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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique"

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'The search for truth even unto ils innermost parts' 
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The Gift of 
.SADYE RUBIN MARANTZ LEE 



The biational Women's Comrnittee 
' - ■ of Brandeis University 



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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME P REMI EU 



IM'Or.lîAI'llIi; KIliMIN DIDOT. — MKS.Ml. (kIIII:). 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSEIXK 



DES MUSICIENS 



ET 



BIlJLIOi^RAPlHE GÉNÉRALE DE L\ MllSIOUE 



00>0:;c«> 

DEUXIÈME ÉDITION 

ENVlÈRKMtNT REFONDUE ET AUGMENTÉE DE PLUS DE MOITIÉ 

PAR F. J. "PETIS 

MAITRE DE CHAPELLE DU KOI DES BELGES 
iHniiCTElIll DU CONSERVATOIKE ROYAL DE MUS10"n DK IIRUXELLES, ETC. 



TOME PREMIER 



-C-g,i?:;^~^^^^S-ii. 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C" 

IMPRIiMEURS DE l' INSTITUT, RLE JACOB, 56 

1868 

Tous droits réserves. 



PREFACE 

DE LA DEUXIÈME ÉDITION. 



L'histoire de la musique a deux aspects également dignes d'in- 
térêt : à l'un de ses points de vue, elle nous montre les éléments 
de cet art coordonnés d'une manière systématique dès les premiers 
âges du monde. Elle nous apprend que, pleins de reconnaissance 
pour les émotions douces, consolatrices ou joyeuses qu'ils en rece- 
vaient, les plus anciens habitants de la terre dont il reste des sou- 
venirs ont donné à la musique une origine céleste. Partout dans 
l'antiquité, nous la trouvons mêlée aux mythologies, aux cosmogo- 
nies, aux théories les plus abstraites de la philosophie. Intimement 
liée à la poésie , laquelle était toujours chantée , la musique nous 
apparaît dans le monde habité comme l'expression caractéristique 
de l'organisation physiologique des peuples , et comme le résultat 
des climats sous lesquels ils vivaient, des circonstances qui les mo- 
difiaient, et des phases de leur civilisation. 

Le chant populaire est l'histoire vivante de la musique primitive 
sur toute la surface de la terre ; il semble n'avoir eu d'autre auteur 
que les peuples eux-mêmes. Il n'a rien d'individuel ; car il émane 
d'un sentiment commun ; il est l'accent de la voix de tous ; enfin, il 
est le fruit de l'inspiration collective. Chez toutes les nations, dans 
l'Inde comme à la Chine, chez les populations arabes, dans la Grèce, 
en Italie, chez les peuples germaniques et celtiques, le chant po- 
pulaire, dont le chant religieux n'est qu'une forme, est en quelque 
sorte l'histoire traditionnelle. Mélancolique ou joyeux, naïf ou pas- 
sionné, il nous instruit de la situation politique et morale des hom- 
mes chez lesquels il a pris naissance; il est toujours le produit d'une 
idée générale, d'un sentiment unanime, ou de certaines croyances 
qu'il transmet d'âge en âge. 

Les progrès delà civilisation modifient les instincts populaires et 

Eeferenoe: 

91456 



ij PRÉFACE 

en altèrent l'originalité. Par degrés ;, les facultés de production 
spontanée de poésie et de chant s'affaiblissent dans les masses : ce 
moment est celui où les génies individuels commencent à se révé- 
ler. L'art tend alors à se modifier, à prendre des formes plus régu- 
lières, mais non d'une manière complètement indépendante. De cer- 
taines idées, qui ne sont souvent que des préjugés, s'imposent à l'ar- 
tiste et limitent l'essor de son imagination. Leur despotime est même 
parfois si absolu, qu'il devient un obstacle invincible à l'introduc- 
tion de l'art dans des voies meilleures. On en voit un exemple remar- 
quable chez les Grecs, où la fausse doctrine de la stabilité de certains 
principes erronés retint la musique hors de son domaine véritable. Il 
fallut des siècles pour affranchir le monde de ces erreurs partagées 
par les plus hautes intelligences , au nombre desquelles on remar- 
que Platon, Aristote et Plutarque. Toutefois le temps fait toujours 
son œuvre; des faits inconnus se révèlent; de faibles lueurs se font 
apercevoir dans le lointain ; insensiblement la lumière devient 
plus sensible; elle acquiert plus d'éclat et fait découvrir quelque 
principe inconnu dont les conséquences sont la transformation de 
l'art, ou même la création d'un art nouveau. 

C'est ainsi que le principe de l'harmonie des sons simultanés, 
méconnu de l'antiquité, comme je l'ai prouvé ailleurs (1), en dépit 
de tout ce qui a été écrit dans ces derniers temps pour établir le con- 
traire; c'est ainsi, dis-je, que ce principe s'est introduit dans la mu- 
sique en Europe pendant les siècles de barbarie, s'y est développé, 
épuré, pendant le moyen âge, et a donné naissance à l'art véritable ; 
art pur, idéal, complet, existant par lui-même, et indépendant de 
toute relation extérieure. Dès qu'il eut été découvert et compris, ce 
principe devint la base de la musique; car il ne peut en être l'ac- 
cessoire. Ses conséquences ne furent pas aperçues par ceux qui, les 
premiers, en firent l'application : ils n'en firent qu'une chose bar- 
bare dont notre oreille serait blessée, mais qui eut alors ses parti- 
sans, à cause de sa nouveauté. De longues périodes de temps s'é- 
coulèrent avant que l'application du principe s'améliorât; mais, par 

(1) Voyez mon Mémoire sur t harmonie simultanée des sons chez les Grecs et 
les Romains. Bruxelles, Muquardt-, Paris, Aubry, 1850, 1 vol. in-4". 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. iij 

de lents progrès, il finit par se dégager de sa grossière enveloppe, 
et, par les travaux de quelques hommes d'élite , il créa enfin Tart 
des successions dans l'harmonie, ou^ ce qui est la même chose, l'ac- 
cord de l'harmonie avec la tonalité. Dès ce moment (XV siècle) toutes 
les conséquences de la constitution fondamentale de la musique ar- 
rivèrent chacune à leur temps. Une carrière immense s'ouvrit de- 
vant les artistes assez bien organisés pour faire les déductions suc- 
cessives du principe. Le génie , le talent, se manifestèrent dans la 
hardiesse de ces déductions et dans le bon emploi qu'on sut en 
faire. Avec le temps, il en sortit des principes nouveaux et spéciaux, 
dont les conséquences durent aussi se développer progressivement. 

Le premier point de vue de l'histoire générale de la musique est 
donc celui de l'art en lui-même, se créant, se développant, et se 
transformant en vertu de principes divers, qui tour à tour se succé- 
daient. Chacun de ces principes porte en lui toutes ses conséquences ; 
et celles-ci sont découvertes périodiquement, par des hommes de 
génie y dans un ordre logique que rien ne peut intervertir, et qui , 
lorsqu'il est bien observé, inspire autant d'étonnement que d'admi- 
ration. 

Cette histoire de l'art a été l'objet des études , des travaux d'une 
grande partie de ma vie , et de plus de méditation encore que de 
travail. Vingt fois je l'ai recommencée, lorsque je croyais connaître 
mieux les causes des faits , et à mesure que mes aperçus devenaient 
plus nets, plus simples, plus généraux. Si Dieu m'accorde le temps 
nécessaire, je la publierai immédiatement après l'ouvrage dont je 
donne aujourd'hui la deuxième édition; car l'âge m'avertit qu'il 
faut me hâter et qu'il est temps de finir. 

L'autre point de vue de l'histoire générale de la musique est celui 
qui nous fait connaître la valeur des travaux des artistes, et delà part 
de chacun d'eux dans les développements et dans les transforma- 
tions de l'art. Cette autre partie de l'histoire, non moins digne 
d'intérêt que la première, est l'objet de la Biographie universelle des 
Musiciens. Je regrettais autrefois d'y avoir consacré trop de temps ; 
je me félicite aujourd'hui d'en avoir donné beaucoup plus à l'amé- 
lioration de cet ouvrage; car les tendances oublieuses de notre 
époque imposent plus que jamais aux âmes courageuses et con- 

a. 



iv PRÉFACE 

vaincues le devoir de protester contre le dédain de l'ignorance pour 
ce qu'elle ne connaît pas , et de rappeler les titres du génie et du 
talent à l'admiration universelle. Il y a déjà longtemps que j'ai en- 
trepris cette tâche par mes concerts historiques^ et que j'ai démontré, 
par l'exécution d'un choix d'oeuvres empruntées à toutes les époques 
de l'art harmonique, cette vérité trop méconnue, que l'idée et le 
sentiment, sous quelque forme qu'on les trouve, et quels que soient 
les moyens employés pour leur expression, conservent dans tous les 
temps leur signification et leur mérite. On peut ignorer l'exis- 
tence des ouvrages qui ont cette valeur; mais on ne pourra jamais 
les entendre sans qu'ils produisent leur effet. Mes efforts n'ont point 
été infructueux ; car une réaction s'est opérée dans l'opinion en fa- 
veur des belles œuvres du passé, et j'ai eu des imitateurs. 

L'exactitude dans les faits, la sincérité, l'impartialité dans l'appré- 
ciation du mérite, sont les devoirs principaux du biographe. La 
sincérité, l'impartialité, ne sont pas cependant des garanties suffi- 
santes de la justesse du jugement dans un art qui n'a de règle qu'en 
lui-même et pour lequel la diversité de goût est le résultat du 
tempérament autant que de l'éducation. Il faut quelque chose de 
plus pour donner de l'autorité aux opinions sur la valeur des œu- 
vres du musicien. Ce quelque chose, c'est la connaissance de tout 
ce qui est du domaine de la musique. Les gens du monde n'avouent 
pas volontiers la nécessité de cette connaissance pour l'appréciation 
d'un art dont ils croient que les produits n'ont d'action que sur la 
sensibilité. Il n'est pas nécessaire, en effet, de connaître pour éprou- 
ver de la sympathie à l'audition d'une œuvre musicale et du dégoût 
pour une autre ; mais ce sont-là des impressions bonnes pour ceux 
qui les éprouvent et non des jugements. Comme appréciation du 
mérite des ouvrages, elles n'ont aucune valeur. 

Ce que j'appelle la connaissance n'est pas seulement le résultat 
des études techniques : c'est aussi la philosophie de l'art, qui ne 
s'acquiert que par l'étude bien faite de son histoire. Quelle place oc- 
cupe dans cette histoire l'auteur d'une production quelconque ? A 
quelle époque appartient-il? Quel est le caractère essentiel de son ta- 
lent? Quel estTolyet de son œuvre? dans quel ordre d'idées l'a-t-il 
conçue? Quelle était la direction de l'art avant lui ? Quelle modifi- 



DE LA DKUXIÈMK ÉDITION. v 

calions y a-l-il apportées? Que restè-t-il de lui depuis que d'autres 
transformations se sont opérées? Voilà les questions qui se présen- 
tent, pour chacun dans la biographie des artistes^ avant qu'on puisse 
porter un jugement sain, équitable , de leur talent et de la valeur 
de leurs œuvres : elles ne peuvent être résolues que par la connais- 
sance suffisante de toutes les parties de l'art, et cette connaissance 
doit être accompagnée d'un sentiment fin, délicat, énergique, d'une 
grande expérience, et d'une disposition éclectique de l'esprit. 

Un des plus grands obstacles à la justesse des jugements sur la 
valeur des œuvres musicales se trouve dans la doctrine du progrès 
appliquée aux arts. J'ai eu longtemps à lutter contre elle, et j'ai dû 
supporter d'ardentes polémiques lorsque je soutenais que la musique 
se transforme, etqu'elleneprogresse que dans ses éléments matériels. 
Aujourd'hui, en présence de la situation de l'art dans toute l'Europe, 
on n'ose plus m'opposer le progrès , et l'on garde un silence prudent. 
Peut-être ne trouverais-je pas maintenant beaucoup d'adversaires si 
je disais, selon ma conviction , que certaines choses, considérées 
comme le progrès, sont en réalité la décadence. Par exemple, 
le développement de la pensée d'une œuvre, dans certaines limites, 
est, sans nul doute, une condition delà beauté ; mais, si l'on dépasse 
le but, il y a divagation , et l'effet de la pensée première s'affaiblit. 
Parvenue au point où elle est aujourd'hui, la manie du dévelop- 
pement ne produit plus que fatigue et dégoût : c'est la décadence. 
Le caractère de la grandeur fait naitre notre admiration ; nous le 
trouvons élevé à sa plus haute puissance dans les œuvres de 
Haendel, de Gluck, et delà deuxième époque de Beethoven ; mais le 
gigantesque, le disproportionné, qu'on a voulu réaliser plus tard 
dans certaines productions, sont des monstruosités qui indiquent 
une époque d'égarement. La modulation élégante, inattendue, 
lorsqu'elle n'est pas prodiguée, est une des richesses nées de la tona- 
lité moderne : Mozart, ce modèle de la perfection , qu'il faut tou- 
jours citer, y a puisé des effets admirables : mais multipliée à l'excès, 
employée à chaque instant, pour déguiser la pauvreté de la pensée 
mélodique, suivant la méthode de certains compositeurs, la modu- 
lation équivaut à la monotonie , et devient un indice du dépérisse- 
ment de l'art. Enfin, le coloris instrumental est une des plus belles 



vj PRÉFACE 

conquêtes de la musique moderne : ses développements ont été le 
fruit du perfectionnement progressif des instruments et de l'inven- 
tion de plusieurs nouveaux éléments de sonorité ; mais il ne faut 
pas en abuser. Rien de trop dans les moyens pour l'artiste qui s'en 
sert avec goût comme l'ornement d'une pensée belle d'inspiration 
et d'originalité, et qui, dans la multitude d'effets possibles, sait 
choisir et trouver à la fois le secret de la nuance propre et celui de 
la variété; mais l'excès de l'instrumentation ; la fatigue qu'elle cause 
par la réunion incessante de tous ses éléments ; le bruit, le fracas 
toujours croissant de ses forces exagérées, dont l'oreille est assour- 
die de nos jours, c'est la décadence, rien que la décadence, loin 
d'être le progrès. 

Disons-le donc avec assurance : la doctrine du progrès, bonne et 
vraie pour les sciences comme pour l'industrie, n'a rien à faire dans 
les arts d'imagination , et moins dans la musique que dans tout 
autre. Elle ne peut donner aucune règle valable pour l'appréciation 
du talent et des œuvres d'un artiste. C'est dans l'objet même de ces 
œuvres, dans la pensée et dans le sentiment qui les ont dictées, 
qu'il en faut chercher la valeur. Avec des développements peu éten- 
dus , des modulations simples et rares , enfin, avec une instrumen- 
tation réduite aux éléments du quatuor, Alexandre Scarlatti a mé- 
rité la qualification de grand artiste, dans les dernières années du 
dix-septième siècle. Reinhardt Keiser, qui vécut à la même époque, 
n^a été surpassé par personne pour l'originalité de la pensée! Enfin, 
Mozart, qui écrivit Don Juan soixante-quinze ans avantle moment où 
je trace ces lignes, est resté le plus grand des musiciens modernes,, 
parce qu'il eut ce qui ne progresse pas, le génie le plus riche, le plus 
fécond , le plus souple, le plus varié, le plus délicat et le plus pas- 
sionné, réuni au goût le plus pur. 

Il y a des tendances, des formes particulières à chaque époque, 
que le vulgaire prend pour le beau, parce que la mode leur donne 
une valeur momentanée. La critique elle-même, cédant à l'entraî- 
nement du jour, s'y laisse souvent égarer. Mais, après l'engouement 
vient la réaction : la mode change, et la forme usée, si elle n'a 
pour soutien la beauté de la pensée, disparaît sans retour, pour faire 
place à des formes nouvelles, dont la valeur n'a pas plus de réalité. 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. Vij 

Ces variations de goût offrent plus d'un danger au biographe 
éclairé qui veut remplir sa mission avec impartialité; car d'une 
part, elles l'obligent souvent à condamner ce qui est admiré par ses 
contemporains; et de l'autre, à soutenir le mérite des œuvres du 
passé contre l'opinion du présent. Qu'arrive-t-il de là? C'est qu'on 
l'accuse d'être réactionnaire, et de dénigrer ce qui est, dans le des- 
sein d'exalter ce qui n'est plus. J'ai passé parla; mais je ne m'en 
suis point effrayé. Depuis que j'ai publié la première édition de 
mon livre , la situation est devenue plus périlleuse , les rangs des 
grands artistes se sont éclaircis, et la génération actuelle s'est laissé 
entraîner à d'étranges égarements , sur lesquels il est nécessaire que 
je m'explique ici. 

Ilyaeude tout temps des hommes qui, caressantles penchants mo- 
mentanés d'un public vulgaire, ont fait de leur art métier et mar- 
chandise. De nos jours, leur nombre s'est accru dans d'effrayantes 
proportions. De ceux-là, la critique n'a point à s'occuper : la men- 
tion sommaire de leurs frivoles productions est tout ce qui leur est 
dû. Mais le siècle présent a vu se produire, dans les vingt-cinq ou 
trente dernières années, des artistes plus sérieux qui possèdent une 
incontestable habileté à se servir des ressources de l'harmonie et de 
l'instrumentation, et qui aspirent à la réalisation du beau dans 
leurs ouvrages. Hommes de cœur, ils sont à sa recherche avec 
bonne foi ; mais une erreur singulière leur fait manquer le but vers 
lequel ils croient se diriger. Elle consiste à se persuader que le 
beau n'est pas le simple. Incessamment préoccupés de la crainte de 
tomber dans le commun, ils se jettent dans le bizarre. La cadence 
rhythmique des phrases, les conclusions etles repos qui en résultent, 
sont au nombre de leurs antipathies. Pour les éviter, ils ont un sys- 
tèmed'enchevêtrementpar lequel, de suspension en suspension, d'in- 
cidence en incidence, ils prolongent indéfiniment la contexture des 
périodes ; de telle sorte qu'elles se déroulent comme les papiers sans 
fin qui se fabriquent à la mécanique, et que leur terminaison ne semble 
pas avoir de nécessité. Mendelsohn, le premier, s'est jeté dans cette 
voie où Schumann et d'autres l'ont suivi. Nonobstant le talent réel qui 
brille en certaines parties de leurs ouvrages, la cause que je viens 
d'indiquer y jette un vague perpétuel, d'au naissent la fatigue et la 



vSj PREFACE 

distraction de l'auditoire. Ajoutons à ce défaut considérable l'excès 
d'un travail harmonique sous lequel la pensée principale est comme 
étouffée : car la simplicité du style est aussi une des aversions de la 
nouvelle École. S'ils étudiaient davantage les immortelles produc- 
tions des grands maîtres qui les ont précédés, les artistes dont je 
parle verraient que Haydn et Mozart, dans les parties de leurs sym- 
phonies où le développement du sujet acquiert la plus grande 
énergie, ont écrit souvent leur harmonica deux parties. Néanmoins 
ils frappentcomme la foudre, et leur pensée est saisissante de clarté. 

Il est une autre cause qui contribue à mettre de l'obscurité dans 
les productions de l'École nouvelle : je veux parler de l'incertitude 
qui y règne sans cesse sur la tonalité, parla fréquence des résolutions 
harmoniques dans des tons différents de ceux où elles devraient se 
faire d'une manière naturelle. Certes, l'artifice est excellent en soi, 
et l'on en connaît des exemples dont l'effet est admirable ; mais 
converti en formule banale , il devient insupportable. On est, dit- 
on, puni par où l'on pèche : je suis obligé de reconnaître cette vé- 
rité et de m'en faire l'application; car le premier j'ai fait connaître 
dans mes cours de philosophie de la musique et dans mon Traité 
de l'harmonie l'ordre omnitonique produit par les altérations des 
intervalles des accords, comme le dernier terme de la transition to- 
nale. Il est vrai que j'y avais mis ce correctif, que l'effet de ces 
modulations serait d'autant plus grand, qu'on en userait avec plus 
de discrétion. Les nouveaux compositeurs n'en ont pas jugé comme 
moi : ils ne prennent qu'un petit nombre de successions omnitoni- 
ques parmi celles dont j'ai enseigné le mécanisme; mais ils en 
usent largement et en reproduisent l'emploi jusqu'à faire naître la 
fatigue et le dégoût. C'est qu'il est plus facile de contracter des ha- 
bitudes que d'avoir des idées. 

Il est une remarque qui peut être tirée de la Biographie uni- 
verselle des Musiciens , et qui a de l'importance à l'époque actuelle, 
à savoir, que la spécialité du style a fait les grandes renommées 
d'artistes. On y voit, en effet, la conscience de ces hommes dé- 
voués à leur art présider constamment à leurs travaux aussi bien 
que leur génie. Les compositeurs célèbres qui ont écrit dans tous 
les genres, particulièrement au dix-huitième siècle, se modifient ^ 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. \x 

se transforment même, en raison du genre qu'ils traitent. Us ont un 
style pour l'église, un autre pour le théâtre, un troisième pour la 
musique instrumentale. Ajoutons que sous ces aspects divers où se 
montre leur talent, ils restent originaux, et se font reconnaître par 
le cachet de leur individualité. Si l'on accorde quelque attention à 
ce fait remarquable , on est frappé de la différence qui existe entre 
cette variété de style de l'art d'autrefois et l'uniformité de l'art 
d'aujourd'hui. D'où vient cette différence? Certes, ce n'est pas l'ha- 
bileté qui fait défaut chez quelques-uns de nos artistes ; mais une 
tendance sociale de l'époque actuelle exerce sur leurs travaux une 
fâcheuse influence : cette tendance est un besoin général d'émo- 
tions nerveuses qu'ont fait naître des révolutions multipliées, et qui 
ont accumulé plus d'événements extraordinaires et de revirements 
politiques depuis soixante-dix ans qu'il n'y en avait eu en dix siè- 
cles. Cette disposition fait rechercher le dramatique en toute chose. 
En musique, le dramatique s'exprime par de certains accents, par 
de certaines harmonies, par de certaines combinaisons de sono- 
rités, qui développent l'émotion et la maintiennent dans une pro- 
gression constante. A la scène, ces choses ont de la valeur si des 
idées les soutiennent, et si elles ne deviennent pas des recettes ba- 
nales de moyens; mais ce n'est pas seulement au théâtre que nous 
les trouvons ; car tout se formule en drame. Dans la messe , le 
psaume, la symphonie, et jusque dans les moindres bluettes desti- 
nées aux pianos des boudoirs, nous les retrouvons sans cesse. Par- 
fois le talent réel se fait apercevoir dans ces choses; mais pourquoi 
toujours cet entraînement vers le dramatique? Pourquoi ces efforts 
et ces airs mystérieux pour les choses les plus simples? il n'y a pas de 
pensée musicale qui conserve sa valeur primitive sous la persistance 
incessante de ces teintes forcées; et, par une conséquence inévitable, 
elles anéantissent toute propriété de style et toute possibilité de 
donner au talent un caractère déterminé. Par l'effet de cette funeste 
tendance, la plupart des ouvrages que nous voyons se produire 
tiennent plus ou moins les uns des autres. 

Avec une éducation musicale moins complète , les compositeurs 
français dont les ouvrages brillèrent au théâtre dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle et au commencement dudix-neuviôme 



X PRÉFACE 

(pour ne parler que de ceux-là), comprirent bien mieux la destina- 
tion de l'art et leur mission personnelle. Chacun d'eux resta dans 
la nature du talent dont il était doué, sans prendre souci de ce 
qui faisait les succès d' autrui. Philidor, Monsigny, Grétry, D'Alayrac, 
Méhul, Berton, Boïeldieu, brillent par les qualités qui leur sont pro- 
pres. Chacun d'eux est un type qui ne se confond pas avec un autre. 
Tous sont devenus des modèles : celui-ci d'une exquise sensibilité ; 
celui-là , d'esprit scénique et de vérité d'accent; cet autre, d'énergie 
dramatique ; ce quatrième, d'élégance et de grâce. Tous sont restés 
dans la sphère de leur sentiment , et par cela même, leurs produc- 
tions conserveront leur valeur dans tous les temps. 

C'est, je l'avoue, un sujet de profond étonnement pour moi que 
l'obstination de la plupart des artistes de notre temps à persévérer 
dans leur système d'uniformité de style ; système si contraire à la 
destination de la musique , et si peu favorable aux succès qu'ils 
s'efforcent d'obtenir! Plusieurs m'accusent de sévérité, d'injustice 
même à leur égard ; mais quoi ? ne voient-ils pas le froid accueil 
fait à leurs productions par les auditoires les plus intelligents? 
N'ont-ils jamais mis en parallèle l'oubli dans lequel leurs ouvrages 
tombent tour à tour, en dépit de tous les moyens employés pour 
leur donner du retentissement, avec l'admiration universelle dont 
jouissent les œuvres des grands maîtres , parmi lesquelles il en est 
qui comptent près d'un siècle d'existence ? Cette comparaison n'est- 
elle pas assez significative, et ne m'absout-elle pas de toute suspi- 
cion de partialité ? Ils affirment qu'on ne les comprend pas : qu'est- 
ce à dire? Les œuvres d'art sont-elles des énigmes, des problèmes? 
La musique dont une bonne exécution ne donne pas l'intelligence 
est un art qui s'égare. 

Les compositeurs dont je viens de parler n'ont que le tort de 
faire abus des moyens qui leur sont offerts par l'art, et d'en faire 
des formules; car d'ailleurs ils respectent cet art et ne sortent 
pas de son domaine. Il n'est pas de même d'une secte qui a pris 
naissance en Allemagne depuis peu d'années, et dont les efforts ne 
vont pas à moins qu'à l'anéantissement de la musique dramati- 
que, ou plutôt de toute musique. Le chef et les disciples de cette 
secte nient la tonalité, le rhythme périodique, les lois de l'harmonie 



DE LA DEUXIÈME EDITIOxX. xj 

en ce qui concerne la nécessité de la résolution des dissonances. Au 
théâtre, ils repoussent l'opéra et n'admettent que le drame. Leur 
principe esthétique, disent-ils , est le vrai. Or, suivant eux , toutes 
les formes adoptées jusqu'à ce jour pour la musique de la scène 
sont en opposition avec ce principe ; car l'air, par exemple, n'existe 
que par la répétition fréquente des paroles, laquelle n'est pas dans 
la nature. Le duo, le trio, tous les morceaux d'ensemble, en un 
mot , sont frappés de la même réprobation , parce qu'il est égale- 
ment hors de toute vraisemblance que les personnages d'une action 
dramatique parlent tous à la fois. Le chœur seul est admis, parce 
qu'il est l'expression des sentiments qui animent les masses. La 
mélodie n'échappe pas à la proscription, parce que ses formes s'éloi- 
gnent delà vérité de la déclamation : elle ne peut avoir d'existence 
que dans la ballade, dans la chanson, parce que le chant est dans 
la nature et que le chanteur ne parle pas. Le récitatif seul , s'il n'est 
qu'une déclamation notée, est la musique qui convient au drame : 
il doit être interrompu ça et là par des phrases isolées de chant ou 
de musique instrumentale par lesquelles chacun des personnages 
est caractérisé ! 

Ainsi qu'on le voit, la secte dont je parle est réaliste. Son principe 
du vrai n'est autre que la fausse doctrine de l'abbé Batteux , de 
Burk, de Diderot et de leurs disciples, à savoir que les arts ont pour 
objet rimitation de la nature : opinion dérivée d'un système de phi- 
losophie sensualiste. Dans son application même aux arts du dessin, à 
la peinture, à la sculpture, une doctrine semblable ne peut avoir pour 
résultat le beau, qui doit être le but du travail de l'artiste. L'homme 
n'est pas le copiste de la nature : il s'inspire simplement de son 
spectacle et lui dérobe ses formes pour en composer des œuvres 
qu'il ne doit qu'à son propre génie. Si l'artiste n'avait pour objet 
de son œuvre que l'imitation de la nature , son travail serait pour 
lui une cause de continuelles déceptions et de désespoir; car la vie 
réelle, qui anime la nature, donnerait toujours au modèle une in- 
comparable supériorité sur la copie. 

En donnant cette imitation pour but aux arts, on suppose né- 
cessairement que l'illusion est pour eux le dernier terme de la per- 
fection; mais pour avoir la preuve de la fausseté d'une semblable 



xij PRÉFACE 

conception , il suffit de se souvenir du Diorama, où la représenta- 
tion atteint un degré d'illusion qu'on ne trouvera jamais dans la 
peinture véritable. Tous les objets y sont à leur place et en relief; 
il semble que la main va les toucher. Cependant, qui a jamais songé 
à mettre en parallèle les tableaux du Diorama avec ceux qui font 
la gloire de nos grands peintres, si ce n'est le vulgaire, dont les sens 
sont plus exercés que l'intelligence et le sentiment? Loin d'être un 
perfectionnement de la peinture par l'exactitude de la représenta- 
tion, le Diorama est, au contraire, dans un ordre très-inférieur, par 
cela seul que son but est l'illusion. Ce qui le prouve, c'est que la na- 
ture organique ne peut paraître dans ces tableaux qu'à l'état de ca- 
davre : l'homme debout y manquerait de mouvement et de vie; 
dès lors l'illusion serait détruite. Or, personne n'a jamais remarqué 
que les personnages ne se meuvent pas dans les tableaux des grands 
artistes ; car ceux-ci y ont mis la vie et le mouvement de l'art, qui 
ne sont pas ceux de la nature. Dans ces derniers temps, un peintre 
français s'est dévoué à la réalisation de l'imitation exacte de la na- 
ture : on sait quelles grossières images en ont été le produit. 

Si l'imitation de la nature n'est pas l'objet essentiel des arts dont 
les produits offrent les représentations du monde extérieur j en un 
mot; si leur but est le beau et non le vrai, que dira-t-on de la mu- 
sique , l'art idéal par excellence? N'ayant pas d'autre programme 
que les inspirations du génie de l'artiste, et ne pouvant réaliser le 
beau que dans le libre exercice de cette faculté , que peut-on es- 
pérer des limites imposées à l'imagination par la nécessité du vrai ? 
La musique dramatique a sans doute pour mission d'exprimer les 
sentiments des personnages mis en scène, mais avec les moyens 
qui lui sont propres et les formes qui la constituent comme 
art. Elle est aussi vraie qu'elle doit l'être , quand elle fait passer 
l'émotion dans l'àme des spectateurs, et elle a de plus l'immense 
mérite d'être belle par le caractère d'originalité que lui imprime 
le talent de l'artiste. Gluck a porté aussi loin qu'il a pu la puissance 
de l'expression dramatique , mais en restant dans les limites de 
l'art : en portant ses tendances jusqu'aux derniers excès, la secte 
des réalistes en musique s'affranchit de ces limites , et dans ses œu- 
vres monstrueuses, elle parvient jusqu'à l'anéantissement des con- 



DE LA DEUXIEME EDITION. xiij 

ditions en vertu desquelles l'art existe, pour lui substituer des pué- 
rilités qui ne peuvent faire naître chez les gens de cœur que le dé- 
goût et l'ennui. 

11 faut aimer l'art ou n'être pas artiste ; car lui seul peut donner 
la récompense des sacrifices qu'on lui fait. La démonstration de 
cette vérité se trouve partout dans la biographie des musiciens cé- 
lèbres. C'est par l'amour pur et désintéressé de leur art; c'est en 
le faisant le but unique de leur existence, qu'ils ont produit les gran- 
des et belles œuvres qui recommandent leur mémoire à l'admiration 
de la postérité! Quiconque aspirera à se placer au rang de ces 
grands hommes devra les imiter dans leur noble abnégation des 
autres jouissances. A l'époque actuelle, ce détachement devient, à 
la vérité, plus difficile et plus méritoire ; car la carrière des artistes 
est incessamment menacée par un mal d'autant plus dangereux, 
qu'il est dans sa nature de s'accroître, au lieu de s'affaiblir. Je veux 
parler du matérialisme pratique, de la fièvre industrielle et finan- 
cière, enfin, de l'amour insatiable du bien-être et du luxe qui gou- 
vernent aujourd'hui le monde. 

Rien n'est plus antipathique, rien ne peut être plus préjudiciable 
au sentiment de Fart qu'une telle situation. Les préoccupations de 
l'esprit, dans cet ordre de choses, ne laissant point aux populations 
la liberté nécessaire pour accorder à la poésie, à la musique, l'at- 
tention et l'intérêt qu'elles réclament. Ce qu'on demande mainte- 
nant à ces arts, ce ne sont plus les jouissances de l'âme, mais l'émo- 
tion nerveuse et la distraction. Si la peinture est plus favorisée, 
c'est que ses produits deviennent une valeur réalisable sur laquelle 
la spéculation peut s'exercer. A voir avec quelle rapidité diparais- 
sent de la scène les œuvres des meilleures artistes, et le profond 
oubli dans lequel elles tombent peu de temps après qu'elles ont vu 
le jour, on ne peut se dissimuler que la nouveauté est devenue, pour 
une population distraite et préoccupée, le mérite le plus considé- 
rable de ces ouvrages : lorsque sa curiosité est satisfaite, tout in- 
térêt d'art disparaît. 

Quelle affligeante comparaison nous pouvons faire de cette situa- 
tion avec les époques antérieures de la musique dramatique ! Con- 
sidérons la période comprise entre 1775 et 1830, nous y verrons, 



xiv PRÉFACE 

non-seulement les artistes et les amateurs, mais tout ce qui compose 
le public habituel des théâtres, émus et charmés par les œuvres de 
Gluck, de Piccinni, de Sacchini, de Mozart, de Paisiello, de Cima- 
rosa, de Grétry, de Chérubini, de Méhul, de Berton, de Spontini, 
de Rossini, de Weber! Les œuvres mêmes qui n'avaient pas réussi 
à la scène étaient autrefois des sujets d'étude pour les uns ; pour 
les autres, des objets d'admiration. Des livrets dépourvus d'intérêt 
ou mal coupés pour la musique avaient, ou causé la chute, ou borné 
le succès des partitions de Sacchini, Renaud, et Chimène; à^Iphigénie 
en Tauride, de Piccinni ; de Loc?oïsA;a, deMédée,d'Élisa, à'Anacréon, 
des Ahencérages , de Chérubini ; de Phrosine et Mélidor, à^Ariodant, 
à'' Adrien, de Méhul ; mais ces partitions étaient recherchées, applau- 
dies avec enthousiasme dans les réunions d'artistes et d'amateurs; 
on les trouvait dans toutes les bibliothèques. Les œuvres de tous 
les grands musiciens, de quelques pays qu'elles vinssent, à 
quelque école qu'elles appartinssent, étaient répétées dans les 
concerts et dans les salons ; la vie de l'art était répandue dans 
la société. D'autre part , ceux que le succès avait couronnés au 
théâtre n'en disparaissaient pas. Les compositeurs avaient un ré- 
pertoire , comme on disait alors ; et, lorsque l'âge avait éteint leur 
imagination , lorsqu'ils sortaient de la carrière active , la représen- 
tation perpétuée de leurs ouvrages leur assurait une existence in- 
dépendante pour la vieillesse. Au lieu de cela, que voyons-nous 
maintenant? Auber, artiste de premier ordre, a écrit plus de qua- 
rante ouvrages qui , presque tous , ont eu de brillants succès ; Ha- 
lévy, homme d'un talent bien supérieur à ce que pense le vulgaire, 
a produit aussi un nombre considérable de belles partitions ; qu'est 
devenu leur répertoire à Paris ? 

Que résulte-t-il de cet état de choses? Hélas! le plus grand mal 
qui puisse se manifester, c'est-à-dire, l'ébranlement de la foi dans 
l'art chez les artistes. Pour qui considère avec attention, ce scepti- 
cisme est de toute évidence : le découragement en est la conséquence 
inévitable. L'art ne se prenant plus au sérieux, on n'est occupé que 
de la recherche de l'effet momentané. On ne sait plus que faire pour 
amuser le public, médisait, il n'y a pas longtemps, un des jeunes 
compositeurs qui écrivent habituellement pour la scène. Amuser! 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. xv 

c'est donc à cela que l'art est descendu? Qu'on ne s'y trompe pas : 
si les artistes acceptent cette dégradation de la musique, c'en est 
fait d'elle pour l'avenir, ou du moins pour longtemps. C'est à eux 
qu'il appartient de résister à cette déplorable tendance par toutes 
les forces de la conviction, par toutes les ressources du talent. Qu'ils 
se gardent bien d'accepter à la lettre cet axiome si souvent répété, 
qu'on ne réforme pas son temps ; qu'ils se persuadent , au contraire , 
qu'on le domine quand on est fort par la tête et par le cœur. Qu'ils 
prennent exemple de quelques hommes d'élite qui, défenseurs dé- 
voués de la philosophie morale, menacée par les tendances actuelles, 
n'ont pas désespéré de la vertu , et ont écrit récemment des livres 
aussi remarquables par l'honnêteté du but que par l'évidence des 
principes et le talent du style. Certes, rien n'est plus opposé à la 
morale de ces livres que les entraînements de notre époque ; ce- 
pendant le plus beau succès en a signalé la publication ; les édi- 
tions s'en sont multipliées , et leur éloge s'est trouvé dans toutes les 
bouches. C'est que dans les sociétés les plus corrompues , il y a tou- 
jours de nobles cœurs que n'ébranlent pas les vices de leur temps, 
et qui imposent aux autres. De même, alors que le goût se déprave 
et semble s'anéantir, il se trouve des âmes heureusement douées qui 
ne perdent jamais le sentiment du beau, qui lui vouent un culte, et 
qui le préservent du naufrage. C'est pour ces organisations excep- 
tionnelles et pour lui-même que l'artiste doit travailler pendant 
les périodes d'égarement des sociétés civilisées : elles sont en petit 
nombre , sans doute, mais elles finissent par dominer le sentiment 
vulgaire de la foule. 

On objectera peut-être que travailler pour le petit nombre ne 
conduit ni au succès ni à la fortune. Mais, qu'est-ce que le succès 
momentané qui ne repose pas sur des beautés réelles ? Qu'est-ce que 
la fortune pour qui trouve ses jouissances les plus vives dans la 
culture de son art, et qu'est-il besoin pour l'artiste des raffinements 
du riche? Ce qu'il doit laisser à la postérité, ce sont de beaux ou- 
vrages, non des palais et des meubles somptueux. Que ceux qui ne 
se trouvent pas assez récompensés de leurs efforts par le plaisir que 
donne le travail et par une position modeste, lisent la biographie des 
grands hommes qui sont nos maîtres et nos modèles ! Qu'ils voient 



x-vj PRÉFACE 

Jean-Sébastien Bach élevant sa nombreuse famille avec le mince re- 
venu d'un emploi dont ne se contenterait pas aujourd'huile plus mi- 
nime coryphée de nos théâtres, et de plus obligé d'y ajouter le pro- 
duit de ses leçons et des copies qu'il faisait lui-même de ses ouvrages ; 
toutefois , il était heureux en écrivant de magnifiques composi- 
tions dont le retentissement n'allait pas au-delà de l'enceinte d'une 
petite ville, et qui, publiées pour la première fois un siècle après la 
mort de leur auteur, frappent aujourd'hui les artistes d'admiration 
et de stupeur. Qu'ils suivent pendant toute sa vie le compositeur le 
plus original, le plus complet, Mozart, dont le nom ne se prononce 
pas sans éveiller l'enthousiasme : ils le verront incessamment aux 
prises avec les embarras d'une existence précaire ; mais il suffit de 
lire sa correspondance pour comprendre les joies dont son coeur 
était inondé lorsque lui venaient les inspirations à'Idoménée, de Don 
Juan et des Noces de Figaro. Qu'on examine la position de Beetho- 
ven : il ne trouvait pas dans le produit de ses nobles créations un 
revenu suffisant pour ses modestes besoins ; il ne fut à l'abri de la 
misère que par la générosité d'un prince impérial. De plus, par 
une cruauté inouïe du sort , il était privé de l'ouïe , et ne goûtait 
jamais le plaisir d'entendre exécuter ses ouvrages. Que lui restait-il 
contre tant d'infortunes? il nous l'apprend dans son testament ; l'art 
l'a soutenu. Quels artistes que de tels hommes! Quel dévoùment à 
l'art que le leur, et qu'on serait heureux au même prix de le porter 
si haut ! 

J'ai dit qijie si l'art ne progresse pas , il n'en est pas de même de 
la science : or, il y a la science de l'art. Celle-là a fait des progrès 
immenses depuis cinquante ans. Préparée par de laborieux et utiles 
travaux, pendant le dix-huitième siècle, elle s'est enrichie dans celui-ci 
de l'esprit de méthode , sans lequel il est impossible de fonder une 
science véritable. La plupart des questions fondamentales, ou simple- 
ment entrevues autrefois, ou dénaturées par l'esprit de système qui 
régna surtout au dix-huitième siècle, ont été examinées de nouveau , 
dans des vues plus philosophiques et plus saines. La théorie de l'har- 
monie, livrée depuis Rameau à un vain étalage de calculs et d'ex- 
périences de physique, a été ramenée à son principe évident, lequel 
est purement métaphysique, puisqu'il s'agit d'un art qui, comme 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. xvij 

tel, ne peut avoir de base que dans l'intellig-ence et dans le senti- 
ment. Ramenée à ce point de vue , la théorie de l'harmonie s'est 
trouvée d'accord avec la constitution des tonalités, ainsi qu'avec 
l'histoire de la musique en général, et a présenté les développe- 
ments de ses phénomènes dans un ordre parfaitement identique à 
celui des transformations de l'art. 

Quant à l'histoire de la musique en elle-même, pour laquelle 
Marpurg, le P. Martini, l'abbé Gerbert, Burney, Hawkins et Forkel 
ont fait des recherches très-estimables , mais qui n'avait pas été exa- 
minée suffisamment à ses sources, et pour laquelle d'ailleurs l'esprit 
critique et philosophique manquait à ces écrivains , on peut dire 
avec assurance que depuis peu d'années seulement on est entré dans 
la voie qui seule peut conduire au but, parce qu'on s'est attaché à la 
recherche des monuments pour les étudier avec soin. A vrai dire, 
on n'a fait jusqu'à ce jour que de l'archéologie musicale : l'histoire 
de la musique proprement dite n'existe point encore; mais on en a 
éclairci des points intéressants. En cela, l'ordre naturel a été suivi; 
mais il y a loin de la patience dans les recherches à la conception 
d'un ensemble complet et à l'esprit généralisateur sans lequel un 
tel ensemble ne peut être formé. Peut-être l'historien de l'art se 
trouvera-t-il enfin. 

La science de l'acoustique, ébauchée au dix-septième siècle, n'est 
entrée dans son domaine véritable, c'est-à-dire dans la physique ex- 
périmentale, que par les travaux de Chladni et de Savart. Les décou- 
vertes de ces hommes si distingués, celles de M. Cagniard de Latour 
et de quelques autres savants , ont donné des bases certaines à une 
science qui n'existait auparavant que de nom. 

Enfin, une science plus nouvelle, la science de la science, 
c'est-à-dire la philosophie de la musique , a pris naissance de nos 
jours. Une de ses parties seulement, Veslhéiique , a été traitée dans 
quelques ouvrages spéciaux, suivant des vues plus ou moins justes, 
plus ou moins étendues ou circonscrites, et avec une connaissance 
plus ou moins suffisante de l'art. L'ensemble de cette science a été 
l'objet d'un grand travail qui n'a point encore vu le jour. 

La Biograp/iie universelle des Musiciens renferme des renseigne- 
ments sur tous les ouvrages qui ont pour objet l'une ou l'autre de 

b 



xviij PRÉFACE 

ces parties de la science générale de la musique, et sur leurs au- 
teurs. 

On a dit souvent, et l'on dit peut-être encore , en parlant de l'au- 
teur d'un dictionnaire historique de la nature de celui-ci , le com- 
pilateur de cette biographie. L'expression ne manque pas de justesse 
pour certains ouvrages dans lesquels les écrivains copient simple- 
ment leurs devanciers^ prenant un peu partout, et montrant dans 
la critique ou l'impuissance, ou la partialité inspirée par des pré- 
jugés d'époques, de pays, et d'école; mais on ne peut nier que 
cette partie de la littérature a fait de remarquables progrès dans 
le dix -neuvième siècle, particulièrement en France. Une biographie 
générale n'aurait plus la moindre chance de succès , si elle n'était 
qu'une compilation. Comme dans toutes les études historiques, les 
auteurs de bons ouvrages de ce genre ont reconnu la nécessité de 
remonter aux sources, de comparer les autorités, d'en discuter la 
valeur, au lieu d'accepter simplement les faits transmis par la tra- 
dition. 

C'est un long et rude travail, lorsqu'on veut le fairebien. Les dif- 
ficultés se multiplient à mesure que le cadre s'élargit. Dans une 
monographie, les erreurs sont moins excusables que dans un recueil 
biographique qui embrasse toute une époque, tout un pays, ou 
toute une catégorie de savants, de littérateurs ou d'artistes. L'im- 
possibilité d'éviter la multiplicité des erreurs dans une biographie 
générale qui serait faite par un seul homme a déterminé les édi- 
teurs d'ouvrages de ce genre à partager le travail entre un certain 
nombre de rédacteurs , à raison de la spécialité de leurs connais- 
sances. Des recueils estimables, bien qu'ils ne soient pas à l'abri de 
tout reproche , ont été le produit de cette méthode ; mais il serait 
difficile que la collaboration aboutît heureusement dans une bio- 
graphie collective d'artistes qui ont cultivé le même art, particuliè- 
rement la musique, laquelle fait naître une si grande diversité de 
goûts, d'opinions et de doctrines. 11 est hors de doute que l'unité de 
vues est indispensable dans un ouvrage de cette nature : pour qu'elle 
y fût, j'ai dû entreprendre seul la tâche immense qui m'était pré- 
sentée. Il en est résulté des avantages évidents, mais aussi de graves 
inconvénients ; car, lorsqu'il s'agit de faits, un seul homme ne peut 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. xix 

tout savoir, quelque soin qu'il prenne de s'informer, ei de quelque 
résolution qu'il soit animé. 

Le travail auquel je me suis livré pour la composition et pour 
l'amélioration de la Biographie universelle des Musiciens a été d'au- 
tant plus considérable, que je me suis imposé la tâche de rendre 
cet ouvrage aussi exact, aussi complet qu'il m'a été possible, en ce 
qui concerne les renseignements bibliographiques. Quelques-uns 
de mes lecteurs penseront peut-être que j'ai poussé trop loin cette 
recherche ; d'autres me reprocheront, au contraire, de n'avoir pas 
fait assez; car tout le monde ne cherche pas les mêmes choses dans 
un livre. Quoi qu'il en soit, je considère la bibliographie comme 
digne de beaucoup d'intérêt pour l'histoire de l'art et de la science. 
Pour de certains travaux, elle est une nécessité. Je n'ai donc pas dû 
négliger ce qui pouvait rendre meilleure cette partie de mon livre. 
En dépit de ma patience et de mes soins, j'ai bien peur qu'elle ne 
soit encore imparfaite ; car il est des faits dans la science des livres 
qui ne sont indiqués nulle part, et que le hasard seul fait découvrir. 

Si l'on compare la deuxième édition de la Biographie universelle des 
Musiciens avec la première, on la trouvera immensément augmentée 
dans la nomenclature des artistes, et l'on verra que la plupart des 
articles anciens ont été remaniés, complétés, purgés des erreurs de 
faits et de dates qui s'y étaient glissées; enfin, que beaucoup d'autres 
ont été refaits en entier, d'après de meilleurs documents. De longs 
voyages entrepris à diverses époques, dans l'espace de vingt ans, 
en Allemagne, en Italie, en Angleterre et en France, m'ont fait re- 
cueillir de précieux matériaux dans les grandes bibliothèques , ainsi 
que beaucoup d'ouvrages rares. Plusieurs hommes de haut mérite et 
des amis dévoués m'ont aidé dans mes recherches et m'ont fourni 
des indications nombreuses pour le perfectionnement de mon livre. 
Ma reconnaissance doit signaler en particulier Dehn , érudit conser- 
vateur de la riche collection d'œuvres musicales de la bibliothèque 
royale de Berlin , qu'une mort prématurée vient d'enlever à sa fa- 
mille, à ses amis, au monde musical, et dont l'inépuisable obli- 
geance a été pour moi un véritable trésor; M. Gaspari, de Bo- 
logne, bibliographe exact, consciencieux, et musicien fort instruit; 
Auguste Gathy, au cœur noble et pur, également frappé par la mort 

b. 



XX PREFACE 

depuis peu , et qui, animé du sentiment le plus généreux, a puisé 
dans les matériaux de la nouvelle édition qu'il préparait de son 
Lexique musical delà Conversation, et les a mis à ma disposition, par- 
ticulièrement sur ce qui concerne les artistes allemands de l'époque 
actuelle ; M. Danjou, mon digne ami et ancien collaborateur, à qui je 
suis redevable de notes pleines d'intérêt sur des manuscrits peu ou 
point connus que renferment les bibliothèques de Florence, de Rome 
et d'autres villes d'Italie ; M. Gachard, membre de l'Académie royale 
de Belgique et conservateur des archives générales du royaume , 
ainsi que M. Pinchart, laborieux et exact employé des mômes ar- 
chives; M. Léon de Barbure, amateur de musique et littérateur 
distingué , qui m'ont fait connaître des documents authentiques 
inconnus jusqu'à ce jour, lesquels jettent une vive lumière sur les 
origines de l'ancienne école des musiciens belges et néerlandais ; 
M. de Beauchesne , secrétaire du Conservatoire impérial de musique 
de Paris, dont l'obligeance ne se lasse point à fouiller dans les re- 
gistres de cette école , pour me fournir des faits et des dates sur les 
artistes qui y ont reçu leur éducation nmsicale ; enfin M. Théodore 
Parmentier, officier supérieur du génie de la plus grande distinction, 
amateur de musique fort instruit et compositeur, qui a bien voulu 
relire mon ouvrage mot à mot pour m'en signaler les erreurs de 
détails , et pour relever toutes les fautes typographiques. Je les prie 
de recevoir ici l'expression de ma sincère gratitude. 

La critique de certains écrits, ainsi que celle des journaux pu- 
bliés en divers pays , m'a été fort utile , bien qu'elle n'ait pas été 
toujours bienveillante et qu'elle se soit quelquefois fourvoyée; car 
la vérité, lorsqu'elle se fait jour, est bonne à prendre partout. Cette 
critique s'attache parfois à des minuties auxquelles j'avoue que j'ac- 
corde assez peu d'importance. Personne plus que moi n'a le désir 
d'être exact dans les faits, car c'est un devoir de l'être autant qu'on 
le peut; mais, enfin, si je me trompe sur une date , si je dis André 
pour Miclwl, ou Michel pour Ajidré; si ma mémoire, qui me servait 
si bien autrefois et qui maintenant m'abandonne, me trahit sur 
quelque circonstance peu importante, je confesse que je ne suis 
nullement disposé à m'en désespérer. Ce n'est pas dans de pareilles 
choses que consiste la valeur de mon œuvre : je la place plus haut. 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. xxj 

J'abandonne donc volontiers à mes aristarques de détails le plaisir 
de me donner sur les doigts dans ces occasions. Mais, si je me suis 
montré facile sur ce qui me concernait personnellement dans les 
attaques dirigées contre mon livre; si depuis longtemps je garde le 
silence; si j'ai évité avec soin toute polémique à ce sujet, il ne faut 
pas qu'on se persuade que j'aie accepté comme fondées des criti- 
ques de faits historiques contre lesquels on n'a opposé que des sup- 
positions gratuites ou des textes mal compris. J'ai attendu seule- 
ment avec patience que le moment fût venu de faire triompher, 
non ma cause personnelle, qui est de peu d'intérêt, mais celle de 
la vérité, que personne n'a le droit d'abandonner. Or, les faits dont 
il s'agit appartiennent à l'histoire de la musique , et c'est-là seule- 
ment qu'ils peuvent être discutés avec les développements néces- 
saires. La biographie de certains hommes éminents s'y trouve 
intimement liée par la part qu'ils y ont prise; mais les limites 
d'une notice biographique, qui n'est point une monographie, ne 
permettent pas ces développements : les faits ne peuvent donc y 
être présentés qu'avec brièveté. J'attendrai le moment où la pu- 
blication de mon Histoire générale de la Musique me permettra de 
dissiper les ténèbres et de mettre la vérité dans tout son jour. Tou- 
tefois, il me paraît nécessaire de faire voir, par deux exemples, les 
difficultés qu'on m'a faites, et de constater les erreurs de mes ad- 
versaires. C'est ce que je vais faire avec autant de rapidité que je 
pourrai. 

On sait que l'histoire de l'art n'a pas de nom plus célèbre , plus 
populaire que celui de Guido, ou Gui d'Arezzo. Huit siècles ont con- 
sacré sa gloire universelle. Les manuscrits des ouvrages de ce moine 
sont répandus et multipliés dans toutes les grandes bibliothèques 
de l'Europe , et depuis soixante-quinze ans ceux qui lui appartien- 
nent, ainsi que d'autres qu'on lui attribue , ont été publiés dans la 
collection des auteurs ecclésiastiques sur la musique dont le prince- 
abbé Gdrbert est éditeur (1). Rien de plus facile donc que de savoir, 
par les paroles mêmes de Guido, ce qu'il a fait pour mériter une si 
grande renommée: il semble qu'il ne s'agisse que de lire et de 

' (1) Scr/piares ecclesiastici de Musiea sacra potissimum, 1784, 3 vol. m-4"'. 



XX ij PRÉFACE 

comprendre; mais, soit que la paresse humaine s'accommode mieux 
de traditions vulgaires que du soin d'en vérifier la valeur; soit que 
comprendre ne soit donné qu'à peu d'intelligences, on se plait à répé- 
ter de vieilles erreurs sur les résultats des travaux du célèbre bé- 
nédictin ; erreurs presque aussi anciennes que lui, et que le chroni- 
queur Sigebert de Gemblours propageait dès le commencement du 
douzième siècle. 

Si l'on en croit les traditions, Guido ne serait pas moins que l'in- 
venteur de la gamme, dont il aurait pris le nom du gamma grec em- 
ployé pour représenter la note la plus grave de l'échelle des sons. 
Il serait Fauteur des noms des six premières notes de cette gamme, 
ut, ré, mi, fa, sol, la, qui sont encore en usage en France , en Bel- 
gique et dans l'Europe méridonale , et les aurait tirés de la pre- 
mière strophe de l'hymne de Saint-Jean : 

UT queant Iaxis 
REsonare fibris , 
Mira gestorum 
FAmuli tuorum, 
SOLve poUuti 
LAbii reatum, 
Sancte Johaanes. 

Et, comme il n'y a là que six noms de notes, il aurait réduit l'échelle 
diatonique à six sons, c'est-à-dire à l'hexacorde, et aurait imaginé 
le système monstrueux de solmisation qui fut en usage depuis le 
douzième siècle jusqu'au commencement du dix-huitième ; système 
d'après lequel les noms des signes représentatifs des sons changeaient 
à chaque instant dans un même chant, et qu'on appelait, à cause de 
cela, système des muances. De plus, comme il fallait un guide au mi- 
lieu de ce dédale, Guido aurait inventé la main musicale, méthode 
à l'aide de laquelle on retrouvait les noms de l'échelle générale 
des sons, au nombre de dix-neuf, sur les articulations des doigts de 
la main gauche, suivant un certain ordre de classement. Savoir sa 
main fut la science première de tout musicien , depuis le moyen 
Age jusqu'à la seconde moitié du dix-septième siècle. 

Suivant la tradition , les innovations de Guido ne se seraient pas 
bornées à ces choses : il aurait inventé la notation du plain-chant 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. • xxiij 

maintenant en usage , et que beaucoup d'écrivains désignent en- 
core sous le nom de notation guidonienne; on lui devrait l'existence 
du contrepoint j du monocorde, du clavecin et de plusieurs autres 
instruments. La plupart de ces erreurs ont été répétées par Mersenne, 
par Kircher, dans leurs volumineuses encyclopédies de musique , 
par Brossard et par Jean-Jacques Rousseau , dans leurs dictionnaires, 
ainsi que par Angeloni , dans sa Monographie sur la vie et les tra- 
vaux de Guido d'Arezzo. 

Dans l'article de la Biographie universelle des Musiciens sur cet 
homme célèbre , j'ai démontré, par des passages extraits de ses ou- 
vrages, ainsi que par son silence sur ce qui lui est attribué, que rien 
de tout cela ne lui appartient. S'il indique le chant de l'hymne de 
Saint-Jean , c'est comme un exemple, pour atteindre le but qu'il se 
propose. Il écrit à un moine de ses amis, et lui explique sa méthode 
pour enseigner à retenir les sons qui correspondent aux signes de la 
notation. « Si vous voulez, dit-il, fixer dans votre mémoire un son ou 
« une note, de manière à pouvoir l'entonner quand vous voudrez, 
« en quelque chant que ce soit , que vous le sachiez, ou que vous 
« l'ignoriez , choisissez une phrase mélodique qui vous soit fami- 
« lière , et au commencement de laquelle se trouve ce son ou cette 
« note ; lorsque vous voudrez vous souvenir de celle-ci , vous aurez 
(( recours à cette mélodie. Soit, par exemple , ce chant dont je me 
« sers pour les enfants qui commencent comme pour ceux qui sont 
« plus avancés (1). » 

On voit avec évidence, dans ce passage, que Guido ne veut ensei- 
gner qu'un procédé de mnémonique pour fixer dans la mémoire les 
intonations correspondantes aux signes. L'exemple qu'il donne est 
choisi avec intelligence , parce que le chant s'élève d'un degré à 
chaque hémistiche, de telle sorte que par le moyen d'une seule mé- 
lodie, six sons différents pouvaient être fixés dans la mémoire. Mais 

(1) Si quam ergo vocem vcl neumam vis ita memoriae coramendare, ut ubicum- 
que velis, in quocumque cantu, quem scias, vel nescias, tibi mox illum indubitante 
possis enuntiare, debes ipsam vocem vel neumam in capite alicujus notissimœ sym- 
pboniae notar€, et pro unaquaque voce memoriae retiuenda bujusmodi syniphoniam 
in promptu habere, quae ab eadem vocem incipiat : utpote sit hsec symphonia, qua 
ego docendis pueris imprimis atque etiam in ullimis utor. 



xxiv PRÉFACE 

les vues de Guido n'allaient point au delà. Il est si vrai qu'il n'en- 
seignait pas une nomenclature de notes dans son école, que Jean 
Cotton, premier commentateur de Guido, et qui écrivait dans les 
dernières années du onzième siècle , ou au commencement du dou- 
zième dit on ces termes précis, dans le premier chapitre de son traité 
de musique : « Les Anglais, les Français et les Allemands se servent 
« de ces six syllabes ut, ré, mi, fa, sol, la; mais les Italiens en ont 
« d'autres (1). » Or c'est en Italie que Guido enseignait. 

Il n'a pas plus imaginé l'hexacorde que la méthode des muances, 
dont il ne dit pas un mot. Il y a à ce sujet quelque chose de plus 
qu'une preuve négative ; car il dit d'une manière formelle : « Comme 
« il y a vingt-quatre lettres dans toute écriture, de môme, nous avons 
« aussi sept sons dans toute espèce de chant; car ainsi qu'il y a sept 
« jours dans la semaine, de même il y a sept sons dans la musi- 
« que (2). )) 11 n'est pas davantage l'auteur de la main musicale, 
car il n'y a pas un mot qui concerne cette méthode dans un seul de 
ses ouvrages. 

Il n'a pas donné le nom de gamme à l'échelle diatonique des sons ; 
car ce mot ne se trouve pas une seule fois dans ses écrits. Il donne à 
cette ccnelle le nom de monocorde, parce que ses degrés sont mar- 
qués sur la table de cet instrument. Enfin, il ne s'attribue pas l'ad- 
jonction du gamma grec aux lettres romaines pour la représenta- 
tion du son le plus grave de l'échelle générale; car il dit lui-même 
que ce sont les modernes (relativement à lui) qui ont fait cette ad- 
jonction (3). 

Guido n'a point inventé la notation actuelle du plain-chant, qu'il 
n'a pas plus connue que ses contemporains. Il n'a pas imaginé da- 
vantage les lignes de diverses couleurs pour reconnaître les signes 
de certains sons que nous appelons ut et fa, afin d'avoir des points 
de repère pour les autres signes : il en parle comme de choses con- 

(1) Verum Angli, Francigense, Alemanai utuatur his vf, re, mi, fa, sol, la; Itali 
autem alias habent. 

(2) Sicut m omni scriptura XX et IIII litteras, ita in omni cantu septem tantum 
habemus voces. Nam sicut septem dies in hebdooiada, ita septem sunt voces in 
musica. (V. Gerb. II, p. 46.) 

C3) In primis ponatur F grœcum a modernis adjunctum. 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. xxv 

nues, et ne s'en attribue pas le mérite. D'ailleurs il existe des manus- 
crits ou des fragments du dixième siècle où ces lignes se trouvent (1). 
Ce qui appartient réellement à Guido , c'est d'avoir complété la 
portée de quatre lignes, non pour la notation actuelle du plain- 
chant , qui lui est postérieure , mais pour fixer la position des signes 
compliqués de la notation du moyen âge, appelée communément 
neumatique: parce que ces signes, souvent mal formés et disposés 
d'une manière irrégulière, jetaient les chantres dans l'incertitude 
pour les intonations. Au surplus , Guido , qui a expliqua en termes 
très-précis l'objet du perfectionnement qu'il avait voulu introduire 
dans cette notation , ne nous laisse pas ignorer qu'il préfère les sept 
lettres de saint Grégoire. « Nous avons trouvé plus avantageux, dit- 
« il , de noter avec des lettres seules ; car elles sont ce qu'il y a de 
« plus facile pour apprendre le chant, si l'on s'en sert avec assiduité 
« l'espace de trois mois. Les neumes sont en usage parce qu'ils 
« abrègent : s'ils sont faits avec soin, on les considère comme des 
« lettres, lorsque celles-ci sont disposées de cette manière, etc. (2). yy 
Ce raisonnement est très-juste; car les neumes, lorsqu'ils n'étaient 
pas de simples points, étaient des signes collectifs de plusieurs sons 
qui abrégeaient les notations; mais les lettres avaient sur eux l'a- 
vantage de la clarté et de la précision. 

A l'égard de l'invention du contrepoint attribuée à Guido, il est 
hors de doute qu'on' ne trouve dans ses écrits d'autre trace d'har- 
monie que la diaphonie, c'est-à-dire les successions non interrom- 
pues de quartes et d'octaves dont Hucbald de Saint-Amand avait 
donné des règles et des exemples plus d'un siècle avant lui. 

Le monocorde, dont on lui a fait également honneur, se trouve 
dans les traités de musique de Ptolémée et de Boëce, qui datent de 
plusieurs siècles avant sa naissance. Le jésuite Kircher a voulu aussi 

(1) Martiui, Storia délia Musica, t. 1, p. 184. 

(2) Solis lUteris notare optimum probavi mus 
Quihus ad discendum cantum nihil est facilius, 
Si assidue utuntur saltem tribus mensibus. 
Causa veio breviandi neumae soient fieri, 
Quse si curiosœ fiant, habentur pro litteris, 

". . ' Hoc si modo disponautur litterae cum lineis. 



xxvj PRÉFACE 

qu'il fût inventeur du clavecin et de l'épinette; cela est trop ridicule 
pour avoir besoin d'être réfuté. 

Après avoir mis au néant, par une discussion dont on vient de 
voir l'aperçu , toutes les fables débitées sur les inventions préten- 
dues de Guido , j'ai supposé, dans l'article de la biographie, qu'on 
me ferait cette question : k Si Guido n'est l'auteur d'aucune des in- 
« novations qui lui sont attribuées et que vous lui refusez , que lui 
« reste-t-il donc, et sur quelles bases s'est établie sa renommée de- 
ce puis plus de huit cents ans? » J'ai répondu alors, et je répète 
aujourd'hui que j'accorde à ce digne prêtre ce qui lui appartient 
et ce que lui-même réclame, à savoir : une méthode par laquelle il 
enseignait aux enfants en quelques mois ce que les chantres de son 
temps ne parvenaient pas à apprendre en dix ans; c'est-à-dire a 
trouver immédiatement l'intonation représentée par un signe quel- 
conque de la notation, à l'aide d'un procédé de mnémonique, et 
d'un monocorde pour les commençants. De plus, il a complété le 
moyen imaginé avant lui de donner une signification déterminée 
aux signes de la notation neumatique. C'étaient là des services au 
temps oùil vivait; car les instruments étaient rares alors, et l'on ne 
connaissait pas le diapason ou le son modèle. La tradition et la mé- 
moire pouvaient seules venir en aide pour fixer les intonations. 

Qui croirait qu'une discussion si approfondie et si lumineuse ait 
pu être l'objet d'une critique qui s'exprime en ces termes : « Qui 
« ne sera étonné après cela de lire dans la Biographie des Musiciens 
« par M, Fétis (t. IV, p. 458, 2. col.) les paroles suivantes : 

« Ce que j'ai rapporté démontre qu'aucune notation n''a été consi- 
« dérée, spécialement jusqu'au seizième siècle, comme une' invention de 
« Guido; et que pour l'enseignement du plain-chant, l'usage des an- 
« ciennes lettres grégoriennes s'était conservé même jusqu'à cette 
« époque. 

a II faut , ou que M. Fétis n'ait jamais lu les écrits de Gui, ou 
a qu'il compte extraordinairement sur ses lecteurs pour avancer de 
« telles propositions (l). « 

Le P. Lambillotte, jésuite, qui m'adresse ces paroles, ne s'aperçoit 

(1) Esthétique ou théorie du chant grégorien, par le P. Lambillotte, p. 2i 4. 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. xxvij 

pas qu'il tombe dans l'absurde; car il vient d'écrire à la page pré- 
cédente (213) : « De plus , il est constant , d'après les paroles mêmes 
« de notre auteur ( Guidod'Arezzo), que les caractères dont il se 
c( servit pour le chant dans ces lignes étaient les anciens neumes. » 
Puis il cite le premier vers : Solis litleris notare, etc. ; mais il sup- 
prime les deux autres, qui auraient démontré trop évidemment ce 
que j'avais avancé sur la conservation des lettres grégoriennes pour 
l'enseignement du chant ecclésiastique. 

11 est à remarquer que le P. Lambillotte a traduit dans son livre le 
micrologue de Guido , sa lettre au moine Michel , et quelques frag- 
ments d'autres opuscules; qu'il est résulté de ses traductions, pour 
les moins lettrés, que le moine d'Arezzo n'est l'auteur ni de la 
nomenclature des degrés de la gamme, ni des hexacordes, ni de la. 
méthode des muances , ni de la main musicale , ni de l'invention 
du contrepoint; ce que j'avais démontré dix-huit ans auparavant. 
Cependant il termine par cette sortie contre ma démonstration •: 

« Nous trouvons bien étrange, qu'il nous soit permis de le 

« dire en passant, qu'un homme, quel qu'il soit, aussi savant que 
« possible, jette publiquement un blâme à une série de siècles qui 
« ont vu briller tant de génies dans tous les genres, et qu'il ose dire 
« à tant d'hommes qui se sont occupés de la chose en question , 
« qu'ils n'ont pas compris ce qu'a fait Gui d'Arezzo en réalité. Du 
« reste , la lecture des lettres de Gui et ses œuvres , que nous venons 
<( de mettre sous les yeux de nos lecteurs, leur apprendra assez que 
« l'article de la Biographie de M. Fétis fait peu d'honneur à ce grand 
« musicographe. « 

Cette conclusion du vénérable prêtre, à qui Dieu fasse paix, me 
rappelle une anecdote que voici : Mozart , visitant une abbaye d'Al- 
lemagne, fut conduit dans l'église parle prieur. L'un des pères 
joua de l'orgue. Quand il eut fini de préluder, le prieur demanda 
à l'illustre compositeur ce qu'il pensait du talent du moine , et 
ajouta immédiatement : Cest un homme excellent et d'une simplicilé 
migélique. — Four sa simplicité , réi^ondii Mozart, je ne la mets 
pas en cloute^ car sa main gauche ne se doute pas de ce que fait sa 
droite. 

Le deuxième exemple , que je choisis dans les critiques dont mes 



xxviij PRÉFACE 

assertions et mes idées sur certains points de l'histoire de la musique 
ont été les objets, est celui-ci : 

Marchetto, dit de Padoue, à cause du lieu de sa naissance, fut le 
musicien le plus singulier du treizième siècle. Auteur de deux traités 
de musique, dont un, daté de 1274, a pour titre : Lucidarium in arle 
musicœ planœ, c'est-à-dire, en latin du moyen âge, La lumière ( por- 
tée ) dans l'art du plain-chant, il présente dans celui-ci des passages 
d'harmonie dont voici quelques-uns : 



N" 1. 



Dessus. J ut, ut dièse, ré. 


1 fa, fa dièse, sol. 


sol, sol dièse, la. 




Basse. ( fa, mi, ré. fa, ré, ut. 


sol, mi, ré. 




N" 2. 


Dessus. l'é, ut dièse, ut. 
Basse. ' ré, mi, fa. 


sol, fa dièse, fa. 


si, la, ut. 




ut, ré, fa. 


sol, la, la bémol. 




NO3. 


Dessus, j la, si bémol, si, ut. 


ut, si, si bémol, la. ] 


ré, ut, ut bémol. [| ut bémol, ut, ré. \ 


Basse, j la, sol, mi, ut. 


ut, mi, 


sol, , la. 


ré, mi, 


fa. \fa, mi, ré. 



Ces successions, si insolites, si étranges, non-seulement à l'époque 
où Marchetto écrivait, mais inconnues longtemps après lui , m'ont 
fait dire, dans la notice qui concerne cet écrivain : « Le Lucidaire est 
« surtout remarquable par les exemples d'harmonie chromatique 
« qu'il présente dans les deuxième, cinquième et huitième traités 
« renfermés dans cet ouvrage. Les successions harmoniques qu'of- 
« frent ces exemples sont des hardiesses prodigieuses pour le temps 
c( où elles ont été imaginées. Elles semblaient devoir créer immé- 
a diateraent une tonalité nouvelle; mais, trop prématurées, elles ne 
a furent pas comprises par les musiciens, et restèrent sans signiîi- 
« cation jusqu'à la fin du seizième siècle. » Qu'a-t-on objecté 
contre ces paroles, qui sont l'expression d'une vérité de toute évi- 
dence pour qui a étudié d'une manière sérieuse les monuments des 
tonalités et de l'harmonie, non en archéologue, mais en musicien 
qui s'attache moins aux mots qu'à la nature des choses? Ce qu'en 
a objecté , le voici : 

« Si M. Fétis a supérieurement caractérisé la tonalité moderne, 
« qui est notre élément musical, ses travaux ne sont pas aussi satis- 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. xxix 

« faisants en ce qui concerne la tonalité du chant de l'église. C'est 
« du moins mon opinion ; et l'on verra bientôt à quel point elle est 
« fondée. 

« Quand on traite de la tonalité du plain-chant, on enseigne 
« toujours qu'elle est purement diatoniqiie; qu'elle est dépouillée 
a du caractère attractif du quatrième degré et de la note sensible ; 
« que la seule altération permise en cette tonalité ne peut affecter 
« que la note si , par le moyen du bémol et du bécarre; enfin, que 
« l'emploi du dièse y est formellement interdit, selon les uns , et 
« quelquefois toléré , selon les autres, soit pour éviter la relation di- 
« recte du triton ou de la fausse quinte , soit par euphonie dans les 
« cadences. 

« On ignore que la tonalité du plain-chant ne repose pas toute 
« entière dans la tonalité grégorienne. Celle-ci n'en est qu'une par- 
« tie , considérable sans doute , mais qui ne constitue pas à elle 
« seule la liturgie musicale (1). » 

J'écarte ce qui suit immédiatement , parce que mon critique a 
pour habitude de se jeter dans des excursions qui font perdre de 
vue la chose dont il s'agit, et je viens au passage sur lequel il fait 
reposer la discussion. Le voici : 

« Ce dont personne ne se doutait , c'est que saint Grégoire et 

« saint Ambroise , bien qu'inspirés tous deux par les théories grec- 
ce ques , n'ont cependant pas suivi la même route. Le premier a 
« choisi le genre diatonique , le plus sévère et le plus grave des 
« trois genres de musique des anciens Hellènes ; l'autre a préféré le 
« genre chromatique, plus doux, plus élégant, plus simple; l'un a 
« songé aux barbares du Nord , au peuple, aux masses; l'autre a 
« voulu plaire aux oreilles délicates des Romains (2). » 

Arrêtons-nous un moment pour faire remarquer une méprise 
singulière de mon critique, M. Nisard : Ambroise, Gaulois d'ori- 
gine, n'eut point de rapports avec Rome, partagée à cette époque 
entre les restes du paganisme et l'arianisme. 11 n'était pas homme 
à vouloir plaire à des oreilles quelconques ; et, si quelqu'un travailla 

(1) Études sur la restauration du chant grégorien au XIX'' siècle, par Théo- 
dore Nisard, p. 15. 

(2) Ibid. 



XXX PRÉFACE 

pour le peuple , pour les masses, dans les objets du culte , dans le 
chant particulièrement, ce fut lui. Il suffit de lire les Confessions 
de saint Augustin pour en être convaincu. A l'égard de saint Gré- 
goire, pourquoi aurait-il eu en vue les barbares du Nord, qui n'oc- 
cupaient que l'Italie centrale et la Lombardie , et qui ne pénétrèrent 
pointa Rome sous son pontificat? 

Mon critique poursuit sa thèse en citant ce passage extrait d'un 
traité de musique attribué à saint Odon , abbé de Cluny (1) , qui 
gouverna ce monastère célèbre depuis 927 jusqu'en 942 : « Il 
« y a des genres de musique dont les intervalles ne se mesurent pas 
« sur le monocorde de la même manière que ceux du diatonique ; 
« mais nous ne parlons ici que de ce dernier genre, parce qu'il 
« est le plus parfait , le plus naturel et le plus suave, d'après le 

« témoignage des saints et des musiciens les plus instruits Il y 

« a une chose certaine, c'est que l'emploi du genre diatonique , 
« adopté par saint Grégoire, repose sur la double autorité de la 
« science humaine et de la révélation divine. Les mélodies de saint 
c( Ambroise, homme très-versé dans l'art musical , ne s'écartent de 
« la méthode grégorienne que dans les endroits où la voix s'amol- 
« lit d'une manière lascive et dénature la rigidité des intervalles 
« diatoniques (2). 

M. Nisard cite ensuite un passage extrait d'un petit traité de mu- 
sique par Réginon, abbé du Prum, qui fut contemporain d'Odon, 
abbé de Cluny. Dans ce passage, Réginon, comme la plupart des 
écrivains du moyen âge, divise la musique artificielle en diatonique, 
chromatique et enharmonique; il ajoute qu'on entend fréquemment 
des exemples du genre chromatique dans les chœurs de musique 



(1) Il y a beaucoup de motifs pour ne pas reconnaître saint Odon comme l'auteur 
de cet ouvrage, dont il n'existait que deux manuscrits avant que l'un d'eux eût été 
détruit dans un incendie. Celui qui se trouve encore à la Bibliothèque de Leipsick, 
l'attribue à Bernon, et le passage cité par M. Nisard ne s'y trouve pas. 

(2) La traduction serait plus exacte si M, Nisard disait : la mélodie de saint /am- 
broise ne s'écarte pas de cette règle, si ce ii'est dans les endroits où la voix la 
dénature par des délicatesses trop lascives. (Sancti quoque Ambrosii, prudentis- 
simi in liac arte, symphonia nequaquam ab hac discordât régula, nisi in quihus- 
dam nimium delicatarum vocum pervertit lascivia. ) 



DE LA DEUXIEME EDITION. xxxj 

des femmes, et qu'on les trouve également dans l'hymne Ut queant 
Iaxis (1). 

Après ces citations, et beaucoup d'écarts qui font oublier ce qui 
est en question , le critique revient au sujet de la discussion , et 
dit : « Sans doute, la tonalité du chant grégorien est diatonique : 
« c'est la règle ; mais en connaît-on toutes les exceptions pratiques ? 
« A-t-on contrôlé sur ce point fondamental les assertions obscures, 
{( embrouillées ou incomplètes des didacticiens du moyen âge? 
« Pourrait-on dire d'une manière précise les limites de l'influence 
« réciproque qu'ont exercée l'une sur l'autre l'œuvre de saint Gré- 
« goire et l'œuvre de saint Ambroise? » 

On voit que jusqu'ici M. Nisard est dans l'incertitude sur la ques- 
tion qu'il a soulevée; mais bientôt nous allons le voir prendre 
un ton plus décidé, et ne plus mettre en doute l'existence d'un plain- 
chant chromatique. De plus, il affirmera également que l'harmo- 
nie chromatique a existé de tout temps , et il écrira cette curieuse 
note (2) : 

«. Dans sa Biographie universelle des Musiciens {d^vi, Marchetto y 
« t. IV, p. 269) M. Fétis répète la même opinion (déjà produite au- 
B paravant), mais en des termes plus inadmissibles encore ; car Mar- 
« chetto n'a pas eu de hardiesses prodigieuses en fait d'harrfionie : 
« il n'a fait qu'exposer la doctrine reçue et suivie depuis long- 
« temps. )> 

S'il en est ainsi, je ne mérite pas les éloges qui m'ont été donnés, 
et que le critique a répétés en commençant. Non-seulement je n'ai 
pas supérieurement caractérisé la tonalité moderne, qui est notre élé- 
ment musical, mais j'ai dit de grosses sottises sur ce sujet, puis- 
qu'il n'y aurait pas de différence entre la tonalité du chant grégorien 
et celle de la musique moderne , ou plutôt qu'il n'y aurait qu'une 
tonalité. Heureusement, nous ne faisons pas le roman de la musi- 
que : nous écrivons son histoire. Nous n'avons pas de conjectures à 
faire là où sont les monuments , et nous ne sommes pas des Chris- 
tophe Colomb allant au hasard, sur unemer inconnue, à la recherche 

(1) Sicut in choro mulieruin ludentium fréquenter auditur, et in hymno Ut 
queant Iaxis , etc. 

(2) Études sur le chant grégorien, page 153, n. 1. 



xxxij PRÉFACE 

d'un nouveau lîlonde musical. Il me suffira, pour mettre au néant 
toutes ces suppositions gratuites, toutes ces pétitions de principes, 
de rentrer dans le domaine de la réalité. Je regrette seulement de 
ne pouvoir être plus concis dans ma tâche. 

Reprenons d'abord le texte de l'ouvrage attribué à Odon : Il y a 
des genres dont les intervalles ne se mesurent pas sur le monocorde de 
la même manière que ceux du diatonique. Cette traduction est-elle 
exacte? Je suis obligé de répondre négativement, car le texte dit 
simplement : il y a d'autres genres de musique, lesquels ont d'autres 
mesures (1). En cela l'auteur de l'opuscule ne nous apprend rien de 
nouveau : il répète ce qu'ont dit avant lui Ptolémée, Boëce, Auré- 
lien de Réomé, Rémi d'Auxerre et d'autres écrivains qui suivaient 
la doctrine de Boëce. Mais cela n'indique en aucune manière qu'on 
se servit au dixième siècle des genres chromatique et enharmonique. 
On ne parlait plus depuis douze siècles de ces genres que d'une ma- 
nière spéculative. Aristote nous apprend qu'il n'existait plus de son 
temps de musicien capable de chanter les nomes d'Olympe , parce 
que la musique était devenue purement diatonique , et que les an- 
ciens genres enharmonique et chromatique avaient été abandonnés. 
Le texte que M. Nisard invoque affirme également que le chant de 
saint Grégoire est diatonique , et que celui de saint Ambroise n'en 
diffère pas, si ce n'est dans les cas où la voix le dénature par des dé- 
licatesses trop lascives. Mais pourquoi mon critique a-t-il omis ce qui 
suit dans le même paragraphe de l'ouvrage qu'il cite? Là se trouve 
parfaitement expliqué ce que l'auteur entend par des délicatesses 
lascives de la voix; là aussi se voit la preuve qu'il s'agit, non de ce 
que M. Nisard appelle Vœuvre de saint Amhroise , mais de mauvaises 
traditions de certains chantres que l'auteur flétrit du nom de jon- 
gleurs. "Voici le passage supprimé par mon critique : « Or, nous sa- 
« vous par expérience que la plupart de ceux dont l'esprit cor- 
« rompu dirige leurs voix de cette manière ne chantent pas selon 
« la règle de vérité, mais suivent plutôt leur propre caprice, pour 
c( acquérir une vaine gloire. Cest d'eux qu'on a dit que l'ignorance 
« de la musique fait d'un chantre un jongleur. C'est pourquoi saint 

(1) Sunt prEctcrea et alla musicso gênera, aliis meusuris aptata. 



DE LA DEUXIÈME EDITION. xxxiij 

« Isidore pose cet axiome, que Dieu n'est pas glorifié par des voix 
« semblables (1). » 

En vérité, il est bien extraordinaire que mon critique n'ait pas vu, 
par cette suite du paragraphe de son auteur, que l'autorité invo- 
quée par lui s'élève contre son système et l'anéantit! 

Reste la citation d'après Réginon de Prum. Ici j'éprouve quelque 
embarras, car le passage ne se trouve ni dans le texte publié par 
l'abbé Gerbert, ni dans le manuscrit que j'ai découvert à la biblio- 
thèque royale de Belg'ique; j'ignore donc ce. qui suit l'endroit où mon 
critique s'est arrêté. Toutefois, ce qu'il en a cité suffit pour démon- 
trer que les paroles de l'abbé de Prum n'ont pas la signification 
qu'il leur prête. De quoi s'agit-il ? de la musique artificielle. Qu'est- 
ce que la musique artificielle? C'est celle des instruments. Réginon 
lui-même nous dit en effet ce qu'il entend par ces mots : « On ap- 
te pelle musique artificielle, dit-il, celle qui est produite et inven- 
te tée par l'art et le génie humain, et qui consiste dans l'usage de 
« certains instruments (2). » Or, j'ai démontré dans mes Recherches 
sur la musique des rois de France ai' moyen âge, d'après les comptes 
de leur maison (3), que les instruments orientaux appelés psaltérions, 
canons et demi-canons , étaient joués par certains musiciens employés 
à leur service, et que ces mêmes instruments étaient connus en 
Europe. On sait que leurs nombreuses cordes étaient et sont encore 
accordées dans le système arabe , de dix-sept sons par octave. Quels 
rapports veut-onque ces choses aient avec la tonalité duplain-chant? 
Encore une fois il n'est question que de la musique artificielle, c'est- 
à-diro delà musique instrumentale. Il est vrai que dans la citation 
faite par mon critique il est fait mention de l'hymne Ut qucant Iaxis, 
après le chœur musical des femmes. J'avoue que je ne sais ce que 
cela signifie, car on n'en peut tirer aucun sens raisonnable. Si cet 

(1) Experimento namque didicimus, qiiod plurimi dissolut! meute hujus niodi 
voces habentes uulluni pêne cantum secundum veritatis regulam, sed magis secun- 
dum propriara voluntatem pronunciant, maxime inanis gloriœ cupidi ; de qualibus 
dicitur : quia ignorata musica de cantore joculatorem facit; pro quo S. Isidorus po- 
nit, quia talibus vocibus uon famulatur Deo. {Jp. Cerb.^ tome I, page 275.) 

(2) Artiflcialis musica dicitur, quac arte et iugenio liumauo excogitata est, et in- 
venta, quac in quibusdam consistit instrumeutis. {Jp. Gerb., tom. I; p 237. ) 

(3) Revue musicale, année 1832, n» 25 et suivant. 



:ixxiv PREFACE 

hymne n'avait pas appartenu au genre diatonique, Guido d'A- 
rezzo ne l'aurait pas choisi pour mettre dans la mémoire de ses 
élèves les notes initiales des antiennes. 

On a vu que ce n'est pas dans le plain-chant seul que M. Nisard 
veut trouver l'emploi du genre chromatique , mais aussi dans l'har- 
monie. Suivant lui, et ici il est affirmatif autant qu'on peut l'être , 
ce que j'ai trouvé de prodigieux dans les successions harmoniques de 
Marchetto est la chose la plus simple : cela s'est fait de tout temps ; 
Marchetto n'a fait qu'exposer une doctrine établie longtemps avant 
lui. M. Nisard oublie de nous apprendre où il a trouvé les docu- 
ments qui l'autorisent à tenir ce langage. Pour moi je n'éprouve aucun 
embarras à démontrer son erreur, car je m'appuie sur l'évidence. 

Marchetto, dit mon critique, lorsqu'il écrit ses harmonies, expose 
la doctrine établie longtemps avant lui. Voyons de quoi traite le 
sixième chapitre du deuxième traité contenu dans le Lucidaire? 
du diesis , qui, dit-il , est la cinquième partie d'un ton (1). Il ajoute : 
Si Von divise le ton en deux parties pour colorer quelque conson- 
nance , par exemple , la tierce , la sixte ou la dixième, tendante vers 
une autre consonnance , la première partie du ton ainsi divisé , si elle 
est ascendante, est la plus grande et s'appelle chroma, la partie qui 
reste se nomme diésis (2) . Quel galimatias ! Cette théorie a la pré- 
tention d'être empruntée aux Grecs ; mais jamais un intervalle ne 
s'est appelé chroma, et une tierce, une sixte, une dixième, dont 
l'intervalle prendrait les quatre cinquièmes d'un ton pour éta- 
blir sa tendance, serait complètement fausse et insupportable à l'o- 
reille. C'est pour la démonstration de cette absurdité que sont écrits 
les exemples placés sous le n° 1 . 

Le deuxième chapitre du huitième traité du Lucidaire, où se trou- 
vent les successions que j'ai fait connaître sous le n° 3 , traite du 
changement de nom des notes dans la solmisation par le système des 
hexacordes et par la méthode des muances. Or, ce système et cette 

(1) Diesis quinta pars esttoni. 

(2) Diesis quinta pars est toni, puta cum aliquis tonus bipartitur propter aliquam 
cousonautiarn colorandam subter tertiam, sextani sive dccimam , tendendo ad ali- 
quam consonantiam ; quia prima pars toni sic divisi, si per ascensum fit, major est, 
et vocatur chroma ; pars vero quœ restât diesis dicitur. {.4p, Gerb., t. 111, p. 73.) 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. xxxv 

méthode ont pour base unique le genre diatonique , comme le 
prouve invinciblement la main musicale. Quels rapports donc 
peuvent exister entre les successions de Marchelto et l'objet du 
chapitre ? 

Enfin ^ n'avons-nous pas, pour démontrer que les successions et 
les harmonies dont il s'agit n'appartiennent pas au temps où elles ont 
été écrites, les monuments de Fart à la fin du douzième siècle et môme 
de l'année 1267, que j'ai publiés dans la Revue de la musique reli- 
gieuse de M. Danjou, et ne savons-nous pas qu'alors les tierces ma- 
jeures et les sixtes de même nature étaient considérées comme des 
dissonances et bannies du contrepoint? De plus, n'avons-nous pas 
des morceaux à trois voix d'Adam de la Halle , contemporain de 
Marchetto, pour nous fournir la preuve que l'harmonie de ce temps 
n'a aucun rapport avec ce que nous voyons dans l'œuvre de celui-ci? 

Que deviennent donc, en présence de ces faits, les assertions in- 
croyables de M. Nisard? Que devient sa négation des vérités que j'ai 
énoncées? Non-seulement j'étais dans le vrai, lorsque je disais que 
les exemples de successions harmoniques de Marchetto sont des 
choses prodigieuses (j'aurais pu dire absurdes) dans la tonalité de 
son temps, mais j'étais en droit d'ajouter que longtemps même 
après l'introduction dans l'art du principe de la tonalité moderne , 
de pareilles successions y étaient inconnues. Quatre siècles s'étaient 
écoulés depuis Marchetto, lorsque Stradella, et après lui Alexandre 
Scarlatti , ont fait entendre les premières successions chromatiques 
avec l'attraction tonale. L'étude quelque peu attentive des règles en- 
seignées dans les traités de musique des quatrième et cinquième siè- 
cles fait voir avec évidence qu'elles ont pour objet d'éviter des rela- 
tions d'intervalles bien moins hardies que celles de l'écrivain de 
Padoue. 

Les deux exemples de critiques que je viens d'analyser et de ré- 
futer, par de solides preuves, font voir que si je voulais relever de la 
même manière tout ce qui a été produit contre mes doctrines, je 
devrais écrire d'immenses volumes , source de fatigue pour moi et 
d'ennui pour mes lecteurs. Certains archéologues , dans ces derniers 
temps, se sont attachés à des points de vue particuliers sur lesquels 
ils se contredisent souvent entre eux , bien que le but de la plupart 



xxxvj PRÉFACE 

soit de me combattre. La vue de l'ensemble leur échappe, ce qui est 
cause qu'ils ne me comprennent pas toujours. Ils sont à l'histoire de 
la musique ce que seraient plusieurs tailleurs qui voudraient tra- 
vailler à la confection du même habit, chacun de son côté : celui-ci 
ferait la taille, cet autre les manches, un troisième le collet. Tous se 
complairaient à bien faire la partie qui leur serait échue ; mais, 
quand viendrait le moment d'assembler le tout, rien ne s'accorde- 
rait. Avec du savoir, de l'érudition , on croit pouvoir résoudre mieux 
certains problèmes de l'histoire de la musique en bornant le cercle 
des études à ces questions particulières ; mais dans cet art, dont les 
transformations sont si fréquentes, dans cette science qui embrasse 
tant d'objets, si l'on n'a tout examiné; si de longues méditations sur 
l'ensemble et l'enchainement des faits par leurs causes n'ont pas 
étendu les vues du savant le plus consciencieux , on risque de ne 
parvenir qu'à des conclusions erronées. Il faut avoir tout approfondi 
pour traiter avec certitude une des milles questions difficiles qui se 
présentent dans cette science infinie. 

Ces considérations m'ont déterminé à faire disparaître de la 
deuxième édition de mon livre le Résumé philosophique de l'histoire de 
la musique, que j'avais placé en tête de la première. Ce morceau ren- 
ferme une très-grandequantité d'aperçus nouveaux, dont quelques-uns 
ont été quaAiiiés (ï hypothèses. Le conseiller impérial de Kiesewetter 
en a eu tant d'émotions, qu'elles l'ont préoccupé pendant les quinze 
dernières années de sa vie et lui ont fait produire dans cet intervalle 
ses livres sur la musique de V Église grecque, sur Vhistoire de la mu- 
sique européenne, sur la musique mondaine , sur la musique des Ara- 
bes , sur Guido d'Arezzo et sur la théorie mathématique des échelles 
tonales, sous le titre de Nouveaux Aristoxéniens. De plus, il a rem- 
pli les journaux de musique allemands d'articles dirigés contre 
mes idées, sous divers pseudonymes. D'autres se sont aussi essayés 
contre ce que j'ai écrit dans ce résumé sur les origines de l'harmonie, 
sur celles des notations et sur beaucoup d'autres choses. Reproduire 
simplement mon tableau rapide de l'histoire de la musique , sans 
tenir compte de toutes ces oppositions, ne serait pas possible; les 
discuter serait changer le caractère de ce morceau, lui ôter sa desti- 
nation et le transformer en une lourde et illisible dissertation. Je 



DE LA DEUXIÈME ÉDITION. xxxvij 

me suis dit qu'il n'est plus temps de présenter sous une forme 
abrégée des vérités historiques et des idées que saisissent mal ceux 
qui n'en connaissent pas les développements. L'histoire générale 
de la musique, dont la publication suivra celle du présent ouvrage, 
exposera ces choses avec le cortège de preuves qui doit les appuyer, 
et fera cesser d'oiseux débats. 

En terminant, je déclare que, loin de me plaindre des attaques 
dont mes assertions et mes théories ont été l'objet, je m'en réjouis, 
si elles restent dans des termes qui conviennent à d'honnêtes gens. 
Mieux vaut cent fois l'animation qui règne dans le domaine de la 
littérature musicale depuis un certain nombre d'années , au risque 
de quelques égarements, que l'indifférence dont j'ai été témoin 
dans ma jeunesse, et que j'ai eu pour but de faire cesser par 
mes efforts. Au milieu de quelques erreurs, que le temps dissipera , 
se sont produites de bonnes choses qui porteront leurs fruits. Sous 
ce rapport, le progrès n'est pas douteux. 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



AARON, abbé de Saint-Martin de Cologne, 
naquit en Ecosse dans les dernières années du 
dixième siècle. Il était jeune encore lorsqu'il fit 
un pèlerinage à Tabbaye de Saint-Martin : beau- 
coup d'Écossais venaient à cette époque visiter 
pieusement cette abbaye. Aaron y trouva le terme 
de ses voyages, et, peu de temps après son arrivée 
à Cologne, il y prit l'habit du monastère, dont il 
devint abbé en 1042. 11 n'était point alors extra- 
ordinaire qu'un seul abbé dirigeât deux abbayes: 
Aaron nous en fournit un exemple, car, peu de 
temps après qu'il eut été élevé à la dignité d'abbé 
de Saint-Martin, on lui confia aussi la direction 
de l'abbaye de Saint-Pantaléon , de l'ordre de 
Saint-Denoît, près de Cologne. 11 mourut à l'âge 
d'environ soixante ans, le 14 décembre 1052. Un 
traité De utlUtate Cantus vocalis et de Modo 
cantandi ulqxie psallendi, écrit par Aaron, se 
trouvait en manuscrit dans la bibliothèque de 
Saint-Martin, avant la suppression de cette ab- 
baye. Trithème (in Cliron. Hirsaug.) dit aussi 
que ce moine a laissé un livre intitulé : De Regu- 
lis tonorum et symphoniarum. {Yoy. Josephi 
Hartzeim Bïbliotheca coloniensis , p. 1.) 

AAROIV, ou ARON (Pietro), écrivain 
didactique sur la musique , et professeur distingué 
de cet art, naquit à Florence, dans la seconde 
moitié du quinzième siècle, suivant les rensei- 
gnements que nous fournissent les titres de ses 
ouvrages et ses épîtres dédicatoires. Les deux 
orthographes du nom de cet auteur sont employées 
par lui-même ; car on trouve Aron au second 
livre qu'il publia, et Aaron aux titres des autres. 
Poccianti (1), Cinelli (2) et le jésuite Negri (3) 

(!) Catalogus illustrium Scriptorum Florentinorum. 

(2) Bibliotcca volante. Scansia 8\ 

(i) Istoria de' Fiorentini Scrittori, p. isa. 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. T. 1. 



nous apprennent peu de choses concernant la 
vie de ce savant musicien ; ce qu'on en sait est 
indiqué par lui-même. Ainsi la lettre placée en 
tête de l'édition de son livre intitulé Toscanello 
in musïca , publié en 1539 , et datée du 7 octobre 
de la môme année, nous informe qu'Aron avait 
vingt-six ans lorsqu'il publia son premier livre , 
en 151G; d'où il suit qu'il était né en 1489 ou 
1490. On voit dans une autre épîlre de l'édition 
de 1523, qu'il était né pauvre, et qu'il chercha 
des ressources pour sa fortune dans ses travaux 
sur l'art. On peut induire de ses paroles qu'il 
s'était rendu à Rome, et qu'ayant été ordonné 
prêtre, il recherchait la faveur du pape Léon X; 
mais la mort de ce pontife trahit ses espérances. 
Heureusement, il trouva aiorsnn protecteur dans 
Sébastien Michèle, noble vénitien et chevalier de 
Saint-Jean de Jérusalem (4). Or Léon X mourut 
le 1^"" décembre 1521, et avant cette époque 
Aaron avait déjà publié ses trois livres DelV Isti- 
tuzione armonica, à Bologne, en 1516. 11 est 
donc au moins vraisemblable qu'il se trouvait 
alors dans cette ville, où Flaminio, son ami, 
publia dans la même année une version latine du 
même livre. Depuis cette époque jusqu'au mois 
de février 1521 , les traces de l'existence d'Aaron 

(4) ... Sotto il suo pontificato ( de Léon X ), molti 
si sono affaticati, ciascuno seconda le lor forze, di 
far profttto in esta pcr çiU ampi premii che a le loro 
fatiche vedevano essere proposti. Tra gli quali io sono 
stato uno , il quale in tenue forUina nato, riccrcindo 
per alcuna honestâ via sostentaie la. mie tenutta 
neçili studii di musica , mi sono non poco affatt- 
cato , se non eos felicemenle corne harei (sic] io/«(o, 
almeno quanto l' ingeçino et la mia indiistria mi ha po- 
tuto ; et harei al tutto dissipato il premio a le fatiche 
mie per la importuna morte di Leone, se vostra figno- 
ria non mi si fiissi offerta iinico prcsidio a la afjlitta 
miafortuna, etc. • 

1 



AARON 



disparaissent ; mais un document publié dans le 
n° 17 de la neuvième année de la Gazetta musi- 
cale di Milano (27 avril 1851) nous apprend 
qu'il était alors à Imola , petite ville de l'État 
de l'Église, et siège d'un évêclié, où il occupait la 
place de chantre (ou maître de chapelle et insti- 
tuteur des enfants de chœur) à l'église cathédrale. 
Ce document est un acte dressé par le notaire 
Vincent Gibelti , de cette ville, en date du 15 fé- 
\rier 1521, par lequel les chanoines, après déli- 
bération , accordent à Aaron, pour tout salaire 
annuel de son service, et sans indemnité de loge- 
ment, seize mesures de froment (1). Il paraît 
hors de doute que, peu satisfait du résultat de la 
délibération, ce savant maître abandonna sa 
place de l'église d'imola , et se rendit à Rome 
immédiatement après. Les munilicences de 
Léon X, son goût décidé pour les arts, et la 
faveur que ce pape accordait aux Florentins, 
tout faisait entrevoir à Aaron un sort plus heu- 
reux; mais la mort prématurée du pontife 
renversa de nouveau ses espérances. Cependant 
il ne tarda pas à se trouver dans une meilleure 
situation, ayant obtenu, par la protection du 
chevalier Sébastien Michèle, un canonicat à la 
cathédrale de Rimini, dont il était pourvu 
dès 1522, ainsi que le prouvent le titre et i'é- 
pllre dédicatoire du Toscanello, publié dans celte 
même année. 

Il jouissait encore de ce bénéfice lorsque paru- 
rent les éditions de ce livre publiées en 1525 
ot 1529; mais il paraît qu'il ne l'obligeait pas à 
résidence; car il était en môme temps maître de 
chapelle de la maison de son protecteur, le che- 
valier Sébastien Michèle, prieur de Saint-Marc de 
Venise, et vivait dans cette ville, ainsi qu'on le voit 
par le titre de son livre intitulé : Tratlale délia 
natura et délia cognizione di tutti gli tuoni 

(0 Et prtrdicti syndicus wansionarioriim , et man- 
sionarii prœdicti, obtcnto partito per fabas quatuor 
albas ex quinqiie de dando dicto D. l'ctro Arnn corbes 
Xflfrumenti de prsedicta mensvra, se obllgaverunt dare 
et consignare in recollectu proximc future dicto V. Petro 
y4ron dictas corbes Xf^I frumenti, pro eo quod promisit 
in choro divinis interesse et cantu se occupare dicbus 
solemnibus ctfcstivis perannum incipicndum in halcndis 
vmrtii proxime futuris ,et xtt scquitur , hac tamcncovdi- 
tione, quod non facta interpellatione per mensem unte 
flnitum annum per alterum partem de conducta non 
perseveranda : intelligatnr perseverare eo modo et forma 
quo anno tune pneterito , et sic per transitum rt^ensem 
fcrdurare peralium annum rum eodem salaria. 

Suivant les tables de variations de la valeur de l'arscnt 
et du prix des denrées , données par Dupré de Saint-Maur 
dans son Essai srir les Monnaies, et en supposant que 
la mesnrt romaine de blé fût à peu prés l'équivalent du 
Relier de France, coté en 152i à -s livres tournois 3 sous 
et 4 deniers , qui répondent à li> franc." de notre inoniraie, 
les seize mesures de froment aeconiés à Aiiron représin- 
trraient aujourd'hui un traitement annuel ds 210 fraûcs ! 



nel canfo figurato, qui fut publié en 1525. La 
mort du prélat et la modicité du revenu de son 
canonicatmirent plus tard Aaron dans une situa- 
lion peu prospère; car il se décida, en 1535, à 
se faire moine de l'ordre des Hiéronymites < 
(appelé en Italie VOrdine de" crociferi ou 
Crosachieri), dans le couvent de Saint-Léonard , 
à Rergame. 11 en prit l'habit le 12 mars 1536, et 
l'on voit dans une lettre qu'il écrivit le lende- 
main à son ami Giovanni del Lfigo, maître de 
chapelle vénitien, que sa profession se fit avec 
beaucoup de solennité, qu'on lui rendit des 
honneurs inaccoutimiés, et que les musiciens et 
chanteurs qui assistaient à la cérémonie lui té- 
moignèrent de l'alfection. Pour l'honorer, dit- 
il, et à cause de l'amitié qu'ils avaient pour lui, le 
maître de chapelle, Messer Gasparo et ses vingt- 
deux chantres exécutèrent des psaumes spez- 
zati et un Magnificat à deux chœurs, et toutes 
les antiennes en contre point , aussi bien qu'on 
aurait pu le faire à Venise; puis le Veni Creator 
fut chanté dès qu'il eut revêtu l'habit. Il ajoute : 
« Après les cérémonies , je fus accompagné dans 
« le couvent par monseigneur patron (le supé- 
« rieur), avec les chantres et une partie du 
« peuple. Une somptueuse collation de pâtisseries 
« et de confitures était pré{)arée ; et , sans que 
« j'en eusse été prévenu , on chanta à ma louange 
« un madrigal à six voix (1). » Trois ans après, 
il écrivait au même : « Je suis mieux que je 
« n'ai jamais été; bien vu et caressé; j'ai bonne 
« vie et repos; je suis libre, et j'ai quelques écus 
« dans ma bourse (2). » Dans une autre lettre 
il dit encore : « Vous savez quelle était ma situa- 
« lion à Venise ; s'il m'était survenu une maladie,, 
« j'aurais été sans asile (3). » Il passa plus tard 
du couvent de Bergame à celui de Padoue, puis- 



(1) Per lo amore quale a me portano questi signori 
musici et cantori, Tnesser Gasparo, maestro di cappella, 
qua con ventidue cantori (fu) ad honorarmi, et qua 
fil cantato im vespero a dui chori da loro a psulmi 
spezzati , molto egregiamente, con un Magnificat a dui 
chori, et tutte le antifone in contrapunto ; cosa che 
non haria creduto, tanto bene che sarebbe bastuto in 
f'infgia : da poi uno Venl Creator Spiritus, quando fui 
vestito, etc. 

Finito le cérémonie, fui accompagnato dal 

reverendo Monsignore mio patrone in casa con tutti li 
canton et parte del popolo, dove era apparecclnuto vna 
belUssima colntione abundante di marzapani et confetti : 
da poi fu cantato un mandriali (sic) a sei noci , del quale 
non sapevoniente, in laude mia. (Voy. Lucidarlo in mu- 
sica , etc.) 

(2) lo sto meglio eh' io stetti mai; ben visto, ben acha- 
rezzato, buon vivere con riposo, libéra et qualcke scttdo 
in borsa. ( Ibid.) 

{5) foi sapete bene qnello che in f-^enetia al présente 
havcvo se mi fusse vcnu{a una malattia , saria umlato 
rumimjo. (Ibid.) 



AARON — ABADIA 



à celui de Venise. On ignore l'époque de la mort 
d'Aaron ; mais on sait qu'il vivait encore en 1545, 
car il publia dans cette année son Lucïdarïo in 
Musica. C'est donc entre celte date et 1562 
qu'il cessa de vivre ; car la dernière édition de 
son Toscanello in Musica , publiée précisément 
dans cette année 1562, porte au frontispice ces 
mots : Con V aggiuntafatta dall' aulore stesso 
innanzi che morisse (avec l'addition faite par 
l'auteur lui-même avant qu'il mourût). Les soins 
qu'il avait pris pour les progrès de la musique, et la 
réputation dont jouissaient ses ouvrages, lui pro- 
curèrent riionneur, unique parmi ses contempo- 
rains , de voir son portrait placé dans la galerie 
ducale de Florence, près de- ceux des musiciens 
les plus célèbres des temps antérieurs. Ou a de 
lui les livres dont voici les titres : l° / tre libri 
deir Istituzionc armonica, stampati in Bolo- 
gna nel 1516 da Benedetlo di Ettore , in-4°. 
Ce volume est composé de 62 feuillets cliiffrés 
d'un seul côté. Jean-Antoine Flaminio, ami de 
l'auteur, traduisit ce livre en latin, et publia 
sa version sous ce titre : Libri très de Institu- 
tione harmonica, editi a Petro Aaron , Flo- 
rentine; interprète Giov. Ànt. Flaminio Fora- 
corneliensi. Bononiœ , 1516, petit in-4°. Cet 
ouvrage (it naître une vive contestation entre 
l'auteur et Gafori, qui y trouvait des fautes 
graves en grand nombre. L'objet de la dispute 
était la division des tétracordes dans les genres 
diatonique, chromatique et enharmonique; dis- 
putes vaines <iu'on agitait volontiers dans ces 
temps anciens, et qu'on assaisonnait d'injures 
réciproques. La cause d'Aaron fut soutenue 
contre Gafori par Jean Spataro et Nicolas Vulso 
(voyez ces noms), et des pamphlets, devenus 
très-rares, furent échangés à cette occasion. 
Longtemps après, Aaron est revenu sur ce sujet 
dans le second livre de son Lucidario (page 10); 
il y fait une critique vigoureuse des arguments 
de son adversaire. 1" Toscanello in Musica di 
messer Pielro Aron Fiorentino canonico in 
Fàmini. In Vineggia, 1523, petit in-fol. C'est 
le meilleur des ouvrages d'Aaron. Les règles du 
contre point y .sont mieux exposées que dans les 
autres livres publiés avant ceux de Zarlino. Il y 
en a d'autres éditions publiées en 1525, 1529, 
1539 et 1662, toutes imprimées à Venise, petit 
in-fol. Dans l'édition de 1539, imprimée par 
Marchio Sessa, on trouve, après le second livre, 
une addition (aggiunta) tort importante con- 
cernant l'usage du bécarre et du dièse dans la 
tonalité du plain-chant. L'édition de 1562, im- 
primée à Venise par Dominique Mcolini , petit 
in-fol., est la dernière de ce livre- Elle a pour 
litre ; Toscanello, opéra dcW eccelleniissimo 



musica Pietro Aron fiorentino , nellaquale, 
dopo le laudi, la origine, la definitione , et 
la divisione délia musica, con esaltissimo 
et agevolissimo trattato s' insegna tutto 
quello, che alla pratica del cantare et del 
comporre canti , et a divenirepcrfetlo musico 
è necessario. Con V aggiunta fatta dalV aulore 
stesso, innanzi che morisse. 3° Trattato 
délia natura et cognitione di tutti gli tuoni 
di canto figurato non da altrui più scritti, 
composli per messer Pietro Aaron, musico fio- 
rentino, canonico in Rimini, maestro di casa 
del rêver, et magnifico cavalière hierosoli- 
mitano messer Sebastiano Michèle priore di 
Venetia. Impresso in Vinegia, per maestro 
Bernardino Vitali, 1525, petit in-fol. La Borde 
cite une deuxième édition de ce livre, qui aurait 
été publiée en 1527, in-fol. : Je la crois sup- 
posée. 4° Lucidario in Musica di alcune opi- 
nioni antiche et moderne; Venise, 1545 , in-4°. 
Ce livre contient des éclaircissements sur quel- 
ques difficultés relatives à la théorie de la mu- 
sique, particulièrement en ce qui concerne les 
proportions. 5" Compendïolo di molli dubbi, 
segreti et sentenze , intorno al canto ferma 
et figurato , da molli eccellenti consumât i 
musici dichiarato; raccolte dall' eccellente et 
scienzato autore fratre Pietra Aaron, deW or- 
dine de' Crosachieri, et delta inclita ciltà di 
Firenze. In Milano , per Giov. Antonio da 
Castigligne, in-8° (sans date) (1). Les ouvrages 
d'Aaron ont encore aujourd'hui une assez grande 
valeur historique; la doctrine qui y est exposée 
est puisée en grande partie dans les œuvres de 
ïinctoris. 

ABACO (Évariste-Felice del), né à Vérone 
en 1602, fut directeur des concerts de l'électeur 
Max. limmanuel de Bavière, et mourut dans la 
soixante-quatrième année de son âge, le 2G 
février 1726. Il a publié cinq œuvres de musique 
qui ont tous été gravés à Amsterdam , savoir : 
1" douze sonates pour violon et basse, in-4" 
oblong; 2" dix concerts à quatre pour l'église; 
3" douze sonates pour deux violons , violoncelle 
et basse; 4° une sonate pour violon et basse; 
5° six concerts pour quatre violons, alto, bas- 
son , violoncelle et basse. Son œuvre quatrième 
a été arrangé pour la musette. 

ABADIA (Natale), compositeur de musique 
ecclésiastique et théâtrale, né à Gênes le 11 

(1) J'ai fait une erreur considérable, en disant , dan.s la 
première éJilion de la Bioyraphie unlverstlle des Musi- 
ciens, que c'e^t le Compendiolo qui a été traduit eu latin 
par Flaminio .- je ne connaissais pas alors le premier 
ouvrage d'Aaron, que n'indiquent ni Martini, n-i l-orkel, 
ni LichtcntUal. J'ai copié l'erreur do ceux-ci 

1. 



ABADIA — ABÉLARD 



mars 1792, a fait ses premières études nmsicales 
sous la direction de P. Raiinondi : il les termina 
dans l'école de L. Cerro, son compatriote. On 
connaît de lui une messe à trois voix , une autre 
à quatre, avec orciieslre, des vêpres complètes 
et quelïjiies motels. Pour le théâtre, il a écrit 
un opéra bouffe intitulé : V ImbrogUone ed il 
Castirjamatti, et en 18 12 il a donné au théâtre 
di S. Agostino, à Gênes, le drame qui a pour 
tilre la Giannina di Poniieu, ossia la Villa- 
nelln d' onore. 

ABAILARD ou ABÉLARD (Pierhe) , 
célèbre par ses talents , ses amours et ies mal- 
heurs , naquit en 1079 au Palet, petit bourg à 
peu de distance de Nantes. Doué d'un esprit 
vif, d'une imagination ardente, d'une mémoire 
prodigieuse et d'un goût passionné pour l'étude, 
il posséda toutes les connaissances de ces temps 
barbares , et créa cette philosophie scolastiqua 
qui semblait alors renfermer toutes les sciences, 
et qui fut si longtemps un obstacle aux progrès 
de l'esprit humain. A la rhétorique, à la gram- 
maire et à la dialectique, il avait ajouté l'étude 
de ce qu'on appelait de son temps le qiiadri- 
viiim, c'est-à-dire l'arithmétique, la géométrie, 
l'astronomie et la musique. 11 possédait particu- 
lièrement la théorie et la pratique de cette dernière 
science. Dès l'âge de vingt-deux ans, sa répu- 
tation comme savant et comme homme éloquent 
effaçait celle des plus habiles professeurs , et son 
école était devenue célèbre. Au milieu de ses 
succès, il vit Héloï«e , nièce de Fulbert, cha- 
noine de Paris, l'aima, la séduisit et l'enleva. H 
la conduisit en Bretagne, où elle accoucha d'un 
lils qui ne vécut point. Abailard proposa alors à 
Fulbert d'épouser sa nièce en secret; celui-ci y 
consentit, ne pouvant faire mieux, mais il di- 
vulgua cette union : Héloïse, sacrifiant sa répu- 
tation aux volontés de son époux, la nia avec 
serment. Fulbert irrité la maltraita, et Ahnilard, 
pour la soustraire à ses mauvais traitements, 
l'enleva une seconde fois, et la mit au couvent 
d'Argenteuil. Le désir de se venger conduisit 
alors Fulbert à une action atroce : des gens 
apostés entrèrent la nuit dans la chambre d'A- 
bailard et lui firent subir une mutilation infâme. 
Cet attentat fut bientôt connu , et son auteur 
décrété, exilé, dépouillé de ses biens; mais le 
bonheur d'Abailard était détruit pour toujours. 
11 alla cacher sa honte à l'abbaye de Saint-Denis, 
qu'il ne quitta que lorsqu'il fut nommé abbé de 
Saint-Gildas au diocèse <le Vannes. 11 finit par être 
simple moine à l'abbaye de Cluny, et mourut 
au prieuré de St-Marccl, près de Châlon-sur- 
SaAne, le 21 avril 1142, âgé de soixante-trois 
ans. Nous avons dit que la musique était un des 



talents d'Abailard. Il avait fait les paroles et le 
chant de plusieurs chansons dont le sujet était 
ses amours : il les chantait avec goût. Bientôt 
répétées en tous lieux, elles eurent une vogue 
extraordinaire. Héloïse elle-même nous apprend 
quel tut leur succès, par ce passage d'une de ses 
lettres : •> Quand, pour vous délasser des travaux 
« de la philosophie, vous composiez en rimes des 
« chansons amoureuses , tout le monde voulait 
'< les chanter à cause de la douceur de leur mé- 
« lodie. Par elles mon nom se trouvait dans toutes 
'< les bouches, les places publiques retenti.ssaient 
« du nom d'Héloïse. » {Lettres d'Héloïse et d'A- 
bailard , Uaihiclion nouvelle par le bibliophile 
Jacob, page 131, dans la Bibliothèque d'é- 
lite. ) Ces chansons amoureuses n'ont point 
été retrouvées jusqu'à ce jour : elles ont donné 
lieu à beaucoup de conjectures contradictoires. 
L'abbé Dubos a cru qu'elles étaient en langue 
vulgaire {Histoire de la poésie française, 
page 114); Lévèque de la Ravallière a repoussé 
cette opinion {de V Ancienneté des Chansons 
françaises, dans les Poésies du roij de Navarre, 
tome I, pages 206 et suivantes), se fondant sur 
ce qu'il n'a trouvé aucun vestige de ces poésies; 
ce qui est peu concluant, car ce qui n'a point 
été trouvé dans un temps peut être découvert 
dans un autre. Lévêque de la Ravalière paraît 
d'ailleurs être dans le vrai lorsqu'il soutient que 
les chansons d'Abailard étaient en langue latine. 
M. Leroux de Lincy , qui partage cette opinion, 
l'appuie par cette considération qu'Abailard 
montre en ses écrits trop de dédain pour les 
langues vulgaires, pour supposer qu'il eût re- 
noncé dans ses poésies amoureuses à la langue 
de Virgile et d'Ovide , et se fût servi du français 
encore au berceau. {Recueil de Chants histori- 
ques français , Introduction, page vi. ) Une 
découverte récente semble d'ailleurs donner 
gain de cause à cette opinion; car M. Charles 
Greilli , pasteur à Mœrscliwyl, près de Saint- 
Gall, a trouvé à Rome, dans le manuscrit LXXXV 
de la Bibliothèque du Vatican, volume in-s° 
sur vélin, du XIIP siècle, qui provient du fon<is 
de la reine Christine de Suède, six complaintes 
d'Abailard en langue latine, avec le chant en 
notation neumalique, qu'il a publiées dans un 
recueil de pièces intéressantes intitulé Spicile- 
fjium Vaticanum (Frauenfeld, 1838, in 8° , 
pages 121-131). M. Greith pense que ces com- 
plaintes {planclus) sont des allégories sur les 
amours infortunées d'Héloïse et d'Abailard. Quoi 
qu'il en soit, ces chants, qui ont pour titres: 
r Planctus Dinx filise Jacob; T Planclus 
Jacob super fiUos suos; 3" Planctus virgi- 
num Israelis super JiUom Jeplilsp, Galaditx; 



ABI^XARD — ABBb: 



4° Planctus Israël super Samson; 5° Planctus 
David super Abner ;&" Planctus David super 
Satil et Jonathan; ces cliants , disons-nous, 
dont l'étendue est longue , ne paraissent pas être 
les chansons d'Abailaid qui furent populaires, 
car leur ton est sombre, ainsi que l'indique leurs 
tities, et rien n'y rappelle la gracieuse et sédui- 
sante Héloïse. On a mis en doute qu'Abailard ait 
composé la musique de ses chansons; Rawlinson 
ot de Lanlnaye , éditeurs de ses œuvres, pensent 
(lu'il les a composées sur des mélodies connues 
(le son temps; mais le passage de la lettre d'IIé- 
loise rappoi té précédemment suffit pour démon- 
trer que son amant était à la fois l'auteur de la 
poésie et du chant (... q^ia pro nimia suavitate 
tam dictaminis , quam cantus , tuum in ore 
omnium nomen tencbant, etc.). D'ailleurs la 
découverte faite par M. Greith des six com- 
plainlcs d'Abailard , avec leurs mélodies, prouve 
que cet homme extraordinaire a cultivé la mu- 
sique aussi bien que les autres sciences et arts. 

ABBATEZZA (Jean-P.ai'tiste,) né à Diton- 
<o, dans la Fouille, veçs le milieu du dix-septième 
siècle, a publié une tablature pour la guitare, 
sous ce titre : Ghirlanda di variifiori ,ovvero 
intavolatura di ghitarra spagnuola, dovc che 
da se stcsso ciascxino potra imparare con 
grandissima facilita e brevilà. In JfJilano, 
nppresso Lodovico Monzà, 16 pages in-S" obi. 
(sans date, mais vers 1C90). On ne connaît 
nucuiie particularité de la vie de ce musicien. 

ABBATINI (Antoine Marie), compositeur 
de musique d'église, naquit en 1595, à Tiferno 
selon quelques auteurs, et à Castello suivant 
l'abbé Baini {Memorie storico-critichc delta 
vita e délie opère di Giov. Pierluigi da Pa- 
lestrina , t. II, n. 477). Au mois de juillet de 
l'année 1G26 , il fut nommé maître de chapelle de 
Saint-Jean de Latran ; il occupa cette place jus- 
qu'au mois de mai 1C28, époque où il passa à 
l'église du Nom- de- Jésus. En 1645, la place de 
maître de chapelle de Sainte-Marie-Majeurc étant 
devenue vacante, ou la lui confia; mais il l'a- 
bandonna le 5 janvier 1C40. Peu de temps après, 
d fut élu maître de Saint-Laurent-in-Damaso; 
ie 28 septembre 1649 il retourna à Sainte-Marie- 
Majeure, et y resta jusqu'au mois de janvier 1657. 
11 passa alors au service de iNotre-Dame de Lu- 
rette, et y resta plusieurs années. De retour à 
Home, au mois de mars 1G72, il rentra pour la 
troisième fois à Sainte-Marie-Majeure, et en di- 
rigea la chapelle jusqu'en 1677. Alors il demanda 
sa retraite définitive pour aller mourir en paix 
à Castello. Il cessa de vivre , en effet , dans la 
même année , à l'âge de quatre-vingt-deux ans. 

Les œuvres imprimées de ce compositeur con 



sislent en quatre livres de Psaumes à quatre , 
huit, douze et seize voix (Rome, Mascardi, 1630 
à 1635); cinq livres de Motets à deux, trois, 
quatre et cinq voix (Rome, Grignani, 1636 à 
1638); trois livres de Messes à quatre, huit, 
douze et seize voix (Rome, Mascardi, 1638 à 
1650). Après la mort d'Abbatini, son élève Do- 
minique del Pane a fait imprimer ses Antiennes 
à vingt-quatre voix, c'est-à-dire douze ténors et 
douze basses (Rome, chez le successeur de Mas- 
cardi, 1677). La plus grande partie des œuvres 
d'Abbatini est restée inédite dans les archives de 
Saint-Jean de Latran, de Sainle-Marie-Majeure, 
de Saint-Laurent-in-Damaso et du Nom-dc-Jésus. 
Ces œuvres se composent, savoir : di' Antiennes à 
vingt-quatre voix : douze soprani et douze con- 
tralli ; de Messes, Psaumes, Motets, et de répons 
à quatre, huit, douze, seize, ^vingt-quatre et 
quarante-huit voix. Le P. Martini, dans sa con- 
troverse manuscrite avec Thomas Redi de Sienne, 
sur la résolution d'un canon d'Animuccia , cite 
des discours académiques sur la musique, com- 
posés par Abbalini , lesquels lurent prononcés 
dans les années 1665 , 66, 67 et 68 : ces discours 
sont restés en manuscrit. Abbatini fut aussi au- 
tour d'une partie du grand ouvrage de Kircher 
intilulé Musurgia , ou du moins eut beaucoup 
de part aux recherches qu'exigea ce travail. 
Alacci (Draniaturgia) nomme aussi ce compo- 
siteur comme auteur d'un opéra intitulé : Del 
Maie in Bene, lequel aurait été représente vers 
1654. 

ABBÉ (Joseph-Barnabe Saint-Sévin, dit), 
violoniste, naquit le 11 juin 1727, à Agen, ou 
sou père, Philippe-Pierre de Saint-Sévin, et son 
oncle Pierre, étaient maîtres de musique des pa- 
roisses de la ville. Pour remplir leurs fonctions, 
ces altistes étaient obligés, suivant l'usage de 
leur temps, de porter le petit collet : de là leur 
est venu le nom d'Abbé ou de VAbbé, qu'ils 
ont ensuite conservé après qu'ils eurent quitté 
l'Église pour entrer tous deux à l'Opéra en qua- 
lité de violoncellistes , dans l'anni^e 1727. Le jeune 
Abbé vint rejoindre son père à Paris, le 11 no- 
vembre 1731, à l'âge de quatre ans. 11 ne tarda 
point à commencer l'étude de la musique, et ses 
[)rogrès furent si rapides, qu'en 1739 il obtint 
au concours une place de violoniste à l'orcheslro 
de la Comédie française, quoiqu'il ne fût âgé que 
de douze ans. L'année suivante, le célèbre vio- 
loniste Leclair le prit sous sa direction : après 
deux années d'études sous cet habile maître , il 
fut reçu à l'Opéra le l*^'" mai 1742. Déjà il s'é- 
tait fait entendre avec succès au concert spiri- 
tuel. Il y joua des solos jusqu'en 1750. Après 
vingt ans de service , il se retira de l'Opéra ; mai§. 



ABBÉ — ABEL 



il n'obtint point de pension, quoiqu'il y eût droit 
d'après les règlement;:, parce que l'administration 
le considéra comme trop jeune pour jouir de 
cet avantage. 11 a publié de sa composition huit 
œuvres de Sonates et de Trios pour le violon. 
Vers 1762, il se retira dans une jolie habitation 
qu'il possédait à Maisons, près de Cliarenton : 
il y mourut en 1787. Cette maison a appartenu 
plus tard à Martin, chanteur de l'Opéra-Comique. 
AKBEY (John), facteur d'orgues distingué, 
est né à Wil ton, dans le comté de Nortliampton, 
le 22 décembre 1785. Dès sa jeunesse il fut placé 
dans la manufacture d'orgues de Davis, alors 
renommée; puis il entra chez Russec, autre 
facteur de mérite qui mourut à l'ûge de quatre- 
vingt-quatorze ans. En 1826, M. Alibey tut ap- 
pelé à Paris pour l'exécution de l'orgue dont 
Sébastien Érard avait conçu le plan, et qui fut 
mis à l'exposition des produits de l'industrie 
nationale en 1827. Ce fut lui aussi qui exécuta 
l'orgue à clavier expressif qu'Érard lit pour la 
chapelle des Tuileries, et qui fut détruit à la 
révolution de 1830. Ayant établi lui-même une 
manufacture d'orgues à Paris, M. Abbey, outre 
quelques orgues pour des amateurs et artistes , 
a construit des orgues de chœur, pour l'accompa- 
gnement du chant, à Saint-fc^tienne-du-Mont, à 
Saint-Eustache , à Saint-Nicolas-des-Champs, à 
Sainte-Elisabeth, à Saint-Thomas-d'Aquin, à 
Saint-Médard, églises de Paris, à la cathédrale 
et à l'église Saint-Jacques de Reims , à la cathé- 
drale de Nantes, à celle d'Évreux, à la cathédrale 
et à l'église-Notre-Dame de Versailles, enlin 
à l'église de Limay, près de Mantes. C'est le 
même facteur qui a fait des orgues de tribunes , 
grandes et petites, à Neuilly, à Saint-Louis 
d'Antin, au collège de Henri IV, à l'église de 
Reuil, à La Chapelle Saint-Denis, à la chapelle 
d'Olivet d'Orléans et à Saint-Marceau, de la 
même ville, au collège de Caen, au couvent de la 
congrégation de la Mère-Dieu, à Paris, à celui 
des Sœurs de la Charité, rue du Bac, au couvent 
de la Légion d'honneur, à la chapelle de la rue 
Barbette, à celle du couvent de Châlons, à la 
chapelle de l'hospice de Versailles, et plusieurs 
pour le Chili et les îles de la mer du Sud. Enfin 
M. Abbey a construit les grandes orgues des ca- 
thédrales de la Rochelle, de Rennes, de Viviers, 
de Tulle, de CliAlons-sur-Marne, d'Amiens et de 
Bayeux. Il a fait aussi des réparations à beau- 
couj) d'orgues de Paris et de la province. C'est 
à ce même artiste qu'on doit l'introduction du 
mécanisme anglais et de la soufllerie de Cum- 
mins dans la facture des orgues françaises. Ses 
ouvrages sont bien terminés, et l'harmonie de ses 
Jeux est en général satisfaisante. 



ABDALLAII-IBIV-KHALEDOUIV. Voy. 
IBN-KHALEDOUN (Abdallah). 

ABDULCADIR (een-gaibf), écrivain per- 
san sur la musique dont l'ouvrage manuscrit 
existe dans la bibliothèque de l'université de 
Leyde. Il est cité dans le catalogue de cette bi- 
bliothèque (Çafal. libr. tam impressor. quam 
mamiscript. Bibl. puhl. Universit. Lugduno- 
Batavœ, p. 453, n. 1061), sous ce titre: 

Traité des objets de modulations, en /ait 
de chants et de mesures. 

ABEILLE (Lonis), pianiste, compositeur 
et directeur des concerts du duc de Wurtem- 
berg , naquit vers 1765, à Rayreuth , où son père 
était au service du margrave. Il n'a dû son 
double talent de compositeur et de virtuose qu'à 
son travail assidu et aux chefs-d'œjivre des 
grands maîtres qu'il avait pris pour modèles; 
car il avait peu de génie , et dès son enfance il 
avait été livré à lui-même. Ses opéras et sa mu- 
sique instrumentale ont eu du succès en Alle- 
magne; ils sont agréables, quoiqu'ils manquent 
d'originalité. Il a publié les compositions sui- 
vantes : POUR LE CHANT , 1" Pocsies mêlécs de 
Hubncr (Stuttgard, 1788, in-8°); T deuxième 
partie de cet ouvrage (Stuttgard , 1793, in-8"); 
3" Idylles de Florian (Heilbronn, 1793); 4» 
Chant ou cantate pour le mercredi des Cendres, 
avec accompagnement de piano; œuvre onzième 
(Augsbourg, 1798); 5" l'Amour et Psyché, opévà 
en quatre actes, arrangé pour le piano (Augs- 
bourg, 1801 ); 6° les plus jolies chansons qui ont 
paru à Stuttgard depuis 1790, mises en pot-pourri. 
POUR LE l'iANo. 7" Quatre sonates poin- le clavecin 
( Heilbronn , 1789 ) ; 8° une sonate et neuf varia- 
tions dans le goût de Mozart pour le clavecin 
( Heilbronn, 1790); 9° fantaisie pour le forté-piano 
(ibid.); 10" concerto pour le clavecin, en si 
bémol, op. 5 (Offenbach. 1793); 11" grand 
concerto en ré à quatre mains, op. (Oifen- 
bacli, 1793); 12° grand trio pour le clavecin avec 
violon et violoncelle, op. 20 (Offenbach, 1798); 
IS" Chants et élégies avec clavecin (1809); 14° 
Pierre et Annette, opérette en 1810; 15° po- 
lonaises pour piano-forté, n° 1 (Leipsick); 16° 
valse en forme de rondeau, pour piano, ï\°^ i 
et 2 (Leipsick). On trouve à la Bibliothèque im- 
périale, à Paris, un 3/isere;e à grand chœur, en 
partition manuscrite (n° Vra 320), composé pai* 
Abeille. 

ABEL (Clamor-Henri), musicien de chai)(ibro 
à la cour de Hanovre, naquit en Westphalie, vers 



ABEL — ABELA 



le milieu du 17*' siècle. On ne sait point le nom 
«lu maître qui dirigea ses études, ni les circons- 
tances de sa vie. Ses ouvrages ont été publiés 
sous le titre : Ersllinge miisïkalischer Blumen, 
Allcmanden , Coiiranten , Sarabanden, etc. 
( Prémices de (leurs musicales, allemandes, cou- 
rantes, sarabandes, etc.), partie pour violon et 
basse, partie pour viola da cjamba , violon et 
basse. Le premier volume parut à Francfort-sur- 
le-Mein en 1C74, le second en 1676, et le troisième 
en 1677, in fol.; on y trouve son portrait. On a 
réuni ces trois parties dans une édition qui parut 
à Brunswick en 1687, sous ce titre : Dreij opéra 
mics'ica, auf einmal tvieder aufgelegt, Sie en- 
thielten Allemanden, etc. La musique d'Abel ne 
se distingue par aucune qualité remarquable. 

ABEL (Léopold-Alcuste), fils d'un musicien 
de la chapelle du prince d'Anbalt-Cœthen , na- 
(juit à Cœtlien en 1720. Elève de Ijenfla, il devint 
liabile violoniste, pour son temps, et fut d'abord 
employé dans l'orchestre du théâtre dirigé par 
Nicolini à Brunswick. En 1758 il obtint la place 
de maître de concerts du prince de Schwarlz- 
bourg-Sondershausen ; huit ans après il passa 
au service du margrave de Schwedt, et plus tard 
il fut attaché à la cour du duc de Schwerin. 
On ignore l'éponue de sa mort. Le catalogue de 
Bôhme, de Hambourg, indique Sî:c Concertos 
pour le violon composés par cet artiste. Abel 
était habile peintre en miniature. 

ABEL (Charles-Frédéric), frère puîné du 
précédent , musicien célèbre et le plus habile 
joueur de basse de viole de son temps, né à 
Cœthen vers 1724, fut admis à l'école de Saint- 
Thomas de Leipsick, et y apprit la musique sous 
l,\ direction de Jean-Sébastien Bach. Ses études 
terminées, il entra dans la chapelle du roi de 
l'ologneà Dresde, et y demeura pendant dix ans. 
La modicité de ses appointements et quelques 
discussions désagréables avec le célèbre compo- 
siteur Hasse, qui dirigeait alors la chapelle 
royale , décidèrent Abel à donner sa démission 
en 1759. Après avoir parcouru l'Allemagne dans 
un état voisin de l'Indigence pendant près d'une 
année, il se rendit en Angleterre, où il put tirer 
parti de ses talents. Le duc d'York devint son 
protecteur et le fit entrer dans la musique de la 
reine, avec deux cents livres sterling de traite- 
ment. Peu de temps après il devint directeur de 
la chapelle de cette princesse. Son séjour à Lon- 
dres dura sans interruption jusqu'en 1783; mais, 
â cette époque, le désir de revoir son frère, 
Léopold-Augnste, directeur des concerts du duc 
de Schwerin, le ramena en Allemagne. Il se fit 
entendre à Berlin et à Ludvvigslust, et, quoiqu'il 
eût alors sorxante-quatre ans, il excita l'admi- 



ration générale par l'expression et la netteté de 
son jeu. Frédéric-Guillaume, alors prince royal 
de Prusse , lui lit présent d'une tabatière fort 
riche et de cent pièces d'or pour lui témoigner sa 
satisfaction. De retour en Angleterre, il entre- 
prit d'y donner des concerts publics; mais cette 
spéculation n'ayant pas réussi, le dérangement 
de ses affaires l'obligea à passer quelque temps à 
Paris ; il ne tarda point à retourner à Londres, 
où il mourut, le 22 juin 1787, à la suite d'une 
sorte de lélliargie qui dura trois jours. Quoique 
d'un caractère irascible et brutal, il était bien 
reçu dans la société. Son défaut principal était 
la passion du vin, qui probablement abrégea se« 
jours. 

Les Anglais font maintenant peu de cas des 
compositions d'Abel; cependant elles se distin- 
guent par un chant pur et une harmonie assez 
correcte. Elles consistent en dix-sept œuvres, 
publiés à Londres, à Paris, à Berlin, etc., sa- 
voir : 1" six ouvertures à huit parties, op. 1; 2° 
six sonates pour clavecin, avec accomp.de violon, 
op. 2; 3° six trios pour deux violons ou fiûte, 
violon et basse, op. 3; 4° six ouvertures à huit 
parties, op. 4 ; 5° six sonates pour clavecin, avec 
ace, op. 5; 6° six solos pour flûte et basse, 
op. 6; 7° six ouvertures à huit parties, op. 7; 
S** six quartetti, pour deux v., alto et b., op. 8; 
9° six trios pour violon , violonc. et b., op. 
9; 10" six ouvertures à huit parties, op. 10; 11" 
six concertos pour clavecin, avec ace. de deux 
violons et basse, op. 11 ; 12" six quartetti pour 
deux violons, alto et basse, op. 12; 13" six so- 
nates pour clav. avec ace. de v. op. 13; 14° six 
ouvertures à huit parties, op. 14; 15' six quart, 
pour deux v., alto et b., op. 13 : on a aussi 
gravé comme œuvre quinzième des sonates 
pour le clavecin; 16° six trios pour deux t. et 
b.,op. 16-; 17"* six ouvertures à quatre parties, 
op. 17. Presque tous ces ouvrages ont été ar- 
rangés pour divers instruments. Abel a écrit quel- 
ques morceaux pour l'opéra anglais Love in a 
village, représenté à Londres en 1760, et pour 
Bérénice, 1764. Jean-Baptiste Cramer a été le 
meilleur élève d'Abel. 

ABELA (Charles-Gottlob), né le 29 avril 
1803, à Borna près d'Oschatz, en Saxe, fit ses 
éludes musicales à Dresde sous le cantor et 
professeur A. G. Fischer. Appelé à Halle, en 1825, 
en qualité de professeur à l'école primaire, il fut 
nommé peu de temps après cantor de l'Église 
Sainte-Marie. En 1827, il réunit à cette position 
celle de professeur de musique îi l'école supé- 
rieure. Abela mourut à la fleur de l'âge, le 22 avril 
1841. Ses principales productions sont : f.un 
recueil de Lieder à 2, 3 et 4 voix, à l'usage des 



ABELA — ABEINHEIM 



écoles, publié à Leipsick, cliez Harlknoch, et 
dont la quatrième édition stéréotype a paru 
en 1848; 2° 160 Lieder suivis de canons à plu- 
sieurs voix, Leipsick, Breitkopf etHaertel; 3° 
120 quatuors pour 4 voix d'hommes, «ôid; 4° 
Der Sdngerbund (L'Union des Clianteurs), 
Lieder pour 4 voix d'hommes, Halle, Knapp. 

ABELL (Jean), musicien anglais, possédait 
une fort belle voix de ténor, et fut attaché à la 
chapelle de Charles II, roi d'Angleterre. Ce 
prince admirait son talent dans le chant, et avait 
conçu le projet de l'envoyer, avec le sous-doyen 
de sa chapelle, Gostling, au carnaval de Venipe, 
pour montrer aux Italiens qu'il y avait de belles 
voix en Angleterre; mais ce voyage n'eut point 
Heu. Lors de la révolution de 1688, Abell fut 
exilé d'Angleterre comme papiste. Il se mit à 
voyager et à donner des concerts. Matliieson 
assure (i7i Wollkomm. Capellmeïsler) qu'il 
chanta avec beaucoup de succès en Hollande et 
à Hambourg. Il ajoute qu'Abell possédait un se- 
cret par lequel il conserva la beauté de sa voix 
jusque dans l'âge le plus avancé. Abell était aussi 
luthiste fort distingué. Partout il recevait de ma- 
gnifiques présents; mais il dissipait aussitôt ce 
<ju'il gagnait. 11 se vit à la fin réduit à voyager à 
pied, avec son luth sur le dos. Arrivé à Var- 
sovie, il fut mandé par le roi de Pologne, qui 
voulait l'entendre. Abell s'excusa sous le prétexte 
d'un rhume. Sur cette réponse, l'ordre précis de 
se sendre à la cour lui fut envoyé. Dès qu'il 
y fut arrivé, on l'introduisit dans une grande salle, 
autour de laquelle régnait une galerie où le roi 
se trouvait avec toute sa suite. Abell fut assis 
dans un fauteuil qu'on hissa au moyen d'une 
poulie; puis on fit entrer des ours dans la salle, 
et l'on donna le choix au musicien d'être dévoré 
par eux ou de chanter ; il prit ce dernier parti , 
et l'on assure que le trait de despotisme stupide 
dont il était victime dissipa sur-le-champ la 
rhume qu'il avait allégué. Après plusieurs années, 
il obtint la permission de rentrer en Angleterre; 
et il témoigna sa reconnaissance de ce bienfait 
dans la dédicace qu'il fit au roi Guillaume d'une 
collection de chansons en diverses langues, la- 
quelle fut publiée à Londres en 1701 sous ce 
titre: Collection of Sangs in several languacjes. 
Le catalogue de musique d'Etienne Roger, 
d'Amsterdam, indique un ouvrage d'Abell sous 
ce titra : Les airs d'' Abell pour le concert du 
Buole. On trouve aussi dans le quatrième vo- 
lume de la collection intitulée : Pills to purge 
vielancoly, deux airs de ce musicien. Abell mou- 
rut dans un âge très-avancé. 

ABELTSHAUSER. On a, sous le nom de 
ce musicien allemand , qui était attaché à la mu- 



sique du régiment autrichien en garnison à 
Mayence, de 1825 à 1830, les ouvrages suivants : 
l°six quatuors pour deux flûtes et deux cors, 
œuvre premier, Mayence, Schott; 2° idem, 
œuvre deuxième, ibid.; 3" douze pièces pour 
quatres cors, œuvre troisième, ibid.; 4° six pièces 
pour flilte, clarinette, cor et basson , œuvre qua- 
trième, ibid. 

ABEJVHEIM (Joseph), musicien attaché à 
la chapelle du roi de Wurtemberg, est né à 
Worms en 1804, et y a reçu de Winkelmaier les 
premières leçons de piano et de violon. Plus 
tard il se rendit à Darmstadt pour y continuer ses 
études musicales sous la direction de Schloesser. 
Entré fort jeune dans l'orchestre de la cour de 
Manheim,il perfectionna son talent de violoniste 
et apprit les éléments de l'harmonie chez Frey, 
alors maîtréî de concerts de cette cour. En 1825, 
Abenheim fut admis dans la chapelle royale et à 
l'orchestre du théâtre de Stuttgard. Fixé dans cette 
ville, il s'y maria et s'y livra d'abord à l'ensei- 
gnement; mais, animé du désir d'augmenter ses 
connaissances dans son art, il obtint un congé 
en 1828 et se rendit à Paris, où Reicha lui donna 
des leçons de composition. De retour à Stuttgard, 
il prit une position plus élevée dans l'orchestre 
du théâtre royal, et remplaça le maître de cha- 
pelle Lindpaintner et son adjoint M. Molique, en 
leur absence. Ce fut lui aussi qu'on chargea de 
la direction de l'orchestre des vaudevilles qui 
étaient joués souvent sur le petit thràtie de la 
cour par les membres de la famille royale et quel- 
ques personnes de la haute noblesse . M. Aben- 
heim est fort estimé à Stuttgard comme professeur 
de piano et d'harmonie. Les compositions de cet 
artiste publiées jusqu'à ce jour sont les suivantes : 
1" chant sans paroles pour le piano , Stuttg.ird , 
Ilallberger; 2° deux nocturnes pour piano seul : 
n° 1 en sol mineur, n°2 en la bémol., op. 8, ibid.; 
3° Polonaise, idem, Carisruhe, Creuzbauer; 
4° 6 Lieder à voix seule avec piano, op. 2, Leip- 
sick, Breitkopf et Hsertel ; 5° 6 idem, op 5, Stutt- 
gard, Copel ; 6° Le Rhin allemand ( Der deutsclic 
Rhein), de Baker, chanson à voix seule, Stutt- 
gard, Schulz; 7° Le Wurtembergeois et sa fidé- 
lité (en allemand), 2 chansons avec piano, 
Stuttgard, Zumsteg; 8* Le chant de Thekla dans 
le Wallenstein de Schiller, idem, op. 9, ibid.; 
9° Chant pour le drame Der liebe Zamber, op. 
10, Stuttgard, Hunz. Le plus grand nombre des 
productions de M. Abenheim est encore en ma- 
nuscrit; on y remarque des pièces de circons- 
tance pour des fôtes de la famille royale de Wur- 
temberg, la musique pour le drame intitulé 
Hariadan, joué à Stuttgard au mois de juin 1 842, 
un psaume à 4 voix et un Vater unscr (Pater 



ABENHEIM — ABOU ALOUFA 



noster), qu'il a l'ait exécuter plusieurs fois à Stutt- 
gaiil , et qui ont été considérés comme de beaux 
ouvraf^es. 

ABERCORN (Le comte d'), précédemment 
Loid l'AisLEY. Voyez Pepuscii. 

ABICIIT (Jean-George), tliéologien pro- 
testant el savant orientaliste, né en 1672, à 
Kœnigsée, dans la principauté deSchwartzbourg, 
mort à Witteniberg en 1740, ou, selon quelques 
biographes, le 5 juin 1749. 11 remplissait à 
W'ittemberg les fonctions de professeur à TAca- 
démie. Peu de temps avant sa mort, il avait été 
nommé membre de l'Académie royale des sciences 
de Berlin. L'objet principal des travaux d'Abicht 
fut la langue hébraïque, et surtout l'usage gram- 
matical, prosodique et musical des accents de 
cette langue. Sa dispuste avec Jean Franke a 
jeté quelque jour sur cette matière. 

Parmi ses nombreux ouvrages, ceux qui ont 
du rapport avec la musique sont : \° Dissertatio 
deHebrxorumacceniuumgenuino Officio, dans 
la préface de Frankii diacrit. sacr.; 1710, in- 
4" ; 2" Vindicix Usits accentiinm imisici et 
ora(oni,Joh. Frankio oppositx ; Lipsiae, 1713, 
in-'t"; 3" Accentus Hebreeorum ex antiquis- 
simo usu Icctorio vel imisico explkati, et ad 
nsum hcrmeneuticum appUcati , cum duabus 
tabulis seneis et specimïne locorum ex accen- 
abus explicatorum , in quo de Poesi Ilebrxo- 
rum rlmthmicn disseretur. Accedit Anon. Ju- 
dxi porta accenfuum in latimim sermonem 
versa, Lipsiac; Jo. Clirit. Kœnig, 1715, gr. 
in-8° de 300 pages de texte, index et planches; 
4"* Exccrpta de lapsu murorum liierichtinti- 
norum. Ce dernier ouvrage a été inséré par Ugo- 
lini dans son Tliesatir.ant.sacr.,t. 32, p. 837. 
La plupart de ces dissertations se trouvent aussi 
dans le Trésor d'ikénius. 

Goetten a donné une notice de la vie d'Abicht 
dans son Europe savante, et l'on trouve la liste 
de ses ouvrages dans les Vies des Théologiens 
saxons de Michel Ranst , t. F"", p. 1, et dans les 
Acta hist. ecclésiast., t. V, p. 289. 

ABIIVGTOIV ou ABYi\GDOi\ (Henri), 
l'un des premiers chanteurs et musiciens de son 
temps , en Angleterre , fut d'abord organiste à l'é- 
glise de Wels, dans le comté de Sommerset, puis 
à la chapelle royale de Londres, où il mourut 
vers l'an 1520. Thomas Morus lui a fait deux 
épitaphes qu'on trouve dans le Thesuur. epi- 
taph. du P. Labbe. 

ABOS(Jérôme), compositeur del'École napo- 
litaine, était d'origine espagnole, etnaquità Malte, 
dans les premières années du dix-huitième sfècle. 
Les Napolitains l'appelaient Avos, et mkm&Acossa, 
parce que la lettre b, dans la langue espagnole, a 



le son du v, prononcé avec mollesse. Léo et 
Durante furent ses maîtres de composition et de 
chant. Devenu habile dans son art, il fut em- 
ployé dans l'enseignement au Conservatoire de la 
Pietà de" Tunchini. Il enseignait aussi le chant 
dans plusieurs couvents de femmes dont il était 
maître de chapelle. De son école sont sortis 
quelques chanteurs distingués, au nombre des- 
quels est Aprile. Les premiers opéras d'Abos 
jouésàNaples furent ; La Pupilla e 'l Tutore, 
La Serva padrona, et Ljlfujenïa in Aulïde. En 
1746 il écrivit Artaserse pour le théâtre Saint- 
Jean-Chrysostome, à Venise. Il donna au théâtre 
Argentina de Rome, en 1750, VAdriaiio et écrivit 
ensuite plusieurs autres ouvrages dont les titres 
ne sont pas connus, pour les théâtres de cette 
ville, de Venise et de Turin. En 1756 il fut 
appelé à Londres, en qualité de Maestro al cem- 
balo du Théâtre-Italien, et dans la même année 
il y fit représenter le Tito Manlio. Deux ans plus 
tard il y donna le Creso, opéra sérieux en trois 
actes. De retour à Naples, dans l'été de 1758, Abcs 
reçut sa nomination de maître du Conservatoire 
de La Pietà. Il est mort dans cette ville, à l'âge 
de quatre-vingts ans , vers 1786. On connaît de ce 
maître beaucoup de musique d'église, dont cinq 
messes à quatre voix et orchestre, deux messes pour 
soprano et contralto, avec orgue; un Kyrie et 
Gloria, en sol mineur, pour quatre voix et orgue; 
un Kyrie et Gloriak huit voix réelles , avec vio- 
lons, violes, cors etorgue; des litanies de la Vierge 
pour soprano, contralto et orgue. Toutes ces 
compositions sont en manuscrit à Naples, à Rome, 
à Vienne et au Con<;ervatoire de Paris. La mu- 
sique d'Abos à quelque ressemblance de style 
avec celle de Jomelli. Son harmonie est pure et 
ses mélodies ne manquent point d'élégance; mais 
on n'y trouve pas d'oiiginalité dans les idées. 

