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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique"

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"The search for truth even unto Us innermost parts' 
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SADYE RUBIN MARANTZ LEE 



The National Women's Cornmittee 
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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME DEUXIÈME 



TYPOGRAPHIE FI.RMIN tlIDOT. — MESISTL (EURE). 



BIOGRAPHIE 

UNIVEliSELLE 



DES MUSICIENS 



KT 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



-OOXXOO- 



DEUXIÈME ÉDITION 

KMIÎIKF.MF.NT KEFONDIIE ET AUGMENTÉE DE l'I.US DE MOITIi: 

PAR î^. J:'|ETIS 

MAITRE DE CIIAPELLB 1>V nOl DBS BELGES 
DIIIECTEUR nu CONSKBVATOmE nOViL DE MUSIQUE I)E EEUXELLES. ETC. 



TOME DEUXIÈME 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET G" 

MPRIMEURS DE l'iNSTITUT, RUE JACOB, oG 

4867 

Tous droit? réserves. 



Music 
Référence 

y -S- 



BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



B 



BOIELDIEU (François-Adrien), composi- 
teur dramatique, naquit à Uoiien le 15 décembre 
1775 (I). Fils d'un secrétaire de l'arclievficlié, il 
(ut placé par lui, comme enfantdechœur, àl'église 
métropolitaine , où les premiers éléments de la 
musique lui furent enseignés ; puis il passa sous 
la direction de Broche, organiste de la cathédrale 
et artiste de quelque mérite. Dur envers ses élè- 
ves, comme l'étaient autrefois presque tous les 
maîtres de musique d'église, Broche montrait plus 
de sévérité pour le petit Boiel (c'est ainsi qu'on 
appelait Boieldicu dans sa jeunesse) que pour 
tout autre, peut-être à cause de ses heureuses 
dispositions, car les hommes de la trempe de cet 
organiste se persuadaient alors qu'une bonne 
éducation musicale est inséparable des mauvais 
traitements. On dit que Boieldieu était obligé de 
remplir auprès de son impitoyable maître l'of- 
(ice de valet de chambre, comme autrefois Haydn 
avec le vieux Porpora. On dit aussi que telle était 
J'épouvante que lui inspirait ce pédagogue fa- 
rouche, qu'un jour, frappé de terreur à la vue 
d'une tache d'encre qu'il avait faite sur un livre 
du maître, il ne crut pouvoir se soustraire au 
danger qdi le menaçait que par la fuite ; qu'il partit 
seul, à pied, et qu'il alla à Paris. Rendu à sa 
famille, il reprit le cours de ses études, et Broche 
consentit à mettre moins de sévérité dans ses 
leçons. 

Un talent agréable d'exécution sur le piano, 
d'heureuses idées mélodiques, et quelques légères 
notions d'harmonie, voilà ce que Boieldieu possé- 
dait à l'âge de seize ans. Déjà la passion du théâtre, 
qui, depuis, a décidé de la direction de son ta- 

(1) \.c 16 décembre, Indique dans le Supplément de la 
Biographie Universelle de MM. Mlchand comme le Jour 
da naissance de Boieldieu , est celui où il a été inscrit 
dans le registre de baptême. 



"'^%L^ 



gJSfV, DES MUSICIENS. — T. II. 

p.ef ei'snce 



lent vers la musique dramatique, se faisait sentir 
en lui dans toute son énergie. Ses petites épargnes 
étaient employées à lui procurer les moyens 
d'aller au spectacle s'enivrer du plaisir d'entendre 
les productions de Grétry, de Dalayrac et de 
Méhul : souvent, à défaut d'argent, il avait re- 
cours à la ruse pour s'introduire dans la salle, s'y 
cachant quelquefois dés le matin, et attendant 
avec impatience le moment où devait commencer 
son bonheur. Entendre les ouvrages d'autrui ne 
pouvait cependant suffire longtemps à un homme 
né pour produire lui-même. Tourmenté de ce be- 
soin, qui est celui de tout artiste bien organisé, 
il lui semblait que le comble du bonheur était 
de composer un opéra; mais pour en écrire im, 
il faut un UbrettOf ou, comme on dit en France, 
un poënie, et n'en a pas qui veut. Par hasard, 
il se trouva qu'à Rouen un poète avait besoin 
d"un musicien comme le musicien d'un poète; ils 
s'entendirent bientôt, et le fruit de leur associa - 
lion fut un opéra-comique qui obtint du succès 
au théâtre de Rouen. De dire quel était le litre 
et le sujet de cet ouvrage, c'est ce que je ne 
puis : Boieldieu ne s'en souvenait pas. Cependant 
ce premier essai ne fut pas d'une médiocre im- 
portance dans la vie de l'artiste, car les applau- 
dissements qui lui furent prodigués décidèrent 
le jeune compositeur à retourner à Paris, où 
peut-être il ne se serait jamais fixé sans cet heu- 
reux début. 

Aller de Rouen à Paris n'était pourtant pas 
chose facile pour quelqu'un qui n'avait pas d'ar- 
gent; car le voyage était cher dans ce temps où 
la diligence employait deux jours à taire le 
trajet. A l'égard de la difficulté de vivre dans la 
grande ville, Boieldieu ne s'en inquiétait pas. 
N'avait-il pas dix-neuf ans, sa partition et des 
idées dans la tête ? C'était toute une fortune que 

1 



BOIKLDIEU 



cela. Le voyage donc étail la peiile tliose qui 
l'embarrassât : il résolut la diKiculté en dispa- 
raissant un jour de la maison paternelle, empor- 
tant sa partition sons le bras, trente francs dans 
sa poche, et l'espérance dans le cœur. Jeune et 
fort, il marchait vite ; la première journée n'élait 
pas écoulée, et déjà il était à quinze lieues de 
!louen ; le lendemain il entrait à Paris , crotté 
jusqu'à l'échiné et se soutenant à peine, tant il 
était accablé de fatigue; mais il était à I^aris, 
et si le présent était sombre, l'avenir était 
souriant. 

Cependant, il y a toujours beaucoup à rabattre 
dans la réalisation des espérances de l'artislequi 
entre dans le monde; autre chose est de donner 
avec succès un petit opéra dans sa ville de pro- 
vince ou de le faire jouer à Paris. Boieldieu n'a- 
vait fias douté qu'on n'accueillît son ouvrage h 
ropéra-Comique; mais, malgré les préventions 
favorables des actrices sociétaires en faveur delà 
belle tête et de la tournure distinguée du jeune 
composileur, la société ne se soucia pas déjouer 
l'œuvre'd'un poète et d'un musicien inconnus. Il 
fallut cbercliei d'autres poèmes ; en attendant 
qu'on eût trouvé ceux-ci, il fallut essayer de 
donner des leçons, puis, à défaut d'écoliers, il 
fallut se faire accordeur de, pianos. Celait, comme 
on le voit, d'une manière assez détournée que 
commençait la réalisation des espérances de Boiel- 
dieu ; mais sa constance n'en était point ébranlée, 
car il avait foi en lui-même. La maison Érard, 
célèbre dans toute l'Europe pour la facture des 
instruments, était alors (en 179'i) le rendez-vous 
de tous les artistes. Doieldieii y lut accueilli, et 
les chefs de cette maison lui aplanirent , autant 
(ju'il fut en leur pouvoir, les dilticultés de la car- 
rière qu'il avait à parcourir. Rode, Garât, MéhuI, 
se réunissaient souvent chez eux ; la fréquentation 
de ces artistes perfectionna son goût et lui fit 
comprendre la nécessité de (inir des études qu'il 
n'avait qu'ébauchées. Trop préoccupé du désir de 
produire, il ne put jamais se livrer à c«s études 
d'une manière sérieuse et suivie; mais sa rare 
aptitude lui faisait saisir à demi-mot le sens des 
observations qui lui étaient faites par Méhul ou 
parCherubini ; et ces observations laissaient dans 
sa mémoire des souveuiis qui ne s'effaçaient pas. 
Sa réputation commença dans les salons. Des ro- 
mances charmantes, chantées par Garât avec un 
talent inimitable, l'avaient fait connaître, et tous 
les amateurs chantaient son Ménestrel, S'il est 
vrai que d'être deux, toi que f aime, et vingt 
autres aussi jolies; mais la vogue qu'obtenaient 
toutes ces gracieuses productions ne tournait 
guère an profit de la fortune du compositeur, car 
on n'avait point encore appris l'art de tirer beau- 



coup d'argent de bagatelles. Aujourd'hui l'homme 
à la mode reçoit d'un marchand de musique 
quelques centaines de francs pour une seule ro- 
mance; mais Cochet, éditeur de celles de Boiel- 
dieu, m'a dit souvent qu'il n'en a payé aucune plus 
de douze francs. 

La confiance qu'eut dans le talent de Boieldieu 
un homme d'esprit acheva de le mettre en vogue : 
Fiévéc' lira pour lui de son joli roman La Dot 
de Suzede un petit opéra en un acte, du même 
nom. La giâce du sujet, la fraîcheur delà musi- 
que, et le jeu fin et spirituel de M"'* Saint-Aubin, 
procurèrent à cet ouvrage un succès qu'on aurait 
pu envier pour de plus grandes compositions. Ce 
petit opéra fut joué pour la première fois en 
1795 (1). L'année suivante Boieldieu écrivit La 
Famille suisse, jolie partition où règne un style 
sim[)le et naïf, d"iine élégance charmante; puis, 
en 1797, il donna Momhreuil et Merville, pièce 
froide et peu favorable à la musique, qui ne 
réussit pas. Dans la même année, il improvisa 
un opéra de circonstance, à l'occasion du traité de 
Campo-Formio ; cet ouvrage fut représenté au 
théâtre Feydeau sous le titre de L'heureuse nou- 
velle. En 1798, lioieldieu prit une position plus 
élevée parmi les compositeurs par le succès de 
Zoraïme et Zuhtare, drame en trois actes, dont 
la composition avait précédé celle des deux der- 
niers ouvrages qui viennent d'êtres cites, mais 
qui avait dû attendre longtemps son tour de re- 
présentation, el^qui ne l'aurait point encore obtenu, 
s'il n'avait fallu faire des changements à un opéra 
de Méhul qui était en répétition. On com[>4ait peu 
au théâtre sur le succès de Zoraïme; l'étonne- 
ment fut grand, lorsqu'on vit l'enthousiasme du 
public pour cette élégante et dramatique produc- 
tion. Le caractère particulier du génie de Boiel- 
dieu s'était dessiné dans Zoraïme, et dès ce mo- 
ment il fut permis de voir ce qu'il devait être dans 
ses ouvrages à venir. Des mélodies faciles, gra- 
cieuses et spirituelle», une instrumentation rem- 
plie dejolisdétails, un sentiment juste de la scène, 
telles sont les qualités par où se distingue cet 
opéra, qu'on peut considérer comme le premier 
titre de BoielJieu à la renommée qu'il eut plus 
tard. 

Boieldieu n'obtint pas seulement des succès de 
théâtre à cette époque; quelques productions de 
musique instrumentale lui en procurèrent d'un 
autre genre. Ces ouvrages consistaient en un 
concerto pour le piano, des sonates pour le même 
instrument (œuvres 1,3, 4, C, 7 et 8), quatre duos 

(1) L'auteur de la notice sur Boiclilieu qui se trouve 
dans le Supplément de la Biiifiraphie universelle de 
M. Micliaut} est dans l'erreur en plaçant cet opéra ù la date 
de 1793. 



BOIELDIRU 



pour harpe et piano, un concerto de liarpc, et des 
trios pour piano, liarpe et violoncelle. Ces der- 
nières compositions furent accueillies avec une 
sorte d'enthousiasme. Le succès de ces ouvrages 
fit admettre leur atiteur au nombre des profes- 
' seûrs de piano du Conservatoire, peu de temps 
après l'époque de son établissement. C'est là que 
je connus Doieldieu en 1800, y étant devenu son 
élève pour le piano : il avait vingt-cinq ans. De- 
puis lors je ne l'ai plus perdu de vue. Trop occupé 
de sa carrière de compositeur dramatique pour 
se plaire aux leçons du mécanisme d'un instru- 
ment, il était assez mauvais maître de piano; 
mais sa conversation , où brillaient des aperçus 
très-fins sur son art, était lemplie d'intérêt pour 
ses élèves, et n'étaient pas sans fruit pour leurs 
études. 

Les Méprises espagnoles, espèce d'imbroglio 
que le public avait reçu avec indifférence, et 
JienioiL'skij, opéra en trois actes, succédèrent en 
1798 et 1800 aux premiers ouvrages deBoieldien. 
Ce dernier fut d'abord accueilli avec froideur, et 
l'on ne parut pas en avoir compris le mérite; 
mais vingt-cinq ans après il a été repris avec un 
succès éclatant, justifié par des beautés réelles. 
Au moment où je devins son élève, Eoieldieu 
écrivait son Calife de Bagdad. Souvent il nous 
consultait avec une modestie charmante, et la 
leçon de piano se passait à se grouper autour de 
lui pour chanter les morceaux de son nouvel 
opéra. Je me souviens queDourlen et moi, tous 
deux fiers de notre titre de répétiteurs de nos 
classes d'harmonie, nous tranchions du puriste, 
et nous tourmentions fort notre maître pour quel- 
ques peccadilles harmoniques écliappées dans la 
rapidité du travail. Grand débat s'élevait entre 
nous sur cela, et nous finissions d'ordinaire par 
nous transporter chez Méluil, l'oracle de Boieldieu 
et notre juge à tous. Quelquefois l'illustre •com- 
positeur se rangeait de notre avis; alors Doieldieu 
'* se soumettait sans discussion, et jamais le moind.'-e 
mouvement d humeur ne se manifestait contre 
nous, malgré notre irrévérence et notre petit 
triomphe. Tout le monde sait le succès éclatant 
de cette légère, gracieuse et spirituelle partition 
du Calife; plus de sept cents représentations ont 
constaté ce succès sans exemple. On peut dire 
que c'est de ce moment que date en France la 
réputation de Boieldieu, bien que Zoraïme el 
Beniowskij soient supérieurs en mérite à cet 
ouvrage, sous le rapport de la force dramatique 
et de la nouveauté des idées. La couleur locale, 
parfaitement appropriée au sujet, avait séduit le 
public, dont l'éducation musicale, peu avancée, 
s'accommodait mieux de faciles mélodies que de 
recherches trop compliquées pour son oreille. 



L'auteur de la notice sur Boieldieu inséré* dans 
la biographie Universelle de Michaud, dit 
qu'après le succès du Calife, ce compositeur avait 
senti l'insuffisance de son éducation musicale, et 
qu'il s'était fait l'élève de Cherubini. Je puis af- 
firmer qu'il a été induit en erreur à cet égard, et 
que jamais Boieldieu n'ébaucha môme les études 
de contrepoint et de fugue qu'il aurait dû faire 
sous la direction de Cherubini. Lui-même a tou- 
jours avoué avec ingénuité l'ignorance où il était 
resté à l'égard de cette partie de la science mu- 
sicale. Un seul fait a pu donner lieu au bruit des 
leçons que Boieldieu aurait reçues de Cheru- 
bini ; c'est celui de la correction plus châtiée 
qu'on remarque dans la partition de l'opéra de 
Ma Tante Aicrore , ouvrage donné par le compo- 
siteur en 1802, après un repos de deux années, et 
peut-être aussi le petit opéra intitulé La Prison- 
7iière, que Cherubini et Boieldieu avaient écrit en 
collaboration en 1799, pour le théâtre Montansier; 
mais il est certain que si Boieldieu eut un style 
plus pur dans sa partition de Ma Tante Aurore, 
c'est que sa sévérité pour lui-même date de l'épo- 
que où il écrivit cet ouvrage. Il employa beau- 
coup de temps à le revoir, à le corriger, et depuis 
lors il a suivi le même système pour toutes ses 
productions. Chose assez rare parmi les compo- 
teurs qui ont besoin de s'observer pour écrire 
avec pureté, l'inspiration de Boieldieu ne paraît 
avoir reçu aucune atteinte de ce soin matériel 
ai)porté à l'harmonie, dans la disposition des voix 
et des instruments : on peut même affirmer que 
la partition de Ma Tante Aurore est une de celles 
où brille de l'éclat le plus vif le génie du compo- 
siteur. Cet opéra reçut un rude échec à la pre- 
mière représentation, par le ridicule troisième 
acte du livret; mais cet acte ayant été supprimé 
à la seconde épreuve, le succès ne fut plus dou- 
teux, et la musique obtint une vogue égale à celle 
des autres productions de Boieldieu. 

La même année où cet ouvrage fut représenté, 
le compositeur épousa, le 19 mars, la célèbre 
danseuse Clotilde-Augustine Mafieuroy, connue 
sous le nom de Clolilde. A peine cette union 
fut-elle formée, que Boieldieu comprit la fauti; 
qu'il avait faite. Ce mariage, peu convenable 
sous plusieurs rapports, ne le rendit point heu- 
reux ; des chagrins domestiques en furent la suite, 
et le besoin de s'y soustraire lui fit prêter l'oreille 
auK propositions qui lui étaient faites au nom de 
l'empereur de Russie. Ses amis. Rode et Lamare, 
prêts à faire le voyage de Pétersbourg, le pres- 
saient de se joindre à eux; il partit en effet au 
mois d'avril 1803. Arrivé aux frontières de l'em- 
pire russe, il reçut irn message d'Alexandre, qui 
lui conférait le titre de son maître de chapelle. Un 

1. 



BOIKLDIEU 



traite fut conclu enire le compositeur et le direc- 
teur du théâtre impérial : Boieldieu s'engageait à 
écrire cliaque année trois oporas dont l'empereur 
fournirait les poèmes. Celte dernière clause était 
fort difficile à exécuter, car il n'y avait pas de 
poète d'opéra à Pétersbonrg; aussi Boieldieu 
fut-il obligé de mettre en musique des pièces 
déjà représentées à Paris. Son premier ouvrage 
fut un petit opéra dont le sujet était pris d'un 
vaudeville français intitulé Rien de trop, ou les 
Deux Paravents :ce n'était qu'une légère bluette 
peu favorable à la musique expressive; elle fut 
bien reçue à Pélersbourg, mais depuis lors elle a 
été froidement accueillie à l'Opéra-Comique de 
Paris. La Jeune Femme colère, comédie de 
M. Etienne, fort peu musicale, et le vaudeville 
Amour et Mystère, furent aussi transformés en 
opéras par Boieldieu. 11 ne fallait pas moins que 
son talent pour triompher des froideurs de pareils 
sujets. De retour à Paris, le compositeur a fait 
jouer le premier de ces ouvrages à l'Opéra-Co- 
mique, et le public a rendu justice à la facture 
élégante et spirituelle de quelques morceaux, en 
leur prodiguant ses applaudissements. De grandes 
compositions succédèrent à ces légères pioduc- 
tions : ce furent Abderkan, opéra en trois actes 
|dont le livret avait été fait par Andrieux, ancien 
acteur du théâtre Favart passé en Russie : l'ouvrage 
ne réussit pas; Calypso, ancien opéra mis autre- 
fois en musique par Lesueur, sous le titre de Té- 
léniaque et refait en six semaines par Boieldieu 
pour les relevailles de l'impératrice; Aline, reine 
de Golconde, sujet de l'opéra de Berton, avec une 
nouvelle musique; Les Voitures versées, vaude- 
ville transformé en opéra comique, et qui a été 
refait presque en entier par son auteur pour le 
théâtre Feydeau; enfin, Un Tour de soubrette, 
ouvrage du même genre. De toutes ces produc- 
tions, celle que Boieldieu estimait le plus était 
son opéra de Calypso; cependant ni cet ouvrage 
ni Aline n'ont pu être représentés à Paris, parce 
qu'ils auraient porté atteinte aux intérêts de leurs 
anciens auteurs. Boieldieu a pu seulement en tirer 
quelques morceaux pour les intercaler dans les 
opérasqu'il aécrits aprèsson retouren France. Par 
exemple, un air de Calypso est devenu celui de 
la princesse de Navarre ( Quel plaisir d'être en 
voyage) dans le premier acte de Jean de Paris. 
Je ne dois point oublier, dans l'énumération des 
productions de Boieldieu pendant son séjour en 
Russie, la musique des c\\(R\iïsA''Athalie. Je n'ai 
entendu qu'un morceau de cet ouvrage, exécuté 
au piano par Boieldieu lui-même, mais il m'a 
donné l'opinion la plus favorable de ces chœurs, 
et je les considère comme une des plus belles 
cempositions ducs à son talent. 



Le sort de Boieldieu et des autres artistes fran- 
çais avait été longtemps heureux en Russie; ce- 
pendant plusieurs d'entre eux regrettaient leur 
patrie et n'étaient pas sans inquiétude sur la 
réalisation des produits de leurs travaux. Les 
nuages qui étaient venus obscurcir les relations 
amicales des gouvernements français et russe 
s'épaississaient chaque jour, et préparaient la 
rupture qui aboutit enfin à la désastreuse cam- 
pagne de Moscou. Boieldieu et ses amis éprou- 
vaient le besoin de revoir la France et d'assurer 
leur avenir. Toutefois le compositeur n'était pas 
libre; il lui fallait un congé pour s'éloigner de la 
capitale de l'empire russe : il l'obtint à la fin de 
ISIO, après sept années de séjour à Pétersbourg , 
et se hâta d'en profiter. 

De retour à Paris dans les premiers mois de 
1811, il trouva le sceptre de l'Opéra-Comique 
placé aux mains de Nicolo Isouard, dont il avait 
vu l'heureux début avant son départ pour la 
Russie. Dalayrac avait cessé de vivre. Catel tra- 
vaillait peu; Clieriibini , dégoûté d'une carrière 
qui, malgré son beau talent, n'avait eu pour lui 
que des obstacles, avait cessé d'écrire; MéhuI, 
mécontent de l'inconstance des goûts du public, 
ne livrait qu'à de rares intervalles de nouveaux 
ouvrages à la scène; Nicolo seul paraissait infa- 
tigable , et rachetait par le mérite de la fécondité 
les négligences qui déparent ses ouvrages. C'é- 
tait avec lui que Boieldieu était destiné à lutter 
désormais : son génie prit un nouvel essor dans 
cette rivalité. 

Deux actrices se partageaient la faveur publique 
à l'époque où Boieldieu revint à Paris : l'une , 
]\lme Duret, se distinguait par une voix étendue, 
égale, sonore, mais un peu lourde'; par une 
exécution large, et par une habileté de vocalisa- 
tion à laquelle il n'aurait rien manqué, si la res- 
piration de M'"« Duret n'eût été courte et labo- 
rieuse. La rivale de cette cantatrice était M "e Rp- 
gnault ( depuis lors, Mm^Lemonnier). Ses débuts 
à Paris, qu'avaient précédé des succès en pro- 
vince, avaient été brillants. Une ignorance à peu 
près complète de la musique et de l'art du chant, 
mais une voix charmante, une intelligence par- 
faite, une facilité merveilleuse à exécuter les 
choses les plus difficiles; tels étaient les défauts 
et les avantages de Mt'e Regnaull pour entrer en 
lutte avec son antagoniste. Nicolo avait tiré parti 
de toutes deux dans les rôles qu'il leur avait faits 
pourson opéra de Cendrillon, et leur avait pro- 
curé à chacune un succès égal. La question de 
supériorité restait indécise pour 1« public; mais 
le compositeur avait fini par se décider en faveur 
du talent de M^e Duret : ce fut pour elle qu'il 
écrivit ses plus beaux rôles. MUc Regnault se 



BOIKLDIEU 



trouvait donc exposée au danger d'être laisst^e à 
l'écail, lorsque Boieldieu vint lui prôlcr le puis- 
sant secours de son talent. Le combat recom- 
mença : il ne fut pas moins vif entre les canta- 
trices qu'entre les compositeurs. 

Rien de plus dissemblable que le talent de 
ceux-ci : Nicolo, doué d'une facilité d'inspiration 
à laquelle il s'abandonnait sans réserve, écrivait 
souvent, coinmejc l'ai dit, avec négli;;ence ; n'était 
point assez sévère dans le choix de ses idées, et 
iiiérilait le reproclie qu'on lui faisait d'être par- 
fois commun et vulgaire dans ses mélodies. Mais 
à côté de ces imperfeclions , il y avait dans ses 
ouvrages des beautés réelles appropriées avec une 
rare sagacité aux convenances de la scène et à 
l'intérêt dramatique. La plupart de ses morceaux, 
même ceux où l'on aurait désiré plus d'élégance 
et de bon goût, brillaient d'un sentiment de verve 
et' d'expansion qui réussit presque toujours dans 
la musique de théâtre. Travaillant avec une pro- 
digieuse rapidité, il se consolait facilement d'une 
chute, parce qu'H ne tardait point à prendre sa 
revanche. Du reste, heureux de sa lutte avec 
Boieldieu, il finit par comprendre la nécessité de 
donner plus de soin à ses ouvrages , et montra 
dans ses dernières productions une correction, 
luie élévation de pensée qu'on n'attendait pas de 
lui. Jwonde et Jeannot et CofiH seront toujours 
considérés comme de fort bons opéras-comiques. 
Pendant ([ue Nicolo écrivait et faisait représenter 
quatre ©[léras, Boieldieu en préparait un; non 
que l'inspiration lui fût diflicile, car il écrivait 
vite; mais, portant peut-être à l'excès la sévérité 
qui manquait à son rival , il faisait quelquefois 
trois morceaux entièrement différents pour un 
s«?ul air, pour un seul duo, ou bien il recom- 
mençait à dix reprises les corrections qu'il croyait 
nécessaires, eî souvent il ne livrait aux copistes 
qu'une partition chargée de ratures, ou, pour me 
servir du terme technique, de colettes. Après 
avoir éprouvé de si vives jouissances à entendre 
les charmantes compositions qui ont vu le Jour 
par ce procédé, avons-nous le droit de nous 
|)laiudre de la lenteur du travail? Je ne ie crois 
pas. Boieldieu obéissait malgré lui, en polissant 
incessamment ses ouvrages, aux conditions na- 
turelles de son talent. Il était doué du goût le 
plus exquis :.c'est surtoutcomme homme de goût 
que nous l'admirons. La nature de ses idées, oii 
domine toujours la convenance parfaite de la 
scène et l'expression spirituelle de la parole, cette 
nature, dis-je, exigeait qu'il portât dans sou tra- 
vail ces soins scrupuleux qu'on in: aquelquelois 
reprochés. Gardons-nous surtout de croire qu'il 
produisait lentement parce que sa pensée auiait 
été pénible : rien ne sent la gêne ni la siciilile 



dans ses compositions; tout y semble, au con- 
traire, fait d'abondance; si la réllexion noua 
laisse (luelquefois en doute à cet égard, c'est qu'il 
est diflicile de comprendre que tant de fini dans 
les détails soit le fruit d'un premier jet. On a re- 
proché à Boîtldieu d'avoir quelquefois manqué de 
hardiesse ; iwais outre que les hardiesses ne sont 
pas toujours justifiées par les résultats, il fautsa 
souvenir de l'excellence du précepte : 

Ne forçons point notre talent. 

Ua artiste à qui la nature permet de dunner 
une physionomie individuelle à ses ouvrages, ac- 
complit saniission s'il sait leur conserver toujours 
cette physionomie ; il est lui, et c'est ce qu'il faut 
être pour laisser un nom durable dans l'histoire 
des arts : or, personne assurément n'a su donner 
à sa musique, mieux que Boieldieu, une couleur 
particulière, un style approprié à l'objet qu'U se 
proposait de réaliser. 

Le premier opéra qu'il écrivit après son retour 
à Paris, fut Jean de Paris. Pendant qu'il le 
composait, il fit jouer à l'Opéra-Comique Rien 
de trop et La Jeune Femme colère, qui n'étaient 
pas connus en France. Dans les premiers mois 
de 1812, Jean de Paris lut représenté au théâtre 
Feydeau , avec un succès éclatant. Tout ce quo 
rOpéra-Comi(iue comptait d'artistes de talent, 
Elleviou, Martin, Juliet, M'ic Kegnault, M""^ Ga- 
vaudan, s'empressèrent à seconder le génie du 
compositeur, el prêtèrent à son ouvrage le charme 
d'une exécution parfaite en son genre. Les uuisi- 
ciens remarquèrent la fermeté de manière, la cer- 
titude d'effets que Boieldieu avait acquises de- 
puis son départ pour la Russie. Si l'instruction 
première avait manqué dans ses études harmo- 
niques, ses propres observations lui avaient ap- 
pris ce qu'aucun maître ne lui avait enseigné; 
son style avait acquis une correction remarquable; 
son instrumentation était devenue plus brillante, 
plus sonore, plus colorée ; enfin Boieldieu n'était 
pas seulement un agréable et spirituel composi- 
teur : il se montrait, dans Jean de Paris, digne 
émule de Méhul et de Catel, qu'il avait considérés 
longtemps comuie ses maîtres. 

Après Jean de Paris vint Le ISouveau Seigneur 
de village (joué en 1813); charmante production 
dont toutes les parties offent, chacune en son 
genre, im modèle de perfection. Les circonstances 
lâcheuses où se trouvait la France à cette époque 
firent demander par le gouvernement aux diffé- 
rents théâtres de la capitale des pièces propres 
à ranimer l'amour de la |)atriedansla population, 
et Boieldieu fut chargé d'écrire la musique de 
Jim/ard à Mézières, conjointement avec Cheni- 
1 biiii, Calei et INicolo Isouard. Cet ouvrage fut 



BOIELDIEU 



joué vers la fin de l'année 1813, après les revers 
de la campagne d'Allemagne. Ce lut par une as- 
sociation du même genre, mais dans des circons- 
tances différentes, que Boieldieu fit avec Kreut- 
zer, en 1814, la musique du petit opéra, intitulé : 
Les Béarnais. En 1815, il donna sous son nom 
et sous celui de M™» Gaii, un opéra en un acte, 
intitulé : Aiigéta, ou l'Atelier de Jean Cousin : 
il n'avait écrit pour cet ouvrage qu'un duo; mais 
ce morceau était digne de ce qu'il a fait de mieux. 
C'est peut-être ici le lieu de relever l'erreur des 
biographes qui ont écrit que iM""^ Gail était élève 
de Boieldieu. A cette époque il ne songeait point 
encore à former d'élèves , et même il ne savait 
trop comment s'y prendre pour donner des le- 
çons de composition; lui-même l'a répété sou- 
vent. M™* Gail n'a jamais eu d'autre maître que 
l'auteur de la Biographie universelle des Mu- 
siciens. 

Aux ouvrages qui viennent d'être cités succéda 
La Fête du Village voisin, comédie froide et peu 
favorable à la musique, que le talent de Boieldieu 
put seul soutenir et faire rester au théâtre. De 
tous ceux dont ce compositeur a écrit la musique, 
cefut incontestablement celui qui lui offrit le plus 
de difficultés, et qui exigea de lui le plus d'habi- 
leté. Deux trios du premier acte, des couplets 
charmants, un quintetto et le délicieux cantabile 
(Simple, innocente, elc), chanté par Martin, se- 
ront toujours considérés comme des modèles de 
musique spirituelle et mélodieuse. Quelque temps , 
auparavant Boieldieu avait protégé les premiers 
essais d'Hérold dans la carrière duthéàtre, en l'ad- 
mettant corn me collaborateur dans son opéra de cir- 
constance intitulé : Charles de France. Le jeune 
artiste en a conservé pendant toute sa vie, trop 
courte, hélas! une vive reconnaissance. Après la 
représentation de La Fêle du Village voisin , il 
s'écoula près de deux années pendant lesquelles la 
miseenseèned'aucun ouvrage ne signala l'activité 
de Boieldieu. 11 ne s'était pas cependant condamné 
au repos , car la composition de la musique du 
Chaperon rouge l'occupait presque sans relâche. 
Méhul avait cessé de vivre en 1817, et l'Institut 
avait appelé Boieldieu à remplir sa place. Celui-ci 
crut que l'obUgation lui était imposée de justifier 
ce choix honorable par quelque grande composi- 
tion ; il entreprit d'écrire Le Chaperon. Il s'a- 
gissait, comme on l'a dit, de faire de cet ouvrage 
undiscours de réception ; ce lut ce qui détermina 
Boieldieu à y donner plus de soins qu'à aucune 
autre de ses productions. Le succès justifia les 
espérances de l'artiste et du public, et la pre- 
mière représentation, donnée au mois de juillet 
1818, fut pour l'auteur un véritable triomphe. 
Bien des années se sont écoulées depuis lors, et 



les applaudissements de toute l'Europe ont con- 
firmé ceux des habitués de l'Opéra-Comique. 
Dans Le Chaperon rouge, la manière de Boiel- 
dieu est plus grande; les idées sont plus abon- 
dantes ; le coloris musical est plus varié que dans 
les ouvrages précédents. Une composition de cette 
importance avait manqué jusqu'alors à l'auteur 
du Calife, de Ma Tante Aurore et de Jean de 
Paris; désormais il ne lui restait plus qu'à jouir 
de ses succès. 

Les efforts de travail qu'avait coûtés cette pro- 
duction à Boieldieu lui causèrent une maladie 
grave qui rendit impérieusement nécessaire un 
long repos. Il se relira à la campagne, et y vécut 
quelque temps dans un oubli presque complet de 
la musique, uniquement occupé du soin d'orner 
une propriété qu'il avait lécemmeut acquise. Ce 
fut vers cette époque que le titre et les fonctions 
de professeur de composition au Conservatoire 
de I^aris lui furent offerts; l'espoir de commu- 
niquer à de jeunes musiciens les lumières de 
son expérience les lui fit accepter; mais il obtint 
l'autorisation de donner ses leçons clie/ lui , où 
ses élèves venaient chercher un utile enseignement, 
croyant n'assister qu'à de spiiituelles causeries. 
Ce temps est -celui du repos le plus long que 
Boieldieu ait pris dans sa carrière; car, à l'excep- 
tion de son ancien opéra des Voitures versées, 
qu'il retoucha, et pour lequel il écrivit quelques 
nouveaux morceaux, il ne donna rien d'important 
dans l'espace de sept années. En 1821, il écrivit, 
il est vrai. Blanche de Provence, ou la Cour des 
Fées, grand opéra en trois actes, en collaboration 
avec Kreutzer, Berton, Cherunini et Paer; et en 
1824, il fit à peu près un acte de Pharamond ; 
mais on sait que tes ouvrages de circonstance 
ne comptent presque point parmi les productions 
d'un artiste de talent. Avec la certitude qu'ils ne 
sont destinés qu'à avoir une courte existence, on 
se sent peu disposé à y donner beaucoup de soins ; 
le succès cRuse peu de plaisir, et la chute, si 
elle a lieu, il attriste personne. 

Cependant, malgré le long silence que gardait 
la muse de Boieldieu, on savait que cet ai liste 
travaillait : le titre de son opéra futur était môme 
connu, et tout le monde parlait de La Dame 
Blanche longtemps avant que cette partition dit 
mise à l'étude. Hoieldieu, que tant de succès n'a- 
vaient point enhardi, se méfiait de la faveur pu- 
blique et craignait qu'un repos de plusieurs 
années ne l'eût fait oublier. Il hésitait donc à 
faire (comme on .dit au théâtre) sa rentrée; et, 
malgré les heureuses inspirations qui abondaient 
dans son œuvre nouvelle, il employait plus de 
temps à corriger et à refaire les morceaux de cet 
opéra qu'il n'en avait mis à aucun de ses ou- 



ROIELDIEU 



vrapes. Enfin, Ouilbert de Pixérecourt, alors 
directeur de l'Opi'ra-Comique, parvint 5 le dé- 
terminer à tenter l'épreuve qu'il redoutait, et La 
Dame Blanche fut accueillie avec des trans- 
ports unanimes d'admiration. Ce fut au mois de 
décembre 1825 qu'on donna la première repré- 
sentation de cet opéra; près d'un an après, et 
lorsque cent cinquante épreuves de la même 
pièce eurent été faites, la foule des spectateurs 
encombrait encore la salle Feydeau cbaque fois que 
cet ouvrage était joué. Le succès fut le même 
partout; la nouvelle musique de Boieldieu fut 
chantée dans tous les concerts, dans tous les 
salons, et ses motifs servirent de thèmes à nîille 
arrangements divers. Le développement pro- 
gressif des facultés du compositeur, qui n'avait 
cessé de se faire apercevoir depuis ses premieis 
essais de musique dramatique, n'a jamais été 
plus sensible que dans La Dame Blanche. Ja- 
mais son style n'avait été plus varié; jamais il 
n'avait montré autant de force expressive; jamais 
son instrumentation n'avait été si brillante; ja- 
mais enfin il n'y avait eu autant de jeunesse 
et de nouveauté dans ses compositions ; cependant 
il était resté lui-même et n'avait rien emprunté à 
la musique rossinienne. II est même remarquable 
qu'il ait pu varier comme il l'a fait les effets de 
son nouvel opéra, faisant peu d'usage de moiiu- 
lations, affectionnant les tons princi[(nux de ses 
morceaux, et n'employant que des harmonies 
simples et sans recherche. Rien n'indique mieux 
la facilité d'invention mélodique que cette unité 
tonale unie à la simplicité d'harmonie. 

L'effet ordinaire des grands succès obtenus par 
Boieldieu était de lui inspirer pour l'avenir la 
crainte de ne pas se soutenir à la même hauteur, 
et d'être dans d'autres productions inférieur à 
lui-même. Cette crainte n'était pas étrangère aux 
longs intervalles qu'il y avait eri quelquefois dans 
l'apparition de ses ouvrages. Apiès La Dame 
Blanche, elle se reproduisit plus forte qu'aupa- 
ravant. Depuis longtemps un poctne d'opéra avait 
été livré à Boieldieu par Bouilly : c'était celui des 
Deux Nuits, hc compositeur en trouvait le sujet 
fort beau; mais il y désirait de notables cban- 
gements. Scribe se chargea de les faire. Cepen- 
dant toutes les difficultés n'avaient pas disparu; 
il en était dans cet ouvrage qui devaient faire 
fchouer le musicien : malheureusement Boieldieu 
ne les aperçut pas. Tant de fois il avait sauvé 
de faibles pièces par son talent, qu'il crut pouvoir 
faire encore un miracle de ce genre : ce fut une 
erreur. Près de quatre années s'étaient écoulées 
depuis le succès de La Dame Blanche, lorsqu'on 
donna la première représentation des Deux 
A'MJfs ('lumoisde reai 1829). Ainsi qu'il arrivait 



à chaque ouvrage nouveau de Boieldieu, celui-ci 
était attendu avec une vive impatience. La par- 
tition avait été achetée à haut prix par l'éditeur 
de La Dame Blanche, avant qu'elle fût connue; 
tout enfin présageait au compositeur un triomphe 
nouveau. Tant d'espérances ne se réalisèrent pas; 
Les Deux Nuits n'obtinrent qu'un succès incer- 
tain. Fatal ouvrage! Plusieursfois Boieldieu avait 
été contraint de cesser d'y travailler à cause du 
dérangement de sa santé : après qu'il eut été 
représenté, il lui donna la mort. Son espoir déçu 
se transforma en un secret et violent cliagrin. 
Peu de temps après se déclaièrent les premiers 
symptômes de la cruelle maladie qui le conduisit 
au tombeau. 

Le besoin de ^epos lui avait fait demander sa 
retraite comme professeur du Conservatoire : 
l'administration de la liste civile eut égard aux 
services rendus à l'art par ses ouvrages, et sa 
pension fut convenablement réglée. Il y avait 
d'autant plus de justice à cela, que Boieldieu 
venait d'être privé d'une pension de 1200 francs 
qui lui avaitété accordée par rOpéra-Comique, en 
reconnaissance des avantages que le théâtre avait 
trouvés dans la représentation de ses ouvrages. 
Un nouvel entrepreneur avait succédé à l'ancienne 
société des acteurs, et n'avait pas voulu souscrire 
aux engagements contractés par elle. Outre la 
pension de retraite honorable accordée à Boieldieu 
comme professeur du Conservatoire, le roi lui en 
donna une autre sur sa cassette. Le digne artiste 
ne Jouit pas longtemps de ces avantages; car la 
révolution de Juillet ayant éclaté, non-seulement 
la pension de la easçetle disparut avec l'ancienne 
royauté; mais dans un travail de révision sur les 
pensions de l'Opéra et du Conservatoire, il se 
trouva que quelques mois lui manquaient pour 
avoir droit à la sienne, et une partie de son re- 
venu lui fut enlevée. Ainsi , aux douleurs de la 
phtbisie laryngée qui menaçait les jours de Boiel- 
dieu vinrent se joindre des inquiétudes sur son 
avenir. Le mal empirait cbaque jour; tous les 
nemcdes étaient employés, sans qu'il en résultât 
aucune amélioration sensible dans l'état du ma- 
lade. Un voyage à Pise fut conseillé; Boieldieu 
le fit, et ne s'en trouvapasmieux.il revint à Paris 
plus faible, plus souffrant qu'il n'en était parti, 
éprouvant d'ailleurs le besoin de remplacer les 
ressources dont il avait été privé, et contraint 
de demander à reprendre des fonctions de pro- 
fesseur qu'il n'était plus en état de remplir. On 
les lui rendit, et le ministre de l'intérieur lui 
accorda sur les fonds des beaux-arts une pension 
de 3,000 francs; mais, hélas ! il n'était pas destiné 
à jouir longteirqis des avantages de sa nouvella 
position. Sa santé continuait à dépérir; il espéra 



s 



BOIELDIEU — BOILLY 



la rétablir par l'usage des bains du midi qui lui 
avaient fait quelque bien autrefois , et il voulut 
en essayer. Cependant le voyage était difficile à 
faire dans l'état d'abattement où étaient ses forces ; 
il partit néanmoins, arriva avec peine jusqu'à 
Bordeaux, voulut pousser plus loin, mais fut obligé 
de revenir en cette ville, effrayé par les progrès 
du mal. Alors l'idée d'une fin prochaine vint se 
présentera l'esprit de l'artiste, accompagnée du vif 
désir de revoir encore une fois sa maison de cam- 
j'.agne de Jarcy, près de Grosl)ois, où il avait au- 
trefois passé d'heureux jours; sa famille éplorée 
l'y ramena mourant. Peu de jours après tout 
espoir fut perdu, et Boieldieu s'éteignit le 8 octobre 
1834, dans les bras de ses amis. Ses obsèques 
Jurent célébrées dans l'église des Invalides; tout 
ce qu'il y avait d'artistes et d'hommes de lettres 
distingués y assistèrent, et le Requiem de Ciie- 
rubini y fut exécuté par un nombre considérable 
de chanteurs et d'instrumentistes. 

Boieldieu avait eu le titre d'accompagnateur- 
adjoint de la chambre du roi, au mois de septembre 
1815; la duchesse de Berry lui accorda celui de 
compositeur de sa musique au mois de janvier 
1821 ; dans la même année le roi le nomma che- 
valier de la Légion d'honneur. Lorsqu'il en reçut 
la décoration (au mois de mai) il exprima le 
regret que Catel ne l'eût pas obtenue avant lui, 
et se mit à faire des démarches pour la lui faire 
avoir. I! réussit; mais Catel, trop philosophe pour 
désirer de telles faveurs , montra plus d'étonne- 
ment que de reconnaissance en recevant celle-ci. 
L'auteur de la notice sur Boieldieu insérée dans 
la Biographie Universelle de Michaud, dit 
que depuis son divorce avec Clotilde, le compo- 
siteur avait épousé en secondes noces la sœur de 
M"' Phillis qui avait joué plusieurs rôles de ses 
opéras, tant à Paris qu'en Russie. Ce fait n'est pas 
exact , car il n'y a jamais eu de divorce entre 
Boieldieu et Clotilde. Celle-ci est morte à Paris, 
le 15 décembre 1826; et ce n'est qu'après cet 
événement que Boieldieu a contracté un nouveau 
mariage. Les principaux élèves de Boieldieu sont 
Zimmerman pour le piano, Adolphe Adam et 
Théodore Labarre pour la composition. 

L'élogede Boieldieu, par Quafremère de Quincy, 
a été prononcé à la séance publique de l'Académie 
des beaux-arts de l'Institut de France, au mois 
d'octobre 1835, et imprimé à Paris, chez 
MM. Didot, in-4°. On a publié aussi : Procès- 
vfrhalde la eérémonie funèbre en l'honneur 
d'Adrien Boieldieu, qui a eu lieu le 13 octobre 
1834, à Rouen, sa ville natale, par Joseph- 
Alexis Walchi ; Rouen, 1835, in-8"; et une notice 
intitulée: Boieldieu, sa vie, ses œuvres, par 
\ Kt.'fi'u\ aille; Rouen, 183G, Duhast, in-8°. Le 



nom véritable de l'auteur de celle notice est 
André Reloi. 

BOIELDIEU (Adrien-L.-V.), fds du précé- 
dent, né à Paris, le 3 novembre 1816, a fait ses 
études musicales sous la direction de son père, 
qui fondait de grandes espérances sur son avenir 
d'artiste. Quelques romances gracieuses furent 
ses premiers essais. Après la mort de l'auteur de 
La Dame Blanche , le gouvernement français 
accorda à son fils une pension de douze cents 
francs. Le début du fils de Boieldieu sur la scène 
de rOpéra-Comique fut une sorte de pasticcio 
dans lequel il écrivit quelques morceaux d'une 
assez bonne facture et arrangea plusieurs antres 
de son père. Cet ouvrage, intitulé L'Opéra à la 
cour, fut représenté au mois de juillet 1840. 
L'Aïeule, opéTà-comiqne en un acte, suivit ce 
premier essai à une année de distance : la mu- 
sique en était douce, élégante, peu émouvante, 
mais agréable à l'audition. Le Bouquet de V In- 
fante , opéra-comique en trois actes, représenté 
au mois d'avril 1847, fut bien accueilli du public, 
et l'on y remarqua quelques bons morceaux. 
La Butte des Moulins, opéra-comique en 3 actes, 
représenté au mois de janvier 1852 sur le Théûtre- 
Lyrique de Paris, eut quelque succès. Enlin, La 
Fille invisible, en trois actes, au môme théâtre 
(1854), est, jusqu'à ce jour (1859), le dernier 
ouvrage du compositeur. Parmi ses romances, 
on remarque L'Ange des premières amours, Te 
voilà roi, et la ballade intitulée La Barca del 
Beppo. 

BOILE (....), professeur de chant à Milan, 
s'est fait connaître par des exercices pour la voix, 
divisés en six livres et intitulés ; Solfeggi per 
mezzo soprano, per soprano e per contralto; 
Milan, Ricordi. 

BOILLY (ÉnouARD),fils d'un peintre de genre 
qui a eu quelque célébrité, est né à Paris le 16 no- 
vembre 1799. Il étudia d'abord le dessin et la 
gravure; mais son goût décidé pour la musique 
lui fit quitter l'exercice de ces aris; il entra au 
Conservatoire de Paris, etdevint, en 1821, élève 
de l'auteur de la Biographie universelle des 
Musiciens, qui lui enseigna le contrepoint et la 
fugue; puis il passa sous la direction de Boiel- 
dieu pour ce qu'on appelait alors au Conserva- 
toire /e 5 <</^e id^fl^ En 1823, il se présenta au 
concours de l'Institut, et y obtint le premier grand 
prix de composition. Le sujet était la cantate 
de Thisbé. Devenu pensionnaire du gouverne- 
ment, il alla passer quelques années à Rome 
et à Naples, puis parcourut l'Allemagne, et re- 
vint enfin à Paris, en 1827. Depuis cette époque 
il a composé la musique de plusieurs opéras-co- 
inii[ucs; mais les fréquentes mutations de'dircc- 



BOILLY — BOISMORTIER 



9 



teurg el d'entrepreneurs de ce spectacle furent 
cause qud les pièces sur lesquelles il avait écrit 
furent relues par les nouvelles administrations 
et refusées, en sorte que les travaux du musicien 
furent perdus. Un seul ouvrage de sa composition 
a été' représenté au théâtre de l'Opéra-Comique 
le 7 mai 1844. Cet ouvrage, intitulé Le Bal du 
sous-préfet, est un opéra en un acte écrit avec 
élégance et qui fut applaudi. Cependant, dégoûté 
par tous les ennuis qu'il avait rencontrés dans sa 
canière, M. Boilly a fini par renoncer à l'art auquel 
il avait consacré sans fruit les dix plus belles 
années de sa vie, et s'est livré de nouveau à celui 
de la gravure. 

BOISGELOU (François-Paul ROUALLE 
de), conseiller au grand conseil, naquit à Paris le 
10 avril 1697, et mourut dans cette ville le 
19 janvier 1764. Il s'était appliqué à la haute ana- 
lyse et à la théorie de la musique : nous ne par- 
lerons ici que de cette dernière. L'objet de son 
système était de trouver entre les intervalles des 
rapports symétriques, en y appliquant le calcul. 
J.-J. Rousseau a voulu donner une analyse de 
ses travaux à l'article système de son Diction- 
naire de musique; mais il a rendu inintelligible 
tout ce qu'il en a dit, parce qu'il ne l'entendait 
pas lui-même. M. SuremaindeMissery a, depuis, 
essayé d'arriver à la solution du même problême 
par des voies différentes. 

BOISGELOU (Paul-Louis ROUALLE de), 
fils du précédent, né le 27 juin 1734, a servi dans 
les mousquetaires noirs , avec le brevet de capi- 
taine de cavalerie, jusqu'à la réforme de celte 
compagnie. Il fit ses humanités au collège de 
Louis-le-Grand, et y commença l'étude du violon, 
sur lequel il lit de si rapides progrès, qu'encore 
enfant, il était cité comme un prodige. C'est de 
lui que J.-J. Rousseau a dit : « J'ai vu, chez un 
« magistrat, son fds, petit bonhomme de huit 
» ans, qu'on mettaitsur la table au dessert, comme 
« une statue au milieu des plateaux, jquer là 
« d'un violon presque aussi grand que lui, et 
« surprendre par son exécution les artistes 
« mêmes {Émiie, liv. 2.). « M. de Boisgelou a 
fait graver à Paris six duos pour deux violons, 
op. 1. On lui doit aussi un travail considérable, 
entrepris par zèle pour l'art et d'une manière 
purement bénévole, sur la partie musicale de la 
Bibliothèque du Roi, dans laquelle est comprise 
la collection de Brossard , montant à près de 
3,000 articles rares. Le travail de M. de Boisge- 
lou consiste en un Catalogue général, par ordre 
alphabétique d'auteurs, formant un fort volume 
in-fol., et deux autres catalogues par ordre de 
matières, l'un pour la partie littéraire de la mu- 
sique, l'autre pour les œuvres pratiques et les col- 



lections. Ces deux derniers contiennent une mul- 
titude de détails qui ne manquent pas d'intérêt, 
sur les auteurs, les éditions, et la nature des ou- 
vrages. M. de Boisgelou n'avait pas assez de con- 
naissances théoriques et historiques pour ee tra- 
vail ; mais il y a suppléé par beaucoup d'exacti- 
tude. Il avait entrepris, pour le compléter, un 
catalogue historique des auteurs; mais il n'a pas 
en le temps de l'exécuter, et n'a disposé que 
quelques notes assez curieuses. Sa mort, arrivée 
le IG mars 1806, ne lui a pas permis d'accomplir 
cedessein. J'ai beaucoup profitédeses recherches. 
Après sa mort, la belle liibliotlièque qu'il avait 
formée a été vendue. Plusieurs de ses ouvrages, 
et particulièrement deux volumes de notes ma- 
nuscrites, sur des musiciens et des livres curieux, 
ont été acquis par Perne, et sont maintenant en 
ma possession. 

BOISMORTIER (Joseph BODIN de), com- 
positeur médiocre, né à Perpignan en 1691, vint 
à Paris de bonne heure, et mourut dans cette 
ville en 1765. Il a mis en musique trois opéras : 
r Les Voyages de V Amour, ballet en quatre 
actes, représenté en 1736, — 2° Don Quichotte 
chez la Duchesse, en trois actes, 1743. — 
3° Daphnis et Chloé, pastorale, 1747 ; celui-ci est, 
dit-on , son meilleur ouvrage. — 4° Daphné, 
1748, ballet non représenté. Il a fait en onlre 
graver : 1° Deux recueils de motets. — 2° Six 
recueils de cantates françaises. — 3° Airs à 
chanter et vaudevilles, œuvre 16. — 4° Trios 
pour deux violons et basse, œuvre 18. — 5° So- 
nates de violoncelle, op. 26 et 50. — 6° Sonates 
pour deux bassons, op. 14 et 40. — T Sonates 
pour la viole, op. 10. — 8° Pièces diverses pour 
la viole, op. 31. — 9° Sonates pour la flûte, op. A, 
9, 19, 35 et 44. — 10° Duos pour deux flûtes, 
op. 1, 2, 6, 8, 13 et 25. — 1 1° Trios pour flûte, 
violon et basse, op. 4, 7, 12, 37, 39 et 41. — 
12° Concertos pour flûte, op. là, 21 et 31. — 
13° Suites de pièces pour deux musettes, op. 11, 
17, 27.-^14" Les Gentillesses , cantatilles. — 
1 5° Les Amusements, de la campagne. Boismor- 
tier était fort distrait , et bien qu'il fût un des 
maîtres de chant de l'Opéra, il ne put jamais di- 
riger l'exécution de sa musique; aussi disait-il 
aux directeurs de l'Opéra et du Concert spiri- 
tuel : Messieurs, voilà ma partition ; faites-en 
ce quevouspourrez,car, pour moi Je n'entends 
pas plus à la faire valoir que le plus petit 
enfant de chœur. Il avait de l'esprit, des saillies 
agréables et plaisantes. Malgré le peu de cas qu'on 
doit faire de sa musique en général, on ne peut 
nier qu'il re fût bon harmoniste pour son temps, 
et l'on voit qu'il aurait pu mieux faire; mais i! 
travaillait vite pour gagner de l'argent, et s(^s 



10 



BOISMORTIER — BOKEMEYI.R 



ouvrages ne lui coûtaient que le temps de les écrire. 
Lui-môme les estimait fort peu. Cependant, dans 
celte quantité prodigieuse de musique qu'il a 
composée, tout n'est pas à mépriser : son motet 
Fugit nox a eu longtemps de la réputation. 

BOISQUET (l'UANÇois), littérateur, né à 
Nantes vers 1783, et membre de la Société des 
arts etdes sciences dccette ville, s'est faitconnaîlie 
jiar un ouvrage qui a pour titre : Essais sur Fart 
du comédien chanteur ; Paris, Longcliamps, 
1S12, in-8°. 11 y a quelques bonnes observations 
dans ce livre, dont le cadre est neuf; mais on y 
trouve en général les fausses idées que la plupart 
fies littérateurs ont données longtemjis, en I" rance, 
comme des lliéoiies de la musique dramatiipie et 
du cliant expressif. 

BOISSELOT (Xwiiiu), fils d'un éditeur de 
musique et fabricant de pianos, est né à Montpel- 
lier, le 3 décembre 1811. Après avoir appris les 
éléments de la musique à Marseille, où sa famille 
s'était établie, il entra conmie élève au Conser- 
vatoire de musique de Paris, et y suivit un cours 
d'harmonie, puis il devint élève de l'auteur de la 
Biographie universelle des Musiciens, et apprit 
sous sa direction le contrepoint et la fugue. Dans 
le iftôme temps il suivait le cours de composition 
libre de Lesueur, maître de la chapelle du roi, 
dont il épousa la fille quelques années après. 
Admis au grand concours de composition de 
l'Institut, 11 y obtint le second prix en 1 834 ; deux 
ans après, le pr^ier prix lui fut décerné pour la 
cantate de Velléda, qui fut exécutée sollennelle- 
ment à l'institut, le 8 octobre 1836. En 1838, on 
exécuta une ouverture de sa composition dans la 
séance publique de l'Académie des beaux-arts; 
mais neuf années s'écoulèrent ensuite avant qu'il 
pût faire représenter un de ses opéras. Enfin, au 
mois de janvier 1847, son ouvrage intitulé : Ne 
touchez pas à la reine, en trois actes, fut joué au 
théâtre de l'Opéra-Comique et obtint un brillant 
succès. Mosqiùla la Sorcière, autre opéra en 
trois actes, joué au théâtre de l'Opéra national, au 
mois de septembre 1851, a été également bien 
accueilli. On connaît aussi de boisselot quelques 
mélodies et romances avec accompagnement de 
piano. Cet artiste dirige depuis plusieurs années 
une grande manufacture de pianos fondée par son 
l>ère à Marseille, et une maison de commerce de 
musique à Paris. 

BOISSET (Antoine), nom défiguré par Ger- 
ber {Neues Lexikon der Tonkunst, 1. 1, p. 458). 
l'oyesBocssET. 

BOISSIÈRE (Claude), mathématicien fran- 
çais , vécut au seizième siècle. Il naquit, dans le 
Daupbiné, au diocèse de Grenoble. Au nombre 
des écrits de ce savant, dont la plupart concernent 



l'arithmétique, l'ustronomic et la poétique , ou 
remarque un traité qui a pour titre : L'Art de la 
musique réduict et abrégé en singulier ordre 
et souveraine méthode; Paris, i554,in-8". Dans 
les Mélanges tirés d'une grande bibliothèque, 
publiés par le marquis de Paulmy (t. 30, p. 220), 
on trouve l'indication dUm livre sous le même 
I nom qui aurait été imprimé à Paris, en 1554, et 
qui aurait pour titre : Sur la musique prétendue 
pythagoriquej mais ce livre supposé n'est qu'un 
chapitre do l'ouvrage qui vient d'être cité. 

BOISTABD DE GLANVILLE (Guil- 
laume-François), membre de l'Académie de Rouen, 
naquit d;ms celle ville vers 1774.11 a lait im- 
primer plusieurs dissertations parmi lesquelles ou 
remarque : Considérations sur la musique; 
Itouen, 1804, in -8". 

BOITTEUX (A.), professeur de musique 
à Dijon , né à Turin dans les dernières années 
du dix-huitième siècle, est auteur d'un Traité 
Completel raisonné des principes de musique, 
mis à la portée de tout le monde; Dijon, 
Douilicr, 18;;4, in- 8° de 24 pages et 2 planches. 
Un traité complet et raisonné de la musique en 
vingt-quatre pages! C'est merveilleux. 

BOIVIiX (Jacques). Voyez Boyvin. 

BOIV8IV (Jean), imprimeur, éditeur <le 
musique et libraire à Paris, dans la première 
moitié du dix-huitième siècle, a publié un cata- 
logue des ouvrages de sa librairie, tant du fonds 
que de l'assortiment, qui peut être considéré 
comme la plus ancienne bibliographie musicale 
de la France. Cet ouvrage a pour litre : Cata- 
logue général des livres de musique ; Paris , 
1729, in-8°. Ce catalogue est aujourd'hui de la 
plus grande rareté. 

BO!VIN(Louis), néle 15 avril 1814, à Cou- 
ches, près d'Autun (Saône-et Loire), s'est fixé à 
Paris en 1840, et y a pris parla la rédaction de 
plusieurs recueils biographiques et historiques, 
ainsi que <le plusieurs journaux. Les auteurs de 
l'ouvrage intitulé La Littérature contemporaine 
disent que les notices biographiques de M. I3oi- 
vin .sont en général faites aux frais et dépens de 
ceux qu'elles intéressent, et môme que ces per- 
sonnes ne sont pas toujours restées étrangères à 
leur rédaction. Au nombre de ces notices se trouve 
celle du célèbre pianiste Kalkbrenner, publiée 
d'abord dans la Revue générale, biographique, 
politique et littéraire, puis tirée à part sous le 
simple titre : Kalkbrenner, sans date et sans 
nom de lieu ( Paris ), gr, in-8° de 28 pages. Cette 
biographie est un véritable roman. 

BOKEiMEIEU (He.mu). ro?/e:; Bockeheier. 

BOHEME YER ( Henri) canlor à Wolffen- 
biittel qui cul la réputation d'un très-savant mu- 



BOKEMEYEU — BOAIDliLLES 



11 



sicien de son temps, naquit, «lans le mois de mars 
1679, à Immensen, viiinge de la principauté de 
Zelie. Après avoir reçu les premières instructions 
dans le lieu de sa naissance et à l'école de Burg- 
dorlT, il fréquenta les écoles de Saint-Martin et 
de Sainte-Catherine, à Brunswick, depuis iC93 
jusqu'en 1699; puis il alla terminer ses études à 
l'université de Helmstadt. Le 2 avril 1704, il 
obtint le cantorat de l'église Saint-Martin à 
Bninswick; deux ans après il devint élève de 
Georges Œstcrreich pour la composition. Devenu 
savant dans son art, il futappeléen 1712 àHusum, 
dans le Sclileswig-Holstein, pour y remplir les 
(onctions de cantor. 11 y resta jusqu'en 1717; 
mais alors le désir de revoir sa patrie le ramena 
à Brunswick, et dans la même année il fut adjoint 
à Bendeler {voy. ce nom) comme cantor, à Wolf- 
fenbùttel. Après la mort de celui-ci, en 1720, 
il lui succéda comme cantor titulaire. Il mourut 
dans cette situation, le 7 décembre 1751. On n'a 
imprimé aucune composition de Bokemeyer; 
mais il paraît qu'il était très-habile dans l'art 
d'écrire des canons, car Maltlicson entretint avec 
lui, à cesujet, une correspondance dont il a publié 
une partie dans sa CrUica-miisica, t. Il, p. 241- 
247, et il le cite comme une autorité. Dommerich 
(Jean-Cliristophe) a publié un éloge de ce mu- 
sicien sous ce titre : Memoria H. Bqkemeieri 
posterilati tradita; Brunswick, 1752, in-4°. 

BOLAFFI (Michel), maître de chapelle à 
Florence, naquit dans cette ville en 1709. Il a écrit 
plusieurs œuvres de musique d'église qui étaient 
estimées en Italie au commencement du dix-neu- 
vième siècle. Kiescwetter possédait de lui un 
iHîAcrere à 3 voix et orchestre, composé, en 1802, 
sur une traduction italienne faite par Bolaffi lui- 
luôiiie. 

BOLÏCIOou BOLÏCiUS (Nicolas). Voyez 

WOILICK. 

iîOLllMO (Luc), excellent luthiste et com- 
positeur pour son instrument, naquit à Noia vers 
1560: il vivait à Naples en IGOl. Cet artiste n'est 
connu que par la mention qu'en a faite Cerreto 
( Délia prattica Musica, p. 157 ). 

BOLIS (Sébastien), compositeur de l'École 
romaine, maître de chapelle à Saint-Laurent 
in Damaso, a écrit des messes et des psaumes 
à huit parties réelles, qui r-e trouvent en ma- 
nuscrit dans quelques bibliothèques de l'Italie. 

BOLIS ( Angelo), chanoine de l'égliseï collé- 
giale de Saint-Jean-Bapliste, dans la petite ville 
d'Odcrzo, del'Élatde Venise, dans la Marche- 
Trévisane, au commencement du dix-septième 
siècle. Il s'est fait connaître, comme compositeur, 
par une œuvre qui a pour titre : Motecla binis et 
ternis vocibus decantanda ciim parie ad or- • 



gamim ; Venetiis, siibsii^no Gardano, 1C2G, in-4°. 

BOLLIOIJD DE MEKMET (Louis), né ' 
à Lyon le 15 février 1709, est mort dans la 
même ville en 1793. Sa famille était distinguée 
dans la magistraluie, il fut longtemps secrétaire 
de l'Académie des sciences et arts de Lyon. On 
a de lui -. De la Corrvplion du goût dans la 
musique française; Lyon, 1746, in-12. « Cet 
« auteur estimable, dit M. de Boisgelou lils 
« (Catalogue mss. des livres sur la musique 
« de la Bibliothèque du roi), pouvait d'autant 
« mieux être bon juge en cette malière, que les 
« meilleurs organistes ne manquaient pas d'aller 
« l'entendre, lorsqu'il s'amusait à jouer de l'orgue 
« dans les églises de Paris. » On ne conçoit pas, 
cependant, en quoi le goût de la musique pouvait 
se corrompre en France en 1740. Une traduction 
allemande de ce petit ouvrage , avec des notes 
de Freytag, a paru à Altenbourg en 1750, sous ce 
titre : Abhandlung von dem Verdcrbcn des Ges- 
niac/is in der franzoesiscfien Musilt, in-s" de 
78 pages. Freytag, traducteur de cet ouvrage, 
était professeur au gymnase d'Allenbourg. On 
peut lire l'analyse de cette traduction dans Le 
Musicien critique de la Sprée (de Marpurg), 
p. 321. On trouve parmi les manuscrits de la 
bibliothèque de Lyon, sous le n" 905, in-fol., cinq 
mémoires lus par Bollioud à l'Académie de Lyon, 
dont le cinquième seulement a été publié : c'est 
celui dont il vient d'être parlé. Les quatre autres 
traitent : 1" De la musique vocale. — 2° Du 
tempérament que les voix observent dayis le 

chant. — 3° De lamusique instrumentale. 

4° De la construction de l'orgue. L'analyse 
de ces mémoires est dans l'ouvrage de De- 
landine intitulé : Manuscrits de la bibliothèque 
de Lyon ; Paris et Lyon, 1812. 2 vol. in-8''. 

BOLOGNA (Michel-Ange), sopraniste, na- 
quit à Naples en 1756. Après avoir étudié l'artdu 
chant pendant plusieurs années au Conservatoire 
de la Pietà, il passa à Munich comme chanteur 
de. prince électoral de Bavière. En 1783, il fit 
partie de la troupe italienne de la cour. Les opéras 
dans lesquels il eut le plus de succès sont : 
r VArtemiûafÛQ Prati, et Cùstore e Polluce 
de Vogler. En 1786, il se retira du théâtre, et se 
fixa à Munich, où il vivait encore en 1812. Il 
eut la réputation d'un chanteur habile et d'un bon 
acteur. 

BOMBELLES (Henri, marquis de), fils 
du maréchal de camp et ambassadeur de ce nom, 
qui émigra en 1789 et servit dans l'armée de Condé, 
entra, ainsi que son frère, au service de l'empe- 
reur d'Autriche comme officier. M. Henri de 
Bombelles, amateur de musique distingué, a com- 
posé plusieurs morceaux de musique d'église, et 



!2 



BOMBELLES — BONAFINI 



a publié un Ave Maria et un Memorare à 4 voix 
avec accompagnement d'orgue; Vienne, Diabelli. 
Sa belle-sœur, M™^ la comtesse de Bombelles, 
cantatrice d'un talent remarquable, était à Florence 
en 18?.9, et brilla dans l'exéculion de quelques 
opéras composés par lord Burgliersh, qui, plus 
tard, est devenu comte de Westmoreland. Le ta- 
lent de la musique était naturel dans la famille 
de M. de Bombelles : sa tante , M*"® la marquise 
de Travcnot, fut l'auteur véritable des paroles et 
<]e la musiciue si naïve de la romance célèbre 
Pauvre Jacques, dontlair a été attribué à Dibdin 
{coy. ce nom), parce qu'il le rendit populaire en 
Angleterre, an moment de l'émigration française. 

BOMBET(ALEXANDiiK-CÉSAR), pseudonyme. 
Voyez Beylk. 

. liOMMER (WiLiiELM-CimisTOPiiE), virtuose 
sur le piano, né à Dresde en 1801, s'était li\é à 
Saint-Pétersbourg, où il mourut, le 29 décembre 
IS'iS. Je ne connais de sa composition que des 
variations (en rd) sur un air russe, pour piano 
seul; Saint-Pétersbourg, Paez. 

BOMPORTO (François-Antoine), ou Bom- 
porti. Voyez Bonpokti. 

BO!\A (Jean), savant cardinal, naquit à Mon- 
dovi,en Piémont,au mois d'octobre 1609. Il entra 
en 1C23 dans l'ordre des Feuillans,àon\. il devint 
général en 1G51. Clément IX le fit cardinal en 
16G9. H mourut à Rome le 25 octobre 1674. On 
lui doit un livre intilulé : De divina Psalvio- 
(lia, sive psalleniis ecclesix harmonia, Trac- 
iahis historiens, symbolicus, asceticus ; Rome, 
1653,in-4°. 11 y en a d'autres éditions : d'Anvers, 
J677, in^"; Paris, 1678, in-8" ; Anvers, 1723, 
in-folio. On trouve aussi cet ouvrage dans les 
éditions complètes des œuvres de Bona, notam- 
ment dans celle de Turin , 1747, 4 vol. in-folio. 
Il contient des renseignements intéressants sur les 
tons de l'église, le cbant des diverses parties de 
l'oflice, l'introduction des orgues et des autres 
instruments de musique dans l'office divin. 

BOMA (Valerio), moine de l'ordre des con- 
ventuels de Saint-François ou grands Cordeliers , 
naquit à Brescia, dans la seconde moitié du sei- 
zième siècle, et non à Milan, comme le disent 
Quadrio et Piccinelli. Après avoir été pendant 
quelque temps maître de cbapelle à la cathédrale 
de Verceil, il passa à Mondovi, en la môme qua- 
lité. Cozzando (Libraria Biesciana, p. 313) dit 
qu'il avait une très-belle voix et qu'il était un 
chanteur très-habile. Il parait, par le titre d'un de 
ses ouvrages, qu'il était, en 1596, maître de mu- 
.siijue à Saint-François de Milan. Bona esta la fois 
lecouimandable et comme théoricien, et comme 
compositeur. Les traités publiés par lui sont : 
I. Hegole ciel contrapiinto e composizione brc- 



vemente raccolteda diversi autori; operetla 
inolto facile ed utileper i scolari principianti ; 
Casale, 1595, in-4°. — M, Esempi delli passagi 
délie consonanze e dissonanze, et d'altre cose 
pertinente al compositore; Milan, 1590, in-4°. 
On y trouve de la clarté et une simplicité de 
doctrine remarquable pour le temps. Parmi les 
compositions de Bona, on dislingue : 1* Motetti 
a 8 voci ; Milan, 1591. — 2" Lamentazioni , 
cou VOrazione di Geremia, a 4 voci; Venise, 
1591. — 3° Messe e Motetti a 3 voci; Milan, 
1594. — 4° Canzoni a sei ; Venise, 1598. — 
5° Canzonette a 3 voci,lib. 3 et 4; Milan, 1599. 
— 6° Madrlgali a 5 voci; Milan, 1600. Cet ou- 
vrage fut réimprimé dans l'année suivante, à Ve- 
nise, chez Gardane, in-4°. — 1° Madrigali a 
5 voci; Milan, 1601. — 8° Motetti a 6 voci, 
lib. 1. — 9° Messe e Motetti a 1 cori, lib. 2, a 
8 voci; Venise, 1601. -«- 10° Pietosi affetti e la- 
grime del pénitente; Venise. — II" Madrigali 
a 5 voci, lib. 3; Vcnezia, 1605. —12° Motetti 
aduc; Vcnezia, prcssoBart. Magni.—i?,'' Missa 
a 4 chori e Salmi; Venise, 1611. Cozzando 
( loc. cit.) dit que Bona vivait encore en 1619. 
LaBibliolhèquc impériale de Paris possède aussi 
un ouvrage de ce savant musicien, intilulé: 
Introïtus Missarum octo Vocum omnibus 
festis totius anni accomodatis; Anvers, 1639, 
in-4°. 

