentleuse de son ad- 
ministration i mais il >*en tira avec habileté. Il 
publia à cette occasion un petit écrit de deux 
feuilles in-S** d^impression , sous ce titre : Devis- 
me du Valgay à ses concitoyens sur son ad- 
ministration du théâtre de la Rëp^iblique et 
des Arts. Il a aussi fait imprimer quelques autres 
petites brochures sur le même sujet, mais je 
n'en sais pas les titres. 

Devisme résida encore quelque temps à Paris « 
et y fit représenter quelques ouvrages drama- 
tiques au théâtre Montansier et à rOpèra-Go- 
mique, entre autres la Double Récompense, 
et Eugénie et Linval, En 1806 il publia à Paris, 
en un volume in-8^ , un livre intitulé : Pasl- 
logie , ou de la musigus considérée comme 
langue universelle. Retiré dans la Normandie en 
1810, Devisme est mort à Caudebec, vers le 
milieu du mois de mai 1819, à Page de soixante- 
quinze ans. Il avait annoncé des Mémoires sur 
sa vie, mais cet ouvrage n'a itas paru. 

DEVISME (Jeanne- UiPPoLYTB MOY- 
ROUD), femme du précédent, née à Lyon en 1765, 
a composé la musique d^un opéra intitulé Praxi' 
tèle, représenté en 1802 sur le thé&tre deTOpéra. 
Cette dame avait reçu des leçons de Steibelt pour 
le piano, et jouait fort bien de cet instrument. 

DEVOLDER (PifiERK-JEAN). i^oyez Vol- 
DER ( Pierre^ ean de). 

DE VOS ou plutôt DEVOS (Laurent), 
frère du célèbre peintre Martin Devos, naquit 
à Anvers, en 1533. Après avoir fait ses études 
musicales à l'église Notre-Dame de cette ville et 
avoir reçu les ordres de la prêtrise, il obtint la 
place de maître des enfants de chœur de la cathé- 
drale de Cambrai. M. Léon de Burbure n'a pas 
trouvé dans les archives de Tégllse Notre-Dame 
d'Anvers des traces de Texistence de ce musicien 
dans le chœur de celle collégiale; il est donc vrai- 
semblable que Laurent Devos a occupé quelque 
autre position dans une des églises de la Belgique 
avant d*être appelé à Cambrai. Dans les troubles 
de cette ville, l'archevêque ayant été obligé 
d*en sortir, et d'Inchy, gouverneur^ ayant ty- 
rannisé les habitants, Devos eut la hardiesse de 
composer un motet dont les paroles retraçaient 
ces malheurs , et de le faire chanter en présence 
de ce même gouverneur, ou prévOt. Cette im- 
prudence fut cause de sa fin tragique. L'afTaire 
est rapportée en ces termes dans la Eevue Cam- 
brésienne (année 1838, p. 81), d'après la 
Chronique inédite de Jean Doudelet , clerc de 



Notre-Dame-de-la- Chaussée, à Yalendeopes : 
« Laurent Vos composa un motet à grands chœurs 
« de plusieurs versets de différents psaumes, qui 
« étaient si artistement arrangés que toute Phis- 
R toire des troubles de ce temps y était décrite : 
« Tusurpation tyrannique de d*Inchy, la perfidie 
« du prévôt et de sa cabale , PIngratitude, la 
« révolte et la mort funeste de plusieurs bour- 
« geois , Téloignement et les malheurs de l'ar- 
« chevêque , la vaine espérance des secoars du 
« duc d'Alençon , et le peu de durée de la gloire 
« des méchants. Ce motet fut chanté après tes 
<t vêpres un jour de fête solennelle. D'Inchy 
« Tentendit : il entra dans une si terrible fureur 
« qu'il ordonna que l'on saisît incontinent le 
«c maître de musique. On le conduisit en prison, 
R et, sans autre forme de procès, dlnchy, de 
« son autorité privée, ordonna qu'on le pendit. 
« On lui représenta vainehnent que l'usage de- 
« mandait que Ton appel&t le jug9 de l'Église , 
« qu'il fallait faire la cérémonie de la dégrada- 
« tion; rien ne pot arrêter ni suspendre l'exé- 
« cutlon d'une sentence contraire à toutes les 
« règles (1). » Le chroniqueur ajoute que De- 
vos (homme de grand renom au noble art de 
musique) fut pendu et étranglé sur le marché 
dudit Camhray, Le chroniqueur place cette 
catastrophe vers la fin de janvier 1580 , époque oii 
l'on attendait, en effet, le secours du duc d'A- 
lençon , qui ne vint à la tête de ses troupes que 
dans Tannée suivante. Lacroix du }A^m^{BibUoth. 
française) eite des motets et des chansons de De- 
yos qui auraient été publiés, mais sans indication 
précise de titre, de lieu et de date. Dans le nombre 
immense de recueils dn seizième siècle que j'ai 
vus , Je n'ai rien trouvé de ce musicien. 

DEVRÉ (Marc), ou DE VRÉ, musicien 
du seizième siècle, né à Dunkerque , fut nommé 
maître de chapelle à Audenarde en 1590 , et en 
remplit les fonctions jusqu'à sa mort, en 1590. 
Dans le trajet de Dunkerque à Audenarde il fut 
fait prisonnier, avec sa femme et ses enfants, par 
des soldats espagnols de l'armée du duc de 
Parme. Les écbevins d'Audenarde furent obligés 
d'intervenir pour lui faire obtenir sa liberté. 
Devré a laissé en manuscrit une messe à quatre 
voix et plusieurs motets. 

DEVRIENT (ÉDODARD-PaaippE), un des 
meilleurs chanteurs de l'Opéra allemand , est né 
à Berlin le 11 août 1801. Neveu du célèbre co- 
médien Louis Devrient, il a hérité de ses talents 
comme acteur. Après avoir eu dans son enfanca 

(t) M. B. de Coutsemiiker, qal rapporte et récit dans 
sa Notiez sur les roUeetion$mvHcaIes de ta bibiiotkégtui 
de Cambrai ( p. it), a donné auasl , daoa les pièces Joa- 
Uflcallvea (p. 181), l'extrait de b Chronique originale. 



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DEVRIENT — DEZÈDE 



13 



une jolie Toii de soprano, il acquit dans sa dix- 
septième année un baryton grave dont le caractère 
avait de Tanalogie avec la véritable basse, mais 
dont la qualité était médiocre. Vers cet Age il entra 
dans Técole de Zelter et y apprit Tart du chant. 
Pour la première fois il cbanla en public dans 
une exécution de la Passion de Graun, qui eut 
lieu à Berlin en 1819 ; peu de temps après il dé- 
buta au thé&tredans i'Alceste de Gluck, et le 25 
avril de la même année il fit son second début 
dans Masetto, de Don Juan. Bien accueilli par 
le public , surtout à cause de son talent drama- 
tique, il joua avec succès les principaux rdles 
de basse des opéras allemands ou traduits de Fi- 
lallen et du français. En 1822 il Toyagea et se 
fit entendre à Dresde, à Leipsick, à Caasel et à 
Francfort. Peu de temps après il fut engagé à 
Vienne, et depuis lors il n'a plan quitté cette ville. 
On dit qu'il a joué aussi bien VOresie de Gluck 
que le Barbier de Rossini; mais il ne faut pas 
aToir trop de confiance aux éloges de ce genre 
accordés en Allemagne, car on n'y a qu'une 
connaissance fort imparfaite de Tart du cbant. En 
1844 Devrient fut nommé régisseur du lliéAtre 
royal de Dresde, et depuis t852 il est directeur 
du tliéâtre foyal de Carlsruhe (1860). 

DEVRIENT (WiLHELMiNE ^SGHROE- 
DER). Voye:^ Scrroedbr. 

DEWAR ( Daniel), professeur de morale et 
de philosophie au collège du Roi à l'université 
d'Aberdeen , au commencement du dix-neuvième 
siècle, a publié un livre qui a pour titre : Obser- 
votions on the Character, Custom , Supersti- 
tions, Music, Poetry and Language of the 
Irish , etc. ( Observations sur le caractère, les 
mœors, les supertitions, la musique, la poésie et 
le langage des Irlandais); Londres, 1812, in-g"*. 

D£YCKS (FERDiifàiiD), docteur en philo- 
sophie et professeur de langues anciennes et 
d'histoire 'au collège royal de Coblence, est né 
en 1^02 à Burg, au duché de Berg. 11 a fait ses 
études au gymnase de Dusseldorf et aux univer- 
sités de Bonn et de Berlin. Après les avoir ter- 
minées , il a passé plusieurs années à Dusseldorf, 
ne s'occupent que des sciences et des arts; la 
musique surtout était l'objet de ses études, et il 
eut pour maîtres dans cet art Burgmiiller, Ries, 
Salomon et Stegmann. Pour se distraire/ de ses 
recherches d'érudition et de ses tfavaux sur la 
littératare ancienne , il a écrit plusieurs articles 
de critique musicale qui ont paru dans le recueil 
CsedUa. On y remarque particulièrement : 1*^ Sur 
l'oratorio de SpohrDJe lelzten Dinge (t. &). — 
2» Platon , sur la Musique (t 8). — 3*» Sur le 
Jephté de B. Klein ( t 8 ). — 4^' Sur les derniers 
œuvres de piano de Ries (i»U). — 6"^ Sur Té- 



dilion de la partition du Requiem de Mozart 
publiée par André (t. 14). — 6® Gœthe, Sur 
la mwique (t. 11). ^7^ Et en dernier lien : 
Sur le chant de l'Église catholique (1835). 

DEYSINGER(JcAic-FRAiiçois-PiBRaB),mn. 
sicien qui parait avoir vécu en Bavière, vers le mi- 
lieu du dix-haitième siècle, n'est connu que par 
un ouvrage qui a pour titre : Compendiùmmu- 
sieum, Oder Fundameniapartiturse, dassist : 
griindUcher Unterricht die Orgel und dos 
Clavier wôhl schlagen (Abrégé de musique 
on Méthode fondamentale ponr apprendre à 
bien jouer de l'orgue et du piano); Angsbourg, 
1763, in.4^ divisé en deux parties. 

DEZÈDE on DEZAIDES (N.), compo- 
siteur dramatique, parait être né vers t740. On 
ignore quelle fut sa patrie. Parmi les biographes , 
les uns ont cru qu'il était allemand; d'autres, 
qu'il était né à Lyon. Lui-même ne connut ja- 
mais sa famille. Son éducation fut celle d'un 
homme bien né. Après quelques études on le 
retira du collège, et il fut mis sous la direction 
d'un abbé, qui, entre autres eonnaissauces , Ini 
donna celle de la musique et lui apprit à jouer 
de la harpe. Venu de bonne heure à Paris, il y 
perfectionna son instruction et apprit la compo- 
sition. H jouissait alors d'une pension de vingt- 
cinq mille francs , qui fut doublée à sa msjorité. 
Désirant connaître les auteurs de ses jours , il 
s'adressa à son notaire ; mais celui-ci le prévint 
que ses démarches seraient inutiles , et qu'en les 
continuant il s'exposerait à perdre son revenu. 
Il ne tint compte de cet avis , continua ses re- 
cherches, ne découvrit rien, et fut privé de sa 
pension. Ce fut alors qu'il songea à tirer parti de 
ses talents pour assurer son existence. Il débuta 
aux Italiens, en 1772, par le petit opéra de 
Julie, et donna ensuite V Erreur d'un mo* 
meni; le Stratagème découvert {il7 3); les 
Trois Fermiers (1777); ZuUme; le Por- 
teur de chaises (1778); A Trompeur trom- 
peur et demi; Cécile ( 1781 ) ; Biaise et Babet 
(1783); Alexis et Justine (1786); la Cin- 
quantaine; les Deux Pages, et Ferdinand, 
ou la suite des Deux Pages. Ses productions à 
l'Opéra sont Fatmé, ou le Langage des Fleurs 
(1777); Péronne sauvée (1788); et Alcindor 
(1787). 

Le caractère du talent de Dezède est le genre 
pastoral ; son style n'est imité d'aucun autre , 
et personne n*a songea imiter lésion. Son opéra 
de Biaise et Babet a eu pendant deux ans un 
succès de Togue tel qu'on en voit fort peu au 
tiié&tre. On trouve aujourd'hui que les formes 
de la musique de Dezède ont vieilli, mais ses 
mélodies sont gracieuses et naïves. Son harmo 



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14 



DEZÈDE — DIABELLI 



nfe est d*aillenrs àftsez pare et son orchestre 
soigné, pour t*époqne et le pays où il écrîTalt, 
ce qui pourrait faire croire qo*il a eu des leçons 
de Pbiiidor, le seul maltrequi sût alors en France 
écrire avec correction. * 

Deiède avait la taille, la tournure et Faccon-. 
trement du peintre Greuie. Il était presque ton- 
fours Têtu d'un habil richement brodé et chaussé 
avec des bottes. Son caractère était aussi original 
que sa mise : il aiïectait de prendre des manières 
brusques et un ton grondeur que démentait sa 
bonté nalarelle. En 1785, le duc Maximflien de 
Deux-Ponts , qui fut ensuite électeur et depuis 
lors roi de Ba?ière, et qui aimait beaucoup la 
musique de Dezède, fil venir à sa cour ce com- 
positeur, lui donna un brevet de capitaine avec 
cent louis d'appointements , à la seule condition 
qu'il irait tous les ans passer un mois à Deux- 
Ponts. Cette faveur ne le rendit pas plus riche , 
car il était dissipateur et tranchait du grand sei- 
gneur. On dit que ses prodigalités ruinèrent sa 
maîtresse V M"^ Belcoor, de la Gomédie-Prau- 
çaise , qui , beaucoup plus Agée, s'était éprise de 
lui lorsqu'il n'était déjà plus jeune. Il est mort à 
Paris en 1792. 

DEZÈDE (Florihb), fille do précédent, a 
donoé à rOpéra-Ck>miqae , en 1781, Nariètte 
et Lucas, ou la Paysanne curieuse. La mu* 
Bique de cet ouvrage est une copie du style de 
Deiède. 

D'HAUDIMONT (L'abbé Étibiuie-Pierre 
MUNIER), né en Bourgogne en 1730, fut 
élevé à Dijon , et quitta cette ville vers 1754 , 
pour aller occuper la place de maître de chapelle 
de Châlun-sur-Saône. Après en avoir rempli les 
fonctions pendant six ans , il vint à Paris et se 
livra à l'élude de la composition sous la direc- 
tion de Rameau . son compatriote et son ami. 
En 1764 il succéda à Bordier dans la place de 
maître de chapelle des Saints- Innocents. Ce fut 
alors qu*il composa plusieurs motets que l'on 
entendit au Concert spirituel , chez le roî , et 
dans les fêtes publiques. Les plus connus sont 
le Mémento Domine David, le Deus noster, 
\eBeatusvir, le Quare fremuerunt, VExurgat 
Deus , etc. Il a écrit aussi une messe de Be- 
quiem et un Deprofundts, en 1772. Enfin il 
est auteur d^in grand nombre d'ariettes , qui ont 
élé publiées sous le voile de l'anonyme. L'abbé 
d'Haudimont a formé beaucoup d'élèves, parmi 
lesquels on remarque Perne et Cht^nié. 

D'IIERBAIN (Le CHEVALIER). FoyezHER- 
BAllV. 

DIABELLI (Antoine), professeur et édi- 
teur de musique à Vienne , est né le 6 septembre 
1781 h Mattsée, dans le pays de Salzbourg, où 



son père était musicien et sacristain. Celui-ci en- 
seigna à son fils les éléments du chant, du piano 
et du violon. A l'âge de sept ans Antoine fut 
reçu comme enfant de chœur au couvent de Mi- 
chaelbayem , et deux ans après il entra dans la 
chapelle de Salzbourg. En 1796 il alla continuer 
ses études au collège de Munich , et perfectionner 
son savoir dans la théorie et dans la pratique de 
la musique. Lorsqu'il eut atteint sa dix-neuvième 
année, il étudia la théologie an monastère de Dai- 
tenbosslach et commença à essayer ses facultés 
endiiïéfents genres de composition. Il soumettait 
ses ouvrages à la censure de Michel Haydn, qui 
lui avait enseigné Tart d'écrire, et qui lui té- 
moigna toujours un intérêt paternel. Il se des- 
tinait à l'état monastique; mais la sécularisation 
des couvents en Bavière changea ses projets et 
le détermina à se rendre à Vienne. Là il se 
livra à l'exercice de son Ulent et se fit profes- 
seur de musique. En 1818 il s'associa avecTé- 
diteur de musique Cappi , et en 1824 il prit pour 
son compte la maison de commerce dont il n'é- 
tait auparavant que l'associé. Comme composi- 
teur, Diabelli s^est fait remarquer par sa fécon- 
dité , si ce n'est par le mérite de ses ouvrages. 
Il a écrit dans tous les genres et presque pour 
tous les înetruments, pour le chant, pour la 
chambre, le concert, l'église et le thé&tre. On a 
de lui plusieurs recueils de danses et de valses 
pour l'orchestre ou en quatuors, en trios, etc.; 
des duos pour violon et pour flûte, de la mu- 
sique de guitare en tout genre, des sonates 
pour piano avec et sans accompagnement; 
des rondeaux, menuets, valses, cadences, 
études , pots-pourris , etc., pour le même instru- 
ment; dix messes, douze graduels, douze of- 
fertoires, sept Tanium ergo pour plusieurs 
voix , orchestre et orgue ; des cantates , duos , 
chansons allemandes et romances avec .accompa- 
gnement de piano; des opérettes ou vaudevilles, 
etc., etc. Enfin le nombre de ses productions 
de différents genres s'élève à cent quatre-vingts 
œuvres parmi lesquels on remarque plusieurs 
recueils de messes brèves avec orgue ou orches- 
tre, des messes solennelles, des graduels, 
offerioires, Tantum ergo] et d'autres pièces 
de musique religieuse. Comme éditeur Diabelli 
montra beaucoup d'activité; mai» il était avare 
et dur envers les jeunes artistes dont il pu- 
bliait les ouvrages et qui contribuaient à sa 
foriune. C'est ainsi qu'il acquit à vil prix la plu- 
part des compositions de François Schubert, lui 
reprochant même de trop écrire et de lui ap- 
porter trop souvent des manuscrits, afin de di- 
minuer la somme qu'il lui payait. Diabelli est mort 
à Vienne, le 8 avril 1858. 



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DIAMÀHTI — DÏBDIN 



1& 



DIAMANTI (Paolo), bouffe chantant et 
compositeur, né dans la Romagne vers 1805, a 
été attaché an théâtre communal de Bologne en 
j S38, et y a fait représenter deux opéras en un acte 
dans la même année. Le premier avait poar tftre : 
la Distrusione de^ Masnadieri, et l'autre , la 
Turca fedele. Deux ans après oh le retrouve 
h rite Maurice, comme basse comique; mais 
depuis lor< on n'en a plus entendu parler. 

DÏBDIN (Charles), comédien, composi- 
teur, poète et prosateur , était fils d'un orfèvre 
«le Southampton. L'époque de sa naissance n'est 
pas exactement connue; mais, dans un de ses 
oovrages , il dit qu'il était enfant de cbcRur en 
1747; il ne naquit donc pas en 1748, comme on 
le voit dans le supplément de la Biographie uni- 
verselle de Mictiaud. Quelque temps après il 
fut attaché au chœur de la cathédrale de Win- 
chester, et y reçut des leçons de musique et de 
chant choral de Fussel, organiste de cette église ; 
mais e^est , disait-il, à Pétude des ouvrages de 
Corelli et des écrits didactiques de Rameau qu'il 
devait ses connaissances en composition; Au 
commencement de sa carrière musicale il se 
présenta comme candidat pour la place d'orga- 
niste de WaVibaro , dans le Hamsphire ; mais il 
fut écarté à cause de son extrême jeunesse. 
Bientôt après W se rendit à Londres ; il y était 
depuis peu, et avait à peine seize ans, lorsqu'il 
fut engagé comme chanteur au tliéâtre de Cuvent- 
Garden. Les rôles qui lui furent confiés étaient. 
|)eu imiM)rtants et ne le firent point remarquer, 
jusqu'à ce que la manière dont il joua celui de 
Ralph dans The Maid of ihe MOI ( la Fille du 
moulin ) fixa sur lui l'attention du public. Dans 
la saison de 1762 à 1763 il fit représenter à 
CoTent-Gafden la pastorale intitulée The She- 
pherd's Arii/ice (la Ruse du Berger), dont il 
avait composé la musique, et qui fut accueillie 
favorablement. Environ cinq ans après il corn* 
posa l'ouverture y le premier chœur, les finalidu 
premier et du second acte, et trois airs de la farce 
intitulée love in a City ( l'Amour dans une 
Tille), qui fut suivie de Daman and Phillida 
(Damon et Phillis), opéra-comique, The Bphe- 
sian Matron (la Matrone d'Éphèse), et de 
Lionel and Clariasa ( Lionel et Clarisse ), tous 
faits en collaboration avec d'autres musiciens. 

Engagé comme compositeur au théâtre de 
Drury-Lane, sous la direction de Garrick, Dibdin 
donna une preuve de son talent musical dans 
Tintermède de Padlock, qui fut représenté pour 
la première fois en 1768, et où il joua le rôle de 
Miingo avec un grand succès. Il composa en- 
suite la musique de différentes pièces pour le 
tbéàtre; mais les titres en sont presque 



entièrement oubliés. Celle du Jubilé est la plus 
connue, car elle fut représentée quatre-vingt» 
treize fois dans une saison, et elle a été reprise 
souvent. Les ouvrages que Dibdin fit ensuite 
furent écrits et composés par lui seul. Les 
plus célèbres furent The Waterman ( le Ba- 
telier), The Quaker (le Quaker), The Deser- 
tur (le Déserteur), traduit du français, et Liber- 
iy-Hall (le Palais de la liberté). Plusieurs airs 
de ses opéras, principalement de Liàerty-Hall, 
ont été populaires. Le terme de l'engagement de 
Dibdin à Drury-Lane étant expiré, et quelques 
différends s'étant élevés entre lui et Garrick, il 
résolut de se rendre indépendant des directeurs 
de spectacles, et se hasarda à établir à Exeter- 
Excbange une nouvelle espèce d'amusement, qui 
consistait en marionnettes musicales ; il annonça 
ce spectacle sons le nom de The Comic Mir- 
ror ( le Miroir comique). Ces marionnettes re- 
présentaient des caractères connus, et quelque- 
fois faisaientallusionà des personnages politiques. 
11 écrivit aussi pour le théâtre de Sadier's- Wells 
une grande quantité de bagatelles, et, & l'ouver- 
ture du théâtre appelé le Cirque royal, il eut 
un engagement comme directeur et comme com- 
positeur. Cela ne dura toutefois qu'une saison ; 
quelques difficultés étant survenues, la société fut 
dissoute, et Dibdin ne retira qn'tme perte assez 
considérable de ses efforts. 

Dans Tannée 1788 II publia un livre intitulé 
A musical Tour through Engîand (Voyage mu- 
sical en Angleterre) ; Sheffield, 1788, un vol. in-4° 
de 443 pages, avec quelques morceaux de mu- 
sique. Cet ouvrage contient quelques faits curieux 
dans une suite de lettres. Les lettres 69 à 74 renfer- 
ment la liste des principaux ouvrages que Dibdin 
a écrits pour le théâtre. Le voyage musical de cet 
artiste avait été entrepris pour lui fournir les 
moyens de se rendre dans Tlnde; il s'embarqua 
en effet, mais, un temps peu favorable ayant obligé 
le vaisseau de jeter l'ancre à Torbay, Dibdin 
changea de résolution et retourna à Londres. Il 
com(M>sa alors pour une réunion, dans King-Street, 
l'intermède The Whim of the moment ( le 
Caprice du moment) , qu*il exécuta seul. Pour 
donner une idée du succès de cet intermède, il 
suffit de dire que, dans l'espace de quelques se- 
maines, il a été vendu dix-sept mille exemplaires 
d'un de ses airs, PoorJack (Pauvres Jacques), 
qu'on a aussi chanté en France à cette époque. 
En 1700 Dibdin prit à bail le local appartenant 
à la Société polygraphique, et y éleva un théâtre 
où il fit représenter piui^ieurs pièces de sa com- 
position. Quelques années après il ouvrit un 
nouveau théâtre à Levcester-Place, qu'il nomma 
Sans-Souci, et où il donna dix opéras-comiques. 



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16 



DIBDIN — DICKONS 



Directeur, compositeur de mosiqoe, auteur des 
caneYas des pièces et seul acteur de ce petit 
théAtre, il y fit f^irtune par sa gaieté, par ses 
hymnes à l'honneur de la Grande-Bretagne, et 
surtout par ses sorties furibondes contre la France 
et la Révolution ; mais le changement de système 
politique de TAngleterre, après la mort de Pitt, 
ruina l'entreprise de Dibdin, qui, forcé d*y re- 
noncer, se fit marchand de musique dans le 
Strand. Cette spéculation n'ayant pas été heu- 
reuse, Dibdin serait tombé dans la misère si 
quelques personnes de la haute société ne s'é- 
taient intéressées h son sort, et ne lui aTaient 
fait une rente viagère dont il jouit jusqu'en 1815, 
époque de sa mort. Après avoir travaillé quarante- 
deux ans pour les divers tliéâtres de t^ondres, il 
s'est retiré en 1804, et a publié dans cette année 
un poème didactique sur la musique, intilulé : 
The harmonie preceptor, a didactic poêm, M 
three pcarts; Londres, 1804, in-4^ de 150 pages, 
avec quatorze planches. On a aussi de lui un 
traité élémentaire de musique intitulé : Mvsie 
epitomised in which the whole Science of 
Music is clearly explained from the simplest 
rudiments io the principles of thoroug bast 
and harmony (Abrégé de musique dans lequel 
toute la science musicale est expliquée avec clarté, 
depuis les premiers principes jusqu'à la basse 
continue et l'harmonie); Londres, sans date, 
1 vol. in-12. Cet ouvrage eut beaucoup de succès. 
La neuvième édition a été publiée par J. Jousse 
avec des additions et des changements ; Londres, 
Goulding et Dalmaine (s.d.), in-12. Le nombre 
de pièces mises en musique par Dibdin s'élève 
à plus de cent vingt, et l'on y compte plus do neuf 
cents airs et beaucoup de morceaux d'ensemble. 
J'en possède une grande collection formant 6 vo- 
lumes in-folio, et je n'ai pas tout. Dibdin a été 
lui-même l'éditeur de tous ces morceaux. Il a 
écrit aussi plusieurs œuvres de sonates pour le 
piano, et d'autre musique instrumentale. Comme 
prosateur il a publié plusieurs ouvrages, parmi 
lesquels on remarque bne histoire de la scène 
anglaise (Londres, 1795), & volumes in-8°, et 
les Mémoires de sa vie ( Londres, 1802), 4 vo- 
lumes in- 8°. 

DIBDIN ( Miss ), née à Londres en 1787, a eu 
la réputation d'une harpiste habile. Elle com- 
mença à étudier la harpe en 1808, sous la di- 
rection de Challoner , et se fit entendre en pu- 
blic pour la première fois, en 1815, dans un 
concert de Covent-Garden. Depuis lors elle a 
reçu des leçons de Bochsa. Elle a été professeur 
adjoint àrAcadémie royale de musique à Londres. 

DIGÉARQUË, philosophe péripatéticien, 
naquit en Sicile, trois cent quarante-sept ans 



avant l'ère chrétienne. Il avait écrit un traité de 
musique qui s'est perdu. 

DIGÉLIUS (JBAN-SéBASTiBN), conior à 
Tondern, dans le duché de Scbleswig, en Dane- 
mark, naquit à Schmalkalden, dans la Hesse, 
vers 1648. Il étudiait la médecine è l'université 
d'iéna en 1669, et vivait encore en 1693. On a 
de lui une cantate intitulée : Nacht-Musik ouf 
SchenckU Gébwrtstag, a canto solo eon ritor- 
nelloa 2 vioUni e continuai Jéna, 1669, une 
feuille in-fol. 

DICKHUT (CaaéTiEM ), virtuose sur le cor, 
le violoncelle et la guitare^ était attaché ^ la cour 
de Mannheim en 1812. Il s'est fait connaître par 
quelques compositions pour ces instruments. 
iParmi ces ouvrages on remarque : 1^ Six pièces 
pour deux cors à clefs ou bugles, cornet de 
poste, cinq trompettes, quatre cors, trois trom- 
bones et deux trompettes basses ; Mayence , 
Schott. — 2® Trots duos pour deux violoncelles, 
op. 2 ; ibid. — 3® Dix-buil trios pour trois cors ; 
iÛd. -* 4° Marches et Cuifires pour sept trom- 
pettes, quatre cors, deux cors de signal, el trois 
trombones; ibid. — 5^ Trois sérénades et un trio 
pour guitare, flûte et cor, œuvres 1, 3, 4 et 6. — 
6° Concertante pour deux coK,exécutéeà lacour de 
Manheim en 1815 ; Mayence et Manlieim. Dickhut 
a contribué au perfectionnement du cor, en I8i f , 
par l'invention de la coulisse d'accord, qui, lorsque 
l'instrument élève ses intonations, par l'effet de 
It chaleur, allonge le tube et sert de compensa- 
teur. 

DICRINSON (EbBORo), médecin an^ais^né 
en 1674 à Appleton, dans le comté de Berks, fit 
ses études à Oxford et mourut en 1707, &gé de 
quatre-vingt-trois ans. Au nombre de ses ou- 
vrages, remplis d'une érudition profonde, on en 
trouve un, publié après sa mort, sous le titre de 
Periodica exegesis, sive celeberrimorum GrX' 
cix ludorum declaratio; Londres, 1739, in-8^. 
Il y traite de la musique dans.les jeux publics de 
l'ancienne Grèce. 

DIGKO^S (Madame), précédemment Miss 
PooLE, cantatrice, née à Londres vers 1780, 
cultita la musique avec succès dès ses premières 
années. A Tâge de six ans elle jouait sur le piano 
les concertos et les fugues de Hsendel avec beau- 
coup de précision. Quelques années plus tard, 
son père la confia aux soins de Raunini ( voy. ce 
nom), alors fixé à Bath, pour la dhi)ction de ses 
études de chant. A treixe ans elle chantait déjà 
dans les concerts du Yauxhall, et bientôt après 
elle eut un engagement pour le concert de la mu- 
sique ancienne, à Hannover Square. Engagée au 
théâtre de Covent-Garden, elle y débuta avec 
succès dans des traductions d'opéras français, 



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DICKONS — DIDYME 



17 



entre antres dans la Nina de Dalayrac. Sa répu- 
tation, qui commençait à s'étendre, la fit appeler 
en 1800 an tliéàtre du Roi, sous Fadministration 
de Taylor. L'absence de M""' Billington lui Tut fa- 
vorable, «t les applaudissements du public Tao- 
cueillirent dans plusieurs rôles, particulièrement 
•dans celai de la Comtesse du Mariage de li' 
garo ; mais, au retour de la célèbre cantatrice an- 
glaise dans sa patrie, Miss Poole vit son étoile 
p&lir. Son engagement terminé^ elle ne crut pas 
devoir soutenir une lutte inégale, et elle se retira 
da tbéAtre du Roi poor voyager en Ecosse, en 
Irlande et dans quelques-uns des comtés d'An- 
gleterre. Cette tournée fut aussi fructueuse pour 
sa renommée que pour sa fortune. De retour à 
Londres, elle s*y maria et enlra au théâtre de 
Drury-Lane, sous le nom de M"« Dickens. Elle 
y resta jusqu'en 1816. Mm» Catalani, qui venait 
de se charger de la direction du TbéAtre-Italien 
de Paris, l'y appela pour y remplir à cdté d'elle 
les seconds rôles; mais M»» Dickens n'y a pas 
eo la faveur du public parisien ; elle se rendit en 
Italie à la fin de la saison, et y fut plus heureuse, 
particulièrement à Venise, où elle eut de beaux 
succès. Après cinq années de séjour dans ce pays, 
elle prit, en 1823, la résolution de quitter la 
scène, quoique sa voix fût encore belle et facile. 
Une maladie cruelle (le cancer du sein) com- 
mençait à lui rendre le repos absolument nt^ces- 
saire. Elle se retira dans sa patrie, où ses vertus 
et l'agrément de sa conversation lui firent de nom- 
breux amis. Une attaque de paralysie vint tout 
à coup aggraver ses maux, qu'elle supportait avec 
une pieuse résignation , et la conduisit au tom- 
1)eau, le 4 mai 1833. 

DIDAY (E.), médecin de la Faculté de Pa- 
ris, a donné, avec son confrère Pétrequin, 
une bonne théorie physiologique de U voix som- 
brée, dans la Gazette médicale (Paris, 1840, 
t. Ylll, p. 301 et suiv.). Les auteurs de cette 
dissertation établissent que, dans l'emploi de cette 
voix, le larynx ne change pas de place, quelle 
que soit l'intonation ; que le cartilage thyroïde 
demeure immobile, dans une situation moyenne 
entre Télévation et l'abaissement extrêmes; enfin, 
qne le chanteor, au lieu de renverser la tête 
pour allonger le cou, conserve son attitude ordi- 
naire. Les mêmes auteurs ont donné un article 
rennarquable, dan; la Gazette médicale (ann. 
1844, t. Xn, p. 222 et suiv. ), sur le mécanisme 
de la voix de fausset (voir sur cet article une 
note de Jourdan, dans le Manuel de Physiologie 
de Mûller, t. II, p. 192 ). 

DIDEROT (Denis), fils d'un coutelier de 
Langres, naquit dans cette ville en 17 12. Pas- 
sionné pour les lettre», les sciences et les arts, 
BiocR. uiov. DES nucnDO. ^ T. lU. 



il vint à Paris fort jeune , afin de suivre son pen- 
clianl, se lia avec les hommes de lettres les plus 
célèbres, et, après avoir publié plusieurs ouvra- 
ges, conçut le projet de V Encyclopédie^ et 
l'exécuta avec d'Alembert. On trouve des détails 
sur la vie et les ouvrages de ce philosophe dans 
tous les Dictionnaires historiques; il n'est consi- 
déré ici que dans ce qu'il a fait relativement à la 
musique. 

En 1748 il fit paraître à La Haye un recueil 
intitulé : Mémoires sur différents sujets de 
mathématiques, in•8^ On y trouve : 1^ Des 
Principes d*acoustique,oii la matière est traitée 
avec beaucoup de simplicité. — 2** Projet d'un 
nouvel orgue; il y propose une nouvelle cons- 
truction de l'orgue à cylindre, où l'on pourrait 
varier les airs à volonté et à l'infini , sans chan- 
ger de cylindre : c'était une idée inexécutable. 
— 3* Observations sur le chronomètre. Ces 
Mémoires se trouvent dans les diverses éditions 
des œuvres complètes de Diderot qui ont été 
publiées. Lichtenthal a cru que les Principes 
d'acoustique sont un ouvrage difTérent des Mé' 
moires de mathématiques : c'est une erreur. 
Tous les articles relatifs à la construction des 
instruments qui se trouvent dans TEncyctopédie 
sont de Diderot. C'est lui aussi qui a rédigé les 
Leçons de clavecin de Bemetzrieder; Teriginalité 
de son style a procuré une sorte de célébrité à 
ce livre, qui, d'ailleurs, n'en méritait aucune. 
Diderot est mort à Paris, le 30 juillet 1784. 

DIDIER LUPI SECOND. Voyez Lupi 
(Didier). 

DIDYME 9 musicien grec et écrivain sur la 
musique , né à Alexandrie, était fils d'Héraclide, 
et, selon Suidas, vivait au temps de Néron. 
Porphyre dit, dans son commentaire sur Pto- 
lémée , que Didyme a écrit un livre en faveur 
ôe^ proportions musicales de Py thagore contre le 
système égal d'Aristoxène , ce qui lui avait fait 
donner le nom de Pythagoricien. Cet ouvrage 
parait être perdu, mais Porphyre nous a donné 
un abrégé de la doctrine qu'il renfermait ( Com- 
ment, in Harmon. Piolem., p, 210, ecf. 
Wallis^) Ptolémée a cité aussi Didyme en 
beaucoup d'endroits de son traité des harmoni- 
ques, mais il le critique avec amertume et 
souvent avec peu de justesse. En d'autres pas- 
sages il adopte ses idées et s'en empare sans le 
citer ; c'est du moins ce qui lui a été reproché 
par Porphyre ( voy. Comment, in Harmon. 
Ptolem,, p. 190, éd. Wallis.) Le genre dia- 
tonique, ou plutôt unitonique, conforme à la 
tonalité du plain-chant, passe pour avoir été 
formulé d'une manière régulière par Didyme , 
sous le nom de diatonique synton , suivant la 

2 



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^8 



DIDTME - DIETERICH 



doctrine de Pytliagore. Ce synton diatonique 
de Didyme est préférable à celui de Ptolémée, 
en ce quil offre Toctave di?isée en deux tétra- 
cordes parfaitement réguliers, ce qui n*a lieu 
dans le synton de Ptolémée qu'en altérant la 
tonalité. C'est ce qu'on peut Toir 'dans les deux 
tableaux suivants, ob Ton trouve pour chaque 
interralle les nombres des proportions de Py tha- 
gore. Le synton de Didyme est conforme au 
quatrième ton du Diain-cliant ; celui de Ptolémée 
donne naissance au plagal du premier. 

SjfrUan diatonique de Didyme. 
mi fa sol la. 

si ut ré mi. 

16 9 10 

15 8 9 

Synton de Ptolémée, 



la tXb 




ut 


ré. 


mi fa 




sol 


la. 


16 


9 




10 


IS 


8 




9 



On trouve des détails étendus sur la question 
de ces deux syntons dans le traité de musique 
de Salinas {De Musica, lib. IV, cap. 25, 26), 
et dans un discours de Don! (adressé au P. 
Kircher ), Del Sintono di Didimo e di Tolomeo 
(t. l délie Opère, p. 349-355). 

DIEPPO (Aktoine-Goillauiib), virtuose 
tromboniste, est né le 28 novembre 1808 à 
Amersfoort, dans la province d*Utrecht^ en 
Hollande. Dès sa jeunesse il entra dans la musi- 
que d*un régiment hollandais qu'il quitta plus 
tard pour se rendre à Paris; où il fit admirer son 
talent dans quelques concerts. En 1831 il fut 
attaché à l'orchestre de TOpéra^ et en 1836 une* 
classe de trombone fut instituée pour lui au 
Conservatoire de Paris ; il en est encore aujour- 
d'hui le professeur ( 1860 ). M. Dieppo a publié, 
pour l'usage de ses élèves : Méthode complète 
de Trombone ctdoptée par le Conservatoire, 
avec tablature et positions; Paris, Brandus, 
in-4«. 

PIES (Albert C), bon peintre paysagiste 
de Vienne né à Hanovre en 1755, mort à 
Vienne le 28 décembre 1822, a publié une no- 
tice biographique sur Haydn. Cette monographie 
a pour titre : Baydn's Biographie, nach mund- 
lichen Erzsehlungen, Vienne , Camesina ( Heub- 
ner), 1810, in-8^ de 220 pages. 

DIETERICH (Sixte) ou DIETRICH, 
compositeur du seizième siècle, né à Aiigsbourg, 
vécut habituellement à Constance. Son nom la- 
tinisé, dans quelques anciens recueils de motets, 
est Theodoricus, Les circonstances de la vie de 



cet artiste sont ignorées jusqu'à ce jour; mai» 
quelques-unes de ses compositions mises en 
partition m'ont démontré que son mérite est 
égal à celui des meilleurs musiciens de son temps. 
Deux ouvrages importants de sa composition 
ont été imprimés; malheureusement ils sont au- 
jourd'hui d'une rareté excessive. Le premier a 
pour titre : Magnificat odo tonorum, auctore 
Xisto Theodorico, Liber primus ; Àrgentorati, 
per Petrum Schœffer et Mathiam Apiarum , 
1535. Sexta die Mariii. On en trouve un exem- 
plaire à la bibliotiièque royale de Munich , au- 
quel manque la partie de basse. Le sarant M . An- 
toine Schmid croit à l'existence d'une deuxiè- 
me édition qui aurait été donnée par les mêmes 
imprimeurs (1), dans la même ville, parce qu'il 
se trouve aussi une partie de ténor séparée du 
même ouvrage, qui, à la fin de l'épHre dédica- 
toire, porte la date de 1537, bien que celle de 
1535 se lise après les noms des typographes. Poar 
moi. J'avoue qu'une deuxième édition si rap- 
prochée de la première ne me parait pas vrai- 
semblable , et je crois que la date de l'épttre 
dédicatoire est le résultat d'une faute typogra- 
phique. Je possède les parties du dessus et de la 
basse de ces Magnificat, dans, lesquelles on ne 
trouve ni le titre, ni le nom de l'auteur, et qui 
sont également dépourvues de nom d'imprimeur, 
de lieu et de date. Le dessus a seulement an 
milieu de la première page un grand D ( Dis- 
cantus), et la basse un grand B iBassus)^ au- 
dessous duquel on lit ; Magnificat, Liber pri- 
mus. Le titre, le nom de l'auteur, celui de l'im- 
primeur, le lieu et la date ne se trouvent qu'à 
la partie de ténor, ainsi qu'on le voit dans 
l'exemplaire de Munich. L'autre ouvrage, non 
moins rare, de Sixte Dieterich, s'est trouvé 
complet chez M. Butsch , libraire à Augsbourg, 
au mois de mars 1846, sous ce titre : Novum 
ae insigne opus musicum 36 Àntiphona- 
rum quatuor vocum; Vitebergae, apud G. Rau 
(sic), 1541, 4 vol. in-4* obi. (V. Cataiog 
einer Sammlung seltener Notendrucke des 
XVI und XVII Jahrhunderts, etc. 2iu haben 
in der BiretVschen Antiquariats-Buchhand- 
lung F. Butsch , in Augshurg , 1846, p. 6 ). On 
trouve des psaumes de Dieterich , à 4 et 6 voix, 
dans la collection intitulée : Tomus pHmus 
Psalmorum selectorum a prxstantissimis 
musicis in Barmonias quatuor aut quinque 
vocumredactorum ,- Norimbergx, apudJohan. 
Pe/r6ivt», 1538, in-4''obl. Des pièces du même 
artiste se trouvent dans les Selectissimm nec- 
non famiUarissimx cantiones ultra centum, 

(t) OUaoiano drt Petrveei Oe Foitomtrone, etc., 
p. t78. 



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DIËTERICH — D1£TR1€UST£1I9 



19^ 



publiées par Melchior Kriesstein , à Augsbonrg, 
en 1540, petit în-B'* obi. On en trouve aus&i dans 
les collections suivantes : CatUionei septem, sez 
et quinque vocum ; ibid., 1645, petit in •4'' obi.; 
Concentus octo , sex, qmnque et quatuor vo- 
cum, etc.; Augustx Vindeliœrum/PkiUppus 
Uhlhardus excudebat, 1545, petit in-é^'obl.; 
dans le recueil de 251 chansons allemandes pu- 
blié en 2 parties, en 1539 et 1540, à Nuremberg, 
par J. Petrejus; dans les Newe geistUche Ge- 
sange CXXIH mit 4 und 5 Stlmmen, etc.; 
Wittenperg, G, Rhaw , 1541; et enfin dans la 
Bicinia GnlUca^Latina et Germantca^ etquœ- 
dam fugx, t'omi duo; ibid. 1545, petit in-4<'. 
Glar<^an nous a conservé trois morceaux de ce 
compositeur, p. 276, 328 et 343 ile son Dode- 
cachordon. J.-6. Scliielen attribue à Dieterich 
un Compendium musicale ; mais il ne dit pas 
si cet ouvrage est imprimé. 

DIETERICH (CoKRAD), né à Gemunda, 
dans la Hesse, le 9 janvier 1575 , fut surinten- 
dant d'Ulm et directeur du Gymnase de cette 
Tille, où il est mort le 22 mars 1639. On a de 
lui une dissertation allemande intitulée : Ulmis- 
ehe Glockenpredigt , darirm von der Er/ln- 
dung, Brauch und Missbrauch der Glocken 
<n der Kirche Gottes gehandelt ivird ( Ser- 
mon sur les cloches d'Ulm, dans lequel on 
traite de l'origine des cloches^ de leur usage et 
de leur abus dans PÉglise); Ulm, 1625, in-4^ 
C'est un écrit savant et l'un des meilleurs qu'on 
puisse consulter sur cette matière. 

DIETERICH (Jean-Co!irad), philologue 
et helléniste, né Butzbach, en Wéléravie, le 19 
janvier 1612, étudia les belles-lettres et la théologie 
à Marboiirg. En 1639 il fut nommé professeur de 
grec à Tuniversité de cette ville, et passa ensuite 
à Giessen pour y exercer les mêmes fonctions. 
H est mort dans cette dernière ville , le 24 juin 
1669. Au nombre de ses ouvrages, on en trouve 
un intitulé Anliquilates bibUcx, publié après sa 
mort par Pistorius ; Giessen , 1671, in-fol. II 
traite au sixième chapitre , p. 349-353, de Mu- 
sica sacra. 

DIETERICH (FRéDÉBiG-GEORCEs). Voyez 
DiETERica, ci -dessous. 

DIETERICH (FRénéRic-GEORGEs), né à 
Halle en 1686, eut pour premier maître J. Sa- 
muel Wetter, organiste de Saint-Michel de cette 
Tille , et apprit la composition sous la direction 
de J.-G.-C. Stœri , maître de chapelle à Stutt- 
gard. Le roi de Danemark, devant qui il toucha, 
du clavecin , en 1708, fut si satisfait de son jeu 
quMI lui fit pressent d'une médaille d'or. En 1710 
il alla en Italie pour s'y perfectionner dans la 
composition et le jeu du clavecin, sous Yinac 



cesi; puis^ en 1711, il revint à Halle occuper la 
place d'organiste de Sainte -CaUierine, et en 1720 
il succéda à Wetter dans son emploi. Il mounit 
vers 1750. Plusieurs pièces d'orgue de sa com- 
position se trouvent en manuscrit dans divers ma- 
gasins de musique de l'Allemagne. 

DIETRICH (Georges) est le nom véri- 
table de l'auteur d'un petit ouvrage intitulé : 
Quœstiones musicâg brevissimœ, variis aucto- 
ribus excerptee, et illuslratx variis exempUs, 
ad usum puerorum scholx Misniensis a 
Georgio Thedorieo Miseno ;G(£rlits , Ambroise 
Fritsch, 1573, petit in-S*" de 4 feuilles non pa- 
ginées. C'est ce même auteur qui est appelé 
ThédoricparUpénius {Biblioth. phdlos, p. 978), 
et par Draudius (BWlioth. classica, p. 1642); 
je les al suivis dans l'article Thédoric de la pre- 
mière édition de cette Biographie des Musiciens. 
Gerber le cite sons le nom de Misenus, ayant 
pris l'indication de la patrie de ce musicien pour 
son nom propre. Liclitenthal et Becker ont 
changé, dans leurs Bibliographies musicales, 
Thédoric en Théodoric. Dietrich, né à Meissen 
dans la première moitié du seizième siècle, était 
Cantor dans cette ville. C'est le même auteur 
qui a publié à Nuremberg, en 1565, des Can- 
iiones funèbres plurium voetmi, en latin et en 
allemand , in-4^ obi. 

DIETRICH. Plusieurs musiciens de l'épo- 
que actuelle se sont fait connaître • comme corn* 
positeurs de bagjstelles sous ce nom. F. Dietrich 
a publié des polkas pour le piano, à Prague ; J. 
Dietrich, des polkas et des galops, à Leipsick; 
M. Dietrich , des polkas, des valses et des chants 
sans paroles, à VarsoTie; G.-A. Dietrich, des 
chants. des Alpes pour 4 et 5^oix d'hommes, à 
Stfittgard. 

, DIETRICHSTEIN ( Maurice - Joseph , 
comte de) , conseiller privé et chambellan de 
l'empereur d'Autriclie, est née Vienne, le 19 fé- 
vrier 1775, d'une des familles les plus anciennes de 
la monarchie autrichienne. Dès son enfance il fit 
voir d'heureuses dispositions pour les sciences , 
les arts, et particulièrement la musique; on lui 
donna des maîtres pour le^ dévetopper. En 1791 
il entra dans la earrière militaire ; il se rendit à 
l'armée en i792 et s'y distingua dans le corps 
d'artillerie comme général -adjudant. Après la 
paix de 1800 il quitta le service, épousa la 
comtesse de Gilleis , et se livra à la pratique des 
arts. Lié d*amitié avec le poète Collins et l'abbé 
Stadler, compositeur distingué, il les servit de 
fout son pouvoir, dans toutes les circonstances de 
leur vie . En 1 8 1 5 l'empereur François II choisit 
le comte de Dietrictistein pour diriger l'éducation 
du duc deReichsstadt Qaatreans après, l'inten- 

2. 



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ÎO 



DIETRICHSTEIN — DIETTER 



daoce de la chapelle de la cour lui fut confiée , 
et les ^ins qu'il y donna en améliorèrent beau- 
coup la musique. En 1821 l'empereur ajouta à 
ses foi^ctions la direction supérieure des Ihé&tres 
de la cour ; et enfin, en 1826, le monarque le 
nomma conservateur en chef de la bibliothèque 
impériale, l'une des plus considérables et des 
plus précieuses de l'Europe. Le comte de Die* 
trichstein est mort à Vienne au mois de juillet 
1854, k Tftge de près de quatre-vingts ans. On 
a de sa composition : 1^ Cinq recueils de 
douze danses chacun, pour piano è quatre mains ; 
Yienn9, Weigl, Haslinger, Mechetti et Diabelli. 
— 2° Douze valses de redoute avec trios pour 
piano à quatre mains; Vienne, Diabelli. — 
3f* Douze menuets avec trios pour piano seul ; 
Vienne, Mechetti. —4" Douze danses allemandes 
pour piano seul; ibid. — 5** Huit recueils de 
chansons allemandes pour voix seule , avec ac- 
compagnement de piano ; Vienne, Artaria et Has* 
linger. — 6° Six romances françaises et alleman- 
des ; Vienne, Diabelli. 

niETSCH (Pierrb-Louis-Pbilippb}, maître 
de chapelle de Téglise de la Madeleine, à Paris, 
et chef d'orchestre à l'Opéra , est né à Dijon le 17 
mars 1808, suivant les registres d\i Conservatoire 
et des concours de composition à llnstitut de 
France, ou le 18 du même mois d'après la bro- 
chure de M. Poisot ( Us Musideris bourgui- 
gnons, p. 49). D'abord enfant de ciioeur, il 
commença son éducation musicale dans la 
maîtrise de la cathédrale, dirigée par un musi- 
cien italien de mérite, nommé TravisM, En 
1822 ses parents l'envoyèrent à Paris, et Cho- 
ron l'admit au nombre de ses élèves, dans Té- 
cote de musique* classique et religieuse. Après 
deux ans d'études dans cette institution, i^ y 
remplit les fonctions de professeur d'une classe 
élémentaire. En 1830 (4 janvier) il fut admis au 
Conservatoire pour y suivre le cours de contre- 
point de Reicha, et il étudia la contrebasse sous 
la direction de Chenié ; mais il quitta cette école 
au mois de février 1831 , sans avoir achevé ses 
études. Il entra à la même époque à.l'orchestre 
du Théâtre-Italien en qualité de contrebassiste , 
puis à celui de l'Opéra, oii il fiit ensuite un des 
chefs du chant. Ayant obtenu en 1830 la place de 
maître de chapelle de l'église Saint- Eustache , il 
en dirigea le chœur pendant douze ans et y fit 
entendre ses premières compositions de musique 
religieuse. En 1834 il se présenta au concours 
de llnstitut pour le grand prix de composition ; 
mais, son e^sai n'ayant pas réussi , il ne fit plus 
de nouvelles tentatives. Le 9 novembre 1842 il a 
fait représenter à l'opéra de Paris le Vaisseau 
fantdme, ouvrage en deux actes de sa compo- 



sition , sur le même sujet que le Hollandais 
volant, de Richard Wagner. Cet opéra ne 
réussit pas et n'indiqua point chez son auteur 
les qualités nécessaires pour le style dramati- 
que. M. Dietsch s'est particulièrement attaché à 
la musique d'église et a beaucoup écrit en ce 
geure. Ses messes, dont on n'a publié qu'une 
partie, sont au nombre de dix-sept , tant avec 
orchestre qu'avec accompagnement d'orgue. Les 
trois premières ont paru à Paris chez M** Ca- 
naux. On a aussi de lui beaucoup de motets , 
liynmes. Magnificat et Te Deum; ibid. Cet ar- 
tiste a succédé à Girard ( voy. ce nom ) comme 
chef d'orchestre de l'Opéra de Paris, au mois de 
janvier 1860. 

DIETTENHOFER (Joseph), professeur 
de musique à Londres, vers la fin du dix-hui- 
tième siècle , était né à Vienne en 1749. 11 fit 
ses études musicales dans sa ville natale et vint 
à Paris en 1778. Deux ans après il partit pour 
Londres, où il vivait encore en 1799. H y fit 
graver trois œuvres de trios pour le clavecin , 
avec violon, et y publia un ouvrage élémen- 
taire sur l'accompagnement et l'harmonie, 
sous ce titre : An IntrodvLction ta musical corn* 
position, or a préparation for the siudy of 
counierpoint, through an original treatise on 
Thorough Bass^ which is the firststep towards 
composition, etc., 1799, iu-fol. 

DIETTER (Chrétiem-Louis), né le 13 juin 
1757 à Ludwigsbourg,^dans le Wurtemlterg, 
entra en 1770 au collège Carolinien et s'y con- 
sacra d*abord à l'étude de la peinture. Ses loisirs 
étaient employés à la musique, et ses progrès 
furent si rapides que le duc de Wurtemberg lui 
conseilla de se livrer exclusivement è cette car- 
rière. L'instrument qu'il choisit fut le violon ; 
mais dans la suite il apprit aussi à jouer de plu< 
sieurs instruments à vent,'et particulièrement du 
basson. Ses maîtres de musique furent Seuber 
et Celestini. 11 prit aussi quelques leçons de com- 
position de fiaroni, maître de chapelle du prince; 
mais ce fut surtout à l'étude des partitions de Jo- 
melli et des grands maîtres italiens qu'il dut les 
connaissances qu'il acquit dans cet art. Dans les 
années 1776 et 1777 il obtint les médailles dé- 
cernées au concours , et en 1778 il reçut la même 
distinction pour la composition. Il était encore 
à l'Académie lorsqu'il publia, eo 1781 , sqn pre- 
mier ouvrage, qui consistait en un concerto pour 
le cor, et dans la suite il fit paraître quatre 
concertos pour la flûte, deux concertos pour 
le basson , une symphonie concertante pour deux 
flûtes, unt idem pour deux bassons; soixante- 
trois duos pour deux flûtes, œuvres 9, 10, 21, 
22, 23, 24, 25 et 29; douze duos pour deux bas- 



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DIETTER — DIETZ 



21 



sons; six Bonates p<mr le basson, livres i et 2, 
Ldpsick, 1803; six danses allemandes avec 
chant, pour lé clavecin, Stutfgard, 17»4; 
Blisonda, opéra en nn acte, 1794; plusieurs 
recueils d'airs Taries pour 1» flâte , le basson et 
la clarinette. Dietter est mort en 1822. Sa musi- 
que a joui de quelque réputation en Allemagne. 
En 1781 il avait été nommé premier violon de la 
chapelle da doc de Wurtemberg, à Stuttgard ; 
il ne quitta cette place qu'en 1 817, et il obtint une 
pension de retraite. Outre les'ouvrages cités pré- 
cédemment, il a écrit pour la cour de Stuttgard 
beaucoup d'opéras-comiques où règne une verve 
assez remarquable. Parmi ces productions on 
dte : 1*^ Der Sclwli im JDorfe (l'Échevin an 
village). — 2'' Der IrvHsch (le Feu follet). — 
3** Der Rekruten aushub ( le Recrutement ). — ■ 
4° Laura Rosetti. — 5° BelmorUet Constance, 
— t^ Gliicklich susamvien Gelogen ( THea- 
reux Mensonge mutuel). — 7^ Die DorfdepU' 
Urten ( les Députés da village). — «^ Der Luft- 
ballon (le Ballon aérostatique). — Q"* £11- 
ionda, etc. Il a laissé en manuscrit : trois 
concertos pour violon , six solos pour le même 
instrument, quatre concertos de cor, huit con- 
certos pour la flûte , quatre symphonies concer- 
tantes pour deux flûtes, sept concertos pour le 
basson, quatre concertos pour le hautbois, et une 
symphonie concertante pour deux hautbois. 

DIETZ ( Jear-Sébastiek), né dans la Fran- 
conie vers 1730, fut mettre du chœur de l'église 
paroissiale de Wasserburg sur l'inn (cercle de 
llser). Il a publié : Alpkabetarius Musicus, 
exhibens 7 missœ solemnes in claves ordinal 
rlas distribwtas, et secwndum stylum moder- 
num, at imnen ecelesiasticum, élaboratai, 
op. 1 ; Angsbourg, 1753, infol. 

DIETZ ( Josara), né en Prusse vers 1735, a 
publié à Nuremberg , en 1768 , une sonate pour 
le clavecin, avec violon. Il a fait paraître aussi 
dauB la suite, à Amsterdam et à Paris, trois 
œuvres de six trios pour le davecin, avec violon 
«t basse. 

DIETZ (JBAtc-CHRtriBN), mécanicien dis- 
tingué» né en 1778 à Darms^dt, pois établi à 
Euioierich, sur le Rhin, s'est fait connaître par 
Hovention de plusieurs instruments de musique , 
notamment par le Mélodion et le Clavlharpe. 
Le premier de ces instruments, qui fut achevé 
en 1806, avait la forme d'un petit piano carré. 
Sa longueur était d'environ quatre pieds , sa 
bautear et sa largeur de deux pieds. Les sons, 
assez semblables à ceux de l'harmonica, mais 
beaucoup plus forts, étaient produits par le frot- 
tement de tiges métalliques, et pouvaient être 
modifiés dans leur intensité par la pression plus 



on moins forte des doigts sur les toodiet. Le 
Mélodion fut entendu en 1806 dans les voyages 
que fit alors Dietz en Westpbalie et en Hollande. 
Vers le même temps cet artiste s'établit daos 
ce dernier pays et y fonda une fabrique d'ins- 
truments et de divers objets de mécanique; mais 
après quelques années il se transporta avec sa 
famille à Paris, et y fit connaître un nouvel ins- 
trument qu'il avait inventé et auquel fl donna 
le nom deClaviharpe. Cet instrument ingénieux 
était composé d'un corps assez semblable pour 
la courbe de la tète à celui d*un grand piano 
renversé verticalement, avec un clavier placé 
en saillie, comme aux pianos droits. Les tou- 
ches de ce clavier faisaient mouvoir de petits 
crochets garnis de peau, qui pinçaient des cordes 
de métal filées de soie. Quatre pédales servaient 
à modifier de diverses manières les sons de 
l'instrument , qui , bien que moins prolongés que 
ceux de la harpe, étaient néanmoins beaux et 
moelleux. La facHité du jeu du clavibarpe au- 
rait dû lui procurer plus de succès qu*il n'en ob- 
tint; mais on a eu lieu de remarquer que tout 
ce qui n'est pas d'un usage habituel et spécial 
dans la musique est accueilli avec mdifTérence , 
quel que soit d'ailleurs lé mérite de Finvention. 
C*est ainsi qu'une -multitude d'instruments ingé- 
nieux et d'un effet agréable ont été condamnés à 
l'oubli. Dietx avait obtenu un brevet d'invention 
pour son instrument le 1 8 février 1 8 1 4 ; mais le Cla- 
viharpe construit par son fils ne parut en public 
qu'à l'exposition des produits de l'industrie, au 
Louvre, en 1819. En 1812 M. Dietz acheva le 
Trochléon, instrument ^composé d'un archet 
circulaire agissant sur des tiges métalliques, 
qu'on entendit jusqu'en 1819. A cette époque 
Dietz avait quitté Paris pour fonder nn éta- 
blissement de machines hydrauliques à Bmielles. 
Cet habile mécanicien s'est , pendant quelques 
années, exclusivement occupé de la construction 
de remorç[ueurs à vapeur pour des voitures de 
tout genre sur les routes ordinaires. On a publié : 
Description du ClavUiarpe, inventé par 
M. Dietz père et exécuté par M, Diets fils ; 
Paris, 1821 , 19 pages in-8% avec une planche qui 
représente llnstruroent sous ses différents as- 
pects. Dietz est mort en Hollande, vers 1845. 
DIETZ (CnR^iEif), fils du précédent, né à 
Emmerich vers 1801, s'est fait connaître comme 
inventeur de plusieurs iostniments de musique 
et comme facteur de piauos distingué. J\ n'avait 
que dix-huit ans lorsqu'il mit ses premiers 
instruments à l'exposition du Louvre, à Paris, 
en 1819. Quelques années après il produisit 
un grand piano doot il n'avait fixé la table qne 
par les extrémités, laissant les câtés vibrer li- 



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DIETZ — DILKTZKY 



CM iBtlraiMot eiciU rëloiiMiiieat et 
l'admiratioo pir la puiasance de ses auns. A 
rexpofiaoB des prodaits de riodiutrie de 1827 
f» Tit de hii OD grand piaao à quatre oordea, 
OD piano de nooTeUe fonnc, dont les diflwnaions, 
sansAtre beaucoup ploa considérables que oelles 
d'en piano carré, offraient dans leur ei^feinble 
une régularité de dispositions qui n*eiiste pas 
dans ce dernier. La médaille d'argent fut dé- 
cernée an Jeune artisle. Peu de mois après il fit 
paraître un instrument à archet mécanique qni 
ae louait avec nn claTier, et auquel il donna le 
nom de Polppiêcinm. On peut voir dans la 
Eemiê musieale (t in» p. 593) une description 
de cet instrument, le meilleor de tous ceux dn 
même genre qo*on a essayé de construire. On a 
aussi de M. Dietx nn instrument à lames métal- 
liques mises en vibration par Taction de Tair, dn 
même genre que le Physharmonieaf mais su- 
périeur à celui-d par la pureté, la douceur et 
Tégalité des sons. Comme facteur de pianos , ce 
jaune artisle s'est particulièrement distingué par 
ses petits pianos verticani, auxquels il avait 
donné' une plus grande pui^tsance de son qu'au- 
cun antre factinir de France, avant que les 
derniers progrès eussent été faits dans la fabri- 
cation de ces instruments. 

DIEUPART (CHAaLES), musicien fran- 
çais, également habile sur le violon et le cla- 
vecin , naquit vers la fin du dix-septième siècle. 
Il passa en Angleterre en 1707 , et tint le clavecin 
aux opéras ô^Àrsinoé, Camilla , Pyrrhus , Dé- 
Wéirius, et au Rinaldo de Haendel. Il est mort 
à Londres, vers 1740, dans on étal voisin de 
rindigence. On a de ce musicien l'ouvrage sui- 
▼ant : Six tuiles de clavecin, divisées en ou- 
vertures, allemandes, courantes, sarabandes, 
etc., composées et mises en concert pour un 
violon et une flide, avec basse de viole et 
un archiluth ; Londres , sans date. Walther cite 
aussi Six ouvertures pour clavecin, avec vio* 
Ion et basse continue, de sa composition, gravées 
à Amsterdam , cliex Roger. 

DIËZ (FnéDéRic-CiiAéTiBii), Littérateur alle- 
mand, né le 15 mars 1794 à Giesseo, dans 
le dnclié de Hesse-Darmstadt , a fait «es études 
dans cette ville et à l'université de Gôttingne , 
poisi Utreclit; il a été nommé en 1822 lecteur 
pour les langues de l'Europe méridionale à Tu- 
niversité de Bonn , et professeur de littérature 
ODodeme à la même université, en 1830. Gram- 
mairien, philologue et écrivain distingué, il 
s'est fait une réputation honorable par ses ou- 
vrages sur les langues romanes , particulièrement 
sur les poésies chantées des troubadours pro- 
vençaux. Un de ses livres sur cette matière a été 



puUié à Zvrickao, en 1827, sous le titre : MHe 
Poésie der Troubadours, et traduit en français 
(Poésie des Troubadours) par Roisin; Paria, 
1845, itt-8^ On y trooTc des renseignemeata 
intéressants concernant la musique et les instru- 
ments en usage à l'époque de ces poètes clianleure. 
Ou a aussi de If. Diex un livre intitulé : Ledas 
wnd Werken der Troubadours (Vie et œuvres 
des Troubadours); Zwickau, Scbumann, 1829. 

DIEZELIUS (VAunnii), musicien alle- 
mand 'qui vivait à Nuremberg an oommencaneot , 
du dix-eeptième aiècle , a publié dans celle ville , 
en 1600, une collection de madrigaux dediven 
maîtres iuliens, sous ce titre: Er^ter TheU, 
w^cher Madrigalien, auss den berOhmlesten 
Musieis Italieis colUgit, mU 3, 4, S, 6, 7 
und 8 Stimmen. 

DILETZKY (NiooLAs), compositeur et 
écrivain sur la musique , naquit en Lithuanie 
vers 1630. Il étudia la composition en Polo^^ne , 
car il n'existait pas alors en Russie de maître ca- 
pable de renseigner, quoique les chantres de 
chapelle eussent l'habitude d'improviser une 
I sorte de contrepoint sur les clients grecs de leur 
I Église. Fixé à Moscou, lorsqu'il wi acquis un 
certain degré d'habileté dans son art , Diletzky 
entreprit d'instruire ses compatriotes dans la 
théorie et la pratique de la musique. Dans ce 
dessein II publia en langue rosse un livre dont 
le titre répond à celui de Grammaire du chant 
musical; Moscou, 1677, 'in•4^ Cet ouvrage fut 
suivi d'nn autre intitulé : Idée de la gram- 
maire musiCiUe; Moscou, 1679, in-«^ Par une 
singularité remarquable, dans un pays dont les 
habitants sont naturellement sensibles à la mu- 
sique , Diletzky n'a pas trouvé d'imitateurs, et 
la littérature musicale de sa patrie a été long- 
temps renfermée tout entière dans ses ouvrages, 
dont la rareté est maintenant excessive. Quelques 
Allemands fixés en Russie, parmi lesquels on re- 
marque Fuchs et M aller, ont écrit des ouvrages 
concernant la science de l'hanuonie et d'autres 
parties de l'art, qu'ils ont fait traduire en langue 
russe etqu'iU ont publiés à Saint-Péterabourg ; de 
plus, M . Bélikotr, inspecteur de la chapelle impé- 
riale, a traduit en russe les livres de l'auteur de 
celte Biographie, la Musique mise à la portée 
de tout le monde, les Curiosités historiques 
de la musique, et ie Résumé philosophique de 
Vhistoiire de la musique. Enfin, quelques livres 
élémentaires sur cet art, écrits en langue alle- 
mande ou française, ont aussi paru en Russie ; 
mais la plupart ont pour auteure des artistes 
étrangers , à l'exception des ouvrages nouveaux 
de MM. Oulibischeff,de Lena et du prince Yous- 
soupow (voy, ces noms). 



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DILETZRY — DILLSOUK 



23 



Uiletzky s^est excercé comme compositeur et 
a laissé dans les églises des psaumes et des an- 
tiennes à 5, 6 et 8 Yoix, qui; nonobstant cer- 
taines incorrections , ne sont pas sans intérêt 
liistorique, parce que ce sont les premiers essais 
réguliers de l'art d'écrire chez la nation mos- 
covite. Un de ces morceaux , dont les paroles : 
Medenoemz, etc., répondent au latin Tecgnta- 
mus^ Te Benedicimus, Domine^ est écrit à 
S voix , c'est-à-dire 2 sopranos , 2 contraltos , 
-2 ténors et 2 basses. Quelques successions d'it- 
nissons, d'octaves, et un certain embarras dans 
te mouvement des parties^ n*empèchent pas d'a- 
percevoir, surtout dans la seconde moitié de la 
composition , un instinct beureux de Tbarmonte, 
et même ane sorte d'art dans l'agencement des 
imitations entre les voix. 

DILLEi\ (Guillaume), compositeur belge, 
^tait maître de chapelle à l'église cathédrale de 
Parme, au commencement du dix-septième siècle. 
Il a fait imprimer à Venise, en 1622, une 
collection de messes h cinq, à six et à douze 
voix. 

DILLENIUS(F.-L.-J.),ran<oràTubingoe, 
né dans le royaume de Wurtemberg, a publié 
un écrit dans lequel on trouve de bonnes obser- 
vations sur le chant en chœur. Cet ouvrage a 
l>our titre : Veberdie Schwierlgkeitenbei eineni 
methodischen Gesang-unterricht in dcn Schu- 
Icn, bei Errichlung von Singchœren und bel 
Aufûhrung eines wehrstimmigen Gesanges 
van ganzes Gemeinden in den evangelischen 
Kirchen (Sur les diflicullés d'un enseignement mé- 
thodique du chant dans les écoles, l'organisation 
d'un chœur de chant et l'exécution du chant 
k plusieurs voix par un chœur nombreux dans 
les églises évangéliques) ; Tubingue^ 1826, in-S^.- 
DILLHEBR (Jban-Michel), fameux théolo- 
gien, né le 14 octobre 1604 à Tliémar, dans la 
principauté de Henneberg, en Franconie,rot d'a- 
bord professeur à Jéna, ensuite pasteur à Saint- 
Sébald, insp4*cteur de Pécole de Nuremberg et 
bibliothécaire de la même ville. Au nombre de 
ses ouvrages se trouve une dis^^ertalion intitulée : 
De ortu et progressu, usu et abusu musicx ; 
Nuremberg, 1643. Dilllierr &i mort le 8 avril 
1669. 

DILLIGER (JB41I), magister et ensuite diacre 
à Cobourg, né en 1590à Eissfeid, en Franconie, 
étudia à Wittenberg, et fut d'abord cantor dans 
la grande église de cette ville. En 1623 on lui 
i^ODÛa l'emploi de magister, qu'il quitta en 1625 
liour la place de cantor à Cobourg. On voit par 
le titre d'un de ses ouvrages qu'il était pasteur 
a Gellershausen en 1633. Dans la suite il devint 
diacre à l'église Morilz de Cobourg, et conserva 



ce poste jusqu'en 1647, année de sa mort. Voici la 
liste de ses ouvrages : i* ProdronU Triciniorum 
sacrorum newer geisilicker Liedlein mit 3 
Stimmen geselzt ; fiurember^f lôl2. — 2* I^e- 
duUa ex Psalnto 68 deprompta et harmonice 
6 vùc. composita; Magdebourg, 1614. ~ 
3** JS^ifrcitatio musica /, continens XIII 
selectissimos concentus musicos variorum au- 
torum, cum basso generali, quibus accesse- 
runt 8 carUilenx 3 voc., Wittenberg, 1624. — 
4** Trauerliedaufden Todçines Kindes^ mit 
4 Stimmen (Chant funèbre sur la mort d'un 
enfant, à 4 voix); Cobourg, Berisch, 1626, in-4^ 
— 5* Disce mori, oder ein Gebetlein zur 
Betraehtung der Sterblichkeit, mit 4 Stim- 
men ad Contrapunctum simplicem; Cobourg, 
1628, in-4*. — 6* Gesprœch D, Lutheri und 
eines kranken Siudlosi, vordessen zu Wit- 
ienbèrg gehalten, jetzo aber in feine Rcime 
gebracht, und mit 4 Stimmen gesetz (Dialo- 
gue de Luther et d'un étudiant malade, etc., 
mis en musique à 4 voix); Cobourg, in-4^ ~ 
7* Musica vodva, Deo sacra, de Tempore, 
zum lieben neuen Jahreder ganzen wejihen 
jetzo koch'betruebten Christei^eit, mit 2, 3, 4 
und 5 Stimmen, Thells Concerts, Theils Cotv- 
irapunctoWeiseverfertiget, 1629. — 8" Jfu- 
sica Christiana Cordialis Domestica, dass ist : 
Christliche Hauss-und Hertzens - Musica, 
aus 37 in Contrapuncto simplici geseizen 
2, 3 und 4 Stimmigeri Arien bestehend; Co- 
bourg, 1630. — 9^ Deux suppléments au même 
ouvrage, 1631. — 10** Musica Concertativa, 
oder SchalZ'Kxmmerlein, ncuer geisttichen 
auserlesenen Concerte, von 1, 2, 3, 4, 5, 6- 
12 iitimmen, etc. ; Cobourg, 1632, in^**. — 
ir Musica Oratoria; Musica Thanatobuleu- 
tica; Musica Castrensis; Musica invitatoria 
ad Epulum Cœlesie, in-48 Liedem fur 2, 3 
und 6 Stimmen,' Cobourg, 1633. — 12" Jere-, 
mias pamitentiarius, in-52 teutschen BusS' 
SprUchen, ausjedem Capitel des Propheten 
Jeremix genommen, fur 2 Singstimmen; 
ir«et2c parties; Cobourg, 1640, in-4*'. — 13'* 
Musica Christiana valedictoria , dass ist, 
geisiliche valet-Musica , teutsch in Begrifft 
anmiithige underbautliche Reim geletlein, etc. 
mit dreyen Stimmen (Musique chrétienne d'a- 
dieux, qui renferme des prières rimées, agréables 
et édifiant&«, à trois voix, lesquelles conviennent 
aux temps malheureux et misérables actuels); 
Cobourg, 1642, in-4^ Ce recueil contient vingt- 
sept pièces. 

DILLSOUK, célèbre chanteur hindou, na- 
quit dans le royaume de Cachemire en 17àl. La 
plus brillante époque de son talent fut de 1775 



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24 



DILLSOUK — DIRUTii 



à 1790. Sa Toix était aa ténor élevé. Il dnnUit 
avec une expression toocbante les quatre genres 
d'airs connus dans llnde à cette époqoe sous les 
noms de Rèktahs, Tiranas, Touppahs et Ragi- 
nies. A la même époque vivait Chanem, canta- 
triee également célèbre, dont les accents mélan- 
coliques faisaient verser des larmes ou prenai<:nt 
un caractère voluptueux. Une ardente rivalité 
existait entre Dillsouk et cette Uayadère ; tous 
deux étalent reclierchés dans les cours de llnde 
et comblés de riclies présents. 

DÎMMLER (Antoirs), compositeur et con- 
treliassiste au service du roi de Bavière, naquit 
à Hanbeim le 14 octobre I7U. Le musicien de 
la cour Josepb Zwini lui enseigna la musique 
et le cor, et l'abbé G.-J. Vogler la composi- 
tion. A Tâge de onxe ans il entra dans la musi- 
que de la cour en qualité de corniste. En 1778 
il se rendit à Munich, où il s*adonna à Tétude de 
la coBtretwsse, et devint très-fort sur cet instru- 
ment, pour lequel, à Texception de Marconi et 
de Gaspard Bobrer, il ne se trouvait pas alors un 
bomme détalent dans toute la Bavière. Dimmler 
a composé les petits opéras suivants : 1^ Der 
Guck'Kaslen (la Jalousie) , représenté à Mu- 
nich en 1794.— 2* Die SchatzGreber (les Cher- 
cheurs de trésors), représenté au chàieau de 
Sufeld, près de Munich. — 3° ZebelJxger ( les 
Chasseurs de Zibeline). 11 a en outre composé la 
musique de cent quatre-vingt-cinq t^Uets, parmi 
lesquels on distingue : V* Der Ersie Tod (la Pre- 
mière Mort). — 2** Des ersLeSckaefer ( le Premier 
Pâtre). — y'Medea (Médée). — V'DieGrazien 
( les Grâces ). ^ 5" Ritter Amadis ( le Chevalier 
Amadis), etc. On connaît aussi en manuscrit des 
symphonies, quatuors, concertos, etc., de sa com- 
position, outre une grande quantité de musique de 
guitare, instrument dont il jouait Irès-bién. Il vi- 
vait encore à Munich en 18iÔ. La bibliothèque du 
Conservatoire de Paris possède les partitions ma- 
nuscrites de plusieurs concertos pour le hautix>is, 
pour la flftte, le cor et le clavecin, de la compo- 
sition de Dimmler. 

Dimmler a eu un fils, nommé Antoine comme 
lui, né à Munich le 24 avril 1783, qui a reçu 
les premiers principes de musique de son père, 
et qui est entré au service de la cour, en qualité 
de clarinettiste, le 16 juin 1796, prêtant flgé que 
de treize ans. 

DIOMÈDES (Caton), luthiste, né à Venise, 
vivait à la fin du seizième siècle et au commen- 
cement du dix-septième. Il passa fort jeune en 
Pologne, et entra au service de Stanislas Kostka, 
grand-trésorier de la Prusse polonaise Son ta- 
lent sur le luth était remarquable , et il chantait 
fort bien. Il a fait imprimer à Cracovie, en 1607, 



des mélodies qu'il avait composées en Thonneur 
de saint Stanislas, patron de la Pologne. Cesl 
aussi ce musicien qui a composé la musique 
pour les poésies de Stanislas Grocliowski, pu- 
bliées à Cracovie en 1600. On trouve quelques 
pièces de luth composées par Diomèdes dans le 
Thésaurus Harmonicus de Besardus. 

Un autre musicien du même nom vécut à la 
fin du quinzième siècle et naquit vraisembla- 
blement dans VÉtat de Venise. On trouve de lui 
le chant Sempro haro (sic) quel dolce foco, 
dans le neuvième livre des FroiioUs^ imprimé à 
Venise, en 1S(08, par Petrucci de Fossoiubrone. 

DION, cytliariste, naquit à Plie de Chio. 
Méneclime,'cité par Athénée (liv. à4, c. 9), dit 
quil joua le premier, sur la cythare, les clianta 
des libations qo*on faisait aux f^tes de Baccbus. 

DIONIGI (Marc), docteur en droit, naquît 
à Poli, bourg de TÉlat Romain, au commence- 
ment' du dix-septième siècle, et fut garde du 
chœur à la cathédrale de Parme. Il est autear 
d*un traité de plain-chant intiiulé : Primk 
7uont, Inlroduttionenel canio ferma, Parme» 
1648. 11 en a donné une deuxième édition en 
1667, avec des augmentations. 

DIRUTA (GiEOLAMo) , frère mineur conven- 
tuel, né à Pérouse, non vers 1580, comme je 
l'ai dit dans la première édition de celle Bio- 
graphie, mais plus de vingt ans auparavant; car 
i'épttre dédicatoire d*un livre important dont il 
est auteur est datée de Venise le 10 avril 1593. 
Il résulte d*un document aotlientiqoe rapporté 
par Colleoni (1) que le P. Diruta était an cou- 
vent de Correggio en 1 580 et qu'il y était Tami 
du P. Baptiste Capuani (Voy. Capuani). En 159a 
il était organiste de la cathédrale de Gubbio» 
dans rÉtat de TËglise. Il s'y trouvait encore en 
1609, lorsque la deuxième parlie du livre dont 
il vient d*ètre parlé fut publiée; mais peu de 
temps après il fut nommé organiste de la catlié- 
drale de Chioggia, ville de TÉtat vénitien. L'épo- 
que de M mort est ignorée. Diruta nous apprend, 
à la fin de Touvrage dont la description sera 
donnée tout à l'heure, qu'ayant reçu dans sa 
jeunesse de mauvais principes de doigter, et en 
ayant acquis la conviction, il se rendit À Venise, 
et, après avoir entendu André Gabrieli et Claude 
Mérulo sur Torgue de Téglise de Saint-Marc, 
il s'attacha à ce dernier et en reçut des leçons. 
Mérulo dit aussi, dans Tavis au lecteur placé eo 
tête du premier livre de ses Cansoni à la 
francese intavolaiura (publié en 1598), que 
Diruta a été son élève, et que, par son talent, il 
faisait honneur à son maître. Voici ses paroles i 

(I) CUScritt. di Corregio, p XII. 



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DIRUTA — DITTERS DE DITTERSDORF 



25 



ed ioin/initamente mi gloria, ch'egU {Dh-uta) 
sia stato mia creatura, perche <n questa dot- 
trina ha fatto a lui, et a me huiemef quai 
singolare honore, che da persona di molto 
ingegno si deve aspetiare, L*ott?r8ge qui re- 
commande Diruta à la postérité a pour titre : 
Il Transilvano, o dialogo sopra il vero 
modo di sonar organi e stromenti da pewna, 
Parte I; Venise, 1593, in-fol. Cet ouvrage est 
dédié à Sigi8nM>nd Batori, prince de Tranayl- 
vanîe, célèbre par ses talents militaires et sa vie 
aTentureuse. C'est à cause de cette circonstance 
que Poiiyrage est intitulé II Transilvano, Outre 
la partie didactique, qui concerne le doigter des 
instroment^ à clayier, on y tronve des toccates 
et des pièces d'orgue de Dirais, Claude Merulo, 
André Gabrieli, LuzEasco-Lnzzaschi, Paul Qua- 
gliati, Joaepli Guami, et d'autres compositeurs 
célèbres. La seconde partie du Transilvano a 
été publiée à Venise, en 1609, in-fol. Elle est 
divisée env|uatre livres. Le premier est intitulé : 
Sopra il vero modo di intavolare ciasche- 
dun canto. Le deuxième contient les règles du 
contrepoint, avec des exemples de Luziaschi, 
de Gabriel Fattorini et d'Adrien Banchieri. On 
trouve dans le troisième l'exposition des tons de 
l'Église et les règles de la transposition. Le qua- 
trième contient les règles du mélange des re- 
gistres de l'orgue. Les deux parties ont paru 
ches Giacomo Vincenti. Une deuxième édition 
de la première partie a été publiée cbes le 
même Vincenti, en l612,in-rol., et la deuxième 
partie a été reimprimée cliez le même éditeur 
en ton. 

DIRUTA (AcosTiNo), moine de Tordre de 
Saint-Augustin, né à Pérouse vers la fin dn 
seizième siècle, était vraisemblablement de la 
même famille que le précédent. Il Ait d*abord 
maître de cbapelle è Asola, petite ville de la 
Lombardie, et s'y trouvait encore en 1022. Plus 
tard il se rendit à Rome an couvent de son or- 
dre, dont il devint le maître de chapelle. En 
1646 il était retourné dans sa ville natale, et 
remplissait dans le couvent de son ordre les 
fonctions de directeur du choeur. Oldoini dit que 
Diruta a publié environ vingt œuvres de ses 
compositions, dont la plus grande partie avait 
été imprimée à Rome, chez Grtgnani {Voy, Ol- 
doini : Àthenxum Àuqustinum, in quo Perusl- 
norum scripta publiée exponuntur, p. 33). 
Je ne connais de ces ouvrages que ceux dont 
voici les titres : l** Messe concertate a einque 
voei; Venise, 1622. — 2* Litanie di Gloriosa 
Domina, a A, 5 e t voci; Rome, 1631. — 
3<» Messe concertate a 5 voci,Ub. 2, op. 13; 
Roma, J.-B. Roblelti, 1631.— 4» Modulationes 



vespertini cum Litaniis B, V. 3/., 3 vocibus 
concin., op. 18; iZonta, Gia, Fei, 1668. G'ett 
une réimpression. -* ô^ Poésie heroiche, a î, 
2, 3, 4 e^ 5 voci; Roma, Grignani, 1641. — 
6'' Seconda libro de Salmi che si cantano 
ne' vespri in tuito Vanno, concertati a 4 troci, 
op, 21 ^Roma, Luigi Grignani, 1647. 

DISTLER (Jban-Gcorgbs), maître des con- 
certs de la cour de Stuttgard, né dans un vil- 
lage du royaume de Wurtembeig, vers le milieu 
du dix-huitième siècle, s'est fait une réputation 
en Allemagne comme violoniste et comme com- 
positeur. Pleyel, Nenkomm et lui sont les 
seuls élèves que Haydn ait formés. Eni 1781 
Distler se rendit à Stuttgard ; il y obtint la place 
de premier violon à Torchestre de la cour; neuf 
ans après il fut fait maître des concerts. Une ma- 
ladie mélancolique le conduisit à Vienne, en 1796, 
pour y voir ses parents; il y mourut en 1798 des 
suites de cette hypocondrie. Les compositions 
de Distler ont été publiées de 1791 à 1804; 
elles consistent en : 1** Six quatuors pour le 
violon, op. 1; Augsbourg, 1791. La deuxième 
édition a paru dans la même ville en 1795. On 
a gravé aussi cet ouvrage à Amsterdam, 1791 ; 
è Bàle, 1791 ;à Londres, 1797; à Paris, 1797. •- 
'2^ Six quatuors pour deux violons, alto et basse, 
op. 2. — 3* Concerto pour to violon; Aogs- 
bonrg, 1795. — 4" Six qointetti pour deux vio- 
lons, deux altos et basse, en manuscrit; à Vienne, 
chezTraeg. — 5^Six quatuors pour deux violons, 
alto et basse, op. 4; Aogsbourg, 1798. 

DITTERS DE DITTERSDORF (Char- 
les), compositeur et violoniste allemand, dont 
le nom de famille était simplement Ditfers, na- 
quit à Vienne en 1739. Dès l'flge de sept ans il 
montra un goût décidé pour la musique; ses 
parents loi firent cultiver cet art et lui donnè- 
rent une éducation soignée. Il forma son talent 
pour le violon à l'école des plus habiles violo- 
nistes de TAIIeroagne, et lui-même ne tarda pas 
à être compté au nombre des viriuoses sur cet 
instrument. Un solo quil joua dans une église 
excita l'admiration de tous les auditeurs et ré- 
véla son talent. Hubacxek, lamenx corniste, qui 
était .présent, prit Ditters en affection, et le re- 
commanda si fortement au prince de Hildbur- 
ghausen, auquel il était attaché, que le jeune 
artiste fut admis au nombre des pages de ce 
prince, quoiqu'il n'eOt pas encore douze ans ac- 
complis. Après avoir achevé son éducation mu- 
sicale dans la petite cour de ton bienfaiteur, il 
ftat attaché k l'orchestre d'un théâtre de Vienne, 
se lia avec Métastase, et eut lé bonheur' de de- 
venir l'ami de Gluck, qui l'emmena avec lui en 
Italie. Là, son jeu sur le violon fut admiré de 



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26 



DITTERS DE DITTERSDORP 



tous les artistes; lul-mtoie rapporte qu'après 
avoir joné en public on concerto il reçut une 
lettre anonyme remplie d^éloges et accompagn<^e 
d'une montre fortriclie. Il ne sut que longtemps 
après que ce présent lui venait du fameux Fa* 
rinelli. De retour 'à Vienne Ditters mit à profit 
la bienveillance de Joseph Haydn et augmenta 
ses connaissances dans la composition. Lors du 
couronnement de Tempereur Joseph H, en 1765, 
Ditters suivit la cour à Francfort et 8*y fit en- 
tendre avec succès. De là il fMissa au service de 
Pévèqne deGross- Wardein,en Hongrie. Il y écri- 
vit quatre oratorios, Isaac, David; Job et 
Ettker, qui furent exécutés à Vienne avec beau- 
eonp de succès. Ce fut aussi vers le même temps 
qu'il commença à écrire pour le théâtre. En 
1769 il quitta Gross-Mfardein pour se rendre 
en Silésie, où il entra au service du prince-évè- 
qué de Breslau en qualité de maître de cha- ■ 
pelle. Ce prélat aimait passionnément la musi- 
que, et il goûta si bien celle de son maître de 
chapelle quMl voulut faire sa fortune. En 1770 
il le fit nommer maître des forêts de la Sllésie 
autrichienne, lui fit accorder des lettres de no- 
blesse et la permission d'ajouter à son nom celui 
de Dittersdorf, qu'il porta toujours depuis lors. 
Le sort de cet artiste semblait assuré de la ma- 
nière la plus heureuse; il était recherché à 
Vienne et surtout à Berlin, où on t'appelait 
souvent ; mais le malheur qu'il eut de se brouiller 
avec Tévèque de Breslau, le succès de la musi- 
que de Mozart, qui changea la direction de 
Tart et. fit paraître le style de Ditters vieux et 
mesquin , enfin les infirmités qui accablèrent 
celui-ci dans ses dernières années, tout cela, 
dis-je, empoisonna la fin de sa vie, et il aurait 
été réduit à la dernière misère sans les bien- 
faits du. baron de Stillfried, qui le prît dans son 
château en Bohème et le mit ainsi que sa fa- 
mille à l'abri du besoin. Il y est mort le |cr 
octobre 1799, deux jours après avoir achevé de 
dicter à son fils ^histoire de sa vie, ouvrage 
intéressant par le ton d'originalité naïve qui y 
règne, et dans lequel les jeunes musiciens peu • 
vent trouver des instructions utiles. Il renferme 
aussi des anecdotes curieuses et peu connues sur 
Lolli et d'autres grands maîtres. On a de Ditters 
les ouvrages suivants : i*> Brief ueher die 
Grensen des Komischen und Beroischen in 
der MusUt (Lettre sur les bornes du comique et 
de riiéroique en musique), dans la Gazette ntii- 
tieale de Leipslck, première année, p. 13S. — 
%"* Brief ueber die Behandlung iialixnischer 
Texte hetfder Compositionundue(}erandere 
Gegemt tende (Lettre sur l'expression des paroles 
italiennes dans la composition et sur d'autres 



objets relatifs à la musique); ibid., p. )0t. — 
3' Cari vùn Dittersdorfs Lebensbeschreibvnff 
(Histoire de la vie de Cliarles Dtlersdorf;, pu- 
bliée par son fils, à Leipsick, 1801, 294 pages 
în-8*. — 4* Fsacco, figura del BederUore, 
oratorio, composé à Gross-V^ardein en 1767. — 
5* La libératrice del Popolo Giudaico nèlla 
Persia, o sia VBsther, oratorio. Cet ouvrage, 
qu'on exécuta deux fois à Vienne, en 1785, au 
profit des veuves des musiciens, fut accueilli 
avec beaucoup d'applaudissements. — 6° JiA>, 
oratorio ; Vienne, 1786. — T Messe en «/, avec 
orchestre, en manuscrit, chez Breitkopf. — 8** 
Motels pour le jour de Saint-Népomucène, en 
Mss., chez Rellstab. -> 9" Amore .m miâficay 
opéra-bufla, àGross-Wardein,en 1767. <•— 10* Ijo 
Sposo burlato, opéra buffa, à Johanfiisberg, en 
177&. ^ it« Der Dokior und Àpotheker (le 
Médecin et l'Apothicaire), opéra en un acte, à 
Vienne, en 1786. Cet ouvrage fut accueilli avec 
tant de faveur,que l'empereur Josei'h II, assit- 
tant à une de ses représentations, ne dédaigna 
pas de témoigner par ses applaudissements sa 
satisfaction, au moment où Ditters entra dnoa 
l'orchestre. A Londres cette pièce eut trente- 
six représentations de suite. Elle a été gravée 
en partition pour le piano à Vienne, à Berlin 
et à Mayence; on l'a aussi arrangée pour 
tous les instruments. — 12<* Belrug durch 
Abergla%iben (la Fourberie par superstition), 
opéra en un acte, à Vienne, en 1786. — 13" Die 
Liebe im tfarrenhausen (l'Amour aux petites 
maisons), en un acte, à Vienne, en 1786. Cet 
ouvrage a été gravé à Mayence en 1790 et à 
Berlin en 1792. — iV II Democrito corretto, 
opéra bourre, à Vienne, en 1786.^ 15* Hierong- 
mus Knieker (Jéréme Knicker), opérette, à 
Vienne^ en 1787, gravé en partition pour le 
piano à Leipsick, en 1792. — le"* La Coniladina 
fedele, opéra Itouffe, à Johannisberg, en 1765. 
— 17« Orpheus derzveyte{\e Nouvel Orphée), 
en un acte, à Vienne, 1787. ^ 18" Dos rote 
Kvppchen (le Chaperon rouge ), à Vienne, en 
1788, gravé à Leipsick en 1792. — 19<* Der 
Schiffspatron, oder neue Gutsherr (le Patron 
de navire, ou le Nouveau Seisneur de village), à 
Vienne, en 1789; gravé en partition pour le 
piano, a Leipsick, en 1793.— 20"* ffokus Pokus, 
en un acte, à Vienne, en 1790, et à Weimar, en 
1792, avec d^ cliangements. — 21** Dos Ges- 
penst mit der Trommel (le Tambour nocturne), 
à Oels, en 1794.-22^ Goii Mars, oder der ei- 
semé Mann (le Dieu Mars, ou l'homme insen- 
sible), en deux actes, à Oels, en i795. — 23*' Der 
gefoppie BrsnUigam, ibid., 1795. — 24* Don 
Quichotte, en italien, ibid., 1795. — 25* Die 



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DITTERS DE DITTERSDORF — DIVISS 



27 



Guelfen{\ei Guelfes), prologue, ibid., 1795. 

— 26° Der Schah von Schiras (le SulUm 
de Schiras) , ibid., 1796. — 27° UgoUno , en 
deux actes, ibid., 1796. — 28° Die Lustigen 
Weiber von WiTidsor (les Joyeuses Coinères 
de Windsor), ibid., 1796. — 29° Der Schœne 
Herbsttag (le Beau Jour d'automne), ibid., 
1796. — 30° Der Temengewinnst {\e Terne à la 
loterie)* en uo acte, ibid., 1797. ^ 31° Der 
Mxdçhenmarckt (le Marché de filles), en un 
acte, ibid., 1797. — 82° Temo Secco, opéra 
boufTe en deux actes, à Breslau, en 1797. — 
S3° L*opôra bouffe de Bretzner, en Mss., 1798. 

— 34° Don Coribaldi, o sia l'usurpata Pre- 
potensa, en deux actes, 1798, en Mss.— 36"" Il 
Mercato délie Ragazze, 1798, en Mss. Cet ou- 
vrage parait être une traduction du n° 31. — 
36° Il Tribunale di Giove, en Mss. Ces quatre 
derniers ouvrages sont restés entre les mains 
de la famille de Ditters. — 37° Grande cantate 
latine, pour le jour de fête de l'évèque de Gross- 
Wardein, en 1765.'— 88* La Fille de Kola, chant 
ossianique, avec piano; Leipsick, 1795. — 39° 
Grand concerto pour onze instruments concer- 
tants, avec orchestre, 1765. — 40° Quinze sym- 
plioniesà grand orcliestre, intitulées les Méta- 
morphoses d'Ovide; Vienne, 1 78S.— 4 1 ° Trente- 
«inq symphonies, en manuscrit, chez Traeg, à 
Vienne. ^ 42° Six nouvelles symphonies en 
manuscrit, daAs les mains des héritiers. — 
43° Cancer tino, a 2 ob. fag. e 2 cor. concert,, 
2 viol,, 2 ait. e b., ea Mss., chez Traeg, à 
Vienne. — 44° Douze concertos pour violon, 
ibid. — 45° Deux nocturnes pour deux cors et 
violoncelle obligé, ibid. — 46° Six quatuors 
pour violon; Vienne, Artaria. — 47° Douze -di- 
vertissement** pour deux viojops et violoncelle, 
en Mss., cliez Traeg. ' — 48° Duos pour violon et 
basse, ibid. — 49° Douze sonates à quatre maiAs 
pour le piano, 1796-1797, en Mrs.— 50° Soixante- 
douze préludes pour le piano, dans tous les 
tons. — 51° Douze chansons et romances variées 
pour le piano. On a appelé Ditters le Grètry 
de rAlleinagne; cet éloge est exagéré. Si ses 
compositions sont plus pures d'harmonie que 
celles du musicien belge, elles leur sont bien in- 
férieures sons le rapport de l'invention. L^opéra 
le Docteur et VAi-otMcaire est son ouvrage le 
plus populaire. 

DITTMËR (M4NTEY, baron de), maître de 
chapelle du duc de Mecklembourg-Slrelitz , est 
né en Bavière, a eu pour maître Winter, et s*est 
fait son imitateur. On a de lui un petit opéra , 
Oie beide Galxrensclaven (les Deux Galé- 
riens )y qui n'a rieu de remarquable. Son meilleur 
ouvrage en ce genre est son opéra intitulé Louis 



de Bavière; on a gravé Tou vertu re pour piano. 
Sa musique religieuse se distingue par un style 
assez pur et par son caractère pieux ; elle est 
restée jusqu'à ce jour en manuscrit. Parmi ses 
œuvres de musique instrumentale on remarque : 
1° Fantaisie sérieuse pour le piano; Berlin. — 
2° Fantaisie en forme de variations sur Tair de 
Himmel : An Alexis; ibid. — 3° Adagio et aU 
legro agitato \\o\\t piano, violon et flûte; ibid. -^ 
4° Six danses populaires de la Bavière pour piano, 
op. 2 ; ibid. — 5° Six valses de Rosâini , op. 7 ; 
ibid. 

DIVISS ou DIWISCH (Procopb), musi- 
cien , mécanicien et physicien , naquit le 1*' août 
1696 à Senftenberg, en Bohême. Après avoir fait 
ses études à Znaïm, il entra en 1719 dans Tordre 
des Prémontrés , à Bruck. Il y enseigna la théo- 
logie et la philosophie avec éclat, jusqu'en 1733; 
à cjfM% époque la cure de Prenditz, près de 
Znaïm , lui fut offerte , et il l'accepta. Ce fut dans 
cette retraite qu*il se livra avec ardeur à des re- 
cherches de physique et de mécanique, et qu'il 
imagina le paratonnerre, dont l'invention a été re- 
trouvée depuis lors par Franklin, et une sorte 
d'Orchestrion, grand instrument de musique , 
auquel il donna le nom de Denis d*or, par ana- 
logie avec le sien, qui signifie Denis, eu bohémien. 
£n 1741 Diwisch accepta l'emploi de supérieur 
de Tabbaye des Prémontrés de Bruck , et son ad- 
ministration fut si sage que, pendant la guerre 
de l'Autriche contre la Prusse, le monastère fut 
toujours respecté, même par les ennemi». Après 
que la trafiquillitéeut (^té rétablie dans la Moravie, 
il retourna dans sa cure et reprit ses travaux 
scientifiques. Il mit alors la dernière main à ses 
inventions du paratonnerre et du Denis d^or. En 
1754 il plaça un paratonnerre près de sa mai- 
son ; mais celte nouveauté lui fit < ourir quelque 
danger, car le peuple, ayant considéré cet appa- 
reil comme un instrument de sorcellerie et lui 
attribuant Ui sécheresse qui se fit sentir alors 
peûdant deux ans, renversa cette machine^ qui 
fut transportée à l'abbaye de Bruck. Les savants 
de l'Autriche ne se montrèrent pas t>eaucoup 
plus raisonnables que le peuple, car ils s'oppose* 
reut à rétablissement des' paratonnerres sur les 
édifices publics, qui avait été proposé à l'empe- 
reur par Diwiftch. A Tégard du Denis d*or/iï 
parait qu'il lui donna la dernière perfection en 
1762. Cet instrument se Jouait, lomme l'orgne, 
avec les mains et les pieds; il imitait, dit-on, 
tous les ln.struments à cordes et à vent, et Ton 
assure qu'il pouvait produire cent trente variétés 
de qualités de sons. Le prince Henri de Prusse 
en offrit une somme considérable; mais, lorsqu'il 
l'entendit, Diwisch le croyait susceptible de plus 



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38 



DIVISS — DIXOM 



de perfection : il ne consentit pas à le céder. , 
En 1790 réTêqoe de Bruck, Georges Uunbeck, | 
possédait le dernier instrument de ce genre eié- t 
cuté par rinventeur, et eotretenail un musicien 
chargé spécialement de le jouer. On ignore ce 
qu*il est devenu depuis ce temps. Diwisch est 
mort à Prenditz le 21 décembre i705. On a de 
lui un ouvrage posthume en allemand, qui a pour 
titre : Théorie de Vélectricitë et application 
de ses principes à la Chimie^ Tubingue , 1768, 
in-8**j Le portrait de ce savant a été gravé par 
Baizer, avec ce distique : 

Non laudate Jd?en, (rentef t Qatd TMter ApoHo? 
iBte oagto Oeus est fulmlnta atque tonl. 

DlVITIS(AirroiifE), musicien français, na- 
quit dans la seconde moitié du quinzième siècle, 
car il était un des chantres de la chapelle de 
Louis XII, qui mourut en 1&15. J'ai dit» dans 
la premièreéditiondela Biographie universelle 
des musiciens (t. III, p. 816), qu'il est permis 
de croire que le nom réel de ce musicien est 
Le Riche; ime découverte faite aux archives de 
TÉtat, à Paris, a justifié ma conjecture, car 
(sous la lettre K. n** 322) on trouve un compte 
de dépenses de la cour du roi de France, où est 
cet article : « La somme de 310 livres 10 s. tour- 
« nois pour le payement de cent trois aulnes de 

• drap noir, livré auz chantres de la chapelle du 
« dict feu seigneur (Louis XII) qui s'ensuivent, 
« savoir : Le maistre de la chapelle Conrard , Ml- 
« chau, Allard, Albi, Guill. Cousin, Claudin, 
« Mouton, maistre Jehan Thierry, Le Vigoureux, 
« Porchi, Carimont, Perroton de Mancourt, 
« George T. Reverdi, Jacques Baudet, Manpin, 
« Noël, Fnrbisseur, Noiy , maistre Antoine le 

• Riche y maistre Pierre Monton, maistre Jac- 
« ques Favteres et maistre Pierre de Fray , qui 
« sont 23 personnes. » Il ne peut y avoir de 
doute sur l'identité à*AntoMe Divitis et â'Ân^ 
toine Le Riche ^ car le premier nom est celui de 
Le Riche latinisé et le prénom est le même. 
Le Riche était d*ailleurs compositeur comme 
Divitis, car on trouve deux chansons françaises 
à 5 voix sous son nom dans un recueil publié par 
Nicolas Duchemin, en 1561, sous ce titre: le 
Premier livre des plus excellenies chansons 
de divers autheurs. On connaît sous le nom de 
Divitis les ouvrages suivants : l^ Le motet De- 
solaforum Consolator, à 4 voix, dans le pre- 
mier livre des Moteiti de la Corona, imprimé 
en 1514, |>ar Petrucri de Fossombrone, in-4'' 
obi, —2° Gloria, laus, à 4 voix, dans le dixième 
livre de la collection d^anclens motets, impri- 
mée à Paris, par Pierre Attaingnant, 1S30. — 
3* Plusieurs motets 4 trois voix dans le recueil 
intitulé : Trium Vocum Cantiones Centxm 



D Georgio Forstero Selectore. Imprimebat 
Joannes PetreHu, Norimbergx, IMO, petH 
in-4<' obi. ~ 4*' Un Magni/icai dans le sixiènae 
livre publié par Attaingnant, sous ce titre : Li* 
her sextus. XIII Quinque «//imorum tono- 
ruvi Magnificat continens. Parhisiis, apud 
Pet. Attaingnant, 1&S4, petit m-4'' obi. — 
5** Plusieurs motets à quatre voix dans le dixièaie 
livre de la collection qui a pour titre : Pas- 
siones Dominice (sic) in ramis Palmarum, 
Veneris sancte, nec non lectiones ferlarum 
quinti, Sexti et Sabbati h^domade Sonde, 
etc.; ibid. 1534, petit in-4 obi. —6'' Credo h 6 
voix, dans le mss. coté VI de la Bibliothèque 
royale de Munich. ^ 7** Gerber dit qu'il y a plu- 
sieurs morceaux de la composition de Divitis 
dans un recueil de chansons, en diverses langues, 
imprimé depuis 1530 jusqu'en 1540, sous le titre 
de Sammlung VonGesangen in verschiedenen 
Spraechen, dont il y a un exemplaûre à la bi- 
bliothèque de Zwicitau; mais il' n'indique ni le 
lien de l'impression, ni le nom de Timprimeur. — 
8* On trouve un morceau bien fait, à cinq Toix, 
de Divitis, sur le texte: Ista est speciosa in- 
ter/iUas Hierusalem, dans le recueil intitulé : 
Bidnia GctUica, Latina, Gennanica, etc., pu- 
blié par Georges Rhaw , à Wittenberg , 1545. ^ 
9^ Deux cliansons françaises à 4 voix , de Le 
Riche f sont dans un recueil publié par Nicolas 
Duchemin , à Paris, en 1551 , sous ce titre ; le 
Premier livre des plus excellentes chansons 
de divers autheurs. — lOP La messe à 4 voix 
intitulée Gaude Barbara , par Divitis , se trouve 
dans un manuscrit de la bibliothèque de Cam- 
brai, coté n^ 4. C'est la douxième du recueir, qui 
en contient quinxe de divers auteurs. (Voy. iVo- 
tice sur les collections musicales de la bibUO' 
thèque de Cambrai, par M. £. de Coussemaker» 
p. SI.) 

DIXON (William), compositeur et orga- 
niste anglais, vécut à Londres depuis 1770 
jusque vers 1800. Il a publié une collection de 
musique sacrée, choisie dans les œuvres des 
meilleurs maîtres anglais, sous ce titre : Psalmo^ 
dia Christiana, or Collection ofsacred Music, 
in four parts, designed for publie worship, 
containing 200 plain psalm- tunes, 50 fugues, 
and a few pièces in the Hymn style, for the 
tree great festivals, Christmas-Day , Easter 
Day tmd Whitsunday, wiih the bass-figured 
for the organ or harpsichord, etc.; Londres, 
1790. Cette collection est précédée d'un traité 
élémentaire du chant, intitulé ; An Essay anà 
concise Introduction to singing, containing 
rules for singing at sight, formed by the 
ttvUhor during many years study and prac^ 



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DIXON — DIZI 



29 



fier in ieaching. On a aussi de Dixon an recoeil 
de chansons anglaises, Londres, 1795, et un 
Fodiet eampanicn or New Psalm Tunes ^ 
f<9r the ftse of Chairs €md cangregational 
Singing (sans date). 

DIZI (FaARÇois-JosKra), né à Rainur le U 
janvier 1780 , est fils d*an professeur de mosiqne 
qui, de Dinant-snr-la-Meuse, alla sMtabHr dans 
cette Tille. Le jeune Dix! fit voir dès son enfance 
les plus lieurenses dispositions pour la moMqoe, 
et la sérérité de son père détleloppa ses facoltés 
par des étndes laborietises. La harpe était Tins- 
Imoient pour lequel il avait le plus depencliant; 
malbeareosenent il n'y avait pas de maître à 
Ramor qui pôt loi enseigner à en jouer. Les le- 
vons de son père, qui était violoniste , furent les 
seules qu'il reçut, et ce fut en lui-même qu'il dut 
cberciier les moyens d'acquérir du talent. Il avait 
i peine atteint sa seizième année lorsqu'il conçut 
le projet de se rendre en Angleterre. Il voya- 
geait alors en Hollande pour s'y faire entenjlre : 
il s'y embarqua. Arrivé dans un port où le vais- 
seau fut obligé de relâcher, il se promenait sur 
te pont du bAtiment; tout à coup il vit un matelot 
tomber à la mer, et, poussé par un mouvement 
<fhuraanité, il s'y précipita lui-même pour le sau- 
ver, oubliant qu'il ne savait pas nager. Il perdit 
bientôt connaissance, et, lorsqu'il revint à lui, il 
se trouva dans une maison sur le port, où on lui 
donnait des soins. Dès que ses habits furent sè- 
ches, il voulut retourner au vaisseau ; mais ce 
bâtiment, dont II ne savait pas même le nom, 
avait continué sa route, parce qu'on ne s'était 
pas aperçu de l'accident de Dizi , qu'un ouvrier 
do port avait sauvé. La situation du jeune ar- 
tiste était des plus pénibles , car sa harpe, et les 
malles qui contenaient ses habits , son linge, ses 
lettres de recommandation et son argent, étaient 
sur le vaisseau qui s'éloignait de lui. Sa bourse 
ne renfermait que quelques écns à peine suffi- 
sants pour le conduire à Londres, et il ne savait 
pas un mot d'anglais. Il se décida pourtant à sa- 
crifier le peu qui lui restait pour arriver jusqu'à 
la capitale de l'Angleterre , dans l'espoir d'y re- 
trouver le navire qui contenait toutes ses ri- 
chesses et l'espoir de son avenir. 

Arrivé à Londres, il ne put jamais découvrir 
ce bâtiment, n'ayant aucun renseignement qui 
pftt Paider dans ses recherches au milieu de l'im- 
mense quantité de vaisseaux qui stationnaient sur 
la Tamise; il se trouva donc dans cette grande 
ville sans ressources, et n'y connaissant personne. 
Après quelques semaines passées dans la situation 
I» pins pénible, le hasard le conduisit près d'une 
maison où il entendit jouer de la harpe; il se 
décida à y eotrer, exposa sa situation à ceux qui 



l'habitaient, et demanda qu'on l'entendit sur son 
instrument. Cette maison était celle de Sébastien 
Érard , célèbre facteur de harpes et de pianos. 
Le clief de cette maison apprécia le talent du 
jeune Dixij comprit qu'il avait de l'avenir, et 
l'aida è se poser convenablement dans le monde 
en lui procurant des élèves. Clementi lui fut aussi 
utile par l'estime qull témoigna pour ses talents. 
Bientôt Dizi devint le harpiste le plus renommé 
de Londres, et pendant trente ans il jouit en 
Angleterre d'une brillante réputation comme vir- 
tuose et comme oomposileur pour son instru- 
ment 

La nature Pavait doué de dispositions natu- 
relles pour la mécanique et de beaucoup d'a- 
dresse. Il voulut appliquer ces facultés an perfec- 
tionnement de son instrument, et inventa, avec 
l'assistance d'un Polonais, une harpe à double 
action qu'il appela Harpe perpendiculaire, 
parce que les cordes, placées au centre de la 
console, étaient dans une position exactement 
verticale avec le centre de la table. L'élévation 
de ces cordes, à un demi-Ion ou à un ton plus 
haut que l'accord naturel , se faisait par des bas- 
cules placées à l'intérieur de la console. La diffi- 
culté du placement des cordes et les dérange- 
mens fréquents do mécanisme ont déterminé 
plus tard Dizi â renoncer à ce système de cons- 
truction pour se rapproclier de celui d'Érard , 
qu'il a seulement voulu simplifier en substituant 
aux mouvements pariiculiers de chaque note 
des mouvements généraux de communication 
d'octave en octave. Dizi est aussi le premier qui 
ait imaginé de doubler les tables d'harmonie des 
harpes, pour leur donner plus de résistance aux 
vibrations des cordes. Enfin il a disposé les pé- 
dales de l'instrument dans un ordre plus régulier 
que celui qui est généralement adopté; mais 
cette innovation a eu peu de succès, parce qu'elle 
contrariait les habitudes des harpistes. 

En 1830 Dizi a quitté Londres pour s'établir 
à Paris , où il a formé une association avec la 
maison Pleyel, pour l'établissement d'une fabri- 
que de harpes ; mais cette entreprise n'a point eu 
de succès. Depuis son arrivée en France Dixi 
avait été nommé professeur de harpe des prin- 
cesses de la famille royale. Il est mori à Paris. 

Les compositions de Dizi pour la harpe sont : 
1^ Une grande sonate, publiée à Londres. — 
2* Air Saxon, de Cramer, varié; Paris, Janet. — - 
3<* Danse du Châle, variée; ibid. — 4' Trois 
thèmes originaux variés ; ibid. ^ 5^ Douze e*xer- 
cices ou fantaisies pour la harpe à deux rangs de 
pédales, première et deuxième suite; Paris, 
Pleyel. — 6** Une grande quantité de romances 
françaises , d'alfa anglais et italiens variés pour la 



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co 



DIZI — DOBRZYNSKI 



harpe; Londres, Paris, Erard, Plcyel et antres. 

DLABACZ (Jo^EPH-BeNotT), Tîrtuose sur 
le trombone, naquit à Podécbradt le 2 jaillet 
1703. Après avoir fini ses études à Prague il 
Toyagea , pois se fixa à Coblence, où son talent 
remarquable le fit engager dans la chapelle de 
réleclenr. Il mourut en cette Tille vers 1769. On 
ignore sMl a ^rit poar son instrument. 

DLABACZ (GooefrohJean), né vers 1760 
à Bœhmiscli-Brod , en Bohème , entra dans Tor- 
dre des Prémontrés' k Prague, et devint direc- 
teur du cliœur et bibliothécaire do chapitre de 
Strahow, dans la même ville. Il a donné VEssai 
d*un catalogue des meilleurs musicieTis de la 
Bohême , dans les septième et neuvième parties 
de la Statistique de la Bohême, qui a été pu- 
bliée en 1788. Le troisième volume de la So- 
ciété royale des Sciences de la Bohême (1798, 
îii-4'', n* 'i ) renferme une dissertation sur l'état 
des arts dans ce pays , dont il est aussi Pauteur. 
On y trouve quelques détails curieux sur les 
orgues et sur plusieurs musiciens. L'ouvrage le 
plus important qu'il ait publié est le Dictionnaire 
historique des artistes de la Bohème , qui a paru 
«ou? ce ce titre : Allgemeine-hist. Kunstler- 
Lexikon fur Bœhmen, 3 vol. in-4*, Prague, 
1815-1818. On y trouve une multitude de notices 
intéressantes sur les musiciens de cette paKie 
de TAIlemagne. Dlabacz est mort à Prague le 4 
janvier 1820. 

DLUGORAI (Albert), compositeur et lu- 
thiste distingué, né en Pologne, vécut vers la 
fin do seizième siècle. On trouve quelques-unes 
de ses pièces de luth dans le Thésaurus Har^ 
monicus de Besard. 

DOBBERT ( Chrétien- Fréoérig). Voyez 
Doebbkrt. 

DOBLER ( JosepA-Aloys), un des meilleurs 
chanteurs du dix-neuvième siècle en Allemagne, 
est né le 17 novembre 1796 à Gehratzhofen , dans 
le royaume de Wurtemberg, où son père était 
maître dVcole. Celui-ci lui donna les premières 
leçons de musique, de chant et de piano. A Tâge 
de dix ans Dobler fut admis comme enfant de 
chœur à l'église cathédrale de Constance. Il y fit 
ses études jusqu'en 1813; alors , pour se sous- 
traire aux lois de la conscription, il se décida 
à aller faire im cours de tliéologie à Tuniversité 
d'ElIwaugen. Là il eut occa.sion d*exercer sa 
belle voix de bas^e dans les concerts d'amateurs 
qu^ le recteur Spff'gele avait institués. Encou- 
ragé par les succès qu'il obtint dans ces con- 
certs, il résolut de ne point entrer au séminaire, 
et se rendit secrètement à Vienne , où il trouva 
un protecteur dans TambasMideur de Wurtem- 
berg. Weigl ayant entendu la belle voix de 



Dobler, Pencouragea à cultiver le chant, lui 
donna des conseils et lui procura un engagement 
an théâtre de la porte de Carinihie , avec deux 
mille florins d'appointements. Le jeune chanteur, 
âgé seulement de dix-neuf ans , se fit remarquer, 
et bientôt il fut engagé pour le tliéâtre de Linz , 
comme première basse. Il y débuta par le rôle 
d'Alcindor dans Cendrillon , et son succès fut 
complet. En 1820 il prit l'emploi de première 
basse au théâtre de Francfort-sur-le-Mein, resta 
dans cette ville jusqu'en 1825, et entreprit 
alors on grand voyage en Allemagne. Il chanta 
avec snccès à Mayence, Stuttgard , Wiesbaden, 
Berlin , etc. Engagé pour rOpéra-Allemand de 
Londres en 1833, il y chanta dans trente-deax 
représentations pendant la saison, et se lia d*a- 
raitîé avec les célèbres chanteurs italiens Rubini, 
Tamburini et Madame Malibran , qui devinrent 
ses. modèles. De retour à Franfort à la fin de cette 
année, Dobler y resta jusqu'au 15 septembre 
1834, époque où il entra an service de la conr 
de Wurtemberg, à Stuttgard. Cet artiste n'avait 
point étudié de méthode de chant proprement 
dite; ce qu'il savait dans cet art, il le devait à 
sa propre expérience, aux exemples qu'il avait 
recueillis des chanteurs habiles, et surtout à sa 
rare intelligence et au sentiment dramatique dont 
il était doué au plus haut degré. Sa voix était 
pure , égale, flexible , et d'une grande puissance. 
Dobler est mort à Stuttgard le 6 septembre 1841 . 

DOBLOF-DIER (Le baron Charles), 
amateur de musique à Vienne et compositeur 
de musique d'église au commencement du dix- 
neuvième siècle , a iNsaucoup écrit ; mais ses ou- 
vrages, restés en manuscrit, sont devenus la 
propriété du conseiller Georges Kiesewetter, 
qui les a légués à la bibliothèque impériale de 
Vienne avec toute sa collection de musique. 
Voici la liste de ses compositions religieuses : 
1^ Messe à 4 voix en contrepoint ^ré mineur), 
écrite en 1820. — - 2* Te Deumk 4 voix; — 
3^ Hymnes en allemand. — 4** InrU sacri, a 2 
3 c 4 voci — 5* Invocavi Dom., h 4 voix. 
— 6** Timete Dom.f à 4 voix. —7* Trois grands 
chœurs à 4 parties. — 8* Meèseà voix seule, avec 
orgue. — 9^ Messe en contrepoint à 4 voix. .— 
10* Dos GébethdesHerm, à 4 voix.— ll'»Pa. 
ter noster, à 4 voix, avec nn Jmen h 10 voix. — 
\7?Ego sum resurrectio, à 4 voix. — 13" Hym- 
nodie chrétienne ft voix seule, avec piano. — 
14° Hymne pour le temps de Pâques, à voix seule 
et piano. 

DOBRZYNSKI (Jban-Félix), pianiste et 
compositeur polonais, est né en 1807 à Roma- 
now, dans la Wolhynie, où son père, violo- 
niste distingué, dirigeait l'orchestre des concerts 



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DOBRZTNSKI — DOGHE 



31 



et de ropëra chez le comte Ilinski. C'est sons sa 
dtreCtioa qoe le jeune Dobriynski étudia le piano 
et le Tïolon. Ses progrès^ Turent rapides dans tout 
ce qui concerne le mécanisme ; mais ses facultés 
poar Part ne se développèrent qu'aprèsi que sa 
famille se fut établie à .Varsovie. Devenu alors 
élève d'Ëlsoer pour l'harmonie et le contrepoint, 
il ne taiMa point à faire reconnaître que la na- 
ture TaTait doué d*un heureux instinct pour la 
eom{M>sition de la musique instramenlale. Vers 
1818, SCS études musicales étant achevées, 
il commença à se livrer à renseignement du 
piano, se fit entendre dans les concerts et piibKA 
ies premières compositions. On a de lui beaucoup 
de mazourkes, de nocturnes et de mori-eaux de 
saloo pour le piano, publiés à Varsovie, à Posen, 
à BerOn et à Leipsick , ainsi que de jolies mé^ 
lodies pour voix seule et piano ; mais il s'est rendu 
recommandable par des œuvres Instrumentales 
d*un ordre plus élevé, parmi lesquelles on remar- 
que : 1* Une sympli<Snie en xit mineur, qui obtint 
en 1&38 le deuxième prix dans le concours ouvert 
à Vienne pour ce genre de composition, et qui 
fol exécutée à Leipsick avec succès dans Tannée 
soWante. ^ 2^ Trots quatuors pour 2 violons, alto 
et basse. — 3^ Deux quintettes pour 2 violons, 
alto et deux violoncelles, œuvres 38 et 40, pu- 
bliés à Leipsick, chez Hoffmeister. Ces compo- 
siiîons sont d*un ordre très- distingué. — 4^ Un 
sextuor (en mi majeur) pour 2 violons, alto, 2 
vJofoDcelles et contrebasse, op. 39; ibid. — 
5* Trio pour piano, violon et violoncelle, dédié 
èHummei,op. 17 (en to mineur); Leipsick, 
Breitkopf et Hsrlel. — 6° Sonate pour piano et 
violon. — 7* Nocturne pour piano et violoncelle, 
ratitolé les Larmes. Dobrzynski s'est aussi essayé 
dans la musique dramatique par un opéra qui 
a pour titre Monbar^ dont Touvertiire et quelques 
morceaux détachés ont été exécutés à Leipsick 
et à. Dre^le en 1845 et 1840 ; mais on n*y a pas 
remarqué roriginalité d'idées qui règne dans ses 
compositions instrumentales. Dans les mêmes 
années tl donna des concerts à Berlin , à Leipsick 
et dans quelques autres villes du nord de l'AI- 
lemagne , et y produisit une vive impression par 
le mérite de quelques-unes de ses œuvres. 

DOBYHALL(Joseph), et nonDOBYHERLL, 
comme il est dit daps la première édition de 
cette Biographie, maître de musique du deuxième 
régiment d'artillerie en garnison à Vienne, est né 
le 13 juin 1779 à Krasowitz, en Bohème. Destiné 
à fenseignemenl de la musique par son père. Il 
étndia tontes les parties de cet art et apprit le 
cbant, le piano , Torgue, le violon et presque 
tous les instruments à vent, sous la direction de 
IfawratJI, DoluxaleK, Johanis, et surtout d'un 



organiste très-habile nommé Bnhmik. Lors^fuNl 
eut atteint sa quinzième année, il fut envoyé à 
Enns, dans la Haute- Autriche, pour y appren- 
dre, sous la direction du musicien de la ville , 
à jouer du cor, de la trompette et du trombone ; 
puis il alla à Vienne faire un cours d'études litté- 
raires. Admis dans cette ville au théfttre Léopold 
comme clarinettiste, il y reste pendant six ans. 
Pendant ce temps il apprit l'harmonie et la 
composition chez Heidenreich et Tayber. En 
1808. Dobyhall fut nommé chef de la musique 
du prince Koorakin, -ambassadeur de Russie à la 
cour de Vienne. Deux ans plus tard il entra au 
théAtre Hofburger, et peu de temps après il eut 
la direction de la chapelle du prince de Lobko- 
witz. Depuis lors il a été admis à Torchestre do 
thé&tre de la Cour comme seconde clarinette , et 
a été' nommé maître de musique du deuxième 
régiment d'artillerie. Le tolent de cet artiste pour 
la direction d'un orchestred'instrumentsà ventet 
pour l'arrangement delà musique en harmonie mi- 
litaire était très-remarquable. On a de lui pins 
de cent suites de morceatii extraits d'opéras ita- 
liens , allemands et français, arrangés avec beau- 
coup de goût et une rare intelligence. Dobyhall 
y a introduit une multitude de nouvelles combi- 
naisons d'instruments , du plus grand effet. Lors- 
que Aossini alla à Vienne , il éprouva tent de 
plaisir, à l'exécution de quelques-unes de ses pro- 
ductions ainsi arrangées, qu'il désira avoir les 
partitions de ces morceaux , pour étudier le sys- 
tème et le* mécanisme des combinaisons d'instru- 
ments à voit. 

DOCHE (Joseph-Denis), né à Paris le 22 
août 1768, entra comme enfant de chœur à la 
cathédrale de Meaui , à l'âge de huit ans, et y 
apprit la musique sous la direction de Guignet. 
Nommé mattre de clia pelle de la cathédrale de 
Constance, à dix-neuf ans, il y resta jusqu'à 
répoquede la Révolution. Il entra alors à l'orches- 
tre du théAtre du Vaudeville pour y jouer de 
l'allo, puis du violoncelle, et enfin de la contre- 
basse. Devenu chef d^orciiestre du même ihéâtre, 
il composa, pour les pièces qu'on y représentait, 
une multitude d'airs qui se distinguent par un 
chant naturel et gracieux. Les plus connus sont 
ceux de Fanchon la Vielleuse, la romance de 
Santeuil, celle de Gentil Bernard, etc. Il en a 
publié le recueil, en 1822, sous le titre de la 
Musettedu Vaudeville j grand in-8<* obi. Doche 
a fait aussi la musique d'un opéra-comique intitulé 
les Trois Derville, qui fut refusé au théâtre 
Feydeau en 1818, et de f>\usieun opérettes joués 
aux théâtres des Boulevards, entre autres Point 
de bruit, qui /ut joué avec succès au théâtre de 
la Porte-Saint-Martin, en 1804. il a fait entendre 



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83 



DOCHE — DODWELL 



à Paris ptusiears mesMs à grand orchestre. La 
dernière a été eiécvtée à Saintp-Eostacbe, le 22 
novembre 1809, jour de Sainte-Cédie. Retiré do 
Vaudeville en 1824 , Doclie est mort à Soiseons 
au mois de juillet I82&. 

DOCHE ( Alex4I«deb-Piebrb-Joseph), fils du 
précédent, né à Paris en 1799, fit ses études 
musicales au Conservatoire de Paris, et succéda 
à son père dans la place de compositeur et de 
phef d^orcbestre du Vaudeville. Plus tard il est 
entré au théâtre du Gymnase comme clief d'or- 
chestre. 11 a écrit pour les. pièces de ce thé&tre 
beaucoup de morceaux de musique, dontquel- 
qnes-nns ont été publiés à Paris, cliez Petit, 
Savaresse et Lemoioe. Au mois de mai 1846 
Docbe a fait représenter à rOpéra-Comique un 
ouvrage en un acte, intitulé le Veuf du Malabar , 
dont la musique était assez médiocre, et ad mois 
de mars de Tannée suivante il a donné au même 
tl)é&tre Alix, petit acte qui n'a inspiré également 
au musicien que des idées communes» écrites avec 
négligence. Docbe est mort à Saint-Pétersbourg 
au mois d'août 1849. 

DODART (Denis), médecin, naquit à Paris 
en 1624. Après avoir été reçu docteur en 1660,* il 
fut nommé, six ans après, professeur de pharma- 
cie, et ensuite conseiller-médecin de Louis XIV. 
En 1673 l'Académie des Sciences Tadmit au. nom- 
bre de ses membres. Il fut chargé par ses con- 
frères de rassembler les matériaux d'une his- 
toire de la musique ; mais il s'est borné à publier 
plusieurs Mémoires sur la formation Ile la voix 
et sur la détermination du son fixe. Ces Mémoi- 
res ont été insérés parmi ceux de TAcadémiedes 
Sciences. Dodart est mort à Paris le 5 novembre 
1707. Les Mémoires publiés par lui sur les objets 
relatifs à la musique sont les suivants : l** Mé' 
moire sur les causes de la voix de Vhomme 
et de ses différents tons (Mém. de l'Académie 
des Sciences, ann. 1700, p. 238-268). — 2''Notes 
sur le Mémoire prëcéderU (Idem, p. 268-287). 
— 3* Supplément au Mémoire sur la voix 
et sur les fotis, première partie (ann. 1706, 
p. 136). — 4'' De la différence des ions, de 
la parole et de la voix du chant^ par rap- 
port au récitatif, et, par occcuion, des expres- 
sions de la musique antique et de la musique 
moderne {U.f p 388).— 5® Supplément au 
Mémoire sur la voix et sur les tons, seconde 
partie (ann. 1707, p. 66). Dodart cherche à 
établir dans ces Mémoires la similitude de Torgane 
vocal avec un instrumenta veut, système adopta 
jusqu'en 1743, où Ferrein en proposa un autre, 
qui partagea les savants. On a aussi du même au- 
teur : Sur la détermination du son fixe (Mém., 
ann. 1700, p. 131-140). Ilya quelques exemplai* 



res du Mémoire de Dodart sur les causes de la 
voix de Thomme imprimés séparément avec Ie5 
notes et les additions, lesquels portent la date 
de 1703, sans nom d'imprimeur. L'auleor les 
avait fait tirer pour ses amis ; la Bibliolhèque 
impériale, à Paris, en possède un qui vient du 
cabinet de Brossard. 

DODDRIDGE (Philippe), ecclésiastique 
anglais, naquit à Londres le 26 juin 1702. H com- 
mença ses études à Técole de Saint-Alhain , et 
les acheva au collège des ministres non confor- 
mistes, à Kibworth, dans le comté de Leycester. 
En 1722 11 fut nommé prédicateur à Kibworth, 
ensuite à Market-Harborough, et enfin professeur 
au collège de Northampton en 1730. Sa santé, qui 
I avait toujours été très-faible, s'étant entièrement 
I dérangée, les médecins lui conseillèrent de 
, changer de climat ; il se rendit à Lisbonne; mais 
à peine y fut-il arrivé que son mal empira, et il 
' mourut dans cette ville, le 26 octobre 1750. 
I Doddridge a donné dansies Transactions plii- 
; losophiques, t. 44, p. 596, Account of onef , 
! who had no Ear to Music naturally , singing 
several tunes whenin a cte/IHum (Notice sur 
un individu qui, n'ayant pas Toreilie musicale, 
chaule plusieurs airs avec justesse , dans une 
accès de délire). 

DODWELL (Hekri), philologue célèbre, 
naquit en 1641. Ayant perdu ses parents de bonne 
heure, il tomba dans l'indigence jusqu'à ce qu'un 
de ses oncles le recueillit et lui fournit les moyens 
de faire ses études, d*abord à Dublin, ensuite à 
Oxford. Ayant été nommé professeur d'histoire 
dans cette université en 1688, Tannée même de 
la révolution anglaise, il ne tarda pas à perdre 
cette place, parce qu'il se refusa à prêter le ser- 
ment d'allégeance. Après s'être engagé dar.s 
toutes les querelles religieuses de son temps et 
avoir écrit une immense quantité d'ouvrages de 
tout genre, il mourut le 7 juin 1711. Les travaux 
de ce savant homme sur les historiens et les 
géographes andens, ainsi que sur les antiquités 
ecclésiastiques, n'étant point de l'objet de ce 
dictionnaire, je me contenterai de citer son 
livre Intitulé Treatise conceming the lawfvi- 
ness of instrumental Music in holff offices, 
etc. (Traité concernant Tadmissionde la musique 
instrumentale dans Toffice divin); Londres, 1700, 
in-8^. C'est une seconde édition : j'ignore la date 
de la première. Ce traité est tout tliéologique. 
Dodwell y établit que la musique des instru- 
ments, particulièrement celle de l'orgue, ayant 
pour objet d'affecter la sensibilité, ne peut être 
admise dans l'office divin, où l'homme ne doit 
porter qu'un esprit dégagé de toute émotion sen- 
suelle; et U déclare que les exemples de l'usage 



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DODWELL — DOEHLER 



9S. 



^cs instram^nts dans le temple de Dieu , tirés 
de r Ancien Testament, aont sans valeur, parce que 
les Juifs, comme les papistes, ne professent que de 
fausses religions. Une préface de 84 pages du mi- 
nistre anglican John Mewte, où la même doc- 
trine est soutenue, précède l'ouvrage de Dodwell 
(Voy. Newte). 

DOEBBëRT (CBRiTiEzc-FRÉDéRic), ha- 
bile flûtiste, naquit à Berlin, où il prit des leçons 
4le hautbois et de llûte. Ayant acquis beaucoup de 
talent sur ces deax instruments, il passa au ser* 
vice du margrave Frédéric de Brandebourg Culm- 
bach, auquel il donnait des leçons de flûte. A 
la mort de ce priuce, en 1763, les virtuoses ita- 
liens, chanteurs et cantatrices, ayant été congé- 
•diés, Dœbbert passa avec les musiciens allemands 
au service du margrave d'Anspach et de Bay- 
reutli; il y mourut en 1770. lia publié à Nurem- 
berg, en 1759, six solos pour la flûte, avec accom- 
pagnement de basse. 

DOËDËRLIN (Jban- ALEX ANDRE )y né le 
11 février l(j7 5 à Biswang, dans le comté de 
Pappenheim, fut magister et recteur de l'école de 
^eissenfels en Nordgau, où il- mourut le 23 oc- 
tobre 1745. On a de lui un écrit intitulé : Ârs 
canendi veterum, et veterum cantores Weis- 
senburgcnses , 2 feuilles in-fol. sans date. Cet 
ouvrage , qui parait devoir être intéressant par 
son titre, est de ta plus grande rareté. 

