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NOT TO BE TAKEN FROM THIS ROOM
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"The search for truth even unto Us innermost parts'
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SADYE RUBIN MARANTZ LEE
The National Women's Cornmittee
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BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
TOME DEUXIÈME
TYPOGRAPHIE FI.RMIN tlIDOT. — MESISTL (EURE).
BIOGRAPHIE
UNIVEliSELLE
DES MUSICIENS
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BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE
-OOXXOO-
DEUXIÈME ÉDITION
KMIÎIKF.MF.NT KEFONDIIE ET AUGMENTÉE DE l'I.US DE MOITIi:
PAR î^. J:'|ETIS
MAITRE DE CIIAPELLB 1>V nOl DBS BELGES
DIIIECTEUR nu CONSKBVATOmE nOViL DE MUSIQUE I)E EEUXELLES. ETC.
TOME DEUXIÈME
PARIS
LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET G"
MPRIMEURS DE l'iNSTITUT, RUE JACOB, oG
4867
Tous droit? réserves.
Music
Référence
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BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
B
BOIELDIEU (François-Adrien), composi-
teur dramatique, naquit à Uoiien le 15 décembre
1775 (I). Fils d'un secrétaire de l'arclievficlié, il
(ut placé par lui, comme enfantdechœur, àl'église
métropolitaine , où les premiers éléments de la
musique lui furent enseignés ; puis il passa sous
la direction de Broche, organiste de la cathédrale
et artiste de quelque mérite. Dur envers ses élè-
ves, comme l'étaient autrefois presque tous les
maîtres de musique d'église, Broche montrait plus
de sévérité pour le petit Boiel (c'est ainsi qu'on
appelait Boieldicu dans sa jeunesse) que pour
tout autre, peut-être à cause de ses heureuses
dispositions, car les hommes de la trempe de cet
organiste se persuadaient alors qu'une bonne
éducation musicale est inséparable des mauvais
traitements. On dit que Boieldieu était obligé de
remplir auprès de son impitoyable maître l'of-
(ice de valet de chambre, comme autrefois Haydn
avec le vieux Porpora. On dit aussi que telle était
J'épouvante que lui inspirait ce pédagogue fa-
rouche, qu'un jour, frappé de terreur à la vue
d'une tache d'encre qu'il avait faite sur un livre
du maître, il ne crut pouvoir se soustraire au
danger qdi le menaçait que par la fuite ; qu'il partit
seul, à pied, et qu'il alla à Paris. Rendu à sa
famille, il reprit le cours de ses études, et Broche
consentit à mettre moins de sévérité dans ses
leçons.
Un talent agréable d'exécution sur le piano,
d'heureuses idées mélodiques, et quelques légères
notions d'harmonie, voilà ce que Boieldieu possé-
dait à l'âge de seize ans. Déjà la passion du théâtre,
qui, depuis, a décidé de la direction de son ta-
(1) \.c 16 décembre, Indique dans le Supplément de la
Biographie Universelle de MM. Mlchand comme le Jour
da naissance de Boieldieu , est celui où il a été inscrit
dans le registre de baptême.
"'^%L^
gJSfV, DES MUSICIENS. — T. II.
p.ef ei'snce
lent vers la musique dramatique, se faisait sentir
en lui dans toute son énergie. Ses petites épargnes
étaient employées à lui procurer les moyens
d'aller au spectacle s'enivrer du plaisir d'entendre
les productions de Grétry, de Dalayrac et de
Méhul : souvent, à défaut d'argent, il avait re-
cours à la ruse pour s'introduire dans la salle, s'y
cachant quelquefois dés le matin, et attendant
avec impatience le moment où devait commencer
son bonheur. Entendre les ouvrages d'autrui ne
pouvait cependant suffire longtemps à un homme
né pour produire lui-même. Tourmenté de ce be-
soin, qui est celui de tout artiste bien organisé,
il lui semblait que le comble du bonheur était
de composer un opéra; mais pour en écrire im,
il faut un UbrettOf ou, comme on dit en France,
un poënie, et n'en a pas qui veut. Par hasard,
il se trouva qu'à Rouen un poète avait besoin
d"un musicien comme le musicien d'un poète; ils
s'entendirent bientôt, et le fruit de leur associa -
lion fut un opéra-comique qui obtint du succès
au théâtre de Rouen. De dire quel était le litre
et le sujet de cet ouvrage, c'est ce que je ne
puis : Boieldieu ne s'en souvenait pas. Cependant
ce premier essai ne fut pas d'une médiocre im-
portance dans la vie de l'artiste, car les applau-
dissements qui lui furent prodigués décidèrent
le jeune compositeur à retourner à Paris, où
peut-être il ne se serait jamais fixé sans cet heu-
reux début.
Aller de Rouen à Paris n'était pourtant pas
chose facile pour quelqu'un qui n'avait pas d'ar-
gent; car le voyage était cher dans ce temps où
la diligence employait deux jours à taire le
trajet. A l'égard de la difficulté de vivre dans la
grande ville, Boieldieu ne s'en inquiétait pas.
N'avait-il pas dix-neuf ans, sa partition et des
idées dans la tête ? C'était toute une fortune que
1
BOIKLDIEU
cela. Le voyage donc étail la peiile tliose qui
l'embarrassât : il résolut la diKiculté en dispa-
raissant un jour de la maison paternelle, empor-
tant sa partition sons le bras, trente francs dans
sa poche, et l'espérance dans le cœur. Jeune et
fort, il marchait vite ; la première journée n'élait
pas écoulée, et déjà il était à quinze lieues de
!louen ; le lendemain il entrait à Paris , crotté
jusqu'à l'échiné et se soutenant à peine, tant il
était accablé de fatigue; mais il était à I^aris,
et si le présent était sombre, l'avenir était
souriant.
Cependant, il y a toujours beaucoup à rabattre
dans la réalisation des espérances de l'artislequi
entre dans le monde; autre chose est de donner
avec succès un petit opéra dans sa ville de pro-
vince ou de le faire jouer à Paris. Boieldieu n'a-
vait fias douté qu'on n'accueillît son ouvrage h
ropéra-Comique; mais, malgré les préventions
favorables des actrices sociétaires en faveur delà
belle tête et de la tournure distinguée du jeune
composileur, la société ne se soucia pas déjouer
l'œuvre'd'un poète et d'un musicien inconnus. Il
fallut cbercliei d'autres poèmes ; en attendant
qu'on eût trouvé ceux-ci, il fallut essayer de
donner des leçons, puis, à défaut d'écoliers, il
fallut se faire accordeur de, pianos. Celait, comme
on le voit, d'une manière assez détournée que
commençait la réalisation des espérances de Boiel-
dieu ; mais sa constance n'en était point ébranlée,
car il avait foi en lui-même. La maison Érard,
célèbre dans toute l'Europe pour la facture des
instruments, était alors (en 179'i) le rendez-vous
de tous les artistes. Doieldieii y lut accueilli, et
les chefs de cette maison lui aplanirent , autant
(ju'il fut en leur pouvoir, les dilticultés de la car-
rière qu'il avait à parcourir. Rode, Garât, MéhuI,
se réunissaient souvent chez eux ; la fréquentation
de ces artistes perfectionna son goût et lui fit
comprendre la nécessité de (inir des études qu'il
n'avait qu'ébauchées. Trop préoccupé du désir de
produire, il ne put jamais se livrer à c«s études
d'une manière sérieuse et suivie; mais sa rare
aptitude lui faisait saisir à demi-mot le sens des
observations qui lui étaient faites par Méhul ou
parCherubini ; et ces observations laissaient dans
sa mémoire des souveuiis qui ne s'effaçaient pas.
Sa réputation commença dans les salons. Des ro-
mances charmantes, chantées par Garât avec un
talent inimitable, l'avaient fait connaître, et tous
les amateurs chantaient son Ménestrel, S'il est
vrai que d'être deux, toi que f aime, et vingt
autres aussi jolies; mais la vogue qu'obtenaient
toutes ces gracieuses productions ne tournait
guère an profit de la fortune du compositeur, car
on n'avait point encore appris l'art de tirer beau-
coup d'argent de bagatelles. Aujourd'hui l'homme
à la mode reçoit d'un marchand de musique
quelques centaines de francs pour une seule ro-
mance; mais Cochet, éditeur de celles de Boiel-
dieu, m'a dit souvent qu'il n'en a payé aucune plus
de douze francs.
La confiance qu'eut dans le talent de Boieldieu
un homme d'esprit acheva de le mettre en vogue :
Fiévéc' lira pour lui de son joli roman La Dot
de Suzede un petit opéra en un acte, du même
nom. La giâce du sujet, la fraîcheur delà musi-
que, et le jeu fin et spirituel de M"'* Saint-Aubin,
procurèrent à cet ouvrage un succès qu'on aurait
pu envier pour de plus grandes compositions. Ce
petit opéra fut joué pour la première fois en
1795 (1). L'année suivante Boieldieu écrivit La
Famille suisse, jolie partition où règne un style
sim[)le et naïf, d"iine élégance charmante; puis,
en 1797, il donna Momhreuil et Merville, pièce
froide et peu favorable à la musique, qui ne
réussit pas. Dans la même année, il improvisa
un opéra de circonstance, à l'occasion du traité de
Campo-Formio ; cet ouvrage fut représenté au
théâtre Feydeau sous le titre de L'heureuse nou-
velle. En 1798, lioieldieu prit une position plus
élevée parmi les compositeurs par le succès de
Zoraïme et Zuhtare, drame en trois actes, dont
la composition avait précédé celle des deux der-
niers ouvrages qui viennent d'êtres cites, mais
qui avait dû attendre longtemps son tour de re-
présentation, el^qui ne l'aurait point encore obtenu,
s'il n'avait fallu faire des changements à un opéra
de Méhul qui était en répétition. On com[>4ait peu
au théâtre sur le succès de Zoraïme; l'étonne-
ment fut grand, lorsqu'on vit l'enthousiasme du
public pour cette élégante et dramatique produc-
tion. Le caractère particulier du génie de Boiel-
dieu s'était dessiné dans Zoraïme, et dès ce mo-
ment il fut permis de voir ce qu'il devait être dans
ses ouvrages à venir. Des mélodies faciles, gra-
cieuses et spirituelle», une instrumentation rem-
plie dejolisdétails, un sentiment juste de la scène,
telles sont les qualités par où se distingue cet
opéra, qu'on peut considérer comme le premier
titre de BoielJieu à la renommée qu'il eut plus
tard.
Boieldieu n'obtint pas seulement des succès de
théâtre à cette époque; quelques productions de
musique instrumentale lui en procurèrent d'un
autre genre. Ces ouvrages consistaient en un
concerto pour le piano, des sonates pour le même
instrument (œuvres 1,3, 4, C, 7 et 8), quatre duos
(1) L'auteur de la notice sur Boiclilieu qui se trouve
dans le Supplément de la Biiifiraphie universelle de
M. Micliaut} est dans l'erreur en plaçant cet opéra ù la date
de 1793.
BOIELDIRU
pour harpe et piano, un concerto de liarpc, et des
trios pour piano, liarpe et violoncelle. Ces der-
nières compositions furent accueillies avec une
sorte d'enthousiasme. Le succès de ces ouvrages
fit admettre leur atiteur au nombre des profes-
' seûrs de piano du Conservatoire, peu de temps
après l'époque de son établissement. C'est là que
je connus Doieldieu en 1800, y étant devenu son
élève pour le piano : il avait vingt-cinq ans. De-
puis lors je ne l'ai plus perdu de vue. Trop occupé
de sa carrière de compositeur dramatique pour
se plaire aux leçons du mécanisme d'un instru-
ment, il était assez mauvais maître de piano;
mais sa conversation , où brillaient des aperçus
très-fins sur son art, était lemplie d'intérêt pour
ses élèves, et n'étaient pas sans fruit pour leurs
études.
Les Méprises espagnoles, espèce d'imbroglio
que le public avait reçu avec indifférence, et
JienioiL'skij, opéra en trois actes, succédèrent en
1798 et 1800 aux premiers ouvrages deBoieldien.
Ce dernier fut d'abord accueilli avec froideur, et
l'on ne parut pas en avoir compris le mérite;
mais vingt-cinq ans après il a été repris avec un
succès éclatant, justifié par des beautés réelles.
Au moment où je devins son élève, Eoieldieu
écrivait son Calife de Bagdad. Souvent il nous
consultait avec une modestie charmante, et la
leçon de piano se passait à se grouper autour de
lui pour chanter les morceaux de son nouvel
opéra. Je me souviens queDourlen et moi, tous
deux fiers de notre titre de répétiteurs de nos
classes d'harmonie, nous tranchions du puriste,
et nous tourmentions fort notre maître pour quel-
ques peccadilles harmoniques écliappées dans la
rapidité du travail. Grand débat s'élevait entre
nous sur cela, et nous finissions d'ordinaire par
nous transporter chez Méluil, l'oracle de Boieldieu
et notre juge à tous. Quelquefois l'illustre •com-
positeur se rangeait de notre avis; alors Doieldieu
'* se soumettait sans discussion, et jamais le moind.'-e
mouvement d humeur ne se manifestait contre
nous, malgré notre irrévérence et notre petit
triomphe. Tout le monde sait le succès éclatant
de cette légère, gracieuse et spirituelle partition
du Calife; plus de sept cents représentations ont
constaté ce succès sans exemple. On peut dire
que c'est de ce moment que date en France la
réputation de Boieldieu, bien que Zoraïme el
Beniowskij soient supérieurs en mérite à cet
ouvrage, sous le rapport de la force dramatique
et de la nouveauté des idées. La couleur locale,
parfaitement appropriée au sujet, avait séduit le
public, dont l'éducation musicale, peu avancée,
s'accommodait mieux de faciles mélodies que de
recherches trop compliquées pour son oreille.
L'auteur de la notice sur Boieldieu inséré* dans
la biographie Universelle de Michaud, dit
qu'après le succès du Calife, ce compositeur avait
senti l'insuffisance de son éducation musicale, et
qu'il s'était fait l'élève de Cherubini. Je puis af-
firmer qu'il a été induit en erreur à cet égard, et
que jamais Boieldieu n'ébaucha môme les études
de contrepoint et de fugue qu'il aurait dû faire
sous la direction de Cherubini. Lui-même a tou-
jours avoué avec ingénuité l'ignorance où il était
resté à l'égard de cette partie de la science mu-
sicale. Un seul fait a pu donner lieu au bruit des
leçons que Boieldieu aurait reçues de Cheru-
bini ; c'est celui de la correction plus châtiée
qu'on remarque dans la partition de l'opéra de
Ma Tante Aicrore , ouvrage donné par le compo-
siteur en 1802, après un repos de deux années, et
peut-être aussi le petit opéra intitulé La Prison-
7iière, que Cherubini et Boieldieu avaient écrit en
collaboration en 1799, pour le théâtre Montansier;
mais il est certain que si Boieldieu eut un style
plus pur dans sa partition de Ma Tante Aurore,
c'est que sa sévérité pour lui-même date de l'épo-
que où il écrivit cet ouvrage. Il employa beau-
coup de temps à le revoir, à le corriger, et depuis
lors il a suivi le même système pour toutes ses
productions. Chose assez rare parmi les compo-
teurs qui ont besoin de s'observer pour écrire
avec pureté, l'inspiration de Boieldieu ne paraît
avoir reçu aucune atteinte de ce soin matériel
ai)porté à l'harmonie, dans la disposition des voix
et des instruments : on peut même affirmer que
la partition de Ma Tante Aurore est une de celles
où brille de l'éclat le plus vif le génie du compo-
siteur. Cet opéra reçut un rude échec à la pre-
mière représentation, par le ridicule troisième
acte du livret; mais cet acte ayant été supprimé
à la seconde épreuve, le succès ne fut plus dou-
teux, et la musique obtint une vogue égale à celle
des autres productions de Boieldieu.
La même année où cet ouvrage fut représenté,
le compositeur épousa, le 19 mars, la célèbre
danseuse Clotilde-Augustine Mafieuroy, connue
sous le nom de Clolilde. A peine cette union
fut-elle formée, que Boieldieu comprit la fauti;
qu'il avait faite. Ce mariage, peu convenable
sous plusieurs rapports, ne le rendit point heu-
reux ; des chagrins domestiques en furent la suite,
et le besoin de s'y soustraire lui fit prêter l'oreille
auK propositions qui lui étaient faites au nom de
l'empereur de Russie. Ses amis. Rode et Lamare,
prêts à faire le voyage de Pétersbourg, le pres-
saient de se joindre à eux; il partit en effet au
mois d'avril 1803. Arrivé aux frontières de l'em-
pire russe, il reçut irn message d'Alexandre, qui
lui conférait le titre de son maître de chapelle. Un
1.