ABOU ALOUFA, fils de Sa/iid, auteur 
persan d'un Traité de Musique pour le chant 
et pour les instr^iments qu'on joue avec la 
bouche et avec les doigts, que Chardin apporta 
en Europe, et dont le manuscrit est aujourd'hui 
dans la bibliothèque du Muséum britannique, à 
Londres. Chardin a donné une analyse de cet 
ouvrage dans la relation de ses voyages (t. V, 
p. 106, pi. XXVI, édit. d'Amsterdam, 1711). 
On y voit la figure du manche de l'Eoudo ou 
luth, avec sadivision et les noms des cordes, ainsi 
que des cases. La doctrine d'Abou Alou/a est la 
division de l'octave en vingt-quatre parties ou 
quarts de ton. La musique, dit-il, est une ville 
divisée en quarante-deux quartier s donl chacun 
a trente-deux rues (circulations ou gammes); 
d'où il suit que le nombre de modes fonda- 
mentaux et dérivés de la musique persane est 



ÏO 



ABOU ALOUFA — ACCELLI 



de treize cent qucunnie-quatrc. Parmi les ins- 
truments décrits par Abou Aloufa se trouve la 
v'ina de l'Inde, dont il donne la figure avec le 
nom persan kenkeri. Celte circonstance indique 
que le temps où l'ouvrage fut écrit est très-reculé, 
car à l'époque où Chardin séjourna en Perse 
(c'est-à-dire dans la seconde moitié du 17® siècle), 
l'instrument dont il s'agit y était complètement 
inconnu. 

ABRAHAM (....)> professeur de clari- 
nette et de solfège à Paris, entra dans l'orcliestre 
du Théâtre des Délassements comiques, en 
1790. Il est mort vers 1805. C'était une espèce 
d'ouvrier musicien, aux gages des marchands de 
musique; il arrangeait pour eux les ouvertures 
et les airs des opéras nouveaux pour divers ins- 
truments. Il a publié en outre : 1° Méthode pour 
le flageolet; Paris, Frère. — 2° Méthode pour la 
clarinette; iliid. — 3° Méthode pour le basson. 
Le nombre de recueils d'airs qu'il a arrangés 
pour deux violons, deux flûtes, deux clarinettes 
ou deux l)assons est très-considérable. 

ABRAHAM (. . . .), constructeur d'orgues, 
né en Boht^me, est auteur de l'orgue des Corde- 
liers, à Prague, composé de vjngt-dnq jeux, deux 
claviers, pédale et quatre soufflets; et de celui 
de l'église Saint-Dominique de la même ville, 
composé de soixante-onze jeux, quatre claviers, 
pédale et douze soufflets. On ignore en quel 
temps il vivait. 

ABRAHAM BEIV DAVID ARIÉ,rabbin, 
Israélite italien, vécut vers la fin du seizième 
siècle et au commencement du dix-septième. Il 
exerçait la médecine à Modène. Il a écrit un livre 
intitulé : amn^H ^"cSu, Sciltè Hagghibbo- 
rim (les Boucliers des puissants), qui a été 
publié à Mantoue, en 1G12. Cet ouvrage, dont 
les exemplaires sont très-rares, (raite des vases 
et ustensiles dont on faisait usage dans le temple 
de Jérusalem, des sacrifices, libations, parfums, 
offrandes, et de tout ce qui appartenait aux obla- 
lions. La seconde partie traite des offices, des 
prêtres, des chantres. {Voijez Barlholocci, Bi- 
blioth. magna rabb'mica, pars IV, p. 464. ) Ugo- 
lini a traduit toute la partie de cet ouvrage qui 
concerne les instruments de musique , le chant 
et autres choses de l'exécution musicale, dans 
son Thésaurus antiquitatum sacrarum , etc., 
tome XXXIl, col. 1 — 96. Cette section du Sciltè 
ffagghibborim est divisée en dix chapitres. 

ABRAMS (Miss Henriette et M'"'^), deux 
très-bonnes cantatrices anglaises, concoururent 
avec madame Mara à embellir les concerts 
donnés k Londres, en 17S4 et 1785, pour la com- 
mémoration de Hœndel. 

Miss Abrams a publié les ouvrages suivants, 



qu'on trouve dans le catalogue de La venu de 
1796 : 1° Trois chansonnettes sur des paroles an- 
glaises. — 2° Little Boy blue , air à trois voix. 
— 3° Duo sur ces paroles : And mustwe part ! Le 
petit air qui commence par ces mots : Crazi 
Jane, et dont la musique est de Miss Abrams, 
est devenu populaire. On a aussi publié de cette 
cantatrice : 1° Collection of Songs, Londres, 
1787. — 2° Collection of Scotch Songs, harmo- 
nized/or two and three voices, ihid. 

ABS (Joseph-Théodosien), ancien moine fran- 
ciscain, né vers 1775 dans le duché de Berg, fut 
nommé, après la suppression de son ordre, di- 
recteur de la maison des orphelins à Kœnigsberg. 
On a de sa composition 300 chansons avec leurs 
mélodies, et 100 devises en canons. 

ART (François), né le 22 décembre 1819, à 
Eilenbourg, en Saxe, a fait ses études musicales 
à Leipsick, et s'y est fait connaître d'abord comme 
pianiste et professeur de cet instrument. Au 
mois de septembre 1841 il a été appelé à Zurich, 
en qualité de directeur de la Société philharmo- 
nique , place dans laquelle il a succédé à Eugène 
Petzold. En 1853 il a quitté cette position pour 
celle de second maître de la chapelle et du théâtre 
à Brunswick. Fécond auteur de petites pièces pour 
le piano, il a publié pour cet instrument des fan- 
taisies, rondos, rondinos et caprices à quatre mains, 
des contredanses , des valses , des thèmes variés, 
des pots-pourris, rondos, etc, pour piano seul; 
une immense quantité de chants et de lieder, à 
voix seule, avec ace. de piano, et d'autres baga- 
telles. En 1844 il a composé un opéra pour le 
théâtre de Leipsick : j'ignore si cet ouvrage a été 
représenté. 

ABU-JVASR-MOHAMMED-BEN-FA- 
RARI. Voy. FAR\iii. 

ACAEN ou AÇAEIV, contrapuntisfe espa- 
gnol, né dans la seconde moitié du quinzième 
siècle, parait avoir passé une partie de sa vie en 
Italie. Ce musicien est cité dans le Mélopeo de 
Cerone, et dans le Trattato délia natura e co- 
gnizione di tutti gli tuoni, d'Aaron. Dans le 
deuxième livre des Motetti de la Corona , pu- 
blié en 1519, par Octavien Petrucci de Fossom- 
brone, on trouve les motets d'Açaen à quatre 
\o\\ : Nojnine quiDominiprodit,elJudicame, 
Deus, et discerne. 

ACCELLI (César), confrapuntiste italien, 
vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. 
Il a publié k Venise, en 1557, Libre primo de' 
Madrigali a cinqiie voci, dans lequel on trouve 
le madrigal Donna mia casia e bella qui est 
d'une suavité remarquable. Dans un recueil qai a 
pour titre : De'' Jloridi Virtuosi d'Jtalia il terzo 
libro de' madrigali a cinque voci, nuovamente 



ACCELLI — ADALBERT 



11 



compost i e dati in luce {Venezia, Giacomo 
Vincenti e Ricciai-do Amadinocompagni, \b&6) , 
on trouve des madrigaux de la composition de 
ce musicien. 

ACCIAJUOLI (Philippe), poète drama- 
tique et compositeur, né à Rome en 1637, entra 
de bonne heure dans l'ordre des chevaliers de 
Malte. Les caravanes qu'il dut faire avant d'être 
.décoré de la croix de l'ordre firent naitre en lui 
une telle passion de voyages , qu'il visita non-seu- 
lement toute l'Europe , et les côtes d'Afrique et 
d'Asie, mais même l'Amérique, d'où il revint dans 
sa patrie par l'Angleterre et la France. Le repos 
dont il jouit alors lui permit de se livrer au goût 
qu'il avait toujours eu pour le théâtre, et princi- 
palement pour l'opéra. Il écrivit plusieurs pièces, 
dont il composa lui-même la musique. La facilité 
prodigieuse dont il était doué lui suggéra aussi la 
pensée d'être en même temps le décorateur et le 
machiniste de ses opéras, et bientôt il devint pour 
ces accesoires l'un des plus habiles de son temps. 
L'académie des Arcadi illustri l'admit au nombre 
de ses membres, et il y figura sons le nom de 
Jreneo Amasiano. Il mourut à Rome le 3 fé- 
vrier 1700. Les opéras dont Acciajuoli a fait les 
paroles et la musique sont : 1° Il Girello, dramma 
bicrlesco per rnusica; Modène , 1675, et Ve- 
nise 1682. — 1° La Damina placata ; Venise, 
1680. — 3° VVlisse in Tracia; Venise, 1681. 
— 4" CM è causa del suo mal, pianga se stesso, 
poesia d'Ovidio, e rnusica d'Orfeo. On ignore 
Tannée et le lieu où cet ouvrage a été représenté; 
Allacci n'en fait pas mention dans sa Drama- 
turgia, et il n'est connu que par ce qu'en dit 
Mazzuchelli ( Gli Scrittori d'Ilalia, t. I). 

ACCORIMBONI (Augustin) naquit ù Rome 
vers l'an 1754. Al'àgede ving-huit ans il composa, 
pour le théâtre de Parme, un opéra intitulé : 
Jl Regno délie Amazzoni, qui eut beaucoup de 
succès, et fut ensuite représenté sur les principaux 
théâtres de l'Italie , et même à l'étranger. En 1786 
il donna aussi à Rome. Il Podestà dl Tuffo 
antico. Il quitta ensuite la carrière théâtrale pour 
s'adonner à la musique d'église, et composa un 
grand nombre de messes, de motets et de vêpres, 
qu'on trouve répandus dans la Romagne et la 
Lombardie. On ignore l'époque de sa mort. 

ACEVO (. . .), luthier piémontais , né à 
Saluzzio, ou Saluées, vers 1630, futélcvede Cappa, 
et eut de la réputation par la bonne qualité de ses 
instruments. Ses basses de viole lurent particuliè- 
rement estimées. J'ai vu un de ces instruments qui 
portait la date de 1693 : il avait appartenu à 
Marin Marais , dont il portait la signature sur 
le dos. 

ACEVO. Voy. ALVAREZ. 



ACHTER ( P. Ulrich) naquit à Aichbach, 
en Bavière , le 10 mars 1777. Son père, qui était 
tailleur, lui lit apprendre la musique chez les 
bénédictins, où il fut reçu le 13 mai 1798. Il 
prit l'habit de cet ordre le 3 mai 1801, et mourut 
de phthisie dans sa ville natale, eu octobre 1803, 
Il jouait bien du violon, et se distingua dans la 
composition, particulièrement pour la musique 
d'église : on cite de lui une messe solennelle d'une 
beauté remarquable. 

ACKERFELD (Armand d'). On a sous ce 
nom plusieurs œuvres pour le piano, entre autres 
quinze variations sur l'air allemand Freut eiick 
des Lebens , œuvre sixième (Augsbourg, Gom- 
bart). 

ACKERMANN (Dorothi'e), actrice et can- 
tatrice du théâtre de Kamboii rg, naquit à Dantzick 
en 1752. Elle se retira du théâtre en 1778. Elle 
jouissait d'une répul ition assez brillante. 

ACKERMAIVA^ (Charlotte-Sophie), née 
Bacumann, cantatrice qui brillait sur le théâtre 
de Kœnigsberg en 1796, naquit à Reinsberg en 
1759. Elle eut beaucoup de succès, principale- 
ment dans les premiers rôles des opéras de Mo- 
zart. 

ACKERMANJV (D. Jean-Charles-Henri), 
né à Zeitz en 1763, a lu, le 22 octobre 1792, au 
concert donné dans cette ville au. profit des pau- 
vres, un discours qui a été imprimé sous ce litre : 
Veber die Vorziige der Musik, ein Ecde (Dis- 
cours sur les Prérogatives de la musique), 
Leipsick, 1792, 27 pages in-S". 

ACTIS (L'abbé), Piémontais, membre de 
l'Académie des sciences de Turin , vers la fin du 
dix-huitième siècle , a fait insérer dans les Mé • 
moires de cette société, de 1788-89 (Turin, 1790), 
des Observations sur l'écho ou porte-voix de 
Véglise de Giryenti. 

ADALBERT (Saint), surnommé Woitie- 
cus, en polonais, Swienttj Woijciech, évêque 
de Prague , né en 939, était de la famille Li- 
bicenski , qui tenait un rang dans la noblesse 
de la Bohême. Il (it ses éludes à Magdebourg. 
De retour à Prague , il fut sacré évêque. 
Ayant voulu réformer les mœurs du clergé de 
Bohême, il en fut persécuté, et se vit obligé de 
s'enfuir à Rome , où le pape Jean XV le dégagea 
de ses obligations envers son diocèse. Alors les 
Bohémiens le redemandèrent, et le reçurent avec 
des démonstrations de joie ; mais cet accord en- 
tre l'évêque et ses diocésains ne dura pas, et 
saint Adalberl fut obligé de s'éloigner encore. Il 
prêcha la foi catholique aux Hongrois et aux 
Polonais, d'abord à Cracovie, ensuite à Gnesne, 
dont il fut fait archevêque. Il passa ensuite en 
Prusse pour y remplir ses fonctions apostoliques 



Î2 



ADALBERT — ADAxM DR LA HALE 



«t eut d'abord des succès à Dantzick; mais, dans 
une petite île où il avait abordé, les habitants le 
percèrent de coups de lance, et il obtint ainsi les 
honneurs du martyre, en 997. Boleslas, prince 
<le Pologne, racheta, dit-on, son corps pour 
une quantité d'or d'un poids égal : c'est beau- 
ijoup d'or pour un prince de Pologne et pour 
<;ette époque. 

Gerbert, dans son traité De Cantuet Musica 
sacra, t. 1, p. 348, a publié un chant en (orme de 
litanies, eu langue esclavonne, dont il est auteur. 
Onluiattribueaussi le chani Boga-Rodzica (Mère 
de Dieu) que les Polonais avaient coutume d'en- 
lonner avant une bataille. Cachant a été publié 
dans la Bévue musicale (t. IV, p. 202) rédigée 
par l'auleur de ce dictionnaire, d'après des copies 
authentiques de deux anciens manuscrits dont 
J'un existe dans la cathédrale de Gnesné, et 
l'antre se trouvait dans la t'ameuse bibliothèque 
Zatoslii , à Varsovie. 11 a été aussi inséré en nota- 
tion moderne dans la collection de chants histo- 
jiques polonais qui a pour titre : Spievy histo- 
rijcznez musikoui rycinami (Chants historiques, 
avec la musique eu notation moderne et me- 
surée, avec des gravures), par Julien Ursin 
Niemcewicz, président de la Société royale des 
Amis des sciences, à Varsovie, secrétaire du 
royaume de Pologne, etc. {y édit., in-8° de 573 
pages. Varsovie, imprim. du gouv., 1S19). 

ADAîkl, surnommé Borensis, parce qu'il 
était moine au couvent de Dorham (ordre de Ci- 
leaux), près d'Hereford , en Angleterre, vécut 
«iers l'année 1200. Dans sa jeunesse il se livra à 
l'étude des arts, des sciences et des lettres; la 
musique fut particulièrement l'objet de ses tra- 
vaux. Son savoir et sa piété le firent élire abbé 
<lc son monastère. Dans le même temps, de vives 
iliscussions s'élevèrent entre les moines et les 
clercs séculiers; à l'occasion de ces démêlés. Syl- 
vestre Gyraldus, homme érudit, mais esprit 
violent, écrivit un virulent pamphlet contre les 
moines, sous le titre de Spéculum Ecclesiœ. il 
y attaquait particulièrement l'ordre de Cîteaux. 
Adam prit la défense de cet ordre dans un écrit 
intitulé : Conlra Spéculum Giraldi, lihrum 
■unum. Il fut aussi l'auteur d'un livre sur la mu- 
sique, qui existe encore en manuscrit dans plu- 
sieurs bibliothèques, et qui a pour titre : Rudi- 
menta imisices, lib. I. Joecher dit ( Gelehrten 
Lexikon ) que cet ouvrage est imprimé. Je crois 
que c'est une erreur ( Voij. Pilsœtis , lib. De il- 
luslribîis Anglix script.; Henriquez, in Phœ- 
nice, et Caroli de Visc/i Bibliot. scrrptor. sac. 
Ord. Cister.). 

ADAM (de Saint-Victor), chanoine régulier 
de l'abbaye de Saint-Victor-lez-l^arjs , mourut 



le 11 juillet 1177; il fut inhumé dans le cloître 
de cette abbaye. On lui attribue le chant de 
quelques hymnes en usage dans l'église. 

ADAM DE LA IIALE, surnommé Le 
Bossu d'Arkas, à cause de sa difformité et du 
lieu de sa naissance, fut l'un de ces trouvères 
qui , dans les douzième et treizième siècles , tra- 
vaillèrent à former la langue française , et répan- 
dirent le goût de la poésie et de la musique. Adam 
paraît être né vers 1240. Fils d'un bourgeois qui 
jouissait d'une certaine aisance, il fut envoyé à 
l'abbaye de Vauxelles , près de Cambray , où il 
fit ses études. Il porta d'abord l'habit ecclésias- 
tique; mais son humeur inconstante le lui fit 
quitter et reprendre ensuite. C'est lui qui nous 
donne ces détails dans ses adieux à sa ville na- 
tale, intitulés : Ccst li conrjiés Adan d'Aras, 
pièce publiée par Méon, dans sa nouvelle 
édition des fabliaux de Barbasan, t. I, p. 106. 
Adam de la Haie épousa une jeune damoiselle 
qui, pendant qu'il la recherchait, lui .semblait 
réunir tous les agréments de son sexe , et qu'il 
prit en aversion dès qu'elle fut devenue sa femme. 
11 la quitta, et vint demeurer à Paris, oîi il pa- 
raît s'être rais à la suite de Robert II du nom , 
comte d'Artois. Ce prince ayant suivi, en 1282, 
le duc d'Alençon, que Philippe le Hardi envoyait 
au secours de son oncle, le duc d'Anjou, roi 
de Naples, pour l'aider à tirer vengeance des Vê- 
pres siciliennes , Adam de la Haie l'accompagna 
dans cette expédition. A la mort du roi de Na- 
ples, en 1285, le comte d'Artois fut nommé ré- 
gent du royaume , et ne i evirt en France qu'au 
mois de septembie 1 287 : Adam de la Haie était 
mort à Naples dans cet intervalle, comme on le 
voit dans l'espèce de drame intitulé : Li Gieus 
du pèlerin, attribué à Jean Bodel d'Arras, con- 
temporain d'Adam. C'est donc à tort que Fau- 
chet et Lacroix du Maine , qui ont été copiés par 
le Dictionnaire historique dePrudhomme et par la 
Biographie universelle de Michaud,ont dit qu'A- 
dam se lit moine à l'abbaye de Vauxelles, et qu'il 
y mourut. Nous avons tiré ces détails des obser- 
vations préliminaires que M. Monmerqué a mises 
en tète de l'étlition qu'il a donnée d'un ouvrage 
d'Adam de la Haie dont nous parlerons tout à 
l'heure. 

Adam de la Haie se distingua particulièrement 
dans le genre de la chanson; il en composait les 
paroles et la musique. Les manuscrits de la Bi- 
bliothèque impériale, numéros 65 et 66 (fonds de 
Cangé) et 2736 (fonds La Vallière) nous en 
ont conservé un grand nombre, qui sont notées. 
Mais ce dernier est surtout d'une haute impor- 
tance pour l'histoire de la musique, car il con- 
tient seize chansons à trois voix , et six motets 



ADAM DE LA HALE '— ADAM DE FULDE 



n 



dont Adam de la Haie est auteur. Ce précieux 
manuscrit, qui est du commencement du qua- 
torzième siècle , nous offre donc les plus ancien- 
nes compositions à plus de deux parties, puis- 
qu'elles remontent au treizième siècle. Les chan- 
sons ont la forme du rondeau , et sont intitulées : 
Li Rondel Adan. Leur musique n'est point une 
.simple diaphonie ecclésiastique , c'est-à-dire un 
assemblage de voix procédant par notes égales, 
et faisant une suite non interrompue de quintes, 
de quartes et d'oc tares , comme on en trouve 
des exemples dans les écrits de Gui d'Arezzo et 
de ses successeurs. On y voit, à la vérité, des 
quintes et des octaves successives, mais entre- 
mêlées de mouvements contraires et de combi- 
naisons qui ne manquent pas d'une certaine 
élégance. C'est, sans doute, une musique 
encore bien grossière; mais c'est un premier 
pas vers le mieux, un intermédiaire nécessaire 
entre la diaphonie proprement dite et des com- 
positions plus perfectionnées. On concevait la 
nécessité de ces premières améliorations; mais 
aucun monument n'étant connu, on ignorait en 
quoi elles consistaient. Les découvertes que l'au- 
teur de ce dictionnaire a faites, tant de ce manus- 
crit que de plusieurs autres non moins intéres- 
sants {voyez Lanuino et Busnois), et que le 
premier il a fait connaître, sont donc importantes 
en ce qu'elles lient entre elles les premières épo- 
ques de l'histoire de l'harmonie, qui étaient en- 
veloppées d'une obscurité profonde. 

Les motets d'Adam de la Haie nous offrent 
aussi plusieurs particularités remarquables. Ils se 
composent du plain-chant d'une antiçnne ou 
d'une hymne , mis à la basse avec les paroles 
latines, et sur lequel une ou deux antres voix 
font un contre-point fleuri, grossier à la vérité, 
mais assez varié ; et ce qui peint bien le goût 
de ce temps, c'est que ces voix supérieures ont 
des paroles françaises de chansons d'amour. Ces 
motets se chantaient dans les processions. Quel- 
quefois le motet est établi sur un seul trait du 
plain-chant qui e?t répété dix ou douze fois en 
basse contrainte, sorte d'invention qu'on croyait 
beaucoup plus moderne. 

Il me reste à parler d'un autre ouvrage d'Adam 
de la Haie qui aurait dû suffue pour l'immorta- 
liser : cependant son nom a été inconnu long- 
temps a tous les musiciens ! Je veux parler du 
plus ancien opéra-comique qui existe, et dont il est 
l'auteur. Ilestintitulé : Le jeu de Robin etde Ma- 
rion. Les manuscrits de la Bibliothèque impériale 
2736 (fonds de La Vallière) et 7604 (ancien fonds), 
nous en offrent des copies d'après lesquelles la 
Société des Bibliophiles de Paris l'a fait imprimer 
ea 1822, au nombre de 30 exemplaires, pour 



être distribués à ses membres. C'est une brochure 
in-8° de cent pages. Les caractères de musique 
ont été fondus par M. Firmin Didot. M. Monmerqué, 
qui avait préparé cette édition, en a donné une 
deuxième publiée par M. Ant.Aug.Renonard, à la 
suite du second volume de la troisième édition des 
Fabliaux ou Contes de Le Grand. Enfm letextt; 
de la même pastorale a été réimprimé dans le 
Théâtre français du moyen âge, publié d'après 
les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, par 
MM. L. J. N. Monmerqué et Francisque Michel ; 
Paris, Firmin Didot frères, 1839, 1 vol. gr. in-S- 
à deux colonnes. Cette pièce, où il y a onze per- 
sonnages, est, comme je viens de le dire, un 
opéra-comique, divisé par scènes, et dans lequel 
le dialogue est coupé par des chants. On y trouve 
des airs, des couplets et des duos dialogues , mais 
sans ensembles. Marion aime Robin ; survient un 
chevalier qui veut la séduire; elle lui répond 
qu'elle n'aimera jamais que Robin. L'air qu'elle 
chante dans cette silualion n'est pas dépourvu de 
grâce. Ce petit air a été publié dans la Revue 
Musicale (t. l") avec une des chansons à trois 
voix d'Adam de la Haie, mise en partition. Pos- 
térieurement, M. Bottée de Toulmon a publié 
plusieurs autres chansons, rondeaux et motets 
de ce trouvère, tant dans les Archives czirieuses 
de la musique, dont M. Danjou {voy. ce nom) 
était éditeur, qu'à la suite d'une notice sur Adam 
de la Haie insérée dans V Encyclopédie catho- 
lique; mais il s'y est glissé beaucoup de fautes. 
Kiesewetler a reproduit dans les planches de 
musique de son livre sur la destinée et la situation 
du chant mondain avant l'invention du style dra- 
matique (Schicksale und Beschaffenheit der 
welllïchen Gesanges, etc.) la chanson publiée 
dans la Revue musicale , suivie d'un rondeau et 
d'un motet à trois voix d'Adam de la Haie, traduit» 
par Bottée de Toulmon : ce dernier morceau est 
rempli d'erreurs de noiation. 

Cette pièce paraît avoir été composée à Naples 
vers 1285, pour le divertissement de la cour, qui 
alors était toute française. Roquefort l'a at- 
tribuée à Jehan Bodel d'Arras (De l'État de la 
Poésie française dans le douzième et le trei- 
zième siècle, p. 261); mais c'est évidemment 
une erreur, car le manuscrit 273ri porte cesmols^ 
en tête : Chi commenche li gieus de Robin et 
de Marion c'Adans fist. 

ADAM DE FULDE, moine de Franconie, 
auteur d'un tiaité sur la musique dont on ne 
connaît qu'un seul manuscrit, qui se trouve dans 
la bibliothèque de Strasbourg, et que l'abbé 
Gerbert a inséré dans ses Scriptorcs ecclésiast. 
de mus. sacr., t. III, p. 329. Cet ouvrage a été 
achevé le 5 novembre 1490; car l'auteur a con- 



14 



ADAM DE'FULDE — ADAM 



signé celle date à la fin de son livre. Il est divisé 
en quatre «ivres : le premier, composé de sept 
chapitres, traite de l'invention des diverses parties 
de l'art; le second, en dix-sept chapitres, traite de 
la main musicale, du chant, de la voix, des clefs, 
des muances, du mode et du ton; le troisième, 
qui est le plus important, traite de la musique 
mesurée, et le quatrième, des proportions et des 
consonnances. 

On ignore la date précise de la naissance d'A- 
dam de Fulde; mais elle a dû avoir lieu vers 
l'an 1450, car il dit, cliapitre 7""^ du l" livre, 
qu'il fut presque le contemporain de Guillaume 
Dufay et de Busnois, qui vécurent dans la pre- 
mière moitié du quinzième siècle : Et circa meam 
œtatem doctissimi Wdhelmus Dufay ac An- 
tonius de Bufna, quorum, etc. Il prend le 
titre de musicien ducal au commencement de sa 
dédicace. 

Glarean nous a conservé, dans son Dodéca- 
corde (p. 262) , un cantique à quatre voix d'Adam 
de Fulde; c'est un morceau fort bien écrit, et 
l'un des plus anciens monuments de composition 
régulière à plusieurs parties. Dans rjîwc/in-irfêow 
des chants religieux et des psaumes ( Magdebourg, 
1673) , on trouve aussi, p. 50, léchant : Ach hillp 
my Leidt undsenlich Klag, sous le nom d'Adam 
de Fulde. 

ADAM (Louis) , né le 3 décembre 1758 à 
Miettersheltz , département du Bas-Rhin, eut 
d'abord pour maître de clavicorde un de ses pa- 
rents, excellent amateur; il reçut ensuite pen- 
dant quelques mois des leçons de piano d'un 
bon organiste de Strasbourg nommé Hepp , mort 
vers 1800; mais c'est surtout à l'étude qu'il a 
faite par lui-même des écrits d'Emm. Bach, 
des œuvres de Hœndel, de Bach, de Scarlatti, 
de Schobert, et, plus récemment, de Clementi 
et de Mozart, qu'il dut la science et le talent qui 
l'ont placé au premier rang parmi les professeurs 
de son instrument. Adam a, dans son enfance 
étudié sans maître le violon et la harpe. 11 a aussi 
appris seul l'art d'écrire ou la composition. 

Arrivé à Paris à l'âge de dix-sept ans, pour y 
enseigner la musique, il débuta par deux sym- 
phonies concertantes pour harpe et piano avec 
violon, qui furent exécutées au concert spirituel, 
et qui étaient les premières qu'on eût entendues en 
ce genre. Depuis ce temps, il s'est livré à l'en- 
seignement et à la composition. En 1797, il fut 
nommé professeur au Conservatoire ; là, il a formé 
un grand nombre d'excellents élèves; les plus 
connus sont Kalkbrenner, F. Chaulieu, Henri 
Le Moine ; M"*' Beek , Basse et Renaud d'Allen , 
qui successivement ont obtenu les premiers 
prix de piano dans cette école. Hérold père et Gis, 



Callias, Rougeot, Bréval fils, M'" Bresson, et 
beaucoup d'autres, ont aussi reçu de ses leçons. 
En 1818, le cours de piano que faisait cet artiste 
au Conservatoire fut réservé pour les élèves du 
sexe féminin. 

Les ouvrages d'Adam sont : 1° Onze œuvres de 
sonates pour le piano publiés à Paris.— 2" Quelques 
sonates séparées. — 3° Des airs variés pour le 
même instrument, notamment celui du Roi Dago- 
bert, qui a eu beaucoup de succès. — 4° Méthode 
ou principe général du doigté^ suivie d^une 
collection complète de tous les traits possibles, 
avec le doigté, etc. (en société avec Lacbnith); 
Paris, Sieber, ildS. — b" Méthode nouvelle pour 
le piano , à l'usage des élèves du Conserva- 
toire; Paris, 1802. Peu d'ouvrages élémentaires 
ont eu une vogue semblable à celle que celui-ci a 
obtenue. Près de vingt mille exemplaires ont été 
livrés au public dans l'espace de vingt-cinq ans. 
Cette vogue était méritée sous le rapport de l'exposé 
des principes du doigté, qui n'avait jamais été si 
bien fait. Une cinquième édition de cet ouvrage, 
revue avec soin par l'auteur, a été publiée à Paris, 
en 1 83 1 . — 6° Des quatuors d'Haydn et de Pley el, 
arrangés pour piano. — 1° Un recueil de romances. 

— 8" la collection entière des Délices d'Euterpe, 

— 9° Journal d'ariettes italiennes de M"*' Erard. 
Adam a été fait chevalier de la Légion d'honneur 
au mois de novembre 1827. Retiré en 1843 , après 
quarante-cinq ans de services , il a obtenu une 
pension de 2,000 francs, dont il n'a joui que peu 
d'années, car il a cessé de vivre le 11 avril 1848, 
à l'âge de quatre-vingt-dix ans. 

ADAM(Adolphe-Chakles), fils du précédent, 
né à Paris le 24 juillet 1803 (l), ne fut pas des- 
tiné par ses parents à cultiver la musique. On le 
mil fort jeune dans un pensionnat pour commencer 
des études littéraires , et pendant plusieurs années 
il fréquenta le Lycée Napoléon; mais, ennemi du 
travail, il y fit peu de progrès, el n'alla pas au 
delà de la quatrième. Sur ses demandes réitérées, 
son père consentit enfin à le retirer du collège et 
à lui donner un maître de musique, qui n'eut pas 
plus à se louer de son application que ses pro- 
fesseurs de grec et de latin. Musicien d'instinct, 
il lui paraissait plus facile de deviner le méca- 
nisme de l'art que de l'apprendre. D'ailleurs, peu 
surveillé dans ses travaux, il jouissait d'une en- 
tière liberté, dont il est rare qu'un jeune garçon 
n'abuse pas. Au bout de quelques années, il se 
trouva pourtant qu'il jouait assez bien du piano et 
qu'il improvisait avec facilité sur les orgues do 
plusieurs éghses de Paris, sans avoir rien lait 

(i) Cette date est conforme aus registres d'inscription 
du Conservatoire et de l'Institut royal de l'rancc : c'est 
par erreur qu'on a tait naître Adam en ijot, dans d'au- 
tres Biographies. 



ADAM 



15 



pour parvenir à ce résultat , et quoiqu'il n'eût pu 
lire couramment une leçon de solfège. 11 avait eu 
quelques leçons d'iiarmonie de Widerker (t'oy. ce 
nom). On le fit entrer alors (1817) au Conserva- 
toire, où ses habitudes de paresse ne se démenti- 
rent pas, mais où son heureuse organisation 
triompha de son incurie. Après avoir suivi tant 
bien que mal un cours d'harmonie et de contre- 
l)ointsous la direction de Reiclia, il se mit à écrire 
des airs, des duos, des scènes entières, peu re- 
marquables par la correction du st\le, mais où 
se trouvaient des mélodies faciles, lioieldieu, qui 
eut occasion de voir ces essais, crut y apercevoir 
le germe du talent. 11 fit entrer Adam dans son 
cours de composition, et dès ce moment le goût 
du travail se développa chez le jeune musicien. 
Il y avait entre le maître et le disciple une 
singulière analogie d'esprit et de sentiment de 
lart. Sauf la différence du talent, tous deux 
étaient mélodistes ; tous deux avaient pour qua- 
lité dominante l'instinct de l'expression de la 
parole chantée, et l'intelligence de la scène. Adam 
était l'élève qui convenait le mieux aux leçons 
de Boieldieu, et celui-ci était le maître qui pou- 
vait le mieux développer les dispositions d'Adam. 
De là l'intimité qui s'établit entre eu.x tout d'a- 
bord, et les rapides progrès du jeune compositeur 
sous la direction de l'auteur de La Dame blanche. 
Lorsque Adam concourut à l'académie des beaux- 
arts de l'Institut pour le grand prix de composi- 
tion, la section de musique, apt^lée à juger le 
concours, remarqua la similitude de son style 
avec celui de son maître. Le second prix lui fut 
décerné : il avait espéré le premier; mais il s'en 
lint à cet essai, parce qu'il attachait moins de 
prix à voyager avec le titre de pensionnaire du 
!;ouvernement qu'à se livrer immédiatement à la 
carriSte de compositeur dramatique, à laquelle 
il se sentait prédestiné. Cependant, pour arriver 
au théâtre, il ne suffit pas d'avoir achevé des 
études d'école avec quelque succès ; car le talent 
d'un musicien n'acquiert de valeur dans l'opinion 
des poêles d'opéra qu'après s'être produit avec 
bonheur sur la scène. Comprenant la difficulté de 
sortir de ce cercle vicieux , Adam n'imagina pas 
de meilleur moyen d'en triompher que de se faire 
en quelque sorte habitant des coulisses. D'abord 
symphoniste sans appointements à l'orchestre du 
Gymnase dramatique , il devint plus tard accom- 
pagnateur au piano du même spectacle, et ses 
fonctions lui fournirent l'occasion de connaître, 
des auteurs et de devenir leur ami. Queiques- 
\ms lui confièrent des couplets pour en composer 
la musique. Les jolies mélodies qu'il écrivit pour 
La Batelière, Caleb, Le missardde Fels/ietm, 
et plusieurs autres vaudevilles devinrent popu 



laires, et furent les précurseurs de succès plus 
importants. Dans le même temps où il se faisait 
connaître par ces gracieuses bagatelles, il impro- 
visait en quelque sorte avec une prodigieuse fé- 
condité des fantaisies et des variations pour le 
piano snr des thèmes de la plupart des opéras 
représentés à Paris, particulièrement de Za3/«<e/^e 
(le Por/ici et de La Fiancée, d'Auber, de Moïse, 
dsi Comte Onj et de Guillaume Tell, de Ros 
sini, de La Datyie blanche, des Deux nuits, 
de Boieldieu, et de beaucoup d'autres. 

Le premier ouvrage de quelque importance où 
il fut permis à Adam d'aborder la scène fut l'opéra 
de Pierre et Catherine, en un acte, qu'il fit 
représenter au théâtre de l'Opéra-Comiqne , 
au mois de février 1829. Cet ouvrage, qui an- 
nonçait du talent, mais une facilité un peu trop 
négligée, à été bien accueilli du public. Da- 
ni/owa , autre opéra en trois actes, joué au 
môme théâtre dans le mois d'avril 1830,, est 
une production plus importante, où l'on remarqua 
plus d'habileté dans la facture , et qui donnait 
des espérances pour l'avenir. Malheureusement , 
le désir de faire vite sembla préoccuper pen- 
dant quelque temps le jeune musicien plus que 
celui de faire bien. Ses productions se succédaient 
avec rapidité et se ressentaient plus ou moins de 
la promptitude de leur enfantement. Trois jours 
en îine heure, opéra en un acte, Joséphine, 
aussi en un acte , joués dans la même année que 
Danilowa ; Le Morceau d'ensemble, en un acte ; 
Le Grand Prix, en trois actes , et Casimir, en 
deux actes, joués en 1831, et deux opéras anglais , 
représentés à Londres en 1832, firent craindre 
qu'Adam ne fût pas destiné à laisser de traces du- 
rables de son passage sur la scène lyrique ; mais 
Le Proscrit, opéra en trois actes, qu'd fit repré- 
senter au théâtre de l'Opéra-Comique, le 17 sep- 
tembre 1833, prouva que cet artiste pouvait 
prétendre à d'honorables succès. A cet ouvrage 
succédèrent: Une bonne fortune, en un acte; 
Le Chalet, en un acte, composilion élégante 
et spirituelle (1834); La Marquise, en un acte; 
et Micheline, en un acte ( 1835); Le Postillon 
de Longjumeau , en trois actes , opéra dont le 
succès a été brillant et mérité (1836 ); Le Fidèle 
Berger, en trois actes, et Le Brasseur de Preston 
en troisactes (1838); Régine, en deux actes, et 
La Reine d'un jour en trois acte (1839) ; La Rose 
dePéronne, en troisactes (1841), La l\lainde/er,. 
ouleSecret{\^il); Le Roid'Yvetot, entro\sacles 
(1842) ; Caj/^ios^ro, en trois actes(1844); Richard 
en Pa/'î^iHC, grand opéra en trois actes (1844). 
A ces nombreuses productions il faut ajouter plU' 
sieurs ballets dans lesquels se trouvent une multi- 
tude d'airs de danse charmants, particulièrement 



16 



ADAM 



Faust, en trois actes, écrit à Londres en 1832; La 
Fille du Danube, en deux actes, à Paris (1836) ; 
Les Mohicans , en deux actes (1837) ; La Jolie 
Fille de Gand (1839); Giselle, en deux actes, 
charmante composition (1841); un grand ballet à 
Saint-Pétresbourg, dans la même année, et un 
autre à Berlin. Enfin Adam a refait la plus grande 
partie de l'instrumentation de Richard Cœur 
de Lion, opéra de Grétry ; du Déserteur, de 
Monsigny; de Gulisian; de Dalayrac; de Cen- 
drillon, de Nicolo, pièces dont la reprise a été 
couronnée d'un brillant succès. 

Ici la grande activité du compositeur paraît s'ar- 
rêter tout à coup; car en 1845 il ne donne que le 
ballet du Diable-à-Quatre , à l'Opéra, un autre, 
à Londres ; et La Bouquetière, petit opéra en un 
acte, fut la seule de ses productions dans l'année 
suivante. La cause de cette inaction apparente fut 
«ne fantaisie malheureuse qui s'était emparée de 
l'esprit de l'artiste, et qui, pendant plusieurs 
années , le priva de son repos et compromit sa 
position. Brouillé avec Basset, nouveau directeur 
de l'opéra-comique, qui lui ferma les abords de 
cette scène , il se persuada qu'il manquait à Paris 
un théâtre où les jeunes auteurs et compositeurs 
fussent admis à essayer leur talent sans rencon- 
trer trop d'obstacles ; il voulut satisfaire à ce be- 
soin qui lui paraissait impérieux, et eut le mal- 
heur d'obtenir le privilège de ce théâtre en le 
payant fort cher. Déjà, longtemps avant d'en faire 
l'ouverture, il avait pu en comprendre les in- 
convénients ; car l'artiste avait disparu pour 
faire place à l'homme d'affaires. Enfin le nou- 
veau spectacle fut inauguré sous le titre de 
Théâtre national, en 1847. Les représentations 
allèrent tant bien que mal ; et dans l'année 
suivante la révolution de février acheva la ruine 
du théâtre , qui fut fermé. Adam avait perdu 
quatre-vingt-mille francs d'économies qui compo- 
saient toute sa fortune, et il en devait soixante- 
dix mille, pour lesquels il était poursuivi. La 
seule indemnité qu'il obtint fut sa nomination de 
professeur de composition au Conservatoire, avec 
un traitement de 2,400 francs. 

Picnlré dans son élément propre, l'artiste re- 
piit ( 1849 ) possession de la scène par son Tor- 
réador, en deux actes , joué à l'Opéra-Comique , 
par Le Fanal, en deux actes, représenté à l'Opéra, 
et par La Filleule des Fées , ballet représenté 
au même théâtre. A ces ouvrages ont succédé 
Giralda , ou la Nouvelle Psyché, en trois actes 
(1850), qui eut un brillant succès, une grande 
cantate intitulée ies Nations, a l'opéra (1851); 
Le Farfadet, en un acte, à l'Opéra-Comique 
(1852); ia Poupée de Nuremberg , joli opéra 
bouffon en un acte , au Théâtre-Lyrique (1852) ; 



Si fêtais Roi , en trois actes , au même théâtre 
(1852); Orfa, ballet en deux actes, à l'Opéra 
(1852); Le Sourd, à l'Opéra-Comique; La Fa- 
ridondaine , en un acte, avec M. de Groote, 
au théâtre de la Porte-Saint-Martin (1853) ; et 
enfin Le Roi des Halles, opéra-comique en trois 
actes, au Théâtre-Lyrique (1853); Le Muletier 
de Tolède, en trois actes ; ^4 Clichy , en un acte, 
au Théâtre-Lyrique (1854) ; Le Houzard de Ber- 
chiny, en deux actes, à l'Opéra-Comique ; (1855); 
Le Corsaire, ballet en trois actes, à l'Opéra; 
Falstaff, en un acle , au Théâtre-Lyrique (1856); 
Mani'zelle Geneviève , en deux actes, au même 
théâtre (1853); Les Pantins de violette, en un 
acte, aux Bouffes-Parisiens (1856). Plusieurs 
messes solennelles, composées par Adam, ont été 
exécutées à diverses époques dans les églises de 
Paris : on y trouve quelques bonnes choses qui 
seraient bien placées ailleurs que dans la musi- 
que d'église. Homme aimable et spirituel, Adam 
s'est fait beaucoup d'amis , qu'il a su conserver, 
même en prenant la position dangereuse d'écri- 
vain dans les journaux , parce que sa critique 
était en général polie et bienveillante. Décoré de 
la croix de la Légion d'honneur en 1836, il fut 
ensuite élevé au grade d'officier de cet ordre. Il 
obtint en 1844 les suffrages de l'Académie des 
beaux-arts de l'Institut, pour succéder à Berton 
dans la section de musique. Cependant il n'é- 
tait pas heureux: plusieurs causes contribuaient 
à jeter delà tristesse dans son âme. Il ne se dis- 
simulait pas que les succès mêmes qu'il obtenait 
au théâtre n'étaient qu'éphémères, parce qu'im- 
provisés à l'aide de l'expérience plutôt qu'inspirés, 
il leur manquait la distinction , la nouveauté des 
idées, et parce qu'ils ne rachetaient pas l'absence 
de l'imagination par les qualités du style et de la 
facture. Il sentait bien que quelques bons mor- 
ceaux produits de loin en loin, et devenus plus 
rares à mesure qu'il avançait dans la carrière , 
n'étaient pas assez pour la renommée du nm- 
sicien qui avait écrit cinquante trois ouvrages 
dramatiques et une multitude d'autres produc- 
tions avant l'âge de cinquante-trois ans. Cepen- 
dant cette improvisation malheureuse , qu'il 
aurait voulu contenir, lui était imposée par la 
nécessité de satisfaire à des obligations où sou 
honneur était engagé. En dépit de sa prodigieuse 
facihté, le travail le tuait, sans bénéfice pour 
son bien-être comme sans résultat pour sa gloire ; 
mais la nécessité l'arrachait de sa couche dès le 
matin et ne l'y laissait rentrer que bien avant 
dans la nuit , sans lui avoir laissé goûter l'ap- 
parence des jouissances que donne l'art quand 
on le cultive pour lui-même. Qui sait si ce far- 
deau n'a pas été la cause de sa mort inopinée? 



ADAM — ADAMI DA BOLSENA 



17 



Il paraissait calme , rien n'annonçait qu'il fût 
souffrant : il avait assisté au début d'une canta- 
trice à l'Opéra. A dix heures, il se retira, rentra 
chez lui , et le lendemain malin, 3 mai 1856, on 
le trouva mort dans son lit. Après son décès, on a 
Imprimé des notes qu'il avait jetées à la hâte sur 
sa vie, et, pour compléter le volume, on y a ajouté 
un ctioix d'articles qu'il avait publiés dans les 
journaux sur la musique. Ce volume a pour titre : 
Souvenirs d'un musicien. Paris, Michel Lévy 
Irères, 1857, in-12 de 266 pages. 

ADAM (Charles - Frédéiuc) , organiste à 
Fisclibach près de Biscliosswerda , est né en 1770 
àZadel, près de Meissen. On a de lui : 1° Six 
pièces d'orgue, Meissen (sans date). 2" Chants 
pour quatre voix d'hommes {ibid.). 3'^ Douze 
danses pour le piano ; Leipsick , Breitkopf et 
Hœrtel. 4° Six chants à quatre voix, op. 4, ibid. 

ADAM (Jean-Théopuile), musicien de cham- 
bre à la cour de Dresde, est né le 1'"'^ juillet 1792 
à Taubenheim, près de Meissen. 11 s'est fait 
connaître par les ouvrages dont les titres sui- 
vent. 1° Dix variations pour le piano, sur l'air 
allemand : Liebes Maedchen ; Meissen , Gôd- 
sche. — 2" Der lusfige Klavierspieler ( Recueil 
de quarante-huit pièces, consistant en diverses 
danses, dont quelques-unes à quatre mains, 
et douze variations ) ; ibid. — 3° Six pièces faci- 
les fuguées pour l'orgue; ibid. — 4° Kurzeund 
leichte Gesxnge zum Gcbrauche beim Gottes- 
dienste und bel Sing umgxngen (Chants courts 
et faciles pour l'usage des dimanches , etc., à 
quatre voix; ibid. — b° La Cloche, de Schiller, 
avec accompagnement de piano , ibid. 

ADAM(Je.vn-George), organiste à Meissen, 
vers 1820, s'est fait connaître par quelques com- 
positions estimables, parmi lesquelles on remar- 
que : Des préludes fugues et faciles pour l'orgue, 
Meissen, Godsche. — Douze variations et une fu- 
gue pour l'orgue, sur le thème : Den Konig segne 
Gott, op. 8 ; Leipsick, Hofmeister. — Six petites 
lugues pour l'orgue , op. 9 ; Lepsick , Breitkopf et 
Harlel. — Suites de chants pour voix seule avec 
ace. de piano ; Meissen , Godsche. Adam a publié 
aussi des thèmes variés , des danses et d'autres 
bagatelles pour le piano. 

ADAM (C. Ferdinand), est né en Saxe vers 
1810, étalait vraisemblablement ses études mu- 
sicales à Dresde , où il s'est fixé comme profes- 
seur de piano et de chant. 11 y dirige aussi une 
société de chœurs d'hommes, qu'on désigne en Al- 
lemagne sous le nomdeXieder^fl/eZ. Une grande 
fête de chant en chœur donnée les 25 et 26 aofit 
1847, ayant réuni les sociétés deColditz, Grimma, 
Gerinyswalde, Heinichen, Mitweida , Rochlitz , 
Waldheim et Leisnig, dans cette dernière petite 

BIOGR. liNlV. DES MUSICIENS. — T. 1. 



ville, au nombre de 300 chanteurs, la direc- 
tion de cette masse chorale lutconliee à M. Adam. 
Cet artiste fut signalé comme un jeune homme 
de talent dans le n" 14 de la Gazette générale 
de Musique de Leipsick, en 1829, à l'occasion 
d'un recueil de 12 danses caractéristiques pour le 
piano, qu'il venait de publier. Plus tard il a pu- 
blié des variations brillantes pour le même instru- 
ment ; mais c'est surtout comme compositeur de 
chants à quatre voix qu'il s'est fuit connaitre avan- 
tageusement : on cite particulièrement avec éloge 
.ses ou vrages suivants en ce genre : l°Six lieder pour 
soprano, contralto, ténor et basse , op. 4 ; Dresde, 
Botter, — T Gedichte eines Lebendigen (Poé- 
sies d'un vivant) pour chœur d'hommes , op. 6 ; 
ibid. —3° Six chants pour quatre voix d'hommes ; 
Leipsick, Breitkopf et Haertel. 

ADAM (Josei'u-Aucuste), directeur de mu- 
sique militaire et compositeur, est né à Vienne, 
le 22 avril 1817, et a toujours continué de résider 
dans cette ville. Son père était un fabricant de 
produits chimiques. Après avoir éludiéle violon 
sous la direction de Joseph Techlinger, l'harmo- 
nie et la composition chez Joachim Hoffmann , 
il fut nommé en 1846 chef de musique de la 
garde bourgeoise de Vienne , et deux ans plus 
tard il eut le même titre dans la garde nationale. 
Sa musique d'harmonie militaire , au nombre 
d'environ 60 œuvres, a beaucoup de succès eu 
Autriche , particulièrement à Vienne. 

ADAMBERGER (Josepu), connu aussi 
sous le nom haiika Adamonti , naquit à Munich 
le 6 juillet J.743. 11 reçut une place gratuite au 
séminaire de celte ville, et y étudia les sciences 
et la musique. En 1755 Valesi se chargea de lui 
donner des leçons de chant; après avoir passé 
six ans auprès de cet habile maitre , il fut placé, 
à sa recommandation , comme premier ténor au 
théâtre de San-Benedetto , à Venise, en 1762. Il 
y obtint tant de succès qu'il fut appelé dans plu- 
sieurs autres villes d'Italie. Ce lut alors qu'il 
changea son nom d'Adambergerconlre celui d'.4- 
damonti. En 1775, Valesi fut appelé à Vienne 
pour y chanter à l'Opéra italien ; mais, la cour de 
Bavière n'ayant point voulu lui accorderde congé, 
il envoya Adamberger à sa place. La qualité de 
sa voix et son talent de chanteur plurent si bien 
aux habitants de Vienne qu'il obtint un engage- 
ment fixe. Cet habile arti.ste mourut à Vienne , 
le 7 juin 1803, à l'âge de soixante ans. 

ADAMEll. On a gravé sous ce nom douze 
menuets pour le piano, à Vienne, chez Mollo. 

ADAMI DA BOLSEi\A (Andréa), mai- 
tre de la chapelle ponlilicale et de l'Académie des 
Arcades de Rome, où il était désigné sous le nom 
de Carielo Piseo , naquit à Rome au mois d'oc- 

2 



18 



ADAMI DA BOSLENA — ADAMI 



tobre 1663. 11 fut d'abord au service du cardinal 
Ottoboni , qu'il quitta pour ta place de maître de 
chapelle du pape. Il mourut le 22 juillet 1742, 
dans la soixante-dix-'neuvième année de son ftge. 
On a de lui : Osservazinni per ben regolare 
il coro dei cantori délia cappella poriteftcia 
tanto nelle funzioni ordinarie che slraordi- 
Marie;Roma, per Antonio de Rossi, 1711, in- 
4". On y trouve les biographies et les portraits de 
douze maîtres de la chapelle pontilicale. Cet ou- 
vrage est très-rare. 

ADAMI ( Ernest-Daniel) , né à Zduny , dans 
le grand-duché de Posen, le 19 novembre 1716, 
reçut les premières leçons de musiqoe d'Abra- 
ham Lungnerj ensuite il forma sou talent sous 
la direction du chantre Contenius pour le chant, 
de Frendel pour le piano, et de l'organiste Zac- 
chau pour la composition. Adami, destiné par 
son père à être un artisan , mais passionnément 
entraîné vers l'étode des lettres et des arts, fut 
redevable aux sollicitations de Gunther de la 
permission qu'il obtint enfin de se rendre au 
gymnase de Thorn. Là il eut une place de cho- 
riste , dont les émoluments lui facilitèrent les 
moyens d'achever ses études. Lorsqu'il eut atteint 
l'âge de dix-neuf ans , one place de corecteur 
hii fut offerte à Strasbourg, et il l'accepta. 

Le comte Dobna Wartenberg Leislenaii , à qui 
il avait été recommandé, le chargea peu de temps 
après de l'éducation de son ffls. En 1736 il partit 
avec son élève pour Kœnigsberg , et visita l'uni- 
versité ; ensuite il vécut dans la maison do profes* 
seur Gunther, et se lia d'amitié avec Thomson. En 
1738 il quitta liœnigsberg, et se rendit à Kaunitz, 
oii on lui offrait une place de corecteur. Il s'était 
déjà mis en route pour s'y rendre, lorsque tout 
à coup il changea d'avis, et se rendit à Jena pour y 
terminer ses études Ihéoiogiques. Il y suivit les 
cours de Reuschner, Racheuberger, de Ham- 
berger et de Stock. Deux ans après on Péleva 
au grade de maître es arts, et l'année suivanle 
il retourna dans sa ville natale pour s'y exercer 
à la prédication. En 1/43 il fut nommé corec- 
teur et directeur de musique à l'école latine de 
Landshut. 11 occupa ce poste jusqu'en 1"'57, où 
il l'abandonna pour celui de pasteur de Sorge et 
de Kœnincben , dans la Prusse méridionale. De- 
venu pasteur de Felckue en 1 760, il se démit vo- 
lontairement dfr sa place en 1763, et fut en dernier 
lieu appelé comme pasteur à Pommerwitz, près 
de Neustadt, dans la haute Silésie , où il mourut 
le 19 juin 1795. Forkel dit {Allgem. Lifter, der 
Musik,^. 147) qu'Adami mourut à Landshut 
en 1758 : il a été induit en erreur sur ce point; 
mais Liciitenthal est tombé dans ime inadver- 
tance bien plus singulière à l'égard de cet écrivain, 



car, au tome troisième de sa bibliographie de la 
musique (p. 199), il le fait mourir à l'époque 
indiquée par Forkel , et au quatrième volume 
du même ouvrage (p. 30), il indique la date 
véritable de son décès. 

Adami s'est fait connaître dans le monde mu- 
sical par deux ouvrages qui ne manquent point 
d'intérêt. Le premier a pour titre : Verniluflige 
■ Gedanken iibcr den drei/fachen Widerschall 
vom Etngange des AderOachischcn Steinwal- 
des im Kœnigreich Bœhmen ( Réflexions sur le 
triple écho d'Aderbach , à l'entrée de la forêt de 
Stein, dans le royaume de Boliême); Liegniiz, 
l750,in-4°. Le deuxième est intitulé : Philoso- 
phisch musikalische Abhandlung von dem gôlt- 
lichschoeneder Gesangsweise in geistl. Liedern 
bei ô/f en (lichen Golf esdienst (Dhserlation phi- 
tosophico-musicaJe sur les beautés sublimes du 
chant dans les cantiques du service divin); Leip- 
sick , 175.'), in 8°. On a aussi d' Adami une can- 
tate publiée en 1745, une autre en 1746, et il 
a laissé en manuscrit quatorze cantates de noces, 
se|)t cantates pour diverses circonstances et six 
cantates religieuses. 

ADAMI ( ANToiNE-PnfLirf-E), littérateur, 
naquit à Florence, d'une famille noble, vers 1720, 
entra dans la carrière militaire, et cultiva les let- 
tres et la philosophie, tin récompense de ses ser- 
vices et de son mérite , le grand-duc de Toscane 
le nomma chevalier de Saint-Etienne. Une mort 
préiualurée l'enleva à sa famille et à ses amis à 
la fin de l'année 1761. Il s'est fait connaître par 
divers ouvrages d'histoire, de philosophie et de 
litléralure. Il n'est cité ici que poar un volume 
intitule : Poésie , con una Dissertazione sopra 
la Poesia dranunalica et mimica del teatro ; 
Florence, 1755, in-8°. Il traite dans cette disserta- 
tion de la musique théâtrale. 

ADAMI (ViNATJEti), maître de clarinette, né 
vraisemblablement dans le Piémont, a fait im- 
primer une méthode pour son instrument, à Tu- 
rin , chez les frères Reycend. Je suis tenté de 
croire que le nom de famille de ce musicien est 
Vinatier , et qu^Adami n'est que le prénom. Je 
le cite d'après la bibliogiaphie de Lichtenlhal 
(t. IV, p. 178). 

ADAMI (Henri-Joseph) , rédacteur de la 
partie musicale dans la Gazette des théâtres de 
Vienne, est né dans cette ville le 16 décembre 
1807. Après avoir fait ses études dans les collèges 
et à l'université de Vienne, il fut destiné à la 
pî'ofession d'avocat; mais son goût exclusif pour 
la poésie (fnimatique le détourna de cette car- 
rière. 11 publia dans les journaux et dans les al- 
manachs poéliq.ics un nombre considérable de 
petites pièces, écrivit des livrets d'opéra, et 



ADAMI — ADDISSON 



19 



surtout un grand nombre d'<nrticles de critique 
musicale dans la Gazette des Théâtres de Vienne 
(Tkeaier Zcitung), iiisqu'en 1847, puis dans 
la Gazette de Vienne, dans La Presse (Die 
Presse), en 1848, et enfin dans le Ostdeutsche 
Post , en 1850. La critique de ce littérateur a peu 
de profondeur, et l'on voit que ses connaissances 
techniques sont insuffisantes pour la tàclie qu'il 
accomplit. 

ADASIS (Thomas), né en 1783, éludia la 
musique sous le docteur Busby, jusqu'à l'âge de 
onze ans. En 1802 , il fut nommé organiste de la 
chapelle de Lambeth, à Carlisle, et conserva cette 
place jusqu'en 1814. 11 fut alors choisi , parmi 
vingt-huit autres candidats, pour être organiste 
de Saint-I'aul à Deptford , où il se trouvait en- 
core en 1824. Depuis lors il s'est fixé à Londres. 
T. Adams a dirigé les séances musicales annuelles 
de VApoltonicon, depuis leur commencement, et 
y a fait des lectures sur divers sujets relatifs à la 
musique. Les principales compositions de cet ar- 
tiste sont : 1" Six fantaisies, publiées en 1812. — 
L'air Scots ivho hoe ivith Wailace bled, avec 
des variations pour l'orgue (Mayhew). — 2° Adeste 
fidèles, avec variations. — 3°^ rose tree infull 

bearing, avec variations 4° QuanCèpiù bella, 

de Paisiello , avec variations (ces trois dernières 
pièces chez Clementi). — 5° Deh prendi, et My 
jo Janet, l'un et l'autre avec variations. — c° Six 
fugucspour rorgue(Clcmenli). — 7° Trois fantai- 
sies pour l'orgue (Hodsol! ). — Six grandes pièces 
pour l'orgue ; Londres, Clementi. 

ADAMS (Abraham), organistedc Sainte-Ma- 
ry-le-Bone, à Londres, vers 1810, est auteur d'un 
ouvrage qui a pour titre : PsalmisCs ncw co7npa- 
nion, etc. ( Le Nouveau compagnion du psalmiste, 
contenant une introduction aux principes de la 
musique, par nne méthode facile et familière, 
suivie de 41 chants de psaumes, et 25 antiennes, 
auxquels on a ajouté un hymne funèbre; le tout 
composé à trois et quatre voix, suivant les règles 
les plus authentiques) ; Londres, in-4'' (sans date). 

ADAIV (Don Vincent) , musicien de la cha- 
pelle du roi d'Espagne, dans la seconde moitié 
du dix-huitième siècle, vécut à Madrid, et y lut 
professeur de chant et de composition. 11 est au- 
teur d'un livre qui a pour titre : Dociimentos 
para instruccion de Musicos , y aficionados , 
que intentan saber el arte de la cotnposicion. 
En esta obra se traita de los contrapontos 
sobre bajo hasta siete , sobre tiple hasta siete, 
y suello hasta ocho, y dos exemptas à doce 
voces, todos en fuga unas contro otras. Varios 
soles y duos; pensamientos a très, y a quatro. 
varios pasos y contrapasos, y el modo de en- 
trarlos, Varios canones y tocados. Exiencion 



. de los instrumcntos. Posturas del violin per 
todos los tonos y formaciondecllos, con otrus 
cosas muy utiles (Documents pour l'instruction 
des musiciens et des amateurs qui veulent savoir 
l'art de la composition. Dans cet ouvrage, on 
traite du contre-point sur une basse jusqu'à sept 
parties, sur le chant jusqu'au même nombre de 
voix, et du contre-point libre jusqu'à huit, avec 
des exemples à douze voix, lesquelles fuguent entre 
elles; divers solos et duos; des fantaisies à trois 
et à quatre différents sujets et contre-sujets, avec 
la manière d'y répondre ; diverses espèces de ca- 
nons et d'imitations; l'étendue des instruments; | 
les positions du violon pour tous les tons, etc .) ; 
Madrid, Joseph Otero, 1786, in-fol. de 16 pages 
de texte et 75 d'exemples notés. Voilà bien des 
choses pour un si petit volume; mais l'auteur n'a 
pas cherché à y exposer une doctrine. Son texte 
ne contient que de courtes questions et des ré- 
ponses non moins brèves sur les diverses parties 
de l'art décrire en musique, et les exemples ont 
peu de développements : en un mot, l'ouvrage 
n'est qu'une méthode d'enseignement empirique. 
ADAÎV DE JOUVEI\CY, trouvère fran- 
çais du treizième siècle. 

ADCOCK (Jacques) , maître de musique du 
collège du roi à Cambridge, naquit en l778 à Eton, 
dans le duché de Buckingham. En 178Cil fut admis 
comme choriste de la chapelle Saint-George à 
Windsor, et entra au collège d'Eton, où il reçut 
son éducation musicale sous le D"" Ayhvard et 
M. Sexton. En 1797 il fut élu un des clercs laï- 
ques de la chapelle de Saint-George , et en 1799 
il reçut sa nomination à la même place au col- 
lège d'Eton. Il quitta ces deux emplois lorsqu'il 
fut nommé clerc laïque du roi à la Trinité et au 
collège de Saint-Jean à Cambridge. Les princi- 
pales compositions d'Adcock sont des glees, sa- 
voir : trois glees dédiées à sir Patrick-Blake 
(Birchall); Hark how the bées, glee à quatre 
voix (Preston); Welcome Mirth, k trois voix 
(Goulding), etc., etc. Adcock a publié des prin- 
cipes de chant avec trente soZ/eg'g'i pour l'instruc- 
tion des personnes qui veulent chanter à pre- 
mière vue. 

ADDISSOiM (Jean), fils d'un mécanicien 
fort habile , est né en Angleterre vers la fin du 
dix-huitième siècle. Il débuta dans la carrière 
musicale comme contrebasse au théâtre de Li- 
verpool. Quelque temps auparavant il avait 
épousé miss Willems , nièce du célèbre Rei- 
nolds, qui fut engagée comme cantatrice au théâ- 
tre de Dublin , où Addisson la suivit. Deux ans 
après , mistriess Addisson débuta au théâtre de 
Covent-Garden , ce qui donna occasion à son 
mari de s% fixer à Londres. Cependant il ne tarda 

2. 



'20 



ADDISSON — ADHÉMAR 



point à quitter cette ville pour se rendre à Batli, 
puis à Dublin , et enfin à Manchester, où il établit 
une filature. Malheureusement ses spéculations ne 
réussirent point, et il fut obligé de quitter son 
établissement avec perte. Il revint alors à Lon- 
dres, où il entra comme conirebasse au théâtre 
italien. Peu de temps après Arnold ouvrit le 
théâtre appelé Le Lycée, et Addissoil fut engagé 
pour composer la musique de quelques petits opé- 
ras, tels que My Uncle, Mij Aunt , Tvm Words , 
ou Silent not Dumb, Free and Easy , etc. Il a 
écrit aussi pour le théâtre de Covenl-Garden la 
musique de Robinet the Bandit, et arrangé 
celle de Boieldieu sur le drame de Rose d'A- 
mour, traduction du Chaperon Rouge. Outre 
cela il a publié des airs, duos, glees, etc., et s'est 
livré à l'enseignement du chant. 

ADELBOLD, évéque d'Utrecht, né vers 
la fin du dixième siècle , d'une famille noble du 
pays de Liège , étudia dans cette ville et à 
Reims : il devint l'un des plus savants hommes 
de son temps. Sa réputation s'étant répandue en 
Allemagne, l'empereur Henri II l'attira à sa cour, 
laduut dans son conseil, le nomma son chance- 
lier, et lui fit obtenir l'évèché d'Utrecht. Tant de 
succès, loin de satisfaire l'ambition d'Adelbold , 
ne fit que l'augmenter. Il fit longtemps la guerre à 
Dideric , comte de Hollande, et ravagea ses 
États, parce que le comte avait refusé de lui cé- 
der l'île de Merwe , située entre la Meuse et le 
Wahal. Forcé de faire enfin la parx , il cultiva 
les sciences , fonda des églises , et ne cessa de 
travailler à la prospérité de son diocèse jusqu'à 
sa mort, arrivée le 27 novembre 1027. Au nom- 
bre de ses' ouvrages se trouve un traité intitulé 
De Musica, que l'abbé Gerbert a inséré dans 
sa collection des Scriptores eccle.siast. de mu- 
sica sacra, etc., t. I, p. 303. Le style d'Adel- 
bold est plus élégant que celui des écrivains 
de son siècle ; mais son ouvrage est de peu d'in- 
térêt. 

ADELGASSER (Antoine Cajetan), né à 
Lucerne, en Suisse, le 3 avril 1728, fil ses études 
musicales sous la direction d'Éberlin, maître de 
chapelle à Salzhourg. Plus tard il devint orga- 
niste et claveciniste de cette cour. Dès 1757 il s'é- 
tait acquis la réputation d'un bon organiste et d'un 
accompagnateur habile sur le piano. Devenu pre- 
mier organiste de la cathédrale et de la cour, il 
en remplit les fonctions jusqu'à sa mort, qui eut 
lieu le 23 décembre 1777. Ses compositions lui 
avaient fait aussi beaucoup d'honneur, quoiqu'on 
lui reprochât d'imiter trop le style d'Éberlin son 
maître. Adeigasser n'a rien fait imprimer, mais 
il a laissé dans les archives de la chapelle de 
S^lzbourg plusieurs compositions importantes 



pour l'église , particulièrement des messes avec 
orchestre. 

ADEL1IVE(M"«). Voy. RIGGIERI ( Ade- 
line). 

ADEIVEZ, trouvère et ménestrel, connu aussi 
sous lenomd'^rfflmZe/?oJ, parce qu'il était roi des 
ménestrels français, vécut dans le treizième siècle, 
et fut attaché au service de Henri III, duc de Bra- 
bant (qui mourut en 1260). Adenez jouait de la 
viole, car il est représenté tenant cet instrument, 
dans une miniature du manuscrit du roman de 
Bertlie aux Grands Pieds, qui est à la Biblio- 
thèque impériale, à Paris ( Supplém. du fonds du 
roi , n» 428). On a aussi de lui les romans de 
Guillaume d'Orange ou Guillaume au Cozirt 
Nez, de V Enfance d'Ogier le Danois, de Cléo- 
madès, et à'Aymeri de Narbonne. Adenez, dans 
un de ses fabliaux, nous apprend que ce fut le 
duc Henri 111 qui lui fit apprendre son art : 

Ce livre de Cléomadés, 
Rimay-je li roi Adenez, 
Ménestrel au bon duc Henri 
Fui. Cil maleva et norri 
Et me fist mon mestier apprendre, 
Dieu l'en veille guerdon rendre 
Avec ses ame en paradis. 

ADHÉMAR (Guillaume), troubadour el 
jongleur du treizième siècle, était fils d'un pauvre 
gentilhomme de Marveil ou Marvéjols, dans le 
Gévaudan. Sans fortune et hors d'état de soute- 
nir l'état de chevalier, Adhémar se livra à la poé- 
sie, à la musique, et composa des chan.sons d'a- 
mour qu'il allait chanter dans les châteaux. S'il 
fut aimé , il fut aussi vrai.semblablement trahi, 
car parmi ses chansons il en est de satiriques 
dans lesquelles il se plaint de l'inconstance des 
femmes, et qui ne donnent pas une haute opinion 
de leur chasteté à l'époque où il vécut. On croit 
que Guillaume Adhémar passa quelque temps à 
la cour de Ferdinand III, roi de Castille, et que, 
dégoûté du monde , il entra dans l'ordre mo- 
nastique de Grammont. On trouve parmi les ma- 
nuscrits de Sainte-Palaye, à la bibliothèque de 
l'Arsenal de Paris, dix-huit chansons de ce trou- 
badour. 

ADHÉMAR ( Le comte Abel d' ) , amateur 
de musique et compositeur pour le chant , est né 
d'une ancienne famille à Paris, vers I8i2. En 
1836 il commença à faire connaître son nom 
par des romances qui obtinrent du succès. Son 
goût le portait vers les sujets dramatiques pour 
ces petites pièces, et la plupart de ses premières 
productions sont un indice de son penchant à cet 
égard ; en voici les titres : Le Bravo, Le Brigand 
calabrais. Le Catéran, L'Esclave chrétien, Le 
Forban, Le Kabyle, Le Lazzarone, Malheur à 



ADHEMAR — ADOLFATl 



21 



toi. Le Torréador, etc.; pliistard M.d'Adliémar a 
pris un style plus doux dans Thérèse la blonde, La 
Femmequej'aime,Jenelesuivrai pas, Pâque- 
rette, Le Doux Nom de Marie , Tout un jour 
sans te voir, Les Yeux disent le Cœur,eX beau- 
coup d'aiitres. Connme la plupart des compositeurs 
de romances, M. d'Adliéraar a eu son moment 
de vogue, auquel d'autres noms ont succédé. Il 
est mort à Paris en ISôl. 

ADLER (Georges), professeur de musique à 
Bude ( Ofen) , capitale de la Hongrie , est né dans 
cette ville vers 1806, et y occupe la place de di- 
recteur du cliœur de l'église principale. Égale- 
ment habile sur le violon et sur le piano , M. Adler 
be livre à l'enseignement de ces deux instruments, 
et a publié des compositions pour l'un et pour 
l'autre. On connaît de lui : 1° Thème hongrois, 
varié pour le violon avec ace. de deux violons, 
altoet basse, op. 1; Vienne, Haslinger. — 2" 1" Po- 
lonaise pour le violon avec quatuor d'accompagne- 
ment, op. 6.;ibid. — 3» Sonate pour piano et violon, 
op. 3.;ibid. — 4° Sonate pour pianoà quatre mains 
(enmi bémol), op. 27.; Vienne; Diabelli. — 5° Va- 
riations pour piano seul, op. 2; Vienne, Haslin- 
ger. — 0° Thème varié (en si bémol), op. 4.; ibid. 
— 7" La Chasse, rondeau brillant sur un thème de 
Cenerentola, op. 7° ; ibid. — 8°. Thème original 
varié, op. 8. ibid. — 9° Allegro, andante et roi.deau 
brillant, op. 18.; ibid. — 10° Souvenir, rondem 
brillant (en mi bémol); Pesth, Grimm et C'e. 
— 11° Libéra me, Domine, pour quatre voix et or- 
gue, op. 1 1; Vienne, Haslinger. — 12° Deux prières 
à quatre voix, petit orchestre et orgue ; Augsbourg, 
Bôhm. — 13° Chants à quatre voix d'homme, op. 
12.; Vienne, Haslinger.— 14° trois chants pour qua- 
tre voix d'hommes, op. 13; Vienne, Diabelli. — 15o 
Cantate pour une et plusieurs voix, avec piano, 
op. 15; Vienne, Haslinger. — 16» VEsprit de 
V Harmonie, chant a voix seule avec piano ;i6îd. 
— 17° quatre lieder, idem , op. 10; ibid. 

ADLUIXG (Jacques) , membre de l'académie 
d'Erfurt, professeur au gymnase, organiste de 
l'église luthérienne, et constructeur de clave- 
cins, naquit le 14 janvier 1699, à Brindersieben, 
petit village près d'Erfurt. Il commença ses étu- 
des à l'école de Saint-André de cette ville, et y 
resta depuis 1711 jusqu'en 1713, époque oùil passa 
au gymnase sénatorial , qu'il fréquenta Jusqu'en 
1721. En 1723 il alla à l'université deléna, où il 
prit le grade de professeur, après avoir soutenu une 
thèse De obligationis verx naturai ac usa. Ses 
études musicales .se firent sous la direction de 
Chrétien Reichart, organiste à Erfurt. Au mois 
de janvier 1728 il succéda à Buttstedt comme or- 
ganiste à l'école luthérienne, place qu'il occupa 
jusqu'à sa mort, arrivée le 5 janvier 1762. 11 a 



formé un grand nombre d'élèves pour le clavecin 
et pour les langues anciennes. H a publié les 
ouvrages suivants : Anleitung zu der musi- 
kalïschen Gelahrtheit theils fur aile Ge- 
lehrte, so das Band aller Wissenschaflen 
einsehen; theils fur die Liebhaber der 
edlen Tonkunst uberhaupt ; theils und son- 
derlich fur die, so das Clavier, vorzûglich 
lieben; theils fur die Orgel und Instrument- 
macher (Introd. à la science musicale, etc.); 
Erfurt, 1758, in-8°. C'est un livre intéressant, 
plein de recherches savantes, et qui prouve 
qu'Adlung avait de la méthode et l'esprit philo- 
sophique; mais le style en est lourd. Jean-Ernest 
Bach y a joint une préface. Le maître de chapelle 
Hiller en a donné une seconde édition à Leipsick, 

en 1783, avec quelques augmentations 2° Mu- 

sica mechanica organœdi , das ist, Grund- 
iicher Vnterricht von der Struktur, Ge- 
braïich und Erhaltnng , etc., der Orgeln, 
Clavicymbel, Clavicordien und anderer Ins- 
trumente ,insofern eineni Organisten vonsol- 
chen Sachen etwas zu ivissen nôthig ist,e,\.c., 
mit einigen Anmerkungen und einer Vorrede 
verschen, und ziim Druck befôrdert von 
M. Joh. Lorenz Albrecht, etc.; Berlin, 1768, 
in-4° (Introduction à la construction , l'usage et 
la conservation des orgues , clavecins , clavicordes 
et autres instruments, etc.; avec quelques re- 
marques et une préface, par J.-C. Albrecht). 
Cet ouvrage, ainsi que le suivant, a été publié 
après la mort de l'auteur. On trouve dans la 
première préface de celui-ci la vie d'Adlung écrite 
par lui-même. — 3° Musikalisches Siebengestirn, 
das ist : sieben zur edlen Tonkunst gehôrige 
Fragen, aufer haltenen Befehlder Churfiirstl, 
Mainzischen Akad. nûtzlicher Wissenschaften 
in Erfurt, anfxnglich in lateinischer Sprache 
beantworlet, nachgehends aber ins Deutsch 
ûbersetzt; Berlin, 1768, in-4°, quatre feuilles et 
demie ( Les sept étoiles musicales, ou sept ques- 
tions relatives à la noble musique , etc.). Adlung 
choisit ce titre singulier pour des réponses à sept 
questions qu'on lui avait faites sur les intervalles, 
et particulièrement sur la nature de la quarte. 
Cet ouvrage, comme on le voit par le titre, 
fut d'abord écrit en latin, et traduit ensuite en 
allemand. Adlung avait aussi écrit: i" Anweisung 
zum General-Bass (Instruction surla basse con- 
tinue). — 2° Anweisung zum italixnischen Ta- 
bulatur (Instruction sur la Tablature italienne). 
— 3° Anv)eisung zum Fantasie und Fuge (Ins- 
truction sur la fantaisie et la fugue) ; mais ces 
ouvrages ont été perdus dans un incendie qui en» 
leva à l'auteur une partie de sa fortune. 
ADOLFATl (ANDKÉ). élève de Balthasar 



22 



ADOLFATI — ADORNO 



Galuppi, naquit à Venise en 1711. Après avoir 
achevé ses études musicales, il fut pendant plu- 
sieurs années maître de chapelle à l'église Santa- 
Maria délie Sainte, dans sa ville natale ; puis il 
écrivit des opéras dans plusieurs grandes villes 
de l'Italie, et finit par se fixer à Gênes, où il 
obtint la place de maître de chapelle de l'église 
«le V Annonciation. On connaît aujourd'hui peu 
d'ouvrages de ce compositeur. En 1742 il a donné 
à Rome VArtaserse ; à Gênes, Ariane , en 1750; 
dans la même ville Adrlano in Sirïa, en 1751; 
et en 1752, La Gloria ed il piacere. La Biblio- 
thèque impériale, à Paris, possède en manuscrit 
un Nisi Dominns, à voix seule, et nn Laudate 
pueri, à quatre voix, de la composition de ce mu- 
sicien. Dans la collection de l'abbé Santini , à 
Rome, on trouve aussi le psaume Domine, ne in 
./'«rore, traduit en italien et mis en musique à 
quatre voix avec des violons et des cors, par Adol- 
f.ili ; enfin on a publié sous son nom : Sei sonate 
a tre, cinque e sei, opéra P, Amsterdam. Ce 
compositeur fit à Gênes l'essai de la mesure à 
cinq temps dans un air de son opéra A'' Ariane. 
On a dit qu'il avait élé précédé dans cet essai par 
Marcello, quoiqu'on n'ait pas cité l'ouvrage de 
l'auteur des Psaumes où la mesure à cinq temps 
est employée; mais il est certain que d'anciens 
airs populaires d'Espagne , d'Allemagne et du 
Nord sont dans cette mesure. Il est possible qu'A- 
dolfati en ait eu connaissance. 

ADORIN'O (Jean-Népomucùne), né au Mexique 
vers 1815, s'est fait connaître à l'Exposition uni- 
verselle de l'industrie, à Paris, en 1855, par di- 
verses inventions ingénieuses, au nombre des- 
quelles on remarquait un système complet de 
musique, dont toutes les parties sont intimement 
liées, et pour lequel M. Adorno a fait exécuter 
sous sa direction plusieurs instruments de dé- 
monstration. Il a fait imprimer l'exposé de son 
système dans un petit ouvrage qui a pour titre : 
Mélographie,ou Nouvelle Notation musicale; 
Paris, Firmin Didot frères, 1855, in-4'' de 39 
pages , avec une planche. Celte brochure n'est 
en quelque sorte que le prolégomène d'un ouvrage 
philosophique très-étendu auquel M. Adorno a 
travaillé pendant plusieurs années, et dont il an- 
nonce la publication. Considéré au point de vue 
de la théorie, le système dont le petit ouvrage 
de M. Adorno renferme l'aperçu est basé sur 
«me idée déjà produite par Azais {voy. ce nom) et 
par d'autres, à savoir que les vibrations de l'air 
ne sont pas la cause productrice du son comme 
on le croit généralement , et que cette cause ré- 
side dans un fluide impondérable auquel l'auteur 
du système donne le nom A' harmonium. Ce 
fluide ne produit point une série de sons dans 



les rapports absolus des géomètres, mais une 
échelle chromatique de douze demi-tons tem- 
pérés. M. Adorno prétend démontrer celte partie 
de son système par une construction géométrique 
dont le tableau graphique était à l'exposition, et 
par un polycorde formé sur le même modèle. 
Or cette échelle de douze demi-tons tempérés , 
donnés par la nature, est le critérium du système 
de notation et de musique pratique de M. Adorno; 
car c'est celle des instruments à claviers , parti- 
culièrement du piano. Prenant le clavier pour 
modèle de la portée destinée à la notation, il con- 
sidère les cinq touches noires comme la repré- 
sentant de cette manière : 

1'"= octave. 2™" octave. 3"^ octave. 



etc. 



11 résulte de là que la portée est verticale au 
lieu d'être horizontale, et que les signes de la 
notation ont la même direction. M. Adorno con- 
serve les formes de la notation ordinaire. Les 
espaces doubles contiennent les notes mi, fa, et 
si, ut; les espaces simples renferment les notes 
ré, sol, la. Les notes placées sur les lignes sont 
les dièses et les bémols. Quant aux valeurs de 
temps, rondes, blanches, noires, etc., et aux 
signes de silence , ce sont les mêmes que ceux de 
la notation en usage. La transposition s'opère, 
dans le système de M. Adorno, par un moyen très- 
simple : il consiste en un pupitre sur lequel des 
fils noirs sont tendus verticalement dans les mêmes 
dispositions qu'on vient de voir : la musique écrite 
se place sous ces fils, et suivant qu'on l'avance à 
droite, ou la recule à gauche, la transposition est 
faite, parce que la position des notes est déterminée 
parles fils du pupitre qui représentent les parties 
de six octaves disposées précisément comme le 
clavier du piano placé au-dessous de ce même pu- 
pitre. Par une autre conséquence de son système, 
M. Adorno a imaginé un piano mélographe dont 
le mécanisme imprime la musique sur un papier 
disposé suivant sa méthode de notation; en sorte 
qu'après l'exécution d'un morceau improvisé , it 
n'y aurait qu'à retirer le papier du cylindre où 
il est enroulé, et à le placer sur le pupitre, sans 
faire d'opération de traduction, pour jouer im- 
médiatement le morceau et pour le transposer à 
volonté , à l'aide du pupitre. Le piano mélographe 
n'était pas à l'exposition universelle de Paris; le 
modèle du mécanisme seul a été mis sous les 
yeux du Jury : M. Adorno le faisait exécuter 
alors dans les ateliers du célèbre facteur de rianos 
Erard : il ne paraît pas que, jusqu'au moment où 
cette notice est écrite, le succès ait répondu aux 
vues de l'inventeur. 



ADRASTE 



23 



ADRASTE, philosophe péripat(^ticien , né à 
Phiiippes, ville de Macédoine, fut disciple d'A- 
ristote, et vécut conséquemment au temps d'A- 
lexandre, entre la lOô"^ et la 115" olympiade. 
On sait qu'il a écrit un traité de musique en trois 
livres, que Porphyre et Tliéon de Smyrne ont cité, 
Ger. J. Vossius {De Scient. Mathem., c. 5S,§ 14), 
et Fabricius , d'après le témoignage de Scipion 
Telhis [Dibliot. Grscc, M. III, c. 10) ont écrit 
qu'il en existe un manuscrit au Vatican, et une 
autre copie dans la bibliotlicque du cardinal 
Saint- Ange, d'où elle a passé depuis dans celle 
du cardinal Farnèse, son frère. Forkel, d'après 
les journaux littéraires de 1788, annonça dans 
son Almanach musical, publié l'année suivante, la 
découverte que I\I. Pascal Baffi venait da faire du 
traité d'Adraste dans la bibliothèque du roi de 
Naples, dont il était le conservateur. C« biblio- 
thécaire venait de faire connaître son intention 
d'en publier le texte grec avec une version latine. 
Il est assez singulier que M. Baifi ait donné comme 
une chose nouvelle la découverte de ce manus- 
crit, qui n'était autre que celui dont Vossius et 
Fabricius avaient déjà révélé l'existence; car la 
bibliothèque du cardinal Farnèse avait passé en 
la possession du roi de Naples, qui l'avait rendue 
publique. Le titre de l'ouvrage était celui-ci : 
ASpaaTou T«Ù7r£pt7taTv)TixoîJàp!i.ovtxwv BtêXiaxpîx. 
On s'est souvent étonné, dans le monde litté- 
raire, que la publication annoncée par M". Baffi 
n'eût (las été léalisée; les savants éditeurs de la 
collection des manuscrits découverts à Hercula- 
num ont donné le mot de l'énigme dans une note 
qui accompagne un passage du traité sur la mu- 
siquedePhilodème(toy.cenoni), inséré au premier 
volume de cette collection. Ayant examiné le 
manuscrit dont il s'agit, ils ne tardèrent point à 
reconnaître que le traité de musique qu'il contient 
est le mOme qui est connu sous le nom de Ma-, 
nucl BrijPïine ; mais, ayant remarqué qu'il y est 
beaucoup parlé du genre enharmonique, qui, selon 
le témoignage de Photius, avait disparu de la 
musique grecque avant le septième siècle, et dont 
il n'a plus été question après que Bryenneeut écrit, 
ils commencèrent à douter que cet écrivain fût le 
véritable auteur de l'ouvrage qui porte son nom, 
et ils pensèrent qu'il appartenait réellement à 
Adraste. D'un autre côté, leur soupçon s'évanouit 
en considérant que dans les trois livres des Har- 
moniques il se trouve non-seulement des pas- 
sages assez longs empruntés à Théon de Smyrne, 
mais môme des chapitres entiers de cet auteur, 
que Bryenney a insérés, entre autres les chapi- 
tres II et VI, qui, dans l'édition publiée par Wallis, 
se trouvent pages 377 et 381 : d'où il est démontré 
que l'auteur du livre attribué à Adraste par le 



manuscrit en qiiestion est postérieur non-seule- 
HKint à ce philosophe, mais aussi à l'époque bien 
plus récente de Théon de Smyrne. Enfin, eu 
égard au grand nombre de passages extraits d'A- 
draste, de Théon et de plusieurs autres auteurs 
dans le livre de Bryenne, les commentateurs dt; 
Philodème considèrent plutôt cet écrivain comme 
un copiste fidèle et conmie un compilateur exact, 
que comme un théoricien qui écrivait d'après son 
propre système (1). 

Pour en revenir à Adraste, je rapporterai ici 
un fait assez remarquable cité dans son livre des 
Harmoniques, dont il n'est parvenu jusqu'à nous 
que des fragments : ce fait, nous le devons à 
Porphyre , qui l'a rapporté dans son commentaire 
sur le traité de musique de Ptolémée (p. 270, 
édit. Wallis.). Cet écrivain dit qu' Adraste a fait 
mention d'un phénomène observé de son temps, 
lequel consistait à faire résonner les cordes d'un 
instrument de musique, en pinçant celles d'un 
autre instrument [tlacé à une dislance assez 
grande; il résultait de ce mélange de sons, dit 
Adraste, un ensemble agréable. On ne pouvait 

(i) La collection des manuscrits d'Hercnlanum publiés 
étant assez rare hors de l'Italie, et la note qui vient d'être 
citée n'étantpas sans importance, j'ai cru qu'il serait utile 
de la donner ici textuellement ; la voici : n .\n enliarmonium 
musica: genus, quod Pliolio teste sacculo jain VU dlspa- 
ruerat, uni Bryennio post tôt sseculoruni intervalium in- 
notuisse diceraus, rursus post ipsuni ex honiinuni raemoria 
delendum? Credat judxus Apella. Quiii vcro, quod nulla 
in eo cfiristianisnii nota adparet? Hisce sane de causis sus- 
picio ob orta nobis erat sub Breyennli nomine ipsiim 
Adrastum pcripateticura dclitcscere, prcut nostrx Far- 
nesianae Bibliolhtcae codex Ms. indicaverat. Is cnim Inter 
alla continet très JJarmonicorum libres, qui Bryennio 
vuigo adscribuntur, cum hoc titulo : AôpaaTOU toO îcep'.- 
îtaTïiTixoO dpfJ.ovtx.iov Bi6Xia xpîa. Atqueis est codex 
ille de quo sic Fabricius in sua bibliotheca . Jdrasti pe- 
ripatetici Harmonicoruin Hbritres, quos in bibliotheca 
cardiiialis a S. Jngelo , quas diinde/uit cardinalis Far- 
nesii fratris scrvatur tcstatus est Scipio Tellus Ncapoli- 
tanus indice Hbronimnondum edilormn, quem bibliothecse 
ilss. libroriim pag. \G7 inscruit jMbbxus. Nostro tamen 
suspicio illico evanuit, cum animadverlinuis in hosce 
Harinonicontni libros transfuses fuisse non modo satis 
lonsa Ailnisti loca a Tlieone Sniyrneo adiata, sed etiam 
Tlieonis ipsius intcgia fere capita , uti pra; reliquis cap. » 
et 6, qusE inserta leguntur apud Bryenniuin, pag. 377 et 
581. Auctor igitur Harmonicorum non raodo est Adrasto, 
sed etiam Tlieone rccentior. Hppc autera idcirco adnotare 
non piguit, ut veteris littérature amatores, qualis sit iste 
codex a Fabricio, e Tello indicains, cognoscant, neve 
nostra incuria tantum x£i(xr/XtQV in Farnesianœ Biblio- 
thecae scriniis, quae hodie Augusti régis nostri munificientia 
publies usurae mancipatur, sita putrescere indolcscant. 
Ceterum quod ad Bryennium attinet, ei profecto très 
Harmonicorum Ubros adjudioare non dubitamus, etsi, 
pacifica longinqui temporis possessione deturbare religio 
sit, non intercedimus : dumuiodo is nobis concédât 
Bryennium quandoque testera, lanquam velerum, qui 
nobis desunt, rauslcae tractatorum fidelissimum exscrlp- 
torera producere. » (Herculan. volum., tom. 1. in c. a. Ci 
p. 9.) 



24 



ADRASTE — ADRIEN 



aller plus près de la science de l'Iiarmonie : il est 
singulier que les musiciens grecs n'aient point vu 
an delà. Chez les modernes , le phénomène dont 
il s'agit a été indiqué i)ar Mersenne dans son 
Ira'dé de V If a7-mo7iieîmiver selle, Sauveur (voy. 
ce nom) en a fait l'analyse, et Rameau y a puisé 
la base de sa théorie de l'harmonie donnée par la 
nature, et de la basse fondamentale. 

A DRI AIVI (François) , compositeur italien , 
naquit à Santo-Severino, dans la Marche d'An- 
cône, en 1539. En 1593 il fut nommé maître 
de chapelle de Saint- Jean de Latran; mais il 
n'occupa cette place que pendant dix-huit mois 
environ, étant mort le 16 août 1575, à l'âge de 
trente-six ans. Il fut inhumé dans l'église des 
Douze-Apôtres, et Ton plaça sur son tombeau une 
inscription honorable qui a été rapportée par Bona- 
venture Malvasia (Co?«pc«d. stor. délia Basilica 
de' SS. A'//^p.).Ce musicien a écrit des psaumes 
à quatre voix qui ont été publiés avec ceux de 
Jacques de Waet, sous ce titre: Adriani et 3a- 
chet Psalmi vesperlim omnium festorum 
per annum, quatuor vocum; Venise, 1567, 
in-4''. Toutefois il se peut qu'il y ait ici confusion 
de noms, et que VAdrianus dont il est question 
dans le titre de cet ouvrage ne soit autre qu'A- 
drien Willaert. Gesner indique des chansons à 
quatre voix et des motets sous le nom d'Adriani 
(Dibl. m epit. redac, lib. YIF, lit. 5), qui pour- 
raient bien aussi appartenir au même Willaert. 

ADRIAKSEiV (Emmanuel), luthiste fort ha- 
bile, qui vivait dans la seconde moitié du seizième 
siècle, était né à Anvers. C'est le même musicien 
dont le nom, assez singulièrement latinisé, est écrit 
Hadrianius par quelques auteurs, et môme sur 
les titres de ses ouvrages. Adriansen a publié deux 
suites de pièces pour un , deux, trois et quatre 
luths, à quatre et cinq parties, arrangées d'après 
des compositions de Cyprien Rore, Roland de 
Lassus, Jachet de Berchem, Jacques de Waet, 
Philippe de Mons , Noé Faignient et Hubert 
Waelrant. Ces recueils ont pour titre : Pratum 
viusictim longe amœnissimum, ciijus spatio- 
sissimo eoque jucundissimo ambitu {prœter 
varii genehs axiomata seu phantasias) com- 
prehendiintur.... omnia ad testudlnis tabula- 
turam fideliter redacta,pcr id genus musices 
experientissimum artificem Emanuelem Ila- 
drianiiim Anverpiensem. Ant. Pet. Phalesins, 
1584, in-toi.; ib. 1592. Une troisième édition a 
été publiée par P. Phalèse, à Anvers, en 1600, 
in-fol. La tablature employée dans la notation de 
<:es recueils est un des plus anciens monuments 
typographiques de la notation particulière du lulh. 
Dans sa dédicace à Balthasar de Robiano, bour- 
iSeois el marchand d'Aiivers, Adriansen dit qu'il 



a fait une étude approfondie de la musique, ef 
qu'il a poussé aussi loin qu'il était possible l'art 
de jouer, non de la guitare, comme l'a dit M. de 
Reiffenberg {Lettre à M. Fétis, sur quelques 
particularités de l'histoire musicale de la 
Belgique, dans le Becueil encycl. belge, i. Il, 
p. 67), mais du luth (dont le nom latin était tes- 
tudo). Il n'y a rien qui ne soit vrai dans ce que 
ce musicien dit de lui-même; carnon-seulement 
il était évidemment le luthiste le plus habile de 
son temps, mais les virtuoses les plus renommés 
au commencement du dix-huitième siècle auraient 
eu quelque peine à jouer ses pièces. Sous le 
rapport de l'art d'écrire , cette musique est éga- 
lement remarquable, et c'est vraiment une mer- 
veille de combinaison harmonique que la fantaisie 
d'Adriansen pour quatre luths sur la chanson 
llamande d'Hubert Waelrant : Als ick winde. La 
collection des pièces de ce luthiste célèbre con- 
tient douze préludes, cinq fantaisies, trente- 
quatre madrigaux, cinq motets, dix chansons 
napolitaines, cinq gagliardes; neuf passamèses, 
allemandes, courantes et branles. 

ADRIEIV (Martin- Joseph), ou plutôt 
Andrien, dit La Neuville, on Adrien l'aîné, naquit 
à Liège en 1766. Après avoir étudié la musique 
à la maîtrise de la cathédrale de cette ville, il 
vint à Paris, et fut admis à l'Ecole royale de 
chant qui avait été formée aux Menus-Plaisirs 
par le baron de Breteuil. Le 20 juin 1785, il 
entra à l'Opéra, aux appointements (ie quinze 
cents francs, et trente francs de gratihcation par 
chaque représentation. Eu 1786 il fut reçu au 
même théâtre pour y jouer en partage avec Chéron 
les rôles de basse, tels que ceux de rois, de 
grand prêtre, etc. Comme acteur, il obtint du 
succès, parce qu'il avait de la chaleur et de l'in- 
telligence; mais sa voix était dure et ingrate. 
Personne, d'ailleurs, n'était plus infatué que 
lui du système de déclamation exagérée qui 
régnait sur ce théâtre et qui en éloignait qui- 
conque avait une oreille délicate. Adrien en 
fut la victime. Doué de la constitution la plus 
robuste , il ne put néanmoins résister à ces cris 
perpétuels; sa santé se dérangea, et, quoique 
jeune encore , il fut obligé d'abandonner la scène 
et de se retirer en 1804. L'administration de 
l'Opéra le nomma alors chef du chant. L'expé- 
rience ne l'avait pas éclairé, et il enseigna aux 
débutants les erreurs qu'il avait mises lui-même 
en pratique. A la mort de Laîné (mars 1822), 
Adrien fut appelé à remplir sa place de professeur 
de déclamation lyrique à l'Ecole royale de mu- 
sique; mais il ne jouit pas longtemps de sa 
nouvelle position, car il mourut le 19 novembre 
de la même année. Adrien a comjjosé la musique 



ADRIEN — AERTS 



2Ô 



de Vllymne à la Victoiî'e sur l'évacuation du 
territoire français (vendémiaire an m) et de 
l'hymne aux martyrs de la liberté. 11 était grand 
admirateur de l'ancienne musique des maîtres 
belles, français et italiens qui brillèrent dans le 
seizième et dans le dix-seplième siècle , et em- 
ploya beaucoup de temps à copier leurs ouvrages 
pour sa bibliotlièque. 

ADRIEiV ( ), frère du précédent. 

chanteur et compositeur de romances, né à Liège 
vers 1707, s'est fait connaître à Paris, en 1790, 
par la publication de quelques recueils de ro- 
mances, dont voici l'indication : 1° Recueil de ro- 
mances, paroles de Régnier. — 2° Second et troi- 
sième recueilsd'airs avec ace. de clavecin, paroles 
de Florian. — 3° Quatrième recueil, id.; Paris, 
1799. — 4" Cinquième recueil, jrf.;?ftic?., 1802. On 
trouve aussi une Invocation à VÉtre suprême, 
musique d'Adrien, dans le Recueil de Chansons et 
de Romances civiques , publié à Paris en 1796. 
Adrien fut chef des chœurs au théâtre Feydeauen 
1794; mais il ne garda pas longtemps cette place. 

Un troisième Adrien (Ferdinand), frère des 
précédents , professeur de chant à Paris , entra à 
l'Opéra comme maître des chœurs, en l'an vu, et 
fut renvoyé en l'an ix, pour cause d'inexactitude 
dans son service. 11 a composé quelques pièces 
détachées pour le chant. 

AEGIDIUS (Jean), récollet espagnol , né à 
Zamora , vécut vers la fin du treizième siècle. 
Alphonse X le nomma gouverneur du prince 
Sancio. Parmi ses ouvrages, on en trouve un 
intitulé Ars Musica, dont le manuscrit est con- 
servé dans la Bibliothèque du Vatican , et que 
l'abbé Gerbert a inséré dans sa collection d'écri- 
vains sur la musique [Script, eccles. de Mus., 
tome XI, page 3G9). Dans cet ouvrage .Egidius 
traite somrnairepient de la musique suivant les 
idées de son temps, et surtout du plain-chant. 
Cela est de peu de valeur. Le huitième chapitre, 
qui renferme des exemples de muances dans la 
solmisation, est un des plus intéressants. 

AELREDE (Saint) , disciple de saint Bernard, 
né en Ecosse, fut élu abbé de Riedval, où il 
mourut le 12 janvier 1166. On lui attribue un 
traité : De Abusu Miisices ; cf. Combasis, Bi- 
bliotheca Concinatoria ; Paris, 16G5, tome I, 
p. 6t(), tome VIII, p. 799. 

AELSTERS (Georges-Jacques), issu d'une 
famille de musiciens , naquit à Gand en 1770. 
Élève de son père, il obtint à l'âge d'environ 
dix-huit ans la place de carillonneur de la ville , 
et en remplit les fonctions jusqu'à la démolition 
du campanile du beffroi, en 1839. Pendant un 
demi-siècle il fut aussi maître de chapelle de 
l'église Saint-Martin , et composa pour le service 



de celte chapelle beaucoup de messes, motets 
litanies et autres morceaux de musique reli- 
gieuse, qu'on exécute encore dans les églises de 
Gand et autres villes de la Flandre. On cito 
particulièrement de cet artiste un Miserere, 
considéré comme une production distinguée, dans 
sa ville natale. Aelsters est décédé le 11 avril 1849, 
à l'âge de soixante-dix-neuf ans. 

AEMIIVGA (Sigefroi-Gaspard), professeur 
de droit et recteur de l'académie de Greisswald, né 
à MoUen dans le Mecklembourg , le 8 décembre 
1710, fut appelé comme professeur à Greisswald 
en 1741, et y mourut le 25 mai 1768. li a publié ; 
Programmata IV de c/ioreisfestivis, de musica 
instrumentait festiva, de hymnis festivis 
antiqiiitate Claris, de conviviis festivis ievi 
antiqui; Greisswald, 1749, in-4''. 

AERTS (Egide), né à Boom, dans la province 
d'Anvers, le 1'''" mars 1822, entra au Conservatoire 
de Bruxelles comme élève flùti.ste, le 1" no- 
vembre 1834, et y reçut des leçons du professeur 
Lahou. Doué d'une organisation remarquable, 
il fit de rapides progrès dans ses études, et obtint 
le premier prix de son instrument au concours 
de 1836. Dans l'année suivante il se rendit à 
Paris, et eut l'honneur de jouer devant le roi 
Louis-Philippe, dans un concert de la cour. En 
1838 il parcourut le midi de la France, don- 
nant partout des concerts avec succès. Au mois 
de décembre de la même année, il donna des 
concerts au théâtre Re de Milan , puis au théâtre 
San Benedelto, à Venise. Les journaux italiens 
de cetteépoqiie et la Gazette universelle de Mu- 
sique du Le\\)&\ck (tomeXLI, p. 194) accordèrent 
de grands éloges à son talent. De retour à Bruxel- 
les, il devint élève de l'auteur de celle notice, 
pour la composition , et suivit pendant plusieurs 
années un cours complet de toutes les parties de 
cet art. La substitution de la (lùte de Bœhm à 
l'ancienne llùte ayant été faite au Conservatoire 
de Bruxelles dès 1841, Aerts, comme Tulou, Ré- 
muSat et plusieurs autres flûtistes français, se 
jeta dans l'opposition, et soutint d'abord la su- 
périorité de l'ancien instrument sous le rapport 
de la qualité du son ; mais, vaincu enfin par les 
raisonnements du directeur du Conservatoire, il 
étudia le mécanisme de la nouvelle llùte, et 
ne tarda pas à en connaître toutes les res- 
sources. Au mois de novembre 1847, il obtint 
la place de professeur de son instrument dans It 
Conservatoire où il avait fait ses propres études, 
et dans le même temps la place de première 
llùte solo du Théâtre royal lui fut donnée. Mai- 
hcureusement il fut atteint peu de temps après 
d'une maladie de poitrine qiù fit des progrès 
chaque année, et le 9 juin 1833 il mourut presque 



26 



AERTS — AGAZZARI 



subitement à l'âge de trente et un ans et quelques 
mois. Comme compositeur, Aerts a laissé des 
symphonies et des ouvertures bien écrites, qui ont 
été essayées au Conservatoire , des concertos , des 
études et des fantaisies pour la flûte, qw ses 
élèves ont exécutées dans les concours, et plu- 
sieurs suites de pièces d'iiarmonie qui ont été 
publiées par le procédé de l'autograpiiie. 

AFFABILI - WESTENHOLZ (M^^ ) , 
née à Venise en 1725, se rendit à Lubeck , en 
1756, avec une troupe de cUantetirs italiens, et 
ensuite à Scliwérin , en qualité de cantatrice de 
Ja cour. Pendant la guerre d« Sept ans , elle de- 
meura presque constamment à Hambourg, où 
elle obtint de brillants succès dans les concerts. 
De retour à Scliwerin , elle y épousa Westenliolz , 
maître de chapelle de la cour. Elle mourutdans 
cette ville en 1776. Les critiques de son temps 
'donnent beaucoup d'éloges à l'égalité et à l'éten- 
due de sa voix, à la netteté de son articulation, 
et à son goût dans l'adagio. A force de travail 
3lle était parvenue à vaincre les diflicultés de la 
prononciation allemande, et chantait aussi bien 
dans celte langue qu'en italien. 

AFFILLARD(MicuelL'), professeurde mu- 
sique et musicien d« la chapelle de Louis XIV, 
est entré au service de ce prince comme taille ou 
ténor, en 1683, aux. appointements de neuf cents 
livres par an , et a eu pour successeur PliilipjM; 
Santoni , au mois de juillet 1708. Il vécut encore 
<|uelques années après sa retraite, car les éditions 
<le son livre sur la musique, datées de 1710 et de 
1717, ont été revues par lui. Il a publié : Pn«- 
iipes trcs-faclles pour bien apprendre la 
mitsiqiœ, qui conduiront promplement ceux 
qui ont du naturel pour le chant jusqu'au 
point de chanter totite sorte de musique pro- 
prement et à livre ouvert. Paris, Chr. Ballard , 
1705, in-4° oblong. La première édition a paru 
«liez Uallard, en 1691, in-8° oblong- la deuxième, 
chez le même imprimeur, en 1697 , in-4'^ oblong ; 
Cet ouvrage eut un grand succès, car la sixièiue 
édition parut en 1710, à Paris; la septième et 
«lernière est de 1717; Amsterdam, P»oger, in-4° 
«blong. 

AFRANIO (....), chanoine de Ferrare, 
naquit à Pavie , dans les dernières années du 
quinzième siècle. Albonesio a publié {Introductio 
in chaldaicani linguam , sijriacam atque ar- 
menicam, etc.; Pavie, 1539, in-4", p. 179) la 
<lescription et la figure du basson, dont il at- 
tribue l'invention à ce chanoine. L'ouvrage d'Al- 
bonesio est dédié à Afranio, que quelques auteurs 
ont nommé Afnnio. 

AFZELIUS (Arvid-Auocste), littérateur 
suédois, né le 6 mai 1785 , est pasteur à Enkœ- 



ping, ville du district d'Asunda, depuis 1821. 
L'histoire, la littérature nationale et les antiquités 
de la Suède sont les objets des travaux de ce 
savant. Au nombre des ouvrages importants 
qu'il a publiés est une collection intéressante de 
chansons populaires de la Suède, recueillies avec 
la collaboration de M. le professeur Erik Gustave 
Geijer, et avec les anciennes mélodies. Cette 
collection a pour titre : Svenska-Folkvisor ( Le 
Chanteur populaire suédois); Stockholm, 1814- 
1816 , 3 vol. in-8''. M. P. Groenland , professeur 
de musique à Stockholm, a écrit les accompa- 
gnements de piano pour toutes les mélodies. Les 
not€s dont Afzeliiis a accompagné les ancien* 
chants de sa patrie sont du plus haut intérêt. 
Une autre collection , qui peut être considérée 
comme le complément nécessaire de la première, 
a paru plus de trente ans après celle-ci, sous 
ce titre : AJsked af Sivenska Folksharpan 
(Adieu de la Harpe populaire suédoise ), avec 
les andennes mélodies haniionisées par M. le 
professeur Erik Drake , secrétaire de l'Académie 
de musique de Stockholm, et avec des éclaircis- 
sements historiques sur chaque chant , tirés des 
traditions popuilaires, par M. Afzelius; Stockholm, 
Albert Bonnier, 1848, 1 vol. in-S". 

AGAZZARI (AuGustiN), compositeur cé- 
lèbre et musicien savant, naquit à Sienne d'une 
famille noble, le 2 décembre 1578. Après avoir 
été quelque temps au service de l'empereur Mat- 
thias, il se retidit à Rome, où il devint maître 
de chapelle du collège allemand, et ensuite maître 
du séminaire romain. Il se lia avec Viadana, et 
adopta sa méthode de la basse chiffrée, sur la- 
quelle il a donné quelques règles générales dans la 
l)réfaced'undesesouvrages. De retour dans sa ville 
natale, vers 1630, il y fut nommé maître de 
chapelle de la cathédrale, et resta en possession 
de celte place jus()u'au 10 avril 1640, époque de 
sa mort. Agazzari était membre de l'Académie 
des Intronali. Sesoiivrages connus sont ceux-ci: 
1° Il primo libro de' Madrigali a rinque voci, 
con un dialogoa sei voci ed un pastorale aotto 
nel fine ; Venezia, Angelo Gardano, 1600, in-4''. 
On trouve des exemplaires de cet ouvrage et de 
la même édition avec un frontispice qui porte 
l'indication d'Anvers, Pierre Plialèse, 1602 : ce 
frontispice seul a été changé. Nicolas Stein, de 
Francfort, a réimprimé le même ouvrage sous le 
môme titre, en 1608, in-4". — T Madrigali ar- 
moniosi a cinque o sci voci, Uhro uno; Venezia , 
Angelo Gardano, 1600, in-4°. Il y a des exem- 
plaires de cette édition, avec la même date, mais 
dont le frontispice, renouvelé à Anvers, porte 
l'adresse de P. Phalèse. — 3° Sacra; canliones 
5, 6, 7 e< 8 voci liber primus; Romœ, Zanotti, 



AGAZZARI 



27 



1602, in-4». — 4° Sacrse cantiones 5, G, 7 et 8 
voci, liber secundus -jibid., iccajin-i". — 5°Su- 
crx cantiones, etc., liber tertius, ibid., 1603, 
m-4''. Ces trois livres de motets ont été réim- 
primés à Venise, par R. Amadino, en 1608, 
in-4", sous ce titre : Tre libri de' Mottetti a 
cinqtte , sei, sette e otto voci. — 6° Sacrx can- 
tiones 1, 3, 4 voc.cmn basso ad organum, liber 
primus; Romae , apud Fr. Zannettum, 1603, 
in-4°. — 7° Sacrx cantiones 1, 3 , 4 voc. cum 
basso ad organum, liber secundus , opus V 
motectorum; ibid., 1603, in-4'' : ces deux livres 
de motets à 2, 3 et 4 voix ont été réimprimés à 
Venise, par Amadino, en 1608, in-4''; ils sont 
au nombre des premiers ouvrages de musique 
d'église avec basse continue pour l'orgue; le 
deuxième livre a été réimprimé à Milan, chez 
Tini,en 1609, 10-4". — S" Sacrœ laudes deJesu, 
Beat. Virgine, Angelis, Apostolis , Marttj- 
ribus , etc., 4 , 5 , 6, 7 e^ 8 voc. cum basso ad 
organum; Romae, apud Franc. Zannettum, 1603, 
in-4''. — 9" Il primo libro d> Motteti a due, 
e tre voci, coll' organo; in Roma , appresso 
Zannetli, 1604 , in-4'': il y a des exemplaires de 
cet ouvrage avec la date de 1603 et le nom du 
même éditeur, dont le litre, en langue latine, est : 
Sacrx cantiones duarum et trium vociim liber 
primas ; les mêmes motets ont été réimprimés 
avec l'adjonction de quelques autres à quatre voix, 
à Milan, chez Tini, 1607, in-4'', et dans la même 
année, Nicolas Stein, libraire à Francfort-sur- 
le-Mein, a publié quarante-quatre motets d'A- 
gazzari , à quatre , cinq , six , sept et huit voix, 
extraits des livres précédents , et imprimés par 
Woifgang Richter, in-(ol. — 10" Sacrx Laudes 
de Jesu, B. Virgine, Angelis, Apostolis, 
Martijribus , etc. , 4, 5 , 6, 7 ci 8 vocum, liber 
seatndus; Romœ,Zanetti, 1603, in-4''. — il" 7/ 
seconda libro de Motetti a due e tre voci 
colP organo; ibid., 1604, in-4'': le même livre 
de motets se trouve aussi avec le titre latin Sacrx 
cantiones, etc., et avec le nom dumême éditeur 
et la date de 1603; mais l'édition est la même 
et les exemplaires ne sont différents que par le 
frontispice. — 12° Il terzo libro de' Motetti a 
due e tre voci; ibid., 1005, in-4". Il y a aussi des 
exemplaires avec le titre latin. — 13° // quarto 
libre de" Motetti a due e tre voci; ibid., 1603, 
in-4" : les quatre livres de ces motets ont été 
réimprimés à Venise, en 1608, par R. Amadino, 
sous le titre latin Sacrx cantiones, etc., lib. 1, 
2,3, 4.— 13" Sacrx cantiones 1, 3, 4 voc. cum 
hasso ad organum, liber tertius ; Romœ , apud 
Zanettum, 1606, in-4"; Richard Amadino a 
donné à Venise, en 1609, une autre édition des 
trois livres de ces motets à deux , trois et quatre 



voix, sous ce litre : Harmonici intronad sa- 
crarum cantionum qux binis, ternis quater- 
nisque vocibus concinendx, lib. 1,2,3, in-4"; 
enfin ils ont été réimprimés plusieurs fois à 
Rome et à Venise ; la dernière édition , qui a 
paru dans l'année môme de la mort de l'auteur, 
a pour litre : Motetti a una , due, tre e quatre 
voci, con il basso per l'organo, in r>otna, ap- 
presso Bianchi, 1640 , in-4'' : il est vraisemblable 
que les Concerti sacri 1 , 2 , 3, 4 vocum, op. 14 , 
publiés à Veni.se, chez R. Amadino, en 1611, 
in-4'', qui sont dans la bibliothèque du Lycée 
musical de Bologne, ne sont qu'une reproduction , 
sous un antre titre, des Harmonici intronali 
sacrarum cantionum, etc., et, selon toute appa- 
rence, de la même édition. — 14° Psalmis sex 
ternis vocibus cum basso ad organum; Ronvds , 
ap. Fr. Zanetli, 1606, in-4°. Il y a une autre 
édition de cet ouvrage, sous le même titre, à 
Venise, chez Amadino, 1609, in-j" oblong; j'i- 
gnore si ce sont les mômes psaumes, avec l'ad- 
dition des compiles , qui ont été publiés sous le 
titre: Psalmi'ivoc. eosdemsequent.completor. 
4 vocibus, o\\. 12, à Vcni.se, chez Bartolomeo 
Magni, 1618, in-4°. — ■ 16° Salmispezzati a tre 
voci col l'organo; in Venezia, per l'Amadino 
1610, in-4°. — MTsalmi 8 et Magnificat S voci- 
bus concin.; ibid., 1611, in^" : les mêmes psaumes 
et Magnificat ont reparu l'année suivante et de 
la même édition sous le titre italien Salmi a otto 
voci ; peut-être aussi l'œuvre publiée sousce titre : 
Psahnorum ac Magnificat quorum nsus in 
vesperis frequentior est, Venetiis, ap. Rie. Ama- 
dinum, 161 5, in-4°, n'est-elle que le même ouvrage. 

— 18» Sertum roseum ex plant is Hiericho, 
motect. 1,2,3,4 wc, ibid., 1612. La première 
édition a paru à Rome : j'en ignore la date; l'é- 
dition de Venise a été reproduite avec un nouveau 
frontispice, sous la date de 1619. — 19' Dialogicï 
conccntus senis octonisque vocibus ab Augus- 
tino Agazzario harmonico intronato nunc 
primum in liicem editi, opus decimum sex- 
lum; Venetiis, ap. Ricc. Amadinum. 1613, in-4'', 

— 20° Enchuristicum melos plur. voc, op, 
20; Rom.T, 1625, in-4'' : cet ouvrage est un re- 
cueil de motets à 2 , 3, 4 et 5 voix, pour l'élé- 
vation. — 21° Litanie aquattro, cinque, sei, 
sette a otto voci; iu Roina, appresso Bianchi, 
1639 , in-4'' : il est vraisemblable qu'il y a une 
édition antérieure deces litanies. — 22° Musicum, 
Encomium Divini nominis 1 , 2, 3, 5 vocum; 
Roma, Bianchi, 1640, in-4° : cet ouvrage ren- 
ferme 21 motets à une, deux, trois et cinq voix , 
pour l'usage des Jésuites. Agazzari est compté 
parmi les écrivains sur la musique, parce qu'il 
a publié un opuscule intitulé : La Musica eccle- 



2S 



AGAZZARI — AGOSimi 



siastica dove si contiene la vera diffinizione 
délia musica corne scienza, non plu veduta 
e sua nobiltà; Sienna, Bonetti, 1638, in-4° de 
16 pages. Ce petit écrit a pour objet d'examiner 
quel doit être le caractère de la musique d'église 
conformément à rautorité des conciles, particu- 
lièrement du concile de Trente. Agazzari est 
aussi l'un des premiers auteurs qui ont publié 
des instructions sur l'usage des chiffres pour 
l'accompagnement de la basse continue. L'ins- 
truction donnée par lui se trouve dans la préface 
<îu troisième livre de ses motets à deux, trois et 
quatre voix, publié à Rome par Zannetli, en ieo6. 
L'abbé Quadrio dit que les ouvrages d'Agazzari 
.sont au nombre de vingt-six et tous imprimés : 
il cite particulièrement des messes à quatre, cinq 
et six voix qui me sont inconnues. 

AGELAUS DE TÉGÉE,liabileciibarède, 
remporta le premier prix qu'on institua aux jeux 
Pythiques pour les joueurs d'instruments à cor- 
des. Ce prix était une couronne de laurier. Ce 
fut à la huitième pythiade, 559 ans avant J.-C. 

AGGIUTORIO (Rocco), compositeur et 
professeur de musique, né à Naples vers 1810, 
a fait représenter au théâtre du Fondo , dans 
cette ville, un opéra de sa composition, intitulé : 
il B'iglïetlo e l'Anello, dans l'été de 1839. 
Postérieurement il s'est fixé à Paris , où il s'est 
livré à l'enseignement du chant, et a publié des 
exercices pour ses élèves (Paris, Richault) , et 
{{uelques petites compositions pour le piano et 
pour le chant. 

AGLI ATI, guitariste de l'époque actuelle, 
fixé à Milan, a publié pour son instrument: 
l°So«fl^e; Milan, Riccordi. — 1°Tema con varia- 
zioni; ibid. — 3" Tema con sei variazioni ; ibid. 
— 4° Sei variazioni ( Ah ! chi puà mirarla) ; Mi- 
lan , Artaria. La fille de cet artiste , connue sous 
le nom d'Amélie Agliati , née à Milan, a débuté 
comme cantatrice sur le théâtre de Modène le 2 oc- 
tobre 1838, dans la Clotllde de Coccia. Depuis 
lors elle a chanté sur les théâtres de Crémone, de 
Cologne, de Florence, de Rome et de Cadix 
avec quelque succès. 

AGIXELLI (Laurent), moine olivetain, vécut 
dans la première moitié du dix-septième siècle. 
On a imprimé de sa composition : Salmi e Messe 
a qiialt.ro voci in concerto con alcuni Moietti ; 
Venczia, Aless. Vincenti, 1637. 

AGXELLI ou AGi\ELLO (Salvador), 
conqwsileur dramatique, né à Palerme, vers 
IS16, a fait ses études musicales au Conserva- 
toire de Naples, et a débuté dans sa carrière par 
Topéra-boiifle il Lazzarone di Napoll, repré- 
senté à Naples au carnaval de 1839, avec quel- 
«■^ue succès. Il y avait dans cet ouvrage une cer- 



taine verve qui semblait de bon augure. Il ne 
paraît pas cependant que la carrière théâtrale de 
cet artiste ait eu de l'éclat en Italie. Les autres 
ouvrages connus sous son nom sont : i Due 
Pedanti; la Sentinella notturna;el Giovanna 
Vallese. 

AG1\ESI (Marie-Thérèse), fille de D. P. 
Agnesi, feudataire de Monteveglia, et sœur de 
Marie Gaetane Agnesi, qui professa les mathéma- 
tiques à Bologne, et qui mourut à Milan en 
1799, naquit dans cette ville vers 17'24. Elle 
eut la réputation d'être la plus habile claveciniste 
de son temps en Italie, et composa beaucoiip de 
musique de clavecin, qu'elle dédia à l'impératrice 
Marie-Thérèse. On connaît quelques cantates de 
sa composition, et quatre opéras, Sofonisbe, 
Ciro in Armenia, Nitocri et Insubria consolata 
( 1771 ), qui ont eu du succès. On ignore l'époque 
de sa mort. 

AG1\0LA (D. -Jacques), prêtre vénitien, 
vécut dans la seconde moitié du dix-buitièmesiècle. 
C'était un contrapuntiste de l'ancienne école, 
dépourvu de génie, mais possédant de bonnes 
traditions. Il a composé beaucoup de messes, 
de vêpres, de motets, de concertos et de sonates 
|)our le piano, qui sont restés en manuscrit. 

AGOBARD, archevêque de Lyon, naquit à 
la fin du huitième siècle, au diocèse de Trêves, dans 
la Gaule belgique. Il fut ami de Leydrade, ar- 
chevêque de Lyon, auquel il succéda. Son carac- ■ 
tère impétueux l'entraîna .dans la révolte des en- 
fants de Louis le Débonnaire; mais plus tard il 
reconnut son erreur et s'en repentit. Après avoir 
été déposé en 835 par le concile de Thionville, il 
fut rétabli, et mourut en Saintonge, le C juin 
840. Au nombre de ses ouvrages se trouve un 
traité De Correctione Antiphonarii, qui aétéin- 
sérédans la Bibliothèque des Pères, t. XIV, p. 323. 

AGOSTINÎ (Louis), théologien, protonotaire 
apostolique et compositeur habile, naquit à 
Ferrare, en 1534. Après avoir été longtemps 
maître de chapelle d'Alphonse II d'Est et de 
la cathédrale de Ferrare, il mourut dans sa patrie 
àl'àge de cinquante-six ans, le 20 septembre 1590. 
On connaît de lui : i°Il primo libro di Madri- 
gali a 5 voci; Venezia, apresso li figli di Ant. 
Gardano, 1570, in-4''. — 2" Madrigali a 4 voci ; 
ibid., 1572, in-4° oblong. — 3° VEco ed enigmi 
musicali a 6 voci. lib. 2 ; Venezia, app. Alessan- 
dro Gardano, 1581 , in-4°. — 4° Messe, Vespri, 
Mottetti, Madrigali et Sinfonie; in Ancona, 
presso Giov. Paolo Landrini, 1588, in-4°. 

AGOSTIIXI ( Paul), né à Vallcrano , en 1593, 
fut élève de Bernanlino Nanini, dont il épousa la 
fdle. Après avoir été successivement organiste 
de Sainte-Marie /nTraH^^cDcre, et maître decha- 



AGOSTINI 



29 



pelle de Saint-Laurent in Damnso, il siicct'da à 
Vincent Ugolini dans la place de directeur de la 
chapelle du Vatican, le 16 février 1629. Il ne jouit 
pas longtemps de celte situation honorable, car 
il mourut au mois de septembre 1029 , à l'âge de 
trente-six ans, et l'ut inhumé dans l'église de Saint- 
Michel. Pitoni, dans ses notices manuscrites sur 
les maîtres de chapelle, citées par Baini (Memor, 
storico-crit. délia vita e délie opère di Giov. 
Pierluifji da Palestrïna, t. II, p. 42, n. 481), 
dit qu'Agostini obtint la chapelle de Saint-Pierre 
par suite d'un défi de composition qull adressa à 
Ugolini, son condisciple, qui en était le maître 
actuel. Ugolini n'ayant point accepté, le chapitre 
le renvoya, et donna sa place àAgostini. L'abbé 
Baini révoque en doute celte anecdote par des 
motifs qui paraissent plausibles. Les auteurs du 
Dictionnaire des Musiciens (Paris, 1810) ont fait 
sur ce maître, d'après Laborde, une accumulation 
d'erreurs : ils placent l'époque de sa vie vers 1600, 
et le font mourir dans un âge avancé. H.7vvluns 
(4 gênerai History qf Music, t. IV, p. 79), et 
Forkel {Mus. BibL, t. II, p. 206), sont aussi dans 
l'erreur en le faisant élève de Palestrina, car ce 
grand maître mourut en 1594, un an après la 
naissance d'Agostini. Ce compositeur avait une 
tille qui a épousé Fr. Foggia, son élève. 

Antimo Liberati a fait un éloge pompeux d'A- 
gostini dans sa lettre à Ovide Persapegi ( p. 217). 
« Paul Agoslini, dit-il, fut une des intelligences 
« les plus ingénieuses et les plus actives qu'ait 
« eu la musique de notre temps en tout genre de 
« composition harmonique, de, contre-point et 
» de canons. Au nombre de ses œuvres mer- 
« veilleuses, on remarque divers morceaux à 
« quatre, à six et à huit chœurs réels, qu'il fit 
« entendre dans la basilique de Saint-Pierre, dans 
« le temps où il y était maître de chapelle, et quel- 
« ques autres qu'on pouvait chanter à quatre ou 
« à six chœurs réels sans diminuer (c'est-à-dire 
« broder les parties de petites notes), et sans 
" énerver l'harmonie, à l'étonnement général des 
« habitants de Rome. S'il n'était mort à la fleur 
« de l'âge, il aurait fait plus encore pour exciter 
« l'admiration du monde entier; et l'on pourrait 
« diredelui avec raison : Consmnmatus in brevi, 
« explevit tempora mulla (1). » 



(I) « Fu Paolo Agostino uno de' più spiritosi e vl- 
« vaci ingegni che abbia avuto la musica a' nostrl teiupi 
« in ogni génère dl composizione ariuonica, di contrap- 
■' punti e dicanoni; e Ira le altre sue opère miravi- 
'< gliose, fcce senlire nella basilica di S.-Pietro, nel tempo 
« ch'egli vi fu maestro di cappella, diverse modulazloni a 
" qualtro, a sei e otto chori reali, cd alciinc che si pote- 
« vano cantare a quatre ovvcro sei chori reali, senza di- 
<i ininuire o snervare l'armonia, con islnpore di tufta 
«Hoiïia; e se non fosse moitu nel fioïc délia sun virilit a 



Le pape Urbain VIII, entrant un jour dans la 
basilique du Vatican, au moment oti l'on exécu- 
tait une musique solennelle d'Agostini, à quarante- 
huit voix, s'arrêta pour en écouter l'effet, et en 
fut si satisfait qu'il salua l'auteur en s'inclinant 
vers lui. Les œuvres imprimées d'Agostini sont : 
1° Deux livres de psaumes à quatre et huit voix ; 
Rome,Soldi, 1619. — 2°neux \\\ïe?,Ae: Magnificat 
et d'antiennes à une, deux et trois voix; Rome, 
Soldi, 1620. — 3° Cinq livres de messes à huit et 
douze voix; Rome, Robletti, 1624, 1623, 1626, 
1627 et 1628. Ces messes sont dignes d'admiration 
par leur facture aussi ingénieuse qu'élégante. Dans 
le premier livre se trouvent une messe des vigiles 
à quatre voix en canon , et une autre messe à cinq sur 
rhexacordeî<<,re, mî,/a, sol, la,(\m renferme le 
remarquable Agnus Dei à huit, tout en canon , sur 
la gamme descendante, que le P. Martini a publié 
en partition (Saggio Fondam. Prat. di contrap. 
fugato, t. Il, p. 296), et que j'ai reproduit dans 
la première partie de mon Traité du Contre-point 
etdelaFiigue. Lesmesses4î;e regina cœlorum, 
Ave Maria gratiosa, et In noniinc Jésus, toutes 
à quatre voix, qui sont contenues dans le deuxième 
livre, sont aussi remplies d'une infinité d'artifices 
ingénieux , ainsi que le troisième livre où se 
trouve une très-belle messe sine nomine, à quatie 
voix. Dans le quatrième livre on trouve la messe 
Si bona suscepimus à cinq, dont les obligations 
singulières sont expliquées dans le recueil des 
messes d'Agostini {Spartitura délie messe) pu- 
plié par Robletti, en 1627 et 1628, et la messe 
Benedicam Dominum, tout en canon à quatre 
Voix. L'Agmis Dei de cet auteur que le P. Mar- 
tini a publié, à huit voix réelles {Saggio Fond. 
Prat. di contr. fng., t. II, p. 295), est vé- 
ritablement un chef-d'œuvre de science. Agostini 
a écrit aussi un nombre considérable d'ouvrages 
à seize, vingt-quatre et quarante-huit voix ; mais 
toutes ces productions sont restées en manus- 
crit; elles se trouvent en grande partie dans les ar- 
chives de la maison Corsini alla Liingara , et 
en partie à la basilique du Vatican. La biblio- 
thèque de l'abbé Santini, à Rome, renferme le 
motet Hsec est Domus et un Magnificat à cinq 
chœurs de quatre parties chacun, Venite et as- 
cendamus, à douze voix, et les quatre livres de 
messes publiées par Robletti. 

A. Adarni da Bolsena a ^onné la notice et le 
poi trait de ce maître dans ses Osservazioni per 
ben regolare il coro dei cantori délia cappella 
ponteficia. Hawkins a reproduit le portrait dans 
le tome IV de son Histoire de la Musique. 

« avrebbe maggiormente fatto stupire tulto il n)ondo;.e 
« se fosse licito, si potria con ragion din- di lui : Consum- 
« inatus in brevi, esple\il Icmpora mulla, >» 



30 



AGOSTINI — AGRICOLA 



AGOSTIIVI (Pierre-Simon), chevalier de 
l'Éperon d'or, né à Rome vers 1650, fut maître 
de cliapelle du duc de Parme. Il a publié Cantate 
a voce di basso solo; Rome, 1680. Dans la même 
année, il a fait représenter à Venise un opéra de 
sa composition, sous le titre de 11 Ratto délie 
Sabine. Paolucci a inséré dans le deuxième vo- 
lume de son Arte pratlca di contrappunto 
(p. 172-190) un Sicut erat à cinq voix, en style 
l'ugué, de la compositon de Pierre-Simon Agostini, 
avec des observations critiques. 

AGOSTINI (RosA ) était première cantatrice 
au théâtre <le Florence dans Tannée 1777 ; elle se 
distingua d'une manière particulière avec Aprile, 
dans l'opéra de Creso, par Borghi. 

AGRELL (Jean), maître de chapelle à 
Nuremberg, né àLœth, dans la Gothie orientale, 
étudia la musique et les belles-lettres au gymnase 
de Linkieping et à Upsal. Il passa à Casscl en 
1723, en qualité de musicien de la cour, et y resta 
pendant vingt-deux ans. En 1746, il fut appelé à 
Nuremberg pour y occuper l'emploi de maître 
de chapelle, qu'il conserva jusqu'à sa mort, ar- 
rivée le 19 janvier 1709. On a gravé les ouvrages 
suivants de sa composition : r Sei sinfonie a 
quattro, cioè violino primo, seconda, viola e 
cembulo a violonccllo, con corni da caccia , 
trombe, oboe, flauti dolci e traversi, ad li- 
bitum, opéra l ; Nuren berg, in-fol. — 2° Trecon- 
certi a cembaio obligato con due violini e vio- 
lonccllo, opéra 2; Nuremberg. — 3" Treconcerti 
a cembaio obbligato, due violini, viola e vio- 
loncello, oi^erai 3; Nuremberg. — 4° Tre concerti a 
cembaio obligato , dtœ violini, alto viola , vio- 
loncello e basso ripieno, opéra 4; Nuremberg. — 
6° Sonate a violino solo e cembaio o violonccllo; 
Nuremberg. — 6" Concerto a cembaio obligato , 
due violini, viola e violonccllo; Nuremberg, 

1761, in'fol. — 7° Sonata a due, cioè cembaio 
obbligato e traversiero o violino; Nuremberg, 

1762, in-4°. — 8" Sonataa due, cioè cembaio ob- 
bligato e traversiei-o ;N[ircmbcrç:„ 1765,in-4°. — 
9° Neucomponirte solos ajlauto traversa e cem- 
baio; Nuremberg, 1764. On trouvait aussi autre- 
fois en manuscrit dans le magasin de Breitkopf : 
r Tre concerti a cembaio obligato, due violini, 
viola e basso, raccolta prima. — 2° Id. raccolta 
seconda. — 3° Id. raccolta terza; 4° Id. raccolta 
quarta. — à° Sei sonate a violino solo et basso. 
—6° Due concerti a violino concert., due violini, 
viola e basso. — 7° Sei sinfonie a due violini, 
viola e basso, con corni, ad lib. —8° Sinfonia, 
id, — 9° Partita a due violini, viola, basso e 
corni.— 10° Sonata per cembaio solo 1 r Con- 
certo a cembaio obligato , due violini , viola e 
basso. — 12"^ Sonata a violino solo col basso. 



AGRESTA (Jean-Antoine et AucrsTra), 
frères, étaient napolitains, et furent renommés 
comme compositeurs à la lin du seizième siècle et 
dans les premières années du dix-septième. Cerrelo 
les cite comme vivants à Naples en 1601 (Prat- 
tica musicale, lib. 3, p. 156) dans sa liste des 
Compositori eccellenti délia città di Napoli, 
che oggi vivono. Jusqu'au moment où cette no- 
tice est écrite, on ne connaît pas de compositions 
imprimées des frères Agresla- 

AGRICOLA (Rodolphe), professeur de phi- 
losophie à Heidelberg, né à Baffeln , village à 
deux milles de Groningue, en 1443, fut l'un des 
hommes qui contribuèrent le plus à la restaura- 
tion des sciences et des lettres. Son nom propre 
était Huessmann. Il étudia sous Thomas A'Kem- 
pis, et apprit la philosophie sous Théodore de 
Gaza, dans un voyage qu'il fit en Italie. De retour 
dans les Pays-Bas, en 1477, il fut envoyé à la 
cour de l'empereur comme syndic de la ville de 
Groningue, et nommé, en 1482, professeur à 
Heidelberg, où il mourut le 25 octobre 1485. Il 
était à la fois bon peintre, poêle, musicien et sa- 
vant philosophe. Il chantait et s'accompagnait 
avec le luth; on lui doit la musique de plusieurs 
de ses chansons hollandaises, à quatre voix. On 
sait aussi qu'il coopéra à la construction de l'orgue 
de Groningue. Parmi ses écrits, recueillis à Co- 
loçîne sous ce litre : R. Agricole lucubrationes 
aliquot lectudignissimas , etc., 1539, deux vol. 
in-4", on trouve des notes sur le Traité de musique 
de Boèce. On a sur sa vie et sur ses travaux : 
r Orationes dux, prior de vita Rud. Agri' 
cohis, posterior de D. Augustino, par Melanch- 
ton ; Wittenberga;, 1539, \n-?,''.~-'l° Dlssertatio 
de Rud. Agricolœ, Frisit, in elegantiores lit- 
tcraspromeritis, par J. F. Shoeppœlin.; Jenas, 
1753, in-4°. — 3o Vita et mérita Rud. Agri- 
coZ«, par T. F. Tresling; Groningue, 1830, in-S". 

AGRICOLA (Martin), chantre (') et direc- 
teur de musique à Magdebourg, naquit à Sorau, 
en Silésie, dans l'année 1486. Dès son enfance, 
un goût passionné pour la musique se manifesta 
en lui et le porta à se livrer avec ardeur à l'é- 
tude de cet art , sans négliger toutefois les langues 
grecque et latine, dans lesquelles il acquit une 
rare instruction. Né de parents pauvres, il fut 
obligé de pourvoir de bonne heure à sa subsistance. 
Vers la fin de 1510, il partit pour Magdebourg, 
où il donna d'abord des leçons particulières de 
musique et de littérature. Quatorze ans après, 
c'est-à-dire en 1524, la grande école luthérienne 
de cette ville fut établie; le mérite généralement 

(') Le mot cantor, employé par les Allemands, nesaurait 
se traduire exactement en français, parce qu'il désigne 
des fonctions qui n'existent que chez eux. 



AGRICOLA 



31 



reconnu d'Agricola le fit clioisir pour y occuper 
la place de diantre; il fut donc le premier qui 
remplit ces fonctions dans cette ville depuis la 
réformation. Il paraît que les émoluments de sa 
place étaient fort médiocres, car, après l'avoir 
occupée pendant vingt ans, il écrivit à un de ses 
élèves, en 1544 : « Après avoir employé tous mes 
« soins à vous faire faire quelques progrès dans 
« la musique pendant de longues années, je me 
« vois dans la nécessité de vous prier de solli- 
« citer vos fiarents, on ceux que cela regarde, 
<< d'apporter quelques changements à ma posi- 
« lion, et (le me retirer de l'état de gêne où je 
■■ languis, en augmentant mon traitement; car 
'( il est écrit ; Toute peine mérite salaire. » Il 
termine ainsi l'épitre dédicaloirede son traité de 
Musica instrument alis^ qui est adressée à G. 
Rhaw, de Wittemberg : » A IMagdebourg, dans 
« la maison du vertueux et honorable Ahlmann, 
« qui, pendant longtemps, m'a prodigué les se- 
« cours les plus généreux. » On ignore si les ré- 
clamations d'Agricola eurent le succès qu'il en 
espérait, mais on sait qu'il exerça le professorat 
jusqu'à sa mort, laquelle eut lieu le 10 janvier 
1556. 

Malgré les devoirs multipliés de sa place, il fut 
un des écrivains les plus laborieux et les plus 
distingués de son temps; ses travaux font époque 
dans l'histoire de la musique. Il fut le premier 
qui, dans la musique instrumentale, abandonna 
l'ancienne tablature allemande pour la notation 
moderne. (T'oy. Mattueson in Ehrenpforte, 
p. 124.) Ce qui mérite surtout d'être remarqué,- 
c'est que, nonobstant le peu d'encouragement 
qu'il reçut, jamais son zèle ne se démentit et jamais 
ses travaux n'en souffrirent. Ce qu'il savait, il le 
devait au travail le plus obstiné, à une persévé- 
rance sans bornes; il n'avait même point à sa 
disposition le secours des livres, qui, à cette 
époque, étaient rares et trop chers pour lui. Il dit 
lui-même (vers la fin de sa Musica instrument 
talis) : « Que le lecteur veuille bien se rappeler 
« ce que j'ai déjà dit dans la préface du Traité 
" de la Musique figurée : Jamais personne ne 
" m'a donné une seule leçon, soit théorique, 
« soit pratique, soit de chant figuré, soit de mu- 
" sique instrumentale. Tout ce que je sais, je le 
n dois premièrement à Dieu, qui distribue ses 
« dons comme il lui plaît; ensuite à un travail 
« assidu, à un zèle infatigable, à moi seul enfin, 
n secouru de la grâce de Dieu ; c'est pourquoi il 
« faudrait m'appeller wn musicien inné. Il n'est 
« pas étonnant, d'après cela, que je reste aussi 
« loin des grands raailres. » 

Voici les titres des ouvrages qu'on doit à ce 
savant infatigable : 1* Melodlse scholasticx sub 



horaruin infervallis decantandx, in iisum 
scliolx Magdeburge. Magdebourg , 1512, in-8° : 
c'est un recueil de chants destinés à être chantés 
par les enfants des écoles pendant leurs récréa- 
tions ; cet ouvrage a été souvent réimprimé- la 
Bibliothèque royale de Berlin en possède des édi- 
tions imprimées à IMagdebourg en 1578 et 1584, 
4 vol. in-12. — T Mîisica figurnlis dctitschmit 
i/iren fjugehoerenden exempeln (Musique alle- 
manile figurée, avec des exemples pour former 
l'ouïe); Wittemberg, Georges Rhaw (sans date) 
petit in-8". — 3" Von den Proportionlbus wie 
dieselbigen Inn die Notcn toircken, und wie sle 
in Figuralgesang gcbraucht iverden (Des pro- 
portions en ee qui concerne la valeur des notes et 
leur usage dans le chant figurai); Wittemberg, 
Georges Rhaw (sans date), petit in-8". Ce petit 
écrit a été réuni au Traité de la musique figurée 
dans une édition qui a pour titre : Musica figtl- 
ralis dcuisch mit ihren gitgehoerenden exem- 
peln, sampt elnem besunderlichen schoenen 
Bûclilein Vonden Proportionlbus, elc.;W\Hem- 
berg,G. Rbaw, 1532,petitin-8". — 4''i)/«.çica ?ns- 
trumentalls, deutscli, darin des Fundament 
und Application der Flnger, als Floeten , 
Krumphœrner, Zinken , Bombard, Sc/ial- 
meyen, Sackpeife, etc. (Musique instrumentale 
allemande, etc.); Wittenberg, l528,in-8° : c'est 
un traité des instruments qui étaient en usage 
en Allemagne au temps d'Agricola, et de la manière 
d'en jouer; ouvrage important pour l'histoire de 
l'art, et dont les exemplaires sont rares, bien qu'il' 
en ait été fait plusieurs éditions; en 1559 le fron- 
tispice de la première édition lut changé et rem- 
placé par ce titre : Musica instnunentalis^ 
deudscli ynn welcker begriffen ist, tvie man 
nach deni gesange aii/f manclierleg Pfelffen 
lernen sol. Auch ivie au// die Orgcl, Harffen, 
Lauten , Geigen, und alkrley Instrument: 
undSegtenspiel , nach der rechtgegrûnd et en 
Tabelthur sey abzusetzen (Musique allemande 
instrumentale, dans laquelle il est donné des 
renseignements sur la manière dont on peut 
apprendre le chant et toute espèce d'instruments à 
vent, comme aussi jûuer de l'orgue, de la harpe, du 
luth, des violes, et de toutautre instrument, etc.)- 
Je possède un de ces exemplaires avec la date 
de 1529. Imprimé chez Georges Rhaw, à Wit- 
temberg. La deuxième édition de cet ouvrage a 
été publiée, en 1532, dans la même ville et cher 
le même Rhaw, in-S", sous le même titre. La< 
troisième a paru chez le même en 1545, in-8". 
Quelques exemplaires de cette édition portent 
la date de 1545, mais sans nom de lieu. La bi- 
bliothèque royale de Berlin possède un de ces- 
exemplaires dans l'ancien fonds. Le livre de 



32 



AGRICOLA 



Martin Agricola avait été précédé par celui de 
Sébastien Yirdung {voyez ce nom) sur le même 
sujet, qui a été traité aussi en partie vers le 
môme temps par Hans Gerle , par Othmar Lus- 
cinius (Naclitgall), et un peu plus tard par Ga- 
nassi del Fontego (voyez ces noms ). — b° Ein 
Kurtz deudsche Musïca, mit 63 schœnen lie- 
blichen Exempeln, in vïer Stimmen verfasset. 
Sampt den kleynen Psalmen und Magnifi- 
cat , au// aile Thon artig gerichtet ( Musique 
allemande abrégée, avec soixante-trois beaux 
exemples clioisis à quatre voix, etc.); Wittem- 
berg, G. Rhaw, 1528, onze feuilles petit in-S". 
La date de 1 52S ne se trouve ni au frontispice 
ni au dernier feuillet du livre , car on lit seulement 
au bas de celui-ci : Gedriickt zu Wittenberg 
durch Geoigen Rhaw; mais l'épitre dédicatoire 
d'Agricola à George Rhaw est datée de Magde- 
bourg, le 15 avril de cette année. Dans la même 
année la même édition a été reproduite avec unti- 
trenouveau ainsi conçu : Ein Kurtz deutsche Mu- 
sLca, mit LXlll schônen liblichen Exempeln, 
in vier stymmen verfasset. Gebasert mit VIII 
Magnificat , nach Ordnung der VIII Thon. 
Au dernier feuillet on lit : Vittenberg durch 
Georgen lihaiv, 1528. Un de ces exemplaires 
est à la bibliothèque royale de Berlin. Les mots 
Gebessert mit VIII Magnificat (c'est-a-dire 
Amélioré, augmenté de VIII Magnificat, etc. ) , 
est une supercherie de libraire; car les Magni- 
cat des huit tons sont dans les exemplaires du 
premier tirage comme dans ceux du second. — 
5° (bis) Musica Choralis. Deutsch; Wittem- 
berg, 1533, petit in-8°. Un exemplaire de ce 
livre rare est dans la bibliothèque impériale de 
Vienne. — 6° Rudimenta musices, quibus 
canendi artificium compendiosissime , com- 
plexum pueris tina cum monocliordi dimen- 
sione traditur ; Wittemberg, G. Rhaw, 1539, 
trois feuilles et demie in-8". La seconde édition 
de ce petit ouvrage élémentaire a été publiée 
sous ce titre : Quxstiones vulgariores in mu- 
sicam, pro Magdeburgensis scholx pueris 
digestse. Item de recto testudinis collo ex arte 
probato, de tonorum formatione, monochordo 
oc lectionum accedentibus ; Magdebourg, apud 
M. Lottherum , 1543, sept feuilles et demie 
in-S" : Forkel (Allgeni. Litter. der musik), 
Lichtentlial ( Bibliog. délia Mus. ) et M. Fer- 
dinand Becker ont cru à tort que ces deux ou- 
vrages sont différents , et ont commis une autre 
faute en disant qu'ils ont été réunis dans le livre 
suivant. — 7° Ihio libri musices, continentes 
compendium artis , et ilhistria exempta : 
scripti a Mart. Agricola, silesio soraviensi, in 
çratiam eoriim qui in schola Magdeburgeins 



prima elementa artis discere incipiunt; Mag- 
debourg, 1561, quatorze feuilles in-8° : les deux 
ouvrages qui ont été réunis dans cette édition 
sont le tiaité des proportions et les rudiments 
de musique. — 8° Scholia inmusicam planam 
Wenceslai de Nova Domo , ex variis musico- 
runi scriptis pro Magdeburgensis scholx Ty- 
ronibus co//ecto ; \Yittemberg, 1540, six feuilles 
in-8°. Cette date du commentaire de Martin Agri- 
cola, sur le traité de plain-chant de Wenceslas 
de Neuhaus , est indiquée par Geiber dans son 
nouveau Dictionnaire des Musiciens; Forkel et 
Lichtenthal assurent, au contraire, que l'ouvrage 
est sans date , — 9° Deutsche Musica und Ge- 
sangbuchlein der Sonlags Evangelien fur die 
Schulkinder, Kneblin und Megdlin, etc. (Mu- 
sique allemande et petit livre de chant des évangiles 
des dimanches, à l'usage des enfants des écoles, 
garçons et filles , etc. ) ; Nuremberg, Jean de 
Berget et UlricH Neuber, 1540, petit in-8° : ce 
petit livre, publié par les soins de Wolfgang Fi- 
gulus , a eu vraisemblablement des éditions an- 
téiieures qui n'ont point été mentionnées parles 
bibliographes; il fut réimprimé sous le titre sui- 
vant : Ein Sangbuchlein aller Sontags Evan- 
gelien. Eine Kurtze Deutsche Leyen Musica, 
mit sampt den Evangelien durch ganz Jar 
(sic) auff aile Sontage, f tir die Schulkinder 
Leyen , Junck/rauwen , Frauiven und jedere 
die lesen kœnnen, in reyme und gesanges 
weise, darnach sie gantz lustig zu lesen und 
zu singen sein ( Petit livre de chant de tous 
les évangiles du dimanche , ou courte musique 
laïque allemande , avec les évangiles pour tous 
les dimanches de l'année, à l'usage des enfants 
qui suivent les écoles, laïques, jeunes filles, 
femmes, etc.) ; Magdeburg, Michel, Lother, 1 541 , 
petit in-S" de huit feuilles : un exemplaire de 
cet ouvrage très-rare est dans la bibliothèque de 
la ville à Leipsick ; une autre édition a été pu- 
bliée en 1563, sans nom de lieu. On cite aussi 
de Martin Agricola : 1° Libellas de octo tono- 
riim composilione ;'m-%° f^n. vers. — 2° Georg. 
Thymi cantiones cum melodiis Martini Agri- 
colœ et Patili Schalenreuteri ; Zwickau, 1553. 
Ces chants de Thymacus, mis en musique par Agri- 
cola et Schalenreuter, sont de la plus grande 
rareté; car on n'en trouve d'exemplaires dans au- 
cune des grandes bibliothèques de l'Europe. 
Agticola fut le premier musicien allemand qui 
harmonisa le célèbre choral Ein'feste Burg, à 
quatre parties : on le trouve, ainsi que plusieurs 
autres cantiques du même artiste, dans le recueil 
qui a pour titre : CXXIII Newe geistliche 
Gesaenge mit vier und fûnff Stimmen f tir die 
gemeinen ScA«toj , etc. (123 nouveaux chants 



AGRICOLA. 