DCKHLER (Théodore), pianiste et compo- 
siteur pour son instrument, naquit le 20 avril 
1814 à Naples, où son père était chef de musi- 
que d'un régiment. Il était âgé de sept ans lors- 
qu'il reçut les premières leçons de piano. Ses 
dispositions pour la ^^]sique et l'instrument 
'étaient si heureuses qu'après six mois d'études 
tl avait dépassé en habileté sa sœur aînée, qui 
jouait du piano depuis plusieurs années. Lorsque 
Benedict arriva. à Naples, if accepta Dœhler 
comme élève. Celui-ci n'était Agé que de treize 
ans lorsque son maître le fit entendre au théâtre 
du Fondo, où U reçut des applaudissements. En 
1629 Dœhlv suivit sa famille à Lucques, où le 
père était engagé au service du prince; mais il 
o'y resta que peu de temps, parce que sa famille 
alla bientôt après s'établir à Vienne, où le 
jeune pianiste fut mis sous la direction de Czerny, 
pendant qu'il faisait des études de composition 
chez Sechter. Parvenu à l'Age de dix-sept ans, 
Dœhler obtint la position de virtuose de la mu- 
sique particulière du duc de Lucques et eut 
l'honneur de l'accompagner dans quelques voya- 
ges. En 1836 il entreprit lui-môme une grande 
tournée pour faire connaître son talent : il était 
alors Agé de vingt-deux ans. Il visita d'abord 
l'Allemagne, et les premières villes où il se fit 

BlOCa. OMIT. DES MUSICIENS. — T. III. 



entendre furent Leipsick et Berlin ; il y obtini 
de brillants succès. Au commencement de 1837 
I son .service le rappela à la cour de Lucques, mais 
; il fit dans la même année une excursion à 
I Florence et à Bologne, où il donna des concerts. 
I Vers la fin de 1838 il arriva à Paris. Thalberg y 
I causait alors une vive sensation par les effets 
! nouveaux qu'il faisait produire au piano et par la 
sonorité puissante qu'il tirait de l'instrument. Le 
talent de Dœhler n'atteignait pas à cette hauteur; 
' mais il se faisait remarquer par beaucoup de 
I délicatesse dans le toucher, par l'élégance et la 
I grAce. 11 joua dans un des concerts de la société 
I du Conservatoire et y obtint un brillant succès. 
I Cest de celte époque que date sa réputation de 
virtuose. Au printemps de 1839 il se rendit à 
I Londres, où ses manières gracieuses et polies 
i préparèrent ses succès dans U haute société. 
Dans la même année il visita la Hollande, où 
' l'enthousiasme pour son talent alla si loin que son 
buste fut inauguré solennellement à la Haye. 
De retour en Italie vers le mois d'août, il obtint 
de son prince un nouveau congé dans l'année 
suivante, pour retourner en Hollande, où il était 
appelé. Il donna alors des concerts à Amster-* 
dam, à Botterdam, à Utrecht; puis il se rendit 
en Belgique, et obtint à Bruxelles de brillants 
succès. Après lin séjour d'environ deux ans à 
Lucques, Dœhler reparut en Allemagne, et donna 
des concerts à Francfort, Leipsick, Berlin et 
Hambourg ; puis il se rendit à Copenhague, dans 
riiîverde 1343, etenfin en Russie, où il s'arrêta pen- 
dant près de deux ans. A Saint-Pétersbourg il avait 
trouvé une protection très-activedans la princesse 
Tscherraeteff; bientôt l'intérêt que prenait à lui 
cette dame devint un sentiment plus tendre, et 
elle prit là résolution de lui donner sa main; 
mais de grandes difficultés s'opposaient à cette 
union, La princesse mit à les surmonter l'éner- 
gie et la ténacité que donne la passion à une 
femme. Après bien des négociations délicates et 
de grands sacrifices, elle atteignit enfin son bat, 
et Dœliler devint son époux en 1846. Tous deux 
se fixèrent dès lors en Italie, et l'artiste se trans- 
forma en amateur. Une seule fois il se fit encore 
entendre dans un concert public à Florence ; mais 
ce fut pour une œuvre de bienfaisance. Tout 
semblait lui présager une existence heureuse; 
mais J^ientôt sa santé se dérangea. En vain il 
essaya de l'influence des changements de climat 
et des eaux les plus renommées; il ne fit plus 
que languir, et il mourut à Rome, le 21 février 
1856, à l'âge de quarante-deux ans. Dœhler a 
publié beaucoup de compositions pour le piano« 
dont plusieurs ont eu de la vogue et sont en- 
core dans le répertoire des pianistes; on y re- 

3 



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S4 



DOEHLER — DOISY-LINTAJNT 



marqué an eoneerto, csuTie 7; doue fantaisies 
sur des tliemes de divers opéras de Rossioi, 
Meyerbeer, Dooiietti, Bellini, Hérold, Halé- 
Yj, etc.; dix nocturnes détacliés; beaucoup de 
thèmes ▼ariës, des études, des caprices, des ron- 
dos, des pièces détachées de tout genre, des valses 
et des pollcas. Comme pianiste Dœhler manquait 
de puissance, et quelquefois de correction ; mais 
il y avait beaucoup de cliarme dans son jeu. 

DOELZSCH ( Jban-Gottubb), constructeur 
d*orgues, né à Dcebein, en Saxe, vivait dans la 
première moitié du dix-huitième siècle. En 1729 
U finit l'orgue de Grneneberg, composé de douze 
jeax^ Il répara celui de Péglise de Sainte-Guné- 
gonde,àRoclilitz, en 17S2. 

DOEMENY (Albxahdhb db), pianiste et 
organiste à Pestli, est né en Hongrie vers 1801. Il 
s*est fait connaître par deux ouvrages, dont le pre- 
mier est une Instruction, en hongrois et en alle- 
mand, pour apprendre à jouer du piano, avoc des 
exercices tirés des œuvres de Haendel , Clementi, 
Cramer, Stetbelt, Kalkbrenner, etc.; Pesth, Char- 
les Mâller, 1828, in-foi. de 121 pages. L'autre 
a pour titre : Kerénekesluenya melyet d^ffelve- 
%ita Vallaistétett Tartok Deoz hasznôkra 
néiy Enakosora, etc. ^ Livre choral à 4 parties 
pour l'orgue, à Tusage des congrégations de la 
confession helvétique, etc. ) ; Pesth , 1830*, in-4^ 
Fink a fait une analyse de ce livre choral dans la 
Qazette générale de mtuique de Leipsick (ann. 
1831, n** 22, p. S49— 364). 

DOERFFEL (ÀLFREn), pianiste distingué, 
est né à Waldtnbonrg, en Saxe, le 24 janvier 
1821. Ses parents renvoyèrent fort jeune à Leip- 
sick, où il reçut des leçons de piano de Giinther. 
A Tftge de treize ans il débuta dans les concerts de 
la société d^Suterpe et y fit sensation par son 
talent précoce. Pendant les années 1837, 88 et 39, 
Il joua souvent dans ces concerts et y fit remar- 
quer ses progrès. Postérieurement il s'est fixé dans 
cette ville comme professeur de piano. M. DœrfTel 
a été pendant plusieurs années un des rédacteurs 
de la Nouvelle Gcaette de musique ôe Leipsick. 
J'ignore s'il a publié quelques compositions pour 
son instrument. 

DOERING ( JEAHFRéDBRic-SAMDEL) , né le 
16 Juillet 17C6 à Gatterstœdt, près de Querfurt, 
où son père était maître d'école. En 1776 il entra 
à l'école Saint-Thomas de Leipsick comme^lève 
etcommesopraniste dans le chœur. Après y avoir 
fait ses études élémentaires, il suivit en 1788 les 
coars de Tunlversité de Leipsick, comme étudiant 
en théologie; puis il se renditàDresde en 1791 et 
y remplit les fonctions de précepteur dans une 
famille pendant deux ans. En 1793 il obtint une 
place de cantor à Lucka,dans la Lusace infé- 



rieure ; deux ans après il alla occuper une posi- 
tion semblable à Gôrlitz. Il y resta jusqu'en 1814, 
époque où ii accepta le cantorat à Alteoboarg. 
Il mourut dans cette ville le 27 août 1840, à l'ftge 
de 74 ans. Doering fut également distingué 
comme basse chantante et comme professeur. 
Il jouait bien du violon , du piano et de l'orgue, 
n s'est lut connaître dans le monde musical par 
les publications suivantes : Die 3 Rosen des Le- 
bens, GesellschaftsbildfUr 4 Singstimmen, etc. 
(les Trots Roses de la vie, chansons de société 
à quatre voix); Gôrlitz, 1799. — 2*» \oHsixnr 
diges Gôrlitzer Choral -Melodien-Buch M 
Buchstaben, Viersdmmig gesestzt ( Livre com- 
plet de mélodies chorales, pour la ville de Gdr 
liU, arrsngé à 4 voix); Gôrlitz, 1802. — S" An- 
weisung zum Singen, Erster Kursus ( Instruc- 
tion pour le chant «.premier cours); ibid., 1805, 
in-8* de 80 pages. — 4^* Etuas zur BerickU- 
gung des Urtheilsûber die musikalischen Skig- 
chore auf den gelehrten protestaniischen 
Schulen Deuischlands (ObservaCions pour l'a- 
mélioration des jugements sur les chœurs musi- 
caux des écoles supérieures protestantes de l'Al- 
lemagne); Gôriitz, 1806, in-4'' de 24 pages 

5^ Onze chœurs à 4 voix : f* suite ; Altenbourg» 
1815. ^ 6° Livre choral complet, à l'usage àe. 
la ville d'Altenbourg; Altenbourg, 1817, tn-4*. 
— 7*" Vingt-quatre mélodies chorales à 4 voix; 
ibid., 1830. 

DOERING (M.-L.-J.); on a sons ce nom 
une suite d'articles sur l'existence et la nature 
du rliy thme, qui ont été insérés dans la vingt-sep- 
tième année de \9k Gazette musicale à% Leipsick, 
p. 3*9, 17-26, 37-41. Ces morceaux ne sont point 
sans intérêt et se font remarquer par dea vuo» 
neuves. 

DOERING (Le docteur Henhi ) , littérateur 
allemand, né à Cassel, si je suis bien faiformé, 
s'est fait connaître avantageusement, dans ces 
derniers temps, par divers ouvrages, et par des 
morceaux détachés dans les revues littéraires, 
parmi lesquels on remarque un aperçu rapide de 
la vie de Mozart. Ce morceau a été traduit de 
l'allemand par M. C. Viel, sous le simple titre : 
W,'A. MozaH; Paris, A. Bohné, 1860, in-12 
de 76 pages. 

DOERNER'(JEAif-GEORGBs), organiste k 
Bitterfeld, en Prusse, vers le milieu du dix-hui- 
tième siècle, a fait imprimer une ÉpÙre au 
docteur MitHer sur Vorigine du son et des 
tons principaux (en hWemMà) ; Bitterfeld^ Midi. 
Heunigen, 1743 , 3 feuilles in-8*'. 

DOISY-LINTANT (Charles), guitarisie 
et marchand de musique à Paris , est mort dans 
cette viile en 1807. Il a publié un grand nombre 



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DOISY-LINTANT — DOMART 



36 



de morceaux pour son instrument. Les plus coû* 
nos sont : 1^ Un concerto , avec «ocompagne- 
ment de deux violons , alto et basse. — 2"* Dix 
trios pour guitare, violon et alto, op. 1 et 3. — 
3** Trois trios pour trois guitares. — 4* Qna- 
raote-neuf duos pour deux guitares ou pour gui- 
tare et violon 5** Plusieurs sonates , rondos 

et solos. — 6* Principes généraux et raisonnes 
de la guitare ; Paris, Ifaderman, ISOI. — 7* Pe- 
tite Méthode pour le même instrument, avec 
des airs; ibid. 

DOLÉ (L'abbé F.-C), né en Normandie 
vers 1810, a fait ses études au petit séminaire de 
Rouen. Devenu directeur dn pensionnat de Vire 
et aumônier de l'Hôtel-Dieu de cette ville, il 
occupait encore cette positfon en 1848. Il est au- 
teur d*un livre très-estimable qui a pour titre : 
£ss€a théorique, pratique et historique sur 
le plain-chant; Paris, fiecoffre, 1847, 1 vol. 
in-8® de 264 pages. 

DOLES (Jear-Fr^déric), né à Steinbach, 
en Franconie, en 1715, commença ses études 
au gymnase deSchleusingen, et apprit la musi- 
que à récole de Saint-Thomas de Leipsick. Son 
maître de composition fut Jean-Sébastien Bach. 
En 1744 il obtint la place de chantre à Frey- 
berg, où il resta jusqu'en 1756, époque où il 
succéda à Harrer dans les fonctions de directeur 
de musique à l'église de Saint-Thomas de Leip- 
sick. Il unissait le talent de bien enseigner à 
celui de bien écrire , et jonlssait d'une grande 
considération parmi les musiciens de son temps. 
Il est mort le 8 février 1797. On a de lui les 
ouvrages suivants : 1^ Anfangsgriinde tum Sin- 
gèn (Introduction h Tart du chant), manuscrit 
In-S"" de 158 pages. -- 2** Neue Lieder vott 
Fuchs ( Nouvelles Chansons de Fuchs) ; Leipsick, 
1750. — 3® Le quarante-sixième psaume mis 
en musique; ibid., 1758, In- fol. — 4^ Melo- 
dien su Gellerts geistUchen Oden, etc. ( Mé- 
lodies pour les odes spirituelles de Gellert, à 
quatre voix , avec accompagnement de clavecin ) ; 
ibid., 1762, in-fol. min.— 6<* Vierstimmiges 
ChoraWuch , oder harmonische - Melodien 
Sammlung filr Kirchen (Livre choral à quatre 
Toix , on recueli de mélodies harmoniques pour 
l'église ); Ibid., 1785,in-4<'. — ef* Cantate sur le 
chant de Gellert : Ich Komme vor dein Ange' 
siùhty etc., pour quatre voix et orchestre; Leip- 
sick , 1790, petit in-fol. Cet ouvrage , dont une 
partie ent dans le style fugué, fait voir que Doles 
était un digne élève de J.-S. Bach. On y trouve 
une préface excellente sur Part de traiter la mu- 
sique d'église. — 7® Singbare und leichte 
Choralvorspiele fOo' Lehrer und ùrganisten, 
etc. (Préludes chantants et clioisis pour des cho- 



rals à l'usage des professeurs et des organistes, 
etc. ) , première suite , Leipsick , 1795 , in-fol. ; 
deuxième suite, ibid.» 1795; troisième idem, 
ibid., 1796; quatrième idem, ibid., 1797. Cette 
collection présente des pièces d'un fort bon style. 
Doles a laissé en manuscrit : r Passion , d'a- 
près Saint-Marc. ^ 2<'idem, d'après Saint-Luc 
— 3^ La Passion, oratorio. — 4** Les Psaumes 
quatre-vingt-cinq et cent. — 5° Salvete vos. ~ 
e^" Un cantique : Jésus meine Zuverstchi. ^ 
V Magnificat, en allemand. — 8^ Deux Messes. 
-^ 9"" Kyrie cum Gloria^ en si mineur. — lo** 
Les 2% 16«, 25% 33% Bf et Ui» psaumes. 

DOLES (JBAn-FatoÉwc) fils du précédent, 
naquit à Freyberg le 26 mai 174(L Son pre- 
mier maître fut le recteur Funcke, de Freyberg. 
Il apprit ensuite la musique et le chant sous la 
direction de son père. En 1764 il entra à l'n- 
niversité de Leipsick et ensuite à racadémied*fir- 
langen pour se livrer à l'étude de la jurispru- 
dence. Il prit ses degrés de docteur en droit en 
1776 et fut nommé * subsistut dans la Faculté de 
droit. Il est mort à Leipsick le 16 avril 1796. 
Doles est compté parmi les amateurs de musique 
les plus distingués. Il a publié en 1775 six solos 
pour le piano, à Leipsick, chez Breitkopf. On 
connaît aussi en manuscrit on concerto pour le 
même instrument, qui a eu k>eaucoup de succès 
en Allemagne. 

DOLEZALEK (Jban-Ehmandbl), excellent 
pianiste, né àChotiebarx, en Bohême, vers 1785, 
vécut à Vienne en 1815 et dans les années sui- 
vantes. En 1814 il s'était fait admirer à Pragne 
par son habileté comme exécutant et par l'origi- 
nalité de ses chansons bohémiennes , publiées en 
1812 sous le titre de Czishe PJsné wkudbu 
vwedené, etc. Parmi les autres compositions de 
Dolezalek on remarque : 1^ Douze écossaises 
pour deux violons, deux clarinettes , deux cors, 
flûte, deux bassons et basse; Vienne, Artaria. 
•— 2® Neuf variations sur un thème de Sargines, 
pour le piano; ibid. — 3^ Variations sur un 
thème du ballet Der Fassbinder; ibid. — kf* 
Plusieurs recueils d'allemandes, écossaises et 
valses pour le piano; Vienne, MechettI et Ar- 
taria. — 5^ Deux marches russes pour le piano; 
Vienne, Artaria. 

DOMART ou DOMARTO, musicien fran- 
çais, né vraisemblablement en Picardie , vécut 
dans la première moitié du quinzième sièMïle. Son 
nom figure parmi reux des contrapuotistes les 
plus célèbres de son temps. Tinctoris le cite en 
plusieurs endroits de ses ouvrages, notamment 
dans son Proportionale, où il critique quelques 
erreurs de proportions dans la messe Spiritus 
almus de Domart. Dans les archives de la cha- 

3. 



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36 



DOMART — DONATI 



pelle pontiKcale il y a un recneil de meineB 
mannscrites, des maîtres les plus anciens (coté 
14, ÎD-fol. ), parmi lesquelles on en trooTO de 
ee mosicien. Une chanjion française à trois voix 
de ce même compositeur a été recnetllie par 
M. Stéphen Morelot dans les manuscrits de la 
bibliothèque du Vatican. 

DOMENJOUD (Jbam-Baptistb), avocat 
au parlement de Paris, présenta à l'Académie 
royale des Sciences, en 1757, un Tiolon dont les 
cordes étaient tendoes jAir des Tis au lien de 
cheTilles , et dont la tète mobile permettait d'é- 
lever on d'abaisser à la foie les quatre cordes de 
llnstroment L'Académie jngeaqoe la mécanique 
employée par Domenjoud pour hsuf«er et baisser 
le ton de l'instrument n'était pas ftosceptible d'une 
grande précision , par l'impossibilité de connaître 
exactement les proportions de grosseur des cor- 
des et les diverses circonstances qui exercent 
de l'influence sur leur tension réciproque; mais 
elle approuva la substitution des vis aux chevilles, 
par lesquelles il est difflcille'de bien régler l'ac- 
cord et d'empêcher le relâchement accidentel. 
Satisfait de ce rapport, Domenjoud fit imprimer 
la discription de son double mécanisme sous ce 
titre ! De la pré fermes des vis aux chevilles 
pour les instruments de fntLsique ; et un essai 
sur la manière de cl t nger VA-mi-la , en 
tendant ou détendemt toutes les cordes à la 
fois, sans détruire Vharmonie; ce qui donne 
lieu à des martckes d'une forme nouvelle , 
beaucoup plus commodes que les anciens; 
Paris, 1757, in- 12 de 22 pages, avec une planche. 

DOMINGOS OË S. JOSÉ-VERËLLA 
(Le Père), moine bénédictin portugais, au cou- 
vent de Porto, vivait an commencement du dix- 
neuvième siècle. Il est auteur d'un ouvrage qui 
a pour titre : Compendio de Musiea, theorica 
et pratica, que confem brève instrucçao para 
Urer musiea; Leçones de accompanhamento 
em orgad^ grava (clavecin), guitarra, etc.; 
Porto, 1806, Ivol. petit in-4^ 

DOMINICO (JRAN), musicien italien qui 
vivait vers le milieu du seizième siècle, a fait 
imprimer : Cantiones sacrx quinque vocum; 
Venifse, 156ft. 

DOMNIGH (Henri), fils d'un musicien de 
Télectenr de Bavière , naquit à Wûrzbourg vers 
1760. Dès son enfance il cultiva la musique et 
s'adonna particulièrement à l'étude dv cor, sur 
lequel il fit de si rapides progrès, qu'à l'Age de 
douze ans il fut admis à la chapelle électorale. 
De là il passa h Mayence, au service du comte 
de Oelz, grand amateur de musique. Enfin il 
vint à Paris, où il fut assez heureux pour rece- 
voir des leçons de Punto. À la formation du 



Conservatoire de musique, Domnich fut com- 
pris an nombre des professeurs , et il se montra 
digne de cette distinction par les excellents élèves 
qu'il forma, et dont il a peuplé les orchestres de 
Paris et de la France. On lui doit la Méthode de 
premier et de second cor, à Vtuage du Con- 
servatoire ( Paris , 1805, in-fol. ) , qui fut long- 
temps la meilleure qu'on eût en France , et qui 
n'a été remplacée avantageusement que par celle 
de Dauprat. Il a aussi publié : 1" Trois concertos 
pour le cor, avec accompagnement d'orchestre; 
Paris, Osi. — 2" Symphonie concertante pour 
deux cors ; ibid. — 3^ Deux recueils de romances, 
avec accompagnement de piano, op. 4 et 5. Quel- 
ques-unes de ces romances sont charmantes el 
ont eu un succès devogue. Domnich a eu deux 
frères, Jacques et Arnold , tous deux virtuoses 
sur le cor. Le premier, qui était son aîné, est 
passé en Amérique et vivait à Philadelphie en 
1806; le second, plus jeune que lui, était, en 
1805, an service dnduc de Saxe-Meinin^en. 

DOMONATUS (JB4N-HEiiRi- Samuel), or- 
ganiste de l'église principale à Jéna , naquit en 
cette ville le 3 avril 1758. Fils d'un fabricant de 
soieries qui aimait beanconp la musique, il reçut 
des leçons de clavecin et d'orgue dès ses pre- 
mières années. A l'Age de treize ans il Ait en- 
voyé au gymnase ( collège) de Weimar ; le maître 
de chapelle Wolf, de cette ville, se chargea de 
le diriger dans la suite de ses études musicales. 
Plus tard il alla suivre les cours de l'université 
de Jéna et y fit des études de droit ; mais , fidèle 
à la musique , il brilla dans les concerts comme 
claveciniste et se fit remarquer par son talent sur 
l'orgue. Ses études terminées , il entra comme 
secrétaire chez le comte de Solms, dont les pro- 
priétés étaient situées en Silé.sie. Après y être 
resté trois ans, il obtint du comte une pension 
de 50 écus pour le reste de ses jours, et retourna 
à Jéna, où il accepta la place de directeur de 
musique de l'Académie, en 1786. Neuf ans après 
il fut nommé premier organiste de l'église princi- 
pale; mais ses emplois étaient si mal payés, que 
le pauvre artiste passa la |$Uis grande partie de 
sa vie dans un état voisin de la misère. Cepen- 
dant son mérite le plaçait au rang de^ musiciens 
les plus distingués de la Thuringe. Il avait com- 
posé des canutes d'église et des pièces d'orgue 
d'un très-bon style, lesquelles sont restées «n 
manuscrit. Vers la fin de sa vie la goutte avait 
paralysé en partie ses doigts ; cependant il jouait 
encore de l'orgue à l'Age de quatre-vingt-un ans, 
et l'on pouvait juger qu'il avait dO |)osséder au- 
trefois un talent remarquable. Ce pauvre homme 
a cessé de vivre en 1841. 

DONATI (I«RÂCE}y compositeur, né à Ca* 



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DONATl — DOWE 



»T 



sale Maggiore, près de Crémone, yen la fin du 
seizième sièiJe, Tut d'abord, en 1619, mattre de 
chapelle de l'académie du Saint-Esprit à Ferrare. 
En 1624 il passa en la même qualité dans le 
lieu de sa naissance, et enfin^ en 1633, il fut ap- 
pelé à la cathédrale de Milan. Ceux de ses ou- 
vrages dontles titres sont connus sontj 1° Sacri 
Concenius a 1, 2,- 3, 4 e 5 t^ocum; Venise, 
Alexandre Vincent!, 1612, 10-4". — 2** Ztf Fan- 
falage, madrigall a 3, ^ e b voci; ibid., 
161 &, in4^ — 3*" Concerti ecelesiastici a 2, 3^ 
4 e 5 voci, opéra 2 ; ibid, 1617, in-4''. II y a 
une deuxième édition de cet œuvre publiée chez 
le même, en 1626. 4® Messe a 4, 5 e 6 voci 
piene e concert ati; iena impressione; ibid., 
1626, in-4^. Ces messes avalent été déjà réim- 
primées avec le deuxième livre des messes, sous 
ce titre : Libri I e II délie messe a 4 , 5 e 6 
voci; ibid., 1618, in-4^ — 5* Concerti eccle- 
siasiiei a 2, 3, 4 e S voci, op. 4; ibid., 1619, 
in-4^. Il > a une deuxième édition de ces motets, 
imprimée chez le même éditeur, en 1626, in-4% 
et une troisième datée de Venise, chez le même, 
en 1630. — 6** Moteiti a 5 vod concertati, 
con due Litemie délie B. V.enel fine alcuni 
eanoni da canlarH in 24 toodi ; terza impres- 
tione; ibid, 1626. Je ne connais pas les dates 
des deux premières éditions. — 7** Motetti con- 
certati a ô e 6 voci, con Dialoghi , SalnU e 
Litanie délia B. V., op. 6; ibid., 1627, in-4^ 
— S'* Motetti a voce sola co'l basso per Vor- 
pano; ibid., 1628. » 9^ Sakni Boscarecci a 
fetf^op. 9; Ibid., 1629. 

Il y a eu un autre musicien plus ancien, do 
nom de Donati (GUueppe-Mariajy qui a pu- 
blié à Venise, en 1585, des MadrigaU a dn- 
fne voci, 

DONATO (Balthâsab), ou DONATI, mattre 
de chapelle de Saint-Marc de Venise, vivait dans 
la seconde moitié du seizième siècle. Il fut d'a- 
bord simple chantre de cette chapelle célèbre : 
son habileté, sa grande ex|>érienoe dans Tart du 
chant et son mérite comme compositeur Inl 
procurèrent rfaonneor d^être mis, en 1562, à la 
tète de lajiefir^ chapelle^ qui venait d'être 
instituée par les procurateurs de Saint-Mare 
pour suppléer la grande chapelle , pendant les 
dernières années de la vieillesse d'Adrien Wil- 
laert, et pour former des chanteurs destinés à 
cette même grande chapelle. Willaert étant mort 
presque subitement, le 7 décembre 1562, la petite 
chapelle fut maintenue sous la direction de Do- 
nalo pendant que Cyprien Rore, successeur de 
Willaert, fut le maître qui dirigea la grande; 
mais , le célèbre musicien belge ayant aban- 
donné cette position au mois de décembre 1564, 



Zarlino {Voy. ce nom) fut appelé à le remplacer, 
le 5 juillet 156Ô. Celui-ci demanda la sOppression 
de la petite chapelle, qui n'avait plus de raison 
d'être, et Donato fut obligé de rentrer dans la 
position de simple chantre. Il parait qu'il en eut 
un vif chagrin qui se traduisit un jour par des 
paroles insultantes contre Zarlino. Enfin, après 
une pénible attente de vingt-cinq années, Donato, 
grand artiste et homme de génie , fut appelé à 
succéder à Zarlino dans la place de premier 
mattre de chapelle. Sa nomination est du 
9 mars 1 590 , suivant les registres de la cha- 
pelle. Il mourut au mois de juin 1603. On con- 
naît de lui les oavrages dont les titres suivent : 
1** Il primo libro di canzoneite villanesche 
alla Napoleianay a quattro vod ; Venise, Gar- 
<iane, 1555, in-4^ Ilya une autre édition anté- 
rieure du même ouvrage, laquelle n'est pas la 
première, et qui a pour titre : Canzon villanes- 
che alla NapoMana, a quattro vod^ insieme^ 
con alcuni madrigali novamente ristampatl, 
aggiuntevi ancorà alcune villote di Perizone 
a quattro f con la canzon délia GalUna; libro 
1*"; Venetiis, apud Hieronymum Scottum, . 
1551, in-4<' obi. ^ 2** MadrigaU a 4 voci, Ubro 
i^e 2<^; Venise, Ant. Gardane, 1568, in-A*". C'est 
u ne réimpression .—3" JtfadW^att a cinquevodf 
libro quarto; iblâ.f 1567, in-4''. Je ne connais 
pas les dates des trois premiers livres. —4" Jlfa- 
drigali a dnque e sd vod, con tre dialoghk 
a 7 ; Ubro !•; ibid., 1560, 10-4** obi. — »• Ma- 
drigaU a cinque, a sei, a sette e otio vod; 
Ufrro secotuio; Venise, Jérôme Scotto, 1559, 
in-4° obi. — 6** Il primo Ubro dé" Motetti, a 
5,6 e 8 vod; Venise, 1599, in-4°. C'est une 
réimpression. On trouve quelques madri- 
gaux à 4 voix de Donato dans la collection in- 
Wi\i\é»\Eletta di tutia la Musica intitulata 
Corona di diversiy data in luce da Zuan Ja* 
como di Zorzi; libro 1*; Venezia, alla in* 
segna del Cagniolo, 1569, in -fol. La plupart de 
ces ouvrages brillent par roriginalilé ; les villa- 
nelles sont particulièrement remarquables par 
les formes du rhythme. 

DONE (JosDÉ), professeur de musique et ac- 
cordeur de pianos à Londres, est auteur d'un 
livre qui a pour titre : The Tunner companion, 
being a treatise of the construction of piano 
forte, with rules for regulating and tuning 
them (Manuel de l'accordeur, ou traité de la 
construction des pianos-fortés, avec des pré- 
ceptes pour les n^gler et les accorder); Londres, 
1827, in-4» de trente-trois pages. Cette édition 
est la deuxième; la première avait paru sans 
date (1816), à l^nrires. L'accord du piano n'oc- 
cupe que deux pages dans l'ouvrage de Donc; 



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DONE — DONI 



toot te reste conoaroe les «Uverses parties dont 
se composent les placos de différentes formes, 
les dérangements qu'elles éprouvent, et les ré- 
parations qu'y doivent faire les accordeurs expé» 
rimentés. 

On a anssi soos le même nom un traité de 
la prononciation de llUlien, à l'usage des chan- 
teurs anglais, sous ce titre : Ruks far ItaUan 
Pronunci€Uion, parikularly yaefvX io »»- 
gers and ta musUians M gênerai; Londrvs 
an vol. In- 12. Je crois que l'auteur de cet ou* 
▼rage était le frère atné de celui qui est l'objet de 
cet article. 

DONFBID (Jean)» directeur de musique à 
l'église Saint-Martin de Rothenbourg sur le 
Necker, et recteur de l'école de la même ville, 
naquit vers la fin du seisième siècle. On lui doit 
la publication de trois collections de motets et 
de messes de divers auteurs, des seizième et 
dix-septième siècles. Elles sont intitulées : 
1"* Prom^variwn muskwn; welches Con- 
€entut ecclnkut. von verschiedenen Kompo- 
niiten, /tir s, 3 vnd 4 Stimmm enihaUen, 
première partie; Strasbourg, 1622; deuiième 
partie^ ibid., 1623; troisième, idem, ibid., 
1627. Ces trois parties contiennent six cent 
quatre-vingt-treiie motets. — 2'' 'Viridarium 
MutIcO'Marianwn, eathalten mehr aU 200 
Caneentus ecclesiast, f&r 3 und 4 Stimmen 
von verschiedenen Komponisten, op. 4 ; Stras- 
bourg, 1627, in-4*. — l^'Corolla musica, con- 
tenant trente-sept messes à deux, trois, quatre 
et cinq voix, op. 5 ; Strasbourg, 1628. On a 
aussi de Donfrid un recueil de pièces d'orgue 
sous ce titre : Der Tab^Uaiw fur Orgel, pre- 
mière et deuxième parties; Hambourg, 1623. On 
y trouve des variations et des fugues sur le ctiant 
des psaumes et des cantiques; ces pièces sont 
d'un bon style. 

BONI (AifroiHB-FRAMçois), prêtre et litté- 
rateur, naquit à Florence vers 1503. Il entra fort 
Jeune dans Tordre des Frères Servîtes; mais il 
fut sécularisé dans la suite et resta simple prêtre. 
Fort pauvre, et contraint souvent de vivre du 
seul produit de ses messes, il fut occupé sans cesse 
du soin d'améliorer sa fortune, mais ne put ja- 
mais y parvenir. Son bumeur inconstante le 
portait à changer de lieu à chaque insUnt; 
c'est ainsi qu'il vit en peu de temps Gènes, 
Alexandrie, Pavie, Milan, Plaisance, Rome et 
Venise. Il eut pour amis les hommes les plus 
célèbres de son temps, tels que l'Arétln et le 
Dominichi; mais il finit par se brouiller avec 
eux, et mourut ignoré au village de Monselice, 
près de Padoue, au moii de septembre tô74. 
Parmi les nombreux ouvrages qu'il a publiés 



l'on remarque : Dialogos ires : wnam de forivtna 
et infelicltate Cxsaris; cUterwn de Delinea- 
tUme (wUço disegno); tertium de Musica; 
Florence, i&S4, in-8*. Les sujets de ces dialogues, 
plus développés et traduits en italien, ont paru à 
Gènes en 1541. Le (tialogue sur la musique, 
séparé des autres, a été publié sous ce titre • 
Dialogo délia Musica, Venise, 1544. Dans sa 
Ubraria, 1550, 1551 et 1560, in-12, Doni in- 
dique un aaseï grand nombre d'ouvrages relatifs 
à la musique qui sont devenus rares; mais la 
Bibliothèque italienne de Fontanini, avec les 
notes d'Apostolo Zeno, a rendu le catalogue de 
Doni à peu près inutile. 

DONI (Jban-Baptistb), noble Florentin, 
naquit en 1593. Après avoir fait ses études à 
Bologne, il alUi les terminer à Rome sous les 
Jésuites. Ses progrès dans la langue grecque, la 
rhétorique, la poétique et la philosophie furent 
très-rapides. Son père, qui le destinait au bar- 
reau, l'envoya à Bourges, en 1613, pour y 
étudier le droit dans l'école célèbre de Cujas : 
il y passa cinq ans. De retour en Italie en 1618, 
Doni reçut le bonnet de docteur dans l'université 
de Pise, et se livra ensuite à l'étude des langnes 
orientales, des sciences naturelles et de toutes 
les parties de la philologie. Son père le pressait 
d'embrasser l'état auquel il l'avait destiné, mais 
le cardinal Octave Corsini, qui venait d'être 
nommé légst en France, lui proposa de l'accom- 
pagner à Paris, ce qu'il accepta avec Joie. Il y 
passa plus d'un an, occupé sans cesse à étendre la 
sphère de ses connaissances par la fréquenta- 
tion des bibliothèques et des savants. Ce fut à 
celte époque qu'il se lia d'une étroite amitié avec 
le P. Mersenne. La mort d'un frère et des af- 
faires de famille l'ayant ramené à Florence en 
1622, il fut appelé l'année suivante à Rome par 
le cardinal Barberini, neveu du pape Urbain VIIJ. 
Ce cardinal avait un goût passionné pour la mu- 
sique ; Doni, qui avait fait une étude approfon- 
die de cet art, et surtout de ce qui concernait 
la musique des anciens, écrivit sur cette matière 
plusieurs dissertations, dans le dessein de se 
rendre agréable h son nouveau protecteur. Il en 
reçut la récompense par sa nomination à la 
place de secrétaire du sacré collège. Peu de 
temps après, le cardinal, étant venu en France 
avec le titre de légat, y amena plusieurs savants, 
parmi lesquels était Doni, qui revit avec plaisir 
les amis qu'il avait laissés dans ce iiay». De là 
il suivit le cardinal en Espagne et revint en- 
suite à Rome. Ce fut alors qu'il imagina un ins- 
trument à cordes, qu'il appela Lyra Barberina 
àl&fiXopSéc,. et qu'il dédia à Urbain Vm. Cet 
instrument était composé d'un corps sonorft 



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DONI 



mobile, poj;é Terticalement sur on socle, et sur 
lequel des cordes tendues dans divers systèmes 
permetuient de passera Tolonté, et sobitement, 
de l'on des modes grecs dans un autre. Il éeri* 
Tit, à propos de celte InTention, une dissertatioii 
iotitolée CommefaarH de Lyra Barbertna, où 
îl examine tout ce qoi concerne les diTers ins- 
(raments à cordes des anciens : c'est ce qu'on a 
de plus savant sur cette matière. Cette disser- 
tation ne fut Imprimée que plus d'un siècle 
après sa mort. La perte de deux frères qui lui 
restaient, et le besoin de soigner ses affaires do- 
mestiques, l'obligèrent à retourner à Florence 
en 1640; il s'y maria Tannée suivante, et ac- 
«epta une cliaire publique d'éloquence que lui 
offrait Ferdinand II de Médicis. Ses devoirs de 
professeur ne rempèclièrent point de continuer 
ses recberclies sur la musique des anciens, et 
particulièrement sur l'union de cet art avec la 
déclamation UiéAtrale. Ayant été nommé aca- 
démicien de Florence et de la Crusca, il ne jouit 
pas longtemps de ces lionneurs, car il mourut 
en 1647, Agé de cinqoante*trois ans. 

Les ouvrages de Doni, relatifs à la musique, 
qui ont été publiés de son vivant, sont les sui- 
vants : i** C&mpendio del traiiaU> del generi 
e modi deUa musica, con u/n dUcorso sopra 
la perfezsione de* coneenti, e un saggio a due 
voci di viutasione di génère e di iuano, in 
ire manière d'intavolatura; Rome, 1635, 
in-4^ On voltx dans la dédicace au cardinal Bar- 
berini, que cet abrégé est celui d'un traité con- 
sidérable, en cinq livres, que Tauteor avait écrit, 
mais qu'il n'a pas publié. — 2^ Ànnotasioni 
sopra il compendio de* generi de* modi délia 
musica, etc, con due trattati, Vuno sopra i 
tuoni e modi veri, Valiro sopra i tuoni o 
Armonie degli anJUchi : e sette diseorsl sopra 
le materie più principale délia musica, e 
coneementi alcuni stromenti nuovi praticati 
daU* autare; Rome, 1640, in.4*». — 3* De 
Preestantia musicse veleris libri très, toiidem 
diaiogils comprehensi, in quibus vetu$ et re- 
cens musica cum singulis earum partibus 
aeeurate inter se conferuntur ; Florence, 1647, 
in-4''. Dans cet ourrage, traité sous la forme 
du dialogue, Doni a répandu une érudition im- 
mense; mais lise trompe souvent sur le fond des 
choses. Il s'y prononce en faveur de la musique 
des anciens contre la moderne, et oppose, comme 
preuve de son opinion, Tanatlième lancé par le 
concile de Trente sur la musique du seizième 
siècle, aux éloges donnés par tous les écrivains 
de l'antiquité à celle de leur temps; mais cette 
question, de peu dlntérèt, demeurera à jamais 
insoluble par le dénuement où nous sommes de 



monuments de cette musique antique; et, les 
eussions-nous en notre pouvoir, nous n'en se- 
rions guère plus avancés, n'étant point placés 
dans des circonstances favorables pour en juger. 
•— 4" Deux tralctés de musique : 1** Nouvelle 
introduction de musique^ qui monstre ta dé- 
formation du système ou eschelle musiciUe^ 
selon la méthode ancienne et meilleure^ la 
facilité d'apprendre toute sorte de chants 
par le retfanchemeni de deux syllabes ut et 
la; une nouvelle manière, et plus aisée, de 
tablature harmonlqne; et un nouveau reigte- 
ment des avant^exercices de la musique^ ^ 
Abrégé de la matière des tons, qui monstre 
en peu de mots tout ce que Vautour a traicté 
plus amplement^ en plusieurs discours ita- 
liens, touchant les tons et les harmonies des 
anciens, par lui heureusement renouvelées 
et remises en usage. Ces deux traités sont fn< 
diqués par Gori, dans son catalogue des œuvres 
de Doni, comme étant imprimés; si cela est, ils 
ont dû l'être à Paris,' vers 1639, car Tauteur dit, 
dans ses Annotazioni sopra il Compendiot efc, 
qu'il en avait envoyé les manuscrits à llmpres- 
sion dans cette ville. Toutefois, je présume 
qu'ils n'ont point vu le Jour, car mes recherches, 
pour en découvrir des exemplaires dans les 
catalogues de bibliothèques et ches les bibliogn- 
phes, ont été infructueuses, et je suis confiimé 
dans ma conjecture par une lettre de L.-Giac. 
Bucdardi, datée de 1641 , et rapportée par 
Bandini (deVita et Seriptis Donii,part. il, 
p. 149, Epist 94), où il dit : De* suoi trattaU 
franeesi non ho avuto fino adesso awiso ve- . 
runo, Matlheson semble cependant les avoir eus 
en sa possession, car il donneune petite notice de 
leur contenu dans sa Critica musicOf part. VI, 
p. 102; mais peut-être n'en avait-il que des co- 
pies manuscrites. Qnoi qu'il en soit, ces ou- 
vrages paraissaient être perdus, lorsque le ha- 
sard m'en a fait découvrir les manuscrits auto- 
graphes parmi ceux de hi Bibllotbèque impériale 
(n** 1689 , fonds de l'abbaye Saint-Germain des 
Prés), dans une liasse de vieux écrits relatifs à 
des matières théologiques. 

Ces manuscrits, qui forment un cahier de 
cent quarante-deux pages in-S% sont d'une belle 
écriture italienne, et sont chargés de correc- 
tions de plusieurs mains; celles-ci sont généra- 
lement relatives au style et à des expressions 
impropres qui ont veilll. On trouve en tète du 
premier ouvrage deux lettres de Doni, datées du 
12 mai 1640; l'une est adressée à l'évéque de 
Riez, qu'il nomme son parent, et à qui 11 rap- 
pelle qu'ils ont fait ensemble leurs études à 
Bourges : cette lettre est une dédicace; l'autrot 



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40 



DONI 



qui est adressée it Messieurs les musiciens de 
France, contient l*éloge des éeri?ains et des 
compositeurs français qui se sont distingués dans 
la musique, et parmi eux il place Aurélien de 
Reims, Jean de Mûris. (qu'il appelle de Moiris), 
Jacques Le FebTre (d'Étaples), Pierre Maillart, 
Josquin de Prés, Jean Mouton, Nicolas Gombert, 
qu'il appelle Crombert, Goudimel, Claude Le 
Jeune, Da Gaurroy et Gaesdron. Il y .place son 
livre sons la protection des musiciens français, 
et leur adresse des obserrations sor la nécessité 
d'adopter la déformation des tons modernes qu'il 
propose. 

Le premier traité (Nouvelle introduction 
de musique, qui monstre la réformation du 
système ou eschelle musicale, etc.) est com- 
plet ; il contient qoatre-Yingt-quinze pagRS. Doni 
y critique avec sévérité Phexacorde de Gui 
d'Arezio (ou do moins celui qui Ini est attribué), 
le déclare très-Inférieor à la constitution des 
modes grecs, et ne le troure bon que «relative- 
ment à la tonalité Itarbare du moyen ftge. Yillo- 
teau a émis une -opinion à peu près semblable 
dans son ouvrage intitulé : EecKerches sur Ta- 
nalogie de la mttsique avec les arts qui ont 
pour objet Vimitation du langage. Les dé- 
▼eloppements dans lesquels Doni entre sur cette 
matière me paraissent de peu d'utilité, comme 
tout ce qui a été écrit par lui et par ses con« 
temporains sur le rapprochement de la tonalité 
moderne et des modes grecs; mais on y remar- 
que un fait cnrieux et entièrement ignoré : c'est 
que Doni est le premier qui ait proposé de subs- 
tituer la syllable do kut dans la solmisation. 
On ne trouve, en effet, cette syllable dans aucun 
ouvrage italien antérieur à l'époque où celui de 
Doni a été écrit. 

Le second traité contenu dans le manuscrit 
que j'examine est celui quia pour titre : Abrégé 
de la matière dts tons, etc. Il est incomplet, 
mais il m'a paru qu'il ne doit y manquer que 
quelques pages de la fin. Ce n'est, en quelque 
sorte, qu'un corollaire du premier, maison y re- 
marque(p. 1 11) un renseignement intéressant pour 
l'histoire de la musique. Il s'agit d'un clavecin 
iranspositeur, qui avait été fait par un con- 
temporain de Doni ; sorte d'invention qu'on a 
renouvelée de nos jours, et dont l'existence an- 
térieure avait été longtemps ignorée. Voici le 
passage dont il est question : « Enfin la diversité 
« des tons d'aujourd'hui n'est autre que celle 
« qu'on entend an clavecin fabriqué par Jac4|ties 
« Ramerin, Florentin, auquel, par le change- 
« ment des ressorts, le même clavier sert à 
« divers tons différents par degrés semi-toni- 
« ques. » Ce passage, et quelques détails sur 



les ouvrages de Marenzio, de Cyprien Roxe cl 
do prince de Venouse, sont à peu près tout ce 
qu'il y a de remarquable dans ce traité. 

Outre la description de sa Lyre Barberine^ 
et le traité des instruments à cordes qui y est 
joint, Doni avait laissé plusieurs ouvrages rem- 
plis de recherches curieuses, et presque tons re- 
latifs à la musique des anciens ; tous ces travaux 
restèrent ensevelis dans l'oubli jusqu'à ee que 
le savant antiquaire Gori , les ayant rassemblés, 
en prépara une belle édition; à laquelle il joignit 
le traité dePrxstantia musicx veteris ; mais il 
mourut avant qu'elle eût paru , et ce fut Passeri 
qui la publia à Florence en 1773, en deux vo- 
lumes in-fol. Le premier, intitulé : Joh. Ba-" 
ptistss Dont Patrici Florentini Lyra Barbe- 
rina à(tftxopdoc, accedunt ejusdem Opéra ^ 
pleraquenondum édita, ad veteremmusicam 
illusirandam pertinentia, contient : l** Corn- 
mentariide Lyra Barberina, orné de gravures 
représentant les instrument<«>à cordes antiques. — 
2** Le traité de Prxstentia musicse veleris, — 
3^ Progymnastica musicœpars veterum resU" 
tut a et ad hodiemampraaHm redacta, libri il. 

— 4** Dissertatio de musica sacra , recitata 
in academia Basiliana; Bornas, anno 1640. 

— 6* Due Trattati di Giov. Batisfa Doni, 
Vuno sopra il génère enarmonico , Valtro so» 
pra gV instnimenti di iasii di diverse ar- 
monte, con cinque discorsi : il primo, del 
sintono di Didimo e di Tolomeo ; il seeoiido, 
del Diatonico equ^ibile di Tolomeo ; il terzo, 
qualspezie del diatonico si usasse dU^gli An^ 
tichi , e quale oggi si pratichi ; il quarto, délia 
disposiiione e facilita délie viole diarmoniche: 
il quinto, in quanti modi st possa practicare 
Vaccordo perfetto nelle viole diarmoniche. 

— Le second volume, intitulé : De' TrattaU di 
Musica di Giov. Batista Doni, contient : 1* 
Trattato délia musica scenica, ouvrage rempli 
de recherches curieuses et fort important pour 
l'histoire de la musique thé&lrale. ^ 2° Neuf 
discours sur le même objet. — 3** Discorso deUa 
rità,mopeia de* versi latini e délia melodia 
de* cori tragichi. — 4" Degli oblighi ed osser» 
vazione de modi musicali. — h"* Discorso 
sopra la musica antica e il canfar bene : ce 
disconrs est de Giov. Bardi. -^ &* Délia musiàa 
dell* età nostra, che non è punto inferiore, 
ami è migliore, di quella dell* età passata , 
par Pierre délia Yalle. 

Doni avait aussi laissé beaucoup d'ouvrages 
commencés , et plus ou moins avanc<^s dans leur 
rédaction ; Gori n'a pas cru devoir insérer ces 
fragments dans son édition ; mais il en a donné 
une liste complète que je transcris Ici : 



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DONI — DONIZEin 



41 



!• Venio Lathui Aristidis QuinUUani, Arip- , 
ioxeniFroffmentideRhytkmica, aUorumqyte 
simiUum, eum notU, Le* fragments des Slé- 
merUs rkyêhmiqntei d'Arigtoxène, dont il est ici 
qoestioD, furent découverts par Doni dans on 
manuscrit de la bibliothèque du Vatican , comme 
il le rapporte dans son traité dePrxstemtiamu- 
siex veleris (lib. Il, p. 136); le savant biblio- 
tliécaire Morelli les a publiés depuis , d'après mi 
manuscrit de la bibliothèque de S. Marc de Ve- 
nise» avec on opuscule inédit de Micliel Pselhis 
le Jeune , intitulé : npoXa|i6av6(jifva etç Tyjv pOO- 
jiixi^ êiri<rcif)(i^, Venise, 1785, in-S». 1* De ra- 
Uone modulandorum Carmlnum Latinorum 
m. I.—df*De Re musiea UM duo. — 4«» De 
Mfihmopœia lib. i. De Bhythmographia Ub. 
I. — 5° De Generibw et speciebus musicx 
Ubri duo, etc. — 6"* Pandectarum liber XI. 
Qui niusiees inscribitur, et vocabula, sive 
nomenclaturiu rei Muticx Grxcas ac Latinas, 
etc. Enfin, beaucoup de dissertations élMuchées 
sur dîTers sujets , telles qne s De PrxstanUa 
sliuttonif» mu^corum. — De Scriptoribus 

mtuiese. -^ De Musicis intervalUs De per- 

fecta Barmonia. — De Vi fuxrmonice conjv^ 
gaU. — De Effkacia musiea, — De Phona- 
scia veterum. — De variis semxographix 
speciebus, etc. 

DONIZBTTI (Ga^an) , coropositenr dra- 
matique, naquit à Bergame le 25 septembre 1798. 
Destiné à la profession d'avocat, il fit, pour s'y 
préparer^ de bonnes études de collège; mais son 
goût le portait vers les arts du dessin. Il désirait 
dtre arcliitecte : pourquoi ne le fut-il pas? on 
rignore; lui-même n'a jamais expliqué cette cir- 
constance. Son père, simple employé, dont les 
ressources se bornaient à de faibles émoluments, 
obtint de le foire entrer au lycée musical de Ber- 
game, alors dirigé par Simon Mayr (voy. ce 
nom). Doniietti y reçut des leçons de chant de 
Salari, et Gonzalès loi donna des leçons de piano 
et d'accompagnement. En dépit de son penchant 
pour l'architecture, la nature Tavsit fait musicien. 
Frappé de ses heareuses dispositions, Mayr loi 
enseigna les éléments de Tharmonie; mais, obligé 
de faire de fréquentes absences pour ses travaux 
de composition dramatique, et ne voulant pas 
abandonner son élève aux fantaisies de Tinstinct, 
il le recommanda à Mattei, chef de Técole de 
Bologne, pour qu'il le fit admettre au lycée mu- 
sical de cette ville. Doniietti , alors &gé de dix- 
sept ans etquelques mois, y arriva en 1815. Pi- 
lotti {voy. ce nom) et Maltei furent successive- 
ment ses maîtres decontrepoint et de composition. 
Pendant trois années le jeune musicien se livra 
à des étodes sérieuses sons leur dlrectioo. Dans le 



but d'acquérir la facilité pratique indispensable 
au compositeur, il écrivit dans cette période de sa 
vie des ouvertures pour l'orchestre, des qua- 
tuors de violon, des cantates et de la mnsiqne 
d'église. De retour à Bergame, après avoir ter- 
miné ses études , Il avait pris la résolution de 
composer pour le théfttre ; son père, qui le des- 
tinait à l'enseignement, pour augmenter les res- 
sources de sa maison , ne goûta pas ce projet. Il 
en résulta des discussions orageuses qui déter- 
minèrent Donizetti à s'engager comme soldat. 
Peu de temps après, son régiment fut envoyé en 
garnison à Venise. Le jeune musicien , parvenu 
à l'âge d'environ vingt ans, y fit représenter, en 
18 18, au théâtre San-Lucas, son premier ouvrage, 
dont le titre était Enrlco, conte di Borgogna. 
Le succès de ce premier essai lui procura un 
engagement pour écrire H Falegname di Li' 
vonia, représenté dans la même ville en 1819, 
et qui commença sa réputation. Quelques bons 
morceaux de cette partition eurent un moment 
de vogue parmi les amateurs, et procurèrent à 
Donizetti des protecteurs qui obtinrent son congé 
du service militaire. Cette époque était celle de 
la domination de Roesini sur tous les théâtres de 
l'Italie. Son génie avait créé des formes nouvelles 
et des effets auparavant ibconnos qui jouissaient 
d'nne immense popularité, et que la plupart des 
compositeurs s'elTorçaient d'imiter, afin d'obtenir 
de faciles succès. Donizetti ne résista point à cet 
entraînement. Doué d'instinct mélodique et d'une 
rare facilité d'improvisation , il écrivait avec une 
rapidité peu ordinaire, et ne se préoccupait ni 
de l'originalité de la pensée, ni du soin de perfec- 
tionner le premier jet de son travail. Cest ainsi 
que chaque année était marquée, presque sans 
exception, par la composition de quatre opéras, et 
qu'en 1830 il donna à Naples il Diluvio univer^ 
sale, I Patsi perprogeito, Francesca di Foix, 
Isnelda dl Lambertazzi , la RomanUera, 
et à Milan Anna Bolena^ Cependant , au sein 
même de cette production trop hâtive, le talent 
do compositeur prenait çâ et là un caractère plus 
sérieux , plus dramatique qu'on n'aurait pu l'es- 
pérer ; ainsi ÉUsabeth à Kénilworth, représenté 
à Naples en 1828, PBsule di Roma, écrit dans 
la même ville, l'année suivante , et Anna Bo' 
lena renferment de véritables beautés. L'en- 
gagement que Donizetti avait souscrit avec 
l'entrepreneur Barbaja lui imposait l'obligation 
d'un travail sans relâche qui semblait devoir 
épuiser bientôt ses forces ; mais sa robuste cons- 
titution n'en paraissait pas ébranlée. 

11 était dans sa destinée d'avoir à lutter dans 
sa carrière contre des talents aimés du public 
qui le reléguaient toujours au second rang; car« 



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DONlZETn 



peu d*ann<(es après-le départ de RMtiiii pour la 
France , les siiccès de Belliai à la scène préoc- 
cupèrent les dileUanti de ritalie d'une manière 
presque exclnsWe. Donizelti était bien plas ha* 
bile que son rival dans Tart d'écrire et dlnstm» 
raenter ; mais Bellini avait sur lui l'aTsnUge de 
roriginalilé des idées. Son style était à lui, tan- 
dis que celui du compositeur bergamasque se 
ressentait souvent de riroitation. Toutefois il 
n*e8t pas douteux que la rivalité nouvelle dans 
laquelle il se vit engagé ne lui ait été plus atiie 
que nuisible, car elle Tobligea à mettre moins 
de précipiUtion dans la composition de ses ou- 
vrages. Son Anna Bolena, qui obtint à Milan 
un brillant succès en concurrence avec la Son- 
nanbiUa de Bellini, nous fournit une démons- 
tration de cette vérité. Cet ouvrage est en effet 
plus complet , mieux inspiré que les précédentes 
productions de son auteur ; il fût le commence- 
ment d'une époque de transformation du talent 
de Dooizetli, transformation qui aurait été bien 
f ilus satisfaisante s'il n'eût emprunté des formes 
mélodiques i Bellini , comme il en avait pris 
autrefois dans les partitions de Rossini. 

En 1835 Donizetti se rendit à Paris ; il y re- 
trouya Bellini en possession de la faveur du public. 
Au succèsdes PurUaiaû voulutopposer Marino 
Faliero ; mais la lutte n'eut pas cette fois l'heu- 
reux résultat qu'elle avait obtenu à Milan : son 
ouvrage ne réussit pas, bien qu'il s'y trouvât de 
belieschoses. Bnetarda point à retourner à Naples, 
où l'attendait une belle reTancbe dans l'éclatant 
«uccès de lAicia di LamiMTmoor^ partitioa 
considérée à Juste titre comme son ceuvre capi- 
Ule. Il dut à la Togue dont jouit cet ouvrage 
dans toute l'Italie sa nomination de professeur 
de contrepoint au collège royal de musique de Na- 
ples. Lamort prématurée de Bellini laissa, dans le 
même temps, Donizetti sans rival sur la scène 
Italienne ; ce fut un malheur pour lui , car^ n'étant 
plus stimulé par la lutte , il reprit ses habitudes 
^e bâte et de négligence dans ses travaux, et 
écrivit pendant les années 1836, 18S7 et 1838 
plusieurs ouvrages médiocres, tels que BelUario, 
il Campanello di noUe, Betly, VAssedio di 
Calais, Pio di Tolamei, Roberto d'Evereux et 
Mafia di JRvdenz, Ce fut à la même époque 
qu'il composa pour Adolphe Nourrit (voy. ce 
nom) la partition de PoUuto^ ouvrage sérieux 
•dont le chanteur français avait Jndiqué le sujet, 
d'après le Polyewte de Corneille. La censure 
napolitaine n'ayant pas autorisé la représentation 
de cet opéra, auquel le compositeur attacliait 
plus d'imporUnce qu'il n'avait l'habitude d'en 
accorder à ses productions, il en éprouva une 
vive contrariété qui lui ût prendre la résolution 



de quitter Naples pour se rendre à Pans. 11 y 
arriva dans les premiers Jours de 1840. Des pnn 
positions lui avaient été faites par l'administration 
d'un nouveau théâtre d'opéra qui s'était étaUi 
dans la salle de la me Yentadour, et auquel on 
avait donné le nom de théâtre de la Renais* 
sance. Un livret d'opéra sérieux, intitulé VAn^e 
de Nisida, avait été envoyé à Donizetti par celte 
administration avant qu'il quittât Naples , et U 
avait écrit la plus grande partie de Touvrage 
lorsqu'il arriva à Paris. H apportait aussi la par- 
tition de la Fille du régiment, que le directeur 
de rOpéra-Comiquelui avait demandée. Enfin, à 
a sollicitation de Duprez,la direction de l'Opéra 
avait proposé à Donizetti d'arranger son PoUuto 
pour la scène française, et la transibrmatioa 
avait été faite rapidement , sous le titre : les 
Martyrs. Pendant qu'il y travaillait, la FiUe 
du régiment flit représentée à l'Opéra-Comique ; 
médiocrement chantée par l'actrice chargée du 
rôle principal, l'ouvrage ne réussit pas : il ftillut, 
pour le relever de cette quasi chute, qu'il fût 
traduit en italien, en aMemand , et qu'il obtint 
partout des applaudissements. Des cantatrices 
françaises détalent en firent de nouveau l'essai à 
Paris et sur les principaux théâtres <les départe- 
ments ; alors llndifférence du public fit place à 
l'engouement. Les Martyrs ne furent pas plus 
heureux à l'Opéra que la FiUe du régiment ne 
l'avait été à l'Opéra-Comique. Beprésenté dans la 
même année ( 1840) , ce grand ouvrage n'occupa 
la scène que pendant un petit nombre de soirées. 
I/O talent de Donizetti n'était pas en harmonie 
avec un sujet si sévère. La partition était bien 
écrite, mais l'inspiration avait manqué an com- 
positeur. La mauvaise fortune semblait le pour- 
suivre à Paris, car dans la même année le théâtre 
de la Renaissance, pour lequel VAnge deNîsida 
avait été composé, fut fermé ; toutefois l'événe- 
ment fut heureux pour Donizetti , car, en ajou- 
tant un quatrième acte à sa partition, il en fit la 
Favorite, l'une de ses meilleures productions : 
il en obtint la représentation à l'Opéra. Une pré- 
vention défavorable régnait alors parmi les ar- 
tistes et dans le public contre Donizetti : elle 
exerça son influence sur cet opéra, qui, d'atwid, 
fut froidement accueilli. Telle était l'incertitude 
sur le succès, après la représentation, que le 
compositeur eut beaucoup de peine à trouver 
un éditeur qui consenttt à lui donner 3,000 francs 
pqor prix de sa partition , devenue ensuite une 
source de fortnne pour cet éditeur ; car blenldt 
la sympathie du public s'éveilla pour cette Fa- 
vorite si dédaignée à la première audition. Jouée 
partout avec un succès toujours croissant , elle 
est restée en possession de la scène, et quelques- 



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DONIZETTI 



43 



ons de seft plns.beaox airs et duos sonteotrés 
pour longtemps dans le répertoire des salons 
et des conoerto. Peu de jours après les premières 
repi^DtatioDS de la Fawrite, DoniieUi se 
rendit à Rome et y lit représenter AdeUa, ossia 
la FigUa deW arciero, faible composition qui ne 
put se soutenir à la scène. Il fut plus lieureux 
à Milau, où Maria Padilla obtint du succès. 
Arrivé à Vtenne en 1842 , il y écrivit Linda di 
Chamounix, partition remarquable par la cou- 
leur locale et le mérite d'une instromentotion élé- 
, gante. L'ouvrage obtint dans cette ville un succès 
d'enthousiasme qni décida l'empereur d'Autriche 
à honorer l'auteur du titre de compositeur de la 
cour et de maître de la chapelle impériale. 

De retour à Paris au commencement de 1843, 
Donixetti écrivit en huit jours la partition de 
Dan Pasquale , charmant ouvrage bouffe , d'une 
inspiration libre et franche, qui rapelle le style 
des bons maîtres iUliens de la seconde moitié 
du dix-huitième siècle. Bien chanté et joué avec 
on talent inimitable pu Lablache, cet opéra 
produisit une vive sensation et rehaussa la re- 
nommée do compositeur. Peu de temps après 
avoir obtenu ce succès, Donizetti retourna à 
Vienne pour y faire jouer sa Maria éU Rohaiif 
faible production qui se ressenUit des premières 
atteintes du mal incurable qui conduisit au tom- 
beau l'artiste jeune encore. Le repos absolu au- 
rait éte nécessaire ; mais il semblait que, pres- 
sentant sa fin prochaine, Donizetti voulait se 
lUkter de produire encore avant que son intelli- 
gence l'eût abandonné. H revint à Paris pour y 
donner des soins aux répétitions de Don Sébas- 
tien de Portv>gal, ouvrage composé pour le 
théâtre de l'Opéra , et qui ne lui avait coûté que 
deox mois de travail , bien que la partition fût 
remplie de morceaux d'une étendue considérable. 
Déjà la robuste constitution du compositeur éteit 
ébranlée , et pour la première fois il avait éprouvé 
de la fatigue en écrivant cette composition. Pen- 
dant les répétitions on remarqua dans le troi- 
sième acte des défauts aasez importants pour 
compromettre le snccès de l'ouvrage, et Tauteur 
du livret dut le refaire en entier, ce qui exigea 
une musique nooveUe. Il en résulte un retard 
de près de deux mois pour la première représen- 
tation. Dans cet faitervalle, Donixetti, tourmenté 
d'impatience, écrivit en huit jours un opéra 
comique dont la partition n'a éte retrouvée que 
tongtemps après son décès^ et qui, jusqu'au mo* 
ment où cette notice est écrite, n'a point éte re- 
présenté. Enfin arriva le moment de la représen- 
tation de Don Sébiutien, qui fut une amère dé- 
ception pour le compositeur,, car le résultet fut 
une chute complète. A la dernière répétition gé- 



nérale, Donizetti s'était trouvé mal et avait dit 
à an de ses amii : Don Sébastien me tue. A 
peine remis de cet échec et des émotions qu'il 
en avait ressenties, il partit pour Naples en 
1844 et écrivit Catarina Comaro, qui fut son 
dernier opérai puis il fit un voyage à Vienne, 
où l'appelaient ses fonctions à la cour; mais des 
atteintes plus sensibles d'une affection des centres 
nerveux , qui te minait sourdement , le mirent 
liors d'étet d'y satisfaire. De retour à Paris vers 
le milieu de l'année suivante , il n'était plus que 
l'ombre de lui-même; cependant il essayait en- 
core d'écrire et d'achever un opéra destiné au 
Tbé&tre-Itidten, lorsqull eut une attaque de para- 
lysie, le 17 août de la même année. A la suite de 
cet accident son intelligence disparut, et , de cet 
artiste naguère si plein de vte et d'une constitu- 
tion si énergique, 11 ue Aste plus qu'un corps 
débile, d'où avaient disparu tontes lès facultés 
qui l'animaient autrefois. Transporte au mois de 
janvier is46 dans une maison de sante située 
à Ivry, 11 n*y éprouva aucun soulagement du 
traitement auquel on le soumit. Il en fut de 
même des essais qui furent tentés dans la maison 
du docteur Blanche, à Paris. Ce fut alors que 
ses amis conçurent le dessein de le transporter 
en Italie et d'essayer l'influence de l'air natal 
comme dernière ressource. Il s'éloigna de Paris 
au mois d'octobre 1847. De nouvelles attaques 
frappèrent son cerveau pendant le voyage, et fa 
dernière, arrivée à Bergame le f avril 1848, 
rendit la paralysie complète. Huit jours après, 
Donizetti expira, à l'Age d'environ cinquante 
ans. Telle fût la fin de cet artiste distingué , 
dont ta vigoureuse constitution fut usée avant le 
temps par un travail sans repos et psr l'excès 
des plaisirs sensuels. Ses funérailles forent célé- 
brées avec pompe dans la cathédrale, où ta 
messe de Itequiem composée par Simon Mayr 
fut exécutée : toute la ville de Bergame y as- 
sista et fit un cortege immense aux dépouilleB 
nîortelles du compositeur jusqu'au champ de 
r^KM. 

La carrière productive de Donizetti s'étend 
depuis 1818 jusqu'en 1844, et comprend consé- 
quemment un espace de vingt-six ans, dans le- 
quel il écrivit soixante^natre opéras, plusieurs 
cantates, des messes et des psaumes, c'est-à-dire 
environ quatre grandes compositions chaque 
année. Pour apprécier te talent de l'artiste il 
est indispensable de prendre en considération 
cette rapidite excessive de travail. Engagé pen- 
dant plusieurs années aux gag^ de Barbiya , en- 
trepreneur des tliéfttres de Naples, Donneiti devait 
écrire chaque année deux opéras sérieux et deux 
opéras bouffes ; le salaire qu'il recevait pour un 



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44 



DONIZETn 



Bî granil travail était à peine saffisant pour les 
premières néeessités de la vie. De là Tobligatioii 
de composer en même temps pour l«>s antres 
théâtres principaux de Tltalie; de là de fréquent^ 
voyages qai absorbaient ane partie da temps ; de 
là, enfin, la production sans rel&che et sans mé- 
ditation. On a vn Donizetti instrumenter toute 
une partition d^opéra en trente heures^ temps 
à peine suffisant pour le travail maUriel, nonobs- 
tant les abréviations usitées en Italie». Si l^on a 
lien de s*étonner^ oe n*est pas que beaucoup 
d*ouvrages de peu de valeur ou médiocres aient 
été le résultat d^une telle hâte, mais bien qne de 
véritables beautés en aient été le produit. D'un 
grand nombre de partitions improvisées par Do- 
nizetti il ne reste déjà plus, il est vrai, que les 
noms enregistrées dans les annales des théâtres ; 
mais Pauteur ô*Anna Bolena, de Lucia di 
Lammermoor, de la Favorite, de Don Pas- 
qiuile, laissera un nom honoré dans Thistoire de 
Vart, et la postérité ne méconnaîtra pas les 
beautés réelles répandues dans /FfuI^ di Roma, 
Isnelda de* Lambertazzi, VBliaire d'amore, 
Lucrezia Borgia, Marina Faliero et Linda 
de Chamounix. Riche d'inspirations mélodiques 
et de sentiment dramatique, Pauteur de ces ou- 
vrages n'a malheureusement pas au même degré 
le don db l'originalité. Artiste éclectique , il use 
avec habileté des moyens et des Tormes imaginées 
par d'autres compositeurs; mais il n'invente ni 
dans le rhythme, ni dans l'harmonie, ni dans 
l'instrumentation, ni dans la conteiture scénique ; 
enfin son œuvre ne marque , à aucune époque 
de sa carrière, le point de départ d*une transfor- 
mation de l'art. Aux qualités qui lui ont été re- 
connues dans ce qui précède il est juste d'a- 
jouter que Donizetti et Mércadante ont été les 
derniers compositeurs dramatiques de l'école 
italienne qui ont écrit avec pureté. 

Donizetti , qui avait fait de bonnes études dans 
sa jeunesse , avait de rinstruction , pariait bien 
plusieurs langues et avait acquis dans la fréquen- 
tation des hommes distingués de la politesse et 
de l'urbanité. Doué de bieuTeillance, il encou- 
rageait les jeunes artistes de ses conseils, et, bien 
qu*il attachât beaucoup de prix au succès de ses 
ou-vrages, surtout vers fa fin de sa carrière, fl ne 
s'attristait pas de ceux de ses rivaux , faiblesse 
trop commune chez les artistes. S'il ressentit 
quelque atteinte de jalousie à ('époque de son 
premier voyage à Paris, ce ne fut que contre 
Bellini, dont il croyait que la renommée avait 
été acquise à trop bon marché; mais ce ne fut 
qu'un éclair. Plus tard il affecta de ne ja- 
mais contredire les éloges qu'on lui prodi- 
guait. 



Voici la liste chronologîqne des opéras com- 
posés par Donizetti : 1 8 1 8, Bnrico di Borgogna, h 
Venise. ~ 1 819, il FaUgname di Livonia, idem. 
— 1820, le Nozse in villa, à Mantone. — iSn, 
Zoraïde di Granata, à Rome; la Zingara, 
à Naples ; la Lettera anontma, idem ; Chfara 
eSerafina, à Milan. — 1823, il Fortunato in- 
ganno; Alfredo il Grande; una fàlUa, à 
Venise. — 1824, Tii^o n«Zr «m^arasso, à Rome ; 
Emilia di Liverpool, à Naples. — 1826, Ala- 
hor in Granata, à Palerme; il Castello degli 
InvaUdi; Blvida, à Naples. — 1827, il Gio- 
vedi grasio, à Naples; OUvo e Pasquale, à 
Rome ; il Borgomastro di Saardam, à Naples ; 
le Convenienze teatrali, idem. — 1828. Otto 
mete in due Ore, à Païenne ; VBsule di Borna, 
à Naples; la Regina di Golconda, à Gènes; 
GiamU di Calais, à Naples. — 1829 , il Paria, 
idem; il Castello di KenHivorih, idem; il 
Diluvio vniversale, idem. — 1830, / PasU 
per progetto , idem ; Francesca di Foix, idem ; 
isnelda de* Lambertazii, idem; la Boman- 
siéra, idem. — I83i, Anna Bolena, à Milan; 
Fausta, à Naples. —1832, VElisire d'amore, 
à Naples; Ugo, conte di Parigi, à Milan; 
Saneia di Castilla, à Naples; il Nuovo Pour- 
ceaugnac, idem. — 1883, il Furioso nelT 
isola di San-Domingo, à Rome; ParUina, à 
Florence; Torquato Tasso, à Rome; Lucrexia 
Borgia, à Milan. — 1834, Rosamunda d'/n- 
gkilterra, à Florence, donné en.suile à Naples, 
avec quelques morceaux nouveaux, aoos le titre 
â'Eleonora di GtOenna; Maria Stuarda, à 
Naples, jouée ensuite à Rome, sous le titre de 
Buondelmonte y Gemma di Vergi, à Milan. ^ 
1835, Marina Faliero, à Paris; Lueia di 
Lamm^rmoor, à Naples. — 1836, Belisario, 
à Venise; il CampaneUo di Sotte, à Naples; 
Betly, idem; l'Assedio di Calais, idem. ^ 
1837, Pio di Tolomei, à Venise; Boberto 
d'Evereux, à Naples. ^ i 838 , Maria di Rndenz, 
à Venise; Poliuto, à Naples, non représenté et 
refait à Paris, en 1840, pour l'Opéra, sous le 
titre les Martiprs. — 1839 , GianrU di Parigi, 
à Milan. —1840, GabrieUa di Vergi, \âem, non 
représenté et donné à Naples en 1844 ; la Fille 
du régiment, opéra-comique, à Paris; les 
Martyrs, grand opéra, à Paris; la Favorite, 
idem. — 1841, Adelasia, ossia la Figlia deW 
arciero, à Rome; Maria PadiUa , à Milan. — 
I8i ', lÀndadi Chamounix, k Vienne. — 184S, 
Don Pasquale, h Paris ; Maria di Rohan^k 
Vienne; Don Sébastien, grand opéra, à Paris; 
un opéra-comique inédit. — 1844, Catarina 
Conaro, à .Naples. — Caittates dramatiqdbs 
ET MnRBs r 1823, VAristèa. ^ i825, 1 Voti, 



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DONIZETTI — DOPPLER 



4$ 



de* sudditi. — 1826, £lvira. — 1830, il 
Fausio Bitomo. — iM2fAdmete. — 1835, 
ia Morte ifUgolino. Ob a aussi de Donizelti 
<les recueils de chants et de duos publiés à Paris 
«tàMilau, sous ces titres: 1^" Nuits d'été à 
PausUippe, album lyrique. ~ 2** Soirées d'Au- 
tomne à rinfrascaia, recueil de six chants et 
duos. * 3* Rêveries napolitaines, sii ballades 
à Toix seule. — 4** Ispirazioni Viennesi, cinq 
ariettes et deux duos. — 5* Les Soirées de 
Paris, recneil de douze canzonnette et duos; 
des yariations pour le piano sur le cbant du 
Barde, dans V Alfred de Mayr ; Milan, Ricordi ; 
sept messes, dont une de ReqvAem ; des vêpres 
complètes; plusieurs psaumes, dont un Miserere 
avec orcliestre et divers motels ; des sonates de 
piano, douze quatuors pour instruments à 
cordes, et des ouvertures de concert, 

DONIZETTI (Joseph), frère du précédent, 
naquit à Bergame vers 1797. Après avoir fait 
des études an lycée musical de cette ville, 
sous la direction de Mayr, il devint cher de 
musique dans un régiment d*inranterie ita- 
lienne au service de rAutricbe. En 1831 il se 
rendit à Constantinople avec des lettres de 
recommandation, et y organisa la musique 
militaire de la garde du sultan à la manière eu- 
ropéenne. Satisfait de son intelligence et de son 
activité, le grand-seigneur le décora de son ordre 
et réleva au rang de général de brigade. Joseph 
Donizelti est mort à Constantinople , le 10 fé- 
Trier 1856, à 1'^ d'environ soixante ans. 11 a 
écrit beaucoup de musique en harmonie mili- 
taire. On a publié de sa composition la Marche 
favorite du sultan Mahmoud, et des marches 
algériennes, à Milan, chez Ricordi. On connaît 
ausf^i de cet artiste des Canzoni et quelques petites 
pièces pour le piano, chez le même éditeur. 

D^NSEMBRAY. Foy.ONSBHBft4Y(M.D*). 

DONT ( Jacques ), bon violoniste, est fils 
de Joseph -Yalentin Dont, violoncelliste distin- 
gué de quatuor et d'orchestre, né en Bohème, 
et mort à Vienne, en 1833, d'une attaque d'a- 
poplexie. Jacques Dont est né dans cette ville, 
le 21 mars 1815. Après avoir étudié le violon 
80US la direction de Boehm et de Ilelmesberger, 
et 8*èlre fait remarquer par la rapidité de ses 
progrès, il a été admis dans l'orchestre de Burg- 
théfttre, en I83t, et est entré dans celui de la 
chapelle impériale trois ans pins tard. Dont a 
publié des compositions pour son instrument, 
au nombre d'environ 50 œuvres, parmi les- 
quelles on remarque des variations brillantes 
avec piano, op. 21 , et des études, op. 30. 

DONZELLI (DomNiQOE), clianteur distin- 
gué, est né à Bergame vers 1790. Après avoir ter- 



miné ses études de client dans sa ville natale» 
il débuta sur quelques tliéàtres des villes de se- 
cond ordre. En 1816 il était au UiéÂtre Valle, 
à Rome , et sa réputation commençait à s'éten- 
dre lorsque Rossini écrivit pour lui, dans cette 
ville, le rdie de Torvaldo, ob lise fit remarquer. 
Au carnaval de Tannée suivante, il chanta à la 
Scala, de Milan, avec madame Festa-MafTei , 
Caroline Bassi et Philippe Gaili. Son succès fut 
si décidé qu'il fut engagé pour les deux saisons 
suivantes. De Milan il alla à Venise» puis à 
Naples, d'où il revint à Milan, où Mercadante 
écrivit pour lui JSlisa e Claudio. A Vienne 
Donzetti produisit un grand effet en 1822, et le 
succès qu'il y obtint porta sa réputation à Paris, 
où il fut engagé en 1824. Il resta attaché au 
Théâtre-Italien de cette ville jusqu'au printemps 
de 1831 ; il eut alors pour successeur Rubini. En 
1828 il clianta au tliéfttre du Roi, à Londres, et 
le succès qu'il y obtint le fit engager au même 
théâtre les années suivantes, après la saison de 
Paris. De retour en Italie en 1832, Donzelli 
a cliauté pendant plusieurs années sur quelques 
grands théâtres. En 1841 Use fit encore entendre 
à Vérone et à Vienne , quoiqu'il fût alors âgé 
d'environ cinquante et un ans. Vers la fin de la 
même année il se relira à Bologne , pour y jouir 
dans ses dernières années de l'indépendance ac- 
quise par ses travaux. Le caractère du talent de 
ce chanteur consistait dans une grande énergie 
dont il abusait quelquefois, mais qui produisait 
de l'efTet dans quelques rOles, tels que celui d^O- 
telle. Donzelli est membre associé de l'Acadé- 
mie des Philharmoniques de Bologne et de l'A- 
cadémie de Sainte-Cécile de Rome. On a de cet 
artiste uo recueil d'exercices de chant intitulé 
Esercizi giomalieri, basati sulT esperienza 
di molli anni; Milan, Ricordi. 

DOPPERT (Jban), savant allemand, na- 
quit à Francfort-sur- le-Mein en 1671, devint 
en 1703 recteur du collège de Schneeberg, en 
Saxe, et mourut le t8 décembre 1735. Au nom- 
bre de ses dissertations sur divers sujets d^éru- 
ditîon on en trouve une intitulée : de Musices 
prsestantia et antiquitate; Schneeberg, 1708, 
et une autre : Musices cum litteris copula 
descripta; ibid., 1711. 

DOPPLER. Trois artistes de ce nom • se 
sont fait connaître avantageusement depuis 1840. 
Le premier, violoniste, né à Kiew, en Russie, 
de parents originaires de Pologne, et élève de 
Lipinski, a donné des concerts à Saint-Pétersbourg 
avec succès. Deux ans après il était à Varsovie^ 
où il parait s'être fixé. On a publié de sa compo- 
sition quelques morceaux de concert et de salon 
pour son instrument. 



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46 



DOPPLER — DORATIUS 



* DOPPLER ( Albbbt*Frakçoi8), flûtiste dis- 
tingué et compositear dramatique, eftt né à 
Letnberg, en Pologne, dans l'année 1822. Son 
père, premier hautbois du grand tliéfttre de 
VarsoTie, Ini donna des leçons de flûte, dans 
les années 1828 à 1881. Doné d'une heureuse 
organisation pour la musique , le jeune Doppler 
6t (le rapides progrès sur son instrument Lors- 
qu'il eut attdnt un certain degré d'avancement, 
il se rendit à Vienne pour y compléter son édu- 
cation musicale ; il y fit aossi quelques études 
de composition. Il était âgé d'environ vingt et 
un ans lorsqu'il entréprit avec son frère, flûtiste 
comme lui , un voyage en Allemagne pour don- 
ner des concerts, lis Tîsitèrent la Galicie , la 
Russie méridionale, Kiew, Bncharest, et finirent 
par se fixer h Pestli en. Hongrie, où François fut 
attaché comme première {(pte au théâtre. Ce fut 
alors qu'il commença à s'occuper de la compo- 
sition d'ouvrages dramatiques. Son premier 
opéra. Intitulé le Comte Benjotnkif fut joué au 
théAtredePesth sur .un texte polonais, en 1847; il 
obtint on succès d'enthousiasme et eut vingt-cinq 
représentations consécutives. Cet ouvrage Ait 
suivi d'/Zika, drame musical en trois actes, en 
langue hongroise, qui eut quarante représentations 
en 1849. Repris en 1854, pendant le séjour de 
Mme Lagrange à Pesth, cette grande canta- 
trice chanta deux fois le rôled'/Zto en hongrois 
et y produisit une vive sensation. Les autres 
opéras de M. AIber^François Doppler, joués jus- 
qu'à ce jour sur le théâtre de la capitale de la 
Hongrie, sont Vanda, opéra en quatre actes, sur 
un sujet polonais écrit en hongrois, qui fut repré- 
senté en 1851, et ^ Deux Hotuards, opéra- 
comique en deux actes, joué en 1853.* Les par- 
titions de tous ces ouvrages , réduites pour le 
piano, ont paru à Pesth chez Trelehlinger et 
Wagner. En 1856 les frères Doppler ont visité 
Bruxelles et Londres. Après avoir donné dans la 
première de ces villes un concert où ils ont fait 
entendre plusieurs concertantes pour deux flûtes 
avec orchestre, ils ont exécuté les mêmes mor- 
ceaux dans un concert de l'association des Mu- 
siciens. Par la perfection d'ensemble de leur jeu 
dans les traits les plus rapides et les plus diffi- 
ciles, ainsi que par la délicatesse et le fini des 
nuances , ces artistes ont obtenu le plus brillant 
succès et ont laissé de beaux souvenirs ches les 
artistes et les amateurs. Uacompositeur distingué 
de Paris se plaignait un jour des ennuis que lui 
causait un voisin flûteur, et disait à Cherubini : 
Cormaissei'vous rien de pire qu^une flûte T — 
Oui.^ Quoi donc?— Deux flûtes ! S\ VWUxsire 
roattreeût entendu les frères Doppler, il n'eût pas 
dit ce mot plaisant. Outre ses opéras, M. Fran- 



çois Doppler a composé pinsievrs ballets, pimt 
de dix ouvertures à grand orchestre, et 
beaucoup d'autre musique instrun^tale. Une 
de ses ouvertures a été exécutée au concert de 
rassodatlon des Artistes, à Bruxelles , mais elle 
n'a produit que peu d'effet. M. François Doppler 
a été nommé chef d'orchestre du théâtre de la 
coar, à Vienne, le 1*' avril 1858. 

DOPPLER (Cbaelbs), frère dn précédent, 
virtuose sur la flûte, comme lui, et chef d'or- 
chestre du théâtre de Pesth , est né à Lemberg 
en 1826. Élève de seo père et de son frère, il 
fit avec celui-ci un voyage dans PAllemagne du 
nord, en Pologne, en Russie et en Moldavie, 
puis se fixa dans la capitale de la Hongrie , où 
les fonctions de chef d'orchestre du théâtre lui 
furent confiées. En 1952 il a fait jouer à ce 
théâtre son premier opéra, en un acte , intitulé 
le Camp des grenadieri, sur un texte hongrois. 
Le bon accneii fait à ce petit ouvrage a décidé 
l'auteur à écrire un grand opéra en quatre* actes, 
qui a pour titre hongrois Wadùu fUt ( le Fils du 
désert), joué en 1854, et dont le succès a eu 
beaucoup d'éclat. M. Charles Doppler a éeril 
aussi plusieurs ballets et des concertantes 
pour deux flûtes, en société avec son frère. 

Un quatrième artiste du même nom, et peot- 
être de la même famille. Jean Doppler, s'est 
fait connaître par une grande quantité de petites 
pièces pour le piano, telles que variations, pe* 
tits rondeaux, danses, etc. Les renseignements 
manquent sur cet artiste; on sait seulement 
qu'il était à Hambourg vers 1840, qu'il alla en- 
suite s'établir à Prague, et que postérieurement 
il s'est fixé à Vienne. Ce que j'ai vu de lui est 
de peu de valeur. 

DORAT (CLAunB-JosKPfl), poète français, 
né à Paris, le 31 décembre 1734, d'une famille 
ancienne dans la robe, s'attacha d'abord au bar- 
reau, puis se fit mousquetaire, et, enfin, quitta 
cette dernière carrière pour se livrer à si>n goût 
pour les lettres. Il est mort à Paris le 29 avril 
178a. Dorât a consacré à l'Opéra un cliant de 
son poème de la déclamation. On a aussi de lui 
un petit poème intitulé le Pouvoir de Vhar- 
monie, imité de Dryden et dédié à M. le Ch. 
Gluck (voy, le Joum. encyclop., octobre 1779, 
p. 114). Dans ses œuvres diverses, publiées à 
Amsterdam et à Parts, on trouve des Recher- 
cl^es sur Vusage et Vatms de la musique dans 
l'éducation moderne, qui ont été traduites en 
anglais sous ce titre : Buterpe, or rcmarks 
on the use and abuse ofMusic, as a part of 
modem educ<iiion; Londres, 1779, in-8^ 

DORATIUS (JteôHE) , ou plutôt Dorati, 
compositeur, né à Lucques vers 1580, a fait im- 



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DORATIUS — DOR» 



47 



primer : Psalmi vespertitU quatuor vocum; 
Venise, 1609. 

DORATI (Nicolas), composfteor de l'école 
▼énitienDe dans le genre madrigslesqoe, vécut 
dans la seconde moitié du seizième siècle. Les 
ouvrages par lesquels il s'est fait connaître sont : 
1* Madrigali à cinque, sei e sette voci^ Ub. 
!• ef 2®; Venetia, oppressa Girolamo Scotto, 
1559, in-i*". -^ X* Madrigali a cinque voci, Ub. 
ly 2, 3, 4 ; in Venetia, appr. Antonio Gardano, 
1567, in-4'' obi. 

DORELLI (AirroiNB), habile ténor, élève 
d*Aprile, entra en 1788 au service de l'élecUor 
de Bavière, et chanta pendant plusieurs années 
sur le théâtre de Munich. 

DORFSCHMID (Georges), musicien alle- 
mand qui vivait dans la seconde moitié du sei- 
zième siècle, a publié des vêpres à quatre voix 
80UB ce titre : Sacri/lciumvespertinum quatuor 
«OCttffi ; Augsbourg, 1597. 

DORION, célèbre joueur de flûte, fut con- 
temporain de Philippe de Macédoine ; on croit 
qu'il était né en Egypte. PluUrque {de Busica) 
dit qu'il fit, dans un mode de musique pour la 
flûte, des Innovations qui prirent de son nom 
celui de mode Dorionien, et que ceux qui adop- 
tèrent ce mode formèrent une sorte de secte, 
opposée à une autre qui avait pour chef Anti- 
génide {ifOy. ce nom), borion était fertile en 
bons mots; Athénée en rapporte plusieurs {Ub. S, 
e, 4), pai;mi lesquels on remarque celui-ci : 
étant un jour dans une ville où il n'avait pu 
trouver de logement, il se reposait dans un bois 
sacré , près d'un petit temple ; il s'informa du 
nom de la divinité à qui il était consacré : A Ju- 
piter et à Neptune, répondit le sacrificateur. 
Comment, s'écria Dorion, pourrais- je trouver 
un gfte dans une ville où les dieux mêmes 
sont logés deux à deux? 11 passait pour un 
dé ces gourmands si communs dans l'antiquité, 
car le poète comique Mnésimaqoe faisait dire 
dans une de ses pièces : Dorion passe chez 
nous la nuit à jouer, non de la flûte, mais 
de la casserole, 

DORIOT (L'abbé), né en Franche*Comté 
vers 1720, fut d'abord maître de chapelle à Be- 
sançon, et fut appelé à Paris vers 1758, pour y 
être attaché à la Sainte-Chapelle en cette qualité. 
Il y occupait encore le même poste en 1780. 
L'abbé Doriot a composé plusieurs motets qu'on 
entendait le samedi saint à la Sainte-Cliapelle, 
et qui jouissaient de son temps de quelque ré- 
putation. On connaît aussi de lui un Traité 
d'Harmonie selon les principes de Rameau, 
dont une copi^ se trouve dans la bibliothèque 
do Conservatoire de Musique, à Paris. 



DORLE, musicien (irançais qui vécut an 
commencement du seiiième siècl^, n'est connu 
que par des motets imprimés dans les recueils 
d'Atteignant (voy, ce nom), particniièremenr 
dans celui qui a pour titre ; XII Motets à 
quatre et cinq voix composés par les autheurs 
cif'dessoubz escriptSf naguères imprimés à 
Paris par Pierre Attaignant, demourant à 
larue de la Harpe près de l'église de Saint- 
Cosme, 1529, petit ïa-4'' obi. 

DORN (JEAN-FRéoéRic), professeur de mu- 
sique à KcBnigsberg, s'est fait connattt^ par 
plusieurs recueils pour trois ou quatre voix 
d'hommes, h l'usage des écoles de chant , les- 
quels ont été publiés à Kœnig»bcrg, Leipsick et 
Beriin. 

DORN (HBMRi-Locis-EnaoRo), compositeur, 
neveu du précédent, est né à Kcenigsberg le 
4 novembre 1804. Les éléments de la musique 
lui furent enseignés par Ssemann, pour le chant, 
par Muthreich, puis C. KIoss, pour le piano, et par 
le compositeur Jules Mflller, pour la tiiéorie do 
l'art. Son oncle Jean-Frédéric Dorn lui donna 
ensuite des leçons, et exerça une active influence 
sur les commencements de sa carrière d'artiste. 
En 1823 Dorn suivit les cours de Kœnig»berget 
s'y livra h l'élude du droit. Lorsqu'elle fut ter- 
minée, il entreprit un voyage h Leipsick, Dresde, 
Prague et Vienne ; pois il se rendit à ^riin, où 
il devint élève de Bernard Klein pour la compo- 
sition et de Louis Berger poor le piano. Il reçut 
aussi des leçons de plusieurs autres maîtres. Ce 
fut dans cette ville qu'il fit paraître ses premiers 
ouvrages* pour le piano , le violon et le violon» 
celle. Il y composa aussi la musique d'un grand 
opéra en deux actes intitulé RoUmd's Knap* 
pen { les Écuyers de Roland), dont il avait 
fait le livret, et qui fut représenté au théâtre 
Kœnigstxdt avec quelque succès. Ily donnaans^i 
le Magicien (der Zauberer), mélodrame repré- 
senté en 1827. Rappelé à Ktisnigsberg, à l'Age de 
vingt-quatre ans, pour y prendre possession de 
la place de directeur de musique, il fit repré- 
senter sur le théâtre de cette ville, en 1829, 
la Mendiante (die Bettlerin) , opéra en deux 
actes. Vers la fin de la même année, la place de 
directeur de musique d'une des églises de Leip- 
sick lui fut oCTerle et il l'accepta; mais il l'a* 
bandonna l'année suivante poor la direction de 
la musique de la cathédrale de Saint-Pierre, à 
Riga. Il y organisa et dirigea la grande fête mu- 
sicale en 1836. Après douxe années de s^our et 
d'activité artistique dans celte ville, Dorn donna 
sa démission de ses emplois pour alkr k Colo- 
gne, où l'attendaient de plus grands avantages ; 
il y arriva en 1843; et eofin^ après la mort do 



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48 



DORN — DORUS 



Nicolaly en 1849, il lai succéda dans la place de 
clierd'orclie8ti;e du théâtre de Berlin. Au moment 
6Ù cette notice est écrite (1859), il occupe en- 
core cette {Kwition. Les opéras que Dorn a écrits 
après ceux qui ont été mentionnés précédem- 
ment, sont : AbU'Kara, représenté à Leipsick en 
1831; das Schwêerfnenimedchen (les Filles 
volages), idem, 1832; les Éckevfns de Paris 
(der Scliôffe Ton Paris), à Riga, en 1838; les 
JBannerets d'Angleterre, 1843; les Musiciens 
d*Aix-là'Chapelle, kColoffke, 1848; Artaxer- 
cès;^ Berlin; die Siebelungen, grand opéra 
en cinq actes , joué à Weimar le 23 juin 1854. 
M. Dorn a composé des symphonies qui ont été 
exécutées à Cologne ; une grande ouverture pour 
la cinquième fête séculaire de la cathédrale de 
cette ville, en 1848 ; un Te Deum ; le 21* psaume ; 
une messe de Requiem, et plusieurs autres com- 
positions religieuses ; enfin, environ soixante-dix 
œuvres de musique instrumentale et vocale, 
particulièrement pour le piano, des recueils de 
chants pour voix d'hommes et un grand nombre 
de Lieder. 

DORN (Albxandrb-Julbs-Paul), fils du 
précédent , est né à Riga le 9 juin 1833. Élève 
de SOI» père, il Ta suivi è Beriin, en 1849, et y a 
publié un recueil de 4 Lieder, chez Bote et 
Bock, deux duos pour soprano et ténor, et un 
chant de Nymphes, pour 3 voix de femmes. En 
185S» il s'est fixé au Caire, en Egypte, et y a fait 
exécuter une messe de sa composition, le 15 
août 1858. 

DORN (Jacques), virtuose sur le cor et 
membre de la chapelle du grand-duc de Bade, est 
né à Lichtenau le 7 janvier 1809. Ëlève de 
Schunke pour son instrument, il entra, en 1826, 
dans la musique militaire d'un régiment badois. 
En 1832 il fit un voyage en Angleterre et s'y fit 
remarquer par son talent. De retour à Karis- 
ruhe, il y a été attaché à la musique de la cour. 
Dorn est aussi très-habile guitariste et a publié 
plusieurs compositions pour le cor et pour la 
guitare. 

DORN A US (Philippe), virtuose sur le cor 
et musicien de la chambre de Télecteur de 
Trêves, naquit vers 1769. On dit qu'il jouait 
déjà les concertos de Punto à Tftge de huit ans. 
A quatorze, il se mit à voyager avec son frère, 
et vint à Paris en 1783. Les connaisseurs admi- 
rèrent l'habileté de ces deux enfants, qui retour- 
nèrent ensuite en Allemagne. En 1769 ils en- 
trèrent tous deux au service du comte de fien- 
theiro-Steinfurth, d'où ils passèrent ensuite à la 
chapelle électorale de Coblence. Philippe Domaus 
a publié à OfTenbach, en 1802, un concerto 
pour deux cori, avec accoutpagnement d'or- 



chestre arrangé par André. Il a fait aussi insérer 
dans la troisième année de la Gazette musicale 
de Leipsick (p. 308) des remarques sur Tusage 
utile qu'on peut tirer du cor. 

DORNAUS (Lucas), frère cadet du précé- 
dent, a toujours accompagné son frère, et se 
trouvait avec lui, en 1800, à la chapelle électo- 
rale de Coblence. 11 a publié: 1^ Six petites 
pièces pour flûte et deux cors^ op. 1 ; Offen- 
bacJi. — 2^ Six petites pièces pour deux clor 
rinettes, deux cors et basson, op. 2; ibid. 

DORNEL (Antoine), né en 1695, fut d'a- 
bord organiste de la Madeleine en la Cité, et en- 
suite de l'église de Sainte-Geneviève. Il est mort 
à Paris en 1765. C'était un organiste médiocre 
et un mauvais compositeur, mais il passait pour 
être bon maître d'accompagnement. Il a publié, 
en 1727, des cantates intitulées : les Caractères 
de la musique, et le Tombeau de Clorinde. 
Il a fait imprimer aussi trois livres de trios pour 
le violon. 

DORRINGTON(TBiÈoPHiLB), né à Witt- 
nesham, dans le duché de Kent , fut recteur dans 
ce lieu depuis 1686 jusqu'en 1712. On a de lui : 
Discourse on singing in the worship of God; 
Londres, 1714, in-8^ 

DORSTIN (Jean DE), de l'ordre des Er- 
mites de Saint-Augustin, né à Recklinghauser 
(Westphalie), vécut au couvent d'Erfurt vers 
1475, au temps de Tempereur Frédéric III et du 
pape Sixte IV. Au nombre de ses ouvrages, qui 
n'ont pas été imprimés, on remarque : l** De 
Monocordo liber unus, ■— 2* De modo bene 
cantandi liber unus, {Voy, ffartzheim^Bi- 
blioth.Colon.y fol. 167.) 

DORUS (Vincent-Joseph Van STEENKISTE, 
dit) , virtuose sur la flûte, est né à Valenciennes 
le 1*'' mars 1813. Admis comme élève au Con- 
servatoire de Paris le 31 janvier 1812, il reçut 
des leçons de Guillou ( voy. ce nom ) pour. U 
flûte. En 1826 il obtint le second prix de cet ins- 
trument au concours , et le premier lui fut dé- 
cerné en 1828. Jusqu'en 1833 son instrument 
fut l'ancienne flûte ; mais, convaincu alors de la 
supériorité de la flûte, réformée par Doehm, dans 
les sons graves , dans la justesse, pour la facilité 
de jouer dans tous les tons, et par la possibilité 
d'exécuter beaucoup de trilles auparavant à peu 
près impossibles, M. Dorus n'hésita pas à se re- 
mettre à l'étude, et sa persévérance le conduisit 
à la possession d'un des plus beaux talents de 
flûtistes qu'on puisse entendre. Dans les années 
1328 , 1829 et 183o, il était attaché à l'orchestre 
du théâtre des Variétés; en 1834 il est entré à 
celui de l'Opéra, où il est encore (1861), en 
qualité de première flûte solo. M. Dorus est aussi 



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IXiRUS — DOTZAUER 



4S 



membre de la société des Concerts dii Conserva- 
toire et de la musique de Tempereur. En 1858 
il a succédé à Tulou comme proress«>ur de flùle 
au Conservatoire de Paris. On a de cet artiste : 
1** Échos des Lagunes, solos pour flûte. — 
2° 16 airs variés» idem, — 3** Fantaisies et Mé- 
langes sur des mélodies de Donizetti ; Mayence, 
Schott. — é** Variations sur une tyrolienne de 
Weber. — 5° Crelly, grande valse suisse ; 3mar- 
cbes des chasseurs de Lulsow, en collaboration 
ayecHera, et d'autres productions pour son ins- 
trument. 

DORUS-GRAS (M™« Julib-Aiméb). Voy, 
Gras (Mn»e Dokus). 

DORVAL ( P. )i professeur dédiant à Ver- 
sailles, s'est fait connaître par un petit ouvrage 
estimable qui a pour titre : VAri de la pronon- 
ciation appliquée au chant , et manière fa- 
cite d'augmenter les ressources de la voix par 
le secours de V articulation; Versailles., l'au- 
teur, 1850, gr. in -8*» de 30 pages. 

DOTUEL (Nicolas), flûtiste , né en Alle- 
magne vers le qpmmencement du dix-liuitième 
siècle, était fils d'un artiste habile sur le même 
instrument. Vers 1750 ii était attaché à la cha- 
pelle du grand -duc de Toscane. Le jeu de Do- 
thel, différent de celui de Qiiantz, était lié et 
dépourvu de coups de langue. Les compositions 
de ce virtuose étaient estimées de son tem|)s en 
Allemagne. Il a fait graver à Amsterdam, en 
1763, six duos pour laUûte, et ensuite, à Paris, 
Siudi per il flaufo, in tutti i tuoni e modi, 
avec la basse. Outre cela , on connaît encore en 
manuscrit neuf concertos pour flûte et sept 
quatuors de sa composition. 

DOTZAUER (Juste-Jean-Frédéric), cé- 
lèbre violoncelliste , né à Hccsselrieth, près de 
Hildburgbausen, le 20 janvier 1783, se livra 
de bonne heure à Tétnde de la musique. Son 
père^ pasteur du lieu de sa naissance, lui pro* 
cura une éducation soignée , et lui lit apprendre 
à jouer du piano, du violon , du violoncelle, et 
les éléments de la composition. Le goût pas- 
sionné qu'il montrait particulièrement pour le 
Tioloncelle, et les progrès remarquables qu'il' fai- 
sait sur cet instrument, détermiuërent son père 
à le mènera Meiningen, en 1799, pour le confier 
aux soins de Krieg^k , maître des concerts. Deux 
ans après, Dotzauer obtint une place de musicien 
de la cluiinbre à Cobourg, ou, suivant d'autres 
Tcrsionsy à la chapelle du duc de Sa\e-Meiningen. 
Il la conserva jusqu'en 1805, époque où il entra 
à l'orchestre de Leipsick. Un voyage qu'il lit à 
Berlin, en 1806, lui procura l'occasion d'entendre 
Bernard Romberg, et de perfectionner son talent 
sons la direction de cet habile ai liste. En 1811 il 

BIOGH. OMV. DES MCSICIEA'8. —'T. III. 



a quitté Leipsick pour entrer à la chapelle royale 
de Dtesde. Voici la liste de ses compositions: 
1** Deux quatuors pour violon^ op. i2. — 2® 
Trois iilem, op. 19. — 3° Un idem, op. 29. — 
4** Trois idem, op. 30. — 5° Trois duos fa- 
ciles pour violon et basse, op. 4. — 6° Tiois 
idem, op. 8. — 7° Trois idem, pour deux vio- 
lons, op. 14. — 8" Trois idem, op. 16, liv. 1 
et 2. — 9** Six idem, op. 25. — 10*» Variations 
pour violoncelle, avec deux violons , alto et 
basse, oi». 7. — 11"^ Concertos pour violoncelle 
et orchestre : i**", op. 27, Mayence, Scbolt; 2* 
en ut, op. 66, OfTenbach, André; 3' en mi, op. 
72^ Bonn, Siuirock; 4" en ré, op. 81, ibid; 5* 
en mi bémol, op 82, ibid ; 6* en mi mineur, op. 
84, ibid ; 7* en fa, op. 93, ibid.; 8* en ré mi- 
neur, op. 100, ibid ; 9' en /*a, op. 101, ibid. Can- 
cer linos : l^' en la mineur, op. 67, Oifeubach, 
André; 2*" en 2a, op. 89, P.onn, Simrock; 3' en 
la, op. 150, Berlin, Challier et Cie. — \2° Pot- 
pourri pour violoncelle, avec deux violons, 
alto et basse f op. 33. — 13° Quatuor pour vio- 
loncelle, deux violons et alto, op. 13. — I4''5*a? 
duos faciles pour deux violoncelles, op 9. -^ 
l5°Tiois idem, pour deux bassons ou deux vio- 
loncelles, op. 10. — 16" Trois idem, op. 15. — 
17** Huit variations pour violoncelle, aoec oc- 
compagnemant de basse, op. 1. — 18° Deux 
sonates pour violoncelle, avec basse, op. 2. — 
19° Dix variations pour violoîicelle , avec 
basse, op. il. — 20° Plusieurs divertissements 
pour violoncelle et piano, ou avec orchestre, op. 
73, 105, 125, 143. ^ 21° Dixhuit valses à 
quatre mains pour le piano, op. 5, 17 et 20. — 
22° Exercices pour le violoncelle, op. 47. — 
23° Douze idem, op. 54 . — 24° Beaucoup de pièces 
détachées, de pots-pourris, etc., pour le violon- 
celle. — 25° Symphonie à granir orchestre, op. 
40; idem, op. 85. — 26° Plusieurs ouvertures, 
idem. — 27° Messe en fa, exécutée à Dresde, en 
1837. On a aussi représenté dans la même ville, 
en I84t , l'opéra de cet artiste intitulé Graziosa. 

DOTZAUER ( Juste-Bkrnard-Frédébic ), 
liis du précédent, estnéà Leipsick le 12 mai 1808. 
Il s'est lait connaître comme pianiste et a publié 
quelques morceaux pour son instrument, entre 
lesquels on remarque des variations pour piano 
et violoncelle sur l'air allemand an Alexis. 

DOTZAUlilR (CharlesLocis), deuxième 
fils de Juste Jean-Frédéiic, est né à Dresde le 7 
décembre 18ti. Élève de son père pour le vio- 
loncelle , il a fait avec lui et son frère atné quel- 
ques voyages et s'est fait applaudira Berlin. De- 
puis 1830 il est attaché à la musique du prince 
de Hesse-Cassel. Il a écrit quelques morceaux 
pour son mstrument. 

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DOUAI - DOURLEN 



DOUAI ou DOUA Y (Emile), compost- 
lear» est né à Paris vers 1802. On igoore quelle 
fut la première direction de ses études musicales, 
car il ne fut poiot élève du ConserTatoire ; mais 
on sait que Reicha lui enseigna riiarmonie et le 
contrepoint. Le théâtre do Gymnase drama- 
tique ayant été ouvert en 1822, M. Douay y eut 
une place de premier violon dans l'orchestre; il 
en fut nommé deuxième cher en 1823, et dans la 
même année il y fit représenter le petit opéra une 
Aventure de Faublas, qui fit une lourde chute 
et ne fut pas achevé. En 1827 il donna sa dé- 
mission de sa place de second chef d'orchestre 
et prit celle de violon solo au même théâtre; 
mais il ne la garda que jusqu'en 1831 , époque 
de sa retraite. Alors il disparut de la vie active 
des artistes, se bornant à former quelques 
élèves , cachant son existence, vivant de peu , et 
méditant en silence sur certaines innovations 
quil entrevoyait dans son art Esprit sérieux , 
homme d'étude, et possédant une instruction 
solide qu'il est rare de rencontrer chez les ar- 
tistes, il préparait de grandes compositions dont 
il ne parlait à personne. Enfin il était com* 
plétement oublié lorsqo'en 1843, douze ans 
après sa retraite, et parvenu -k l'Age de près de 
quarante^eux ans , il annonça un concert à la 
salle de la rue Neuve-Yivienne, où l'on devait 
exécuter deux grandes muvres de sa composi- 
tion. De ses économies il avait fait la dépense 
d'un orchestre complet , et, ne comptant pas sur 
une recette productive , il avait invité les ar- 
tistes è venir l'entendre et le juger. Ses œuvres 
avaient pour titres Geneviève des Bois, ou- 
verture, et la Création, la Vie et la Destruc^ 
tion, symphonie poétique. Dès les premières 
mesures l'auditoire reconnut un musicien habile 
dans l'art d'écrire, ainsi qu*un esprit indépendant 
qui cherche des voies nouvelles. Il y avait là 
de la hardiesse, de la grandeur, des effets in- 
connus, mais du charme, point. L'auditoire, ap- 
préciant le mérite de ces ouvrages, applaudit 
avec chaleur ce qu'il venait d'entendre , mais il 
sortit plus étonné que séduit. Toutefois, les jour- 
naux ayant appelé l'attention publique sur les 
œuvres de M.' Douay, les amateurs se portèrent 
en foule à deux autres concerts où les mêmes 
compositions forent exécutées. Après cet essai de 
son talent,lecompositeur partit pour l'Allemagne, 
la parcourut sans dire son nom , sans se faire 
connaître comme artiste, écoutant, comparant 
et méditant. 

Rentré à Paris, U se remit à Tceuvre, et , après 
trois années de silence , il reparut de nouveau 
dans des concerts donnés à la salle Ventadour, 
où il fil entendre deux grandes compositions d'or- 



I cbestre, avec chœurs et solos, lesquelles avaient 
pour titres Cristophe Colomb, et la Mer, ou 
une voix dans Vorage. L'impression produite 
par ces œuvres fut moins favorable que celle des 
premiers ouvrages. Enfin, dans l'année suivante, 
il donna de nouveaux concerts au ThéAtre-ltalien, 
dans lesquels on entendit deux œuvres nou- 
velles, intitulées Jeoftfi^ (d'Arc), trilogie mu- 
sicale à grand orchestre, avec chaurs et voix 
principale, et la Chasse royale (vision de 
Henri IV), légende de la fore't de Fontaine- 
bleau, en 2 parties, pour orchestre, choBur 
et voix principale. 

L'effet de ces compositions ne répondit pas à 
l'attente de l'auteur .* la trilogie de Jeanne parut 
d'une longueur excessive , et les fanfares de la 
Chasse royale, pour quatre cors à sons bouchés, 
forent fort mal exécutées , et ne firent entendre 
que des sons étranges et faux. 

Ainsi qu'on le voit, M. Donay est un de ces 
musiciens qui veulent faire de la musique des- 
criptive, imitative, et transportent dans le genre 
instrumental le sujet du dram«. Son entreprise 
en ce genre n'a pas été plus lieureuse que celle 
de ses prédécesseurs, et de ceux qui , en dépit 
de tant d'essais peu satisfaisants, se sont obstinés 
à suivre les mêmes voies. Ainsi quenous»l'avoiis 
écrit souvent, nous répétons ici que ces inno- 
vations, loin d'être un progrès de l'art, en mar- 
quent la décadence, parce qu'on veut lui donner 
une mission qui n'est pas dans sa nature. 

Après que M. Douay fut revenu de ton voyage 
en Allemagne, il entra à l'orchestre du Théâtre 
Italien comme violoniste et y fut attaché pendant 
plusieurs années; mais, Jaloux de -son indépen- 
dance , il s'est retiré de nouveau, et D*a reparu 
dans le monde musical que pour faire entendre 
aux concerts des Jeunes Artistes du Conservatoire, 
dirigés par M. Pasdeloup, une ouverture et une 
I symphonie qui , après avoir été applaudies avec 
enthousiasme par l'orchestre aux répétitions, 
n'ont pas eu de succès près du public. On con- 
naît aussi de M. Douay unehéroîde musicale poiir 
voix seule et orchestre, intitulée Homère, 

DOUET ( Alexandrb), prêtre et maître de 
chapelle de l'église Saint-Hllaire de Poitiers, 
dans la seconde moitié du dix -septième siècle, 
a publié : Missa sex vocum ad imitationem 
moduU Consolamini; Paris, Cristophe Ballard, 
1676, in-fol. 

DOUfiLEN (Victor), né à Dunkerque en 
1779, entra au Conservatoire, dans la classe de 
piano de Mozin, eh 1797, reçut des leçons d*har- 
I Rionie de Cafei , et apprit ensuite le contrepoint 
sous la direction de Gossec. Eu 1806 il concon- 
rut pour le grand prix de composition musicale. 



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DOURLEN — DOWL/LND 



ôt 



€\ii) ini fut décerné par la dasse des beaux-arts 
de llnstîtot. Ce prix lui procurait l'avantage 
d'aller en Italie, aux frais du gouTernement, 
étudier l^art de chanter arec facilité dans la com- 
position ; mais avant son départ il fit représenter 
au théfttre Feydean Philoclès, opéra en deux 
actes, dont il avait fait la musique. Pendant son 
séjour à l'école des Beaux- Arts, à Rome, Dourlen 
envoya à Tlnstitut nn Dies irx dont il était 
Taoteur, et sur lequel le Breton, secrétaire de la 
quatrième classe de cette compagnie, fit un rap- 
port favorable, au mois d'octobre 1808. De retour 
à paris, Dourlen a donné au théfttre Feydeau les 
opéras suivants : 1** Lvnnée , en trois actes, 
1808. — 2** La Dupe de son art, en un acte, 

1809 3^ Cagliostro, en trois actes, en société 

avec Reiclia, 1811. — 4*^ Plus heureux que 
sage, en un acte, 1816. — 5^ Le Frère Phi- 
lippe, en un acte, 1818.-6^ Marini, en trois 
actes, 1819 — V Le petit Souper, en un acte, 
1822. Outre ces ouvrages, M. Dourlen a publié 
plusieurs compositions instrumentales, parmi 
lesquelles on remarque : l® Sonates pour le 
piano, op. 1. — 2^ Fantaisie snr la romance de 
Bélisaire, — 3^ Premier concerto pour le piano, 
op. 3. — 4^ Trio pour piano, violon et basse, 
op. 4. — 5^ Trois sonates avec accompagnement 
de violon , op. 5. -— 6"* Fantaisie en trio , avec 
F. Kreul)é. — V Pot-pourri sur les airs de Jean 
de Paris. — 8** Sonates faciles poqr le piano, 
op. 6. — 9^ Sonate avec accompagnement de 
flûte, op. 9. — 10** Sonate à quatre mains, op. 
10. Dourlen a été professeur dliarmonie et d'ac- 
compagnement au Conservatoire de Musique de 
Paris, depuis -181 6 jusqn^en 1846, époque où 
il a pris sa retraite. Il a publié, pour l'usage de 
ses élèv&«, un Tc^leau stfnoptique des Accords / 
Paris, Pacini, et un Traité d'Harmonie, eonte^ 
fiant un cours complet, tel quHl est enseigné 
au Conservatoire de Paris; Paris, Prilipp,i834, 
f Tol. gr. in-4**. Cet ouvrage, dédié à Cherubini, 
a été approuvé par la classe des beaux-arts de 
Pliiatitut de France sur le rapport de Berton. La 
doctriae qui en est la base est celle de Catel, et ses 
développements y sont enrichis d'un grand 
nombre d'exemples bien écrits, à quatre parties. 
BOUTH ( Philippe), écrivain anglais du 
dîx-fiepfième siècle, a publié un poème sur la 
mosiqae sous ce titre : Muslca incantans, seu 
Poema exprimens vires musices, Juvenem in 
insaniam adigentis , et musici inde pericu- 
lum; Londres, 1674, in-4^. Cet ouvrage est fort 
rare. 

DOU WES (Nicolas, en hollandais Klaas), 
organiste et maître d'école à Tzum, dans la Frise, 
nnqoit à Leuwarden en 1068. Il fit imprimer 



à Franeker, en 1699, in-12 de cent trente-deux 
pages, un traité de la musique et des instrii- 
ments, dont il avait préparé une deuxième édi- 
tion améliorée, qui ne parut qu'après sa mort, 
en 1722, et qui fut reproduit plusieurs fois sons 
le titre suivant : Grondig ondersoek van de 
Toonen der Muzijk; waarin van de wijdie of 
grootheit van Ociaven, Quinten, Quarten en 
Tertien,gheeleen halve Toone onvolmakteen 
valsche spetien geoorloofde V zamenvœging 
van Ociaven, etc. (Recherches fondamentales 
sur lestons de la musique, etc.). La dernière édi- 
tion a paru à Amsterdam, en 1773, in-4^ Dans la 
deuxième partie on trouve la description de 
l'orgue, du davicorde, du clavecin, du flageolet, 
des flûtes (à bec) , du chalumeau, du hautbois, 
des cornets , des trompettes, de la trompette 
marine, des violes, et des instruments à cordes 
pincées, avec les systèmes de leur accord. 

DOWLAND (Jean), célèbre joueur de luth 
anglais, né dans la cité de Westminster, en 1562, 
fut admis à l'Age de vjngt-six ans à prendre le 
grade de bachelier en musique, à l'université 
d'Oxford. Dans un sonnet attribué à Shak- 
speare on trouve ce passage relatif à Dowland : 

If miuleke and sveet poetry agrée. 
As they mnst oeeds ( the sinter and the brother) 
Then mnst the love be great twtxt thee and me, 
Becaose thon lov'at the one aad I the olher. 
Dowland ta thee is deer, whose heavenlj toncb 
Cpon the lote Uoth ravlsch haman sensé; 
Spencer to me, etc., etc. (i). 

^ En 1684 Dowland voyagea en France, et de 
là passa en Allemagne, o(i il fut reçu de la ma- 
nière la plus flatteuse par le duc de Brunswick 
et par le prince Maurice, landgrave de Hesse- 
.Cassel. Après avoir passé quelques mots à la 
cour de ces princes, il traversa les Alpes, et visita 
Venise, Padoue, Gènes, Ferrare et Florence. 
A Venise il se lia d'amitié avec le célèbre com- 
positeur Jean Croce. De retour en Angleterre il 
y publia ses premières compositions en 1595, 
sous ce titre : The first Booke of sangs or 
agrès offoure parts, vHth tablature for the 
lute (Premier livre de chansons ou d^airs à quatre 
parties, avec tablature de luth). Peu de temps 
après il partit pour le Danemark et devint 
premier futhiste du roi de ce pays. Le deuxièiœ 
livre de ses chansons (Ihe second Book of 
song or airs for ihe lute or Orpharion, with 
the viol de Gamba) est datée de Helstngôrs 

(1) SI la mnslqne et la dooee poésie se plaisent eomme- . 
le doivent one so^ar et un frère, l'amour entre vous et moi 
doit fttre grand, car vous aimez l'une et moi l'autre : 
Dowland vons est cher par sa touche divine sar le 
loth. qui ravit les sens; Spencer me plaît, etc. 

4. 



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62 DOWLAND — DOYAGUE 

en Danemark, le fer juin 1600. En 1603 il <^lait flaid uHh Inte and viols (la Consolation d'un 
de retour à Londres, et y publia : The third ' pèlerin, où est contenue une harmonie musicale 
Book of songs or airs io ting io the lute, à trois, quatre et cinq parties, pour être chantée 
Orpharton, or violls. Cet ouvrage fut suivi de on jouée sur le luth ou les violes). Quelques 
cehii qui a pour titre : Lachrimœ, or seaven \ madrigaux de Dowland ont été insérés dans U 
ieares figured in seaven passionate pavons, \ Musica antiqua de Smith et dans la collecUon 
U'Uh divers others pavans , gagliards and ; du docteur Crotch. Ces spécimens de sa musique 
almands, set forth for the lute, viols, or vio- \ n« dounent pas une idée favorable de son génie 
Uns, in five parts {lesL^rmes, Ti^iurées par sept [ ni de son savoir. Nonobstant la médiocrité de 
pavanes passionnâmes, avec d'autres pavanes, i l^ur mérite au point de vue de l'art, les li- 
vres de chansons ou madrigaux de Dowland 



gaillardes et allemandes, arrangées pour le luth, 
les violes ou violons, à cinq parties). Cet ouvrage 
parait avoir joui d'une assez grande célébrité. 



sont si rares aujourd'hui qu'un exemplaire dea 
trois livres réunis (1&96-1603) a été vendu en 



car il en est fait mention dans une comédie de j 1846, citez MM. Kalkin et Budd, à Londres, 

Midletoninlltulée:A'oiri(Zi&ea vroman'5 (Nul ! '^ somme énonne de 12 livres l& schellings 

esprit n'est semblable à celui d'une femme), | (318 fr. 75 c). M. W. Chappell a publié le pre- 

dans laquelle une servante annonce une fâcheuse °^^^^^ ^^^^ ^^ ^''^ ^^ Dowland, en pariition. 



nouvelle à sa maîtresse, et en reçoit la réponse 
suivante : 

No, Thoupiajeit Dowland's Lachrlmae to tliy muter. 
Dans la dédicace de cette œuvre à la reine 



dans la collection de la Société des Antiquaires 
de musique, à Londms, in-ful. Il y a lieu de 
croire que Dowland était meilleur instrumentiste 
que compositeur. Hawkins indique Tannée 1615 
comme la date de la mort de ce musicien ( Hist» 



Anne, qui était sœur de Christian IV, roi de ; of the Science and pradice of Music, t. III, 

Danemark, Dowland dit que, voulant retourner | P- 326); mais deux documents authentiques 

près de ce prince, son maître, il s'était embar- 1 découverts par M. le docteur Rimbault,et publiés 

que, mais que les vents contraires l'ont obligé P^** ^** Chappell , prouvent que Dowland était 

à passer l'hiver en Angleterre. ' encore attaché à la musique de la cour, à Londres, 

En 1609 Dowland publia à Londres sa traduc- ' ^° l^^^» ^^ M"*il était alors â»é de soixante-trois 

tion anglaise du traité de musique d'Ornitopar- ! ^'^^i enfin, qu'il était décédé au mois d'avril 

eus. Cette traduction est plus rare que l'ouvrage > ^^^8 (1). 



original, parce qu'il n'en a été fait qu'une édi- 
tion. Dans la préface il dit que, étant résolu de 
rester désormais chez lui, il publiera d'aiitres 
ouvrages, particulièrement ses observations et 
instructions concernant Part de jouer du luth 
(My observations and directions concerning 



DOWLAND rRoBERT), frère du précédent,, 
a publié un recueil de chansons à plusieurs voix, 
de sa composition, sous le titre de A musical 
Banquet; Londres 1610, in-foi. 

DOYAGUE (D. Mandel-Jos£); con^positeur 
espagnol, naquit à Salamanque, le 17 février 



the art of Lute plaglng). Ces Instructions et | ^^^•'»' f"*'* ***"" artisan de cette ville, il i»:mb)ait 

observations parurent en effet dans l'année sui- < destiné à la modeste condition de son père; mais 

vante, en tête d'une collection de leçons pour le I ^'^^ heureuses facultés en décidèrent autrement, 

luth, éilltéepar le frère de Dowland, sous ce titre : ' Trop pauvres pour lui faire suivre le cours d'é- 

Varietie of Lessons : viz. Fantasles, Pavins, I *"<*♦* <Je l'université, ses parents eurent la i)onne 

Gaillards, Almaines, Coranioes and Volts, [ P«"*^« <^®'c ^^^^^ admettre parmi les entants de 

Selected out of the best approved authors ' c'»®»"' de lacalhédrale, et lejeuneDoyagùe apprit 

aswell bfijond the seasas of our ownecoun- \ *" collège de la maîtrise la musique théorique et 

iry; by Robert Dowland. Where unto is an ' Pf»l'<l"<^. *'"»' <?"« les letUes latines. Hélait Agé 

nexed certaine observations behnrjing to Lute- ' ^® vingt-six ans lorsque son maître de nnislque 

playing, by JohnBaptisto Besardo ofllscon- ®^ ^® compo>ition, D. Juan Martin, maître de 

ti; Aboashort treatise iherevnto appertay i <^*>*P«"<* ^« '* cathédrale, se retira en I78i j 

nhig by John Dowland, batchelor ofmusidie; ^>*^"« ^"^ ^^^^^^ PO"' '"> succéder, et dans 

London, prinfed for Thomas Adoms, i6lo' '® "'*'"® ^^"^^^ °" '"* "^"* ** *^**"'''* **® '""* 

Un exemplaire de ce recueil , considéré 'comme ' *'^"® ^® l'université. Il était ecclésiastique et 

unique par M. Chappell, existe à la bibliothèque <^*'»n*'*n* <*** '* cathédrale; mais, d'un caractère 

bo<lléienne. tn 1612, Dowland fil paraître une P*" «ociable.il ne voyait personne, et sa longue 

collection de rnèces sous ce titre : A PilgrinVs ' 

sotace, wherein fs contai ned musical harmonv I ^*^ "^""^^ t'tntroduction placée par m. chappwi dan» 

nnhr^0» fn^i^^^e^ « / V i j Thé Jirtt set q/ songs itt four parts composed bp John 

0/ î/iree, four and p,ve parts, io be sung and ootctand, eic, p. ♦,; 



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DOYAGUE — DRAGHI 



53 



▼ie s'écoula dans une retraite absolue. Passionné 
poor l'art, il était incessainraenl occapé de la 
composition de ses ouvrages $ mais, sans ambi- 
tion de renommée, il ne cherchait point à les 
répandre, se contentant de les faire exécuter 
dans son église. De là vient qu'il était à peine 
connu de ses compatriotes, lorsqu'en 18 1 3 il 
consentit à se rendre à Madrid pour diriger Texé- 
cution d*un Te Deum de la plus grande beauté 
qn^il avait composé à Toccaslon de riietireiix 
accouchement de la reine. En 1830 on cbaftta 
dans la même chapelle une messe de Doyagiie, 
à 8 voix réelles avec orchestre, dont la beauté 
excita Tentliousiasme des artistes. LVfTet de 
cetto composition fit décerner à .son auteur le 
titre de maître honoraire do Conservatoire de 
Madrid, on 1831. Le chef-d'œuvre de cet ar- 
tiste remarquable es( , dit-on , un Magnificat 
à 8 voix, avec orchestre et orgue obligé. En 
1829 un de ses Miserere fut envoyé à Ros- 
sini« qui, frappé de rori^inalité des idées et de 
Télévation du style, écrivit à Doyagiie une lettre 
flatteuse de remerctments et d'éloges. Ce 
mettre, décédé le 18 décembre 1842, à Tape de 
87 ans, a été enterré avec pompe au cimetière 
de Salamanque; un tombeau en marbre lui a 
été élevé, et Ton y a déposé, à cMé de ses restes 
mortels, Toriginal de son célèbre Magnificat, 
dans une cassette recouverte en plomb. Parmi 
les productions de Doyagûe on remarque : 1** Le 
grand Magm/icat dont il vient d'être parlé. — 
2*^ Un autre Magnificat à 4 voix et orchestre. 
— 3^ Un tioisième idem à 8 voix avec instru- 
Bients, en ré. — 4^ Des Lamentations pour la 
semaine sainte. -* 5° Trois Miserere, en mi 
bémol, parmi lesquels se trouve celui qui fut 
envoyé à Rossini. — 6° D'autres Miserere en 
style plus léger, à 4 voix, en fa. -> 7^ Une 
messe solennelle à 8 voix, orchestre et .orgue 
obligé, en sol. — 8** Messe à 4 voix , en fa. — 
9^ Deux autres idem, en la. — lO"* Une liutre 
Idem , en si bémol. — 11^ Les psaumes des vê- 
pres pour tontes les fêtes. — n"* Office des 
Morts à 4 voix, chœur et orchestre. — 13° ilfo- 
tet funèbre à 4 voix, avec accompagnement de 
deux violons, alto et basse, en fa. — 14"* Plu- 
sieurs GenitoH. — 16* Un grand Te Deum à 
8 voix et orchestre. — 16* Un nombre immense 
de psaumes, motets, villancicos^ airs, duos et 
quatuors d'église , en toute sorte de combinai- 
sons de voix et d'instrumentation. Le style de 
Doyagûe est une alliance des formes Févères 
avec les tendances harmoniques de la musique 
moderne. 

DOZO\ ( M"«). Voyez Ciiéron (M"?'' ). 

DRAGIIETTI (André), jésuite italien. 



professeur de métaphysique à l'université de 
Bréra, dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle , a publié un petit traité de Psychologie 
sous le titre de Psychologiœ spécimen; Milan, 
1771 , in-8*. Il y traite (p. 45-63) des lois des 
séries arithmétiques et géométriques appliquées 
à l'échelle musicale. Le P. Sacchi ( voy, ce nom 
attaqua les idées du P. Draghetti, relatives à ce 
sujet, dans un petit écrit qui a pour titre : Ri' 
posta al P. Andréa Draghetti, délia compa- 
gnia di Giesù, sulle legge di continuità nella 
scala musicale. Milan, 1771, et ce morceau 
donna lieu à' une autre publication du P. Dra- 
ghetti, intitulée -.Délia legge di continuità nella 
scala musicale, replica alla riposta delPadre 
D. Giovenate Sacchi; Milan, 1772, 97 pages 
in-8% avec une planche. Il a été rendu compte de 
la discussion de ces deux savants dans la Gazette 
littéraire de Milan (1772, n* 26), et dans le 
Journal des Savants (1773, janvier, p. 131, fé- 
vrier, p. 375.) 

DRAGHI (Balthasar), compositeur italien 
qui vivait vers la fin du seizième siècle, a publié 
des Canzonnette e villanelle alla Napole- 
/ana; Venise, 1581. 

DRAGHI (Artoire), compositeur dramati- 
que, né à Ferrare en 1642 , commença à écrire 
fort jeune, et, après avoir fait des messes et des 
motets à Tâge de vingt et un ans , composa son 
premier opéra en 1663. Peu de musiciens ont 
eu une fécondité égale à la sienne. Après avoir 
passé plus de vingt-cinq ans au service de la 
cour de Vienne , il retourna vers la fin de sa vie 
à Ferrare, et y mourut en 1707. On peut juger 
de sa facilité par la liste suivante de ses opé- 
ras : 1° Aronisba, en 1663.— 2* Alcindo. — 3° 
Cloriclea, 1665.— 4** Muzio Scevola, 1666. — 
5^ Ercole acquisitator delta immortalità, 
1667.— 6* Atalante,, 1669. — T Leontda in 
Tegea, 1670 — 8*/^rfc, 1670.— g^Pene/o/^/JC, 
1670. — 10* La Prosperità d'Elio Sejano, 
1670.-11° Cidippe, 1671. — 12° Avidità di 
Midà, 1671. — 13° Gara de Genni, 1671.— 
ii'^Gundelberga, 1672.— ib'^LaSulpizia, 1672. 
— 16° Atomi d'Epicure, 1672. — 17° Provare 
per Tion recitare (divertissement), 1673. — 18° 

La Tessalonica, 1673 19° La Lantei-na 

di Diogene, 1674. — 20° IlRatto délie Sabine, 
1674. — 21° Il Fuoco eterno custodito dalle 
vestali, 1674.-22° Pirro, 1675. — 23° l Pazzi 
AbderUi, Xtlb. — W Lucrczia, iC76.-25°5c- 
leuco, 1676. — 26° n Silenzio d'Arpocrate, 
\6'77.— 27° AdrianosulmonicCosio, i677.— 
2S° Chelonida, 1677.^ 29* Rodogonc, U]71 — 
ao° LaConquistà del vélo d'Oro, 1678.— 31" 
Creso, 1678.-32° Snea in Jlalia, 1C78. — 33^ 



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54 



. DRAGHl — DRAGONETTI 



Leucippe , 1678. —34* La Monarchia laiina 
trionfante, 1678. — »:><' // Tempio di Diana in 
Taurica, 167». — ae** Il Vincitor magnanimo 
in Tito Quinto, 1678.— srFlaminio, 1679— as*» 
Baldracca, 1679.-39** La Pasienza di Socrate 
condue moglie, 1680. —40° H TenUstocle, en 
1681.— 4lMcfci7/c m TessaÙa, 1681 . -32* La 
Fona dell amicizia, 1681. — 43* GliStrata- 
gémi di Bionte, 1682. — 44* La Chimera , 
1682. — 45*» La Lira d'Orfeo, 1683. — 46*» // 
Palladio in Roma, 1683. — 47* La più gène- 
rosa Spartana, 1685. —48** Len&re Azionidi 
Tempe, 1685. —49* Tl RisoreimerUo delta 
ruota deUaFortuna, 1685 — bO"* Le Scioccagini 
degli Psilti, 1686.— 51*» Lo Studio d*amore, 
1686. — 52*» La Vendetta delV onestà, 1687.— 
53* La Vittoria délia fortezza, 1687.— 54* 
Il Matito orna più, la moglie ama me- 
glio, 1688. — 55° Tanasio, 1688. — 56* / 
Piantti benigni , 1689.— 57* Pimmalione in 
Cipro, 1689.— bS"" Eosaura, 1689. —59* La 
Eegina de Volsciy 1690. — 60* Il Ringioveniio, 
1691.— 61*// rriôu^o (te' Sari, 1691. —62* Z« 
Varietà di fortuna in Lucio Giunio Bruto , 
1691 . — 63* // Merito uni forma i Geni, 1 69 1 .— 
64' Fedeltà e Gen^rosità, en 1692. — 65* 

Àmore in Sogno, 1693 66* Le Fiante délia 

virtû e delta fortuna, 1693. -^7^ Le più rie- 
che Gemme , 1693. — 68° Pelopida Tebano 
in Tessaglia, 1694.— 69* ^'Osscjuio delta poe- 
sia e dclla storia, 1694. — 70* Le Sere delV 
Aventhio, 1694. ^7i** La Chioma di Bérénice, 
1695. —72* La Finta ceciià d'Antioco Grande, 
1695. — 73* Industrie amorose de* fagazze 
dl Tracia, 1695. — 74* Magnianimità di Fa- 
brizio, 1696. —75* La Tirannide abbatuta 
dette virtù, 1697. — 7&*Adalberfo, ovvero ta 
forza delV astuzie féminité, 1697. -*- 77* Amor 
pervirtù, 1697. — 78* LePiramide d'Egitio, 

1697. — 79* Arbac€y fondatore delV impero 
de Parti, 1698. — 80* Detizioso Ritiro di Luc- 
cullo, 1698. — 81* Idea del fetice governo , 

1698. — 82* Le Finezze' deW amicizia e delV 
onore, 1699.— SSTAlceste, 1799. On connaît 
aussi quelques oratorios d*Antoine Draghî, 
parmi lesquels on remarque le Cinque Piaghe 
diCristo.éeriien 1677. 

DRAGHl (Jean -Baptiste), claveciniste et 
compositeur né en Italie , accompagna en An- 
gleterre Marie d'Esté, princesse de Modëne et 
épouse du roi Jacques 11. Pendant toute la du- 
rée de ce règne il fut le musicien favori de 
la cour. On croit aussi qu'il donna des leçons 
de musique à la reine Anne. L'année de sa 
mort est ignorée. Les ouvrages qu^il publia en 
Angleterre consistent en suite des pièces de 



clavecin. Il fit anssi la musique de deux opéras ; 
Pun, intitulé Psyché , en société avec Lock ; 
l'autre , sons le titre de the Wonders in the 
Sun y or the khigdom of birds (les Merveille» 
dans le soleil , ou le royaume des oiseani ), 
repésenté au théâtre de la Reine, dans Haymarkeft^ 
en 1706. On croit que plusieurs antiennes insé- 
rées dans les collections de la fin du dix-sep- 
tième siècle, et indiquées sous le nom de Bop- 
liste y sont de Dra<;lii. 