BOIKLDIEU
traite fut conclu enire le compositeur et le direc-
teur du théâtre impérial : Boieldieu s'engageait à
écrire cliaque année trois oporas dont l'empereur
fournirait les poèmes. Celte dernière clause était
fort difficile à exécuter, car il n'y avait pas de
poète d'opéra à Pétersbonrg; aussi Boieldieu
fut-il obligé de mettre en musique des pièces
déjà représentées à Paris. Son premier ouvrage
fut un petit opéra dont le sujet était pris d'un
vaudeville français intitulé Rien de trop, ou les
Deux Paravents :ce n'était qu'une légère bluette
peu favorable à la musique expressive; elle fut
bien reçue à Pélersbourg, mais depuis lors elle a
été froidement accueillie à l'Opéra-Comique de
Paris. La Jeune Femme colère, comédie de
M. Etienne, fort peu musicale, et le vaudeville
Amour et Mystère, furent aussi transformés en
opéras par Boieldieu. 11 ne fallait pas moins que
son talent pour triompher des froideurs de pareils
sujets. De retour à Paris, le compositeur a fait
jouer le premier de ces ouvrages à l'Opéra-Co-
mique, et le public a rendu justice à la facture
élégante et spirituelle de quelques morceaux, en
leur prodiguant ses applaudissements. De grandes
compositions succédèrent à ces légères pioduc-
tions : ce furent Abderkan, opéra en trois actes
|dont le livret avait été fait par Andrieux, ancien
acteur du théâtre Favart passé en Russie : l'ouvrage
ne réussit pas; Calypso, ancien opéra mis autre-
fois en musique par Lesueur, sous le titre de Té-
léniaque et refait en six semaines par Boieldieu
pour les relevailles de l'impératrice; Aline, reine
de Golconde, sujet de l'opéra de Berton, avec une
nouvelle musique; Les Voitures versées, vaude-
ville transformé en opéra comique, et qui a été
refait presque en entier par son auteur pour le
théâtre Feydeau; enfin, Un Tour de soubrette,
ouvrage du même genre. De toutes ces produc-
tions, celle que Boieldieu estimait le plus était
son opéra de Calypso; cependant ni cet ouvrage
ni Aline n'ont pu être représentés à Paris, parce
qu'ils auraient porté atteinte aux intérêts de leurs
anciens auteurs. Boieldieu a pu seulement en tirer
quelques morceaux pour les intercaler dans les
opérasqu'il aécrits aprèsson retouren France. Par
exemple, un air de Calypso est devenu celui de
la princesse de Navarre ( Quel plaisir d'être en
voyage) dans le premier acte de Jean de Paris.
Je ne dois point oublier, dans l'énumération des
productions de Boieldieu pendant son séjour en
Russie, la musique des c\\(R\iïsA''Athalie. Je n'ai
entendu qu'un morceau de cet ouvrage, exécuté
au piano par Boieldieu lui-même, mais il m'a
donné l'opinion la plus favorable de ces chœurs,
et je les considère comme une des plus belles
cempositions ducs à son talent.
Le sort de Boieldieu et des autres artistes fran-
çais avait été longtemps heureux en Russie; ce-
pendant plusieurs d'entre eux regrettaient leur
patrie et n'étaient pas sans inquiétude sur la
réalisation des produits de leurs travaux. Les
nuages qui étaient venus obscurcir les relations
amicales des gouvernements français et russe
s'épaississaient chaque jour, et préparaient la
rupture qui aboutit enfin à la désastreuse cam-
pagne de Moscou. Boieldieu et ses amis éprou-
vaient le besoin de revoir la France et d'assurer
leur avenir. Toutefois le compositeur n'était pas
libre; il lui fallait un congé pour s'éloigner de la
capitale de l'empire russe : il l'obtint à la fin de
ISIO, après sept années de séjour à Pétersbourg ,
et se hâta d'en profiter.
De retour à Paris dans les premiers mois de
1811, il trouva le sceptre de l'Opéra-Comique
placé aux mains de Nicolo Isouard, dont il avait
vu l'heureux début avant son départ pour la
Russie. Dalayrac avait cessé de vivre. Catel tra-
vaillait peu; Clieriibini , dégoûté d'une carrière
qui, malgré son beau talent, n'avait eu pour lui
que des obstacles, avait cessé d'écrire; MéhuI,
mécontent de l'inconstance des goûts du public,
ne livrait qu'à de rares intervalles de nouveaux
ouvrages à la scène; Nicolo seul paraissait infa-
tigable , et rachetait par le mérite de la fécondité
les négligences qui déparent ses ouvrages. C'é-
tait avec lui que Boieldieu était destiné à lutter
désormais : son génie prit un nouvel essor dans
cette rivalité.
Deux actrices se partageaient la faveur publique
à l'époque où Boieldieu revint à Paris : l'une ,
]\lme Duret, se distinguait par une voix étendue,
égale, sonore, mais un peu lourde'; par une
exécution large, et par une habileté de vocalisa-
tion à laquelle il n'aurait rien manqué, si la res-
piration de M'"« Duret n'eût été courte et labo-
rieuse. La rivale de cette cantatrice était M "e Rp-
gnault ( depuis lors, Mm^Lemonnier). Ses débuts
à Paris, qu'avaient précédé des succès en pro-
vince, avaient été brillants. Une ignorance à peu
près complète de la musique et de l'art du chant,
mais une voix charmante, une intelligence par-
faite, une facilité merveilleuse à exécuter les
choses les plus difficiles; tels étaient les défauts
et les avantages de Mt'e Regnaull pour entrer en
lutte avec son antagoniste. Nicolo avait tiré parti
de toutes deux dans les rôles qu'il leur avait faits
pourson opéra de Cendrillon, et leur avait pro-
curé à chacune un succès égal. La question de
supériorité restait indécise pour 1« public; mais
le compositeur avait fini par se décider en faveur
du talent de M^e Duret : ce fut pour elle qu'il
écrivit ses plus beaux rôles. MUc Regnault se
BOIKLDIEU
trouvait donc exposée au danger d'être laisst^e à
l'écail, lorsque Boieldieu vint lui prôlcr le puis-
sant secours de son talent. Le combat recom-
mença : il ne fut pas moins vif entre les canta-
trices qu'entre les compositeurs.
Rien de plus dissemblable que le talent de
ceux-ci : Nicolo, doué d'une facilité d'inspiration
à laquelle il s'abandonnait sans réserve, écrivait
souvent, coinmejc l'ai dit, avec négli;;ence ; n'était
point assez sévère dans le choix de ses idées, et
iiiérilait le reproclie qu'on lui faisait d'être par-
fois commun et vulgaire dans ses mélodies. Mais
à côté de ces imperfeclions , il y avait dans ses
ouvrages des beautés réelles appropriées avec une
rare sagacité aux convenances de la scène et à
l'intérêt dramatique. La plupart de ses morceaux,
même ceux où l'on aurait désiré plus d'élégance
et de bon goût, brillaient d'un sentiment de verve
et' d'expansion qui réussit presque toujours dans
la musique de théâtre. Travaillant avec une pro-
digieuse rapidité, il se consolait facilement d'une
chute, parce qu'H ne tardait point à prendre sa
revanche. Du reste, heureux de sa lutte avec
Boieldieu, il finit par comprendre la nécessité de
donner plus de soin à ses ouvrages , et montra
dans ses dernières productions une correction,
luie élévation de pensée qu'on n'attendait pas de
lui. Jwonde et Jeannot et CofiH seront toujours
considérés comme de fort bons opéras-comiques.
Pendant ([ue Nicolo écrivait et faisait représenter
quatre ©[léras, Boieldieu en préparait un; non
que l'inspiration lui fût diflicile, car il écrivait
vite; mais, portant peut-être à l'excès la sévérité
qui manquait à son rival , il faisait quelquefois
trois morceaux entièrement différents pour un
s«?ul air, pour un seul duo, ou bien il recom-
mençait à dix reprises les corrections qu'il croyait
nécessaires, eî souvent il ne livrait aux copistes
qu'une partition chargée de ratures, ou, pour me
servir du terme technique, de colettes. Après
avoir éprouvé de si vives jouissances à entendre
les charmantes compositions qui ont vu le Jour
par ce procédé, avons-nous le droit de nous
|)laiudre de la lenteur du travail? Je ne ie crois
pas. Boieldieu obéissait malgré lui, en polissant
incessamment ses ouvrages, aux conditions na-
turelles de son talent. Il était doué du goût le
plus exquis :.c'est surtoutcomme homme de goût
que nous l'admirons. La nature de ses idées, oii
domine toujours la convenance parfaite de la
scène et l'expression spirituelle de la parole, cette
nature, dis-je, exigeait qu'il portât dans sou tra-
vail ces soins scrupuleux qu'on in: aquelquelois
reprochés. Gardons-nous surtout de croire qu'il
produisait lentement parce que sa pensée auiait
été pénible : rien ne sent la gêne ni la siciilile
dans ses compositions; tout y semble, au con-
traire, fait d'abondance; si la réllexion noua
laisse (luelquefois en doute à cet égard, c'est qu'il
est diflicile de comprendre que tant de fini dans
les détails soit le fruit d'un premier jet. On a re-
proché à Boîtldieu d'avoir quelquefois manqué de
hardiesse ; iwais outre que les hardiesses ne sont
pas toujours justifiées par les résultats, il fautsa
souvenir de l'excellence du précepte :
Ne forçons point notre talent.
Ua artiste à qui la nature permet de dunner
une physionomie individuelle à ses ouvrages, ac-
complit saniission s'il sait leur conserver toujours
cette physionomie ; il est lui, et c'est ce qu'il faut
être pour laisser un nom durable dans l'histoire
des arts : or, personne assurément n'a su donner
à sa musique, mieux que Boieldieu, une couleur
particulière, un style approprié à l'objet qu'U se
proposait de réaliser.
Le premier opéra qu'il écrivit après son retour
à Paris, fut Jean de Paris. Pendant qu'il le
composait, il fit jouer à l'Opéra-Comique Rien
de trop et La Jeune Femme colère, qui n'étaient
pas connus en France. Dans les premiers mois
de 1812, Jean de Paris lut représenté au théâtre
Feydeau , avec un succès éclatant. Tout ce quo
rOpéra-Comi(iue comptait d'artistes de talent,
Elleviou, Martin, Juliet, M'ic Kegnault, M""^ Ga-
vaudan, s'empressèrent à seconder le génie du
compositeur, el prêtèrent à son ouvrage le charme
d'une exécution parfaite en son genre. Les uuisi-
ciens remarquèrent la fermeté de manière, la cer-
titude d'effets que Boieldieu avait acquises de-
puis son départ pour la Russie. Si l'instruction
première avait manqué dans ses études harmo-
niques, ses propres observations lui avaient ap-
pris ce qu'aucun maître ne lui avait enseigné;
son style avait acquis une correction remarquable;
son instrumentation était devenue plus brillante,
plus sonore, plus colorée ; enfin Boieldieu n'était
pas seulement un agréable et spirituel composi-
teur : il se montrait, dans Jean de Paris, digne
émule de Méhul et de Catel, qu'il avait considérés
longtemps comuie ses maîtres.
Après Jean de Paris vint Le ISouveau Seigneur
de village (joué en 1813); charmante production
dont toutes les parties offent, chacune en son
genre, im modèle de perfection. Les circonstances
lâcheuses où se trouvait la France à cette époque
firent demander par le gouvernement aux diffé-
rents théâtres de la capitale des pièces propres
à ranimer l'amour de la |)atriedansla population,
et Boieldieu fut chargé d'écrire la musique de
Jim/ard à Mézières, conjointement avec Cheni-
1 biiii, Calei et INicolo Isouard. Cet ouvrage fut
BOIELDIEU
joué vers la fin de l'année 1813, après les revers
de la campagne d'Allemagne. Ce lut par une as-
sociation du même genre, mais dans des circons-
tances différentes, que Boieldieu fit avec Kreut-
zer, en 1814, la musique du petit opéra, intitulé :
Les Béarnais. En 1815, il donna sous son nom
et sous celui de M™» Gaii, un opéra en un acte,
intitulé : Aiigéta, ou l'Atelier de Jean Cousin :
il n'avait écrit pour cet ouvrage qu'un duo; mais
ce morceau était digne de ce qu'il a fait de mieux.
C'est peut-être ici le lieu de relever l'erreur des
biographes qui ont écrit que iM""^ Gail était élève
de Boieldieu. A cette époque il ne songeait point
encore à former d'élèves , et même il ne savait
trop comment s'y prendre pour donner des le-
çons de composition; lui-même l'a répété sou-
vent. M™* Gail n'a jamais eu d'autre maître que
l'auteur de la Biographie universelle des Mu-
siciens.
Aux ouvrages qui viennent d'être cités succéda
La Fête du Village voisin, comédie froide et peu
favorable à la musique, que le talent de Boieldieu
put seul soutenir et faire rester au théâtre. De
tous ceux dont ce compositeur a écrit la musique,
cefut incontestablement celui qui lui offrit le plus
de difficultés, et qui exigea de lui le plus d'habi-
leté. Deux trios du premier acte, des couplets
charmants, un quintetto et le délicieux cantabile
(Simple, innocente, elc), chanté par Martin, se-
ront toujours considérés comme des modèles de
musique spirituelle et mélodieuse. Quelque temps ,
auparavant Boieldieu avait protégé les premiers
essais d'Hérold dans la carrière duthéàtre, en l'ad-
mettant corn me collaborateur dans son opéra de cir-
constance intitulé : Charles de France. Le jeune
artiste en a conservé pendant toute sa vie, trop
courte, hélas! une vive reconnaissance. Après la
représentation de La Fêle du Village voisin , il
s'écoula près de deux années pendant lesquelles la
miseenseèned'aucun ouvrage ne signala l'activité
de Boieldieu. 11 ne s'était pas cependant condamné
au repos , car la composition de la musique du
Chaperon rouge l'occupait presque sans relâche.
Méhul avait cessé de vivre en 1817, et l'Institut
avait appelé Boieldieu à remplir sa place. Celui-ci
crut que l'obUgation lui était imposée de justifier
ce choix honorable par quelque grande composi-
tion ; il entreprit d'écrire Le Chaperon. Il s'a-
gissait, comme on l'a dit, de faire de cet ouvrage
undiscours de réception ; ce lut ce qui détermina
Boieldieu à y donner plus de soins qu'à aucune
autre de ses productions. Le succès justifia les
espérances de l'artiste et du public, et la pre-
mière représentation, donnée au mois de juillet
1818, fut pour l'auteur un véritable triomphe.
Bien des années se sont écoulées depuis lors, et
les applaudissements de toute l'Europe ont con-
firmé ceux des habitués de l'Opéra-Comique.
Dans Le Chaperon rouge, la manière de Boiel-
dieu est plus grande; les idées sont plus abon-
dantes ; le coloris musical est plus varié que dans
les ouvrages précédents. Une composition de cette
importance avait manqué jusqu'alors à l'auteur
du Calife, de Ma Tante Aurore et de Jean de
Paris; désormais il ne lui restait plus qu'à jouir
de ses succès.
Les efforts de travail qu'avait coûtés cette pro-
duction à Boieldieu lui causèrent une maladie
grave qui rendit impérieusement nécessaire un
long repos. Il se relira à la campagne, et y vécut
quelque temps dans un oubli presque complet de
la musique, uniquement occupé du soin d'orner
une propriété qu'il avait lécemmeut acquise. Ce
fut vers cette époque que le titre et les fonctions
de professeur de composition au Conservatoire
de I^aris lui furent offerts; l'espoir de commu-
niquer à de jeunes musiciens les lumières de
son expérience les lui fit accepter; mais il obtint
l'autorisation de donner ses leçons clie/ lui , où
ses élèves venaient chercher un utile enseignement,
croyant n'assister qu'à de spiiituelles causeries.
Ce temps est -celui du repos le plus long que
Boieldieu ait pris dans sa carrière; car, à l'excep-
tion de son ancien opéra des Voitures versées,
qu'il retoucha, et pour lequel il écrivit quelques
nouveaux morceaux, il ne donna rien d'important
dans l'espace de sept années. En 1821, il écrivit,
il est vrai. Blanche de Provence, ou la Cour des
Fées, grand opéra en trois actes, en collaboration
avec Kreutzer, Berton, Cherunini et Paer; et en
1824, il fit à peu près un acte de Pharamond ;
mais on sait que tes ouvrages de circonstance
ne comptent presque point parmi les productions
d'un artiste de talent. Avec la certitude qu'ils ne
sont destinés qu'à avoir une courte existence, on
se sent peu disposé à y donner beaucoup de soins ;
le succès cRuse peu de plaisir, et la chute, si
elle a lieu, il attriste personne.