BONA ( Pîetro), compositeur et professeur 
de chant, né à Naples vers 1810, a fait ses études 
musicales au Conservatoire decetle ville. Au mois 
d'avril 1832 il a fait représenter an Ihéùtre Nuovo 
un opéra bouffe intilulé : fl Tutore ed il Diavolo, 
qui n'a pas réussi, et dans lequel on remarqua 
beaucoup de réminiscences. Plus tard, Bona s'est 
fixé à Milan, comme professeur de chant. Son 
opéra/Lwiae i Perollo fut représenté au théâtre 
de la Scala en 1845, et obtint quelque succès; 
deux ans après il y donna l'opéra sérieux Don 
Carlo, qui fut accueilli favorablement. Riccordi, 
de Milan, a publié les morceaux détachés de ces 
deux opéras avec accompagnement de piano. 
Bona est auteur d'un bon ouvrage pratique pour 
l'art du chant, publié sous ce titre : A'woi'i Studj 
di perfezionamenio del canto italiano, consis- 
iente in vocalizzi isolaii, a due, a tre et a 
qxiattro parti, adatti a lutte le specic di vole 
e di qualsivoglia estensione ; Milan, Riccordi. 
Cet ouvrage est divisé en sept parties, et chaque 
partie en trois livres. 
BO.\ADIES(Jean). Voyez Gutentag. 
BOMAFINI (Mi"e), fut une cantatrice dis- 
tinguée dans la deuxième partie du dix-huilième 
siècle. Née en Italie, elle fui conduile à Dresde 
dans sa jeunesse et y reçut son éducation mu- 



RONAFINI — BONAPARTE 



13 



sicale. En 1780, elle voyagea en P.upsic, cl tut 
admirée à la cour de Pétersbourg pour son talent 
et sa beauté. A l'âge de seize ans, elle s'était 
mariée secrètement avec un officier prussien qui 
fut tué en Bavière. En 1783, elle retourna en 
Italie, et s'y maria de nouveau secrètement avec 
un homme fort riche. Reichardt la rencontra à 
Modène, en 1790; elle élait alors retirée du 
théâtre, passant l'été dans une belle campagne et 
l'hiver à Venise. Ce maître parle avec enthou- 
siasme et de son chant expressif et des grâces 
de sa personne. Gorani , qui la vit deux fois à 
Modène, la nomme dans ses mémoires secrets sur 
l'Italie, l'Aspasie de Modène, et dit que, par son 
esprit, ses talents et sa beauté, elle attirait près 
d'elle la meilleure société de cette ville. M™^ Bo- 
natini mourut à Venise, vers 1800. 

BONAGIONTA (Jules), musicien de la 
chapelle de Saint-Marc, à Venise, était né à San- 
Genesio, vers 1530. 11 a fait imprimer de sa com- 
position : t° Canzonette napoletane e vene- 
ziane a trevoci; Venise, 1562, in-S". — 2° Il 
Desiderio, madrigall a quattro e cinque voci 
di diversi eccellentissimi auihori; in Venezia, 
appresso Girolamo Scotto, 1560, in-4°. Ce re- 
cueil intéressant est divisé en deux livres. Les 
auteurs dont on trouve des madrigaux dans le 
premier sont Cyprien de Rore, Adrien Avilla, 
Spirito da Reggio, Orlandodi Lasso, Primavera, 
Jean Florio , et Madeleine Casulano. Le second 
renferme des pièces de Paul Animuccia, de Jules 
Bonagionta, d'Alexandre Striggio, de Jean Con- 
tino, de Jean Florio, Gianetto Palestina (sic), 
Londalito, André Gabrieli, Jacques de Nola, 1'/?;- 
irico, H. Vidue, Joseph de Vento , et François 
Pertinaro. — 3° Moleltï à cinque e sei voci; 
ibid., in-4°. — 4° Misse a quattro e cinque 
voci; Milan, 1588, in-4°. 

BONANNI ( Philippr), jésuite, né à Rome 
le 16 janvier 1638, mourut dans la même ville 
le 30 mars 1725. Au nombre de ses ouvrages on 
trouve le suivant : Gabïnelto Armonico pieno di 
stromenti sonori, spiegati; Rome, 1723, in-4'' 
avec 177 planches. La Biographie Universelle 
indique une édition de ce livre datée de 1716; 
mais elle n'existe pas; ce qui le prouve, c'est 
qu'au titre de l'édition donnée en 1776 par l'abbé 
H. Cerutti, on lit : Seconda edizione (Voyez 
Cerutti). C'est un livre rempli d'erreurs et de 
désordre. La version de l'abbé Cerutti est plutôt 
une imitation qu'une traduction véritable. 

BOIVANNO (Augustin), compositeur, né en 
Sicile , a fait ses études au conservatoire de Pa- 
lerme, sous la direction de Raimondi. Son pre- 
mier essai dans la musique dramatique s'est fait 
pendanl.le carnaval de l846, à Palerme, sa ville 



natale, par un opéra intitulé ; Il Trovatore di 
lîavenna. Les concitoyens du compositeur ap- 
plaudirent clialeureusenient son ouvrage. Je n'ai 
pas de renseignements sur la suite de sa car- 
rièie. 

BOIVAPARTE (Louis), comte de Saint-Lcu, 
ex-roi de Hollande, troisième frère de l'empereur 
Napoléon, naquit à Ajaccio, le 2 septembre 1778. 
Entré fort jeune au service, il suivit son frère en 
Italie et en Egypte. Ennemi des grandeurs, aimant 
les arts, les lettres et la philosophie, il fut fait 
roi malgré lui, et fut marié contre son gré à la fille 
de l'impératrice Joséphine, Ilortense Beauhar- 
nais. Il saisit la première occasion d'abdiquer 
le faible pouvoir qu'on lui avait donné, et se 
sépara de la femme qu'on lui avait imposée et 
dont il croyait avoir à se plaindre. Tour à tour 
il se retira en Styrie , en Suisse, à Rome et enfin 
à Florence, où le reste de sa vie s'écoula dans des 
souffrances («nysiques et dans des jouissances 
morales , cultivant les lettres, pour lesquelles il 
était né, et faisant du bien à tout ce qui l'en- 
tourait, comme il l'avait fait sur le trône. Des ro- 
mans, des poésies et des documents historiques sur 
l'administration de la Hollande pendant son règne, 
ont été publiés par lui. L'ouvrage qui lui fait 
donner une place dans ce Dictionnaire historique 
est d'un autre genre. En 18 14, la seconde classe de 
l'Institut de France avait mis au concours cette 
question : Quelles sont les difficultés réelles 
qui s'opposent à l'introduction durhythme des 
Grecs et des Latins dans la poésie française : 
cette question fut traitée par le prince, qui, lui- 
même, avait proposé le prix sous le voile de 
l'anonyme. Ce fut à propos de cette même ques- 
tion que Louis fit demander à l'abbé Baini la so- 
lution de seize questions auxquelles le savant di- 
recteur de la chapelle sixtine répondit par son 
ouvrage intitulé : Saggio sopra Videntità de' 
ritmi musicale e poetico (voy. Baipu), que 
le prince fit imprimer à ses frais, et dont il 
donna ensuite la traduction française sous ce 
titre : Essai sur l'identité durhythme poétiqua 
et musical, traduit de l'ouvrage italien de 
M. l'abbé Baini, par le comte de Saint-Leu ; 
Florence, Piatti, 1820, in-S". Déjà le prince avaiî 
tiré parti de ce travail dans son Mémoire szir la 
versification française , dont la troisième édi- 
tion, eu 2 volumes iu-8°, a été publiée à Rome, 
en 1825-1826. Le comte de Saint-Leu est mort 
à Florence en 1846. Des deux Gis que lui avait 
donnés la reine Hoitense, l'aîné est mort à 
Rome en 1831, le second est aujourd'hui l'em- 
pereur Napoléon 111. 

BONAVEIXTURE (Le Père), surnomméda 
Brescia, parce qu'il naquit en celte ville, dans la 



14 



r.ONAVENTUR! 



BONEFOKT 



seconde moitié du quinzième siècle, fut moine 
de l'oidre des frères mineurs, et vécut au cou- 
vent de sa ville natale. On a de lui : I. Erevilo- 
quiitm inusicale ; Venise, 1497. Il y en a deux 
autres éditions datées de la même ville, 1511 et 
Î523, in-4°. — II. Régula Musice plmie ;\en\s,e, 
par Jacq. de Penci da Lecho, in-4°, sans date. 
J'en possède un exemplaire petit in-4°, où se 
trouve la dale de 1500, ainsi exprimée à la der- 
nière page : Accuratissime impressum per ma- 
gisirum Leonardum Pachel ad impensas 
magistri de Legnano, sub die X septembris 
Mccccc. Lipenius en indique une édition de Ve- 
nise, 1501,in-4°;Cozzando(librar. Cresc.p. 69), 
une autre de la même ville, 1523, in-8°-, La 
Borde, une quatrième de 1545, in-8°; Gruber, 
dans sa Littérature de la musique {Heylrxge 
zur Litter. der Musik), en cite trois de Kurcm- 
berg datées de 1580, 15S3 et 1591 ; enlln,dans la 
Théorie généraledes beaux-arts de Sulzer, article 
Choral, on trouve l'indication d'une traduction 
italienne de cet ouvrage, sous ce lilre : Regole 
délia musica piana o canto fermo; Venise, 
iblO. Le Breviloqiihnn vmsicale est le même 
ouvrage que celui qui a pour titre : Régulas niu- 
sicxplanœ, car à la fin de l'édition de celui-ci 
publiée en 1511, on lit : Explictt Dreviloquium 
musicale: édition a fratre Bonaventura de 
Brixia ordinis ininorum in conventu nosiro 
sancli Francisci de Brixia ;impresso in Vcnetia 
p. Jacomo de Penzi da Lecho nel anno del nro 
Signore \àll adï 20 di marzo. Dans l'épîtredé- 
dicatoireà Fra Marco de Duclu's, l'auleurdit : //o 
composta questo picolo opusculeto de canto 
fermo, il quale p. la sua brevita ho inlilulato, 
Breviloquium musicale. Une autre édition est 
ainsi le I minée : E cosifazofme del mio picoiino 
breviloquio, etc.; Impresso in Venetia per Jo. 
Francisco et Jo. Antonio de Rusconi fratelli, 
nelli anni del signore 1524 a di X oclobris. 
Pnfin, une antre édition porte à la fin : ExpUcit 
Breviloquium musicale idest regulx musicx 
planx; Stampato in Venetia 2^er loan An- 
tonio et fratelli de Sabio; 1533, in- 12 Ce traité 
duplain-cliant est écrit en un mélange des langues 
latine et italienne : il est divisé en quarante-deux 
chapitres. — UL Brevis collectio artis musicx ^ 
qux dicitur ventura , resté en manuscrit, et 
datée de 1489. Le père Martini en possédait une 
copie. Les ouvrages de lionaventure de Brescia 
doivent leurs nombreuses réimpressions, moins 
au mérite de leur rédaction, qu'à celui do leur 
brièveté. Comme théoricien, cet auteur est inférieur 
aux bons écrivains de son temps, et surtout à 
Gaforio. 
BONAZZI (Aktoine), un des plus habiles 



violonistes de l'Italie, était néâ Crémone. Il est 
mort à Mantoue, en 1802, laissant à ues héritiers 
une collection d'environ mille concertos, quin- 
letti, quartetti, etc., pour violon ou flûte, parmi 
lesquels il s'en trouvait un assez grand nombre 
de sa composition.il possédait, en outre, quarante» 
deux violiins de Gnarnerius, d'Amati, de Stradi- 
varius et d'-aulres grands maîtres, lesquels étaient 
estimés plus de 0,500 ducats. 

BONAZZ! (Ferdinand), premier organiste de 
la cathédrale de Milan, naquit en cette ville en 
1764. Il reçut les premiers principes de son père, 
et passa ensuite sous la direction de François 
Pogliani. En quelques années il devint un des pre- 
miers organistes de l'Italie. Il vivait encore en 
1819. On a de lui des ioccates pour l'orgue qui 
n'ont point été gravées. 

BO.\DII\ERI (Michel), né à Florence vers 
1750, s'est fait connaître comme compositeur 
dramatique, dès 1784, ]>ar l'intermède intitulé : 
La Serva in contesa, à Florence; tous ses autres 
ouvrages ont été écrits pour la même ville. Les 
plus connus sont : // Matrimonio in cantina, 
1785; La Locandiera, 1780; Le Spose proven- 
çale, 1787; Lafintanobile, 178"; L'Autunno, 
1788; Il Maestro per seguilato, 1788; Ognidi- 
suguaglianzaamoreuguaglia, 1788; Ilvccchio 
Spezziale deluso in amore, 1791. 

BO]\DIOLÏ (GiACiNTo), dominicain, né à 
Quinzano, près deBrescia, vers la fin du seizième 
siècle, a fait imprimer de sa composition : 
1° Misse e litanie a quatlro voci. — 2° Com- 
plète, Litanie ed Anlifone a quatlro voci; Ve- 
nise. — 3° Salmiintieribrevcmente concertait 
a cappella a quatlro voci con l'organo, op. 4"; • 
Venise, 1622, in-4°. — 4" Salmi a otlo voci 
con ripieni; Venise, I028. — 5° .Salmi a tre. 
voci; Venise, 1643. — 6° Soavifiori colli neW 
ameno Giardino de sacrale Laiidi, Motet ti, Ma- 
gnificat , e canzoni concertati a 2 voci, in 
Venetia, 1622, in-4». 

BO]\DOUX (Hyacinthe), chantre de la ca- 
Ihédrale de Rouen, né dans les dernières années 
du dix-huitième siècle, a publié un Recueil de 
faux-bourdons ou quatuors de la métropole, 
à l'usage du diocèse de Rouen, publié par 
II. Bondoux, vérifiéet augmenté par M. A. Go- 
defrog; Rouen, De Larabossière, 1837-1840, 
4 vol. in-s". 

BOi\EFOi\T (S. Simon de), chanoine et 
maître des enfants de chœur de l't'glise cathédrale 
de Clermout en Auvergne, vers le milieu du sei- 
zième siècle, s'est fait connaître comme compo- 
siteur par une messe des morts à cinq voix qui 
se trouve dans un volume de messes de diverk 
auteurs intitulé : Missartun musicalium cerlx 



BONliFONT — BOrsllOMME 



15 



vocîim varietale seainduin varias quos rc/e- 
runt modulos et cantioncs disimctarum liber 
secundus, ex diversis ïisdemque peritissimis 
aucloribus collectas; Parisiis, ex typographia 
JSicolai du Chemin, 155G, in-fol. màx. 

BONELLI (Ai'rélien), peintre et musicien, 
né à Bologne en 1569, vivait à Milan en ICOO. 
Il a fait imprimer à Venise, en 1596, le premier 
livre de ses Villanelle à trois voix. 

BONESI (Benoît), né à Eergame vers le 
milieu du dix-huitième siècle, eut pour maître 
(le chant Aug. Cantoni , élève de Bernacchi. Il 
étudia aussi la composition pendant dix années 
sous la direction d'André Fioroni , élève de Léo, 
et maître de chapelle de la catiiédrale de Milan. 
En 1779, Bonesi vint à Paris,et fut employé, comme 
maître de chant, au théâtre de la Comédie italienne. 
Le 16 décembre 1780, il donna à ce théâtre 
Pygmalion, duodrame en un acte. L'année sui- 
vante il fit entendre au concert spirituel l'oratorio 
de Judith, qui fut trouvé froid, et qui eut peu de 
succès. Dans le même temps, il fit représenter 
au théâtre des Beaujolais le petit opéra intitulé : 
La Magie à la mode, qui fut suivi du Rosier, 
et de quelques autres ouvrages du môme genre. 
Ce fut aussi pour le môme théâtre qu'il écrivit, 
en 1788 , le ballet A''Amasis. La meilleure pro- 
duction de Bonesi est un livre qui a pour titre : 
Traité de la mesure et de la division du temps 
dans la musique et dans la poésie; Paris, 
1806, in-8°. Les exemples de musique de cet ou- 
vrage sont impi imés avec les caractères de Gode- 
froy. 11 y a du savoir, et surtout un savoir d'éru- 
dition dans ce livre ; mais comme la plupart des 
auteurs qui ont traité ce sujet délicat, Bonesi 
s'est perdu dans une fausse identité de la mesure 
musicale avec la division du temps dans la poésie. 
La meilleure partie de son ouvrageest la deuxième, 
qui est relative au rhythme poétique : il y a pro- 
fité des idées du P. Giov. Sacchi sur la même 
matière, quoiqu'il le critique quelquefois. Quant 
aux principes du mécanisme de la mesure mu- 
sicale, Bonesi ne les a connus que d'une manière 
fort imparfaite. Le P. Augustin Pisa a donné sur 
ces principes des idées bien plus justes et plus 
profondes dans son ouvrage intitulé : Batlula 
délia musica dichiarata (voy. Pisa). Bo- 
nesi est mort à Paris au cominencement de 
1812. 11 enseigna l'harmonie à Choron. 

BONFI (Jules), guitariste italien du dix- 
septièrne siècle , a publié un traité élémentaire 
intitulé : fl Maestro di chitarra ; Milan, 1653- 

BONFICHI (Paul), compositeur, naquit à 
Livraga, dans la province de Lodi (Lombardie), 
le 16 octobre 1769. Dès son enfance il s'appliqua 
à l'étude de la musique, et y fit de rapides pro- 



grès. Il entra fort jeune dans l'ordre des Mineurs 
conventuels, et ses talents lui firent obtenir plu- 
sieurs charges dans soa ordre. A la suppression 
de son couvent , il se retira à Milan, où il était 
encore en 1812. Depuis lors il s'est rendu à 
Rome, où il a séjourné plusieurs années. 11 est 
mort à Lodi, le 29 décembre 1840, après avoir 
été maître de chapelle à la Santa-Casa de Lo- 
rette. Ses meilleures compositions sont pour 
l'église; il a cependant écrit plusieurs morceaux 
de musique de chambre, vocale et instrumentale, 
et des symphonies à grand orchestre. On connaît 
un opéra bouffe intitulé Lauretta, et le drann; 
sérieux Abradata e JDircea, représenté à Turin 
en 1817, dont la musique est d'un compositeur 
nommé Bonfichi. J'ignore si c'est le même que 
celui qui est l'objet de cet article. Les ouvrages 
qui ont fait particulièrement la réputation de ce 
compositeur sont des oratorios qui ontétéexéculés 
avec succès en Italie, et en dernier lieu au couvent 
de Saint-Philippe de Néri , à Rome. Parmi ces 
oratorios on remarque : 1° La Morte d'Adamo. 
— 2° La Nuvoletta d'Elia. — 3° Il Figliuol 
prodigo. — 4° Il Passagio del mar Rossa. — 
5" La Scinda di Giesu Cristo al Limbo. Celui-ci 
est le dernier ouvrage de Bonfichi ; il a été exécuté 
pour la première fois à Rome, en 1827. En 1828, 
ce compositeur a été au nombre des candidats 
pour la place de maître de chapelle de Saint- 
Pétrone, à Bologne, et pour succéder au P. Mattei 
comme professeur de composition à l'Institut de 
cette ville; mais il n'a point obtenu sa nomina- 
tion à ces places. 

BONFIGLI (Antoine), chanteur, né à Luc- 
ques , le 26 décembre 1794, n'était âgé que de 
dix-huit ans lorsqu'il parut pour la première fois ' 
sur le théâtre. Eu 1812, il chanta à Milan au 
petit théâtre Re, parcourut ensuite l'Italie, re- 
tourna à Milan eu 1823, au théâtre Carcano, 
puis fut engagé comme chanteur à l'Opéra italien 
de Dresde , et comme membre de la chapelle, il 
s'est fait connaître comme compositeur par six 
ariettes italiennes avec accompagnement de piano, 
Dresde, Mœser, et par six chansons allemandes, 
Ibid. 

BONFIGLï (Laurent), ténordistingué, com- 
mença sa carrière théâtrale en 1827. Il chanta 
avec succès sur toutes les grandes scènes- de 
l'Italie, à Vienne, et dans les villes principales 
de l'Espagne. En 1847, il était à Palerme. Là 
s'arrêtent les renseignements sur sa personne. Il 
est vraisemblable qu'il s'est retiré du théâtre peu 
de temps après. 

BONHOMME (L'abbé Jules) ecclésiastique, 
de Paris , sur qui je n'ai pas de renseignements, 
est auteur d'un écrit intitulé : Simple réponse 



16 



B0M10M:\]E — BOiNJOUR 



à la brochure du P. Lambillote intitulée quel- 
ques mots sur la restauration du chant litur- 
gique ; Paris, Jacques Lecofire et C'« , 1855, gr. 
in-8° (le 48 pages. Dans sa brochure., le P. Lam- 
billote ( vorj. ce nom ; avait critiqué amèrement 
(parliculièrementpageSô) les éditions du graduel 
et de l'anliplionaire publiées à Paris, en 1852 et 
1853, par une commission d'ecclésiastiques de 
Reims, Cambrai et Paris, dans le but de préco- 
niser celles qu'il préparait lui-même. L'écrit de 
M. L'abbé Bonhomme a pour but de réfuter les 
attaques du R. P., jésuite. 

BOIVHOMIUS (Pieure), chanoine de l'église 
de Sainte-Croix à Liège, au commencement du 
dix-septième siècle, s'est fait connaître par la pu- 
blication de deux ouvrages intitulés : 1° Melodix 
sacrx quas vulgo mutetas appellant jam nu- 
viter 5-9 vocibus, etc.; Francfort-sur-le-Mein, 
1603, in-4°. — V Missas 12 iioc. ; Anvers, 1C17, 
in-4°. 

BOlXHOmiE père (M.), né à Toulouse, 
chantre de la cathédrale et professeur de plain- 
chanl dans cette ville, est auteur d'un traité en 
dialogue, qui a pour titre : Méthode théorique 
et pratique de plain-chant, publiée sous les 
auspices et avec l'approbation de Mc l'arche- 
vêquede Toulouse; Toulouse, 1.840, un vol. in-S" 
de 223 pages. 

BOIXI (Gabriel), né à Saint-Flour, fut maître 
des enfants de chœur à Saint-Étienne de Toulouse, 
dans le seizième siècle. Il a mis en musique à 
quatre parties les sonnets de Pierre Ronsard; Pa- 
ris, Adrien Le Roy et Robert Ballard, 1579, in-4''. 
On a aussi de lui : Les quatrains du sieur de 
Pibrac, mis en musique à trois, quatre, cinq 
et six parties; Paris, Adrien Le Roy, 1582; et 
Psalmi Davidici novis concentibus sex voci- 
bus modulati, cum oratione regia 12 voc. 
contexta; Paris, Adrien Le Roy, 1582. 

COIVI (Gaetano) : on connaît un compositeur 
de ce nom dont un opéra intitulé Tito Manlioa 
été représenté à Rome en 1720. 

BONI ( F. de), sous ce nom d'un auteur sur 
qui l'on n'a pas de renseignements, on a publié 
un livre qui a pour titre : Biogra/ia degli Ar- 
tisti, ovvero Dizionario delta vita e dette opère 
dei Pittori, degli Scultori, degV Intagliatori, 
dei Tipogrofi e dei Musici di ogni nazione, che 
fiorirono dai tempi più remoti sino a nostri 
giorni; Venezia, Santini e Figlio, in-8°, en 20 
livraisons. 

BOMPACIO (Jean), littérateur, historien 
et jurisconsulte, naquit à Rovigo, le 6 septembre 
1545, et mourut à Padoue, le 23 juin 1635. 
Au nombre de ses ouvrages se trouve le suivant : 
Le Arti Uberali e meccaniche cotne sieno state 



dagli animali irrazionali agli uomini di- 
mostrati ; Rovigo, 1C24, in-4°. Il entreprend d'y 
démontrer que l'invention de la musi(}ue est due 
au chant des oiseaux. C'est en quelque sorte une 
paraphrase des beaux vers de Lucrèce sur le 
même sujet. 

BONIFACIO (Baltuazar), jurisconsulte, 
né à Rovigo le 5 janvier 1586, devint dirccleur 
de l'Académie de Padoue en 1630. Il a publié 
un ouvrage intitulé : Historiée Ludicree, etc. 
Les huitième et neuvième chapitres traitent: De 
Musica hydraulica et mtita. 

BONIIMI (Pierre-Marie), né à Florence vers 
la fin du quinzième siècle, est auteur d'une dis- 
sertation intitulée : Acutissimx observationes 
nubilis disciplinarum omnium musices ; Flo- 
rence, 1520, in-S". J'ignore quelle est la nalure 
de cet ouvrage. 

BONINI (D. Léonard), ecclésiastique vé- 
nitien, né dans la seconde moitié du seizième 
siècle, est connu par un ouvrage qui a pour titre : 
Madrigali e canzonetti da Chrisostomo Ta- 
lentiposti in Mtisica per voce sala da, etc. ; Ve- 
nezia, presso Raverij, 1608, in-4°. 

BOrVINl (Sévère), moine de Vallombrose, 
né à Florence, et compositeur au commencement 
du dix-septième siècle, a publié : 1° Il primo 
libro dé" Motteti a 3 voci, con il basso conti- 
nulo; Venezia, Raverio, 1609, in-4°. — 1° La- 
menta d'Arianna, cantata; Venise, 1613. — 
3° Serena céleste, o Mottetia 1, 2 e 3 voci; Ve- 
nise, 1615. — 4° Affetti spirituali a 2 voci, 
op. VII; in Venezia, Bart. Magni, 1615, in-4^ 

B01\IS (Jean-B\ptiste de), facteur de cla- 
vecins à Cortone, en Toscane, vivait dans la pre- 
mière moitié du dix-septième siècle. Le P. Mer- 
senne dit, dans le Traité des instruments à 
cordes de son Harmonie universelle (p. 215), 
que cet artiste construisait des clavecins excellents 
à touches brisées, qu'on pouvait accorder dans 
une justesse parfaite, suivant les proportions ma- 
thématiques des intervalles. 

B0IXIVE1\T1 (Joseph), compositeur drama- 
tique, né à Venise, a vécu vers la fin du dix- 
septième siècle et dans la première moitié du 
dix-huitième. Les opéras de sa composition dont 
je connais les titres sont : 1° Jl gran Macedone, 

1690. — 2" L'Almerinda, 1691.-3° L'Almira, 

1691. — 4° La Vittoria nella Costanza, i702. 
— 5° V Endimione , 1709. — 6" Circe delusa, 
1711. — 7° Armida al Campo, 1707. — S* La 
virtùfra i nemici, 1718. — 9o Arianna abban- 
donata, 1719. — 10° Vlnganno fortunato, 
1721. — 11° // Vinceslao; à Turin, 1721. — 
12° Pertarido, re de' Longobardi, 1727. 

BONJOUR (Charles), musicien, né à Paris, 



BONJOUR — BONM ARCHE 



17 



devint organiste de l'École militaire en 1780 ; il 
vivait encore en 1804. On connaît de lui: 1° Trios 
pour piano et violon, op. 1. — 2° Sonates pour 
piano, op. 2. — 3° Idem , op. 6. — 4° Distrac- 
tions musicales, ou préludes pour piano, op. 8. 
11 a aussi publié : Nmiveaux principes de mu- 
sique, abrégés et détaillés d'une manière claire 
el facile, etc.; Paris, 1800, in-4°. 

Un autre musicien du même nom a publié 
trois quatuors pour deux violons, alto et basse; 
„Mayence, Schott. 

BONLINI (Jean-Charles) , amateur de mu- 
.sique,néà Venise, vécut dans la première moitié 
du dix-huitième siècle : Il a publié, sous le voile 
de l'anonyme, une sorte d'Almanacli des théâtres 
de Venise, intitulé : Le glorie délia poesia e 
délia musica contenute nella esatta notitia 
de tcatri délia citlàdi Venezia, e nel catalogo 
purgatissimo dci drami musicali quivi finora 
rappresentati , cou gV auttori délia poesia 
e délia musica e con le annotationi a suoi 
luoghi proprij ; Venezia, Bonarigo , 1730, 
in- 12. Antoine Groppo autre amateur vénitien, 
a donné une nouvelle édition de ce livre, avec 
la continuation de la liste des opéras et de celle 
des auteurs, sous ce litre ; Catalogo di tutti i 
drammi musicali rappraentati né" gli teatri 
dellacittà di Venezia, elc. ; Venezia, 1745, in-12 
(V. Dizion. di opère anonime e pseudonime di 
scritt. ital., t. I,p. 405). 

BONMARCIII"^ (Jean), compositeur belge, 
naquit à Ypres, selon quelques auteurs, et selon 
d'autres, à Valenciennes, vers 1520. Je dois à l'o- 
bligeance de M. Gachard, archiviste du royaume 
de Belgique, des renseignements positifs sur ce 
musicien et sur plusieurs artistes belt-îcs. Dans 
les archives de Simancas, en Espagne, qu'il a 
explorées pendant un long séjour, il a trouvé luie 
correspondance entre le roi Philippe 11 el la du- 
chesse de Parme, gouveraante des Pays-Bas, dans 
laquelle est une lettre de ce monarque à la du- 
chesse, datée du 7 octobre 1564, où il est dit que 
le maître de la chapelle royale étant mort, le roi 
désire le remplacer par quelque musicien habile. 
Ce n'est qu'en Flandre qu'il espère le trouver. 
On lui a parlé de Chastclain, chanoine cl maître 
de chapelle à Soignics, comme étant le meilleur 
qu'il pût choisir. Philippe prie la duchesse de 
taire appeler ce maître et de lui proposer la po- 
sition vacante dans laquelle il trouvera honneur 
et profit. Elle peut lui donner l'assurance qu'il 
sera bien reçu, et traité généreusement. Le 30 no- 
vembre, la duchesse répond au roi qu'elle a fait 
appeler le chanoine Chastelain, et qu'elle lui a 
proposé d'aller servir Sa Majesté en qualité de 
maître de chapelle; mais il s'est excusé sur son 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. II. 



grand âge et sur le mauvais état de sa santé, bien 
qu'il ait paru pénétré de reconnaissance pour 
l'honneur que daignait lui faire son souverain. Ne 
pouvant vaincre sa résolution , la duchesse s'est 
informée d'autres personnes qui fussent aptes à 
remplir l'emploi vacant : elle dit qu'on lui a dé- 
signé maître Jean Uonmarché, chanoine et maître 
des enfants de chœuF de l'église de Cambrai. C'est, 
dit-elle, un des hommes les plus habiles en fait 
de musique qu'il y ait dans les Pays-Das. Sui- 
vant ce qu'on lui a dit, il est grand compositeur ; 
mais il n'a pas de voix : il est petit et de peu 
d'apparence, parce q2thl n'a pas de barbe, 
bien qu'il soit âgé de plus de quarante ans. 
Par une autre lettre du 20 décembre suivant, la 
duchesse de Parme annonce au roi (ju'elle a fait 
venir Jean Bonmarché, et qu'il a accepté les ho- 
norables fonctions qui lui étaient offertes. De 
son côté Philippe II l'admit pour diriger sa cha- 
pelle. Il |)araît que Boumarché ne trouva pas cette 
chapelle suffisamment fournie de voix de dessus; 
car, par une lettre en date du 8 février 15C8, 
le roi informe le duc d'Albe qu'il manque d'en- 
fants de chœur poMr sa chapelle flamande. Son 
maître de chapelle est d'avis qu'on en choisisse 
huit, et qu'Adrien, l'un de ses chantres, aille les 
chercher. Le duc d'Albe est chargé de donner à 
celui-ci les instructions nécessaires. Les enfants 
de chœur, qui chantaient la partie de dessus de 
la musique écrite dans la notation très-difficile de 
ce temps , devaient être habiles musiciens. La 
difficulté d'en trouver qui fussent suffisamment 
instruits décida le gouverneur des Pays-Bas à les 
demaniier au chapitre de l'église Sainte-Marie 
d'Anvers, d'où sont sortis tous les grands musi- 
ciens des quinzième et seizième siècles. Il existe 
dans les archives de cette église des pièces très- 
curieuses à ce sujet , parmi lesquelles est une 
lettre autographe du duc d'Albe, et une résolution 
du chapitre, qui ne craint pas de refuser au ter- 
rible lieutenant de Philippe II l'objet de sa de- 
mande. 

Des renseignements qui précèdent il résulte 
que Jean Bonmarché naquit vers 1520, comme il 
a été dit précédemment; qu'il fut chanoine et 
maître des enfants de chœur à l'église de Cam- 
brai; qu'il était alors considéré comme un des 
habiles musiciens et des compositeurs les pins 
distingués des Pays-Bas; et, enfin, qu'il entra 
au service du roi d'Espagne Philippe II , comme 
maître de chapelle, an commencement de 1.565. 
D'après des renseiguemenls nouveaux qui me 
sont parvenus d'Espagne, il existe en manuscrit 
dans la bibliothèque de l'Escorial plusieurs 
messes et motets de ce maître. Il parait que Bon- 
marché s'est retiré à Valenciennes dans sa vieil- 



18 



BONMARCHÉ — BONNET 



lesse, car Pierre Maillart (voy. ce nom) fut son 
élève, lorsqu'il était dans cette ville. Le même 
Maillart nous apprend que ce maître avait écrit 
un traité de musique qu'il avait donné à son élève 
et qui n'a pas été imprimé ( Voyez Les Tons de 
Pierre Maillart, p. 34g). Je ne connais jusqu'à 
ce jour qu'un seul morceau imprimé de Jean 
Bommarclié ; c'est un motet à 8 voix sur les pa- 
roles Constitules cou principes. Ce morceau se 
trouve dans la collection publiée par Clément 
Stéphan, d'Eger, sous ce titre : Cantiones tri- 
gintaselectissinix,quinqiie,scx, septem, octo, 
duodecim et plurimum vocum, snb quatiioi- 
tantwn, artificiose, musicis mctneris à pree- 
stanlissimis hujtis artis artificibus ornatx; 
Norimbergae , in offirina Ulrici Neuberi, 15C8, 
in-4''. Ce morceau est le n° 12 du recueil; le 
nom de l'auteur est écrit Bomnarchié. 

BONN (Herhann), en latin Bonnus , pro- 
fesseur de lliéologie à Greifswalde, puis à Wit- 
tenberg, naquit à Osnabruck en 1504, et mourut 
à Lubcck le 12 février 1548. Il eut de la célébrité 
dans son temps pour ses disputes tliéoiogiques 
avec Luther. Parmi ses nombreux ouvrages, on 
remarque l'édition du chant des hymnes et des 
proses qu'il a publiée sous ce titre : Hymni et 
scquentiXf tum de tempore quam de sanctis, 
cum suis melodiis, sicut olimsunt cantata in 
Ecclesia Dei , et jam passim correcta per 
M. Herm. Bonnum, inusum christianx juven- 
tutis scholasticee, Jideliter congesta et eviil- 
gâta. Lubecœ, 1541, in-4°. Ce recueil fut réim- 
primé dans la même ville en 1559, in-4°. 

DONNA Y (François), violoniste à l'orcbestre 
de l'Opéra de Paris, en 1787, a fait représenter 
au théâtre dos Beatijolais les petits opéras dont 
les titres suivent : 1" Les Deux Jaloux. — 
2° Les Curieux punis. — 3° La Fêle de V Ar- 
quebuse. Les ouvertures de ces opéras ont été 
gravées. 

BONNET (Pierre), médecin de la duchesse 
de Bourgogne et de la Faculté de Paris, naquit 
dans cette ville en 1638, et mourut à Versailles 
le 19 décembre 1708. L'abbé Bourdelot,sononcle, 
lui légua sa bibliothèque, à condition (juil pren- 
drait son nom, et qu'il achèverait l'histoire de ia 
musique et de la danse, qu'ils avaient conmiencée 
ensemble. Bonnet se lit, en effet, appeler Bonnet- 
Bourdeloty et continua ses recliei ches pour l'his- 
toire de la musique ; mais il n'eut pas le temps de 
publier son livre. 

BONNET (Jacqufs), frère du précédent, 
payeur des gages du parlement, naquit à Paris, 
Ters 1644, et mourut en 1724, âgé d'environ 
quatre-vingts ans. C'était un homme instruit ; 
mais, fort épris des chimères de la cabale , il 



croyait avoir un génie familier qui lui disait ce 
qu'il devait faire et ce qui devait lui arriver. Sa 
croyance était si bien établie à cet égard , qu'é- 
tant au moment de mourir, il refusait de se con- 
fesser, disant qu'il n'était pas encore temps et que 
son génie ne l'avait pas averti. L'abbé Bicliard, 
son ami, parvint cependant à lui démontrer sa 
folie. J. Bonnet a achevé et publié l'histoire de 
la musique commencée par l'abbé Bourdelot, son 
oncle, et continuée par Pierre Bonnet, son frère; 
la première édition parut sous ce titre : His-* 
toire de la musique et de ses effets, depuis son 
origine jus-qu'à présent, Vm^., in- 12, 1715. La 
seconde édition a été publiée chez Jeannin, à Ams- 
terdam, sans date, en 4 vol. in-12. Le premier 
tome contient l'ouvrage, tel qu'il lut imprimé en 
1715, et les trois autres, la Comparaison de la 
musique italienne et de la musique française, 
par Le Cerf de la Vieville de Preneuse {voyez 
ce nom). En 1725, une autre édition parut à 
Amsterdam, chez Le Cène, 4 vol. in-12; enfin 
on en connaît une dernière sous ce titre : His- 
toire de la Musique depuis son origine , les 
progrès successifs de cet art jusqu'à présent, 
et la comparaison de la musique italienne et 
de la musique française, par M. Bourdelot; 
La Haye et Francfort-sur-le-Mein, 1743, 4 vol. 
in-12. Celouvragecontientdesdétails intéressants 
sur Lnlli et ses comlemporains ; mais tout le reste 
est a«-dessoirs du médiocre. 

Bonnet a aussi fait imprimer une LIistoire de 
la Danse sacrée et profane (Paris, d'Houry 
fils, 1723, in-12) ; ouvrage faible dans lequel on 
trouve quelques passages relatifs à la musique. 

BONNET(Jean-Baptiste), violoniste et com- 
positeur, est né à Montanban, le 23 avril 1763. 
Élève de Jarnowick et de Mestrino, il acquit en 
peu d'années une habileté remarquable, et peut- 
être aurait-il été compté jiarmi les virtuoses sur 
son instrument, s'il se (ùt fixé à Paris ; mais tour 
à tour attaché comme premier violon aux théâtres 
de Brest et de Nantes, il ne pût éviter les incon- 
vénients de la vie d'artiste dans la province, et 
devenu le premier dans le petit cercle où il s'était 
renfermé, il ne songea plus à en sortir. Vers 1802, 
Bonnet s'est retiré dans sa ville natale, et y a été 
nommé organiste de la cathédrale. Cet artiste a 
beaucoup écrit; on connaît de lui : 1" Six duos 
pour deux violons, op. 1; Paris, Pleyel. — 
2° Symphonie concertante pour deux violons, 
op. 2 ; ibid. — 3" Six duos pour deux violons, 
deuxième livre de duos; ibid. — 4° Premier 
concerto pour le violon, op. 4; ibid. — 5° Six 
duos, op. G ; ibid. — G" Deuxième concerto pour 
le violon, op. 7 ;ibid. — 7° Deuxième symphonie 
concertante pour deux violons, op. 8; ibid. — 



BO>i\ET — BONOMETTI 



19 



S-'Six duos pour deux violons, o(\9, divisé en 
deux livres; Paris, Sieber. — 9" Six idem , op. 
tO ; ibid. En ISIO, Bonnet avait dans son 
portefeuille huit symphonies concertantes pour 
deux violons, six conceifos, douze divertisse- 
ments à grand orchestre, six quatuors pour deux 
vicions, alto et basse, six trios pour deux violons 
et violoncelle. La musique de cet artiste a eu 
quelque succès. On iijnore l'époque de sa mort 

BOl\IVET-DE-TIlEYCHES (Joseph Bal 
th\sar), ancien menibie du Corps législatif, né 
vers 1750, devint directeur de l'Opéra en 1797, 
et dut quitter cette position après le 18 brumaire, 
à cause de quelques imprudences relatives à l'avé- 
neinent du premier cousid Bonaparte. Quelques 
désordres de son administration île l'Opéra ser- 
virent de prétexte à sa retraite, qui fut exigée. 
C'était d'ailleurs un liomme ferme et capable. En 
quittant l'Opéra, il publia avec De Vismes {voy. 
ce nom) une brochure assez curieuse, intitulée : 
Considérations sur les motifs qui ont servi 
de base à la réorganisation du théâtre de la 
République et des Arts (l'Opéra); Paris, 1800, 
in-4°. Les nouveaux directeurs (Francœur etDe- 
nesle) répondirent à cet écrit (voy. Francœur). 
Deux ans après, Bonnet fut rappelé à la direction 
de l'Opéra : il publia une sorte de compte-rendu 
de la situation de ce théâtre dans un mémoire qui 
a pour titre : De l'Opéra en l'an XII; Paris, 
1804, 94 pases in-4°. 

BOXNEVAL(RiiNÉ ne), littérateur médiocre, 
né au Mans à la fin du dix-seplième siècle, 
mourut 'à Paris au mois de janvier 1760. Il a 
publié : Apologie de la Musique et des Musi- 
ciens français, contre les assertions peu mé- 
lodieuses, peumesurées et malfondées dusicur 
J.-J. Rousseau, ci-devant citoyen de Genève; 
Paris, 1754; in-8°. Cette brochure n'est pas une 
des moins "bonnes qui ont été publiées dans la 
discussion élevée par la lettre de J.-J. liousseau 
sur la musique française. Grimm traite De Bon- 
neval avec beaucoup de mépris dans sa corres- 
pondance littéraire. Les autres ouvrages de ce lit- 
térateur n'ayant point de rapportavec la musique, 
on n'en parlera pas ici. 

CONlXEVIN (Jean), compositeur français, 
né vers la fin du quinzième siècle, fut chantre de 
la chapelle pontificale à Rome, et se distingua par 
son savoir dans le contrepoint. 

BOl\0 (Joseph) ou BONNO , maître de la 
chapelle impériale et compositeur de la chambre, 
né à Vienne en 1710, y est mort en 1788. On 
connaît de lui plusieurs opéras : 1" Ezio. — 
2° // vero omaggio, 1750. — 3° Natale di Giove, 
1740. — 4" Danae, 1744. — 5» IlRe pastore, 
1751. — C l'Eroe Cinese, M'ol. - 1" Vlsola 



disobilnla. Vienne, 175*2. — 8' Àlenaide , 
Vienne, 1762 ; et deux oratorios intitulés : Isacco 
et San Paolotn Atcne. Bono écrivait bien pour 
l'Église. On trouve à la bibliothèque impériale de 
Vienne,danslefondsdeKiesewctter, les psaumes 
des vêpres à 4 voix et orchestre de sa composi- 
tion : 1° Ccnfitebor. — 2» Credidi propter 
quod, etc. — 3° Beati omnes qui timent Do- 
minum. — 4" Lauda Jérusalem; suivis du 
Pange lingua, et d'un Magnificat. Gi^vher dit que 
Bono fut très-habile maître de chant, et qu'il a 
lormé plusieurs bons élèves, parmi lesquels on 
remarque Thérèse Triber. 

BOiV'OLDI (Claude), ténor, né à Plaisance, 
en 1783, fut dirigé dans ses études par Carcani 
et Gherardi, ses compatriotes. Il a eu des succès 
sur les i)rincipaux théâtres d'Italie, notamment 
à Beggio, en 1811, et à Parme, dans (//j Orazzi 
e Curiazzi de Cimarosa. En 1823, il a débuté à 
Paris sur le théâtre de la rue de Louvois; mais il 
y a été froidement accueilli : cependant il avait 
du talent. En 1828, il s'est retiré à Milan, où il a 
succédé à Banderali comme professeur de chant. 
11 est mort à Milan, au mois de février 1846, à 
l'âge de 62 ans et quelques mois. Bonoldi a un 
fils (François Bonoldi), compositeur, qui a été 
élève du Conservatoire de Milan, et qui s'est fait 
connaître par ^juelqiies ouvrages parmi lesquels 
on remarque : 1° Plusieurs ouvertures et sym- 
phonies lesquellesont été exécutées dansdes con- 
certs publics 2"* Des pots-pourris pour le piano 

sur des motifs de divers opéras, et particulière- 
ment de Giulietta e Romeo, de Vaccai; Milan, 
Ricordi. — 3° Des variations pour le même 
instrument sur des thèmes de la Camilla de 
Paer et de Maycr; ibid. — 4° Des valses pour le 
même insfrimient ; ibid. — 5° Des variations sur 
un thème original; ihid., et des canzonettes. 
François Bonoldi a fait repré.senter à Trieste, en 
1831 , l'opéra semi-seria II Mauro. 

BOiMOMETTI (Jean-Baptiste), composi- 
teur, né à Bergame vers la fin du seizième siècle, 
était en 1615 au service de l'drchiduc Ferdinand 
d'Autriche. Il a publié une collection volumi- 
neuse de motets et de psaumes de divers au- 
teurs, sous ce titre : Parnassus miisicus Ferdi- 
nandxus, in quo musici nobilissimi, qua sua- 
vitate, qua arle prorsus admirabili et divina 
ludunt, l-5rocî<m,e<c.; Venise, 1615. Les com- 
positeurs dont les ouvrages se trouvent dans cette 
collection sont : Guil. Arnoni , Raim. Balestra, 
Bart. Barbarini, J.-Ph. Biumi, Al. Bontempo, 
Ces. Rorgo, Jacq. Brignuli, Fr. Ca.sati, J. Ca- 
vaecio, Bart. Cesana, And. Cima, J.-B. Coccicla , 
Fcder. Coda,N.-N. Corradini, Flam. Comanedo, 
J.-C. f.abutio, J. Ghizzoio, Gl. Monteverde, 



20 



BONOMETTI — BONONCINI 



Hor. Nantcrni , Jules Osculali , J. Pasti , Vinc. 
Pelegrini, G. Poss, J. Pruli, Ben, Re, Dom. 
Rognoni, Micli.-Ang. Rizzi, J. Sansoni, Gai. Si- 
rena, Al. Tadei, F. Turini et J. Valentini. On a 
aussi de cet auteur un œuvre de trios pour deux 
violes et basse, publié à Vienne, en 1623. 

B01\0MI (Pierre), compositeur de l'École 
romaine, et cliapeiain-cbantre de la cbapelle 
pontificale, naquit dans la seconde moitié du 
seizième siècle. En 1607, il a publié un recueil 
de motets à huit voix réelles, et plus tard un 
livre de psaumes, également à huit voix. L'abbé 
Saivtini , de Rome , possède en manuscrit toutes 
les prophéties mises en musique à 8 parties 
réelles par ce maître. 

BONOIXCINI, famille d'artistes célèbres, nés 
à Modène, sur laquelle Tiraboscbi, bien qu'il 
ait écrit dans cette ville sa Biblioteca Modenese, 
à la source de documents authentiques, n'a ce- 
pendant pas eu tous les renseignements néces- 
saires pour les notices biographiques de ses 
membres. Nous avons tûché d'éviter la confusion 
qui règne entre eux. 

BONONCIIM (Jean-Marie), souche de cette 
(iunîlje, compositeur renommé et théoricien dis- 
tingué, naquit à Modène en 1640, et mourut dans 
cette ville le 19 novembre 1678, â^é seulement 
de trente-huit ans, suivant les registres publics 
des décès (Foy. Tiraboscbi, Bibliot. Modenese, 
t. VI, p. 576). J'ai dit dans la première édition de ce 
livre qu'il fit ses études musicales à Bologne, chez 
le maître de chapelle Jean-Paul Colonna ; mais 
c'est une erreur, car Colonna était né précisément 
dans la même année que Bononcini. On ignore le 
nom du maître qui instruisit celui-ci dans son art. 
Il entra assez jeune au service du duc de Modène, 
François II, en qualité de musicien du concert 
des instruments, et fut maître de chapelle de 
l'église de Saint-Jean in Monte. L'Académie des 
philharmoniques de Bologne le reçut au nombre 
de ses membres. L'ouvrage le plus connu de 
Bononcini est un traité élémentaire de compo- 
sition intitulé : Miisico pratico, che hrevemente 
dimostra il modo digittngere allaperfetla co- 
gnizione di tulle quelle case che concorrono 
alla composizione dei canti, e di cio cli' oW 
nrte del contrappunto si ricerca, opéra otlava ; 
Bologna, 1673, in-4''. L'épitre dédicatoire à 
l'empereur Léopold est curieuse par son style 
autant que par les idées. L'auteur félicite son 
musicien d'avoir, par sa grande expérience, 
pu réunir le soprano d'une si auguste protec- 
tion avec la basse de ses petits talents; mais, 
ne pouvant trouver Vunisson des grandes qua- 
lités de l'empereur, il veut du moins monter 
jusqu'au ton du profond respect avec lequel 



il a l'honneur d'être, etc. Tout cela ne promet 
pas beaucoup de jugement; cependant l'ou- 
vrage, écrit d'un style clair et concis, a été fort 
utile en son temps, bien que certains passages 
d'harmonie qu'on y trouve ne soient pas irrépro- 
chables sous le rapport de la correction. Une 
deuxième édition de ce livre a été publiée, après 
la mort de l'auteur, par Marino Silvani, à Bologne, 
chez Jacques Monti, en 1688, in-4''de 156 pages. 
Mazzuchelli attribue à Jean-Marie Bononcini un 
traité sur le contrepoint qui aurait été publié in 
Brescïaper Ludovico Britanico, 1533, in-4° (1), 
c'est-à-dire cent sept ans avant la naissance de 
l'artiste qui est l'objet de cette notice. S'il n'y a 
pas erreur do nom, il y a donc eu deux musiciens 
italiens du nom de Bononcini (Jean-Marie )? 
Une traduction allemande du Musico pratico a 
été publiée sous ce titre : Musicus practicus, 
welcher in kurze weiset die Art, ivie man zu 
vollkommener Erhxnntniss aller derjenigen 
Sachen, ivelche bey Setzung eines Gesangs, 
unterlauffen,nnd was die Kunst des Contra- 
punies erfordet , gelangen kann ; Stultgard , 
1701, in-40. Le catalogue des compositions de 
J.-M. Bononcini renferme les ouvrages dont voici 
les titres : 1° Primi frutti del giardino musi- 
cale a 1 violini; Venezia, Bart. Magni, 1666, 
in-40. — 20 Varj fiori del Giardino musicale : 
Sonate da caméra a 1, 3, 4, col Basso conti- 
nuo,econ alcuni Canoni, opéra terza ;Bo\ogna, 
1669. — 3° Arie, Correnti, Sarabande, etc., a 
2 violini et violone, opéra quarta; Bologne, 
Monti, 1674. C'est une réimpression ou un change- 
mentde frontispice. — 4° Sinfonie, Allemande, 
Correnti, etc., a cinque voci -. opéra quinta; 
Bologne, Monti, 1671, in-4o. — à" Sonate a 1 vio- 
lini colV organo , opéra sesta; ibid., ia77. — 
60 Ariette, Correnti, Gighe, Allemande, etc. a 
violino solo e 2 violini di concerto, opéra set- 
tima; ibid., 1677, in-4°. Le Mîisico pratico est 
l'œuvre huitième. — 7" Traitenimenti musicali 
a treo quattro stromenti, opéra nona; ibid., 
1675. — 80 Cantate a voce sola, opéra décima ; 
ibid., 1677, in-40. — 9° Partitura de'' madri- 
gali a cinque voci, etc., opéra undecima ;ihid., 
1678, in-4°. — too Arie correnti a tre stro- 
menti, opéra duodecima; ibid ,1678. — llo Li- 
bro seconda dellc cantate, opéra décima terza ; 
ibid., 1678. On trouve dans les archives ducales 
de Modène un écrit de Bononcini dont le titre 
seul iait voir que son mérite était contesté et qu'on 
l'accusait de plagiat; cet écrit a pour titre : Dis- 
corso musicale sopra una composizione a 3 da- 
tagll per aggiungervi il basso , et in difesa 

(1) Scrit. liai., t. Il, part. 111, p. 1686. 



BOINONCINI 



21 



delta lerza sua opéra uscitagia dalle stampe, 
e giudicala non di lui ma tolta e rubata in 
buona parle da altri autori. Tiraboschi assure 
(loc. cil.) qu'il existait de son temps beaucoup 
d'autres œuvres de Jean-Marie Boiioncini, en 
manuscrit, dans les archives ducales de Modène, 
et qu'elles méritaient d'être publiées. 

BOIVOIVCIJXl (Jean), ou BUONOIVCIIVI, 
comme il écrivait ordinairement sou nom, fils 
du précédent, naquit à Modène en 1672, suivant 
l'opinion de la plupart des biographes, mais vrai- 
semblablementqiiatreoucinqans plus tôt; car son 
deuxième œuvre, consistant en symphonies à 5, 
6, 7 et 8 instruments, a été publié à Bologne en 
1685 ; or, il n'eût été âgé alors que de treize ans. 
Sa première éducation musicale fut faite dans 
la maison de son père; mais, l'ayant perdu en 
1678, c'est-à-dire dans sa dixième ou onzième 
année, en supposant qu'il fût né en 1667 ou 1668, 
il fut envoyé à Bologne dans l'école fondée par 
Jean-Paul Colonna {voy. ce nom), dont il devint 
un des meilleurs élèves. Ses premiers ouvrages, 
consistant en musique instrumentale , messes à 
8 voix , et duos avec accompagnement de basse 
contiime, au nombre de huit œuvres, furent pu- 
bliés à Bologne depuis 1684 jusqu'en 1691. Par- 
venu à l'âge de vingt-deux ou vingt-trois ans, il 
se rendit à Vienne, où l'empereur Léopold l'admit 
dans sa musique, en qualité de violoncelliste. Le 
nom d'Alexandre Scarlatti brillait alors de l'éclat 
le plus vif. L'opéra de Laodicea e Bérénice de ce 
grand homme, que Bononcini eut occasion d'en- 
tendre, lui révéla son talent. La composition de- 
vint son occupation incessante, et bientôt son 
opéra de Camilla fut en état d'être représenté. 
Le succès de cet ouvrage fut extraordinaire ; 
jamais opéra n'avait reçu à Vienne autant d'ap- 
plaudissements : il ne fut pas accueilli avec moins 
de faveur en Italie et à Londres. Il fut représenté 
dans cette ville au théâtre de Hay-Market , sur 
des paroles anglaises , et la musique de Bonon- 
cini plut tant aux Anglais, que, pendant plus de 
quatre ans, les directeurs de spectacles furent 
obligés d'introduire quelques morceaux de la 
Camilla dans tous leurs opéras. En 1694, Bo- 
noncini fut appelé à Rome, où il écrivit Tiillio 
Oslilio, qui fut suivi de Serse^ dans la même 
année. On le retrouve à Vienne en 1699, où il 
donna La Fede pubblica ; m 1701 il y fit re- 
présenter un drame musical intitulé Afjelti più 
grandi vinti dal più giusto^ Deux ans plus tard 
il était à Berlin, où il écrivit le Polifémo. Il pa- 
raît que Bononcini était attaché à cette époque, 
comme compositeur, à l'opéra italien que le 
roi de Prusse, Frédéric l", avait établi à sa 
cour à la sollicitation de sa première femme; car 



Frédéric II, dit positivement (1) : « La reine 
« (Sophie-Cliarlolte de Hanovre) entretenait 
« un opéra italien dont le fameux Bononcini était 
« compositeur ; nous eûmes dès lors de bons 
n musiciens. » Cette reine mourut le 1" février 
1705, et sans doute l'opéra fut alors supprimé, 
car Bononcini se retrouve l'année suivante dans 
la capitale de l'Autridie. De retour à Vienne pour 
la troisième fois, il y fit représenter Endimione, 
en 1706; Mario fugitivo, en 1708, Tamiride, 
dans la même année; Abdalonimo , en 1709, et 
Muzio Scevola, en 1710. Dans les intervalles, il 
allait écrire dans diverses villes d'Italie, particu- 
lièrement à Rome, à Padoue et à Parme. Le 
théâtre du roi ayant été fondé à Londres vers 
1716, Bononcini, qui était alors à Rome, fut invité 
à y venir composer. D'après l'arrangement qui 
fut conclu entre lui et les directeurs , il se rendit 
dans la capitale de l'Angleterre, où il écrivit 
Astarto, en 1720 ; Crispa, en 1722 ; Griselda, en 
1722; Farnace,en 1723; Erminia en 1723; 
Calfurnia,en 1724, elAstianax, en 1727. L'ar- 
rivée de Bononcini en Angleterre fit naître entre 
lui et Hsendel une rivalité violente, à laquelle 
toute la noblesse prit part. Chacun protégeait son 
favori : Hœndel avait l'appui de la famille élec- 
torale, et Bononcini celui du duc de Marlbo- 
rough; en sorte que, par un hasard singulier, 
Hsendel avait les torys pour protecteurs et Bo- 
noncini les whigs. La querelle devint si vive, que 
l'on fut obligé de convenir, pour y mettre un 
terme, que Hœndel, Bononcini, et AttilioAriosti, 
qui avait aussi ses partisans, composeraient un 
opéra, dont ils feraient un acte chacun. On 
choisit Muzio Scevola : Ariosti fit le premier 
acte , Bononcini le second et Hœndel le troisième. 
La victoire resta à celui-ci; non que le chant de 
Bononcini ne fût plus suave, plus gracieux que 
celui de Haendel; mais l'un n'était qu'un imita- 
teur de la manière de Scarlatti , et l'autre avait 
un génie créateur. Le triomphe de Hœndel ne 
laissa cependant point son rival sans considéra- 
tion, car ses ouvrages continuèrent à être ap- 
plaudis, et le duc de Mariborough lui conserva 
sa protection. Malheureusement, il perdit ce Mé- 
cène peu de temps après. On le chargea de com- 
poser l'Antienne pour les funérailles du duc, ce 
qu'il exécuta sur les paroles «■ When Saul was 
king over Israël. » Ce morceau a été gravé en 
partition sous ce titre : Funeral Anthem for 
John Duke of Mariborough j Londres, 1722. 
La comtesse de Godolphin, qui, après la mort 
de son père, devint duchesse de Mariborough, prit 

(I) OEuvres complètes, nouvelle édlllon , Berlin, 1846, 
toni. Il, p. 232. Manrs et cotUumcs des princes de la dj»- 
iiastie des Hoheniollern. 



22 



BONONCINI 



Bononcini dans su maison, lui fit une pension 
de 500 livres sterling;, et donna chez elle des con- 
certs où l'on n'exécutait que de la musique de son 
maître favori. Bononcini eut alors tout le loisir 
nécessaire pour suivre ses travaux , el ce (ut chez 
la duchesse de Marlboiongh qu'il coni[)osa lous 
ses opéras ainsi qu'un recueil de Irios pour deux 
violons et basse, qu'il publia sous ce titre ; 
Twelve Sonatas or chambcr airs fortwomolins 
and a bass; Londres, 1732. Il avait précé<lem- 
ment fait imprimer deux recueils intitulés : — 
1° Cantate e Duetli , dedical't alla sacra Maestà 
di Giorgio re délia Gran Britagna; Londres, 
1721, in-4o, obi. Toutes les pièces contenues dans 
ce recueil sont du meilleur style, et peuvent sou- 
tenir la comparaison avec les duos de Hœndel. — 2» 
Diverlimenti di caméra , tradotli pel cem- 
balo daquelli compost i pel violirso, ojlauto, de- 
dicati ait' eccellenz-a del dieca de Uulland; 
Londies, 1722. Bononcini avait vécu dans l'ai- 
sance au milicli de la famille de la duchesse de 
Mariborougli , qui lui conservait toujours se« 
bontés, malgré son caractèreliautain et impérieux ; 
mais une circonstance imprévue et peu honorable 
pour lui le priva de cette illustre protection. 
Au commencement de 1731 , un des membres 
de l'académie de la musique ancienne reçut de 
Yenise une collection de madrigaux et de can- 
tates , imprimée sous le nom d'Antoine Lotli. 
Un de ces morceaux , qui fut exécuté , avait été 
produit, quatreans auparavant, comme une com- 
position de Bononcini. Celui ci ayant été informé 
de cet incident, écrivit aux membres de l'aca- 
démie, accusant Lotti de plagiat, et afiirmant qu'il 
avait composé ce morceau trente ans auparavant 
par ordre de l'em|jereur Léopold. D'après cette 
lettre, le secrétaire de l'académie envoya à Lotti 
ta réclamation de Bononcini , afin d'avoir des 
ëclaircissemenls sur cette alfaire. La réponse de 
Lolti contenait une déclaration formelle que l'ou- 
vrage dont il s'agissait était réellement de sa com- 
position. Il ajoutait qu'il en avait remis une copie 
à Ziani , maître de chapelle de l'empereur, long- 
temps avant qu'il eût été ptiblié , et qu'il ne com- 
prenait pas que Bononcini, si rkbede son propre 
fonds, voulût s'approprier son ouvrage. Il joi- 
gnità sa lettre une attestation de Vahbé Pariati , 
auteurdes paroles. D'antres renseignenïents, venus 
de Vienne, confirmèrent l'assertation de L&tti, 
rt couvrirent de honte son antagoniste. L'affaire 
fût rendue |)ublique par l'impression des pièces 
de cette dispute sous ce titre : Letters from the 
Academy qf ancient Mvsic in London, to 
Signor Antonio Lotti of Venice, ivitli his ans- 
wers and ■tcstimonies ; Londres, 1732, in-8", et 
Booonciai penlit par là une grande partie de la 



considération dont il jouissait. Ses affaires com- 
mençaient à se déranger, lorsqu'en 1733, un in- 
trigant, connu dans le monde sous le nom de 
comte L'ghi, lui persuada qu'il avait le secret de 
faire de l'or. Bononcini consentit à s'associer à la 
fortune de cet imposteur, et quitta l'Angleterre 
avec lui. Mais l'illusion fut de coitrtc durée, et 
notre compositeur, quoique déjà vieux, fut obligé 
d'avoir recours à son talent pour subsister. Peu 
d'années après son départ de l'Angleterre , il vint 
à Paris, et composa pour la chapelle royale un 
motet, dans lequel se trouve un accompagnement 
de violoncelle qu'il joua lui-môme devant le roi. 
Après le traité de paix d'Aix-la-Chapelle, il fut 
appelé à Vienne par l'empereur, afin de composer 
la musique pour les fêtes qui eurent lieu à cette 
occasion : il reçut pour récompense un cadeau 
de 800 ducats des mains de l'empereur. Ceci se 
passait en 1748 : il avait alors soixante-seize ans. 
Bientôt après, il partit pour Venise, avecMonticelli, 
ancien chanteur de l'Opéra de Londres. H y fut 
employé comme compositeur du théàtre,|et y tra- 
vaillait encore à l'ài^e de quatre-vingts ans. On 
ignore l'époque de sa mort. Son portrait a été 
gravé à Londres, in-folio, par Simpson ; Hawkins 
en a donné une copie dans le 5' volume de son 
Histoire <le la musique, p. 274. Outre les com- 
positions gravées dont il a été parlé ci-dessus, on 
a aussi de lui le motet composé pour la chapelle 
du roi, avec accompagnemenf de violoncelle; 
Paris, 1740. Parmi les premières compositions 
de Bononcini qui précédèrent son départ de Bo- 
logne, on remarque: l°S«n/o)iiea5, 0, 7 c istro- 
menti con alciine a zcna e due trombe servendo 
ancoraper Vtolini,op.2^; Bologne, 1685. — 2"* 
Sinfonie a tre stromenti col'basso per organo, 
o/).3^ibid., 1686. — "iP Sinfonie a più stromenti, 
op. 5; ibid., 1687. — 4" Sinfonie a due stro- 
menti, Violino e Violoncello , op. 6 ; ibid. 1687. 

— 3°' Missa brevis octo vocibus, op. 7; ibid., 1688. 

— c" Misse IV a otto i-oej, op. 8; ibid. — 7" Duelt't 
da caméra, op. 9; ibid., lG9i. 

On a imprimé de cet artiste, outre les ouvrages 
cités précédemment : 1" Suites de pièces pour le 
clavecin ; Londres (s. d.). — 2" Most celebrated.. 
airs in the Opéra of Asiianax ; ibid. — 3° As- 
tarte, opéra, en partition. — 4° Griselda, 
opéra, en partition. — 5° Songsin the opéra of 
Cainilla^ ihk]. Parmi les manuscrits de musique 
delà Bibliothèque ducale de Modène, on trouve 
l'oratorio intitulé /^Gw^wè, dédié par Bononcini 
au duc François II en 1688, // Pastar disperato, 
cantate, et XII Truttenimenfi da cannera. Je 
possède une copie ancienne de l'oratorio deJosué, 

BONO^H]liM (Antoine), nommé aussi quel- 
quefois marc- Antoine, frère du préccdeiU et cont 



BONONCmi — BONTEMPl 



23 



positeur distingué, naquit à Modèue vers 1675. 
Il entra au service de son prince au mois dedé- 
cembrel721, en qualité de maître de chapelle de la 
cour, et mourut le 8 juillet 1726, ainsi qu'on le 
voit dans les livres des archives de la chambre 
ducale. Pendant plus de quinze ans il écrivit pour 
les théâtres de l'Italie. En 1706, il donna à Ve- 
nise Z,a Regina creduta Re, qui obtint un bril- 
lant succès. Ses autres opéras connus sont /'/!■- 
tcoclco ; Il Turno Aricino ; Il Cajo Gracco ; Il 
Tigrane Re d'Aromenia, L'Astianatte, et La 
Griselda, dont la partition est à la bibliothèque 
royale de Berlin , sous le nom de Marc-Antoine 
Bononcini. On connaît aussi de ce compositeur 
La Decollazione di S. Giambattista, cl une can- 
tate pour la Nativité. Le P. Martini avait la plus 
grande estime pour cet artiste, et a dit de lui : 
H fit entendre dans ses compositions un style 
si élevé, si distingué par l'art et l'agrément, 
qu'il s'est placé au-dessus de la plupart des 
compositeurs au commencemen t de ce siècle, où 
abondent cependant les hommes de mérite (l). 

BOA'OI\ClI\I (DoMiMQt'E), musicien italien, 
vivait à la cour de Lisbonne en 1737 : il avait 
alors quatre-vingt-cinq ans. Il était vraisemblable- 
ment de la même famille , et peut-être frère de 
Jean-Marie. 

BONORA. ( Ferdlwnd-Wilhelm) , amateur 
et compositeur de musique, né en 1775 à Wei- 
deman, dans la Silésie autrichienne, entra fort 
jeunedans l'administration de la guerre, à Vienne. 
En 1818, il fut nommé secrétaire du gouverneur 
militaire, référendaire et directeur de la chan- 
cellerie du royaume Lombardo-Vénitien,^à Pa- 
doue. Il mourut dans cette ville, après une courte 
maladie, le 26 mars 1825, à l'âge de cinquante 
ans. Elève de Dittersdorf, Bonora cultiva avec 
succès la composition dans la musique instru- 
mentale, dans le style religieux, et composa même 
trois opéras (Les Écuyers de Roland; La Lettre à 
soi-même, et La Fée de la montagne de Neige, 
qui n'ont pas été représentés. Au nombre de ses 
ouvrages, on remarque une messe solonnelleavec 
orchestre, dontle A'j/ne esta la bibliothèque im- 
périale de Vienne, dans le fonds de Kiesewetter, 
ainsi que six psaumes pour voix de basse sur la 
traduction de Moses Mendeissolin , et six autres 
pour ténor et basse. 

BO\TORTI (François-Antoine), amateur de 
musique et conseiller aulique de l'empereur d'Au- 
triche, naquit à Trente, vers 1660. Son premier 
œuvre, composé de sonates pour deux violons 
et basse, a paru à Venise, en 169G, in-4°. U aélé 
suivi de -.lo Sei sonate a due violini, violoncello 

(1) Fcce senlire nelle sue composizioni uiio stilo cosi . 
ricvato, cosi artIOcioso c dUettevole, clic si rcsc distinto 



e continuo, op. 2. —3° Sei motetti a soprano 
solo,con due violini, op. 3; Venise, 1702. —4" 
Sonate da caméra a tre, op. 4. — 5° Idem., 
op. 6. — 6" X Partite a violino solo e con- 
tinuo, op. 7. —10 Le Triomphe de la grande 
Alliance, consistant en 100 menuets pour violon 
et basse, op. 8. — ■i," Balletli a violino soloe 
continuo, op. 9. — 9" Invenzioni, o Dieci 
partite a violino e continuo, op. 10; Trente, 
1714. — 10° Concerna quattro, due violini, 
viola e basso, con violone dirin/orzo, op. il; 
Trente. — 1 lo Dodici concertini e serenate, cou 
arie variaie, Siciliane, Recitativi e chiuse a 
violino e violoncello o cembalo ; Augsbourg, 
1741. C'est une réimpression. Gerbcr a fait mal 
à propos deux articles de Bonporti et de Buon- 
porli. 

BONTEMPI ou BONTEMPO (Alexan- 
dre), compositeur italien qui vivait vers la fin du 
seizième siècle, ou au commencement du dix -sep- 
tième, est connu parla collection publiée par 
J -B. Bonomelti , sous le titre de Parnassus mu- 
sictis Ferdinaiïdxus ;\enhe, 1015. Ouy trouve 
quelques motets de cet Alex. Bontempi. 

BONTEMPI (Jean-André), surnommé An- 
gelini, fut chanteur, compositeur et écrivain 
didactique sur la musique. Il naquit à Pérouse, 
vers 1630, et fut élève de Virgile Mazzocclii , 
maître de la chapelle du pape. Ses études étant 
terminées, il obtint une place de maître de cha- 
pelle dans une des églises de Rome, sous le pon- 
tifical d'Urbain VIII. De là, il alla à Venise, 
où il remplit les mêmes fonctions pendant quel- 
que temps , et enitn il passa au service de Chré- 
tien Ernest , margrave de Brandebourg , et com- 
posa, pour les noces dece prince, IIP aride (imi), 
le premier opéra qui ait été entendu dans ce 
pays. Il devint ensuite directeur de la musique 
de l'électeur de Saxe, Jean-Georges II, et oc- 
cupa cette place pendant plus de trente ans. 
Outre ses talents en musique, il possédait beau- 
coup d'instruction , et écrivait purement en 
latin et dans sa langue. U publia en 1672 un livre 
intitulé : Istoria delta Ribellione d'Unghcria, 
in-12, qu'il pré.senta à l'électeur, et dont ce prince 
fut si satisfait, qu'il le chargea d'écrire l'histoire 
de l'origine de la maison de Saxe en italien ; mais 
l'électeur mourut avant que le livre fût achevé, 
et Bontempi retourna à Pérouse en 1694. Il y 
vivait encore en 1697. Les ouvrages les plus 
connus de ce maître sont : — 1" Aora quatuor 
vocibus componendi methodus , qua musicae 
plane nescius ad compositionem accedere po- 
iest; Dresde, 16G0, in-4°. Cet ouvrage est une 

sopralamaggiorpartede'compositori sulprinciplo dcl pré- 
sente sccoly , tutto che abbomlanle d'uoniinl insigni. 



24 



BOISTEMPI — BOQUET 



méthode abrégée de composition par une sorte 
de procédé mécanique. — 2" Il Paride , opéra 
musicale , dedicata aile ser. Altezze Chris- 
iiano Ernesto, Margr. dï Brandoburgo, e Erd- 
mude Sofia, Principessa di Sassonia , nella 
celebrazione délie loro Nozze, Dresde, 1C62, 
in-fol., 194 pages. On voit par la préface que 
Bontempi en avait fait les paroles et la musique. 
Mattlieson a fart l'éloge de cet opéra dans sa Cri- 
tica Musica, t. I, p. 20. — 3° Oratorio sur l'his- 
toire et le martyre de St-Émilien, évoque de Trê- 
ves. — ^''Truclahisinquo demonstrantur oc- 
cultas convenientix sonorum stjstematis parti- 
cipati ; Bologne, 1690. Cet ouvrage a été inconnu 
à tous les bibiiogaphes : l'abbé Baini est le 
premier qui Tait cité dans ses Mémoires histo- 
riques sur Jean Pierluigi de Palestrina (note 497). 

5° Jstoria musica nella quale si ha piena 

cognizione délia teoria e délia prattica an- 
tica délia vucsica armonica ; Pérouse , 1695, 
in-folio. C'est un livre intéressant pour de cer- 
taines choses relatives à la musique du temps où 
l'auteur écrivait. Bontempi y examine cette ques- 
tion, si souvent controversée, 5 i Zf 5 anciens ont 
connu et pratiqué l'harmonie ; il se prononce 
pour la négative (1). Son histoire de l'origine des 
Saxons a paru àPérouseen 1697,in-12. 