33 



spirituels à quatre et cinq voix pour les écoles 
communales, etc. ); Wittemberg, Georges Rliaw, 
1544, in-4° oblong. Les autres musiciens anciens 
dont on trouve des pièces dans ce recueil sont 
Arnold de Brnck, Sixte Dietrich, Benoît Ducis, 
Georges Focrsler, Virgile Hanck, Guillaume 
Fleintz, Etienne Mahu , Haitliasar Reisinarius, 
Louis Senlel, Jean Stalil, Thomas Stciltzer, 
G. Vogeiluiber et Jean Weinmann. Un cantique 
à trois voix pour la Nativité de J.-C, composé 
par Agricola, a été placé jiar Wolfgang Figulus 
dans son recueil intitulé : Prima pars Amoruvi 
Filii Dei Domin'i Nostri Jesu-Christi; Vite- 
bergœ, 1574, in-4° obi. 

AGRICOLA (Alexandre) fut un des plus 
célèbres maîtres belges qui vécurent dans la se- 
conde moitié du quinzième siècle et dans la pre- 
mière du seizième. Le peu de renseignements 
qu'on a sur sa personne sont renfermés dans une 
épit;iplie et dans une complainte : l'épitaphe nous 
est fournie par un recueil de Motets devenu fort 
rare, intitulé : Sijmphonix Jticundx atque 
adco brèves quatuor voctim, cum prsefatione 
M. LiUheri ; Vitebergœ, 1 538, per Georg. Rliaw. 
Les auteurs des morceaux contenus dans ce re- 
cueil sont Georges Fôrster, Érasme Lapicida, 
riupert Unterliollzer, Jean Wallher, Crispinus, et 
d'autres. L'un d'eux a mis en musique la pièce 
qui concerne Alexandre Agricola, laquelle, bien 
que son tilrc soit : EpUaphhim Alex. Agricolos 
Symphoniastx régis CastUix Philippi, n'est 
pas véritablement une épitaplie, mais un dia- 
logue où la Musique en pleurs répond aux ques- 
tions qui lui sont faites sur celui qu'elle appelle 
ïobjet de ses soins et sa gloire ( mea cura de- 
cusque). Yoici le texte de cette pièce : 

Mnsica qnid deflps? Periit mea cura decusque. 

Estne Alexander? Is meus Agricola. 
Dic.nge, qiialis cratîtiariis vocum manuumqne. 

Qiils locus hiinc rapiiit? Valdoletanus agfer. 
Quis Bclgara hune traxilp Jlagnus Rex ipse Philippus. 

Quo morbo interiit? Febre furente obiit, 
JEtas qnœ fuerat? Jam sexagesimus annus. 

Sol ubi tune stabat? Virginie in capite. 

La question : Qui a tiré Agricola de la Bel- 
gique P fait voir qu'il y était né et qu'il y demeu- 
rait. Rien n'indique en quelle ville il a vu le jour; 
mais il n'est pas impossible de déterminer à peu 
près l'époque de sa naissance. Il avait soixante 
ans lorsqu'il mourut; et nous voyons, d'une part 
que, dès 1505, le célèbre imprimeur Petrucci 
publiait ses œuvres en Italie; ce qui prouve qu'il 
jouissait déjà d'une brillante réputation loin de 
son pays, et fait supposer qu'il avait plus de trente 
ans; d'autre part, la complainte dont il est 
parlé ci-dessus dit positivement qu'il fut élève 
de Jean Okegheni : cette complainte est celle 

ElOCR. UNIV. DES MUSICIRXS. — T. I. 



de Crespel sur la mort de ce maître. ( Voyez Oke- 
GHEM ). Or, Okegbem quitta le service de Louis XI 
en t4C2 ; et, bien qu'on ne sache pas exactement 
quelle position il eut alors, il paraît certain que 
celte époque fut celle où il ouvrit son école. Il est 
donc vraisemblable qu'Agricola ne naquit pas 
beaucoup plus tard que 14C6, et qu'il n)oiniit 
conséquemment vers 1520 ou 27. 

Il était célèbre, dit le texte du dialogue funèbrp, 
par la voix et par la main {clnrus vocum ma- 
nuicmque) ; ce qui signifie qu'il était également 
habile et comme chantre et comme écrivain de 
musique, ou peut-être comme exécutant sur 
les instruments. Ces talents lui procurèrent l'hon- 
neur d'entrer au service de Philippe, archiduc. 
d'Autriche, prince souverain des Pays-Bas 
par sa mère, Marie de Bourgogne, et qui devint 
roi de Castille par sa femme, Jeanne la Folle, filK; 
de Ferdinand et d'Isabelle. Lorsque Philippe 
et Jeanne allèrent, en 1500, prendre possession <!e 
leurroyaumedeCaslille, Agricola les suivit comme 
faisant partie de leur maison. C'est ainsi que, 
suivant l'épitaphe, le roi Philippe le tira de la 
Belgique. 

Dans un volume intitulé -. Maisons des souve- 
rains et des gouverneurs généraux (Arch. du 
royaume, à Bruxelles, t. l'"", f° 108, v"), est une 
annotation en marge de l'ordonnance de Philippe 
le Beau, du l^' juin 1500 (N. st.) : « Monsei- 
« gneur l'archiduc a retenu Alexandre Agricola 
« chapelain et chantre de sa chapelle, oultre le 
« nombre icy déclaré, pour servir d'ores en avant 
« du dit estât, aux gaigcs de xu s. par jour. Fait 
« à Bruxelles le vie joiu' d'aoustl'an mil. V^.» 

Au même volume (fol. 179, v°), on voit, par 
des extraits des comptes du premier voyage en 
Espagne de Pbilippe le Beau, que le chantre 
Agricola reçut une gratification ; et l'on a ainsi la 
preuve qu'il suivit dans ce voyage le prince, 
qui avait avec lui toute sa grande chapelle. La 
mention de cette gratification est ainsi faite : et 
Alexandre d'Agricola, pour don : iiij»» xvj 
livres. 

Alexandre Agricola figure aussi dans divers 
états des gages des officiers de la maison de 
Philippe le Beau que possèdent les Archives du 
royaume de Belgique. Le dernier est du 18 
septembre 1505 (le prince était alors à Bruxelles). 
Dans cette même année il avait fait nn voyage 
en Hollande et tosile la chapelle l'avait ac- 
compagné. Il est très- vraisemblable qu'après la 
mort de Philippe le Beau, Agricola entra au ser- 
vice de Ferdinand d'Aragon, nommé régent du 
royaume; puis à celui de Charles Quint, lorsque 
ce prince prit possession du royaume d'Ks- 
pagne à la mort de son père. Celle conjecture 

3 ' 



34 



AGRICOLE 



est d'aillant plus admîssllile, qu'Agi icola inoii- 
riit au territoire de Valladolid, d'une fièvre aiguë, 
vers 1526 ou 27, et que précisément la cour était 
alors en cette ville, où naquit-Philippe M, le 21 
mai 1527. 

On trouve deux motets àtrois voix d'Alexandre 
Agricola dans le recueil publié à Venise , en 1502, 
par Octave Petrucci de Fossombrone, sous le 
titre simple de Moietti XXXIII. Le même éditeur 
a imprimé un livre de einq messes du même mu- 
sicien, sous ce titre : Misse Alexandri Agricole. 
Ces messes ont pour titre : 1° Le Serviteur ; 
2° Je ne demande; 3° Malheur me bal; 4° 
Primitonl; b° Secundi tonï. Au dernier feuil- 
let de la partie de basse , on lit : Impressum 
VenetUs per Octavianum Petrutium Forosem- 
proniensem, 1504, die 23 marlii cum privilé- 
gia, petit in-4" obi. Dans le quatrième livre de 
motels publiés par le même éditeur, à Venise, 
en 1505, on tionve le motet à trois voix d'Agrieola 
qui conmience par ces mots : Pater meus Agri- 
cola est. Le recueil intitulé : Lamentationum Je- 
remiœprophetx LJ/^er ;»•/?«(«, imprimé par Pe- 
trucci, à Venise, en 1506, contient une lamenlalion 
à trois voix et une antre à quatre par Agricola. Le 
rarissime recueil publié par le même imprimeur, 
sous le titre de Canticento cinquanla , en trois 
livres (Venise, 1503, in-4°), contient les chants 
à quatre voix : 1° Forseulemenl ; 2o tout à pur 
moy ; 3° De tous biens; 4° Quis det ici venieit ; 
5° Que vous, madame ; 6» Tandernaken ; 7" Se 
mieuxne vient d'amours; 8° Belle sur toutes, 
tous composés par Agricola. Dans un recueil 
de fngments de messes de divers auteurs im- 
primé chez le môme ( sans date), on trouve un 
Patrem de la messe intitulée Village, et un 
autre de la messe Je ne vis, d'Agrieola. Érasme 
Rotenbuclier a pkicé une chanson latine à deux 
voix d'Alexandre Agricola, sur les paroles ^Irce 
sedes Bacchus, dans sa précieuse collection in- 
titulée: Diphonaatnœna et florida.{lSorihergx, 
in officina Joan. Montani et Ulrici ISeuberi, 
1549, in-4".) Les autres musiciens célèbics des 
quinzième et seizième siècles dont on trouve 
des compositions h deux voi^ dans ce recueil 
sont Arnold de Bruck, Ant. Brumel , Loyset 
Compère, Anl. Divitis, Ant. Févin, G. Foersler, 
H. Isaac, Etienne Mahu, Obreeht, Okegliem, 
.Tosquin Des Près, Resinariiis, L. Seufî, Th. 
Stolzer, Adrien Willaert, et beaucoup d'autres. 
La plus grande partie des ouvrages d'Agrieola 
doit être en manuscrit dans les églises et biblio- 
thèques en Espagne. Ce maître est souvent cité 
sous son prénom (Alexander). Agricola fut con- 
sidéré à juste titre comme un des plus habiles 
tualtres de son temps. Sébald Ilryden cite ses 



compositions comme des modèles de style, dans 
son traité De Arte canendi. 

AGRICOLA (Jean) né à Nuremberg, vers 
1570, fut professeur de musique au Gymnase 
d'Auguste, à Erfurt, et s'y trouvait encore en 
1611. Il a fait publier de sa composition : 1° 
Motet ten mit 4, 5, G, 8 und mehr Siimmen. 
Nuremberg, 1601, \n-ii°.—2°Cantiones deprscci- 
puis festis per totum annum , quinque , sex 
etplurimum vocum; Nuremberg, Conrad Bauer, 
1601, in-4<'. — 3" Motetœ novse pro preeci- 
puis in anno festis decantandae 4, 5, 6, 8 plu- 
7-ibusqiie vocibus composite; A. Johanne Agri- 
cola Norico , Gymnasii Augustiniani quod est 
Erfurti collega; Noribergx, Typis Cath. Alex. 
Theodoriti vidux , sumptibiis Conradi Agri- 
colx, Bibliopolx , lOtl, in-4°. Ce recueil con- 
tient 28 motets. 

AGRICOLA (Wolfcang-Chbistophe), com- 
positeur allemand, vivait vers le milieu du dix- 
septième siècle. Il a publié à Wurtzbourg et à 
Cdogne une collection de huit messes , sous le 
titre de Fasciculus musicalis ; 1651, in-4". 
Corneille à Beughem (Bibl. math., p. 2) cite un 
autre ouvrage d'Agrieola intitulé : Fasciculus ta- 
riarum cantionum; c'est une collection de mo- 
tets i» deux, trois, quatre, cinq, six et huit voix. 

AGRICOLA (Georges-Louis), né le 25 oc- 
tobre 1643, à Grossen-Furra, village de la Tliu- 
ringe, où son père était ministre, commença ses 
études en 1656, à l'école d'Eisenach ; en 1662 
il passa au collège de Gotha , et étudia ensuite à 
Leipsick et à Wittemberg. 11 fut élevé dans cette 
ville au grade de professeur, après avoir soutenu 
une thèse publique sur divers sujets. En 1670 
il fut nommé maître de chapelle à Gotha, et, 
peu de temps après, il publia un œuvre de sa 
composition intitulé : Musikaliscken Nebens- 
tunden bestchendin etliche Sonalen , Praslu- 
dien, Allemanden, etc., mit 1 Violinen, 2 Vio- 
Icn , und Generalbass.; Mulliausen, in-fol. 
( les Heures musicales, consistant en plusieurs 
sonates, préludes, alleman<le.'i, etc., pour deux 
violons, deux violes et basse continue). Ou cou- ' 
naît aussi de lui : 1° Huss-und Communion Lie- 
der, mit fiin/ und mehreren Stimmen gesetzt 
(Chants pour la pénitence et la communion, à 
cinq et un plus grand nombre de parties) ; Gotha, 
1675, in-4° — TSonaten, Prœludien, Alleman- 
den, Couranten,Balleten auffransoesische Art 
(Sonates, préludes, allemandes, etc., à la fran- 
çaise ), l", 2» et 3" parties; Gotha, 1675, in-l»I. 
— 3" Deutsche gxstliche Madrigalien von 
zivey bis sechs Stimmen; Gotha, 1675, in-(nl. 

Agricola est mort à Gotha, le 2?. février 1676, 
dans la liente-troisicme aniK'C de son âge. 



AGRICOLA — AGRIPPA DE NETTESHEIM 



35 



AGRICOLA (Jean-Frédéric), compositeur 
ou service de la cour de Prusse, naquit à Dobil- 
sciien, dans le duché de Gollia,lc 4 janvier 1720. 
Loin de contrarier le goût qu'il montrait pour la 
musique et pour les sciences, son père lui pro- 
cura les moyens de les développer, en l'envoyant 
à l'université de Leipsick. Là il se livra à l'é- 
tude de la piiilosopliie et de la jurisprudence, 
en même temps qu'il développait ses talents na- 
turels pour la musique, sous la direction de Jean- 
Sébastien-Bach. En 1741 il se rendit à Berlin, 
où il acquit en peu de temps la réputation d'un 
organiste habile. Il continua ses études de com- 
position , au moyen des leçons qu'il reçut de 
Quantz. Les premières productions d'Agricola 
furent des morceaux détachés pour le chant et 
pour les instruments. Ces morceaux eurent du 
succès, et le firent connaître de Frédéric 11, qui 
le chargea de composer pour le théâtre de Pots- 
dam, en 1750,7/ Filosofo convinto, opéra-bouffe. 
L'année suivante, il écrivit pour le même théâtre 
La Ricamatrice divemita damma. Un voyage 
qu'il fit à Dresde dans l'automne de 1751, lui 
prortira l'occasion d'entendre II Ciro ricono- 
xclufo de Hasse. Le slylc de ce maître lui plut; 
et il l'adopta dans les ouvrages qu'il écrivit en- 
suite. De retour à Berlin , il épousa la cantatrice 
Molteni, pour qui il écrivit les premiers rôles de 
ses opéras. En 1752, il fit représenter II Re pas- 
tore , (jui eut peu de succès. Cet ouvrage fut 
suivi de Clcofide en 1754, de II Tempiod'A- 
more en 1755, de Psiche en 1756, d'Achille 
in Sciro en 1753, et A'ifigenia in Tauride 
en 1765. A la mort deGraun,qui eut lieu en 
17.59, le roi de Prusse désigna Agricola pour lui 
succéder dans la place de maître de chapelle. Il 
mourut d'hydropisie, le 12 novembre 1774. Outre 
ses opéras, Agricola a beaucoup écrit pour l'é- 
glise ; mais le psaume vingt et unième, qu'il com- 
posa sur la traduction de Cramer, est le seul 
morceau de ce genre qu'il ait fait imprimer. Tous 
ses autres ouvrages de musique sacrée sont res- 
tés en manuscrit. Parmi ses bons ouvrages on 
remarque : 1° La Cantate Kindlich-gross, pour 
quatre voix et orchestre. —2° Cantate pour la nou- 
velle Armée [Lobe den //e/th), à deux voix, chœur 
et orchestre. — 3° Cantate pour le dimanche, Ju- 
bilate, à quatre voix et orchestre. — 4" Cantate 
de Rammier, Die Hirten bel der Krippe zu 
Bethléem, et quelques autres morceaux dont les 
partitions originales sont à la bibliothèque royale 
de Berlin. 

Agricola s'est distingué, comme écrivain sur 
la musique, par plusieurs morceaux détachés 
qui ont été insérés dans les Lettres Critiques de 
Marpurg , et dans la Bibliothèque générale de 



la Littérature allemande. On croit qu'il a pris 
part à la rétlactionde la Théorie des Beaux-Arts 
de Sulzer; mais cela n'est pas prouvé. Il est 
plus certain qu'il a aidé Adlung dans la compo- 
sition de la Musica mechanica. Enfin , on a de 
lui : r deux lettres sous le nom d'Olibrio, contre 
\q Musicien critique des rives de la Sprée, ré- 
digé par Marpurg. La première de ces lettres , 
datée du 11 mars 1749, parut en une feuille in- 
quarto sous ce titre : Schreiben eines reisenden 
Liebliabers der Musik von der Tyber , an der 
Cristischen Musikus an der Sprée ( Lettre d'un 
amateur de musique voyageant sur le Tibre au 
Musicien critique de la Sprée). Marpurg, peu 
endurant à l'égard de la critique, fit des réponses 
assez amères dans les numéros de son journal 
du 25 mars 1749, 1""^ avril, 8, 15, et 22 du 
même mois. Agricola fit attendre sa réponse jus- 
qu'au 6 juillet suivant; elle parut sous ce titre : 
Schreiben an Herrn XXX in welehen Flavio 
Anicio Olibrio sein Schreiben an den Cri- 
tischen Musicus an der Sprée Vertheidiget , 
und auf ïf^iederlegung antwortet ( Lettre a 
Monsieur ***, dans laquelle Flavio Anicio Oli- 
brio défend sa lettre au Musicien critique de la 
Sprée, etc.) ; brochure de 5 1 pages in-4° (sans nom 
delieu). — 2» Josi'.s Anleitung zur Singlninsl 
ans dem italienischcn iibersetzt mit Anmer 
kungen (Éléments de l'art du chant, par Tosi, 
traduit de l'italien, avec des notes); Berlin, 1757, 
in-4''. — 3° Beleuchterung der Prage : von den 
Vorzuge der Mélodie fiir der Harmonie 
( Examen de la question : De la préférence de 
la mélodie sur l'harmonie ), dans le Magasin 
musical de Cramer. 

Agricola était un musicien instruit, qui écrivait 
correctement , et qui trouvait quelquefois des 
mélodies agréables ; mais il manquait d'origi- 
nalité. On ne peut le considérer que comme 
un imitateur des maîtres italiens de son temps. 

AGRICOLA (Benedetta-Ejuua Molteni), 
épouse du précédent, fut cantatrice de l'Opéra 
à Berlin, oii elle entra en 1742. Porpora, Hasse 
et Salimbeni furent ses maîtres de chant. Dans 
sa cinquantième année, elle chantait encore 
d'une manière étonnante des airs de bravoure, 
tanten italien qu'en allemand. Le docteur Burney 
dit que sa voix avait une si grande étendue, 
qu'elle allait depuis le la au-dessous des portées, 
jusqu'au ré aigu, avec une sonorité puissante 
et pure. 

AGRIPPA DE IVETTESHEIM (Cou- 
neille-Henri), médecin et philosophe, naquit 
à Cologne, le 14 septembre 1486. Son esprit et 
son érudition lui acquirent unegrande réputation ; 
mais son humeur chagrine lui fit beaucoup d'ca- 



3G 



AGRIPPA DE NETTESHEIM — AGUIARI 



ncmis, et sa carrière fut toujours agitée. H fut 
successivement soldat, professeur d'hébreu à 
Dole et à Londres, de théologie à Cologne, à 
PavieetàTurin, syndic et orateur à Metz (1518) 
médecin à Lyon, chassé de France à cause de 
son attachement au connétable de Bourbon, em- 
piisonné à Bruxelles pour son traité De la Phi- 
losophie occulte, et, rentré en France, arrêté 
de nouveau pour avoir écrit contre la reine mère; 
enfin, remis en liberté, il alla mourir dans un 
hôpital, à Grenoble, en 1535, âgé de quarante- 
neuf ans. 

Dans son traité De occulta Philosophia, 
Hbri très, dont il y a de nombreuses éditions 
et une traduction française par Levasseur, la 
Haye, 1727, 2 vol. in-S", il parle, au chapitre 
24^ du premier livre, de musices vi et efficocia 
in hominiun afjectibiis, qjiaconcitandis, qua 
sedandis. Il traite aussi de la musique au 17" 
cliapitrede son livre : De Incert'itudine et Vani- 
tate Scientiarum; Paris, 1531, in-S". 

AGTHE (Cuarles-Curétien), organiste du 
prince d'Anhalt-Bernbourg, naquit à Kettsfaeilt, 
dans le comté de Mansfeld, en 1739, et mourut 
à Ballensteilt, le 27 novembre 1797. Il se distin- 
gua comme compositeur dramatique, de 1784 à 
1793; les opéras qu'il a écrits sont : 1" Aconcius 
elCydippe. — 2" Das Milchmxdchen (la Laitiè- 
re).— 3° J/rtJYi?i Vellen. — '\° Enoïnet Elmire. 
— 5°les divertissements de P/?i/emon etBaitcis. — 
6" Der Spiegel U'itler (le Chevalier du miroir) qui 
fut représenté en 1795, à Ballensfedt, par une 
troupe d'amateur.'. En 1790, Agtlie publia aussi 
trois sonates pour piano chez Breilkopf , à Leip- 
sick; enfui l'on connaît de ce compositeur un 
recueil de chansons imprimé a. Dessau en 1782, 
sous ce titre : Der Morrjen, Mittag , Abend 
iind Nacht zum Clavier und Gesnng (le Ma- 
tin, le Midi , le Soir et la Nuit, etc.) 

AGTHE ( Albert) , pianiste et compositeur, 
né à Posen vers 1819, fut considéré comme un 
prodige dans son enfance, et voyagea pour don- 
ner des concert^, tl s'est aussi fait connaître 
comme compositeur, et a publié diverses œuvres 
parmi lesquelles on remarque : 1" Sonate pour 
piano et violon, op. 2; Leip->ick, Peters. — 2° Des 
marches pour piano à quatre mains, œuvres 3, (^ et 
9; Leipsick, Breifkopf et Hœrtel , Peters, llof- 

mester 3" troisgrandes polonaises idem, op. 8; 

Leipsick , llofmeister. — 4" Rondeau en forme 
de valse; Posen, ciie/, l'auteur. — 5" Six divertisse- 
ments pour piano seul, op. 1; Leipsick, Peters. 
— 6° Sonate pour piano seul , op. 5 ; Leipsick, Ilof- 
mei.ster. — 7" Études pour le piano en quatre suites; 
fîerlin, Bote et Bock. — 8» Quelque Lieder avec 
piano. M. Agthe est fixé à Posen, sa ville natale. 



AGUADO (D. Denis), guitariste renomma 
de son temps , naquit à Madrid , le 8 avril 1784. 
Fils d'un notaire du vicariat ecclésiastique de cette 
■ville, il fit au collège des études littéraires aux- 
quelles il faisait trêve parfois pour jouer de la 
guitare, qu'il aimait avec passion. Un moine lui 
enseigna les premiers principes de cet instrument ; 
mais ce fut le célèbre chanteur Garcia , alors in- 
connu en France et en Italie, qui lui fit com- 
prendre les ressources de nouveautés qu'il 
pouvait trouver dans la guitare. A la mort de 
son père, en 1803, Agiiado hérita d'un petit 
bien situé près d'Aranjnez , dans un village 
nommé Fuenlabrada, où il se retira avec sa 
mère pendant l'occupation de l'Espagne par les 
armées françaises. Ce fut dans ce lieu que, pen- 
dant toute la durée de la guerre, il s'adonna ex- 
clusivement à l'étude de son instrument favori, 
cherchant avec une persévérance infatigable de 
nouvelles combinaisons de doigter et d'effets. 
Après la paix , il retourna à ftladrid avec sa 
mère, dont il ne fut séparé que par la mort, en 
1824. En 1825, il se rendit à Paris, où déjà ses 
compositions étaient connues. Sa méthode de 
guitare, ouvrage remarquable en son genre, avait 
été publiée plusieurs années auparavant : elle fut 
traduite en français , et publiée à Paris, en 1827, 
chez Piichault. Pendant le séjour que (it Aguado 
dans cette ville (1825-1838), son talent, .sa 
simplicité et ta douceur de son caractère lui 
firent beaucoup d'amis parmi les artistes les plus 
distingués; cependant il éprouva dans les der- 
nières années un si vif désir de se retrouver dans 
son pays, qu'il prit enfin la résolution de retour- 
ner à Madrid, où il arriva en IS38. Depuis lors 
il ne s'est plus éloigné de la capitale de l'Espagne : 
il y est mort le 20 décembre 1849, à l'âge de 
soixante-cinq ans et huit mois. Son excellente mé- 
thode avait été publiée pour la première fois eu 
1825 ; la Iroisième édition , avec une appendice, 
a paru en 1843, sous le titre de Nnevo Metodo 
para guitarra, Man'ivid , D Bevito Campo. Les 
autres ouvrages d'Aguado sont : 1° Collcccinn 
de Los Estudios para In griifarra; Maih'ul, 
1820. — 2° Très Hondos brillantes; ibid. 182'>. 
— Z'Colleccion de Andantcs,Valses et Minncfns ; 
ibid. Ce recueil contient 10 andantes, 45 valses et 
G menuets. — 4° El minuéafaudangndo con va- 
liacioncs; ibid.— 5° Grand Solo deSor, etplu- 
sieurs ouvrages composés pour son élève de pré- 
dilection, Augustin Campo, lesquels n'ont paru 
qu'après sa mort. 

AGUIARI (Lucrèce), cantatrice célèbre, 
surnommée la Bostardella , naquit h Ferrare 
en 1743. Le nom de bastardella (petite bâtarde) 
lui fut donné, parce qu'elle était fille naturelle 



AGUIAiU — AGUILAR 



37 



d'un gratiil seigneur qui la lit élever dans un 
couvent, où elle apprit l'art du cliant sons la 
direction de l'abbé Lanibertini. Son début dans 
la carrière du tUeâtre eut lieu à Florence, en 
17C4. L'émotion qu'il y produisit parmi les ama- 
teurs la (it appeler dans les villes les plus consi- 
dérables de l'Italie : elle y (it naître le plus vit 
entUousiasme. Le caractère de son talent n'était 
pas l'expression; mais elle surpassait toutes ses 
rivales dans l'exécution des traits de bravoure. 
L'étendue de sa voix, particulièrement à l'aigu, 
lut un phénomène dont il n'y eut jamais d'autre 



exemple , car elle n'avait pour limite que le contre 
tit suraigu. Pour ajouter loi à ce prodige, il ne 
faut pas moins que l'autorité de Mozart. Dans 
une lettre écrite de Bologne, le 24 mars 1770 
(voyez W. A. Mozart von Otto Jabn, i'^' Th. 
p. 628 et suiv.), il dit: « A l'arme nous avons 
« fait la connaissance d'une cantatrice , la célèbre 
« Bastardella , et avons eu le plaisir de l'i-ntendre 
n dans sa propre maison. Elle possède une belle 
'<■ voix, une vocalisation excellente, et une éten- 
« due incroyable à l'aigu. Elle a chanté en ma 
« présence les passages suivants : 










mmi ^^êEM 



^ 



.£L 



^#£$i — ^. 



% 



Dans une autre lettre écrite à la même date , 
Léopold Mozart , père de l'illustre compositeur , 
conlirme son récit, et certifie l'exactitude du pas- 
sage noté ci-dessus. 

Au carnaval de 1774, Agniari fut applaudie 
avec fureur au grand théâtre de Milan dans un 
*)péra de Colla intitulé : il Tolomeo, et se distin- 
gua plus encore dans une cantate du même maître 
exécutée au palais du comte Tommaso Marini. 
Dans l'année suivante, elle fut appelée à Londres 
par les propriétaires du Panthéon, où se don- 
naient alors les concerts fréquentés par l'aristo- 
cratie. Les entrepreneurs consentirent à lui payer 
l'énorme somme de cent livres sterling par soi- 
rée, quoiqu'elle n'eût voulu s'engager qu'à chan- 
ter deux morceaux dans chaque concert. De 
retour en Italie , elle fut engagée au service de la 
cour de Parme. En 1780, elle épousa le maître 
do chapelle Colla, auteur de tous les ouvrages 
qui avaient fait sa renommée. Depuis plusieurs 



années elle avait cessé <îe se faire entendre au 
théâtre, lorsqu'elle mourut à Parme , à l'âge de 
qtiaranle ans, le 18 mai 1783. 

AGUILAR (Emanuel) , pianiste et composi- 
teur d'origine espagnole, est né en Angleterre 
dans l'année 1824. Pendant un long séjour qu'il 
a fait à Francfort , il a reçu de l'excellent profes- 
seur Schnyder de Wartensée son instruction dans 
l'harmonie et la composition. Pendant les années 
1844-1848 il demeura dans cette ville, y donna 
des concerts, et y fit entendre plusieurs de ses 
ouvrages, entre autres une symphonie (en vti 
bémol) qui fut bien accueillie, une ballade avec 
orchestre, et des sonates et fantaisies pour là 
piano. Les événements de 1848 le décidèrent à 
s'éloigner de l'Allemagne pour aller se fixer se 
Londres;cependant, il s'arrêta à Leipsick quelques 
jours, et y joua, le 30 mars, le concerto en si mi- 
neur de Hnmmel, dans un concert de la Gewand- 
haus. De retour à Londres, il y est resté jusipi'à 



38 



AGUILAR — AHLE 



ce jour, et s'y livre à l'enseignement du piano. Il 
y donne aussi chaque année des séries de concerts 
spécialement destinés à la musique de piano , et 
dans lesquels il fait entendre les œuvres classiques 
des grands maîtres , particulièrement de Beetho- 
ven, M. Aguilar a publié à Londres plusieurs 
compositions pour son instrument. 

AGUILERA DE HEREDl A (Sébastien), 
prêtre et maître de chapelle à Saragosse , fut un 
des meilleurs compositeurs espagnols, au com- 
mencement du dix-septième siècle. En 161S il 
publia en cette ville, de sa composition, une 
grande et précieuse collection de Magnificat des 
iiuittons, àquatre, cinq, six, septet huit voix. Ces 
excellents morceaux se chantent encore dans la 
cathédrale de Saragosse et dans plusieurs autres 
églises de l'ancien royaume d'Aragon. 

AGUS (Henri), professeur de musique, né 
en 1749, entra au Conservatoire de musique de 
Paris comme maître de solfège, le 16 thermidor 
an III et mourut au mois de lloréai an VI. Il pa- 
raît qu'il avait d'abord résidé en Angleterre, oii on 
publia deux œuvres de sa composition , savoir : 
1" Six solos pour violoncelle, op. 1'"'; T Six idem, 
op. 2^. Quelques-uns de ses ouvrages ont été gra- 
vés à Paris. On cite parliculièrement un œuvre de 
trios pour deux violons et basse, et un solfège, 
qui n'a point eu de succès. On lui attribue aussi 
un œuvre de six duos concertants pour deux vio- 
lons, publié à Paris, chez Barbieri, comme 
œuvre 37'' de Boccherini ( voy. ce nom ) . Agus a 
écrit plusieurs leçons pour le solfège du Conser- 
vatoire. Ce musicien manquait de goût et d'in- 
vention; il passait pour savant dans le contre- 
point ; mais sa science obscure n'avait rien de 
correct. 

AHLE ( Jean-Rodolphe ), né à Mnihausen, 
le 24 décembre 1625, fut envoyé, en 1G43, à 
l'université de Goettingue, où il étudia pendant 
deux ans sous J.-A. Fabricius. De là, il alla, en 
1645, à l'université d'Erfurt. 11 n'y était que de- 
puis un an , lorsqu'on établit dans cette ville 
l'école musicale de Saint-André, dont la direction 
lui fut conliée. En 1649, l'organiste de l'église 
Saint-Biaise de Mulhausen étant mort, Ahle ob- 
tint sa place. Quelques années après, il fut 
nommé conseiller et enfin bourgmestre. Il mou- 
rut en 1673, à l'âge de quarante-huit ans. On a 
de lui : 1" Geistliclie Dïalogen, mit 2, 3, 4 
îtncf??ie/irS<jmmeH, c'est-à-dire Dialogues spi- 
rituels à deux, trois et quatre voix, etc., pre- 
mière partie; Erfurt, 1648. — 2° Sa méthode de 
ciiant intitulée Compendiwn pro ienellis ; Er- 
furt, 1648, in-8°. La deuxième édition est intitu- 
lée : Brevis et perspicua introdtictio in artem 
musicam, das istcin kurtze Anleilung zu der 



lieblichenSing-Kunst;^ïu\h&\i!ien, 1673, in-8° 
de deux feuilles et demie. Son fils en donna une 
troisième édition en 1690, avec des notes histori- 
ques et critiques, et la quatrième parut en 1704. 
Ces deux dernières éditions ont pour titre : 
Kurze doch deutliche Anleitung, zu der lie- 
blich, und lœblichen Sing-Kunst (Introduction 
courte, mais claire, à l'art agréable et distingué 
du chant); Mulhausen, in-8"'. Dans l'édition de 
1704 , le texte du traité est renfermé en 32 pages, 
et les notes de l'éditeur forment 86 pages. — 3° 
Trente symphonies, padua7ies, allemandes, etc., 
à trois, quatre et cinq instruments; Erfurt, 1650. 
4° Thuringischen Lt<s<-Gar<e«s, contenant vingt- 
six fleurs spirituelles, depuistroisjusqu'à dix voix ; 
Erfurt, 1657; première partie. La deuxième partie 
a été publiée en 1658. — 5° Première dizained'airs 
spirituels, à une, deux , trois et quatre voix ; Er- 
furt, 1660, in-fol. ; la seconde dizaine, à Mulhau- 
sen, 1602, in-fol.; latroisièmeetlaquatrièmedans 
les années suivantes, en pareil format. — 6° Offices 
complets pour toutes les fêles de Vannée , 
quatorze pièces aune, deux, trois, quatre et huit 
voix , avec des ritournelles pour quatre violes ; 
Mulhausen, 1662.-6° (bis) Zehn neuegeistUche 
musikalische Concerte mit drey, vier, fiuif, 
sechs, sieben, acht,zehn und viehr Stimmen 
zu dem Basso continua, etc. (Dix nouveaux 
concerts spirituels et musicaux à trois , quatre , 
cinq, six, sept, huit, dix et un plus grand 
nombredevoix,avec basse continue); Mulhausen, 
1663, in-fol.; — 7° Motets pour tous les diman- 
ches de Vannée , au nombre de cinquante, aune , 
deux, trois et quatre voix; Mulhausen, 1664, 
in-fol. — %'' Dix chants religieux ,k cinq et huit 
voix, sous ce titre : Neue geistUche Chorstûcke, 
mit 5, 6, 7 und 8 SVwimen. Cet œuvre est com- 
posé de trois motets à cinq voix , trois idem à 
six, un à sept, et trois à huit ; Mulhausen , 1664, 
in-4°. — 90 Collection de motets, intitulée : Neu- 
veifaste Chor-Mvsik, à cinq , six, sept, huit et 
dix voix; Mulhausen, 1668. — 10" un petit traité 
latin intitulé : De Progressionibus consonan- 
tiarum, dont la date et le nom du lieu de l'im- 
pression ne sont indiqués par aucun bibliographe, 
et que je n'ai trouve dans aucune bibliothèque. 
AHLE (Je\n-Geoi'.ges), fils du précédent, 
né à Mulhausen, en 1650, fut organiste à l'é- 
glise de Saint-Biaise, et sénateur de cette ville, 
où il mourut le 1'"' décembre 1706, à l'âge de 
cinquante-six ans. Il était encore écolier à l'uni- 
versité lorsqu'il fut désigné, à la mort de son 
père , pour lui succéder dans la place d'orgaïu'ste 
de Saint-Biaise. Poète distingué, il fut couronné 
en cette qualité dans l'année 1680. Ahle peut 
être mis au nombre des écrivains les plus fé- 



AHLE — AIBLINGER 



39 



coiuls de son temps ; car, depuis 1671 jusqu'à sa 
mort , c'est-à-dire pendant trente ans, il lit pa- 
raître chaque année un ouvrage , soit théorique, 
soit pratique, sur la musique. Malheureusement, 
l'incendie qui éclata à Mulhausen en 1689 en a 
consumé une grande partie ; ceux-mômes qui ont 
été publiés postérieurement à cette époque sont 
maintenant fort rares. 11 avait eu cinq fds et 
trois filles; mais il survécut à tous ses enfants. 
Il a publié un traité théorique intitulé : Vn},- 
truhtinne odermusikalïscher Gartenhist [iàv- 
din des divertissements musicaux); Mulhausen, 
16S7, six feuilles inS", On trouve au commen- 
cement de ce petit volume une épître dédica- 
toire en vers au bourgmestre de Mulhausen, une 
préface et quelqvies pièces de vers à la louange 
de l'auteur. A l'égard du corps de l'ouvrage, ce 
n'est qu'un commentaire assez pédant, vide d'i- 
dées, et rempli de citations hors de propos, sur 
trois chants à deux , trois et quatre voix com- 
posés par Aille dans le style français de son 
lemps. En 1690 il donna la troisième édition de 
la méthode d« cirant de son père, à laquelle il 
ajouta des notes historiques et critiques Irès-es- 
timées, et dans l'année 1704 il publia la qua- 
trième. Il fit paraître en 1695 son dialogue du 
printemps, intitulé : Mxisikalische Frûhl'mgs- 
gespraeche, Mulhausen, in-8«; en 1697, le dia- 
logue de l'été ( Musikalische Sommergesprae- 
che), ibid., in-8"; en 1G99, celui de l'automne 
( Musikal. Herbstgespraeche) ; ibid., in-8°, 
et en 1701, celui àe \\ii\ &T{Musikal. Winter- 
gespraeche ), ibid., in-S", tous ayant pourobjet 
les règles de la composition. 11 publia aussi une 
suite de dissertations sur la musique et de pièces 
instrumentales, sous le nom des Muses. CHo, 
formant la première partie, parut en 1676 ; Cal- 
iiope et Erato en 1677 î Eulerpe en 1678; 
Thalie, Therpsicore, Melpomène et Polymnie 
en 1679; Uranie et Apollon en 1681 : tous 
furent imprimés à Mulhausen , in-4''. lis con- 
tiennent des chants à quatre voix. L'introduc- 
• tion, renfermant les dissertations , parut à Mul- 
hausen, en 1694, sous ce titre : Vnslrutische 
Clio, Calliope, Erato und Euterpe, oderviu- 
sikalisch Mayenlust., in-4°. Enfin on a de sa 
composition : 1° Nette zehn geistiiche Andach- 
ien mit 2 und 1 mkal-und 1 , 2, 3, 4, ins- 
trumental Stimmen zu dem Basso continiio 
gesetz ; Mulhausen, 1671, m-i°.—2°Instrumen- 
talischer Frilhlingsmusik, Erster Theil (Ma- 
sique instrumentale du printemps); ibid., 1695, 
:n-4''; Zweiter Theil, 1696, in-4"'.— 3» ^Hwm- 
thige zehn vicrstimmige Viol-di-gamba Spiele 
( Dix pièces agréables à quatre parties pour la 
viola di gamba); ibid., 1681, in-4"' i" Drey 



neue vierstimmige Bitlieder (Trois nouvelles 
prières à quatre voix). — h° Fûnf schœne Trost- 
lieder (Cinq beaux chants de consolation ). 

AHLSTROEM (A. J. N. ) , compositeur 
suédois, très- bon organiste de l'église Saint-Jac- 
ques, à Stockholm, et pianiste accompagnateur 
(le la cour, né vers 1762, a publié son premier 
œuvre de sonates pour le piano en 1783. Cet 
ouvrage était gravé sur des planches de cuivre. 
L'œuvre deuxièmea pour titre : IV sonates pour 
le clavecin avec l'accompagnement d'un vio- 
lon, op. 2; Stockholm, 1786. Plusieurs autres 
ouvrages de musique instrumentale ont été aussi 
publiés par Ahlstroem ; et il s"'est fait connaître 
comme compositeur de musique vocale par des 
cantates et des chansons avec accom. de clavecin. 
Cet artiste distingué a été, pendant deux ans, ré- 
dacteur d'un JMimal ou écrit périodique sur la 
musique en langue suédoise, qui paraissait à 
Stockholm sous ce titre : Miisikaliskt Tids/oer- 
drife (Heures de loisir musical). Enfin, on 
doità Ahlstroeni, en société avecM. B. C. Boman, 
littérateur, la publication d'une très-intéressante 
collection d'airs populaires suédois, sous le titre : 
Walda svenska Folkdansar ocfi Folkledar 
( Choix d'airs populaires suédois et de danses 
nationales); Stockholm, Hirscli. On a extrait de 
cette curieuse collection six airs chantés à Ber- 
lin par Jenny Lind,et on les a réimprimés sous ce 
titre : Schivedische Volkslieder mit Schwedis- 
chem original-Texte, n° 1-6; Berlin, Bote et 
Bock. Ahlstroem remplissait encore ses fonctions 
d'organiste en 1827, dans un concert spirituel 
donné à l'église de Saint-Jacques. Il était alors 
âgé de soixante-cinq ans. 

AIBLINGER (Joseph-Gaspard), né àWas- 
serbourg dans la haute Bavière, vers 1780, entra 
en 1790 au séminaire de Tegernsée, pour y faire 
ses études littéraires et musicales. L'abbé Gré- 
goire Rottenkalber, qui gouvernait alors ce mo- 
nastère, remarqua bientôt les heureuses dispo- 
sitions d'Aiblinger pour la musique, et les fit 
cultiver avec soin. A l'âge de dix-huit ans, il se 
rendit à Munich, où son concitoyen le professeur 
Joseph Schlett l'accueillit et lui fournit les moyens 
de continuer ses études de chant et de compo- 
sition. Quelques essais de composition qu'il fit 
dans le style de la musique d'église de l'Au- 
triche et de la Bavière furent remarqués à la 
cour, et une pension lui fut accordée pour qu'il 
allât perfectionner son talent en Italie. 11 y ar- 
riva en 1802, et s'établit d'abord à Bergame, près 
de son compatriote Mayr, qui le fit beaucoup 
écrire sous sa direction. La vice-reine d'Italie, 
princesse de Bavière, devint ensuite la pro- 
tectrice d'Aiblinger : il se fixa à Milan, et fui 



40 



AlBLmGER — AlCllINGER 



attaché à h musique du \ice-roi , en qualité de 
second maître de chapelle; mais i)ar des cir- 
constances inconnues , il s'éloigna de cette 
ville, et s'établit à Venise, où il fonda une 
institution musicale sous le nom à^Odéon. En 
1820 il écrivit à Milan la musique du ballet de 
Vigano intitulé : Bianca, représenté au théâtre 
<le la Scala pendant le carnaval ; et dans la 
même année il composa aussi I Titani , -autre 
ballet du même auteur. Après la mort de Winter 
(en 1825) Aiblinger lut appelé à Munich 
pour y occuper la place de second maître de cha- 
pelle, en remplacement de Stunz , qui venait 
d'être élevé à la place de premier maître. En ISS."} 
il voulut revoir l'Italie, y lit un second voyage, et 
s'arrêta quelque temps près de son ami Simon 
Mayr. Dans ce voyage il visita Rome , et y fut 
nommé membre de l'Académie de Sainte-Cécile. 
Il a écrit plusieurs morceaux de musique d'un 
bon style, et s'est fait connaître comme composi- 
teur dramatique, par Rodrhjues et Chimène, 
opéra en trois actes. Lorsque le bel ouvrage de 
(iluck, fphigénie en Tauride, lut mis en scène 
a Munich, pour Mi'*^ Schechner (postérieurement 
Mme \Vaagen), Aiblinger ajouta à la partition 
originale une grande scène pour cette cantatrice ; 
ce morceau, dit-on, ne fut pas jugé indigne d'être 
entendu près de la belle musique du créateur de 
la tragédie lyrique. Mais le nom de cet artiste 
est connu surtout par sa musique d'église. Ses 
compositions eu ce genre sont celles dont voici 
les titres : 1° Requiem à quatre voix, deux vio- 
lons, alto, orgue et basse, deux cors obligés, deux 
trompettes et timbales, op. 1; Munich, Falter. — 
2" Litanies (en si b) pour quatre voix et orchestre, 
op. 2 ; ihld. — 3° Messelatine (en/a) pour quatre 
voix, orchestre et orgue, op. 3; i&id.— 4"Graduel 
et offertoire à quatre voix, deux violons, alto , 
deux cors et orgue, op. kyïbid. — b" Requiem^ 
([uatre voix, orchestre et orgue, op. 5; ibid. — 
C'-' Litanies ( eu ré) à quatre voix et orchestre , 
op. ç,\ibid. — 1° Deux messes latines, la première 
en «;, pour r.4wn^, à quatre voix et orgue, op. 7, 
la deuxième, également en ut, pour les di- 
manches, à quatre voix et orgue, op. 8; ibid 

8° Ave Regina, à quatre voix et orgue , op. 11 ; 
ibid. —9° Cyclus Zïceij und Dreij Stimmen Kir- 
chen compost tionem mit Orgel, Bass iind Vio- 
/o?îC; Augsbourg,Kollmann. Cette collection ren- 
ferme la messe de sainte Aldegonde pour deux so- 
soprani et alto ; la messe de sainte Walpurge, pour 
soprano et alto ; la messe de sainte Cécile , idem ; 
la messe de saint Michel, idem; la messe de la fête 
des trois Rois pour deux sopiani ; la messe Sa- 
lesia pour deux soprani et alto; cinq graduels 
liour deux soprani, ctcin<i offertoires, idem. — 



10° Kirchenmusik fUr kleinere Stadt~und 
Landchbre (Musique d'église pour des chœurs 
de petites villes et de la campagne ), ibid. Cette 
collection renferme six messes solennelles ou 
brèves, pour quatre voix et orgue, avec des 
instruments à cordes et à vent ad libitum. — 
11° Messe solennelle pour quatre voix et orgue; 
Augsbourg, Boehm.— 1 2o Dix-sept psaumes de vê- 
pres pour quatre voix, orchestre et orgue, op. 12 ; 
Munich, Falter.-« 13° Six offertoires et six gra- 
duels pour cinq voix sans accompagnement, op. 
1.3 et \k;îbid. — 14o Deuxième suite du Cijclus, 
contenant les Litanies de la Vierge pour deux so- 
prani, orgue, violoncelle et contre-basse; les lita- 
nies pour la fête des trois Rois, idem; un Vent 
Sancte Spiritus, jiour deux soprani, contralto, 
orgue , basse et violoncelle ; un Tantum ergo 
sur le plain-chant, avec orgue; et un Requiem 
sur le plain-chant, suivi du Libéra, avec orgue; 
Augsbourg, Boehm. Pendant .son séjour en Ita- 
lie, Aiblinger a publié chez Riccordi, à Milan, 
une pastorale pour l'orgue. 

AICH (GoDEFiioy), chanoine régidier de 
l'ordre des Prémontrés, qui vivait vers le milieu 
du dix-septième siècle, a fait imprimer à Augs- 
bourg : Fructus ecclesiasticus trium, quatuor 
et quinque vocum, duorum vel trium instrum. 
cum secundo choro. 

AICHELBURG, virtuose sur la mandoline, 
fixé à Vienne. On a de lui : 1° Pot pourri pour 
mandoline ou violon et guitare, œuvre l''"; 
Vienne, Haslinger. — 2° Variations pour mandoline 
ou violon et guitare, œuvre 2'^; ibid. — 3" Noc- 
turne concertant pour mandoline ou violon et 
guitare, œuvre 3* ; ibid. — 4° Variations concer- 
tantes pour mandoline ou violon et guitare, 
œuvre 4'^; ibid. 

AICHINGER (Grégoire), prêtre et orga- 
niste de Jacques Fugger, baron de Kirchberg et 
Weissenhorn , à Augsbourg, naquit vers 1565. 
En 1599 il alla à Rome pour se perfectionner 
dans la musique ; et son retour à Augsbourg eut 
lieu vers ICOl. On ignore l'époque de sa mort; 
mais on sait qu'il vivait encore en 1614, car il 
a signé la préface d'un de ses ouvrages le 5 dé- 
cembre 1613. On a de lui les ouvrages suivants : 
1° Liber l sacraruni eantionum , quatuor, 
quinque et octo vocum, cum madrigales ; 
Augsbourg, 1590. C'est sans doute le môme ou- 
vrage qui a été réimprimé dans la même année 
à Venise, chez Ange Gardane, sous ce titre : Su- 
cra; cantiones quatuor, quinque, sex, octo et 
decem vocum, cum quibusdam uliis, quse vo- 
cantur Madriguli, tum vivxvoci, tum omni- 
bus niusicorum instrumentis accomodatx. — 
2° Lib.lsacrarum eantionum, quatuor, quin' 



AlCHINGER — AIGUINO 



41 



Que eô sex vocum, cum missa et Magnificai 
ncc yion dialogis aliquol ;\enhe, 1595. — 3" Sa- 
crx Cantiones, quinque, sex, septem et octo 
vocum, dédiés au chapitre de la cathédrale 
d'Augshourg; Nuremherg, 1597. — 4° Tricinïa 
Mariana quibus Antiphonx , Hymni, Magni- 
ficat, LUanias et variée Laudes, etc. ; Inspriick, 
Agricola, 1598, in-4". — 5° D'winee Laudes ex 
Jloridis Jacobi Pontani excerptas, trium vo- 
cum; — Augsbourg , 1602. — 6° Vespertinmn 
Virginis Canticum, consistant en un magnificat 
à six voix , dédié au prince Jean Adam , abbé de 
Kenipten; Augsbourg, 1604. — 1° Ghïrlanda di 
Canzonctte spirituali a tre voci; Augsbourg, 
1 604. — 8° Fasciculus sacrarum harmoniarum, 
quatuor vocum; Dillingen, 1609. — 9*^ Solemnia 
corporis Christi in sacrificio missas, et in 
ejusdemfesti officiis acpublicis processionibus 
decantari solita; Augsbourg, 1606. — 10° Can- 
tiones ccclesiasticse , très et quatuor vocum, 
cum basso generali et continuo, in usum orga- 
nistarum; Dillingen, 1607, in-4o. Cet ouvrage 
est remarquable en ce qu'il est un des premiers 
où les mots de basse continue apparaissent. — 
ilo Vlrginalia : laudes Virgine Marix, com- 
plexa et quïnis vocibus modulata; Dillingen, 
1608, ia-4ù. — U" (bis) Teutsche Gesenglein 
(sic) ans dem Psalter sammt anderngeistl. Lie- 
dern zu3 Stimmen ; Dillingen, Meitzer, 1609, 
iD-40. — 12" Sacrx Dei Laudes sub officia di- 
vïnoconcinendx, quai-um pars priori, 6, 1, 8; 
postcrior vero 2, 3, 4 et 5 vocum, etc. ; Dillingae 
cxcudebutAdamMcltzer, 1009, in-4o. — 13° Oda- 
ria lectissima ex mcllitissimo D. Bernardi 
Jubilo delïbata modisque niusicispartlm qua- 
tuor, partim ir'ium vocum; Francfort et Augs- 
bourg, 1011, in-40. — 14o Corona eucharislica 
duarum et trium vocum; Augsbourg, 1611, 
in-4o. — 150 Vulnera Christi a D. Bernhardo 
salutata, tribus et quut. vocibus musicx de- 
flecta; Dillingen, in-4". — 16" Lacrymx B. Vir- 
ginis et Joannis in Christum a cruce deposi- 
tummodis musicis expressx ; \\\^&bomg,h\-ko. 
— 17" Liturgica, sive sacra officia ad omnes 
festos quat. voc; Augsbourg, 1593, in-t6. — 
18» Zwei Kingiieder vom Tod und letzten 
Gnricht mit 4 Stimmen ; Dillingen , Greg. 
Haenlin, 1013. Le catalogue de l;i bibliothèque 
musicale du roi del^ortugal Jean IV indique aussi 
tme collection de motels à trois et quatre voix , 
d'Aichinger, sous ce titre ; Quercus Dodonea. 
AIGNER (Engelbert), composiieur, né à 
Vienne, en Autriche, le 23 lévrier 1798, est fils 
d'un marchand de 1er, qui le destinait au com- 
merce. Dès l'âge de quinze ans il écrivait de pe- 
tites compositions que l'abbé Stadler considéra 



comme des indices d'une heureuse organisation 
musicale. En 1835 il obtint la place de chef 
d'orchestre des ballets au théâtre impérial ; mais 
il l'abandonna deux ans après, pour se rendre 
à Idria, avec le mécanicien Wurm. En 1839 il 
établit une grande fabrique de machines dans 
l'Autriche supérieure. On ignore les motifs qui 
lui ont fait abandonner cette entreprise en 1842. 
Depuis lors il a vécu à Vienne sans emploi , cul- 
tivant la musique comme simple amateur. Ses 
principaux ouvrages sont ceux-ci : 1° Messe à 
quatrevoix, toute en canon; Vienne, Haslinger. — 
2» Plusieurs messes avec orchestre, et un Be- 
quiem, non publiés. — 3° L'opéra intitulé Wun- 
derlilie (Le Lis magique). — 4" Bas ge/ieime 
ii'ettiier (La Fenêtre secrète), opéra-comique joué 
en 1826. — 50 Der Angriffsplan (Le Plan d'atta- 
que), représenté au théâtre delà porte de Carin- 
thie, en 1829 ; G» Le vaudeville das Hochzeits- 
concert (Le Concert de noces), représenté au 
théâtre Kaernthnerthor, le 29 novembre de la 
même année. — 7o Beaucoup de musique de bal- 
lets pour divers théâtres de Vienne. — 80 La can- 
tate intitulée : Lob der Tonkunst ( Éloge de la 
Musique ), exécutée à Vienne en 1835. — 90 Quin- 
tette pour piano, llùte, violon, alto et violoncelle 
(en 50/); Vienne, Diabelli — 10° Six chants pour 
quatre voix d'homme; Vienne, Artaria. 

AIGRE ( Henri -Barthélémy ), libraire à 
Paris, est né à Angoulôme, le 23 mai 1799. 
Disciple de Jacotot, il s'est livré à l'enseignement 
par la méthode de son maître, d'abord à Bou- 
logne, puis à Strasbourg. Le peu de succès qu'il 
obtint dans cette dernière ville le décida à venir 
s'établir à Paris. On a de lui : !« V Enseignement 
universel mis à la portée de tous les pères 
de famille, par un disciple de J. Jacotot ; Pans, 
P. Dupont, 1 829-1830, trois parties in-S». La troi- 
sième partie traite de la musique, des mathéma- 
tiques, de la théologie, etc., en 80 pages — 2" Bé- 
forme à faire dans la manière d^écrire la 
musique , au moyen de laquelle les commen 
çants n'éprouveront plus de difficulté, soit 
dans la lecture , soit même dans l'exécution. 
Par un ignorant qui frissonne au seul nom de 
bémol ; Varia, Ladvocat, 1830, in-8ode 16 pages. 

AIGUINO (Illuminato), surnommé Bres- 
ciano, de l'ordre des Frères Mineurs de l'Obser- 
vance, au couvent de Venise, naquit vers 1520 
au château degli Orzi vecchi, dans les environs 
de Bresse ou Brescia, en Lombardie. Son por- 
trait se trouve dans les deux ouvrages qu'il a pu- 
bliés , et l'on y voit joint à ses noms celui de 
capitano. Le portrait publié en 158i n'a même 
que ce nom, qui semble indiquer qu'avant d'en- 
trer dans son n;onaslcrc, Aiguino avait été mi- 



42 



AIGRE — AIMOM 



litaiie, et qu'où le désignait par le titre qu'il 
avait eu dans sa première profession. Il fut élève 
de Pietro Aaron , et publia les ouvrages suivants : 
1° La illuminaia di tutti i tuoni di can to ferma, 
con alcuni bellissinii secreti, non d'altrui 
pmscnWi;Venise, Ant. Gardane, 1562, in-4o. — 
20 jl Tesoio illuminato di tutti i tuoni dicanto 
figurato, con alcuni bellissimi secreti, non 
da altri piu scritti , nuovamente composta 
del R. P. illuminato Ayguino Bresciano; in 
Vcnezia, presso Gio. Varisco, 1581, in-4o. Cet 
ouvrage est dédié au cardinal Louis d'Esté. Les 
tifies des deux livres d'Aiguino semblent indi- 
quer une diflérence entre les tons du plain-chant 
et ceux de la musique mesurée; mais le contenu 
des deux ouvrages démontre que dans le cliant 
de l'église, comme dans toute espèce de musique, 
la tonalité était identiquement la même au temps 
où écrivait Aiguino. Dans le premier de ses ou- 
vrages comme dans l'autre, l'auteur établit qu'il 
y a huit tons, et dans tous les deux il explique 
la formation de ces tons par les espèces de quartes 
et de quintes dont ils sont composés et qui les 
caractérisent. Le trésor illuminé de tous les tons 
du cliant (iguré ne diffère du précédent ouvrage 
<(ue par les chapitres, où Pauteur disserte sur 
l'emploi des dièses et bémols accidentel!^ de la 
musique harmonique, et par la partie de son 
livre relative à la valeur et à l'emploi des signes 
de la musique mesurée. 

AIMON ( Paki'hile-Léopold-François), né 
àl'lsle, déparlement de Vaucluse, le 4 octobre 
1779 (l), reçut les premières leçons de musique 
ée son père. Esprit Aimon, violoncelliste attaché 
au comte de Ranlzau , ministre de Danemark. 
Léopold fit des progrès rapides, et à l'âge de 
dix-sept ans il dirigeait l'orchestre du théâtre 
de Marseille. Il s'appliqua alors à l'étude des 
partitions des meilleurs compositeurs italiens et 
allemands : elle lui tint lieu d'un cours de com- 
position plus sévère. Lorsqu'il se crut suffisam- 
ment instruit, il écrivit vingt-quatre quatuors 
t>our deux violons, alto et basse, et deux quin- 
tettis pour deux violons, deux altos et violon- 
celle; un de ces derniers a été gravé à Paris, 
chez Jnnet, ainsi i\ue vingt et un quatuors. 

En 1817, Aimon alla se fixer à Paris dans le 
dessein de se livrer à la profession de composi- 
teur dramatique. Son opéra des Jeux Floraux, 
reçu à l'Académie royale de Musique au commen- 
cement de 1818, fut représenté au mois de no- 
vembre de la même année. La musique de cet 

(i) Celte date est certaine. M. Ch. Gabeta été induit en 
erreur lorsqu'il a fixé ( dans son Dictionnaire des artistes 
de l'École française au dix-nniviéme siècle; Paris, loôi, 
in-S" ) l'cpoque de la naissance de M. Aimon en i78b. 



ouvrage fut trouvée faible et dénuée d'originalité. 
A l'ouverture du Gymnase dramatique, en 
1821, l'administration de ce théâtre s'attacha 
M. Aimon , en qualité de chef d'orchestre. C'est 
pendant la durée de son service qu'il a. composé 
de jolis airs de vaudeville qui sont devenus po- 
pulaires : celui de Michel et Christine a eu à 
juste titre une vogue peu commune. En 1822, à 
la retraite de Baudron, chef d'orchestre du 
lliéàtre-Français, Aimon lui succéda. Après 
avoir rempli ces fonctions pendant plusieurs an-» 
nées, il y a renoncé, et a eu pour successeur 
M. Barbereau. Depuis lors, Aimon s'est livré sans 
réserve à l'enseignement, après avoir perdu 
toutes les illusions de gloir* qui avaient charmé 
sa jeunesse. 

11 a écrit pour l'Opéra, Velleda, en cinq actes; 
paroles de M. de Jouy ; Abu far en trois actes; 
Alcide et Omphale, et les Cherusqiies ; pour 
l'Opéra-Comique, les deux Figaros , paroles de 
Martineili ; ces ouvrages n'ont point été repré- 
sentés. Les compositions musicales qu'il a pu- 
bliées sont : 1" Quintette pour deux violons , 
deux altos et violoncelle ; Paris, Janet. — 2° Trois 
quatuors pour deux violons, alto et basse, œuvre 
4" ; Paris, Hanry. — 3° Trois idem., œuvre 6^ ; 
Paris, Momigny. — 4° Trois idem., œuvres 7"^, 8*, 
9*; Paris, Heniz — 5" Trois idem , œuvres 43", 
4€^; Paris, Pacini. — 6" Trois idem, œuvre 47^; 
Paris, Janet. — 7° Trois idem, livre 4; Paris, 
Frey. — 8° Trois nouveaux idem, livres 5-8, ibid. 
— 9" Concertino pour le violoncelle ; Paris, Pa- 
cini. — 10° Récréation pour deux violoncelles, cor 
et piano, ibid. — 11° Solo pour la clarinette avec 
accomp. de quatuor ou piano; Lyon, Arnaud. — 
12" Premier et deuxième concerto pour le bas- 
son; Paris, Frey. — 13° Quatuor pour le piano; 
Paris, Pacini. — 14° Plusieurs œuvres de trios 
et de duos pour le violon 15° Duos pour gui- 
tare et violon, liv. 1-3; Paris Gaveaux. 

M. Aimon s'est aussi fait connaître comme 
écrivain sur la musique par les ouvrages dont 
les titres suivent : r Connaissances prélimi- 
naires de Vharmonie, ou nouvelle méthode- 
pour apprendre en très-peu de temps à con- 
naître tous les accords; Paris, Frey, 1813, en 
trente petits cartons in- 12. — 2o Etude élémen- 
taire de Vharmonie, ou nouvelle méthode 
pour apprendre en très-peu de temps à con- 
naître tous les accords et leurs principales 
résolutions, ouvrage agréé par GreYry ; Paris, 
Frey. Ces deux titres semblent indiquer le même 
ouvrage. Une deuxième édition de V Étude élé- 
mentaire d'harmonie a été publiée à Paris, en 
1839; 3° Sphère harmonique , tableau des ac- 
cords , une feuille grand raisin ; Paris, Collinet> 



AIMOiN — ALARD 



43 



1827. — 4° Abécédaire musical, principes élé- 
vientuires à l'usage des élèves, un vol. in-12; 
Paris, Hachette, 1831. 

AIROLDI (...), compositeur italien, a fait 
ses études musicales au conservaloirc de Milan, 
sous la ditection de Pietio Ray et de Vaccai. 
Ses premiers essais de musique dramatique 
ont été faits, je crois, depuis 1848 : ils consis- 
tent en trois opéras, à savoir : 1° Don Grego- 
fio neW imbarazzo, opéra-bouffe. — 2° Adriano 
in Stria, opéra sérieux, et Statira Regina di 
Persia. J'ai entendu le premier de ces ouvrages 
à Venise, en 1850; son style facile et la verve 
de quelques morceaux m'avaient donné bonne 
opinion de l'avenir du jeune composileur : il ne 
parait pas que mon espoir se soit réalisé. 

AJOLLA (François), musicien, né à Flo- 
rence dans les dernières années du quinzième 
siècle. Poccianti, qui lui a donné une place dans 
son catalogue des écrivains illustres de Florence, 
dit que Ajolla fut applaudi en Italie et en France ; 
il ajoute que ses compositions imprimées lui ont 
procuré une brillante réputation; mais il n'in- 
dique ni les titres de ces ouvrages, ni le lieu, ni 
la date de leur impression , et Negri n'en dit pas 
davantage dans son histoire des écrivains llo- 
rentins, {Istoria de' Fiorentini scrittori, p. 181). 

A'KEMPIS. Sous ce nom, on trouve parmi 
les manuscrits de la bibliothèque Bodléienne, 
à Oxford ( no 1957. 15), dans la bibliothèque de 
Saint-Marc, àTenise, et dans quelques autres 
grandes collections, un livre qui a pour titre : 
Liber de Musica ecclesiastica. Ce titre est al- 
légorique, et l'ouvrage dont il s'agit n'est autre 
que le livre ascétique de l'Imitation de Jésus- 
Christ, attribué à Gerson par quelques bibliogra- 
phes modernes. ( Voyez Kemi-is. ) 

A'KEMPIS (Florent), organiste de Sainte- 
Gudule à Bruxelles, vers le milieu du dix-sep- 
tième siècle, a publié les ouvrages suivants de 
sa composition : 1" Symplionix , unius, duo- 
mm er trium vioUnorum ; Anvers, 1644, in- 
fol. — 2o Sijmphonise , unius , duorum , trium, 
quatuor et quinque instrumentorum , ad- 
junctx quatuor instrumentorum et duarum 
rocum, op. 2'^, ibid.; lC47,in-fol. — 3" Sympho- 
nix, unius, duorum, trium, quatuor et quin- 
que instrumentorum, adjunctce quatuor ins- 
trumentorum et duarum locian, op. 3"; ibid., 
1649, in-lol.; — i° Missx et Motet ta octo vocum 
cum basso continuo ad organum; ibid., 1650. 
— 5" Missa pro Defanctis octo vocum. Cet ou- 
vrage existait en manuscrit dans la maison de 
Jeanïison,ou plutôt Tic/ion, maîlre de chapelle 
des princes gouverneurs des Pays-Bas, ainsi 
qu'on le voit par un invenlairc, daté du 21 août 



1660, qui se trouve aux archives du royaume 
de Belgique, à Bruxelles. 

AKLROYD (Samuel), né dans le comté 
d'Yorli, vers le milieu du dix-septiènie siècle, a 
composé la musique de quelques chansons, qui 
ont été insérées dans la collection anglaise inti- 
tulée : Tlieater of music, publiée à Londres en 
1685, 1686 et 1687. 

ALA (Jean-Baptiste), compositeur et or- 
ganiste de l'église des Servîtes à Milan, né à 
Monza, dans le Milanais, vers la (in du seizième 
siècle, et mourut à l'âge de trente-deux ans. 
Gerber ( Neices hist. biogr. Lexikon der 
Tonkiinstler) dit que ce fut en 1612; mais cela 
paraît peu vraisemblable; car la date de tous 
ses ouvrages est postérieure à cette époque. 

Il a publié : lo Canzonette e madrigali a 

due voci , lib. 1 ; Milan, 1617, in-fol 2° Con- 

certi ecclesiastici , a una, due, tre e quattro 
voci, Wh. l;Milan, 1618; lib. 2, Milan, 1621; 
lib. 4, 1628. On ignore la date du troisième 
livie. — 30 Armida abbandonata , madrigal à 
quatre voix , et f Amante occulto, air à une et 
deux voix; Milan, 1625, in-fol. — 4» Pratum 
musicum variis cantionum sacrarumjloscu- 
lis ; Anvers, 1634, in-4o, cinq parties. Ce sont 
des motets à une, deux, trois et quatre voix, avec 
basse continue. On y trouve aussi des motets 
de quelques autres auteurs tels que Georges 
Massaûs, Jacques Mollet, et Henry Libert 
Grœen. 

ALABIEFF (...), Russe de naissance, vit 
en ce moment ( 1853 ) à Moscou , et s'y fait 
remarquer par le charme et l'originalité de ses 
mélodies sur des poésies nationales. Les rensei- 
gnements manquent sur cet artiôte. 

ALARD (Lambert), théologien protestant 
et poète lauréat, naquit à Crempé, dans le 
Holstein, le 27 janvier 1602. Après avoir achevé 
ses études dans les écoles de sa ville natale et 
au gymnase de Hambourg, il alla, en 1 62 1 , à Leip- 
sick, où il obtintla place de précepteurdes enfants 
d'un libraire fort riche , nommé Henning Cross. 
Ses travaux du préceptorat ne l'empêchèrent pas 
de cultiver les lettres avec ardeur, et ses succès 
furent si brillants, qu'il obtint en peu de temps 
le grade de bachelier, et que le laurier poétique 
lui fut décerné dans le cours de l'année 1624, 
par Mathieu Hoe, théologien de la cour de 
Dresde. Ce début lui promettait une carrière 
facile ; néanmoins, il échoua dans le projet qu'il 
avait eu d'être professeur de philosophie à l'U- 
niversilé, et cet échec le détermina à retourner 
chez lui vers la Hn de la môme année. En 1625, 
Holger Rosenkrantz, sénateur du royaume de 
Danuei'.ik, envoja Lambert Alard à l'univer- 



44 



ALARD 



site de Sora, en qualité 4e gouverneur de son 
^ils; mais il ne garda pas longtemps ce posle, 
■car peu de mois après il obtint le diaconat à l'é- 
glise de Crempé , puis il fut collègue de son père 
jusqu'en 1630. Il avait atteint l'âge de vingt- 
huit ans, lorsque le roi Ciirétien IV lui accorda 
la cure de Brunsbuttel , au village de Ditlimarre 
sur l'Elbe. Il était âgé de plus de soixante-dix 
ans lor.squ'il cessa de vivre, le 29 mai 1G72. 

Lambert Alard avait été marié trois fois , la 
première en 1626, la seconde en 1654, et la der- 
nière en 1658. De ses trois femmes il avait eu 
seize enfants, dont quelques-uns se sont distin- 
gués dans les sciences et les lettres. Lui-même 
fut un savant homme, qui se fit remarquer éga- 
lement comme profond théologien , comme phi- 
lologue et comme poète. De nombreux ouvrages 
ont été publiés par lui ou laissés en manuscrit. 
Parmi les premiers, on en remarque un relatif à 
la musique, et qui a pour titre : De veterum 
Musica Liber singularis. In fine accessit Pselli 
sapientissimi musica, e cjrœco in latinum 
sermonem translata. Sumplibus Henningi 
■Grossi jun. Schleusingx, excusus typis Pelrt 
Fabri, 1633, in-4o. Les recherches dont cet ou- 
vrage est rempli démontrent que son auteur 
iwsscdait ime érudition jieu commune; mais en 
«lênie temps il fournit la preuve qu'Alard con- 
naissait peu l'art sur lequel il écrivait. Vingt- 
neuf chapitres composent tout le livre. Le pre- 
mier reulèrme diverses définitions et des éloges 
de la nmsique tirés d'Aristote , de Platon, d'Isi- 
dore do Séville et de Censorin. Au second , l'au- 
teur examine quel est l'objet de l'art. Le troi- 
sième est relatif aux divisions de la musique sui- 
vant la doctrine des anciens. Au quatrième, 
Ja musique est considérée dans ses rapports avec 
la physique, la métapliysique, l'astrononne et 
l'arithmétique. Au suivant, l'auteur la considère 
dans ses rapports avec l'éthique ou la philosophie 
pratique; au sixième, avec la médecine et la 
théologie, et enlin au septième, avec la poésie. 
Au huitième, Alard examine les diverses opi- 
nions des écrivains de l'antiquité sur la nécessite 
de savoir la musique. Les chapitres neuvième et 
dixième sont relatifs à la musique instrumentale; 
îe onzième traite des intervalles; le douzième 
-des modes; le quinzième, des effets de la mé- 
lodie; le seizième, un des plus curieux, delà 
puissance qu'a la musique de chasser le démon ; 
les dix-septième, dix-huitième, dix-neuvième, 
Tingtième, vingt et unième, vingt-deuxième, vingt- 
troisième et vingt-quatrième, des diverses dis- 
positions morales que la musique fait naître chez 
i'homme ; le chapitre vingt-cinquième , de la 
euusi(pie profane et divine; les suivants, de la 



corruption de l'art, du meilleur usage qu'on 
peut en faire , et des inventeurs de la musique 
dans l'antiquité. 

La version latine du traité de musique de 
Psellus donnée par Alard est la meilleure qu'on 
ait d« cet opuscule , dont le mérite est d'ailleurs 
fort médiocre : on la préfère à celle qu'Élie Yi- 
net a publiée à Paris, en 1557, in-S'^. 

ALARD ( Delt'iun ), professeur de violon 
au Conservatoire de Paris, et compositeur pour 
son instrument , est né à Bayonne , le 8 mars 
1815. Un penchant irrésistible pour la musique 
se manifesta en lui dès ses premières années. A 
l'âge de trois ans il suivait avec bonheur les 
corps de musique militaire qui se rendaient sur 
les places. Sou père , amateur passionné , encou- 
ragea son penchant, et lui (it étudier la musique 
vocale. Dès qu'il fut en état de lire à première 
vue les solfèges de tout genre , on lui mit entre 
les mains un violon véritable, au lieu de ceux 
qu'il improvisait auparavant avec tout ce qui lui 
tombait sous la main. Un professeur de quelque 
mérite lui fit étudier de bonne musique; et ses 
progrès furent si rapides, qu'à l'âge de dix ans, 
il joua un concerto de Viotti dans une représen- 
tation extraordinaire, au théâtre de Bayonne. 
L'effet qu'il y produisit fut tel , que des amis de 
sa famille engagèrent son pèie à lui faire conti- 
nuer ses études musicales à Paris. 11 y arriva 
environ dix-huit mois après, et fut admis, en 
1827, à suivre le cours de violon de Habeneck, 
comme auditeur. Une de ces circonstances inat- 
tendues qui exercent souvent une grande in- 
fluence sur le sort des artistes le fit admettre à 
concourir pour le prix en 1829 ; car, au moment 
de l'épreuve, le courage faillit à un élève de Ha- 
beneck désigné poui' le concoui-s ; il se retira, et 
Alard , qui avait étudié en secret le concerto d'a- 
près les indications du maître, mais sans avoir 
eu de leçons personnelles, se présenta , étonna 
le professeur, et remplaça son condisciple au 
concours. Sa témérité fut heureuse ; car le 
deuxième prix lui fut décerné à l'unanimité; et 
dans le concours de l'année suivante, il emporta 
la palme sur tous ses concurrents, également par 
une décision unanime du jury. Admis en 1831 
dans le cours de composition de l'auteur de cette 
notice , il le suivit pendant deux ans , jusqu'à 
l'époque où le professeur donna sa démission 
pour prendre la position de maître de chapelle 
du roi des Belges et de directeur du Conserva- 
toire de Bruxelles. C'est dans ces deux années 
d'études que Alard a acquis la manière d'écrire 
élégante et pure qui dislingue ses compositions. 
Entré dans l'orchestre de l'opéra en 1831, il n'y 
resta que deux années, parce qu'il voulut se pré- 



ALARD — ALART 



4.y 



parer une meilleure position , en se faisant en- 
tendre clans les concerts. Jouant en 1831 à la 
Soci<?té (les Concerts, dans la salle du Coiiscr- 
vatoire, la polonaise d'Habenock, en présence 
de Paganini, qui venait d'arriver à Paris, ce 
grand artiste loua beaucoup son talent, et ajouta 
ces paroles remarquables : Si les élèves jouent 
comme cela ici, comment donc doivent joner 
les maîtres ? Dans un anirc concert on Alard 
venait de se faire entendre," Paganini, qui déjh 
éprouvait pour lui un vif seniiment de bienveil- 
lance, lui lit don dn bouquet qui lui avait été 
offert par une dame à son entrée dans la salle. 
En 1840, Alard entra dans la musique du roi, 
dont il devint premier violon, après la mort de 
Baillot. Il remplaça aussi cet artiste illustre, en 
1843, comme jjrofesseur de violon dans ce 
même conservatoire où il avait commencé ses 
sérieuses et fructueuses études seize ans aupa- 
ravant. En ISnO, il a reçu le diplôme de cbeva- 
lier de la Légion d'bonneur. 11 est anjom-d'bui 
(1858) violon solo de la cbapelle impériale. Le 
talent de cet artiste , parvenu à sa maturité, a 
pour caractère distinctif rallianrc entre les qua- 
lités classiques de l'ancienne et grande école 
avec les innovations du mécanisme de l^aganini 
et d'autres virtuoses de l'époque actuelle , par- 
ticulièrement en ce qui concerne la main gaiicbe. 
Grand musicien, nourri des beautés delà grande 
musique, il est un digne interprète des œuvres 
de Haydn, de Mozart et de Heetboven , et dans 
le solo brillant, il a des bardiesses et des délica- 
tesses qui semblent devoir le classer parmi les 
violonistes d'exception destinés spécialement à 
jouer dans les concerts. Quoique jeune encore, 
il a beaucoup écrit pour son instrument avec 
accompagnement d'orchestre, de quatuor ou de 
piano. Ses œuvres publiées jusqu'à ce jour sont 
celles-ci: t» V, S^eto^Fantaisiessurdestlièmes 
01 iginaux, op. t , 4, 5. — 2" Fantaisie sur les thèmes 
de Norma, op. 9. — 3» Idem sur/lM??a Bolena, 
op. tl. — 4'» Idem sur Linda di Chamoumj, 
op. 12. — 5" Idem sur Maria Padilla, op. 17. 
.— 6° Idem sur la Favorite, op. 20. — 7o Idem 
(Souvenirs île iMozart), op. 21. — 8" Idem sur Za 
Fille du régiment, op. 28. — 9o Fantaisie ca- 
ractéristique, op. 24. — 10" Premier grand con- 
certo pour violon et orcbestre, op. 15. — 11° Sym- 
phonie concertante pour deux violons piincipaux 
et orchestre, op. 31. — 12" Six études pour violon 
seul, dédiées à Paganini, op. 2. — 13o Dix études 
avec accompagnement d'un second violon, op. to. 
— 14" Idem op. 16. — 15" Dix études caractéris- 
tiques avec accompagnement de piano, op. 18. — 
Ifio Dix études dédiées aux artistes, op. 19. — 17° 
l" quatuor pourdeux violons, altoet basse, op. 8. 



— ISoTrois duoséiémentaires pour deux violon.s, 
op. 22. — 19° Trois duos faciles pour deux vio- 
lons, op. 23.— 20" Trois duos brillants pour deux 
violons, op. 27. — 21" Grand duo pour piano et 
violon, op. 25. — 22" Tarentelle pour piano et 
violon, op. 14. — 23" Premier nocturne pour 
violon avec accomp.de piano, op. 6. — ^k'' Souve- 
nirs des Pyrdnce5,2'' nocturne, op. 13. — 25" Bar- 
carolle et tarentelle, pour piano et violon, op. 2R. 
— 1C)0 Élégie; mouvement perpétuel ; caprice, op. 7. 
—27" Villanelle, op. 29. — 28" Le Désir, fantaisie 
siu- un thème de Schubert, op. 30. — 29° varia- 
tions brillantes , op. 3 — 30" École du violon, 
méthode complète et progressive adoptée pour 
l'enseignement dans le Conservatoire de Paris, 
Cet ouvrage, dont le mérite est incontestable, 
a obtenu le succès brillant et solide auquel il 
pouvait prétendre. Il en a été publié des traduc- 
tions en espagnol, en italien et en allemand. 

ALARÏUS (IIitAmE VERLOGE, connu 
sous le nom d' ), né à Gand, vers If84, vint h 
Paris dans sa jeunesse , et fut élève de Forque- 
ray pour la viole. Ayant été admis dans la mu- 
sique du Toi comme violiste, il occupa celte 
place pendant plusieurs années. Vers la fin Je 
sa vie, il se retira dans sa ville natale, où il e?t 
mort en 1734. H avait écrit la musique du bal- 
let de La Jeunesse, qui fut reçu à l'Opéra en 
t718, mais qui n'a jamais élé représenté. 

ALART(SiMON)oDALAUD,contrapuntis»e 
français du seizième siècle, naquit à Péronue, dans 
la seconde moitié du quinzième siècle, et fut chan- 
tre et chanoine de l'Église de Saint-Quentin. 
Quentin Delafons dit de lui (1) : « Il vivait à 
« Sôint-Quentin environ l'an 1530, ce que je 
« juge, d'autant qu'il a fait faire les vitres des 
« grandes croi.sées du portail l'Amoureux, aux- 
« quelles vitres il est dépeint. » Le même écrivain 
nous apprend qu'il fut enferré à Saint-Quentin, 
dans tes bas-côtés du chœur de l'église collégiale , 
devant la chapelle de Saint-Georges. On lisait sur 
sa pierre : Cij git vénérable personne maître 
Simon Alard, natif de Péronnc, en son vi- 
vant chanoine et chantre de l'église de céans, 
et très passa le XVI T.... Priez Dieu pour le 
repos de son âme (2). On trouve un motet de 
sa composition dans la collection publiée à Ve- 
nise, en 1549, sous ce titre : Fructus vagantur 
per orbem, exccllcntissim. auctornm diversx 
modul., lib. 1. L'Évangile à quatre voix de ce musi- 
cien, Dum transisset sabhatum, se trouve dans 
le recueil fort rare intitulé: Evangelia Dominico- 

(i) Mss cité par >f. Ch. Gomart, dans ses Notes hhtori- 
ques mir la maîtrise de ^aint-Qucntiv, p, »3. 
(1) IjOC. cit. 



46 



ALART — ALBANÈZE 



rum et festorum dierum , musicis numeris 
putcherrime comprehensa et ornata quatuor, 
quinque, sex etpluriiim vocum. Tomi sex, etc. 
l\'oribergx, in officina Joannis Montant et 
Vlrici Neuberi, 1554-1 550, in-4° obi. La com- 
position (l'Alart est dans le premier volume de 
la collection, sous le n" 27. C'est sans doute ce 
même Alart ou Allaid qui figure comme mu- 
sicien de la chapelle du roi de France Louis XII 
( 1515) dans un compte de dépenses faites pour 
les obsèques de ce prince, lequel se trouve aux 
arcliives de l'empire, lettre K, n" 322. 

ALARI ou ALARY, flûtiste du théâtre de 
la Scala, a fait imprimer deux ouvrages de sa 
composition. Le premier consiste en deux thè- 
mes variés pour la flûte , Milan, Bertuzzi, et le 
second en trois thèmes également variés, ibld. 
Si cet artiste est père de celui qui est l'objet de 
l'article suivant, son nom doit être écrit Alary. 

ALARY (Jules), non Atari, est né de pa- 
rents français à Milan, vers 1815 et il y a fait son 
éducation musicale au Conservatoire, sous la di- 
rection de Basilj.Son début dans la carrière de 
compositeur dramatique fut l'opéra intitulé Ro- 
samonda, qu'il écrivit pour le théâtre de la Per- 
gola, à Florence, et qui fut chanté pour la pre- 
mière fois le 10 juin 1840 par la Strepponi, 
M'"^ Laty, Ivanhoff et Ronconi. Dès 1835 il 
était arrivé à Paris et s'y était fait connaître 
par une complainte sur la mort de Bellini, pu- 
bliée dans la Gazette musicale de Paris, et 
par plusieurs scènes lyriques exécutées arec 
succès dans quelques salons aristocratiques. Dans 
l'année suivante il reçut un bon accueil à Lon- 
dres comme accompagnateur distingué et comme 
professeur de chant. De retour à Paris, et trou- 
vant dans les dii ecteurs de théâtres et de con- 
certs peu d'empressement à faire entendre sa 
musique, il en confia l'exécution à l'orchestre de 
Jullien, qui faisait alors courir tout Paris au bou- 
levard du Temple. Alternativement à Paris et à 
Londres, il y donnait des concerts où il faisait 
entendre, tantôt une symphonie, tanlôt une pièce 
de chant, par exemple, sa jolie barcarole du Lac 
de Como ; mais il ne parvenait pas à se faire une 
véritable renommée de compositeur, nonobs- 
tant le secours, quelquefois indiscret, que lui ap- 
portait la presse. Cinq années se passèrent ainsi , 
après quoi Alary eut un engagement pour écrire 
la Rosamonda. Les journaux parlèrent encore 
d'un grand succès ; néanmoins l'ouvrage disparut 
bientôt de la scène; et le compositeur parut dé- 
couragé : car dix années s'écoulèrent ensuite sans 
qu'il produisît aucun grand ouvrage. Ce ne fut 
qu'au mois d'avril 1851 qu'il appela de nouveau 
V'ittention sur lui par l'exécution , dans un con- 



cert spirituel, de l'oratorio La Rédemption, 
auquel on avait donné le nom de Mystère en 
cinq ac^e5. Quelques bonnes parties furent signa- 
lées par la critique dans cet ouvrage, et l'auteur 
fut loué pour s'être élevé par la gravité de son 
style à la hauteur de son sujet. Le Tre Nozze, 
opéra bou ffe en trois actes, qu'il fit jouer au Théâtre- 
Italien de Paris , présenta le talent d'Alary sons 
un autre point de vue. On y trouva de la fa- 
cilité, delà gaieté, de l'entrain, mais peu de nou- 
veauté. On a publié de cet artiste : lo L'italia 
à Bellini, chant à voix seule avec piano ; Milan, 
Riccordi. — 2° Ninetta, ariette idem; Vienne, Me' 
chetti. — 30 Sicilienne, idem ; Mayence, Schott. 
— 40 Die Treuedes Erckarmers, idem; Bâle, 
Knop. — 5° Eleonora, scène idem; Vienne, Me- 
chelti. — 60 II lago di Como, barcaroUe, idem; 
Mayence, Schott. Beaucoup d'autres pièces de 
chant, et même quelques compositions pour le 
piano, particulièrement des polkas et des valses. 

Un autre artiste nommé Alary (A. F. ), peut- 
être frère du précédent, vit à Milan, et s'y est 
fait connaître comme pianiste et comme com- 
positeur. Ses ouvrages publiés sont : 1» Diver- 
tissements à quatre mains pour le piano, nos i^ 

2, 3, 4 ; Milan, Riccordi 2° Grande fantaisie 

pour piano seul; ibid. 

ALBANEZE ou D'ALBÎVAESE, sopra- 
niste, naquit, en 1729, au bourg ô'Albano dans la 
Poiiille, d'où lui est venu vraisemblablement son 
nom ( Voy. Lalande , Voyage en Italie, tome 7, 
page 196, 2"® édit.). Élève d'un des conserva- 
toires de Naples, il vint à Paris en 1747, à l'âge de 
dix-huit ans. Il fut immédiatement engagé à la 
chapelle du roi, et devint premier chanteur aux 
concerts spirituels, depuis 1752 jusqu'en 1762. Il 
est mort en 1800. Les ouvrages les plus connus 
de sa composition sont les suivants : lo Airs à 
chanter, premier, deuxième ettroisièmerecueils; 
Paris, sans date, in-4o, obi. — 2o Les Amuse- 
ments de Melpomène , quatrième recueil d'airs 
à chanter, môles d'accompagnements de violon, de 
guitare, et de pièces pour ce dernier instrument, par 
MM. Albanèse et Cardon; Paris (S. D.). in-4o. 
— 30 Sixième, septième et huitième recueils d'airs, 
avec accompagnement de violon et basse, in-40, 
obi. — 40 La Soirée du Palais Royal, nouveau 
recueil d'airs, avec accompagnement de clavecin, 
in-40. — 50 Recueil de duos et d'airs, avec sympho- 
nie,^ sans accompagnement, iri-fol. — 60 Recueil 
d'airs et de duos à voix égales, avec basse continue, 
œuvre 1 1""^; Paris, in-4o. _ 7o Soirées du Bois de 
Boulogne , nouveau recueil d'airs, de chansons et 
duos pour le clavecin, avec une ariette à grand or- 
chestre et une pièce en pantomime; Paris, in'4°, 
obi. — 80 Recueil de duos à voix égales, roniaa''cSf 



ALBANÈZE — ALBENIZ 



4r 



branettcs et une cantate de Peigolèse (Or/eo), 
tant avec accompagnement de clavecin que de 
violons, alto et basse chilfrée; I^aris (S. D. ), 
iij.foi. — 90 i,es petits Riens, nouveau recueil de 
ciiansons et romances avec accompagnement de 
piano ; l'aris, in-4o. — too Romances en dialogue, 
avec accompagnement de piano et violon. — 
110 Romances de Rosemonde, imprimée en 
caractères mobiles d'Olivier, Les mélodies d'Al- 
banèse ont eu longtemps en France un succès de 
vogue justifié par leurs formes gracieuses et 
par le sentiment naïf et tendre dont elles étaient 
eJtipreintes. La romance charmante, Que ne 
suis-je la fougère , est d'Albanèse : les paroles 
avaient été composées par Riboutté, grand père 
de l'auteur de VAssemblée de famille. Cette 
romance est faussement attribuée à Pergolèse 
dans le recueil des Chants populaires de la 
France, publié à Paris par Delloye, 3 vol. gr. 
jn-80 illusJré. 

ALBAIXI (Mathus), fabricant de violons, 
qui a eu de la réputation, naquit, en 1621, à 
Botzen, ou Bolzano, ville du TyroJ. Il fut un des 
meilleurs élèves de Sleiner. Gerber cile de cet 
artiste un violon qui portait intérieurement ces 
mots : Mathias Albanus JecU in Tyrol. Bul- 
sani, 1654. Les instruments d'Albani occupent à 
peu près dans le commerce de la lutherie le 
même rang que ceux de Klotz, le père. Ses vio- 
lons ont les voûtes de la table frès-élevées; son 
vernis est d'im rouge tirant sur le brun. La troi- 
sième et la quatrième corde ont le son nasal ; 
la seconde a de la puissance et de la rondeur ; la 
chanterelle a de l'éclat, mais en même temps elle 
a de la sécheresse et manque de moelleux. Al- 
bani mourut à Bolzen en 1673 ( Voy. Moritz Ber- 
man, Œsterreichisches biographisches Lexi- 
kon, tom. I, p, 69 ). 

ALBAIXI (Mathias), fils du précédent, na- 
quit à Bolzen, vers le milieu du dix-septième 
siècle. Après avoir appris la facture des instru- 
ments chez son père, et avoir travaillé dans les 
ateliers de Crémone, il se fixa à Rome, et y fa- 
briqua beaucoup d'instruments qui ont été esti- 
més presque à l'égal des Amati. Gerber, qui l'a 
confondu avec son père, cite de lui deux violons 
qui ont appartenu au violoniste et compositeur 
Albinoni , dont un perlait la date de 1702 , et 
l'autre celle de 1709. 

ALBAINI est aussi le nom d'un luthier qui 
travaillait en Sicile dans la première moitié du 
dix-septième siècle. Ses instruments ne portent 
pas de prénom, et l'on ne sait rien de sa vie. 
M. T. Forster, amateur anglais qui s'est fixé en 
Belgique, et qui possède une nombreuse collec- 
tion de violons do toutes les écoles, a parmi ses 



instruments un petit violon dont le volume de 
son est puissant , et dont la forme a de l'ana- 
logie avec les vieux instruments allemands. Il a 
pour inscription intérieure : Signor Amîani in 
Palermo, 1633. 

ALBANO (Marc), compositeur napolitain, 
naquit dans la seconde moitié du seizième siècle. 
Il s'est fait connaître par des madrigaux à cinq 
voix, dont le premier livre a été publié à Naples, 
chez Vitali, en 1616, et le second, chez le même, 
en 1619. 

ALBEiXIZ (Don Pedro), moine espagnol, 
né dans la Biscaye vers 1755, fut d'abord maî- 
tre de chapelle de la cathédrale de Saint-Sébas- 
tien. En 1793 il passa à Logrono pour y remplir 
les mêmes fonctions dans l'église cathédrale; 
mais le séjour de cette ville n'ayant pas été fa- 
vorable à sa santé, il retourna à Saint-Sébastien, 
où il publia, en ISOO, une méthode de musique 
avec des solfèges, ouvrage estimé en Espagne. 
Très-laborieux et possédant une instruction so- 
lide dans son art, le P. Albeniz a produit une 
très-grande quantité de messes, vêpres, office 
des morts, motets, Vilhancicos, etc., qui lui ont 
fait une grande réputation dans toutes les pro- 
vinces environnantes ; mais toutes ces composi- 
tions sont restées en manuscrit. Albeniz mourut 
à Saint-Sébastien, dans la soixante-sixième an- 
née de son âge, vers 1821. 

ALBENIZ (Don Pedho), pianiste, orga- 
niste et compositeur espagnol, né à Logrono , 
danslaVieille-Castille, le 14 avril 1795, était fils 
de D. Mathieu Albeniz, qui fut maître de cha- 
pelle de l'église collégiale de Logrono , puis de 
l'église Santa-Maria, à Saint-Sébastien. Le jeune 
Albeniz fit ses premières études musicales sous 
la direction de son père. Doué des plus heu- 
reuses dispositions, ses progrès furent rapides. 
A l'âge de dix ans il obtint la place d'organiste 
adjoint de la paroisse de Saint- Vincent, dans la 
capitale de Guipuzcoa. Peu de temps après , 
l'orgue de l'église Saint-Jacques de Bilbao étant 
devenu vacant, la place fut mise an concours, 
et Albeniz balança les suffrages accordés à un 
organiste nommé Aguierra^ qui obtint l'emploi 
et qui plus tard fut premier organiste de la ca- 
thédrale de Jaen. Après avoir continué ses 
études de composition, Albeniz se rendit à 
Paris dans le dessein de perfectionner son talent 
de pianiste par les leçons de Henri Herz. Il eut 
aussi des conseils de Kalkbrenner avant de re- 
tourner en Espagne. En 1828, il fut chargé de' 
l'organisation et de la direction de la musique 
pour les fêtes royales à l'occasion de l'arrivée du 
roi et de la reine à Saint-Sébastien; puis il re- 
tourna une seconde fois à Paris, noiir consulî«'p 



48 



ALBENIZ — ALBERGATI 



l'auteur de cette notice sur un plan d'études de 
composition pratique. L'âge avancé de son père 
ayant obligé celui-ci à prendre sa retraite des 
fonctions de maître de chapelle de l'église Santa- 
Maria, la place lui fut donnée en 1829. Dans 
le courant de l'année suivante , Albeniz fit un 
voyage à Madrid avec le violoniste Escudcro : 
ils y donnèrent quatre concerts, dans lesquels tons 
deux obtinrent de grands succès. Appelés à 
Aranjuez , où se trouvait la cour, ils y firent 
applaudir leur talent, et le 7 juin Albeniz reçut 
sa nomination de professeurde piano et d'accom- 
pagnement au Conservatoire de musique de Ma- 
drid, qui venait d'être institué par la reine Marie- 
Christine. Fixé dans la capitale de l'Espagne, il 
y contribua au progrès de la population dans la 
musique. Le 27 octobre 1834 il ajouta à son 
titre de professeur du Conservatoire celui de pre- 
mier organiste de la chapelle royale. Le reste de 
la carrière de cet artiste fut une succession 
d'honneurs et de faveurs qu'il reçut de ses com- 
patriotes et de la cour. En 1838, il fut nommé 
vice-président de la junte directrice du Lycée 
artistique et littéraire de Madrid ; deux ans après, 
sa méthode de piano fut adoptée pour l'ensei- 
gnement au Conservatoire, et le jury lui ac- 
corda les plus grands éloges sur le mérite de cet 
ouvrage; le 5 avril 1851, il reçut sa nomination 
de maître de piano de la reine Dona Isabelle, et 
de l'infante-Marie-Louise-Ferdinande; le 5 no- 
vembre 1843, il eut le brevet de chevalier de 
l'ordre d'Isabelle-la-Catholique ; et le 13 décembre 
de la même année la grande croix de l'ordre de 
Charles III lui fut décernée par la reine, en té- 
moignage de satisfaction pour ses services ; enfin, 
le 18 juin 1847, il reçut un nouvel honneur dans 
sa nominalion de secrétaire de la reine. 

Albeniz a eu le mérite de fonder en Espagne 
l'école moderne du piano. Tous les pianistes 
distingués qui se trouvent dans le pays et jusque 
dans l'Amérique du Sud ont été ses élèves. Avant 
lui, l'art de jouer de cet instrument était à peu 
près ignoré des musiciens espagnols. Ce profes- 
seur, dont le nom est en honneur dans toute l'Es- 
pagne, est mort à Madrid, le 12 avril 1855, à l'Age 
de soixante ans.Ses ouvrages, au nombre d'environ 
soixante-dix œuvres se composent de variations , 
de fantaisies, etde rondos surdes thèmes d'opéras, 
d'airs nationaux ou originaux pour piano seul, 
pour piano à qustre mains, et pour piano avec ac- 
compagnement de deux violons et violoncelle. Sa 
méthode de piano, adoptée pour l'usage de l'en- 
seignement au Conservatoire de Madrid, a été 
publiée dans cette ville, en 1840. On a de lui des 
études pour le piano, œuvres 56 et 60, ainsi que 
quelques mélodies pour le chant. 



ALBERGANTE (Ettore Sfxondino), iWo- 
logien, orateur, poëte, naquit à Oméga, terre du 
Milanais. Il enseignait les belles-lettres au col- 
lège de Saint-Jules vers 1636. De là il passa à 
Rome, où il fut secrétaire du cardinal Palotta, 
puis de Pichi, archevêque d'Amalfi. Il fut en- 
suite rappelé dans sa patrie par l'évêque Tor- 
nicUo, qui le fit visiteur de son diocèse. Il mou- 
rut le 10 octobre 1698. Au nombre de ses ouvra- 
ges on remarque celui qui a pourtitre : Problema 
academico sopra la musica; Como, 1656. Cet 
écrit , qui n'est vraisemblablement qu'un opus- 
cule, est devenu si rare , qu'on ignore quel est 
son objet spécial. On a aussi de ce savant : Can- 
zonette spirihiall e Terzettl, che si cantano 
nellacittà d'Amalfi; Naples, 16i4. 

ALBERGATI ( Pirro Capacelli), comte, 
d'une très-ancienne maison de Bologne , vivait 
vers la fin du dix-septième siècle et au com- 
mencement du dix-huitième. Quoiqu'il fût 
seulement amateur, il est compté parmi les 
compositeurs distingués de son temps. Il a écrit 
plusieurs opéras, entre autres Gli Amici, en 
1699, et II Principe selvaggio, en 1712. Il a 
puhlié aussi les ouvrages suivants : 1° Baletti , 
correnti, sarabande, e gighe a violino e vio- 
lone, con il seconda violino a beneplacito, 
opéra 1^ ; Bologne, 1682, réimprimé en 1685. — 
2o Sonate a due violini, col basso continua 
per l'organo, ed un altro a beneplacito per 
teo7-bo,ovioloncello,operà2, 1683. — 3° Cantate 
morali a voce sola, op. 3; Bologne, 1685. — 
4» Messa e Salmi concertati ad una, due, tre 
e quattro voci, con stromenti obligati e ri- 
pieni, a beneplacito , op. 4 ; Bologne, 1687. — 
5° Plettro armonico composta di dieci sonate 
da caméra, a due violini, e basso , con vio- 
loncello obbligato, op. 5,ibid., 1687 — 6° Can- 
tate dacamera a voce sola, op. 6, ibid., 1687; 
1" Giobbe, orfl/orio; Bologne, \&%^. — ^° Motetli 
e anti/one délia B. M. V. a voce sola con 
stromenti, op. 8 ; Bologne, 1691. — 8" Concerti 
vari a tre, quattro e cinque, op. 9 ; Modène , 
1702. — 9° Cantate spirituali ad una, duee tre 
voci, con stromenti, op. 10; Modène, 1702. 
— 10° Inno e Antifone délia B. M. V. a voce 
sola con stromenti ; Bologna , Silvani ,1715. — 
lt° Cantate in pregio di Santa Maria à voce 
sola, op. 6 ; Bologne 1717. — 12° Motetti con il 
responsorio di S. Antonio di Padova, à 4 î;ocj, 
op. 15; Bologna, Silvani, iUl. — iS" Cantate ed 
Oratorio apiii voci, op. 17 ; Bologne, 1714. — 
14° Messe e Litanie delta Beata Maria Yir- 
gine, eTantum ergo a 4 voci op. 16; V^enezia 
Ant. Bartoli, 1721. — \b<^ Cantate spii-itîiali a 1, 
2 e 3 voci, opéra nona ; Modena, 1702, in-4°. 



ALBERGHETTI — ALBERT 



49 



ALBERGHETTI (Bernard), chantre de 
l'église Sainte-liarlMi, à Mantoue, vers le milieu 
<lii dix-septième siècle , a fait imprimer de sa 
composition : Missarum octo vocibus, opus 1"^; 
Venise, Vinrenti, 1649, in-4°. 

ALBERGHI ( Ignace ) ténor de demi-carac- 
tère, brilla sur les théâtres d'Italie et à Dresde , 
dans les dernières années du dix-huitième siècle. 
Uans l'automne de 17S2, il chanta au théâtre 
San-Mosè, de Venise, la Casa rara, de Mar- 
tini , avec Thérèse Siiggi Cappeletti. Trois ans 
aj)rès, il brilla an théâtre de Dresde. On le re- 
trouve au Fonda de Naples, en 1792. On ignore 
si ce chanteur est le même artiste dont on exé- 
cuta des vêpres en musique à l'église de Lugo, 
en 1788. 

ALBERIC, moine de Mont-Cassin , et car- 
dinal, né à Trêves, vers 1020, vécut à Rome 
depuis 1059. Il est mort dans la même ville en 
llOG. Parmi ses écrits on trouve un dialogue X>e 
Musica, dont le manuscrit se conservait dans 
la bibliothèque des frères mineurs de Sainte- 
Croix , à Floience. Cependant l'ouvrage n'exis- 
tait plus à l'époque où Mazzuchelli écrivait son 
livre sur l'histoire littéraire de l'Italie. 

ALBERICI (PiKRKE-JosEpu), poète et com- 
positeur, né à Orvietto, vivait au commencement 
du dix-huitième siècle. Il a fait imprimer de sa 
composition VEsilio di Adamo et di Eva dal 
paradiso terrestre, dialogo per musica a 
quattro voci; Orvietto, 1703, in-4''. 

ALBERS (J...). On connaît sous ce nom 
linit marches de parade et quatre pas redoublés 
poin- le piano; Hambourg, Cranz. 

ALBERT (le Grand), évêque de Ratis- 
bonne et scolastiqne célèbre, de la famille des 
comtes de Bolstedt, naquit à Laningen, en 
Souabe, vers l'année 1193. Il lit ses premières 
études à Pavie, et ne tarda pas à surpasser tous 
ses condisciples. Le dominicain Jordanus, qui 
lut un de ses maîtres, le décida à entrer dans 
l'ordre de Saint-Dominique en 1221. L'étendue 
de ses connaissances lui fit confier une chaire de 
philosophie, et il se rendit à Paris pour y 
expliquer la physique d'Aristote. Ensuite il alla 
à Cologne, où il fixa sa résidence. Il fut élevé 
successivement à la dignité de provincial de son 
ordre, en Allemagne, et d'évêque de Ratisbonne; 
mais il quitta son évêchéau boutdetrois ans, pour 
retourner dans sa retraite deCologne, où il mourut 
en 1280,âgédequatre-vingt-septans. La force de 
son génie et ses vastes connaissances rélevèrent 
beaucoup au-dessus de son siècle , et il serait 
au premier rang parmi les philosophes , s'il 
tût né dans un temps plus favorable au dé- 
veloppement de ses facultés. On le considère 

RIOCR. UNIV. DES MUSICIENS T. I. 



comme le plus fécond polygrapho qui ait existé. 
Une partie de ses œuvres a élé recueillie par le 
dominicain Pierre Jamni, et publiée à Lyon, en 
ICSl, en 21 volumes in-fol. ; ou y trouve un 
traité De Musica, et un commentaire sur les 
problèmes d'Aristote concernant la musique. 

ALBERT ou ALBERTO, de Mantoue, 
excellent luthiste , fut connu généralement en 
Italie, dans la première partie du seizième 
siècle, sous le nom de il Montavano ( Le Man- 
touan),à cause du lieu de sa naissance. Quel- 
ques pièces de cet artiste ont été insérées dans 
un recueil très-rare qui a pour tilre : Intabo- 
latura di Liuta da diversi can la Battaglia et 
allve case bellissime, di M. Francesco da 
Milano, in Vinegia, per Francesco Marcolini 
da Forii, 1536, petit in-4° oblong. Albert de 
Mantoue fut le contemporain et le rival de Fran- 
cesco de Milan et de Marco del Aquila. ( Voyez 
ces noms. ) 

ALBERT ou ALBERTO, de Milan, ha- 
bile luthiste, vécut dans la première moitié du 
seizième siècle. A celte époque, le luth était 
l'instrument par excellence, non-seulement pour 
l'accompagnement de la voix , mais aussi pour 
l'exécution des pièces. Les Italiens, particulière- 
ment les Milanais, se distinguèrent par leur talent, 
soit comme exécutants, soit comme compositeurs 
pour lehith. On trouve quelques-unes de leurs toc- 
cales, fantaisies, saltarelleset pavanes dans un re- 
cueil qui a pour titre : fntabolatura di Liuta de 
diversi autori novamente stampata : et con 
diligcntia revisla. Stampata ne la cita de 
Milano, per Jo. Antonio Casteliono, al prinïo 
de maggio 1536, petit in-4o oblong. Les auteurs 
dont on trouve des pièces dans ce recueil sont 
Francischo (sic) da Milano, M. (Maestro) 
Alberto da Milano; M. Marcha {i^ic} da Ln- 
quila; M. Jo. Jacobo Albutio da Milano, 
M. Petro Paolo Borrono da Milano, et quel- 
ques autres artistes moins connus, ou ano- 
nymes. 

ALBERT V, duc de Bavière, fils de Henri- 
Guillaume IV et dri Marie-Jacques, fille du mar- 
grave Philippe de Bade, naquit le 29 février 1528. 
Ayant succédé à son père le 6 mars 1550, il gou- 
verna la Bavière pendant vingt-neuf ans, et mou- 
rut à Munich le 24 octobre 1579. Ce prince, 
dont l'éducation avait été soignée, possédait des 
connaissances étendues pour son temps. Il fut 
un prolecteur zélé des arts et des lettres; la 
musique et la peinture furent parliculièremeiit 
encouragées dans ses Étids pendant sou règne. 
Les plus célèbres musiciens belges du seizième 
siècle furent appelés à sa cour ; à leur tête il 
tant placer Roland de Lassus, pour lequel il 

4 



50 



ALBERT 



avait une prédilection particulière. Ce fut aussi 
ce prince qui fonda la belle galerie de tableaux 
qu'on admire encore aujourd'liui à Munich. Il y 
a environ cinquante ans qu'on découvrit par 
liasard dans les murs du château ducal des ar- 
moires secrètes qui étaient restées inconnues 
jusqu'alors ; l'une de ces armoires contenait un 
coffre en fer, fermé de plusieurs serrures qu'on 
ne put ouvrir qu'en les brisant, et l'on y trouva 
une grande quantité de beaux manuscrits sur 
vélin, ornés de peintures magnifiques, reliés en 
velours et enrichis de fermetures du plus beau 
travail en or et en vermeil. Ces manuscrits 
avaient appartenu au duc Albert, qui les avait 
fait exécuter par les artistes les plus habiles de 
son temps. La plupart étaient des livres de tour- 
nois et d'armoiries de la maison de Bavière; mais 
parmi eux se trouvaient quelques volumes qui 
contenaient des œuvres musicales de Lassus, 
ornées de peintures d'une grande beauté etexé- 
culées avec beaucoup de luxe. On trouvera à l'ar- 
ticle de Lassus ( Roland de ) une description de 
ces manuscrits, dont l'existence prouve le goût 
passionné que le duc Albert avait pour la mu- 
sique. 

ALBERT (Henri), compositeur et poète, 
naquit à Lobenstein, dans le Voigtland , le 
28 juin 1604. Il étudia d'abord la jurisprudence 
à l'université de Leipsick, et ensuite la musique 
à Dresde. En 1626 il se rendit à Kœnigsberg, 
où il obtint, en 1631, une place d'organiste. 11 est 
mort dans celte ville, le 10 octobre 1651. Parmi 
les cantiques qu'on chante encore en Prusse , il 
s'en trouve quelques-uns qui ont été composés 
par Albert; on cite entre autres celui-ci: Gott 
des Himmels und der Erden. Ses airs sacrés, 
qui ont paru d'abord en sept parties séparées, ont 
eu un succès prodiijieux, et le méritaient. Reichardt 
assure que toutes ses mélodies sontexcellenles. 
Tel était l'empressement qu'on mettait à se les 
proctuer, qu'un grand nombre d'éditions purent à 
peine suffire à l'avidité du pu'olic, et que, malgré 
les privilèges qui avaient été accordés à Albert 
par l'empereur, le roi de Pologne, et le prince de 
Brandebourg, il s'en fit deux contrefaçons à 
Dant/ick et à Kœnigsberg, du vivant de l'auteur, 
lequel se plaint amèrement de cette spoliation 
qui le privait de la seule ressource qu'il eût 
pour vivre. Après la mort d'Albert, plusieurs 
éditions de ses airs sacrés furent encore publiées, 
et Ambroise Profe les inséra dans le recueil de 
mélodies qu'il publia à Leipsick en 1657, in-8". 
Malgré toutes ces réimpressions , ces mélodies 
sont aujourd'hui fort rares, et il est presque im- 
possible de s'en procurer un exemplaire complet. 
La première édition parut sous ce litre ; Poctisc/i 



Musikalisches Lust-Waeldlein, das ist Arien 
oder Melodeyen Etlicher theils geistlicher, 
theils welUicher, zur Andacht, guien Sitlen, 
Keuscher Liebe xmd Ehren-Lust dienender 
Liedei: In ein Positiv, Clavlcembel, Theorbe 
oder anderes VoUstmmiges Instrument zu 
singen gesetz ( Forêt poético-muskale ou re- 
cueil d''airs religieux et mondains, pour 
chanter avec accompagnement d''orgue por- 
tatif , de clavecin, de théorbe, etc. ); Kœnigsberg 
(sans indication d'année), petit in-fol. C'est 
probablement ce même ouvrage dont il parut 
huit parties, et dont chacune a eu plusieurs édi- 
tions. La première édition des huit parties a été 
publiée par l'auteur lui-môme, en format in- 
folio, depuis 1638 jusqu'en 1650. Chaque partie 
a paru séparément; quelques-unes ont été réim- 
primées quatre fois, d'autres trois : l'imprimeur 
était Jean Reusner, de Kœnigsberg. Les titres 
des diverses parties ont des variétés assez nom- 
breuses, mais de trop peu d'importance pour 
être rapportées ici. Première partie , Kœnigs- 
berg, 1638, sept feuilles in-folio, réimprimée en 

1642, dans la même ville. Deuxième partie, î6k/., 

1643, sept feuilles in-fol. La préface de cette 
seconde partie contient de bonnes règles d'accom- 
pagnement en neuf paragraphes. La troisième 
partie à paru à Kœnigsberg, en 1644, sept feuilles 
in-fol. On y trouve une bonne prc'ace sur l'exé- 
cution musicale. La quatrième partie est datéede - 
1645;la cinquième, de 1646;lasixième, de 1647; 
la seplième, de 1648; et la huitième a paru en 
1650, avec une double table de matières. Les 
huit parties réunies ont été réimprimées en 1652 
à Kœnigsberg; en 1657 h Leipsick; en 1659 
dans la même ville; en 1676 à Kœnigsberg; et 
enfin à Leipsick en 1687. On a de Henri Albert 
un autre ouvrage à trois voix, en partition, avec 
basse continue pour l'orgue ou autres instruments 
(l'accompagnement : cette œuvre a pour titre : 
Partitura oder Tabulatiir Henrich Albert's 
musikalischer Kiirbshûtten mit drey Stim- 
men , woraus selbige Stûcklein auff einem 
Positiv oder Instrument, etc. ( Parlition ou Ta- 
blature des berceaux de feuillage musicaux de 
Henri Albert, à trois voix, etc. ). Sans indication de 
lieu et sans date; 4 feuilles in-fol. Matlheson cite 
aussi dans son Ehrenpfqrte {[>. 10") un traité 

■ le contre-point manuscrit, sous ce tilre : H. Al- 
berti traclatiis de modo conficiendi contra- 
puncta. On présume que cet ouvrage n'est qu'un 
extrait des préfaces de ses airs sacrés. Albert 
a été indiqué sous le nom lYAlberti dans le 
premier Lexicon de Gerber et dans le Diction- 
naire historique de Choron et Fayolle. 
ALBERT (Jean-Vuédéric), organiste de 



ALBKRT — ALBERTAZZI 



51 



ia cour de Saxe et de la catliédrale de Mcrse- 
boiirg, né à Tliuningen, dans le duché de Scliles- 
wig, le 11 janvier 1642, (il ses premières études 
au gymnase de Stralsnnd, Il y reiicouira le 
maître de ciiapeile Vincenro Atbrici, que la reine 
Cliiistine de Suède avait amené d'Italie «pielcuje 
temps auparavant, et dont les ouvrages éveillè- 
rent en lui le goût de la musique. 

Après avoir fait un voyage en France et «n 
Hollande, Albert se rendit à l'académie de Ros- 
lock , où il lit un cours de théologie pendant 
deux ans : il y prêcha même plusieurs fois, 
La faiblesse de son organe l'obligea d'aban- 
donner la tiiéologie, et il se livra à l'étude de la 
jurisprudence. Après cinq ans d'études à l'uni- 
versité de Leipsick, il fut en état de soutenir 
deux tlièses publiques, La jurisprudence ne lui 
fit cependant pas oublier la musique; il se 
perfectionna dans cet art par les leçons de 
Werner Fabricius, organiste de l'église Saint- 
Nicolas. 

Ses talents lui méritèrent l'attention de Chré- 
tien I, duc de Saxe, qui le nomma orgahiste de 
la cour et de la chambre, et l'appela en cette 
qualité à Mersebourg, avec promesse d'avoir soin 
de sa fortune. Albert accompagna, peu de temps 
après le duc dans un voyage qu'il fit à Dresde, 
ïl y retrouva Albrici, son pftniier maître, qui 
.venait d'arriver de France, pour prendre posses- 
sion de ia charge de maître de ciiapeile que l'é- 
lecteur lui avait conférée. Albert prit de lui des 
leçons régulières tant de composition que de 
clavecin, et le récompensa magnifiquement. A 
son retour de Dresde, il se livra à la composi- 
tion, et écrivit beaucoup pour l'église, l'orgue et 
le clavecin ; mais aucun de ses ouvrages n'a été 
publié. La Bibliothèqueimpériale, à Paris, possède 
en manuscrit un Libéra à quatre parties de la 
composition d'Albert. Waltlier cite avec éloge un 
recueil de douze ricercari pour l'orgue, de sa 
composition. Par suite d'une forte apoplexie, 
Albert devint paralytique du côté droit, ce qui 
le mit hors d'état d'exercer la musique pendant 
les douze dernières années de sa vie. Il mourut 
(e 14 juin 1710, âgé de soixante ans. 

ALBERT (Jean-Frédé«ic ) , recteur à 
Nordhausen dans la seconde moitié du dix-hui- 
tième siècle, a fait imprimer une dissertation 
sur la nécessité de joindre la musique aux étu- 
des littéraires, sous ce litre : De Jucitnda artis 
musicx Conjunctionc cum literarum studio; 
Nordhausen, 1778, une feuille et demie, in-4o. 

ALBERT (M™* Aucustlne), connue d'a- 
hord sous le nom de M'ie Himm , avant qu'elle 
eût épousé Albert, danseur de l'Opéra, est née à 
Paris le 28 août 1791. Admise d'abord comme 



élève pour lesolfége au Conservatoire de musique, 
le 15 vendémiaire au X, elle devint, au mois de 
février 1803, élève de Plantade pour le chant; 
le premier prix lui fut décerné l'année suivante. 
Les leçons qu'elle a reçues de Crescentini, lorsque 
ce grand chanteur fut attaché à la musique de 
Napoléon , ont achevé de former son talent, et 
A'an faire une cantatrice distinguée. En 1806, 
elle a débuté à l'Opéra avec succès et a été 
attachée au théâtre de la cour et à la chapelle 
impériale. Fatiguée par le réjHîrtoire de l'Opéra, 
la voix de M"'" Albert a peidu de bonne heure 
une partie de son éclat et de sa justesse, et, 
quoique jeune encore , elle s'est retirée de l'O- 
\)én\ et n'a conservé que son emploi à la chapelle 
du roi. Après 1830, elle s'est retirée à Versailles. 

ALBERT (François-Auguste -Charles-Ek- 
MANUEi-), prince de Saxe-Cobouig, époux de la 
reine d'Angleterre Victoire I", né le 26 août 
1819, marié à Londres le 10 février 1840, a cul- 
tivé avec goût la musique dès sa première jeu- 
nesse. Après avoir commencé l'étude de cet art 
à la cour de son père , le duc alors régnant de 
Saxe-Cobourg, ce prince la continua à Bruxelles 
pendant son séjour à la cour de son oncle, le 
roi des Belges I^éopold i*\ Le chant et la com- 
position sont les parties de l'art dont il s'est oc- 
cupé de préférence. Phisieurs antiennes , un Te 
Deum, un Jubilate, un Sanctus, et des Répons, 
composés par lui, ont été exécutés à diverses, 
époques dans les chapelles royales du château: ; 
de Windsor et de Londres. Le prince Albert a .ci) 
écrit aussi des mélodies pour voix seule» ïletïK 
Glees, et des morceaux dédiant à plusieurs voix_,]u 
pour les concerts de la cour. On a publié troisr ■• 
suites de chansons et de romances composées . 
par lui, à Ronn, chez Simrock. 

ALBERTAZZI ( Alexajsdue ), compositeur 
et professeur de piano, né en 1783, à Stagne, 
dans le Parmesan, reçut les picmières notions 
de musique à Parme du P. Gius. Valeri, carme' 
milanais, et passa ensuite sous la direction de 
Vr. Forlunati pour le chant et le contre-point. 
Ses compositions pour l'église sont estimées ; on 
connaît aussi de lui un opéra intitulé : GliAmanli 
raminghi, et beaucoup de musique de piano. Il 
est \\\é à Gônes. 

ALBERTAZZI ( M"'^ Emma), née à Lon- 
dres le 1*"^ mai 1814, était fille d'un professeur 
de musique, nommé Howson. On lui fit d'abord 
étudier le piano, et elle parut destinée à cultiver 
cet instrument; mais, lorsqu'elle eut atteint l'âge 
de quatorze ans, sa voix se développa avec une 
précocité rare, et peut être se liâta-t-on trop de 
l'exercer. Le professeur Costa lui donna les i)re- 
mières leçons de l'art du chant, et à peine avait- 



fi. 



d2 



ALBERTAZZI — ALBERTI 



elle commencé à poser le son et h faire les pre- 
miers exercices, qu'on la fit débuter dans un 
concert donné à Argyll-Roms. L'année suivante 
(1830), on la mit au Théâtre-Italien (King's 
Théâtre ), et elle y eut on engagement pour 
quelques rôles de contralto, entre autres celui de 
Pippodans La Gazza-Ladra. Peu de mois après, 
elle partit pour l'Italie avec son père. Elle y eut 
un engagement pour le théâtre de Plaisance. Ce 
fut dans cette ville qu'im avocat, nommé Alber- 
tazzi , en devint amoureux et l'épousa , avant 
qu'elle eût atteint sa seizième année. A cette 
même époque, Celli, compositeur dramatique et 
bon professeur de chant , se chargea d'achever 
son éducation vocale, et lui fit faire de bonnes 
études de vocalisation pendant une année. Elle 
débuta, en^832, au théâtre de la Canobbiana, 
dans VAdelina de Generali ; puis elle fut engagée 
an théâtre de la Scala, pour les rôles de contralto. 
Elle y chanta dans plusieurs ouvrages avec 
M'"* Pasta, qui l'encourageait et lui donnait 
des conseils. Appelée à Madrid au commence- 
ment de 1833, elle y brilla pendant deux ans et 
acquit de l'aplomb et de l'expression dramatique. 
V.n 1835 on lui offrit un engagement au Théâlre- 
Italien de Paris , où se faisaient alors et se dé- 
faisaient les réputations de chanteurs. M"'^ Al- 
bertazzi n'eut qu'à se féliciter d'avoir accepté 
les propositions qui lin' avaient été faites; car 
cette époque fut la plus belle de sa carrière. 
Pendant trois ans elle chanta alternativement à 
Paris et à Londres sur les deux Théâtres-Italiens, 
et toujours avec de beaux succès. En 1838 elle 
accepta un engagement au théâtre de Drnry- 
Lane pour y chanter ia Gazza-Ladra, traduite 
en anglais : elle y excita un véritable enthou- 
siasme; mais, bientôt après, sa voix commença à 
se ressentir de l'imprudence qu'on avait faite en 
la faisant chanter trop tôt. Le mal fit d'assez 
rapides progrès. Ses succès an théâtre furent 
d'abord douteux. Elleespéra guérir de cette affec- 
tion par le séjour de l'Italie; mais ces maladies 
de l'organe vocat sont toujours sans remède. 
Elle chanta encore à Padoue, à Milan, à Trieste; 
mais elle n'était plus que l'ombre d'elle-même 
De retour à Londres en (846, elle y chanta pour 
la dernière fois ; et une maladie de langueur qui 
la minait la conduisitau tombeau, dans le mois 
de septembre 1847. 

ALBERTI (CnRÉTiEN-EnxEST -Rodolphe ), 
professeur de chant, d'origine italienne, se ren- 
dit en Russie vers 1833, puis se fixa, en 1835, à 
Dantzick, en qualité de directeur d'une société de 
chant. Troisannées plus tard il était à Berlin, où il 
publia son troisième recueil de clianls, composé île 
^ix mélodies pour bariton, et intitulé : Der Kiie- 



ger (Le Guerrier ). En 1846, cet artiste paraissait 
établi définitivement à Marienwerder, ville de la 
Prusse occidentale , où il a publié im écrit qui a 
pour titre : DieMusik inKircheundSclmle{ La 
musique dans l'église et à l'école) ; Marienwer- 
der, Baumann, 1845, in-8". Le quatrième recueil 
de chants d'Alberti intitulé : Der Liebe Lust 
undLeide (Les Plaisirs et les Peines de l'Amour) 
a paru à Berlin, chez Bote et Bock, et les cin- 
quième et sixième recueils, contenant chacun 
cinq chants, ont été publiées chez Wagenfiilir, 
dans la même ville. 

ALBERTI (Jean-Frédéric). Voyez Al- 
bert ( Jean-Frédéric ). 

ALBERTI (Gaspard), compositeur napo- 
litain, et rîligieux de l'ordre de Saint-Augustin, 
vécut dans la première moitié du seizième siècle. 
On connaît sous son nom : 1° Il primo libro 
délie messe , dal proprlo uiitore novamente 
poste in luce; Venetia, app. Hieronimo 
Scotto, 1549, in-4°. Ce recueil contient la messe 
à quatre voix intitulée : Quxramus cum pasto- 
ribus; la messe à cinq voix : Italia mea, et la 
messe à cinq voix Dormandhm giorno a Baia. 

ALBERTI ( Innocent), musicien au service 
du duc Alphonse de Ferrare, dans la seconde 
moitié du seizième siècle, naquit à Tarvisio, en 
Illyrie. 11 est connu par une collection de ma- 
drigaux à cinq voix de sa composition qui se 
trouve en manuscrit autographe dans la collec- 
tion du MMse'MW britannique, sous les n°* 36-40 
de l'ap|)endice. Cet ouvrage a pour titre : Anno 
Domini MDLXVIII. Pro illuslrissimo ac 
excellentissimo Domino Henrico Comiti de 
Arundelle, Quadraginta et sex cantiones in 
italica lingua (quod vxilgo vacant Madrigali) 
ad quinque voces , composifo ab Innocent io 
Alberti de Tarvisio, in presentiarum musico 
illustrissimi ac excellentissiml Principis Do- 
mini Alphonsi, Diicis Ferrarix , et ab illo 
notate ac scripte, anno superscriplo. 

ALBERTI ( Joseph-Mattuieu), violoniste 
et compositeur, né à Bologne, en IG85, fut élève 
de Charles Manzolini pour le violon, puis de 
Pierre Minelli. Florian Aresti lui enseigna ensuite 
le contre-point. Ses études terminées, il se fit 
connaître par son talent et obtint l'emploi de 
premier violon à l'église Saint- Pétrone. En 1714 
l'Académie des Philharmoniques de Bologne l'ad- 
mit au nombre de ses membres, et il en fut prince 
en 1721. Le premier œuvre de sa composition, 
intitulé Concerti a sci , a été publié à Bologne 
en 1713. Son second œuvre, consistant en douze 
sonates pour violon seul, avec accompagnement 
de basse continue pour le clavecin, a par» dans 
la même ville en 1721. Enfin, l'œuvre troisième, 



ALBERTI 



53 



qui conlient douze symphonies pour deux violons, 
viole, violoncelle et orgue, a été publié en 17 20. 
Ces trois ouvrages ont été réimprimés à Ams- 
lenlam. 

AUJERTI ( PiETRo), autre violoniste italien, 
ronteniporain du précédent, était attaché au 
service du prince de Carignan, frère du duc de 
Savoie, Victor-Amédée II, et vint avec son 
maître à Paris en 1697, pour le mariage de la 
duchesse Marie-Adélaïde de Savoie avec le 
duc de Bourgogne. H y eut alors un concert à 
Versailles, où Alberti eut l'honneur de jouer du 
violon en présence de Louis XIV {Notes via- 
iutscriles de Boisgelou ). On a imprimé de la 
composition de cet artiste : Sonate a tre, 
opéra P; Am>lerdam, Roger, 1700. 

ALBERTI (Dominique ), amateur de mu- 
sique, chanteur habile et compositeur, naquit à 
Venise, vers 1717, et fut élève de Bifli et de 
Lotli pour le chant et pour le contre-point. Doué 
d'une organisation musicale aussi remarquable que 
précoce, il acquit en peu de temps une hahilolé 
extraordinaire dans l'artdu chant etsur lecla- 
vecin. La Borde rapporte [Essai sur la Musique, 
tome III, p. 161) qu'Alberti alla en Espagne, en 
qualité de page d'un ambassadeur de Venise; qu'il 
étonna par sa manière de chanter le célèbre Fari- 
nelli, lequel se réjouissait de ce qu'Alberti n'était 
qu'un amateur; car, disait-il, j'aurais eu en 
lui lin rival trop redoutable. Si l'anecdote est 
exacte, Alberti dut être entendu par Farinellià 
la fin de 1736, au moment où celui-ci arrivait en 
Espagne; car dans l'année suivante, le jeune vé- 
nitien était à Rome à la suite du marquis de 
Molinari. Ce fut dans cette ville qu'Alberti 
commença à se faire connaître par ses composi- 
tions pour le chant et le clavecin. En 1737, il mit 
en musique V Endimione de Métastase, et quel- 
que fem|)s après la Galaiea du même. On lui 
attribue aussi la comi)osition de V Olimpiade , 
dont la poésie était alors dans sa nouveauté; 
mais il ne paraît pas que cet ouvrage ait été 
représenté. Le talent facile et plein de verve 
du jeune dilettante excitait à Rome un vé- 
ritable entho>isiasme parmi les artistes et les 
amateurs ; rien , dit-on , n'égalait les grâces de 
son chant et de son jeu sur le clavecin. Suivant 
les allures libres et fantasques de son temps en 
Italie, il se promenait souvent le soir dans les 
rues de Rome, chantant et s'accompagnant sur 
une guitare ou sur un théorhe , et suivi d'une 
foule qui l'applaudissait avec frénésie. Le temps 
u.se vite quelquefois ces organisations d'élite : 
Alberti mourut très-jeune à Rome, objet des 
regrets sincères de la population de cette ville. 
.\u nombre de ses ouvrages étaient trente-six 



sonates pour le clavecin, dont le manuscrit étail 
gardé avec soin par un amateur de Milan, (|ui 
ne voulut Jamais s'en dessaisir. Cependant on a 
gravé à l'aris huit sonates sous ce titre : Otto 
sonate per il cembalo solo, dut signor Dôme- 
nico Alberti, dilettante, opéra prima. 

ALBERTI ( FrAlNçois), né à Faënza, vers' 
1750, vint à Paris en 1783, et s'y lixa, comme 
professeur de guitare. Il y a publié : 1° Trois 
duos pour guitare et violon, œuvre 1*, Paris, 
1792.-2° Recueil d''airs choisis et air de Mal' 
brough varié pour guitare , œuvre 2^; Paris , 
1792. — 3" Méthode pour la guitare, con- 
tenant des sonates, ariettes, variations, cic; 
Paris, Lacombe, 1796. Dans le catalogue de 
musique de Joseph Benzon, à Venise, imp. 
en 1818, on trouve ( p. 4 ) un ouvrage manus- 
crit qui a pour titre : Principj con lezioni per 
la chitarra, grammatica prima. Il est vrai- 
semblable que l'auteur de ces principes est le 
même que François Alberti; ce qui pourrait faire 
croire qu'il est retourné en Italie. 

ALBERTI (Le Comte d'), amateur de mu- 
sique distingué, né en Lombardie vers 1820, a 
publié à Milan, chez Riccordi, les ouvrages sui- 
vants de sa composition ; 1" Réminiscences de 
la Prigione d'Edinburgo de F. Ricci, divertis- 
sement pour le piano. — 2° Trois motifs de la 
Lucia di Lammermoor, pour piano, n°' 1,2, 3. 
— 30 Réminiscences de l'opéra Corrado d'Alla- 
mura, de F. Ricci, pour le piano. — 4° Tu ne 
saurais m'oublier, romance avec accompagne- 
ment de piano. — 5° Fanciullaamabile; can- 
zonctte avec piano. — 6° Clara , ballade avec 
piano. 

ALBERTI (Celso), ou selon d'autres no- 
tices Alberto Celso, chanteur médiocre, né en 
Toscane, a publié, sous le voile de l'anonyme un» 
satyre mordante contre la célèbre cantatrice 
Pasta, dont le talent avait produit peu d'effet 
au théâtre Carcano de Milan en 1829. Cette 
pièce a paru sous le titre suivant : Giuditta 
Pasta al Carcano, Poema eroi-comico in sesta 
rima. Canto primo. Milano, presso Pirotta, 
1829,in-12. Le second chant était à l'impression, 
quand l'autorité fit saisir le manuscrit et en dé- 
fendit la publication. Alberti chanta dans l'année 
suivante à la foire de Monza, et y fut sifllé comme 
auteur de cette satire. Un autre petit poëme a 
été publié à Milan, chez Pirotta, in-12, en 1829, 
sous ce titre : Il Tenore David à Milano, Ses- 
tino di Alberto Celso. On m'a dit à Milan que 
le chanteur Alberti, ou Celso , n'était pas l'au- 
teur de ces écrits , et qu'un jeune prêtre, ama- 
teur de musique et de théâtre, s'était caché 
sous son nom. 



54 



ALBERTINI — ALBLNOINI 



ALBERTINI (François), prêtre florentin, 
docteur en droit canon , et célèbre anti(]iiaire, 
né vers la fin du quinzième siècle, florissail en 
1510. A cette époque, il se rendit à Rome, où il 
fut chapelain du cardinal de Sanla-Sabina. Parmi 
ses ouvrages on rompte nu traité DeMusica, 
♦jui est resté manuscrit, et qin', suivant Mazzu- 
clielli, doit se trouver dans quelque bibliothèque 
de Rome. 

ALBERTIIVI (Ignace ), Milanais, compo- 
siteur de musique instnimentale, vivait sous le 
rèf;ne de l'empereur Léopold T"", à qui il dédia 
un œuvre de douze sonates pour violon. Cet 
ouvrafje a été publié à "Vienne, en 1690. 

ALBERTINI (JoACHiii), compositeur ita- 
lien et maître de chapelle du roi de Pologne, 
était à Varsovie en 1784. Il (it représenter l'o- 
péra semi-se?ia 11 Don Giovanni, et un inter- 
mède en langue polonaise intitulé : le Maître 
de chapelle polonais. Les opéras de sa com- 
position les plus connus sont : 1° Circe, repré- 
senté à Hambourg, en 1785 20 Virginia, opéra 

séria ; Rome, 1780 3" Scipione A/ricano,b 

Rome, en 1789. Les événements politiques de 
)a Pologne obligèrent ce maître à se réfugier 
en Italie; mais son style avait vieilli; il y eat 
peu de succès, et fut obligé de se livrer à 
l'enseignement du cliant. En 1804 , le prince 
PoniatowsRi le rappela à Varsovie, pour l'ins- 
truction musicale de ses enfants. Albertini alla 
s'y fixer avec sa famille. Il était alors âgé de 
soixante ans. H mourut dans celte ville, au 
mois (l'avril 1811. 

ALBERTUS VENETUS, dominicain, qui 
vivait dans le seizième siècle , est cité par les 
PP. Quétif etÉchard (.Scri/». ordin. Prsedicat., 
tome 2, p. 126) comme aulcur d'un Compen- 
diiim de arte musices, qui est resté manuscrit. 
Il est vraisemblable que son nom était Alberti , 
et sa patrie Venise. 

ALBESBY (....), clarinettiste français, 
fut attaché vers 1795 à l'orchestre du théâtre 
de la Cité à Paris. On a de lui : Premier con- 
certo pour la clarinette ; Paris, Sieber. 

ALBEST ( Raimond Kaan , chevalier i>' ) 
officier dans un régiment de hussards hongrois 
nu service de l'empereur d'Autriche, est né à 
Vienne, en 1802. Élève de Mayseder pour le 
violon, il est un des amateurs les plus distingués 
de l'Allemagne sur cet instrument. Dans les 
voyages qu'il a faits en Italie , il s'est fait enten- 
dre chez quelques personnes de la haute société, 
et a toujours [«oduit une impression très-agréa- 
ble par son talent. En 1844, il était à Salzbourg 
4't y joua dans un concert pour le monument de 
iMoxart. On a publié de sa composition à Vienne. 



une Polonaise ponr le violon et des varia- 
tions de bravoure, avec accompagnement d'or- 
chestre. 

ALBETTI ( Joseph ) , chanoine de l'église 
cathédrale de Modèiie, vers le milieu du dix- 
huitième siècle ( suivant les renseignements 
qui m'ont été communiqués par M.Lanzi, savant 
bibliographe), a publié, sans y mettre son nom, 
un petit écrit intitulé : Lcttera contra il cunto 
in conlrappunto ne funerali, ed il lungo giro 
de funerali slessi; in-l2, sans nom de lieu, 
d'imprimeur, et sans date. (Voy. Di^ion. di opère 
anon. e pseud.diScrittori italiani, da G. M. 
t. 2, p. 85 ). 

ALBI, musicien (ie la cl)a|)elle de Louis XII, 
roi de France, dont le nom figure dans un 
compte de dépenses faites aux obsèques de ce 
prince; lequel se trouve aux archivesdu royaume, 
lettre K, no 322. 

ALBICASTRO (Henri ), dont le vrai 
nom était WeissEiNBURG, naquit en Suisse vers 
la lin du dix-seplième siècle. 11 servit eu Espa- 
gne dans la guerre de la Succession. On a pu- 
blié à Amsterdam , chez Roger, les ouvrages 
suivants de sa composition : lo Sonates à tro'S 
parties, op. l*^"". — 2° Quinze sonates à violon 
seul et basse, op. 2*. — 3" Sonates pour violon, 
violoncelle et basse, op. 3*. — 4° Sonates à trois 
parties, op. 4®. — 5° Sonates à violon seul et 
basse, op. 5*. — Çfl [dern., op. 6^. — 70 Concer- 
tos à quatre parties, op. 7". — 80 Douze so- 
nates à trois parties, op. 8e. — 90 Sonates pour 
violon cl violoncelle. 

ALBI]\Ï (Felice), compositeur romain, 
vécut dans le première moitié du dix-septième 
siècle. Il s'est fait connaître par les ouvrages 
dont voici les litres. !« // primo libro de mtisi- 
callconctrti. Roma, ap. Rohietti, 1G25. — l" Il 
secondo libro de' musicali concerti, ibid., 1620. 
Un autre musicien du nom (VAlInni ( Vin- 
cenzo ), parait avoir vécu, vers la fin du dix- 
huitième siècle, à Vienne, où il a laissé en manus- 
crit des Trios pour deux violons et violoncelle^ 
indiqués dans le catalogue de Traeg; Vienne, 
1799. 

ALBIIVONI (Thomas), compositeur drama- 
tique et habile violoniste, né à Venise, dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle, a écrit un 
grand nombre d'opéras qui ont été presqire tous 
représentés dans sa ville natale. Les cirxons- 
tances de sa vie sont ignorées, et l'on ne sait pas 
même quelle fut la direction de ses études comme 
instrumentiste et comme compositeur. A l'égard 
du mérite de ses ouvrages, l'examen que j'ai 
(ait de quelques-unes de ses partitions m'a dé- 
montré ipic son style est sec, ses idées fades eu- 



ALBINONl — ALBINUS 



55 



triviales, et l'expression des paroles de la plu- 
part de ses opéras à peu près nulle. Cependant 
ses compositions ont eu du succès dans leur nou- 
veauté. Ces ouvrages ont pour titre : 1° Pal- 
merini ; 1694. — 2° Il Prodigio deW inno- 
cenza; 1695. — 2" Zenone, imperator d'O- 
rienté; 1G96. — 4° Tlgrane, re d'Armcnia; 
1697. — 6° Endamisto; 1698. — 6o Pri- 
niislas I , re di Doemica; 169S. — 7° Vln- 
(jratudine castigata; 1698. — s» Diomede 
punilo da Alcide; 1701. — 9° Vlnganno inno- 
cente; 1701 IQo VArte in garaçon Varie; 

1702. — 11" Z,a Fede tra gli inganni; ilQl. 

— 120 Astarle; 170S. — 13» Il Tradimento 
tradito; 1709. — 14° Ciro riconosciiilo; 1710. 

— 350 GiHsthia (à Bologne); 1711. — 16» // 
Tiranno Eroe ; 1711. — 17o Le Gare gcnerose ; 
1712. — • 180 Eiimcne; 1717. — 19" Il Me- 
leagro; 1718.— 20" Ainordi ft g lio non conos- 
cliito; 1716. — 210 Cleomenc; 1718. — 22o di 
Ecce.ssi délia gclosia; 1722. — 23" Ermin- 
gurda; 1723. — 24o Marianna; 1724. — 25° 
Laodicea; 1724. — 26o Anligono tutore; 1724. 

— 27° Scipione. nelle Spagne; 1724. — 28" Di- 
done abandonata ; 1725. — 1^° Alcina dcliisa 
da Riiggiero; 1725. — Zoo II Trionfo d' Armida ; 
1726. — 31° L'Incoslanza schcrnita; {'ill. — 
32" La Gn'selda ; 1728.— 33" Il Concilio dei pia- 
iictti; 1729. — 340 L'Infedelta delu.sa ; 1729.— 
34" Idue Rivait in amore; 1728.— Zù'^Statira; 
1730. — 370 Gli S/ratagemmi amorosi ; 1730. 

— 380 Elenia ; 1730. — 39o Ardeliiida; 1732. 

— 40o Gli avvenimenti di Ruggiero; 1732. 
-ilo Candalide; 1734. — ^2" Ar (amené; 1741. 

Je trouve dans les notes manuscrites de leu M. De 
Boisgelou, qu'Albinoni avait déjà écrit, en 1690, 
conjointement avec Gasparini , un opéra d'En- 
gelberla, qui lut joue à Venise, et dont la parti- 
lion se trouve à la bijjliotlièque royale de Ber- 
lin, ainsi qu'un Magnificat à quatre voix et ins- 
truments, eu .soi mineur, du môme auteur. 

Albinoni a écrit aussi beaucoup de musique ins- 
trumentale. 11 montrait plus de talent en ce genre 
que dans l'opéra ; on i-emarque <lans ses so- 
nates,et surtout dans ses balleti da caméra, un 
certam charme et une bonne facture que n'au- 
rait pas désavoués Corelli. Ses principaux ou- 
vrages de musique pour les instruments sont : 
1» Dueedieci sonate a tre, op. 1*'. — 2° Sin- 
fonie a sei e selle, op. 2^; Venise, 1700. — 3o 
Dieci edue balletti ossia sonate da caméra a 
tre, op. 3^. — 40 Douze concerts à six ins- 
tniments, op. b". — 5° Douze concertos pour 
haulbois et violon, op. 7". — 6» Douze ballets 
pour deux violons , violoncelle et basse, op. 
8". — 70 Douze concerts à deux hautbois, alto, 



violoncelle et orgue,op. 9'. Onconnaitaussidece 
musicien: Doiizecantates àvoix seuleet basse , 
op. 4^.— Trattenimenti rfacamero, consistant 
en douze cantates à voix seuleet basse , op. 6*. 

ALB1IXUS , écrivain sur la musique cité par 
Cassiodore ( De DiscipL, p. 709. ex edit. Paris, 
1599 ) , et qui conséquemment vécut antérieure- 
ment au sixième siècle. Cassiodore lui donne le 
litre d'illustre ( Vir magnificus). Il dit que le 
livre de cette auteur n'existait pas dans les bi- 
bliothèques de Rome, mais qu'il l'avait lu avec 
attention dans sa jeunesse. Au reste, il paraît que 
l'ouvrage d'Albinus n'était qu'un abrégé de la 
science de la musique fait d'après Boèce. 

ALBIN US, nom sous lequel quelques écri- 
vains du moyen âge ont cité Alcuin(Fo«/. ce nom.) 

ALBIA'US. Un manuscrit précieux qui se 
trouve dans la bibliothèque de l'université de Gand 
(no 171, in-fol.) , contient divers traités de musi- 
que, parmi lesquels on en remarque un dont l'au- 
teur est anonyme, et qi:i a pour titre : Dediversis 
monochordis,lelraco7-dis, pentacordis , sexta- 
cordis, eptacordis , octocordis , etc., ex qvi- 
bus diversa formanlur instrumenta musiccp , 
cumfiguris instrumenlorum. Ce traité des ins- 
truments à cordes en usage au quatorzième siècle, 
contient la description et les figures de ces ins- 
truments. Au nombre de ceux-ci se trouve une 
viole à quatre cordes, dont l'invention est attri- 
buée à un certain Albinus. Quel était cet Al- 
binus? eu quel temps vivait-il, et qiielle fut sa 
patrie.? Voilà les questions que je me suis faites, 
mais sans pouvoir les résoudre. Il y a peu d'ap- 
parence que ce soit Aicuin qu'on ait voulu dé- 
signer comme l'inventeur de cet instrument, et 
il est moins vraisemblable encore qu'on ait voulu 
parler de l'ancien Albinus cité par Cassiodore. 
La viole dont l'invention est attribuée à Al- 
binus a la forme d'une guitare , et ses quatre 
cordes à vide renferment l'étendue d'une octave. 
Elles sont accordées de la manière suivante : tit , 
re, sol, ut. L'auteur anonyme, en nous faisant 
connaître le nom de l'inventeur de cette viole, 
a oublié celui de l'inslriunent. Voici comment il 
s'exprime : Al iud quoque telracordiim Albinus 

compostât quod vocavil , etc. On se servait 

de l'archet pour jouer de celte viole; cet acces- 
soire est, en eflel, i)lacé près de l'instrument dans 
la ligure du manuscrit; mais par une singularité 
remarquable , la viole n'a ni touche ni chevalet. 

ALBIiVUS ( Bernard), dontle vrai nom était 
Weiss , lils d'un bourgmestre de Dessau, dans 
la province d'.\nhalt, naquit dans cette ville, 
en 1653. 11 étudia successivement à Brème et à 
Leyde, et prit le grade de docteur en médecine 
à l'université de celte dernière ville. Après avoil 



5G 



ALBINUS — ALBOISI 



voyagé en Fiance, en Flandre et en Lorraine, 
il vint, en 1681 , occuper unecliaire de profes- 
seur à Francfort-sur-i'Oder. Il y fit preuve de 
tant de talent et de connaissances dans son art, 
qu'il jouit bientôt d'une grande r<^putalion. Il 
devint le médecin de l'électeur de Brandebourg, 
qui le combla d'bonneurs et de richesses. Après 
avoir rempli ses fonctions auprès de plusieurs 
princes de cette maison, il se rendit à Leyde, 
en 1702, et y professa la médecine, jusqu'à sa 
mort, arrivée le 7 septembre 1721. An nombre 
de ses écrits se trouve : Dissertai io de taran- 
tula miravi; Francfort, 1601, in-4o. Il y traite 
de l'usage de la musique pour laguérison du mal 
que produit la piqûre de la tarentule. 