DRAGONETTI (Dominique), virtuose sur 
la contre-lwsse, est né à Venise le 7 avril 1763. 
Son père , simple ménétrier , jouait aussi de cet 
instrument. Dragonelti n'eut point d'autre maître 
que lui-même; un pauvre cordonnier , nommé 
Schiamadori, lui enseigna les premiers principes 
de la musique. Seul il apprit à jouer de la con- 
tre-basse , et ses progrès furent si rapides qu'à 
l'flge de onze ans il était capable de faire sa 
partie dans un orcbestre. Un musicien, nommé 
Doretti , ayant eu occasion de l'entendre , fut 
si étonné de ses rares disposition:» qu'il . pria 
son père de lui donner un maître. Celui-ci confia 
son Itls aux soins de Berinl, contre-bassiste de 
l'église de Saint-Marc et le meilleur maître de 
Venise. Après avoir donné onze leçons au jeune 
Dragonetti , ce vieux musicien n'eut plus rien 
à lui apprendre, car son élève était «irrivé à on 
degré de talent supérieur au sien. A Tàge de 
treize ans Dragonetti occupait la place le pre- 
mier contre- bassiste à l'Opéra-Boufe ; h qua- 
torze on lui confia la même place à l'Opéra- 
Sérieux de San-Benedetto ; enfin, à dix-neuf, il 
succéda à son maître Berini au chœur de l'église 
de Saint-Marc. Son talent extraordinaire le 
faisait souvent choisir pour jouer sur la contre- 
basse la partie de violoncelle dans les quatuors 
de violon. Les concertos les plus difficiles de 
basson ou de violoncelle n'étaient qu'un jeu 
pour lui. il avait composé pour son usage des 
concertos, des solos, des sonates, dans les- 
quels il avait introduit des passages d'une 
si grande difficulté, que lui seul pouvait les jouer. 
Dans un voyage qu'il fit à Vicencejl.eut le 
bonheur d'acquérir une contre-basse excellente 
qui avait été construite par Gaspard de Salô, 
maître d'André Amati : c'est cette même 
contre-basse dont il s'est toujours servi de- 
puis lors. De retour à Venise il reçut Tinvi- 
tàtion de se rendre à Londres; Bertoni, 
maître de chapelle de Saint-Marc, et Je célèbre 
chanlenr Pacchierotti , qui arrivait d'Angle* 
terre, l'engagèrent à accepter cette invitation. 
Il avait alors trente-huit ans et était dans la 
force de son talent, il arriva à Londres en 1791 
et y excita le plus grand étonnement. Nou-seu- 



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DRAGONETTI -*DR£GHSLER 



6S 



kmeot il exécutait avec one admirable précision 
les passages les plus difficiles eu sons liarmoni- 
ques; oiais à Torcheslre, où il était placé près 
du piano, lorsque les musiciens hésitaient dans la 
mesure, Dragonetti les ra(îermissait aussUAt en 
attaquant arec énergie les notes essentielles. 
On rapporte que Yiotti, a)aot un jour engagé cet 
artiate à jouer la seconde partie d'un de ses 
doois de violon les plus difficiles, et remarquant 
sa facilité à remplir cette tàclie, lui proposa de 
^ouer le premier Tiolon; Dragonetti mit tant 
d*babiieté dans ce lourde force que Viotti s'écria 
qull n'avait point d*égal. Bien qu'Agé de soiiiante- 
cioq ans , Dragonetti tenait encore, au tbéAtre du 
Roi et aux concerts de la Société pbilliarmoni- 
que, la place de premièrecontre- basse, et, quoiqu'il 
eût perdu quelque chose de son agilité , il rem- 
plissait ses fonctions de manière à exciter l'é- 
tonnement de ceux qui* Penteodaient. Pendant 
son long séjour à Londres, il avait rassemblé une 
coUection nombreuse d'objets de curiosité et 
d antiquité de tout genre, parmi lesquels on 
remarquait beaucoup d'instruments de musique. 
Dragcmetti est mort à Londres, au mois de mal 
1846. De ses deux contre^Msses, Time de Gaspard 
de Salô, comme il a été dit ci «dessus, l'autre de 
Stradivari, il légua la première à la ville de Venise, 
sa patrie. M. François Caffi a publié : Biogrctfia 
éU D. Droffonetti, Venesiano; Venezia, 1846. 
' DfiAGONI ( JBAM-ÂMiHiÉ), mattrede diapelle 
à Saint-Jean-de^Latran , dans la seconde moitié 
du seizième siècle, naquit à Meldola, bourg des 
ËtaU de l'Église, vers li»«o, et fut élèvede Jean 
Pierloigi de Palestrina. Ayant été nommé maître 
de cbapelie de Saint-Jean-de-Latran au mois de 
jsiiii lâ76', il conserva cette place Jusqii'à sa 
mort, arrivée eo 1598. On connatt de lui : 
l** MadfigaU a cinque voci, llb. i% Venise, 
Girolamo Scotto, 1675, in-4<'; 2me édition, Ve- 
nise, 1694; libroi.2S Venise, Scotto, 1675; libre 
3^,ibid., 1579; libre 4% Vicenti, 1 594. — S^'ifa- 
drigali a 6 vœi, libre 1^ ; Venise, Scotto, 1583. 
— 3"* VUlanelle a 5 voei ; ibid., 1588. — 4<> MO" 
teUiper tuUi i sanU deW anno, a 5 voci; 
Venise, 1578. — 5* MoteiU a tre vooi, Venise, 
1580. Après la mort de.Dragont , le chapitre de 
Saint-Jean-de-Latran a fait imprimer de ce com- 
positeur un livre de madrigaux à six voix et un 
livre de motets à cinq, en trois parties; Rome, 
Mutio, 1600. Le catalogue de la collection de 
M. Tabbé SaatinI, de Rome, indique aussi, sous le 
nom de cet auteur, trois JBenedietus à huit voix, 
une messe à quatre en canon, et un Diaiit à 
huit Od trouve un madrigal de Dragoni dans la 
collection publiée par Simon Verovio, sous ce 
titre : Canionette à quaiirovoei composte da 



diversi ecc»* mvsiei, con Vintavolatura del 
ctmhaio et del liuto,- in Roma, i59l, petit 
in-fol. »i- . 

DRAUD ou DRAUDIUS (Gborcbs), pas- 
teur à Gross-Carben, dans le duché île Hesse- 
Darmstadt, ensuite à Orteuberg, et enfin à Da- 
veriieim, naquit dans ce dernier lieu le 9 
janvier 1573, et mourut à Butzhach en 1635. Tout 
le monde connaît ses fiibliotlièques classique et 
exotique, Francfort, 1611 et 1625, in-4^ On y 
trouve les titres d'envûon douze cents ouvrages 
de musique théorique et pratique, publiés dans 
les seizième et dix-septième siècles; mais la plu- 
part des titres et des noms sont changés par une 
traduction latine. 

DREBENSTADIUS (Paulus), magister 
à Helmstsedt, vers la 6n du seizième siècle, a 
publié un épithalame à six voix sous ce titre : 
nochzeiilicher Gesang von 6 Stimmen, An- 
dreœ Hartmann Furst. Braunschw. Ami- 
Schreiher des Hanses Erizen, ah Brxuligham, 
V. Jungfrau Hedwigen Margareih, Antonii 
Amerbachs, fûrst, Braunschw. gewesenen 
Orgnnistens (seel,) nachgelassener Tochter 
zu Ehren, HeirostSBdt, là9l, in-4^'. 

DRECHSLER (Jean-Gabriel), bachelier 
en théologie et professeur au collège de Halle, 
naquit k Wolkenstein en 1634, et mourut à 
Halle le 22 octobre 1677. Il est auteur d'une 
dissertation de Cythara Davidica, qui a paru 
à Leipsick , en 1670, in-4''. 11 en a été fait une 
deuxième édition remaniée, à Leipsick , en 1712, 
in-4'' de 33 pages. Georges Serpilius Ta insérée 
dans ses Vitis Scriptorum sacrorum germa- 
nice èditis, part. 9, p. 34, etUgolini, dans son 
Trésor des Antiquités sacrées, t 32 , p. i71. 

DRECHSLER (Joseph), professeur d'har- 
monie à l'école Sainte-Anne de Vienne , est né le 
26 mars 1782 à Wœlllschburchen, en Bohême. 
Son père lui donna les premières leçons de mu- 
sique, puis il fut envoyé au couvent des fran- 
ciscains de Passau, pour y être enfant de chœur; 
de là il alla à Jorenbach faire un cours d'études 
littéraires; il y apprit aussi le contrepoint sons la 
direction d'un moine. Destiné par son père à 
l'état ecclésiastique, il alla étudier la théologie à 
Prague ; mais, ayant terminé son cours de cette 
science avant d'avoir atteint l'Age requis pour 
recevoir les Ordres, il se rendit à Vienne pour y 
apprendre la jusrisprudence, changea encore de 
résolution et accepta, en 1810, une place deco- 
répétiteur au thé&tre de l'Opéra de la cour. Plus 
tard il fut nommé vice-maltre de chapelle, et en 
1815 il obtint la place d'organiste chez les PP. 
Servîtes. Quatre ans après , l'orgue de Sainte- 
Anne lui fut confié ; en 1821 il reçut sa nomi- 



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56 



DRECHSLER — DRESCHRE 



Dation de maître de chapelle de Tégliae de TU- 
niversité et de la paroisse de la cour, et presque 
' dans le même temps 11 Tut chargé de former des 
élèves canttidats pour la théorie musicale et pour 
Torgoe. Depuis lors il a. été nommé directeur de 
musique au tlié&tre de Josephstadt, et en 1824 
les mêmes fonctions lui ont été confiées au théâ- 
tre de Léopoldstadt. Appelé à celles de maître 
de chapelle de Téglise Saiot-Étienne , il les a 
remplies jusqu'à sa mort , arrivée au mois de 
mars 1852. Il était âgé de soixante-dix ans. 
Les compositions de Drechsler sont en grand 
nombre; on y remarque : l" Dix messes so- 
lennelles. — î" Un Requiem, — 3" Un Veni, 
Sancte Spîriius, à quatre voix et orchestre. — 
' 40 Plusieurs offertoires et graduels. — 5* L'En- 
fant prodigiie, mélodrame. — 6** Six opéras , 
dont Claudine de Villa-Bella, le Panier 
enchanté, Pauline, etc. — V Dix-huit vaude- 
villes ou opérettes , notamment : Ydor, le Dia- 
mant du roi des Esprits, la Fille du monde 
des Fées, V Esprit des Montagnes, Capric- 
ciosa, la Girafe, le Petit Homme vert, 
Oscar et Tina, la Eeine des Serpents, la Syl- 
phide, les Viennois à Bagdad, etc. —S" Beau- 
coup de pantomimes.^ 9^ Trois grandes cantates, 
dont une pour Tinauguration de la nouvelle 
synagogue. — i(f Des quatuors pour violon. 

— 1 1** Des sonates pour piano , avec et sans ac- 
compagnement. — 12" Des airs variés, rondos, 
marches et danses, pour le même instrument. 

— 13" Des fugues pour Torgue. — 14* Des 
chansons à voix seule, avec accompagnement 
de piano. — 15" Une petite m<^tliode d'or- 
gue; Vienne, Hasiinger. — 16" La méthode de 
piano de Pleyel, traduite et modifiée; ibid. — 
17" Un traité dMiarmonie et d'accompagnement, 
avec une introduction au contre|x>int, sous ce 
titre : Harmanie und Generalbasslehre , nebst 
einem Anhange vom Contrapuncte , édition 
améliorée, grand in-8", 1828; Vienne, Has- 
liui^er. La première édition avait été publiée à 
Vienne, ctiez Steiner, sans date. La méthode di- 
dactique de cet ouvrage est de peu de Taleur, 
mais les exemples sont écrits avec assez de pu- 
reté. — 18" Une collection d'exercices pourTac^ 
compagnement de la basse chiffrée, avec une in- 
troduction sur l'art de préluder, sous ce titre : 
Generalbass Vebwïgen mit Ziffer-Bezeich- 
nung, nebst einer Anleitung mit Beispielen 
mm praeludiren; Vienne, 1 824 , à l'Institut litho- 
graphique. — 19" Une suite de formules pour 
apprendre à préluder et improviser sans ayoir 
la connaissance des règles du contrepoint ; cet 
ouvrage est intitulé : Theoretish-praklischer 
Leitfaden, ohne Kenntniss des Contrapunctes 



phantasiren oder prxludiren zu Koennen , 
Vienne, Tendler ( 1834 ), in-8" de 76 pages. 

DRECHSLER (François), compositeur, 
né en Boliéme, et peut-être parent du préciVIent, 
vit à Prague. Il s'est fait connaître, vers 1838, par 
plusieurs œuvres de mnsiqne d'église, partica- 
lièrement par une mes-se solennelle en ut pour 
un chceurà 4 parties, 2 Tiolons, violoncelle et 
orgue ohligé.'f, avec les instmments à vent ad 
Ubitum; Prague, Berra. 

DREI ( François), violoniste et compositeur, 
né à Sienne en 1737, fut élève de Nardini, qui lui 
apprit à jouer l'adagio supérieurement. Ses cook- 
positions, consistant en sonates pour violon, 
quatuors, et quelques morceaux de musique 
vocale, ont été imprimées de 1760 h 1785. 
n est mort dans sa patrie, le f janvier 
1801. 

DREIST (K.-A.); né à Reigenwald, en Po- 
méranie, étudia les nouTclles méthodes d^ensei- 
gnement à Yverdun, vers 1810, quitta la Suisse 
a» mois de septembre 1812, et se rendit à Bunz- 
lau, où il fut chargé, en 1816,. conjointement 
avec le pasteur HofTman et M. Hennig , de faire 
le plan d'une école publique , pour la basse Si- 
lésie , diaprés la méthode de Pestalozzi. Dreist 
a publié des observations concernant une mé- 
thode de chant basée sur celles de Pestaloz» et de 
Nœgeli , sons ce titre : Aufsatz ueber die Ge- 
sangbildungS'Lehrenach Pestalozzischenund 
Nxgelischen GrundssBtten , eîc,; Zurich, 1812, 
in-«". 

DRESCHKE ( Georges- Adgoste), profes- 
seur de piaiio à l'Institut royal de musique d'é- 
glise de Berlin, est né en 1798. En 1839 il s'est 
fixé ^ Magdebourg. Le premier ouvrage qui l'a 
fait connaître est un traité des huit tons du chant 
des églises protestantes, intitulé : System der 
acht Kirehen Tonarten nach P, Mortimer; 
Beriin, i834 in-8". Ainsi que. l'indique le titre, 
ce n'est qu'un extrait du Traité des Tons de 
Mortimer. En 1835 cet artiste donna comme sa 
propre invention un clayier de piano où les tou- 
ches de réch<»lle chromatique sont sorte même 
plan et se suivent alternativement ; mais cette 
invention prétendue n*était que celle do facteur 
de pianos Lemme {voy. ce nom), qui n'était elle* 
même que le renouvellement de l'idée de Rohle- 
der (voy. ce nom). Comme Lemme, Dreschke 
prétendait que par ce clavier les difficultés du 
doigter étaient réduites à un douzième (i). Pour 
donner la preuve de son assertron à c«t égard , il 
««xérutadans un concert le premier morceau d'une 
sonate de Uummel, en fa dièse mineur, et les 

(1) Voyez Tanalyse de ce système dans le S* Tolame 
de ma fiewe musicale, pages i9 et suivantes. 



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DRESGHKE — DRESLER 



57 



rariations de H. Herz sur les thèmes de Guil- 
laume Tell. 11 fit applaudir Bon talent de pianiste 
dans ces deux épreuves , mais il ne persuada per- 
sonne à IV^ard de la nécessité prétendue de chan- 
ger la di^posilion des notes du clavier. Dans le 
même concert Dresclike s'est produit comme 
compositear par une ou?erlure à grand or- 
chestre. 

DKESE (Adam), compositeur allemand, né 
sujet du duc de Weimar, Guillaume IV, fut en- 
voyé à Varsovie par ce prince, pour y apprendre 
la science de la composition sous la direction de 
Marc Scacclii. Ses études finies, il revint à Wei- 
mar» où il obtint la place de maître de chapelle. 
Après la mort du prince qui avait été son pro- 
tecteur, il se rendit à Jéna, et y fut nommé 
maître Je chapelle et secrétaire de la chambre 
da duc de Saxe-Weimar, en 1672. Ce prince 
étant mort aussi, Drese perdit ses emplois et 
tomba dans l'indigence. L^ennui et le chagrin le 
portèrent alors (vers 1680) à lire les ouvrages du 
Tisionnaire Spener, qui firent une impression si 
forte sur son esprit qu'il brûla tous les opéras 
quMl avait composés jusqu'alors et quMl se fit 
piéUste. Il vécut encore à Jéna jusqu^à ce que 
le prince de Schwarzboqrg l'appelât à Amstadt, 
en qualité de maître de chapelle, place quMt oc- 
cupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1718. On lui at- 
tribue la gloire d^avoir perfectionné le récitatif 
des opéras allemands. Outre une grande quantité 
de musique d'église, il a écrit aussi beaucoup de 
musique instrumentale et un nombre con^déra- 
bte d'opéras dont les titrés sont inconnus main- 
tenant. Mattheson cite aussi un traité de compo- 
sition manuscrit, dont il était l'auteur {voy. Eh- 
renp forte, p. 108). On n'a imprimé de sa com- 
position qu^un œuvre de musique instrumentale 
qui a pour titre : Enter Theil etlicher Aile- 
manden, Couranten, Sarabanden, Balletten, 
Iniraden und Arien; Jéna, 1672, in- fol. 

DRESË (JcAif-SAMiEL), parent du précé- 
dent, prit de lui des leçons décomposition, fut 
ensuite organiste de la cour à Jéna, et quitta 
cette place pour celle de maître de chapelle à 
"Weimar, qn'il obtint en 1683. Il est mort dans 
cette ville le r' décembre 1716, à l'âge de 
soixante-douze ans. Il a laissé en manuscrit des 
sonates pour le clavecin, des motets et quelques 
opéras. 

DRESEL (H.-E.), professeur de chant au 
séminaire de Detmold , et inspecteur des écoles 
de chant de la principauté de la Lippe, depuis 
1818 jusqu'en 1845, fit ses étiiden musicales rous 
la direction de Frédéric Schneider, il a publié 
divers ouvrages parmi lesquels on remarque 
1** Un livre choral pour le service évangélique 



des temples de la principauté de la Lippe ; Ha- 
novre, Ad. Nagel, in-4*.— 2° Un recueil de chants 
pour les écoles des petites Tilles et de la cam- 
pagne; ibid. 

Un autre mnstcîeif du nom de Dresel {Otto ) , < 
sur qui je n'ai pas trouvé de renseignements, est 
auteur de trois recueils de Lieder à voix seule 
avec accompagnement de piano, dont le troi- 
sième a paru en 1848. Ces Lieder ont de la dis- 
tinction et du charme. Les trois recueils ont été 
publiés à Leipsick, chez Breitkopfet Hœrtel. 

DRESIG (SiGtsHOND-FRénÉRic), né le l**^ 
octobre 1700 à Yolberg, village de la basse 
Lusace, devint corecteur à l'école de Saint- 
Thomas, à Leipsick. Dans un accès de mélancolie 
il s'étrangla, le 11 janvier 1742. Il a publié une 
dissertation sur les chantres de l'antiquité appelés 
rapsodes, sous le titre de Commentatio critica 
de Rhapsodis, quorum vera origo, antiquitas 
ac ratio ex auctoribus et scholasticis Grscis 
iraditur; Leipsick, 1784, in:4<*. On y trouve des 
recherches sur la manière de chanter la poésie 
des anciens. 

DRESLER (Gallus), né à Nebra, dans la 
Thuringe, au commencement du seizième siècle, 
fut d'abord cantor à Magdebonrg, et devint, 
en 1566, diacre à l'église de Saint-Nicolas, à 
Zerbst. Il a publié les ouvrages suivants : 1** 
XVII Cantiones sacrx quatuor et quinque 
vocum; Magdebourg, 1569, in-4*. — 2° XIX 
Cantiones sacrœ quatuor et quinque vocum, 

H. /// alix; Wittemberg, en 1568, in^** 3** 

XC Cantiones sacrse quatuor et plur. voc,; 
Magdebourg, 1570. — 4° Elementa Musical 
practicx in usum schoUe Magdeburgensis ; 
Magdebourg, 1571, huit feuilles in-8^ Une 
deuxième édition de ce livre a été publiée en 
1584, in-8** — 5** Ausserlesene teutsche Lieder 
mit 4 %ind 5 Stimmen; Magdebourg, 1575, in-4°, 
et Nuremberg, 1580, in-4^ obi. .— %"* Cantiones 
quatuor et plur. voc; Magdebourg, 1577, in^ 
4^. — T'Sacrx Cantiones quatuor, quitique et 
plurimum vocum in gratiam musicorum 
.composite; NoribergsBt Theod, Gerlachius, 
1674, in.4^ 

DRESLER ( Ernest-Christophe), chanteur 
allemand qui a joui d'une grande réputation. Il 
naquit en 1734 AGreussen, petite ville de la 
principauté de Schwarzbourg-Sondershausen, et 
y apprit les premiers éléments de la musique. 
Dans la suite il visita les universités de Halle, 
de Jéna et de Leipsick ; ce fut dans ce dernier 
lieu qu'il apprit à jouer du violon et qu'il se 
forma dans Part du chant 11 y demeura depuis 
1753 jusqu'en 1756. Quelque temps après il alla 
à Bayreuth, et, après y avoir pris des leçons de 



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58 



DRESLER — DREYER 



la célèbre canUtrice Tiircotti , U entra dans la 
chapelle du margrave , et fut nonuné peu après 
secrétaire des finances. Lors de la mort du 
margrave, en 1763, ie duc de Gotha engagea 
Dresler à son service eir qualité de secrétaire 
et de musicien de sa chambre. Il n*y resta que 
peu de temps et donna sa démission en 1766. 
L^année suivante le prince de Furstemberg lui 
confia les fonctions de secrétaire et de directeur 
de sa chapelle à Wetzlar ; mais, ce prince étant 
retourné en Bohême en 1771, Dresler ne voulut 
pas l'y suivre et demanda sa retraite. En 1773 
il fut admis h chanter devant Pempereur à 
Vienne, puis se rendit à Cassel. Il s'y engagea 
comme chanteur à TOpéra, et y resta jusqu'à sa 
mort, arrivée le 5 avril 1779. Dresler s'est fait 
connaître par ses écrits sur la musique : en voici 
les titres : r Fragmente einiger Gedanken 
des musikalischen Zuschauers , die bessere 
Aufnahme der Musik in Deutschland betref- 
fend (Fragments d'idées' d*uu amateur sur les 
progr^ de la musique en Allemagne) ; Gotha , 
1767, six feuilles in-4°. — 2"* Gedanken ii^er 
die Vorstellung der Àlcest (Réflexions sur la re- 
présentation â'Alceste); Francfort et Leipsick , 
1774, deux feuilles in-8^ — 3"" Theaterschule 
fur die Deutschen dos emsthafte Sing- 
schauspiel betref fend (École du théâtre pour 
les Allemands, concernant l'Opéra sérieux); 
Hanovre et Cassel , 1777, quatorze fenilles in-S**. 
Dresler a aussi publié des chansons détachées et 
en recurîis. 

DRESSI^R (JBàM-FRéDÉRic), littérateur 
à Magdebourg, est né à Halle, en Saxe, vers 
1760. Il a publié un opuscule intitulé : Beytrasge 
SM Fischer's Versuchen in der Ton und DichU 
kunst ( Additions aux Essais de Fischer sur la 
musique et la poésie) ; Magdebourg, 1791, in-8^. 

DRESSLER ( Raphaël), flûtiste et compo- 
siteur pour son instrument, naquit à Grsetz , en 
Styrie, vers 1784. En 1809 il se fit connaître 
en Allemagne par un concert qu'il donna avec 
succès à Leipsick , le 19 janvier. Dans la même 
année il s'établit à Vienne, et y fut attaché comme 
première flûte au théâtre de la porte de Carin- 
Ibie. En 1817 il accepta une place dans la cha- 
|)elle de' la cour de Hanovre; puis il vécut en 
Angleterre pendant environ quatorze ans. De re- 
tour sur le continent^ il mourut à Mayence le 12 
février 1835. On a de cet artiste environ cent 
œuvres de différents genres pour la flûte, parmi 
lesquels on remarque trois concertos, œuyres 
4, 27 et 40 ; des quatuors pour flûte, violon , 
alto et basse, œuvres 10, 30 et 37 ; des trios pour 
flûte, violon et violoncelle, op. 39, et pour trois 
flûtes^ op. 64 ; dix œuvres de duos pour deux 



flûtes; des études, caprices, et un grand nombre 
de thèmes variés. 

DRETZEL ( Valentih ) , organiste à Téglise 
Saint- Laurent de Nuremberg, vers le commen- 
cement du dix -septième siècle» * publié une col- 
lection de motets à trois voix, sous le titre de 
Sertulum musicale exsacris flosculis contenu 
tum; Nuremberg, 1621. Son fils, Wolfgang 
Dretzel, habile luthiste, naquit à Nuremberg en 
1630, et mourut dans la même ville en 1660. 

DRETZEL ( CkiRNEiLLE-HenRi ) , organiste 
habile, né à Nuremberg, au commenwment du 
dix-huitième siècle, fut d'abord attaché à l'église 
de Saint-Égide, puis â celle de Saint- Laurent , 
et enfin à celle de Saint-Sébald. Il joua l'orgue 
de cette dernière jusqu'en 1773, époque de sa 
mort. On a de lui les ouvrages suivanu : r Livre 
de musique chorale à quatre parties ; Nurembei^, 
1731, in-fol. de 880 pages. ^ 3° Divertissement 
harmonique, consistant en un concerto pour le 
clavecin, 

DREUILH (Jean-Jacques), violoniste at- 
taché au théâtre de Brest en 1812, se noya dans 
la même année, en se baignant dans la mer. On 
a gravé de sa composition : Trois trios pour deux 
violons et basse, I**" livre ; Paris, Aug. Le Duc. 

DREUX (Jacques -Phiuppb), joueur de 
flûte traversîère à Paris, dans la première moitié 
du dix-liuilièroe siècle, a fait imprimer, vers 1730, 
Trois Uvres de Fanfares pour deux ckalU' 
meaux ou deux trompettes, et des Airs pour 
chalumeau. 

Le fils de ce musicien, professeur de piano à 
Paris, a publié quatre pots-pourris pour cet instru- 
ment ; la Bataille deMarengo, pièce caractéris- 
tique; Paris, Imbault; et une petite méthode de 
piano; Paris, Frère. Il est mort en 1805. 

DREWIS (F.-G.), amateur de musique, né 
en Saxe, et vivant encore en 1812, a publié des 
lettres sur la théorie de la musique et de la 
composition sous ce titre : Briefe ueber die 
Théorie der Tonkunst und Composition ; Halle, 
1796, six feuilles in-8°. Cet ouvrage ne contient 
rien de remarquable; il est divisé en huit lettres. 

DREYER (Jean-Melchior), organiste et 
directeur de musique à Ellwangen, petite ville 
du royaume de Wurtemberg, est né ^'ers 1765. 
Il a beaucoup écrit pour Téglise, principalement 
dans le style bref. Voici la liste de ses ouvrages 
imprimés : 1<* Missx brèves et rur€Ues ad ma- 
demum genium, 4 voc., 2 viol., org. oblig., 
2clar.y2c. et violonc. ad 2id<^ ; Augsbourg, 
1790, op. 1.— 2* idem, op. 2 ; Ibid., 1790.— 3" VI 
Solemnes Miserere^ voc. ord., 2 viol, viola, 
organ. oblig., 2/1., 2 c. e/ violonc., op. 3; 
ibid., 179t. — 4* XXVIIi Psalmi vespertini 



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DRETER — DREYSIG 



69 



pro Dominica de Beata, Apostolis, Confessari 
et residuis, ivoc.,2 viol,,org€tn. obUg., viola, 
2 c, tymparUs et oiolonc. ad libit.y op . 4 ; 1791 . 

— 5® XXIV Hymni brevissimi ad Vesperas^ 
op. 5; Ibid, 1791. — 6* VI Mfssx, quorum 
prima solemnls, reliqua vero brèves et ru- 
rales sunt, 4 voc., 2 viol , viola., 2 cor., organ. 
et violonc. partira obUgatis, partira ad libit., 
op. 6; ibid., 1792. — 7° Vllf Tantum ergo, 
4 voc. ord., 2 viol., organ, obL, 2 c. et vio- 
Umc., op. 7; ibid., 1792.-8° VmSehrkurze 
und leichte Landmessen, toovon die 2 letzten 
fUr die abgesforbenen, sammt 8 kurten of- 
fertorils fur 1 Singstimme und Orgel, mit 
ftillkirchlichen 3 andem Singstvmmen und 
einer violtno, op. 8; ibid., 1793. — 9° F/ 
kurze und leickte Orgel-sonàten, 1 xmd 2 
Theile, op. 9; ibid., 1793. — 10° VT idem, 
dritter und vierter Theile, op. 10; ibid., 1793. 

— ir V Vesperx cum IVpsalmis 4 voc., cum 
organ. obi., 2 viol., viola, 2 c. et violtmc., 
op. 2; ibid. — 12° Deutsche Messe, oder der 
heilige Gesang zum Gottesdienste in der ro^ 
misch'katolischen Kirche unter der heiUgen 
Messen zum Gebrauch der Schulen und Land' 
Chorregenten, mit neuen Melodien Verschen^ 
in-4°; ibid. — 13° XII Offertoria brevissima 
de Beaia^ 4 voc, org. et symph., op. 14; ibid. 

— 14° Te Deum Laudamus, 4 voc. , org. et 
symph., op. 16; ibid. >- 15° VI Missm brèves 
rurales, 4 voc, org. et symph., op. 17; 
ibid. — 16° Xtl Tantum ergo, 4 voc, org. 
et symph., op. 18; ibid. — 17° VI kurze und 
leichte Lar^d' Messen, etc., sammt 6 kurzen 
Offertorien fur 1 oder 4 Singstimmen mit 
Orgel und 1 oder 2 Violinen ad libit., op. 19; 
ibid. — 18° K/ brèves ac rurales Missapro de-- 
fwnetis, cum 3 Libéra, 4 voc, org. et syviph., 
op. 20; ibid.— 19° VI Symphoniœ cum violin., 
viol, etj). obligat., clarin., /l.,c. velclar. et 
tymp. ad libitum, op. 21; Aogsboarg, in -fol. 
Dreyer est mort à Elwangen au commencement 
du dix-neuvième siècle. 

DREYSGHOGK (Alexandre), pianiste 
distingué, est né le 15 octobre 1818. à Zaeic, en 
Bohème. Dès son enrance il montra d'beureoses 
diftpositicns pour la musique, dont il apprit les 
premiers élémenjts ciiex le maître d'éoole du lieu 
de sa naissance. A Tftge de treÛEe ans il fut en- 
voyé à Prague et placé sous la direction du 
maître de chapelle Tomascheck. Après avoir 
reçu des leçons de ce maître pendant quatre 
ans, pour le piano et la composition, il se livra 
seul à l'étude des plus grandes dilBcultés de 
l'instrument et acquit une grande habileté de la 
main gauche, particulièrement dans Teiécu- 



tion rapide des tierces, des sixtes et des octaven, 
qui forme le caractère, distinctif de son talent. 
En 1836 il fit son premier voyage d'artiste en 
Allemagne, et visita Leipsick, Deseau, puis 
Breslau, Schwerin et Weimar. En 1840 il se 6t 
entendre à Berlin et ne quitta cette capitale que 
pour se rendre à Saint-Pétersbourg, d'où il revint 
Tannée suivante par Breslau, pour aller à Vienne 
et parcourir la Hongrie Arrivé à Paris au prin- 
temps de 1843, il y obtint de brillants succès 
par rénergie de son exécution et par ses- varia- 
tions pour la main gauche seule. Quelques mois 
après il se rendit à Londres; puis il donna des 
concerts à Bruxelles et dans plusieurs antres ' 
vHles de la Belgique. En Hollande il visita Ams- 
terdam, Rotterdam et La Haye. Charmé de 
son talent, le roi des Pays-Bas le décora de Tordre 
de la Couronne de chêne. Dreyscliock retoiAna 
en Allemagne par Cologne, Francfort et Darm* 
stadt, donnant partout des concerts et se fai- 
sant applaudir. En 1845 on le trouve à Dan- 
tzick, Tannée suivante à Dresde, et en 1847 de 
nouveau à BerJin. Postérieurement il a continué 
ses pérégrinations en Danemark, en Suède et 
en Norwége. Les compositions de cet artiste pour 
le piano sont an nombre d'environ cent œuvres, 
jusqu'à ce jour (1860); on y trouve des rondeaux 
militaires avec ore^tre, des sonates, éludes, 
fantaisies, nocturnes, romances sans paroles, 
tiièmes variés et pièces de .tout genre, sons des 
titres très-divers. Il a publié aussi une ouverture 
de concert à grand orchestre (en ré); Prague, 
Hoffmann. An moment où cette notice est écrite, 
Oreyschock vit à Prague, où il se livre à Teusei- 
gneroent du piano. 

DREYSCHOGK (Ramokd), fràre du pi^- 
cèdent, est né le 20 août 1824 à Zack, près de 
Prague. Après avoir obtenu son admission au 
Conservatoire de cette ville, il y reçut des leçons 
de M. Mildner ptor le violon. Ses études 
musicales terminées, il a fait avec son frère 
plusieurs voyages et s'est fait remarquer par 
son talent de violoniste. En 1850 il s'est fixé à 
Leipsick, en qualité de second maître des con- 
certs du Gevandhaus et comme professeur an 
Conservatoire. Il a publié plusieurs compositions 
pour son instrument. 

DREYSIG (Artoimb), organiste du roi de 
Saxe, naquit en 1775 à Oberleutensdorf, en 
Bohème. Il n'avait que dix ans quand son père 
l'envoya à Dresde pour y faire ses études : son 
pcemier maître de musique fut François Harkà ; 
puis il prit des leçons de client de Mariottini , 
chanteur de la cour. Après avoir achevé ces 
études préparatoires^ il devmt élève de Arnest 
pour Torgue, et fut nommé son adjoint, pour 



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60 



DREYSIG — DRIEBERG 



joaer les messes du matin ; puis il succéda à son 
maître comme organiste de la cour. On a de 
Dreysig des préludes pour Torgue qui sont restés 
en manuscrit. 

DRIEBERG (Frédéric De), ckambelUn do 
roi de Prusse, né à Charlottenbourg le 10 décem- 
bre 1780, s'est livré fortjeuneà Tétiide de la mu- 
sique, et s'est particulièrement attaché àTexamen 
de la musique des Grecs, sur laquelle il a publié 
des opinions fort singulières. Ce fut vers 1816 
que M. de Drieberg commença à s'occuper de 
cet objet, et que, sur quelques aperçus saisis à 
la légère, il se donna la mission de réformer les 
connaissances qu'on croyait avoir sur la musi- 
que des anciens. Ses vues se portèrent d'abord 
sur la construction de Téclieile musicale des 
Grecs et sur la nature des intervalles de cetle 
échelle. L'ouvrage spécial dans lequel il avait 
exposé ses idées sur cet objet fut annoncé dan^ la 
Gazette musicale de Leipsick (ann. 1817, n° 51), 
et parut sous ce titre : Die mathematische In- 
iervallenlehre der Griechen ( la Doctrine ma- 
thématique des intervalles musicaux des Grecs) ^ 
Leipsick, 1818, in-4''. M. de Drieberg établit 
dans ce livre que le système musical des Grecs 
ressemblait parfaitement au nôtre, que le tem- 
pérament est une invention misérable et fausse, 
que les proportions de la tierce majeure ou mi- 
neure sont purement arbitraires^ et que le comma 
est une quantité illusoire, n'y ayant d'antre 
moyen de mesurer les intervalles des sons, pour 
notre oreille et pour notre intelligence, que le 
demi-ton. Il n'y aTait rien de nouveau dans ces 
propositions, car depuis Aristoxène le système 
de la division de l'échelle en parties égales a eu 
beaucoup de partisans, et M. de Momigny s'est 
efforcé de le faire prévaloir pendant plus de trente 
ans. En 1825 M. de Drieberg a développé les 
conséquences de ce système dans deux articles 
qu'il avait écrits pour le Dictionnaire de Musi- 
que annoncé par Godfried Weber, et qui fu- 
rent insérés dans le deuxième Yolume de récrit 
périodique intitulé Csecilia. Le premier de ces 
articles cx>ncerne l'accord des instrument-^ de 
musique grecs, l'autre, le monochorde. M. de 
Drieberg y snutîent la nécessité d'accorder par 
quintes et par quartes justes, et l'inutilité des 
résultats de la division du monochorde. Cliladni 
saisit cetle occasion pour mettre en évidence une 
mnltitude d'erreurs de M de Drieberg , et l'atta- 
qua avec vivacité dans des obj^ervations sur la 
musique ancienne et moderne, insérées an oin- 
quième volume de CœciHa (p. 279 et suiv.). 
L'autorité du nom de Cliladni dissipa les fliu- 
sions que beancoup de personnes s'étaient faites; 
8iir la valeur des prétendues découvertes de 



M. de Drieberg, et depuis lors les opinloiis de 
1 celui-ci ont perdu beaucoup de leur Talear en 
Alieonagne. 

En 1819 M. de Drieberg fit paraître des Éclair- 
cl8sem«*nts sur la musique des Grecs (Âuf- 
chsliisse ueber die Musik der Griechen; 
Leipsick, 1819, in-4'*), dans leSquels il exposa 
I l'ensemble de son système; il aclteva de le 
développer dans deux ouvrages qui ont pour 
titres : Die musikalischen Wissenschaften 
der Griechen (les Connaissances musicales des 
Grecs), Berlin, T. Trautwein, 1821, in-4% et 
Die jMrakiische Musik der Griechen ( la Mu- 
sique pratique des Grecs) ; Berlin, T, Trautwein, 
1831, in-4^ Cest dans ces ouvrages que les 
idées les plus bizarres et les plus fausses furent 
émises par l'auteur de ce système sur la musi- 
que des anciens. Il y reproduisit comme t»ase 
de sa théorie l'assertion de Pepusch, depuis 
longtemps oubliée (et sans citer cet ancien mu- 
sicien), que le système lonal des Grecs se prenait 
en descendant, en sorte que toutes les cordes de 
l'échelle étaient placées au rebours de la disposi- 
tion que les autres auteurs leur avaient donnée; 
absurdité qui nesontient pas un examen sérieux 
et qui aurait mis au néant l'utilité qu'on aurait pu 
retirer desouvragesde M. de Drieberg. lors même 
qu'il ne se serait pas trompé sur les autres pointa 
de la musique des Grecs. La manière dogmatique 
et absolue de cet écrivain lorsqu'il présente sea 
idées, et l'absence de toute citation, si ce n'est 
colle de quelques auteurs de Tantiquité et de ses 
propres ouvrages, ne permettent pas de savoir ce 
qui l'a déterminé à adopter son singulier sys- 
tème; il ne discute jamais, et avance les faits 
qu'il imagine comme s'ils étaient incontestables. 
Au reste, il ne parait pas avoir eu des opinions 
bien arrêtées ni formulées en un tout homo- 
gène dont on ne peut rien changer sans qu'il s'é- 
; croule; car, vraisemblablement, ébranlé par les 
' objections qui lui ont été faites et par les travaux 
consciencieux de Peme, publiés dans la Mevue 
musicale, il a renversé de nouveau Téchelle 
musicale des Grecs dans le Dictionnaire de la 
Musique grecque, son dernier ouvrage, et s'est 
conformé au système ré«l de cette musique , en 
replaçant la proslambanotnène f ou corde 
ajoutée, au grave, et les autres cordes dans 
leur ordre naturel, en partant de ce point, au 
lieu de les mettre à l'aigu, comme il l'avait fait 
d'abord. 

En 1822 M. de Drieberg a publié un traité des 
inventions pneumatiques des Grecs sou<^ ce titre : 
Die pneumaiischenErfindungen der Griechen; 
Berlin, 10-4° avec planches. Il y traite de l'orgue 
hydraulique et de l'orgue pneumatique, mais ar- 



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DRIEBERG — DROBISCH 



6f 



rangeant les documents qui lui étaient fournis 
par YitruTe et Héron d'Alexandrie suivant ses 
idées particulières, de telle sorte qu'on ne peut 
pas plus se former une idée de ce qu'étaient ces 
instruments chez les anciens, d'après l'ouvrage 
de M. de Dricberg. qn*on ne le peut dans ce que 
Perrault en a écrit. 

Il me reste à parler du dernier ouvrage de 
M. de Drieberg, c'est-à-dire du Dictionnaire 
de la Musique des Grecs ( Wœrterbuch der Grie- 
chiscken Musik, etc.; Berlin, Scliiesinger, 1835, 
in-4« de deux cent dîx-neuf pages, avec sept 
planches). Les assertions les plus bizarres, les 
suppositions les plus gratuites, particulièrement 
en ce qui concerne les instruments de musique 
di:s ancien<i, abondent dans cet ouvrage, et l'on 
y trouve encore une preuve du défaut de fixité 
des idées de l'auteur; car, après avoir nié autre- 
fois la rivalité des proportions musicales, il en 
expose le système dans plusieurs articles, dia- 
prés Euclide et Ptolémée. Au résumé , il est 
permis de dire que M. de Drieberg n'a point fait 
l'histoire, mais bien le roman de la musique 
grecque , et qu'aucune utilité ne peut être tirée 
de ses ouvrages sur ce sujet Piqué des critiques 
dont ses livres avaient été l'objet, M. de Drie- 
berg a cru devoir y faire une réponse dans 
laquelle son amour-propre blessé n'est pas tou- 
jours resté dans les limites de la politesse; elle 
a pour litre : Die griechische Musikauf ihre 
Grundgeseize zurilckgefûhrt Bine Antikti- 
tique, etc. (la Musique grecque ramenée à ses 
lois fondamentales. Anticritique ) ; Berlin, Trant- 
wein, 1841, in-4'* de 195 pages. 

Ce n'est pas seulement comme écrivain sur la 
masiquequeM. de Drieberg s'est fait connaître; 
élève de plusieurs musiciens distiugués , par- 
ticulièrement de Spontini, il a écrit deux 
opéras (Don Cocagno, et le Chanteur et le 
Tailleur) qui ont été joués avec quelque succès 
à Berlin et dans d'autres villes ; l'ouverture et 
quelques morceaux du premier de ces ouvrages 
ont été publiés à Mayence, chez Scliott. D'autres 
opéras de M. de Drieberg sont restés en manus- 
crit ; en voici les titres : 1^ Vlntrigo délia 
lettera, farce en un acte. — 2° La Fat a, opc^ra 
comique en deux actes. — 3** Der Hechelkrœmer 
(le Marchand de peignes à carder), opéra co- 
mique en trois actes. — k^Alfonso de Castille, 
opéra romantique en deux actes. M. de Drieberg 
habitait ordinairement en Poméranie; il est mort 
à Charlottenbourg le 21 mai 1856. 

DRIEBERG (M*"* Louise Db), femme du 
précédent, s'est fait connaître comme compositeur 
par plusieurs recueils de lÀdder à voix seule 
avec accompagnement de piano. 



DROBISCH (CiURLES-Louis), né à Leipsick 
le 2« décembre 1803, montra peu de goût pour 
la musique dans sou enfance, et rien ne faisait 
présumer qu'il aurait un jour quelque talent; 
ce ne fut qu'au collège de Grimmà, où il fit 
ses études, qu'un penchant chaque jour plus 
prononcé se manifesta pour cet art, et qu'il 
s'en occupa dans tous ses moments de loisir. 
Sans autres moyens d'instruction que ses pro- 
pres éturles , il parvint à composer quelques 
I bagatelles, des cantates et un petit opéra. A 
Leipsick, où il fut envoyé pour faire ses liuma- 
! nités, Drœbs, organiste de Saint-Pierre, lui 
, donna des leçons d'harmonie et de contrepoint. 
Dans le même temps il écrivit plusieurs mo- 
I têts et des cantates qui furent exécutés dans les 
, églises de Leipsick , et en 1826 il fit entendre, 
I dans un grand concert, son premier oratorio , 
intitulé Boniface, Cette production eut peu de 
succès; lès critiques signalèrent alors la séche- 
I resse des mélodies, la divagation des idées et la 
longueur excessive des fugues. Ces critiques sé- 
! vères furent un utile avertissement pour Dro- 
j bisch, qui, depuis lors, donna plus d'attention aux 
I leçons d'esthétique du professeur Weinlig : cette 
I époque fut celle d'une réaction dans ses vues et 
I dans ses études. Après avoir visité Dresde, 
Prague, Vienne et l'Italie supérieure, pour aug- 
I menter ses connaissances musicales, il s'établit 
, à Munich. En 1837 Drobiscii entreprit de 
I nouveaux voyages, visita la Hongrie, et dé- 
finitivement accepta la place de directeur de 
musique à l'église évangélique d'Augsbourg. Il 
est mort dans cette ville le 20 août I85i. Dro- 
bisch s'est spécialement occupé de compositions 
poor l'église et s'est distingué dans ce genre. 
Sa fécondité était telle, que, dans l'espace de dix 
ans, i! a écrit cent ouvrages, grands et petits, pour 
l'église, dont on a publié chez Falter, à Munich, 
une messe solennelle en mi majeur, six messes 
plus petites pour les campagnes, trois litanies, 
six offertoires et six graduels ; et plus tard un 
Te Deum à quatre voix et orchestre, des psau- 
mes pour toutes les fêtes de l'année, et des chants 
pour les chœurs de voix d'hommes, publiés à 
Augsbourg; Muise au Sinai, oratorio exécuté 
à Augsbourg en 1839; Messe en mi pour 4 voix 
et orgue; op. i7;idem en ré mineur, ibid.; idem 
en mi bémol, ibid., op. 40; idem en re, ibid., 
op. 31 ; idem en mi, op. 37 ; deux messes alle- 
mandes à 4 voix et orgues des litanies à 4 voix 
et orchestre; six offertoires à 4 voix et orches- 
tre; une symphonie en sol mineur, executive à 
Leipsick en 1843 Drobisch a laissé en manuscrit 
une messe solennelle en ré majeur, six autres 
messes, deux Requiem, plusieurs litanies, un Te 



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62 



DROBISCH — DROUET 



Devm, et plus de quarante graduels, oITertoires 
et psaumes 

DROBISCH(THéoDOAB), Uttérateurallemand 
sur qui Ton n*a pas de renseignementSy a publié 
chaque année^depuis 1853, un alnianacli intitulé : 
Humoristicher Musik und Theater-Kalender 
(Calendrier humoristique de musique et de 
IhéÂlre) ; Leipsick, Wegeler. Cet annuaire» mêlé 
de prose et de Ters, est une Tantaisie spirituelle 
illustrée de figures grotesques. 

DROBISCH (Madrick-Guillaihe), pro* 
fesseur de mathématiques et de philosophie, 
membre de la Société royale des Sciences de 
Saxe, est né à Leipsick,le 16 août 1802. Après 
avoir commencé ses études au gymnase Nicolay, 
dans sa ville natale, il alla les continuer su 
collège des Princes, à Grirama. De retour à 
Leiptsck il suivit les cours de l'université en 
1820. D'abord attaché à la faculté de philoso- 
phie comme professeur particulier, en' 1824, il 
fut agrégé deux ans après et devint professeur 
titulaire de mathématiques en 1842. Élève 
d'Herbart {voy. ce nom) , il a suivi la doctrine 
de ce philosophe dans ses divers écrits concer> 
nant les sciences philosophiques. Comme ma- 
thématicien il est cité ici pour une dissertation , 
dans le tome quatrième des Mémoires de la 
Société royale des Sciences de Saxe, sous ce ti- 
tre : Ueber musikalische Toi\Jbestimmung und 
Temperatur (sûr l'Accord des sons et le tem- 
pérament musical). Entièrement analytique, 
sa méthode, basée sur une courbe décrite sur 
un cylindre, le conduit à un tempérament pro- 
portionnel, au lieu du tempérament égal. 
C'est un système faux, inapplicable à la vraie 
théorie de raccord des instruments à sons fixes. 

DRŒBS (JEAN-ANnRÉ) , organiste de Té- 
glise de Saint-Pierre à Leipsick, est né en 1784 
à Erfurt, où son père était organiste et profes- 
seur de piano. Après avoir fini ses cours au 
gymnase de cette ville, il se livra presque seul 
à des études de composition et d'orgue. En 1808 
il se rendit à Leipsick, y vécut d'abord comme 
professeur de musiifue, puis fut nommé or- 
ganiste de Saint -Pierre en 1810. Il est mort 
dans cette ville le 4 mai 1825. C'était un 
homme de peu de génie, mais un musicien 
instruit, dont les compositions pour l'église ne 
manquent pas d'un certain mérite de facture. 
On a de Drœbs plusieurs œuvres de sonates pour 
le piano, publiés à Leipsick chez Breilkopf et 
chez Hofmeister, des thèmes variés pour le 
même -instrument, des préludes ,. des petites 
pièces et des fugues pour l'orgue, œuvres 4, 
10,. 12, 14, etc.; Leipsick, Breilkopf, et Bonn, 
Simrock. 



DROtLllVG (Jean-Michbl), pianiste et 
compositenr, est né à Turckeim (Hautr-Rhin) en 
1796. Ayant éte admis comme élève an Con- 
servatoire de Musique de Paris, il a reçu des 
leçons d'Adam pour le piano et de MéhuI pour 
la composition. Il a publié un grand nombre 
d'ouvrages pour le piano, parmi lesquels on 
rémarque : T Des thèmes variés; op. 1 et 2, 
Paris, P. Petit ; op. 10, Paris, Meissonnier ; op. 16, 
Paris, Richault ; op. 1», Hanry. ^7?Di ianU pal- 
piti, varié pour piano et violon , op. 3 ; Paris, 
P. Petit. -. 3"* Des caprices pour piano seul, 
op. 4 et 14; Paris, P. Petit et Meissonnier. 
— 4** Des fanteisies idem, op. 15 et 20; Pa- 
ris,. P. Petite! Meissonnier. — 5** Un rondeau 
pastoral, op. 19; Paris, Hanry. — 6^ Des duos 
pour piano à quatre mains, op. 5 et 17; 
Paris, Janet et Ricliault. — 7** Des duos pour 
piano et violon, op. 11 , 12 et 22; Paris, Petit 
et Sclicénenberg. Dr/>lling a laissé en manus- 
crit un Traité élémentaire d'Hannonie et de 
Composition. H est mort à Paris en 1839. 

DROMAL (Jear), chantre de l'église de 
Sainte*Croix, à Liège, vivait dans le dix-septième 
siècle. On connaît l'ouvrage suivant de sa com- 
position : Co7ivivium mitsicum^ in quo biniSj 
ternis, quaternis, quitus et senisvocibus, nec^ 
non et instrumentis recolUur, cum basso 
continuo ; Anvers, 1641, in-4^, opus 2. 

DROPA (Matthus), bon constructeur dV- 
gues, vivait au commencement du dix-huitième 
siècle à Lunebourg. On vante l'orgue qu'il a cons- 
truitdans l'église de Saint-Jean de cette ville, ou- 
vrage de -quarante-sept jeux, trois claviers et 
pédale, qu'il a fini en 1705. Celui de l'église de 
Saint-Michel, composé de quarante-trois jeux, 
trois claviers , pédale et dix soufflets, est son 
meilleur ouvrage. 

DROSTE-HULSHOFF (MAxmiLiBN, che- 
valier Db). Voy. Hduhoff. 

DROUAUX (Hcnri-Blaisb), maître de mu- 
sique, à Paris , dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle, a publié un livre intitulé : 
Nouvelle Méthode pour apprendre le plain-- 
chant et la musique, divisée en quatre par- 
ties; Paris, Gilles Blaisot, 1674 , in-S**. La troi- 
sième édition de ce livre, divisée en deux 'parties, 
est datée de Paris, Christophe Ballard, 1687, 
in-8*. Il y en a une édition de 1690. * 

DROUET (Loois), flûtiste distingué et com- 
positeur pour son instrument, né à Amsterdam 
en 1792 f est tils d^nn barbier français établi en 
cette ville. Un musicien, qui allait se faire ra- 
ser chez son père, lui ayant donné une petite 
note, lorsqu'il n'était âgé que de quatre ans, 
s'aperçut, à la manière dont il en jouait , qu'il 



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DROUET — DUBOIS 



63 



était doué des plas heureuses dispositions pour 
cet instrument ; il le prit en affection et se diar^- 
gea de son éducation musicale. Drouet avait déjà 
acquis quelque habileté quand il fut conduit 
à Paris par ses parents ; il entra comme élAve 
au Conservatoire de Musique et y fit de ra- 
pides progrès sur son instrument. Sa répu- 
tation commença à s'étendre en 1813, lorsqu^il 
• se fit entendre dans les concerts; ses succès 
furent brillants. U fut attaché à cette époque 
à la musique de Louis XVIII, en qualité de 
première flûte. En 1815 il se rendit à Londres , 
où il fut fort applaudi. La confiance dont il ne 
tarda point à jouir en ce pays le détermina 
è y établir une fabrique de flûtes de nouveau 
modèle; mais cette entreprise ne réussit point, 
et M. Drouet fut forcé de quitter l'Angleterre 
6n 1819. Depuis lors il a parcouru toute l'Europe, 
a visité la Russie , toutes les parties de TAIIe- 
magne , la Suisse , l'Italie, est retourné $ Paris 
en 1828, et a fait un court séjour à Londres en 
1829; puis il est retourné en Allemagne par la 
Belgique et la Hollande» est revenu une troi- 
sième fois à Paris en 1832, y est resté plusieurs 
mois, s'est marié, et a vécu quelque temps en 
Suisse. En 1840 il est entré comme maître de 
cliapelle à la cour de Saxe-Cobourg^ où il est 
resté environ quinze ans. U était à Francfort 
en 1860. M. Drouet excellait dans les diffi- 
cultés et dans les traits rapides; son double 
coup de langue était d'une admirable volubilité; 
mais son intonation manquait de justesse, et son 
style était dépourvu d'expression et de grandiose. 
Partout où cet artiste s'est fait entendre, il a 
obtenu des succès. Il a fait graver un très-grand 
nombre d'œuvres de sa composition pour la 
flûte, parmi lesquels on remarque dix concertos 
publiés à Paris et en Allemagne , des fantaisies 
et thèmes variés avec orchestre, quatuor ou 
piano, des trios pour trois flûtes, dix œuvres 
de duos pour le même instrument, et un très- 
grand nombre de morceaux détachés de tout 
genre. 

DROUET DE MAUPERTUY (Jean- 
Baptiste), né à Paris en 1650, se livra , dans 
sa jeunesse, à l'étude de la jurisprudence, et 
l'abandonna ensuite pour cultiver les lettres. 
Un oncle, fermier général, lui procura un em- 
ploi considérable dans la Provence; mais Drouet, 
en laissant tout le travail à ses commis, vit le 
désordre se mettre dans ses affaires et dissipa 
son riche patrimoine. Revenu à Paris à l'âge 
de quarante ans, il se dégoûta du monde, prit 
riiabit ecclésiastique en 1692 , fit un séminaire 
de cinq ans, puis se retira dans l'abbaye de 
Srpt-Fonts. En 1702 il obtint un canonicat à 



Bourges, le quitta, voyagea, revint & Paris, 
et se fixa enfin à Saint-Germain en Laye où il 
est mort en 1730, ftgé de quatre-vingts ans. 
Les Mémoires de l'Académie royale des Sciences 
(ann. 1724, p. 215-226) contiennent l'analyse 
d'un Mémoire sur la forme des instruments 
de musique, qu'il avait adressé à celte so- 
ciété savante. Ce morceau est de peu de va- 
leur et renferme beaucoup d'inexactitudes dans 
les faits. 

DRUELE, en latin DRUELiEUS (Chré- 
tien), pasteur à KelUngliausen, dans le Holstein, 
vers le milieu du dix-septième siècle, fut aussi 
compositeur de musique religieuse. Il a fait 
imprimer on recueil de vingt-neuf concerts à 
plusieurs voix/ sur les dix premiers psaumes de 
David, sous ce titre : Psalmodia Davidica, 
Hambourg, 1650. 

DRUGKENMULLER (Chr.-Wolfgang), 
musicien allemand, compositeur et vraisembla- 
blement violoniste, paraît avoir vécu dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle à Hall-de* 
Souabe (Schwœbisch-Hall ), aujourd'hui ville du 
royaume de Wurtemberg. H s'est fait connaître 
par un recueil de pièces instrumentales publié 
sous* le titre bizarre : Miisikalisches Tafel- 
confect, etc. ( Confitures musicales detable, les- 
quelles consistent en sept parties, etc.) ; Hall-de- 
Souabe, 1668, in-8^ oblong. Cette musique est 
écrite pour des violons, violes et basse de viole. 

DRUZECHY ou DRUSGHETZKY 
(Georges), musicien hongrois, né vers le 
milieu du dix-huitième siècle, était, en 1787, 
attaché au service du comte de Grassaikovicz. 
Il a composé beaucoup de pièces d'harmonie 
pour deux clarinettes, deux hautbois , deux cors, 
deux bassons et trompette , ainsi que des con- 
certos pour le hautbois et d'autres hlstruments 
à vent. Enfin on a de lui l'opéra de Persée et 
Andromède, le ballet de Tnkle et Yariko, et 
une symphonie de bataille pour Adèle de Pon- 
tkleu. Druschetzky fut d'abord timbalier des 
états de la haute Autriche, à Lintz, et y publia, 
en 1783, six solos pour le violon. 

DUBOIS (Ahéoéb), violoniste et directeur 
de l'école communale de musique , à Tournay, 
est né dans cette ville le 17 juillet 1818. Après 
avoir appris les éléments de la musique et du 
violon par les soins d'un musicien nommé Mo- 
reau, il fut admis comme élève au Conserva- 
toire de Bruxelles, en 1836, où M. Wéry fut 
son professeur. En 1838 le second prix de cet 
instrument lui fut décerné au concours, et il 
obtint le premier l'année suivante. Peu de temps 
après il partit pour Paris, s'y fit entendre avec 
succès dans quelques concerts, et fut engagé 



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64 



DUBOIS — DUfiREUIL 



pour Torchestre du Casino Paganinl. Recherclié 
dans les salons de cette capitale pour son talent 
gracieux, il ne s'éloignait de temps en temps de 
Paris que pour donner des concerts dans lès dé- 
partements , particulièrement dans le nord de la 
France. En I8ôl H visita la Hollande, s*y Gt 
entendre avec succès dans plusieurs villes, et 
fut décoré par le roi de Tordre de la Couronne 
de ctièiie. Dans la même année il reparut à Pa- 
ris et y donna un concert brillant. Rappelé dans 
sa ville natale pour y prendre la direction de 
récole communale de musique, il s'y est marié, 
et 8*y est livré avec ardeur aux soins que récla- 
mait rétablissement qui lui était confié. Quelques 
morceaux pour le violon, de la composition de 
cet artiste, ont été publiés à Paris. 

DUBOIS ( Char LF s- Victor), organiste et 
professeur d'harmonium au Conservatoire de 
Bruxelles, est né à I^eiisines (Hainaul) le 11 dé- 
cembre t832. Uneopbtlialmiemal traitée dans son 
enfance le priva de la vue. Entré à Tinstltution 
des Eourds-inuets et avenues de Bruxelles le 
16 mai 1842, il y reçut son éducation musicale 
deTorganiste de cette maison religieuse, nommé 
Frère Julien. Après liuit années d'études, M. Du- 
bois sortit de Tinstitution , le 23 décembre 18^0. 
Doué d'une rare intelligence et d'un sentiment 
musical distin;;ué, il se fit bientôt remarquer par 
son talent sur {'harmonium, et fut attaché à ta 
grande fabrique d'orgues et dliarmoniums de 
MM. Merkiiu et Schûtz, à Bruxelles. Ses progrès 
étaient remarquables chaque année dans l'art de 
jouer de ces instruments. Son talent consiste par- 
ticulièrement dans l'art d'en varier les effets de 
la manière la plus heureuse, et d'improviser des 
pièces très-dé veloppées, où toutes les richesses 
des sonorités sont employées avec beaucoup de 
tact. Un c<4urs d'harmoniuinà été établi comme 
essai au Conservatoire de Bruxelles, et M. Du- 
bois en à été nommé professeur. Ce jeune ar- 
tiste, digue de beaucoup d'intérêt, s'est fait en- 
tendre avec succès dans les villes les plus impor- 
tantes de la Belgique, à Paris , et dans plusieurs 
grandes villes de France. On a imprimé jusqu'à 
ce jour ( 1860) de sa composition : i"" Trois mé^ 
lotiies pour harmonium; Bruxelles, Katto, 18o7. 
— 2° Pastorale idem, ibid., 1858. —3° Caprice 
idem, ibid., 1858. —4'' Méthode pour harmo- 
nium, ibid., 1859. 

D13BOS ( Jean- Baptiste ), né à Beauvais en 
1670, se livra d'abord à l'étude de la théologie, 
mais y renonça bientôt pour celle du droit pu- 
blic. Successivement employé par M. de Torcy, 
minisire des affaires étrangères, par le régent et 
par le cardinal Dubois, dans plusieurs négocia- 
tions secrètes , il réussit et reçut en récompense 



, des pensions et des bénéfices. Il quitta les af- 
faires publiques pour se livrer à la culture des 
lettres, et ses ouvrages lui valurent l'entrée de 
I l'Académie, en 1720. Il est mort à Paris le 23 mars 
I 1742, Agé de soixante-douze ans. Parmi les ou- 
vrages qu'il a publiés on remarque ses Réflexions 
critiques sur la Poésie et sur la Peinture , qui 
parurent en 17i9 pour la première fois, 2 vol. 
in-12, etqui ont été souvent réimprimées en 3 vol. 
Ou trouve au premier vol. Sect. 45 : Delà mu- 
sique proprement dite. Sect. 46 : Quelques ré- 
flexions sur la musique des Italiens ; que les 
Italiens n'ont cultivé cet art qu'après les Fran- 
çais et les Flamands. Sect 47 : Quels vers sont 
les plus propres à elre mis en musique. Uabbé 
Dubos manquait des connaissance^ uéces&aires 
pour traiter de tout cela d'une manière utile. 

DUBOURG (Matthieu), l'un des meilleurs 
Tiolonistes que l'Angleterre ait produits, naquit, 
en 1703, d un maître de danse nommé Isaac. 
Lorsqu'il eut atteint sa onzième année, il fut 
placé sous la direction de Geminiani, qui lui 
communiqua son excellente méthode. Eu 1728 
il fut appelé à Dublin pour y remplir la place 
de premier violon et de compositeur des concerts 
de cette ville. Après un séjour de quelques an- 
I né^ en Iriande, il passa au service du prince 
I de Galles, ei à la mort de Festing, en 1752, il 
devint directeur de la troupe du roi , place quMl 
occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1767. Burney 
rapporte sur lui l'anecdote suivante : Accompa- 
gnant un jour, au thé&tre, un air avec violon 
obh'i^é , il s'égara si bien dans un point d'orgue 
que Hacndel, qui conduisait l'orchestre, lui cria, 
lorsqu'il revint dans le ton : Grâces au ciel, mon- 
sieur DuJbourg, vous voilà enfin rentré chez 
vous! exclamation qui valut au violoniste les 
applaudissements de toute la salle. Dubourg est 
connu comme compositeur par quelques morceaux 
de musique vocale qu'il écrivit en Irlande, et \wr 
un grand nombre de solos et de concertos de 
violon; aucun de ces ouvrages n'a été publié. 
DUBOURG (Georges). Sous ce nom, qui 
n'est peut-être qu'un pseudonyme, on a publié 
en Angleterre un livre qui a pour titre: ihe Vio- 
lin and ilsprofessors, from the earliest period 
tothe présent time^ unthoriginah Memoirsand 
Anecdotes of Paganinî's, etc.; Londres, i836, 
in-8°. La troisième édition a paru en 1850 à 
Londres , chez M. Rob. Cocks, 1vol. in-12. Ce 
volume renferme des choses curieuses et de 
bons renseignements sur quelques violonistes. 

DUBREUIL ( Jean ), maître de clavecin , né 
à Paris vers 1710, est mort dans la même ville 
en 1775. Il adonné un Manuel hannomque^ 
ou Tableau des accords pratiques; Paris, 17G7. 



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DUBREUIL — DUCCI 



66 



in-8*, qui n'«t qu'ine rapsodie dénaée de tout 
mérile, et un recueil d'aire, sous le nom de 
Dictionnaire lyrique; Paris, 1769, 2 yoi. 
în-8% arec un supplément en deux volumes, pu- 
bUé en 1771. 

DIfBUGRAURE (....)> organiste de Saint- 
Sauveur de Paris, fut an nombre des professeurs 
de musique qui plaidèrent contre Guignon , roi 
des violons , vers le milieu du dix-huitième siècle, 
comme on le voit par Karrét du parlement du 
30 mai 1750. Dubugrarre a publié, en 1754, un 
ouvrage élémentaire qui a pour titre : Méthode 
plus courte et plus facile que V ancienne pov,r 
Paccompagnenient du clavecin; Puis, in-fol. 
obi. En 17ftO ce musicien a donné aussi des 
principes élémentaires de musique en un petit 
volume in- 9.4 , sous le titre d'Étrennes à la 
jeunesse, où Vom détaille les principes de la 
musique, 

DUC (Philippe De), compositeur belge, vi- 
vait dans la seconde moitié du seizième siècle 
et«paralt s'être fixé en Italie. On connaît sons 
son non : 1<^ Madrigali a quattro voci , con 
wna serenata e un dàalogo a otto; Venise, 
G. Scotio, 1570. — 2** Madrigali a cinque et 
sei voci; Venise, Giac. Vincenti e Ricciardo 
Amadino , in-4" obi., 1586. — 3° Il primo li- 
bro de Madrigali a 4, 5 e 6 i;oci ; Venise, 1591, 
in-i". — 4* I« Virgine, a sei voci, con un 
dialogo a otto nel fine, novamente composti, 
libro primo. In Venezia,app, UflgliuoUtffAn* 
ionio Gardano, 1574, in-4*^ obi. 

DUC A (Jean), professeur de chant, né en 
Italie , s'est fixé à Paris vers 1848, et y a pu- 
blié un livre intitulé : Conseils sur Véiude du 
chant , traduits de l'italien par M. J. Boyer ; 
Paris, Bonoldi frères , 1851 , 1 vol. in-8° de 
214 pages. Cet ouvrage, bien écrit, renferme 
une exposition simple et claire des éléments 
de l'art du chant 

DCJGANGEL (Charles-Pierre), fils d'un 
chirurgien de Beauvais, naquit dans cette ville 
et exerça, pendant la révolution française, la pro- 
fession de défenseur officieux, à Paris, puis 
celle d^avoué, jusqu'en 1810. Il avait em- 
brassé les principes de la Révolution avec ardeur; 
mais, après Tarrestation de Louis XVI à Varen- 
nés et les événements du lo août, il revint 
avec enthousiasme aux sentiments monarchiques 
et écrivit des brochures hardies contre les ter- 
roristes. Plus tard il fit représenter quelques co- 
médies au théâtre Lonvofs et au théfttre Mon- 
tansier. Estimé pour sa probité, mais homme 
passionné, d'une instruction médiocre, et esprit 
de peu déportée, il écrivait fort mal, et pas nn 

BIOGR. UNIV. DBS H0S1CIE?I8. T. 1X1. 



bon ouvrage n'est sorti de sa pinme. Il s'est 
retiré dans une propriété qu^il avait à Clermont, 
département de TOise. En 1815 il fut nommé 
sous-préfet de ce lieu; mais le ministère, mé- 
content des élections de son arrondissement en 
181 A, le priva de son emploi, et depuis lors il 
vécut dans la retraite. Il est mort à Clermont en 
1835. Docancel a publié une brochure de plus de 
200 pages ayant pour titre : Mémoire pour J.» 
/*« Lesueur, un des inspecteurs de renseigne- 
ment au Conservatoire de Musique, en ré" 
ponse à la partie (f un prétendu recueil de 
pièces imprimé, soi-disant, au Conserva- 
toire, et aux calomnies dirigées contre le cit, 
Lesueur par le cit. Barrette, directeur de 
cet établissement; contenant en outre quel- 
ques vues d'amélioration et d'affermissement 
dont le Conservatoire paraft susceptible; 
Paris, 1802, in- 8^. On a aussi de Ducancel : 
Mémoire au roi, pour : 1^ Colombe Rigiery, 
dite Colombe aînée ; 2^ Marie-Madeleine Bi- 
giery cadette, dite Adeline; 3** Pierre- Jo- • 
seph Narbonne; 4* Joseph DorsonviUe ; 
5** Charlotte - RosaUe Pitrot; 6° Jeanne^ 
Louise-ÉUsabeth Verieuil; T Paul-Marie 
Langlois, dit Coorcelles; 8® Pierre-Phili- 
bert Oranger; 9' Jean-Pierre Valroy; tous 
anciens comédiens italiens ordinaires du roi 
et pensionnaires de Sa Majesté, contre les 
comédiens ordinaires du roi, sociétaires ac- 
tuels de V Opéra-Comique; Paris, Le Normant, 
1815, in-4^ de 44 pag. L'objet de ce Mémoire 
était de faire admettre comme pensionnaires de 
rOpéra-Comique les anciens acteurs du théfttre qui 
avaient été réunis aux acteurs du thrâtre Feydeau. 
DUGANGE(CHàRLE8DUFRESNE). Voy. 

CANGE'(nU). 

nUGAURROY (François-Eostachb). Voy. 
Caorrot (nu). 

DUCCI (Les frères Antoiive et Michel- Ange), 
facteurs d'orgues à Florence, ont placé à l'expo- 
sition universelle de l'industrie, à Londres , en 
1851, un orgue ingénieusement conçu. Cet ins- 
trument renferme un principal ou montre de 8 
pieds, divisé en deux demi -registres ; une flûte 
de 4, également divisée par moitié, une dou- 
blette, un flageolet, on larigot, et une trompette 
de 8 divisée en deux demi-registres, le tout 
contenu dans une caisse étroite dont la hauteur 
n'est que de 1 mètre 46 centimètres , la largeur 
96 centimètres, et la profondeur 52. Tout le 
mécanisme et le placement des tuyaux dans nn 
espace si restreint indiquent une grande intelli- 
gence dans les dispositions. Mais la partie essen- 
tiellement remarquable de ce singulier instrument 
consiste dans le jeu de la pédale, dont le clavier, 



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66 



DUCCI — DUCHAMBGE 



iVut h ut, h l'étendue d'une octave divisée en 
douze demi- tons. Cette pédale est un bourdon 
de 16 pieds dans la note la plus grave. Les 
douie demi- tons sont produits par le même tuyau 
en bois de 4 pieds, placé dans la caisse qui sert 
de siège à Torganiste. Ce tuyau, étant bouché, 
ne pourrait produire que Tintonation d'un tuyau 
ouvert de 8 pieds pour la note la plus grave , ré- 
pondant h Vut de la qualrième corde du violou- 
celle; mais, par les circuits que Pair est contraint 
de faire dans la capacité du tuyau , le son est 
baissé d'une octave et sonne le 16 pieds. Des 
ouvertures pratiquées dans la paroi supérieure 
du tuyau, et fermées par des espèces de soupapes 
à ressort, servent à produire les douze demi-tons 
chromatiques, qui ré()Oiident aux marches du 
clavier de pédales et fonctionnent avec beaucoup 
de régularité. De cette combinaison résulte une 
puissance de sonorité qui parait incompatible 
avec les proportions d'un si (>etit instrument. 
Le jury de l'exposition a décerné une médaille 
de prix aux inventeurs de cet orgue ingénieux. 

Les mêmes industriels ont voulu appliquer leur 
principe à un instrument, basse d'orchestre, au- 
quel ils ont donné le nom de haristate; mais 
les résultats qu'ils ont obtenus n'étaient pas sa- 
tisfaisants. 

DUCERCEAU (Jean- Antoine), né à Paris 
le 12 novembre 1670, entra chez les jésuites le 
12 fanvier 1688. Ayant été nommé précepteur 
du prince de Conti, il l'accompagna à Véret, 
château du duc d'Aiguillon, près de Tours. Le 
jeune prince, en maniant un fusil qui avait été 
chargé à balle, sans qu'il le sût, eut le malheur 
de tuer son précepteur, le 4 juillet 1730. P.Du- 
cerceau fut l'un des rédacteurs du Journal de 
TrévoDX , où 11 a inséré : Dissertation adressée 
au père Sanadon, où Von examine la traduc- 
tion et les remarqttes de M.Dacier sur un en- 
droit d* Horace, et où Von explique par occa- 
sion ce qui regarde le télracorde des Grecs; 
Mém. de Trévoux, t. LU, pag. 100-141 et 284- 
310. Le passage d'Horace qui donna lieu à celte 
dissertation est celui-ci (Ode 9* du ô" livre) : 
Sonante mL^tam tibUs carmen lyra, 
Hac DoriaiD, lltta barbarum. 

S'appuyant sur l'autorité de l'ancien scoliaste 
d'Horace, le P. Ducerceau voulait que le mode 
appelé barbare par ce poète fût, non le l>dien, 
mais le phrygien , dans lequel les flûtes auraient 
accompagné la lyre, qui jouait dans le mode do- 
rien. Pour faire coïncider ces modes , il imagi- 
nait, d'après les notes de Wallis sur Ptolémée, 
de transporter le mode dorien dans notre ton de 
la mineur et le mode phrygien dans celui de la 
majeur, prétendant que la lyre, et les flûtes 



jouaient, non pas ensemble, mais alternativement 
dans ces deux modes. Dans une analyse de la 
traduction d'Horace par le P. Sanadon, qui fut 
insérée au Journal des Savants du mois de 
mai 1728, se trouve une critique de ces idées du 
P. Ducerceau, dont on fait voir le faux et l'arbi- 
traire. Une réponse fort longue et peu polie fut 
faite à cette critique par Ducerceau ; elle parut 
dans les Mémoires de Trévoux ( novembre et 
décembre 1728, janvier et février 1729). Une 
réplique modérée et fort bien faite, quoiqu'elle 
avance peu l'état de la question, fut publiée dans 
le Journal des Savants du mois de mai 1729. 
Elle porte particulièrement sur l'impossibilité 
d'entendre les vers d'Horace dans le sens que 
lui donne le P. Ducerceau , c'est-à-dire par la 
supposition que la lyre et les flûtes ne se fai- 
saient entendre qu'alternativement. On y discute 
aussi la question de la transposition des modes, 
et Ton fait voir que les opinions du jésuite sont 
complètement erronées sur ce sujet. Cette répli- 
que termina la dispute. Le passage qui y donna 
lieu avait déjà été examiné dans un Mémoire 
des Transactions pliilosophiques de 1702 (voyez 
Molineux)^ et a été reproduit depuis dans les 
Mémoires de l'Académie des Inscriptions, tome 
35, page^ 360-363. {Voy, Ghabanon. ) 

DUGHAMBGE (Mme Pauline), ou DU 
CHAMBOE, née à la Martinique, en 1778, 
d'une famille noble et riche , fut amenée très- 
jeune à Paris, et reçut sa première éducation 
dans un couvent , où elle eut Desormery pour 
premier maître de piano. Après les événements 
du mois d'août 1792 elle fut tirée de cette retraite 
et rentra chez ses parents. A vingt ans elle per- 
dit son père, sa mère et sa fortune. Ce fut vers 
cette époque qu'elle épousa le baron Duchambge, 
qui ne la rendit point heureuse; un divorce s'en 
suivit, et une modique pension fut la seule ressource 
qui lui resta pour vivre. La simplicité de ses goûts ,. 
l'ordre et l'économie la rendirent suffisante. Cest 
vers cette époque (1800) que M"'^ Duchambge 
se livra avec ardeur à son penchant pour les arts, 
particulièrement pour la musique, et quVIle y 6t 
des progrès remarquables. Liée avec plusieurs 
artistes de grand mente, parmi lesquels on re- 
marquait Dussek, dont les leçons perfectionnèrent 
son talent de pianiste, Cherubini, qui écrivit pour 
elle quelques compositions restées inédites, 
Auber, pour qui elle eut un sentiment plus ten* 
dre que l'amitié. Rode, Lamare, Girodet, Le- 
gouvé, elle puisait dans leur conversation des 
notions du beau qui répondaient à son propre 
sentiment. Son entretien, où ré^jnait toujours 
une certaine mélancolie, était plein de douceur 
et de charme. Son double talent de pianiste et 



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DUCHAMBGE — DUCHEMllN 



67 



de cantatrice se ressentait de cette disposition de 
son flme. En 1814, Nfoe Ducl)aml>ge, victime des 
événements politiques, perdit la pension qui 
jusqu'alors avait suffi à ses besoins ; elle dut 
chercher dans ses talents d'autres ressources. 
Quelques morceaux de piano, et plusieurs ro- 
mances où Ton trouvait de la distinction, Tavaient 
fait connaître des amateurs ; elle eut bientôt des 
élèves et se consacra à l'enseignement autant 
que le lui permettait sa constitution délicate. 
C'est dans cette carrière pénible et dans la com- 
position d'one multitude de romances charmantes 
qu*elle parvint à la vieillesse. Lorsque les forces 
lui manquèrent, elle se confina chez elle, ne con- 
servant de relations qu'avec un très-petit nom- 
bre d'amis intimes. Elle finit par être oubliée. 
M^^ Duchambge s'est éteinte à TAge de quatre- 
vingts an«(, le 73 avril 1858. On a gravé de sa 
composition : 1® Trois études et un caprice pour 
le piano; Paris, Pleyel. —2® Deux thèmes va- 
riés pour le piano; Paris, Le Duc. Mais c'est 
surtout par le charme de ses romances que 
M ne Duchambge a conquis une place parmi les 
artistes distingués ; elle en a composé plus de 
trois cents. Quelques-unes sont comptées parmi 
les meilleures productions de ce genre; pour 
n'en citer que les plus célèbres, je mentionnerai 
VAnge gardien, la Brigantine, la Séparation, 
le Bouquet de bal, le Matelot, le Rêve du 
Mousse, le Couvre Feu, Angèle, etc. Les mé- 
lodies de Mio^ Duchambge se font remarquer par 
une sensibilité douce et Télégance de la forme. 

DUCHAMP (MARIE-CATHBRIIfB-CÉSARINE), 

née à Paris le 14 mai 1789, entra d'abord 
dans la classe de chant de Plantade ,. au Con- 
servatoire de Musique, le 15 pluviôse an xiii 
(31 janvier 1805), et devint ensuite élève de 
Garât, le 9 mars 1807. Mademoiselle Dochamp 
po6)«édait une très -belle voix de contralto et 
avait acquis par les leçons de Garât un fort beau 
talent qu'elle fit admirer dans les concerts de- 
puis 1818 jusqu'en 1817; mais une surdité dont 
elle fut atteinte, et qni augmenta progressive- 
ment, ne lui permit plus de se faire entendre; ce- 
pendant elle a continué d'enseigner le chant pen- 
dant plusieurs années. Elle a publié à Paris quel- 
ques romances avec accompagnement de piano. 
DUCHARGER (...), professeur de ron- 
siqupy suivant ce qu'il nous apprend dans un de 
ses écrils, était né à Dijon dans la première 
moitié du dix -huitième siècle. Il est très- vrai- 
semblable qu'il y a identité entre cet artiste et 
un musicien nommé Charger dans la première 
édition de cette Biographie, qui fut attaché au 
service do prince de Cooti entre 1745 et 1749, 
ainsi qu'avec un académicien de Dijon indiqué * 



sous le nom de Chargey(De), dans la France 
littéraire de M. Quérard, et simplement Char- 
gey dans notre première édition . Par une lettre 
que Ducharger écrivit à Rameau en 1753, on 
voit qu'il était alors à Saint-Malo. En 1761, 
époque où il publia un de ses ouvrages, il demeu- 
rait  Rennes 1^ et, enfin, si, comme je le crois , il 
est le même que De Chargey, cité par Quérard 
comme l'auteur d'un autre opuscule concernant 
la musique, il retourna ensuite à Dijon, où il 
était en 1773 Quoiqu'il en soit, il parut sons le 
nom de Charger ou Ducharger, à Paris , en 
1745, une cantatille intitulée : le Pouvoir de 
Vamour, et quatre ans plus tard, dans la même 
ville, un livre de sonates en trios pour le violon. 
Sous le nom de Ducharger, de Dijon, fut pu- 
blié ensuite un écrit qui a pour titre : Réflexions 
sur divers ouvrages de M, Rameau; Rennes, 
1761, in- 12 de 47 pages. L'auteur établit très- 
bien dans cet écrit que le système de la basse 
fondamentale repose sur une base fausse, Ra- 
meau n^ayant pu trouver dans le principe du 
corps sonore l'accord de la sous -dominante, in- 
dispensable à ce système, si ce n'est par la 
supposition gratuite d'une résonnance appelée 
sous'multiple par Rameau ; supposition suivant 
laquelle la corde mise en vibration ferait entendre 
un accord parfait dont le son de la corde .serait 
la quinte. Il ne faut pas confondre cette prétendue 
résonnance avec le phénomène du troisième 
son, sur lequel Tartini {voy. ce nom) a bâti son 
système. Le dernier écrit qui paraît appartenir 
à Ducharger, et non à De Chargey , est inti- 
tulé : Entretiens d*un musicien français avec 
un gentilhomme r%issesur les effets de la mu- 
sique moderne, ou tableau des concerts de 
province, avec des lettres à V Académie de 
Dijon, à d'Alembert, Marmontel et J.-J. Rous- 
seau; Dijon, 1773, in-8^ 

DUCHEMIN (Nicolas), graveur, fondeurde 
caractères typographiques et imprimeur de mu- 
sique à Paris, naquit à Provins vers 1510. Un très- 
grand nombre d'œuvres de musique est sorti de 
ses presses, depuis 1 550 jusqu'en 1 571. Ses éditions 
sont nettes, ses caractères élégants et d'une bonne 
dimension. Dncheroin a aussi fait usage «les ca- 
ractères gravés par Nicolas Devilliers et Philippe 
Danfrie. Peignot dit (Dictionn, raisonné do 
Bibliologie, t. lll, p. lil ) que Duchemin a im- 
primé depuis 1541 jusqu'en 1544 ; il ne s'est pas 
souvenu qu'il avait cité dans le premier volume 
du même ouvrage ( page 470 ) le recueil de messes 
de divers auteurs, avec un titre général qui porte 
la date de 1568, in-fol. max. C'est pour ces mes- 
ses, publiées séparément depuis 1556, que Duche- 
min fit graver, en 1555, les grands caractères de 

5. 



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68 



DUCHEMIN — DUClS 



DeTiliiera et de Danfrie. Les exemplaires de re- 
cueils de compositions publiés par Duchemin sont 
aajonrd'hui d*une grande rareté. Il a imprimé 
aussi quelques traités de musique donl le moins 
connu, sans nom d*auteur, est intitulé : VArt, 
teience et pratique de Plaine Musique, et 
de Finstitutionmusicale, très-utile, profitable 
et familière ;PAT\ê, Nie. Duchemin, 1556, in-12. 
Après la mort de Duchemin , ses poinçons et 
matrices ont passé chez Guillaume Le Bé. 

DUClS (BenoIt), compositeur du seizième 
siècle, naquit vraisemblablement à Bruges vers 
148O9 suivant quelques indications qu'on trouvera 
plus loin. Ce musicien est désigné souvent sous 
le nom de Benedictus par les auteurs anciens 
qui en ont parlé, ainsi que dans les recueils où 
l'on trouve quelqu'une de ses compositions. 
Celles-ci portent tantôt le nom de Benedictus 
simplement, tantôt celui de Benedictus Ducis , 
et même quelquefois celui de Ducis seul. C'est 
le même musicien que Geaner ( Biblioth, uni- 
vers.), et, d'après lui, Walther et Gerber ont 
appelé Dux, quoique, suivant Tusage parmi les 
auteurs anciens des Pays-Bas, les noms latii^ 
soient en général placés au génitif; Il est vrai 
que le nom de Dux se trouve sur un recueil 
d'Odes d'Horace mises en musique à trois et à 
quatre voix, lequel a été publiée Ulm en 1539, 
ainsi que sur quelques mélodies placées par 
Hans Walter dans son Cantionale. Ce nom 
latin a fait croire à Kiesewetter que le nom 
véritable de Ducis est Herzog, et qu'il était 
Allemand de naissance {voy. le supplément du 
Mémoire de Kiesewetter sur les musiciens néer- 
landais, art. 3, p. 86, et Gesch4chie der euro- 
pssisch-Abendlaendischen oder unsrer heu- 
Ugen Musik, page 61 ). D'autres en ont fait un 
Suisse, en le confondant avec BenoÛ d*Àppenzell 
(voy, ce nom). J'ai démontré' dans la notice sur 
celui-ci, par un monument authentique, qu'il n'y 
a pas d'identité entre ces deux artistes, et que 
Ducis est plQs ancien que Benoit d'Appenzeil. 
Dans la première édition de cette Biographie 
j'ai émis l'opinion que Ducis était Belge de nais- 
sance, et que son nom flamand était Hertoghs 
(Duc), latinisé dans celui de Ducis ; des documents 
récemment découverts, dans les archives d'An- 
vers, par M. Léon de Burbure (voy. ce nom ), dé- 
montrent que j'étais dans le vrai. On voit, dans 
les registres de la confrérie de Saint-Luc d'Anvers, 
que Ducis on Hertoghs fut prince de la Gilde, 
c'est-à-dire chef de cette confrérie, ce qui 
était alors la plus haute dignité qu'un artiste 
pût obtenir dans les Pays-Bas. On voit aussi, dans 
les registres de l'église Notre-Dame de cette ville, 
qu'il était, dans le même temps, organiste spécial 



de la chapelle de la Vierge, dans cette collé- 
giale. Des offres avantageuses lui ayant été faites 
pour qu'il s*étahflit en Angleterre, Il les accepta 
et partit d'Anvers en 1515. Après cette date on 
n'a plus de renseignements sur lui. Henri YUI 
régnait alors, et, sans doute, amateur passionné 
de musique et composîtenr, ce fut lui qui attira 
à sa cour le musicien belge, le plus célèbre alors 
de ceux qui habitaient les Pay^-Bas. J'ai fait de 
vaines recherches ches les historiens anglais da 
même temps pour découvrir quelque indication 
relative à Ducis. Cependant il est hors de doute 
qu'il vivait encore en 1531, et même après, car il 
a composé une Monodie sur la mort de Josquin 
Deprès, qui avait été son maître de composit)<Mi» 
et qui, comme je l'ai fait voir dans la notice de 
cet illustre musicien, ne mourut que dans cette 
même année. De tout ce qui précède il résulte 
que la carrière d'artiste de Ducis appartient à la 
première moitié du seizième siècle, on, pins 
exactement, aux quarante premières années. 

Benoit Ducis est à juste titre placé au rang des 
maîtres les plus distingués de son temps. Son 
style a de la clarté, de l'élégance dans les mon- 
vements des voix ; son harmonie a de la pléni- 
tude et de la pureté ; ses thèmes d'imitation sont 
ingénieux et riches de développements; enfin il 
a tontes les qualités qu'on recherchait à nne 
époque où le sentiment esUiétique n'avait pas 
encore placé l'art dans le domaine de l'imagina- 
tion libre. La Monodie à quatre voix qu'il a 
écrite à l'occasion de la mort de Josquin Deprès 
est jusqu'à ce jour le seul morceau de Ducis qui 
ait été publié en partition. Burney (l)et Forkel (2^ 
l'ont insérée dans leurs Histoires de la Musique; 
mais il existe dans plusieurs recueils manuscrits 
et imprimés au seizième siècle un grand nombre 
de motets et de chansons de cet artiste. La Bi- 
bliothèque royale de Munich en possède quelques 
morceaux ; un précieux manuscrit daté de 1543, 
lequel a appartenu à Zéghère de Maie et se trouv.e 
aujourd'hui dans la bibliothèque publique de Cam- 
brai (n<* 124, 4 vol. in-4'' obi.), ce manuscrit» 
dis-je, dont M. de Coussemaker a donné la des- 
cription (3), renferme douze chansons françaises 
à 4 parties, le motet Da pacem^ Domine, le 
chant funèbre sur la mort de Josquin Deprès, et 
une pavane pour quatre instruments, tous de 
Ducis. Les Odes d'Horace, mises en musique à 
quatre voix par le même , ont été publiées sous 
ce titre : ffarmonien iiber aile Oden des 
horai,fiirS und 4 Stimmen, der VlmerJu- 

(1) ji General Hùtory qf MusU, t. II, p. BiS. 
(t) jéllffêm, Cesehichte der Musik, t. Il, p. 601. 
(t) Notice des eolieetUms musicales de la BibUothégme 
de s^ambrai, ». 61-Sl. 



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DUCIS 



69 



gend zu Gefallen in Druck geçeben, etc. (Har- 
mooies sur toutes les Odes d^Horace poar 3 et 
4 voix, etc.) ; Ulm, 1539. Quoique le titre de ce 
recueil soit en allemand, la musique est écrite 
sur le texte du poète latin. Ce titre a fait croire 
à Gerber (1) que Ducis était professeur de ma- 
sique à Ulm à l'époque de cette publication, 
parce que l'ouvrage était destiné à la jeunesse de 
cette ville ; le fait en lui-même n'a rien d'invrai- 
semblable, car, Henri YIIl ayant séparé son 
royaume de la communion romaine' en 1534, 
Benoit Ouds, catholique fervent, comme on l'était 
alors en Belgique , n'aura pas voulu rester au 
service d'un prince schismatique, ni écrire de la 
musique pour le nouveau cidte. Il est donc 
moins étonnant qu'il ait accepté une position 
dans une ville Impériale qu'il ne le serait qu'il 
eût destiné un de ses ouvrages à la jeunesse d'une 
ville éloignée, où il n'aurait pas été lui-même. 
Une messe à quatre parties se trouve dans deux 
manuscrits de la bibliothèque de Cambrai, cotés 
n*'* 4 et 24 ; dans le premier elle porte le titre 
d'une chanson flamande Myn Hert ( Mon Cœur) ; 
dans l'autre l'inscription est Myn HerteqyAn 
heeft altyd verlangen (Mon petit c<eur désire 
toujours). J'ai dit, dans la première édition de 
oette Biographie , que cette messe est de Ducis ^ 
et je crois être certain que mon opinion 
à cet égard est fondée; mais je n'ai point 
conservé le souvenir de la source où j'ai 
trouvé ce renseignement Depuis 1822 je n'ai 
point revu les manuscrits de Cambrai , dont la 
▼alenr est très -considérable, et dont j'ai signalé 
J'existence avant tout autre; depuis lors M. de 
Coussemaker s'est livré à l'examen de ces ma- 
nuscrits et en a publié la description : il n*a pas 
trouvé , dit-il , d'indication de l'auteur de la 
messe âfyn Hert; ce n'est donc pas là que J'ai 
pris mes renseignements, mais j'en ai eu certai- 
nement d'autre part. 

Les recueils qui contiennent des compositions 
religieuses ou des chansons françaises à trois et 
quatre parties , sons le nom de Benedictus^ et 
sans autre Indication, sont en assez grand nombre ; 
il est difRcile de décider quelles sont celles qui 
appartiennent à Benoit Ducis ou à Benoit d'Ap- 
penzell; cependant il est vraisemblable que 
c*est dans les recueils dont les dates sont les plus 
anciennes , et dans ceux <]ui ont été imprimés à 
Aug8t>ourget à Nuremberg, que se trouvent les ou- 
vrages de Ducis (s'il est vrai toutefois qu'il s'était 
retiré à Ulm), et que les autres, publiés à Anvers 
et à liOuvain, depuis 1544 jusqu'en 1560, con- 
tjenneni les productions de Benoit d'Appenzell. 

(1) laeuetUxUunder TonJMnttUr, tome I, ooL 971 



Quoi qu'il en soit, voici les titres de ces collec- 
tions : P Navum et insigne opus miuicvm, 
sex, q^Unque et quatuor vocum, cujus in Ger- 
mania hactenus nikilsimile usquam est edi^ 
tum; Noribergae^ arte Hieronymi Graphsei, 1573, 
petit in-4* obi. Les pièces de Beneâictus se 
trouvent dans le deuxième volume de cette col- 
lection. — 2® Psalmorum selectorum qua- 
tuor et qtUnque vocum a prxstantissimis 
musids in îutrmonias redactorum ; Norim* 
bergse, apud Jo. Petreium, 1539, petit 4n-4'' 
obi. Les psaumes de Benedictus sont dans les 
deuxième et troisième volumes. — 3° Selectx 
Harmonix quatuor vocum de Passione Do- 
nUni; Vittebergœ, apud Georg. Mhau, 1538, 
petit in-4» obi. — 4® Tertius liber Motte- 
torumad quinque et sex vocet. Opéra et 
solertia Jacobi Modemi^ alias dicti Grand 
Jacques; Lugduni, 1538, in-4^— 5** Collection 
de petites chansons allemandes pour divers ins- 
truments, publiée par Fœrster sous ce titre : Ein 
Âuszug gute alter und newer Teuischen- 
lAedlein, ekner rechten teutsche-Art , auff 
aUerleg Instrumente zu gebrauchen, ans- 
serlesen; Nuremberg, J. Pétréjus, r* et 2^ par 
ties, 1539-1540. — G** SeUctissimx nec non 
famiUarissimx Cantiones ultra centum, 
variis idiomaùe vocum, etc,, a sex usque ad 
duos voces ; Augusta Vindelicorum, Melchior 
Kriesstein excudebat^ 1540, petit in-4^ obi. 
— 70 Trium vocum Cantiones centum ; TiO' 
rimbergœ, J. Petrejus, 1541, in-4^ — S* 
Quintus liber Mottetorum quinqite et sex 
vocum, etc.; Lugdunr, Jac. Moderni, 1543, in-4*'. 
—9^ Le quatrième livre des Chansons à quatre 
parties, auquel sont contenues 34 chansons 
nouvelles, etc.; imprimées à Anvers, clies 
Tylman Susato, 1544, in-4* obi. On trouve 
aussi trois chansons à 4 et 5 voix de Benedlctns 
dans le 5" livre, ibid., 1544; à 4, 5 et 6 
voix dans le 6* livre, ibid.^ 1545, et enfin, 
c'est dans le septième qu'a été publiée la Mo- 
nodie de Ducis sur la mort de Josquin De- 
près, ibid., 1545. — 10^ Cantiones octo^ sex, 
quinque et qttaiuor vocum, omnium ju* 
cvndissimi nuspiam antea (sic) xditi, Au^ 
gustx VêndeUcorum, PhiUppus Uhlardus 
excudébat, iïAb, petit in-4* obi. * 11'' Can- 
tiones sex et quinque vocum longe gravis- 
simx, juxta ae amenissimx , in Germania 
maxime hactenus typis non excusa ; Augustœ 
Yindelicorum , Melchior Kriesteiu, 1545, pefa't 
in-4* obi. Salblinger(t70^. ce nom ) fut l'éditeur 
de ces recueils. — 12^ CmUiones sacras, quas 
vulgo Motteta vacant, ex optimis quibtuque 
hujus xtatis musids sélects Ubri quatuor ; 



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70 



DUCIS — DUFAY 



Aniverpix, apud Tylmanum Susato,ibis- 
1547, iii-4'* obi. — 13** Caniionum sacrarum, 
quas vulgo Moielta vocant, àett vocum, ex 
opiimis qiUbusque musicis seleclarum, Libri 
LVIII; Lovanii, apud Petrum Pliatesiiim, 
1554-1558, in 4° obi. Je crois que les pièces con- 
teoues dans ces derniers recaei appartiennent 
à Benoit d'Appenzell. 

DCJCLOS (Charles PINEAU), né à Di- 
nan, en Bretagne, en 1704, fut envoyé fort 
jeune à Paris pour y taire ses études. En 1739 
il fut reçu à l'Académie des Inscriptions et Bel- 
les-Lettres, et en 1747 àrAcadémie Française, 
dont il devint le secrétaire perpétuel en 1755. 
11 est mort à Paris le 26 mars 1772, dans sa 
soixante-neuvième année. Parmi ses ouvrages 
on remarque : Mémoire sur l'art de partager 
Vaction théâtrale , et sur celui 'de noter la 
déclamation qu'on prétend avoir été en 
usaje chez les Romains , dans les Mémoires 
de l'Académie des Inscriptions, t. XXI,- p. 191- 
208. Il est aussi Tauteur de Tartlcle Déclama- 
tion, dans l'Encyclopédie méthodique, où il est 
question de la musique théâtrale. On trouve 
ces deux morceaux dans la collection de ses 
Œuvres donnée par Desessarts, en dix folumes 
in-8''; Paris, 1800. 

DUCLOS( . . . }> horloger de Paris, in- 
venta, en 1782, une machine destinée à in- 
diquer la division des temps de la mesure en 
musique. Il appela cette machine rhythmo- 
mètre. Elle fut approuvée par les professeurs 
de rÉcole royale de Chant, et Gossec, Tun d*eux, 
fit sur cet instrument un rapport favorable 
qui a été imprimé dans la même année, en un 
quart de feuille in-8^ 

DUGRAY-DUMINIL (Frai^çois-Guil- 
LAUHE), né à Paris en 1761 , succéda en 1790 
k Tabbé Aubert dans la rédaction des Petites- 
Affiches de Paris. Il est mort à Villc-d*Avray 
le 29 octobre 1H19, à l'&ge de cinquante-huit 
ans. Auteur de beaucoup de romans mal écrits, 
mais où Ton trouve de l'intérêt. Ducray-Duminii 
a fait aussi des pièces de théâtre, des vaude- 
villes dont il a composé les airs pour les th(>â- 
tres des boulevards de Paris, et s'est fait 
connaître, comme musicien, par Six Romances 
tirées du roman de Lolotte et Fanfan, avec 
accompagnement de harpe ou de clavecin^ 
Paris, Boyer, 1788. — 2*» Six Romances tirées 
d'Alexis, ou la Maisonnette dans les bois; 
ibid., 1789. — 3*» Six Romances tirées des let- 
tres à Emilie, Ibid. 

DUCREUX (Ehmanoel ), 61s d'un peintre 
de portraits au pastel, naquit à Paris en 1765. 
Destiné par son père à la peinture, il ût d'abord 



des études pour se livrer à l'exercice de cet art; 
mais son goût pour la musique le lui fit aban- 
donner, il apprit à jouer de plusieurs instruments 
à vent, particulièrement de la flûte et du basson, 
et entra à l'orchestre du Théâtre-Français, en 
1789, pour ce dernier instrument. Il est mort 
à Paris vers 1812. On a de sa composition : 
1** Symphonie concertante pour deux Ûûtes prin- 
cipales; Paris, 1795, Sieber. -^ 2"* Symphonie 
idem, n''2; ibid. — 3® Six Duos non difficiles 
pour deux flûtes , œuvre 3 ; ibid. — 4** Duos 
pour flûtes et basson , extraits des œuvres de J. 
Haydn et Mozart, liv. 1,2; ibid. — b"" Des 
airs variés pour flûte seule; Paris, Corbanx. — 
6^ Les Folies d'Espagne, variées pour basson; 
ibid. Ducreux a eu un fils qui, après avoir été 
quelque temps musicien dans un régiment, a 
été souffleur de musique à l'Opéra- Comique , 
en 1818. Il a arrangé des airs d'opéras pour deux 
violons. 

DCJERNER (J.), violoniste et composi- 
teur, est né en Bavière vers 1812. Il fut d'abord 
employé à la cour de Dessau comme violo- 
niste, et reçut du maître de chapelle Frédéric 
Schneider des leçons de composition. En 1S38 
il était directeur de musique â Anspach et s'y 
distingua par la composition de plusieurs re- 
cueils de chants pour des chœurs de Toix 
d'hommes. En 1844 il obtint la place de pro- 
fesseur de musique à l'Université. Une .sympho- 
nie à grand orchestre composée par cet artiste 
a été exécutée à Dessau en 1838 et à Leip- 
sick en 1844. Il a publié à Leipsick , chez Pe- 
ters, une bonne sonate pour piano et violon, 
(Buvre 15. Duerner est connu particulière- 
ment en Allemagne par un grand nombre de 
recueils de Lieder à une voix seule avec ac- 
compagnement de piano, œuvres 5^ 6, 8, 9, 10, 
11, 12,13, 14, etc. 

DUFAUR (Pierre), ou DUFAUR DE 
SAINT-JORY, fut un des plus savants 
hommes du seizième siècle. Après avoir été 
conseiller au grand conseil , puis maître des 
requêtes, il fut élevé à la dignité de premier pré- 
sident du parlement de Toulouse, le 8 juillet 
1597, et mourut d'apoplexie , le 18 mai 1600, 
en prononçant un arrêt. Parmi ses ouvrages 
on en remarque un qui a pour titre : Agonisti- 
con, sive de re athletica, ludisque veterum 
gymnicis, musicis atque circensibus, spicile- 
giorum tractatus, tribus libris comprehensi^ 
opus tessellatum, etc. ; Toulouse, 1595, in-4®. 
Cet ouvrages eu plusieurs éditions. 

DUFAY ou DU FAY (Guillaume), célè- 
bre compositeur de la fin du quatorzième siècle, 
partage avec Egide Binchois et Jean Dunstaple 



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DUFAY 



71 



la gloire d^avoir épuré riiarmonie , de TaToir 
affranchie des formes grossière» et des suc- 
cessions de quintes, d^octaves et d'unissons 
qui entachent les productions des plus habiles 
musiciens do milieu du quatorzième siècle, tels 
que François Landtno de Florence, Jacques 
de Bologne , Guillaume de Machault et autres ; 
enfin, de lui avoir imprimé un caractère de 
suavité qui a été se perfectionnant jusqu'à la tin 
du seizième siècle, dans la tonalité du plain- 
chanl. Tinctor ou Tinctoris a fait de Dufay nn 
Français; il se pourrait toutefois qu*il eût été 
mal informé, car j'ai trouvé, dans un traité ma- 
Duscrit de musique du commencement du sei- 
zième siècle, cette phrase i Secundum doc- 
(rinam WilhelnU Dufais, Cimacensis ffann, 
(selon la doctrine de Guillaume Dufay, de 
Chimay en Hainaut) (1). Mon savant ami et 
parent Henri Delmotte, trop t6t enlevé aux let- 
tres et à l'histoire des arts, m'a objecté contre 
ce fait qu'il y avait peu de noms propres an 
quatorzième siècle qui ne fusseht des indica- 
tions de lieux de naissance, de profession ou de 
sobriquets; quMl était vraisemblable que le nom 
de Dufay était Guillaume, et que Dufay in- 
diquait qu'il était né dans un lieu appelé le 
Fatj. S'il en était ain<;i, Guillaume Dufay serait 
encore né dans le Hainaut, car on trouvait dans 
l'ancienne province de ce nom, intendance de 
Maubeuge, gouvernement de Landrecies, les 
communes de Fay-la-Ville et Fay-le-Château. 
Mois, ju.^qu'à preuve du contraire, je m'en tieiy; 
à rindication du manuscrit. 

Il y a beaucoup d'incertitude à l'égard de 
l'école où ce musicien célèbre a pu s^instruire 
dans son art. Le conseiller Kiesèwetter pense 
que ce dut être en Belgique , et fonde son opi- 
nion snr ce que les compositions de Dufay in- 
diquent un état de l'art beaucoup plus avancé, 
sous le rapport de l'harmonie, qu'on ne le trouve 
dans les ouvrages des musiciens florentins du 
quatorzième siècle et de Guillaume de Machault, 
auteur dNine messe à quatre voix écrite en 
1367 ; ce qui lui fait croire qu'il existait en 
Belgique une connaissance plus étendue de 
l'art d'écrire en musique qu'ailleurs, et que Du- 
fay y a puisé son instniction. D'autre part, 
Kiesèwetter remarque qu'antérieurement à ce 
musicien toute la notation était noire et dans 
le système exposé par Francon , tandis que 
la notation blanche apparaît pour la première 
fois dans les compositions de Dufay, de Binchois 



(1) Voyez h ce injet mon Mémoire sur cêtte question t 
Quels ont été les mérites des Néerlandais dam la mu- 
iique^ etc., pages it et is; Amsterdam, 1819, ln-4o. 



et de Dunstaple, particulièrement du premier. 
(VoTj. l'ouvrage de Kiesèwetter intitulé : Ges- 
chichte der europœisch-abenlœndischen oder 
unsrer heutigen Muslh, Darstellung ihres 
Ursprunges, etc., p. 42-49. ) M. de Cousse- 
maker suppose que la maîtrise de la cathé- 
drale de Cambrai est l'école où l'éducation mu- 
sicale de Dufay s'est faite ; il est conduit à 
cette conjecture parce qu'un manuscrit du 
commencement du quinzième siècle renferme 
une messe qui porte le nom de cet homme 
célèbre (I). Le fait n'est pas impossible; mais il 
faut avouer que la raison sur laquelle se fonde ta 
conjecture est assez faible. Si l'artiste que cette 
notice concerne était né à l'une des deux com- 
munes du Fay, dont il vient d'êire parlé | la 
conjecture de M. de Coussemaker Ferait vrai- 
semblable, car toutes deux appartenaient au 
diocèse de Cambrai. L'influence de Dufay sur les 
perfectionnements de l'art ne peut être mis& 
en doute, car Tinctoris, Adam de Fulde, Spa- 
taro, Gafori, ont signalé précisément ce mattre 
comme ayant eu la plus grande part aux per- 
fectionnements de la musique de son temps. 
Adam de Fulde (voy. ce nom), auteur d'un 
traité de musique écrit en 1490, dit que Guil- 
laume Dufay fut l'auteur d'une multitude d'in- 
novations dans la notation et dans l'emploi des 
dissonances par prolongation (2). D'ailleurs, 
Martin Lp Franc , poète français qui écrivait de 
1436 à 1439 et que j'ai cité à l'article Binchois, 
ne nous laisse pas de doute sur l'opinion ré- 
pandue parmi les contemporains de Dufay 
concernant les perfectionnements introduits par 
lui dans la musique. Je rapporterai de nouveau 
ici les vers de ce poète, à cause de leur im- 
portance pour le sujet dont il s'agit : 

Tapissier, Carmen, CMarl* 

N'a pas long-temps si bien chantèrent 

Qu'ils cKbahlrent tout Paris 

Et tous «eux qui les fréquentèrent : 

MaU oncques Jour ne deschantèrent, 

En meJodle de tels chois 

(Ce m'ont dit ceuix qui les hantèrent). 

Que Guillaume Du/ay et Binchois. 

Car ils ontnotit'e//e pratigtte 

De faire /risque concordance 

En haute et en basae musique. 

En feinte, en pause et en muance. 

Etc., etc. 

Voilà bien les inventions, la nouvelle pra» 

(l) Notiez sur les collections musicales de la bibliothè- 
que de Cambrai^ p. 4o. 

(S) Cujus rei veneràbilem CuUhelmum Duffay inoen- 
torem extitisse credo, quem et modemiores musici om- 
nes imitantur , etc. (Vide Scrlp. ecclcalast. de Muslct, 
coU. M. Gerberto, t. III, p. S60.) 



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72 



DUFAY — DU FORT 



tique de Dufay et de Binchoîs constatée dans 
rharmonie (la frisque concordance et la feinte, 
00 retard de consonnance) et dans la notation 
(la pause). Cependant l'art existait déjà avant 
eux en France, bien qne moins avancé, puisque 
trois musiciens. Tapissier, Carmen et Césaris, 
pouvaient ébahir tout Paris. 

A regard de l'argument tiré par Kiesewetter 
do peu de vraisemblance qu'on ait passé subite- 
ment de la notation noire à la notation blanche 
de Dufay, et de la probabilité que cette dernière 
notation était en usage dans les Pays-Bas lors- 
qu'elle était encore inconnue en France et en Ita- 
lie, Je ferai voir, dans mon Histoire générale de 
la Musique, que la notation blanche était déjà 
connue en France ayant Guillaume Dufay, ou du 
moins dans sa jeunesse , bien que d'un usage 
peu répandu et bien qu'elle f At peu perfectionnée. 
Je ferai voir aussi, par la publication de mor- 
ceaux de musique composés dans la première 
moitié du quinzième siècle, que l'usage de la no- 
tation blanche ne s'était pas tellement répandu 
qu'on ne se servit encore de la noire à cette épo- 
que; enfin je démontrerai, par deux chansons à 
trois voix composées aussi au temps de Dufay 
dans les Pays-Bas, et tirées d'un manuscrit des 
archives de Gand, que la notation noire était en- 
core celle dont on se serrait alors dans ce pays, 
et que l'art d'écrire en harmonie y était inférieur 
à celui dont ce musicien a fait preuve dans ses 
ouvrages. D'où, il suit qu'on ne peut contester 
à Dufay rimportance de ses travaux par des 
suppositions gratuites d'un avancement antérieur 
de l'art dans les Pays-Bas, et qoe sa gloire reste 
entière. (Voy, leBësumé philos, de Vhist. de la 
mtuj^ue, p. cxcix. ) Que Dufay ait commencé 
l'étude de la nxusique dans la Belgique , cela est 
Traisemblable puisqu'il y était né ; mais il a pu 
la continuer en France, et y prendre les premières 
notions de la notation blanche, dont il a ensaite 
propagé l'usage et perfectionné le système. 

L'abbé Baini a trouvé dans les archives de la 
chapelle pontificale de Rome la preuve que Du- 
fay était attaché à cette chapelle, en qualité de 
ténor , dans l'année 1380. Il ne devait pas être 
alors Agé de moins de vingt-cinq ans, en sorte 
qu'il a dû naître vers 1350 ou 1355 au plus tard. 
Il demeura attaché à cette chapelle tout le reste 
de sa vie et mourut en 1432, dans un Age 
avancé; circonstance qui prouve que l'époque 
de sa naissance doit être placée vers 1850. 
Pendant le temps où il fut au service de la cha- 
pelle pontificale, il parait qu'il visita la France 
et les Pays-Bas , car quelques vers de Martin Le 
Franc semblent indiquer que ce poète l'a vu à 
la cour des ducs de Bourgogne. 



Les archiver de la chapelle pontificale ren- 
ferment quelques messes composées par Guil- 
laume Dufay, et dont les titres sont : Bcce 
€mcilla Domini; Omme (Homme), VOmme 
armé; Se la face ay pale; Tant me déduis. 
Tinctoris cite aussi la messe de ce compositeur 
intitulée de Saint Antoine. Kiesewetter a pu- 
blié le Kyrie (à quatre voix) de la messe Se la 
face ay pale, le Benedictus de la messe Scee 
ancilla Domini (à deux voix), le Kyrie (à 
quatre voix) de la messe de ^ffomme armé. 
La précieuse section des manuscrits de la Bi- 
bliothèque royale de Belgique renferme un volume 
qui provient de la chapelle des ducs de Bourgo- 
gne, et qui contient beaucoup de messes et de 
motets des musiciens belges les plus, célèbres 
au quinzième siècle. On y trouve trois messes à 
trois voix et trois autres à quatre voix de Du- 
fay. Le volume est coté 1555, lu-fol. Un volume 
manuscrit du quinzième siècle, qui est à la bi- 
bliothèque de Cambrai sous le n* 6, in-fol., con- 
tient des Kyrie, Gloria et Credo de différentes 
messes, à trois et à quatre parties, au nombre 
desquels est un Gloria à 4 parties qui porte le 
nom de Dufay. Les autres pièces du volume 
sont sans nom d'auteur, d'oùM.deCoussemaker 
croit pouvoir conjecturer qu'elles appartiennent 
toutes au même auteur. Un manuscrit intéres- 
sant qui appartenait à Guiibert de PixérécouTt 
contient des motets et des chansons françaises 
de Dufay, entre antres la chanson à trots voix, 
Cent mille escus quant je voeldrote, mor- 
ceau trè»-remarquable par les Imitations bien 
faites qu'il contient et par la pureté de son har- 
monie. 

Plusieurs auteurs ont dit que Dufay a ajouté 
deux octaves au système complet de Gui d*A- 
rezzo; cette assertion ne se soutient pas à Texa- 
men des monuments historiques de l'art, comme 
je le prouverai dans mon Histoire de la Musique. 
Il est plus raisonnable de s'en tenir à cet égard 
au texte d*Adam de Fulde , qui dit que Dufay 
ajouta quelques notes au-dessous du gamma^ut 
grave du système de Gui, et quelques antres 
notes au-des<«us de cc-fa, 

DUFORT ( Charles De ), compositeur et 
maître de chapelle à Paris, est né à Sens le 21 
novembre 1803. Après avoir fait ses premières 
études de musique dans sa ville natale» il 
devint élève du célèlnre hautboïste Brod, pour 
la composition. En 1831 il s'est présenté ao con- 
cours de l'Institut ; mais, n'ayant pas réassî, 
il n'a plus tenté de nouvel essai. Il a publié beau- 
coup de musique d'église de laquelle nous con- 
naissons : 1® Messe semi-solennelle pour solos 
et chœurs, avec orgue; Paris, V» Canaux. — 



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D13F0RT — DUGAZON 



78 



S* PMome Dextera DométU pour soprano et 
basflêyChœar et orgue; ibid. — 3'^ Mofetb, VerU, 
Creator, à voix seule et orgue ; ibid .^^''Ave ve- 
rum, pour ténor solo, chceuret orgue; ibid. — 
5*^ O ëalutariê ffostia, à B voix et orgue ; 
ibid. — 6"* Àdoremus, h 2 Toix de soprano, 
cbcBor et orgue; ibid. — 7^ Ave, maris Slella, 
h 3 Toix et orgiie; ibid. ^ 8^ Sub tuwn prx- 
«littiMii, chcBur à 2 Toix de femme et orgue ; 
ibid. ^ V* Hymne Veni^ Sonde Spiritus , pour 
Toix solo et chœur; ibid. — 10® Sombre nuit, 
awngles ténèbres, qnalaor religieux pour so- 
prano, contralto, ténor el basse, ayec accomp. de 
piano ; ibid. On a aussi de M. de Dufort des ro- 
et des moroeaux détachés de différents 



DUFOUR ( Le P. J. ), jésuite àe la maison 
de Yaugirard-lez- Paris , a donné des soins à 
rimpression du Graduale Romanwn de son 
confirère le R. P. Lambillotte {voy. ce nom ) , 
après la mort de celni-d, et a été Téditeur de 
son liTre intitulé : Esthétique , théorie et pra- 
tique du Chant grégorien. Une dissertation 
da R. P. Scbubîger, nooine bénédictin et maî- 
tre de chapelle au cooyent d^Einsiedehi ( Suisse, 
canton de Schwitz ), ayant été insérée dans le 
naméro de décembre 1856 de la Revue de Mu- 
sique ancienne et moderne publiée par M. Th. 
Nisard, on y lot une appréciation sérieuse des rra« 
Taux du P. LambiUotle sur le chant grégorien, 
dans laquelle ses erreurs fondamentales étalent 
démontrées (vog. Sehubiger ). Le P. Dufour crut 
devoir publier à cette occasion, dans le Journal 
intitulé PAmi de la Reiigion ( 12 mars 1857), 
one Réponse à quelques attaques dirigées 
contre l'oBUwe du P Lambillotte. Elle fut ré- 
futée dans un écrit de M. Nisard qui a pour 
titre : le P. Lambillotte et dom Anselme Schu- 
biger; notes pour servir à l'histoire de la ques- 
tion du chant Uturgique au commencement de 
Vannée 1857 ; Paris, 1857, in-8<^ de 46 pages. Cet 
écrit fut suivi d'une Réponse de Dom Anselme 
Sehubiger au P. Dufour, précédée de quel- 
ques réflexions faisant suite aux notes pour 
servir à l'histoire de la question du chant 
Uturgique au commencement de Vannée 
1857, par Théodore Nisard; Paris, 1857,in.8« 
de 30 pages. D*autre part M. Tabbé Cloet ( voy. 
ce nom ) avait publié des Remarques critiques 
sur le Graduale Romanum do P. Lambillotte; 
le P. Dufour y répondit par un Mémoire sur 
les ch€mts liturgiques restaurés par le P. 
Lambillotte, de la Compagnie de Jésus, et 
publié par le P. D...dela même Compagnie. 
Examen des principales difficultés propo- 
sées par divers auteurs, et en particulier par 



Vahbé Cloet dans les Remarques critiques sur 
le Graduale Romanum, ^c; Paris, Adrien L&- 
Clerc et C»*, in-4*» de VI et 64 pages {vog. Clobt 
au sujet de ce Mémoire ). 

DUFRESNE ( FfiRomAim ), fils d'un violo- 
niste de Torchestre de la Comédie-Française, 
naquit h Paris en 1783. Élève de son père, il 
ftat admis. au Conservatoire en 1797, et reçut des 
leçons de Gaviniès pour le violon. Sorti de 
cette institution en 1800, il fut attaché à Tor- 
chestre de TOpéra Comique jusqu'en 1806, puis 
fut chef d'orchestre do théâtre de Nantes 
pepdant deux ou trois ans. De retour à Paris 
vers 1809, il se livra à renseignement dans 
les collèges et dans les pensionnats. II vivait 
encore à Paris en 182S.Dnfre8ne a publié en- 
viron vingt-cinq œuvres de duos, trios, airs 
variés, pots-pourris , et quatre concertos pour le 
violon. Son œuvre 20 est on quatuor brillant 
pour deux violons, alto et basse; Paris, Boiel- 
dieo. 

- Le père de Dnfresne, qni était attaché à Tor- 
cbestre de la Comédie-Française dès 1752 , a fait 
graver à Paris , en 1780, six solos pour flOte 
avec variations, œuvre 1. 

DUGAZONCLooisb-RosaubLEFËVRE), 

femme d'un acteur renommé de la Comédie- Fran- 
çaise, naquit à Berlin en 1753, et vint à Paris 
à vige de huit ans. En 1767 on la fit débuter 
comme danseuse au théâtre d'opéra -comique * 
qu'on appelait alors la Comédie- Italienne. Sa 
grâce, sa gentillesse, rintelligence dont elle fai- 
sait preuve, et le succès qu'elle obtint dans 
quelques petits airs qu'on lui fit chanter, déter- 
minèrent sa vocation pour le genre des comé- 
dies à ariettes. Le premier rOle qu'on lui confia 
fut celui de Pauline, dans le Sylvain de Grétry, 
Elle y fut applaudie avec tranports dès son dé- 
but, qui eut lieu le 30 juillet 1774. Sans posséder 
une belle voix , et sans instruction dans l'art 
do chant, elle savait exciter l'enthousiasme des 
habitués de la Comédie^ItaUenne par les accents 
d'un organe plein de charme. D'ailleurs, actrice 
douée d'instinct, de finesse et de sensibilité, 
elle savait émouvoir, faisait verser des larmes 
ou provoquait à son gré la gaieté. Les personnes 
qui l'ont entendue dans sa jeunesse parlent en- 
core avec admiration de son jeu et même de son 
chant dans les rOles de Bahet (de Biaise et 
J?a^0^ )', de Justine (dans Alexis et Jtutine), 
et surtout de Nina. Lorsque l'âge ne lui permit 
plus de jouer ces rôles, elle prit ceux de mères ; 
mais, quoiqu'elle y fût encore bonne actrice, 
elle n'y produisit plus autant d'effet que dans 
ceux de sa jeunesse. En 1792 cette excellente 
actrice se retira de la scène ; elle y reparut en 



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74 



DUGAZON —DUIFFOPRUGCAR 



. 1795 , et sembla au public n'avoir rien perdu de 
son talent. Dans le Prisonnier , dans le Calife 
de Bagdad, et dans beaucoup d'autres pièces, 
elle mit à ses rôles un cachet particulier de gaieté 
et de finesse que n^ont pu retrouver toutes les 
actrices qui lui ont succédé. Madame Dugazon 
a donné son nom aux rôles de sa jeunesse et de 
son âge mûr ; on les distingue encore au théâtre 
en Jeunes Dugazon et Mères Dugazon. 
Retirée du tlieâtre en 1806, cette actrice est 
morte le 22 septembre 1821, à l'âge de soixante- 
huit ans. 

DUGAZON (Gustate), fils de la précé- 
dente, naquit à Paris en 1782. Admis au Con- 
servatoire de Musique de cette ville, il y devint 
41ève de Berton pour Tharmonie, et, après avoir 
interrompu plusieurs fois ses études, passa sous 
la direction de Gossec pour la composition. En 
1806 il concourut à l'Institut de France et obtint 
le deuxième grand prix ; puis il se livra à ren- 
seignement du piano et publia plusieurs morceaux 
détachés pour cet instrument. Son premier ou- 
vrage pour la scène fut un ballet intitulé Noémi^ 
il récrivit pour le théâtre de la Porte-Saint- 
Martin. En 1812 il fit représenter au théâtre 
Feydeau Marguerite de Waldemar, opéra en 
trois actes , qui fut suivi de la Noce écossaise , 
en un acte (1814), et du Chevalier d'industrie, 
en un acte (1818), composé en société avec 
Pradher. Aucun de ces ouvrages ne réussit. 
Pour rOpéra Dugazon â écrit : î° les Hancés 
de Caserte , ballet en un acte (18 17); Alfred 
le Grand, ballet en trois actes , arrangé avec la 
musique du comte de Gallenberg (1822); Aline, 
ballet en trois actes, en société avec Berton 
(1823). Parmi les compositions instrumentales 
de Dugazon on remarque cinq mélanges d'airs 
variés en trios, pour piano, violon et violoncelle, 
Paris, Dufaut et Dubois, et Janet et Cotelle; 
cinq mélanges d'airs et nocturnes pour piano et 
cor, Paris, Gaveaux, Petit, Janet, Pacini ; fantai- 
sies , mélanges d'airs, préludes et toccates pour 
piano seul , Paris, Dufaut et Dubois , Le Duc , 
Petit, Janet, Schlesinger; airs variés pour 
piano seul, Paris, Petit, Janet, Dufaut et Du- 
iiois; quadrilles de contredanses pour piano; 
duos pour harpe et piano, Paris, Le Duc. On a 
aussi de be musicien plusieurs recueils de 
romances et de nocturnes à deux voix. Du- 
gazon est mort à Paris vers la fin de Tannée 
1826. 

DUGUET (L'abbé), maître de musique à 
l'église Saint -Germain l'Auxerrois en 1767, 
passa en la même qualité à Notre-Dame en 
1780. Il a composé beaucoup de messes et de 
motets qu'on conserve en manuscrit dans la 



bibliothèque de la cathédrale de Paris. En 1767 
il fit exécuter avec succès un molet de sa com- 
position an Concert spirituel. 

DUHAMEL (J. -M.), ancien élève de l'É- 
cole polytechnique, puis directeur des éludes 
dans cet établissement et membre de TAcadémie 
des Sciences de l'Institut de France, est eonau 
par divers ouvrages de liantes mathématiques, 
au nombre desquels on remarque celui qui a pour 
titre : Mémoire sur Vaction de Varchet sur 
les cordes (dans les Mémoires présentés par 
divers savants à V Académie des Sciences 
tomeVUI). 

DU HEM ( Hippoltte-Jean) , professeur de 
trompette au Conservatoire royal de Bruxelles, 
est né à Paris, le 1*' décembre 1828, d'un père 
belge. Admis au Conservatoire de Bruxelles 
comme élève au mois d'avril 1845, il y reçut 
des leçons de M. Zeiss, pour la trompette, et ses 
progrès furent si rapides, que le premier prix de 
cet instrument lui fut décerné an concours daos 
l'année suivante. 11 entra bientôt après dans la 
musique des Guides et au Théâtre royal, en qua- 
lité de trompette solo. Pendant les trois années 
qu'il occupa ces positions» il perfectionna son ta- 
lent par des études constantes. Engagé ensaite 
pour les concerts et festivals de l'Angleterre, il 
y obtint de brillants succès ; puis il parcourat 
l'Ecosse, l'Irlande, l'Amérique du Nord etduSnd, 
la Hollande et l'Allemagne, recueillant partout 
des applaudissements par son lalent remarquable. 
De retour à Bruxelles danj les premiers jours 
de 1860, M. Du hem a été nommé professeur 
de son instrument au Conservatoire. On a de 
lui plusieurs com|H)sitions pour la trompette 
et le cornet à pistons, qui ont été publiées à 
Londres. 

DUIFFOPRUGCAR (Gaspard), célèbre 
luthier, né dans le Tyrol italien vers la fin du 
quinzième siècle, voyagea d'abord en Allemagne, 
et s'établit ensuite à Bologne, vers I&IO. Fran- 
çois l", roi de France, étant allé dans cette ville en 
1515 pour y établir un concordat afec Léon X, 
entendit parler des talents de DuilToprugcar, et 
lui fil faire des offres si avantageuses quil l< 
détermina à venir à Paris. Il paraît que, le climat 
nébuleux de la capitale ne convenant pointa I* 
santé de cet artiste, il obtint la permission de 
se retirer à Lyon. Plusieurs instruments sortis 
de ses mains sont datés de cette ville. On a gra^^ 

son portrait en médaillon, où il est représenté 
entouré d'instruments, tenant un compas d'on« 

main et un manche de l'autre ; ce portrait fôt 
daté de 1562 , ce qui pourrait faire croire qu" 
vivait encore alors. M. Cartier a possélé une. 
belle basse de viole et untrnor de viole de cetartist» 



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DUIFFOPRUGCàR — DULON 



75 



célèbre, et M. Raoul, amateur distingaé comme tîo- 
ioncetliste, a eu aussi une basse de viole deDuiflb- 
prugcar, qui est devenue ensuite la propriété de 
l'excellent luthier M. VuiUaurae. Cet instrument, 
doDt le dos représente Tancien plan de Paris en 
marqoetterie , est remarquable par sa beauté 
et la belle qualité de ses sons. L'instraroent le 
plus intéressant peut-être qui existe aujourd'hui 
de ce luthier célèbre est un violon grand pa- 
tron, le seul connu jusqu'à ce jour, et qui porte 
son uom, avec la date de 1539. La qualité des 
sons de cet instrument est puissante, péné- 
trante, et porte au loin dans une grande salie. 
La tête représente une figure de fou de roi, 
avec une fraise plissée. Ce violon a appartequ 
à M. Aferts, professeur au Conservatoire de 
Bruxelles. 

DCJJARDIN (DoMiiriQUB), prêtre et composi- 
teur, fut nommé maître de chapelle de la ca- 
thédrale de Rouen en 1636. Il quitta cette posi- 
tion en 1648 et y fut rappelé en 1659. Il la con- 
serva jusqu'à sa mort, arrivée en 1665. Dans la 
collection de Messes publiée par Ballard , avec 
les quatres parties en regard, il en existe une do 
Dojardin, ad imittOionem moduli Tu es Petrus ; 
Paris, 1643, in-fol. max. 

DUJARDIN, ou DE HORTO. Voy. ce 
nom. 

DULCINO (JE4if-Bi^PTi8TB), compositeur 
italien, vivait au commencement du dix-sep- 
tième siècle. Il a publié un recueil de motets 
de sa composition sous ce titre : Cantiones sa- 
crée oeto vocibw, una cum LitarUis B, M, 
Virgins et Magnificat cvkm B,C,; Venise , 1 609; 
in-4^ 

DULIGH (PmupPE), né à Chemnitz en f 563, 
fut professeur de musiqye à l'ancienne école 
normale de Stettin, et mourut dans cette ville 
en 1631 , à Tàge de soixante-huit ans. On a im- 
primé de sa composition : V* Harmonix aliquot 
septenis vocihuscompasitx ; Stettin, 1 593 . — 2<* 
Centuriœ 6 octonum et septennumvocum har- 
monica sacras laudibus Sanctx triados con- 
secratas contmentis; Stettin, 1607, in-4^. La se- 
conde partie jde cet ovvrage a paru en 1610 , 
et la troisième en 1 612 — 3*" Novum opus musi- 
cum duarum partiam , cantinens dicta in- 
slgniora exevangeliis dieramdomin. et festo- 
mm tot'tus aniii desumpta et quinarum.vo' 
cum concentu exomata, etc.; Leipsick , 1609, 
în-4". 

DCJLING (Antoine), né à Magdebourg vers 
la fin du seizième siècle , fut cantor à Cobonrg. 
Il a publié : Cythara melica, oder XXXII la- 
tcinische Motetten fur %his\1 Stimmen, auf 
die Fest-Tagegerichtet (Trente-deux Motets 



latins, depuis huit voix jusqu'à douze, etc.), 
Magdebourg, 1620. 

DULKEN (Jean-Louis ), né à Amsterdam 
le 5 août 1761 , apprit dans sa ville natale, et 
ensuite à Paris, sous la direction de son père, 
l'art de confectionner des clavecins, forté-pianos 
et antres instruments. En )78l Téiecteur de Ba- 
vière le fit Tenir à Munich, où il épousa la cé- 
lèbre pianiste Sophie Lebrun, et où il se trouvait 
encore en 1812. Les pianos qu'il y a fabriqués 
étaient si estimés pour la qualité du son et le 
fini du mécanisme, qu'ils se sont répandus non- 
seulement dans toute TAllemagne, mais même 
en Suisse et en Italie, et qu'ils y ont été fort re- 
cherchés. ' 

OULKEN (Louise) , dont le nom de famille 
était David, naquit à liambourg le 20 mars 181 1. 
Élève du directeur de musique C.-F.-G. ScUwen- 
cke, elle prit ensuite des leçons de Wilhelm 
Grund et devint une pianiste distinguée. Dès l'âge 
de onze ans elle se fit entendre avec succès dans 
les concerts , et brilla dans les villes principales 
de TAllemagne. En 1828 elle se rendit à Londres 
et s'y fixa. Son talent la fit rechercher par la 
haute société comme professeur de son instru- 
ment, et elle se fit une très-bonne position dans 
la capitale de TAngleterre. M^e Dulken est morte 
à Londres le 12 avril 1850. 

DULON (Lodis) (1), Oûtiste distingué, naqnità 
Orianenbourg sur le Havel, en Prusse, le 14 
août 1769, d'une famille originaire de France, 
exilée par suite de la révocation de TÉdit de 
Nantes. Une ophtlialmie dont il fut atteint à 
l'âge de huit ans, et qui fut mal traitée par un ocu- 
liste ignorant, le priva pour toujours de l'usage 
de la vue. Son père, qui était inspecteur de l'ac- 
cise, jouait fort bien de la flûte et était élève de 
Quantz. Il lui enseigna à jouer de cet instrument, 
et Angerstein, organiste de la ville, lui donna 
des leçons d'orgue. Ses progrès sur ces deux 
instruments furent* rapides. A l'&ge de treize 
ans il fit un voyage dans les principales villes 
de l'Europe , accompagné de sa sœur , et par- 
tout il excita l'admiration générale par la ma- 
nière brillante dont il jouait les pièces les plus 
difficiles. Il composait aussi et dictait ses ou- 
vrages avec facilité. En 1796 il alla à Saint-Pé- 
tersbourg, où il obtint le titre de musicien de 
l'empereur de Russie. Deux ans ap|-ès il revint 
dans son pays et s'y fixa. La cour de Russie 
lui avait fait une pension qui lui a été payée 
régulièrement. De retour en Allemagne vers 1800, 

(1) Dans la notice de la première édUion J'avaU snlTi las 
Indications du nouvean Leilqae d^Ernest L. Gerber ; mala, 
ayant acquU poitérienrement Tautoblographle de Dolon 
c'eal elle qui m'a servi de guide pour ceile-d. 



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76 



DULON — DUMAS 



il 86 fixa à Stendal, dans la régence de Marien- 
bourg. Ce fut là qnMI écrivit aa propre bio- 
graphie y à Taide d*un alphabet en relief et mo- 
bile que M. Wollte, directeur d^nne école pri- 
maire à Dresde, aratt inventé pour Ini, en 1796. 
C.-M. Wieland a publié cet ouvrage sous ce ti- 
tre : la Vie et les Opinions de Dulon, joueur 
de flûte aveugle, dictées par lui-même {Du- 
lons des blinden Flœtenspielers Leben und 
Meynungen, von ihm selbst bearbeitet) ; Zu- 
rich, 1807-1808, deux vol. in-8^ En 1823, Do- 
lon s'établit à Wurzbourg, où il est mort le 7 
juillet 1826. On a de ce musicien les composi- 
tions dont les titres suivent : i^ Trois Duos pour 
flûte et violon, op. .1 ; Leipsicb, 1800% — 2"* 
Douze Variations pour flûte ^ violon^ op. 
2; Ibid., 1800. — 3"^ Trois Duos pour flûte et 
violon, op. 3; ibid., 1801. — 4* Caprices pour 
une et deux flûtes, op. 4 ; ibid. — 5^ Trois 
Duos pour deux flûtes, op. 5; ibid. — 6^ 
Trois Duos pour flûte et violon, op. 6 ; ibid. 
— 7*» Premier Concerto pour la flûte, en sol, 
op. 8; ibid. - 

DUMANOIR (Guillaume), fils d*nn méné- 
trier de Paris, succéda en 1659 à Constantin 
dans la charge grotesque de roi des violons et 
maftre des ménétriers, de la confrérie de Saint- 
Julien; charge qui avait été établie àParisen 1331, 
ettjue Charles YI avait confirmée par une ordon- 
nance datée du 24 avril 1407. Les prétentions du 
roi des violons, qui voulait asservir tous les mu- 
sip'ens, et même les organistes, à se faire recevoir 
maîtres de danse, occasionnèrent souvent des 
procès qui furent toujours jugés en faveur des 
musiciens. Dumanoir fut le premier qui établit 
cette prétention t dans une brochure de cent 
vingt pages in- 12, écrite d'un style bas et gros- 
sier , et intitulée : le Mariage de la musique 
avec la danse, Paris, 1664. Une ordonnance de 
police rendue contre Dumanoir en faveur des 
joueurs de hautbois, le 29avriU689, nous apprend 
qu'il exerçait encore sa charge à cette épo- 
que. Son fils , nommé Guillaume comme lai, et 
qu'on appelait Dumanoir second, lui snccéda 
en 1690; mais il se démit de son emploi, par 
acte passé devant notaire, le 1" décembre 
1695. 