BOIXTEMPO (J.-D.), habile pianiste, né à 
Lisbonne en 17Sl,vints'étahlir à Paris vers 1806, 
et se livra à l'enseignement du piano. Quelques 
années après, il quitta cette ville pour se rendre 
à Londres; mais le climat de l'Angleterre ne con- 
venant point à sa santé, il revint à Paris en 1818, 
et s'y fit entendre dans quelques concerts. Deux 
ans après il quitta définitivement la France pour 
retourner en Portugal, où il s'est fixé. En 1820, 
il avait écrit vingt-deux œuvres pour son instru- 
ment, parmi lesquels on remarque deux concertos 
avec orchestre, des sonates, œuvres 1 et 6, plu- 
sieurs fantaisies et airs variés. Ses variations sur 
le fandango ont eu beaucoup de succès. Il a 
publié aussi une Messe de Requiem à quatre 
voix, avec orchestre , œuvre 2.1; Paris, Leduc, 
1819. C'est un ouvrage bien fait. De retour à 
Lisbonne , Bontempo s'est livré à l'enseignement 
du piano. 11 y a écrit beaucoup de musique 
d'église, dans laquelle on remarque ses Matines 
et Répons des morts qui furent exécutés , le 
21 mars 1822, dans l'église des Dominicains, à 
Lisbonne, en commémoration de la mort de la 
reine, mère de Don Pedro, décédée à Rio de 
Janeiro, en 1816. Précédemment il avait aussi 
fait exécuter dans la môme église (juillet 1821) 

(1| Voyez mon Mémoire nir l'harmonie simultanée des 
smis chez les Crées et les Romains , etc. l'aris , Aubry, 
tftS», 1 Yol. in 4=. 



une messe solennelle de sa composition, avec 
chœur et orchestre, pour la fête inaugurale de la 
constitution. Après l'entrée triomphante de don 
Pedro à Lisbonne, Bontempo fut nommé maître 
de chapelle de la cour. Il est mort dans cette po- 
sition, en 1847. 

BOOM ( Jean VAN ), flûtiste distingué et com- 
positeur pour son instrument, est né à Rotterdam, 
en 1773. Les renseignements que j'ai pu me pro- 
curer sur la vie de cet artiste se réduisent à peu 
de chose. Je sais seulement qu'à l'époque où le 
frère de l'empereur Napoléon devint roi de Hol- 
lande, Boom fut nommé membre de la chapelle 
royale, et qu'il conserva cette place jusqu'à l'é- 
poque de la réunion de la Hollande à la l'rance. 
H se fixa alors à Utrecht; puis il fit un voyage en 
Allemagne pendant les années I8i)9 et 1810; par- 
tout il recueillit des témoignages d'admiration 
pour son talent. Le nombre de morceaux pour 
son instrument qu'il a publiés s'élève à près de 
quarante œuvres. Le premier de ses ouvrages est 
une sonate pour piano et flûte qui parut chez 
Plattner à Rotterdam. Parmi ses autres compo- 
sitions, on remarque : — l" Polonaise pour flûte 
et orchestre, op. 4; Rotterdam, Plattner. — 2° 
Romance (Partant pour la Syrie), idem., op. 1 1 ; 
ibid. — 3" Air Tyrolien {Wann iinderFruh) 
varié, op. 16; ibid. — 4" Fantaisie et variations 
(Le Borysthène), op. 33; Mayence, Schotf. — b° 
Air varié avec quatuor ou guitare, op. 5; Rotter- 
dam, Plattner. — 6° Duos pour deux ttûles, œuvres 
6, 17; ibid. — 7° Airs variés pour deux flûtes 
concertantes, op. 34 ; Mayence, Schott, — 8° Trois 
Rondeaux pour deux flûtes; Amsterdam, Steup. 
— 9° Plusieurs thèmes variés poivr flûte et gui- 
tare , op. 2 , 12 et 19. — 10° Andante varié pour 
flûte et piano, op. 3. 

BOOM (Jean Van), fils du précédent, com- 
positeur et pianiste, né à Utrecht, en 1808, 
a fait un voyage en Danemark et en Suède 
pendant les années 1846 et 1847, puis s'est 
établi à Hambourg, où il a publié la plupart de 
ses ouvrages. Ses compositions les plus im- 
portantes sont : r Quatuor pour piano, violon, 
alto et violoncelle, op. 6; Hambourg, Schu- 
berth. —T 1" Grand Trio pour piano, violon, 
et violoncelle, op. 14 ; ibid. — 3° Introduction et 
variations sur un thème original pour piano seul, 
op. 7; ibid. — 4° Fantaisie de couronnement sur 
des airs suédois ; ibid. Van Boom a publié aussi 
beaucoup de compositions légères, des polkas 
de salon, etc. 

BOQUET (Jacques) ou BOUCQUET,fut 
à la fois organiste de Marguerite d'Autriche, gou- 
vernante des Pays-Bas, et de la chapelle de 
Charlcs-Quiat (suivant le registre n" 1805 de là 



BOQUET — BORDE 



25 



Chambre des Comptes, aux archives du royaume 
de Belgique). Il vivait en 1530. On lit aussi au 
registre F 214 de la Ciiambre des Comptes ( Ar- 
chives du dépatteuient du Nord, à Lille) : « A 
« maistre Jaciues Boquet, organiste de la chap- 
« pelle de l'Empereur, XVIIJ livres, pour le 
« portaige des orgues de la chappelle, de Gand 
« à Malines , de la court au dict Malines à i'é- 
« glise Saint-Pierre, par plusieurs fois, de Malines 
« à Anvers , pour les remectre à point ( les ré- 
« parer) ; d'Anvers à Bruxelles ; de là à Cambray, 
« et de Cambray à Bruxelles (janvier 1529 — 
1530, n. st.). » On voit par là que les orgues 
étaient rares au commencement du seizième 
siècle, et que celles de la cour des Pays-Bas de- 
vaient être fort petites, pour être ainsi et si fré- 
quemment transportées à de longues distances. 
Beaucoup d'églises en étaient alors dépourvues. 

On ne connaît pas de compositions de Boquet ; 
cependant il a dû en écrire, puisqu'il avait le titre 
de Maistre, c'est-à-dire maitre-ès-arts , qui ne 
se donnait aux musiciens qu'après avoir fait ce 
qu'on appelait le chef-d'œuvre, lequel consistait 
en une messe ou un motet à 4, 5 , 6 ou 8 voix , 
sur un chant donné ; enfin , il dut être artiste de 
mérite , puisqu'il fut organiste de la cour des 
Pays-Bas à une époque où vivaient dans ce pays 
beaucoup de musiciens de premier ordre. 

BORA.CCHI (Charles-Antoine), timbalier 
du théâtre de La Scala, à Milan, est né à Monza , 
près de celte ville, dans les premières années du 
dix-neuvièmesiècle. Cet artiste s'est fait connaître 
par l'invention d'une timbale mécanique destinée à 
changer de ton avec une rapidité égale à une se- 
conde environ : il a donné la description de cette 
timbale dans un petit ouvrage qu'il a publié sous 
ce titre : Manuale del Tbnpanista; Milan, Pi- 
rola, 1842, gr. in-12 de 25 pages avec des exem- 
ples notés et la figure de l'instrument. Le méca- 
nisme de la timbale de Boracchi est extérieur : il a 
pour objetde changer l'accord par une seule opéra- 
tion, laquelle consiste à serrer ou relâcher les cer- 
cles de la timbale, pour tendre ou relâcher la peau, 
par le moyen d'un levier placé à la partie inférieure 
de l'appareil , et qui communique aux cercles par 
des barres latérales, lesquelles s'abaissent ou re- 
montent sous rinlluence de la vis qui fait agir 
le levier. Cette innovation n'a pas eu plus de succès 
que beaucoup d'autres essais faits en France, 
en Allemagne et en Hollande pour le même but, 
ou pour donner instantanément aux. timbales 
l'échelle cbromatique. {Voij. Darche, Gautrot, 

LaBBAÏE , ElBLINGER , HUDLER , STUMPFF et TeM- 
PELN. ) 

BORCnGUEVL\CIÎ (MELCHiœ), organiste 
de la cour du roi de Danemark, et coD>positeur 



estimé, vivait au commencement du dix-septième 
siècle. Il a publié une ample collection de madri- 
gaux à cinq voix de divers auteurs et de sa compo- 
sition, sous ce titre: Giardino tiuovo beUmimo 
di vari fiuri musicali sceUisshni, il primo libro 
demadrigaliacinque voci; Copenhague, 1C05, 
\n-'t°.— Il seconda libro ; ibid., 1006, in-4». Les 
auteurs dont on trouve des pièces dans ce recueil 
sont : Cl. Monteverde, Leo-Leoni, Civ, Casati, 
Christ. Rubiconi, Sal.Rossi.Marsil. Santini, Sim. 
Molinaro, GiachesdeWcrt,Gio. Croce,Gio. Bern. 
Colombi, Gab. Fattorini, Franc. Bianciardi, 
Melch. Borcbgrevinck , Gio. Le Sueur, Ben. 
Pallavicino, Gio. Vinc. Palma, D. Piet. Mar. 
Marsolo, Gio. Fontana, Agost. Agresta, Fr- 
Spongia, P.-P. Quartiero, Hipp. Sabino. Curt. 
Valcampi, Nie. Giston , Curt. Mancini, Gio. Piet. 
Gallo. 

BORDE (Jean-Batiste LA), jésuite, qui, à la 
suppression de son ordre en France, devint curé 
de la Collancelle en Nivernais , où il mourut en 
1777. Il a publié : Le clavecin électrique, avec 
îine nouvelle théorie dumécanisme et des phé- 
nomènes de V électricité ; Paris, 1761, in-12, 
176 pages. C'est la description d'un instrument 
de son invention , composé d'un clavier, dont 
chaque touche a un timbre correspondant ; le cla- 
vier fait mouvoir des verges qui ne frappent 
les timbres qu'au moyen de la communication 
du fluide électrique. C'est une rêverie sans 
utilité. Voyez \e Journal des Savants, I759, 
p. 193, et octobre, p. 432. 

BORDE (Jean-Benjamin de LA), né à Paris, 
le 5 septembre 1734, d'une famille très-riche, 
reçut une éduoation plus brillante que solide. 
Il eut Dauvergne pour maître de violon, et Ra- 
meau lui enseigna la composition. Destiné à 
la finance , il préféra d'abord de s'attacher à la 
cour; il devint premier valet de chambre de 
Louis XV, et son favori. Par la faveur de son 
maître, il entra dans la compagnie des fermiers 
généraux ; mais, par suite de ses prodigalités, de ses 
fréquents voyages et de sa facilité à se jeter dans les 
entreprises les plus hasardeuses, il fut plus d'une 
fois sur le point d'être ruiné; cependant la faveur 
du roi et son génie fécond en ressources par- 
vinrent toujours à le soutenir. « Plus j'ai d'af- 
« faires, disait-il, et plus je suis à mon aise. Je 
« me suis couché plusieurs fois n'ayant rien pour 
« payer le montant énorme des billets qui de- 
« valent m'être présentés le lendemain ; il me 
« venait, avant de m'éndormir, ou même pen- 
« dantmon sommeil, une idée qui me frappait; 
« je sortais le lendemain de grand matin, et mes 
« billets se trouvaient acquittés dans le jour. » A 
la mort de Louis XV, il quitta la cour, se maria, 



26 



BORDE — BORDEWAVE 



et trouvant le bonheur auprès de la femme qu'il 
avait épousée, il prit un genre de vie plus tran- 
(juille et plus ré^lé. Il rentra dans la compagnie 
(les fermiers généraux, qu'il avait quittée quel- 
que temps auparavant, et se livra à des études de 
plusieurs espèces. La révolution ayant anéanti 
une partie de sa fortune, il se retira en Normandie 
pour y vivre avec économie, et se soustraire aux 
poursuites des révolutionnaires; mais sa retraite 
ayant été découverte, il fut arrêté , ramené à 
Paris, et mis en prison. Malgré les conseils de 
ses amis, il eut l'imprudence de presser son ju- 
gement, et périt sur l'échafaud le 4 tlicrnu'dor 
an H (22 juillet 1794), cinq jours avant la chute 
de Kobespiene. 

La Borde débuta dans la carrière des arts par 
la musique de quelques opéras-comiques; le pre- 
mier fut : Gilles garçon peintre, représenté en 
1758 ; il fut suivi des Trois Déesses rivales ; d'/s- 
mène et Isménias, ou la Fête de Jupiier, pas- 
torale en trois actes, de Laujon, en 1703 et 1770; 
d'Annette et Lîibin, de Marmoutel ; iVAmp/rion, 
delà Cinquantaine, de VAmadis, de Quinault, 
et de beaucoup d'autres moins connus. Il a fait 
en société avec lîerton la musique d'Adèle de 
Pont/lieu , de Saint-Marc, qui, quelques années 
après, fit refaire la musique de cet opéra par Pic- 
cinni. Par suite d'un défi, La Borde mit un jour 
en musique un privilège de librairie; ce morceau 
singulier a été gravé. La Borde aimait beaucoup 
sa musique, et avouait naïvement qu'aucune autre 
ne lui taisait autant de plaisir : elle est cependant 
fortmcdiocre, et aussi mal écrite quetout ce qu'on 
faisait alors en France. Cependant il a fait quel- 
ques chansons qui ont du naturel ; on remarque 
entres autres celle qui commence par ces mots : 
Vois-tu ces coteaux se noircir? celle qui a pour 
refrain V Amour me fait, belle brunette, et 
Jupiter un jour en fureur. La Borde a publié 
avec beaucoup de luxe un Choix de Chansons 
mises en musique à quatre parties; Paris, 
1773, 4v.in-S''. L'harmonie en est fort mauvaise. 
On y trouve un grand nombre de gravures, dont 
l'exécution est aussi belle que le goût en est faux. 
Grimni a saisi toutes les occasions d* maltraiter 
la musique de La Borde, dans sa correspondance 
littéraire; elle est, en effet, bien plate et bien 
mausade. 

L'ouvrage par lequel La Borde s'est fait con- 
naître aux musiciens est son Essai stir la Mu- 
sique ancienne et moderne; Paris, 1780, 4 vol. 
in-4°. Ce livre, établi a'vec des frais énormes, 
est un chef-d'œuvre d'ignorance, de désordre et 
d'incurie. L'auteur employa pour faire cette com- 
pilation, où l'on a réuni les éléments les plus 
liétérogèncs, des jeunes gens de peud'instruction, 



au nombre desquels étaient un des frères Bêche, 
qui lui a fourni les meilleures notes, ou des pé- 
dants â faux systèmes, tels que l'abbé Roussier, à 
qui l'on attribue tout ce qui s'y trouve sur la 
théorie. La Borde fit succédera cet essai un Mé- 
moire sur les pi-opor lions musicales, legenreen- 
harmonique des Grecs et celui des modernes, 
avec les observations de 31. Vandermonde , 
et des remarques de l'abbé Roussier, supplé- 
ment à V Essai sur la Musique; Paris, 1781, 
in-4° de 70 pages. Enfin, on connaît encore de 
cet auteur : Mémoires historiques sur Raoul 
de Coucij , avec un recueil de ses chansons en 
vieux langage, et la traduction de Vancienne 
musique; Paris, 1781, un vol. in 8° ou 2 vol. 
in- 18. Le travail publié sur ce sujet par M. Fran- 
j cisque Michel et par Perne est bien préférable. 
j De La Borde est aussi auteur ou compilateur de 
! beaucoup d'auties livres qui ne concernent pas 
i la musique, et sur lesquels on peut consulter 
; les Biographies générales, ainsi qu'ime Notice 
I surJ.-B. de La Borde, par C. Mellinet;^aa- 
! tes, 1839, in-8°. 

j BORDENAVE ( Jean de ) , chanoine de 
j Lescars, et grand vicaire d'Auch, vivait vers le 
! milieu du dix-huitième siècle. Il a publié un 
I livre intitulé : Des Églises cathédrales et col- 
I Icginles , 1643, in-8". On y trouve (p. 534) un 
j chapitre intéressant sur les orgues, sur la musi- 
t que des enfants de chœur, et sur d'autres points 
relatifs à la musique dans les églises de France. 

BORDEMAVE (M. de ) ancien garde du 
corps , puis officier dans l'armée de Condé pen- 
dant les guerres de la P.évolulion, naquit à Orlliez, 
dans leBéarn. Rentré en France sous le consulat 
j de Bonaparte, il se retira dans une |)elite terre 
j qu'il possédait sur les frontières de l'Espagne, et 
, mil la dernière main à un poëniesur la musique 
I qu'il avait commencé en r;98, ainsi qu'il nous 
j l'apprend lui-même. Cet ouvrage a étépuhlié sous 
ce litre : La Musique, poëme en quatre chants ; 
Paris, Lenormant, 1811, in-S". L'auteur a gardé 
l'anonyme; mais Barbier à découvert sou nom 
et l'a indiqué dans la deuxième édition de son 
Dictionnaire des Anonymes (T. II, p. 432). Sur 
cette indication , j'ai obtenu de M. Lenormant, 
imprimeur-libraire, les renseignements qu'on 
vient de lire. 

Le premier chant du poëme de Bordenave a 
pour objet la musique en général et les jouis- 
sances morales qu'elle procure. Le second chant 
concerne la mélodie et l'harmonie ; le troisième, 
les instruments ; le quatrième, l'Opéra. Les sou- 
venirs de l'auteur, au temps de sa jeunesse, dé- 
bordent dans ses vers. Il avait été témoin des 
querelles des Gluciustes et des Piccinnistes. Gluck 



BORDENAVE — BORETTI 



27 



est son dieu et Rameau sa loi. Toutes ses opi- 
nions sont exprimées par ces deux vers : 

l.k, iiié'lilelonKtemp'! lescciils de Ramcnu : 

ITfiuls Gldck pour ton modèle, et pour juge Rousseau 

BORDÈSE (Louis), compositeur, né à Xaples 
en 181 j, a fait ses études musicales au Conserva- 
toire de cette ville. Après quelques essais peu 
importants pour les petits théâtres napolitains, il 
écrivit pour Turin, en 1834, Zelimo e Zoraide 
ossia il Califo ricnnoschito, opéra bouffe qui 
«ut peu de succès. Arrivé à Paiis dans la même 
année', il s'y livra à l'enseignement du chant. 
Son premier essai pour la scène française lut le 
petit opéra de La Mantille, jmié à l'Opéra-Co- 
niiquecn 1837, et que la protection de la cour 
n'empêcha pas de tomber. En 1840, il fit repré- 
senter à rOpéra-Comique L'Automate de Vau- 
canson, petit opéra en un acte dont la musique 
parut faible.'Hans la même année il donna au 
même théâtre avec Monpou (voij. ce nom) Jeantie 
de \aples, en trois actes. En 1841, il alla écrire 
à Turin un opéra qui tomba, et dont le tilrc est 
ignoré. En 1842, il écrivit à Naples / Quiudici, 
opéra représenté au théâtre Saint-Charles, mais 
qui ne put se soutenir, quoiqu'il fi>t chanté par 
Traschini, Colin! et M"' Ilallez. De retour à 
Paris , il a donné à l'Opéra-Comique, en 1847 , 
Le Sultan Saladin, autre faible production qui 
disparut bientôt du théâtre. Enfin, le 4 novembre 
1848, il a fait jouer un acte intitulé Les Deux 
Bambins, dont l'existence n'a pas été plus lon- 
gue. Telle est la triste histoire des travaux de 
M. Bordèse. 

BORDET (....), flûtiste qui vivait à Paris 
vers le milieu du dix-huitième siècle, a publié 
un traité élémentaire de musique, sous ce titre : 
Mt^thode raisonnée pour apprendre la musi- 
que d'une façon plus claire et plus précise, à 
laquelle on a joint r''lrndnn do in fjiifc tra- 
versière, du violon, du pardessus de viole, de 
la vielle et de la musette, etc.; Paris, 1755, 
in-4o. Liv. 1, 2 et3. Ou a aussi de sa composition 
deux grands concertos pour flûte. 

BORDIER (Louis-Charles), abbé, maître de 
musique des Innocents, à Paris, est mort eu 1764. 
Il s'est fait connaître par la publication d'une 
Nouvelle Méthode de Musique pratique, à 
l'usage de ceux qui veulent chanter et lire la 
musique coynme elle est écrite ;PArh, I7G0. Une 
nouvelle édition a paru, enl"Sl,sons lelitrede: 
Mé/hndf pour la Voix; Paris, Deslauriers, édi- 
tion gravée. Cet ouvrage était estimé de son temps. 
On a imprimé après la mort de Bordier un Traité 
de Composition; Huct, 1770, in-4°, gravé, de 80 
pages. Ce livre est basé sur les principes de la 



I basse fondamentale, que l'auteur ne parait pas 

I avoir bien compris. 

j BORDOGNI (Marc), chnnteurct professeur 
de chant, né à Bergame on 1788, mort à Paris 
le 31 juillet 18bG , a fait ses études musicales sous 

; la direction du maître de chapelle Simon Mayr. 

[ En 18(3, il chanta au théâtre lie de Milan, avec 
Caroline Bassi (Milanaise) dans le Tancredi de 
Rossini ; cet ouvrage était alors dans sa nouveauté. 

i 11 reparut ensuite dans la même ville, pendant i>Ju- 
sieurs saisons , au théâtre Curcano, dans les 
années 1814 et 1815. Après avoir parcouru 

I quelques autres villns d'Italie, Bordogni fut 

' engagé au théâtre italien de Paris en 1819, 

■ conmie premier ténor: depuis cette époque , il 
ne s'est plus éloigné de la capitale de la France. 
En 1833, il a quitté le théâtre pour se livrer à 
l'enseignement. La voix de cet artiste n'était 
pas d'un volume considérable; sou action dra- 
matique était dépourvue de verve et de force ; 
mais sa vocalisation était fort bonne, et il chan- 
tait avec goût la musique de demi-caractère. 
Comme professeurde chant, il a tenu à Paris une 
place distinguée. Admis au Conservatoire en cette 
qualité dans l'année 1820, les fatigues du théâtre 
l'obligèrent à demander sa retraite en 1823; mais 
quel((ues années après il rentra dans cette école, 
où il a continué son enseignement pendant plus 
de trente ans. 11 était chevalier de la Légion 
d'honneur et de plusieurs autres ordres. 

Bordogni a publié à Paris: t" Trente-six vocalises 
pour voix de soprano ou de ténor, première et 
deuxième suites. 11 a été publié plusieurs éditions 
de cet ouvrage utile, à Paris, Milan, Berlin et à 
Leipsick. — 1° trente-six vocalises pour basse; 
ibid. — 3° douze vocalises pour bariton , compo- 
sées dans le goût moderne; premier et deuxième 
livres; ibid. — 4° douze nouvelles vocalises pour 
contralto ou mezzo-soprano, idem ; 4™' livre de 
vnrn lises en 2 suites; ihid, — li" douze nou- 
velles vocalises, dont six avec paroles italifii- 
nes ; ibid. — 6° douze nouvelles vocalises à deux 
voix Dour soprano et mezzo soprano; ibid. 

M"" Louise Bordogni, liile de l'artiste dont il 
vient d'être parlé, épousa le bassoniste Willenf 
{voy. ce nom), et chanta avec succès à New-York 
eu 1834, à Messiiifr et à Naples, pendant les an- 
nées 1836 et 1837, puis fut professeur de chant à 
Bruxelles jusqu'en 1848. Elle est morte en Italie 
vers 18.55. 
RORDOXl (Faustine). roy.IUssE (M™*). 
BORETTI (Jean-André ),maîtredo chapelle 
de la cour de Parme, et compositeur dramatique, 
naquit à Rome vers 1640. On a de lui quelques 
opéras sérieux, entre autres : — 1° ZenobiOf 
en iGGf'. — 2" Mcssandro atnante,ea 1607,— 



28 



BORETTI — BORGOGNINI 



3" lîliogabale, 1G68. —4° Marcello in Sira- 
cusa. 1670. — 5° Ercole in Tebe, 1671. — 6» 
Claudio Cesare , 1072. — 7° Domiziano. 1673. 

— %" Dario in Babilonia, 1671. 
BORGATTA (Emm\nuel), compositeur et 

pianiste, né à Gênes vers 1810, commença à se 
faire connaître par des concerts qu'il donna dans 
sa Tille natale en 1832, puis à Milan au mois de 
mai 1833. Ses premières compositions furent : — 
1" Une sonate pour piano seul; Milan, Ricordi. 

— 2° Une cadence capricieuse (en mi) pour le 
même instrument; ibid.— 3° Des variations sur 
les thèmes de la Slraniera et de Lucrèce Borgia ; 
ibid. — 4° Des romances italiennes; ibid. M. Bor- 
gatta s'est établi à Gênes, comme professeur de 
piano. Au mois de novembre 1835, il y a fait re- 
présenter l'opéra de sa composition intitulé : Il 
Quadromaniaco ; en 1837, il y a donné Fran- 
cesca di Rimini, drame lyrique en trois actes. 
Ces ouvrages furent clialeurcusemcnt applau- 
dis par les concitoyens du compositeur. 

BORGIIÈSE (AntoineD.R.), compositeur, 
né à Rome, vint à Paris vers 1777, et y fit im- 
primer, en 1780, un recueil de sonates de piano 
avec accompagnement de violon obligé, op. 2 , 
et des duos de violon. En 1787, il fit représenter 
au théâtre des Beaujolais un petit opéra intitulé : 
La Bazoche. On a joué aussi sur les théâtres 
d'Allemagne un autre opéra en un acte sous ce 
titre : Der unvermuthete gltickliche Augenblick 
(Le bonheur imprévu). Le Calendrier musical 
universel pour l'année 1788 attribue au même 
artiste un Traité de composition, mais sans en 
indiquer le titre exactement, et sans faire connaître 
s'il est imprimé. Enfin, on a àtXmVArt musical 
ramené à ses vrais principes, ou Lettre de D. 
R. Borghèse à Julie, Paris, 1786, in-8°. 

BORGHI (Jean-Baptiste), néà Orviette,vers 
1740 , fut maître de chapelle à Notre-Dame de 
Loretle en 1770. On connaît de lui les opéras dont 
les titres suivent : — 1° Ciro riconosciuto , qui 
tomba à Venise, en 1771. Il avait donné précé- 
demment : — 2° Alessandro in Armenia, 1768. 
En 1773, il écrivit : — 3" Ricimero. — 4° La 
Donna instabile, 1776. — h" Artaserse,\116. 

— 6° Eumene, 1778. — T Piramo e Tisbe, à 
Florence, en 1783. — 8° VOlimpiade, à Flo- 
rence, en 1785. — 9° La morte di Semir ami de, 
à Milan , en 1791. La musique de ce composi- 
teur était estimée de son temps. Il a écrit aussi 
pour l'église, et l'on connaît de sa com|)osition 
en ce genre : — 1° Deux messes à quatre voix 
avec orchestre. — 2° Dixitk quatre voix. — 3° 
Laudate à 5. — 4° Domine à 5. — 5° Lamen- 
tazione per il Giovedi Santo, pour voix de 
basse et orchestre. — 6° Deux litanies à quatre 



voix, une autre à 2 chœurs avec orchestre. En 
1797, Borghi fit un voyage à Vienne, s'y arrêta 
pendant près d'une année pour faire représenter 
sa Semiramide, puis se rendit en Russie, d'où 
il revint dans .sa patrie en 1800. Après cette, 
époque, les renseignements manquent sursa per- 
sonne et ses travaux. 

BORGHI (Louis), habile violoniste et com- 
positeur, fut élève de Pugnani, et s'établit h Lon- 
dres, vers 1780. H était premier des seconds vio- 
lons à la célèbre exécution des oratorios qui eut 
lieu à Londres, en 1784, en commémoration de 
Haendel. Ses ouvrages consistent en Six sonates 
pour le violon, avec basse, op. 1 ; Paris, in-fol. 
— 2° Trois concertos pour le violon, avec accom- 
pagnement, op. 21; Berlin, in-fol.— 3» Six solos 
pour le violon, op. 3; Amsterdam, in-fol. — 4" 
Six duos pour deux violons , op. 4. — 5» Six 
idem, op. 5. — 6° Six idem pour violon et 
alto, op. 6 ; Berlin. — 7° Six idem pour violon 
et violoncelle, op. 7; Amsterdam. — 8° Six 
simphonies à grand et petit orchestre; Paris, 
Imbault. — 9° Six concertos pour violon prin- 
cipal ; Paris, Imbault. — 10° Italian canzonets; 
Londres, Broderip. 

BORGIA (Ghégoire), organiste à Novarre, 
dans la seconde moitié du seizième siècle, a fait 
imprimer de sa composition: Canzoni spirituali. 
Libro primo à 3, 4 e 5 voci; Torino, appresso 
Bevilagno, 1580, in-4''. 

BORGIAI\I (Dominique), compositeur de 
l'École romaine, vécut vers le milieu du dix-sep- 
tième siècle. On a imprimé de sa composition : 
Sacri Concentus a bina usque quina voces, 
ctim basso generali; Romœ, TypisLudov. Gri- 
gnani, 1046. 

BORGO (César), d'abord organiste à Ges- 
sate(Lombardie) puis maître de chapellcde la ca- 
thédrale de Milan, naquit dans cette ville, vers le 
milieu du .seizième siècle. Il a fait imprimer desa 
composition : — 1° Canzonette a trevoci; Ve- 
nise, Ricciardo Amadino, 1584, in-4°. — 2" 
Messe a otto voci; Milan, 1588. — 3° Canzoni 
alla Francese a qualtro voci, lib. 2; Venise, 
1599. — 4° Messe a otto voci ; Milan, 1614. Bo- 
nomclti a placé quelques pièces de Borgo dans 
son Parnassus musicus Ferdinandxus. 

BORGO (Dominique), de Vérone, fut maître 
dechapelle à Sffn^a-.1/ana-/lH^ica,decette ville, 
vers 1620. On a imprimé de sa composition \m 
recueil de pièces pour la semaine sainte , inti- 
tulé : Lamentationi, Miserere et improperii a 
Quattro voci pari, cou il basso per Vorgano; in 
Venetia, Aless. Vincenti, 1622, in-4''. 

BORGOG!\Il\I (D. Bernard), compositeur 
dramatique qui vivait à Venise au commence- 



BORGOGNINI — BORNIIARDT 



29 



menl du dix-Iiiiitiènic siècle, a donné au théâtre 
de cette ville, en 1700, La Nicopoli. 

BORGONDIO (>!'"'= Gentile), cantatrice, 
liée à Brescia, en 1780, est issue d'une famille 
noble. Son début dans la carrière tbéAtrale eut 
lieu à iModènc. En 1815, elle passa à Muniob, et y 
(il entendre, jiourla première fois, le Tancredi<\& 
Rossini, elVKaliann in Algcrl du même maître. 
Elle alla ensuite à Vienne, o-ùelle fut fort applau- 
die: elle y chanta pendant trois ans. Devienne, elle 
se rendit à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Elle se 
fit entendre dans celte capitale six fois devant 
l'empereur, et reçutde ses mains de riches présents; 
mais il i)araît que le climat de ce pays altéra son 
organe; car elle ciianta depuis lors à Paris et à 
Londres, et toujours sans succès. Au reste, il se 
peut que l'âge seul ait indue sur sa voix. En 1824 , 
lyjme Borgoudio étalit à Londres; en 1830, elle 
chanta encore à Milan ; mais depuis lors elle n'a 
plus paru en public, et l'on ignore où elle s'est 
retirée. 

ItOHIN (....). On a sous ce nom un livre in- 
titulé : La Musique théorique H pratique dans 
son ordre naturel avec l'art de la Danse , 
Paris, 1746. J'ignore quelle est la nature de cet 
ouvrage. 

IIORJOIV (Chaiu.es-Emmanijei.) , avocat au 
parlement de Paris , amateur de musique et ha- 
bile joueur de musette, na(iuit en 1033 à Pont- 
de-Vaux, en Bresse. II mourut à Paris le 4 mai 
1691. Borjon a publié beaucoup de livres de droit 
et de jurisprudence dont on peut voir les titres 
et le contenu dans la Biographie universelle 
de MM. Michaud. 11 excellait à faire des décou- 
pures sur vélin : Louis XIV en conservai! plusieurs 
avec soin. On a de Borjon un livre qui a pour titre: 
Traité de la Musette, avec une nouvelle méthode 
pour apprendre de soy-mesme à jouer de cet 
instrument Jacilement et en peu de temps ; 
Lyon, JeanGirin, 1672, in-fol., avec des planches 
qui représentent les détails de l'instrument, la 
tablature et les airs recueillis par Borjon dans les 
diverses provinces de France. C'est un très-bon 
ouvrage en son genre. L'auteur de l'article Borjon 
de la Biographie universelle de MM. Michaud 
s'est trompé en indiquant 1674 pour la date de 
l'impression de cet ouvrage. La Borde , le Dic- 
tionnaire historique des Musiciens (Paris, 
1810-1811), Forkel,Ferd. Becker, etLichtenthal 
ont dénaturé le nom de ce musicien en l'écrivant 
Bourgeon. 

BORLASCA (Beknaiîdin), noble génois; de 
la famille des Gavio , vécut au commencement 
du dix-septième siècle. On connaît de sa compo- 
sition — 1° Sckerzi musicali ecclesiastici sopra 
lacanticaaS voci; Venise, Alex. Raverio, 1609, 



in-4". — S^- Canzonetle «3 voci per cantar nel 
Chitarone, Lira doppia, etc. Libre sccondn ; 
Venezia, Aless. Vincenti , 1011. — 3° Fioretti 
musicali leggiadri a tre voci; Venezia, 1031. 
BORIVACIIVI (Joseph), compositeur, né à 
Ancône vers 1810, a fait représenter à Venise, 
en 1833, au théâtre S. Crisostomo, nn opéra 
bouffe intitulé : Aver moglie epoco ; guïdarla è 
molto. En 1834, il donna dans la même ville 
Ida, opéra giocosa, et enfin, dans la môme an- 
née : / due fncogniti. On a publié aussi do 
même artiste des romances italiennes avec piano; 
Milan, Ricordi; et une introduction avec des va- 
riations pour le piano sur un thème de la Zelmira 
de Rossini. 

RORIVEMAI\!V( Wiuielm), membre de 
l'Académie de chant à Berlin, a publié une des- 
cription de l'organisation de celte société, de son 
origine, de sa fondation et de ses progrès, sous ce 
litre : DieZeltersche Liedertafel in Berlin, ihre 
Entstehung , Stehung und Fortgan , nebst 
einer Auswahl von Liedertafel-Gesangen und 
Liedern ; Berlin, Decker, in-12. 

RORIVET aîné, violoniste à l'Opéra, de 1768 
à 1790, a publié à Paris, en 1788, une Méthode 
de violon et de musique, dans laquelle on a 
observé toutes les gradations nécessaires pour 
apprendre les deux arts ensemble, suivie de 
nouveaux airs d'opéras. Bornct a fait aussi pa- 
raître un journal de violon, commencé en 1784, 
etcontinué pendant les annéesl785-1788. En 1765, 
il écrivit, pour la Comédie-Italienne, le ballet de 
Daphniset Florise. Son frère, violoniste comme 
lui, connu sous le nom de Bornet le Jeune, se 
trouvait en 1797 à l'orchestre du Théâtre de la 
Pantomime nationale, et passa ensuite à celui 
de V Opéra Bvffa, où il était encore en 1807. 

BORNIIARUT (J.-H.-C), professeur de 
musique à Brunswick, est né dans cette ville, 
en 1774. Également connu comme pianiste et 
comme guitariste, cet artiste est considéré en 
Allemagne comme un des compositeurs /es 
plus laborieux de son temps : il doit surtout sa 
réputation à son talent dans le genre de la ro- 
mance et de la chanson. Parmi les ouvrages qu'il 
a publiés, on remarque : — 1" Plusieurs suites de 
duos pour deux violons; Bonn, Simrock, et Ham- 
bourg, Cranz. — 2" Des diverlissemens, pots- 
pourris, et airs variés en ttios pour guitare et 
divers instrumenta,. œuvres 53, 130, 146, etc. — 
30 Plusieurs œuvres de duos pour la guitare. — 
4" Un grand nombre de thèmes variés pour 
guitare seule. — 5° Des sonates pour piano avec 
î llilte. — 6° De petites sonates et des pièces 
î détachées pour piano à quatre mains.— 7° Des 
' sonatines pour piano seul, œuvres 6 et 137. — 



30 



BORNHARDT — BORS€IHTZ[vI 



8" Des exercices pour le même instrument. — 
•9° Des variations, idem. — 10" Des écossaises, des 
anglaises et lies valses, idem. — 1 1» Deux méthodes 
pourlaguitare. — la^Unemétiiode pour le piano. 
— 13" Environ vingt recueils de canons à plusieurs 
voix et de duos avec accompagnement de piano. 
. — 14° Les airs et ouvertures de plusieurs mélo- 
drames et vaudevilles, entre autres de Arnold 

de Halden et deZ« Laitière de Bercy 15° Une 

très-grande quantité de romances, de chansons, 
et de cantates à voix seule avec accompagnement 
de piano. Plusieurs de ces morceaux ont obtenu 
un brillant succès en Allemagne. Parmi ces pro- 
ductions, on cite particulièreiuenf, La Lyre et 
r£'jo^e,deKœrner, Odeàl Innocence, V Homme, 
de Schiller, L'^d/eîf {Amanda, du iceinest!), 
qu'on a comparéà V Adélaïde de Beethoven. 

BOROiXI (Antoine). Voy. BunoNi. 
BOROIVO(Ottavia.no), né à Parme versl590, 
fut organiste de l'église principale de la commu- 
nauté de Sassuolo. Il a fait imprimer de sa com- 
position : Mottetti concertati a 1, 2, 3, e 4 
voci percantare nelV orijano, iibro l°; in Ve- 
nctia, App. Giac. Vincenti, 1617, 4 vol, in-A". 

BOROSllXI (François), ténor excellent, né 
à Bologne vers 1G95, lut un des premiers chan- 
teurs au grand Opéra de Prague, en 1723. 

BOROSIIVI (Éléonore), néad'Ambreville, 
épouse du précédent et cantatrice remarquable, se 
trouvait, en 1714, à la cour Palatine, et fut ap- 
pelée à Prague, en 1723, pour y chanter au grand 
Opéra de cette ville. 

BORROIV'I ( Antoine), compositeur de l'École 
romaine , vers le milieu du dix-septième siècle, 
se distingua parmi les maîtres qui substituèrent 
à l'ancien style osservato de Palestrina et de 
ses contemporains, le style orné qui a fait la 
réputation de Benevoli,de Bernabei et de Ben- 
cini. On cite surtout comme un chef-d'œuvre en 
ce genre le motet Dirupisti vincula mea de 
Borroni. Les ouvrages de ce compositeur sont 
restés en manuscrit. 

BORRO\"l ou BORONI (Pierre-Paul) cé- 
lèbre luthiste du seizième siècle, naquit à Mi- 
lan. Il est quelquefois désigné dans les recueils 
du temps sous le nom de Pierre-Paul Milanais. 
On trouve des pièces de sa composition dans les 
collections \nl\iu\ùci -A" Intabolalura deLeuto di 
diversi aiilori novamenle stampata , et con 
diligenlia reoisla; stampata nella cita de Mi- 
lano per Je. Antonio Casteliono, 1.53fi, petit 
in-4° obi. — 2» Carminutn pro Testudine li- 
ber III, in quo continentur exceltentissima 
carmîna, dicta Paduana et GaHarda,compo- 
sita per Franciscum Mediolanensem , et Pe- 
tram PaulumMediolanensem , et alios artifices 



inhacarteprxstuntissimos. Lovanii apud Pe- 
trum Phalesium Dibliopolam juratum. Anno 
Domini 1546. — 3" Hortus Musarum, in quo 
tanqiiam jlosculi quidam selectissimarum 
carminum collecti sunt ex optimis quibusque 
auctoribus, et primo ordine continentur au- 
tomata, quse Fantasix dicuntur. Deinde can- 
tica quatîcor vocum. Post carmina graviora 
quxmutctta appellantur,eaque quatuor ,quin- 
que et sex vocum. Demum addita sunt carmina 
longe elegantissima duabiis testudinibits ca- 
nenda hactenus nunquam impressa. Collec- 
tore Petro Phalesio. Lovanii, apud Phale- 
sium bibliopolam juratum, 1552. 

BORS.\ ( Matteo), docteur en droit, né à 
Mantoue vers 174 1, a fait insérer dans le recueil 
des Opusc7iti scelti di Milano (tom.lY, 1781, 
p. l'J5-224) Saggio filosojîco sopra la musica 
imitaliva teatralc, in due lettcre, dont Arteaga 
vante l'esprit et la philosophie. 

BORSARO, ou BORSARl (Archange), 
compositeur, né à Reggio vers 1570, fut moine 
du tiers-ordre de S. François. Bordoni (1) et Qua- 
drio (2), qui le mentionnent, ne donnent aucun 
autre renseignement sur lui. Ses ouvrages connus 
sont: {" Magnificat super omnes tonos ; Venise, 
Ang. Gardane, 1591. — 2" Sept livres de Coricer^t 
ecclesiastici à 3, 4 et 5 voix publiés depuis 
1593 jusqu'en 1606; ibid., et Venise, Rie. Ama- 
dino. — 3" Vespertina psalmodia octo vocibus ; 
ibid., 1602. — 4" A'ovo Giardino de concerti a 
quattro voci per cantare a due cori con 1 
voci, et 2 tromboni e altri stromenti o voci, 
seconda la commodita de'' cantori, con il 
basso principale per l'organo, op. XI ; Venelia, 
Ricc. Amadino, 1611, in-i". — 5° Seconda Iibro 
degl'odoranti fiori, concerti diversi a I, 2,3,4 
voci con organo, op. XIII ; ibid., 1615, in-4°. — 
G'Six livresde motets h 3 voix avec l'orgue, sous 
le titre Affectibus pietosis ; ibid., 1G15 et an- 
nées suivantes. — 7° Canzonnettespirituali a 4 
voci; ibid., lG16,in-8°. — 8" trois livresde mu- 
sique d'église de tout genre publiés sous le titre : 
Diversorum conceptuum musicalium libri 
1res ibid., 1G16 et années suivantes. 

BORSCIIITZKI (François), membre de 
la chapelle royale de Vienne, est né en 1794 à 
Reisemarckt, seigneurie dépendante de l'abbaye 
de Sainte-Croix (Heiligen Kreulz), dans la Basse " 
Autriche, où son père était instituteur. Apre? 
avoir aitpiis les premiers éléments de la musique 
dans la maison paternelle, il entra à l'âge de dix 
ans dans la même abbaye comme enfant de 

H) Chronolooia FF., etc.. Soc. Teriii Orcl.S.Franc, 

p. 5G0. 

(2) Délia Ragione e Stor.d'ogtiipoesia, tom. III, p. Ml 



BORSCIIITZKI — BORTOLAZZI 



31 



chœur, et y passa cinq annéi-F; puis on l'en- 
voya au gymnase de Wiener-Neusfadt , pour 
y faire ses humanités. 11 y resta jusqu'à l'Age de 
vingtclunans. En 1816, il se rendit à Vienne, où 
il fut d'abord engagé comme basse dans le chœur 
de rOpéra de la cour. Les occasions fréquen- 
tes qu'il eut alors d'entendre les meilleurs clian- 
fours italiens lui inspirèrent le dessein de se 
livrer à des études sérieuses sur l'art du chant, 
et ses progrès furent tels, qu'en 1822 il fut ap- 
pelé à Pesth pour y chanter les premiers rôles 
de basse. Plus tard il accepta le même emploi 
au tliéi\tre Kaerntnerthor de Vienne. La mort de 
WeinmiJiler ayant laissé, en 1829, une place de 
basse chantante vacante h la chapelle impériale, 
IJorschitzki se mit au rang des prétendants à 
cette place, et l'oblint au concours. Depuis 1832, 
il a clianté au théâtre de Joseplistadt. 

BORTXIAXSKY (Dmitri-Stepanovitch), 
né en 1751 dans la ville de Gloukoff, gouverne- 
inent de Tchernigoff, en Russie, et non à Mos- 
cou, comme il est dit dans la Nouvelle-Ency- 
clopédie de la musique de Schilling, révéla de 
bonne heure ses heureuses dispositions pour la 
musique. 11 venait d'accomplir sa septième an- 
née, lorsque sa belle voix de soprano le lit ad- 
mettre au nombre des chantres de la chapelle 
impériale. L'Impératrice Elisabeth, ayant bien- 
tôt remarqué sa belle organisation, confia son 
éducation musicale à Galuppi, alors maître de 
chapelle à Saint-Pétersbourg. Le départ de ce 
composileur pour l'Italie, après quelques an- 
nées, interrompit tout à coup les études de Bort- 
niansky ; mais l'impératrice Catherine II , dont 
le génie pressentait celui de ceux qui l'appro- 
chaient, voulut que le jeune artiste achevât de 
développer son talent, et lui fournit les moyens 
d'aller retrouver son maître. Bortniansky rejoi- 
gnit Galuppi à Venise, en 1763. Il était alors 
ûgé de dix-se[>t ans. Par les conseils de son 
maître, il alla ensuite étudier à Bologne, à Rome 
et à Nnpies, pour y saisir l'art dans les diverses 
directions de cette époque. 1 1 écri v i t alors beaucou p 
de musique d'église dans la manière des maîtres 
italiens, des sonates pour le clavecin, des pièces 
détachées de genres différents, et même, dit-on, 
des opéras. Je possède des motets de sa compo- 
sition qui appartiennent à cette période de sa 
vie : ils n'ont rien de remarquable, si ce n'est 
la pureté d'harmonie des maîtres de la bonne école. 
Onaécrit qu'il élaitàMilanen 1780, etqu'ilyétait 
considéré comme un des meilleurs compositeurs 
d'opéras de cette époque: je crois que les bio- 
graphes ont été induits en erreur à cet égard, 
car j'ai examiné tous les almanachs des théâtres 
de l'Italie depuis 1770, et je n'y ai pas trouvé 



une seule indication de pièce dont Bortniansky 
aurait composé la musique. Les compositeurs 
étrangers connus en Italie vers 1780 étaient Rust, 
Misliweseck, Mozart et Gassmann; Hasseyétait 
déjà oublié. Quoi qu'il en soit, Bortniansky re- 
tourna en Russie en 1779, et son mérite le fit 
bientôt choisir comme directeur du chœur de la 
cour. En 179G, ce chœur reçut le titre de Cha- 
pelle impériale, et Bortniansky en conserva la 
direction. Dans tout ce qu'il avait produit jus- 
qu'à son retour en Russie, il s'était inspiré de 
la musique italienne de son temps; ce ne fut 
qu'à Saint-Pétersbourg que son génie se révéla 
dans ce qui constituait son originalité. Le chœur 
qu'il était appelé à diriger avait été organisé 
sous le règne du tsar Alexis Mikailovitsch; 
mais, quoique déjà ancien, il laissait beaucoup 
à désirer pour la qualité des voix et pour le fini 
de l'exécution. Bortniansky fit venir des chanteurs 
de l'Ukraine et des diverses provinces de l'em- 
pire, choisissant les voix les plus belles, et les di- 
rigeant par degrés vers une exécution parfaite 
dont on ne prévoyait pas même la possibilité avant 
lui. C'est par les soins de cet artiste remarquable 
que la chapelle impériale de Russie est parve- 
nue à l'excellence qui est aujourd'hui l'objet de 
l'admiration de tous les artistes étrangers. C'est 
pour ce chœur incomparable que Bortniansky 
a écrit 45 psaumes complets à 4 et à 8 parties 
dont les inspirations et le caractère sont d'une 
originalité saisissante. On lui doit aussi une 
messe grec(pie à trois parties et beaucoup de 
pièces diverses. Toutes ces compositions sont d'ail- 
leurs écrites dans ime harmonie pure et correcte. 
Il avait senti la nécessité de mettre en ordre les 
anciens chants de l'Église moscovite qui se chan- 
taient en harmonie par tradition, et dont les suc- 
cessions d'accords étaient souvent peu satisfai- 
.santes pour l'oreille; mais il n'eut pas le temps de 
réaliser ce projet de réforme, qui a reçu son exé- 
cution par le travail et les soins d'un de ses succes- 
seurs, M. Alexis de Lvoff [voîj.ce nom), conseiller 
inlime et directeur général delà cJ)apelle impé- 
riale. Après s'être fait des litres à l'admiration de 
la postéi ité, Bortniansky mourut le 28 septembre 
(9 octobre) 1825, à l'âge de soixante-quatorze 
ans. On a publié dans ces derniers temps à Saint- 
Pétersboing un choix des compositions de Bort- 
niansky a l'usage des Églises grecques de Russie. 
BORTOLAZZI (Bartholomé), virluosesur la 
mandoline et compositeur pour cet instrument, 
naquit à Venise en 1773. La mandoline était 
à peu près oubliée quand cet artiste entreprit de 
la faire revivre à force de talent. Au lieu du soa 
grêle et sec qu'on en avait tiré jusqu'à lui, il sut 
lui en faire produire de diverses nuances qui don- 



32 



BORTOLAZZI — BOSSELET 



naient à son jeu un clianne d'expression dont on 
n'aurait pas cru susceptible un instrument si petit 
et si borné. Eu 1803, Bortolazzi se rendit en 
Allemagne, donna des concerts à Dresde, Leipsick, 
Brunswick, Berlin, et finit par se fixer à Vienne. 
Partout il fit admirer son habileté. Vers 1801, 
il se livra à l'étude de la guitare, sur laquelle il 
acquit aussi un talent distingué. Ses meilleurs 
ouvrages sont: —1* Méthode pour apprendre sans 
maître à jouer delà mandoline; 1805, in-4°, 
Leipsick, Breikopf et Haertel : elle a pour titre : 
Anweisung die Mandolinevon selbst unterricht 
nebstUbungstûcken. — 1" Nuova ed exalta scala 
per la chitarra, ridotta ad un metodo- il ptù 
semplice, cd il più chiaro (en italien et en alle- 
mand) ; Vienne, Hasiinger. Cette méthode a eu 
beaucoup de succès; il en a été publié huitéditions 
jusqu'en 1833, toutes corrigées et augmentées. — 
3° Beaucoup de variations, rondeaux et fantaisies 
pour guitare seule, ou guitare, violon, piano et 
mandoline; Vienne, Berlin et Leipsick. — 4° Six 
variations pour mandoline ou violon et guitare, 
op. 8; 1804. — 5° Sonate pour piano et mandoline 
ou violon, op. 9. — f»"Six thèmes variés pour man- 
doline ou violon et guitare, deux suites, op. 10. 
— 7"Six variations pour guitare et violon obligé, 
op. '13. — 8" Sonate pour guitare et piano. — 9" 
Deux recucilsdechansons italiennes et allemandes, 
avec accompagnement de piano ou guitare. — 10° 
Six romances françaises, idem, op. 20. 

BORZIO (Charles), maître de chapelle à 
Lodi, vers la fin du dix-septième siècle , a com- 
posé beaucoup de musique d'église qu'on estimait 
de son temps. Il a écrit aussi pour le théâtre et 
a fait représenter l'opéra de Narciso à Lodi , 
en tf>76, ainsi qu'une pastorale qui fut exécutée 
à Bologne en 1694. 

BOS( Lambert), savant helléniste, né à Wor- 
kum,, dans la Frise, le 25 novembre 1670, fit ses 
études dans l'université deFraneker, et devint pro- 
fesseur de grec dans cette université en 1703. H 
mourut à l'âge de quarante-sept ans, le 6 janvier 
1717. Dans et?, Antiquitahim grsecarum prx- 
cipue atticarum Descriptio brevis ( Franeker, 
1714,in-12), il traite, part. H, clv. vu-, DeMusica; 
ch. vni. De Cithara; ch. ix. De Tibia et Fis- 
tula. La meilleure édition de cet ouvrage est 
celle de Leipsick, 1707, in-8' avec les notes de 
Leisner. 

BOSCHETTI (JÉRÔME), maître de cliapelle 
delà Madona de' Monti, à Rome, naquit à 
Mantoue, et vécut dans la seconde moitié du 
seizième siècle. Il a fait imprimer de sa com- 
position : 1° Il primo libro di. Madrigali 
a 4 voci ; in Venezia , app. Ang. Gardano , 
1691, in-4°. — 2" H seconda libro di Madrigali 



a 4 voci, et due a 6 voci con un ccho nelfine a 
Otto voci; ihid, 1593,in-4°. 

BOSCO WICU (Roger- Joseph), jésuite, né 
à Raguse le 18 mai 1711, est considéré comme 
un géomètre et un physicien distingué. Après la 
supression de son ordre, il fut nommé par le 
grand-duc de Toscane professeur à l'université 
de Pavie. Il est mort à Milan le 12 février 1787. 
Ce savant n'est cité ici que pour relever une er- 
reur de Gerber, qui, dans son nouveau Lexique 
des musiciens, lui attribue l'écrit du P. Draghetti 
{voy. ce nom), intitulé: Délie legge di continuità 
nclla scala musica (Milan, de la typographie de 
Joseph Marelli , 1771 , in-3'). Gerber a confondu 
cet écrit avec le traité de mathématiques du P. 
Doscowicli, qui a jiour litre : De continuitatis 
lege, etc.; Rome, 1754, in-4\ Il est assez remar- 
quable que cet ouvrage important sur les séries, 
qui fixa l'attention des savants sur le mérite du 
P. Boscowich avant la publication de ses autres 
ouvrages, ait été oublié dans la Biograghie géné- 
rale de MM. Didot. 

BOSE (Georce-Matiiias), professeur de phy- 
sique à Wittenbcrg, né à Leipsick le 22 sep- 
tembre 1710, mourut à Magdebourg le 17 sejt- 
tembre 1 701. On a de lui : IJtjpothesissoni Per- 
raultiana ac in eam meditationes ; Leipsick, 
1735, in-4'', cinquante pages. Cette dissertation a 
pour objet l'examen de l'opinion de Perrault émise 
dans sa traduction de Vitruve concernant la for- 
mation du son dans les orgues hydrauliques de 
l'antiqiiilé. 

BOSELLO ( Anna ). Voyez Morichelli 
(M"""). 

BOSSELET (Charles), professeur d'har- 
monie au .Conservatoire royal de musique de 
Bruxelles, et second chef d'orchestre du théâtre 
royal, est né à Lyon le 27 juillet 1812. Fils d'un an- 
cien acteur, il suivit sa famille on différentes villes, 
et arriva à Bruxelles, où son père fut engagé pour la 
comédie. C'estdanscettevillequ'ila appris lesélé- 
mcnts de la musique. Admis à l'école royale qui 
avait été instituée en 1824, il y fit quelques éludes 
|)réparatoires d'harmonie que la révolution de 
1830 vint interrompre. Après cet événement , il 
fut attaché pendant quelque temps au théâtre de 
Boulogne-sur-Mer, en qualité de chef d'orchestre ; 
puis il revint à Bruxelles. Lorsque le Conserva- 
toire royal fut réorganisé, sous la direction de 
l'auteur de celle notice, Bosselet devint élève de 
celui-ci, et fit des études complètes d'harmonie, 
de contrepoint et de composition. En 1836, le 
premier prix lui fut décerné, et à cette occasion 
l'orchestre et le chœur du Conservatoire exécu- 
tèrent, au concert de la distribution des prix, un 
Laudate Domiman de sa composition. Bientôt 



BOSSELET — BOTENLAUBEN 



as 



après il se fit connaître avantaj^ciisemcnt par «les 
<:liaiî<s à 4 parties, pour voix d'hommes, dont 
plusieuis sont devenus populaires , et parmi les- 
quels on remarque : Notre-Dame de la Garde; 
Le Carillon de la Samaritaine; La Valse des 
étudiants d'Insprilck; Les Mineurs; Les Mois- 
sonneurs; Le Retour au village; Le Kendez- 
rous de chasse ; la Sérénade, et Les Chasseurs 
égarés. Tous ont été publiés dans des journaux, 
tels que Le Choriste, ou chez les éditeurs Lahou 
et Katto , à Bruxelles. Bosselet a écrit aussi des 
messes et des motets qui ontélé exécutés dans di- 
verses églises, ainsi que la musique de plusieurs bal- 
lets représentés au Théâtre Royal. Le 16 décembre 
1 853 il a fait exécuterau même théâtre une faraude 
cantate écrite pour l'anniversaire de la naissance 
du roi Léopold. Depuis 1835 il remplit les l'ont- 
tions de second chef d'orchestre au tliéâtrc royal. 
Kn 1840, il a été nommé professeur titulaire d'har- 
monie au Conservatoire et y a formé un ^land 
nombre dVlèves distingués. I*armi ses travaux 
figurent beaucoup de leçons d'harmonie à quaire 
parties, qui forment un cours complet. En 1852, 
l'Académie royale des sciences, des lettres et des 
beaux-arts de Belgique l'a nommé l'un de ses 
membres correspondants : il est aussi membre 
du jury du grand concours (\(i composition ins- 
titué par le gouvernement belge. 

liOSSI (Lucio), compositeur vénitien, qui vi- 
vait au commencement du dix-septième siècle, 
n'est connu que par un ouvrage qui a pour titre : 
Motettorum sex vocum liber priuius ; Venetiis 
ap. Vincentinum, 1606, in-4'». 

BOSSl ( ), né à Ferrare en 1773, a com- 

posé pour l'Opéra de Londres la musique de plu- 
sieurs ballets, notamment de ceux-ci : Little 
Peggi/s love; V Amant Statue, 1797 ; Acis and 
Gatalea. Le catalogue de Lavenu indique aussi 
des sonates pour piano delà composilion de Bossi. 
Il est mort à Londres, dans la prison du roi, au 
mois de septembre 1802, laissant ime femme et 
deux enfants dans une profonde misère. 

BOSSIUS (Jérôme), professeur de tbéologie 
à Milan, né à Pavie vers la lin du seizième siècle, 
a publié un petit écrit intitulé: Libellus de Sis- 
tris; Milan, 1012, in-l2. Sallengre l'a inséré 
dans sou Thesavr. Aniiquit. Homan., t. Il, 
p. 1373, sous le titre De Isiacis, sive de Sistro 
opusc, 

DOSSLER (HENRi-PniLipPE-CnAnLEs), con- 
.seiller du prince de Brandebourg-Onolzbach, et 
éditeur de nuisique à Spire, dans la seconde moitié 
du dix-huitième siècle, est auteur d'un traité élé- 
mentaire de musique en dialogues intitulé : 
Elementarbuch der Tonkunstzam Unlerrickt 
bi'im Klavier fiir Lelirende und Lernende mit 

BIOGR. L'NIV. DES MUSICIENS. — T. H. 



praktischen Beispielen. Spire, t782-17Pn, 2 vol. 
in-8° et un vol. in-4° d'exemples. Cet ouvrage 
parut par livraisons de mois on mois, sous la 
forme d'un recueil périodique. L'objet princi|)al 
du livre est l'étude du clavecin; maisj'auteur y 
traite aussi de l'harmonie, de la composition, et 
même de la musique des Flébreux. Bosslera élé 
aussi éditeur et rédacteur principal d'une gazelle 
de musique {Musikalischc fiealzeitung), qui a 
paru à Spire depuis le mois de juillet 1788 jus- 
qu'à la fin de juin 1790, en 4 volumes in-4", avec 
4 volumes de morceaux et d'exemples de musique 
publiés sous le titre iï Anthologie musicale 
(Musikalische Anthologie), ^ies six derniers 
mois de la gazette (juillet-décembre 1790) ont 
paru sous le titre de Correspondance musicale. 
lin 1792, Bossler transporta son établissement 
à Darmstadt, et plus tard à Leipsick. Les jour- 
naux de 1809 ont annoncé qu'il était décédé à 
Mannheimie 9 décembre 1808; mais M.CIi.-Ferd. 
Becker dit qu'il est mort le 9 décembre 1812, à 
Leipsick. 

BOSSNIS (Henri), magister et diacre à 
l'église des récollets d'Augsbourg, a publié en 
cette ville, en 1018, le cent-viugt-huitième psaume 
à six voix, in-4''. 

BOST ( M™' Louise), amateur de musique , 
née à Wufzbouri; vers 1810, s'est fait connaître 
par un écrit intitulé ; Caecilia. Betrachtungen 
iiber Kunst und Musik (RéHexions sur l'art et 
sur la musique). Wiir/.bourg, 1839, 1 vol. in- 12. 

BOTEl\LAUBEN (Othon de), comte de 
Henneherg, trouvère (Minnesinger) allemand, 
naquit vers la fin du douzième siècle. Il tirait 
son nom de Botenlauben, bourg de la Bavière, 
où vraisemblablement ses ancêtres possédaient 
un château, et était seigneur de Henneberg en 
Franconie. 11 se croisa avec son père et son frère 
en 1 2 1 7 . De retour de la Terre sainte, il se maria ; 
et sa femme, Beatrix, ([ui était de liaule naissance, 
lui donna plusieurs fils. La mort de Beatrix, peu 
avant 1244, décida le comte de Henneberg à se 
retirer dans le cloître de Frauenrode, aux envi- 
rons de Wiirzbourg, où il mourut le 4 octobre 
1254. On voit cette inscription sur sa tombe : 

Nobilis Otto cornes de Bodenlaubeque dives, 
Princepsfamosus, sapiens, forlis, generosus, 
Strenuusetjustus, praiclarus et ingeniosus; 
liicjacet occullus nunc cœli lumine fultus. 

Les manuscrits ont conservé quatorze chau- 
Gons d'Othon de Botenlauben, que M. Fr. Henri 
de Hagen a publiées dans sa grande collection 
des Minncsingers, t. 1, p. 27-32. On peut con- 
sulter sur ce trouvère l'ouvrage de M. de Hagen, 
quatrième luirtie, 14. p. 62, et la monographie 

3 



34 



BOTEJNLAUBEN — BOTTÉE DE TOULMON 



de M. Beclislein intitulée : Geschichte und Ce- 
dichte des Minnesangers Otto von Botcnlau- 
ben, Grafen von H enneber g ; Lt\\iûck , 1845, 
in- 4». 

BOTT (Antoine), bon \ioloniste à Cassel, est 
né en 17-9Ô, à Gross-Steinheim , petite ville sur 
le Mein. Pendant les années 1838-1842, il a dirigé 
à Cassel une société de musique instrumentale. 
On a de cet artiste deux suites de caprices pour 
le violon, dans la manière de Paganini, avec une 
préface instructive pour l'exécution de cette mu- 
sique, en allemand et en français. 

BOTT (Jean-Joseph), lils aîné du précédent, 
né le 9 mars 182G, à Cassel, a reçu de son père 
les premières leçons de violon et de piano. Ses 
rares dispositions pour la musique lui firent faire 
de si rapides progrès, que, dès l'âge de huit ans, 
il put se faire entendre dans quelques concerts 
et s'y faire applaudir. Charmé par son heureuse 
organisation, Spohr le prit comme élève, et cul- 
tiva son talent naissant avec tant de soin, que 
Uolt entreprit, dès l'âge de quatorze ans, un 
voyage, et donna des concerts à Francfort, à 
Breslau et dans plusieurs autres villes, avec le 
plus brillant succès. De retour à Cassel, il se livra 
à rétudedel'liarmonie, sous la direction de Haupt- 
mann {voy. ce nom). Après le départ de ce 
savant professeur pour Leipsick, Boit continua 
ses études de composition près de Spohr. Ayant 
entrepris un second voyage quelques années après, 
il visita Hanovre, Brimswick , Leipsick, Olden- 
bourg, Brème et Hambourg, donnant partout 
des concerts, et recueillant des applaudissements. 
En 1849, il fut nommé maître des concerts de 
la cour, quoiqu'il ne fût âgé que de vingt-trois 
ans. Trois ans après, le roi de Hanovre lui ayant 
fait offrir la place de maître de chapelle de sa 
cour, le grand duc de Hesse le retint à Cassel 
eu lui accordant la place de second maître de sa 
chapelle et du théâtre de la cour. Depuis lors , 
Boit a été chargé de conduire les opéras con- 
jointement avec Spohr. Il a fait preuve d'une 
rare habileté dans la direction d'un orchestre. Un 
si rapide avancement ne put empêcher que le 
jeune artiste ne fût saisi d'un profond sentiment 
de mélancolie. Dans un accès de ce mal , il se 
précipita dans la Fulde : heureusement il en fut 
tiré avant d'être submergé.On a gravé de lui : Plu- 
sieurs quatuors pour le violon; — Quatre mor- 
ceaux de salon pour violon et piano, op. 1 ; Ham- 
bourg, Schubert. — Un premier concerlino pour 
violon etorchestre, op. 2 ; ihid. — Andante Can- 
tabile pour violon et orchestre, op. 9; Cassel, 
Lueck. — Quelques morceaux détachés pour le 
piano, ibid.; six Lieder pour tonor avec piano, 
op. 8. ibid. — Des romances pour piano; etc. Des 



ouvertures de sa composition ont été exécutées 
dans les concerts de Cassel, en 1843 et 1848;enlin, 
il a fait représenter à Cassel, en 1854, un opéra 
intitulé V Inconnue , qui a obtenu du succès. 

BOTT (Jacques), frère puîné du précédent, 
est aussi violoniste à la chapelle du grand-duc 
(le Hesse-Cassel. La sœur de ces deux artistes, 
Catherine Bott, pianiste distinguée, s'est fait con- 
naître par son talent en Allemagne, à Paris et à 
Londres, dans les années 1838, 39 et 40. Elle est 
née à Cassel en 1824. 

BOTTA (Cuarles-Joseph-Guillaume), his- 
torien et médecin , né le 6 novembre 1 766, à Saint- 
Georges, dans le Piémont, est mort le 10 août 
1837. La vie politique et les-écrits historiques ou 
littéraires de cet homme distingué n'appartiennent 
pas à notre ouvrage : il n'est cité ici que pour son 
mémoire Sur la nature des sons et des tons, 
inséré dans les Mémoires de VAcadémle de 
Turin, année 1803, et dont il a été tiré quelques 
exemplaires à part. ♦ 

BOTTACIO ( Pall), maître de chapelle à 
Como, au commencement du dix-septième siècle, 
est auteur d'un recueil de madrigaux intitulé - 
/ Sospiri con altri madrifjali a cinque et otto 
voci. Libro primo. In Venetia, appresso Angelo 
Gardano e fralelli, 1609, in-4". L'épître dédi- 
catoire est datée de Como, le 20 juin 1009. 

BOTTE (Adolimie-Acuille), pianiste et com- 
positeur, est né le 26 septembre 1823 à Pavilly 
(Seine-Inférieure). Admis comm.e élève au Con- 
servatoire de Paris, au mois de janvier 1837, iJ 
y a fait des études de solfège et est devenu élève 
de Zimmerman pour le piano. On a publié de sa 
composition des pièces léi^ères de dilïérentsgenres 
(lour son instrument. Critique distingué, RI. Botte 
est attaché à la Gazette musicale de Paris, et y 
a ]i\iblié de fort bons articles. 

BOTTÉE DE TOULMON (Auguste), 
amateur de musique et bibliothécaire du Conser- 
vatoire de Paris, naquit dans cette ville, le 15 mai 
1797. Son père, administrateur des poudres et 
salpêtres, lui fit faire des études spéciales pour 
entrer à l'école Polytechnique; mais, après sa 
mort, Bottée de Toulmon renonça à la culture 
des sciences mathématiques pour lesquelles il ne 
se sentait pas de vocation , et se livra à l'étude 
du droit. 11 obtint son diplôme d'avocat en 1823; 
mais, indépendant par sa fortune, il n'exerça ja- 
mais cette profession, préférant suivre son pen- 
chant pour la musique, dont il avait appris les 
éléments dans son enfance. Il jouait un peu du 
violoncelle, ce qui le lit admettre dans la société 
d'amateurs qui donna des concerts au >Yauxhall 
pendant les années 1825 et 1826. Desvignes, 
maître de chapelle de la cathédrale de Paris, avait 



BOTTÉE DE TOULMON 



fié son itiaîlre cVliarmonie : il prit ensuite quel- 
ques leçons deReiclia. Pendant plusieurs années 
il avait fait d'assez grandes dépenses pour ras- 
sembler une collection de partitions des maîtres 
les plus célèbres , lorsque la publication de la 
Revue musicale, en 1827, tourna ses vues vers la 
littérature de la musique et vers son histoire, 
comme elle a fait de beaucoup d'autres en France : 
bientôt cette fantaisie devint en lui une passion 
ardente. Il lui manquait, pour y faire d'utiles 
travaux , une instruction fondamentale dans les 
diverses branches de l'art et de la science : il lui 
manquait surtout des vues, des idées, de la phi- 
losophie, elle grand art de généraliser, par lequel 
on rattache les faits particuliers à des causes pri- 
mordiales et universelles. Rien de tout cela 
n'existait pour lui ; mais il était doué de patience 
et de ténacité. S'il n'est point parvenu à produire 
par lui-même quelque chose de nouveau et d'une 
valeur réelle, il s'est du moins instruit des tra- 
vaux de ses devanciers, et a su s'en servir avec 
assez d'adresse pour se faire une certaine répu- 
tation de musicien érudit près des gens du monde. 
Pour satisfaire son goût de recherches, il offrit 
au gouvernement de remplir gratuitement les 
fonctions de bibliothécaire au Conservatoire : ses 
propositions furent acceptées, et il reçut sa no- 
mination au mois d'aoïlt 1831. La Société des 
Antiquaires de France l'avait admis au nombre 
de ses membres : il lit aussi partie du comité his- 
toriqueiustitué au ministère de l'inléritur, et reçut 
sa nomination de membre de plusieurs sociétés 
savantes. Les événements révolutionnaires de 
février 1848 ayant fait sur son esprit une vive 
impression, sa tête se dérangea, et dans la der- 
nière année de sa vie il ne sortit plus de chez 
lui. Une attaque d'apoplexie mit lin à son exis- 
tence végétative, le 22 mars 18ôO. On a imprimé 
de Bottée de Toulmon : r Discours .wr la 
question : Faire Vhlstoire de l'ait musical 
depuis V ère chrétienne jusqu'à nos jours, pro- 
noncé au congrès historique, au mois de no- 
vembre 1835; morceau à la fois pédant et super- 
ficiel, inséré dans la Gazette musicale de Paris, 
et imprimé séparément. Paris, imprimerie de 
Grégoire, 1836, in-8o de 10 pages. — 2" De la 
Chanson en France au moyen âge, dans l'An- 
nuaire historique de 1836, tiré à part; Paris, 
Crapelet, 1836, in-12 de 12 pages. Ce vaste sujet 
est à peine ébauché dans le travail de Bottée de 
Toulmon. — 3° Notice biographique sur les 
travaux de Guido d'Arezzo, dansles Mémoires 
de la Société des Antiquaires de France (I837, 
tome III). — 4° Des puys de Paltnods axi 
moyeu âge, dans la Revue française (juin 1836). 
L'objet de ce mémoire est le poëme de diverses 



formes qu'on chantait autrefois dans quelques 
provinces en l'honneurde l'Immaculée Conception 
de la Vierge : ce poëme s'appelait Palinod, d'où 
est venu palinodie. — 5" Des instruments de 
musique en usage an moyen âge, dans VAn- 
nuaire historique de 1838, tiré à part; Paris 
Crapelet, in-12 de 18 pages. Bottée de Toulmon 
a étendu ensuite et refondu son travail dans une 
Dissertation sur les instruments de musique 
employés au moyen âge, dans les mémoires de 
la Société de l'Histoire de France (VIP vol. 
2« série, 1844). Bottée de Toulmon a fait tirer 
à part cet écrit, à Paris, chez E. Duverger, 1844, 
in-8° de 109 pages, avec 2 planches. Cette se- 
conde rédaction est encore bien imparfaite. — 
6" Instruction du Comité historique des arts 
etmonuments, dans la Collection de documents 
inédits sur Vhistoire de France, publics par 
ordre du roi et par les soins du Ministère de 
l'instruction publique, in i" de 13 pages, avec 
7 planches (de l'imprimerie royale, s. d.). Celte 
instruction a pour objet la recherche des monu- 
ments de l'histoire de la musique, particuiière- 
mentdes manuscrits et des fragments de notations 
anciennes : elle fourmille d'erreurs et de non- 
sens. — 7° Observations sur Ici moyens de res- 
taurer la musique religieuse dans les églises 
de Paris; Paris, Paul Dupont, 1841 , in-8°, — 
8" Notice des manuscrits autographes de la 
musique composée par feu M. L-C.-Z.-S. 
Cherubini, ex-surintendant de la musique du 
roi, directeur du Conservatoire de musi- 
que, eic. Paris, 1843, in-S» de 30 pages. Bottée 
(le Toulmon a donné aussi dans l'Encyclopédie 
catholique l'article Adam de la Halle; ceUs 
notice a été réimprimée dans le Théâtre-fran- 
çais du moyen âge, publié par MM. Monmerqué 
et Francisque Michel; Paris, 1839, gr. in-S" 
(pages 49-54). Bottée de Toulmon a laissé enma- 
nuscrit une traduction française de l'hjntoire de 
la musique moderne en Europe, de Kiesewetter 
(voy. cenom). Comme bibliothécaire du Conser- 
vatoire, il a fait une chose très-utile, en faisant 
copier 95 manuscrits précieux de la bibliothèque 
royale de Munich, lesquels contiennent les com- 
positions d'Isaak , de Senfel , de Brumel et de 
beaucoup d'autres musiciens célèbres des quin- 
zième et seizième siècles. Ces ouvrages sont, à la 
vérité, en parties séparées; mais ils offrent aux 
musiciens instruits les moyens de les mettre en 
partition et de faire connaître des monuments 
intéressants de l'histoire de l'art. Lui-même 
avait conçu le projet de la publication d'un 
Recueil de documents inédits de l'art musi- 
cal, depuis le treizième jusqu'au dix-septième 
siècle, lequel aurait renfermé toutes les messes in- 

3, 



36 



BOTTÉE DE TOULMON — BOTTESINI 



litulécs de l' Homme armé eiAe Beata Yirgine; 
mais il n'a ym réaliser cette entreprise trop gi- 
gantesque pour ses connaissances. M. Vincent, 
de l'Institut de France, a publié une Notice sur 
la vie ei les travaux de M. Bottée de Toul- 
inon, membre résident de la Société des Anti- 
quaires de France; Paris, 1851, in-S». 