ALBIOSO ( Mario), prêtre et chanoine de 
l'ordre du Saint Esprit, naquit à Nasi en Sicile, 
et mourut à Palerme, en 108G. Poète et bon 
musicien , il a publié : Selva di canzoni ski- 
liani; Palerme, IG8l,in-8o. 
ALBOIVESIO (Thésée). Voyez Ambrocio. 
ALBONl ( Marietta ) , cantatrice célèbre, 
est née, en 1823, à Césena, petite ville de laRo- 
magne. Après avoir commencé l'étude de la mu- 
sique dans sa ville natale, elle alla prendre des 
leçons de chant à Bologne, chez M^e Berto- 
latti, professeur de mérite, qui a formé le talent 
de plusieurs autres cantatrices, lesquelles ont eu 
des succès sur les théAtres d'Italie. Son séjour 
dans cette ville lui procura l'avantage de con- 
naître Rossini et de recevoir ses précieux con- 
seils sur son art. Charmé par la beauté de sa 
voix et par la (acilitédesa vocalisation, ce maître 
illustre lui lit étudier les rôles de contralto de 
ses ouvrages, et lui en transmit les pures tradi- 
tions. Ainsi préparée pour la carrière de canta- 
trice dramatique , M""^ Alboni contracta un en- 
gagement de plusieurs années avec Mereili , 
directeur de plusieurs entreprises théâtrales en 
Italie et en Allemagne. Son début sur la scène ly- 
rique eut lieu en 1843 au théâtre de la Scala, 
à Milan, dans le rôle de Miffio Orseni, de la 
Lucrezia Borgia de Donizelti. Nonobstant son 
inexpérience, la beauté de son organe lui fit ob- 
tenir nn accueil favorable du public. Elle chanta 
dans la même année à Bologne, à Brescia , puis 
de nouveau à Milan. Bientôt après, elle parut sur 
le Théâtre Italien de Vienne, où ses premiers 
succA furent confirmés. Ce fut alors qu'à la suite 
de discussions d'intérêt avec l'entrepreneur Me- 
reili, M"e Alboni crut devoir rompre l'engage- 
ment qu'elle avait avec lui, et qu'elle partit ino- 
pinément pour Saint-Pétersbourg. Il paraît que 
cette excursion dans la capitale de la Russie ne 
répondit pas à ses espérances ; car elle y resta peu 
de ten)p9. Vers la fin de 18i5, elle arriva à Ham- 



bourg, oii elle se fit entendre dans des concerts 
ainsi qu'à Leipsick, à Dresde , et en Hongrie où 
elle se rendit en traversant la Bohême. Appelée 
à Rome pour le carnaval de 1847 , elle y chanta 
la Saffo de Pacini avec VAbbadia, le ténor 
Paricani et la basse Valli. Elle introduisit dans 
cet ouvrage l'air (VAiscice de la Semiramide 
de Rossini , qui fut applaudi avec enthousiasme, 
mais qui n'empCcha pas la chute de l'opéra. Au 
printemps de la même aimée , l'Alboni se rendit 
à Londres, d'après l'engagement qu'elle avait pris 
avec le directeur du tluàlre de Covent-Garden. 
A cette époque , Jenny Lind attirait la foule des 
dilellanti au Théâtre de la Reine, et y obtenait des 
succès qui allaient jusqu'au délire. La lutte, jus- 
qu'alors inégale entre les deux théâtres, prit 
bientôt un caractère plus sérieux par l'émotion 
que lit naître l'admirable sonorité de la voix de 
l'Alboni, son étendue de plus de deux octaves, et 
son égalité parfaile. Le lendemain de son début, le 
directeur du théâtre de Covent-Garden porta, de 
son propre mouvement, le traitement de la can- 
tatrice de la somme de cinq cents livres sterling, 
qui avait été fixé pour la saison, à deux mille 
livres (cinquante mille francs). Dès ce moment 
commença la vogue de M"e Alboni ; mais elle 
ne fut décidée qu'à Paris, au mois d'octobre de 
la même année, lorsque l'artiste se fit entendre 
à l'Opéra dans trois concerts pour lesquels des 
avantages considérables lui avaient été assurés 
par l'administration de ce théâtre. Le pre- 
mier air qu'elle y chanta fut celui d'/lr^ace. 
Dès les premières mesures du récitatif, son 
merveilleux organe y produisit l'effet accou- 
tumé : ;son timbre, à la fois si pur, si puissant 
et si suave, émut d'ime profonde impression 
l'intelligente assemblée qui l'entendait pour la 
première fois. Toutefois , les connaisseurs com- 
prirent que l'effet irrésistible do chant d^ M"e 
Alboni était le résultat des dons exquis qu'elle a 
reçus de la nature , et qu'il y manque essentiel- 
lement les qualités du style et le sentiment 
dramatique. Cette opinion, d'une part, et l'en- 
traînement du public de l'autre, causèrent une 
vive agitation dans le monde musical et dans la 
presse. Deux mois après les concerts qui avaient 
produit celle émotion, la cantatrice débuta au 
lliéâtre italien de Paris par le rôle à'Arsace, 
qui lui fournit l'occasion d'étaler dans tout leur 
éclat ses précieux avantages naturels. L'en- 
thousiasme fut au comble. Puis elle chanta Ce- 
nerentola avec non moins de succès; mais le 
rôle de Malcolm, dans La donna dcl Lago , ne 
lui fut pas aussi favorable. L'énergie empreinte 
dans ce rôle exige autre chose qu'une voix, si 
belle qu'elle soit. On n'avait point encore ou- 



ALBOPil — ALBRECTII 



57 



blié à Paris l'aJinirable caractère que M"^'^ Pi- 
saroni savait lui donner, en dépit des défauts 
de son organe. Le rôle de Malcolm , pour pro- 
duire son effet, exige précisément les qualités 
dont M"<= Alboni est dépourvue , à savoir, la lar- 
geur du style , l'accent dramatique , et la chaleur 
de l'action. 

Les événements politiques de 1848 vinrent ar- 
rêter le cours de ses succès ; comme beaucoup d'au- 
tres artistes, elle dut aller cherclier en Angleterre 
un refuge contre les agitations révolutionnaires 
qui bouleversaient l'Europe. Elle reparut sur la 
scène de Covent-Garden dans Tancredi de Ros- 
sini, dans Cenerentola, dans Semiramide; et l'en- 
thousiasme des di/e^^on^i alla chaque jour crp.s- 
cendo. Recherchée pour les concerts et pour les soi- 
rées musicales de la haute noblesse, elle recueillit 
dans cette saison une riche moisson degiiinées. 
La saison terminée , elle chanta dans un festival 
à Worcester; puis elle se rendit à Bruxelles, et y 
chanta dans quelques concerts où ses succès ne 
furent pas moindres qu'à Paris et à Londres. En 
1849, le théâtre italien de Paris ayant été réor- 
ganisé, l'Alboni y fut engagée, et y brilla dans 
Cenerentola , avec Lablache et Ronconi, dans 
Vltaliana in Algeri, et dans La Gazza-Ladra, 
puis elle aWa faire la saison de Londres, qui ne 
lui fut pas moins favorable. Dans l'année suivante , 
l'Alboni alla à Genève, et parcourut une partie de 
la France; elle chanta à Lyon, à Marseille, à Bor- 
deaux, où elle joua en français dans les opéras 
Charles VJ, La Favorite, La Reine de Chypre et 
La Fille du Régiment; puis elle revint à Paris, et 
osa y chanter le rôle de Fidès dans Le Prophète, 
au théâtre de l'Opéra. Le succès le plus brillant 
justifia sa témérité. Déjà on avait remarqué dans 
son jeu quelque progrès au point de vue dra- 
matique, lorsqu'elle avait chanté , l'année pré- 
cédente, le rôle de Ninetta dans La Gazza La- 
dra ;mais ces indites parurent plus décidés dans 
l'oMivre de Meyerbeer; non que l'accent vocal 
de la cantatrice fût devenu plus passionné, 
mais son action scénique y fut plus animée. En 
1851, M"e Alboni a fait un nouvel essai de son ta- 
lent sur la scène de l'Opéra dans le rôle de Zer- 
line, qu'Auber a écrit pour elle dans La Corbeille 
d'Oranges ; puis elle a lait une excursion en Es- 
pagne. Enfin elle a parcouru en triomphatrice 
les deux Amériques, et y a été saluée par les 
acclamations excentriques en usage dans ces pays, 
pour ce qui est extraordinaire ou inconnu. 

ALBRECHT ( Jean-Matthieu ), organiste de 
l'église de Sainte-Catherine à Francfort-sur-le- 
Mein , naquit à Austerbehringen , en Thuringe , 
le !«' mai 1701. Witten, maître de chapelle 
a Gotha , lui donna les premières leçons de 



musique. Ses études terminées, il voyagea 
en France, où il eut occasion d'entendre les 
premiers organistes de ce temps, tels que Cal- 
vière, Marchand, Daquin, etc., dont il adopta 
la manière. Ce fut au retour de ce voyage qu'il 
eut sa place d'organiste à Francfort. Les succès 
qu'il obtint furent tels, que l'on se décida à faire 
construire pour lui un nouvel orgue de quarante- 
huit jeux, par le célèbre Jean Conrad Wegman, 
de Darmstadt. Aucune composition d'Albrecht 
n'a été imprimée ; mais on connaît de lui plu- 
sieurs concertos pour clavecin, avec accompagne- 
ment, qui ont été fort applaudis dans leurnou- 
veauté. 

ALBRECHT (Jean-Guillaume), docteur 
et professeur en médecine, à Erfurt, né dans 
cette ville en 1703, fit ses études aux universités 
d'Iéna et de Wiilemberg. Il a fait imprimer à 
Leipsick.en 1734 : Tractatus physicus de ef- 
fectibus musicesin corpus animatum, in-8°. 
Mitzler a donné une notice détaillée de cet ou- 
vrage dans sa Bibliothèque musicale, tome 4 , 
pag. 23-48. Albrecht, nommé professeur à Got- 
tingue, y mourut le 7 janvier 1736. 

ALBRECHT (Jean-Lauuent), poète cou- 
ronné, chanteur et directeur de musique à l'é- 
glise principale de Mulhausen, en Thuringe, na- 
quit à Goermar, près de Mulhausen, le 8 janvier 
1732 Philippe-Christophe Rauchfust, organiste 
dans cette ville, lui donna les premières leçons 
de musique pendant trois mois. Il se rendit en- 
suite à Leipsick pour y étudier la théologie, et 
en 1758 il revint à Mulhausen, où il obtint les 
deux charges ci-dessus mentionnées, qu'il garda 
jusqu'à sa mort, arrivée en 1773. Albrecht est 
également recommandable comme écrivain didac- 
tique et comme compositeur. Ses ouvrages pu- 
bliés sont : 1° Steffani's Sendschreiben mit 
Zusatzen undeiner Vorrede, 2'° i4?//Za^e ( Let- 
tres de Steffani, avec des additions et une préface, 
deuxième édition) ; Mulhausen, 1760, in-4°. Cette 
édition de la traduction que Werckmeister avait 
faite de l'ouvrage de Steffani , intitulé : Quanta 
certezza habbia da stioi principj la musica, 
est préférable à la première. — 1° Grûndliche 
Einleitung in die Anfangslehren der Tonkunst 
(Introduction raisonnée aux principes de la mu- 
sique); Langensalza, 1761, in-4°, 136 pages. — 
3° Vrtheil in der Streitigheit zwischen Herrn 
Marpurg and Sorge (Jugement sur la dispule 
entre MM. Marpurg et Sorge), dans les Essais de 
Marpurg {Beytrseg.), lom. 5, pag. 269.— 4° Kurze 
Nachricht von dem Zustande der Kirchen- 
musik in Mulhausen (Courte notice sur l'état 
de la musique d'église, à Mulhouse), dans le même 
recueil , t. 5, p. 387 — 5° Abhandlung iibcr 



58 



ALBRECTH — ALBRECHTSBERGER 



(lie Frage : ob die Miisik bey dem Goitesdienst 
zu dulden oder nicht? (Dissertation sur cette 
question : La musique peut-elle être tolérée flans 
le service divin?); Berlin, 17C4, in-4", 4 léuilles. 
— 6° Versuch einer AhhandliuKj von der Ursa- 
chen des Hasses, welc/ies eintgen Menschen 
gegen die Musili von sich Bickenlasssen (Dis- 
sertation sur la cause de l'aversion que monirent 
certains hommes contre la musique) ; Frakenliau- 
sen, 1765, in-4*'. Ce petit écrit est sous la forme 
d'une lettre adressée à Clirétien-Gotllieb Scliroe- 
ter. On attribue à Albreclit un pamphlet anonjme 
concernant la discussion de Marpurg et de Sorge 
(voye:, ces noms) sur les bases de la science 
del'liarmonie; ce pamplileta pour titre: Gedanken 
eines TImringische Tonkunslersûber die Forei- 
tigkeiten zwischen Sorge und Marpurgs (Idées 
d'un musicien de la Tluninge sur les discussions 
entre Sorge et Marpurg); Aiemandburg (nulle 
part), sans date, in-8°. Il ne faut pas confondre 
cet opuscule a%'ec le jugement sur cette discus- 
sion , inséré par Marpurg dans le cinquième vo- 
lume de ses essais historiques et critiques sur 
la musique. An surplus, Albreclit n'entendait pas 
mieux que les autres maîtres pris pour juges par 
Marpurg ces questions de théorie de l'harmonie 
dans lesquelles Sorge était plus près de la vérité 
que ses antagonistes : ce sujet était trop nouveau 
pourêtre compris alors. Albrechtaété l'éditeur des 
deux ouvrages d'Adlung : Musica mechanica or- 
ganasdi, et Siebengeslirn ( voy. Adhing) ; il a joint 
une préface au premier, avec une notice sur la 
vie d'Adlung. Ses compositions consistent en : 
1° Cantates pour le vingt-quatrième dimanclie 
après la Pentecôte, poésie et musique d'Albrecht, 
1758. — 2° Passion selon les évangélistes; Mul- 
liausen, 1759, in-8°. — 3° Musikalische Auf- 
viunterung fur die Anfœnger des Klaviers 
(Encouragement musical pour les clavecinistes 
commençants );Augsbourg, 1763,in-8°.— 4°3/m- 
sikaiische Aufmunterung in kleinen Klavier 
Stilcken und Oden (Encouragement musical 
consistant en petites pièces et odes pour clave- 
cin); Berhn, 1703, in-4°. 

ALBRECHTSBERGER (Jean-Georges), 
savant harmoniste et organiste habile, né à Klos- 
terneubourg, petite ville de la basse Autriche, 
le 3 février 173C , entra fort jeune au chapitre de 
ce lieu comme enfant de chœur. De là il passa à 
l'abbaye de Mœlk , où il fut chargé de la direc- 
tion d'une école gratuite. Monn , organiste de la 
cour, lui enseigna l'accompagnement et le contre- 
point. Devenu lui-même profond organiste, après 
plusieurs années d'un travail assidu, il fut appelé 
en cette qualité à Raab, puis à Maria-Taferl, et 
cnûn à Mœlk, où il demeura pendant douze ans. 



Les ouvrages qu'il publia dans cet intervalle, 
ayant propagé sa réputation , et la place d'orga- 
niste de la cour devienne étant devenue vacante, 
il fut désigné, en 1772, pour en remplir les fonc- 
tions. Vingt ans après, on le nomma maître de 
chapelle de l'église cathédrale de Saint-Étienne. 

L'académie musicale de Vienne l'admit au 
nombre de ses membres en 1793, et celle de 
Stockholm en 1798. Ce savant homme est mort 
à Vienne le 7 mars 1809, et non en 1803, comme 
on l'a écrit dans le Dictionnaire historique des 
Musiciens (Paris, 1810). Alhiechtsberger avait 
épousé, en 1768, Rosalie Weiss, fille de Bernard 
Weiss, sculpteur, et en avait eu quinze enfants, 
neuf fils et six filles. De ces quinze enfants , 
douze .sont morts en bas âge. Ses meilleurs 
élèves sont : 1° Beethoven; 2° Jos. Eybler, 
premier maître de chapelle de la cour de Vienne; 
3° Jean Fuss, mort à Pesth le 9 mars 1819; 
4° Gaensbacher (Jean), qui a succédé à 
Preindl dans la place de maître de chapelle 
i de Saint-Étienne; 5" J. N. Hummel, maître de 
chapelle du duc de Sa\e-\Veiniar; 6» le baron 
Nicolas de Krafft, mort à Vienne le 16 avril 
1818; 7° Jos. Preindl, maître de chapelle de 
Saint-Étienne et de Saint-Pierre, mort à Vienne 
le 26 octobre 1823; 8° le chevaher Ignace de 
Seyfried, maître de chapelle et directeur de 
l'Opéra de Vienne; 9" et enfin Joseph Weigl , 
compositeur et directeur de l'Opéra de Vienne. 
Haydn, Beethoven et tous les grands musiciens 
de l'Allemagne avaient la plus haute estime pour 
Albrechtsberger, qui était également recomman- 
dable comme écrivain didactique, comme orga- 
niste et comme compositeur de musique sacrée 
et instrumentale. 

Le nombre des ouvrages sortis de sa plume 
est immense. Le prince Nicolas Esteiiiazy-Ga- 
lantlia possèdeen manuscrit les suivants : i° Vingt- 
six messes , dont dix-neuf sont avec accompagne- 
ment d'orchestre, une avec orgue, et six à quatre 
voix, a capella. — 2° Quarante-trois graduels. — 
3° Trente-quatre offertoires. — 4" Cinq vêpres 
complètes. — 5° Quatre litanies. — G" Quatre psau- 
mes. — 1° Quatre Te Beum. — 8° Deux Veni. 
Sancte Spiritus. — 9° Six motets. — lo° Cinq 
Salve Rcgina — 11° Six Ave Regina. — 12° Cinq 
Aima Redemptoris. — 13" Deux Tantnm Ergo. 

— 14° Dix-huit hymnes. — 15° Un Allehiia. — 
16° Dix morceaux tels que de Profundis , In- 
troits, leçons des Ténèbres et répons. — 17° Ora- 
torios : les Pèlerins de Golgotlia; l'Invention de 
la Croix ; la Naissance du Christ ; Applausus inu- 
sicus; De NativitateJesu ; Dcpassione Christi. 

— 18° Neuf cantiques. — 19° Un petit opéra alle- 
mand. — 20° Quarante quatuors fugues, œuvres 



ALBRECHTSBERGER — ALBUZIO 



59 



1";2", 5% 7% 10% 11% IG'' et 19% —21° Qua- 
rante-deux sonates en quatuors, œuvres 14", 18'', 
20% 21% 23% 24* et 26*.— 22° Trois sonates en 
doubles quatuors, œuvre 17*. — 23" Trente-huit 
quinfcllispourdeux violons, deux violes et basse, 
œuvres 3% 6% 9% 12% 15% 22% 23« et 27«. — 
24° Sept sextuors pour deux violons, deux violes, 
violoncelle et contre-basse. — 25** Yingt-liuit trios 
pour deux violons et Tioloncelle. — 26" Treize 
pièces détachées telles que sérénades, nocturnes et 
divertissements. — 27° Six concertos pour divers 
instruments, tels que le piano, la harpe, l'orgue, 
la mandoline et le trombone. — 28" Quatre sym- 
phonies à grand orchestre. Les ouvrages qu'Albre- 
ciitsberger a publiés sont les suivants : 1° Fugues 
pour r orgue, œuvres 4% 5% 6% 7% 8% 9% 10% 
11*, 16*, 17* et is''. — 2° Préludes pour Porfjue, 
œuvres 3*, 1 2* et 29^.— 3" Fugues pour le piano, 
œuvres r% 15*, 20* et 27*. — 4° Dix-huit qua- 
tuors pour deux violons, alto et basse, œuxres 2*, 
19* et 2 r. — 5° Six sextuors pour deux violons , 
deux violes, violoncelle et contre-basse , œu- 
vres 13* et 14*. — 6° Concerto léger pour lecla- 
vecin , avec accompagnement de deux violons 
et basse; Vienne. — 7° Quatuor pour clavecin, 
deux violons et basse; Vienne, 1792. — 8" Six 
duos pour violon et violoncelle; Leipsick, 1803. 
— 9° Quintetto pour trois violons, alto et vio- 
loncelle. — 10° Sonates à deux chœurs, pour 
quatre violons, deux altos et deux violoncelles ; 
Vienne, Riedl. 

Les ouvrages élémentaires d'Albrechtsberger 
sont : 1° Grïindliche Anweisung zur composi- 
tion , mit deutlichen und ausfuhrUchen exem- 
peln , zum selbs Vnterrichte erlaûtert, und 
mit Anhange : von der Beschaffenheit und 
Anivendung aller jetzt ûblichen mus. Instru- 
mente ; Leipsick, 1790, in-4°. Une nouvelle édi- 
tion de cet ouvrage a été publiée à Leipsick , chez 
Breilkopf et Hœrtel, 1818, in-S". Choron en a 
donné une traduction française sous ce lilre : 
Méthode 'élémentaire de composition, etc., 
enrichie d'un grand nombre de notes et d'é- 
claircissements ; Paris, 1814, 2 vol. in-8°. 11 y 
a eu une deuxième édition de cette traduction. 
Bien que méthodique et orné d'exemples assez 
purement écrits, ce livre n'est point à l'abri de 
tout reproclie. L'auteur, en clierchant la conci- 
.sion , est tombé dans la sécheresse et l'obscurité. 
Quelquefois aussi, il se met en contradiction 
avec les principes qu'il a posés. Les parties les 
plus difficiles de la fugue telles que la réponse 
et les contre-sujets , n'y sont qu'effleurés, et 
les exemples ne sont point assez variés. Néan- 
moins, tel qu'il est, il mérite l'estime dont il 
jouit en Allemagne. Il a remplacé avec avantage 



le Gradus ad Paryiassum de Fux, qui, basé 
sur la tonalité du plain-chant, s'éloigne trop du 
système moderne. Par les soins qn'Albrechlsber- 
ger a mis à la rédaction de ses exemples, il a 
évité les défauts du Traité delà Fugue de Mar- 
purg, qui n'est propre qu'à enseigner le style 
instrumental. — 2° Kurzge/asste Méthode den 
Generalbass zuerlernen ( Méthode abrégée d'ac- 
compagnement); Vienne, 1792. — 3° Klaviers- 
chulefûr Anfœnger (École du clavecin pour les 
commençants ) ; Vienne, 1 800. — 4° Ausweichun- 
gen aus C dur und C moll in die ûbungens 
Dur-uTid moll-Tœne (Passages des tons d'ut 
majeur et d'ut mineur dans tous les tons majeurs 
et mineurs); Vienne, Leipsick et Bonn. La 
deuxième partie de cet ouvrage, intitulée : In- 
ganni (Trugschlusse) fur die Orgel oder Piano- 
Forte, contient toutes les feintes de modulation. 
La troisième parlie a pour titre : Unterricht iiber 
den Gebrauch der verminderten und iibcrm. 
Intervallen (Instruction sur l'usage des interval- 
les augmentés et diminués ) ; Leipsick , Peters. Le 
chevalier de Seyfiied a publié une édition com- 
plète des œuvres théoriques d'Albrechtsberger, 
sous ce titre:./. G . Albrechtsbergef s sammtliche 
Schriften ilber Generalbass , Harmonie-Lehre , 
und Tonsetzkicnst zum Selbstuntcrrichtc ; 
Vienne, Antoine Strauss, 3 vol. in-8°, sans date. 

ALBRICl (VINCE^T), compositeur et orga- 
niste , né à Rome le 20 juin 1G31 , fut d'abord au 
service de Christine, reine de Suède. 11 se trou- 
vait à Stralsund en 1660. De là il passa à Dresde, 
comme vice-maître de chapelle de l'électeur de 
Saxe, Jean Georges II, poste qu'il occupait en- 
core en 1664. Celte chapelle ayant été réformée 
à la mort de l'électeur, Albrici se rendit à Leip- 
sick, où il devint organiste de l'église Saint-Tho- 
mas. En 1682 il fut appelé à Prague comme 
directeur de musique de l'église Saint-Augustin. 
H mourut dans cette ville quelques années après. 
Ses compositions connues sont : 1° Te Deum à 
deux chœurs, deux violons, viole, violoncelle, 
basson, quatre trompettes, trois trombones et 
timbales. — 2° Kyrie à huit voix. — 3" Messe à 
huit voix. — 4° Symbolum Nicœum à quatre 
voix, trompettes et timbales. — 5° Le cent cin- 
quantième psaume à quatre voix avec trompettes 
et timbales. — 6" Conc. moveantur cuncta 
sursuin. — 7" Conc. anima nostra, etc. 

ALBUZIO ou ALBUZZI, du latin Albutius 
(Jean-Jacques), luthiste et compositeur, né à 
Milan , vécut dans la première moitié du seizième 
siècle. On trouve des pièces de sa composition 
dans les recueils qui ont pour titres : 1° Intabo- 
latura de Leuto, de diversi autori novamente 
stampata; in Milano , per J. Antonio Casti- 



60 



ALBUZIO — ALCÉE 



lio>7o, 153C, petit in-4'' oblong. — 2" Hortus Mu- 
sarum, in qiio tanquam floscult quidam selec- 
lissimarum Carmimim collccti sunt ex opti- 
mis quibusquc auctoribus, etc.; Lovanii , apiid 
l'Iialesiiim bibliopolam jutatnm, 1552. Ce der- 
nier recueil contient des fantaisies, des motets, 
des ciiansons et des danses arrangées pour le 
lulli. 

ALBUZZI TODESCHIIVI (Thérèse), cé- 
lèbre cantatrice, dont la voix était un beau con- 
lialto, naquità Milan le 20 décembre 172;i; elle 
l'ut longtemps au service de la cour de Dresde, 
où elle chantait les premiers rôles. Elle mourut 
à Prague, le 30 jin"n 1760. 

ALCAROTÏÏ (Jean-Frakcois), composi- 
teur, naquit à Novarre, dans le Piémont, vers 
1536, et fut organiste à l'église de Como. On con- 
naît sous son nom : Il primo libro de^ Madrigali 
a cinque e sel voci ; m Venezia, appresso Anto- 
nio Gardano, 1567, in-4° obi. Le deuxième livre 
a pour titre : Madrigali a cinqiie et sei voci 
condoi dialoghi a ollo ; ibid., 1669, in-4° obi. 

ALCÉE, poêle musicien de l'ancienne Grèce, 
né à JMytilène, dans l'ile de Lesbos, vécut dans 
la 44" olympiade (604 ans avant J.-C), sui- 
vant la chronique d'Kusèbe. Contemporain de 
Saplio, il paraît l'avoir aimée, si l'on en juge 
par un vers cité dans la Poétique d'Arislote. 
Horace et Quintilien ont accordé des éloges 
magnifiques au génie poétique et à la versification 
d'Alcée. On sait qu'il fut l'inventeur du vers al- 
caïque , auquel il a donné son nom. Ce vers a 
quatre pieds et une césure. Il se mesure ainsi : 



Les deux premiers pieds sont des ïambes ; puis 
vient la césure , et le vers finit par deux dactyles. 
Quelquefois le premier pied est un spondée, le 
second un ïambe, la césure est brève, et les 
deux derniers pieds sont dactyles, de cette ma- 
nière : 



Aucun de ces mètres ne répond ni à un rhythme 
régulier de la musique , ni même à une mesure 
musicale du temps ; car dans la première forme, 
on a : 



rrirn?.ri^rrrirrr 



\:l dans l'autre : 



(t^iTiirriri^^rrrirrri 

Mais le mèlrederanciennepoésiegrccqucabsor- 



bait le rhythme musical sans rien perdre de l'har- 
monie, parce que cette harmonie était dans la 
lani-ue elle-même. On ne peut mettre en doute le 
charme qu'avaient pour les anciens les chants d'Al- 
cée construits sur ces mesures ; car Horace en 
parle avec enthousiasme dans la treizième ode ilu 
deuxième livre , où sont ces beaux vers : 

Qiiam pêne furvsR régna Proscrplnae, 
lit Jurticanlera vidimiis ^Eacuni , 
Sedesqiie discrclas plurum , etc. 

« Que j'ai été près de voir le royaume de la 
« sombre Proserpine, Éaque et son trihunal, les 
" demeures écartées des âmes pieuses, et Saplio 
" se j)laignanl sur les cordes éoliennes des 
« jeunes filles de sa patrie, et vous, Alcée, avec 
•< un plectre d'or (l), chantant d'un ton plus 
« mâle les dangers de la mer, les douleurs de 
« l'exil , et les maux de la guerre ! 

« Les ombres les écoutent tous deux et adnn"- 
" rent ces chants dignes d'un religieux silence; 
« mais la foule compacte du vulgaire prête une 
« oreille plus attentive aux récits des combats et 
« des tyrans détrônés. 

« Faut-il s'en étonner, puisqu'à ces chants di- 
« vins, le mougtre aux cent têtes, immobile, 
« stupéfait, baisse ses noires oreilles ; puisque les 
« serpents enlacés aux cheveux des Euménides 
« tressaillent de ravissement? 

« Prométhée et le père de Pélops trouvent dans 
« ces doux accents l'oubli passager de leurs 
(1 maux; Orion lui-même ne songe plus à pour- 
« suivre les lions et les lynx timides. » 

Plutarque nous apprend q\ie la tradition des 
chants d'Alcée se conserva longtemps chez les 
Grecs. Malheureusement, la dignité de caractère 
et le courage n'égalaient pas le génie chez ce 
grand poète. Après avoir poursivi de sa verve 
satirique Pittacus, tyran de sa patrie, mis au 
rang des sept Sages de la Grèce ; après avoir pris 
les armes contre lui, il eut la lâcheté de les jeter 
dans le combat, de fuir, et, tombé dans les mains 
de son ennemi, d'accepter de lui et la vie et la 
liberté. Alcée avait composé des hymnes, des 
odes, des satyres politiques, et des poèmes des- 

(1) Wccïn/jn, plectre, croclift dont se servaient lespoL'Ics 
pour pincer les cordes de la lyre ou de la cithare, alin de 
guider les intonations de leur vois suivant les modes aiia 
loguesaux mètres de Icursvers. Les traducteurs français 
rendent souvent ce mot par archet; mais on n'a Jamais, 
joué de la lyre ni de la cltliare avec l'archet; car l'archet, 
inconnu à l'ancienne Egypte, ù la Grèce, aux Romains, est 
originaire de l'Inde et des wntrées septentrioualos de 
l'Kurope. Quintilien nous apprend qu'on donnait avec 
raison le plectre d'or à Alcée, dans la partie de ses œuvres 
dirigée contre les tyrans : Alaeus in parte opcris anreo 
plectro merito donatii/r,(iuatyrannosinsect'atnr.{îtib, 
X , c. I.) 



ALCÉE — ALDAY 



(il 



tinës à célébrer Bacclius, Vénus et l'Amour. Il 
ne nous reste de tout cela que quelques frag- 
ments conservés par Athénée et par Suidas. 

ALCIMAS ZMURNIUS, joueur de trom- 
pette dans l'antiquité. Son nom nous est parvenu 
dans une inscription rapportée par Muratori (Nov. 
Thesaur. vet. inscr., t. 1, p. 936); la voici : 

ALCIMAS 

ZMVKNIVS 

TVBOCANTIVS. 

ALCMAIV, poëte-musicien, naquit à Sardes 
d'un père nommé Damas ou Tilare, et fut mené 
dans son enfance à Sparte, où il lut élevé dans 
un quartier de cette ville nommé Messoa, ce 
qui l'a fait passer pour Lacédémonien. On croit 
qu'il a vécu depuis la vingt-septième jusqu'à la 
quarantième olympiade. Héraclide de Pont as- 
sure qu'Alcman fut dans sa jeunesse esclave d'un 
Lacédémonien nommé Agésidas; mais qu'il mé- 
rita par ses bonnes qualités de devenir l'affranchi 
de son maître. Il fut excellent joueur de cithare, 
et chanta ses poésies au son de la flûte. Clément 
d'Alexandrie lui attribue la composition delà mu- 
sique destinée aux danses des chœurs. Athénée 
dit que ce musicien fut un des plus grands man- 
geurs de l'antiquité. Son tombeau se voyait en- 
core à Lacédémone au temps de Pausanias. 

ALCOCK (Jean), docteur en musique, né 
à Londres le 11 avril 1715, entra, à l'Age de sept 
ans, comme enfant de chœur, à l'église de Saint- 
Paid, sous la direction deCh. King; et, lorsqu'il 
en eut atteint quatorze, on le plaça comme élève 
sous Stanley, qui, bien qu'il n'eût alors que seize 
ans, était organiste des églises de Saint-André, 
d'Holborn et du Temple. En 1735,Alcock devint 
organiste de l'église de Saint-André à Plymouth, 
dans le Devonshire. Cinq ans après son arrivée 
dans ce lieu, il fut invité à prendre possession 
de la place d'organiste de Reading, où il se ren- 
dit au mois de janvier 1742. Celle d'organiste de 
l'église cathédrale de Lichtfield étant devenue 
vacante en 1749, on la réunit à celle de premier 
chantre et de maître du chœur, en faveur d'Al- 
cock; mais en 1760 il se démit de la place d'or- 
ganiste, ainsi que de celle de maître de chœur, et ne 
conserva que celle de premier chantre. Il s'était 
fait recevoir bachelier en musique à Oxford, en 
1755; dix ans après il prit ses degrés de docteur 
à la même université. Le reste de la longue car- 
rière de cet homme respectable s'écoula tranquil- 
lement à Lichtiield , où il est mort au mois de 
mars 1806, âgé de quatre-vingt-onze ans. Il n'a- 
vait cessé jusqu'au dernier moment de remplir 
avec exactitude les devoirs de sa place, quoique 
le doyen de Lichtfield l'eût invité plusieurs fois 



à prendre quelque repos. Pendant son séjoin- à 
Plymouth, il avait publié six suites de leçons de 
piano, et douze chansons; ces ouvrages furent 
suivis d'une suite de [)sauines , antiennes et hym- 
nes , composés pour les enfants de la charité, et 
d'une collection d'anciens psaumes à quatre par- 
ties, le tout publié à Reading. En 1753 il publia 
un service complet de musique d'église, sous ce 
titre: Morning and Evening service, consis- 
ting ofa Te Deum, Jiibilate, K yki e eleyson, etc.; 
far three, faur, five and six voices. Cet ou- 
vrage est devenu rare. Déjà en 1750 Alcock avait 
fait paraître de sa composition six concertos à 
sept parties pour quatre violons, allô, violoncelle 
et basse continue pour le clavecin. Une collection 
de trente six antiennes de sa composition parut 
en 1771. Vingt ans s'écoulèrent entre celte pu- 
blication et celle de son Harmonia Fesli, col- 
lection de canons , airs et chansons. Alcock , 
ayant recueilli cent six psaumes de divers au- 
teurs, les arrangea à quatre parties, et les publia 
en 1802, sous le titre de Harmony ofSion. Outre 
ces ouvrages, les catalogues de Preston et de Ca- 
busac indiquent encore les suivants: l" Te Deum 

and Jiibilate 2o Magnificat et Nunc dimit- 

tis, 1797. — 3° Strike yeSeraphic Hosts, Ivjmn 
for Christmas Day. — 4° Trois trios pour 
deux violons et basse. 

ALCUIIX, écrivain célèbre du huitième siècle, 
né en Angleterre dans la province d'York, fut 
disciple de Bède et d'Fxhert, archevêque d'York. 
Après avoir été diacre, il devint abbé de Canter- 
bury. Charlemagne, ayant eu occasion de le voir 
à Parme, l'engagea à se fixer en France. Il lui 
donna les abbayes de Ferrières et de Saint-Loup, 
le fit son aumônier, et prit de lui des leçons de 
ce qu'on appelait alors la rhétorique, de dialec- 
tique et des autres arts libéraux. Dans la suite, 
il lui donna encore l'abbaye de Saint-Martin de 
Tours. Alcuin, devenu vieux, désira se retirer 
de la cour; il demanda son congé, qu'il n'obtint 
qu'en 801. Alors il se dépouilla de tous ses bé- 
néfices, et se retira dans son abbaye de Saint- 
Martin , où il mourut le 19 mai 804, âgé de près 
de soixante dix ans. Ses œuvres ont été recueil- 
lies par André Duchesnc; Paris, 1617, in-fol.; 
et Froben, prince-abbé de Saint-Emmerande , 
en a donné une édition beaucoup plus ample à 
Ralisbonne en 1777, 2 vol. in-fol. On y trouve 
un traité De septem artibus iiberalibus : cet 
ouvrage est incomplet; il n'en reste que la rhé- 
torique, la dialectique et une partie de la logique ; 
la musique et les autres parties sont perdues. On 
y trouve aussi un traité séparé De Mustca, 

ALDiVY (....), nom d'un famille de mu- 
siciens qui a eu de la répulalio:i eu France 



62 



ALDAY — ALDOVRANDINI 



Alday, le père, néà Perpignan, en 1737, fut d'a- 
bord secrétaire d'nn grand seigneur, qui le mena 
en Italie. Là il apprit à jouer de la mandoline. 
Ayant acquis un certain degré d'habileté sur cet 
instrument, il s'établit d'abord à Avignon, où il 
83 maria; puis il alla se fixer à Paris, où il donna 
des leçons de .son instrument. Il eut deux fds 
qui naquirent, l'un en 1703, l'autre, l'année sui- 
vante. Tous deux furent violonistes. Le premier , 
connu sous le nom d'ylWay rainé, n'était âgé 
que de liuit ans lorsqu'il joua de la mandoline au 
concert spirituel. Il s'y fit entendre comme vio- 
loniste en 1783, et y reparut en 1789, dans une 
symphonie concertante pour deuN violons, de sa 
composition, qu'il joua avec son frère, ^'ers le 
même temps il publia sa première SyHijo//OHJccoH- 
cerlimte enut, pour deux violons et alto, Paris, 
Sieher. Cet ouvrage futsuivi de\asy7nphonie con- 
certante pourdeux violons qu'il avait fait enten- 
dre au concert spirituel. Celle-ci a été gravée à 
Amsterdam , chez Humniel. Alday s'est fixé à 
Lyon vers 1795, et s'y est tait marchand de mu- 
sique. H a publié depuis cette époque un œuvre 
de quatuors pour deux violons, alto et basse (Pa- 
ris, Pleyel), et des airs variés avec accompagne- 
ment de basse. On a aussi sous son nom : Mé- 
tlwde de violon, contenant les principes dé- 
taillés de cet inslnanent , dans lesquels sont 
intercallcs seize trios pour trois violons , six 
duos progressifs , six études et des exercices 
pour apprendre à moduler. Lyon, Caitoux, in- 
4". Il a été fait plusieurs éditions de cet ouvrage. 

Le frère de cet artiste , connu sous le nom 
A' Alday le jeune, fui un violoniste beaucoup 
plus habile que l'aîné. Il passe pour avoir reçu 
des leçons de Viotli, dont il avait adopté la ma- 
nière. Il se (it entendre avec succès au concert 
spirituel jusqu'en 1791, époque où il passa en 
Angleterre. En 1806, Alday a été nommé direc- 
teur de musi(iue à Edimbourg. Ses concertos 
de violon ont eu un succès de vogue dans la 
nouveauté; mais ils sont maintenant oubliés. 
Ceux qu'il a publiés sont : I" Premier concerto, 
en ré; Paris, Imbault. — 2o Deuxième idem, en 
si bémol , et troisième idetn, en la ; Paiis, Sie- 
her.— 3" Quatrièmeirfem, en ré ; Paris, Imbault. 
On connaît aussi de ce violoniste : deux œuvres 
de Duos pour deux violons ,- Paris, Decombe ; 
des Mélanges pour deux violons; Paris, Leduc, 
des Airs variés pour violon et alto, Paris, Im- 
bault , et des trios pour deux violons et basse, 
Londres, Lavenu. 

ALDÉRIIVIJS ( Cosmk) , compositeur suisse 
qui florissait vers le milieu du seizième siècle, a 
publié : LVIl hymni sacri, quatuor, quinque 
<t sex J'oc; Berne, Apiarius, I5ô3, in-4", oblong. 



ALDERWELT ( L. A. van) , pianiste hol- 
landais, né à Rotterdam vers 1780, a publié 
pour son instrument ; lo Sonate, Rotterdam, 
Plattner. — ')° Pot-pourri sur des théines connus 
ibid. ; — 30 Variations sur l'air hollandais : Daar 
ying ecn Pater ; Amsterdam, Steup. 

ALDHELM, lils de Kentred , et neveu d'I- 
nas, roi des Saxons occidentaux, fut élevé dans 
le monastère de Saint Augustin de Canterbury , 
devint abbé de Malmesbury,et ensuite évêque de 
Sherburn, aujourd'hui Salisbury. Il mourut le 20 
mai 709. Il avait composé des chansons, Can tiones 
Saxonicœ, qu'il était dans l'usage de chanter lui- 
même au peuple pour lui faire goûter la morale 
qu'elles contenaient. Gerbert (De Cantu et Mu- 
sica sacra, t. I, p. 202), nous a conservé un 
échantillon de ses compositions, qu'il a tiré d'un 
manuscrit du neuvième siècle. Guillaume de 
Malmesbury a écrit la vie d'Aldhelm; elle se 
trouve dans les Acta S. 0. Benedict. 

ALDO VR AIVDINI ( Josefh-Amoine- Vin- 
cent), académicien philharmonique et maître de 
chapelle honoraire du duc de Mantoue , naquit 
à Bologne vers 1665. Il fit ses études musicales 
sous la direction de Jacques Perti. Admis comme 
membre de l'Académie des philharmoniques de 
Bologne en 1695, il en fut prince en 170?. On 
a de lui les ouvrages suivants : \o Dafni, à Bo- 
logne, en 1696. — 2° GV inganni amorosi sco- 
perti in villa; à Bologne, en 1096. — 2" (bis) 
Ottaviano, écrit à Turin, en 1697. — 3° Amor 
torna in cinque al cinquanta, ovvero Aozz' 
dlà Flippa , e d' Bedette , opéra comique dans 
le patois Bolonais, en 1099. — 3'^ (bis) VOrfano, 
à Naples, au carnaval de 1699. — 4" Le due Au- 
guste, à Bologne, en 1700. — 5" Pirro, à Venise, 
en 1704. — Ç,oLa Fortezza al Cime» <o, à Venise, 
1699. — 70 Cesare in Alessandria; Naples, 1700. 
— 8" Semiramide; à Gênes 1701. — 9° / tre 
J}ivali al soglio;'a\en\»e, en 1711. On connaît 
aussi quelques œuvres de musique sacrée et ins- 
trumentale de sa composition : le premier, sous 
le titre Armonia sacra , contient dix motets 
à deux et trois voix, avec violons, Bologne, 
1701, in-fol. ; le deuxième. Cantate a voce sola , 
Bologne, 1701, in-4o oblong; le Iroisièuie, in- 
titulé: Conccrti sacri a voce sola con violini, 
opéra 3a, Bologne, Silvani 1703, in-fol., cousi.ste 
en ilix motets à voix seule avec deux violons ; 
son œuvre 5^, composé de sonates à trois parties , 
a été gravé à Amsterdam , sans date. Enfin , Al- 
dovrandini s'est rendu recommandable par l'o- 
ratorio de S. Sigismondo , dont la poésie a été 
publiée sous ce titre : S. Sigismondo, re di 
Borgogna, oratorio consecrato alV Eminentiss. 
e Révérend. Principe ilsig. card. Ferd. d'Adda, 



ALDOVRANDINl — ALEMBERT 



G 3 



dignissimo legalo di Bologna , fatto rappre- 
sentare dif signori nottari nel foro civile dt 
Bologna , nella loro sala magnificamente ap- 
parafa , in occasione délia générale procès- 
sione del santissimo sacramento délia parro- 
chiale di S. G. Batlista de RR. Monaci Ce- 
leslini ,poesia del sig. Gio.. Battista Monti , 
notaro collegiaio , musica del sig. Giuseppe 
Aldovrandini , maeslro di cappella di onore 
del serenissimo Duca di Mantova, il di primo 
di giugno 1704. 

ALDRICH (Henri), doyen de l'église du 
Christ à Oxford, naquit à Westmeinster en 1647. 
Il fit ses premières études dans cette ville , sous le 
docteur Richard Busby ; en 1602 il (ut admis au 
collège d'Oxford, où il prit les degrés de 
maître es arts , le 3 avril 1609. 11 entra ensuite 
dans les ordres, et devint professeur au col- 
lège d'Oxford, chanoine de l'Église du Christ, 
et enfin docteur en théologie. Il mourut le 
14 décembre 1710. Au milieu de tous ses tra- 
vaux il cultiva la musique avec succès. Il 
avait rassemblé une nombreuse collection des 
œuvres des plus célèbres compositeurs, tels que 
Palestrina, Carissimi , Yittoria, etc., sur les- 
quelles il arrangea les paroles anglaises des 
psaumes et de beaucoup d'antiennes. 

Il avait formé le projet d'écrire plusieurs 
traités sur la musique , et avait jeté ses idées dans 
diverses dissertations renfermées en deux re- 
cueils manuscrits, qui ont été déposés dans la 
bibiiolhèque du Collège du Christ à Oxford. En 
voici les litres d'après Burney : 1° Tlieory of 
organ-building , in which are given the mea- 
sures and proportions oj itsseveral parts and 
pipes (Théorie de la construction de l'orgue, 
etc.). — 2° Principles o/ ancieni Greck Miisic 
(Principes de l'anciennes musique grecque). 

— 30 Mémorandums made in rcading ancient 
authors, relative ta several parts o/Musicand 
ils ef/ects ( Extraits des anciens auteurs , rela- 
tifs aux diverses parties de la musique et de ses 
effets). — 40 Uses to which Music was applied 
by the ancients (Usages auxquels la musique 
fut employée par les anciens). — 5° Epithala- 
mium. — 6° Excerpta from Père Meneslrier ; 
proportions of Instruments ; exotic Music ( Ex- 
traits du Père Menestrier ; proportions des ins- 
truments; musique exotique). — 7° Argument 
of ancient and modem performance in Music 
(Comparaison de l'exécution musicale ancienne 
et moderne). — 8° Theory of modem musical 
Instruments (Théorie des instruments de 
musique modernes). — 90, 10° et 11°, dite. 

— 12° Miscellaneous papers conceming diffé- 
rent points in the tlieory and practice of 



Music ( Papiers divers concernant di fférents pomts 
de la théorie et de la pratique de la musique). 
— 130 On the construction of the Organ (Sur 
la construction de l'orgue). — 14° Fragment of 
a treatise on Counterpoint (Fragments d'un 
traité de contre-point). 

Le docteur Aldrich a composé plusieurs 
offices pour l'Église, et un grand nombre d'an- 
tiennes qui sont restées en manuscrit, et 
dont l'Académie de musique ancienne, de Lon- 
dres , possède une grande partie. Dans le Plea- 
sant musical Companion , imprimé en 1726, 
on trouve deux morceaux de sa composition , 
l'un; Hark the bonny Christ-Church Bells; 
l'autre intitulé : A Smoking Catch, pour être 
chanté par quatre hommes fumant leur pipe , 
d'une exécution difficile, et d'un effet piquant. 

ALDRIGHETTI (Antolne-Louis), lilsd'Al- 
drighetto Aldrighelti , médecin et philosophe , 
naquit à Padoue le 22 oct. 1000. Il fut profes- 
seur de droit à l'université de Padoue , et mourut 
le 24 aoijt 1068. Parmi ses ouvrages on trouve : 
Raggualia di Parnasso ira la musica e la poe- 
sia; Padoue, 1620, in-40. 

ALECTORIUS (Jean), musicien allemand, 
vécut dans la première moitié du seizième siècle. 
11 n'est connu que par une collection de pièces 
mêlées et de motets qui a pour titre ; Officia 
Paschalia , de Eesurrectione et Ascensionc 
Domini; Vitebergœ , apud Georgium Rhau. 
1539. On y trouve quelques morceaux de sa 
composition avec d'autres de J. Galliculus , 
d'Adam Renerus, de G. Fôrster, de J. Wal- 
ther, de C. Rein, et de J. Zacharias. 

ALEM ( PiEKRE d') , compositeur flamand 
dont parle Cerreto {Prattica musicale, lib. 3. 
p. 15G) comme d'un artiste de grande valeur. 
Il vécut très-longtemps à Naples , et s'y trouvait 
encore en 1601. Je ne connais pas d'ouvrage 
imprimé de ce maître. 

ALEMBERT ( Jean-le-Rond d'), philo- 
sophe et géomètre célèbre , naquit à Paris le 16 
novembre 17 17 , et fut exposé sur les marches 
de l'église de Sain(-Jean-le-Rond, dont on lui 
donna le nom. On sait maintenant qu'il devait le 
jour à madame de Tencin , célèbre par son es- 
prit et sa beauté, et à Destouches, commissaire 
provincial d'artillerie. Son père , voulant réparer 
l'abandon où il le laissait , lui assura 1200 livres 
de rentes peu de jours après sa naissance. Les 
études dans lesquelles on le dirigea avaient pour 
but de lui faire embrasser une profession liono- 
rable , telle que celle d'avocat , ou de médecin ; 
il les essaya toutes deux ; mais son génie le desti- 
nait aux mathématiques, qu'il apprit seul, et 
auxquelles il doit sa gloire la plus solide. Ses 



64 



ALP:MBERT — ALESSAINDRI 



travaux , qui lui valurent rentrée îles Académies 
des sciences <Ie Paris et de Berlin, de l'Académie 
française , et de presque toutes les sociétés sa- 
vantes de l'Europe , n'étant pas de l'objet de cet 
ouvrage , nous allons le considérer seulement 
sous le rajtport de l'influence qu'il eut sur la 
musique en France. 

<« Rameau, » dit Choron, « avait publié 
" en 17?.2 son traité d'harmonie, qui ne fit pas 
« d'abord beaucoup de bruit, parce qu'il était 
« lu de peu de personnes. D'Alembert, géomètre 
« profond , à qui l'on devait la solution du pro- 
« blême des cordes vibrantes, entreprit de met- 
o tre les idéesde Rameau à la portée des lecteurs 
« ordinaires. En 1752, il publia les éléments de 
« musique théorique et pratique, et donna l'ap- 
« parence de l'ordre et de la clarté à un .sys- 
« tème essentiellement vicieux. Ce système , 
« qui a retardé les progrès de la musique en 
« France, y est aujourd'hui rejeté par les bons 
<t théoriciens. » Cet ouvrage a eu quatre éditions ; 
la première a paru sous ce titre : Éléments de 
musique théorique et pratique, suivant les 
principes de M. Rameau, éclaircis, développés 
et stmpZî/îés, Paris, 1752, in-S». On en trouve l'a- 
nalyse dans le Mercure rie mai 1752. La seconde 
édition , augmentée de quelques éclaircissements , 
fut publiée à Paris en 1759, 1 vol. in-S". La 
troisième édition a paru à Lyon en 1 7C2 , 1 vol. 
in-80. La quatrième est de Lyon , 1779 , 1 vol. 
in-S». Marpurg en a donné une traduction alle- 
mande sous ce titre . Systematiche Einleilung 
in die musikalische Setztunsk , nach den 
Lehrsœtzen des Herrn Rameau , ans dem 
Franzœsisdien iibersetzt , und mit Anmcr- 
kungen vermehrel von F. W. Marpurg ; Lei(>- 
sick, 1757 , in-4''. 

On a aussi de d'Alembert : 1° Recherches 
sur la courbe que/orme une corde tendue mise 
en vibration , dans les mémoires de l'académie 
de Berlin, ann. 1747 et 1750. — 2° Recherches 
sur les vibrations des cordes sonores avec tm 
supplément sur les cordes vibrantes , dans ses 
opuscules mathématiques (Paris, 1761 et an- 
nées suivantes), tom. 1 et 4. — 3° Sur la vitesse 
du son, avec trois suppléments; ibid. Dans 
ses Mélanges de littérature et de philosophie , 
5 vol. in-12, Amsterdam-, 1767, 1770 et 1773, 
on trouve un Traité sur la liberté de la mu- 
sique. Cet opuscule a été réimprimé dans les 
OEuvres philosophiques, historiques et litté- 
raires de d'Alembert, Paris, Bastien, 1805, 
18 vol. in-8o, et Paris, Bossange frères, 4 vol 
in -8". D'Alembert à fait insérer dans le Mercure 
du jnois de mars 1702, une Lettre à M. Ra- 
memi , pour prouver que le corps sonore ne 



nazis donne et ne peut nous dovner par lui- 
même aucune idée des proportions. Cet opus- 
cule est rempli d'une bonne et saine critique 
sur l'objet en question. 

ALEOTTl ( Raf\ell\-Argenta) , religieuse 
augustine , naquit dans le duché de Ferrare. Gua- 
rini { Istoria délie chiese di Ferrara , p. 376) 
et F. Borsetti (Hist.gymn., Ferrare, p. il, Mb. 
5, p. 464 ), disent qu'elle a fait imprimer des 
motets et des madrigaux dont ils n'indiquent ni la 
date ni le lieu. 11 est vraisemblable qu'elle était 
de la famille de Jean- Baptiste Aleotti , célèbre 
architecte et ingénieur, et que le nom d'j4r- 
genta , joint au sien, est celui d'un bourg du 
duché de Ferrare , d'où cette famille était origi- 
naire. 

ALEOTTI (Victoire) , seconde fille du cé- 
lèbre architecte Jean-Baptiste Aleotti , naquit 
vers 1570. Dès l'âge de cinq ans elle montra 
de grandes dispositions pour la musique. Elle 
assistait aux leçons qui étaient données à sa 
sœur par Alexandre Miileville, et son talent na- 
turel se développa si bien dans cette audition , 
qu'à l'âge de six ans elle jouait déjà fort bien 
d'une espèce de clavecin qu'on appelait alors 
Arpicordo. Convaincus de la bonté de son or- 
ganisation musicale, ses parents laconlièrent aux 
soins d'Hercule Pasqnino, qui lui lit faire de 
rapides progrès dans le chant et dans le contre- 
point. Au bout de deux ans , Pasqnino conseilla 
de l'envoyer au couvent de Vitti, renommé pour 
les études musicales ; elle y entra en effet , et 
prit tant de goût à la vie monastique qu'elle vou- 
lut terminer ses jours dans ce couvent. Son père 
a fait imprimer un recueil de vingt et une pièces 
qu'elle avait composées sur des vers de Gua- 
rini, sous le titre de Ghirlanda di madriguli 
a qnattro voci ; Venise, 1583 , in-4o. 

ALESSAIVDRA (Catherine), dame de 
Pavie, se distingua comme compositeur au 
commencement du dix-septième siècle. On con- 
naît sous son nom : Molettl a 1 e 3 voci, 
op. 2. aggiuntovi uno C'anzon francese a i, e 
le litanie délia B-V. a 6 del Reverendo D. Be- 
nedetlo Rè, suo maestro di contrappzinto, Mi- 
lano ,presso l'Ercde di Simone Vini e Filippo 
Lomazzo, 1609. 

ALESSAINDRI (Jules d'), chanoine de la 
cathédrale de Ferrare, dans la première moitié 
du dix-huitième siècle , a écrit la musique d'un 
Oratorio à cinq voix intitulé Santa Francesca 
Romana. La parlilion manuscrite de cet ouvrage 
est à la bibliothèque de Berlin. 

ALESSAMDRI (Gennaro d'), maître de 
chapelle, né à Naples en 1717 , est connu par 
la musique de plusieurs opéras, iiarmi lesquels 



ALESSANDPa - ALEXANDER 



65 



on (ilf Otionc , qui fut joué à Venise en 1740. 
ALESSAI\DRI (Feuce), né à Rome en 
1742, fut (levé dans les conservatoires de Na- 
pies. Il était fort jeune lorsqu'il se rendit à Tu- 
rin , où il fut attaché pendant deux ans comme 
claveciniste et compositeur. Il vint ensuite à 
Paris, et y demeura quatre ans. Dans cet inter- 
valle, il donna au concert spirituel quelques 
morceaux qui furent applaudis. De retour en 
Italie en 17G7, il y écrivit Topera A'Ezio, |)OMr 
Vérone , ensuite, Il Malrïmomo per concorso , 
dans la même année, à Vienne ; et au commen- 
cement (le 1768, L'Argcntino. Peu de temps 
après, ayant épouse une cantatrice nommée Gua- 
(lagni, il partit avec elle pour Londres, où il 
donna, en 1769, La Mogliefedele, Il Re alla 
caccia. En 1773 il fut appelé à Dresde pour y 
composer L'Amore soldato. 11 alla ensuite à 
Pavie , où il écrivit Creso , en 1774. Piappelé à 
Londres , il y composa pendant l'année 1775 La 
Sposapersiana, La Novità,et, en société avec 
Saccliini , La Contadina in corle. De retour en 
Italie, il donna successivement Calliroe , à Mi- 
lan, en 1778; Venere in Cipro, dans la même 
ville, au carnaval de 1779; Aitalo , à Flo- 
rence, en 1780; Il vecchio Geloso, à Milan, 
en 1781; Demqfoonie , à Padoue, en 1783; Il 
Marito geloso, à Livourne, en 1784; Arta- 
serse, à Naples , en 1774; f Puntigli gelosi , 
à Palerme, en 1784; / due fralelli , à Cassel , 
eu 1785; La Finta Principessa, à Ferrare, en 
1786. Immédiatement après avoir écrit cet ou- 
vrage, Alessandri partit pour la Russie, dans 
lespoir d'être engagé comme compositeur de la 
cour; mais il ne réussit point dans son dessein, 
et il fut obligé de donner à Pétersbourg des le- 
çons de chant pour vivre. Il retourna en Italie 
vers la (in de 1788 et composa pour le théâtre 
de Vienne Pappa Mosca. L'année suivante il 
alla à Berlin, et eut le bonheur d'être nommé 
par le roi de Prusse second maître de chapelle, 
aux appointements de 3,000 thalers. Le succès 
éclatant qu'obtint son opéra II ritorno d'f/- 
lixse, en 1790, au grand théâtre de Berlin, 
sembla justifier cette faveur. La pièce qu'il fit 
rei)résenter ensuite à Potsdam fut l'opéra-bouffe 
intitula : La Compagnia d'opéra in Nanchino, 
dont le sujet était une satire amère du personnel 
du théâtre royal en 1788 , et des cabales nui s'y 
tramaient. Cet ouvrage lui fit beaucoup d'enne- 
mis , qui se vengèrent en faisant siffler son 
Dario, représenté au grand théâtre de Berlin 
en 1791. Ils ne s'en tinrent point là. La critique 
berlinoise attaqua d'abord avec violence Filistri , 
auteur de libretti, et déchira ensuite la mu- 
sique d'Alessandri. On lit ressortir la faiblesse 

IU0(.l;. UXIV. DES JIUSlCiENS. T. _ I. 



d'invention de celte musiijue , la monotonie d(js 
récitatifs , la manière lâche et incorrecte qu'on 
remarque dans les chœurs, etc. Quant à ce qui 
se trouvait de bon dans cet opéra , on préten- 
dit qu'Alessandri l'avait pillé dans les ouvrages 
des antres compositeurs. Ces attaques réitérées 
produisirent leur effet; dans l'été de 1792, le roi 
retira au compositeur le poëme d'Alboin, qui lui 
avait été confié pour en faire la musique , et lui 
donna son congé, sans égard pour l'engagement 
qu'il avait contracté. Accablé de chagrin par sa 
disgrâce, Alessandri quitta Berlin dans le môme 
temps ; on ignore ce qu'il est devenu depuis lors. 

ALESSANDÎllIXÎ (...) compositeur dra- 
matique italien , vivait dans sa patrie vers les 
premières années du dix-huitième siècle. Il n'est 
connu que par deux partitions d'opéras-bouffes 
qui ont pour titre La Finta Principessa, et II 
vecchio Geloso : 

ALESSANDRO ROMAIVO, surnommé 
délia Viola, à cause de son habileté sur cet 
instrument, fut reçu comme chanteur à la cha- 
pelle du Pape en 1560. Il s'est fait connaître 
par des motets et des chansons à plusieurs voix, 
et a écrit aussi pour divers instruments et par- 
ticulièrement pour la viole. On trouve de ce 
musicien, à la bibliothèque royale de Munich : 
1° Canzoni alla Napoletana , a cinqiie voci; 
iibro primo et secundo; In Venezia, oppressa 
Girolamo Scotto, 1572-1575, in-4°. — 2° Le Si- 
rène, et seconda Iibro di niadrigali a cinqiie 
voci; ibid., 1577, in-4o. Il y a aussi des mor- 
ceaux d'Alessandro Romano dans le recueil in- 
titulé : Délie Muse Libri III a cinque voci , 
composa da diversi eccelentissimi Musici, etc.; 
in Venezia, Ant. Garduno, 1555-1561, in-4° 
obi. 

ALESSAIVDRO ( Louis), compositeur de 
musique sacrée, naquitàSienneen 1736. En 17SG 
il fut nommé maître de chapelle à la cathédrale 
de Sienne, où il mourut le 29 janvier 1794. Il a 
écrit beaucoup de messes, de vêpres et de mo- 
tets qui sont estimés en Italie. 

ALESSI ( Jean ), maître de chapelle de la 
cathédrale de Pise. On trouve à la Bibliothèque 
impériale, à Paris, sept motets manuscrits, à 
quatre , cinq et six voix , sous le nom de cet 
auteur. 

ALEXAIVDER, ou ALEXiVIVDRE, 
maître chanteur ou trouvère allemand du treizième 
siècle, fut surnommé der Wilde (le Sauvage) 
qui, dans l'ancienne signification du mot, indi- 
que celui qui aime l'extraordinaire, l'inouï, à 
cause des œuvres métaphoriques, allégoriques 
et (^nigmatiques de ce poète musicien. Il nous ap- 
prend, dans un de ses ouvrage-;, qu'il fut chanteur 



66 



ALEXANDER — ALFARABl 



ambulant, allant île contrée en contrée et de 
cliûteau en cliâteati. Un autre poënie de sa com- 
position, dont il ne reste que des fragments, 
fait voir qu'il lut contemporain d'un Henri de 
Saxe, margrave de Burgau, ville de la Ba- 
vière actuelle, entre Augsbourg et Ulm. Or, 
deux princes de ce nom ont régné dans cette 
principauté. L'avènement de l'ancien eut lieu en 
1234; le jeune fut installé en 1232. C'est donc 
entre ces deux époques qu'il faut opter pour le 
temps où florissait Alexander. M. De Hagen a 
discuté savamment ce point d'histoire littéraire 
dans son grand ouvrage intitulé Minnesinger 
( quatrième partie, pages 665 et suiv. ). Le même 
savant a publié dans sa collection, six chansons 
avec les mélodies de ce trouvère, d'après les ma- 
nuscrits de Vienne et de léna. Ces chants d'a- 
mour ont de la douceur et de la grâce, pour le 
temps où ils furent composés. 

ALEXANDER ou ALEXANDRE, pré- 
nom sous lequel les auteurs du seizième siècle 
citent souvent Alexandre Agricola. Voyez AGRI- 
COLA ( Alexandre ). 

ALEXANDER. Voyez DÉMOPHON. 

ALEXANDER SYMPHONIARCHA, 
contrapuntiste qui vivait au commencement du 
dix-septième siècle, a fait imprimer : Mottecto- 
rum quinque et duodecim vocum Lib. III ; 
Francforl-sur-le-Mein , 1606, in-4o. Son nom 
véritable n'est pas connu. 

ALEXANDER ou ALEXANDRE (Jo- 
seph), violoncelliste à Duisbourg en 1800, a 
publié pour son instrument : l" Dix variations 
pour le violoncelle, avec accompagnement d'un 
violon, sur l'air mein lieber, etc. — 2" Ariette 
avec sept variations pour violoncelle et violon, et 
six variations pour violoncelle et violon, sur l'air 
allemand Michjliehen même Freuden. — 3o An- 
weisung fiir das Violoncelle ( Instruction pour 
le violoncelle); Leipsick, 1801, gr. in-4°. Licli- 
leuthal cite un ouvrage sous le nom de Joseph- 
Alexandre et sous ce titre : Anleitung zum Vio- 
loncelle spielen; Leipsick, Breitkopf et Haertel, 
1802, iu-fol. J'ignore si c'est une autre édition 
du même ouvrage, ou s'il y a seulement erreur 
de titre et de date. — 4° Air avec trente-six varia- 
tions progressives pour l'étude du violoncelle 
avec le doigté et dilférenles clefs, accomp. d'un 
violon et d'une basse; Leipsick , 1802. — 5° Pot- 
pourri pour violoncelle avec accompagnement de 
violon ; ibid. 

ALEXANDRE, musicien grec, né à 
Cythère, passa presque toute sa vie à Éplièse. 
Ce fut lui qui compléta le nombre des cordes du 
psaltérion, instrument introduit de l'Asie dans 
la Grèce. Vers la fin de sa vie , il consacra son 



instrument dans le temple de Diane. (Vo'ji 
Athénée, 1. IV, ch. 24.) 

ALEXANDRE ( Charles - Guillaume ) , 
professeur de violon à Paris, vers le milieu du 
dix-huitième siècle, a donné à la Comédie-Ita- 
lienne les opéras-comiques suivants : 1" Georget 
et Georgette; en 1764. — 2» Le Petit-Maître en 

province; en 176.5 3° V Esprit du Jour, en 

1765. On connaît aussi de lui plusieurs œuvres 
de musique instrumentale , parmi lesquels on 
remarque six duetti pour deux violons, œuvre 8 ; 
Paris, 1775. En 1755, il fit recevoir à l'o- 
péra Le Triomphe de l'Amour conjugal, ballet- 
opéra, et en 1756, La Conquête du Mogol, 
dont il avait composé la musique; mais ces ou- 
vrages n'ont jamais été représentés. 

ALFARABl ( Abou-Nasr- Mohammed- Ibn- 
Obeïdallah-Alkay.si ), célèbre philosophe arabt-, 
naquit àFàràb, aujourd'hui Othràx, ville de la 
Transoxane. Le désir de s'instruire le porta à 
s'éloigner de sa patrie pour aller à Bagdad 
étudier la philosophie sous un docteur nommé 
Abou Bœkker Mattey, de qui l'on a des tra- 
ductions arabes de quelques ouvrages d'Aristote. 
Il alla ensuite à Harran,où un médecin chrétien, 
nommé Jean, lui enseigna la logique. De là, il 
se rendit à Damas, puis en Egypte; enfin il 
retourna à Damas , où les bienfaits de Séïf-ed- 
Daulah, prince de cette ville, le fixèrent. Il 
mourut Tan 339 de l'hégire ( 950 de J.-C. ). 
Au nombre des ouvrages d'Alfarabi est un traité 
de musique, intitulé : Istikasat-ilm-musrke 
( Éléments de musique ), dont le manuscrit 
existe à la bibliothèque de l'Escurial, sous le 
numéro 906, suivant le catalogue de Cassiri 
( Ribliot. Arabico-Hispan. Escurial. ). Il en 
existe un autre manuscrit beaucoup plus beau 
et en meilleur ordre dans la bibliothèque Am- 
hroisienne de Milan. Le célèbre orientaliste 
Hammer-Purgstall l'a consulté pour l'ouvrage 
de Kiesewetter sur la musique Arabe. Enfin, le 
catalogue des manuscrits orientaux de la bi- 
bliothèque de Leyde indique ( n» 1080, p. 454 ) 
l'ouvrage d'Alfarabi sous ce titre : De prnpor- 
tione harmonica Musicx. Cet ouvrage est dit 
visé en deux livres. Le premier est en deux 
parties, dont la première renferme le prolo^-ue, 
et dont la seconde traite de la musique elle-même. 
Celte deuxième partie forme trois divisions, dont 
la première expose la doctrine des intervalles et 
de leurs proportions, selon le système de Ptolé- 
mée; doctrine appliquée d'une manière assez 
obscure aux circulations des modes de la mu- 
sique arabe. La seconde division renferme la 
description des instruments de musique arabe 
le plus en usage au temps d'Alfarabi; et enfin. 



ALFAR/VTÎI — ALFORD 



67 



dans la Iroisième, l'auteur expose le système do 
la formation des Tabaqah, ou échelles musica- 
les. Le second livre a pour objet la comparai- 
son des divers systèmes de théorie musicale, 
avec les observations et corrections d'Alfarabi. 
Le manuscrit de ce traité, qui se trouve à la 
bibliothèque de l'Escurial, est dans un très-grand 
désordre, qui en rend la lecture difficile, parce 
que la plupart des feuillets ont été transposés 
par le relieur. En cet état le manuscrit a été 
confié à M. Mariano Soviano Fuertes , de Bar- 
celone, avec une traduction espagnole inédite, 
qui a été faite par le célèbre orientaliste D. José 
Antonio Conde , bibliothécaire de l'Escurial. 
M. Fuertes s'est attaché à mettre l'ouvrage en 
aussi bon ordre qu'il a pu ; puis il en a publié des 
extraits dans le livre qui a pour titre : Musica 
Arabc-Espanola , ij conexion de la 7nusica 
con la astronomia , medicina y arqnitectura ; 
Harcelona, par D. Juan Olh-ares, impressor 
de S. M., 1853, in-8° de 133 pages. M. Soriano- 
Fiteiles remarque, dans sa préface ou prologue, 
qu'antérieurement au temps d'Alfarabi, plusieurs 
auteurs arabes-espagnols avaient travaillé au 
j>erfectionnement de la musique de leurs com- 
patriotes, et avaient écrit sur cette matière de 
bons ouvrages qiii existent encore. Une traduc- 
tion latine d'ime partie du traité de musique 
<rAlfaral>i a été faite dans le quinzième siècle 
jmr le fameux hérésiarque Jérôme de Prague. 
Celle traduction a été publiée par M. Schmoer- 
(lers, dans ses Documenta Arabum ex codicibus 
Mss.; Bonn, 1836, in-8°. 11 est dit dans la notice 
d'Alfarabi, insérée dans la Nouvelle Biographie 
générale de MM. Didot frères {tome \", col. 
932) que le traité de musique de cet auteur a 
été consulté par La Borde ( Essai sur la Musique 
(inciennp et moderne,\, p. 177-182) : c'est une 
erreur ; ce qui concerne la musique des Arabes, 
dans le livre de La Borde , est tiré d'un travail 
inédit de l'orientaliste Fonton (roy. ce nom) dont 
le mss. est à la Bibliothèque impériale de Paris. 
La doctrine exposée dans ce travail, ainsi que 
•lans l'extrait fait par La Borde, est celle de la 
musique usitée chez les Arabes jusqu'à ce jour : 
doctrine beaucoup mieux expliquée par Villo- 
teau ( voy. ce nom) dans la grande Description 
de l'Egypte publiée par le gouvernement fran- 
çais; tandis que la partie théorique de l'ouvrage 
(l'Alfaradi n'est que l'exposé de la doctrine de 
Ptolémée ou des Grecs du deuxième siècle. Le jé- 
suite Andrès a donnédans ses Origine e Progressi 
d'ogni letteratura (t. IX, p. 122) une analyse de 
cet ouvrage, d'après Cassiri. Le savant Kosegar- 
ten a parlé d'une manière trop générale, dans la 
préface de l'Aghani Izyfahani, lorsqu'il a dit 



que les |)rincipes de la musique arabe sont cal- 
qués sur ceux de la musique grecque : cela n'est 
exact que pour la théorie exposée par Alfarabi. 
Il existe un autre ouvrage de ce philosophe où 
il a aussi traité de la musique : c'est une en- 
cyclopédie intitulée Jfisa-el-o'loum, où il donne 
une notion et une définition de toutes les sciencf's 
et de tous les arts. Le manuscrit de cet ou- 
vrage est à la bibliothèque de l'Escurial (n" 
C43). 

ALFIERI (L'abbé Piehre), prêtre romain, 
ancien moine camaldule, membre de l'académie 
de Sainte-Cécile, et professeur de chant grégo- 
rien dansie collège delaNation-Anglaise, e«t né à 
Rome vers 1805. Il a publié les ouvrages donl. 
voici les titres : lo Saggio storico teoretico- 
pratico del canto gregoriano per istruzione 
degli ecclesiastici ; Borna, tipografia dellc 
Belle-Arti, 1835,gr.in-4°de 134 pages. — 2o Ris 
tabilmente del canto e délia musica ecclesias- 
tica , considerazioni scritle in occazione de' 
moltipUci reclami contra gli abusi insorti in 
varie chiese d'Italia e di Francia; lioma, ti- 
pografia délie Belle-Arti, 1843, in-8o de 130 
pages. On a aussi de l'abbé Allieri une traduc- 
tion du traité d'harmonie de Catcl , intitulée : 
Trattato di armonia di Carlo Simone Catel 
tradotto in italiano; Roma, delta stamperta 
litograficadeLuigi Polisiero, 1840, in fol. Enfin, 
M. Allieri s'est distingué comme éditeur de mu- 
sique classique et religieuse , par les publica- 
tions suivantes : lo Excerpta ex celebrioribus 
demusica virisjo. Petro Aloisio Pracnestino , 
Thoma Lodovico Vittoria et Gregorio Allegri 
Romano; Roma, 1840, in-fol. Ce recueil con- 
fient des motets à huit voix. — 2» Inno e Ritmo : 
Stahat Mater dolorosa ; e motetto : Fratres ego 
enim accepj, a otto voci dislribuiti in due 
cori,da Giov. Pier Lutgida Palestrina ; Roma, 
18'jO, in-fol. — 30 Raccolta di mottetti a quat- 
tro voci di Giov. Pier Luigi da Palestrina, di 
Lodovico de Vittoria, di Aviaedi Felice Ane- 
rio, Romano; Roma, 1841, in-fol. Cette collec- 
tion renferme seize motets, — 4" Raccolta di 
musica in eut contengonsi i Capo Lavori di 
celebri compositori itaUani, consistenti. in 
messe, secuenze, offertorii, salmi, Inni, etc., 
da due sino a otto voci. 

ALFORD (Jean) musicien anglais, vivait 
à Londres vers le milieu du seizième siècle. Il 
donna une traduction du traité de musique 
d'Adrien Le Roy, sous ce titre : A Briefe and 
Easye Instruction to learne thc tableture, io 
conducte and dispose the hande unie the 
litte; Englished by J. A. ivitli a eut of the 
lute ; London, l.")f8^ in 4". Quelques années 

5. 



68 



ALFORD — ALIANI 



après il parut une autre traduction anglaise du 
même ouvrage. 

ALFRED, surnommé le Grand, sixième 
roi d'Angleterre, de la dynastie saxonne, naquit 
en 849, et succéda à son frère Atlielred en 871, 
à l'âge de vingt-deux ans accomplis. Après un 
règne glorieux, il mourut dans l'année 900, sui- 
vant quelques historiens, ouïe 28 octobre 901 , 
d'après d'autres traditions. L'histoire de ce 
grand homme ne peut trouver place dans un 
ouvrage tel que celui-ci : nous dirons seule- 
ment qu'égal à Charlemagne, qui l'avait précédé 
d'un siècle, par l'activité, par la bravoure, par 
l'intelligence et par la force d'âme, il le surpassa 
par la bonté du cœur, par un esprit éminemment 
philosophique, et par le sentiment de la dignité 
humaine. C'est dans le testament de ce roi 
qu'on trouve ces paroles bien remarquables au 
neuvième siècle : Les Anglais doivent être 
aussi libres que leurs pensées. Instruit dans 
les lettres, dans l'histoire et dans les arts li- 
béraux, Alfred cultiva la poésie et la musique. 
Il jouait bien de la harpe, et s'accompagnait de 
cet instrument lorsqu'il chantait ses poèmes. 
Déguisé en barde, il pénétra aux sons de sa harpe 
dans le camp des Danois, ses ennemis, pour 
observer leur situation , et les charma par ses 
chants. Fondateur de l'université d'Oxford , 
il y établit une chaire de musique qu'il confia 
au moine Jean , religieux de l'abbaye do Saint- 
David. 

ALFREID, surnommé le Philosophe, savant 
anglais, jouit d'une grande réputation dans le 
treizième siècle, en France, en Italie et en Angle- 
terre. Il séjourna longtemps à Rome, et retourna 
dans sa patrie en 1268, à la suite du légat du 
pape. 11 y mourut peu de temps après. Parmi ses 
ouvrages, il s'en trouve un, intitulé De Mzisica, 
qui est resté manuscrit. 

ALGAROTTS (François), né à Venise 
le 11 décembre 1712, fit ses études sous les 
célèbres professeurs Eustache Manfredi et Fran- 
çois Zanotli , qui lui firent faire de grands 
progrès dans les mathématiques, la géométrie, 
l'astronomie, la philosophie et la physique; il 
s'attacha aussi à l'étude des langues grecque et 
latine; enfin il réunit les qualités de savant, de 
littérateur et de philosophe. Il fut lié d'amitié 
avec Voltaire , Frédéric le Grand, et tous les 
hommes célèbres de son temps. Frédéric lui 
conféra le titre de comte du royaume de Prusse 
pour lui, son frère et leurs descendants, le fit 
son chambellan, et chevalier de l'ordre du Mérite. 
Il mourut de plilliisie à Pise, le 3 mars 1764, à 
l'âge de cinquante-deux ans. 

Parmi ses ouvrages, qui sont nombreux , on 



trouve Saggio sopra VOpera in musicn, pu- 
blié en 1755, sans nom de lieu. Il y en a beau- 
coup d'autres éditions : une des dernières est 
imprimée a Livourne, 1763, in. 8° de 157 pages. 
Cet ouvrage a été réimprimé dans l'édition des 
œuvres d'Algarotti publiée à Livourne en 1763, 
4 vol. in-80; dans celle de Berhn, 1772, 8 vol. 
in-80, et dans le troisième volume de celle de 
Venise, 1791-1794, 17 vol. in-S". Chastellux l'a 
traduit en français sous ce titre : Essai sur VO- 
pera, Paris, 1773 , in-8o , et Raspe en a donné 
une traduction allemande dans les Weechentli- 
chen Nachrichten die Musik betreffend de 
Hiller, année 3", p. 387, et dans l'appendice de 
cette année, p. 1-22. 

ALGERMANN (François), musicien et 
poète allemand , vivait vers la fin du seizième 
siècle. On connaît de lui deux ouvrages inti- 
tulés : 1° Ephemerides hymnornin ecclesiasH- 
corum , oder geistUche Kirchengesxnge. — 
2° Himmlyche cantoreis ( Chants célestes ) ; 
ils ont été publiés à Hambourg. 

ALGERMÏSSEN ( J.-A. ), sous ce nom a, 
été publié , dans la Gazette générale de Musi- 
que de Leipsick ( année 49, no' 8 , 9, 10 et 11, 
un bon travail sur l'IMhétique dans la nature 
du temps, eu l'état présent des connaissance'^ , 
ou de la science rationnelle du son et de la 
mesure. 

ALGISl ou ALGHISI (Paris-François), 
docteur en droit, compositeur et organiste de la 
cathédrale de Brescia , naquit en cette ville le 
2 juin 1666. Vers la fin du dix-septième siècle 
il séjourna pendant quelques années à Venise, où 
il fit représenter, en 1690, deux opéras intitulés : 
1° VAmor di Curzio per la patria. — 2" // 
Trionjo délia continenza. Le dernier eut tant 
de vogue, qu'on le reprit l'année suivante au 
théâtre de Venise, distinction fort rare en Italie. 
La manière singulière dont Alghisi vécut dans 
les dernières années de sa vie lui acquirent à 
Brescia le nom de saint. Il ne se nourrissait 
que d'herbes, qu'il assaisonnait de sel : il est 
mort dans sa ville natale, le 29 mars 1743. 

ALGREEIM (Swen), savant Suédois, 
membre de l'Académie des sciences de Stock- 
holm, et amateur de musique, fut lié d'amitié 
avec le Dr. Brelin (voy. ce nom), et donna, après 
la mort de celui-ci, une description du clavecin 
qu'il avait inventé. Cette description est insérée 
dans le dix -neuvième volume des Mémoires di; 
l'Académie de Suède. Elle a pour titre : Dfs- 
cription du clavecin à tangentes du D^'. Bre- 
lin, décédé, et des additions qiCy a faites 
M. Scheffer. 

ALIAIVI (François), habile violoncelliste. 



ALIANI — ALIZARD 



69 



né à Plaisance. Son père , qui étiit premier vio- 
lon en cette ville, lui donna de bonne heure des 
leçons de musique et de violon; mais, recon- 
naissant ensuite que son (ils avait de grandes 
dispositions pour le violoncelle, il le conduisit à 
Parme , où il le mit sous la direction de Gius. 
Hovelli, de Bergame, alors premier violon- 
celliste au service du duc Ferdinand. Après 
cinq années passées à celte école, il fut considéré 
lui-môme comme un des plus habiles professeurs 
sur son instrument , et revint alors dans sa 
patrie, oii il occupa la place de premier vio- 
loncelle au théâtre et à l'éslise. Il y termina ses 
joins au mois de mai 1812. On a de sa com- 
position trois livres de duos pour deux violon- 
celles. 

ALIANI ( Louis ), fds du précédent, pre- 
mier violon et directeur de l'orchestre de la 
ville et du théâtre de Vicence, est né à Plai- 
sance en 1789. Quoiqu'il n'ait étudié le violon 
que sous la direction de son père, ses disposi- 
tions naturelles lui firent faire des progrès si 
rapides, qu'à l'ùge de dix-huit ans il étonnait 
déjà les professeurs de Milan; à vingt ans il 
excita l'admiration du public dans les concerts 
qu'il donna à Venise et à Vicence ; il obtint alors 
<lanscetle dernière ville l'emploi ci-dessus énoncé. 
On a publié de la composition de cet aitisie : 
Grand' ar'iadi bravuracon preludio e varia- 
zioni per v'wlino solo , con accomp. dl quin- 
tctlo; Milan, Riccordi. 

ALIFAX ( Andhé ). On trouve sous le nom 
<lc cet auteur, à la Bibliothèque impériale, à Paris, 
un Nïsi Dominus à quatre voix, en partition 
originale. Il y a eu un musicien anghiis de ce 
nom, qui vivait à la fin du dix-septième siècle. 

ALINOVI (Joseph ), compositeur, est né à 
Parme, le 27 septembre 1790. Après avoir étudié 
les belles-lettres, il s'appliqua avec enthousiasme 
à l'étude de la musique sous la direction de 
Franc. Fortunati, son compatriote. Il a compo- 
sé beaucoup de musique instrumentale et vocale, 
sacrée et profane , qu'on trouve en manuscrit 
dans presque tous les magasins d'Italie. Il s'est 
lixé dans sa pa'trie, où il se livre à l'enseigne- 
ment du chant et du piano. On a publié de sa 
composition : Divertimento per corno di caccia 
con accomp. di grande orchestre; Milan, Ric- 
cordi, et Introduzione e tema originale con 
variazioni péril piano forte; ibid. Par décret 
de la grande duchesse de Parme en date du 
30 mars 1837, Alinovi a succédé à Ferdinand 
Simonis, décédé, dans les places de maîtres de 
chapelle et de directeur des concerts de la cour. 

ALIPRANDÎ (Bernard), né en Tosca^ne, au 
commencement du di.x-huilième siècle, fut d'a- 



bord compositeur de la chambre et directeur des 
concerts de la cour de Bavière. Il devint ensuite 
maître de chapelle de la même com-, pour la- 
quelle il composa les opéras suivants -. Mithri- 
datc, en 1738 ; Iphigénie, en allemand, en 173!) ; 
Sémiiamis, en 1740. — Aliprandi (Bernard), 
fils du précédent , fut un habile violoncelliste au 
service de la cour électorale de Munich, où il se 
trouvait encore en 1786. Depuis 1782, il avait 
publié quelques morceaux pour son instrument , 
et non pour la viola da gamba, comme on le 
dit dans le Dictionnaire des Musiciens, d'après le 
'"premier Lexikon de E.-L. Gerber. 

ALIPRANDI (Vincent), ténor distingué, 
né à Bologne, a chanté avec succès sur les prin- 
cipaux théâtres d'Italie dans la première partie 
du siècle présent. Il est mort à Bologne, le 28 fé- 
vrier 1828. 

AIJQUOT (Jehan), dit Roquier, fut musi- 
cien au service de Charlotte de Savoie, femme de 
Louis XI, depuis 1462 jusqu'en 1469.11 mourut 
dans le cours de cette dernière année. Ses appoin- 
tements étaient de 72 livres tournois (432 fr. 
64 c, suivant la valeur de la livre tournois à cette 
époque). 

ALIX (L'abbé Céleste), chapelain de l'église 
des Génovéfains , à Paris, est auteur d'un Mé- 
moire pour servir à l'étude et à la restaura- 
tion du chant romain en France; Paris, Le- 
coffre et C'e, 18.51, in-8°dequatre-vingt-dixneut 
pages. On a aussi du môme : Réponse aux étu- 
des de M. Duval (voy. ce nom), sur le graduel 
romain publié à Paris chez M. Lecoffre, en 
1851, sous la direction de la commission ins- 
tituée par NN. SS. les archevêques de Reims 
et de Cambrai; Paris, Lecoffre et C'c, 1852, in-S". 
M. l'abbé Alix a été membre de la commission 
qui a préparé l'édition du graduel de 1831, objet 
des critiques de M. Duval. 

ALIZARD (Adolphe- Joseph-Louis), né à 
Paris, le 29 décembre 1814, fit ses études au 
collège de Montdidier. Sa mère le destinait à 
l'enseignement, et ne consentit qu'avec peine à lui 
laisser suivre le penchant qu'il avait pour la mu- 
sique. En 1830, cette dame alla diriger un pen- 
sionnat à Beauvais : son fils l'y suivit, et entra 
au collège de cette ville, où il trouva pour pro- 
fesseur de musique M.Victor Magnien {voy. ce 
nom), qui découvrit ses dispositions pour cet art, 
et lui fit faire de rapides progrès. M. Magnien 
détermina enfin la mère d'Alizard à l'envoyer à 
Paris, pour y terminer ses études musicales. 
Urlian {voy. ce nom) fut le maître qu'il y rencon- 
tra d'abord et qui se chargea de son éducation de 
violoniste ; mais le hasard ayant fait connaître 
au professeur la beauté de la voix de son élève. 



70 



AL1ZA.UD — ALKAN 



il lui fit abandonner Pf>n instrument, et le (it en- 
trer au pensionnat du Conservatoire, où il reçut 
les leçons de Banderali. Alizard entra dans cet 
établissement au mois de mai 1 834. Deux ans après, 
le premier prix de chant lui fut décerné dans un 
brillant concours, et le 23 juin 1837, il débuta à 
l'Opéra dans le rôle de Saint-Bris des Htiguenols. 
Il y obtint un succès boiiorable ; mais l'espèce de 
difformité qni résultait du contraste de sa courte 
taille avec des proportions musculaires très-dé- 
veloppées ne le rendit pas sympathique au pu- 
blic, et sa position au théâtre resta longtemps 
secondaire. Le caractère de sa voix était une basse 
profonde, d'un timbre puissant et sonore, sorte 
d'organe très-utile dans la musique , mais dont 
les avantages trouvent rarement l'occasion de se 
faire remarquer à la scène. Nonobstant l'appui 
que ses amis lui prêtaient dans les journaux, Ali- 
zard resta à l'Opéra dans une condition secon- 
daire jusqu'en 1842 : alors il se décida à se re- 
tirer de ce théâtre, et accepta un engagement à 
celui de Bruxelles. II y resta deux années, pendant 
lesquelles il força son organe vocal à se prêter à 
une transformation qui lui fut funeste; car, de 
basse profonde qu'était naturellement cet organe, 
il en fit un baryton, et chanta tous les rôles de cet 
emploi dans le grand Opéra. H y trouvait l'a- 
vantage d'une meilleure position momentanée , 
mais il préparait la ruine de sa voix et de sa santé. 
Les premières atteintes d'une maladie des bron- 
ches ne tardèrent pas à se manifester; il dut 
suspendre son service au théâtre, et fut enlin 
obligé de se retirer. On lui conseilla alors le 
voyage de l'Italie comme efiicace pour le mal 
dont il souffrait : il suivit ce conseil, et s'en 
trouva bien; car la sonorité de son organe revint, 
et il put chanter avec succès sur quelques théâ- 
tres italiens. De retour en France en 184fi, il se 
fit entendre dans quelques représentations, et y 
fit une vive impression dans quelques-uns de ses 
meilleurs rôles. Rappelé à Paris au mois d'aoftt 
de la même année, il rentra à l'Opéra avec Je 
titre de chef d'emploi. II y revenait avec une 
voix aussi puissante en apparence qu'autrefois, 
mais plus étendue, mieox exercée; et l'artiste avait 
acquis cette confiance en soi-même sans laquelle 
on ne domine pas l'opinion publique. Alizard 
excita d'abord une sorte d'enthousiasme dans ses 
rôles principaux, et ses succès conservèrent leur 
éclat pendant deux ans environ ; mais, au mois 
d'octobre 1848, le mal dont il avait été atteint à 
Bruxelles reparut avec un caractère plus alar- 
mant; car ce n'étaient plus les bronches qui 
étaient attaquées, c'était le larynx lui-même. Dans 
l'espoir que le climat de la France méridionale le 
guérirait, l'artiste retourna à Marseille, d'où il ne 



devait plus sortir. Peu de Kcmaincs après son 
arrivée dans cette ville il expira, an mois de jan- 
vier 1850, à l'âge de trente-six ans. Alizard avait 
de l'instruction, aimait l'art sérieux et s'occupait 
de son histoire. Ce goût lui avait lait rassembler 
des livres rares et des curiosités musicales qui 
absorbaient tootes ses économies. Il en résulta 
pour lui de la gêne dans la maladie longue et 
douloureuse qui le conduisit au tombeau ; mais 
cette circonstance (ut l'occasion d'un noble irait 
de dévouement et de générosité que l'histoire 
doit enregistrer. Connaissant sa triste situation, 
quatre de ses amis se réunirent, se cotisèrent, 
et l'un d'eux alla le voir, lui portant 200 francs, et 
lui disant avec cette délicatesse d'ex pressions qu'on 
n'a qu'en France pour de pareils traits : « Cher 
« Alizard , ta maladie est sans doute pour toi la 
« cause de quelque gêne ; mais ta santé ne peut 
« tarder à se rétablir. Tu reprendras ton service 
" au théâtre, et tes succès auront bientôt comblé 
•<■ ton petit arriéré. Permets donc à tes amis d'être 
« tes banquiers en attendant ce moment, et ac- 
« ceple comme un prêt ce que je suis chargé par 
« eux de t'apporter. » Alizard, qui , seul, se. fai- 
sait illusion sur son état, crut ainsi ne contracter 
qu'une dette momentanée. Tous les mois, la même 
visite se renouvela jusqu'au dernier moment, et 
l'artiste objet de cette belle action continua de 
faire ses reçus de la même somme avec la même 
sécurité. 

ALKAIV (Charles-"Valentin), connu sous 
le nom d'Alban aîné, né à Paris, au mois de 
décembre 1813, montra dès ses premières 
années les dispositions les plus remarquables 
pour la musique. Admis comme élève au Con- 
servatoire de Paris, il y obtint le premier prix 
de solfège à l'âge de sept ans et demi. Dans le 
même temps il exécuta en public un air varié 
de Rode sur le violon ; mais dans la suite il 
abandonna cet instrument. Ses progrès dans l'é- 
tude du piano, sous la direction de Zimmer- 
man , ne furent pas moins rapides, car il était à 
peine âgé de dix ans lorsque le premier prix de 
cet instrument lui fut décerné dans un concours 
public. Devenu élève de Doarlen pour l'har- 
monie, il porta dans l'étude de cette science l'heu- 
reuse organisation dont la nature l'avait doué, 
et pour la troisième fois il fut vainqueur de ses 
rivaux dans l'école qui avait été le théâtre de 
ses autres succès ; le premier prix lui fut ac- 
cordé en 1896. Zimmerman, qui avait fait son 
éducation de pianiste, lui donna ensuite des le- 
çons de contre-point et de fugue, et ce fut comme 
élève de ce professeur qu'il parut en 1831 au 
concours du grand prix de l'Institut, et qu'il y ob- 
tint une mention honorable. Depuis lors ce jeune 



ALKAN — ALLACCI 



71 



artiste s'est livré à la composition pour son ins- 
tiiunont et à l'enseignement du piano. Il s'est fait 
flnteruire avec succès dans plusieurs concerts, no- 
tamment à l'un de ceux du Conservatoire, où il a 
cxéouté un concerto de sa composition dans la 
saison de 1831. Doué d'un talent sérieux et ori- 
jiinnl, Alkan n'a pas recherche les succès de 
vogue, que sa grande habileté lui eût rendus fa- 
ciles. Les artistes ont une grande estime pour son 
mérite, et en portent très-haut la valeur. Cette 
opinion est justifiée, car Alkan n'est pas seule- 
ment un très-habile pianiste et un compositeur 
plein de fantaisie ; c'est un grand musicien qui 
a jusqu'au fond du cœur le sentiment du beau. 
Sa manière est d'une originalité incontestable. 
Riais sa musique est difficile, et pour en bien 
saisir l'esprit, il faut la lui entendre jouer : le 
public ne la connaît pas suffisamment. 

M. Alkan a publié jusqu'à ce jour les produc- 
tions dont les titres suivent : 1° Les Omnibus, va- 
riations pour le piano dédiées aux dames blan- 
ches ; Paris, Schlesinger. — 2° Variations sur le 
(bénie de L'Orage, de Steibelt. — 3" Concerto pour 
le piano avec accompagnement d'orchestre. — 4" 
Vingt-cinq préludes dans tous les tons majetirs 
et mineurs pour piano ou orgtce, en trois suites, 
op. 31; Paris, Brandus. — 5° Doiize études dans 
tous les tons majeurs, op. 35 ; ibid. — G° V Ami- 
tié, grande étude; ibid. — T Marche funèbre, 
op. 26; ibid. — 8° Marche triomphale , op. 27; 
ibid. — 9" Le Chemin de /er, étude pour le piano. 

— 10° Bourrée d' Auvergne, éiwA^, op. 29; ibid. 

— W" Le Preux, étude de concert, op. 17 ; ibid. 

— 12° Nocturne pour piano forte, op. 22; ibid. 

— {^° Saltarelle, idem, op. 23; ibid. — 14° Gigue 
et air de ballet, idem, op. 'li;\h\d.— 15" \"Trio 
pour piano, violon et violoncelle, op. 30; Paris, 
Richault. — 16° Duefughe da Caméra (Jean qui 
pleure et Jean qui rit); ibid. — 17° Partitions pour 
le piano tirées des œuvres de Marcello, Gluck, 
Haydn, Grétry, Mozart, nos 1 à 6 ; jbid. — 18» Va- 
riation-fantaisie à quatre mains sur un thème de 
Don Juan ; ibid. — 19" Recueil d'impromptus, op. 
32, no' 1 et 2. — 20° Grande sonate . op. 33. — 
21° Scherzo focoso. — 22° Duo concertant pour 
piano et violon, op. 21. — 23° Études caprices, 
formant les œuvres 12, 13, 15, 16, et renfermant 
trois improvisations dans le style brillant, trois aw- 
dante romantiques, trois morceaux dans le genre 
pathétique , dédiés à Liszt , et trois scherzi. — 
24° trois marches, quasi da cavaleria, op. 37, 
r*^ et 2"°" livre de chants pour piano, op. 38. — 
25° Douze études dans les tons mineurs, dédiés à 
M. Fétis, op. 39. Cet ouvrage est une véritable 
( lK)pée pour le piano : elle se développeen 276 pages 
(!o musique, et l'on y trouve des pièces d'un genre 



absolument nouveau, une svmphonie en quatre 
parties, un concerto en trois divisions, une ouver- 
ture, un dernier morceau intitulé Le Festin rf'/i"- 
sopc. — 27° Trois marches à quatre mains, op. 40. 
— 28° Trois fantaisies dédiés à L., op . 4 1 . — 29° 
Réconciliation, petit caprice en forme de danse 
\ias.q\ie, opA2. — 20° Salut, cendres du pauvre ! 
paraphrase, op. 45. — 81» Sonate pour piano et 
violoncelle, op. 47. On a aussi d'Alkan plusieurs 
ouvrages distingués sans n"* d'œuvre, entre autres, 
Les Mois, qui se composent de douze morceaux, 
en quatre suites ; trois grandes études pour les 
deux mains séparées et réunies ; T" fantaisie pour 
la main gauche seule; introduction, variations et 
finale pour la main droite seule; étude à mouve- 
ment semblable et perpétuel pour les deux mains. 

ALKAIV (Napoléon Morhange), frère du 
précédent, né à Paris, le 2 février 1826, a fait 
ses études au Conservatoire de Paris, sous la 
direction d'Adam et de Zimmerman. Ce der- 
nier lui a donné aussi des leçons de composi- 
tion. En 1850 il a pris part au concours de 
l'Institut de France pour le grand prix de com- 
position, et a obtenu le second prix pour la can- 
tate intitulée Emma et Eginhard. On a de lui 
quelques ouvrages pour le piano , parmi les- 
quels on remarque une Étude fuguée sur Le 
P/op^^^e deMeyerbeer; Paris, Brandus. 

ALLACCI ( LÉON ), en latin Allatius, naquit 
en 1586, dans l'île de Cliio, de parents grecs schis- 
maliques. Dès l'âge de neuf ans il fut amené en 
Calabre pour y commencer shs études, qu'il alla 
finir à Rome. Ce fut un des plus savants littéra- 
teurs du dix-septième siècle. Le pape Grégoire XV 
l'iimploya en diverses circonstances. En 1661 il 
fut nommé bibliothécaire du Vatican. Il mourut au 
mois dejanvier 1669, âgé de quatre-vingt-trois ans. 
Peu d'hommes ont écrit autant que lui ; cependant 
on assure qu'il se servit de la même plume pendant 
quarante ans, et que, l'ayant perdue, il fut près 
d'en pleurer de chagrin. Il a donné un catalogue 
de tous les drames italiens représentés depuis la 
renaissance de la poésie dramatique jusqu'en 1666, 
y compris les opéras : le titre de cet ouvrage est 
Drammaturgia divisa in sette indici; Rome, 
1666, in-12 : une nouvelle édition de ce cata- 
logue fut publiée à Venise en 1755 , avec des cor- 
rections, des augmentations et la continuation 
jusqu'en 1755, sous le titre de Drammaturgia 
accresciuta e continuata fino alV anno 1755. 
Ce livre fournit des renseignements utiles sur les 
compositeurs d'opéras italiens, depuis le com- 
mencement du dix-septième siècle jusqu'au milieu 
du dix-huitième. Paul Freher cite aussi un ou- 
vrage d'Allacci (Theat. Viror. erudit., p. 1537) 
sous le titre : De Melodis Grœcorum; mais il 



72 



ALLACCI — ALLEGRI 



ne f5it pas s'il a élé imprimé, et je n'en ai trouvé 
l'indication nulle part. 

ALLAIRE, chantre de lY^lise de Paris 
(Notre-Dame), mort le 13 avril 1547, suivant les 
notes prises dans les archives de la catliédrale 
par le chanoine Chastelain, et recueillies par 
Boisgelou, était contemporain de quelques autres 
musiciens français qui se distinguèrent sous les 
. règnes de Louis Xil et de François 1er. On ne con- 
naît jusqu'à ce moment que deux messes à qua- 
tre voix de sa composition , insérées dans le re- 
cueil qui a pour titre : Missariim dominicalium 
quatuor vocuvi Lib. l. II, III; Parrkisiis (sic) 
apud Petr. Attaingnant, 1534, in-4° obi. Les 
autres compositeurs dont les messes se trouvent 
danscettecollectionsontMathieuSohier, le Heur- 
leur, Jean de Billon,Claudin,Certou et Dumoulin. 

ALLATIUS(Leo). Voifez Allacci. 

ALLEGRANTE ( MADELEfNE ) , cantatrice 
italienne, élève de Ilolïbauer, maître de chapelle 
à Manheim, parut pour la première fois sur le 
tliéàtre à Venise en 1771, et après avoir chanté 
sur plusieurs autres théâtres d'Italie, se rendit 
en Allemagne en 1774. Elle continua à chanter à 
Manheim et à Ratisbonne jusqu'en 1779. Alors 
elle retourna à Venise, et. après s'être fait en- 
tendre sur le théûlre de Saint- Samuel pendant 
le carnaval, elle alla en Angleterre en 1781. Deux 
ans après, elle se rendit à Dresde , où l'électeur 
l'engagea moyennant mille ducats d'appointe- 
ments. On ignore l'époque précise de son deuxième 
voyage à Londres, mais on sait qu'elle y chanta 
dans les oratoires en 1799. Sa voix était douce et 
pure, mais manquait de force. 

ALLEGUI (Grégoire), prêtre et composi- 
teur, de la famille du Corrége, naquit à Rome 
vers 1560.11 (ut élève de Jean Marie Nanini avec 
Antoine Cifra et Pierre-François Valentini. Un 
hénélice lui ayant été accordé dans la cathédrale 
de Fermo, il fut d'abord attaché à cette église 
comme chantre et compositeur. Ce fut pendant 
ce temps qu'il publia ses concerts à deux, trois, 
et quatre voix, et ses motets à deux, trois, quatre, 
cinq, et six voix. La réputation que lui tirent 
ces ouvrages lui procura l'honnenr d'être appelé 
par le pape Urbain VllI, qui le fit entrer d.ins le 
collège des chapelains chantres de la chapelle 
pontificale, le 6 décembre 1629. Il y resta jusqu'à 
sa mort, qui arriva le 18 février 1652, et fut in- 
humé à Sainte-Marie in Vallicella, dans le caveau 
du collège des chantres de la chapelle du Vati- 
can. André Adami {Osscrvaz. per l>enregol.,e{c., 
pag. 199) dit qu'Allegri était d'une bonté rare, 
foit chaiitahie, et qu'il visitait chaque jour les 
prisonniers jiour leur distribuer tous les secours 
tloiit il pouvait disposer. 



Les ouvrages imprimés d'Allegri sont ri"// 
primo Libre di Concerfi a due, tre e qiintlro 
voci; Rome, Soldi, 1618. — 2" // seconda IJbro 
di Concerti a due, tre e quattro voci; Rome, 
Soldi, 1619. — 3° Gregorïi Allegri Romani Fir- 
manx ecclesim beneficiati Motecta duarum, 
trium, quatuor, quinque , sex vocum, liber 
primus ; Rome, Soldi, 1620. — 4"* Motecta dua- 
rum, trium, quatuor, quinque, sex vocum, 
liber secundus; Rome, Soldi, 1621. Quelques 
motets d'Allegri ont été aussi insérés par Fabio 
Costantini dans le recueil qui a pour titre : Sceldx 
di motelti di diversi eccellentissimi autoii j 
due, ire, qtiattro e cinquevoci; Rome, 1618. 
Un grand nombre de compositions inédites de ce 
musicien célèbre se trouvent à Rome dans les 
archives de Sainte-Marie in Vallicella, et dans 
le collège des chapelains chantres de la chapelle 
pontificale. L'abbé Baini cite particulièrement 
un motet et une messe à huit voix, Christus re~ 
surgens ex mortuis. Enfin deux collections pri'- 
cieuses, qui se trouvent dans le Collège Romain, 
et qui ont pour titre : Varia musica sacra ex 
bibliotheca Altaempsiana , jussu D. J. Angeli 
ducisabAltaemps coZ^ecia, renferment plusieurs 
compositions d'Allegri, notamment des concerts 
pour plusieurs instruments, ouvrages fort remar- 
quables dont Kircher a tiré un morceau qu'il a 
publié dans sa Musurgia (t. 1, p. 487). On trouve 
en partition, dans la bibliothèque musicale de M. 
l'abbé Santini, à Rome, des Lamentations pour 
la semaine sainte et des /mjoroperuàdeux chœurs, 
le motet Salvatorem expectamus à six voix, les 
psaumes Dixit Dominus et Beatus vir à huit 
voix, des Magnificat également à huit, et enfin 
les motets Domine Jesu Christi et Libéra me 
Domine, tous composés par Grégoire Allegri. 

Mais c'est surtout au Miserere à deux chœurs, 
l'un à quatre voix , l'autre à cinq, qui se chante 
à la chapelle Sixtine , à Rome, dans la semaine 
sainte, qu'Allegri doit la réputation dont il jouit. 
Ce Miserere est un de ces morceaux dont on ne 
comprend pas l'elfet à fe lecture , à cause de la 
grande simplicité qui y règne; mais il existe dans 
la chapelle pontificale une tradition d'exécution 
excellente qui en a fait ressortir le mérite et qui 
lui donne une teinte religieuse et expressive dont 
on ne peut se faire une idée sans l'avoir entendu. 
La réputation dont jouissait ce morceau l'avait 
en quelque sorte fait considérer comme sacré : il 
était défendu d'en prendre ou d'en donner copie, 
sous peine d'excommunication; cepemiant les 
foudres de l'Église n'ont point effrayé les curieux. 
Mo/art l'a écrit pendant qu'on le chantait; le 
docteuF Burney en obtint une copie à Rome et 
la publia à Londres en 1771; Choron l'a in- 



ALLEGRI 



73 



séré dans sa Collection des pièces de musique 
religieuse qui s'exécutent tous les ans à Rome, 
durant la semairte sainte. Le même professeur 
a fait exécuter, en 1830, les six premières slro- 
plies et la dernière de ce Miserere, dans les con- 
certs sjùriluels de rinslitntion royale de musique re- 
iii-ieuse qu'il dirigait : les amateurs qui assistaient 
h ces-concerts ont pu se faire une idée de cette 
composition, qui n'avait jamais été entendue à 
Paris. 

L'anecdote suivante jjroiive jusqu'à l'évidence 
que la perfection d'exécution qu'il y avait autre- 
fois dans la chapelle Sixtine est indispensable 
poiu" faire valoir le Miserere d'Allefiri. L'empe- 
reur Léopold 1*'', grand amateur de musique, 
en avait fait demander ime copie au Pape par 
son ambassadeur à Rome, pour l'usage de la 
chapelle impériale : elle lui fut accordée. Le 
maître de la chapelle pontificale fut chargé de 
faire faire cette copie, qui fut envoyée à l'empe- 
reur. Plusieurs grands chanteurs se trouvaient 
alors à Vienne : on les pria de coopérer à l'exé- 
cution ; mais quel que fût leur mérite , comme 
ils ignoraient la tradition , le morceau ne pro- 
duisit d'autre elfet que celui d'un faux-bourdon 
ordinaire. L'empereur crut que le maître de 
chapelle avait éludé l'ordre et envoyé un autre 
Miserere; il s'en plaignit, et le prétendu coupable 
fut chassé, sans qu'on voulût entendre sa justifi- 
cation. Enfin ce pauvre homme obtint de plaider 
lui-même sa cause, et d'expliquer à Sa Sainteté 
que la manière de chanter ce Miserere dans sa 
chapelle ne pouvait s'exprimer par des noies, 
ni se transmettre autrement que par l'exemple. 
Le saint-père , qui n'entendait rien à la musique, 
eut beaucoup de peine à comprendre comment 
le même morceau pouvait produire des effets si 
différents : cependant il ordonna à son maître de 
chapelle d'écrire sa défense ; on l'envoya à Vienne, 
et l'empereur en fut satisfait. 

Pour compléter l'histoire du Miserere d'Alle- 
gri , on croit devoir donner ici im extrait de la 
notice de l'abbé Baini sur la chronologie 'les Mi- 
serere qu'on a chantés à la chapelle Sixtine (Mé- 
moires sur Palestrina). Cette notice contient 
quelques faits curieux qu'on chercherait vaine- 
ment ailleurs. 

Deux volumes manuscrits des archives de la 
chapelle, cotés 150 et 15t , renferment tous les 
Miserere qui ont été chantés dans la chapelle 
l>ontificale depuis les temps les plus reculés , à 
l'exception du premier, qui fut chanté en faux- 
bourdon en 1514 , sous le pontificat de LéonX, 
et qui ne fut point jugé digne d'entrer dans le re- 
cueil. 
En 1517, Constant Testa, qui venait d'être 



reçu chanteur de la chapelle, écrivit deux versets 
du Miserere, l'un à quatre voix, l'autre à cinq. 
Ce Miserere est le premier qu'on trouve dans le 
recueil. Le deuxième est de Louis Dentice, gen- 
tilhomme napolitain, auteur de due dialogin 
delta musica, uno délia teorica, Vallro delta 
pra/ica, etc. Naples, 1533. Ce Miserere est al- 
ternativement à quatre voix et à cinq. Le troi- 
sième, dont il n'y a que deux versets à quatri 
voix , est de François Guerrero de Séville. Vien- 
nent ensuite deux versets du Miserere , l'un à 
quatre voix, l'autre à cinq , par Palestrina. Le 
cinquième Miserere, dont il n'y a que deux ver- 
sets , l'un à quatre voix , l'autre à cinq , est de 
Théophile Gargano, de Gallese, qui fut agrégé 
au collège des chantres de la chapelle, le 1^'' mai 
1601. Le sixième Miserere, composé de deux 
versets , l'un à quatre voix , l'autre à cinq , est 
de Jean François Anerio, Felice Anerio est l'au- 
teur du septième, qui est alternativement à quatre 
et à cinq voix. Cet auteur est le premier qui a 
écrit le dernier verset à neuf voix. Le huitième 
Miserere, fort inférieur aux précédents , est d'un 
auteur inconnu. Viennent ensuite les versets de 
Palestrina, ci-dessus mentionnés, avec l'addition 
du dernier verset à neuf voix , par Jean Marie 
Nanini. Le dixième Miserere, à quatre voix, 
avec le dernier verset à huit, est de Santo-Nal- 
dini, romain agrégé au collège des chantres de 
la chapelle, le 23 novembre 1617. Le onzième, 
à quatre voix , avec le dernier verset à huit, est 
de Roger Giovanelli , agrégé à la chapelle le 7 
avril 1599. Le douzième, alternativement h 
quatre et à cinq voix , avec le dernier verset h 
neuf, est celui de Grégoire Allegri. L'usage d'é- 
crire des Miserere pour la chapelle Sixtine cessa 
dès ce moment, parce que celui d'Allegri fut 
trouvé si beau, qu'on ne crut pas pouvoir faire 
mieux. Cependant il le corrigea à plusieurs re- 
prises, et en changea plusieurs fois l'ordre des 
parties pour obtenir des effets meilleurs : il fat 
ensuite revu et perfectionné par plusieurs chan- 
teurs et compositeurs de la chapelle, qui y ajou- 
tèrent tout ce qu'ils crurent le plus propre à en 
rendre l'exécution satisfaisante. Ce morceau se 
chantait dans les matinées du mercredi et du 
vendredi saint. Le jeudi onavait l'usage de chan- 
ter tantôt le Miserere de Felice Anerio, tantôt 
celui de Santo-]Saldini. 

Plus les beautés du Miserere d'Allegri étaient 
appréciées, plus on éprouvait d'ennui à exécuter 
les autres. En 1680, on obtint d'Alexandre Scar- 
lalti qu'il en écrivît un nouveau pour le service 
de la chapelle; mais la composition ne justifia 
point tout ce qu'on attendait d'un tel maître : il 
fut cependant adopté par res()ccl pour la répula- 



74 



ALLEGRI — ALLEVI 



fion de son auleur, et exécuté le jeudi saint al- 
ternativement avec ceux de Santo-Naldini et de 
Felice Anerio. En 1714 , Thomas Bai, maître de 
chapelle du Vatican , écrivit un nouveau Miserere 
en deux versets, alternativement à quatre et à 
cinq voix, avec le dernier à huit , sur le plan de 
celui d'Allegri ; et cette composition fut trouvée 
si belle, que dès lors on cessa de chanter les Mi- 
serere de Felice Anerio et de Scarlatti, et qu'on 
n'exécuta plus que ceux d'Allegri et de Bai , dans 
les trois matinées des ténèbres, depuis 1714 jus- 
qu'en 17G7. En 1768, Joseph Tarlini, célèbre 
violoniste, fit don à la chapelle d'un Miserere de 
sa composition, alternativement à cinq voix et à 
quatre, avec le dernier verset à huit; la musique 
était différente à chaque verset. Ce Miserere fat 
exécuté la même année; mais il ne put soutenir 
la comparaison avec ceux de Bai et d'Allegri, 
et fut rejeté pour toujours. En 1777 , Pasquale 
Pisari, à la demande des chantres de la chapelle, 
composa un nouveau Miserere, avec tons les 
versets différents , alternativement à quatre et à 
<;inq voix, et les deux derniers versets à neuf; 
il eut le même sort que celui de Tartini ; en sorte 
(jue depuis 1778 jusqu'en 1820 les Miserere d'A\- 
Ifgri et de Thomas Bai furent seuls exécutés. A 
la demande de Pie VU. l'abbé Baini a écrit 
nu nouveau Miserere en 1821; cette composition 
a été jugée digne d'être chantée alternativement 
avec celles des deux anciens compositeurs. 

Que si l'on considère le morceau qui a fait la 
célébrité d'Allegri , on n'y remarquera ni traits 
saillants de mélodie, ni harmonie piquante et 
nouvelle, ni effets inconnus au temps où vivait 
l'auteur; mais une teinte de tristesse profonde 
répandue sur tout l'ouvrage, nue excellente or- 
donnance des voix et le rhythme bien cadencé 
<les paroles n'en font pas moins un des morceaux 
les plus originaux de l'époque où il parut, et ce- 
lui peut-être qui , malgré son apftarente simpli- 
cité, renferme le plus de difficultés pour l'exé- 
culion. Au concert, dans un salon , la plupart de 
ces beautés passent inaperçues ; mais à l'église , 
et surtout au Vatican , ce n'est pas sans émotion 
(pi'elles peuvent être entendues. 

ALLEGRI (Dominique), compositeur, né à 
Rome, dans la seconde moitié du seizième siècle, 
fut fait maître de chapelle de la basilique de 
Sainte-Marie-Majeure, le 3 avril 1610 , et occupa 
cette place jusqu'à la fin de 1629. Il vivait encore 
en 1638; car il fit imprimer dans cette année un 
de ses ouvrages. Ce musicien fut un des pre- 
miers qui écrivirent les parties d'instruments qui 
devaient accompagner le chant dans un système 
différent de celui des voix ; son premier essai en 
ce genre est dans l'ouvrage qui a pour litre ; 



Modi quos expressit in choris, Rome, 1617. 
On connaît aussi sous le nom de ce compositeur 
Motteli a 2, ?,, k et h voci. Eovm, 1638, in-4o. 
La collection de l'Abbé Santini , à Rome , con- 
tient aussi de ce maître, en partition et en ma- 
nusctit, le motet Euge, serve bone, pour 12 té- 
nors; un autre motet pour 12 basses , sur le texte 
Beatus ille srrvus, et enfin une Messe à 1 G voix. 

ALLEGRI (Jeaiv-Baptiste), compositeur et 
organiste à Arzignano , petite ville de l'état véni- 
tien, située entre les rivières de Gua et de 
C/iiampo, a publié douze motets à voix seule, 
avec des violons et basse, œuvre 1*^^ Venise, 
l-OO, in-fol. 

ALLEGRI (D. Philippe), né à Florence le 
18 juillet 1768, fut maître de musique au sémi- 
naire de cette ville, et maître de chapelle de 
Saint-Michel. Il est élève du père L. Braccini. 
Sa musique abonde en motifs élégants ; ses chants 
sontvrais etexpressifs et ses modulations heureu- 
ses. La messe derequiem, à quatre voix et à grand 
orchestre, qu'il a composée pour les obsèques de 
l'archevêque Martini lui a fait beaucoup d'hon- 
neur, On connaît aussi de sa composition un 
salutaris hostia, pour soprano et basse, et 
le motet verbum carofactum est , pour ténor 
et basse. 

A LLEIV (Richard) , écrivain anglais de la fin 
du dix-septième siècle n'est connu que par un 
livre sur le chant des psaumes, intitulé : jE"*- 
satj on singing of psalms, etc.. Londres, 1696, 
in-8". Le docteur Russel ayant attaqué quelques 
passages de ce livre dans des Animadversions 
icpon Aliènes essaij on singing of psalms, etc., 
Londres , 1696 , Allen répondit avec aigreur dans 
un pamphlet qui avait pour titre : A briefvin- 
dication of an essay , to prove singing of 
psalms, etc., from Dr. RusseVs Animadver- 
sions, and M. Marlow's remarqs , Londres, 
1696, in-12. Cette querelle se termina par une 
réponse adressée à Allen par un écrivain nommé 
Richard Claridge , sous ce titre : An answer to 
Richard Allen\<i essay. vindication andappen- 
dix, Londres, 1697 , in-8o. 

ALLEVI (Josupu), compositeur italien du 
dix-septième siècle et maître de chapelle de la 
cathédrale de Plaisance, est connu par un ouvrage 
divisé en trois livres et qui a pour titre Composi- 
zione sacre. Le premier livre n'est pas indiqué 
dans les catalogues des grandes bibliothèques 
musicales ; mais le second et le troisième livres 
sont au Lycée musical de Bologne. Le second livre 
est intitulé : Composizioni sacre a 2, 3 e 4 voci, 
Missa per H defonti a quattro a Capella 
lib. II. Venezia, per Fr. Magni e Gardano, 
1662, in-4o. Le titre du troisième livre est ce- 



ALLF.VI — ALMENRAEDER 



75 



liii-ci : Terzo libro délie composizioni sacre, a 
2, 3 e 4 voci, parte con violini, e sonate a tre 
cioe La Tortona, la Morella, la Toscola, le 
litanie délia Bcata V. a 4 voci. Bologne, G. 
Monti, 10G8, in-4o. 

ALLISON (Richard), professeur de mu- 
sique à Londres, vécut sous le règne de la reine 
Elisabeth. Il fut l'un des dix auteurs qui coopé- 
rèrent à la composilion de la musique des psau- 
mes imprimés à Londres , par Thomas Este, en 
1594, in-80. lia aussi publié séparément : The 
psalmes of David in metter , the plaine-song 
beeing the common tune ta be sung and plaid 
vpon the lute, orphartjon, citterne, or base- 
viol, severally or altogethcer, the singing 
parts to be either ténor or treeble to Ihe ins- 
truments , according to the nature of the 
voices , or for foure voices, with tennes short 
tunnes in the end, to which for the most 
part ail the psalmes madde usuallij siing , 
for the use of such as are of mean skill, 
and whose leysure least servcth to practise 
(Les Psaumes de David mesurés, dont la mé- 
lodie, en chant ordinaire , est destinée au luth , 
au théorbe , à la guitare ou à la basse de viole , 
et dont ,Ies parties chantantes doivent être le 
ténor ou le dessus, avec les instruments, suivant 
la nature des voix, ou qui peuvent être chantés à 
4 voix; avec dix airs brefs à la fin, auxquels 
la plus grande partie des psaumes peut-être ap- 
pliquée, etc.). Londres, in-fol., 1599. 

ALLIX (...), mathématicien, mécanicien et 
musicien qui vivait à Aix en Provence, vers le 
milieu du dix-septième siècle , fit un squelette 
qui , par un mécanisme caché, jouait de la gui- 
tare. Bonnet , dans son Histoire de la Musique 
(p. 82 ), rapporte une histoire tragique de la fin 
«le ce savant. 11 plaçait au cou de son squelette 
une guitare accordée à l'unisson d'une autre qu'il 
tenait lui-même dans ses mains, et plaçait les 
doigts de l'automate sur le manche; puis, par un 
temps calme et serein , les fenêtres et la porte 
étant ouvertes, il se plaçait dans un coin de la 
chambre, et jouait sur sa guitare des passages 
que le squelette répétait sur la sienne. Il y a lieu 
lie croire que l'instrument résonnait à la manière 
(les harpes éoliennes, et que le mécanisme qui 
faisait mouvoir les doigts du squelette n'était 
pour rien dans la production des sons. Quoi qu'il 
en soit , ce concert étrange causa de la rumeur 
parmi la population superstitieuse de la ville 
d'Aix ; le pauvre AUix fut accusé de magie, et le 
parlement fit instruire son procès. Jugé par la 
chambre de la Toiirnelle , il ne put faire com- 
prendre que l'effet merveilleux de son automate 
n'était que la résolution d'un problème de mé- 



canique. L'arrêt du parlement le condamna à être 
pendu et brûlé en place publique, avec le sque- 
lette, complice de ses sortilèges, et la sentence 
fut exécutée en 1(IG4, à la grande satisfaction, 
de tous les hommes dévots. 

ALLOU (Adrien), musicien français, né- 
vers le milieu du seizième siècle, fut maître des- 
enfants de chœur de Saint-Martin de Tours. En 
1585 , il obtint au concours du Puy de musique 
d'Évreux , en Normandie, le premier prix , con- 
sistant en un orgue d'argent, pour le motet Gus- 
tate et videte. 

ALMASIA {...), compositeur, né à Mi- 
lan en I80G , a fait ses études musicales sous la 
direction d'Asioli. Fixé à Plaisance, en qualité 
de maître de chapelle, il occupait cette position, 
en 184G , depuis plusieurs années. Il y a écrit des 
Messes, un Dixit à 4 voix et orchestre, et plu- 
sieurs autres morceaux de musique religieuse 
d'un bon style. On a publié à Milan, chez Ric- 
cordi , des valses pour le piano, sous le nom à'Al- 
viasio : peut-être sont-elles du même artiste. 

ALMEIDA (Antoine de), maître de cha- 
pelle de la cathédrale de Porto, en Torlugal , 
vers le milieu du seizième siècle, naquit dans 
cette ville. lia mis en musique un oratorio dont 
le texte a été publié sous ce titre. La Humana 
carça abrazada el grand martyr S. Lau- 
renlio; Coïmbre, 1556, in-4''. Machado (Bibl. 
Lusit., 2, 1, p. 197) fait beaucoup d'éloges du 
talent de ce maître. 

ALMEIDA (Fernando de), prêtre portu- 
gais et compositeur, né à Lisbonne, fit pro- 
fession en 1636 dans le monastère de Saint-Tho- 
mas , et devint en 1656 visiteur de son ordre. 
Il est mort à Lisbonne le 21 mars IGGO. Son 
maître de composition fut Duarte Lobo. Les 
principaux ouvrages de ce musicien sont : 1° La- 
mentaçoéns , Responsorios , e Miserercs dos 
très officios da quarta, quinta e sestafeira da 
Semana Santa , en Mss., dans la bibliothèque 
de Saint-Thomas , 2° 3Iissa a doze vozes , dans 
la bibliothèque du roi de Portugal. 

ALMEIVRAEDER (Charles), né le 3 oc- 
tobre 1786, à Ronsdorf , petite ville de la régence 
de Dusseldorf , était fils d'un musicien de celle 
ville, qui lui enseigna les éléments delà musique 
dès ses premières années. Il jouait déjà du clavecin, 
de la flûte et du cor lorsqu'on Ir-i fit cadeau d'un 
mauvais basson, à l'âge de treize ans. Malgré ses 
défauts, cet instrument lui révéla sa destination ; 
car il se mit à l'étudier avec ardeur et parvint 
en peu de temps à en jouer d'une manière satis- 
faisante. L'acquisition qu'il fit d'un meilleur 
instrument lui permit de perfectionner son ta- 
lent. En 1812, il entra comme premier bassoa 



A.LMENRAEDER — ALQUEN 



ai! IhMtre de Francfort. Deux ans après, le sou- 
lèvement général de L'Allemagne contre la Fiance 
l'obligea d'accepter la place de chef de musi- 
que du 3* régiment de la Landwehr , et de 
faire la campagne qui ne ftit terminée pour lui 
qu'en 181G. Arrivé à Mayence, il entra dans le 
3* régiment de ligne en la même qualité; et la 
place de premier basson du théâtre de cette ville 
lui fut confiée en 1817. A cette époque, Go- 
defroid Weber était intendant supérieur de ce 
théâtre. Charmé par letalent d'Almenraeder, il lui 
communiqua sa théorie acoustique de la construc- 
tion des instruments à vent, et fixa son attention 
sur la nécessité de peifectionner celle du basson. 
L'artiste, préoccupé de ces nouvelles idées, 
fit beaucoup d'essais , et parvint enfin à l'amé- 
lioration de la justesse de quelques notes en aug- 
mentant le nombre de clefs. Bientôt les ins- 
truments fabriqués par lui furent reclierchés 
en Allemagne, et Almenraeder prit le résolution 
de fonder une fabrique à Cologne. 11 se fixa en 
effet dans cette ville et s'y livra avec ardeur à 
la fabrication des bassons ; mais cette entreprise 
ne réussit pas; la santé de l'artiste, affaiblie par 
le travail , l'obligea à fermer ses ateliers en 1S22 
et à accepter la place de premier basson du Duc 
de Nassau , à Biberich. Il y joignit la direc- 
tion supérieure de la fabrique d'instruments à 
vent d'après les principes de Weber, que 
MM. Schott avaient établie à Mayence. A 
l'exception de quelques voyages qu'il entreprit 
pour donner des concerts , particulièrement eu 
Hollande , il continua de vivre dans cette po- 
sition. Il mourut à Biberich le Ki septembre 
1843. Almenraeder a exposé les principes qui 
l'ont dirigé pour la construction de son basson, 
dans un écrit qui a pour titre ; Traité sur le 
perfeclionncment du basson, avec deux ta- 
bleaux , en allemand et en français ; Mayence, 
Schott, lS24,in-4. 11 a publié une Méthode 
complète pour le basson , en allemand et en 
fiançais; Mayence, Schott, sans date. Il s'est 
fait aussi connaître comme compositeur par un 
concerto pour le basson, en ut mineur; 
Mayence, Schott; Pot-pourri pour basson et 
orchestre, op. 3, ibïd; Variations avec violon, 
alto et violoncelle, op. 4, ib'id. ; Inlroduction 
et variations pour basson et quatuor, op. 6; 
Darmstadt, Alisky; Duellinos pour deux bas- 
«^ons , op. 8 ; Mayence, Schott ; Duos pour deux 
bassons, op. 10; etc. Il a laissé en manuscrit 
plusieurs concertos pour son instrument, une 
fantaisie pour hautbois , clarinette, cor de bas- 
sette, basson et deux cors, ainsi que d'autres 
compositions de différents genres. 
Un (ilo de Charles Almenraeder, nommé aussi 



Charles, s'est fixé à Cologne comme marchand 
de musique. Il y était, en 1844, premier violon 
du théâtre, et directeur d'une société d'amateurs 
de musique instrumentale qui exécutait des 
symphonies et des ouvertures. 

ALMERIGHI DI RIMIIMI (Joseph), 
musicien de la chambre du landgrave de Hesse- 
Darmstadt, né à Rimini, dans les États romains , 
publia à Nuremberg, en 1761, Sei sonate da 
caméra pour deux violons et basse, op. l"". 

ALMEYDA (Charles - François), violo- 
niste et compositeur au service du roi d'Espa- 
gne, né à Burgos, a écrit deux œuvres de quar- 
tellis pour deux violons, allô et basse, dont 
Pleyel a fait graver le deuxième à Paris ,en 1795. 

ALOVISS (Jean - Baptiste), en latin 
ALOYSIUS, mineur conventuel et bachelier en 
théologie ta Bologne, naquit vers la fin du seizième 
siècle. Il a publié : 1" Motecta festorum totius 
anni, à quatre voix ; Milan 1587, in-4° ; 2° Con- 
textusmusicus, motets à deux, trois et quatre 
voix, Venise, \&'}LÇ>,m-k;Z° Cœlum harmonicum, 
messes à quatre voix, Venise, 1628, m-k^ ; 
4° Celestem Parnassum, motets, litanies et can- 
tiques à deux , trois et quatre voix ; 5° Vellus 
aureum , litanies de la Vierge à quatre , cinq , 
six , sept et huit voix; 6° Corona stellarum, 
motets à quatre voix ; Venise , 1637. On trouve 
aussi des motets d'Alovisi dans la collection 
d'Ambroise Profe ( V. ce nom). 

ALQUEIV (Jean d'), né à Arnsberg, en 
Westpiialie, en 1795, d'une famille honorable 
qui vivait dans l'aisance, reçut une bonne édu- 
cation scientifique et littéraire dans sa jeunesse, et 
cultiva aussi la musique avec succès. Doué d'une 
bonne voix, il se livra à l'étude du chant sous la 
direction de Zciter et de Bernard Klein, lorsqu'il 
alla suivre les cours de médecine à l'université 
de Berlin. Plus tard, lorsqu'il se fut établi comme 
médecin à Miihlheim, sur le Rhin , il se délassa 
des occupations de sa profession en composant 
une très-grande quantité de chansons qui sont 
devenues populaires, et qui ont joui en Allemagne 
d'une vogue extraordinaire. Leur mérite les a 
fait comparer aux meilleures choses en ce genre 
des compositeurs les plus renommés. Ces chan- 
sons se sont répandues en manuscrit et surtout 
par la tradition populaire ; mais on n'en a rien 
publié. 

ALQUEN (François d'), frère piitné du pré- 
cédent, était destiné par ses parents à la profes- 
sion d'avocat; mais son goût passionné pour la 
musique le détourna de l'étude du droit, et ses 
liaisons avec Ries le décidèrent à suivre son pen- 
chant. Les leçons de cet artiste célèbre lui ayant 
fait acquérir un talent distingué sur le piano, ii 



ALQUEN — ALTEMPS 



se fit entendre avec succès d.tns plusieurs con- 
certs. En 1827. il s'établit à Bruxelles et s'y livra 
à l'enseignement; mais la Révolution de 1830 lui 
fit abandonner la Belpque pour se fixer à Lon- 
dres. Il y a publié plusieurs compositions pour 
son instrument, entre autres deux œuvres de 
sonates pour le piano, deux concertos pour le 
môme instrument, des variations, et quelques 
bagatelles. 

ALSCHALABI (Mohammed) , Arabe d'Es- 
pajçne, qui vivait dans la si\ cent dix-huitième 
année de l'iiéjiire ( 1415 de l'ère chrétienne), est 
auteur «l'un traité de musique que Cassiri ( Bibl. 
Arabico-Hisp. Escurial.t, f.p. 527,art.MDXXX) 
indique sous ce titre : Opus de licito musico- 
rum instrumentorum usu , musices censura 
et npologia inscnptnm, eoriim scilicei in pri- 
mis, qux per ea temporel apud Arabos Hispa- 
nos obtimiere, quxqae ad triginta et jtnum 
ibidem enumerat auctor diligentissimus , qui 
librura suum Abu Jucobo- Joseph ex Almora- 
bitharum natione Hispanix tune régi, exeiintc 
Egirse anno 618, dedicavit. 

ALSCHER (Joseph), contre-bassiste alle- 
mand, virtuose distingué sur son instrument, a 
été considéré il y a vingt ans ( vers 1830 ) comme 
le rival de Dragonelti et de Mûller. On n'a de ren- 
seignements ni sur le lieu de sa naissance, ni sur 
ses premières années. Il vécut en Italie depuis 
1830 jusqu'en 1837; puis il retourna en Alle- 
magne, et donna des concerts à Prague et à 
Leipsick. Postérieurement il s'est fixé dans la 
première de ces villes. 

ALSDORF (Wilhelm) , directeur de mu- 
sique à Rostock, né àKœnigsberg vers 1804, s'est 
fait connaître par la composition d'un opéra ro- 
mantique intitulé : Die Wiedertaufer odcr Jo- 
hann von Leyden (Les Anabaptistes, ou Jean 
«le Leyde), qui fut représenté dans les mois de 
juillet et d'août 1839 à Rostock et à Greiswald. 
Le sujet de cet ouvrage est le môme que celui 
du Prophète de Meyerbeer ; mais la conception 
«les deux drames n'a pas de rapport, et le sort 
des deux ouvrages a été très-diiférent. 

ALSÏED (Jean-Henri ), né à Herboin, dans 
le comté de Nassau, en 1588 , professa d'abord 
la philosophie et la théologie dans sa patrie ; mais 
dans la suite il alla à Weissembourg en Transyl- 
vanie, où il remplit également les fonctions de 
professeur. Il y mourut en lf)38, à l'âge de cin- 
quante ans. 11 a traité de la musique dans son livre 
intitulé: Seientiarum omnium Encyclopœdia, 
Herborn, 1610, in-4", réimprimé avec de grandes 
augmentations à Herborn, en 1630, 2 vol. in-folio, 
et à Lyon, 1649. On trouve im Elementalc mu- 
sicum dans son Elementale mathematicum, 



Francfort, 1611, in-4".rct Etementale musicum 
est divisé en deux livres ; i" De Musica sim- 
plici; 20 De Musica harmonica, et remplit 
treize feuilles in-4o. Le 8^ livre de ses Admiran- 
dorum mathematicorum est aussi consacré à la 
musique. La première édition de cet ouvrage pa- 
rut à Herborn, en 1613, in-r2 , et la seconde à 
Francfort, en 1623, xnko. L' Elementale musi- 
cum a été traduit en anglais par Jean Bircliensha, 
sous ce titre : Templum musicum, or the mu- 
sical synopsis of the learned and famous Jo- 
hannes-Ilenricus Alstedius ; bcing a compen- 
dium of the rudiments bolh of the mathema- 
tical and practical part of musik : o/which 
subject not any book is extant in the english 
longue , Jaithfully translated oui of the la- 
tin, by John Birchensha; fondon, 1664. 

ALT (....), secrétaire d'État à Glogau, vers 
la lin du dix-huitième siècle, fut un amateur dis- 
tingué comme violoniste et comme compositeur. 
En 1790 il a publié chez Hummel, à Berlin, 
trois quatuors pour flûte, violons et basse. 

ALTAVILLA ( François) , composileur na- 
politain, élève du collège royal de musique de 
Napies , a fait sa première apparition dans le 
monde musical, comme composileur drama- 
tique, par l'opéra bouffe // Prcventivo d'arresta 
représeuté au théâtre Nuovo , en 1843. L'ou- 
vrage ne réussit pas; mais le compositeur fut 
plus heureux dans / Pirati di Barraliera , re- 
présenté au théâtre du Fonda, dans le carnaval de 
1846, el dans, Lo Sposalizio diun Principe, au 
théâtre Nuovo, dans la même année. Ses autres 
ouvrages dramatiques connus sont : I Litigantï ; 
Pace figlia dtamore; Il Debilore; Raoul di 
Créqui. 

ALTEMPS (Serafino), musicien d'origine 
irlandaise, vécut à Rome vers le milieu du dix- 
huitîème siècle, et fut attaché à l'église des Douze 
Apôtres en qualité de chantre. Il était à la fois bon 
maître de chant et savant dans l'art d'écrire. Dans 
le fonds de Mont-Cassin, qui est à la bibliothèque 
royale de Munich, on trouve sous le nom de cet 
artiste un volume manuscrit d'études de contre- 
point. 

ALTEMPS (Dom Faustino, fils du précé- 
dent, fut bénédictin au couvent de Saint-Calixte à 
Rome. Le fonds de Mont-Cassin , dont il est 
parlé dans l'article précédent, contient les motels 
suivants de la composition de ce religieux: \o As- 
sumpla est, pour soprano, basse et orgue; 
20 Paradisi portae, pour basse et orgue, 
30 Alléluia; Beatus vir, à 4 voix et orgue; 
Quasi Cedrus, pour 2 soprani, basse et orgue; 
50 Veni ad liberandum, pour 2 soprani, basse 
et oigi^e. Tons ces morceaux sont en manuscrit. 



78 



ALTENBURG — ALTÈS 



ALTENBURG (Michel), compositeur et pré. 
(licateur à Erfiirt, naquit à Trœclitelborn, dans 
la Tiiupingc, en 1 583. Nommé en 1 608 pasteur à Hil" 
voisgeliofen et à Marpacli, prèsd'Erfurt, il revint 
en 1610 dans le lieu de sa naissance, où l'on 
trouve encore son portrait auprès de l'orgue ; 
en 1621, il alla exercer le pastorat à Grossen- 
Sœmmerda; et enfin en 1C37, il' fut appelé à 
Krfurt en qualité de diacre, et l'année suivante il 
fut élevé à la dignité de pasteur de l'église Saint- 
André. Ilmoiu-utdans ce lieu le 12 février 1640. 
On connaît de lui les compositions suivantes : 
10 Bas 53 Kapiiel des Jesaias, angehœndt : 
liernhardi passio tua Domini Chrisli, mit 
nchl Slimmen componUt (Le 53™® chapitre 
d'isaie, commençant par ces mots : Bernhardi 
passio tua Domini Chrisli, à 8 voix), Er- 
furt, 1 608, in-4o ; 2o JJochzeit Motteten von 
sieben Stimmen (Motels à 7 voix pour le 
jours de noces), Erfurt, 1513; 3° Musikalischer 
Schirmund Scfiild der Burger und Einwoh- 
ner, oder der Psalm mit seclis Stimmen (Abri 
musical et bouclier du bourgeois et du citadin, 
ou le 55""! psaume à 6 voix), Erfurt, 1618; 
4" Kirch-und Haus-gesœnge mit filnf, sechs 
und acht Stimmen. 1 — 4 fli. (Clianls d'église 
et de cbambre à 5, 6 et 8 voix, en quatre par- 
ties), Erfurt, 1620—1621; 5° Intraden mit 
sechs Stimmen; welche zufœrderst au/ Gei- 
qen, Lauten, Instnimenten und Orgelwerk 
gerichtet sind, etc., Erfurt, t620,in-4o; C" Can- 
tiones de adventu Domini Nostri Jesu, quin- 
que, sex et octo vocibus compositx, Erfurt, 
1621, in-4o; 7o Musikalische Weihnachts tmd 
newJahrsZierde, etc., zu vier-neune Stimmen 
(Chants de Noël et de nouvelle année, etc., de- 
puis 4 jusqu'à 9 voix ), Erfurt, 1621; in-4f; 
80 m und IV th. Musikalische Fest-Gesœnge, 
mit/iinf-vierzehn Stimmen, Erfurt, 1653. 

ÀLTEIXBURG (Jean-Ernest), virtuose sur 
la trompette, compositeur et écrivain didactique, 
naquit à Weissenfels en 1734. Son père, J. Gas- 
par Altenburg, trompette de la musique particu- 
culière du prince de Weissenfels, fut lui-même 
un artiste fort distingué sur son instrument. 
Après avoir assisté à la bataille de Malplaquet, 
il retourna en Allemagne, et fit admirer ses ta- 
lents par les rois de Prusse et de Pologne, dans 
les coins de Gotha, de Bayreuth, d'Anspach, de 
Stultgard, de Cassel, de Brnnswick, de Schwc- 
rin, deSlrélitz-SonilersIiausen, et dans les villes 
de Hamboiug, Nuremberg, etc. Le roi Frédéric- 
Auguste lui fit proposer d'entrer à son service 
avec 600 tlialers d'appoinlenient. Il mourut en 
1761. L'exemple du père fit naître l'émulation 
du (ils. Celui-ci ne se contenta point d'exécuter 



avec habileté sur son instrument, et de composer 
des pièces pour deux, quatre, six et huit trom- 
pettes; il écrivit aussi le traité historique et 
pratique qu'on cite comme ce qu'il y a de meil- 
leur sur la trompette et sur les timbales. Cet 
ouvrage est intitulé : Versuch einer Anleitung 
zur heroisch-7mtsikalischen Trompeter und 
Paukenkunst , zur mehreren Aufnahme der- 
selben historisch, theoretish U7id practisch 
beschrieben und mit Exempeln erlaûtert. 
(Traité historique, théorique et pratique sur 
la trompette héroico-musicale et sur la tim- 
bale, etc.). Halle, chez Hendel, 1795, 123 pages 
in-4o. La première partie de cet ouvrage est his- 
torique; la seconde est relative à l'art de jouer de 
la trompette. Le livre est terminé par un con- 
certo pour sept trompettes et timbales. 

ALTES (Joseph-Henri) , né à Rouen, le 18 
janvier 1826, commença l'étude de la lliite dès 
l'âge de dix ans, et montra dès lors d'heureuses 
dispositions pour cet instrum<;nt. Admis comme 
élève au Conservatoire de Paris le 7 décembre 
1840, il suivit le cours du Tulou. Ses progrès 
furent si rapides, qu'au concours de 1841 le second 
prix de tlCite lui (ut décerné : sa brillante exécu- 
tion lui fit obtenir le premier dans l'année sui- 
vante. Depuis lors il s'est fait applaudir dans les 
concerts, et son talent l'a fait admettre dans l'or- 
ciiestre de l'Ojiéra. On a publié de sa composition 
jusqu'à ce jour (1858) les ouvrages suivants: 
1° Variations sur un Ihèiue du Pirule pour 
(lûte et orchestre ou piano, op. 1, Paris, Pii- 
chaull; 2" Fantaisie pour fliite et orchestre ou 
piano, op, 2; ibid. 3° Fantaisie concertante pour 
tlûteet violon, avec accompagnement d'orchestre 
ou piano, op. 3. ibid, ; 4" Ire Fantaisie caracté- 
ristique {La Vénitienne ), pour (lûte et piano, 
op. 4, ibid; 5° 2'"e Fantaisie caractéristique 
(VHelvétienne), id., op. 5 ibid.; 6° 3">e Fan- 
taisie caractéristique {V Espagnole) ,id., op. 
6, î/;irf.; 7° Grande Fantaisie pour flûte et orchestre 
ou piano, op. 7, ibid. 

ALTES (Ernest-Eugène), frère du précé- 
dent, est né à Paris, le 28 mars 1830. Admis au 
Conservatoire de Paris, le 13 février 184.t, il y 
devint élève d'Habeneck pour le violon. Deux ans J 
après il obtint un accessit au concours. En 1847 " 
le second prix lui fut décerné, et le brillant suc- 
cès qu'il eut au concours de l'année suivante lui 
fit obtenir le premier. Devenu élève de M. Bazin 
pour riiarmonie , il eut le second prix de cette 
science en 1849, puis il suivit le cours de com- 
position de Carafa; mais il n'acheva pas .ses 
études sous ce professeur. Au moisd'octohre 1850 
il s'est retiré du Conservatoire et est entré comme 
violoniste à rorchcstrede l'Opéra. Depuis lors il 



ALTÈS - ALYPIUS 



79 



s'est fait entendre avec succès dans quelques con- 
certs. Jusqu'à ce jour (1858) il n'a rien publié 
tic sa composition. 

ALTMAIV ( D' ) , greffier de la chambre impé- 
riale de Brcslau, au commencement du dix-liui- 
lième siècle, a écrit un Compendium musicum; 
ou instruction abrégée sur la basse continue ; mais 
on ignore si ce livre a été imprimé. 

ALTMUTTER (Marianne), habile canta- 
trice et actrice, née à Inspruck le 19 décembre 
1790. Son père étant passé à Munich , où il éta- 
blit une fabrique d'étoffes de soie, elle l'y suivit 
ets'y adonna à l'étude du théâtre et de la musique, 
lille eut pour professeur de chant le maître de cha- 
pelle François Danzi ; et, lorsque celui-ci passa 
au service du roi de Wurtemberg , elle reçut des 
leçons du compositeur P. Winter. Ce fut la cé- 
lèbre actrice Marianne Lang qui la dirigea dans 
l'art théâtral. D'heureuses dispositions déve- 
loppées par ces habiles maîtres, une belle voix, 
les avantages de la taille et de la figure, lui va- 
lurent de grands succès à ses débuts. Son pre- 
mier rôle fut celui d'Elvire, dans l'opéra de don 
Juan de Mozart. Dès 1805, elle fut attachée à 
la cour de Munich, où elle se trouvait encore en 
1812. 

ALTiXIKOL (JEAN-CnRiSTCB>nE), organiste 
à Naumbourg, en Saxe, élève et gendre de J. 
Seb. Bach, vivait encore en 1758, et jouissait de 
la réputation d'un des meilleurs organistes et 
clavecinistes de son temps. Parmi ses composi- 
tions, qui ne sont pas dépourvues de mérite , on 
trouve à la bibliothèque royale de Berlin un Hal- 
leluia à 4 voix et orchestre; un motet : Nun Dan- 
het alleGott, à 5 voix; deux Sanctos, dont un 
à 4 voix et orgue, des fugues et une sonate pour 
le clavecin. Le catalogue de Breitkopf indique un 
if/a^nj/îca^ et plusieurs cantates à grand orchestre 
de sa composition. 

ALVARS (A. PARISH-). Voyez PARISH- 
ALVARS. 

ALVAREZ ACEVO (Bernard), plus 
connu en Espagne sous le deuxième nom que 
sous le premier, était, en 1787, maître de cha- 
pelle de l'église dite de la Solitude (Soledad ) , 
de Madrid. Ses œuvres de musique religieuse ont 
eu beaucoup de réputation dans certaines pro- 
vinces de l'Espagne. Quelques-uns de ses ouvra- 
ges sont conservés en manuscrit dans les ardiives 
de l'Escurial. Alvarez écrivait en général dans un 
style brillant, et donnait à l'instrumentation plus 
d'importance et d'effet que les autres compositeurs 
espagnols de son temps. 

ALVEIXSLEBEIV ( Agibhard d' ), directeur 
de musique de la société Euterpe, à Leipsickj 
compositeur et professeur de piano, actuellement 



vivant (1858), est élève de M. Marx, et s'est 
déjà fait connaître avantageusement en 1838, 
époque où il faisait ses études à l'université de 
Beriin, par la composition d'une cantate pour 
voix d'hommes avec orchestre, exécutée le 3 
août de cette année à la fôte de l'université. Une 
analyse de cette cantate, avec des passages 
notés , a été donnée dans la Gazette générale de 
musique (de Leipsick), numéro 37 de la même 
année. Elle indique un bon sentiment de mélodie 
et de l'habileté dans l'art d'écrire. M. d'Alvens- 
leben a fait entendre dans les concerts de la so- 
ciété d'Euterpe, à Leipsick, une ouverture et une 
symphonie (en sol mineur) auxquelles on a ac- 
cordé des éloges. Il a publié : 1" 4 pièces carac- 
téristiques pour le piano , op. 3. Leipsick, Hof- 
meister; 2° : 6 Lieder pour voix de soprano et 
piano, op. 1 , Berlin , Bote et Bock ; 3° 6 Lieder 
pour contralto et piano, op. 2, ibid.; 4° 6 Lieder 
pour Ulezzo-saprano et piano, op. 4, Berlin, 
Stern ; 5° 2 Lieder pour voix de basse et piano, 
op. 5, Leipsick, Whistling. J'ignore si M. d'Al- 
vensleben est le même qui a i)ublié une espèce 
d'Almanach biographique des artistes dramati- 
ques du théâtre allemand, sous ce titre : Bio- 
grapJiisches Taschcnbuch dcutscher Bûhnen- 
Kilnstler und Kiinstlerinn. Première année, 
Leipsick, Fischer, 1836, 1 vol. in- 12. Deuxième 
année, ibid. 1837, 1 vol. in -12. La première 
année contient les notices biographiques de Henri 
Marschner, M""^ Béatrix Fischer-Schwarzbock, 
Edouard Genest , M. Greiner, G. Spontini , H. 
Kreite, et Fr. Wilh. Grohmann. Dans la seconde 
année on trouve les notices de M""-" Franchetti- 
Walzel, Morlacchi, Jules Peilegrini , Élise 
Pohibesteimer, Jos. Raslrelli , Guill. Rauscher 
et Marie Pistor. 

ALVERI ( .... ), compositeur bolonais, vécut 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle. 
11 fut un des plus anciens auteurs de cantates à 
voix seule, dont il publia un premier Uvre à Bo- 
logne, chez Monti, en 167t, un second, chez 
le môme, en 1678, et un troisième, en 1687. 

ALVIMARE (D'). Voyez Dalvimare. 

ALYPIUS, auteur grec qui a écrit sur la 
musique et qu'on croit avoir été un sophiste de 
l'École d'Alexandrie. Un passage d'Eunapins, 
dans la vie de Jamblique , a fait croire que l'au- 
teur dont il s'agit était contemporain de ce der- 
nier, et conséquemment qu'il vivait sous le règne 
de l'empereur Julien (Voyez Meursius, Annot. 
ad Aristox., Nichom., Alyp., [>. 186) ; mais il 
n'est pas prouvé que cet Alypius soit l'écrivain 
sur la musique. Cassiodore semble avoir cru que 
cet auteur vivait avant Euclide et Ptolémce ; car 
il fait l'énumération de ces auteurs {in Musiea, 



80 



ALYPIUS 



circafin. ) dans cet ordre : Quamapud Grxcos 
Al y plus , Euclydes , Ptolomseus , eXc. Mcibo- 
mius n'a pas placé l'époque de la vie d'Alypius 
avant Euclide; mais il a cru qu'il était antérieur 
à Ptoiémée ( in Epist. Lectori benev. ante Lib. 
I. de Mus. Aristid. QuintiL); mais rien n'au- 
torise cette conjecture. Tout porte à croire 
qu'Alypius n'a pas vécu dans une antiquité re- 
culée , car Cassiodore est le premier écrivain qui 
l'ait cité. Si Alypiusest le même dont Eunapius 
a parlé, il était si petit de taille, qu'il ressemblait 
à un nain ; mais c'était un homme de beaucoup 
de mérite : Summus disserendi arti/ex, sta- 
turaperpugïlla Instar pygmœi. Eunapius ajoute 
qu'il était né à Alexandrie, et qu'il mourut en 
cette ville dans un âge avancé. 