Cependant, malgré le long silence que gardait
la muse de Boieldieu, on savait que cet ai liste
travaillait : le titre de son opéra futur était môme
connu, et tout le monde parlait de La Dame
Blanche longtemps avant que cette partition dit
mise à l'étude. Hoieldieu, que tant de succès n'a-
vaient point enhardi, se méfiait de la faveur pu-
blique et craignait qu'un repos de plusieurs
années ne l'eût fait oublier. Il hésitait donc à
faire (comme on .dit au théâtre) sa rentrée; et,
malgré les heureuses inspirations qui abondaient
dans son œuvre nouvelle, il employait plus de
temps à corriger et à refaire les morceaux de cet
opéra qu'il n'en avait mis à aucun de ses ou-
ROIELDIEU
vrapes. Enfin, Ouilbert de Pixérecourt, alors
directeur de l'Opi'ra-Comique, parvint 5 le dé-
terminer à tenter l'épreuve qu'il redoutait, et La
Dame Blanche fut accueillie avec des trans-
ports unanimes d'admiration. Ce fut au mois de
décembre 1825 qu'on donna la première repré-
sentation de cet opéra; près d'un an après, et
lorsque cent cinquante épreuves de la même
pièce eurent été faites, la foule des spectateurs
encombrait encore la salle Feydeau cbaque fois que
cet ouvrage était joué. Le succès fut le même
partout; la nouvelle musique de Boieldieu fut
chantée dans tous les concerts, dans tous les
salons, et ses motifs servirent de thèmes à nîille
arrangements divers. Le développement pro-
gressif des facultés du compositeur, qui n'avait
cessé de se faire apercevoir depuis ses premieis
essais de musique dramatique, n'a jamais été
plus sensible que dans La Dame Blanche. Ja-
mais son style n'avait été plus varié; jamais il
n'avait montré autant de force expressive; jamais
son instrumentation n'avait été si brillante; ja-
mais enfin il n'y avait eu autant de jeunesse
et de nouveauté dans ses compositions ; cependant
il était resté lui-même et n'avait rien emprunté à
la musique rossinienne. II est même remarquable
qu'il ait pu varier comme il l'a fait les effets de
son nouvel opéra, faisant peu d'usage de moiiu-
lations, affectionnant les tons princi[(nux de ses
morceaux, et n'employant que des harmonies
simples et sans recherche. Rien n'indique mieux
la facilité d'invention mélodique que cette unité
tonale unie à la simplicité d'harmonie.
L'effet ordinaire des grands succès obtenus par
Boieldieu était de lui inspirer pour l'avenir la
crainte de ne pas se soutenir à la même hauteur,
et d'être dans d'autres productions inférieur à
lui-même. Cette crainte n'était pas étrangère aux
longs intervalles qu'il y avait eri quelquefois dans
l'apparition de ses ouvrages. Apiès La Dame
Blanche, elle se reproduisit plus forte qu'aupa-
ravant. Depuis longtemps un poctne d'opéra avait
été livré à Boieldieu par Bouilly : c'était celui des
Deux Nuits, hc compositeur en trouvait le sujet
fort beau; mais il y désirait de notables cban-
gements. Scribe se chargea de les faire. Cepen-
dant toutes les difficultés n'avaient pas disparu;
il en était dans cet ouvrage qui devaient faire
fchouer le musicien : malheureusement Boieldieu
ne les aperçut pas. Tant de fois il avait sauvé
de faibles pièces par son talent, qu'il crut pouvoir
faire encore un miracle de ce genre : ce fut une
erreur. Près de quatre années s'étaient écoulées
depuis le succès de La Dame Blanche, lorsqu'on
donna la première représentation des Deux
A'MJfs ('lumoisde reai 1829). Ainsi qu'il arrivait
à chaque ouvrage nouveau de Boieldieu, celui-ci
était attendu avec une vive impatience. La par-
tition avait été achetée à haut prix par l'éditeur
de La Dame Blanche, avant qu'elle fût connue;
tout enfin présageait au compositeur un triomphe
nouveau. Tant d'espérances ne se réalisèrent pas;
Les Deux Nuits n'obtinrent qu'un succès incer-
tain. Fatal ouvrage! Plusieursfois Boieldieu avait
été contraint de cesser d'y travailler à cause du
dérangement de sa santé : après qu'il eut été
représenté, il lui donna la mort. Son espoir déçu
se transforma en un secret et violent cliagrin.
Peu de temps après se déclaièrent les premiers
symptômes de la cruelle maladie qui le conduisit
au tombeau.
Le besoin de ^epos lui avait fait demander sa
retraite comme professeur du Conservatoire :
l'administration de la liste civile eut égard aux
services rendus à l'art par ses ouvrages, et sa
pension fut convenablement réglée. Il y avait
d'autant plus de justice à cela, que Boieldieu
venait d'être privé d'une pension de 1200 francs
qui lui avaitété accordée par rOpéra-Comique, en
reconnaissance des avantages que le théâtre avait
trouvés dans la représentation de ses ouvrages.
Un nouvel entrepreneur avait succédé à l'ancienne
société des acteurs, et n'avait pas voulu souscrire
aux engagements contractés par elle. Outre la
pension de retraite honorable accordée à Boieldieu
comme professeur du Conservatoire, le roi lui en
donna une autre sur sa cassette. Le digne artiste
ne Jouit pas longtemps de ces avantages; car la
révolution de Juillet ayant éclaté, non-seulement
la pension de la easçetle disparut avec l'ancienne
royauté; mais dans un travail de révision sur les
pensions de l'Opéra et du Conservatoire, il se
trouva que quelques mois lui manquaient pour
avoir droit à la sienne, et une partie de son re-
venu lui fut enlevée. Ainsi , aux douleurs de la
phtbisie laryngée qui menaçait les jours de Boiel-
dieu vinrent se joindre des inquiétudes sur son
avenir. Le mal empirait cbaque jour; tous les
nemcdes étaient employés, sans qu'il en résultât
aucune amélioration sensible dans l'état du ma-
lade. Un voyage à Pise fut conseillé; Boieldieu
le fit, et ne s'en trouvapasmieux.il revint à Paris
plus faible, plus souffrant qu'il n'en était parti,
éprouvant d'ailleurs le besoin de remplacer les
ressources dont il avait été privé, et contraint
de demander à reprendre des fonctions de pro-
fesseur qu'il n'était plus en état de remplir. On
les lui rendit, et le ministre de l'intérieur lui
accorda sur les fonds des beaux-arts une pension
de 3,000 francs; mais, hélas ! il n'était pas destiné
à jouir longteirqis des avantages de sa nouvella
position. Sa santé continuait à dépérir; il espéra
s
BOIELDIEU — BOILLY
la rétablir par l'usage des bains du midi qui lui
avaient fait quelque bien autrefois , et il voulut
en essayer. Cependant le voyage était difficile à
faire dans l'état d'abattement où étaient ses forces ;
il partit néanmoins, arriva avec peine jusqu'à
Bordeaux, voulut pousser plus loin, mais fut obligé
de revenir en cette ville, effrayé par les progrès
du mal. Alors l'idée d'une fin prochaine vint se
présentera l'esprit de l'artiste, accompagnée du vif
désir de revoir encore une fois sa maison de cam-
j'.agne de Jarcy, près de Grosl)ois, où il avait au-
trefois passé d'heureux jours; sa famille éplorée
l'y ramena mourant. Peu de jours après tout
espoir fut perdu, et Boieldieu s'éteignit le 8 octobre
1834, dans les bras de ses amis. Ses obsèques
Jurent célébrées dans l'église des Invalides; tout
ce qu'il y avait d'artistes et d'hommes de lettres
distingués y assistèrent, et le Requiem de Ciie-
rubini y fut exécuté par un nombre considérable
de chanteurs et d'instrumentistes.
Boieldieu avait eu le titre d'accompagnateur-
adjoint de la chambre du roi, au mois de septembre
1815; la duchesse de Berry lui accorda celui de
compositeur de sa musique au mois de janvier
1821 ; dans la même année le roi le nomma che-
valier de la Légion d'honneur. Lorsqu'il en reçut
la décoration (au mois de mai) il exprima le
regret que Catel ne l'eût pas obtenue avant lui,
et se mit à faire des démarches pour la lui faire
avoir. I! réussit; mais Catel, trop philosophe pour
désirer de telles faveurs , montra plus d'étonne-
ment que de reconnaissance en recevant celle-ci.
L'auteur de la notice sur Boieldieu insérée dans
la Biographie Universelle de Michaud, dit
que depuis son divorce avec Clotilde, le compo-
siteur avait épousé en secondes noces la sœur de
M"' Phillis qui avait joué plusieurs rôles de ses
opéras, tant à Paris qu'en Russie. Ce fait n'est pas
exact , car il n'y a jamais eu de divorce entre
Boieldieu et Clotilde. Celle-ci est morte à Paris,
le 15 décembre 1826; et ce n'est qu'après cet
événement que Boieldieu a contracté un nouveau
mariage. Les principaux élèves de Boieldieu sont
Zimmerman pour le piano, Adolphe Adam et
Théodore Labarre pour la composition.
L'élogede Boieldieu, par Quafremère de Quincy,
a été prononcé à la séance publique de l'Académie
des beaux-arts de l'Institut de France, au mois
d'octobre 1835, et imprimé à Paris, chez
MM. Didot, in-4°. On a publié aussi : Procès-
vfrhalde la eérémonie funèbre en l'honneur
d'Adrien Boieldieu, qui a eu lieu le 13 octobre
1834, à Rouen, sa ville natale, par Joseph-
Alexis Walchi ; Rouen, 1835, in-8"; et une notice
intitulée: Boieldieu, sa vie, ses œuvres, par
\ Kt.'fi'u\ aille; Rouen, 183G, Duhast, in-8°. Le
nom véritable de l'auteur de celle notice est
André Reloi.
BOIELDIEU (Adrien-L.-V.), fds du précé-
dent, né à Paris, le 3 novembre 1816, a fait ses
études musicales sous la direction de son père,
qui fondait de grandes espérances sur son avenir
d'artiste. Quelques romances gracieuses furent
ses premiers essais. Après la mort de l'auteur de
La Dame Blanche , le gouvernement français
accorda à son fils une pension de douze cents
francs. Le début du fils de Boieldieu sur la scène
de rOpéra-Comique fut une sorte de pasticcio
dans lequel il écrivit quelques morceaux d'une
assez bonne facture et arrangea plusieurs antres
de son père. Cet ouvrage, intitulé L'Opéra à la
cour, fut représenté au mois de juillet 1840.
L'Aïeule, opéTà-comiqne en un acte, suivit ce
premier essai à une année de distance : la mu-
sique en était douce, élégante, peu émouvante,
mais agréable à l'audition. Le Bouquet de V In-
fante , opéra-comique en trois actes, représenté
au mois d'avril 1847, fut bien accueilli du public,
et l'on y remarqua quelques bons morceaux.
La Butte des Moulins, opéra-comique en 3 actes,
représenté au mois de janvier 1852 sur le Théûtre-
Lyrique de Paris, eut quelque succès. Enlin, La
Fille invisible, en trois actes, au môme théâtre
(1854), est, jusqu'à ce jour (1859), le dernier
ouvrage du compositeur. Parmi ses romances,
on remarque L'Ange des premières amours, Te
voilà roi, et la ballade intitulée La Barca del
Beppo.
BOILE (....), professeur de chant à Milan,
s'est fait connaître par des exercices pour la voix,
divisés en six livres et intitulés ; Solfeggi per
mezzo soprano, per soprano e per contralto;
Milan, Ricordi.
BOILLY (ÉnouARD),fils d'un peintre de genre
qui a eu quelque célébrité, est né à Paris le 16 no-
vembre 1799. Il étudia d'abord le dessin et la
gravure; mais son goût décidé pour la musique
lui fit quitter l'exercice de ces aris; il entra au
Conservatoire de Paris, etdevint, en 1821, élève
de l'auteur de la Biographie universelle des
Musiciens, qui lui enseigna le contrepoint et la
fugue; puis il passa sous la direction de Boiel-
dieu pour ce qu'on appelait alors au Conserva-
toire /e 5 <</^e id^fl^ En 1823, il se présenta au
concours de l'Institut, et y obtint le premier grand
prix de composition. Le sujet était la cantate
de Thisbé. Devenu pensionnaire du gouverne-
ment, il alla passer quelques années à Rome
et à Naples, puis parcourut l'Allemagne, et re-
vint enfin à Paris, en 1827. Depuis cette époque
il a composé la musique de plusieurs opéras-co-
inii[ucs; mais les fréquentes mutations de'dircc-
BOILLY — BOISMORTIER
9
teurg el d'entrepreneurs de ce spectacle furent
cause qud les pièces sur lesquelles il avait écrit
furent relues par les nouvelles administrations
et refusées, en sorte que les travaux du musicien
furent perdus. Un seul ouvrage de sa composition
a été' représenté au théâtre de l'Opéra-Comique
le 7 mai 1844. Cet ouvrage, intitulé Le Bal du
sous-préfet, est un opéra en un acte écrit avec
élégance et qui fut applaudi. Cependant, dégoûté
par tous les ennuis qu'il avait rencontrés dans sa
canière, M. Boilly a fini par renoncer à l'art auquel
il avait consacré sans fruit les dix plus belles
années de sa vie, et s'est livré de nouveau à celui
de la gravure.
BOISGELOU (François-Paul ROUALLE
de), conseiller au grand conseil, naquit à Paris le
10 avril 1697, et mourut dans cette ville le
19 janvier 1764. Il s'était appliqué à la haute ana-
lyse et à la théorie de la musique : nous ne par-
lerons ici que de cette dernière. L'objet de son
système était de trouver entre les intervalles des
rapports symétriques, en y appliquant le calcul.
J.-J. Rousseau a voulu donner une analyse de
ses travaux à l'article système de son Diction-
naire de musique; mais il a rendu inintelligible
tout ce qu'il en a dit, parce qu'il ne l'entendait
pas lui-même. M. SuremaindeMissery a, depuis,
essayé d'arriver à la solution du même problême
par des voies différentes.
BOISGELOU (Paul-Louis ROUALLE de),
fils du précédent, né le 27 juin 1734, a servi dans
les mousquetaires noirs , avec le brevet de capi-
taine de cavalerie, jusqu'à la réforme de celte
compagnie. Il fit ses humanités au collège de
Louis-le-Grand, et y commença l'étude du violon,
sur lequel il lit de si rapides progrès, qu'encore
enfant, il était cité comme un prodige. C'est de
lui que J.-J. Rousseau a dit : « J'ai vu, chez un
« magistrat, son fds, petit bonhomme de huit
» ans, qu'on mettaitsur la table au dessert, comme
« une statue au milieu des plateaux, jquer là
« d'un violon presque aussi grand que lui, et
« surprendre par son exécution les artistes
« mêmes {Émiie, liv. 2.). « M. de Boisgelou a
fait graver à Paris six duos pour deux violons,
op. 1. On lui doit aussi un travail considérable,
entrepris par zèle pour l'art et d'une manière
purement bénévole, sur la partie musicale de la
Bibliothèque du Roi, dans laquelle est comprise
la collection de Brossard , montant à près de
3,000 articles rares. Le travail de M. de Boisge-
lou consiste en un Catalogue général, par ordre
alphabétique d'auteurs, formant un fort volume
in-fol., et deux autres catalogues par ordre de
matières, l'un pour la partie littéraire de la mu-
sique, l'autre pour les œuvres pratiques et les col-
lections. Ces deux derniers contiennent une mul-
titude de détails qui ne manquent pas d'intérêt,
sur les auteurs, les éditions, et la nature des ou-
vrages. M. de Boisgelou n'avait pas assez de con-
naissances théoriques et historiques pour ee tra-
vail ; mais il y a suppléé par beaucoup d'exacti-
tude. Il avait entrepris, pour le compléter, un
catalogue historique des auteurs; mais il n'a pas
en le temps de l'exécuter, et n'a disposé que
quelques notes assez curieuses. Sa mort, arrivée
le IG mars 1806, ne lui a pas permis d'accomplir
cedessein. J'ai beaucoup profitédeses recherches.
Après sa mort, la belle liibliotlièque qu'il avait
formée a été vendue. Plusieurs de ses ouvrages,
et particulièrement deux volumes de notes ma-
nuscrites, sur des musiciens et des livres curieux,
ont été acquis par Perne, et sont maintenant en
ma possession.