BOTTEGAllI (CosiMo), musicien italien, 
(nt attaché au service du duc de Bavière, dans 
la seconde moitié du seizième siècle. 11 a publié 
un recueil, en deux livres, de madrigaux composés 
par les plus célèbres artistes de cette chapelle et 
par lui-même, sous ce litre : Il primo ed il sccondo 
libro de' madrigali a cinque voci con uno a 
dieci de' floridi virtuosi del serenissimo ducca 
di Bavicra, cioè : Orlando di Lasso, Giuseppe 
Guami, Ivo de Venta, Francesco da Lucca, 
Antonio Morari , Giovanni ed Andréa Ga- 
brielli, Antonio Gosvino, Francesco Lacidis, 
Fileno Cornazzani , Francesco Mosto, Jos- 
quino Sale, Cosimo Bottegari. Venezia, op- 
pressa iherede di Girolamo Scotto, lâVâ, 
in-4°. 

BOTTEONI (Jean -Baptiste), chanoine 
de Segna, petite ville de la Croatie, lit ses études 
à Venise. 11 est connu comme compositeur 
par la musique de l'opéra intitulé : L'Odio pla- 
cato, exécuté par la noblesse de Gorice, en 
1G96. 

DOTTESINI (Giovanni), virtuose sur la 
contrebasse et compositeur , est né à Crema 
(Lombardie) , le 24 d^icombre 1823. 11 commença 
l'étude de la musique cl du violon dans sa ville 
natale; et, lorsqu'il eut atteint l'âge de treize ans, 
H entra au Conservatoire de Milan. 11 y devint 
élève de Rossi pour la contrebasse, et François 
Basilj lui enseigna l'harmonie et le contrepoint. 
Après le départ de ce maître pour Rome, son 
successeur, Vaccaj , termina l'éducation musicale 
de Bottesiui. Vers 184j0, ce jeune artiste, âgé 
seulement de dix-sept ans, sortit du Conserva- 
toire et parcourut toute l'Italie, en donnan-tdes 
concerts jusqu'en 1840. Parvenu alors à l'âge de 
vingt-trois ans , il reçut la proposition d'un enga- 
gement en qualité de chef d'orchestre au théâtre 
de la Havane, et l'accepta. Pendant son séjour 
dans cette colonie , il écrivit la musique d'un petit 
opéra espagnol, intitulé Cristophe Colomb, qui 
fut représenté avec succès. Depuis lors, et à di- 
verses époques , Botlesini a fait des voyages en 
Amérique, parcourant les Étals-Unis, le Mexique 
et les autres partios méridionales du n-ouveau 
monde. 11 était à Mexico au moment de la mort 
«le M""^ Sonlag, comtesse de Rossi (juin 1854). 
De retour en Europe, le virtuose tro-iiva en An- 
gleterre les succès d'élonnemcnt et d'cntliousiasmc 



que son prodigieux talent lui avait fait rencontrer 
partout. A diverses reprises, il en parcourut les 
provinces ainsi que l'Ecosse et l'Irlande. 

Engagé comme chef d'orchestre du théâtre ita- 
lien de Paris , il prit possession de celle place 
le 2 octobre 1855, et en continua le service pen- 
dant deux années. Il y fit preuve des qualités 
nécessaires dans un emploi de cette nature, et y 
montra autant d'intelligence que d'aplomb. Le 
23 février 185G,il fit représenter au même lliéàtre 
l'opéra de sa composition qui avait pour titre : 
VAssedio di Firenze. Ou y remarqua quelques 
bons morceaux, et les journaux de musique ren- 
dirent justice à la distinction et à la facture de 
l'ouvrage. Avant de quitter la direction de l'or- 
chestre du théâtre italien de Paris, Boltesini 
reçut un témoignage flatteur de l'estime des ar- 
tistes qui le composaient : Hs lui offrirent un 
bâton demesureornéd'une inscription honorable. 
Pendant les années 1857 et 1858, il parcourut 
l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, la France 
et l'Angleterre, donnant partout des concerts qui 
étaient autant de tri(tin|)lies pour son talent. En 
1859, il retourna en Italie, et fit représenter, au 
théâtre Santa-Radcgonda , le petit opéra bouffe 
intitulé II Diavolo délia notte , qui lut accueilli 
avec beaucoup de faveur. Peu de temps après il 
retourna en Angleterre, où il était engagé pour de 
nouvelles excursions de concerts. Au moment 
où cette notice est écrite ( 18G0), il est de retour 
à Paris. 

De tous les artistes qui se sont fait une ré- 
putation de virtuose suc la contrebasse, Botle- 
sini est celui dont le talent a pris l'essor le plus 
élevé. La beauté du son qu'il tire de l'instrument 
ingrat auquel il s'est adonné ; sa dextérité mer- 
veilleuse dans les traits les plus difficiles ; sa ma- 
nière de chauler, la délicatesse et la grâce de ses 
ornements , composent le talenl le plus complet 
qu'il soit possible d'imaginer. Par son adiesse à 
saisir les sons harmoniques dans toutes les posi- 
tions, Boltesini peut lutter sans désavantage avec 
les violonistes les plus habiles; c'est ainsi que, 
dans un duo de sa composition pour violon et 
contrebasse concertants, qu'il a souvent exécuté 
à Londres avec Sivori , et à Paris avec Sighicelli, 
il a toujours fait éprouver à l'auditoire autant 
d'admiration que de plaisir. Rien de plus éton- 
nant que cette lutte de deitx instruments si dif- 
férents de moyeU'S et de caractère ; il faut y avoir 
entendu Boltesini pour croire à la possibilité que 
le ^éant des instruments à cordes ne soit jamais 
vaincu sous le rapport de la sonorité comme sous 
ceux de la justesse et de la légèreté. Dragonetti , 
DairO|;',lio, Muller de DarmslatU , ont été des ar- 
tistes d'exception sur la contrebasse : ils ont ex- 



BOTTESIINI — BOTTIUGARI 



37 



.cité l'c'lonneinent de leurs contemporains par des 
<|ualités d'autant plus remarquables, qu'ils étaient 
,on n)(^nie temps excellents contrebassistes d'or- 
rhestre; mais aucun d'eux n'a possédé le bril- 
lant et la sûreté d'exécution qui brillent au plus 
baut de^ré dans le talent de Bottesini. A sa pre- 
mière ai)parilion dans Paris , il joua à une des 
séances de la société des concerts du Conserva- 
toire, et y (it naître un enthousiasme dilficile 
à décrire. Cette société lui décerna par acclama- 
lion une médaille d'honneur. 

ijoltesini a écrit un grand nombre de morceaux 
pour son instrument, tels quesolos, airs variés, 
fantaisies et concertos. On a surtout applaudi à 
Paris sa fantaisie sur la Sonnanbula, ses va- 
riations sur le Carnaval de Venise, et le duo 
dont il a été parlé précédemment. Tous ces mor- 
ceaux sont restés en manuscrit jusqu'à ce jour. 
Nonobstant l'admiration inspirée par le talent 
prodigieux de l'arliste qui est l'objet de cette no- 
tice , il n'est pas moins regrettable que de si 
grandes facultés soient employées en quelque 
sorte en pure perle à triompher de difficultés 
inséparables d'un instrument don! la destination 
n'e.st pas de charmer. Le résultat des merveiltes 
opérées par un talent tout exceptionnel n'est et 
ne peut être que de l'étonnûiiient, de la stupé- 
faction, mais non ce plaisir pur et suave que 
produit un instrument joué avec perfection dans 
sa destination naturelle. 

BOTTIGER ( Cuaiîles-Auguste). Voy. 

BOETTICER. 

liOTTOMBY ( Joseph ), né à Halifax, dans 
le duclié d'York , en 1780, manifesta de Iwnne 
heure du goiit pour la musicpie. A l'âge de huit 
ans, il jouait déjà des concertos de violon et tou- 
chait le piano. A douze, il fut placé sous la direc- 
tion de Grimshaw, organistede Saint-Jean à Man- 
chester, et de Watts, directeur des concerls. lia 
reçu, depuis lors, des leçons de violon de Yanewitz 
et Woefll fut son maître pour le piano. En 1807, 
il fut nommé organiste de l'église paroissiale de 
Bradford; il quitta ensuite cette place pour une 
semblable à Halifax. Depuis 1820, il est fixé à 
Shefficld, où il se livre à l'enseignement. H a pubhé 
les ouvrages suivants : — lo Six exercices pour 
piano. — 2° Douze sonatines. — 3° Deux diver- 
tissements avec accompagnement de flîite. — 
4° Douze valses. — 5° Huit rondos. — go Dix airs 
variés.— 'o Duo pour deux pianos. — 8° Un petit 
dictionnaire de musique qui u paru à Londres, 
en 1816, sous ce titre : A Dicdonurtj of Music, 
in-S". (Voy. Biblioth. Britann. de M. Koberl 
Walt, Part. I, 138 a.) 

liOTTIlIGAIll (Hercule), chevalier de la 
milice dorée du pape, naquit à Bologne, au mois 



d'aoïlt 1531 , d'une famille noble et ancienne de 
cette ville. Il reçut une tirillanlc éducation , 
et cultiva les lettres et les sciences avec succès. 
Il était surtout bon musicien, et avait fait une 
élude sérieuse de la musiciuedes anciens. Partisan 
déclaré de la doctrine d'Aristoxène, et adver- 
saire des proportions mathémati(pies des inter- 
valles des sons enseignées par les pythagoriciens , 
il fit de ses idées à ce sujet l'objet d'une partie 
de ses travaux. Il mourut dans son palais de 
Saint-Albert, à Bologne, le 30 septembre 1012. 
Une médaille a été frappée en son honneur -. 
elle représente d'un côté son buste orné du collier 
de Saint- Jean-de-Latran , avec ces mots : Her- 
cules ButMgarius sacr. Later. Au. Mit. Aur. 
Au revers, on voit sur cette médaille un luth, une 
équerre, un compas, une palette et cet exergue •• 
Nec has quxsivisse salis. On n'a point à s'oc- 
cuper ici de quelques livres de Bottrigari qui con- 
cernent les sciences. Ses ouvrages imprimés sur 
la musique sont : — 1" // Palrizio, ovvero de' 
tetracordi urmunici di Aristosscno , parère c 
vera dimustrazione; Bologne, IM3, in-4''. Pa- 
trizzi, dont la haine ardente contre la philosophie 
d'Aristote et de ses sectateurs saisissait toutes les 
occasions de l'attaquer, avait fait, avec raison, 
une critique amère de la fausse théorie d'Aris- 
toxènc concernant la division du ton en deux 
parties parfaitcnietitégales,et de la formation des 
télracordes, conformément à cette théorie. Cette 
critique avait paru dans la seconde partie ( Deçà 
dispulata ) du livre du philosophe platonicien 
\ai\[u\ù Délia poctica ; i'errare, 1586, 2 vol. in-4". 
C'est [lour la combattre que Bottrigari écrivit son 
ouvrage, dans lequel il se montre aristoxénien 
convaincu et passionné; mais la vérité était ici 
du côté de Patrizzi. — 2° H Desiderio ovvero 
de' concerli di varii stromcnti musicali, Dia- 
logo nel quale anco si ragiona délia parlici- 
puzione di cssi slromenti , e di molle altre 
cose pertinenti alla musica, du Alemanno 
Benelli; ùi Venezia, Kicciardo Amadino, 159i, 
in-4'^' (1). Ce nom d' Alemanno Benelli est l'ana- 
gramme d'^n«ïteteA/eZone (voy. Melone), élève 
et ami de Bottrigari, parce que celui-ci avait désir<' 
rester inconnu ; mais, blessé de ce que Melone se 
donnait pour l'auteur du livre, il le fit réimprimer 
sous son nom, eu 1599, à Bologne, un vol. in-4°. 

(I) J'ai dit, dans la première édition de celte Biographie, 
que la première édition de ce livre a été publiée à Bo- 
logne, en 1590, per il Bellagambd, et qu'il en existait 
un exemplaire diargé de» notes de Bottrigari dans la Pi- 
bliothèque du P. Martini, Â Bologne, J'étais mal renseigne 
à cet égard, car j'ai vu en 58U les exemplaires qui ont 
appartenu au P. Martini dans la blbliolhèque du Lycée mu- 
sical de Bologne, et ce sont ceux des éditions de Venise, 
139V, et B&lognc 1399. L'édition supposée de 1590 nVxlsto 
pas. 



38 



BOTTRIGARI — BOUCHER 



De son coté Melone soutint sa prétention en fai- 
sant reparaître le livre sous son propre nom, 
à Milan, en IGOl. Cette édition de Milan n'est 
autre que le reste des exemplaires de celle qui 
avait été pul)liée à Venise, en 1594, avec un 
nouveau frontispice. Néanmoins les deux ann's 
se réconcilièrent par la suite, ainsi qu'on le voit 
par l'article suivant : — 3" // Melone, discorso 
annonico, ed il Melone seconda, considerazloni 
musicali del medesimo sopra un discorso di 
M. Gandolfo Sigonio intorno o' mudrïgali 
ed a' lïbrï deW Anlica musica rïdotta alla mo- 
derna prattica, di D. ISicola Vincent ino , e 
nelfineesso discorso del Sigonio; Ferrare, IG02, 
in-4". Annibal Melone avait écrit une lettre à Bot- 
trigari sur ce sujet -. Se le canzoni musicali mo- 
derne comimineiuente dette madrigali, o mo- 
tetli, sipossono ragionevolmente nominare di 
uno de' trepuri e semplici generi armonici, e 
quali debbono esserlè veramcnte tali. C'est 
pour répondre à celte lettre que Bottrigari a com- 
posé la première partie du Melone. Il partage 
les idées émises longtemps auparavant sur ce sujet 
parNicolasVicentino {voij. ce nom), et croit à la 
|)0ssibiiité des genres cliromatique et enharmo- 
nique des Grecs, appliqués à l'ancienne tonalité 
et à l'harmonie consonnante; mais il croit que 
cette application ne peut se faire que dans le sys- 
tème mixte et tempéré appelé par les Italiens du 
seizième siècle p«r/*dpa?o (voyez H Melone , 
p. IG et suiv, ). Jean-Baiitiste Doni est tomhé dans 
les mêmes erreurs {Aggiunta al compendio del 
Trattato de' generi e de'' modi délia musica, 
p. 120etsuiv.); mais toutes ces opinions sont des 
non-sens dont Artusi a lait justice dans son livre 
Belle imper fettioni délia moderna musica (p. 28 
et suiv. ). Indépendamment de ces ouvrages impri- 
més, Bottrigari a laissé les suivants en manuscrit : 
1* / cinque libri di musica di Anit. Manl. 
Sever. Boethio, tradolti in parlare itaiiano, 
1579. ( Vo!j. Martini, Stor. délia mus., t. I, 
p. 451.) — 20 11 trimerone de' fondamenti ar- 
monici, dans lequel il est traité des tons , des 
tropes, ou moiks anciens et modernes, ainsi 
que de la notation à diverses époques. (Voy. 
Martini, Ibid., t. I, p. 451.) —3" Une tra- 
duction duCommentaire de Macrohesurla partie 
du Songe de Scipion {V. CicÉnoN et Macroee) 
qui concerne l'harmonie des sphères célestes ; 
— 4° Une traduction du traité de musique de 
Cassiodore. Bottrigari a aussi traduit en italien 
les traités d'Euclide, l'abrégé dePseilus, le dia- 
logue sur la mus.ique de Plutarquc, les ouvrages 
d'Alypius, de Censorin, de Bcde et de Fogliani 
( Voy. ces noms ). Tous ses ouvrages existent 
dans la Bibliothèque du Lycée musical de Bo- 



logne. — .'>° Enfin, le père Martini possédait un 
exemplaire de la traduction d'Aristoxène et de 
Ptolémée par Gogavin, chargé de corrections de 
la main de Bottrigari, et accompagné d'une tra- 
duction italienne, dont il était l'auteur. 

Gerber, dans l'article Mfl?'<ùii (Jean-Baptiste) de 
son ancien lexique desmusiciens, est tombé dans 
une singulière méprise : il dit, en parlant de ce sa- 
vant musicien, q(je son ami Bottrigari lui avait 
laissé sa riche bibliothèquemusicale. Or Bottrigari 
était mort quatre- vingt-q uatorze ans avant la nais- 
sance du P. Martini ; ce qui n'a pas empêché Cho- 
ron et FayoUe de copier cette bizarre erreur, dans 
leur Dictionnaire des nuisiciens. L'abbé Bertini n'a 
pas fait cette faute dans le Dizionario storico-cri- 
ticodegliscrit(oridi7nusica.G'e&tun descendant 
de Bottrigari, lequel était abbé, qui a laissé par 
testament au P. Martini les livres de musique 
provenant de l'ancienne bibliothèque de cet écri- 
vain. 

BOUCHER (Hector), dit VEnfant, eut 
de la réputation comme compositeur au seizième 
siècle. Suivant un compte de dépense de la cour 
de François l", dressé en 1532 (Mss. de la Bi- 
bliothèque du Roi, F. 1500 du supplément), on 
voit qu'il était haute-contre de la chapelle de ce 
prince et qu'il avait trois cent soixante livres de 
gages. Il fut aussi chanoine de la Sainte-Chapelle 
du palais. Un nombre assez considérable de mo- 
tets et de chansons à quatre, cinq et six parties, 
composés par l'Enfant, se trouve dans les recueils 
publiés par Nicolas Du Chemin et Adrian Le Roy. 
La plus ancienne publication de ce genre est un 
motet du môme musicien, inséré par Pierre At- 
taignant dans le deuxième livre de ses motets 
de divers auteurs qui a paru sous ce titre : Pas- 
siones Dominiez in ramis palmarum, Veneris 
sancte, nec non lectioncs feviarum quinte, 
sexte, ac sabbati hebdomudx sanctœ. Ce motet 
est un in-pace. (Voyez Inf'.ntis). 

BOUCHER (Alexani>re-Jean), né à Paris 
le 11 avril 1770, s'adonna de bonne heure à l'é- 
tude de la musi(pie et du violon sous la direc- 
tion de Navoigillo aîné. Il avait à peine atteint 
sa sixième année lorsqu'il joua à la cour, et dans 
sa huitième, il se fit entendre au concert spirituel. 
A l'ùge de quatorze ans, lîouclier fut le soutien 
de sa famille; à dix-sept, il partit pour l'Espagne, 
où il entra au .service de Cliarics JV, en qualité 
de violon solo. Après un long séjour dans ce pays, 
sa saute s'altéra, et il obtint un congé, dont il 
profita pour revenir en France. De retour à Pa- 
ris, il .se fit entendre aux concerts de M'"" Cata- 
lani donnés à l'Opéra, en 180G, et à ceux de Mm'"' 
Grassini et Giacomelli, au mois de mai 1808. On 
trouva sa manière extraordinaire : les uns l'ac- 



BOUCHER 



BOUELLES 



30 



cusaient de manquer de savoir dans le int^ca- 
iiistue de larclict; les aulrcs, de s'abandonner 
trop à de certaines saillies qui ressemblaient à du 
cliarlatanisme ; mais tous étaient obligés d'avouer 
quil ne copiait personne, et qu'il n'avait de mo- 
dèle que lui-môme. Lorsque Napoléon retint 
Charles IV prisonnier à Fontainebleau, Rouclier 
donna à ce prince infortuné une preuve d'attacbe- 
nient en se rendant auprès de lui; dévouement 
auquel le monarque fut sensible. Après la res- 
tauration. Doucher a passé plusieurs années à 
l'aris; vers 1820, il s'est mis à voyager en Alle- 
magne et dans les Pays-Bas, et partout il a ex- 
cité l'étonnement. Il a souvent conté celle anec- 
dote de son voyage : en 1814 il arriva en Angle- 
terre, et son violon n'ayant pas été déclaré à la 
douane.de Douvres, fut saisi. Il s'en empara aus- 
sitôt, joua des variations improvisées sur l'air 
God save the King, et séduisit par son jeu les 
douaniers, qui lui rendirent son instrument. De 
retour à Paris, Boucher s'est livré à l'enseigne- 
ment et a joué dans quelques concerts; mais, mé- 
content de sa position, il s'est éloigné de nou- 
veau de la capitale de la I^rance, a traversé l'Al- 
lemagne, la Pologne, et s'est rendu en Russie. 
En 1844, il était à Francfort, oii il se fit entendre; 
puis il retourna à Paris. Depuis lors il s'est fixe 
près d'Orléans. Au moment où cette notice est 
revue, Boucher vient d'arriver à Paris : il est âgé 
de quatre-ving-dix-ans; néanmoins il s'e.^t fait 
encore entendre en présence de quelques artistes 
(18G0). On remarque dans les traits de ce Nestor 
des violonistes une ressemblance sensible avec 
ceux de Napoléon Bonaparte. Il s'est souvent 
amusé lui-même de cette similitude, et s'est coiffé 
de la même manière que le conquérant. On 
connaît de cet artiste : 1° Premier concerto pour 
violon et orchestre; Paris, Pleyel. —2" Mon 
caprice, deuxième concerto idem; Bruxelles, 
WeissenbrucU. La femme de Boucher (M™*^ Cé- 
leste Gallyot) s'est fait entendre avec succès, 
comme harpiste, dans les concerts de Feydeaii 
en 179i. Elle est morte à Paris dans le mois de 
février 1841. 

BOUCHERON (Raimond), maître do cha- 
pelle à Vigevano, dans la province de Novare, en 
Piémont, est né dans le royaume de Sardaigne, 
au commencement du dix-neuvième siècle. Cet 
artiste a beaucoup écrit pour l'Église et a fait 
exécuter à Vigevano, les 5, 6 et 7 octobre 1840, 
deux messes et un Requiem de sa composition. 
Il a publié un Pater noster ( Orazione domini- 
cale) pour un chttîur à quatre voix, à Milan, 
chez Ricordi , et quelques chants à voix seule, 
chez le môme. L'ouvrage le plus important de 
M. Boucheron est un livre qui a pour titre Filosofia 



délia musica, o Estetica appticala a quest' 
arte; Milan, Ricordi, 1842, un vol. gr. in-S" 
de IGO pages. Bien que l'auteur de ce livre n'ait 
ni la profondeur de vues, ni l'étendue de connais- 
sances nécessaires pour un tel ouvrage, on y 
trouve néanmoin>i des a[ierçus qui ne manquent pas 
de ju<tes.se. Après avoir traité du beau en général 
dans l'introduction, M. Boucheron développe, en 
douze chapitres, la théorie du beau en particulier 
dans la musique, et traite du caractère des instru- 
ments, des voix, de la tonalité, de quelques 
ressources du contrepoint, de la peinture musicale, 
de la variété des caractères, de la musique à l'é- 
glise, au théâtre et dans le style instrumental, etc. 
M. Boucheron a participé à la rédaction delà 
Gazzeda musicale dl Milano pendant plusieurs 
années. Le 8 se|)tembre 1851, il a fait exécuter 
à la cathédrale de Milan une me.sse solennelle de 
sa composition. Le style en était un peu sec ; mais 
on y remarquait du savoir. 

BOUCIIET (CuAKLF.s), professeur de piano 
et compositeur (!), né à Marseille, s'est fixé dans 
sa ville natale. Il a publié de sa composition la 
cantate de Circé (de J.-B. Rous.seau), avec ac- 
compagnement de piano, une nouvelle invitation 
à la valse, dédiée à la mémoire de Weber, un 
rondeau brillant pour le piano et un grand final 
brillant pour le même instrument, à Marseille, 
chez Boisselol. Blanchard a fait une analyse plai- 
sante de toute celte musique pire que médiocre, 
dans la Gazelle musicale de Paris (1837, 
p. 471 et suiv). 

BOUDIER (Gebmain LE), maître des enfants 
de chœur de Notre-Dame de Nantes, né vers le 
milieu du seizième siècle , obtint au concours du 
Pwj de musique d'Évreux, en 1581, le prix du 
luth d'argent, pour la composition de la chanson 
française à plusieurs voix : Et la fleur vole. 

BOUDÏIX (Jean), en latin Boudinius, né à 
Furnes , petite ville de la Flandre, fut président 
du conseil de cette ville. Le catalogue des livres 
de M. de Peralta indique sous ce nom un ouvrage 
intitulé : De Prxslanlia musicœ velcris; Flo- 
rentiae, 1647, in-4o. Il n'est pas douteux que cette 
indication est une erreur, et que ce traité n'est 
autre que celui que Doni a publié la môme année, 
dans la même ville et sous le môme titre. 

BOUELLES, BOUILLES, ou BOU- 
VELLES (Charles), en latin Bovillus, né 
à Sancourt, village de Picardie, vers 1470, 
étudia les mathématiques, et particulièrement 
la géométrie sous Lefèvre d'Eta|)les. Après avoir 
voyagé en Espagne et en Italie, il obtint 
un canonicat àNoyon, où il enseigna la théo- 
logie. 11 est mort vers 1553. Parmi ses ou- 
vrages, on lui attribue ceux-ci : L De com- 



40 



BOUELLES — BOUGEANT 



titutione et uliUtate arlium humananim; 
Paris, Jehan Petit, sans date, in-4o. — II. Rttdi- 
menta miisicee figuratx, 1512, in-8o. Ce dernier 
livre a été cité par Gesner, dans sa Bibliothèque 
universelle ( lib. 7, tit. 3 ), et c'est d'après lui que 
Forkel et Lichtenthal en ont parlé; mais je suis 
bien tenté de croire qu'il y a dans cette citation 
une de ces nombreuses méprises où Gesner s'est 
laissé entraîner, et que l'ouvrage dont il s'agit n'est 
autre que celui de Wollick ( voij. ce nom), dont 
la seconde partie, contenant le livre cinquième, 
qui traite de la musique mesurée, et le sixième, 
relatif au contrepoint, a été séparée des quatre li- 
vres de la première (qui ne traitent que du chant 
ecclésiastique), et a été publiée en 1512, in-4° 
par François Regnault, sous le titre de Enchiri- 
dion musicx fiyiiratx. Le môme imprimeur a 
donné, en 152i, ia cinquième édition du livre 
complet de Wollick. Lipenius a cité l'édition de 
1512 {in Dibliolh., p. 977, c. 2), sous le titre de : 
IS'icolai Wollici Enchiridion musices. Or, re- 
marquez que le nom de Wollick a été souvent 
cité sous la forme latine de Bolicius. Il est 
vraisemblable que ce nom aura été mal écrit 
par quelque copiste, ou mal lu par Gesner, et 
qu'on en aura fait Bovillits, car je n'ai vu citer 
par aucun auteur de livre sur la musique sous 
ce dernier nom. Au reste il n'est pas inutile de 
retnarquer que Gesner semble s'être corrigé lui- 
même dans l'abrégé de sa bibliothèque {liiblïot. 
in epUom. red., \>. G35) ; car il y indique, sous 
la date de 1512, V Enchiridion musices de Wol- 
lick. 

BOUFFET (Jean-Baptiste), compositeur et 
professeur de chant, naquit à Amiens, le 3 oc- 
tobre 1770, et fit ses études musicales comme en- 
fant de chœur à l'église cathédrale de cette ville. 
Arrivé à Paris en 1791, il devint élève de To- 
meoni pour le chant. Il était doué d'une belle 
voix de ténor élevé, appelée en France haule- 
contre : cet avantage le fit rechercher dans le 
monde, et bientôt il devint un des professeurs de 
chanta la mode. En 1806 Lesueur le (it admettre 
comme ténor dans la chapelle de l'empereur Na- 
poléon : il conserva la même position dans la 
chapelle du roi, après la restauration. Ses ro- 
mances, chansons, rondeaux et nocturnes eurent 
un succès de vogue au commencement de ce 
siècle : il en publia environ quatre-vingts à Paris, 
chez Naderman. En 1794, il (it jouer au théâtre 
Montansier un opéra en un acte de sa comj)o- 
siiion intitulé L'Heureux Prétexte: cet ouvrage 
fut bien accueilli par le public. Il a laissé en ma- 
nuscrit deux messes à quatre voix, dont une avec 
orchestre ; trois psaumes ; trois Magnificat ; deux 
Salve Regina,et un Stabat à 4 voix, chaur et 



orchestre. Frappé d'une paralysie du cerveau, qui 
le |iriva de la mémoire et de la parole, en 1830, 
Bouffet eut pendant quelques années une exis- 
tence végétative : il mourut à Paris le 19 janvier 
183â. Un de ses amis, M. Jules Lardin, a publié 
■une Notice sur J.' II. Bouffet y compositeur et 
professeur dédiant; Paris, 1835, imprimerie do 
Cosson , in-8" de IG pages. 

BOUFIL (Jacques-Jui.es), né le 14 mai 
1783, entra le 6 prairial an XI au Conservatoire 
de musique, où il prit des leçons de Xavier Le- 
febre pour la clarinetle. Ses progrès furent ra- 
pides, et aux concours de celte école, il obtint 
d'une manière brillante le premier jirix de sou 
instrument. En 180711 entra connue seconde cla- 
rinette au théâtre de l'Opcra-Comique : dans la 
suite il partagea l'emploi de piemière avec Du- 
vernoy ; et enfin il resta chef de cet em[)loi en 
1821. M. Bouftl s'est fait entendre avec succès 
dans plusieurs concerts. Parmi ses compositions 
on remarque: 1° Ouverture; six airs variés, et |)ot- 
pourri d'airs nationaux pour flùle, deux clari- 
nettes, deux cors et deux bassons, liv. 1 et 2; 
Paris, Gambaro. — 2° Duos pour deux clarinet- 
tes, œuvres 2, 3 et 5, Paris, Jouve et Gaveaux. 

— 3" Duo pour piano et clariuelte, Paris, Ga- 
raudé. — 4° Trois trios pour trois clarinettes, 
op. 7; Paris, A. Petit. — 5° Idem, op. 8; ibid. ; 

— 6» Trios pour deux clarinettes et basson ; 
ibid. 

BOUGEAIT (GuILIA^JME-HvACl^THE), jé- 
suite, né à Quimper, le 4 novembre 1690, professa 
successivement les humanités et l'éloquence dans 
plusieurs collèges de sa société. Son ingénieux 
ouvrage intitulé : Amusements philosopitiques 
sur le langage des bêtes lui causa des persécu- 
tions et des chagrins; il fut exilé à la Flèche. 
Après sa rétractation, il lui fut permis de revenir 
à Paris, où il est mort, le 7 janvier 1743, âgé de 
cinquante-trois ans. Le P. Bougeant a publié : 

I. Une dissertation intitulée : Nouvelles conjec- 
tures sur la musique des Grecs et des Latins, 
dans les mémoires de Trévoux, juillet 1725, 
tom. XLIX. Il entreprend d'y réfuter la disser- 
tation de Burette sur la symphonie des anciens, 
en ce qui concerne l'usage que les Grecs et les 
Piomains auraient fait de l'harmonie simultanée 
des sons. 11 ne pense pas qu'ils y aient admis 
des suites de tierces, |iar la raison que cet inter- 
valle était considéré par eux comme une disson- 
nance, au même degré que la seconde. Cette 
dissertation a été insérée dans la Bibliothèque 
française de Camusat, tome 7, p. 1 1 1 à 139. — 

II. Dissertation sur la récitation ou le chant 
des anciennes tragédies des Grecs et des Ho- 

i mains , dans les mémoires de Trévoux , lévrier 



BOUGEAINT — BOULE^GF,R 



41 



1735, tom. LXVllI, p. 248-279 ; travail beaucoup 
trop concis pour la nature du sujet. 

BOUILLAULD (Ismael), en latin Btd- 
lialdtis, naqiiitàLoudunJe 28 septembre 1G05. 
Après avoir étudié la tliéologie, l'histoire sacrée 
el profane, les niatbéniatiques et particulièrement 
l'astronomie, il voyagea en Italie, en Allemagne, 
en Pologne et au Levant. 11 abjura la religion 
protestante, dans laquelle il était né, pour se faire 
callioliqiie romain, et se retira à l'abbaye de 
Saint-Virtor, oii il mourut le 25 novembre 1694. 
Bouillaud a donné la première édilion de ce qui 
reste de Théon de Smyrne, avec une traduction 
latine el des notes, sons ce titre : Thconis Smyr- 
nsci Platonici earum qitoe in Ma/hcmadcis od 
Platonis lectionem utiliasunt, cxpositio. Ebi- 
MiothecaThuana. Optts mine primumeditum, 
latina vcrsione, ac noiis illustrai am; Paris, 
1044, in-4o ( voy. Tuéon de Smyknk). Cette édi- 
tion est fort bonne. Les notes de Boiiillaud éclair- 
assent la partie spéculative de la musique con- 
tenue dans 61 cliapitres de l'ouvrage de l'auteur 
ancien. 

BOUIIV (François), professeur de vielle, au 
commencement du dix-huitième siècle, a publié 
à Paris, 1° La vielleuse habile, méthode pour 
apprendre à jouer de la vielle, in- fol. — 2" So- 
nates pour la vielle, op. 2. — 3° Les avmse- 
ments d'une heure et demie, airs variés pour 
la vielle. 

BOULANGER (Marie-Julie HALLIGNKR, 
connue sous le nom de M™*), est née à Paris, le 
29 janvier 178fi. Admise comme élève pour le 
solfège au Conservatoire de musique, le 20 mars 
1806, elle eut ensuite Plantade pour maître de 
cliant, et devint élève de Garât au mois de jan- 
vier 1807. Douéed'uiiefortbellevoi\,et possédant 
iinee\(''Cution vocale brillante et facile, elle obtint 
de beaux succès dans les concerts où elle se fit 
entendre. Le 16 mars ISII elle débuta à l'Opéra- 
Comique dans L'Ami de maison et le Concert 
inîcrrompu. Rappelée à grands cris après la re- 
présentation, elle lut ramenée sur la scène par 
EUeviou pour recevoir les bruyants témoignages 
de la satisfaction du public. Tel fut l'empresse- 
ment des habitants de Paris à l'entendre, que 
Vadministration du théâtre prolongea fcs débuts 
pendant une année entière. Au charme de son 
chant se joignait un jeu naturel et plein de verve 
comique. Un heureux méUtîige de gaîté, de sen- 
sibilité et de finesse, donnait à son talent drama- 
tique un caractère particulier. Elle jouait surtout 
fort bien les rôles de soubrette et de servante, et 
les habitués du théâtre Feydeau ont gardé long- 
temps le souvenir de son talent dans les person- 
nages si différents de la soubrette des Événe- 



ments imprévus, et de la servante des Rendez' 
vous bourgeois. Aprèsavoir conservé la faveur du 
public pendant plus de dix-huit ans. M™* Bou- 
langer a éprouvé tout à coup une altération sen- 
sible dans l'organe vocal, et les dernières années 
qu'elle a passées au théâtre n'ont pli;s été pour 
elle qu'un temps de regret. Elle s'est retirée an 
mois d'avril 1845, avec la pension acquise pen- 
dant que l'Opéra-Comiqne était administré par 
la société des acteurs. La rupture d'un ané- 
viismela (it mourir subitement, le23jiiillet 18.)0, 
à l'âge de soixante-quatre ans. 

BOlILAA'GKll(ERNEST-HElNIU-ALEXANDliE), 

fils delà précédente et d'un professeur île violon- 
celle attaché à la chapelle du roi, est né à Paris, 
le IG septembre 1S15. Admis comme élève an 
Conservatoire, le 18 janvier 1830, il y reçut des 
leçons de Valentin Alkan pour le solfège, puis de 
Halévy pour le contrepoint, et enfin de Lesueur 
pour le style dramatique. En 1835, le premier 
grand prix de composition lui fut décerné au 
concours de l'Institut de France, pour une can- 
tate intitulée Achille. Au mois de décembre de la 
même année, il jiartit pour l'Italie avec le titre 
de pensionnaire du gouvernement. De retour à 
Paris vers la fin de 1839, il se mit, comme tant 
d'autres lauréats des grands concours, à la re- 
cherche d'un poème d'opéra : il l'obtint de Scribe, 
qui lui donna les rognures de Robert le diable, 
dans un acte intitulé Le Diable à Vécole. Cet ou- 
vrage leprésenlé au mois de janvier 1842, fut un 
début heureux , car on y remarqua plusieurs 
jolis morceaux de bonne lacture oii le jeune mu- 
sicien avait fait preuve de sentiment drama- 
tique. Les Deux Bergères , autre opéra-comique 
représenté en janvier 1843, confirma les es()é- 
rances données par le premier ouvrage. Une 
Voix , opéra-comique en un acte, joué au mois 
de mai 1845, et La Cachette, en trois actes 
(aoilt 1847), sont les derniers ouvrages écrits 
par Ernest Boulanger, qui semble avoir déses- 
péré de lui- môme. 

BOULEXGÉR (Jules-César), né à Lon- 
dun en 1558, entra chez les jésuites en 1582. 
Après douze ans de séjour dans leur société, il 
obtint de ses supérieurs la permission d'en 
sortir pour soigner l'éducation desesneveu\. Il 
professa les belles-lettres à Paris, à Toulouse 
et à Pise, puis rentra chez les jésuites, après vingt 
ans d'absence, et mourutàCaliors,au mois d'août 
1628. H a publié un traité de Théâtre, divisé 
en deux livres (Troyes, 1603, in-8''). Au second, 
il traite de Ludis musicis et scenicis, ubi 
multa de musica antiquorum, rorumdem ti- 
biis amplîssimi, organis, citharis, aliis instru- 
mentis musicis, etc. C'est un fort bon ouvrage. 



42 



BOULENGER — BOURGEOIS 



on le trouve pai mi les œuvres imprimées de Bou- 
Icn^cr à Lyon, en 1621, 2 loin, in-fol. Grœvius l'a 
Inséré dan-^ son T/iesnurus An t. Roman. ^ tom. 9. 

lîOURDELOT (Pierre), médecin, naquit 
à Sens, en lOIO. Son nom véritable élait Mlchon ; 
celui de Boiirdelot lui fut donné par un de ses 
oncles maternels qui avait dirigé ses études. Il 
fut reçu docteur en médecine et médecin du roi 
en 1 042. Appelé à Sfockliolm, en 1C5I, près de la 
reine Christine, qui était dangereusement malade, 
il la guérit, et mérita la bienveillance de cette 
princesse par sa conversation instructive et amu- 
sante. Revenu en France, il obtint l'abbaye de 
Macé, quoiqu'il ne Ci'it pas dans les ordres : delà 
lui est venu le nom d'abbé Doiirdelot. Il mourut 
Ie9 février 1G83, dans sa soixante-seizième année. 
Ce fut surses manuscrits (jne Honnet, son neveu, 
écrivit L'histoire de la mttsiqîie et de ses ejjets 
(voy. Bonnet). Bourdelot avait dès longtemi)s 
pré[)aré les matériaux de ce faible ouvrage. 

BOURET (...), lieutenant général du bail- 
liage deGisors, vers le miliea du dix-liuitième 
siècle, est auteur d'un petit pocme intitulé: 
Les progrès de la musique sous le règne de 
Louis-le- Grand ; Manlus, 1735, in-4". 

BOURGEOIS (Louis), né à Paris, au com- 
mencement du seizième iiiècle, s'allacha à Calvin, 
et le suivit à Genève lorsque le réfoimateur rentra 
dans cette ville, en 1541. Le consistoire le choisit 
pour rem[)lir les fonctions de chantre à l'église 
de Genève; mais n'ayant pu s'entendre dans la 
suite avec les chefs de cette église, sur l'usage 
qu'il voulait y introduire des psaimies barmo- 
Jiisés à plusieurs parties, il retourna à Paris en 
1557. H s'y trouvait encore en làfil; mais on 
ne sait ce qu'il e^t devenu depuis lors. Bourgeois 
est auteur d'un livre qui a paru sous ce titre : 
Le droict chemin de musique , composé par 
Loijs Bourgeois avec la manière de chanter 
les psaumes par usage ou ruse, comme on 
cognoistra au 34, de nouveau mis en citant, et 
aussi le cantique de Siméon; Genève, 1550, 
in-8". Il y a dos exemplaires de ce livre qui 
portent la date de Lyon, 1 550 : ils sont de la même 
édition que ceux de Genève; le frontispice seul 
a été changé. C'est donc à tort que Forkel, 
Lichtentbal, Clioron et Fayolleont indiqué'celte 
édition sous le format in-4°. Ils n'ont point parlé 
de l'édition de Genève, qui a pourtant été citée 
par Wallher dans son Lexique de musique. Au 
reste, aucun de ces écrivains n'a lu le livre de 
Bourgeois. Cet ouvrage est le premier où l'on a 
proposé d'abandonner la méthode de la main mu- 
sicale attribuée à Gui d'Arezzo , et d'apprendre 
la musique par l'usage du solfège. Bourgeois avait 
lemarqué que la désignation des notes de l'échelle 



générale, telle qu'on l'avait faite dans les siècles 
précédents, et telle qu'elle existait encore de son 
temps, avait l'inconvénient grave de mêler les 
trois genres par bémol, par bécarre et par nature. 
Il proposa de faire cette di'signation de manicie 
qiie l'arrangement des syllabes indiquât le nom 
de chaque note dans chaque gamme par bénu)l, 
par nature et par bécarre, et selon un ordre 
uniforme et régulier. Ainsi , on dksait autrefois 
F fa ut, G sol ré ut, A la mi ré, B Ja mi, C sol 
fa ut, D la sol ré, et E la mi, en sorte que les 
trois premières syllabes des trois premières dfisi- 
gnntions étaient les noms des trois premières 
notes de la gamme par nature, les trois suivantes 
a[tpartenaient à la ganune par bémol, et la der- 
nière à laganmie par bécarre. De là résultait une 
grande confusion dans le nom réel des notes de 
chaque gamme. A ces appellations irrationnelles. 
Bourgeois substitua les suivantes, où la première 
syllaliecst toujoiMS lenomde la note de la gamme 
par bémol , la seconde appartient à la gamine 
par nature, et la troisième à la gamme par bé- 
carre : F ut fa, G ré-sol ut, A mi la ré, H fa 
U mi, C sol ut fa , I) la ré sol, et A mi la. Les 
écoles de musi(p!e d'Italie continuèrent de faire 
usage des anciennes désignations ; mais les |)ro- 
testants de France adoptèrent celles de Bourgeois, 
et l'us.'iges'cn répandit insensiblementdans toutes 
les écoles (rançaises de musique. Ce qu'il y eut 
de singulier, c'est qu'après l'introduction de la 
septième syllabe (s/) dans la gamme, on continua 
à se servir de ces désignations F ut fa, G ré sol, 
A mi la, etc., qui ne signifiaient plus rien, puis- 
qu'il n'y avait plus qu'une gamme ; on disait seu- 
leuKuit b fa si au lieu de/({ mi ; l'usage de ces 
appellations n'a cessé en France que vers 1800. 

Bourgeois a fort bien démontré l'inconvénient 
des muances multipliées, dans un chapitie spécial 
de son livre sur cette matière (De l'abus des 
muances);\x\^W\\ n'a point /iperç.u la possibilité de 
(aire disparaître cette absurde difliculté, par le 
moyen <le l'addition d'une septième syllabe. 

On a aussi de ce musicien : Pseaulmes cin- 
quante de 'David Uoy et Prophète, traduictz 
en vers français par Clément Marot, et mis 
en musique par Loijs Bourgeoys à quatre 
par lies , ù voix de contrepoinct égal consonnanle 
au verbe. Touiours mord envie. Imprimé à 
Lyon, chez Godefroy et Marcelin Beringen, à 
la rue Mercière û l'enseigne de la Foy , 1547, 
petit in-4"' obi. Dans la même année, Bourgeois 
avait déjà fait paraître Le premier livre de 
psaulmesde David contenant XXIV psaulmes à 
quatre parties; Lyon, chez les mêmes libraires, 
in-4° oblong. Plus tard il a publié : Quatre- 
vingt-trois psalmes de David en musiqu-z 



BOURGEOIS — BOURNOISVILLE 



43 



(fort convenable aux instrumens), à quatre, 
cinq et six parties, tant à voix pareilles qu'au- 
trement; dont la basse-contre tient le sujet, 
afin que ceux qui voudront chanter avec elle 
à l'utiisson ou à Voctave, accordent aux autres 
parties diminuées ; plus le cantique deSimcon, 
les commandements de Dieu, les prières devant 
et après les repas, et tcn canon à quatre ou 
cinq parties, et un autre à huit; Paris, 1561, 
in-80, obi. 

BOURGEOIS (Louis-TiiOMAs), né à Fon- 
taine-l'Évêque dans le Ilainaut, on 1<)76, entra à 
l'Opéra lie Paris comme haute-contre, en 1708, 
et quitta lelliéàtrcen 1711. Deux ans après il y 
f\ivG[»ré5tn\eT Les Amours déguisés, et en 1715, 
7,65 Plaisirs de la Paix. On a aussi de lui : 
1° Deux livres de cantates françaises, Paris; in- 
fol. — 20 Cantates Anacrcontiques, in-4'', obi. 

— ?,''V Amour prisonnier delabeauté, cantate. 

— k" Beatusvir,n\Q{el àgrandciiœur; Paris, Bal- 
lard. Vers 17 IC, Bourgeois quitta Paris pour se 
rendre à Toul, où il venait d'être nommé maître 
de chapelle; de là il passa à Strasbourg en la 
même qualité; mais son inconstance et son désir 
de voyager lui firent encore quilier ce poste. Jl 
est rnort à Paris, au mois de janvier 1750, dans 
une situation voisine de rindigence. II avait écrit 
pour les divertissements de la cour divers ballels 
et cantates qui n'ont point été représentés à 10- 
péra; ce sont : V Les Nuits de Sceaux, 1714. — 2® 
Diane, diverlissement, 1721, avec Aubert. — 3° 
Divertissement pour la naissance du Dauphin, 
aD\}on,Gn 1129.— ^'' Idylede I\avibouiUet,ll3b. 
-^5° Les peineset lesplaisirsde VAmour. — c 
Zéphire et Flore, cantate, 1715. — 1" Psyché, 
jd., 1718. — 80 Céphale et l'Aurore, idem. 

— 9° Phèdre et Hippolyie, idem. — 10^ La Lyre 
dAnacréon. — li° Dédale, id. — 12° Don 
Quichotte, id. 

BOURGEOIS (Pierre-Auguste LE}.Voyez 
LKBOURGEOIS. 

BOURGEON (Charles): Voy. Borjon, 
BOURGES (Jean-Maurice), compositeur, 
littérateur et critique distingué, né à Bordeaux, 
le 2 décembre 1812, a fait de bonnes études lit- 
téraires au collège de sa ville natale. Doué d'heu- 
reuses dispositions pour la musique, il les cultiva 
de bonne heure, et, arrivé à Paris, il se livra à 
l'étude de la composition sous la direction de 
Barbereau. Ce fut d'abord comme critique que 
M. Bourges se fit connaître, en s'associant, dès 
J839, à la rédaction de la Gazette musicale de 
Paris. Un bon sentiment de l'art, un goût fin 
et délicat, beaucoup de politesseet de bicnveil- 
veillance, enfin une forme littéraire élégante et 
facile, distinguent les nombreux articles qu'il 



a fournis à celte revue périodique. Il ne s'é- 
tait révélé comme compositeur que par quelques 
jolies romances, lorsqu'il fit représenter, au mois 
de septembre 1846, sur le théâtre de l'Opéra-Co- 
niique, 5M/^ana, ouvrage élégamment écrit, dans 
lequel on fut étonné de trouver autant de verve 
et de gaieté que de distinction dans les idées ; car 
le caractère grave de la critique de M. Bourges 
pouvait faire croire que son penchant le portait 
aux choses mélancoliques. Il est regrettable que 
cet heureux essai n'ait pas été suivi d'ouvrages 
plus importants. On doit à M. Bourges une très- 
bonne traduction française de l'Oratorio de Men- 
delssohn, Élie. Malheureusement, le mauvais étal 
de la .santé de M. Bourges nuit à l'activité de 
ses travaux. 

BOURGOÎNG (Le P. François), de la 
congrégation de l'Oratoire, et directeur du chœur 
delà maison de Paris, naquit à Bourges dans les 
dernières années du seizième siècle. Des soup- 
çons graves sur sa conduite morale le firent ex- 
clure de l'Oratoire; néanmoins il ne fut pas in- 
terdit. Bien qu'il ne soit pas l'auteur du chant 
de l'office des oratoriens, comme ou l'a dit, il 
l'a mis on ordre et en a fait une bonne exposi- 
tion dans le livre qui a pour titre : Brevis Psal- 
modia? ratio, ad usxim Presbiterorum congre- 
gationis Oratorii, Domini Noslri Jcsu-Chrisli 
instituta, in qua, qiiid, quove modo tum ccle- 
branti, tum choristis, aut cuiUbel à choro psal- 
lendum slt, subjectis rcgulis declaretur ; Pari- 
siis, ex offtcina Pétri Ballardi, 1634, in-S"* Il 
y aune traduction française de cet ouvrage sous 
ce titre : Le David français , ou Traité de la 
sainte psalmodie; Paris, Ballard, 1G41, in-8°. 

BOURA'OiWILLE (Jean-Valentin), né à 
Noyon, vers 1585, fut d'abord maître de cha- 
pelle à Rouen, puis à Évreux. En U;i5, il devint 
maître de musique de la collégiale de Saint- 
Quentin; trois ans après, il passa à Abbeville, 
et enfin, en 1G20, il fut appelé à la cathédrale 
d'Amiens. On a de sa composition : 1" ïrei/.e 
messes à quatre parties imprimées chez Ballard, 
depuis 1618 jusqu'en 1630. — 2° Octo cantica 
Beat. Mar. Virg.; Paris, Ballard. Bournonville 
peut-être considéré comme un des meilleurs or- 
ganistes et compositeurs français qui ont vécu 
sous le règne de Louis XIIT. Il avait fondé une 
école de nmsique d'où sont sortis quelques ar- 
tistes distingués, entre autres Arthur Aiixcous- 
teaux. Il a eu un fils qui fut organiste de la ca- 
thédrale d'Amiens, et qd a laissé en manuscrit 
des pièces d'orgue dont je possède une copie J 
elles ne sont pas sans mérite. 

BOURNONVILLE (Jacques), petit-fils du 
précédent, né à Amiens vers 1076, est mort. 



44 



BOURKONVILLE — BOUSQUET 



en 1758, à râpe (li; pins (le quatre-vingts ans. Il 
.n'ait ("té élève de l'ernier. On a de sa compo- 
sition un livre de motels; Paris, Ballar(l,in-4°. 
Ce musicien a en de la réputation , et Hameau 
l'estimait. La Corde s'est trompé complètement 
dans la généalogie de cette famille, en faisant 
«le Jean-Valentin deux artistes différents, et de 
Jacques, le fils de Valentin (qu'il appelle Valen- 
iiny), au lieu de son pelit-fds. 

BOUSQUET (Georges), compositeur et 
ciitique, naquit à Perpignan, le 12 mars 1818. 
Son père, employé des postes, avait un goût pas- 
sions! pour la musique et saisissait toutes les 
occasions où il pouvait en entendre, soit à l'é- 
{;lise, soit au théâtre. Il se faisait accompagner 
par le jeune Bousquet, dont les heureuses dispo- 
sitions se développèrent rapidement par les im- 
pressions fréquentes que l'art faisait sur lui. Dès 
l'âge de huit ans il était enf.uit de chœur à la 
cathédrale, et jouait assez bien du violon. A 
dix ans il entra au collège où il (it des études 
souvei-vt entravées par sa passion pour la mu- 
sique. Enfin il se décida à se rendre à Paris en 
18;i3,dans l'espoir d'être admis au Conservatoire 
comme élève violoniste. Cependant il fallait 
trouverdesmoycnsd'existencf, et Bousquet n'était 
pas sans in(]uiéludeà ce sujet, liiles furent bien- 
tôt dissipées, car w\& place d'alto était vacante 
dans les concerts de Jidlicn, au Jardin-Turc; on 
la lui offrit, et il se hàla de l'accepter. Cet em- 
ploi ne lui donnait guère que du pain; mais du 
pain et l'espoir dans l'avenir sont la forlune d'un 
jeune artiste. Trois mois après, sa situation de- 
vint meilleure par son admi.ssion à l'orchestre 
(Ut Tlu'àtre-llalien conune second violon. Pen- 
dant cinq ans il cvnserva cette position où se fit 
en réalité son éducation musicale, par les occa- 
sions fré(iuenles qu'il eut d'entendre les beaux ta- 
iewts de Lahiache , Kubini, Tand)urini, la Grisi, la 
Unger et la Persiani dans les œuvres de Mozart, 
('imarosa, Bossini, Bellini et Donizetti. Le trésor 
des merveilles de l'art .s'était ouvert pour lui et 
le transportait d'admiration ; mais lorsqu'il lui 
fallait descendre des hauteurs où le plaçait son 
eulliousiasme pour rentrer dans les rcalilés arides 
et sèches du mécanisme de l'instrument qu'on 
lui enseignait au Conservatoire, tout changeait 
d'aspect. Ses progrès étaient si lents dans cette 
partie, matérielle de l'art, qu'il fut jugé inca- 
pable par le jury d'examen, et rayé du nom- 
l)re des élèves. Un an après, Bousquet rentra 
dans la môme école [)bur y étudier l'harmonie 
sous la direction de Collet et d'Elvvart ; puis, 
on 1830, il devint élève de Lebornc pour le con- 
Irepoint et la fugue, et de Berton pour le style 
dramatique. En 183S, il se |)résenta comme can- 



didat au grand concours de composition de l'Ins- 
titut de France, y fut admis, et remporta le pre- 
mier prix. Sa cantate àdeux voix, La Vcndctfa, 
fut exécutée dans la séance publique de l'Acadé- 
mie des beaux-arts, et sa partition fut gravée 
à Paris chez INIeissonnier. Devenu pensionnaire 
du gouvernement comme lauréat de ce concours, 
il partit pour l'Italie, clpassadeux années àRome, 
dans l'hôtel de l'Académie de France. Il y écrivit 
deu^ messes; la première, pour des voix seules, 
fut chantée à l'église Saint-Louis-des-Français, le 
1" mai 1839 ; l'autre, avec orchestre, fut exécu- 
tée dans la môme église le 1^"" mai IS'iO. Dans 
cette dernière année, il composa aussi un Mise- 
rere à 8 voix avec orchestre, qui fut l'objet d'un 
rapport honorable lu à ta séance de l'Académie 
des beaux-arts de l'Institut , au mois d'octobre 
1841. La sensation (pi'avaient produite à Home 
les deux messes de Boiiscpiet le fit nommer, sans 
l'avoir sollicité, mendire de l'Académie deSaintc- 
Cécile, et de celle des Philliarmoniqnes-romains. 
Deux actes d'un Op('ra séria, des fragments d'un 
opéra bouffe italien et quelques morceaux d'un 
o[)éra-comi(iiie français, remplirent, avec les ou- 
vrages dont il vient d'ôtre parlé, le temps que le 
jeune compositeur demeura en Italie. Pendant 
l'année 1841, que Bousquet passa tout entière en 
Allemagne, il écrivit trois quatuors pourdeux vio- 
lons, alto et violoncelle, dont le troisième, ou- 
vrage très-distingué, a paru chezUrandus, à Paris. 
De ses travaux en 1842, les seuls qui aient été 
connus r.ont un quintette pour deux violons, 
alto, violoncelle et contre-liasse qui produisit un 
effet satisfaisant dans quelques concerts où il fut 
entendu, et une ouverture pour l'orchestre, qui 
fut exécutée dans la séance publique de l'Acailé- 
luie des beaux-arts de la môme année. 

De retour à Paris, après cinq années de bien 
être, de rôves heureux et <le travaux d'art faits 
avec joie, Bousquet .se trouva, comme tant d'au- 
tres, aux. prises avec les difficultés de la vie 
réelle. Il les supportait avec cour.ige parce qu'il 
avait encore les illusions do l'avenir. Au mois de 
mai 1844, il fit jouer au Conservatoire, parles 
élèves, un petit opéra en un acte intitulé \' Hôtesse 
de Lyon. Frapi)é de la grâce et de la fraîcheur 
qu'il y avait trouvées, Cro.snier, alors directeur 
de rOpéra-Comique confia au jeune compositeur 
le libretto d'une pièce en lui acte .pour .son théâ- 
tre. L'ouvrage, dont le titre était Le Moiisque» 
taire, fut joué au mois d'octobre do la même 
année, ne réussit pas, et n'eut que trois repré- 
sentations. Évincé du théâtre comme composi- 
teur, Bousquet y rentra comme chef d'orchestre 
de l'Opéra National en 1847; puis il pas.=;a 
au Théâtre- Italien en la môme qualité, et coa- 



BOUSQUET — BOUÏEILLER 



45 



serva cotle position pendant les saisons 18'i9 
à 185». Au mois de décembre 1852 il lit ie|)ii^- 
sentcr au lliéàtrc lyrique Tabarin, en deux 
actes , ouvrage frais, élégant et bien senti pour 
la scène, dont le succès ranima les espérances 
de l'auteur, et dont la partition a été publiée 
par Grus, à Paris. Depuis le mois de mars 1846 
jusqu'en février 1847 . IJousquet avait été cliargé 
de la rédaction du feuilleton musical du jour- 
nal Le Commerce ; mais il quitta cette position 
pour écrire la Chronique musicale du journal 
hebdomadaire V Illustration. H a fourni aussi 
quelques articles à la Gazette musicale de Paris. 
Sa situation commençait à s'améliorer : il était 
connu, esiimé comme écrivain et comme artiste. 
En 1852, il avait été nommé membrede la conmiis- 
sion de surveillance pour l'enseignement du diant 
dans les écoles communales de Paris, puis mem- 
bre du comité des études au Conservatoire de 
Paris; deux poèmes d'opéras, l'unenqualreactes, 
l'autre en deux, lui avaient été confiés pour en 
écrire la musique , et il travaillait avec ardeur à 
ces deux ouvrages ; mais il était évident pour ses 
amis que le principe de la vie avait été altéré c-a 
lui par les chagrins de l'artiste, et par \es inquié- 
tudes qui le minaient pour l'existence matérielle 
de sa femme et de ses enfants. Sa poitrine était 
attaquée; le mal fit de rapides progrès, et Bous- 
quet expira le 15 juin 1854, dans une maison 
de campagne à Saint-Clôud, près de Paris. Ainsi 
linit^àl'àge de trente-six ans, un compositeur 
dont le talent grandissait et n'attendait qu'une 
occasion favorable pour se produire avec 
éclat. 

BOUSSAC (M. de), né à Paris dans les pre- 
mières années du dix-huitième siècle , brilla 
tomme virtuose sur la viole, vers 1740. Il a fait 
graver un livre de pièces pour cet instrument. 

BOUSSET (Jean-Baptiste DROUART de), 
naquit à Anières, village à une lieue de Dijon, 
en 1662. Son nom véritable était Drouart, au- 
quel il ajouta celui de Bousset : 11 fit ses études 
au collège des jésuites de Dijon, et eut pour 
maître de musique Jacques Farjonel, chanoine 
de la Sainte-Chapelle de cette ville. Dousset a 
été maître de musique du Louvre pendant plu- 
sieurs années. Le Mercure de 1721, pag. 187, 
lui donne les titres de compositeur de musique 
de l'Académie française, de celle des belles-let- 
tres et des sciences. 11 épousa la fille de Ballard, 
dont il eut deux fils. Il est mort le 3 octobre 
1725. Bousset a fait imprimer de sa composition : 
1° Cantates françaises ; Paris , Ballard , in-4" 
obi. — 2" Églogues bachiques, m-^°. — 3''\\ngl 
et un fivres d'airs à chanter; Paris, Ballard, in-4'' 
obi. Il a composé aussi beaucoup de motets qui 



sont restés en manuscrits. On en trouve (pielques- 
uns à la Bibliothèque impériale de Paris. 
BOUSSET (René DROUART de ) , fils du 

précédent, naquit à Paris, le 11 septembre 1703. 
Il se livra d'abord à l'étude de la peinture, mais 
il la quitta pour la musique, et passa dans l'école 
de Bernier. Il reçut ensuite des leçons d'accom- 
pagnement de Calvière, qui le décida à se livrer à 
l'étude de l'orgue. Bousset devint l'un des meil- 
leurs organistes français. Le dimanche 18 mai 
1760, il joua l'orgue de Notre-Dame avec une 
vivacité qui ne lui était pas ordinaire : Jamais, 
dit-il, je ne me suis senti tant en verve qu'au- 
jourd'hui. A l'Arjnus Dei ; il se trouva mal, 
une paralysie se déclara, et le lendemain il 
mourut. Les ouvrages qu'on a imprimés de lui 
i^ont ; 1° Huit odes de J. B. Rousseau, mises 
en musique. — 2° Cantates spirituelles, 1^*^ 
et 2" liv. — 3° Airs à chanter, f"^ et T re- 
cueils, gravés iu-4°. obi. Bousset fut un des plus 
ardents convulsionnaires et des plus zélés parti- 
sans des miracles du diacre Paris. Les scrupides 
religieux qui lui vinrent alors le décidèrent à 
faire casser les planches de ses recueils de chan- 
sons, devenus fort rares. 

BOUTE!LLER(ColardLE), poêle et musi- 
cien, était contemporain de saint Louis. Il était 
ami de Guillaume Le Viniers, autre poète et mu- 
sicien. On croit (lu'il était de la maison des Bou- 
teillers de Scnlis. Il a laissé seize chansons no- 
tées de sa composition : les manuscrits 7222, 
65 et 6ô (fonds de Cangé) de la Bibliothèque im- 
périale en contiennent plusieurs. 

BOUTE! LLER (Louis), maître de musiqua 
de la cathédrale du Mans, naquit à Moncé-en- 
Rain, dans la province du Maine, en 1648. Il 
n'avait que quinze ans lorsque, d'enfant de chœur 
il devint maître de la cathédrale, où il a passé 
toute sa vie ; mais ce succès inespéré et cette 
précocité presque sans exemple ne l'empêchèrent 
point de travailler avecardeur pour perfectionner 
son talent : aussi remporta-t-il successivement 
dix-sept prix de composition aux divers concours 
qui s'ouvraient alors dans les cathédrales de 
France. Il est auteur d'un grand nombre de 
messes, de motets, d'hymnes et d'antiennes, (jue 
les chanoines du Mans ont fait déposer dans le tré- 
sor de leur église pour servir de modèles aux suc- 
cesseurs de cet habile musicien. Quelques-unes 
deces pièces furent exécutées devant Louis XIV, 
et plurent tant à ce prince qu'il les rede- 
manda souvent. Bouteiller mourut au Mans 

en 1724. 

BOUTEÏLLER (aîné), fut maîtredemusique 

de la cathédrale de Châious-sur-Marne. La Bi- 
bliothèque impériale possède un motet manuscrit 



4G 



BOUTELLIER — BOUTON 



de sa composition sur les paroles du psaume ad 
te. Domine, clamaho. 

BOUTEILLER (le jeune), a été maître de 
musique de la cathédrale de Meaiix. La Biblio- 
thèque impériale possède treize motets manuscrits 
de cet auteur. On ignore si ces deux musiciens 
étaient frères, et le temps où ils vécurent. 

BOUTEILLER (Guillaume), né à Paris, 
en 1788, a eu pour maître de composition 
Tarclii. Ses heureuses dispositions et les leçons 
de ce maître lui firent faire de rapides progrès. 
En 1806, il se présenta au concours de l'Institut, 
et y obtint le grand prix décomposition musicale 
pour sa cantate de Héro et' Léandre, qui fut 
exécutée à grand orchestre dans la séance pu- 
blique de l'Académie des beaux-arts, le 4 octobre 
de la même année. Ce succès donnait à M. Bou- 
teiller le droit d'aller passer cinq, années en- Italie 
comme pensionnaire du gouvernement; mais il 
n'en profita pas, et parut ne vouloir cultiver la 
musi(iue qu'en amateur, ayant accepté un emploi 
dans l'administration des droits réunis. Depuis 
lors il n'a cessé de remplir des fonctions admi- 
nistratives à Paris. Cependant M. Bouleiller n'a 
pas abandonné la musique sans retour, car le 
26 mai 1817 il a fait représenter au théâtre 
Feydeau un opéra-comique intitulé /^e Trompeur 
sans le savoir, pièce de MM. Roger et Creuzé 
de Lesser, qui fut mal accueillie et qu'on n'acheva 
pas. Depuis ce tenqjs, aucun ouvrage de ce com- 
positeur n'a paru. La partition de sa cantate 
Iléro et L'éandre a été gravée à Paris, chez Na- 
derman. 

BOUTELOU (....) célèbre haute-contre de 
la chapelle de Louis XIV, avait une conduite si 
extravagante, que, de temps en temps, on le 
mettait en prison. Néanmoins, la bonté du roi 
était si grande pour lui, qu'on lui servait toujours 
une table de six couverts, et qu'on finissait par 
lui payer ses dettes, tant il avait l'art d'émouvoir 
la sensibilité de ce prince, qui avouait que la 
voix de Boutelou lui arrachait des larmes. 

BOUTERAVECK (Frédéric), professeur 
de philosophie à Goettingue,et penseur distingué, 
naquit à Goslar, le 15 avril 1706. Après avoir 
achevé ses études à Goettinguc, il se livra avec 
ardeur à l'étude des sciences et de la philosophie, 
et s'attacha d'abord à la doctrine de Kant, dont 
il présenta une exposition nouvelle dans ses 
Aphorismes offerts aux amis de la Critique de 
la raison ;Goettingue, 1793-, in-8° (en allemand). 
Plus lard il abandonna cette théorie, et trouvant 
que l'idéalisme de Fichte était trop exclusif pour 
constituer la véritable théorie de la science, 
qui selon lui, ne peut se passer de la certitude 
/•éelle, ou de l'absolu, il exposa ses nouvelles ' 



idées sur cette matière dans son Aperçu d'une 
Apodictiquetiniverselle; Goettingue, 1799, deux 
parties in-S". Dans la suite il modifia encore 
son système de philosophie dans beaucoup d'ou- 
vrages cil se fait remarquer un profond savoir, 
mais oii règne une finesse qui dégénère parfois 
en une obscure subtilité, malgré la clarté habi • 
tuelle de son style. Bouterweek n'est cité ici que 
pour son jEsthélique, qui parut en deux parties 
à Leipsick, en 1806, et dont, il donna un sup- 
\>\émen\.&ou?,\e.i\iTti\\'' Idées sur la métaphysique 
du beau, en quatre dissertations ; Leipsick, 1807, 
in-S°. Ces dissertations ont été refondues ensuite 
dans une nouvelle édition de son Mslhétique, 
ouvrage qui renferme des idées neuves sur le 
beau en musique. Bouterweek réunis-sait à sa 
qualité de professeur à Goettingue celle de con- 
«eiller du duc de Saxe-Weimar.ll est mort à 
Goettingue le 9 septembre I82-S, 

BOLITMI (LÉONARD), né à Bruxelles en 1725, 
fut d'abord professeur de musique à la Haye, et 
ensuite organiste de la cour de Portugal à Lis- 
bonne. Il a fini ses jours à Clèves. On a de lui : 1° 
Traité abrégé sur la basse continue ; La Haye, 
1700. — 2° Premier et second livres de pièces de 
clavecin ; La Haye, infol. obi. ;— 3" Trois con- 
certos pour clavecin, in-fol. 

BOUTMY (Laurent), né à Bruxelles en 1751, 
y apprit les principes de la musique, le piano 
et riiarmonie. Après avoir donné des leçons de 
piano pendant quelques années dans sa ville na- 
tale, il se rendit à Paris, puis se retira à Erme- 
nonville, où il vécut paisiblement. Les troubles 
de la révolution l'ayant chassé de celte retraite, 
il partit pour l'Angleterre, et se maria à Londres, 
où il demeura plus de vingt ans, comme profes- 
seur de piano et d'Iiarmonie. De retour dans sa 
patrie, il a été nommé en 1810, maître de piano 
de la princesse Marianne, fille du roi des Pays-Bas. 
En récompense de ses services, le roi Guiilaumo 
lui avait accordé une pension de 400 llorins, 
mais il l'a perdue à la révolution du mois de 
septendire 1830. Boutrny est mort à Bruxelles, 
au mois de mars 1837 , à l'âge de quatre-vingt- 
six ans. Il a publié k Londres des sonates de 
piano, et avait dans son portefeuille un opéra, 
des ouvertures et quelques autres compositions. 
L'ouvrage le plus-considérable sorti de sa plume 
est.un livre qui a pour titre : Principes généraux 
demusique, comprenant la mélodie, Vunisson 
et Charmonie, suivi de la tfiéorie démonstra- 
tive de Voclnve, et de son harmonie; Bruxel- 
les, 1823, in-fol. obi., 10 pages de texte, et 47 
pages d'exemples gravés. Cela est obscur dans les 
idées et |)his obscur encore par le style. 
BOUTOIM (Ernest), professeur de piano à 



BOUTON — BOVEllY 



47 



Valcnciennes.est né à nonleaiixcn 1826. Fils d'un 
marchand de vin de celte ville qui vint s'établir 
à Bruxelles en 1843, il entra au Conservatoire de 
musique de cette ville, le IS avril 1844, et y 
devint élève de Miclielot pour le piano. Après le 
Concours de 1845, il partit pour Valenciennes, 
où il s'établit comme professeur de piano. Il y 
publia dans la môme année une Esquisse biogra- 
phique et bibliographique sur Claude Le jeune, 
iu-8", laquelle est empruntée à la Biographie uni- 
verselle des Musiciens. M. Uouton n'avait, 
lorsqu'il a fait paraître cet écrit, ni le savoir né- 
cessaire ni l'esprit de recherches indispensable 
pour des travaux de ce genre. 

BOU.TROY (ZosiME), musicien à Paris, 
vers la fin du dix-huitième siècle, a publié un 
Planisphère ou Boussole harmonique, avec un 
imprimé servant à l'expliquer; Paris, 1785. Sa 
brochure, jointe au tableau, a pour titre : Clef du 
planisphère ou Boussole harmonique ; Varb, 
1787, in 8°. On a aussi de lui: V Symphonie à Imit 
instruments, la basse étant chiffrée selon les 
principes du Planisphère ou Boussole harmo- 
nique ; Paris 1786. — 2" Six duos faciles el agréa- 
bles pour violon cl violoncelle ; ibid., 178G. — 
3'^ Romances avec accompagnement de clave- 
cin ou harpe'; Paris, 1787. 