Le livre d'Alypius a pour titre : Eîcaywyyi 
[xoyfftxr;, c'est-àdire, Introduction à la Mu- 
sique. On le trouve en manuscrit dans la plupart 
des grandes bibliothèques, particulièrement 
dans la Bibliothèque impériale de Paris, où ii y en 
a plusieurs copies. Cet ouvrage fut publié pour 
la première fois par J. Mcursius, d'après le ma- 
nuscrit de Scaliger, avec les traités de musique 
d'AristoxèneetdeNichomaqne (Voy. ces noms), 
sous ce titre; Aristoxenus , Nichomachus, 
Alypius, auctores musices antiquissimi hac- 
tenus non editi., Ludg. Batav., 1616, in-4". 
Cette collection a été réimprimée dans les œuvres 
de Meursius, t. 6, p. 475. Déjà Galilée ( Vincent) 
avait donné les tables d'Alypius {Dialogo délia 
Musica antica e moderna , Fiorenza, 1581, 
p. 92-94) pour les modes liypodorien, hypo- 
phrygien, hypolydien, dorien, phrygien, lydien, 
mixolydien et hypermixolydien , dans le genre 
diatonique, avec une version italienne, et la 
traduction des signes grecs en notation moderne 
exprimée par dos lettres. Meibomius en a donné 
une autre édition dans son recueil des Antïqux 
musicse auctores septem , Amsterdam , Elze- 
vier, 1652, 2 vol. in-4", et y a joint une traduc- 
tion latine et des notes. La version de Meibo- 
mius a été ajoutée au texte dans les œuvres de 
Meursius. Les manuscrits dont Meibomius s'est 
servi dans son édition pour la correction du texte 
sont celui de Scaliger, qui avait servi à Meur- 
sius, deux autres de l'université d'Oxford, pro- 
venant des collections Bodléienne et Barocienne, 
et enfin une copie d'un manuscrit de la biblio- 
thèque Barbérinne qui lui fut envoyée par Léon 
Allacci. Le jésuite Kirclier a aussi publié les si- 
gnes de la notation de la musique grecque donnés 
par Alypius, d'après un manuscrit du collège 
de sou ordre, à Rome ( Musurgia, t. I, p,540); 
mais dans cette partie de son livre comme dans 
presque toutes les antres, il a porté beaucoup 



de désordre. Les signes du genre enharmonique 
ont été supprimés par lui , et les autres four- 
millent d'erreurs et de transpositions. Le P. Mar- 
tini possédait une version latine du traité de 
musique d'Alypius, par Hermann Cruserius : 
elle avait été écrite de la main d'Hercule BoUri- 
gari. L'auteur de ce dictionnaire a fait une tra» 
duction française du même ouvrage, et l'a ac- 
compagnée de dissertations et de nombreuses 
notes. Cette traduction, accompagnée de la tra- 
duction des signes en notation moderne, fait 
partie d'un travail étendu qui n'a point encore 
vu le jour. 

Nous n'avons pas le livre d'Alypius complet. 
Cet auteur a intitulé son ouvrage Introduction 
à la musique , et a divisé les parties de cet art 
en sept, qu'il énumère ainsi: l° les sons; 2° 
les intervalles; 3° les systèmes; 4° les genres; 
5" les tons; 0° les mutations; 7" la composition 
du chant. Or, pour que le titre répondît à l'ouvrage, 
il faudrait que celui-ci contînt une exposition de 
toutes ces parties; mais il ne nous reste que la 
cinquième, c'est-à-dire , le traité des tons. Bien 
que nous ayons à regretter les autres, celle-ci 
n'en est pas moirts précieuse pour nous; car elle 
nous fait connaître le système complet des signes 
de la musique grecque dans tous les tons et dans 
les trois genres de cette musique, à savoir, le 
genre diatonique, le chromatique et l'enharmo- 
nique, lesquels étaient en usage à l'époque où 
Alypius écrivait. Ces signes sont différents de ceux 
qui nous ont été conservés par Aristide Quintillien 
(Voy. ce nom), parce que ceux-ci, comme l'a tort 
bien remarqué Perne (Voy. Revue musicale, t. III) 
apparliennentàuneépoqueantérieureàPylbagore. 
Meibomius qui n'a point fait cette distinction et 
qui a essayé de corriger ces deux auteurs l'un 
par l'autre , a tout brouillé et a porté beaucoup 
de désordre dans cette partie de l'histoire de la 
musique ancienne. Le système de signes exposé 
par Alypius est celui de la tonalité de la mu- 
sique grecque où les différences d'espèce d'oc- 
taves sont effacées , et dans lequel les modes 
divers ne sont qu'une transposition ascendante, 
et dans l'ordre chromatique, d'une seule forme 
des trois genres , et dans la plus grande exten- 
sion vers l'aigu. 

Burette, qui avait eu la patience de compter 
les signes de la notation de la musique grecque 
indiqués par Alypius, en faisait monter le nombre 
à seize cent vingt , et depuis lors il était à peu 
près convenu qu'il fallait apprendre la significa- 
tion de cette immense quantité de signes pour 
déchiffrer les intonations de cette musique; mais 
Perne, dans un savant mt'moire lu, en 1815, à la 
classe des beaux -arts de l'Institut, a démontré 



ALYPIUS — A!\ÎADORI 



81 



qu'on élait dans l'erreur à ce sujet, et a réduit 
il un nombre heaucoiip moins considérable les 
noies qu'un clianteur, un joueur de cilbare ou 
de flùle élail tenu d'apprendre. ( l'oy. l'article 
Penie et la Itevue musicale, t. 3, 4, 5, et sui- 
vants. ) 

A l'égard de la valeur des sijjnes d'Alypius 
exprimée dans la notation de la musique mo- 
derne, Galilée est le premier auteur qui en a 
donné la traduction ( Dialogo délia Musicn 
antica e moderna, p. 95), d'après la synonymie 
établie par Boéce. (Foj/.cenom.) Le même auteur 
ayant publié {loc. cit., p. 97) quatre morceaux 
de poésie grecque accompagnés dénotes du mode 
lydien telles qu'elles sont indiquées par Alypius ', 
Hercule Bottrigari , qui a écrit un commentaire 
de tout l'ouvrage de Galilée sur un exemplaire 
de ce livre qui a passé depuis en la possession 
du P. Martini , et qui est aujourd'hui dans la bi- 
bliothèque du L)cée musical, à Bologne, tra- 
duisit un de ces morceaux , qui est un hymne à 
INémésis, en notation moderne d'après la syno- 
nymie de Boëce. Celle traduction a été publiée 
par le P. Martini : Storin délia 3lHsica , t. 3, 
p. 362 ). C'est d'après les mêmes principes qul'^d- 
mond Chilmead ( loy. ce nom) a donné une tra- 
«luction de trois de ces morceaux en notation de la 
musique moderne, d'après un manuscrit d'Oxford, 
à la suite de l'édition grecque des Phénomènes 
d'Aratus ( Oxonii e theatro Scheldoniano, 1672, 
in-8°). Enfin Burette ( voy. ce nom) en a.publié 

f Ces morceaux sont attribués par Fabricius ( Bibl. arœc., 
t. Il, p. 281), et par quelques autres écrivains à Deiiys 
d'Halicarnassc, musicien et poëte {l'oy. ce nom); mais 
Burette , d'après l'autorité de Jean de l'iiiladelplie ( écri- 
vain grec qui vécut sous le régne des empereurs Anastase, 
Justin et Justinien ) croit qu'ils appartiennent à un poëte 
lyrique originaire de Crète, nommé Mesomèdes. (roij. ce 
nom). Quoi qu'il en soit, après Galilée, François Pa- 
tricio publia les mêmes morceaux dans sa Poetica deçà 
Utoriale ( lib. e,, Del cantar l'anticlie poésie, p. ïSs) , et 
Us reparurent successivement dans TEncyclopedie de 
toutes les sciences (Encyclop. Scient, omnium, t. Il, lib. 
ao, c. 10, p. 629 ) d'Alstedius, dans le livre de Bottrigari , 
intitulé II Melone, discorso armonico (p. lo), dans 
la Musatcna de Henri Van de Putte ou de Pute i prenwére 
édition, Hanovre Iboj, in-s» c. 8; ils ne se trouvent pas 
ilans la deuxième édition , Louvain luis). et dans beau- 
coup d'autres livres plus modernes. { Voy. les articles 
Driebcrg , Hellermann el Fortlage.) 

Il est bon de faire remarquer ici que Kircher a publié 
un autre monument de la poésie grecque notée, qui con- 
siste en un (ragmcnl de la première ode pythique de 
Pindare. (Voy. Musurgia, t. I, p. 541.) Ce jésuite assure 
(|u'il a découvert ce morceau dans un manuscrit de la 
bibliothèque de S. Salvatore, près du port de Messine. 
Peu confiant dans l'exactitude de ce polygraplie, Burette 
a fait de longues recherches pour découvrir ce manus- 
crit, mais inutilement, ce qui a fait croire qu'il pourrait 
bien y avoir quelque supercherie littéraire dans cette 
publication; cependant il va des motifs sérieux pour 
croire à la bonne fol de Kirclier. 

EIOGH. VMV. D[:s MLSICirNS. — T. l. 



aussi une traduction dans la même noialion, d a- 
près le manuscrit grec de la BihIiolhè(iue impé- 
riale de Paris, co!é 3221. ( Voy. la dissertation de 
Burelte.s«r/a Mélopée de l'ancienne musique, 
dans les mémoires de l'Académie des inscriptions 
et belles-lettres, t. .i.) Quelques différences exis- 
tent entre ces diveises traductions des mêmes 
morceaux ; mais elles ne résultent que de la dit- 
fércnce des signes de la musique grecijue des 
diver.s manuscrits. Ainsi que je viens de le dire, 
tous les morceaux dont il s'agit ne présentent 
que la traduction de la notation du mode lydien; 
mais Perne, s'appuyant aussi sur l'autorité de 
Boèce, a donné la valeur des signes de tous les 
modes dans les trois genres. ( Voy. la Revue mu- 
sicale , t. 4, 5, 6 et suivants.) F. de Drieberg , 
d'après d'autres principes, a présenté dans son 
traité de la musique pratique des Grecs (Die 
praklische Musikder Griechen, Berlin, 1821, 
p. 76 et suiv. ), un système de traduction des 
signes d'Alypius absolument différent de celui 
des au leurs cités précédemment. Posléi ieurement, 
MM. Bellermann et Foitlage leur ont donné des 
significations qui sont en désaccord complet avec 
les systèmes de leurs prédécesseurs. Ces systèmes 
présentent une question fort délicate, qui ne peut 
être examinée ici. 

AMADEI (Philippe), compositeur drama- 
tique, né à Reggio, en 1CS3, a donné à Rome, 
en 1711, Teodosio il giovane. On n'a pas d'autre 
renseignement sur cet artiste; cependant il est 
vraisemblable qu'il y a identité de ce composi- 
teur avec Amadei qui écrivit en société avec Or- 
landini l'opéra tïArsace , repiésentéà Hambourg 
en 1722. Mattlieson , qui avait vu la partition 
de cet ouvrage, et qui n'était pas indulgent, 
déclare que les auteurs étaient d'habiles compo- 
siteurs. 

AMADEI (Amadeo), docteur es sciences et 
astronome, né à Bologne, vers 1810, a en la 
fantaisie d'écrire sur la musique, qu'il ne con- 
naissait pas, et a fait imprimer un opuscule rempli 
de futilités , sous ce litre : Intorno allô stile 
délia moderna Musica di chiesa. Lettera del 
dottor, etc.; Bologne, ti|)ographie délia Volpe, 
1841, in- 12 de 20 pages. La musique d'église par 
excellence, pour M. Amadei, est celle de Boni- 
face Asioli ! 

AMADINO (Richard), éditeur et impri- 
meur de musique à Venise, dans les vingt-cinq 
dernières années du seizième siècle, a publié 
une grande quantité d'oeuvres des maîtres de ce 
temps, en société avec Jacques Vincenti, depuis 
1583 jusqu'en 1586; puis les deux a.ssociés .se 
sont séparés et ont formé des maisons distinctes. 

Aill ADORl (.lo.^Ki'u), l'iève de Bernacciii, 

G 



82 



AMADORI — AMATI 



n donné à Rome, en 1702, Il Martirio di San 
Adriano, oratorio. Il vivait encore en 1730, car 
une messe i quatre voix avec instruments, de 
sa composition, laquelle est dans la collection 
de l'abbé Santini, à Rome, porte cette date. On 
trouve aussi dans la même collection les ouvrages 
suivants de ce maître : 1" Le motet Ecce nunc bé- 
nédicité, à six voix, deux violons, viole et orgue. — 
2" LauJale pueri à huit voix. — 3" Lxiatus suni, 
à huit. — 4° Laudate Dominum, à huit. Arteaga 
compte Amadori parmi les meilleurs maîtres de 
cliant de son temps ( Le Hivoluzioni del Teatro 
musicale italiano, t. II. p. 36); ce qui ne doit 
point (étonner chez un t^lève de Bernacchi. D'ail- 
leurs tous les compositeurs de l'ancienne école 
romaine ont eu les traditions du bel art du chant. 

AMADORI (Jean). Votj. TEDliSCHî. 

AMALAIRË, surnommé Symp/iosiiis , à 
cause de son goiit pour la musique, né à Metz 
vers la (in du huitième siècle, l'ut d'abord diacre 
et prélre de l'église de cette ville, ensuite di- 
recteur de l'école du palais sous Louis le Débon- 
naire, abbé d'HornbacIi , chorévêque du diocèse 
de Lyon, puis de celui de Trêves, où il mourut 
en 8.37. il est auteur d'un ouvrage intitulé : De 
Ordiïie Antiphonarii (de l'ordre de l'Anlipho- 
naire), inséré dans la Bibliothèque des Pères, 
t. XIV, p. 980. 11 tâche d'y concilier le rit romain 
avec le rit anglican. Il eut une discussion avec 
Agobard, archevêque de Lyon, qu'il accusa d'a- 
voir innové dans le chant ecclésiastique. Martini, 
Sloria délia Musica , et, d'après lui, Choron 
et Fayolle, ont confondu cet Amalaire avec For- 
tunat Amalaire, qui vivait dans le môme temps, 
et qui fut archevêque de Trêves, après avoir été 
moine du Madeloc. 

AMAIMTOIV (Cl/vude-Nicolas), conseiller 
de préfecture du département de la Côted'Or, 
membre de plusieurs académies, est né à Vil- 
h'rs-les-Pots, près d'Auxonne, le 20 janvier 
I7C0. Au nombre de ses travaux littéraires et 
philologiques se trouve une lettre a M. Chardon 
de la Rochelle, contenant des éclaircissemens 
certains sur le véritable Heu de naissance du 
célèbre organiste L. Marchand , e\c. (Extraits 
du Magasin Encyclopédique, août 1812), Paris, 
Sajon, 1812, in-3°. M. Amanlon a donné aussi 
dans sa jeunesse : Apothéose de Ravieau , 
.scènes lyriques ,musiquede M*** (Deval), Dijon, 
Gausse, 1783, in-8°. 

AMAT (Léopold), compositeur dç roman- 
ces et de chansonnettes qui ont obtenu un succès 
jiopulaire, a été administrateur du théâtre des 
JioitJJes Parisiens pendant les années 1855-1 856, 
puis a obtenu le privilège du théâtre Beaumar- 
thais, à Pari.s. 



AMATI (André), chef de la famille des 
luthiers de ce nom, descendait de l'ancienne et 
noble famille des Amati de Crémone, men- 
tionnée dans les annales de cette ville dès l'an- 
née 1097. On ne sait pas la date de sa nais- 
sance, parce que les registres des églises d^; 
Crémone ne remontent pas jusqu'au commence- 
ment du seizième siècle , époque qui paraît être 
celle de sa naissance; mais, à défaut de l'acte de 
baptême, on a sur cet arliste un renseignemeirt 
positif fourni par un violon à trois conles, ou 
rebec , qui existait dans la précieuse collection 
d'instruments formée par le comte Corio de Sa- 
labue, de Casal-Monlerralo , qui se trouvait à 
Milan ,dans la maison du chevalier Charles Carbi. 
Cet instrument portait le nom d'André Amati et 
la date de 1546. Il existait aussi vers 1789 , chez 
le baron de Oagge une viole moyenne, appelée 
par les Italiens viola bastarda , qui portait son 
nom et la date de 1551. Quelques années a|)rès, 
André s'associa avec son frète , et conunença 
à fabriquer des violons de grand et petit pa- 
tron , qui en peu de temps procurèrent à ces 
artistes une réputation brillante. Leurs basses , 
dont on ne connaît qu'un petit nombre , et qui 
sont en général d'un grand patron, ne méri- 
tent que des éloges pour le beau liui du travail 
et la douceur de leur son. Charles IX , roi de 
France, grand amateur de musique , chaigea les 
frères Amati de la confection des instrumentsdesa 
chambre : il paraît qu'ils furent tous construits 
par André ; ces instruments consistaient en vingt- 
quatre violons, dont douze étaient de grand patron 
et douze plus petits, six violes et huit basses. Car- 
tier (toy. ce nom), qui a vu deux de ces violons, 
affirme que rien ne surpasse la perfection de leur 
travail. Ils étaient revêtus d'un vernis à l'huile 
d'un ton doré, avec des reflets d'un brun rou- 
geàtre. Sur le dos de l'instrument on avait peint 
les armes de France, composées d'un cartel ren- 
fermant trois Heurs de lis sur un champ d'azur, 
entourées ducollierde Saint-Michel et surmontées 
de la couroime royale fleurdelisée et supportées 
par deux anges. Deux colonnes entourées de lien» 
en ruban blanc, avec cette devise : /«s^ice et 
pitié, étaient placées aux deux côtés des armoi- 
ries, et étaient aussi surmontées de couronnes 
royales que portaient des anges ; la tête de ces 
instruments était décorée d'une sorte d'arabes- 
que dorée , d'un goût fort élégant. Cartier et 
ISI. de Boisgelou conjecturent que les violons de 
grand patron étaient destinés à la musique de la 
chambre, et que les autres servaient pour les 
bals des petits appartements de la cour. Au reste, 
il est bon de remarquer que les violons n'ont ja- 
mais servi dans la chapelle de Charles IX, car 



AMATI 



83 



ce n'est que sons le règne de Louis XIV que 
les instruments, particulièrement les violons, 
ont été iTitroduits dans la musique de la clia- 
peile des rois de France. L'époque de la mort 
d'André Amali n'est pas connue ; mais elle doit 
se rapporter vraisemblablement à l'année 1577 ; 
car, après cette date, on ne trouve plus d'ins- 
truments sortis de ses mains, et tous les violons , 
violes et basses signés du nom <\''Aviri(i sont de 
ses deux fils , Jérôme et Antoine. Les violons 
d'André Amali se trouvent rarement aujour- 
d'hui ; ceux qu'on connaît ont beaucoup . souf- 
fert et ont été mal restaurés. 

AMATI (Nicolas), frère puîné du précé- 
dent, est particulièrement connu par ses excel- 
lentes basses de viole. Toutes portent son nom , 
et les dates où elles ont été faites s'étendent de- 
puis 15G8 jusqu'en 1586. J'en ai vu deux, dont 
l'une était de cette première année , et l'autre 
de la seconde. Les tables étaient fort peu 
bombées ; elles étaient vernies à l'huile. On croit 
que Nicolas Amati survécut à son frère André. 
11 ne faut pas confondre ce luthier avec un autre 
Nicolas, l'un de ses petits-neveux. 

AMATI ( Antoine ) , fils d'André , né à Cré- 
mone vers 1550, succéda à son père, et fut 
<iuelque temps associé de son frère Jérôme, 
dont il se sépara ensuite. Antoine avait adopté 
les patrons d'André ; mais il fabriqua un 
nombre plus considérable de petits violons que 
de grands. Cartier possédait un de ceux-ci qui a 
appartenu à Henri IV, roi de France, et qui por- 
tait les noms réunis d'Antoine et de Jérôme : 
cet instrument est une rareté historique du plus 
grand prix. Son patron est de la plus grande di- 
mension : le filet qui l'enloure est eu écaille. Son 
vernis , à l'huile , est brillant comme l'or. La 
table inférieure est décorée des armoiries de 
France et de Navarre , entourées des ordres de 
Saint-Michel et du Saint-Esprit que surmonte 
la couronne de France. De chaque côté des ar- 
moiries se trouve la lettre II émaillée d'outremer, 
et parsemée dans ses jambages de fleurs de lis 
eu or. Cet H est traversé par la main de justice 
et le .sceptre , et une couronne, soutenue par une 
épée, semble se poser dessus. Aux coins de la 
table d'harmonie .sont aussi des Heurs de lis en 
or, et sur les éclisses se trouve la légende 
Henri IV, par la grâce de Dieu, roi de 
Pi-ance et de Navarre. Cet instrument porte la 
date de 1595. 

Les petits violons d'Antoine Amati, d'une 
qualité (le son douce et moelleuse, n'ont pu être 
surpassés sous ce rapport. Malheureusement ce 
son si pur et si doux a peu d'intensité. Antoine 
chercha à balancer l'exiguïté du patron et le peu 



• d'élévalion des éclisses par la hauteur et l'élen- 
, due dfs voûtes. Les épaisseurs de la table sont 
! considérables au centre, et vont en diminuant 
' progressivement jusqu'aux extrémités dans toute 
l'étendue de la circonférence. La chanterelle 
et la seconde des instruments de cet artiste 
rendent un son brillant et argentin ; la troi- 
sième est moelleuse et veloutée, mais la qua- 
trième est faible. On attribue généralement ce 
défaut à l'absence de proportions entre les épais- 
seurs et la capacité. Pour y porter remède, au- 
tant qu'd esir en leur pouvoir, les luthiers de 
nos jours, à qui l'on confie ces instruments pour 
les mcMiter, élèvent souvent un peu plus le 
chevalet vers la quatrième (lu'ils ne le fout aux 
violons de Stradivari et de Guarneri. ( Voy. 
ces noms.) 

On connaît des instruments qui portent le nom 
d'Antoine Amati, depuis 1589 jusqu'en 1627> 
Dans le catalogue des instruments d'Albinoni , 
de Milan, publié en 179t,il se trouvait plusieurs 
violons datés de 1591 à 1619. Cartier a vu une 
basse qu'il croit être de l'un de ces artistes, sans 
pouvoir indiquer précisément lequel , qui avait 
appartenu à Louis XÏIL Elle était du plus grand 
patron , entièrement parsemée de fleurs de lis 
en or, avec des armoiries , le signe de la balance, 
deux LL mises dos à dos, et le chiffre XIII cou- 
ronné. Après 1638 on ne trouve plus d'instruments 
avec le nom d'Antoine. Il devait être âgé alors 
de plus de quatre-vingts ans , ou avait cessé de 
vivre. 

AMATI (Jérôme), frère puîné d'Antoine, 
commença d'abord à travailler avec celui-ci, et 
s'en sépara après s'être marié. Comme lui, il était 
élève de son père. Il ne s'en tint pas toujours, 
comme son frère, à la reproduction des modèles 
tiacés par le vieil Amati; car on connaît de lui 
deux patrons dont l'un est plus grand que ceux 
d'André et d'Antoine. La plu paît des violons 
Amati de grand patron sont de Ji'rôme, à l'ex- 
ception de quelques instruments construits par 
Nicolas son fils. Jérôme a quelquefois approché 
de son frère |H)ur le fini des instruments qu'il a 
fabriqués seul; mais en somme il lui était in- 
férieur. La séparation d'Antoine et de Jérôme 
lut postérieure à l'année 1624, car j'ai vu dans 
la collection de M. T. Forster, amateur anglais, 
\n\ bel instrument de ces artistes, où se trouvait 
l'inscription suivante : Antonius et Hieronymus 
Amati Cremonœ Andraœ fil. A. 1624. Il paraît 
que Jérôme cessa de vivre ou du moins de tra- 
vailler vers 1638. 

AMATI (Nicolas), fils de Jérôme, le plus 
célèbre des artistes de ce nom, naquit le .^t sep- 
tembre 159G , et mourut le 12 août 1684, à l'iga 

a. 



84 



AMATI 



AMBROGETTI 



Je quatre-vingt-linit ans, suivant les registres 
(le la calliédrale de Crémone. Un violon sorti de 
ses mains, et qui portait la date de 1668, se 
trouvait à Milan dans la collection du comte 
Corio de Salabue. Par la perfection de ses dé- 
tails, le moelleux et la pureté de ses sons, cet ins- 
trument était considéré comme le chef-d'œuvre 
de Nicolas Amati. Il changea peu de chose aux 
formes <t aux proportions adoptées dans sa 
famille; les éclisses de ses violons sont seulement 
plus élevées. Les troisième et quatrième cordes 
sont excellentes dans ses violons de grand patron, 
la chanterelle sonne bien , mais la seconde est 
souvent nasale, principalement au si et kV7it. 
On croit que l'abaissement précipité de l'épais- 
seur de la table vers les flancs est la cause de ce 
défaut. Quoi qu'il en soit , ces instruments sont 
fort recherchés et ne sont pas communs. En 
Angleterre, les violons de cet artiste ont un prix 
très-élevé quand ils sont bien conservés. En 
France, ils sont moins recherchés, parce que 
leur sonorité est trop faible pour la musique de 
l'époque actuelle. Cependant il existe quelques 
instruments d'une perfection exceptionnelle con- 
struits par cet artiste; tel est le violon de Nicolas 
Amati possédé par M. Alard. Leur qualité est 
le moelleux et le velouté. Dans un quintette de 
Boccherini , un bon Nicolas Amati à beaucoup 
de charme. 

Nicolas eut de sa femme Lucrèce Pagliari 
deux fils, dont l'aîné, Jérôme, naquit le 26 fé- 
vrier 1649, et l'autre, Jean-Baptiste, né le 13 
août 1667, fut prêtre, et mourut vers 1706. Jé- 
rôme travailla dans l'atelier de son père et lui 
Fuccéda. Il élargit le patron des violons, et chan- 
gea les proportions en usage dans sa famille. 
On connaît de lui plusieurs instruments qui 
porient la date de 1729. Jérôme fut le dernier 
artiste de sa famille. Les meilleurs élèves de 
Nicolas Amati ont été André Guarneri et sur- 
tout Antoine Stradivari. ( Voy. ces noms.) 

AMATI (Joseph) paraît avoir été de la 
même famille que ceux dont il vient d'être parlé. 
Il vécut à Bologne au commencement du dix- 
septième siècle, et fabriqua des violons et des 
basses, qu'on trouve en petit nombre dans les 
cabinets des curieux. Ses instruments sont 
vernis à l'huile, comme tous ceux des Amati , et 
leur qualité de son est argentine. 

AMATI (Antoine et Angelo), frères, fac- 
teurs d'orgues à Pavie, vers 1830, ont construit 
plusieurs instruments pour les églises de laLom- 
bardie. 

AMATUS (Vincent), ou plutôt AMATI, 
docteur en théologie, et maître de chapelle à 
Païenne, naquit à Cimniina en Sicile, le 6 jan- 



vier 1 629. Après avoir fait f es études au sénii- 
naire de Palerme, il devint maître de chapelio 
de la cathédrale de cette ville, en 1665. On con- 
naît de lui les compositions dont les titres sui- 
vent : 1° Sacri concerti a due , tre , quattro e 
cinque voci, con una messa a tre e quattro, 
lib. 1 , op. 1"; Palerme, 1656, in 4. — 1° Messa e 
salmi di vespro e compléta a quattro e cinque 
voci, lib. 1, op T; ibid., 1656, in-4°.— 3° L7- 
saura, opéra; Aquila , 1664. Amatus est mort à 
Palerme, le 29 juillet 1670. 

AMlîIELA (Michel), prôtreséculier, né dans 
l'Aragon, vers 1665, (it ses études musicales 
dans un monastère de celte province, et remplit 
d'abord les fonctions de maître de chapelle dans 
quelc^ues églises de second ordre. Le7 mai 1700 il 
reçut sa nomination de maître de chapelle de la 
cathédrale Notre-Dame c/eZ PiZar, à Saragosse. Il 
occupa cette position jusqu'en 1707. On ignore 
les motifs qui la lui tirent quitter, et l'on manque 
de renseignements concernant sa vie et ses tra- 
vaux depuis cette époque jusqu'à sa nomination 
de maître de chapelle de l'église prirnatiale de 
Tolède, qui eut lieu le 22 mars 1710. H en 
remplit les fonctions jusqu'au 23 mars 1733, 
date de sa mort. Il écrivit un grand nombre 
d'oeuvres de musique religieuse qui lui ont as- 
suré une brillante réputation , et qu'on trouve 
à Tolède , ainsi que dans la plupart des cathé- 
drales delaCastille, particulièrement à Oviédo, 
où l'on en conserve une grande collection. 

AMBLEVILLE (Charles d' ), jésuite de 
la maison professe de Clermont , à Paris, floris- 
sait dans la première moitié du dix-septième 
siècle. 11 a écrit pour l'église : 1° Octonarium 
sacrum, seu canticum Beatx Virginis per di- 
versos ecclestœ tonos decantatum; Paris, Bal- 
lard, 1634 — 20. Harmonia sacra, seu vesperx 
in dies tum dominicos, tumfestos totius anni, 
una cummissa ac lifaniis Bealx Virginis scx 
vocibus, Paris, Ballard, 1836, in-4<i. Outre les 
pièces mentionnées dans le titre de ce dernier 
ouvrage, on y trouve aussi plusieurs hymnes, 
les quatre antiennes de la Vierge et un Domine 
salvum/ac regem. 

AMBROGETTI (Joseph), excellent ftasso 
cantante, brilla sur les théâtres depuis 1807 jus- 
qu'en 1815. Au mois d'octobre de cette année il 
arriva à Paris, et y débuta par le rôle de Bon 
Juan, dans l'opéra de Mozart. La ci'-lèbre Sess-i 
chanta le rôle de Donna Anna, et Crivelli celui 
A'Ottavio. Dans le cours de l'année 1810, 
M""" Catalani ayant obtenu l'entreprise du Théâ- 
tre-Italien , Ambrogetti n'accepta pas l'engage- 
ment qui lui fut offert, et passa en Angleterre, 
où il fut attaché au Théâtre du Roi pendant plu- 



AMBROGETTI — AMBROISE 



85 



sieurs années. Le bruit s'est répandu vers 1830 
que ce cliaiiteiir s'était fait moine dans un cloî- 
tre de trappistes en France ; mais, en 1 838, il était 
en Irlande, et depuis lors on n'a plus eu de ren- 
seisnement sur sa personne. 

AMBROGIO (Thésée), clianoine régulier 
de Saint-Jean de Latran , et l'un des plus célè- 
bres orientalistes de l'Italie, était de la famille 
des comtes d'AIbanèse , terre de la Lomelline , 
près de Pavie. Il naquit dans cette ville en 1469. 
A peine âgé de quinze ans, il parlait et écrivait 
avec facilité les langues italienne, latine et grec- 
que. En 1512, il se rendit à Rome, où le cin- 
ijuième concile de Latran avait attiré beaucoup 
de religieux orientaux, Maronites, Éthiopiens et 
Syriens. Il saisit cette occasion pour apprendre 
leurs langues; il en savait dix-liuit, qu'il parlait 
avec autant de facilité que la sienne. Il mourut 
en 1540, dans sa soixante-onzième année. Au 
nombre de ses ouvrages se trouve le suivant : 
Introductio in clinldaicam linguam, syria- 
cam , et decem alias linguas , characterum 
diversorum alphahela circiter quadraglnla, 
et corumdem invicem conformatïo , mystica 
et cabalîstica quam plurima scitu digna , et 
descriptio ac sitnulacnon phagoti Afranil , 
ravie, 1539, in-4''. Il y donne, page 179, la 
figure et la description du basson, ou fagot, dont 
il attribue l'invention à un certain Afranio , 
chanoine de Ferrare, qui était sou oncle ; mais 
cet instrument est plus ancien. Dans l'origine, il 
avait la forme d'un grand hautbois, dont il 
éfaitlabasse, etse jouait avec un conduit ou bocal 
letourné. Un de ces instruments existe encore 
au consulat des villes anséatiques, à Anvers. 

AMBROISE ( Saint ), évêqiie de Milan , na- 
quit en 340. Son père était préfet des Gaules; 
lui-môme gouvernait la Ligurie, quand le peuple 
de Milan, touciié de ses vertus, l'élut d'une voix 
unanime pour remplacer l'évèque Auxence, quoi- 
qu'il fût à peine chrétien. Il ne fut ordonné 
prêtre et sacré évêque que plusieurs jours après 
sa promotion. Ce fut lui qui convertit saint Au- 
gustin à la loi catholique : sa fermeté se signala 
dans le refus qu'il fit d'admettre l'empereur 
Théodose dans l'église, jusqu'à ce qu'il eût fait 
pénitence du massacre de Thessalonique. Il 
mourut en 397, à l'âge de cinquante-sept ans. 

Jusqu'à saint Ambroise, le chant de l'Église 
occidentale n'avait point été réglé d'une manière 
imilorme. Par plusieurs indices qu'il serait trop 
long de détailler ici , il y a lieu de croire que 
dans les Gaules, où les communications avec 
l'Orient étaient moins fréquentes qu'en Italie, 
le caractère du chant et surtout le mole d'exé- 
cution étaient différents des usages de l'Euronc 



méridionale. Le chant populaire exerçait sans 
aucim doute de l'influence sur le chant religieux. 
Or tout démontre, dans l'histoire de la musique 
que le caractère du chant populaire des natlon.s 
placées au nord et au centre de l'Europe était simple 
et syllabique, tandis que le chant était chargé d'or- 
nements et de petits intervalles dans les pays du 
Sud , à savoir, le Portugal, l'Espagne, l'Italie et 
l'empire Grec,dont les communications avec l'Asie 
et l'Afrique étaient incessantes. Saint Ambroise, 
qui fit bâtir l'église de Milan, vers 384, nous 
apprend, dans une lettre à sa sœur ( sainte Mar- 
celine), qu'il régla lui-même la tonalité et le 
mode d'exécution des psaumes , des cantiques et 
des hymnes qu'on y chantait; et saint Augustin 
dit en termes précis que ce fut suivant l'usage 
des Églises d'Orient {Confess., IX, 7 ). Le sys- 
tème tonal adopté par saint Ambroise lut donc 
celui des huit tons du chant de l'Église grecque , 
dont quatre (le dorien, le phrygien, le lydien et 
le mi xolj'dien) étaient authentiques, et quatre 
(l'hypodorien, l'hypophrygien, l'hypolydien et 
l'hypomixolydien) étaient appelés plagaux. La 
plupart des chants de l'Église grecque furent 
aussi introduits dans l'Église de Milan avec leur 
mode d'exécution , c'est-à-dire avec leurs orne- 
ments, qui entraînaient avec eux l'emploi des 
petits intervalles (secundum morem orienta- 
lium part mm, dit saint Augustin ). Il y a à cet 
égard un témoignage certain de tradition dans 
un traité de musique attribué à Odon, abbé de 
Cluny, par l'abbé Gerbert, d'après un manuscrit 
de l'abbaye de Saint-Biaise, et à Bernon {voy. 
ces noms ), par un autre manuscrit de Leipsick. 
L'auteur, quel qu'il soit, après avoir dit qu'il y a 
des genres musicaux dont les intervalles ne se 
mesjirent pas sur le monocorde de la même ma- 
nière que ceux du genre diatonique, lequel est 
le plus parfait, le plus naturel, le plus suave, et 
celui qui fut adopté par saint Grégoire, ajoute : 
« Les chants de saint Ambroise, homme très- 
ce versé dans cet art (la musique), ne s'écartent 
« pas de la règle (grégorienne), si ce n'est dans 
« certains passages où la voix devient lascive 
« par des intonations trop délicates, c'est-à-dire 
« parsesintervallestroppetits)(l). «La tradition 
existe encore intacte aujourd'hui, dans le chant 
de l'Église grecque , des ornements en notes ra- 
pides, parmi lesquels se trouve le fréquent usage 
du groupe ( grupeito ) de trois notes formant 
deux intervalles de demi-ton consécutifs. 



(1)... Sancli quoqiie Aiiibrosii,priKieiitiss!ml in hac arte, 
symphonia nequaquam ab hac discordât régula, nisl In 
quibus eain nimium delicatarum vocum pervertit lascivia 
( Cf. Gerberti. Script, ecclesiast. de Musica sac, t. l^ 

273.) 



flO 



AMBROISE 



l'.nfin ce fut aussi à l'église grecque que 
saint Ambroise emprunta les liymnes qui se 
chantaient dans son église. Il les traduisit dans 
la langue latine, et conserva au cliant son carac- 
thère rliytlimiqne ou plutôt inélrique. La tradi- 
tion s'en était perpétuée à Milan jusqu'au onzième 
siècle; <ar Guido d'Arezzo écrit, dans le quin- 
zième chapitre de son Micrologue, que celui qui 
sera curieux d'apprendre les mètres dans les- 
quels on chante les trouvera dans le chant 
ambroisien (i). 

La distinction entre le chant grégorien et l'am- 
broisien consista donc ordinairement, d'une part, 
en ce que celui de saint Ambroise était la tra- 
dition pure du chant de l'Église grecque, avec 
ses ornements et l'usage de certaines suites de 
sons chromatiques, par exemple : 



A 



W ^ ^ 



dans le premier et le second moile, tandis 
que la réforme de saint Grégoire iit dispa- 
raître ces successions de sons étrangères au 
chant diatonique; d'autre i>art, le chant am- 
liroisien était rhythmique , et le grégorien ne 
l'était pas. Mais, par la suite des temps, ces dif- 
férences essentielles ont disparu, et depuis plu- 
sieurs siècles on n'aperçoit plus de distinction 
saisissable entre ces (ormes du chant ecclésias- 
tique. Un prêtre de l'église métropolitaine de 
Milan, nommé Camille Perego , a composé, 
par l'ordre de saint Charles Borromée, un traité 
du chant ambroisien qui a été publié sous ce 
titre : la Regola del canto fermo ambrosiano 
(Milan, 1622, in-4'^); ouvrage pré-cieux, car il 
est le seul qu'on possède sur cette matière. Ce- 
pendant, sauf l'usage des demi-tons indiqué par 
le bémol et le dièze, le fréquent emploi du mou- 
vement descendant de quarte aux tinales, el les 
intonations de la préface, on ne voit pas dans 
cet ouvrage ce qui constituait les différences es- 
sentielles entre les deux chants. Toutes les tra- 
ditions d'exécution du chant primitif de saint 
Ambroise avaient disparu à l'époque où Perego 
écrivit son livre. 

Saint Ambroise est auteur ou traducteur de 
quelques hymne* «pii, suivant plusieurs écrivains, 
sont encore en usa;:e à Milan, dans leurs formes 
primitives. Ces hyuuies sont : 1" jElerne rerum 
Conddor; 1° Deus Creator omnium; 3" Veni 
f.edcmptor o)nn'nun; 40 Spfendor Palernx 
glorix; 5" Consois Patcrni lumïnis ; (i" 

(0... Sicut apiid Anibrosium, si curiosus sis, iiivcnirc 
llcebit 



lux bcata Trinilns. On lui attribue aussi te 
chant célèbre du Te Deum laudamus ; mais on 
n'est pas d'accord sur ce point; car on a donné 
aussi pour auteurs à cet hymne, ou plutôt à ce 
cantique, saint Augustin, saint Abundiu>;, évé- 
que de Como, au cinquième siècle , samt 
Sisebut, moine de la même époque, saint Ni- 
cet , évèque de Trêves , au sixième siècle , et 
enfin saint Hilaire , évêque de Poitiers , un peu 
plus ancien que saint Ambroise. Les divers 
arguments produits à diverses époques en faveur 
de l'im ou de l'autre de ces personnages ont 
été discutés solidement, d'abord par M. l'abbé 
Cousseau (autrefois supérieur du grand sémi- 
naire d'Angoulème, aujourd'hui évèque de cette 
ville) dans les Mémoires de la Sociélédes an- 
tiquaires de VOuest (1837, t. 2, p. 251 et 
suiv. ), et récemment dans le deuxième volume 
du Thcsauriis hymnologicus de M, Hermanu 
Adalbert Daniel (p. 279—299). Le but de ceir 
écrivains diffère en ce que monseigneur Cous- 
seau a pour objet de démontrer que le cantitiue 
est une inspiration de saint Hilaire , tandis rjue 
M. Daniel prouve très-bien que cette opinion 
n'a pas plus de solidité que les autres, et que 
le véritable auteur du Te Deum est inconnu. 
Ussérius lui fournit d'ailleurs, dans sa disserta- 
tion sur les symboles, un hymne grec des ma- 
tines, appartenant aux premiers temps de la 
chrétienté, qui semble être la source du can- 
tique latin. (Voy. Thésaurus hymnol.,L II, 
p. 289.) 

L'opinion qui attribue le Te Deum à saint Am- 
broise se fonde sur le grand nombre de manus- 
crits dans lesquels il a pour titre : Hymnus 
ambrosianus. Dans la supposition où il serait 
réellement l'auteur de cette inspiration poétique 
el religieuse, on ne pourrait lui en attribuer le 
chant, puisque celui-ci est tiré en grande partie 
de la psalmodie. En effet , l'intonation est celle 
des psaumes du quatrième ton , avec une va- 
riante dans la terminaison Te Dominum confi- 
temur. Depuis Te xternum Patrem jusques et 
unicum F*/iw»i, tout léchant est dans la neuuw 
des psaumes du troisième ton, avec quelques 
variantes dans la médiation. A partir de Sanctum 
quoque ParacletumSpiritum, la terminaison 
»'sl celle des psaumes du quatrième ton jusqu'à 
la finale qaos prctioso sanguine redemisti. 
Mais le caractère psalmodique disparaît depuis 
ALtcrnaJac cum sancfis luis, et la tonalité 
change jusques et y compris les mots usque in 
œternum. J'ai cherché longtemps quelle était 
l'origine de ce chant si beau, si solennel, et je 
l'ai trouvé enfin dans Vintroil de la messe 
grecque de saint Denys l'Aréopagite, dont la 



AMBROISE — AMBROS 



87. 



date remonte au deuxième siècle, suivant les 
Liturgies ou messes des Saints Pères (1), et 
qui était cliantée longtemps après à rai)baje de 



saint-Denis , près de Paris, pendant Toclave de 
la fête de ce saint martyr. Voici ce chant dans 
sa forme primitive (2) : 



Ku-pi- £ Oi- o;, pa-ffi-Xsu oiipa- vi - e, ôî- ôç Tuà - - xza 



lPE2!^E5iEi 



TravTO- -xpdc-Top (3). 



Après usque in xternum, le Te Deum rentre 
dans le neume psalmodique du quatrième ton ; 
et, enfin, le dernier verset In te Domine spe- 
ravi se dit sur la formule du chant grec qu'on 

vient de voir. 

Si saint Ambroise, comme il parait à peu 
près certain, n'est pas l'auteur du cantique imité 
de riiymne grec dont il vient d'être parlé, il est 
au moins hors de doute que ce chant célèbre est 
antérieur au cinquième siècle; car il est déjà cité 
dans le onzième chapitre de la règle de Saint- 
Benoît , oii il est dit : Post quartum Responso- 
riiim incrpit Abbas Te Deum laudamos, etc. 

AMBROS ( Auguste-Guillaume ), composi- 
teur amateur, est né le 17 novembre 181 G, à Mauth, 
en Bohême, à quelques lieues de I^rague. Dès les 
premières années de son enfance, ses heureuses 
dispositions pour la musique se firent remar- 
quer; mais ses parents, le destinant à la ma- 
gistrature, ne voulurent pas céder à la voca- 
tion qu'il paraissait avoir reçue de la nature, et 
lui firent (aire des études littéraires et scientifi- 
ques qu'ils jugèrent nécessaire pour l'état qu'il 
devait embrasser. Pendant qu'il fréquentait le 
gymnase de Prague , il ne reçut aucune leçon 
de musique; mais il lui fut permis de suivre les 
cours de l'Académie de dessin. Une représenta- 
tion de Don Jvan à laquelle il fut conduit lui 
révéla tout à coup sa destination artistique. De 
retour chez lui, il éprouva une agitation extraor- 
dinaire, et ne put prendre aucun repos pendant 
la nuit. Il ne connaissait pas une note de. la 
musique écrite ; mais en peu de temps les le- 
çons de ses condisciples l'introduisirent dans le 

(I) AEITOrPriAI TQN AHÛN nATEPQN. 

l'arisiis, iKfio, apud Guil. Morelium, in-fol,, f. 111. 

(ï) Missa in octava S. Diouysii Areopagitce et sociorum 
martyrum. Parisiis, ex officina Roberti Ballard, les-i, 
in -4". 

(3) Cette mûme formule de chant se trouve on/.c fois dans 
rOctoechos, ou livre de cantiques de l'iigllse grecque 
dans les huit tons, suivant la vériflcalion récente que j'en 
ai faite. 



solfège et préparèrent son éducation de pia- 
niste, qu'il acheva sous la direction d'un maître 
attaché au Conservatoire de Prague. La lecture 
des œuvres théoriques de Tiirk et de Reicha 
l'introduisit aussi dans l'art de la composition. 
Ayantobtenu, au mois de novembre 1839, legrade 
de docteur en droit à l'université de celte ville, 
il entra dans l'administration impériale des fi- 
nances; mais ses fonctions lui laissèrent assez 
de temps pour s'occuper de son art favori. 
Les conseils de Weit, de Pietscli, et de M. Kittl, 
aujourd'hui directeur du Conservatoire de Pra- 
gue, perfectionnèrent par degrés son éducation 
musicale. Vers 1843, il entra dans l'association 
des amis de Robert Schumann, pour la rédac- 
tion d'articles de critique dans la nouvelle 
Gazette musicale de Leipsick. Quelques-tms de 
ces articles, dirigés contre Dionis Weher et l'or- 
ganisation du Conservatoire de Prague étaient 
signés du pseudonyme de Flamin. On remar- 
quait dans son style une imitation de celui de 
Jean-Paul; mais il y manquait l'originalité des 
idées. 

Ambros n'avait publié que des productions 
légères en musique, lorsqu'on 1847 il fit exécu- 
ter dans un concert une ouverture à grand or- 
chestre sur le sujet de la légende de Geneviève, 
comtesse palatine, à l'imitation du style de i\len- 
delssohn. Cet ouvrage eut du succès, et fut répète 
dans le concert suivant. Bientôt après il écrivit 
une autre ouverture pour la tragédie iVOtello, de 
Sliakspeare, qui fut jouée, sous la direction de 
l'auteur, dans le concert de la Société de Sainte- 
Cécile, à Prague , et Ambros y ajouta , peu de 
temps après , d'autres morceaux et des scènes 
de mélodrame, pour la même tragédie. Les agi- 
tations et les malheurs de 1848 interrompirent 
ses travaux, parce que le jury pour les délits de 
la presse fut institué en Bohême , et qu'Ambros 
fut nommé procureur impérial , avec mission de 
poursuivre ces délits. En l'état d'exaltation où 
étaient les esprits, cette position lui fit, des en- 



.S8 



AMBROS — AMi:DÉE 



iii'inis , el mit nifme son existence en danger. 
tnfin les événements politiques devinrent plus 
favorables vers le milieu de 1849, et Ambres 
put se réfugier à Vienne, où il retrouva la sanlé 
et le «aliiifi de l'esprit. Dans Tannée suivante, 
une nouvelle organisation de la justice ayant été 
fuite dans tous les États de l'empire d'Autriche, 
il fut nommé avocat général près du tribunal 
supérieur de Prague ; poste qu'il occupe au mo- 
ment où cette notice est écrite ( 1S58). Il est 
aussi membre de la direction du Conservatoire 
de cette ville. Les œuvres ,de ce compositeur, 
de même que celles de plusieurs élèves de Men- 
(lelssolui, sont un reflet de la manière de ce maî- 
tre. Il a publié les ouvrages suivants : lo Sonale 
po:ir piano (en mi), op. 5 ; Vienne, Witzendorf. — 
2° Trio pour piano, violon et violoncelle ; l^rague, 
Berra. — 3° Ou vei tuie du concert sur la légende de 
Geneviève, à grand oicbestre. — 4" Idem de Ca- 
therine de Heilbronn, pour le drame de Kleist. 
— 50 Six pièces lyriques pour le piano, Vienne 
Gloeggl. — 6° Plusieurs recueils de chants avec 
piano; à Vienne, chez Wilzendorf. Ambros a en 
manuscrit : 7° Ouverture , entr'actes et chants 
pour VOtelto de Sliakspeare. — 8° Stabat Mater, 
pour voix seule, chœur et orchestre. — 9o LaFon- 
dationde Prague, monodrame pour voix seule, 
chœur et orchestre. — 10» Symphonie à grand or- 
cheslre, en mi bémol. — 11° Deux grands trios 
pour piano, violon et violoncelle, le premier en mi 
majeur, et l'autre en ré majeur. — 12° Paysages : 
pièces caractéristiques pour le piano. A l'occa- 
sion de la fêle qui eut lieu à Prague pour le 
cinquantième anniversaire de la fondation du 
conserva'toire de cette ville, Ambros a publié 
un écrit qui a pour titre : Das Conservaloriiim 
in Prag. Eine Dcnlischrift bei Gelegenheit 
der fûnfzigjxlirigen Jubelfeier der Grûndung 
(Le Conservatoire de Prague, Mémoire à l'oc- 
casion de la fête jubilaire de la cinquantième 
année de son établissement); Prague, Gottl. 
Haase, 1858, in-8», de 153 pages. On y trouve 
des renseignements historiques et statistiques sur 
cette institution, qui ne manquent pas d'intérêt, 
AMBROSCIl (Joseph-Charles) , premier 
ténor au théâtre national de lîerlin, naquit en 
1759, à Crumau , en Bohême. 11 fit ses études 
musicales à Prague, sous la direction de Kozeluch 
l'aîné, et débuta au théâtre de Bayreuth en 17S4. 
n se fit entendre sur les théâtres de Hambourg, 
d'Hanovre et de Vienne jusqu'en 1791 , où il se 
rendit à Berlin. Il y obtint de grands succès, tant 
à cause de la beauté de sa voix que par sa voca- 
lisation pure et l'expression de son chant. Outre 
son talent comme chanteur, Ambrosch possédait 
aussi celui de la composition; on connaît de lui 



diverses productions dont vo'd les litres : {"Am- 
brosch tind Bahe'im friiinaiirer-Ueder mit 
Melodien, 2 th. (Chants maçoniques avec mé- 
lodies, par Ambrosch et Bœheim); Berlin, 1793. 

— 7° Freundchaftlicltes TrinkUed: Vnbesorgt 
Volledler Freude (Chanson de table, etc.) ; Ber- 
lin, 1796.— 3°Zit'e;/ Lieder : Als icliaufmeiner 
IJleiche , und Ich Klage hier, etc. ( Deux chan- 
sons (le table, etc.); Hambourg, 1796. — 4» Sechs 
Lieder mit Verœnderungenfur dieSingstimme 
(Six Chansons avec variations pour la voix), 
Zerbst, 1797, 26 pag. in-folio. — hoRomanzedes 
Pagen ausFigaros Hochzeit (Romance du page 
des noces de Figaro, pour la guitare); 1800. — 6» 
Chansons allcmandeset italiennes avec des varia- 
lions pour la voix, 2 suites; Berlin, Schlesinger. 

— 7" Chant d'un Prussien sur la bataille de 
Leipsick, avec piano; Berlin, Paez. Ambrosch est 
mort à Berlin, le 8 septembre 1822. 

AMBROSE ( John ) , musicien anglais qui 
vécut au commencement du seizième siècle , n'est 
connu que par un canon à plusieurs parties, 
sans paroles, qui se trouve dans un volume ma- 
nuscrit de pièces de différents genres, lequel est 
au Muséum britannique, sous le n" 56 de V Ap- 
pendice. Ce morceau est intéressant par sa forme 
ingénieuse. 

AMBROSÏO (....), maître de cbapellede 
l'église d'Ortona, petite ville de l'Abruzze, na- 
quit à Crémone, dans les dernières années du 
seizième siècle. Il a fait imprimer des madri- 
gaux à quatre voix , en 1636. 

AME (Léonard) , ancien élève du conserva- 
toire de Paris, fut attaché comme flûtiste au 
Théâtre de la Gaieté, depuis 1814 jusqu'en 
1823. On a de lui une Méthode de flûte. Paris , 
Frère , sans date. 

AMÉDÉE (François), fils naturel d'Audi- 
not, ancien acteur de la Comédie italienne , et 
fondateur du théâtre qui a porté son nom , est né 
à Paris, le2 octobre 1784. Le 13 pluviôse an VII, 
il entra au Conservatoire de musique. Élève de 
Catel pour l'harmonie et de Baillot pour le vio- 
lon, il fut longtemps répétiteur de ces deux 
maîtres, et fut nommé professeur de solfège dans 
cette école en 1816. Sous le nom û'' Adrien, 
Amédée a composé et arrangé la musique d'un 
très-grand nombre de mélodrames pour le théâ- 
tre de V Ambigu-Comique. Une absence à peu 
près totale d'imagination se fait apercevoir dans 
toutes ces productions ; mais l'auteur avait le 
bon esprit de se servir aussi souvent qu'il l(i 
pouvait de fragments des œuvres de Haydn , 
de Mozart et de Beethoven, pour suppléer au 
génie qui lui manquait. Pendant longtemps 
Aincdée a joué l'alto a l'orchestre de l'Opéra et 



AMÉDÉE — AMIOl 



89 



aux concerts du Conservatoii'e. 11 est mort à 
Paris au commencement de 1833. 

AMEiXDOLA (Joseph), né à Palerme, 
compositeur dramatique qui a joui de quelque 
réputation vers 1780 , a fait représenter dans le 
cours de cette année, à Dresde , un opéra bouffe 
intitulé : Il Begliarbei di Caramania. 11 pa- 
raît que cet ouvrage avait été déjà représenté en 
Espagne , en 1776. 

AMERBACH (Élie-Nigolas), savant con- 
trapuntiste allemand , est cité souvent par les 
écrivains du seizième siècle, mais seulement 
sous ses prénoms. Dans sa jeunesse il montra 
de grandes dispositions pour la musique , et les 
développa avec le secours de quelques bons 
maîtres , ou par des voyages qu'il fit en diverses 
parties de l'Europe. En 1571 il occupait la place 
d'organiste à l'église Saint-Tliomas de Leipsick. 
Amerbach a fait imprimer un recueil de pièces 
pour l'orgue, en tablature (1). Cet ouvrage, 
qui est fort rare, quoiqu'il en ait été fait deux 
éditions, a paru sous ce titre : Orgel oder Ins- 
truments-Tabulatur. Ein nûtzliches Bilchlein 
inwelchcmnothwendigeErkldrung der Orgel 
oder Instrument Tabulalur, sampt der appli- 
cation, auch/rôliche deutsche Stûcklein unnd 
(sic) Moleten, etc. (Tablature pour l'orgue, ou- 
vrage utile qui contient les explications néces- 
saires pour la tablature de l'orgue et d'autres 
ÏDstriniicnts, avec l'application, ainsi que des 
petites i)ièces allemandes d'un genre gai et des 
motets, etc. ); Leipsick , chez Jacques Berwalds 
Erben, 1571, vingt-six feuilles in-4° obi., sans 
pagination. La deuxième édition a été publiée à 
Nuremberg en 1583, par Ulrich Neuber, in 4*. Ce 
recueil contient 88 pièces. Un autre livre de 
pièces en tablature a été publié par Amerbach, 
sous ce titre : Ein new kiinstlich Tabulatur- 
fnich , darin sehr gute Moleten nnd Ueblicke 
deutsche Tenores jetziger Zeit vornehmer 
Componisten ati/f die Orgel und Instrument 
abgesetzt, beijdes den Organisten unnd (sic) 
des Jugendt dientslich, etc. Gedrucktzu Leipzig 
darch Johann Beijer, in Verlegung Dietrich 
Gerlach, zu Nuremberg (Nouveau livre de ta- 
blature artistique, dans lequel de très-bons mo- 
tets et mélodies allemandes favorites des plus 
célèbres compositeurs de l'époque actuelle sont 
arrangés pour l'orgue ou autres instruments, à 



(r> D.Tns la première édition de cette Hiograpkie uni- 
verselle des ^/î«!0«>;îs, j'ai dit qu'Aiiierbach/i;i le pre- 
mier organiste allemand qui fit imprimer un recueil 
de pièces pour l'orgue, en tablature : cétuit une erreur; 
car un organiste beaucoup plus ancien, nommé Arnold 
Schlick {voy. Schlice) a publié un livre du même genre 

en IBI2. 



l'usage des organistes et de la jeunesse, etc.) Im- 
primé à Leipsick par Jean Beyer pour D. Ger- 
lach, àNuremberg, 1575, in-fol. Cet ouvrage ren- 
lerme quarante pièces extraites des œuvres de 
J. Bercliem, Clément-non-papa, Th. Créquillon, 
Dressier, Gastritz , Orl. Lassus, Meiland , Scan- 
delli, Jvo de Vento, et quelques anonymes. Dans 
ce livre le nom de l'auteur est écrit Ammerbach. 

Un autre artiste , nommé Antoine Amerbach , 
était organiste du duc de Brunswick, à l'époque 
où vivait Élie-Nicolas. 

AMEREVOLl (Ancelo), célèbre chanteur 
italien, naquit à Venise, le 16 septembre 1716. 
Après avoir brillé sur les principaux théâtres de 
sa patrie par la beauté de sa voix de ténor, sa 
belle vocalisation, et l'excellence de son trille, il 
fut engagé pour le théâtre de la cour de Dresde, 
qui réunissait alors les plus beaux talents de l'I- 
talie, et passa le reste de sa vie dans cette ville, 
où il mourut le 15 novembre 1798. 

AMEYDEN (Christophe), compositeur de 
l'école flamande, était contemporain de Roland 
de Lassus. On a imprimé des madrigaux de sa 
composition dans le troisième livre de madrigaux 
à cinq voix de Lassus; Venise, chez les fils d'An- 
toine Gardane, 1570. 

AMICO (Raimond de), dominicain et com- 
positeur pour l'église, né vers la fin du seizième 
siècle, à Noto, en Sicile, a publié : Motetti a due, 
tre e quattro voci, Messine , 1621 , in-4°, pre- 
mière et seconde partie. 

AMICOA'I (Antoine), compositeur napoli- 
tain , s'est fait connaître par quelques opéras, 
parmi lesquels on remarque l'intermède La 
Grotta del Magn Merlino, représenté à Rome 
en 1787. Amiconi manque d'imagination, et son 
style n'est qu'une imitation de la manière de 
Paisiello. 

AMILHA (Le Père), chanoine régulier de 
Saint- Augustin, dans l'église cathédrale de Pa- 
miers (Ariége), vivait dans les premières an- 
nées du dix-huitième siècle. Il est auteur d'un 
recueil de cantiques, en partie du Languedoc , 
dont la poésie est accompagnée de mélodies no- 
tées en caractères de plain-chant. Ces mélodies 
naïves ont toutes les qualités nécessaires pour 
être populaires. Le recueil du P. Amillia est in- 
titulé : Le tubleu de la bido del parjet crestia, 
en bersses , que représenta Vexercici de la fe 
(Tableau delà vie du parlait chrétien, en vers, 
lequel représente les exercices de la foi) . A Tou- 
louse, 1704, petit in-S". 

AMIOT (Le Père) , jésuite et missionnaire 
à la Chine, né à Toulon en 1718, s'est fait con- 
naître jiar des travaux sur les antiquités, l'his- 
toire et les arts des Chinois. 11 arriva à Maraa 



90 



AMIOT — AIMIMOW 



en 1750, et à Pékin en 1751. 11 y étudia avec ar- 
deur les langues cliinoise et tataie, et, après plus 
de quarante ans de travaux sur tout ce qui con- 
cerne le peuple sinf;n lier chez lequel il était en mis- 
sion, il mourutà réMn, en 1794, âgé de soixante- 
seize ans. Je ne parlerai ici que de ses ouvrages 
relatifs à la musi(|iie des Chinois. 

Le père Aniiot avait traduit un traité sur la 
musique par Lij-Koang-ti , ministre d'iitat et 
inemhre du premier ti ibunal des lettrés , qui a 
pour titre : Kou-rjo- king-tchouen , c'est à-dire 
Commentaire sur le livre classique touchant 
la musique des anciens; il envoya successive- 
ment les cahiers de sa traduction à M. de Bon- 
gainville, secrétaire de l'Académie des i.isciip- 
tions, qui les déposa à la Bibliothèque du Roi. En 
1775, il envoya aussi deux copies manuscrites 
d'un mémoire sur la musique des Chinois , l'un 
à M. Bertin, ministre et secrétaire d'État, et l'autre 
à M. Bignon, bibliothécaire de la Bibliothèque du 
Roi. Cet ouvrage fut publié par les soins de l'abhé 
Roussier, qui l'accompagna de notes, sous le titre 
de : Mémoire iurla musique des Chinois, tant 
anciens que modernes. Cet ouvrage forme le 
sixième volume «les Mémoires concernant F his- 
toire, les sciences , les arts, etc., des Chinois, 
Paris, 1780, 15 vol. in-4o. On en trouve des 
exemplaires avec un litre particulier, qui en fait 
un ouvrage séparé. On a ajouté au même volume 
un Essai sur les pierres sonores de la Chine, 
(\\n n'est pas du père Amiot. Forkel a donné un 
précis de ce livre dans son almanach musical de 
1784, pag. 233—27.'). Remarquons en passant 
que l'abbé Roussier, avec son idée fixe des 
proportions musicales et de la progression triple, 
n'a ajouté au mémoire d'Amiot que des notes 
pédantes, dont l'utilité est nulle. 

Le travail du jésuite, sous une apparence 
d'exactitude rigoureuse, ne doit être consulté 
qu'avec défiance; car en l'éluiliant avec soin 
on s'aperçoit que son auteur n'avait que des 
idées vagues concernant la musique pratique 
des Chinois, et qu'il n'avait même pu déchiffrer 
aucun des systèmes particuliers de tablature qui 
paraissent être en usage pour chaque instrument 
chez ce peuple. 11 ne dit pas un mot de cette ma- 
tière intéressante, et, dans les longs détails qu'il a 
donnés sur les divers instruments, il a oublié 
précisément de traiter des principes de leur cons- 
truction et de leur étendue. Un traité véritable- 
ment utile et instructif de la musique des Chinois 
est encore à taire. Klaproth nous a appris à nous 
mettre en garde contre le peu d'e\actitiide du 
père Amiot, dans une analyse piquante de la pa- 
raphrase qu'il avait publiée comme une traduc- 
tion de V Éloge de la ville de Mouqden. 



Lichtenihal indique {Bibliogr. délia Mnsirn, 
t. III, p. 43), d'après un article du Journal Encij- 
elop. (Mars, 1780, t. II, part. 3, p. 543), une 
version espagnole de la traduction française du 
traité de musique de Ly-Koang-ti, par le père 
Amiot, sous ce titre : Memoria .sobre la Musica 
I de los Chineses;Ma<iih\, Imprenta de Babloy 
Texero, 1780. Malgré ces indications si précises, 
j'avoue que je doute de l'existence de ce livre; 
car toutes les recherches que j'ai fait faire à Ma- 
drid n'ont pu en faire découviir un seul exem- 
plaire. La traduction a pu être faite; mais il est 
vraisemblable qu'elle n'a point paru. Il est d'ail- 
leurs douteux que ce soit l'ouvrage de Ly-Koang-ti 
qui ait été traduit en espagnol ; le titre indique 
plutôt ime traduction du mémoire d'Amiot dont 
il a été parlé précédemment. 11 est, au reste, très- 
làcheux que la traduction d'Amiot se soit égarée ; 
car il est certain qu'elle n'existe pas à la Biblio- 
thèque impériale de France, bien qu'elle y ffit à 
l'époque où l'abbé Roussier fut chargé de la pu- 
blication du Mémoire sur la Musique des Chi- 
nois, puisque celui-ci en a donné l'analyse dans 
ce mémoire. Quelques manuscrits d'Amiot se 
trouvent parmi ceux de cette bibliothèque; niais 
ce sont les cahiers de l'ouvrage publié et quel- 
ques appendices de peu d'intérêt. 

L'auteur de ce dictionnaire a extrait d'une 
correspondance inédite d'Amiot avec le ministre 
Berlin, qui a appartenu à M. Neveu, libraire 
de Paris , une lettre fort longue et intéressante 
concernant la fabrication du lo , vulgairement 
appelé tam-tam , et l'a publiée dans le premier 
volume de la Revue musicale (p. 365). Celte 
lettre contient tous les détails nécessaires pour 
faire connaître les procédés de la fabrication de 
cet instrument. Cependant le célèbre sinologue 
M. Julien a publié sur ce sujet un morceau de 
critique duquel on peut conclure que l'ouvrier 
qui a fourni au père Amiot ses renseignements l'a 
trompé sur les détails de la fabrication. 

AMMERBACHER (GEoncEs-GASPARD) , 
cantor à Nordlingwe au commencement du dix- 
huitième siècle, a publié : Kurze undgriind- 
liche An wpisung :iur vocal il/M.s/A- (Instruction 
abrégée et fondamentale sur la musique vocale), 
Nuremberg, 1717, in-S». 

AMMON ( Antoine Blvise), compositeur au 
service de la cour de Bavière, naquit à Imoi, 
dans le Tyrol, le 2 janvier 1517, et mourut à 
Munich, le 9 avril I6l4. Compositeur laborieux, 
il a publié un grand nombre d'ouvrages, dont on 
connaît les suivants: lo Sacrœ Cantiones, à 
quatre, cinqel six voix, Munich, 1540.— 2"Kurze 
Motetten von vier, /Un/ und scchs Stimmen, 
au/ verschiedene IleHig.en-Festtage gerichteé 



AMMOx\ — AMOiN 



91 



Motets courts à quatre, cinq et six voix, pour 
les fêtes fie divers saints); IMunicli, 1554, iii-4'' — 
3° Liber sacratissimariim {qui viclgo infroilns 
appell.) cantioncs seleclissiniarnm singtilis 
diebus festivis , pro ecclesiœ cathol. lUilitate 
ciiltusque divini honore, non mimis nccommo- 
datiis quam necessarius , 5 vocibiis; Viennœ 
Steph.Creuzer, 1 5S2, in-4» obi. — 4" Missxqua- 
tuor, unica pro defunctis quaternis vocibus ; 
Viennep, excudebat Leonardus Formica, 1588, 
in-4''. — 6° Sacrx cantiones, quas vulgo moteta 
vacant, quatuor, qiiinque et sex vocum, quibus 
adjectisnnt ecclesiastici hymnide Nativitate, 
Rcsurrectione et Asccnsione Domini; Mona- 
chïi, typis Adaini Berg, 1590, in-4"obl. — 6° 
Patrocinhim miixices; Missee. cum brèves tum 
quatuor vocumlaudatissimeconcinnatœ ; ibid. 
1591, in-fol. nm,r. Les titres particuliers de ciia- 
que messe de ce recueil sont : Missa 4 voc. 
super ai, re, mi, fa, sol, la; la, sol, fa, mi, re, ut.; 
Missa 4 voc. super Pourungplaisir; Missa 4 voc. 
super Surge propera ; Missa 4 voc. super Dixit 
Oominus mulieri Cliananeae ; Missa 4 voc. pro de- 
functis. — 7° Missx qiiatuor a quatuor, quin- 
que et sex vocibus, ibid. 1593, in-4°. Des mo- 
tets d'Ammon se trouvent dans les collections 
de Bodencbatz et de Donfrid. 

Il est vraisemblable que quelque circonstance 
inconnues'est rencontréedans la viede cet artiste ; 
car une lacune de vin^t-buit années se fait re- 
marquer entre la publication de son second ou- 
vrage et celle du troisième. D'ailleurs ses deux 
premières oeuvres sont imprimées à Munich , et 
les deux ouvrages suivants le sont à Yienne. Il 
y a donc lieu de croire qu'il y a eu im cliange- 
ment dans la position du compositeur, peut-être 
par suite de l'arrivée d'Orlando Lasso à la cour de 
IJavière. Plus fard il paraît y avoir été rappelé. 

AMMON ( W0LFGA.NG ) , magister et ca?îio?* 
à Francfort-sur-le-Mein, naquit dans un bourg 
de la Franconie, vers 1550. Il a publié un livre 
de cantiques, imprimé d'un côté en allemand, et 
de l'autre en iatin, et précédés des airs qui ap- 
partiennent à chacun d'eux. Je crois que c'est 
la deuxième édiiion de ce même livre qui a paru 
dans la même ville, en I606,in-12, sous ce titre : 
Psalmodia germanica et latina qua précipite 
cantiones in utraque lingua paribus versibus 
rythmicis, et iisdevi utroque numeris atque 
concentibus redditœ; Francofurti ad Mœnum, 
1581, in 12. 

AMMOX (Jean-Christophe), prédicateur à 
Knslieim , en Franconie, vers le miheu du dix- 
buitième siècle, a fait in.sérerdans le Journal des 
Savants de Ratisbonne (année 1746, n° 11) une 
dissertation intitulée : Dass im ewigcn Leben 



uiirldich eine vortrrf flic lie TI/'H.ç/Ase// (Que dans 
la vie éternelle il y a réellement une musique 
excellente). Mit/ler a donné celte pièce dans le 
tome m de sa Bibliothèque musicale, p. 581. 

AMMOIV (DietrichChétien) , musicien à 
Hambourg, est indiqué dans VAlmanach Théâ- 
tral de Gotha, pour 1791, comme compositeur 
d'un petit opéra intitulé : Das neue Rosenmxd- 
chen (La nouvelle Rosière). 

AMMON (Jean). Voy. Amon. 

AMi\Ell (Jean), reçu bachelier en musique 
en 1613, devint ensuite organiste à Londres , et 
maître des enfants de cbœur de l'église d'Ély. Il 
a publié : Sacred Hymns of thrce, four, five 
and six parts, for voices and viols, ( Hymnes 
sacrées, à trois, quatre, cinq et six parties, pour 
les voix elles violes); Londres, 1613,in-4°. 

AMODEI (Cataldi ), compositeur et maître 
de musique de plusieurs églises de Naples, na- 
quit à Sciacca en Sicile, et mourut à Naples 
en 1695. Il a publié ; Cantate a voce sola, li- 
bro primo e opéra seconda. Naples, 1685, 
in-4°. 

AMOFORTIUS (Jean). Voyez Tollius. 
(Jean). 

AMOIBÉE. Il y a eu deux cytharèdes de 
ce nom, qui furent célèbres tous deux. Le pre- 
mier, appelé l'Ancien , vivait à Athènes et ha- 
bitait près du théâtre. Aristias, dans son Traité 
des Cytharèdes, cité par Athénée(liv. XIV, c.4), 
dit que, toutes les fois qu'il sortait de chez lui 
pour aller chanter dans les sociétés, il gagnait 
un talent attique. Plutarque (iH Zen.) pré- 
tend qu'il fut contemporain de Zenon. L'autre 
Amoibée, auquel Athénée donne de grands élo- 
ges, vivait au temps de cet écrivain, et con- 
séquemment sous le règne de Marc-Aurèle, 
vers 160. 

AMOi\ (Jean-André), compositeur allemand, 
naquit à Bamberg en 1763, et se livra de bonne 
heure à l'étude de la musique. La première can- 
tatrice de la cour, M"* Fracasini , lui donna des 
leçons de chant, et Bauerle , maître de con- 
certs , lui enseigna à jouer du violon. Ayant 
j)erdu sa voix, il voulut apprendre à jouer du 
cor. Punto , dont il fil la connaissance, encou- 
ragea se.=; efforts , et le prit avec lui dans ses 
voyages en Allemagne et en France. En 1781, 
ils vinrent à Paris , où Amon prit des leçons de 
Sacchini. lin 1783, les deux artistes parcouru- 
rent les diverses provinces de France , et l'année 
suivante ils se rendirent à Strasbourg pour com- 
mencer leur voyage en Allemagne. Us visitèrent 
Francfort, Aschalfenbourg , Leipsick , Dresde, 
Berlin et Yienne, où ils firent un séjour assc* 
long. Amon secondait Punto et dirigeait Pou- 



92 



ATMON 



rliestre dans ses concerts. Partout sa jeunesse, 
ses talents et son esprit lui firent des amis : 
plus tard il se plaisait à se rappeler Taniitié de 
Hiller de Leipsick, de Reichardt, Dupont, Haack 
et Mara de Berlin , de Haydn, Mozart, Wanliall 
et HoffmeistT de Vienne. La société de ces 
hommes célèbres augmenta ses connaissances et 
forma son goût. La faiblesse de sa poitrine le 
força d'abandonner le cor, son instrument fa- 
vori : il le remplaça par le violon et le piano, 
sur lesquels il fit de rapides progrès. En 1789, 
il fut nommé directeur de musique à Heilbronn, 
où pendant trente ans il dirigea le concert des 
amateurs. En 1S17, il accepta la place de maître 
de chapelle du prince de Wallerstein, à la 
cour duquel il termina ses jours, le 29 mars 1825. 

Amon a consacré la plus grande partie de sa 
vie à la composition, et a i>rodiiil un nombre 
considérable d'ouvrages , dont une pailie est 
restée en manuscrit. Ceux qu'on a imprimés 
consistent en duos, trios , quatuors , quintetfi, 
symphonies et marches pour divers instruments, 
et en sonates , variations et exercices pour le 
piano, deux messes, cantates, airs détachés, 
canzonettes italiennes , etc. Il a écrit aussi deux 
opéras, parmi lesquels on remarque /e Sultan 
Wampou , qui a eu peu de succès. Peu de 
temps avant sa mort, il composa une messe de 
Requiem, et témoigna le désir qu'elle fût exécu- 
tée à ses obsèques : la chapelle de Waller- 
stein se rendit à ses vœux. Parmi ses compositions 
inédites on remarque vingt-sept morceaux de 
musique instrumentale, et un Requiem alle- 
mand. Amon était un directeur d'orchestre ex- 
périmenté : il dirigeait avec le violon , et ac- 
compagnait bien le chant au piano. 11 était bon 
professeur de chant , jouait de presque tous les 
instruments, et avait particulièrement un talent 
assez remarquable sur le violon. Le nombre de 
bons élèves qu'il a formés pour le piano, la 
harpe et la guitare est considérable. 11 a laissé 
en mourant une veuve , quatre fils et une fille. 
L'aîné de ses fils ( Ernest ) a publié des varia- 
lions pour la tlùte ( en sol ) , avec orchestre, 
Offenbach, André. 

Voici la liste des principaux ouvrages d'Amon ; 
1" Symphonie à quatre parties, œuvre 30"^ (en 
si bémol); Bonn, Simrock. — 2° Symphonie (en 
mi majeur), œuvre 60"; Mayence, Schott. — 
3° Six pièces pour musique turque, œuvre 40"; 
Offenbach, André. — 4° Sept pièces idem (suite 
de l'oeuvre 40 ), œuvre 57" , ibid. — 5" Six varia- 
tions pour le violon avec orchestre, œuvre 50"; 
Zurich , Geb. Hug. — 6° Trois quatuors faciles 
pour deux violons, alto et basse, œuvre 113"; 
Offenbach, André. — 7" Trois trios pour violon. 



alto et basce, œuvre 8"; Paris, Picycl s" Valsrs 

pour deux violons et basse; orfenbach , André. 

— 9° Duos pour violon et alto, œuvre i "^ ; Paris, 
Janet. — 10° Thème connu., varié pour le violon 
avec piano, œuvre 116"; Hanovre, Bachmann. 

— 11" Premier concerto pour l'alto, œuvre 10", 
Paris, Pleyel; — 12° Trois quatuors pour alto 
concertant, œuvre 15"; Offenbach, André. — I3° 
Larghetto et deux thèmes variés pour alto obligé, 
violon, alto et violoncelle, œuvre 115"; ibid. — 
14" Concerlo pour la flûte (en sol), œuvre 44"; 
ibid. — 15" Qiiintetti pour tlùte et cor obligés, 
violon, alto et basse, œuvre 110" n°* 1,2,3, 
ibid. — 10° Trois quatuors pour la fiûte, œuvre 
39"; Angsboiirg, Gombart. — 17° Trois idem, 
(Kuvre 42"; Ollenbacli, André. — 18" Trois irfem 
concertants, ceuvre 92°; Bonn, Simrock. — 19" 
Deux quatuors pour la clarinette, œuvre 106"; 
ibid. — 20° Quatuor poui'le hautbois, œuvre 
i09"; ibid. — 21" Thème varié pour le cor, œii 
vre 35'',- Bonn, Simrock. — 22° Trois quatuors 
pour le cor, œuvre 20'' ; Offenbach, André. — 23° 
Trois idem, œuvre 109" ; ibid. — 24° Divertis- 
sement pour guitare, violon, alto et violoncelle, 
œuvre 46" ; ibid. — 25° Trois sonates pour piano 
et guitare, œuvre 69"; ibid. — 26" Trois séré- 
nades pour piano et guitare, œuvre 123" ; ibid. — 
27" Concerlo pour le piano, œuvre 34"; Mayenco, 
Schott fils — 28° Trois sonates avec flûte obligée 
et violoncelle, œuvre 48"; Zurich, Hug. — 29" 
Troistiios pour piano, violon et violoncelle, œuvre 
58"; Bonn, Simrock. — 30° Trois sonates pour 
le piano, avec violon et violoncelle, œuvre 76"; 
IMayence, Schott. — 31° Trois sonates pour piano 
et violon, œuvre 11"; Offenbach , André. — 32° 
Trois idem, œuvre 19*; ibid. — 33° Sonates pé- 
riodiques avec flûte, œuvres 55", 59" et 71'"; 
ibid. — 34° Trois sonates avecflûte obligée, œuvre 
92", Hanovre, Bachmann. — 35" Sonate pour 
harpe à pédales et flûte obligée, œuvre 95" ; Bonn, 
Simrock. — 36° Sonate pour piano à quatre 
mains, œuvre 67"; Mayence, Schott. — 37° Deux 
sonates idem, œuvre 99"; Offenbach, André. — 
3S° Trois sonates pour piano seul, (cuvre 63''; 
Mayence, Schott.— 39° Trois sonatines faciles, 
œuvre 68"; Bonn, Simrock. — 40" Sonates pé- 
riodiques idem, œuvres 70" et 83"; Offenbach, 
Aniiré. — -41° Dix-huit cadences pour le piano, 
œuvres 22" et 3.3"; ibid. — 42® Douzes pièces 
pour le piano, œuvre 72" ; Mayence, Schott. — 43o 
Air souabe varié pour le piano, o^ivre 78"; 
Bonn , Simrock. — 44° Air national autrichien 
varié, œuvre 91"; Hanovre , Bachmann. — 45" 
Six variations sur l'air allemand Soll ich dann 
S/ciben; Mayence, Schott. — 46" Six chansons 
allemandes avec piano, œuvres 26" et 33*; 



AMON — ANACKER 



93 



Offenbacli, Andrô. —47° Six idem, œuvre 36*^; 
lîoiui, Sinirock. — 48° Six idem, œuvres 43", 
51^, 53" et 54"; Offenbacli, Amhé. — 49° Six 
idem, œiivres62*et64"; Mayence.Scliotl.— 50° 
Ncufirfe»i faciles, œuvre 89"; Augsbourg, Gom- 
bart. — 51° Trois quatuors concertants pour le 
violon, œuvre 92^; Bonn, Simrocli. 

AMOROS Y OIVDEANO (Don Francisco), 
colonel directeur de gymnase normal militaire et 
civil , et du gymnase spécial des sapeurs-pom- 
piers de la ville de Paris, né à Valence, en Es- 
pagne, le 19 février 1770, a introduit l'étude delà 
musiquedans l'établissement qu'il dirigeait. Entré 
au service militaire en (787, il passa par tous 
les grades jusqu'à celui de colonel ; puis il fut 
employé dans les fonctions civiles, et remplit suc- 
cessivement, sonsle roi Charles IV et sous Joseph- 
Napoléon, les emplois de conseiller d'État, gou- 
verneur de province, ministre de la police, et de 
commissaire royal à l'armée de Portugal. Les 
événements politiques l'obligèrent ensuite à se ré- 
fugier en France. Il a publié : l° Cantiques reli- 
gieux et moraux, ou la morale en chansons, à 
Vusage des enfants des deux sexes; Paris, 1806, 
in-16, avec lamusique. — 2° Lettre de M. Amo- 
rosàla Société pour l'instruction élémentaire, 
sur le recueil de cantiques qu'il a publié, et 
sur l'école de chant de son gymnase; Paris, 
1809, br.in-4°. Amoros est tDorlà Paris en 1843. 
AMPHIOIVjThébain, était fils de Jupiter et 
tî'Antiope. Ce fut lui qui, dit-on, bâtit lès murs 
de Thèbes aux sons de sa lyre. M""" Dacier a 
remarqué que cette fable doit être postérieure 
au temps d'Homère, qlii n'en parle pas. Plutar- 
que (de Musica) lui attribue l'invention de la 
cithare. Amphion, suivant Pausanias ( lib. IX, 
c. 5.), acquit sa grande réputation de musicien 
pour avoir mis en vogue le mode lydien, qu'il avait 
appris de Tantale, dont il épousa la fille Niobé 
et pouravoirajouté trois cordes nouvelles aux qua- 
tre cordes anciennes de la lyre ou de la cithare. 
AMTMAA^IV (Prosper), flûtiste compositeur 
pour son instrument, à Vienne, s'y est fait con- 
naître par un talent estimable dans un concert, 
en 1836. Trois ans après, on le trouve à Munich, 
donnant des concerts qui attiraient peu de momie, 
mais où il obtenait les éloges des artistes. On 
n'a pas d'autres renseignements sur sa personne. 
Amtmann a publié : l- Grand duo concertant et 
capricieux pourdeuxfliUes.op.l; Vienne, Diabelli, 

— 2" Marche nationale hongroise pour flûte et 
piano, op. 2; Vienne, Haslinger — 3° Air varié pour 
flûte avec piano , op. 3; Vienne, Mechetli. — 4° 
Troisgrands duos pourdenx flûtes; Milan, Ricordi. 

— 5° Douze allemandes pour flûte et piano, op. 8; 
Vienne, Diabelli. — 6" Introduction et variations 



brillantes pour flûte et piano, oi>. 9; Vienne, Has- 
linger. — 7 Exercices dans tous les tous majeurs 
et mineurs pour flûte seule, op. lO; ibid. 

AMYOT (Jacques), célèbre traducteur de 
Phitarque, et précepteur de Ciiarles IX et de 
Henri III, naquit à Melun, le 30 octobre 1513. 
Après avoir été professeur de grec et de latin à 
l'Université de Paris, il fut nommé grand aumô- 
nier de Charles IX, emploi qu'il conserva sous 
Henri III, son successeur. 11 obtint aussi l'évêché 
d'Auxerre, où il mourut, le 6 février 1593. On a 
de lui la traduction du Traité de Plutarque sur 
la musique : cette traduction .se trouve dans i'é- 
dilion des œuvres de ce polygraphe donnée en 
1783-1787 par G. Brottier et Vauvilliers, 22 vol. 
in-8", et dans celle de Clavier, Paris, Cussac, 
1801-1806, 25 vol. in-8°. L'éditeur de celle-ci y 
a joint la traduction de Burette. 

ANACIÎER (AuGusTiN-FEKniNANn), cantor 
et directeur de musique à Freyberg, est né dans 
celle ville, le 17 octobre 1790. Fils d'un pauvre 
cordonnier, il ne put d'abord saiisfaire son i)en- 
cbant inné pour la musique, parce qu'il ne pos- 
sédait pas l'argent nécessaire pour payer les le- 
çons d'un maître. Admis comme élève dans le 
chœur du gymnase, il amassa pendant cinq années 
de petites épargnes qui lui serviront à payer l'ac- 
quisition d'un vieux clavecin. Il avait atteint sa 
seizième année sans avoir jamais vu de musique 
imprimée, lorsque le cantor Fischer l'introduisit 
dans un concert où il entendit jouer une des 
belles compositions de Beethoven. Jamais rien de 
pareil n'avait frappé son ouïe : dans son admira- 
tion il s'écria : Ahl si f avais ce morceau! — Vous 
Vaurez, lui dit quelqu'un placé près de lui, que 
cette exclamation avait intéressé. Le lendemain, 
en effet, Anacker reçut l'objet de ses désirs ; mais 
bientôt il eut la preuve que cette musique ne pou- 
vait être exécutée sur son pauvre vieux clavecin. 
Acheter un piano ! A peine pouvait il imaginerque 
les privations des choses indispensables le condui- 
raient d'économie en économie jusqu'à la somme 
nécessaire. Cette privation, il se l'imposait coura- 
geusi'ment ; mais, après une longue attente , il 
n'était parvenu qu'à la possession de 20 tbalers 
(75 francs). Une circoastance inaticndue, inouïe 
pour qui la cherche, amena dans la petite ville 
de Freyberg un collecteur de la loterie de Leip- 
sick, qui, s'emparant .de l'esprit d'Anacker et de 
ses frères et sœurs, parvint à leur persuader 
d'acheter un quart de lot ; et, par nue faveur bien 
rare de la fortune, le gros lot de 24,000 thaier.';, 
dont faisait partie la fraction achetée par Anacker 
et sa famille, ce lot bienheureux sortit, eî noire 
enthousiaste eut pour sa part 1300 thalers 
(4,875 francs), c'est-à-dire des millions ! Il se liàta 



94 



ANACKER — ANCELET 



d'acheter un piano neuf et les œuvres de Mozart, 
de Cleinenti, de Cramer, et surtoutdeBeetlioven; 
car la musique de cet liomme de génie était de- 
venue l'objet de sa prédilection. Après la bataille 
de Leipsick , il se rendit à l'université de cette 
ville pour y continuer ses études. Là il se lia avec 
les chefs de quelques sociétés de chant qui l'ad- 
inireiit parmi leurs membres, à cause de la beauté 
de sa voix de basse. Schichl lui donna des leçons 
de composition, et Frédéric Schneider, qui avait 
pour lui de raffection, lui donna des conseils sur 
ses premiers essais. Ses études étaient terminées, 
lorsqu'il reçut en 1822 sa nomination de can^or et 
de directeur de musique à Freyberg; bientôt après 
il cijouta à ces positions celle de premier profes- 
seur de musique à l'École normale de cette ville. 
Anacker, plein de feu et d'amour pour l'art , de- 
vint en peu de temps l'âme de toutes les réunions 
musicales de sa ville natale. 11 y organisa des 
concerts, des sociétés de chant, et le baron de 
Herder, capitaine général de mines de la Saxe, 
le chargea, en 1827, de la direction d'un corps de 
musique de mineurs, auquel il fit faire en peu de 
temps de grands progrès. L'estime générale dont 
il jouissait futia récompense deseselforts et de sa 
persévérance. Ses compositions consistent en plu- 
sieurs recueils de chants à voix seule, publiés 
à Leipsick, chez Pélers, et chez Hofmeister ; en 
pièces diverses pour le piano, chez Breitkopf et 
Haertel et chez Péters, à Leipsick; en douze 
chants à plusieurs voix, chez Gersach ; en uue 
cantate avec orchestre, intitulée Lebensbhime 
iind Lebensunbestand (Fleur et Instabilité de 
la vie), gravés avec accomp. de piano, à Dresde, 
chez W. Park. Cette cantate a été exécutée dans 
la plupart des villes de la Saxe avec succès. Le 
chant intitulé: Sa^M< rfe5A/(neM?s,avecorchestre, 
a été exécuté aussi très-souvent à Dresde, à Leip- 
sick. Freyberg, Annaberg, Chemnilz, Schneeberg, 
Géra, Zwickau,Zittau, Breslau et Erfùrt. Anacker 
a écrit une ouverture à grand orchestre pour le 
drame Goetz de Berlïchingen et une ouverture 
de concert, qui n'ont point été publiées; enfin, 
quelques chants détachés qui ont paru en di- 
verses villes de la Saxe. Il est mort à l'reyberg, 
au mois de mars 1855, à l'âge de soixante-quatre 
ans et quelques mois. Sa collection de musique 
a été vendue aux enchères publiques, à Leipsick, 
dans le mois de juin de la même année. On y 
remarquait un très-bon choix d'œuvres des 
j;rands maîtres, tant pour l'église que pour le 
théâtre et la musique de chambre. 

ANAGiXIlVO (Spirito), compositeur napoli- 
tain, né dans la moitié du seizième siècle, s'est 
fait connaître par un recueil de Magnificat et de 
Nunc dimitlis pour une, deux, trois et quatre 



voix, avec basse continue pour l'orgue, qui a 
paru sous ce titre : Sacra cantica al, 2, 3 « 
4 voci. Naples, 1617, in^". Les cantiques con- 
tenus dans cet ouvrage sont au nombre de 23. 

ANCELET (.... ), fut major des mous- 
quetaires noirs sous la régence du duc d'Or- 
léans, et sous le règne de Louis XV. Barbier 
( Dictionn. des ouvrages anonijmes, etc., t. II, 
p. 484 de la seconde édition ) et Quérard ( La 
France littéraire, t. I, p. 53) lui attribuent 
un i)etit écrit qui a paru, suivant eux, sous ce 
titre: Observations sur la musique, les musi- 
ciens et les instruments. Amsterdam ( Paris ) , 
1717, 40 pages in-12. D'autre part Forkel {AU- 
gem. Literatur dcr Musik, p. 187 ), d'après un 
article de la Bibliothek der sc/ioncn Wissen- 
chafsten (t. V, p. 391), Lichtenthal (Dizzion. e 
Bibliog. délia Musica, 1. 111, p. 254) et M. C. F. 
Becker (System, chronol. Darstellung der 
musikal. Literatur, col. 162), qui l'ont copié, 
indiquent une édition de ce pelit ouvrage qui 
aurait été publiée à Paris, en 1759, in-12, et qui 
serait conséquemment la deuxième. Pour moi, 
je possède un exemplaire du même opuscule, 
imprimé à Amsterdam (Paris) aux dépens de 
la compagnie, en 1757, in-i2 de 40 pages. Or, 
si l'édition de Barbier et de Quérard est réelle , 
celle-ci doit être la deuxième, et celle de Forkel 
serait la troisième; cependant la vérité est qu'il 
n'y a qu'une seule édition du petit ouvrage d'An- 
celet, à savoir, celle de 1757. Mes preuves sont 
sans réplique. L'édition de 1717 ne peut exister, 
car Anceiet parle de la gloire que Rameau s'est 
acquise par ses opéras ; or, Rameau , ignoré au 
fond de sa province en 1717, n'avait encore rien 
publié ; et son premier opéra n'a été joué que 
seize ans plus lard. Anceiet parle aussi des bouf- 
fons et des querelles qu'ils ont fait naître; or, 
on sait que les bouffons n'ont joué à Paris qu'en 
1752. Enfin l'auteur de cette brochure analyse 
les talents des violonistes Pagin et Gaviniez, qui 
n'étaient pas nés en 1717. Barbier a donc été 
trompé par quelque catalogue où, par une faute 
d'impression, on a substitué 1 à 5, et son erreur a 
causé celle de M. Quérard. A l'égard de Forkel , 
il n'a pas remarqué que le rédacteur de l'article du 
journal littéraire intitulé : Bibliotliek dcr scho- 
nen Vissenschajlen (août 1759), s'excuse d'être 
en retard pour le compte rendu de la brochure 
anonyme "• c'est ce qui lui a fait croire que cette 
brochure avait paru dans la même année. Au 
surplus, le point important est que ce pelit ou- 
vrage, écrit par un homme de goût et de bon 
sens, fournit des renseignements précieux sur 
beaucoup d'artistes français qui brillèrent depuis 
environ 1720 jusqu'en 1757, et sur lesquels ou 



ANCELET — ANCOT 



95 



saurait peu de chose si cet t'crit n'existait pas. 

AIXCHERSEN (Ansgarius ), médecin da- 
nois qui vivait à Copenhague au commencement 
du dix-huitième siècle, a publié une dissertation 
intitulée: De medicatione per musicam, pcr- 
missu siiperiorum primo dissent Ansgarius 
Anchersen, defendente prxstaniïssimo philo- 
sophiee Baccalaur. Jano Pctri Stormio. In 
oudilorio collegïi Medici , d. 27 Junii, anno 
1720; Copenhague, 12 pages in-4o. La seconde 
partie de la thèse parut en 1721, sous ce titre : 
Quomodo musïca in cor pore agit et vires 
ej-ercii/'. ]| devait y avoir une troisième partie; 
j"it;nore si elle a paru. 

ANCnOUENA ( Joseph ), musicien espa- 
gnol (lu quinzième siècle, naquit dans la Na- 
varre en 1438, et fit ses études nnisicales à l'u- 
niversité de Salamanque. Il passa ensuite à 
Burgos, où il composa diverses œuvres. On a con- 
servé de lui un fragment de Stabat Mater à 
quatre voix ( Voij. Historia de la Miisica espa- 
iiola de M. Mariano Soriano Fiiertes, t. II, 
p. 119). 

ANCINA ( Je/vn-Juvénal), évêque de Sa- 
luée, né à Fossano en Piémont, le 19 octobre 
1545, étudia d'abord la médecine, et fut doc- 
teur et professeur en cette science à Turin. \Ln 
1574, il se rendit à Rome, où il étudia la théo- 
logie, et en môme temps la musique, qu'il cul- 
tivait dès sa jeunesse. Après avoir été ordonné 
prêtre , il fut envoyé à Naples pour y ensei- 
gner la théologie ; Clément VIII le nomma en- 
suite évêque de Mondovi, et enfin évêque de 
Saluce, en 1602. Il fut ami intime de saint 
François de Sales. Ancina a fait imprimer des 
cantiques de sa composition sous ce titre : Tem- 
plo armonico délia B. Virgine. Prima parte 
a tre voci ; Rome 1599, in-4o. M. Danjou a si 
gnalé, dans ses intéressantes lettres sur ses re- 
cherches relatives à la musique en Italie (l), 
l'existence de plusieurs recueils de musique qui 
renferment des compositions d'Ancina, et qui se 
trouvait à Rome dans la bibliothèque Vallicella, 
au couvent des PP. de l'Oratoire. Ces recueils 
sont sous les n"» 0,,29, 30, 31, 32, 35. 

ANCOT (Jean ), né à Bruges, le 22 octo- 
bre 1779, a commencé ses études musicales dans 
la maîtrise de l'église Saint-Donat, en cette 
ville , sous la direction de l'abbé Cramène et de 
l'organiste Thien pont. Il se rendit ensuite à Paris, 
où il reçut des leçons de violon de Rodolplie 
Kreutzer et de Baillot. Rodolphe et Calel fu- 
rent ses guides pour l'étude de l'harmonie. De 
retour à Bruges au mois de mai 1804, il s'y est 

(i) Remie de la musique religieuse, populaire et clas- 
sique, t. lllj p 201. 



fixé depuis lors, et s'y est livré à l'enseignement 
du violon et du piano. Quelques-unes de ses 
compositions ont été publiées; mais le plus 
grand nombre est inédit; on y remarque : 
10 Quatre concertos pour le violon, avec or- 
chestre. — 2° Trois quatuors pour deux violons , 
alto et basse. — 3° Deux messes à trois voix, avec 
accompagnement d'orgue. — 4° Ecce panis à 
quatre voix et orchestre. — 5° Deux salularis 
à trois voix , avec arcompagnement d'orgue 
obligé. — 60 Six Taritum ergo à trois et quatre 
voix, avecorgue obligé. — 7° Quatre Ave Maria à 
quatre voix. — 8° quatre airs variés pour le violon, 
avec orchestre. — 9° Divertissement militaire 
pour seize instruments. — lOo Deux ouvertures en 
liarmonie pour quinze instruments. — 11" Deux 
fantaisies en harmonie pour quinze instnunenis. 
— 12° Un air varié en harmonie pour quinze ins- 
truments, morceau qui a obtenu le prix au 
concours de la ville deGand, le 10 août 1823. — 
130 Huit pas redoublés en harmonie. — 14o Valses 
en harmonie. — lâ» Deux marches pour quinze 
instruments. — 16° Marche funèbre composée 
pour le service du maréclial Lannes, duc de 
Montebello. Ancol est mort à Bruges, le 12 
juillet 1848, à l'âge de 72 ans. 

AIVCOT (Jean), fils du précédent, né à 
Bruges le 6 juillet 1799, eut pour maître de 
violon et de piano son père, depuis l'âge de six 
ans jusqu'à dix huit. Il avait à peine atteint .sa 
douzième année quand il débuta, dans les con- 
certs de la ville qui étaient donnés au théâtre, 
par le douzième concerto de Viotti pour le vio- 
lon, et par le troisième de Steibelt pour le piano. 
Quatre ans après il écrivit son premier concerto 
de violon, qu'il dédia à Rodolphe Kreutzer, et 
ensuite son premier concerto de piano, dont il 
offrit la dédicace à Pradlier. En 1817, il alla 
à Paris, où il fut admis au Conservatoire de 
musique. Pradher y devint son professeur 
de piano , et Berton lui donna des leçons de 
composition. Doué des plus heureuses disposi- 
tions, il aurait pu se placer à un rang élevé 
parmi les jeunes artistes de son temps; mais des 
passions ardentes ne lui permirent pas de donner 
à ses études toute la sévérité désirable. Six an- 
nées après son admission au Conservatoire, il 
quitta Paris pour se rendre à Londres. Là il ob- 
tint le titre de directeur et de professeur de l'A- 
thénée et celui de pianiste de la duchesse île 
Kent. Toutefois il ne paraît pas qu'il fût sntis- 
fait de sa situation, car il s'éloigna de la capi- 
tale de l'Angleterre en 1825, et voyagea en Bel- 
gique pendant quelque temps, puis alla se fixer 
à Boulogne, où il est mort le 5 juin 1829. 

La fécondité d',\ncot pourrait passer pour 



oo 



ANCOT — ANDERS 



merveilleuse si tous ses ouvrages avaient été 
écrits avec soin; car, ayant à peine atteint 
l'âge de trente ans, il avait fait imprimer plus 
de deux cent vingt-cinq œuvres, qui ont été 
publiés à Paris, à Londres et en Allemagne. On 
n'indiquera ici que les ouvrages qui lui ont fait le 
plusd'lionneur: loConcertopour le violon; Paris, 
Jouve. — 20 Concerto pour le piano ; Paris, Le- 
duc. — 3° Sonates pour piano seul, œuvres 4'', lOe 
et 18^; Paris. — 4" Plusieurs fantaisies pour le 
piano, avec orchestre. — 5° La Tempête, fan- 
taisie pour piano seul ; Londres. — 6° l'Oura- 
gan , idem ; Paris , Naderman : ce morceau est 
une des meilleures productions d'Ancot, et a eu 
un succès de vogue. — 7o Nocturne pour piano et 
violon, reuv. 8*^; Paris, A. Petit. — 8" Deux au- 
bades pour piano et violon , œuvres 32e et 35^ ; 
Paris, Dufaut et Dubois. — 9° Grande sonate pour 
piano et violon , œuvre 14*; Paris, A. Petit. — 
IQo Huit fantaisies pour piano à quatre mains, 
sous les titres de la Légèreté, l'Attente, Azélie 
Marche grecque, les Charmes de Londres, 
Marche turque, Marche d'Aline, et V Immortel 
Laurier; Paris et Londres. — l|o Une multitude 
d'airs variés pour piano seul. — 12" Cinq concer- 
tos pour le violon, avec orchestre. — J 3° Trente- 
six études pour le piano; Paris. — 14" Douze fu- 
gues pour l'orgue, première et deuxième suite; 
ibid. — 150 Amélia, ou le Départ pour la 
guerre, scène avec orchestre, chantée par Begrez 
à rOpéra de Londres. — 16o Marie Sluart, scène 
avec orchestre. — 17o La résolution inutile, 
idem. — IM La Philosophie d''Anacréon, idem. 
190 Six ouvertures à grand orchestre, exécu- 
tées à l'Opéra de Londres et dédiées à Rossini. — 
20O Grande pièce de concert , dédiée au roi des 
Pays-Ba<;. — 21° Plusieurs recueils de romances, 
gravés à Paris et à Londres. 

ANCOT (Louis), né à Bruges le 3 juin 1803, 
a reçu de son père des leçons de musique, de 
violon et de piano, depuis l'âge de cinq ans jus- 
qu'à sa dix-septième année. Après avoir voyagé 
en France, en Italie, dans les Pays-Bas, en 
Ecosse et en Angleterre, il s'arrêta à Londres, où 
il fut nommé pianiste du duc de Sussex. Quelque 
temps après, il alla à Boulogne, où il se livra à 
l'enseignement du piano; puis il quitta cette po- 
sition pour aller à Tours , où il vécut pendant 
quelque? années. De retour à Bruges, sa patrie , 
il y mourut à l'âge de trente-trois ans, au mois 
de septembre 1836. Cet artiste a piililié qua- 
ranfe-sept ouvrages, qui ont été gravés à Edim- 
bourg, à Londres, et à Paris, chez Petit et Scho- 
nenberger. Ces compositions consistent en so- 
nates ,■ fantaisies, airs variés, pièces à quatre 
mains pour piano, fugues, études, concertos, 



ouvertures à grand orchestre, romances et noc- 
turnes pour une ou deux voix, avec accompagne- 
ment de piano. 

ANDERL (Q....), compositeur de musi- 
que d'église, né en Bavière, vil à Aug^bourg, et 
s'est fait connaître depuis enviion 1842 par la 
publication des ouvrages suivants : in Asperges, 
à quatre voix et orgue; Augshourg, Bœlim, — 2» 
Le Christ souffrant au mont des Olivieis, en 
trois chants pour deux sopranos, basse et orgue ; 
Munich, Faller. — 30 Chant de procession pour la 
fête du Sainl-Sacrement, à deux sopranos , basse 
et orgue; Augsbourg, Bœhm. — 40 Laiida Sion, 
à ti ois voix et orgue ; ibid. — âo Pange lingiin , 
pour deux sopranos, basse et orgue ; ibid. — G" 
Chant pour la Nativité, à deux sopranos, bas.se et 
orgue; Munich, Falter. — 70 Cantique de l'Avent, 
à deux voix, deux violons et orgue; ibid. — 8'^ 
La Naissance de Jésus, canti(iue allemand de 
Noël, pour deux voix et orgue; ibid. — 9° Mes^e 
brève en mi bémol, pour soprano, contralto, basse, 
deux violons, contrebasse et orgue; ibid. — 
lOo Cliant pour la tète de l^âques, à tiois voix et 
orgue; ibid. — 11° Trois cantiques de prédica- 
tion dans le style ciioral, à voix seule et orgue, 
ou à trois voix ad libitum; ibid. — 12o Répons 
des offices de la procession, pour deux soprjinos 
et basse, avec accompagnement de basse, ibid. 

ANDERS { Henri ) , organiste de l'église 
principale d'Amsterdam , naquit en Allemagne 
vers 1690, et s'établit en Hollande en 1720. H 
y a publié des sonates pour trois et quatre ins- 
truments, sous ce titre : Symphonie introduc- 
toria: , Irium et quatuor instrumentorum, 
opéra 1 et 2; Amsterdam, chez Klaas Knol, 
sans date, in-fol. obi. Chaque œuvre contient 
douze sonates : elles sont fort bonnes. 

AJ\DERS ( Godefroid-Encelbiîut ) , littéra- 
teur musicien, né à Bonn, en 1795, a lait de 
bonnes études, dont il a fait un usage utile dans 
des recherches philologiques sur l'hisloiie litté- 
raire de la musique. Établi à Paris depuis 1829, 
M. Anders s'y est occupé d'une nouvelle édition 
de la littérature générale de la musique de F^or- 
liel , ou plutôt, d'un ouvrage entièrement neuf 
sur le môme sujet, ainsi que d'un Dictionnaire 
de musique sur le plan de Walther. Ces ouvrages, 
exécutés avec un esprit <ie recherches peu ordi- 
naire et des soins consciencieux, seraient sans 
doute d'unegranne ulilité, et contiendraient beau- 
coup de choses nouvelles et intéressantes; mal- 
heureusement la santé de M. Anders l'a souvent 
obligé à interrompre ses travaux. M. Anders 
a fait insérer quelques articles dans la Gazette 
musicale de Leipsick; un morceau intéressant 
sur l'histoire du violon a été donné pai lui dans 



AINi)KRS — AJNDUt 



97 



le n" 56 du rpciieil périodique, intitulé -. Cacilin 
(p. 247-257). En 1831, il a publié à Paris 
une brocliure in-S» sous ce titre : Aicolo Pag-a- 
nini, sa vie, sa personne et quelques tno/s sur 
son secret. M. Anclers a donné aussi quelques 
articles dans les années 1831, 1832 et 1833 de 
la Revue musicale. Au mois de mars 1833 il a 
été nommé employé de la Bibliollièque impét iale 
pour la conservation et la mise en ordre de, la 
[lartie musicale. Depuis cette époque il a donné 
quelques bons articles à la Gazette musicale 
de Paris, dont il a rédigé les tables depuis l'o- 
rigine. V Encyclopédie des gens du monde 
renferme aussi quelques bons articles concer- 
nant Ihistoire et la théorie de la musique dont il 
est auteur. Enfm, il a extrait de la notice bio- 
graphique de Beethoven, publiée par "Wcgeler et 
Ries, une brochure intitulée : Détails biogra- 
phiques sur Beethoven. Paris, 1839, in-S» de 
48 pages. 

AMDERSCII (Jean- Daniel), docteur en 
philosophie, et directeur d'un pensionnat d'édu- 
cation en Poméranie, s'est fait connaître par 
quelques livres sur l'éducation et par un dic- 
tionnaire portatif de musique, à l'usage des 
amateurs et des jeunes musiciens, sous ce titre ; 
Musikalisches Wœrterbuch fur Freunde und 
Schùler der Tonkunde (sic ). Berlin , Natorif, 
1829, in-80 de 420 pages. Cet ouvrage n'est 
qu'un extrait du Lexique musical de Koch. 

ANDERSOIM (Jean), compositeur de mu- 
sique écossaise, est considéré par quelques per- 
sonnes commen'ayantpaseuderival encegenre, 
depuis le temps d'Oswald. 11 est mort à Inver- 
ness, en 1801. 

ANDIA'G ( J. M. ), professeur de musique 
au séminaire de Hildburghauseu et organiste de 
l'union évangélique de cette ville, né vers iSlfi, 
s'est fait connaître par quelques compositions 
pour l'orgue et pour léchant, au nombre des- 
quelles on remarque 48 préludes faciles pour 
des chorals, op. 5, Erfuit, Kôrner, petit in-40 
obi. Anding est un des rédacteurs du journal des 
organistes intitulé Z/rflHJa, et publié à Erfurt, 
chez Kôrner. 

AI\DRADE (Jean-Auguste), compositeur 
de romances et professeur de chant , est né à 
Rayonne en 1793. Admis comme élève au Con- 
servatoire en 1817, il y a reçu des leçons de 
chant de Garât et de Ponchard , et a obtenu le 
premier prix en 1820. On a publié de sa com- 
position beaucoup de romances et de nocturnes, 
parmi lesquels il en est plusieurs qui ont eu du 
succès. M. Andrade est auteur d'une ISouvelle 
méthode de chant et de vocalisation, adoptée 
parle Coiservatoire de Paris. Paris, Aulagnier 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. — I. 



( sans date), gr. in-i". Une é<Iillon de cet ou- 
vrage, revue etaugmentée par M. Aug.Gathy, a été 
publiée à Hambourg, chez Cranz, 1838, in^". 
ANDRÉ DE CORINTHE, musicien 
poêle cité par Plutarque dans son dialogue sur 
la musique, avec Tyrtée de Mantinée et Thra- 
sylle de Phlionte, au nombre des musiciens grecs 
qui se sont abstenus de l'emploi du genre chro- 
matique, de la multiplicité des cordes et de plu- 
sieurs autres choses vulgairement usitées dans la 
musique. ( Voy. la note 140 de Burette sur ce 
passage de Plutarque , dans les Mémoires de 
V Académie des inscriptions et belles-lettres , 

t. viir. ) 

A1\DRÉ OU ANDREAS , archevêque de 
Crète, vécut vers la tin du septième siècle et au 
commencement du huitième On lui a donné 
aussi le nom ô' Andréas Hierosolymitamts , 
parce qu'il fut d'abord moine à Jérusalem. Théo- 
dore, patriarche de celte ville, l'envoya au con- 
cile dé Constantinople , pour y combaltre les 
doctrines des monothélites. Après avoir rempli 
successivement les offices de diacre et d'orpha- 
notroplie , il fut élevé à l'archevêché de Cièle. 
Les auteurs qui ont U\é la date de sa mort au 
14 juin 724 l'ont confondu avec André, arche- 
vêque de Césarée, qui est un autre personnage. 
La date de la mort d'André de Crète est incer- 
taine. On a de ce patriarche des homélies et 
quelques opuscules publiés par Cond)éfis et 
Petau. Il est aussi auteur de plusieurs hymnes 
avec le chant en usage dans l'Église grecque, 
et conservées dans rOvcTwr)xo;. Fabricius ( Bibl. 
Grue, t. III, p. 654, édit. de Ilarles ) attri- 
bue à André de Crète le traité de musique in- 
titulé Hagiopolitès , contenu dans le manus- 
crit grec no 360 de la Bibliothèque impériale de 
Paris; mais, ainsi que le remarque M. Vincent 
{Notices et extraits de Manuscrits de la Bi- 
bliot. du Roi, t. XVJ, 2" p , pag. 259 ), aucune 
raison n'est indiquée à l'appui de cette assertion, 
et il y a des motifs plausibles pour la repousser. 
( Voyez Hacioi'Olitès. ) 

ANDRÉ ( Yves Marie), jésuite, né en 1675, 
à Chàleaulin, en Bretagne, professa les mathé- 
matiques à Caen, depuis 1726 jusqu'en 1759, et 
mourut le 26 février 1764, à l'âge de quatre- 
vingt-neuf ans. On a de lui un Traité sur le 
beau; Paris, 1741, in-12, dont le quatrième 
chapitre est consacré au beau musical. Le bon 
jésuite ne sait de quoi il parle. Son livre a eu six 
éditions, et a été réuni à la collection de ses 
j œuvres, en 5 vol. in-12, qui a été publiée après 
sa mort. Comme Lucrèce et tous ceux qui pen- 
sent que le beau musical consiste dans l'imitation 
de la nature, le V. André nous fait instruire 

7 



98 



ANDRK 



dans la musique par les concerts des oi- 
seaux ; par les zcpliirs qui soupirent dans les 
roseaux ; par les aquilons qui sifflent dans les 
forêts-, par la \o\x formidable des vagues de la 
mer, et enfin par le tonnerre, qui fait la basse de 
la symphonie! L'arc-en-ciel, lui-même, nous 
instruit des principes de la musique; car Newton 
a découvert que les couleurs du spectre solaire , à 
savoir, le rouge, l'orangé, le jaune , le vert , le 
bleu, l'indigo et le violet, occupent, dans la 
bande colorée, des espaces qui sont entre eux 
dans les mêmes proportions que les intervalles des 
sept sons de la gamme! Enfin, le P.André voit 
dans la coïncidence de ce fait avec les phéno- 
mènes du corps sonore et les proportions numé- 
riques le principe certain du beau en musique, 
lequel conséquemment consisterait dans l'ordre 
et la régularité. Par là il exclut le sentiment et 
l'imagination, réduisant l'eflet du beau à celui 
«pi'il produit sur l'intelligence. Cependant, par 
une contradiction manifeste, il finit par recon- 
naître trois sortes de beau, à savoir : l'absolu , in- 
dépendant { à\t-H) de toute institution, même 
divine; le beau musical naturel, dépendant 
de l'institution du Créateur, mais indépen- 
dant de nos opinions et de nos goûts; et 
enfinun beau musical artificiel, et en qiielque 
sorte arbitraire, mais toujours avec dépen- 
dance des lois éternelles de IViarmonie ! Tout 
cela est faux ; car il est évident que le beau que 
nous ne sentirions pas serait le néant, bien que 
d'institution divine; quant au beau arbitraire, 
il n'est pas moins certain qu'il n'est qu'une il- 
lusion des sens et de l'esprit, car beau et ar- 
bitraire s'excluent réciproquement. Enfin, et 
ceci n'est pas moins important, le beau absolu, 
indépendant, même de l'institution divine, im- 
plique contradiction, car nous n'aurions aucune 
faculté pour l'apercevoir et le reconnaître. 

ANDRÉ (CnRÉTiEN-CHAHLEs), en allemand 
Andrâ, naquit à Hildb\irghausen , le 20 mars 
1763, el fut d'abord secrétaire du prince de Wal- 
deck , là Arolsen. En 1785 , on le nomma conseil- 
îsr d'éducation à Schnipfenthal , dans le duché 
de Gotha. Trois ans après, il établit dans ce lieu, 
conjointement avec Salzmann, une maison d'édu- 
cation pour les jeunes demoiselles. En 1790, il 
se sépara de son ancien associé, et transporta 
son établissement à Gotha. Ce fut dans cette si- 
tuation qu'André écrivit ses nombreux ouvrages 
sur l'éducaticn , et particulièrement ses Prome- 
nades utiles pour tous les jours de Vannée , à 
l'usage des parents; Brunswick, 1790-1797, 4 
parties in-8°. Dans l'une des quatre parties de cet 
ouvrage, l'auteur a traitédel'ar^rfejowerdMpiano 
avec tant de clarté et de précision , qu'on peut 



affirmer qu'il n'est point de liffe où les principes 
philosophiques de cet art soient mieux exposés. 
André est aussi l'auteur d'un opuscule intitulé : 
Schreiben an einen Freund iiber das musika- 
lische Drama Thirza und ihre Sôhne (LelUe^ 
à un ami sur le drame musical , Thirza et ses 
fils); Eisenach, 1783, trois feuilles in-8°. André 
a été nommé, en 1798, directeur des établisse- 
ments ecclésiastiques deBriinn. Il occupait encore 
ce poste en 1815. Il est mort le 19 juillet 1831. 

ANDRÉ (Jean ), né à Offenbach , le 28 mars 
1741, fut d'abord destiné au commerce par ses 
parents, qui étaient fabricants de soieries en 
cette ville. En conséquence, ils ne lui firent jioint 
étudier la musique, et le jeune André, que son 
goût entraînait vers cet art, n'eut pour tout se- 
cours, jusqu'à l'âge de douze ans, que les avis 
d'un de ses petits camarades, qui allaita Franc- 
fort prendre des leçons de violon qu'il lui trans- 
mettait à son tour. Il apprit aussi, sans maître, 
à jouer du clavecin, et le livre choral de 
Kœnich lui servit à étudier l'art de l'accompa- 
gnement. 

Jusqu'à l'âge de vingt ans, André n'avait com- 
posé que des pièces fugitives de cliant ou de mu- 
sique instrumentale; mais, se trouvant à Franc- 
fort vers 1760, il y entendit des opéras-comiques 
français et des opéras bouffes italiens , qui lui 
donnèrent l'idée de travailler pour la scène. Son 
|)reniier ouvrage en ce genre, der Tœp/er ( le Po- 
tier), fut représenté à Francfort, et plut par 
la gaieté et le naturel qui y régnaient. Son succès 
détermina le célèbre Gœlhe à confier au jeune 
compositeur son opéra à^Erwin et Elmire. André 
le mit en musique avec le même bonheur. Ces 
deux ouvrages, ayant été représentés peu de 
temps après à Berlin , réussirent si bien, que 
leur auteur fut appelé dans cette ville pour y di- 
riger le grand théâtre. André vendit alors sa fa- 
brique de soieries, et se rendit à Berlin avec sa 
femme et ses enfants pour y prendre possession 
de cette direction , et pour apprendre l'harmonie 
el le contrepoint , dont il n'avait point encore 
fait d'étude régulière. Là il fit la connaissance 
de Marpurg, qui le dirigea dans ses travaux sco- 
lastiques. 

Durant le temps qu'il passa à Berlin, André 
composa un assez grand nombre d'ouvrages pour 
le théâtre qu'il dirigeait. Il resta plusieurs années 
dans cette ville, et probablement il s'y serait 
fixé pour toujours s'il eût pu y transporter une 
fonderie de caractères et une imprimerie de mu- 
sique qu'il avait établies à Offenbach en 1774; 
mais n'ayant pu l'introduire à Berlin, à cause du 
privilège Je Hummel , et ses affaires ayant été 
mal conduites en son absence , il prit , en i784 , 



ANDRÉ 



9i> 



ie parti de retourner à Offonbach , pour diriRer 
lui-même une entreprise qu'il considérait comme 
plus avantageuse que la direction du théâtre. Le 
succès répondit aux espérances d'André, et son 
établissement devint un des plus considérables 
de l'Europe en ce genre. Lui-môme on dirigea 
toutes les parties et leur donna tant d'extension, 
qu'il (init par y employer journellement plus de 
cinquante ouvriers. Une attaque d'apoplexie l'en- 
leva à sa famille le 18 juin 1799. 

Le opéras dont André a composé la musique 
sont : 1° Der Tœpfer (le Polier). — 2° Erwin 
et Elmire. — 3° Herzog Michel{\e duc Michel). 

— i" Beralte Freijer ( l'Amoureux suranné). — 
5° Peter und Hannchen ( Pierre et Jeannette ). — 
C)" Dcr Filrst im hœchsten Glanze (le Prince 
dans toute sa splendeur). — 1° Laura Roselti. — 
8" Claudine. — 9° l'Alchimiste. — 10° Les Grâ- 
ces. — II" Das turtarische Gesetz (la Loi des 
Tartares). — 12° Das Friedens Feyer (la Fêle 
de la paix ). — 13° Die Schadenfreude (l'envie). 

— ik" Kurzc Tliorheitist diebeste{\A^\n?,conxl& 
folie est la meilleure). — 1 5° Das Wiithende Heer 
la Chasse infernale). — 16° Ë'/nure, réduite pour 
le clavecin; en 1782. — l"?" Das Aulomat (l'Au- 

touiafe) 18° Der Barbier von Bagdad (le 

Barbier de Bagdad). — 19° Le vieux homme li- 
bre. — 20° Arlequin perruquier, pantomime. 

— 21° Belmont et Constance. — 22" Quelque 
chose doit nous survivre. — 23° Musique pour 
la tragédie de Macbeth. — 24° Idem pour le 
Roi Lear. — 25° Divertissements pour diverses 
circonstances. Ses ouvrages détachés consistent 
en trois sonates pour le clavecin , avec vio- 
lon et violoncelle, op.' l ; Offenbach, 178C. - 
Chansons avec accompagnement de fliile ou 
violon, alto et basse, trois parties; Otfenbach, 
1793. — Léonore de Burger, romance pour le 
piano, dont il a été publié cinq éditions. — Les 
Femmes de Veinsberg , pour le piano; ariette 
pour le Barbier de Séville. Malgré les occupations 
multipliées d'André, il se passait peu de temps 
sans qu'on vît paraître quelque nouvel ouvrage 
de sa composition. L'année même de sa mort, 
il travaillait à un opéra , dont il avait tiré un 
rondeau qui fut imprimé dans l'Almanach théâ- 
tral de Gotha, en 1796. 

Le stylede ce musicien n'a rien de remarquable, 
soit sous le rapport de la nouveauté des idées, 
soit sous celui de l'harmonie; mais ses mélodies 
ont du naturel, de la grâce et plus de gaieté qu'on 
n'en trouve communément dans la musique al- 
lemande. Il y a beaucoup d'analogie entre la ma- 
nière d'André et celle de Ditters de Dittersdorf. 

Ai\DRE (Jean-Antoine), lils du précédent, 
est ne à Offenbach le G octobre 1775, et non 



à Berlin en 1770, comme il est <lit dans le pre- 
mier Lexikon de Gerber , et dans le Dlctionnaiie 
des Musiciens de Choron et FayoUe. Les bio- 
graphes allemands assurent qu'André n'était 
âgé que de deux anslorscju'il montrait déjà d'heu- 
reuses dispositions pour la nmsi(pie. Les pre- 
mières leçons de violon et de piano lui furent 
données à Berlin , dans le temps où sou pèie di- 
rigeait l'orchestre de l'Opéra. L'art du chant lui 
fut enseigné par le ténor Marschhaiim , et il y 
fit des progrès; à l'âge de huit ou neuf ans il 
chantait avec goût et justesse des airs fort diffi- 
ciles. De rétour à Offenbach, quand son père 
alla se fixer définitivement dans celte ville, André 
s'y livra avec ardeur à l'étude du violon et du 
piano; il y prit aussi des leçons d'harmonie et 
d'accompagnement, et le chanteur Righetti , qui 
passa quelque temps à Offenbach, en 1786, lui 
fit contracter de bonne heure l'habitude de dé- 
chiffrer la partition. L'année suivante, il fut confié 
aux soins de Ferdinand Frànzel pour achever 
ses études de violon ; deux années de leçons de 
ce maître le rendirent habile sur cet instrument. 
Ses premières compositions avaient été des sym- 
phonies qu'il écrivait pour des concerts d'ama- 
teurs; mais le premier ouvrage (pi'il avoua tut 
une sonate de piano avec accompagnement de 
violon, composée pendant un voyage qu'il fit a 
Manheim et à Strasbourg avec son père. En 1789, 
il retourna à Manheim pour y continuer ses 
éludesde violon sous la direction de Frànzel : il y 
fut nommé premier violon adjoint du théàtie de 
la cour; mais l'année suivante il fut obligé do 
retournera Offenbach pour y diriger le commerce 
de musique de son père, qui voyageait en Saxe. 
Ce fut aussi dans la même année 1790 qu'il rem- 
plit les fonctions de chef d'orchestre au spectacle 
dirigé par Bossmann : il n'était alors âgé que de 
seize ans. 

La grande quantité d'ouvrages sortis de sa 
plume lui avait déjà donné une habitude d'écrire 
qu"il est rare de posséder à cet âge ; toutefois 
cette habitude pratique ne lui parut par suffi- 
sante; il sentit la nécessité de faire des études 
plus sérieuses, et, en 1792, il retourna à Man- 
heim pour faire un cours d'harmonie et de con- 
trepoint sous la direction du maître de chapelle 
Volweiler, qui, en moins de deux ans , le mit eu 
étatd'écrire correctement. Depuis 1793 jusqu'en 
1796 il partagea le temps alternativement entre 
le commerce de musique et l'étude de son art. 
11 était dans sa vingtième année quand il partit 
pour l'université de léna, où il resta jusqu'au 
printemps de 1797. Après avoir voyagé quelque 
temps dans le nord de l'Allemagne, il retourna 
à Offenbach en 1798; mais il n'y resta pas long- 

7. 



100 



ANDLVE 



temps, car dans la même année il entiepilt un 
second voyage musical à Mayence, Cobleniz, 
Bonn, Cologne et Wesel. La mort de son père 
le rappela à Offenbacli en 1799, el dès ce mo- 
ment il se livra sérieusement à son commerce de 
musique ; ce qui ne l'empêcha pas toutefois de 
faire encore, dans le cours de la même année, une 
grande tournée musicale par Wiirtzbourg, Nu- 
remberg, Erlangen, Ratisbonne, Augsbourg, 
Munich, Salzbourg, Passau, Linz et "Vienne; il 
levint à Oiïenbach par Prague , Dresde, Alten- 
bourg, léna, Weimar, Gotha, Erfurt el Sonders- 
liausen. Il dut à ce voyage la connaissance des 
compositeurs les plus célèbres de l'Allemagne. 
Pendant son séjour à Vienne , il acheta de la 
veuve de Mozart la collection de manuscrits qui 
avait été laissée par ce grand artiste. Le dernier 
voyage entrepris par André eut lieu en 1800 : 
il se rendit en Angleterre en passant par Cassel, 
Gœtlingue, Hanovre, Hambourg, Cuxhaven, et 
revint par la même route. Depuis lors il n'a 
cessé de s'occuper de la composition et du com- 
merce de musique. Cet homme actif et dévoué 
à l'art est mort à Offenbach , le 5 avril 1842. 

La liste des ouvrages de sa composition qui 
ont été im()rimés se compose de vingt et une sym- 
phonies pour l'orchestre (Manbeim et Offenbach), 
trois concertos de violon, sept concertos pour 
divers instruments à vent, plusieurs recueils 
d'harmonie pour la musique militaire , deux 
messes, Rinaldo et Alcina, opéra ( 1799) , sept 
œuvres de quatuors pour deux violons , alto et 
basse, six œuvres de sonates de piano, des séré- 
nades pour orchestre, des danses, des fantaisies 
et des airs variés pour plusieurs instruments, 
des cantates, des romances et des chansons. La 
musique d'André manque d'invention, mais elle 
est agréable, et l'harmonie en est assez purement 
écrite. Sa maison de commerce de musique était 
au rang des plus considérables de l'Allemagne. 

En 1832 André a annoncé un traité général 
de la musique sous le titre de Lehrbuch der 
Tonkunst, en six volumes grand in -8**. Le pre- 
mier volume a paru au mois de juillet de la 
même année. Il est relatif à la science de l'har- 
monie et contient une instnif-tion sur la généra- 
lion des accords , leur emploi à deux, trois, 
quatre et un plus grand nombre de parties, les 
règles de la modulation dans les tons majeurs et 
mineurs, une instruction sur l'ancienne tonalité, 
la mélodie et l'harmonie des chorals, avec de 
nombreux exemples. Le second volume, divisé en 
trois parties, renferme la science du contrepoint 
simple et double, l'imitation canonique et la fu- 
gue. Les autres volumes, destinés à la mélodie, 
à la rhythmiquc, à la musique instrumentale, à 



la composition du chant, au style, à la forme des 
pièces de musique et à l'usage des voix et des 
instruments, n'ont pas paru, et n'ont pas été 
vraisemblablement achevés par l'auteur. On a 
aussi d'André : 1° un catalogue thématique des 
œuvres de Mozart composées depuis 1784 jusqu'à 
la fin de 1791, d'après les manuscrits originaux, 
dontAndré était devenu possesseur. Cecatalogue, 
publié à Offenbach, in-4° sous ce titre : Tliema- 
tischex Verzeichniss sxvimtlicher composi- 
tionen Von W. A. Mozart, a eu une deuxième 
édition avec le portrait de Mozart, en 1829. — 
2° Une méthode de violon intitulée Anleitung 
ziim violinspielen, en français et en allemand, 
Offenbach, André. 11 y a des éditions alle- 
mandes publiées à Brunswick , chez Spehr et à 
Vienne, chez Artaria. Il y en a aussi une édition 
française, publiée à Paris, chez Dufautet Dubois. 

A1\DRE^( Jean-Bernard), fils du précédent, 
né à Offenbach, est pianiste et compositeur pour 
son instrument. L'imprimerie musicale d'Offen- 
bach lui est échue en partage dans la succession 
de son père, et il en continue l'exploJtation. On 
connaît de lui environ 50 œuvres d'études, de ca- 
prices, de morceaux de salon, pour le piano, et 
de fantaisies ou duos pour piano et violon, et 
piano et violoncelle. 

Un autre fils de Jean-Antoine André est mar- 
chand de musique à Francfort-sur-le-Mein. Son 
nom est Charles. Sa maison est le rendez-vous 
des artistes, et l'on y entend de bonne musique 
de chambre dans des réunions intimes. 

ANDRÉ (Jules), parent et peut-être frère 
de Jean Bernard et de Charles , est organiste et 
professeur de piano à Francfort-sur-le-Mein. De- 
puis 1832, il s'est fait connaître par les ouvrages 
suivants : 1° 3 Polonaises à 4 mains pour piano, 
op. 7; Offenbach, André, — 2° Sonatine à 4 mains 
pour piano, op. 17; ibid. — S» Des mélanges 
pour piano seul sur des motifs d'opéras, op. 13, 
18; ibid. — 4° Des valses brillantes; ibid. — 
5° Des nocturnes et des rondeaux; ibid. — C 12 
pièces d'orgue, op. 9; ibid. — 7° 12 idem, op. 26; 
ibid. — 8° Méthode d'orgue théorique et pratique; 
ibid. — 'd" Anleitung zum Selbstunferricht im. 
Pedalspiel (Introduction à l'inslruclion par soi- 
même dans l'art de jouer la pédale de l'orgue); 
ibid., 1834.— 10° des Chansons allemandes avec 
piano; ibid. — 11° Chants de la Suisse, à voix 
seule, avec piano, ibid. 

ANDRÉ (Auguste), de la môme famille, 
professeur de piano à Offenbach, a publié quel- 
ques bagatelles pour cet instrument, pai ticulière- 
ment 12 petits rondos à 4 mains sur lestliémes 
des opéras modernes en vogue, à Offenbach, 
chez André; et L'/lmi des Opteras, recueil ilc 



ANDRÉ — ANDRÈS 



ICI 



pots pourri», de petits rondos, de fantaisies, etc.; 
sur les tiiéines favoris de IJellini, Donizetti, Ha- 
levy, Adam, Lorizing, et, pour piano seul; ibid. 

ANDREA SYLVANUS. Voyez Silva. 

ANDREA (Nicolas), prédicateur à Pitliea 
en Laponie au commencement du 17"= siècle, a 
publié un Rituale Ecclesix ; Stockbolm, 1619, 
in-4'». On trouve à la Bibliotbèque impériale, à 
Paris, un livre de cet auteur sous ce titre : Li- 
bello musici concentus missœ; Stockbolm, 161'J, 
in-4°, qui n'est probablement que le môme ou- 
vrage, cité sous un autre titre par quelques au- 
teurs. 

ANDREA ( Onuphre d'), poète napolitain, 
florissait vers 1630; il mourut vers 1647. Cres- 
cembini et Quadrio le mettent au nombre des 
meilleurs poêles du dix-septième siècle. Outre ses 
poëmes, il a écrit des discours en prose sur quel- 
ques sujets de philosophie : Discorsi in prosa, 
che sono délia bellezza, deW amicizia, dell' 
amore, dclla musica, etc.; Naples, 1636, in-4°. 

ANDREA, récollet, né à Modène, vivait vers 
la fin du dix-septième siècle. Les auteurs italiens le 
citentengénéralsouslenomd'AHrf?'eadi^/OÉ?e«a. 
]l a publié un traité du plain-chant, sous ce titre : 
Cantoarmonico, ocanfofenno; Modène, 1690, 
in- 4°. C'est nn des meilleurs ouvrages qui ont 
été faits sur cette matière ; malheureusement il 
est d'une rareté excessive. 

ANDREINI (Isabelle), née à Padoue en 
1562, eut une grande réputation comme canta- 
trice. Elle jouait aussi fort bien de plusieurs ins- 
truments, et elle joignait à ces talents celui de la 
|K)ésie, qui la fit recevoir à l'académie des Intenti 
de Padoue. Elle demeura longtemps en France, 
et mourut à Lyon, d'une fausse couche, en 1604. 

ANDREOZZI (Gaetano), compositeur de 
musique, né à Naples en 1763, fut admis dans 
sa jeunesse au conservatoire de la Picià dei 
Turchini, et acheva ses études musicales sons 
la direction de Jomelli, son parent. Ses premiers 
ouvrages furentdes cantates à voix seule,et des duos 
pour deux soprani et basse d'accompagnement. 11 
n'avait que seize ans lorsqu'il sortit du Conserva- 
toire pour aller à Rome composer au théâtre Argen- 
tina son premier opéra, intitulé : La morte di 
Cesareien 1779). En 1780, il écrivit llBajazet, 
pour le théâtre ducal de Florence, et dans la môme 
année il fut appelé à Livourne pour y écrire TO- 
Ibnpiade. Ses autres opéras sont : Agesilao , 
en 1781, au théâtre S. Benedetto de Venise; 
Z/ieocfoZïHC?a, dans la même année, à Turin ; Ca- 
tone in Vtica, en 1782, à Milan, et dans la même 
année, H Tiion/o d'Arsace, h Kome; la Vcrgine 
del Sole, à Gênes, en 1783 ; Angelica e Medoro, 
dans la môme année , à Venise. Quelques succès 



qu'il avait oblemis le mirent en réputation vers 
cette époque, et des propositions lui furent faite» 
pour le fixer à la cour de Russie : il s'y rendit 
en 1784 et écrivit dans la même année à Pélers- 
bourgla Dido, et Giasone e Meden. De retour 
en Italie, il publia à Florence, en 1786, six qua- 
tuors pour deux violons , alto et basse. L'annéo 
suivante, il écrivit Virginia pour le théâtre Ar- 
gentina, à Rome. Le peu de succès de cet ou- 
vrage le détermina à retourner à Naples, où il 
donna des leçons de chant. En 1789, il écrivit 
pour le théâtre Saint-Charles Sofronia e Olindo, 
et dans l'automne de la même année Sesostri. 
En 1790, au même théâtre. Saule, oratorio, // 
finto ciecQ, La Principessa filosofa. Appelé 
l'année suivante à Madrid, il y écrivit Gustavo, 
re di Suezia; puis il revint à Naples pour y com- 
poser son oratorio de La Passione di Giesti 
Chrislo. Son dernier ouvrage fut la Giovanna 
d'Arco; il l'écrivit pour le grand théâtre de Ve- 
nise. Quoique dans la fleur de l'âge, il cessa 
d'écrire pour le théâtre vers le même temps , et 
se voua à l'enseignement. Parmi ses élèves il 
comptait les princesses de la famille royale, et 
particulièrement celle qui , depuis lors, est de- 
venue duchesse de Berri. En vieillissant, il cessa 
d'être recherché comme professeur; et il devint 
fort pauvre. L'espoir de trouver des secours dans 
la munificence de son ancienne pupille l'amena 
à Paris en 1825. Il ne fut pas trompé dans son 
attente; mais il ne jouit pas longtemps des bien- 
faits de la princesse; car il mourut au mois de 
décembre 1826, au moment où il se préparait à 
retourner à Naples. Andreozzi était un musicien 
de peu de génie et de peu science ; mais, comme 
la plupart de ses compatriotes , il avait une cer- 
taine facilité et du naturel dans sa mélodie. Quel- 
ques-uns de ses airs ont été chantés avec succès 
dans leur nouveauté. 

ANDREOZZI (Anna), femme du précédent, 
naquit à Florence, en 1772, d'une famille distin- 
guée, nommée De' Sanii. En 1791, elle débuta 
comme prima donna au théâtre de La Pergola, 
dans sa ville natale, et se fit entendre dans plu- 
sieurs grandes villes d'Italie. En 1801, elle tut 
engagée au Uiéâtre de la cour à Dresde et y 
eut des succès. M™" Paer devait lui succéder; 
elle voulut aller l'entendre à Pillnitz , et elle 
partit en effet pour cette ville avec un amateur 
de Dresde, le 2 juin 1802. Après l'opéra, les deux 
voyageurs voulurent retourner à Dresde, mais 
un des chevaux se cabra, versa la voiture, et le 
choc fut si violent, queM""' Andreozzi resta sans 
vie sur la place, ainsi que son compagnon de 
voyage. 

ANDRÈS (Le Père Jean), savant jésuite es- 



103 



ANDRÈS — A NE AU 



paj^nnl, naquit en 1740, ;i Planis, dans le royanme 
(li; Valence, fit ses études dans celte ville, et en- 
seigna iiendantqnelquetempslaliltérature grecque 
fit latine à l'Académie de Candia. L'expulsion 
des jésuites d'Espagne obligea le P. Andrès à 
suivie ses confrères en Italie. Après quelques 
vicissitudes , il fut chargé d'enseigner la philoso- 
phie àFerrare, dans le collégede son ordre ; mais 
la suppression des jésuites par Clément XIV l'o- 
bligea d'accepter l'asile que lui offrait le comte 
Blanchi, à Mantoue. Plus tard (1796) il accepta 
la place de bibliothécaire du duc de Parme ; mais, 
après le rétablissement des jésuites dans le 
royaume de Naples (en 1804), il alla se réunir à 
eux. Murât, étant monté sur le trône, le nomma 
préfet de la bibliothèque royale, et pendant quel- 
ques années le P. Andrès en remplit paisiblement 
les fonctions. Après la chnte de ce monarque, il 
demanda la permission de se retirer à Rome dans 
la maison de son ordre : il y mourut le 13 janvier 
1817, à l'âge de sixante-dix-sept ans. Au nombre 
des ouvrages de ce savant, on remarque un opus- 
cule Sur la Musique des Arabes; Venise, 1787, 
in-S". Il a aussi traité de la musique dans son 
important ouvrage intitulé : DelT origine, pro- 
ijressi, e dello stato attuale d'ogni letterature. 
Parme, 1782-1799, 7 volumes in-4"; Venise, 
«808-1817, 8 vol. in-4o; Pistoie, 1818, 8 vol. 
in-4"; Pise, 1824, 23 vol. in-8o. 

AIXDREVI (François), né à Sanabuya, pro- 
vince de Levida, en Catalogne, en 1785, de pa- 
rents italiens, entra comme enfant de chœur à 
l'église cathédrale d'Urgel, dans les dernières an- 
nées du dix huitième siècle, et y fit son éducation 
musicale. En 1828, il était maître de chapelle de 
l'église métroi>olitaine de Valence. Deux ans après, 
il obtint la maîtrise de la cathédrale de Séville, 
et en 1 832, il eut la place de maître de la chapelle 
royale. Bientôt après , la révolution l'obligea à 
abandonner cette position et à chercher un asile 
en France. Il se fixa à Bordeaux, et y obtint la 
place de maître de chapelle delà cathédrale, qu'il 
occupait encore en 1842. Rentré en Espagne dans 
Tannée 1843, il se retira à Barcelone, et y obtint 
la place de niaîti-e de chapelle de l'église Notre- 
Dame de la Merci. Andrevi a composé beaucoup 
de musique d'église d'un bon style : on a do 
lui des messes , vê|)res , psaumes, antiennes à 
plusieurs voix avec orchestre ; ces ouvrages sont 
restés en manuscrit, à l'exception d'un Nunc dimi- 
fis à quatre voix et orchestre, et d'un Salve Regina 
à six voix et orchestre, puhliés |)ar M. Eslava 
dans sa collection de musiq\ie d'église espagnole 
intitulée : fjra sacra hispana, tome 2, de la 
section des compositeurs du dix-neuvième siècle. 
Âiidievi a écrit un Traité d'Harmonie et de 



Composition dont la traduction française aélé 
publiée à Paris, chez Périsse frères, en 1848, 
1 vol. gr. 8°. Andrevi est mort à Barcelone le 
23 novembre 1844, à l'âge de soixante-neuf ans. 

ANDRIGHETTI (Antoine-Louis). Voy. 
Aldrighetti. 

AIVDROT (Albert-Auguste), naquit à Paris 
en 1781. Admis en 1796 dans une classe de sol- 
fège du Conservatoire de Musique, il remporta 
en 1802, dans cette école, le prix de contrepoint 
et de fugue, et en 1803 le grand prix de com- 
|)osition décerné par l'Institut. Arrivé à Rome, 
il se livraàl'étude avec ardeur, etGuglielmi, alors 
maître de chapelle du Vatican, charmé de son 
zèle, le prit en affection et lui donna des conseils. 
Androt composa un morceau de musique d'é- 
glise, qui fut exécuté à Rome dans la semaine 
sainte de 1804. L'administration d'un des théâ- 
tres de cette ville lui demanda un opéra pour 
l'automne : il l'écrivit; mais un travail obstiné 
avait altéré sa santé, et il mourut au moment où 
il venait de terminer cet ouvrage, le 19 août 
1804, avant d'avoir atteint sa vingt-troisième 
année. Peu de jours avant sa mort, il avait com- 
posé un de Profundis, qu'on a exécuté en son 
honneur à la cérémonie religieuse qui eut lieu au 
mois d'octobre 1804, dans l'église de Saint-Lau- 
rent in Lucina , à Rome. On a fait une grande 
renommée à Androt dans le Conservatoire de Mu- 
sique de Paris ; j'ai vu ses ouvrages, et n'y ai 
rien trouvé qui justifiât cette réputation : son 
style est lourd , et il me paraît manquer absolu- 
ment d'imagination. 

ANEAU ou ANNEAU (B4rthélemt), poète, 
jurisconsulte «t musicien français, naquit à Bour- 
ges, vers le commencement du seizième siècle, et 
fut professeur du collège de la Trinité à Lyon. II 
était soupçonné de calvinisme : ce soupçon fut 
cause de sa fin tragique; car, le 21 juin 1565, 
une pierre ayant été lancée contre le saint-sacre- 
ment, dans la procession de la Fête-Dieu, on crut 
remarquer qu'elle était partie du collège do la 
Trinité ; le peuple furieux en força les portes, et 
massacra le malheureux Anneau sans aucune in- 
formation. Au nombre de ses ouvrages , on re- 
marque : 1° Chant natal, contenant sept noels, 
un chant pastoral et un citant royal, avec 
un mystère de la Nativité par personnages ; 
composé en imitation verbale et musicale de 
diverses chansons , recueilli sur l'Écriture 
Sainte et d'icelleillust7'é ; Lyon, 1539, in-S». — 
2" Genethliac musical et historial de la Con- 
ception et Nativité de Jésus- Christ , par vers 
et chants divers, etc.; Lyon, 1559, in-8'\ Il se 
pourrait que cet ouvrage ne (ùt que la deuxième 
édition du premier. 



ANELLI 

ANELLl (Angelo), compositeur dramatique, 
vécuïdansla seconde moitié du 18° siècle, et a fait 
représenter à Vérone, en 1780, l'opéra bouffe Iduc 
snpposti Conti. Il avait déjà écrit dans d'autres 
villes précédemment, car son nom est placé dans 
le catalogue des maeslri de Y Indice de' tealri 
spetlacoli de Milan pour l'année 1785. En 1788, 
Anelli a donné à Bologne l'opéra boull'e La 
Statua viatematica. 

AlVERIO (Felice), contrapuntiste de l'école 
romaine, naquit à Rome vers 15G0. Après avoir 
lini ses éludes musicales sous la direction de Jean- 
Marie Nanini, il devint maître de musique au 
collège anglais de Rome, puis il passa au service 
du cardinal Aldobrandini. A la mort de Palcs- 
trina, le pape Clément VIII le nomma compo- 
siteur de la chapelle pontificale : son installation 
eut lieu le 3 av;ril lây-i, comme le prouve un 
passage inséré dans le journal de la chapelle, par 
le secrétaire Hippolyte Gambocci da Gubbio, rap- 
porté par l'abbé Baini, dans ses Mémoires sur la 
vie et les ouvrages de Palestrina (t. 1, 244). L'é- 
|)oque delà mort de Felice Anerio n'est indiquée 
nipar Baini, ni par/lHrfreaAdami. (Voy, ce nom.) 
Ce dernier a fait graver le portrait de ce maître 
dans .^es Osservazioni per ben regolare il coro 
délia capella ponlificia (p. 183). Les composi- 
tions de Felice Anerio sont : 1° Trois livres de 
madrigaux spirituels à cinq voix, Rome, Gar- 
dane, 1585. — 2° Il primo libro del Madrigali 
a citique voci ; In Venetia, app. Giac. Vincenti, 
1587,in-4o. — 3° Deux livres de concerts spirituels 
à quatre voix ; Rome, Coattino, 159.3. — 4° Le 
premier livre d'hymnes, cantiques et motels à 
huit voix; Venise, Vincenti, 1596. Cette produc- 
tion est dédiée à Clément VIII. Anerio remercie 
le saint-père, dans son épltredédicaloire, del'avoir 
nommé compositeur delà chapelle apostolique, et 
reconnaît devoir celte faveur à la protection du car- 
dinal Aldobrandini. — 5° Le second livred'hym- 
nes et de motets à cinq, six et huit voix ; Rome, 
Zanetli, 1602. — 6» Le premier livre de madrigaux 
à six voix; Venise, Amadino, 1590, et Anvers, 
1599. — 7° Le deuxième livre de madrigaux à 
six voix ; Rome, Zanetti, 1602. — 8° Responsor i 
per la settimana sauta, a ire e quattro voci ; 
Rome; Zanetti, 1603. — 9° Canzonetlo a trc, e 
quattro voci; Madrigali spirituali a tre,equat- 
tro voci, lib, 4; Rome, Zanetti, 1603. — 10° Li- 
taniae 4, 5, 6 et 8 voc; Roma, ap. J.-B. Roble- 
tum, 1622, 'Vi-ii". On a aussi imprimé à Franc- 
fort-sur-le-Mein , en 1610, Canzonl a quattro 
voci. Quelques motets et psaumes à huit voix 
d'Anerio sont insérés dans les trois collections 
publiées par Fabio Costantini, à Naples, 1615, et 
à Rome, 1616 el 1G17. On trouve aussi un 



ANERIO 



103 



sonnet à huit voix du môme compositeur dans 
\c& Soneltinuovi de Fab\oVQtro7.z\; Rome, 1609. 
Dans le même recueil sont deux sonnets en l'hon- 
neur d'Anerio -. l'un, mis en musique par Léo- 
nard Meldert , sur ces paroles : Felice ara ch' 
Orfeo ii chiama; l'autre, par Jean Cavaccio, 
Vivo Felice or tra quest' antri, ttc. Les com- 
positions inédites de Felice Anerio se conservent 
dans les archives de Sainte-Marie in Vallicella, 
à la basilique du Vatican , et A la chapelle pon- 
tificale. Dans la collection de l'abbé Santini , à 
Rome, on trouve en partition, de Felice Anerio : 
une très-belle messe de requiem, à 4; une autre 
messe à 4 voix sur le chant : Or le tuefwzc 
adopra; la messe à 8 vestiva i colli; venite ad 
me omnes , à 8 voix; Are Regina cœlorum, 
à 8; Angehis ad Pastores ait à 8; Pas tores lo- 
qucbantur, à 8; Christiis resurgens, à 8; Arca 
Domini hodie, à 8; Ad te Icvavi à 8; Vocemea 
ad Domiman, h 8; Hodie cœlesti sponso, à 8; 
Aima redemptoris Mater, à 8; Derelinqtiat 
I impius, à 8; le psaume Dixit Dominus , à 8; 
Cantate Domino, h 12 voix; Hxc dies à 12; 
Laudemus virum gloriosiim à 12 ; une Messe 
entière à 12 voix, et plusieurs autres morceaux. 