BOISMORTIER (Joseph BODIN de), com-
positeur médiocre, né à Perpignan en 1691, vint
à Paris de bonne heure, et mourut dans cette
ville en 1765. Il a mis en musique trois opéras :
r Les Voyages de V Amour, ballet en quatre
actes, représenté en 1736, — 2° Don Quichotte
chez la Duchesse, en trois actes, 1743. —
3° Daphnis et Chloé, pastorale, 1747 ; celui-ci est,
dit-on , son meilleur ouvrage. — 4° Daphné,
1748, ballet non représenté. Il a fait en onlre
graver : 1° Deux recueils de motets. — 2° Six
recueils de cantates françaises. — 3° Airs à
chanter et vaudevilles, œuvre 16. — 4° Trios
pour deux violons et basse, œuvre 18. — 5° So-
nates de violoncelle, op. 26 et 50. — 6° Sonates
pour deux bassons, op. 14 et 40. — T Sonates
pour la viole, op. 10. — 8° Pièces diverses pour
la viole, op. 31. — 9° Sonates pour la flûte, op. A,
9, 19, 35 et 44. — 10° Duos pour deux flûtes,
op. 1, 2, 6, 8, 13 et 25. — 1 1° Trios pour flûte,
violon et basse, op. 4, 7, 12, 37, 39 et 41. —
12° Concertos pour flûte, op. là, 21 et 31. —
13° Suites de pièces pour deux musettes, op. 11,
17, 27.-^14" Les Gentillesses , cantatilles. —
1 5° Les Amusements, de la campagne. Boismor-
tier était fort distrait , et bien qu'il fût un des
maîtres de chant de l'Opéra, il ne put jamais di-
riger l'exécution de sa musique; aussi disait-il
aux directeurs de l'Opéra et du Concert spiri-
tuel : Messieurs, voilà ma partition ; faites-en
ce quevouspourrez,car, pour moi Je n'entends
pas plus à la faire valoir que le plus petit
enfant de chœur. Il avait de l'esprit, des saillies
agréables et plaisantes. Malgré le peu de cas qu'on
doit faire de sa musique en général, on ne peut
nier qu'il re fût bon harmoniste pour son temps,
et l'on voit qu'il aurait pu mieux faire; mais i!
travaillait vite pour gagner de l'argent, et s(^s
10
BOISMORTIER — BOKEMEYI.R
ouvrages ne lui coûtaient que le temps de les écrire.
Lui-môme les estimait fort peu. Cependant, dans
celte quantité prodigieuse de musique qu'il a
composée, tout n'est pas à mépriser : son motet
Fugit nox a eu longtemps de la réputation.
BOISQUET (l'UANÇois), littérateur, né à
Nantes vers 1783, et membre de la Société des
arts etdes sciences dccette ville, s'est faitconnaîlie
jiar un ouvrage qui a pour titre : Essais sur Fart
du comédien chanteur ; Paris, Longcliamps,
1S12, in-8°. 11 y a quelques bonnes observations
dans ce livre, dont le cadre est neuf; mais on y
trouve en général les fausses idées que la plupart
fies littérateurs ont données longtemjis, en I" rance,
comme des lliéoiies de la musique dramatiipie et
du cliant expressif.
BOISSELOT (Xwiiiu), fils d'un éditeur de
musique et fabricant de pianos, est né à Montpel-
lier, le 3 décembre 1811. Après avoir appris les
éléments de la musique à Marseille, où sa famille
s'était établie, il entra conmie élève au Conser-
vatoire de musique de Paris, et y suivit un cours
d'harmonie, puis il devint élève de l'auteur de la
Biographie universelle des Musiciens, et apprit
sous sa direction le contrepoint et la fugue. Dans
le iftôme temps il suivait le cours de composition
libre de Lesueur, maître de la chapelle du roi,
dont il épousa la fille quelques années après.
Admis au grand concours de composition de
l'Institut, 11 y obtint le second prix en 1 834 ; deux
ans après, le pr^ier prix lui fut décerné pour la
cantate de Velléda, qui fut exécutée sollennelle-
ment à l'institut, le 8 octobre 1836. En 1838, on
exécuta une ouverture de sa composition dans la
séance publique de l'Académie des beaux-arts;
mais neuf années s'écoulèrent ensuite avant qu'il
pût faire représenter un de ses opéras. Enfin, au
mois de janvier 1847, son ouvrage intitulé : Ne
touchez pas à la reine, en trois actes, fut joué au
théâtre de l'Opéra-Comique et obtint un brillant
succès. Mosqiùla la Sorcière, autre opéra en
trois actes, joué au théâtre de l'Opéra national, au
mois de septembre 1851, a été également bien
accueilli. On connaît aussi de boisselot quelques
mélodies et romances avec accompagnement de
piano. Cet artiste dirige depuis plusieurs années
une grande manufacture de pianos fondée par son
l>ère à Marseille, et une maison de commerce de
musique à Paris.
BOISSET (Antoine), nom défiguré par Ger-
ber {Neues Lexikon der Tonkunst, 1. 1, p. 458).
l'oyesBocssET.
BOISSIÈRE (Claude), mathématicien fran-
çais , vécut au seizième siècle. Il naquit, dans le
Daupbiné, au diocèse de Grenoble. Au nombre
des écrits de ce savant, dont la plupart concernent
l'arithmétique, l'ustronomic et la poétique , ou
remarque un traité qui a pour titre : L'Art de la
musique réduict et abrégé en singulier ordre
et souveraine méthode; Paris, i554,in-8". Dans
les Mélanges tirés d'une grande bibliothèque,
publiés par le marquis de Paulmy (t. 30, p. 220),
on trouve l'indication dUm livre sous le même
I nom qui aurait été imprimé à Paris, en 1554, et
qui aurait pour titre : Sur la musique prétendue
pythagoriquej mais ce livre supposé n'est qu'un
chapitre do l'ouvrage qui vient d'être cité.
BOISTABD DE GLANVILLE (Guil-
laume-François), membre de l'Académie de Rouen,
naquit d;ms celle ville vers 1774.11 a lait im-
primer plusieurs dissertations parmi lesquelles ou
remarque : Considérations sur la musique;
Itouen, 1804, in -8".
BOITTEUX (A.), professeur de musique
à Dijon , né à Turin dans les dernières années
du dix-huitième siècle, est auteur d'un Traité
Completel raisonné des principes de musique,
mis à la portée de tout le monde; Dijon,
Douilicr, 18;;4, in- 8° de 24 pages et 2 planches.
Un traité complet et raisonné de la musique en
vingt-quatre pages! C'est merveilleux.
BOIVIiX (Jacques). Voyez Boyvin.
BOIV8IV (Jean), imprimeur, éditeur <le
musique et libraire à Paris, dans la première
moitié du dix-huitième siècle, a publié un cata-
logue des ouvrages de sa librairie, tant du fonds
que de l'assortiment, qui peut être considéré
comme la plus ancienne bibliographie musicale
de la France. Cet ouvrage a pour litre : Cata-
logue général des livres de musique ; Paris ,
1729, in-8°. Ce catalogue est aujourd'hui de la
plus grande rareté.
BO!VIN(Louis), néle 15 avril 1814, à Cou-
ches, près d'Autun (Saône-et Loire), s'est fixé à
Paris en 1840, et y a pris parla la rédaction de
plusieurs recueils biographiques et historiques,
ainsi que <le plusieurs journaux. Les auteurs de
l'ouvrage intitulé La Littérature contemporaine
disent que les notices biographiques de M. I3oi-
vin .sont en général faites aux frais et dépens de
ceux qu'elles intéressent, et môme que ces per-
sonnes ne sont pas toujours restées étrangères à
leur rédaction. Au nombre de ces notices se trouve
celle du célèbre pianiste Kalkbrenner, publiée
d'abord dans la Revue générale, biographique,
politique et littéraire, puis tirée à part sous le
simple titre : Kalkbrenner, sans date et sans
nom de lieu ( Paris ), gr, in-8° de 28 pages. Cette
biographie est un véritable roman.
BOKEiMEIEU (He.mu). ro?/e:; Bockeheier.
BOHEME YER ( Henri) canlor à Wolffen-
biittel qui cul la réputation d'un très-savant mu-
BOKEMEYEU — BOAIDliLLES
11
sicien de son temps, naquit, «lans le mois de mars
1679, à Immensen, viiinge de la principauté de
Zelie. Après avoir reçu les premières instructions
dans le lieu de sa naissance et à l'école de Burg-
dorlT, il fréquenta les écoles de Saint-Martin et
de Sainte-Catherine, à Brunswick, depuis iC93
jusqu'en 1699; puis il alla terminer ses études à
l'université de Helmstadt. Le 2 avril 1704, il
obtint le cantorat de l'église Saint-Martin à
Bninswick; deux ans après il devint élève de
Georges Œstcrreich pour la composition. Devenu
savant dans son art, il futappeléen 1712 àHusum,
dans le Sclileswig-Holstein, pour y remplir les
(onctions de cantor. 11 y resta jusqu'en 1717;
mais alors le désir de revoir sa patrie le ramena
à Brunswick, et dans la même année il fut adjoint
à Bendeler {voy. ce nom) comme cantor, à Wolf-
fenbùttel. Après la mort de celui-ci, en 1720,
il lui succéda comme cantor titulaire. Il mourut
dans cette situation, le 7 décembre 1751. On n'a
imprimé aucune composition de Bokemeyer;
mais il paraît qu'il était très-habile dans l'art
d'écrire des canons, car Maltlicson entretint avec
lui, à cesujet, une correspondance dont il a publié
une partie dans sa CrUica-miisica, t. Il, p. 241-
247, et il le cite comme une autorité. Dommerich
(Jean-Cliristophe) a publié un éloge de ce mu-
sicien sous ce titre : Memoria H. Bqkemeieri
posterilati tradita; Brunswick, 1752, in-4°.
BOLAFFI (Michel), maître de chapelle à
Florence, naquit dans cette ville en 1709. Il a écrit
plusieurs œuvres de musique d'église qui étaient
estimées en Italie au commencement du dix-neu-
vième siècle. Kiescwetter possédait de lui un
iHîAcrere à 3 voix et orchestre, composé, en 1802,
sur une traduction italienne faite par Bolaffi lui-
luôiiie.
BOLÏCIOou BOLÏCiUS (Nicolas). Voyez
WOILICK.
iîOLllMO (Luc), excellent luthiste et com-
positeur pour son instrument, naquit à Noia vers
1560: il vivait à Naples en IGOl. Cet artiste n'est
connu que par la mention qu'en a faite Cerreto
( Délia prattica Musica, p. 157 ).
BOLIS (Sébastien), compositeur de l'École
romaine, maître de chapelle à Saint-Laurent
in Damaso, a écrit des messes et des psaumes
à huit parties réelles, qui r-e trouvent en ma-
nuscrit dans quelques bibliothèques de l'Italie.
BOLIS ( Angelo), chanoine de l'égliseï collé-
giale de Saint-Jean-Bapliste, dans la petite ville
d'Odcrzo, del'Élatde Venise, dans la Marche-
Trévisane, au commencement du dix-septième
siècle. Il s'est fait connaître, comme compositeur,
par une œuvre qui a pour titre : Motecla binis et
ternis vocibus decantanda ciim parie ad or- •
gamim ; Venetiis, siibsii^no Gardano, 1C2G, in-4°.
BOLLIOIJD DE MEKMET (Louis), né '
à Lyon le 15 février 1709, est mort dans la
même ville en 1793. Sa famille était distinguée
dans la magistraluie, il fut longtemps secrétaire
de l'Académie des sciences et arts de Lyon. On
a de lui -. De la Corrvplion du goût dans la
musique française; Lyon, 1746, in-12. « Cet
« auteur estimable, dit M. de Boisgelou lils
« (Catalogue mss. des livres sur la musique
« de la Bibliothèque du roi), pouvait d'autant
« mieux être bon juge en cette malière, que les
« meilleurs organistes ne manquaient pas d'aller
« l'entendre, lorsqu'il s'amusait à jouer de l'orgue
« dans les églises de Paris. » On ne conçoit pas,
cependant, en quoi le goût de la musique pouvait
se corrompre en France en 1740. Une traduction
allemande de ce petit ouvrage , avec des notes
de Freytag, a paru à Altenbourg en 1750, sous ce
titre : Abhandlung von dem Verdcrbcn des Ges-
niac/is in der franzoesiscfien Musilt, in-s" de
78 pages. Freytag, traducteur de cet ouvrage,
était professeur au gymnase d'Allenbourg. On
peut lire l'analyse de cette traduction dans Le
Musicien critique de la Sprée (de Marpurg),
p. 321. On trouve parmi les manuscrits de la
bibliothèque de Lyon, sous le n" 905, in-fol., cinq
mémoires lus par Bollioud à l'Académie de Lyon,
dont le cinquième seulement a été publié : c'est
celui dont il vient d'être parlé. Les quatre autres
traitent : 1" De la musique vocale. — 2° Du
tempérament que les voix observent dayis le
chant. — 3° De lamusique instrumentale.
4° De la construction de l'orgue. L'analyse
de ces mémoires est dans l'ouvrage de De-
landine intitulé : Manuscrits de la bibliothèque
de Lyon ; Paris et Lyon, 1812. 2 vol. in-8''.
BOLOGNA (Michel-Ange), sopraniste, na-
quit à Naples en 1756. Après avoir étudié l'artdu
chant pendant plusieurs années au Conservatoire
de la Pietà, il passa à Munich comme chanteur
de. prince électoral de Bavière. En 1783, il fit
partie de la troupe italienne de la cour. Les opéras
dans lesquels il eut le plus de succès sont :
r VArtemiûafÛQ Prati, et Cùstore e Polluce
de Vogler. En 1786, il se retira du théâtre, et se
fixa à Munich, où il vivait encore en 1812. Il
eut la réputation d'un chanteur habile et d'un bon
acteur.
BOMBELLES (Henri, marquis de), fils
du maréchal de camp et ambassadeur de ce nom,
qui émigra en 1789 et servit dans l'armée de Condé,
entra, ainsi que son frère, au service de l'empe-
reur d'Autriche comme officier. M. Henri de
Bombelles, amateur de musique distingué, a com-
posé plusieurs morceaux de musique d'église, et
!2
BOMBELLES — BONAFINI
a publié un Ave Maria et un Memorare à 4 voix
avec accompagnement d'orgue; Vienne, Diabelli.
Sa belle-sœur, M™^ la comtesse de Bombelles,
cantatrice d'un talent remarquable, était à Florence
en 18?.9, et brilla dans l'exéculion de quelques
opéras composés par lord Burgliersh, qui, plus
tard, est devenu comte de Westmoreland. Le ta-
lent de la musique était naturel dans la famille
de M. de Bombelles : sa tante , M*"® la marquise
de Travcnot, fut l'auteur véritable des paroles et
<]e la musiciue si naïve de la romance célèbre
Pauvre Jacques, dontlair a été attribué à Dibdin
{coy. ce nom), parce qu'il le rendit populaire en
Angleterre, an moment de l'émigration française.
BOMBET(ALEXANDiiK-CÉSAR), pseudonyme.
Voyez Beylk.
. liOMMER (WiLiiELM-CimisTOPiiE), virtuose
sur le piano, né à Dresde en 1801, s'était li\é à
Saint-Pétersbourg, où il mourut, le 29 décembre
IS'iS. Je ne connais de sa composition que des
variations (en rd) sur un air russe, pour piano
seul; Saint-Pétersbourg, Paez.
BOMPORTO (François-Antoine), ou Bom-
porti. Voyez Bonpokti.
BO!\A (Jean), savant cardinal, naquit à Mon-
dovi,en Piémont,au mois d'octobre 1609. Il entra
en 1C23 dans l'ordre des Feuillans,àon\. il devint
général en 1G51. Clément IX le fit cardinal en
16G9. H mourut à Rome le 25 octobre 1674. On
lui doit un livre intilulé : De divina Psalvio-
(lia, sive psalleniis ecclesix harmonia, Trac-
iahis historiens, symbolicus, asceticus ; Rome,
1653,in-4°. 11 y en a d'autres éditions : d'Anvers,
J677, in^"; Paris, 1678, in-8" ; Anvers, 1723,
in-folio. On trouve aussi cet ouvrage dans les
éditions complètes des œuvres de Bona, notam-
ment dans celle de Turin , 1747, 4 vol. in-folio.
Il contient des renseignements intéressants sur les
tons de l'église, le cbant des diverses parties de
l'oflice, l'introduction des orgues et des autres
instruments de musique dans l'office divin.
BOMA (Valerio), moine de l'ordre des con-
ventuels de Saint-François ou grands Cordeliers ,
naquit à Brescia, dans la seconde moitié du sei-
zième siècle, et non à Milan, comme le disent
Quadrio et Piccinelli. Après avoir été pendant
quelque temps maître de cbapelle à la cathédrale
de Verceil, il passa à Mondovi, en la môme qua-
lité. Cozzando (Libraria Biesciana, p. 313) dit
qu'il avait une très-belle voix et qu'il était un
chanteur très-habile. Il parait, par le titre d'un de
ses ouvrages, qu'il était, en 1596, maître de mu-
.siijue à Saint-François de Milan. Bona esta la fois
lecouimandable et comme théoricien, et comme
compositeur. Les traités publiés par lui sont :
I. Hegole ciel contrapiinto e composizione brc-
vemente raccolteda diversi autori; operetla
inolto facile ed utileper i scolari principianti ;
Casale, 1595, in-4°. — M, Esempi delli passagi
délie consonanze e dissonanze, et d'altre cose
pertinente al compositore; Milan, 1590, in-4°.