DUMAS (Louis), fils naturel deMontcalm, 
seigneur de Saint-Véran et de Candiac, naquit à 
Mimes en 1676. Il étudia la jurisprudence , la 
philosophie, et se lia avec le P. Malebranche, 
qui le fortifia dans son goût pour la dernière de 
ces sciences. Il finit par se livrer à la culture des 
lettres et des arts : la musique devint particn- 
lièrement l'objet de ses études. Il passa les der- 
nières amiéesde sa vie au ch&teau de Yauxjours, 



à quelques lieues de Paris, et y monmt le 19 jan- 
vier 1744. On a de cet amateur des arts : VArt 
de composer toutes sortes de musique sans 
dre obligé de connaûre le ton ni le mode ; 
Paris, 1711, in-4^ 

DUMAS (Amtodi&Joseph), né à Béthane 
en 1705, fit ses études à Arras, ot se rendit à 
Paris, après les avoir terminées, pour y faire 
connaître une méthode d'enseignement ponr tes 
enfants qu'il avait inventée, et qu'il appelait ia 
Méthode du bureau typographique. Ce ba- 
rean était une imitation des procédés de compo- 
sition de l'imprimerie, et par son moyen les en- 
fants apprenaient à assembler les lettres dont les 
mots sont formés, et à décomposer ceux-ci, pour 
parvenir à lire avec promptitode. Dumas appli- 
qua ses procédés à la mnsiqoe, et publia sur ee 
sujet un livre intitulé : VArt de la Musique 
enseigné et pratiqué par la méthode du 6«- 
reoti typographique, établi sur une seule defj 
sur un seul ton, sur un seul temps et sur un 
setU signe de mesure; Paris, sans date (1753), 
in-4** obi. d'environ 450 pages, tout gravé. Un 
abrégé de cet ouvrage a paru sous ce titre : 
VArt de la Musique enseigné et pratiqué 
sans transposer, joint à une introduction 
à la connaissanee des clefs pour la démons- 
tration des voix relatives; Pari.s, sans date 
(1758), in-4®, gravé. La méthode de Dumas, en 
ce qui concerne l'unité de clef, a beaucoup d'a- 
nalogie avec les principes qui servent de base à la 
méthode plus moderne do méloplaste. L'auteur de 
l'article Dumas (Louis) de la Biographie uni- 
*verselle de Michaud confond cet auteur avec Du- 
mas (Antoine-Joseph), et lui attribue les deux 
ouvrages de œlui-ct ; il oublie que Louis Dumas 
était mort en 1744,, et que ces deux ouvrages 
n'ont paru qn>n 1753 et 1758. 

DUMAS (Lr p. D.Henri-Bokatenturb), oor- 
delier du couvent de Lyon , naquit en cette ville 
le 31 décembre 1698. Après avoir fait ses études 
au collège des jésuites, il entra au couvent des 
ccrdeliers et y prononça ses vœux en 1715. 
Une bibliothèque ayant été fondée en 1735 par 
les religieux de son ordre, le P.. Dumas en fut 
nommé directeur et ne négligea rien pour son 
accroissement. Le catalogue de cette bibh'othèqne, 
telle qu'elle existait encore en 1790, se trouve 
parmi les manuscrits de la bibliothèque publique 
de Lyon. Le P. Dumas mourut en 1773 un 1774. 
Il avait étudié la musique dans sa jeunesse; 
plus tard il s'occupa de sa théorie avec beaueoop 
de soin. Les ouvrages qu'il a laissés sur cette 
matière se trouvent en manuscrit dans la biblio- 
thèque publique de Lyon, sons le n" 964. Ils se 
composent de divers Mémoires, dont voici les 



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DUMAS — DUMONCHAU 



77 



fitret : 1** Du tempérament de Vorgue et du 
dowcii» , daté de 1755. — V Principes de 
VHarmonie, 1756. Ce moroeaa est divisé en 
trois parties, dont la première renferme la théo- 
rie; dans les deax autres sont les applications 
à la pratique. ^ 3* Éekdrcissements sur 
Vkarmonie tempérée. — 4'' Observations sur 
le jeu de dea harmoniques. Le petit ouvrage 
iolHnlé Ludus melotheticus, publié en 1758, 
a été Foccasion du Mémoire dn P. Dumas ; il 
s'y proposa la solution dn secret de ce jeu asseï 
futile. — 5° TreUté de V Harmonie t/iéori' 
queei pratique, 1759. La première partie de 
cet écrit concerne la pratique de l'art; la se- 
conde, la tliéorie. Delandine, dans son catalogue 
des manuscrits de la bibliothèque de Lyon, 
attribue ces ouvrages à un P. Dumas^ jésuite 
de la maison de Lyon; je crois que c'c»t une 
errear. 

DUMAS (...)* facteur d'instruments, à 
Paris, né à Sommières, inventa en 1810 une 
basse guerrière, instrument du genre de la 
darinette, qu^l destinait à jouer les parties de 
basse dans la musique militaire. Cet instrument 
fut soumis à Texamen d'une commission qui 
réprouva , et il fut décidé qu'il serait employé 
dans la musique de la garde impériale; toute- 
fois cette clarinette basse ne fut pas alors intro- 
duite dans la musique d'instruments à vent ; ce 
n'est qu'environ vingt ans plus tard qu'on a re- 
connu Tutilité de ce genre d'instrument, et que 
Fusage a commencé à s'en établir. Dumas est 
mort à Versailles en 1828. 

DUMENIL on DUMENl, acteur de l'O- 
péra , du temps de Lulli , avait une haute-contre 
de la phis belle qualité; il chanta longtemps les 
premiers rôles avec le plus grand succès. Son 
début eut lieu, en 1677, dans l'opéra d'/sis; il 
mourut en 1715, fort âgé. Il avait été cuisinier 
de M. de Foucault, intendant de Montauban , ce 
qui fit qu'on plaisant du parterre s'écria, un jonr 
qnfl jouait le rôle de Phaéton : 

m Ah! PbaétonI eaMlpoB«lbte 
c Que TOUS ayez fait ûu bouillon ? » 

Ce fut loi qui joua le premier le rôle de Re- 
naud, dans Armide, Mattiieson, qui Pavait en- 
tendu, dit qu'il chantait comme un cuistre. C'é- 
tait un homme abject, vivant aui dépens des filles 
de l'Opéra, se laisf^ant battre par elles, et ne pa- 
raissant sur la scène que dans un état d'ivresse 
habituelle. (Voyez M4dpir.) La Viéville de Pre- 
neuse, son contemporain, dit de lui : « Il est in- 
« digne qu'un maraud ose paraître sur te théâtre 
< ne pouvant se soptenir, en changeant la dl- 
« gm'té dn spectacle en farce ou bouffonnerie, par 
« des postures, un badinage ridicules, comme fai- 



« sait tous les /ours Duménil {Comparaison de 
« la musique italienne et de la musique fran- 
« çoise,^^ partie). » 

DU MOLIN, ou DUMOLIN (Jeam-Rbw), 
musicien belge, né dans les dernières années du 
quinzième siècle, fut organiste de l'église Saint- 
Jean, à Matines. Il occupait encore cette place 
en 1528, suivant la note d'un payement qui lui 
fut fait en cette année, lequel est mentionné au 
registre 1804 de la chambre des comptes (Ar- 
chives du royaume de Belgique ). Le nom de cet 
artiste est écrit du Moulin (J.) dans plusieurs 
recueils de compositions des musicien^ du sei- 
zième siècle , mais il est bien orthographié dans 
les Moteiti délFiore aquattro voci, libri 1, 2, 
3, 4, publié à Lyon par Jacques Moderne de Pin- 
gnento, en 1532-1539, in-4^ Le troisième livre 
de cette collection renferme le motet à 4 voix 
In Domino confido de Dn Molin, page 35. 
Une autre collection intitulée : Motettorum a Ja- 
cobo Modemo, alias Grand -Jacques , in unum 
coactorum et ab eodem impressorwn liber 
primuscum qiUnque vocibus ; Uber secundus 
.cum quinque vocibus; liber terUus cum quin- 
que et sex voc.; Uber quartus ad quinque et 
sex voces,' liper quintus ad quinque, sex et 
septem voces; Lugduniper Jacobum Moder- 
num, 1532-1542, in-4'' obi., renferme les mo- 
tets à 5 voix de Du Molin : Àdonay Domine: 
et Pater, peccavi. Le deuxième livre des Mis- 
sarum dominicalium quatuor vocum, publié 
par Pierre Attaingnant, en 1534, contient deux 
messes de cet artiste. 

DUMONGHAU (Charles-François), naquit 
à Strasbourg le 11 avril 1775, et non le 15 février 
1778, comme on le dit dans le Dictionnaire 
historique des Musiciens de Choron et FayoUe. 
Son père lui enseigna les principes de la mnsi- 
sique et lui donna des leçons de violoncelle; 
Berg lui donna ensuite des leçons d'harmonie, 
et Baumayr lui enseigna à jouer du piano. Cet 
instrument lui fit négliger l'étude du violon- 
celle ; il y fit de rapides progrès et acqoit une 
habileté peu commune, particulièrement dans 
l'exécution de la musique fuguée. La guerre 
vint interrompre ses études. Il fut employé dans 
l'administration des vivres de l'armée, et les évé- 
nements militaires le conduisirent à Paris, où 
il se lia d'amitié avec Kreutzer, à qui il dédia son 
premier OBuvre, qui consistait en sonates de 
piano. Admis au Conservatoire de Musique, 
il y reprit ses études de piano et de composition ; 
mais quelque temps après il sortit de cette école 
pour prendre des leçons de Wœffl. En 1805 il 
donna au thé&tre de la Porte-Saint-Martin un 
opéra-comique intitulé VOfficier cosaque; cet 



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78 



DUMONCHAU — DUiM 



ouvrage eut quelque succès; les morceaux déta- 
chés oot été gravés, avec accompagnement de 
piano» chez Le Duc. Peu de temps après, Du- 
mondiau retourna à Strasbourg, y vécut comme 
professeur de piano, et alla s'établir à Lyon en 
1809. Il mourut dans cette ville le 21 décembre 
18^0. Comme compositeur, Dumonchau se dis- 
tingue par un style élégant et pur ; mais il man- 
quait d*invention : de là vient que sa musique 
est déjà oubliée depuis longtemps. U a fait graver 
à Paris : i^ Trente-trois sonates pour piano 
seul, œuvres I, 3, 5, 19, 21, 26, 28, 30 et 32. 

— 2* Ymgt-quatre sonates pour piano, avec vio- 
lon ou flûte, œuvres 4, 13, 15, 20, 23 et 24. 

— 3^ Deux trios pour piano, violon et basse, 
op. 29 et 34. — 4^ Deux concertos dé piano, 
œuvres 12 et 33. — 5^ Des bagatelles, des 
airs variés, des mélanges et des pots-pourris. 
Il a laissé en manuscrit quelques composi- 
tions, entre autres une symphonie concertante 
pour flûte , hautbois et basson, et un concerto 
pour cor. 

DUMONT (Henri) , né près de Liège en 
1610, apprit dans cette ville la musique et à 
Jouer de Torgue. Étonnés de la rapidité de ses 
progrès , ses parents renvoyèrent à Paris, pour 
qu'il y perfectionnât ses talents. En 1639 il obtint 
Torgue de Saint-Paul, et peu de temps après le roi, 
ayant entendu quelques morceaux de sa compo- 
sition , en fut si satisfait qu'il nomma Dumont 
l'un des mattres de sa musique, où il remplaça 
Spirli et Gobert. Il remplit les fonctions de cette 
place pendant trente ans, conjointement avec son 
confrère Tabbé Robert. La reine, qui aimait la 
musique de Dumont, donna à ce musicien le 
même emploi dans sa maison et le fit nommer à 
l'abbaye de Silly. La musique qui se chantait à 
la chapelle du roi avait été, jusque vers 1670, 
composée seulement pour les voix, selon Tancien 
système, avec jme partie de basse instrumentale, 
qu'on appelait basse continue, Louis XIV, 
porté vers tout ce qui avait un air de grandeur, 
désira qu'à l'exemple de Carissimi et de ses imi- 
tateurs les maîtres de sa musique joignissent à 
leurs motets des accompagnements d'orchestre ; 
11 en parla à Dumont, qui, religieux observa- 
teur des décisions du concile de Trente, répondit 
au roi qu'il ne pouvait se prêter à ce qui lui était 
demandé. Louis XIV, curieux d'examiner d'où 
pouvait naître ce scrupule, consulta l'archeTèqne 
de Paris (de Harlay ), qui affirma que le concile 
avait prosent les abus de la symphonie , mais 
non la symphonie elle-même. Dumont ne se 
rendit qu'avec peine à cette décision. II se pour- 
rait que le concile eût été d'un grand secours au 
mat'.rc de chapelle, pour cacher son inhabileté à se 



servir d'un orchestre. Quoi qu'il en soit, peu de 
I temps après (en 1674 ) il demanda et' obtint sa 
j retraite de vétërance. Il mourut en 1684 et fut 
I inhumé dans l'église de Saint-Paul, dont il avait 

été oi^niste pendant quarante cinq' ans. 
I On a de Dumont dnq messes en plain-chant, 
t connues sous le nom de messes royales , qu'on 
I chante aux fêtes solennelles dans plusieurs églises 
de France : ce sont ses meilleurs ouvrages ; leur 
caractère est noble et solennel. Ses autres ou- 
vrages sont : !• Mélanges d 2, 3, 4 e/ 5 parties 
avec la basse continue, contenant plusieurs 
chansons, motets. Magnificat , préludes et 
allemandes pour l'orgue et pour les violes, 
livreV; Paris, Robert Ballard, 1649, in-4'». — 
2« Mélanges à 2, 3, A et b parties, etc., II* 
Livre,' ibid., 1757, în-4». — 3« Cantica sacra , 
2, 3, 4 voc. et instrumentis modulata, adjectx 
itidem litanUe 2 vocibus,ad libitum 3 et 4, 
cum basso continua f liber primus; Paris, R. 
Ballard, 1662, in-4». — 4* Motets à deux voix 
avec le basse continue ; ibid., 1668, in-4°. — 5* 
Motets à 2, 3 et A parties pour voix et ins- 
truments, avec la basse continue; Paris, Chris- 
tophe Ballard , 1681 , in-4°. Il est vraisemblable 
que ceux qui ont été publiés chez le même im- 
primeur , en 1686 , sous le titre de Motets pour 
la chapelle du noi, mis en musique par 
M, Dumont, etc. , sont la seconde édition de 
ceux-ci. ' 

DUN, famille de musiciens qui fut attachée à 
ropéra de Paris et à la musique du roi, de géné- 
ration en génération, pendant plus d'un siècle. 
Dans la Pastorale comique, ballet de Molière , 
chanté et dansé, on trouve un chanteur de ce 
nom. Jean, son fils, remplissait le rôle d'Hidraot 
dans VÀrmide de Lulli, en 1688, et remplaça 
Beaumavielle dans les barytons. Deux filles et 
un fils de celui-ci, nommé Jean comme lui, fu- 
rent attachés à l'Cj^éra jusqu'en I742, en qualité 
de chanteurs. Ce dernier Jean. Dun vivait encore 
en 1772 et recevait une pension de mille li- 
vres; mais il disparaît de la liste des pension- 
naires de l'Académie royale de Musique dans le 
Calendrier des Théâtres de 1773, ce qui indique 
qu'il a cessé de vivre dans cette même année 
1772. 

DUN1 (ÉGIDE RoMCALD), compositcur drama- 
tique, naquit à Matera, dans le royaume de Na- 
ples le 9 février 1709, d'un maître de chapelle, 
dont il était le dixième enfant. Lorsqu'il eut at- 
teint l'âge de neuf ans, on l'envoya au Conserva- 
toire dei Poveri di Gesù Crisio, à Naplcs, 
dirigé alors par Durante. Ses études étant ter- 
minées, il PC rendit à Rome , où il fut chargé 
d'écrire l'opéra de Nerone, en concurrence avec 



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DUNI — DUNKELFEIÎSD 



79 



Pergolèse, qui traYaîUait alors à son Olimpiade, 
et, ce qu'on aurait peine k comprendre en com- 
parant les deux partitions, Touvrage de Pergo- 
tèse tomba , et celui de Duni eut le plus grand 
socoès. On doit rendre justice à celui-ci ; il ne 
s*eBorgueiiiit point de son triomphe, et proclama 
bantement la supériorité de son rival. Chargé 
d*une mission secrète pour Vienne, par la cour 
de Rome, il profila de cette occasion pour faire 
entendre sa musique dans la capitale de TAu- 
tricbe. li reTÎnt ensuite dans sa patrie, où il fut 
Dommé maître de chapelle de Saint-Micolas de Bari. 
Quelques années après il écrivit pour le théâtre 
Saint-Charlea, de Naples, Topera à^Atiaxercès, 
qui eut du succès ; après quoi il se rendit à Ve- 
nise, et de là à Paris et à Londres, où il cx)mposa 
la musique de plusieurs ouvrages. Uoe maladie 
chronique , dont il ressentait les effets , l'inquié- 
tait beaucoup ; les médecins anglais lui conseil* 
lèrent de passet* en Hollande,, pour y consulter 
Boèrbaave, qiti le guérit en effet ; mais, comme 
il revenait dans sa patrie, il fut attaqué par des 
voleurs y près de Milan, et le trouble que lui 
causa cet éTénement détruisit sa santé pour tou- 
jours. Après avoir visité Gènes , il fut chargé 
â*enscigner la musique à la fille de i^infant de 
Panne. La cour de ce prince étant presque toute 
française, Duni^ hasarda à écrire quelques pe- 
tits opéras dans cette langue. Son coup d'essai 
fut la Hinetle à la cour de Favart ; le succès 
UA si grand qu'on lui envoya la Chercheuse 
d'esprit et le Peintre amoureux de,ion modèle, 
Bd 1757 il revint à Paris , où il se fixa, et, après 
y avoir fait la musique de dii-huit opéras, dans 
Tespace de treize ans , il y mourut le 1 1 juin 
1775. Presque tous les opéras français de Duni 
ont eu do succès. Pour juger du mérite de sa mu- 
sique il ne faut point y chercher des formes dé- 
veloppées auxquelles on est maintenant accou- 
tumé, mais qui étaient inconnues de son temps ; son 
instrumentation est nulle , et même , sous ce rap- 
port, il est-très inférieur à Pergolèse et à tous les 
compositeurs sortis comme lui de la première école 
de Durante; son expression dramatique manque 
souvent de force, mais ses mélodies sont natu- 
relles et gracieuses ; il a de la gaieté, et même 
quelquefois de la verve comique. Ses opéras 
italiens sont Nerone, Artaserce, Bajazet, Ciro, 
Ipermnestre, Demofoonte, Alessandro,Adria- 
no, C atone , Didone, Demetrio, VOlimpiade. 
Voici la liïte de ses opéras français : Ninette à 
la cour (1755) ; le Peintre amoureux de son 
modèle (1757); le Docteur Sangrado; la 
Veuve indécise (i758); la Fille mal gardée 
(1759) ; JSlna et Lindor,- Vile des Fous; Hazet 
1761); la Banne FiUe; le Retour au village 



(1762); la Plaideuse et le Procès; le MiU- 
cien; les Chasseurs et la Laitière; le Ren- 
dez vous (1763); r^cote de la jeunesse; la 
Fée Urgèle (1765); la Clochette (1766); les 
Moisionneurs ; les Sabots (1768); Thémire 
(1770). 

Duni avait un frère atné , nommé Antoine, 
lequel, après avoir étudié la musique sous la di- 
rection de son père, s*éloigna de sa patrie pour 
aller chercher fortune ailleurs. Arrivé à la cour 
do Pélecteur de Trêves , il y écrivit plusieurs 
ouvrages pour la chapelle de ce prince , qui , 
charmé de son talent, le récompensa magnifi- 
quement. Toutefois Antoine Duni, ayant formé 
le projet de se rendre en Espagne , ne s'arrêta 
pas à Trêves. Son compatriote Farinelli, qu'il 
trouva à Madrid, lui fit obtenir la place de maître 
de la chapelle royale , et le fit choisir pour maître 
de musique du fils du duc d'Ossuna. Mais Tin- 
constance de son caractère le poussa à quitter 
encore cette position avantageuse et à se rendre 
en Russie, où 11 se maria et eut plusieurs fils. 
Devenu maître dé la chapelle impériale, il écri- 
vit , pour le service de l'impi^ralrlce Catherine, 
plusieurs morceaux de musique religieuse qui 
furent estimés à cette é()oqoe. 

DUNKEL (François), né à Dresde en 1769, 
commença l'étude de la musique à Tâge de six 
ans, sous la direction de son père, musicien de 
la chapelle de Télecteur de Saxe, et apprit 
ensuite le contrepoint par les leçons de WeirUing, 
En 1788 il entra comme violoniste dans la cha- 
pelle de son souverain. Il a composé : i** les 
Anges près de la Crote, oratorio. — 2* Trois 
cantates. — 3** Recueil de Chansons avec ace, 
de piano; Dresde, 1790. — 4** Duos pour flûte 
et violon; ibid,, 1792. — 5" L'ouverture et 
les chœurs d'un drame intitulé : Kein Faust- 
recht mehr^ qui fut représenté à Welmar en 
1797. Dunkel a laissé aussi en manuscrit des 
symphonies, des concertos pour le violon et le 
violoncelle, des quintettes, des quatuors, des trios 
et des duos. 

DUNKELFEIlVD(6A8PiiRD>, pseudonyme 
sous lequel a été publiée une critique du traité 
deKichelmann {voy. ce nom) sur la mélodie. 
Cette critique a pour titre : Gedanken eines 
Liehhabers der Tonkilnst itber Herm Nichel- 
mann*s Tractât von der Mélodie ( Idées d'un 
amateur de musique sur le traité de la Mélodie 
de M. Nichelmann); Nordliausen, 1765, in-4'» de 
deux feuilles. Nichelmann répondit à cette critique 
par le petit écrit intitulé : Die Vortre/llchJteit 
des Gedanken des Herm Gaspar Dunkel- 
feindes iiber die Abfiandlung von der Me- 
lodie, etc. (l'Excellence des idées de 51. Gaspard 



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80 



DUNKELFEIND — DUPAR 



Donkeireiod sar la dissertation concernant la 
mélodie, etc. ), in-4® de 16 pages , sanâ date et 
sans nom de lieu. 

DUNSTABLE (Jean), ouDUNSTAPLE, 
né Ters 1400 dans un bourg d^Écosse dont il prit le 
nom, est cité par les écrivains sar la musique des 
quinzième et seizième siècles, avec Dufay et Bin- 
chois, comme auteur de plusieurs perfectionne- 
ment importants dans l'harmonie et dans la nota- 
tion. Tinctor ouTinctoris (voy. ce nom), qui écri- 
vait en 1476, dit à propos de la transformation de 
Fart d'écrire appelé contrepoint : « La source et 
« Torigine de cet art nouveau, sMl est permis de 
« s'exprimer ainsi , parait avoir été chez les An- 
« giais, dont le chef fut Dunslaple. Ses contem- 
« porains en France ont été Dufay et Binchois, sui- 
« vis immédiatement par les modernes Okeghem, 
« Busnois, Régis et Caron, tous excellents dans 
« la composition, suivant ce que j'ai appris(l). » 
Bumey, appuyant son opinion de ce passage, 
n'hésite pas à attribuer à ses compatriotes les 
perfectionnements de l'harmonie figurée et en 
fait particulièrement honneur à Dnnstable, ajou- 
tant qu*il a fait de vaines recherches dans les 
Pays-Bas pour y trouver la confirmation de ce 
qu'ont avancé Guichardin et l'abbé Dubos con- 
cernant l'invention du contrepoint par les Fla- 
mands. Mais il ne s'agit pas ici de cette inven- 
tion : Bumey le reconnaît lui-même, puisqu'il 
avoue qu*il existait des traités de contrepoint 
avant que Dunstable Sût né (2). Au reste , sans 
entrer au fond du sujet, et sans avoir besoin de 
démontrer par des documents certains qu'il y 
avait en Belgique une école de musique d*où sont 
sortis les perfectionnements de l'art au quinzième 
siècle, et qui existait deux cents ans avant Ouns- 
lable, il suffit d'une simple observation pour dé- 
montrer l'erreur de Tinctoris, à savoir que Dufay 
était ténor de lachapelle pontificale en 1380, comme 
le prouvent les registres de cette chapelle dtés 
par Baini (3) ; d'où il suit que sa naissance a 
précédé celle de Dunstable de plus de quarante 
ans, et que, parvenu à cette époque de sa vie, il 
avait déjà trouvé les perfectionnements qui don- 
nent à ses ouvrages une supériorité incontes- 
table sur ceux de ses prédécesseurs. Dunstable 
partage avec ce même Dufay et Binchois la 

tl) Cqjoi, Qt tu dlcam, none artis foos et ortgo apad 
AnRticos, quoram caputDunstaple extltit, fdlise exhibetar, 
tt haie contemporanel /oeniot In GalUt Dufal et Bloeboit, 
qnibaa Immédiate •aeceiacroot modcmt OkegtieBi, Bot- 
nob, fiegis et Caron, omnium qnos audlferim In com> 
poAltlone pnesUntitalml. » Voy. ProportUmale , Proh^ 
mium, 

(S) ji Générât Htitofy of Mutîe, tome n. p. 400. 

(S) MemorU «orteo-crtticjke deUa viU « MU opère dl 
Ciov. Pieri. da Paiettrina, 1. 1, n. 6W. 



gloire d^avoir fait disparaître de Tbarmonie les 
successions grossières de quintes , d'octaves et 
d'unissons, qui abondent dans les productions 
musicales des treizième çt quatorzième siècles ; 
d'avoir diminué la fréquence des croisements de 
voix, et d'avoir rendu les mouvements de celles 
ci plus simples et plus naturels; d'avoir donné 
plusdeplénitudeauxaccords ;enfin d'avoir donné 
à l'harmonie plus de variété par l'artifice des 
prolongations ou retards. C'est par là qu'il est à 
citer dans ce que Tinctoris appelle Vart nou- 
veau, et c'est ce qui lut assure une place hono- 
rable dans l'histoire des transformations de la 
musique. Dunstable mourut en 1458 et fut 
inliumé dans l'église de Saint-Étienne , à Wal- 
broock. Dans son épitaphe il est qualifié de ma- 
thématicien^ maure d'astronomie et musicien, 
( Voy, Weavbr, Funeral Monuments, p. 577.) 

Gafori (1), Morley (2), Ravenscroft (3), et 
d'après eux Bumey (4) et Hawkins (5), attri- 
buent à Dunstable un traité de la musique me- 
surée ( de MensurabiU Musica), qu'on n*a pas 
retrouvé jusqu'à ce jour. Cependant un manus- 
crit du Muséum britannique , petit in-4S coté 
10,336, renferme un traité sur la même matière, 
au bas duquel on lit Qd, Ùwnstable. Ce traité, 
dit le rédacteur du catalogue des manuscrits de 
musique qui se trouvent au Muséum, commence 
au feuillet 6 et finit au feuillei 18 du volume, 
lequel contient divers autres ouvrages de musique 
transcrits dans l'année 1500 par Jean Tucke, ba- 
chelier es arts du collège de Sainte-Marie à Ox* 
ford. L'auteOr du catalogue pense que ce petit oo- 
vrageest celui de Dunstable, qu'on croyait perdu, 
et il en cite le commencement que voici : Qu/Uà» 
bet in arte praetica mensurabiU canins ; 
mais il he s'est pas souvenu que ce commence- 
ment est celui du traité dn chant mesuré de Jean 
de Mûris. 

Gafori a rapporté un Vent, Sancte Spiriius, 
à trois voix écrit par Dunstable. Ce morceau, le 
seul de ce maître qui ait Hé, connu jusqu'à ce 
jour, est de peu d'importance; mais M. Daojoa 
(voy. ce nom) a trouvé, au mois de juin 1847, 
à la bibliothèque du Vatican, un volume manus- 
crit qui renferme on grand nombre de chansons 
françaises à trois voix , de Dunstable, Dufay et 
Binchois. 

DUPAR (Élisabgtb), cantatrice française, 
chanta pendant longtemps en Italie, où elle était 
connue sous le nom de la Francestna. En 

(i) PracLMus.,L.i,e,'!, 
(D Introd.v- Ht. 
m BrUfe Dt$e., p. 1 et salT. 
(4) Loc. ett. p. S9S. 

(S| J Général Hist. of the science and pratt. of Mtttie, 
t II. p. 190. 



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DUPAR — DUPONT 



81 



1736, elle se rendit à Londres , où elle chanta 
deux ans après dans Topera de Pharamond de 
HapDdel. En 1745 elle remplit remploi de prima 
donna dans les oratorios da même compositeur. 
Son portrait a été gravé. 

DUPIILY ( . . . ) , bon claTccinistc et pro- 
fesseur distingué, est né à Dieppe, en 1716. Il 
aTait eu pour maître de clavecin Dagincourt, 
organiste à Rouen. Vers 1750, il Tint s'établir à 
Paris, où son talent le fit rechercher avec empreA- 
sement. Il y publia quatre livres de pièces de 
claTecin. Il est mort en 1788. 

DUPIERGE (Félix-Tiburge-Adguste), né 
àCourbevoye, près de Paris, le 11 avril 1784, est 
élève de son père pour le violon et pour la com- 
position. Il est entré comme violoniste à Tor- 
cbestre de TOpéra- Comique. On a gravé à Paris 
les ouvrages suivants de sa composition : 1^ Duos 
pour deux violons, œuvres 1, 5, 6 et 7 ; — ' 
— 2^ Deux concertos pour le violon, œuvres 2 et 4 ; 
3^ Grandes sonates pour le piano avec 9ccomp. 
de violon, liv. 1,2 et 3 ; — 4° Méthode de 
violon-, Paris, Frère. La musique de violon de 
cet artiste a eu du succès et est estimée. Vers 
1815« M. Dupierge a quitté Torchestre deTOpéra- 
Comîque pour se fixer à Rouen. 

DUPIN (Philippe-Simon), connu sous le 
nom de Dupin jeune, avocat à la cour royale 
de Paris, né à Varzy (Nièvre), le 7 octobre 1795, 
est mort à Nice« le 14 février 1846. Au nombre 
des écrits qu'il a publiés, on remarque c^'lui qui a 
pour titre : Mémoire pour MM . les sociétaires 
de VOpéra^Comique contre M. le directeur de 
l'administration; Paris, 1827, iu-8**. 

DUPLËSSIS (Le Jedne), violon de POpéra , 
entra à l'orchestre de ce théâtre, aux appointe- 
ments de 450 livres, fut nommé maître de mu- 
sique de l'école de magasin de VOpéra en 1748, 
et mis à la retraite au mois de décembre 1749. 
11 a écrit la musique d'un opéra-ballet joué en 
1734, sous ce titre : Les Fêtes nouvelles. 

Le frère de cet artiste , connu sous le nom de 
Duplessis Vaine, était entré comme violoniste 
à rOpéra en 1704 , et se retira après quarante- 
quatre ans de service en 1748. Oa a de lui deux 
livres de sonates de violon, gravés à Paris. 

DUPLES5I&(Le Chevalier LEIVOIR), 
né à Paris, en 1754, a donné, sur le petit théâtre 
des élèves de TOpérade Paris, V Amour enchaîné 
par Diane (en 1779), opéra en un acte, com- 
posé en société avec Edelmann , et Don Carlos, 
ou la Belle invisible (1780). Cette dernière 
' pièce est un pastiche arrangé avec de la musique 
de plusieurs auteurs italiens. 

DUPONGHEL (Le P. Jacqdes), né à Douai, 
dans la première moitié dn dix-septième siècle, ' 

DIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. lit. 



fut moine de Tordre des Cordellers, et organiste 
attaché au cardinal Bichi, à Rome. Il s'est fait 
connaître comme compositeur par les ouvrages 
suivants : 1** Psalmi vespertini cum litaniis 
B. M. V. 3 vocum; Rome, 1665. — 2*» Sacr» 
cantiones 2, 3 et ^ vocibvs cum litaniis 
B. M. F", op. 2 ; Bologne, Jacques Monti, 16^1. 
— 3" Messe a 3, 4, 5 voci concertati con vio- 
Uni e ripieni a bene placito, opv 3 ; Rome , 
J.-A. Muzio, 1676. 

DUPONT (Henri-Bon A vbntdre) , musicien 
à Paris, au commencement du dix-huitième 
siècle , a publié dans cette ville des Principes 
de musique, par demandes et par réponses; 
Paris, 1713, in-4^. La deuxième édition a paru 
dans la même ville, en 1718, in-4®. Cest à tort 
qu'on a attribué cet ouvrage à Jean-Baptiste Du- 
pont, qui se rapporte à Tarticie suivant , dans le 
Dictionnaire des Musicien s ( Paris, 1810). 

DUPOXT (Jean-Baptiste), violonilite à 
l'orchestre de l'Opéra de Paris, depuis 1750, 
retiré avec la pension en 1773, a fait graver deux 
concertos pour le violon , arrangés sur les airs 
de Lucile et du Déserteur. 

DUPOIVT (Pierre) littérateur,''vivant à Pa- 
ris vers 1800, est Pauteur d'uYi écrit publié sous 
le voile de. l'anonyme, et qui est intitulé Ré- 
fierions sur la décadence du théâtre de VO- 
péra, ou Aperçu des moyens capables de le 
relever; Paris, 1799, in- 12. 

DUPONT ( ), facteur d'orgues à Nancy, 

naquit dans les premières années du dix-hui- 
tième siècle, et mourut en 1757. Il apprit les 
éléments de son art dans les ateliers de Nicolay, 
facteur de la même ville , devint un habile ou- 
vrier, et fit les plus grands travaux de la facture 
d^orgues dans la Lorraine. Ses principaux ou- 
vrages sont : l*' Le grand orgue de 16 pieds à 
l'église cathédrale de Tout, qui a coûté plus 
de 45,060 francs; 2^ l'orgue de Verdun; 3^ ce- 
lui de Saint-Jacques à Lunéville, en 1749; 
4° celui de Saint^fichel, dans la même ville, en 
1753; 5^ Torgue des Carmélites, à Ormes; 
6^ l'orgue de l'abbaye de Moyenmoutier ; 7^ Le 
grand orgue de la cathédrale de Nancy, (757. 
Dupont mourut pendant la construction de cet 
instrument, qui fut terminé par son élève Vau- 
trin, ^en 1758. 

DUPONT (Aucdste), pianiste, compositeur 
et profesjieur au Conservatoire royal de musique 
de Bruxelles, est né à Ensival (province de 
Liège), le 9 févri^er 1828. Son père, musicien de 
mérite, qui a laissé en manuscrit beaucoup de 
compositions pour Péglise, fut son premier 
maître de musique et de piano. En 1840, M. Du- 
pont est entré comme élève au Conservatoire de 

6 



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«3 



DUPONT — DUPORT 



Liège, et y a étiidië le piano pendant quatre ans, 
sous la direction de M. Jallieau, élève de Jac- 
<]iies Herz et de Kalkbrenner. Des revers de 
fortune ayant causé la mort de son père, en 
1844 , Dupont sortit du Conserratoire et se re- 
tira à Ensival, où pendant six ans il s'est livré 
à un travail assidu, donnant des leçons dans 
les châteaux voisins pendant le jour, et consa- 
crant toutes les soirées à Tétude do mécanisme 
do piano et de la musique classique. (Test ainsi 
qu'il parvint à placer dans sa mémoire les 48 
préludes et fogues que renrerme le clavecin 
bien tempéré de J.-S. Bach. Ses premiers essais 
de composition appartiennent aussi h cette 
époque : ses ouvrages forent publiés à Liège, 
peidant les années 1 846,47 et 48 En 1 850, M. Du- 
pont prit la résolution de voyager pour se faire 
enteiCdre et former son style : dans ce but , il 
écrivit un concerto pour piano et orchestre, une 
sérénade, un duo pour piano et violon, une 
sonate pour piano seul, et divers autres mor- 
ceaux de différents caractère^. Sa première 
excursion fut h Bruxelles, en 1851 : il se fit 
entendre au cercle artistique, puis au théâtre de 
La Monnaye. Peu de mois après il accepta les 
propositions qui lui étaient faites par un Anglais, 
entrepreneur de concerts, et partit avec lui pour 
Londres, où il Joua ainsi que. dans plusieurs 
grandes villes de TAngleterre. De retour sur le 
continent , il partit pour TAliemagne, et arriva k 
Berlin au commencement de Tannée 1852. Il y 
donna quatre concerts avec succès, et la protec- 
tion de la princesse de Prusse et de Meyerbeer 
lui procura Thonneur de jouer deux fois à la 
cour, devant la famille royale. Après avoir ob- 
tenu des succès dans plusieurs villes importantes 
de la Prusse et de la Saxe, M. Dupont revint 
en Belgique, et dans la même année une place 
' de professeur de piano étant devenue vacante au 
Conservatoire de Bruxelles, il fut appelé à la rem- 
plir. Placé dans cette situation nouvelle, M. Du- 
pont n*a pas tardé à éprouver les effets de l'in- 
fluence d^me écolp, foyer ardent d*amour et de 
dévouement pour Tart. Recherchant les conseils 
du directeur de cette institution , il réforma son 
style d'exécution, le rendit plus pur et plus clas- 
sique, perfectioniyi son mécanisme, fit des 
études plus sévères dans l'art d'écrire , et par ces 
modifications de son talent, en fit une transfor- 
mation complète. Dans un voyage quMI a fait 
en Hollande, pendant Tannée 1856, il a recueilli 
les fruits de ses études consciencieuses, et a 
obtenu les succès les plus brillants et les plus 
honorables. Ses compositions ont acquis aussi 
plus de vigueur de pensée, un meilleur ordre 
logique et plus d'expérience de la gradation des 



effets. Dans on second voyage en Allemagne, 
que Tartiste a fait en 1859, il a donné des con- 
certs avec de brillants succès à Brunswick et è 
Leipsick, Tille dans laquelle ses dernières com- 
positions ont été publiées chez Breilkopf et 
Haertel, et chez Hoffroeister. Au nombre de 
celles-ci, on remarque : Grand trio (en soi mi- 
neur) pour piano, violon et violoncelle, op. 34 ; — 
3"^ concerto pour piano et orchestre, op. 31 : — 
Fugue et bourrée (en si mineur), pour piano seul, 
op. 82. — Variations de concert, dans le style 
sévère, op. 36. — Quatuor ( en ml bémol ) poor 
2 violons, alto et basse, op. 37. ^Trois impromptus 
de concert pour piano et violon, op. 38. — Deux 
valses ( en si bémol et ré bémol ), op. 39. — Trois 
morceaux impromptus pour piano et vioion, op. 
40 ; Mayence, Schott. Les ouvrages publiés par 
M. Dupont jusqu'au moment où cette notice est 
écrite (1860) sont : 1** Variations sur un air popu- 
laire liégeois ; Liège, Goret, 1846. — 2* Étude (Ja 
Pluie demai)\ Liège, Binck, 1847. — 3*" Élude 
de trilles; Liége^Muraille, iS\%. — i'^ La Pensée, 
morceau détaolié} ibid. — b^ La Sérénade y 
Mayence, Schott. — 6** Concerto en fa mineur 
pour piano et orcliestre; ibid., 1850. — 7* Six 
contes du foyer, en morceaux séparés pour 
piano ; ibid., 1852. — 8° Trois cahiers de rémi- 
niscences pastorales; ibid., 1853. — 9* Barca- 
role; ibid. ^ 10* Nonvelles réminiscences pas- 
torales; ibid. — 1 1"* Rêverie; ibid. •* 12* C/uin- 
5on de jeunes filles; ibid. — 13* Étude fan- 
tastique à 5 temps; ibid., 1854. — 14*Toc- 
cate, ibid. — 15* Chanson hongroise, ibid. — 
16* Sonate pour piano et violon; Leipsick, 
Breitkopf et Hœrtel. — 17* Lamenio, poésie 
élégiaque pour piano; ibid. — 18* Ma%urka et 
BaUade; ibid, — 19* Plusieurs airs de danse; 
Londres, Distin. ^ 20* Le trémolo staccato; 
Bonn,f Simrock. — 21* Grand Galop fantas- 
tique, dédié à Meyerbeer ; ibid. — 22* Fantaisie 
pour piano et orcliestre, op. 21; Paris, Ri- 
chault.' — 23* Sonate poor piano seul en sol 
mineur, op. 22 ; ibid. — 24* Variations classi- 
ques en fa mineur, op. 23, ibid. — 25* Le Mou^ 
vemeni perpétuel , op. 24; ibid, —26* Grand 
trio pour piano, violon et violoncelle, op. 29; 
ibid. — 27* Marche et scène druidique, op. 3o ; ' 
ibid. M. Dupont a écrit un grand , Concerto- 
symphonie pour piano et orchestre qui a été 
exécuté dans un concert donné par lui au prin- 
temps de 1857 , et au concert du conservatoire 
dans Tannée suivante. 

DUPORT (Jean-Pierre), connu sous le nom 
de Duport Vntné^ habile violoncelliste, esX né 
à Paris, le 27 novembre 1741. Il reçut des le- 
çons de Bertliaut , et devint bienlôt le meilleur 



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DUPORT 



83 



aère de ce ▼Irluose. En 1761, il sê fit entendre 
an Concert spirituel pour la première fois , et 
ftenit toai les sofTrages. Le prince de Conli 
se Paiticlia , et le garda dans sa musique jus- 
qu'en 1769, époqoe od Duport fit un voyage en 
Angleterre. Deox ans après il alla en Espagne, 
et enfin, en 1773 , il se rendit à l'inviUlion de 
Frédéric II, roi de Prusse, et alla à Berlin occu- 
per la place de plumier violoncelliste de la chapelle 
de ce prince, qui lui donna pour élève le prince 
rojal son neVeu (depuis Frédéric-Guillaume II ). 
Depuis 1787 jusqu'en 1806 il remplit les fonctions 
de sarintendant des concerts de la cour ; mais 
rëlat déplorable où la Prusae se trouva réduite 
«près la perte de la bataille de Jéna obligea le 
roi à réformer sa musique. Duport continua ce- 
^Ddant à demeurer en Prusse jusqu'à sa mort, 
qui eut lieu à Berlin, le 31 décembre 1818. Cet 
artiste tirait un beau son du vfoloncelle et jouait 
sans peine les passages les pins difficiles ; mais 
îl n'avait pas le atyle large et expressif de son 
frère, objet de Tartide suivant. Il a écrit et fait 
gnver : 1** Trois diios pour deux violoncelles, 
covre l*'; Paris, Sieber. ^ 3*" Six sonates 
pour violoncelle tt basse; Amsterdam et Berlin, 
1788. E.-L. Gerber lui attribue aosbi plusieurs 
antres oeuvre» de sonates et des concertos; mais 
ces ouvrages appartiennent à son frère. 

DUPORT (Jean-Louis) « célèbre violoncel- 
liste, frère do précédent, naquit, à Paris, le 4 
octot>re 1749. Fils d'un maître de danse , il était 
destiné, coq^me Duport Tafné, à suivre la profes- 
sion de son père; mais, comme lui, il préféra 
te livrer à l'étude de la musique L'instrument 
qu'il choisit d'abord était le violon; mais sé- 
duit par les succès de son frère , il quitta cet 
instrument pour le violoncelle, et devint l'élève 
de Duport Tainé. Doué des plus heureuses dispo- 
filions, il fit de rapides progrès, et surpassa bientôt 
son maître en habileté. Il n'avait pas encore 
atteint sa vingtième année, et déjà il avait de la 
célébrité. Le Concert spirituel , celui des ama- 
teurs, connu depuis sous le nom àt Société Olym- 
pique, et les réunions musicales du baron 'de 
B^ge, offraient alors aux artistes les moyens de 
se Ciipe connaître. Ce fut là que Duport jeta les 
fondements de sa réputation, augmentant chaque 
jour son talent par les conseils et les encourage- 
ments qu'il recevait de ses amis. L'arrivée de 
Viotti à Paris fut Tévénement le plus heureux 
pour Duport, qui comprit qu'en appliquant an 
violoncelle la manière large et brillante de ce 
gnnd artiste il obtiendrait des effets inconnus 
auparavant 11 travailla donc à se former un 
style nouveau^ et le succès couronna ses efforts, 
lié d'amitié avec le violoncelliste anglais Cros- 



dill^ il le sniviC à Londres, et y fut accueilli avec 
enthousiasme; mais il ne resta que six mois dans 
la capitale du royaume britannique. 

Les premiers troubles de la révolution fran- 
çaise ayant éclaté en 1789, Duport se rendit en 
Prusse, près de son frère, et fut placé dans la 
mnsiqne de la cour. Il y jouit de la réputation 
de premier violoncelliste de son temps, et fut 
recherché avec empressement, non - seulement 
par les* artistes, mais par les étrangers qui visi- 
taient Berlin. Après un séjour de dix -sept ans 
dans cette ville , Dilport , ruiné par la guerre 
de Prusse, revint en France en 1806. Le long 
intervalle écoulé depuis son départ de Paris y 
avait affaibli le souvenir de son talent ; il fal- 
lait refaire sa réputation , et il avait cinquante- 
huit ans. Le sentiment de sa force le soutint 
dans cette entreprise difficile. Il se fit enten- 
dre, en 1807, dans un concert quMI donna à la 
salle de la rue Chantereine, conjointement avec 
mademoiselle Colbran (plus tard madame Bos- 
sini), et y excita le plus vif enthousiasme. On 
admira la pureté du son qu'il tirait du violon- 
celle, son style jeune encore, suave et large à 
la fois , et, ce qui était pins étonnant à son âge, 
la vigueur de son coup d'archet. Toutefois, soit 
Indifférence de la part de l'autorité qui était alors 
chargée de TadminUtration des arts, soit par 
l'effet d'intrigues sourdes, Duport se vit délaissé. 
Le Conservatoire, l'Opéra, la chapelle du prince, 
tout se fermait à son approche ; Il n'y avait de 
place nulle part, et l'intéressant artiste, ruiné par 
les événements politiques et par des faillites par- 
ticulières, allait être forcé de quitter de nouveau 
sa patrie pour chercher ailleurs du pain, lorsque 
le roi d'Espagne (Charte IV), dont le séjour était 
fixé à Marseille, l'attacha à son service. £n 
1812, ce prince obtint du gouvernement fran- 
çais l'autorisation de se transporter à Rome, et 
Duport fut encore obligé de revenir à Paris. 
Dans rhiver de 1812 à 1813, il panit trois fois 
aux concerts de l'Odéon, et, quoique ftgé de 
soixante-cinq ans , il étonna par la jeunesse de 
son talent. Ce fut alors qu'une justice tardive 
lui fut enfin rendue. Admis d'abord dans la 
musique de l'impératrice Marie-Louise, il entra 
ensuite à la chapelle de l'Empereur comme vio- 
loncelliste solo, et enfin au Conservatoire comme 
professeur. 

Dégagé des soucis qui l'avaient accablé pen- 
dant plusieurs années, Duport sembla tout-à-coup 
rajeunir. Point de concert où il ne brillât, point 
de soirée musicale dont il ne tût; à |)eine pou- 
vait-il suffire à l'empressement des amateurs. 
Dans les courts intervalles que lui laissaient ses 
engagements de société, il composait des duos, 

6. 



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S4 



DUPORT — DUPREZ 



des trios et des noctarnes, dans lesquels il ma- 
riait tes accents de son Tioioncelle aux sons de 
la harpe de Bochsa, du cor de DoTernoy, ou du 
Tiolon de Lafont. Tout le monde connaît les jo- 
lis nocturne» qu'il a écrils en société a?ec Bochsa. 
En 1815, le Conservatoire fut supprimé; Duport, 
qui n'avait point été compris dans la nouvelle 
organisation de l'école royale de musique en 
1816, resta attaché à la musique du roi. Enfin, 
à soixant*-dix ans, il fut attaqué d'une maladie 
bilieuse, considérée d'abord comme peu dange- 
reuse, mais qui, s'étant jetée sur le foie, ne 
tarda point à prendre un caractère plus sérieux, 
et finit par le conduire au tombeau, le 7 septem- 
l>re 1819. Il laissa en mourant trois enfants : 
deux filles et nn fils; celui-ci, aprèsavoirété quel- 
que temps attaché au tliéAtre de Lyon comme vio- 
loncellii^te, a établi à Paris une fabrique de pianos. 
Il possédait la basse de son père , admirable ins- 
trument de Stradivari , dont l'excellent violon- 
celliste Franchomme a fait l'acquisition , au prix 
énorme de vingt -cinq mille francs. Duport a 
composé pour son instrument : 1** Six concer- 
'tos, gravés à Paris, cl«z Janet et Cotelle. — 
2® Quatre œuvres de sonates, avec accompagne- 
ment de basse; Paris , Janet , Sieber. — 3" Trois 
duos pour deux violoncelles ; Paris, Sieber. — 
4** Huit airs variés , avec orchestre ou quatuor ; 
Paris, Pleyel. — 5^ Deux airs variés pour violon 
et violoncelle , en soci<4é avec Jamowick ; Paris, 
Sieber. — 6** Romance avec accompagnement 
de piano; Paris, Janet et Cotelle. — 7** Neuf 
nocturnes pour harpe et violoncelle , en société 
avec Bochsa; Paris, Pacini, Dufaut et Dubois. 
— 8^ Fantaisie pour violoncelle et piano, en so- 
ciété avec Rigel ; Paris , Janet ; 9** Essai sur 
le doigter du violoncelle et la conduite de Var- 
chet, avec une suite d'exercice%; Paris, Pleyel ; 
ouvrage fondamental pour l'élude de Pinstru- 
m^nt 

DUPOTY (Denis-Simon), professeur de 
chant et compositeur de romances, né à Ver- 
sailles, le 8 novembre 1787, était fils d'un menui- 
sier et exerça d'abord la profession de son père; 
mais fon goût pour la musique le lui fit aban- 
donner. Il se livra à l'étude du chant et de l'har- 
monie, sous la direction de Matthieu , mattre de 
chapelle de la cathédrale. En 18i5, il servit 
comme volontaire pendant les cent jours, et 
après la bataille de Waterioo il s'arrêta à Douai 
pemlaùt quelques mois pour continuer ses éludes 
de composition chez Tauteur de cette notice. De 
retour à Paris, il s'y livra à l'enseignement du 
chant et publia quelques romances ainsi que des 
chansons de Béranger, parmi lesquelles on a re- 
marqué celles qui ont pour titres : le Chant par 



triotique, le Cinq mat, le Vieil Invalide, le 
' Temps, rombre d'Anacréon, et le Vieux Dra^ 
peau. Une fièvre cérébrale a conduit au tombeau 
I Dupoty, jeune encore, le 3 juillet 1824. Il avait 
I remis en musique le Faux Lord, opéra comique 
tf aité autrefois par Piccinni ; mais cet ouvrage 
i n'a point été représenté. 
{ DUPRATO (JoLES-LAunENT), compositeur 
dramatique, est né à Nîmes, le 20 août 1827. 
Arrivé à Paris à l'âge de dix-sept ans, il entra 
> au Conservatoire et suivit le cours de composition 
de M. Lebome. En 1848, il obtint, au concours de 
I l'Institut de France , le premier grand prix de 
I composition pour la cantate intitulée Damoclès, 
\ Devenu pensionnaire du gouvernement, il' alla 
I passer deux ans à Rome, puis visita les autres 
I villes importantes de l'Italie, et voyagea en Alle- 
magne. De retour à Paris, il a fait jouer au 
théâtre de l'Opéra-Coniique, le 28 juin 1854, les 
Trovatelles, joli ouvrage en un acte, où se font 
! remarquer des idées fraîches, élégantes, une 
I bonne harmonie et une instrumentation intelli- 
I gcnte. Le 2 juin 1856, il a donné au même 
, théâtre Pâquerette, en un acte, où le com^iosi- 
I teur aété moins bien inspiré. Dans l'hiver de 1856 
à 1857, M. Duprato a fait jouer au théâtre des 
Bouffes Parisiens un petit ouvrage en un acte 
intitulé Mosieu Landry, qui a eu du succès. 

DUPRÉ (Eheas), musicien du seizième siècle 
sur qui Ton n'a pas de renseignements. Son nom 
indique qu*il était d'origine française; mais il 
vécut vraisemblablement à Venise, ou du moins 
dans l'État vénitien, car on a de lui des Frottole, 
sorte de chants populaires qui n'ont été en usage 
que dans cette partie de la haute Italie. Les 
Frottoles de Dupré se trouvent dans les 7'"^ et 
9»« livres de la grande collection publiée par 
Petruccide Fossombrone, en 1507 et 1508, 

DUPREZ ( Gilbert-Louis ) , clianteur et 
grand musicien, qui jou^t à juste titre en Italie 
et en France d'ime brillante réputation, est né 
à Paris, le 6 décembre 1806. Son père avait 
eu dix-huit enfants, et il en était le dou- 
zième fils. Dès soù enfance il commença l'é- 
tude de la musique, et y fit de rapides progrès. 
Séduit par sa précieuse organisation musicale, 
Choron, qui eut occasion d'entendre chanter cet 
enfant , le fit entrer à l'école de musique qu'il di- 
rigeait, et donna à son éducation les soins les 
plus BSi>ldus. Une connaissance solide et étendue 
de toutes les parties de la musique fut donnée au 
jeune Duprez, qui justifia les espérances qu'it 
avait inspirées. Le premier essai qu'il fit en 
public de son talent eut lieu dans des représen- 
tations de VAthaUe^t Racine (en 1820), au 
'Théâtre-Français, où l'on avait introduit des 



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DUPREZ — DUPUIS 



85 



chœurs et des solos. Daprez y chanta nne partie 
de soprano dans un trio composé pour lui et deux 
antres élèves de Choron par Tauteur de cette 
notice , et Taccent expressif qn*il mit dans l'exé- 
cution de ce morceau fit éclater les applaudis- 
sements dans toutes les parties de la salle. 
Bientôt après vint la mue de sa voix, qui l'o- 
bligea de suspendre les études de chant. 
Pendant cette crise de J'organe Tocal , il apprit 
rharmonie et le contrepoint , et ses essais en 
composition prouvèrent qu'il pouvait obtenir des 
succès en ce genre. Cependant une voix de ténor 
avait succédé à sa voix enfantine ; d^abord faible 
et sourde de timbre , elle ne laissa que peu d'es- 
poir pour l'avenir ; mais le sentiment musical 
de Duprez était si beau, si actif, si puissant, 
quMl triomphait de« défauts^ de son organe. Au 
mois de décembre 1825 il débuta au théâtre de 
rodéon.dans le rôle d*Almaviva, de la traduc- 
tion (hinçaise du Barbier de SéviUe de Rossini. 
Il lui manquait Passurance en lui-même, et 
l'expérience dans l'art du chant scénique ; tou- 
tefois on put comprendre ^!t& lora que, malgré 
la faiblesse de sa voix, Duprez serait un chan- 
teur distingué. Il resta au théâtre de POdéon 
jusqu'en 1S28, époque où Topera cessa il^étre 
joué à ce théâtre. H partit alors pour l'Italie, et y 
obtint des engagements qui ne le firent pas re- 
marquer d'abord, mais qui furent utiles à son 
talent et au développement de sa voix , dont le 
timbre acquit plus de puissance. De retour à 
Paris en 1830, il joua quelques représentations 
à ropéra- Comique, notamment dans La Dame 
Blanche y où les connaisseurs l'applaudirent et 
remarquèrent ses progrès; mais n'ayant pu con- 
tracter d'engagement à ce théâtre , il retourna en 
Italie. C'est alors que Duprez prit la résolution 
de donner ^ son organe l'intensité qui lui man- 
quait par ]6 travail de la voix sombrée. Il y 
réussit au delà de ses espérances. Ses succès 
datent de cette époque. Bientôt fia réputation s'é- 
tendit : il chanta dans toutes les grandes villes, 
et en dernier lien à Naples, dit il fut en possession 
delà faveur du public pendant plusieurs années. 
Cependant, quels que fussent. les avantages qu'il 
trouvait en Italie, il désirait ardemment se re- 
trouver à Paris, et entrer à l'Opéra. Ses v<êux se 
réalisèrent en 1836; son engagement comme 
premier ténor y fut signé par la direction de ce 
théâtre : il y succéda à Adolphe Nourrit, et dé- 
buta avec un succès d'enthousiasme dans Guil- 
laume Tell. L'élévation de son style dans l'arl 
de phraser, la puissance de «ion organe dans tout 
ce qui exigeait de IVnergie, et sa manière admi- 
rable de dire le récitatit , firent naître de» trans- 
ports frénétiques dans toute la salle. Pendant 



plusieurs années Duprez conserva toute la puis- 
sance de ses facultés chantantes; mais il est dans * 
la nature de l'organe factice appelé vo\x somr 
hrée de se fatiguer rapidement : ce fut ce qui 
se produisit dans la voix de Duprez. Par des 
efforts inoois d'art et de volonté il prolongea sa 
carrière dramatique ; mais ces mêmes efforts 
rendaient souvent le chant pénible et se faisaient 
apercevoir. L'artiste, comprenant enfm qu'il 
compromettait son beau tilent, demanda sa re- 
traite et Toblint. Il prit alors la résolution de se 
livrer exclusivement à l'enseignement du chant, 
et fonda une école où se sont formés plusieurs 
chanteurs distingués, et qui est encore ( 1860) en 
activité. IhCutaussi professeur de déclamation lyri- 
que au Conservatoire de Paris pendant. plusieurs 
années ; mais il donna sa démission de cette posi- 
tion lorsqu'il eut conçu le projet de son école de 
chant. Duprez a publié une méthode dans la- 
quelle il a exposé les principes de son école, 
sous le titre de VArt dû, chant ^ Paris, 1846 , gr. 
in-4*. 11 s'est fait connaître comme compositeur 
dramatique par un opéra en trois actes, intitulé 
JoarUta, qui fut représenté au théâtre royal de 
Bruxelles en 1851, et dont la partitiori pour le 
piano a été publiée h Paris , chez Meissonnier. 
Le 28 avril 1858 il a fait jouer au théâtre de 
rOpéra-Coinique de Paris La Lettre au bon 
Dieu, ouvrage en deux actes, qui eut peu de 
succès. 

An nombre des meilleurs élèves formés par 
Duprez, on distingue sa fille, CarolPne^ de- 
venue la femme de Vanden Heuvel, bon pîa- 
m'ste accompagnateur et compositeur. Elle a 
brillé au premier rang sur les scènes de TOpéca- 
Comiqueet du théâtre Lyrique par un talent fin, 
élégant, et par une rare intelligence. Sa vocali- 
sation est brillante et correcte. 

DUPUIS (Thomas SAUNDERS), docteur en 
musique, naquit en Angleterre, de parents 
français, en 1733. Son père occupait quelque 
emploi à la cour de Georges n, et ce fut pro- 
bablement par cette raison que le jeune Du puis 
fut placé À la chapelle royale. Il reçut les pre- 
mières leçons de musiquç de Gates , et devint 
ensuite élève de Travers, qui était dans ce 
temps organiste de la chapelle du roi. A la mort 
du docteur Boyce, en 1779, Dupiiis fut nommé 
organiste et compositeur de la chapelle. Lors de 
l'exécution de la grande musique funèbre en 
Phonneur dé Hœndel, en 1784, il fntTun des aides 
directeurs. Comme compositeur, il est connu pac 
plusieurs oeuvres de sonates pour le piano, et 
deux concertos pour le même instrument, qui 
ont été gravés. On a aussi de lui des pièces 
d'orgue, deux recueils d'hymnes à l'usage de la 



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86 



DUPUIS — DURAN 



cbapelle royale, et quelques antiennes. Il avait 
reçu le grade de docteur en musique , à Tuni- 
versité d'Oxford, en 1790. Dupnis est mort le 17 
juin 1796, et a été remplacé, comme organiste 
de la chapelle royale par le docteur Arnold, et 
comme compositeur du roi par Atwood» or- 
ganiste de Saint- Paul. Après sa mort, on a^ 
publié de sa composition quatre services complets 
pour l'ÉglLse anglicane et quatorze antienne», en 
2 volumes in-fol. 

DUPDY (Henri). Voy. Pottb (vaii de). 

DUPUY (ALBFRT-Cn ARLES ), maître de 
chapelle du chapitre abbatial de Saint-Saturnin , 
à Touloufte, naquit dans cette ville. Dans sa 
jeunesse, il avait fait un voyage en Italie, et en 
avait rapporté le goAt de la musique d'église 
quMI avait entendue à Milan, à Venise, à Bologne 
et à Rome. De retour dans sa ville natale , il 
essaya d'y opérer une réforme dans la maîtrise, 
où il fut admis, et y fit entendre quelques bons 
ouvrages de Técole italienne. Lui-même essaya 
de former son style sur ce modèle. Une messe, 
quelques motets et un oratorio de sa composition 
ont été entendus avec plaisir à Téfilise de Saint- 
Saturnin, e.\ y sont encore exécutés de temps en 
temps. On connaît aussi une Ode sur la nais- 
sance de Jésits- Christ, composée par le bénédictin 
d'Olive, et mise en musique par Dupuy. Ce mu- 
sicien est mort en 1789, ftgé d'environ cinquante 
ans. 

DUPUY (Jean-Baptiste-Édouard-Locis-Ca- 
xiiLE), né en 1775, au village deCorselles, près 
de Neofchàtel, fut envoyé à l'âge de quatre ans 
chez un oncle qu'il avait à Genève, pour y faire 
son éducation. Il y re<ta jusqu'à sa treizième 
année, et se rendit ensuite à Paris , où Cliabran 
lui donna des leçons de violon , et Dussek lui 
enseigna à jouer du piano. Ses progrès furent 
si tapides, qu'à l'âge de seize ans il put remplir 
les fonctions de maOre de concerts du prince 
Henri de Pnisf(e,à Rheinsherg. Il resta au ser- 
Tice de ce prfmie pendant quatre an», et le suivit 
à Berlin , où il étudia l'hannonie sous la direc- 
tion de Fasch. Il fit ensuite plusieurs voyages, 
parcourut l'Allemagne et une partie de ta Po- 
logne, donnant des concerts dan& tontes les 
grandes villes. Vers la fin de 1793 il arriva à 
Stockholm, et y fut engagé comme chante«ir au 
théâtre de TOpéra, et comme second maître des 
concerta de la cour. En 1799 il s'éloigna de la 
capitale de la Suède pour aller à Copenhague, 
où on lui avait offert un engagement comme 
maître des concerts et comme chanteur de l'O- 
péra. A l'époque de l'expédition des Anglais, 
sous le commandement de Nelson, contre Co- 
penhague, Dupuy entra en 1801 dans le corps 



de volontaires origanisë pour la àéfense de la 
ville; il y étaitencoreen 1807, lorsque cette ville 
fut bombardée , et s'y distingua si bien par soo 
courage, qu'il fut élevé au grade de lieutenant ; 
néanmoins ses travaux militaires ne l'empôrliè- 
rent pas de cultiver la musique avec succès. 
En 180911 s'éloigna de Copenhague, et se rendit 
à Paris, où il resta jusqu'à l'automne de 18I0. 
A celte époque il retourna en Suède, et vécut 
d'abord à Schœneq, puis à Stockholm. En 1812 il 
fut nommé chanteur, professeur et maître de 
chapelle de la cour. Une apoplexie foudroyante 
l'enleva à sa famille et à ses amis, le 3 avril 1821, 
et ne lui permit pas de voir la première repré- 
sentation de son'^opéra suédois BJomJamsida. 

Comme compositeur, Dupuy s'e<t (ait applaudir 
dans les opéras intitulés : Une Folie, Félicien 
et BJom Jarnsida. Son style est vif et animé 
dans les deux premiers, sentimental dans le 
dernier. Ses musiques funèbres pourrie service 
du roi Charles XUI et de la reine sont aus«i 
estimées. Parmi ses compositions instrumentales 
on distingue : t** Des duos pour deux violons 
concertants , gravés à Copenhague , chez Loee. 
« 2^ Un concerto pour flûte (en ré mineur); 
Leipsick, Breitkopf et Hœrtel. — S'' Une polo- 
naise pour violon principal , un second violon, 
guitare et bas^e; Prague, Kronberger. — 4° Des 
quadrilles de contre-danses , valses et écossaises 
pour piano ; Stockholm, Grœf. — b'* Dca marches 
en harmonie militaire, Copenhague'. On a aussi 
de lui pour le chant une romance à trois voix 
intitulée VAmour, Copenha;(ue, Lose, et six 
quatuors potir deux ténors el deux baisses ; ibid. 

DUPUY (N.), Itttérateur'françals, réfugié en 
Hollande vers le milieu du dix-huitième siède, 
est auteur d'un livre intitulé : Amusements du 
cœur et de Vesprit (La Haye, 1741, in- 12), où 
l'on trouve des lettres sur Vorigine et les pro- 
grès de V opéra en France. 

DURAN (Dominique-Marc), né à Alconeta, 
dans rEstrainadure , vers le milieu du seizième 
siècle , est auteur de deux traités sur le plain* 
chant, intitulés : 1^ Luxhella de canto llano; 
Toledo, 1590, in-4®. — 2° Comento sobre la 
Lux bella; ibid. , in4*'. Blankenherg ( Nouvelle 
édition de lu Théorie des beaux-arts àt Sulzer) 
assure qu'il y a une deuxième édition de ces li- 
vres, Koiis la date de Salamanque , 1 598. 

DURAN ( JuAK ), maître de chapelle de la 
cathédrale de Santiago (en français Saint-Jac^ 
ques de Composielle) , occupait cette place en 
1525. Il a laissé en manuscrit de bonnes compo- 
sitions religieuses qui se trouvent dans les archives 
de celte église , et dans plnsieurs autres en Es- 
pagne. 



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DURAND — DURANDE 



87 



DURAND ou DURANOWSKY (Ao- 
custe-Frédérig ), virtuose sur le violon, qui a'a 
point joui de la réputation quMl méritait par son 
talent, est né vers 1770 à Varsovie, où son père 
était musicien au service du dernier roi de Po- 
logne. Il apprit de lui les principes de la mu- 
sique, et reçut les premières leçons de violon. 
Ck>Ddiiitâ Paris, en 1787, par un seigneur polonais 
qui s'intéres-sait à soa sort^ il fut dirigé dans 
Tétude de son instrument par Yiotti, qui trou- 
vait en lui le génie de Tari et une admirable 
facilité à jouer les choses les plus difficiles. Du- 
rand vécut quelque temps à Paris , puis voyagea 
en Allemagne et en Italie, pendant les années 
1794 et 1796. Partout il fit admirer sa prodi- 
gieuse habileté; mais tout à coup il sembla re- 
noncer à l'usage de son talent, entra dans Parméc 
française, et devint aide de camp d'un général. 
Une f&clieiise affaire, dans laquelle il fut com- 
proti^is, le fit mettre en prison & Milan; la pro- 
tection du général Menou le sauva des suites de 
cette affaire, et le rendit à la liberté ; mais il fut 
obligé de donner sa démission d'officier, et de se 
rMdre en Allemagne, où sa vie fut agitée. Dans 
l'intervalle de 1810 à 1814 il séjourna plus ou 
n^oins longtemps à Leipsick, Prague, Dresde, 
Cassel, Varsovie, Francfort-sur- le-Mein,Mayence, 
et quelques autres villes. Vers la fin de 1811 41 
joua deux fols avec le plus grand succ^è la cour 
de Cassel, et Tannée suivante il se fit entendre 
chez le^rand-duc de Parmstadt et à Ascliaffen- 
bourg. Enfm, le besoin du repos lui fit accepter 
en 181^4 les places de premier violon du concert 
et dn théâtre qui lui étaient offertes à Stras- 
bourg, et depuis ce temps jusqu'à l'époque ac- 
tuelle, il ne s'est éloigné de cette ville que pour 
faire de petits voyages en France et en Allemagne. 
Il y était encore à la fin de 1834. Dans ses Lettres 
sur la musique, adressées & on de ses amis de 
Florenp«yien 1828, le comte Michel Oginski parle 
en ces termes de fartisle dont il s'agit : « Le 
« nom de Dorand ne doit pas vous être inconnu. 
« Originaire d'une famille française, mais natif 
« de Pologne, il ayait pris le nom de Dura- 
<c nowski , qu'on lui donnait généralement par- 
« tout. On m'a assuré que c'était un des artistes 
(c les plus distingués pour le violon; mais 
« comme sa conduite ne répondait pas à son 
« talent, il se trouvait très-souvent dépourvu 
<c de tout moyen de subsistance , et pour ainsi 
H dire dans la misère. Il n'avait pas même de 
« Tiolon à lui; et comme l'usage decetinstru- 
•« ment était là seule ressource qui lui restait 
o pour vivre, il s'arrêtait dans toutes les villes 
« nn peu marquantes qu^l rencontrait en route, 
« y annonçait un concert, et, se servant du 



" premier mauvais violon qu'il trouvait dans 
ft l'auberge, il en jouait de manière i enchanter 
A le public et à subvenir à ses besoins. Je ne 
« l'ai jamais entendu ; mais son talent, tout ausu 
« bien que set» aventures, ont fait beaucoup 
« parler de lui dans toutes les capitales où je me 
«< suis trouvé. » 

Si Durand eût pu se défendre de l'agitation de 
sa vie et se fût livré sans réserve au dévelop- 
pement de ses facultés, il eût été le plus éton- 
nant des violonistes. Sa manière était originale 
et toute de création. Son adresse dans l'exécu- 
tion des difficultés était prodigieuse, et il avait 
iu venté une multitude d^ traits inexécutables 
pour tout autre que lui. Il tirait un grand son 
de l'instrument, avait une puissance irrésistible 
d'archet, et mettait dans son jeu une inépuisable 
variété d'effets. Paganini, qui avait entendu Du- 
rand dans sa jeunesse, m'a dit que ce virtuose 
lui avait révélé le secret de tout ce qu'on pou- 
vait faire sur le violon, et que c'est aux lumières 
qui lu» ont été fournies par cet artiste qu'il dut 
son talent. 

Gomme compositeur pour son instrument, 
Durand ne s'est pas élevé au-dessus du mé- 
diocre ; autant il y avait de génie dans son jeu» 
autant cette qiraiité est négative dans sa no- 
sique. Il a publié v 1** Concerto pour violon et 
orchestre, œuvre 8, en la; Leipsick, Peters, — 
2* Pot-pourri, idem, œuvre 10, en r^; ibid. — 
3** Idem , op. 1 1 ; Offenbach , Andr^. — 4® Deux 
airs variés pour violon et orchestre; Bonn, Sim- 
rock. — 5° Fantaisie suivie de deui airs variés 
pour violon et quatuor; Leipsick, Hofmeister. — 
6^ Duos pour deux violons, œuvres 1 , 2 , 3, 4 
et 6; Leipsick, Breitkopf et Hsrtel, et Paris, 
Sieber. — 7** Des airs variés pour le violon seul ; 
Vienne, Cappi, et Leipsick , Br. et H. — 8** Six 
caprices ou études, op. 15; Mayence, Schott. » 
9° Six chansons allemandes pour voix seule , 
Offenbach, André. 

DURAND (F.-L. ), professeur de musique & 
Paris , ancien élève du Conservatoire de cette 
ville, est connu par un ouvrage qui a pour titre : 
Petite grammaire musicale , ou Principes 
élémentaires de la musique exposés par de- 
mandes et par réponses, à Vusage des élèves 
du collège Rollin; Paris, Meissonnier, 1837, 
in-8^. La troisième édition de ce petit ouvrage à 
paru chez le même éditeur, en 1845. 

DURANTE (Angelo), né à Bologne, vers 
le milieu du seizième siècle, a publié : \**Messe 
a cinque voci; Venise , 1578. -r- 2** MadrigaU 
a cinque; Venise, 1585. 

DURANTE (Octave), composifear et 
maître de chapelle à Viterbe, au comroence- 



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88 



DURANTE 



ment du dix-septième siècle, naquit à Rome. Il 
y vivait encore en 1614, suivant ce que rapporte 
Handosio, dans sa BibUotheca Momana, tome 2, 
septième centurie» n* 83. Il a fait imprimer un 
ouvrage de sa composition sous ce titre : Atie 
dévote, le qnaUcontengono in selam€miera 
di cantar con graiia Fimitcaione deUe pu" 
rôle, e il modo di scriver passaçi ed tUtri 
affetU, novamente composte ; Roma, appresso 
Simone Yerovio, 1608, in-foK II y » une 
deuxième édition gravée sut cuivre, publiée sous 
le même titre, à Rome, 1624, in-fol. Les mots 
novameniê composte, placés au frontispice 
de cette édition pourraient faire douter de l'exis- 
tence dis l'édition de 1608, citée par Waltber 
{MutikaL LexicoUy p. 230 ); mais j'ai vu cette 
même édition dans la bibliothèque de l'abbé 
Santini, à Rome. 

DURANTE (Silybstre), maître de cba- 
pelle à Sainte-Marie in Transtevere, vers. le 
milieu du dix-septième siècle, a fait imprimer 
de sa composition : 1* Messe a 5 e 9 ad Ubi- 
<t(m;Rome, 1651. — 2"* MoleUi a^re;ibid., 
1664. 

DURANTE (Fbançois) (1), chef d'une 
école fameuse qui a produit quelques-uns des 
. oompositeurs les plus renommés du dix -huitième 
siècle, est né te 15 mars 1684, à Frattamaggiore, 
au diocèse d'Aversa, dans le royaume de Kaples. 
Ses parents, peu fortunés, ayant obtenu son 
admission au Conservatoire 2>e< poveri di Giesù 
Cristo, il devint élève de Gaetano Greoo, alors 
premier maître de ce Conservatoire. Durante 
acquit sous sa direction de l'habileté dans le Jeu 
du clavecin , dans l'accompagnement des parti' 
menti, et dans l'art de jouer de l'orgue. Le 
Conservatoire ayant été supprimé, et les élèves 
ayant été répartis dans les autres écoles du 
mém» genre, Durante et son condisciple Cotu- 
macci furent envoyés au Conservatoire de 
$. Onofrio^où ils trouvèrent Alexandre Scarlatti, 
dont les leçons perfeclionnèceot leur goût et 
leurs connaissances musicales (2). M. Le mar- 
quis de Yillarosa, auteur de Mémoires sur les 
musiciens napolitains, révoque en doute le 
voyage qu'aurait fait à Rome Durante dans sa 
jeunesse, suivant certaine tradition répandue en 
Italie, dans le but de se perfectionner dans l'art 

(i) La Dotlee de œ notlcten célèbre qnl a pem dans la 
première éditloa de cette Biographie est refoltc d'après le 
llTre de H. de Vlllarosa sarles musiciens napolitains. 

(t) Saluant Btirney, le Conservatoire n^auralt été dé- 
truit par le cardinal Spinell^archCTèqne de Naplea. qu'en 
1740, et Durante aurait été prenilrr maître de cette école; 
mais le marquis de Vlllarosa, que J'ai pris pour guide, 
parait mieux lustrult de l'blstolre de» Consenratotres de 
ceUe ville. 



du chant, par les leçons de Pitoni , et dans le 
' contrepoint par celles de Remard Pasquini. Il 
dit que Durante vécut dans une situation si peu 
fortiuée, qu'il ne posséda Jamais de ressources 
suffisantes pour aller & Rome et pour y demeurer. 
Il demande aussi quel besoin pouvait avoir Du- 
rante des leçons des maîtres romains, ayant été 
instruit par Gaetano Greco et par ScarlattiP La 
réponse h cette question est facile. L*école na- 
politaine se distinguait dès le seizième siècle 
par un sentiment de mélodie supérieur à celui 
des autres écoles de ritalie, et par une certaine 
clarté d'harmonie d'où les recherches scolaa- 
tiques étaient bannies. Scarlatti, le plus grand 
des maîtres de cette école; Scarlatti, homme de 
génie, et de plus doué d'une organisation forte, 
qui le rendait capable d'entrer dans la conceptioa 
des combinaisons harmoniques de l'école ro- 
maine, avait introduit ces combinaisons dans 
quelques-uns de ses ouvrages pour Téglise ; mais» 
dominé par son penchant pour l'expression dra- 
matique, il modifiait les (ormes d'école en œ 
qu'elles avaient de trop régulier et de trop raide , 
pour laisser toujours aux idées originales et 
méiodiquer, ainsi qu'A Texpression variée des 
sentiments passionnés, leur prééminence dans 
l'art. L'organisation de Durante était très-diffé- 
rente de celle de son maître ; peu riche d'idées, 
froid par tempérament; timide par caractère 
et par position sociale; enfin, complètement 
étranger aux hardiesses du génie dramatique, Dn« 
rante portait dans la musique la dévotion de ses 
sentiments religieux, la lucidité de conception, 
le goût pur et le respect des traditions d'école 
qui caractérisent son talent. S'il n'alla pas à 
Rome , il fit évidemment une étude sérieuse des 
nuiltres de l'école romaine, et ses travaux eurent 
pour objet d'introduire dans l'école napolitaine 
des formes plus sévères. Cest là son rôle dans 
la direction que l'art prit à Naple^ aii dix-hui- 
tième siècle. On voit donc qu'il n'avait pas tout 
appris de Gaetano Greco et de Scariatti : la lec- 
ture de ses partitions démontre qu'il s'était mo- 
difié sous l'influence du génie de Rome. Ce 
maître est considéré comme le plus habile pro- 
fesseur qu'ait eu l'école Napolitaine; toutefois, 
on serait dans l'erreur si Ton croyait que son 
habileté consistait dans une doctrine lumineuse, 
où tous les faits auraient été ramenés à des prin- 
cipes généraux tir£ de la nature des choses. 11 
n'y a jamais eu rien de pareil dans les écoles 
d'Italie. La méthode d'enseignement n'y avait 
d'autre base qu'une tradition d'école émanée d'un 
sentiment très-délicat; elle procédait de ce senti- 
ment bien plus que du raisonnement. Sous ce 
^ rapport. Durante parait avoir eu plus qu'aucup 



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DURANTE 



89 



aotre le talent de eommuniquer cette traditiou» 
et le sentiment le plus perfectionné de la tona- 
lité. Le grand nombre d'élèves excellents qu'il a 
formés en est une preuve irrécusable. On dis- 
tingue deux époques dans son professorat. La 
première a produit Traett^» Vinci« Terradeglias 
et Jomelli ; la seconde, qui commence à la mort 
de Léo et qui finit à la sienne» a faitéclore des 
talents de premier ordre, tels que ceux de Pic- 
cinni, Sacchini, Guglielmi et Paisiello. 

Dans le mois de janvier de Tannée 1742, Du- 
rante fut nommé maître du Conservatoire de 
Loreto, après le départ de Porpora pour l'Alle- 
magne. Son traitement fut fixé à 10 ducats (40 
francs). par mois; car^c'est ainsi qu'étaient alors 
rétribués ces grands artistes dont les ouvrages 
excitaient Tadmiration de toute l^rope. Cest 
dans ce même Conservatoire qu*U a formé quel- 
ques- uns de ses meilleurs élèves. Durante avait 
été marié trois fois; mais aucune de ses femooes 
ne put en faire un homme aimable et poli. Dans 
la conversation, il était souvent bourru; quel- 
quefois cependant il s'eflbrçait de se corriger de 
ee dé&ut et de paraître agréable, ce qu'il faisait 
du reste d^une manière assez gauche. Il s'ha- 
billait avec une simplicité qui tenait de la né- 
gligence, n'ayant aucun penchant non-seulement 
pour rélégance, mais même pour la propreté. 11 
mourut le 13 août 1755, à Pftge de soixante et 
onze ans. Bien qu^il eût tiré peu de profit de ses 
ouvrages, il avait vécu avec tant d'économie, 
qu'il put faire construire dans l'église de Saint- 
Antoine, à Frattamagiore, une chapelle dédiée à 
l'archange Gabriel, avec la statue du saint dans 
une niche et sur un autel de marbre : on y lit 
cette inscription : Franciscus J)urante cap- 
pellx magister musicaB fecit. 

Durante est compté parmi les compositeurs les 
plus célèbres de l'Italie. Il s^t livré surtout à 
la culture de )a musique d'église, et n'a rien pro- 
duit pour le théâtre. Il a peu d'invention dans 
les idées; ses motifs sont même souvent com- 
muns ou suranpés ; mais nul n'a connu mieux 
que lui l'art de les développer et de les enrichir 
d'une harmonie Tigonreuse et piquante. Son 
style est religieux, solennel, et généralement 
brillant, quoique dépouillé de ces effets d'orchestre 
qui font le charme de la musique de nos Jours, 
mais qui étaient inconnus de son temps. Il a 
aussi le grand mérite de donner à toutes les 
parties vocales des formes chantantes et faciles; 
sous ce rapport, ses compositions ont servi de 
modèles, tant qu'il y a eu des écoles en Italie. 
La bibliothèque du Conservatoire de musique 
de Paris possède une collection complète des 
œuvres de Durante, qui a été apportée en France 



par Selvaggi, Napolitain et musicien distin- 
gué. En voici le catalogue. Messes : 1* Mista 
alla Petlestrina, en ré mineur : ouvrage médio- 
cre et fort inférieur au modèle que Durante 
▼oulatt ûniter. — 2^ MUsa a 9 voei, en la ma- 
jeur. — 2P Messe des morts à quatre toix, en 
9ol mineur. — 4*^ Messe des morts à huit voix, 
en ut mineur, w. ^'^ Missà a 4^ Kyrie, gloria^ 
en j< b. — 6* Idem, en la majeur. — V Idem , 
à cinq voix, en vi mineur. — 8^ Idem, à cinq 
voix, en ut majeur. — 9® Idem, à cinq voix, en 
sol majeur. — 10® Idem, à quatre voix, en ré 
majeur. — 11** Autre, à quatre voix, en ré ma- 
jeur. — 12® Credo h quatre voix, en sol ma« 
jeur. — 13® Credo à cinq voix, en sol majeur. 
^ Psaumes : 14® JHxita 8 voci eon ^tromenti, 
en ré majeur. — 15® Idem, à huit voix, en ré 
majeur. — 16® Idem, à cinq voix , en ré majeur 
( brillant). — 17® Idem, style brève, — 18® Idem, 
à quatre TOix, ré majeur. — 19® ConfUebor a 
voce sola, en ré majeur. — 20® Idem , style bref. 

— 21® Lau4ate,pueri, a voce sola, en fo mi- 
neur. -.- 22® Idem, à quatre voix, en sol majeur. 

— 23® Idem, à huit toIx, en sol majeur. — > 
24" BeaiiLS vir à quatre voix, en fa majeur. — 
25® Idem, style bref. — 26® Lxtatus jum, à 
quatre voix, en la majeur. -~ 27® Misericor- 
dlas DomifU, a 8 senza siromenti. — 28® Ma- 
gnificat h quatre voix en si h, — 29® Idem, a 8 
voci, en la mineur. — AirriBNNES : 30® Âlma, 
a voce «oto.— 31® Idem^ a voce sola di basso. 

— 32® Salve, Reginfii, a voce sola, — 33® Idem^ 
a 2 vod, — 34® Veni, Sponsa, a 5 voci, — 
35® Idem, a 4 voci — Hyhhbs t 36® Iste coji' 
f essor, a 4 vod — 37® Pangt lingiM, a 3 voci. 

— 38® VexiUa régis, à quatre voix, ^ Motets : 
39® O gloriosa Domina, a 5 voci. — 40® 
divi amoris viçtima. — 4l® 5i quxris mira- 
cula, a voce iote— 42® Surge, a 6 voci, ré 
majeur. — 43® Jam si redit, a 8 voci,. — 
44® Cito Pastores, a voce sola, en la majeur. 

— 45® Adprxsepe, a 4 voci, en sol majeur. — 
46® Toccate, sonate, a 4 voci^ en sol majeur. 

— 47® Ave, Virgo, a voce sola, en ré majeur. -. 
48® Surge, aurora, k trois voix, en sol majeur. 

— WInter choros, à cinq voix, en sol majeur. 

— 60® Cessent corda (chœur). — 51® Videtur, 
à quatre voix, en r^ majeur. ^ 52® Te Deum, 
a 5 voci, ut majeur. — 53® Litanies de la 
Vierge, à quatre voix, en mi mineur. — 54® idem , 
à quatre voix, en sol mineur. — 55® Idem, à 
quatre voix, en fa mineur. — 56® Idem, à deux 
Toix, mi mineur. — 57® Jncipit ora/io, à quatre 
voix. — MojiiQUE DE en AMER B : 58° Cantate : Dopo 
sentira, a voce dicontr'alto.— ^9"" XII modri' 
gaU col basso continuo estratti dalle cantate 



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DURANTE — DURUTTE 



del Scarlatti, — 61° Xfsolfeggi a 2 voci, col. b. 
c— 61 •* Partimentipercembalo^ 62'' 6 sonate. 

DURËLL (Jean), né à Jersey, en 1625, 
mourut le 8 juin 1683. Le TÎngt- septième cha- 
pitre de son Hisioria rituum <p. 314 à 323) 
contient une défense de l'orgue contre les Pres- 
bytérien». 

DURET (AifNB-CÉciLG DORLISE)» mie 
de madame Saint Aubin , actrice de TOpéra-Co- 
mique, est née à Paris, en 17S5. Admise au Con- 
servatoire comme élève de Garât, le 15 germinal 
an 11, elle en sortit Tannée suivante, et débuta 
à l'Op<^ra-Comique au mois de juin 1805, dans ' 
le Concert interrompu. Sa voix était belle , 
mais son éducation musicale n^était pas terminée 
et elle manquait absolument d'habilode de la 
scène. Peu de mois après, elle rentra au Con- 
servatoire, y reprit ses études de cliant, déve- 
loppa son talent par les leçons de Garât, et fut 
en état de reparaître avec éclat à TOpéra-Co- 
mique le 2 avril 1808, dans le r61e de son premier 
début. Une voix de la plus belle, qualité, une 
eicellente vocalisation et une manière large de 
phraser lui assurèrent dès lors la réputation d'ha- 
bile cantatrice, et la plaça au premier rang à 
TOpc'ra-Gomique, bien qu'elle n'ait jamais été 
qu*actrice médiocre. Nicolo Isouard écrivit pour 
elle des rôles importants qui firent bhlher son 
talent, et qui furent longtemps difflciles à chanter 
pour les actrices qui lui succédèrent. TeU fu- 
rent asax qu'elle joua dans Jeannot et Colin, 
et snrtoot dans le Billet de Loterie. Jeune en- 
core. Madame Duret fut obligée de quitter le 
théâtre, parce que sa respiration était devenue 
laborieuse^ d*où résultait pour elle Tobligation 
de couper les phrases de son chant : elle se re- 
tira au renouvellement de Tannée théâtrale, en 
1820. 

DUREY DE NOINVILLE (Jacques- 
fieRNARD), né à Dijon, le 3 décembre 1683^ fut 
conseiller au parlement de Met7 en 1726, et pré- 
sident au grand conseil en 1731. 11 est mort le 
20 juillet 1768. On a de lui : Histoire du théâ- 
tre de l'Académie royale de musique en 
France, depuis son établissement Jusqu'à 
présent; Paris, 1758, in -8^. La seconde édition, 
augmentée, a été publiée à Paris en 17a7, deux 
parties in-8''. Dans quelques exemplaires on 
trouve à la fin du volume un Catalogue de 
quelques ouvrages qui traitent de VOpéra, 
etc., et qui ont rapport à Vhistoire de ce 
tiiéâtre. Le président de Noinville tenait de Tra- 
venol, violoniste do ropéra {voy. ce nom) une 
partie des renseignements qu'il donne. Son livre 
est au reste, fort mal fait et rempli d'inexac- 
titudes. 



DC^IEU (. . .)* professeur de musique à 
Paris, vers la fin do dix-huitième siècle, a pu- 
blié r r nouvelle méthode de musiqw vo- 
cale, Paris. 1793, in-fol. — 2*» Méthode de 
violon; ibid., 1796. 

DiJRlNGER (PbiuppeJban), auteur d'une 
notice intéressante et bien écrite , sur la vie et 
les ouvrages du compositeur Albert Lortxing, 
dont il était Kami : il vivait à Mannlieim en 18M. 
C'est le seul renseignement que j'aie sur sa per- 
sonne., Sa notice a i>our titre : Albert Lortzing, 
sein Lebenund Wirken (Albert Lorizing, sa 
vie et ses travaux). Leipsick, O. Wigand, 1851» 
in* 12 de 120 pages, avec le portrait de l^rtûng. 
L'ouvrage est précédé d*une appréciation du ta- 
lent de Lortzing par le maître de chapelle Vinceot 
Lachner. 

DURON (Doiv SéBAfinsn), maître de cha- 
pelle du roi d'I^pagne, eut une brillante répu- 
tation dans sa patrie; néanmoins on ne sait 
presque rien des circonstances de sa vie, et le 
seul renseignement positif qu'on ait sur loi se 
tire do livre des Reglas de aeompahar, publié 
par José Torres, en 1702, où l'on voit, dans^^l'ap- 
probation donnée par Duron, qu'il était alors maî- 
tre de la chapelle royale. La plupart des ooinposi- 
lions de ce maître ont été détruites par l'inct'ndie 
de la chapelle, en 1734. Ce qui en a été sauvé 
coosif^te en une messe de requiem, à 8 voix, un 
ïnoiifi(Tœdet)k 10, un autre motet {Périme 
Consumptis ) à 8, et des Litanies des saints à 8. 
M. Esiava a publié on motet à 4 voix de Du- 
ron ( vos omnes) dans sa collection intitulée : 
Lira sacro'hispana, Duron fut le premier qui 
introduisit en Espagne 4'usage des violons dans 
la musique d'église. , 

DURUTTE ( Le comte Frarçois-Cahillb- 
ANTtuME), né à Ypres (Flandre occidentale), le 
22 vendémiaire en xu (1^ octobre 1803), cul- 
tiva dès sa jeunesse la musique et les mathéma- 
tiques. Admis à l'École polytechnique, il y ter- 
mina ses études, fut nommé officier et envofé à 
rÉcole d'application à Melz; mais, dominé par 
son pemîhant pour la musique, il donna sa dé- 
mission, se maria et s'établit dans cetta ville. 
M. Bart)ereau a été son maître de composition. 
Les amis de M. Durotté , qui ont entendu ses 
ouvrages , en parlent avec beaucoup d'estime. 
M. Durutte s'est aussi livré à de longues études 
et à de grands travaux concernant la théorie de 
la musique et de l'harmonie ; mais comme la 
plupart des mathématiciens qui ont appliqué les 
chiffres et les formules à cette théorie, il s'est 
égaré en cherchant son principe ailleurs que 
dans ce qui constitue l'art immédiatement, à sa- 
voir le sentiment intime des rapports des sons 



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DURUTTE 



91 



et de !a tocalité. L'erreur des géomètres a ton- 
jours été et sera toujours de se persuader que 
Fart peut s'assimiler à la science et avoir d'au- 
tres lois que celles de la nature humaine : ils 
ne comprennent pas que hors de Thomme il n'y a 
pulnt d'art possihie. Au reste, cette erreur est an- 
cienne comme le monde, et les hypothèses pour 
la formation d'une science abstraite de la musi- 
que ont revêtu toutes 1^ formes. M. Dorutte a fait 
l'exposé de sa doctrine dans un gros livre inti- 
tulé : Esthétique musicale. Technie ou lois 
générales du système harmonique; Paris, 
Mallet- Bachelier, 1855, 1 vol. in-4'' de xxxiy 
et 556 pages. A la lecture de ce titre, une con- 
tradiction manifeste se présente tout d'abord; 
carVestliéiique est la doctrine de la science qui, 
a pour objet le beau ; et la technie est la doc- 
trine de la science qui a pour objet le vrai : or 
le beau est le but de l'art, comme le vrai est ce- 
lui de la science; la technie est le domaine de la 
connaissance ; Testh^tique est celui de la créa- 
tion de ridée. Les voies que l'une et l'autre sui- 
Tent sont aussi différentes que leur objet. Ici donc 
l'absence de justesse dans les aperçus est la pre- 
ooière impression qui nous saisit à l'aspect du 
lÎTre de M. Durutte. Pour apprécier la justesse 
de la critique de la doctrine qu'il renferme , il 
est nécessaire de se rappeler certaines proposi- 
tions dont nous avons fait la base de la musi- 
que et de la théorie de IMiarmonie ; les voici : 

« La nature ne fournit pour éléments de la 
« musique qu'une multitude de sons qui diflè- 
f rent entre eux d'intonation, de durée et d'in- 
<« tensité, par des nuances ou plus grandes ou 
« plus petites. » 

« Parmi ces sons, ceux dont les différences 
« sont assez sensibles pour afTecter Torgane de 
« l'ouïe d'une manière déterminée deriennent 
« l'objet de notre attention ; l'idée de rapports 
« existant entre eux s'éveille dans Tintelligence 
« et sous l'action de la sensibilité d'une part, 
« et de la yolonlé de l'autre ; l'esprit les coor- 
« donne en séries différentes, dont chacune cor- 
ci respond à un ordre particulier d'émotions, de 
« senUmenls et d'idées. 

« Ces séries deviennent donc des types de to- 
« nalité et de rby thines qui ont des conséquences 
« nécessaires, sous l'inQuence desquelles l'ima- 
« |;ination entre en exercice pour la création du 
« lieau (1). C'est ainsi que par l'élimination des 
sons irrationnels l'esprit arrive progressivement 
à la formation de l'éclielie chromatique, et en 
définitive à la gamme diatonique ; ces opérations, 

(1) TraUé tomplaS dé la théorie et de ta pratique de 
rkarmettie» Prétoce ^d« la t* édUlon, page xti. 



résultats de la synthèse du sentiment et de Tin- 
telligence, peuvent être démontrées avec facilité 
par les principes de la psychologie, et sont d'ac- 
cord avec l'enseignement de l'histoire de l'art. 
Les transformations de la tonalité de la musique 
chez les Grecs, depuis le temps où vécut Olympe 
jusqu'à l'époqoe de Pytliagore, nous en offrent 
des exemples frappanti». 

Mais toutes les intonations des sons étant re- 
présentées par des longueurs de cordes tendues, 
lesquelles deviennent plus courtes en raison de 
l'élévation des intonations, les rapports de ces 
longueurs s'expriment par des nombres, consi- 
dérés comme identiques aux rapports des in- 
tervalles des sons. De là Topinion émise dès la 
plus haute antiquité que la loi suprême de la 
musique consiste dans certaines relations de 
nombres ; de là enfin l'idée de l'harmonie univer- 
selle, dont les lois analogues à celles des rap- 
ports des sons régiraient les mouvements des 
astres, qui dans leurs révolutions produiraient 
un concert sublime. Il est évident qu'une telle 
doctrine anéantit l'action de l'humanité dans la 
créaiion de la musique, et que les conditions es- 
sentielles de cet art lui sont imposées fatalement. 

Abandonnée dans les temps modernes, la théo- 
rie de riiarmonie universelle a laissé subsister 
l'opinion que la loi de la tonalité harmonique ré- 
side dans des rapports de nombres ; mais ce 
principe supposé a donné lieu à des systèmes di- 
vers. Au nombre de ces systèmes , il en est un 
qui consiste à former une série de quintes hi- 
quelle a été déduite par l'abbé Roussier ( voy. 
ce nom ) d'une très-ancienne formule de quatre 
sons connue dans l'antiquité sous le nom de 
lyre de Mercure^ et que Boèce nous a conser- 
vée (1). Commençant arbitrairement sa progres- 
sion par le son si, et la poussant à douze termes 
pour en former l'échelle chromatique, Roussier 
en trouve l'expression numérique dans la pro- 
gression triple 1, 3, 9, 27, 81, 243, etc., parce 
que la quint» est représentée par le tiers de la 
corde, et qu'elle continue dans cette proportion 
jusqu^au dernier terme : mais il renverse la série en 
la prenant eu descendant de cette manière : si, mi, 
la, ré, sol, ut, fa, si b, mi ^, la ^, ré \,, sol b* Pour 
compléter la série, il faudrait un treizième 
terme ; mais il donnerait pour douzième quinte 
sol \,, ut ^ ; or ut \f n'est point identique avec 
si ; la diflérence d'intonation de ces deux sons est 
représentée par la proportion numérique 80 : 81, 
et cette différence est la cause du tempérament 
dont on fait usage dans l'accord des instmmenfs 

(1) De Musica, Ub. I. c. M». 



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DURUTTE 



à claTters. Le système de Tabbé Roussier fotpa- 
bUéenl770. 

Repris environ qnatre-yingts ans plus tard 
par M. Barbereau, dont H. Durutte est élève, 
ce système s^est modifié entre ses mains par le 
changement de la note initiale de la série deiT 
quintes, dans le but de parvenir à la formation de 
la gamme diatonique, de cette manière : /a, ut, 
toi, ré, la, mi, si (I) ; mais, ainsi qu*il a été dé- 
montré dauft t'analyse du travail de M. Barbe- 
rean (2) , cette constitution est illusoire, d*une 
|iart par le choix arbitraire du son initial de la 
série ; de l'autre, parce que la gamme est incom- 
plète, attendu qu'il y manqae le deuilèroe demi- 
ton , lequel ne peut se trouver sans Toctave du 
son primitif. Or cette octav^ ne peut être donnée 
par la série des quintes, puisque le huitième 
terme donnerait fa dièse, quinte de si, lequel 
n'appartieot pas à la gamme qu*on a voulu former. 

CTest ici que commence la théorie de M. Du- 
rutte. La gamme de M. Barbereau et Téchelle 
chromatique de Pabbé Roussier ne lui suffisent 
pas ; car il ne se propose pas moins que d'arri- 
Ter à la loi génératrice de tous les accords, con- 
sonnants, dissonants et altérés , ainsi qu'à la loi 
de leur enchaînement, et, enfin, è la loi tonale; 
ce qui, par parenthèse, est an non sens ; car il 
est évident que la loi de l*enc(Mnement des ac- 
cords ne peut être antre chose que la loi tonale. 
Or, pour parvenir à ces Immenses résultats, il 
ne faut à M. Durutte que la progression des 
quintes ; mais il la lui faut poussée jusqu'au trente 
et nnième terme , afin qu'elle contienne tons les 
éléments diatoniques, chromatiques, enharmoni- 
ques. 

Quelle est donc cette loi de laquelle doivent 
sortir toutes les merveilles promises par Bf . Du- 
rutte? C'est une gamme , ou plutôt une échelle 
chromatique fausse que lui a fournie son maître 
Hoène Wronsl[i ( voy. Wrorski ) ; échelle qui 
n'a aucun rapport avec la gamme de Ptolémée, 
de la plupart des géomètres , du plain-chant, 
et qui n'est que le résultat d'un mauvais tempé- 
rament inégal; échelle, enfin, qui n'est pas 
moins étrangère à la gamme harmonique et at- 
tractive qui constitue la musique moderne. Voici 
ce critérium prétendu de l'art absolu, dont le 
genre humain n'aura vraisemblablement jamais 
connaissance : 
«< ' u< 8 12 ré b ji ré %ré « f| «H fj\mi \ 



(1) Étudet i«r Voriçine du «yttéma musica!. Premier 
mémoire: Meti. issi, In-s*. 

(l| nevue et Gautte musicaie de Paris ( n. 4, SS Janvier 
tm, pages u et suivantes ). 



to J? to# îl *i t 51 si y ut « (i). On voit 
que la formule de Wronski a pour objet de ren- 
dre identiques les intonations Aéré f^ etmH, 
faiietsol]„solj(ietla\,,eUi, 

M. Delezenne ( voy. ce nom ) a fait de cette 
formule l'analyse suivante, dont l'évidence n'a 
pas besoin de commentaire : « Cette gamine est 
« fort irrégulière. On y remarque trois tons ma- 
« jeurs J, de 9 c ( commas), 481 1, savoir ut ré, 
« faiol, sol (a. II y a un quatrième ton majeur» 
« to 5f de 9 c, 0755, dont le rapport synchroniiiue 
« m est fort compliqué. 

« Il n'y a qu'un seul ton mineur : c'est celoi 
« y^ de rtf à mL Le demi-ton majeur J} da 
« mi an fa n'est pas égal à celui ^ de si à «^ 3 ; 
« Ils diffèrent de 0^,5941 ; par suite, les trola 
« tierces majeures sont inégales. Il en est de 
« même des tierces mineures, des quartes, des 
« quintes, etc. Cette gamme est tempérée pois- 
« qu'entre les notes qui diffèrent d'un ton le 
K dièse se confond avec le bémol ». Voy. Ta» 
ble des Logarithmes acoustiques, etc.» dans 
les Mémoires de la Société impériale des 
sciences, de Pagriculture et des arts de LUle, 
1857 ). 

Les mêmes causes qui rendent illusoire la for* 
mation complète de la gamme et de l'échelle 
chromatique par la série de quintes appelée pro^ 
gression triple existent dans le système, beauooop 
plus étendu, de M. Durutte ; car elles sont Insé- 
parables de ce mode de génération. Ce n'est pas 
ici le lieu d'en donner une démonstration, qui 
entraînerait trop loin; mais ces causes de dé- 
fectuosité n'existassent^iles pu,laUiéorie qol 
en est le produit ne serait pas plus admissible 
comme loi de la tonalité et de l'harmonie. La 
loi d'une chose est ce qui lui donne l'être, ce 
qui en est le principe et en maintient l'existence. 
Or, comment des combinaisons mécaniques et 
des relations de nombres, dont on n'a point con- 
science en musique, seraient-elles le principe 
et la loi de cet art? M. Durutte partage à cet 
égard l'erreur de beaucoup de théoricienè au-- 
tenrs de systèmes divers. Toutes les écoles de 
philosophie admettent l'origine psychologique 
que nous avons donnée à la formation des to- 
nalités, c'est-à-dire la musique dans son principe : 
cette origine a pour elle l'évidence, parce qu'il 
s'agit d'un art qui repose sur la sensibilité ; art 
idéal , qui ne prend pour base dans le monde 
réel que le phénomène du son. Les sons, comme 



(1) Cette former est la traduction salslssable par tous le* 
muslrlens de la formule doooée dans la lettre de.Wronsfci 
à M. Dumttc. Esthétique musicale, /'oy. pag. Bt. 



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DURUTTE 



93 



les ii0inl>re8 , ont U propriété de ne grouper di- 
7«8ein'*at deux par deax, trois par trois, quatre 
par quatre, et on en forme des séries de tierces, 
de quintes; enfin, on les coordonne jen raison 
dn système qu'on adopte , et chacun de ces sya- 
tèmes correspond à des formules de nombres. De 
même, certains phénomènes de résonnance font 
entendre d*one manière plus ou moins distincte 
des harmoniques du son principal mêlés h 
beaneoup d'autres sons moins perceptibles ; ces 
barmoniqoes sont exprimés par des nombres de 
ribratlons dont on peut également former des 
a^es. Mais est ce par des choses de cette na- 
ture que la musique se forme et devient un art P 
non, certes. C^est par sentiment que toutes les 
tonalités se sont constituées; c'est par sentiment 
qne toute la musique est restée pendant deux 
siècles dans le domaine de iUiarmonie conson- 
nante représentée par Taccord de trois sons ; 
c'est par sentiment qu'elle est entrée immédia- 
tement dans rbarmonie dissonante naturelle, 
par la découverte fortuite de Taccord dissonant 
de .quatre sons ; c'est, enfin, par sentiment que, 
tonràtour, les modifications des deux accords 
consonnant et dissonant, par le renversement 
des intervalles, par les prolongations, par les 
altérations ascendantes et descendantes , par la 
snbstitalion du sixième degré de la gamme, et 
par les combinaisons de ces modifications , c'est 
dis-je, par sentiment que toutes ces choses ont 
été trouvées. On en déduit une théorie conforme 
aux imprécisions que produit la musique , con- 
. forme à Kart d'écrire ainsi qu*à l'histoire de 
cet art; tliéorie simplecomme tout ce qui est vrai, 
et qui saisit Fesprit par son évidence. Elle peut 
se formuler par les nombres ; mais elle ne se 
crée point par eux. 

Que par la propriété qu'ont les sons de se 
grouper systématiquement , dont il vient d*étre 
parié, et pa^ les rapports de ces groupes avec les 
nombres, on pui.<»e représenter tous les faits 
harmoniques, comme le fait M. Durutte, en choi- 
sissant dans la série des quintes le terme dont 
il a besoin pour former chaque accord pris iso- 
lément, cela se peut sans doute ; mais qu'en ré- 
solte-t-il ? Une efTroyable multiplicité de faifc par • 
tleuliers^ sans connexion an point de vue de l'art; 
un dédale abrutissant, fait pour inspirer le dé- 
iftûi de l'étude de cet art , et sans utilité dans la 
pratique. An lieu des deux harmonies conson- 
nante et dissonante, origine et base de toute mu- 
sique, M. Du rutte présente/les milliers d'accords 
constitués géométriquement : c'estentre ces choses 
4u'il faut choisir ; mais le choix ne sera jamais 
douteux pour qui aura le sentiment de la mu- 
sique. Que le système présenté d»ns la Technie 



I de Tancien él^ve de TËcole polytechnique, en 
I le supposant aussi Juste qu'il est faux, puisse 
être considéré comme on produit curieux de 
la propriété qu'ont les sons de se grouper par 
sénés, soit ; mais qu'on ose dire que cette pro- 
priété est la loi de la musique et de toute l'har- 
monie, cela est simplement ridicule. De même 
on peut s'amuser, comme l'a fait M. Durutte, au 
passetemps innocent de la classification mathé- 
matique des accords ; mais cette fadaise est par- 
faitement inutile; car la notation musicale est 
pour cette chose infiniment plus simple que la 
notation algébrique. 

Confondant la science de l'acoustique avec la 
musique, M. Durutte accorde aux chiffres et aux 
propriétés des séries un avantage immense sur 
les phénomènes de l'ouïe et sur le sentiment de 
l'art. Pour voir à quelles extravagances ses idées 
le conduisent à cet égard, il faut lire ce curieux 
passage de son livre : « Afin de préciser, nous 
«c dirons que les accords dont l'étendue sur l'é- 
« chelle des quintes ne s'étend pas au delà de 
« 11 termes =3 lo quintes (par exemple dur^ ^ 
« au si)j ce qui forme Tibtervalie de sixte 
« augmentée ou de tierce diminuée, appar- 
« tiennent à Vharmonie immanente, c'ést-à- 
« dire à l'harmonie que l'oreille perçoit immé- 
« diafement, conformément aux lois de l'or^a- 
« fUsation de l'homme; et nous ajouterons qu'au 
« delà du 11* terme commence le domaine de 
« Vhanmonie transcendante, c'est-à-dire le do- 
« maine de l'harmonie qui dépasse les conditions 
« de l'existence terrestre ; harmonie qui ne peut 
« être saisie que par l'esprit de l'homme, et nul- 

« lement perçue par le sens auditif. L'expé- 

« rience, du reste, prouve la vérité de cette asser- 
« tion, et c'est là, c'est dans l'intervention de 
« V esprit ( Geist), que réside la grande différence 
« qui existe entre les modulations ordinaires et 
« celles dites enharmoniques. Peu importe, 
« d'ailleurs, l'instrument dont on se sert, car un 
« piano accordé selon le tempérament égal 
(c nous donne, aussi bien que les instruments non 
« tempérés. Vidée d'une modulation «nharmo- 
«c nique; parce qu'il y a quelque chose de plus 
a que la sensation, quelque chose de plus que 
« le sentiment, savoir ; intervention de V esprit^ 
« pressentiment d'un ordre plus élevé, auquel 
« l'organisation ne peut atteindre, ce qui est la 
« vraie source du sublime. » 

Certes il y a intervention de l'esprit dans la 
conception do beau musical ; mais elle se fait 
dans l'orire des idées de création de l'œuvre 
et non dans l'ordre àp faits harmoniques qui 
seraient hors do domaine de l'organisation sen- 
timentale. Où le sentiment est inerte, il n'y a 



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94 



DURUTTE — DUSSEK 



pins d*art. RemurquoM que M. Ditrutte est ea 
opposition avec son principe lorsqu'il perle de 
rasage d^un piano accordé par le tempérament 
égal, puisque sa loi de tonalllé de la musique , 
qui ne peut être saisie que par l'esprit, est le 
plus inégal et le plus l'rrégulier de tous les tem- 
péraments. 

Je ne me suis autant étendu sur le faux sys- 
tème dont il vient d'être parlé, que parce qu'il 
a eu du retentissement en France à la suite de 
séances publiques où l'auteur Ta exposé à Paris 
en 18ÔÔ, sans être compris de son auditoire : 
il suffît de Texpliquer pour le réduire an néant 
Pour l'origine de toutes les aberrations où 
M. Durutte s'est laissé entraîner dans son llyre, 
Toyei rarticieWaoNSKi de ce dictionnaire. Quant 
an langage ambitieux dont se sert habituellement 
M. Durutte, on y reconnaît aussi l'école dont il 
sort : c'est celui de l'auteur de la Réforme des 
mathématiques, copié jusqu'à l'aiTectalion la plus 
puérile. 

DURYER (Ahand-Cbàrles) ou plul6t Du- 
fier, suivant son acte de naissance, né à Parts , 
le 3 mai 18O8, Tut admis au Conservatoire de cette 
▼ille à l'âge de dix -neuf ans, le 1'^ mars 1827, 
et y devint élève de Clienié pour la contrebasse. 
11 y reçut aussi des leçons de contrepoint de 
Seuriot et de Jelensperger, répétiteurs du cours 
de Reiclia. Sorti du Conservatoire, il entra à 
l'orchestre de l'Opéra-Comique eu 1829, et passa 
h celui de TOpéra en 1831, en qualité de contre- 
bassiste. Dans le mémo temps il était attaché 
au choeur de l'église Saint- Roch. On a de cet 
artiste : Méthode complète de contrebasse; 
Paris, 1836, in-(ol. M. Duryer a été considéré 
à juste titre comme un des meilleurs contrebas- 
sistes de Paris. 

DUSCHECK ou DUSSEK ( François ) , 
né à Chotiborck, en Bohème, le 8 décembre 1736, 
trouva dans le comte de Spork un protecteur 
qui lui fit faire d'abord ses études chea les jé- 
suites de Kœnigratz, et qui renvoya à Vienne, 
pour y apprendre à jouer du piano et les rè- 
gles de la composition, sous la direction de 
Wagenseil. De retour à Prague, il s'y fit remar- 
quer comme virtuose sur le piano , comme pro- 
fesseur, et forma plusieurs élèves distingués, 
parmi lesquels on remarque Vincent Mascbeck 
et' Jean WitUsseck. Duscheck est mort dans 
cette ville le 12 février 1799. On a de lui : 
!•* Vingt-cinq chansons de Spielmann pour les 
enfants; Prague» 1793, in-k\ — 2" Sonate à 
quatre mains ; n* 1 ; Vienne, 1792. — 3<» Deux 
sonates à quatre mains; Leipsick, 1797. — 
4" Sonate pour le piano ; ibid. — 6** Le combat 
naval et la défaite complète de la grande 



flotte hollandaise, par Vamiral Duncan, le 
2 octobre 1797, sonate caractéristique pour 
le piano ; Vienne, 1799. — 6" Andante avec 
variatiom pour le piano; Leipsick, KQhnel. 
Duscheck a laissé en manuscrit beaucoup dé 
concertos, de symphonies, de quatuors et de trios. 

DUSCHECK JosépHiNE). femme du précé- 
dent, naquit à Prague vers 1756. Élève de son mari 
pour le piano et pour le chant, elle brillait à Prague, 
I en 1790, comme cantatrice et comme virtuose aor 
le piano. £lle joignait à son talent sur cet ins- 
trument une grande habileté sur la harpe, fil 
1794, elle se fit entendre avec succès dans les 
concerta de Vienne. Après la mort de son mari, 
elle partit pour Londres, où elle s'est fixée vers 
1800. Elle y est morte en 1823. 

DUSSAULX, on DU S\ULE (G&rard), 
' en lalin Gerardus a Salice^ prêtre et compo- 
siteur belge, a vécu au commencement do sei- 
zième siècle. Il n'est connu que par ce qu'en dit 
Glaréan {Dodecach., fol. 280 ), ainsi que par le 
motet Os jusli meditabitur sapientiam, et par 
le psaume laudate Dominum, omnes génies, 
-tous deux à quatre voix, rapportés par cet au- 
teur (fol. 284-287). Ces morceaux, bien écrits, 
sont du onzième mode , appelé hypolydien par 
Glaréan, bien qu'il ne soit pas l'hypolyd tendes 
didactiques grecs, et qu'il corresponde an ias- 
tien d'Aristoxène et au ionien d'Alypius. 

DUSSEK (Je4n-Joseph), excellent organiste 
et directeur du cbceur de l'église collégiale de 
Czaslau, naquit en 1739, à 'Wlaiowicz, en Bo- 
hême, où son père était charron. Lorsqu'il eut 
atteint Tâge /le dix ans, sa mère le mit à Vécole 
de son beau-frère Jean Wlaclis , in^^tituteur et 
bon maître de musique à Wlazowicz. Après queK 
ques années d*étude, Dussek fut en état d'ensei- 
gner lui-même dans Técole de son oncle. A l'Age 
de seize ans il se rendit à Langenau, comme ins- 
tituteur primaire agrégé; il demeura en ce liea 
pendant trois ans, et employa une partie de Ce 
temps i l'étude de l'harmonfe. Ar>pelé ensuite à 
Chumecz pour y enseigner la musique dans l'é- 
cole publique, il alla prendre pos.«ession de rem» 
ploi qui lui était offert , et ne tarda point à se 
faire remarquer par son talent sur l'orgue. Sa 
réputation fut bientôt si bien élablie que le ma- 
gistrat de Czaslau lui offrit la place d'organiste 
et de premier instituteur de la ville, avec un trai- 
tement considérable. Il accepta celte {tosition 
et entra en fonctions en 1769, n'étant âgé que de 
vingt ans. L'année suivante il éiwusa Véronique 
Stebeta, fille d'un jugede la ville, et de cette union 
naquirent trois enfants, dont il sera parlé dans les 
I articles suivants, et qui Turept tous de^ artistes 
distingués. L'étude des œuvres des grauds orga- 



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DUSSEK 



95 



ntstes et compositears occapa la plas grande , 
partie de la TÎe de J.-J. Dussek ; et les plus ha- | 
biles fiirrDt ceux qu'il se proposa poar modèles. 
Depuis longtemps ses eafants étaient séparés 
de lui, lorsqu*en 1803 il eut le bonheur d'em- 
brasser son fils y pianiste célèbre, dont le nom 
était devenu «uropéen^ et sa fille, Madame Cian- 
ebettini. Le plaisir d'entendre des artistes sem- 
blables fut pour sa vieillesse une source de pures 
jouissances. J. J. Dussek cessa de vivre en 1811. 
Trois années auparavant, il remplissait encore 
ses doubles fonctions d'organif te et d'instituteur^ 
primaire. Parmi les meilleurs ouvrages de J.-J. 
Dussek , qui sont tous restés en manuscrit , on 
distingue : 1** Une messe pastorale à quatre voix 
et orchestre.— 2'' Deax Utanies. -. Z"" 1 Salve, 
Eegina, — 4** Des sonates pour le piano. — 
5** Des fugues et des toccates pour l'orgue. 

DUSSEK (Jeam-Lodisou Ladislas), fils du 
précédent , artiste illustre comme virtuose sur 
le piano et comme compositeur, est né à Czaslau, 
en Bohème, le 9 février 1761. A T&ge de cinq ans 
U Jouait déjà du piano, et, suivant le témoignage 
de son père , il accompagnait sur Porgue dans 
sa neuvième année. Il fut ensuite envoyé comme 
sopraniste au couvent d'igtau, où 11 continua d'é- 
tudier la musique sous la direction du P. La- 
dislas Spenar, mattre du chœur de Téglise des 
Minorités. Dussek étudia les langues anciennes 
au collège des Jésuites, et alla achever ses études 
i Kuttenberg, où il avait été appelé comme orga- 
nisle. Après avoir passé deux années et demie 
en ce lieu, il alla suivre un cours de philosophie 
à Pragn^ et ses progrès furent tels, qu'il put 
soateuir avec honneur sa llièse de bachelier en 
cette science. Ce fut alors que le comte de Maen- 
ner, capitaine impérial d'artillerie, et protec- 
teur de Dussek , remmena avec lui en Belgique 
et le fit entrer comme organiste à l'église Saint- 
Rombaut de Malines. Après avoir passé quelque 
temps dans cette situation, Dussek alla à Berg- 
op-2k>om, où il remplit aussi les fondions d'or- 
ganiste, et se rendit ensuite à Amsterdam. Arrivé 
dans cette ville, il y fit admirer son habileté sur 
le piano. Sa renommée le fit bientôt appeler à 
La Haye par le Statliouder, et il passa près d'un 
an dans cette résidence, pour y donner des leçons 
de piano au:^ enfants du prince. Ce fut là qu'il 
publia ses trois premiers ouvrages, qui consistaient 
en trois concerts pour le piano, detLx violons, 
alto et basse, œuvres 1"; six sonates pour piano 
et violon, œuvre2 ; et six autres sonates du même 
genre, œuv. 3. Ces productions sont comptées 
parmi ses meilleures. En 1783 Dussek avait at- 
teint sa vingt deuliième année, et déjà son ta-% 

lent excitait la plus vive admintion; cependant 



il était encore en doute sur lui-même, et ce doute 
lui fit prendre la résolution de se rendre à Ham- 
bourg pour consulter Charlea-Philippe-Emmanuef 
Bach. Il en reçut d'utiles conseils et des éloges. 
L'année suivante, le jeune virtuose était h Berlin, 
où des applaudissements lui étaient prodigués 
pour son habileté sur le piano et sur l'harmonica 
à clavier, instrument nouvellement inventé par 
Hessel. De Berlin, Dussek alla à Pétersbourg, où 
il avait le dessein de résider quelque temps;mais 
le prince Charles de Radziwill lui. proposa nn 
engagement si avantageux, qu'il crut devoir Tac- 
cepter, et il demeura deux ans avec ce seigneur 
dans le fond de la Lilhuanie. Vers la fin de 1786, 
il vint à Paris, y joua devant la reine ( Marie- 
Antoinette), et reçut de la part de celte princesse 
des offres avantageuses, qui ne purent le dé- 
cider à se filer en France, parce qu'il avait le dé- 
sir de visiter son frère en Italie. Arrivé à Milan, 
il y donna des concerts, où il se fit entendre sur 
le piano et sur Tbarmonica, et son talent pro- 
duisit une vive sensation, bien ^ue les Italiens 
fussent pen sensibles aux beautés de la musique 
instrumentale, surtout à cette époque. De retour 
à Paris, en 1788 , il y resta peu de temps ; les 
premiers troubles de la révolution française le 
décidèrent à passer en Angleterre ; il s'y maria en 
1792, et se fixa à Londres, où il établit un com- 
merce de musique. Dussek, enthousiaste de son 
art et aimant le plaisir, était peu propre à diriger 
des spéculations commerciales : de là vint que 
son établissement ne prospéra point. Poursuivi 
par ses créanciers, ce grand artiste fut obligé de 
quitter PAngletérre et de se réfugier à Hambourg, 
en 1800. Là, une princesse du Nord se passionna 
pour lui , V enleva et vécut avec lui dans une 
retraite située vers la frontière de Danemark. 
Cette liaison dura près de deux ans. En 1802^ 
Dussek fit un voyage en Bolième pour y revoir 
son père, dont 'il était séparé depuis vingt-cinq 
ans. A son retour, il passa par Magdebourg, fat 
présenté à l'infortuné prin^ce Louis-Ferdinand de 
Prusse, et s'attacha à sa personne. Ce prinoe 
ayant perdu la vie au combat de Saaifeld, en 1806, 
Dussek passa d'abord au service du prince d'Y- 
senbouns, puis, en 1808> il se rendit à Paris et 
prit un engagement avec lé prince de Talley- 
rand, dont il devint le maître de concerts. Fa- 
tigué de la vie agitée quil avait eue jusqu'alors, 
il ne songea plus qu'à jouir en paix du repos qui 
lui était offeri. 

Doué du caractère le plus aimable , de bonté 
et d'obh'geance pour les artistes, d*un esprit na- 
turel orne d^une instruction variée, de beaucoup 
de gaieté, et de manières nobles qu'il avait puisées 
dans la hante société où il avait vécu, Dussek 



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9G 



aTait pour amis fous ceux qui le connaissaient. 
On ne lui reprochait qu*un défaut , qui nuisait 
plus à lui-même qu'aux autres : c'était une in- 
souciance incurable, qui lui faisait négliger le 
soin de ses affaires, et qui le mit souvent dans 
de grands embarras. Dans les dernières années 
de sa nie, son embonpoint était devenu excessif, 
ce qui ne lui avait rien ôté de son agilité sur le 
piano; mais la difficulté de se mouvoir, qui 
en était la suite ^ lui avait fait contracter Pha- 
bitude de passer au lit la plus grande partie du 
jour. • Pour . sortir de Pespèce d'apathie qui ré- 
sultait de ce genre de vie, il était obligé de faire 
un usage immodéré de vin et de liqueurs ferroen- 
tées , comme de stimulants , qui finirent par al- 
térer sa constitution, et par lui donner la mort. 
It cessa de vivre, à Paris, le 20 mars 1812. 

Également célèbre comme exécutant et comme 
compositeur pour son instrument, Dussek a mé- 
rité sa double réputation par de rares talents. On 
se souvient encore de leffet prodigieux qu'il fit 
en 1808, aux concerta^ qui furent donnés à TO- 
déon par Ro4ie , Baillot et Lamare. Jpsque-là , 
le piano n'avait paru qu'avec désavantage dans 
les concerts ; mais sous les mains de Dussek 
il éclipsa tout ce qui Tentourait. Le style large 
et sage de cet artiste , sa manière de chanter 
sor un instrument privé de sons soutenus, enfin 
la netteté et la délicatesse de son jeu, lui procuré • 
rent un triomphe dont il n*y avait point eu d'exem- 
ple auparavant. Ses compositions se distinguent 
par des formes qui lui sont propres, par des 
motifs brillants, par des mélodies heureuses, 
et par une harmonie riche, bien que parfois in • 
correcte. 

Dussek a publié soixante-seize œuvres pour le 
piano, qui consistent en douz^ concertos, une 
symphonie concertante pour deux pianos, un 
quintette pour piano , violon , alto, violoncelle 
et contrebasse, un quatuor pour les mêmes ins- 
truments sans contrebasse, dix'ceuvres de trios 
ou bonates accompagnées ; quatre-vingts sonates 
avec accompagnement de violon, neuf sonates 
à quatre mains, trois fugues idem, cinquante- 
trois sonate» pouf piano seul, et un grand 
nombre de rondeaux, fantaisies, air» variés, et 
valses pour piano seul. Une collection com- 
plète de ses œuvres à été publiée à Leipsick, 
chez Breitkopf et Haertel. Parmi ses ouvrages, 
ceux que Dussek estimait le plus sont les œu- 
vres 9, 10, U, 35, la sonate intitulée les AcUeux 
à Clementi, et celle qui a pour titre le Re- 
tour à Paris. Il avait publié à Londres une mé- 
thode pour le piano, en anglais, qu'il a traduite 
en allemand, pour la faire paraître à Leipsick , 
et dont une traduction française a été publiée 



DUSSEK 

k Paris, chez Érard. il a donné aussi à Londres . 
deux opéras anglais, qui ont eu peu de succès ; 
enfin, on connaît de lui en Allemagne une messe 
solennelle qu'il a composée àM'àge de treize ans, 
plusieurs oratorios allemands, entre autres celui • 
de la Résurrection, sur la poésie de KIopstock. 
Il y a aussi beaucoup d'autre musique d'église 
de sa composition qui est conservée à l'église 
de Saijite-Barbe, à Kuttenberg, ainsi que dans 
l'église collégiale de Czaslau. 

Un beau portrait de Dussek a été peint à 
Londres par Cosway, et gravé en 1800 par P. 
Coudé. 

DUSSEK ( FRAKçois-Bniorr ) , second fils 
de Jean- Joseph, naquit h Czaslau, le 13 mars 
1786. Après avoir fait ses premières étudeîi de 
musique sous la direction de son père, il fut en- 
voyé il Prague en qualité d'organiste du cou- 
vent d'Emaûs, oili il apprit l'harmonie et le roo- 
trepoint par les leçons d'un bon organiste et com- 
positeur nommé le P. Augustin Ssenkyrz. Ce fol 
aussi dans ce couvent qu'il apprit à jouer da 
violoncelle et du violon, instruments sur les- 
quels il parvint à une grande habileté. Lorsque 
ses études furent entièrement terminées, il entra 
comme maître de chapelle au service de la com- 
tesse de Lûtzow , ancienne élève de son père et 
protectrice de sa famille. Cette dame ayant ré- 
solu de faire un voyage en Italie, prit avec elle 
son maître de chapelle, qui s'arrêta d'abord à 
Mortara, dans le Piémont, en qualité d'organiste 
et de maître de musique, et qui fut ensuite ac- 
compagnateur an théâtre S. Benedetto, à Ve- 
nise, puis au théfttre de la Scala, k ftyian. Pen- 
dant qu'il étoit employé k ces ttié&trel, il écrivit 
les opéras intitulés : 1** La Caffetiera di Spirito, 
— 2" /l fortunalo.successo. — 3* La Feuda- 
iaria, — V* L'Impostore. — 5* Voglia di dote 
enon di moglie. — 6" Matrimonio e divorzio 
inun sol giorno, — 7" L'Incaniesimo. — 8<> La 
Ferita mortale. Tous ces ouvrages furent ac- 
cueillis favorablement ; cependant i!s ont le xié- 
faut de manquer d'originahté dans les mélo* 
dies , quoiqu'ils soient assez riches d'harmonie. 
Vers 1790, Dussek' s'établit k Laybach, comme 
organiste de la cathédrale et professeur de violon. 
Il y vivait encore en 1800; on ignore ce qu'il est 
devenu depuis ce temps. On connaît de cet ar- 
tiste de jolis ca^nzonU pour le chant, avec ac- 
compagnement de piano, un trio ou nocturne 
pour trois flûtes, n<» 1, Leipsick, Peter», et une 
sonate pour piano et violon, ibid. Il a laissé en 
manuscrit des concertos pour piano et pour violon, 
de» fionates, solos, trios, etc. 
DUSSEK (VéRomQUB-RosàUE). Voy. Ciin- 

CRErriM (M*""). 



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DUSSEK — DUTENHOFER 



97 



DCSSER (M"**), fiBmme de Louis Dossek, 
plus tard Madame Moralt, née fille de Domi- 
■iqoe Corri, yïi le jour k Edimbourg, en 1775. 
Se* grandes dÎApoeiUons pour la mosiqae se ma- 
nifestèrent dès sa plus tendre enfance. Elle joua 
même du piano en public k l'Age de quatre ans. 
En 1788 sa famille quitta l'Éoosse, et alla s'éta- 
blir k Londres. Miss Ck>rri, Agée alors de quatorze 
ans» chanta a? ec luccès aux concerts do roi et 
aux soirées publiques. Son premier maître de 
cbant ayait été son père, mais elle profita beau- 
coup ensuite des conseils de Marcliesi, de Viga- 
nooi et de Cimador. Kn 1792, elle épousa J.-L. 
Doseek, et, par ses leçons, devint bientôt aussi 
célèbre comme pianiste et comme virtuose sur 
la harpe que comme cantatrice, en jouant k tous 
les oratorios et aux concerts de Salomon avec son 
mari. Elle chanta à Cambridge, k Oxford, à 
Llrerpool, à Manchester, Dublin et Edimbourg 
avec on ^gal succès. Elle fut ensuite engagée k 
ropéra, pendant une saison ; mais dégofttée des 
tncasseries et des intrigues de théAIre, elle quitta 
la scène, et se livra k renseignement. Devenue 
veuve en 1812 , Madame Dussek épousa en se- 
condes noces M. Moralt. Depuis lors elle a tou- 
jours résidé à Paddiogton, où elle a établi une 
académie de musique. Elle a publié les ouvrages 
suivants , de sa composition : 1° Trois sonates 
pour ie piano, op. 1 ; Londres. — 2° Trois idem 

pour la harpe, op. 2 ; ibid 3^ Trois idem, 

op. 3; ibid. -^4*^ Trois idem pour le piano, 
n* I, 2, 3; ibid. — 5*» Walse de la duchesse 
d^ York pour le piano. — 6* Walse allemande 
pour la harpe. — V Rondo pour le même ins- 
iroment. — 8^ Rondo du Déserteur pour le 
piano, 

DUSSEK (Ouvià), fille des précédenU, est 
née k Londres, en 1799. Héritière des talents de 
ses parents, elle excellait sur le piano et sur la 
harpe. Sa mère, qui fut son institutrice, la mit 
en état de se faire entendre sur le piano à TAge 
de huit ans, à la salle d'Argyle. Elle demeurait 
avec sa mère k Paddington et exerçait la même 
profession. Elle a composé quelques jolies bal- 
lades et un duo pour harpe et piano qui a été 
gravé à Londres. 

DUTAATRE (Jban-Baptistb), professeur 
de musique et de chant, mort k Paris, en 1749, 
a donné à la Comédie-Italienne VAmour mu- 
tuel, comédie à ariettes, en 1729 , et le Dlver- 
iissemeni de la paix. On trouve dans nn re- 
cueil d'airs sérieux et à boire , publié par Bal- 
lard, en 1710, in-4^ obi., un air pour voix de 
dessus, avec accompagnement de flûte et de 
ba.sse continue par Dutartre. 

DUTILLIEU (Pierbe), né à Lyon, vers 

BIOGR. UNIV. DES HDSiaKNS. — T. III. 



1765, voyagea d*abord en Italie, où il écrivit te 
musique de plusieurs ballets, et fut ensuite at- 
taclié comme compositeur k la cour impériale de 
Vienne, vers 1791. Ses compositions les plus 
connues sont : 1** Antigona ed Enone, k 
Kaples, 1788. — 2** / Curlandesi, ballet, ibid., 
1791 . — S"" Maggia contra Maggia, ballet, ibid., 
1791. — 4^ // Trionfo d'amore, opéra buiïa, 
k Vienne, en 1791. — 5^ Nannerina e PandoU 
fino, o sia glisposi in cimenio, opéra buffa, 
ibid., 1792. — &" Die FregwilUgen, ballet, à 
Vienne, 1793. — 7*»Gtt Accidenti délia ViUa, 
opéra buffa, ibid., 1794. — 8*> la Superba 
corretla, opéra buffa, ibid., 1795. — 9** Der 
Jarhmarkt, ballet, ibid. — 10<* Arminio, ballet, 
ibid. » 11'' Die Macht des schomen Gech^ 
Uchts (la Puissance dn beau sexe), ballet. 
— 12^ Six duos pour deux violons, op. 1; 
Vienne, Artaria, 1800.^ 13** ConceHo pour 
le violon, en manuscrit,' ches Traeg, à Vienne. 

DUTROCHET (RENéUsKRi-JoAcnni), né 
en 1776, au cliAteau de Néon, département de 
rindre, était destiné par sa naissance à jouir 
d*une fortune considérable ; mais il en fut privé 
par la révolution de 1789. Son père ayant émigré, 
ses biens furent confisqués et vendus. Ces cir- 
constances obligèrent Dutrochet à faire chonc 
d*un élat; il se livra k Uétude de la médecine. 
Le 26 juin 1806 il soutint une tlièse remarquable, 
qui a paru la même année ches Firmin Didot 
(in-4<*), sous ce ti Ire : Mémoire sur une nou- 
velle théorie de la voix, avec Vexposé de di^ 
vers systèmes qui ont paru Jusqu'à ce Jour 
sur cet objet. CTest un fort bon ouvrage et qui 
contient des vues nenves. Nommé dans le même 
temps médecin des armées, Dutrochet fit en cette 
qualité les campagnes d*£spagne pendant les 
années 1808 et 1809. Depuis lors, retiré dans 
les environs de ChAteau-Regnault, il s'est livré 
CKclusivement k l'étude de la nature. Outre ses 
ouvrages spéciaux sur te physiologie, rhistoire 
naturel le et la médecine, on a de ce savant : Mé- 
moire sur une nouvelle théorie de Vharmonie, 
dans lequel on démontre Vexistence de trois 
modes nouveaux qui faisaient partie du sifS' 
tème musical des Grecs; Paris, Allut, 1810, in-8* 
de 90 pages. 11 a aussi traité de la théorie de la 
voix dans ses Mémoires pour servir à Vhistoire 
anatomique et physique des animaux et desvé^ 
gétaux; Pari», 1837 (t. H. p. 519 et suiv.) Du- 
trochet fut d*abord correspondant, puis membre 
titulaire de rAcadémte des sciences, de llnstitut 
de France. Il est mort le 4 février 1847. 