ANElllO (Jean-François), frère puîné du 
précédent, né à Rome, vers 1567, fut d'abord 
maître de chapelle de Sigismond III, roi de Po- 
logne, puis de la cathédrale de Vérone. De là, il 
fut appelé à Rome pour y remplir la place de 
maître de musique du séminaire romain ; il fut 
ensuite maître de chapelle de la Madona de 
Monti ; enfin en IGOO, il obtint le même emploi 
à Saint-Jean de Lalran, où il restajusqu'en 1G03. 
On ignore l'époque de sa mort. Jean-François 
Anerio est un des premiers compositeurs italiens 
qui ont fait usage de croches, dédoubles et de 
triples croches, particulièrement dans sa Selva 
Armonica. 

Les œuvres de ce compositeur sont : 1° Il 
libro j)rimo de motetti a una, due e tre voci; 
Rome, Robletti, 1609. — 2" Il libro seconda de' 
motetti, con le letanie e le quattro antifone 
maggiori dopo il vespero, a sette e otlo voci ; 
Rome, 1611. — 3° Il libro terzo, con le letanie a 
qîiattro voci; Rome, 1613. — i° Il libro quarto, 
etc., 1617. — 5° Il libro quinto, etc. i 1618. — 6» 
Sacri concenlîis quatuor, quinque, sex vocibus 
una cum basso ad organum ; Rome, 1619. — 
7° Ghirlanda di sacre rose, motetti a cinque 
roci; Rome, Soldi, 1613. — 8° Selva armonica 
dove si contengon motetti , madrigali , canzo- 
nelte , dialoghi ; arie a una , doi (sic) , ire et 
qxiattro voci con basso per organo; Rome 1617. 
— 90 Diporti musicali, madrigali ad una, due, 
trc, Quattro voci ; Rome, 1617. — 10° Anli/one 



104 



ANERIO — ANEURIN 



sacri conccrtiper una^dite , ire voci ; Rome, 
Robletti,1013.— i\o liOro de' rcsponsori per il 
Aatale, a tre, quatlro, eotlo veci ; Rome, Ro- 
blelti, 1619. — 12" Libro délie letanie àl et 8, 
tocJ;Rome, Masotli, i626.— 16° Messa de' morii; 
Rome, 1620. — 14" Libi-o de salmiatre,equat- 
tro voci ; Rome, Robletli, 1 020. — 1 5'^ Aniiphonas, 
seu sacrx cantiones, qux in totius anni so- 
kmn. Vesperx ac Complet, décantait soient. 
2"* et 3"* parties; Romse, J. B. Robletli, 
in-40,1620. — lu" Rime sacre a 2, 3 eivoci;ib'ni, 
1620, in-4''. — 17" Il liùro primo de' madrigali 
a cinque voci; Venise, Gaidane, 1C05. — 18° 
il libro délie gagliarde intavolule per sonate 
net cembalo e liuto; Venise, Yincenti, 1C07. — 
I9û II libro secondo de' madrigali a cinque, 
sei voci, ed uno e alto voci ; Yenife, Vincenti, 
1608. — 20° La Recreazione armonlca, madri- 
gali ad una e due voci ; Venise, Gardane, 1611. 
— 210 Tealro armonicospirituale diinadrigali 
a cinque , sei, sette e otlo voci, coniposti dal 
rev. D. Francesco Anerio romano, e fatti im- 
primera da Oraz. Griffi, cant.pont. in Roma, 
per Gio. Batista Robletli, 1619. — 22». Labella 
Clori armonica, Canzonettee Madrigali a una, 
due être voci, con ilbassocontinuoper sonare ; 
In Roma, per Luca Antonio Soldi,\6l9,in^',°. — 
23'>Ghirtanda di sacre Rosea bvoci ;\hu\, 1619, 
in-4'. On voit dans cet ouvrage un dialogue à six 
voix, intitulé II Figliuol prodigo, et la conver- 
sion de saint Paul, à huit voix, où se trouve un 
combat pour les voix et les instruments, digne 
d'être encore admiré après deux siècles, dit l'abbé 
Bctini. • — 240 Dialogo pastorale a tre voci con 
IHntovolatura di cembalo e del liuto in rame; 
Rome, Verovio, 1600. 

Quelques motets de Jean-François Anerio ont 
été insérés dans trois collections publiées par 
Fabio Costantini .sous les titres suivants : 1" Salmi 
aotto di diversieccellentissimi am^o?-*; Naples, 
G.G. Carlino, 1615. — 2° Vari motetti a dite, tre, 
guattro voci, etc.; Rome, Zanelti, 1616. — 3° 
Alcuni motetti aotto voci, etc.; Rome, 1617. 
La musique du sonnet : Destati Appollo,il tuo 
splendor sia guida, etc., qui se trouve dans la 
collection de Fabio Peirozzi -. Sonetti» nuovi di 
Fabio Petrozzi Romano, sopra le ville di 
Frascati, e altri posti in musica a cinque voci 
da diversi eccellenti musici, eon uno a otto 
in fine; Rome, Robletti, 1609, est aussi d'Anerio. 
Enfin, on peut citer encore : Gemma musicale, 
dove si contengono madrigali , etc., posti in 
musicadalsig. Giov. Domenico Puliaschi,etc.; 
con alcuni motetti a una voce di Giov. Fran- 
cesco Anerio ; Rome, 1618. 

La vogue extraordinaire qu'obtint la messe du 



pape Marcel, composée par Palestrina , et la dif- 
ficulté de l'exécuter en quelques endroits à six 
voix, telle qu'elle était écrite, détermina J. F. 
Anerio à la réduire à quatre voix pour en faci- 
liter l'exécution : elle fut iuiprimée dans cet état, 
pour la première fois, en 1600, à Rome. Eu 1626, 
il en parut une autre édition avec deux autres 
messes de Palestrina et une d'Anerio , sous ce 
titre : Messe a quattro voci. Le tre piime del 
Palestrina, cioè -. Iste confessor, sine nomine, 
e di papa Marcello ridotta a quattro da Giov. 
Francesco Anerio : e quattro da Giov, Fran- 
cesco Anerio : e la quarta delta battaglia delV 
îstesso Giov. Fran. Anerio. Con il basse con- 
tnnio per sonare. In Roma per Paolo Masotli, 
1626, ad istenza di Luca Antonio Soldi. Il y a 
des éditions de ce recueil datées de Rome, 1639, 
16S'j, et d'autres encore. Dans la collection de 
l'abbé Santiui, à Rome, ou trouve en partitions 
manuscrites quei(pies ou V rages de l'^rançois Anerio, 
dont 2 Messes à 4 voix ; une messe à 8; une messe 
à 5 voix , toute en canons ; la Messe à 6 voix In 
te. Domine, spcravi ; des Magnificat à 8, et le 
psaume Cantate Domino, à 12. 

ANEURLM GWAWDR\'DD, barde bre- 
ton du sixième siècle, vécut vers 510, prit part à 
la défense désespérée de sa patrie contre les Anglo- 
Saxons, et fut chef des Gododiniens, bardes guer- 
riers qui, la harfie ou la hache à la main, exal- 
taient le courage de leurs compatriotes par leurs 
chants ou par leur valeur. « Tantôt (dit M. Eich- 
« hoff. Tableau de la Littérature du Aord , 
« p. 98) placés sur un roc solitaire qui dominait 
« toute la vallée, tantôt mêlés aux comhatlauts, 
« quand le danger réclamait leur présence, ils re- 
n présentaient la patrie, encourageant ses défen- 
« seurs et leur payant d'avance avec usure la 
dette de la postérité» (l'oye:; Jones, Musical and 
Poetical rclichs of the Welsh Bards, pages 14, 
16 et 17). Aneurinélait frère de Gilbas Albanius, 
le plus ancien historien h'-eton. Il était au nombre 
des 363 guerriers qui périrent tous , à l'exception 
de trois , au combat de Catiracth , sur la côte 
orientaledu Gorkshire, en voulant s'opposer à l'in- 
vasion des Anglo-saxons. Aneurin , un des trois 
bardes qui échapèrent au massacre , a fait sur cet 
événement un poëme héroïque intitulé Gododin, 
qu'il chantait aux sons de .sa harpe, dans sa vieil- 
lesse. C'est le plus ancien 'monument de poésie 
lyrique bretonne qui soit parvenu jusqu'à nous. 
Il est écrit dans l'ancien dialecte du Nord appelé 
bernicia, et plusieurs passages sont remplis de 
diflicultés. Ce poëme renferme de grandes beautés. 
On y trouve une ode touchante sur la mort d'un 
guerrier qui périt dans ce combat. Évans a pu- 
bli'- ce morceau, avec une traduction en vers au- 



ANEURiN — ANFOSSI 



105 



glais, par Gray {Dissertatio de Hardis, p. 68, 69). 
Aneiirin s'y écrie, plein de douleur : « Trois chefs 
n et trois cent soixante imniines ornés du col- 
« lier d'or marchèrent vers Cattracth. L'ivresse 
« les a perdus ; trois seulement survécurent : 
n Acron , Cjnon et moi , que protégea ma harpe. 

« Que je suis malheureux d'avoir vu celte ba- 
« taille, et de souffrir vivant les angoisses du 
" trépas! Une triple afiliction pèse sur moi depuis 
« que j'ai assisté à la perte de nos braves et en- 
« tertdii leurs derniers gémissements. Aneurin et 
« la douleur sont désormais inséparables. » 

ANFOSSI ( Pascal) , né vers Tan 1736 dans 
le royaume de Naples, entra fort jeune comme 
élève au conservatoire de la Pietà. 11 y étudia 
d'abord le violon ; mais son goût pour la compo- 
sition lui fil abandonner son instrument; il se mit 
sous la direction de Piccinni, alors un des maîtres 
les plus renommés de l'Italie. Le professeur prit 
son élève en affection , et lui procura un engage- 
ment , en 1771 , pour le théâtre délie Damme, 
à Rome. Déjà il avait donné à Venise, en 17C9, 
l'opéra sérieux de Cajo Mario, qui n'avait pas 
réussi ; il ne fut pas plus heureux à son début à 
Rome ; car son opéra , dont le titre était / Visio- 
nari, tomba à plat à la première représentation. 
Néanmoins il obtint un autre engagement l'année 
suivante; et, quoiqu'il ne réussit pas mieux, un 
troisième essai lui fut accordé pour 1773: cette 
fois son triomphe fut complet, et depuis La Bonne- 
Fille de Piccinni , jouée treize ans auparavant, 
jamais opéra n'avait excité un enthousiasme 
semblable à celui que fit nallve L' Incognita pfr- 
segiiilata. Plusieurs causes contribuèrent à pro- 
curer à cet ouvrage la brillante réputation qu'il 
eut alors; outre son mérite, qui était réel et 
qu'on ne pouvait nier, il eut l'avantage d'être 
représenté dans un temps où les ennemis de Pic- 
cinni cherchaient partout un rival digne de lui 
être opposé et qui put contre-balancer la faveur 
sans exemple dont ce maître jouissait. Ils exagé- 
rèrent les qualités du talent d'Anfossi , afin de di- 
minuer celui de Piccinni. Non satisfaits du succès 
qu'ils avaient procuré à l'auteur de L'Incognito, 
ils firent aller aux nues, l'année suivante, son 
opéra bouffe de La Finta Giardiniera , ou- 
vrage médiocre, tandis que celui de Piccinni, 
composé dans le même temps, fut outrageuse- 
ment sifllé. 

Il est pénible d'avouer qu'Anfossi se prêta à 
toutes ces manœuvres , et qu'il paya de la plus 
noire ingratitude celui qui lui avait facilité l'en- 
trée de la carrière qu'il parcourait. Lui-même ne 
tarda point à apprendre à ses dépens qu'il faut 
.«se méfier de l'humeur capricieuse des Romains; 
car, après les applaudissements qui furent encore 



prodigués à son Geloso in Cimenta, en 1775, il 
vit tomber son Olimpinde l'année suivante. Les 
désagréments qu'il éprouva dans cette circons- 
tance le décidèrent à quitter liome, et c'est de ce 
moment qu'il écrivit pour les principaux théâtres 
de l'Italie. En 1780 il vint en France : l'admi- 
nistration de l'Opéra saisit l'occasion de son sé- 
jour à Paris pour faire jouer son Inconnue per- 
sécutée, qui avait été parodiée par Rochefort 
sous le titre de : VInfante de Zamora, et 
qui fut représentée en 1781. La musique légère 
de cet opéra ne résista point à l'exécution lourde 
et monotone des chanteurs français de cette épo- 
que. On avait donné précédemment au même 
théâtre des traductions de plusieurs autres opéras 
composés par lui, savoir : Le Curieux indiscret 
(août 1778), La Jardinière supposée (novembre 
177S), Le Jaloux à Vépreuve (1770), et Le Ma- 
riage par supercherie (septembre 1779). Dé- 
goûté d'une méthode de chant qui n'était com- 
posée que d'éclats de voix et de cris , Anfossi 
quitta Paris, et se rendit à Londres, où il était 
appelé comme directeur de la musique du théâtre 
italien. Il remplit ces fonctions jusqu'en 1783. 
L'Allemagne réclamait sa présence : il s'y rendit, 
et écrivit pour les théâtres de Prague et de Ber- 
lin Il Trionfo d'Ariana , et II Cavalière pei' 
amore. 

Son retour dans sa pairie fut marqué par un 
opéra bouffe intitulé : Chi cerca trova, qui fut 
représenté à Florence en 1784. Après avoir écrit 
dans plusieurs autres villes de l'Italie , il retourna 
à Rome en 1787; là il donna quelques ouvrages 
dont le succès lui fit oublier ses anciennes disgrâ- 
ces. Enfin , fatigué du théâtre , il désira pour sa 
retraite une place de maître de chapelle dans nue 
des églises de Rome, et il obtint la survivance de 
Casali à Saint-Jean-de Latran, au mois d'août 1 791 . 
Au mois de juillet de l'année suivante , il entra 
en possession de sa place ; mais il ne la conserva 
qu'un petit nombre d'années ; car il mourut à la 
lin de février 1797. 

La réputation d'Anfossi a égalé celle des plus 
grands maîtres de son temps ; cependant on no 
peut nier qu'il ne soit inférieur à Galuppi, à Pic- 
cinni, à Paisiello pour l'invention, et l'on ne peut 
ex|iliquer l'éclat de ses succès que par l'air naturel 
et facile qui régnait dans ses mélodies , et surtout 
par celte magie de la coupe italienne qui consiste 
dans un heureux retour des idées principales. Mais 
les produits d'un art ne vivent pas longtemps s'il 
ne s'y trouve de la création; de là vient que la mu- 
sique d'Anfossi a vieilli plus vite que relie de ses 
émules. Grand nombre de morceaux de Ruranello, 
de Piccinni , de Sacchini et de Paisiello seraient 
entendus aujourd'hui avec plaisir : il en est peu 



106 



ANFOSSI — ANGELET 



d'Anfossi qui ne fissent naître l'ennui ; en un mot, 
cette musique n'a eu pour elle que la mode : son 
temps est passé pour ne plus revenir. 

Les opéras d'Anfossi les plus connus sont : 
r Cajo Mario; 1709 , à Venise. — 1° La Cle- 
menza di Tito ; Rome, 1769. — 3" 7 Visionari; 
Rome, 1771. — 4» Il Barone di Rocca; 1772 à 
Rome, et 1774 à Dresde.— b" L'incognila per- 
seguilala; Rome, 1773. — c° Anligono;\emi.t, 
1773. — 7°Z)eOTo/oo«/e;Rome, 1773. — 8°Zzu-io 
Silla ; Venise, 1774. — 9° La Finta Giardinicra; 
Rome, 1774. — 10° Il Geloso in Cimenta ; Rome, 
1775. — il" La Contadina in Coite; 1775. — 
12" VAvaro; \llb.— \2,° Isabella e Rodrigo, o 
La Costanza in Aniore; 1776. — 14° La Pes- 
catrice/edele ; 1776.— \ à° VOHmpiade ;I{ome, 
1776. — le" 7^ Cvrioso indiscreio ; 1778.— 17" 
LoSposodisperalo ; {118. — \f,° Cleopatra ;W\- 
lan, 1778. — 19° Il Matrimonio per inganno ; 
Paris 1779. — 20° La Forza délie donne; Mi- 
lan, 1780.— 21° / Vecchi burlati; Londres, 
1781. — 22"/ Viaggiatorifelici; Londres, 1782. 

— 23° Armida, 1782. — 24" GU Amanti ca- 
nuti; Dresde, 1784. — 25° H Trionfo d'Ariana; 
Prague, 1784. — 20" // cavalière per Amore ; 
Berlin, 1784. — 27° Chicercatrova, Florence; 
1784. — 28° La Vedova scaltra ; Càsle\-Nuovo , 
1785. — 29" La Fiera del Ascensione; oratorio, 
1780. — 30" V Imbroglio délie tre spose; Pa- 
doue, 1786. — 31" La Pazzia de^Gelosi; Fa- 
briano et Rome, 1787.-32° Creso; Rome, 1787. 

— 33° La Villanella di Spirito; Rome, 1787. 

— 34" Didone abbandonata; Naples, 1785. — 
:\h° Artaserse ; Rome, 1788. — 36o VOrfanella 
americana ; Venise, 1788. — 37° Za Maga Circe ; 
Rome, 1788. — 38° Le Gelosie fortunate; Bel- 
lune, 1788 — 39» La Gazetta ossia ilBaggiano 
deluso; 1789, Rome. — 40o Zenobia in Palmi 
ra; Florence, 1790. — 41o/.î5jij^/e; 1791. — 42" // 
Zottico incitiilito; Dresde, 1792. — 43° L'Amc- 
ricana in Olanda. — 44"Za Matilda ritrovala. 

— 450 GU Artigiani. —46° IlFigliuolprodigo, 
cantate. On a aussi d,'Anlossi l'Oratorio YAssalone, 
en deux parties. 

Anfossi a écrit pour l'église des messes, des 
motets, des antiennes, etc. On cite particulière- 
ment parmi ces ouvrages un Laudate pueri et 
un Laudate Jertisalem, à grand orchestre, qui 
sont d'un bel effet. L'^abbé Santini, à Rome, possède 
en manuscrit de ce compositeur une JMesse con- 
certée à quatre voix et orchestre ; Kyrie et Gloria 
à huit; Vtqtieant Iaxis, hymne à huit; Lauda 
Sion à huit; Deux Bixit Dominus à huit; 
Beatus vir à huit ; les psaumes ConfUcbor, Bca- 
tus vir et Laudate pueri à cinq voix ; plusieurs j 
psaumes et messes à quatre voix et oiKiheslrc. 



ANGEBEU ( WiuiELM ) , maître de chapelle 
à Kempten , vers la fin du dix-huilième siècle, 
s'est fait connaître par les productions dont 
voici les titres : 1° Andante avec six variations 
pour le piano, œuvre 1^ ; Augsboiirg, Gombart. 

— 2° Vespenesolemnesprochoristamcivilibus 
quam ruralibus ab organo, canio,allo, tenore, . 
basso et orchestra, op. 2; Kempten, Danheimer. 

— 3° Veni creator, quatuor voc. et orchestra, 
op. 3;ibid. — 4° Asperges et Vidi aquam, à 
quatre voix et orchestre; Angsbourg, Bœhm. — 
5° Missasolemnis, à quatre voix, orchestre et or- 
gue; ibid. — 6° Offertoire pastorale idem;ibid. 

ANGECOURT (Perrin d'), poète et musi- 
cien français du treizième siècle, fut attaché au ser- 
vice de Charles d'Anjou , frère de saint Louis. Il 
accompagna ce prince en Provence quand il alla 
épouser la (ille de Rérenger. Il se félicite, dans 
une de ses chansons, d'avoir quitté ce pays, qu'il 
n'aimait pas, pour revenir à Paris, où demeurait sa 
dame. On trouve onze chansons notées de sa com- 
position dans un manuscrit de la Bibliothèque im- 
périale (n° 66, fonds de Cangé), et sept dans un 
autre (n"65, même fonds). Un manuscrit qui 
a appartenu au marquis de Paulmy en contenait 
vingt-cinq* 

AIVGELET (Chaules-François), né à Gand, 
le 18 novembre 1797, eut pour premier maître 
de musique son père , professeur en cette ville. 
A l'âge de sept ans, il se fit entendre sur le piano 
dans un grand concert. En 1814. il se présenta 
à Wetteren à un concours ouvert pour la place 
d'organiste : il obtint cette place, et une médaille 
lui fut décernée. Ensuite il se rendit à Paris, où 
il entra comme élève au Conservatoire. Doué 
d'heureuses dispositions , il fit de rapides progrès 
comme pianiste, sous la direction de Ziin- 
merman, et, le 14 décembre 1822, il obtint au 
concours le premier prix de piano. Ce lut à la 
suite de ce concours qu'il fut nommé répétiteur 
pour .>;on instrument dans la même école. Dour- 
len lui enseigna ensuite l'harmonie et l'accompa- 
gnement , et ses études musicales se terminèrent 
par un cours de composition; où il fut dirigé par 
l'auteur de ce Dictionnaire biographique. 

Angelet avait de l'originalité dans les idées, 
écrivait avec élégance et pureté , et tout semblait 
lui présager ime brillante carrièie comme com- 
positeur, lorsqu'il quitta Paris pour se fixer à 
Bruxelles, où il se livra à l'enseignement du 
piano. Une santé chancelante et les fatigues du 
professorat ralentirent alors l'exercice de son ta- 
lent de compositeur, et ses productions devinrent 
plus rares. Le 21 juin 1829, Angelet fut nommé 
pianiste de la cour par le roi Guillaume. Une 
vualadie de poitrine, dont il avait les symptômes 



ANGELET — AJVGELONI 



107 



flepiiis longtemps, finit par le f;iirc descendre au 
tombeau : il expira à Gand, le 20 décembre 1832, 
à l'â^e de trente-cinq ans. Les ouvrages de sa 
composition qni ont été publiés sont : 1° Marcbe 
variée pour piano seul, op. l^''; Paris. — 2° Huit 
variations et polonaise sur l'air Fillettes, viéfiez- 
vous,o\\.2;ibld. — 3° Grand trio pour piano; vio- 
lon et violoncelle, œuvre 3; Paris, Leduc. — 4° Air 
portugais varié pour le piano seul , op. 4; Paris, 
Pacini. — 5° Symphonie à grand orchestre (cou- 
ronnée à un concours à Gand), op. 5; ibid. — 
6" Fantaisie sur l'air des Cuisinières (Guernn- 
dier), pour piano seul, op. 6 ; ibid. — T Fantaisie 
et variations sur l'air Depuis longtemps j'aimais 
Adèle, pour piano et violon, op. 7; Paris, Le- 
duc. — 8° Divertissement pastoral pour le piano à 
quatre mains, op. 8; ibid. —9" Caprice sur les plus 
jolis motifs de roi)éra de Robin des Bois, de We- 
ber, pour piano seul , op. 9; l^aris. — 10° Fan- 
taisie sur les chœurs et la valse de Uobin des 
Bois, op. 10; ibid. — 11" V Angélus, de Roma- 
gnesi, divertissement villageois, orage et varia- 
tions pour piano et violon, op. 11; ibid. — 
12° Mélange sur des motifs favoris de l'opéra 
de Spohr Zcmire et Azor , pour piano seul, 
op. 12; ibid. — 13° Les Favorites, deux valses 
pour le piano; ibid. — 14° Fantaisie et variations 
brillantes pour le piano sur un air militaire, op. 
1 4; Bruxelles. — I5°MélangesiM-des motifs favoris 

de Guillaume Tell, de Rossini, op. 15; ibid. 

16° Grande fanlaisie et variations brillantes sur la 
tyrolienne favorite. Bonheur de se revoir, op. 
15; ibid. — 17° Rondeau brillant sur la barcarole 
de Fra Diavolo pour le piano, op. 17; ibid. — 
18° Za Lcopoldine , hommage à Sa Majesté le 
roi des Belges. — 19° Aux braves morts pour la 
patrie, chant guerrier. — 20° Bonheur d'aimer, 
romance. — 21° Rêves d'amour, idem. 

ANGEIil (Le Père FRA^çols-MABIE), corde- 
lier du couvent deRivotorto, néàAssLse, futrégent 
h Pérouse et à Assise , provincial de sa pro- 
vince, et supérieur de son ordre au couvent 
d'Assise pendant quatre ans. Il vivait encore en 
1 093. On a de lui : Sommario dcl Contrapunto, 
169). Tevo, qui cite cet ouvrage (Musico Tes- 
tore, p. 230) , n'indique point le lieu de l'impres- 
sion. Une copie manuscrite de ce livre, qui a ap- 
partenu au P. Martini, est aujourd'hui dans la 
bibliothèque du Lycée musical, à Bologne. 

ANGELI (Giovanni) dit Lesbina, célèbr-e 
chanteur, naquit à Sienne en 1713. Dès sa jeu- 
nesse, il fut au service de la cour de Portugal, 
où il obtint de grands succès. Après quelques 
aventures périlleuses, il revint dans sa patrie, où 
il prit les ordres mineurs peur se retirer du théâ- 
tre. Sa voix était pure, pénéir.uito et d.'une grande 



étendue; le oaraclère principal de son talent était 
l'expre-ssiou. Il mourut le 10 février 1778. 

AIXGELO (Le Père), abbé du monastère de 
Sainte-Marie de Rivaldis , vers la fin du qua- 
torzième siècle , fut le premier, ou du moins l'un 
des premiers maîtres de la chapelle du pape , 
sous le pontificat de Boniface IX : cela est dé- 
montré par un passage du testament du cardinal 
Philippe d'Alençon, daté du 11 août 1397, dont 
voici la teneur : Prœsentibus ibidem venerabili 
pâtre domino Amjelo Abbate inonaslerii S. 
Mariée de Rivaldis magistro cappellae D.N. 
Papss prœdicti (Boniface). 

ANGELO DA IMCCITONE, franciscain, 
né dans la petite ville de Piccighiltone , près de 
Crémone, d'où lui est venu son nom , fut nommé 
procureurgénéralde son ordre en 1541. On ignore 
l'époquedesamort. Il est compté parmi les orga- 
nistes célèbres. On connaît de lui : Fior angelico 
di musica, nel quale si contengono alcune bel- 
lissime dispute confro quelli che dicono la mu- 
sica non csser scienza, nuovamenle dal U. 
P. frnte Angelo da Piccitone , conventuale 
dell' Oi'dine Minore , organista preclaris- 
simo , composta ; Venezia , 1 547 , in-4°. 

ANGELO (Jean- Vincent d') , chanteur cé- 
lèbre en Italie , mourut au commencem.ent du 
dix-septième siècle. Il avait été attaché à la cour 
du duc de Mantoue, et avait chanté dans les ou- 
vrages de Monteverde. Le poète Marini a écrit en 
son honneur un eonnet qui commence par ce 
vers : 

Angelo, or tu fra gll Angell ten'-val. 

ANGELO (Micdel), sopraniste, né à Bo- 
logne , vers le milieu du dix-huitième siècle , 
était, en 1786, au service de l'électeur de Bavière, 
comme chanteur de sa chapelle. 11 jouait les rôles 
de primo musico au grand théâtre de Munich. 

ANGELONI (Louis), littérateur, néà Fru- 
sinone, dans l'État romain, en 1758 , prit part 
à la révolution qui se fit à Rome à l'époque de 
l'invasion du territoire romain et du royaume de 
Naples par les troupes françaises sous le com- 
mandement de Championnet. Il devint membre 
du gouvernement de la république romaine, et, à 
la retraite de l'armée française, il dut la suivre 
et se réfugier à Paris. Compromis, en 1801, dans 
la conspiration deCeracchi et deTopino-Lebrun, 
il fut mis en prison. Après dix mois de captivité, 
il fut mis en liberté, et s'occupa de travaux litté- 
raires ; mais des relations qu'il entretenait en Italio 
avec les Carbonari le firent expulser de France 
en 1823. Il se retira à Londres, et y publia quel- 
ques pamphlets politiques. Il est mort en cette 
ville, en 1842, dans un âge avancé. Au nombre 
de ses ouvrages, il en est un qui a pour titre : 



108 



ANGELONI — ANGERMEYER 



Sopra la vita , le opère ed il sapere di Guido 
WArezzo, ristmiratore délia scienza e delV 
arte musica; Paris , «81 1 , in-s» de -222 pages. 
Bien que rempli de divagations et écrit d'un 
style pédantesque, cet ouvrage se recommande 
par un travail consciencieux et par la bonne foi 
de l'auteur. Il est divisé en quatre chapitres. Le 
premier a pour objet d'éclaircir toutes les ques- 
tions relatives à la personne de Gui d'Arezzo: 
c'est le meilleur. L'auteur de ce dictionnaire avait 
fait, en 1809 et 1810, des travaux assez éten- 
dus sur le môme sujet : Fayolle, qui préparait 
alors le Dictionnaire historique des musiciens 
qu'il a publié avec Choron, lui fit de vives 
instances pour qu'il lui cédât tous ces maté- 
riaux, dont il ne Ht pourtant aucun usage après 
qu'ils furent passés en sa possession. Depuis 
Jors , ils se sont égarés ; peut-être e4-il permis 
de croire qu'ils sont tomWs entre les mains d'An- 
geloni et qu'ils ne lui ont pas été inutiles. 

Le second chapitre de son livre contient l'a- 
nalyse des ouvrages de Gui et l'examen de quel- 
ques-uns des manuscrits qui nous en restent ; le 
troisième, la discussion des opinions diverses 
sur l'utilité de la réforme opérée par ce moine, 
et sur les inventions qui lui ajiparliennent ; le 
quatrième traite de son savoir. Angeloni n'avait 
pas nne connaissance suffisante de la musique 
pour traiter des questions si délicates, écueil de 
Ja plupart des écrivains qui s'en sont occupés. 
Pour Ctre en état de comprendre bien les ou- 
vrages de Gui d'Arezzo, il faut posséder à fond 
la connaissance delà musique, de son histoire, 
et avoir lu tout ce qu'on a écrit avant et après 
lui. Angeloni est saisi d'une admiration sans 
bornes pour l'homme dont il écrit la vie ; et , sur 
la foi de traditions mensongères, il lui accorde 
une multitude d'inventions auxquelles Gui n'a 
jamais songé. Le livre est terminé par deux let- 
tres de Gui, déjà publiées par Baronius, par 
Mabillon, par l'abbé Gerbert et autres, mais avec 
quelques corrections du texte d'après les ma- 
nuscrits de la bibliothèque impériale. Angeloni 
a fait aussi paraître à Paris plusieurs autres 
uuvrages qui n'ont point de rapport avec la mu- 
sique, et qui eurent peu de succès. 

ANGELUCCl (Angelo), fabricant de cordes 
de boyaux , naquit à Naples, au commencement du 
dix-huitième siècle, et mourut dans cette ville, en 
1765. Il contribua beaucoup à perfectionner les 
produits de ce genre d'industrie, dans lequel les 
Napolitains ont conservé une supériorité incon- 
testable , particulièrement pour les chanterelles. 
Ce fut Angelucci qui découiTit que les moutons 
de sept ou huit mois , élevés et nourris sur les 
montagnes, fournissent des boyaux, d'une qua- 



lité supérieure à ceux des mêmes animaux 
plus jeunes ou plus vieux et nourris dans les 
plaines. Il employait constamment plusieurs per- 
sonnes pour chercher des intestins choisis , et 
avait plus de cent ouvriers sous ses ordres pour 
la fabrication des cordes. Les meilleurs ouvriers 
étaient tirés par lui d'une petite ville de l'Abruzze, 
nommée Salé. Angelucci avait formé une société 
pour l'augmentation de sa fabrique ; mais elle 
fut de courte durée, parce qu'il s'éleva un procès 
entre les co-associés , lequel donna lieu à plu- 
sieurs écrits assez curieux sur la fabrication des 
cordes de boyaux. On trouve des détails intéres- 
sants sur ce procès dans les Nouvelles d' Halte, de 
Volkmann, t. VIII, p. 208, et dans la Gazelle 
musicale de Spire, année 1789. 

AIV(iELY (Louis), acteur et compositeur de 
musique de vaudevilles, naquit à Berlin, vers 
1783, et mourut dans cette ville en 1836. Après 
avoir été attaché au théâtre allemand de Péters- 
bourg, il fut rappelé à Berlin, en 1824, pour oc- 
cuper la place de régisseur du théâtre de Kœnig- 
stadt. 11 a écrit un grand nombre de vaudevilles» 
parmi lesquels on remarque : La Fiancée de Po- 
inéranie, Douvres et Calais, La Laitière de 
Walding, Les Sept Filles en uniforme, etc. 
Les mélodies faciles et naturelles de ces [)elits 
ouvrages ont eu un succès populaire dans leur 
nouveauté. 

ANGEU (Louis), pianiste, organiste et 
compositeur, est né le 5 septembre 1813, à An- 
dreasberg, dans le Hanovre. Doué li'heureusesdis- 
positions pour la musiqua , il étudia cet art dès 
son enfance, ety fit de rapides progrès. A l'âge de 
vingt ans il se rendit à Weimar, où il reçut des 
leçons de piano de Hummel, et devint élève de 
Toepfer pour l'orgue et le piano. En 1836 il s'é- 
tablit à Leipsick, et s'y livra à l'enseignement 
du piano jusqu'en 1842, où il obtint la place 
d'organiste de l'église Saint-Jean à Lunebourg. 
Trois ans après on le retrouve â Hambourg, où 
il jouait dans les concerts d'abonnement. On n'a 
publié qu'un petit nombre de ses compositions ; 
ses premières œuvres sont : 1° six pièces mélodi- 
ques pourle piano, op. I; Leipsick, Hofmeister. 
— 2° S(j:Z/Jerfer avec accompagnement de pianO; 
op. 2; Leipsick, Whistling. — 3° Grandes varia- 
lions pour piano, op. 3; Leipsick, Hofmeister. — 
4" Ouverture de concert à grand orchestre, en ut 
mineur ; Leipsick, Whistling. — 5° diverses pièces 
pour piano. — 6° quatre Lieder pour mezzo so- 
prano avec piano, op. 22. 

AIMGERMEYER ( Jean- Ignace ) , né à 
Bildin, dans la Bohême, vers la fin du dix-sep- 
tième siècle, était un des plus habiles violonistes 
de la chapelle impéria'e, dans les années 1723 à 



AISGEllMEYKIl — ANGRISAINI 



1C9 



1727. On a de lui plusieurs couccrtos do violon, 
qui sont restés en manuscrit, et qui portent pour 
souscription : AtUhore Johanne Ignatio Anger- 
meyer, Bohemo Bildinensi. Il y a lieu de croire 
qu'Angermeyer était frère ou du moins parent 
de Jean-Adalbert Angermeyer, peintre célèbre, 
né comme lui à Bildin. Il fut nn des violonistes 
de l'orchestre qui , en 1723, exécuta à Prague 
l'opéra de Fux, Costanza e Fortezza, au cou- 
ronnement de l'empereur Charles VI. 

ANGERSTEIN (Jean-Charles), prédica- 
teur àBretkow, près de Stendal, vers 1788, fut 
auparavant organiste à Stendal. Il a écrit plu- 
sieurs compositions pour le clavecin , qui sont 
restées en manuscrit. Comme écrivain didacti- 
que, il est connu par un ouvrage intitulé : Théo- 
retisch-praktische Anweisung, Choralgesscnge 
nlcht nur richtig, sondern auch schœn spie- 
len zu lernen (Instruction tiiéorico-prafique 
pour apprendre à jouer le chant choral, etc. ) ; 
Stendal, 1800, in-S», avec un cahier d'exemples. 
C'est un fort bon ouvrage , utile à tous les or- 
ganistes des églises protestantes. 

ANGIOLIIM (Jean-Frédéric), composi- 
teur de musique instrumentale, né à Sienne, a 
passé quelque temps à Berlin, vers 1787, et y a 
p\iblié quelques-uns de ses ouvrages. De là il 
s'est rendu à Pétersbourg, en 1791. En 1797, il' 
est revenu en Allemagne, et s'est fixé à Bruns- 
wick. Il vivait encore en 1812. Ses ouvrages im- 
primés sont : \° Sonata per cembttlo con jlauto. 
— 2" Variazioni soprailduetto: Pace caro viio 
sposo , neW op. Cosa rara , per cembalo. — 
3° Trois sonates faciles pour la harpe, avec 
flûle ad lib.; Berlin, 1792. — ^o Sonata seconda 
per cembalo, conjlatito; Berlin, 1794. — 5" Six 
variations faciles pour la harpe ou piano- 
forte; Brunswick, 1797. — G" Arie ans dem Son- 
tagskinde : ich sage es dock immer (air de 
l'enfant du dimanche) (l), avec variations 
pour harpe ou piano; Brunswick, 1797. On a 
imprimé à Londres, en 1788, Six duos pour 
dextx flûtes ou violons, sous le nom d'An- 
giolini. 

ANGLEBERME ( Jean-Pierre d'), né à 
Orléans, vers 1470, lecteur et professeur de 
droit à l'université d'Orléans, et ensuite conseiller 
au sénat de Milan, est mort dans cette ville, en 
1521, par suite de l'explosion d'un magasin à 
poudre. On a de lui : Homo, seii philosophus, 
qui de divina humanaque justilia disserit et 
de ipsa quoque juvis civilis scienlia. Sermo 
de Fortuna in Plutarchum, ubi de fortuna 

( I) Expression allemande qui signifie l'Enfant gâté de 
la Fortune. 



(lallorum, sermo de pace, sermo de musica 
et saltationc ex iMciano, etc., Paris 1518, 
in-4o. 

ANGLEBERT (Jean-Henry d' ), claveci- 
niste de la chambre de Louis XIV, a publié à 
Paris, en 1689, un ouvrage intitulé : Pièces de 
clavecin, avec la manière de les jouer, diver- 
ses chacones, ouvertures , et autres airs de 
monsieur de Lully mis sur cet instrument, 
quelques fugues pour l'orgue, et les principes 
de l'accompagnement. Livre premier. Dans 
la préface, il annonçait un second livre de ces 
pièces; je ne crois pas qu'il ait paru. Le style 
de d'Anglebert a moins de grâce que celui de 
Chambonnières (votj. ce nom); mais sa musique 
est écrite avec beaucoup de pureté et de savoir. 
Ces qualités se font remarquer surtout dans les 
fugues et dans un contrepoint à quatre parties 
pour l'orgue, qui suivent les pièces de clave- 
cin ; les meilleurs organistes allemands et ita- 
liens, contemporains de d'Anglebert, auraient pu 
se faire honneur de ces morceaux. Longtemps 
on a ciu que Corelli avait été le premier compo- 
siteur qui eût varié Les Folies d'Espagne; et 
même quelques personnes ont dit qu'il était l'au- 
teur de cet air; mais le recueil des pièces de 
d'Anglebert contient vingt-deux variations sur ce 
même thème, et la Folia de Corelli n'a été pu- 
bliée que dans l'œuvre b^, dont la première 
édition parut en 1700. Un beau portrait de d'An- 
glebert, peint par Mignard et gravé par Vermeu- 
len, est en tête du livre de ce musicien. 

ANGLEDl (....). La Bibliothèqueimpériale, 
à Paris, possède en manuscrit des Joccates pour 
l'orgue, de la composition de cet auteur, sur 
lequel ou n'a d'ailleurs aucuns renseignements. 

AI\GLER1A (Camille), moine franciscain, 
né à Crémone, fut élève de Claude Merulo , et 
mourut en 1630. Il a publié : Regole del con- 
trappunto , et délia musicale composizione , 
Milan, 1622, in -4°. C'est un ouvrage médiocre 
dont la rareté fait tout le mérite. 

AÎMGLESÏ (Dominique), musicien au service 
du cardinal Jean-Charles de Toscane, a com- 
posé la musique d'un opéra intitulé La Servn 
nobile, qui fut représenté à Florence, en 1629. 
On connaît aussi de la composition de cet ar- 
tiste : Libro primo d'Arie. Firenze, Landini, 
1635, in-40. 

ANGHISAIXI (Charles), cJianteur ^italien, 
né à Reggio, vers 1760, se fit entendre sur plu- 
sieurs théâtres d'Italie, et se rendit ensuite à 
Vienne, où il a publié : 1° Sei notturni a tre 
voci, soprano, ienore e basso , colV accom- 
pagnamento di cembalo, \ienne, 1798. — 2" Sei 
notturni, etc., op. 2; Vienne, 1799. 



ilO 



ANGSTENBERGER — ANIMUCCIA 



AI\GSTEI\BERGER (Michel), né à Reicli- 
stadt, en Bohême, le 2 janvier i717, fui dans 
son enfance un très-bon contraltiste du chœur 
de l'église des Chevaliers de la Croix (Kreuz- 
lierrnkirclie ), à Prague. 11 avait beaucoup d'ap- 
titude pour les sciences, particulièrement pour 
la musique , et il se serait distingué dans cet 
art s'il ne l'eût négligé pour remplir les devoirs 
de son état. En 1738 il était entré dans l'ordre 
des Clievaliersv, de la Croix , et il prononça ses 
vœux le 1" janvier 1743. Ensuite il fut pendant 
treize années chapelain à Carlsbad, puis doyen 
de la même ville pendant onze autres années. 
En 17G8, il passa à l'église de Saint-Charles, à 
Vienne, en qualité de Commandeur, et remplit 
les fonctions de cette place jusqu'en 1789, épo- 
que de sa mort. Angstenberger écrivit dans sa 
jeunesse beaucoup de musique d'église, dans le 
style de Lotli ; elle est restée en manuscrit. 

ANIMUCCIA (Jkan), né à Florence au 
commencement du seizième siècle , ou à la fin 
du quinzième, fut un des plus anciens maîtres 
«le l'École italienne dont les compositions se fi- 
rent remarquer par une harmonie plus nourrie, 
un dessin de voix plus élégant et un caractère 
mélodique mieux adapté aux paroles que les 
productions des maîtres flamands. Dans sa jeu- 
nesse, il se lia d'amitié avec saint Philippe de 
Néri, qui fonda la Congrégation de l'Oratoire en 
1540, à Rome , et à qui l'on attribue communé- 
ment l'invention du drame sacré auquel on donne 
le nom A'oratorio. Animuccia était devenu le pé- 
nitent de Philippe : il composa ses Lmidi ou 
hymnes à plusieurs parties, qu'il allait chanter 
chaque jour avec ses amis a l'oiaioire, aptes le 
sermon , et ces Laudi devinrent l'origine de l'o- 
ratorio proprement dit. Au mois de janvier 1555, 
il fut nommé maître de la chapelle du Vatican : 
il en remplit les fonctions jusqu'à la fin de mars 
1571, époque où il cessa de vivre. Poccianti 
( Catal. Script. Florent., p. 101) a place 
ré|)oque de sa mort en 1569; mais c'est une er- 
reur : car Pierre-Louis de Palcstrina succéda 
immédiatement à Animuccia dans la place de 
maître de la chapelle du Vatican , au mois d'a- 
vril 1571, comme on le voit par les archives de 
cette chapelle , et par la notice manuscrite des 
contrapuntistcs et des compositeurs de musique 
par Joseph Octave Pifoni. 

On a publié de ses compositions: 1° Il primo 
libro di madrigali atre voci , con alcuni mo- 
tetti, e viadrigali spirittiati; Rome, per il Dn- 
rico, 1565. — 1° Joannis Animuccix magislri 
capcllx sacro sanctx basilicx Valicanx Mis- 
sarum libri; Romae, apud hxrcdes Valerii et 
AloysriDoricorumfralrum Brixiensium, 1507. 



— 3°. // primo libro de' madrigali a quattro, 
cinque e sei voci; Venise, Gardane, 1567. — 
4° Canticum B. Marix Virginis a Jo. Animuc- 
cia iirbis Romx basilicx S. Pétri magistro ad 
omnes modos Jactum; Romse, apud hxredf.t 
Valerii et Aloysii Doricorum, 15C8, in-fol. 

— 50 II secondo libro délie laudi ove si con- 
tengono moletli, salmi, ed altri volgari e 
latini fatti per V oratorio di S. Girolatno, 
mentre qiiivi dimorava S. Filippo , e VAni- 
miiccia era il maestro di cappella; Roma, per 
gli eredi del Blado, 1570: on voit par ce titre 
qu'Animuccia avait été maître de chapelle de 
l'oratoire avant de passer au Vatican, c'est-à- 
dire antérieurement à 1555. — &o Credo Domini- 
calis quatuor vocuni; Boma, pressa gli eredi di 
Valerioe Luigi Dorico, 1567. — 7° Magnifient 
ad omnes modos, liber secundus; Romx, 
apud hxredcs Valerii et Alofjsii Doricorum, 
1568, iu-4. Ces Magnificat sont au nombre 
de 20. Le P. Martini a inséré dans son Essai 
fondamental de contrepoint fugué (t. 1, p. 129) 
un Agmis Dei, à six voix, delà messe Gauden 
in Cœlis , et un autre Agnus (p? 181 ) de la 
messe ad Cœnam agni providi , tous deux 
extraits du Recueil de messes d'Animuccia, cité 
Cl -dessus. Le maître de chapelle Reichardt 
possédait deux messes manuscrites de ce com- 
positeur : l'une pour deux soprani, alto, té- 
nor et basse; l'autre pour deux soprani, allô 
et baryton : elles étaient vraisemblablement ti- 
rées du même recueil. Il paraît qu'Animuccia a 
composé <ies messes, des hymnes et des motets 
postérieurement aux publications qui viennent 
d'êtres citées, et que ces ouvrages sont restés en 
manuscrit dans la chapelle du Vatican; car on 
lit dans un Censuale manuscrit de la même 
chapelle, l'ordre suivant, signé par le chanoine 
Cenci, et daté du 23 décembre 1568 {voy. Haini, 
Mem. stor. crit. délia vita e délie op. di 
Giov. Pierl. da Palcstrina, t. II, p. 104, 
no 532) : R. Mo. Vicenzo Rago pagherele a 
Mo. Giovanni Animuccia, maestro dei can- 
tori délia cappella, scudi venticinquc di mo- 
nda, i quali sono perla/atica e spesa che egli 
ha fatto in comporre, e scrivcre, e fare scri- 
vere a sue spese Vinfrascritti inni, motel fi, e 
messe, che di niiovo per nostra commissione 

ECLl HA COMPOSTO NEL PRESENTE ANNO , IC qUall 

erano necessaric in cappella, e che .sono se- 
condo la forma del concilio di Trcnto, e 
dclV offizio nova, che io ve lifarà boni alll 
conli vostri. Nota délie composizioni : V inno 
Aures ad nostras, per la Quadragesima; L" inno 
délia Transfigurazione ; Cinque inni délie 
Feric; V inno ExuUot cœiiun in tono Natalis ; 



ANIMUCCIA — ANNA 



111 



L inno Dcu9 tuonim milrtum, in tonout sïiprn ; 
Vinno Salvete flores maityniiii, in tono ut su- 
pra ; Un motctlo a quattro voci, per la vigilla 
di Natale quando passa il Papa; Un motetlo 
a cinqué, Puer natus estnol)is, per il giorno del 
capo d'anno; Un motetto a set per la mat- 
tina d'ogni santi per quando passa ïl Papa ; 
Unmotetto a qualtro,\hK'm?i\\.\im,per quando 
passait Papa; Un inno, Exultet cœluai landi- 
biis, in tono ordinario; f/n inno, iste Confesser, 
in tono ut supra; Vinno Jesii corona virginum 
in tono ut supra; Vinno Ave maris Stella; Una 
mcssa a cinque délia Madonna; Due messe a 
quat.tro délia Madonna. Di casa li 23 di de- 
cembrelbes. Gasparcincius Canonicuset ma- 
gisler cappellas. La rapidité prodigieuse qu'A- 
nimuccia avait mise à composer tous les ouvrages 
émimérés dans cette note a de quoi frapper d'c- 
tonnement; car tout cela a dû être fait en cinq 
mois, puisque ce laps de temps s'était seulement 
écoulé depuis la bnlle donnée par le pape Pie V 
pour la réforme du bréviaire et de l'office en 
exécution du décret du concile de Trente, jus- 
qu'à la date de la note qu'on vient de lire. La 
fécondité a toujours été une qualité distinctive 
des compositeurs italiens. 

AMMUCCIA (Paul), frère du précé- 
dent , fut un des plus habiles contrapuntistes 
dti seizième siècle. Pitoni affirme , dans sa no- 
tice manuscrite des contrapuntistes et des com- 
positeurs , que ce musicien fut maître de cha- 
pelle de Saint-Jean de Latran depuis 1530 
jusqu'en 1555, et qu'il succéda à Rubino. Il y a 
erreur dans cette assertation ; car le maître de cette 
chapelle, en 1552, était Bernard Luppachino, 
qui eut pour successeur, en 1555, Pierre Louis 
de Palestrina. Animuccia no (ut maître à Saint- 
Jean de Latran que depuis le mois de janvier 1 550 
jusqu'en 1552. Le même auteur met en doute 
que Paul Animuccia ait été frère de Jean ; mais 
Poccianti , qui était contemporain de ces deux 
musiciens , dit positivement dans son catalogue 
des écrivains florentins, qu'ils étaient frères : Pau- 
lus Animuccia laudatissimi Joannis /rater, 
mnsicus venustissimus, viadrigalcs et molcl- 
tos mira suavitate refertos posleris transmi- 
sit. {Catal. scrip. Florent, p. 143.) Le mCme 
auteur dit que Paul Animuccia mourut en I5G3. 
On trouve dans le cataloj^ue do la bibliothèque 
musicale de Jean IV, roi de Portugal, l'indi- 
cation d'un recueil de madrigaux de ce mu- 
sicien, sous ce titre : Il Dcsiderio , madrigali 
a cinque , lib. 2. Un de ses madrigaux a été 
inséré parmi ceux de Roland de Lassus, publiés 
i> Venise par Gardane, en 1559 ; im autre ma- 
drigal de sa composition a été placé par le môme 



Gardane dans son recueil de 1559; dans la col- 
lection de motels imprimée à Venise , en 1508, 
on en trouve und'Animuccia; enfin Antoine Rarré 
a publié à Milan, en 15S8, un recueil de mo- 
tets qui contient quelques pièces du même 
maître; ce recueil a pour litre : Liber Mtisa- 
rum cum quatuor vocibus , seu sacrx can- 
iiones , quas vulgo motetta appellant. 

AIMJOS (DiOMSio DOS), compositeur, har- 
piste et virtuose sur la viola du gamba, naquit 
à Lisbonne, et entra en 1G56 dans l'ordre dc^ 
Hiéronymites, au monastérede Belem. Il y mourut 
le 19 janvier 17C9. Il a laissé en manuscrit les 
ouvrages suivants de sa composition : \° Respon- 
sorios para todas /estas da primeira classe. 
— 1° Psalmos de vesperas , e Magnificat ; Di- 
versas Missas, Vilhancicos et Molettes. Ma- 
chado {Biblioth. Lusit., t. I, p. 704) ditqueccs 
compositions existent dans le couvent de Relem. 

ANIÎERTS (GnisLiN d'). Voy. Danrekts. 

A^kMER (....), nmsicien anglais et com- 
positeur, éprouva pendant la durée du protec- 
torat les effets de la persécution dont les arts 
avaient été l'objet, et vécut dans la retraite ; mais, 
à la restauration, il revint à la cour, et fut du 
nombre des musiciens qui composèrent la cha- 
pelle de Charles II avec Tucker, Henri Lawes, 
Henri Purcell, lliimphrey, Blow et Wise. Les 
compositions d'Anmer sont restées en manus- 
crit. 

ANIMA (François), indiqué dans les an- 
ciens recueils de musique sous le nom de Fran- 
ciscus vendus organisla, était né à Venise, 
suivant cette indication , et remplissait, à la (in 
du quinzième siècle et dans les premières années 
du seizième , les fonctions d'organisle d'une des 
églises de sa vilie natale. Cet artiste a composé 
des chansons italiennes originales , appelées 
Frottoles , dont quelques-unes ont été insérées 
dans les 2'"^, 3'"% 4""^, 6""* et 8"'" livres des 
pièces de ce nom publiées par Octave Petrucci 
de Fossombrone, depuis 1503 jusqu'en 150S, 
ainsi que dans le recueil qui a pour titre : 7e- 
nori et contrabassi intabulati col soprano 
in Canio figurato per cuntar e sonar col 
lauto , libro primo, Francisci Bossinensis 
opns , imprimé à Venise par Octave Petrucci, 
en 1509, petit in-40 obi. On trouve aussi une 
lamentation à quatre voix du même artiste dans le 
premier livre, intitulé : Lamentationum Jcre- 
mie prophète, liber primus, imprimé à Venise, 
en 1506 , par le même Petrucci. Le nom de Fran- 
çois Anna est rarement écrit tel qu'il doit élre 
dans ces anciennes publications : souvent l'artiste 
est désigné de ces diverses manières : F. V. 
{Franciscus Vendus); TRA^. ORGA. VENE- 



tI2 



ANNA — ANSALDI 



TUS; FRAN. VENE. ORGA. ; FRANCISCUS 
VENETUS ORG. 

AIXNE-AMALIE, princesse de Prusse, 
sreur de Frédéric II, naquit le 9 novembre 1723. 
Élève de Kirnherger, diiecteiir de sa musique, 
elle acquit assez d'habileté pour composer sur la 
cantate de Ramier, La Mort de Jésus, une mu- 
sique qui, dit-on, disputa le prix à celle de 
Graun. Kirnberger en a inséré nn clireur dans 
son art de la composition pure ( Kunst des rei- 
nen Satzes). Ce morceau est écrit d'un style 
mâle et nerveux , et l'on y trouve plus de con- 
naissance des divers artifices du contrepoint 
qu'il n'est donné ordinairement à une femme 
d'en posséder. Un trio pour le violon , placé dans 
le même ouvrage , prouve son talent dans la com- 
position instrumentale. A ces connaisssances 
elle joignait, surtout dans sa jeunesse, une ha- 
bileté rare sur le clavecin. Cette princesse est 
morte à Berlin , le 30 mars 1787. Elle avait ras- 
semblé une bibliothèque de musique qui conte- 
nait les ouvrages manuscrits et imprimés les plus 
rares , tant dans la théorie et l'histoire que dans 
la pratique. On y remarque surtout la collection 
complète des œuvres de /. S. Bach , de Hxn- 
del, des anciens maîtres de l'école allemande, 
tels que L. Hasler J. Kuhnau, D. Vetler, 
Homilius, Agricola, etc., et les ouvrages des 
grands organistes D. Buxtelmde, N. Bruns et 
/. C. F. Fischer. 

A]\I\E-AMALIE, femme du duc Charles 
de Saxe-Weimar, fille du duc Charles de Bruns- 
wick, naquit à Brunswick le 24 octobre 1739. 
Douée des plus heureuses dispositions pour la 
musique , elle se livra avec ardeur à l'étude de 
cet art, d'abord sous la direction de Fleisclier, 
et ensuite sous celle dcWolff, maître de cha- 
pelle à Weimar, qui lui enseigna la composition. 
Son travail assidu la mit bientôt en état d'écrire 
nn oratorio qui fut exécuté par la chapelle du 
duc de Weimar, en 1758, et d'un petit opéra 
intitulé : Erwinund Elmire, représenté en 1776, 
et dont Lenz a fait l'éloge dans le Mercure alle- 
mand (mai 1776, p. 197). C'est au goût éclairé. 
de celte princesse que le théâtre de Weimar est 
redevable de la splendeur où il parvint vers 
1770 , et de l'exécution parfaite qu'on y remar- 
quait. Elle est morte à Weimar le 12 avril 1807. 

ANI\E-DE1\-TEX (Corneille). Voyez 
Tex. 

AIV^IBALE, surnommé Patavinus ou 
Padovano, parce qu'il était né à Padoue , fut 
un des plus grands organistes du seizième siècle, 
et en même temps le plus habile joueur de luth 
et de clavecin de son époque. Vincent Galilée en 
fait un pompeux éloge dans son dialogue sur la 



musique et dans son Frotiimo. Il n'était âgé 
que de vingt-cinq ans lorsqu'on lui accorda la 
place d'organiste du second orgue de l'église. 
Saint-Marc de Venise, le 29 novembre 1552. 11 
mourut vraisemblablement dans l'année 1550; 
car il eut pour successeur André Gabrieli , le 
30 septembre de cette année. Il résulte du rap- 
prochement de ces dates qu'Annibal n'était 
âgé que d'environ trente ans lorsqu'il cessa 
de vivre : circonstance qui donne l'explication 
du petit nombre d'ouvrages qu'il a jiroduits. On 
a de lui : lo Liber prinms motetlorum quinque 
etsex vocum; Venise 1576 : d'autres éditions de 
cet œuvre ont été [jubliées antérieurement à Ve- 
nise, en 1567, chez Antoine Gardano, in-4°. — 
2° Cantioncs quatuor vocum; Venise, 1592. — 
Zo Madricjali a cinque voci , ibid, 1583. Il est 
vraisemblable que ce sont des réimpressions d'é- 
ditions plus anciennes. On connaît aussi quel- 
ques madrigaux d'Annibal de Padoue, avec 
d'autres de Cyprien Rore et de quelques autres 
auteurs, dans un recueil intitulé : Di Annibale 
Padovano, et di Rore Cipriano, Madrigali a 
quattro voci, insieme di altri eccellentï au- 
ihori , nuovamente con nuova gionta ristam- 
pati. Venezia, appresso li figlnioli d'Antonio 
Gardano, 1575, in-4o. Enfin deux messes de 
la composition de cet artiste se trouvent dans un 
recueil qui a pour titre : Cipriani de Rore, 
Annibalis Patavinict Orlandi liber Missarum 
quatuor, quinque, et sex vocum ; Veneiiis, 
apud Ant. Gardanum , ihQQ, , in-4o. 

Ai\i\UNCIACAM ( Fkançois-Gabriel d' ), 
corde.ier du grand couvent de Lisbonne, né en 
1G79, a publié un traité de plain-chant sous ce 
titre : Arte de Canto chao, resumida para o 
uzo dos religiosos Franciscanos observantes 
du Santa Provin'cia de Portugal; Lisbonne, 
1735, in-4°. 

AÎ^ORA (Joseph ), de Venise, a composé la 
musique d'un opéra intitulé Bon Saverio, qui 
lut représenté dans sa patrie, en 1744. Les par- 
ticularités de la vie de ce musicien sont incon- 
nues. 

AKSALDl (Casto-Innocente), dominicain, 
né à Plaisance le 7 mai 1710, lit ses études 
chez les jésuites, et devint un lielléniste habile. 
En 1750, il fut nommé professeur à l'iinivcrsitc 
de Ferrare. Dans son enfance, il courut un très- 
grand danger : sa mère étant allée avec lui en pè- 
lerinage à Lodignano, on venait de mettre les che- 
vaux à la voiture pour retourner à Plaisance ; mais 
les rênes n'étaient point encore attachées. Ansaldi 
saisit le moment où sa mère et le cocher étaient 
! éloignés pour monter sur le siège et chasser les 
' chevaux, qui s'enfuirent à travers les champs et 



ANSALDI — ANSCHUTZ 



113 



Jetèrent l'enfant Jans une prairie, où heureiise- 
mcnt il ne se (il aucun mal. An nombre de ses 
ouvrages se trouve le suivant : De forensi 
Judxorum Buccina Commentarius ; IJrixifp, 
1745, in-4°. C'est im fort bon livre, où la ma- 
tière est traitée à fond. Lenglet Dufresnoy, (jui 
prétend ( Méthode pour étudier l'histoire , 
t. X, p. 251 ) qu'il y a dans cet ouvrage plui5 
d'érudition qiie de justesse et de raisonnement, 
ne l'avait pas lu. 

AiVSALDI (FnANÇois), né à Vereeil, en 
1785, est élève de Pietro Sassi, son oncle, qui 
en a (ait u» habile violoniste. Ayant été nommé 
directeur de la chapelle du roi de Portugal, ii 
est passé avec la cour à Rio-Janeiro , où il ré- 
side maintenant. Il a composé plusieurs concertos 
de violon, qui sont restés en manuscrit. 

AIMSALONE (Jacinthe ), compositeur na- 
politain, maître de chapelle de l'église royale de 
Monte-Oliveto , et professeur du conservatoire de 
La Pietà de' Turchini, à Naples, vécut dans la 
première moitié du dix-septième siècle. On con- 
naît de sa composition :S«Z?ttirfe' Vesperiaquat- 
troioci, con un Laudate pueri alla veneziana, 
op. 3; Naples, Ottavio Beltramo, 1C35, in-4''. 

AWSANI 00 AI\ZA1\I (Giovanni), né à 
Rome vers le milieu du dix-septième siècle, fut 
un des meilleurs ténors de l'Italie, et non un 
sopraniste, comme on leilitdans le Dictionnaire 
des Musiciens de 1810. En 1770, il passa en Da- 
nemark, où il se (it enten^lre avec succès. En 
1782 il chanta à Londres, et en 1784 à Florence. 
Après avoir paru sur les théâtres principaux de 
l'Italie, il se retira à Naples à l'âge de près de 
cinquante ans, et s'y livra à l'enseignement du 
chant. Il vivait encore en 1815. Les qualités par 
lesquelles ce chanteur se distinguait , dit Gerva- 
soni (JSuova Teoria di musicu, p. 84 ), qui l'a- 
vait entendu plusieurs (bis, étaient une sûreté 
d'intonation fort rare, une grande puissance 
d'expression , et la plus belle méthode de chant, 
.soit sous le rapport de la mise de voix, soit sous 
celui de la vocalisation. Ansani s'est aussi dis- 
tingué coimne compositeur de musique de 
chambre, et l'on a de lui plusieurs morceaux 
de très-bon style, entre autres des duos et des 
trios pour soprano et ténor avec basse continue. 
Gerber dit {Aeues Lex.) qu'on a représenté à 
Florence, en 1791, un opéra de sa composition 
intitulé ; La Vengeance de Minos. 

ANSCHiJTZ (Sal.-Jean-Georges), pas- 
teur à Péterwitz, près de Schweidnitz, dans la 
Silésie, naquit le 28 février 1743, fut nommé 
pasteur en 1773, et mourut le 28 février 1807. 
Il a inséré quelques articles sur la musique dans 
les journaux de la Silésie , particulièrement des 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. I. 



réflexions sur le clavecin (Etwas ûbcr dns 
Klavier und Piano-forte ). 

ANSCiliJTZ (Erisest-Geeiurdt-Salomon ), 
docteur en philosophie, professeur de l'école 
bourgeoise et organiste à la nouvelle église de 
Leipsick, est né en 1800 à Lauter, près de Suhl. 
Il est auteur d'un traité de musique vocale 
( Schulgesanrjbuch ) qui a été publié à Leipsick, 
en trois parties in-S". On a aussi d'Ernest Ans- 
chûtz un recueil de chansons allemandes, 
œuvre r% qui a paru à Leipsick en 1825. Deux 
autres suites de ces chansons ont paru quelques 
années plus tard. 

ANSCHÙTZ (Joseph-André), procureur 
général à Coblence, est né dans cette ville le 
19 mars 1772. Son père était administrateur des 
archives sous le gouvernement électoral de 
Trêves , et son aïeul avait été organiste et di- 
recteur de la chapelle du prince électeur. Doué 
d'une heureuse organisation pour la musique, 
Anschùtz fit de rapides progrès dans l'étude de 
cet art, sous la direction de son grand-père. A 
l'âge de dix ans, il fit avec son père un Toyage à 
Mayence, et eut l'honneur déjouer du piano de- 
vant l'électeur, qu'il étonna par son habiletéelpar 
son aplomb dans la lecture de la musique à pre- 
mière vue. En 1788 son père l'envoya à Mayence 
pour y suivre les cours de droit il l'université. 11 y 
resta jusqu'à la lin'de 1790 ; mais à cette époque, 
le pays ayant été envahi par les armées fran- 
çaises, Anschùtz et son père suivirent le prince 
électeur à Augsbouig. Ils y restèrent jusqu'en 
1797, et pendant cet exil Joseph-Andréacheva de 
développer ses facultés musicales. Ses premiers 
ouvrages furent publiés à Augsbourg, chez Gom- 
bart. De retour à Coblence , il y fut employé 
dans la magistrature; mais en même temps il 
lit de grands efforts pour relever dans celle 
ville la situation de la musique, que les maux 
de la guerre avaient fait négliger. Il réunit ce 
qui restait des anciens membres de la chapelle, 
et en forma un institut dans lequel les jeunes 
gens des deux sexes reçurent une éducation 
musicale. Par ses sollicitations , Anschùtz ob- 
tint que le gouvernement prît cette institution 
sous sa protection, et lui accordât des subsides. 
Un chœurnombreux et un orchestre furent formés ; 
et chaque année les progrès devinrent plus sen- 
sibles dans l'exécution des œuvres instrumen- 
tales et vocales. Anschùtz a continué pendant 
longtemps d'être l'âme active de ses progrès. 
Les compositions publiées de cet amateur zélé 
sont celles-ci : 1° Six chansons allemandes 
( Sechs deutshe Lieder ) ; Bonn , Simrock. — 
2" Trois chansons allemandes et une française ; 
ibid. — 2" Deux airs italiens et allemands pour 

8 



ii4 



ANSCHUTZ — ANSELME DE PARINIE 



la voix d'alto; ihid. — 4° Dus Blûmlein Wun- 
derschoen (La jolie petite Fleur); ibid. — 5" Qua- 
tre chansons allemandes ; ibid. — 6° Jikapsodi- 
sche Gesœnge, Versuch einer musikalischen 

Déclamation, op > 8 ; Augsbourg, Gombart 

7° Trois chants , paroles de Gœthe ; Leipsick , 
Breitkopf et Haertel. — S" Werkauft Llcbesgol- 
ter, de Gœthe, Bonn ; Simrock. — 9" Valses à neuf 
parties pour l'orcliestre , livres l^"", V et 3®; 
Bonn, Simrock iO° Idem, à dix parties, li- 
vre 4*; ibid. — 11° Marche des francs-maçons en 
harmonie, à treize parties, en partition; ibid. — 
12" La Musette de Nina variée pour le piano; 
Leipsick, Breilkopf et Hœrtel. — 13° Huit alleman- 
des pour le piano, livre 1"; Augsbourg, Gom- 
bart. — 14° Valses pour le piano, livres 2" et 3*, 
Bonn, Simrock — 15° Idem., livre 4% ibid. — 
16" Hymne maçonnique pour trois voix et chœur, 
avec deux violons, alto et violoncelle, en fran- 
çais et en allemand ; ibid. — On connaît aussi 
de lui deux Tantum ergo, un Ecce panis, et des 
messes avec orchestre. 

ANSCHUTZ (Charles), fils du précédent , 
est directeur de musique à Coblence, et continue 
ce qu'a fait son père pour la prospérité de l'art 
dans cette ville. Frédéric Schneider a dirigé ses 
études musicales dans les années 1837 et sui- 
vantes, à Dessau. 11 a publié de sa composition : 
1° Chants pourquatre voix d'hommes, op.3et10; 
Coblence, Goswein. — 2° Chanls populaires à voix 
seule avec piano, 1" recueil ;Neuwied, Stciner. 
— 3° Chants de soldat avec piano, op. 6; Co- 
blence ,. Goswein. — 4° 3 Chants de Uhland , Ei- 
chendorff et Fischer, à voix seule avec piano, 
op. 4; ibid. — 5» Quelques petites pièces pour le 
piano, intitulées Les Mélancolies, op. ii, ibid. 

ANSELME DE PARME (Georges), 
écrivain sur la musique , ne fut connu d'a- 
bord que par ce que Gafori en a dit en plu- 
sieurs endroits de ses ouvrages. Forkel parle 
d'AnseImedansRa/-i<^dra<«reniMSîcaZf;(p.487), 
mais d'une manière vague, et seulement d'après 
les indications de Gafori. Le P. Affo, biblio- 
thécaire de Parme , fait l'éloge d'Anselme dans 
ses Memorie degli scrittori e letterati par- 
miggiani, et déplore amèrement la perle d'un 
Dialogue sur la musique qu'il avait écrit. E. Ger- 
Her ( Neues Lexik. der Tonk. ) croit que cet 
Anselme est le même qu'Anselme Flamand , 
musicien du duc de Bavière, que Zacconi ( Prat- 
tica di Musica, part. ii,cli. 10) considère 
comme le premier auteur de l'addition de la sep- 
tième syllabe de solmisntion aux six premières 
de l'hexacorde de Gui d'Arezzo. Gerber ne s'é- 
tait point souvenu qu'Anselme de Parme, ayant 
vécu antérieurement à Gafori , c'est-à-dire 



vers le milieu du quinzième siècle, n'a pu être 
l'Anselme dont parle Zacconi , puisque celui-ci 
vécut dans le même temps qu'Hubert Waelrant, 
c'est-à-dire vers le miheu du seizième siècle. 
Tous les doutes qui s'élevaient sur cet écrivain 
sont maintenant dissipés par la découverte que 
l'abbé Pierre Mazziichelli , bibliothécaire de la 
bibliothèque Amhroisienne, a faite, en 1824, du 
manuscrit de son ouvrage Dé Harmonia Dia- 
logi. Les circonstances qui donnèrent lieu à 
cette découverte sont assez curieuses. Un des 
amis du savant bibliothécaire, étant entré dans 
la boutique d'un épicier, remarqua que le mar- 
chand, pour envelopper ce qu'il venait d'acheter, 
déchirait une page d'un livre in-folio dont la 
couverture était déjà arrachée : imaginant que 
ce volume pouvait mériter un meilleur sort , il 
en lit l'acquisition et le montra à l'abbé Mazzu- 
chelli, qui en reconnut aussitôt la valeur, et qui 
le déposa à la bibliothèque Ambrosienne, où il 
existe actuellement. Cette copie des dialogues 
d'Anselme paraît avoir appartenu à Gafori ; car 
on trouve à la fin ces mots, d'un autre main 
que le reste du manuscrit : Liber Franchini 
Gafori luudensis musicse professoris, medio- 
lani pJionasci. Le P. Affo {Memorie degli 
scrittori e letterati parmiggiani, t. H, 
n" Lxxvii, p. 155 et suivantes ) appelle Anselme 
Giorgio Anselmi Seniore, en fait un professeur 
de mathématiques, né à Parme , et assure qu'il 
était mort avant 1443. Tout cela est conforme 
au titre de l'ouvrage dont il vient d'être parlé, 
car il commence ainsi : Prxstantissimi ac 
clarissimi musici, artiiim medicinccque ac 
astrologix consummatissimi Anselmi Georgii 
Parmensis, De imisica dicta prima balnea- 
rum. Comme on le voit par ce titre, Anselme 
était à la fois musicien habile, médecin et as- 
tronome, ou, comme on disait &\or», astrologue. 
Dans le catalogue des œuvres de ce savant qui 
se sont perdues, le P. Affo cite de Harmonia 
Dialogi. Ces Dialogues, dit-il, se font entre 
l'auteur et une personne illustre de la maison de 
Rossi. Dans le fait, on voit dans le manuscrit 
dont il est ici question que celte personne 
porte le nom de l'ietro de Rubeis , qui est la 
traduction latine de Rossi. Une courte dédicace 
qui suit le litre de l'ouvrage démontre que ce 
Pierre de Rossi avait été le Mécène et le protec- 
teur d'Anselme; la voici : Magnifico militi do- 
mino et benefactori meo optimo domino 
Petro Rubeo , Georgius Anselmus salutem et 
recommendationem. Disputationem nostram 
de harmonica celesti quam Corsensc scptem- 
bri proximo in balneis habuimus, redactatn 
tuojvssu Jtis in scriptis ad te mitto. Quantum 



ANSELME DI-: PARME - A^SELYNK 



llf. 



tamen recolere valui : quatenus quod erra- 
tum aut negleclum fuerit pro arbitrio emen- 
des. Vale, integcrrime héros. Ex Parma, idus 
aprilis, 1434. Ainsi ce fut dans les premiers 
mois de l'année 1484 que cet ouvrage fut 1er- 
mim'. C'est une des époques les plus intéres- 
santes de l'histoire de la musique. L'abbé Maz- 
zuchelli croit que les bains de Corsena, dont il 
est parlé dans cette dédicace, ne sont autres que 
ceux de Lucques. Le manuscrit d'Anselme est 
composé de 87 feuillets iu-fol. Il est divisé en 
(rois dissertations ou dialogues dont voici les 
titres : V° De Harmonia celesti; 1° De Ifar- 
vionia instriimentaU ; 3° De Harmonia can- 
tabili. Nul doute que les deux derniers dialogues 
n'offrent beaucoup d'intérêt, à cause de l'époque 
où ils ont été écrits; malheureusement, presque 
tous les exemples de musique manquent, et les 
portées qui avaient été préparées sont vides. 

ANSELME DE FLANDRE ou FLA- 
MAND, qu'on a mal à propos confondu avec le 
précédent, fut attaché comme musicien au service 
«lu duc de Bavière, vers le milieu du seizième 
siècle. Zacconi , dans sa Pratica di Miisica 
(pa^t. II, lib. 1, c. 10), dont la seconde partie a 
été imprimée en 1622, assure que ce musicien 
entreprit de compléter la gamme en nommant 
si la septième note bécarre, et bo la môme note 
affectée d'un bémol. D'un autre côté, Mersenne 
(Qiiest.in Gènes., p. 1623) cite Pierre Maillart, 
lequel affirme qu'un Flamand anonyme avait 
proposé l'addition de pareilles syllabes, vers 
1547. Il est impossible de décider mainlenant 
s'il s'agit d'Anselme ou d'Hubert Waeirant, au- 
quel on attribue aussi cette invention. Au reste, 
il est bon de remarquer que plusieurs auteurs 
ont proposé de semblables additions sous d'au- 
tres noms ( votf. "Waeirant (Hubert), De Putte 
(Henri), Calwitz, Uréna (Pierre de) Caramuel 
(leLobkowilz; Hitzler (Daniel) et Lemaire (Jean), 
On peut aussi voir les articles Gibel ou Gibelins 
( Othon ) , et Buttstedt (Jean-Henri). On trouve 
un paesage relatif à Anselme Flamand dans les 
Notices sur les écrivains de Bologne , par Fan- 
tuzzi, t. V, p. 344, n° 5. 11 s'agit d'une lettre 
qui fut écrite en 1743 par François Provedi, de 
Sienne, à un maître de chapelle de Rome , son 
ami, pour avoir son avis sur le meilleur système 
de solmisation, savoir, de celui de Gui d'Arezzo, 
ou de celui d'Anselme Flamand. H dit (jue le 
P. Fausto Fritelli, maître de chapelle de la ca- 
thédrale de Sienne, avait introduit ce <lernier 
sysième dans son école publique , mais (|ue tous 
les professeurs de la ville le blâmaient et reje- 
taient ce système de solmisation. Celle ques- 
tion avait soulevé des discussions dans tout le 



pays : c'est à propos de ces discussions, où 
lui-même était intéressé par un écrit quil avHit 
publié sur cette matière, que Provedi écrivit sa 
lettre. Il s'était prononcé contre la notivclle mé- 
thode de solmisalion, et, tout rempli des préjugés 
de sa nation , il avait conclu eu faveur de la sol- 
misation ancienne, condamnée par la nature 
même de la tonalité moderne. Voici le texte du 
passage dont il s'agit : Attesta che il Rev. SiÇ' 
D. Fausto Fritelli , novello maestro di cap- 
pella di-questa metropolitaua, introdusse 
nella sua pubblica scuola f nso di solfeggiare 
seconda il metodo d'Anselmo; un cavalière 
d''alla lignaggia, che ha molta interesse in 
queslo particalare, seniendo che questa in- 
novazione veniva rigettata unanimamcnte da 
tutti gli professori diquesta ciltà, mi/cce Vo- 
nore commendarmi dimetteretn caria il mio 
sentimento. A contempiazionepoi de'carj miei 
padroni ed amici, la pubblicai colle stanipe, 
et dai medesimi ne sono state mandate délie 
copie in diverse ciltà per sentire le opinioin dei 
piùperitineli arle. Intanto che egltno stanna 
attendcndo lerispostc, io per mia parte ricarro 
alV oracolo dcl P. V. M. R. per snperequale 
debbe cssere il mio destina. Per tanta mi son 
preso l'ardire d'inviargliene tina copia, in- 
siemecon una delmio competitore, accià ella 
passa can lutta suo comodo esaminarle amen- 
duc, assicurandola che delta sua graziosis- 
sima risposta dipenderà se davrb continuare 
no net seriasa impegno ove mi trovo. Per cià 
prcgo vivamente la P. V. volersi compiacere 
dirmi con lutta ingemcità il sua parère, accià 
che passa dalle virtuosissime autorevoli sue 
istruzioni ricevere quelli avvertimenti che sli- 
merà più confacevoli ai mici presenti inte- 
ressi , lisolutissimo di pendere dalle niedesi- 
me, etc. Quoi qu'il en soit des préjugés que ren- 
contrait encore en Italie la seule solmisation 
que le bon sens puisse adopter, il paraît, par ce 
qu'en dit Zacconi , que le système d'Anselme 
avait eu quelque succès lorsqu'il le proposa. 

ANSELMI (Secondini), compositeur italien 
du dix-huitième siècle, né à Lodi, en Lombaniie, 
n'est connu que par un opéra intitulé : / tre Prc- 
tendenti, qui a été représenté à Lodi en 1786. 

ANSELONI (Les frères François, Tauquimo, 
Je\m et Bautholomé), Napolitains, ont excellé 
sur le trombone, la cbaramelle et les cornets, 
dans les dernières années du seizième siècle et 
au commencement du dix-septième. Cerrelo 
leur accorde de grands éloges {Delta Pratica 
musicale, p. 158). 

ANSELYNE (Antoine), musicien français 
qui vivait vers le milieu du scizièuie siècle, était 

8. 



116 



ANSELYNE — ANTEGNATI 



employé dans la cliapelle des enfants de France 
sous le règne de François P', en 1534, suivant 
un compte de la maison de ces princes, de 1538 
(M. 11, F. 540,suppl.delaBibl.imp de France). 

ANSIAUX {Jean- Hubert- Joseph et non 
Henri), naquit à Huy (Belgique) le 16 décembre 
1781; son père était notaire et bourgmestre de 
Huy. Heukart, maître de chapelle de l'église 
Notre-Dame de cette ville, lui enseigna la mti- 
fiique et l'harmonie; Tingry fut son maître de 
- piano. Ea 1809 il fit exécuter un Te Deum à 
huit voix à l'occasion du mariage de l'empereur 
Napoléon. Au nombre des ouvrages d'Ansiaux, 
on compte neuf messes : la neuvième fut exécutée 
le 6 novembre 1825 dans l'église Saint-Jacques- 
sur-Caudenberg, à Bruxelles; trois Te Deum : 
le troisième, qui était inédit, fut exécuté le 16 
décembre 1854, à l'église Sainte- Gudule, pour 
l'anniversaire du jour de naissance du roi ; plu- 
sieurs motets; trois ouvertures, dont une, inti- 
tulée V Apothéose de Grétry, fut composée pour 
l'ouverture de la nouvelle salle de spectacle de 
Liège, en novembre 1820; divers autres mor- 
ceaux de musique instrumentale. Ansiaux écri- 
vit aussi un opéra intitulé Les Revenants, qui est 
resté en manuscrit et n'a pas été représenté. En 
1820,11 (it exécuter des morceaux de son ora- 
torio intitulé Jephté, dans un concert de la So- 
ciété d'émulation de Liège, dont il était membre. 
Ansiaux mourut subitement, assis à son bureau, 
le 4 décembre 1826, à peine âgé de 45 ans. De ses 
deux fils, l'aîné, Charles, s'est établi à Charle- 
ville, comme professeur de musique; le plus jeune 
Théophile, organiste à Andennes, est mort à 
Serlles, près de ce lieu, au mois de juillet 1857. 

ANTAO ou ANTOINE DE SANTA- 
ÉLIAS) carme portugais, naquit à Lisbonne 
vers 1690. Il passa une partie de sa jeunesse 
dans les possessions portugaises en Amérique. 
Après son retour en Europe, il entra au couvent 
de son ordre à Lisbonne, où son habileté dans la 
composition et sur la harpe le fit nommer maî- 
tre de chapelle. Il mourut en 1748. Ses composi- 
tions, qui consistenten Te Deum à quatre chœurs, 
répons, messes, psaumes, hymnes, et cantate 
pour l'anniversaire de la naissance du roi, sont 
conservées dans la bibliothèque de son monastère. 

ANTEGNATI, famille de facteurs d'instru- 
ments établie à Brescia dès la fin du quinzième 
!=i^ siècle, a produit, depuis le commencement du 
seizième siècle, quelques artistes qui onleu à juste 
titre une grande renommée. Lanfranco dit, dans 
ses Scintille di musica, etc. (Brescia, 1533, p. 
143), que les plus habiles luthiers de son temps 
pour la facture des luths, violons, lyres, etc., 
étaient Jean- Jacques dalla Corna et/ea» Mon- 



tichiaro, tous deux de Brescia; que Jeun- 
François Antegnati, de la même ville, se dis- 
tinguait dans la facture des monocordes, harpi- 
cordes et clavecins ; et que Jean-Jacques, son 
frère, produisait les meilleures orgues et les mieux 
accordées qui eussent élé faites, ainsi qu'on pou- 
vait le voir dans l'orgue nouvellement fait par 
lui dans l'église Sainte-Marie dalle Gracie, de 
sa ville natale (1). 

On ne sait sur Jean-François et Jean-Jacques 
Antegnati que ce qu'en dit Lanfranco. 

ANTEGIVATl (Gratiadio), célèbre cons- 
tructeur d'orgues, né à Brescia, vivait vers 
1580. Il a construit l'orgue de la cathédrale de 
sa patrie, et fut aidé dans cet ouvrage par son 
fils, qui est l'objet de l'article suivant. 

ANTEGNATI (Constant), fils du précé- 
dent, naquit à Brescia, vers le milieu du seizième 
siècle. Il fut habile constructeur d'orgues, et cé- 
lèbre organiste à la cathédrale de sa patrie. 11 
occupa cette place jusqu'en 1619, où une apo- 
plexie dont il fut frappé le rendit impotent jus- 
qu'à sa morl, qui n'arriva que quelques années 
après. Les habitants de Brescia, pour récom- 
penser ses talents et la pureté de ses mœurs, lui 
firent luie pension. On trouve son éloge parmi 
les Elogi istorïci d'Octave Rossi, p. 500. Il 
a publié : 1° Canzoni a quattro voci, uno, due 
tre e quattro libri ; Venezia, per Aless. Vincenti. 
— 2° Messe e motetli a due e tre chori ; Venezia, 
presso Bart. Magni. — 3° Motetti e tétanie a tre 
Venezia, Bart. Magni. — 4° Messe e sinfonie a 
Otto; Venise, Bart. Magni. — 5° Messe a seie 
otto voci, lib. 1; in Venezia, appresso Angelo 
Gardano, 1578, in-4°. — 6" Inni d'intavolatura 
d^organo; Venise. — 1" Vantegnata, intavola- 
tura di ricercate ; Venise, Bartli. Magni — 8° 
Salmi Otto voci; Venezia, Ang. Gardano, 1592, 
in-4°. — 9" L'Arteorganica; Brescia, 1608. — 
10° Motetti a tre voci; Venise. — \.\o. Motetti e 
messe adodici in tre chori; Venise, Aless. Vin- 
centi. —12" CansoHJ dasonare aquatlroeotto 



(t) Voici le texte de Lanfranco : Et sla ciascun dili- 
gente nelle sue participationi : participando qiuil instnt- 
mento si voglia, o siano da corde : corne sono liuti, vio- 
lini, lyre, et simili pulitamenti, et risonanti fabricuti da 
Il due Bresciani Ciovan Giacobo dalla Corna et Zanctte 
Montichiare, opvr questi altri : cioc monocordi. arpi- 
cordi, et clavacimbali dlligentissimamente fatti da Cio- 
van t'rancesco Antegnati da Brescia -. o siano da vento , 
corne sono gli organi, i quai sono cosi ben lavorati da 
Giovan Giacobo, fratello del sopranonuUo (sic) Giovan 
Francesco, chi non da mono dl homo, ma da natwa 
creati puiono, con la sua accordatura cosi/atta, cbe cia- 
cuna circonferenza délie sue canne inttra, rotonda, et 
immaculala resta; et cio si puo vedere nello organo no- 
vellamente/atto di sua mano nella chiesa di Santa-Maria 
dalie Gratte di guestà città di Brescia. 



ATNTEGNATI — ANTIQUIS 



117 



voci; VtMiise, IGI9. Ses quatre livres de chansons 
à quatre voix furent réimprimés à Venise en 1621. 

AIXTENORI (Onui'hre), né à Padoue, dans 
la seconde moitié dii quinzième siècle, estindiqué 
quelquefois dans les anciens recueils sous le nom 
d'ffonophrhis Patavinns. On connaît de lui 
quelques chansons italiennes à plusietirs voix, 
dans le style vénitien, auxquelles on donnait le 
nom de frottole, et qui furent en usage au quin- 
zième siècle et au commencement du seizième. 
Les frottoles d'Antenori sont insérées dans les 
3™", 6""', 7°'° et 8™* livres de ces chansons pu- 
bliées à Venise, par Octave Petracci, depuis ISOi 
jusqu'en 1508. 

ANTÈS (Jean), mécanicien anglais, vivait 
à Londres vers la fin du dix-huitième siècle. En 
1801, il construisitun pupitre mécanique pour un 
quatuor, qui, au moyen de la pression d'une pé- 
dale, tournait les pages de la musique. Des in- 
ventions du même genre, mais différentes par le 
mécanisme, ont été publiées depuis lors. ( Voy. 
Paillet, Puirocheet Wagner). 

ANTHES (J.-A.), directeur de la société de 
chant à Eschbach,dansle duché deNassau, appelée 
Taunus Uederkranz;\ers 1840-1848, s'est fait 
connaître comme compositeur de mélodies vocales 
par les ouvrages suivants: {"ùPeM^Lieder faciles 
pour voix seuleavec piano, op. 3; Mayence, Schott. 

— 2" 6 Lieder pour deux voix de soprano, ou deux 
voix d'hommes, avec piano, op. 4 ;i&.— 3° 6 Lieder 
avec ace. (acile, op. b;ibid. — 4° G Lieder faciles, 
op. 6 ibid. — 5° Trois duos pour voix de femmes 
ou d'hommes avec piano, op. 7; ibid. J'ignore si 
c'est à ce même M. Anthes ou à quelque autre 
membre de sa famille qu'on est redevable de deux 
bons ouvrages publiés sous ces titres : 1° Die 
Tonkunst im evangel. CuUus , viit einer Ge- 
schiclite der kirchl, Muslk (La Musique dans le 
culte évangélique, avec une histoirede la musique 
d'église), par J.-C. Anthes ; Wiesbaden, Friedrich, 
1846,in-4°. — 2° Allgemeine/assUche Bemerkun- 
genzur Verbesseruny des evangel. Kirchenge- 
sanges (Remarques générales et faciles à com- 
prendre sur l'amélioration du chant des églises 
évangéliques), par le même;J6HZ. 1847, in-S". 

— 3° Anleitung zum Gesang (Introduction au 
chant, suivie de 21 chorals et de 57 mélodies à 
plusieurs voix); Wiesbaden, Ritter. 

ANTIIIPPE, musicien grec, à qui Pindare 
(in Plut, de Musica) et PoUux (lib. IV, c. 10, 
sect. 78) ont attribué l'invention du mode lydien, 
que d'autres ont donné à Mélanippide (Voy. ce 
nom), et quelques-uns à Torrèbe. 

AKTIER (Marie), née à Lyon, en 1687, 
vint à Paris en 1711 , et débuta presque aussitôt 
à l'Opéra, où elle joua pendant vingt neuf ans. 



C'était, dit-on, une actrice excellente, et l'on 
vanle la manière dont elle jouait les rôles de 
magicienne dans les opéras de LuUi. Elle mourut 
à Paris le 3 décembre 1747. Ce fut elle qui cou- 
ronna le maréchal de Villars, la première fois 
qu'il alla h l'Opéra après la bataille de Denain. 

ANTIGÉIVIDE, joueur de flûte, naquit à 
Thèbes, en Béolie. Il apprit la musique sous la 
direction de Ptiiloxène, poête-musicien, dont il 
devint le joueur de flûte ordinaire. Périclès le 
chargea d'enseigner cet instrument à Alcibiade. 
Il était enthousiaste de son art, moins pour les 
applaudissements qu'il recueillait, que pour 
l'art lui-même ; car il avait pour le goût de la 
multitude un mépris qu'il tâchait d'inspirer h ses 
élèves. Il dit un jour à l'un d'eux qui, bien que 
fort habile, était peu applaudi de l'auditoire : 
Jouez pour les Muses et pour moi. On rap- 
porte à ce sujet l'anecdote suivante : Un joueur 
de flûte ayant été fort applaudi par le peuple, 
Antigénide, qui n'était pas encore sorti de l'hy- 
poscène, dit aussitôt : « Pourquoi donc tout ce 
« bruit ? Certes il faut qu'il y ait ici quelque 
n chose de bien mauvais dans ce qu'on a entendu ; 
« s'il en était autrement, cet homme n'aurait pas 
« mérité tant d'applaudissements. » Il est bon 
de remarquer qu'Athénée attribue ce propos à 
Asopodore de Phliase (Deipnosoph., lib. XIV). 
Antigénide fit à la flûte des changements utiles, 
en perfectionna la structure, et augmenta le ' 
nombre des trous. Apulée (in Florid., sect. 4), 
prétend qu'il fut le premier qui trouva le moyen 
de jouer sur la même flûte dans les cinq modes 
éolien, ionien, lydien, phrygien et dorien. La su- 
périorité de son talent était bien reconnue, si l'on 
en juge par ce mot d'Épaminondas, qu'on vou- 
lait effrayer en lui annonçant que les Athéniens 
envoyaient contre lui des troupes équipées d'ar- 
mes de nouvelle invention : Antigénide, dit-il, 
s'a/flige-t-il lorsqu'il voit des flûtes nouvelles 
entre les mains de Tellis? 

ANTINORI (Louis), né à Bologne vers 1697, 
fut l'un des plus habiles chanteurs du commen- 
cement du dix-huitième siècle. II possédait une 
voix de ténor pure, pénétrante, et joignait à cet 
avantage une méthode excellente. 11 fut engagé 
pour le théâtre de Londres dirigé par Hasndel, et 
y débuta avec succès en 1726. 

AIXTIQUIS ( Jean d'), maître de chapelle à 
l'église de Saint-Nicolas, à Bari, dans le royaume 
de Naples, florissait dans la seconde moitié du 
seizième siècle. On a de lui : 1» Villanelle alla 
Napoletana, a tre voci di diversi musici di 
Bari, raccolte da Jo.de Anliquis,con alcune 
délie sue; Venise, 1574, in-8" obi. Les auteurs 
dont on trouve des pièces dans ce recueil sont 



us 



AINTIQUIS — ANTOLINI 



.Ican-François Cnpuano, Cardiiccio, Alex. Ef- 
(rnu, Miitio Effrem, Fanello, Felis (Stefnno), 
J,(iriil)aido deMarini, Colonardode Monte, Poiiip. 
Nenna, Gola de Pizzolis (de Pouzzuole ), Vin- 
cenzo Podio, Recco, Simon de Baldis et Gio. 
Fr.VioIanli. — 2° Madrigali aquadro voci, con 
lin dialogo a otto; Venise, 1584, in-4°. — 3° Il 
primo libro di canzonctte a due voci da 
diversi autori di Bari ; ibid., 1584. Ce recueil 
est intéressant , parce qu'il fait connaître 
jiliisieurs compositeurs nés à Bari ou dans 
ses environs; en voici les noms : Simon de 
Balnis, Etienne Felis, Mutïo Effrem, Fa- 
brice Facciola, Jean de Mariai, Jean Fran- 
çois Gliro, Jean-Baptiste Pace, Jean Donat 
de Lavopa, Jean-Pierre Gallo, Mcolas-Marie 
Pizziolis, Jean-François Copuani, Nicolas- 
Vincent FanePli , Tarquino Papa, Victor de 
Helia, Jean-François Palombo, Jean Jac- 
ques Cai'ducci, Jean Vincent Gottiero, Horace 
de Martino, Joseph di Cola, Dominique 
dello Mar.saro, Janno Donati, Antoine Zazza- 
rino, Jean François Violanti et Pomponio 
ISenna. 

AIMTIQUIS (André dk), compositeur vé- 
nitien, né dans la seconde moitié du quinzième 
siècle, s'est fait connaître pur des chansons ita- 
liennes appelées frottoles, dont quelques-unes 
oiit été insérées dans les recueils de ces cIkhiIs 
publiés par Octave Petrucci , à Venise, depuis 
lb04 jusqu'en 1508. Il ne serait pas impossible 
que cet artiste fût la môme personne qu'André 
Antiquis de Montona, qui obtint du pape un 
privilège de dix ans pour établir à Rome uue 
imprimerie de musique à l'imitation de celle 
qu'avait fondée Octave Petrucci de Fossombrone, 
et qui publia en 1516 un volume in-folio de 
messes de Josquin , Hrumel et autres. Montona 
est un bourgde l'Illyrie, aux environs de Trieste, 
dont les communications avec Venise sont fié- 
(|uentes, et qui était d'ailleurs alors sous la do- 
un'nation des Vénitiens.. André de Antiquis a pu 
faire son éducation musicale parmi les artistes de 
Venise, adopter le genre de leur musique, et, 
léiiioia de l'activité qu'avait dès ses premières 
années l'établissement de Petrucci, il a pu son- 
fier à faire la même spéculation dans les États 
romains, où le privilège de Petrucci était sans 
force. La similitude des noniset les circonstances 
.•^oiit de telle nature que l'identité de personne n'a 
rien <)ui répugne. 

ANT01I\E ( FEniviNAND d' ) , capitaine au 
service de l'électeur de Cologne, vers 1770, 
fut habile violinistc et claveciniste. Marpurg, 
Kirnbergor et Riepcl furent ses maîtres de com- 
posiiion, cl son goût se forma dans un voyage 



qu'il fit en Italie. Depuis 1780 il a mis en mu- 
sique les opéras suivants : 1» Jl mondo alla ro- 
wrsa.— 20 Das tartariscfie Gesetz (La Loi des 
Tartarcs). — 3" Das Mxdcfien im Eichthale (La 
Fille de la vallée aux chênes ). — 4" Otto der 
Schiitz (Othon l'Archer); 1792.— ôo Der Fur s t 
und sein Volk (le Prince et son peuple), opé- 
rette.— 6° Endegul, ailes tjut (Bonne fin, tout 
est bien), opéra en deux actes, 1794. — 7° Cliœurs 
de la tragédie de Lanassa. 11 a fait aussi la 
musique d'im prologue de Cramer, et composé 
quelques symphonies et des quatuors de violon, 
dans la manière de Haydn. 

ANTOINE ( Henri ), connu sous le nom de 
Crux, naquit à Manheim en 1768, et vint à 
Munich en 1778, avec sa mère, la fameu^ie ac- 
trice Franciska Antoine, née Amberger. Il fut 
d'abord destiné au théâtre, et reçut des leçons de 
sa mère. Il parut souvent sur le théâtre de la 
cour dans les rôles d'enfant. Mais bientôt il étudia 
la musique, et reçut des leçons de P. Winter, 
alors musicien delà cour. Sa mère, pour achever 
son éducation musicale, le mit pendant deux 
ans à l'école de Léopold Mozart, h Salzbourg. 
En 1786, il passa au service de l'électeur de 
Trêves, à Coblence; mais il quitta cette cour pour 
voyager en France et en Hollande. Après avoir 
été quelque temps au service du comte de Ben- 
theim , à Stoinfurt , il y épousa la cantatrice 
Joanna Fontaine, et partit avec elle po\ir Mu- 
nich, en 1791 ; il y fut placé comme violiniste à 
la chapelle électorale, et y mourut en 1809. On 
connaît de lui quelques compositions manus- 
crites pour le violon. 

ANTOINE ( Ernest ), frère du précédent, 
naquit à Manhein en 1770. H apprit le hautbois 
du musicien de la cour Ram. En 1786, il passa 
au service du prince électoral de Trêves, à Co- 
blence, et y acquit la réputation d'un artiste 
habile. Mais les troubles de la guerre et le chan- 
gement de gouvernement ayant obligé le prince 
à réformer sa musique, Antoine chercha tm autre 
moyen d'existence; et fut nommé collecteur de la 
loterie royale à Munich , où il se trouvait en 
1812. 

ANTOLIN! (François), littérateur et profes- 
seur de musique à Milan, né à Macerata en 1771, 
mortàMilaUjVers 1845, aécrit un petitouvrage utile 
aux compositeurs, sous le tilrede:La retta ma- 
niera di scrivere per il clarinello ed altri stro- 
menti difiato, con soi tavole contenenli, oltre 
varj csempi dimostrativi, eziandio le duescate 
dcl clarinello più chiare e complète délie com- 
mitni. Opcra utilissiina prinoipalmcnte ai 
composilori di viusica, non che agli esercenli 
in essa iraltati, Miiano, délia tipograf. di Can- 



ANTOLINI — Ar^TONELLI 



119 



dido Diiccinelli, 1813, 02 p. in-8". On a aussi 
d'Anlolini un opuscule intitulé: Osservazioni su 
dueviolini cspoti nelle sale deW I. R. Palazzo 
di Brera, tino de' quati di forma non coin- 
muna. Milano, per Luigi di Giacomo Pirola, 
1832, iu-S" de 14 pages. 

ANTON ( Conrad-Théophile ), né à Lauban, 
le 29 novembre 174C, enseigna d'abord les 
sciences morales et politiques dans l'université 
de Wiltenberg, et devint en 1780 professeur de 
langues orientales dans la même université. 11 
mourut dans cette ville le 4 juillet 1814, ou, 
selon l'Encyclopédie de Erscli et Gruber, le 3 
du même mois. Dans sa jeunesse il s'était li- 
vré à l'étude de la musique, et le goût qu'il 
avait conservé pour cet art lui fit diriger ses 
travaux sur les objets qui y sont relatifs , et 
particulièrement sur la musique des Hébreux. 
On a de lui : 1° Dissevtalio de métro Hebrxo- 
rum antiquo;'Lc\^s\ck, 1770,in-4°. — 20 Vin- 
diclx disputationis de métro Hebrœorum an- 
tiquo, a dtibitationibus virorum doctorum ; 
ibid., 1771, in-S". — Z° Pars secunda; ibid., 
1772, in-8°. — 4° Versuch, die Mélodie und 
Barmonieder alten hebraischenGesxjige und 
Tonstûckezu entziffern , ein Beytrag zur Ges- 
chickte der hcbraischen Musik, nebst einige 
Winken fier die hebraischen Grammatiker, 
Ausleger titid Kunstrichter des alten Testa- 
ments ( la Mélodie et l'Harmonie des anciens 
chants hébraïques, etc., essai sur l'iiisloiie de 
la musique des Hébreux, etc. ), première partie, 
dans le Répertoire de littérature biblique du 
professeur Paulus, t. I,Jéna, 1790,in-4°, p. 160- 
191; deuxième partie, dans le même ou- 
vrage, t. Hl, 1791, p. 1—81. — 5" Veber das 
Mangelhafteder Théorie der Musik : ein kur- 
zer Aufsatz (Sur l'imperfection de la théorie de 
la musique) , dans le Journal musical de Rei- 
cbardf, p. 133. — 6° Veber die Musik der Sla- 
ven ( sur la musique des Slaves ), dans le Ma- 
gasin musical de Cramer, t.I, p. 1034; — 7° Sa- 
lomonis Carmen inelicum, quod Canticum 
Canticorum dicitur, ad metrum prlscum et 
nwdos musicos revocare,recensere et notis 
criticis aliisque illustrare incipit, etc. ; Vite- 
bergœ, 1793 , in-8° de 40 pages. La deuxième 
partie de cette thèse, avec le glossaire des mots 
hébreux du Cantique des cantiques, a paru en- 
suite sous ce titre : Salomonis Carmini melico 
quod Canticum Canticorum dicitxir ad me- 
trum priscum et modos musicos revocato, 
recensito, in vernaculam translata et notis 
criticis aliisque illu-strato. Glossarium ad- 
dit, etc.; Vitebergx, 1709, in-8°. Les deux 
parties ont été ensuite réunies avec un nouveau 



frontispiccgravé,;'iLoipsick(Gœlhe), 1800, 108 pa- 
ges iû-8"'. Anton avait exposé, dans les disserta- 
tions insérées au Répertoire de Paulus, ses idées 
sur une sifinilication harmonique qu'il attribuait 
aux accents de la poésie hébraïque. Ces accents 
sont une véritable notation musicale; et, comuic 
l'a très-bien remarqué l'auteur du Schilte hag- 
ghiboritn ( Voy. ABRAH\M-BEN-DAvm-AKiE ) , 
les accents ne sont pas les signes d'un son , 
comme les notes de la musique européenne n>o- 
derne, mais des signes collectifs de plusieurs 
sons ; caractère qui est, en effet, celui des notations 
orientales ; mais dans toutes ces notations, ainsi 
que dans les accents hébraïques, les signes indi- 
quent les divers mouvements delà voix, en passant 
d'un son à un autre. Anton, au lieu de cettesncces- 
sion, a vu dans ces signes des sons simultanés, et, 
leur donnant une signification purement arbitraire, 
il a fait, de ce qu'il appelle les accents prosaï- 
ques, des signes d'harmonie, de tierce, et de 
ceux auxquels il donne le nom d^accents poé- 
tiques, des signes d'harmonie complète de trois 
sons, en tierce et quinte. En sorte que, selon 
lui, les anciens Hébreux auraient fait usage de 
celte harmonie dans la rubrique du temple et 
ailleurs. Son petit ouvrage Salomonis Carinen 
melicum , etc., publié postérieurement à ce tra- 
vail, a pour objet de faire voir l'application de son 
système au Cantique des Cantiques, attribué à 
Salomon. Ce système ne soutient pas un sérieux 
examen. Après la mort d'Anton, son lils a mis 
en ordre et publié son dernier travail sous ce 
titre : Phœdri Fabularum ^sop. Libri V, et 
Publii Syri aliorumque veterum Sententix,ex 
recensrone Bcntlei passim codd. Mss. aucto- 
rilate, nec non metri et rhythmi musici ope 
reficti; prxmissa est dissertatio rfiyf/uno 
musico a vet. Romanis, nominuiim a Phxdro 
et auctoribus Sententiarum a P. Syro col- 
lectarum et comparandis versibus observalo. 
Zittau, 1817, in-8''. 

ANTONELLI (Abbonbio) ou ANTl- 
NELLO, né dans la seconde moitié du sei- 
zième siècle, fut compositeur et maître de cha- 
pelle de l'église épiscopale de Bénévent, dans 
le royaume de Naples. 11 a publié à Rome un 
livre de motets à quatre voix, en 1604. En 1608, 
Antonelli devint maître de la cliapelle de Saint- 
Jean de Latran.àRome; mais il ne conserva cette 
place qu'une année , ce qui peut porter à croire 
qu'il mourut au commencement de 1C09. Il eut 
pour successeur Jacques Beniucasa. L'abbé Baini 
cite de ce musicien des motets à quatre chœurs, 
qu'il considère comme des compositions remarqua- 
bles. On a aussi de ce maître : lo Missa aquuttro 
voci e quattroMotelliadue, c^n organo, Roma ; 



120 



ANTCmFXLI 



AKTOKIUS 



lCii9, in'4". — 9." Liber prhmis diversariimmo- 
dulationumbinis, tenus, quatcrnis, senis, ac 
seplenisvocibus ;'R.omaî, 1015.-3° Missabreve 
a quattro, Salmi e motetti a tre e quattro, con 
basso conlinuo, Roma, 1628, in-4°. On trouve 
«ians la bibliotlièque musicale de l'abbé Sanlini, 
à Rome, des com[)ositions manuscrites de deux 
autres musiciens nommés Aiitonelli, sur lesquels 
on n'a aucun renseignement. Du premier (Fran- 
çois Antonelli) estun Ascendo ad Patrem, pour 
deux sopranos et orgue; un Diligam te, pour so- 
prano et basse; un Fe^Jx /erwsa/e/n à trois, et un 
Otiuin effusum à trois. Le second (Angelo Anto- 
nelli ) est auteur du motet Princeps gloriosis- 
sime pour deux sopranos et basse. D'après les for- 
mes et les caractères de ces compositions , leurs 
auteurs ont dû vivre vers la (in du dix-septième 
siècle ou au commencement du dix-huitième. 

ANTOINELLl-TORRÈS. Voy. TORRÈS 
( Antonio ). 

AKÏONI (Giovanm-Battista Degli), orga- 
niste de Saint-Jacques-Majeur à Bologne, et 
académicien philharmonique, vers 1650, a 
publié : Intavolatura nuova di certi ver- 
setti per tutti H tuoni per Vorgano. Cet ou- 
yrage est cité par Jean Kriegcr, dans la préface 
de ses Musikalische Parthien ; mais il n'en in- 
dique pas la date. Antoni a écrit pour le théâtre 
de Bologne Atide , qui a étc représenté en 
1679. 

AMTONII (PiETRO Decm), né à Bologne 
vers 1630, fut, dans sa jeunesse, un excellent 
joueur de cornet, instrument qui était encore en 
usage à celte époque. Plus tard il fit des études 
sérieuses de contre-point, et obtint la place de 
maître de chapelle de l'église de Saint-Jean in 
Monte. Dès la fondation de l'académie des 
philharmoniques de Bologne, en 1666, Degli 
Antoni fut un de ses membres ; il en fut prince 
six fois, la première en 1676, et la dernière en 
1718. Il était alors fort âgé et ne survécut que 
peu de temps à cette date. Ses ouvrages ont été 
imprimés à Bologne. Il a piiblié huit œuvres de 
musique pratique , parmi lesquels on distingue 
l'œuvre b™", sous ce titre : Ricercate a violino 
solo e violone o contimio, Bologne; l'œuvre 7'"^, 
contenant six motets à voix seule, avec violon 
ou viole et violoncelle obligés, Bologne, 1696 , et 
l'œuvre 8"*°, composé de trois messes pour deirx 
fioprani et basse, avec accompagnenient de deux 
violons. Au litre , après le nom de l'auteur, on 
lit ces mots : Mac^-o di cappella di S. Giovanni 
in Monte. On connaît aussi de sa composition : 
Missa e salmi a tre voci, op. 2, Bologne, J. 
Monti , 1070 , in-4''; Concerli da Chicsa a due 
violini, viola e continua peror;/ano;elsonate, 



arie, gighe e balletti a tre stnimenti, op.'4. 
AATOIMO DEGLI ORGANI. Voijez 

SQUARCIALUI'I. 

ANTONIO {***), musicien sicilien, naquit 
à Mazzara dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle. 11 paraît qu'il avait cessé de vivre 
en 1680. Mongitori (in Bibliioth. Sicula, t. 11, 
p. 69 ) dit qu'Antonio était auteur d'un ouvrage 
intitulé : Cithara septem chordarum; mais il 
ignorait si c'était un livre théorique ou une œuvre 
pratique. 

ANTONIO (***), violiniste italien, vivait an 
commencement du dix-huitième siècle. On a 
gravé de sa composition : Premier livre de So- 
nates pour violon; Amsterdam, 1726, in-fol. 

ANTONIO DA CARPI , est cité par 
l'auteur du Dizionario di opère anonime e 
pseicdonime di scrittori italiani (t. II, 
p. 86 ) comme auteur d'une critique des œuvrtis 
de Lotfi [voy. ce nom), imprimée au commence- 
mentdudix-huitièmesiècle, maisdontii n'indique 
ni le titre, ni le lieu, ni la date dé l'impression. 
Il ne faut pas confondre l'écrit dont il s'agit 
avec une autre critique anonyme des madrigaux 
de Lotti, publiée à la même époque, et qu'on 
attribue à Beaoît Marcello. Voy. Marcello. 

ANTONIOTTÏ (Georges), né dans le Mi- 
lanais, en 1092 , demeura pendant quelques an- 
nées en Hollande, où il publia, en 1730, son 
premier ouvrage, composé de dou/.e sonates 
pour le violoncelle ou la viola di gamba. Il se 
rendit ensuite à Londres, où il résida pendant plus 
de vingt ans. Il avait écrit en italien un traité 
d'harmonie et de contre-point, qu'il fit traduire 
en anglais, et qui fut publié .sous ce titre : VArle 
Armonica, or a Treatise on the composition 
of Music, in three books, with an introduction 
on the history and progress of Music, from ils 
beginning to thistime. Written in itaiian, and 
translated into engiish. Londres, 1761, in-fol. 2 
vol. Ce livre n'eut point de succès. Il y a des exem- 
plaires de la même édition qui ont la date de 1700. 
Aritoniotti était peu instruit des matières qu'il 
voulait traiter. Dans sa vieillesse, il retourna .'i 
Milan (vers 1770), ety présenta au P. Giov. Sacchi 
son problème sur la possibilité de faire entendre à 
la fois tbutcs les notes de la gamme dans une har- 
monie qui ne blesse point l'oreille ;-ce qui fut ap- 
prouvé par le P. Sacchi et par un moine de l'Ob- 
servance, habile contrapuntiste, nommé le P. Jean 
Dominique Catenaci. On sait que l'effet dont il 
s'agit consiste dans le retard de plusieurs conson- 
nances sur un mouvement ascendant de plusieurs 
autres consonnances. Antoniolti est mort à Mi- 
lan en 1776. 

ANTONIUS (Jules), constructeur d'orgues, 



ANTONIUS — APEL 



i21 



né vers le milieu du seizième siècle, a fait en 1585 ! 
un orgue de cinquante-cinq jeux poui l'église de 
Sainte-Marie à Dantzick, dont Prœtorius donne la 
disposition dans ses Si/«te^»t.it/«5., t. Il, p. 102. 

AIMTOJVÏUS ( Je\n-Ephraim ), cantor et ma- 
gister à Brème, né à Dessau, est auteur d'un 
petit livre élémentaire intitulé : Principia inusi- 
ces, Brème, 1743, in-8 , 4 feuilles et demie. 

AiXTONY (François-Joseph), vicaire, di- 
recteur du chœur de la cathédrale de Munster, 
et professeur de musique au gymnase de la même 
ville, y est né le l*^"" février 1790. Fils de Joseph 
Antony, organiste de la cathédrale de Munster (1), 
il apprit de son père les principes de la musi- 
que, et fit d'ailleurs de bonnes études dans les 
sciences et dans les langues anciennes et moder- 
nes, qui lui ont été fort utiles pour les ouvrages 
qu'il a entrepris et publiés. Antony était aussi 
bon organiste. 11 a écrit beaucoup de musique 
d'église, telle que des messes, cliorals, un supplé- 
ment aux mélodies de Verspoell avec accompagne- 
ment d'orgue, etc. On a aussi de lui des quatuors 
pour le violon, des sonates de piano, les can- 
tates Die Muse, de K. L. Nadermann , et Wer- 
spannet den Bogen, du comte de Stolberg, avec 
orchestre. Comme écrivain sur la musique, 
Antony possédait un talent très-remarquable. 
11 est auteur de plusieurs ouvrages qui méritent 
d'être comptés parmi ce qu'on possède de meil- 
leur en leur genre. Le premier a pour titre : Ar- 
cheologisch-litiirgisches Lehrbtich des grego- 
rianischen Klrchengesanges mit vorzûglicher 
Rûcksicht auf die rœmischen, milnsterschen , 
und erzstift kcelnischen Kirchengesang-wei- 
sen (Traité archéologique et liturgique du chant 
grégorien, etc.), Munster, 1829, 1 vol. in-4''de 
244 pages. Cet excellent ouvrage, rempli d'une 
érudition rare , est divisé en deux parties : la 
première est relative à l'histoire et à la théorie 
du plain-chant; la seconde traite de la pratique. 
Tous les objets importants du chant ecclésiastique 
sont traités avec beaucoup de sagacité et de sa- 
voir dans la première partie, qui contient vingt- 
huit chapitres ; la seconde, qui n'en renferme que 
quatre, est un traité succinct du plain-chant. J'i- 
gnore si celte dernière partie n'est pas la môme 
chose qui est indiquée dans le Panthéon der 
Tonkûnstler de Fr. Rassmann (p. 8 ), sous le 
litre de Hulfsbuchfûr den Gesangunterriclit . 
Rassmann cite toujours d'ime manière incom- 
plète et inexacte. 

Le second ouvrage d' Antony est intitulé : Ges- 

( i) Antony (Joseph ), violoncelliste et organiste distingué, 
né le 12 Janvier I7i>e à Regensbruiinen , village du comté 
de Rheineck, en Wcstphalle, mort à Munster, en isse, à 
) âffe de quatre-vingts ans. 



chichtliche Darstellung der Enlstehung und 
VervoUkommnung der Orgel, nebst einigen 
speciellen Nachrichten iibcr versckiedne Or- 
gelwerke ( Exposition historique de l'origine et 
du perfectionnement de l'orgue, suivie de quel- 
ques notices spéciales de différents orgues cé- 
lèbres), Munster, Coppenrath, 1832, in-S". Ce 
livre est recommandable à cause de l'érudition 
solide qui y règne : il me semble fort supérieur 
à l'histoire de l'orgue publiée autrefois parSpon- 
.sel. L'ouvrage est composé de douze chapitres 
renfermés en 220 pages. Antony est mort à Muns- 
ter, en 1837, un an après le décès de son père. 

APEL ( Frédéric-Auguste-Ferdinand), doc- 
teur en droit, à Leipsick, et membre du conseil de 
la ville, naquit dans cette ville le 8 juillet 1768. 
Il a publié quelques dissertations relatives à la 
musique dans les journaux allemands; en voici 
les titres : 1° Ton ïind Farbe Abhandlung 
akustischen Inhalts (Dissertation acoustique 
sur le son et la couleur), dans la Gazette musi- 
cale de Leipsick, deuxième année, page 753- 
7G9. — 2" Musik und Déclamation bei Gelegen- 
heit der Preisuu/gabe des franzœsischen Na- 
tionalinstituts, suite d'articles dans les ge, 10^, 
11^, 12e, 13^ et l4e numéros de la quatrième an- 
née du même journal. — 3° Veber musikalise/ie 
Behandlung der Geister {Sur le traitement nni- 
sical de l'esprit), dans le Mercure allemand 
publié par Wieland, octobre 1800. C'est parer 
reur que INI. Gustave Fallot a attribué ( Biogra- 
phie universelle des frères Michaud) à Jean- 
Auguste Apel , frère de Frédéric-Auguste-Ferdi- 
nand , les articles de la Gazette musicale de 
Leipsick et du Mercure allemand. Apel est mort 
à Leipsick, en 1831. 

APEL (Jean-Auguste), frère du précédent, 
naquit à Leip!.ick,en 1771. Il (it ses éludes dans 
cette ville et à Wittenberg. Destiné par ses parents 
à la magistrature, il trompa leur espoir en se li- 
vrant avec ardeur aux études philosophiques, à 
la poésie et à la philologie. Ayant conçu un sys- 
tème particulier concernant le rliythme poétique 
et musical des Grecs, en opposition à celui de 
Heriuann, il exposa ses idées sur ce sujet dans la 
G«;e^<e mwsïcaZe de Leipsick (ann. 1807 et 1808). 
Réfuté par le savant auteur des FAcmenta doctri- 
ne metricse, il ne répondit pas par des écrits po- 
lémiques, mais il essaya de di'montrer la certitude 
de ses principes par la publication de sa Métri- 
que, dont le premier volume parut à Leipsick en 
1814, et le second en 1816; mais il mourut 
d'une esquinancie, le 9 août 18t6, avant d'avoir 
mis au jour ce second volume. 

APEL (Théophile-Chrétien) , nom de l'édi- 
teur du livre de mélodies chorales pour le Schles- 



122 



APEL — APOLLOINI 



wick-Uolslein, intitulé : Volstândiges Choral- 
Mvlodienbuch zu dem Schlesivick- Holsteinis- 
clicn Gcsangbuch; Kiei, liesse (s. d.),gr, iii-8°. 
APELL (Jea.n-Da.vid A. d';, conseiller privé 
4\> prince de Hesse , membre de l'académie royale 
de musique deStockliolm, de l'académie philhar- 
monique de Bologne, et de la société des Arca- 
des de Rome , sous le nom de Fileno Tinda- 
ride, est né à Cassel en 1754. Un goût passionné 
pour la musique lui fit étudier cet art dès son 
enfance, seul et sans maître, et son assiduité le 
conduisit en peu de temps à jouer des sonates 
et des concertos sur le piano. Ce ne fut qu'à 
l'âge de dix-huit ans qu'il prit des leçons de 
Wcifel , nmsicien de la cour : il alla ensuite à 
l'académie de Rinteln , et y apprit l'harmonie 
sous la direction de l'organiste Miiller. Plus 
ses idées se développaient, plus son désir d'é- 
ludier la composition devenait vif. A .sou re- 
toiu' à Cassel , il se confia aux soins de deux 
bons musiciens de la cour, Rodevvald et Braunlc 
jeune, qui lui firent faire des progrès dans la 
science du contre-point, et il termina ses études 
sous la direction d'un organiste habile de la cour, 
nommé Ivcllner. Vers 1780, il commença à es- 
sayer ses forces par quelques canzonettes de Mé- 
tastase, qu'il mit en musique, et par des com- 
positions instmmentales. Eu 1786 , il envoya 
une cantate intitulée La Tempesla à l'acadé- 
mie philharmonique de Bologne, et, sur l'examen 
de cet ouvrage , il fut reçu membre de cette so- 
ciété. L'académie de Stockholm lui envoya, en 
1791, un diplôme d'académicien; et le pape, à 
qui il avait fait présenter une messe de sa com- 
position, lui écrivit une lettre flatteuse, en 1800, 
et le nomma chevalier de l'Éperon d'or. On a de 
lui les compositions imprimées et inédites dont les 
titres suivent. Pour l'église : 1° Messe solennelle 
dédiée au pape Pie VII, 1800. — 2" Le psaume 
Laudate Dominum, à grand orchestre. — 3° Le 
psaume Beati omnes. — 4° Un Amen, fugue à 
deux voix — 5° Un Tantum crgo. — 6" Cantate 
religieuse, 1795. — Pour le théâtre : T La Cle- 
menza di Tito, opéra séria. — s" Tancrède, opéra 
français. — 9° V amour peintre, opéra français. 
— 10° Ascagne et Irène, drame allemand, repré- 
senté à Cassel en 1797.-11° Prologue musical, 
1797. — 12° Musique pour le drame de Hermann 
d' Unna, 1801 .— 13" Chœur pour le Jugement de 
Salomon. — 14° Anacréon, cantate. — 15° Plu- 
sieurs chœurs à grand orchestre. — 10° Euthyme 
et Lyris, ballet représenléà Cassel en 1782. — 17° 
Renaud dans la forêt enchantée, ballet repré- 
senté à Cassel en 1782. — 18" Vingt-quatre scènes 
et airs pour différentes voix, avec grand or- 
chestre. Plusieurs de ces morceaux ont été im- 
primés à Londres , à Offenbach et à Spire. — 



19° Six duos pour soprano et contralto, avec ac- 
compagnement d'orchestre. — Pour la chambre -. 
— 20° Trois cantates de Métastase, La Tempesta, 
La Gelosia et La Scnsa, à grand orchestre. — 
21° Le Songe, cantate pour un jour de fête. — 
22° Cantate, AA no .'i'awg'ijs/o sp'Marrfo,*dédiéeàIa 
reine de Prusse 23° Six canzonettes de Métas- 
tase, imprimées en 1791. — 24° Tre Canzonet/e 
con viola e basso. — 25° La Partenza, duettino a 
duesoprani et basso continue. — 26° Recueil d'airs 
italiens, français et allemands. — 27° // Trion/o 
delta Musica, cantate à grand orchestre. — Musi- 
que instrumentale : 28° Trois symphonies à grand 
orchestre, 1783. — 29° Trois quatuors pour deux 
violons, alto et basse, 1784. — 30° Douze nocturnes 
pour instruments à vent. — 31° Six polonaises à 
grand orchestre. — 32° Six marches pour la garde ; 
Cassel, 1806. En 1824, M. d'Apell a annoncé 
une continuation du Dictionnaire des Musiciens 
de E. L. Gerber ; mais il a renoncé à cette en- 
reprise. 

Le seul écrit concernant la musique qu'il 
ait publié a pour titre : Gallerie der vorzûg- 
lichslen Tonkûnstler und merkwurdigcn Mu- 
sik-Dilettanten in Cassel von Anfang des XVI 
Jahrhunderls bis auf gegenwxrtige Zeiten 
(Galerie des meilleurs musiciens et des amateurs 
de musique les plus remarquables de Cassel, de- 
puis le commencement du seizième siècle jus- 
qu'au temps présent) ; Cassel, 1800, in-8°. D'A- 
pell n'a pas mis son nom à cet ouvrage. Il a 
cessé de vivre en 1833. 

APELL. Voy. Appel. 

APHRODISE (....), maitre de musi- 
que du chapitre de Saint-Sernin de Toulouse, 
a composé, en 1684 , la musique de l'ouverture 
des Jeux Floraux. 

APLIGKIY ( PiLEUh d'). Voy. Pileur. 

APOLLIlMl (Salvator) , né à Venise, vers 
les premières années du dix-huitième siècle, fut 
d'abord barbier. Une organisation heureuse le 
rendit compositeur sans avoir fait d'études mu- 
sicales. Au moyen d'un violon, dont il jouait 
médiocrement, il composa une quantité prodi- 
gieuse de barcarolles , qui le rendirent célèbre 
dans sa patrie. Ses succès l'enhardirent et le 
jiortèrent à écrire trois opéras , qu'il fit repré- 
senter à Venise ; ce sont : 1" Fama deW onore 
e délia virtù; en 1727. — 2° Metamorfosi 
amorosi; 1732. — 3° H Pastor fido , en 1739, 
mauvaise pièce , qui n'a pas de rapports avec 
l'ouvrage de Guarini. 

APOLLOiXl (Le Chevalier Jean), composi- 
teur dramatique, né à Arezzo vers 1650, est 
connu par trois opéras intitulés : La Dori , ossia 
lo Schiavo Regio, UArgia, et VAsliagc : ils eu- 
rent beaucoup de succès dans laur nouveauté. 



APOLLONI — APULÉE 



123 



APOLLONI (G.), compositeur napolitain de 
l'époque actuelle s'est fait connaître par un opéra 
qui a été bien accueilli en Italie sons le titre de 
VEbreo. La partition réduite pour le piano a été 
publiée àNaples. Le 9 mars 1856 il a (ait jouer 
à Venise Pietro (TAlbano, avec un brillant suc- 
cès. Les renseignements manquent sur cet ar- 
tiste. 

APPEL (...), violoniste, est connu comme 
musicien de la chambre à la cour de Des- 
sau , et directeur du chœur du théâtre de 
cette ville depuis 1834. En 1840, il a fait re- 
présenter au théâtre de la cour un opéra de sa 
composition intitulé : Die Rxuberbraut ( La 
Fiancée du brigand). Il a aussi publié quelques 
recueils de chants pour voix d'hommes, à Des- 
sau , chez Sporon. 

APPEL (Charles), frère du |)récédent , est 
violoncelliste de la cour de Dessau. Il a fait im- 
primer un andante et des variations pour violon- 
celle , avec orchestre ou quatuor, sur le thème 
de Hininiel An Alexis, ainsi que des valses 
pour le piano, et quelques autres bagatelles. 

APPIANï (Joseph), surnommé Appianino 
(le \)ei\i Appiani) , excellent contralto, né à Mi- 
lan , le 29 avril 1712, fut élève de Porpora , et 
débuta en 1731 dans VArminio de Hasse. Il 
est mort à Bologne, le 2 juin 1741 (A''oy. VOes- 
terreichisches biogrnphisches Lexikon de 
M. Moriz Bermann » t. I, p. 210), à l'entrée 
d'une carrière qui semblait devoir être bril- 
lante. 

APPOLOî^î (Jeian), compositeur de madri- 
gaux, né à Arezzo, vers 1.576, a publié : Ma- 
drigali a cinque voci ; Venise, 1607. Walther, 
Gerber et les auteurs du Dictionnaire des Musi- 
ciens (Paris, 1810) ont pris le mot j4re/J»o , qui 
indique le lieu de la naissance d'Appoloni, pour 
le nom de l'auteur. 

APRILE (Joseph) , contraltiste habile, na- 
quit en 1738, à Bisceglia, dans la Pouille. 11 
fut instruit dans l'art du chant au conser- 
Aatoire de La Pietà de'' Turchini. Cet ar- 
tiste brilla dès ilQ'i comme primo musico sur 
les théâtres principaux d'Italie et d'Allemagne, 
tels que ceux de Stuttgard, Milan , Florence, 
et enlin de Naples, où il se fixa. Le docteur 
lîurney le vit dans cette ville en 1770 et lui 
trouva la voix faible et inégale, mais une into- 
nation sûre, un trille excellent , beaucoup de 
goût et d'expression. Aprile était très-bon pro- 
fesseur de chant : il fut un des maîtres de Ci- 
marosa. Il vivait encore à Naples en 1792. Aprile 
a écrit des canzonettes qui ont été publiées en 
Allemagne et à Londres, et des solfèges qui 
contiennent d'excellents exercices pour le chant. 



Ces solfèges ont été imprimés à Londres , chez 
Brodenp,à Paris, chezCarli,et les éditions 
en ont été multipliées dans ces derniers temps. 

Un autre clianteur, nommé Aprile { D. G. ), 
né à Naples dans la seconde moitié du dix-liui- 
tième siècle, fut un ténor distingué. Dans le car- 
naval de 1809, il tenait l'emploi de premier 
ténor au théâtre de la Pergola , à Florence. Tou- 
tefois il était plus remarquable comme professeur 
de chant que comme artiste dramatiqire. Il fut le 
maître de Garcia , lorsque celui-ci alla en Italie 
en 1811, et y refit son éducation vocale. Il n'est 
pas impossible que les exercices de chant attri- 
bués à l'ancien Aprile aient été composés par son 
homonyme. Le style de ces exercices autorise 
cette conjecture. 

APTHORP (East), ecclésiastique anglais, 
docteur en théologie et prébendier de l'église 
Saint-Paul de Londres , a vécu dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle. On a de lui : On sa- 
cred poetrtjand Miisic, a discoiirse at Christ- 
Chnrch, Cambridge, oh ^Aeor^an (Sur la poésie 
sacrée et la musique, discours pour l'inau- 
guration d'un orgue, prononcé à l'église du Christ, 
à Cambridge ). Londres, 1764, in-4''. 

APULÉE, philosophe platonicien, naquit au 
deuxième siècle, vers la fin du régne d'Adrien, h 
Madaure, ville d'Afrique. Il commença son édu- 
cation à Cartilage, puis se rendit à Athènes, 
où il fit une étude sérieuse de la langue grecque, 
de la philosophie de Platon, des beaux-arts et 
pariiculièrement de la musique. D'Athènes il alla 
à Rome, où, comme il le dit lui-même, seul, 
sans le secours d'aucun maître, il apprit la langue 
latine avec beaucoup de peine. Il suivit quelque 
temps le barreau, puis voyagea, revint à Rome, 
et enfin retourna dans sa patrie, où il se maria et 
vécut heureux. Les ouvrages authentiques d'A- 
pulée que nous possédons sont : l" La fameuse 
Métamorphose, connue sous le nom de l'Ane 
d'or. — 2" Son Apologie. — 3° Quelques frag- 
ments de harangues. — 4° Quelques livres de 
philosophie : il est douteux qu'il soit l'auteur de 
plusieurs autres qu'on lui attribue. Le plus grand 
nombre de ceux qu'il avait composés sont perdus. 
Parmi ceux-ci se trouvait un traité de musique 
qui existait encore au temps de Cassiodore ; car 
celui-ci le cite comme l'ayant lu (De art. ac dis- 
cipl. libéral, litter. cap. v, ubi de musica, 
p. 706). Dans les fragments de harangues appe- 
lées Les Florides , Apulée traite de la qualité des 
modes musicaux sous ces titres : Musici ioni 
Asium variiim (Op. Omn. Francf., 1621, p. 342); 
AeoUum siniplcx (MA.) ; Dorium beUicosmn 
(ibid.,254); Lydiiim querulum {{bl ,2b'i, 342); 
Probantur tuba rudore, lyra concenlu, tibia 



124 



APULEE — ARAJA 



qnxstu, buccina significatu (357) (1). Deux 
passages d'Apulée, le preîiiier au premier livre 
des Florides, l'autre dans le traité àes Mondes , 
ont été cités souvent comme preuves de; l'usage 
de riiarmonie dans la musique de l'antiquité 
grecque et latine : ou leur a attribué un sens 
<iu'ils n'ont pas. On peut voir à ce sujet ma dis- 
sertation sur la question de l'existence de l'iiar- 
nionie dans la musique îles anciens (Mémoires 
de l'Académie royale des sciences , des lettres 
et des beaux-arts de Belgique, t. XXXI). 
AQUAPEi\DE]\ÏE. Voyez FAEnicio de 

AOUAPENDENTE. 

AQUAVIVA (André-Matthieu), duc d'Alry, 
prince de Teramo, dans le royaume de Naples, 
naquit en 1456, et mourut à Conversano, en 152S. 
Admirateur passionné de Plutarque, il a consacré 
nne partie de sa vie à l'étude de cet écrivain, et 
a écrit deux ouvrages dans lesquels il soutient 
que les fondements de toutes les sciences di- 
vines et humaines sont contenus dans le traité 
de la vertu du philosophe de Chéronée. L'un est 
intitulé : Commentarius in Plutarchi de vir- 
tute morali, lib. 1; Naples, 1526, in-fol. Les 
chapitres 14-36 traitent spécialement de la mu- 
sique ; l'autre a pour titre : Illustrium et exqui- 
sitissimorum dlsputationum, Lib. lV,qmbus 
omnes divinse sapientix, prxsertlm animi 
moderatricis , musicœ atque astrologix ar- 
cana, in Plutarchi Chxronei de virtute mo- 
rali prxceptionibus recondita, e^c. ; Heleno- 
poli, 1609, in-4''. Ce dernier est vraisemblable- 
ment une réimpression. Matthesoa fait le plus 
grand éloge de cet ouvrage dans la préface de son 
Essai sur l'orgue (p. 40). On trouve le contenu 
des 35 chapitres du livre dans la Littérature 
musicale de Forkel , p. 70. 

AQUILA (Marco del'), célèbre luthiste ita- 
lien, dont le nom de famille est vraisemblable- 
ment ignoré, paraît avoir pris celui de VAquila, 
soit parce qu'il sérail né à Aquila, dans le royau- 
me de Naples, ou, ce qui est plus probable, 
à Aquileja ( Aquilée), en Illyrie, qui appartenait 
alors aux Vénitiens. Quoi qu'il en soit, il vivait 
dans les premières années du seizième siècle. On 
trouve des pièces de luth de cet artiste dans un 
recueil detoccates, fantaisies, saltarelles, pavanes, 
ot autres compositions pour cet instrument, avec 
celles de Francesco de Milan, Alberto de Milan , 
Jacques Albutio et autres maîtres, impriméà Milan, 
par Jean Antoine Castilliano, en 1536, petit in-4" 
oblong. Ces mêmes pièces ont été réimprimées 
dans le recueil intitulé : Hortus musarum , in 

(Dllrst nécessaire (le consulter la nisseitalion de Daniel 
GulU. MoUcr sur Apulée. Altiioif, luui, 0°, 



quo tanquam JloscuU quidam selectissimarwn 
carminum collecti sunt ex optimis quibusque 
auctoribus, etc. Lovanii, apud Phalesium bi- 
bliopolam juratum , 1552, in-4°. Marco de l'A- 
quila présenta, le 11 mars 1505, une requête au 
conseil supérieur de Venise, afin d'obtenir un pri- 
vilège pour l'impression de la musique en tabla- 
ture de luth, par un procédé de son invention. 
Ce privilège lui fut concédé; mais Octave Pe- 
trucci n'en continua pas moins, à imprimer de la 
musique en tablature de luth , soutenant que le 
privilège qu'il avait obtenu précédemment com- 
prenait la musique d'orgue et celle du luth en 
tablature. (Foy. le livre de M. Ant. Schmid inti- 
tulé: Oltaviano de'Pe^^Mcc^, etc., pages 12-14.) 

AQUIi\ (D'). Voyez Daquin. 

AQUiNUS, dominicain fixé en Suède, selon 
Tritheme (De Scriptor. ccclesiast., p. 396 ), et 
en Souabe, si l'on en croit J. Quetif et Jac. Echard 
(in Script, ordin. prxdicat.). J'ai lu quelque 
part que ce moine était né au bourg de Schwitz 
en Suisse, et non pas en Souabe, comme le di- 
sent Forkel et Geiber. Quoi qu'il en soit, il vi- 
vait en 1494, époque où Tritheme écrivait, et il 
a composé, d'après les principes de Boëce, un 
traité De numerorum et sonorum proportio- 
nïbus, lib. I. On ignore s'il a été imprimé. 

ARACÎEL (Don Diego d'), musicien espa- 
gnol, né en Estramadure, s'est livré dans sa 
jeunesse à l'étude du violon et du piano sous la 
direction d'un moine qui lui a aussi enseigné 
l'harmonie et le contre-point. Depuis longtemps 
M. d'Araciel s'est fixé en Italie, où il a publié les 
ouvrages dont les titres suivent : 1° Due Quin- 
tetti per serenata a due violini, due viole e vio- 
Zoncei!/o; Milan, Ricordi. —2" Quarante-huitvalses 
variées pour le violon ; iUd.— Z" Tre terzetti ad 
uso di serenata per violino, viola e chitarra; 
ibid. — 4° Sei ivalzer con coda per piano forte. 
Milan, liertuzzi. 

ARAGOIVA (D. PiETRo), Florentin. Berardi 
et Brossard (Dict. de Mus., p. 369) citent une 
Istoria armonica d'un auteur de ce nom : il est 
vraisemblable qu'elle est restée manuscrite. 

ARAJA (François), compositeur dramati- 
que, né à Naples en 1700, débuta dans la car- 
rière du théâtre par l'opéra de Bérénice, qui fut 
représenté en 1730 dans un château appartenant au 
grand-duc de Toscane, et situé près de Florence. 
L'année suivante il lit représenter à Rome Amor 
régnante, et Lucio Vero à Venise, en 1735. 
Appelée Pétersbourg en 1735, il s'^y rendit avec 
nne troupe de chanteurs italiens, et composa 
pour la cour les opéras suivants : 1° Abiatare,ea 
il il. — 20 Semira}nide,en i7is. — i° Scipione. 
— 4« Arsace.— ■o''Scleuw, en 1744.— 0° Bellero- . 



ARAJA — ARAUXO 



lî?5 



fonte,— T Alcssandro ne/le Indie, — 8° Ln Kus- 
sia af/iitla e riconsolata; Moscou, 1742. C'« der- 
nier ouvrage est cependant attribué à Domini<|ue 
Dalloglio, violoniste et compositeur, par M. de 
Slœlilm, qui avait écrit les paroles de l'ouvraj^e. 
C'est donc par erreur qu'on Ta attribué à Araja, 
qui d'ailleurs était en Italie, où il était allé clier- 
clier des chanteurs. En 1755, il fit la musique de 
Cëphale et Procris , le premier opéra russe qui 
ait été écrit. Après la représentation de cette 
pièce, l'impératrice fit présent au compositeur 
d'une zibeline estimée 500 roubles d'argent 
,2,000 francs). Le dernier opéra composé en 
Russie par Araja fut nii drame russe pour le ma- 
riage du prince impérial Pierre Fédérowitz. Après 
avoir amassé de grandes richesses, il retourna en 
Italie en 1759, et se fixa à Bologne, où il vécut 
dans la retraite. Cependant il fut rappelé à Pé- 
tersbourg, en 1761,poury écrire un nouvel o|)éra; 
mais, après l'assassinat de Pierre III, il retourna 
précipitamment dans sa patrie, et y finit ses jours 
vers 1770. Les derniers ouvrages d'Araja sont un 
oratorio intitulé : La Natività di Gesà, composé 
Dour l'église des Oratoriens de Bologne, et le 
drame lyrique qui a pour titre Ln Cimolea. 

ARAILZA (RoTO^Di d'). Voy. Botondi. 

ARALDi (Michel), membre de la classe de 
physique et de mathématiques de l'institut na- 
tional italien , établi par Napoléon I. Araldi était 
né à Bologne vers 1779. Il a donné, dans la pre- 
mière partie du deuxième volume de cet institut, 
une analyse de la théorie du son de Laplace et de 
Biot, sous le titre de Esame di un articolo 
delta teoria del siiono, presentato ai 15 di 
gennnlo 1808. 

ARANAY (...), prêtre et compositeur espa- 
gnol, l'ut maître de chapelle à Cuença, dans la se- 
conde moitiédu dix-huitième siècle. Il mourut vers 
1780. On a de cet artiste en manuscrit de très- belle 
musique d'église écrite en général à huit parties 
réelles en deux climurs. M. Geoffroy, colonel en 
retraite de l'armée française, qui a fait la guerre 
eu Kspagne depuis 1809 jusqu'en 1814 , puis 
en 1823, a mis en partition une messe de cet ar- 
tiste, que Cherubini trouvait admirable de style 
et de science. 

ARANAZ (D. Peduo), prêtre et composi- 
teur espagnol, né à Soria, dans la Vieille-Castille, 
obtint, dans les dernières années du dix-huitième 
siècle, la place de maître de chapelle de la ca- 
thédrale de Cuença, et mourut dans cette posi- 
tion, à un âge avancé, vers 1825. Au riTérite de 
compositeur habile il unissait une grande ins- 
truction littéraire. Sa musique d'église se con- 
serve à Cuença, à l'Escurial, et dans plusieurs 
autres églises d'Espagne. M. Eslava {voij. ce 



nom) a inséré dans sa Lira sacra Hispana (53" 
livraison) un offertoire à cinq voix sans accom- . 
pagnement, et un Laudnte Dominum, à six voix 
en deux chœurs, avec violons, cors et orgue, de 
la composition de ce maître. Aranaz est aussi 
auteur d'un Traité de contre-point et décomposi- 
tion dont il y a des copies manuscrites, et qui est 
estimé en Espagne. 

ARAIXDA ( Dell' Sessa d' ) , moine italien , 
qui vivait dans la seconde moitié du seizième 
siècle, est cité avec éloge par Praîtorius ( Sijn- 
tag. Mus., t. IIl , p. 243), comme compositeur 
de madrigaux. Il a pubfié : Madrigali aqualtro 
voci, chez les fils d'Antonio Gardano, Venise , 
libro 1", 1571, iu-4°, oblong. C'est probablement 
le même recueil qui a été réimprimé à Helm- 
stadt, en 1C19, in-folio , avec un madrigal de 
Thomas Weelkes , musicien anglais. 

ARAl\DA(MATnEODE) , musicien espagnol, 
que le Catalogue de la bibliothèque du roi de 
l'orlugal , Jean IV , indique comme auteur des 
deux ouvrages suivants : 1° Tractado de Canto 
llano ; 2° Tractado de Canto mensurabile y 
contrapuncto ; mais il ne fait pas connaître s'ils 
sont imprimés ou manuscrits. 

ARANIEZ (Jean), compositeur espagnol, 
fit ses études musicales à Alcala de Hénarès, puis 
alla les achever à Rome, où il a publié Primo e 
seconda libro de tonos y Villancicos a uno,dos, 
très, et cautrovoces, 1624, in-4''. 

ARASCIOIVE (...) compositeur piémon- 
tais , né à Novarre , vécut à Rome dans les der- 
nières années du seizième siècle. 11 s'est fait con- 
naître par des Laudi délia Beata Maria Ver- 
gine a quattro voci. Rome, 1600, in-4''. 

ARAUCO (Raphaël), violoniste milanais qui 
vécut dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle, a fait imprimer, sous le voile de l'anonyme, 
un petitécrit intitulé :/?i/Zessio«j d'unprofessore 
di violino sopra un discnrso morale e pôUlico 
intorno il teatro. Sans nom de lieu et sans date. 
Le P. Zanoni, capucin, a fait réimprimer celte 
pièce polémique , avec des notes et deux lettres 
relatives au même sujet, à Lugano, chez Agnelli, 
1783, in-4''. (Voy. Dizion. di opère anonime a 
pseudonime di Scritt.italiani,i. II. p. 437.) 

ARAUXO ou ARAUJO (François de 
Correa d'), dominicain espagnol , issu d'une fa- 
mille noble et ancienne, fut d'abord organiste de 
l'église collégiale de Saint-Salvador, à Séville, et 
recteur de la confrérie des prêtres de cette paroisse, 
puis professeur à Salamanque, et en dernier lieu 
évêque de Ségovie. Il mourut le 13 janvier 1663. 
Antonio pense qu'il était Portugais; mais d'autres 
écrivains assurent qu'il naquit en Espagne, 
M. Eslava dit que le nom de Correa est espagnol 



12G 



ARA.UXO — ARBUTHNOT 



<'t AraujO on Arauxo, portugais. Ucioil que ces 
(îeux noms réunis indiquent que ce musicien était 
iroriginc portugaise par sa mère. Antonio cite 
un traité de musique de cet auteur (in Bi- 
blioth. Nisp. Append., t. Il, p. 322), >^o"s ce 
titre : Musica pràtica y theôrica de organo , 
Alcala de Henarez, in-fol. Machado (in lii- 
blioth. Lusit., t. II. p. 130) lui attribue aussi un 
ouvrage intitulé : Facultad orgànica , Alcala, 
1026, in-fol. Forkel et Gerber ont cru que ces 
deux titres indiquaient deux livres différents, 
mais je trouve dans le catalogue de la biblio- 
thèque du roi de Portugal les deux titres cités 
par Antonio et Macbado réunis en un seul , indi- 
quant conséquemment un seul ouvrage qui est 
intitulé : Tienlos y discursos de mùsica pràtica 
y theôrica intitulado Facultad orgànica (Pièces 
et discours de musique pratique et tliéoriqiie in- 
titulés Faculté organique). M. Hilarion Eslava 
{vay. ce nom) , maître de cliapelle de la reine 
<]'Espagne D. Isabelle It, qui a trouvé dans la 
bibliothèque nationale de Madrid un exemplaire 
de cet ouvrage, et en donne l'analyse dans l'inté- 
ressante préface de son Miisco orgànico espanol 
( Madrid, 1853, in-fol. ), rapporte différemment 
te titre de l'ouvrage de Correa y Araujo, qui 
est simplement : Tienlos y discursos mûsicos, y 
Facultad orgànica. On doit s'en rapporter à 
ce savant consciencieux. Les pièces d'orgue con- 
tenues dans ce recueil, dit M. Eslava, sont au 
nombre de soixante-dix. A la fin de l'ouvrage, 
Araujo se vante d'y avoir mis des choses nou- 
velles qui n'ont jamais été entendues. Hien (jue 
plusieurs de ces choses soient extravagantes, 
ajoute le môme critique, on ne peut mettre on 
doute que l'auteur n'ait été artiste de génie et or- 
ganiste d'un véritable mérite. Arauxo est auteur 
d'un autre traité de musique qui porte ce titre : 
Casos morales de la mûsica. Il se trouve à la 
bibliothèque royale de Lisbonne , ainsi que quel- 
()ues poi^sies du môme auteur. 

AîlBEAU (TnoiNOT ) , nom sous lequel a été 
publié un livre singulier intitulé : Orchésogra- 
phic, et Traicté en forme de dialogue, par 
lequel toutes personnes peuvent facilement 
apprendre et pratiquer Vhonneste exercice des 
f/«H.?es, Langres, Jean de Preys, 1589, in-4" 
(le 104 feuillets. 11 y a des exemplaires de cet 
ouvrage sans date; il y en a d'autres aussi qui ne 
sont pas d'une seconde édition , mais dont on a 
cliangé le frontispice; ceux-ci ont pour titre : 
Orchésographie, méthode et théorie en forme 
de discours et de tablature pour apprendre à 
danser, battre le tambour, en toute sorte et 
diversité de batteries, joxier du fifre et arrigot, 
tirer des armes et escrimer, avec autres hon- 



nêtes exercices- fort convenables à la jeu- 
nesse, etc. Langres, 1596, in-4°. Thoinot Arbcau 
est un pseudonyme; le véritable auteur de l'Or- 
chésographie est Jean Tabourot, officiai de Lan- 
gres, \ers la fin du seizième siècle. On trouve 
dans son recueil beaucoup d'airs originaux fian- 
çais, et l'on y voit que la plupart de ces airs, 
après avoir servi pour la danse , ont été conver- 
tis en chansons, dont Tabourot donne les pa- 
roles. 