On y trouve de la clarté et une simplicité de
doctrine remarquable pour le temps. Parmi les
compositions de Bona, on dislingue : 1* Motetti
a 8 voci ; Milan, 1591. — 2" Lamentazioni ,
cou VOrazione di Geremia, a 4 voci; Venise,
1591. — 3° Messe e Motetti a 3 voci; Milan,
1594. — 4° Canzoni a sei ; Venise, 1598. —
5° Canzonette a 3 voci,lib. 3 et 4; Milan, 1599.
— 6° Madrlgali a 5 voci; Milan, 1600. Cet ou-
vrage fut réimprimé dans l'année suivante, à Ve-
nise, chez Gardane, in-4°. — 1° Madrigali a
5 voci; Milan, 1601. — 8° Motetti a 6 voci,
lib. 1. — 9° Messe e Motetti a 1 cori, lib. 2, a
8 voci; Venise, 1601. -«- 10° Pietosi affetti e la-
grime del pénitente; Venise. — II" Madrigali
a 5 voci, lib. 3; Vcnezia, 1605. —12° Motetti
aduc; Vcnezia, prcssoBart. Magni.—i?,'' Missa
a 4 chori e Salmi; Venise, 1611. Cozzando
( loc. cit.) dit que Bona vivait encore en 1619.
LaBibliolhèquc impériale de Paris possède aussi
un ouvrage de ce savant musicien, intilulé:
Introïtus Missarum octo Vocum omnibus
festis totius anni accomodatis; Anvers, 1639,
in-4°.
BONA ( Pîetro), compositeur et professeur
de chant, né à Naples vers 1810, a fait ses études
musicales au Conservatoire decetle ville. Au mois
d'avril 1832 il a fait représenter an Ihéùtre Nuovo
un opéra bouffe intilulé : fl Tutore ed il Diavolo,
qui n'a pas réussi, et dans lequel on remarqua
beaucoup de réminiscences. Plus tard, Bona s'est
fixé à Milan, comme professeur de chant. Son
opéra/Lwiae i Perollo fut représenté au théâtre
de la Scala en 1845, et obtint quelque succès;
deux ans après il y donna l'opéra sérieux Don
Carlo, qui fut accueilli favorablement. Riccordi,
de Milan, a publié les morceaux détachés de ces
deux opéras avec accompagnement de piano.
Bona est auteur d'un bon ouvrage pratique pour
l'art du chant, publié sous ce titre : A'woi'i Studj
di perfezionamenio del canto italiano, consis-
iente in vocalizzi isolaii, a due, a tre et a
qxiattro parti, adatti a lutte le specic di vole
e di qualsivoglia estensione ; Milan, Riccordi.
Cet ouvrage est divisé en sept parties, et chaque
partie en trois livres.
BO.\ADIES(Jean). Voyez Gutentag.
BOMAFINI (Mi"e), fut une cantatrice dis-
tinguée dans la deuxième partie du dix-huilième
siècle. Née en Italie, elle fui conduile à Dresde
dans sa jeunesse et y reçut son éducation mu-
RONAFINI — BONAPARTE
13
sicale. En 1780, elle voyagea en P.upsic, cl tut
admirée à la cour de Pétersbourg pour son talent
et sa beauté. A l'âge de seize ans, elle s'était
mariée secrètement avec un officier prussien qui
fut tué en Bavière. En 1783, elle retourna en
Italie, et s'y maria de nouveau secrètement avec
un homme fort riche. Reichardt la rencontra à
Modène, en 1790; elle élait alors retirée du
théâtre, passant l'été dans une belle campagne et
l'hiver à Venise. Ce maître parle avec enthou-
siasme et de son chant expressif et des grâces
de sa personne. Gorani , qui la vit deux fois à
Modène, la nomme dans ses mémoires secrets sur
l'Italie, l'Aspasie de Modène, et dit que, par son
esprit, ses talents et sa beauté, elle attirait près
d'elle la meilleure société de cette ville. M™^ Bo-
natini mourut à Venise, vers 1800.
BONAGIONTA (Jules), musicien de la
chapelle de Saint-Marc, à Venise, était né à San-
Genesio, vers 1530. 11 a fait imprimer de sa com-
position : t° Canzonette napoletane e vene-
ziane a trevoci; Venise, 1562, in-S". — 2° Il
Desiderio, madrigall a quattro e cinque voci
di diversi eccellentissimi auihori; in Venezia,
appresso Girolamo Scotto, 1560, in-4°. Ce re-
cueil intéressant est divisé en deux livres. Les
auteurs dont on trouve des madrigaux dans le
premier sont Cyprien de Rore, Adrien Avilla,
Spirito da Reggio, Orlandodi Lasso, Primavera,
Jean Florio , et Madeleine Casulano. Le second
renferme des pièces de Paul Animuccia, de Jules
Bonagionta, d'Alexandre Striggio, de Jean Con-
tino, de Jean Florio, Gianetto Palestina (sic),
Londalito, André Gabrieli, Jacques de Nola, 1'/?;-
irico, H. Vidue, Joseph de Vento , et François
Pertinaro. — 3° Moleltï à cinque e sei voci;
ibid., in-4°. — 4° Misse a quattro e cinque
voci; Milan, 1588, in-4°.
BONANNI ( Philippr), jésuite, né à Rome
le 16 janvier 1638, mourut dans la même ville
le 30 mars 1725. Au nombre de ses ouvrages on
trouve le suivant : Gabïnelto Armonico pieno di
stromenti sonori, spiegati; Rome, 1723, in-4''
avec 177 planches. La Biographie Universelle
indique une édition de ce livre datée de 1716;
mais elle n'existe pas; ce qui le prouve, c'est
qu'au titre de l'édition donnée en 1776 par l'abbé
H. Cerutti, on lit : Seconda edizione (Voyez
Cerutti). C'est un livre rempli d'erreurs et de
désordre. La version de l'abbé Cerutti est plutôt
une imitation qu'une traduction véritable.
BOIVANNO (Augustin), compositeur, né en
Sicile , a fait ses études au conservatoire de Pa-
lerme, sous la direction de Raimondi. Son pre-
mier essai dans la musique dramatique s'est fait
pendanl.le carnaval de l846, à Palerme, sa ville
natale, par un opéra intitulé ; Il Trovatore di
lîavenna. Les concitoyens du compositeur ap-
plaudirent clialeureusenient son ouvrage. Je n'ai
pas de renseignements sur la suite de sa car-
rièie.
BOIVAPARTE (Louis), comte de Saint-Lcu,
ex-roi de Hollande, troisième frère de l'empereur
Napoléon, naquit à Ajaccio, le 2 septembre 1778.
Entré fort jeune au service, il suivit son frère en
Italie et en Egypte. Ennemi des grandeurs, aimant
les arts, les lettres et la philosophie, il fut fait
roi malgré lui, et fut marié contre son gré à la fille
de l'impératrice Joséphine, Ilortense Beauhar-
nais. Il saisit la première occasion d'abdiquer
le faible pouvoir qu'on lui avait donné, et se
sépara de la femme qu'on lui avait imposée et
dont il croyait avoir à se plaindre. Tour à tour
il se retira en Styrie , en Suisse, à Rome et enfin
à Florence, où le reste de sa vie s'écoula dans des
souffrances («nysiques et dans des jouissances
morales , cultivant les lettres, pour lesquelles il
était né, et faisant du bien à tout ce qui l'en-
tourait, comme il l'avait fait sur le trône. Des ro-
mans, des poésies et des documents historiques sur
l'administration de la Hollande pendant son règne,
ont été publiés par lui. L'ouvrage qui lui fait
donner une place dans ce Dictionnaire historique
est d'un autre genre. En 18 14, la seconde classe de
l'Institut de France avait mis au concours cette
question : Quelles sont les difficultés réelles
qui s'opposent à l'introduction durhythme des
Grecs et des Latins dans la poésie française :
cette question fut traitée par le prince, qui, lui-
même, avait proposé le prix sous le voile de
l'anonyme. Ce fut à propos de cette même ques-
tion que Louis fit demander à l'abbé Baini la so-
lution de seize questions auxquelles le savant di-
recteur de la chapelle sixtine répondit par son
ouvrage intitulé : Saggio sopra Videntità de'
ritmi musicale e poetico (voy. Baipu), que
le prince fit imprimer à ses frais, et dont il
donna ensuite la traduction française sous ce
titre : Essai sur l'identité durhythme poétiqua
et musical, traduit de l'ouvrage italien de
M. l'abbé Baini, par le comte de Saint-Leu ;
Florence, Piatti, 1820, in-S". Déjà le prince avaiî
tiré parti de ce travail dans son Mémoire szir la
versification française , dont la troisième édi-
tion, eu 2 volumes iu-8°, a été publiée à Rome,
en 1825-1826. Le comte de Saint-Leu est mort
à Florence en 1846. Des deux Gis que lui avait
donnés la reine Hoitense, l'aîné est mort à
Rome en 1831, le second est aujourd'hui l'em-
pereur Napoléon 111.
BONAVEIXTURE (Le Père), surnomméda
Brescia, parce qu'il naquit en celte ville, dans la
14
r.ONAVENTUR!
BONEFOKT
seconde moitié du quinzième siècle, fut moine
de l'oidre des frères mineurs, et vécut au cou-
vent de sa ville natale. On a de lui : I. Erevilo-
quiitm inusicale ; Venise, 1497. Il y en a deux
autres éditions datées de la même ville, 1511 et
Î523, in-4°. — II. Régula Musice plmie ;\en\s,e,
par Jacq. de Penci da Lecho, in-4°, sans date.
J'en possède un exemplaire petit in-4°, où se
trouve la dale de 1500, ainsi exprimée à la der-
nière page : Accuratissime impressum per ma-
gisirum Leonardum Pachel ad impensas
magistri de Legnano, sub die X septembris
Mccccc. Lipenius en indique une édition de Ve-
nise, 1501,in-4°;Cozzando(librar. Cresc.p. 69),
une autre de la même ville, 1523, in-8°-, La
Borde, une quatrième de 1545, in-8°; Gruber,
dans sa Littérature de la musique {Heylrxge
zur Litter. der Musik), en cite trois de Kurcm-
berg datées de 1580, 15S3 et 1591 ; enlln,dans la
Théorie généraledes beaux-arts de Sulzer, article
Choral, on trouve l'indication d'une traduction
italienne de cet ouvrage, sous ce lilre : Regole
délia musica piana o canto fermo; Venise,
iblO. Le Breviloqiihnn vmsicale est le même
ouvrage que celui qui a pour titre : Régulas niu-
sicxplanœ, car à la fin de l'édition de celui-ci
publiée en 1511, on lit : Explictt Dreviloquium
musicale: édition a fratre Bonaventura de
Brixia ordinis ininorum in conventu nosiro
sancli Francisci de Brixia ;impresso in Vcnetia
p. Jacomo de Penzi da Lecho nel anno del nro
Signore \àll adï 20 di marzo. Dans l'épîtredé-
dicatoireà Fra Marco de Duclu's, l'auleurdit : //o
composta questo picolo opusculeto de canto
fermo, il quale p. la sua brevita ho inlilulato,
Breviloquium musicale. Une autre édition est
ainsi le I minée : E cosifazofme del mio picoiino
breviloquio, etc.; Impresso in Venetia per Jo.
Francisco et Jo. Antonio de Rusconi fratelli,
nelli anni del signore 1524 a di X oclobris.
Pnfin, une antre édition porte à la fin : ExpUcit
Breviloquium musicale idest regulx musicx
planx; Stampato in Venetia 2^er loan An-
tonio et fratelli de Sabio; 1533, in- 12 Ce traité
duplain-cliant est écrit en un mélange des langues
latine et italienne : il est divisé en quarante-deux
chapitres. — UL Brevis collectio artis musicx ^
qux dicitur ventura , resté en manuscrit, et
datée de 1489. Le père Martini en possédait une
copie. Les ouvrages de lionaventure de Brescia
doivent leurs nombreuses réimpressions, moins
au mérite de leur rédaction, qu'à celui do leur
brièveté. Comme théoricien, cet auteur est inférieur
aux bons écrivains de son temps, et surtout à
Gaforio.
BONAZZI (Aktoine), un des plus habiles
violonistes de l'Italie, était néâ Crémone. Il est
mort à Mantoue, en 1802, laissant à ues héritiers
une collection d'environ mille concertos, quin-
letti, quartetti, etc., pour violon ou flûte, parmi
lesquels il s'en trouvait un assez grand nombre
de sa composition.il possédait, en outre, quarante»
deux violiins de Gnarnerius, d'Amati, de Stradi-
varius et d'-aulres grands maîtres, lesquels étaient
estimés plus de 0,500 ducats.
BONAZZ! (Ferdinand), premier organiste de
la cathédrale de Milan, naquit en cette ville en
1764. Il reçut les premiers principes de son père,
et passa ensuite sous la direction de François
Pogliani. En quelques années il devint un des pre-
miers organistes de l'Italie. Il vivait encore en
1819. On a de lui des ioccates pour l'orgue qui
n'ont point été gravées.
BO.\DII\ERI (Michel), né à Florence vers
1750, s'est fait connaître comme compositeur
dramatique, dès 1784, ]>ar l'intermède intitulé :
La Serva in contesa, à Florence; tous ses autres
ouvrages ont été écrits pour la même ville. Les
plus connus sont : // Matrimonio in cantina,
1785; La Locandiera, 1780; Le Spose proven-
çale, 1787; Lafintanobile, 178"; L'Autunno,
1788; Il Maestro per seguilato, 1788; Ognidi-
suguaglianzaamoreuguaglia, 1788; Ilvccchio
Spezziale deluso in amore, 1791.
BO]\DIOLÏ (GiACiNTo), dominicain, né à
Quinzano, près deBrescia, vers la fin du seizième
siècle, a fait imprimer de sa composition :
1° Misse e litanie a quatlro voci. — 2° Com-
plète, Litanie ed Anlifone a quatlro voci; Ve-
nise. — 3° Salmiintieribrevcmente concertait
a cappella a quatlro voci con l'organo, op. 4"; •
Venise, 1622, in-4°. — 4" Salmi a otlo voci
con ripieni; Venise, I028. — 5° .Salmi a tre.
voci; Venise, 1643. — 6° Soavifiori colli neW
ameno Giardino de sacrale Laiidi, Motet ti, Ma-
gnificat , e canzoni concertati a 2 voci, in
Venetia, 1622, in-4».
BO]\DOUX (Hyacinthe), chantre de la ca-
Ihédrale de Rouen, né dans les dernières années
du dix-huitième siècle, a publié un Recueil de
faux-bourdons ou quatuors de la métropole,
à l'usage du diocèse de Rouen, publié par
II. Bondoux, vérifiéet augmenté par M. A. Go-
defrog; Rouen, De Larabossière, 1837-1840,
4 vol. in-s".
BOi\EFOi\T (S. Simon de), chanoine et
maître des enfants de chœur de l't'glise cathédrale
de Clermout en Auvergne, vers le milieu du sei-
zième siècle, s'est fait connaître comme compo-
siteur par une messe des morts à cinq voix qui
se trouve dans un volume de messes de diverk
auteurs intitulé : Missartun musicalium cerlx
BONliFONT — BOrsllOMME
15
vocîim varietale seainduin varias quos rc/e-
runt modulos et cantioncs disimctarum liber
secundus, ex diversis ïisdemque peritissimis
aucloribus collectas; Parisiis, ex typographia
JSicolai du Chemin, 155G, in-fol. màx.
BONELLI (Ai'rélien), peintre et musicien,
né à Bologne en 1569, vivait à Milan en ICOO.
Il a fait imprimer à Venise, en 1596, le premier
livre de ses Villanelle à trois voix.
BONESI (Benoît), né à Eergame vers le
milieu du dix-huitième siècle, eut pour maître
(le chant Aug. Cantoni , élève de Bernacchi. Il
étudia aussi la composition pendant dix années
sous la direction d'André Fioroni , élève de Léo,
et maître de chapelle de la catiiédrale de Milan.
En 1779, Bonesi vint à Paris,et fut employé, comme
maître de chant, au théâtre de la Comédie italienne.
Le 16 décembre 1780, il donna à ce théâtre
Pygmalion, duodrame en un acte. L'année sui-
vante il fit entendre au concert spirituel l'oratorio
de Judith, qui fut trouvé froid, et qui eut peu de
succès. Dans le même temps, il fit représenter
au théâtre des Beaujolais le petit opéra intitulé :
La Magie à la mode, qui fut suivi du Rosier,
et de quelques autres ouvrages du môme genre.