DUTTENHOFER (F.-M.), docteur en 
médecine et en chirurgie à Stuttgard, précédem- 
ment professeur à* Técole vétérinaire de cette 

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d8 



DUTTENHOFER — DUVAL 



iriHe, est auteur d*an opuscule intitulé : VnCer- 
mchungen ilber die menschlich Stimme in 
hinskht auf Physiologie , Physih und Musik 
(RechercheH sur la voix Immaitie dans ses rap- 
ports avec la physiologie, la physique et la mu- 
sique); Stuttgard, 1$39, in-8* de 47 pages. L'au- | 
teur 8*y pronouce contre la théorie de la Toix 
de fausset exposée par Jean M&ller {voy. ce 
nom). Il examine aussi la nature des sons de 
gorge des Tyroliens, appelés Jokdlen; mais ce 
quTil en dit manque de développements et de 
darté. 

DUVAL (François), Tiolonistcde la chapelle 
do roi depuis t70«y est mort à Paris, en 1738. 
C'est le premier Français qui ail composé des 
sonates de violon, à riroitation des Italiens. On 
a de lui sept livres de sonates qui ont été pu- 
bUées à Parts. 

DUVAL (Mademoiselle), actrice de rOpéra 
de Paris, y jouissait d*une grande réputation en 
1730. Elle a composé la musique do ballet les 
Génies, qui a été représenté en 1736, et a pu- 
blié aussi un ouvrage élémentaire qui a pour 
titre : Méthode agréable et utile pour ap- 
prendre facilement à chanter Juste et avec 
goût, etc.; Paris, 1741 ,in-fol. obi. M"* Duval 
est morte à Paris en 1769. 

DUVAL (L'abbé ) , musicien de la Sainte- 
cliapelle du palais, vers le milieu du dix huitième 
siècle f esl mort à Paris , en 1781. On a de lui : 
Principes de la musique pratique, par de- 
mandes et par réponses^ Paris, 1764, io-8^ 

DUVAL (CHàELBs), avocat, né en 1753, 
fnt membre de la convention nationale. Il est 
mort à Paris, au mois d'avril r825. On a de lui 
un pamphlet sous ce titre : Instruction du 
procès entre les premiers sujets de VAcadémie 
royale de musique et de dans&, et le sieur De 
VisnièSf entrepreneur, Jadis public, aujour- 
cT^ul clandestin, e( directeur de ce spectacle. 
Sans date ni nom de lieu ( Paris, 1779), in-8^. 

DUVAL (Edmond), né à Knghien (Hainaut), 
le 22 août 1809, apprit en Belgique la musique 
vocale et les élémenu du violoncelfe. En 1838 
il se rendit k Paris, et le 31 janvier de cette 
année il obtint son admission au Conservatoire, 
comme élève de violoncelle, dans le cours 
de M. Yaslin. Le premier avril suivant il entra 
dans le cours préparatoire de contrepoint et 
fugue tenu par Boilly, puis par M. Mlllaolt, tous 
deux élèves de Tauteur de cette notice. Dans le 
même temps M. Duval fut compris dans la com- 
posiUon de Torchestre du théâtre de TOrléon en 
qualité de violoncelliste. N'ayant pas mis d'exac- 
titude à suivre les leçons de ses professeurs du 
CoDseiVatoirey U lit peu de progrès sur rinstm- 



ment qu'il avait adopté, et ne se trouva pas en 
état de prendre part an concours de 183t ; ee 
qui lui fit prendre la résolution de se retirer da 
cours de M- Vaslin. Cependant II continua ses 
études de composition, et obtint, le 17 décembre 
de la même année, son admission parmi les 
élèves de M. Fétis; mais la même inexactitude 
s'étant fiût remarquer dans sa présence aux 
leçons, M. Duval (ut rayé des contrôles de 
l'école , par décision du comité d'eniieignement » 
en date du 1 5 juin 1832. Il quitta Pans peu de 
temps après pour retourner dans sa ville natale» 
où il vécut sans occupation déterminée pendant 
quelques années. 

Pendant ce temps de repos, Tattentlon de M. Do- 
val fut fixée d'une manière fortuite sur le plaln- 
chant, dont 11 ne s'était jamais occupé aupara- 
vant. M. l'abbé Janssen, alors professeur de 
cbant au séminaire de Matines, devint son guide 
dans cette étude, nouvelle pour lui, et malheu- 
reusement les prétendus Vrais principes du 
chant grégorien, enseignés par le professenr, 
égarèrent M. Duval , comme ils ont égaré tous 
ceux qui les ont adoptés ; car ils sont fort er- 
ronés et contraires aux bonnes traditions des 
anciennes écoles. Le zèle que montrait M. Duval 
dans sa nouvelle étude lui fit obtenir la protec- 
tion de Mgr le cardinal archevêque de Malines. 
Après radopttou des principes de M. Janssen 
dans le diocè.se , une réforme des livres de 
cbant devenait nécessaire pour les mettre en 
harmonie avec ces mêmes principes : les yaix 
se fixèrent sur M. Duval, pour en faire le pro- 
moteur de cette réforme, et il reçut la mission 
d'aller à Rome à la découverte d'un guide pour 
le travail qui devait lui être confié : rien ne fut 
négligé dans les précautions prises pour lui 
aplanir les difficultés. Il ne s'agissait pas 
pour M. Duval d'aller faire un long travail de 
comparaison des leçons de manuscrits de di- 
verses époques pour choisir les meilleures : ofk 
voulait un travail pinsexpéditif, et Ton se borna 
à chercher une édition publiée à Rome, avec 
l'approbation du souverain pontife, qui pôt de- 
venir la base <'u travail, sauf à lui faire subir 
les altérations qui seraient rendues nécessaires 
par l'application des Vrais principes ôt M, Jans- 
sen. lA granle difliculté, pour tout éditeur de 
livres de citant , est dans le graduel , car Tori- 
gine des répons, graduels, des traits et leurs 
versets, des ofTertoires et des communions, est 
orit>ntale; ces chants sont surchargés de notes 
dont la valeur primitive n'était que celle de 
simples ornements du chant. C'est là que la 
fantaisie des réformateurs s'est donné libre 
carrière; c'est ik que les altérations les plus 



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DUVAL 



90 



tatMqoes ont été accamalées par les réform»- 
tMK. Les maDiMGrits qui aaraient dû l« guider, 
site €o avaieot ea notelligenoe, furent négligés; 
chaean saivU son ftjfttème et j mit du sien. De 
Ik Tiait que les éditions do Graduel sont tontes 
diesembUbles, et toutes sans autre Tslenr que 
eeile d'un nsage pins ou moins long dans les 
dif«n pays et diocèses. Le graduel Imprimé par 
sfdre du pape Paul Y dans l'imprimerie Médicis , 
a deux grands volumes in-folio ( 1614 et 1616), 
le premier pour le propre du temps , Tautre 
pour les saints» n'est ni meilleur ni plus mauvais 
que les autres ; mais c'eit un livre magnifique 
d'exécution typographique. Ce fut celui-là que 
choisit M Duval. Quant au Vespéral, où les 
attéralioDs sont moins multipliées, parce que les 
SBUennes, dont le chant est beaucoup plus 
simple que celui des pièces du Graduel , n*ont pas 
fourni l'occasion d'autant de variantes capri- 
ôeuses , il est dit dans la préface de Tédition 
donnée par M. Duval, que l'antiphoDaire im- 
primé par Pierre Liclitenstein, à Venise (1579- 
1580)^ celui de llmprimerie des Juntes (Venise, 
1615), celui qui est sorti des presses de Paul 
fiallioni (Venise, 1701), et enfin l'antiphonaire 
imprimé par Plantin, k Anvers, en 1672, ont 
été mis à contribution pour la formation de ceJui 
de Malioes^qui conséquemment est nne sorte 
de travail ceotonien. M. Dnval n'était pas assex 
lettré pour les parties de l'œuvre qui concernent 
les textes e) la liturgie : M. l'abM De Voght, 
professeur au séminaire de Malines, lui fut ad- 
joint, pour Taider de ses conseils et de sa plume; 
enfin, en 1848 parurent les deoi volumes in- 
titulés : I' Graduale romanum juxta ritum 
aaerosimcUt roman» Ecclesia, eum catUu 
PqmU F. Pont. Max. jussu reformato. Bdê- 
Uo emendata; MeehUnim, P.-J. Hanieq, 1648, 
in-8*. — ^** Vespérale romanum, cum Psalterio 
ex anUphonali romano fideUter extractum, 
cum eantu emendato; ibfd., in-8*'. VéditUm 
corrigée du Graduel de Paul F et le chant cor- 
rigé du Vespéral, extrait des antiphonaires cités 
précédemment, étaient un aveu forcé de ce .qu'on 
avait bit dans ces livres pour les mettre en 
harmonie avec le système de M. Janssen, c'est- 
à-dire des altérations de formes et des corrup- 
tbns de tous genres qui s'y étaient glissées. A 
leur apparition, ils firent éclater une multitude 
de réclamations, qui toutes n'osèrent pas se pro- 
duire au grand jour, particulièrement dans le 
diocèse; mais dans d'autres diocèses on fut 
moins retenu. Un ecclésiastique de Uége , dont 
\t tairai le nom, puisqu'il n*a pas cru devoir le 
rèvrier, mais homme de grand savoir en ces 
nati^resy signala quelques-unes des alternions 



des nouveaux livres dans -le Jowmal histo- 
rique dé lÀége, et fit remarquer qu'il les prenait 
au liasard, parce quil s'en trouvait à chaque page 
et qu'on ne pouvait tout discoter. Une Ré- 
ponse aux observations du Journal kistori' 
que de Uége, sur le Graduel et le Vespéral, 
édition de Malines, 1848, parut sous les noms 
de MM. Edmond Duval et P.-F. De Voght, à 
Malines, ches Hanicq, avril, 1849, 70 pages in-12. 
Cette réponse ne toudiait point an fond des 
clioses : elle épilogiialt sur les mots; mais l'em- 
barras était évident. 

Les clioses en étaient là quand une note de 
l'auteur de celte notice tomba entre les manu 
de M. l'abbé De Voglit, et fit jaillir la lumière 
à ses yeux sur l'œuvre d'égarement à laquelle il 
avait pris part Sa conscience en fut si troublée, 
qu'il en fit une maladie sérieuse. De retour à la 
santé , il ne voulut plus continuer le travail n6> 
cessaire pour compléter les livrm de chant du 
diocèse dans le même système (vo^, J^Nsan), 
et il sortit do séminaire. D'antres collaborateurs 
furent donnés à M. Duval, et successivement pa- 
rurent : Z"^ Manuale chori ad decantandas 
parvas kora^i MechMnix, 1650, in^g". -^ 
4^ Processionale ritibus roman» Bcclesix ae- 
comodatum, etc; eum cantu emendato; ibid. ; 

1861 , in-r'. — &o Rituale romanum Pauli F, 
Pontificis Maxime, etc-, cum eantu emendato , 
ibid., 1854, inl6. — e"* Pastorale MecfUiniênse 
Bituali rom. accom, etc., cum eantu emen- 
dato ^Shxà,^ 1853, in^*'. De nouvelles éditions du 
Graduel et du Vespéral ont été publiées chez le 
même , dans les formats in-folio et in-octavo , 
en 1854. — On a publié aussi , sous le nom 
de M. Dnval , et avec la coopération de M. Bo- 
gaerta, prêtre et professeur au grand séminaire 
de Malines, les écrits polémiques dont les titres 
suivent : 1° Études sur le Graduale Rome- 
num, publié à Paris, chez M, Leeoffre; Bia^ 
Unes, 1851. " 2<' Nouvelles éludes sur le Gra- 
duale Romanum, publié à Paris, etc; Ré» 
ponse à M. Céleste Alix; Malines , Hanioq , 

1862 , in-8''. — 3^ Études sur les livres eho- 
raux qui ont servi de base dans la pubU* 
cation des livres de chant grégorien édités 
àMaUnes,tic.; MalineS; 1855, in-8''; — 4<'0tt«^ 
ques remarques à propos des Études sur _ia 
restaunUion du chant grégorien par M, 7%« 
Piisard, et du Précis historique sur la res- 
tauration des livres de chant grégorien par 
Mgr Àl/ieri; Malines, 1856, in«8^ M. Duvil 
a donné aussi : Traité d'aceompagnemefU dm 
platn<hant par l'orgue^ d'après les règles 
des théoriciens du treizième et du qua- 
torzième siècle. Ce titre manque d'exaetitode; 

7. 



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DUVAL — DUVERNOY 



josqa'à la fin do doonème «ècle Taccompagiie- 
ment da plain-chant par l'orgue ne fut que la 
diaphonie, et rien n'indique qu'il n'en fut pas 
de même dana le treizième ; c'est pour cela que 
las jeux de mixture étaient le fondement de 
toutes les andennea orgues, qui n^avaient pas, 
comme les modernes, de puissants Jeui de fonds 
graves pour en absorber les quartes et les quintes ; 
enfin, il n'existe pas dans les traités de musique 
des treixième et quatorzièmesièdes, de règles pour 
raccompagnement du plain - chant par Toigue, 
et ce serait une graTe erreur de croire que les 
règles de la res fada Ini fussent applicables ; 
car ces règles ne concernaient que la musique 
écrite {chose faite). Qusnà l'accompagnement 
do plain-chant cessa d'être la diaphonie, il ne 
ftit pendant longtemps qu'à deux parties, et les 
Successions de quintes s'y firent encore entendre 
fréquemment. 

DUVE ( JoROàif ), écrivain dté par Waltbcr, 
comme auteur d'une dissertation intitulée Pro- 
çramma quo ninUam artis affeetationem in 
musica sacra iheoloçis magni nominis im- 
probari ostendit; Neu-Ruppin, 1729. 

DDVERGER (EocèiiB), imprimeur à Paris, 
né à Lille, au commencement du dix-neuvième 
siède, commença ses études au lycée de cette 
ville, puis vint les achever au collège Sainte- 
Barbe , à Paris. Après avoir appris tout ce qui 
concerne la typographie diez Firmin Didot, il 
établit une imprimerie à Paris. Après la révolu- 
tion de 1830, il fut chargé par intérim de la di- 
rection de l'Imprimerie royale. On lui est rede- 
vable de l'invention d'un système de typographie 
de la musique qui a donné les plus beaux résul- 
tats jusqu'à ce jour. Il consiste en une série 
complète de types sans portée. La composition 
de la forme ou du fragment étant faite, on la 
dicho avec du plâtre fin, el avec une sorte de 
rabot on trace dans le cliché les portées sur les 
types des notes. Après cette opération, on coule 
dans le cliché en creux un cliché métallique qui, 
après qu'il a été réparé , sert k l'impression. Il 
a publié un Spécimen des caractères de mU' 
sique gravés, fondus, composés et stéréotypés 
par les procédés de E. Duverger, précédé 
d'une notice sur la typographie musicale, 
par M. Fétis; Paris, de l'imprimerie deE. Du- 
verger, 1834 , gr. in-4'', avec des tableaux en 
grands et petits caractères de musique, d'une 
exécution pi^rfaite. Duverger a imprimé par ses 
procédés un grand nombre de traités élémentaires 
de musique, de manuels, de tableaux pour les 
écoles, de recueils de cantiques, de diansons, 
de solfèges, etc. 

DUVERNOY ( Frédémc ), on plntM 



DUVERNOIS, né k Montbéliard ( Haut-F.hin), 
le 15 octobre 1 77 1, suivant le Dictionnaire his- 
torique de Choron et Fayolle, mais suivant les 
registres de l'Opéra, le 10 octobre 1765, ce qui 
est plus vraisemblable , car Duvemoy exteuta 
nn concerto de cor au Ck>nGert spirituel , le fi aoAt 
1788. Il se livra sans maître à l'étude du cor et 
k celle de la composition. En 1788 il entn à 
Porchestre de la Comédie-Italienne. Neuf ans 
après, il fut admis à l'orchestre de POpéra , et 
en 1801, on le choisit pour jouer les soios. En 
1816, il en sortit avec la pension de retraite. 
Nommé professeur an Conservatoire de musi- 
que, lors de sa Ibrmation, il en remplit les fonc- 
tions jusqu'à la suppression de cette école en 
1815. Dnvernoy fut aussi attaché à la chapelle 
et à la musique paiticulière de l'empereur Na- 
poléon Bonaparte, qui aimait son talent Ce 
talent était d'une nature particulière. Satisfait 
d'acquérir nn beau son et une exécution par- 
faite, Duvemoy borna retendue de son ins- 
trument à un petit nombre de notes qui partiel* 
paient du premier et du second cor, appelés par 
Dauprat cor alto et cor basse. Il résulta de 
ce mélange c* que Dnvernoy appela cor mixte; 
c*est cette dassification particulière qu'il ensei- 
gnait an Conservatoire. Qndle que fût la perfec- 
tion de son jeu , il résultait du peu de notes 
qu'il employait une sorte de monotonie qui 
nuisit beaucoup k l'efTet qu'il voulait produire. 
Quant à ses compositions, le chant en est com- 
mun, les traits peu élégants et les accompagne- 
ments mal écrits : elles sont déjà tombées dans 
un profond oubli. Ces compositions consistent 
en douxe concertos, trois quintetti pour cor, 
deux violons, alto et basse, des trios pour cor, 
violon et violoncelle, trois œuvres de duos ponr 
deux cors , plusieurs livres de sonates et d'é- 
tudes, des solos, des doos pour piano et cor, 
enfin une Méthode de cor mixte. Tous ces 
ouvrîmes ont été gravés à Paris et en Allemagne. 
Duvernoy est mort à Paris, le 19 juillet 183S. 

DUVERNOY (CHàRLBs), frère putné da 
précédent, est né Montbéliard ( Haut-Rhin ) 
en 1766. Le maître de musique d'un régiment 
en garnison à Strasbourg lui donna des leçons 
de darinette, et les progrès du jeune artiste 
furent rapides. Après avoir été attaché pendant 
qudque temps à un corps de musique militaire » 
Duvernoy se rendit à Paris, en 1790, entra dans 
la même année au théâtre de Monsieur, comme i 
première clarinette, et passa ensuite de la foirtf i 
Saint-Germain au théâtre > Feydeau. Pendant i 
vingt-cinq ans il a rempli ses fonctions avec ta-* j 
lent, et s'est retiré en 1824, avec la pension de | 
vététlnce. Admis comme professeur,lors de l'or- | 



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DUVERNOY — DUYTSCHOr 



101 



ganisation do ConserTatoire » il fut compris dans 
Jes réformes qui furent faites en 1802. Un beau 
son et beaucoup de netteté dans Texécution des 
traits rapides composaient le caractère particulier 
du talent de cet artiste ; mais son style laissait 
souvent désirer plus d'élégance. Duvemoy a pu- 
blié deux œuvres de sonates pour la clarinette , 
avec accompagnement de basse, et des airs va- 
riés en duos pour deux clarinettes. Il est mort k 
Paris, le 28, février 1845. 

DUVERNOY ( Henri-Louis-Charles ) , 
pianiste et oompoMteur, fils du précédent, est né 
à Paris, le 16 novembre 1820. Admis comme 
élève au Conservatoire de cette ville, le 22 dé- 
cembre 1829, à Tflge de neuf ans, il reçut toute 
son éducation musicale daus cette école, dont 
il suivit les cours pendant près de seize ans. 
Toutes les distinctions des diverses branches de 
Tart lui furent tonr k tour décernées. Après 
avoir obtenu le deuxième prix de solfège en 
1831, il eut le premier en 1833. Devenu élève 
de Zimmerman pour le piano, il conquit le 
deufifème prix de cet instrumeut en 1837, et le 
premier au concours de Tannée suivante. Le pre- 
mier prix d'harmonie et d'accompagnement pra- 
tique lui fut décerné en 1839, et il obtint celui de 
contrppoint et de fugue, comme élève d'Halevy, 
«n 1841. Le second prix d'orgue lui avait été dé- 
cerné en 1840; il obtint le premier en 1842. 
Enfin, ayant pris part au grand concours de 
composiliou musicale de Tlnstilut de France, 
en 1848, il obtint le second prix. Dès 1839 il 
avait été appelé aux fonctions |de professeur 
adjoint de solfège : il en fut nommé professeur 
titulaire le 1*' octobre 1848. Dans cette i)osi- 
tion, il a en pour élèves un grand nombre d'ar- 
tistes qui depuis lors se sont distingués comme 
chanteurs et comme instrumentistes. Après avoir 
rempli pendant quelques années les fonctions 
d'organiste aux temples protestants de la rue des 
Billelles et de la Rédemption , il a été nommé 
organiste titulaire du temple de Panthemont 
( culte réformé ), à la suite d^un concours qui 
eut lieu en 1858. Artiste instruit et laborieux, 
M. Duvemoy a produit quelques ouvrages sérieux , 
qui lui font honneur. En 1846 il fut chargé, 
conjointement avec son oncle Georges Kuhn 
( voy. ce nom }, par le consistoire de Montbel- 
liard ( Doubs ), de la réforme du chant des 
psaumes et cantiques, pour Tusage des temples 
du culte évangélique de France. Ce travail a 
été publié sous ce titre ; Nouvettu choix de 
psaumes et de cantiques harmonisés à quatre 
voix, et composés en partie par MM. Kuhn 
et Henri Duvemoy. Paris, 1848, 2 vol. in- 12. 
Un des volumes de cette collection appartient k 



, M. Duvemoy. Une suite de oe travail a été de^ 
mandée par les pasteurs des églises reformées de 
France, et exécutée, en 1859, par le même artiste, 
en collaboration de M. Duprato ( voy. ce nom )• 
M. Duvemoy a pris part aussi k la rédaction 
de l'ouvrage de Georges Kuhn, intitulé Solfège 
des chanJtears; Paris, 1855. Enfin, il est auteur 
du Solfège à changements de clefs ( Paris, 
1857), ouvrage adopté pour l'instruction par 
le Conservatoire de Paris et par ses succursales 
de Toulouse, Marseille, Metz et Lille, ainsi que 
par les conservatoires de Braxelles et de Liège. 
Enfin , on a de cet estimable artiste un Solfège 
artistique, divisé en deux parties et dédié k 
l'auteur de cette notice; Paris, 1860, gr. iD-4*. 
Comme pianiste et compositeur pour son ins- 
tmment, M. Duvemoy a publié environ cent 
œuvres de musique légère qui ont para chez la 
plupart des éditeurs de Paris. 

Deux autres fils de Charles Duvernoy se sont 
fait connaître comme artistes musiciens. L'alné 
( Charles ), ténor de l'Opéra-Comique pendant 
plusieurs années, a été professeur de déclama- 
tion lyrique au Conservatoire de Paris, et a suc- 
cédé à Moreau-Sainti, comme chef du pensionnat, 
dans la même institution; le second, élève de 
Dauprat pour le cor^ est entré à l'orchestre de 
rOpéra, en 1830. 

DUVERNOY (Jean-Baptiste), professeur 
de piano à Paris , et compositeur fécond de fan- 
taisies et de bagatelles faciles pour le piano. 
Depuis 1825, environ^ il a produit quelques cen- 
taines d'œuvres de cette espèce, ta plupart sur 
des thèmes d'opéras. On ne trouve pas de ren- 
seignements sur cet artiste dans les registres du 
Conservatoire de Paris, d'où il résulte qu'il n'y 
a pas reçu son éducation musicale. Il n'appartient 
pas à la famille des précédents. 

DUYSCHOT (Jean ), constructeur d'or- 
gues hollandais, vivait au commencement du dix- 
huitième siècle. Ses principaux ouvrages sont : 
1^ Un orgue de huit pieds, composé de dix-huit 
jeux, deux claviers et pédale, dans l'église fran- 
çaise de Deift, en 1696. — 2° Un idem, de seize 
pieds, à trente- cinq jeux, trois claviers et pédale , 
dans l'église neuve de La Haye, en 1702. — 
3® Dans l'église française du même lien, un posi- 
tif de onze jeux, en 1711. — 4® Un ouvrage de 
treize jeux, deux claviers et pédale, en 1712, à 
Zaandam. 

DUYTSCHOT (R.-B), autre construc- 
teur d'orgues, et peut-être le père du précédent, 
s'est fait connaître par les ouvrages suivants : 
1* Des améliorations au grand orgue de l'église 
neuve d'Amsterdam, avec addition de treize 
jeux et d'un clavier, en 1666. — 2^ Un orgue 



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102 



DUYTSCHOT — DZONDY 



de trente-hirit jeax, trois claviers, pédale et haït 
soafllets, cominenoé en 1683, et fini en 1686, 
dans PégHae de TOuest, à Amsterdam. 

DYGON ( Jean ), bachelier en musique, né 
eo Angleterre, vers le milieu du quinzième siècle, 
fut élu prieur du couvent de Saint-Augustin, k 
Cantorbery, en 1497. Il est mort dans le même 
lieu, en lb09. Hawkins a inséré un motet k trois 
voii de sa composition, dans son histoire de la 
nrasique ( t II, p. 619 ). 

DZONDY ( Cbarlcs-Hbnri ), docteur et 
professeur de médecine à l'université de Halle, 
dont le nom vériuble était Schundemius, na- 
quit à Oberwinkel, en Saxe, le 25 septembre 
1770. Il fit ses études à Alteoboiirg, et les ter- 
mina à ToniverHité de Wittenberg; puis il s'é- 
tablit à Halle, àt il exerça la médecine; il y est 



mort , le l*' juin 1835 , des soites d\ine at- 
teinte d'apopleiie. Il a publié un grand nombre 
d'ouvrages relatifs à la médecine, mais qui n'ont 
point de rapports avec l'objet de ceRe Biogra- 
phie, lil n'est cité ici que pour ses discnsaions 
avec Nauenburg sur l'organisation de l'appareil 
vocal, dont on peut voir les détails dans la 
Gcaette musicaleàt Leipeick (ann. 1831 et 1832). 
Ces dîMussiotts déterminèrent Dxondy h publier 
un ouvrage spécial sur les fonctions do Toile dn 
|)alais dans la respiration, la parole, le chant, etc.; 
cet ouvrage a paru sous le tUre suivant : Die 
Functionem des weichen Gaumens Mi» 
Athmen, Sprechen, Singen, SchUngen, Br^ 
brechen, etc. (Halle, Schwetschke, 1831 • ia-4* 
de 74 pages et onze planches ). 



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E 



EAGEn (Jbaii), oé à Norwich, en 1782, 
«at pour père ud ancien militaire qui avait em- 
brasa la proression de luthier et de constructeur 
d'orgues. L'éducation d'Eager fut Tort négligée : 
<iuelques Dotions de musique furent tout ce que 
son père lui enseigna. Lorsqu'il eut atteint l'âge 
de douze ans, le duc de Dorset le prit sous sa 
protection et l'emmena dans sa maison k Kent. 
U y jouissait d'un sort agréable, lomqu'il eut 
le malheur de perdre subitement son protecteur, 
qu'une maladie aiguë enleva en peu de jours. 11 
:»entit bientôt la nécessité d'user de ses talents 
pour assurer son existence. A dix-huit ans il 
épousa une jeune personne de Yarmouth» qui 
lui appora en dot une somme considérable , qu'il 
dissipa en peu d'années. Vers 1820 il a ouvert 
une école de musique basée sur la méthode de 
Logier. Cet artiste a composé et publié un con- 
certo pour le piano et une collection de chan- 
sons. Il jouait de presque tous les instruments 
et en donnait des leçons. 

EASTCOTT (RicnARD), ecclésiastique et 
littérateur anglais, né à Kxeter, vers 1740, a vécu 
quelque temps à Londres, où il fut lié avec les 
principaux artistes et amateurs de musique; puis 
il retourna à Ëxeter pour y remplir les fonctions 
de doyen. On a de lui un livre qui a pour titre : 
Sketches ofthe orfgin, progress and effects 
of music, with an account of the ancieni 
bards and minstrels ( Esquisse de l'origine , 
des progrès et des effets de la musique, avec 
une notice sur les anciens bardes et ménestrels) ; 
Bath, 1793, in-8^ Cet ouvrage n'est qu'une com- 
pilation des histoires de la musique de Burney, 
de Hawkinsy et du livre de Walker sur les 
bardes et les ménestrels de l'Irlande; mais cette 
compilation est faite avec goût, et renferme des 
faits intéressants. Le livre est divisé en treize 
cliapilres suivis de quatre chapitres de supplé- 
ment. Eastcott a publié aussi un recueil de 
morceaux choisis sous letitre.de Tke Harmony 
ofihe Muses, six sonates pour le piano, dont il 
a été fait deux éditions qui ont paru à Lon- 
dres , et des Essais poétiques^ en deux feuilles 
in-8^ 

EBDON (Thomas), professeur de musique 
èDurhara^ vers la (in du siècle dernier, a publié, 
en 1780, un œuvre de deux sonates pour le 



clavecin, un recueil de Glees, et, en 1790, une 
collection de musique sacrée intitulée Sacred 
Music, containing complète services for ca- 
ihedrals. 

EBELING (Jbar-Gborgf^), directeur de 
musique à Berlin vers le milea du dix-septième 
siècle, a mis en musique les cantiques allemands 
de Paul Gérard pour 4 voix, 2 violons et basse 
continue. Cet ouvrage est intitulé ? GeisiUche 
Andachienin 120 Liedem, mit 4 SingsUmmen, 
2 vioUnen und den Generalbassen; Berlin, 
1666, in-fol. Postérieurement Ebeling est devena 
professeur de musique du collège Carolinum 
à Nuremberg : il occupait encore celte position 
eu 1683. Les cantique» de Paul Gérard , pour 
tous les dimanches de l'année, ont été réimprimés 
avec le chant et la basse seulement de la mu- 
sique d'Ebelittg, en format portatif. La troi- 
sième édition de ce recueil a été publiée, avec 
une préface de Conrard Feuerlein, prédicateur 
de l'église lSolre'Dam£, à Nuremberg, sous ce 
titre : Pauli Gerkardi Gtistliche Andackien 
bestchend in 120 Liedem. Aufûlle Sonntage, 
und gewisse Zeilen im Jahr gerichteU Vor 
dXesem mitsechs Stimmen in- folio gedrucket^ 
und mit zwei Stimmen, von J, G. EbeUng^ 
des Gymn. Carolini profess Music. iVumti- 
berg, Chrisioff Riegel, 1682, 1 vol. in-S** à» 
723 pages. 

EBELING (Jb4n-Geobges), né à Lupe- 
bourg, fut d'abord, en 1662, directeur de mu- 
sique à l'église principale de Berlin et au collège 
de Saint-Nicolas de la même ville. En 1668 il 
passa à Stettin en qualité de professeur de mu- 
sique du collège Saint-Charles, et il mourut 
dans ce poste, en 1676. On a de lui un livre in- 
titulé Arckxologim orphicx sive antiquUates 
musicx; Stettin, 1657, in-4<*. It n'a poassé se» 
reclierches sur cette matière que jusqu'à l'an du 
monde 3920. Cet ouvrage, d'ailleurs , selon Fa- 
bricius (Bibl. Graec. lib. 3, c. 10), ne contient 
que des choses insignifiantes. Le» autres pro- 
ductions d'Ebeling sont : i® Vn concert pour 
plusieurs instruments ; Berlfn, 1662, in-fol. — 
2"^ Cantiques spirituels à quatre voix, deux 
violons et basse continue; Berlin, 1666, et la 
suiteen 1667, in-fol. Ebeling a donné aussi le même 
ouvrage arrangé pour une voix avec accompa- 
103 



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104 



EBELING — EBELL 



gnement de claTecin : Stettio, 1669, in-8''. Pierre 
Stamm a fait imprimer un éloge d^Ebelfng, sous 
ce titre : Programma funèbre in ohitum J. 
G. Ebelingiif Steltin, 1676, in-4^ 

EBELING ( CHRisTOPHK-DiiNieL) , savant 
littérateur et mpsicteo instlruit, naquit au tiI-' 
lage de Garmissen , près de HilJesiieim, en 1741, 
et devint en 1764 professeur dMiistoif^e et de 
langue grecque ëo collège de Saint-Jean,^à Ham- 
bourg. Le docteur Bnmey, qui le vit dans celte 
ville en 1772, vante son amabilité et son obli- 
geance. Il était alors Tun des directeurs de Ta- 
cadémiede commerce établie k Hambourg. Sa 
bibliothèque musicale était nombreuse et renfer- 
mait les meilleurs ouvrages sur la pratique, la 
théorie et l'histoire de cet art. On a de lui les 
ouvrages suivants : 1** Versuch einer auserle- 
senen mtuikalischen Bibliotkek (Essai d'une 
bibliotiièque musicale choisie); Hambourg, 1770. 
— 2^ Une traduction allemande du voyage mu- 
sical de Burney en France et en Italie, sous le 
titre de Tagebuch einer musikalischen Reise 
durch Frankreich und Italien, etc.; Hambourg, 
1772, in-8^ Les voyages en Allemagne et dans 
les Pays-Bas ont été traduits par Bode (vog. ce 
nom). — 3" Ueber die Oper (Sur TOpéra), 
dans le Journal intitulé Magasin de Hanovre, 
de 1767. ^ 4"* Geschickte der Oper ( Histoire 
de rOpéra ), ibid. — b"* Une traduction de TEs- 
soi sur Vunion de la poésie et de la musique 
parle chevalier de Chastellux, dans les Entretiens 
de Bambourg, tome VI H. H il 1er a rendu compte 
de cette traduction dans ses Notices musicales, 
(Mustk. Nachriclilen, tome IV. 

EBELL (Benri-Charles), amateur de mu- 
sique, compositeur, et conseiller du gouverne- 
ment prussien, à Oppeln, est né" & Neu-Buppin , 
le 30 décembre 1776. Ayant été placé dès son 
enfance au gymnase de cette ville, il y apprit la 
musique en même temps que les éléments de la 
littérature. Ses heureuses dispositions pour cet 
art lui firent faire de rapides progrès; il s'essaya 
de bonne heure dans îa composition , et écrivit 
avant d'avoir atteint.sa dix-neuvième année une 
symphonie remarquable par la pureté de Sun 
style. En 1795 il quitta le gymnase de Neu Rup- 
pin, et se rendit à l'université de Halle. Tûrk, 
qui habitait cette ville, prit le jeune Ebell sous 
sa direction, et lui fit acliever ses études de com- 
position et d'harmonie dans les partitions de 
Jean-Sébastien Bach, de Hœndel et de Mozart. 
Il lui faisait lire en même temps les traités di- 
dactiques de Kimberger et de Marpurg. 

Kn 1797, Ebell partit pour Berlin, où il passa 
son examen de référendaire. Là, ii se lia avec 
le maître de chapelle Reicliardf, et prit quelque 



chose de son style, dont il est resté des traces 
dans tout ce qu'il a écrit depuis lors. Dans Tan- 
née suivante il écrivit son prenûer opéra, tatilolé 
VAnge gardien {Der Schûtzgeist). Cet ouvrage 
fut suivi àeSeliûo e/^e7t«a, opéra en quatre actes, 
poème de Kinderling, du Déserteur, opéra en 
deux actes, de Melida, opéra, de VlmmortaUté^ 
oratorio dédié à la reine de Prusse. Ebell écrivit 
aussi dans le même temps une symphonie en mi 
bémol, deux concertos pour cor, dédiés à l'em- 
pereur de Russie, des Consolations musicales, 
pour le piano, des suites de pièces pour des ios' 
trumens à vent, en 14 cahiers, des chansons avec 
accompagnement de piano, une symplionie en 
ut, et le monologue de ThMa, pour voix seule 
et piano, tiré de La mort de Wallenstein, de 
Schiller. Les succès obtenus par ces premiers ou- 
vrages décidèrent Ebell à suivre la carrière d'ar- 
liste. Tuscheck, premier directeur de musique 
du théAtre de Breslau, ayant quitté cette place 
en 1801, Ebell l'obtint, à la recommandatioo de 
Reichardt. Avant de s'éloigner deBeriin, il avait 
envoyé à Breslan la partition d'un nouvel opéra 
intitulé .Der Braeuiigamspiegel (le Miroir 4a 
fiancé). Son engagement, moyennant 400 écas 
de Prusse, fut signé au mois de juin 1801, et il 
prit possession de sa place le 28 septembre de la 
môme année, par la première représentation de 
son opéra. Depuis 1801 jusqu'en 1803 Ebell 
composa plusieurs mélanges lires d'un poëme 
de Kinderling, les cantates funèbres de Heide- 
manu, la Fête de Vamour (Das Feslder Licbe), 
opéra , la musique de la tragédie de Lanassa 
(en mai 1802), une cantate pour an jour de 
naissance, un chœur, trois quatuors pour des 
instruments à tent, une musique pour les funé- 
railles de la cantatrice Dlstel, les Dons du génie, 
(Die Gaben des Genius), opéra dont le livret' 
trop faihle, causa la cliute, le Retour, cantate[ 
des romances et des chansons avec accompagne^ 
ment de piano; enfin une cantate exécutée aa 
bénéfice de son auteur, le 20 octobre 1802. 

Streit ayant quitté la direction du théâtre en 
1802, Ebell donna sa démission, et demanda à 
entrer au service du gouvernement ; au printemps 
de 1804 il fut nommé secréUireau département 
de la guerre et des domaines. Quoiqu'il eût 
quitté la profession d'artiste, il conserva un vif 
amour pour l'art. Dans la même année, il conçut 
le plan d'une société pour les progrès de la mu- 
sique;elle ftit mstailée le 30 août 1804, sous le 
nom de société philomalique. Parmi ses mem- 
bres on comptait Ebell, le maître de chapelle 
Schnabel, Itorganisle Berner, et le directeur de 
musique Foerster. Ebell écrivit pour cette sociâé 
des dissertations intitulées : 1<* Remarques sur 



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EBELL — EBERHARD 



105 



Ut terminologie adoptée par Vabbé Vogler , 
dans son traité d'harmonie et de basse gêné- 
raie, d'après les principesde Vécole de Mann- 
heim ; 2<» Que peut faire le gouvernement en 
faveur des progrès de la musique, et quels 
seraient les moyens les plus efficaces pour 
atteindre à ce but? 3^ Remarques sur VO- 
péra de Breslau, La Société phiiomatiqae, 
dont rexistence était due à Ebetl, ne se soatint 
pas^et futdisftoole en 1806» après les éfénements 
de la gaerre de Prusse. 

Depuis que Ebell avait quitté le tbéfttre, sa 
position était pénible, car il n*aTait aucun re- 
Tenu et il ne recevait pas d'appointements du 
gouvernement. Rnfin, il fut attaché au commis- 
sariat de Parmée de la haute Silésie*. Son zèle fut 
remarqué par le ministre comte de Hoym, qui le 
fit son secrétaire particulier, au mo\% d*avril 
1806, et qui lui fit obtenir, en 1807, la place de 
secrétaire de la régence de Breslao, avec un trai- 
tement de 300 tlialers. 11 est mort dans cette 
YiUe, le 12 mars 1824. 

Les ouvrages qu'Ebell a publiés depuis 1807 
lui assurent une place dtsliuguée parmi les com- 
positeurs allemands du dix-neuvième siècle. En 
1807 il a fait représenter à Breslan la Fête 
d'Eichtale, opéra en trois actes, qui fut joué en- 
suite avec succès à Dresde, en 1812. Le Garde 
de nuit ( Der Nachwaechter ) est un petit ou- 
Trage plein de verve comique, qui fut aussi 
bien accueilli à Cassel et à Leipsick. Un de ses 
meilleurs ouvrages est son Anacréon en lonie, 
opéra en troi») actes, qui fat joué à Breslao, en 1810. 
On a aussi de lui cinq symphonies ( en ré mi- 
neur, la majeur, mi ^,si majeur, et r^ mineur) ; 
trois quatuors pour violons, alto et basse, op. 2 , 
Leipsick , Breitkopf et Haertel ; un idem, Ibid.; 
des variations pour le piano sur un thème de 
Uimmel ; des cantates ; une polonaise pour vio- 
lon, avec accompagnement d^orchestre ; des chah- 
sons à plusieurs voix, etc. Dans l'hiver ds 18 1 2, 
Ebell fut attaché à la rédaction de la Gazette 
mtuicale de Leipsick ; il publia plusieurs ana- 
lyses de compositions dans ce journal. On a aussi 
plusieurs morceaux de critique musicale quMl a 
fait insérer dans divers journaux, particulière- 
ment dans ceux de la Silésie. 

Un compositeur du même nom, directeur de 
musique à Magdebourg, y a fait représenter, en 
1847, un opéra dont le sujet était les Flibustiers. 

EBCRHARD, surnommé de Frisange 
( EBsaBABDUs FaisENGENSis ) , parco qu'il était 
moine dans une abbaye de bénédictins située au 
bourg de Frisange, dans le comté de Luxem- 
bourg, a écrit dans le onzième siècle deux 
petits traités relatifs à la musique, dont Tun a 



pour titre : De Menxura flstularum, et l'au- 
tre : Begulx ad fundendas notas, id est orga* 
nka tintinnabula. L'abbé Gerbert les a in- 
sérés dans sa collection des écrivains ecclésias- 
tiques sur la musique (t. 2, p. 279). 

EBERHARD ( ), hautboïste au 

deuxième bataillon defiesse-Hanau, a Hanau, a 
composé la musique d'un opéra allemand inti- 
tulé La loi tartare, en 1780. Cet ouvrage a ob- 
tenu quelque succès. 

EBERHARD (Jean-Auguste), professeur 
ordinaire de philosophie à Tuniversité de Halle, 
depuis 1778, est né à Halberstadt, le 31 août 1738. 
Il a fait insérer dans la feuille hebdomadaire mu- 
sicale de Berlin ( Berl. mus, Wochenblait ), pu- 
bliée par Reichardt ( 1805, p. 97 ), quelques idées 
en réponse à une question sur les instruments 
à vent (Fragmente einiger Gedanken zur 
Beaniwortung einer Frage ûber die BlaS' 
instrumente ). Il • est aussi l'auteur d'une 
théorie des beaux-arts et des sciences ( Théo* 
rie des schoenen Kunste und Wissenschaf- 
ien ), où Ton trouve une dissertation sur le mé- 
lodrame. La troisième édition de ce livre a 
paru k Halle, en 1790. Son ouvrage le plus im- 
portant est son Manuel d'Esthétique ( Hand- 
buchderiEsthetik); Halle, 1803-1805, 4 parties 
in-s*'. La deuxième édition a été publiée dans 
la même ville, en 1807, et la troisième, en 1814. 
Kant avait réduit les impressions produites par 
la musique à un jeu de pures sensations : 
Ëlierhard fut on de ses adversaires à ce sujet. Le 
premier entre les philosophes modernes, il traita 
de la musique avec un développement scientifique 
dans l'ouvrage qui Tient d'être cité : le troisième 
volume renferme un morceau étendu sur la théo- 
rie du beau dans cet art (pages 66 à 123). 
Son principe fondamental est que l'homme a 
conscience d'une combinaison complète des élé- 
ments de la musique dont il détermine les rap- 
ports bons ou mauvais par un sentiment que 
l'expérience développe. Suivant sa classification , 
ces éléments sont rangés dans cet ordre : 
rhythme , mouvement, ton (qualité du son), 
mélodie et harmonie. Cette classification suffit 
pour faire voir qu'Eberiiard a plus appliqué ses 
recherches à la manière dont les diverses par- 
ties de l'art agissent sur les hommes dépourvus 
de connaissances, qu'à la découverte du principe 
absolu de l'art en lui-même, et à la conception 
idéale que nous pooTons avoir de son unité. 
Eberhard a vu, en efTet, que les parties de la 
musique qui agissent avec force sur les hommes 
les moins initiés à cet art sont le rhythme et le 
mouvement, puis la sonorité, puis enfin la mé- 
lodie, et en dernier lieu Pliarmonie ; mais ces 



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106 



EBERHARD — EBERL 



considératiônft, bien que fondées en réalité, ne 
|>euvenl condaire h une doctrine Tondaroentale 
du beau, et n*ont de valeur dans la Bcience que 
comme des renseignements d'expérience , quel- 
que soin qn^ait pris leur auteur de les rattacher 
au sentiment général que nous avons de la beauté. 
Une des meilleures idées d'Eberliard est d*avoir con- 
sidéré riiistoire de la musique comme insépara- 
ble de sa théorie esthétique. Ce professeur distin- 
gué est mort à Halle, le 6 janvier 1809. Frédéric 
Micolaî a pubKé une notice étendue sur Eberliard 
avec son porb-ait , sous ce titre : GedachJnisS' 
schrift auf Joh. Aug. Eberard; Berlin et 
Slettin, 1810, in-8^ 

EBERHARD (ViLBELMiNK ) née Kœhler, 
femme d^un procureur à Marbourg, a publié 
dans le magasin des dames ( Frauen Zimmer 
Mag. ), de 1783, une dissertation sur la mu- 
sique. 

EBERHA.RDT (FRANçois-JoitEPH), cons- 
tructeur d'orgues estimé, établi à Breslau, naquit 
à Sprottau. Outre les réparations faites par lui 
aux orgues de Breslau, il a construit : 1^ L'orgue 
du temple de Sprottau, en 1 750, composé de 40 
jeux, 3 claviers et pédale, avec quatre soufHeU. 
^ 2*^ Celui des Franciscains de Breslau, en 1752, 
composé de 15 jeux, 2 claviers et pédale. — 
3* Celui dps Franciscains à Neys, en 1754, de 18 
jeux, 1 claviers, pédale, et 3 soufflets. 

EBERII ARDT (...), organiste du châ- 
teau à Schleitz, a donné en 1824 une bonne édi- 
tion du livre choral d*Altemhoarg ; Altembourg, 
in-4**. 

EBERL ( Antoinb ), habile pianiste et com- 
positeur, naquit à Vienne en Autriche, le 13 juin 
1765. Dès sa plus tendre enfance il annonça des 
dispositions si heureuses pour la musique, qu*à 
r&ge de huit ans il jouait des concertos de piano, 
arec le plus grand succès. Cependant son père, 
l'un des premiers officiers de la cour de Tempe- 
reur, le destinait au barreau, et lui donna une 
éducation soignée. Le jeune Eherl fit de rapides 
progrès dans ses étude», sans négliger néanmoins 
celles qui avaient la musique pour objet. A l'âge de 
seize ans, il composa la musique de deux opéras 
comiques intitulés : les BokémienSf et laMar- 
chande de modes, quoiqu'il n'eût point encore 
appris les règles de Tharmonie. Gluck, ayant as- 
sisté à la représentation d'un de ces ouvrages, 
reconnut dans l'auteur du génie, et engagea 
sa famille à lui faire faire des études sérieuses, 
afin de développer son talent naturel. Ce fut en 
vain : on le contraignit k suivre ses travaux 
dans la jurisprudence et à se préparer â un exa- 
men pour le doctorat. Vers ce temps il se lia d*a- 
mltid avec Mozart, et cette circonstance fortifia 



en lui le goAt de la musique. If se mit à étudier 
avec assiduité le contrepoint et la théorie de l'an. 
Sa première composition régulière fut le mélo- 
drame de Pyrame et Tkisbé, qu'on repré- 
senta au théâtre impérial de Vienne, en 1796. 
Dans la même année il accompagna la veuve de 
Mozart et madame Lange dans un voyage oà 
elles visitèrent les principales villes de l'Alle- 
magne, telles que Berlin, Hambourg, Leipsick, 
et il donna des concerts où il fit entendre aes 
compositions instrumentales. De retour â Vienne, 
il y reçut un engagement comme maître de cha- 
pelle à Pétersboorg, et partit bientôt après pour 
cette ville. 11 écrivit un opéra allégorique pour 
le théâtre allemand, une cantate, des symphonies 
pour les concerts de la cour, et tieaucoup de 
pièces détacliées pour le piano. En 1801, il re- 
vint à Vienne et y fit représenter un grand opéra 
intitulé : Die KcnUgin der Sckwarzen Ins^n 
( la Reine des lies noires). L'année suivante il 
fit un deuxième voyage en Russie , mais qui fut 
de courte durée. Depuis lors il n'a cessé de 
résider â Vienne, où il est mort le 11 mars 1807, 
k l'âge de quarante et un ans. Voici la liste de 
Ses compositions : 1^ Une sonate en ut mineoTy 
qui a été gravée à Vienne, et k Orfeubacli, aoua le 
nom de Mozart, op. 47, et que Ple>ei a publiée 
avec le titre de Dernière grande sonate de 
Mozart. Artaria en a donné une édition, à 
Vienne, en 1798, sous le nom de l'aoteor yéri- 
table. — 2"* Petite sonate pour le piano, à Vu- 
sage des commençants, op. 2<; Vienne. — 
3° XII Variations sur le duo : bey Maennem, 
welcke liebe fuehlen, gravées sous le nom de 
Mozart à Vienne, en 1792. ~ 4*' Six chamson» 
allemandes avec clavecin, première partie, 
op. 4 ; Hambourg, 1796. ^ d"" XII Variations 
pour le piano sur l'air : Ztt Steffen spraeK 
im Traumcy gravées sous le nom de Mozart, 
à Hambourg, et rétablies depuis sous celui d'E- 
berl, op. 5. — 6** Variations pour le piano sor 
le thème : Freundin sanfter herzenstriebet, 
op. 6 ; Vienne. — V Variations pour le piano, 
op. 7; ibid. — S*' Deux Sonates à quatre 
mains pour le piano; Péterstwurg, i798. — 
9° Trois Trios pour piano, violon et violant 
celle, op. 8; Pétersbourg. — 10" Variationssur 
Vair : Escouio, Janette, op. 9 ; ibid. — 1 1 « Deux 
graiides Sonates pour le piano, op. 10 ; ibid., 
1800: — 12<» La gloria d'Imeneo, cantate à 
grand orchestre ; Vienne, Artaria, op. U. — 
t3" Grande Sonate caractéristique pour le 
piano, dédiée à Haydn, op. 12 ; Leipsick. — 
14** Trois Quatuors pour deux violons, alto et 
basse,op. 13, t801. — Id" Grande Sonate pour 
le piano aivec vloUm obligé, op. 14 ; Leipaick. 



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EBERL — £B£aLL> 



107 



— 16* Fantaisie et rondo pour le piano, 
op. a* i Vienne. — l?"" Grande Sonate pour le 
piano, op. 10; ibid. —18'' Variations sur un 
thème russe avec violoncelle obligé, op. 17 ; 
ttMd. — 1 9^ Gnmd Quatuor pour piano, violon, 
alto et basse ^ op. 18; ibid. — 20* Polonaise à 
quatre mains pour le piano, op. 19 ; ibid. — 
W Grande Sonate avec violon obligé, op. 20, 
ibid ; 1803. — 7V* Grand Concerlo pour piano 
avec orchestre , op. 32. — 23^ Symphonie à 
grand orchestre^ op. 35. — 24* Grand Trio 
pour piano, clarinette et violoncelle^ op. 36. 

— 26* Sérénade pour deux ténors et, deux 
basses « avec clarinette, alto et violoncelle, 
op. 37. — 27** Gra:nd Concerto pour piano, op. 
40. Ceni de ses ouvrages qui sonl restés en ma- 
Doscrit sont: 1^ Les Bohémiens^ opéra.— 
2* La Marchande de modes ; idem. ~ 3** La 
Sorcière, Id. — 4** Baudouin, comte de Flan' 
ères , idem. — 5* Xa Reine des fies noires, 
idem. — 6"* Six concertoe pour piano. — 7° 
Trois symphonies i grand orchestre. — 8** Deox 
sérénades. — 9* Un sextuor. >- 10* Un quintette. 

— 11* Un quatuor. — 12" Concertos pour deox 
pianos, œuvre 45. 

EBERLB(JBiiN* Joseph) , virtuose sur la viole 
d'amour et compositeur, naquit en Bohème, vers 
1735. Il eut pour maître de musique Ganswind , 
artisle dont le talent sur la Tiole d*amour était 
célèbre à cette époque. Eberle cultiva aussi la 
pof^sieavec succès. Il mourut à Prague, au mois 
d'août 1772. On ne connaît des compositions de 
cet artiste qu'un recueil d'odes et de chansons 
allemandes pour voix seule , avec accompagne- 
ment de piano , publié à Leipsick , eo 1 765, chez 
Breitkopf. 

EBERLE (Jban-Uleig), excellent luthier de 
la Bohème, demeurait à Prague en 1749, ainsi 
qoe le prouve une viole d'amour que Dlabaa 
vit en 1800, et qui porte intérieurement ces 
mots : Jo€tnnes Dlricus Eberle me reparavit 
Pragse anno 1749. Les violons de cet artiste 
ne le cèdent pas aut meilleora instruments de 
Crémone; ils ont ordinairement pour inscri- 
ption : Joannes Vlricus me fecit Pragse, sans 
date. 

E BERLIN (DAinEL), excellent musicien, 
naquit à Nuremberg, vers 1030. Doué de rares 
HKultés et de vastes connaissances, mais d'un 
caractère inconstant, il changea souvent de pro- 
fession, et sa vie fut celle d'un aventurier. Dans 
sa jeunesse, il était capitaine dans les troupes 
do Pape qui combattaient les Tares en Morée. 
De retour dans sa patrie, il y fut nommé biblio- 
thécaire; mais il ne garda pas longtemps ce poste. 
En 1673, il obtint la place de maître de chapelle 



â Cassel, et la quitta ensuite pour aller à Eise- 
nach occuper successivement celle de gouverneur 
des pages, de maître de chapelle, de secrétaire 
intime do Prince, d'inspecteur des monnaies et 
de régent du Weterwald. De là il se rendit & 
Hambourg, où il exerça pendant quelque temps 
la profession de iMinqnier, jusqu'à ce qu'il re- 
tourna à Cassel, en 1678, où il mourut en 1685, 
avec le grade de capitaine de la milice. 11 fat 
le beau-père de Telemann, qui le cite comme un 
savant compositeur et un fort bon violoniste. U 
a publié des Trios de violon sons ce titre : THum 
variantiumfidium concordia, hoc est ModuU 
musicl, quos sonatas vocant, ternis partibus 
confiati; Nuremberg. 1675,in-fol. Eberlin a cal- 
culé qu'il y a deux mille manières de désaccorder 
le violon. 

EBERLIN (Jbah), célèbre organiste et con- 
posileur, naquit à Jeltenbach, en Souabe, dans 
la première partie du dix -huitième' siècle, et 
vraisemblablement dans les premières années. 
La date de 1757 indiquée par Li|)owsky, dans 
son dictionnaire des musiciens bavarois, et par 
Silwein, dans son lexique des artistes Salzbour- 
geois (Salzbonrg, I82t, in-8^ p. 36), date que 
j'ai reproduite dans I& première édition de celte 
Biographie universelle des musiciens^ est er- 
ronée, car il exsite dans la bibliothèque impérihle 
de Vienne des ouvrages d*Eberlin écrits pn 1730 
et 1731. Il est bien extraordinaire que ce qui 
concerne la vie d'un si grand musicien soit en- 
tièrement ii^noré. Waltber et Mattheson, ses 
contemporains , ne le mentionnent pas ; Gerber 
nous apprend, dans son premier lexique, quMl 
naquit à Jeltenbach et qu'il était porte-plat et 
maître de chapelle de l'archevêque de Salzbouiig, 
vers 1757 ; il n'ajoute rien à ces renseignements 
dans le second lexique. Suivant le Dictionnaire 
universel de musique de Schilling, Eberiin serait né 
en 1716, et serait mort en 1776; s'il en est ainsi , 
ce compositeur n'était &gé que de quatorze ans 
quand il écrivit ses premières compositions qui ont 
été conservées. Au surplus, l'auteur de l'article 
en quelques lignes qui se trouve dans l'ouvrage 
de Schilling n'indique pas les sources où il a 
puisé ces datas. Eberiin prend simplement le 
titre d'organiste de la cour de l'archevêque de 
Salzbourg au titre de son recueil de IXToccate e 
fughe per Vorgano, publié à Augsbonrg, en 1747, 
in-fol.obl.( voy. Verzelchniss musical. Bûcher, 
etc. de J.-G -J. Breitkopf, Leipsick, 1761, p. 71.) 
Parmi les compositions de ce maître, on remar- 
que une suite de drames latins écrita pour être 
représentés par les. étudiante du couvent de 
bénédictins à Salzbourg. On n'a pas retrouvé les 
partitions de ces ouvrages; mais on en connaît 



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108 



EBERLIN 



les titres par les iivrets, aiosi que les dates des 
représentations. En voici la liste : l"" O^hete- 
rima Fausto PoUlissx conwubio reereaia, etc. ; 
à l'occasion de l'installation du noa?eau prince 
arclievdqae, V décembre 1745. — 2^ Numitor 
Albœ regnator a nepotibus contra Amulii iy- 
rannidem defensus, et avito solio restituitis ; 
exécuté le 5 septembre 1746. — 3"* Componi- 
tnento Sagro a 4 vocl da cantare in corte nel 
giorno delV ElezUme del Arcivescovo Gia- 
cobbe Emesio de' conti di Lichtenstein; 1747. 
Une autre exécution de cet ouvrage fut Taite en 
1754» pour la fête du jour de naissance de Tar- 
ciiev6que Sigismond Christophe, comte de Sclirat- 
tenbach ^ 4** Octavus Augusitu in Perdu^- 
elles mitis, sui Victor gloriosus^ représenté 
par les étudiants, en 1747. — 5** Jugurtha a 
Mario triomphatus; idem, le 6 septembre 1748. 

— e"" CatiUna ambitionis victima; idem, le 
3 septembre 1749. — 7'' Richardus impius, 
AngUœ rex, ab Henrico Richmondix comité 
vita simvU, et regno excitus; idem, 4 sep- 
tembre 1750. — 8" Randrusia Justix Urbs 
insignis eximia virtutepii Herois Nicolai Eb' 
boni» Uberata ( ce titre renferme un chrono- 
grame); idem, 3 septembre 1751. — 0"* Lvx<u 
J^otarascwn fiUis perfidi Mahometi victima ^ 
idem; 3 septembre 1753. — 10<* Abdalasius 
Maurorym in Hispania rex ; idem, 2 et 4 sep- 
tembre 1754. — 11*" Demetrius Moscovia soUo 
restitutus ; idem , 3 et 5 septembre 1755. — 
12"* La Passion de N, S. Jésus-Christ (en al- 
lemand) , d'après Métastase; dans l'année 1755. 

— 13"* Augtutinvfi Tzucamidonus fidei in 
Christum et principem victima ; idem, i^ et 

3 septembre 1756. — 14® Crispus, Constan- 
tint MagîU filius ,- idem, 81 août et 2 septembre 
1757. — 15° SethoSyjEgypti rex; idem, 30 août 
et l«r septembre 1758. — 16° Ouxma, in Indiis 
rex; le 29 et le 31 août. — 17° Sededas, roi 
de Judée , etc. ; représenté en 1755. — 18° Le 
Crucifiement de Jésus (pour l'Église).-- 19° La 
Résurrection de Jésus (idem, en allemand). ~ 
20° Nachm^tkirgus, Chersonesi Tauricx rex^ 
cum filiis proditus. Ces trois derniers ouvrages 
ne portent point de date. La bibliothèque impé- 
riale de Vienne possède en manuscrit : 1° Jn- 
troiiuspro Missa votiva B. M. V, in adventu 
(Rorate cœU), à 5 voix et orgue ; 1769. — 2° Of- 
fertorium pro iempore adventus {Canite in 
Sion), à 4 voix et orgue; 1770. — 3° Impro- 
peria, seu Responsoria ad adorationem 
S, Cruels in die Parasceves cantari solita, à 

4 voix et orgiie ; 1 77 1 . — 4° Sequentia pro festo 
Pentecostes ( Veni, Sancte Spiriius ) , pour 2 
chœurs et orgue; 173t. — 5° (fuatuor Respon^ 



soria pro festo SS, Corporis C/tristi, ii 4 voix 
et orgue; 1773. — 6° Sequentia in festum 
S. Benedicti (Lxta quies magni ducis), pour 
deux clicBurs et orgue; 1730. — 7° IX Res- 
ponsoria pro feria F. in Coma Dominé, in /, 
// et III nodurno, à 4 voix et orgue. — 
8° IX Responsoria pro feria VI (Parasceve), 

in I, II et III noct., à 4 Toix et orgue 

9° IX Responsoria in Sabbato sanctô, in l, 
II et III noct., à 4 voix et orgue. — 10° Gra- 
duale (Christus foetus esQ, à 4 voix et orgue. 

— 11° Of fertorium (Dextera Domint), à 4 
voix et orgue. ~ 12° Domine, ad adjuvan- 
dum me festina, à 6 voix. — 13° Sabbato in 
quadragesima ad completorium (Hymnes et 
motets à 4 et 5 voix avec orgue). — 14° Sab- 
bato saneto ad completorium (Nunc dimittis 
servum tuum), à 4 voix et orgue. — 15° Hym-- 

nus (Vexilla régis prodeunt) , k 4 voix 

16° Pro Dominica II Adventus (Deus, tueon- 
vcrtens)^ à 4 voix avec instruments. — 17° Pro 
Dominica Quinqvutgesima {Benedictus es. 
Dominé), idem. — 18° Pro Dominica III Ad- 
ventus (Benedixlsti, Domine), idem. — 19° i>ro 
Dominica XI post Pentec. (Exaltabo te. Do- 
mine), idem. La Société des amis de la musique 
de l'empire d'Autriche possède : — 20° Messe 
à 4 voix, 2 violons, alto, basse, 2 trompettes 
et orgue; partition manuscrite (enu0-~-21° Cum 
Saneto Spiritu (en ut), fiigoe pour 2 diœurs et 
2 orchestres, chacun de 4 Yoix, 2 vioionâ, alto, 
basse pour l'orgue , 2 trompettes et timbales. — 
22° Dans la collection d'AIoys Fuchs, à Vienne» 
se trouvait le manuscrit original de LRanies 
(en r<Q à 4 voix et instruments, du même mattre. 
La bibliothèque royale de Berlin possède do 
même : — 23° OITertoire { Misericordias) à 4 
voix et orchestre. — 24° Miserere, idem. Un 
catalogue manuscrit d'œuvres de divers maîtres, 
qui s'est trouvé dans les papiers de Moxart et 
qui a appartenu à Tobie Hasiinger, de Vienne, 
indique sous le nom d*Eberlin : .-25° Messe cano- 
nique à 4 voix et oi-gue, n° ï.— 26° Idem, n° 2. 

— 27° Idem, n° 3. — 28° Hymne {Pater nos(er) ; 
à 4 voix. — 29° Antienne (Tenebrss factx sunt)^ 
à 4 voix et orgue. — 30° Graduel pour le di- 
manche des Rameaux (Tenvisti), à 4 voix sans 
orgue. — 31° OfTertoire (Improperiam), idem. 

— 32° Communion {Pater, si potes), idem. — 
33° Les motets : {in nomine Domini, Christus 
factus est , et Domine Jesu, idem. — 34° Fu- 
gue {(Cyrie)f idem. — 35° Fugue ( cum Saneto 
Spiritu), idem. — 36° Fugue {cum Saneto 

Spiritu, n° 2), idem 37° Miserere sur le 

plain-chant, à 4 voix et instruments. Enfin 
les frères Schott, de Maycnce, ont publié dans 



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EBERLIN — EBERS 



IC9 



la 5"^ livraison de lear collection de masiqne 
religieuse avec orchestre : — 38® Motet {gui 
con/idunt <n Domino) , à 3 Toix et instrameols. 
— 39** idem {Sicut Mater consolatur) ^ 
idem. — 40^ idem (Jérusalem qux edif^ 
catur) , idem, démenti a inséré les neuf toc- 
cates et fugues pour Torgue d'Eberlin dans sa 
collection de musique d'orgue et de clavecin ; 
Nttgeli en a donné une autre édition à Zurich, et 
elles ont été aussi reproduites avec des préludes 
du même pour orgue dans le deuxième volume 
du Muséum fUr Orgelspieler, Prague (sans 
date), in-4* obi. Le style de ces morceaux est à 
la Tob noble, grandiose et riche en eflets et mo- 
dulations Imprévues. 

EBERS (CHARLBS-FaéDâRic), compositeur de 
la chambre du prince de Meklembourg-Schwe- 
rin, naquit à Cassel, dans la Hesse, le 35 mare 
1770. Son pèrct qui était professeur de langue 
anglaise, et non inspecteur des mines, comme 
il a été dit dans la première édition de cette 
biographie, d'après Gerber, le conduisit à Berlin 
dans sa jeunesse, et le fit entrer dans Tartiilerie ; 
mais, passionné peur la musique , Ebere aban- 
donna l'étude des mathématiques pour se vouer 
à cet art. Il s'engagea d'abord comme maître de 
musique dans une troupe de comédiens ambu- 
lants, et en remplit les fonctions pendant plu- 
sieurs années, étudiant son art dans les parti- 
tions des grands maîtres, dont il faisait exécuter 
les ouvrages. Enfin, en 1797, il prit possession 
de la place mentionnée ci-dessus; il se maria à 
Schwerin, puis divorça, perdit son emploi, et 
reprit sa vie nomade avec les compagnies de 
comédiens. Tour à tour directeur de musique 
aux théâtres de Pestli et de Bude, il se brouilla 
avec les directions de ces théâtres, quitta ses 
places, et s attacha en 1814 au service de Joseph, 
qu'il seconda pour la direcHon de Torchef tre de 
sa troupe d'opéra. Après que cette société eut été 
dissoute , Ebere se rendit à Magdebourg pour y 
remplir des fonctions semblables ; mais, les mau- 
Taises affaires de la direction ayant fait fermer 
le théâtre, il alla à Leipsick, où il eut une exis- 
tence misérable. En 1823 il s'éloigna de cette 
Tille pour aller â Berlin , où sa position ne fut 
pas meilleure et où il mourut, le 7 septembre 
1836. Depuis 1796 il a écrit les ouvrages dont 
les titres suivent : 1* Bella et Fernando, 
opéra, 1796. — 2* VHermite de Formatera, 
idem. — S"" Die Blumeninsel (l'Ile Fleurie), 
4dem, gravé en partition pour le piano; Bruns- 
wick, 1797. — 4* Der Liebescompass (la Bous- 
sole de l'amour] ; idem. — 5° XII Chansons avec 
accompagnement de piano; Hambourg, 1796. — 
6° Deux trios pour piano et flûte, op. 4; Berlin, 



Hummel. — 7<' Six rondeaux pour le piano, 
op. 5 ; Brunswick , 1796. — 8*^ Douze petites 
pièces à quatre mains, op. 6; ibid., 1796. — 
9^ Six thèmes variés pour le piano. — 10° Va- 
riations sur la chanson populaire : Heil dir in 
Siegerkranz pour le piano; ibid. — ll*> Trois 
^nates pour le piano; Neu-Strelitz, 1798.— 
12** Douze chansons allemandes avec accompa- 
gnement de piano; Berlin, 1799. — 13^ Sym- 
phonie à grand orchestre, liv. 1 ; ibid., 1799. — - 
14® Douze écossaises et douze vralses pour le 
piano; Leipsick. — 15® Six marches pour deux 
clarinettes, deux hautbois, deux core et deux 
bassons, op. 18 ; ibid. — 16® Douze écossaises, 
six v?alses, etc., pour le piano, op, 19; ibid. — 
17® Douze écossaises et douze walses à grand 
orchestre, op. 17; Leipsick. — 18® Douze pe- 
tites pièces pour deux core de bassette, deux 
core et deux bassons ; Amsterdam , Hummel. — 
19® Variations pour le violon sur l'air de la 
pipe de tabac ; ibid.— 20® Neuf variations pour 
le piano avec deux clarinettes , deux core , et 
deux bassons obligés; OfTenbach, André. — 
21® Ouverture pour piano; Leipsick. — 23® Des 
solos, des duos et des aire variés pour la flûte. 
»- 23® Trois grandes sonates pour le piano, avec 
flûte, op. 30. — 24® idem, op. 31. — 25® Une 
très-grande quantité de danses, de polonaises, et 
de walses pour le piano. 

EBERS (Jean), libraire à Londres et ancien 
directeur del'Opéra-Itaiien de cette ville, est né 
en Angleterre, de parents allemands, vers 1785. 
L'Opéra-Italien (King's Théâtre) ayant été fermé 
en 1820, par suite du dérangement des affaires 
de l'entrepreneur, M. Ebers fut engagé à en 
prendre la direction par quelques lords avec qui 
il était en relation , quoiqu'il n'entendit rien à 
la musique. H se laissa séduire par les promesses 
de protection qui lui furent données , et il se 
chargea de celte lourde entreprise en 1821. II 
confia la direction de la musique à M. Ayrton, 
et pendant sept années ce fut lui qui administra 
la partie matérielle et contentieuse, à ses ris- 
ques et périls. Garcia, Bl^ Camporesi, M""* Pasta, 
Rossini, Galli, furent appelés à Londres par lui, 
et les dépenses furent si considérables, pour 
donner de l'éclat k son entreprise, qu'après la 
septième année, sa fortune fut complètement 
anéantie. Il a publié une histoire de TOpéra-Ita- 
lien pendant sa direction , sous ce titre : Seven 
years of the King's Théâtre ( Sept années du 
Thé&tre royal), Londres, Harrison-Ainsworlh , 
1828, 1 vol. in-8® de trois cent quatre-vingt- 
quinze pages , orné des portraits de Mesdames 
Pasta, Camporesi, Ronzi de Be^is, Caradori- 
Allan, et Brambilla. Cet ouvrage, imprimé avec 



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110 



EBERS — EBERWEIN 



luie, renrerme des notices intéressantes sur To- 
péra italien de Londres. 

EBERS (JEAii-jACQUES-HeiiRi), né à Breslan, 
dans les premières années du dix - neavième 
siècle , fut un des fondateurs de la société de 
chant d'ét^lise de cette TÎIle. Il s^est fait connaître 
par une brochure intitulée : Spohr und Halevy 
und die neueste Kirchen und Opemmusih 
(Spohr et Halévy, ou la nouvelle oiu8i(|iie d'église 
et d'opéra). Breslau, Jos, Max et Cie, 1837, 
petit in-8* de xii ^t quatre-Tîngt-siz pages. 
L'auteur de cet écrit analyse la Passion de Spohr 
et la Juive d'Halévy ; il tire de ses obserYalions 
des cond usions qui ne sont pas favorables k la 
musique moderne. 

EBERT (Jean), compositeur et ténor à la 
cour d'Eisenach^ naquit à NaundorfT, dans la Mis- 
nie, le 27 septembre 1693, fut élevé à Técole de 
la Croix à Dresde , où il resta douze ans , finit 
ses études en 1718, àPuniversité de Leipsick, pas- 
sa en 1720 k WeisAcnfels en qualité de chantre , 
et se fixa enfin, en 1726, à Eisenach. Il n'a fait 
imprimer de sa composition que Six sonates 
pour la flûte avec clavecin , 1729. 

EBERWEIN (TRAUGarrMAXiHiuEii), na- 
quit le 27 octobre 1775, à Weimar, où son père 
était musici(>n de la ville. Ses progrès dans Tétude 
de la musique furent si rapides, qu'à fâge de 
sept ans il était délk employé comme violoniste 
dans la chapelle du prince. Son père , qni fut son 
instlUitenr , lui enseigna à jouer de tous les ins- 
truments alors en usage. Eberwein fit aussi , fort 
jeune , quelques essais de composition dans des 
airs de danse et de ballet. En 1791 , il obtint de 
son père la permission d'aller à Francfort pour 
étudier la théorie de la musique sous la direction 
de Kunze, et quelque temps après Schick, de 
Mayence , lui donna des leçons de violon. S'étant 
fait entendre avec succès à Hambourg, en 1796, 
il fut engagé par le prince de Scliwartzbourg- 
RudolSftadt comme mucisien de sa chapelle. Quel- 
ques désagréments qu'il avait essuyés à Weimar, 
par la jalousie des autres artistes , le détermi- 
nèrent à accepter cette place en t797. Ayant ob- 
tenu un congé du prince en 1803, Eberwein 
commença son premier voyage, et, prenant 
sa route par la Franconie, la Bavière et le 
Xyrol , il se rendit en Italie. A Rome il écrivit 
ses premiers quatuors de violon. Arrivé à Na- 
ples, il recommença ses études d'harmonie, sons 
la direction de Fenaroli. De retour k Rudol.<;tadt 
dans l'automne de 1804, il reprit ses fonctions à 
la cour. En 1 809 on le chargea de la direction 
de la chapelle de cette ville ; mais il n*eut sa no- 
mination définitive de mucisien de la chambre 
qn'en 1810, et celle de maître de chapelle du 



prince ne lui fut accordée qu'an mois.de sep- 
tembre 1817. Dans l'intervalle, Il avait fait quel- 
ques petits voyages en Allemagne, particulière- 
ment à Berlin , où il se lia avec Himmel et Zel- 
ter. En 1817 il retourna à Vienne, où 11 avnit 
connu précédemment Beethoven et Sali eri; de là 
il alla en Hongrie, en Bohême, etc.; et enfin il 
retourna à Rudolstadt, où il passa le reste de sa 
vie. Il est mort en cette ville, le 2 décembre 
1831. 

Eberwein était plein d'enthousiasme pour son 
art , et l'activité de son esprit le portait incessam- 
ment à faire des efforts pour en développer les 
progrès et pour améliorer la condition des artis- 
tes. C'est aiusi qu'on le vit prendre une part eon- 
sidérable dans l'institution des f^tes musicales 
de l'Allemagne, et qu'il fonda à Rudolstadt use 
caisse pour les veuves et les orphelins des mem- 
bres de la cliapelle. Ses vueséUient élevées, phi- 
losophiques; il s'occupait de plusieurs sciences; 
de politique, de médecine, et la bienveillance de 
son caractère lui faisait rechercher avec avidité 
tout ce qui pouvait contriboer à l'amélioratioB 
de l'humanité. 

Comme compositeur, il s*est fait plus remar- 
quer par sa fécondité que par l'originalité de ses 
productions. La liste de ses ouvrages est fort 
étendue. On y remarque : 1" Cantate de la Pen- 
tecôte (1821). — 2^ Hymne pour la Trinité, op. 
81 (1823). — 3** Tè Deum en vt majeur, op. 
86 (1 824). — 4** idem , en ré majeur. — 5* Messe 
solennelle en la bémol msjeur, op. 87. Cet ou- 
vrage était considéré par Eberwein comme une 
de ses meilleures prodnctions. — 6** Cantate 
pour la fête de la moisson , op. 89. — 7^ Cantate 
pour la fête de la réformai ion, op. 90. — 8** Les 
psaumes l***, 67*, 9* et 100", sur le texte alle- 
mand de Wette. — 9o Pedro et Elvira , opéra 
(en 1805).-- 10** Claudine de ViUabeUa.xd&n 
(1816). — ll<* La Foire annuelle de Plauderê- 
iceUer, id. (1818). — IV* Jérusalem délivrée^ 
id. (1819). — x^^'Ferdtisi, id. (182l>. -. l^'^Le 
Réseau d'or, id. (1827). — 15© le Tournoi 
(Schiaclitturnier); vaudeville (Singspiele), 1809. 
— i^"" La Prêteuse, id., op. 95 (1826)— 17*. La 
Lune, idem. — 18* Z^e Kid de Cigognes, id. 
(1827).— 19* Le Chêne creux, id. (1829). — 
2<^ Grande ouverture caractéristique de MaC" 
be(h,cp. 105 (1828). — 2r Unetrès^ande'quan- 
tité d*entr*actes pour des drames, comédies on tra- 
gédies. — 32° Symphonie concertante ponr haut- 
bois , cor et basson , op. 47 ; Leipsick , BreitkopC 
et Hœrtel. — 23** Trois Quatuors pour 2 violons, 
alto et basse, op. 1 ; ibtd. — 24° Variations en 
sol , pour la flOte , op. 2 ; ibid. — 23° 1*' Con- 
certo pour la flôte, op 54; ibid. 26° Quatuors 



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EBERWEIN — EBHARDT 



111 



pour la flûte, œuTres 71, 74 et 79; Leipsick, 
Uoinieister. — 27<* Concerto pour la clarinette, 
op. 56; Leipsick, Breiikopf et Haertel. — 
28^ Concertîno idem, op. 61; Bonn, Simrock. 
— 29^ Airs Tarie», polonaises et fantaisies pour le 
même instrument , op. 63, 64, 65; Leipsick , 
Mayence et Bonn. — 30"* Canons et chants à plu- 
sieurs Toix (plusieurs recueils); L«fip8ick , Breit- 
kopf et Ha^rtel. — 31° Chansons à voix seule, 
avec accompagnement de piano, op. 13, 18, 03, 
91, 94. 

Eberwein a en deux fils ; le plus jeune ( Louis 
Kberwan ) est musicien de la cour à Rudol- 
stadt. 

EBERWEIN (Charles), deuxième frère 
de Traugott Maximilien, a été directeur de mu- 
sique à Weimar, où il est né, en 1784. Comme 
son frère, il apprit la musique sous la direction 
de son père , et il fit ses études littéraires et 
soient! fiqiies au gymnase de sa ville natale. Plus 
tard il reçut des leçons dliarmonie et de com- 
position de son frère aîné. La nature lui avait 
donné plus d'originalité dans lel idées qiie celui- 
ci n*en avait reçu ; Charles Eberwein développa 
ces dons lieiireux par les méditations de son es- 
prit sérieux. Toutefois, malgré cette qualité na- 
turelle d'invention qu'on remarquait en lui dans 
ses premiers ouvrages, son admiration pour les 
ceovres de Mozart lui a fait imiter le style de ce 
grand maître dans quelques-unes de ses produc- 
tions. On connaît de Charles Eberwein : 1° Die 
Heenehav, (llnspection de Tannée), opéra. 
-— 2** Grafvon Gleichen ( Le comte de Glei- 
cben ), idem. —3'' Léanore de Holtée, idem. — 
h,*" Le Fils du ricke, om le Manteau rouge, idem, 
représenté à Weimar, en 184 S. — 5^ Le mar» 
chand d'Orviétan, idem. — 6*" Ouverture et 
musique mélodramatiqtie pour le Faust Me 
Gœtbe. Ces ouvrages ont été joués avec succès 
à Weimar. — 7^ Des entr*actes pour plusieurs 
drames, et l'ouverture pour le monodrame de 
Gœtbe, Proserpitve. — 8® Cantique du diman- 
clie 44 voix, avec accompagnement d'instruments 

à vent et d'orgue, sur des paroles de Niemeyer 

9° L'adoration, cantate de Kœiiler, |K>ur 4 voix, 
solos, choMir et orcliestre, Bonn, Simrock. -> 10'' 
Cantate pour le Jubilé de cinquante ans des prince 
et princesse de Weimar et d'Cisenach, à 4 voix 
et orchestre; Weimar, Wentzel. — 11*' Le Jour 
de morl du Sauveur^ cantate à 4 voix, avec 
accompagnement d'instruments à vent et orgue, 
op. 17 ; Leipsick, Hofmeister. — ir* Élévation 
vers Dieu, à 4 voix et orgue, op. 20 ; ibid. — 
it* Le Jeune Somme à Nam, oratorio, exécuté 
à Rrfurt,en 1835. — 14° Concert d'amateurs pour 
violon et orchestre, op. 15; ibid. — iW" Quatuor 



brillant pour violon, op. 4 ; Leipsick, Breitkopf 
et liœrlel. — 16*" Trois œuvres de duos pour 
deux violons; Leipsick, Braitkopf, Hornieister. — 
17** CoDcerlo pour la flûte (eo mi bémol), ibid. 
— Quelques recueils de chants pour une el plu- 
sieurs voix; Leipsick, Hambourg et Berlin. 

Mme Eberwein, cantatrice qui a eu longtemps 
de la répolatioo au théÂtre pour les premiers 
r6les, tels que ceux de Donna Anna dans Don 
Juan, et de Léonore dans Ficfelio, fat attabhée 
à l'Opéra de Weimar jusqu'en 1837. 

EBERWEIN ( Maximiukn-Cbables), de 
la famille des précédents, est né à Weimar. Il 
s'est fait connaître comme pianiste, dès 1831, 
à Weimar, puis à Leipsick , Dresde, Berlin et 
Paris. On a de lui quelques composilions légères 
pour son instrument. 

EBHARDT ( GoTTHiLP-FRÉDéRic ), orga- 
niste et maître d'école à Greitz, est né à Hohen- 
stein, en 1771, dans la principauté de Scliœn- 
bourg. Son premi4>r instituteur pour'le chant, 
l'orgue et la composition, fut un musicien habile 
nommé Tag; mais il se perfectionna dans Ui 
suite, par la lecture des ouvrages de Kirnberger, 
de Wolf et de Marporg. Il était Agé de vingt- 
deux ans lorsqu'il fut appelé à Greitz, pour y 
remplir les places dont il a été parlé ci -dessus. 
11 a beaucoup écrit; mais on n'a Imprimé de ses 
compositions qu'une suite de Préludes pour 
l'orgue; Leipsick, Breitkopf. Ses autres ouvrages 
sont : 1** Trois Chorals variés pour Vorgue, — 
2^ Cantate funèbre avec orchestre. — 3** 
Messe à 4 voix, — 4° Chant funèbre à 2 voix 
sur la mort du prince Henri XI de Schœn- 
bourg. — 5** Deux Cantates. — 6^ Musique 
pour la fête de V Ascension. — T Cantates 
de louanges et d'actions de grâces à ^ et S 
voix. — 8** Motet à 4 voix avec accompagne- 
ment d'instruments à vent. — 9** Concerto 
d'orgue pour un Jeu de flûte, et plusieurs 
suites de préludes. Vers 1807, Ehliardt a été 
nommé organiste de ville et de cour à Sclileitz, 
petite ville de là principauté de Reuss-Schlutz. 
Son ouvrage le plus considérable est un traité 
général de musique en forme de dialogue entre 
un màtlre et un élève, qui a été publié sous ce titre : 
Schule der Tonsetzkunst in systematischen 
Form mit deutlichen De/initionen, und den 
Hauptariikeln beigefûgten kaiechetischen 
Unterredungen zwischen Lehrer und Schiller ; 
Leipsick, Cnohlocli, 1824, in-8°, avec 50 plan- 
ches. Il a aussi publié un traité de théorie trans- 
cendante de la musique sous ce titre : Die hoe^ 
hem Lerhzweige der Tonkunst ( les haute, 
brandies de la science de Ui musique ) ; Leipsick, 
1830, in-8% avec un livre d'exemples notés, in-fol. 



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112 



EBRHARDT — ECCLES 



obi. Cet ouvrage est la suite du précédent. On 
cODDatt enfin de lui : Grilndicher Anleitung 
zur Er/indung harmonisch-melodischer Cho- 
raUwisehen spieU ( Introduction fondamentale 
à Vart d^improTiser des versets harmonieux et 
mélodieux pour les chorals, etc. ) ; KeustadUïur-^ 
roder, Wayner, 1828, în-S*". Il a fait insérer 
dans le n"" 16 ( année 1833 ) de la Gazette gé- 
nérale de musique àe Leipsick une réponse à des 
questions proposées dans le n"* 46 ( ann. 1832 ) 
du même journal, sur remploi des accords de' 
sixte et de seconde dans Pliarmonle. 

Ebhardt a un fils qui s'est fait connaître par 
des danses pour le piano lesquelles ont paru à 
Leipsick. 

EBIO ( Mattbibu ), chantre et maître d'é- 
cole à Husum , dans le doclié de Holstein , na- 
quit dans le même endroit, en 1591. Après avoir 
terminé ses études à Tuniversité de Jéna, il 
obtint la place dont 11 vient d*etre parlé. Il est 
mort à Husum, à TAge de quatre-vingt-six ans, 
le 20 décembre 1676. Ce musicien est auteur d'un 
livre élémentaire intitulé : Isagoge musica, das 
ist : Kuner, jedoch grûndlicher Unterrkht, 
wie ein Knabe in kurzer Zeii, mit geringer 
Aïûhe musicam lemen hœnne (Instruction 
courte, mais complète, avec laquelle un jeune 
élève peut apprendre la musique sans peine et en 
peu de temps, etc. ) ; Hambourg, 1651, 8 feuil- 
les in-S''. Ebio se montre dans cet ouvrage 
grand partisan de la méthode de iliexacorde, at- 
tribuée à Gui d*Arezzo, et antagoniste de la ré- 
forme de l'échelle musicale. On a aussi de lui 
une collection de motets sous ce titre : Prodro- 
mus canlionum ecclesiasticarum, mit 2 Stim- 
fnenconcertstceise und dem Basso-continuo; 
Hambourg, 1651, in-4<*. 

EBNER (W0LFG4N0), organiste de Tem- 
pereur Ferdinand III, vers 1655, était né à 
Augsbourg. Il écrivit une instruction latine sur la 
basse continue, qui ne fut point imprimée^ et 
que Jean André Herbst a traduite en allemand. 
Latradttction est restée aussi en manuscrit. ( Voy. 
Herbst, Àrle praiica etpoetica, p. 43. ) 

CCCARD ( Jean ), né à Mulhausen en Thu- 
ringe* vers 154ô, eut pour maître de composition 
le iltmeux Roland de Lassus. En 1583 il fut 
nommé vice-maltre de chapelle de Georges-Fré- 
déric, margrave de Brandebouqs et duc de Prusse, 
à Kœnigsberg, et fut adjoint à Théodore Ricclus, 
maître de chapelle titulaire, auquel il succéda 
en 1599. En 1608 il suivit la cour à Berlin. 'Son 
portrait a été gravé avec une inscriptioa à sa 
louange, en six vers latins de Georges Frœlicb, 
professeur de musique. Il s*est fait connaître par. 
la publication des ouvrages suivants : 1® XX 



Cantiones sacrx Helmoldi quinque et plur. 
voeum; Mulhausen, 1574. — 2"* JVeuwe teutsdie 
Lieder mit 4 und b SUmmen gantz Uéblieh 
zusingen, und auff aUerley mvsikalischert 
ïnsfrumenten zu gebrauchen ( Nouvelles Chan- 
sons allemandes k 4 et 5 voix, etc. ) ; Mulhausen, 
1578, in-4*. — 3* Crepundia sacra Helmoldi , 
Mulhausen, 1596, in-4''. La deuxième édition de 
cette collection a paru à Erfurt, en 1608, ùi-8**. 
— 4<' Zwey- Theile 5 StimmigegeistUche Lieder 
auf den Choral gericktet (Deux livres de 
chants religieux à 5 voix sur des chorals, etc. ) ; 
Kœnigsberg, 1597, 5 volumes in-4*'. Ou chante 
encore à Mulhausen les cantiques d'Eccard, au 
commencement et à la fin du service* 

ECOLES ( Salomon ), violoniste et compo- 
siteur anglais , vécut vers la fin du dix-septiteie 
siècle. Il était estimé pour son talent; mais sé- 
duit par la doctrine des quakers, il entra dans 
cette secte, brûla tous ses tnstniments, et publia, 
en 1697, un Dialogue sur la vanité de la sut»- 
sique, devenu d'une rareté excessive. Il est au- 
teur de principes de l'art déjouer du vioton, qui 
ont été insérés dans l'ouvrage intitulé : The d<- 
vision violin, imprimé à Londres, en 1693. 
Ecoles se mit à faire publiquement des prédi- 
cations, et se fit enfermer plusieurs fois. Il 
s'enfuit, dit-on, en Irlande, d'où 11 parait qn*il 
fut déporté dana la Nouvelle-Angleterre. 11 finît 
par se faire athée. On ignore l'époque de sa mort. 

ECCLES (Jb4n), fils de Salomon, naquit à 
Londres. Son père lui enseigna la musique. 
Ecoles a composé plusieurs airs détacliés, qui 
ont éié insérés dans les collections de son temps, 
des airs de danse et des entr'acles pour plusieurs 
tragédies ou drames. Parmi ses compositions, on 
cite |>articulièrement Rinaldo e Annida, et U 
Jugement de Paris, Ce fui aussi lui qui le pre- 
mier mit en musique l'Ode de Congrève pour le 
jour de Sainte-Cécile. Outre les airs d'Eocle» pu- 
bliés dans diverses collections, et notamment dans 
celle qui a pour titre : The pills to purge m«- 
lancoly ( Pilules pour chasser la mélancolie ) , 
on a aussi imprimé à Londres : New Musiek 
for opening of the théâtre, etc., etc. ( Nou- 
velle musique pour l'ouverture du the&tre) . Vers 
1698, Ecoles fut nommé maître de l'orchestre 
de la reine, place devenue vacante par la mort 
de Staggins. Il passa la dernière partie de sa vie 
à Kingston, dans Surry. 

ECCLES ( Henrt ), frère du précédent, fut 
un violoniste d*une force peu ordinaire pour son 
temps. Mécontent de ce que son talent n*était 
pas récompensé dans sa patrie, comme il devait 
Tètie, il se rendit à Paris, et y fut admis dans la 
musique du roi. Ecoles a composé douze solos 



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ECCLES — ECKELT 



lis 



pour le violon, qui ont été publiés à Paris, en 
1720. Cet ouvrage a paru en deux livres. Eccles 
imité dans sa composition le style de Corelli. 

ÉGIUOX, musicien grec, qui vivait à Rome 
du temps de Juvénal, éttit un fameux joueur dç 
cithare. 11 parait quMl partageait avec les joueurs 
de flûte Glapliire et Ambrosius les Taveurs de 
beaucoup de dames romaines, car Ju vénal en 
parle en ces vers : 

Accipls oxoreni, de qua clth^radus Echion, 
Attl GlaphyrcB liât pater, Ambrosiasqiic ciioranlct. 
{ Sat VI, V. 7«. ) 

«t Tu te martes; les père^ de tes enrants se- 
«( ront ou le citliarède Echlon, ou les joueurs de 
K flûte Glapliyre et Ambrosius. » 

Laborde a fait sur ces vers une singulière mé- 
prise : il a cru que choraules signifie employés 
dans les chairs, tandis que le sens est joueurs 
de flûte. 

ECK ( Jean-Frédéric ), né à Mannheim, en 
1/66, passe pour avoir été un des violonistes les 
plu<i distingués de TAlIemagne. Son père, né en 
Dohùme, et qui était premier cor au service de 
rélecteur Palatin, mit le Jeune £ck sous la di- 
rection de Chrétien Danner, pour apprendre à 
jouer du violon. Il acquit sous cet habile maître 
un beau son, une intonation juste et beaucoup 
de légèreté. En 1774 il suivit Torrhestre de la 
cour à Munich ; le maître de chapelle Winter lui 
donna des leçons de composition. Nommi^ direc- 
teur des concerts de la cour, en 1788 , il ne larda 
pas à prendre aussi la direction du théâtre na- 
tional. En 1801 il se maria ppur la seconde fois, 
demanda sa retraite, etTobtint. Ce Tut vers cette 
époque qu'il fit un voyage en France et q'i'il 
visita Paris. Il a pu\)lié six concertos de violon 
qui ont été gravés à OfTenbach et à Paris, et 
une symphonie concertante pour deux violons, 
publiée à Leipsick , chez Breitkopf. 

ECK (FRA^çols), Trère du précédent, et 
comme lui violoniste ' fort habile, naquit à Man- 
lieim, en 1774, et reçut des leçons de son frère. 
Admis dans la chapelle de Pélecteur de Bavière, 
il paraissait devoir finir ses jours à Mimicli ; 
mais une aventure galante qu'il eut avec une 
dame de haute naissance, et qui eut de IVclat, 
Tobligea à quitter cette ville, en 180 (. Sa situa- 
tion était d^autant plus fâcheuse en cette cir- 
constance, qu'un vol venait de le priver de 
tout ce qu'il possédait. Il se rendit d'abord à 
Riga, puis h Pétersbourg, oii il se livra à un 
travail constant et bien dirigé pour augmenter 
son talent. L'empereur Alexandre , l'ayant en- 
tendu, fut si satisfait de son jeu, qa*il le nomma 
directeur et violon solo des concerts de la cour ; 

BIOCR. UNIT. DES MUSICIENS. — t. III. 



mais bientôt Eck tomba ^ans un bigotisme exces- 
sif, et les remords dont il fut tourmenté, au sou- 
venir des erreurs de sa jeunesse, troublèrent sa 
raison. L'empereur de Russie le renvoya à son 
frère, sous escorte, et celui-ci le plaça dans une 
maison de >anté à Strasbourg. Il y mourut, en 
1804. Je possède en manuscrit yu concerto de 
violon de cet artiste. 

ECKARL) ( JeanGodefroi ) naquit à Augs- 
bour^S en 1734. Issu de parents pauvres, il ne 
put se procurer de maître pour apprendre la 
musique, quoiquMl se sentit un goût passionné 
*pour cet art. Il se mit donc à étudier seul 
sur un mauvais clavecin qu'il s'était procuré, et 
' par une persévérance sans bornes et l'étude du 
Clavecin tempéré de Bach, il parvint à un 
haut de^ré de force sur le piano. Son ami, 
Georges-André Stein , célèbre facteur d'orgues, 
l'engagea à l'accompagner à Paris, en 1738; les 
succès qu'il y obtint le décidèrent à s'y fixer. 
Vers le même temps, il se livra à l'étude de la 
miniature, et il acquit assez d'habileté en ce 
genre pour assurer son existence. Ayant le dé- 
sir de perfectionner son talt*nt pour le clavecin, 
il peignait le jour pour vivre, et étudiait la mu- 
sique la nuit. C'est par ce moyen qu'il a obtenu 
la réputation d'un des plus habiles clavecinistes 
de son temps. Il est mort à Paris, vers la fin , 
du mois d'août 1809; &gé de soixante-quinze ans. 
On a gravé de lui : 1^ 6 sonates pour le piano ; 
Paris^ 1 765. Elles ont été publiées aussi à Londres 
et à Leipsick, avec un titre italien. — 2° Deux 
sonates «le clavecin , œuvre 2'. — 3' Le Menuet 
d'Exaudet, varié pour le clavecin; Paris, chez 
l'auteur. 

EGKEL (Mathias), compositeur allemand, 
vécut dans la première moitié du seizième siècle. 
Il a mis en musique un t-ecueil de chansons en 
diverses langues, qui a paru en plu.^ieurs suites, 
depuis 1530 jusqu'en 1540, in -8^ obi. On trouve 
ce recueil dans la bibliothèque publique de Zwic- 
kao. Il y a des ouvrages de ce musicien dans 
les recueils très- rares dont voici les titres : 1° A'o- 
vum et insigne Opus musicum sex, quinque et 
quatuor vocum^cujus inGermania hactenus 
nihil simile unquam est editum^ etc. Iforiber- 
gx, Hier. Graphai, 1537, petit ln-4** obi. — 
2** Selectx Harmonise quatuor vocum de PaS' 
sione Domini ; Viitebergse , apud Georg. 
Rhauum , 1538. — 3** Sacrorum Hymnorum 
liber primus centum et triginfa Hymnos con» 
tinens, etc.; VHtebergx, apud Georg. Ehau,, 
1542, ï»etit in-4.° obi. — 4*» Bicinia gallica, la- 
iina et germanica, et quidam fugœ, iomi duo ; 
ibid., 1545, petit ln-4* obi. 

ECKELT (Jèan-Valbntin), n^ à VVernings- 

8 



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114 



ECKELT — ECKERT 



liaiisen, près d'Erfurt, Ters 1690 , fit ses études 
à récole de Gollia, et y apprit la musique. JLors- 
qiru crut avoir acquis assez deconnaisances dans 
son art, il entreprit de voyager pour se faire con- 
naître. Il ne tarda pas à être nommé organiste 
à Wernigerode » en Prasse. La manière distin- 
guée dont il remplit ses fonctions loi procura Ta- 
Tantage d^être appelé en qualité dVrganiste à 
l'église de la Trinité à Sondersliausen , place qu'il 
occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1734. Ce mu- 
sicien a lais&é en manuscrit plusieurs recueils 
de pièces et de préludes pour Torgue , une Pas- 
sion à grand orclicstre, et une collection decan» 
tiques* Mais c^est surtout comme écrivain didac- 
tique quMl s*est rendu recommandable, par la 
composition des ouvrages suivants : 1^ Experi' 
nieniamusiçx geometrica; Erfurt, 1715. — 
2** Instruction pour former une fugue, 1722, 
— 3*» Abrégé de ce quUl est nécessaire à un 
musicien de savoir, in-4°. — 4** Enfin un ou- 
vrage dont il a^est occvpé dans les dernières an- 
nées de sa vie, et dont il y avait déjà beaucoup 
de cahiers achevés eil 1724 , mais qui s'est égaré 
depuis la mort de Tauleur. C'était plutM un com- 
mentaire mathématico-miisico- mystique sur la 
Bible entière qu^un traité de musique. La biblio- 
thèque musicale d*£ckelt, qui pouvait passer pour 
complète de son temps , contenait tous les ou- 
vrages de Werkmeisler^ de Prinz , de Mattbeson 
et d'autres, publiés jusqu'alors. Les notes qu'il 
avait ajoutées à la plupart de.ses livres prouvaient 
l'étendue de son instruction. 

EGKERSBEEiG (Jeàm-Guillâdme), organiste 
et habile violoniste , naquit à Dresde , le 20 août 
1762. Nommé organiste de l'église Sainte-Sophie 
de cette ville, en 1783, à l'âge de vingt et on aus , 
il le fut ensuite de l'église de la garnison. Plus 
fard il fut appelé comme organiste à l'église de 
Neustadt ; il est mort dans ce lieu, le 21 août 
182 1 . Eckersberg s'est fait connaître comme com- 
positeur par la cantate de Schiller intitulée la 
Cloche , qu'il a écrite à grand orchestre, en 1804. 
On a aussi de lui un air varié pour le piano, 
Dresde , Hilscher ; des polonaises , des danses 
pour le piano , et des chansons allemandes avec 
accompagnement. 

ECKERSBERG (Edouard), fils du précé- 
dent et son élève, est né à Keustadt-Dresde , en 
1797. 11 a succédé à son père comme organit-te. 
Cet artiste n'a publié jusqu^à ce jour que des 
danses pour le piano. 

ECKERT (CBAaLEs-ÀRTOiKE-FLORiAN), vio- 
loniste, pianiste et compositeur, est né à Pots- 
dam, le 7 décembre 1820. Son père. Polonais de 
naissance, servit sous le prince Poniatowski, 
dans les guerres de l'empire français , et entra 



au service de la Prusse après la bataille de Leip- 
sick. 11 était en garnison à Potsdam , résidence 
du roi de Prusse, lorsque Charles Erkert naquit. 
Peu de temps après il fut envoyé à Berlin et im- 
pliqué dans un procès politique, à la suite dutjiiel 
il fut placé dans un poste de douaniers, avec le 
titre de brigadier, à la frontière du royaume. H 
fut tué dans une rencontre avec des contreban- 
diers. Dénuée de toute ressource après la mort 
de son mari , la mère de Charles Eckert se vit 
obligée de retourner en Pologne, et d'abandon- 
ner, dans sa détresse , son enfant, à peine âgé de 
deux ans. Touchés de compassion, les anciens 
camarades du père recueillirent son enfant or- 
phelin, qui vécut ainsi dans une caserne pendant 
sa première enfance. Il n'avait pas encore ac- 
compli sa troisième année quand M""' de Fœrs- 
ter, femme d'un littérateur distingué , et connue 
par son talent pour la musique, l'adopta, et , 
remarquant ses heureuses dispositions pour cet 
art, lui fit donner une éducation toute musicale. 
Ses premiers maîtres furent Grenlach et Rechen- 
berg. Plus tard il trouva une protectrice non 
moins dévouée dans la célèbre cantatrice Hen- 
riette Sontag (M«« de Rossi). Devenu élève de 
Zelter en 1830, et plus tard de Rungenhagen, il fit 
de rapides progrès sous ces maîtres, particuliè- 
rement dans la science de lliarmonie, et composa 
des psaumes et d'autres morceaux de musique 
d'église. Encouragé par le suffrage de Spontini , il 
s'essaya aussi dans le style dramatique, et donna 
à Tâge de dix-sept ans Catherine de Att/^eni- 
berg, et en 1840 le Qharlatan, tous deux au 
tliéàtre de Kœnigstadt. Lorsque Mendelssohn re- 
tourna à Berlin, avec le projet de s'y fixer, Eckert 
devint son élève , et écrivit son oratorio de Ju- 
diih, qui fut exécuté à T Académie royale de 
chant, en 1841. Dans l'année suivante il obtint 
une pension du roi de Prusse pour voyager en Ita- 
lie, et séjourna à Milan, Venise, Florence, Rome 
et Naples. De retour dans sa patrie» a près deux 
ans d'absence, il écrivit la partition de son 
opéra Guillaume d'Orange , dont la représen- 
tation eut lieu le 12 novembre 1840, avec un 
brillant succès. Les événements politiques qui 
agitèrent TAllemagne en 1848 décidèrent Eckert 
à voyager en Hollande et dans la Belgique. Ar- 
rivé à La Haye, il y fit représenter Guillaume 
d'Orange, traduit en français, et l'ouvrage y 
fut chaleureusement applaudi. A cette occasion 
le roi lui accorda la décoration de la couronne de 
Chêne. Eckert donna h la même époque plusieurs 
concerts en Hollande et en Belgique, puis il se 
rendit à Paris. L'espoir qu'il avait conçu d'é- 
crire pour les théâtres de cette capitale, et de se 
créer une renommée , ne se réalisa pas plus pour 



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ECKERT — EDGËCUMBE 



115 



fui que pour be&ucoup déjeunes artistes. Fatigaé 
<i*uiie Taille attente, et poussé par la nécessité , 
il se vît contraint d'accepler, eu ISSI» une place 
d'accompagnateur au Théftlre- Italien : Tannée 
snifante il y fnt chargé de la direction de Tor- 
dicstre. En 1853, ayant perdu Tespoir de se Taire 
une répatalion de compositeur à Paris, il s'éloi- 
gna de cette ville, et se rendit à Vienne, cil la 
place de dief d^orcbestre du Théfttre-ltalien lui 
fat confiée. 91 a conservé cette position jusquVn 
1860. Mais alors une opposition qui s'était formée 
contre lui Ta obligé de s'éloigner de la capitale 
de rAutriche. Outre les ouvrages de sacomposi- 
tioa cités précédemment, on connaît aussi de lui 
nne symphonie à grand orchestre, exécutée à 
Bei4in,en 1836. une ouverture de fête, écrite pour 
Monîclien 1841, un trio pour piano, violon et 
violoncelle, op. U; Uipsick, Breitkopr et Ilaer- 
tel« des recueils de Lieder, op. 12, 13, 15, et 
quelques antres compositions légères. 

ECKHARD (CniRLES-FBiDéRic), chance- 
lier de la régence de Donaueschingen, dans legrand- 
dudié de Bade, s'est Tait connaître, vers la fin 
du siècle dernier, par les ouvrages suivants : 
r 7ro^ Sonates pour le piano, op. 1 ; Offen- 
bach , 1793. — 2^ Variations pour le piano sur 
Vair : FmU euch des Lebens, op. 2 ; ibid. -- 
3"* Mélanges pour le piano et le chant j ibid., 
1801. -.4<' Six Sonates faciles ; Dresde. 

EDEL (Geobob^), musicieu de la cour de 
Tienne en 1800, a publié: 1^ Huit Variations 
sur un thème allemand; Vienne, 1798. — 
2^ Huit Airs allemands pour le clavecin, op. 5. — 
3* TroU Doos pour deux violon», op. 6. — 4^ Sé- 
rénade pour violon, violoncelle et guitare, op. 7 ; 
Vienne. — b^ Idem pour violon, alto et guitare; 
Hambourg. 

EDELC (...), violoniste et compositeur, né 
àStuttg»rd,dans les premières années du dix-neu- 
vième siècle, s'est fixé à Zurich, en 1833, et y a 
été pendant plusieurs années l'âme du monde 
musical. En 1838 il y a fait représenter Rûbe- 
iahl , opéra de sa composition. 

EDELM ANN (JEAnFaéDéRic), né à Stras- 
bourg, le 6 mai 1749, fut un pianiste distingué. 
En 1782 il donna à l'Opéra l'acte do feu, 
dans le ballet des Élément;, et Ariane dans 
Ctle de NoûTOS, qui obtinrent du succès. A l'au- 
rore de la révolution, Edelmann en embrassa 
le» principes avec fureur, et après avoir envoyé 
à l'échafaud un grand nombre de victimes, et 
notamment le baron de Dietrich, son bienfaiteur, 
il y périt lui-même, avec son frère, en 1794. Ses 
compositions, qui sont toutes pour le piano, 
consistent en Trois Concertos, neuf œuvres de 
sonates avec violon obligé, et des caprices, gra- 



vés à orrenbacli, Worms, Mannlieim et Paris. On 
connaît aussi de ce musici«sn des quatuors pour 
clavecin, op. 15, Amsterdam; et une scène ly- 
rique intitulée la Bergère des Alpes, pour so- 
prano et basse, gravée à Paris en partilion. 11 
y a du talent dans tous ces ouvrages, et Ton ne 
peut douter qu'Edelmann ne se fût fait une bril- 
lante réputation si la révolution ne l'eût détourné 
de sa carrière. ' 

EDER (Philippe), planiste à Vienne, au 
commencement de ce siècle , a publié pour son 
instrument les ouvrages suivants : i^ Variations 
très- faciles pour le clavecin, op. l ; Vienne, 
1803. — 2** Idem, op. 2. — 3® Sonates très- 
faciles pour le clavecin avec violon^ op. 3. — 
4° Jtondo très-facile pour le clavecin, op. 4. 
— 5*» Valses pour te clavecin, op. 5. — 6"^ Al- 
lemandes pour le clavecin, op. 6. Ce musi- 
cien disparut du monde musical actif vers 1807. 
Sa fille, pianiste distinguée, née à Vienne, a reçu 
des leçons de Charles Czerny, et s'est fait connaître 
par son talent dès 1829. Après avoir donné pen- 
dant plusieurs années des concerts dans les villes 
principales de l'Allemagne, elle s'est fixée àCassei, 
en 1843. 

EDER (Cbarles-Gaspàrd), violoncelliste, 
né en Bavière, en 1731, apprit la composition 
sous la direction de Lang et de Kœtlier, et M 
appelé, jeune encore, à la cour de l'électeur de 
Trêves, où il obtint la place de premier violon- 
cel liste de la musique particulière. Il a parcouru 
depuis ce temps les principales villes de l'Alle- 
magne, et s'est fait entendre partout avec succès. 
Il a composé pour le violoncelle vingt solos, trois 
duos, deux trios et quatorze concertos; mais il 
n'a fait graver que deux symphonies à grand 
orchestre, et deux quintettes. 

EDLEN DE MOSEL (J.-F.). Voyez 

MOSEL. 

EDGEGUMBE (Le Comtb MOUNT-), 
amateur de musique, d'une hante naissance, né 
à Londres, vers 1752, mort en 1828, a publié 
un livre intitulé : Musical réminiscence of an 
old amateur, chiefly respecting the italianl 
Opéra in England, for fifty years,from 1773 
to 1823 (Réminiscences musicales d'un vieil 
amateur, principalement en ce qui concerne l'O- 
péra-ltalien en Angleterre, pendant cinquante 
ans, depuis 1773 jusqu'en 1823, seconde édition, 
continuée jusqu^à ce jour ); Londres, W. Clarke, 
1827, in-8^ Dans ce résumé de ses souvenirs, 
le comte Mount-Edgecumbe laisse partout percer 
ses regrets sur la décadence de la musique et 
particulièrement de l'art du chant. Ses héros en 
ce genre sont Pacchierottl, Marchesi et la Bantt, 
qu'il considère comme fort supérieurs à tous les 

8. 



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116 



EDGECUMBE — EFFTERDINGEN 



chanteurs de Pépoque actuelle. Son liTre est rem- , 
pit de curieuses anecilotes sur ces artistes et sur 
Mme» Billington, Gra^sini et Catalani. Bien qne 
le titre de l'ouvrage du comte Edgecumbe indi- 
que une deuxième édition, il n*y en a point eu 
d'autre que relle-là ; mais Touvrage était im- | 
primé depuis plusieurs années avant qu'il parût, | 
et quelques exemplaires seulement avaient été 
donné<« par l'auteur à ses amis. On y a fait 
ensuite quelques additions^ et dans cet état 
le livre a été mis en vente, avec un nouveau 
iront ispice. Il y a des exemplaires qui ont la date 
de 1328, et qui sont indiqués comme nnetroi- 1 
sième édition. ' 

EDLIi\G ( Jban), virtuose i^ur la clarinette, . 
né à FalktT, près d'£isenach, entra Tort jeune | 
dans la roisique du duc de Saxe-Weimar. Son | 
jeu était d'une perreciion peu commune, et il 
promettait à l'Allemagne un artiste du premier 
ordre, lorsquMI mourut, en 17S6, à TAgede vingt- 
deux ans. Il a lais^sé en manuscrit beaucoup de 
concertos pouf son instrument, et quelques sym- \ 
phonies pour l'orchestre. 11 a aussi composé la ; 
musique d'un mélodrame intitulé El/ride : elle 
a été gravée pour le piano, à Berlin, en 1790. 

EDIJKGER (Thomas), célèbre luthier, né 
eu Bohême, vivait à Prague en 1715. Baron, 
dans ses Recherches sur le luth, lui accorde beau- 
coup d'éloges pour la lM>nté de ses inslruments. 
Les luths de Thomas Ediinger soutiennent en 
effet la comparaison atec les anciens instruments 
de Gaspard deSalo,qnt furent longtemps consi- 
dérés coinmn les meilleurs. 

EDLLXGER (Joseph-Joaciiih) , fils du pré- 
cédent, fut aussi excellent fabricant de lutlis. 
Après avoir fait son apprentissage chez son i)ère, 
il fit un voyage en Italie pour se perfectionner 
dans son art. Il y vécut quelques années, et vi- 
sita Crémone, Rome, Naples, Bologne, Ferrare 
et Yenij^e, puis retourna dans sa patrie. 11 est 
mort à Pragiie, le 30 mai 1748. Ses inKtiuments 
sont recherchés. 

EEKM.\NS (LiviNus), constructeur d'or- 
gues hollandais, vivait dans la première moitié 
du dix-septième siècle, et paratl être mort en 
1645. Il est auteur du grand oi;gue d^Alkmar, 
achevé eo 1639. Cet orgue est composé de 
cinquante-six jeux : Pharmonie en est excel- 
lente. 

EFFREM (MoTio ou Muxio), maître de 
chapelle du duc de Mantoue en 1622, avait été 
précédemment, pendant vingt-deux ans, au ser- 
vice de Gesuahlo, prince de Venouse, connu par 
ses madrigaux, ainsi qu'il nous l'apprend par 
une lettre placée au commencement d*un ou- 
vrage dont il sera parlé tout-à-Pbeure. Il était Dé 



à Bari, dans le royatime de Naples, ver» le mf lien 
du seizième siècle ; car on tronve une villanelle 
à trois voix de sa composition {Perche non rn'a- 
mi, invita?) dans le recueil publié par De Antiquis 
sous ce titre ^ Villanelle alla napolUana a 
ire voci da diversi aulori di Bari, libri f, ÏI 
{in Venezia, app. li figU d'Ant. Gardano^ 
1Ô74, in-8^ ). Un ouvrage de ce musicien, dont 
la rareté est excessive et qui a été inconnu à 
tous les bibliographes, fournit les reftseignementa 
qu*on vient de lire sur la position de Muzio Ef- 
freni. Cet ouvrage est intitulé : Censure di 
Mutio Effrem sopra il sesto lihro de Madri- 
gali'di M, Marco da Gagliano , maestro di 
cappella délia cattedrale di Fiorenza, sans 
date et sans nom de lieu ni d'imprimeur; mais aa 
verso du dernier reuillet on lit : 1622, {hjanua- 
riifpro impressione, AugusUnus Dulciuz se- 
crafariuSf 58 pages in-fol. non chiffrées. Au pre- 
mier feuillet l'on trouve une épttre de Marco de 
Gagliano au lecteur de son sixième livre de ma- 
drigaux, dans laquelle il se plaint des attaques 
sourdes d'EITrem contre ses ouvrages, disant que 
son critique n'ose rendre publiques ses censurer. 
Cette épttre e^t suivie d'une réponse assez dure» 
dans laquelle Effrem annonce au maître de cha- 
pelle de la cathédrale de Florence qu'il va le sa- 
tisfaire et démontrer son ignorance au public. 
Après cette lettre il réimprime en partition tous 
les madrigaux du sixième livre de Marco de Ga- 
gliano, et les accompagne de notes sévères dans 
lesquelles il analyse toutes les fautes de tonalité, 
de riiythme et d'harmonie qui s'y trouvent, fl 
s'y montre musicien beaucoup plus habile que 
son adversaire. Effrem publie aussi dans ce vo- 
lume un de ses madrigaux à cinq voix, très-su- 
périeur à ceux de Marco. Il dit» dans sa lettre, qu*UD 
grand nombre de ses ouvrages, consistant en mo- 
tets et messes, se trouvent citez le grand-duc de 
Toscane, en manuscrit. 

EFFREM ( Ai-Bx ARDRE ), de la même fa- 
mille, né à Bari, dans la secon le moitié du Sei- 
zième siècle, fut aussi compositeur de madrr- 
gaux et de chansons à la napolitaine. Quel- 
ques villanelles à trois voix se trouvent sous son 
nom dans la coliecHon d'Antiquis. 

EFFTERDINGEN ou AFTERDIN- 
GEN ( HEtiKi d' ), matfre chanteur ( trouvère al- 
lemand ), vécut au commencement du treizième 
siècle. 11 fut d'abord attaché à la cour de Léopold 
d'Autriche, qu'il quitta pour se rendre à celle 
du landgrave Herrmann de Thuringe. Plus tard 
il obtint le titre de bourgeois d'Eisenach Eff- 
terdingen est le compilateur de Vffeldenlmch 
(le Livre des héros ), où les plus anciennes chan- 
sons allemandes sont recueillies. 



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ÉGARD — ÉGIDE 



117 



EGARD ( Paul ), prédicateur à Norttorp , 
dans le Holstein, naquît à Kellinghausen, dan^ 
la même province, vers 1598. Il a publié une 
dissertation sur le cornet d'or qui fut trouvé en 
Danemark dans le seizième siècle, sous ce titre : 
Schriftmxssige Gedanken ûber das Golden- 
hom ; Liinebourg, 1644. 

EGE]>iDACKER ( Jean-Christophe), fac- 
teur d'orgues , né dans le Patatinat, vers la fin 
du dix-septième siècle, a construit, en 1700, Tor- 
çue de la cathédrale de Salzbourg , à trois cla- 
viers et quarante-quatre registr&s. Son rils,Roch 
Egendacker, Ta augmenté de plusieurs registres 
en 1782. 

EGENDACKER (Rocu), fils du précé- 
dent, facteur d'orgues, né à Passan, a construit 
en 1735 le petit orgue, à douze registres, du cou- 
rent de San-Salvador en Bavière , et en 1754 
celui du couvent de Benedict Baiem, à trente- 
cinq registres, 

EGEiVOLF ( Chrétien ), imprimeur-libraire 
à Francrort-^r-le-Mein, naquit vers 1485, à Ha- 
damar, petite ville du duché de Nassau. Ce fut 
lui qui introduisit Timprimerie à Francfort, en 
1513. Par une singularité bien remarquable, 
cette ville, si voisine de Mayence , nsLJ^a connu 
l'art typographique avant cette date. Egenolf nous 
apprend , dans Tépitre dédicatoire d'un ouvrage 
dont il sera parlé tout à Tbeure, qu'il passa sa 
jeanesse h Strasbourg. Ce fut sans doute dans 
cette ville, où se trouvaient les imprimeries de 
Scliœfler et de Prys, qu'il eut connaissance de 
lart, encore nouveau, d'imprimer les livres. Il 
se distingua dans sa profession, et eut la gloire 
d'avoir fait graver en bois les premières figures 
pour des ouvrages d'histoire naturelle. Egenolf 
était musicien. On lui doit la publication d'un re- 
cueil d'Ades d'Horace et d'antres poésies d'Ovide 
luises en musique, à quatre voix ; ce recueil a 
pour titre : Melodûe in Odas Horatii et qux- 
dam alia carminitfn gênera. Earumdem ar- 
gumenta , genus, ac ratio, etc. Ce* titre ne se 
trouve qu'au fronlispi6e de la partie de ténor; 
à ceux du discantus et du bossus , il y a sim- 
plement : Odarum Horatii concentus, et k 
Valtus on lit : Carminum Horatii. Au bas du 
dernier feuillet on trouve : Franco fordix^ apud 
Chrislianum Egenolphum. Mense januario 
1532; petit in-8S dont les feuillets ne sont pas 
cliifTrés. An frontispice de la partie de ténor 
on voit la figure gravée en bois d'un homme 
qui joue de la basse de viole. La publication 
d'Egenolf a précédé de sept années celle des 
Harmonie poeticue ^e Hofliaimer, et de vingt- 
trois ans tes odes d'Horace mises en musique par 
Goudimel (voyez ce nom et Hofkaimer). Ce re- 



cueil est si rare, que je ne l'ai trouvé dans au- 
cune grande bibliothèque de l'Europe, qu'aucun 
catalogue ne le mentionne, et qu'il a été inconnu 
à tous les bibliographes. Mon exemplaire a appar- 
tenu à l'abbé Mercier dé Saint-Léger, qui y a joint 
une note ; puis il est passé en la possession de 
Roquefort. La musique du recueil d'Egenolf 
n'est qu'un simple contfepoint de note contre 
note; mais elle a de l'intérêt, parce que tous les 
chants de la partie de ténor sont, de toute évi- 
dence, des airs populaires de l'époque, et parce 
que l'auteur de ce contrepoint a rhylhmé toutes 
les voix d'après le mètre de la poésie latine. 

EGGERS ( Nicolas), né à Lunebourg, étudia 
à Jena vers 1084, et fut en<^uite pasteur à Brème 
et prédiraleur du ministre de Suède résidant 
dans cette ville. Il'vivait encore en 1713. On a 
de lui deux dissertations curieuses sur les clo- 
che<« ; elles sont intitulées : 1° Dissertatio philo- 
logico-historica Campanarum nonien et ori- 
ginem complectens : Jeiï^; 1084, 7 feuilles in-4**. 
— 2* Dissertaiio de Campanarum materia et 
forma; ibid., 1685,in-4^ 

ÉGIDE (Jean), en latin JSgidiiis Zamo- 
rensis , fut moine de l'ordre des Frères mineurs 
de Saint- François, au treizième siècle, et naquit 
à Zamora, dans l'ancien royaume de Léon, en 
Espagne. Il était docteur et lecteur de théologie 
dans le couvent de cette ville. On a de lui un 
petit traité de musique intitulé Ars musica, 
publié par l'abbé Gerbeii, dans sa Collection des 
écrivains ecclésiastiques sur la musique ( t. II, 
fol. 309-393 ), d'après un manuscrit de la biblio- 
thèque du Vatican. Cet ouvrage , en partie his- 
torique et en partie techniqfie, est divisé en 
quinze chapitres : il offre peu d'intérêt. Après 
avoir traité de l'invention, de l'utilité et de la 
division de la musique d'après des auteurs plus 
anciens, Égide emploie plusieurs chapitres à l'ex- 
plication du nom des notes et de la représenta- 
tion de celles-ci par les lettres romaines; de la 
solmisation par la méthode des muances, et de 
la constitution des tons du plain-chant. Le der- 
nier chapitre renferme une description insuffi- 
sante et peu exacte d'un certain' nombre d'ins- 
truments de musique. Une de ses explications 
les plus singulières est celle qu'il donne de l'ins- 
trument appelé «^p^ionte dans le moyen âge. 
On sait que les figures de cet instrument, que 
nous offrent quelques manuscrits, sont semblables 
à la vielle de nos jours ; mais l'instrument, dont 
parle Égide de Zamora est très-différent : c'est, 
dit-il, un instrument fait d'un bois concave, avec 
une peau tendue sur chacun de ses côtés, dont 
les Musiciens jouent avec de petites baguettes et 
dont le mélange des sons graves et aigus produit 



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118 



EGIDE — EHLERS 



des cliants ngréables (i). Cette description semble 
êtte celle du tympanon oa canon arahe, dont 
les tables n'auraient pas été faites de sapin, mais 
de peani parcheminées , comme cela se voit 
dans plusieurs instruments de l'Orient 

ÉGIDE (iEcuMcs), de Murino, auteur dVn 
traité de la musique mesurée, dont on trouve une 
copie manuscrite, du quinzième siècle, dans la 
bibliothèque du Vatican ( n° 5321 ), sous ce titre : 
Traciatus cantus mensurabilis secundum 
magistrum yEgidium de Murino, La biblio- 
thèque du Muséum britannique en possède une 
copie moderne, faite pourTepuscb, diaprés un 
manuscrit de la bibliothèque Cottonienne , qui a 
été détruit par Tincendie. Ckïtte copie a pour 
intitulé : Incipit traciatus diter&arum figu- 
rarvmperquas dulces modidiscantanfur, et 
ideo sequendo ordinum tenons, scUicct alte- 
rius temporis, secundum yEçidium de Mu- 
rino. (Voy. Catal. ofihemanuscript Musicin 
British Muséum , p. 50, n"* 141. ) Cet Égide do 
Murino vécut dans le quinzième siècle : il ne 
doit pas être confondu avec Jean de Mûris, 
comme Ta fait le rédacteur des mana<icrits de 
musique du Muséum britannique. Son ouvrage 
renferme des choses curieuses et pleines d'in- 
térêt , particulièrement sur les modifications de 
la valeur des notes par les ligatures. Spataro 
avait lu ce traité, et le cite dans son Tractatode 
musica , nel quale si tracta de la perfection 
(sic) de la sesquialtera producta in la mu^ 
sica^mensurata» Il qualilie Tauleur de claro 
musico. On ne sait rien sur la personne d'Égide 
de Murino, ni sur le lieu où il a vu le jour. Il est 
vraisemblable que De Murino équivaut k Mu- 
rinensis, ce qui indique qu*Égide était né ou à 
Mûri, dans le canton suisse de TArgovie, on 
dans quelqu*une des commîmes do midi de la 
France appelées La Mure et Mure. La qualifi- 
cation de magister, qui lui est donnée fait con- 
naître qu'il était ecclésiastique et maître es arts ; 
car à l'époque où il vécut les laïques ne pou- 
vaient être que clercs. 

EGLI (JBAQi-HEcrRi)> né à Seegreben, dans 
le canton de Zurich, le 4 mars 1742, est considéré 
comme un des meilleurs compositeurs nés en 
Suisse, particulièrement pour les cantiques reli- 
gieux. 11 était déjà âgé de quinze ans quand il 
commença à s'occuper de musique ; le pasteur 
Schmiedli , de Weizikon, fut son mattre, et lui 
fit faire de si rapides progrès , qu'après trois 

(1) Symphonla e»t Instrumentam nanicaiB, qnod Ht ex 
Ugno concaTo. pelle extenta Inatraque parte sua , quam 
mualci htno Inde virgalh ferlant, &tqiie in ea ex concor- 
dla gravla et acutl suavlsslmus cantus. (Ap. Gerb., 11. 
p. «00. 1 



^ années d'études il put être employé cnniraemosi- 
cien dans les églises. Il y passa toute sa vie, livré 
à la composition d'une multitude de chants reli- 
gieux qui devinrent populaires dans toute la 
Suisse, et à l'amélioration de l'art dans sa patrie. 
Il mourut à Zurich, vers 1807, laissant cooicne 
monuments de son activité artistique environ 
trente œuvres, parmi lesquels on remarque : 
1^ Cantiques avec des mélodies chorales sur des 
textes de Lavater; Zurich, 1775. La 2*"' édition 
de ce recueil a paru en 1786. Vingt méhxlies de 
ces cantiques ont été composées |)ar £;;li ; les 
antres sont de Walder. — 2" Chants religieux 
(le KIopstock, Cramer, Lavater, et autres poêles- 
célèbres, mis en musique pour une, deux, trois et 
quatre voix ; Zurick, 177& : la 2^^ édition e^t 
de 1788. Vingt-cinq morceaux de ce recueil ont 
été composés par Walder. — 3** Collection de 
Chansons morales avec accompagnement de cla- 
vecin ; ibid., 1776. Il y a aussi des morceaux com- 
posés par Walder dans ce recueil. — 4^ Cantiques 
spirituels à 4 voix avec la bas^^e chiffrée ; ibid ., 
1777; 2« édition, 1793. — ô^Ode de Cramer : 
Bald schuingt me!n Geist sich auf t'oi» 
Staube; ibid., 1778. La même ode a été réim- 
primée avec deux autres en 1786. — 6° Donze 
Cantates de nouvel an, mises en musique. — 
7^ Soixante cantiques avec mélodies; /wrich, 
1779 ; 211^ édition, améliorée, 1791 . — 8" Suite des 
Cantiques spirituels de Klopstock, etc.; ibid., 
1780. — 9® Suite des Cltansons morales, etc. ; 
ibid., 1780. — 10" Six chants religieux à 1, 2, 3^ 
et 4 voix; ibid., 1 78 1«— 11*' Compositions vo- 
cales, en 2 parties ; Zurich, 1786. Ce recueil con- 
tient 51 morceaux, grands et petits. — 12'' Chan- 
sons suisses avec mélodies ; Zurich, 1787 ; 2* édi- 
tion, 1798. — 13" Livre de Chant choral ; ibid.» 
1787. La septième édition de ce livre a été pn- 
bliée en 1807. — 14" Chansons populaires de la 
Suisse avec mélodies ; ibid. — 15® Les Ode» 
sacrées de Gellert, avec les mélodies chorales^ 
ibid., 1789*; 2' édition, en 1801.— 16" Les Odes 
sacrées et les Chansons de Gellert, avec des mé- 
lodies facile*, suivies de six autres, entremêlées 
de soloe et de duos; ibid., 1791. — 17" Marche 
des troupes suisses et allemandes, arrangées 
pour le clavecin ; ibid., 1796. 

EGRESSY (B ), pianiste et compositeur 
hongrois de l'époque actuelle, vit à Pestli. Il y a 
publié, citez Wagner, environ cinquante de ses 
compositions légères pour le piano et le chant , 
en partie sitr des chants populaires magyares. 

EHLERS (Fkançois), en latin EleruSf né k 
Uelzen, dans le duché de Lnnebourg, vers 1650, 
fut directeur de musique à Hambourg. Il a publié 
une collection de motets de sa composition, sous 



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EHLERS — EHRENSTEIN 



il» 



le titre AeCantica sacra, etc.; Harobonrg, 
1688. David Cliytrœe y a ajouté une préface 
musico-historique. 

ËHLEHS (M4RTIIV )f professeur de phlloM)- 
pliie à Kiel depuis 1770^ et précédemment rec- 
teur à Segekierg, naquit en M 32, an ierritoire 
de Wilster, dans le Uolstein. Il est anteur d^un 
livre qui a pour titre Beiracktungen vJber die 
SiitlichkeU der Vergniigungen (Considérations 
morales sur les divertissemenls); Fiensbourg, 1779, 
2 parties in-8^ Une deuxième édition de ce livre 
a été publiée à Flensbourg etLeipsick, en 1790» 
in-8°. Il y traite de l'efTet de la musique et de la 
danse sur la morale. 

EHLERS(Gi}iLLAuifB), professeur de chant 
et de tiéclamation ; co-directeur des théfttres de 
Mayence etdeWiesbaden, avec Clément de Re- 
mie,es( né à Weimar, en 1774. Après avoir fait de 
J[)onnes études littéraires et musicales, il débuta 
sur le théâtre <le sa ville natale, et se fit bientôt 
la réputation d*un des chanteurs d'opéra les plus 
habiles de TÂlIemagne. En 1809 il brillait sur 
les théâtres de Vienne; cinq ans après il était 
premier ténor au théÂtre de Brestau. Il fut en- 
suite attaché aux scènes principales de TAIIe- 
magne jusqu^n 1824, époqne où l'affaiblissement 
de sa voix l'obligea à prendre sa retraite. En 
1829 il se fixa à Francfort et y établit une école 
de musique; deux ans après il devint régisseur 
de ropéra de cette ville, puis il s'associa à la di- 
rection du théâtre de Mayence; et prit la régie de 
rOpéra. Ehlers est mort à Mayence, au mois de 
décembre 1845. Comme compositeur, il a publié : 
1^ Chants à voix seule avec accompagnement de 
piano ; Hambourg, Bœlime. — 2° Quatre chansons 
idem ; Leipsick, Hoffmeistes. — 3^ Chansons avec 
accompagnement de guitare; Stuttgard, Cotta. 

EHLERS ( Joàchim ) , facteur d'intruments 
à Vienne (Autriche), a pris, en 1825, un brevet 
dlnvention pour un Capotasto, ou sillet mobile 
en mêlai appliqué aux pianos pour les mettre 
imroéiliatement au Ion d*orcbestre, et même pour 
en suivre les variations, lorsque la chaleur élève 
riûtonation des instruments à vent. Cette inven- 
tion , comme beaucoup d'autres par lesquelles 
on a voulu modifier la facture ordinaire des 
pianos, est tombée dans l'oubli. 

EHLERT ( Louis ), pianiste et compositeur 
de l'école romantique nouvelle, est né à Kœnigs- 
berg, en 1825^ et vit à Berlin. On a gravé de sa 
composition : 1^ Sonate pour piano, op. 1 ; Ber- 
lin, Guttentag. — 2^ Caprice pour piano, op. 3 r 
Leipsick, Peters. — 3^ Sonate romantique, idem.,, 
op. 5 ; ibid. — 4^ Allegro concertant pour piano, 
violon et violoncelle, op. 7 ; ibid, — 5® De» re- 
caeils de Lieder, avec accompagnement de piano, 



cp. 2, 4, et 6 ; ibid. Il a fait entendre à Berlin 
et à Leipsick des ouvertures et des symphonies 
qui ont trouvé des partisans chaleureux. Les 
premières compositions de cet artiste ont paru 
en 1847. Ehlert s'est fait connaître aussi comme 
écrivain par un petit volume qui a pour titre : 
Briefe iiber Musih an eine Freundin ( Lettres 
sur la musique à une amie ) ; Berlin, Guttentag, 
1859, petit in-8** de 166 pages. Ces lettres ren- 
ferment des appréciations critiques du talent de 
quelques-uns des compositeurs les plus renom- 
més de l'éj^oqiie actuelle. Les dernières œuvres 
de Beethoven sont le point de départ de Tautenr, 
et tour à tour Mendeissohn, Schumknnf Richard 
Wagner, VVeber, François Schubert, Chopin, 
Berlioz et Meyerbeer sont analysés par lui. Chose 
remarquable : Liszt est le seul dont il ne parle 
pas. On comprend à quels points de vues sont 
formulés les jugement» d'Ehlert. 

EHUIANN (CoNRAo), cantor àRentlingen, 
dans le royaume de Wurtemberg, s'est fait con- 
naître par un petit ouvrage qui a pour titre : Die 
Reform des allgemeinen Kirchengesang in 
Wurtemberg ( La rélbrme générale du chant d'é- 
glise dans le Wurtemberg) ; Rentlingen, Macken, 
1837, in-S». 

EHRENBERG (. . O» musicien allemand , 
mort fort jeune, en 1790, à Dessao, où il était 
employé à la musique de la cour, a publié phi- 
sieurs fecueilsde chansons avec accompagnement 
de piano. Rellstab, marchand de musique à Berlin, 
a acquis ses manuscrits , dans lesquels se trou- 
vent les ouvrages suivants : 1® Geisiliche Oden, 
5 parties. — 2* Psalmen und geistUche Lieder. 

— 3® La troisième partie de ses chansons. — 
4" Cantique sur le Messie, avec ace. de piano. 

— h^ Le Soir, chanson de Matthison. — C" 
Aiakia , op. de Schwan. — 7* Élégie pour voix 
de soprano. — 8^ Hymne au mois de mai, 
duo pour soprano et ténor. — 9*» Xdylle , duo 
pour les mêmes voix . — 10* Chœur avec ace. 
de deux- cUrinettes, deux cors et harpe. 