ARBLAY (M"« Françoise d'), fille du doc- 
teur Burney,auteurd'une Histoire générale de la 
musique etde plusieurs autres ouvrages relatifs à 
cet art (tJO(/. Buunev), naquità Londres, en 1757. 
Son édiicalion fut soignée, et de bonne heure elle 
montra un goût passionné pour la littérature, dans 
laquelle elle s'est fait un nom honorable. Son pre- 
mier roman, Evelina, ou V Entrée d'une jeune 
personne dans le monde, parut en 1777, et fut 
suivi de plusieurs autres ouvrages du même genre, 
qui ont obtenu de brillants succès. Miss Burncy 
étaitûgéede vingt-deux ans lorsque la reine d'An- 
gleterre lui lit offrir une place à la cour, qui fut 
acceptée; mais, après quelques années, sa sauté 
s'étant dérangée, elle dut renoncer aux avanta- 
ges de cette po.«ition et se retirer près de son 
père. En 1793 elle épousa le marquis d'Arblay, 
émigré français, et en 1802 elle suivit son mari 
à Paris, où elledemeurajusqu'en 1812. Burneyétait 
alors fort ûgé; il sentait approcher sa (inetdésirait 
revoir sa lille près de lui ; M'"^ d'Arblay se rendit à 
ses désirs, et retourna à Londres, oii elle se fi\a. 
Elle y est morte vers 1842, dans im âge avancé. 
En 1832 cette dame a publié des Mémoires sur la 
vie et les ouvrages de sou père, sous ce titre : 
Memoirs ofDr. Burney; Londres, 3 vol. in-8". 
Cet ouvrage, jdein d'intérêt par son sujet, est 
écrit d'un style élégant. On en trouve des extraits 
dans le journal anglais de musique The Harmo- 
nicon ( 1832), et une analyse succincte en a été 
faite dans le 13^ volume de la Revue musicale, 
p, 9. On ne peut reprocher à ce livre qu'une abon- 
dance de détails étrangers au sujet. 

AUCUTH\'OT (Le docteur Jean), méde- 
cin qui eut quelque célébrité sous le règne de la 
reine Anne, était tils d'un membre du clergé 
d'Ecosse, allié de fort près à la noble famille de 
ce nom. Il (it ses études à l'université d'Aber- 
deen, et y prit ses degrés de docteur en médecine. 
Ayant été nommé médecin ordinaire de la icine 
Anne en 1709, il fut bientôt après reçu meud)re 
du Collège de médecine , et admis à la Société 
royale de Londres. Vers la tin de sa vie, il se re- 
tira àllanqistead, et y mourut le 27 février 1735. 
On a publié divers opuscules du docteur Arbuthnot 
sous ce litre : Miscellaneons W'orlis, Glascow, 



ARBUTflNOT — ARCADELT 



127 



ITir, 2 volumes in-S". Outre ses talents tomme 
médecin , ce docteur possédait des connaissances 
assez étendues en musique, et l'on a de lui di- 
verses antiennes insérées dans un recueil publié 
par le docteur Croft en 1712. Ami sincère de 
Htcndel et son partisan le plus chaud , il écrivit 
plusieurs pamphlets où il prenait vivement la 
défense de ce grand compositeur, dans les que- 
relles qu'il eut à soutenir pour ses entreprises de 
théâtre : ces pièces ont été insérées dans le pre- 
mier volume de ses Miscellanées. La première 
est intitulée : Le Diable est déchaîné à Saint- 
James, ou Relation détaillée et véritable d'un 
combat terrible et sanglant entre madame 
Faustina et madame Ciizzoni, ainsi que dhtn 
combat opiniâtre entre M. Broschi et M. Pal- 
merini, et enfin de quelle manière Senesino 
s'est enrhumé, a quitté l'Opéra et chante dans 
la chapelle de Hcnley. Peu de temps après, il 
écrivit un second manifeste à l'occasion des dis- 
tantes de Haendel avec Senesino , sous ce titre : 
V Harmonie en révolte, épître à Georges-Fré- 
déric Basndel, par Hurlothrumbo Johnson 
Esq. 

ARCADELT (Jacques), dont le nom est 
quelquefois orthographié Arc/^arfe/, Arkadelt, 
Harcadelt, ou Arcadet, naquit dans les Pays- 
Bas vers les dernières années du quinzième siècle, 
ou au commencement du seizième. VValther {in 
Musikalisches Lexikon) dit qu'il fut élève de 
Josquin Després : cela n'est pas vraisemblable , 
car il ne paraît pas que Josquin dirigeât une 
école de musique à l'époque où Arcadeit aurait 
pu recevoir de ses leçons. Ce qui a pu donner 
lieu à cette supposition , c'est que plusieurs au- 
teurs ont désigné , on ne sait pourquoi, ce mu- 
sicien sous le nom A' Arcadet Gombert, ce qui 
l'a fait confondre avec Nicolas Gombert , vérita- 
blement élève de Josquin. Quoi qu'il en soit, Ar- 
cadeit fut un des plus savants musiciens de son 
temps. Vers 1536, il se rendit en Italie, et se 
fixa à Rome , où il devint maître des enfants de 
cliœur de Saint-Pierre du Vatican /mais il n'oc- 
cupa ce poste que depuis le mois de janvier 
1539 jusqu'à la lin du mois de novembre de la 
même année. Le 30 décembre 1540 il fut agrégé 
au collège des chapelains chantres pontificaux ; 
en 1544, il parvint au grade d'abbé camerlingue 
de la même chapelle, dignité qu'il c-onservait en- 
core en 1549, comme on le voit par les jour- 
naux manuscrits de la chapelle pontificale. Une 
lacune qui existe dans ces journaux pendant les 
années 1550, 1551 et 1552, ne permet pas de 
donner avec précision la date de l'époque où il 
quitta la chapelle pour entrer au service du car- 
dinal Charles de Lorraine , duc de Guise. On 



peut croire toutefois qu'il ne s attacha au cardinal 
que lorsque celui-ci fut envoyé h Rome par la 
cour de France , en 1555 , pour engager le pape 
Paul IV à entrer dans une alliance contre l'Au- 
triche. Lanouvellesituationd'ArcadeHleeonduisit 
à Paris, où il termina vraisemblablement ses jours. 
Les compositions de cet auteur sont les suivantes : 
1° Trois livres de messes à trois, quatre , cinq 
et sept voix; Paris, Adrien Le Roy, 1557. Un 
livre de trois messes, à quatre et cinq voix, a 
été réimprimé à Paris en 1583, in-4o ; la pre- 
mière édition de ce recueil a pour titre: Missx 
très Jacobo Arcadet Rcgio inusico, -tt il- 
lustr. Cardinalis à Lotharingia sacello prx- 
feclo auctore, nunc primum in lucem editx, 
cum quatuor et quinque vocibus, ad imitatio- 
nem modulorum : Noe, Noe, à quatre ; Ave Jic- 
gina cœlorum, à cinq ; Missa vulgaris Bealx 
Virgtnis, à quatre. Après ces messes, on en trouve 
une de Jean Mouton, et uneautre d'André de Sil va; 
Paris, Adrien Le Roy et Robert Ballard, 1557, 
in-fol. — 2° Il primo libro de' madrlgali a più 
voci; Venise, 1538. Il paraît que cette premièrn 
édition fut enlevé* si promptement qu'il était 
déjà nécessaire d'en faire une deuxième en 1539; 
car on connaît des exemplaires qui ont pour ti- 
tre : Il primo libro de' madrigali d'Archadelt 
a quattro, con nuova gionta impressi. A 
la lin du livre, on lit : In Venetia, nella 
stampa d'Antonio Gardano , neW anno del 
Signore M. D. XXXIX nel mese di mazo 
(sic), con privilcgio che nessun posso ristam- 
pare. Le recueil contient 53 madrigaux. Il y a 
des éditions de ce premier livre , publiées dans 
la même ville en 1541, 1545, 1550,1551, 1552, 
155C, 15G0, 1508, 1581, 1C03, 1C06 et 1617, 
toutes in^". On en a une datée de Rome , 1542. 
Il y en a enfin une édition de Venise , Vinc. Bian- 
chi, 1 540. — 3° Il seconda libro de' madrigali a 
quattro f ocf, etc.; Venise, Antoine Gardane, 1 539 . 
La deuxième éditiona été publiée chez Ant. Gar- 
dane, en 1500. Il doit y avoir d'autres éditions de 
ce second livre. — 4" Il terzo libro de' madrigali 
etdialtrieccellentissimiauthori.Con la gionta 
di alciini madrigali a voce mutata bcUlssimi a. 
quattro voci (sans nom de lieu ni d'imprimeur, 
et sans date). Il y a des exemplaires de cette 
édition qui ont un autre frontispice intitulé : 
Il terzo libro de' madrigali lïovlssimi d'Ar- 
chadelt, a quattro voci, insieme con alcuni da 
Constantio Festaed altrl bellissimia vocimu- 
date (sic); Venetiis, apud Hieronymiim Scotiim, 
1539, in-4". Ce livre contient 48 madrigaux. Une 
deuxième édition de ce livre a été publiée à Ve- 
nise, chez Ant. Gardane, en 155G, in^» obi. 
— 5° // quarto libro de' madrigali d'Archadelt 



!'28 



ARCADELT 



a qiialtro voci, compostiultimamenle, insieme 
con alcuni madrigali da altri aiitori , con 
ogni diligenza stampate et corvette. A la (in tlii 
livre on lit : In Venetia, nclla stampa W An- 
tonio Gardano , 1539, in-4°. Ce livre coulient 
39 pièces. — Q" llqiiintolibrode' madrigatid' Ar- 
chadelt à cinque voci; ihid., 1556,iii-4° obi. — 
7° Il primo libro de' madrigali d'Archadclt a Ire 
voci , con la gionta di dodici Canzoni francesi 
etsei Moletti; Venezia, appresso di Francesco 
Gardano, 1559, in-4 obi. Pitoni, dans ses notices 
manuscrites sur les contrapuntistes, fait l'éloge 
dtt style d'Arcadelt dans le genre raadrisalesque , 
011 il paraît avoir été fort iiabile. — 8° Vexcel- 
lencc des chansons musicales, Lyon, 1572. La 
deuxième édition de cet œuvre a |)aru dans la 
môme ville, sous ce titre : Excellence des chan- 
sons musicales , tant propre à la voix qu'aux 
instruments. Recueillies et revues par Claude 
Goudimel, natif de Besançon; Lyon, par Jean 
de Tournes, 158G, in-4 obi. Forkel (Allgetn. 
Lilter. der Musik , p. 1 30 ) et Liclitentlial ( Bio- 
grafia dimusica, t. 111 , p. 170) ont rangé cet 
ouvrage panai les livres llicoriqnes , quoique ce 
ne soit qu'un recueil de chansons. 

Les recueils de madrigaux et de motets de di- 
vers auteurs, qui renferment des pièces d'Arcadelt 
ont pour titres : 1° Madrigali a quattro voci di 
Messer Claudio Veggio, con la gionta di sei 
altri di Archadelt délia misura brève; Ve- 
netiis, apud Hieronynum Scotum , 1540, in-4°. 

— 2°Adriani Wigliar (Willaert), Cypriani de 
liore , Archadelt et Johannis Gero, cantiones 
trium vocum, aliaque madrigalia trisona di- 
versorum auclorum ; Venetiis, ibid., 1565, in-4". 

— 3° Motetli de la Simia excusum Ferrarix, 
cxpensiset laborc Johannis de Bulgat, Hen- 
rici de Campis , et Anthonii Hucher sociorum , 
Mensefebruarii, anno Domini 1539, petit in-4o 
obi . — 4° Selectissimse nec non familiarissimx 
cantiones uUracenlum. Varioidiomate vocum, 
tam multiplicium quani etiam paucarum. Fu- 
gœ guoque utvocantur, a sex usque ad dnas 
voces : singulx tum arlijiciose , ium etiam 
mire jucunditatis ; Augsbourg, Melcbior Kries- 
tein, 1540, in-4°. Ce recueil a eu pour éditeur 
Sigismond Salblinger. — 5° Selectissimarum 
moltctarum parlim quinque partim quatuor 
vocum, 1). Giorgio Forstero selectore. Imprime- 
bat Johannes Petreius ;'Sonmhe.r^fË, anno 1540, 
in-4°. — C A'/c livre contenant XX VII chansons 
nouvelles , à quatre parties en un volume et en 
deux Imprimées par Pierre Attaingnant et Hu- 
bert Jollet à Paris, 1542, petit iu-4o obi. — 
7"X1F livre contenant AA'A'c/tan5o«5?joi/t)e//c5 
à quatre par lies, oXc. ; ibid., l543,petitin-4"obl. 



— s"Piissimx ac sacratissimx Lamenlntiones 
Jeremix pi-ophetx , miper a variis auctnriôus 
compositx, pluribus vocibusdistinctx : cl nunc 
primum in lucem editx ; Parisiis, Adr. Le P»oy 
et Rob. Callard (sans date), in-4". La troi- 
sième et la huitième Lamentation de ce recueil 
sont composées par Arcadelt. — [)". Tertius li- 
ber ( Motectorum ) cum quatuor vocibus. Im- 
pressum Lugduniper Jacob am Modernum de 
Pinguento anno Domini 1539, in-4o obi. — 
10° Tirtius liber Motet torum ad quinque et sex 
voces. Opéra et solertia Jacobi Moderni alias 
dicti Grand Jaques : in vnum coaclorum et 
Lîigduni prope phanum divx Viryinis de Con- 
fort, ab eodem impressorum , 1538, in-4" — 
11" Quartus liber etc., ibid., 1539, in-4". 

— 12° Canticum Beatx Marix Virginis, quod 
Magnificat inscribitur ; veto modis diversis 
auctoribus compositum : nunc primum in lu- 
cem editum. Lutetix apud Adrianum Le 
Roy et Robertum Ballard , 1557, in fol. — 
13" Dix ème livre de chansons à quatre parties 
composées par plusieurs authears; Paris , Ni- 
colas Duchcmin, 1552, in-4'' obi. 11 y a onze chan- 
sons d'Arcadelt dans ce recueil. — 14° Second 
livre de cliansons nouvellenœnt mises en mu- 
sique par bons et sçavants musiciens, imprimées 
en quatre volumes, à Paris , de Vimprimerie 
d' Adrian Le Roy et Robert Ballard, imprimeurs 
du Roy. Rue Saint-Jean de Beauvais, à l'en- 
seigne Sainte- Geneviève, 1-554, in-4°. Il n'y a 
qu'une seule chanson d'Arcadelt dans ce recueil 
( Les yeux qui me sçurent prendre); mais elle 
est remarquable par la grâce, pour le temps où elle 
fut écrite. — 15° Tiers livre de chanson s, aie, 
ibid. , 1554, in-4" obi. 11 y a 18 chansons d'Ar- 
cadelt dans ce recueil. Adrien Le Roy et Ro- 
bert Ballard ont donné une deuxième édition 
du mCme livre en 1561 , dans laquelle l'ordre des 
chansons a été changé. — 10° Quart livre de 
chansons, etc., ibid., 1553, in-4" (contenant qua- 
tre chansons d'Arcadelt). Une autre édition de 
c« livre a été publiée par les mêmes, en 1561. — 
17° Sixième livre de chansons, etc., ibid., 1556, 
in-4'' (contenant quatre pièces d'Arcadelt). — 
18° Septième livre de chansons, etc., ibid., 1557. 

— 19° Huitième livre de chansons, etc., ibid., 
1557 (contenant cinq chansons d'Arcadelt). — "^0" 
Premier recueil des recueils, composé à quatre 
partiesde plusieurs autheurs excellents, ibid., 
1567, in-4".— 21° Second livre du recueil des 
recueils, clc.,\b'n\., 1508. Il y a une première édi- 
tion de ce livre publiée par les mêmes en 1564. 

— 22" Dans le recueil de pièces pour deux luths, 
publié à Anvers, chez. Pierre Phalèse , en 15C8 , 
in-4" , sous ce titre : Lueulentum theatrum 



ARCADELT — ARCHYTAS 



120 



musicum: on trouve des pièces d'Arcadelt ar- 
rangées pour cet instrument. 

ARCHANGELO, compositeur de musique 
d'église au seizième siècle, né à Lonato, vécut à 
Brixen , dans le couvent de Saint-Euphera , de 
Tordre de Mont-Cassin. Possevin {Apparat. 
Sac, 1. 1, p. 114) cite un de ses ouvrages sous 
ce titre : Saci'ss cantiones; ce sont des motets 
pour le jour de Noël et la semaine sainte ; Venise, 
1585. 

ARCHESTRATE, musicien grec. On ignore 
le lieu de sa naissance et le temps où il a vécu; 
mais on sait qu'il avait écrit un Traité sur les 
joueurs de jlt'ite (Athénée, iiv. xiv, c 9) , qui 
n'est pas venu jusqu'à nous. Je ne sais où La 
Borde (qui cite Athénée), a pris qu'Archestrate 
était né à Syracuse et fut disciple de Terpion : 
il n'y a pas un mot de cela dans Athénée. 

ARCHl AS , fameux joueur de trompette , né 
à Hybla, en Sicile, fut couronné aux jeux Olym- 
piques , dans les Olympiades 97,98 et 99. Pol- 
'lux nous a conservé une épigramnie d'Archias, 
dans laquelle il dédie une statue à Apollon , en 
reconnaissance de ce qu'il avait joué de la trom- 
pette pendant trois jours aux jeux Olympiques 
sans se rompre aucun vaisseau , quoiqu'il sonnât 
de toute sa force. 

ARCÏÎIER ou ARCHER (Jean L'), eon- 
trapuntiste du seizième siècle, était né à Dou- 
lens, dans la Picardie, ainsi que le prouve une 
Ordonnance pour le reiglement de Vhostel de 
Monseigneur le duc de Bourgoigne, laquelle se 
trouve dans les archives du duché de Bourgogne 
qui ont été séparées de celles du duché de Bra- 
bant et transportées à Lille. Cette pièce se trouve 
au troisième volume des règlements de l'hôtel 
des ducs. On y voit que rArchier fut au service 
du duc de Bourgogne ; mais l'ordonnance ne porte 
point de date précise. 

Un compte de dépenses relatives aux funérailles 
«le François I*"", roi de France, en 1548, publié 
dans la Revuemusicale{\.%'à'l,n°Z\,'î.k'i), prouve 
que maître Jean l'Archier ou Larcher était alors 
chantre de la chapelle et de la chambre. Il est 
vraisemblable que les avantages accordés alors 
aux nmsiciens de la cour de France l'avaient dé- 
terminé à quitter la musique du duc de Bour- 
gogne ; mais on n'a point encore découvert de 
document qui indique l'époque précise de ce 
changetnent de position. Le nom de l'Archer ne 
se trouve pas parmi les musiciens de la chapelle 
de François 1'"^, dans les comptes de 1532 et de 
1533. 

11 ne faut pas confondre Jean l'Archer ou l'Ar- 
chier avec un autre musicien nommé Pierre 
Archer, qui ligure dans un compte de la cha- 

BIOGR. UMV. DES MUSICIENS. - T. I. 



pelle de François T"", pour l'année 1532, tire d'un 
manuscrit du seizième siècle, appartenant à la 
Bibliothèque impériale de Paris, et qui a ét^ pu- 
blié parCaslil-Blaze, dans son livre intitulé : Cha- 
pelle musique des Rois de France. On voit 
par ce compte que les appointements de ce 
chantre de la chapelle étaient de 300 livres tour- 
nois, et qu'il avait eu celte année une gratitica- 
lion de 75 livres, en tout 375 livres tournois on 
environ 1487 fr. 50 c. de notre monnaie ('), somme 
considérable pour cette époque. On trouve des 
spécimens du savoir de l'Archier dans les Socr. 
Cant. quinque vocum, publiés à Anvers par 
Tilman Susato, en 1546 et 1547. 

ARCHÎLOQUE, poète et musicien grec, né 
à Paros , l'une des Cyclades , paraît avoir vécu 
entre la quinzième et la trente-septième olym- 
piade. Il était fils de Télésicleet d'une esclavenom- 
méQ Enipo. Doué de talents extraordinaires, la 
bonté de son cœur n'égalait pas malheureusement 
la beauté de son esprit, et lui-môme a pris soin de 
nous instruire de plusieurs circonstances de sa vie 
qui font peu d'honneur à son caractère et à ses 
mœurs. Sa plume était redoutable à ses ennemis 
et même à ses amis, qu'il déchirait par amuse- 
ment : tant de licence détermina les Lacédémo- 
nieus à lui interdire l'entrée de leur pays et à 
défendre la lecture desesouvrages. Il fut tué dans 
un combat, on ne sait à quelle occasion, par un 
cerfainCallondas, surnommé Corax, qui ne com- 
mît ce meurtre que pour conserver sa vie. Les in- 
ventions que Plularque {De Musica) attribue à 
Arcliiloque sont : 1° le rhythme des trimètres; 
T le Passage d'un rhythme dans un antre 
d'un genre différent; 3" la Paracataloge (dé- 
sordre dans l'arrangement «les sons et dans le 
rhytlime) ; 4° la manière d'adapter à tout cela 
le jeu des instruments à cordes; 5" les épo- 
des ; 6" les tétramètres ; 7° le rhythme pro- 
critique; 8° le prosodiaque ; 9° l'élégie', lo" 
l'extension de l'ïambique jusqu'au péan épi- 
baie ; 1 1" celle de l'héroïque jiisqu'au proso- 
diaque et au crétique; 12° Cexécution musi- 
cale des vers ïambiques, dont les uns ne font 
que se prononcer pendant le jeu des instru 
ments et dont les autres se chantent. 

ARCIî\TAS, philosophe pythagoricien, na- 
quit à Tarente, dans la Grande-Grèce (aujourd'hui 
le royaume de Naples), et fut le contemporain de 
Platon, avec (jui il se trouva à la cour de Denys, 
tyran de Syracuse. Ce fut lui qui sauva la vie à 
ce philosophe, que Denys voulait faire mourir, 
par une lettre qu'il écrivit à ce prince. Porphyre 

(«) Ta r une ordonnance du s mars ib32, sur les mon- 
naies, la valeur de la livre tournois avait été fixée ù 
1 fr. 70 0. 

9 



139 



ARCHYTAS — ARENA 



et Tliéon de Smyrtie disent qu'il a écrit un 
traité sur les iiarmoniqiies et un autre sur les 
flûtes : ces deux ouvrages sont perdus. 

ARCIERO (Aluise, ou Lodis), organiste de 
premier orgue de l'église Saint-Marc, de Venise, 
était né dans cette ville vers la seconde moitié du 
quinzième siècle , car la forme de son prénom 
n'était en usage que dans le dialecte vénitien. 
Arciero succéda dans sa place à Baptiste Barto- 
lamio, le 21 février 1518, et l'occupa jusqu'à la 
fin d'octobre 1530. On ne connaît jusqu'à ce mo- 
ment aucune composition sous le nom d'Ar- 
ciero. 

ARCOJVATI ( Le Père), né à Sarzano, vers 
1610, entra fort jeune dans l'ordre des cordeliers 
appelés Mineurs conventuels. Après avoir fait 
de bonnes études musicales, il écrivit pour l'église 
une grande quantité de messes, de vêpres, et 
«i'autres morceaux de musique qui se trouvent en 
manuscrit dans la bibliothèque du couvent de 
Saint-François, à Bologne. Nommé maître de 
chapelle de ce couvent en 1653, il succéda dans 
cette place au P. GuidoMontalbani ; mais il ne la 
garda que peu d'années, car il mourut en 1657 : 
son successeur (ut le P. François Passerini. 

ARDALE, joueur de flûte, était fils de Vnl- 
cain, selon Pausanias, et naquit à Trézène, ville 
de Péloponèse. Plutarque {De Musica) dit qu'il 
réduisit en art la musique pour les flûtes. Pline 
(lib. vi[, c, 56) attribue à un Trézénien, qu'il 
nomme Dardanus, la manière d'accompagner le 
chant par les flûtes [Cum tibiis canere voce 
Trsezenius Dardanus vistituït): ce passage 
semble se rapporter à Ardale ; c'est pourquoi Mé- 
ziriac et le Père Ilardouin ont remarqué qu'il fal- 
lait substituer j4rc?a/MS à Dardanus, dont aucun 
autre écrivain de l'antiquité ne parle. Il y a dans 
le Banquet des Sept Sages de Plutarque un Ardale 
de Trézène, joueur de flûte et prêtre des Muses; 
mais il ne faut pas le confondre avec celui-ci, qui 
est beaucoup plus ancien. 

ARDANAZ (Pedro), prêtre et compositeur 
espagnol, fut maître de chapelle de l'église pri- 
raatiale de Tolède, depuis le 16 juin 1674, et con- 
serva cette position jusqu'au 11 décembre 1706, 
où il mourut. Quelques messes et motets de sa 
composition se conservent dans les archives de 
lYgiise de Tolède et à l'Escurial, 

ARDEMANIO (Jules- CÉSAR ), compo- 
sileiu- milanais, maître de chapelle et organiste 
del'égliseSainle-Marie délia ScalaeldeSania- 
Fedele, à Milan, mourut dans celte ville en 
1650. On a de lui des Motets imprimés à Milan 
en 1616, des Faux- Bourdons, publiés eu 1618, 
et l'ouvrage intitulé : Musica a più voci con 
basso per Vorgano, concertata in occasione 



d' xina pastorale alLudente alla vemita di 
S. far/o. 31ilano, 1C2S, in-4". 

ARDITI (Le marquis Micuele), savant ar- 
chéologue et amateur de musique, naquit le 2!) 
septembre 1745, à Presicca, dans la terre d'O- 
trante, au royaume de Naples. Après avoir fait de 
brillantes études au séminaire de Lecce, puis à 
l'université de Naples, il se livra avec succès à la 
profession d'avocat, et se fit connaître par de bons 
ouvrages sur des sujets d'archéologie qui le firent 
entrer dans l'ac^adémie d'Herculauum, dans la So- 
ciété des sciences, lettres et beaux-arts, et dans 
plusieurs autres sociétés savantes de Naples, de 
Rome et du Danemark. En 1807 il fut nommé 
directeur général du musée royal Jiorbonico, et 
dix ans plus tard il eut la charge de surintendant, 
des fouilles d'antiquités dans le royaume de Na- 
ples. Ses travaux scientifiques ne l'empêchèrent 
pas de se livrer avec ardeur à la culture de la 
musique, qu'il avait étudiée dans sa jeunesse, sous 
la direction de Jomelli. Ses productions dans cet 
art consistent en un opéra sérieux, V Olimpiade 
de Métastase, beaucoup de cantates religieuses 
et profanes, une multitude d'airs délaciiés avec 
orchestre ou clavecin, plusieurs sym[)lionies (ou- 
vertures), sonates de piano, et beaucoup de mo- 
tets composés pour diverses églises de Naples. 
Commandeur ou chevalier de plusieurs ordres , 
comblé d'honneurs et généralement eslimé, le 
marquis Arditi mourut le 23 avril 1838, à l'âge 
de quatre-vingt-treize ans, laissant au Musée 
royal son médailler, beaucoup d-inscriptions et 
d'objets antiques; à la bibliothèque Borbonica sa 
colleclion de manuscrits, et au collège royal de 
musique ses propres ouvrages et beaucoup de 
compositions autographes des maîtres les plus 
célèbres. 

ARDITI (Louis), violoniste et compositeur, 
né à Crescentino , près de Verceil , dans le Pié- 
mont, a fait ses éludes musicales au Conserva- 
loirc de Milan, et a commencé à se faire con- 
naître dans les concerts en 1839. En 184(, il a 
(ait exécuter au Conservatoire l'opéra de sa com- 
position intitulé : J Briganli.En 1851, il voyageait 
en Amérique et à. la Havane, pour y donner des 
concerts. On a publié de cet artiste : Sestetlo di 
bravura per due violini, due viole, violoncello 
et conlrabasso. Milano, Riconli, ainsi que des 
duos pour deux violons, ou piano et violon, sur 
des motifs d'opéras, 

ARDORE (Le prince d'). Voyez MILANO 
(Jacques François). 

ARENA (Joseph), compositeur napolitain, 
né au commencement du dix huitième siècle , a 
mis en musique Achille in Sciro, représenté à 
Rome en 1738, Tigrane, à Venise, 1741 ; Aies- 



ARENA — ARGIES 



131 



sandro in Pcrsia, à Londres , 1741 , Farnacs, 
à Homo, 1742. Il a laissé on manuscrit un ou- 
vrage élémenlaire intitulé : J'rincipi per cembalo 
orguno. 

ARENBERG (***), écrivain allemand, 
qui n'est coimu que par une dissertation latine 
sur la musique des anciens, inséiée dans le neu- 
vième volume des MisccUanées de Leipsick. 

ARESTI, ou ARRESTI (Jules-César) , 
né à Cologne, vers 1(530, fut élève d'Ottavio Ver- 
nizzi, organiste de l'cgiise Saint-Pétronne de 
cette ville, à qui il succéda. Il fut un des pre- 
miers memhresde l'Académie des philharmoniques 
de Cologne, l'ondée en 1C66 , et obtint trois fois 
l'honneur d'en être le prince (président), en (671, 
1C86 et IG9i. Arejiti a fait imprimer de sa compo- 
sition : 1° Messa e vespro délia B. V. M. a ofCo 
roct ; Bologna, 16..,in-4o — 2° Messa a tre voci 
con siufonie; ibid. — 3"^ Sabni cinque a quattro 
voci; Venise, 1664, in-4*' — 4° Gare miisicali, 
salmi a cappella a quattro voci, avec quelques 
psaumes à quatre voix de Cazzati,maitrede chapelle 
de Saint-Pétronne. Aresti écrivit contre ce môme 
Cazzati, qui était en ijossession de son emploi de 
maître de chapelle depuis 1657, et lit une critique 
sévère du Kyrie d'une messe à cinq voix placée 
dans l'œuvre 17* de ce maître. Une lutte violente 
s'établit à cette occasion entre les deux artistes, 
qui publièrent plusieurs pamphlets remplis d'ex- 
pressions amères et d'injures. Voy. Cazzati. 

ARESTI (Floriano), organiste de l'église 
métropolitaine de Bologne, et académicien phil- 
harmonique, naquit à Bologne vers la fin du 
dix-septième siècle. On connaît de lui les opéras 
suivants: 1" Cris ip/)o , à Ferrare, en 1711.— 
2" Inganno si vince; Bologne, 1710. — Z°Eiiig- 
via disciolta, en 1 7 10 , à Bologne. — 4° Cos/an- 
za in cimenta colla crudeltà, à Venise, en I7l2. 
— 5° Il trionfo di Pallade in Arcadïa , à 
Bologne, eu i7l6.Fantuzzi {Scrittori bolog- 
nesi) dit qu'Aresti a cessé de vivre avant 1719, 
ou au plus tard dans le cours de cette année. 

ARETIN (Gui). Voy. Gvi. 

ARETIN (CuiusTOPHE, baron d'), homme 
savant et distingué dans les sciences, les arts 
et la littérature, né le 2 décembre 1773, à 
Ingolstadt, fut nommé conseiller de cour à Mu- 
nich en 1793. En 1793, on l'envoya comme com- 
missaire à Wetziar; en 1799, il fut (ait con- 
seiller de la direction provinciale auprès de la 
dcpulation de droit public , à Munich , et en 
1 804 , bibliothécaire de la cour. C'était un pianiste 
habile et un compositeur de quelque mérite. On 
a de lui une messe et une symphonie qui ont 
été exécutées par l'orchestre de la cour , et qui 
ont oblcnu beaucoup de succès. Il a fait impri- 



mer en 1810, par le procédé lithographique, deux 
recueils de chansons allemandes de sa compo- 
sition, sous le nom d'Auguste Re.nati. Le baron 
d'Aretin est mort à Munich en 1822. Voy. la Ba- 
vière savante de Kl. Bader, 1. 1 , p. 35. 

ARETIIVO. Voy. Appoloni. 

ARETirVCS, nom sous lequel GUI ou 
GUIDO d'Arezzo est souvent désigné par les an- 
ciens auteurs. 

ARETIA^US (Paul), musicien au service 
du duc de Ferrare et compositeur de musique d'é- 
glise, qui vivait dans la seconde moitié du seizième 
siècle, est connu par les ouvrages dont voici les 
titres : 1° Responsoria hebdomadx sant.r , ac 
Nalulis Domini, Te Deum et Benedictus qua- 
tuor voc, Venfse, 1 547. — 2° Sacra responsoria, 
tum natali Domini, tum jovis, veneris, ac 
sabbati sancti diebiis diei solila, nunc primxnn 
a D. Paido Aretino sub miisicis édita rhythmis, 
atque ab eodem summa recens cura, dili- 
gentiaque castigata; Venetiis, apiid Hiero- 
ïiymiim Scotum, 1544, in-4o. Une deuxième 
édition de cet ouvrage a été publit'e à Venise, en 
1574, in-4°. Il est vraisemblable (jue le nom d'^- 
rctinus ne fut donné à ce compo>itcur que pour 
désigner sa patrie, qui était Arezzo, ville de la 
Toscane ; son véritable nom de famille est inconnu, 
et Paulus n'est que son prénom. 

AREYALO (Faustino ) , écrivain espagnol 
qui n'est connu que par l'ouvrage suivant : Hym- 
nodia Hispanica ad cantus latinitatis, mé- 
trique legesrevocatact aucta. Prxmittitur dis- 
sertatio de Hymnis eeclesiasticis, eoruniquc 
correctione, atque optimaconstitutione. Romx, 
ex typographia Salomonianx ad divi Jgnatit, ' 
1784, in-4 °. Je présume que cet auteur est ur; 
des jésuites espagnols réfugiés à Rome après leur 
exiiulsion de l'Espagne. 

ARGEj\TlLL(CnARLESD')OUD'ARGENTILLV, 

contemporain d'Atcadelt, fut, comme lui, chanteur 
et compositeur de la chapelle pontificale, dans la 
première moitié du seizième siècle. L'abbé Baini 
le range parmi les musiciens flamands qui bril- 
lèrent alors en Italie; mais il est plus vraisem- 
blable qu'il était de la Picardie , où il existe des 
familles de ce nom. On trouve quelques motets 
de cet auteur dans les recueils publiés en Italie 
antérieurement à 1550. 

ARGEKTIIM (ETIENNE), moine, bachelier 
en théologie et maître de chapellede l'église Saint- 
Étienne , à Venise, naquit à Kimini vers 1600. 
11 a fait imprimer : 1° Missx trium vacum; Ve- 
nise, 1638. — T Salmi concertafi, fbid. 1638 

ARGIES ( Gauthier d') , poète et musicien 
du treizième siècle, était de la maison d'Argies en 
Picardie. Le manuscrit de la Bibliothèque impé- 



132 



ARGIES 



ARION 



riale coté 7222, contient vingt et une chansons 
notées de sa composition. 

ARGILIAKO (Roter), compositeur, né à 
Castro-Nuovo, dans l'Ile de Corse, vivait au 
commencement du dix-septième siècle. On con- 
naît sous son nom : Hesponsori per lasettimana 
sanla, Messa e Vespro per il Sabato sanlo. 
Venezia, Amadino, 1612, in-4". 

ARGYROPYLE (Jean) , littérateur et mu- 
sicien grec, naquit à Conslantinople en 1404. A 
l'époque où Amurat II fit le siège de cette ville, il 
s'en éloigna, et alla s'établir à Florence, en 1430. 
Il y donna des leçons de sa langue maternelle. 
La peste ayant ravagé l'Italie, Argyropyle en fut 
atteint, et il mourut à Rome en 1474, à l'âge de 
soixaule-dix ans. Il a laissé un volume de chants 
à voix seule, sous le titre de Monodia, que Gé- 
rard Vossius assure exister dans la Bibliothèque 
du roi de France ( De Hist. Grxc, lib. IV, 
p. 493) ; mais je ne l'y ai point trouvé. 

ARIANUS ( Je.vn-T.), écrivain du seizième 
siècle, a publié un livre intitulé : Isagoge 
musicx poeticas, Erfurt, 1581, in-4''. On n'a 
aucun renseignement sur cet auteur, cité par 
Blankenburg dans ses additions à !a théorie des 
t)eaux-arts de Suizer. 

ARIBONjScolastique, qu'il ne faut pas con- 
fondre avec l'évêque de Frisingue du même nom, 
naquit probablement dans les Pays-Bas, vers le 
milieu du onzième siècle ; car il a dédié un traité 
de musique dont il est auteur àEllenhard, évéque 
de Frisingue, mort en 1078(F«cZ. C. Meichelbeck 
in Hist. Frising.). L'ouvrage d'Aribon, intitulé 
Musica, est une sorte de commentaire sur quel- 
ques points de la doctrine de Gui d'Arezzo : l'abbé 
Gerbert Fa inséré dans sa collection des écrivains 
ecclésiastiques sur la musique (t. II, p. 197-229). 
La préface avait été déjà publiée par le P. Pez 
( Thés, auecd., t. VI p. 222). Une dos par- 
lies les plus utiles de l'ouvrage d'Aribon est celle 
qui a pour titre : Ulilis exposilio super obscu- 
ras Guidonis sententias. Les passages dont il 
s'agit sont tirés du micrologue de Gui ; Aribon 
aurait pu en augmenter la liste, car le moine 
d'Arezzo est certes un des écrivains sur la mu- 
sique du moyen âge les moins intelligibles; ajou- 
tons que sa latinité est fort incorrecte et abonde 
en barbarismes. Le livre d'Aribon nous fournit 
encore une indication qui mérite d'être remarquée 
dans le chapitre de son livre qui a pour titre : De 
distinctionibus cantuum, et cur finales dïcan- 
tur ac sïiperiores. Il y cite un passage de Gui 
qui n'existe ni dans les ouvrages de ce moine, 
publiés par l'abbé Gerbert dans sa collection des 
♦•crivains ecclésiastiques sur la musique, ni dans 
les manuscrits de la Bibliothèque royale de Paris 



que j'ai consultés, ni dans le mien, ni enlin 
dans aucun de ceux que j'ai examinés,ce qui sem- 
blerait indiquer que nous n'avons pas tous les 
écrits de Gui d'Arezzo, ou du moins qu'il y a 
des lacunes dans ceux qui sont venus jusqu'à 
nous. Voici, au reste, le passage dont il s'agit -. 
Quamvis principia, praesertiin tamen fines 
distinctionum sunt considerandi , qui prae- 
cipue debent finales repetere, ut dominus 
Guido dogmatizat dicens : » Item ut ad 
« principalem vocem , id est, finalem pêne om- 
o nés distinctiones currant; hoc tamen rarius 
o invenitur, quamcrebrius.» Voy. Gui d'Arezzo. 

ARIETTO (Simon), célèbre violoniste qui 
vivait au commencement du dix-septième siècle, 
naquit à Verceil. Après avoir été pendant quelque 
temps au service du duc de Mantoue, il revint 
dans sa ville natale, et de là passa à la cour du 
duc de Savoie, en 1G30. Arietto est le premier 
violoniste qui soit mentionné comme virtuose 
dans l'histoire de cet instrument. Il eut deux fils, 
François et Simon , qui, quoique fort habiles sur 
le violon, n'égalèrent point leur père. 

ARIGOIM (Je\n-Jacques), compositeur du 
dix-septième siècle, et membre de l'Académie 
Fileutera, dans laquelle il était connu sous le 
nom de V Affettuoso, a publié à Venise, en 1623, 
des madtigaux à deux et trois voix , de sa com- 
position. Oq connaît aussi du même auteur : 
Concerti da caméra; Venise, 1635. On trouve 
des madrigaux composés par Arigoni dans l'ou- 
vrage qui a pour titre : Madrigaii del signor 
cavalière Ânselmi, nobiie di Treviso, posti in 
musica da diversi eccellentissimi spiriti, a 
due, tre, quattro e cïnque voci, con il basso 
continua. Siampato dal Gardano in Venetia. 
Apresso Bartolomeo Magni, 1624. 

ARION, poète et joueur de cithare, né à 
Méthymne, dans l'île de Lesbos, fut, dit Héro- 
dote, l'inventeur du dithyrambe, et composa 
plusieurs hymnes fameux. Le même historien et 
Aulu-Gelle , d'après lui, disent qu'il acquit de 
grandes richesses par la beiuité de son chant et 
de ses vers, dans un voyage qu'il fit en Italie et 
en Sicile. Ce fut au retour de ce voyage que, 
s'étant embarqué 'pour aller à Corintlie sur un 
vaisseau de cette ville, les matelots, tentés par 
ses richesses, prirent la résolution de le jeter a 
la mer. En vain il s'efforça de les fléchir; tout 
ce qu'il put obtenir fut qu'avant de se précipiter 
dans les ondes il prendrait sa lyre, et chante- 
rait quelques élégies. On connaît le récit d'Aulu- 
Gellc et des poètes, qui ont dit qu'un dauphin, 
attiré par le charme de sa voix, le reçut sur son 
dos, elle porta jusqu'au cap Ténare( aujourd'hui 
cap Matapan ), dans le Péloponèse On dit aussi 



ARION — ARISTIDE QUIINTILLIEN 



133 



qu'Aiion fut inventeur des chœurs et des danses 
en rond : quelques-uns prétendent que cette in- 
vention est due à Lasus. 

ARIOSTI (Attilio), dominicain, naquit à 
Bologne vers 1660, et s'adonna de bonne iieure 
à l'étude de la musique. Il paraît qu'il obtint 
une dispense du pape qui l'exemptait des devoirs 
de son état, et lui permettait de se livrer à la 



en 1704.-4° fM Festa d'fmenei ; Ber\in,i7 00; 

— b" Atys; Lutzenbourg, 1700; —6° Nabucodo- 
nosor. Vienne , 1706. — 7" La più glorïosafa- 
tica d'Ercole; Bologne, I70G. — 8° Amor tra 
riemici; Vienne, 1708. — 9° Ciro; Londres, 1721. 

— 10° Le premier acte de Mîcciîis Scevola; 
ibid., 1721.— ito Coriolan; ibid., 1723. —12° 
Vespasien, ibid., 1724. — 13"» Artaserse; 1724. 



composition des ouvrages de théâtre. Après [ — l4o Dario; ibid., il^.b. — ib'LuciztsVerus; 



avoir terminé ses études, il écrivit pour le théâ- 
tre de Venise, en 1686, l'opéra de Da/ne, de 
Zeno. Deux ans après, il fut nommé maître de 
chapelle de l'électrice de Brandebourg. L'anni- 
versaire du mariage du prince Frédéric de Hesse- 
Cassel avec la fille de l'électrice donna lieu, en 
1600, à des fêtes brillantes, où l'on représenta 
un intermède d'Ariosti, intitulé la Festa d'ime- 
nci, à la maison de plaisance de la princesse, 
près de Berlin. Dans cet ouvrage, ainsi que dans 
ceux qui lui succédèrent immédiatement, Ariosti 
imita servilement le style de Lulli ; mais dans 
son opéra lïAlijs il changea de manière, et se 
rapprocha de celle d'Alexandre Scarlatti , sans 
pouvoir jamais en avoir une qui lui fût propre. 
Au bout de quelques années de séjour à Berlin , 
il reçut une invitation pour se rendre à Lon- 
dres, où il arriva en 1716 : il y obtint des 
succès brillants dans son Coriolan et dans Lu- 
cius Verus : on en imprima môme les parti- 
tions entières, distinction jusqu'alors sans exem- 
ple en Angleterre. Mais, à l'arrivée de Haendel 
dans ce pays, ses rivaux Bononcini et Ariosti 
perdirent la faveur du public , et leurs com- 
positions disparurent devant les œuvres de ce 
grand musicien. Ariosti finit par tomber dans 
un état voisin de la misère, et fut obligé de pu- 
blier par souscription, en 1723, un livre décan- 
tâtes de sa composition, qu'il dédia au roi Geor- 
ges V. Heureusement ces sortes d'entreprises 
sont ordinairement couronnées par le succès en 
Angleterre : celle-ci (iroduisit un bénéfice de 
près de mille livres sterling. Peu de temps 
après, Ariosti partit pour l'Italie, et se retira à 
Bologne. On ignore l'époque de sa mort. 

A ses talents comme compositeur Ariosti 
joignait le mérite d'être bon violoncelliste et ha- 
bile exécutant sur la viole d'amour. A la sixiènio 
représentation de VAmadis de Haendel, il exé- 
cuta un morceau sur la viole d'amour, instru- 
ment alors inconnu en Angleterre, et le charme 
de l'instrument joint à son talent excita im en- 
thousiasme général. 11 était d'un caractère doux 
et affable, mais c'était un bomme de peu de* gé- 
nie. Voici la liste de ses compositions connues : 
1° Dafne, en un acte ; 1090. — 2° Enfile, Ve- 
oise, 1697.— 3' ^ff Mculrede' Maccabei,'^ Venise, 



Londres, 1726. — 16° Tenzone; ibid., 1727. 
— 17° Cantates, and a collection of tessons 
for the viol d'amore; Londres, 1728. — 18° S. 
Radegonda, reginadi Francia ; oratorio, 1693. 

ARISTIAS, musicien athénien , a écrit un 
Traitédes Cytharèdes{ki\\énée,, liv.XIV, c. 4.), 
(jui n'est pas venu jusqu'à nous. 

ARISTIDE QUINTILLIEN, l'un des 
auteurs grecs dont les écrits sur la musique sont 
parvenus jusqu'à nous, est plus connu par sou 
livre que par les circonstances de sa vie. On ignore 
et le lieu et la date de sa naissance. Mcibomius 
a cru devoir la fixer à la deux cent vingt-quatrième 
olympiade , sous le règne d'Adrien, époque où vi- 
vait Plutarque; mais, d'aprè&la doctrine qu'il a ex- 
posée dans son ouvrage, et qui est celle delà plus 
ancienne école grecque, d'après la pureté de son 
style, enfin d'après sa dévotion aux dieux du paga- 
nisme, l'abbé Requeno {Saggisulristabilmento 
delV arte armonica, 1. 1, p. 2 ,c. 10)conclut qu'il 
a vécu sous le règne d'Auguste, ou au commen- 
cement du suivant. Quoiqu'il en soit, il est cer- 
tain qu'il est postérieur à Cicéron, car il cite cet 
orateur dans son traité de musique : "Onzç ttoXXoû; 
TE âXXo'jç ëXaSs , xal tov èv toïç Kixepwo; toO 
'PwjAaîovi iroXiTixoiç xà xafà fioy^ixii; pnSévta. 
( Voy. Arist. Quint, exedit. Meib., lib. 2, p. 70. ) 
Meibomius conjecture aussi qu'Aristide Quinlil- 
lien vécut antérieurement à Ptolémée, parce qu'il 
parle du système des treize modes, établi dès le 
temps d'Aristoxène, et qui fut ensuite porté jus- 
qu'à quinze , sans faire aucune mention de la 
réduction du système à sept modes, qui fut faite 
plus tard par Ptolémée. Cette considération ne 
parait pas concluante ; mais il y a d'autres mo- 
tifs pour croire qu'Aristide Qiiintillien est anté- 
rieur à Ptolémée : Meibomius ne les a pas aper- 
çus. Il est, au reste, remarquable qu'aucun auteur 
de l'antiquité n'a parlé de cet écrivain. 

L'ouvrage d'Aristide n'a qu'un titre général 
qui en indique peu la nature : ce titre est Ilefl 
Mpuaix?,? {Sur la musique ). Ce traité est divisé 
en trois livres : ou le considère avec raison 
comme ce qui nous reste de plus clair et de plus 
satisfaisant sur la musique des Grecs, bien qu'il 
soit plutàt théorique que pratique, ainsi que la 
plupart des traités de l'art musical qui nous sont 



134 



ARISTIDE QUINTILUEN 



venus de l'anliqiiité. A l'égard de la doctrine 
e\|iosée par Aristide, sous le rapport de la divi- 
sion de l'échelle musicale, elle est conforme à 
la théorie des nombres de Pythagore. Je crois 
donc que le P. Martini s'est trompé sur le sens 
«les i)arol&s de cet auteur, lorsqu'il a dit-qo'A- 
ristide a divisé dans le premier livre de son ou- 
vraf^e le ton en deux demi-tons égaux , mais 
qu'il se conforme à la. doctrine de Pythagore 
dans le troisième livre (1). Voici le texte grec : 
Aôyov ôi 9r)[xi , -rriv Ttpô; a)X-f\lix xai' àpiOpLov 
Ôîatv. 'AXoya oè , wv oùSet; 7îp6; àXkrika, Xôyoç 
ç'jptGXETai. ToO [j.èv ouv Stà Tsaaâpcov Xoyoi; Èffxlv 
èTtiTp'.To;.Toû 5tà7:£vT£,':^[j.iôXio;.Tou5£5cà7taaà)v, 
6 SiTtXaoîwv. T6vo;5s,ô ÈTrôyôoo; : J'appelle rai- 
son les rapports qu'ils ont (les intervalles) 
en fre eux selon le nombre. Les (intervalles) 
irrationnels sont ceux dont on ne peut rendre 
raison. C'est ainsi que la quarte est dans le 
rapport de 3 : 4 ( ratio superterlia ); que celui 
de la quinte est de 2 : 3 ( ratio sesquialtera) ; 
celui de l'octave, de 1 : 2 (ratio dupla ) ; et 
que celui du ton est de 8 : 9 (ratio superoc- 
lava ). 11 est évident que le P. Martini n'a pas 
donné assez d'attention au sens de ce passage. Il 
est vrai qu'Aristide Quintillien ajoute plus loin : 
'Eti ôsaÙTwvâ (/.evIutiv âpTia, àôè TcepiXTa. "Aptca 
jxèv. Ta £tç taa ôiatpouixeva , <bç ■:?;|ji.tT6vtov xal 
TÔvov'TTcptTTà ôà,Tà£t;âvic7a, wçai if'ôU<Tci;,elc. : 
Ensuite il en est ( des intervalles ) qxii sont 
pairs , et d'autres impairs. Les intervalles 
pairs sont ceux qui peuvent être divisés éga- 
lement, comme le demi-ton et le ton; les im- 
pairs, ceuxquise divisent inégalement, comme 
les dièses ternaires, etc. Mais l'auteur a eu en 
vue, dans ce passage, certaine classification des 
intervalles plutôt que la loi de leurs proportions. 
Tout le reste de l'ouvrage prouve d'ailleurs que 
la doctrine de Pythagore était celle qu'Aristide 
avait adoptéi'. Je ne dois pas oïdilier de dire 
qu'Aristide Quintillien a exposé d'une manière 
plus claire qu'aucun autre auteur les principes 
du rliytlime de l'ancienne musique grecque. 

Le texte du traité de musique d'Aristide Quin- 
lillien a été publié par Meiboniius, dans le 
deuxième volume de sa collection intitulée : An- 
tiqux musicx auctorcs (Amsterdam, Elzévier, 
10 j2, 2 vol. in-4o) ; il y a joint une version la- 
to « In guanloalla dotlrina, ossia teorica délia musica, 
t abbcnchè ncl primo libro egli faccia parola délia divi- 
« sinne del tuono in duc seniitiioni Hguali, e dci diesis 
« Iricnlali e quadrantali , cosi puic, sccondo il sistcroa 
« (1i Aristosseno, parli délie ditfcien/.c, non già deilc pro- 
« pciizioni degl' intervaiU, ci6 non ostante nei decorso 
« deli' opéra, al libro lerzo, pnrianilo di proposito dcgl' 
« iutcrvalli, egli s' iinifornia al sistcina Pittagorico. » 
iAittrtini, Stor. délia musica, l. III. r. 7, p, ;ii6. ) 



tine et beaucoup de notes critiques et gramtna- 
ticales. Le manuscrit dont il f^e servit pour cette 
publication avait appartenu à Joseph Scaliger, et 
était ensuite pas.^édans la bibliothèque de Leyde : 
il lui fut communiqué par Daniel Hensius. Mei- 
bomius dit dans sa préface qu'il coufionta ce 
manuscrit avec deux autres , l'un de la biblio- 
thèque du collège delà Madelaine , à Oxloid, 
l'autre de la Bibliothèque Bodléienne, collationné 
par Gérard Langbain; enfin, Sauiiiaise lui en- 
voya de Paris divers passages rectifiés, ainsi que 
des exemples de notation tirés des manuscrits 
2455 et 2460 in-fol. de la Bibliothèque du Roi, à 
Paris, et Allacci lui envoya aussi de Rome les 
mêmes passages et les mêmes exemples de no- 
tation qu'il avait copiés dans un manusciit de la 
Bibliollièque Barberinne. L'identilé des textes 
dans les bons manuscrits aurait dû éclairer Mei- 
bomius sur la nécessité de les ('tiidier avec soin 
pour en .saisir le sens; mais, arrêté en plus d'un 
endroit par des difficultés qu'il ne pouvait surmon- 
ter, il se persuada légèrement que ces passages 
avaient été corrompus par les copistes, et il 
leur substitua des corrections qui sont aidant 
d'erreurs. Ces manuscrits (dit-il) se rappoi- 
tent de telle sorte l'un à Vautre, qu'il n'est 
pas difficile de voir qu'ils découlent tous de 
la même source (l). Et dans un autre endroit 
il dit aussi : Tous ces mamiscrils ne m'ont 
servi qu'à me prouver que partout où il y a 
des/aules, elles sont anciennes (2). Préoccupé 
de l'idée de ces fautes protendues, il a changé le 
sens de plusieurs phrases importantes, et a subs- 
titué à un exemple curieux d'une notation très- 
ancienne de la musique grecque, les signes plus 
modernes de la notation d'Alypius. 11 faut lire, 
sur ces altérations du texte d'Aristide Quintil- 
lien |)ar Meibomius, lesiemarques fort savantes 
que Perne a fait insérer dans le troisième vo- 
lume de la Revue musicale (p. 481-491 ). 

Il n'est pas inutile de relever ici une inadver- 
tance singidière échappée à Clavier dans l'article 
sur Aristide Quintillien, qu'il a donné dans la 
Biographie rmivei'selle de Michauô. Ce savant 
dit que l'édition du livre de cet écrivain donnée 
par Meibomius est la meilleure : il avait oublié 
qu'il n'y en a pas d'autre. On assure que M. Vin- 
cent, de l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres de l'Institut de France , travaille à une 
traduction de l'ouvrage d'Aristide Quintillien, qui 



(i) Quippeltainler seconveniunt, ut ab unooinnes raa- 
nasse non difflculter perspiciatiir. ( M. Meiboin. in not. 
ad Arist. Qaint., p. 2î4. ) 

(2) Ab his ferme alia ralione non sum adintiK, quam 
qiiod sua aucloritate vetera tibique nicnda esse conlir- 
marcnt.( ifl. \Icibom. in prxfat. leetori benevolo.) 



ARISTIDE QUINTILLIEN — ARISTOTE 



135 



ne peut manquer d'intéresser le monde érndit. 

ARISTOCLES, écrivain grec sur la musi- 
que, cité par Athénée (lib. XIV,c. 4), n'est connu 
que par ce qu'en dit ce compilateur. Il avait 
<ouiposé un Traité sur les Chœurs, et un au- 
tre sîir la Musique, qui ne sont pas venus jus- 
qu'à nous. 

ARISTOCLIDE, fameux joueur de flûte 
et de citiiare, descendant de Terpandre, fut le 
maître de Plirynis. ( Voy. ce nom. ) Il vivait 
du temps de Xerxès. 

ARISTONIQUE,rausicien grec, néà Argos, 
demeurait dans l'ile de Corfou, et fut contem- 
porain d'Antioclius. Ménechme, cité par Athé- 
née, dit que l'art déjouer de la cithare simple 
lui est dû. ( Voy. Athénée, liv. 14, c. 9. ) 

ARISTOTE, le plus célèbre et le plus savant 
des philosophes grecs, naquit à Stagyre (mainte- 
nant Libanova ), ville de la Macédoine, dans la 
première année delà quatre-vingt dix-neuvième 
olympiade. Nicomaque, son père, était médecin du 
roi Amintas, aïeul d'Alexandre. A l'âge de dix- 
sept ans , il passa sous la discipline de Platon, 
dont il suivit les leçons pendant près de vingt 
ans. Après la mort de son maître, Aristote quitta 
l'Académie pour se rendre auprèS de Philippe, 
qui lui confia l'éducation d'Alexandre. Le phi- 
losophe avait atteint sa quarante-septième année, 
lorsque le fils de Philippe monta sur le trône 
de la Macédoine : après cet événement, Aristote 
retourna à Athènes, où il enseigna au lycée pen- 
dant treize ans. Sa faveur auprès de son royal 
élève ne diminua jamais. Non-seulement celui-ci 
fit rétablir à sa demande la ville «le Stagyre, que 
Philippe avait détruite, mais il fit d'énormes dé- 
penses pour procurer à son maître les moyens 
de pénétrer dans les secrets de la nature. Ayant 
atteint l'âge de soixante-trois ans, Aristote cessa 
de vivre, la troisième année de la cent qua- 
torzième olympiade : en mourant il laissa son 
école sous ladirection de ïhéophraste, son élève. 
La philosophie fondée par Aiistote est connue 
sous le nom de philosophie péripatéticienne. 
Ce n'est point ici le lieu d'examiner sa doctrine, 
ni d'analyser les nombreux ouvrages qu'il a lais- 
sés sur presque toutes les branches des sciences, 
encore moins de considérer l'influence que ses 
livres, venus de l'Orient, ont exercé sur la di- 
rection des études européennes pendant bien des 
siècles; il ne doit être parlé que de ses travaux 
relatifs à la musique. Un homme doué d'un sa- 
voir universel comme x'Vristote ne pouvait né- 
gliger cet art à une époque où toute la Grèce en 
faisait l'objet de ses études. Diogène de Laërte 
nous apprend, en effet, qu'il avait écrit un livre 
sur la musique et un autre ouvrage sur les 



concours de musique des jeux Pytiiiens. Ces 
productions sont perdues. Porphyre a conservé 
dans gbn commentaire sur les Harmoniques de 
Ptolémée un fragment du traité de l'Ouïe d'A- 
ristote. Antoine Gogavini a donné une version 
latine de ce fragment à la suite de sa traduc tion 
des Éléments harmoniques d'Aristoxène et du 
traité de musique de Ptolémée. La dix-neuvième 
section des Problèmes d'ArIstote est relative à la 
musique ou plutôt à l'acoustique; on trouve ces 
problèmes dans les diverses éditions des ouivres 
complètes du philosophe, et particulièrement 
dans celles de Paris de 1619 et de 1639, 3 vol. 
in-folio. On en a donné des éditions séparées, 
l'une avec une traduction latine de Gaza et d'Ap- 
poni, Venise, 1501, in-folio; l'autre avec un 
commentaire de Louis Septali ; Lyon , 1632, in- 
fol. Le plus ancien commentaire sur les pro- 
blèmes d'Aristote est celui qui a été fait par Al- 
bert le Grand. (Voy. ce nom.) Pietro d'Albano 
en a aussi donné un très-ample sous le titre de 
Expositio probtemaium (sic) Aristotelis; cet 
ouvrage a été im primé à Mantoue, en 1 475, in folio. 
Ce qui concerne la musique y est traité d'une 
manière fort étendue dans la section XIX. Cha- 
banon a donné, dans le 46^ volume des Mé- 
moires de l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres de Paris une traduction française des 
problèmes d'Aristote relatifs à la musique, avec 
un commentaire où il a tâché d'en éclaircir le 
sens, en général fort obscur. Les trois mémoi- 
res de Chabanon s'étendent depuis la page 285 
jusqu'à 355. (Voy. Chabanon). François Patri- 
zio a essayé de démontrer dans son traité Detla 
poetica, deçà istoriale, deçà disputata (Fer- 
rare, 1586, in-4o) que ces problèmes ne sont 
point l'ouvrage d'Aristote. Les chapitres 3, 5, 6 et 
7 de la Politique du philosophe traitent aussi 
d'objets relatifs à la musique. Enfin on trouve 
dans la Poétique du môme auteur des passages 
assez étendus sur la musique théâtrale. 

ARISTOTE, nom, ou plutôt sobriquet sous 
lequel l'auteur d'un traité de musique écrit au 
treizième siècle est cité par Jean de Mûris, dans 
son Spéculum Musicx. Ce traité, dont un ma- 
nuscrit, qui a appartenu à l'abbé de Tersan, existe 
à la Bibliothèque impériale de Paris, sous le 
numéro 1136 du supplément latin, petit in^", 
se trouve aussi à la bibliothèque de l'université 
d'Oxford, dans le fonds de Bodiey, no 2265-18, 
in-folio. La partie la plus importante de l'ou- 
vrage est rex.position du système de la musique 
mesurée dans la notation noire, accompagnée 
d'exemples. L'ouvrage est suivi de sept morceaux 
à trois voix, qui consistent en motets et chan- 
sons françaises, lesquels occupent les feuillets 37 k 



136 



ARISTOTE — ARISTOXEiNE 



42 du manuscrit. Ces morceaux sont écrits dans 
la manière ordinaire de ce temps, ciiaque partie 
ayant une sorte de mélodie sur des paroles dif- 
férentes des autres , et le ténor, placé dans la 
voix inférieure, étant coupé par des repos régu- 
liers, et répétant , sur un mot latin, une même 
plirase en mélodie contrainte , pendant la durée 
du morceau. Un ou plusieurs feuillets semblent 
manquer à la fin : ils conlenaient sana doute 
quelques aulrcs morceaux du même genre; car 
l'ouvrage en lui-même est complet, à l'exception 
de la lacune du commencement. Les motets et 
chansons à trois voix n'existent pas dans le 
manuscrit d'Oxford. Sous le rapport de l'harmo- 
nie, comme sous celui des formes de la mélodie, 
les chansons de cet ouvrage sont inférieures à 
celles du même genre qui nous restent d'Adam 
de la Haie, lequel écrivait à la même époque , 
mais dont le talent est bien plus remarquable. 
Le traité est le môme qui a été imprimé dans les 
œuvres du vénérable Bède , dont les éditions les 
plus complètes ont été publiées à Cologne en 
1612 et 1G88, 8 vol. in-lol. 11 a pour titre : 
Musica quadrilla seu mensurata. Dans l'é- 
dition de 1688, il y a une singulière faute d'im- 
pression (t. 1, col. 351 ),car on y lit : Musica 
quarla seu mensurata. C'est Bottée de Toul- 
mont qui a découvert le nom ou le sobriquet 
sous lequel était connu l'auteur de cet ouvrage, 
dans les citations du Spéculum viusicœ de Jean 
de Mûris , et qui l'a fait connaître dans un rap- 
port sur un projet de publication de musique 
ancienne, fait au comité historique des arts et 
monuments, et insère au Bulletin archéolo- 
gique, t. II, p. 651. M. E. de Coussemaker, qui 
fait parfois des suppositions hasardées et qui ne 
se souvient de mon nom que pour faire des cri- 
tiques bien ou mal fondées, m'a attribue, à l'oc- 
casion de ce même ouvrage ( Histoire de l'har- 
monie au moyen âge, p. 47), une absurdité 
dans laquelle il devait savoir que je ne suis 
pas tombé; car après avoir copié dans l'article 
de Bède de la Biographie uiverselle des mu- 
siciens tout ce qui concerne rintroduction du 
môme ouvrage dans les œuvres de cet écrivain 
anglo-saxon, et les éditions qui en ont é!é fai- 
tes, il ajoute : Sans se prononcer positivement , 
M. Fétis semble considérer Bède le Vénérable 
comme pouvant être l'auteur de ce traité. Or 
il lire cette conséquence de ce que , pour con- 
Ire-balancer l'opinion fausse de Burney et de 
Forkel, à savoir, qu'il n'existait pas de musique 
mesurée au temps de Bède, j'ai écrit ce passage, 
dans lequel ii n'est pas question de l'ouvrage, 
mais (le la musique mesurée elle-même : « Il 
« n'est cependant pas démontré qu'il n'existait 



« pas de notions de la musique mesurée chez 
« les peuples du INord dès le huitième siècle. 
« Remarquons en passant que dans son His- 
« taire ecclésiastiqiie , dont il y a plusieurs 
« éditions, Bède fait mention d'une harmonie à 
« deux parties, en consonnauces, dont il y avait 
<■ des exemples en Angleterre, de son temps. » 
Or ce que je disais alors, et ce que j'ai soutenu 
depuis lors contre Kiesewetter sur l'ancienneté 
de la musique mesurée, est devenu bien plus 
clair et |)lus positif pour moi ; car j'ai acquis la 
conviction que la musique mesurée a existé de 
tous temps chez tous les peuples , qu'elle est 
ancienne comme le monde, et que ce qu'on a 
appelé l'invention de cette musique n'est que 
celle de sa notation dans un système particu- 
lier; système qui, suivant ce que j'ai dit à l'arti- 
cle Francon de la môme Biographie universelle , 
date du onzième siècle ou de la (in du dixième. 
Je n'ai donc pu ctjnsidérer un écrivain qui vi- 
vait à la fin du septième siècle et au commen- 
cement du suivant comme l'auteur de l'ouvrage 
du Pseudo-Aristote. Tour rétablir la lacune du 
manuscrit de Paris, on a, outre le manuscrit 
d'Oxford, les éditions de Bède, où le passage se 
trouve en entier. Du reste, l'ouvrage, tel qu'il 
est dans ces éditions, a été étrangement mutilé : 
toute la partie qui concerne les tons, les hexa- 
cordes, la solmisation et les muances, ainsi que 
les intervalles, y manque; dans ce qu'on a im- 
primé de la notation mesurée, les figures sont 
fautives, et la plupart des exemples ont été 
laissés en blanc pour être ajoutés à la main , 
mais n'ont pas été remplis. 

ARISTOXÈlXE, philosophe péripaféticien , 
naquit à Tarente dans la centquinzièmeolympiade, 
c'est-à-dire environ 3b4 ans avant J.-C. (1). Spin- 
tliarus, son père, lui donna les premières notion!-' 
delà musique et de la philosophie. Aristoxène passa 
ensuifesous la direction deLamprus d'Érythres, 
puis il entra à l'école de Xénophiie de Chalcis, 
philosophe pjthagoricien. Enfin il devint le dis- 
ciple d'Aristote, à qui il resta longtemps attaché; 
mais, irrité, suivant ce que rapporte Suidas, de ce 
que ce philosophe avait désigné Théophrasle pour 
son .successeur, il calomnia la mémoire de .son 
maître, et montra dès lors celle basse jalousie dont 

(0 Dans la première cdilion de cette Biographie vniv<r- 
sellé desmusiciens j'ai placé la date de la nais.sance d'A- 
listoxène dans la quatre-vingt-onzième olympiade, ayant 
mal saisi le sens de Suidas ; mais celte date est évidemment 
trop rapprochéejcnrce fut dans la troisième année de cette 
olympiade que Théophrasle succéda à Aristote dans l'en- 
seignement (le son école; d'où il suit qu'Arisloséne n'au- 
rait pu eu avoir de la Jalousie, puisqu'il aurait élé né i 
peine. Ce qui parait vraisemblable, c'est qu'il avait alors 
environ vingt huit ans. 



ARISTOXÈNE 



i; 



il a donué des preuves en écrivant la vie de plu- 
sieurs grands lioinnu's, tels que I^ytliagore, Ar- 
cliilas, Socrate et Platon (1). On ignore l'époque 
de sa mort. 

Il nous reste de lui un Traité des éléments 
harmoniques , en trois livres {ntçX àpjxovixtôv 
CTToixeîwv), dont on trouve des manuscrits dans 
presque toutes les grauiles bibliothèques. Le pre- 
mier qui publia le texte d'Aristoxène avec das 
notes fut Jean Meursius ; il y a joint les ouvrages 
de Nicliomaque et d'Aly plus; cette collection a pour 
titre : Aristoxenus , Nichomachus , Alypiits, 
auclores musices antiquissimi hactenus non 
erfî^t,Lugdiini Datavorum, lGlC,in-4'*. On a réim- 
primé le texte et les notes dans les œuvres de ce 
philologue, t. VI, p. 341 et suiv., et l'on y a 
joint la version de Meibomius. Antoine Gogavini a 
publié une version latine fort médiocre des élé- 
ments harmoniques d'Aristoxène, avec les har- 
moniques de Ptolémée, etc., sous ce titre : AriS' 
toxeni antiquis. Harmonicorum elementortim 
Libri très. Cl. Ptolemasi hai-monicorum, scu de 
musica lïbri ///, Venetiis; 1562, in-4°. L'édi- 
tion considérée comme la meilleure du traité de 
musique d'Aristoxène est celle qui a été donnée 
par Meibomius dans sa collection de sept auteurs 
grecs sur la musique, intitulée : Anttqux imisicx 
auclores septem,km?.ie\o(id.ïm, 1652, in-4 2 vol.; 
toutefois cette édition est bien imparfaite; on y 
trouve du désordre dans le texte , et Meibomius 
n'a pas toujours saisi le sens de son auteur dans 
sa version latine. Il y a joint des notes et une 
préface. 

Le texte d'Aristoxène a été fort altéré par d'i- 
gnorants copisles. Meibomius a fait observer que 
la fin de chaque livre manque; mais il n'a pas 
vu que l'introduction de l'ouvrage a été déplacée, 
et qu'on l'a mise dans le cours du second livre; 
enfin il n'a pas vu qu'une autre transposition a 
eu lieu dans le premier livre, où un passage du 
second est cité comme une chose connue. C'est 
W'allis qui, dans ses notes sur Ptolémée, a fait 
ces remarques ; elles ont été répétées par Re- 
(pieno ( Sacjgi sul Ristabilmento deW arte ar- 
monica, t. I, p. 221} (2). 



(1) Dans une Étude sur Jrhtoxéne et son École, insérée 
dans la Revue arclieoloylgue (XIV= année, i8S7), M. Ch. 
Kmni. Ruelle essaye de combattre l'assertion de Suidas par 
un passage où Aristoiène loue U niûtliode de son maître. 
Ce raisonnement parait peu solide; car ce n'est pas dans 
des clioses de cette nature que la liaine calomnieuse se 
montre. 

(2) Il est évident, en effet, que les considérations sur 
rtiarmonique, l'énumération de ses pariies, et la discus- 
.sion sur la valeur ou li signification absolue des mots, de- 
vaient trouver leur place après le plan que donne Aris- 
toxCne de son ouvrage. 



J. Ij. Doni avait iiidlipié dans son traité de 
Prscstant.miis. velcr. t. 1 de ses œuvres, lib. Il, 
p. 13<i, des fragments des Éléments rhijthmi- 
ques d'Aristoxène, d'après un manuscrit de la 
bibliothèque du Vatican ; il en avait même com- 
mencé la traduction. L'abbé Moielli, savant bi- 
bliothécaire, a publié ces fragments en 1786, d'a- 
près ce manuscrit et im antre de la bibliothèque 
de Saint-Marc de Venise. 

At-liénce cite quelques ouvrages d'Aristoxène re- 
latifs à la musique, qui ne sont pas venus jusqu'à 
nous : l'un était un Traité des joueurs de flûte, 
Ttept à\jXif)Twv ; le second traitait des flûtes et des 
autres instruments de musique sous le titre : Ttepl 
àuXûv xai opYavwv; le troisième était im traité de 
musique, différent i\&?, Éléments harmoniques an 
mêmeaulein; il avait pourtitre : Ttepl ;jiov(T;x>iç. Ce 
livie traitait non-seulementdes diverses parties de 
rart,tellesque la Métrique,la Rhythmique, V Or- 
ganique, la Poétique tiV Hiippocritique , mais 
encore de l'histoire de la musique et des musiciens. 
C'est decelui-làque Plularque parle dans son dia- 
logue sur la musique, lorsqu'il fait dire à un des 
interlocuteurs : « Suivant Aristoxène (dans son 
« premier livre surla musiq\ie), ce fut sur le mode 
« lydien que l'ancien Olyiiipe composa l'air de 
« llûte qui exprimait une lamentation sur \-\ 
« mort de Python. » Le dernier ouvrage d'Aris- 
toxène relatif à la musique était un traité de l'art 
de percer les flûtes, Tispi àuXov Tpriaew;. Les écrits 
de cet ancien auteur ont été cités avec éloge par 
Eiiclide, Cicéron, Vitruve, Plutarque, Athénée, 
Aristide Quintilien , Ptolémée, Boèce et plu- 
sieurs auties. Saint Jérôme a dit aussi, en par- 
lant de lui : Et longe omnium doctissimits 
Aristoxenus musicus; et Aulu-Gelle (Aoct. At- 
ticar. lib. IV, c. XI) : Aristoxenus musicus 
vir literatum vetertim diiigentissimus. Il est 
remarquable que, de tous les musiciens dogmati- 
ques grecs qui sont venus jusqu'à nous, Açjs- 
toxène est le seul dont Plutarque fait mention. 

Les Éléments harmoniques qua letempsnous 
a conservés ne sont pas, comme on pourrait le 
croire, un traité de cette partie de la musique 
qu'on désigne aujourd'hui sous le nom d'har- 
monie ; àp[Aov(a, chez les Grecs, signifiait, ainsi 
qu'Aristoxène le dit en plusieurs endroits de son 
livre, l'ordre mélodique des sons, le système sur 
lequel le chant était établi. Avant d'écrire cet 
ouvrage, Aristoxène avait donné son histoire de 
la musique et des anciens musiciens, où il éta- 
blissait que ceux-ci divisaient autrefois le ton en 
quatre parties égales. Il ne fut pas compris, et 
l'on crut qu'il avait voulu démontrer que dans la 
pratique on peut chanter des intervalles de quarts 
de ton ; il se plaint beaucoup de cette erreur eu 



138 



ARISTOXÈNE — ARMAND 



(ilusieurs endroils de son livre et affirme qu'on 
ne l'a pas enlendu. Quoi qu'il en soit, ce fut 
pour faire prévaloir le système de la division 
du ton en deux demi-tous égaux, suivant le 
jugement de l'oreille et en opposition à la doc- 
trine des pythagoriciens, qu'Aristoxène écrivit 
son livre; système que l'abbé Requeno a voulu 
faire prévaloir dans son livre intitulé : Saggi sut 
liistabilmcnlo deW arte armonica dé" Greci e 
nomani cantori (Parme, 1798, 2 vol. in-8 ), et 
(|ue Kiesewetter a vanté, sans en avoir l'inlelli- 
gence, dans l'écrit qu'il a publié sous ce titre : 
Der neuen Aristoxener zerstreute Avfseetze 
iiber das Irrige der musikalischen Aritmetik 
und das Eitle ihrer Temperaturrechnungen 
(Mémoires éparsdes nouveaux aristo\éniens,etc.). 
Il y recueilleles opinions mal fondées d'Eximeno, 
«le Drieberg , de M. J. Krieger, etc., qu'il appuie 
des siennes propres. Mais la théorie dont il s'agit 
n'est pas soutenable; car on a suffisamment dé- 
montré que l'expression numérique du demi-ton 
3 

vrai est une quantité irralionnelle. 

v/8 

Pour principe fondamental de son système de 
musique, Aristoxène établit que l'oreiile est le 
seul juge des intervalles harmoniques. Pythagore 
voulait que l'homme eût « priori la conscience 
matiiémalique des rapports de ces intervalles : 
Aristoxène, suivant la doctrine de son maître 
Aristole, ne lui accorde que la faculté de s'en ins- 
truire par l'expérience. Didyme {voij. ce nom), 
écrivain grec, avait composé un livre fort étendu 
sur ces deux systèmes opposés : cet ouvrage est 
malheureusement perdu ; il ne nous en reste que 
des fragments conservés par Porphyre. Quoi qu'il 
en soit, la doctrine d'Arisloxène, sous le rapport 
de l'égalité des demi-tons, est, comme on vient 
<le le voir, tout emi)yrique ; elle ne peut avoir 
<l'autre base que le jugement du sens musical : 
instruit par l'expérience, il est donc assez singu- 
lier que ce théoricien, après avoir rejeté les cal- 
culs des proportions de Pythagore, ait eu recours 
lui-même aux chiffres pour démontrer cette éga- 
lité des demi-tons, base de tout son système, 
«t de plus qu'il ne produise sur ce sujet que 
(les calculs faux, victorieusement réfutés par 
Ptolémée {Harînonic., lib. I, c. 9) et par Por- 
phyre {Comment, in Ptolem., p. 298, édit. 
Wallis). Boèce a très-bien résumé en peu de li- 
gnes le principe faux qui sert de base à la doc- 
trine d'Aristoxène (1). Ce principe consiste à 
donner six tons à l'étendue de l'octave; au lieu 
de cinq tons et deux demi-Ions mineurs, et à faire 

(t) De Musica, lib. V. cap. xir. Le passnfrc commence 
par ces mots : ^)aod vero de his ^-iristoxcnKS scntiat, 
brevUer aperiendinn est. etc. 



le demi-ton égal à la moitié d'un de ces tons. Il 
prend le résultat du tempérament égal des mo- 
dernes pour le produit de la nature. 

Aristoxène dit en plusieurs endroits de ses 
Éléments harmoniques (livre premier) que per- 
sonne avant lui n'avait considéré la musique sous 
le même point de vue et n'en avait traité de la 
même manière; il fait connaître sa pensée à cet 
égard en disant que tous les auteurs qui avaient 
écrit sur cet art ne l'avaient considéré que sous 
le rapport harmonique , c'est-à-dire que selon 
l'ordre des Intervalles calculés proportionnelle- 
ment. Il ne faut pas croire toutefois qu'en éta- 
blissant une doctrine tout expérimentale et de 
sentiment, ce musicien philosophe ait traité de 
l'art sous le rapport de la pratique ; ce n'est qu'un 
écrivain dogmatique dont le livre ne nous fournit 
pres(]ue aucun ren.seignement sur ce qu'il nous 
importerait de savoir concernant la musique de 
l'antiquité. A vrai dire, aucnn des auteurs grecs 
ne nous instruit à cet égard, et les livres des- 
tinés à enseigner la pratique de l'art ne sont pas 
parvenus jusqu'à nous. 

J'ai dit que le livre d'Aristoxène, tel qu'il a été 
publié plusieurs fois, porte des marques évidentes 
de l'altération du texte et d'un grand désordre. 
Parmi tous les manuscrits existants dans les 
grandes bibliothèques de l'Europe, et qui sont 
connus, il n'en est aucun qui puisse aider à ré- 
tablir cet ouvrage dans son état primitif : presque 
tous sont de la môme époque et semblent venir 
de la même source. Une des pins singulières 
transpositions qu'on y remarque est celle de l'In- 
troduction, où se trouve l'énumération des di- 
verses parties de l'ouvrage, et qu'on a placée 
dans le second livre. 

On peut consulter avec fruit, sur cet auteur, la 
savante dissertation de M. G. L. Mahne, intitulée : 
Diatribe de Aristooœno philosopha peripale- 
iico, Amstelodami, 1793, in-S», et les Lectiones 
Atlicx de M. J. Luzac, Leyde, 1809, in-8o. Voyez 
aussi l'ouvrage de François de Ceaumont , inti- 
tulé : Memoria sopra Xanto, Arislosseno e 
SIesicoro. Palerme, J835, in-8o, et une Étude 
sur Aristoxène et son école, par M. Ch.-Em. 
Ruelle, dans la Revue archéologique, 14' année 
( 1-857). 

ARMAND (M"" Anj<e-Aiiuée), cantatrice, 
connue sous le nom de M"® Armand l'aînée, née 
à Paris, en 1774, a débuté à l'Opéra-Comique 
dans la salle Favarl, au mois de juin 1793, et fut 
reçue sociétaire dans la môme année. Elle chanta 
avec succès à ce théâtre jusqu'à la réimion des 
sociétaires avec les comédiens du théâtre Eey- 
deau, en 1801. Alors elle passa à l'Opéra, et 
débuta à ce théâtre, le 8 germinal an ix (29 mars 



AR^IAND — ARNALD 



13» 



1801), dans le rôle A'An/tgone d'Œdipe. Elle 
s'est retirée le l^"" janvier 1811. M"' Armand 
possédait une voix sorwre et fortement timbrée : 
elle avait de l'énergie et produisait de l'effet dans 
les morceaux d'ensemble ; mais sa vocalisation 
manquait de légèreté, et son intonation n'était 
pas toujours d'ime justesse irréprochable. Elle est 
morte à Paris, le 4 avril 184G. 

ARMAIXD (Joséphine), nièce de la précé- 
dente , et son élève pour le chant , a débuté à 
l'Opéra, le 16 février 1808, dans Iphigénie en 
Aulicle. En 1813, elle épousa Félix Cazot, pro- 
fesseur de piano à Paris. Ayant été réformée le 
1" janvier 1817, elle fut engagée au théâtre de 
Bruxelles, et elle y a chanté jusqu'en 1826, époque 
où elle s'est retirée à Paris. 

ARMAIVSPERG (Marie d'), pianiste ama- 
teur, s'est fait connaître depuis 1844 par quel- 
ques compositions légères pour son instrument, 
telles que des nocturnes (œuvre 3), polkas 
(op. 2), etc., qui ont été publiées chez Schott, à 
Jlayeuce. 

ARMBRUST (GoERGEs), organiste de l'é- 
glise Saint- Pierre, à Hambourg, a pris part à line 
|)olémique relative à la société qui a pris le titre 
de : Hamburger Bachgesellschafl, et s'est for- 
mée en concurrence d'une a\itre association anté- 
rieure de LeipsicU.pourla publication des Œuvres 
(complètes de Jean Sébastien Bach, laquelle avait 
déjà fait paraître les cinq premiers volumes do 
sa belle collection. La polémique commença par 
un article qui parut le 1er avril 1856 dans le 
Tagesbericht de Hambourg. On y ("aisait remar- 
querqiie la nouvelle sociétéde Bach n'avait pasde 
raison d'être, puisqu'il en existait déjà une qui 
avait le même objet, et qui s'acquittait bien de 
sa mission. M. Charles G. P. Gràdner {voy. ce 
nom) (it paraître à celle occasion divers écrits 
auxquels 1\I. Armbrust , membre de la société de 
de Bach de Hambourg., a lépondu par celui qui a 
pour titre : Replick aufdie Vertheldigung der 
Hamburger Bac/igesellschaft gegen die An- 
griffe des Herrn Cari. G. P. Gràdner (\\6- 
plique sur la défense de l'association hambour- 
gcoise de Bach , contre les attaques de M. Char- 
les G. P. «Graduer), Hambourg, Schuberth, 1856, 
in-.s'^de 29 pages. 

ARMII\GAUD (Jules), violoniste et com- 
positeur, est né à Bayonne, le 3 mai 1820. Il y 
a reçu des leçons de violon d'un bon maître 
qui a développé son talent naturel. Au mois 
«le juin 1839, M. Armingaud s'est présenté au 
Conservatoire de Paris pour entrer dans une 
classe de perfectionnement de son instrument ; 
mais déjà sa manière avait acquis trop d'in- 
«iividualité pour se modifier par les leçons d'un 



professeur, et le comité d'examen ne crut 
pas devoir admettre le jeune artiste, bien qu'il 
l'eût entendu avec plaisir. Depiu's lors le 
talent de M. Armingaud s'est complété par ses 
études particulières et par l'audition de quelques 
artistes éminents. il est aujourd'hui ( 1857 ) con- 
sidéré comme un des violonistes les plus distin- 
gués de Paris, et occupe la place de premier 
violon au théâtre impérial de l'Opéra-Comique. 
Au nombre de ses compositions publiées jusqu'à 
ce jour, on remarque celles-ci : If Fantaisie sur 
Y Absence, de Félicien David, pour violon et 
piano, op. 8 ; Paris, Brandus. — 2° Sérénade pour 
violon avec ace. de piano, op. 9; Paris, Meisson- 
nier. — 3° Grande fantaisie sur Zampa, idem, op. 
10; Paris, ibid. — 4° Villanelle, idem, op. 11 ; 
ibid. — 5° AndanCe et Scherzo pour violon et 
piano, op. 13 ; Paris, Richault. — 6» Fantaisie et 
variations pour violon et orchestre, op. 14 ; Paris, 
P.ichault. — 7o Souvenir de Vasconie, idem, 
op. 15; ibid. 

ARMOIVIST (***), virtuose sur un instru- 
ment de son invention qu'il a nommé Holzhar- 
monika (harmonica de bois) : cet instrument 
n'est autre que le claquebois , échelletle de 
morceaux de bois dur et sonore, originaire de 
l'Inde et de la Chine, dont on tire des sons en 
frappant les barreaux avec un petit maillet. Il 
n'est ordinairement composé que de .sons diato- 
niques d'après l'échelle musicale des Chinois : 
M. Armonist a fait le sien sur une échelle chro- 
matique de deux octaves. Il en joue avec une 
dextérité merveilleuse et exécute les passages 
les plus difficiles. Cet artiste est fixé à Péters- 
bourg. Je présume que le nom sous lequel il est 
connu est un sobriquet qui lui a été donné à 
cause de son talent, et qu'il est Anglais d'ori- 
gine. 

ARMSDORFF ( Anoré ) , organiste de l'é- 
glise du Commerce à Erfiirt , naquit à IMuhIberg, 
le 9 septembre 1670. Après avoir fini son cours 
d'études latines, il se livra à la jurisprudence, 
devint organiste de Saint-André, et ensuite de 
l'église du Commerce. H remplissait les fonctions 
de celte dernière place, lorsqu'il mourut, le 31 
juin 1699, à l'âge de vingt-huit ans. '^11 a laissé 
en manuscrit un recueil considérable de compo- 
sitions pour l'église. Kœrner, éditeur à Eisenach, 
a publié un trio pour l'orgue, à trois claviers, sur 
le choral Wieschœn leuchtet, de la composition 
de cet artiste. 

ARNALD (Arild) , fils deThorwald , fut un 
scalde islandais, ou poète chanteur, attaché aii 
.service de Waldemar le Grand, roi de Danemark. 
Saxo le Grammairien accorde de grands éloges à 
son talent dans la poésie et dans le chant accoin» 



140 



ARNALD — ARNE 



pa^né de la harpe. Arnald vécut dans la seconde 
moitié' du douzième siècle. 

AIVNAUD (L'abbé François), né à Aubignaii, 
près de Carpentras , le 27 juillet 1721 , entra 
de bonne heure dans l'état ecclésiastique. Il vint 
à Paris en 1752, et fut pendant quelque temps 
attaché au prince Louis de Wurtemberg, qui était 
alors au service de France. En 1765, il obtint 
l'abbaye de Grandchamp; dans la suite il eut la 
place de lecteur et de bibliothécaire de Monsieur, 
et la survivance de la place d'historiographe de 
Tordre de Saint-Lazare : il mourut à Paris le 2 dé- 
cembre 1784. Il avait été reçu membre de l'A- 
cadémie des inscriptions et belles-lettres en 1762, 
et de l'Académie française, le 15 mai 1771. 

L'abbé Arnaud joignait à beaucoup d'instruc- 
tion un goût très-vif pour les beaux-arts. Il fut 
un chaud partisan de Gluck, et prit part à la 
guerre musicale entre les Gluckistes et les Piccinis- 
tes. La Harpe, Marmontel et quelques autres lit- 
térateurs, qui s'étaient mis à la tête de ceux-ci, 
sans savoir pourquoi, trouvèrent dans l'abbé Ar- 
naud un antagoniste redoutable, qui avait sur eux 
l'avantage d'entendre la question. Il écrivit pour 
cette querelle quelques brochures anonymes et plu- 
siens articles dans le Journal de Paris. On ne peut 
reprocher à l'abbé Arnaud que d'avoir vanté 
jusqu'à l'exagération l'utilité de la déclamation 
lyrique, et d'avoir méconnu le charme de la 
mélodie. 

Voici la liste de ses écrits qui ont la musique 
pour objet : lo Lettre sur la Musique à mon- 
sieur le comte de Caylus;PaTis, 1754,in-8,36 
pages. (Voy. Journ.des Sav. de 1754, p. 175.) 
Cette lettre a été insérée par La Borde dans son 
Essai sur la Musique, t. III, p. 551 ;'Arteaga en a 
donné une traduction italienne dans ses Rioo- 
iuzionl del tcatro musicale italiano, t. III, 
p. 243.-20 Réilexions sur la musique en géné- 
ral, et sur la musique française en particulier ; 
Paris, 1754 ; in-l2. — 3° Quelques morceaux :l;uis 
les Variétés littéraires, publiées eu société 
avec Suard, Paris, Lacombe, I7CS, 4vol.in-12. 
Léon Boudou a publié les Œuvres complètes de 
l'abbé Arnaud , à Paris, en 1808, 3 vol. in-8"; 
on y trouve les morceaux suivants, relatifs à la 
musique : Tome 1er, Lettre sur la musique (à 
M. deCaylus); — Lettre sur un ouvrage italien in- 
titulé : llTcatro allamoda. — Tome II : Essai sur 
le mélodrame ou drame Ivrique. — Traduction 
manuscrite d'un livre sur l'ancienne musique 
chinoise. — Lettre à Mme d'Augni et à la com- 
tesse de B..., sur Vlphigénie de Gluck. — La 
soirée perdue à l'Opéra. — Lettre d'un Ermite 
de la forêt de Sénart, avec la réponse. — Lettre 
iTi P. Martini, avec la ré[)onse. — Profession de 



foi en musique , d'un amateur des beaux-arts , 
à M. de la Haipe. — Lettre sur Vlphigénie en 
Tauride de Gluck. La plupart de ces morceaux 
avaient été publiés précédemment dans les Mé- 
moires pour servir à l'histoire de la révolution 
opérée dans la musique par M. le chevalier 
Gluck. 

ARNAUD (Pierre), violoniste de Paris, 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle , 
y a fait imprimer trois œuvres de quatuors pour 
deux violons,^ alto et basse, depuis 1782 jus- 
qu'en 1787. 

ARNAUD (Jean-Étienne-Goillaume), connu 
sous le nom à^Etienne Arnaud, est né à Mar- 
seille, le 16 mars 1S07. Arrivé à Paris à l'âge 
de dix-huit ans, il fut admis comme élève pen- 
sionnaire du Conservatoire pour le chant, le 16 
juillet 1825, et suivit le cours de Plantade; mais 
il acheva ses études sans se faire remarquer, et 
sortit de cette école pour se livrer à renseigne- 
ment , son organe vocal n'ayant pas la sonorité 
suffisante pourla scène. M. Arnaud a trouvé une 
compensation à cette infortune dans le succès 
qu'ont obtenu les jolies romances dont il e«t 
auteur, et dont il a publié un grand nombre, 
parmi lesquelles on remarque celles-ci : Jenntj 
l'ouvrière; La mère du mousse ; Soldat du 
roi; La Reine de la moisson; Jean ne ment 
pas, etc. 

ARNE (Thomas-Augustin), docteur en mii- 
sii]ue, eut pour père un tapissier de Londres, et 
naquit au mois de mars 1710. Destiné par ses 
parents à la profession d'avocat, il fut mis au 
collège d'Éton, où ses éludes se ressentirent des 
distractions que lui causait déjà son penchant 
pourla musique. Ce penchant devint bientôt une 
passion insurmontable; et, malgré les obstacles 
que lui opposait sa famille , il parvint à se livrer 
à l'étude du violon sous la direction de Festing, 
et à celle du clavecin et de la composition. Son 
premier essai fut la musique d'une farce inti- 
tulée Tom Thumb , ou l'Opéra des Opéras , 
représenté sur le théâtre de tlaymarket, en 1733. 
En 1738, il fit jouer son opéra de Camus, qui 
est considéré eu Angleterre comme un excellente 
production. Arne eut du moins le mérite d'y 
mettre un cachet particulier, et de ne point se 
borner, comme tous les compositeurs anglais 
de cette époque, à imiter Purcell ou Haendel. 

Vers le même temps, il épousa Cécile Yoimg, 
élève de Géminiani et cantatrice distinguée du 
théâtre de Drury-Lane. En 1744, il fut attaché 
comme compositeur au même théâtre. Depuis 
lors, jusqu'en 1776, il donna plusieurs opéras 
qui eurent presque tous du succès, et qui le mé- 
ritaient; car, si l'on ne trouve point une grande 



ARNE — ARNEST 



!4t 



originalité d'idées dans les productions d'Ame, 
ni beaucoup d'expression dramatique , on y re- 
connaît du moins de l'élégance et du naturel dans 
les chants , de la correction dans Tliarmonie , et 
des détails agréables dans les accompagnements. 
Ses airs ont quelquefois, il est vrai, un peu de la 
roideur qui semble inséparable de la langue sur 
laquelle il travaillait; mais il les adoucissait au- 
tant que cela se pouvait par un heureux mélange 
du style italien et des mélodies écossaises. En 
somme, Arne est le musicien le plus remarquable 
qu'ait produit l'Angleterre dans le dix-huitième 
siècle. Il a composé aussi des oratorios , mais 
il ne fut pas si heureux dans ce genre de compo- 
sition qu'au théâtre. Il ne pouvait en effet lutter 
sans désavantage contre la réputation de Hsen- 
del ; car, outre qu'il n'avait point la fertilité li'in- 
vention de ce grand liomme , ses chœurs sont 
d'une faiblesse que ne comporte pas cette espèce 
de drame. Malgré l'admiration des Anglais pour 
Haendel , leurs biographes ont essayé de démon- 
trer que le peu de succès des oratorios d'Arne 
a été causé par l'infériorité des moyens d'exécu- 
tion dont il pouvait disposer, comparés à ceux 
de son modèle. Arne est mort d'une maladie spas- 
modique, le 5 mars 1778. 

Voicila liste de ses ouvrages : 1° Rosamonde,en 
ll'àZ. — TVOpéra des Opéras, 1733. — 3" Zaro, 
1736. — 4°Co?nMA-, 1738, gravé. — 5° Theblind 
Beggar of Bethnal Green ( Le Mendiant aveugle 
de Bethnal Green). — G*» Fall of Phaeton ( La 
Chute de Phaéton). — 7" King Pepin's Campaign 
(La Campagne du roi Pépin), 1745. — 8° Don Sa- 
verio, 1749. — 9° Temple ofDulness (Le Temple 
de la Paresse), 174.ô. —10° Britannia, 1744. — 
11° Elisa, 1750. — 12° Cimona. — io" Artaxer- 
ces, 1762, gravé en partition. — W Elfrida. — 
15° KingArlhur (Le Roi Arthur). — 16- The 
Guardian outivitted (Le Tuteur dupé) , 1765 , 
gravé en partition. — 1 7° The Birth of Hercules 
(La Naissance d'Hercule), I7G6. — 18° Achilles in 
petticoafs (Achille àScyros). — 19° Thomasand 
Satly , gravé en partition. — 20° The Choice oj 
/{arlequin (Le Choix d'Arlequin). — 21° Sijren 
( La Sy rêne).— 22° TheLadïesfrolïck (Les Femmes 
gai (fardes), en 1770, gravé en partition. — 23° 
L'Olympiade, opéra italien. Ses oratorios sont : 
Alfred, M k(>; Judith, il6i,Tripto-Portsmoiith^ 
gravé à Londres. Tous ces ouvrages ont été pu- 
bliés chez Walsh et autres éditeurs de Londres, 
en extraits ou en partitions complètes. 1! a fait 
graver aussi pour la chambre : 1° Colin and 
Phœbe (CoVm et Phébé), dialogue, 1745. — 2° Ode 
on SAaAe.5pearp (Ode sur Shakespeare). — 3<>Song 
in the Fairy taie. — 4° The oracle or the Rcsol- 
ViT of questions, ti'it h '^2 pages ofsongs, 1703.— 



5° /1/ff(/rfû?/ (Le premier Jour de Mai). — fi» îSinc. 
books of sélect english songs (Neuf livres de 
chansons anglaises). 

Madame Arne, femme du compositeur, était 
excellente cantatrice, et brillait dans les opéras 
de Haendel : elle est morte vers 1765. 

ARNE (Michel), fds du précédent, na- 
quit à Londres en 1741. Ses dispositions pour 
la musique se développèrent si tôt qu'à l'âge do 
dix ans il exécutait sur le clavecin des leçons de 
Haendel et de Scarlatti avec une rapidité et une 
correction surprenantes. En 1764 il donna, en so- 
ciété avec Battishill, au théâtre de Drury-Lane, 
l'opéra d'^Zcme?îû!, qui n'eut aucun succès, et 
The Faifs taie ( Le Conte de fées) , qui fut mieux 
accueilli. Cymon fut jouée en 1767 : c'est le meil- 
leur ouvrage de Michel Arne, qui en écrivit plu- 
sieurs autres, mais qui, vers 1780, eut la folie de 
quitter sa profession pour se livrer à la recherche 
de la pierre philosophale; il fit même construire 
kChelseawn bâtiment qui lui servait de labora- 
toire. Mais, ayant été ruiné par les dépenses que 
lui occasionna l'objet de ses recherches, il rentra 
courageusement dans la carrière de la musique, 
et écrivit de petites pièces pour les théâtres de 
Covent-Garden , du Vauxhall et du Ranelagh : 
il est mort vers 1806. 

ARNEST, premier archevêque de Prague , 
vers le milieu du quatorzième siècle , composa, 
vers l'année 1350, un chant en langue bohème, 
avec la musique, en l'honneur de saint Wences- 
las. Ce chant, dont les paroles sont la traduction 
du Kyrie Eleison, se chante encore dans les 
églises lie la Bohême à la fête de saint Wenceslas. 
Arnest mourut le 30 juin 1364 , et fut inhumé 
dans le monastère des chanoines réguliers de 
Sainte-Marie, qu'il avait fondé àGlatz. Berghauer, 
dans son Protomartyre S. Joanne J\'epomuc., 
1. 1, p. 102, dit qu'il existe dans l'église cathédrale 
de Prague un beau manuscrit sur vélin, en six 
volumes grand in-folio , qui contient une collec- 
tion de messes, de séquences et de motets notés, 
et qui a été exécuté aux dépens et par les or- 
dres d'Arnest en 1363. Au premier volume de ce 
manuscrit, on trouve l'écusson des armes d'Aruest, 
qui consiste en un cheval blanc dans un champ 
rouge, avec cette inscription: Anno Domini 
MCCCLXiii. Bominits Arnestus Pragensis Ec- 
clesix primus Archiepiscopns fecit scrihere 
hune librum, ut Domini canonici eo utantur 
in Ecclesia predicta. Obiit aiitem predictus 
Dominus Arnestus An. Dom. mccclxiv. Vltima 
die mensis Junii. Cujtis anima requiescat in 
pace. Amen. Le portrait d'Arnest a été gravé par 
Malhias Greischer et inséré dans l'ouvrage qui a 
pour titre: .-1; ÉgrszVilagonslev's Csudalatos 



142 



ARNEST — ARNOLD 



Boldogsagos Szik. Kepeineck Rovideden Jol (et 
i'rerfe/i, etc., et qui a été publié à Prague, en 1690, 
in-4°, aux dépens du prince Paul Esterhazy. 

ARNETIl (Fiunçois-Henri), physicien, né 
à Vienne vers 1815, est auteur d'un traité de la 
\io\\\mm?ime.,\aW\M\é: Diemenschltche Stimme. 
Vienne, 1842, 1 vol. in-8». 

ARIXIM ( Louis- AcHiM d' ) , poète et roman- 
cier allemand, naquit à Berlin le 26 janvier 1781, 
et mourut dans une maison de campagne aux 
environs de cette ville, le 21 janvier 1831. Son 
mérite littéraire ne doit pas être apprécié ici : il 
n'est cité dans celte biographie que pour une suite 
d'articles sur les airs populaires ( Von Volhs- 
liedern) qu'il a publiés dans la Gazette musicale 
de Berlin (1805, nos 20, 21,22, 23 et 26). D'Ar- 
nim avait parcouru l'Allemagne en tout sens , et 
y avait recueilli un grand nombre de ces chan- 
sons , les notant sous la dictée des artisans, des 
jeunes filles et des pâtres. 11 en forma un recueil 
qui parut à Heidelberg, en 1806, sous le titre 
de : Das Wunderhorn (le Cor merveilleux), et 
dont il a été publié une nouvelle édition en 1819. 
A IINIM (Elisabeth ou Bettinad'), femme 
du précédent, née Brentano, a vu le jourà Franc- 
fort-sur-le-Mein , en 1785. Douée d'une ima- 
gination ardente, elle s'éprit d'un amour pas- 
sionné pour Goethe, qu'elle n'avait jamais vu, à 
la lecture de ses ouvrages, et lui écrivit des let- 
tres pathétiques auxquelles le galant vieillard ré- 
pondit par des sonnets et par des épîtres remplies 
de grâce et de douce philosophie. Cette corres- 
pondance, commencée en 1807, a été publiée 
en trois volumes, sous le titre de : Gôth.e's Brief- 
wecbseL mit einem Kinde ( Correspondance de 
Gœthe avec un enfant). Cet enfant avait vingt- 
deux ans quand le commerce épistolaire com- 
mença. La célébrité de Bettina n'est pas fondée 
seulement sur son amour pour l'illustre poète : 
elle y a d'autres titres par ses ouvrages littéraires. 
On n'a pas à s'en occuper ici : M^é d'Arnim n'est 
mentionnée dans celte biographie que pour ses 
Lieder pour une ou deux voix avec accompagne- 
ment de piano , dont il a été publié un recueil à 
Leipsick, chez Breitkopf et Haertel. Bettina 
Brentano avait éi)Ousé le littérateur Loiiis d'Ar- 
nim, dont elle est devenue veuve en i83t. 

ARI\K1EL (Trogillcs), fut d'abord pasteur 
à Asparende , dans le Sleswick , et mourut en 
1713, surintendant des églises luthériennes du 
Holstein. Il a beaucoup écrit sur l'histoire du 
Nord. Au nombre de ses ouvrages se trouve 
un traité de l'usage des cors, principalement 
dans la musique sacrée, qu'il écrivit au sujet 
d'un cor en or trouvé le 20 juillet 1639 à Tun- 
dern, en Danemarli, et sur lequel plusieurs sa- 



vants ont écrit des dissertations (Vid. 01, Wor- 
mit de Aureo cornu Danico). Le titre de l'ou- 
vrage de Arnkiel est : Vom Gebrmich der Uni- 
ner, insonderheit beym Gottesdiensle (Do 
l'usage des cors, particulièrement dans le service 
divin) 1683, in^". Il y a joint une prélace histo- 
ri(|ue sur le chant de l'église. 

ARKOLT ou ARNOULD, surnommé le 
Vielleux, c'est-à-dire le joueur de vielle (1 ), trou- 
vère du treizième siècle. Le manuscrit 7222 de la 
Bibliothèque du Roi nous a conservé deux de 
ses chansons, qui sont notées. 

ARNOLD ou ARNOLT, surnommé de 
Bruck, de Prug , DE Brucq , et même de Ponte ; 
et qui est quelquefois désigné simplement par le 
nom à^ Arnoldus , est un musicien flamand qui 
brilla au commencement du seizième siècle , et 
qui vit le jour à Bruges ( vers 1480) , d'où lui 
est resté le nom d'Arnold van Bnigge , van 
Bruck, van Bruch {BrucK, ancienne orllio- 
graphe flamande de Bruges). Les Allemands lui 
ont donné le nom {['' Arnold von Bruck, et les 
Italiens celui à'Arnoldo de Ponte, parce que 
Bruch ou Brug signifie jPon^en flamand, comu.e 
Bruck en allemand, et Ponte, en italien. On 
ignore où Arnold a fait ses études musicales ; 
mais un monument intéressant nous apprend 
qu'il fut maître de la chapelle de Ferdinand V\ 
roi des Romains , qui devint empereur d'Alle- 
magne à la fin de 1556, après l'abdication de 
Charles-Quint. Ce monument est une médaille 
en argent, qui existe dans le cabinet impérial à 
Vienne, et qui représente d'un côté le busti; 
d'Arnold , avec cette inscription, EIKON. AH- 
NOLDI A BRVCK R(omanorum) R(egiae) 
M(ajestatis) R. C. ( Uectoris capellae) CAN- 
TORVM PRAESIDIS 1536. Au revers, dans une 
couronne de branches d'olivier, on lit le dis- 
tique suivant, en huit lignes : 

OMNIA. QVAE. MVNDO. SVNT. ORNA- 
TISSIMA. CESSANT. INGENIL SOLVM. 
STATQVE. MANETQVE. DECVS, c'est-à- 
dire : « Tout ce qui dans ce monde brille d'un 
n vif éclat disiiarait : la gloire du génie. seule 
ce reste et persiste. «• 

Arnold mourut à Vienne le 22 septembre 1536. 
On connaît ju.squ'à ce jour les compositions 
suivantes d'Arnold de Briigt>^ : 1" Un Dies irx 
à quatrevoixdans le ms. in-fol. m», de la Bibiio- 

(1) Roquefort a prouvéqHcl'instriimonlqul a porté le nom 
de vielle dans le moyen âge n'est autre que le violon ou rc- 
bee ( Voyez l'ouvrase intitulé :i)e la poésie française dans 
tes douzième et treizième siècles, p:>r M. Roquefort, p. 107 
et 10a). On peutvoirsur cesa)ct\efi necherches histori,pies 
stcr l'origine et les tramformations des instrv.mcuts a 
arcliet, de l'auteur de cette biographie, dans le livre inti- 
tulé :, ^n(oini;5Jrarfiwri, clc. (I'ans,i8!)s, i volume ii: «". 



ARNOLD 



143 



thèqiie royale dcMunich, colé 47. — 2" Lemolel à 
cinq voix In civitale Dominl, m\ iiianiiscril à la 
Bibliotlièque impériale lie Vienne, — S'' L'iiynine 
à quatre voix, Gloria latiset honor, ibid. — 4° Le 
motet Fortitudo Dei,as\\ voix, dans la première 
partie de la collection intitulée : Novwii et 
insigne opus mtisicmn, sex, quinque et. qua- 
tuor vocum, etc. ; Norimbergaj, Hier. Graplieiis. 
1537, petit in-40 obi. — 5" Les motets à cinq voix 
Pater noster, et ht civitatem Domini , dans 
la seconde partie du même recueil : Nurem- 
berg, 1538 , petit in-4° obi. — C° Des motets 
<lans la collection qui a pour titre : Selectissimo- 
rwn Motettorum partim quinine, partim 
quatuor vocum, iomus priimis, dont Georges 
Forster fut éditeur, et qui a été publié à Nurem- 
berg, cbez Petreius, en 1540, in-4° obi. — 7o 
Les hymnes Audi Bénigne conditor ;Jesu qua- 
dragenarise ; Adesto nunc Ecclesise; Crux, 
ave , à quatre voix , dans le Sacrorum Hym- 
norum Liber primus. Centum.et triginta 
quatuor Hymnus continens , ex optimis au- 
Ihoribus musicïs collectus ; inter quos primi 
artifices in hac editione sunt Thomas Stol- 
tzer, Henricus Finc/c, Arnoldus de Bruck , et 
alii quidam ; Vitteberg.Te, apudGeorgiiim Rliaii, 
1542, in-4 obi. — 8° Quelques motets dans le re- 
cueil qui a pour titre : Quatuor vocum musicx 
modulationes numéro 26 ex optimis auclo- 
ribus diligenter selectse, prorsus novx, atque 
typis hactenus non excusée; Antverpiœ, apud 
Guilielmum Vissenxum , 1542 , petit in-4'' obi.; 
— 9° Des chansons allemandes dans la seconde 
partie du recueil publiée par Forster, sous ce ti- 
tre : Ein Ausszug kurtziveiliger guter frisclier 
Liedlein zusingen (Choix de chansons les plus 
amusantes, les meilleures et les plus nouvelles 
à chanter ), Nuremberg , Petreius, 1540, in-4° 
obi. — 10° Des chants à l'usage des écoles dans le 
recueil intitulé : 123 Newe geistliche Gesxnge 
mitvier und/ûnff Slimmen,e[c. (123 nouveaux 
chants spirituels à quatre et cinq voix, etc.) ; 
Witlenberg, G. Rhaw, 1544, in-4'' obi. Hans 
Walther a inséré aussi un cantique d'Arnold de 
IJruges dans son Cantionale, imprimé à Wit- 
lenberg, en 1544. Quelques auteursont confondu 
[lar erreur Arnold de Bruges avec Arnold sur- 
nommé Flandrus. ( Voy. ce nom. ) 

ARNOLD DE FLANDRES , en latin Ar- 
noldus Flandrus, musicien belge, qui vécut à 
la fin du seizième siècle et au commencement 
du dix-septième, fut moine camaldule (ere- 
mita) et organiste de son couvent , àTolmezzo, 
dans le Frioul. Quelques auteurs ont cru qu'il 
était le même qu'Arnold de Bruck ou de Bru- 
8CS ; mais l'erreur est évidente, car celui-ci est 



mort en 1536 , taiulis qu'Arnold de Flandres vi- 
vait encore soixante-dix ou douze ans plus tard. 
On a de ce moine les ouvrages dont voici les li- 
tres: 1° SacicC Canliones Arnokli Flandriere.- 
mitai (1) organistee 7\ilmetini (2) quatuor vo- 
cibus decantandx, liber primus; Venetiis 
apud Angelum Gardanum, in-4'' obi. Ce re- 
cueil contient 20 motets. L'épitre dédicatoire est 
datée de Venise, aux ides dcjanvier 1 595. Arnold y 
dit qu'il s'est livré avec ardeur à l'enseignement 
du chant aux enfants (^4 puero quantum in me 
fuit, ardentissime colui ). — 2» Madrigali a 
cinquevoci; Dillingen , 1G08, 10-4". Celte édi- 
tion a (iù être faite d'après une autre édition île 
Venise. — 3° Sic fortunajuvat, messe à sept 
voix , ibid. 

ARNOLD (Georges), organiste de la ca- 
thédrale de Bamberg, naquit dans le Tyrol, 
dans la première moitié du dix-septième siècle, . 
et fut d'abord organiste à Inspriick. lia publié 
les ouviages suivants : lo Cantionum sacrarum 
de tempore, op. 1, in-4''. — 2" Très Motet tos de 
}iomineJesu, op. 2, in 4°. — 3° Psalmi de neata 
Maria Virgine cum Salve Regina, Ave Regina, 
Aima Redemptoris Mater, et Regina Ca'U,cuni 
quinque vel sex, scilicet tribus vocibus ; dnobvs 
violinis concert antibus, cum viola ad libitum, 
Œniponti , typis et sumptibus Michaeli Wagiieri, 
1652, in-4''. — 4° Cantiones et Sonettœ, uno, 
duobus, tribus et quatuor violinis accomodalx, 
cum basse gênerait; Œniponti, 1G59, in-fol. — 
5" Satrarum cantionum de tempore et sanctis 
quatuor, quinque, sex et sepfem vocibus ac 
instrunLcnt. concert.; Œniponti, IGGI, iu-4". — 
6" Psalmi vespertini quatuor aiit duabus vocib. 
et duobus violinis cancer tan tibus vel septem, 
decem, quindecim ad placitum, Bamhergse, 
in-fol. — 7" Très missx pro de/ùnctis et alia 
laudativa quatuor, quinque, septem vocib. 
et tribus vel quattior violinis ad placittim ; 
Bambergae, 1676, in-4o. — 8° Missarumqua- 
tern. cum novem vocibus, 1* pars; Bambergae, 
1673, in-fol. idem, 2^ pars ; 1675, in fol. 

ARNOLD (Je\n), premier trompette de 
l'électeur de Saxe , au milieu du dix-septième 
siècle, a composé en 1652, pour les noces 
de Georges F"", une sonate à quatre trompettes 
qui aété imprimée à Dresde, dans la même année. 

(i) En Italio, lea crmilcs étaient de l'ordre des camal- 
dules. U y avait aussi les ermites de Saint-Jérôme ; mais 
on appelait ceux-ci hier ony mites. En Espagne , les ermi- 
tes étalent de l'ordre de Saint-Jean de la Pénitence, et en 
Portugal. Ils avalent saint Paul pour patron. 

(2) Tulmetinum est le nom latin de Tolomezzo, petite ville 
des États vénitiens, dans la province appelée Carnia 
ou Cargna, dont elle est le chef-lieu. Cette province fait 
partie du Frioul. 



Ul 



ARNOLD 



ARNOLD (Michel-Henri), habile orga- 
niste de l'église Saint-André, à Erfiirt , naquit h 
Errùrt,en 1682. Ses préludes d'orgue pour des 
cliants simples ou chorals ont eu une grande ré- 
putation; on ne croitpas qu'il les ait fait impri- 
mer; mais l'éditeur Koerner, d'Er/urt, en a 
donné quelques morceaux dans sa collection de 
pièces des anciens organistes. 

ARNOLD ( Jean-Georges), organiste à 
Shul, vers le milieu du dix-huitième siècle, a fait 
graver à Nuremberg, en 1761, deux trios pour 
clavecin et violon. 

ARNOLD ( Samuel), docteur en musique, 
né à Londres le 10 août 1740, reçut les pre- 
mières leçons de musique d'un musicien nommé 
Gates, alors maître des enfants de la chapelle 
royale , et termina ses études dans cet art sous 
le docteur Narcs. C'est donc à tort qu'on a dit 
(Dict. hisLdes Mus., Paris, 1810)qn'ilétait Al- 
lemand , et qu'il avait été élève de Hœndel. A 
peine Arnold eut-il atteint l'âge de vingt-cinq 
ans qu'il (ut engagé par les directeurs de Co- 
venl-Garden à travailler pour leur théâtre; il 
débuta par le petit opéra-comique intitulé : 
Maid qf the Mill (la Fille du Moulin). Les 
éloges qui furent donnés à sa musique le détermi- 
nèrent à s'exercer sur un oratorio, et il écrivit 
TheCure ofSaûl (la Guérison de Saiil), qui fut 
exécuté en il7^,ei qui lui fit une grande réputa- 
tion en Angleterre. A celui-ci succéda, dans l'année 
^■mvanie, Abimelech ; en 1776 il donna The pro- 
(iigal Son ( l'Enfant prodigue), et en 1777 La 
Résurrection. Dans les intervalles qui séparent 
ces productions il fit la musique de plusieurs 
opéras , farces et pantomimes. A la mort du doc- 
teur Nares , qui eut lieu au commencement de 
1783, Arnold lui succéda dans la place d'orga- 
niste du roi et de compositeur de la chapelle 
royale. Ces emplois l'obligèrent à écrire un 
grand nombre d'offices, d'antiennes et de psau- 
mes, qui sont fort supérieurs à ses autres ou- 
vrages, bien qu'ils soient moins connus. L'an- 
née suivante il fut choisi comme sous-directeur 
de la musique de Westminster jiour la commé- 
moration de Hi'findel. Ce fut aussi Arnold que 
le roi d'Angleterre chargea de diriger la magni- 
fique édition des œuvres de ce grand musicien, 
qui fut publiée à Londres en 1786, en 3C vol. in- 
lol. 11 eut le tort de ne pas donner assez desoins 
à cette édition, et d'y laisser une multitude de 
fautes qui la déparent, et qui font préférer souvent 
les anciennes éditions données par Walsh, sous 
les yeux de H.Tndel. Vers la fin de l'année 1789, 
l'Académie de musique ancienne le nomma son 
directeur : il a conservé cette place jusqu'à sa 
mort. C«lle-ci lut hùt^e par une chute qu'il fit 



en voulant prendre un livre dans sa bibliothè- 
que : il se brisa le genou ; et, nonobstant ks soins 
qu'on lui prodigua, il cessa de vivre le 22 oc- 
tobre 1802, après avoir langui pendant plus 
d'une année. Ses restes furent déposés à l'abbaye 
de Westminster; et les choristes de cette abbaye 
se réunirent à ceux de Saint-Paul et de la cha- 
pelle royale pour chanter à ses obsèques un 
service funèbre composé par le docteur Calcott. 
De pareils honneurs prouvent -la haute estime 
que les Anglais ont eue pour les talents d'Arnold ; 
tous leurs biographes s'accordent, en effet, pour 
vanter le mérite de ses prodjctions : néanmoins 
j'avoue qu'en examinant ceux de ses ouvrages 
qui ont été gravés , je n'y ai rien trouvé qui 
put justifier les éloges qu'on leur a prodigués. 
Le chant en est commun et dépourvu d'élégance ; 
la qualité qui m'y a paru la plus remarquable 
est la pureté d'harmonie. 

Le docteur Arnold a composé .sept oratorios , 
cinquante-cinq opéras anglais , outre un grand 
nombre de pantomimes, odes, séiénades et 
farces. Parmi ses opéras et pantomimes, les sui- 
vants sont les plus connus : l» Maid of the Mill 

( la Fille du Moulin), à Covent-Garden, 17G5. 

2° Rosamond, ibid., 1767. — 3° The Portrait, 
farce, ibid., 1770. — 4° Mother Shiplon (la 
Mère Shiplon), pantomime , à Hay-Market, 
1770.— h" Son-ïn-law (le Gendre), farce, ibid., 
1779. — 6" Fire and Water (le Feu et l'Eau ), 
opéra ballet, ibid., 1780. — '"Wcdding Nigh.t 
(la Nuit des Noces), farce, ibid., 1780. — 8° Sil- 
ver Tankard (le Pot d'argent), farce, ibid., 
1781. — 9° Dcadin live (le Mort vivant), opéra- 
comique, ibid., 1781. — 10^ Castleof Andalusia 
(le Château d'Andalou.sie), opéra-comique, à Co- 
vent-Garden, 1782 1 1° Gretna-Grcen , farce, 

Hay-Market, 1783. — 12° Ilunt the lipper (\à 
Pantoufle qui court), farce, ibid — 13" Peepii)g 
Tom, opéra-comique, il)id., 1784. — 14° JleiT, 
there , and everywhere (Ici, là et partout), 
ibid., 1784. — Ijo Two to one (Deux à un), 
opéra-comique, ibid., 1785. — 10° Tur/iand no 
Tiirk (Turc et |)oint Turc), opéra-comique, 
ibid, 1789. — M" Sïege o/ Ciirzola (le Siège de 
Courzole), opéra-comique, ibid., 1786. — 18" 
Inideand yrtnco. opéra, ibid., 1787. — X^" En- 
?«!7f!f/il/«s*cia?i (le Musicien enragé), intermède, 
ibid., \l&S.— ').Q''BattleofHexhnm{\à\ia[A\\\(i ■ 
d'Hexham), opéra, ibid., 1789. — 2l°New Spain 
(la Nouvelle-Espagne), opéra, 1790. — I")." Basket 
Maker ( le Faiseur de corbeilles ), intermède, 
1790. — 23° Surrender of Calais (la Prise de 
Calais), ibid., 1791. —2^" H arlequin and Faus- 
ius , pantomime, à Covent Garden , 179."?. — 
75° Children in the wood (Les Enlànts dans 



ARNOLD 



le bois) , inteimèJe, Hay-Market, I7a3. — 2G" 
Hobin Gray , intermède , ibid. — 27» Torinski , 
opéra, ibid., i79b. —28° Mountainers (\es Mon- 
tagnards), ibid., 1795* — 29° Wopaijdtherecko- 
ning? (Qui paiera l'écot?), interniMe , ibid., 
1795. — 30" Love and Mone?/ {Amour ei Argent), 
farce, ibid., 1795. — 31» Bauninn Day , inter- 
mède, ibid., 1796. — 32" Shipwreck, opéra-co- 
mique, à Drury-Lane, 1796.-33° ItalïanMonk 
(le Moine italien), opéra, à Hay-Mariset, 1797. — 
34° False and True ( le Faux et le Vrai ), ibid., 
1798. — 5° Throw physic to the dogs (Jeter 
ses remèdes aux cliiens) , farce, 1798. — 36' Cam- 
bi-o-Britons, o\téra,\h\d., 1798. —37° Review ( la 
Revue), farce, ibid., 1801. — 38° The Corsair{le 
Corsaire), ibid., 1801. — 39" Vétéran Tar (le 
Vieux Matelot), op. corn, à Drury-Lane, 1801. — 
40° Sixiy-third Letter (La soixante-troisième 
Lettre ) , farce , à Hay-Marliet. Une collection 
complète. de tous les ouvrages gravés d'Ar- 
nold, reliée en 18 volumes in-folio, a été vendue 
à Londres, cliez Kalkin, en 1846, 9 guinées. 
Outre cela, Arnold a laissé en manuscrit une 
grande quantité de musique sacrée , un traité de 
la basse continue, et a fait graver douze œu- 
vres de sonates et de pièces pour le piano. On a 
aussi de lui une collection de cliansons intitulée : 
Anacreontic songs, duels andglees, Londres, 
1788. Le portrait d'Arnold a été gravé dans le 
Biographical Magazine, en 1790. 
- ARIXOLD (Ferdinand) , habile chanteur, né 
à Vienne, vers le milieu du dix-huitième siècle, 
possédait une belle voix de ténor. Il brilla sur 
le théâtre de Riga en 1796 , et puis sur ceux de 
Hambourg, de Berlin et de Varsovie. 

ARIXOLD ( Ignace-Ernest-Ferdinand), doc- 
teur endroit et avocat à Erfurt, naquit dans cette 
ville, le 4 avril 1774. Il a donné un catalogue 
de compositeurs dramatiques dans l'Almanach 
de Gotha de 1799 , où l'on trouve , parmi beau- 
coup d'erreurs et de négligences, quelques dé- 
tails intéressants. Eu 1803 il publia une analyse 
esthétique des œuvres de Mozart , sous ce titre : 
MozarVs Geïst. Seine kurze Biographie und 
assthetische Darstellung seiner Werke ( Esprit, 
de Mozart. Sa Biographie abrégée, et tableau 
esthétique de ses œuvres) ; Erfurt, 1803, in-8°. 
Cet essai fut suivi de publications de même genre 
qui parurent à des époques diverses, et qui 
concernent Zumsteeg, Dittersdorf, Haydn, Che- 
rubini , Paisiello , Cimarosa, Winter et Himmel. 
Ces opuscules ne portent pas de nom d'auteur. 
Ils ont été réunis en deux volumes, sous le litre 
de Galerie des musiciens les plus célèbres des 
dix-huitième et dix-neuvième siècles (Gallerie 
der beriihmtesten Tonkiinstler des achtzehnlen 

BIOCU. UNIV. des musiciens. T. I. 



OndneunzehntenJalirliiind(!il.s); Erfurt, J.K.Mùl- 
1er, 1816, 2 vol. in-8°, Enlin il a fait paraître un 
assez bon ouvrage sous ce titre : Der angehende 
Musikdirector, oder die Kunst ein Orchesterzu 
bilden, etc. (Le Directeur de Musique, ou l'art 
de diriger un Orchestre); Erfurt, 1806, in-S». 
Danscelivre,diviséen 16 chapitres, Arnold donne 
ime idée générale des fonctions d'un directeur de 
musique, delà préparation et de l'exécution. 
d'un morceau, des répétitions, de la disposition 
d'un orchestre , de la mesure et de la manière 
de la hattie, de l'expression et de la précision , 
de la direction dans les divers genres de musique 
d'église , de concert, de l'opéra , du ballet , etc. 
Arnold est mort à Erfurt, le 13 octobre 1812; 
il avait alors le titre de conseiller privé et de 
secrétaire de l'université de cette ville. Outre ses 
travaux dans la littérature musicale, on lui doit 
aussi quelques romans. 

ARNOLD ( Jean-Godefkoi ) , compositeur 
agréable et virtuose sur le violoncelle, naquit le 
l^' février 1773, à Niedernhall, près d'Oehrin- 
gen, où son père était encore maftre d'école 
en 1810. Après avoirterminé ses études élémen- 
taires, Arnold se livra exclusivement à la musi- 
que, au piano et surtout au violoncelle, pour 
lequel il avait un goût passionné. Dès l'âge de 
dix ans, il causait déjà l'étonnement de ceux 
qui l'entendaient jouer de ce dernier instrument; 
mais il y avait si peu de moyens de développer 
ses dispositions naturelles dans le lieu qu'il ha- 
bitait, que son père se décida à l'envoyer, en 
1785, à Liingelsau pour y prendre des leçons du 
musicien de la ville. Ce musicien était un homme 
dur qui soumit le jeune Arnold aune discipline 
si sévère, que sa santé en fut altérée, et qu'il ne 
se rétablit jamais parfaitement. Au mois de mars 
1790, il entra chez son oncle Frédéric Adam 
Arnold, musicien de la cour à Wertheim. Là, 
il eut occasion d'entendre souvent de bonne mu- 
sique exécutée par un orche.stre choisi, et son 
talent sur le violoncelle y prit de nouveaux dé- 
veloppements. Pour compléter son éducation mu- 
sicale, il prit des leçons d'harmonie et de com- 
position d'un habile chanteur et organiste nommé 
Frankenstein. Ses progrès furent rapides, et il 
fut bientôt en état d'écrire des concertos de vio- 
loncelle qui eurent beaucoup de succès , non-seu- 
lement à Wertheim, mais dans toutes les villes 
où il se fit entendre dans le cours de ses voyages. 
Au mois d'avril 1795 , il se rendit en Suisse pour 
y donner des concerts ; mais à cette époque la 
guerre désolait ce pays, et Arnold ne réussit point 
dans son entreprise. Le succès d'un second voyage 
qu'il fit par Wetlersiein et Nordlingen ne fut pas 
meilleur. Mécontent de sa position, Arnold se 

10 



146 



AR!^OLD 



rendit à Ralisbonne, oà il fit la connaissance de 
Willmann, violoncelliste célèbre, dont il reçut 
des leçons pendant quelques mois. Son talent 
s'accrut encore dans le voyage qu'il fit en 1796 
en diverses parties de l'Allemagne ; mais ce fut 
surtout à Berlin et à Hambourg qu'il atteignit à 
la perfection sous plusieurs rapports. L'avantage 
qu'il eut d'entendre Bernard Romberg pendant 
près de deux mois le conduisit à réformer quel- 
ques défauts qu'il avait remarqués dans son jeu. 
En 1797, il se rendit à Francfortsur-le-Mein , 
et y fut attaché à l'orchestre du théâtre. H se 
livra alors à l'enseignement, et eut un grand 
nombre d'élèves pour le piano et le violoncelle. 
Il arrangea beaucoup d'opéras en quatuors pour 
violon ou flûte , composa des concertos pour plu- 
sieurs instruments, particulièrement pour la 
llùte et pour le piano. Pour son instrument, il écri- 
vit aussi beaucoup de solos, duos et trios , dont la 
plus grande partie fut imprimée à Bonn, à Franc- 
fort et à Offenbach. Outre ces composilions , il 
voulut aussi traiter le genre de la symphonie. Sa 
première production de celte espèce fut exécutée 
avec succès : sa mort prématurée l'empêcha déter- 
miner la seconde. Il y avait neuf années qu'il 
était établi à Francfort lorsqu'il fut attaqué d'une 
maladie de foie qui le conduisit au tombeau , le 26 
juillet 1806, à l'âge de trente-quatre ans. Parmi les 
compositions d'Arnold qui ont été imprimées, on 
remarque : 1° Cinq concertos pour le violoncelle , 
le premier en ut , le second en sol , le troisième 
en /a , le quatrième en mi majeur, le cinquième 
eu ré, tous gravés à Offenbach, chez André. — 
2" Une symphonie concertante pour deux flûtes 
avec orchestre, qui a eu beaucoup de succès, et 
qui a été gravée à Bonn, chez Simrock. — 3° Six 
thèmes avec variations pour deux violoncelles, 
op. 9, à Bonn. — 4° Andante varié [lour flûte 
avec deux violons, alto et basse , Mayence, chez 
Schott; 5" Vingt-quatre pièces faciles pour gui- 
tare, Mayence, Schotl; 6" Duos faciles pour 
guitare et flûte, Mayence, Schott; 1° Marches 
et danses , ibid. 

ARI\OLI)(CuARLEs), pianiste et compositeur, 
né à Neuliirchen , près de Morgentheiui , le 6 mai 
1794, est fils du précédent. Élève d'André et de 
Volweiler, il a acquis du talent comme pianiste 
et comme compositeur. Dès son enfance, ayant 
déjà une habileté fort rare sur le piano, il voyagea 
pour donner des concerts, et se fit entendre avec 
succès à Vienne, à Berlin , à Varsovie et à Pé- 
tt'rsbourg. Il épousa M"* Kesling dans cette 
dernière ville. A Cracovie, le droit de bourgeoisie 
lui fut accordé parce qu'au péril de sa vie il sauva 
celle d'un jeune homme (lui se noyait dans la 
Vistule, en s'y jetant tout Ihabiilé. Il demeura 



plusieurs années à Pétersbourg; mais il fut 
obligé de s'en éloigner parce que la santé de sa 
femme souffrait de la rigueur du climat de la 
Russie. Arrivée Berlin, il y donna un concert, 
le 15 novembre 1824, et s'y fit applaudir comme 
compositeur et comme pianiste. Ce succès le 
décida à se fixer dans cette ville. Appelé à Muns- 
ter, en 1835, comme directeur de musique, il 
paraît y avoir établi définitivement sa demeure ; 
cependant il se trouvait à Pétersbourg en 1847, 
y donnait des concerts et y faisait entendre son 
fils, qui, très-jeune encore , excitait l'intérêt par 
son talent sur le violoncelle. 

Arnold a publié de sa composition : 1° Un 
excellent sextuor pour lo piano. — 1" Dps sonates 
pour le piano, œuvres .3* et 5^, Offenbach , An- 
dré. — 3° Sonate pour le piano, avec accompa- 
gnement de clarinette et basse, œuvre 7*^, ibid. — 
4° Divertissement pour piano seul, n°' 1 et 2 , 
œuvres 12* et 13® , Berlin, Schlesinger. — 5" Ron- 
deau pour le piano, op. 14, tbid. — 6° Thème 
polonais arrangé en rondeau , op. 15 — 1° Varia- 
tions sur un thème original, op. IG. — 8° Vive 
Henri IV en rondeau pour piano et violoncelle, 
Leipsick, Peters. — 9° Rondoletto ou divertisse- 
ment, n" 4 , — 10° Concerto pour le piano avec or- 
chestre, op. 17, Berlin, Christiani. — 11° Valses 
favorites, Berlin, Grochenschnelz. — 12° Rondo 
pour piano à quatre mains ; Offenbach , André. — 
13° Divertissements pour piano seul, op. 13, 14, 
16, 24. — 14" Fantaisies et variations, op. 17, 
20. — 15° Cantique pour quatre voix d'houmies, 
Brunswick, Spàhr. — 1G° Quatuor pour deux vio- 
lons, alto et basse, op. li), Leipsick, Breitkopf et 
Ilzertel. La musique d'Arnold est d'une exécution 
difficile. Ilestaussi auteur d'une méthode pratique 
pour le piano ( Praklisc/ie Klavierschule ), qui a 
étépubliée à Offenbach, chezAndré. Unopéra in- 
titulé rcZc^îAe, de sa composition, a été iepréseuté 
à Kœnigsberg , et il a fait jouer à Berlin frêne , 
grand opéra, le 15 octobre 1832 : cet ouvrage 
n'a pas réussi, à cause de la faiblesse du poëme. 

ARi\OLD (FRÉnÉRic-GuiLLAtME) , docteur 
en philosophie, né à Heilbronn en 1810, se livra 
à l'étude de la musique dès ses premières années 
sous la direction de son père, (pii était habile 
musicien. Destiné aux études théologiques, il fré- 
quenta le gyumase de sa ville natale, puis alla 
à l'université de Tubingue et termina ses études 
à l'université de Fribourg. Bientôt après on le 
chargea de la rédaction d'un journal qui se pu- 
bliait à Cologne sons le titre de Rheinblultcr 
(les Feuilles du Rhin) ; mais il abandonna cette 
position pour aller à Londres diriger, en second, 
l'orchestre de l'opéra allemand au théâtre do 
Drury-Lane. Depuis lors il s'est fi^xé à Elberfeld, 



ARNOLD — ARINOULD 



147 



oh il a établi un commerce de. imisiqiie et d'ins- 
truments , sans abandonner toutefois la composi- 
tion et les arrangements pour le piano et pour 
la guitare. Son arrangement des symphonies de 
Beethoven pour piano et violon est estimé en Al- 
lemagne , à cause de sa fidélité. On a sous son 
nom des rondeaux et des pièces faciles pour 
piano seul ou à quatre mains, Cologne, Eck 
vtO'^; Des pots-pourris pour guilare et flûte 
ou violon, ibid.; des recueils de Lieder avec 
piano, etc. Le fameux chant du Rhin, sur les 
paroles de Becker, qui a produit une vive seii- 
safion en Allemagne, vers 1835, a été composé 
par Arnold. Ce musicien est aussi l'auteur d'une 
méthode élémentaire de musique , intitulée : 
Allgemeine MustkLehre, als Einleïtung ztc 
jeder Schule ( Science générale de la musique , 
ou introduction à toutes les méthodes) ; Cologne, 
lick et C'e. Enfin M. Arnold a écrit dans plu- 
sieurs revues et journaux des articles de cri- 
tique et d'esthétique musicale. 

ARiXOLDI (Jf.an-Cokrad), recteur à Darms- 
tadt et ensuite professeur d'astronomie à Giessen, 
naquit en 1C58, à Trobach sur la Moselle, et 
mourut à Giessen, le 22 mai 1735. Il a publié 
une thèse relative à la musique, sous ce titre sin- 
gulier : Musïca Alcxikalws , declamationibus 
aliquot soleinnibus in fine examinis verna- 
culis , Jforœ dux pomeridiana d. V Martii , 
A. 1713, Commcndanda auditor es clémentes, 
faventes et benevolos sibi submisse exoral in- 
lerccdenle Illiisl. Pœdagogii Dannstatlini 
liecfo)V, elc, Darmstadt, 12 pages in-4". 

AR]\OLUT (Gaspar), constructeur d'or- 
gues, vivait à Prague vers la fin du dix-septième 
siècle. En 1684, il fit deux positifs pour le prince 
de Lobkowilz , dont l'un existe encore dans la 
chapelle de Lorette à Prague. 

ARI\Oj\I (Guillaume), compositeur et orga- 
niste de la cathédrale de Milan vers 1580, naquit 
à Bergame en t546, suivant une note que m'a 
envoyée Mayr, et à Milan , d'après le litre d'un 
de ses ouvrages. Il fut membre de l'académie 
des Uniti. Cet artiste a publié -. 1° Magnificat à 
quatre, cinq, six, sept et huit voix, Milan, 1595. 
(Voy. Morigia, Nobillàdi Milano). — 1" Il primo 
libro de' Madrigali, Venise, Richard Amadino, 
1600, in-4''. Trois livres de Motets de sa com- 
position ont été aussi imprimés : je ne connais 
que le troisième, qui a pour titre : Gulielmi Ar- 
noni Mediolanensis , Academici Uniti, in ec- 
clesia metropolitana organici, Sacronim mo- 
dulalionum qux vulgo Motecla vocantur sex 
vocibus. Liber tertius. Aune primum in luceni 
editus; Veneliis apud Ricciardum Amadinum, 
IfiO?, in-4°. Dans le Bergameno Parnasso de 



1015, on trouve un morceau de sa composition. 
Quatre motets à six voix d'Arnoni ont été in 
sérés dans le Promptuarium Musicum d'A- 
braham Scbad -. le premier ( Exurgat Deus) est 
dans la première partie; le second [Cantabo Demi- 
«?nji) est dans ladeuNième ; le troisième (Inlabiis 
meis) et le quatrième (Domine Deus) se trouvent 
dans la quatrième partie. On trouve aussi des 
morceaux de la composition d'Arnoni dans le 
Parnassus musicus Ferdinandxus , publié à 
Venise, en 1615, par Bonometti {Voy. ce nom.) 

Ai\i\OR JARLASKALD, scalde ou 
poète chanteur islandais, vécut sous les règnes 
de Magnus le Bon, et de Harald, fils de Sigurd, 
rois de Norwége, au onzième siècle. Il fut un des 
auteurs des Knithllnga Saga, et l'on a aussi de 
lui une complainte sur la mort de Geller ïhor- 
killsons, dont la mélodie a été conservée dans 
les chants de tradition populaire en Norwége. 
C'est un morceau très-original. 

ARi\OT (Hughes) , écrivain écossais qui vécu t 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. 
On lui doit une histoire d'Edimbourg (History qf 
Edinburgh), Londres, 1779, in-4 ), dans laquelle 
il y a des renseignements intéressants sur la mu- 
sique nationale de l'Ecosse. 

ARNOULD (Madelaine-Sophie), actrice de 
l'Opéra, naquit à Paris, le 14 février 1744, rna 
de Béthisy, dans la maison et dans la chambre 
où l'amiral de Coligny avait été tué le jour de la 
Saint- Barthélémy . Elle débuta le 15 décembre 
1757, à l'âge de treize ans, et obtint beaucoup de 
succès : depuis ce temps jusqu'en 1778, époque 
de sa retraite, elle fit les délices des habitués de 
ce speclacle. Les défauts de son chant étaient 
ceux de l'école détestable du temps où elle 
vécut ; mais sa voix touchante et son expression 
vraie étaient des qualités qui lui appartenaient, 
et ce sont elles qui lui valurent les éloges de 
Garrick, lorsque ce grand acteur l'entendit. Les 
rôles qui ont fait sa réputation sont ceux de Thé- 
laïre, dans Castor ; à^Jphise, i\àns Dardanus, 
et iVIphigénie en Aulide. 

m"» Arnould ne fut pas moins célèbre par ses 
bons mots que par ses talents : presque tous sont 
brillants; mais le plus grand nombre sont d'im 
cynisme qui ne permet pas de les citer. En voici 
quelques-uns qui n'ont pas ce défaut. Une dame 
qui n'était que jolie se plaignait d'être obsédée 
par ses amants : « Eh ! ma chère, lui dit M"'' Ar- 
nould, il vous est si facile de les éloigner : voi?s 
n'avez qu'à parler. « Une actrice vint jouer un 
jour le rôle (Vfphigénic en Aulide étant ivre -. 
" C'est Iphigénie en Champagne, » dit M"* Ar- 
nould. Quelqu'un lui montrait une tabatière sur 
laquelle on avait réuni le portrait de Sully et celui 

10. 



148 



ARNOULD — ARRIAGA 



du duc de Clioiseiil : Voilà, dit-elle, la recette 
et la dépense. » Elle est morte en 1803. 

ARKOULT DE GRANDPOIVT, ménes- 
trel de la cour de Charles V, roi de France, était 
au service de ce prince en 1364, ainsi qu'on le 
voit par un compte du mois de mai de cette 
année. (Manuscrit de la Bibliothèque du Roi, coté 
F, 540 du supplément.) 

ARNSTEIiV (A.), violoniste à vienne, de 
l'époque actuelle, néà Belichow, en Galicie, a pu- 
blié quelques œuvres légères pour son instru- 
ment, parmi lesquelles on remarque une Fan- 
taisie-capricc pour violon et piano, op. 4 ; Vienne, 
Millier. 

ARI\ULPI^E(MAÎTRE),surnomrné(/eSfl^n^ 
Ghislain (S. Gillenensis), parce qu'il était de 
cette petite ville du Hainaul, vécut dans le quin- 
zième siècle. Un petit traité de Dif/erentiis et Gc- 
nerîbus cantorum, dont il est auteur, a été in- 
séré par l'abbé Gerbert dans ses Scriptores ec- 
clesiastici de Musica sacra pot issimitm (t. III, 
p. 316-318), d'après un manuscrit de la Biblio- 
thèqueimpériale de Paris. Arnulphe distingue les 
chantres de son temps en quatre classes. La pre- 
mière, dit-il, est composée d'ignorants qui , sanr. 
aucune connaissance de la musique, offensent les 
oreilles les moins délicates , et mettent en fuite 
l'auditoire par les horribles discordances dont ils 
accompagnent le chant. Dans la deuxième classe 
se rangent ceux qui, bien que pourvus d'un 
meilleur sentiment, n'ont qu'une connaissance 
imparfaite de l'art, mais suppléent par un ins- 
tinct naturel à ce qui leur manque de savoir. La 
troisième classe est formée de musiciens instruits 
dont l'organisation naturelle est médiocre; et, 
enfin, la quatrième est composée de chantres par 
excellence, qui réunissent l'instruction à l'instinct 
de l'art. 

AROi\ (PiETKo). Vo!j. AARON. 

ARQUIER (Joseph), compositeur, né à 
Toulon en 1763, étudia la musique à Marseille 
et y lit de rapides progrès. En 1784, il entra à 
l'orchestre du théâtre de Lyon, en qualité de vio- 
loncelliste; quatre ans après, il était à Carcas- 
sonne, où son premier opéra fut représenté sous 
le titre de Vlndicnne. En 1789, Arquier fut ap- 
pelé à Marseille pour y remplir les ftinclions de 
chef d'orchestre du théâtre du Pavillon : il y lit 
jouer IJaphnis et Horlensc, opéra dont il avait 
composé la musique sur les paroles du com- 
mandeur de Saint- Priest. Encouragé par le succès 
de cet ouvrage et par celui du Pi ra/e, représenté 
<lans la même année au théâtre de Toulon, Ar- 
quier voulut s'essayer sur des scènes plus impor- 
tantes, et se rendit à Paris en 1790. il avait espéré 
d'être nommé deuxième chef d'orchestre, par la 



protection de M. De Saint-Pricst, alors surin- 
tendant de l'opéra ; mais, privé de cet appui 
par les événements de la Révolution, il fut obligé 
d'accepter un emploi à l'orchestre du théâtre Mo- 
lière, nouvellement établi dans la rue Saint- 
Martin. En 1792, il en devint chef d'orciiestre, et 
pendant plus de deux ans il conserva cette po- 
sition. La clôture de ce théâtre, après plusieurs 
banqueroutes des entrepreneurs, le mit dans la 
nécessité de chercher des ressources dans les 
théâtres de province. En 1798, il était à Tours, 
où il faisait représenter Les Péruviens , opéra 
de sa composition. Deux ans plus tard, il accepta 
la place de chef d'orchestre du Théâtre des 
Jeunes- Élèves, rueThionville, à Paris : il y fit 
représenter plusieurs petits opéras dont il écri- 
vait la musique avec une prodigieuse rapidité ; 
mais, bientôt après, il partit pour la Nouvelle-Or- 
léans avec une troupe d'Opéra dont il était de- 
venu directeur de musique. La mauvaise issue de 
cette entreprise le ramena en France; et, débarqué 
à Brest en 1804, il y fit jouer l'opéra de La Fée 
Urgèle , dont il avait refait la musique. De re- 
tour à Paris, il y reprit possession de son ancien 
emploi de chef d'orchestre au théâtre des Jeunes- 
Élèves; mais la mauvaise fortune n'en avait pas 
encore fini avec ce pauvre artiste : un décret im- 
périal supprima ce théâtre ainsi que plusieurs 
autres, en 1807; et Arquier fut obligé d'accepter 
une position de maître de musique à Toulouse. 
11 l'échangea, en 1809, contre celle de chef d'or- 
chestre du Pavillon, à Marseille, qu'il avait au- 
trefois occupée. En 1812 il était à Perpignan; puis 
il retourna à Toulouse, et enfin il alla mourir de 
misère à Bordeaux, au mois d'octobre 1816. Ce 
compositeur a donné au théâtre lyrique et co- 
mique de la rue de Bondy, à Paris, Le Mari 
corrigé, dont la musique fit le succès ; au théâtre 
Molière, La Peau de VOiirs; au théâtre Mon- 
tansier. Le Congé , et V Hôtellerie de Sarzano ; 
au théâtre des Jeunes-Elèves, 1800, L'' Ermitage 
des Pyrénées et Les Deux petits Troubadours; 
à la Nouvelle-Orléans, Le Désert ou l'Oasis; 
à Marseille, Monrose , et la Suite du Médecin- 
Turc ; enl'm , à Perpignan, Zipéa. Il a laissé en 
manuscrit une nouvelle musique pour VAviant 
JalouxaiLe Tableau parlant, ainsi queles deux 
premiers actes d'un grand opéra sur le sujet de 
Philoctète. 

ARRIIEIVIUS (Laurent), né à llpsal, vers 
1680, succéda à son père, en 1716, dans la place 
de professeur d'histoire à l'université de sa ville 
natale. Il a fait imprimer : Dissertatio deprimis 
musicœ Inventoribus ; Upsal, 1729, in-8. 

ARUIA(»A (Jean-Cur-ysostome de), né à 
lîilhyo, en 1S08, montra dès son enfance les plus 



ARPxlAGA — ARRIGONI 



149 



Irenreuses dispositions pour la musique. Il apprit 
les premiers principes de cet art presque sans 
maître, guidé par son génie. Sans avoir aucune 
connaissance de l'harmonie , il écrivit un opéra 
espagnol où se trouvaient des idées charmantes 
et toutes originales. A l'âge de treize ans il lut en- 
voyé à Paris pour y faire de sérieuses études au 
Conservatoire de son art ; il y devint élève de 
Baillot pour le violon, et de l'auteur de ce Dic- 
tionnaire pour l'harmonie et le contre-point , au 
mois d'octobre 1821. Ses progrès tinrent du pro- 
dige ; moins de trois mois lui suffirent pour ac- 
quérir une connaissance parfaite de l'harmonie; 
et, au bout de deux années, il n'était aucune dilli- 
culté du contre-point et de la fugue dont il ne 
se jouât. Arriaga avait reçu de la nature deux 
facultés qui se rencontrent rarement chez le 
même artiste : le don de l'invention et l'aptitude 
la plus complète à toutes les diflicultés de la 
science. Rien ne prouve mieux celte aptitude 
qu'ime Fugue à huit voix qu'il écrivit sur les 
paroles du Credo, Et vitam venturi : la perfec- 
tion de ce morceau était telle, que Cherubini, 
si bon juge en cette matière, n'hésita pas à le 
déclarer un chef-d'œuvre. Des classes de ré- 
pétition pour l'harmonie et le contre-point ayant 
été établies au Conservatoire en 1824, Ar- 
riaga lut choisi comme répétiteur d'une de ces 
classes. Les progrès de ce jeune artiste dans l'art 
de jouer du violon ne fuient pas moins rapides : 
la nature l'avait organisé pour faire bien tout ce 
qui est du domaine de la musique. 

Le besoin de produire le tourmentait, comme 
il tourmente tout homme de génie. Son premier 
ouvrage fut un œuvre de trois quatuors pour le 
violon, qui parut à Paris, en 1824, chez Ph. Petit. 
Il est impossible d'imaginer rien de plus original, 
de plus élégant, de plus purement écrit que ces 
quatuors, qui ne sont pas assez connus. Chaque 
fois qu'ils étaient exécutés par leur jeune au- 
teur, ils excitaient l'admiration de ceux qui les 
entendaient. La composition de cet ouvrage fut 
suivie de celle d'une ouverture, d'une symphonie 
à grand orchestre , d'une messe à quatre voix , 
d'un Salve Regina, de plusieurs cantates fran- 
çaises et de quelques romances. Tous ces ou- 
vrages, où brillent le plus beau génie et l'art d'é- 
crire poussé aussi loin qu'il est possible, sont 
restés en manuscrit. 