Ce fut aussi pour le môme théâtre qu'il écrivit,
en 1788 , le ballet A''Amasis. La meilleure pro-
duction de Bonesi est un livre qui a pour titre :
Traité de la mesure et de la division du temps
dans la musique et dans la poésie; Paris,
1806, in-8°. Les exemples de musique de cet ou-
vrage sont impi imés avec les caractères de Gode-
froy. 11 y a du savoir, et surtout un savoir d'éru-
dition dans ce livre ; mais comme la plupart des
auteurs qui ont traité ce sujet délicat, Bonesi
s'est perdu dans une fausse identité de la mesure
musicale avec la division du temps dans la poésie.
La meilleure partie de son ouvrageest la deuxième,
qui est relative au rhythme poétique : il y a pro-
fité des idées du P. Giov. Sacchi sur la même
matière, quoiqu'il le critique quelquefois. Quant
aux principes du mécanisme de la mesure mu-
sicale, Bonesi ne les a connus que d'une manière
fort imparfaite. Le P. Augustin Pisa a donné sur
ces principes des idées bien plus justes et plus
profondes dans son ouvrage intitulé : Batlula
délia musica dichiarata (voy. Pisa). Bo-
nesi est mort à Paris au cominencement de
1812. 11 enseigna l'harmonie à Choron.
BONFI (Jules), guitariste italien du dix-
septièrne siècle , a publié un traité élémentaire
intitulé : fl Maestro di chitarra ; Milan, 1653-
BONFICHI (Paul), compositeur, naquit à
Livraga, dans la province de Lodi (Lombardie),
le 16 octobre 1769. Dès son enfance il s'appliqua
à l'étude de la musique, et y fit de rapides pro-
grès. Il entra fort jeune dans l'ordre des Mineurs
conventuels, et ses talents lui firent obtenir plu-
sieurs charges dans soa ordre. A la suppression
de son couvent , il se retira à Milan, où il était
encore en 1812. Depuis lors il s'est rendu à
Rome, où il a séjourné plusieurs années. 11 est
mort à Lodi, le 29 décembre 1840, après avoir
été maître de chapelle à la Santa-Casa de Lo-
rette. Ses meilleures compositions sont pour
l'église; il a cependant écrit plusieurs morceaux
de musique de chambre, vocale et instrumentale,
et des symphonies à grand orchestre. On connaît
un opéra bouffe intitulé Lauretta, et le drann;
sérieux Abradata e JDircea, représenté à Turin
en 1817, dont la musique est d'un compositeur
nommé Bonfichi. J'ignore si c'est le même que
celui qui est l'objet de cet article. Les ouvrages
qui ont fait particulièrement la réputation de ce
compositeur sont des oratorios qui ontétéexéculés
avec succès en Italie, et en dernier lieu au couvent
de Saint-Philippe de Néri , à Rome. Parmi ces
oratorios on remarque : 1° La Morte d'Adamo.
— 2° La Nuvoletta d'Elia. — 3° Il Figliuol
prodigo. — 4° Il Passagio del mar Rossa. —
5" La Scinda di Giesu Cristo al Limbo. Celui-ci
est le dernier ouvrage de Bonfichi ; il a été exécuté
pour la première fois à Rome, en 1827. En 1828,
ce compositeur a été au nombre des candidats
pour la place de maître de chapelle de Saint-
Pétrone, à Bologne, et pour succéder au P. Mattei
comme professeur de composition à l'Institut de
cette ville; mais il n'a point obtenu sa nomina-
tion à ces places.
BONFIGLI (Antoine), chanteur, né à Luc-
ques , le 26 décembre 1794, n'était âgé que de
dix-huit ans lorsqu'il parut pour la première fois '
sur le théâtre. Eu 1812, il chanta à Milan au
petit théâtre Re, parcourut ensuite l'Italie, re-
tourna à Milan eu 1823, au théâtre Carcano,
puis fut engagé comme chanteur à l'Opéra italien
de Dresde , et comme membre de la chapelle, il
s'est fait connaître comme compositeur par six
ariettes italiennes avec accompagnement de piano,
Dresde, Mœser, et par six chansons allemandes,
Ibid.
BONFIGLï (Laurent), ténordistingué, com-
mença sa carrière théâtrale en 1827. Il chanta
avec succès sur toutes les grandes scènes- de
l'Italie, à Vienne, et dans les villes principales
de l'Espagne. En 1847, il était à Palerme. Là
s'arrêtent les renseignements sur sa personne. Il
est vraisemblable qu'il s'est retiré du théâtre peu
de temps après.
BONHOMME (L'abbé Jules) ecclésiastique,
de Paris , sur qui je n'ai pas de renseignements,
est auteur d'un écrit intitulé : Simple réponse
16
B0M10M:\]E — BOiNJOUR
à la brochure du P. Lambillote intitulée quel-
ques mots sur la restauration du chant litur-
gique ; Paris, Jacques Lecofire et C'« , 1855, gr.
in-8° (le 48 pages. Dans sa brochure., le P. Lam-
billote ( vorj. ce nom ; avait critiqué amèrement
(parliculièrementpageSô) les éditions du graduel
et de l'anliplionaire publiées à Paris, en 1852 et
1853, par une commission d'ecclésiastiques de
Reims, Cambrai et Paris, dans le but de préco-
niser celles qu'il préparait lui-même. L'écrit de
M. L'abbé Bonhomme a pour but de réfuter les
attaques du R. P., jésuite.
BOIVHOMIUS (Pieure), chanoine de l'église
de Sainte-Croix à Liège, au commencement du
dix-septième siècle, s'est fait connaître par la pu-
blication de deux ouvrages intitulés : 1° Melodix
sacrx quas vulgo mutetas appellant jam nu-
viter 5-9 vocibus, etc.; Francfort-sur-le-Mein,
1603, in-4°. — V Missas 12 iioc. ; Anvers, 1C17,
in-4°.
BOlXHOmiE père (M.), né à Toulouse,
chantre de la cathédrale et professeur de plain-
chanl dans cette ville, est auteur d'un traité en
dialogue, qui a pour titre : Méthode théorique
et pratique de plain-chant, publiée sous les
auspices et avec l'approbation de Mc l'arche-
vêquede Toulouse; Toulouse, 1.840, un vol. in-S"
de 223 pages.
BOIXI (Gabriel), né à Saint-Flour, fut maître
des enfants de chœur à Saint-Étienne de Toulouse,
dans le seizième siècle. Il a mis en musique à
quatre parties les sonnets de Pierre Ronsard; Pa-
ris, Adrien Le Roy et Robert Ballard, 1579, in-4''.
On a aussi de lui : Les quatrains du sieur de
Pibrac, mis en musique à trois, quatre, cinq
et six parties; Paris, Adrien Le Roy, 1582; et
Psalmi Davidici novis concentibus sex voci-
bus modulati, cum oratione regia 12 voc.
contexta; Paris, Adrien Le Roy, 1582.
COIVI (Gaetano) : on connaît un compositeur
de ce nom dont un opéra intitulé Tito Manlioa
été représenté à Rome en 1720.
BONI ( F. de), sous ce nom d'un auteur sur
qui l'on n'a pas de renseignements, on a publié
un livre qui a pour titre : Biogra/ia degli Ar-
tisti, ovvero Dizionario delta vita e dette opère
dei Pittori, degli Scultori, degV Intagliatori,
dei Tipogrofi e dei Musici di ogni nazione, che
fiorirono dai tempi più remoti sino a nostri
giorni; Venezia, Santini e Figlio, in-8°, en 20
livraisons.
BOMPACIO (Jean), littérateur, historien
et jurisconsulte, naquit à Rovigo, le 6 septembre
1545, et mourut à Padoue, le 23 juin 1635.
Au nombre de ses ouvrages se trouve le suivant :
Le Arti Uberali e meccaniche cotne sieno state
dagli animali irrazionali agli uomini di-
mostrati ; Rovigo, 1C24, in-4°. Il entreprend d'y
démontrer que l'invention de la musi(}ue est due
au chant des oiseaux. C'est en quelque sorte une
paraphrase des beaux vers de Lucrèce sur le
même sujet.
BONIFACIO (Baltuazar), jurisconsulte,
né à Rovigo le 5 janvier 1586, devint dirccleur
de l'Académie de Padoue en 1630. Il a publié
un ouvrage intitulé : Historiée Ludicree, etc.
Les huitième et neuvième chapitres traitent: De
Musica hydraulica et mtita.
BONIIMI (Pierre-Marie), né à Florence vers
la fin du quinzième siècle, est auteur d'une dis-
sertation intitulée : Acutissimx observationes
nubilis disciplinarum omnium musices ; Flo-
rence, 1520, in-S". J'ignore quelle est la nalure
de cet ouvrage.
BONINI (D. Léonard), ecclésiastique vé-
nitien, né dans la seconde moitié du seizième
siècle, est connu par un ouvrage qui a pour titre :
Madrigali e canzonetti da Chrisostomo Ta-
lentiposti in Mtisica per voce sala da, etc. ; Ve-
nezia, presso Raverij, 1608, in-4°.
BOrVINl (Sévère), moine de Vallombrose,
né à Florence, et compositeur au commencement
du dix-septième siècle, a publié : 1° Il primo
libro dé" Motteti a 3 voci, con il basso conti-
nulo; Venezia, Raverio, 1609, in-4°. — 1° La-
menta d'Arianna, cantata; Venise, 1613. —
3° Serena céleste, o Mottetia 1, 2 e 3 voci; Ve-
nise, 1615. — 4° Affetti spirituali a 2 voci,
op. VII; in Venezia, Bart. Magni, 1615, in-4^
B01\IS (Jean-B\ptiste de), facteur de cla-
vecins à Cortone, en Toscane, vivait dans la pre-
mière moitié du dix-septième siècle. Le P. Mer-
senne dit, dans le Traité des instruments à
cordes de son Harmonie universelle (p. 215),
que cet artiste construisait des clavecins excellents
à touches brisées, qu'on pouvait accorder dans
une justesse parfaite, suivant les proportions ma-
thématiques des intervalles.
B0IXIVE1\T1 (Joseph), compositeur drama-
tique, né à Venise, a vécu vers la fin du dix-
septième siècle et dans la première moitié du
dix-huitième. Les opéras de sa composition dont
je connais les titres sont : 1° Jl gran Macedone,
1690. — 2" L'Almerinda, 1691.-3° L'Almira,
1691. — 4° La Vittoria nella Costanza, i702.
— 5° V Endimione , 1709. — 6" Circe delusa,
1711. — 7° Armida al Campo, 1707. — S* La
virtùfra i nemici, 1718. — 9o Arianna abban-
donata, 1719. — 10° Vlnganno fortunato,
1721. — 11° // Vinceslao; à Turin, 1721. —
12° Pertarido, re de' Longobardi, 1727.
BONJOUR (Charles), musicien, né à Paris,
BONJOUR — BONM ARCHE
17
devint organiste de l'École militaire en 1780 ; il
vivait encore en 1804. On connaît de lui: 1° Trios
pour piano et violon, op. 1. — 2° Sonates pour
piano, op. 2. — 3° Idem , op. 6. — 4° Distrac-
tions musicales, ou préludes pour piano, op. 8.
11 a aussi publié : Nmiveaux principes de mu-
sique, abrégés et détaillés d'une manière claire
el facile, etc.; Paris, 1800, in-4°.
Un autre musicien du même nom a publié
trois quatuors pour deux violons, alto et basse;
„Mayence, Schott.
BONLINI (Jean-Charles) , amateur de mu-
.sique,néà Venise, vécut dans la première moitié
du dix-huitième siècle : Il a publié, sous le voile
de l'anonyme, une sorte d'Almanacli des théâtres
de Venise, intitulé : Le glorie délia poesia e
délia musica contenute nella esatta notitia
de tcatri délia citlàdi Venezia, e nel catalogo
purgatissimo dci drami musicali quivi finora
rappresentati , cou gV auttori délia poesia
e délia musica e con le annotationi a suoi
luoghi proprij ; Venezia, Bonarigo , 1730,
in- 12. Antoine Groppo autre amateur vénitien,
a donné une nouvelle édition de ce livre, avec
la continuation de la liste des opéras et de celle
des auteurs, sous ce litre ; Catalogo di tutti i
drammi musicali rappraentati né" gli teatri
dellacittà di Venezia, elc. ; Venezia, 1745, in-12
(V. Dizion. di opère anonime e pseudonime di
scritt. ital., t. I,p. 405).
BONMARCIII"^ (Jean), compositeur belge,
naquit à Ypres, selon quelques auteurs, et selon
d'autres, à Valenciennes, vers 1520. Je dois à l'o-
bligeance de M. Gachard, archiviste du royaume
de Belgique, des renseignements positifs sur ce
musicien et sur plusieurs artistes belt-îcs. Dans
les archives de Simancas, en Espagne, qu'il a
explorées pendant un long séjour, il a trouvé luie
correspondance entre le roi Philippe 11 el la du-
chesse de Parme, gouveraante des Pays-Bas, dans
laquelle est une lettre de ce monarque à la du-
chesse, datée du 7 octobre 1564, où il est dit que
le maître de la chapelle royale étant mort, le roi
désire le remplacer par quelque musicien habile.
Ce n'est qu'en Flandre qu'il espère le trouver.
On lui a parlé de Chastclain, chanoine cl maître
de chapelle à Soignics, comme étant le meilleur
qu'il pût choisir. Philippe prie la duchesse de
taire appeler ce maître et de lui proposer la po-
sition vacante dans laquelle il trouvera honneur
et profit. Elle peut lui donner l'assurance qu'il
sera bien reçu, et traité généreusement. Le 30 no-
vembre, la duchesse répond au roi qu'elle a fait
appeler le chanoine Chastelain, et qu'elle lui a
proposé d'aller servir Sa Majesté en qualité de
maître de chapelle; mais il s'est excusé sur son
BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. II.
grand âge et sur le mauvais état de sa santé, bien
qu'il ait paru pénétré de reconnaissance pour
l'honneur que daignait lui faire son souverain. Ne
pouvant vaincre sa résolution , la duchesse s'est
informée d'autres personnes qui fussent aptes à
remplir l'emploi vacant : elle dit qu'on lui a dé-
signé maître Jean Uonmarché, chanoine et maître
des enfants de chœuF de l'église de Cambrai. C'est,
dit-elle, un des hommes les plus habiles en fait
de musique qu'il y ait dans les Pays-Das. Sui-
vant ce qu'on lui a dit, il est grand compositeur ;
mais il n'a pas de voix : il est petit et de peu
d'apparence, parce q2thl n'a pas de barbe,
bien qu'il soit âgé de plus de quarante ans.
Par une autre lettre du 20 décembre suivant, la
duchesse de Parme annonce au roi (ju'elle a fait
venir Jean Bonmarché, et qu'il a accepté les ho-
norables fonctions qui lui étaient offertes. De
son côté Philippe II l'admit pour diriger sa cha-
pelle. Il |)araît que Boumarché ne trouva pas cette
chapelle suffisamment fournie de voix de dessus;
car, par une lettre en date du 8 février 15C8,
le roi informe le duc d'Albe qu'il manque d'en-
fants de chœur poMr sa chapelle flamande. Son
maître de chapelle est d'avis qu'on en choisisse
huit, et qu'Adrien, l'un de ses chantres, aille les
chercher. Le duc d'Albe est chargé de donner à
celui-ci les instructions nécessaires. Les enfants
de chœur, qui chantaient la partie de dessus de
la musique écrite dans la notation très-difficile de
ce temps , devaient être habiles musiciens. La
difficulté d'en trouver qui fussent suffisamment
instruits décida le gouverneur des Pays-Bas à les
demaniier au chapitre de l'église Sainte-Marie
d'Anvers, d'où sont sortis tous les grands musi-
ciens des quinzième et seizième siècles. Il existe
dans les archives de cette église des pièces très-
curieuses à ce sujet , parmi lesquelles est une
lettre autographe du duc d'Albe, et une résolution
du chapitre, qui ne craint pas de refuser au ter-
rible lieutenant de Philippe II l'objet de sa de-
mande.
Des renseignements qui précèdent il résulte
que Jean Bonmarché naquit vers 1520, comme il
a été dit précédemment; qu'il fut chanoine et
maître des enfants de chœur à l'église de Cam-
brai; qu'il était alors considéré comme un des
habiles musiciens et des compositeurs les pins
distingués des Pays-Bas; et, enfin, qu'il entra
au service du roi d'Espagne Philippe II , comme
maître de chapelle, an commencement de 1.565.