EHRENHACS (Chrétien), né en Thuringe, 
fut nommé diacre à Pulnitz, dans la Lusace su- 
périeure, en 1659^ et pasteur au même lieu , en 
1670. Il est mort en 1703, à l'âge de soixante- 
quinze 4ns. On a de lui un sermon sur l'usage de 
l'orgue, en forme de commentaire- sur le Psaume 
150 : Il est intitulé : Organographia , das ist 
Orgelpredigt Uber den 150 PstUm; Erfurt, 
1669,6 feuilles in-fol. Cet ouvrage est fort rare. 

EHRENSTEIN (Wolf ns), compositeur 
distingué de Lieder, aveugle de naissance, vit 
à Dresde. Ses cliants avec accompagnement de 
piano ont de la popularité dans toute la Saxe. 

EHRLICH (CF. ), pianiste et compositeur. 



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t20 



EURIiCH — EICHHORN 



élève deHuiniiiel,né à Magdebourg, ea 1812, e^t 
fixé dans cette ville, comme professeur de son 
inslrumentjdepuis 1830. li y diri}«e la société de 
chant. On a publié de sa composition quelques 
œuvres légères pour le piauo, et environ trente 
recueils de chants à voix seule avec accompa- 
gnement de piano, de duos pour soprano et con- 
tralto, de quatuors pour soprano, alto, ténor et 
basse, et pour quatre voix d*liomme. 

EHRNSTEIN ( Jban-Jacques Stumv de ) , 
compositeur allemand qui florissait au commen- 
cement do siècle dernier, a publié des trios pour 
deux violons et basse, sous le titre de Rosetum 
musicum, oder VIParthienfûr 2 Violinen und 
Generalbass, 1702, et douze symphonies pour 
violon seul et basse. 

EICHBERG (Jules), violoniste et composi- 
teur, est né à Dusseldorf, vers 18^0. Fils d'un 
professeur de musique de cette ville, il y fit ses 
premières études de violon; puis il se rendit à 
Bruxelles, et y devint élève de M. Meerts pour 
cet instrument. De retour à Francfort en 1844, 
il y fut attaché au théÂtre, en qualité de violon 
solo ; puis il fut appelé à Genève pour y remplir 
les fonctions de professeur de violon au Conser- 
vatoire. Après plusieurs années de séjour en cette 
ville, il est parti pour TAmérique en 1857. Ses 
principaux ouvrages sont ; 1* Études contenant 
les principaux coups d'archet et autres difficul- 
tés, d*après la méthode du Conservatoire royal 
de Bruxelles, etc., op. 7; Leipsick, Stoil. — 
2^ Trois duos concertants pour 2 violons, op. 11 ; 
Leipsick , Peters. — 3° Trois idem, op. 12 ; ibid. 
— 4^ Huit Études renfermant des difTicoltes de 
doigts et d*archet, avec un second violon non 
obligé , op. le ; ibid. — b"" Duo brillant et facile 
pour violon et piano sur des motifs deSlradella, 
op. 6 ; Francfort, Hedier. — 6^ Quatre mélodies 
caractéristiques pour violon et piano , op. 8 ; 
ibid. — 7^ Grand duo brillant pour violon et vio> 
loncelle sur les chants nationaux de la Russie 
et du Wurtemberg, en collaboration avec 
M. Boekmiihl ; Leipsick, Seigel. 

EICHBERGER (Josepb), ténor drama- 
tique allemand, qui a eu de la réputation pour 
la beauté de sa voix et son talent scénique, a 
brillé longtemps sur les thé&tres de Vienne et 
de Leipsick, et a chanté avec succès à Cassel^ à 
Berlin , à Maycnce et à Londres. Il commença 
sa carrière en 1823, et s'est retiré de la scène 
en 1848, pour prendre possession de la place 
de régisseur du théâtre de Kœnigsberg. 

EIGIIHORN (AoBLàiRE), musicien alle- 
mandy vivait au commencement du dix septième 
siècle. Il a publié des pièces instrumentales à 
quatre parties, sous ce titre ; Schœne ausserte- 



sene ganizc newe Infraden^ Gagliarden und 
Couranien, ohne Text, nui 4 Siimmen; No- 
remberfs, 1616, in•4^ 

EICilHORN (Jean), violoniste et composi- 
teur allemand, né vers 1766 , vécut d'abord à 
Berlin , s'établit ensuite à Bnichi^al , dans le 
grand-duché de Bade , et enfin s'engagea , en 
1807, à l'orcliestre de Mannheim, où il se trou- 
vait encore en 1815. Il a fait graver à Berlin, 
en 1791, plusieurs solos et un concerto pour le 
violon. On connaît aussi de lui trois quatuors 
pour deux violons, alto et basse, DarmstadI, 
179i : trois duos pour deux violons^ op. 9, 
Leipsick, Kùhnel, et un grand quinieito pour 
2 violons, deux altos et basse, op. li ; ibid. 

EICHHORN (Jeah-Pacl), et ses fils 
( Je4n-Godefroi- Ermest , et Jean- Charles- 
Edouard), connus sous le nom des frères 
Eichhom. J'emprunte à VUniversal Lexikoi^ 
der Tonkunst, publié par M. G. Schilling, cette 
notice où le père des jeunes virtuoses est traité 
avec beaucoup de sévérité. Je crois devoir faire 
cette déclaration, parce qu'il m'a semblé que je 
ne pouvais rapporter des faits tels que ceux qu'on 
va lire, sans indiquer la source où je les ai 
puisés. J'ai souvent regretté que d'aussi belles 
facultés que celles de ces deux enfants, et sur- 
tout de l'atné, fussent exploitées au détriment 
de leur avenir d'artiste ; j'ignorais qu'il y eût 
des reproches plus graves à adresser à leur père. 
J'abrège seulement les détails donnés par VUni- 
versal Lexikon. 

Eichhom (Jean-Paul') est né le 22 février 
1787^ au village de Neuses, près de Cobourg, et 
y a reçu une éducation de paysan. Ayant appris 
le métier de tisserand, il l'exerça jusqu'à l'Age de 
vingt ans. Son goûl pour la musique s'était ma- 
nifesté de bonne heure ; il fréquentait avec assi* 
duité les leçons de chant de l'école du village , 
si mauvaises qu'elles fussent, et retenait avec 
facilité les mélodies qu'il entendait. Il apprit d'o- 
reille à jouer du violon, et se fit rerevoir parmi 
les musiciens du village qui jouaient le dimanche 
des danses dans les cabarets. A l'âge de vingt 
ans il fut appelé au service mililaire, et dut. par- 
tir, malgré sa répugnance pour la vie de soldat. 
Son séjour à la ville lui fournit l'occasion de pren- 
dre des leçons de musique ; le cor, le trombone 
, et le cor de bassotte furent les instruments qu'il 
apprit à jouer : plus tard il exécuta des solos sur 
ce dernier instrument, dans les concerts de ses 
fils. De retour à Cobourg, il fut admis dans la mu- 
sique de cette petite cour; sa position s'étant 
améliorée, il put se marier en 1821, et sa femme 
(Marguerite- Éiisabetb-Maun) donna le jour â. Er- 
nest Eichhom , le 30 avril 1822. Huit jours après 



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. EICHHORN — EICHMANN 



121 



la jeune mère mourut, des suites de Tenfaute- 
ment. Les soins que réclamail l'enfant obligè- 
rent Jean-Paul à se remarier bientôt après , et sa 
nouvelle épouse lui donna un second lils (Edouard 
Ëlchliorn), le 17 octobre 1823. 

Dès l'âge le plus tendre , les deux enfants , et 
surtout l'alné, firent voir les .plus heureuses dis- 
(lositions pour la musique. Une circonstance sin- 
gulière tixa rattifntiun du père sur ces artistes 
nés. On leur avait donné de petits violons ache- 
tés à la foire, et sur lesquels ils s'amusaient. 
Jean-Paul Eicliliorn rentrant chez lui fut étonné 
d'entt'ndre jouer par ses enfants la marche de la 
reiraite , à deux violons, avec une justesse re- 
marquable ; mais sa surprise devint pins grande 
lorsqu'il eut examiné les instruments. Chacun de 
ces petits violons était accordé par quintes jus- 
tes, mais ils n'étaient point d'accord ensemble ; 
en sorte que les enfants avaient dû éviter de faire 
usage des cordes à vide et avaient corrigé d'ins- 
tinct , par le doigter , l'es différences d'accord de 
leurs instruments. Dès ce moment le père donna 
tons ses soins à l'éducation musicale de son fils 
aîné ,*et pendant un certain temps celle du plus 
jeune fui négligée; mais la mère d^Édouard fit 
tant d'instances auprès de son mari , que celui- 
ci consentit enfin à donner des leçons à ses deux 
enfanta. Lfurs progrès tinrent du prodige. Ernest 
n'avait point encore six ans quand il joua à la 
cour un concerto le Kreutzer, au mois de mars 
1828. Edouard, qui raccompagnait, fit aussi 
preuve d^une habileté étonnante pour son âge. 
Deux mois après, un concert fut organisé chez 
le prince, et les deux enfants y produisirent une 
vive impression. Ils reçurent du duc de Cobourg 
quelques pièces d'or. La vue de ce métal et la 
faveur du prince firent comprendre à Jean-Paul 
Eichhorn le parti qi^'il pouvait tirer de ses enfants 
pour sa fortune. Dès ce moment ils furent con- 
traints de se livrer k Tétude de leur instrument 
nuit et jour; toute instruction littéraire, morsrle 
et religieuse leur fut refusée ; ils avaient en eux 
des sources de richesses que leur père voulait 
exploiter à tout prix. Le 15 mai, un premier 
voyage fut entrepris , et la fam^ille Eichhorn visita 
Banfberg, Nuremberg, Ânspach, Munich, Tegern- 
sée et Augsbonrg. Partout les enfants excitèrent 
l'admiration; partout ils firent une riche moisson 
de Por dont leur père était avide. De retour à 
Cobourg, celui-ci voulut préparer ses fils à des 
voyages plus étendus dans les grandes villes de 
l'Europe , et ne leur laissa plus mêmes quelques 
moments derêpos ou de délassement. Si la fatii^ue 
les accablait, si l'archet échappait à leurs mains 
débiles, il n^y avait point d'excès auxquels leur 
père ne se livrât contre eux ; jusque-là qu'on le 



'vit, malgré les cris ùe désespoir de ,1a mère, les 
traîner par les cheveux en les accablant de coups. 
C'est ain$ti <|ue fut formé ce talent précoce de 
deux infortunés que Paris, Londres, Vienne, 
Berlin ont adrniré^. En vain des richesses ines* 
pérées , et cent fois au-dessus de ce qu'il pou- 
vait attendre de ses propres travaux , ont-elles 
été recueillies par Jean-Paul Eichhorn ; sa soif 
de l'or était insatiable. Dans l'été de 1835, ces 
intéressants artistes visitaient les cours du Nord. 
Ernest était parvenu à un degré d'habileté qui 
pouvait soutenir la comparaison avec le talent 
des plus grands violonistes pour les difficultés. 
Son frère et lui ont été plus tard attachés à la 
chapelle du prince de Cobourg; mais, épuisé sans 
doute par la fatigue et par les mauvais traite- 
ments, Ernest est mort à Cobourg, le 16 juin 
1844, à l'âge de vingt-deux ans. 

ËICIIIIORST (C.) clarinettiste distingué, 
est né à Berlin, en 1808. Élève de Tausch, il a 
comme lui un beau son et beaucoup de netteté 
dans l'exécution des traiU. On a gravé de sa 
composition, à Berlin, un th^me original varié 
pour la clarinette avec orchestre. 

EICHLER (Henri), habile mécanicien, na- 
quit à Liebstadl, près de Pirna, en 1637, et 
exerça son art à Au^bourg, où il est mort, en 
1719. On lui doit plusieurs perfectionnements 
importants dans Ife mécanisme de l'orgue, et 
l'on cite avec élo;;e plusieurs de ses ouvrages 
en ce genre, et particulièrement des orgues de 
chambre remarquables par la beauté des jeux 
de flûte. 

£ICHLËR ( Ernest ) , musicien alle^nand , 
vintù Paris, vers 1776, et y enseigna la musique 
jusqu'à sa mort, arrivée en 1794. Il a publié de 
1783 à 1790 deux œuvres de quatuors pour 
deux violons, alto et basse, chez Sieber, à 
Paris. 

EICHLER (FRÉnÊRic-GuiLLAUME), premier 
violon du théâtre de Kœnigsberg, est né à Leip- 
sick, en 1809. Élève de Spohr, il a acquis par 
les leçons de cet habile maître un talent remar- 
quable par la justesse , la l>eauté du son, le ma- 
niement de l'archet dans les plus grandes diffi- 
cultés, et le goût dans les détails. En 1832 il a 
été apftelé à Kœnigsberg pour ^ prendre la po- 
sition de premier violon solo du thf^âtre. On 
connaît de lui des variations sur un thème suisse, 
avec accompagnement d'orchestre ou de piano 
(œuvre 2*; Leipsick, Breitkopf et Haertel), qui 
ont obtenu en Allemagne beaucoup de succès ; 
son œuvre 4* est composé de romances sans pa- 
roles pour violon seul. 

EICHMANN (Pierre), cantor et maître 
d'i^cole à Stargard, dans la Poméranie, naquit en 



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122 



EICHMAKN — EINKRT 



J561, ei mourut en 16^3, avec le litre da pro- 
fesseur émérite. Il a Tait imprimer un opuscule 
qui a poor titre : Oratio de divina atqite uth 
l'Uate muliiplici prœsiantissimx ac nobiUS' 
simx artis musicx, habita pro more aniU 
quitus receptdin Schola Siargardiensi; Stel- 
tio, f600,in-4°. 

EICIIMANN (Bernard), compositeur, né 
en Prusse, vers 1755, a publié à Berlin, en 1784, 
trois symphonies à neuf parlief*, op. f . 

£IGI1i\ER ( Ernest), virtuose de premier 
ordre sur le basson, naquit à Mannhein, le 9 fé- 
vrier 1740. A une habileté rare sur son instru- 
ment, il joignait le talent du compositeur, et ^ 
tit autant remarquer par la fécondité de sa plume 
que par l'élégance de s&h compositions. Nommé 
maître de concerts au service du prince de Deux- 
Ponts, à l'âge de vingt-six ans, il écrivit pour 
cette cour un grand nombre de sympliunies à 
grand orchestre , dont il publia le premier œu- 
vre en 1770. Ayant demandé sa démission plu- 
sieurs fois sans ponvoir Tobtenir, il s^éioigna 
clandestinement. On courut après lui , mais il 
eut le bonheur de n'être pas rencontré, et se 
rendit en Angleterre, où il excita Tadmiration. 
Après deux ans de séjour dans ce pays , il entra 
au service du prince royal de Prusse, à Potsdam, 
et y passa le reste de ses jours , se livrant à la 
composition et à rin:'truction de ses élèves. 
Parmi ceux-ci, les plus remarquables ont été Kno- 
blauch et Masl. Eichner est mort à Potsdam, au 
commencement de 1777, à Tâ^^e de trente-sept 
ans. S&<i principaux ouvrages sont : \^ six Sym* 
phonies à grand orchestre, op. 1. ^ 2* Deux 
concertos pour le basson, op. 5 e< 6. — 3** Trois 
Symphonies, op. 4. — 4** Trois idem, op. 6. — 
5** Trow. idem, op. 6. — 6*» Trois idem, op. 7. 
-^ T Trois idem, op. 8. —8* Deux concer- 
tos pour le basson, op. 9 et 10. — 9*» Six c<m- 
certos, idem , op. 1 1. Il a publié en outre quel- 
ques œuvres de quatuors et de trios pour violon. 

EICHNER (Adélaïde), fille du précédent, 
néeà Mannheim, en 1762, fut cantatrice excellente 
et pianiste habile. Sa voix s'étendait depuis Vut 
grave du soprano iusqu'au fa aigu des pianos 
à cinq octaves. Elle Joignait à ce don fort rare ce- 
lui d'une grande légèreté et beaucoup d'expression 
dans Tadagio. En 1775, elle entra au service du 
prince de Prusse ; de là elle passa, en 1784 , à la 
chapelle royale, puis au grand théâtre de Ber- 
lin. Elle est morte dans cette vifte, en 1787. 

EICHNER (EfiREST), claveciniste allemand, 
s^est fait connaître par huit œuvres do sonates 
pour le piano, qui ont été gravés à Amsterdam 
et à Paris. On n'a point de renseignements sur 
la vie de cet artiste. 



EIDENBENZ (CHRÉneN-TBi^.oPHiLB), mu- 
sicien de la cliambre du duc de Wurtemberg , 
et altiste dans la chapelle de Slutt$;ard, est mort 
dans cette ville, le 20 août 1799, à Tàge detrente- 
f ept ans. Il a composé pour le théâtre de la cour 
la musique du ballet intitulé : Der Schxferlauf. 
On a aussi soqs son nom : 1® XXIY Divertisse- 
ments pour le piano; Stuttgard^ 1793, in-4'*. 
— 2** Trois duos pour deux flûtes, op. 6; Heil- 
bronn, 1794. — 3** Pièces choisies pour le piano, 
Leipsick, 1796. — 4^ Douze chansons alle- 
mandes avec ace. de piano fil9S. 

EIDOUS(Marc-Aktoine), né à Marseille, 
vers 1724, servit quelque temps en Espagne 
comme ingénieur, et se livra à des travaux lit- 
téraires après qu'il fut rentré en France. C'est 
surtout par de nombreuses traductions qu'il 
s'est fait connaître ; ces traductions sont en gé- 
néral peu exactes et peu élégantes. 11 changeait 
même souvent en partie la forme des ouvrées 
qu'il traduisait, ou les *abrégeait sans goût et 
sans discernement. C'est ainsi qu'il a défîgnré 
le livre de John Brown (A dissertation ontke 
rise, union, and power, the progressions, sé- 
parations and corruptions ofpoetry and mu- 
sic) dans la traduction qu'il a publiée sons ce 
titre : De Vorigine et des progrès de la poésie, 
dans les différents genres, traduit de VAngkùs 
par M, Ej, et augmenté de notes historiques 
et critiques; Paris, l7Ç8,in-8^ 

EIGE.\DORF£R (Georges -Joseph), né 
en Bavière, en 1745 , se livra dans sa jeunesse 
à l'étude des sciences et de la musique , et em- 
brassa ensuite Tétat ecclésiastique. Son jeu par- 
fait sur forgue le fit placer d'abord comme or- 
ganiste à la cathédrale de Saint-Martin, à Lands- 
hut. Ayant obtenu depuis lors un bénéfice à Se- 
ligenlhal, près de cette ville, il s^y retira et y 
vivait encore en 1812 ; on a de lui plusieurs con- 
certos et des sonates de piano. 

EILSGHOW (Matthieu), écrivain danois 
qui vivait dans la première partie du siècle der- 
nier, a publié une petite dissertation intitulée 
De choro antiqao, a Davide instituio ut iem- 
plo inserviret; Copenhague, 1732, ln-4** d'une 
feuille. Il promettait dans la préface de donner 
une suite dans laquelle il aurait traité des ins- 
truments , de la manière de chanter, et de plu- 
sieurs autres objets relatifs à la musique du Tem- 
ple; mais il ne parait pas qu'il ait tenu sa pro- 
messe. 

EINERT ( CBARLES-FRéDéRic), organiste à 
Varsovie; est né à Lonimatsch, en Saxe. Lors- 
qu'il eut atteint sa douzième année, il entra à l'é- 
cole Saint-Thomas de Leipsick, et y devint élève 
de Schicht. Après avoir passé plusieurs années 



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.EINERT — EISENMOLER 



dans cette école, il alla apprendre Vart de jouer 
Je Torgiie chez Frédéric Schneider. Il avait reçu 
aussi des leçons de contrebasBe chez Wach, 
coDtreba«siste de Torchestre de Leipsick. En 
1820 il fut attaché à une famille princière en 
Pologne, en qualité de professeur de mosique ; 
mais il y resta peu detemps, étant allé^ en 1821, 
à Varsovie, où Kurpinski lui procura une place 
de contrebassiste au Ihé&tre. Il obtint aussi .la 
position d'organiste au temple protestant. Elnert 
est mort dans cette ville, le 25 décembre 1S36. On 
a gravé de sa composition à Varsovie un recueil 
de préludes pour Porgue fort bien écriUi. 

EINIRE (GBORCEs-FRÉDéRic), fils d*un 
canior et organiste de Hochstedt, en Thuringe, 
naquit le 16 avril 1710, et reçut de son père les 
premières instructions sur les sciences et sur la 
musique. II fréquenta ensuite pendant sept ans 
les écoles de Closterdondorf et de Sangerhaosen, 
et se rendit, en 1732, à Tuniversité de Leipsick, 
où il étudia la composition sous la direction de 
Bach et de Scheibel , qui y étaient maîtres de 
chapelle. En i746 il succéda à son père dans ses 
places à I^hstedt, passa ensuite à Franken- 
hausen, en qualité de chantre et de directeur de 
musique; enfin, en 1756, il fut appelé aux mêmes 
fonctions à Nordhausen , où il mourut, le 20 fé- 
vrier 1770. On a de sa composition plusieurs 
années complètes de musique d'église, beaucoup 
de pièces et de cantates de circonstance, des 
concertos, des symphonies, etc.; mats toos ces 
ouvrages sont restés en manuscrit. 

EISEL (Jbaic-Pbiui>pb}, jurisconsulte et 
compositeur à Erfurt, né dans cette ville, en 1698, 
est auteur d'un livre curieux , où l'on trouve la 
descriptioa de la plupart des instruments en 
usage dans la première moitié du dix-huitième 
siècle, précédée de quelques principes de musi- 
que. Ce livre a pour titre : Musicus aOto^Soc^ 
xTo;, oder der sich selbst informirende Mu- 
sicus, besiekend sowokl in vocal-als UbUcker 
instrumental'Musick, welche Uber 24 Sorien 
sowohl mit Saiten bezegener als blasender 
undschalgender Instrumente besckreibet, etc. 
(Le Musicien instruit par lui-même, tant dans 
la musique vocale qu'instrumentale, où sont dé- 
crites vingt-quatre espèces d'instruments, tant à 
cordes qu'à vent et de percussion, etc.); Erfurt, 
ioh.-Micli.Funck,1738, 1 vol. in-4^ de cent neuf 
pages, avec treize planches gravées en bois. Eisel 
n'a pas mis son nom à ce livre, mais seulement la 
souscription Von einem der in praxi erfahren 
(Par quelqu^m instruit par la pratique). Il y a 
nne deuxième édition de cet ouvrage, avec quel- 
ques changements ; elle a pour titre : Der sieh 
selbst informirende Musicus, oder griindli' 



U»3 

. cke Anueisung zu der vocal-und instntmen- 

j tal-Musick, toelcker iiber 24 sort en, sowohl 

mit saiten besugener, als blasend-und schla- 

gender Instrumentent Augsbourg, 1762, 1 vol. 

in-4». 

EISELT (JEAff-HENRi), violoniste à la cha- 
pelle de Dresde, depuis 1756, étudia le contre- 
point pendant trois ans, sous la direction de 
Tartini. Il s^est fait connaître en Allemagne par 
plusieurs compositions pour son instrument ; mais 
elles sont restées en manuscrit. 

EISENMENGER (Michel), ingénieur et 
musicien, né d'une famille originaire du Palatinat, 
a présenté à 1* Académie des sciences de T Ins- 
titut de France, le 8 avril 1838, un projet de no- 
tation de la musique par un système de signes 
sténographiques de son invention, et par le 
moyen d'un appareil mécanique composé d'un 
clavier semblable à celui du piano ou de Porgue, et 
de deux cylindres, l'un de presse, pour la for- 
mation des signes, Pautre servant de rapporteur 
pour la traduction, et tous deux agissant par 
un mécanisme d'engrenage sous l'impulsion d'une 
manivelle et d^une vis sans fin. L'auteur avait 
pris brevet dinvention en France et patente en 
Angleterre : il espérait un rapport de l'Académie 
des sciences ; mais, ne Payant pas obtenu , il fit 
imprimer une longue dissertation suivie d'une 
description de son système et de son mécanisme 
mélographe. Cet ouvrage a paru sous ce titre : 
Traité de l'art graphique et de la mécanique 
appliqués à la musique^ Paris, Gosselin, 
1838, 1 vol. in-8^de 182 pages avec 4 plancher. 
Cette Invention , comme toutes celles qui ont eu 
pour objet de noter la musique par la mécani* 
que, n'a point eu dé succès : Pouvrage d'Eisen- 
menger n'a même pas tronvé de lecteurs. Sous 
le nom i\e piano incliné M. Eisenmenger a 
construit une variété du piano vertical, dont la 
hauteur n'est à peu près que la moidé du piano 
droit ordinaire. La table d'harmonie, au lieu 
d'être horizontale, comme dans le piano à 
queue et le piano carré, on verticale, comme 
dans le piano droit , est inclinée. Le clavier est 
placé au sommet de l'instrument, et le méca- 
nisme a une disposition telle, que le marteau 
n'a que le tiers de la longueur de celui du 
piano et fonctionne sous la main de l'exécutant. 
Sa répétition est vive et nette. M. Eisenmenger 
a établi à Paris une manufacture de cet inslrn- 
ment, en 1855. 

EISENMOEER (François -Xavier), connu 
particulièrement comme compositeur de Lieder, 
est né le 28 novembre 17^3, à llmtknster, dans 
la Hante-Bavière. Après avoir suivi les cours de 
l'école primaire du lieu de sa naissance, et fait 



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m 



EISENMORLER — EKHART 



les premières études de musique et de violon , il 
entra, à Vt^e de onzeans, an séminaire de Tabbaye 
des béné<licttns, à Sclieiern, où il apprit les élément i 
de Piiarmonie et de la composilion par es leçons 
d^un moine nommé le P. Mananiis. Plus tard il 
étudia au séminaire de Neiibourg sur le Danube, 
et ensuite à celui de Municli. Ses relations avec 
Winter, Danzi , Cannabirb, Maurer, et plus tard 
avec Michel Haydn , augmentèrent ses connais- 
sances musicales. Après avoir terminé ses études 
univfrsitaires et avoir reçu le brevet de candi- 
dat (bachelier) en sciences, il fut employé comme 
professeur à Iln<;titut royal ileLandshut, en 1810, 
puis au gymnase (collège) de Passau, en 1817, 
puis encore au gymnase de Meubourg, et enfin 
comme directeur des études et professeur â VViirz- 
bourg, en 1823. On a de lui un grand nombre 
de pièces de circonstance et autres, dont il a aussi 
écrit la poésie ; mais il doit principalement sa ré- 
putation à ses chants pour trois et quatre voix 
d'homme, qui sont devenus populaires en Aile- 
magnes et dont il a publié plusieurs recueils. Ses 
ouvrages les plus connus sont ceux-ci : t° La 
Fête du roi, ode saphique en latin et en alle- 
mand, pour chœur et orchestre; Munich, Falter. 
— 2^ Huit recueils de chants pour quatre voix 
dMiotmme; ibid. — 3^ Cn recueil de chansons 
pour trois voix, op. 6 ; ibid. — 4** Six cliants 
pour 'voix de soprano et de ténor, avec ace. de 
piano, op. 8; ibid. —r 6*^ Trois recueils dechanis 
à voix seule, avec ace. de piano, op. 5, 9, 13; 
ibid. — 6" Bavière, d ma patrie! Trois chants 
avec ace. de piano; ibid. 

EISENUTH (Thomas), chanoine régulier 
du couvent de Saint-Georges , à Augsbourg, na- 
quit en Bav'ère , vers le milieu du dix-seplième 
siècle, et fut d'abord organiste et maître de cha- 
pelle du prince abbé de Kempten. On a de lui : 
Hannonia sacra, per 30 ConcenttLS musicos, 
2, 3, A, 5, G^7 vocibus distrihuta ; Augsbourg, 
1675, in -4**. — - ;î* Antiphtmarium Marianum, 
continent quatuor Antiphonas B. V, Mariœ, 
Aima Redemptoris , Ave, Regina cœlorum, 
Begina cœli, Salve, Begina 1, 2, 3, 4 voc. et 2 
vel 3 violin. adlibU;KempieTk, 1676, in-4®. — 
3* Offertoria de Festis^ Tempore, et Corn- 
muni,novis textibus^ Ariis,Fiigis et stylo re- 
citativo animai a 5 voc. concert. 5 instrum. 
et 4 ripien. Augsbourg, 1694, in-4®. — 4° Musi- 
kalisches Fundament (Fondement musical), 
2 parties; Kempten, 1702, in-4^ Cette édition est 
la deuxième; on ignore la date de la première. 
Ce dernier ouvrage est un traité de musique, di - 
dactique et pratique. La première partie traite 
des principes de la musique et du plain-chant; 
la seconde renferme les exemples. 



EISER (Aktoike), professeur d; flûte au 
conservatoire de Prague, est né dans ct>lte ville» 
en 1800. Admis comme élève dans ce même con- 
servatoire où il enseigna lui-même plus tard, il 
y étudia pendant six ans, et en sortit bon mu- 
sicien et flijtiste habile. Il obtint son premier 
engagement en 1832, a rurchestre de Graetz en 
Styrie, comme première flûte Peu de temps après 
il aba idonna cette position pour revenir dans sa 
ville natale, et entra au théâtre national ainsi 
qu^au conservatoire. Il a plublié quelques com- 
positions pour son instrument. 

EISERT ( Jean) , musicien de la chambre et 
violon'ste à Dresde, est né à Georgenthal, près 
deRumburg, le 4 février 1775. Sans être placé 
parmi les virtuoses de T Allemagne, il po>séilait 
un talent estimable. J*ignore si l'on a de lai quel- 
que com))osition. 

EISERT (Jean), fils dn précédent, est un 
organiste distingué. Il est né à Dresde, en isio, 
et s*est fixé à Vienne, où il a publié des pièces 
d'orgue, notamment de bonn^ fugues. 

Un frère de celui-ci, connu sous le nom de 
Eisert jeune, s'est fixé à Dresde, et s'y est fait 
remarquer comme organiste et pianiste dis> 
tfngué. 

EISNER (Charles), un des virtuoses les 
plus remarquables du milieu du dix -neuvième 
siècle sur le cor, est né en Saxe, dans l'année 1796. 
Après avoir été attaché pendant dix ans à la cha- 
pelle impériale de Saint-Pétersbourg, il a obtenu 
une pension de cette cour, et, de retour en Alle- 
magne, est entré dans la musique de la chapelle 
royale à Dresde, en 1836. Pobtérieuremeut il a 
fait un voyage et s'est fait entendre avec succès 
h Berlin, Vienne, Prague, et à Paris en 1840. 
On a gravé quelques compositions de cet artiste 
pour son instrument, parmi lesquelles on remar- 
que : 1° Introduction et polonaise pour cor et 
orchestre, op. 9; Leipsick, Breitkopf et Haertel. 
— 2*^ Scène et air pour cor chromatique, op. 10; 
LeipfTick, Kistner. 

EISRICH ( Cbarles-Tracgott), directeur 
de musique à Riga, est né à Baireuth, vers 1776. 
11 possédait un talent assez distingué comme pia- 
ni<tte et comme viojoniste; mais c'est surtout 
comme compositeur de chansons qu'il s'est fait 
de la réputation en Allemagne. Son mérite en ce 
genre consiste surtout dans l'expression spirf- 
tuelle des paroles. On a de lui des chansonnettes 
pour soprano et ténor, avec ace. de piano, Leip- 
sick, Hofmeister, et sept recueils de chansons à 
voix seule, avec ace. de piano, Leipsick, Hof- 
meister, Fleischer, etc. 

EKIlART(FRANÇo;s-JosEPB),né à Tœplitx, 
en Bohème , vers 1733, était déjà assez habi'.e 



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EKHART — ÉLIE DE SALOMON 



12& 



!^ur le piano à Tâge de si\ ans. ÉlèTe de son 
père pour Porgiie, il fut admirt^ pour son talent 
ft&r cet instrument , et pa^^a poar un organiste 
liistingiH^, même dans la Bohême, où les bons 
organistes ne sont point rares. Il voyagea beau- 
coup, particulièrement en Italie, et vécut à Rome 
pendant plusieurs années. Le pape (Clément 
UV}, qui était connaisseur dans les arts, ad- 
mira soa talent sur l'orgue et sur la harpe. 
}(onimé org-miste de la basilique de Saint- 
Herre, par ce pontife, il charma souvent sa re- 
traite par les accents de sa harpe. En 1780, £k* 
hift jouissait en Italie de tieaucoup de célébrité 
comme on;ani$te et comme compositeur. La 
l>iupart de ses ouvrages ont été dédiés à son 
père, qni vécut .fort vieux , et se trouvent encore 
en Bohême, dans quelques bibliothèques d'ama- 
teurs. 

ELER (André), né en Alsace, vers 1764, 
Tint fort jeune à Paris , et s'y fit connaître par 
quelques bonnes compositions pour les instru- 
ments  vent, plus occupé du soin de s^instmire 
qoe du désir de se faire valoir dans le monde , 
il ae joiiit pns dt*. la réputation qu'il m(^ niait : il 
resta presque toujours dans un état voisin de la 
misère. Lors de la réorganisation de Técoie 
royale de modique en 1816, il fut nommé pro- 
fesseur de contrepoint; mais il ne profita |>as 
longtemps de cette amélioralion dans sa Fortune, 
car il moonit le ?1 avril 1R21. I^ gouvernement 
a Toulo réparer Pinjustice du sort envers lui, 
en accordant une pension à sa veuve. Eler a 
composé la ronsiqne d'ApeUe et Campaspe, qni 
fut jofié à l'Opéra en 1798, et celle de V Habit 
da chevalier- de Grammont, qu'on a repré- 
senté au théâtre de POpéra Comique, en 1800, 
d qui est resté au répertoire. Plus de vingt ans 
avant sa mort il avait écrit un opéra intitulé : 
h Foréi de Brama, dont le poème était reçu 
dfpui» longtemps ; et, comme beaucoup d'autres 
victimes de Tincurie de Tadministration de PA- 
cadéniie royale de mnsiqjie , il a attendu vaine*> 
ment qu'on représent&t son ouvrage. Les élèves 
d*Eler trouvèrent un jour leur maître occupé à 
tendre do bois dans la cour de la maison où iT 
dciiieiirait ; ils voulurent Paider à porter ce bois 
jusqu'à son cinquième étage : Laissez, mes- 
sieurs, leur dit-il; jtf suis fait à cette besogne, 
et je m*uccou(ume à tout, excepté à Ca mu- 
ûque de Catel, Eler n'avait jamais pardonné à 
ce maître d'avoir fait préférer autrefois Berton à 
lui pour nne des places de professeur d'Iiar- 
mooie au Conservatoire. Les compositions 
JDstrunifntales d'Eler'sont : 1** Ouverture en' 
liarmonie; Paris, Ozî. — 2** Six Watses et une 
anglaise pour 2 clarinettes, 2 cors et 2 



bassons. — 3** Symphonie concertante pour 
flûte, cor et basson; ibid. —4'» Trois quatuors 
pour deux violons, alto et basse, op. 2 ; ibid. 
— 5** Trois trios pour deux violons et basse ; 
Paris, Pleyr»l. — 6* Trois quatuors pour flûte, 
clarinette, cor et basson, op. 6; ibi{l. — 
7® Trois quatuors pour flûte, violon, alto 
et basse, op 7. — 8° Six sonates pour piano, 
violon et v"«, op. 8 ; 1801 . — 9* Concerto pour 
cor en fa, avec orchestre; ibid. — lo** Trois 
trios pour flûte, clarinette et basson, op. 9 ; 
ibid. — it** Trois quatuors pour deux cla- 
rinettes, Corel basson, op. lO ; ibid. — 
12" Trois quatuors pour flûte, clarinette , 
cor et basson, op. ii ; ibid. Dans les dernières 
années de sa vie , Eler fut presque constamment 
occupé à mettre en par'ition ou à extraire d'an- 
ciens recueils les compositions des maîtres les 
plus célèbres du seirJème siècle 11 en avait formé 
une collection d'environ sept volumes in-fol. 
d'une écriture serrée. Ce précieux recueil a été 
acquis après sa mort par le gouvernement fran- 
çais , pour la bibliothèque du Conservatoire : il y 
est ronnu sous l« nom de Collection Eler, 

ELEUTIIÈRE, musicien grec, dont parle 
Athénée, inventa l'espèce de chanson qu'on ap- 
pelait œnope. \\ gagna un prit aux jeux Pythi- 
ques par \ii beauté de sa voix , quoiqu'il n'eût pas 
composé Phymne qu*ll chantait* 

^ELFOllT (Ricuard), musicien anglais, fut 
d*abord attaché au chneur (fe l'église de Lincoln, 
et ensuite à celui de Durham. La beauté de sa 
voix de ténor le détermina plus tard ^ débuter 
sur le théâtre de Londres, mais «a petite taille 
son embonpoint, et son peu de talent comme ac- 
teur, le firent bientôt renoncer à cette carrière. 
En 1706, il entra à la chapelle du roi, avee 
cent^ivres sterling d'appointements. On a de lui 
Six antiennes à voix seule, que Weldon a in- 
sérées dans sa collection intitulée Divine Uar- 
mony, avec nne préface d'Elfort. 

ELIE DE 8AL01I1ON, en latin ELIAS 
SALOMONIS. clerc de Sainte-Astère , dans 
le PérigorJ, vivait dans la seconde moitié du 
treizième siècle, et a écrit, en 1274, un traité de 
musique qu'il a dédié au pape Grégoire X, et qui 
a pour titre : Scientia artis musicx. L'abbé 
Gerbert a publié cet ouvrage dans le troi<$ième 
volume de sa collection des écrivains ecclésias- 
tiques sur la musique (p. 16 — 64), d'après uor 
manuscrit de la bibliothèque ambrosienne de 
Milan. L'ouvrage d'Élie de Saiomon renferme un 
traité du plaln-chant où Ton trouve de bonnes 
observations, qui ne sont point ailleurs ; mais ca 
qui lui donne une importance assez grande pour 
Part, c*est qu'on trouve au trentième chapitre 



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126 

les règles les plus anciennes qui soient parve- 
nues jusqu'à nous pour faire le contrepoint impro- 
visé appelé en France Chant sur le livre, et en 
Italie Con/rapu/i/o da mente (\). Ce chapitre 
a pour titre : EtUnrica de noiitia cantandi m 
quatuor voces, et de quibusdam not€ibilibut 
debiiU ethonestU. 

ELKAMP ( Hbrri \ compositeur et pianiste, 
né à Itzehoe, dans le Holstein, en 1812, fit son 
éducation musicale à Hambourg, sous la direction 
de Clasing. Ses premières compositions furent 
une sonate de piano , et de bons quatuors de 
violon (œuvres 2 et 3), qui furent publiés en 
1834. Filé à Hambourg, il y fit exécuter, en 1835, 
un oratorio de Paulus, qui obtint beaucoup de 
succès, et que TÀcadémie de chant de Berlin a 
fait entendre en 1838. La partition de cet ouvrage, 
réduite pour le piano,aété publiée à Leipsick, chez 
Breitkopf et Haertel. On sait que Mendeissohn 
a traité le même sujet après Elkamp : il y a plus 
d'art dans son ouvrage, mais moins d'originalité 
dans les idées. An mois de novembre 1838, El- 
kamp fit eiécùter dans Pégli.se Saint-Pierre, à 
Hambourg, un autre oratorio, intitulé Die HelUge 
Zeit (le Saint-Temps) qui renfermait des beau- 
tés signalées par les journaux du temps ; mais 
immédiatement après cette production Tauteur 
disparaît du monde musical, et aucim ouvrage 
depuis lors n'a fait connaître son existence. £n 
1836 il avait publié un recueil de chants spirituels 
et uiie fantaisie avec variations pour le piano, qui 
était son œuvre 15^. 

ELLA (Johk), fondateur de la société de 
musique instrumentale établie à Londres, sous 
le nom de ihe Musical Union, est né dans le nord 
de rAngleterre^ vers 1798. Destiné à la profession 
d'avocat dès l'Age de dix-sept ans, par ses pâ- 
li) On trouve, II est Tnl, dans les écrits d'Hocbaud on 
d'Hocbald de Saint-Amand et de •» sneccstean des In- 
dications précises d'un genre de cbaot organisé et hn- 
proTlsé appelé diaphonie! mais c'est d'une sorte de con- 
trepoint régulier qu'il est qnestiod dans le Uvre d'Elie de 
SalpnDon, et non de cette barbare Inrcntlon. 

Il est vrai encore que dans le manuscrit 8l« da fonds 
de Saint-Victor, de la blbllothèqnc Impériale de Parts, le- 
quel contient un traité de musique du commencement 
da treizième siècle, on troore des régies (le déehant oa 
contrepoint improvisé qnl commencent par ces mots : 
Çuiqm» vptat desehanier, il doit premiers tauoir quest 
çuins et doubles: fjus est U quinte et doubUs est la 
tcUiesme: et doit regarder se U chans monte ou avale : 
se il monte nous devons prendre la double note; se il 
auale, nous drivons prendre la quinte note, etc.; mais 
ces règles ne s'appliquent qu'an contrepoints deux par- 
ties, tandis que celles qol sont données par EIic de Sa- 
loroon ont pour objet le contrepoint à quatre. 

Vers le temps où vivait Elle deSalomon» Marchetto de 
Padoue écrivait ansst dex règles de contrepoint improvisé ; 
mais ses ouvrages n'ont été rendus publics qu'au comme a- j 
cernent du quatorzième siècle. *' 



ÉLIE DE SALOMON * ELLER 



rents, il trompa leor attente en se vouant à U 
musique par amour pour cet art. Jemy, muLi- 
I cien peu connu, fut son maître de TÎolon, et il 
I reçut des leçons d*harmonie de Atwood. Dans un 
voyage qu*il fit à Paris, en 1826, il fit aussi quel- 
, ques études de contrepoint sous ma direction. 
Pendant vingt-cinq ans environ, Ella fut mem- 
bre de Torchestre de TOpéra et de celui de la So- 
ciété philharmonique en qualité de violoniste ; 
mais ayant conçu le plan d'oi^anisation d'une so- 
ciété pour l'exécution de la musique instrumen- 
tale de chambre, qu'il réalisa en 1845r, il se retira 
de ces emplois, afin de donner à la nouvelle 
institution tous les soins qn^elle réclamait. Bien 
accueilli par la haute aristocratie anglaise, il 
parvint à Pintéresser k son entreprise, obtint son 
patronage, et, grâce à ce puissant appui , le 
maintint dans une prospérité croissante. C'est 
ainsi qu'il a exercé une salutaire inlluence sur 
le goût de la nation anglaise pour la musique 
classique. Chaque année, pendant la saison, les ar- 
tistes les plus célèbres et les plus distingués dans 
rexéciition de cette musique, Vieuxtemps, Sivori, 
Joachim, Moltque. Piatti, Halle, font entendre dans 
des matinées pc^riodlques, en présence d'un audi- 
toire d'élite y des compositions instrumentales, 
telles que quatuors, quintettes , sextuors, etc., 
de Haydn, Mozari, Beethoven, Mendeissohn, avec 
une perfection d'ensemble qu'on entend rare- 
ment ailleurs. Ella publie également chaque 
année un bulletin analytique, avec les thèmes 
notés, des compositions exécutées dans chaque 
séance de la saison. Ce bulletin a pour titre : 
The annual Jtecofd of ihe Musical Union. 
Les bulletins réunis de chaque année forment 
un cahier d'environ 45 pages in-8% imprimés 
avec luxe. ïa collection forme jusqu'à ce jour 
(1860) seize années. 

ELLER ( Louis ), violoniste remarquable 
et compositeur pour son instrument, est né à 
GrsBtz (Styrie), en 1819, et y a reçu sa première 
instruction musicale du maître de chapelle Hysef. 
Ses progrès sur le violon furent si rapides, qu'à 
l'Age de neuf ans il put se faire entendre avec 
succès, dans nn concert donné par la société mu- 
sicale de la Styrie. Il donna ensuite plus de so- 
lidité à son éducation de musicien , en chantant 
comme enfant de chœur dans les églises. Après 
avoir étudié le chant pendant plusieura^annéc^, 
il se rendit à Vienne, à l'âge de dix-sept ans, et 
s*y fit entendre, pour la première fois, en 1836, 
dans un concert donné par Dœhler. La justesse 
de son intonation et l'habileté de son mécanisme 
d'archet y furent déjà remarquées. Eller ne resta 
pas longtemps à Vienne, parce que l'éclat de son 
succès dans cette ville le fit bientôt après appeler 



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EIXER — ELLERTON 



127 



à Salibourg, eD qualité de mattre de concerts et 
de professeur de son im^trument. Ce fut de celte 
▼illc qu*il partit pour faire son premier voyage 
d*artisie en Hongrie et en Croatie, à la suite do- 
quel il retourna, |)our la première fois, à Graetz, 
en 1842. Il parcourut ensuite la Suisse, la France 
méridionale, et visita Paris en 1844. La Gazette 
musicale en parla alors (t. XI, p. 86 ) comme 
d'un talent de premier ordre. Dans Tannée sui* 
vante, Partiste retourna à Graetz, et y donna 
quelques concerts, ainsi qu*àTrieste; puis il visita 
le nord de Htalie» et retourna dans le midi de la 
France, s'arrètant quelques mois à Toulouse, 
dont le climat était favorable à sa santé. Son état 
habituel de souffrance Ta décidé à se fixer dans 
cette région, plus douce et d^une température 
plus égale que celle des autres pays qu'il avait 
▼Isités : c'est à Pan, dans le département des 
Basses-Pyrénées, quMl a pris son séjour habituel. 
Après avoir parcouru r£spagne et le Portugal 
et avoir joué dans les cours de Madrid et de Lis- 
t>onne avec son ami Gottsdialk, M. Eller donna 
son premier concert à Paris en 1850, puis il y 
donna des séances de quatuors avec Franrhomme, 
MM. Sauzay et Sogliérs. 11 y conquit Teslime des 
artistes par les grandes qualités de son mécanisme 
et par l'élévation de son style dans la musique 
classique. Postérieurement, il a fait plusieurs 
voyages en Allemagne, et a eu des succès d'eo- 
Ibousiasme à Dresde, à Dantzick, à Stettin, en 
1854, à Francfort et à Wiesbade, en 1855, de 
nouveau à Dresde, à Dantzick et Hanovre, en 
1858. £n 1855 il était retourné à Paris, et y avait 
donné un concert le 1 1 juin , dans lequel il 
Joua le concerto de Mendelssoho , une Corrente 
de sa composition, la Chaco^e de Bach, une 
Valse diabolique écrite par lui et des airs sty- 
riens variés. Les journaux de cette capitale le^ 
placèrent, après ' cette audition, au rang des 
Tîrtuoses les plus remarquables de l'époque. Le 
17 juillet de la même année, il joua à Londres, 
dans un concert de bienfaisance donné par la 
princesse Czartoryska, et le Times, le Moming- 
Bérald et plusieurs autres journaux donnèrent 
les plus grands éloges au talent du violoniste. 
M. Eller a fondé à Pau des séances de musique 
classique qui excitent Tenlhousiasme des ama- 
teurs. JUn beau son, une grande justesse, beau- 
coup d'habileté de la main gauche, particulière- 
ment dans la double corde, composent les qua- 
lités principales de cet artiste; mais on loi 
reproche de manquer de charme. Parmi ses conr- 
positions, on distingue : 1*^ Correiite pour violon 
et piano, op. i ; Paris, Richault. ^ 2^ Valse 
diabolique, idem, op. 10; ibid. — 3'' Menuet 
sentimental, idem. op. 12 ; ibid. -- 4^ Deux 



études de concert pour violon seul, op. 2 ; ibid. 

— b° Improvisation sur un chant d*ég!i$e de 
Haydn; ibid. — 6® Rhapsodie hongroise pour 
violon et piano, op. 9; MA, — T^ Adagio^ 
rondo pour violon, avec piano, op. 17; Leip- 
sick, Schuberth. — 8* Capricci^ idem, op. 20 ; 
ibid. — 9^ deux impromptue, idem, op. 21 ; ibid. 

— 10*^ Fantaisie originale, idem, op. 24 ; ibid. — 
1 1** Menuets, contredanses et sérénades de Dpn 
Juan, de Mozart, arrangés pour violon seul, op. 
22; ibid. — n^' Fantaisie sur des thèmes espagnols 
pour violon et piano, op. 22 ; Mayence, Schott. 

ELLERTON (JobnLodcb), compositeur, est 
né te 11 janvier 1807, dans le comté de Chester, 
en Angleterre. Ses parents descendent d'une an- 
cienne famille irlandaise , originaire de la Nor- 
mandie. Dès son enfance on reconnut en lui un 
goût passionné pour la musique ; à l'âge de sept 
ans il s'essayait déjà dans de petites cotnpositions 
qui indiquaient un heureux instinct ; mais son 
père ne ce&sa de combattre ce penchant et lui 
refusa toujours un maître de musique. M. £1- 
lerlon fut obligé de se livrer seul à l'étude dn 
piano. Ayant été envoyé à l'université d'Oxford 
pour y faire ses études, il y obtint, eu 1828, le 
grade de A. M. ( maître es sciences ). Il n'avait 
pas cessé de cultiver la musique pendant son sé- 
jour dans cette ville, continuant toujours de se 
livrer à la composition, sans autre guide que des 
traités d'harmonie. Il y avait même écrit un 
opérette en langue anglaise et un opéra sur un 
texte italien. Sorti de l'université, il se rendit à 
Rome, et y fit des études sérieuses de coutrepoint 
pendant deux ans, sous la direction d'un maître 
de cha|)elle nommé Terriani, Ce fut à Rome 
qu'il écrivit la plupart de ses opéras. M. Ellerton 
s'est exercé également dans la musique instru- 
mentale, particulièrement dans le genre des qua- 
tuors pour les instruments à cordes, et dans ce- 
lui de la symphonie. L'ardeur qu'il mettait dans 
son travail a souvent altéré sa santé, et l'a obligé 
de se rendre à Aix-la-Chapelle pendant plusieurs 
saisons, pour y retrouver, par l'usage des bains , 
ses forces épuisées. Le climat de T Angleterre lui 
est défavorable, tandis que celui de l'Allemagne 
lui est salutaire. C'est aussi dans les provinces 
rhénanes, dans le duché de Bade et en Prusse 
que se» ouvrages ont obtenu le succès le plus 
décidé. M. Ellerton a épousé, en 1837, la fille du 
comte de Scarborough, pair d'Angleterre. Le ca- 
talogue des ouvrages de cet amateur distingué 
est composé de la manière suivante : 1^ fssipile, 
opéraen trois actes. — 2* Bérénice înArmenia, 
idem. — 3** Ânnibale in Capua, idem. — 4* // 
Sacrifizio d'Epito, idem. — 5® Andromacca, 
idem. - 6° H Camovale di Venczia, en deux 



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128 



ELLERTON — ELLEVIOU 



adw. — 7* Il Matilo a vUta, idem. — 9f*Carlo 
Xosa, opé^ra allemand, en trois actes. — g*' Lu- 
cinda, opéra anglaif, en trois actes. — lo^ Do- 
menica,' idem, en deux acti»s. — 1 1* The Bridai 
ofGreermain ( les Noces de Greermain), idem, 
en cinq actes. — 12^ Paradise lost ( le Paradis 
perdu }, oratorio en quatre parties. ^ 13** Six 
messes. — 14* six antienne». — 1 5° Dix-sept mo- 
tets. ^ le"" Soixante et nn glees à 4, 5 et 6 Toix. 

— 17* Quatre-vingt-trois duos à difTérentes ?oix. 

— 18° Cinq symphonies à grand orchestre. — 
19** Quatre ouvertures de concert. — 20°Xrois 
quintettes pour 2 violons, alto et 2 violoncelles. 

— 21* Quarante-quatre quatuors pour 2 violons, 
alto et violoncelle. — 22* Trois trios pour violon, 
alto et violoncelle. — 23° Huit trios pour piano, 
violon et violoncelie. — 24* Deux sonates pour 
piano et violon. — 25* Une idem ponr piano et 
alto. — 26* Une idem pour piano et violoncelle. 

— 27* Neuf idem pour piano et flûte. 
ELLEVIOU (Jean), acteur célèbre de ro- 

péra-Comiqne, naquit à Rennes, le 14 juin 1769. 
Son |fère, cliirurgienenclierde Thôpital de cette 
ville, le destinait à suivre sa profession, et ses 
études furent dirigées vers ce but; mais la répu- 
gnance que la dissection des cadavres inspirait 
au jeune Eileviou était invincible. Un goût pas- 
sionné pour la comédie lui faisait chercher les 
occasions de la jouer en société , bientôt il ne lui 
hufTit plus d*en faire un délassement à ses tra- 
vaux, et le désir de se faire comédien lui lit 
abandonner clandestinement la maison pater- 
nelle. Arrivé à Paris, il y fut engagé par le di- 
recteur du théâtre de la Rochelle, qui Temraena 
et qui se disposait à le faire paraître en public, 
quand Pintendant de la province fit arrêter le 
débutant, qui ne recouvra sa liberté qu^à Parri- 
vée de son père. Après de vives altercations, 
Eileviou promit de renoncer à la comédie, et 
consentit à retourner à Rennes. II y reprit le 
cours de ses études, et quelque temps après il 
fut envoyé à Paris pour y terminer ses cours. 
Mais à peine y fut-il arrivé , qu'il prit la résolu- 
tion de secouer le joug paternel et de s'aban- 
donner à sa vocation pour le Ihéfttre. Le 1**^ avril 
1790 il débuta à la Comédie italienne par le rôle 
du Déserteur. Sa voix alors était une basse- 
taille dont le timbre était sourd et dont l'étendue 
n'était pas développée. Ses succès ne répondi- 
rent point d'abord aax espérances que son 
goût pour la scène avait fait naître ; cependant 
il fut reçu dans la même année comme acteur 
aux appointements. Le premier rôle nouveau qui 
lui fut confié est celui du nègre, dans Paul et Vir- 
ginie, de Kreutzer; bientôt après, le travail 
qu'il fit pour développer les sons élevés de sa 



voix en changèrent le caractère; il perdit suc- 
cessivement plusieurs notes graves, et de basse 
qu'elle était d*abord , sa voix se transforma en 
ténor, qui sVtendit chaque jour vers le haut par 
l'étude qu'il fit des sons de tète. La métamor- 
phose était déjà opérée en 1792, car Ellevion put 
chanter alors le rôle de Philippe, dans Topera 
de Dalayrac intitulé Philippe et Georgetie. 
Ce rôle commença sa réputation. Chanteuragrea- 
ble, et doué de tous les avantages de la taille 
et delà figure, il plaisait aux femmes, mais les 
hommes le jugeaient plus sévèrement, et le pla« 
çaii*nt fort au-dessous de Michu, comme acteur. 
Enlevé par la loi sur la réquisition à ses étu- 
des dramatiques, Eileviou dut se rendre à 
Tarmée; mais il y resta peu de temps; une 
commission fictive qu'il se fit donner le ramena 
i Paris, où il prit parti dans les sociétés de jeunes 
gens apf)elé8 Sociétés de muscadins, qui en- 
treprirent d'opérer une réaction complète après 
le 9 thermidor. Poursuivi par la police, EUevioa 
se réfugia à Strasbourg, en 1795 , et ce fut )à 
qu'il commença à prendre cette aisance de la 
scène, cette diction élégante, et ce jeu fin et 
spirituel qui l'ont ensuite rendu célèbre. Rappelé 
à la Cumédie-Italienne de Paris, il y joua d'ori- 
gine et avec de brillants succès les principaux 
rôles dans Gulnare, Zoratme et Zulnare , 
Trente et quarante, le Prisonnier, Adolphe 
et Clara, Maison à vendre, le Calife de 
Bagdad. Sa voix était devenue plus belle, picft 
sonore, plus flexible, ^t, bien qu'il fût inférieur 
h Martin comme musicien, il se sontenail à côté 
de lui comme chanteur. Il y avait d'ailleurs plus 
d'expression naturelle ei plus de charme dans 
son organe et dans ses accents. Les rôles de pe- 
tits maîtres et de jeunes militaires étaient ceux 
où il brillait alors, quoiqu'il pût jouer avec succès 
les caricatures, ainsi qu'il le fit voir dans le 
Cabriolet Jaune, Vtrato et Picaros et Diego. 
Piqué du reproche que lui adressaient quelques 
journaux de n'être bon acteur que sous le cos- 
tume de houzard, et peiU-étre persuadé que dix 
ann(^es de vogue avaient usé les succè^t de ce 
genre, Eileviou songea à s'es!«ayer dans des rôles 
qui exigeaient plus de sensibilité, nn talent plus 
flexible. A la réunion des acteurs des théâtres 
Favart et Feydeau , qui s'était opérée en 1601, 
il était devenu un des cinq administrateurs de la 
nouvelle société; il profita des avantages de 
sa position pour faire remettre à la scène les 
anciens opéras qui lui offraient des chances de 
succès dans la nouvelle direction qu'il voulait 
prendre. C'est ainsi qu'on vit reparaître tour à 
tour VAmi de la maison, Zémire et Azor, 
Richard Cœur de Lion, le Boi et le Fermier, 



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ELLEVIOU — ELLMENREÏCH 



129 



FéUx, etc. Digift tons ces ouvrages , Elleviou fit 
preuve de sensibilité , de goût et dlntelligence ; 
il leur rendit toute la fratchenr de la nouveauti', 
et leur procura des succès plus brillants que 
ceux qu'ils avaient eos dans leur origine. Tout 
Paris voulut le voir et l'entendre dann les rftics 
<ie Blondel, d'Azor et de Félix; il y était à la 
fois chanteur plein de goût et d'expression, ac- 
teur remarquable par la noblesse et la sensibi- 
lité. Des rôles nouveaux écrits pour lui prouvé- 
rent qu'il n'avait pas besoin de la tradition 
pour se diriger dans la carrière nouvelle où il 
s^étail engagé Celui de Joseph lui fit particu- 
lièrement beaucoup d'honneur. Dans Jean de 
Paris il retrouvaloutesonancienne légèreté, mais 
avec plus d'aplomb et de fini dans les détails. 

Gf t acteur, adoré du public, jouissait d'avan- 
tages très-considérables au théâtre, car dans les 
dernières annexes, ses appointements s^élevaient 
à 84,000 francs de traitement annuel ou de gra- 
tifications. Ses prétentions grandirent avec ses 
succès, et ses exigences allèrent en 1812 jusqu'à 
demander cen/ vingt mille francs par an. L^em- 
pereur Na|K)léon s'opposa à cette concession de 
la part des sociétaires de l'Opéra-Comique, et 
voulut même que le traitement de 84,000 francs 
'fût diminué! Elleviou^ qui ne cherchait peut être 
qu^m prétexte pour se retirer pendant qu'il 
joui.ssait encore de toute la faveur du public, sai- 
sit cette circonstance, et quitta la scène au mois 
de mars 1813. Le 10 de ce mois il donna sa re- 
présentation de retraite, et joua dans Adolphe et 
Clara et dans Félix pour la dernier^ fois. 
Malgré la gravité des événements politiques , k 
cette époque, le public se |)orta en foule au théâ- 
tre , et donna , pendant tout le cours de la re- 
présentation, des témoignages d'intérêt et de re- 
gret à l'acteur de sa prédilection. Depuis ce 
temps, Ëlleviou a vécu dans la retraite k sa 
terre de Roncières, près de Tarare, dans le dé- 
partement du Rhône. Ses économies et un ma- 
riage avantageux lui avaient fourni les moyens 
de faire l'acquisition de celte propriété considé- 
rable. Là, il se livrait à son goût pour l'agricul- 
ture , et les bonnes études de sa jeune.sse lui 
faisaient trouver dans la littérature et dans les 
arts d'agréables délass<*.ments de ses travaux. On 
a de lui les livréU de trois opéras : le Vaisseau 
amiral, Délia et Werdikan , et l'Auberge de 
Bagnères, qui ont été joués au théâtre Fey- 
deau. Elleviou est mort subitement k Paris, 
d'une apoplexie foudroyante, le 5 mai 1842, à 
l'âge de soixante-treize ans. 

ELL10TT (...), facteur d'orgues distingué, 
né à Londres en 1782, a contribué aux perfec- 
tionnements de la partie 'mécanique des instru- 

BIOGR. ONIT. DES HUUCIENS. ^ T. IIU 



ments de cette espèce. Sec orgues se font ausa 
remarquer par la bonne qualité des jeux de 
fonds. Dans ses derniers travaux, les plus consi- 
dérables, il a eu le bon esprit de s*asocier Hiil, 
homme de génie, fécond en expédients pour vain- 
cre les difficultés que présente quelquefois l'em- 
placement des orgues. EUiott avait été élève de 
Hill , père de celui qui vient d'être nommé. Un 
de ses premiers ouvrages fut la reconstruc- 
tion, en 1814, de Torgue de la chapelle royale de 
W'hiteliall, construit originairement sous le règne 
de Charles II, vers 1680, par le vieux Schmidt, 
facteur allemand. Ses instruments les plus con- 
siilérables sont : 1" Je grand orgue de la catlié- 
drale d'York, en société avec Hill, composé de 
trois claviers à la main, clavier de pédale, et qui 
contient environ 8,000 tuyaux , dont 3 jeux de 
32 pieds ou veits, un bourdon et une bombarde de 
32 pieds. Cet instrument a coulé 125,000 francs, 
non compris la dépense du buflel, qui a été de 
mille livres sterling. ^ 2^ L'orgue à trots claviers 
manuels et clavierde pédales, dans Christ-Church, 
Newgale Street, à Londres. — 3* l'orgue à trois 
claviers manuels et clavier de pédale, à l'églLse 
de Creyditon. EUiott a cessé de travailler vers 1840^ 

ELLYS (RiCHARo). littérateur anglais, et sé- 
nateur du tribunal suprême, au commencement du 
dix*huitième siècle, est auteur d'un livre cité par 
quelques biographies soQs«e titre : OhservaUo- 
nesphilôlog.ad locaNov. Testam,, Rotterdam 
1 727, in-8*' ; mais le titre véritable est Fortuita sci- 
era. On y trouve une dissertation sur les cymbales 
antiques, intilulée Commenfarius de cymbalis. 
Très-supérieure à l'ouvrage de Lampe (voy. ce nom) 
sur le même sujet, la dissertation d'Ellys com- 
mence à la pnge 263 du volume, et finit page 378. 
Elle est divisée en 32 chapitres, où il est traité 
de l'origine des cymbales ; de l'analogie de leur 
forme avec la plante du genre cotijlédone ; des 
coquillages qui servirent de cymbales ou de cro- 
tales dans les premiers temps ; de l'usage des 
cymbales dans les fêtes de Bacchus, de Cybèie, 
de Cérès et d'Isis; de l'union constante, chez les 
anciens , des cymbales et des timbales et tambours; 
de la matière des cymbales ; de la qualité des 
sons qu'elles produisaient ; de la Tariété de leurs 
formes; de l'usage des cymlmlesen particulier 
chez les Hébreux, etc. Le livre de Richard Ellys 
est malheureusement assez rare. 

ELLMENREIGH (JsiiM-BAPnsTB), acteur 
et chanteur allemand, né à Neubrisach en 1770^ 
parut sur le théâtre de Francfort pour la première 
fois au mois de mars 1792 , et joua pendant plu- 
sieurs années sur celui de Hambourg. Sa Toix 
était une basse très-grave et d'un beau Tolume 
de son. En 1802, on essaya d'établir à Paris, au 

i 



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130 



ELLMENREICH — ELSBETH 



théâtre de la porte Saint-Martin, un Opéra alle- 
mand, auquel on donna le nom de Thédlre Mo- 
zart. Ellmenreich y chanta dans l'Enlèvement 
du sérail et dans plusieurs autres ouvrages; 
mais celte entreprise n'ayant point eu de succès, 
les acteurs furent congédiés, et ce chanteur se 
borna à se faire entendre dans quelques con- 
certs. l::n 1B04, il entreprit de voyager avec le 
pianiste*Woe]n, pour donner des concert*, et Tan- 
née suivante il se Gxa à Londres. On a sous son 
nom quelques pièces pour le chant, parmi lesquel- 
les on remarque : 1** Dcr Rechenmeister Amor 
(l'Amour arithméticien) pour piano et chant, 
avec accorop. de deux violons, alto et basse; 
Hambourg, 179S. ^ 2^ Air favori : Schœne 
Mxdchen (Belle Fille). — 3*» Das Leben ist tin 
Wuerfelspiel (la Vie est un coup de dé), ariette; 
Leipsick, Kiilmel.— 4**/lwiMcwcn/5 des soirées, 
trios pour soprano , ténor et basse , avec ace. 
de guitare et piano , Paris, 1803. 

Un compositeur du même nom , attaché à la 
petite cour de Schwerin , a donné dan:» cette 
ville, en 1848, un opéra intitulé Der beide Kai- 
ser (les Deux Empereurs). 

£LMEi\110RST (tlENni), né à Parchim, 
dans le Mecklembourg, le 19 octobre 1032, fit 
ses études à Leipsick, où il fut nommé magister 
en 1653. De là il alla h Wittenberg et ensuite à 
Hambourg, où il Ait fait diacre de l'église 
Sainte Catlieri ne, en 1660, et eufm pasteur de 
riiôpital de Saint- Job, en 1697. Il est mort dans 
celte ville, le 21 mai 1704. On a de lui un livre 
de cantiques sous le titre de GeisiUches Ocsocng- 
buch mit Franckens musikalischer Composi- 
iion, et un traité historique sur Topera, intitulé 
Dramatologia aniiquo-hodicma , das ist Be» 
richt von den Opernspielen , etc. Hambourg, 
1688 , in-4^ de 186 pages. Cet ouvrage contient 
de savantes recherches sur ce sujet. 

ËLOCIIS (Joseph), professeur de harpe, né à 
Genève en 1752, vécut à Londres pendant plusieurs 
années, etse tixa ensuite à Pan», en 1787. Il a pu- 
blié plusieurs ouvrages pour son instrument ; les 
plus connus sont : T Air dupaysde G(dles,yaLné. 
^2^ Romances d'Estelle^ sui\ies d'un air varié 
pour harpe et piano. — 3^ Sélection of favo- 
rite Scotts songs, with accompaniment for the 
piano-forte ; 2 vol. in-roU 

ELOY, musicien savant^ vécut au quinzième 
siècle, antérieurement à Tinctor 18, qui le cite avec 
éloge dans le cinquième chapitre du troisième 
livre de son Proportionnaire de mvsique. 11 fut 
un peu postérieur à Dufay, Dunstabic et Bin- 
clioi», car les contemporains de ceux-ci ne ci- 
tent pas son nom conjointement à ceux de ces 
liommes célèbres ; nuiis il Técut dans la première 



partie et vers le milieu du quinzième siècle, dan« 
le même temps que Barbireau, Fauques, Doroai 1, 
Brassart, Le Rouge, et Pu j lois. On n'a riL'ii 
trouvé jusqu'à ce jour (1850) pour établir les 
éléments dUiue biographie d'Kloy, car on ignore 
également quelle fut sa patrie, le nom du 
maître qui dirigea ses éludes, et la position 
qu'il occupa. Plusieurs familles anciennes do 
nom ô^Eloy existent dans la Flandre française 
et dans le Hainaut ; peut-être est-il permis de 
croire que le musicien dont il s*agit a vu le jour 
dans une de ces provinces. 11 avait cessé de 
vivre longtemps avant Tépoque où Petruoci de 
Fossonibrone inventa la typographie de la mu- 
sique, et ses ouvrages étaient sans doute ou- 
bliés dès lors, car on nVji trouve aucun fragment 
parmi ceux que ce typographe a publiés, ni dan^ 
aucune au lie collection postérieure. Tinctori'i 
( loc. cU, ) dit, en parlant de la manière d^indi- 
qucr le mode mineur dans la notation prof^or- 
lionelle : C'est ainsi qu'a écrit Eloy, très- 
savant en ce qui concerne les modes, dans 
sa messe intitulée : Dixerunt discipuli (i). Ga- 
fori accorde des éloges semblables à ce rualtre 
à propos des mêmes choses', et ci le la même 
messe (?). Cette messe se trouve en manu<rnt 
à Rome, dans les archives de la cliapelle pon- 
tificale. L'abbé Baini en avait faurui au con- 
seiller Kleseweller le Kyrie et VAgnus : celui- 
ci les a publiés en partition dans son histoire 
de la musique européenne occidentale (3) ; ce 
sont des morceaux de grand mérite {>our h 
temps où ils ont été écrits. 

ELOY ou ELOl ( Casimir ), né à An)ien«, 
le 18 février 1778^ entra comme élève dans le; 
classes de chant du Conservatoire, au mois de 
floréal an vn(1799), et débuta à r02>éra en 
1804, dans les rOles de ténors. Cet acteur s*est 
retiré à la fin de 1823, après vingt ans de ser- 
vice. 

ELSBETH ( TnovAS ), compositeur, né à 
Neiistadt en Franconie, s*établil à Franclort-sur- 
roder, vers 1600, puis se fixa vraisemblablement 
à Jauer, p«'tite ville de la Silésie , d'où Tépllre 
dédicatoire d'un de ses ouvrages, imprima ea 
1694, est datée. Il est d'ailleurs remarquable 
que la plupart de ses compositions ont été im- 
primées à Licgnitz , autre ville de la Silésie , 



(if SIcttt Eloy qaem ia modb doctiialnittia aeerpi la 
mlitsa Dixerunt ditcipuli feclt. 

(t) Eloy Iffitur In niodla doctUsimus In iniMS taa Dire- 
runtdttcipuU duabus tpsla iongarum perfecUrain pausU 
modum majorca perrectum declaravil atque lif«up«f 
trtan teroporam pausa mlnorls modl porfcctlbnem os- 
teodlL ( Mvsicte vtriusqut rantiu practica, lib. II. r. 7.) 

WGetchichtederEurop. ^bendlxnd. Mustk.pl. XW'-X V. 



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ELSBETH — ELSNER 



f31 



et fe troiirent dan» la bibliothèque du Gymnase 
de cette tiIIp, où .\I. Dehn , conservateur de la 
Bibliothèque roj-ale de Berlin, pour la partie mu- 
steale, les a décou?erle<«. On a de lui Vingt-quatre 
motets à six txfix, Francfort-snr-roder, 1600. 
Quatre de ces motets sont sur d» paroles alle- 
mandes, et les autres sur des testes latins. Le titre 
de cet ouvrage est : Selectissimse et novx 
cantiones sacrx, rmlgomolectaappéUatx^ nec 
wnquam antehacinlucem emissœ, sex txxnim, 
cum ad vivain vocem, ivm ad omnis gène' 
ris instrumenta accommodatsB ; iB-4*^ obi. Les 
titres des autres productions de ce musicien sont : 
1** Selectissimm et novsB cantiones sacras 
vulgo motecta appeUatœ, nec unquam ante- 
kac in Iwem emissœ , qiUnque vocum , in 
publicum ecclesiarum et scholarum pia- 
mm iisum typls divulgatx per Thomam 
Elsbethum neapolitan. Franc. Ugnicii typis 
Mcolai Sartorii, 1 590, in-4<> obi. avec un in- 
dex de XII n°'. — 2" Neue ausserlesene wel- 
iliche Lieder zuvor rdemals in Druck ûim- 
gangen, mit 5 Stimmen (Nouvelles chansons 
mondaines choisies à cinq parties) ; Francfort- 
pur-roder, 1599, in-4** obi. Ce recueil contient 
36 morceaux. — 8** Seleciissimœ et novas >can' 
tiones sacrap , vulgo motecta appellatx nec un- 
quam antehac in lucem emissœ, quatuor 
vocum; Lignicii, excudebat Sartorius, 1606, 
in-4^ obi. Ce recueil contient 20 morceaux, 
dont onze en latin et hnit eri allemand. -^ 
4* Neue ausserlesene Lieder, zu Gottes Lob 
gerichtet dann auch von der edlen und 
lieblichen Musica, mit 5 Stimmen ( Nouvelles 
chansons choisies à la louange de Dieu et aussi 
de la noble et aimable musique, à 5 voix ) ; 
Liegnitz, Nie. Schneider, 1607, in-4*» obi. Ce re- 
cueil contient 20 morceaux. — 5* JSrster Theil 
Sontaglicher Evangelien, etc., mit 3 Stimmen 
(Première partie des évangiles pour les dimanches, 
à 3 voix ) ; Liegnitz, Nie. Sartorius, sans date, avec 
une dédicace datée du l'^'mars 1616. Ander Theil, 
etc. ( seconde partie du même ouvrage ), sans 
date, avec une dédicace du 12 mai 1621, in-4^ La 
première partie contient 30 morceaux, la deuxième 
24 n"*. — 6^ Melpomene sacra, festis fide- 
lium nuncupata , das ist ausserlesene geiU' 
Uche Gesxnge auff-alle vomehtne Fest durchs 
ganze Jakr, mit 6 Stimmen ( Cantiques 
choisis pour tontes les grandes fêtes de Tannée, 
à 6 parties ) ; Breslau ( sans date ), avec une dé- 
dicace datée de Jauer, 1624, in-4^ 

ELSNER (Joseph), compositeur, né à Grot- 
tkaii, ville des États prussiens, le T' juin 1769, 
était fils d*un menuisier qui, doué d^un esprit in- 
génieux et de connaissances musicales, construi- 



sait des clavecins, des harpes et d'autres instru- 
ments de musique. En 1781, EHsner fut envoyé à 
Breslau, pour y (aire ses études au collège , et 
entra, comme enfant dechceur, À Téglisedes Domi- 
nicains. Plus tard, il futemployé au théâtre comm<» 
violoniste et comme chanteur; là, les occasions 
fréquentes qu'il eut d'entendre de bonne musique 
développèrent en lui le goût de la composition 
dramatique. Destiné par son père à Pétude de la 
médecine , il ne se rendit point à ses voeux , et sa 
résolution fut prise de se livrer à Tétudc de l'art 
sons la direction de bons maîtres. Fœrster, di- 
; recteur de musique à Breslau, lui donna des 1e- 
I çons d'harmonie. Ses premières productions fu- 
I rent des romances, parce que ce genre exige peu 
I de connaissances dans l'art de la composition. 
I Quoique peu avancé dans cet art, il essaya pour- 
tant ses forces dans des airs de danse, des duos, 
trios, et même dans un concerto de violon avec 
accompagnement d'orchestre. L'habileté venant 
avec Texpérienc^, il écrivit des morceaux de 
musique religieuse , un oratorio, un morceau de 
musique pour des instruments à vent, destiné à la 
procession de la Fête-Dieu, une symphonie ( en 
ré) et quelques autres morceaux de différents 
genres. Arrivé à Vienne, pour y continuer ses 
études, il abandonna complètement celle de la 
médecine, et ne s'occupa plus que de la musique. 
Lié avec les artistes les plus recommandables, il 
puisait dans leur entretien . et dans la lecture 
des meilleures partitions rinstructioo qui lui était 
nécessaire pour parcourir la carrière d'artiste 
avec honneur. En 1791, il s'établit à Brûnn, où 
la place de premier violon du théâtre loi fut 
confiée. Il y écrivit, jusqu'à Pâques de 1792, 
quatre quatuors pour des instruments à cordes, 
un concerto pour la flûte, et une cantate dont 
le mérite fit obtenir à EIsner la place de direc- 
teur de musique à Lemberg. Depuis 1792 jus- 
qu'en 1799, époque de son séjour en cette ville, il 
écrivit des entr'actes pour la tragédie de Marie- 
Stuart de Schiller, toutes les danses de la saison 
da carnaval pendant plusieurs années, quatre 
symphonies, hnitqualuors pour des instruments 
à cordes (publiés à Vienne, Offenbach et Var- 
sovie ), un concerto facile pour le violon, trois so- 
nates pour violon et violoncelle, des sonates pour 
piano, violon et violoncelle, plusieurs grandes et 
petites cantates , des chœurs et des entr'actes 
pour le drame Intitulé Lanassa^ une messe de 
requiem brève, et les opéras dont les titres sui- 
vent : 1* Die seltenen Briider oder die vier 
Zauberkugeln ( les Frères bizarres ou les qua- 
tre balles enchantées ), imitation de la Flûte 
enchantée de Mozart. — 2° Der verhleidete 
Sultan ( le Sultan travesti ). — 3* Iskahar, 

9. 



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132 



ELSNER 



pièce polonaise a?ec chant. — 4* Sydney e 
Tumma, mélodrame polonais. — â* Les Amazo- 
nes (opéra polonais en deax actes ). 

En 1799 Elsner Tut appelé comme directeur de 
musique an UiéAtre de Varsovie. Arrivé en cette 
▼ille, il y fit représenter les pièces qui viennent 
d*ètre cilées; Tannée suivante il y écrivit le 
Sultan Wampou , opéra , et dans Tespace de 
vingt années il coroposia vingt-deux ouvrages 
dramatiques , tous en langue polonaise. Dans 
cet intervalle, il avait fait un voyage à Paris, 
et y avait fait entendre quelques-unes de ses 
compositions dans des concerts donnés à Saint- 
Cloud et aux Tuileries. Après rinstitution du 
grand-duché de Varsovie , EUner , de con- 
cert avec la comtesse Zamoiska, fonda en 1815 
une société pour les progrès de la musique en 
Pologne qui fut le commencement du Conserva- 
toire de Varsovie, établi en 1821, après que Elsner 
eut quitté la direction de la musique du théâtre. 
Elsner fut nommé directeur de ce Conservatoire 
et professeur de composition. Par ses soins, ré- 
tablissement était déjà parvenu à un étal satis- 
faisant de prospérité; mais les événements po- 
litiques qui ont soÎYi la révolution de 1830 en ont 
fait fermer les portes. Cette école a été rétablie 
postérieurement, mais avec une organisation 
moins importante. En 1834, Charles Soliva, com- 
positeur italien, en avait la direction. Retiré dès 
lors dans sa maison du faubourg de Praga, Ehner 
continua d'écrire un grand nombre de composi- 
tions religieuses, particulièrement plusieurs belles 
messes, son oratorio la Passion de Notre-Sei- 
gneur Jésus-Christ, qui fut exécuté solennelle- 
ment en 1844, dans Téglise évangélique de Var- 
sovie, par trois cents musiciens, sous la direction 
de T. Nidncki et de Billing, et enfin son Stabat 
Mater, composé en 1844, et que l'auteur écrivit 
de la main gauche, parce que la droite avait été 
frappée de paralysie. Cet excellent artiste est 
mort dans Tété de I8ô4, entouré de Testime de 
toute la Pologne, et en particulier de ses élèves. Sa 
femme Tavait précédé de deux ans dans la tonil)e. 
Son cabinet de travail et m bibliothèque ont été 
laissés intacts par sa famille : on y voit encore 
sur sa table de travail les plumes avec lesquelles 
il écrivit ses derniers ouvrages. Les connais- 
sances solides que Elsner avait déployées dans 
la direction et dans renseignement du Conser- 
Tatoire de Varsovie lui firent obtenir en 1835 
le titre de chevalier de Saint-Stanislas. | 

En 1818, cet artiste recommandable Tisita la | 
Silésie , son pays natal, et passa une saison aux , 
eaux de Reinen , pour y rétablir sa santé : il s*y 
lia d'une étroite amitié avec Ébell. La loge ma- , 
çonuique de Varsovie, qu'il avait présidée pen- i 



dant plusieurs années , a fait lifhograpbier son 
portrait, et Bu^uskawskin a pnbKé sa biographie 
détaillée, en langue polonaise. Ce compositeur 
laborieux a produit, outre les ouvrages qui ont 
été cités précédemment : I. Pocm u TB^AraE : 
r Mieszkancy Kamzatka (les Habitants du 
Kamschatka), opéra en un acte.— 3<* Siedem rasy 
ieden (Sept fois le même), en an acte. — 
d^Starytrzpiat (le Vieux Petit-Maître), en deux 
actes, 1805. ^4*^ Nurzahadf mélodrame, avec 
danses et chants, en trois actes, 1805.— b^ffies- 
zczka UrzeUa (la Vieille Ursule), opéra en trois 
actes , 1806. — t"* Sond Sahmona ( le Jugement 
de Salomon), tragédie avec danses et cliants, en 
trois actes, 1 806. — 7° Andromède, opéra sérieux 
en un acte, 1807. — 8*" Trybunal niewitU 
zialny (le Tribunal secret), en quatre actes, 1807. 

— 9"* Mieczyslaw Slepy (MiecxyslÎM l'avengle), 
opéra en trois actes, 1807. — 10' Karol WiHJU 
i Witykind (Charlemagneet Witikind), drame 
lyrique en deux actes, 1807. — U^ 5seirc i 
Krauxowna (le Cordonnier et la Tailleuse), duo- 
drame en un acte, 1808. — 12* Uroienie i 
EzeczywistosH Chixnère et réalité), opéra en un 
acte, 1808. •^ 18* Écho, drame en un acte, 
1808. — 14* Sniadanie Tripiotow (le Déjeu- 
ner des iietits-mattres), en deux actes, 1808. — 
1 5* Zonapo drodze (la Femme en voyage), en trois 
actes, 1809. — 16* Riymos wobodzony ( Rooie 
délivrée), drame avec cliœurs, trois actes, 1809. 
^ 17* Benefis (le Bénéfice ), duodrame en un 
acte, 1810. •— 18* Sierra^Morena ( la Sierra Mo- 
rena), opéra en trois actes, 1811.— 19* KabaUsta 
( le Devin ) en deux actes, 1 8 1 S. — 20* Krol Lo- 
kieiek (le roi Lokiel ek), opéra en deux actes, 1 è 1 8. 

— 21* Jagiello Wietki (Jagellon le Grand), en 
trois actes, 1 820.— 22* Le Sacrifice d* Abraham, ' 
en quatre actes, 1 827.— 23* Cantate pour le jour de ' 
naissance dei^mpereur de Russie, Alexandre i**". 

— 24* Deux scènes pour l'opéra d*AchiUe, de 
Paér. — 25* Trois scènes pour Tda, de Gyro- 
vretz. — 26* Trois scènes pour Elisa, de Mayer. 

— 27* Les deux statues, ballet. — 28* Chi- 
mère et réaUié, opéra français. — 29* La ri- 
trosià disarmatay duodrame italien, de Mé- 
tastase. — 11. Pour l'égusb : 30* Trois mej^ses 
à quatre voix et petit orcliestre; Posen, Simon. 

— 31* Mlssa quatuor vocibus comitante or- 
chestra; n** 1, 2; ibid. — 32* Messe en /a, à 
quatre voix et orchestre ; ibid. — 33* Messe en 
ut, pour le couronnement de Pempereur de 
Russie; Varsovie, 1829. — 34* Messe pour qna- | 
tre voix seules ; Varsovie, Brxezioa. — 35* Messe | 
pour trois voix d^hommes et orgue; ibid. — 
36* Messe pour quatre voix d'hommes sans ac- 
compagnement ; ibid. — 37* Requiem dcdi^ 



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ELSNER — ELST 



133 



caium manibus Alexandre /, quatuor voc, 
cum ijulntm,\ ibid. — 38*^ Graduels pour quati*e 
▼oix seules, ibi<i. — 39® Graduels pour trois 
voix d'homme et orgue, ibid. — 40<* Hymnus 
Ambrosianus pro vocibw quatuor cum tns- 
trum, ; Leipsick, Breitkopf et Haertel.— 41° Messe 
à quatre voix et orchestre; Varsovie, Plachelzki. 
-~ 42** Messe en êol'k 2 et 4 voix, sur le texte 
polonais ; ibid. — 43'' Motet ( Gloria ei honore) 
pour deux chœun; œuvre 28 de musique d'é- 
glise; Leipsick, Hofmeister. » 44° Vêpres à 
4 Toixet orchestre; Posen, Simon. -*45°/n te 
Domine speravi, motet à 4 voix. — 46° Veni 
Sdncte SpiriiuSy hymne de Saint-Joseph et 
hymne pour la fête de Noël, avec ace. de 2 vio- 
lons, alto, flûte obligée et orgue. — 47° Hymne 
de Sainte-Cécile, en ut, — 48° De profundis 
pour trois voix d*horame, et quelques instru- 
ments à vent; Varsovie, Bnezina. — 49° OfTer- 
toires pour quatre voix seules ; ibid. — 50° idem, 
pour 3 voix d'hommes et orgue; ibid. ~. 51° Deux 
o(Tertoires pour 4 voix , 3 violons, allô, cor et 
basson solo ; Posen, Simon. — 52° VerU creator à 
8 voix ibid. — 53° Veni creator k 4 voix ; ibid. — 
54** Te Deum pour 4 voix, trompette et timbales. 

— 55° Ave Maria à 4 voix et orchestre. — 
*56° Messe de Sainte-Cécile, en ré mineur, œu- 
vre 87. — 57° Messe solennelle en la, op. 88. 

— 58° ^abat Mater pour 4 voix solo, un et 
deux clKEurs, altos, violoncelles, contrebasse 
et instruments à vent, op. 93. » 59° La Passion 
de Notre-Seigneur Jésus-Christ, oratorio. — 
ftO^ Le Triomphe de la fol, oratorio exécuté à 
Pétersbourg, en 1840. ^ 61° Le Cantique de 
Siméon^ à 3 voix. — 62° Messe pour 4 voix 
d'hommes avec ordiestre. — 63° Deuxième Messe 
idem. — 64° Messe à 4 voix d'hommes, solos 
avec chœur. — III. Mosiqub instrumentale : 
65** Symphonie à grand orchestre en ré. — 
66** Idem,* en ut, œuvre 1 le ; OfTenhach, André. 

— 67° Idem, en $1 t>émol, op. 17; Leipsick, 
Breilkopr et Hœrtel. — 68° Deux Polonaises 
poor l'orcliestre; Offenbach, André. ^ 69° Thème 
avec variations; idem. — 70° Variations ; idem , 
avec écho nocturne. — 71° 27 Suites de contre- 
danses; idem — 72° Six quatuors pour deux vio- 
lons, alto et basse. — 73° Quatuor en fa pour 
piano ; violon, alto et t>asse. — 74° Grand qua- 
tuor en mi bémol; idem, œuvre 14; Paris, 
Hentz-Jottve. — 75° Sonate à quatre mains pour 
piano, Paris, Érard. — 76° Trois Polonaises pour 
le piano ; Leipsick, Péters. — 77° Trois rondeaux 
à la masurech pour piano; ibid. — 78° Marche 
militaire pour piano, arrangée par Riem; Leip- 
Fick, Hormetster. — 79° Polonaise pour piano 
et orchestre ; Varsovie , Klukoiivski. — 80° Des 



concertos pour divers instruments, en manus* 
crit. — IV. Musique DE CBAKT : 81° Morceaux de 
chant et chansons à voix seule, avec ace. de 
piano, 24 cahiers. — 82° Six airs italiens et un 
duo; Varsovie. — 83° Plusieurs moreeaui^pour les 
Trancs-maçons. — 84° Morceaux pour 4, 5, 6, 
7, 8, 9 et 10 voix avec texte polonais, à Pusage 
du Conservatoire de Varsovie. — 85° Canons à 3^ 
4 et 5 voix. 

Les productions d'Elsner sont dans le style de 
la musique de Paër et de Mayer. Dans sa mu- 
sique d'église il y a un peu trop de formel mo- 
dernes et dramatiques ; on y trouve de la racillté, 
une manière naturelle de faire chanter les voix, 
mais peu d'originalité et de variété dans les idées. 
Eisner écrit avec assexde pureté, bien qu'il laisse 
voir dans ses fugues que ses études n'ont pas été 
fortes. 

Eisner est aussi l'auteur d'un petit mémoire 
intéressant qui a pour titre : In wie Weit ist 
diepolnische Sprache zur ^ Musik geeignet 
(Jusqu'à quel point la langue polonaise est fa- 
vorable à la musique). Cet écrit a été publié 
dans le journal de Kotzbue intitulé Freymil^ 
thigen, ann. 1803 , n° 122, et 487. Il fut com- 
posé originairement en langue polonaise. On 
connaît aussi un autre ouvrage de lui, pour l'u- 
sage des élèves du Conservatoire de Varsovie, 
intitulé Bitmicznosci i metryesnosci iensgka 
Polsiego ( Du rhythme et de la prosodie de la 
langue polonaise). 

M"Be Eisner a été longtemps cantatrice à l'o- 
péra de Varsovie. 

EL.SPERGER (JeanCbristophe-Zacha- 
rie) on Elsberger, né àRatisbonne, en 1736, 
fut d'abord chantre et magister à l'école latine 
deSulzbacli, dans le haut Palatinal, et ensuite 
premier secrétaire particulier de la comtesse 
Palatine; il est mortà Sulzbach, le l«r février 1790. 
Il a composé plusieurs morceaux pour l'église, 
et beaucoup de symphonies et de sonates de 
clavecin. En 1783, il composa l'opéra du Barbier . 
de Séville, qui fut représenté pour célébrer 
la cinquantième année du règne de Charies-Tliéo- 
dore, duc de Sulzbach. Il écrivit aussi pour la 
même circonstance une cantate intitulée das 
Glûckliche Sulzbach (l'Heureuse Snizbach ). 

ELST (Jean Van Der), moine auguslin du 
couvent de Gand, issu d'une famille noble, na- 
quit au château de Meulenakers, dans le Brabant, 
au commencement du dix-septième siècle. Dans 
sa jeunesse, il visita la France, et reçut des leçons 
d'orgue et de composition de Titelouse, orga- 
niste de la chapelle du roi. De retour dans sa 
patrie, il cultiva la théorie de la musique, et in- 
venta un nouveau système de notation dans le- 



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134 



ELST — ELWART 



quel il aTait supprimé les qaeues et les liaisons 
des notes, et leur avait subâlitué les- ligatares de 
Tancienne notation notre du quatorzième siècle. 
Il adopta aussi une nouvelle nomenclature de 
solinisalion dans laquelle il n^avail conservé les 
anciens noms tt^^ ré, mi, fa, sol, la, que pour 
les notes appelées vulgairement naturelles^ et 
où il nammoit H, ri, /i,sU, li, les notes diésées, 
et ra, ma, sal, le, sa, les notes béutoiisées. Les 
principes de sa nouvelle méthode furent dé- 
veloppés dans Touvrage qu*il publia sous ce titre: 
\ota ougustinianâB slve musices figurx seu 
notx novit concinnendis modulis faciliores, 
iabulaiis organicis exkibendis ap tiares ; Gan- 
davi, typîB Maximiliani Groet , I6à7, 3 feuilles 
in-4^, avec 10 planches d'exemples. Une par- 
tie de cet opuscule est en langue française; la 
seconde partie est en latin. On a aussi de Van 
der Elst un traité de musique, d'accompagnement 
et de composition, écrit en langue ilamande et 
intitulé : Den ouden en de nieutcen Grondt 
van de Musicke; Gand, Max. Groet, 1G62, in- 
4^ de 76 pages et 10 piandies. L' auteur y a re- 
produit son système de notation. 

ELSTER ( Le D'. Daniel), compositeur de 
chants, particulièrement pour des voix d'hommes, 
né dans la Thuringe, vivait en 1835 à Scbleu- 
singen, et s'est établi postérieurement à BÂIe dans 
l'Argovie, canton suisse, comme professeur de 
musique et de chant, et comme directeur d'une 
société chorale. Son premier ouvrage est an re- 
cueil de mélodies avec accompagnement de 
piano sur des poésies de Hoffmann de FaU 
lersleben; puis H fut l'éditeur d'une Biblio- 
thèque de chants à plusieurs voix d'tiommes par 
divers auteurs et par lui-même, publiée à Schleu- 
singen, en 2 volumes (1835-1838). Parmi ses 
dernières productions, on remarque le 100*"^ 
psaume pour 4 voix d'hommes, une collection 
de 93 chanU à 2, 3 et 4 voix, et une méthode 
élémentaire de musique, à l'usage des écoles du 
peuple, sous ce titre : Vollstxndige Volksge- 
sangschule, en 3 parties; Baden, Zehnder. 
Elster est mort à Wiltuigen, près de Bade, le 19 
décembre 1857. 

ELTERLEIN (Ernest d*), amateur de 
musique allemand demeurant à WaMheim , en 
Saxe, n*est connu Jusqu'à ce jour que ()ar deux 
petits écrits, dont le premier a pour titre : Bee- 
thoven*s Symphonien nach ihren idéale Ge- 
hafte (les Symphonies de Beethoven consi- 
dérées dans leurs combinaisons idéales, etc). 
L'autre i Beethoven's Clavier-Sonaten. Fiir 
Freunde der Tonkunst (le* Sonates de piano 
de Beethoven. Pour les amis de la musique ) ; 
Lcipsick, Henri Malthes, 185C, iietit-in-S". Une 



deuxième édition de ces opuscules a para à 
Dresde, en 1858. M. d'EIterlein appartient au 
parti qui considère la musique comme en pro- 
grès, et montre un penchant sincère pour les 
compositions de Beethoven qui caractérisent sa 
troisième manière; car ainsi qne M. de Lenz 
et Oulibiclieff, il adopte cette division des trois 
fit) les dont nous avons signalé la réalité dans 
la notice de l'illustre compositeur qoenous avons 
donnée dans la première édition de la Biogra- 
phie universelle des Musiciens. Toutefois M. 
d'Eiterlen est raisonnable dans ses appréciations - 
il reconnaît que l'époque des productions de 
Haydn et de Mozart fut grande, belle, et que 
ses monuments sont impérissables. Élève du 
professeur de philosophie de Zurich, M. le doc • 
leur Frédéric-;Théodore Ytscher, il a puisé dans 
ses leçons le penchant à un idéalisme vague et 
rêveur, dont le très-remarquable traité d^- 
thétiqiie de ce penseur distingué porte l'em- 
preinte; mais il se trompe parfois dans les appli- 
cations qu'il en fait. Ainsi, lorsqu'il dit que Bee- 
thoven est l'eipression la plus élevée (dans ses 
symphonies) de Vidëal de la mtuique pure, 
il oublie évidemment que cet liomroe illustre s'est 
donné, pour quelques-unes de ses plus grandes 
compositions, un programme qui les met en 
dehors du domaine de la musique pure, c'est- 
k dire, de la musique en elle-même; car il a 
fait ta Symphonie héroïque, la Symphonie pas- 
torale, et la Symphonie avec chœurs. Il parle 
aussi un peu au hasard lorsqu'il dit qu'avec Gade 
un nouvel élément est venu faire son apparition 
dans la symphonie (Mit Gade hommt ein 
neues Elément in der Symphonie zur Ers- 
cheinung, p. 109). Quel est cet élément^ peut- 
on demander à M. d'Elterlein?Il répond : C'fst le 
caractère de la nationalité du Nord ( Es ist dies 
des Character speci/ischer nordischer ISa- 
tionalitàt). Mais d'abord H serait assez difficile 
d'expliquer comment le caractère spécifique de 
la nationalité septentrionale pourrait se mani- 
fester dans la symphonie, à moins que celle-ci 
n'eût pour thèmes des mélodies de la Suède, de 
la Norvège ou du Danemark ; or, rien de sem- 
blable ne se trouve dans les symphonies de 
Gade. 

ELWART (Antdwe-Élie) , compositeur et 
littérateur musicien, né à Paris, le 18 novem- 
bre 1808 , entra à la maîtrise de l'église Saint- 
Eustache , comme enfant de chœur, à l'âge de 
dix ans, et y fit ses premières études musicales. 
Lorsqu'il eut atteint l'âge de treize ans, son 
père le plaça comme apprenti chez un layetier 
emballeur; mais sa r(^pugnance invincible pour cet 
état le détermina à sortir de chez- son mattie, en 



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ELWART 



186 



Oépit de la volonlé de ses parents. Obligé de pour- 
Toir dès lors à son existence , 11 entra dans l'or- 
cbestre d*un petit théâtre des boulevards en 
qualité de second violon. Il était alors dans sa 
seizième année. Admis vers le même temps au 
nombre des élèves du Conservatoire , il y reçut 
des leçons dMiarmonie d*un élève de Reiclia, 
fiuis il suivit le Cours de composition de Pauleur 
de cette Biograpliie. Devenu élève de Lesueur, 
en 132S, il fonda dans la même année, avec le 
concours de plusieurs autres élèves, les Concerts 
d'Émulation, qui, pendant six ans, Turent don- 
nés dans la petite salle du Conservatoire, et de- 
vinrent récole pratique des jeunes compositeurs 
et des soli.stes.. En 1831 Elwart obtint au con- 
cours de rinsti lut de France le-deuxième prix de 
composition; le premier grand prix lui Tut dé- 
cerné en 1&34. Déjà depuis deux ans il remplis- 
lait les Toru^lions de professeur adjoint du Cours 
<1e composition de^ Reiclia. Devenu pensionnaire 
du gouvernement comme lauréat de Tlnstitut, il 
partit pour Tltalie, et pendant son séjour il écri- 
vit une Messe solennelle, la plus grande partie 
'd'un opéra italien , et une scène funèbre intitulée 
Omaggio alla memoria di Vincenzo Bellini, 
qui fut exécutée au tlié&tre Vallet au mois de 
novembre 1835. De retour à Paris dans Tannée 
suivante, il y reprit possession de sa place de- 
professeur adjoint du Cours de Reiclia. Pendant 
quelque temps il a dirigé les concerta de la rue 
Vi vienne, puis ceux de la Société de Sainte-Cé- 
cile. 11 est aujourd'hui (1860) professeur titulaire 
d'harmonie au Conservatoire. Artiste laborieux 
«t instruit, M. Elwart s^est livré à des travaux 
de tout^ienre : composition vocale et instrumen- 
tale, méthodes d'enseignement, critique, et 
même poésie, tout a élé de son ressort. Ses 
principaux ouvrages sont ceux-ci : 1*^ Cinq Messes 
dont une à quatre voix et orgue , et une à cinq 
voix, chœur et orchestre, en action de grâces, à 
l'occasion de la naissance du comte de Paris ; 
Paris, Catelin, 1840, gr. in-4''. — 2* Plusieurs 
messes à 2 et à 3 voix avec orgue et deux messes 
à 4 voix, sans accompagnement. — 3^ Noé, ou 
le Délugte universel, oratorio-symphonie en 
quatre parties, exécuté à Paris, le vendredi- 
saint de Tannée 1845. — 4** La Naissance d'Eve, 
oratorio exécuté au Conservatoire en 1846. — 
^^ Les Hoces de Cana , mystère avec solos de 
«lïaiil , chœur et orchestre. — 6" Miserere à 8 
voix seules. — 7** Ruth et Booz, symphonie 
Vocale. — 8° Un grand nombre de motets , dont 
plusieurs Salutarls et Ave Maria, publiés à 
Paris, chez la Veuve Canaux. ~ 9^ Les Catalans, 
^péra représenté avec succès au théâtre des Arts, 
^ Rouen. — lo* Chœurs et musique instrumen- 



tale pour VA Iceste d'Euripide, traduite par M. Hip* 
polyte Lucas , el représentée à TOdéon. ^iV'^La 
Reine de Saba, opéra non représenté. — 12^ Les 
Chercheurs cTor, opéra en trois actes. — 13* Plu- 
sieurs cantates de circons|ance. *- H^ Te Deum 
exécuté dans les fêtes nationales de 1848 et 1849. 
— iô« Des symphonies inédites , ouvertures, 
quintettes, quatuors et trios pour des instru- 
ments à cordes. Comme littérateur musicien, 
M. Elwai-t s^est fait connaître par les productions 
dont voici les titres :— 16° Petit Manuel d'har^ 
monie , d'accompagnement de la basse chif- 
frée, de réduction de la partition au piano, et 
de transposition musicale ; Paris, 1839 , in-S*. 
D'autres éditions de ce petit ouvrage ont été pu- 
bliées en 1841 et 1844, et il a été traduit en es- 
pagnol par M. Valdemosa, pour le Conservatoire 
de Madrid. — W Duprez (chanteur de TOpéra 
de Paris), sa vie artistique, avec une Bio- 
graphie authentique de son mattre Alexandre 
Choron; Paris, 1838 , un vol. in- 8**, avec le por- 
trait de Duprez. — 18* Théorie musicale. ^oU 
fége progressif rédigé d'après un plan qui réu- 
nil Vexposé des règles à leur application im- 
médiate, etc.; Paris, Colombier, 1830, in-8**. — 
19" Feuille harmonique, contenant la théorie 
et la pratique de tous les accords du système 
moderne; Paris, 1841. — 20* Le Chanteur ac- 
compagnateur, ou Traité du clavier, de la 
basse chiffrée, de l'harmonie simple et com- 
posée; suivi de la manière de faire les notes 
d'agrément , points d'orgue, etc, toujours 
soumis aux règles de la plus pure harmonie 
et de l'expression la plus caractéristique, 
suivant le genre de chaque voix; Paris, 1844, 
in-8* de 96 pages. — 21** Traité du contre- 
point et de la fugue; Paris (sans date). — 
22* £ssai sur la transposition ; ibid . — 23* l'Har- 
monie musicale, poème en quatre chants; 
Paris, 1833, in-8*. M. Elwart a complété l'ou- 
vrage publié sous les noms de MM. Burneit et 
Damour {voy. ces noms) , avec le titre suivant : 
Études élémentaires de musique, depuis les 
premières règles jusqu'à celles de la compo* 
sition. Douze livraisons seulement de cet ouvrage 
avaient paru quand M. Elwart fut chargé de le 
terminer : il en publia les 37 dernières; Paris, 
1845, in<<*. — 24* L'Art de chanter en choeur, 
suivi des Heures de l'enfance; Paris, chez Ca- 
naux. — 25* L'Ali de jouer impromptu de 
l'atto-viola; Paris, Colombier. 11 a foucni aussi 
de nombreux articles de musique à VEncyclo- 
pédie du dix-neuvième siècle, à la Revue et 
Gazette musicale de Paris , et à d'autres jour- 
naux. M. Elwart est membre de plusieurs aca- 
démies, et décoré des ordres de Charles ICI- 



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1S6 



ELWART — EMPSER 



d'Ëftpasne, et de l*Aigle ronge de Prusse. 
ËMBACH (Crahles), facteard'instramenU 
de cuivre , né en Allemagne , où il avait travaillé 
loBgtemiM comme ouvrier, s^étabtit à Amsterdam 
▼ers 1815, et obtint du rot des Pays-Bas, en 
1834, un brevet dMnvention pour la rabricalion 
des cors et des trompettes chromatiques; mais 
il n^aurait dA demander qu*un brevet d'impor- 
tation; car son système n'était que celui des pis- 
tons, récemment découvert dans sa patrie. Le 
ills de cet industriel (L. A. Embacli), composi- 
teur de musique, s'est Tait connaître en 1840 par 
une Ouverture à grand orchestre, qui a été publiée 
à Leipsiclc. Aucune autre production u*a signalé 
son existence depuis celte date. 

EMERSON (Guillaume), mathématicien 
anglais , né en 1701 à Hartwortli , dans le comté 
de Durbam , reçut de son père, qui était maître 
d*école, et du pasteur de son village, toute Tins- 
truction qu'il ne dut pas à lui seul. 11 vécut 
d*abord en enseignant les matliématiqoes ; mais 
un petit héritage qui lui échut le mit en état de 
vivre dans Tindépendance , et de se livrer à son 
goût pour l'étude, tl mourut de la pierre , le 36 
mal 1782, âgé de quatre-vingt-un ans. On a 
d'Emerson beaucoup d'ouvrages sur diverses 
parties des mathématiques; dans celui qui a 
pour titre Csw/oma^/t^«i5, ou Introduction aux 
divenesbrafœhesdes mathématiques (Londres, 
1770, 10 vol. in-8®) on trouve un travail étendu 
sur l'acoustique et la théorie mathématique de 
la musique. Emerson avait un goût passionné 
pour cet art, dont il avait étudié la théorie avec 
persévérance; on peut dire que cette passion 
était malheureuse , c^r 11 avait si peu d'oreille 
qu'il lui était impossible d'accorder son violon , 
instrument auquel il avait fait subir quelques 
changements de forme, d'après ses idées sur 
l'aconstique. 

EMERSON (S.), ministre anglican à Port- 
land, ville des États-Unis d'Amérique, vécut 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle ! 
et au commencement du dix -neuvième. II a fait . 
Imprimer de sa composition un discours à la 
louange de la musique , sous ce titre : Oration 
on Muslc. PorUand, 1800, in-8*'. 

EMERY ou MÉDERIC (...}, facteur de 
chivecins et d'épinettes , travailla à Pari^, vers 
la fin du seizième siècle, et se distingua par l'ex- 
cellence de ses instruments. Le P. Mersenne dit 
de lui et d'Antoine Patin , son compatriote et 
contemporain , qu*on les recognoist avoir esté 
les meilleurs facteurs de France (vop. Harmo- 
nie universelle; Traité des instruments à 
cùrdes, liv. 111, p. 159). 
EMMERIG (Joseph), né à Kemnath, en 



I Bavière , en 1772 , reçut des leçons de musique 
I théorique et pratique de P. Sébastien Pimer, 
prélet de Saint-Ëmeran , de Ratistionne. Lorsque 
ses études furent terminées , on le nomma prc^fel 
du séminaire et régent du chœur de cette pré- 
bende. Il remplissait encore ces fonctions en 
1811. Emmeriga beaucoup écrit pour l'église; 
parmi ses compositions les plus remarquables » 
on distingue trois messes, quatre vêpres, dont 
une à deux chœurs , et un Stabat, 11 a publié à 
Ratisbonne et à Aiigsbôurg Vesperx solemnei^ 
à quatre voix, avec orgue et orchfstre. 

EMMERT (Joseph), né le 27 novembre 
1732, à Kitzinxen, en Franconie, fit ses éludes à 
Scliillingsfurst, en Bavière, et y apprit la musique 
et la composition. En 1773 H futappelé à Wiirtz- 
bourg,en qualité de recteur de ré«»le lat.ne de 
Saint -Burkard, et de directeur du chœur de 
l'université. 11 est mort dans cette ville, le 20 fé- 
vrier 1809. On a de sa composition les ouvrages 
suivants; f" Choralbuck zu dem 1800 erschie- 
denen neuen Wiirzburgiscken Gesanghuehe 
(Livre de musique simple, etc); WOrtzbourg, 
in 4<^ de 112 pages. — 2<* Psalmodia vesper* 
iina methodo /igurato^horali cnm k antipho- 
nis; Augsbourg, 1766. — 3" Te Deum; Sah- 
bourg, 1797. 11 a laissé en manuscrit les orato- 
rios ^"Esther et de Judith ; les opéras de 5e- 
miramis, Tamyris, et Eherhardt; des messes 
latines et allemandes, des vêpres. Miserere, Te 
Deum, et plusieurs cantates et pièces dVglise. 

EMMERT (Adah-Joseph), fils du précédent, 
né à Wurzbourg, le 24 décembre 1765, fut d'à- 
l>ord conseiller des archives à Salzboorg, et en- 
suite premier officiai du dépOt des archives à 
Vienne. Il s'est (ait connaître avantageusement 
comme compositeur de musique dramatique, ins- 
trumentale et sacrée. Ses principaux ouvrages 
sont : 1^ Te ï>eum pour les églises allemandes , 
avec orchestre; Salzboorg, 1797, in > fol. — 
2^ Seize danses allemandes pour clavecin ; 
ma,, 1798, in-A"*.— Z"* Cantate pour rinstalla- 
lion de V archevêque deSalzbourg, à 4 voir 
et orchestre, exécutée à Salztwurg en 1799. — 
4^ Harmonie pour deux cors et basson , i*** 
recueil ; Salzbourg, 1 799. — 5* Harmonie pour 
deux clarinettes, deux cors et deux bassoni, 
t" recueil; ibid. 1799. — 6'* Don Silvio deRo- 
salba, opéra représenté à Anspach,en 1801. — 7^ 
Der Sturm (l'Orage) , opéra, joué à Salzbourg 
en t806. 

EMPSER (JéQÔMB), théologien catholique 
allemand, né k Ulm, en 1477, mort le 8 novem- 
bre 1527, fut un des antagonistes les plus ardents 
de Luther. S. Fontaine ^Bist. catholique de 
nosire temps touchant testât de la religion. 



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EMPSER — ENDTER 



187 



«nref/lenne/ADTerfly Steeltiiis, 1558, p. 105), 
dit, à roccasion da mariage de Latlier avec Ca- 
tlierine de Buren, religieuse du coovent de 
Grimnia : « En dériftioo de quoi Gérome Empser 
« feit une belle ritlime latine qu'il meit en quatre 
« parties de musique , et la feit publiquement 
« chanter. » 

EH Y-DE - LYLETTE (Airroms - Fbedi- 
RAïf d), amateur de musique à Paris, au commen- 
cement de oe siècle, a fait graver un ouvrage de 
sa composition, sous ce titre : Théorie micsi- 
cale, contenant la démonstration méthodique 
de la mtuique, à partir des premiers élé- 
ments de cet art jusques et compris la science 
de l'harmonie; Paris, 1810, in-fol. Ce livre ne 
mérite aucune estime, soil sous le rapport de la 
rédaction, soit sous celui des exemples, qui sont 
écrits d'une manière fort incorrecte. 

ENGKE (HcHRi), pianiste et compositeur, 
naquit à Neustadt (Bavière), en 1811, et vécut 
quelque temps à Jéna; il s'y faisait entendre dans 
des concerts en 1836. Plus tard, il se fixa à Leip- 
sick et s'y livra à l'enseignement du piano. Il est 
mort dans cette ville, le 31 décembre 18&9. Son 
premier ouvrage est une grande valse de fêle 
pour piano, publiée à Leipsick, chez Ilormelster. 
Ses autres productions consistent particulière* 
ment en petites pièces pour le même instrument 

EKGKHAUSEN (Heuri-Frédébic), orga- 
niste de la cour, à Hanovre, née Celle, le 28 avril 
1799 , reçut les premières leçons de musique de 
son père, instrumentiste de quelque mérite. 
Le petit nombre de musiciens qui se trouvait 
alors à Celle laissait souvent des vides dans les 
concerts. Cette ciroonstaoce fut cause que le 
jeune Enckliausen apprit à jouer de plusieurs ins- 
truments, tels que le violon, la flûte, la clarinette, 
le violoncelle, etc. , afin de suppléer aux parties 
qui n'étaient point remplies. Ces connaissances 
pratiques loi forent ensuite fort utiles dans ses 
compositions. En 1816 il entra dans le corps de 
musique des cuirassiers de la garde, en garnison 
à Celle. C'est aussi vers cette époque quHI essaya 
d'écrire des danses, des marches, des ouvertures 
et des solos pour divers instruments. Tout cela 
était assez faible et n'eut que peu de succès. 
Enckliausen comprit alors la nécessité de faire 
des études sérieuses dans Vaxi d^écrire. En 1826 ^ 
Use rendit à Berlin dans le but d'y perfectionner 
son talent sur le piano, sous la direction d'Alois 
Schroitt, et d'y étendre ses connaissances dans, 
l'harmonie et dans la composition. Schmitt ayant 
été nommé organiste de la cour à Hanovre, En- 
ckliausen le suivit dans cette ville. Ses études de 
composition et de piano, et quelques leçons qu'il 
donnait en ville étaient les seules occupations aux- 



quelles il consacrait son temps. Après que Schmitt 
eut quitté Hanovre, son élève lui succéda dans la 
place d'organiste de la cour et dans celle de di- 
recteur de l'école de chant fondée par le maître. 
Enckliausen eut aussi le titre de pianiste du duc 
de Cambridge, vice-roi du Hanovre. Les compo- 
sitions de cet artiste sont au nombre d'environ 
soixante-dix CMivres; elles couAistent en suites 
d'harmonie militaire (Hanovre, Bacbmann) , so- 
los et duos pour flûte, et beaucoup de morceaux 
de différents genres pour le piano, parmi lesquels 
on cite des sonates pour piano seul ou piano à 
quatre mains (œuvres 11, 13, 32, 35, 59, 71, 76), 
un grand rondo avec orchestre , œuvre 10% les 
variations sur l'air allemand an Alexis, op. 21, 
et beaucoup d'autres. Enckliausen a écrit aussi 
130 cliants pour quatre voix d'hommes, ainsi que 
beaucoup de chansons allemandes et le psaume 
100 k plusieurs voix. Quelquefois ce compositeur 
abuse de l'usage des modulations, défaut assez gé- 
néral dans l'école allemande de l'époque actuelle. 
11 a fait représenter à Hanovre, en 1832, l'opéra 
intitulé le Savoyard, Enfin , on a de lui un livre 
de mélodies cliorales^ pour les églises du royaume 
de Hanovre. 

ENDERLE (GuiLLiiDiiE-GoDBFROi), l'un des 
plus habiles violonistes de rAlleroagne, dans le 
siècle dernier, né à Bayreuth, le 21 mai 1722, 
apprit la musique à Nuremberg jusqu'à Tftge de 
quatorze ans , et passa ensuite un an à Berlin, 
pour y perfectionner son talent. En 1748 il en- 
tra au service de l'évéque de Wûrzbourg, et en 
1753 il fut appelé à Darmstadl comme maître 
des concerts de la cour. 11 est mort dans cette 
ville, en 1793. Quoiqu'il ait beaucoup écrit pour 
son instrument et pour le clavecin, il n'a rien fait 
imprimer de ses ouvrages. Ses solos de violon 
sont la seule production qui soit connue aujour. 
d'hui. 

END1G( Charles), organiste à Leipsick, en 
1834, n'est connu que par six fugues pour l'orgue, 
publiées dans celte ville, en tS3l. 

ENDRES ( S. J. ) , professeur de piano k 
Mayence, dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle , s'est fait connaître par la publication des 
ouvrages suivants : V* Quarante variations ca- 
ractéristiques pour le clavecin. — 2'' Vingt-quatre 
variations pour le clavecin, sur un menuet de 
Dieu. 

£NDTER(CHiiÉTiENFRÉDéRic>, né en 172S. 
apprit les règles de la musique et l'art de tou- 
clier de Torgue à Hambourg , sous la direction 
d'un savant organiste de l'église Saint- Pierre, 
nommé Pfelffer, et forma son talent en partie d'a- 
près les conseils de cet habile artiste , et en partie 
d'après ceux de Charles-Adolphe Kunzen. Lors- 



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138 



ENDTER — ENGET^BERT 



qu'il eut atteint Tâge de dix-liuit ans (en 1746), 
il obtint la place d'organiste à Biuteluide, dans 
le Hanovre, et, dix ans après, il alla en la même 
({ualité à réglise luthérienne d^Altona. Après y 
avoir passé plus de trente ans, constamment li- 
vré à rétude des meilleurs tht^oriciens sur son art, 
il est mort, le 26 mai 1793- Il a Tait imprimera 
llambouff;, en 1757, un recueil de chansons sons 
ce titre : Lieder zum Scherz und Zeit verlrieh 
(Chansons pour rire et passer le temps). Il a 
composé aussi une cantate sur des paroles laline<(, 
qui fut exécutée à Altona , à Toccasion du cou- 
ronnement du roi de Danemark, en 1767. 

E\DT£H (J. N. ), com|)Ositeur, |Haniste et 
organiste à Cassel, a commencé à se faire con- 
naître par ses ouvrages en 1837.'En 1848, il a été 
fippclé à la direction de la société de chant d'en- 
semble ou Leidertafel de cette ville. On a de lui 
quelques morceaux de piano publiés à Cassel, des 
motets pour des voix d'Iiommes, et Poratorto 
intitulé : Der verlorene Sohn (le Fils perdu ). 

ENGEL ( Jevn-Jacques ) né le 11 sep- 
tembre 1741, à Parchim, petite ville du duché de 
Meklembour^-Schwerin, où son père était pas- 
teur, fit ses études à l'université de Rostork, et 
se rendit à Leipsick , vers 1765, pour suivre les 
coucs de philosophie. Les ouvrages quMI publia 
l'ayant fait connaître avantageusement du public, 
op lui offrit une chaire à l'université de Goet- 
lingue et la direction de la bibliothèque de Gotha; 
mais le désir de se rapprocher de sa mère lui fit 
|»référer remploi de professeur de morale et de 
i)elle»-lettres dans un gymnase de Berlin. Dans 
les dernières années du règne de Frédéric-le- 
Grand, il fut choisi pour enseigner les belles-lettres 
aux enfants du prince royal de Prussej et, à Ta- 
vénement de ce prince au trône, on le chargea . 
de la direction du théâtre de Berlin ; mais, bien- 
tôt dégoûté des tracasseries du théfttre, il se retira 
à Schwerin. 11 est mort à Parchim, le 71i juin 1802. 
Parmi ses ouvrages, on remarque celui-ci : Veber 
die musikalische Mahlerey , an den kcenigL 
Kapellmeister Herrn Reichardt ( Sur la pein- 
lure en musique, -adressé au maître de chapelle 
Reichardt ) ; Berlin, 1780, in-8** de 48 pages. On 
trouve aussi des observations sur la musique 
daiis sa Théorie du beau ; Berlin, 1785, 2 vol. 
i:i-8°. Jansen a donné une traduction française 
fort médiocre d'une première dissertation de 
Kngel sur ce sujet, sous te titre de : Idées sur 
le geste, dans son Recueil de pièces intéres- 
santes concernant les beaux-arts, les belles- 
lettres et la philosophie ; traduites de diffé- 
rentes langues ^ Paris, 178(, 5 vol. in-8*. 

ENGEL ( CnARLEs-EniiAFfUEL ), né à Tech- 
nitz près de Dœbeln , en Saxe, fut d'abord or- 



ganiste de la chapelle de Pélectenr de Saxe à I^lp*^ 
sicfc, et ensuite directeur de musique de l'Opéra 
dirigé par Guardassoni. Il est mort dans le tien 
de sa naissance, le 7 septembre 1795. On croit 
que ce musicien eM le même que celui qui fut 
maître de chapelle de Varsovie vers 1772, etqni 
a publié six symphonies à huit parties. Engel a 
donné aussi au public : l** Donie clianaons avec 
ace. de clavecin; Leipsick, 1790, in-4'. — 2° Trois 
petites sonates pour le clavecin; ifitd. Il a laissé 
en manuscrit plusieurs morceaux de musique 
d'église, et des pièces d^orgue. 

ENGEL ( DavibHeriiakn ), directeur de 
musique et organiste de Tégli^te principale de 
Mersebourg , en JPrusse , est né à Ifeii-RQppiBy 
le 22 janvier 1816. Il reçut son éducation ma- 
steale à Berlin, et fut d^àbord professeur de 
piano dans cette ville. Le roi de Prusse lui a 
décerné une médaille d'or pour son livre choral 
et de pièces d'orgue à l'usage des dimanclies et 
fêtes. On a de lui quelques petites pièces pour 
le piano, un recueil de pièces dVgne, op. 2, des 
chants à voix seule avec sec. de piano, oeuvres 
7, 8 et 1 1, le 81* psaume à 4 voix et piano, etc. 
Son œuvre treizième, contenant boit pièces d*or- 
gue pour l'usage des fêtes solennelles, a été publié 
k Errdrt, chez Kœrner. 

ENGEL ( Charles ),compositear de lieder 
à Beriin, dans les années 1842 à 1850 , n'est 
connu que par des recueils de clianis à vois 
seule avec ace. de piano. 

ENGELBEUT, abbé d'Aimont , ordre de 
Saint-Benott, dans la liante Styrie, moorut en 
1331 , après avoir administré son monastère pen- 
dant trente-quatre ans. Il a laissé un grand 
nombre d'ouvrages parmi lesquels se trouve un 
traité De Musica, publié par l'abbé Oerbert, 
dans sa collection des écrivains ccclésiasliques sur 
la mosiqoe, tom. 2, pag. 287-369 , ^'après un 
manuscrit de Pabltaye.d'Aimont. L'ouvragé d'Ën- 
gelbert est divisé en quatre petits traités ; le pre- 
mier concerne la gamme et les signes de la musi- 
que, le second les intervalles et les proportions; 
le troisième et le quatrième, le chant et les tons 
de Péglise. L'auteur se borne à développer In 
doctrine de Gui d^Arreszo. 

ENGELBERT ( CnARLes-MâRiB ) savant 
hollandais qui vivait dans la seconde moitié du 
siècle dernier, est cité par Forkel comme auteur 
d*un livre intitulé : Verdediging van de eer der 
hoUandsche Natle en wel ien aanzien van de 
Musijk, en toneel Poeziy, etc. 1 777. ( Défense de 
la gloire de la nation hollandaise, en ce qui con- 
cerne la musique et la poésie lyrique, etc. }. 
Forkel n^indiqoe ni le lieu de l'impression, ni le 
format do volume. Cet ouvrage a donné liea à 



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ENGFXBERT — ENGLER 



Ud 



un |)etit écrit qui a ponr titre : Ànmerkingen op 
C M. Engelberts verdediging van dceer der 
hoUcmdscheNaUe, etc. ( Remarques sur la dé- 
fense de la gloire de la nation hollandaise, etc., 
par C. M. £ngell)ert) , grand lu-S"" de 40 pages. 
Voyez le journal hollandais intitulé rfederland 
Bèbl,, t. 8, n° 3. 

ENGELBERTH (...)- On a sous ce nom 
quelques morceaux de musique inslniraenlaley 
<Iont voici les titres : 1° Polonaise pour violon 
principal et orchestre, op. 3; Leijisick, Breitkopf et 

VJœrlèl. — 2*" Variations pour violon; ibid 

3** Variations pour le basson, avec ace de qua« 
tuer, op. 4; ibid. — 4^ Variations pour le basson 
avec ace. de deux violons et basse, ibid. Aucun 
renseignement n'est fourni sur cet artiste dans 
les journaux de musique de rAllemagne, ni dans 
les encyclopédies musicales. 

ENGELBREGHT (CHiiRLES Frédéric), or- 
ganiste de TêgUse principale de Uavelberg , est né 
Je premier septembre 1817, à Kyrits, dans le 
Brandebourg. On ne comiaSt de lui que quelques 
bonnes fugues pour Torgue, publiées à Ërfurt, 
chez Kœrner. 

ENGELBRONNER (D* ). Voy. Adbi- 
«sr ( D' ). 

ENGELHARD ( Salohon ) chantre et pro- 
cesseur au collège de£isleben,au commencement 
^u dix-septième siècle, a publié un recueil de 
morceaux à six voix des. meilleurs compositeurs 
de son temps, sous ce titre : Mustkalischeê 
Slreit'Krœntzlein, hièbevor van den besten 
ComponUien in welscher Sprach pro certo' 
mine, miiQ Stimmen componiri, nunmehr 
verteufschi; Nuremberg, KaufTman, 1613, in-4^ 

ENGELMANN ( Gborgbs ),musicien alle- 
mand, né à Mansfeld, en Saxe, dans la deuxième 
inoilié du seizième siècle, obtint le droit de 
bourgeoisie à Leip$iick vers 1620, et eut le titre 
<]e musicien de l'université de cette ville. Ces 
«îrconstances sont indiquées par un de ses ou- 
Trages qui a pour titre : Fatcicul%u êive Mis- 
ons secundiu quinqtte vocum cujusmodi Pa- 
duanas et GaUlardas vulgo vacant, in lueem 
cditus per Georgium Engelmanum Mansfel' 
densem Lipsiensis Academiœ civem ac mu- 
sicum. L*psix, imp. per Laurent. Cotter, sump- 
abus hœredum Tkoma Schurit 1621, in-4^ 
Ce recueil contient 22 numéros; c'est le second 
livre de l'ouvrage indiqué ci ^après au n*^ 2. En- 
gelmann a laissé en manuscrit des discours sur 
ta musique ancienne et moderne. Outre cela, on 
a de lui': 1^ Quod libitum laUnum, à 6 voix , 
Leipsick, 1670. —2Taduan€n undGagliar- 
den, à 5 voix, trois volumes , dont le dernier a 
fiani à Lcipsick en 1622. 



ENGELM AlVi\ (...); on a sons ce nom 
un article sur la musique conMd<^rée comme 
moyen d'éducation ( Musik aU Ertiehungs Mit- 
tel), dans la septième année de la Gazettf mU' 
sicale de Leipsick, pag. 633. 

ENGLER (Michel), chef d'une famille de 
facteurs d'orgues distingués, naquit à Brieg en 
Stiésie, le 6 septembre 1688, et s'établit à Bres- 
lau, en 1722. Il mourut, en. cette dernière ville, 
le 15 janvier 1760. C'était un homme fort ha- 
bile, à qui la facture de l'orgue est redevable de. 
plusieurs perfectionnements considérables. Ses 
meilleurs instruments se trouvent à OlmQtz , à 
Saint-Nicolas de Brieg, dans les églises du cou- 
vent de Grikssau. On trouve aussi des orgues de 
sa construction à Oels, Trebnitz , Sehwanewetz, 
Posen et Koslen. Le nombre de celles qu'il a 
faites s'élève à vingt-cinq grandes et petites ; il 
conimpnça la construction de Porgue de Brieg 
au mois de juin 1724, et ne la termina que le 31 
décembre 1730. 

ENGLER (TnéoPHiLE-BENjÀinN), fils du 
précédent , et comme lui facteur d'orgues et de 
clavecins , naquit à Breslau vers 1725. Quoiqu'il 
eût moins de génie que son père, il est compté 
parmi les bons artistes de l'Allemagne , et l'on a 
de lui de beaux instruments de grande dimen- 
sion, parmi lesquels on remarque les orgues de 
Glogao, de Wohiau , de Friboorg et de Weigels- 
dorf. Il a fait aussi des réparations importantes à 
plusieurs grandes orgues, et c'est lui qui a ter- 
miné le bel orgue de Sainte-Elisabeth de Bres- 
lau, qui était resté inachevé à la mort de son 
père. Engler a cessé de vivre le 4 février 1793. 

ENGLER ( Jean -Théophile - Benjamin ), 
petit-fils de Michel et fils du précédent, est né à 
Breslau, le 28 septembre 1775. II n'était âgé que 
de dix-sept ans quand il perdit son père , et 
malheureusement son instruction dans la fac- 
ture de l'orgue était alors peu avancée. IP man- 
quait d'ailleurs de connaissances dans les mathé- 
matiques, le dessin et la musique, connaissances 
indispensables à l'homme qui veut inventer ou 
fjerfectionner dans la fabrication des instruments ; 
mais il était doué d une patience à toute épreuve, 
et avait pour la perfection des détails un goût * 
si décidé, que tout ce qui est sorti de ses mains 
porte le cachet d'un fini supérieur aux ouvrages 
de son père et même de son aîenl, bien qu'il 
n'eût pas le génie inventif de celui-ci. La souf- 
flerie de Torgue, rtiarmonie des jeux, lut doivent 
beaucoup d'améliorations en pratique. Presque 
toutes les orgues qu'il a restaurées se sont trou- 
vées meilleures et plus finies, quand il les eut 
réparées, que dans leur origine. Cependant il était 
si lent dans son travail, si minutieux, et en même 



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ENGLER — ENGRAMELLE 



61 entêté à travailler teul et sans aide , 
qu'il ne livrait presque jamais ses oavrages aux 
époques déterminées par ses engageroenu. 
Celte lenteur dans ses travaux lui attira quel- 
quelois d'assez grands désagréments , «t l'empè- 
clia de sortir de Télat d'indigence où il a passé 
toute sa vie. Il est mort à Breslao, le 15 avril 
1829. Ses principaux ouvrages sont : i° Un beau 
pasitif de huit jeux, Tait en 1795 pour le salon 
de musique de M. Krieger de Breslau. — 2** Un 
^orgue de neur jeux pour l*église de Scliweitscli 
(en 1797). — S^ Un orgue de onxe jeux pour 
Téglise de Schwartxau, près de Loben (1797 ). 
^4^ L'orgue de Téglise de Herrenprotscli, à dix 
registres ( 1799. ) — ô^ L'orgue de vingt jeux. 
et deux claviers de l'église de Peterwitz près 
de Scbweidnitz ( 1800). Depuis cette époque 
ju8qu*en 1811, il fit presque toujours des répara- 
tions d'orgues anciennes. — 6'' Un orgue à 
douze jeux et deux claviers dans l'église du fau- 
bourg Nicolal de Breslau. _ 7<* En 1813 il en- 
treprit la restauration du grand orgue de Saînte- 
Marie-Madeleine h Breslau. Cet orgue avait été 
achevé par Micliel Boeder en 1724 : Engler y 
employa neuf années de travail, et fit monter la 
dépense à 9 mille thalers ( environ 37,500 
francs ). Bien des réclamation^ s'élevèrent contre 
lui y cette occasion ; mais, quand il eut livré l'ou- 
vrage en 1822, on avoua qu'il y avait rois une 
rare perfection. Beaucoup d'autres réparations 
importantes furent faites par lui. Au moment oh 
a est mort, il était en marché avec le magistrat 
de Francfort pour la construction d'un grand 
orgue de cinquante jeux. 

ENGLER ( Philippe ), recteur de l'école ca- 
tholique de Bunziau, et professeur d'harmonie 
au séminaire évangélique, est né le 14 avril 
1786 à Seftendorf. Bon harmoniste et organiste 
de quelque mérite, il a publié : 1° Douze mor- 
ceaux pour l'orgue, op. 1 ; Berlin, 1822. ^ 2° 
Quatorze pièce» d'orgue de différents caractères, 
2* recueil ; ibid. — 3^ Morceaux faciles pour 
l'orgue, 3^ recueil; ibid. — 4° Nandbuch 
der Harmonie, oder iheoretisch-prakiische 
PrxlwUr^ScKuU fur aUe, die sich oder an- 
' ders in der Tonsetzkunst unterriclUen oder 
su OrgatUsten bilden wollen ( Manuel d'har- 
monie ou École théorique et pratique de l'art de 
préluder, etc.) ; Berlin, I82ô , Trautwein, in-4°, 
en deux parties. Engler a laissé en manuscrit 
une petite méthode d'accompagnement , des re- 
cueils de pièces d'orgue, quelques morceaux de 
piano, des airs, des pièces de chant k l'usage des 
écoles et ûe^ cantates. 

ENGLERT ( Aietoimb ), né le 4 novembre 
1674 à Schweinfùrt , oh son père était musicien 



de la viife, se rendit, en 1693, h ^université de 
Ldpxick, pour y étudier les sciences^ particu- 
lièrement la théologie. 11 y apprit aussi la musique 
et la composition sous la direction de Strunclt, de 
Schadeetde Kutuiau. En 1697, il retourna dans 
sa ville natale pour y occuper la place de amtor. 
Vingt ans après il fut nommé co -recteur, et> en 
1729, recteur et organiste. Il a écrit plusieurs 
années complètes de musique d'église qui annon- 
cent du savoir. 

ENGRAMELLE ( Marie -Dominique -Jo- 
seph ) moine de l'ordre de Saint- Augustin, au 
monastère de U reme Marguerite, à Par», na- 
quit à Nédonehal,,en Artois, le 24 mars 1727. Il 
se livra de bonne lieure à l'étude des sciences, et 
surtout de la mécanique. Le résultat de ses re- 
cherches fut un ouvrage qu'il publia sous le ti- 
tre de : £a Tonolechnie, ou l'art de noter le» 
cylindres, et tout ce qui est susceptU^le de m- 
toge dans les instruments de concerts méca- 
niques^ Paris, 1775, in-8^ La maUère était 
neuve, car ce livre est le premier où l'on ait ré- 
vélé les secreii d'un art dont les luthiers faisaient 
un mystère (1). C'est aussi an P. Engramelle 
qu'appartient tout ce qui a rapport au notage 
dans VArt du facteur d'orques , de D. Bédos. 
La Borde rapporte (Euai sur la musique, t. 2, 
pag. 632 ), l'anecdote suivante sur cet liabile 
mécanicien. « Un virtuose italieia se trouvait en 
« Lorraine, à U cour du roi Sla.nisUas; il avait 
« exécuté des pièces de clavecin fort admirées, 
« mais qu'il n'avait voulu donner à personne. 
« Baptiste, musicien du roi de Pdlo9ne,en parla 
« au père Engramelle, qui crut entrevoir le moyen 
« d'avoir ces pièces et qui engagea Baptiste è lui 
« amener son claveciniste quelques jours après. 

« Pendantcetintervalle,leP. Engramelle plaça 
« sous son clavecm un grand cylindre couvert 
« de papier blanc, et recouvert de papier noirci à 
« l'huile. Il fit un clavier de rapport, dont les 
« touclies répondaient à celle. du cbtvedn, en 
« sorte que tout ce qu'on exécutait sur le cla- 
« vedn, se trouvait marqué sur le cylindre è 
« l'aide du papier noirci. Ce cylindre éUit mis 
« en mouvement par une manivelle placée h la 
« pointe du clavecin, et porté sur des bois à vis , 
« en sorte qu'il avançait un peu de cOté à cliaqoe 
m tour, afin que les différentes marques ne pos- 
« sent se confondre. Sa révolution totale était 
« de quinze tours, et durait environ trois quarts 
« d'heure. Tout ce mécanisme fut masqué de la 
« manière la plus adroite. Le claveciniste se 
« rendit cliez le père Engramelle au jour con- 

(1) Ce que Saiomon de Cens et d'anlrei eTalM» donn* 
•apanvant sur ce sujet cuil de peu dlinporUoce. 