BOUTRY(lNiNocENT) maître de musique de la 
cathédrale de Noyon, vers le milieu du dix seiiUèine 
siècle, a [lublié : 1° Missa quatuor vocum ad 
imitationem moduli Speciosa faota est ; Paris, 
Ballard, lOGl — 2° Missa quatuor vocum adimi- 
talionem moduli Magnus et mirabilis ; Paris, Bal- 
lard, 16Ct. 

BOUVARD (François), né à Paris vers 1C70, 
était originaire de Lyon. Dans son enfance , il 
entra à l'Opéra pour chanter les rôles de dessus, 
ayant la voix la plus belle et la plus étendue ; 
mais îl la perdit à l'âge de seize ans, après que 
la mue se fut déclarée. Il s'adonna alors à l'étude 
de la composition, et en 1702, il fit représenter 
à l'Opéra Méduse, en trois actes. Quatre ans 
après, il donna Cassandre, en société avec Ber- 
lin. 11 a écrit pour la cour : Ariane et Bacchus , 
en 1729; Le triomphedeVAmour et deVHijmen, 
divertissement, en 1729; Diane et V Amour, 
idylle, en 1730 ; L'École de Mars, en 1733. On a 
aussi de lui : 1° Cantates françaises. — 2° Quatre 
recueils d'airs a chanter avec accompagne- 
ment de fiùte, in-4% obi. — 3° Sonates de vio- 
lon, premier livre, in-fol. — i° Idylle sur la 
naissance de Jésxis-Clirist, 1748 — 5° Para- 
phrase du psaume Vsqueque Domine, écrit 
dans le style des oratorios italiens. Bouvard avait 
beaucoup voyagé , et avait demeuré longtemps 
à Home. Le roi de Portugal le fit chevalier de 



l'ordre du Christ. 11 fut marié deux fois, cl épousa 
on premières noces la veuve de Noël Coypel, an- 
cien directeur de l'-Académie de peinture. 

BOUVIER (Marie-Joseph), violoniste, na- 
quit à Colorno, petite ville à quatre railles de 
Uome. A l'âge de sept ans, il eut pour maître de 
violon Antoine Richer de Versailles, l'un des pre- 
miers violons du duc de Parme. Lu't-même 
fut admis à l'orchestre de ce prince à l'âge de 
douze ans. Plus lard il reçut des leçons de Pu- 
gnani, qui le recommanda à Yiotli lorsqu'il vint 
à Paris; celui-ci le fit débuter au Concert spiri- 
tuel, en 1785. Après y avoir été entendu plusieurs 
fois, il entra à l'orchestre de la Comédie italienne, 
dont il n'a cessé de faire partie jusqu'à sa mort, 
arrivée en 1823. lia fait graver, de sa composi- 
tion, six sonates pour le violon et quelques re- 
cueils de romances. 

Jenny Bouvier, qui débuta dans l'opéra-comi- 
que au théâtre Favart, en 1797, était (ille de cet 
artiste. Elle avait de la sensibilité, de l'intelli- 
gence, et chantait avec goût, mais le timbre de 
sa voix avait peu d'intensité. Cette agréable can- 
tatrice est morte d'une maladie de poitrine, vers 
la fin de 1801. 

BOVERY (ANTOiNE-NicoLAS-JosErn-BOVY, 
connu sous le nom de Jules), chef d'orchestre du 
théâtre de Gand et compositeur, est né à Liège, 
le 21 octobre 1808. Il faisait ses études au col- 
lège de celte ville lorsque son penchant décidé 
pour la musique les lui fit abandonner et partir 
pour Paris, oii, sans autre ressource qu'une ferme 
volonté, sans le secours des leçons d'un profes- 
seur, et sans aucune direction que son instinct, 
il parvint à une connaissance technique suffi- 
sante pour la carrière qu'il a remplie. La mort 
de son père et d'un frère l'ayant laissé sans 
moyens d'existence, il accepta imc place de 
choriste au théâtre de Lille, à laquelle il réimit 
les fonctions de troisième chef d'orchestre. Il y 
fit preuve d'assez d'intelligence pour être appelé 
à Douai l'année suivante, en qualité de premier 
chef. Ge fut là que, sans avoir jamais reçu de le- 
çons d'harmonie) ni de composition, il écrivit la 
musique de jl/fli/2(e2«Aat'«s6«7,opéra-comiqueen 
deux actes, qui eut quelques succès, puis Paul /«'■ 
en trois actes, en société avec M. Luce, amateur de 
celte ville, et Victor Lcfebvre, lauréat du Conser- 
vatoire de Paris. En quittant Douai, Bovery alla 
à Lyon comme premier chef d'orchestre , puis 
remplit le môme emploi à Amsterdam, à Anvers, 
à P.ouen, et partout écrivit des opéras ou des 
ballets. De retour à Paris, il y demeura une an- 
née entière, et y fil jouer aux théâtres de la ban- 
lieue Charles II, opéra en un acte. En I8i5 il 
reçut sa nomination de chef d'orchestre du théà- 



48 



BOVERY — BOYCE 



tre <lc Garni, en remplacement du Cliailes-Louis 
llansscns, qui venait de se lixer à Bruxelles. Le 
27 déccinbie de l'année suivante, il y fit repré- 
senter Jflc<7J<<'s (VArteveld, grand opéra en trois 
actes, accueilli avec enthousiasme par les habitants 
(le celte ville, à cause de la nationalité du sujet, 
mais dans lequel il y avait plus de réminiscences 
que d'idées, et (|ui était assez mal écrit. Les an- 
Ires ouvrages de cet artisle sont Le Giaour, 
opéra en trois actes, joué avecsnccès à Lyon, Ams- 
lerdam et Anvers; La Tour de Iloiicn, épisode 
lyrique en un acte, et le ballet inlitulé Isoline, 
<iui fut représenté à Lyon. 

liOVICELLl (Jfan-Fîaptiste), né à Assise 
prèsdeSpoiette, dansic seizième siècle, est auteur 
<les deux ouvrages suivants : 1° RegolediMxmca ; 
Venise, 1594, in-i". — 1° Madi irjali emotteUi 
pnssegglali ; Venise, 1594, in-4". Cette der- 
nière production fait connaître le style <les orne- 
ments qu'on introduisait dans le chant d'église 
à la fin du seizième siècle. 

BOVILLUS. For/. BouELLES. 

BOWLES (Jean), savant anglais, avocat à 
Londres, et commissaire des banqueroutes, vé- 
cut dans la seconde moitié du dix-huiliome siècle 
et au commencement du dix-neuvième. Apparte- 
nant par ses oiiinions au parti ministériel, il a 
écrit une très-grande quantité de pamphlets poli- 
tiques contre la France et contre l'opposition. 
Parmi ses ouvrages on trouve une dissertation 
i\u\ a pour titre : Remarks on some ancicnt mu- 
sical instruments mentioned in the Roman 
de la Rose (Remarques sur quelijues anciens ins- 
trumcnis mentionnés dans le Roman de la Rose ). 
Cette dissertation est insérée dans le recueil inti- 
tulé : Archœologia, or Miscellaneous tracts 
relaling to Antiquity ; Londres, tom. 7, page 
214. 

BOXBERG (CiiuÉTiEN-L(iu's), compositeur 
et organiste de l'église de Sauit-Panl et Saint- 
Pierre à Gorlifz, naquit à Sondershausen, le 24 
avril 1670. En 1682, on l'envoya à l'école de 
Saint-Thomas à Leipsick. Deux ans après il en- 
tra à l'université; en 1686, il en sortit pour ^e 
livrcrcntièrement aux études musicales. lLnlC92, 
il était organiste dans la petite ville de Grossen- 
haym. Ayant eu occasion d entendre l'opéra de 
Wolfenbullel, il se sentit entraîné vers le genre 
de la musique dramatique. En 1694 et IC95, il 
fut apjielé dans cette ville pour y écrire des opi;- 
ras; en 1C97 et 1698, ilallaà Anspach ; en 1700, à 
Hesse Cassel, el enfin, en 1702, il se retira à 
Gorlitz pour y prendre possession de la place 
d'organiste. Depuis ce temps ou l'a perdu de vue, 
et l'on manque de renseignements sur le reste de 
sa vie. Adelung lui attribue les opéras dont les 



t/(res suivent : 1" Orion, dont le livret a été pu- 
blié à Leipsick en 1697. —2° La Foi gardée, opé- 
rette, àOnolzbacli, en 1698. — 3° Sardanapale, h 
Onoizbach, en 1698. — 4° Concerta quatre voix 
de soprano, violon, hautbois, basse de viole et 
orgue. — b° Beschreilmng der Gœrlizer Orgel 
( Description de l'orguede Gorlitz ) ; Gorlitz, 1 7o4 , 
in-4°. Cette description, qui forme trois feuilles 
d impression, précède le discours d'inauguration 
du pasteur Godefroi Kretschmar, où se trouvent 
des détails Intéressants sur l'histoire des orgues. 

BOYCE (William), compositeur et docteur 
en musique, ne naquit pas en 1695, comme le dit 
Gerber (Nettes Lexilionder Tonkuns(lrr),maisi 
vit le jour à Londres en 1710, suivant la date 
de sa mort et son âge donnés par son épita- 
phe. Son père; simple artisan, ayant remarqué 
son penchant pour la musique, le confia aux soins 
de Charles King, maître des enfants de chœur 
de la cathédrale de Saint-Paul. Il fut attaché an 
chœur de cette église jusqu'à l'époque delà mue 
de sa voix, qui l'obligea à se retirer. Devemi 
alors élève du docteur Maurice Grune, organiste 
du Saint-Paul, il apprit de lui le mécanisme du 
clavier et la pratique du service choral. Lorsque 
ses études furent terminées avec ce maître, il se 
présenta au concours pour une place d'organiste 
à Saint-Michel (Corn-Ilill), avec Froud , Young, 
J. \Yorgan et Kehvay ; mais quoique ce dernier 
eût fort peu de talent, ce fut lui qui obtint l'em- 
ploi. Boycc trouva la compensation de cet ccliec 
dans la place d'organiste d'Oxford, chapelle près 
de Cavendïsch Square. Ce fut alors qu'il com- 
mença à se livrer à l'enseignement du clavecin 
dans les pensionnats. Cependant il comprenait 
que son éducation musicale n'avait pas été com- 
plète; car Grune, bon organiste et iloiié d'ins- 
linct pour la composition, était peu versé dans 
la théorie de riiarmonie et ne l'avait pas ensei- 
gnée à son élève. A cette époque, Pepiisch était 
le plus savant harmoniste de l'Angleterre; ce fut 
lui que Boyce choisit pour son maître : il se livra 
avec ardeur, sous sa direction, à l'étude du con- 
trepoint, et apprit à faire l'analyse des œuvres des • 
grands maîtres de toutes les écoles. Ses premiers 
essais dans la composition furent le Thétis et Pe- 
lée de K)rd Landsdowue, sorte de pièce appelée; 
masque en Angleterre. Cet ouvrage fut exécuté 
avec succès en 1734 dans une ancienne société 
appelée philharmonique ; dans la môme année, 
il donna aussi à la Société d'Apollon la com- 
plainte de David sur la mort de Saul et de Jona- 
than. 

Peu après avoir terminé ses éludes, Boyce 
avait éprouvé une altération sensible dans l'or- 
gane de l'ouïe : le mal fit de rapides progrès, et 



BOYCE — BOYË 



49 



eu peu de temps il devint presque comphUe- 
iiient sourd. Privé par cet accident du jilaisir 
qu'il trouvait à entendre de bonne musique, et 
en quelque sorte obligé de se renfernier en lui- 
même, il n'en devint que plus studieux. Ses 
pro[)res productions et la lecture des belles œu- 
vres de l'art résumèrent par la suite toute son 
existence. En 1736, Keiway ayant abandonné 
l'orgue de Saint-Micbel pour celui de Saint-Mar- 
lin in the Fields, sa place fut donnée à Boyce, 
et, dans la même année, la mort de Joim Wildon 
ayant laissé vacante une des places de composi- 
teur de la chapelle royale, ce fut aussi Boyc« qui 
l'obtint. Il écrivit pour cette chapelle de bonne 
musique religieuse, qui est encore très-estimée en 
Angleterre, et qu'on exécute presque chaque 
année dans certaines circonstances solennelles. 
Un des ouvrages qui lui firent le plus d'honneur 
fut la musique qu'il composa sur une version du 
Cantique des Cantiques, et qu'il publia en 1743 
sous le titre : Salomon serenata. Plusieurs mor- 
ceaux de cette œuvre ont eu beaucoup de célé- 
brité, particulièrement l'air So/Cly rise, et le duo, 
Together let us range the fields. En 1747 il pu- 
blia aussi douze sonates en trios pour deux vio- 
lons et basse, qui eurent un brillant succès. Deux 
ans après il mit en musique l'ode de Dryden 
pour l'installation du duc de Newcastle, suc- 
cesseur du duc de Sommersct comme chancelier 
de l'université de Cambridge, ainsi qu'une an- 
tienne qui fut exécutée dans la même circon>- 
tance. L'ode et l'antienne ont été publiées par lui 
avec une dédicace au duc de Newcastle. Dans 
la même année, par une faveur spéciale, l'uni- 
versité lui conféra simultanément les grades île 
bachelier et de docteur en musique. En 1749, 
Boyce donna au théâtre de Drury-Lane le drame 
musicaj intitulé The Cliaplet (La Guirlande), et 
en 1731, au même théâtre, The Shepherd^s Lot- 
tery (La Loterie du Berger). Ces deux ou- 
vrages furent suivis de l'ode séculaire de Dry- 
den, qui fut exécutée au même théâtre. Dans 
la même année (1752), Boyce succéda à Green 
comme chef d'orchestre de la musique du roi, 
ce qui l'obligeait à diriger à Saint-Paul l'exécu- 
tion annuelle au bénéfice des fils du clergé, et la 
réunion triennale des trois chœurs de Worcester, 
Hereford et Gloucester. Pour ces circonstances 
il écrivit deux nouvelles antiennes, et ajouta l'ins- 
trumentation au Te Deum de Purcell. Après la 
mort de John Travers, en 1758, Boyce lui suc- 
céda dans l'emploi d'un des organistes de la cha- 
pelle royale. Parvenu à l'âge de 50 ans, il cessa 
de se livrer à l'enseignement, et se retira à Ken- 
sington, où la composition et les travaux de ca- 
binet devinrent son unique api)lication. Ce fut 

BIOGU. UMV. DES MUSICIE.NS. — T. H. 



alors qu'il s'occupa d'une grande et belle publi- 
cation de musique religieuse des compositeurs 
les iilusctlèbres de l'Angleterre, depuis les temps 
les plus anciens jusqu'au milieu du dix-huitième 
siècle. Le premier volume de cotte précieuse col- 
lection parut en 1760, sous ce titre : Calhedrnl 
Music, being a Collecdon in score of the most 
vaiuable and usejiil compositions for that 
service, bij theseverul English Maslers. Boyce 
trouva peu d'appui dans la haute société anglaise 
pour son eutreprise, et le nombre des souscrip- 
teurs fut très-minime ; ce nombre était peu aug- 
menté lorsque le deuxième volume fut publié; 
le troisième accrut un peu la liste ; mais après 
avoir employé <louze années au travail nécessaire 
pour cette publication, et avoir fait les avances 
pour la gravure, le papier et l'impression, il put à 
peine être remboursé de ses dépenses. Une nou- 
velle édition de la collection de lioyce a été publiée 
il y a quelques années à Londres chez MM. Ro- 
bert Cocks et C'c, par les soins de M. Joseph 
Warren, qui y a ajouté des notices très-bien 
faites, très-détaillées et pleines d'intérêt, sur la 
vie et les ouvrages des artistes dont on trouve 
des compositions dans la collection de Boyce. 
Cette édition, publiée avec un grand luxe typogra- 
phique, fait le plus grand honneur à l'éditeur. Les 
derniers ouvrages de Boyce qui ont vu le jour 
sont : Anihcms for three voices (Antiennes à 
trois voix) ; Londres, 1768. —Eight symphonies 
for violins and olher instruments; Londres, 
ilt!)o.— Lyra Britannica : being a collection of 
^ngs, Ductts and Caniatas on varions sub- 
jects,composed by Mr. Boyce; Londres (sans 
date), in-fol. — Dix pièces d'orgue sous le titre : 
Ten voluntaries for the Organ. ; Londres (sans 
date). La belle antienne de ce compositeur, Bles- 
sedishe that considère/ h the Poor, avecorhes- 
tre, est exécutée tous les ans, à la fêle des (ils du 
clergé. Boyce a cessé de vivre le 7 février 1779, 
à l'âge de soixante-neuf ans, et a été inhumé dans 
l'église de Saint- Paul, à Londres. 

BOYE (Jean), professeur de philosophie à 
Copenhague, est né en Danemarck en 1756. Pen- 
dant plusieurs années il avait été recteur de l'u- 
niversité Fridericia dans le Jutland ; mais le dé- 
sir dese livrera ses travaux scientifiques le déter- 
mina ensuite à quitter cette place pour prendre 
celle de professeur àCopeniiague. Il est mort dans 
cette ville en 1830, à l'âge de soixante-quatorze 
ans. Il a publié plusieurs livres estimés sur la 
philosophie, contre les principes de Kant, sur 
l'économie politique el sociale, sur l'art d'écrire 
l'histoire et sur divers autres sujets plus ou moins 
importants. L'ouvrage pour lequel il est cité ici 
est un petit écrit qui a pour titre : Musi/cens og 

k 



so 



BOYI-: — BOY VIN 



angens bidrag til menneskets Forcedling (De 
l'inflaence de la musique et du chant sur l'amé- 
lioration de l'homme) ; Copenhague, 1824, 80 
pages in-8o. L'idée développée par M. Boye dans 
cette brochure est celle que Cicéron a exprimée 
dans ce passage : n Assenlior enim Platoni, nihil 
K tam facile in animos teneros atque molles in- 
« fliiere, quam varioscanendi sonos; quorum dici 
« vix potest quanta sit vis in utramque partem ; 
« namqiie et incitât Janguentes, et languefacit 
« excltatos, et tum remittit animos, tum con- 
« trahit. Civitatumque hoc multarura in Graecia 
« inlerfuit, antiquum vocum servare modum. » 
Boye n'élève point de doute sur les effets mer- 
veilleux attribués à la musique par les anciens; 
mais il prend aussi quelques-uns de ses exemples 
dans les temps modernes. Son ouvrage est terminé 
par l'ode de Dryden sur le pouvoir de la musique. 

BOYE {■■■.), On a sous ce nom un petit 
écrit assez piquant intitulé : L'expression mu- 
sicale mise au rang des chimères; Amsterdam 
(Paris), 1779, brochure in-8° de 4? pages. M. 
Le Febvre a donné une réfutation de cet ou- 
vrage dans un livre qui a pour titre : Bévues, 
erreurs et méprises de différents auteurs 
enmatière musicale (voy. Le Febvre). M. Qué- 
rani s'est trompé (France littéraire, t. 1. p., 
487) en attribuant l'écrit de Boyé à Pascal lîoyer 
(voyez ce nom). 

BOYER (Philibert), musicien, né en Bour- 
gogne, vers le milieu du dix-septième siècle, fut 
maître de chapelle à lîeaune. Une messe à cinq 
voix de sa composition a été publiée à Paris chez 
Ballard, en 1692, in-fol. 

BOY'ER (Pascal), né en 1743, à Tarascon, 
en Provence, succéda en 1759 à l'abbé Gauzar- 
gues dans la place de maître de chapelle de l'é- 
glise cathédrale de Nîmes : il l'occupa pen- 
dant six ans. Au bout de ce temps il se détermina 
avenir à Paris, et débuta parla publication 
d'une Lettre à Monsieur Diderot sur le projet 
de Vunité de clef dans la musique et laré- 
forme des mesures, proposées par M. l'abbé de 
La Cassagne, dans ses éléments du chant ; 
Paris, 1767, in-8°. Cette lettre est remplie d'ex- 
cellentes remarques sur le projet peu sensé de 
l'abbé de La Cassagne. On a aussi de Boyer : 
l^LaSoirée perdue à l'Opéra; Paris, 1770, in-S''. 
Cette pièce est relative aux discussions qui se sont 
élevées à l'occasion des opéras français de Gluck, 
et aux querelles des Gluckistes et des Piccinnistes. 
Une deuxième édition a paru à Paris, en 1781 , 
in-8°. — 2° Notice sur la vie et les ouvrages de 
Pergolèse, dans le Mercure de France juillet, 
1772, page 191. Boyer a écrit quelques morceaux 
qui ont été ajoutés à des opéras. 



On trouve sous le nom de Boyer ( P. ) , trois 
sonates pour piano avec accompagnement de 
llûte ou violon et de violoncelle; Pans, Ga- 
veaux. 

BOYLE ou BOJLE (François), professeur 
de chant et compositeur dramatique, naquit à 
Plaisance en 1787. Dans sa jeunesse, il se fixa 
à Milan, et écrivit pour le théâtre Re l'opéra in- 
titulé Il Carnevale di Venezia, qui fut repré- 
senté en 1812. Il était alors connu comme pia- 
niste de talent. Il était occupé de la composition 
de la Selvnggia, opéra destiné au théâtre Car- 
cano, lorsqu'il fut atteint d'une maladie grave qui 
le priva de la vue pour le reste de ses jours. Obligé 
de renoncer alors au travail pour la scène, il 
chercha des ressources dans l'enseignement du 
chant, et se distingua comme professeur de cet 
art. Au nombre de ses meilleurs élèves on re- 
marque les ténors Bolognesi et Reina. Boyie est 
mort à Milan, le 27 novembre 1844, à l'âge de 
soixante et un ans. On a de cet artiste infortuné 
quatre livres de solfèges ou vocalises pourniesso- 
soprano, imprimés à Milan, chez Ricordi. Le 
même éditeur a publié quelques morceaux pour le 
piano de la composition de Buyie. 

BOYLEAU ( Simon ), compositeur français 
qui paraît avoir vécu en Italie vers la moitié 
du seizième siècle, a publié de sa composition : 
1° Motelti a quattro voci ; Venise, 1544. — 
20 Madrigali a quattro voci ; Venise, 1 546. 
Gesner ( Bibl. Univ., lib. VI, tit. 3, f. 82) dit que 
Boy leau a écrit un livre sur la musique ; mais il n'en 
indique pas le titre. 

BOYVÎN (Jean), basse-taille de la chapelle 
du duc d'Orléans, en 1539, suivant un état des 
finances de ce prince qui se trouve aux archives 
de l'État, à Paris ( Liasse R 7 — 2). Boyvin pa- 
rait comme compositeur dans Le XV Livre, 
contenant XKXchansons nouvelles à^parties. 
Imprimé par Pierre Attaingnant et Robert 
Jullet, à Paris, 1542, petit in-4o. obi. 

BOYVIJ^J (Jacques), organiste de l'église ca- 
thédrale de Rouen, obtint cette position en 1674, 
après un concours où il trouva un rival redou- 
table dans un organiste nommé Maréchal. Ce 
concours eut lieu dans la Bibliothèque du cha- 
pitre, en présence d'une commission de chanoi- 
nes. Les candidats se donnèrent réciproquement 
un sujet de fugue à traiter, sans le secours d'un 
instrument. Dumont, maître de chapelle du roi, 
à qui les compositions furent souunses, décida 
en faveur de Boyvin, qui conserva sa place pen- 
dant trente-deux ans, et mourut en 1706 ( voy. 
Revue des mailres de chapelle et musiciens de 
la métropole de Rouen, par M. l'abbé Langlois, 
p. 20). Boyvin a publié -. 1° Premier livre d'orgue, 



BOYVIN — BRADE 



51 



contenant les huit tons à l'usage ordinaire de 
V Église; Paris, Cliristopiie Ballard, 1700, in-4", 
obi. — 2° Second livre d'orgue contenant les 
huit tons à Vusage ordinaire de V Église; ibid., 
1700, in-4° obi. Ce deuxième recueil est précédé 
d'un Traité abrégé de V Accompagnement pour 
Vorgue et pour le clavecin, où les règles prin- 
cipales de l'accompagnement de la basse chiffrée 
sont présentées avec assez de clarté, d'après l'an- 
cienne méthode italienne. Dans l'aveptissement 
de ce petit ouvrage, Boyvin dit qu'il n'a voulu y 
donner que ce qu'il y- a de plus nécessaire, parce 
qu'il travaillait à un traité de composition dans 
lequel il avait dessein d'expliquer toutes les rè- 
gles plus au long. Ce travail plus étendu n'a 
pas paru. Le petit traité d'accompagnement a 
été publié ensuite sans date à Amsterdam et 
séparé des pièces d'orgue ; Ballard a donné aussi 
séparément une édition du môme ouvrage. Les 
pièces d'orgue de Boyvin consistent en préludes, 
tugues, duos et trios à plusieurs claviers. L'har- 
monie en est très-pure, et le style, quoique vieux, 
y est supérieur à celui de toutes les pièces d'or- 
gues qui ont été publiées plus tard en France. 
Les mélodies sont dans le goût de Lulli ; mais 
riiarraonie est remplie de ligatures et de cadences 
û'inganno d'un fort bon effet. La fugue est la 
seule partie faible de ces pièces ; Boyvin n'en con- 
naissait pas le mécanisme. 

BOZAN (Jean -Joseph)» bon musicien et pas- 
teurà Chraustowicz en Bohème, a publié un beau 
livre de chants d'église, avec de belles mélodies 
en langue bohémienne, sous ce titre : Slawicek 
Bo(jsky-To gcst Kancyonal, a nebo kniha 
pjsebnj. Wytisstemj iv Ilradoy Krà lewé nad 
Labem. Wacvalwa l'y belly, 1719. L'auteur 
était fort âgé quand cet ouvrage a paru. 

BOZIO ( Paul ), compositeur de l'école ro- 
maine, vécut dans la seconde moitié du seizième 
siècle. Il fut un des maîtres qui dédièrent à Pa- 
lestrina, en 1592, un recueil de psaumes à cinq 
voix, de leur composition. 

BRACCÎiXl (.Louis), maître de chapelle, né 
à Florence en 1754, mort en 1791, fut élève du 
P. Martini. On cite de lui un Miserere à quatre 
voix a cappella, et un Viclimœ paschali, comme 
des morceaux de premier ordre dans le genre 
scientifique. Il a aussi composé des Trios pour 
deux soprani et tenore. Aucune de ces compo- 
sitions n'a été gravée. L'abbé Santini, de Rome, 
possède aussi quelques autres compositions de ce 
maître, en manuscrit. 

BRACCINO DA TODI ( Antoine ) , pseu- 
donyme sous lequel a été publié un discours qui 
contient une critique acerbe des inventions har- 
moniques de Claude Monteverde. Jules-César 



Monteverde, frère du compositeur Ot une réponse 
k cette critique, dans une lettre placée à la fin des 
Scherzi musicali a tre voci qui furent publiés 
à Venise, en 1G07. On y voit que le nom de 
i>?-flCcaio était supposé. Une réponseàcette lettre 
parut ensuite sous le même pseudonyme avec le 
titre : Discorso secondo musicale di D.Antonio 
Braccino da Todi pcr la dichiaratione délia 
leltera posta ne' scherzi musicali del Siff. 
Claudio Monteverde . In Venezia, oppressa Gia- 
como Vincenti, 160S,in-4o de 8 feuillets. M. Gas- 
pari, artiste et savant distingué de Bologne, qui 
a fait beaucoup de recherches pour se procurer 
le premier discours, n'a pu le découvrir. U con- 
jecture que Jeau-3Iarie Artusi est l'auteur de ces 
deux écrits; ce qui est assez vraisemblable. 

BRACK (Charles de), ancien administrateur 
des douanes, naquit à Valenciennes vers 1770. 
Nommé administrateur des douanes à Marseille, 
en 1801, il a publié dans les mémoires de l'Aca- 
démie de cette ville (t. II, 1804) : Fragment 
dhm ouvrage anglais sur l'état présent de la 
viusique en Europe. Ce fragment était extrait 
de sa traduction française des voyages musicaux 
de Burney. Ayant été envoyé à Gênes pour y 
remplir les fonctions de directeur des douanes, 
il y publia cet ouvrage, en 1809 et 1810, sous le 
titre: De l'état présent de lamusiquecn France, 
en Italie, dans les Pays-Bas, en Hollande et 
en Allemagne, ou Journal de voyages faits 
dans ces différents pays avec l'intention d'y 
recueillir des matériaux pour servir à l'his- 
toire générale de la musique, 3 vol in-S". Cette 
traduction est fort mauvaise : pour la faire, M. de 
Brack ne savait pas assez bien la musique, il est 
évident d'ailleurs qu'il n'avait qu'une connais- 
sance imparfaite de la langue anglaise, et qu'en 
beaucoup d'endroits il n'a pas saisi le sens de son 
auteur. En 1812, il aaussi donné une traduction 
de la dissertation d'Auguslin Perotti {voy. ce 
nom ) sur l'état de la musique en Italie. Retiré 
des emplois publics, M. de Brack vint à Paris, 
où il s'occupait de la traduction française de 
l'histoire générale de la musique de Burney. 
Il élaitchevalier de la Légion d'honneur, membre 
des Académies de Marseille et de Nîmes, et de la 
Société royale des sciences de Gœltingue. Il est 
mort en 1841. 

BIIADE (Guillaume), musicien anglais, se 
fixa à Hambourg au commencement du dix- 
septième siècle. Il parsît que son instrument 
était la viole, car il se donne la qualification de 
violiste, aux titres de ses ouvrages. On connaît 
des recueils de pièces instrumentales à quatre, 
cinq et six parties , sous les titres suivants : 
r ISetie ausserlcsene Paduanen , Galtiarden . 

4. 



52 



BRADE — BRAHAM 



Canzonetten, etc.; Hambourg, 1609, in-4''. — 
2° Neue ausserlesene Paduancn und Gagliar- 
den mit 6 Stimmen; ibid. 1614, in-4°. — 3° Neue 
lustige Volten, Courmvten, Balletten, Padua- 
ncn, Galliarden, etc., mit 5 Stimmen; Franc- 
fort-su r-l'Oder, 1621, in-4°. 

BRAETTEL (Ulkic), coutrepointiste et 
secrétaire du duc de Wurtemberg, Técut dans la 
première moitié du seizième siècle. Un livre de 
ses motets a été publié à Augsbourg en 1540. 
On trouve aussi des pièces de sa composition 
dans les recueils dont voici les titres : 1° Selec- 
tissimae nec non familiarissimx cantiones 
nltracentum vario idiomatevocutn, tum mul- 
tiplicium quam etiam paucnrum. Fugx quo- 
que ut vocantur, a sex usque ad duas vo- 
ces, etc.; Augustx Vindelicorum , Melchïor 
Kriestein excudebat, 1540. — 2" Concentus 
octo, sex, Iquinque et quatuor vocum omnium 
jucundissirni nuspiam antea sic sediti;Au- 
gustœ Vindelicorum, Philippus Vhlhardus ex- 
cudebat, 1545, petit in^oobl. — 3» Tomus se- 
cundus psqlmorum selectorum quatuor et 
quinque vocum; Norimbergœ, apud Jo. Petreium, 
1539. 

BRAEDER (Charles), né à Francfort-sur- 
Je-Mein, était en \%'Mcantor à Werdau. lldiri- 
)^ea la (ête musicale de Zwickau, en 1836. On 
connaît de sa composition le psaume XV, pour 4 
voix et orchestre, Leipsick, Breitkopfet Haertel, 
et le psaumeXXlII, idem., ibid. Braeuer est aussi 
auteur d'un traité élémentaire de chant à l'usage 
des écoles, intitulé -. Leitfaden beim ersten Un- 
terricht im Singen nach Noten (Guide pour 
l'enseignement du chant d'après les notes, etc., 
Altenbourg, Helbig, 1837. Cette édition est la 
deuxième : je ne connais pas la dale de la pre- 
mière. 

BRAEUMICH (Jean-Micuel), ou BREU- 
NIC'H, maître de chapelle à Mayence, dans la pre- 
mière moitié du dix-huitième siècle, a composé et 
fait imprimer, en 1736, six messes à quatre voix, 
avec accompagnement de deux violons, viole, 
deux trompettes et basse continue, in-fol. En 
1723, il avait été invité à se rendre à Prague, 
pour assister à la représentation de l'opéra Cos- 
tanzae Fortezza, qui fut joué à l'occasion du 
couronnement du roi de Bohême. Ce fut pour 
cette ville qu'il écrivit son oratorio intitulé : 
Pœnitentia secunda post naufragium tabu- 
la, etc., qui fut exécuté en 1733. Deux ans après 
il (ut engagé comme maître de chapelle au ser- 
vice de l'électeur de Saxe, roi de Pologne. En 
1748, il fit représenter à Varsovie son opéra Mo- 
derazione nclla gloria. Depuis cette époque, on 
ignore quel a été le sort de Biaeimicli. 



I BRAGAIMTI (François), célèbre «hanleur, 

I né à Forli, brilla sur les théâtres d'Italie depuis 

j 1700 jusqu'en 1720. 

I BRAHAM (Jean), célèbre chanteur, dont le 
nom véritable est Ji»j'a^am, estnéà Londres, vers 
1774, d'une famille Israélite. Orphelin dès ses 
premières années, il fut confié aux soins deLeoni, 
habile chanteur italien, qui lui fit faire des études 
de solfège. A l'âge de dix ans, il fit son premier 
début au théâtre royal, dans un rôle d'enfant : sa 
voix avait tant d'étendue et de sonorité, qu'il 
pouvait chanter avec facilité plusieurs airs de 
bravoure qui avaient été composés pour M'"^ 
Mara. Mais l'époque du changement de voix ar- 
riva et l'empêcha de continuer ses débuts : mal- 
heureusement ce fut précisément au moment 
où Leoni fut forcé de s'éloigner de l'Angleterre à 
cause du mauvais état de ses affaires. Braliam 
se trouva donc une seconde fois dans l'abandon. 
Son talent et sa bonne conduite lui procurèrent 
un asile dans la famille de Goldsmidt. Protégé 
par cette maison respectable, il devint professeur 
de piano. Sa voix commençait à reprendre du 
timbre lorsqu'il rencontra le célèbre flûtiste Ashe, 
dans une réunion musicale : celui-ci lui conseilla 
d'accepter un engagement pour la saison sui- 
vante à Bath; Braham y consentit, se rendit 
dans cette ville, et y fit son début, en 1794, 
dans les concerts dirigés par Rauzzini. Ce grand 
rrmsicien connut bientôt tout ce que présentait 
de ressources une voix et une intelligence musi- 
cale telles que celles de Braham ; il se chargea 
de lui donner des leçons, les continua pendant 
trois ans, et vit ses soins couronnés par le plus 
grand succès. 

Au printemps de 1790, Braham fut engagé 
par Storace pour le théâtre de Drury-Lane ; il 
y chanta dans l'opéra de Mahmoud, et reçut 
du public les applaudissements les plus mérités. 
Dans la saison suivante il parut au théâtre ita- 
lien : ses succès prirent chaque jour plus d'é- 
clat. Mais peu satisfait de lui-même, tant qu'il 
lui restait quelque chose à apprendre , il se dé- 
termina à voyager en Italie, pour se perfectionner 
dans l'art du chant. Arrivé à Paris, il s'y ar- 
rêta pendant environ huit mois, et y donna des 
concerts qui eurent une vogue extraordinaire, 
malgré le prix élevé des billets. Le premier en- 
gagement qu'il accepta en Italie fut à Florence. 
De là, il alla à Milan et à Gênes. IN séjourna 
quelque temps dans cette dernière ville, et y étu- 
dia la composition sous la direction d'Isola. 
Pendant qu'il était à Gênes, il reçut plusieurs 
propositions de la part des directeurs du théâtre 
de Saint-Charles àNaples; mais l'état de Irouble 
où était alors ce royaume les lui fit toutes rejeter» 



BllAUAM — BllAMBlLLA 



S3 



Il se dirigea vers Livourne, Venise, Triesle, et 
enfin se rendit à Hambourg. 

Sollicité \ivementde retourner dans sa patrie, 
il rompit les engagements qu'il avait à Milan et à 
Vienne, et débuta, en 1801, au théâtre de Covent- 
Garden dans l'opéra The Chaim qf the Heart, 
de Reeve et Mazzinghi. Depuis cette époque il 
a toujours continué à occuper le premier rang 
parmi les chanteurs anglais : nul n'a jamais 
chanté aussi bien que lui la musique de Hsendel, 
et particulièrement l'air Deeper and deeper slill, 
dans lequel il arrachait des larmes de tous les 
auditeurs. 11 a joué au théâtre du Roi depuis 
1806 jusqu'en 18 16, avec M""" Billington,Grassini 
et Fodor. En 1809, il fut- engagé au théâtre 
royal de Dublin, avec des avantages qui n'a- 
vaient été accordés 1 à personne (deux mille li- 
vres sterling pour quinze représentations). Ce- 
pendant, le directeur fut si content de son mar- 
ché, qu'à son expiration il en contracta un autre 
pour trente-six représentations, au même taux. 

Après qji'il eut perdu sa voix, Braham con- 
serva longtemps encore la faveur du public, 
parce qu'il reprf'seutait presque seul tout le 
chant de l'Angleterre, et parce que les Anglais 
sont fidèles à leurs vieilles admirations : do là 
vient que les directeurs de Drury-Lane et de 
Covent-Garden engageaient souvent ce chanteur, 
et lui accordaient des appointements très-élevés, 
bien qu'il clxintàt d'une manière ridicule dans 
les derniers temps. Il ne chantait plus qu'a- 
vec de pénibles efforts quand je l'entendis à 
Londres, en 1829; néanmoins il était encore en- 
gagé aux festivals de Manchester et de York, en 
1835 et 183C. Braham est cité comme com- 
positeur agréable : il a écrit beaucoup d'airs 
fort jolis; sa Death of Nelson (La mort de 
Nelson) est devenue populaire. Il a écrit aussi 
plusieurs opéras parmi lesquels on remarque ; 
r The Cabinet. — 2° The English Fleet. — 3° 
Thirty Thousand. — 4° Out of place. — 5" Fa- 
mily Quarrels. — 6° The Paragraph : Kaes. 
—1° Americans. —8° TheDeviVs Bridge.—^" 
FaUe Alarms.—XQo Zuma.—i i" Navensky, etc. 
Braham est mort à Londres, le 17 février 1856, 
à l'âge de quatre-vingts ans. Son décès avait été 
annoncé plus de vingt ans auparavant dans les 
journaux , et j'avais copié cette erreur dans la 
première édition de ce livre. 

BRAIÏMS (Jean), fils d'un contrebassiste 
du théâtre de Hambourg, est né dans cette ville 
le 7 mars 1833. Après avoiremployé ses premières 
années à l'étude élémentaire de la musique, il 
devint élève de Marxsen {voy. ce nom) à 
l'âge de douze ans. Ses progrès sur le piano 
furent si rapides, que dès 1847 il put doaner 



des concerts et s'y faire applaudir dans les 
morceaux les plus difficiles des artistes contem- 
porains, ainsi que dans les œuvres classiques des 
grands maîtres. Ses rares dispositions pour la 
composition se manifestèrent bientôt après par 
la publication d'un grand nombre de morceaux 
de piano, au nombre desquels on remarque plu- 
sieurs grandes sonates, trois trios, deux quatuors, 
un grand Scherzo et un recueil de romances 
avec accompagnement de piano,- ouvrages qui 
ont paru à Hambourg et dans plusieurs autres 
villes de l'Allemagne. En 1853 il entreprit un 
voyage avec le violoniste hongrois Riminzy; mais 
il ne tarda pas heureusement à se séparer de 
cette espèce de vagabond, dont le talent est fort 
extraordinaire, mais" dont les habitudes ne pou- 
vaient plaire à un jeune artiste bien né. Toute- 
fois, les occasions que Brahms eut de se faire 
entendre en public et de faire connaître ses pro- 
ductions, dans cette excursion, lui donnèrent une 
célébrité hâtive. Liszt, Joachim, et d'autres ar- 
tistes renommés exprimèrent l'étonnement qu'il 
leur avait inspiré en termes admiratifs, et Ro- 
bert Schuraann, dans un excès d'enthousiasme 
qui sans doute était le précurseur du dérange- 
ment de sa raison, écrivit dans le 18'"e nu- 
méro du 39^ volume de la nouvelle gazette mu- 
sicale de Leipsick (Neue Zeitschrift/ûr Musik), 
un article extravagant dans lequel il affirmait 
que Brahms est le Mozart du dix-neuvième siècle. 
De pareilles appréciations, à l'aurore de la vie 
d'un artiste, sont toujours sans valeur; il faut 
que lacarrièreaitété remplie pourque la critique 
ait la mesure du talent et du génie. Ce qui peut 
ôtre dit de Brahms aujourd'hui, c'est que ses 
premières productions ont de la fantaisie et 
qu'elles indiquent chez leur auteur une rare in- 
telligence musicale. 

BRAMBILLA ( Paul), compositeur drama- 
tique, est né à MHau, suivant l'almanach théâ- 
tral de cette ville, intitulé : Série chronologica 
délie rappresentazioni dramadco-panlomi- 
miche, etc. ; mais, si je suis bien informé, cet ar- 
tiste est fils d'un médecin italien au service de l'em- 
pereur d'Autriche; il est né à Vienne et a suivi 
son père à Milan, lorsque celui-ci a perdu ses 
emplois. Quoi qu'il en soit, il a fait représenter au 
théâtre Re de. cette ville, en 1816, un opéra qui 
avait pour titre : H Barone burlato, et qui fut 
suivi de VIdolo \Birmanno. Précédemment il 
avait écrit VApparenza inganna, opéra-bouffe 
qui obtint quelque succès. Ricordi en a- publié 
l'ouverture pour le piano. En 1819 il donna à 
Turin II Carnevale di Venezia, qui réussit. Cet 
artiste a écrit aussi la musique de plusieurs bal- 
lets pour le théâtre de La Scala et autr«, ainsi 



54 



BUAMBILLA - BKANCACCIO 



que des divertissements pour le Casino des nobles 
et ia société del Giardino. Enfin, on connaît de 
lui: 1° Six ariettes italiennes, op. 1 ; Vienne, Ar- 
taria. — 2° Romances avec accompagnement de 
piano, op. 2, 3 et 4 ; ibid. — 3° Cinq ariettes ita- 
liennes, op. 5; ibid. — 4" Romances avec accom- 
pagnement de piano, op. G et 7; ib. — 5° Ro- 
mances, Id., op. 9 ; Vienne, Mecbetli. Crambilla 
fut le père d'une famille d'artistes. Sa fille ainée 
(Amaiia), qui devint la femme du ténor Verger, 
eut quelque talent comme cantatrice. En 1830 , 
elle était à Vérone. Deux ans après, elle obtint 
des succès au tiiéâtre Carignano, à Turin ; puis 
elle se rendit en Espagne, et clianta au tbéâtre de 
Barcelone en 1835. Elle s'est retirée de la scène 
en 1842. La deuxième fillede Rrambilla (Emilie) 
suivit aussi la carrière dramatique, mais ne s'é- 
leva pas au-dessus du médiocre. Elle s'est aufsi 
retirée du tbéâtre en 1842. La plus jeune des trois 
sœurs (Erminie) fut la plus remarquable par le 
talent. Elle possédait une belle voix de mezzo-so- 
prano et chantait avec expression. Elle cbanta 
avec succès sur plusieurs grands théâtres, parti- 
culièrement à Florence, à Milan, et plus tard à 
Palerme, où elle se trouvait en 1847. .^nnibal 
Brambilla, (ils aîné de Paul, fut un ténor de se- 
cond ordre : il chanta à Ancône en 1838-, à Mi- 
lan dans la même année, à Plaisante et à Rome 
en 1839, à Barcelone pendant quatre ans , puis 
retourna en Italie. Ulysse, son frère , fut basse- 
chanlante et ne parut que sur de petits théâ- 
tres avant qu'il se rendit en Espague , où il fut at- 
taché au théâtre de Valence. Il épousa la canta- 
trice Gaziello. 

BRAMBILLA. Cinq sœurs de ce nom, qui 
n'appartiennent pas à la famille précédente, ont 
brillé comme cantatrices depuis 1830. Elles sont 
nétis kCassano-sopi-a-l'Adda, bourg à six lieues 
de Milan, Vainée {Mariet(a), grande musicienne 
et artiste née, possédait une très-belle voix de 
contralto, et chantait avec une expression tou- 
chante. Elle tlébuta dans la carrière dramatique 
à Novarre en 1828, à l'âge d'environ 21 ans. En 
1829, elle succéda à la célèbre cantatrice Judith 
Pasta au théâtre Carcano, de Milan, et y com- 
mença sa renommée. Depuis lors elle a brillé sur 
les scènes principales de l'Italie, à Milan parti- 
culièrement, où elle fut rappelée en 1833, 1834, 
1837, 1839 et 1842; à Vienne, où elle chanta 
pendant quatreannéesconsécutives (1837 à 1841), 
à Paris, où elle obtint de grands succès en 1835 
et 1845, et à Londres en 1844. Mariette Brambilla 
se distingua aussi connue professeur de chant, et a 
publié des exercices et vocalises pour voix de so- 
prano, en deux livres, qui sont très-esfimables; 
Ricordi les a publiées à Milan. On a aussi de 



sa composition un recueil de cinq aricKes, un 
petit duo avec accompagnement de piano. Milan, 
Kicordi, et un autre recueil de mélodies italiennes 
\n\!\U\\é Souvenirs des Alpes, ibid. 

Thérèse Brambilla, sœur de Mariette, s'est fait 
aussi la réputation de cantatrice distinguée. 
Elle commença sa carrière dramatique en 1831 
sur quelques petits théâtre-s. En 1833 elle chanta 
avec succès à Milan, où elle fut rappelée en 1836 
et en 1840. En 1837 elle était à Tuiin, et dès 
lors elle fut recherchée par tous les entrepreneurs 
de théâtres d'Italie. Venise, Florence, Livourne, 
Lucques, Rome, Naples, l'applaudirent tour à 
tonr. A Rome l'estime qu'on avait pour son ta- 
lent la fit nommer membre de l'Académie de 
Sainte-Cécile. Après im séjour de deux années 
en Espagne, elle chanta avec succès à Paris, en 
1846; puis elle retourna en Italie. 

Anuette, sœur des précédentes, s'est fait aussi 
applaudir sur les théâtres de quelques grandes 
villes, telles que Milan, où elle chanta dans les an- 
nées 1833 et 1837, Venise, Turin, Florence et 
Barcelone. 

Joséphine Brambilla, quatrième sœur de cette 
famille, a débuté à Trieste, eu 1841, puis a chanté 
à Rome, et enfin à Barcelone dans les années 
1842, 43 et 44. Postérieurement, on n'a plus de 
renseignements sur sa personne. 

La plus jeune des cinq sœurs ( Laure), a chanté 
au théâtre de Pise en 1844. C'est tout ce que je 
sais sur elle. 

BRAIVIINI (Jacques), né à Rome vers 1640, 
eut pour maître de chant et de contrepoint Ho- 
race Benevoli. Après avoir terminé ses études 
musicales, il obtint la place de maître de cha- 
pelle à Sainte-Marie délia consolazione, dans 
sa ville natale. Sa santé déplorable, qui était la 
suite de sa constitution difforme (il était mons- 
trueusement bossu), le tint dans un état de con- 
tinuelles souffrances, qui ne cessa qu'à sa mort, 
en 1674. Bramini s'est distingué comme son maî- 
tre par des com-positions à 8, 12 et 16 voix. Elles 
se conservent en manuscrit dans les archives de 
plusieurs .églises de Rome. 

BR ANCiVCCIO ( Antoine ), compositeur, né 
à Naples en 1819, a fait ses étodes musicales 
au Conservatoire de cette ville. Il est au nombre 
de ces jeunes artistes italiens de l'époque actuelle 
qui produisent avec ra|)idilé des opéras de peu 
de valeur, lesquels disparaissent de la scène avec 
non moins de célérité. Son début se fit au car- 
naval de 1843 par l'opéra 7 Panduri, qui lut 
représenté au théâtre Nnovo, à Naples. Peu de 
temps après il donna au même théâtre l'opéra 
bouffe intitulé IlMorlo cdil l'n'o. En 1844, son 
ojiéra VAsscdio di Constantina fut joué au 



BRANCACCIO — DRAND 



55 



pclit tlitiâtre de polichinelle appelé La Fenice. 
JlPunfiglione,i}pcrà bouffe, qu'il donna en 1845, 
au tlu'ûtre Nuovo, eut une chute complète, mais 
le compositeur fut plus heureux avec L'in- 
cognila, ossia dopo 1 5 a/un, qui fut joué au théâ- 
tre i^e?i «ce en 1846. Postérieurement il a fait jouer 
Rosmunda, Le Sarte calabresi, l'opéra en dia- 
lecte napolitain / duje vastasi di porto, Lilla, 
Fraricesca di Rlmini, etc. 

BHAA'CIIE (Charles- Antoine), né à Yer- 
non-sur-Seine, en 1722, a été premier violon delà 
Comédie italienne pendant trente ans. Il a fait 
graver à Paris six sonates pour violon seul, 
liv. 1*"", lesquelles ont paru en 1749. 

BRANCHU ( Aiexandrine-Caroline ), con- 
nue d'abord sous le nom de M'e Chevalier, 
parce qu'elle était de la famîHe des Chevalier de 
Lavit, naquit au cap Français, le 2 novembre 
1780 (1). Conduite à Paris dans sa jeunesse, elle 
fut admise comme élève au Conservatoire, au 
mois de juin 1796. Deux ans après, elle y rem- 
porta le premier prix de chant, et le premier 
prix de déclamation lyrique lui fut décerné 
en 1799. Ses études terminées, elle entra au 
théâtre Feydeau ; mais le caractère de son ta- 
lent ayant plus d'analogie avec le grand opéra, 
elle rompit son premier engagement, et débuta 
h l'Académie royale de musique, en 1801, par 
le rôle de Didon : son triomphe fut complet. 
Toutes les qualités se trouvaient réunies en elle 
pour le genre qu'elle venait d'adopter : la puis- 
sance, l'étendue delà voix, un large et beau mé- 
canisme du chant, un sentiment expressif et 
dramatique; enfin, un jeu de physionomie intel- 
ligent et passionné, tels étaient les avantages par 
lesquels elle conquit tout d'abord la faveur du 
public. L'impression qu'elle produisait était irré- 
sistible dans sou rôle de début, dans ceux à'Al- 
cesie, de La Vestale, d'Ipermnestre dans les 
Danaïdes, etc. Quels que fussent ses succès , 
elle ne les considéra jamais que comme des en- 
gagements pris envers le public : ses études ne 
se ralentirent pas , et jusqu'à la fin de sa car- 
rière théâtrale, elle reçut des conseils de Ga- 
rât, qui lui avait transmis ses belles traditions. 
Admise à la retraite au mois de mars 1826 , 
elle joua pour la dernière fois le rôle de Statira 
à la première représentation de la reprise d'O- 
lympie, ouvrage de Spontini, le 27 février de la 
même année. File avait épousé le danseur Cran- 
Ghu, qui mourut aliéné. En 1830, elle se retira à 
Orléans et y vécut pendant plusieurs années ; 

(I) C'est par erreur qu'on a fait n.iitre M"'<= Branchu à 
Paris en 178î, dans la Biographie portative des contem- 
porains. J'ai tiré mes renseignements des registres de 
l'ancien conservatoire de Paria. 



plus tard elle revint dans son ancienne maison 
de Passy, près de Paris, où elle est décédée le 
14 octobre 1850. Mal informes, les journaux 
avaient annoncé sa mort au mois de mai 1846. 

BR ANCl ( Jean ), compositeur, né à Argenta, 
au territoire de Ferrare, vers la fin du seizième 
siècle, est auteur d'un œuvre qui a pour titre : 
Primo libro de' sacriconcentï a 2, 3, 4 e 5 voci, 
con le litanie délia Beata Virgine ai, b et 6 voci 
Venise, Bart.Magni, 1619, in-4<'. 

BRAMCIARDI ( François ), maître de cha- 
pelle de la cathédrale de Sienne , dans les pre- 
mières années du dix-septième siècle, s'est fait 
connaître par un ouvrage qui a pour titre : Mis- 
sarum 4eï8 vocibus liber primus ; Venetiis, 
apud Angelum Gardanum, 1609, in-4°. 

BRA1\CIF0RÏE ( Jérôme ), comte de Ca- 
merata, et chevalier de l'ordre d'Alcantara, na- 
quit à Palerme, vers le milieu du dix-septième 
siècle. 11 cultiva la poésie et la musique comme 
amateur, et publia un recueil de ses compositions 
sous ce titre : Inftdi lumi, Madrigali a cinque 
voci; Palerme, 1693, in-4° ( voy. Mongitori , 
£ibl. Sic, t. I, p. 274 ). 

BRAJ\D (GottloeFrédéric), néà Arnstadt, 
le S mai 1705, fut un virtuose d'une habileté ex- 
traordinaire sur la trompette. Il brillaitsurtoutpar 
la douceur de son jeu dans l'accompagnement du 
chant. Après avoir été au service de plusieurs 
princes d'Allemagne, il se fixa à la cour du duc de 
Saxe-Meiningen. 

BRAXD ( Jean-Jacques ), directeur de mu- 
sique à Sarrebrouck, a publié en 1755, à Nurem- 
berg, trois suites de pièces de clavecin, in-4". Un 
autre musicien de ce nom, dont les prénoms ont 
pour initiales les lettres A. C, a fait paraître à 
Vienne, en 1793, Cavatinacon variationi dell' 
opéra Axur, péril clavieembalo, 

ËRAI^D. Trois guitaristes de ce nom sont 
connus. Le premier (Alexandre) a publié des valses 
pour une guitare seule, et un quatuor brillant pour 
v.iolon principal, chez le même éditeur. C'est pro- 
bablement le même àqui l'on doit trois duos pour 
deux violons, Offenbach, André, et trois sonates 
faciles et brillantes pour le môme instrument, 
livre I", Mayence.Schott. Le deuxième (J. P. de 
Brand) estauteur d'une sonate pourguitare et vio- 
lon, Leipsick, Bieitkopf et Haertel. Le dernier 
(Frédéric) a fait paraître des thèmes variés pour 
guitare seule, œuvres 3, 7 et 8, Paris, Pacini, 
et Mayence, Schott ; des pièces faciles et des valses 
pour cet instrument, ibid., et quatre recueils de 
chansons allemandes, avec accompagnement de 
guitare. Celui-ci s'est aussi fait connaître comme 
compositeur pour le piano par une cavatine 
variée, Manheim et Francfort. Il avait épous«î 



55 



BRA^yD - BRANDL 



M"* Danzi, de Manhcim, et vivait à Francfort en 
1816. J'ignore quel est celui de ces trois artistes 
quiapubliéàLeipsick une méthode pourla gui- 
tare sous le titre de Guïtarschule. 

BRAiVD (NoNos), né à Wasserboiirg, entra 
dans l'ordre des liénédiclins à Tegernsée, en Ba- 
vière, après avoir fait de bonnes études littéraires 
et musicales. Son talent sur Torgue, dans la ma- 
nière de Bach, était très -remarquable. 11 fut 
nommé organiste de son couvent. On connaît des 
messes et des chansons à quatre voix de sa com- 
position dans lesquelles on remarque de l'expres- 
sion et un chant gracieux. Il passa la plus grande 
partie de sa vie à enseigner la musique et la lit- 
térature dans l'école de son couvent. Ayant passé 
de là à Freising, il y mourut d'apoplexie, en 1793. 

BRAND(WAi,TnER), violoniste distingué, est 
né en 1811, à Rudolstadt, où son père était mu- 
sicien de chambre du prince régnant. Après avoir 
fait ses études comme violoniste sous la direc- 
tion de Spohr, dont il a ado[»té le style (l'exécu- 
tion, il est entré dans la chapelle de Rudolstadt, 
en 1831. Quelques années plus tard, il a fait plu- 
sieurs voyages avec le violoncelliste De Roda. De 
retour à Rudolstadt, il y a été chargé de la direc- 
tion de la Société de chant, pour laquelle il a écrit 
des Lieder à j)lusieurs voix. Ses compositions, 
dans le genre romantique, n'ont pas élé publiées 
iusqu'au moment où cette notice est écrite. 

BRAND ( M. GoTTLiEB ), directeur de la 
Ijedertafel ( Société de chant ) à Wurzbourg, 
est né en Bavière, vers 181-8. Il a fauexécuter à 
Wiirzhourg une ouverture à grand orchestre de 
sa composition, et a publié un trio pour piano, 
violon et vroloncelle, op. 1 ; Vienne, Haslinger. 

BRANDAUouBRANDOW ( Jian-Geor- 
CES ), musicien allemand, qui florissait dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle, a fait im- 
primer une collection de psaumes sous ce titre : 
Psalmodia Davidis, tvorin aile Psalmen Da- 
vids nach franzœsischer Melodey gesetzt, 
nesbt Mart. Luther s und anderer Psalmen 
und Gesxnge in Zweystimmige riclilige Par- 
titur und zulxssige Transposition gebracht : 
Cassel, 1674, in-4°. La prem.édit. decet ouvrage 
était intitulée : Davids-Harfe ; Cassel , 1665. 

BRANDEL ( Je.vn ). Voy. Brandi. 

BRAI\DE1\BURG( Ferdinand }, violoniste 
et compositeur, né à Krfurt, s'est fixé à Leipsick 
vers 1838. 11 y a fait représenter, en 1847, un 
opéra sous ce titre : Die Belagerung von Solo- 
turn (Le Siège de la Tour isolée). Il y a fait 
exécuter aussi, en 1844, une sorte de symphonie 
dramatique intitulée : Die Màhr von den Drey 
Insein { La Mer des Trois Iles ). On connaît de 
lui divers morceaux pour violon, entre autres une 



Rêverie pour violon et piano, op. 9; Mayence, 
Scliott ; une collection de pots-pourris, divertis- 
sements, fantaisies et rondeaux sur des thèmes 
d'opéras pour piano, en deux suites composées 
chacune de 6 livraisons, et (\esLieder. 

BRArMDENSTElIV (Cuarlotte de ), d'une 
famille noble de l'empire, naquit à Ludwigsburg, 
vers le milieu du dix-huitième siècle. Elle fut 
élève de Vogler, qui a inséré dans la septième 
livraison de son Journal de Musique une sonate 
avec accompagnement de violon, qu'elle a com- 
posée en 1780. Cette sonate a été aussi publiée 
séparément. 

BRAI\DES ( Charlotte-Guilhelmine-Fran- 
çoiSE ), lille du célèbre acteur de ce nom, naquit 
à Berlin, le 21 mai 1765. Elle brillaitau théâtrede 
Hambourg comme première cantatrice, en 1782, 
sous le nom de Mirsna, et recueillait aussi des 
applaudissements comme virtuose sur le piano, 
dans les concerts publics et particuliers. Tous 
les journaux allemands de ce temps célèbrent ses 
talens. Elle est morte à la fleur de l'âge, à Ham- 
bourg, le 13 juin 1788. Hérold a publié dans la 
même année un recueil de ses compositions : elles 
con.sistent en ariettes italiennes et allemandes pour 
clavecin et quelques autres pièces pour cet ins- 
trument. On trouve la vie de cette cantatrice dans 
\&s Annales des Théâtres de 1788, 3" livraison, 
p. .33. 

BRA1\D!SS (MARC-DiETKicnx), écrivain du 
dix-septième siècle, a publié un traité de la ta- 
blature sous ce litre : Musica Signatoria; Leip- 
sick, 1031, in-S». 

BRAADLou BRANDEL ( Chrétien), ex- 
cellent ténor, né à Carisbad en Bohême, brillait 
au théâtre national de Berlin en 1790. En 1770, il 
fut engagé comme chanteur à l'église de Sainte- 
Croix, à Prague; il occupa cette position jusqu'en 
17h3, où il entra dans la carrière du théâtre. 
En 1793, il quitta Berlin, et se rendit à Hambourg, 
où il obtint des succès. Depuis ce temps , on 
manque de renseignements sur sa personne et 
sur sa vie d'artiste. 

BRAIVDL (Jean ), directeur de musique à 
Carlsruhe, naquit en Bavière, dans le territoire 
de l'abbaye de Kohr, près de Ralisbonne, le 14 
novembre 1764. A l'âge de six ans, on lui fit ap- 
prendre léchant, le violon elle piano. 11 montrait 
peu de goût pour ce dernier instrument, el l'on était 
obligé d'employer la vioJence pour le contraindre 
à l'étudier, parce que son penchant l'entraînait 
vers le violon. Dans la suite il reconnut l'utiiifé 
du piano pour la composition. A dix ans, il fut 
admis comme élève au séminaire de Munich ; il 
y resta pendant quatre années. Ses dispositions 
pour la musique s'y développèrent, et son goût 



BRANDL — BRANDT 



57 



pour cet art tétait si vif, qu'il négligea ses autres 
études pour s'y livrer sans obstacle. Il en fut de 
même lorsqu'on l'envoya au gymnase de Neu- 
bourg sur le Danube. Déjà il (éprouvait le besoin 
de composer, quoiqu'il n'eût aucune cotuiaissance 
des procédés de l'art d'écrire. Heureusement pour 
lui, Feldmayer et Schubauer se chargèrent du 
soin de lui enseigner les règles de riiarinonie, et il 
composa sous leur direction un Miserere qui fut 
exécuté dans l'église des Jésuites. Il était alors 
dans sa seizième année. Le succès de ce morceau 
excita l'intérêt de l'abbé Gallus en faveur de 
Brandi, et ce digne moine paya les dépenses né- 
cessaires pour que le jeune artiste prtt aller étu- 
dier, à Eichstadt, le contrepoint dans l'école de 
Schlecht, Il ne jouit pas longtemps de cet avan- 
tage, car !e maître mourut, après quelques mois, 
«l'une attaque d'apoplexie. Cependant, aidé par 
Ruhm, musicien de la cour. Brandi continua de 
se livrer à la composition. Il était destiné à la 
vie monacale; mais Rulim parvint à lui démontrer 
qu'il n'était pas né pour s'ensevelir dans un cloître. 
Il suivit le conseil qu'on lui donna d'aller étudier 
à Fribourg ; mais la difliculté d'y vivre le ramena 
au couvent de Saint-Trudber.t, où il donna des 
leçons de chanta quelques jeunes gens du pays. 
Insensiblement sa réputation de violoniste et de 
compositeur s'étendit, et, après quelques petits 
voyages, il obtint le titre de maître de chapelle 
du prince de Hohenlolie Bartenstein. Il resta 
dans cette position pendant trois ans, puis 
il fut appelé à Bruchsat et enfin à Spire, par Par- 
chevêque, en qualité de directeur de musique. 
Il jouissait des avantages de cette position hono- 
rable quand le pays fut envalvi par les armées 
françaises. Brandi perdit sa place, et tomba dans 
ime profonde misère. Retiré d'abord à Sluttgard 
vers 1793, il y vécut jusqu'en 1S05, époque 
où il s'est retiré à Bruchsal. Depuis lors il est re- 
venu à Carlsruhe, où il est mort le 26 mai 1837. 
Ses compositions les plus importantes sont : 1° 
Symplionieàgrand orchestre (en ré) ; Spire, 1790. 

— 2" Sérénade pour violon obligé, deux flûtes, 
deux altos, deux corset contrebasse, op. 4 ; Heil- 
bronn, 1792. — 3" Grande sénérade pour violon, 
hautbois, violoncelle et basson obligés, deux vio- 
lons, deux cors, et basse d'accomoagnement, op. 7; 
Heilbronn, 1796. — 4° Six quatuors pourdeux vio- 
lons, alto et basse, op. 8; ibid., 1796 — 5o Six 
quintetti pour deux violons, deux altos et basse, 
op. 10 ; ibid. — 6" Six quintetti, idem , op. 11, 
liv. 1 et 2 ; Offenbach , 1797. —7° Symphonie à 
grand orcliestre ( en mi bémol ), op. 12 ; ibid. 

— 8° Quintetto pour piano, violon, alto, basson 
et violoncelle, op. 13; ibid., 1798. — 9' Quin- 
tetto pour violon, deux altos, bassou et violon- 



celle, op. 14; ibid. — 10" Quatuor pour (lûte, 
violon, alto et violoncelle, op. 15; ibid. — n» 
Sextuor (en ut) pour violon obligé, basson, cor, 
deux altos et violoncelle, op. 10; ibid., 1799. 

— 12" Six quatuors pour deux violons, alto et 
basse, op. 17, liv. 1 et 2, dédiés à Haydn; Heil- 
bronn, 1799. — 13° Grand quatuor ( en ré mi- 
neur ), op. I8;0ffenbach, 1799. — l4"Noclurne, 

[ pour deux violons et violoncelle, op. 19; ibid., 

I 1800 15" Symphonie concertante pour violon, 

violoncelle et orchestre, op. 20; ibid., 1801. 

— 16° Germania, opéra en trois actes, 1800, 
inédit. — 17' Trois quatuors pour deux violons, 
alto et violoncelle concertants, op. 23 ; Augshourg, 
1803. — 18° Poésies de Schutz mises en musi- 
que; Leipsick, Kùhnel. — 19° Symplionieàgrand 
orchestre ( en ré ), op. 25 ; Leipsick. — 20° Six 
airs avec accompagnement de piano; ibid. Brandi 
a écrit un opéra intitulé Hermann et le mono- 
drame de Uero, qui ont été représentés au théâtre 
de Carlsruhe. Parmi ses compositions, on compte 
aussi plusieurs oratorios, quelques messes, dont 
une pour quatre voix d'hommes, qui a obtenu 
des éloges dans une analyse de la Gazette mu- 
.sicale de Leipsick ( 1828, pag. 188 ), des con- 
certos pour le basson, des sextuors et quintettes 
pour cet instrument et le hautbois, des quatuors 
pour le basson et pour la flûte, des recueils de 
chansons allemandes à plusieurs voix et à voix 
seule, avec accompagnement de piano, et plu- 
sieurs autres ouvrages de différents genres. Les 
cahiers de Lieder publiés par Brandi à Spire , 
chez Bossier, sont remarquables par la beauté 
des mélodies. 

BRANDT ( Jean ), poète et musicien, né à 
Posen, en Pologne, vers 1546, fit ses premières 
études dans sa patrie, et se rendit ensuite à Rome, 
où il acheva de s'instruire dans les lettres et 
dans les arts libéraux. En 1571, il entra chez les 
jésuites, retourna ensuite en Pologne, et se livra 
à la culture de la poésie et de la musique. Ses 
compatriotes estiment beaucoup le recueil de mé- 
lodies qu'il publia à Varsovie en 1586, sous ce 
titre : Piesni latinskiei polskie z notami mu- 
zycznemi ( Chants latins et polonais mis en mu- 
sique ). La plupart des pièces de ce recueil sont 
encore chantées par les paysans de la Pologne. 
On trouve quelques mélodies de Brandt dans le 
recueil qui a pour titre : Pedagogus ostendens 
qua ratione prima artiuminiliapueris quam 
fadlUme tradi possint ; Bâle, 1 582, in-8°. 

BRANDT (Georges-Frédéric), célèbre bas- 
soniste, naquit à Spandau, le 18 octobre 1773. Il 
fut élevé à l'école de musique militaire de Pots- 
dam, et eut pour maître de basson Antoni, artiste 
distingué de cette époque. Après trois années d'é- 



>8 



BRANDI — BRAUER 



tudes dans cette école, Brandt fut i»lacé comme 
bassoniste dans im régiment de la garde royale, 
à Berlin. Là il se lia d'amitié avec Bitter, musi- 
cien de la cour, qui perfectionna son talent par 
ses conseils. Ses nouvelles études furent inter- 
rompues peu de temps après par la guerre avec 
la France, et il dut entrer en campagne avec la 
garde royale, en 1792. Après une absence de trois 
ans, Brandt rentra à Berlin, et reprit ses études, 
sous la direction de Ritter. Le roi Frédéric-Guil- 
laume II, ayant voulu l'entendre, fut si satisfait 
de son talent, qu'il lui donna l'assurance d'une 
place dans sa musique; mais la mort du roi 
anéantit tout à coup les espérances de l'artiste. 
Il entreprit alors un voyage, et se rendit à Lud- 
vvigslust, où le duc de Mecklembourg-Schwerin 
lui proposa un engagement qu'il accepta, après 
avoir obtenu son congé en Prusse, le 6 mars 1798. 
En 1800 il voyagea de nouveau, visita Stettin, 
Berlin, Breslau, Dresde et enfin Munich, où il fut 
placé à l'orcliestre de la cour, en 1806. Les der- 
nières mentions qui sont faites de Brand t remontent 
à 1813.A cette époque il parcourut l'Allemagne, et 
brilla dans les concerts à Vienne et à Prague. On 
connaît en manuscrit quelques solos pour le 
basson composés par cet artiste. 

BRASPERJ\IUS ( Baltuazar ). Vojjez 
Pp.asperg. 

BUAIXIERl [ Claude), organiste et compo- 
siteur, né en Italie vers la fin du seizième siècle, 
fut attaché au service de l'archiduc Ferdinand 
( qui fut roi de Bohême sous le nom de Ferdi- 
nand II ) comme organiste, et vécut à Prague 
en cette qualité. Dans les comptes de l'archiduc 
Ernest, tenus à Prague par Biaise Hutter, son se- 
crétaire intime , on trouve cet article : « à Claude 
« Branieri, organiste de son altesse impériale 
« l'archiduc Ferdinand, pour la partition d'une 
« messe offerte au gracieux prince, 24 florins. « 
( Archives du royaume de Belgique , liasse C. 
4-D. ). 

BRASSAC (René DE BEARN, marquis de) 
amateur distingué que Vollaire a célébré dans 
son Temple du Goût , fut d'abord officier de ca- 
rabiniers, puis brigadier des armées du roi, et 
enfin maréchal de camp, en 17G9. Il a composé 
la musique de deux opéras qui ont eu du succès : 
1° L'Empire de V Amour, 1733. — 1" Léandre 
et Héro, 1 750. Le marquis de Brassac a fait graver 
à Paris un livre de cantates à voix seule. 

BRASSART ou BRASART, coutrepointiste, 
vraisemblablement né en Belgique, paraît avoir 
vécu dans la première moitié du quinzième 
siècle, et avoir été contemporain de Faugues-, de 
Régis, d'Éloy, de Cousin, et de quelques autres 
musiciens qui furent les sucesseurs immédiats de 



Dufay, de Binchois et de Dunstaple. Toutefois le 
nom de cet artiste n'est cité que d'une manière 
vague, et les renseignements sur sa vie, son mé- 
rite et ses ouvrages nous manquent. Dans la voie 
de découvertes où l'on est entré depuis quelques 
années, il est peut-être permis d'espérer que des 
manuscrits encore inconnus fourniront un jour 
des documents satisfaisants sur ces anciens com- 
positeurs, particulièrement sur celui qui est l'objet 
de cet article. Tinctoris , Glaréan, Hermann Fink 
et Ornillioparcus ne parlent pas de Brassart : Ga- 
fori le cite dans un passage du troisième livre de 
son ouvrage intitulé : Musica utriusque Cantus 
practica : « complurestamen discordantemhnjus 
« modi minimamatque semibrevem admitlebant, 
« «t Dunstable (sic), Binchoyset Dufay, atque 
« Brasart. » 

BRASSA RT (Olivier), autre musicien belge, 
vécut environ cent ans après le précédent. Il n'est 
connu jusqu'à ce jour que par un œuvre qui a 
pour titre : Il primo libro de Madrigali a quattro 
voci; Roma, per Antonio Barré, 15C4,in-4''. 

BRASSICANUS(JEAN),musicienallemand 
du dix-septième siècle, était chantre à Linz 
vers 1630. Daniel liintzier a inséré quelques pièces 
de sa composition dans le recueil intitulé : Mu- 
sikalisch-figurirte Melodien der Kirchen-ge- 
saenye,etc. ; Strasbourg, 1634, in-12. 

BRASSOLINI ( Dominique ) , maître de cha- 
pelleà Pistoie, au commencement du dix-huitième 
siècle, a consposé la musique d'un opéra intitulé 
// Trionfo deW umiltà, qui a été représenté à 
Modène, en 1707. 