D'après des renseiguemenls nouveaux qui me
sont parvenus d'Espagne, il existe en manuscrit
dans la bibliothèque de l'Escorial plusieurs
messes et motets de ce maître. Il parait que Bon-
marché s'est retiré à Valenciennes dans sa vieil-
18
BONMARCHÉ — BONNET
lesse, car Pierre Maillart (voy. ce nom) fut son
élève, lorsqu'il était dans cette ville. Le même
Maillart nous apprend que ce maître avait écrit
un traité de musique qu'il avait donné à son élève
et qui n'a pas été imprimé ( Voyez Les Tons de
Pierre Maillart, p. 34g). Je ne connais jusqu'à
ce jour qu'un seul morceau imprimé de Jean
Bommarclié ; c'est un motet à 8 voix sur les pa-
roles Constitules cou principes. Ce morceau se
trouve dans la collection publiée par Clément
Stéphan, d'Eger, sous ce titre : Cantiones tri-
gintaselectissinix,quinqiie,scx, septem, octo,
duodecim et plurimum vocum, snb quatiioi-
tantwn, artificiose, musicis mctneris à pree-
stanlissimis hujtis artis artificibus ornatx;
Norimbergae , in offirina Ulrici Neuberi, 15C8,
in-4''. Ce morceau est le n° 12 du recueil; le
nom de l'auteur est écrit Bomnarchié.
BONN (Herhann), en latin Bonnus , pro-
fesseur de lliéologie à Greifswalde, puis à Wit-
tenberg, naquit à Osnabruck en 1504, et mourut
à Lubcck le 12 février 1548. Il eut de la célébrité
dans son temps pour ses disputes tliéoiogiques
avec Luther. Parmi ses nombreux ouvrages, on
remarque l'édition du chant des hymnes et des
proses qu'il a publiée sous ce titre : Hymni et
scquentiXf tum de tempore quam de sanctis,
cum suis melodiis, sicut olimsunt cantata in
Ecclesia Dei , et jam passim correcta per
M. Herm. Bonnum, inusum christianx juven-
tutis scholasticee, Jideliter congesta et eviil-
gâta. Lubecœ, 1541, in-4°. Ce recueil fut réim-
primé dans la même ville en 1559, in-4°.
DONNA Y (François), violoniste à l'orcbestre
de l'Opéra de Paris, en 1787, a fait représenter
au théâtre dos Beatijolais les petits opéras dont
les titres suivent : 1" Les Deux Jaloux. —
2° Les Curieux punis. — 3° La Fêle de V Ar-
quebuse. Les ouvertures de ces opéras ont été
gravées.
BONNET (Pierre), médecin de la duchesse
de Bourgogne et de la Faculté de Paris, naquit
dans cette ville en 1638, et mourut à Versailles
le 19 décembre 1708. L'abbé Bourdelot,sononcle,
lui légua sa bibliothèque, à condition (juil pren-
drait son nom, et qu'il achèverait l'histoire de ia
musique et de la danse, qu'ils avaient conmiencée
ensemble. Bonnet se lit, en effet, appeler Bonnet-
Bourdeloty et continua ses recliei ches pour l'his-
toire de la musique ; mais il n'eut pas le temps de
publier son livre.
BONNET (Jacqufs), frère du précédent,
payeur des gages du parlement, naquit à Paris,
Ters 1644, et mourut en 1724, âgé d'environ
quatre-vingts ans. C'était un homme instruit ;
mais, fort épris des chimères de la cabale , il
croyait avoir un génie familier qui lui disait ce
qu'il devait faire et ce qui devait lui arriver. Sa
croyance était si bien établie à cet égard , qu'é-
tant au moment de mourir, il refusait de se con-
fesser, disant qu'il n'était pas encore temps et que
son génie ne l'avait pas averti. L'abbé Bicliard,
son ami, parvint cependant à lui démontrer sa
folie. J. Bonnet a achevé et publié l'histoire de
la musique commencée par l'abbé Bourdelot, son
oncle, et continuée par Pierre Bonnet, son frère;
la première édition parut sous ce titre : His-*
toire de la musique et de ses effets, depuis son
origine jus-qu'à présent, Vm^., in- 12, 1715. La
seconde édition a été publiée chez Jeannin, à Ams-
terdam, sans date, en 4 vol. in-12. Le premier
tome contient l'ouvrage, tel qu'il lut imprimé en
1715, et les trois autres, la Comparaison de la
musique italienne et de la musique française,
par Le Cerf de la Vieville de Preneuse {voyez
ce nom). En 1725, une autre édition parut à
Amsterdam, chez Le Cène, 4 vol. in-12; enfin
on en connaît une dernière sous ce titre : His-
toire de la Musique depuis son origine , les
progrès successifs de cet art jusqu'à présent,
et la comparaison de la musique italienne et
de la musique française, par M. Bourdelot;
La Haye et Francfort-sur-le-Mein, 1743, 4 vol.
in-12. Celouvragecontientdesdétails intéressants
sur Lnlli et ses comlemporains ; mais tout le reste
est a«-dessoirs du médiocre.
Bonnet a aussi fait imprimer une LIistoire de
la Danse sacrée et profane (Paris, d'Houry
fils, 1723, in-12) ; ouvrage faible dans lequel on
trouve quelques passages relatifs à la musique.
BONNET(Jean-Baptiste), violoniste et com-
positeur, est né à Montanban, le 23 avril 1763.
Élève de Jarnowick et de Mestrino, il acquit en
peu d'années une habileté remarquable, et peut-
être aurait-il été compté jiarmi les virtuoses sur
son instrument, s'il se (ùt fixé à Paris ; mais tour
à tour attaché comme premier violon aux théâtres
de Brest et de Nantes, il ne pût éviter les incon-
vénients de la vie d'artiste dans la province, et
devenu le premier dans le petit cercle où il s'était
renfermé, il ne songea plus à en sortir. Vers 1802,
Bonnet s'est retiré dans sa ville natale, et y a été
nommé organiste de la cathédrale. Cet artiste a
beaucoup écrit; on connaît de lui : 1" Six duos
pour deux violons, op. 1; Paris, Pleyel. —
2° Symphonie concertante pour deux violons,
op. 2 ; ibid. — 3" Six duos pour deux violons,
deuxième livre de duos; ibid. — 4° Premier
concerto pour le violon, op. 4; ibid. — 5° Six
duos, op. G ; ibid. — G" Deuxième concerto pour
le violon, op. 7 ;ibid. — 7° Deuxième symphonie
concertante pour deux violons, op. 8; ibid. —
BO>i\ET — BONOMETTI
19
S-'Six duos pour deux violons, o(\9, divisé en
deux livres; Paris, Sieber. — 9" Six idem , op.
tO ; ibid. En ISIO, Bonnet avait dans son
portefeuille huit symphonies concertantes pour
deux violons, six conceifos, douze divertisse-
ments à grand orchestre, six quatuors pour deux
vicions, alto et basse, six trios pour deux violons
et violoncelle. La musique de cet artiste a eu
quelque succès. On iijnore l'époque de sa mort
BOl\IVET-DE-TIlEYCHES (Joseph Bal
th\sar), ancien menibie du Corps législatif, né
vers 1750, devint directeur de l'Opéra en 1797,
et dut quitter cette position après le 18 brumaire,
à cause de quelques imprudences relatives à l'avé-
neinent du premier cousid Bonaparte. Quelques
désordres de son administration île l'Opéra ser-
virent de prétexte à sa retraite, qui fut exigée.
C'était d'ailleurs un liomme ferme et capable. En
quittant l'Opéra, il publia avec De Vismes {voy.
ce nom) une brochure assez curieuse, intitulée :
Considérations sur les motifs qui ont servi
de base à la réorganisation du théâtre de la
République et des Arts (l'Opéra); Paris, 1800,
in-4°. Les nouveaux directeurs (Francœur etDe-
nesle) répondirent à cet écrit (voy. Francœur).
Deux ans après, Bonnet fut rappelé à la direction
de l'Opéra : il publia une sorte de compte-rendu
de la situation de ce théâtre dans un mémoire qui
a pour titre : De l'Opéra en l'an XII; Paris,
1804, 94 pases in-4°.
BOXNEVAL(RiiNÉ ne), littérateur médiocre,
né au Mans à la fin du dix-seplième siècle,
mourut 'à Paris au mois de janvier 1760. Il a
publié : Apologie de la Musique et des Musi-
ciens français, contre les assertions peu mé-
lodieuses, peumesurées et malfondées dusicur
J.-J. Rousseau, ci-devant citoyen de Genève;
Paris, 1754; in-8°. Cette brochure n'est pas une
des moins "bonnes qui ont été publiées dans la
discussion élevée par la lettre de J.-J. liousseau
sur la musique française. Grimm traite De Bon-
neval avec beaucoup de mépris dans sa corres-
pondance littéraire. Les autres ouvrages de ce lit-
térateur n'ayant point de rapportavec la musique,
on n'en parlera pas ici.
CONlXEVIN (Jean), compositeur français,
né vers la fin du quinzième siècle, fut chantre de
la chapelle pontificale à Rome, et se distingua par
son savoir dans le contrepoint.
BOl\0 (Joseph) ou BONNO , maître de la
chapelle impériale et compositeur de la chambre,
né à Vienne en 1710, y est mort en 1788. On
connaît de lui plusieurs opéras : 1" Ezio. —
2° // vero omaggio, 1750. — 3° Natale di Giove,
1740. — 4" Danae, 1744. — 5» IlRe pastore,
1751. — C l'Eroe Cinese, M'ol. - 1" Vlsola
disobilnla. Vienne, 175*2. — 8' Àlenaide ,
Vienne, 1762 ; et deux oratorios intitulés : Isacco
et San Paolotn Atcne. Bono écrivait bien pour
l'Église. On trouve à la bibliothèque impériale de
Vienne,danslefondsdeKiesewctter, les psaumes
des vêpres à 4 voix et orchestre de sa composi-
tion : 1° Ccnfitebor. — 2» Credidi propter
quod, etc. — 3° Beati omnes qui timent Do-
minum. — 4" Lauda Jérusalem; suivis du
Pange lingua, et d'un Magnificat. Gi^vher dit que
Bono fut très-habile maître de chant, et qu'il a
lormé plusieurs bons élèves, parmi lesquels on
remarque Thérèse Triber.
BOiV'OLDI (Claude), ténor, né à Plaisance,
en 1783, fut dirigé dans ses études par Carcani
et Gherardi, ses compatriotes. Il a eu des succès
sur les i)rincipaux théâtres d'Italie, notamment
à Beggio, en 1811, et à Parme, dans (//j Orazzi
e Curiazzi de Cimarosa. En 1823, il a débuté à
Paris sur le théâtre de la rue de Louvois; mais il
y a été froidement accueilli : cependant il avait
du talent. En 1828, il s'est retiré à Milan, où il a
succédé à Banderali comme professeur de chant.
11 est mort à Milan, au mois de février 1846, à
l'âge de 62 ans et quelques mois. Bonoldi a un
fils (François Bonoldi), compositeur, qui a été
élève du Conservatoire de Milan, et qui s'est fait
connaître par ^juelqiies ouvrages parmi lesquels
on remarque : 1° Plusieurs ouvertures et sym-
phonies lesquellesont été exécutées dansdes con-
certs publics 2"* Des pots-pourris pour le piano
sur des motifs de divers opéras, et particulière-
ment de Giulietta e Romeo, de Vaccai; Milan,
Ricordi. — 3° Des variations pour le même
instrument sur des thèmes de la Camilla de
Paer et de Maycr; ibid. — 4° Des valses pour le
même insfrimient ; ibid. — 5° Des variations sur
un thème original; ihid., et des canzonettes.
François Bonoldi a fait repré.senter à Trieste, en
1831 , l'opéra semi-seria II Mauro.
BOiMOMETTI (Jean-Baptiste), composi-
teur, né à Bergame vers la fin du seizième siècle,
était en 1615 au service de l'drchiduc Ferdinand
d'Autriche. Il a publié une collection volumi-
neuse de motets et de psaumes de divers au-
teurs, sous ce titre : Parnassus miisicus Ferdi-
nandxus, in quo musici nobilissimi, qua sua-
vitate, qua arle prorsus admirabili et divina
ludunt, l-5rocî<m,e<c.; Venise, 1615. Les com-
positeurs dont les ouvrages se trouvent dans cette
collection sont : Guil. Arnoni , Raim. Balestra,
Bart. Barbarini, J.-Ph. Biumi, Al. Bontempo,
Ces. Rorgo, Jacq. Brignuli, Fr. Ca.sati, J. Ca-
vaecio, Bart. Cesana, And. Cima, J.-B. Coccicla ,
Fcder. Coda,N.-N. Corradini, Flam. Comanedo,
J.-C. f.abutio, J. Ghizzoio, Gl. Monteverde,
20
BONOMETTI — BONONCINI
Hor. Nantcrni , Jules Osculali , J. Pasti , Vinc.
Pelegrini, G. Poss, J. Pruli, Ben, Re, Dom.
Rognoni, Micli.-Ang. Rizzi, J. Sansoni, Gai. Si-
rena, Al. Tadei, F. Turini et J. Valentini. On a
aussi de cet auteur un œuvre de trios pour deux
violes et basse, publié à Vienne, en 1623.
B01\0MI (Pierre), compositeur de l'École
romaine, et cliapeiain-cbantre de la cbapelle
pontificale, naquit dans la seconde moitié du
seizième siècle. En 1607, il a publié un recueil
de motets à huit voix réelles, et plus tard un
livre de psaumes, également à huit voix. L'abbé
Saivtini , de Rome , possède en manuscrit toutes
les prophéties mises en musique à 8 parties
réelles par ce maître.
BONOIXCINI, famille d'artistes célèbres, nés
à Modène, sur laquelle Tiraboscbi, bien qu'il
ait écrit dans cette ville sa Biblioteca Modenese,
à la source de documents authentiques, n'a ce-
pendant pas eu tous les renseignements néces-
saires pour les notices biographiques de ses
membres. Nous avons tûché d'éviter la confusion
qui règne entre eux.
BONONCIIM (Jean-Marie), souche de cette
(iunîlje, compositeur renommé et théoricien dis-
tingué, naquit à Modène en 1640, et mourut dans
cette ville le 19 novembre 1678, â^é seulement
de trente-huit ans, suivant les registres publics
des décès (Foy. Tiraboscbi, Bibliot. Modenese,
t. VI, p. 576). J'ai dit dans la première édition de ce
livre qu'il fit ses études musicales à Bologne, chez
le maître de chapelle Jean-Paul Colonna ; mais
c'est une erreur, car Colonna était né précisément
dans la même année que Bononcini. On ignore le
nom du maître qui instruisit celui-ci dans son art.
Il entra assez jeune au service du duc de Modène,
François II, en qualité de musicien du concert
des instruments, et fut maître de chapelle de
l'église de Saint-Jean in Monte. L'Académie des
philharmoniques de Bologne le reçut au nombre
de ses membres. L'ouvrage le plus connu de
Bononcini est un traité élémentaire de compo-
sition intitulé : Miisico pratico, che hrevemente
dimostra il modo digittngere allaperfetla co-
gnizione di tulle quelle case che concorrono
alla composizione dei canti, e di cio cli' oW
nrte del contrappunto si ricerca, opéra otlava ;
Bologna, 1673, in-4''. L'épitre dédicatoire à
l'empereur Léopold est curieuse par son style
autant que par les idées. L'auteur félicite son
musicien d'avoir, par sa grande expérience,
pu réunir le soprano d'une si auguste protec-
tion avec la basse de ses petits talents; mais,
ne pouvant trouver Vunisson des grandes qua-
lités de l'empereur, il veut du moins monter
jusqu'au ton du profond respect avec lequel
il a l'honneur d'être, etc. Tout cela ne promet
pas beaucoup de jugement; cependant l'ou-
vrage, écrit d'un style clair et concis, a été fort
utile en son temps, bien que certains passages
d'harmonie qu'on y trouve ne soient pas irrépro-
chables sous le rapport de la correction. Une
deuxième édition de ce livre a été publiée, après
la mort de l'auteur, par Marino Silvani, à Bologne,
chez Jacques Monti, en 1688, in-4''de 156 pages.
Mazzuchelli attribue à Jean-Marie Bononcini un
traité sur le contrepoint qui aurait été publié in
Brescïaper Ludovico Britanico, 1533, in-4° (1),
c'est-à-dire cent sept ans avant la naissance de
l'artiste qui est l'objet de cette notice. S'il n'y a
pas erreur do nom, il y a donc eu deux musiciens
italiens du nom de Bononcini (Jean-Marie )?