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£NGRAM£LLE — ENNELIN 



141 



« Tenu, et il exécuta ses pièces. Dès qu*il fut 
«r sorti, le père Engramelle décooTriC son 
« cyliR<1re, où il ne manquait pas une note. VU 
« talien étant revenu quelques jours après, on 
<t lut lit eiitemire une serinette qui répétait ses 
« pièces et imitait jusqu'aux agréments de son 
« jeu. Sa surprix ne saurait se peindre, et il ne 
« put s'empêcher d*applaudir lui-même h un lar» 
« cin fait d*une façon si ing<^nieuse. ■» 

Toute cette liisloireest peu Yraisemblable. Le 
clavier ajouté aurait rendu celui du clavecin si 
lourd, qu^on n*aurait pu le jouer que difficilement 
et tonte cette mécanique aurait fait asseide bruit 
pour avertir Partiste de ce qui se passait : mais 
une difticullé bien plus grande est celle de la 
mesure, car la valeur des notes ne pouvait être 
représentée que par la distance verticale qui 
se trouvait entre les points, et cette distance 
était le résultat de la rotation du cylindre ; or 
comment supposer que la main qui imprimait le 
mouvement h la manivelle ait agi as^ez régulière- 
ment et dans un rapport assez exact avec la me- 
sure des pièces exécutées , pour que ces valeurs 
aient été fidèlement représentée^» ? Au reste, le père 
£n|sranieile n*est pas le seul qui ait essayé de no- 
ter par une mécanique les improvisations faites au 
clavecin ; de pareils essais ont été faits en Alle- 
magne et en Angleterre ( Voy, Frecke et Un- 
CER ) ; mais le résultat a toujours été nul. Dans 
une assemblée sur les beaux-arts, tenue chez 
M. de la Blancherie, le 31 avril 1779, le père 
Engramelle a lu un mémoire sur un instrument 
de son invention, propre à donner, selon lui, la 
division géométrique des sons, d'où résulterait 
raccord le plus parfait des instruments à clavier. 
C'était une idée rausse,sans application possible: 
Tau leur est mort en 1781. 

ENGSTFELDC PiERRE-Fnénéaic), profes- 
seur de musique au gymnase deDuisboiirg,estné 
le 6 juin 1793 à Heiligenliaus (dansTarrondis- 
sement de Dusseldorf). En 1890, il a été appelé 
& Duisbunrg, pour y remplir les fonctions de 
profeifrseur. Tous les travaux de cet artiste ont 
eu pour objet l'enseignement dans les écoles. 
Les ofivrages qu'il a publiés dans ce but sont : 
!• DMcrlption abrégée da système tonal re- 
présenté par des chiffres (Kurze Besclireibung 
des Tonzirrern-System),avec une défense de ce 
système : ouvrage rédigé |K)ur favoriser Tensei* 
gnement du cliant dans les campagnes ; Essen , 
Rsedêcker, I8î5, in.8*. —2* Kleine praetische 
Gesangschule {PB\\ie éco\e pratique du chant, 
^ Tusage des commençants) ; ibid., 1828, in-8^. — 
3* Plui^îeurs morceaux de musique chorale 
notée en ctiiffres, d*après la méthode de Natorp. 
— 4** Petit Guide. du chant pour les écoles élé- 



mentaires (Geson^^M fur Blementarsehule), 
ou trois cents petites phrsses musicales métho- 
diquement disposées, selon le système de la mu- 
sique chiffrée; ibid., I83l, ln-8». — 5* Prln- 
Gi|)es de la basse continue, suivis de questions 
pour les commençants dans Tart de jouer les 
chorals {Grundzuge des aeneraU>asses,n^st 
Ângabe far angekende Choralspieler) ; ibid., 
1828, in-4<> de 77 pages. 

ENICCELIUS (Tobib), compositeur, né 
à Lesliow en Buhéme, cantor à Piensbourg, 
vers 1655, passa dix ans après h Tonningen , 
pour y remplir les mêmes fonctions, il a fait 
imprimer : Die Frtedensfreude , bey anges* 
telUem œffentUchen Dankfesfe , in einer mu- 
sikalisehen Harmonie, alsfilnf Vocalstimmen, 
zwey Clarinen und swey Vtolinen su miisiei' 
ren; Haml)ourg, 1660. Outre cela, il a mis aussi 
en musique les épttresd'Opitz, pour les diman- 
ches pt les jours de fêles. 

ENNELIN (Sébastibu), né vers 1650 oa 
1655, fut d*abord enfant de chœur de la maîtrise 
de Saint-Quentin , et, après le décès d'Antoine 
Gras, maître de chant du chœur de la chapelle 
Saint- IjOuîs, il lui succéda dans cetti^ charge, le 3 
juillet 1680. Il vivait encore en 17 19, car une 
de ses compositions porte cette date. Ennelin fut 
un laborieux compositeur pour l'église. La bi- 
bliotlièque de la collégiale de Saint-Quentin pos- 
sède encore aujourd'hui trois gros recueils ma- 
nuscrits des cBiivres de ce musicien, parmi les- 
quelles on remarque sept messes, les antiennes 
de la Vierge traitées de diverses manières, quinze 
Salutaris, tes hymnes du Carême, des motets , 
etc. Ces volumes, grand in-folio, offrent toutes 
les parties de chaque composition en regard, 
pour être lues au lutrin. Le premier volume^ 
relié en parcliemin, est le plus ancien des trois: 
il est daté de 1709; tous les morceaux quMI ren* 
ferme sont dédiés h la Vierge. On y trouve 8 
Salve Beglna, à 4 et à 6 voix , 4 Aima He- 
demptoris, 4 Ave Reglna, 2 Inviolaia et 3 
Begina Cœli, le toute quatre parties, un Pie 
Jesu, une Messe à quatre voix en fa majeur, 
laquelle a pour titre : Maria mater graliœ^ et. 
enfin le motet k quatre, sur le texte ; Domine, 
qitlnque talenia. Le second volume, également 
In-folio, porte à la première page une dédicace â 
messieurs les chanoines du chapitre de Saint- 
Quentin.' Le premier ouvrage qu'il contient est 
une messe des morts qui a été célèbre dans le 
pays, et pour laquelle on voit qu'Ennelin a reçu , 
en i7i^, soixante livres de gralificaf ion. Cette 
messe, à cinq parties, renferme rintroît Be» 
quiem «temamy le graduel 5i ambulabam, sui- 
vant Tusage de Pari», et un autre graduel sur 



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142 



ENxNELlN — EPP 



le cliant romain Requiem^ etc., la profe Dies 
irx, rofliertojre Domine Jesu Christe, le SaftC" 
tus et VÀgnus. La première strophe du Dies 
irx est établie sur te piatn-chant autrefois en 
usage dans l'église de Noyon. Cette messe est 
suivie des hymnes dn Carême : Audi bénigne; 
— Christe qiU lux es et dies; — Vexilla rC' 
gis;-^ei Da pacem. Le troisième volume, 
manuscrit in-fol. relié en veau, avec des fer- 
moirs, porte la date de 1718 : il contient 15 05a 
lutaris, en différents tons, et tous h cinq par- 
ties, et cinq messes. La première (EXaltabo te 
Domine) est en ut majeur : la seconde ( Gallo 
canenie), est en ré mineur; la troisième (Ha:c 
ett vera fratemitas ), en la mineur. Ces trois 
messes sont écrites h quatre yoIx ( soprano » 
alto, ténor et basse). La quatrième messe, écrite 
en 1719, est à trois voix d^enfantsde chœur, k 
savoir deux soprani et contralto; elle a pour 
titre : Ore infantium. La cinquième messe, inti- 
tulée s Senes cum junloribus, en fa, est écrite 
pour deux soprani , ténor et basse (I). 

ENNO (SéBASTiEif), compositeur italien , qui 
vivait vers le milieu du dix-septième siècle, a pu- 
blié un ouvrage de sa composition intitulé lArioso 
e cantate, libro primo e' secondo; Venise, 
1655, in-8<* obi. 

ENSCHEDÉ (JSAN), habile imprimeur 
hollandais, avait établi sa typographie à Harlem , 
vers le milieu du dix-huitième siècle. Il se disv- 
tingua par la netteté et la correction de ses édi- 
tions. Un graveur de caractères allemand, 
nommé Fleischmann , qui avait eu connaissance 
des procédés de Breitkopf, pour Timpression de 
la musique par les caractère» mobiles, proposa 
à Enschedé une association pour l'exploitation de 
ce genre d'industrie : sa proposition fut accep- 
tée. Les caractères de musique d*Enschedé sont 
beaux, bien proportionnés et d'une lecture plus 
facile que ceux de Breitkopf. 

ENSLIN (Philippe), maître de chapelle à 
Wetzlar, vers la fin du siècle dernier, a fait 
graver les ouvrages suivants : T Trois quatuors 
pour clavecin avec deux violons et basse; 
' Francfort, 1786 — 7^ Le Franc-maçon, chan- 
son; Ibid. — y^Andante avec variations pour 
clavecin, deux violons, deux flûtes, deux cors 
et basse; OfTenbach, 1787. Il a publié aussi 
quelques pièces détachées dans les journaux de 
musique du temps. 

ENT (Georges), médecin anglais, né en 1603 
à Sandwich, fit ses études à Cambridge, et alla 
prendre ses degrés de docteur en médecine h Pa- 

' (1) Les rentetKQementf poar cette notice m'ont ttt four 
nh par H. Charles Gomart (ooy. ce non). 



doue. De refour à Londres, il fut un des premier a 
membres de la Société royale de médecine. 
Charles II le créa chevalier à l'issue d'une de 
ses leçons publiques, à laquelle ce prince avait 
assisté. Il est mort le 1 3 octobre 1 688, flgé de qiiat re- 
Tingtwiix ans. En t a publié, dans le 22"* volume <1eft 
Transactions philosophiques ( pag. loio ) , une 
dissertation intitulée : An essay tending to 
make a probable conjecture of (emper, by 
the modulation of the voice in ordinary dis- 
course. 

ENVALSON (Charles), notaire public à 
Stockholm , et membre de l'Académie royale de 
musique de la même ville , au commencement 
de ce siècle, fut attaché pendant plus de vingt 
ans au théâtre de l'Opéra de cette capitale. Il est 
le premier auféur de sa nation qui ait publié un 
dictionnaire de musique. Ce livre a pour titre : 
Svenskt musiliaUskt Lexikon, efter Grekiska , 
Laiinska, JtaliensHa och Franska sprxken 
(Dictionnaire suédois de musique, d'après la no- 
menclature des langues grecque, latine, italienne 
et française); Stockholm, 1802, 346 p. in 8**^ 
avec 14 planches. Les Dictionnaires àe Brosaard 
et de Rousseau, ainsi que la Théorie des beaux- 
arts de Suizer, ont été les sources principales' ou 
a puisé l'auteur de cet ouvrage. 

ÉPIOONE, citharède, originaired'Ambracie, 
fut fait citoyen de Sicyone , où il passa la plus 
grande partie de sa vie. Il inventa un instrument 
monté de quarante cordes, qui fut appelé Épigo^ 
nion ou Épigone, de son nom. Athénée ( lib. 4, 
c 24) dit que cet instrument changea de forme 
par la suite, mais qu'il conserva toujours le nom 
de son inventeur. Il y a vraisemblablement quel- 
que erreur dans le nombre des cordes de VÉpi' 
gonion, à moins que les éléments des trois 
genres, pour tous les modes, n'y eussent leu» 
cordes spéciales; car le système général des 
Grecs , y compris toutes les cordes des genres 
chromatique et enharmonique, ne renferme que 
trente-neuf sons. 

EPISCOPUS (Melchior), nom laUn d'un 
musicien appelé Bischoff, qu\, au commencement 
du dix-septième siècle, fut pasteur à Cobourg et 
surintendant de la province. On a de lui une 
Passion à six voix qui a pour titre : Christi ago^ 
nizantis precatio ardeniissima, numeris mic* 
sicis VIvocumomata; Cobourg, Justus Hauck, 
1608, in•4^ 

EPP ( Frédéric) , naquit à Neuenheim, prè» 
de Heldelberg. Son père, qui était instituteur dans 
celte ville, lui donna des leçons de musique. 
Vers 1770, il entra dans l'artillerie de l'électeur 
Palatin. Sa belle voix ayant été remarquée k Man - 
bcim, où il cliantait souvent dans la musique du 



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EPP — ÊRARD 



14$ 



cliœur, à Téglise de la garnison, le chanteur de 
la cour Hartig entreprit de lui donner des leçons 
de cliant, et, an bout de trois ans, Ep|>, devenu 
un chanteur habile, fut placé (en 1779) au théâ- 
tre de la cour comme premier ténor. Son 
chant et son jeu lui procurèrent des succès sur 
les thôàtres de Munich et de Stultgard, où il dé- 
buta ; mais une mélancolie noire s'étant empa- 
rée de lui, il Tut perdu pour la musique, le 
théâtre et ses amis. Il mourut à Maoheim en 
1802. 

£PPING£R (Henri) , amateur de musique, 
demeurant à Vienne en 1796, était à cette époque 
un des plus habiles violonistes de la capitale de 
rAiitriche. Il était élève de Zissier, virtuose hon- 
grois. Parmi ses compositions, on remarque celles 
dont les titres suivent : 1° Danse russe variée 
pour deux violons et basse; Vienne, Artaria. 
— 2' Six variations sur : yel cor più non mi 
5eH/o,avec violoncelle; ibid. — 3*^ Six variations 
sur Tair : A Reinderl anda Schisserl, op. 3; 
ibid. — 4" Douze variations pour violon; Pa- 
ris, Pleyel, 1799. 

ÉRARD (Sébastien) , un des pins célèbres 
facteurs d'instruments de musique, et celui dont 
les découvertes ont été les plus utiles aux. pro- 
grès de son art, naquit à Strasbourg, le 5 avril 
1752, et fut le quatrième enrant de Louis-Antoine 
Érard, Tabricant de meubles, qui ne s'était marié 
quk Tâge de soixante-quatre ans. Il tenait de son 
père une constitution robuste qui n*a pas peu con- 
tribué à ses succès ; car elle lui a permis de se livrer 
à ses travaux avec une assiduité qui aurait altéré 
la santé d'un homme moins heureusement orga- 
nisé. A cet avantage, il joignait un esprit hardi, 
entreprenant, et, ce qui est plus rare, une persé- 
vérance sans bornes dans ses projeta ou dans 
les inventions qu'il voulait exécuter. Son carac- 
tère décidé se manifesta dès son enfance. A Page 
de treize ans, il monta au plus haut point du clo- 
cher de la cathédrale de Strasbourg « et s^assit 
en dehors sur le sommet de la croix : trait de 
courage et d'adresse qui ne s^est peut-être pas 
répété depuis. 

Vers l'âge de huit ans, Sél)astien Érard fut en- 
voyé dans les écoles de Strasbourg pour y étudier 
Tarchi lecture, la perspective et le dessin linéaire, 
genre de connaissance indispensable à qui Veut se 
livrer à l'art des constructions et aux arts méca- 
niques. Il y joignit un cours de géométrie pra- 
tique ; mais son esprit inventif ne tarda pas à 
lui suggérer des méthodes particulières pour la 
résolution des problèmes qu'il se proposait à Ini- 
mème. Cette première éducation , qui réfiondait 
aux besoins de son imaginatioD, lui fut dans la 
snite d^uD grand secours pour tous ses travaux. 



Ck)ntinuellement occupé d'inventions nouvelles^ 
son e<«prit était sans cesse en méditation , et 
son crayon lut fournistfait les moyens de résoudre 
toutes les diflicuités avant qu'il se livrât à la 
construction. Dans la dernière moitié de sa vie^ 
il dormait peu. Son lit était couvert de papier» 
sur lesquels il traçait des plans d'amélioralio» 
d'instruments ou d'inventions nouvelles. Ses li- 
vres même , h df^faut de papier, étaient couverts 
de tracés de pièces mécaniques. Cette facilité 
d'exprimer ses idées par le dessin lui a épargné 
bien des essais superflus et bien des dépense» 
inutiles. Au moyen de ses connaissances posi- 
tives en mécanique, Érard voyait avec netteté 
les objets dont il s'occupait et évitait les tâtonne- 
ments, qui font le désespoir des hommes d'in- 
vention dont l'éducation élémentaire a été négli^ 
gée. Lui-même avouait dans sa vieillesse les avan- 
tages qu'il avait retirés de cette éducation, et di- 
sait souvent qu'il devait ses succès au dessin, à 
la géométrie et à la mécanique. Les moyen» 
d'exécution ne loi ipanquaient jamais : dès qu'il 
tenait le principe de ce qu'il voulait faire, il im- 
provisait quelquefois trots ou quatre modèles 
fonctionnant dans des systèmes différents, et choi- 
sissait ensuite celui qui remplissait le mieux son 
but, abandonnant les autres, et mettant au rebut 
des choses que d'autres ont cru trouver ensuite 
comme des perfectionnements de ce qu'il avait 
fiiit. De cette facilité d'invention et d'exécu- 
tion résulte cette multitude de modèles de 
tout genre qui se trouTent aujourd'hui dans 
les ateliers et dans les magasins de Londres et 
de Paris. 

Ses heureuses dispositions et son aptitude au 
travail lui avaient assuré de bonne heure une 
grande supériorité sur ses condisciples; aussi 
était-il toujours décoré de la croix de mérite que 
l'on accordait au plus habile dans les écoles de 
Strasbourg. Travaillant dans les ateliers de son 
père, il avait acquis de bonne heure ce qu'on 
nomme la main, c'est-à-dire l'habileté dans le 
maniement des outils, genre de mérite inditt- 
pensable à qui est destiné à diriger des ouvriei s 
et à les former. Un professeur de l'école du gé- 
nie de Strasbourg,. qui connaissait l'aptitude du 
jeune Érard pour l'exécution, s^adressait h lui 
pour faire construire les modèles dont il se ser- 
vait pour les démonstrations de son cours , et 
lui disait souvent, admirant la perfection de son 
travail et ses idées ingénieuses : Jeune homme,, 
vous devriez entrer dans le génie , votre place 
y est marquée. 

Il était encore enfant lorsqu'il perdit son père, 
dont la mort laissait sans fortune une veuve et 
plusieurs enfants. Sébastien prit la résolution de 



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141 



ËRABD 



86 rbodre à Paris |>our y chercher de remploi, 
«t partit de Strasbourg à l*àge de seize ans, ayant à 
peine l'argent nécessaire pour le voyage. Son par- 
rain, homme riche, auquel il alla faire ses adieux, 
ne lui donna que sa bénédiction, et la seule diose 
dont il ne se montra point avare Tut Teau bénite 
qu^il lui jeta sur la tête. Ce fut vers 1768 que le 
jeune Érard arriva h Paris; il s'y plaça chez un 
(acteur de clavecins dont il devint bientôt le 
premier ouvrier, et dont il excita la jalousie par 
«a supériorité. Ce facteur, importuné des ques- 
tions que lui fiaisait Érard sur les principes qui 
le dirigeaient dans ses constructions, et ne sa- 
chant comment y répondre, finit par le congédier 
en lui reprochant de vouloir tout savoir. Un 
autre facteur renommé du même instrument, en- 
core en vogue i cette époque, ayant été invité à 
construire un instrument qui exigeait d*aulres 
connaissances que celles quUl avait acquises par 
- ses habitudes routinières , se trouvait fort em- 
barrassé pour satisfaire à celte demande : sur 
la réputation naissante du jeune Érard, il alla le 
trouver et lui proposa d'exécuter Pinstrument 
moyennant un prix convenu, mais sous la condi- 
tion que le facteur y mettrait son nom. Érard y 
consentit; mais, lorsque Pinstrument fut livré à 
la pers<Aine qui l'avait commandé, et qui sans 
doute avait peu de confiance dans Phabîleté du 
facteur, cette personne, étonnée de la perfection 
du travail, demanda au maître facteur s'il en était 
réellement l'auteur ; celui-ci, pris au dépourvu, 
avoua que instrument avait été construit pour 
lui par un jeune homme nommé Érard. Cette 
aventure se répandit dans le monde musical et 
commença à fixer Pattention sur le jeiine artiste : 
celui-ci aclieva de se faire connaître avantageuse- 
ment par son clavecin mécanique^ chef-d'œu- 
vre d'invention et de facture qui causa la plus 
vive sensation psrmi les artistes et les amateurs 
de Paris. Ce morceau remarquable avait été 
construit pour le cabinet de curiosités de M. de 
la filancherie (1). L'abbé Roussier en fit une 

(i) Ce clavecin était remarquable par plosleori Inven- 
iioiM dont on n'avaU paK l'idée auparaTant. On y trouvait 
Croîs registres de plume et un de btifDe ; une pédale y fil- 
sait Jouer un chevalel mobile qui, s'lntrrpo«iant sous le* cor- 
des à la in4>IUé de leur longueur, les r.ilaaU monter tout t 
coup d'une octave; Invention qu'un facteur de Paris, 
nooniné Scbinidt, a renouvelée dant le piano à l'eipositlon 
des produits de l'Industrie de 1806« c'est-A dire trente ans 
après qu'Krard l'eut trouvée. En appuyant par degrés le 
pied sur une pédale attachés au pied gauche du clavecin, 
lin retirait le reglHire de l'octave algue, celui da petit cla- 
vier, celui du grand clavier, et l'on faisait avancer le re- 
Klstrc de buffle. Bn diminuant la pression du pied sur la 
pédale, on avançait le registre de l'octave alguC. celui da 
petit clavier, celui du grand clavier, et l'on relirait lejrn 
de buffle. Enfin, lorsqu'on voulait faire parler S U fu« tous 



description détaillée qui fut insérée dans (« 
Journal de Paris, et qui fut ensuite reproduite 
dans VAlmanach musical de Luneau-de-Bois- 
Germain, en 1780. 

Séltastien Érard n*avait pas vingt-cinq ans, et 
déjà sa réputation était si bien établie que c'é- 
tait toujours k lui qu'on s'adressait pour toutes 
les choses nouvelles qu'on voulait faire exécuter. 
Il était recherché par les hommes les plus distin- 
gués : Ton d'eux l'introduisit chez la duchesse 
de Villeroy, qui aimait les arts , proti^geait les 
artistes, et qui avait surtout un goût pasjtionné 
pour la musique. Elle voulait qu'Érard demeurât 
chez elle, et lui offrait un engagement avantageux ; 
mais le désir de conserver son indépendance lui 
fil refuser ces propositions. D'ailleurs, il avait 
d<^jà conçu le projet d'un voyage en Angleterre, 
et brûlait du désir de le réaliser. Il fut seulement 
convenu qu'il resterait chez la duchesse le tempe 
nécessaire pour exécuter plusieurs idées de cette 
dame, qu'il aurait dans l'hûtel de Villeroy un ap- 
partement convenable à ses travaux, et qu'il joui- 
rait de la liberté la plus entière. Danf« sa vieil- 
lesse , Érard se plaisait encore à rendre hommage 
à la bonté de M*"* de Villeroy, et à parler de la 
reconnaissance qu'elle lui avait inspirée. 

Ce fut dans l'hôtel de Villeroy qu'il construisit 
son premier piano. Cet instrument, ronnu eo 
Allemagne et en Angleterre depuis plusieurs an- 
nées, était peu répandu en France, et le petit 
nombre de pianos qui se trouvait à Paria 
y avait été importé de Ralisbonne, d'Augsbourg 
ou de Londres. Il était de bon ton dans quel- 
ques grandes maisons d'avoir de ces instrumenta 
étrangers. M^^ de Villeroy demanda un jour à 
Érard s'il ferait bien un piano ; sa rt^ponse fut af- 
firmative et prompte comme sa pensée : déjà 
le piano était dans sa tête. 11 se mit aussitôt 
au travail. Comme tous ses ouvrages , ce premier 
piano sorti de ses mains portait le cachet de 
riiommc d'invention et de goût : il fut entendu 
dans le salon de Mme de Villeroy par tout ce que 
Paris renfermait alors d'amateurs et d'artistes 
distingués, et produisit la plus vive impression. 
Beaucoup de grands seigneurs s'empreiuèrent de 
lui demander des instruments du même genre ; 
mais ils ne furent pas si prompts à s'acquitter de 
ce qu'ils lui devaient : la plupart ne le payèrent 
point. 

Ce fut vers cette époque que son frère, Jean- 
Baptiste Érard, vint le joindre. Travailleur infa- 
tigable^ homme intègre et loyal, Jean-Baptiste a 

les Jeuv, on se servait d'une pé^iale attachée an pied droit 
du elsYt-dn, sans être obligé d'attirer le petit clavier ao- 
dcasosdu grand «et conHéqueroroent sans Inicrrompre l'exé- 
cution, comme cela se faisait aux autres clavecins. 



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ERARD 



145 



partagé depuis lore les travaux , les succès et 
les rcTers de Sébaslien. L*accueil favorable que 
le public faisait aux instruments sortis de leur 
fabrique les obligea bientôt à quitter Thôtel de 
Yilteroy pour un établissement plus vaste qu'ils 
fondèrent dans la rue de Bourbon (faubourg 
Saint-Germain ) : insensiblement et par les ef- 
forts des deux frères, cet établissement finit par 
devenir le plus beau de i'Europo. 

Les soccès toujours croissants de Sébastien 
l^rard excitant la jalonsie des luthiers de Paris 
qui faisaient le commerce des pianos étrangers, 
Tun d'eux, dont il est inutile de tirer le nom de 
l^oubli où il est tombé , fit pratiquer une saisie 
4*liez Érardy sous prétexte que cet artiste-^6 s^é- 
tait pas rangé sous les lois de la communauté 
des éventaillistes , dont Véfat de luthier fai* 
sait partie. Érard trouva facilement parmi ses 
protecteurs des personnes en crédit à la cour, et, 
sur le rapport favorable qui fut fait au roi de son 
mérite et de ses mœurs, il obtint de Louis XYl 
nn brevet flatteur qui constatait les services qu*ii 
avait rendus à l'industrie française. Par reiïet de 
cette protection, l'établissement des deux frères 
prit chaque jour de nouveaux développements, 
et le débit de leurs pianos à deux cordes et à 
cinq octaves, tels qu'on les faisait alors, devint im- 
mense. 

Continuellement occupé d'inventions et de 
perfectionnements , le génie de Sébastien Érard 
s'exerçait sur une multitude d'objets. Ce fut ainsi 
<iu'il imagina le piano organisé avec deux claviers, 
l'un pour le piano, l'autre pour l'orgue. Le suc- 
cès de cet instrument fut prodigieux dans la 
liaute société. Il lut en fut commandé un pour 
la reine Marie- Antoinette, et cafut pour ce piano 
qu'il inventa plusieurs choses d'un haut intérêt, 
surtout à l'époque où elles furent faites. La voix 
de la reine avait peu d*étendue,ettous les mor- 
ceaux lai semblaient écrits trop haut. Érard ima- 
gina de rendre mobile le clavier de son instru- 
ment^ au moyen d'une clef qui le faisait monter 
ou descendre à volonté d'un demi-ton , d'un ton 
ou d'un ton et demi ; et de cette manière la trans- 
position s'opérait sans travail de la part de l'ac- 
compagnateur. Ce fut aussi dans le même instru- 
ment qa'il fit le premier essai de l'orgue expres- 
sif par la seule pression du doigt, essai qu'il a 
exécuté depuis lors en grand dans l'orgue qu'il a 
construit pour la chapelle du roi. Grétry, dans 
ses Essais sur la musique, qui furent imprimés 
en 1797, a signalé cette invention h l'admiration 
des musiciens et à l'attention du gouvernement. 

Un autre instrument, la harpe, commençait 
à se répandre en France. Krumphoitz, par la 
beauté de ses compositions et par son style plein 

BIOGR. CMV. DES MOSICIEMS. « T. III. 



. de goût , l'avait mis à la mode. Les harpes dont 
Kninipholtz se servait alorf , et qu'on désignait 
sous le nom de harpes à crochets, étaient fort 
imparfaites sous le rapport du mécanisme , bien 
qu'on eût fait beaucoup d'efforts pour les rendre 
aussi bonnes que le permettait le mauvais prin- 
cipe sur lequel elles étaient établies. Les défauts 
de cette construction inspiraient sou vent à Krum- 
phoitz du dégoût pour son instrument. Lié d'ami- 
tié avec Érard, et témoin de la facilité avec la- 
quelle il perfectionnait tous les objets dont il 
s'occupiùt , il le pria d'abord de lui faire une con- 
trebasse à clavier, pour la mettre sous la harpe 
comme un tremplin, et pour s'accompagner 
avec ses pieds ; Érard satisfit à cette demande (1). 
Alors Krumphoitz pria Érard de s'occuper de la 
harpe elle-même , et de chercher des moyens 
efficaces pour corriger ses défauts. Érard y pensa ; 
des idées nouvelles lui vinrent , et il s'occupa de 
les mettre sur le papier et de tracer le plan d'une 
harpe conçue sur un principe absolument nou- 
veau. Pendant qu'il était occupé de ce travail, 
Beaumarchais vint le voir. Cet homme célèbre 
jouait de la harpe et connaissait la mécanique , 
étant fils d'un horloger et ayant lui-même exercé 
cet état. Il vouhit persuader à Érard de re- 
noncer à son projet, et lui dit qu'il n'y avait 
rien à faire à la harpe, qu'il s'en était occupé 
et n'avait pu rien trouver de mieux que ce qui 
existait. Heureusement Érard ne se laissa point 
persuader ; il était sûr de ce qu'il faisait , et bien- 
tôt il fut en état de montrer à Krumphoitz le 
résultat de ses travaux , qui répondait parfaite- 
ment à ses vues. 

Les plus graves inconvénients de la harpe à 
crochets consistaient dans le i>eu de solidité de 
son mécanisme, le faux principe de son mou- 
vement , qui ne s'opérait qu'en forçant vers on 
point la flexion d'une branche conductrice des 
crochets , et dans le mouvement même de ces 
crochets, lesquels tiraient les cordes hors de la 
verticale pour les élever d'un demi-ton. Les re- 
cherches de Sébastien Érard le conduisirent à la 
découverte d'un mécanisme dont le principe, 
nouveau et rationnel, faisait disparaître tous ces 
défauts. Ce mécanisme, quia été adopté par 
tous les facteurs de harpes , après l'expiration du 
brevet pris par Érard, est celui auquel on a 
donné le nom de fourchette. Au lieu de tirer 
lescx>rdes hors de la verticale, il fonctionne aa 
moyen d'un disque armé de deux boutons qui , 
par un mouvement de rotation, saisit la corde 
dans sa position naturelle, et la raccourcit de la 



(1) Cette contrebasse existe encore dans les magasins de 
la maison Érard. 

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146 



ËRARD 



quantité nécessaire pour l'élever d*un demi -ton , 
et cela avec une solidité , une Termeté à toute 
épreuve. Ceci se passait vers 1786. Mais dans 
rintervaiie des recherciies d'Érard , Krumpholtz 
sVtaitIfé d'intérêt avec le facteur qui était alors 
en réputation pour la harpe à crochets. Celui-ci 
fit comprendre à l'artiste que re genre de harpes 
serait bientôt oublié si Érard réussissait , et que 
la ruine de leur établissement en serait la suite. 
Krumpholtz, le même Krumplioltz qui avait 
entraîné Érard' dans des travaux immenses et 
dans des dépenses considérables, vint le trouver 
et le pria de renoncer à son nouvel instrument. 
La situatfon fâcheuse des affaires de cet artiste, 
la crainte de mettre le comble à son infortune, 
et la conviction que la nouvelle harpe ne réus- 
sirait qu^avec peine ayant Krumpholtz pour ad- 
versaire, déterminèrent Sébastien Érard à re- 
noncer à la faire connaître en France dans ce mo* 
ment. Près de quatre-vingts corps d'instruments 
qui étaient déjà construits, ainsi que leurs méca- 
niques, furent mis à Téeart, et le travail des 
harpes fut abandonné. 

Vers cette époque, les troubles de la révolution 
éclatèrent en France et portèrent un notable 
dommage à l'industrie. Sébastien Érard prit le 
parti de passer en Angleterre , non pour aban- 
donner la France, mais pour y ouvrir de nou- 
veaux écoulements aux produits de sa fabrica- 
tion. Il y resta plusieurs années ; mais, lorsqu'il 
voulut revenir, le régime de la terreur était éta- 
bli en France. Déjà Érard était à Bruxelles, 
lorsqu'il reçut de son frère une lettre dans la- 
quelle celui-ci loi peignait les dangers qui l'at- 
tendaient à Paris. Il prit le parti de retourner à 
Londres et d'y fonder un établissement du même 
genre que ceini de Paris. 

A Londres , comme dans cette ville, il remplit 
ses magasms d'instruments et de produits qui 
étaient tous de son Invention. En 1794 , il prit 
son premier brevet pour le perfectionnement des 
pianos et de la harpe, et sa fabrique de ces ins- 
truments ne larda pas à obtenir la vogue. Ce- 
pendant il n'onblia pas son pays, et le désir de 
revoir la France Toc^upait sans cesse ; il profila 
du changement qui s'était opéré dans le gouver- 
nement après le 9 thermidor, et arriva à Paris 
en 1796. Ce fiit alors qu'il fit fabriquer les pre- 
miers grands pianos en forme de clavecins , 
dans le système anglais^ dont 11 avait perfec- 
tionné le mécanisme , et qu'il fit paraître lesjiar- 
pes à simple mouvement, de son invention. 
Ces pianos sont les premiers instruments à échap- 
pement qu'on ait fabriqués à Paris. Ils avaient 
dans le clavier le défaut de tous les instruments 
de ce genre, c'est-à-dire la lenteur dans l'action 



des leviers et du marteau. Les artistes et ama> 
teiirs de Paris, accoutumés au jeu facile des pe- 
tits pianos sans échappement , éprouvaient de la 
gène sur ceux-ci. Ce fut par ce motif qu'aprè» 
de nombreux essais et des recherches de tout 
genre, Sébastien Érard fit connaître, en 1808, 
un nouveau genre de piano à queue, dont le 
mécanisme répondait avec plus de promptitude 
et dont les ^mensions, plus petites, étaient plus 
en rapport avec la grandeur des salons de Paris. 
Dussek joua sur un de ces pianos avec un succès 
éclatant, dans les concerts qui furent donnés à 
l'Odéon par Rode , Baiilot et Lamarf e , à leur re- 
tour de Russie. Les aipateurs et les artistes don* 
nèrent beaucoup d'éloges à ces pianos et s'en 
montrèrent satisfaits : Érard ne rélait pas. Il 
savait qu'il restait encore à perfectionner, les da- 
viers étant faciles, mais le coup de marteau 
manquant de précision. Nous le verrons plus 
tard, de retour d'Angleterre , exposer le modèle 
d'un nouveau grand piano qui réunit tout ce 
qu' on peut désirer de perfection dans le méca- 
nisme de cet instrument. 

Vers 1808, il était retourné à Londres; il al- 
lait y mettre le sceau à sa réputation de facteur 
d'instruments , et plus encore à celle de grand 
mécanicien , par l'invention de la harpe à dou- 
ble mouvement y dont il avait déjà jeté autre- 
fois le plan , et qui suffirait pour immortaliser 
son nom. Quelle que fût l'importance des amé- 
liorations qu'il avait introduites dans la cons- 
truction de la harpe , il savait que tout n'était 
pas fait , et que cet instrument était resté fort 
inférieur au piano sous le rapport des ressour- 
ces harmoniques. Des diflicuHés insurmontables 
se rencontraient lorsqu'on voulait moduler dans 
certains tons, et le seul expédient qu'on connût 
était de s'interdire l'usage de ces tons. Ceci 
demande une explication. 

On ttit que la harpe s'accordait en mi hémoU 
en sorte qu'on obtenait le si, le mi et le la par 
les pédales qui élevaient d'un demi-ton les mêmes 
notes affectées d'un bémol. Mais le ré bémol ne 
pouvait se faire qu'en élevant Vut à l'état d'tif 
dièse, le sol bémol, que par le fa dièse, et 
ainsi des autres notes ; il en résultait que dans le 
ton de la bémol, par exemple, on ne pouvait 
faire une gamme, parce que la même corde de- 
vait servir pour ut et pour ré bémol. Cepen- 
dant on sait que les deux systèmes de module* 
tion les plus usités et les meilleurs sont ceux 
par lesquels on passe à la dominante et au qua- 
trième degré d'un ton quelconque. Dans le ton 
de mi bémol , par exemple , il faut pouvoir pas- 
ser en si bémol ou en la bémol , sans compter 
le mode mineur d'tt(. On voit par là que la 



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harpe était privée do Hine des modalations na- 
turelles du ton qui lui était le plus favorable. 
La musique qu*on écrivait pour cet instrument 
était donc bornée , et, en quelque sorte» hors 
du domaine de Kart. 

Plusieurs facteurs , frappés de ces considéra- 
tions, avaient essayé de porter remède aux dé- 
fauts de la harpe, mais n*a valent pu y réussir. 
Sébastien Érard , que la nature semblait avoir 
destiné à perfectionner tous les instruments à 
mécanisme , fU encore pour celui-ci ce que les 
antres n*avaient pu faire. Il imagina de faire rem- 
plir à chaque pédale une double fonction qui pAt 
élever à volonté chaque corde d'un deraî-ton 
ou d'un ton. La combinaison d*un semblable mé- 
canisme offrait des difficultés considérables, à 
cause de la courbe de la console et de plusieurs 
autres problèmes non moins embarrassants qu'il 
fallsit résoudre; Érard fbt obligé d'y employer 
plusieurs années d^un travail constant* et des 
sommes considérables en essais. Enfin la réus- 
site la plus complète couronna ses travaux , et sa 
harpe à double mouvement vit le jour. 

Le succès de cette harpe fut immense ; elle 
parut à Londres en 1811, an momen^ où la 
circulation du papier - monnaie était abon- 
dante. Érard vendit pour 25,000 liv. slerl. (en- 
viron 625,000 fr.) de son nouvel instrument 
dans le cours de la première année. Le travail 
que cette invention avait coûté à Érard est à 
|ieine croyable; on le vit pendant trois mois ne 
pas se déshabiller et ne dormir que quelques 
heures sur un sopha. Il fit plusieurs modèles 
avant d'arriver à la perfection qu'il désirait, et 
les difficultés k vaincre étaient telles qu'il était 
presque décidé à renoncer à l'entreprise, lorsque 
l'idée du mécanisme qu'il a définitivement adopté 
vint le tirer d'embarras. Pendant un oourt sé- 
jour qu'il avait fait à Londres en 1800, il avait 
déjà construit une harpe à double mouvement 
sur un principe curieux de mécanisme , mais qui 
offrait des inconvénients sous plusieurs rapports. 
Le lejuin 1801, il avait pris un brevet pour cette 
nouvelle invention. Le principe du mécanisme 
une fois adopté et les modèles construits^ il res- 
tait un travail immense à faire pour en établir 
la fabrication. C'est dans rinvention des oulilsde 
tout genre et dans l'ordonnance et la distribution 
du travail que le génie d'Érard se fait aperce- 
voir. Sa manufacture de Londres, que j'ai visitée, 
ne le cède à aucime autre, de quelque genre que 
ce Mit, pou ries moyens ingénieux de fabrication, 
la précision des outils et des machines, enfin 
pour la perfection du travail. De retour en 
France, Érard établit le même genre de fabrica- 
tioa dans ses ateliers de Paris, et eut k former 



ÉRARD 147 

de nouveaux ouvriers et à construire de nou- 
velles machines et de nouveaux outils. 

Les fréquents voyages qu'il faisaiten France loi 
avaient fait négliger la fabrication des pianos à 
Londres, et la harpe seule se controisait dans ses 
ateliers. Cependant, dans tous les brevets qo'É- 
rard prit en Angleterre, et qui sont au nombre 
de quinze ou vingt, de nouvelles idées pour le 
perfectionnement du piano aussi bien que de la 
harpe y sont exposées. Il se proposait de les 
exécuter en France. A chaque exposition cks 
produits de l'industrie, ses ouvrages ont été 
couronnés. Trois fois il reçut la médaille d'or, 
et la croix de la Légion d'honneur lui fut décer- 
née à Tune des dernières expositions ; enfin, au- 
cun des témoignage» honorables qui peuvent être 
donnés à un manufacturier du premier ordre ne 
lui a manqué. Le modèle de son grand piano è 
double échappement fut exposé en 1823. Ce mé- 
canisme, chef-d'œuvre de combinaison, est la 
solution d'un problème qu'aucun facteur n'avait 
pu résoudre. Il s'agissait de réunir dans un même 
clavier toutes les nuances du toucher qu'offre le 
mécanisme simple sans échappement et la préd- 
siou du coup de marteau du mécanisme à 
échappement. Il est facile de comprendre quelles 
étaient les difficultés immenses de ce problème ^ 
Érard les a résolues de la manière la plus heu- 
reuse. Ces nouveaux instruments ont été étabàs 
depuis lors dans la fabrique de Londres par 
Pierre Érard, neveu de Sébastien. Le roi d'An- 
gleterre, Georges lY, grand amateur et connais- 
seur en musique, fut frappé de la beauté de ces 
instruments et en acquit un pour son château de 
Wiiidsor; ta reine actuelle, non moins salis- 
* faite de leur supériorité, a donné à Pierre Érard 
le titre de son facteur de pianos. Quoiqu'il fât 
constitué de la manière la plus robuste, Sébas- 
tien Érard pouvait difficilement résister à tant de 
travaux. Les contrariétés inséparables d'une vie 
si active sur le vaste théâtre de deux capitales 
telles que Paris et Londres, devaient aussi exer- 
cer leur influence sur sa santé. Depuis dix ans 
environ, des maladies douloureuses venaient 
souvent interrompre le cours de ses travaux. 
Vers la fin de 1824, la pierre se déclara; 
heureusennent Érard fut opéré avec le plus 
grand succès, an moyen du procédé de la li- 
thotritie, par le docteur aviaie. A peine ré* 
tabii, il s'occupa du perfectionnement de l'orgue, 
et parvint à finir le grand instrument expressif 
où tous les genres d'eiïets sont réunis, et qu'il a 
construit pour ta chapelle des Tuileries. Déjà^ à 
l'exposition de 1827, Érard avait livré à l'admi- 
ration des connaisseurs un grand orgue ^lont la 
construction pouvait passer pour un chef d'an- 

10. 



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148 



ÉRARD — ERRA 



Trede précision et de fini. Toutefois il n'y avait 
point encore fait entrer le déveioppement de sa 
belle invention de l'expression par le toucher 
plus ou moins léger, plus ou moins appuyé du 
davier. Cet orgue était expressif, mais autant 
que le peut être le grand jeu de cet instrument. 
Son expression était obtenue par le moyen de 
pédales qui faisaient ouvrir ou fermer des ja- 
lousies pour laisser le son se propager au de- 
hors, on pour le renfermer dans le corps de 
Hnstrument, et par celui de Télargissement ou 
rétrécissement progressif des conduits du vent 
sur les jeux d*anches. Ces moyens étaient connus 
depuis plusieurs années; Érard n*en réclamait pas 
l'invention; mais une multitude de perfection- 
nements se faisaient apercevoir dans son instru- 
ment, où les registres étaient ouverts ou fermés 
par des pédales qui permettaient de ne point le- 
ver les mains du clavier pour modifier à l'infini 
les effets de l'orgue. Depuis, lors, Érard a ajouté 
à cet instrument un clavier de récit expressif par 
le toucher, tel qu'il l'a exécuté dann le bel orgue 
construit pour la chapelle des Tuileries; dans 
cet état, cet instrument offre un modèle de per- 
fection, sous le rapport de l'invention et de la 
facture. 

. Érard était occupé à fJsire poser l'orgue de la 
chapelle du roi, lorsque les événements de juillet 
1830 arrivèrent, et causèrent la perte d'une par- 
lie des tuyaux ; heureusement le mécanisme du 
grand orgue et le jeu expressif par la main ont 
été sauvés. Sébastien Érard, à cetfe époque, était 
déjà atteint de la maladie à laquelle il a suc- 
combé. Le mal calculaire dont il avait été déjà 
opéré avait reparu, et il s'y était joint une in- 
flammation des reins. Ni la science, ni les soins 
assidus du docteur Fouquier, son médecin, ne 
purent le soustraire à la gravité de ces acci- 
dents; ils triomphèrent de l'excellente constitu- 
tion qui lui promettait de prolonger son exis- 
tence dix ou quinze années de plu?^ et il cessa de 
vivre, le 5 août 1831, à son ch&teau de la Muette, 
ou il avait fixé sa résidence depuis plusieurs 
années. 

ÉRARD (Pierre), neveu du précédent, est 
né à Paris vers 1796. Ses études furent dirigées 
dès son enfance dans le but de lui faire conti- 
mier la fabrication des instruments inventés ou 
perfectionnés par ses parents; on lui fit apprendre 
la musique, les mathématiques et le dessin li- 
néaire. Envoyé jeune à Londres pour y diriger 
la fabrique de harpes que Sébastien Érard y avait 
fondée, il a passé la plus grande partie de sa vie 
en Angleterre. En 1821, il publia une description 
de la harpe à double mouvement Inventée par 
son oncle, et des progrès de la construction de 



cet instrument, sous ee titre : The Barp in if s 
présent improved staie compared with ihe 
original pedal ffarp, in-fol. , orné de 10 plan- 
ches iitliographiées et gravées , d'après les des- 
sins de l'auteur. Cet ouvrage, imprimé avec luxe, 
n'a point été mis dans le commerce , et a été 
donné en cadeau par P. Érard. Après la mort 
de Sébastien, Pierre Érard, institué son héritier, 
s'établit i^ Paris, pour donner une activité nou- 
velle à la fabrique de pianos , et, en 1834 1 il mit 
à l'exposition des produits de l'industrie plu- 
sieurs instruments nouveaux pour lesquels la 
décoration de la Légion d*honoeur lui fut accor- 
dée. Il publia à cette époque une description 
historique de tous les pianos qui avaient été In- 
ventés ou perfectionnés et fabriqués par son 
oncle et par son père. Cet ouvrage a paru sous 
ce titre : Perfectionnements apportés dans le 
mécanisme du piano par tes Érard, depuis 
l'origine de cet instrument jusqu'à Vexposi- 
tion de 1834; Paris, 1834, in-fol. avec huit plan- 
ches lithographiées. Pierre Érard habitait alter- 
nativement à Londres et à Paris, dirigeant à la 
fois les deux grands établissements dont il avait 
hérité. Dans les derniers temps de sa vie, sa 
raison se dérangea. Il mourut au château de la 
Muette, le 18 aoOt 1855. Il était oificier de la 
Légion d'honneur. 

ERATOSTHÈNE, célèbre géographe grec , 
naquit à Cyrène; la première année delà 126 
olympiade ( 194 ans avant l'ère chrétienne). Il 
eut pour maîtres Ariston, philosophe de Ctiio, 
le grammairiei| Lysanias et Callimaque le poète. 
Ptolémée Ëvergète lui confia la direction de la 
bibliothèque d'Alexandrie; il mourut en cette 
ville, dans la première année de la 146® olym- 
piade (U4 ans avant J.-C), à l'Age de quatre- 
vingts ans. Ptolémée et Porphyre parlent d'un 
livre qu'il avait écrit sur les proportions musi- 
cales, et dans lequel il divisait les quatre cordes 
du tétracorde dans les trois genres diatonique, 
chromatique et enharmonique, selon une 
doctrine qui lui étaft particulière. Cet ouvrage 
est perdu, {Vid, Fabr, Bibl. grœc, Ub. III, 
c. 18). Le genre diatonique d'Ératosthène est 
conforme à celui de Pythagore : il fait les tons 
égaux à I et les demi-tons mineurs ou limma 
dans le rapport de |^. Il constitue le genre 

<:hromatique par 1, g^ i ï. ï, 5T. I.", T; >« 
genre enharmonique a pour expression : 1, 

49. l 19, 8, fito- .. . 

ERBA (Georges), violoniste milanais, qui 
demeurait à Rome, vers 1730, a fait graver 
10 Sonate da caméra a vioUno solo e bossa, 
op. 1 ; Amsterdam 1736. 



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ERBACH — EREMITA 



119 



ERBACH (CHRéTiER), run des plus grands 
musideos de rAllemagne, dans le seizième siècle , 
naquit vers 1560, à Algesheim, dans le Palatinat. 
Vers 1600, il était organiste de la Tille et de Pil- 
lustre famille des Fogger, à Augsbourg : il de- 
TÎDt membre du grand conseil de cette Tille en 
1628. n a publié : 1"^ Cantus musicus ad eccle- 
six catkoUcx usutn, à 4 et 8 voix; Aogsbourg, 
1600. — 5" cantionum sacrarum 4, 5, 6, 7, 
8 voeum, liber secundus; Augsbourg, 1603. — 
y* Mêle sivecantionessacrxadmodumcan' 
zonette ut vacant, quaiemis vocibns factx. 
Augustx VindeUcorum, Job. Praelorius, 1603, 
in-4*. — 4** Modorum sacrorum sive cantio- 
num 4-8 et plurimis compositarum, lib. 2 ; 
Augsbourg, 1604, in-4^ — 5^ Sacrarum caU' 
tionum 4 et 5 vocibuSf liber 3; Augsbourg, 
161 1, în-4^ — • 6° Aeht ffeistL deutsche Lieder, 
mitAStimmen; Augsboorg, Schuttes (sans date), 
in-4". On eonserre encore toutes ses composi- 
tions à la cathédrale d'Augsbourg. Dans le FlO" 
rilcgium Portense, d'Ehrard Bodenschatz» et 
dans les Promptuarii musici d'Abraham Scliad, 
on trouTe plusieurs motets à 4, 6 et 8 Toix,<de 
la composition de Chrétien Erbach. La biblio- 
thèque royale de Berlin possède en partition 
inanuscrile tous les motets du premier livre pu- 
blié à Augsbourg, en 1600. Je les ai examinés 
et j'y ai tu que ce compositeur peut être consi- 
déré, ainsi que Adam Gumpeltzhaimer, comme 
un des fondateurs de cette harmonie allemande 
dont le caractère particulier s^est conserré jusqu'à 
nos jours. Le style est pur comme celui des corn* 
positeurs italiens de la même époque» mais la 
modulation est toute différente : le caractère de 
la tonalité moderne y domine. 

EKGOLEO (D. Marzio), ou ERCULEI, 
musicien de la chapelle du duc de Modène, dans 
la seconde moitié du dix -septième siècle, naquit 
en 1623 à OtricoN , bourg des États de l'Église. 
Il commença son éducation musicale à Rome ; 
puis il se rendit à Modène dans sa première 
jeunesse, et entra dans la chapelle du duc Fran- 
çois 1*', en qualité de soprano. Par un document 
des archives ducales cité par Tiraboschi (BibUot. 
Modeneie, t. VI. p. 584), on voit qu'Ercoleo 
avait présenté requête an duc François If, en 
1672 , pour obtenir une place vacante parmi les 
mansionnaires (bénéficiés) de la cathédrale; ce 
qui prouve qu'à cette époque il était ecclésias- 
tique. N'ayant pas obtenu l'objet de ses désirs, 
il se retira à Cherici, dans la maison des prêtres 
de la congrégation de Saint-Charles , et y ouTrit 
une école de plain<hant. Il y mourut le 5 août 1706, 
à l'âge de quatre-Tingt-trois ans. Ercoleo a fait im- 
primer un traité de plain-chant sous le titre de II 



• Musico ecclesiastico, Modène, 1686 , in-fol. ; un 
! traité intitulé xPrimi Elementi di musica, ibid., 
I 1689 ; et un livre d'offices pour la semaine sainte, 
intitulé Cantus omnes ecclesiastic, Hebdom. 
major. Modène, 1688. Ercoleo s'est aussi lait 
connaître comme compositeur par l'oratorio qui 
a pour titre : Il Battesimo di 5. Valeriano, 
dont le poème a été publié à Modène, chez Cas- 
ciani , en 1682, in-4**. 

ERDMANN (Pr.), nom sous lequel a été 
publié un livre concernant la méthode de Logier, 
sous ce titre : Die hohe Wichtigkeit von /. B. 
Logier's erfundenen Musikwnterricht Systems 
( La haute importance du système d'enseignement 
de la musique inventé par Jean-Baptiste Logier); 
Hambourg, 18S0, in-S"* de 221 pages. Le véri- 
table auteur de cet écrit est Élie Ilœseler, fils 
d'un professeur de musique à Moscou. 

EREDI (François), maître de chapelle à 
Ravenne , dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle, s'est fait connaître par un recueil 
de compositions pour l'église intitulé : Salmi e 
vespri a 5 voci ; Venise, 1632^, in-4^ 

EREMITA (JoLEs), compositeur du sei- 
zième siècle, dont le nom véritable était GiuUo 
Giusberti (1), naquit à Ferrare vers 1550. Le 
nom de VEremita lui fut donné parce qu'il était 
moine de Tordre des Ermites camaldutes. Il n^est 
connu que sous cette dénomination. Cet artiste fut 
organiste à Ferrare, où il s'était fait une grande 
réputation par son talent d'exécution, et par la pu- 
blication de trois livres de madrigaux. Il mourut à 
l'Age de cinquante ans, mais on ignore en quelle 
année. On connaît de lui : 1^ Il primo libro de 
madrigaU a 6 voci ^ à Ferrare, par Yittorio 
Baldini» 1584, in-4''; réimprimé à Anvers, en 
1600, in-4*' obi. — 2"* MadrigaU a cinque voci, 
lib. 1 ; Venise, 1597. — 3° // seconda libro de 
madrigaU a cing^e; ibid., 1599. Les com- 
positions d'Eremita ont été souvent mises à con- 
tribution par les faiseurs de recueils de madri- 
gaux italiens et flamands. On trouve de ses pièces 
dans le recueil publié par Pierre Phillips à An- 
vers (en 1594), sons le titre de Melodia olym' 
pica di diversi eccellentissimi musici a 4, 5, 6 
et 8 voci y dans les éditions de Venise (1596) et 
d'Anvers (1596, 1601 et 1614) du recueil intitulé : 
H Trionfo di Dori descritto da diversi e posta 
in musiea da altreitanii musici^ dans II Pa* 
radiso musicale di madrigaU e canzoni a 
cinque voci di diversi eccellentissimi axUoH 
( Venise, Gardane, 1695; et Anvers, Pierre Pha- 
lèse, 1596); enfin, dans les MadrigaU aattbvoci 

(I) voy, Prtiil , MemorU per la tioria di Fêirara , 
t. IV, p. 41*. 



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150 



EREMITA — ERK 



di diversi eccellenti e famosi autori, con al' 
cuni dialoghi ed écho, per cantare e sorutr a 
due chori; Anvers, Pbalèse, 1595, in^** obi. 
Il y a aussi plusieurs morceaux d*Ereniila dans 
les collections de Schad, de Bodenscliatz et de 
Donrrid . 

EBFURT ( Charl^ ) , professeur de piano 
à Magdebourg, est né en 1807. Placé sous la di- 
rection de Miihling, il a acquis par ses leçons des 
connaissances étendues dans la pratique et la 
théorie de ta musique. Cet art est devenu d*un 
intérêt plus général dans La ville de Magdebourg 
depuis que le jeune artiste a communiqué son 
enthousiasme à ses compatriotes. Ses composi- 
tions, qui consistent jusqu^à ce moment en cin- 
quante œuvres de sonates, variations, rondeaux, 
et chansons allemandes, avec ace. de piano, an- 
noncent du goôt et de l'élégance dans les idées. 

ERHARD ( D.-J.-B. ), fabricant de cordes 
de clavecin et de piano à Nuremberg, vers la 
fin du siècle dernier, a fait imprimer un opus- 
cule sous ce titre : Kurze Anweisung zum Ge- 
branche eines zweckmxssigen Bezugs filr 
Klavierinsirumente ( Courte inslraction sur 
l'usage d^un nouveau calibre pour les instru- 
ments à clavier); Nuremberg, 1795. Il y décrit 
la nouvelle proportion établie par son père, Jac- 
ques Reinhard Erhard , qui avait substitué, à 
Tancienne série de cordes de clavecinn^ 000 à 10, 
celle qui a été connue depuis lors en Allemagne 
sous les n*' 1-24. On a rendu compte de cet ou- 
YTBge àanfi VAllgemeine Litter. Zeitungde 1795, 
juin , n" 59. 

ERHÀRD ( Laureeit ), né à Hanan en Al- 
sace, le 5 avril 1598 , fut d'abord magister à 
Sarbrûclc, vers 1618, passa ensuite à Strasbourg 
et à Hanau, pour y remplir les mêmes fonctions, 
et finit par se rendre à Francfort-sur-le-Mein , 
comme Èantar au gymnase. Ce fut vers 1640 
qu'il prit possession de cette dernière place, qu'il 
a occupée jusqu'à sa mort. Il a fait imprimer 
les ouvrages suivants : 1"* Compendium mu* 
sices latino-germanicum, oui recens nutic 
accedunt : r TridrUa, 2® Fugx, 3® Diseur- 
stu musicalis, 4^ Index terminarum tnusica- 
Zium, 5' Rvdimenia arithmeticay 6^ Appen- 
dix nova ad arithmetica periinens ; Francfort- 
sur-le-Mein, 1660, in 8^. La première édition 
de cet ouvrage est de 1640. — 2* Harmo- 
nisches Choral und figurai Gesangbuch, 
Francfort, 1659, in-8°.^ 3"^ Compendium mu- 
sices auctius edilum, das ist kurzer, jedoch 
recht Bericht von der Sing-kunst , der Musik 
liebhabenden Jungend zum besienin dieser 
zweyten Edition vermehrter vorgestelleû ; 
Francfort, 1669, in-S"*. J'igoore si ce livre, qui 



est annoncé dans le catalogue de Francfort de 
1669, est la seconde édition de l'oovrage précé* 
dent , ou s'il est différent. 

ERICfi ( Daniel ) , organiste à Custrow , 
vers 1730, fut élève de Bestehnde. Il acorapoeé 
plusieurs suites de pièces de clavecin , qui n'ont 
point été imprimées. 

ERICHIUS ( Nicolas), chantre à Jéna, 
au commencement do dix-septième siècle , y a 
composé le premier psaume à six Toix , et l'a 
publié dans cette ville, en 1622. 

ERIERS ( Thomas \ poète et musicien du 
treizième siècle, dont on a douie diansons no- 
tées. Les manuscrits de la bibliothèque royale 
de Paris en contiennent cinq. 

ERK (Adah-Wilhelm), né h Herff, dans 
la principauté de Saxe-Meiningen, le 10 mars 
1779, mort le 31 janvier 1820 à Dreisiclienbais, 
près de Darmstadt, fut d'abord, depuis 1804 jus- 
qu'en 1811, instituteur et organiste de l'église de 
Wetzlar; ensuite il occupa les mêmes positions 
à Worms pendant les années 1812 et I8l3yet eo 
dernier lieu fut organiste, instituteur et secré- 
tafre de la commune à Dreisichenhain. On a de 
sa composition huit pièces d'orgue faciles, publiées 
à Worms, en 1812. Le fils de Erk a publié une 
deuxième édition de ce recoeU, k M&hibeim , 
en 1832, in-4*. 

ERK ( Lovis-Chrisian ) , fils du précédât , 
est né à Wetzlar, le 6 janvier 1807. J.-B. Spiess, 
nnort en 1841, dans hk position de pasteur évan- 
gélique et de dojen à Sprendiingen , près de 
Darmstadt, dirigea ses études littéraires. Antoine 
André, d'Offenbach, a été son maître d'harmo- 
nie et de composition, et son éducation musicale 
s'est complétée chez le célèbre organiste Rinck, 
à Darmstadt. Depuis le mois de mai 1826 jos- 
qu'en octobre 1835, Erk fut troisième profes- 
seur pour les études musicales du séminaire 
royal des instituteurs, à Meurs, dans la province 
do Rhin inférieur, puis professeur de musique 
au séminaire royal des instituteurs pour les 
écoles de la ville de Berlin , où il est encore 
( 1860 ). Déterminé par un goOt pai;ticulier à se 
livrer à l'étude du chant choral et des mélodies 
populaires, M. Erk s'y adonna dès sa jeunesse 
avec une présévérance et avec un esprit d'ob- 
servation qui, seuls, peuvent conduire au butdans 
des recherches de ce genre. Ses goûts simples 
et modestes, et la sérénité de son âme, s'accor- 
daient d'ailleurs avec sa vocation. S'entourant 
de tous les recueils et de tous les monum^its 
qu'il put rencontrer de cliani choral et d'airs 
nationaux et populaires, il en compara toutes les 
versions, remonta au* sources , distingua les 
bonnes leçons de celles qui étaient altérées , et 



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ERK — ERLANGER 



151 



«ouTrlttoos ses UTresd^annotationsdaiu lesquelles 
il établissait les formes primitives, les origines 
d'altéraiioDS , et déterminait Tâge et la source 
«le chaque mélodie. Le nombre de ses publics- 
lions en ce genre est très-considérable. Tous ses 
recueils ont eu des succès populaires si prodi- 
gieux, qu*on a fait jusqu'à Tiogt-cinq éditions de 
quelques-uns , tirés à grand nombre , et qu*on 
«Il a vendu plusieurs centaines de milliers 
<i*eiemplaires. La première publication de M. Erk 
fut un recueil de chants pour une, deux, trois et 
quatre Toix à Tusage des écoles, par divers com- 
positeurs. Les trois livraisons de cette collection 
ont paru à Lssen, en 1828 et 1829. En 1836 et 
1837 on en avait déjà publié la troisième éditiqn. 
Depuis cette époque jusqu'à ce Jour (1860), 
l'activité de M. Erk ne s'est pas ralentie. Parmi 
ses nombreux travaux on remarque : 1** Drei' 
und vierstimmige Gesange fiir Schule und 
Haus (Chants à 3 et 4 voix pour les écoles et la 
maison ) ; Bonn, 1830^ in-i^". ^ 2'' Methodischer 
LeUfadenfûr denGesang Unterricht in Volks- 
sckulen (Guide méUiodique pour l'enseigne- 
ment du cliant dans les écoles du peuple); Crefeld, 
I834f in-8*. Une deuxième édition améliorée a 
paru en 1849. ~ 3^^ Recueil de chants à plusieurs 
imrtiespour des voixdMiommes, par divers compo- 
siteurs, à Tiisage des séminaires, gymnases et pe- 
tites sociétés de chant iEssen, 1833. Là quatrième 
édition a paru en 1 847 .— 4"» Livre choral pour les 
c'coles et la maison, suivi d'un supplément con- 
tenant la liturgie pour un chœur à 4 voix ; Ber- 
lin, 1836, in-8«.— 5* JJederkranSf etc. (Cou- 
ronne de chants, etc.), en collaboration avec 
M.Gre^r(t;oy. ce nom) ; Essen, 1839. La dixième 
^ition a paru en 1849.— d"" Singvogelein (Chàni 
du petit oiseau), recueil de chansons à une, deux, 
trois et quatre voix pour les écoles, la maison et 
la vie; 4 livraisons; Essen, 18421848. La quin- 
zième édition a été publiée en 1849. —VKrnr 
dergartchen (le Petit Jardin des enfonts), re- 
cueil de chants à 2 voix, en collaboration avec 
M.Greef; Essen, 1843.— 8<* DiedeutschenVolks- 
lieder, etc. (Les Chansons populaires alleman- 
<les, etc.), en collaboration avec M. W. Irmer. Le 
l>remier volume, composé de six livraisons, a été 
|HjbliéàCrereld,del838à 1841,in-i2. Le deuxiè- 
me et le troisième volumes, publiés par M. Erk 
«eul, ont paru à Berlin, en plusieurs livraisons, 
1841-1850, sous le titre de Seue Sammlwig 
deutscher VolksUeder. —9"^ Chansons populai- 
res, anciennes et nouvelles, arrangées pour quatre 
voix d'homme; Essen, 1845-1847 in-4'*. — 
1 ifikuiicker lAedergarten (Jardin de chansons 
allemandes) pour une, àeax, trois et quatre voix, 
pour les écoles de jeunes ûlles; en collaboration 



avec Auguste Jacob; Essen, 1 846 • 1 847. — 1 1 ^ Re- 
cueil de chorals des maîtres les plus célèbres des 
seizième et dix-septième siècles , en collabora- 
tion avec le docteur Fielitz. 

M. Erk a fondé en 1841, en collaboration avec 
M. Hentschel (voy, ce nom) et quelques au- 
tres professeurs zélés, un journal de littérature 
musicale, dont il paraît un numéro chaque mois, 
à l'usage des instituteurs des écoles populaires, 
sous le titre : £uterpe : Ein musikal. MonaU" 
hUUU etc. ; ErRkrt, 1841-1858. Cet écrit est 
parvenu à sa dix-huitième année. M. Erk a 
fourni aussi des articles à divers journaux d« 
musique de TAllenuigne, particulièrement au 
recueil publié à Mayence sous le titre de CX' 
cilia. 

ERKELou ERKL( François), maître de 
chapelle à Pesth, s'est fait connaître comme com- 
positeur par un opéra en langue hongroise re- 
présenté en 1844 sous le titre de StanUlai 
Hunyadtf. H a publié des mélodies hongroises à 
Pesth et à Vienne, chez Mftller. 

ERLACH ( Frédéric d* ), fils d'un capitaine 
de la garde suisse du roi de Prusse Frédéric I", 
naquit à Berlin, le 2 aoftt 1708. Atteint de cécité 
dès son enfance, il ne trouva de consolation que 
dans la musique. 11 apprit à jouer du violon, du 
clavecin et de la flûte à bec, instrument négligé, 
dont il sut tirer des effets inconnus avant lui. Il 
avait fait faire un instrument de cette espèce 
composé de deux tuyaux accordés à la tierce, et» 
par un artifice qni lui était propre, il jouait al- 
ternativement Tun ou Tautre, puis les réunissait 
à volonté. Il était parvenu aussi à donner beau- 
coup d'intensité aux sons de celte flCite, sans en 
altérer la qualité, et à former d'heureuses opposi- 
tions avec leur douceur ordinaire. Waltber, qui 
parle de cet amateur distingué dans son Lexique 
de musique, dit qu'il imitait à merveille les sons 
du cor et de la trompette avec la bouclie; mais 
Nicolai , qui a fourni quelques détails sur d'Er- 
lach, dans le Berlinisch Monatschrift (ann. 
1807, cahier de février, p. 98-102 ), ne parle pas 
de celte circonstance. En 1732 d'Erlach vivait 
à Eisenach ; plus tard il se rendit à Berlin et s'y 
fixa. Nicolai le connut en cette ville vers 1755. 
Il se faisait alors 'entendre avec succès dans les 
concerts qui se donnaient chaque semaine chez 
rorganiste Sack ; il avait, dit-on, fort bien chanté 
dans sa jeunesse, mais alors, parvenu à sa qua- 
rante-septième année, il ne faisait plus entendre 
sa voix. D'Erlach est mort à Berlin en 1757. 

ERLANGER (Max ou Maximilien), vio- 
loniste qui a eu quelque réputation, né à Franc- 
fort-sur-le-Mein, vers 1810, fit ses études mu- 
sicales dans cette ville et reçut des leçons de 



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152 



ERLANGER - ERNEMAJSN 



Gulir poar son ÏDstrumenl. Il fut d^abord attaché 
eomme Tîoloniste au théâtre de Francrort, puis 
fut directeur de musique d'une instiintion vo- 
cale : plus tard il voyagea avec sa femme, pia- 
niste qui brillait avec lui dans les concerts. 
En 1838 ils étaient à Berlin; deux ans après ils 
se firent entendre à Prague, puis à Vienne. 
En 1842, Erlanger accepta une place de direc- 
teur de musique à Halle ; mais il n'occupa pas 
longtemps cette position. En 1844 il était de re- 
tour à Francfort. On a publié quelques bagatelles 
de sa composition. 

£RLEBACH (PHiut>PEHEiiRi ), né à Essen, 
le 25 Juillet 1657 , vint à Paris dans sa Jeunesse, 
et y demeura pendant plusieurs années. En 1683 
il entra au service du prince de Scliwartzbourg 
Rndolstadt, en qualité de matlre de chapelle^ 
et y resta jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 17 
avril 1714. On a de sa composition : 1° Ouvei'tu- 
resàh parties ; Nuremberg, 1693 , in-fol. — 2^ 
VI Sonate a vioUno, viola da gamba e conti- 
nuo; ibid., 1694. — 3** Gott-geheiligte-sing- 
stunde, in Xllkurz gefassien Arien mit einer 
oder 2 obUgaten Singstimmerif mit Beglei- 
iungzweyer Violinen, nebst Schluss Capella 
zujeder Arie a 4 voci und 2 Violinen^ Ru- 
dolstadt, 1704, in-4*. — 4** Ersier Thell harmo- 
nischer Freude musikalischer Freunde in 50 
moralisench und politischen deutschen Arien 
von 1 Singstimme und 2 VioUnen nebst einem 
G«wra2-ôûss; Nuremberg, 1697, pet. in-fol. 
— 5** Streit der Fama und verschwiegenheit 
ilber die Liebe, etc., Rudolstadt, 1C96, 3 feuilles 
in-fol. —6^ Cantate : Deu istmeine Freude, pour 
saprano, viole et orgue, en manuscrit. Erlebacb a 
aussi composé quelques pièces pour Torgue, qui 
ont été insérées par Eckold dans son Tabula* 
turbuch, en 1692. 

EHMEL ( LoiJis-GoNSTÂTfT ), pianiste et corn* 
positeur, né à Gand, le 27 décembre 1798, apprit 
dans cette ville les premiers principes de la mu- 
sique et l'art de jouer du piano. Ses progrès furent 
rapides, et bientôt il se fit assez remarquer pour 
qu'on songeât à renvoyer à Paris, afin qu'il y 
complétât son instruction par les leçons de bons 
maîtres. Admis au Conservatoire comme élève, 
il entra dans la classe de Zimmerman pour le 
piano , et dans celle d'Eler pour le contrepoint ; 
puis il devint élève de Lesueor pour la compo- 
sition. En 1823, iT concourut à TAccadémie des 
Beaux-Arts de llnstitut de France, pour le grand 
prix : le sujet du concours était la cantate de 
Thisbé, avec orchestre. M. Ermél obtint le pre- 
mier prix, qui lui donnait le titre et les avan- 
tages de pensionnaire dn gouvernement , et il 
voyagea plusieurs années en Italie et en Alle- 



magne. Une ouverture de sa composition fut exé- 
cutée à Vienne, dans ufr concert, en 1826. De 
retour à Paris, il espéra pouvoir justifier son pre- 
mier succès par ceux qu'il obtiendrait au tlii^â- 
tre; mais, ainsi que beaucoup d'élèves oouronuéfr 
l)ar rinstitnt, il a fait de vains efforts pour ob- 
tenir des livrets d*opéras, ou pour faire recevoir 
par les administrateursde spectacles ceux qu*on 
lui confiait. Jusqu'à ce jour, aucun ouvrage dra- 
matique de sa composition n'a été entendu. 
En 1834, le gouvernement belge ayant mis au 
concours la composition d'une cantate intitulée r 
Le Drapeau belge, pour l'anniversaire de la 
révolution de 1830, M. Ermel s'est mis au nom- 
bre des candidats; et le second prix lui a été 
décerné. Cet artiste est depuis plusieurs années 
professeur de piano à Paris. 

ERMENGARD ou ERMENGAUD, écri- 
vain du douzième ou du treizième siècle, sur le- 
quel on ne sait rien*, si ce n*est qu'il écrivit 
contre les Vaudois. Son ouvrage, intitulé : Contra 
hxreticos qui credunt mundum istum a dia-- 
bolo et non a Deo esse factum , a été publié 
à Ingolstadt, en 1614, in-4'*, par J. Greiser; en- 
suite dans la Bibliothèque des Pères , édition de 
1644 (Paris), tom. IV, et, en dernier lieu, dans 
la grande Bibliothèque des Pères, tom. 24, p. 1607. 
Le chapitre 10^ traite de cantu ecclesiaaico. 

ERNEMANN (Maurice), virtuose sur le 
piano et compositeur pour cet instrument , né à 
Eisleben, en 1810, fut envoyé par ses parents à 
Berlin, pour y suivre la carrière du commerce; 
mats son penchant décidé pour la musique donna 
une autre direction à son existence. Devenu élève 
de liOuis Berger pour le piano, il fit de rapides 
progrès et devint habile sur cet instrument. En 
1820, il suivit le prince Radxtwin en Pologne et 
vécut pendant quelques années chez le prince Za- 
moiski, è Varsovie; puis il fut attaché comme 
professeur au Conservatoire de cette ville. La 
révolution de 1830 lui fit perdre cette position, 
et Tobligea à se retirer en Silésie. Après avoir passé 
plusieurs années à Breslau, il est retourné à Var- 
sovie, et y a donné un concert en 1836, dans le- 
quel son talent fit sensation. H vivait en- 
core dans cette ville en 1845. Il a publié : 
l*' Dix variations pour le piano ( en mi bémol),, 
op. 1 ; Hambourg, Christian! 2** Dix varia- 
tions sur le thème Là ci darem la mono, op» 
2 ; ibid. — 3^ Thème original varié, op. 3 ; ibid» 
— 4^ Les Charmes deVarsovie, divertissement * 
Varsovie, Brzezina. — 5*^ Cotillon pour le piano ; 
ibid. •— 6*" Marche triomphale; idem. — 7<* Di- 
vertissement pour le piano, op. 6; Leipsick, Breit» 
kopf et HserteL— 8*^Introdttction, variations et 
finale sur le tiième Schœne Minka, op. 7 ; Leip- 



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ERI9EMAI9N — ERISST 



15S 



sick , Hofineteter. -— 9° Hait chansons allemaDdes 
à Toix seule avec ace. de piano, op. 4 ; Hamboorgi 
Chnstiaoi. Pendant son séjour à Breslau, Erne- 
mann se livra à la composition de chants à toIx 
sente et à 4 voix pour les aodétéft et les écoles. 
Panni ses œuvres de ce genre on remarque ; 6 Lie- 
der pour 4 Toïx d'hommes, op. 17 ; Brcslau, Len- 
ckarL — Des Lieder pour soprano, alto , ténor et 
basse à Tusage des écoles, op. 18 ; ibid. — Un re- 
codl de«hattsons faciles à une et 2 voix, ponr tes 
enfants, op. 19; ibid. — 5 Ueder à Toix seule 
avec piano, op. 22. —.6 Lieder pour on chœur 
d'hommes, op. 26. 

EBNEST n ( AUGC8TE-CHAKLE6-JBAII-LéO- 

poLD-ÂLBXAKDaB-ÉooDABD), duc de Saxe-Cobourg- 
Gotha, né le 21 juin 1818, a succédé à son père, 
comme duc régnant, le 29 janvier 1844. Cnltivant 
la musique dès son enfance, ce prince s'est livré 
k l'étude de la composition, et a écrit plusieurs 
opéras qui ont été représentés avec succès, non- 
seulement à Gotha, mais dans plusieurs villes de 
PAltemagne. Traduit en français, Casilda, un 
de ses ouvragesy a été représenté an tbé&tre royal 
de Bruxelles, 'en 1855, et y a été bien accueilli. 
Un autre opéra, intitulé SaitUe-CUâre, a été joué 
au grand opéra de Paris, le 27 septembre 1855. 
Les journaux de Paris ont donné des éloges à 
cet ouvrage, et en ont vanté les mélodies. Au 
nombre des productions de S. A. R. le prince de 
Saxe-Cobourg , on remarque ZaXre, son premier 
opéra, et Toni, son quatrième ouvrage dramati- 
que. On cite aussi la cantate pour soprano et ba- 
ryton avec chœur et orchestre, intitulée Immer 
lÀebe, poésie de Amdty dont ce prince a écrit 
la musique. 

EIINST (FRANÇon-ARTOiiiB) , violoniste dis- 
tingué, naquit le 3 décembre 1745, à Georgen- 
tbal , petite ville de la Bohême. Les premières 
leçons de violon loi furent données par son grand- 
père. Après la mort de celui-ci, il alla à Kreibiti, 
où il fit de bonnes études littéraires et musicales ; 
pois il se rendit à Wamdorf, où il prit des leçons 
d'orgue chez Torganiste de la ville. Vers ce temps, 
ayant été visiter un de ses parents an couvent 
de NeozeU , il y fut engagé comme chantre du 
chceor. U y resta pendant six mois ; ensuite il 
entra chez les jésuites de Sagan, pour y terminer 
ses éludes, et, pendant les quatre années quHl 
passa ches eux, il fut employé comme violoniste 
dans tontes les solennités musicales* Arrivé à 
Prague en 1763, il y fit un conrs de philosophie 
et se livra à Tétude du droit, puis il retourna dans 
sa ville natale, et y fut nommé syndic; mais il 
n'y resta pas longtemps , car le comte de Salm , 
l'ayant entendu jouer du violon , fut si charmé 
de son talent, qu'il l'engagea à son service comme 



secrétaire. Co seigneur résidait la plus grande 
partie de l'année à Prague, en sorte que Ernst 
eut l'occasion d'y entendre le fameux violoniste 
Loili, lors de son passage dans cette ville, et d'y 
prendre de ses leçons. Il profita si bien sous cet 
habile maître , qu'en peu de temps il put Joner 
avec facilité les traits les plus difficiles de ses 
études et de ses concertos. Il se mit ensuite à 
voyager et passa par Strasbourg, on il apprit d*un 
bon violoniste, nommé Stadn^ à jouer l'adagio avec 
expression. En 1778 , il fut appelé à Gotha, comme 
violon-solo de Ja conr. U y mourut à l'âge de 
soixante ans, le 16 janvier 1805. Ernst a com- 
posé plusieurs concertos et des solos ponr le vio- 
lon, mais U n^a fait graver qu'un concerto en mi 
majeur. Il y proposa une souscription , en 1798, 
pour la publication d'un traité sur le violon , qui 
aurait été divisé en denx parties, dont l'une au- 
rait traité de la construction du violon, et la se- 
conde de l'art de joner de cet instrument. Il ne 
parait pas que cet ouvrage ait été imprimé. On 
doit encore à Ernst un petit mémoire sur la cons- 
truction du violon, inséré dans la Gazette musi-' 
cale de Leipsick (7* année, n** 4). Ses connais- 
sances dans les principes de la construction des 
instruments à arcliet étaient étendues; il a fait 
plusieurs violons qui , dit-on, ne sont point in- 
férieurs à ceux des meilleurs maîtres. 

ERNST (....), musicien qui joua l'alto à 
l'Opéra depuis 1786 jusqu'en 1800, a fait graver 
à Paris, en 1792 , une collection de pièces ponr 
deux clarinettes , denx cors et deux bassons, 
dont plusieurs sont de sa composition , et les 
autres tirées de divers opéras ou de symphonies. 

ERNST (CHBéTiEN-GoTTLOB) , orgauiste de 
TÉglise évangélique d'Ohlau , est né le 2 février 
1778 à Silberberg , en Silésie , où son père était 
huissier. La pauvreté de celui-ci ne lui permit 
pas de donner à son fils d'autre instruction que 
celle de l'école publique de sa petite ville; bien- 
tôt mémerenfant fut privé de ce secours, et dut 
aller chercher son existence dans les campagnes 
comme musicien ambulant. Lorsqu'il eut enfin at- 
teint l'âge de dii-huit ans, U entra à l'école di- 
rigée par le cantor Bûrgel, à Landshot» Là il 
commença à étudier la théorie de l'harmonie, et 
plus tard, lorsqu'il ent été admis au séminaire 
de Breslau, il acheva de s'instruire par les leçons 
de Neugebaoer et de Berner. En 1798, Ernst 
fat nommé organiste à Ohiau , et professeur de 
l'école de musique de la ville. Son zèle y déve- 
loppa le goût de l'art ; U y éUbUt une société d'ar- 
tistes à laquelle vinrent se joindre ensuite pin* 
sieurs amatenrs; son école s'agrandit progressi- 
vement, et depuis que la direction lui en a été 
confiée, elle a fourni des artistes à toute la Silé- 



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154 



ERNST — ERSCH 



èie. Ck>miiM eomposilear, Ernst s'est fait con- 
naître par deox œuvres de sonates qui ont é\é 
publia à Breslaa, chez Gross et Barth. Il a écrit 
aussi la musique des pMumes 96 et 100. 

ERNST (F.- A.)* On a sons ce nom des va'- 
riations pour ie piano sur le ^hème allemand 
Gestemabend war Wetter Michel da , Ham- 
bourg, Christiani ; des thèmes de Wetier rariës 
pour la flùle, !!▼. 1 et 2 , Mayence, Scliott; et des 
airs d'opéras modernes YariéK ponr flOteet guitare, 
!Ud. 

ERNST (HEimi-yiLnELH) , violoniste distin- 
gué, est né en 1814 k BrQnn, en Moravie. Admis 
au Conservatoire de Vienne comme élève, il y re- 
çut des leçons de Bœhro, et le maître de cha- 
pelle Seyfried lui enseigna l'harmonie ; puis il 
reçut des conseils de Mayseder , qui lui fit ac- 
quérir de la justesse et du brillant dans les traits. 
Emst n'était Agé que de seize ans, lorsqu'U fit un 
premier voyage à Munich , Stuttgard et Franc- 
fort, où il inspira de l'intérêt par son talent pré- 
coce. Arrivé à Paris, à la fin de 1S32, il s'y fit en- 
tendre d'abord dans des représentations dû Tliéft- 
Ire-Italien. H fit un a^Mc long séjour dans cette 
ville, et y étudia la manière des violonistes fran- 
çais, et surtout celle du célèbre de Bériot, qui était 
alors le héros du violon de concert. En 1838, il 
parcourut la Hollande , et y eut des succès d'éclat 
partout où il se fit entendre. De retour à Paris, 
an commencement de 1838, il y donna plusieurs 
concerts, puis il visita l'Allemagne méridionale et 
ae fit applaudir à Vienne, en 1840. Poursuivant le 
cours de ses voyages, il visita toutes les villes princi- 
pales de l'Allemagne à diverses époques , la Silésie, 
la Pologne, la Russie, la Suède, le Danemark, «e fit 
entendre à plusieurs reprises à Berlin, Leipsick et 
Dresde, et eut partout des succès. Depuis 1844 
il a passé aussi plusieurs saisons à Londres, où 
son talent trouvait de la sympathie. Le caractère 
de ce talentétait particulièrement le brillant dans 
des traits que Emst s'était rendus familiers, mais 
qui n'olTraient pas les difficultés que l'école plus 
moderne, et surtout la musique de Vieuxtemps, 
ont mis en vogue. Emst avait aussi dans sa ma- 
nière de chanter sur le riolon nne certaine poésie 
qui avait du charme, bien qu'un peu maniérée. 
Dans ces dernières années, sa mauvaise santé et 
des affections nerveuses ont porté atteinte à la 
justesse de ses intonations, et ont rendu son jeu 
inégal. Parmi ses compositions pour son instru- 
ment on remarque celles-ci : V Deux nocturnes 
pour violon et orchestre, œuvre 8, dont le n** 2 
-est un andanle caniabile qui a eu beaucoup de 
succès ; Paris et Beriin , Schleslnger. — 2* Elégie 
pour violon et piano, œuvre 10 ; morceau cliarmant 
qui a été joué partout et dont on a fait une mul- 



titude d'éditions en France» en Allemagne, en 
Danemarii et en Russie. Spohr y a ajouté one 
introduction avee laquelle l'œuvre de Emsl a été 
gravée à Hambourg. — V* Fantoisie brillanfa sar 
la marche et la romance d*OteUo, avec orchestre 
on quatuor, op. 1 1 ; Mayence, Scbott — 4*Concer- 
tino avec orchestre ou quatuor, op. 12; Bruns- 
wick , Meyer. — 5^ Polonaise de ooacert avec 
orchestre, op. 17; à Vienne cliez Mechetti. — 
e"" Variations de bravoure sur un air national hol- 
landais, op. 18 ; ibid. — V Introdoctiott , caprice 
et finale sur un tlième dfi l'opéra il Pirata, op. 
19 ; Hanovre , Badimann — 8^ Rondo Papagemo^ 
sur un thème de la FliUe enchantée, op. 20 ; 
Vienne, MQller. ~ 9* Concerto ( allegro patbéii* 
que), op. 2S; Leipsick, Breitkopf et Hertel. On 
a publié aussi une imitation que Emst a faite da 
Carnaval de Venite de Paganini, et qu'a a jooée 
partout. 

ERRARS ( JcAii), poète et musicien, parait 
avoir été le père de Jean Errars, sieur de Valéry, 
chàmhmr 6e Philippe le Hardi, qui mourut en 
1372 , et qui comme lui composa les paroles et 
la musique de plusieurs chansons. 11 nous en 
reste trente, sous le nom de Jean Errars; les 
manuscrits de la Bibliothèque impériale de Paris 
en contiennent vingt-quatre. 

ERSCH ( Jean-Samuel), laborieux bibliogra- 
phe, naquit le 28 juin 1766, h Gross-Glogau ( basse 
Silésie ), et mourut à Jéna, le 16 janvier 1828. 
Après avoir reçu sa première instruction au gym- 
nase de sa ville natale, il alla étudier la tliéolo- 
gie à l'université de Halle. Ce fut dans cette 
ville qu'il commença ses premiers travaux litté- 
raires : puis il alla vivre quelque temps h Hana- 
bourg et enfin se fixa à Jéna, où il obtint la place 
de bibliothécaire de l'université. La plupart des ou- 
TTsges de cet infatigable écrivain étant étrangers 
à l'objet de ce dictionnaire, on n'en parlera pas, 
et l'on se contentera de renvoyer aux biographies 
générales. Mous nous bornerons ici à dter son 
manuel de la littérature allemande ( Handbueh 
der deutschen Uteratur); Amsterdam et Leip- 
sick, 1812-1814, 2 vol. in-8^ On trouve dans cet 
ouvrage une liste d'ourrages de littérature mu- 
sicale, tome rr, section 3, p. 1023, section 4, 
p. 1437, et tome il, sect. 7, page 2493. Ersch 
et J. G. Gruber furent les fondateurs de la grande 
Encyclopédie allemande des sciences et des arts 
( Àllgemeine Encyclopédie der WiSÊcnsdiafien 
und Kûnste in alphabetiseher Fblge, etc. ) ; 
Leipsick, Gleditch et Brockhaus. On trouve dans 
ce volumineux ouvrage une série de longs ar« 
ticles relatifs à la musique, qui ont été rédigés 
par Rochlits, Gottfried, Weber, Fr. W. Ffnk et 
plusieurs antres savants et artistes. 



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ERTELIUS — ESCHENBURG 



165 



ERTELIUS (SÊBAsnEK), moine bénédictin 
à l'abbaye de Weiclienstephan, dans le dix-sep- 
tième siècle* a fait imprimer les ouirrages sui- 
vants de sa composition: 1^ Symphonies sacrx 
6 et s vocibus; Munich, 1611. — 2** Magnificat 
Bvocilms; Munidi, 1615. 

ERYTHRiGUS (Gotthard), né à Stras- 
bourg, Ters 1550, se rendit à Altdorfen 1587, 
pour y exercer les fonctions de magister . En 1695 
il fut nommé cantor et chargé d'enseigner la 
mnsique au gymnase de la même ville; enfin en 
1609 il devint recteur de ce gymnase, et conserva 
cette place jusqu'à sa mort, qui eut lieu vers 
1617. On a de lui : i" Psalmi et Caniica va- 
ria, ad notas $eu tonum moêicum adstricta; 
Nuremberg, 1608, 10-4^^2*" />. M. Lutheri und 
cnderer Gottsfuerektiger Manner Psalmen, 
und geistliche lÀeder in 4 Sthnmen gebracht 
durch, etc. (Psaumes de Luther, etc., à quatre 
Toix ) ; Nuremberg, 1608, in-4^ 

Il est vraisemblable que le nom de ce musicien 
indique une origine grecque, et qn*un de ses an- 
cêtres étàïiô^Érythrée, aujourdluii Gesme, dans 
l'Asie Mineure, car il n'y a point de nom alle- 
mand qui corresponde au latin Erythrxus. 

ESCHBORN (. . .), maître de concert à 
Mannheim, en 1830, fut appelé à Cologne , en 
1842, comme directeur de musique. En 1845, il 
prit la direction du théAtie d^Aix-la-Chapelle, 
et dans l'année suivante il alla donner des re- 
présentations à Amsterdam avec sa troupe d'o- 
péra, il a fait représenter à Aix-la-Chapelle, en 
1847, l'opéra de sa composition intitulé Bas- 
tards Oder das Stiergefecht (4o BAtard, ou le 
combat de Taureaux ). La femme d'Eschhom est 
cantatrice et a chanté à Mannheim en 1830 et 31, 
A Amsterdam en 1836, à Cologne, en 1838 et à 
Strasbourg dans l'année suivante. 

ESGHELBAGH on ESCHEN^AGH 
(Wolfram de), célèbre maltre-chanteur (trouvère) 
né en Suisse, brilla versia fin du douzième siècle et 
an commencement du troisième. Il eut pour maître 
un autre trouvère allemand, nomtoéFHedelfrandt. 
Après' jivoir longtemps parcooni les différentes 
provinces de la Germanie, il se fixa, vers l'an f200, 
au château de Wartbourg, près d*Elsenacb, où 
ii fut reçu an service du landgraf Hermann de 
Thnringe, grand protecteur des arts et des ar- 
tistes. C'est là qu'eut lieu une lutte célèbre entre 
Kschelbach et le maître dianteur Klingsohr, 
pour le prix du chant institué par Hermann. £s- 
cltelbach se montra plus habile dans le chant ro- 
ligieux, mais Klingsohr eut l'avantage dans les 
autres genres. Esclielbach n*estpas seulement un 
des poètes-musiciens les plus féconds de son 
époque, mats, par la richesse de son imagination, 



l'élévation de ses idées^ Texpression et Pélégance 
de son style, il est considéré comme un véritable 
poète épique. Cet artiste ayant été fait chevalier 
à Henneberg, passa plusieurs années en voyages 
chevaleresques. Dans tes dernières années de sa 
vie, il se retira dans la demeure de ses ancêtres. 
Son tombeau fut placé dans Téglise Notre-Dame, 
à Eschenbach. 

ESCHENBAGH(Jban-Tobie), garde de la 
tour de l'église Saint-Michel, à Hambourg, In- 
venta en 1800 un instrument à clavier et à an- 
ches libres mises en vibration par l'action d'un 
souflet simple, auquel il donna le nom à'jElo- 
dion. J*ignore s'il y a identité de personne en- 
tre lui et Eschenbach (...), receveur des finan- 
ces à Kœnigslioven, dans le duché de Clèves, qui, 
en 1814, imagina un instrument du même genre, 
lequel fut connu sous le nom (TOrgano-violine, 
Celui-ci, modifié par Schlimbacli, facteur d'orgues 
à OhrdrufT, fut appelé JEoline, et Sturm (F.), 
organiste à Suhl, dans la Thuringe, donna en 
1832, de Textension à ce genre d'instrument dans 
VjElodicon, dont le clavier avait une étendue de 
six octaves, tandis que Hàkel, de Vienne, le ré- 
duisait dans le petit mstrument appelé PAyjAai^ 
monica; mais le point de départ de toutes ces 
combinaisons de Tanche- libre fut évidemment 
le Cheng^ des Chinois, et les premières applica- 
tions qui en furent faites aux Instruments à cla- 
viers appartiennent à Jean-Tobie Eschenbach et 
à Grénié, auteur de Tor^tf expressif. {Voy, mon 
Rapport sur la fabrication des instruments 
de musique dans VexposUion universelle de 
Paris, en 1855, Tome II, p. 181 de la grande 
édition officielle, et p. 27 et suivantes du tiré- 
à-part). 

ESCHENBURG (jEAii-JoAcoin), conseil* 
1er de cour et professeur de belles-lettres au 
collège de Saint-Cliaries à Brunswick, naquit à 
Hambourg, le 1*' décembre 1743. Il fit ses étu- 
des à l'université de Leipsick , et ensuite à celle 
de Gœttingue. Jeune encore, il fut nommé gou- 
verneur des élèves du collège de SaintrCharles, à 
Brunswick, au mois de septembre 1767. Après 
six années d'exercice, il occupa la chaire de phi- 
losophie et de belles-lettres dans le même collège. 
11 mourut âgé de soixante-quinze ans, le 29 fé- 
vrier 1820. Eschenburg fut un amateur de mu- 
sique fort zélé, et qui contribua à ses progrès en 
Altemagne par les ouvrages quHl publia sur cet 
art, et par des traductions de bons ouvrages 
étrangers. £o voici la liste : i? Une tra- 
duction allemande de la dissertation de Jean 
Brown sur Torigine et les progrès de la musique 
et de la poésie, sous ce titre : Dr Brown's Be- 
trachtungen Uber (Ue Poésie und Musik nach 



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/&6 



ESCHENBURG — ESCOBEDO 



ihrem Ursprwige^ etc»; Ldpsick^ 1769, in-S** 
de 495 pages. -^ 2^ Une traduction des réflexions 
de Webb sur l'aflinité de la poésie et de la mu- 
sique, intitulée Betrachiungen vJber die Ver- 
vandschaft der Poésie und Musik, etc.; Leip- 
sick, 1771, in-B*" de 169 pages. Il y a joint des 
notes intéressantes. — 3** Une autre traduction de 
la dissertation sur la musique des anciens que 
Bomey a mise au commencement de son histoire 
de la musique, sous le titre de Abhandlung vber 
die Musik der Alten; Leipsick, 1781, in-4% 
216 pag. ~~ 4** Une notice sur la Tie de Haendei et 
sur la pompe de son anniversaire à Londres, 
traduite de l'anglais de Bumey sous ce titre : 
NachricM von Georg. Friedrich HasndeVs Le- 
beiu wnsUBndenwid der ihm zu London im 
Mai und Jun. 1784 angestelUen Gedachtniss-' 
feyer; Berlin, 1785, gr. in-4^— 5** Enfin quelques 
autres ouvrages moins importants, tels qu'une 
dissertation sor sainte Cécile, dans le Magasin 
d'Hanovre de 1786, pag. 94-96, une lettre sur 
la pompe funèbre de Jomelli, traduite de l'ita- 
lien, et insérée dans le journal intitulé Musée al- 
lemand, tom. 1, pag. 464 et une dissertation in- 
titulée U^er die kurzere Dauer des wohlge- 
fallens an dem Spiel der Blasinstrumente 
(Sur la courte durée du plaisir causé par le jeu 
des instruments à vent), dans le même journal, 
pages 155 et 162. Eschenburg est aussi auteur 
d'une théorie esthétique et générale de la litté- 
rature, intitulée : Entwurfeiner Theorieund lit- 
teratur der schônen Redekdnste, dont il a paru 
cinq éditions à Berlin en 1783, 1789, 1805, 1817 
et 1836; 1 vol. in-8<'. Il y traite de TOpéra, mais 
seblement sous le rapport littéraire. 

ESGHERNY (François-Louis comten'), an- 
cien chambellan du roi de Wurtemberg, né le 
23 novembre 1733, à Neufch&tel (Suisse), est mort 
à Paris, le 15 juillet 1815. Parmi divers ouvrages 
qu'il a publiés, on remarque des Mélanges de 
littérature, d*histoire, de philosophie, Paris, 
1809, 3 vol. in- 12. dont plusieurs exemplaires 
portent le titre de 2* édition, avec la date de 
1815. n y traite plusieurs points relatifs à la 
musique, qui en ont été extraits et imprimés 
séparément sous le titi% de Fragments sur la 
musique; Paris, 1809, 1 vol.in-12. Les vues du 
comte d'Eschemy sont superficielles et de peu 
d'utilité pour le musicien. Il était bon musiden, 
chantait d'une manière agréable et jouait de Talto 
dans les parties de quatuors et de quîntett^. 

ESGHSTRUTH (Jban-Adolph& baron d'), 
conseiller de régence à Cassel, naquit à Ham- 
bourg, dans la Hesse, le 28 janvier 1756. Il fut 
d'abord conseiller de justice à Marboorg, où il 
étudia la composition , sous la direction de Hap* 



feld, maître de concert. Dans la suite, Il se lia 
avec Vierling, organiste à Marboorg et élève de 
Kirnberger, qui lui communiqua l'excellente tra- 
dition de l'école de Bach. Il s'est rendu également 
reoommandable comme compositeur et comme 
écrivain didactique. Outre les articles qu'il a 
fournis aux difers journaux d'Erfurl et de Ham- 
bourg, il a écrit : r MusikaUsche Bibliotheh 
fur KilnsiUr und JÀ^haher (Bibliothèque 
musicale pour le musicien et l'amateur), premier 
cahier; Marboorg, 1784, in*8° de 152 pages, 
deuxième cahier, 1785; troisième idem, 1789. 
— 2* Instruction pour écrire la musique, par Jean- 
Jacques Rousseau, traduite du français avec 
beaucoup d'augmentations, préparée pour Tim- 
pression en 1786. •— S° Principes de la musique 
transcendante, où Ton traite principalement de 
la littérature de la musique, également achevés de- 
puis 1786. — 4^ Biograplûe de Ch.«Ph . -Em. Bach, 
achevée depuis 1789. Ces trois derniers ouvrages 
n'ont point été publiés. Les compositions du ba- 
ron d'Eschstrutli consistent en un Essai de corn- 
position pour le chant, avec accompagnement 
de clavecin; Cassel. 1781.— Un Chant pour so- 
prano et ténor, avec accompagnement de 
deux violons, alto et basse, op. 2 ; Marbourg, 
1781. — Chansons, odes et chasur pour le cla- 
vecin, première partie, op.Z; ibid., 1783. — 
Soixante-dix chansons mises en musique, 
avec une préface ; Cassel, 1 788 . — Douze mar- 
ches avec la théorie, Vhistoire et la littéra- 
ture de ce genre de musique. — Six sonatines 
pour le clavecin. -^Recueil de cantiques reli- 
gieux. Eschstruth est mort le 30 avril 1792, k 
l'âge de trente-sept ans. Sa biographie a été 
insérée, dans le Nécrologe de la même année. 
Charles Justi a aussi publié nn petit écrit qui 
a pour titre : Den Andenken Sans Ad^ 
Freiherm von Eschstruth gewidmet; Mar- 
boorg, 1792 in-8». 

ESCOBEDO ou ESGOVEDO (Barthé- 
lemt), né en Espagne vers 1510, étudia à Sala- 
manque, et fut d'abord chantre de la cathédrale 
de cette ville. Il se rendit ensuite k Rome, où il 
entra dans la chapelle pontificale, en qualité de 
chantre, le 23 août 1536. Il obtint ensuite un 
bénéfice à Ségovie, et partit de Rome' le 25 oc- 
tobre 1554, pour aller en prendre possession. 
On ignore la date de sa mort. Escobedo fut, en 
1551, l'un des juges dans la dispute musicale de 
Vicentino et de Vincenzio Lusitano. ( Voy. ces 
noms). Salinasdit qu'il était instruit dans tontes 
les parties de la musique : Cum Bartholcmxo 
Escobedo viro in utraque musices parte exer^ 
citatissimo (De musica, Ub. 4, c. 32, p. 228). 
Il ne parait pas qu'on ait conservé beaucoup de 



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ESCOBEDO — ESCUDIER 



J57 



ses oarrages. Cependant Rebra, cité par 
M. Mariano Soriano Fuertes (Historia de Ut 
musiea espahola, t. "il, p. 120), dit qu'on 
conservait dans la chapelle royale de Madrid 
deux Miserere et un MagiU/iccd reiuarqaables 
de ce musicien. M. Eslava a publié trois de ses 
niotets à quatre toIx, dans la collection intitulée 
Lira sacro-kispana (T. V des Jtfaltres du 
seizième itiècle, p. 14 S- 156). . 

ESCOVAR ( André de ), musicien espagnol, 
vivait dans le dix-septième siècle. Dans sa Jeu- 
nesse il fit un Toyage aux Indes, et se fixa en- 
fiiite en Portugal, où il fut musicien de la ca- 
thédrale de Goïmbre. Il a écrit un traité de mu- 
sique intitulé Àrte musica para tanger o 
iTistrumento da charamelinha, qui est resté 
en manuscrit. L'instrument dont il s'agit dans 
cet ouvrage était la flote. à bec. 

ESCOVAR (Jean db), musicien et poète 
portugais, vivait au commencement du dix-sep- 
tième siècle. Il a publié une collection de motets 
à Lisbonne en 1620, in-é"*. Le catalogue de la 
bibliothèque musicale du roi de Portugal indique 
aussi sous son nom un traité de musique intitulé 
Arte de mtuica theorica y pratica; mais il ne 
fait pas connattre s*il est imprimé ou manuscrit. 

ESCUDIER (Marie et Léon). Si ces noms 
ne sont point ici séparés, c^est qu'ils sont insé- 
parables em réalité; car il serait à peu près im- 
l>ossible de distinguer la part de chacun dans les 
actes et les travaux fiûts en association perma- 
nente par ces deux frères. Si nos renseignements 
sont exacta , et nous avons lieu de nous croire 
Men informé, Talné, Marie Escudier, est né le 
19 juin 1819; le second, Léon, te 17 septembre 
1821. Tous deux ont vu le jour à Castetnaudary 
(Aude). Leurs études classiques furent faites 
aa collège de Toulouse. Par un rare exemple 
<le précocité, Talné fut reçu avocat k l'Age de dix- 
huit ans. Devenus orphelins peu de temps après 
avoir quitté les bancs de l'école , et sans for- 
taoe, les deux frères cherchèrent des moyens 
d^iistence dans la presse. Ils fondèrent, à Tou- 
louse, un recueil littéraire intitulé Le Gascon, 
et La Patrie, journal politique qui eut du reten- 
lissement dans le midi de la France'. Possesseurs 
d'une imprimerie typograpliique,îl8 écrivaieni, . 
composaient et imprimaient- eux-mêmes ces 
journaux. Après deux ou trois années de travaux 
incessants qui n'avaient point augmenté leur 
bien-être, MM. Marie et Léon Escudier prirent 
la résolution d'aller, comme tant d'autres, sans 
protection, sans appui, chercher fortune à Paris. 
Arrivé dans cette ville, Léon put compléter son 
instruction classique dans les cours publics de 
la Sorbonne, et commença en méaUe temps Té- 



tudede la musique sous la direction de M. F. Baan, 
alors élève de composition au Conservatoire, 
anjoord'hui professeur d'harmonie dans la même 
école. Son frère avait appris les éléments de cet 
art dès l'enfance et jouait du violon à l'âge de 
huit ans. Plus tard , il reçut des conseils, pour 
cet instrument, de M. Michel, élèye de Balllot, 
qui s'est fixé à Toulouse. 

A l'époque où MM. Escudier arrirèrent à 
Paris, la presse offrait des ressources (aciles à 
qui savait écrire : ce fut à elle qu'ils eurent 
d'abord recours pour assurer leur existence : ils 
prirent part à la rédaction du Bon Sens , de la * 
Revue du, dix-neuvième siècle, de la Rerfite 
du Nord, qu'ils dirigèrent, «t du Monde, journal 
politique quotidien fondé par l'abbé de Lamennais 
et par M^c George Sand. Longtemps après 
(1850 à 1858) ils ont été chargés de la rédac* 
tion du feuilleton musical du Pays, journal 
de VEmpire, Mais c'est surtout à cause des 
publications qui vont être énumérées, que 
MM. Escudier doivent trouTer place dans ce 
dictionnaire. La première en date est la France 
mu j/ca<«, journal hebdomadaire qu'ils fondèrent 
en 1838, et par lequel ils se sont fait leur spé- 
cialité. Nonobstant les perturbations politiques 
de tout genre et de pénibles vicissitudes, ils 
ont pu maintenir l'existence de cette publication 
parvenue aujourd'hui (1860) à sa vingt-deuxième 
année. Peu de temps après la fondation de la 
France musicale, les deux frères établirent 
une maison de commerce de musique, dont les 
œuvres de Verdi ont fait la prospérité. Dans le 
courant de la même année, les deux frères Es- 
cudier, s'étant mariés , ont séparé leurs intérêts : 
le magasin de musique est échu en partage à 
Léon, et Marie a eu pour sa part la France 
musicale, dont il continue la rédaction. 

Les titres des ouvrages de littérature musicale 
écrite et publiés par MM. Escudier sont : 
1° Études biographiques sur les chanteurs 
contemporains, précédées d'une Esquisse sur 
Vart du chant; Paris, Juste Tessier, 1840, 1 toI. 

in- 18 2" Dictionnaire de musique diaprés 

les théoriciens, historiens et critiques les plus 
célèbres, 2 vol. in- 18. Paris, au bureau central 
de musique, 1844.' — 3* Dictionnaire de mu- 
sique théorique et historique, avec une préface 
de M. F. Halévy; Paris, Michel Lévy frères, 
1854, 2 vol. in-18. Dans ce deuxième diction- 
naire, le premier a été refondu, développé et 
complété. — 4^ Rossini, sa vie et sesumivres, 
avec une introduction par Mëry ; Paris , Dentu, 
1854, 1 vol. in-18. — 6" Vie et aventures des 
cantatrices célèbres, précédées des musiciens 
de VEmpire, et suivies de la vie anecdotique 



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S&8 



ESCUDIER — ESLAVA 



de PaganifU, Paris, Dento, 1856, l voL in-l8. 
M. Marie £acudier est chevalier de la Légion 
d'honneur. 

£SCR1BANO (Jean), musicien espagnol, 
fit ses études musicales à TuniTersilé de Sala- 
oianque, puis se rendit à Rome, el fut admis 
dans la chapelle pontificale, en qualité de cha- 
pelain-chantre, h la fin du quinzième siècle. Quel* 
ques-uncs de ses compositions pour l'église sont 
conservées dans les archives de la chapelle 
Sixtine. i 

ESENSA ( Salvauor ), né à Modène, dans la 
iraiiièrft moitié da seizième siècle, a publié de sa 
composition : Il primo libro d^ ModrigaU à 4 
vod; Yenezta, pelGardano, 1566, in-4". 

ESLAVA (Don MitaBL-HiLARion ), maître 
de chapelle de la reine d'Espagne Isabelle II, 
est né le 21 octobre 1807, à Benlada, petit village 
près de Pampelnne, dans la Navarre. En 1816, 
il entra comme enfant de chœur à la cathédrale 
de cette ville, et y reçut son instruction dans le 
solfège et le chant ; puis il se livra à l'étude du 
piano et de l'orgue, sous la direction de D. Ju- 
lien Prieto. Pendant ce temps il étudiait la lan- 
gue latine et faisait son cours d'humanités an sé- 
minaire de cette ville. A la même époque il ap- 
prit aussi à jouer du violon, et en 182i& il fut 
employé à la cathédrale de Pampelone en qua- 
lité de violoniste. Dans les années suivantes il 
compléta ses connaissances dans l'art de la com- 
position, par les leçons d'un bon mettre nommé 
D. Fraucisoo Secanilla. En 18?8, M. Eslava ob- 
tint, par un concours public, la place de maître 
de chapelle de la cathédrale d'Ossuna. Il suivit 
dans cette ville les cours de littérature et. de 
philosophie de l'université, entra dans les ordres 
et fut fait diacre. La place importante de maître 
de chapelle de léglise métropolitaine de Séville 
étant devenue vacante en 1832, M. Eslava Tob- 
tint au concours. Oe tvX dans cette église qu'il 
reçut la prêtrise. Quelques années plus tard, les 
événements de la révolution espagnole l'obligè- 
rent à diercher des ressources dans la compo- 
sition dramatique. En 1841 il fit représenter au 
théâtre de Cadix l'opéra italien il SoUtario, et 
dans les années suivantes les opéras la Tregtka 
di Ptolemaide, et Pietro el Crudele.Ces ouvrages 
furent accueillis avec beaucoup d'applaudisse- 
ments, et dans plusieurs villes de l'Espagne ils 
eurent le même sort qu'au thé&tre de la cour. En 
1844, M. Eslava reçut sa nomination de maître 
de^ la chapelle royale de Madrid : quatre ans 
après, la reine l'a décoré de Tordre de Charles III. 

Le nombre des compositions religieuses pro- 
duites par M. Eslava, jusqu'en 1853, s'élève à 
cent quarante trois, parmi lesquelles se trouvent 



des messes, psaumes, hyihnes, lamentAtion», 
motets, villancioos, etc. Quelques-unes de ces. 
œuvres ont été publiées dans une collection inté- 
ressante de musique d'église composée par les 
meilleurs artistes espagnols depuis le seizième 
siècle jusqu'au dix-neuvième ; collection formée 
par M. Eslava même et qui a pour titre : Lira 
sacro-hispana : gran coUccion de obras de 
musica religiosa, compuesta por los mas acre- 
ditadas maestros espanolesj tanto antiguos 
como modernes : pubUcacion que se hace 
bajo la proiecclon de S. M. la Reina Dana 
Isabel II, ydirigidapar D. HilarUm Eslava, 
maestro de sv, Beat Capilla ( Lyre sacrée de 
l'Espagne ; grande collection d'œuvres de musi- 
que religieuse, csoBS|MMée par les plus célèbres maî- 
tres espagnols, tant ancifîis que modernes, etc. ) ; 
Madrid, Martin Salazar. De courte» notices bio- 
graphiques sur les auteurs dont les ouvrages 
sont dans la collection se trouvent au commen- 
cemeut de cliaque volume. Sept volumes in-folio 
de cette collection ont para jusqu'à ce jour. Le 
style de M. Eslava est dans le caractère de la 
tonalité moderne et de son harmonie appliquée 
à la musique d'église; mais U a beaucoup d'in- 
térêt. On y trouve du nerf dans le rhythme, de 
l'efTetdans l'instrumentation, et une certaine al- 
liance heureuse des formes anciennes avec celles 
de son temps. Qu'on examine, par exemple, son 
Te Deum, placé au commencement de la section 
du dix -neuvième siècle., dans la collection qui 
vient d'être c|tée; on y reconnaîtra ces qualités 
et l'on aura la conviction que cette composition 
est digne d'une haute estime. M. Eslava a com- 
mencé aussi la publication d'une collection 
d'œuvres des meilleurs organistes espagnols, sous 
le titre de Museo organico espanol, avec des 
notices biographiques ; Madrid, Martin Salazar, 
in-fol. On y trouve aussi des pièces d'orgue de 
la composition de l'éditeur. J'Ignore si cette en- 
treprise a été continuée. En 1846, M. Eslava a 
fait paraître un solfège méthodique (M^odo de 
solfeo) qui a obtenu un très-grand succès et a 
été adopté dans toute l'Espagne. Il prépare de- 
puis plusieurs années pour l'impression un traité 
d'harmonie, de contrepoint et de composition, 
d'après les traditions de l'ancienne école des 
maîtres espagnols. 

Plein de zèle pour la restauration de l'art dans 
sa patrie, ce musicien, aussi distingué comme 
savant et critique que comme compositeur, a 
entrepris la publication d'un journal intitulé Ga- 
cela musical de Madrid, dont il a paru deux 
années ( 18ââ et 1 8&6 ; 2 voL in-4'* )• Il s'y trouve 
de fort bonnes choses, dues en grande partie à 
là plume de M. Eslava ; mais, découragé par riu- 



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ESLAVA — EST 



159 



élKérence de ses compatriotes, il a dû renoncer 
à continuer cette publication. 

ESPINAIS (Gacjtier d'), que Fauchet ap- 
pelle d'Espinois, fut poète et musicien Ters 1260. 
On a neuf cliansons notées de sa composition. 
Les manuscrits de la Bibliothèque impériale, cotés 
66 (fonds de Cangé) et 7222 (ancien fonds), en 
contiennent huit. 

ESPINOSA (Jean de), né à Tolède vers la 
fin du quinzième siècle, est indiqué par le cata- 
logue de la bibliothèque du roi de Portugal , 
comme auteur de deux ouvrages, dont l'un est 
intitulé : Tractado de principios de musica 
praiica y iheorica, et Tautre : Retractaiianes 
de los eiToreSf y falsedades, que escrivô Gon- 
çalo Mariinez de Biscargui en el arte de 
canto Uano. Ce dernier n'a pas dô être écrit avant 
lâl2, car le traité de solmisation de Biscargui, 
ou Yiseargui, n'a été imprimé qu'en 1511, à 
Burgos. 

ESSKNGA (Sâlvator), frère servite du 
couvent de Modène, dans la seconde moitié du 
seizième siècle, naquit dans cette ville . Il oc* 
cupa d'abord la position de maître de chapelle 
de la cathédrale de Modène, puis fut appelé à 
Sienne en la même qualité, suivant les renseigne- 
ments fournis par le P. Giani, dans les Annales 
des frères servîtes (1). Essenga fut le maître de 
chant et de contrepoint du P. Archangelo Ghe- 
rardini, frère servite de Sienne, et d'Horace Vec- 
chi ( Vop» ces nomit). On connaît sous le nom du 
P. Essenga on œuvre qui a pour titre : Di Sâl- 
vator Essenga II primo libro di MadrigcUi a 
quatre .voâ. Novamentè da lui composa e 
per Antonio Gardano stampati in Venetia, 
1&66, \n-V*. 

ESSER (Charles-Michel, Chevalier n'), 
violojiiste et compositeur, naquit i Aix-hhCha- 
pelle, vers le milieu du siècle dernier. Il fut d'a- 
bord attaché à la chapelle de l'électeur de Hesse- 
Cassel, et voyagea ensuite en Allemagne, en 
France et en Italie. Le pape le fit chevalier de 
l'Éperon d^or. Vers 1786, il se rendit en Espagne 
et y fut bien accueilli. En 1791, il a écrit pour 
le théfttre de Gotha un opéra en trois actes inti- 
tulé : Die drey Pachter (les Trois Fermiers). 
Il a composé en outre six symphonies, six qua- 
tuors, de» trios et solos pour le violon, qui se 
trouvent dans les archives de la chapelle à 
Cassel. 

ESSER (Henri), compositeur, est né à 
Mannbeim, le 15 juillet 1818, et y a bit ses 
études mosicales. Ayant acquis du talent sur le 
violon, il fut nommé maître de concert de la 

(1) T. II, page us. 



cour, à l'âge de vingt ans. Ln 1842 il remplit les 
fonctions de maître de chapelle par intérim, et 
comme tel dirigea la fête musicale de Mayence 
dans la même année. La manière dont il s'ac- 
quitta de cette mission lui fit obtenir la place de 
directeur de musique dans cette ville. En 1847, il 
fut appelé à Vienne en qualité de chef d'orches- 
tre du théâtre Kârnthnerthor. Son premier ou- 
vrage de quelque importance fut une grande 
cantate qu'on exécuta à Mannheim en 1837. Deux 
ans après, il donna au théâtre de cette ville un 
opéra intitulé Sikis^ qui eut quelque succès. En 
1 843 il fit représenter à Aix-la-Chapelle Riquiqui, 
opéra comique que le public a accueilli avec fa- 
veur, et qui fut joué dans la même année au théâ- 
tre de Francfort. La partition de cet ouvrage a 
été gravée pour le piano ; mais la réputation d'Es- 
ser s'est faite surtout en Allemagne par l'opéra 
intitulé les deux Princes^ qu'il écrivit, en 1844, 
pour le théâtre royal de Munich, et dont le suc- 
cès eut assez d'éclat pour que l'ouvrage fût joué 
à Berlin, à Francfort et à Cassel. La partition, 
réduite pour le piano, a été gravée en 1846, à 
Mayence^ chez Schott. Les autres compositions 
d'Esser consistent en un psaume (le 23^) à 4 
voix, un quatuor pour des instruments à cordes 
œuvre 5, on trio pour piano, violon et violon- 
celle, op. 6, une symphonie (en mi bémol ), exé- 
cutée à Francfort, en 1844,. et un grand nombre 
de Lieder très-jolis , qui ont eu t>eaucoup de 
vogue. 

ESSEX (le docteur), né à Coventry, dans 
le comté de Warwick^ en 1779, prit ses degrés 
de baclielier en musique en 1806, à l'université 
d'Oxford, et ceux de docteur six ans après. Il 
s'est fixé ensuite à Londres. 11 a fait graver dans 
cette ville : 1° Recueil de six duos pour deux 
flûtes, — 2^ Recueil de marches pour le piano. 
— 3<* Duos pour te piaiio avec accompagnement . 
de deux flûtes. — 4® Rondo militaire en duo 
pour piano et harpe. — 5° The Britannia, 
rondo pour le piano, avec accompagnement 
de violon, dans le style anglais, — 6° The Hi- 
bemia, rondo dans le style irlandais, pour 
piano et violon. — 7® The Caledonian, rondo 
dans le style écossais pour piano et violon, — 
8" The Guaracha, rondo pour piano et flûte. 
— 9® Introduction et fugue pour l'orgue. 

ESSIGER ( ), directeur de musique à 

Luebben, vers la fin du siècle dernier, a composé 
en 1797 on opéra en trois actes intitulé SuUan 
Wampum oder die TVuensche; Pannée sui- 
vante, Der Barbier und Schornsteinfeyer (le 
Barbier et le Ramoneur), en un acte. 

EST on ESTE ( Michel ) , bachelier en 
musique, et maître des enfants de chœur de la 



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ICO 



EST — ETIENINE 



cathédrale de Lichtfield, vécut dans la seconde 
moitié du seizième siècle. Il a publié plusieurs 
collections de madrigaux et de psaumes à plu- 
sieurs Yoix. La plus connue de ses compositions 
est intitulée : The sixt set ofBoohes, wkerein are 
anthemes for verses, and six parts ; apt fort 
violls andvoices (Sixième suite de livres con- 
tenant des antiennes à cinq et six parties, etc). 
On trouve aussi plusieurs pièces de Est dans la 
célèbre collection publiée par Thomas Morley 
sous le titre de The triumphs of Oriana, to 
five and six voices (le Triomphe d*Orîane, à 
cinq et six voix); Londres, 1601. On croit que 
Micliel £st fut le fils de Thomas Est, musicien 
et marchand de musique k Londres, qui a publié 
une collection de psaumes de divers auteurs, sous 
ce titre : The whole Sook ofpsalmes, wanted 
tunes as they are song inChurches, composed 
into foure parts by ninesundry authors, etc.; 
Londres, 1594. Les auteurs dont on trouve les 
ouvrages dans cette collection, sont : Jean Dow- 
land, £. Blancks, E. Hooper, J. Farmer. R. Al- 
lison, G. Kirby, W. Cobbold, E. Johnson et G. 
Parnaby. Thomas Est fut le successeur de Byrd 
et de Tallys pour le privilège d'imprimer la mu- 
sique, et publia quelques-uns de leurs ouvrages 
( Voyez Btro), 

EST (L.-B.) , musicien bavarois de Tépoque 
actuelle , est maître de chapelle d'une des églises 
d'Augshourg. Il s'est fait connaître par de petites 
compositions pour l'église dont on a publié : 
1^ Litanies courtes et faciles pour soprano, con- 
tralto, et basse , avec accompagnement d^orgue ; 
Augsbourg , Bôhm. — 2"" Quatre messes courtes 
et faites pour une ou deux voix avec orgue; ibid. 
— 3° Messes courtes et faciles pour soprano, con- 
tralto et basse avec orgue, n"" l à 6; ibid. 
— 4° Six Offertoires faciles à 3 voix et orgue pour les 
six messes précédentes ; ibid. — 5° Messe pastorale 
courte et facile à 3 voix et orgue ; ibid. — - 6° Messes 
de Requiem courtes et faciles à 2 ou 3 voix avec 
orgue, nos i à 4, 

ESTEVE (Pierre), membre de TAcadémie 
de Montpellier, naquit dans cette ville au com- 
menrement du dix-huitième siècle. Ses écrits, 
sur plusieurs questions de sciences, d'arts ou 
de littérature, sont empreints d'une telle médio- 
crité, qu'ils sont tombés dans l'oubli, et que lui- 
même a eu le chagrin de leur survivre. Ce quMl 
a publié sur les arts en général , et sur la mu- 
sique en particulier, est ce qu^il a fait de meilleur. 
En 1750, il fit paraître un opuscule intitulé 
Problème, si Vexpression que donne l'harmo- 
nie est préférable à celle (^ue fournit la mélo- 
die. Il se prononce en faveur de Tharmonie, 
parce que, dit-il, le plaisir qui résulte de Vac- 



cord des sons est dans la nature, au lieu qve 
celui qui nou>s vient de la mélodie n'est que 
le fruit d'une convention humaine. Voilà une 
plaisante raison pour donner à Tune la préfé- 
rence sur Tautre ! Au reste , ces questions oi- 
seuses ne peuvent être élevées que par ceux qoi 
sont à peu près étrangers à la musique : la mé- 
lodie et l'harmonie, séparées Pune de Fantre, ne 
se peuvent concevoir dans la musique moderne 
de l'Europe. Estève reproduisait la même doctrine 
dans sa Nouvelle découverte du principe de 
Tharmonie, avec un examen de ce fue M. 
Hameau a publié sous le titre de démonta- 
tion de ceprificipe. Paris, 1751, in-8**, b% pages. 
On a aussi de cet écrivain VEsprit des beaux- 
arts; Paris, 1753, 2 vol. in-12. La seconde par- 
tie contient onze chapitres sur les efTets attribués 
à la musique des Grecs, et sur la comparaison de 
cette musique avec celle des modernes. Estève 
vivait encore en 1780. 
ESTOCART (Pascal de l'). Voy. Lesto- 

CART. 

ESTRÉE (Jean d'), musicien du setzième 
siècle, auquel Duverdier donne la qualité de 
joueur de hautbois du Roi. Il a publié quatre 
livres de danseries , contenant le chant des 
bransles communs, gays, de Champagne, de 
Bourgogne, de Poictou, die Malte, des sabots, 
de la guerre et autres ; gaillardes, pavanes, 
ballets , voltes ^ basses-danses , hauberrois €t 
allemandes; Paris, Nicolas du Chemin, 1661, 
in-4». 

ESTWIGK (SAifOEL), écrivain anglais, ri- 
vait vers la fin du dix-septième siècle, et avait 
le titre de docteur en droit canonique. Il a pu- 
blié on discours pour Fanni versai re de l'instito- 
tion de la Société des amateurs de musique de 
Londres, sous ce titre : À Sermon upon occa- 
sion ofthe anniversary meeting of the lovers 
ofMusic; Londres, 1696, in-4*'. 

ETIENNE (Denis-Germain), né à Paris en 
1781, élève du Conservatoire de musique de Pa- 
ris, reçut d*abord des leçons de piano de Gobert, 
puis de Boieldieu, et apprit Pharmonie sous la 
direction de Catel. Le premier prix d'harmonie 
et d'accompagnement lui fut décerné en l'an vui 
de la république ( 1800). Après avoir enseigné 
le piano à Paris pendant plusieurs années, il par- 
tit pour l'Amérique en 1814 , et se fixa à New- 
York,où il est mort en 1859. 11 a publié: l"" Pot- 
pourri pour le piano, œuvre l<^c; Paris, Le Duc. 
—2* Thème varié, op. 2°; Paris, Frey. — 3* Trois 
romances avec ace. de piano; Paris, Le Duc 
Etienne fut pendant longtemps accompagnateur 
au piano du théâtre italien de New- York, et 
voyagea en Amérique avec Garda et atec M^ 



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ETIENNE — EUCLIDE 



161 



Malibr«D, dans les premières années de sa car- 
rière. 

£TT (Gaspard), organiste de l'église Saint-Mf- 
chel à Monich , également distingué comme vir- 
tuose sur son instrument, comme compositeur et 
comme érudit en musique, est né le 5 janvier 
1788 à Eresing, arrondissement de Haudsberg, 
en Bavière. Dès son enfance il montra un goût 
prononcé pour les études sérieuses et pour la mu- 
sique ; il avait à peine atteint sa neuvième an- 
née quand il entra comme enfant de chœur à 
rabtMiyedea bénédictins d*Andech. Il y reçut une 
instruction préparatoire pour entrer ensuite au 
gymnase, et apprit les éléments du chant, du 
piano et de Tbarmonie. A l'&ge de douze ans il 
entra au séminaire de l'électeur, à Munich, alors 
une des meilleures écoles de musique de la Ba- 
vière, si riche d'ailleurs en institutions de ce 
•genre. EU y apprit à jouer de Porgue, sous la 
direction de Teiiceilent profes&eur Schlet, et 
Joseph Grûtz loi enseigna le contrepoint Après 
avoir achevé ses études littéraires au gymnase 
et au lycée, il se livra sans réserve à ses travaux 
sur la musique, et, en 18 16, il obtint la plac^ 
d'organiste, quMl a occupée pendant trente et un 
ans. 11 est mort à Munich, le 16 mai 1847. Comme 
professeur de chant choral, il a formé de très-bons 
élèves et a porté Texécution à un point de perfec- 
tion très-satisfaisant, dans le chœur de Téglise de 
Saint-Michel. Comme compositeur, il a produit : 
1^ Huit messes avec ou sans accompagnement 
d'orchestre à 4 et à 8 voix ; ses trois messes à 8 
voix ont été composées en 1821, 1822 et 1847. — 
2'' Doux Requiem. — ■ 3° Deux Miserere qui pas- 
sent pour excellents. — 4® Un Stabat Mater. — 
5° Un Te Deum. — 6** Plusieurs litanies. — 7® Des 
Vêpres. — 8° Des Graduels. — 9° Des Offertoires. 
Toute cette musique jouit en Allemagne de beau- 
coup d'estime. Etta écrit aussi des chœurs et des 
chansons à plusieurs voix. Il s'est livré pendant 
longtemps à des recherches sur l'ancienne mu- 
sique d'église des quinzième et seizième siè- 
cles, pour laquelle la riche bibliothèque de Munich 
lui a fourni de précieux documents. 

ETTMULLER (Michel -Ernest), docteur 
etprofesseui^de médecine à Leipsick, naquit dans 
cette ville « le 26 août 1673. Après avoir fait de 
bonnes humanités à Zittau et à Alteubourg, il se 
rendit, en 1692 , à l'université de Wiltemberg 
pour y faire son cours de philosophie. De retour 
à Leipsick , en 1694, il se. consacra entièrement 
à la médecine jusqu'à sa mort, arrivée le 25 sep- 
tembre 1732. Il a publié une dissertation intitulée : 
De EffecUbus musia» in hominem^ Leipsick, 
1714, in.4^ 

ETTORI (Guilladmb), célèbre ténor, né en 

BIOttR. DIflV. DES MUSiaENS. — 1. III. 



Italie vers 1740, fut d'abord au service de l'élec- 
teur Palatin. En 1770, il chanta à Padooe avec 
un succès prodigieux. L'année suivante, il se 
rendit à Stuttgard pour y entrer an service du duc 
de Wurtemberg , mais il mourut dans la même 
année. 

EUGHERO, de l'Académie des pasteurs ar- 
cadiens. On a publié sous ce nom, à Venise, eo 
1746, on opuscule qui a pour titre : Rif/lessioni 
sopra la maggior facilita che irovasi nelVap- 
prendere il carUo con Vuso di un solfeggio di 
dodici monosilabi, atteso il fréquente uso de- 
gli accidenti: in Venezia, de Pecora, 1746, in-g^ 
L'abbé Gianelli prétend, au mot èistema de la 
deuxième édition de son Diziotiario délia mu- 
*ica, que le véritable auteur de cet opuscule fut 
le marquis Fabio Chigi, de la noble famille de 
Sienne. On trouve dans cet écrit l'exposé d'un 
système de solmisatlon au moyen d*une syllabe 
pour chacun des douze d^rés de l'échelle chro- 
matique, dans le but d^éviier la dénomination 
des notes accidentées et l'usage des muances, 
encore en vigueur à celte époque en Italie. 

EUCLIDE, célèbre auteur des plus anciens 
éléments de géométrie connus, a été confondu 
souvent avec Euclide de Mégare , chef d'une 
secte de philosophes dialecticiens. On ignore le 
lieu de sa naissance : on sait seulement quil 
vécut sous le règne de Ptolémée , fils de Lagiis , 
plus de trois cents ans avant l'ère chrétienne, 
et qu'il ouvrit une école de matbématiques à 
Alexandrie. Pappus vante sa douceur et sa bien* 
veillance pour tous ceux qui travaillaient aux 
progrès de la géométrie. Outre les i^2^i?ien/s elles 
Données, qui sont les ouvrages les plus impor- 
tants d'Euclide^ Proclus Diadochus, l'un de ses 
commentateurs, et Pappus d'Alexandrie, indi- 
quent ceux dont les titres suivent : Introduction 
àarmonique (EWaywTn^ 4pjjiovtxrj),et Section du 
canon musical. Un assez grand nombre de ma- 
nuscrits, contenant ces deux ouvrages , les attri- 
buent, en effet, à cet auteur; mais il en est d*au- 
tres où ils sont indiqués sous le nom de Cléo^ 
nides; tels sont ceux dont s'est servi Georges 
Va Ha pour sa version latine , celui de la biblio- 
thèque de S. Salvador à Bologne y et deux autres 
manuscrits de la Bibliothèque impériale, à Paris. 
Les savants ont été partagés d'opinion sur celai' 
de ces deux auteurs auquel ces ouvrages "«ppar- 
tiennent : outre Georges Val la, H. Grotius (in 
Annot. ad Mort, CapélUs , p. 316), Gesner 
{Bibïioth. in^Epit. red., p. 158), et Glaréan 
{Dodecach.) se sont prononcés pour Cléonides; 
mais Meybom, Mersenne, D. Gregoriuset Fa- 
bricins ont rejeté cette opinion. ^ 

Wallis est le premier qui a remarqué (dans la 

11 



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162 



EUCLIDE — EUGENIUS 



préface de saTersion latine dea Barmoniques de 
Ptolémée) que VlntroducUon harmonique et la 
section du Canon ne peuvent être du même au- 
teur, puisque te premier de ces ouvrages est con- 
fonne'à la doctrine d*Aristoxène , et le second k 
celle de Ptolémée. En effet, VlntroductUm har- 
môniqxte n'admet que trois modes, divise le ton 
en deux demi-tons diatoniques. Tait du dièse 
chromatique le tiers de Tintervatle du ton ma* 
Jcur, et du dièse enharmonique le qnart, tandis 
que l'auteur du Canon établit le ton dans la pro- 
portion de 9 : S, et le limma dans celle de 256 : 
24S. .Plusieurs éditeurs et commentateurs d'Eu- 
cUde ont douté que ces opuscules fussent de lui. 
M. Pcyrard , qui a donné une belle édition des 
œuvres de ce géomètre, d'après un manuscrit 
du neuvième siècle (appartenant à la Bibliothèque 
Saint-Marc de Venise), les rejette même positi- 
vement, et dit , dans sa préface, p. xiii : « Etant 
« dépositaire de ce précieux manuscrit, je me dé- 
« terminai, sans balancer, à donner une édition 
« grecque , latine et française des Éléments et 
a des Données d^Euclide, qui sont certainement 
« les seuls ouvrages qui nous restent de ce 
« géomètre à jamais célèbre. » 

Quoi qu'il en soit^ voici l'indication des édi- 
tions diverses qui ont été données de ces opus- 
cules : 1*^ Cleonidx harmonicum introducto- 
rium, interprète Georgio Valla Placentino, 
impressum Venetiisper Simonem Papiensem, 
anno 1497. Une deuxième édition de cette ver- 
sion f^t publiée l'année suivante à Venise , avec 
quelques antres ouvrages de Valla; enfin la Biblio- 
thèque impériale, à Paris , en possède nn exem- 
plaire, in-r',qni porte la date de Venise, 1504. — 
2° Une antre traduction latine, donnée par Jean 
Pena, professenr de mathématiqiies à Paris, sous 
le titre : EucUdis Rudimenta muslces,ejusdem 
Sectio regulk harmonie» e regia Bibliotheca 
desumpta, ac nunc grxce et latine excussa ; 
Paris, 1557, in-4^ Meibomius {in Prsefat. ad 
BucL) a reconnu beaucoup d'erreurs dans cette 
traduction de Pena ; elles ont été reproduites dans 
l'édition complète, grecque et latine, des œuvres 
d'EucUde , donn^ par Conrard Dasipodius , à 
Strasbourg, en 1571 , in-8<», dans celle dn Jé- 
suite Possevin (Rome, 1593, et Venise, 1603), 
et enfin dans le Cours de mathématiques de 
Herigoni (Paris, 1^4, in'8«). — 3^" Meibomius 
ayant mis Enclide au nombre des auteurs grecs 
sur la musique dont il a donné une édition ^ous 
le titre : Àntiqux musiex auctores septemt 
Amsterdam , 1052 , in-4% y a joint une version 
nouvelle très-correcte , que Gregorius a insérée 
dans son édition complète intitulée: EucUdis qux 
supersunt omnia, grxce et latine; Oxford, 



1703, in-fol« — 4° Une traduction française, par 
Pierre Forcadel , professeur de malbématiqni^ 
è Paris, a été publiée sous le litre de la Musique 
d'EucUde; Paris, 1565, in- 8®. Le P. Mersenne 
en a donné une autre, dans son premier Traité 
de l'harmonie universelle (Paris, 1627, in-8'), 
pag. 107-141. —5^ C. Davy a inséré une traduc- 
tion anglaise des traités de musique d'Euclide, 
dans ses Letters vpon subjects of Uterature; 
including a translation of EucUd's section of 
the canon, and his treatise on harmonie 
fvith an explanation of the greeh muâcàt 
modes. Londres, 1787, 2 vol. in-8*. 