BRAUCHLE (Joseph-Xavier), compositeur, 
né en Bavière dans les dernières années du dix- 
huitième siècle, vécutà Vienne vers 1820, puis se 
fixaàMunich,ets'y maria. Il y était encore en 1830. 
Sa femme, harpiste de quelque talent, s'est fait 
entendre avec succè^s à Strasbourg en 1839, et 
à Augsbourg en 1846. On connaît de Brauchie : 
1° Six chants à voix seule avec accompagnement 
de piano, op. 1 ; Vienne, Haslinger ; — 2° Baga- 
telles pour le piano, op: 2 ; ibid. — 3° Grande so- 
nate pour piano, violon et violoncelle, op. 3; 
ibid. — 4" Grand duo pour piano et violon , op. 
4; ibid. — i)0 Grande sonate pour piano seul, 
op. 5; ibid. — 6» Polonaise, romance et rondo 
pour le piano, op. 6; ibid. — 1° Deux quatuors 
pour deux violons, alto et basse, op 7; ibid. — 8° 
Un quatuor, idem , op. 8 ; Leipsick, Breitkopf et 
H.nertel. Brauchie futun des compositeurs qui mi- 
rent en musique les poésies du- roi Louis de Ba- 
vière, pour le recueil de chants exécutés par les 
membres de la Liederkranz de Munich , le 25 mai 
1829 et publiés dans cette ville chez Falter. 

BRAUER (...), pianiste devienne, vivait dans 



KIIAUER — RRALIN 



59 



f cite ville vers 1 825. On a imprimé de lui qiioli|iies 
composilions pour le piano, parmi lesquelles ou 
remarque : 1° Variations brillantes pour le piano 
sur un lliôuic liont;rois, avec accompagnement 
(le (iiiatuor; Vienne, Pciinauer. — T Ouverture 
pour le piano a quatre mains; Vienne, Artaria. 
— 3" Première polonaise brillante pour le piano 
( en /"a ) ; Vienne, Diabelli. 

liUAUER (Chrétien), a été d'abord profes- 
seur de musique à Altenbourg, en Saxe, puis 
est devenu directeur de musique île la société 
de chant, à Cliemnitz. 11 a publié un très grand 
nombre de recueils de ciiants pour 1 et 3 \oi\, 
à l'usage des écoles, à Grimma, Allenliourg et 
Cliemnitz. Son ouvrage 211""', consistant en un 
hymne (F/-ei<e each des Herrn), pour 2 chœurs 
d'hommes avec 4 voix solo, a paru en lS45à 
Cliemnitz, chez Uiicker. On a aussi de Brauer 
un petit traité élémentaire de musinue intitulé : 
Leit/aden beiin crsten Vnterrichte un Singen 
nacli ISoten ( Guide pour la première instruction 
du chant d'après les notes) ; Altenbourg, Helbig. 
Ce petit ouvrage est une sorte de protestation 
contre l'enseignement élémentaire de Natorp par 
les chiffres, qui a été définitivement abandonné 
en Allemagne depuis environ 1840. 

DRAUER (FRÉbÉnic-WiLUELM), organiste à 
"Weissenfels , né à Naumbourg, en Prusse, 
vers ISIO, fut d'abord maître d'école à Stoessen, 
près de cette ville. On a de lui des pr<ludes ( Vors- 
piele) d'orgue pour le livre choral de Hentscliel ^ 
Weissenfels, Meusel. Koerner, d'Erfurt, a publié 
desacompoistion un prélude et fugue pourl'orgue 
(en fa), et une conclusion ( pièce de sortie) 
euut. 

BRAUi\ ( Je,vin -Georges ), né à Ubtlial, 
village de la Bohème , dans la première moitié 
du dix-septième siècle, fut directeur du choeur 
de l'église Sainl-Nicolas à Éger ou Égra, vers i G60. 
Il avait écrit un livre de chant pour l'usage de 
cette église. La deuxième édition de ce recueil 
parut sous ce l'ûre : Echo hynwodia; eelestis (Echo 
de chants célestes , ou chants anciens et nou- 
vaux de l'Église catholique, pour les grandes so- 
lennités et les fêtes de l'année, etc.), Éger ; Abraham 
Lichlenthaler, 1673, in-12. Dans l'épilre dédi- 
catoire de cette édition, on voit que la îpremière 
avait paru en IC64 ; car Braun dit : « Le livre de 
« chant que j'ai fait imprimer il y a onze ans 
« ayant été épuisé, je l'ai fait réimprimer pour 
« satisfaire au désir de plusieurs âmes pieuses. « 
Ce livre est rare : un exemplaire bien conservé 
se trouvait en 1S18 au couvent de Strahow, près 
de Prague. On a aussi de Braun : Odai sacrx 1 
et ,2 vocibus cum i et 2 violinis modulatx 
etcompositx ; Œniponti, typis Mxch. Wagner i, 



1008, in-4''. A l'époque où parut cet ouvrage 
l'auteur était déjà directeur du chœur à Éger. 

BRAUN (Jean Georges),, poète allemand du 
dix-septième siècle, Uû cantor à l'église luthé- 
rienne de Ilanau. 11 a publié un traité élémentaire 
de musique en dialogue, sous ce titre : Kurze 
Anleituug znr edlcn Mnsi/;kunst in Fragen 
und Antworten ; Hanaii , 1C81 , in-8" On a aussi 
de Braun un recueil de psaumes intitulé : Cilhava 
Davidicu- Evangelica, oder Davidische Evan- 
gelische Ilarpfen ans prop/ietischen Psalm- 
Spriichen ûber die Sonn-tmd Feyer-Taegliche 
Evangclia, in Kurze heutiger Sing-Arfuhliche, 
Verse gebraclit, min in leicliter Composition, 
mit Sing und instrumental Stimmen, beneben 
einem Generalbass, clc;Giessen, 1683, in-4''. 
Wollfgang Charles Briegel, maître de chapelle du 
duc de Hesse Darmstadt a été l'éditeur de cerc- 
cueil. 

BRAUN (...) , musicien allemand , s'élablit à 
Paris eni74I, ety vivait encore en 1754 , époque 
où le P. Caffiaux écrivait son Histoire de la mu- 
sique ( voyez Cafeiaux). Cet historien en parle 
avec éloge. Braun était considéré comme un 
flûtiste de mérite. Il fit graver à Paris les ou- 
vrages dont les titres suivent : 1" Sonates à dote 
seule, premier livre. — 2° Livre de duos pour 
les musettes et les vielles. — 3° Trios pour 2 
flûtes et basse. — 4° Sonates en duos pour 2 (lû- 
tes. — 5o Sonates à flûte seule, deuxième livre. 
— 6" Sonates pour le basson. — 7° Pièces pour 
flûte seule, sans basse. — 8°. Trios pour flûte , 
violon et basse. — 9°. Concertos pour la llùle, 
op. 9. — 101 idem, op. 10. — 11° Sonates en 
duos pour 2 flûtes, livre deuxième. L'auteur de 
toutes ces productions était connu sous le nom 
de Braun le Cadet : il avait un frère aîné, flû- 
tiste comme lui , qui a publié deux livres de Trios 
pour 2 flûtes et basse. 

BRAUN (Antoine), violoniste delà chapelle 
du landgrave deHesse-Cassel,néle6 février 1729, 
fut le père des virtuoses de ce nom ( Jean , Jean- 
Frédéric, Maurice, Daniel), et de M"* Braun, can- 
tatrice distinguée. 

BRAUN (Jean), violoniste de la chapelle du 
landgrave de Hesse, naquit à Cassel, le 28 août 1758. 
Il reçut de son père les premières leçons de violon 
et de musique, et se rendit en.suite à Brunswick, 
pour y étudier la composition sous Schwanenberg, 
et le violon sous JProsch. De retour à Cassel, iJ 
fut admis dans la chapelle du prince , alors la 
plus célèbre de l'Allemagne ; mais cette même 
réunion d'artistes les plus distingués ayant été con- 
gédiée en 1786, Braun alla à Berlin, où il devint 
maître des concerts de la reine. Il occupait encore 
cette place en 1797. On a gravé de sa composi- 



60 



BRAUN 



lion trois œuvres de trios pout deux violons et 
basse, et deux concertos de violoncelle; Berlin, 
Hummel, 1792. Il avait en outre en manuscrit vingt 
concertos pour violon, onze symphonies concer- 
tantes pour deux cors; deux concertos pour se- 
cond cor; un idem pour premier; deux idem 
pour basson; un idem, pour 11 ûte, et un, idem, 
])0ur violoncelle. Cet artiste a écrit aussi la mu- 
sique d'un ballet intitulé : Les Bergers de Cy- 
t Itère. 

BRAUN (JEAN-FREDÉnic), frère du précédent 
et deuxième fils d'Antoine, naquit à Casse), le 
15 septembre 1759. Il étudia le Uautbois sous la 
direction de Barth, et devint un des plus habiles 
artistes de l'Allemagne sur cet instrument. Il ex- 
cellait surtout dans l'exécution de l'adagio. Le 
landgrave de Hesse-Cassel ayant remarqué les 
heureuses dispositions de ce jeune artiste et les 
progrès qu'il avait faits en peu de temps, l'en- 
voya à Dresde pour y perfectionner son talent 
sous la direction de Besozzi. Après avoir suivi 
pendant un an les conseils de ce maître célèbre, 
Braun quitta Dresde, et entra dans la chapeJledu 
duc de Alecklembourg-Schwerin, en 1782. Le 
style de Besozzi , comme celui des meilleurs 
hautboïstes de son temps, consistait en un jeu bril- 
lant et orné; Braun s'en fit un autre, dont l'ex- 
pression et la belle manière de chanter formaient 
la base. C'est par ces qualités que Braun mérita 
d'être considéré comme le chef d'une nouvelle 
école de hautbois. Il a écrit une grande quantité de 
concertos , de trios et de quatuors pour son ins- 
trument, qui sont restés en manuscrit dans les 
archives de la chapelle du ducdeMecklembourg- 
Schwerin. BraunestmortàLudwigslust,lel5sep. 
Icmbre 1824, dans la matinée de l'anniversaire de 
sa naissance, à l'âge. de soixante-cinq ans. Parmi 
ses meilleurs élèves , on compte ses deux fds. 

BRAUJV ( Maurice ), frère des précédents et 
troisième fds d'Antoine, né le 1" mai 1765, entra 
vers 1790 dans la chapelle du prince évêque de 
Wiirzbourg, en qualité de bassoniste. Il était 
compté comme un des plus habiles de son temps 
pour son instrument. Cependant il était inférieur 
il ses frères. 

BIIAUN (Daniel), quatrième fils d'Antoine, 
violoncelliste et élève de Duport l'aîné, naquit 
à Cassel, le 24 juillet 1767. Il était déjà musicien 
de la chapelle du roi de Prusse en 1792. Il a été 
considéré comme un artiste distingué, et son 
maître avait beaucoup d'estime pour son ta- 
lent. 

BRAUN (M"^), sœur des précédents, naquit 
à Cassel le 22 octobre 1762. Elle brillait égale- 
ment comme cantatrice et comme virtuose sur 
la mandoline et le piano. Elle était, en 1797, 



femme de chambre de la duchesse de Gotha 
et avait épousé le conseiller Hamberger. 

BRAUN (M™^), femme de Jean-Frédéric, fut 
une cantatrice distinguée. Son nom de famille 
était Kunzen; elle était sœur du compositeur 
de ce nom, maître de chapelle du roi de Dane- 
marck. Elle fut attachée pendant plus de vingt 
ans au service de la chapelle du duc de Mecklem- 
bourg-Schwerin, à Ludwgslust. 

BRAUN (Georges), comédien allemand, né 
à Eichstaedt dans la seconde moitié du dix-hui- 
tièmesiècle, a composé la musique de troisopéras 
représentés au théâtre deGotha, depuis 1789 jus- 
qu'en 1796.11s avaient pour titres : V Julie. — 
'2" Der neue Herr (le Nouveau Seigneur); — 
3" Die Jubel-Hochzeït (le Jubilé de Mariage). 

BRAUN (André), tromboniste de l'opéra de 
Paris, d'origine allemande, entra à l'orchestre de 
ce àiéàtrecn 1797, après avoir été, pendant quel- 
ques années, attaché à celui du théâtre Feydeau. 
11 mourut à Paris en 1806. On a de lui : Mé- 
thode pour les trombone basse, ténor et alfa; 
Paris, Sieber. Il a été publié une édition fran- 
çaise et allemande de cet ouvrage, à Offenbach, 
chez André. Braun avait été professeur au Con- 
servatoire de Paris à l'origine de cet établisse- 
ment, lorsqu'on y formait des corps de musique 
militaire pour les armées de la République fran- 
çaise : il fut réformé en 1802. 

BRAUN (CATUERiNE),dont le nom de famille 
était Broîfwer, naquit à La Haye, le 7 mars 1778. 
Son père, ridie négociant, la plaça, à cause de sa 
belle voix, chez le maître de chapelle Graaf, pour 
qu'elle y fit son éducation musicale. En peu d'an- 
nées elle acquit une grande habileté comme can- 
tatrice. En 1796, elle lit, avec son maître, un 
voyage à Hambourg et à Berlin. Ses succès dans 
ces deux villes surpassèrent son attente ; son ta- 
lent y excita l'enthousiasme du public. Engagée 
au théâtre royal de Berlin, elle y prit des leçons 
dcHurka. Les conseils de ce maître achevèrent 
de développer les avantages de sa voix, une des 
plus belles qu'on eût jamais entendues en Alle- 
magne. A ime étendue de trois octaves, véri- 
table phénomène vocal. M"® Brouwer joignait 
le don d'une qualité de son moelleuse, pure et 
toucliante. En 1798 elle entreprit un voyage en 
Allemagne, visita Leipsick, Dresde, Vienne, Mu- 
nich, Hamboiug, et nerevintàBerlinqu'en 1803. 
Ce fut à cette époque qu'elle épousa le violoncel- 
liste Daniel Braun. Elle se retira du théâtre 
vers 1811. 

BRAUN (CnARLES-ANTOiNE-PniuppE),fils de 
Jean-Frédéric, est né en 1788àLudwigslust, dans 
le Meeklembourg. Son père lui enseigna à jouer 
du hautbois, et fut .sou maître de composition. 



BRAUxN 



CA 



Il entra, en 18o7, à la clmpellc du roi de Dane- 
niarck, comme premier hautboïste. On le con- 
sidère comme un artiste distingué en son genre. 
C'est d'ailleurs un bommc instruit. Comme com- 
positeur, il a publié -A" Symphonie à grand or- 
chestre (en re); Leipsick, Breilkopf et Ilœrtel. 
— 2° Ouverture (en ut mineur) ;ibid. — 3" Con- 
certo pour la tlùte (en fa ), œuvre deuxième ; 
Leipsick, Pttcrs. — 4° Quatuor pour deux fliites 
et deux cors, op. 1 ; ihid. — 5° Quatuors pour 
flûte, violon, alto et basse, op. G ; Leipsick, Hof- 
meistcr; — CDeux quatuors pour flûte, haut- 
bois, cor et basson ; Leipsick , Br. et Hsertel. — 
7-' Duos pour deux (lûtes; Copenhague, Lose. — 
8° Duos pour deux hautbois, op. 3 ; Leipsick, Pe- 
ters. — 9" Duo pour hautbois et basson ; Augs- 
bourg, Gombart. — 10° Pot-pourri pour haut- 
bois et piano; Leipsick, Hofmeisler. — 11" So- 
nate pour piano et hautbois; Leipsick, Br, et 
Hœrtcl. — 12° Six variations faciles pour piano ; 
Copenhague, Lose; — 13° Six chansonnettes 
avec ace. de piano; Stockholm. 

BRAUN (GtiLLAUME), deuxième fils de Jean- 
Frédéric, est né à Ludwigslust, en 1791. Élève 
de son père, il lui a succédé dans la place de 
premier hautbois de la chapelle du duc de Meck- 
lembourg-Schwerin, en 1825. Avant de prendre 
cette position, il avait été attaché à la musique 
particulière du roi de Prusse, à Berlin. Artiste 
éclairé, il a donné dans la Gazette musicale de 
Leipsick (1823, ii" 11, p. 165) un bon article 
sous ce titre : Bemerhîingen ueber die richtige 
Defiandlung und Btas Art der Oboe ( Obser- 
vations sur la bonne manière de traiter et de 
jouer du Hautbois ). Braun est considéré aujour- 
d'hui comme un des meilleurs hautboïstes de 
l'Allemagne. Il est connu comme compositeur 
par de nombreux ouvrages parmi lesquels on 
remarque : 1" Divertissement pour hautbois et or- 
chestre, op. 3; Berlin. — 2o Concerto pour haut- 
bois, op. 12; Leipsick, Pcters. — 3o Six duos 
pour deux hautbois, op. 1 , ibid. — 4° Grand 
duo pour deux hautbois, op, 23, n" 1, Leipsick; 
Breitkopf et Hœrtel. — 5° Deux quatuors pour 
deux violons, alto et basse, op. 13 ; ibid Hofmeis- 
ter. — 6° Divertissement pour flûte ctquatuor,op- 
27 ; Hambourg, Cœhme. — 7° Sonate pour 
piano, op. 17; Hambourg, Lûbbers. — 8° In- 
troduction et polonaise pour piano, op. 2C ; 
Hambourg, Cranz. — 9° Der Trosï, cantate pour 
soprano; avec accompagnement de piano, op 22 ; 
Berlin, Trautwein. 

BRAUiX (Catinka.), fille de Maurice, et 
femme deGuillaume ou Wilhelm, naquità Wûrz- 
bourg, le 24 mars 1799. Douée des plus heu- 
reuses dispositions pour la musique, elle fit dans 



cet art de si rapides progrès, qu'à l'âge de douze 
ans elle exécuta divers morceaux de piano dans 
des concerts, de manière à mériter les ajtplau- 
dissements des connaisseurs. Plus tard, sa voix 
ayant acquis du timbre, de l'étendue et du vo- 
lume, elle fut confiée aux soins de Seyfert, direc- 
teur du chœur à Wiirzbourg, qui se chargea de 
terminer son éducation vocale. En 1815, elledé- 
buta au théâtre de Hanovre, où sou père l'avait 
accompagnée; le succès qu'elle y obtint fut com- 
plet, et bientôt sa réputation s'étendit dans toute 
l'Allemagne septentrionale. Des invitations lui fu- 
rent envoyées pour qu'elle se rendit à Francfort et 
dans d'autres grandes villes. En 1817, ellechanta 
au théâtre de Hambourg, et produisit une vive 
impression parmi les habitants de cette ville. Après 
y avoirfait un séjour de trois ans, elle fit, en 1821, 
un voyage à Copenhague, et n'y eut pas moins 
de succès. De retour en Allemagne, elle fut enga- 
gée, en 1822, àCassel, en qualité déprima rfon?2a; 
dans l'année suivante elle alla à Berlin, et y de- 
vint la femme de son cousin, Guillaume Braun. 
Sa carrière théâtrale s'y termina par les rôles de 
Fanchon (dans l'opéra de Himtnel ), eld^Agathe 
dans Freyschûtz, qu'ellechanta sur le théâlEe de 
la cour. En 1825 elle suivit son époux à Lud- 
wigslust, et y mourut, le 8 juin 1832, dans sa 
trente-troisième année, regrettée de tous ceux 
qui connaissaient son talent elles qualités de son 
cœur. 

BRAUN. Sous ce nom, on trouve indiqué 
dans le catalogue de Giinther (5*"^ supplément, 
p. 33 et 44), un ouvrage manuscrit intitulé : 
Leïchterundganz Kurzgefasster Generalbass 
fur die Anfae]iger im Klavier ( Méthode courte 
et très-facile d'harmonie pour ceux qui commen- 
cent l'étude du piano^. 

BRAUIX (Joseph), habile pianiste et violon- 
celliste, est néen 1787, à Ratisbonne, où son père 
était organiste. Après avoir terminé ses études 
de musique, il se fit directeur de musique de plu- 
sieurs troupes d'opéra à Krenigsberg, Dantzick, 
Brème, Lnbeck et autres lieux. En 1825, il était 
à Kœnigsberg, où il fit représenter l'Opéra féerie 
Dei Wûnsche oder der Priifungstraum (Les 
souhaits, ou l'épreuve en songe), dont il avait 
composé la musique. A la même époque il 
donna aussi dans la même ville l'opéra-comique 
Die lange Nase ( Les longs Nez ), et Le Cosa- 
que et le Volontaire. Ce dernier ouvrage fut 
aussi représenté à Brème quelques années après. 
En 1826, Braun se fit entendre à Berlin comme 
violoncelliste; puis il fut appelée Philadelphie 
pour y diriger l'opéra. Sa femme, cantatrice de 
quelque mérite, qui avait chanté à Kœnigsberg 
et à Dantzick, l'y suivit en qualité de prima 



G2 



BRAUN — BREDENIERS 



donna. Braun y mit en scène plusieurs opéras i 
italiens, allemands et anglais; mais l'ignorance 1 
•des Américains en ce qui concernait la musique, i 
à cette époque, lui inspira bientôt le désir de | 
quitter le pays. En 1828 , i! donna sa démission ; ! 
puis il visita New- York , Baltimore , et quelques j 
autres villes pour y donner des concerts. De re- 
tour en Europe, Braun se fixa à Brème, et y fit 
représenter quelques-uns de ses opéras. On con- 
naît de cet artiste plusieurs compositions pour 
le piano et pour le violoncelle. 

BRAUJX (Charles), compositeur, né à Berlin 
vers 1819, a fait son éducation musicale dans cette 
ville, et a été l'un des membres dévoués de l'Aca- 
démie de chant. Il est aujourd'hui musicien de 
la chambre du roi de Prusse. Ce jeune artiste a 
débuté de la manière la plus heureuse comme 
compositeur, en 1842, par des œuvres vocales en 
chœur où se fait remarquer l'originalité des idées. 
Plusieurs de ses morceaux ont été exécutés avec 
succès dans les concerts de Berlin, en 1843 et 1844. 
BRAUN (Albert), chef d'orchestre du théâtre 
de Lemberg, actuellement vivant (1854), n'est 
connu que par un Entr'acte caractéristique 
pour la comédie de Korzeniowski, intitulée : les 
Juifs, arrangé pour piano ; Lemberg, Millikowski. 
BRAUNE (Frédéric- Wilhelm-Othon), or- 
ganiste à Berlin, s'est fait connaître comme un 
artiste habile depuis 1830. Vers 1845, il a été 
nommé directeur de la société de chant connue 
sous le nom ôeCceciUa. Cet artiste a publié en- 
viron quarante œuvres de musique d'église, 
chants à plusieurs voix et à voix seule avec 
piano. 

BRAYSSINGAR (Guillaume de), né en 
Allemagne, au commencement du seizième siècle, 
ou dans les dernières années du quinzième, fut 
organiste à Lyon. On a de lui un recueil, de 
ricercari, variations et fantaisies sur des thèmes 
des plus célèbres compositeurs de ce temps, sous 
le titre de Tablature d'Epineite; Lyon, Jac- 
ques Moderne, 1536, in-4''. 

BRECHTEL (François-Joachim), musicien 
allemand, qui vivait versla fin du seizième siècle, 
a fait imprimer des chansons gaillardes, à trois, 
quatre et cinq voix, de sa composition, sous ce 
titre : Kurz-weibige deutsche Liedleinmit vier 
und funf Stimmcn; Nuremberg, Catherine Ger- 
lach, 15S8, 1590 et 1594, in-4"' obi. 

BRECIXEO (Luis de), guitariste espagnol , 
contemporain de Mersenne, qui en parle avec 
éloge dans le Traité des instruments de son Har- 
monie universelle. On a sous son nom une mé- 
thode pour apprendre à jouer de la guitare à la 
manière espagnole; elle a pour titre : Melodo 
muy facillima para aprcnder a taner la gui- 



iarra a la Espaiiol; Paris, Pierre Ballard, 1626, 
in-8° obi. 

BREDAL(Niels-Krog), poète et composi- 
teur danois, fut d'abord vice-bourgmestre à 
Drontheim, en Norwége,et quitta cet emploi 
pour aller s'établir à Copenhague, où il est mort 
en 1778, à l'âge de quarante-six ans. Ses composi- 
tions les plus connues consistenten pièces de chant 
imprimées à Copenhague en 1758, et intitulées : 
1° Le Berger irrésolu. — 2° Le Solitaire. — 
3" Le Recruteur heureux. 

BRÉDAL(J.), chef d'orchestre du théâtre 
de Copenhague, né dans cette ville vers 1800, y 
a (ait représenter, en 1833, l'opéra de sa compo- 
sition intitulé : La Fiancée de Lammermoor, et 
en 1836, Zes Guérillas. Il a publié des pot-pour- 
ris pour le piano sur les thèmes de ces opéras, à 
Copenhague, chez Lose. 

BREDE (Samuel-Frédéric), d'abord sous- 
recleur à Perleberg, devint ensuite canior ^i 
directeur de musique à Stettin, où ii mourut 
en 1796. Il a publié à Offenbach, en 1784, six 
sonates pour le clavecin , dont trois avec accom- 
pagnement de violon; et en 1786, des chansons 
et des ariettes avec accompagnement de clavecin, 
et avec une préface; à Leipsick, chez Breitkopf. 
BREDENIERS (Henri), né vraisembla- 
blement à Lierre (province d'Anvers), dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle, comme 
on le verra plus loin, était, en 1505, organiste de 
Philippe le Beau(l) qu'il accompagna en Espagne, 
conjointement avec Alexandre Agricola et d'au- 
tres musiciens belges. Après la mort du roi de Cas- 
tille, en 1 506 , Bredeniers retourna dans les Pays- 
Bas (2) et eut le titre d'organiste et maître de la 
chapelle de l'archiduc d'Autriche (Charles, fils de 
Philippe le Beau, plus tard empereur Charles- 
Quint). Jusqu'à la fin de l'année 1521, on lui 
voit continuer son service près de ce prince; 
mais après cette date il disparaît des registres 
des comptes de finances de la cour; ce qui in- 
dique ou sa retraite, ou sou décès. Au mois de 
mai 1 508, il reçoit une gratification pour l'entretien 
et l'éducation de quatre enfants de chœur (3). 
En 1509, il est recompensé «■ des paynes qu'il 

(1) Registre n» F 191 de la Chambre des Comptes aux Ar- 
chives du département du Nord (à Lille). 

(2) Bredeniers se fait rembourser, en 1S09 et 1310, de 
Lt somme qu'il a payée pour le transport, de l'Espagne a 
Anvers, d'un coffre qui contenait les livres de chant et les 
missels de la chapelle de Philippe le Beau, lesquels avaient 
été portés à Valladolid lorsque ce prince s'y rendit pour 
laseconùe fois. [Acquits de la 7-ecette générale des finances, 
aux Archives du royaume de Belgique. | 

(3) « A Henry Bredeniers, organisie et maistre des enffants 
de la chapelle de l'archiduc, pour l'entretenement de quatre 
jeusnes enffans que par ordonnance de Monscignieur Jl 
« a gardez, monstre?, et enseignez la musique pour chan • 



BREDENIIÎRS — BREK (VAN) 



65 



« prend joiirnellemcni à apprendre à jouer sur 
« le manicordion Monseigneur (Charles) et mes- 
« daines ses sœurs (1). » Il fait, en 1514, un 
voyage en Hollande pour les affaires des archi- 
ducs Charles et Ferdinand (2). Charles, devenu 
roi d'Espagne et souverain des Pays-Bas, lui ac- 
corde, par lettres patentes de 1516, une pension 
annuelle de 100 livres en considération de ses 
services (3). Dans la môme année, le roi donne 
encore à Bredeniers 50 livres pour le récompen- 
ser de son dévouement, et afin qu'il pût conti- 
nuer l'aclièvenient d'une maison qu'il se faisait 
bâtir à Lierre (4y. Le choix qu'il avait fait de celte 
petite ville pour sa retraite est un indice qu'il 
y avait vu le-jour. Dans l'année 1520, Bredeniers 
accompagna Charles-Quint en Angleterre : on 
voit, par un acte authentique, qu'il donna à ses 
fiais un banquet aux chantres delà chapelle du 
roi Henri VIII, à Cantorbéry (5). Enfin, Charles- 
Quint le gratifia d'une nouvelle somme de 50 li- 
vres, au mois de septembre 1521 (6). Après cette 
époque, son nom disparaît des comptes de la cour ; 
ce qui fait présumer qu'il se retira alors dans sa 
maison de Lierre, et qu'il y mourût oublié. 

Il reste peu de compositions de Bredeniers au- 
jourd'hui ; je n'en connais que le motet à cinq 
voix Misitme Pater, dans les Ecclesiasticœ 
cantiones sex, quinque et quatuor vociim, pu- 
bliés à Anvers, chez Plantin, en 1529, petit in-4o, 
obi., et une messe à quatre voix, Ave Reginçi 
cœlorum, dans un manuscrit de la Bibliothèque 
royale de Belgique. 

BREE (Jean-Bernard VAN) , directeur de 
musique et chef d'orchestre de la société mu- 
sicale Felix-Merltis, d'Amsterdam, violoniste 



ter en ladite chapelle, etc. » |Registre F 193 de la Cham- 
bre des comptes, à Lille). 

|I) Acquits de la recette générale des finances, aux 
Archives du royaume de Belgique. 

(2) Registre F 200 de la Chauibre des Comptes, à Lille. 

(3) Registre F 2ul,i6((i. 

(4) « A Maistre Henry Bredeniers, organiste, L livres 
« que le roi, par lettres pateutes du XIX aoiit XVCxvj 
« lui a accordé, en considération de bons et aggréablcs ser- 
« vices qu'il luiavoitparcy-dcvant faiz et faisoit lorschas- 
« cun Jour audict estât d'organiste, et autrement, en di- 
(I verses manières, mesmemcni pour l'avanchcment des 
« ouvraiges de sa maison à Lyere. et pour une verrière 
« armoyce des armes dudict seigneur roy, qu'il proiuet- 
« tait mettre au chef-lieu de sa dicte maison, etc. » (Regis- 
tre n» F. 196, i()id.) 

(s; « A Maistre Henry Bredeniers, organiste de la chap- 
« pelle domestique du roy, la somme de .wiij livres \v 
« solz, pour don gratuyt que le roy lui a fait eu considéra- 
« tion de la despence qu'îl avoit soustenueà un banquet 
« par lui fait ans chantres de la chappelle du roy d'An- 
<c gletairre à Cantcrbyc.au voyaige que le roy y avoit lors 
« fait (Registre n° 1927 delà Chambre des Comptes, aux 
« Archives du royaume de Bclgiquc|. » 

(C) Registre F. 207. aux Archives de Lille. 



et compositeur, naquit dans cette ville le 29 jan- 
vier 1301, et y est mort le 14 février 1 857, à l'âge 
de cinquante-six ans. Doué de l'organisation la plus 
heureuse pour la musique, il ne dut qu'à lui- 
même et à ses elforts le talent qui l'a placé 
à ufî rang honorable dans l'art. Son père, musi- 
cien médiocre, lui enseigna les premiers éléments 
du violon, etBertelmann (voy. ce nom) lui donna 
un petit nombre de leçons de composition. Toute 
son éducation nfiusicale consista dans ses faible.* 
ressources ; cependant il fiarvint, dans son pays, 
à la réputation de violoniste habile, particuliè- 
rement dans l'exécution des quatuors; il eut le 
talent de diriger les masses vocales et instrumen- 
tales, et ses compositions lui ont acquis l'estime 
des connaisseurs. Dans son enfance, sa famille 
s'était établie à Leeuwarden, dans la Frise,, qui 
ne lui offrait aucimè ressource pour l'art; néan- 
moins, c'est dans cette même ville que ses facul- 
tés se développèrent rapidement. A l'âge de dix- 
huit ans il retourna à Amsterdam, oii ses progrès 
se firent remarquer chaque année. D'abord placé 
comme second ou premier violon du Théâtre- 
Français, il devintcbefd'attaqueet premier violon 
solo, après la retraite deKleine, artiste de talent, 
qui mourut jeune d'une maladie de langueur. Le 
dtbutde Van-Bree comme violoniste se fit au mois 
d'avril 1S21 dans un concert de Félix- Mer dis : 
le jeune artiste fut chaleureusement applaudi. 
Bientôt il devint l'âme de la musique dans sa 
ville natale, et la place de chef de la musique 
de la Société étantdevenue vacante, en 1829, il fut 
choisi pour la remplir. Pendant près de trente 
ans il contribua par ses soins actifs à la prospérité 
de cette belle institution. Bienveillant et ser- 
viahle, il aidait de ses conseils et de son in- 
fluence tous les jeunes artistes qui avaient besoin 
de ses services. Van Bree s'est fait connaître 
comme compositeur par les ouvrages suivants, qui 
ont été publiés : 1° Symphonie à grand oichestre; 
Amsterdam, Theune et C'e. — 2° Ouverture de 
concert ;ibid. — 3° Ouverture de fête avec chœur, 
exécutée à la grande fête musicale d'Amsterdam 
en 1836 ; ibid. — 4" 1"'' quatuor pour 2 violons 
alto et basse (en la mineur); Bonn, Simrock. 
— 5° 2nic quatuor idem ; Amsterdam, Theune et 
Qie . __ 6° 3me quatuor idem ; ibid. — 7'' Grande 
messe solennelle à 4 voix et orchestre, publiée 
par la Société [lour l'encouragement de la mu- 
sique, à Rotterdam. — 8° fS i-"" 3'^'« et 4'"« 
Messes à 3 voix avec orgue; Amsterdam, Theune et 
C*^. —Q" Requiem : missapro de fancds tribus 
vocibuslmmaniscomitanteorganoconcinenda; 
ibid., 1848.— 10° Le48'"« psaume pour voix solo, 
chœur et orchestre, arrangé avec ace. de piano ; 
ibid., 1851.— 1 i°Adolpheau Tombeau de Marie, 



64 



bref: (VAN) — BREITENGASSER 



ballade pour voix , de ténor et piano (texte hollan- 
dais); ibid. Ce morceau distingué, d'un style ex- 
pressif et sentimental, a obtenu beaucoup de suc- 
cès. On en a publié des traductions allemandes à 
Berlin, Hambourg, Hanovre, et une édition en 
hollandais, allemand et français, à Mayence, chez 
Schott, sous le titre de Marie. On a dit que celle 
ballade est uue imitation de: V Adélaïde de Bee- 
thoven : cette critique ne me paraît pas fondée. 
— 12* Colomb, ou la Découverte deV Amérique, 
sur le poëme de Vos, cantate à voix de barilon 
et chœur d'hommes; Amsterdam, Tlieune et C'e. 
— 13° Lord Byron, cantate de Meyer, à voix 
seule. Van Crée a écrit aussi pour la scène, et 
a fait représenter au Théâtre Français de La 
Haye, Le Bandit; au Théâtre-Hollandais d'Ams- 
terdam : Sapho, drame lyrique, qui a obtenu un 
brillant succès ; L'Homrae aux quatre époques 
de la vie, mélodramme hollandais, et La Mort 
héroïque de Speick, ouvrage du même genre ; 
le petit opéra allemand Nimm dich in Acht 
(Prends garde à toi). Enfin, on connaît de Van 
Bree beaucoup de chansons populaires remar- 
quables et des chœurs d'hommes d'un bel effet. 
Le Roi des Pays-Bas a récompensé les travaux de 
cet artiste par la décoration du Lion-Néer- 
landais; il était membre de la Société royale de 
Rotterdam pour l'encouragement de la musique, 
et de la Société de Sainte-Cécile de Rome. 
BREIDEI\DICI1. Voyez Bp.eittendich. 
BREIDENSTEIN (Jean-Puilippe), orga- 
niste de l'église réformée de Hanau, naquit à 
\Vindeken,dansla Vctteravie.le Oavril 1724. De 
1777 à 1782, il fut professeur d'économie poli- 
tique à Gicssen, ou il mourut le 18 janvier 1783. 
Ou a de sa composition : i" Deux sonates |)our 
le clavecin ; Nuremberg, in-folio. — 2" Viniit- 
quatre chansons de Gleim, avec accompagne- 
ment de clavecin ; Leipsick, 1770- On a aussi de 
lui un dialogue sur la timbale et sur son usage 
chez les Hébreux, sous ce titre : Gespraech von 
dcr Pauke und dcr allen strafe des Paukens 
mis Ebrxer (sansnom de lieuj, 17G0, in-S". 

BUEIDENSTEIIV (llENiii-CnARLEs), doc- 
teur en philosophie, né en 1796 à Steinau, dans 
la Hosse-Eleclorale, étudia la philosophie et la 
jurisprudence à Berlin et à Heideiberg, puis se 
livra à l'élude de la théorie et de la pratique de 
la musique. En 1821, il s'élablit à Cologne en 
qualité de professeur de musique, et deux ans 
après on lui confia la place de directeur de inu- 
6ique à l'université de Bonn. En 1825, il obtint 
la place de professeur de musique dans la faculté 
de philosophie de cette université. H occupe 
encore aujourd'hui (1855) la même position. 
ftl. Brcidenstein a publié les ouvrages suivants : 



1" Practische Singschule (Méthode pratique de 
chant) ; Bonn, 1835-1838, 4 parties in-4°. Il a été 
fait trois éditions de cet ouvrage. — 2° Festgabe 
zu der am 12 Auyust 1845 Stattfindenden 
Inauguration des Beethovens Monuments 
(Description des fêtes qui ont eu lieu pour l'i- 
nauguration du monument de Beethoven, le 12 
août 18^5);Bonn, Habicht, 1845, in-8". Comme 
compositeur M. Breidcnslein s'est fait connaître 
par une cantate avec chœur et orchestre pour 
l'inauguration de la statue de Beethoven, exécu- 
tée à cette solennité; des romances et des Lie- 
der avec accompagnement de piano, en 2 suites, 
publiées à Francfort, chez Fischer ; d'autres chants 
séparés avec piano, à Cologne, chez Danst, et à 
Bonn, chez Simrock; et six chants pour quatre 
voix d'hommes, à Leipsick, chez Breitkopf et 
Hœrtel. 

liREITEIVUICe (CuuÉri en-Frédéric), or- 
ganiste du roi de Danemarck , au palais de 
Christiansbourg, vers le milieu du dix- huitième 
siècle, est cité par les écrivains danois comme 
un des plus habiles compositeurs et théoriciens 
de son temps. On ne connaît de lui que les ou- 
vrages suivants : l'>£"^Zif/e< ForsagpaaatKunde 
lueresig selv at Synge en Choral efler Noder 
(Essai abrégé pour acquérir soi-même en peu de 
temps la pratique du chant choral d'après les notes); 
Copenhague, 17G6, iu-4°. — 2° Underviisning, 
hvorledes man e kan laeresig selvatsaattehar- 
monien tilsammen e/ter de over Noderne saatte 
Ziffère (Instruction sur la manière d'apprendre 
soi-même l'harmonie conjointement par les noies 
et [lar les chiffres); Copenhague, 1766, in-4o. 

BREITENGASSER (Guillaume), con- 
trepointiste allemand, vécut dans la première 
moitié du seizième siècle. On trouve, de sa com- 
position, la messe à quatre voix (^Dominicale) 
dans la précieuse collection intitulée : Liber 
quindecim Missarinn a prxstanfibus vmsicis 
compositarum, quarym nomina una cum suis 
autoribus sequens pagina commonslrant ; 
Norirabergaî, apudJoh. Petreium, 1539, pefitin-4» 
obi. La messe de Breilengasser est la douzième 
du recueil. Des hymnes de sa composition sont 
aussi contenues dans lacollectionquia pour titre: 
Sacrormn hymnorum Liber primus. Centum 
et triyenta quatuor Hymnos continens, ex 
optimis quibusque Authoribus musicis collec- 
ius, interquos primi artifices in hac editione 
sunt, Thomas Stolzer, Henricus Finck, Ar- 
noldus de Bruck, et aiii quidam ; Vitebergae, 
apud Georgium Rhav., 1542, in-4° obi. Le Can- 
iionale manuscrit de Jean Wallher, qui se con- 
serve dans la bibliothèque des ducs de Saxe- 
Cobourg, contient quehpies motets de Breiten* 



BREITENGASSER — BREITKOPF 



65 



gasser. Ce musicien partage avec Isaak, L. Scn- 
tel, Jean Wallher, Thomas Stœizer, Henri Finck, 
Dietricht et quelques autres, la gloire d'avoir fonde 
l'école des compositeurs allemands qui commença 
à briller vers la lin da quinzième siècle et au 
commencement du seizième. 

BKEITKOfF ( Jlan-Gottlob-Emmanoel), 
fondeur en caractères, imprimeur et libraire, 
naquit àLeipsick le 23 novembre 1719. Destiné 
pjr son père, lil)raire lui-même, à lui succéder 
dans son conunerce, il montra d'abord beaucoup 
d'éloignement pour son état, entraîné qu'il était 
par son goût pour les sciences. Cependant il en- 
treprit en I745(lediriger l'imprimerie, qu'il porta, 
dans la suite, à un baut degré de prospérité. Il 
s'attacha surtout à améliorer les procédés de l'im- 
pression de la musique par les caractères mo- 
biles. Ce genre d'impression , inventé par Pe- 
trncei de Fossombrone, et mis en œuvre dans les 
|)remières années du soizièrne siècle (voy. Ve- 
TRÎicci), puis imitéetmodifié de diverses manières 
(voy. Le Ué, Briard, Hautin, Granjon, Junte, 
OcLiN etScHOEFFEu), fut lougleuips le seul mode 
de publication de la musique. La transformation 
du système de la notation, dans la seconde mo- 
liédu dix-septième siècle, ayant rendu inutile tous 
les anciens caractères, on ne chercha pas à les 
remplacer. En France, la gravure fut substituée 
à l'Impression par les caractères mobiles ; en 
Italie, toute la musique, sauf de rares exceptions 
resta en manuscrit; il en fut de même d'un très- 
grand nombre d'ouvrages en Allemagne; pour 
d'autres, on eut un système d'impression en ca- 
ractères mobiles affreux, et pour d'autres encore 
on employa la gravureà l'eau forte sur des planches 
de cuivre- Telle était la situation des choses, 
lorsque Breitkopf entreprit de faire revivre l'an- 
cienne typographie de la musique.Son premier essai 
en ce genre parut en 1755; c'était un sonnet de 
l'opéra de la princesse électorale de Saxe, intitulé 
H Trionfo délia Fedelta. L'année suivante il 
imprima l'opéra entier, et il s'y donna le titre de 
inventore di questanuova maniera di s tam- 
pare la musica, con earatteri separabili e mu- 
tabili. Il imprima encore en, 1 7G5, l'autre opéra de 
la même princesse, intitulé Talestri, r.eyinadelle 
Amazoni. A peine la découverte de Breitkopf 
fut-elle connue, qu'on s'empressa de l'imiter 
de toutes parts. Fournier le jeune donna , en 
1756, son Essai d'un nouveau caractère de 
fonte pour l'impression de la musique; mais 
il resta fort loin de son modèle. Il eut du moins 
l'honnêteté d'accorder à Breitkopf la priorité 
d'invention. Gando, autre fondeur de carac- 
tères , à Paris ; Giacomo Falconi, à Venise ; Ron- 
sart, à Bruxelles; Enschede et Fleischmann, à 

DIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. II. 



Harlem ; enfin Fought, imprimeur suédois établi 
à Londres, (iient tous des essais d'imitation plus 
ou moins heureux; mais, soit que les circons- 
tances ne les favorisassent pas, soit que leurs 
procédés fussent moiijsperfectionnés,la seule en- 
treprise de Breitkopf prospéra. Un nou.bre im- 
mense- d'ouvrages importants fut imprimé an 
moyen de presses qu'il avait établies; sa maison a 
continué lontemps à multiplier par ce procédé les 
chefs-d'œuvre de la musique, et les caractères 
de Breitkopf se sont répandus dans toute l'Al- 
lemagne. C'est surtout pour l'impression des 
livres théoriques et historiques relatifs à la mu- 
sique que cette invention est recommandable : 
on peut s'en convaincre par la comparaison des 
livres allemands avec ceux qu'on a longtemps 
publiés en France avec le texte gravé. Les pro- 
cédés inventés par E. Duverger, typographe de 
Paris, en 1828, procédés employés par d'autres 
typographes français, donnent à la musique im- 
primée un aspect plus satisfaisant que celui du 
système de Breitkopf, à cause de la non inter- 
ruption des filets de la portée ; mais le procédé de 
Duverger a l'inconvénient d'être d'un prix de fa- 
brication trop élevé. Dans ces derniers temps , 
on a perfectionné la forme des caractères , en 
conservant le système de Breitkopf, et l'on im- 
prime de la ifrtisique d'un fart bel aspect en Al- 
lemagne. Cependant l'usage de la gravure s'y est 
beaucoup étendu depuis 1810, et l'impression 
de la musique par les caraot-ères mobiles y est 
presque entièrement renfermée dans la littéra- 
ture musicale. 

Vers 1760, Breitkopf établit dans sa maison un 
magasin de musique manuscrite des plus grands 
maîtres anciens et modernes, dont il a publié un 
catalogue, sous ce litre : Verzeichntss musika- 
lischer Bûcher, sowohl zur Théorie als Praxis, 
etc. 11 y joignait aussi celui des livres imprimés. 
Chacun d'eux a eu quatre éditions depuis 17C0 
jusqu'en 1780. Enfin, il a publié un autre ca- 
talogue thématique de toute la musique de son 
fonds et de l'assortiment, auquel il a ajouté suc- 
cessivement quinze suppléments. La grande mai- 
son qu'il a fondée subsiste encore avec une ré- 
putation européenne, sous le nom de Breitkopf 
et Heertel. Le docteur Burney, qui vit Breit- 
kopf en 1773, dit que c'était un homme singulier, 
d'un caractère brusque et taciturne. 11 mourut à 
Leipsick, le 28 janvier 1794. Sa biographie a été 
écrite par un de ses amis (Hausius), et publiée à 
Leipsick en 1794, in-8°. 

BREITKOPF(BERNARD-TnÉODORE), fils du 
précédent, né à Leipsick, en 1749, s'est fait con- 
naître, en 1768, comme habile musicien sur le 
clavecin et plusieurs autres instrument». Vers , a 



CG 



BREITKOPF 



BREKKLL 



même époque, il a publié des menuets , des po- 
lonaises pour le clavecin et des chansons avec 
mélodie qui ont eu beaucoup de succès. En 
1775, il a fait paraître des divertissements pour 
clavecin, qui ontélé bien accueillis. Reu de temps 
après, il partit pour Saint-Pétersbourg, où il est 
devenu directeur de l'imprimerie du sénat, en 
1780. 

BREITKOPF (Christophe-Gottlob), fils 
puîné de Jean-Gottob-Emmanuel, né à Leipsick 
en 1750, se livra de bonne heure à l'étude de la 
musique, et forma son goût par l'étude des beaux 
ouvrages que renfermait la collection de son père, 
par ses voyages, et surtout par les séjours qu'il 
lit à Dresde et à Vienne en 1786 et 1787. 11 
JQuail bien du clavecin et de V harmonica. Les 
publications de sa Danse d'Oberon et de sa 
Terpsichore, qui ont paru en partition et en ex- 
traits pour le clavecin de 1788 à 1790, l'ont fait 
connaître avantageusement. 

BREITSCH(»:DEL (J.-N), pianiste et 
compositeur de Vienne. Cet artiste ne m'est connu 
que par ses ouvrages. Voici ceux qui sont indi- 
qués dans le Manuel de la littérature mu- 
sicale de Whistling : 1° Sonates faciles en trios 
pour piano, violon et violoncelle, op. 1 ; Vienne, 
Cappi. — 2° Idem , op. 2 ; ibid — 3° idem , op. 
3 ; Vienne, Czerny. — 5° Vingt-quatre cadences 
modernes, op. 14 ; Vienne, Mechetti. — 4° Danses 
allemandes pour le piano; ibid. — 6° Versuch 
einer theoretisch praktischen Klavierschule 
mit Uebungsstiichen zum selbstunterricht 
( Essai d'une métlijode théorique et pratique de 
piano avec des exercices pour s'instruire soi- 
même); Vienne, Mechetti. 

BREITUiXG (Charles), organiste et pro- 
fesseur de musique de l'école des filles à Sanger- 
hausen, près d'Eisleben, en Saxe, occupait cette 
position en 1835. Dans cette même année, il pu- 
blia un ouvrage élémentaire intitulé : Der evste 
Klavier-Lehrer, eine melhodisch - kateche- 
tische Anleilung den ersten Klavier Unterricht 
schœn mit Kindern von 4-6 Jahren zu beginnen 
und aufeine grûndliche bildente und anzie- 
hende V/eise zubetreïben ( Le premier profes- 
seur de piano, Instruction méthodique pour bien 
commencer l'enseignement du piano avec les 
enfants de quatre à six ans, etc.) ; Eisleben, G. 
Reichardt (sans date), in-4'' de 71 pages. 

BREKELL (Jean), ecclésiastique anglais, 
de Liverpool, a prononcé un discours d'inaugu- 
tation pour l'orgue de l'église de Saint-Pierre de 
cette ville, et l'a fait imprimer sous ce titre : Ope- 
ning an Organ at St-Peler's. Liverpool, on 
lob XXI, 12; Liverpool, 1768, in-S"». 

BRELIN (Nicolas), facteur d'instruments 



et docteur en théologie, né à Grum en 169o, 
dans le Vermeland en Suède, fit ses études à l'u- 
niversité d'Upsal, et s'attacha d'abord à la ju- 
risprudence ; fut notaire à Carlstadt, puis s'en- 
gagea comme soldat au service de Prusse, dé- 
serta, et voyagea en Italie à la suite d'un gentil» 
homme allemand. Son prolecteur étant mort à 
Padoue, il fut obligé de faire usage de ses ta- 
lents en mécanique pour subsister, et il se dé- 
termina pour la profession de luthier. Il alla s'é- 
tablir quelques temps en Lorraine; de là passa 
en France et en Hollande, d'où il revint en Suède 
pour y étudier la théologie à Lunden, Upsal et 
Wittemberg. Son humeur inconstante le porta à 
quitter encore sa patrie pour voyager ; mais ayant 
fait naufrage et ayant été dépouillé par des vo- 
leurs, il revint enfin en Suède, où il prit le bonnfit 
de docteur. Il fut fait pasteur de Volstadt près 
de Carlstadt, et y mourut le 5 juillet 1753. L'A- 
cadémie des sciences de Stockholm le reçut au 
nombre de ses membres. Dans les mémoires de 
cette société, il a inséré trois dissertations sur le 
perfectionnement des instruments à clavier. Le 
premier, qui* se trouve dans le volume de 1739, 
p. 81, est intitulé : At œka Clawers och Cymba- 
lers godhet (De la manière d'ajouter à la bonté 
des clavecins). Le second mémoire, qui contient 
une suite du premier, se trouve dans l'année 1757, 
p. 36, et le troisième intitulé : Hwad œndring 
desse Clawers och andre instrumenter ïinder- 
gse i Stark kœld , etc. (Quelles altérations se ma- 
nifestent dans les clavecins et autres instrumenis 
par l'effet du froid), est inséré dans l'année 1760, 
p.317.Lesdeuxderniersmorceauxn'ontélépubhés 
qu'après la mort de l'auteur. Un des moyens pro- 
posés par Brelin pour le perfectionnement des cla- 
vecins consistait à remplacer les plumes de cor- 
beau des sautereaux par de petits ressorts en os 
disposés dans la languette d'une manière particu- 
lière; l'autre, à fixer les cordes à des hauteurs 
uniformes, de manière qu'elles ne fussent point 
appuyées sur le chevalet, mais qu'elles le tou- 
chassent seulement avec légèreté, et que le point 
d'intersection de ces cordes par le chevalet fût 
calculé de telle sorte que les parties placées en 
deçà ou au delà fussent en longueurs corres- 
pondantes, afin que l'une étant mise au vibra- 
tion, l'autre résonnât aussi comme un écho. Hul- 
phers a donné un extrait du premier mémoire de 
Brelin et une analyse des autres dans son livre 
intitulé : Historisk a/hand Hng otn Musik {Tra\lé 
historique sur la musique, p. 81). Forkel s'est 
trompé lorsqu'il a dit que Marpurg a donné une 
traduction allemande du premier mémoire dans 
ses Essais historiques ( V. AUgetn. Litter. der 
Miisik, p. 263); c'est l'extrait donné par Hnl- 



BREKELL — BRENDEL 



67 



pliei-s que le savant Marpurg a trad(iit( Histo- 
risch-kristiche Beylrage, etc., t. Il, p. 322). 
Lichtenthal, qui a copié Foikel {Bibliog. délia 
Mus., t. IV, p. fi7), a changé le nom de Brelin 
en celui de Berlin. 

BREMIXER (Robert), professeur et mar- 
chand de musique à Edimbourg, vers le milieu 
du dix-huitième siècle, quitta ensuite cette ville 
pour aller s'établir à Londres, où il vivait encore 
vers 1800. Les ouvrages qui , l'ont fait connaître 
font : 1° Rudiments of Musïc, or a short and 
easy treatise of that subjcct ( Rudiments de la 
musique, ou traité court et facile sur cet art); 
Edimbourg, 1756, in-t2. La deuxième édition 
de ce livre, avec des additions sur le chant et 
une collection d'antiennes (Church-Tunès) , a 
paru à Edimbourg et Londres en 1762, in-S". La 
troisième a pour titre : Rudiments of music 
witfi Psalmody; Londres, 1763, in-8° — l" Some 
thoughts on the performance of concert Mtisic 
( Pensées sur iexécution de la musique de con- 
cert) ; Londres 1777, in-folio. Cemorceau est placé 
à la tête d'une œuvre de six quatuors pour deux 
violons, alto et basse, composé par J. G. C. 
Schotky. Il a été traduit en allemand par Cra- 
mer dans son Magasin de musique, 1"^* année, 
p. 1213-1225. — 3° Instruction for the Guittar. 
Bremner a publié aussi des chansons, des glees , 
des duos, et d'autres pièces légères de sa compo- 
sition. 

Forkel et Lichtenthal citent un ouvrage .d'un 
auteur nommé James Bremner, sous ce titre : 
Instructions for the sliccado pastorale, with 
acollection o/ a/rs ; Londres , in-4° (sans date). 
Je n'ai trouvé ni ce nom, ni l'ouvrage dans les 
catalogues anglais. 

BRENDEL (Adam), docteur en médecine, 
et professeur d'anatomie et de botanique à l'uni- 
versité de Wittenberg, a publié : De curatione 
morborum per carmina et cantus musicos; 
Wittenberg, 1706, in-4°. Cette dissertation est 
une des meilleures qu'on aitécrites sur ce sujet. 

BREIMDEL (Charles-François), écrivain 
sur la musique et professeur d'esthétique musi- 
cale au conservatoire de Leipsick, est né le 26 
novembre 1811 à Stollberg, dans le Harz, où son 
père était ingénieur des mines. Plus tard, sa fa- 
mille fut transférée à Freyberg, où il suivit les 
cours du gymnase (collège). 11 y reçut des le- 
çons de musique d'Anaker {voij. ce nom) et fré- 
quenta les séances, concerts et soirées musicales 
du cercle fondé par son maître. Les écrits de 
Rochlitz et la Cœcilia dirigée par Gottfried 
Weber, qui lui tombèrent sous la main, éveillèrent 
son goût pour la critique relative à l'art et aux 
artistes. En 1832, Brendel se rendit à l'université 



de Leipsick : il fit, dans cette ville, la connaissance 
de plusieurs artistes, particulièrement <le Fr. 
Wieck, dont il prit des leçons de piano, et de Ro- 
bert Schumann, Ces relations donnèrent d'abord 
plus d'activité à son penchant pour la musique; 
mais les leçons du professeur Weise sur la phi- 
losophie hégélienne, qu'il fréquentait à l'univer- 
sité, lui ayant inspiré une vive admiration pour 
cette détermination de la science, il suspendit 
ses travaux relatifs à l'art pour aller à Berlin pui- 
ser à la source de cette philosophie qui comptait 
alors beaucoup de partisans enthousiastes. Il y 
étudia deux ans ; puis il fut rappelé par sa famille 
à Freyberg pour y suivre les cours de l'école des 
mines. Soit qu'il n'eût point de vocation pour la 
carrière qu'on voulait lui faire suivre , soit que 
quelque circonstance imprévue se fût opposée 
aux vœux de ses parents, Brendel revint d'une 
manière décidée à son penchant pour l'art, et se 
fit connaître dans le monde musical par un cours 
d'histoire et d'esthétique de la musique qu'il fit 
à Freyberg en 1841. Dans l'année suivante il fit 
un cours semblable à Dresde, et il en ouvrit 
un troisième à Leipsick en 1844. Le succès qu'il 
y obtint le fit choisir dans la même année pour 
succéder à Robert Schumann dans la direction de 
la Nouvelle Gazette musicale de Leipsick (Neue 
Zeitschrift fur Musik). On sait que cet écrit 
périodique avait été fondé en 1834 par un parti 
qui se croyait novateur, et qui voulait faire triom- 
pher de noruvelles tendances de l'art, en oppo- 
sition à l'art ancien. C'était une tribune ouverte 
aux intérêts du romantisme musical. Nul n'a- 
vait plus que Brendel les qualités nécessaires 
pour continuer l'œuvre de ses prédécesseurs et 
lui donner un caractère tranché d'opposition, 
une allure décidée de réformation. De nouveaux 
cours qu'il fit dans les années suivantes grou- 
pèrent autour de lui un certain nombre d'adhé- 
rents, et firent rattacher son enseignement au 
conservatoire de Leipsick. Le parti dont il est un des 
chefs se désigne modesteraentpar le namd'' intelli- 
gent : on pourra vérifier plus tard ses titres à 
celte prétention. Comme intelligent, Brendel s'est 
fait le plus ardent admirateur et prôneur de 
l'entreprise révolutionnaire de Richard Wagner 
(voy. ce nom) pour le bouleversement de l'art. 
La Nouvelle Gazette musicale semble n'avojr plus 
entre ses mains d'autre but que le triomphe de 
celte tentative folle. A l'époque de son premier 
cours, Brendel a publié un petit écrit qui en est 
le résumé, sous le titre : Grundzûge der Ges- 
chichte der iîiwsiA^Faits principaux de l'Histoire 
de la Musique), dont il a paru trois éditions à 
Leipsick, chez Hinze. En 1850, Brendel a fait un 
nouveau cours en 22 leçons, qu'il a publié sous le 

5. 



68 



BRENDEL — BRESY 



tkre : Geschickte der- Musik in Italien^ Deutsch- 
land und Frankreich, von den ersten christ' 
lichen Zeiten bis au f die Gegenwart (Histoire 
de la Musique en Italie, en Allemagne et en 
Fiance, depuis les premiers temps du chris- 
tianisme jusqu'à présent) ; Leipsick, J852, 1 vol. 
in-80 de 546 pages. Une deuxième édition de ce 
livre a paru en 1856. Au point de vue des re- 
cherches et des développements de l'art dans 
ses principes et dans ses formes, cet ouvrage est 
de peu de valeur : à vrai dire, ce n'est qu'un 
résumé de ce qui a été écrit antérieurement 
sur le même sujet; mais les huit dernières le- 
çons peuvent être considérées comme le mani- 
feste des opinions du professeur concernant les 
transformations de la musique, depuis le milieu 
du dix-huitième siècle jusqu'au milieu du dix- 
neuvième. Dans un écrit intitulé : Die Musik 
der Gegenwart und die GesammtkiXnst der 
Ziikunst (La Musique du présent et l'Art complet 
de l'avenir), Leipsick, 1854, Brendel devint le 
prophète fanatique du wagnerisme. Le style 
nébuleux de. cet écrivain semble calculé pour 
couvrir l'insuflisance de ses connaissances tech- 
niques et pratiques dans l'art dont il parle. Sa 
phrase est vague, torturée; les termes dont il se 
sert sont pris souvent dans une acception mal 
définie; enfin ses vues et l'objet de sa ciitique 
sont à chaque instant étrangers à la musique 
considérée en elle-même. En 1856, il a com- 
naencé, en collaboration avec Richard PohI, de 
Dresde, la publication d'un écrit semi-périodique 
intitulé : Auregungen Jiir Kunst, Leben und 
Wissenscha/t (Incitations pour l'art, la vie et 
la science) : au moment où cette notice est écrite 
(1857), les livraisons du quatrième volume pa- 
raissent. 

M'"^ Brendel (née Elisabeth Tautmann, à Pé- 
tershourg), est distinguée par son talent sur le 
piano. En 1845 elle s'est fait entendre avec suc- 
cès dans les concerts de Leipsick. Élève de Field 
et de Louis Berger, elle propage leurs principes 
dans son enseignement. 

BREIVDLER(...), compositeur suédois, mort 
à la fleur de l'âge, à Stockholm, en 1845, an- 
nonçait un génie original dans ses premières œiL- 
vres , lesquelles consistent dans la musiqne qu'il 
écrivit pour les drames : La mort de Spatara, et 
Edmond et Clara. Son opéra inédit et postliume | 
intitulé Ryno, a été estimé comme une œuvre de 
haute valeur par les artistes qui ont pris connais- 
sance de la partition. 

BREIMVTjXER ( JosEPu) , bon compositeur 
de musique d'église, naquit en Bohême vers la 
fin du dix-septième siècle. Il a fait imprimer à 
l'rague divers ouvrages de sa composition dont 



les titres sont : l» Laudes matutinse. Pragœ 
in magno collegio Carolino; Typis Georgio 
Labann. — 2oOffertoires à quatre voix; ibid. — 
3° Horœ pomeridiame , seii concerti camerales 
sex, ppus IV; ibid., 1720. 

BRESCI ANELLO ( Joseph-Antoine), com- 
positeur italien , devint, en 1716, conseiller et 
maître de chapelle du duc de "Wiirtemberg , et 
occupait encore ces places en 1757. Il a fait im- 
primer douze concertos ou symphonies pour deux 
violons, alto et basse, Amsterdam, 1733. On 
connaît aussi différentes pièces de musique vocale 
composées par lui. 

BRESCIANI (Benoît), bibliothécairedu grand 
duc de Toscane, habile maihémalicien et musi- 
cien, naquit à Florence en 1658, et mourut dans 
la même ville en 1740. Parmi les ouvrages qu'il 
a laissés, on trouve en manuscrit : 1° De sys- 
temate harmonico, tractatus , quo instru- 
mentum omnichordum et omnes ejus usus 
explicantur. — 2° Libellus de miisicâ vete- 
rum. 

BRESCIANI ( Pierre), compositeur, né à 
Brescia vers 1806 , n'est connu que par quelques 
opéras qu'il a fait représenter : les circonstances 
de sa vie sont ignorées. Son premier ouvrage, 
La Fiera di Frascati, a été représenté avec 
peu de succès au théâtre S. Benedetto , à Venise, 
dans le mois de mars 1830. Dans la même année 
il fit exécuter une cantate de sa composition sur 
le théâtre de Brescia, à la louange du célèbre chan- 
teur Veluti. En 1832, il donna à Trieste VAlbero 
di Diana, qui ne réussit pas; mais en 1833 il 
écrivit pour le théâtre de Padoue / Promessi 
Sposi, dont le succcès fut complet. L'ouverture, 
l'introduction, un quatuor et un trio du finale 
du premier acte, enfin un duo et un trio du se- 
cond acte, ont été considérés comme de bons 
morceaux, empreints de sentiment dramatique. La 
plupart de ces morceaux ont été gravés avec ac- 
compagnement de piano , à Milan, chez Ricordi. 
On connaît aussi de Bresciani le chant de Bledore, 
du Corsaire de Lord Byron , pour soprano avec 
piano. 

BRESCIONI (François DE), pianiste italien, 
s'est fait connaître depuis 1844 par la publication 
de plusieurs ouvrages pour son instrument, parmi 
lesquelsen remarque des iïMorfies sans paroles, 
op. 10, Milan, Ricordi, et une Fantaisie sur 
lies motifs de la Sémiramis de Rossini, op. 12, 
ibid. • 

BRESY ( Hugues de ), ou de Bercy, ou de 
Bregy, poêle et musicien, fui contemporain d'Héli- 
nand, et vécut sous Philippe-Auguste. La Croix 
du Maine en fait un chevalier; mais Pasquier 
pense qu'il était moine de Cluny. Il se fonde 



BUESY — BREUER 



09 



probablement sur ces deux vers de lîresy : 

« Y a plus de douze ans passé, 

« Qu'en noirs draps suis enveloppé. » 

Le môme auteur croit aussi que Bresy était au- 
teur de la Bible Guyot, satire mordante contre 
les vices de son siècle. On trouve dans les ma- 
nuscrits de la Bibliothèque impériale (cotés 7222, 
65 et 66 , fonds de Cangé ) six chansons notées de 
sa composition. 

BRETAGNE (F. P.), neveu du P. Claude 
Bretagne, religieux de la congrégation de S. Maur, 
naquit à Semur, en 1666. Après avoir achevé ses 
études à Dijon , il se rendit à Paris, et y obtint 
yne place de secrétaire à la chancellerie d'État. 
C'était un homme instruit, qui cultivait les lettres 
avec ardeur et se livrait aux travaux d'érudition. 
Il a publié, sous le voile de l'anonyme, un livre 
intitulé : Tractatiis de excellentia musicas 
antiqux Hebrxorum et eorum instrumentis, 
ex S. Scriptura, SS. Patribiis et antiquis au- 
thorïbus illustratus; Parisiis, 1707, 1 vol. 
in-12. Ce bon ouvrage a été réimprimé à Munich, 
cbezJ.Remy, en 1718, in-4o. 

BRETOiV (Mahoni LE), violoniste du théâtre 
italien , à Paris, en 1760, a publié plusieurs œu- 
vres de trios pour violon et de duos pour flûte, etc. 

BRETON (JoACHiM LE), né à Saint-Meen , 
en Bretagne, le 7 avril 1760, était fils d'un ma- 
rcchal-ferrant qui, chargé d'une nombreuse fa- 
mille, ne pouvait faire autre chose pour son fils 
que de le mettre en état de lui succéder comme 
ouvrier. Cependant le jeune Le Breton annonçait 
d'heureuses dispositions pour les sciences et les 
lettres ; il trouva des protecteurs qui obtinrent 
pour lui une bourse dans un collège , et justifia 
ce bienfait par ses rapides progrès. De brillantes 
études attirèrent sur lui l'attention des Théalins, 
qui cherchaient à faire entrer dans leur ordre des 
sujets distingués. Ils le déterminèrent à se des- 
tiner à l'état ecclésiastique, et l'envoyèrent, à 
peine âgé de dix-neuf ans, professer la rhétorique 
dans un de leurs collèges à Tulle. Le Breton allait 
recevoir les ordres, quand la révolution éclata ; ce 
grand événement changea la direction de sa vie. 
Il se rendit à'Paris, s'y maria, et remplit sous 
le gouvernement du Directoire et sous le Con- 
sulat, la place de chef du bureau des beaux-arts au 
ministère de l'intérieur. Nommé membre du Tri- 
bunal, il y prit peu de part aux discussions poli- 
tiques. Lors de la formation de l'Institut , il y fut 
appelé comme membre de la troisième classe (lit- 
térature et histoire ancienne ) , et comme secré- 
taire de la classe des beaux-arts. Il conserva cette 
position jusqu'au mois d'octobre 1815. Compris 
alors dans l'ordonnance d'expulsion de l'Institut 



d'un certain nornbrede savants et de littérateurs. 
Le Breton partit pour le Brésil avec plusieurs artis- 
tes, dans l'intention d'y fonder une sorte de co- 
lonie; mais il n'eut pas le temps de réaliser ses 
projets,car il mourutàRio-Janeiro,le9 juin 1819. 
Parmi ses ouvrages, on remarque : 1» Rapport 
sur V état des Beaux- Arts ; Paris 1810, in-4°. 
Ce rapport avait été demandé pour le concours 
des prix décennaux ; la situation de l'art musical 
en France depuis 1795 y est examinée avec 
étendue.— 2° Notice sur la vie et les ouvrages 
de Grétry ; Paris, 1814, in-4o. Cette notice, qui 
avait été lue à la séance publique de la classe des 
Beaux-Arts, au mois d'octobre 1814 , a été insé- 
rée dans le cinquième volume du Magasin ency- 
clopédiqiie{l&Wj,p.273. — 3° Notice histori- 
que sur la vie et les ouvrages de Joseph Haydn , 
membre associé de l'Institut de France, et 
d'un grand nombre d'académies ; lue dans 
la séance publique du 6 octobre; Paris, Bau- 
douin, 1810, in-4''. Cette notice est tirée presque 
tout entière de celle que Griesinger avait publiée 
dans la onzième année de la Gazette musicale 
de Leipsick. Elle a été traduite en portugais par 
le cons^eiller royal De Silva-Lisboa, qui l'a aug- 
mentée d'anecdotes sur Haydn fournies par Neu- 
komm , et publiée à Rio-Janeiro, 1820 , in 8» de 
84 pages. 

BRETON DE LOS HERREROS, ama- 
teur derausiqueet poëte àMadrid, estauteur d'un 
poëmeintitulé : Satira contra elfurorefilarmo- 
nico, 6 mas bien contra los que deprecian el 
teatro Espanol ; Madrid , 1847, in-8o. Cet écrit 
esl dirigé contre l'engouement des habitants de 
Madrid pour l'opéra italien. 

BREUER (Bernard), violoncelliste et com- 
positeur, est né à Cologne en 1808. Il entra fort 
jeune au gymnase communal de cette ville, pour y 
faire ses études littéraires, et, dans le même temps, 
son grand-père, bon violoncelliste et professeur 
de théorie, lui donna des leçons de musique. 
Déjà Breuer s'était fait connaître par quelques 
compositions, lorsqu'il se rendit à Berlin en 1828, 
pour y perfectionner ses connaissances dans l'art 
d'écrire, sous la direction de Bernard Klein. L'or- 
ganiste Wilhelm Bach lui donna aussi des leçons 
pour son instrument. De retour à Cologne, il se 
livra à l'enseignement, et entra comme violoncel- 
liste à l'orchestre du théâtre. En 1839 il fit à Paris 
un séjour de quelques mois, puis retourna à Co- 
logne pour y mettre en scène son opéra Die Ro- 
senmddchen ( Les Rosières), qui ne réussit pas. 
Breuer fut plus heureux dans ses autres compo- 
sitions instrumentales et vocales, parmi lesquelles 
on remarque quatre quatuors pour deux violons , 
alto et violoncelle, un trio pour piano, violon 



70 



BREUER — BREWER 



et violoncelle; duos pour 2 ■violons, op. 2, des 
chants et £ieder à voix seule avec piano, d'autres à 
4 voix d'hommes, composés pour la Liedertafel du 
Cologne. 11 a écrit aussi plusieurs psaumes pour 
des voix d'hommes , dans le style de Klein, trois 
messes solennelles avec orchestre , une messe de 
requiem, un Te Deum, plusieurs psaumes avec 
orchestre, deux oratorios {Lazare, et La des- 
cente du Saint-Esprit ), deux symphonies et 
cinq ouvertures pour l'orchestre. Ces ouvrages 
sont travaillés avec soin ; mais ils manquent de la 
qualité vitale, à savoir , l'originalité des idées. 
Breuer s'est rendu recomraandable par la forma- 
tion d'un bon quatuor d'instruments à cordes 
pour l'exécution des ouvrages des grands maîtres. 
11 s'est marié en 1840 avec la fille du violoncelliste 
Knecht, d'Aix-la-Chapelle. 

BREULL (Henri- Auguste), né à Lindenhart, 
prèsdeBayreuth, en 1742, entra en 1765, au ser- 
vice du margrave d'Anspach, comme violon, et, 
dans la suite , passa comme organiste à Erlang , 
où il mourut en 1785. Il eut la réputation d'un 
claveciniste habile, et a laissé plusieurs morceaux 
de musique instrumentale en manuscrit. On a 
aussi publié quelques pièces de sa composition 
dans l'Anthologie musicale de Nuremberg, et dans 
les recueils de piano de 1782. 