Tant de travaux faits avant l'âge de dix-huit 
ans avaient sans doute porté atteinte à la bonne 
constitution d'Arriaga; une maladie de langueur 
se déclara à la (in de 1825 : elle le conduisit au 
tombeau dans les derniers jours du mois de fé- 
vrier de l'année suivante , et le monde musical 
fut privé de l'avenir d'un homme destiné à con- 



tribuer puissamment à l'aviincement de son art, 
c>omme les amis du jeune artiste le furent de 
l'âme la plus candide et la plus pure. 

ARRIETA (Juan-Emile), compositeur es- 
pagnol, a voyagé en Italie dans sa jeunesse, pen- 
dant les années 1838 à 1845, y a fait des études 
de composition, et a fait représenter à Milan 
l'Opéra Ildegonda, qui n'a pas réussi. On a 
gravé de sa composition une ballade pour ténor 
et piano, intitulée /'Oflsj ; iMilan, Ricordi. M. Ar- 
riéla est retourné dans sa patrie en 1848, 
époque des troubles de l'Italie, et a donné au 
tliéâtre d'opéra-comique espagnol de Madrid di- 
vers ouvrages appelés Zarzuelas, entre autres 
FA Domino azul (Le Domino bleu), 3 actes, 
en 1852; La Estrella de Madrid (L'Étoile de 
Madrid), en 3 actes; El Gmmete (Le Mate- 
lot), en 2 actes; Guerra à Muerte, représenté 
au théâtre du Cirque en 1855, elle grand opéra 
Isabel la Caiolica, au Théâtre Royal, dans la 
même année. 

ARRIGHI (Jacques- Antoine), maître de 
chapellede lacathédrale de Crémone, naquit dans 
cette ville en 1702. Il a laissé en manuscrit des 
messes , vêpres , psaumes et litanies à quatre et 
à huit voix, avec violons et orgue, qui furent es- 
timés autrefois en Italie. L'Académie des Phil- 
harmoniques de Bologne, qui l'admit au nombre 
de ses membres en 1745, le perdit dans l'année 
suivante, et fit imprimer un éloge de ce compo- 
siteur. 

ARRIGO. Voyez ISAAC ( Henri ). 

ARRIGONI (Charles), né à Florence, dans 
les premières années du dix-huitième siècle , fut 
un des plus habiles luthistes de son temps. Le 
prince de Carignan le nomma son maître de cha- 
pelle, et en 1732 il fut appelé à Londres par la 
Société des Nobles, qui voulait l'opposer à 
Hœndel avec Porpora ; mais Arrigoni n'était pas 
de force à lutter contre ce grand musicien. Il a 
donnéà Londresson opéra Fernando, en 1734; 
et, en 1738 , il a fait représenter, à Vienne, son 
Esther. Il paraît qu'avant d'aller en Angleterre, 
Arrigoni s'arrêta à Bruxelles ; car on a imprimé 
dans cette ville le poëme d'un oratorio, sous ce 
titre : Il Ripeniimento d'Acabbo, dopa il rim- 
provero délia strage di Nabot; oratorio a cin- 
quc voci, musica di Carlo Arrigoni, cantato 
nella reale Cappella délia serenissima Ar- 
chiduchessa d'Axistria Maria-EUsabetta. Bru- 
xelles, oppressa Eug. Enrico Frickx, stampa- 
iore disua Maesta impérialee catolica, 1728, 
in-4° de 34 pages. On manque de renseigne- 
ments sur les dernières années de sa vie et sur 
l'époque de sa mort. 
ARRIGONI (Rënato), secrétaire du gouver- 



150 



ARRIGONI — ARÏOPHIUS 



neraent de Venise, a publié, sous le voile de l'a- 
nonyme, lin livre qui a^pour titre : Notizie ed Os- 
servazioni intorno aW origine ed al progressa 
dei teatri e délie rappresentazioni teatrali in 
Veneziaenellecitlàprincipalideipaesi veneti, 
in-8°. Venezia, tipografia del Gondoliere, 1840, 
Quelques exemplaires portent le nom de l'auteur. 

ARTARI A ( Dominique ) , célèbre éditeur de 
musique à Vienne, naquit à Blevio en Toscane, 
le 20 novembre 1775. Son frère aîné, plus âgé 
que lui de trente-trois ans, après avoir par- 
couru l'Allemagne, la France, l'Espagne et 
l'Angleterre pour y établir des relations com- 
merciales , avait obtenu un privilège de l'impé- 
ratrice Marie-Thérèse, en 1770, pour le com- 
merce des objets d'arts de tout genre. Il ap- 
pela Dominique à Vienne pour l'aider dans ses 
entreprises, et celui-ci s'appliqua particulière- 
ment à la publication des grandes œuvres mu- 
sicales. Ce fut lui qui publia d'origine les 
plus beaux ouvrages de Mozart, Haydn, Beet- 
hoven, Hummel, Moschelès , etc. Dans les der- 
niers temps de sa vie , il s'occupait particuliè- 
rement du commerce de tableaux ; mais il était 
toujours resté le chef de la maison Artaria et 
Ci*. Il est mort à Vienne, le 5 juillet 1842, à 
l'ûge de soixante-sept ans. 

ARTEAGA (Etienne), jésuite espagnol, 
né à Madrid , était fort jeune lors de la suppres- 
sion de la compagnie de Jésus. 11 se retira en 
Italie, et fut nommé membre de l'Académie des 
sfieiices de Padoue. Il vécut longtemps à Bo- 
logne , dans la maison du cardinal Albergati. 
Le P. Martini , qu'il connut dans cette ville , 
l'engagea à travailler à ses Révolutions du théâtre 
musical italien , et lui procura le secours de sa 
nombreuse bibliothèque. Arteaga se rendit en- 
suite à Rome , où il seliad'amitié avec le cheva- 
lier Azara, ambassadeur d'Espagne à la cour de 
Rome, qu'il suivit à Paris. Il mourut dans la 
maison de son ami, le 30 octobre 1799. On a 
publié à Bologne, en 1783, son ouvrage intitulé : 
Le Rivoluzioni del teatro musicale ilaliano, 
dalla sua origine, fino al présente, 2 vol. 
in-8°. Ayant refondu entièrement ce livre, qu'il 
augmenta de sept chapitres au premier volume , 
et d'un troisième volume entièrement neuf, il en 
donna une seconde édition à Venise en 1785, en 
3 vol. in-8". Il y en a eu une troisième édition, 
dont j'ignore la date, et que je ne connais que 
par l'avertissement d'un traduction française fort 
abrégée qui parut à Londres, en 1802, sous ce 
titre : Les révolutions du théâtre musical en 
Italie, depuis son origine jusqu'à nos jours, 
traduites et abrégées de l'italien de Dont Ar- 
teaga, in-8°, 102 pages. Cet abrégé a été fait par 



le baron de Rouvron , émigré français. Lichlen- 
thal ne parle pas de la troisième édition. 
E. L. Gerber, et d'après lui , MM. Choron et 
Fayolle, disent que le livre d'Arteaga avait eu 
déjà cinq éditions en 1790 : c'est une erreur, 
il n'y en a jamais eu que trois. Une traduction 
allemande a été publiée à Leipsick en 1789, 
en 2 volumes in-8°; cette traduction est du 
docteur Forkel, qui l'a enrichie de beaucoup 
de notes. 

L'ouvrage d'Arteaga est le plusimportantqu'on 
ait écrit sur les révolutions du théâtre musical; 
c'est le seul où l'on trouve de l'érudition sans 
pédantisme , des aperçus fins sans prétention , 
un esprit philosophique, un goût, un style élé- 
gant, et point d'esprit de parti. Il serait à dé- 
sirer que ce livre fiit traduit en fiançais ; car on 
ne peut considérer comme une traduction le 
maigre extrait dont j'ai parlé. 

Arteaga a laissé en manuscrit un ouvrage. in- 
titulé : DeZ ritmo sonoro,edelritmo mutodegli 
antichi, dissertazioni VU, dont il avait confié 
la traduction à Grainville, auteur d'une traduc- 
tion médiocre du poème d'Yriarte sur la mu- 
sique; ce dernier était au tiers de l'entreprise 
lorsque Arteaga cessa de vivre. On avait annoncé 
dans les journaux que le neveu du chevalier 
Azara se proposait de publier le manuscrit ori- 
ginal, resté entre ses mains; mais il n'a pas tenu 
sa promesse. Il avait été déjà question autrefois 
de publier l'ouvrage à Parme avec les caractères 
de Bodoni ; la révolution , qui avait fait de 
l'Italie le théâtre de la guerre, suspendit cette 
entreprise littéraire. Aucuns renseignements 
n'ont été donnés plus tard sur le sort du ma- 
nuscrit d'Arteaga. 

ARTHUR AUXCOUSTEAUX. Voy. 

AUXCOUSTEAUX. 

ARTMAIXIV (Jérôme), un des meilleurs 
facteurs d'orgues de la Bohême, naquit à Prague , 
dans la première moitié du dix-septième siècle. 
D'après les ordres de l'abbé Norbert d'Ame- 
luxen, il construisit, en 1654, l'excellent orgue 
du collège des Prémontrés , sous l'invocation de 
saint Norbert, dans le Vieux-Prague. 

ARTOPIIIUS (Baltuasar), compositeur 
allemand, vécut dans la première moitié du 
seizième siècle. On trouve des motets et des 
psaumes de sa composition dans les recueils 
dont voici les titres : 1" Selectissinix nec nonfa- 
miltarissimxCanlionesiiltracentum, etc. Au' 
gustx Vindelicorum, Melchior Kriesstein ex- 
cudebat , anno Domini , 1540, petit in-8° obi. 
On sait que cette précieuse collection a été publiée 
par Sigismond Salblînger. — 2''Novum et insigne 
opns innsicum, s"x, quinquc et quatuor vo- 



ARTOPHIUS — ARTUSI 



151 



cum, etc ; Norimbergas, Hier. Graphxus, 1537, 
petit in-4" obi. — 3° Psalmomm selectorum to- 
mus tertiiis, quatuor, quïnqueet quidam plu- 
riumvocum. Norimbergœ, apttd Jo. Petreium, 
anno salutis 154 1 , in-4"'. 

ARTOT (ALEWNDRE-JosEPn MONTAGNY, 
est connu sous le nom d') qu'avait pris son 
père et que toute sa famille a conservé. Né à 
Bruxelles le 4 février 1815, il eut pour premier 
maître de musique son père, qui était premier 
cor au théâtre de cette ville. Dès l'âge de cinq 
ans Artot solfiait avec facilité , et, en moins de 
dix-huit mois d'études sur le violon, il fut en 
état de se faire entendre au théâtre dans un con- 
certo de Violti. Charmé par les heureuses disposi- 
tions de cet enfant, M.Snel, alors premier violon 
solo du théâtre, se chargea de les développer par 
ses leçons, et peu de temps après, il l'envoya à 
Paris. Artot y fut admis comme page de la cha- 
pelle royale, et, lorsqu'il eut atteint sa neuvième 
année , il passa sous la direction de Kreutzer 
aîné, pour l'étude du violon. Cet artiste dis- 
tingué le prit en affection et lui donna sou- 
vent des leçons en dehors de la classe du Con- 
servirtoire. A la retraite de Kreutzer, qui eut lieu 
en 1826, son frère , Auguste Kreutzer, ie rem- 
plaça et n'eut pas moins de bienveillance que 
son prédécesseur pour Artot. CeUii-ci venait 
d'accomplir sa douzième année lorsque le second 
prix de violon lui fut décerné au concours du 
Conservatoire : l'année suivante il obtint le pre- 
mier. Alors il quitta Paris pour visiter son pays : 
il se fit entendre avec succès à Biuxelles , et 
quelques mois après, ayant fait un voyage à Lon- 
dres, il n'y fut pas moins heureux, et de bruyants 
applaudissements l'accueillirent chaque fois qu'il 
joua dans les concerts. Depuis lors, Artot, de re- 
tour à Pai is , fut attaché aux orchestres de plu- 
sieurs théâtres ; mais le désir de se faire con- 
naître le fit renoncera ces places pour voyager 
dans le midi de la France. Plusieurs fois il a 
parcouru la Belgique, l'Angleterre, la Hollande 
l'Allemagne, l'Italie ; deux fois il est ailé en Rus- 
sie, et a donné des conceits jusqu'aux fron- 
tières de l'Asie. En 1S43, il visita l'Amérique du 
Nord , la Nouvelle-Orléans et la Havane ave« 
M"'^ Damoreau, cl y donna une multitude de 
concerts. Déjà atteint dans ce voyage du piin- 
cipe d'une maladie de poitrine, il languit pendant 
qivelques mois, et mourut à Ville-d'Avray, près 
de Paris, le 20 juillet 1845, au moment où il 
venait de recevoir la décoration de la Légion 
d'Iwnneur. Artot manquait de largeur dans le 
8on et dans le style ; mais il avait'du brillant'dans 
les traits etchantaitavecgrâcesurson instrument. 
On a gravé de sa composition : l'' Concerto pour 



violon et orchestre (en In mineur) , op. 18, 
Mayence Schott — 2° Des fantaisies pour violon et 
piano, op. 4, 5, 8, 11, 10, 19, ibid. —3° Des airs 
variés pou r v iolon et orchestre, ou violon et piano, 
op, 1, 2, ilfibid. — 4" Des rondeaux pour violon 
et orchestre ou piano, op. 9 et 15 •,ibid. — 5" Des 
sérénades, romances, etc., ibid. — Artot a écrit 
aussi plusieurs quatuors pour violon, et un quin- 
tetto pour piano, deux violons, alto et basse, 
qui n'ont pas été publiés. 

ARTUFEL (Damien de) , dominicain espa- 
gnol, qui vécut dans la seconde moitié du seizième 
siècle, a écrit un traité du plain-chant, intitulé : 
Canto llano, Valladolid, 1672, in-8°. 

ARTUSI (Jean-Marie), chanoine régulier de 
Saint-Sauveur, né à Bologne, florissait vers 1590. 
Ses études avaient été classiques et sévères ; de 
là vient qu'il fut un antagoniste ardent des in- 
novations introduites de son temps dans l'har- 
monie et dans la tonalité ; innovations dont il ne 
comprit pas plus la portée que ceux qui en 
étaient les auteurs. 

Il a publié : 1° Arte del contrappuntoridotto 
in tavole, Venise, 1586, in-fol. — 2° Seconda 
parte nella quale si traita delV utile ed uso 
délie dissonanze, Venise, 1 589, in-fol : la seconde 
édition de cet ouvrage a jwru en 1 598 avec des 
additions, à Venise, in-fol. Jean Gaspard Tro*^, 
le père, l'a traduit en allemand, mais sa traduc- 
tion n'a pas été imprimée. — 3° V Artusi,ovvero 
délie imperfezioni délia moderna musica, ra- 
gionamenti due, nei qualisi ragiona di moite 
cose utili, e necessarie agli moderni composito- 
r/, Venise, 1600, in-fol. — i" Seconda parte delP 
Artusi délie imper/ezzioni délia moderna mu- 
sica, etc., Venise, 1603, in-fol: Artusi attaque 
dans cet ouvrage les innovations de Claude Mon- 
leverde, qui venait d'introduire l'usage de la sep- 
tième et de la neuvième de la dominante sans pré- 
paration, ainsi que les retards de plusieurs conson- 
nancesàlafois,usagequi a étéfunesteà la tonalité 
du plain-chant, mais qui a donné naissance à 
la musique moderne. — 5° Difesa ragionata 
délia sentenza data da Ghisilino Dankerts, et 
Bartolomeo Escobedo cantori pontificia fa- 
vore di D. Vincenzo Lusitano contro D. Nicola 
Vtcentinu : ce petit éciit, imprimé d'abord à Bo- 
logne, sans date, petit in-4°, commence par ces 
mots : Leiiatemi questo pensiero, et ditemi; 
anticamente haueano le consonanze che hab- 
biamo noi si o nà? Artusi l'a ensuite refondu 
dans le Ragionamento primo de son livre Délie 
imperfezioni délia moderna musica, depuis la 
page 14 jusqu'au feuillet 38 {voyez au sujet de 
cet écrit les articles Dankers , Lusitano ( F.) et 
Vicentino). — 6° Impresadelmolto M. R- Gin- 



152 



ARTUSI — ASCHENBRËNNER 



seffo Zarlino diChioggia, giàmaestro di cap- 
pella deir illusthssima signoria di Venezia , 
dichiarata dal R. D. Giov. Maria Artusi , Bo- 
logne, 1604,in-4°. 7° Considerazionirmisicati, 
Venise, 1607, 10-4°. Il y a du savoir dans les 
écrits d'Arlusi, mais on y trouve peu de raison 
et de philosophie. La loi suprême pour lui était 
la tradition d'école, et, de ce qu'on n'avait pas 
fait usage de certaines successions harmoniques, 
il concluait qu'on ne pouvait les employer. Au 
reste, son meilleur ouvrage, celui qui peut être 
encore consulté avec fruit pour l'histoire de l'art 
d'écrire en musique, est son traité du contre-point : 
malheureusement les exemplaires en sont fort 
rares. Comme compositeur, Artusi a publié Ca7i- 
zonelte a quattro vocï. Libro fin Venezia , Giac. 
Vincenli, 1598,in-4". On trouva un Can^o/e Do- 
mino d'Artusi, à huit voix en deux chœurs, dans 
une collection qui a pour titre Motetti et Salmi a 
otto voci, composti da otto eccellentissimi àu- 
fori, con la parle del basso per poter sonarli 
velC organo dedtcati alvioUoreverendo sig .Ce- 
xare Schieti dignissimo canonico d'Urbino, In 
Venetia, appr. Giacomo Vincenti, 1599, in-4''. — 
Les auteurs sont Ruggiero Giovanelli, Cesare 
Schietti, Gio. Croce, Palestrina, Gio.-Mar. Nanini 
Fel. Anerio, Luca Marenzio,et Gio. Maria Artusi. 
ARWIDSSOIV (Adolphe-Iwar) , conserva- 
teur de la hibliothèque ii)yale de Stockholm, est 
né en 1791, à E»adajoki, en Finlande. Après avoir 
achevé ses études à l'université d'Abo , il fut 
chargé d'y enseigner l'histoire. En 1821 il y fonda 
un journal politique et littéraire, sous le titre 
de Abo Morgenblad, que le gouvernement russe 
supprima bientôt , à cause de ses tendances li- 
bérales. Au mois de mai de l'année suivante , ce 
gouvernement traita plus sévèrement encore 
M. Arwidsson pour un article politique inséré 
dans le recueil périodique intitulé Mnémosyne : 
il fut révoqué de sa place de professeur et 
exilé de la Finlande. 11 se retira en Suède, pour 
laquelle il avait manifesté ses sympathies, et ob- 
tint la place de bibliothécaire à Stockholm. De- 
puis lors il s'est livré sans relâche à de grands 
travaux littéraire?. 11 n'est cité ici que comme 
éditeur d'une belle et intéressante collection 
d'anciens chants populaires de b Suède , tirée 
on grande partie des manuscrits des bibliothèques 
de Stockholm et d'Upsal, et qui a paru sous ce 
titre : Svenska Fornsanger. En samling of 
Kcimpavisor, Folk-visor, Lekar och Dansar, 
samt Bartioch Vall-sânger ( Anciens chants 
suédois. Recueil de chants de guerre, chansons 
populaires, badines etde danse, etc.). 3 vol, in-8°. 
Le premier a été publié à Stockholm en 1S34 , le 
second en 1837, et le troisième en 1842. A la 



fin des deux premiers volumes, on trouve los 
chants harmonisés par le maître de chapelle Eg- 
gert ; mais le troisième volume a particulièrement 
beaucoup d'intérêt , parce qu'il est entièrement 
rempli de chants notés dans leur forme primi- 
tive et populaire. La collection de M. Arwidsson 
est en quelque sorte une suite de celles de Geijer 
etd'Afzelius. ( Voy. ces noms.) 

ARZBERGER ( — ). On trouve sousce nom, 
dans la XI"* année de la Gazette musicale et 
de Leipsick, p. 481, la proposition d'un per- 
fectionnement essentiel dans la construction de 
la guitare ( Vorschlàge zxi einer wesentUchen 
Verbesserung im Bau der Guitarrc.) 

ASCAMO (JosQuiN d') ; V. JOSQUIN D'AS- 
CAGNO. 

ASCHEI\BRE]VI\ER (Chrétien-uenri), 
maître de chapelle du duc de Mersebourg, na- 
quit au Vieux Stettin, le 29 décembre 1C54. Sou 
père, qui était musicien dans celte ville, ai)rè.s 
avoir été maître de chapelle à WolfenbiJttel, lui 
donna les premières notions de la musique. A 
l'âge de quatorze ans , il reçut des leçons de J. 
Schiitzpour la composition. Peu de tempsaprèsil 
perdit son père; mais il en trouva nn second en 
Schiitz, qui l'envoya à Vienne, en 1676, pour 
perfectionner son talent sur le violon et la com- 
position, sous la direction du maître de cha- 
pelle André-Antoine Schmelzer. Lorsqu'il se crut 
assez habile , il chercha à assurer son sort par 
ses talents, et entra en qualité de violoniste à la 
chapelle du duc de Zeitz, en 1677. Il ne possé- 
dait cette place que depuis quatre ans lorsque le 
duc mourut, et la chapelle fut supprimée. As- 
chenbrenner alla à Wolfenbùltel, et y acquit la 
bienveillance de Rosenmiiller, qui le fit entrer au 
service de son maître; mais à peine fut-il de re- 
tour à Zeitz, où il était allé chercher sa famille, 
qu'il apprit la mort de Rosenmiiller, et en même 
temps la déclaration que le duc ne voulait point 
augmenter sa chapelle. Il resta sans emploi deux 
ans à Zeitz ; enfin, en 1683, il fut nommé pre- 
mier violon du duc de Mcrsehourg. Cette époque 
semble avoir été la plus heureuse de sa V\e,. En 
1692, il entreprit un second voyage à Vienne. 
Son talent était formé ; il joua du violon devant 
l'empereur, et lui dédia six sonates pour cet ins- 
trument. Ce prince fut .si satisfait de cet ou- 
vrage qu'il lui donna une chaîne d'or, avec une 
somme assez forte. Cependant son existence 
était précaire, et il éprouvait beaucoup de diffi- 
cultés à se placer d'une manière convenable ; 
enfin, en 1695, il retourna à Zeitz en qualité de 
directeur de musique, emploi qu'il conserva jus- 
qu'à son troisième voyage à Vienne, en 1703. H 
vécut à Zeitz jusqu'en 1713, époque où il fut 



ASCHENBRENJNER — ASHLEY 



Î53 



nommé maître de ehapelle du duc de Merse- 
boiir^. Quelque avantageuse que parût èlre sa 
position, il fut obligé de se retirer au bout de six 
ans(i719} àléna, à l'âge de soixante-cinq ans, 
avec une modique pension. Il mourut dans cette 
ville, le 13 décembre 1732. 

On ignore si les sonates de violon qu'Aschen- 
brenner à dédiées à l'empereur ont été publiées ; 
mais on connaît de lui un ouvrage qui a pour 
titre Gast und Hochzeiff rende , bestekend in 
SonaCen, Prxludien, Allemanden, Curanien, 
Baletten. Arien, Sarabanden mit drei, vier 
undfimfStimmen, nebst dem basso continua 
( Plaisir des noces et des soirées , contenant des 
sonates, préludes, allemandes, courantes, ballets; 
et airs à trois, quatre et cinq parties, avec basse 
continue), Leipsick, 1673. Corneille à Beughem 
( Bibl. Matth., p. 300) cite une secondeédilion 
de cet ouvrage, datée de Leipsick, 1675; il en 
a paru une troisième à Inspruck, en 1676. 

ASCHER (J.), pianiste de l'impératrice des 
Françaiset compositeur pour son instrument, est 
né à Londres en 1829. Après avoir commencé 
ses études musicales à l'institution ro7alc de 
cette ville, il est allé les terminer au conserva- 
toire de Leipsick, si je suis bien informé. En 
1849 il se rendit à Paris, et s'y fit entendre avec 
succès dans les formes brillantes à la mode et 
dans le genre mis en vogue par Thalberg, On 
a publié depuis cette époque un grand nombre 
de ses productions de salon et de concert, parmi 
lesquelles on distingue: La Goutte d'eau, o\>. 17 ; 
La Danse espagnole, op. 24 ; La Danse anda 
louse, op. 30; la Fanfare militaire, op. 40 ; La 
Feuille d'Album; La Perle du Nord; des ma- 
z.ourkas, des polkas, et des transcriptions d'opé- 
ras, telles que Robert le Diable, Marta, La Fa- 
vorite, Le Pré-aux- Clercs, Les Mousquetaires 
de la reine. Le Pardon de Ploërmel, etc. Toute 
cette musique légère a été publiée à Paris. 

ASHE (André), flûtiste habile, né vers 1759, à 
Lisburn (Irlande). Ses parents l'envoyèrent d'a- 
bord dans une école près de Woolwicb , en An- 
gleterre, où il apprit les premiers principes de la 
musique ; mais la perted'im procès ruineux obli- 
gea sa famille aie rappeler auprès d'elle. Heureu- 
sement le comte Bentinck, colonel hollandais au 
service d'Angleterre, vint visiter l'académie de 
Wooiwich ; il vit le jeune Ashe en larmes, te- 
nant dans ses mains sa lettre de rappel. Touché de 
son désespoir, il prit desinformations, écrivit aux 
parents, et finit par se charger de l'enfant, qu'il 
emmena avec lui, d'abord à Minorque et ensuite 
en Espagne, en Portugal, en France, en Allema- 
gne, et enfin en Hollande. Le comte avait eu 
d'abord l'intention de faire du jeune Ashe son 



homme de confiance, et de lui donnei une édu- 
cation convenable; mais les dispositions de cet 
enfant pour la musique, et particulièrement pour 
la fiûte, décidèrent son protecteur à lui ?aisser 
suivre son penchant, et à lui donner des maîtres. 
Ashe acquit en peu d'années une grande habi- 
leté sur la flûte : il fut l'un des premiers qui fi- 
rent usage sur cet instrument des clefs addition- 
nelles. Le désir de faire connaître son talent le 
porta alors à quitter son bienfaiteur : il se rendit 
à Bruxelles, où il fut successivement attaché à 
lord Torrington, à lord Dillon, et enfin à l'Opéra 
de eette ville. Vers 1782, il retourna en Irlande, 
où il fut engagé comme flûtiste solo aux con- 
certs de la Rotonde, à Dublin, Sa réputation ne 
tarda poiitt à s'étendre jusqu'à Londres. En 1791, 
Salomon, qui venait d'attirer Haydn à Londres, 
et qui voulait former un orchestre capable d'exé- 
cuter les grandes symphonies écrites par cet 
illustre compositeu-r pour le concert d'Hannover- 
Square, se rendit à Dublin pour entendre Ashe, 
et lui fit un magnifique engagement. 11 débuta , 
en 1792, au deuxième concert de Salomon, par 
un concerto manuscrit de sa composition. De- 
venu en peu de temps le flûtiste à la mode, il 
fut de tous les concerts. A la retraite de Mon- 
zani, il devint première flûte de l'Opéra italien, 
et en 1810 il succéda à Rauzzini comme direc- 
teur des concerts de Bath. Cette entreprise, 
qu'il conserva pendant douze ans, fut produc- 
tive les premières années ; mais les dernières fu- 
rent moins heureuses, et Ashe finit par y perdre 
une somme considérable. Il a vécu dans la re- 
traite depuis 1822. Aucune de ses compositions 
pour la flûte n'a été gravée. Il avait épousé une 
cantatrice, élève de Rauzzini, devenue célèbre 
en Angleterre sous le nom de M"® Ashe. Sa 
fille, pianiste habile, s'est fait entendre avec 
succès en 1821, dans les concerts de Londre."?. 

ASHLEY (Jean), hautboïste de la garde 
royale anglaise, vivait à Londres vers 17S0. A la 
commémoration de Hacndel, en 1784, il joua le 
bnsson double (Contra-fagotto) que Hœndel avait 
fait faire , et que personne n'avait pu jouer jus- 
qu'alors. Il seconda aussi le directeur Bâtes dans 
le choix des muciciens, et eut après lui la direc- 
tion des oratorios pendant sept ans. On ignora 
l'époque de sa mort. 

ASHLEY (Général), fils du précédent, fut 
l'un des violonistes les plus distingués» de l'An- 
gleterre. Ce fut sous Giardini, et ensuite sous 
Barthelemon, qu'il apprit àjouer du violon, et il 
parvint à un tel degré d'habileté que Violti le 
choisit plusieurs fois pour jouer avec lui ses sym- 
phonies concertantes. A la mort de son père, 
Ashley lui succéda comme directeur des orato- 



154 



ASHLEY — ASIOLI 



rios de Covent-Garckn, conjointement avec son 
frère (Jean-Jacques ). Il n'a rien fait imprimer 
de ses compositions. Il est mort près de Lon- 
dres, en tSlS. 

ASHLEY (Jean-Jacques), frère du précé- 
dent, fut organiste à Londres et professeur de 
ciiant. L'Angleterre lui a l'obligation d'avoir for- 
mé des chanteurs habiles, tels que M. Elliot, 
C. Smith, M"^ Vaughan, M""Salomon,etc. Ash- 
ley n'est pas moins recommandable comme com- 
positeur que comme professeur ; élève de Schrce- 
ter, il possédait des connaissances assez étendues 
dans la musique. On a de lui les ouvrages sui- 
vants : 1" Twelve easy duetts for german 
flûte, etc., Londres, 1795. — 2° Sonatas for the 
piano forte, op. 2. — 3° Six progressive airs for 
the piano forte. Ashiey a dirigé les oratoi ios de 
Covent-Garden conjointement avec son frère , à 
qui il a peu survécu. 

ASHTON ( Hugues ) , musicien de la cha- 
pelle de Henri VII, roi d'Angleterre, a composé 
quelques messes à quatre voix qui se trouvent 
dans une collection d'ancienne musique à la bi- 
bliothèque de l'université d'Oxford. 

ASHWE LL ( Thomas ) , compositeur anglais, 
vécut sous les règnes d'Henri VII , d'Edouard VI 
et de la reine Marie. On trouve quelques-unes 
de ses compositions pour l'église dans la biblio- 
thèque de l'école de musique d'Oxford. 

ASHWORTH (Caleb), ministre non con- 
formiste, naquit à Northampton, en 1709. Ses 
parents le mirent d'abord en apprentissage chez 
un charpentier; mais, ayant manifesté du goût 
pour l'élude , on le fit entrer dans l'académie 
du docteur Doddrige. Après qu'il eut terminé ses 
cours, il fut ordonné ministre d'une congréga- 
tion de non conformistes à Daventry , et peu de 
temps après il succéda au docteur Doddrige dans 
la direction de son académie. H est mort à Da- 
ventry en 1774, ûgé de soixante-cinq ans. On a 
de lui : 1" Introduction to the art ofsinging 
(Introduction à l'art du chant), dont la seconde 
édition a été publiée à Londres en 1787. — 2" 
Collection of tunes and anlhems ( Collection de 
cantiques et d'antiennes). 

ASIAIN (Joachim), frère hiéronymite et 
organiste du monastère de Saint-Jérôme, à Ma- 
drid , vers le milieu du dix-huitième siècle, a été 
considéré par les meilleurs musiciens de sa pa- 
trie comme un des artistes les plus habiles en 
son genre. Il a beaucoup écrit pour son instru- 
ment; parmi ses meilleurs ouvrages, on re- 
ïDurque un grand nombre de pièces pour des of- 
fertoires, une suite de grands versets pour les 
jours solennels, et neuf versets (3u huitième ton, 
pour la fête de l'Ascension. 



ASIOLI (Bomface), né à Corregio, le 30 
avril 1769, commença à étudier la musique dès 
l'âge de cinq ans. Un organiste de la collégiale de 
San-Quirino, nommé D. Luigi Crotti, lui donna 
les premières leçons; mais, la mort lui ayant en- 
levé son maître, il se trouva livré à lui-même 
avant d'avoir atteint sa huitième année, ce qui 
n'empêcha pas qu'il écrivit à cet âge trois messes, 
vingt morceaux divers de musique d'église, un 
concerto pour le piano avec accompagnement 
d'orchestre, deux sonates à quatre mains et 
un concerto pour le violon. Il n'avait pris cepen- 
dant jusqu'alors aucunes leçons d'harmonie ou de 
contre-point. A dix ans, il fut envoyé à Parme 
pour y étudier l'art d'écrire, ou, comme on dit, 
la composition, sous la direction de Morigi. 
Deux ans après, il alla à Venise, et y donna deux 
concerts dans lesquels il fit admirer son habileté 
sur le piano et sa facilité à improviser des fugues. 
Après quatre mois de séjour dans cette ville, il 
retourna à Corregio, où il fut nommé maître de 
chapelle. Asioli était à peine dans sa dix- 
huitième année, et déjà il avait écrit cinq messes, 
vingt-quatre autres morceaux de musique d'é- 
glise, deux ouvertures, onze airs détachés, des 
chœurs pour La Clemenza di Tito; deux inter- 
mèdes, La Gahbia de'Pazzi et 11 Ratto di Pro- 
serpina; une cantate, La Gioja pastorale; un 
oratorio, Giacobbo in Galaad ; trois opéras 
bouffes, La Volvbile , La Contadina vivace , 
La Discordia teatrale; un divertissement pour 
violoncelle, avec accompagnement d'orchestre; 
deux concertos pour la flûte; un quatuor pour 
violon, flûte, cor et basse; un trio pour man- 
doline, violon et basse; un divertissement pour 
basson , avec accompagnement d'orcliestre. 

En 1787 , Asioli se rendit à Turin , où il de- 
meura neuf ans. Il y écrivit neuf cantates qui de- 
puis ont plus contribué à le faire connaître avan- 
tageusement que tous ses ouvrages précédents. 
Ces cantates sont : La Primavera , Il Nome, Il 
Consiglio,Il Ciclope, H Complimento, Quella 
cetra pur tu sei , Piramo e Tisbe et La Scusa : 
tous ces ouvrages sont avec accompagnement d'or- 
chestrp; /a Tempesta, qui depuis lorsa été publiée 
parmi sf-s nocturnes et avec accompagnement 
de piano. Asioli a aussi composé dans la même 
ville deux drame , Pimviaglione et La Festa 
d'Alessandro , deux ouvertures, vingt petits 
duos et douze airs avec accompagnement de 
piano, des canons à trois voix, neuf airs déta- 
chés avec orchestre, six nocturnes à cinq voix 
sans accompagnement, deux nocturnes pour trois 
voix et harpe, un duo, un trio, et quatre quatuors, 
une sérénade pour deux violons, deux violes, 
deux flûtes , basson et basse, douze sonates pour 



ASIOLI 



155 



le piano, enfin, Gitstavo, op(5ra séria en deux ac- 
tes, pour le théâtre royal de Turin. 

En 1796, Asioli accompagna la marquise Glie- 
rardini à Venise; il y resta jusqu'en 1799, époque 
où il alla s'établir à Milan. Trois ans après , le 
vice-roi du royaume d'Italie le nomma son maî- 
tre de chapelle et censeur du conservatoire de 
musique de Milan. Lots du mariage de Napoléon 
avec Marie-Louise, en 1810, Asioli vint à Pa- 
lis; j'ens l'occasion de le connaître à cette épo- 
que et de me convaincre qu'il était honune ai- 
mable autant que musicien de mérite. Il conserva 
ses places jusqu'au mois de juillet 1813. Alors il 
désira se retirer dans sa ville natale, où il con- 
tinua d'écrire jusqu'en. 1820. Depuis ce temps 
il a renoncé à cultiver la musique et a vécu dans 
le repos. 

A JMilan, il a écrit deux cantates , Il Dubio et 
f.a Medea; une scène lyrique avec orcliestre ; 
un sonnet (la Cmnpnna di Morte) pour ténor; 
deux duos, douze airs, les stances Chiama gli 
abitator pour ténor ; un dialogue entre l'A- 
mour, Malvina et la Mort; on sonnet {in quelV 
età) ; une oie anacréontiqueà la Lune, pour té- 
nor, avec chœurs; une sérénade pour deux vio- 
lons, llùte, deux cors, viole, basson, basse 
et piano; une symphonie (en/a mineur); une 
ouverture ; une sonate pour piano avec basse obli- 
gée; une sonate pour harpe; le cinquième acte 
d'un ballet, et Cinna, o-pcra-séria en deux ac- 
tes, pour le théâtre de la Scala. 11 a aussi ar- 
rangé l'oratorio de Haydn , La Création , pour 
deux violons , deux violes et deux bases. 

En qualité de directeur de la musique du vice- 
roi d'Italie, Asioli a composé vingt et un motets 
italiens et vingt-trois autres morceaux d'église, 
deux cantates et une pastorale à quatre voix 
pour le théâtre de la cour. Comme censeur du 
conservatoire royal de Milan, il a écrit : 1" 
Principj elc.mcntari di. musica , adottali dal 
R. Conservntorio di Milano, perle, ripetizioni 
giornaliere degli alunni; con tavelé. Milano 
Massi, 1809, 47 page> in-s° (en forme de dia- 
logues). La seconde édition de cet ouvrage a 
été publiée dans la même ville en 1811 , la troi- 
sième à Gênes en 1S21, la quatrième à JMilan, 
chez Giov. Ricordi, en 1823. Une traduction 
française de ces éléments a paru à Lyon chez 
Cartau\, sous ce titre : Grammaire musicale, 
ou théorie des principes de musique, par 
demandes et par réponses, adoptées par le 
conservatoire de Milan pour l'instruction de 
ses élèves, traduite de Vitalien ; 1819, in-R", 
avec douze planciies. Une deuxième édition de 
c«tte traduction a été faite en 1833, chez le môme 
éditeur. C. C. Cùttner a publié aussi, en alle- 



mand , une traduction libre du livre d'AsioIi, 
chez Schott, à Mayenee, en 1824. Le mérite de 
cet ouvrage consiste dans la concision et la dar 
té. — 1° l'Allievo al Cembalo, Milan, Ricordi , 
in-folio obi. Ce livre élémentaire est divisé en 
trois parties : la première contient des leçons de 
piano, la seconde traite de l'accompagnement 
de la basse chiffrée, la troisième est un petit 
traité d'harmonie avec des instructions pour 
l'accompagnement de la partition. — 3» Primi 
elementiper il canto, con dieci ariette istrut- 
tiveper cantare di buona grazia , Milan, Ri- 
cordi, in-fol. obi. — 4° Elementiper il contra- 
basso, con una nuova maniera di digitare. 
Milan, Ricordi, 1823, ia-(ol. obi. — ô» Trat- 
tato d'armoniae d'accompagnamenio , Milan, 
Ricordi, 1813, 139 pages in-folio. Asioli a sui- 
vi dans cet ouvrage la doctrine du P. Valotti sur 
les renversements d'harmonie, théorie irration- 
nelle qui avait déjà été développée parle P. Sab- 
batini dans son traité de la basse chiffrée, et qui 
sera toujours rejetée par tout bon harmoniste, 
car on y admet la résolution, repoussée par l'o- 
reille , des dissonnances non par le mouvement 
des notes dissonnantes elles-mêmes, mais par 
celles qui leur servent de soutien. — G° Dialoghi 
siil trattato d'armonia , per servir e d'esame 
agit aliievi di composizione e d'accompagna- 
mento del regio conservatorio di musica in 
Jî/i^rtno; Milan, Ricordi, 1814,95 pages in-8". — 
7° Osservazioni sut temperamento proprio de 
gli stromenti stabili, dirette agli Accordatori 
di piano-forte edorgano, Mi\an, Ricordi. —8° 
Disinganno sulle osservazioni fatte sul Tem- 
peramento proprio degli stromenti stabili, 
ibid. Ce petit écrit est une réponse à une cri- 
tique qui avait été faite de son système de tem- 
pérament. — 9° Il Maestro di composizione, 
ossia Seguito del Trattato d'armonia, 1 vo- 
lumes in-4°, ornés du portrait de l'auteur, ibid. 
Cet ouvrage n'a été publié qu'après la mort d'A- 
sioli. On trouve dans le premier volume une no- 
tice sur sa vie et toute la partie théorique de 
l'ouvrage. Le deuxième vohmie renferme les 
exemples, ou la partie pratique. Les deux vo- 
lumes forment 500 pages. 

Dans les compositions sérieuses, Asioli a man- 
qué de force ; mais dans les airs et les duos avec 
accompagnement de piano, il s'est fait une ré- 
putation méritée par l'expression et la grâce de 
ses mélodies. On peut considérer ses ouvrages ea 
ce genre comme le type des iN'oc/wnies, que beau- 
coup de compositeurs ont imité depuis d'une ma- 
nière plus ou moins heureuse. Comme tliéoricien, 
il n'a rien inventé ; mais la nature l'avait doué 
d'un esprit mélhodique et de l'iirt <roxposcT avec 



156 



ASIOLI — ASOLA- 



clarté ce qn^l savait : ce sont ces qualités qui 
brillent surtout dans les ouvrages élémentaires 
qu'il a publiés. 

Asioli a cessé de vivre à Correggio , le 26 mai 
1832. Une notice biographique sur sa vie et ses 
ouvrages a été publiée par M. Antoine Coli, 
prêtre de Corregio, sous ce titre : VUa di lioni- 
fazio Asioli da Correggio, seguita delV elenco 
délie Opère del medesimo. Milan , Ricordi , 
1834, 1 vol. in-8". On a imprimé à Florence, en 
1836, sans nom d'auteur, Elementi dicontrap- 
punto,coi tipi de V.Batellie figli, in-4", avec 
planches de musique : M. Gaspari, de Bologne, 
croit que cet ouvrage est d'Asioli. 

ASOLA (Jean-Matthieu), en latin Asula', 
prêtre et compositeur pour l'église, né à Vérone, 
vécut dans la seconde moitié du seizième siècle. 
Les titres de ses ouvrages ne fournissent pas de 
renseignements sur la position qu'il occupa ; mais 
il est vraisemblable qu'il fut maître de chapelle 
d'une église importante, car le nombre de ses 
compositions religieuses est considérable. Asola 
vivait encore en 1600, et paraît avoir été un des 
premiers compositeurs qui, à cette époque, adop- 
tèrent l'usage de la basse continue pour l'accom- 
pagnement de la musique d'église par l'oigue, 
ainsi que l'indiquent les titres de deux de ses ou- 
vrages. Dans ses œuvres en contre-point sur le 
plainchant, son style a de l'analogie avec celui 
de Constant Porta ; style très-pur, mais dont la 
sévérité est un peu sèche. Asola fut un des maî- 
tres qui dédièrent un recueil de psaumes à J. Pier- 
luigi de Palestriua, en 1592, pour lui marquer la 
haute estime qu'ils avaient pour son génie. Les 
ouvrages connus de ce maître sont ceux dont les 
litres suivent:!" Introihis et Âlleluyamissanim 
omnium majorumsolemnitatum totius anni su- 
per cantu piano, quatuor vocum. \&nei\\s a\>ud 
Ant. Gardanum, 1565, in-4°. — 2" Missarum 
quinque voc. concinn. Liber primiis. Venetiis, 
apud Herœd. Ant.Gardanum,\bl ï,'\\\-ti° . — T 
Psalmodia ad vespertinas horas omnium so- 
lemnit.octo rocMm. Venetiis, apud Haered. Hie- 
ron. Scottum, 1574, in-4°. — 4° Falsi hordoni 
sopra Qliotlotuoni ecclesiastici, con alcuni di 
M. Vincenzo Rufo. Venezia, app. gli Figli di 
Ant. Gardano, 1575, in-4Ml y a d'autres éditions 
de cet ouvrage publiées à Venise, en 1582, 1584, 

<età Milan, 1587 5° Vespertina Psalmodia ma j- 

Solemnit. oclo voc. Venetiis upud Hieronymum 
Scotum, 1576, ui-4''. Il y a une deuxième édition 
de c«t ouvrage puhliée à Venise, chez Richard Ama- 
dino, en 1599, in-4". — 6" Completorium per 
totiim quatuorqueillxB. Virginis antiphonx 
qux in fincproanni tempore secundumroma- 
num curiam decanlantur cum sex vocibus, 



ibid., 1576, in-4''. 11 y aune deuxième édition de 
cet ouvrage publiée à Venise, chez les héritieis de 
Jér. Scotto, en 1585, in-4" ; et une troisième en 
1590. — 7" Vespertina omnium solemnitatum 
psalmodia duoque B. Virginis cantica primi 
tonifCumquatucr vocibus, \b\d.,iâ78,m-i°. — 8" 
llprimo libro délie Messe aquattro voci. In Ve- 
nezia app. A ngelo Gardano, 1 579, in-4». — 9" Il 
seconda libro délie messe a quattro voci; ibid., 
1580, in-4°. Il y aunedeuxième éditionde ces deux 
livres de messes publiée à Venise chez Ang. Gar- 
dane, en 1586, in-4°. — 10" Missa et major, so- 
lemn. Psalmodia 6 vocum. Venetiis apud he- 
rœd. Hier. Scotîim, 1581,in-4°. — 11° Vespertina 
omnium majorem solemnitatum psalmodia 
quatuor vocum. Venetiis, apud Angelum Gar- 
danum, 1582, în-4". Cet ouvrage n'est pçut-ètre 
qu'une deuxième édition du n" 7. — 12° Officium 
majores Hebdomadx sanctse quatuor vocum ; 
ibid, 1583, in-4°. — 13° Secunda pars officii 
Hebdomadx sanctœ quatuor voc. ibid., 1584, 
in-4*'. Une deuxième édition de ces deux parties de 
l'office de la Semaine sainte a été publiée à Venise, 
par Richard Amadino, en 1595, in-4°. — 14° /« 
passionibus quatuor Evang. Christi locut. 
triiim vocum. Venetiis, apud Ang. Gardanum, 
1583 in-4". — 15° Sacrae cantiones in totius 
anni solemnit atibus paribus quaternis voci- 
bus decanlandx, ibid, 1584, in-4°. Il y a une 
deuxième édition de ces motets publiée à Venise 
en 1591, par Richard Amadino. — 16° Divinx 
Dei Laudes binis vocibus concinendx. Venetiis 
ap. Ang. Gardanum., 1580, in-4°. Ily aune 
deuxième édition de ces cantiques publiée à Ve- 
nise, en 1600, par Richard Amadino. — 17° La- 
mentationes , improperia et alii sac. Laudes 
in hebdom. maj. decanlandx tribus voc.Ve- 
netiisapud r,ic. Amadinum, 1588, in-4". — 18" 
Secundapars Vespertinx omn. solemn. Horis. 
deservient. quatuor vocum, Venetiis, apud Vi- 
centium et Rie. Amandinuni, 1591, iQ-4". Il y 
a une première édition de ces vêpres solennelles à 
quatre voix, impriméechezles mêmes, en 1585. — 
19° Missa Defunctorum trium voctim, ibid., 
1 588, in-4°. Il y en a une deuxième édition publiée 
chez les mêmes, en 1600. — 20° Dicx Missx et 
decem sacrx laudes trium vocum; ibid., 1589, 
iu-4°. — 21° Misse sopra gli otto tuoni eccle- 
siasHci a cinque voci. ^\i\ân, 1590. — 21°Canto 
fermo sopra le messe, inni ed altri cose eccle- 
siastiche appartenenti ai suonatori d'organo 
per rispondere al coro. In Venezia app. Vin- 
centino e Ricc. Amadino, 1596, in-4°. 11 y a deux 
autres éditions de cet ouvrage publiées à Venise, 
en 1602, et 16 (5. — 2^° Sacro-sanctx Dei Laudes 
octonis vocibus in fractis decantandae. Ve- 



ASOLA — ASPRILIO 



157 



netiis, apiid Ricciardum Amadhmm, 1600, 9 
voi. in-4''. Ces compof5i lions sont divisées en 
deux ciiœurs qui se répondent. Le neuvième vo- 
lume contient les deux basses réunies pour l'u- 
sage des organistes. Celte partie a pour titre 
particulier : Gli bassi delli Mottettl aotlo voci 
del R. D. Gio. Matteo Asola Veronese, uniti 
insieme et stampati pcr commodità dcglï or- 
' ganisti. Asola, bien que spécialement livré à la 
composition delà musique d'église, aécrit, comme 
tous les maîtres de son temps, des madrigaux, 
dont on a publié les recueils suivants : 24° 3Ja- 
drigali a due voci da cantarsi in fiiga. In Ve- 
netia, ap. Gia.Vincenli, 1587, in-4°. Trois au- 
tres éditions de cet œuvre, imprimées à "Venise 
en 1604, 1624 et 1665, sont à la bibliothèque du 
Lycée communal de muisique, à Bologne. — 25" 
Le Vcrgine, madrigalï a tre voci, libro primo. 
In Venezia, pressa Ricciardo Amadino, 1596, 
{n-4°. LeP. Martini a donnéen partition quelques 
morceaux d'Asola dans son Esemplare; et le P. 
Paolucci a inséré un graduel du même auteur dans 
la première partie de son Arte pratica di Con- 
trappiinto. On trouve aussi quelques motets 
d'Asola dans le Promptuarium musicum d'A- 
braham Scbad. 

ASPA (Mario), compositeur dramatique, né 
à Messine, vers 1806, a fait ses premières études 
musicales dans cette ville , pais s'est rendu à Pa- 
lerme et de là à Naples, où il est entré au collège 
royal de musique, et a reçu des leçons de contre- 
point deZingarelli. Sorti de cette école, il s'est livré 
à l'enseignement du cliant et à la composition pour 
le théâtre. Les principaux ouvrages qu'il a écrils 
sont : r Giovanni Banier, ossia il Castello di 
Arolte, en deux actes, représenté an théâtre du 
Fondo, à Naples, en 18-30. Cet ouvrage tomba 
à plat. — 2° Il Carcere d'Ildegonda, opéra sé- 
rieux en deux actes, mieux accueilli au théâtre 
Nuovo, dans le mois d'octobre 1831. — 3" La 
7?«r/a , au théâtre au Fondo, le. 18 mai 1832. — 
4° il Litigante senza Vite, opéra bouffe en deux 
actes, 1833. — 5° La Finta grega, farce en un 
acte. — 6° / Due Forzati , en deux actes. —7° 
Il 20 Aiigusto, en deux actes, au mois de dé- 
cembre 1835. — 8° Il Marinaro, en deux actes, 
au théâtre ISuovo, en 1839; ouviage dans lequel 
il y avait de jolies cboses. — 9°/ VueSavoiardi, 
en deux actes, au théâtre du Fondo, le 16 mars 
1838. — 10'' Il Quadro Parlante, en un acte, au 
théâtre Nuovo, novembre 1834. — 11° Barto- 
lomeo del Piombo, en deux actes, au théâtre 
Nuovo, en 1837. — 12° Allan Mac Aulay, en 
trois actes, au même théâtre, dans l'été de 1838. 
— 1 3° Maria d'Arles , en deux actes , ouvrage 
qui ouvrit le carnaval de 1841, avec \\n fiasco 



complet. — \k° Il Proscrit lo, en deux actes, égr- 
lement tombé dans la môme année. — 15* Gu- 
glielmo Colman, en deux actes, tombé au car- 
naval de 1843. — 16° Paolo e Virginia, en trois 
actes, pour l'ouverture du Ibéàlre Metas/asio, à 
Rome, le 29avril 1843. — 17° Il Travestimenlo, 
joli ouvrage représenté au théâtre du Fondo, à 
Naples, dans le carnaval de 1846. 11 y a de la 
facilité dans le style de ce compositeur, mais ab- 
sence complète de création. Les autres ouvrages 
d'Aspa dont les dates de représentation et le succès 
me sont inconnus ont pour titres : La Verga ma- 
gica; la Metamorfose for tunata; Federico II ; 
L'Or fana muta; Il Muratore di Napoli; Wer- 
ther. 

ASPELMAYER ou ASPELMEYER (Fran- 
çois), musicien et compositeur au service de 
l'empereur d'Autriche, mort à Vienne, le 29 juillet 
1786, s'est fait connaître par les ouvrages sui- 
vants : 1° Die Kinder der Natur (les Enfants de 
la Nature). — 2° Der Sturm (l'Orage). —3» Pig- 
malion — 4° Agamemnon vengé, ballet. — 5" 
La Lavandaradi Citere, ballet. — 6"/ Mo7i 
Spagnuoli, idem. Il a composé aussi Six duos 
pour violon et violoncelle, six trios, six qua- 
tuors pour violon, et dix sérénades pour des 
instruments à vent. 

ASPERl (Ursl'I-e), née à Rome en 1807, a 
étudié la musique dès ses premières années , et a 
acquis du talent dans l'art du chant etsur le piano. 
Elle a reçu les leçons d'harmonie et de composi- 
tion de Fioravanti. En 1827 elle a écrit pour le 
théâtre Valle un opéra intitulé • Le Avventure di 
nna giornata, qui a été représenté le 13 mai. 
Le public a si bien accueilli celle première pro- 
tluction de sa plume, à la première représenta- 
tion et aux suivantes, qu'elle a été obligée de 
quitter plusieurs (ois le piano pour se présenter 
sur la scène. Le 18 novembre 1834, elle donna 
à Rome un grand concert dans lequel on en- 
tendit la SchoLerluhner et la Biondini, et où elle 
exécuta sur le piano plusieurs morceaux de sa 
composition. En 1839, elle dirigeaitla musique 
d'un Ihoâlre de second ordre, à Florence. En 
1835, M"" Aspeii écrivit l'ouverture et l'intro- 
duction du mélodrame I itir Indiani, qui fut re- 
présenté à Rome, et en 1843 elle adonné dans 
la même ville l'opéra I Pirati, qui a été joué 
avec quelque succès. 

ASPLIIVD (... ), savant suédois, qui vécut 
vers le milieu du dixhuilième siècle, a publié une 
dissertation intitulée : De Horologiis Mitsico- 
Automatis; Upsal, 1731. 

ASPRILIO (Pal'l), musicien de la cour de 

Ferrare, au commencement du dixseptièmesiècle, 

; a fait imprimer de sa composition : Madrigali a 



158 



ASPRILIO — ASTARITTA 



Quattro voci, libro primo; \cueiid, lG01,in-4°. 
ASPULL (Georges) , jeune pianiste anglais, 
né en 1813, excitait l'admiration de ses compa- 
triotes dès l'âge de huit ans, par le brillant et le 
fini de son exécution. Bien que sa main (ùt trop 
petite pour embrasser l'étendue de l'octave, il 
jouait les compositions les plus difficiles de Hum- 
mel, de Moschelès et de Kalkhrennersans en ra- 
lentir le mouvement et dans l'intention des au- 
teurs. Telle était l'heureuse organisation du jeune 
Aspull qu'on pouvait espérer de le voir se placer 
un jour parmi les pianistes les plus distingués; 
mais une maladie de poitrine l'a conduit au tom- 
beau lorsqu'il entrait à peine dans sa dix-huitième 
année. Ilestmort à Leamington, le 20 août 1832, 
et SCS obsèques ontété faites à Notlingliam, deux 
jours après. Il avait laissé en manuscrit divers 
ouvrages pour le piano qui ontété publiés après 
sa mort, avec son portrait, sous ce titre : Georges 
AspulVs posthumous Works for the piano -for te. 
Londres (sans date). 

ASSAIXDRI (Laure ), cantatrice distinguée, 
est née à Vailate, dans la province de Lodi 
(Lombardie), vers 1815. Admise au conserva- 
toire de Milan à l'âge de seize ans , elle y reçut 
une bonne éducation musicale, et ses progrès 
furent si rapides que lorsque Rossini l'entendit, 
en 1835, il l'engagea immédiatement pour le 
théâtre italien de Paris. Elle y débuta au mois 
d'octobre par le rôle d'Adalgisa, dans la Norma, 
et se montra digne de chanter à côté de Rubini, 
de Lablache et de la Grisi. Le Romeo des Mon- 
tecchi e Capuleti de Rellini , et la Donna Eh 
vira de Don Juan, achevèrent son succès sur 
la première scène italienne de cette époque. Pen- 
dant les années 1836 , 1837, et 1838 elle fut en- 
gagée pour le môme théâtre et pour l'Opéra ita- 
lien de Londres ; puis elle retourna en Italie. 
Après y avoir chanté à Gênes avec Pasini elBa- 
diali , elle fut appelée à Barcelonne , où elle resta 
une année. Son engagement terminé, elle partit 
pour Berlin, et y chanta avec succès pendant 
plusieurs années tous les premiers rôles de Lucia, 
Otcllo , La I\'orma, Lucrezia Borgia, Béatrice 
di Tenda, etc. En 1843, elle se fit entendre à 
Varsovie et au théâtre italien de Pétersbourg. 
De retour à Milan au mois de juillet 1845, elle a 
paru depuis lors à Bologne, Maiitoue, Turin, etc., 
et partout elle a été considérée comme une can- 
trice de la bonne école. 

A8SEi\SIO ( Don Carlo ) , professeur de 
piano, né à Madrid, vers 1738, s'est fixé à Pa- 
lerrne,en Sicile, où il a publié en 1815 : Scuola 
per ben suonare il piano forte. 

ASSMA"VER (Ic.NACE), compositeur et or- 
ganiste , est né à Salzbourg , le 1 1 février 1 790. 



Elève de Michel Haydn, il est devenu , sous la 
direction de c-et habile maitre, un des musiciens 
les plus distingués de l'Allemagne dans le genre 
de la musique d'église. En 1824 il fut nommé 
maître de chapelle du chapitre des Ecossais. 
Dans l'année suivante il reçut sa nomination d'or- 
ganiste de la cour impériale de Vienne. Appelé 
en 1838 au poste de vice-maitre de chapelle de la 
même cour, il a succédé à Weigl, au mois de fé- 
vrier 1846, dansla place de second maître de cha- 
pelle titulaire. Les œuvres de musique d'église 
composées par Assmayer sont importantes et en 
grand nombre; ellesconsistent : l°en quinze messes 
avec orchestre, dont la plupart sont en manuscrit; 
on n'en a publié qu'une messe solennelle (en ut) 
à quatre voix, violons, viole, violoncelle, contre- 
basse, deux hautbois , deux bassons , deux cors, 
deux trompettes, timbales et orgue ; Vienne, Me- 
chetti ; et une messe pastorale allemande à trois 
voix, instruments à vent et orgue, op. 46; 
Vienne, Haslinger. — 2° Douze graduels, dont 
quelques-uns seulement à quatre voix ou à voix 
seule , avec orchestre, ont été publiés à Vienne, 
chez Mechetti et chez Diabelli 3° Dix-huit of- 
fertoires à voix seule avec chœur, ou à quatre 
voix concertées avec orchestre, dont plusieurs 
ont paru chez les mêmes éditeurs. — 4° Un Te 
Deww solennel à quatre voix et orchestre, op. 48, 
à Vienne , chez Haslinger. — 5° Deux Requiem 
brefs. — 6"^ La mort de Sàûl, oratorio dratna- 
tique, avec orchestre, op. 50 ibid. — T David et 
Saûl, oratorio dramatique, avec orchestre, op- 
49, ibid. — 8° Plusieurs hymnes et motets. — 9. 
Un Te Detfwi à huit voix, avec accomp. d'instru- 
ments de cuivre. — 10° Plusieurs ouvertures. 

— 11" Divers morceaux de musique vocale et 
instrumentale pour des circonstances particulières. 

— 12»Unesympbonie, à grand orchestre exécutée 
à Vienne en 1844. — 13° Des pastorales et fugues 
pour l'orgue. — 14° Des rondeaux et autres com- 
positions pour le piano. 

ASTARITTA (Janvier ), compositeur dra- 
matique, né à Naplesvers 1749, eut une grande 
réputation en Italie, et réussit en différents 
genres , mais principalement dans l'expres- 
sion des situations comiques. Dans le cours de 
sept années, il écrivit plus de quatorze opé- 
ras; celui de Circé et Ulysse eut un succès pro- 
digieux , non-seulement en Italie , mais aussi en 
Allemagne, où il fut représenté vers 17S7. 

On connaît de lui : La Contessadi Bimbin- 
poli, illl; I Visionari, 1772; Finezze d"A- 
more, o la forza non si fa, ma si prova, 1773; 
IlMaritochenon hamoglie, 1774; / Fdosofi 
immaginari, 1788; La Contessina; Il principe 
spondriaeo, 1774; La Critica ieatrale, 1775; 



ASTARITTA — ATHÉLARD 



159 



Il Mondu délia Luna, 1775; La Dammaim- 
maginana , \111 ; V Isola di Bimjoli , 1777; 
Armida, \111 ; Circee Vlisse, 1777 ; JSiœlctto 
bella vita, 1779. Dans l'automne de 1791, il 
donna à Venise : / Capprici in amorc, et a» car- 
naval de 1792, Il Medico Parigino , ûam la 
même Tille. Gerber [Neues Biogr. Lex. der 
Tonkûnstl. ) cite aussi de cet auteur : La Moli- 
narella, op. biiffa, 1783, à Ravenne; Il Di- 
vertimento in campagna, op. buffa, 1783, à 
Dresde ; /Z i^ra/ice^e ôjc-rorro, op. buffa, 1786, 
ibid. ; Il Parruchiere, 1793, à Berlin. 

La manière de ce compositeur se rapproclie de 
celle d'Anfossi, et l'on petit dire qu'il a les mêmes 
qualités et les mêmes défauts. La coupe de ses 
airs et de ses morceaux d'ensemble est heureuse ; 
ses accompagnements sont assez purs , mais trop 
nus; ses chants sont gracieux, mais ils manquent 
d'originalité. 

ASTON (Hugues), organiste anglais sous 
le règne de Henri VUI, auteur d'un Te Deum à 
cinq voix, qui est maintenant dans la bibliothèque 
du collège de musique d'Oxford. 

ASTORGA (Emmanuel, baron d') né à Pa- 
lerme, le 11 décembre 1681, eut un existence 
toute romanesque. Fils d'un chef de bandes mer- 
cenaires au service de la noblesse de Sicile, qui, 
souffrant impatiemment le joug de l'Espagne, es- 
saya de le secouer par l'insurrection en 1701, 
Astorga vit périr son père sur l'échafaud dans la 
même année, avec plusieurs nobles siciliens. Sa 
mère, qu'on obligea d'assister au supplice, 
mourut de douleur, et lui-môme s'évanouit. La 
princesse des Ursins, première dame d'honneur 
de l'épouse de Philippe Y, prit en pitié le pauvre 
jeune homme, et le fit entrer au couvent d'As- 
torga, eu Espagne, dont plus tard il prit le nom. 
Dans cette retraite il acheva son éducation et 
perfectionna, par l'étude, le beau sentiment 
musical dont la nature l'avait doué. Rentré dans 
le monde trois ans après, il obtint , par le crédit 
de sa prolectrice , le titre de baron d'Astorga , 
et fut chargé d'une mission près de la cour de 
Parme en 1704. Il y devint l'âme de toutes les 
réunions d'amateurs de musique ; car il était 
excellent chanteur et compositeur de mélodies 
gracieuses et sentim^^ntales. Sa mission terminée, 
il continua de demeurer à Parme, où le retenait 
son amour secret pour la fille du souverain, 
Elisabeth Farnèse. Le duc, ayant pénétré dans 
les sentiments de son hôte, trouva le moyen de 
l'éloigner en lui donnant une lettre de recom- 
mandation pour l'empereur Léopold V^, qui, sé- 
duit par les talents du baron d'Astor-ja, voulut 
l'attacher à sa cour; mais celui-ci ne jouit pas 
longtemps de sa faveur, car son nouvean Mé- 



cène mourut le mai 1705. Le baron d'Astorga 
s'éloigna de Vienne peu de temps après, et mena 
une vie aventureuse, visitant l'Espagne, où il re- 
trouva la faveur de sa bienfaitrice, puisle Portu- 
gal, l'Italie, et enfin l'Angleterre, où il demeura 
deux ans. En 1720, il reparut à Vienne ; mais il y 
resta peu de temps, et se retira dans un couvent »'u 
Bohême,oùilmounit le 21 août 1736 (Voy. YOes- 
lerrcichisc/ies Biograpliisches Lexicon de Ccr- 
niann, t. 1, p. 278.) Parmi ses nombreuses com- 
positions, on ne peut citer que les suivantes : 1" 
Slabat Mater, qui fut exécuté à Oxford en 1713, 
et qui obtint beaucoup d'applaudissements, — 2" 
Dofne, opéra, à Vienne, en 1705. — 3" Cantate 
Quando penso, etc. — 4° Cantate : Torna Aprile. 
— 5° Cantate : In questo cor. Burney loue dans 
ces cantates, qui passent pour être ses meilleu- 
res, la grâce et la simplicité de la composition 

6" Cantate : Clorinda, s' io Vamai, etc. — 1" 
Cantate : Palpitar già senlo il cor. Reichardt 
possédait quelques morceaux inédits de la compo- 
sition d'Astorga. La partition du Slabat Mater, 
à quatre voix et instruments, est en manuscrit à la 
bibliothèque royale de Berlin; on la trouve aussi 
à la bibliothèque impériale de Vienne, avec 
celle de la pastorale de Dafne, dans le fonds 
de Kiesewetter. La collection de l'abbé Santini, 
à Rome, renferme 54 cantates d'Astoiga pour 
soprano et clavecin, 44 idem pour contralto et 
clavecin, et enfin 10 rfMc^^i pour deux soprani. 
Toute cette musique est remarquable par l'origi- 
nalité, le sentiment et l'expression. Je possède 
une collection considérable d'œuvres d'Astorga. 

ASTRUA (Jeanne ) , excellente cantatrice, 
née à Graglia, près de Verceil , en 1730. Graun, 
qui l'entendit par hasard dans un voyage qu'il 
fit en Italie en 1745, fut frappé de la beauté de 
sa voix, et se chargea de son éducation vocale; 
car il était lui-même bon chanteur. 11 la fit dé- 
buter, le 3 août 1747, dans une pastorale composée 
par le roi de Prusse Frédéric II , laquelle avait 
pour titre II Repastore, et qui fut rcpré-senlée 
à Charlottenbourg. En 1750 elle obtint un congé 
pour aller à Turin , et dans la même année elle 
chanta avec un brillant succès, aux noces de 
Victor-Amédée, le rôle de prima donna dans l'o- 
péra de£a Vittoria d'Imeneo. Elle retourna en- 
suite au service de la cour de Berlin , qu'elle ne 
quitta que pour revenir à Turin, où elle est morte 
en 1792, à l'âge de soixante-deux ans. 

ATHÉLARD ou ATHELHARD, moine 
bénédictin de Bath, en Angleterre, vivait sons le 
règne de Henri I, vers 1200. Il eut, pour le 
temps oii il vécut, des connaissances étendues ,- 
qu'il augmenta par ses voyages, non-seulement 
en Europe, mais en Egypte et en Arabie. Il 



160 



ATHÉLARD — 



écrivit un traité des sept arts libéraux, qui com- 
prenaient la grammaire, la rhétorique, la dialec- 
tique, la musique, l'aritlimétique, la géométrie 
et l'astronomie. Ayant appris l'arabe, il traduisit 
de cette langue en latin le Traité de géométrie 
d'Euclide, connu sous le nom d'Élémens, et 
non les Éléments harinoniques de cet auteur , 
comme La Borde (Essai sur la mus., t. III, p. 
567),Forkel (Allgem. Litter. dermusik, p. 488) 
et les auteurs du Dictionnaire historique des Mu- 
siciens (Paris, 1810) ledisent. Les bibliothèques 
des collèges du Christ et de la Trinité à Oxford 
possèdent les manuscrits des ouvrages d'Athélard. 

ATHÉiVÉE, grammairien grec, naquit à 
Naucratis en Egypte, vers l'an 160 de l'ère vul- 
gaire , sous le règne de Marc-Aurèle : U vivait 
encore sous celui d'Alexandre-Sévère, l'an 228 : 
c'est tout ce qu'on sait des particularités de sa 
vie. On doit à Alhénée une compilation qui a 
pour titre : les Deipnosophistes ou le Banquet 
des Savants; elle nous est parvenue presque 
complète, à l'exception des deux premiers livres, 
que nous n'avons qu'en abrégé. Cet ouvrage est 
précieux par les renseignements qu'il fournit sur 
une multitude d'objets de l'antiquité, particulière- 
ment sur l'histoire de la musique des Grecs, les 
écrivains qui ont traité de cet art, les instruments, 
leur usage, les chansons, etc. 11 est divisé en 
quinze livres. Dans le premier, il est traité de la 
musique et des chansons dans les festins; le 
quatrième contient des renseignements sur quel- 
ques instruments de musique; le quatorzième 
traite des joueurs de flûte, des chansons, de l'u- 
tilité de la musique et de la danse , des instru- 
ments de tout genre. 

Les manuscrits d'Athénée sont en petit nombre, 
ce qui est d'autant plus fâcheux que le texte a 
été considérablement altéré dans ceux que nous 
possédons : de là vient que, malgré les travaux de 
quelques savants , nous ne possédons pas encore 
une édition d'Athénée qui soit complètement 
satisfaisante; la meilleure est celle qui a été 
donnée par Jean Scliweighaeuser, sous ce titre : 
Atheneei Deipnosophistx a codicibus manus- 
cripti emendavil, etc., Strasbourg, 1801-1807, 
14 vol. in-S". On peut cependant consulter aussi 
ôvec fruit l'édition donnée parCasaubon en deux 
volumes in-fol. Les cinq premiers volumes de l'é- 
dition deSehweighœuser contiennent le texte grec 
et la version latine ; les neuf autres renferment 
les notes et les tables. Parmi ces notes, celles du 
quatrième et du quatorzième livres sont intéres- 
santes pour l'histoire de la musique. L'abbé de 
Marolles, qui n'entendait pas le grec, a donné 
une mauvaise traduction française d'Athénée , 
d'après la version latine, Paris, 1680, in-4''. 



ATÏAIGNANT 

Lefebvre de Yillebrune en a publié une autre en 
5 volumes in-4° (Paris, 1785-1787) : celle-ci est 
peu estimée des savants. En ce qui concerne la 
musique, il est évident que le traducteur ne sai- 
sissait pas toujours le sens du texte original. 

ATI S. Voy. ATYS. 

AÏTAIGIXAKT eu ATTAINGNANT (Pier- 
re), imprimeurdeParisdans le seizième siècle, pa- 
raîtavoir été le premier qui ait imprimé dans cette 
vil'e de la musique avec des caractères mobiles. 
Ceux dont on se servait avaient été gravés par 
Pierre Hautin, graveur, fondeur et imprimeur 
de Paris, qui en fit les premiers poinçons 
en 1525. Pierre Attaignant paraît en avoir fait 
l'essai dans le, premier livre de motets à quatre 
et cinq voix de divers auteurs qu'il pubba 
en 1527, in-8° oblong, avec des lettres gothi- 
ques. Dix-neuf autres livres de cette collection 
parurent à des époques plus ou moins éloignées, 
jusqu'en 1536. Leur collection forme cinq vo- 
lumes. C'est un recueil précieux pour l'histoire 
de la musique française : on y trouve des compo- 
sitions de maistre Gosse, Mcolas Gombert, 
Claudin , Hesdin , Consilium, Certon, Rousée, 
Mouton, Holtinet, A. Mornable, G. le Roy, 
Manchicourt, Guillaume [le Heurteur, Vermont 
l'aîné, Richalort, M. Lasson , l'Héritier, Lupi, 

Lebrun, Wyllart, Feuin, l'Enfant, Moulu,, Ver- 
delot, G. Louvet, Divitis, Jacquet, De La 

Page, Longueval, Gascogne, Briant et Passereau. 
( Voy. ces noms. ) Le titre de chaque livre varie 
en raison de son objet. Par exemple le sep- 
tième livre, qui contient vingt-quatre motets 
pour le dimanche de l'Avent, la Nativité, etc., 
a pour titre : Musicales motetlos quatuor, 
quinque et sex vocum modulos Dominici a.d- 
ventûs, nativitatisque ejus , ac sanctorum 
eo tempore occurrentiuni habet. Parisiis, in 
vico Citbarœ, apud Petrum Attaingnant (aux 
autres livres, Attaignant, excepté au onzième 
où il y a aussi Attaingnant ) musice calcogra- 
phum prope sanctorum Cosmi et Damiaui 
templum, cum gratia et privilegio chris- 
tianissimi Francorum Régis. Le titre du hui- 
tième livre est : XX musicales motettos qua- 
tuor, quinque vel sex vocum modulos habet. 
Mense decembri 1534, Parisiis, etc. Onze 
livres de chansons françaises à quatre parties, 
par les mêmes auteurs , ont été aussi publiés à 
la même époque par Pierre Attaignant, en 4 vol. 
in-8°obl. Le premier livre est daté de 1530; mais 
ce doit être une réimpression, car, dans l'exem- 
plaire qui est à la Bibliothèque impériale de Paris 
( n° 2689, in-8° V ) , le neuvième livre porte la 
date de 1529, et le cinquième est de 1528. Les li- 
vres 2*= , 3*, 4% 6* et 8' ne sont pa5 datés. Voici 



ATTAIGNANT — ATTWOOD 



IGI 



le titre du cinquième livre : Trente et quatre 
chansoîis musicales à qtialre parties impri- 
mées à Paris le XXIII^jour de janvier mil. 
V. C. XXVIlIpar Pierre Attaignant , demeu- 
rant en la rue de la Harpe près l'église Sainct 
Cosme , desquelles la table sensuyt. Les noms 
des auteurs de ces ciiansons ne se trouvent ni 
dans ce livre , ni dans les deuxième, quatrième, 
sixième, liuitième et neuvième. Le onzième 
livre ne contient que des chansons de Clément 
Jannequin; en voici le titre : Chansons de 
Maistre Clément Jannequin, nouvellement 
et correctement imprimées à Paris par 
Pierre Atteignant (sic) ; demourant à la rue 
de la Harpe devant le bout de la rue des Ma- 
thurins près de Véglise de Sainct Cosme (sans 
ilate). Les chansons contenues dans ce recueil 
sont des pièces plus développées que les antres; 
ce sont : 1° Le Chant des Oyseaux ( Réveillez- 
vous). — 2" La Guerre (Écoustez, écouslez). — 3° 
La Chasse (Gentilz veneurs). — 4° L'Alouette. — 
Or sus, or sus); — 5° Las povre cœur (Y.Jan- 
neqxtin ). II y a aussi deux recueils de motets à 
quatre et cinq parties imprimés par Attaignant, 
et qui sont de ceux qui ont été cités précédem- 
ment. Le premier, sans date et sans nom d'au- 
teurs, a pour titre : Motetz nouvellement im- 
primes à Paris par Pierre Attaignant, de- 
meurant à la rue de la Harpe près St. Cosme; 
le second intitulé : A7/ motetz à quatre et 
cinq voix coviposés par les autlieurs cy des- 
noubz escripts , naguères imprimés à Paris 
par l'ierre Attaignant, demourant à la rue 
de la Harpe près deVéglise de Sainct Cosme. 
Ce recueil, daté des calendes d'octohre lô29, 
contient des compositions de Gombert , de 
Claudin {Claude de Sermisy. V. ce nom ) , de 
Du Croc, de Mouton, de Dorle et de Deslouges. 
11 est remarquable que l'imprimeur dont il 
s'agit dans cet article a orthographié son nom 
de diverses manières; sur ses recueils on trouve 
Attaignant , Attaingnant et Atteignant. Ce 
peu d'exactitude dans l'orthographe des noms 
s'est reproduit depuis le moyen âge jusqu'au 
commencement du dix-septième siècle. 

Attaignant imprimait encore en 1543 , car il a 
publié dans cette année un Livre de danceries 
à six parties, par Consilium, l vol. in-4"ol)l.; 
mais il avait ces.sé de vivre en 155C, car à 
cette époque ce fut sa veuve (jui publia plu- 
sieurs livres de pièces de violes à cinq parties , 
par Gervaise ( Voy. ce nom ). 

Les caractères de musique des éditions d'At- 
taignant ont assez de nelteté ; mais ils n'ont pas 
l'élégance de ceux dont se servirent à peu près 
de son temps Adrien Le Roy et Robert BalLird; 

lilOGR. UiMV. DES .lltSICIE.NS. — T. I. 



ceux-ci avaient été gravés, en 1.^40, par Guil- 
laume Le Dé, graveur, londeur et imprimeur 
à Paris (Voy. Le Bé). Les livres de musique 
imprimés par Attaignant sont d'une rareté ex- 
cessive. 

ATTEY (JEA>), amateur de musique à Lon- 
dres, au commencement du dix- septième siècle, a 
publié : The first book of ayrcs of four parts 
with tablature for the Lute, sa mode that 
ail the paris may be plaid together with 
the Iule, or one voyce with the Lute and 
bass viol. Londres, 1622 , in-fol. ( Premier livre 
d'airs à quatre voix en tablature de luth ; de 
telle sorte que toutes les parties peuvent être 
exécutées ensemble avec le luth , ou chantée» 
par une voix avec accompagnement de luth 
et de basse de viole.) 

ATTWOOD (THOMAS), compositeur an- 
glais, fils d'un charbonnier, naquiten 1767. Al'àge 
de neuf ans, il entra comme enfant de chœur à la 
chapelle royale, et commença son éducation 
musicale sous le docteur Nares et sous son suc- 
cesseur le docteur Ayrton. Après avoir passé 
cinq ans dans cette école, il eut occasion de 
chanter devant le prince de Galles, qui le prit 
sous sa protection, et l'envoya étudier à Naples 
la compositon et le chant. Ses maîtres furent 
Philippe Cinque et Latilla. De Naples il alla à 
Vienne, où il reçut dit-on, des conseils et des 
leçons de Mozart, jusqu'en 1786. De retour en 
Angleterre, il fut attaché à la musique parti- 
culière du prince de Galles, puis devint maître 
de musique de la duchesse d'York et de la 
princesîie de Galles. En 1795, Altwood suc- 
céda à Jones dans l'emploi d'organiste de Saint- 
Paul , et en 1796 il obtint la place de composi- 
teur de la chapelle royale , en remplacement de 
D. Dupuis, décédé. Enlin, il a été admis en 182t 
comme membre de la chapelle particulière du 
Roi , à Brighton. 

Parmi les nombreux opéras qu'il a écrits 
pour le théâtre, les jdus connus sont ceux-ci : 
lo Prisoner ( le Prisonnier) , à Drury-Lane, 
en 1792 . —2° AdoptedChild {VEnfant adoptif) 
ibid., 1793. — 3° Caernavoncust le (leChàteiu 
de Caernavon) , Hay-Market, 1793. — 4° Poor 
Sailor (le pauvre Matelot), Covent-Garden, 
1795. — 5° the Smugglers ( les Contrebandiers ), 
Drury-Lane, 1796, — 6" Mouth of the Nile 
(l'Embouchure du Nil), Covent-Garden 1798. — 7° 
A Day at Rome ( un Jour à Rome ), divertisse- 
ment, Covent-Garden, 1798. — 8° C asile of 
Sorento (le Château de Sorento), op. com., Hay- 
Market, 1799. — 9" Magic Oak ( le Chêne ma- 
gique), pantomime , Covent-Garden , 1799. — 
10° Old Clothes-Man (le vieux Marchand d'Ha- 
ll 



Ifi2 



ATTVVOOD — AUBER 



bits), inlermècfe, idem, 1799.— 11° Red-Croas 
Knights (les Chevaliers de la Croix-Rouge), Hay- 
Mailiet, 1799. — 12" S. David's day (le Jour de 
Saint-David), farce, 1800. — 13° True Friends 
( les vrais Amis), à Covent-Garden , 1800. Outre 
ces ouvrages, Attwood a composé plusieurs 
(Eiivres de sonates pour piano , et des leçons pro- 
gressives pour cet instrument, qui ont été gra- 
vées chez eiementi , à Londres. Il a écrit aussi 
heaucoup de musique d'église pour le service 
'de la chapelle royale, et notamment l'antienne 
avec chœup et orchestre pour le couronnement 
du roi Georges IV , qui est d'une beauté remar- 
quable. Attwood se distingue entre les mu- 
siciens anglais par un style |)lein de goût et de 
pureté; sa mustque a de la l<)rce , de l'expres- 
sion et de l'effet. Il est fâcheux que le sol de 
l'Angleterre soit si peu favorable .i la musique , 
qu'un artiste si distingué soit ohligé de renoncer 
à la carrière de gloire qu'il aurait pu parcourir, 
pour se livrer uniquement à l'enseignement. 

ATYS, ou ATÏS ( ...), créole, né à Saint- 
Domingue, vers 1715, suivant La Borde (Essai 
sur la Musique , t. III, p. 493), fut un llù- 
liste distingué qui se fixa en France. Une af- 
faire qu'il eut en Autriche l'obligea de se battre; 
il reçut une balle dans le menton, et cet acci- 
dent altéra sensiblement son embouchure. De 
retour à Paris, il s'y livra à l'enseignement, et 
composa beaucoup de sonates, duos, trios et 
quatuors pour la llûte. On trouve de lui , en 
manuscrit, à la Bibliothèque impériale de Paris, 
un œuvre de six sonates pour deux flûtes , 
en forme de conversation. Suivant M. Ber- 
mann (Oesterreic/i. Eiograph. Lexikon, t. I, 
|). 287 ), la date précise de la naissance d'Atis se- 
rait le 18 avril 1715; il aurait été à Vienne 
en 1760; et il serait mort le 8 août 1784. M. Ber- 
mann sait les dates d'une manière effrayante. 

ATZE (FKÉDÉurc), musicien né en Alle- 
magne, était organi-ste à Breslau vers 1815; 
depuis lors il a quitté cette ville pour aller en 
Russie, où il était encore en 1833. AIze est im 
artiste distingué comme organiste et comme pia- 
niste; il a fait admirer partout la délicatesse et 
la précision de son jeu. On a de lui : 1" Polo- 
naise pour le piano , Leipsick , Hofmeisler. — 
2" Duo pour piano et violon, œuvre 2. — 3^ Po- 
lonaise pour le piano, œuvre 9, Berlin, Forster. — 
4° Grande polonaise, dédiée à M™* Amalie Ko- 
refpa, Breslau, Forster etHoffinan, œuvre 10. — 
5° Pot-pourri pour le piano, œuvre 11, ibid. 

AUBER ( D,vniel-Fra.nçois-Espkit ) , né à 
Caen. le 29 janvier 1782 (I) dans un voyage que 

(Il Cette date m'a été donnée en inio par le père du cé- 
lèbre compositeur, 3r l'époque de mes premières recher- 



ses parents firent en celte ville, est fils d'un mar- 
chand d'estampes de Paris, dont la situation était 
aisée. Sa famille était originaire de la Norman- 
die. Doué des plus heureuses dispositions pour 
la musique, Auber étudia d'abord cet art comme 
un objet d'agrément. Après avoir appris à jouer 
dn piano sous la direction de Ladurner, il fat 
envoyé à Londres pour y apprendre la profession 
d'u commerce; mais bientôt, dégoûté d'un état 
pour lequel il ne se sentait point né, il revint à 
Paris. Accueilli dans le monde avec plaisir à 
cause de son talent et de son esprit, il commençât 
à se faire connaître par de petites composition.s 
telles que des romances -. quelques-unes de celles- 
ci eurent un succès de vogue. Un trio pour 
piano, violon et violoncelle, qu'il pubïïa vers le 
même temps à Paris, fit voir qu'il pouvait traiter 
avec talent la musique instrumentale. D'autres 
ouvrages plus considérables vinrent bientôt aug- 
menter sa réputation parmi les artistes. Il était 
lié d'amitié avec le célèbre violoncelliste Lamare - 
Celui-ci avait un style tout particulier dans sa 
manière déjouer de la basse, et il désirait le pro- 
pager par un genre de musique qui lui fût propre; 
mais, par une singularité qu'Userait difficile d'ex- 
pliquer, il n'avait pas ime idée mélodique ni un 
trait dans la tète qu'on pût employer dans un 
morceau de musique. A sa prière, Auber écrivit 
tous les concertos de basse qui ont paru sous \e 
nom de ce virtuose, et môme quelques autres 
qui sont restés en manuscrit. Le public croyait 
que ces concertos étaient de Lamare , mais tous 
les artistes savaient qu'ils étaient dus au talent 
d'Auber. Le caractère original de cette musique 
produisit tme assez vive sensation dans le monde, 
et l'on prévit dès lors que le jeune compositeur 
à qui on la devait se ferait un jour une brillante 
réputation. Vers le même temps, Auber écrivit 
un concerto de violon qui fut exécuté au Con- 
servatoire de musique de Paris par Mazas, et 
qui obtint un brillant .succès. 

Le désir de travailler pour le théâtre lui avait 
déjà fait remettre en musique l'ancien opéra co- 
mique intitulé Julie, avec accompagnement de 
deux violons, deux altos, violoncelle et contre- 
basse. Cet ouvrage, qui renfermait plusieurs 
morceaux charmants, fut réprésenté surun théâtre 
d'amateurs à Paris, et reçut beaucoup d'applau- 
dissements. Peu de temps après, Auber écrivit 
pour le petit théâtre de M. de Caraman, prince 
de Chimay, un autre opéra avec orchestre com- 
plet, dont il a tiré depuis lors plusieurs mor- 
ceaux pour ses autres ouvrages. 

ches pour la Biographie universelle des vuisiciens. Tou» 
les recueils Mographiqucsdonort celle du S9 janvier i7s<i. 



AUBER 



163 



Malgré ces succès, qui jusqu'alors avaient été 
renfermés dans le cercle d'un certain monde 
d'artistes et d'amateurs, Auber s'apercevait que 
ses études musicales avaient été incomplètes, et 
que le savoir lui manquait dans l'art d'écrire : 
il voulut aciiever son éducation sous ce rap- 
port, et se livra à des travaux sérieux sous la 
direction de Clierubini. Ces études terminées, il 
écrivit une messe à quatre voix, dont il a tiré 
la prière de son opéra de la Muette de Por- 
tici. En 1813, il fit son début en public par 
un opéra en un acte qu'il fit représenter au 
théâtre Feydeau sous le titre du Séjour mili- 
taire. Cet ouvrage ne justifia pas les espé- 
rances que les premiers essais d'Auber avaient 
(ait naître; on n'y trouvait rien de la grâce et 
de l'originalité d'idées qui avaient fait applaudir 
ses premières productions, et qui plus tard lui 
ont acquis une si belle et si juste renommée. 
Un repos de plusieurs années suivit cet échec, 
et le com|)Ositeur semblait avoir renoncé à une 
carrière où l'attendaient de brillants succès , 
lorsqu'un dérangement de fortune et la mort du 
père d'Auber obligèrent celui-ci à chercher des 
ressources pour son existence dans l'exerciced'un 
art qui n'avait été pour lui jusqu'alors qu'un 
délassement. En 1819, il fit représenter à l'Opéra- 
CQm\(\»&h&Tcstament elles Billets doux, opéra 
en un acte. Cet ouvrage fut moins heureux en- 
core que ne l'avait été le premier essai public 
des talents d'Auber. Déjà l'on accusait de par- 
tialité et de jugements de coterie les éloges qui 
lui avaient été prodigués ; mais bientôt le com- 
positeur se releva par La Bergère châtelaine, 
opéra en trois actes qui fut joué au môme 
théâtre dans les premiers mois de 1820. Des idées 
originales, de la mélodie, une instrumentation 
élégante et des intentions dramatiq ues distinguent 
cet ouvrage, qui obtint un succès complet, et 
qu'on peut considérer comme le premier fon- 
dement de la brillante réputation de son auteur. 
Emma, ou la Promesse imprudente, o'^érà en 
trois actes, joué en 1821, continua ce que la 
Bergère châtelaine avait commencé, et dès lors 
Auber ne connut plus que des succès. 

Ce fut alors qu'il eut le bonheur de se lier 
d'amitié avec Scribe, et que tous deux unirent 
leurs esprits, si parfaitement analogues, leur ma- 
nière de sentir, et leur instinct delà scène., dans 
une multitude d'ouvrages charmants que le suc- 
cèscouronua. Jamais associationd'auteurs ne fut 
plus heureuse. Leicester, la Neige, le Concert' à 
la Cour, Léocadie, le Maçon, Fiorella, la 
Fiancée, Fra Diavolo, la Muette de Pvrtici, le 
Philtre, et vingt autres ouvrages devenus populai- 
res, onl été les fruits de celte association des deux 



talents les plus fins delà scène française , pen- 
dant l'espace de t renie ans. Parmi ces ouvrages 
La Muette de Portici a été considérée comme 
le chef-d'œuvre du compositeur; la postérité 
sanctionnera sans doute ce jugement; car la 
variété de style , le charme des mélodies et l'ex- 
pression dramatique qui distinguent cet opéra 
en font une des plus belles productions musicales 
de notre époque. Membre de l'Institut de France, 
dans la section de musique de l'Académie des 
beaux-arts , et associé de plusieurs autres aca- 
démies, Auber a été maître de chapelle du 
roi Louis-Philippe : il occupe aujourd'hui la 
même position à la cour de l'Empereur des 
Français. Après la retraite de Cherubini , il lui a 
succédé comme directeur du Conservatoire de 
musique de Paris. Commandeur de la Légion 
d'honneur, officier de l'ordre belge de Léopold , 
et décoré de plusieurs autres ordres, Auber a vu 
récompenser par tons les honneurs qu'il pouvait 
désirer, ainsi que par les faveurs de la fortune, 
les succès obtenus par son talent. La liste des ou- 
vrages dramatiques de ce compositeur se forme 
de cette manière : 1° Le Séjour militaire, 1 acte 
( 1813). — 2°ie Testament et les Billets doux, 
(acte (1819). — 3" Z,a Bergère châtelaine, 

3 actes ( 1820). — 4° Emma, ou la Promesse im- 
prudente , 3 actes ( 1 82 1 ). — 5° Leicester, 3 actes 
(1822). — G° La Neige, ou le nouvel Éginhard 

4 actes (1823), tous à rOpéra-Comique. — 7" Ven- 
dôme en Espagne, en 1 acte , en collaboration 
avec Hérold , à l'Opéra , à l'occasion du retour 
du duc d'Angouléme à Paris, après la campagne 
d'Espagne, en 1823. — &" Les Trois Genres, 1 acte 
en collaboration a%'ec Boïeldieu, pour l'ouverture 
du théâtre de l'Odéon ( 1824). — 9° Le Concert 
à la cour, 1 acte ( 1824) . à l'Opéra-Comique. — 
10" ZéocarfJe, 3 actes ( 1824), idem. — i 1° Le Ma- 
çon, 3 actes ( 1825 ), idem. — 12" £e Timide , i 
acte(1826),irfe?rt. — 13 °Fiore/Za, 3 actes ( (S26), 
idem. — 14° Za Muette de Portici, 5 actes (1 82S), 
à l'Opéra. — 15° La Fiancée, 3 actes ( 1829), à 
l'Opéra-Comique. — 16° Fra Diavolo , 3 actes 
(1830), idem. — 17° Le Dieu et la Bayadère, 
1 actes (1830). à l'Opéra. — IS" La Marquise de 
Brinvilliers, 3 actes (1831), à l'Opéra-Comique, 
en collaboration avec Batton, Berton , Blangini, 
Boïeldieu, Carafa, Cherubini, Hérold et Paër. — 
19° Z,e Philtre, 2 actes (1831), à l'Opéra.— 
20° Le Serment, 3 actes (1832), idem. — 21» Gz«- 
tave III, 5 actes ( 1833), idem. — 22° Lestocq, 3 
actes ( 1 834), à l'Opéra-Comique . — 23° ie Cheval 
de bronze, 3 actes (1835), idem. — 24° Actéon, 
1 acte ( 1836 ),ide»i.— 25° Les Chaperons blancs, 
3 actes (1836), idem. — 26° L'Ambassadrice-, 3 
actes (1836)jdeni. — 27° Le Domino «ojr, 3 actes, 

11. 



1G4 



AUBER — AUBERLEN 



(tSSllidein.—lS" Le Fmc des Fées, 5acles{\?,39) 
à rOpéra. — 29' Zanetta, 3 actes (1840), à l'Opéra- 
Comique. — 30° Les Diamants de la couronne, 
3 actes (f 841), idpm.~3l° Le Duc d'Olonne , 
3 actes( 1842), idem. — 32° La Part du Diable, 
3 actes (1843), idem. — 33° La Sirène, 3 actes 
(1844), idetn. — 34» La Barcarolle, Bâcles 
(1845), idem.— 35° Baydée, 3 actes (1847), 
idem. —36° V Enfant prodigue, 5actes (1850), 
à l'Opéra. — 37° Zerline,ou la Corbeille d'à- 
ranges, 3 actes (1851), idem. — 2?>° Marco - 
Spada, 3ac.tes (1852), à l'Opéra Comique — 39° 
Jennij Bell, 3 actes ( 1855), idem. — 40° Manon 
Lescaut, 3 actes {\%h%),idem. Pour l'opéra inti- 
tulé, La marquise de Brinvilliers, dont la mu- 
sique était de plusieurs auteurs, Auber a écrit 
un duo au troisième acte qui est un chef-d'œuvre 
d'esprit scénique. 

AUBERLEIV (Samuel-Gottlob), directeur 
de musique et organiste de la cathédrale d'Ulm 
naquit le 23 novembre 1758, à Fellbach , près 
de Stuttgani , où son père était instituteur. Ijien 
que la vie des artistes soit souvent agitée, il est 
peu d'entre eux qui aient connu le malheur 
comme Auberlen et (jui aient langui dans un état 
misérable aussi longtemps que lui. Sa vie écrite 
par luimôme offre un tableau toncliant des Iri- 
liiiiations auxquelles il fut en butte, et du cou- 
rage qu'il mit à combattre la mauvaise fortune. 
Cet ouvrage a été publié à Ulm, en 1824, sous 
ce titre : Sanuiel Gottlob Aubcrlen's Musik- 
direlilor und Organisten avi Munster in 
Ulm, etc., Lehen , Meinungen und Schiksale 
von ihm sclbst beschrieben (Vie, opinions et 
aventures de Samuel Gottlob Auberlen , etc., un 
volume in -8° de 248 pages). On y trouve pres- 
que l'intérêt du roman : l'auteur s'y montre 
artiste, et il y a de la poésie dans son style. J'ai 
tiré de son livre tout ce qui, dans cet article, 
concerne sa personne et ses ouvrages. 

Le père d'Auberlen lui enseigna les premiers 
éléments de la musique. A l'âge de huit ans , il 
.se mit à apprendre seul à jouer du violon, du 
piano et du violoncelle; mais ses parents le des- 
tinaient à être instituteur et organiste , et tout 
ce qui pouvait le détourner de ces professions 
lui était interdit. Lorsqu'il eut atteint sa quator- 
zième année, il dut aider son père dans .ses le- 
çons ; mais so;î pencbantdficidé pour la musique 
lui inspirait du dégoût pour l'état auquel on le 
destinait. Vers ce môme tem[)S , le violiniste Kenz 
le prit en amitié et lui donna des leçons de son 
instrument : ces leçons et les représentations de 
l'Opéra de Stuttgard , où on lui avait permis de se 
rendie quelquefois , développèrent ses heureuses 
dispositions pour l'art musical. Les amateurs de 



musique de Canstatl lui fournirent l'occasion 
d'entendre de bonne musique et de former son 
goût, car il y faisait sa partie dans les sympho- 
nies et les autres belles productions de Haydn et 
des grands maîtres de cette époque. Celte cir- 
constance lui procura la connaissance d'Enslen, 
virtuose de la chambre du duc à Sluttgard, qui 
lui donna des leçons de violon. A l'âge de vingt 
ans il se rendit à JMurrbardt comme précepteur 
dans une maison |)articulière. Ce fut là qu'il écri- 
vit .son premier air : il le fit exécuter à l'église 
par un de ses élèves. 

Après deux années de séjour dans cet endroit, 
il retourna chez son père; mais il y demeura peu 
de temps , parce qu'il obtint la permission d'aller 
à Zurich pour y terminer ses études musicales. 
11 partit pour cette ville en 1782, et il y trouva 
le violoniste Henri Ritter, qui lui donna <les 
leçons. Une maladie qui conduisit son père au 
tombeau le rappela à Fellbach, où on espérait le 
fixer comme instituteur; mais il résista à toutes 
les instances qui lui furent faites à ce sujet, et 
le l^"' juillet 1784, il retourna à Zurich. Il avait 
alors vingt-six ans. Dans la même année il épousa 
une jeune fille qui , ainsi que lui , ne possédait 
rien. Il crut pouvoir subvenir aux dépenses oc- 
casionées par sa nouvelle position au moyen de 
concerts ; il se mit à voyager et visita Saint-Gall, 
Constance, Ravensbourg, Lindau et quelques 
autres villes. Une maladie de .sa femme ne lui 
permit pas d'aller jusqu'à Augsbourg et Munich, 
comme il en avait le projet. Il retourna donc à 
Zurich, dont le séjour ne lui fut pas favorable, 
car il y trouva peu d'élèves, et bientôt il eut des 
dettes qui l'obligèrent à solliciter une place dans 
la chapelle de Stuttgard. On ne lui offrit que celle 
de surnuméraire : il l'accepta dans l'espoir d'un 
prochain avancement; mais l'avantage le plus 
réel qu'il relira de sa translation dans cette ville 
fut d'y recevoir des leçons de composition de 
Poli , maître de chapelle du duc. Malheureuse- 
ment il n'en profita pas longtemps, car ne tou- 
chant aucun traitement, et n'ayant qu'un petit 
nombre d'élèves, il ne put subvenir aux besoins 
de sa famille. Sa situation devint telle, qu'il se 
vit obligé d'abandonner à ses créanciers le peu 
qu'il possédait, et de quitter Stuttgard à pied, 
sans vêtements, sans linge, sans argent , emme- 
nant avec lui sa femme et son fils, qui tous deux 
étaient malades Auberlen peint d'un style pathé- 
tique les scènes de désespoir qu'il y eut entre lui, 
sa femme et son enfant, après ce départ précipité. 

Il vécut quelque temps dans une misère pro- 
fonde, sans pouvoir trouver d'emploi utile pour 
■ses talents; enfin une place fort peu lucrative de 
directeur de musique à Zoflngen se présenta, et 



AUBERLEN — AUBERT 



165 



il en prit possession au mois de janvier 1791. A 
son mince traitement, il joignit le produit de 
quelques leçons de piano et de plusieurs mor- 
ceaux d'harmonie pour clarinettes, flûtes, bas- 
sons, cors et trompettes , qu'il écrivit pour une 
société d'amateurs. Ces morceaux eurent du 
succès et furent cause qu'on lui demanda trois 
symphonies à grand orchestre pour la même so- 
ciété. Ces dernières compositions tiennent le pre- 
mier rang parmi ses ouvrages. 

Après neuf mois de séjour à Zofingen, Auber- 
len fut appelé comme directeur de musique à 
Winterthur. Là, il écrivit ses cantates: Éloge 
de la Poésie , Éloge de la Musique , pour 
Vélection d'un bourgmestre, son oratorio la Fête 
des Chrétiens sur Ze Go/r/o^Aa, des airs, des 
duos, des morceaux de musique instrumentale, 
et en 1796, une messe solennelle qui fut consi- 
dérée comme un très-bon ouvrage. L'invasion 
de la Suisse par les armées françaises le priva 
tout à coup de sa place et de ses moyens d'exis- 
tence, après sept années de tranquillité. Il par- 
tit au mois de juin 1798 pour Esslingen, et sa 
vie fut livrée de nouveau aux agitations. Il crut 
trouver un terme à ses maux, lorsqu'au mois de 
mars de l'année 1800, il entra au service de la 
duchesse de Wurtemberg; mais il ne jouit' pas 
longtemps des avantages de cette position , car 
ia duchesse partit pour Vienne lors de l'entrée 
des Français dans le Wurtemberg. L'hiver sui- 
vant une place de professeur de musique au sé- 
minaire de Bebenbausen , près de Tubinge, de- 
vint vacante; quoiqu'elle fût insuffisante pour 
ses besoins, Auberlen l'accepta. Ce poste lui 
fournit l'occasion de travaillera l'amélioration de 
l'état de la musique à Tubinge, et il réussit si 
bien dans ses travaux, que la ville manifesta l'in- 
tention de lui donner un supplément de traite- 
ment; mais il n'en eut jamais rien. Après sept 
ans d'une situation assez misérable dans cette 
ville, il partit le 4 novembre 1807 pour Scbaf- 
fouse , où il venait d'être appelé comme direc- 
teur de musique. Il y trouva de bons amateurs 
dont il augmenta le nombre par ses é!èves. Ces 
ressources lui suggérèrent le projet d'établir de 
grandes fêtes musicales dans la Suisse, et .ses 
efforts furent couronnés par le succès. La pre- 
mière réunion eut lieu à Lucerne, le 27 juin 1808. 
On n'y comptait que quatre-vingt-huit artistes; 
mais tous étaient de bons musiciens, et l'effet de 
la musique répondit aux soins qu'Auberlen avait 
pris pour l'organiser. La seconde fêle fut indi- 
quée pour l'année suivante à Zurich , et la troi- 
sième à Schaffouse. Depuis lors l'association 
des musiciens de la S.uisse a été dans une pros- 
périté toujours croissante. Pour lui donner de 



la consistance, Auberlen fonda, en 1816, une 
école de chant choral, qui a pris ensuite une 
grande extension, et écrivit pour cette institu- 
tion une méthode et des mélodies à quatre voix, 
ainsi que des odes et chants sacrés de Gellert, 
trois cahiers de chants solennels , et plusieurs 
autres recueils de chants à plusieurs voix, qui 
ont été tous imprimés à Schaffouse , en 1816 et 
1817. Déjà, en 1809, il avait établi un théâtre 
d'amateursoù ses élèves jouaient de petits opéras: 
c'est pour ce théâtre qu'il écrivit ie Jour de nais- 
sance d'une 7uère. 

Enfin le moment du repos vint pour Auber- 
len : le 6 juin 1817 i] fut nommé directeur de 
musique et organiste de la cathédrale d'Ulm, 
place honorable et avantageuse qu'il occupait en- 
core en 1824, époque où il écrivit les Mémoires 
de sa vie dont il a été parlé précédemment. 

Outre les ouvrages qui ont été cités, on connaît 
aussi de sa composition : 1° Vingt-quatre chan- 
sons allemandes avec accompagnement de piano, 
Heilbronn , 1799. — 2" Sechs moderne ka- 
racteristische Walzerfûr Clavier (six valses 
pour le clavecin dans le style moderne), V", 2^ 
et 2," recueils, œuvre 7, Augsbourg, 1799. — 3" 
Vingt-quatre allemandes et contredanses pour 
le clavecin, î6id., 1800.— ii" Euterpens Opfer 
am Alfar der Grasien (Offrandes d'Euterpe sur 
l'autel d<;s Grâces), l'^ suite, 1801. — 5" Douze al- 
lemandes pour piano-forté, op. 8,Leipsick. — 6° 
Versuch elner kurzen leichtfasslic/ien Anlei- 
tung zîim vierstimmigen Choralgesang, etc. 
(Essai d'une introduction courte et facile au chant 
choral à quatre voix, etc). Schaffouse, Alexis Ruk, 
in-8°de 63 pages. — 7° Quarante Mélodies chora- 
les à voix d'hommes. Munich, Tidleer, 1834. — 
8° Cinquante chants à deux, trois et quatre voix, 
à l'usage des écoles, en chiffres. Esslingen, Daun- 
cheimer. — 9°. Chants allemands à l'usage des 
étudiants. Ratisbonne, Reitmayer. Auberlen avait 
annoncé, en 1786, la publication d'uu journal de 
musique sous le titre de Porte-Feuille musical : 
il devait renfermer des pièces de chant, de cla- 
vecin , des notices biographiques, des anecdotes 
et des annonces : mais il n'en a rien paru. , 

AUBERT (Jacques), surnommé le Vieux, 
violoniste de la chambre du roi; de l'Opéra et du 
Concert spirituel , entra à l'Académie royale de 
musique, 1727, et fut nommé chef des pre- 
miers violons en 1748, et vers le même temps 
surintendant de la musique du duc de Bourbon. 
Au mois de mai 1752, il se retira de l'Opéra, 
et il mourut à Belleville près de Paris, le 19 
mai 1753, et non en 1748, comme le dit La 
Borde {Essai sur la Musique), ni en 1 758, comme 
raflirment les anlfuvs du Dictionnaire des Mu- 



160 



ATJBERT — AUBÉRY DU BOULLEY 



siciens (Paris, 1810). Aubert a écrit pour l'O- 
péra la musique des ouvrages suivants : 1° La 
Paix triomphante, 1713, ballet non repré- 
senté. — 2° Diane, divertissement, en 1721, en 
société avec Bourgeois. — 3° Le Ballet de vitigt- 
quatre heures, 1722. — 4° La Reine des Péris 
paroles de Fuselier, 1725. — 5° La Fête champêtre 
et guerrière, 1746. 11 reçut 360 livres pour prix 
de la musique de cet ouvrage. On a aussi d'Au- 
bert Le Ballet de Chantilly, cantate in-4° 
obi., Paris, 1728, et trois livres de sonates pour 
le violon, gravées à l*aris ; sans date. 

AUBERT (Louis), fils aîné du précédent , 
né le 15 mai 1720, entra comme violoniste à l'or- 
chestre de l'Opéra, en 1731, à l'âge de onze ans, 
et quelques années après au Concert spirituel. Au 
mois de septembre 1755, il obtint la place de 
chef des premiers violons de l'Opéra, place qu'a- 
vait occupée son père. C'est en cette qualité qu'il 
était suppléant de Chéron pour battre la mesure; 
il conserva cet emploi jusqu'en 1771, époque de 
sa retraite. Il vivait encore en 1798, et jouissait 
d'une pension de 1,000 fr. sur la caisse de l'O- 
péra. Aubert a publié six livres de solos pour le 
violon, six livres de duos, deux concertos , et 
quelques autres ouvrages, tous gravés à Paris, 
sans date. Il a écrit pour l'Opéra : 1° la mu- 
sique d'un pas de deux dans l'acte de VEspa- 
(jne, de V Europe galante, à la reprise de 1755. 
Ce morceau a été inséré dans un livre de sym- 
phonies à quatre parties dédié à la marquise de 
Villeroy et publié en 1756. — 2° la musique d'un 
pas de six, ajouté au dernier acte de Roland, en 
1755. — 3° unechaconnedans4toonHe,en 1756. 

AUBERT (L'Abbé Jean-Louis), frère du pré- 
cédent, né à Paris, le 15 février 1731, rnorl 
dans la même ville, le 10 novembre 1814, s'est 
fait connaître par quelques ouvrages de littéra- 
ture au nombre desquels se trouve une Réfuta- 
lion suivie et détaillée des principes de M, Rous- 
seau de Genève, touchant la musique fran- 
çaise, adressée à lui-même, en réponse à 
sa lettre; Paris, 1754, in-8°. 

AUBERT (**''), plus connu sous le nom 
i\\Auberti, était violoncelliste à la Comédie ita- 
lienne, et mîurut à Paris, en 1805. 11 a publié-: 
1° Six solos pour violoncelle, op. ; 1. — Paris 2° 
Sit duos pour le môme instrument, op. 2, ibid. 

AUBERT (Pierue-François-Olivier), né à 
A'miens, en 1763 , apprit à la maîtrise de cette 
ville les premiers éléments de la musique, et 
parvint, par son travail et sans le secours d'au- 
cun maître, à jouer fort bien du violoncelle. Étant 
venu à Paris , il entra à l'orchestre de l'Opéra- 
Comique, où il est resté pendant vingt-cinq ans. 
il a publié deux métiiodes de violoncelle, et il 



fut le premier en France qui fit succéder un bon 
livre élémentaire pour cet instrument aux ou- 
vrages insuffisants de Cupis et de ïillière. 11 a de 
plus composé : 1° Trois quatuors pour deux vio- 
lons, alto et basse, op. 1; Zurich, 1796. — 2° Trois 
idem, op. 2. — 3° Trois duos pour deux violon- 
celles, op. 3. — 4° Trois idem, op. 5. — 5'' Trois 
idem, op. 6 . — 6° Trois idem , op. 7. — 7" 
Études pour le violoncelle, suivies de trois duos 
et de trois sonates, op. 8. — 8° Huit livres de 
sonates pour le même instrument. Olivier Au- 
bert a publié une brochure de 44 pages in-12, 
sous ce titre : Histoire abrégée de la mu- 
sique ancienne et moderne, ou Réflexions 
sur ce qu'il y a de plus probable dans les 
écrits qui ont traité ce sujet, Paris, 1827. Dans 
l'introduction de ce petit ouvrage, l'auteur dit 
qu'il n'a pu se décider à garder en portefeuille ce 
fruit de vint-cinq années de recherches et de 
réflexions! C'est beaucoup de temps employé 
pour peu de chose. 

AUBERY (F. Félix), amateur de musique 
à Paris, s'est fait connaître par un livre qui a 
pour titre : Éléments de la Tfiéorie musicale, 
ou Méthode propre à en abréger l'étude. Se- 
conde édition. Paris, Gibus, 1835, in-4°. 

AUBÉRY DU BOULLEY (Prudent- 
Louis ) , né à Verneuil ( département de l'Eure ) , 
le 9 décembre 1796 , eut pour premier maître de 
musique son pire, qui était bon musicien. A 
l'âge de cinq ans il était déjà assez instruit pour 
lire toute espèce de musique à livre ouvert; à 
dix ans il était assez habile sur la flûte et sur le 
cor pour jouer sur ces instruments des concer- 
tos difficiles. Après avoir reçu quelques leçons 
d'harmonie, il écrivit, à l'âge de onze ans, des 
marches et des pas redoublés qui furent exécutés 
par la musique de la ville. En 1808 M. Aubéry du 
Boulley fut envoyé à Paris pour y continuer ses 
études musicales. Il eut d'abord pour professeur 
de composition Momigny ; ensuite Méhul et enfin 
Cherubini perfectionnèrent ses connaissances. 
Le Conservatoire de musique ayant été fermé en 
1815, M. Aubéry du RouUey retourna à Verneuil 
où il se maria. Rempli du plus vif enthousiasme 
pour la musique , il saisissait alors toutes les oc- 
casions de coopéier aux concerts qui étaient 
donnés par les artistes et les amateurs dans les vil- 
les qui environnent Verneuil, telles qu'Évreux, 
Vernon, Dreux, etc. Jusqu'en 1820, la musique 
n'avait été qu'un plaisir pour lui ; mais à cette 
époque, il en fit sa profession. Malgré la multipli- 
cité de ses occupations, il trouvait le temps d'é- 
crire ; c'est ainsi qu'il fit, en 1824, la musique d'un 
opéra intitulé: Les Amants querelleurs, quj 
fut reçu à l'Opéra-Comique , mais dont l'auteyr 



AUBÉRY DU BOULLEY — AUBIGNY 



167 



des paroles relira le livret pour l'arranger en 
vaudeville , qui fut joué sans succès an gymnase. 
M. Aubéry du Boulley écrivit aussi dans le 
même temps beaucoup de musique instrumentale 
qui parut chez différents éditeurs de Paris. 

Une maladie de poitrine dont les symptômes 
étaient graves obligèrent M. Aubéry du Boulley 
à renoncer à l'enseignement de la musique, en 
1827, à se retirer à la campagne ( à Grosbois 
près de Verneuil) et à s'y livrer à l'agriculture. 
La nouvelle direction qu'il venait de donner à sa 
vieneluifitcependant point oublier la musique. Il 
consacra ses loisirs à la rédaction dHine métliode 
d'enseignement qu'il publia en 1830, sous le ti- 
tre de Grammaire musicale. L'organisation 
de la garde rwtionale, dans toute la France, lui 
fournit à cette époque l'occasion de formera Ver- 
neuil un corps de musique militaire de quarante 
musiciens et de ranimer le goût de la popula- 
tion pour l'art musical. L'heureux essai qu'il 
avait fait en cette circonstance de sa méthode 
d'enseignement lui suggéra l'espoir d'en faire une 
application utile jusque dans les moindres villa- 
ges, et le hameau qu'il habite fut le premier où 
il en fit l'essai. Sa persévérance a été couronnée 
par le succès ; des corps de musique de cuivre ou 
d'harmonie ont été successivement organisés à 
Breteuil, Couches, Nonancourt, Damville, dans les 
bourgs de Brezolies et de Ti llères-su r-Eure, et en lin 
dans le petit village de Grosbois, où il y a main- 
tenant une excellente musique composée de deux 
bugles, dix clairons, quatre trombones, un 
buccin , nn ophicléide alto , deux ophicléides 
basses et trois caisses à timbre ; de simples pay- 
sans sont devenus des artistes. C'est un service 
réel rendu à l'art et aux populations que cette 
propagation du goût de la musique et des con- 
naissances qui y sont relatives. 

Les œuvres musicales de M. Aubéry du Boulley 
se composent de sonates pour piano , marches 
et pas redoublés pour le même instrument, oeu- 
vres 1, 4, 6 et 8, Paris, M™* Joly; de six 
quatuors pour piano, violon, flûte et guitare, 
œuvres 56, 66, 72, 74, 80 et 82, Paris, Ri- 
chault; de sept duos pour piano et guitare, 
œuvres 31, 38, 4G, 52, 67, 78 et 81, ibid.;de 
trois trios pour piano , contralto et guitare , 
œuvres 32, 54 et 83, ibid. ; d'un quintetto 
pour flûle, piano, violon, alto et guitare, œuvre 
76 , ibid. ; d'un septuor pour violon , alto, basse, 
flûte, cor, clarinette et guitare, œuvre C9, ibid.; 
d'une grande sérénade pour deux violons, 
alto, basse, flûte, deux clarinettes , deux cors et 
basson , œuvre 48 , ibid. ; d'une collection de 
pièces d'harmonie contenant soixante mor- 
ceaux, publiée en dix livraisons formant les œu- 



vres 45, 47,49, 51, 53, 55, 57, 59, 61 et 63, 
ibid.; d'un recueil d'harmonie composée pour 
être exécutée aux messes militaires, œuvre 
68 , ibid. ; de cinq cahiers de contredanses 
pour piano et guitare, ibid.; de trois recueils 
de contredanses en sons harmoniques pour gui- 
tare seule, ibid. ; de plusieurs œuvres pour 
guitare seule, deux guitares, guitare et flûte 
ou violon, ibid. ; de l'opéra des Amants que- 
relleurs arrangé en quatuor pour flûte , violon , 
alto et basse, et de l'ouverture du même opéra 
à grand orchestre, œuvres 44 et 58, ibid.; de 
beaucoup de romances avec accompagnement 
de piano ou de guitare, Paris , Mme joly, Meis- 
sonnier, Janet et Richault; d'une méthode com- 
plète et simplifiée pour la guitare, œuvre 42, 
Paris, Richault; enfin d'une Grammaire mu- 
sicale, 1 vol. in-S" , imprimée avec les ca- 
ractères de musique de Duverger, Paris , Ri- 
chault. On peut voir l'analyse de cet ouvrage 
dans la 9™^ vol. de la Revue musicale. M. Au- 
béry du Boulley a aussi publié une brochure 
qui a pour titre : Des Associations musicales en 
France , et de la Société philharmonique rlr-. 
l'Eure, de l'Orne et d^ Eure-et-Loir, fondée, 
par P.-L. Aubéry du Boulley, Versailles, 1839, 
in-8°de 8 pages. 

AUBIG!\ Y (D'Engelbrenner d'). Deux sœurs 
de ce nom, filles d'un major au service du prince 
de Kesse-Cassel , se sont fait remarquer par 
leur talent de cantatrices , à Coblence , en 
1790. Elles avaient été dirigées dans leurs études 
par Sales , maître de chapelle de l'électeur de 
Trêves. L'aînée possédait une belle voix de so- 
prano ; la plus jeune (Nina) avait une voix de 
contralto fortement timbrée. Les deux sœurs exé- 
cutèrent en 1790, dans des concerts publics, le Sta- 
bat Mater de Rodewald, et s'y firent vivement 
applaudir. En 1792 elles étaient à Cassel et y 
faisaient l'ornement du concert d'amateurs. A 
cette époque, l'aînée épousa M. Horslig, membre 
du consistoire de Biickebourg; Nina suivit sa 
sœur dans ce lieu , et acheva de perfectionner 
son talent dans la solitude. Elle y vivait heu- 
reuse lorsqu'elle fit , en 1803, la connaissance 
d'une dame qui se faisait passer pour une com- 
tesse anglaise, et qui lui offrit de l'emmener à 
Londres , et de se charger des frais du voyage 
et de son entrelien. Nina d'Aubigny se laissa sé- 
duire et partit avec elle. Mais à peine furent-elles 
arrivées à leur deslination,que la préfendue com- 
tesse avoua qu'elle n'avait aucun droit à porter 
ce titre, et qu'elle était hors d'état d'offrir au- 
cuns secours à sa compagne. Cette déclaration 
était un coup de foudre pour la jeune cantatrice, 
qui se trouvait sans ressource dans uu pays 



168 



AUBIGNY — AUDIFFRET 



ôlranger. Toiilefois, ses talents vinrent la liter 
d'embarras. Elle donna des leçons de chant , 
et finit par s'attacher à une famille riche, en 
qualité d'institutrice. Le chef de cette famille 
était un des principaux agents de la Compagnie 
des Indes; ses affaires l'ohligèrenl à aller s'é- 
tablir à Bombay, et Nina d'Aubigny l'y accom- 
pagna. On ignore ce qu'elle est devenue depuis 
lors. On a sous le nom de cette artiste : 1° Airs 
allemands, italiens et français, Augsbourg, 1797. 
— T Veber das Leben und den Character des 
Pompeo Sales (Sur la vie et le caractère de 
Pompeo Sales) , dans la l"'" année de la Gazette 
musicale de Leipsick, pag. 377-384. — 3" Ueber 
die Anfmerksamkeit , die Jeder dem Saenger 
schuldig ist (Sur l'attention qu'on doit au chan- 
teur ), dans la môme Gazette musicale, 3^6 année, 
pag. 752. — 4° Mein Lieblingswort, Piano (Mon 
mot favori , Piano), ihid., pag. 800. — 5° Bricf 
an Natalia iiber den Gesang, als Befœrderung 
der hxitsUchcn Glûcfiseligkeit des geselligen 
Vcrgnûgens. Ein Handbiich fiir Freunde 
des Gesanges die sich selbst, oder fûrMiit- 
ter und Erziehcrinnen, die ihreZœglinge fiir 
die Kunst bilden wollen ( Lettres à Nafalie 
siu- le chant , considéré comme véhicule du bon- 
heur domestique , etc. ), Leipsick , Voss , 1803, 
gr. in-8° avec 5 planches de musique. Ces let- 
tres, écrites d'im style fort agréable, sont au 
nombre de 31 ; elles contiennent d'excellentes ob- 
servations. On en a publié une seconde édition 
améliorée à Leipsick', en 1824, gr. in-8°. 

AUBIIVS DE SEZAKNE, poète et musi- 
cien français , vivait vers 1260. On trouve deux 
chansons notées de sa composition dans deux 
manuscrits de la Bibliothèque impériale de Paris, 
n°s 65 et 66 , fonds de Cangé. 

ACDEBERT (Pierre) , chantre à dédiant 
( contrapuntiste ) de la chapelle de Jean d'Or- 
léans , depuis 1455 jusqu'en 1467 , aux appoin- 
tements de 24 liv. tournois ( 140 francs 88 cen- 
times ) , suivant un compte de la maison de ce 
prince (Manuscrit de la Bibl. du Roi, F. 540, 
suppl.) 

AUDEFROI LE BATARD, trouvère ar- 
tésien du treizième siècle, dont on trouve une 
chanson notée dans un manuscrit de la Bibliothè- 
que impériale, à Paris, n" C6, fonds de Cangé, et 
seize romances dans un autre manuscrit, coté 7222. 
AUDlBEBT(....),maîtredemusiquede l'A- 
cadémie du Roi, à Lyon, naquit à Aix en Pro- 
vence, au commencement du dix-huitième siècle. 
11 apprit les éléments de la musique comme enfant 
de chœur au chapitre de Saint-Sauveur de sa ville 
natale, et fut, dans cette école, le condisciple de 
l'abbé Blanchard. Son éducation finie, il alla s'éta- 



blir à Toulon , où il fut pensionné du Concert. Il 
parait qu'il ne quitta cette ville que pour prendre 
possession de sa place de maître de musique d» 
l'Académie.Dans une lettre qu'il écrivit au ministre 
d'Argenson, en 1746, on voit qu'il avait sept en- 
fants, que l'aîné de ses fils , âgé de div-sept ans , 
était musicien, et que lui-même faisaitsubsister sa 
famille au moyen des leçons qu'il donnait. Dan.s 
un mémoire, dont il sera parlé tout à l'heure , 
et qui est joint à la lettre déjà citée, il dit aussi 
qu'il est connu par différents ouvrages en plu- 
sieurs genres giûil a donnés au public dans 
les provinces. Cee ouvrages sont depuis long- 
temps tombés dans l'oubli , et le nom d'Audi- 
bert serait aujourd'hui parfaitement inconnu, si 
les recherches de l'auteur de ce Dictionnaire ne 
lui avaient fait découvrir un fait qui recommande 
ce musicien à l'attention des historiens de l'art 
musical. 

Dans un recueil manuscrit qui se trouve à la 
Bibliothèque impériale de Paris, parmi les livres 
imprimés, sous le numéro V, 1840, sont contenus: 
une lettre écrite par Audibert au ministre des af- 
faires étrangères, au mois de février 1746, et 
un mémoire sur un chiffre musical de son inven- 
tion pour l'usage de la diplomatie. Selon lui , ce 
chiffre, dont il donne un exemple dans un mor- 
ceau de quinze portées, devait être à l'abri de 
toute explication par ceux qui n'en posséderaient 
pas le secret; néanmoins son exemple ayant 
été soumis à l'analyse dans les bureaux des 
affaires étrangères, fut déchiffré avec facilité, et 
les éléments de son chiffre furent dégagés mé- 
thodiquement par l'employé chargé de ce travail. 
Sans lui avouer que son secret n'en était plus un, 
le ministre lui répondit qu'il possédait déjà plu- 
sieurs chiffres du môme genre, que ces chiffres 
ne pouvaient être considérés que comme des 
choses curieuses, et qu'on n'en pouvait faire 
usage dans les expéditions habituelles. Dans le 
fait, le grand inconvénient de l'invention d'Au- 
di bert consistait en ce que chaque signe ne re- 
présentait qu'une lettre de l'alphabet, ce qui 
rendait l'opération de la traduction fort longue. 
L'analyse de ce chiffre musical a été donnée 
dans le 26" numéro de la cinquième année de 
la Revue musicale. 

AUDIFFRET (Pierre- H yacinhte -"Jac- 
ques-Jeak-Baptiste), pé à Avignon, le 7 no- 
vembre 1773, fit ses études chez les doctrinaires 
de cette ville et dans la maison du môme ordre, 
à Marseille. Dès son enfance il avait appris la 
musique. Il môla la culture de cet art à ses tra- 
vaux littéraires jusqu'à la fin de sa vie. Atteint 
par la réquisition, en 1792, il fit, comme musi- 
cien de régiment, les campagnes de 1794 et 1795 



AUDIFFRET — AUFSCHNAITER 



IC9 



en Belgique et en Hollande. De retour h Paris à 
la tin de l7t)7, il entra dans les bureaux de son 
père, agent de change à la bourse de cette ville; 
mais son aversion pour les affaires financières 
le décida à les abandonner en 1802. Des intérêts 
de famille l'ayant conduit en Bretagne, il se ma- 
ria a Nantes, et y obtint la place de directeur du 
dépôt de mendicité. Démissionné en 1816, il re- 
vint à Paris, et y eut, en 1820, un emploi au dépar- 
tement des manuscrits de la Bibliothèque royale. 
Audilîret est mort à Montmartre , près Paris , le 
l*^"" juillet 1841, à l'âge de soixante-dix-hnit ans. 
Laborieux écrivain, il a fourni à la Biographie 
universelle des frères Micbaud un grand nom- 
bre d'articles relatifs à l'histoire de l'Orient, et 
à la dernière édition de VArt de vérifier les dates, 
la Chronologie historique des Maures d'Es- 
pagne. On lui doit aussi beaucoup d'autres ou- 
vrages historiques et littéraires qui l'ont fait 
admettre dans la Société asiatique de Paris et 
dans plusieurs académies; mais il n'est cité ici 
que pour la partie de ses travaux qui est relative 
à l'histoire de la musique. Il fut le collaborateur 
de Raguenaud ( Voy. ce nom ) pour les années 
1819-1831 de VAlmanach des Spectacles (Paris, 
Barba, 13 vol. in-18 ), et y a fourni toutes les 
notices biographiques des compositeurs et chan- 
teurs des divers théâtres. 11 a été aussi un des 
coopérateurs de la Biographie universelle et 
portative des Contemporains, dirigée par Rabe 
( Paris, 1S2C-1834, 5 vol. in-8°), et y a fourni 
un grand nombre de notices du même genre 
parmi lesquelles on remarque celles de Grétry 
Méhul, Piccinni , ainsi qu'au Supplément de la 
Biographie universelle de Micbaud. On a aussi 
de sa composition : 6 Romances , avec accom 
pagnement de piano ; Paris, Leduc, 1801. 

AUDIXOÏ ( Nicolas ]MÉD.\RD ), acteur de la 
Comédie italienne, né à Nancy, vers 1730, est 
mort à Paris, le 21 mai 1801. Le 3 janvier 1764, 
il débuta dans les rôles de basse-taille, qu'on ap- 
pelle, dans le langage des coulisses, rôles à ta- 
blier. Ce fut lui qui joua d'origine le Maréchal 
ferrant, de Philidor. Quelques dégoûts qu'il 
éprouva de la part de ses camarades, l'obligèrent 
à se retirer, eu 1767. 11 se rendit alors à Ver- 
.sailles,pour prendre la direction du théâtre de 
cette ville; mais il ne la garda que deux ans, et 
revint à Paris en 1769. Depuis sa retraite, il dé- 
sirait se venger de la Comédie italienne. Pour 
satisfaire ce désir, il loua une loge à la foire 
Saint-Germain , et y plaça des marionnettes ou 
comédiens de bois qui imitaient la tournure et le 
jeu de ses anciens camarades. La nouveauté de 
ce spectacle et la ressemblance des personnages 
piquèrent la curiosité publique; les marionnettes 



attirèrent la foule. Le succès enhardit Audinot 
qui fit bâtir sur le boulevard du temple le Théâ- 
trede l'Ambigu-Comique, dontW fit l'ouverture 
au mois de juillet 17C9,et qui changea .ses ma- 
rionnettes contre des enfants. 11 mit sur le rideau 
cette inscription : Sicut infantes audi nos. Le 
succès de ce nouveau spectacle fut tel,qu'Audi- 
not se vit obligé d'agrandir sa salle en 1772. Ce 
fut alors qu'on commença à y représenter de 
grandes pantomimes, qui ont lait la fortune de 
l'entrepreneur. 

Audinot a composé les paroles et la musique 
du Tonnelier, opéra-comique qui fut représenté 
au Théâtre-Italien, le 28 septembre 1761, et qui 
n'obtint point de succès. Quêtant y ayant fait 
des changements, et Gossec ayant corrigé quel- 
ques défectuosités de la musique, l'ouvrage fut 
remis au théâtre, le 16 mars 1765, et fut dès 
lors vivement applaudi. Audinot fut aussi l'au- 
teur du programme et de la musique d'une pan- 
tomime qui fut jouée avec succès à son théâtre, 
en 1782, sous le titre de Dorothée. 

AUFFM AN ( Joseph - Antoine - Xavier ) , 
maître de chapelle h Kempten, vers le milieu du 
dix-huitième .siècle, a publié trois concertos pour 
l'orgue, sous ce titre : Triplus Concentus har- 
7no?2iCM5, Augsbourg , 1754, in-fol. E. L. Ger- 
ber, et d'après lui les auteurs du Dictionnaire 
historique des Musiciens (Paris, ISIO) sont 
tombés dans une erreur singulière sur ce musi- 
cien : ils en ont fait un maître de chapelle du 
prince Campidon , parce qu'on lit au titre de 
son ouvrage : Pr. Campidon. Music. Chor. 
Procf. Campidona est le nom latin de Kempten. 

AUFSCHNAITER ( Benoit - Antoine ), 
maître de chapelle à Passaw , vers la fin du dix- 
septième siècle et au commencement du dix- 
huitième, a publié : 1° Concors discordia, 
imprimé à Nuremberg, en 1695, consistant en 
six ouvertures. 2° Dulcis fidium harmonica, 
consistant en sonates d'église à huit, 1699, in- 
folio. 3° Vesperse solemnissimx , quatuor vo- 
cibiis concertantibus, duobus violinis et dua- 
bus violis necessariis, quatuor ripien. pro 
pleno choro, violone cum duplici basso con- 
tinua, duobus clarinis concert. , op. 5, Augs- 
bourg, 1709, in-folio. 4° Alaiidse quinque, 
contenant cinq messes solennelles, op. 6, Augs- 
bourg, 1711, in-folio. 5° Diiodena offertoria 
de venerabili sacramento , etc., quatuor vo- 
cibus , duobus violinis, duabus violis, cum 
duplici basso et duobus trombonis, op. 7, 
Passaw, 1719. &" Cymbaliim Davidis vesper- 
tinum, seu vespera pro festivltatibus , etc., 
quatuor vocibns, quatuor violinis , duabus 
violis, cum duplici basso, duobus haulb. in 



170 AUFSCHNAIÏE 

tono galHco,etdtiof)us clarinis, op. 8, Passavv, 
1729, in-folio. 

AUGER (Paul ), surintendant de la musique 
de la chambre du roi, et maître des concerts de 
la reine, remplissait ces fonctions avant 1629, et 
en était encore en possession à l'époque de sa 
mort, le 24 mars ) 660. Cambefort, surintendant 
et maître ordinaire de la chambre du roi, épousa 
sa fille. Anger a composé pour la cour la mu- 
sique du Petit et Grand Ballet de la Douai- 
rière de Bïllebahault , en 1626, et celle d'un 
autre ballet intitulé : Le Sérieux et le Grotes- 
que, en 1627. 

AUGESKY (Joseph), dominicain bohème, 
naquit à Iglau , le 26 novembre 1745, fit ses 
études dans cette ville , entra dans son ordre à 
l'âge de seize ans, et prononça ses vœux le 27 août 
1763. Il fut ensuite envoyé à Pilsen, comme pro- 
fesseur de latinité au collège de cette ville et 
comme prédicateur. Augesky fut un des harpistes 
les plus habiles de son temps, et se fit remar- 
quer par le brillant et la délicatesse de son jeu. 
Il a composé plusieurs concertos pour la iiarpe, 
qui sont restés en manuscrit. En 1776, il fut ap- 
pelé au couvent de son ordre , à Prague : il 
paraît y avoir terminé ses jours. 

AUGUSTE (ÉMiLE-LÉopoLo), duc de 
Saxe-Gotha, né le 23 novembre 1772, mort le 
l7 mai 1822, a composé quelques chansons avec 
les mélodies, lesquelles ont été insérées en 1806 
dans la Gazette pour le monde élégant {Zeitung 
fur die eleg. Well). Il en a inséré deux dans 
le recueil qu'il a fait imprimer sous le titre de : 
Kyllenion. Ce prince a fait aussi représenter 
sur le théâtre de sa cour, en 1808, un opéra de 
sa composition. 

AUGUSTI (Jean -Chrétien -Guillaume) , 
philologue et théologien protestant, né à Eschcn- 
berg en 1772, était |)etit-fils d'un rabbin qui se 
convertit au christianisme en 1722. Après avoir 
achevé ses éludes à l'université d^léna, il y 
«nseigna la philosophie et les langues orientales. 
En 1812 il fut appelé à Breslau en qualité de 
professeur de théologie , et en 1819 il passa à 
l'université de Bonn , pour y enseigner la même 
science. Ayant obtenu en 1828 le litre de con- 
seiller consistorial à Coblence, il alla se (ixer 
dans celte ville, et y mourut le 28 avril 1841. On 
a de lui quelques ouvrages estimés sur les an- 
tiquités et l'histoire du christianisme. Il n'est 
cité ici que pour deux dissertations, la première 
intitulée : De Hymnis Syrorum, Breslau, 1814, 
in-8o; l'autre, De Hymnorum sacrorum usii, 
jbid., 1817, in-4o. 

AUGUSTIN (Aurélien), un des plus grands 
liommes entr* les docteurs de l'Église, naquit à 



R — AUGUSTIN 

Tagaste, petite ville d'Afrique, le 13 novembre 
354, sous le règne de l'empereur Constance. 
Ses parents, qui désiraient qu'il fût savant, le 
firent étudier à Madaure et à Carthage. Ses 
progrès furent rapides, mais sa jeunesse fut 
orageuse. Après avoir professé l'éloquence à Ta- 
gaste et à Cartilage, il se rendit à Rome, et peu 
de temps après à Milan , où il venait d'être ap- 
pelé comme professeur. Ce fut là qu'il entendit 
les sermons de saint Anibroise,'et qu'il se con- 
vertit à la religion chrétienne. Il ne tarda point 
à quitter toutes ses occupations poursuivre sans 
obstacle la carrière religieuse 0*1 il était entré, et 
il retourna en Afrique, où il fut nommé évêque 
d'Hipponc. Il se trouva à plusieurs conciles, et 
combattit avec éclat les manichéens , les dona- 
tistes , les pélasgiens et toutes les autres sectes 
qui s'étaient formées dans les quatrième et 
cinquième siècles. Il mourut à Hippone, le 
28 août 430, pendant que cette ville était assié- 
gée par les Vandales. 

Parmi les écrits de S. Augustin , on trouve un 
traité De Musica,en six livres, et en forme de 
dialogue, qui a été imprimé à Bàle, en 1521, 
in-4<',et que les bénédictins ont inséré dans leur 
édition de ce Père de l'église, en 1 1 volumes in- 
folio ( Paris, 1684 ). On le trouve aussi dans la 
première édition de ses œuvres, Bàle, 1569, in- 
folio. MM. Gaume, libraires de Paris , ont pu- 
blié en 1835-1836, une belle édition des œuvres 
de saint Augustin, en onze volumes in-S", dans 
laquelle on trouve son traité de musique. Cet 
ouvrage en a été extrait, et l'on en a fait un ti- 
rage à part, en un volume in- 12 de 268 pages, 
sous ce titre : S. Aurelii Augîcstini Hipponen- 
sis episcopi de Musica libri sex, post recensio- 
nem monachorum ordinis sancti Benedicti,e 
congregatione S. Mauri, ad Mss. Bibliothecae 
regiœ codices, et veteres editiones novis nunc 
curisrecogniti atqueemendati. Parisiis,apud 
Gatime fratres , 1836. Les notes qui accom- 
pagnent cette édition sont fort bonnes. Ce serait 
en vain qu'on chercherait dans cet ouvrage des 
renseignements positifs sur la musique de l'é- 
poque où vivait S. Augustin; ce savant homme y 
traite peu dé l'art musical en lui-même. Dans 
le premier livre il donne une définition de la 
musique, et s'attache à démontrer que les notions 
que nous en avons nous viennent directement 
de la nature, préalablement à toute étude. Les 
autres livres ont plus de rapport au rhythme et 
au mètre qu'à la musique proprement dite. Au 
résumé, le traité de musique de S. Augustin est 
un ouvrage faible et peu digne de son auteur. 
Il paraît qu'il n'en avait pas lui-môme une opi- 
nion forl avantageuse, car il en fait une crilique 



AUGUSTIN — AUMAl^fN 



171 



assez sévère dans une épltre à un de ses amis , 
nommé Memorius, qui lui avait demandé ce 
traité (August. op., t. 2, Epist. 101, p. 487, 
édit. 1684 ). Il dit qu'à la veillé il a écrit six li- 
vres sur la partie de la musique qui concerne le 
temps et le mouvement, et qu'il se proposait d'en 
faire encore six autres sur les tons et les modes, 
mais que Memorius se repentirait de son empres- 
sement à les avoir demandés, tant il les trouve- 
rait ennuyeux et difficiles à entendre. Il ajoute 
que le sixième livre est en quelque sorte le ré- 
sumé des cinq autres, qui ne valent pas la 
peine qu'on les lise, et qui n'avaient point plu 
même à son cher fils Julien. 

M. l'abbé Angelo Majo, savant bibliothécaire 
du Vatican, a publié, en 1S28, dans le troisième 
volume de ses Scriptorum velerum nova Col- 
lecUo e Vatïcanis codicibus édita, p. 116 
(troisième partie), un abrégé du traité de mu- 
sique de saint Augustin, fait par un auteur ano- 
njme, sous le titre de Prcecepta artis Musicae 
collecta ex Libris sex Aurelii Augustini de 
Musica. Cet abrégé est divisé en vingt-un cha- 
pitres ; il paraît avoir été fait dans un temps 
rapproché de celui où l'ouvrage complet a ét« 
écrit , car le manuscrit où M. Majo l'a découvert 
est fort ancien. 

AUGUSTIIV (L.), assesseur à Halberstadt 
et amateur de musique, fut un des organisa- 
teurs de la sixième fête musicale de l'Eibe , qui 
eut lieu à Magdebourg en 1834. Il a rendu 
compte de cette solennité dans un écrit qui a 
pour tilre : Die Elb-Musikfeste (La Fête musi- 
cale de l'Elhe); Halberstadt, 1834, 24 pages 
in-4o. 

AUGUSTONELLI ( François - X.\vier ) , 
premier flûtiste à la cour du prince de la Tour- 
et-Taxis, à Ralisbonne, naquit à Venise, en 1741, 
et mourut en 1809. On vante le fini de son jeu, 
et surtout le son pur et argentin qu'il tirait de 
son instrument. 

AULAGNIER (Antonis), professeur et 
éditeurà Paris, est néàManosque (Basses-Alpes), 
en 1800. Dans sa jeunesse, il fit à Marseille des 
études de latinité et de philosophie qui ne l'em- 
liôchèrent pas de se livrer à son goût pour la 
musique. Plus tard, il se rendit à Paris, et en- 
tra au Conservatoire comme élève de la classe 
d'orgue, sous la direction de M. Benoist. Ce 
maître lui lit faire un cours d'harmonie et d'ac- 
compagnement. Jusque là, M. Aulagnier n'avait 
considéré la musique que comme un délassement 
à d'autres travaux; mais à dater de cette époque 
il abandonna toutes ses autres études, pour se 
livrer à l'enseignement. Après plusieurs années 
çl'CNcrcicc de sa nouvelle |irofession, il s'est fait 



éditeur de musique, et a publié quelques ou- 
vrages de sa composition, parmi lesquels on re- 
marque : I" Méthode élémentaire pour le piano. 
Cette méthode a eu en peu de temps trois édi- 
tions successivement améliorées et augmentées. 
2" Des variations , rondos et mélanges pour le 
piano sur des airs d'opéras et de ballets , envi- 
ron quinze recueils. 3" Trois airs variés à qua- 
tre mains. 4° Des recnoils de contredanses pour 
plusieurs instruments. 5° Des romances pour 
une et deux voix; 6° Des faux-bourdons ro- 
mains et parisiens à trois voix, à l'usage des 
séminaires et des collèges. 1° salutaris, à 
trois voix. 8° Domine salvum fac re^em, à 
trois voix. 9» Deux messes brèves à trois voix. 

AULEN (Jean), contrapuntiste, dont la pa- 
trie n'est point connue. Il vivait à la fin du 
quinzième siècle et au commencement du sei- 
zième. Petrucci a inséré des motets de sa com- 
position dans la collection qu'il a publiée sous le 
titre àeMotetti Libre quarto, Venise, 1595, petit 
in-40 obi. 

AULETTA ( Pierre ), maître de chapelle du 
prince de Belvédère, dans la première moitié du 
dix-huitième siècle, adonné Ezio, opéra sérieux, 
à Rome, en 1728, et Orazio,'3i Venise, en 1748. 
Quelques morceaux de sa musique ont été insérés 
dans les intermèdes II Giacatore,el II Maestro 
di musica, qui ont été représentés à Paris, en 
1752. 

AULETTA ( Dominique ) , né à Naples , et 
vraisemblablement fils du précédent, s'est fait 
connaître comme compositeur par l'opéra bouffe 
en deux actes intitulé La Locandiera di spirito. 
On connaît aussi sous son nom une messe à quatre 
voix avec orcliestre, plusieurs concertos de cla- 
vecin, et des airs détachés avec orchestre. 

AUMAN ( . . . .), chanoine régulier du mo- 
nastère de Saint-Florian en Autriche, naquit en 
Bohême vers le milieu du dix-huitième siècle. 
Il vivait encore en 1795. On le considère comme 
un bon compositeur de musique d'église, et l'on 
trouve, dans plusieurs églises d'Autriche, des 
messes et des motets dont il est auteur. 

AUMANN (Dietrich-Chrétien), composi- 
teur qui vivait à Hambourg vers 1789, était, 
dans le même temps , organiste adjoint dans l'une 
des églises de cette ville. On a de lui les ouvrages 
suivants : C horalbiich fiir das neue Hambur- 
giscke Cesangbuch ( Livre de musique cho- 
rale, etc. ), Hambourg, 1787, in-4o. 2° Hoch- 
zeitkantale im Klavierauszuge (Cantate de 
noce pour clavecin), Hambourg, 1737". 3° Oster- 
Oratorium , mit einer doppelter Heilig , im 
Klavierauszuge (Oratorio pour la fête lie Pâ- 
ques, etc.), Hambourg, 1788. 4i' Dasuevuelioscn 



Î72 



AU MANN — AUVER.UT 



mœdchen (La Nouvelle P.osière ), opéra co- 
mique en deux actes, Hambourg, 17S9. On 
trouve dans le catalogue de Traeg à Vienne 
(1799) un ouvrage d'Auman manuscrit, inti- 
tulé : Das Hochenauer Schiffgesdirei , fur 
vier Singsthnmen, zwei Viol, et Basso. 

AUM01\T (Henri-Raymond), violoniste 
et compositeur, né à Paris, le 31 juillet 1818, 
(ut admis an Conservatoire de cette ville le 
17 décembre 1832, et reçut d'abord des leçons 
de Guérin; p-uis il devint élève de Baillot, et le 
deuxième prix lui fut décerné au concours de 
1837. Dans les années suivantes il suivit des 
cours d'harmonie et de composition. Il s'est re- 
tiré du Conservatoire en 1840. On a publié de 
sa composition : 1° 1^'' air varié pour violon et 
ordiestre; Paris, Richault. 2° Les Caractères , 
trois fantaisies pour violon seul. Paris, Cballiot. 
3° Duo concertant pour piano et violon, sur un 
llième de Meyerbeer; ibid. 4° Fantaisie sur un 
thème français pour violon avec ace. de piano ; 
ibid. 5° Idem sur un thème italien, idem , ibïd. 
G" Idem sur un thème allemand, idem, ibid. 

AURADOU (. . .), auteur inconnu d'un 
ouvrage qui a pour titre : Principes de musi- 
que, suivi d'un petit abrégé sur V harmonie 
et le discours harmonique, divisés en deux 
parties. Moulins, de l'imprimerie de Desrosiers, 
1837, in-S» de 88 pages de texte et 40 de mu- 
sique. 

AURANT (....), second sous-maître de 
la musique de la chapelle de François 1*'', roi 
de France, fut nommé à cet emploi en 1543. 
Ses appointements étaient de trois cents livres 
iournois (environ dix-huit cents francs dans 
la proportion de notre monnaie). Le premier 
sous-maître de la chapelle était Claude de Ser- 
inisy. A l'égard de la place de premier maître 
de la chapelle, elle était remplie par le cardinal 
de Tournon, qui n'était point musicien, et qui , 
conséquemment, n'était cliargé d'aucunes fonc- 
tions relatives à la musique. 

AURÉLIEIV, moine de Réomé ou Moutier 
Saint-Jean, au diocèse de Langres, vivait vers le 
milieu du neuvième siècle. Il a écrit un traité 
de musique, divisé en vingt chapitres, qu'il 
dédia à Bernard, abbé de son monastère, par 
deux épîtres dédicatoires, l'une au commence- 
ment, l'autre à la fin de son ouvrage. Sigebert et 
Trithème , trompés par le mol latin Reomensis 
qui est en tête de l'ouvrage, ont cru lire Re- 
mensis, et ont fait d'Aurélien un clerc de l'église 
<le Reims. Ils ont été copiés en cela par tous 
les biographes. Un manuscrit du dixième siècle, 
mil est le plus ancien connu du traité d'Au- 
rélien, se trouvait à l'abbave de Saint-Amand 



avant la révolution de 1789. L'abbé Gerbert a in- 
séré cet ouvrage dans le premier volume de ses 
Scriptores ecclesiastici de musica , d'après un 
manuscritde la bibliothèque Laurentienne de Flo- 
rence. Les bénédictins Martenne et Durand avaient 
déjà publié les deux épîtres dédicatoires et l'é- 
pilogue de ce traité dans les Veteru7n Script, et 
monum. liist., Paris, 1724, t. 1, p. 123-125). Le 
traité d'Aurélien ne concernant que les tons du 
plain-chant, et ne contenant rien sur la musique 
mesurée, ni sur l'harmonie ou le contre-point, qui 
n'existaient point encore, ou qui, du moins, ne 
faisaient que de naître, est d'un intérêt médiocre 
pour l'histoire de l'art. 

AURISICCHIO (Antoine), compositeur de 
l'école romaine, mort jeune , fut maître de cha- 
pelle de Saint-Jacques des Espagnols, à Rome. 11 
a beaucoup écrit pour l'église. Oa a donné à 
Londres, en 1758, l'opéra d'Attalo, dans lequel 
on avait introduit plusieurs morceaux de sa com- 
position. On trouve dans la bibliothèque musicale 
de l'abbé Sanlini, à Rome, les ouvrages de ce 
compositeur, en manuscrit, dont voici les titres : 
i° Alcuni sludi }5ul canto fermo. 2° Salmi a 
Quattro per le Vergine, et per gli Apostoli , 
C071 organe. 3° Si quasris miracula, à quatre 
voix. 4° Lauda Sion à quatre. 5° La morte di 
Gesu, cantata con slromenti. 6° Oratio leremix 
a canto e basso. l°Te Deum Laudamus a quatro 
con stromenti. 8°Salmi à quatro con slromenti. 
9° Messe a quatro con stromenti. 

AURiVHAJMMER (M""), pianiste distin- 
guée, à Vienne en Autriche, a publié pour so