EUGÈNE (Chârlbs -Paul -Louis), duc de 
Wurtemberg, né à Oels le 8 janvier 1788, était 
cousin du roi de Wurtemberg, et fut général d'in- 
fanterie au service de la Russie. Retiré dans sa 
terre de Carlsruhe, en Silésie, il cultiva la mu- 
sique avec amour, et se distingua autant par 
son goût éclairé pour les arts, que par sa gé- 
nérosité envers les artistes. Il n'était Agé que 
de dix-sept ans lorsqu'il se livra à la composi- 
tion , non pour y chercher des jouissances de 
Tanité, mais à cause du plaisir pur qa'il y troa- 
Tait; car ce prince était ftgé de. cinquante ans 
lorsqu'il fit imprimer ses ouvrages. Ses premières 
productions furent des Lieder avec accompa- 
gnement de piano , composés depuis 1800 jus- 
qu'en 1820 : ces chants furent publiés à Breslau, 
en i837. L'opéra Die Geisterbraut ( la Fiancée 
des Esprits), que le prince avait terminé en 1811, 
fbt représenté plusieurs fois avec succès an théâ- 
tre de Breslau, et la partition, réduite pour le 
piano, par le directeur de musique Mnscker, fat 
publiée dans la même ville, en 1838. Fink a 
rendu compte de cet ouvrage dans la 40*** an- 
née de la Gazette générale de Leipsick, p. 417 
et suivantes. Un autre opéra Intitulé la Foret 
de VElbe supérieur, fut termfné par le duc 
de Wurtemberg en 1815 ; mais il n'a pas été pa- 
blié. On connaît aussi de ce prince quelques sym- 
phonies et ouvertures, qui ont été souvent exé- 
cutées par les musiciens de sa chapelle, an diâ- 
teau de Carlsruhe. Le duc de Wurtemberg est 
mort dans cette résidence, le 16 septembre 1857, 
à Tâge de soixante-neuf ans. 

EIJGENIUS (TR4DG0TT) , càntor à Thorn, 
Tcrs 1 490, est l'un des plus anciens contrepointisf es 
allemands dont les noms sont parvenus jusqu'à 
nous. Gerber dit, d'après nn journal littéraire , 
qu'on trouve quelques-unes de ses compositions 
dans un recueil de cinquante chansons qui a été 
publié par Cothenius, surnommé leBotteleur, 
en 1502; mais il n'indique pu le lieu de Hni- 
pression. Il y a sans doute une erreur dans 
cette indication, car H n'existait pas dlmprime- 



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EtïGENIUS — EULER 



16S 



rie de nrasiqne en AllemaKne dans Tannée 1&02. 
EULE(C.-D.), néàHamboorg^en 1776, était 
fil8 d'un «ctenr qui était directeur du théâtre de 
. celte^TJlle. Son père leHestinait à auîTre la même 
carrière que loi , mais il ne se sentait point de 
goût pour cette profession , etia musique fîit l*n- 
nique objet de ses études. En 1786, il commença 
à se faire connaître comme compositeur, par la 
publication de quelques morceaux de piano; 
Tannée suivante, il donna au théfttre de Ham- 
bourg l'opérette intitulée IHe verliebtet^ Wer- 
ber (Les Recruteurs amoureux), qui reçut 
un accueil faTorable. Plus tard il donna avec 
succès les opéras : Der Unsiehtbare (llnyisible), 
Giaffar et Zctlde, et Dos Amt \ind Wirths^ 
haw ( le Bailliage et l'Auberge). Beaucoup de 
compositions instrumentales et autres suivirent 
ces premiers essais. Ayant été nommé directeur 
de musique authé&fré de Hambourg, il conserva 
cette place toute sa vie, et il en remplissait en- 
core les fonctions, lorsqu'il nnourut en 1627. Parmi 
les compositions de Eule , on remarque : 1° Con< 
certino pour le piano mêlé de thèmes favoris, op. 
7 ; Hambourg , Cranz. — 2** Quatuor pour pia- 
no, violon, alto et basse; Hambourg, Bœhme. 
— 3** Sonate pour piano et Tiolon , op. 10 ; Ham- 
bourg, Cranz. — 4" Trois soaates pour piano 
seul; Hambourg, Bœhme. -* 5^ Grande polo- 
naise pour le piano , op. 4 ; ibid. •— 6* Deuxième 
Idem, op. 9; Hambonrg, Cranz. — T* Intro- 
duction ayec thème varié', op. 5; Hambourg, 
Bœhme. — 8° Variations brillantes sur le thème : 
Guter M and, op. 8; Hambourg, Cranz. «- 
9<^ Huit variations sur le thème : Je suis encor 
dans mon printemps ; Hambourg , Bœhme. — -, 
10" Dix Variations sur le thème : Enfants de la 
Provence; ibid. — 11* Variations sur le thème : 
Robert disait à Claire; Hambourg, Cranz. — 
12" 6 Lieder à 3 et 4 voix, avec accompagnement 
de piano; Hambourg , Bœhme. ~ 13" Citants à 
voix seule; ibid. 

EDLENSTËI9I (AmoiRE-HEHEi SIGORA 
DE), né à Vienne en 1772, mourut dans la même 
ville, le 14 novembre 1821. Appelé par sa nais- 
sance à servir l'État, il donna à la musique tous 
les moments de loisir dont 11 pouvait disposer. 
Ayant reçu quelques leçons dtf piano et de com- 
position de Mozart , il a écrit des sonates , des 
quatuors, des chansons avec accompagnement 
de piano , et a compote pour les théâtres des 
faubourgs de Vienne la musique de» quelques pe- 
tits opéras comiques, qui ont été joués sous les 
titres de Die Wanderschaft (la Promenade); 
Vetter Damien ( le Cousin Damien); Der Pp- 
rûckenmacher ( le Perruquier); Der gebesserte 
Lorentz (Laurent corrigé), etc., etc. M. de £u- 



lenstein dirigeait bien un orchestre et était fort 
recherché pour cet emploi dans les sociétés dV 
mateurs. 

ECJLEB (LÉONARD), illustre géomètre, naquit 
à Bêle, le 15 avril 1707. Son père , Panl Euler, 
qui avait étudié les mathématiques sous Jacques 
Bemouilli , fut son premier histituteur dans cette 
science ; Euler termina ses études à l'université 
de Bâle, où il reçut des leçbns de Jean Bernoullli 
et se lia d'amitié avec ses deux fils, Daniel et Nico- 
las. Ceux-ci, ayant été appelés à Saint-Pétersbourg 
par Catberinel'", pour faire partie de l'Académie 
des sciences établie par Pierre le Grand, s'em- 
pressèrent de procurer à leur jeune ami une 
place d'adjoint dans la même académie. Bientôt, 
resté seul par la mort de Nicolas et via r^raite 
de Daniel, il multiplia ses travaux au point de 
remplh*, à lui seul, la tâche de toute une aca- 
démie. Cette fécondité prodigieuse n'est pas une 
des moindres qualités d'Euler. On peut dire sans 
exagératioit qu'il a composé pins de la moitié des 
mémoires de mathématiques contenus dans les 
qiiarante-eix volumes publiés par l'AcÀdémle de 
Pétersbourg, depuis 1727 jusqu'en 1783; il a 
laissé en outre plus de cent mémoires inédits , 
que l'Académie Insère dans ses volumes à me» 
sure qu'ils paraissent; de plus il ehrichit beau- 
coup le recueil de l'Académie de Berlin, pendant 
les vingtHûnq ans qu'il passa dans cette ville; 
envoya des mémoires à l'Académie des sciences 
de Paris, dont il obtint ou partagea dix prix , et 
publia une multitude d'ouvrages séparés fort 
importants. Toutes les sociétés savantes de l'Eu- 
rope s'étaient empressées de se l'attacher. Euler 
est mort le 7 septenabre 1783. Oe grand géomè- 
tre s'est beaucoup occupé de la théorie mathé- 
matique de la musique, et a consigné le résultat 
de ses recherches dans les ouvrages suivants : 
1" Dissertatio de sono ; BAIe , in-4". — 2" Ton- 
tamen nov» iheorias mvuicw ex eertissimis 
karmonim prinâpiis dilucide expositss; Pé- 
tersbourg, 1729, in-4". Forkel cite deux autres 
éditions de ce livre (AUgem. Utter, der Musik. 
p. 247), l'une de 1734, in-4", l'autre de 1739, 
également in-4"; Mltzler en a donné nue analyse 
très-étendue dans le troisième volume de sa Bi- 
bliothèque (p. 61-136). -^ 3" Cor^ectura phy- 
sica drca propagatUmem sont ac lufdinis; 
Berlin , 1750 , in-4". — 4" Mémoire sur les «<- 
brations des cordes , dans les Mémoires de PA* 
cadémie de Berlin, 1748 et 1753. ^ b'* De la 
propagation du son; ibid., 1759. — 6" Conjec- 
tures sur la raison de quelques dissonances 
généralement reçues dans la musique; ibid. 
^.7" Du véritable caractère de la musique 
moderne , ibid. 1764. — 8" 5tir le mouvement 

11. 



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164 



EULER — tUSTACHE DE SAINT-HUBALDE 



cTttfitf corde qui , au commencement , n'a éié 
ébranlée que dans une partie; ibiA., 1765. — 
9" £claircissemen($ plus détaillés sur la gé- 
nération et la propagation du son, et sur la 
formation de Vécho; ibid., 1765, p. 335. — 
10^ De minimis oscillationibus corporum tam 
rigidorum quam fiexihiUum, dans les Mémoi- 
res de rAcadémie de Péter^bourg, tom. 7. — 
11*" De motu oscillatorio corporum flexibi- 
lium, ibid., t. 13. — 12'* De molu vibratorio 
jUi jlexibiUs corporibus qv>otcunque onusii, 
dans les Nouveaux Mémoires de la m6me aca^ 
demie , 1. 1. — 13° 2>e motu chordarum inx- 
qv4iliter crassarum; ibid, t. 9. — 14° De sono 
iympan<n^m ; ibid. — 15° Z)e sono campor 

narum; ibid., tom. 10 16° De motu aerls 

intubis;ib\ô,^ tom. 16. Ce dernier mémoire est 
fort intéressant. —17° Quatre dissertations sur 
les vibrations des cordes, et une autre sur les 
mouvements vibratoires des verges flexibles, 
ibid., tom. 17. — 18° De harmohiae veris 
principiis per spéculum miuicum reprxsen- 
tatU; ïb\é.,i. 18.— 19° De motu iurbinakh 
rio chordarum musicarum; ibid., t. 19. — 
20° Investigatio motuum , quibus laminx et 
virgx elasticx contremiscunt , ibid. 1779. — 
21° Determinatio omnium motuum, quos 
ehorda tensa et uniformiter crassa recipere 
potestf Ibid., 1779, partie 2. — 22° Delucida- 
iionês de motu chordarum inœquaUter era^- 
sarum; ibid., 1780, t. II. -— 23° De perturba^ 
tione motus chordarum ab eorum pondère 
oriunda ; ibid., 1781 , 1. 1. — 24° Deux flisser- 
talions sur les vibrations des cordes dans les 
Mémoires de PAcadémIe de Vurin. — 25° Enfin, 
dans ses Lettres à une princesse d'Allemagne 
sur divers sujets de physiqite et de philoso- 
phie (Pétersbourg, 1768-1774, 3 ▼ol.in-8°), Eu- 
1er traite de la physique musicale dans les let- 
tres 134, 135 et 136. Ce savant homme a prouvé 
dans son Tentamen novm théorise musicx 
qu'un profond savoir en mathématiques n'em- ■ 
pèche pas d'errer, quand la donnée qui sert de | 
base aux calculs manque de solidité. Partant de i 
ce principe adopté par les géomètres, depuis 
Pythagore, que la suavité des rapports des sons est 
en raison de la simplicité des accords des nom- 
bres- qui les représentent, il a voulu fonder une 
théorie de Tharmonie sur celle considération , et 
a, d'après cela, établi une échelle de suavité sur 
laquelle il a placé tous les accords ; or, les résul- 
tats de ses calculs Tout conduit à placer l'ac- 
cord parfait majeur au neuvième degré de sua- 
vité, tandis qu'il place la dissonance de seconde 
(dissonance fort dtlre , comme on sait) au hui- 
tième degré y et cela parce que les rapports com- 



binés de la tierce et de la quinte sont moins 
simples que ceux de la seconde I Ainsi , d'après 
cette tliéone, Tintervaile de seconde doit plaira 
à l'oreille plus que l'aceord qu'on a nommé 
parfait pour indiquer les qualités de son har- 
monie. Bien d'autres erreurs singulières sont 
répandues dans cet essai d'une nouvelle théorie 
de la musique , tiré de principes trés^ertains 
de Vharmonie; et pourtant Euler était un savant 
homme qui avait le génie des mathématiques ! 

EUNIGKE (FaéoéRic), premier ténor an 
théâtre national de Berlin, néà Sachsbauâen, près 
d'Orianenbourg, en 1764, débuta au théâtre en 
1788, et se fit ensuite remarquer à Manheim. En 
1794, il chantait au théâtre allemand d'Amster- 
dam ; Tannée d'après il passa à celui de Franc- 
fort-sur-ie-Mem, et enfin, en 1797, il alla à Berlin. 
Il a publié quelques petites pièces pour le chant. 
Cest aussi lui qui a arrangé pour le piano la 
Flûte enchantée, de Mozart, pour l'édition qui 
a été publiée à Darmstadt chez Bossler, eo 
1792. 

ËUNIGKE (Thérèse), née à Mayence de 
parents nommés Schtcachhœfer, épousa Frédéric 
Eunicke , et brilla longtemps comme cantatrice an 
théâtre de Berlin. Elle est morte dans cette ville, en 
1844. Elle a eu deux filles; l'atnée (Jeanne), née 
à Berlin vers 1800, était une cantatrice fort ha- 
bile; maiç elle perdit la voix fort jeune, quitta le 
théâtre, et devint la fomme du pianiste Krijger; 
la plus jeune (Catlieride) a épousé le violoniste 
Mûllenbrauch. 

EUPHRANOR, joueur de flûte et phi- 
losophe pythagoricien, fot contemporain de 
Platon. Athéné^ (lib. 4, c. 24.) dit qu'il avait 
composé un traité sur les flûtes : cet ouvrage 
est perdu. 

EUSEBU SIPONTINI. Sous ce nom, on 
trouve d^ns la bibliothèque du Vatican un traité 
manuscrit De octo Tonis, coté 378 du Tonds de 
la reine Christine de Suède. Eusèbe est le pré- 
nom de l'auteur de cet ouvrage; Sipontinus 
nous apprend qu'il était né à Manfredonia, ville 
du royaume de Naples, dans la Pouiile, bâtie 
sur l'emplacemept de la Siponte des Romains^ 
et dont le nom latin est Sipontum. L'ouvrage 
d' Eusèbe ne contient rien de remarquable. 

EUSTAGBE-LË-PEINTRË, poète et 
musicien, est quelquefois désigné dans les ma- 
nuscrits sous le non d*Eustache de Reimsy 
parce qu'il était né dans cette ville. Il mourut ^ 
vers 1240. On a de lui sept chansons notées : les 
manuscrits de la Bibliothèque impériale n'en con- 
tiennent que deux. 

EUSTACHE DE SAINT-HUBALDil 
est cité par Cyprianus (in Disseri* de propag. 



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EUSTACHE DE SAINT-HUBALDE — EVERS 



- 165 



êuer, per cant.p. 19) comme aoteor d*an livre 
Intitalé : Disquisilio de amtu a 2>. Ambrasio 
in Mediolanenêem ecclesiam introdueto^ Bli- 
lan, 1695. 

EUTiTIUS (Adccstiii), frère mineur, était, 
€a 1643, chaDteur et compositeur du roi de Po- 
logne Ladislas lY. Marc Scaocbi a rapporté on 
eanon singulier d*fiotitios dans son Cribrum 
musicum, p. 209. 

EVANS< Jambs), néà New-Yoïk, vers 1770, 
fut chantre de l'église épiscopale de la secte des 
méthodistes de cette Tille. li employa plusieurs 
années à réunir les chants en usage dans cette 
religion en Amérique, les coordonna et les ar- 
rangea à deux, trois et quatre voix, avec une 
iMSse chiffrée pour Taccompagnement de l'orgue. 
Ce travail a été publié sous ce titre : David's 
Compatiion^ ortheMethodist Standard ;being 
n Choice Sélection of tunes adapted to ihe 
Vfords and measures in the large Hymn Bçok, 
nnd designed for the use to the Methodists 
ihrouhg out the United States (Le Compagnon 
de DaTië, ou le Drapeau méthodiste, contenant 
une collection choisie de mélodies adaptées aux 
paroles et aux rhythmes du grand livre d'hymnes, 
et adopté pour l'usage des méthodistes dans tous 
les États-Unis); New-Tork, 1808, 1 vol. petit 
in-4^ obi. de 162 pages, entièrement gravé. 

EVANS (BoBERT-HAanmc), écrivain anglais, 
a publié une dissertation sur la musique et la 
BOtation musicale des Hébreux sous ce titre : 
Bssay on y Hebrew Mustc, Londres, 1816, in-8^ 
de 24 pages. Le fond de cette dissertation est em- 
prunté au travail de Villoteau publié dans la 
Description de l'Egypte. 

EVE ( Alphonse ly), né près deCourtrai, 
▼ers le milieu du dix-septième siècle, fit ses 
études musicales dans Mtte ville, puis entra an 
fléminaire, et fut ordonné prêtre. Après avoir di- 
rigé longtemps le chCrar de l'église Saint-Martin 
à Courtrai, il obtint au concours la place de maî- 
tre de chapelle de l'é^^ise Notre-Dame d'Anvers, 
le 5 novembre 1718. Dans TànnSe suivante il 
écrivit une messe solennelle à 9 voix en deux 
dMMirs, 2 violons, viole-alto, viole-ténor, basse 
de viole, violoncelle obligé, 2 hautbois , basson 
et basse continue pour l'orgue. D'Eve dédia cette 
messe au chapitre de l'église ; on la trouve en 
manuscrit dans les archives de l'église Notre- 
Dame; répltre dédicatoire est en latin. £n 1725, 
dnfeve fut invité par le chapitre à prendre sa re^ 
traite, à cause de son grand Age : Guillaume de 
Fesch lui succéda dans la placede maître de cha- 
pelle (voy.FBsca). Les. archives musicales de 
l'église Sainte- Walburge, à Audenarde, contien- 
nent les compositions de d'Eve dont voici les 



titres : l"" Trois motets à voix seule, 2 violona, 
basse de viole et orgue. — 2^* Motets à 2 voix ^t 
orgue, l-a"" Un motet à 4 voix, 2 violons^ 
viole et orgue — 4*" Motets à 5 voix, 2 violons, 
viole^lto , viole ténor, basse de viole et orgue. 
— S'* Dies irx à 4 voix, sans instruments. ^ 
6** Motet pour voix de contralto, avec 5 instru- 
ments. <rous ces ouvrages sont en manuscrit 

ÉVEILLON (Jacques), né à Angers, en 
1672, fut choisi au sortir de ses études pour en- 
seigner la rhétorique à Nantes, quoiqu'il fût en- 
core fort jeuoe. Il remplit ensuite successivement 
les fonctions de curé de Sonlerre, deco-recteur de 
la Trinité d'Angers, et de curé de Saint-Michel- 
du-Tertre. En 1620, Guillaume Fouquet , évêque 
d'Angers, le nomma chanoine de la catliédrale 
et sou grand vicaire. Il estmort au mois de dé- 
cembre 1621, âgé de soixante-dix-nenf ans. Au 
nombre de ses écrits se trouve un bon ouvrage 
inUiolé De recta psaUendi ratione^ La Flèche, 
1646, in-4^ 

EVERS (Co^LBs), pianiste et compositeur, 
est né à Hambourg, le 8 avril 1819. Fils d'un 
mécanicien habile, qui jouissait d'une certaine ai- 
sance, il reçut une bonne éducation. A l'Age de 
six ans il commença l'étude du piano. Jacques 
Schmitt (frère d'Aloys) fut son instituteur et lui 
fit faire de rapides progrès. Il n'était ftgé que de 
douze ans lorsqu'il se lit entendre pour la pre- 
mière fois dans un concert à Hambourg : son 
talent précoce y produisit une vive impression. 
Peu de temps après, il fit son premier voyage 
comme artiste, visita les duchés de Holstein et 
de Schleswig, Copenhague, Stockholm, et partout 
eut de brillants succès. Dans les années 1834 et 1835 
il parcourut de nouveau le Danemark, la Suède, 
et se fit entendre à Saint-Pétersbourg. De retour à 
Hamboorg,il s'en éloigna une troisième fois, en 
1837, pour se rendre à Hanovre, où Marschner, 
TaccueilUt avec bienveillance et lui donna le coq- 
seil de se livrer à l'étude de l'harmonie sous 
l'organiste Zieger; plus tard il prit des leçons de 
composition du maître de chapelle Charles 
Krebs. Ce lîit dans cette école qu'il puisa le goût 
des formes pures et classiques qo'il a développées 
dans ses ouvrages. Arrivé à Leipsick vers la fin 
de 1838, il y perfectionna son talent par les 
conseib de Mendelsohn, avec qui 11 se lia d'a- 
mitié. Ses rapports avec un artiste de si grande 
distinction exercèrent aussi une paissante in- 
fluence sur la direction de ses idées et de son 
sentiment de l'art. En 1839, Eveni fit on voyage 
à Pari», où Chopin et Auber lui firent on accueil 
sympathique. Ce fut dans cette ville qu'il ter- 
mina ses premières compositions. En 1841, il se 
rendit à Vienne, et s'y fit connaître avantageuse- 



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166 



EVERS — EXIMENO 



ment, comme tH uose et comme composHeor. Ce 
f^ à cette époque que (tes propositions lui furent 
faites pourquoi se fixAtli Gnetzen Styrie: il nes'est 
éloigné de cette Tille que pour revoir Hamtraorg, 
en passant par Prague et Francfort. Comme com- 
positeur, Evers se distingue par le sentiment do 
beau , des choses sérieuses, et par la pureté do 
style, bien qu*il ait employé les formes modernes 
en plusietirs de ses ouvrages. La plupart de ses 
productions sont pour le piano et pour le chant. 
Sa sonate en mi mineur, (vuvre 1 2, et ses grandes 
sonates en mi bémol, œuvre 20, et en ré mi* 
neor , 22 , sont très-estimées des connaisseurs 
en Allemagne. Il y a aussi de loi une œuvre 
charmante romnosée de doutes pièces qui ont 
pour titre général : Ckansom é^amour pour 
pianoy op. 13, et dont les titres particulier^sont : 
!• Provence. — 2** Allemagne. — S"» Italie. 
— 4» Arabie. — 5« Suède. — 6*» Russie. — 
T** Mauresque. — 8^ Ecosse. — 9^ Languedoc. 
-* lO"» Espagne. — 11*" Styrie. — 12* Hongrie. 
Evers a écrit aussi des ftigues dans les styles de 
Bach et de Scarlatti. Parmi ses autres ouvrages , 
les plus importants sont la 4"** grande sonate, 
op. 27, ta Fantaisie héroïque, op. 2S> Jours se- 
rons et fours d'orajes, inspirations fantasti- 
ques au nombre de sept pièces, op. 24 ; chant de 
chasseurs pour chœnr d'hommes et 4 cors, 
op. 26 ; 6 chants pour soprano avec piano, op. 
25 ; duos pour soprano et contralto, avec piano, 
op. 30; romances et ballades pour contralto, 
op. 36; chants pour 4 voix d'hommes, op. 38; 
Melopoemes pour voix seule et piano , op. 39 ; 
6 poèmes pour contralto et piano, op. 41, etc. 
Les ouvrages d'Evers sopt publiés à Vienne, 
chez HasHnger, et à Mayence, chec Schott. 

EVERS ( Catieika ), cantatrice, sœur du pré- 
cédent, est née à Hambourg, le 1*' juillet 1822. 
Ses dispositions pour le chant sMtant développées 
lorsque sa voix n'était pas encore formée, on 
loi donna on mattre pour la diriger dans cet art. 
A Fâge de quinze ans elle se rendit à Hanovre 
chez le compositeur Marselmer, qui la guida 
dans ses études du chant dramatique. Ses pro- 
grès ftarent si mpides, que dès 1838 elle reçut un 
engagement pour le théâtre de Leipsick. Deux 
ans après elle accepta une position semblable 
au théâtre de Wiesbaden, avec le titre de pre- 
mière cantatrice de la cour. Pendant la durée 
de cet engagement, elle chanta avec de bril- 
lants succès à Mayence et à Francfort. L'efTet 
qu'elle produisit à Stuttgard dans les rôles 
de Norma et de Roméo ^ lui fit obtenir un bel 
engagement pour le théfttre de la cour, le 2 oc- 
tobre 1840. Elle y joua tous les rôles de son em- 
ploi , tant dans le répertoire allemand , que dans 



les opéras traduits de Titallen et du français. 
Pendant la durée de ses congés elle fit pluaieon 
voyagea et chanta dans quelques-unes des grandes 
villes de T Allemagne, avec de beaux snceèi. 
Eu 1847 , elle chanta au théâtre italien de 
Bruxelles, et y produisit une vive improMioa dans 
quelques ouvrages de Bellini èl de Donizettî, 
particulièrement dans Lucrèce Borgia, Bomeo^ 
et ornant de Verdi. Dans la même année, elle 
clianta à Hambourg , pois alla en Italie. Je la 
rencontrai à Milan en 1860; sa voix était d^à 
fatiguée par le répertoire de Verdi ; bientôt après» 
elle dot renoncer à la scène. 

£ WALD ( ScHACX HERii4im ); né à Gotha 
le il février 1754 fut d'abord avocat dans sa 
ville natale, et ensuite (en 1784) secrétaire de 
la surintendance de la cour, il a fait inaérer 
une dissertation sur la musique dans le journal 
allemand intitulé : OUa podrida, année 177S. 

EXAUDÉ on EX AUDET (Joseph), ne 
à Rouen, vers 1710, fut d*abord premier violon 
du concert de cette vilie^ et vint ensuite à Pari?, 
où il entra à l'Opéra comme violoniste, en 1749. 
Il est mort en 1763. Dans on temps où il laUait 
peu de chose ponr acquérir de la célébrité ea 
France, il s'est hit une réputation de compoai- 
tenr par le menuet qui porte son nom. 

EXIMENO (D. AM0iNB),)^ni(e espagnol, 
et mathématicien, naquit en 1732 à Balbaatro, 
dans TAragon. Les études qu'il fit à Salamanqae, 
cfaes les jésuites, furent si brillantes, que ses naal- 
très ne négligièrent rien pour le fixer dans leur 
société. Il y fut chargé d'enseigner les matbé- 
matiqoes. tors de rétablissement de l'école mi- 
litaire de Ségovie, le P. Eximeno en fut nommé 
professeur. Il remplit ses fonctions jusqn*è l'é- 
poque de la suppression des Jésuites : alors il 
passa en Italie, et sVtablit à Rome. La variété 
de j<es connaissances ne tarda point à le lier avec 
tons les savants italiens, et plusieurs sociétés lit- 
téraires de l'Italie s*empressèrent de Padmettra 
dans leur sein. Il était connu dans celle d«a Xr- 
c(xdienM sons le nom à* AristodemoMegarM.U 
est morte Rome, en 1798, à Page de soixante-cix 
ans. Les ouvrages relatifs à la musique qu*il a pu- 
bliéssont : i* DeWorigine délia musica, coUa 
storiadelsuo progressa, decadenza, e rétiov€h' 
Uone, Rome, 1774, 10-4"*. Il y attaque, avec 
raison, Ramean et tous ceux qui cherchent dans 
de prétendus calculs mathématiques les baaea 
d*un art dont le bot est d'émouvoir. Joe- 
quelle, tout est bien ; mais il pousse son sya** 
tème jusqu'à proscrire la science des combi- 
naisons harmoniques^ du contrepoint, et vent 
y substituer la prosodie exacte dans le chant, 
comme un moyen d^eflet pins certain et plus oni- 



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EXMENO ~ EYBLER 



167 



yersel : errenr commiine à presque tous les geos 
de lettres. Les Italiens ont dit du livre d'Eximeno : 
Bizzarro romamo di musical con cui v%mI 
distrvggeresenza poter poi ri fabbricare {voy, 
BlogiitaUofU, t. VIII). - 7^ Dubbio di D. 
Antonio Eximeno sopra il Saggio fondamen' 
taie praiico di contrappwUo del. S, Padre 
Martini. Rome» 1775, bi-4*. Le P. Martini avait 
attaqué le système d'Eximenodans son Essai sur 
le contrepoint fugué; mais en prenant pour base 
de son ouvrage la tonalité du plain-€hant» dont 
Tanaiogie avec la musique moderne n*est pas facile 
à saisir, pour quiconque n*est point initié dans 
Tart, ce savant musicien [frétait des armes à son 
adversaire, qui sut s'en servir habilement. Le 
douté quMIse proprpsede résoudre (dll-il, dans 
sa pi^face) est de savoir si le P. Martini a publié 
son ouvrage comme un contre^poison du sien, 
ou comme un témoignage en sa faveur. C'est 
sous cette forme piquante quil combat eft faveur 
de son opinion. On peut voir une analyse sé- 
vère de cet ouvrage dans les Efemeridi di 
Roma, vol. IV. p. 321. Le même journal avait 
rendu compte du premier livre de D. Eximeno, 
et lui avait été peu favorable^ dans ses numéros 
des 19 et 26 mars, 2 et 9 avril 1774; Eximeno 
publia, en réponse à ces articles, quatre opuscules 
qui forment 42 pages in-4*. sans nom de lieu ni 
d'imprimeur, et qui ont pour titres : Rispaste 
al giudizio délie Efemeridi lelterarie di 
Homa sopra V opéra di D} Antonia Eximeno 
drca Vorigine e le regole délia mnsiea. Ces 
pièces sont devenues fort rares. Les contempo- 
rains d^Eximeno n'ont pas rendu justice au mé- 
rite de cet écrivain; s*il est vrai que ses con-' 
naissances dans la Uiéorie et dans l'histoire de la 
musique manquent de profondeur, il n'est pas 
moins certain qu'il se montre partout homme 
de sens', et que ses aperçus sont souvent lumi- 
neux. François-Antoine Gutierez, chapelain du 
roi d'Espagne Charles IV, et maître de chapelle 
des religieuses de rincamation à Madrid, a tra- 
duit en espagnol les traités de musique d'Exi- 
meno, sous les titres suivants : 1® Del origen y 
reglas de la musica, con la historia de su pro- 
gresso, decadencia y restauracion, Madrid, 
1796, 3 vol. in-8^ —2^ Duda de D Antonio Exi- 
yneno sobre el ensayo fundamental practico 
del M. R. P. M. Fr. JuanBaatUta Marlini, 
ibid., 1797, in-8*. 

EXNER (GcsTAVB-HEiinAnii), né le 28 oc- 
tobre 1815, à Berbisdorf, près de Hirscbberig,en 
Sllésie, commença ses études musicales sous la 
direction de soa père, qui était cantor dans 
ce lieu. Ses progrès furent si rapides, qu'à l'âge 
^ sept ans il accompagnait déjà sur l'orgue les 



chanta du livre choral dont l'usage était liabituel 
dans le service. Plus tard il apprit le chant, 
l'orgue, le piano et l'harmonie à Jauer, Hirsch- 
berg et Buttxiau. En 1841, il fut nommé organiste 
de l'église paroissiale de Goldberg : Il occupa cette 
position jusqu'en 1845. Dans cet intervalle, il eut 
la direction de l'Union musicale et de l'Uniou 
chorale de cette ville, qui donnèrent neuf concerts 
publics dans un but de bienfaisance. En 1845, Ex- 
ner quitta sa place de Goldberg pour celle d'or- 
ganiste de l'église évangéiique de la Trinité à 
Sagan, à laquelle fut réunie celle de professeur 
de l'école die la ville et de la principauté, en 1 846. 
A la même époque il y fonda la société phil- 
harmonique de chant, dont il eut hi direction. 
Il fut aussi chargé de diriger l'Union chorale 
de la même ville. Exner a fait connaître son 
talent d'oiiganiste au grand festival de Liegnitz 
en 1840, par l'exécution d'un prélude ^t d'une 
fugue de Bacli. Exner a composé beaucoup de 
chafats pour un chœur d'iiommes à quatre voix, 
avec^etsans accompagnement d'orchestre , de 
différents genres, des motets, et des chœurs 
faciles pou.** l'église avec un petit orchestre, à 
l'usage des 'êtes principales de l'année. On a 
aussi de lui un livre choral pour la ville et la 
principauté de Sagan. 

EYBLER (Joseph n'), maître de cbapeUe 
de l'empereur d'Autriche, est né le 8 février 1764, 
dans le petit bourg de Scbwocbut, à quelques 
lieues de Vienne. Son père, instituteur et régent 
du chœur, lui donna les premières leçons de 
musique. Un amateur instruit, nommé Seitzer, 
ayant eu l'occasion d'entendre Eybler exécuter 
un concerto de piano à l'âge de dix ans, de- 
vina l'avenir de cet enfant et le prit sous sa pro- 
tection. Il le fit entrer d'abord au séminaire 
de musique, à Vienne , où il fit un cours d'é- 
tudes littéraires et reçut des l^ns de chant, 
de violon et d'harmonie; puis il le plaça sous 
la direction d'Albrechtsberger, pour apprendre 
la composition. Eybler reçut les leçons de ce 
maître pendant trois ans (1777 à 1779), et lit 
de grands progrès dans l'art d'écrire. Le sémi- 
naire de musique ayant été supprimé en 1782, 
Eybler se trouva, ainsi que- ses condisciples, 
abondonné à lui-même, et obligé de pourvoir à 
ses besoins. D'abord il reçut de son père quel- 
ques secours pour suivre les cours de droit; 
mais un incendie ayant anéanti les ressources 
de sa famille, il dut renoncer à l'espoir de con- 
tinuer ses études pour obtenir un emploi civil, 
et n'eut plus de ressource que la musique. Il 
se'mit à donner des leçons pour vivre, et com- 
mença ses premiers essais de composition , 
heureux de recevoir les conseils de Joseph Haydn, 



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168 



ETBLER 



<iu{ était Vf& d*iine ancienne amitié avec son père. 
Ce fut aussi vers oe temps qu*U fit ia connais- 
sance de Mozart, qui était alors occupé des ré- 
pétitions de son opéra de Casi fan twtte. Ce 
grand artiste se serrit d^Eybler pour diriger 
au piano ses répétitions pendant qu'il actijerait 
d'écrire sa partition. L'amitié qui les-nnit dès lors 
ne se démentit jamais, et Eybler reçut les der- 
niers soupirs dé l'illustre compositeur. 

En 1792, Eybler concourut pour la place de 
directeur du clioeur à Téglise des Carmélites et 
l'obtint; l'année suivante il eut aussi celle du 
couvent écossais. Ses messes ne tardèrent pas 
à fixer sur lui l'attention publique; elle» lui 
procurèrent la protection de Timpératrice, qui, 
frappée du mérite de leur auteur, Tattaclia à 
la famille impériale, et l'employa dans les 
concerts et dans les représentations dramatiques 
qui étsient donnés aux ch&teauxde LaXenbourg 
et de Hezzendorf. Ce fut k la demande de cette 
princesse qu'il écrivit sa messe de ReqvUem , 
considérée en Allemagne comme un œuvre de 
premier ordre. En 1801, Eybler fut choisi comme 
professeur de mu«que des archiducs et archidu- 
chesses. En 1804, on lui confia la r> ace de vice- 
maître de chapelle de la cour. Sur Tinvitation 
de l'empereur, il écrivit le grand oratorio « Die 
vier letzten Dkige, » qui fut exécuté en 1810, 
dans une fête de la cour, et qui valut à son au- 
teur les félicitations du monarque, devant toute 
la noblesse invitée à cette solennité. Après la 
mort de Salieri, Eybler lui succéda dans la place 
de maître de la chapelle inlpériale, et depuis 
cette époque jusqu'en 1833, il en remplit les fonc- 
tions; mais le 23 février de cette année il fut 
frappé d'une atteinte d'apoplexie en dirigeant 
l'exécution du Requiem de Mozart. Cet accident 
n'eut pas de suites f&cheuses ; cependant l'em- 
pereur Ta dispensé depuis ce temps de son 
service à la cour, et son médecin lui a interdit 
le travail de x^binet. L'empereur régnant lui 
a donné une résidence d'été au ch&teau de 
Sclioenbrun, et, par son testament, l'empereur 
François lui a accordé des lettres de noblesse 
héréditaire. Eybler a cessé de vivre le 24 juil- 
et 1846, à l'Age de quatre-vingt-un ans et cinq 
mois. 

Parmi les composition^ d'Eybler, on compte 
trente^eux messes, presque toutes solennelles, 
avec orchestre : la première a été écrite en 1 78 1 , la 
seconde, seizeans plostard ; la dernière, en 1837. 
De ces messes, on a publié celles dont voici les ti- 
tres : 1 *^ Messe n® 1 , en mi bémol, pour le couronne- 
ment de l'impératrice Caroline , comme reine de 
Hongrie, à quatre voix, orchestre et orgue; Vienne, 
Uaslinger. — 2^" Messe n*" 2 ( en ut ), (ie Sanclo 



Mauritio, à 4 Toix, orchestre et orgue, ibid. 

— 3^ Messe n^ 3 ( en ré), de Sanciù Leopoldo, 
à 4 Toix, orchestre et orgue ; ibid. — 4^ Meaae 
n^ 4 (en ut), de Sando Ludovico, idem ; ibid. 
— - 5** Messe n^ 5 (en fa), de Sando Rudolpko, 
idem ; ibid. — 6^ Messe n** 6 ( en fa ), de Sando 
Rainero, à 4 voix et orchestre; ibid. — 7^ Messe 
n^ 7 (en ut), pour le couronnement de l'empe- 
reur Ferdinand comme roi de Hoogrie ; ibid. — 
8"* Messe de Requiem (en ut mineur ), è 4 vois, 
orchestre et orgue ; ibid. — o* Sept Te Deum avec 
ordiestre; j'ignore s'il en a été publié quelques- 
uns. iVois de ces Te Deum sont écriU à 8 voix 
en deux cliœurs; ^ 10^ Trente offerioires; on a 
publié les suivante : Domine, si observaveris, 
pour soprano solo, choeur, orchestre et orgue ; 
ibid.— 11* Si consistant adversum me, à 4 
voix et orchestre; ibid. — 12* Reges Tharsis, à 
quatre voix, orchestre et orgue, n* 3; Ibid. -» 
13* Tui sunt aceU d tua est terra, à 4 voix 
et orchestre, n* 4 ; ibid. — 14* Jubilate Deo, à 
4 voix et orchestre n* 5, ibid. » 15* Timebunt 
génies (en ut), idem; n* 6, Ibid. — 16*3fa^7Mz 
d mirabUia, idem ; n* 7 ibid. Trente-quatre 
graduek pour cliœur de quatre voix, orchestre 
et orgue; on n'en a publié que ceux-ci. — 
17* Tua est potentia, n* 1 ; Vienne, Haslinger. 

— 18* Sperate in Dec, n* 2; ibid. — 19* Om- 
nés de Saba ventunt, n* 3; ibid. — 20* Dies 
sancU/icatus illusU nobis, n* 4 ; ibid. _ 21* Be- 
nedicam Dominum, n* 5 ; ibid. — 22* ZVo» in 
muUitudine, n* 6 ; ibid^ — 23* Domine Deus, 
n* 7; ibid. Les autres compositions d'Eybler 
pour l'église sont : — 24* Un Tantum ergo à 
quatre voix et orchestre. — 25* Une messe à 
8 voix en deux choeurs, avec graduel et ofTer- 
toire. — 26* Une Litanie à quatre Toix et orgue. 

— 27* Un Dies irx à 8 voix.— 28* Un Libéra 
à 4 voix et orgue. — 29* Deux Veni Sonde Spi- 
ritus. — 30* Trois hymnes de vêpres à 4 Toix 
et orcliestre. — 31 * Deux Salve Regina. ^ 32* Un 
Aima Redemptoris. <— 33* Un Ave regina cœ- 
lorum. — 34* Les quatre fins de rhomme, 
grand oratorio. -~ 35* Les Bergers à la crèche 
de VSnfant Jésus, idem ( composé en 1794 ). 
Parmi les autres compositions vocales du même 
artiste on remarque : — 36* Un opéra ( VÊpée 
enchantée) représenté au théâtre de Leopoldr 
stadt. — 37* La Mère des Gracques, panto- 
mime sérieuse. — 38* Deux cantates 4ivec or- 
chestre. — 39* Quatre scènes italiennes. — 
40* Plusieurs recueils de chansons à voix seuhe 
avec ace. de piano ; Augsbourg, Gombart, et 
Leipsitk. — 41* Beaucoup d'autres chante et 
canons à plusieurs voix. Les ouvrages de ni» 
sique instrumentale d'Eybler se composent de 



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EYBLER— EYMAR 



f69 



dea^ symphonies pour Forehestre; six quatiAirs 
pour deux violons, alto et violoncelle; trois duos 
pour violon et violoncelle, op. 4* (Vienne, 
Diabelli); deux concertos; sept sonates pour 
piano; et beaucoup de danses de tout genre. 

EYREN (JsAif-ALBERT Van), né le 29 avril 
1823 à Amersfoort^ en Hollande, reçut les pre- 
mières instructfons dans la musique de son p^ 
Gérard Van £yken, organiste dans cette ville. 
Dans les années 1845 et 1846 il alla continuer 
ses études au Conservatoire de Leipsick; pois, 
diaprés le conseil de Mendelsohn, il alla complé- 
ter son éducation d'organiste chez Jean Schnei- 
der, à Dresde. De retour dans sa patrie» il donna, 
en 1847, des concerts d'oiigue dans les villes les 
plus importantes. En 1848 il obtînt la place d'or- 
ganiste de régltse des Remontrants, à Amster- 
dam, et en 1853 il accepta la place de professeur 
d*orgue à Técole de musique de Rotterdam. Il 
n'occupa cette position que pendant une année^ 
car il se rendit à Elberfeld, en 1854, en qua- 
lilé d'organiste dé Péglise réformée. Il vit en ce 
moment (1860) dans cette ville. Van Eyken s'est 
fait connaître comme compositeur par des so^ 
nates pour l'orgue, des préludes de chorals, des 
chorals variés pour l'orgue, les 150 psaumes- de 
la congrégation réformée pour chœur et orgue, 
avec des préludes, des versets et des finals, des 
Lieder avec piano, des pièces pour cet instru- 
ment, des hymnes pour un chœur d'hommes 
avec des instruments de cuivire, etc. Il a écrit 
aussi, pour la société néerlandaise institoée pour 
l'enconrageuent de la musique, un quatuor pour 
piano, violon, alto et violoncelle, deux belles so- 
nates d'orgue, la musique du drame hollandais 
intitulé Xicci/îer, des chants pour quatre voix 
dliommes, et une sonate pour piano et violon, 
auxquels des prix ont été décernés. 

EYKEN (GâiABD-lsÀAC Van), frère du pré- 
cédent, est né à Amersfoort, le 5 mai 1832. Il a 
reçu de son père les premières leçons de mu- 
sique, puis est allé continuer ses études au Con- 
servatoire de Leipsick, pendant les années 1851 
À 1853, et a reçu, comme son frère^ des leçons 
d'orgue de Schneider, à Dresde. Il est mainte- 
nant (1860) fixé à Utrecht^ comme professeur 
de piano. On a publié de sa composition des 
chants hollandais pour voix seule et piano, deux 
sonatines pour cet instrument, et une sonate pour 
piano et violon. . 

EYRENS ( Jian-Simon), compositeur et pro- 
fesseur de musique à Anvers, est né dans cette 
▼ille, le 13 octobre 1812. Ravets, organiste de ré- 
alise des Aogustms, fut son premier maître de 
musique et de piano. Après la mort de ce pro- 
fesseur, Eykens se rendit à Uége et entra comme 



élève au Conservatoire, où il reçut des leçons de 
j piano de M. Jalhean et suivit le cours d'harmo- 
nie de M. Daussoigne-Méhul. Il n'était âgé que 
detlix-sept ans lorsqu'il fit son premier essai de 
musique dramatique dans une opérelta en un acte, 
intitulée /« Départ de Grétry, qui fut représentée 
sur le théâtre de Liège, en 1829. De retour à 
Anvers, en 1831 , il s'y livra à l'enseignement 
du solfège et du piano. Quelques romances, et 
de légères compositions pour le piano, le firent 
bientôt connaître. En 1836, il fit représenter au 
théâtre de cette ville U Bandit^ opéra en deux 
actes, qui obtint du succès, et dans l'année sui- 
vante il y donna /a Clé du jardin, en un acte. 
Une cantate, avec orchestre, qu'il écrivit sur un 
poème de Bogaerts, pour rinauguration de la 
statue de Rubens, fut exécutée au festival 
donnée cette occasion, le 16 août 184Q. En 
1843, il devint directeur de la Réunion lyrique 
anversoise, et cinq ans plus tard il fut nommé 
président de la réunion des sociétés lyriques et 
en. fut un des chefs-d'orcliestre. Il est aussi 
membre*de la Société royale des sciences d'An- 
vers, et de la Société d'émulation de Liège. 
M» Eykens est auteur de plusieurs messes et 
d'antres compositions de musique rellgiense qui 
ont été exécutées dans les églises d'Anvers et 
sont restées en manuscrit. On lui doit aussi un 
grand nombre de chants en chœur, pour des 
voix d'hommes, avec ou sans orchestre, parmi 
lesquels on remarque Flandre-au-IAon, le VaU 
ton, le Départ du pécheur, les Napolitains, 
le Retour de mai, et la Madone des champs 
( ces deux derniers morceaux ont été publiés à 
Anvers, chez Possoz frères ). Quelques livraisons 
d'un Répertoire de musique religieuse ont été 
publiés par le même artiste, à Bruxelles , chez 
Scliott, en 1848. On a aussi de lui pour le piano 
des fantaisies sur Robert-leDiable, Lucia di 
Lammermoor, les Martyrs, la romance de 
Guido e Ginevra, V Ambassadrice, eto^ : des 
thèmes variés pour le même instrument; des 
albums de romances et des romances détachéei» 
etc. ! tous ces ouvrages ont éfé publiés à Paris, 
à Bruxelles chez Schott, et à Anvers. 

EYMAR (Angb-Marib, comte d*), né eu 
1740 à Forcalquier (Basses-Alpes), fut député de 
la noblesse aux états-généraux pour le bailliage 
de cette ville, en 1789, adopta les principes de 
la première révolution française, fut nommé 
ambassadeur en Piémont, puis préfet du dépar- 
tement du Léman , et mourut dans ce poste, le 
11 janvier 1803. Il était associé honoraire de TA- 
thénée de Lyon, et de la Société des sciences el 
arts de Grenoble. Enthousiaste amateur des 
sciences et des arts, il s'était lié d'une vive aml- 



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170 



EYMAU — EYTELWEIN 



tié avec VIotti, et avait recueilli sur le talent, les 
opinioas et la vie de oe grand artiste , dea anec- 
dotes qu'il piibliii en Tan ti (1798) dans la Décade 
philosophique* Cr^ mêmes anecdotes, augmen* 
tées de quelques aperçus assez superficiels d'Ey- 
mar, fbrent réimprimées sous ce titre : Anecdotes 
sur Viotfi , précédées de quelques réflexions 
sur Vexpression de la musique^ Milan, sans 
date (1801) • in-S% et non in-12, comme on ledit 



dans la plupart des recueils biographiques et bi* 
bllographiques. 

EYTËLWEllV (Htmi), compositeur alle- 
mand, vécut au oommencement du seizième 
siècle. On trouve quelques pfèces de sa compo- 
sition dans un recueil de chansons mondaines à 
4 voix imprimé en 1548, sans nom de lieu, et 
^opt un exemplaire existe dans m bibUothèque 
de Zwickau. 



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F.4A (Horace), gentilhomme né à Casale 
di MonferratOy dans la première moitié du 
seizième siècle, est connu par les ouvrages de 
sa composition intitulés : \^ Salmi di David 
profeta, eon tre Magnificat ed altri eomponi- 
menti a 5, e 8 voci, dal signor, etc. ; dati 
in îuce da M. Ôio. Jndrea Boita, canonico 
B Maestro di Capella di detta città. Venise, 
chez les fils de Gardano^ 1575, in-4<^ ; ^ Salmi 
di David profeta con 3 Magnificat a 5 voct. 
Brescia, Tom. Bozzola, lo^7, in-4<'. 

FABER (NicoLou Nicolas), le plus ancien 
facteur d^orgues allemand dont le nom est 
connu aujourd'hui, éUît prêtre. En 1359, il 
construisit un grand orgue dans la cathédrale 
d'Halberstadt, et le termina en 1361. Prœto- 
rius en a donné la description dans la troi- 
sième partie du tome second de son Syntagma 
muitcum, et a rapporté Tinscription qui s'y 
trouvait encore de son temps; en voici la tra- 
duction : « L*an du Seigneur 1361, la veille de 
a Saint-Mathieu, cet ouvrage a été achevé par 
« les mains de Nicolas Faber, prêtre. L'an 
« 1495, il a été restauré par les mains de Gré- 
> goire Kleng. » Cet oi^e avait deui da- 
viers à la main, de l'étendue de trois octaves et 
demie, appelés claviers de dtscant (déchant), 
un clavier destiné à être joué avec les genoux, 
et un clavier de pédales. Il était alimenté par 
vingt soufflets. L'elFet de sa sonorité était exces- 
sivement dur, i>arce que les mixtures (appelées 
en français fourniture et cymbale) y domi- 
naient, pour faire entendre la diaphonie, c'est- 
à-dire les harmonies complètes et redoublées 
de quintes et d'octaves sur chaque note, sui- 
vant le système barbare encore en usage vers le 
milieu du quatorzième siècle, dans les églises, 
et parce que l'étrange harmonie de ces jeux 
n'était pas adoucie et en quelque sorte absor- 
bée par un nombre suffisant de prestants, de 
flûtes, de bourdons et de principal ou montre. 
Toutefois, l'orgue d'Halberstadt est un monu- 
ment historique de grand intérêt, parce qu'il 
nous fournit des renseignementa certains sur 
le système de construction des grands instru- 
ments de cette espèce, tel qu'il était cinq cents 
ans avant l'époque actuelle. 

FABER (Jac^^ues), surnommé STAPU- 
LEPISIS. Foy. Fbbvrb (Jacques LE)d'ÉtapIe8. 



FABER (Pierre), dont le nom français 
doit être Dufour, naquit au bourg de Sanjore 
vers 1540. Il fût conseiller du roi, puis prési- 
dent du parlement de Toulouse, et mourut le 
20 mai 1600. On a de lui un ouvrage intitulé : 
Agonosticon, sive de re athletica, ludisque 
veterum gymnicis, musicis, atque circensi- 
bus, Lyon, 1593, in-4^. Gronovius a inséré ce 
traité dans son Trésor des Antiquités, t. VIII, 
n* III. 

FABER (Nicolas), né vers la fin du quin- 
zième siècle à Botzen, d'où lui est venu le nom 
de Bolzanus, a écrit un petit traité de musique 
à l'usage des écoles publiques, sous le titre de 
Rudimenta Musicœ^ Augsbourg, 1516, in-8<». 

FABER (GRâfiOiRE), né à Lutzen, fut pro- 
fesseur ordinaire de musique à l'Académie de 
Tubinge, vers le milieu du seizième siècle. Il 
a fait imprimer un traité élémentaire de musi- 
que, sous ce titre : Jnstitutiones musical, sive 
musices practicss Erotematum Lih. JJ, Bâle, 
1552 et 1553, in-S», 230 pages. Ce qui rend 
cet ouvrago intéressant, ce sont quelques mor- 
ceaux composés par Josquin Beprès, Antoine 
Brumel et' Okeghem, que Faber donne pour 
exemples. Je connais plusieurs exemplaires 
de l'ouvrage de Grégoire Faber ; ils sont tous 
de l'édition de 1553, et le titre n'indique point 
une réimpression ; cependant l'épltre dédica- 
toire est datée du mois de juillet 1552; il se 
peut donc que l'édition de 1552, indiquée par 
Forkel, Gerber et Lichtenthal, soit réelle. 

FABER (Henri), né à Lichtenfels, dans le 
Voigtland, fut, à ce qu'il parait, maître d'école 
à Naumbourg, vers le milieu du seizième 
siècle ; il occupait cette place lorsqu'il publia 
l'ouvrage suivant : Ad Musicam praticam 
introductio, non modo prspcepta, sed exem- 
pla quoque ad usum puerorum accommo- 
data, quam brevissime continens, Nurem- 
berg, 1550, Jean Montanus et Ulrich Neuber, 
in-4<'. Le volume contient 95 feuillets chifl'rés 
d'un seul côté. L'épltre dédicatoire, au magis- 
trat de Naumbourg, est datée de l'année 1549. 
Il y a des éditions de cet ouvrage datées de 
Leipsick, 1558, et de Tubinge, 1571, in-4«. Il y 
a aussi une édition de Mulhausen, 1571, in-4<>, 
dont un exemplaire est à la bibliothèque royale 
de Berlin. La dernière porte la date de Mul- 



171 



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172 



FABER 



haûsen, 160S, ln-4'». Gesner {In Epitom. Bi- 
blioth.f p. 327) cite une édition du même ou- 
vrage, avec rindication de Mulbausen, 1508; 
mais c^est évidemment une faute ^pogra- 
phique. Il ne faut pas confondre cet auteur 
avec le suivant. 

FABER (HERai) fut d^abord magister et 
recteur à Brunswick vers 1548. En 1551, on le 
trouve à Witlemberg, exerçant la profession 
de maître de musique \ enfin il passa à Qued- 
linbourg,. en qualité de recteur du ^collège, et 
mourut de la pesté dans cette ville, le 27 août 
1598. Wallher (Mu$ik, Zex.), Forkel (Allgem, 
Zitter. der Musik), et Gerber {Nettes Biogr, 
Lex, der Tonkunst.) disent que Faber n'était 
âgé que de 55 ans lorsqu'il mourut ; mais cela 
ne se peut, car il n'aurait eu que cinq ans à 
répoque de la publication de son Compendio- 
lum, dont voici le titre : Compendiolum Mih- 
sicm pro incipientilms, conscriptum ac nunc 
denuo, cum additione alterius compendioli, 
recognitum, Brunswick, 1548, in-8^. Dans 
une note intéressante, fournie par M. Antoine 
Schmid (voy. Schmid) à M. Cbarles-Ferdinand 
Becker, pour le supplément de son Tableau 
systématique et chronologique de la littérature 
musicale {SystenKitisch-chronologische Dar- 
stellung, etc.), p. 68, ce savant a entrepris de 
démontrer ridentité des deux Henri Faber aux- 
quels se rapportent l'article précédent etcelui-ci, 
contre l'opinion de tous les biographes. D'une 
part, il trouve, dans la description du monastère 
des Bénédictins de Saint-George8,près de Naum- 
bourg sur la Saale, par Schamelius, et dans le 
Numhurgum Hteratum du même, qu'un Henri 
Faber existait dans cette ville en 1538 ; puis, et 
c'est li son argument principal, M. Schmid dit 
que la souscription de la première édition du 
Compendiolum, imprimée à Brunswick, est 
ainsi conçue : ffenricut Faber, magister et 
mattre d' école, auparavant attaché au cha- 
pitre de Naumbourg. Le savant bibliothécaire 
pense que le monastère de Saint-Georges ayant 
été dévasté par les Espagnols, après la bataille 
de Mulhausen, en 1547, Faber s'est retiré pen- 
dant un temps assez court à Brunswick, et 
qu*il y a publié le Compendiolum tn 1548; 
puis que, de retour à Naumbourg, en 1549, il 
y a composé l'autre ouvrage, objet de l'article 
précédent. Quelque vraisemblance qu'il y ait 
dans ces conjectures, on ne peut expliquer ce 
qui aurait porté Henri Faber à faire, à une an- 
née de distance, deux ouvrages élémentaires, 
différents de forme, sur les principes de la mu- 
sique. Quoi qu'il en soit, les éditions du Comr 
p9ndiolum se sont multipliées et ont été pu- 



bliées à Leipsick, 1552, in.8«; Leipsick, 1556, 
in-8o; Nuremberg, 1561, in-8<»; Nurembei^, 
1564, in-8'» j Francforl-sur-l'Oder, 1585, in-««; 
Nuremberg, 1604, in-8»; Francfort, 1617, 
in-8<>. Il y a deux traductions allemandes de 
l'ouvrage de Faber; la première par Christo- 
phe Rid (voyez ce nom), dont la première 
édition a paru sous le titre de Musica, kurtzer 
inhalt der Singkunst, aws M. Henri Fahri 
laleinischen Compendio Musices von Wort 
zu Wort fiir angehende Lehrjungen, in ge- 
ring verstxndig Teutsch gebracht, Nurem- 
berg, 1572, in-4<^. Les éditions suivantes de 
cette traduction sont de Nuremberg, 1591, 
in-8» ; Magdebourg, 1593 ; Nuremberg, 1594 ; 
et Strasbourg, 1596. La seconde traduction, 
qui est de Jean Gothart, a été publiée sous ce 
titre : M%uica, kurtze JnUitung der Sing- 
kunst M. ffeinrici Fahri, durch Johann Got- 
hart verteuscht,-und ereUert, Leipsick, 1605J 
in-8% ibid., 1608, in-8«; Erfurt, 1609, in-8». 
Melchior Vulpius , cantor à Weimar (voyez 
Fulpius\ a donné à Jena,'en 1610, une édi- 
tion du même ouvrage en latin et en allemand, 
à laquelle il a ajouté un petit traité des modes, 
le tout sous le titre de Jlfusica eompendium 
latino germanicum M, ffeinrici Fabri .• pro 
tyronibus hujus artis ad majorem diseen^ 
tium commoditatem tiliquantulum variatum 
ae dispositum, eum facili brevique de modis 
traetatu. Septimw huie editioni correctiori 
accessit doctrina \^ de intervaXlis; 2<* de ter- 
minis italicis, apud musicos recentiores «si- 
tatissimis, ex syntagmate M%uieo Michaek 
Prmtorii excerptis. Il y en a aussi des édi- 
tions de Leipsick, 1614, in-8«; de Halle, 1620; 
de Leipsick, 1624, in-S^; de Jena, 1636, in-8*, 
et d'Erfurt, 1665, in-8«. Enfin, Adam Gum- 
peltzhaimer a publié à Augsbourg, en 1618, 
une édition de la traduction de Rid, enrichie 
d'exemples et de préceptes, sous ce titre : Corn- 
pendium ffenr, Fabri in vemaeulum sermo- 
nem conversum à M, Christ. Rhid, et prM- 
ceptis ae exemplis auetum, studio Adami 
Gumpeltzhaimer, On a copié cette édition dans 
une autre datée de Jena, 1653, in-8*. L'ou- 
vrage de Faber, si souvent réimprimé, n'a 
d'autre mérite que celui de la brièveté et de 
la clarté. 

FABER (BeroIt), compositeur, né à Hild- 
burghausen vers la fin du seizième siècle, hit 
attaché au service du prince de Saxe-Cobourg. 
Il a j)ublié les ouvrages suivants : 1« Jhr 148 
Psalm, lateinisch, fiir 8 Stimmen (Le 148« 
Psaume à 8 voix); Cobourg, 1602, in-folio; 
2« Sacrœ eantiones 4, 9, 6, 7 et 8 vocibus 



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FABER - FABRl 



173 



coneinenâét, Cobonrg, Q^nri Birnstill, 1605, 
in-4*j 5» Gratulatio musica ex primo capite 
eant. canticorum quints vocibus compoiita^ 
ibid., 1607, 4*} 4» Canticum sex voeihus in 
festivitattm nuptiarum, ibid., 1607, in-4»j 
S» Der 51 Psalm : Miserere mei Deus, 8 tjoc, 
Cobourg, 1608, in-folio; 6» Adhortatio prima 
Christiad genus humanum directa, musicis 
numeris quintarum vocum condecorata, Co- 
bourg, 1609, in-4o; 7<» Cantio nuptialis ex 
psalmo Davidis 59 desumpta,^ sex vocum, 
ibid., 1609, iQ-4«; 8« Cantiones sacrée, 4-8 
foc, Coboarg, 1610; 9« Triumpkus Musica- 
lis in victoriam resurrectionis Christi, 7 vo- 
cibus compositus, Gobonrg, 1611, in-4«; 

10 Zwei nevoe Hochzeit Gesdnge mit 5 stim- 
men (Deux nouveaux chants de noces à 5 TOix), 
Cobourg, Hauck (s. d.), in-4o; 11*» Gratula- 
torium musicale 6 vocum, Cobourg, 1631, 
in-4*. 

FABER (Jean-Adah-Joseph), musicien de 
Téglise Notre-Dame d* Anvers, était fort jeune 
quand il composa, en 1730, une messe à huit 
voix, deux violons, un hautbois, un violon- 
celle et deux basses continues, la première 
pour orgue, Tautre pour contrebasse. Il dit, 
dans la dédicace de son œuvre aux chanoines 
de la collégiale, . quMl n*avait pas de barbe 
quand il la composa. Plus tard, Faber fut or- 
donné prêtre et fait chanoine de la même 
église. Il y chantait encore au chœur en 1759. 

11 est aussi l*auteur d^une messe à cinq voix 
avec deux violons, alto, deux violoncelles, un 
hautbois, deux flûtes, une clarinette, contre- 
basse, clavecin et orgue, pour TAssomption : 
elle est datée du mois de juillet 17S6. Ces deux 
ouvrages sont en manuscrit dans les archives 
de Péglise Notre-Dame d'Anvers. 

FABRE (AiiDRé), né à Kiez, petite ville du 
département des Basses-Alpes, vers 1765, fut 
un bon professeur de piano et d'accompagne- 
ment, à Paris. Il « fait graver dans cette ville 
deux recueils de romances avec accompagne- 
ment de piano ou harpe; c'est aussi lui qui 
est l'auteur de l'air si connu : Ce mouchoir, 
belle Raimonde. On ignore l'époque de sa 
mort. 

FABRE-D'OLrVET (AiiToinE),îittéraleur 
et amateur de musique, naquit le 8 décembre 
1768, à Ganges, petite ville du département de 
THérault. A l'âge de douze ans, il vint à Paris 
pour s'y instruire dans le commercode soieries ; 
mais, entraîné par son goût pour les lettres et 
les arts, il quitta cette carrière. Il fut long- 
temps employé au ministère de la guerre, puis 
à celui de l'intérieur, et donna sa démission 



de cette dernière place pour ne pas être obligé 
de rédiger une pièce contraire à ses opinions. 
Comme musicien, Fabre-d'Olivet s'est fait con- 
naître par beaucoup de romances et un oeuvre 
de quatuors pour deux flûtes, alto et basse, 
gravé à Paris, en 1800. Précédemment, il avait 
composé : 1° Toulon soumis, fait historique, 
opéra ei^ un acte et en vers, joué à Paris en 1794 ; 
^LeSagedêVJndostan, drame philosophique 
en un acte et en vers, avec des chœurs en mu- 
sique, représenté à Paris, en 1796. Il a essayé 
de reproduire, en 1804, sous le nom de Mode 
hellénique, le prétendu Mode mixte de Blain- 
ville. Il lit exécuter, à l'occasion du sacre de 
Napoléon Bonaparte, un oratorio entièrement 
écrit dans ce modç ; les journaux de cettQ 
époque en ont rendu un compte avantageux, 
mais sans savoir de quoi il s'agissait. Fabre- 
d'Olivet est mort à Paris au mois d'avril 1825. 
Ce littérateur-musicien s'est particulièrement 
occupé de la langue hébraïque. Pour ses tra- 
vaux littéraires, on doit consulter les biogra- 
, phies générales. 

FABRI (ÉTiEîi!iE>,surnomméL'ANCIEPr, 
devint maître de chapelle du Vatican le 26 avril 
1599, et occupa cette place jusqu'à la fin de 
septembre 1601. Il parait qu'il se rendit en 
Allemagne vers ce temps et qu'il ne retourna, 
à Rome que vecs la fin de 1602. L'année sui- 
vante, il obtint la place de maître de chapelle 
de Saint- Jean de Latran, et la conserva jus- 
qu'en 1607, oii il eut pour successeur Curzia 
Mancini. On ignore s'il se retira, ou s'il mourut 
à cette époque. Les compositions connues de 
cet artiste ont pour titre : iP Duodecim modi 
musicales, tricinis sub duplici texte lat. ger- 
man. concinne expressi, Nuremberg, 1602, 
in-4» ; 2* Tricinia sacra Justa duodecim mo- 
dorum seriem concinnatay Nuremberg, 1607, 
in-4o. 

FABRI(ÉTiEifiiE), surnommé LE JEUrfE, 
maître de l'école romaine, né à Rome en 
1606, fut élève de Bernard Nanini. Kircher, 
son contemporain, nous apprend (Musurg^ 
Lib, 7, p. 614) qu'il était maître de chapelle 
à l'église Sainf'LouiS'deS' Français j à Rome, 
en 1648. Le 25 février 1657, il obtint la place 
de maître de chapelle de Sainle-Marie-Majeure; 
mais il ne la conserva pas longtemps, car it 
mourut le 27 août 1658, à l'âge de cinquante- 
deux ans. On a de ce compositeur des motets 
à 2, 3, 4 et 5 voix, publiés à Rome chez Fel, en 
1050. Après la mort de Fabrl, son beau-ft-èrc, 
Jèan-Baptiste Sani, fit imprimer un œuvre 
posthume de ce maître, sous le titre de : Salmx 
I concertati a cinque voci, Roma, Fei, 16C0, 



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171 



FABRI - FABRÏCIUS 



Une messe à 8 voix, composée pour U chapelle 
de Sainle-Harte-Majeure, et qui n*a point été 
publiée, se trouve en manuscrit dans la collée* 
Uon de Tabbé Santlni, à Rome. 

FABRI (HoRORi), jésuite, né vers 1607, 
dans le Bugey, au diocèse de Bellay, professa 
la philosophie à Lyon, dans le collège de la 
Trinité, et fut ensuite appelé à Rome, pour y 
remplir les fonctions de grand pénitentier. Il 
mourut dans cette ville le 9 mars 1G88. Dans 
le cinquième volume de sa Physica, seu rerum 
corporearum scientia (Paris et Lyon, 6 vol.), 
on trouve un chapitre où il est traité Dé vibra- 
tions Chordarum. 

FABRI (Ankibal-Pio), surnommé BA- 
LIIXO, naquit à Bologne en 1697. Il fut élève 
de Pistocchi, et Tun des meilleurs ténors de 
son temps. Plusieurs princes d*Ilalie et d'Al- 
lemagne lui firent des offres avantageuses pour 
ratta^heràleurservice.L'empereuf Charles VI, 
grand connaisseur en musique, avait beaucou*)) 
d'estime pour son talent. Appelé à Lisbonne 
j)our y être attaché à la chapelle royale, il y 
mourut le 12 août 1760. Il était aussi compo- 
siteur, et fut reçu en cette qualité à TAcadémie 
philharmovque de Bologne, en 1719. Il fût 
président ou prince de cette société en 1725, 
1729, 1743, 1747 et 1750. 

FABRIANO (SéBASTiEiv), moine camaU 
dule, né en Italie vers le milieu du seizième 
siècle, a publié Librum missarum quinis et 
senis vocibuSy Venise, 1595. 

FABRICE on FABRIZIO (Jérobb), cé- 
lèbre analomiste, est surnommé D'AQUA- 
PEI^DENTE, parce quMl naquit dans cette 
ville d'Italie, en 1537. Après avoir fait*de bril- 
lantes études à Padoue, sous la direction de 
l'illustre Fallope, il succéda à son maître 
comme professeur d'anatomie, après la mort 
de celui-ci, en 1565. En récompense de ses 
profonde^ connaissances et des services quil 
, rendait à la science, le sénat de Venise lui 
accorda un traitement considérable, des digni- 
tés et des privilèges, la préséance sur les pro- 
fesseurs de philosophie, le nomma citoyen de 
Padoue, lui érigea une statue, le décora du 
titre de chevalier de Saint-Marc, et, enfin, lui 
accorda le droit de désigner son successeur. 
Tant d'honneurs et de biens semblaient devoir 
assurer à Fabrice une heureuse vieillesse, 
mais l'envie lui suscita d'amers chagrins dans 
ses derniers jours, et l'on croit qu'il périt 
par le poison. Il mourut au milieu de violents 
vomissements, le 21 mai 1619, à l'âge de 
quatre-vingt-deux ans, laissant à sa nièce une 
fortune de deux cent mille ducats. Parmi les 



savants écrits de Fal^rice, on remarque celai 
qui a pour titre : De visione, voce, audituqtte, 
dont la première édition parut à Venise, in-fol., 
avec figures, en 1600. On en fit ensuite des 
éditions à Padoue, 1603, et à Francfort, en 
1605 et 1613. Cet ouvrage a été réimprimé 
dans les Opéra omnia anatomica et phyeio- 
logiea de Fabrice, imprimés à Leipsick, in- 
fol., avec figures, 1687, et dont il y a une fort 
belle et bonne édition publiée à Leyde, en 
1738, in-fol. Ce livre est le premier où il a été 
traité ex professo de l'appareil vocal et de son 
mécanisme : bien qu'il ait été fait postérieure- 
ment d'intéressantes découvertes concernant 
cet appareil, le travail du célèbre anatomiste 
jouit encore de L'estime de tous les physiolo* 
gistes. 

FABRlCI (Piebre), prêtre flbrentia du 
seizième siècle, est auteur d'un traité du 
plain-chant intitulé Regole generali di canto 
fermoj Rome, 1678, in-4'*. C'est la troisième 
édition. Je n'ai pu découvrir les dates des 
deux autres. 

FABRICI (Gabtau), maître de chapelle du 
duc de Guise, né en Italie vers 1530, obtint au 
concours du Puy de musique, à Évreux, en 1 577, 
le prix du cornet d'argent, pour la chanson 
française à plusieurs voix : C'est fnourir 
milû fois le jour, 

FABRÏCIUS (Gbobgbs), né à ChemniU, 
le 24 avril 1516, commença ses études dans sa 
ville natale, et les termjna à Freyberg et à 
Leipsick. Après avoir fait un voyage en Italie, 
il revint en Allemagne, où il fût nommé direc- 
teur du collège de Meissen. Il mourut dans 
cette ville, le 13 juillet 1571. On a de lui un 
Commentaire sur les anciennes poésies chré- 
tiennes, imprimé à BAle, en 1564, ïn-Â% dans 
lequel il donne l'explication de quelques termes 
de musique. Gesner {Biblioth. in £pit. red.) 
indique un ouvrage de sa composition intitulé : 
Disticha de quibtudam musicis, et septetn sa- 
pientibuSy Strasbourg, 1546. 

FABRÏCIUS (Aum), né en Styrie, dans 
le seixième siècle, a composé des motets qu'il a 
publiés sous le titre de Cantiones sacrof sex 
vocum, Grœtz, 1595. 

FABRÏCIUS (Bebrabd), organiste à Stras- 
bourg, dans la seconde moitié dn seizième siècle, 
a fait imprimer un recueil d'excellentes com- 
positions pour l'orgue et autres instruments, 
sous ce titre : Tabutaturx orgdnis et tnatru- 
mentis inservientes, Strasbourg, 1577. Ce re- 
cueil est devenu fort rare. Le style de Fabricius 
esttrès-orné et a beaucoup d'analogie avec ce- 
lui de Claude Merulo. 



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FABRICIUS 



175 



FABBICIUS (WBBHsa), habile organiste 
et directeur de musique à Téglise Saint-Paul 
de Leipsick, naquit à Itzehoe, dans le Holstein, 
le 10 ajril 1655. Son père, bon organiste à It- 
zehoe, et ensuite, à Fiensbourg, lui enseigna 
les éléments de la^ musique, et il acheva ses 
études dans cette science sous la direction du 
cantor Paul Hohtz. Ayant été envoyé au 
gymnase de Hambourg pour y faire des études 
littéraires, il profita de son s^our en cette ville 
peur prendre des leçons de composition de 
Thomas Sellius, directeur du chœur de Téglise 
Sainte-Catherine, et pour perfectionner son 
talent dans Fart de Jouer de Torgue, sous la 
direction du célèbre organiste Henri Scheid- 
mann. En 1650, il partit de Hambourg pour 
se rendre à Leipsick, où il termina ses études en 
philosophie, théologie et jurisprudence. Son 
grand talent, comme compositeur et comme 
exécutant, le fit choisir, en 1656, pour remplir 
la place d^organiste à Téglise de Saint-Thomas. 
Outre ses fonctions de musicien, il exerçait 
aussi celles de notaire. On a de lui les ouvrages 
suivants : 1» Delicim hartnonicm, consistant 
en soixante-cinq pavanes , allemandes , cou- 
rantes, etc., à cinq parties. Leipsick, 1657,in-4o,' 
S» Geiêtlich» Arien, Dialogen und Canderten, 
$o xu heiligung hoher Fest^Tctge mit 4-8 vo- 
calstimmen, nehsi allerhand Instrumenien 
(Airs spirituels, dialogues et concerts, pour les 
fêles solennelles, à quatre et huit voix, avec 
divers instruments) ; Z^ JJnierricht, trts men 
.ein neu Orgeltoerk, obi gut und bestwndig 
sey, nach allen StUcken in- und auiwendig 
examiniren, und so viel nueglieh, prohiren 
soll (Instruction sur la manière d*examiner un 
nouvel orgue,etc.), Francfort et Leipsick, 1756, 
in-8o de 87 pages. Walther cite aussi de cet 
auteur un Nanuduetio zum general-ha$s (Ha- 
nnel de basse continue), consistant en exemples 
bien écrits, publié en 1675. Fabricius est mort 
à Leipsick, le 9 janvier 1679. Jean Tbilo a fait 
imprimer dans la même année reloge de ce 
savant musicien, sous ce titre : Musiea Davi- 
dica, Zeiehenrede auf Wem, Fàbridus, ehori 
musici Director, neh$t dessen Lehenslauff, 
Leipsick, 1679, in-4<». 

FABRICIUS (Jea5-Albert), fils du pré- 
cédent, un des bibliographfs les plus savants 
et les plus féconds, naquit à Leipsick, le 11 no- 
vembre 1068. Après avoir commencé ses études 
sous son père, il les continua sous Wencesfas 
Buhl, sous J.-S. Herrichten, à Quedlimbourg, 
et enfin, à l*unlverslté de Leipsick. En 1686, il 
fut reçu bachelier en philosophie, et le 35 Jan- 
vier 1G88, maître en la même faculté. Il se 



rendit à Hambourg en 1695, où il devint bi- 
bliothécaire de J.-F. Mayer, avec qui il alla en 
Suède en 1696. De retour à Hambourg, il suc- 
céda en 1699 à Vincent Placcius, dans la chaire 
d^éloquence et de philosophie, et prit ensuite à 
Kiel le bonnet de docteur en théologie. Il mou- 
rut à Hambourg, le 50 avril 1756. Les ouvrages 
dans lesquels il a traité d*obJets relatifs à la 
lÉusique sont : 1<> PittM hamburgensis in 
ceUhratione soîemni jubilœi bis secularis Au- 
gustanM eonfessionis publicité siata, Ham- 
bourg, 1750, ln-4». On y trouve, sous le n<» 5 : 
JBfamburgisches Denkmal der Poésie xur Mu- 
sik u. s. 117. aufgefuhrt von G.-P, Telemann 
(Monument hambourgeois de la poésie et de la 
musique, etc., etc.); écrit relatif à la musique 
que Telemann avait composée pour ce jubilé, 
et dans lequel Fabricius cite les n<^s de plus 
de cent musiciens de son temps; 2« Thesaurtis 
antiquitatum Jffebraicarum , Hambourg, 
1715, 7 vol. in-4». On y trouve (tome VI, 
n« 50) la dissertation de Salomon van Till De 
musiea Hebrctorum^ traduite du hollandais en 
latin ; le n» 51 contient la dissertation de Zoega 
de Buccina Hebrœorum; 5» Bibliotheca la- 
tina medim et infime œtatis, Hambourg, 
1754-1744, 6 vol. ln-8», dont on a donné une 
seconde édition, à Padoue, 1754, 6 vol. in-4«», 
avec les suppléments de Christ. Schoettgenius. 
On y remarque (lib. H, p. 644) £lenchus bre- 
-vis scriptorum medii avi latinorum de mu- 
siea, eantuque eeeUsiastieo, Cette table con- 
tient les noms et Tindication des ouvrages de 
beaucoup d^auteurs du moyen âge, qui ont écrit 
sur la musique : il en est plusieurs dont les 
manuscrits existent dans les principales biblio- 
thèques de TEurope, qui n*ont point été insérés 
dans la collection' de Tabbé Gerbert, et qui au- 
raient dû Tétre; 4« Bibliotheea grœca sive 
notitia scriptorum veterum grœeorum, etc., 
Hambourg, 1705-1728, 14 vol. ln-4». Harlès en 
a donné une nouvelle édition, avec des correc- 
tions etdes additions considérables (Hambourg, 
1790-1812, 12 vol. in-4'>); mais ce travail n'a 
point été achevé. On y trouve (t. III, c. XII, 
p. 652) une indication analytique des auteurs' 
qui ont écrit sur la musique des Grecs, suivie 
du catalogue des auteurs grecs sur cet art, avec 
la notice des manuscrits de ces auteurs existants 
dans les principales bibliolhèques,etdeséditioDS 
on traductions qui en ont été publiées. Bien 
qu'incomplet et souvent inexact, ce travail est 
utile. 

FABRICIUS (M.-C.-F.), avocat, a fait in- 
sérer dans le n» 9 de la Gazette générale de 
[ musique de Leipsick (ann. 1832), comme sup- 



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FABRICIUS - FACIUS 



f>lément, un écrit qui a pour titre : Ueber die 
Tône und Tonarten unserer Musik (Sur les 
tons et la tonalité*de notre musique). Son prin- 
cipe de la formation de la gamme est la succes- 
sion de quintes qui avait servi de base au sys- 
tème de Pabbé Koussier, et, postérieurement^ à 
ceux de MM. Barbereau et comte Durulte. 
{Ployez ces noms.) 

FABRIZI (Yinc^RT), compositeur drama- 
tique, né à Naples vers 1765, a donné, sur di- 
vers théâtres de Tltalie, un assez graiid nombre 
d*opéras, parmi lesquels on remarque : X^IDue 
Castellani hurlati, en 1785, à Bologne ; 2o Za 
Sposa invisibile, en 1786, à Rome; S» Za 
Nécessita non ha legge, en 1786, à Dresde; 
4° Za Contessa di nova luna, en 1786, à 
Bologne ; 5» / Puntigli di gelosia, en 1786, 
à Florence ; 6« CM la fà Vaspetta, 1787, à 
Bologne; 7» Za Nobiltà viUana, 1787; 8« Gli 
jimanti trappolieri, 1787, à Naples; 9®// 
eaffè di Barcelonna, 1788, pour Barcelonne; 
10« Jl don Giovanni ossia il Convitato di 
pietra, 1788, à Fano; 11® Z'incontro per ac- 
cidente, 1788, à Naples; 12» Za Tempesta, 
ossia Da un disordine ne nasee un ordine, 
1788, à Rome ; 13» Jl Colombo, 1789; 14» Za 
Mogliecappriciosa, Milan, 1797. 

FARRIZZI ou FABRIZIO (Paul), de 
Kola, né vers 1813, fut élève du Conservatoire 
de Naples (collège musical de Saint-Sébastien), 
et en particulier de Zingarelli pour la compo- 
sition. En 1831, il fit jouer son premier opéra 
au théâtre Nuovo, sous le titre de Jl Giorno 
degli equivoci. Deux ans après, il donna, au 
petit théâtre de la Fenice, Topéra-bouffe la 
Fedova d'un vivo, dont la musique élégante 
6t légère fût remarquée. Ses autres ouvrages 
joués à Naples sont : la Caravana del Cairo, 
en 1835; Jl Conte di Saverna, eu 1837, plu- 
sieurs morceaux de cet opéra o(it été publiés 
chez Ricordi, à Milan, avec accompagnement 
de piano ; on y remarque un bon duo (Quale 
ardir) pour soprano et basse; Jl Portatore 
d*acqua, en 1841. M. Fabrizzi a fait aussi re- 
présenter à Spolette, en 1844, Zara o il Ca- 
valière verde. 

FABROI^II (Ange), célèbre biographe, na- 
quit le 7 septembre 1733, à Marradi, dans 
la partie de la Romagne qui appartenait à la 
Toscane. Au nombre de ses ouvrages est une 
collection d'éloges intitulée : Fitas Italorum 
doctrina excellentium qui sœculis -XFJI et 
XFIJI floruerunt, Pise 1778-1805, 20 vol. 
in -8». Dans le neuvième volume de cette édi- 
tion (p. 272 à 378), se trouve la vie de Bene- 
detto Marcello, Celte vie a été traduite en 



italien et publiée sous le titre de Fita di Se- 
nedetlo Marcello, patrizio, con Vaggiunta 
délie risposte aile censure del sig. Saverio 
Mattei, con Vindice deUe opère stampate e 
manoscritte, e alquante testimonianze in- 
torno aW insigne suo merito nella facoltà 
musicale. Venise, 1788, in-8». On a placé la 
traduction en tête de l'édition des psaumes de 
ce célèbre compositeur, publiée à Venise, en 
1803, sous le titre de Estro pœtico-armonico, 
parafrasi sopra i 50 primi salmi, poesia di 
Girolamo Ascanio Giustiniani, musica di 
B, Marcello, etc. Quoique cette biographie 
porte le nom de Fontana, elle n'est que la tra- 
duction de celle de Fabroni; ce dernier est 
mort le 22 septembre 1803. 

FABRY (MicHEt), chantre de la chapelle 
particulière de Catherine de Médicis, né en 
Provence vers l'an 1540, fût compositeur et 
obtint au concours du Puy de musique^ à 
Évreux, en 1577, le premier prix de l'orgue 
d'argent pour le motet Aspice, Domine, et au 
même concours, en 1581, le prix de la lyre 
d'argent pour la chanson française à plusieurs 
voix : O beau Zaurier, 

FACGHO (le P. Augustin), moine de 
l'ordre des Mineurs conventuels, et organiste 
de l'église délie Graxie, à Bologne, dans Ja 
seconde moitié du dix-septième siècle, est 
auteur de Motetti a due e tre voci. Bologne, 
J. Monti, 1674, in-4». 

FAGCEHI (JbàH-Baptiste) , compositeur 
italien qui vivait vers le milieu du dix-septième 
siècle, a fait imprimer un ouvrage intitulé : 
Salmi concertati a 3 e 4 voct, cum basso con-- 
tinuo, Venise, Bart. Magni, 1634, in-4». 

FACCINI (Jeah-Baptiste). Foyes Fai- 

ZIKI. 

FACCO (JiCQUEs), compositeur de musique 
instrumentale, vivait en 1720. Il a publié à 
Amsterdam Douze concertos pour trois vio^ 
Ions, alto, violoncelle et basse. On n'a aucun 
renseignement sur la vie de ce musicien. 

FACIO (Akselmb), ou plutôt FASIO, en 
latin Fatius, moine augustin, né à Enna, en 
Sicile, était compositeur, et vécut dans la se- 
conde moitié du seizième siècle et au commen- 
cement du dix-septième. On connaît de lui : 
1» Motetti a cinque voci. Messine, 1589, ia-4»- 
2» Madrigali a cinque voci, ibid., 1580, in-i*. 

FACIUS (J.-H.), violoncelliste fixé , à 
Vienne, vers 1810, s'est fait connaître par la 
publication des ouvrages dont les titres sui- 
vent : 1» Trois duos pour deux violoncelles, 
œuvre 1*', Vienne, Arlaria, et Paris, Plcyelj 
2» Trois sonates |M>ur violoncelle, avec accom- 



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FACÏUS - FAÏGNIENT 



177 



pagnement de basse, op.2, livres I elII,Yienne, 
Cappi; S* Concerto pour violoncelle et orchestre 
(en ré mineur), op. S ibid, 

FADII^I (AnoBi), compositeur de musique 
instrumentale, vivait en 1710. Il est connu par 
l'ouvrage suivant : XII Sonate a due violini, 
v(oloneeUo ed organo, Amsterdam. 

FAGPTAI^I (François-Maaie), né à Hilan, 
vers le milieu du dix- septième siècle, fut cé- 
lèbre, comme chanteur, en Italie, depuis 1660 
jnsqu^en 1680. 

FAGO (NicoiAs), compositeur, surnommé 
IL TAItEINTIIMO, parce qu*il éUit né à Ta- 
rente, entra, en lOpl, au Conservatoire de la 
Pieta de' Turehini, oh il fit ses études musi- 
cales sous la direction de Provenzale. Ses pro- 
grès furent rapides, car son instruction dans 
Vut d'écrire était complète en 1697. Déjà 
il s^apprétait à sortir de Técole dont il avait 
suivi les cours, lorsque son maître (Provenzale) 
le pria de rester au Conservatoire pour lui ve* 
nir en aide; car il était fort Agé. ¥ago y con- 
sentit et partagea, avec son condisciple Orsini, 
les fonctions de second maître; mais Orsini 
sVtant retiré peu de temps après, Fago succéda 
à ProTcniale en qualité de premier maître. Ce 
musicien distingué s'est fait connaître par la 
composition de plusieurs opéras, parmi lesquels 
on remarque surtout VEustaehio. Sa musique 
d'église est d'un bon style. La bibliothèque du 
Conserratoire de musique de Paris possède de 
cet auteur, les manuscrits autographes d'une 
messe à cinq voix obligées et cinq voix ripieni, 
deux Tiolons et orgue, le motet Crtdidi à neuf 
voix obligées, deux yiolons, alto et basse, et un 
Benedietus à huit avec orchestre, et, en outre, 
une mense à cinq eon ripieni e stromenti, une 
messe de morts idem, un Credo idem^ deux 
autres Credo à cinq voix, deux violons, alto et 
basse, un Credo à quatre, deux Magnificat à 
cinq voix réelles, cinq voix de ripieno et or- 
chestre, et enfin des litanies à cinq voix avec 
accompagnement de deux violons, deux cors et 
orgue. On trouve aussi sous le nom de Fago, dans 
quelques bibliothèques d'Italie, un Magnifiée^ 
à dix TOix, un Stabat Mater à quatre voix, un 
Te Deum à dix voix, deux violons et basse, le 
psaume Lactatui tum à quatre voix, des Répons 
pour la semaine sainte, deux Dixit à cinq voix, 
Tu eê saeerdoê à quatre avec instruments, Te- 
cum principium idem, le psatime Confitebor 
pour soprano solo, deux violons, viole et basse, 
autre Confitebor pour soprano et chœur, autre 
idem pour contralto et chœur, Seatw vir à 
quatre voix, et des cantates à voix seule avec ac- 
compagnement de clavecin. Le style de Fago 

BIOCB. UNIV. DES MUSICIEHS. — T. III. 



est élégant et pur, mais ses idées manquent 
d'originalité. 

FAGO (Latobht), compositeur italien du 
dix-septième siècle, a écrit beaucoup de mu- 
sique d'église qui est restée en manuscrit. Le 
catalogue de la collection de l'abbé Santini in- 
dique un Kyrie eum gloria à quatre voix et 
orchestre, et im Credo à cinq voix, de ce com- 
positeur. Les circonstances de sa vie sont igno- 
rées. 

FAHBBACH (Josbph), flûtiste et compo- 
siteur pour son instrument, est né à Tienne, 
le 25 août 1804. Dans sa jeunesse, il apprit seul 
à jouer de plusieurs instruments, à l'aide des- 
quels il secourait sa pauvre famille; mais il 
parvint sur la flûte à une remarquable habi- 
leté et se fit applaudir dans' plusieurs con- 
certs. Il fut attaché pendant plusieurs années 
an théâtre de la cour impériale comme pre- 
mière flûte. Au nombre des ouvrages qu'il a 
publiés, on remarque : Trente préludes pour la 
fldte dans tous les tons, op. 6, Tienne, Dia- 
bellij Exercices pour le même instrument, op. 9, 
ibid,; Modulations pour le même instrument^ 
op. 11, ibid.; Trente leçons pour les commen- 
çants, op. 15, ibid.; des Fantaisies sur des mo- 
tifs d'opéra, ibid. 

FAHIIBACU(Phiuppb), fils du précédent, 
né à Tienne, s'est fait connaître comme com- 
positeur de danses, au nombre de plus de cent 
œuvres, qui ont eu du succès et qui ont été pu- 
bliés, à Tienne, chez Haslinger. Cet artiste, sur 
qui je n'ai pu obtenir de renseignements, a fait 
représenter, à Tienne, en 1845, un opéra inti- 
tulé : Dae Schwert der Kotnige. 

FAIDIT. Voyez Fàtoit. 

FAIGIHIEIHT (Noé), compositeur belge, 
vécut à Anvers vers 1570. Imitateur du style de 
Roland de Lassus, il a presque égalé ce maître 
pour la douceur de son harmonie. On connaît 
de lui les ouvrages suivants : 1<^ Airs, motels et 
madrigales à trois parties, Paris, 1567 ; 3« jlfo- 
tetti e Madrigali a 4, 5 e 6 vod, Anvers, 
1569; 5» Madrigali a 5-8 vœi, ibid., 1595^ 
4^' Chansons, madrigales et motets à quatre, 
cinq et six pariies, Anvers, chez la veuve de 
Jean Laet, 1568, in-4«. Il y a des morceaux de 
Faignient dans la collection intitulée : Musica 
divina di XIX autori illuttri a 4, 5, 6 et 
8 voci, Anvers, P. Phalèse, 1595, in-4o obi., 
dans le recueil publié par André Pevernage, 
sous le titre de : Harmonia eeleête di diversi 
eccellentissitni mutici a 4, 5, 0, 7, 8 voci, An- 
vers, P. Phalèse, .1595, in-4<> obi., et dans la 
Melodia Olimpica, collection de madrigaux 
recueillis par Pierre Phillips, compositeur an- 

lî 



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J78 



FAIGNIENT - FALCKENHAGEN 



glais et organiste de l^^nrchldac Albert, goit- 
yemeur des Pays-Bas, AnTers, P. Pbalèse, 1594, 
ln-4« obi. 

PAIRrAX (Rai«T) ou PAYBFAX, or- 
ganiste on cbantre de régllse de l'abbaye de 
Salint-AIban, naqnit dans la seconde moitié du 
quinxlème siècle à Bjifford, dans le comté de 
Hertford, en Angleterre. D obtint le grade de 
dbcteur en musique à rtinirersité de Cambridge 
et fût confirmé dans celte dignité à TuniTersité 
dn>xfOrd en 1511. Il moumt à Saint- Alban et 
ftat enterré dans l*ég1lse de ce lien. FalrfiiX a 
ébritdesellansons'anglaises à deux et trois par- 
ties, qui se troutent dans quelques manuscrits 
du Muséum briUnnlqae (n«* 69, 174, SOS, 9SS 
et 390 du catalogue de la musique manuscrite), 
notamment dkns nne oofîection de cbanls à 
plusieurs roir des musiciens anglais qui vi- 
vaient au commencement du seizième siècle et 
qui a été formée par Fairfte Itii-méme. Après 
avoir été sa propriété, le manuscrit a passé en 
diverses mains : Il appartenait à un certain 
H. Tboresby, à Pépoqne où Hawklns et Btamey 
écrivaient leurs Histoires de lir musique. Après 
lui, le manuscrit a été acquis par la biblio- 
thèque du Htiséum brifamiff|ne. Burney en' a 
tiré une chanson à deux voix, de Fairfax, et 
Hawicins un motet à trois. Bnraey présume (a 
Gut'JRttùTy ofWuiée, t: n, p. 547), d*après 
les paroles de cette chanson, qu*el1e a été 
adressée à Henri TU, en'1485, après la bataille 
de Bosworth. SI1*on juge du talent de ce musi- 
cien d*après ces échantillons, il était très-infé- 
rieur aux musiciens belges et français de la 
même époque : rien de' plus lourd et de plus 
gauche que le style harmonique deces morceaux. 

FALAISE (l^bbé), organiste â GouUnces 
(Branche), est auteur d*ttn livre intitulé : Mé- 
thode de pUtin-ehant remain comparé ai>ee te 
plain-ehant moderne, suMe des principes de 
la mwique, Coutances, Salettes, 1057, petit 
in-4<* de vt et 100 pages: 

FAIiAPTDUT (AiEXis-GtavÂia), composi- 
teur de musique d*égltse et de chambre, né le 
90 avril 1700, à Lavalette (départ, de TAude), 
fût admis, le février 1094, au Conservatoire 
de musique de Parts, comme élève de Tauteur de 
cette notice pour la composition, et remplit pen^ 
dant quelque temps les fonctions de répéGteur 
du cours de son maître. Sorti du Conservatoire 
en 1097, il alla occuper une place de maître de 
chapelle daùs une ville de la France méridio- 
nale. Il a cessé de vivre en- 1053. Falandry 
a publié de sa composition : %• Messe A trois 
voix avec deux violons, alto et basse ; 9« Do- 
mine non secundum^ motet à trois voix et 



orgue ; 8<» O sactum convivium, i tMs voix 
et orgue ; 4« Jve verum, à deux v6lx égales et 
orgue ; 5<» Ecce panis Jngelorum, à trois voix 
et orgue; 0* Jlfemorcrre, motet à quatre voix 
et orgue; 7<» Jttende Domine, à trois volXét 
orgue; 0* Hymne à saint Vincent de ^aule, i 
deux voix; 9« L'Jngelus, chant religieux en 
l*honneur de la Sainte-Tierge, à voix seule 
avec piano; 10* Marie, ton nom seul estvn 
chant, k voix seule et piano; 11« Des pièces 
d*orgue; 19" Beaucoup de romances. Tous ces 
ouvrages ont été édités à Paris, chez Gananx. 

FALB (F.-Bbii), moine de Tordre de Ci- 
teaux à Furstenfeldbrticlc, cercle de Tlsère, est 
auteur d*un ouvrage intitulé : 5^for non liltra 
crepidam, seu Symphonie sex, pour deux 
vicdons et basse, Augsbourg, 1747, in-fol . 

FALG& (GxotcBs), susnommé L'AlUtij 
ftat premier chantre et organiste de Tégllsè 
Saint-Jacsques, â Kotenbourg, sur la Tanber. 
n a publié un Ouvrage intitulé' : Idéa boni 
eantoris, dos ist Gètreu und pHihdliche 
JnUitung, toieetn Musikscholar', sowohl im 
Singen, als aueh auf andém Instrttmentis 
musicalibus in kurtxef Zeit so weit gébracht 
toeni^tenn,etc.(Idée du bon musicien, conte- 
nant une' instruction sûre et ffdéle, oti Técolier 
en musique acquerra en peiï de tbûipâ l^sage 
du chant et des instruments), Nuréuiberg, 
1600, in-4* obi. La préface a été écrite par le 
surintendant Sébastien Kirchmayr; il y est dit 
que Tauteur avait aussi le dessein de publier 
un livre intitulé : Idea boni organMi, ou 
Tart d*accompagner la basse continue, et 
l'Idea boni melotheta^ ou la science du com- 
positeur : il ne paraK pas qùé ce» ouvrages 
aient été imprimés. 

FAL€K£NHA6E1V (Adai), joueur de 
luth, et secrétaire de la chambre du margrave 
de Brandebourg-Culmbach, naquit le 17 avril 
1097 à Gross-Daltxig^ village situé entre 
Lelpsick et Pigau. Son père, qui était maître 
d^école, lui enseigna les premiers principes delà 
musique. LorsquHi eut atteint sa dixième année, 
il ftat envoyé chez un prêtre à Knauthayn, près 
de Lelpsick. Il y employa huit années à Vétude 
des lettres et de la musique, notamment à celle 
du clavecin et du luth. De là il alla à BTerse- 
bourg, à Leipsick, à Weissenfels, à Dresde, à 
Jena, et enfin, au mois de mai 1799, il entra 
au service du margrave de Brandebourg. Falc- 
kenhagen est mort en 1701. Il a publié à Nu- 
remberg, en 1750, Douze cantiques édifiants, 
avec variations pour le luth. Cet ouvrage fut 
suivi de quatre autres, contenant douxe solos, 
et autant de concertos pour le même inslru- 



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FALCKENHAGEN — FALCONE 



179 



ment. Enfin on a de lui : FI Sonatine da ca- 
méra a IMo tolOy op. 5. Nuremberg, in-fol. 
FAL€0 (Françou), violoniste italien, né 
Ters le milieu du siècle dernier, vint en France 
en 1773, et fut attaché à la chapelle du Roi. Il 
a fait graver à Paris : t" Solfeggi di Scuola 
italiana con i prindpi délia tniuica vocale^ 
Paris, sans date, in-fol. ; ^ 6 Soli da vtoU'no, 
op. îr. Ces ouvrages ont été réimprimés à Lon- 
dres en 1776. Le frère de cet artiste, Charles 
FaXco^ professeur de clavecin à Londres, a pu- 
blié dans cette ville, en 1763, Six sonates for 
th» harpsiekord. La bibliothèque du Conserva- 
toire de Paris possède un Oratorio di Santo 
Antonio d*ua autre musicien nommé Michèle 
Paleo; le slyk de cet ouvrage indique une 
composition d'un contemporain d'Alexandre 
Scarlatti. 

FAIiCON (MARiE-ComisitiB), canUtrice 
dramatique, née à Paris, le SB janvier 181â, 
fut admise, comme élève, au Conservatoire de 
cette ville, le 6 février 1827. Elle y reçut 
d'abord des leçons de Henri pour la vocalisa- 
tion, puis devint élève de Pellegrini et de Bor- 
doflpai pour le chant. Le premier prix de vocall- 
salion lui fut décerné en 1830, et elle obtint le 
premier prix de chant au concours de Tannée 
suivante. Après avoir reçu des leçons d'Adolphe 
Nourrit, pour le chant dramatique, elle eut aussi 
le premier prix de déclamation lyrique, d'une 
manière brillante, en 1831. Le 30 juillet 1833, 
elle débuU à l'Opéra par le rôle éCMiee, dans 
Robert le Diable, et y produisit une vive im- 
pression sur le public. Bouée richement par la 
nature, belle, possédant une voix magnifique, 
une grande intelligence et un profond sentiment 
dramatique, elle marqua chaque année par des 
progrès et par le développement de son talent. 
En 1833, ûustave JJI, d'Auber, la Juive, dans 
l'année suivante, le rôle de Falentine dans 
Us ffugtunots, en 1836, Stradella^ en 1837, 
furent autant de créations de ce beau talent; 
dans les huguenots, particulièrement, M"<'Eal- 
con s'hélerait jusqu'au plus haut degré de l'art 
par son ebant et par son jeu. Un dérangement 
grave de sa santé interrompit celte série de 
succès qui ne fut en quelque sorte qu'une ap- 
parition à l'Opéra, et borna la carrière drama- 
tique de la jeune cantatrice à une durée de 
cinq ans. Dès les derniers mois de 1837, son 
organe vocal subit une altération si intense, 
que M"* Falcon fut obligée d'interrompre son 
service à VOpéra, et d'aller en Italie essayer 
Tinfluence d'un climat plus doux ; mais l'espoir 
qu^elle conserva, pendant quelque temps, de 
retrouver la 1)cautédesa voix, ne se réalisa pas. 



Après une absence de plus de dii-huit mois, 
elle essaya de se faire entendre de nouveau dans 
une représentation à son bénéfice, donnée an 
mois de mars 1840 ; mais il fut constaté dans 
cette circonstance que l'organe était perdu sans 
ressource, et M"* Falcon dut se résigner à 
prendre sa retraite définitive. Aucun autre ta» 
lent de la même portée ne lui a succédé depuis 
lors à l'Opéra de Paris. 

FALCONE (Achiue), maître de ckapellêà 
Calatagirone, avec quatre cents écus d'appoin- 
tements annuels, et membre de l'Académie de 
Cosenza, dans le royaume de Ifaples , eut une 
vive discussion musicale avec Sébastien Raval 
{voyez ce nom), maître de chapelle du duc de 
Uaquedo, vice-roi de Sicile, et compositeur es- 
pagnol rempli d'orgneil, qui avait affiché la 
prétention d'être le plus habile musicien d^ son 
temps. D'un commun accord, les champions 
s'en étaient rapportés au jugement du P. lfic« 
colè, dominicain toscan, et savant musicien, 
qui prononça en faveur de Faloone. Indigné de 
cette sentence, Haval fit publier dans toutes les 
rues de Palerme un cartel où il défiait Falcone 
de composer à l'impjroviste sur un sujet donné 
en présence du vice-roi. Falcone accepta le 
défi, et devant ses parrains et ceux de Raval, 
il écrivii k morceau qui lui était demandé; 
mais quoiqu*U y eût fait preuve de beaucoup 
d'habileté, le crédit de Raval et les préventions 
du vice-roi firent rendre un jugement défavo- 
rable à sa composition, et ce jugement fut dé- 
claré sans appel dans tout le royaume de Sicile. 
Profondément affligé de cette injustice, Falcone 
se résolut à porter la cause à Rome, prenant 
pour juges Jean-Harie Nanini et Soriano, et il 
envoya son défi à Raval par Antoine Verso, 
compositeur sicilien, élève de Pierre Vinci; 
mais à peine les lettres 4'appel furent-elles 
parvenues à Rome, que Falcone mourut à 
Cosenza, le 9 novembre 1600, à la fleur de la 
jeunesse. L'abbé Raini, qui rapporte cette 
histoire d'après les notices manuscrites de 
Piloni sur les contrapuntlstes italiens, accorde 
des éloges au talent de Falcone. Après la mort 
prématurée de ce compositeur, son père (An- 
toine Falcone) publia un livre de ses madri- 
gaux à cinq voix sous ce titre : Con akune 
opère fatte aW improviso^Ai cotnpeten%a con 
Sebast, RavaUe, eapeïlano di MaUa, e maes- 
tro délia cappella reaU di Palermo, con 
una narrazione corne veramente il fatto se* 
guisse, Madrigali a cingue voci, da Jchille 
Faleone,etc,, in Fenezia, appresso Giacomo 
Fineenti, 1603, in-4«». On trouve dans la pré- 
face de ce recueil les détails de la dispute de 

12. 



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FALCQNE - FALLOUARD 



Talcone et de Raval : oes détails sont aassi 
dans le Zibro de Mottetti a 3, 4, 5, 6, 8 voci 
di Sehastiano Raval, maestro delta regia 
cappella di Palermo. Palermo, Francescfai, 
1601. 

FALCONI (Gucoao) , graveur et fondenr 
de caractères à Venise, vers le milieu du dix- 
huitième siècle, a gravé et fondu un caractère 
pour rimpression de la musique par les pro- 
cédés typographiques qui a servi à rimpression 
de VÂrie pratica di eontrapunto du P. Pao- 
lucci {voyez ce nom). Falconi en a publié la 
description avec des spécimens, sous ce titre : 
Manifeste d'unanuova impresa di stampare 
laMusica in caratteri gettati nel modo stesso 
eome si scrive, Venise, 1767, in-4<^. 

FALGONIERI (. . . .), compositeur na- 
politain qui vivait au commencement du dix- 
septième siècle, a fait imprimer deux livres de 
Fillanelle à une, deux et trois voix, Naples, 
1616, in-4». 

FALGOI^IUS (Plàcde), on plutôt FAL- 
COl^IO, moine bénédictin, né à Asola, entra 
au couvent de son ordre à Brescia, en 1549, 
et mourut dans les premières années du dix- 
septième siècle. Il s'est fait connaître par les 
ouvrages suivants : 1<> Missx introitus per to- 
tumannum, Venise, 1575, in-folio; 2» Pas- 
sio, S. Foees hebdomadm sanctm, ibid., 1580, 
in-4<>; Z^ Responsoria hebdomadje sanctm tam 
pleni quam xquali voc. prout cuique visum 
fuerit 4 vôcibus decantanda, Brescia, V. Sabio, 
1580, in-4»; 4» Turbarum vocis cumpalm,, 
Benedictus et Miserere, ibid., 1580, in-4»; 
H^ Magnificat octo tonorum, ibid., 1588, in-4*>. 

FALKIHER (RoDOLPHi;), professeur de 
musique, né en Allemagne, se fixa à Londres 
vers le mileu du siècle dernier. Il y fit impri- 
mer, en 1763, un traité élémentaire sur Tart 
de toucher le clavecin, sur Taccompagnement 
de la basse continue, etc., sous ce titre : In- 
structions for playing the Harpsichord, 
Thorough Bass, fully explained, and exact 
rules for tunin^ the ffarpsichord, in-4». Il en 
a été fait une deuxième édition qui a pour titre : 
Instruction for playing tke Harpsichord, 
isherein is fully explained the Mystery of 
Thorough Bass; with many other Mate- 
rial Thing very rarely given to Scholars, by 
the Teachers of Music. Londres, 1774, in- 
folio. 

FALLAHI (Dokhiiqve), compositeur na- 
politain, fat maître de chapelle à Pouzzoles 
^Pozzuoli), dans la seconde moitié du dix-hui- 
lième siècle. Il a écrit des messes, vêpres et 
i^saumcs h trois cl à <tuatrc voix avec deux vio- 



lons, viole et basse, et mérite particulièrement 
d*étre mentionné pour un ouvrage plein d*ex- 
pression intitulé : Orazione di Geremia a 
canto solo con stromenti (deux violons, viole 
et orgue). Cette production, dont le style tient 
de Pergolèse et de Léo, est très-distinguée et 
n^est pas assec connue. 

FAIXEIi (GflAftLOTTB), dont le nom de 
famille éUit Thiele, naquit à HaberUbourg, 
en Saxe, le 14 octobre 1758. Elle se distingua 
comme cantatrice, et parut avec succès sur la 
scène à Sondershausen< Les rôles qui lui firent 
le plus d*bonneur furent ceux de Louise, dans 
le Déserteur, et de Franciska, dans Topera 
intitulé : Minna de Bamheim, etc. En 1782, 
elle se rendit à Anspach, où elle se maria z 
depuis lors, elle a quitté le théâtre. 

FALLOUARD ( Pierre -Jbah-Miceel), 
organiste de Téglise de Sainte-Catherine et de 
la chapelle de Thospice civil, à Honfleur, est 
né dans cette ville, le 1 1 juillet 1805. Dès Tâge 
de dix ans il commença Tétude de la musique ; 
en 1821, il devint élève de Delaporte, organiste 
de Sainte-Catherine, qui lui enseigna le méca-- 
nisme de Torgue et Tharmonie. Après la mort 
de ce professeur, M. Fallouard lui succéda 
en 1825. Il reçut aussi des leçons de Godefh)! 
père, organiste de la cathédrale de Rouen, et 
compléta son instruction musicale par Tétiide 
des oeuvres de Haydu, de Mozart et de Beethoven . 
Comme professeur, il a formé beaucoup d*élè- 
ves, au nombre desquels se trouve M. Tabbé 
Capard, maître de chapelle de la cathédrale de 
Bayeux. M. Fallouard a publié de sa composi- 
tion : 1» Six suites de marches, pas-redoublés 
et valses pour musique militaire; 2« Six grandes 
valses brillantes pour le piano ; 3* Deux qua- 
drilles à 4 mains, sur des thèmes originaux^ 
4^ Variations pour clarinette (en si) avec ac- 
compagnement de quatuor ou de piano, Paris^ 
Marescot j 5<^ Trois duos concertants pour deux, 
clarinettes, Paris, Aulagnier ; 0<^ Pièces |M>ar 
Torgue ou harmonium, Paris, Lebeau aîné ; 
7* Romances avec accompagnement de piano^ 
dont les Hirondelles, Paris, Petit \ 8« Beaucoup 
d^arrangements pour divers instruments, Paris^ 
Aulagnier. Le même artiste a en manuscrit des 
compositions pour Torgue, le piano et le chant. 
M. Fallouard s^est aussi fait connaître dans la 
littérature de la musKiue, par les ouvrages 
dont voici les litres : \^ Notices, biographies 
et variétés musiccUes, Hon fleur, 1855, 1 voK] 
in-18, format anglais ; 2» Les Musiciens IVor- ' 
mands ; esquisse biographique comprenant 
les noms des musiciens les plus célèbres, nés 
en Normandie, du onzième au dix-neuvième 



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FALLOUARD - FANTON 



18] 



êièek, Bonflear, 1859, in-i8, format anglais, 
n est on des rédacteurs de VEeho ffonfleuroUy 
auquel il a fourni des articles de critique sur la 
musique) le théâtre, etc. 

FAPIAIIT (L.-S.), né à Reims, vers IdlO, a 
éié d*abord organiste de la cathédrale de cette 
Tille, puis a été nommé maître de chapelle de 
la méDM ^lise et directeur du oonservaloire de 
Reims. Il a été membre de Tancienne corn- 
missioii des arts et monuments religieux au 
ministère de Tinstruction publique, et secré- 
taire du congrès scientifique de France. M. Fa- 
nart est membre de Tacadémie impériale de 
Reims et du comité d*archéologie de la même 
Tille. On a de cet artiste-littérateur : 1« JHê- 
coun sur la nécessité d'étudier la musique 
dans son histoire. Reims, Imprimerie de Ma- 
cbet, 1844, in-8« de 20 pages. Cet opuscule a 
eu deux éditions : celle-ci est la deuxième; 
î" Eeok pratique du doigter de l'orgue et de 
Vkarmonium, ou recueil de morceaux pro- 
près au service divin et soignewement 
doigtés, sara emploi de Ja pédale, avec l'in- 
dication exacte des mouvements et des mé^ 
langes de jeux à employer. Ouvrage divisé en 
deux parties, op^. S, Paris, Regnier^Cananx, 
Reims, chez Tauteur^ 3« Livre choral d'une 
exécution facile et adapté iutx moyens les 
plus restreints comme aux chœurs les mieux 
organisés, contenant les parties les plus 
usuelles de l'office divin mises en faux-bour- 
don ou contrepoint simple de note contre 
note, etc., ibid. 

FAIflf A (ÀHToniB), compositeur et pia- 
niste, né à Venise en 1705, fit de bonnes 
études musicales dans sa jeunesse, et se livra 
k renseignement dans sa ville natale, où il 
jouissait de la réputation d'un professeur dis- 
tingué. Il est mort à Venise, le 15 mars 1845, à 
râgé de quarante et un ans et quelques mois. 
On a de cet artiste un grand nombre de mor- 
ceaux pour le piano, variations sur des thèmes 
d*opéras, fantaisies, rondos, etc., op. 8, 9, 10, 
n, 13, 16, 17, 18, 10, 91, 23, 24, 81, 30, 38, 
43, etc., Milan, RtcordI; une grande sonate à 
quatre mj^ns, op. 14, ihid,; des caprices, di- 
vertissements et variations à quatre mains, ib.; 
un grand duo pour deux pianos sur une mélo- 
die Italienne, op. 35, ibid,; deux trios pour 
deux harpes et un piano sur un air tyrolien, 
op. 25, ibid.; beaucoup de romances et de 
canzonette, ibid: Fasquale Negri a publié sur 
cet artiste : Cenni Biografici sopra jéntonio 
Fanna, nato in Fenezia, Venise, 1845, in-S". 
FAl^TE (Antonio nEL),mallre de la chapelle 
de Saîole-Marîe-Majciire, à Rome, fut appelé à 



remplir ces fonctions le 2 janvier 1817, et 
mourut dans ce poste, au mois de mars 18:32. 
Randler dit, dans sa Notice sur FéUt de la 
musique à Rome (voyez la Revue Musicale 
U III, p. 77), que Pel Faute avait de profondes 
connaissances en musique, mais qu'il était 
malheureusement trop homme du monde. Le 
désir d'obtenir la faveur publique lui fit in- 
troduire dans sa musique d'église des choses 
d'un goût peu sévère, surtout vers la fin de sa 
vie. Il disait souvent qu'au dix-neuvième siècle 
il faut unir au style rigoureux de l'ancienne 
école l'élégance de la musique moderne; al- 
liance fort difficile, et dont les résultats ne 
seraient vraisemblablement pas ceux que Del 
Faute se promettait. Il a laissé en manuscrit 
une très-gmnde quantité de musique d'église 
et de cbambre. 

FAPITmi (Jlsèn), né à Spolette, dans 
les dernières années du seixième siècle, ou 
dans les premières anni'es du dix-septième, fut 
trompette-major au service du grand-duc de 
Toscane Ferdinand II, qui gouverna ses États 
depuis 1621 jusqu'en 1670. Il est vraisem- 
blable que Fantini visita l'Allemagne et s'ar- 
rêta quelque temps à Francfort, où un ouvrage 
de sa composition fkit imprimé en 1638. Le 
P. Hersenne, d'après une lettre du médecin 
Rourdelot, écrite de Rome (antérieurement à 
l'année 1636), dit que Fantini était le premier 
trompette de guerre de toute l'Italie, et que 
son habileté était si grande, que ce médecin 
l'entendit un jour donner en sons purs sur son 
instrument toutes les notes chromatiques que 
le célèbre o^aniste Frescobaldi exécutait sur 
un orgue appartenant au cardinal Borghèse, 
tandis que les trompettes attachés au duc de 
Gréqui, ambassadeur de Louis XIII à Rome, 
voulant l'imiter, ne faisaient entendre que 
des sons rauqnes et confus (Harmonieorum, 
Lib. 2. De instrumentiez p. 100). Fantini a 
publié sur son Instrument un ouvrage de haut 
intérêt historique, qui a pour titre : Modo 
per imparare a sonare di tromba di guerra 
musicalmente in organo con tromba sordina, 
col cinibalo , e 'ogn* altro istrumento. Ag* 
giuntovi moite- sonate corne balleti, Brandi, 
Capricci, Sarabande, Correnti, passagi, et 
sonate con la tromba et organo insieme, 
Francfort, 1638, in-fol. de 86 p. On trouve dans 
cet ouvrage, orné du portrait de l'auteur, cent 
pièces qui portent pour titres les noms de cent 
familles illustres de l'Italie et de l'Allema^^ne. 

FAPITOI^ (Nicolas), maUre de musique de 
la Sainte-ChapcIIe, mort en 1757, fut d'aboii 
maître de musique à la cathédrale tle Blois. 1. 



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182 



FANTON - FARABI 



a écrit Iieancoup de motets, qui n^ont point été 
imprimés, mais qu*on a exécutés avec succès 
au concert spirituel, depuis 1754. Ses meil- 
leures compositions sont le Cantate Domino 
caniicum; Deus venerunt ; Dominus régna- 
vit; Extdtate justi;ei Juhilate Deo omniè 
terra. Le chant de ces ouvrages est dans le 
style de Lalande, mais rinslrumentation est 
d^un meilleur goût. 

FAI^TOZZI (Auge), né en Iulie vers 1700, 
fut un bon chanteur (tenore) du siècle dernier. 
Il chanta d'abord à Venise en 1783. En 1789, 
il était à Gènes ; Tannée suivante, à Brescia^et, 
en 1791, à Milan. Il passa à Berlin en 1793 
pour y être attaché au grand théâtre de PO- 
péra, et s'y fit entendre dans V£nea de Ki- 
gbini. Le rôle d'Jdtnète, dans VMceste de 
Gluck, lui fit beaucoup d'honneur, en 1795 et 
1790. Enfin il se distingua dans le rôle d^M- 
iur, de la Semiramis de Himmel. 

FAl^TOZZI (Mabie), née Marcketti, 
femme du précédent, vit le jour en Italie, dans 
Tannée 1707. Vers 1788, elle brillait sur les 
théâtres de Milan, de Brescia et de Padoue. 
En 1792, elle accompagna son mari à Berlin 
et chanta avec succès dans TJ^nea de Righini, 
dans VJleeste de Gluck^ dans la Semiramis de 
Himmel, et dans Vj^talante de Righini. Elle 
était encore dans cette ville en 1802, et rem- 
plissait les rôles de prima donna. Sa voix 
était pure, d'un beau volume de son et fort 
étendue. 

FANTUZZI (le cobte Jeak), d'une noble 
et illustre famille de Bologne, naquit en cette 
Tille vers 1740, et consacra sa vie entière à 
des recherches sur l'histoire littéraire et artis- 
tique de sa patrie. Le résultat de ses travaux a 
été consigné dans le livre qu'il a publié sous 
ce titre : Notizie degli Scrittori Bolognesi, 
Bologne, 1781-1794, 9 vol. petit in-fol. Cet 
ouvrage contient d'utiles renseignements pour 
l'histoire de la musique : on y trouve des 
notices biographiques et littéraires sur Jean- 
Marie Arlusi (t. I, p. 297), sur Adrien Ban- 
chieri (t. I, pp. 558-341), sur Hercule Bottrigari 
(t. II, pp. 320-329), sur le P. Martini (t. V, 
pp. 342-353), sur Laurent Penna (t. VI, p. 343), 
sur Jean Spataro (t. VIII, p. 29 et 30), et sur 
beaucoup d'autres artistes distingués de Bo 
logne. Le neuvième volume, qui renferme des 
additions et des corrections, contient (pp. 2-9) 
un article historique sur l'Académie philhar* 
monique de Bologne, 

FAI^ZAGO (l'abbé Fbauçois), recteur du 
collège de Padoue, né en cette ville vers 1730, 
y a fait imprimer, en 1770, un éloge de Tar- 



. tini, intitulé : Orazione délie Lodi di Giu- 
seppe Tartini, recitata nella Ckiesa de 
RR. PP. Serviti in Padova, H 31 di marxo 
l'anno 1770; in Padova, 1770, nella stam^ 
peria Conzatti, pet. ïn-¥ de 48 pages. On a 
aussi de lui : Orazione ne' funerali dél 
R. P. Francesco Antonio J^alotti, recitata 
nelta chiesa del Santo in Padova, 1780, in-4«». 
Enfin l'abbé Fanzago a publié les éloges réunis 
de Tartini et de Valotti, dans une brochure 
qui a pour titre : Elogi di Giuseppe Tartini 
primo violinista nella cappella del Santo di 
Padova, e del P, Francesco ralotti, maestro 
délia medesima. In Padova, 1793, in-8«. 

FARABI (Abou-Nasseb-Mohahed-Beh-Mo- 
HAKED AL), célèbre philosophe arabe, naquit 
à Fârâb, aujourd'hui Othrâr, ville de la Trans- 
oxiane. Le désir de s'instruire le porta à s'é- 
loigner de sa patrie pour aller à Bagdad étu- 
dier la philosophie, sous un docteur nommé 
Abou Békker Mattey, qui expliquait Aristote. 
Il alla ensuite à Harran, où il apprit la logique 
d'un médecin Chrétien nommé Jean; de là, il 
alla à Damas, puis en Egypte; enfin il revint 
i Damas, où les bienfaits cle Séïf-ed-Daulah le 
fixèrent. Il mourut dans cette ville l'an 339 de 
rhégire (950 de Jésus-Christ). Au nombre des 
ouvragés d'Al-Farabi, on en trouve deux qui 
sont relatifs à la musique : l'un est un traité* 
célèbre dans tout l'Orient, dont le manuscrit 
existe à la bibliothèque de l'Escurial, cod. 911, 
et que Casiri {Bibl. Aràbico-Hisp, Fscuriai., 
t. I, p. 347) indique sous ce titre : Jtfusice» 
Elementa, adjectis notis et instrumentorum 
figuris plus triginta. L'auteur y explique les 
divers systèmes de musique imaginés Josqu^à 
son temps, en discute les avantages ou les dé- 
fauts, et donne des règlçs pour la forme et la 
construction des instruments. L'ouvrage est 
divisé en deux livres : le premier livre est sub- 
divisé en deux parties, dont la première ren- 
ferme une préface (prologue) où les prélimi- 
naires de la musique sont expliqués, et la 
seconde les principes mêmes de la musique. La 
seconde partie contient trois divisions, dont la 
première traite des modes, la seconde de quel- 
ques insli-uments des Arabes, et la* troisième 
de la composition des genres, en huit chapi- ' 
très. Dans le deuxième livre, le Farabi résume 
les opinions des auteurs les plus célèbres sur 
les diverses parties de la musique, les explique 
et corrige leurs erreurs. Malheureusement tous 
les feuillets dont se com|K>se le manuscrit ont 
été mêlés et reliés dans un grand désordre qui 
rend souvent l'ouvrage inin(clligil>le. Le cé- 
lèbre orientaliste don Joseph-Antoine Coodc 



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FARABl - FARINA 



18? 



en a fait une traduction en langue espagnole, 
qi^i est re^té^ longtemps inédite. Le peu de 
epon^f saqçe ç[u*t) avait de la nuitière du livre, 
jointe ai| désordre dont il vient d'être parlé, 
ont rendq cette traduction souvent ol)scure ou 
erronée. Bans^ ces derniers temps, elle est tom- 
bée entre les mains de II . Hariano-Soriano 
Fuertes {voyez Somuao), de Barcelone, qui en a 
publié le prologue, Texpliçation des intervalles 
et de \^ solmisation, ainsi que des extraits in- 
téressants des autres parties de Touvrage, 
dans çon livre intitulé : Musica aràbo-espa- 
nçU^ Barcelone, 1853. L'autre ouvrage de 
Fav^bi est une espèce d'encyclopédie {Ihsd-el- 
•'^tffn), où il donne une définition précise et 
une notice de toutes les sciences, de tous les 
arts^ et particulièrement de la musique. Cet 
oui^rage se trouve aussi à la bibliothèque de 
ri^curial. Le catalogue des mani\scrits orien- 
taux de la bibliothèque d^ Tuniversité de Leyde 
indique (sous le n<> 1080, p. 454) un traité de 
musique de Farabi, soigiA ce. titre de : De pro- 
portione harmonica^ Mxi^icse, ^'ignore si cet 
ouvrage est le même q,i|e celui de la biblio- 
thèque de TEscurial dont Casiri a donné la 
notice ; mais il est vraisemblable, que ce n'en 
est qu^une partie. 

FARADAY O^ghz^), chimiste anglais 
qui, jeune encore, s'est r^ndu célj^bi». Il est 
né vers 1700. Sa^ carrière scientifique com- 
mença dans le laboratoire de sir Humphrey 
I^avy, dont il était le préparateur. Ses recher- 
ches sur la liquéfaction des gaz commencèrent 
sa réputation qu'il a^ étendue par beaucoup de 
mémoires presque tous remplis d'intérêt. Ce 
n*est point ici le lieu d^analyser les travaux 
scientifiques de 91. Fs^raday; il n'est cité dans 
cette biographie que pour deux mémoires ; le 
premier, Sur I«< ipn^proâMiit» par la flamme 
dan$ Uê (tfM, a pa^^ dans le deuxième 
volume du Journal of Sciences; il a été 
traduit dans les jinnoke de Chimie pu- 
bliées par Ar4go; le second mémoire, sur le 
même ^ujet^ a, été inséré dans les Transac- 
tions philosophiques de la Société royale de 
Londres. %. Faraday est. membre de cetle so- 
ciété et correspondant de l'Académie royale 
des Sciences, de l'Institut, 

F ARCIEIN^. Par, une ordonnance de l'hôtel 
de Charles VI, roi de France,. dilée du mois de 
septembre 1418, on voit que parmi les ménes- 
trels de ce roi il. y avait, deux frères dont l'un 
s^appclail Farcien Vaine, et l'aulre, Farcien 
le jeune». :^n 1.492, la France, partagée entre 
Cbarlc;s VI et 1« roi d'Angleterre, le parti de la 
rcinC| celui du dauiihia (Charles Vil), et ceux 



des Armagnacs et des Bourguignons, cette 
pauvre France, dis-je, était plongée dans la 
misère, et le roi, retiré à Senlis, avait été 
obligé de diminuer de plus de moitié les dé' 
penses de sa maison. Ost ainsi que le nombre 
des ménestrels ou ménétriers fut fixé à cinq 
par une ordonnance du 1"^ juillet 1429, au lieu 
de onze qu'il y avait auparavant. Parmi ces 
musiciens, on retrouve Farcien Talné et Far- 
cien le jeune. Leurs avantages avaient été di- 
minués ; ils ne mangeaient plus à la cour, n'a- 
vaient qu'un cheval, cinq sous par jour, et en 
hiver un quart de moUe de huches. Le rôle des 
pauvres officiers ^ serviteurs du feu roi 
CharUs FI, faict U 21 octobre 1422, fait voir 
qu'à cette époque Farcien l'alné était devenu 
rot* des ménétriers, ce qui prouve qu'il jouait 
de la vielle ou viole, car ceux qui jouaient de 
cet instrument pouvaient seuls acquérir cette 
dignité ; c'est à cause de cela qu'on leur a donné 
plus tard le nom de roi des violons. 

Un extrait des comptes de François de Nerly, 
receveur et trésorier de la maison*du dauphin 
de France, fait voir qu'en 1415 il y avait parmi 
les musiciens de ce prince un nommé Simon 
Baiiny dit Fassien, Les noms sont écrits avec 
si peu d'exactitude dans les manuscrits de cette 
époque, qu'il serait possible que ce Fassien ne 
fût autre que Farcien, qui serait ensuite passé 
dans la maison du roi, et dont le nom. véritable 
serait Simon Balin, 

Les comptes et ordonnances, qui fournis^ 
' sent des renseignements sur ces musiciens se 
trouvent dans une collection de documents 
contenus en trois volumes manuscrits de la bi- 
bliothèque royale de Paris, cotés F. 540 du 
supplément, 

FARIA (Heiwiqto de), né à Lisbonne dans 
le dixrseptième siècle, Oit élève d'un musicien 
portugais fort habile, nommé Duarte Loho, 
Ayant été nommé maître de chapelle à Erato, 
il composa pour l'exercice de ses fonctions 
plusieurs services complets qu'on conserve 
en manuscrit dans divers couvents d\i Portu- 
gal. 

FAEINA (Chahuîs), violoniste, né à tfan- 
toue dans le seizième siècle, passa en 1026 au 
service de l'électeur de Saxe, et publia à Dresde, 
en 1628, un recueil de sonates et de pavanes 
pour son instrument. 

FAUINA.Qe docteur Joskfb ia), médecin 
sicilien et amateur de musique, a publié un 
éloge du compositeur Belli ni qu'il avait pronon- 
cé dans l'Académie Faï«rmt'tona> à «esine. 
Cet écrit a i>our litre : Elogio det cavalière 
Fincemo SeUini, lettoalV Jeademiapaler^ 



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184 



FARINA - FARMER 



mitanà, etc., éM iotio, eU, Afeaina, pn$$o 
Fiumara, 1836, m-S' de 16 pages. 

FAJUIf ELU (Cablo BROSCHI). Foy^z 
Broschi. 

. FARIPnBLiLl (Josbpk), compositeur dra- 
matique, maître de chapelle à Turin, né à 
Este, dans le Padouan, le 7 mai 1760, com- 
mença ses études mosicales sous la direction 
d*un maître nommé lionelU, puis les continua 
à Venise chez Martinelli. Admis à Tâge de 
seixeans au Conservatoire de la Pietà de' Tur- 
ehini, à Naples, il y eut pour maître, Bar- 
biella, qui lut enseigna le chant, reçut des le- 
çons de Fago pour Taccompagnement, et de 
Sala, puis de Tritto pour la composition. Sorti 
Jeune de cette école, il se livra à la carrière 
théâtrale, et, bien quHl se bomit à imiter le 
style de Cimarosa , il obtint des succès dans 
presque toutes les villes d'Italie où il écrivit. 
Les opéras de sa composition qui ont réussi, 
sont : / RiH d'Efeso; Il Trionfo d'Emilio; 
la Loeandiêra; VAmor sincero ; Bandiera 
d'ogntvênio; Jlfinto Sordo; La Pamela ma- 
ritata; Oro smza oro; la GiulUtta; La 
finta Sposa; Tereta ê Claudio; L'JmicodeW 
uomo; Uneffètto naturale; OdoardoeCar- 
lotta; H ColpevoU iolvato deUa colpa; l'Jn- 
netta, o$9ia Firtù trionfa; L'Indolenie; 
L'Ineogniia; La terxa Lettera, ed H terxo 
JlfartineUo ; H DwUlo per complimento ; /do- 
memoi JlUla$ Il Cid ddle Spagne; La 
Ginwra degli MmUH; Lau$o e Lidia; H 
Mairimonio per eoneono; La Climene; La 
Caritea, opéra séria en deux actes; IlDotto- 
rato di PuleineRa, farce; La Cantadina di 
ipirito; H nwn>o Savio délia Grtcia; Rag^ 
giri a $arpr»$a, opéra bouffe; L'Inganno 
non dura (Naples, 1806),* Jdriano in Siria 
(Milan, 1815); Sdpio in CaHago (Turin, 
1815) ; Zoraidê (Venise, 1816) ; La ChiaHna 
(Hilan, 1816) ; Il Teitaminio a $ei cento miUe 
franchi (Turin, 1816) ; La Donna di Bettara- 
hia (Venise, 1810). En 1808, Farinelli a donné 
à Venise une cantate Intitulée : 71 Nu4ivo 
Dutino. Il avait adopté Turin pour son 
séjour habituel yert 1810; il y resta jusqu^en 
1817. Il ?écut ensuite, pendant quelque temps, 
à Venise. Après 1810, il cessa d'écrire pour le 
théâtre, et vers le même temps il fut nommé 
maltro de chapelle à Trieste, où il mourut, le 
12 décembre 1836. Comme Nicolini, Naxzolini 
et la plupart des compositeurs qui ont succédé 
à Paisieilo, à Cimarosa et à Gugglielmi, Fari- 
nelli manque d'originalité; ses succès sont dus 
principalement à la bonne dis|K>silion des airs 
et des morceaux d'ensemble, et â celle eanti- 



Une naturelle qui, pendant longtemps, a été le 
goût dominant des Italiens. Presque toujours 
il est imitateur; mais il faut avouer que son 
imitation est quelquefois très-heureuse: je ci- 
terai pour exemple le duo qu^on a placé dans 
H Mairimonio tegreto, et qui a passé pour 
être de Cimarosa. Farinelli a écrit aussi pour 
réglise : on trouve de lui, en nanuscrits, la 
plupart originaux, dans la bibliothèque du Con- 
servatoire de Naples, les ouvrages suivants de 
ce genre : \^ Messe en ré, à quatre voix; 
2<> Id$m, à cinq voix ; 3* Messe à deux et trois 
voix ; 4" Messe pastorale, à quatre voix ; 5« Messe 
idem, en ^ol, à deux voix ; 6<» Dixit en ut, à 
cinq voix; 7» Idem en ré, à quatre voix; 
8« Autre idem, en ré, à quatre voix ; 9* Te 
Deum en la, à quatre voix ; 10» Autre en ré, k 
-deux voix; 11* Retponeoti di S. Jntonio, 
à quatre voix ; 12« Laudaie pueri, à quatre 
voix; 13» Credo, à deux voix; 14» Miserere, 
à quatre voix ; 15* Improperia pour le ven- 
dredi saint, à quatre Toix; WStabat Mater, 
à deux voix. Tous ces ouvrages sont écrits avec 
accompagnement d'orchestre. 

FARUfl (Monsignor PEiLBCino), abbé ca- 
merlingue du pape, attaché â la nonciature de 
Bologne, est auteur d'une Lettera sopra la 
muiiea, dont la deuxième édition a été pu- 
bliée à Bologne, chez Sasi, en 1844, in-8<>. 

FARIIIER (Jbâh), compositeur de musique 
anglais, vécut sous le règne d'Elisabeth. On 
a de lui une suite de madrigaux, sous le 
titre de The flrst set ofenglish Madrigals to 
fourvoices, Londres, 1500. Il assure, dans la 
préface, qu'il s^est attaché à exprimer le sens 
des paroles, ce qui, dit-il, est fort rare parmi 
les Italiens. Cette assertion est fort éloignée 
de la vérité, car on trouve, dit le docleur Bur- 
ney, dans la musique de F