BREUNIG (Edouard), né àFrancfortsur-Ie- 
Mein, vers 1808, s'est fait connaître comme in- 
venteur du piano- harmonica. En 1843 il a fait 
entendre cet instrument à Bruxelles, sans y pro- 
duire de sensation. Quelques années après an 
le retrouve à Vienne où son invention n'est pas 
beaucoup plus heureuse; puisa Darmstadt et à 
Francfort. Depuis 1848 le piano-harmonica est 
tombé dans l'oubli. 

BRÉVAL (Jean-Baptiste), violoncelliste et 
compositeur, né dans le département de l'Aisne 
en 1756, étudia soniijstrument sous la direction 
de Cupis. Ses progrès furent rapides, et fort jeune 
encore, il obtint de brillants succès au Concert 
spirituel, où il fit entendre ses premiers concer- 
tos. Admis à l'orchestre de l'Opéra en 1781, il y 
resta jusqu'en 1806; il obtint alors la pension 
de retraite. En 1796, il fut nommé professeur 
de violoncelle au Conservatoire de musique» de 
Paris, qui venait d'être organisé; mais il perdit 
cette place en 1802, époque où beaucoup de 
membres de cette école furent réformes, le nom- 
bre des professeurs étant trop considérable pour 
celui des élèves. Après sa retraite, Bréval vécut 
quelques années à Paris et à Versailles ; puis 
il se retira à Chamouille, village situé près de 
Laon. En 1824 Perne, son ami, alla habiter le 
môme lieu; mais ils ne jouirent pas longtemps 
(les agréments de celte réunion, car Bréval mou.- 



rutvers la fin de Tannée 1825. Le talent de cet 
artiste était agréable ; son jeu avait de la justesse, 
de la précision et du fini ; mais son style man- 
quait de vigueur et d'élévation. Comme compo- 
siteur, il a eu des succès, et sa musique a long- 
temps composé le répertoire des violoncellistes: 
ses concertos sont maintenant tombés dans un 
profond oubli. Ses premières compositions paru- 
rent en 1778. Parmi sesnombreux ouvrages, on 
remarque : 1° Sept concertos pour violoncelle et 
orchestre; Paris, Imbault (Janet et Cotelle). 

— 2° Symphonie concertante pour deux violons 
et alto, œuvre 4* ; ibid. — 3° Symphonie con- 
certante pour deux violons et violoncelle; ibid. 

- 4° Quatuors pour deux violons alto et basse, 
op.e; Paris, La Chevardière. — 5° Trios pour 
deux violons et violoncelle, op. 9. — 6° Trio 
pour violoncelle, violon et basse, op. 39 ; Paris , 
Janet. — 7° Duos pour deux violoncelles, op. 2, 
19, 21 , 25 , 41 ; Paris, Sieber, Janet. — 8" Six 
sonates pour violoncelle et basse, op. 12, 28, 40; 
ibid. — 9° Airs variés pour violoncelle, n°' 1 
à 12 ; ibid. — 10' Méthode raisonnée de violon- 
celle; Paris, 1804. Cette méthode a été traduite 
en anglais par J. Peile, sous ce titre : New ins- 
truction for the violoncello, being a.complete 
Key of the Knowledge of that Instrwnent ; 
Londres, 1810,in-fol. 

Bréval eut un frère cadet, violoncelliste comme 
lui, mais moins habile. Celui-ci a été aussi attaché 
à l'orchestre de l'Opéra. Il a publié des composi- 
tions pour divers instruments. 

BREVI (Jean-Baptiste), maître de chapelle 
de Saint-François à Milan, de l'église del Carminé 
et de celle de San-Fedele, était, en 1673, organiste 
de la cathédrale de Bergame. Plus tard, il ob- 
tint la place de maître de chapelle de cette église, 
suivant le titre de son recueil de motets à voix 
seule publié en 1699. On connaît de sa composi- 
tion : 1° Bizzarie armoniche ovvero Sonate da 
cameraa tre stromenti col basso continua, op. 
3"; Bologne, 1693, in-4o. — 2° La Catena d'oro, 
ariette da caméra a voce sola, op. C; Modène, 
1696, in-4'', obi. — 3° La divozione canora, o 
Xlmotetti a voce sola e continua, op. 7 ; Mo- 
dène, 1699. — 4" Deliri d''amor divine, o can- 
tate a voce sola e contimto , op. 8, lib. 1"; 
Venise, 1706. La première édition de cet œuvre a 
paru à Modène, en 1095. On a aussi de Brevi des 
éléments de musique intitulés : Primi elementi 
di miisica per li principianti con alquanti 
Solfeggi facili; Venise, Ant. Bortoli, 1699, 
in-4°. 

BREWER (Thomas), compositeur anglais et 
virtuose sur la viole, florissait vers le milieu du dix- 
septième siècle. 11 fut élevé à l'hôpital du Christ, 



BREWER — RRICCIALDI 



71 



à Londres. Plusieurs fantaisies, canons et au- 
tres pièces de sa composition ont été insérées 
dans la collection de Hilton, Londres, 165'2. On 
trouve aussi dans le Musical Companion ( Lon- 
dres, 1673) un air à deux voix qu'il a com- 
posé sur ces paroles : Turn Amarillys to thy 
swain, etc. 

BIIEWSÏER (Henri). X)n trouve sous ce 
nom dans le catalogue de Clementi ( Lon- 
dres, 1797 ) un livre didactique intitulé : Coun- 
cise Method of playing Thorough bass (Mé- 
thode abrégée d'accompagnement) in-fol. Tel est 
le véritable titre de l'ouvrage, au lieu de ce- 
lui qui se trouve dans la première édition de ce 
livre, où le nom de l'auteur est aussi mal indiqué. 

BRIAN (Albert), compositeur anglais, flo- 
rissait à Londres dans le dix-septièrae siècle. Le 
docteur Boyce a inséré quelques morceaux de sa 
composition dans son recueil intitulé : Cafhe- 
dral Music. 

BRIAI\T (Denis), musicien français qui vi- 
vait au commencement du seizième siècle. On 
trouve des motets de sa composition dans les 
recueils publiés par Pierre Attaignant, de 1529 à 
1537 (Paris, in-4o obi. gothique), et notamment 
dans le neuvième livre de chansons. 

BRIARD (IÎtienne), graveur et fondeur en 
caractères, né à Bar-le-Duc (Meuse), dans les 
dernières années du quinzième siècle, s'établit à 
Avignon vers 1530. C'est à cette époque, ou peu 
auparavant, qu'il grava un caractère de musique 
très-di Itèrent de la notation alors en usage; car, 
non-seulement il abandonna les formes carrées et 
en losange des longues, brèves, semi-brèves et 
minimes, pour leuren substituer d'arrondies; mais 
il remplaça le système proportionnel des ligatures 
de toute espèce qui n'était, depuis le onzième 
siècle, qu'une énigme embarrassante et inutile 
pour l'art, par une notation simple et rationnelle 
qui représente la valeur réelle des sons mesurés. 
Briard précéda-t-il Granjon(yo(/. ce nom) dans 
cette heureuse réforme, ou celui-ci eut-il l'an- 
tériorité, si, comme le dit Peignot ( Diction, 
rais, de bibliologie, suppl. p. 140), il exerçait 
déjà dès 1525? C'est ce qui serait difficile à éclair- 
cir aujourd'hui; mais il est certain que l'usage 
des caractères de Briard précéda de vingt-sept 
ans le plus ancien ouvrage connu dont l'im- 
pression fût faite avec les caractères de musique 
du typographe parisien ; car ce fut en 1532 que 
Jean de Channay, imprimeur à Avignon, fit usage 
de ceux de Briard pour les œuvres du célèbre mu- 
sicien Eléazar Genêt, surnommé Carpentras 
( Ko !/. Genêt). Les caractères de Briard'étaienf d'ail, 
leurs préférables à ceux deGranjon, étant beau- 
coup plus gros et conséquemraent plus lisibles. 



Quant à la réforme du système, nul doute que 
ce ne sont pas des graveurs et fondeurs de carac- 
tères quiont imaginé une chose de celte impor- 
tance, et qu'un musicien instruit et de bons sens 
a dû leur en suggérer l'idée. Il est d'ailleurs 
à remarquer que ces mêmes caractères simples 
et non proportionnels, ont dû être connus et 
employés parles harmonistes à une époque très- 
ancienne pour écrire leurs combinaisons de chan- 
sons et de motets; car il leur eût été impossible 
de faire leurs partitions avec le système des liga- 
tures et des mesures proportionnelles. Ce n'est 
qu'après avoir écrit leurs ouvrages, à l'aide d'une 
tablature de notation simple, qu'ils imaginaient 
la notation de chaque partie dans les combinai- 
sons les plus énigmatiques et les plus embarras- 
santes, afin de donner une haute idéede leur habi- 
leté; mais souvent il leurarrivait de se tromper 
eux-mêmes dans les signes dont ils se servaient 
pour traduire leur pensée première, ainsi qu'on le 
voit dans les ouvrages de Tinctoris, daGafori, 
à''Aaron et de Zacconi. Antoine Hondremare, 
de Péronne, professeur au collège d'Avignon et 
contemporain de Briard, a fait l'éloge de l'inven- 
tion de ce typographe et de la beauté de ses carac- 
tères, dans les deux quatrains latins que voici; 
1. 

Tuque Briarde tu nunqiiam privarere laude, 

Hactenus invisos nul facis arte typos. 
Qiiam variis sccreta moJis sunt dona tonantis. 
Hic valet musis, poUetat hic calamo. 
2. 
Quara tibi bellaraanus, perdocte Briarde vldetur, 

Hactenus ignotus qui facis arte typos. 
Cujusvis generis pingens elementa notasque, 
Quicquid liabes, monstras cudere calcographia. 

On peut voir, dans l'excellent livre de M. Schniid 
sur Octave Petrucci, un fac-similé des caractères 
de musique de Briard (fig. 4). 

BRIARD ( Jean-Baptiste ), de la même fa- 
mille que le précédent, violoniste et compositeur, 
est né le 15 mai 1823, à Carpentras ( Vaucluse). 
Admis comme élève au Conservatoire de Paris 
au mois d'octobre 1837, il y reçut des leçons de 
Clavel pour le violon, puis devint élève de Bail- 
lot, et, après la mort de cet artiste célèbre, passa 
sous la direction de Habeneck. Le second prix 
de violon lui a été décerné au concours, en 1843, 
et dans l'année suivante, il obtint le premier 
pri.v. On a publié de sa composition quelquesairs 
variés pour le violon et des duos pour cet ins- 
trument. 

BiUCCI (Théodore), compositeur italien, 
vivait vers le milieu du seizième siècle. On a im- 
primé de sa composition : 1° 7^ primo libro de'' 
madrigali a 5 voci ; Venise, in-8". — 2» Madri- 
gali a 6-12 voci; Venise, 1567, in-40. 

BRICCIALDI ( Jii.Es ), Hûtiste et compo- 



72 



BRICCIAI-DII — BRIEGEL 



siteur, est né à Terni, dans les États romains, 
le 1®'' mars 1818. Son père, Jean-Baptiste, fut le 
seul instituteur qu'il eut pour la flûte: plus tard 
il travailla seul, et forma son talent par l'audition 
de quelques bons chanteurs. Arrivé à Rome fort 
jeune, il entra comme flûtiste dans un théâtre 
de cette ville. Dans le même temps il reçut des 
leçons de composition de Ravagli, chantre de la 
chapelle du Vatican. A l'âge de dix-sept ans il 
commença sa carrière d'artiste, et fut nommé 
professeur de flûte par l'Académie de Sainte-Cé- 
cile, à Rome. Arrivé à Naples en 1836, il fut 
choisi dans l'année suivante pour enseigner à 
jouer de la flûte au comte de Syracuse, frère du 
roi. En 1839, il partit pour la haute Italie, et 
s'arrêta à Milan pendant près de quinze mois. 
Arrivé à Vienne dans le mois de mai 1841,11 s'y 
litenlendreavecsuccès, puis fréquenta les bains de 
la Bohême, et retourna à Vienne par Linz, où il 
s'arrêta pour donner des concerts. Je crois que 
Briccialdi est retourné en Italie et s'est fixé à 
Milan. Les œuvres principales de cet artiste 
sont : 1^"^ Concerto pour flûte et orchestre ; Milan, 
Ricordi. — 2™" idem; Brunswick, Meyer. — Fan- 
taisie pour flûte et orch. sur des motifs de Linda 
de Chamouny ; Milan, Ricordi. — Ballabile di 
concerto pour flûte et orchestre, op. 15; Hano- 
vre, Bachmann. — Fantaisie sur la Fille du régi- 
ment pour flûte et orchestre ; Mayence, Scholt. — 
Des fantaisies pour flûte et piano sur des motifs 
d'Opéra, op. 17, 18, 24,25, 27; Milan, Ricordi; 
Brunswick, Meyer ; Hanovre, Bachmann. — Des 
morceaux de salon pour les mêmes instruments, 
op. 3, 1 6, 2 1 , 28, 30, 32; ibid.— Des variations, etc. 

BRICCIO (Jean), l'un des écrivains les 
plus féconds de l'Italie, naquit à Rome en 1581, 
et mourut dans la même ville en 1646. Son père, 
simple matelassier, le destinait à sa profession, 
mais le jeune Briccio donnait à la lecture tous 
les moments qu'il pouvait dérober àson travail, et 
il apprit ainsi seul la théologie, le droit civil et 
canonique, la grammaire, la rhétorique, la géomé- 
trie, la physique, l'astronomie, la musique et la 
philosophie. Il fut, pour la peinture, élève de Fré- 
déric Zucchari. Il a publié des canons énigma- 
tiques à deux, trois, quatre et six voix. Walther 
cite de lui un livre intitulé •..Délia Musica, 
qui est resté manuscrit. 

BRIDI (Joseph- Antoine), banquier à Rove- 
redo, ville du Tyrol italien, estnéen 1776. Ama- 
teur passionné de musique, il fit élever dans son 
jardin un temple dédié à l'harmonie, et y mit les 
bustes de Sacchini, de Gluck, de Haendel,de Jo- 
melli, de Haydn, de Palestrina et de Mozart, avec 
des inscriptions latines-, composées par J. B. Bel- 
tramo, prêtre de Roveredo. Dridi a donné, la 



description de ce temple, avec des biographies 
abrégées des artistes célèbres dont les images 
s'y trouvent, dans un écrit qui a pour titre : Brève 
Notizie intorno ad alcuni celebri compositori 
di musica, e cenni sullo stato présente del 
canto italiano ; Roveredo, Marchesani, 1827, 
in-8°. 

BRIEGEL (Wolfgang-Charles), né en Al- 
lemagne, en 1626, fut d'abord organiste à Stettin. 
Appelé à Gotha, vers 1651, pour y remplir les 
fonctions de cantor, il y passa vingt ans, et 
n'en sortit que vers la fin de 1670, pour aller à 
Darmstadt, où il avait été nommé maître de cha- 
pelle. Il vivait encore en 1709, et était âgé de 
quatre-vingt-trois ans. On peut croire qu'il était 
fort gros, d'après son portrait qui a été gravé lors- 
qu'il avait soixante-cinq ans. Il a beaucoup écrit de 
musique pour l'église protestante, et de pièces ins- 
trumentales. Voici la liste de ses principaux ou- 
vrages ; 1° GeistUche Arien und Concerten (Con- 
certs et airs spirituels); Erfurt, 1652, in-4°. — 
2° X Paduanen, X Balleten, und X Couranten 
von 3 und 4 Instriimenten ; Erfurt, 1652, in-4°. 
— 3° GeistlichenMusikalischer Rosengarten von 
l,2,3,4M?jd 5 Stimmen, nebst darzu gehœrigen 
Instrumenten (Jardin de roses musicales à 
1-5 voix , etc. ) ; Gotha, 1658 , in- fol. — i'Geist- 
liche Arien, V^" Zehen, von 1 und 2 Singstnn- 
men nebst beyge/ugtenRitournellenmitzivey 
undmehr Vivien sammt dem B. C, Gotha, 1660, 
in-fol. — 5° Evangelische Gespra'che avf die 
Sonn und HauptFestlage von Advent bisSexa- 
gesimas mit 5 bis \Q Stimmen ( Paroles évan- 
géliques pour les jours de fête depuis l'Avent jus- 
qu'à sexagésime, à 5-10 voix) ; .Miihlhausen, 1660, 
in-fol., première partie. — 6° Idem , deuxième 
partie; ibid. , 1661. — 7° GeistUche Arien, etc., 
deuxième partie; ibid., 1661. — 8° Dank-Lob 
und ^eMJerfer (Cantiques de remercîraents etde 
louanges); Miihlhausen, 1663, in-4". — 9° Buss 
und Trost-Gesœnge ( Cantiques de repentir et 
de consolation ) ; Gotha, 1664, in 4", — 10° Evan- 
gelischer Blumen-Garten,von 4 Stimmen, avf 
madrigalische Art 1, 2, 3 und 4 Theile ( Par- 
terre évangélique à quatre voix, etc. ); Gotha , 
1666-1668 in-4°. — il" Intraden und Sonatcn 
voniund à Stimmen, au/Cornettenund Trom- 
bonen zu gebrauchen ; Leipsick , 1G69, in-4°, et 
Erfurt, 1669, in-4°. — \1° Heilige Liederliist; 
Erfurt, 1669, in-4''. — 13» XII madrigalische 
Trost-Gesœnge,mit 5 unde Stimmen, etc. (Can- 
ti(iues madrigalesqucs de consolations, à cinq et 
six voix, etc.); Gotha, 1671, in-4°. — - l4oi»/«5t- 
kalisches Tofel-confect , bestehend in liislt- 
gen Gespr;rchen undConcerten (Confitures mu- 
sicalesdetable,etc.);Francforl-sur-le-Mein, 1072, 



BRIEGEL — BRIJOIN 



73 



in-4». — 15» Geistliche Concerten von 4 und 5 
Stimmen ( Concerts spirituels à quatre et cinq 
voix) ; ibid., in-4°. — 16° Joh. Sain. Kriegsmann 
evangelisches Hosanna, mit 3 vocal Siimmen 
aiich mit und ohne Instrumente in Musik 
ffcseïs^; ibid., 1678, in-4°4 — 17° Evangelisch 
Gesprach-Musik, oder musikalische Trost- 
Quelle, aiisden Sonn-und Festtags-evangelien 
Gesprœchsweise geleitet, mit 4 vocal tmd 5 
Instruniental-Stimmen und dem Generalbass 
(Dialogues spirituels en musique, etc., à quatre voix 
et cinq instruments, avec basse continue ) ; ibid., 
167!) , iu-4''. — 18° Musikalische Erquickstun- 
den sonderbarlustigeCapricien mit ti Stimmen, 
als 1 Violin, 1 Violen, demViolon nebstB. C. 
(Récréations musicales ou caprices choisis à quatre 
voix, avec un violon, deux violes, basse et B.C. ); 
Darmsladt, 1680, in-4°. — 19'' Musikalischer Le- 
bens-Brunnen, von/t vocal und ^ instrumental- 
Stimmen (Fontaine dévie musicale àquatre voix 
il quatre instruments) ; ibid., 1688. Il y a une pre- 
mière édition du même ouvrage publiée aussi à 
Darmstadt, en 1680, in-4°. — 20° Christian fteh- 
feldsevangelischer Palmzweig, von 1-4 Sing' 
siimmen , nabsl 2-4 Instrumenten (Palmes 
cvangéliques de Christian Rehfeld, à 1-4 voix et 
2-4 instruments); Darmstadt et Francfort, 1684, 
in-40. — 21° Joh. Brauns Davidischeevange- 
lische fJarfe in Musik gebracht (La Harpe évan- 
gélique davidique de J . Braun mise en musique) ; 
Francfort, 1685, in-4°. — lio Evangelisches Ho- 
sanna in geistlichen Liedern, aus den Sonn- 
und fiihrnehmsten Festtags-Evangelien ers- 
challendin leichter Composition, nachbelieben 
mit i-bSingstimmen, nebs 2 Instrumenten, mit 
einem Anhange von 6 Communion, 6 Hochzeit 
und 6 Be^raônm-Lierfern (Cantiques de joie 
évangélique, contenant les évangiles des diman- 
ches et principaux jours de fêtes en musique 
facile, etc. ); Giessen, 1690, in-4''. — 23° Kœnig 
David 7 Buss-Psalmen, nebsetlichen Bussge- 
sprœchen in Concerten von 4 vocal und 2 ins- 
Irumental-Stimmen , etc. (Les sept psaumes 
de la pénitence du roi David, etc., à 4 voix et 2 
instrument?; Giessen, lG90^in-4°. — 24" Geis- 
tliche Lebens-Quellemit k vocal und 2 bis 4 ins- 
trumental Stimmen , etc. (Les sources de la 
vie spirituelle, à 4 voix et 2-4 instruments). 
Darmstadt, in-4°. — 25" Letzter Schwanenge- 
sang bestehend in XX Trauergesang, mit 4 
bis 5 Stimmen (Les derniers chants du cygne, 
consistant en 20 cantiques funèbres à 4-5 voix); 
GiÊssPn, 1709, in-4°. 

BRIGIlEKTl (Pierre), avocat, né à Bologne 
vers 1780, est auteur d'un éloge du chanteur Ba- 
bini, qui a pour litre : Elogio di Matteo Babini 



letto al Liceo filarmonico di Bologna, nella 
solenne distribuzione de' premi musicali il 9 
luglio ; Bologna, pcr lestampe d'Annesio No- 
bile, 1 822, in-4". On a aussi sous le môme nom un 
opuscule intitulé : Délia musica Rossiniana e 
del sua autore ; Bologne, 1830, in-S" de 33 
pages. Brighenti était membre de l'Académie des 
Philharmoniques de Bologne et de plusieurs aca- 
démies italiennes. 

BRIGHENTI ou RIGilETTI (M"" Ma- 
rie GIORGl), cantatrice détalent, née a Bologne, 
vers 1792, reçut dès son enfance une excellente 
éducation musicale. Sa mère, M™^ Giorgi, pianiste 
distinguéeetremarquable par son esprit, donnait 
chezelle chaque semaine des concerts d'amateurs 
auxquels assistait la meilleure société de Bologne : 
ce fut dans ces réunions que se forma le goût de 
la jeune cantatrice. Du même âge que Rossini, 
qu'elle voyait souvent chez sa mère, elle eut pour 
lui une amitié sincère qui ne se démentit jamais. 
Son début au théâtre eut lieu à Bologne en 1814 : 
Dans la même année, elle épousa M. Brighenti. 
En 1816, elle créa le rôle de Rosine dans le Bar- 
bier de Séville, que Rossini avaitécrit pour Rome. 
Ce fut pour elle aussi qu'il écrivit la Ceneren- 
tota. Venise, Gênes, Livourne et Bologne furent 
les scènes sur lesquelles M™" Brighenti brilla à 
diverses reprises. Elle termina sa carrière théâ- 
trale a Yicence en 1836, et se relira à Bologne. Ce 
n'est pas seulement comme cantatrice qu'elle mé- 
rite d'être citée ici, mais comme auteur très-spi- 
rituel d'un écrit sur la vie de Rossini, intitulé : 
Cenni di una Donna già cantante sopra il 
maestro Rossini , in risposta a cià che ne 
scrisse,nellastatedell'annol9,22,ilgiornalisla 
inglese in Parigi , e fu riportato in tma gaz- 
zetta di Milano dello stesso anno ( Rensei- 
gnements d'une cantatrice sur le maître Rossini, 
en réponse à ce qu'en a écrit un journaliste an- 
glais à Paris dans l'été de 1822, et qui a été rap- 
porté dans une Gazette de Milan de la môme 
année ); Bologne, 1823, in-S». M^e Brighenti re- 
lève dans cet écrit beaucoup d'anecdotes menson- 
gères répandues sur l'illustre maître, et fournit 
des renseignements remplis d'intérêt sur sa 
personne et ses ouvrages. J'ai donné une ana- 
lyse de ce joli ouvrage dans la Gazette musicale 
de Paris (année 1850, n. 20). 

BRIGINOLI (Jacques ), compositeur italien, 
vivait vers la (in du seizième siècle. Jean-Bap- 
tiste Bonometti, surnommé H Bergameno, a in- 
séré quelques pièces de sa composition dans le 
Parnasse musico Fernandeo qu'il a publié'à Ve- 
nise, en 1615. 

BRIJOIV ( E. R.), professeur de musique, né à 
Lyon, vers 1720, et qui vécutdans cette ville, a pu 



74 



BRU ON 



BRITTON 



blié : r Réflexions sur la musique et sur la vraie 
manière de l'exécuter sur le vio/o«; Paris, 1763, 
in-4°; — 2° L'Apollon moderne, ou développe- 
ment intellectuel par les sons de la musique; 
nouvelle découverte de première culture, aisée 
et certaine pour parvenir à la réussite dans 
les sciences , et nouveau moyen d'apprendre 
facilement la musique; Paris et Lyon, 1781. Ce 
titre n'annonce pas un iiomnie de trop bon sens ; 
cependant, quoique le style en soit fort mauvais, 
le livre contient quelques bonnes choses. Brijon 
avait remarqué la difficulté de fixer l'attentiou des 
commençants, dans l'étude de la mnsique, sur la 
division des valeurs de temps et sur Ja justesse 
des i-ntonations ; il est, je crois, le premier auteur 
qui ait proposé d'écarter cHitte difficulté au moyen 
du solfège parlé. On trouve dans son livre des 
leçons écrites pour cet usnge. M. Quérard s'est 
trompé en donnant à ce musicien le nom de 
Jirigon (France Litlér., t. 1, page 514 ). 

BUILLE (Joachim), chantre à la cathédrale 
de Soissons, vers le milieu du dix-septième siècle, 
est connu par une messe à quatre parties, Ad 
imitationem moduli Nigra sum ; Paris,. Robert 
Baliard, 1068, in-fol. 

liRlLLON DEJOUY (Mme), amateur de 
musique de la plus grarale distinction, vivait à 
Passy, près de Paris, dans la seconde moitié du 
dix-huitième siècle. Burney,quirentenditen 177o, 
en parle en ces termes dansson Voyage viusical 
en France et en Italie- : « Elle est une des meil- 
« leures clavecinistes de l'Europe. Cette dame, 
« non-seulement joue les morceaux les plus dif- 
« ficiles avec beaucoup de sentiment, de goût et 
« do précision, mais elle exécute à vue avec la 
<c plus grande facilité. Je pus m'en convaincr^e 
" lorsque je l'entendis jouer plusieurs morceaux 
« de ma musique, que j'avais eu l'honneur de.lui 
« présenter. Elle compose aussi : elle eut la 
« bouté d'exécuter- pour moi plusieurs de ses so- 
« nates sur le clavecin ou \& forte-piano, avec 
« accompagnement de violon joué par M. Pagin 
«{voyez ce nom). » Plusieurs compositeurs 
célèbres, au nombre desquels on distingue Sclio- 
bert et Boccheiini , ont dédié leurs ouvrages à 
lyjme gifiion de Jouy. 

BRIOCHÏ ( ), compositeur italien, vivait 

vers 1770. 11 a.vait déjà publié, à cette époque, dix- 
huit symphonies, sept trios pour violon, des con- 
certos et d'autres pièces de musique instrumentale. 

BRITO (EsTEVAM de), musicien espagnol, 
vivait vers 1025. 11 fut d'abord maître de cha- 
pelle à l'église cathédrale de Badajoz et ensuite 
à Malaga. On trouvait autrefois, dans la biblio- 
llièqucduroi de Portugal, les ouvrages suivants 
de sa composition ; 1" Tratado de musica, Mss, 



n. 513. — 2" Motetesa 4, 5, 6, vozes, n. 569. 

— ^oMotete: Exiirge Domine, i voc, u. 809. 

— 4" Vilhancicos de Natividatl, n. 097. 
BRITTON (Thomas), marchand de char- 

l>on à Londres, fut un des liommes les plus sin- 
guliers de son temps. Né près de Iligham-Fer- 
rers , dans le comté de Northampton, en 1057, il 
se rendit à Londres fort jeune, et fut mis en ap- 
prentissage chez un marchand de charbon. Après 
avoir fini son temps d'épreuves, il s'établit mar- 
chand pour sou compte, loua une espèce d'écu- 
rie dans Aylesbury street, Clerkenwell, et la 
convertit en une habitation. Peu de temps après, 
il commença à se lier avec des -savants et des 
artistes, et se livra à l'étude de la chimie etde la 
musique. Ses*di positions étaient telles, qu'en peu 
de temps il acquit de grandes connaissances dans 
la théorie et dans la pratique de cet art. Après 
avoir parcouru la ville, vêtu d'une blouse bleue 
et sonsacde charbon sur le dos, il rentrait chez 
lui pour se livrer à l'étude, ou se rendait à la 
boutique d'un libraire nommé Cliristophe Ba- 
feman, dans laquelle se rassemblaient beaucoup 
de savants et de gens de qualité. 

Britton fut le premier qui conçut le projet 
d'établir un concert public à Londres, et qui 
l'exécuta. Ses concerts eurent lieu d'abord dans 
sa propre maison. Le magasin de charbon était 
au rez-de-chaussée, et la salle de concerts au- 
dessus. Celle-ci était longue et étroite, et le pla- 
fond en était si bas, qu'un homme d'une taille 
élevée aurait eu de la peine à s'y tenir debout. 
L'escalier de cette salle était en dehors, et ne 
|)ermeltait guère d'y arriver qu'en se traînant. 
La maison elle-même était si petite, si vieille et 
si. laide, qu'elle semblait ne convenir qu'à un 
homme.de la dernière classe. Néanmoins, tel 
était l'attrait des séances de Britton, que la plus 
brillante société de Londres s'y rassemblait. II 
paraît que l'entrée fut gratuite pendant quelque 
temps ; mais on finit par établir une souscription 
dedix schellings par an, pour laquelle il fut sti- 
pulé' que l'oa aurait le privilège de prendre du 
café à un sou la tasse. Les principaux exécutants 
de ces concerts étaient le docteur Pepusch, Hen- 
del, Banister, Henry Needier, John Hughes, 
WoHaston le peintre, Philippe Hart, Henry Abell, 
Whichello, etc. Le fameux violoniste Mathieu 
Dubourg y joua, encore enfant, son premier solo. 
Parmi les auditeurs habituels se trouvaient les 
comtes d'Oxford, de Pembroke et de Sunderland. 

Britton avait rassemblé une collection pré- 
cieuse de livres de musique et d'instruments, 
qui fut vendue foit cher après sa mort. Il avait 
copié lui même une si grande quantité de mu- 
sique ancienne, que celle seule partie de sa col- 



BRITTON — BRIXI 



75 



lection fut vojndue 100 livres sterling, somme 
considérable pour ce temps. Il composait aussi 
et jouait fort bien du clavecin. La singularité de 
sa vie, ses études et ses liaisons firent penser 
qu'il n'était pas ce qu'il paraissait être. Quelques 
personnes supposaient que ses assemblées musi- 
cales n'étaient qu'un prétexte pour couvrir des 
rassemblements séditieux ; d'autres l'accusaient 
de magie ; enfin ilpassait auprès de certaines per- 
sonnes tantôt pour un athée, tantôt pour un 
presbytérien et même pour un jésuite. Les cir- 
constances de sa mort ne furent pas moins ex- 
traordinaires que celles de sa vie. Un forgeron, 
nommé Honeynian , était ventriloque : M. Robe, 
magistrat de Middiesex, quifaisait souvent par- 
lie des réunions du charbonnier, y introduisit 
Honeyman, dans l'intention de s'amuser en ef- 
frayant Dritton. Il n'y réussit que trop bien. Ce 
pauvre homme, à l'audition d'une voix qui pa- 
raissait surnaturelle et qui lui annonçait sa fin 
prochaine, s'il ne se jetait à genoux pour réciter 
ses prières, tomba en effet dans cette position, 
mais sa frayeur fut si grande,-qu'il ne put proférer 
une parole, et qu'il mourut quelques jours 
après (en 1714), dans la soixantième année 
de son âge. Tous les artistes et beaucoup de 
grands seigneurs assistèrent à ses funérailles. 
Deux portraits de îiritt'on ont été peints par Wol- 
laston ; l'un en blouse et l'autre au clavecin : ils 
ont été gravés tous deux. 

BRI VIO (Josepu-Ferdinand), fonda à Mi- 
lan, vers 1730, une école d'où sont sortis des 
chanteurs célèbres. Il a composé divers opéras 
parmi lesquels on remarque : l'Incostanza de- 
luza, Milan, 1739, et Gîanrair, Londres, 1742. 
On n'a pasd'autre renseignement sur cet artiste. 
BRIXI (François-Xavier), né à Prague en 
1732, appritla musique chez Pierre-Simon Brixi, 
organiste à Kosmonos, qui n'était pas son père, 
comme le dit Gerber, mais son parent. Occupé 
de l'étude des lettres en même temps qire dé 
celle de son art, il fit ses humanités à Kosmonos, 
et après avoir achevé son cours de philosophie, il 
accepta la place d'organiste à l'église de S-. Gallus, 
à Prague, puis il obtint l'orgue de Saint-Nicolas. 
Ayant été nommé directeur du chœur à l'église 
Saint-Martin, il occupa cette position pendant plu- 
sieurs années. De là il passa-pn qualité de maître 
de chapelle à la métropole de Prague. îl mourut 
célibataire à l'âge de 39 ans, chez les frères de, la 
charité, le 14 octobre 1771. Cet artiste était re- 
nommé comme organiste et comme compositeur; 
cependant la fécondité est la qualité la plus re- 
marquable de ses productions. Il a laissé en ma- 
nuscrit cinquante messes solennelles, vingt-cinq 
messes brèves, une innombrable quantité de vê- 



pres, litanies, offertoires, graduels, et plusituvs 
oratorios, parmi lesquels on remarque celui qu'il a 
écrit pour le jubilé du moine bénédictin Friedc- 
ricA, de Saint«-Marguerile : cet ouvrage renferme 
plus de 400 feuilles. Une telle activité de produc- 
tion de la part d'un artiste mort à 39 ans tient du 
prodige. Malheureusement, le style de toute celte 
musique n'a point la majesté-qui convient à l'Église; 
les idées en sont petites, triviales même ; leur va- 
leur peut être appréciée par un mot de Léopold 
Kozeluch, bon juge et compositeur de mérite. Ce 
musicien se trouvait un jour avec Brixi chez un 
ami commun, et le maître de chapelle de la mé- 
tropole dit en riant àKoseluch : « Quand je passe 
« devant une église où l'on exécute une de vos 
« messes, il me semble que j'entends un opéra 
« sérieux. — Moi, répondit Kozeluch, lorsque 
« j'entends une des vôtres, je crois être dans une 
« guinguette. » Il est d'autant plus singulier que 
Brixi ait adopté une manière si peu conforme 
à la nature de ces ouvrages, qu'il était, dit-on, 
de la plus grande force dans le style fugué sur 
l'orgue.' Il a laissé en manuscrit un assez grand 
nombre de pièces pour cet instrument : elles 
sont encore considérées comme de fort bons ou- 
vrages. 

BRIXI (Victorin), excellent organiste, na- 
quit à Pilsen, dans la Bohême, en 1717. A l'âge 
de«sept ans il fut envoyé chez Victorin Zadolsky, 
frère de sa mère, et pasteur à Kalsko. Là, Brixi 
appritla musique; ensuite il alla à Altvvasser, où 
il entra au choeur comme soprano. L'année d'a- 
près il alla à Kosmonos, y acheva ses études de 
musique, puis y occupa pendant deux ans la 
place d'organiste. Ce fut à cette époque qu'il 
écrivit ses premiers ouvrages, lesquels consistaient 
en morceaux détachés pour les comédies qu'on re- 
présentait au collège. Appelé à P.eihenberg pour 
y diriger l'éducation musicale de quatre jeunes 
gens de-haute naissance, il se fatigua bientôt d'un 
travail qui ne lui laissait pas le temps nécessaire 
pour composer, et en 1737 il accepta la place 
d'organiste à Podiebrad. Il occupa celte posi- 
tion pendant dix ans, puis, en 1747, il fut nommé 
reoteur du collège de cette ville. Sa renommée 
comme organiste était telle à cette époque, que 
l'empereur François I" voulut l'entendre lorsqu'il 
visita la Bohême. Étonné de son habileté, ce 
prince lui offrit la place de claveciniste de la 
cour;'mais Brixi refusa les avantages qu'on vou- 
lait lui faire, par amour pour sa patrie. Vers le 
raêitie temps, son parent, François Benda, lui 
écrivit de Berlin pour Rengager à entrer au ser- 
vice du roi de Prusse; mais il resta ferme dans 
larésolution de ne [las s'éloigner de la Bohême. 
Après une longue et houorable carrière , Bri>Li 



T« 



BRIXI — BROADWOOD 



mourut, le 10 avril 1803, à l'âge de quatre-vingt- 
six ans. On connaît de sa composition des sonates 
de piano, beaucoup de messes, des vêpres, des 
litanies, et d'autres productions du même genre. 

BKIZZI (Antoine), habile ténor, naquit à 
Bologne, en 1774. Il se livra de bonne heure à 
l'étude de la musique, et prit des leçons de chant 
d'Anastase Masso, chanteur habile de cette époque. 
A l'âge de vingt-quatre ans, il chanta pour la pre- 
mière fois enpublicàMantoue, où il eut beaucoup 
de succès. 11 se fit entendre sur les principaux 
théâtres de l'Italie, et se (it bientôt une brillante 
réputation par sa métliode excellente et la beauté 
extraordinaire de sa voix, qui, pleine et sonore 
<lans toute son étendue, embrassait plus de deux 
octaves. 11 joignait à ces avantages ceux d'un bel 
extérieur et d'un sentiment juste de l'expression 
musicale. Toutes ces qualités le firent rechercher 
avec empressement par les principales cours de 
l'Europe. Après avoir chanté quelque temps à 
Vienne, ilfutappeléà Paris, pourjouersurlelhéâ- 
Ire delà cour de l'empereur Napoléon; mais après 
deux ans de séjour dans celte ville, s'apercevant 
que le climat de la France nuisait à sa santé et à 
la qualité de sa voix, il demanda et obtint son 
congé. Il se rendit à Munich, où il chanta sur le 
théâtre de la cour, et obtint le plus grand succès. 
Depuis que Bv'ini s'était retiré du théâtre avec 
•j.ne pension de la cour, il s'occupait de l'éduca- 
tion musicale de quelques jeunes gens, et habitait 
tantôt à Munich, tantôt à Tegernsée. Les derniers 
renseignements sur cet artiste ne vont pas au 
delà de 1830. 

Un autre chanteur de la même famille, Louis 
Brizzi, né à Bologne eu 1765, fut professeur de 
ehant au lycée communal de cette ville, et mourut 
le 29 août 1837, à l'âge de soixante-douze ans. 

BRIZIO (Petkucci), compositeur, naquit à 
Mosca Lombarda, au territoire de Ferrare, le 12 
juin 1737. Dans sa jeupgsseil étudia au séminaire 
il'Imola, puis il se rendit, en 1750, à Ferrare, où 
il suivit les cours de droit. En 1758, il obtint le 
doctorat en cette science ; mais, plein d'enthou- 
siasme pour la maisique, H ne voulut plus avoir 
d'autre occupation que celle de cet art. Dirigé 
dans ses études musicales par le professeur Pie- 
Iro Beretta, il fit de rapides progrès,' et devint 
bientôt un maître distingué, tant pour la musi- 
que d'église que pour les œuvres dramatiques. 
Au nombre des opéras sérieux et bouffes qu'il 
produisit à la scène, on distingua particulière- 
ment son Ciro riconesciuto, et / pazzi impro- 
visnli, qui furent représentés à Ferrare : son goût 
toutefois Jeportait vers le style religieux. En 1784, 
il fut nommé maître de chapelle de la cathédrale de 
ferrare. Il écrivit peu do tcmp-^ après une messe 



solennelle et un Te Deum qui furent exécutés h 
Fusignano, à roc<;asion de la promotion du car- 
dinal Calcagnini, et en 1793 il composa une 
autre messe qui fut chantée à l'église Saint-Paul 
de Ferrare. Ses psaumes, particulièrement le 
Dixit, le Confitebor et le Laudate pueri, à grand 
orchestre, ont eu une brillante renommée dans 
toute la haute Italie. Par une exception bien rare, 
il pot écrire encore en 1822, c'est-à-dire, à l'àgede 
quatre-vingt cinq ans, une messe de requiem qui a 
été considéréecomme un très-bon ouvrage. Brizio 
est mortà Ferrare, le 23 juin 1825, à l'âge de quatre- 
vingt-huit ans. Son portrait à été gravé par 
Gaétan Dominichini. La plupart de ses ouvrages 
pour l'église sont en manuscrit dans les archives 
de la cathédrale de Ferrare ; on y trouve plusieurs 
messes à 4 voix et orchestre, sans Credo; dif- 
férents versets du gloria à 4 voix et orchestre ; 
Kyrie idem; Credo (en /a) idem; autre Credo 
(en sj bémol} idem; l'hymne Ave maris Stella, 
à 4 voix, 2 violons, alto et basse; Stabat Mater 
à 2 voix et orchestre; Mémento Domine Da- 
vid, à 8 voix sans accompagnement; Hymne de 
Saint-Auguslin,à4 voix et orgue ; Salve Regina, 
à 4 voix et quatuor ; Te deum à 4 voix et orches- 
tre ; les psaumes Dixit, Confitebor et Lau- 
date pueri; Magnificat à 4 voix avec orchestre ; 
Tantum ergo, à 2 voix et orgue; Veni Creator 
à 3 voix et orchestre ; Litanies à 4 voix et orgue; 
Messe pastorale et Credo pour la fête de Noël, à 
grand orchestre. 

BROADWARI (Richard), a composé à 
Londres, en 1745, un oratorio intituléiSa/omott's 
Temple. C'est tout ce qu'on saitde ce musicien. 

BROADWOOD (John,) fondateur de la cé- 
lèbre maison de facteurs de piano connue sous 
ce nom, naquit en Ecosse vers 1740. Arrivé à 
Londres à l'âge d'environ vingt«-ti ois ans, il entra 
comme ouvrier chez Burckhardt Tschudy, fabri- 
cant de clavecins, Great Pultney Street, 33. Il y 
fit preuve de tant d'intelligence et d'habileté dans 
son art, que Tschudy le choisit pour gendre, et 
lui céda son établissement. C'est cette même mai- 
son qui est encore aujourd'hui le siège de la 
grande fabrique de MM. Henri et Walter Broad- 
wood, petits-fils de John. Les petits pianos car- 
rés fabriqués à cette époque avaient le son faible, 
en comparaison des grands cJavecins, incon vénien t 
qui nuisaitàleursiiccès. Pour remédiera cedéfaut, 
Americ Backers, facteur allemand fixé à Londres, 
entreprit, en 1766, d'appliquer le mécanisme du 
petit piano à de grands instruments en forme de 
clavecin. Avec l'aide de Broadwood et de Sto- 
dart(l), il fit beaucoup d'essais et d'expériences 

(1) Ce Stodart, élcre de John Broadwood, fut le grand-père 



BROADWœo — BROCHARD 



77 



pour la réalisation de son projet. Déjà un Irlan- 
dais qui travaillait chez Longman, prédécesseur 
de Clementi et Collard, avait imaginé le méca- 
nisme sauteur ou boiîeux, auquel on a donné 
longtemps le nom d'échappement irlandais; 
mais cette invention était trop grossière pour 
satisfaire de véritables mécaniciens. Enfin, après 
beaucoup de travaux et de dépenses, le méca- 
nisme du grand piano-forté fut trouvé par Bac- 
kers, Broadwood et Stodart, et définitivement fixé. 
C'est ce même système qui a été appelé depuis 
lors mécanisme anglais, et qu'on pourrait dési- 
gner avec précision par le nom de mécanisme à 
action directe. C'est encore celui qui est mis en 
usage par les descendants de John Broadwood 
et de Stodart; MM. Broadwood l'ont seulement 
modifié par un moyen très-simple pour répéter les 
notes sans être obligé de relever les doigt» des 
touches. Les qualités de ce mécanisme consis- 
tent dans la simplicité, d'où résulte nécessairement 
la solidité. 

La fabrique de pianos delà maison Broadwood 
commença à se faire connaître en 1771, sous le 
nom qu'elle porte encore. Les grands instruments 
en forme de clavecins qui ont fait sa réputation 
datent de I78i. Depuis lors, jusqu'en 1856, le 
nombre total des instruments sortis de ses ate- 
liers s'est élevé au chiffre énorme àecent vingt- 
trois mille sept cent cinquante. Depuis 1824 
jusqu'en 1850 inclusivement le nombre moyen 
des instruments fabriqués chaque année a été de 
2,236 environ, ce qui donne la prodigieuse quan- 
tité de 43 pianos de tout genre pour chaque se- 
maine. 

BROCHARD (Evelina), née f ton, na- 
quit le 24 août 1752, à Landshut, en Bavière. A 
l'âge de huit ans elle entra dans la troupe de co- 
médiens dirigée par Sebasliani , à Augsbourg , et 
débuta par le rôle de Fiametta lians, le petit opéra 
de la Gouvernante. Après quelques années de 
travail, elle obtint des succès flatteurs, autant par 
le naturel de son jeu que par son chant agréable 
et par les charmes desa figure. En 1768 elle épousa 
à Manheim G.-P. Brocliard, maUre de ballets de 
latroupede Sebasliani. Peu de temps après elle 
fut placée comme cantatrice à la cour de l'élec- 
teur palatin. En 1778 elle fut engagée comme 
première chanteuse de l'Opéra allemand de Mu- 
nich. Lorsqu'elle parut pour la pemière fois sur le 
théâtre de cette ville, elle fut accueillie par de vifs 
applaudissements comme cantatrice et comme 
actrice. Les ouvrages dans lesquels on aimait sur- 
tout à l'entendre étaient Paris et Hélène, de 
P. Wiflter, Bellérophon, du môme auteur, et Le 

des facteurs du mérae nom qui travaillent encore au mo- 
ment où cette notice est écrite. 



Triomphe de la Fidélité, de F. Danzi. Dans un 
âge plus avancé, elle abandonna le chant, et se 
livra exclusivement à la comédie, où elle excella. 
Eu 1 81 1 elle vivait encore à Munich, mais retirée 
du théâtre, et tourmentée depuis longtemps par 
une maladie douloureuse. 

BROCHARD (Pierre), fils d'Èvelina Bro- 
cliard, naquit à Munich le 4 août 1779. En 1787, 
il commença l'étude du piano avec le professeur 
Kleinheinz, et. la continua sous la direction de 
Streicher. En 1792, il prit des leçons de violon 
de Held, musicien de la cour, et se perfectionna 
sur cet instrument avec Frédéric Eck. Cinq ans 
après, il fut reçu comme surnuméraire à l'or- 
chestre du théâtre de Munich, d'où il passa 
en 1798 à celui de Manheim ; mais il fut rappelé 
par sa cour l'année suivante. En 1802, il s'enga- 
gea pour deux ans à l'orcliestre de la cour de 
Sluttgard, et à l'expiration de ce terme il revint à 
Munich, où il se trouvait en 1811. Brochard eut 
pour maître de composition Schleclit. On connaît 
plusieurs œuvres de sonates de sa composition, 
des variations, des ariettes, des cantates, etc. Il 
a composé aussi la musique de plusieurs ballets 
pour le théâtre royal de Munich ; on y découvre 
du goût, de jolis chants, un bon emploi des ins- 
truments, et de la vérité dans l'expression dra- 
matique. Ces ballets sont : 1° Der Tempel des 
Tugen ( Le Temple de la vertu ), pour la fêle de 
la reine, au mois de janvier 1800. — 2° Der 
DorfJarhmarkt (La Foire de village), au mois 
d'avril 1800. —Z" Diezwei Wilden^L^?, Deux 
Sauvages ) , juin 1-800. — 4° Der Mechaniker 
( Le MéAnicien ), août 1800. — 5° Der danck- 
bare Sohn (Le Eirls reconnaissant), en 1807. 

BROCHARD (Marie-Jeanne), sœur du 
précédent, naquit à Mayence le 13 janvier 1775. 
En 1781 elle prit.des leçons de piano du musi- 
cien delà cour.Moosmayr, à Munich, et sa mère 
lui enseigna l'art de la déclamation. Elle débuta 
en 1782 par des rôles d'enfant. Le directeur.de, 
spectacle, Théobald Marchand, remarqua ses heu- 
reuses dispositions, et prédit qu'elle serait un jour 
uneactricedistinguée. Ses parents résolurent de lui 
faùe étudier sérieusement la musique et le chant 
et la confièrent aux soins de Léopold Mozart, 
vice-maître de chapelle à Salzbourg, chez qui elle 
se rendit au mois de mars 1783. Le 22 août 1790 
elle débuta à Munich sur le théâtre, de la cour 
par le rôle de CaroUna, comédie de Wech- 
sel, où elle futbicn accueillie. Le 8avrili79l, 
elle chanta pour la première fois le x6\e.dfAzemia, 
dans l'opéra de Dalaypac ; une voix pure etso- 
nore, une belle vocalisation, unies à beaucoup 
de grâce, lui méritèrent de nombreux applaudisse- 
ments. En 1792'elle épousa le danseur français 



78 



BROCHARD — BROD 



Reniier, et peu de temps après elle fit un voyage à 
Berlin , où elle eut des succès. Revenue à Munich 
vers la fin de la même année, elle en partit de 
nouveau quelques mois après, pour se rendre à 
Manlieim, où elle était engagée dans la troupe 
de l'électeur. Parmi les rôles qu'elle chanta avec 
succès, on cite surtout celui de Zerline, dans 
l'opéra de Don Juan, de Mozart. Lorsque Maxi- 
milien Joseph monta sur le trône de Bavière, 
M""' Renner passa à Munich avec les meilleurs ac- 
teurs de la troupe de Mannheim ; de là elle se 
rendit à Vienne, et enfin, en 1809, elle passa au 
théâtre de Bamberg, où elle se trouvait encore en 
1811. Depuis cette époque, les renseignements 
s'arrêtent sur sa carrière dramatique. 

BROCHE ( ), organiste de l'église Notre- 
Dame, à Rouen, naquit dans cette ville le 20 fé- 
vrier 1752. Son premier instituteur dans son art 
fut Desmazures, organiste delà cathédrale. A l'âge 
de vingt ans, il vint à Paris; mais il n'y fit pas un 
long séjour, ayant été nommé organiste à Lyon. 
Dans le peu de temps qu'il occupa cette dernière 
place, il se convainquit de la nécessité de compléter 
son instruction, et il prit la résolution de se rendre 
en Italie pour y faire des études sérieuses. Arrivé 
à Bologne, il fut présenté au P. Martini par le 
sénateur Blanchi, à qui il avait été recommandé. 
Ce grand maître initia le jeune organiste à la con- 
naissance du contrepoint et de la fugue, et eut 
lieu d'être satisfait de ses progrès. Avant que 
Broche quittât Bologne, il le fit recevoir au nom- 
bre des académiens philharmoniques, ce qui 
n'était point alors un vain titre comme aujour- 
d'hui. Au sortir de' Bologne , Broche visita 
Rome et Naples, puis revint à Lyon, où il sé- 
journa quelque temps. Enfin il arriva à Rouen 
dans le moment où l'on mettait au concours la 
place d'organiste de la cathédrale, devenue vacante 
par la retraite de Desmazures. Il se mi t sur les rangs 
des candidats et fut vainqueur dans cette lutte, 
quoiqu'il eût pour concurrents deux hommes de 
talent : Monteau et Morisset. Son nom ne tarda 
point à acquérir de la célébrité. Broche se lia 
d'amitié avec Couperin, Balbâtre et Séjan, et en- 
tretint avec eux une correspondance active. Cou- 
perin surtout lui montrait la plus haute estime : 
on en peut juger par ce passage d'une lettre qu'il 
lui écrivait au mois d'octobre 1782. « J'ai eu bien 
« du plaisir, il y a quinze jours, de rencontrer 
« quelqu'un à Versailles. C'est M. Platel, su- 
« perbe basse-taille de la chapelle, qui arrivait 
« de Rouen encore plein du plaisir qu'il venait 
« (le goûter avec vous. Il m'a parlé d'un Invio- 
lata que vous avez touché pour lui. Où 
« étais-je? <> Le duc de Bouillon donna le titre 
de son clavcciniNteà Broche, et voulut lui faire 



une pension, à la condition que l'artiste se ren- 
drait à Navarre toutes les fois qu'il y serait ap- 
pelé ; mais Broche refusa ces avantages, dans la 
crainte d'engager sa liberté. On a de cet habile 
organiste trois œuvres de sonates, l'un dédié au 
cardinal de Frankemberg, le second au duc de 
Bouillon, et le troisième à M™* le Couteulx de 
Canteleu. Parmi les élèves qu'il a formés, on re- 
marque surtout Boieldieu. Sa manière d'enseigner 
était celle de beaucoup de maîtres de chapelle 
français de son temps : Il était dur, brusque, et 
prenait plaisir à paraître le tyran de ses élèves 
plutôt que leur instituteur ; mais il rachetait ce 
défaut par la lucidité de ses leçons. Broche est 
mort à Rouen, le 28 septembre 1803. M. Guibert 
a publié une notice sur sur sa vie {voy. Gui- 
bert). 

BROCKLAIVD ( Corneille de ), né à Mont- 
fort, en Hollande, exerça la médecine à Saint- 
Amour, en Bourgogne, vers le milieu du seizième 
siècle. Les autres circonstances de la vie de cet 
écrivain sont ignorées ; mais il y a lieu de croire 
qu'il abandonna la médecine pour la musique, 
et qu'il se fixa à Lyon. Il a publié : 1° Instruc- 
tion fort facile pour apprendre la musique 
pratique, sans aucune gamme ou la main, et 
ce en seize chapitres ; L'^on, 1573, in-8°. La 
deuxième édition de ce livre est sous ce titre : 
Instruction méthodique pour apprendre la 
musique, revue et corrigée par Corneille de 
Montfort, dit de Brocklandj Lyon, de Tour- 
nes, 1587, in-S". Forkel (Allgem. Litter. der 
Musih) cite cet ouvrage sous le titre latin Ins- 
tructio methodica et facilis ad discend. mu- 
sicam praiicnm ; il a pris ce titre dans le Lexi- 
que de Walther qui lui-même l'avait copié dans 
la bibliothèque classique de Draudius. On sait que 
celui-ci a souvent traduit en latin les titres ori- 
ginaux des livres, dans les citations qu'il en a 
faites. Brockland conseille dans son livre d'aban- 
donner la vieille méthode de la main musicale 
attribuée à Guido d'Arezzo, et de la remplacer 
par l'étude pratique du solfège. Ce livre est, en 
quoique sorte, un corollaire de celui de Louis Bour- 
geois {voij. ce nom). — 2° Le second jardinet de 
musique, contenant plusieurs belles chansons 
françaises à quatre parties; Lyçn, Jean de 
Tournes, 1579, in-8°. Le titre de cet ouvrage 
ferait présumer que Corneille de Brockland avait 
précédemment publié un recueil sous le titre de 
Premier Jardinet. 

BROD (Henki), né à Paris, le 13 juin 1799, 
fut admis au Conservatoire de musique de cette 
ville, le 18 août 1811, dans une classe de solfège, 
et devintensuite élèvede Vogtpour le hautbois. 
Ses rares dispositions lui firent faire de ra- 



BROD — BROER 



79 



pides [irogrès, et le concours où le premier prix 
de cet instrument lui fut décerné fut pour lui un 
véritable triomphe. Le son qu'il tirait du hautbois 
était plus doux, plus moelleux, et moins puis- 
saut que celui de son maître; sa manière de 
phraser était élégante, gracieuse ; son exécution 
dans les traits, vive et brillante. Membre de la 
société des concerts du Conservatoire, Brod y 
partagea avec Vogt, ainsi qu'à l'Opéra, la place, 
de premier hautbois. Dans tous les concerts où 
il s'est fait entendre à Paris et dans ses voyages, 
il a obtenu les plus brillants succès. 11 s'est fait 
connaître aussi comme compositeur par un grand 
nombre de productions, parmi lesquelles on re- 
marque : 1° Trois pas redoublés et une marche 
en harmonie; Paris, Frère. — 2° Trois quintetti 
pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson , 
Paris, Pacini. — 3° Grande fantaisie pour haut- 
bois et orchestre ou piano; Paris, A. Petit. — 4° 
Airs en quatuor pour hautbois, clarinette, cor et 
basson, livre 1 ; Paris, Pleyel. — 5° Air varié avec 
quatuor, op. 4 ; Paris, Pacini. — 6" La savoyarde, 
variée pour hautbois et orchestre, op . 7 ; Paris, Du- 
faut et Dubois. — T Boléro précédé d'un adagio 
pour hautbois et orchestre, op. 9; ibid. — 
8° Première fantaisie pour hautbois et piano, 
op. 10; Paris, Pleyel. — 9° Deuxième fantaisie 
idem; ibid. — 10° Nocturne concertant sur des 
motifs du Siège de Corinthe, pour hautbois et 
piano, op. 16; Paris, Troupenas. — 11° Troi- 
sième fantaisie sur le Crociato pour piano, haut- 
bois et basson, op. 17 ; Milan, Ricordi. — 12° Trio 
pour piano hautbois ou clarinette et basson, — 
13° Grande méthode complète pour le hautbois, 
divisée en deuxparties; Paris, Dufaut et Dubois. 
Brod s'est occupé sérieusement du perfection- 
nement de son instrument par des principes d'a- 
coustique et de division rationnelle du tube. Le 
premier, il a compris que le meilleur moyen 
d'ôter aux sons graves du hautbois l'âpreté dé- 
sRgn^able qu'on y remarque, était de le faire 
descendre plus bas, et consé(juemment d'alonger 
Pinstrument, afin que les notes ?ni, ré, ut, ne se 
prissent pas près du pavillon: c'est pour cela 
principalement qu'il a fait descendre ses hautbois 
jusqu'au la. La position de quelques clefs a été 
aussi changée par lui. Dans les derniers temps 
il était devenu possesseur des calibres de perce 
du hautbois du célèbre facteur d'instruments 
Delusse, considérés comme les meilleurs et les 
mieux calculés par les artistes les plus habiles; 
en sorte que les instruments construits par Brod 
réunissent toutes les conditions désirables, sans 
altérer la qualité naturelle des sons. Après lui, 
Bœhm a refait la construction du hautbois et a 
obtenu plus de justesse, plus d'égalité, aiivsi 



qu'un doigter plus facile. Brod s'est occupé 
aussi du perfectionnement du cor anglais, et y 
a introduit de notables améliorations, ainsi que 
dans son analogue appelé le bariton, ancien 
instrument qui était abandonné depuis la pre- 
mière partie du dix-huitième siècle. Brod est 
mort à Paris, le 5 avril 1839. 

BRODE AU (Jean), en latin Brodœus, fils 
d'un vatet de chambre de Louis XII, né en 1500, 
fut un des meilleurs littérateurs de son temps. 
Il mourut chanoine de Saint-Martin de Tours, 
en 1503. On a de lui des mélanges, Bâle, 1555, 
in-S", dans lesquels il traite, hb. II, c. 13, de Pi- 
thaule et Salpista;c. 14, de Trigono, Nablo 
el Pandura; lib. IV, c. 31, an musicis canlibus 
sanentur ischiadici ; lib. V, c. 32, Tibiis pari- 
bus et imparibus. Ces mélanges ont été insérés 
par Jean Gruter dans son recueil intitulé Lam- 
pas, seufax artium, Francfort, 1 fi04, 6 vol . in-s". 

BRODECZKY ( Jean-Théodore), violoniste 
et claveciniste, né en Bohême, voyagea en Alle- 
magne et dans les Pays-Bas, vers 1770, et se 
fixa à Bruxelles en 1774.11 y fut attaché à la mu- 
sique particulière de l'archiduchesse d'Autriche, 
gouvernante des Pays-Bas. On a de lui trois 
œuvres de sonates pour le piano, gravés dans cette 
ville, en 1782, un œuvre de quatuors pour clave- 
cin, violon, alto et basse, et un œuvre de trios 
pour. piano, violon et violoncelle. Ce musicien a 
laissé aussi en manuscrit six symphonies, des 
études pour le violon, et quelques pièces pour le 
violoncelle. 

BRODERIP ( ), pianiste, machandde 

musique et fabricant d'instruments à Londres 
en 1799 , est connu par les compositions suivan- 
tes : l°Sonates pour le piano, op. 1. — 2° idem, 
op. 2. — 3° Psalms for 1, 2, 3 and 4 voices. — 
4° Englisb songs, op. 4. — 5" Voluntaries for the 
organ,op. 5. — C° Instructions forthe piano forte, 
with progressive tessons, op. C. — 7° Concerto 
for the piano, op. 7. — 8° Un recueil de glees et 
de chansons. 

BROEU (Ernest), professeur de musique 
et violoncelliste à Breslau, connu depuis 1838 
par ses compositions, est né dans cette vi-We. Il a 
publié : r quatre Saîutaris hostia à 4 voix, 
op. 1 ; Breslau, Grosser. — 2° 3 graduels à 4 voix 
op. 2; Breslau, Leuckarl. — 3° Vêpres à 4 voix, 
2 violons, alto, orgue, 2 hautbois et 2 cors ad 
libitum, op. 3; Breslau, Grosser. — 4''4 Hymni 
Vespertini , pour un chœ.ur d'hommes, op. 4 ; 
ibid. —5" Lttanix B. Virginis Marias k 4 voix, 
2 violons, basse et orgue, op. 5 ; Vienne, Haslin- 
ger. — 6» LitanideS, S. Nomine Jesu à 4 voix, 
2 violons, orgue (et 2 cors ad lib.); ibid. Broer 
est aussi auteur d'un traité élémentaire de mu- 



80 



BROER — BROINNER 



sique intitulé Gesang-Lehre fur Gymnasien; 
Breslau, Scheffler. 

BROES (M"*), pianiste distinguée, née à 
Amsterdam en 1791, apprit les éléments de la 
musique dans sa ville natale, puis accompagna 
son père à Paris, et y devint élève de l'au- 
teur de la Biographie universelle des Mu- 
siciens, m 1805. Ses progrès dans l'harmonie et 
sur le piano furent rapides. En 1810, elle passa 
sous la direction de Klengel, qui, plus tard, fut 
organiste de la cliapelle royale à Dresde. Les 
événements de 1814 ayant affranchi la Hollande 
de la domination française. M"" Broes retourna 
dans sa patrie, et s'y livra à l'enseignement du 
piano. Elle a été considérée comme un des meil- 
leurs professeurs d'Amsterdam pour cet instru- 
ment. Elle s'est fait connaître aussi comme com- 
positeur par quelques productions pour le piano ; 
ses ouvrages les plus connus sont : 1° Rondo 
pour piano avec violoncelle obligé ; Mayence, 
Schott. — 2° Variations sur un thème original ; 
Paris, G. Gaveaux. — 3° Variations sur la ro- 
mance de l'aveugle; Paris, Henri Lemoine. — 
4° Variations sur l'air anglais : God save the 
King; Amsterdam, Steup. — 5° Variations sur 
la romance : A voyager passant sa vie ; ibid. — 
6" Contredanses pour le piano ; Paris, Gaveaux 
aîné. 

BROESTEDT (Jean-Chrétien), co-recteur 
au gymnase de Lunebourg, a publié à Gœttingue, 
en 1739, une dissertation de trois feuilles in^" 
sous ce titre : Conjectanea philologica de 
hymnopœorutn apud hebrasos signo sela dicto, 
que initia carminum repetenda esse indica- 
ban t. 

BROGNONICO (Horace), compositeur né 
à Faenza, vers 1580, fut membre de l'académie 
des Filomusi. On a de lui : Il primo libro de' 
Madrigali à 5 voci ; Venezia, presso Giac. 
Vincenli, 1608, in-4". Le second livre de ces 
madrigaux a paru en 1613, etle troisième en 1615, 
chez le même éditeur. 

BROIER (....), compositeur français, fut 
diantre de la chapelle du pape, sous le pon- 
tificat de Léon X. Théophile Folengo, connu sous 
le pseudonyme de Merlin Coccaie, a célébré 
cet artiste dans ses vers macaroniques {Maca- 
ron, lib. 25, prophet.) On peut voir ees vers à 
l'article Bidon. 

BROKELSBY (Richard), médecin, né en 
1722, dans le comté de Sommerset, étudia suc- 
cessivement à Edimbourg et à Leyde, sous le 
célèbre Gaubius. 11 fut reçu docteur en 1745, 
et mourut à Londres en 1797 , après avoir ac- 
quis une grande fortune et beaucoup de consi- 
dération dans la pratique de son art. On a 



de lui : Rejlections on ancient and modem 
Musick, wiih the application to the cure of 
diseuses, to which is subjoined an Essay to 
solve the question, wherein consisted the diffé- 
rence qf ancient Musick from that of modem 
time (Réflexions sur la musique ancienne et mo- 
derne, avec son application à la guérison des ma- 
ladies, suivies d'un essai sur la solution de cette 
question : en quoi consiste la différence entre la 
musique des anciens et celle des modernes); 
Londres, 1749, in-8°, 82 pages. Le conseiller de 
cour Kaestner a donné un extrait en allemand de 
cet ouvrage, avec des notes, dans le Magasin 
de Hambourg, t. 9, p. 87. On le trouve aussi dans 
les Beytr. hist. krit.àe Marpurg, t. 2, p. 10-37. 
Brokelsby a donné dans les Transactions phi- 
losophiques (t. 45) , un autre mémoire sur la 
musique des anciens. 

BROMLEY (Robert-Antoine), ecclésias- 
tique anglais, né en 1747, fut bachelier en théo- 
logie. Il mourut à Londres en 1806. On a de lui 
un sermon composé à l'occasion de l'ouverture 
d'une nouvelle église dans cette ville, et sur l'or- 
gue qui y avait été placé. Ce discours a été pu- 
blié sous le titre suivant : On opening Church 
and Organ. Sermon on psalm 122; Londres 
1771, in-4°. 

BROINIVER (Georges), organiste de l'église 
du Saint-Esprit à Hambourg, naquit dans le 
Holstein, en 1666. Mattheson, qui aurait pu nous 
fournir des renseignements sur la vie de cet ar- 
tiste, son contemporain, n'en parle que d'une 
manière indirecte dans son livre intitulé Gritn- 
dlage einer Ehren-Pforte ( p. 220 et 283). 
Une note de Moller m'a indiqué la date de sa 
naissance, mais c'est tout ce que j'ai trouvé sur 
Bronner. Il paraît qu'il mourut en 1724. On voit 
par les Annales du théâtre de Hambourg, qu'a- 
près y avoir donné plusieurs opéras, il en prit la 
direction en 1699. Les ouvrages dramatiques de 
ce compositeur sont: 1° Écho et Narcisse, à 
Hambourg, 1693. — 2» Vénus, ibid., 1694. — 
3° Céphale et Procris, ibid., 1701. — 4° Phi- 
lippe, duc de Milan. Cet ouvrage était prêt à 
être joué en 1701, mais l'ambassadeur de l'empe- 
reur s'opposa à la représentation. — 5° Bérénice, 
Hambourg, 1702. — 0" Victor. La musique du 
troisième acte de cet opéra a été composée par 
Bronner; cet ouvrage a été joué à Hambourg en 
1702. — 7° Le duc de Normandie, ibid., 1703. 
— 8° La mort du grand Pan. En 1690, Bron- 
ner a publié un recueil de cantates à voix seule. 
Enfin on a de cet artiste un livre de chorals ar- 
rangés pour l'orgue, qui a pour litre : Vollstecn- 
diges musikalisches Choral-Buch nach dem 
Hamburgischen Kirchen-Gesxngbuche ein- 



BRONNEK — BROS 



81 



geru'hte! vach allen Melodeyen in 3 Stim- 
men componirt, wie auch mit einem Choral 
'iind obligaten Orgcl-bass versehen ; Hambourg, 
1710,111-4°. La deuxième édition de cet ouvrage 
a été publiée en 1720. 

BROOlî (James), recteur de Hill-Crome et 
vica re du ciiâteau de Ilanley, dans le duché 
de Worcester, vivait au commencement du dix- 
liiiitièine siècle. Il a publié un ouvrage intitulé : 
T//e duttj and advantage of singing of the J 
Lord (De la nécessité et de l'utilité du chant re- 
ligieux); Londres, 1728, in-S». 

BROOKBANCK (Joseph), écrivain an- 
glais qui vivait vers le milieu du dix-septième 
siècle: il paraît avoir été dans les ordres. On a de 
cet auteur une dissertation sur la discussion 
élevée sous le règne de Cromwell relativement 
aux orgues et à la musique dans le service di- 
vin. Les presbytériens voulaient les en exclure, 
et les autres catholiques réformés prétendaient 
qu'on devait les y conserver. La dissertation de 
Brookbank est intitulée : The well tunedOrgan, 
whether or no instrumental and organical 
Miisick be lawful in holy publick assemblies 
(L'orgue bien accordé, ou examen de cette ques- 
tion : si la musique des instruments et des or- 
gues est admissible dans les assemblées pieuses) ; 
Londres, 1660, in-4°.Une multitude de pamphlets 
anonymes furent publiés dans la querelle dont il 
s'agit. J'ai recueilli les titres de quelques-uns; 
les voici : 1° Organ's Echo (L'Écho de l'Orgue) ; 
Londres, 1641, in-fol. — 2° The Organ's Fune- 
rai (Les Funérailles de l'Orgue); Londres, 1642; 
in-4". — 3° The holy Harmonij ; or a plea for 
the abolishing of Organs andother Miisick in 
Churches (L'Harmonie sacrée, ou plaidoyer pour 
l'abolition des orgues et de tonte autre musique 
dans les églises); Londres, 1643,in-4°. — 4° Gos- 
pel Musick, by N. H. (La musique évangéli- 
que.etc); Londres, 1644, in-4°. Le parlement 
intervint dans cette affaire, et rendît :leux or- 
donnances qui furent imprimées sons le titre : 
Two ordinances of both houses for demo- 
lishing of Organs and Images; Londres, 1644, 
in-4\ 

BROOKER (Daniel), vicaire de l'église de 
Saint-Pierre et chanoine de Worcester, a pro- 
noncé un discours sur la musique d'église, à l'oc- 
casion de l'oratorio à'Alhalie, de Heendel, exécuté 
dans l'église de Worcester en 1743. Ce discours a 
été imprimé sous ce titre : Musical Wereesier, a 
Sermon on Ps. XXXllI l-3;Londres,1743,in-4<'. 

BROOMANN (Louis) , musicien belge, qui 
était né aveugle, en 1518, est cité par Swertius (1) 

I (1) Selectas ChrUtiaDis orbis deiieias, p. 4T5. 

mOGB. UMV. DES MUSICIENS. ï. — II. 



et par Vossius ( 1 ) comme un des artistes les 
plus célèbres de son temps : cette célébrité est 
aujourd'hui fort oubliée. Il mourut à Bruxelles 
en 1597, à l'âge de 69 ans, et fut inhumé dans 
l'église des Franciscains de cette ville. C'était, 
dit Vossius, un docteur dans les arts libéraux, 
un licencié en droit, et le prince de la musique 
(Arlium liberalium doctor, Juris candidatus, et 
musicae princeps). J'ai bien peur que ce savant 
n'ait point d'autre garant du mérite de ce Croo- 
mann que son épithaphe, ainsi conçue : 

D. G. M. 

LoDOvico Broomanno 
Jacobi et Cokneli^ Verhoyle Wechen F. 

A NATIVITATE C^CO 
ARTICM LIBERALICM DOCTORI 

jurisprud- candidato musicesque principi : 
Geutrudis Keysers 

JODOCI EX M1ARIA CLEERHAGHEN F. 

maritoB. m. SIBIQUE pos. 

VlXIT annosLXIX 

Obiit vin. Janu. m.d. xcvil 

BROS (D. Juan), maître de chapelle et com- 
positeur espagnol, naquit à Tortose, en 1776. 
Après avoir été enfant de chœur dans la cathé- 
drale de cette ville, il se rendit à Barcelone 
pour étudier la composition sous la direction de 
Qiieralt et d'autres maîtres. Ses heureuses dis- 
positions le mirent bientôt en état de remplir 
les fonctions de second maître de la chapelle. de 
Santa-Maria del Mar, ainsi que celle d'orga- 
niste de l'église S. Sévère, dans la même ville. 
En 1807, Bros obtint au concours la place de 
maître de chapelle de la cathédrale de Malaga, 
et l'emporta sur dix-neuf concurrents. En 1815 la 
direction de la chapelle d'Oviédo étant devenue 
vacante, par la mort de D. Juan Ferez, ce fut 
D. Juan Bros qui fut désigné comme son suc- 
cesseur; mais il n'accepta pas cette place et re- 
nonça également à celle quïl occupait à Malaga, 
pour satisfaire sa famille, laquelle désirait qu'il 
prit la position de maître de chapelle à Léon. 11 
l'occupa jusqu'en 1823, époque où il ftit com- 
promis dans les affaires politiques , qui le firent 
mettre en arrestation ; mais il fut acquitté par 
un arrêt de la cour suprême de la Rota. Retiré 
alors à Oviédo, il y épousa une dame de famille 
distinguée nommée Dona Maria de los Dolores 
consul Villar. En 1834, Bros fut appelé de 
nouveau à la place de maître de chapelle de 
la cathédrale de celte ville : il l'occupa jusqu'à 
sa mort, arrivée le 12 mars 1852, à l'âge de 
soixante-seize ans. Ses œuvres innombrables de 
musique d'église sont répandues dans torjtes les 

(!) l.iM. 1, De natura ArlluiD.c. 4. 



82 



BROS— BROSCBl 



chapelles de l'Espagne : on cite comme les meil- 
leures, trois miserere avec les lamentations, com- 
posées à Léon ; un Te Deum, un oflice des morts 
et d'autres miserere écrits à Oviédo, outre une 
infinité de messes et de psaumes compo- 
sés'pour le service des églises diverses aux- 
quelles Bros fut attaché dans sa longue carrière. 
BROSCHARD (Évelina), Voyez Bro- 

CHARD. ^ 

BROSCHI (Charles), cocnn sous le nom 
d« Farinelli, fut le plus étonnant des chanteurs 
du dix-huitième siocle,ibien qu'il ait été conteni- 
poiain de plusieurs virtuoses de premier or- 
dre. On ne s'accorde pas sur le lieu de sa nais- 
sance. Si l'on croit le P. Giovenale Sacchi, à qui 
l'on doit une biographie de cet artiste célèbre (1), 
il était uéà Andria ; cependant Farinelli lui-même 
dit à Burney, lorsque celui-ci le vit à Bologne 
en 1770, qu'il était de Naples. Quoi qu'il en soit, 
il est certain qu'il vît le jour le 24 janvier 1705. 
Son orij^ine a fait naître aussi des discussions. 
On a dit que son nom de Farinelli venait de 
farina, parce que le père du chanteur, Salvator 
Broschi, avait été meunier, d'autres disent mar- 
chand de farine ; mais il parait certain que son 
nom lui fut donné parce qu'il eut pour protec- 
teurs et pour patrons, au commencement de 
sa carrière, trois frères nommés Farina, qui 
tenaient le premier rang parmi les amateurs les 
plus distingués de Naples. Le P. Sacchi assure 
qu'il a vu entre les mains de Farinelli les preuves 
de noblesse qu'il avait fallu fournir lorsque 
la faveur sans bornes dont H jouissait auprès 
du roi d'Espagne lui fit obtenir son admission 
dans les ordres dcCalatrava et de St-Jacqnes. H 
serait peut-être difficile de concilier la naissance 
iistinguée des parents de l'artiste avec l'infâme 
ralic qu'ils firent de sa virilité, dans l'espoir d'as- 
surer leur fortune; mais en Italie, et surtout 
dans le royaume de Naples, on n'était jamais 
embarrassé pour cacher ces sortes de spécula- 
lions sous le prétexte d'un accident quelconque. 
Une blessure, disait-on, survenue au jeune Bros- 
chi à la suite d'une chute de cheval, n'avaifété 
jugée guérissable par le chirurgien qu'au moyen 
de la caslrallon. 11 n'y avait pas un castrat ita- 
lien qui n'eftt à conter sa petite histoire toute 
semblable. La mutilation ne produisait pas tou- 
jours les effets qu'on eu avait espérés : beaucoup 
d'infortunés perdaient la qualité d'homme, sans 
acquérir la voix d'un chanteur. Farinelli fat du 
moins plus heureux, car il posséda la pins ad- 
mirable voix de soprano qu'on ait peut-être ja- 
mais entendue. 

(1) Vlta del Cav.lDon Carlo Broschi, detto FarinelU ; Ve- 
nezia, nella stampcria Collclti, 1784, in-S". 



Son père lui enseigna les premiers éléments de 
la musique, puis il passa dans l'école de Porpora, 
dont il fut le premier et le plus illustre élève. 
Après avoir appris sous cet habile maître le mé- 
canisme de l'art du chant, tel qu'il existait dans 
la méthode parfaite des chanteurs de ce temps , 
il commença à se faire entendre dans quelques 
cercles d'artistes et d'amateurs, particulièrement 
chez les frères Farina. Sa voix merveilleuse, la 
pureté des sons qu'il en tirait, sa facile et bril- 
lante exécution, causèrent la plus vive sensation, 
et dès lors on prévit l'éclat qu'auraient ses dé- 
buts sur la scène. On a écrit qu'à l'âge de quinze 
ans (en 1720 ) il se fit entendre pour la première 
fois en public dans VAngelica et Medoro de Mé- 
tastase, premier opéra de ce poète illustre, qui 
n'avait alors que dix-huit ans, et que la singula- 
rité de ce double début fit naître entre Métastase 
et Farinelli une amitié qui dura autant que leur 
vie. Tout cela est dénué de fondement. Métastase 
n'était jmint à Naples en 1720, car il ne quitta 
Rome qu'au mois de juin 1721, pour fuir se» 
créanciers ; il n'avait pas alors dixdiuit ans, mais 
bien vingt-deux ans et quelques mois, étant né 
à Home le 3 janvier 1698 ; Angelica e Medoro n'é- 
tait pas son début, car il n'avait que quatorze ans 
quand il donna son Giustino; enfin Angelica e 
Medoro ne date point de 1720, mais de 1722 (1). 
Ce qui est plus certain, c'est que danscette même 
année 1722 FarineUi, alors âgé de dix-sept ans, 
accompagna à Rome son maître, Porpora, qui 
était engagé pour écrire au théâtre Aliberti de 
cette ville l'opéra intitulé Eomene. C'est dans cet 
ouvrage que Farinelli, déjà célèbre dans l'Italie 
méridionale sous le nom de il ragazzo ( l'enfant ), 
fit son début à Rome. Un trompette allemand, 
dont le talent ter^ait du prodige, excitait alors l'ad- 
miration des Romains. Les entrepreneurs du 
théâtre prièrent Porpora d'écrire un air pour 
son élève, avec un accompagnement de trom- 
pette obligée; le compositeur souscrivit à leur 
demande, et dès ce moment une lutte fut en- 
gagée entre le chanteur et le virtuose étranger. 
L'air commençait par une note tenue en point 
d'orgue, et tout le trait de la ritournelle était en- 
suite répété dans la partie de chant. Le trom- 
pelte prit cette note avec tant de douceur; il en 
développa l'intensité jusqu'au degré de force le 
plus considérable par une progression si insen- 
sible, et la diminua avec tant d'art ; enfin, il tint 
cette note si longtemps, qu'il excita des trans- 
ports universels d'enthousiasme, et qu'on se per- 

(1) .Farinelli lui-même a donné lieu à cette erreur, dan; 
une conversation avec Burney; maison peut affirmer que 
se» souvenirs le trompaient, et qu'il ne connut Métastase que 
peu de tem|/S avant son départ pour Rome. 



BUOSCUI 



83 



suada que le jviiine Fariuelli ne pourrait lutler 
avec un artiste dont le talent était si parfait. Mais 
quand vint le tour du ciianteur, lui que la nature 
it l'art avaient doué de la mise de voix la plus 
admirable qu'on ait jamais entendue, lui, dis-je, 
sans s'effrayer de ce qu'il venait d'entendre, prit 
cette noie tenue avec une douceur, une pureté 
inouïe jusqu'alors, eu développa la force avec un 
art infini , et la tint si longtemps qu'il ne parais- 
sait pas possible qu'un pareil effet fût obtenu par 
des moyens naturels." Une explosion d'applaudis- 
sements et de cris d'admiration accueillirent ce 
phénomène : l'interruption dura près de cinq mi- 
nutes. Le chanteur dit ensuite la phrase de mélo- 
die , en y introduisant de brillants trilles qu'aucun 
autre artiste n'a exécutés comme lui. Quelle que 
fût l'habileté du trompette, il f-it ébranlé par le 
talent de son adversaire : toutefois il ne se dé- 
couragea pas. Suivant l'usageet la coupe des airs 
de ce temps, après la deuxième partie de l'air, le 
premier motif revenait en entier ; l'artiste étranger 
rassembla toutes ses forces, recommença la te- 
nue avec plus de perfection que la première fois 
et la soutint si longtemps, qu'il sembla balancer 
le succès de Fariuelli ; mais celui-ci, sans rien 
perdre de la durée de la note, telle qu'il l'avait 
fait entendre la première fois, parvint à lui donner 
un tel éclat, une telle vibration, que la salle en- 
tière fut remplie de ce son immense, et dans la 
mélodie suivante, il introduisit des traits si bril- 
lants, et lit entendre une voix si étendue, si égale 
et si pure, que l'enthousiasme du public alla jus- 
qu'à la frénésie, et que l'instrumentiste fut obligé 
de s'avouer vaincu. Il y a lieu de croire que Por- 
pora avait aidé au triomphe de son élève, et que 
les traits qui parurent improvisés avaient été pré- 
parés par lui et travaillés d'avance. Quoi qu'il en 
soit, le public attendit en masse le chanteur à la 
porte du théâtre, et l'accompagna jusque chez 
lui, en poussant des viva et d'unanimes acclama- 
tions (1). 

Ici se présente une de ces erreurs et de ces con- 
tradictions assez fréquentes dans la vie de cet 
artiste, et qu'on ne peut expliquer. Durney dit, 
dans son voyage musical en Italie (pag. 214), 
qu'en quittant Rome, Fariuelli aHa à Bologne 
où il entendit le célèbre Bernacc-lii; mais Ber- 
nacchi n'était point à Bologne en 1722. Choreu 
et Fayolle ont ajouté à ce que dit Burney, que ce 



(1) Les détails qu'en vient de lire diffèrent en plusieurs 
points de ceux qui ont été donnés par Burney ( The pré- 
sent State 0/ !Uusic in France and Italy, p. 2ls et 2u ^ ; 
mais ils ont été recueillis avec beaucoup de soin et d'exac- 
titude par Kandler dans des mémoires manuscrits dont 
il a bien veulu m'euvoyer une copie, avec d'autres sur 
Alexandre Scarlatti. 



fut alors que Farinelli demanda des leçoui au 
chef de l'école de Bologne. Cependant Bi/rney 
avoue que ce chanteur resta sous la direction de 
Porpora jusqu'en 1724 (1) , époque où il fit avec 
lui son premier voyage devienne; or il est cer- 
tain que son maître, renommé dans toute l'Italie 
pour l'enseignement du chant, n'aurait pas permis 
que son élève lui fit l'injure de prendre des leçons 
d'un autre professeur quel qu'il fût. Il est hors de 
doute d'ailleurs que Farinelli n'avait jamais en- 
tendu Bernacchi avant 1727, et que ce n'est qu'a- 
près avoir été vaincu par lui dans un opéra d'Or- 
landini, qu'il reconnut ce qui lui manquait sous le 
rapport de l'art, et qu'il se décida à demander des 
conseils à celui dont il avouait la supériorité. 

On manque de renseignements sur l'effet que 
produisit Farinelli à Vienne, lorsqu'il y fit son 
premier voyage, en 1724. L'année suivante il 
chanta à Venise dans la Didone abbandonata 
de Métastase, lïiise en musique par Albinoni. Puis 
il retourna à Naples, oij il excita la pins vive admi- 
ration dans une sérénade dramatique de liasse, 
où il chanta avec la célèbre cantatrice Tesi. En 1 726 
il joua à Milan dans le Ciro, opéra de François 
Ciainpi ; puis il alla à Rome, où il était attendu 
avec une vive impatience. En 1727 il se rendit à 
Bologne : il y devait chanter avec Bernacchi. Fier 
de tant de succès, confiant dans l'incomparable 
beauté de sa voix et dans la prodigieuse facilité 
d'exécution qui ne l'avait jamais trahi, il redou- 
tait peu l'épreuve qu'il allait subir. L'habileté de 
Bernacchi était telle, à-la vérité, qu'elle l'avait fait 
appeler Le roi des chanteurs; mais sa voix n'é- 
tait pas belle, et ce n'était qu'à force d'art que 
Bernacchi avait triomphé de ses défauts. Ne dou- 
tant pas d'une victoire semblable à celle qu'il 
avait obtenue à Rome cinq ans auparavant, l'é- 
lève de Porpora prodigua dans le duo qu'il chan- 
tait avec Bernacchi tous les trésors de son bel 
organe , tous les traits qui avaient fait sa gloire. 
L'auditoire, dans le délire, prodigua des applau- 
dissements frénétiques à ce qu'il venait d'entendre. 
Bernacchi, sans être ému du prodige et de l'effet 
qu'il avait produit, commença à son tour la phrase 
qu'il devait répéter, et redisant tous les traits du 
jeune chanteur, sans en oublier tin seul, mit 
dans tous les détails une perfection si merveil- 
leuse, que Farinelli fut obligé de reconnaître son 
maître dansson rival. Alors, au lieu de se renfermer 
dans un orgueil blessé, comme n'aurait pas manqué 
de faire un artiste ordinaire, il avoua s^a défaite 
et derhanda des, ootiseils à Bernacchi, qui se plut 
à donner la dernière perfection au talent du chan- 
teur If plus extraordinaire du dix-huitième siècle. 

(1) // gênerai Uistory of Music, t. 4, p. 378. 



84 



BROSCHI 



C'est quelque chose de beau et de digne, que ce 
double exemple de la conscience d'artiste qui écarte 
des deux côtés les considérations d'amour-propre 
et d'i-ntérêt personnel, pour ne songer qu'aux pro- 
grès de l'art. 

Après avoir fait un second voyage à Vienne 
en 1728, Farinelli visita plusieurs fois Venise, 
Rome, Naples, Plaisance et Parme, et, dans les 
années 1728 à 1730, s'y mesura avec quelques- 
uns de's plus célèbres chanteurs de ce temps , tels 
que Gizzi, Nicolini, la Faustina et la Cuzzoni, fut 
partout le vainqueur de ces'virtuoses, et fut com- 
blé d'honneiirs et de richesses. En 1731, il fit un 
troisième voyage à Vienne. Jusqu'alors, le genre 
de son talent avait été basé'sur l'improvisation 
et l'exécution des difficultés. Le trille, les groupes 
de toute espèce, les longs passages en tierces, 
ascendants et descendants, se reproduisaient 
sans cesse dans son chant; en un mot, Farinelli 
était un chanteur de bravoure (1). C'est après ce 
voyage à Vienne, qu'il commença à modifier sa 
manière, et qu'à son exécution prodigieuse il 
ajouta le mérite de bien chanter dans le style pa- 
thétique et simple. Les conseils de l'empereur 
Charles VI le dirigèrent vers cette réforme. Ce 
prince l'accompagnait un jour au clavecin; tout 
à coup, il s'arrêta et dit à l'artiste qu'aucun autre 
chanteur ne pouvait être rais en parallèle avec 
lui ; que sa voix et son chant ne semblaient point 
appartenir à un simple mortel, mais bien à un 
être surnaturel. «Ces gigantesques traits (lui dit- 
« il), ces longs passages qui ne finissent pas, 
« ces hardiesses de votre exécution excitent l'é- 
« tonncment et l'admiration, mais ne touchent 
« point le cœur ; faire naître l'émotion vous serait 
« si facile, si vous vouliez être quelquefois plus 
« simple et plus expressif! » Ces paroles d'un 
véritable connaisseur, d'un ami de l'art ne fu- 
rent point perdues. Avant qu'elles eussent été 
dites, Farinelli n'avait pas songé à l'art de chan- 
ler avec simplicité, bien que la nature lui eût 
départi tous les dons qui pouvaient lui assurer 
une incontestable supériorité en cela comme en 
toutes les autres parties du chant; niais il ne faut 
pas oublier qu'à l'époque où il entra dans la 
carrière du citant théâtral, toute l'Italie raffolait 
du chant de bravoure que Hernacclii avait mis 
en vogue ; avide de ^succès, comme l'est tout 
aptiste, il s'était livré sans réserve à ce genre 
dans lequel nul ne po\ivait l'égaler. Mais après 
avoir reçu les conseils de l'empereur, il comprit 

(0 II ne faut pas oublier, d'ailleurs, que Porpora, maître 
de FarinelU, avait une véritable passion pour les trilles, 
les croupes et iesmordents; sa musique en était remplie. 
On peut voir à ce sujet une anecdote plaisante à l'arlicle 
l'or/jora. 



ce qui lui restait à faire pour être un chanteur 
complet, et il eut le courage de renoncer quelw 
qucfois aux applaudissements de la multitude, 
pour être vrai, simple, dramatique , et satisfaire 
quelques connaisseurs. Ainsi que l'avait prévu 
Charles VI, il fut, dès qu'il le voulut, le chanteur 
le plus pathéfhique comme il était le pins brillant. 
On verra plus loin que ce progrès ne fut pas seu- 
lement utile à sa renommée, mais qu'H fut la 
cause principale de sa haute fortune. 

De retour en Italie, Farinelli chanta avec des 
succès toujours croissants à Venise, à Rome, à 
Ferrare, à Lucques, à Turin. Comblé d'honneurs 
et de richesses, il quitta enfin le continent en 
1734, pour passer en Angleterre. Peu de temps 
auparavant, la noblesse anglaise, irritée contre 
Hzendcl (voyez ce nom ) qui montrait peu d'é- 
gard pour elle, avait résolu de. ruiner son entre- 
prise du théâtre do Hay-Market, et, pour réaliser 
ce dessein, avait fait venir Porpora à Londres, afin 
qu'il dirigeât un Opéra au théâtre de Lincoln's-lnn 
Fields. Incapable de rien ménager quand il croyait 
avoir à se plaindre de quelqu'un, Hœndel venait 
de se brouiller avec Senesino, contralto parfait 
qui passa au théâtre de son rival ; mais malgré 
cet échec et l'animad version de la haute société, le 
génie du grand artiste luttait encore avec avan- 
tage contre l'entreprise de ses antagonistes, et 
ceux-ci avaient un arriéré de 19 mille livres ster- 
ling qui les menaçait d'une ruine presque inévi- 
table. Porpora comprit que les prodiges du talent 
de Farinelli pouvaient seuls les tirer d'une posi- 
tion si |)crilleuse. L'événement prouva qu'il ne 
s'était pas trompé. Il le fit entendre pour la pre- 
mière fois dans \'Artaxei-cès de Basse, où son 
frère, Richard Broschi, avait ajouté un air d'en- 
trée qui décida en sa faveur une vogue qui te- 
nait du délire. Cet air commençait par une note 
tenue comme cgUiï d'Eomene, écrit douze ans 
auparavant à Rome par Porpora. Farinelli vou- 
lut y reproduire l'effet qu'il avait obtenu dans sa 
lutte avec le trompette et par le même moyen. 
Prenant une abondante respiration, et appuyant 
sa main droite sur sa poitrine, il fit entendre un 
son pur et doux qui alla imperceptiblement jus- 
qu'au plus haut degré de force, puis diminua de 
la même manière jusqu'à la plus parfaite ténuité, 
et la durée de. ce son fut à peu près cinq fois 
plus longue que ne serait une tenue du même 
genre faite par un bon chanteur ordinaire. Ce son 
extraordinaire plongea toute l'assemblée dans une 
ivresse qu'il est plus facile d'imaginer que de peindre. 
Tout le reste de la soirée se passa dans des sensa- 
tions du même genre, et dès lors il n'y eut d'admi- 
ration que pour Farinelli; on ne voulut entendre 
que Farinelli, et l'enthousiasme fut tel, qu'une 



BROSCIII 



85 



(lame de la cour s'écria de sa loge, il n'y a qn'un 
Dieu et qîi'wi Farinelli. Cependant, parmi les 
chanteurs qui l'entouraient, il y en avait deux de 
premier ordre : c'était Senesino et la Cuzzoni. 
La partie était trop forte; il était impossible que 
Hœndel ne la perdît pas. Après avoir lutté en vain 
pendant l'année 1734, il comprit que l'exécution 
de ses admirables oratorios était la seule chose 
qui pouvait le sauver; mais Hay-Market était trop 
petit [loiirrel'fetdecesgrandsouvrages; ille quitta 
pour allcrs'établir àCovent-Garden, etses adver- 
saires s'emparèrent de Hay-Market (1). Les suc- 
cès de Farinelli avaient produit des sommes suf- 
<isanfcs pour toutes les dépenses , et les 19 mille 
livres sterling d'arriéré étaient payées. A l'égard 
de ce chanteur, l'engouement dont il fut l'objet 
ne saurait se décrire. Sa faveur avait commence 
par une soirée au palais de Saint-James, où il 
chanta devant le roi, accompagné par la prin- 
cesse royale, qui depuis fut princesse d'Orange. 
Ce fut à qui ferait au chanteur les présents les 
plus magnifiques, et la mode s'en établit d'autant 
mieux que, par ostentation, la noblesse faisait 
annoncer par les journaux les cadeaux qu'elle 
lui envoyait. L'exemple du prince de Galles qui 
lui avait donné une tabatière d'or enriciiie de 
diamants et contenant des billets de banque, 
avait été imité par beaucoup de personnes. Fa- 
rinelli n'avait que quinze cents livres sterling d'ap- 
pointements au théâtre ; cependant son revenu , 
pendant chacune des années 1734, 35 et 36, où il 
demeura en Angleterre, ne s'éleva pas à moins 
de cinq mille livres sterling (environ 125 mille 
francs j. 

Vers la fin de 1730, Farinelli partit pour l'Es- 
pagne, en prenant sa roule par la France, où il 
s'arrêta pendant quelques mois; il y produisit 
une vive sensation qu'on n'avait pus Heu d'at- 
tendre de l'ignorance où l'on était alors dans ce 
pays de la bonne musique et de l'art du chant. 
Louis X'V l'enlendit dans l'appartement de la 
reine, et l'applaudit avec des expressions qui 
étonnèrent toute la cour, dit Riccoboni. C'était 
en effet quelque chose d'assez singulier que de 
voir Louis XV goûter un vif plaisir à entendre un 
rhanteur, lui qui n'aimait pas la musique, et qui 
aimait moins l'italienne que toute autre. On dit 
qu'il lit présent au chanteur de son portrait en- 
richi de diamants et de cinq cents louis. Fari- 
nelli n'avait voulu faire qu'un voyage en Espagne, 
ft se proposait de retourner en Angleterre, où il 
avait des engagements avec les entrepreneurs de 
l'Opéra ; mais le sort en décida autrement, et le 



(1) Tout cela a été rappoi-lé avec beaucoup d'inexacti- 
tude dans quelques biographies de Farinelli. 



pays qu'il n'avait voulu que visiter, leretint près 
de vingt-cinq ans. On rapporte que Philippe V, 
roi d'Espagne, dans un de ses accès d'abattement 
et de mélancolie, assez fréquents depuis la mort 
de son fils, négligeait les affaires de l'Etat et re- 
fusait de présider le conseil, malgré les instances 
de la reine, Éhsabeth de Ferrare. Ce fut dans ces 
circonstances que Farinelli arriva à Madrid. La 
reine, informée de sa présence en Espa-^ne, vou- 
lut essayer sur l'esprit du roi le pouvoir de la 
musique, qu'il aimait beaucoup. Elle fit disposer 
un concert dans l'appartement du roi, et demanda 
au virtuose de chanter quelques airs d'un ca- 
ractère tendre et doux. Dès que la voix du chan- 
teur .se fit entendre, Philippe parut frappé; puis 
l'érnolion s'empara de son cœur; à la fin du se- 
cond air, il fit entrer Farinelli, l'accabla d'éloges, 
et lui demanda un troisième morceau, où le célèbre 
artiste déploya tout le charme, toulela magie de sa 
voix et de son habilelé. Transporté de plaisir, le roi 
lui dernauda quelle récompense il voulait, jurant 
de lui tout accorder: Farinelli pria le roi défaire 
quelques efforts pour .sortir de l'abattement où il 
était plongé, et de chercher des distractions dans 
les affaires du royaume : il ajouta que s'il voyait 
le prince heureux, ce serait sa plus douce récom- 
pense. Philippe prit en effet la résolution de 
s'affranchir de sa inélanculie ; il se fit (iiire la 
barbe, assista au conseil , et dut sa guéiison au 
talent du chanteur. 

La reine avait compris quelle pourrait être 
l'infiuenre de celui-ci sur la santé du roi; elle 
lui fit des prciposilions qui furent acceptées ; ses 
appointements fixe> furent réglés à 50,000 fr. , 
et le chant de Farinelli fut réservé pour le 
roi seul. Dès ce mouient, on peut dire qu'il 
fut perdu pour l'art. Devenu favor.i de Phi- 
lippe, il eut l'immense* pouvoir dont jouissent 
ceux qui occupent de pareilles positions près de-; 
rois, et sa fortune s'en ressentit; mais son 
cœur fut désormais fermé aux émotions de l'ar- 
tiste. Espèce de boulfou de cour, il était là 
pour dire, seul à seul avec le roi, des airs comme 
ïriboidet faisait des grimaces et lançait des sar- 
casmes à François I'^''. Qu'on juge du dégoût 
qu'il dut éprouver: il dit à Burney que pendant 
les dix premières années de sa résidence à la cour 
d'Espagne et jusqu'à la mort de Philippe V, il 
chanta chaque soir à ce prince quatre airs qui ne 
varièrent jamais. Deux de ces morceaux étaient 
deHasse, Pallidoilsole, etPerqueslodolceam- 
pte'sso;\e troisième, étaitun menuet sur lequel le 
cliranteur improvisait des variations. Ainsi Fari- 
nelli redit pendant ces dix années environ 3,600 
fois les mêmes morceaux et jamais autre chose : 
c'était payer trop cher le pouvoir et la fortune. 



86 



BROSCHI 



La Borde dit que Fariaclli devint premier mi- 
nistre de Philippe et de Ferdinand VI, son suc- 
cesseur; le même fait a été répété par Gerber, 
Choron et Fayolle, par M. Grossi (Biografia de- 
gli uomini illustri del regno di Napoli), et par 
moi-même dans la Revue musicale. Bocous (voyez 
ce nom), qui dit avoir reçu ses renseignements 
du neveu de Farinelli, a présenté une'autre version 
«lans un article de la Biographie Universelle de 
Micliaud. Selon lui, ce ne serait pas de Phi- 
lippe, mais de Ferdinand VI que Farinelli aurait 
eu, non le titre de premier ministre, car il paraît 
certain qu'il ne l'eut jamais, mais le pouvoir et 
l'influence d'un favori supérieur au ministre lui- 
même. Voici comme s'exprime Bocous :•: Le 
« bon et sage Ferdinand VI avait hérité des in- 
« firmités de son père. Dans le commencement 
« de son règne, surtout, il fut tourmenté d'une 
« profonde mélancolie dont rien ne pouvait le gué- 
« rir. Seul, enfermé dans sa chambre, à pHne il 
n y recevait la reine; et pendant plus d'un mois, 
« malgré les instances de celle-ci et les prières de 
« ses courtisans, il s'était refusé à changer de 
« linge et à se laisser raser. Ayant inutilement 
« épuisé tous les moyens possibles, on eut recours 
« au talent de Farinelli. Farinelli chanta, le 
« charme fut complet. Le roi ému, touché par 
« les sons mélodieux de sa voix, consentit sans 
« peine à ce qu'on voulut exiger de lui. La reine 
H alors, se faisant apporter une croix de Calatrava, 
« après en avoir obtenu la permission du mo- 
« narque, l'attacha de sa propre main à l'habit 
« de Farinelli. C'est de cette époque que date 
« son inituence à la cour d'Espagne, et ce fut 
« depuis ce moment qu'il devint presque lo seul 
« canal par où coulaient toutes les grâces. Il faut 
« cependant avouer qu'il ne les accorda qu'au 
« mérite, qu'elles n'étaient pas pour lui l'objet 
<« d'tme spéculation pt-cuniaire, et qu'il n'abusa 
« jamais de son pouvoir. Ayant observé l'effet 
" qu'avait. produit la musique sur l'esprit du roi, 
" il lui persuada aisément d'établir nu spectacle 
" italien dans le palais de Buen-lSctiro, où il 
« appela les plus habiles artistes de l'Italie. Il en 
« fut nommé directeur; mais ses fonctions ne se 
« bornaient pas là. Outre la jirande prépondé- 
« rance qu'il continuait à exercer sur le roi et la 
« reine, Farinelli était souvent employé dans les 
n affaires politiques ; il avait de fréquentes con- 
u férences avec le ministre La Ensenada, et était 
« plus particulièrement considéré comme l'agent 
« des mi-nistres de différentes cours de l'Europe 
« qui étaient intéressées à ce que le roi catlio- 
■< lique n'effectuât pas le traité de famille que la 
" France lui pro[iosait, etc. u 

Farinelli était doué delà prudence, de l'adresse 



et de l'esprit de conduite qui distinguent les 
hommes de sa nation. Sa position était délicate, 
car la faveur sans borne dont il jouissait près 
des rois d'Espagne le mettait sans cesse en con- 
tact avec une haute noblesse fière et jalouse. Il se 
montrait si humble avec elle, il abusait si peu de 
son pouvoir, il mit tant de discernement dans le 
choix de ses protégés, que pendant son long 
règne de favori, il ne se fit que peu d'ennemis. 
On rapporte sur lui quelques anecdotes qui peu- 
vent donner une juste idée de la manière dont il 
usait de son crédit. Allant un jour à l'apparte- 
ment du roi, où il avait le droit d'entrer à toute 
heure, il entendit un ofticier des gardes dire à 
un autre qui attendait le» lever: Les honneurs 
pleuvent sur un misérable histrion, et moi, 
qui sers depuis trente ans, je suis sans récom- 
pense. Farinelli se plaignit au roi de ce qu'il né- 
gligeait les hommes dévoués à son service, lui 
fit signer un brevet, et le remit à l'officier lors- 
qu'il sortit, en lui disant : Je viens de vous en- 
tendre dire que vous serviez depuis trente ans, 
mais vous avez eu tort d'ajouter que ce fut 
sans récompense. Une autre fois, il sollicitait 
en faveur d'un grand seigneur une ambassade 
que celui-ci désirait : Mais ne savez-vous pas 
(lui dit le roi) qu^il n'est pas de vos amis, et 
qu'il parle mal de vous ? — Sire, répondit Fa- 
rinelli, c'est ainsi que je désire me venger. Il 
avait, d'ailleurs, de la noblesse et de la généro- 
sité dans le caractère ; l'anecdote qui suit en est 
la preuve ; elle est fort connue : on en a fait le 
sujet d'un opéra. Farinelli avait commandé im 
habit magnifique : quand le tailleur qui l'avait 
fait le lui porta, l'artiste lui demanda son mé- 
moire. — Je n'en ai point fait, dit le tailleur. — 
Comment? — Non, et je n'en ferai pas. Pour 
tout payement, reprit-il en IremBlant, je n'ai 
qu'unegrâce avons demander. Je sais que ce 
que je désire est d'un prix inestimable, et que 
c'est un bien réservé aux monarques; mais 
puisque j'ai eu le bonheur de travailler pour 
un homme dont on ne parle qu'avec enthou- 
siasme, je ne veux d'autre payement que de lui 
entendre chanter un air. En vain Farinelli es- 
saya-t-il de faire changer de résolution à cet 
homme; en vain voulut-il lui faire accepter de 
l'argent ; le tailleur fut inébranlable. Enfin, après 
beaucoup de débats, Farinelli s'enferma avec lui, 
et déploya devant ce mélomane toute la puis- 
sance de son talent. Quand il eut fini, le tailleur, 
enivré de plaisir, lui exprima sa reconnaissance; 
il se disposait à se retirer: Non, lui dit Farinelli, 
j''ai l'âme sensible et fière, et ce n'est que 
par laque f ai acquis quelque avantage sur 
la plupart des autres chanteurs. Je vous ai 



BROSCIII 



87 



céffé, il est jiisle que vous cédiez à votre 
tour. En môme temps il lira sa bourse et força 
le tailleur à recevoir environ le double de ce 
que son habit pouvait valoir. 

Gt-rber, Choron et Fayolle, M. Grossi, et 
d'autres encore, ont écrit que lorsque Charles lil 
assura à Farinelli la continuation des appointe- 
ments dont il avait joui, i( ajouta : Je le fais 
(fautant plus volontiers que Farinelli n'a 
jamais abusé de la bienveillance ni de lamu- 
ni/icence de viex prédécesseurs . Cependant il 
n'en faut pas conclure, comme le font ces écri- 
vains, qu'il demeura au service de ce piince. 
Charles III, peu de temps après-son avènement 
au trône, fit donner au favori de Philippe et de 
Ferdinand l'ordre de sortir d'Espagne; circons- 
tance qui peut être expliquée par la résolution que 
prit ce roi de signer le pacte de famille avec les 
cours de France et de Naples. On sait que Fa- 
rinelli, avait toujours été opposé à ce traité, et 
qu'il avait employé toute son influence à l'em- 
pêcher sous le règne précédent. Farinelli conserva 
son traitement, mais sous la condition de s'établir 
à Bologne et non àNaples comme il en avait eu le 
dessein. Cestce qu'il fit entendre à Burney dans 
une conversation (1). 

Quand Farinelli revint en Italie, après une ab- 
sence de près de vingt-huit ans, tous ses anciens 
amisavaientdisparu ; les uns avaientcessé de vivre, 
les autres avaient quitté le pays ; il lui fallut songer 
à se créer des amitiés nouvelles, où le charme de 
la jeunesse ne pouvait plus se trouver. Farinelli 
avait cinquante-sept ans ; ce n'est plus l'âge des 
liaisons intimes : alors il dut sentir le vide de l'âme 
<run artiste qui n'a point rempli sa mission . De ses 
grandeurs passées, il ne lui reslaitque des richesses 
qui n'adoucissaient point ses regrets. A peine 
parlait-il quelquefois de ses talents et de la gloire 
qu'ils lui avaient procurée dans sa jeunesse, tandis 
que sa mémoire incessamment assiégée de son 
rôle de favori, de ses missions diplomatiqueset de 
sacroixdeCalatrava.ini fournissait des multitudes 
d'anecdoles qu'il coulait à tout venant. Le grand 
chanteur semblait avoir cessé de vivre depuis 
longtemps : le courlisan seul restait pour dé- 
plorer la perte de ses hochets. Dans le palais qu'il 
s'était fait bâtir à un mille de Bologne, et qu'il 
avait décoré avec autantde gortt que de somptuo- 
sité, il passait souvent une grande partie du jour 
à contempler les portraits de Philippe V, d'Elisa- 
beth et de Ferdinand VI, gardant un morne silence, 
ou répandant des larmes. Les visites des étran- 
gers pouvaient seules le distraire; il les recevait 



(1) V. The Présent State nf mvsic In France and Italu, 

fi. S21. 



avec affabiliU', et rien ne lui faisait plus de plaisir 
que lorsqu'on lui demandait des détails sur sa 
positionà la cour d'Espagne. Pendant les vingt 
dernières années de sa vie, il ne s'éloigna qu'une 
seule fois de Bologne pour un court voyage qu'il 
fit à Rome. Il obtint une audience du pape 
(Lambertini), et lui parla avec emphase des 
honneurs dont ilavaitjoui à Madrid et des richesses 
qu'il y avait amassées. Le saint père lui répondit 
avec un sourire plein d'ironie: Avete/atta tantn 
fortuna costà, perche viavete frovato le gioie, 
che avete perduto in guà. Je prie le lecteur de 
me dispenser de traduire et surtout d'expliquer 
ces gaillardes paroles. 

Lorsque Burney vit Farinelli (enl771)à sa 
maison de campagne près de Bologne, il y avait 
longtemps qu'il ne chantait plus ; mais il jou-ait 
de la viole d'amour, du clavecin, et composait des 
morceaux pour ces instruments. Il possédait une 
collection de pianos et de clavecins qu'il aimait 
beaucoup. Celui tju'il préférait était un piano 
construit à Florence en 1730; il lui avait donné 
le nom de Raphaël d'Urbino. Ledeuxièmeétait 
un clavecin qui lui avait été donné par la reine 
d'Espagne; il l'appelait le Corrége, d'aulres 
avaient les noms du Titien, du Gidde, etc. Une 
très-grande salle de son palais contenait de beaux 
tableaux de Murillo et de Ximenès. Il y avait 
aussi fait placer les portraits de tous les prince* 
qui avaient été ses patrons ; on y voyait deux 
empereurs, une impératrice, trois rois d'Espagne, 
un prince de Savoie, un roi de N'aples, une prin- 
cesse des Asturies, deux reines d'Espagne, et le 
pape Benoit XIV. Il avait plusieurs portraits de 
lui-même, dont un peint par son ami Amiconi, 
et celui de la fameuse cantatrice Faustina. 

Onaécritqjijece fut lui qui engagea le P. Martini 
à travailler à son Histoire de la Musique; cela 
est peu vraisemblable, car il paraît que ses re- 
lations avec ce savant homme ne commencèrent 
qu'en 1761, lorsqu'il retourna en Italie et se (ixa 
à Bologne ; or, le premier volume de l'Histoire 
de la Musique de MàrUni avait paru en 1707. Il 
paraît mieux démontré qu'il lui donna une belle 
collection de livres et de musique qu'il avait rap- 
portée d'Espagne. Ces deux hommes célèbres con- 
servèrent de douces relations entre eux pendant 
le reste de leur vie. Farinelli mourut le 15 juillet 
1782, à l'âge de soixanfe-dix-sept ans et quelques 
mois, et non le 15 seplenibre, à l'âge de quatre- 
vingts ans, comme le disent Choron et Fayolle. 
Martinelii s'est exprimé ainsi sur cet artiste 
dans ses lettres familières : « Ce chanteur avait 
« de plus que les voix ordinaires sept ou huit 
<i notes parfaitement sonores, égales et claires ; il 
« possédait d'ailleurs la science musicale au plus 



88 



BROSCHI — BROSSARD 



« liant degré, et se montrait en tout un digne 
« élève de Porpora. » Mancini, grand maître dans 
l'art du chant, et qui, comme Farinclli, avait reçu 
des leçons de Bernacchi, fait de notre grand 
(;iianteur nn éloge plus magnifique encore : « La 
« voix deFarinelli (dit-il) était considérée comme 
'< une merveille, parce qu'elle était si parfaite, si 
« puissante, si sonore, et si riche par son étendue, 
<i tant au grave qu'à l'aigu, que de notre temps 
« ou n'en a point entendu de semblable'. Il était 
« d'ailleurs doué d'un génie créateur qui lui ins- 
« pirait des traits étonnants et si nouveaux, que 
" personne n'était en état de les imiter. L'art de 
« conserver et de reprendre la respiration avec 
« tant de douceur et de facilité, que personne 
« ne s'en apercevait, a commencé et fini en lui. 
« L'égalité de la voix, et l'art d'en étendre le son, 
« le portamento, l'union des registres, l'agilité 
« surprenante, le chant pathétique ou gracieux, 
« et un trille admirable autant que rare, furent 
« les qualités par lesquelles il se distingua. H n'y a 
<" point de genre dans l'art qu'il n'ait porté à une 
« perfection si sublime,qi]'il s'est rendu inimitable. 
« A peine le bruit de son mérite fut-il répandu, 
« quelesviilcs les plus importantes de l'Italiese 
« le disputèrent pour leurs théâtres; et partout 
n où il chanta, les applaudissements lui furent 
« donnés avec tant d'enthousiasme, que chacun 
« voulut l'entendre encore à la saison suivante. 11 
» fut également désiré, demandé, apprécié et ap- 
« plandi dans les principales cours do l'Europe. 
« Ces succès, si bien mérités, furent obtenus par lui 
ic dans sa jeunesse ; néanmoins ce grand artiste 
« ne cessa jamais d'étudier, et il s'appliqua avec 
« tant dft persévérance, qu'il parvintà changer en 
u grande partie sa niauière, et à en acquérir une 
« meilleure, lorsque son nom était déjà célèbre et 
«■ (|uesa fortune était brillante (1). » 

Tel fut donc cet artiste dont le nom est encore 
célèbre, et qui eut autant de supériorité sur les 
grands chanteurs de son temps, que ceux-ci en 
avaient sur la plupart des chanteurs de notre 
époque. 

iJUOS(^lîl(RiciiAnn), frère du célèbre chan- 
teur Farinelll, lui donna des leçons de musique. 
Richard était compositeur. Son opéra, r Isola 
(VAlcina, fut joué à Home en 1728. Deux ans 
après, il accompagna son frère à Venise, et y 
écrivit l'opéra à'Jdaspe, dans lequel. on entendit 
Farinelli, Mcolini et la Cuzzoni. Ce fut Richard 
Rroschi qui écrivit pour son frère le fameux air 
Son quai Nave, dans lequel le chaideur excila 
partout la plus vive admiration. — Farinelli, oncle, 

(i)V. The l'resrnt stutc oj Muste in France and lUihj, 
p. sît. 



dit-on, de Charles et de Richard, compositeur de 
Georges \", électeur de Hanovre, et son résident 
à Venise, fut anobli par le roi de Danemark en 
1684. C'est lui qui a fait d'après d'anciennes 
mélodies l'air si connu des Folies d'Espagne, 
sur lequel Corelli a composé vingt-quatre varia- 
tions, à la (in de son œuvre V. La parenté de ce 
compositeur avec le célèbre chanteur Farinelli pa- 
rait douteuse; elle ne pourrait s'expliquer qu'en 
supposant qu'il avait été adopté par la famille des 
Faiinelli deNaples, comme le fut plus tard celui 
qu'on dit avoir été son neveu. 

BUOSIG (Maurice ), premier organiste de la 
cathédrale de Breslau, est né Iel5 octobre 1816, 
au village deFuchwinkel en Autriche, où son père 
était possesseur viager d'un bien seigneurial. De- 
venue veuve eu 1818, la inèrede Brosig alla s'é- 
tablir à Breslau, où il suivit les cours du gymnase 
Saint-Mathias, dès 1826. Il a eu pour maître en 
son art Ernest Kohier, organiste et compositeur, 
mort dans les premiers jours de 1848. Brosig 
reçut aussi des leçons d'orgue et de composition 
de Joseph Wolff, directeur de musique et or- 
ganiste de la cathédrale. Au mois de décembre 
1842, il a obtenu sa nomination d'organiste de 
cette même église. Quelques ouvrages publiés par 
Brosig, indiquent un talent de bonne école; on 
y remacque : 1° 3 préludes et fugues ; Breslau, 
ïlainauer. — 2° Cinq pièces d'orgue pour les fêtes 
solennelles; Breslau, Leuckart. — 3° cinq prélu- 
des pour des chorals ; ibid. — 4° Requiem pour 
4 voix avec accompagnement d'orgue et contre- 
basse, ou 2 violons, alto, basse et 2 cors ; Breslau, 
Leuckart. — 5° Fantaisie pour l'orgue sur le choral 
Christ ist erstan den ! op. 6 ; Breslau, Leuckart. 
— 6" Trois préludes et deux conclusions (Postlu- 
dien) pour l'orgue, op. 1 1 ; ibid. — 7° Messe pour 
4 voix et orchestre, op.. 7. ; iôirf. Quelques pièces 
de Brosig pour l'orgue ont été publiées à Erfurt 
par t<œrner.- 

BROSKY (Jean), en latin Bnoscujs, mathé- 
maticien célèbre en Pologne, naquit à Kurzelow 
en 1581. Il fut professeur de philosophie à Cracovie, 
membre de l'Académie des sciences de celte ville, 
et mourut à la t\n de l'année 1052. Ce savant a 
fait desrecheiches sur la possibilité de composer 
une gamme musicale, dont l'octave serait divisée 
en sept intervalles égaux. Il a publié son système 
dans un écrit qui a pour titre : An Diapason 
salvo harmonico concentu, an per acqualia 
septemintcrvalladividipossit ; Cracovie, 1C41. 
On a aussi de lui un autre ouvrage qui a pour 
titre : niusica Choralis in aima univ. ; Cra- 
covie, 1652, in-8°. J'ignore quelle est la nature 
de ce livre. 

BUOSSAKD ( SÉBASTIEN de), prêtre, né eu 



BROSSARD 



8!) 



16C0, fut d'abord prébende,' dépiilé du grand 
chœur, et maître de cliapelle de la cathédrale de 
Strasbourg. Il obtint cette place le 21 mai 16S0. 
( Voyez récrit de J. F. Lobsteia intitulé : Bei- 
trdge zur Geschichte der Musik im Elsass 
■undbesonders in Strassburg, p. 30 ). On ignore 
enqueliieu il fit ses études littéraires et musicales, 
mais il ya lieu de croire, d'après le style de ses 
compositions, que ce futî) Paris ou dans quelque 
\ilie de l'aucienne France; car sa manière est 
semblable à celle des musiciens français de soii 
temps. Quoi qu'il en soit, il paraît qu'il était jeune 
lorsqu'il se rendit en Alsace, cnr il apprit la 
langue allemande, et la sut bien, ce qui étaitrare 
parmi lesFrançais de son temps, llpossédait encore 
ses emplois à Strasbourg en 1698 , lorsque le 
deuxième livre de ses motets fut publie. En 1700, 
il fut appelé h Meaux, en qualité de grand cba- 
pelaiu et de maître de musique de la catliédrale. 
I.e reste de sa vie se passa dans cette ville ; il y 
mourut le 10 août 1730, à l'âge de soixante-dix 
ans. Brossard doit sa renommée à son Diction- 
naire de musique ; il en publia la première édition 
( devenue très-rare ) sous ce titre: Dictionnaire de 
musique, contenant une explication des termes 
grecs, latins, italiens et français les plus 
usités dans la musique; à l'occaion desquels 
on rapporte ce qu'il y a de plus curieux, et 
déplus nécessaire à savoir, tant pour Vltis- 
toire et la théorie, que pour la composition 
et la pratique ancienne et moderne de la mu- 
sique vocale, instrumentale, plaine, simple, 
figurée, etc. Ensemble une table alphabétique 
des termes français qui sont dans le corps 
de l'ouvrage, sous les titres grecs, latins et 
italiens, pour servir de supplément. Un Traité 
de la manière de bien prononcer, surtout en 
chantant, les termes italiens, latins et fran- 
çais; et un catalogue de plus de 900 auteurs 
qui ont écrit sur la musique, en toutes sortes 
de temps, de pays et de langues ; Paris, Chris- 
tophe Ballnrd, 1703, in-folio. Cette [iremière 
édition est dédiée à Bossuet. La deuxième est de 
1705 ; Paris.. 1 vol. in-8». L'édition de 1707, 
citée par M. Quérard ( France littéraire, t. I, 
p. 526) n'existe pas. On lit dans le Dictionnaire 
des Musiciens de Choron et Fayolle, et dans 
l'article Brossard de la biographie universelle 
de Micbaud , que la sixième édition a été pu- 
bliée sans date à Amsterdam, chez Roger; c'est 
une erreur ; l'édition sans date dont il s'agit est 
la troisième, comme l'indique le titre, et c'est la 
dernière. Lichlenthal, qui cite cette édition, dit 
que la première a été publiée à Paris en 1730 ; 
c'est une faute d'impression résultant de la trans- 
position du zéro. 



Le premier essai du dictionnaire de Brossard 
futplacé au commencement de la première partie 
de son recueil de motets. L'auteurne songeait point 
alors h en faire un ouvrage plus étendu. Plus 
tard, et lorsqu'il préparait la deuxième édition 
de ces motets, il voulut ajouter l'explication de 
quelques termes italiens à ce premier essai, mais 
son travail s'étendit insensiblement, et devint t(d 
qu'il fut imprimé en 1703. Cette édition in-folio 
avait été faite pour être placée en tête du Pro- 
dromes Musicalis, qui avait paru l'année précé- 
dcnlc, et l'on trouve, en effet, quelques exemplaires 
de ce recueil de motets où l.e dictionnaire est 
relié ; mais il manque au plus grand nombre. 
Cette destination du livre explique la rareté des 
exemplaires du dictionnaire isolé. 

Malgré les imperfections qui .fourmillent dans 
ce livre, l'auteur n'en est pas moins digne d"estime, 
car les difficultés à vaincre ont dû être considé- 
rables dans un tel ouvrage, où l'auteurne pouvait 
prendre pour guide aucun livre du même genre. 
11 est vrai que dès le quinzième siècle, Tinctor 
avait composé un recueil de définitions des 
termes de musique en usage de son temps; il est 
vraiencoreque le bohème Janowka avait publié à 
Prague un lexique de musique en latin, deux ans 
avant que Brossard donnât son dictionnaire; mai.^ 
le Definitorium de Tinctor était d'une excessive 
rareté et n'était pas plus parvenu jusqu'à Bros- 
sard que le lexique de Janowka, ainsi qu'on 
peut le voir dans le catalogue des livres qu'il 
avait lus. C'est donc un livre neuf, un livre ori- 
ginal qu'il a fait ; et si les écrivains venus après 
lui ont mieux rempli les conditions d'un diction- 
naire de musique, ils n'en sont pas moins rede- 
vables à Brossard, qui a été leur guide. La plu- 
part de ses articles prouvent qu'il avait de la 
science, surtout dans l'ancienne musique et dans 
l'ancienne notation. Son plan est défectueux en 
ce que dans un livre français, il ne donne que 
de très-courtes définitions de quelques termes de 
la langue dans laquelle il écrivait, tandis que la 
I)lus grande partie de son ouvrage est employée à 
l'explication de mots grecs, latins, italiens, etc. ; 
mais, enfin, c'était son plan, et il l'a exécuté 
convenablement. J.-J. Rousseau, qui a censuré 
avec amertume le travail de Brossard, en a 
tiré presque tout ce qu'il a écrit sur la musique des 
anciens et celle du moyen âge. On a ditque le dic- 
tionnaire anglaisde Grassineau était en grande 
partie traduit de celui de Brossard ; cela n'est pas 
exact. Grassineau a traduit la plupart des articles 
du dictionnaire français, mais il y en a ajouté 
beaucoup d'autres d'une étendue i)lus considé- 
rable que ceux de Brossard. 

•■'rossard fut le premier en France qui s'occiipa 



90 



BROSSARD 



de la littérature de la musique, et qui en fit une 
étude sérieuse. Sa proximité de l'Allemagne, pen- 
dant son séjour à Strasbourg, lui a:vait fourni les 
moyens de se procurer les livres et les œuvres 
de musique considérés comme les meilleurs de 
son temps, et sa bibliothèque était devenue con- 
sidérable. Plus tard il en fit don à Louis XIV, qui, 
en l'acceptant, fit remettre à Brossard le brevet 
d'une pension de 1,200 francs sur un bénéfice, et 
lui en accorda une autre de môme somme sur 
le trésor royal ; celle-ci était réversible sur la tôle 
de sa nièce. La collection dont il' s'agit* a passé 
dans la Bibliothèque impériale de Paris. Elle com- 
pose une grande partie de la poi tion de musique 
qui y est rassemblée. Van Praet, conservateur 
de ce dépôt littéraire et scientifique, s'exprime en 
ces termes dans un mémoire manuscrit sur la 
collection de Brossard : « Ce cabinet est des plus 
« nombreux et îles mieux assortis qu'on con- 
« naisse. Pendant pins de cinquante années, le 
« possesseur n'a épargné ni soins ni dépenses 
« pour en faire le recueil le plus complet qu'il 
« soit possible de tout ce qu'il y a de meilleur 
« et de rare en musique, soit imprimé, soit ma- 
« nuscrit. La première partie du recueil contient 
n les auteurs anciens et modernes, tant imprimés 
« que manuscrits, qui ont écrit sur la musique 
« en général; la seconde partie renferme les pra- 
« ticiens; elle consiste en un grand nombre de 
« volumes ou de pièces, la plupart inédits. C'est 
« une réunion de tous les genres de musique sa- 
« crée et profane, vocale et instrumentale, où 
« tout est disposé avec ordre, ainsi qu'on peut 
« s'en assurer par le catalogue que Brossard a 
« remis à la bibliothèque de Sa Majesté. » Bros- 
sard avait lu presque tous ses livres et en avait 
faitdes extraits renfermés en plusieurs portefeuilles 
in-40, on y avait ajouté des notes. Il avait môme 
entrepris la traduction française de quelques-uns, 
entre autres de l'histoire de la musique de Pfinz: 
Le manuscrit de cette traduction a été en la 
possession de Fayolle , vers 1811. L'objet qu'il 
.se proposait dans ces travaux n'était pas seu- 
lement de s'instruire de l'art en lui-même, 
mais de travailler à son histoire littéraire. Il an- 
nonça son projet dans son dictionnaire de musi- 
que, en publiant à la fin de cet ouvrage un en- ' 
talogue des auteurs qui ont écrit en tordes \ 
sortes de langues, de temps et de pays, soit ' 
de la musique en général, soit en particulier 
de la musique théorique, pratique, elc. Il 
expose en ces termes son projet dans la préface 
de ce catalog'ue. « Il y a plus de dix ansquejetra- 
« vaille à recueillir des mémoires, pour donner 
a un catalogue non-seulement des auteurs qui ont 
•• écrit touchant la musique , mais aussi de ceux 



« qui ont donné leurs compositions au public,' 
« et enfin de ceux qui n'ont été illustres que dans 
« Texécution et dans la pratique ; catalogue his- 
« torique et raisonné, dans lequel on puisse trouver 
n exactement, non-seulement les noms et les 
n surnoms de ces illustres, leurs vies, leur siècle, 
« leurs principaux emplois, mais aussi les titres 
« de leurs ouvrages, les langues dans lesquelles 
» ils ont écrit originalement, les traductions et 
« les diverses éditions qui en ont été faites; les 
« lieux, les années, les imprimeurs et la forme de' 
« ces éditions; les lieux mêmes, c'est-à-dire les 
« cabinets et les bibliothèques où l'on peut les 
« trouver soit manuscrits, soit imprimés ; et même 
« ( ce qui me paraît le plus difficile, quoique le 
« plus nécessaire et le plus important ) les bons 
« où les mauvais jugements que les critiques les 
« plus judicieux en ont portés, soit de vive voix, 
« soit par écrit. Mais il faut que je l'avoue, malgré 
« tout mon travail, mes mémoires ne suffisent pas 
« pour exécuter, avec l'exactitude que je souhai- 
« ferais, un projet de cette nature. Car enfin non 
« omnia possumus omncs, et im homme seul 
« ne peut' parcourir tous les pays et toutes les 
« bibliothèques, ni lire tous les livres, ni puiser 
« par conséquent dans toutes les sources qui lui 
n pourraient faciliter ce travail. C'est ce qui m'o- 
n blige d'implorer le secours des. savants, et sur- 
« tout de messieurs les bibliothécaires, et de les 
« supplier de me faire part de ce que leurs lec- 
« tures, leurs recueils, leurs catalogues, etc., pour- 
« ront leur fournir sur cette manière. C'est pour 
« leur en faciliter les moyens que je me suis ré« 
« solu, en attendant l'ouvrage entier, de donner 
« (omme un essai de la première partie de ce 
« vaste projet, en publiant un catalogue des noms 
« simplement des auteurs qui sont parvenus jus- 
<< ques icy à ma connaissance; par lequel il leur 
« sera bien aisé de voir ce qui me manque, et ce 
« que je souhaite et espère de leur honnêteté. » 
Ce passage, et toute la troisième partie de l'ou- 
vrage de Brossard démontrent qu'il a précédé 
tous les autres écrivains dans la pensée d'une bi- 
bliographie spéciale de la musique et d'une bio- 
graphie des musiciens; car les plus anciens livres 
de cegenre, généraux ou particuliers , c'est-à-dire 
ceux de Wilisch, d'Adami, de MuUer, puis de 
Heumann, de Sievers, de Walther, de Mattlieson 
etd'autres n'ont paru que longtemps après le pro- 
gramme de Brossard, et ce programme n'a été pu- 
blié que plus de dix ans après que cet écrivain 
eut commencé à recueillir des notes et des mé- 
moires pour l'exécution de son projet ; en sorte 
que la première idée de son livre a dû naitre 
vers 1692. Les matériaux qu'il avait rassemblés 
pour la composition de son ouvrage ont passé 



BROSSAllD 



9t 



«lans la Bibliotlièqiie impériale de Paris, avec la 
collection de ses livres et de sa musique. Us sont 
contenus et disposés par ordre alphabétique dans 
un certain nombre de portefeuilles in-8°. Malheu- 
reusement à l'époque où il écrivait, le public, les 
savants, et les musiciens eux-mêmes, ne compre- 
naient point encore l'utilité d'un tel ouvrage ; 
personne ne répondit à l'appel que faisait le sa- 
vant et laborieux écrivain, et ses préparatifs furent 
infructueux. Peut-être est-il permis de conjec- 
turer que le dépit et ie dégoût qu'il en ressentit 
ne furent point étrangers à sa résolution de donner 
sa bibliothèque au roi; car s'il n'eût point aban- 
doimé, faute de sccouis, le plan qu'il s'était tracé, 
il n'aurait jamais pu se séparer d'une collection 
qu'il aurait dû consulter chaque jour. 

Un repos de vingt-six années suivit la publica- 
tion du dictionnaire de musique, et, circonstance 
singulière, il parait que dans ce long espace de 
temps , Brossard écrivit peu de musique pour 
l'église. Ce ne fut que peu de temps avant sa mort, 
et lorsqu'il touchait à sa soixante-dixième année 
qu'il sembla se réveiller d'un long sommeil par 
la publication d'une brochure écrite à l'occa- 
sion du système de notation deDemotz ; elle parut 
sous ce titre : Lettre en forme de dissertation 
à M. Demotz, sur sa nouvelle méthode d'écrire 
leplain-chantet lamusique;PaiT\s, Ballard 1729, 
in-4'' de 37 pages. Dans cet opuscule, Brossard 
prouve que le système de Demotz a plus d'incon- 
vénients que d'utilité. 

Comme compositeur, Brossard s'est fait con- 
naître par les ouvrages dont les titres suivent : 
10 Élévations et motets à voix seule avec la 
basse continue; Paris, Ballard, 1695, in-fol. 
La deuxième partie, dédiée au roi, est intitulée : 
Élévations et motets à 1 et à voix et à voix 
seule, deux dessus de violon ou deux flûtes, 
avec la basse continue; Paris, 1698, in-fol. Il y 
a des exemplaires de cette deuxième partie qui 
portent la date de 1699; ceux-là ont des cartons 
où l'on a corrigé quelques fautes d'impression. 
La deuxième édition des deux parties rtunies des 
motets de Brossard a paru sons le titre de Pro- 
dromus musicalis ; Paris, 1702, in-fol. Titon 
du Tiilet (Parnasse français), La Borde ( Essai 
sur la musique), le dictionnaire des musiciens de 
Choron et Fayolle, et la Biographie universelle 
des frères Michaud indiquent les motets comme 
un ouvrage différent du Prodromus. — 2° NeuJ 
leçons des Ténèbres; Paris, Ballard, in-fol. — 
3" Recueil d'airs à chanter; ibid., in-4o 4° La- 
mentations de Jérémie, selon l'usage romain, 
pour voix seule et basse continue; Paris, Chris- 
t<jphe Ballard, 1721, in-fol. La bibliothèque impé- 
riale [lossèdc les manuscrits originaux des ouvrages 



du môme auteur dont les titres suivent : J" Can- 
tate Domino à grand chœur, composé pour une 
prise d'habit au couvent de l'Assomption. — 
2° Dia/ogus pœnitentis animx cum Deo, à 
2 voix, 2 violons, basson obligé et orgue. — 3" iN'i.vi 
Dominus aedi/icaverit domnm, à 3 voix, 2 vio- 
lons , basson et orgue. — 4» Miserere à 5 voix , 
2 violons, viole, basson et orgue ( daté de 1689 ). 

— 50 Canticum in honorem sanctas Cxcilix, à 
voix stule et orgue (21 novembre 1704).— 6" Can- 
tique à l'honneur de sainte Cécile, à 4 et 5 voix 
( 1705 ). — 70 Canticum in honorem S. PU, 
à voix seule et orgue ( 25 avril 1713). — s» Ele- 
vatio pro die Purificationis , h 3 voix et orgue 
( 1" février 1700). — 90 Beati immactilati in 
via, à 2 voix et orgue (17 février 1704). — 
10° Missa 4 vocumpro tempore Nativitatis (dé- 
cembre 1700). La bibliothèque du Conservatoire 
de Paris possède aussi un motet manuscrit de 
Brossard, In convertendo domino, à 5 voix, 2 
violons, 2 violes et basse continue. Le portrait de 
ce musicien a été gravé par Landry. 

BROSSARD ( Noel-Matthieu) , docteur en 
droit, aujourd'hui (1853) juge au tribunal de Chà- 
lon-sur-Saône, est né en celte ville, le 25 dé- 
cembre 1789. Il occupa d'abord le poste de sub- 
stitut du procureur du roi à Beaune, et s'y 
lia d'une étroite amitié avec Suremain-de-Mis- 
sery, qui lui communiqua ses nouveaux tra- 
vaux sur la théorie mathématique des intervalles 
musicaux. Indépendamment depfusieurs ouvrages 
relatifs à la science du droit et à la jurisprudence. 
M. Brossard a écrit siu- la musique ceux dont 
voici les titres : 1° Sijnopsie des gammes; 
théorie de Varmure des clefs et de la transpo- 
sition des tons mise sous les yeux, et rendue 
à toute la simplicité de son 01 igine; tableau sy- 
noptique en une feuille grand-aigle; Chalon-sur- 
Saône, Jamin père, 1843, 2'"' édition; Paris, Ba- 
chelier, 1847. — 2° Manière d'enseigner le 
tableau intitulé: Synopsiedes gammes; Ghâlon- 
sur-Saône, Jamin père, 1844, in-4'' de 44 pages. 

— 30 Théorie des sons musicaux ; Paris, Bache- 
lier, 1847, 1 vol. gr. in-4'' de 265 pages, avec 
un grandtableau. Ce dernier ouvrage, puisé dans 
un grand travail inédit de Suremain-de-Missery, 
et présenté sous une forme élégante qui appartient 
à M. Brossard, est un essai de réforme de la théorie 
mathématique des intervalles des sons et de la 
valeur numérique deceox-ci, très-digne d'intérêt. 
Sortant de l'ornière où sont restés les acousficiens, 
Suremain-de-Missery a reconnu que l'intonation 
des sons n'est point invariable, et qu'au contraire 
elle varie incessamment dans la modulation -. il 
en a conelu que ces différences doivent être déter- 
minées par le calcul, et ses recherches l'ont cou- 



92 



BROSSARD — BROWN 



(luit à constater l'existence de quarante-liuit sons 
appréciables dans l'étendue de la gamme. C'est 
cette doctrine, dont les formules algébriques sont 
fort élégantes, que M. Brossard expose dans son 
livre. Bien que ce livre n'aitpas eu, dans sa nou- 
veauté, le retentissement auquel l'auteur pouvait 
prétendre, il est vraisemblable que la nouvelle 
théorie qu'on y trouve sera quelque jour Hobjet de 
l'attention des savants et de quelques, artistes 
d'élile. 

BROlIClî( Jacques de ), musicien batave du 
seizième siècle, tirait vraisembiabloiuent le nom 
sous lequel il est connu du lieu de sa naissance, 
et conséquerament était né eu Hollande, où il va 
trois beaux villagesappelés Uroek, situés tous trois 
à une petite distance d'Amslerdam. Jacques de 
Brouck parait avoir été altaclié à la chapelle des 
empereurs Fei dinand I et Maximilien 11, car l^icrre 
Joanelli a placé deux motets à six voix, de sa 
composition, dans la grande collection intitulée : 
Novus Thésaurus musicus ( Venise, Antoine 
Gardane, 1568), laquelle contient principalement 
des ouvrages écrits par les compositeurs et 
chantres de cette chapelle. Il y a lieu de croire 
que Jacques de Brouck alla se fixer à Anvers après 
la mort de Maximilien ( le 12 octobre 1576 ), car 
il fit imprimer dans celte ville, en 1579, l'ouviage 
le plus important connu sous son nom, lequel a 
pour titre : Cantiones tum sacrœ profanx , 
quinque, sex et octo vocum recens in iucein 
éditas ; Antioerpisc , ex officina Christophori 
Plantini, 1579, in-4<' ohl. Ce recueil contient dix 
motets latinsà 4 voix, et huit à 5 voix, neuf chan- 
sons françaises à 4 voix, six à 5 voix, quatre à 8 
voix, et une chanson Hamande à 4 voix. 

BROUNCKER ou BROUNKER ( Guil- 
laume), né au ch;Ueau de Lyons en Irlande, en 1620, 
reçut une brillante éducation, et montra de bonne 
heuH! une rare aptitude pour les mathématiques, 
dans lesquelles il se distingua. Il fut un des 
adhérens de Charles \^^, et signa la fameuse dé- 
claration de 1600, avec plusieurs autres membres 
de la noblesse. Après le- rétablissement de la 
royauté, on lui confia, eu récompense de ses 
services , les places de chancelier do la reine Ca- 
therine, de garde du grand sceau, de commissaire 
delà marine el de directeur de l'hôpital de Sainte- 
Catherine. [Jrouncker fut au nombre des savants 
qui se réunirent pour fonder la société royale de 
Londres: Charles II le nomma président de cette 
société, et des élections successives le maintinrent 
dans cette diguilé pendant quinze ans. Aux fa- 
veurs dont il avait été l'objet à la Restauration, 
le roi d'Angleterre ajouta celle de l'érection de 
Castle- Lyons en vicomte. Brouncker mourut à 
Westminster, le 5 avril 1(,84. Au nomhredes écrits 



qu'il a publiés se trouve une traduction anglaise 
du Traité de musique de Descartes, sous ce titre : 
A Translation of the Treatise of Descartes 
intilled : Musicae Compendium; Londres, 1653. 
BROWIV(Jean), ministre anglican, né le 5 
novembre 1715 à Rothbury, dans le îJorlhumber- 
land, fit ses études à Cambridge, et fut reçu doc- 
teur de musique à Oxford. Dans la rébellion de 
1745, il prit les armes pour défendre la cause 
royale, quoiqu'il occupât déjà un poste dans l'é- 
glise, et se trouva au siège de Carlisle, où il mon- 
tra beaucoup d'intrépidité. L'année suivante il 
devint chapelain d'Olbaldiston, évèque de Car- 
lisle, et lord Hardvvick le nomma, en 1754, mi- 
nistre de Great-Horkcley,*dans le comte d'Es- 
sex. Ce fut dans ce temps qu'il publia son ou- 
vrage intitulé : Appréciation des mœurs et des 
principes du temps (en anglais), Londres, 1757, 
in-8°, qui le rendit célèbre, en tirant la nation 
anglaise de l'apathie où elle était alors, et en lui 
imprimant une activité qui devint funeste à ses 
voisins. Ayant résigné sa cure du comté d'Essex 
en 1739-, il obtint celle de Saint-Nicolas de New- 
castle sur la Tyne. Un penchant invincible à 
la mélancolie le porta à se couper la gorge avec 
un rasoir, le 23 septembre 1706 : il mourut le 
même jour. Brown fut j.'rand ailmirateur et ami 
de Ilœndel , qui lui confiait ordinairement la di- 
rection de ses oratorios. Il a publié l'ouvrage 
suivant : A Dissertation on the tinion and 
power , the progressions, séparations and cor- 
ruptions of pMtry and mHsic; Londres, 1703, 
in-4''. Ce livre fut critiqué dans un petit écrit in- 
titulé : Some observations on doctor Brown's 
Dissertation on the rise, etc., in a letterto doc- 
tor B***, 1763, in-4° (Quelques observations sur. 
la dissertation du docteur Brown, concernant 
l'origine, les progrès, etc.) Brown répondit par 
des Remarques sur les observations {Hemarks 
on some observations on doctor Brown's Dis- 
sertation ; in a letter to the aulhor of the ob- 
servations, Londres, 1764, in-8°). Il publia une 
seconde édition de son livre sous le titre de 
The history of the rise and progress ofpoetry, 
through Us several species ; Londres, 1764, 
in-S". Une traduction française de cet ouvrage a 
paru sous ce titre •• Histoire de Vorigine et 
aes progrès de la poésie, dans ses différents 
genres, traduite de l'anglais, par M. E. (Ei- 
dous) et augmentée de notes historiques et 
critiques; Paris, 1708, in-8°. Eschenburg, con- 
seiller de cour et professeur de belles-lettres au 
collège de Sainl-Charlcs à Brunswick, en a donné 
une traduction allemande {Doctor Brown's Be- 
trachtungen ûber die Poésie und Musick nach 
ihrcm Urr^prunge, etc.), h Leipsick, en 1769, 



CIVOVVN — BRUCE 



93 



in-S". Knfin il y a une traduction italienne de ce 
l'wrehûitMe: Dell' origine, unioneeforza,pro- 
gressi,separazione e corruzzione dellapoesiae 
délia musica, tradotta, etc., ed accresciuta 
di note dal doUor Pietro Crocchi, Senese, ac- 
cademico fisiocritico ; ¥\urence,i772, iii-8°. La' 
dissertation du docteur Brown est remplie de 
vues fines et d'observations très-judicieuses'; c'est 
l'ouvrage d'un homme de l'art ; il ne ressemble 
en rien à tous ceux, du même genre qui ne sont 
que des déclamations sans utilité. Le docteur 
Brown était aussi compositeur ; parmi ses pro- 
ductions on remarque l'oratorio Jfie aire of 
Saul. Les biographes anglais lui donnent des 
éloges pour ses talents dans la poésie et dans 
l'art d'écrire ; ce n'est point ici le lieu d'examiner 
ses ouvrages littéraires. 

BUCWN (JiiAN), peintre écossais, né à Edim- 
bourg en 17&2 , voyagea longtemps eu Italie et 
demeura plusieurs années à Rome et en Sicile, 
attaché comme dessinateur à sir "Williams Young 
et à M. Townley. En 178G, il se fixa à Londres, 
où il cultiva le gojire du portrait avec succès. 
Il mourut l'année suivante, 1787, ûijéde trente- 
cinq ans. Brown est connu principalement par 
ses Lettres sur la poésie et la musique de 
Vopéra italien (Lotlers on the Foetry and Mu- 
sic of the itallan opéra), qui furent publiées 
après sa mort (Londres, 1789, in-12), par lord 
Mnuboddo, à qui elles étaient adressées. 

BROWJV (Arthur) , niembre de la société 
des antiquaires d'Ecosse, a donné, dans les mé- 
moires ou transactions de cette société ( t. "VIII, 
p. 11), une dissertation sur d'anciennes trom- 
pettes trouvées près d'Armagh , sous ce titre : 
An account of somc ancient trumpets dug up 
in a hag near Armagh. 

BROWN (Julienne), née à Brunswick en 
1700, s'adonna , dès son enfance, à l'étude de la 
musique et de l'art théâtral. Son mailre de chant 
fut Jean Scliwanenbcrg, compositeur qui jouis- 
sait alors de quelque réputation. En 1783, M"" 
Brown débula à Prague, où elle obtint assez de 
succès pour être reçue peu de temps après 
comme première chanteuse. En 1786 elle épousa 
Ignace Walter, directeur du spectacle de cette 
ville, qui se rendit avec elle à Mayence, en 1789. 
Elle y fut bientôt engagée pour la cour de l'é- 
lecteur, cl y joua pendant plusieurs années. Dans 
la suite elle se rendit à Munich, où elle chantait 
encore vers 1810. 

BROWNE (Ricuard), apothicaire àOakham, 
en Angleterre, alla s'établir à Londres au com- 
mencement du dix-huitième siècle, et y publia, 
en 1729, un traité de 125 pages in-S", sous ce 
litre : Medicina Musica, or a mecha