Une traduction allemande du Musico pratico a
été publiée sous ce titre : Musicus practicus,
welcher in kurze weiset die Art, ivie man zu
vollkommener Erhxnntniss aller derjenigen
Sachen, ivelche bey Setzung eines Gesangs,
unterlauffen,nnd was die Kunst des Contra-
punies erfordet , gelangen kann ; Stultgard ,
1701, in-40. Le catalogue des compositions de
J.-M. Bononcini renferme les ouvrages dont voici
les titres : 1° Primi frutti del giardino musi-
cale a 1 violini; Venezia, Bart. Magni, 1666,
in-40. — 20 Varj fiori del Giardino musicale :
Sonate da caméra a 1, 3, 4, col Basso conti-
nuo,econ alcuni Canoni, opéra terza ;Bo\ogna,
1669. — 3° Arie, Correnti, Sarabande, etc., a
2 violini et violone, opéra quarta; Bologne,
Monti, 1674. C'est une réimpression ou un change-
mentde frontispice. — 4° Sinfonie, Allemande,
Correnti, etc., a cinque voci -. opéra quinta;
Bologne, Monti, 1671, in-4o. — à" Sonate a 1 vio-
lini colV organo , opéra sesta; ibid., ia77. —
60 Ariette, Correnti, Gighe, Allemande, etc. a
violino solo e 2 violini di concerto, opéra set-
tima; ibid., 1677, in-4°. Le Mîisico pratico est
l'œuvre huitième. — 7" Traitenimenti musicali
a treo quattro stromenti, opéra nona; ibid.,
1675. — 80 Cantate a voce sola, opéra décima ;
ibid., 1677, in-40. — 9° Partitura de'' madri-
gali a cinque voci, etc., opéra undecima ;ihid.,
1678, in-4°. — too Arie correnti a tre stro-
menti, opéra duodecima; ibid ,1678. — llo Li-
bro seconda dellc cantate, opéra décima terza ;
ibid., 1678. On trouve dans les archives ducales
de Modène un écrit de Bononcini dont le titre
seul iait voir que son mérite était contesté et qu'on
l'accusait de plagiat; cet écrit a pour titre : Dis-
corso musicale sopra una composizione a 3 da-
tagll per aggiungervi il basso , et in difesa
(1) Scrit. liai., t. Il, part. 111, p. 1686.
BOINONCINI
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delta lerza sua opéra uscitagia dalle stampe,
e giudicala non di lui ma tolta e rubata in
buona parle da altri autori. Tiraboschi assure
(loc. cil.) qu'il existait de son temps beaucoup
d'autres œuvres de Jean-Marie Boiioncini, en
manuscrit, dans les archives ducales de Modène,
et qu'elles méritaient d'être publiées.
BOIVOIVCIJXl (Jean), ou BUONOIVCIIVI,
comme il écrivait ordinairement sou nom, fils
du précédent, naquit à Modène en 1672, suivant
l'opinion de la plupart des biographes, mais vrai-
semblablementqiiatreoucinqans plus tôt; car son
deuxième œuvre, consistant en symphonies à 5,
6, 7 et 8 instruments, a été publié à Bologne en
1685 ; or, il n'eût été âgé alors que de treize ans.
Sa première éducation musicale fut faite dans
la maison de son père; mais, l'ayant perdu en
1678, c'est-à-dire dans sa dixième ou onzième
année, en supposant qu'il fût né en 1667 ou 1668,
il fut envoyé à Bologne dans l'école fondée par
Jean-Paul Colonna {voy. ce nom), dont il devint
un des meilleurs élèves. Ses premiers ouvrages,
consistant en musique instrumentale , messes à
8 voix , et duos avec accompagnement de basse
contiime, au nombre de huit œuvres, furent pu-
bliés à Bologne depuis 1684 jusqu'en 1691. Par-
venu à l'âge de vingt-deux ou vingt-trois ans, il
se rendit à Vienne, où l'empereur Léopold l'admit
dans sa musique, en qualité de violoncelliste. Le
nom d'Alexandre Scarlatti brillait alors de l'éclat
le plus vif. L'opéra de Laodicea e Bérénice de ce
grand homme, que Bononcini eut occasion d'en-
tendre, lui révéla son talent. La composition de-
vint son occupation incessante, et bientôt son
opéra de Camilla fut en état d'être représenté.
Le succès de cet ouvrage fut extraordinaire ;
jamais opéra n'avait reçu à Vienne autant d'ap-
plaudissements : il ne fut pas accueilli avec moins
de faveur en Italie et à Londres. Il fut représenté
dans cette ville au théâtre de Hay-Market , sur
des paroles anglaises , et la musique de Bonon-
cini plut tant aux Anglais, que, pendant plus de
quatre ans, les directeurs de spectacles furent
obligés d'introduire quelques morceaux de la
Camilla dans tous leurs opéras. En 1694, Bo-
noncini fut appelé à Rome, où il écrivit Tiillio
Oslilio, qui fut suivi de Serse^ dans la même
année. On le retrouve à Vienne en 1699, où il
donna La Fede pubblica ; m 1701 il y fit re-
présenter un drame musical intitulé Afjelti più
grandi vinti dal più giusto^ Deux ans plus tard
il était à Berlin, où il écrivit le Polifémo. Il pa-
raît que Bononcini était attaché à cette époque,
comme compositeur, à l'opéra italien que le
roi de Prusse, Frédéric l", avait établi à sa
cour à la sollicitation de sa première femme; car
Frédéric II, dit positivement (1) : « La reine
« (Sophie-Cliarlolte de Hanovre) entretenait
« un opéra italien dont le fameux Bononcini était
« compositeur ; nous eûmes dès lors de bons
n musiciens. » Cette reine mourut le 1" février
1705, et sans doute l'opéra fut alors supprimé,
car Bononcini se retrouve l'année suivante dans
la capitale de l'Autridie. De retour à Vienne pour
la troisième fois, il y fit représenter Endimione,
en 1706; Mario fugitivo, en 1708, Tamiride,
dans la même année; Abdalonimo , en 1709, et
Muzio Scevola, en 1710. Dans les intervalles, il
allait écrire dans diverses villes d'Italie, particu-
lièrement à Rome, à Padoue et à Parme. Le
théâtre du roi ayant été fondé à Londres vers
1716, Bononcini, qui était alors à Rome, fut invité
à y venir composer. D'après l'arrangement qui
fut conclu entre lui et les directeurs , il se rendit
dans la capitale de l'Angleterre, où il écrivit
Astarto, en 1720 ; Crispa, en 1722 ; Griselda, en
1722; Farnace,en 1723; Erminia en 1723;
Calfurnia,en 1724, elAstianax, en 1727. L'ar-
rivée de Bononcini en Angleterre fit naître entre
lui et Hsendel une rivalité violente, à laquelle
toute la noblesse prit part. Chacun protégeait son
favori : Hœndel avait l'appui de la famille élec-
torale, et Bononcini celui du duc de Marlbo-
rough; en sorte que, par un hasard singulier,
Hsendel avait les torys pour protecteurs et Bo-
noncini les whigs. La querelle devint si vive, que
l'on fut obligé de convenir, pour y mettre un
terme, que Hœndel, Bononcini, et AttilioAriosti,
qui avait aussi ses partisans, composeraient un
opéra, dont ils feraient un acte chacun. On
choisit Muzio Scevola : Ariosti fit le premier
acte , Bononcini le second et Hœndel le troisième.
La victoire resta à celui-ci; non que le chant de
Bononcini ne fût plus suave, plus gracieux que
celui de Haendel; mais l'un n'était qu'un imita-
teur de la manière de Scarlatti , et l'autre avait
un génie créateur. Le triomphe de Hœndel ne
laissa cependant point son rival sans considéra-
tion, car ses ouvrages continuèrent à être ap-
plaudis, et le duc de Mariborough lui conserva
sa protection. Malheureusement, il perdit ce Mé-
cène peu de temps après. On le chargea de com-
poser l'Antienne pour les funérailles du duc, ce
qu'il exécuta sur les paroles «■ When Saul was
king over Israël. » Ce morceau a été gravé en
partition sous ce titre : Funeral Anthem for
John Duke of Mariborough j Londres, 1722.
La comtesse de Godolphin, qui, après la mort
de son père, devint duchesse de Mariborough, prit
(I) OEuvres complètes, nouvelle édlllon , Berlin, 1846,
toni. Il, p. 232. Manrs et cotUumcs des princes de la dj»-
iiastie des Hoheniollern.
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BONONCINI
Bononcini dans su maison, lui fit une pension
de 500 livres sterling;, et donna chez elle des con-
certs où l'on n'exécutait que de la musique de son
maître favori. Bononcini eut alors tout le loisir
nécessaire pour suivre ses travaux , el ce (ut chez
la duchesse de Marlboiongh qu'il coni[)osa lous
ses opéras ainsi qu'un recueil de Irios pour deux
violons et basse, qu'il publia sous ce titre ;
Twelve Sonatas or chambcr airs fortwomolins
and a bass; Londres, 1732. Il avait précé<lem-
ment fait imprimer deux recueils intitulés : —
1° Cantate e Duetli , dedical't alla sacra Maestà
di Giorgio re délia Gran Britagna; Londres,
1721, in-4o, obi. Toutes les pièces contenues dans
ce recueil sont du meilleur style, et peuvent sou-
tenir la comparaison avec les duos de Hœndel. — 2»
Diverlimenti di caméra , tradotli pel cem-
balo daquelli compost i pel violirso, ojlauto, de-
dicati ait' eccellenz-a del dieca de Uulland;
Londies, 1722. Bononcini avait vécu dans l'ai-
sance au milicli de la famille de la duchesse de
Mariborougli , qui lui conservait toujours se«
bontés, malgré son caractèreliautain et impérieux ;
mais une circonstance imprévue et peu honorable
pour lui le priva de cette illustre protection.
Au commencement de 1731 , un des membres
de l'académie de la musique ancienne reçut de
Yenise une collection de madrigaux et de can-
tates , imprimée sous le nom d'Antoine Lotli.
Un de ces morceaux , qui fut exécuté , avait été
produit, quatreans auparavant, comme une com-
position de Bononcini. Celui ci ayant été informé
de cet incident, écrivit aux membres de l'aca-
démie, accusant Lotti de plagiat, et afiirmant qu'il
avait composé ce morceau trente ans auparavant
par ordre de l'em|jereur Léopold. D'après cette
lettre, le secrétaire de l'académie envoya à Lotti
ta réclamation de Bononcini , afin d'avoir des
ëclaircissemenls sur cette alfaire. La réponse de
Lolti contenait une déclaration formelle que l'ou-
vrage dont il s'agissait était réellement de sa com-
position. Il ajoutait qu'il en avait remis une copie
à Ziani , maître de chapelle de l'empereur, long-
temps avant qu'il eût été ptiblié , et qu'il ne com-
prenait pas que Bononcini, si rkbede son propre
fonds, voulût s'approprier son ouvrage. Il joi-
gnità sa lettre une attestation de Vahbé Pariati ,
auteurdes paroles. D'antres renseignenïents, venus
de Vienne, confirmèrent l'assertation de L&tti,
rt couvrirent de honte son antagoniste. L'affaire
fût rendue |)ublique par l'impression des pièces
de cette dispute sous ce titre : Letters from the
Academy qf ancient Mvsic in London, to
Signor Antonio Lotti of Venice, ivitli his ans-
wers and ■tcstimonies ; Londres, 1732, in-8", et
Booonciai penlit par là une grande partie de la
considération dont il jouissait. Ses affaires com-
mençaient à se déranger, lorsqu'en 1733, un in-
trigant, connu dans le monde sous le nom de
comte L'ghi, lui persuada qu'il avait le secret de
faire de l'or. Bononcini consentit à s'associer à la
fortune de cet imposteur, et quitta l'Angleterre
avec lui. Mais l'illusion fut de coitrtc durée, et
notre compositeur, quoique déjà vieux, fut obligé
d'avoir recours à son talent pour subsister. Peu
d'années après son départ de l'Angleterre , il vint
à Paris, et composa pour la chapelle royale un
motet, dans lequel se trouve un accompagnement
de violoncelle qu'il joua lui-môme devant le roi.
Après le traité de paix d'Aix-la-Chapelle, il fut
appelé à Vienne par l'empereur, afin de composer
la musique pour les fêtes qui eurent lieu à cette
occasion : il reçut pour récompense un cadeau
de 800 ducats des mains de l'empereur. Ceci se
passait en 1748 : il avait alors soixante-seize ans.
Bientôt après, il partit pour Venise, avecMonticelli,
ancien chanteur de l'Opéra de Londres. H y fut
employé comme compositeur du théàtre,|et y tra-
vaillait encore à l'ài^e de quatre-vingts ans. On
ignore l'époque de sa mort. Son portrait a été
gravé à Londres, in-folio, par Simpson ; Hawkins
en a donné une copie dans le 5' volume de son
Histoire <le la musique, p. 274. Outre les com-
positions gravées dont il a été parlé ci-dessus, on
a aussi de lui le motet composé pour la chapelle
du roi, avec accompagnemenf de violoncelle;
Paris, 1740. Parmi les premières compositions
de Bononcini qui précédèrent son départ de Bo-
logne, on remarque: l°S«n/o)iiea5, 0, 7 c istro-
menti con alciine a zcna e due trombe servendo
ancoraper Vtolini,op.2^; Bologne, 1685. — 2"*
Sinfonie a tre stromenti col'basso per organo,
o/).3^ibid., 1686. — "iP Sinfonie a più stromenti,
op. 5; ibid., 1687. — 4" Sinfonie a due stro-
menti, Violino e Violoncello , op. 6 ; ibid. 1687.
— 3°' Missa brevis octo vocibus, op. 7; ibid., 1688.
— c" Misse IV a otto i-oej, op. 8; ibid. — 7" Duelt't
da caméra, op. 9; ibid., lG9i.
On a imprimé de cet artiste, outre les ouvrages
cités précédemment : 1" Suites de pièces pour le
clavecin ; Londres (s. d.). — 2" Most celebrated..
airs in the Opéra of Asiianax ; ibid. — 3° As-
tarte, opéra, en partition. — 4° Griselda,
opéra, en partition. — 5° Songsin the opéra of
Cainilla^ ihk]. Parmi les manuscrits de musique
delà Bibliothèque ducale de Modène, on trouve
l'oratorio intitulé /^Gw^wè, dédié par Bononcini
au duc François II en 1688, // Pastar disperato,
cantate, et XII Truttenimenfi da cannera. Je
possède une copie ancienne de l'oratorio deJosué,
BONO^H]liM (Antoine), nommé aussi quel-
quefois marc- Antoine, frère du préccdeiU et cont
BONONCmi — BONTEMPl
23
positeur distingué, naquit à Modèue vers 1675.
Il entra au service de son prince au mois dedé-
cembrel721, en qualité de maître de chapelle de la
cour, et mourut le 8 juillet 1726, ainsi qu'on le
voit dans les livres des archives de la chambre
ducale. Pendant plus de quinze ans il écrivit pour
les théâtres de l'Italie. En 1706, il donna à Ve-
nise Z,a Regina creduta Re, qui obtint un bril-
lant succès. Ses autres opéras connus sont /'/!■-
tcoclco ; Il Turno Aricino ; Il Cajo Gracco ; Il
Tigrane Re d'Aromenia, L'Astianatte, et La
Griselda, dont la partition est à la bibliothèque
royale de Berlin , sous le nom de Marc-Antoine
Bononcini. On connaît aussi de ce compositeur
La Decollazione di S. Giambattista, cl une can-
tate pour la Nativité. Le P. Martini avait la plus
grande estime pour cet artiste, et a dit de lui :
H fit entendre dans ses compositions un style
si élevé, si distingué par l'art et l'agrément,
qu'il s'est placé au-dessus de la plupart des
compositeurs au commencemen t de ce siècle, où
abondent cependant les hommes de mérite (l).
BOA'OI\ClI\I (DoMiMQt'E), musicien italien,
vivait à la cour de Lisbonne en 1737 : il avait
alors quatre-vingt-cinq ans. Il était vraisemblable-
ment de la même famille , et peut-être frère de
Jean-Marie.
BONORA. ( Ferdlwnd-Wilhelm) , amateur
et compositeur de musique, né en 1775 à Wei-
deman, dans la Silésie autrichienne, entra fort
jeunedans l'administration de la guerre, à Vienne.
En 1818, il fut nommé secrétaire du gouverneur
militaire, référendaire et directeur de la chan-
cellerie du royaume Lombardo-Vénitien,^à Pa-
doue. Il mourut dans cette ville, après une courte
maladie, le 26 mars 1825, à l'âge de cinquante
ans. Elève de Dittersdorf, Bonora cultiva avec
succès la composition dans la musique instru-
mentale, dans le style religieux, et composa même
trois opéras (Les Écuyers de Roland; La Lettre à
soi-même, et La Fée de la montagne de Neige,
qui n'ont pas été représentés. Au nombre de ses
ouvrages, on remarque une messe solonnelleavec
orchestre, dontle A'j/ne esta la bibliothèque im-
périale de Vienne, dans le fonds de Kiesewetter,
ainsi que six psaumes pour voix de basse sur la
traduction de Moses Mendeissolin , et six autres
pour ténor et basse.
BO\TORTI (François-Antoine), amateur de
musique et conseiller aulique de l'empereur d'Au-
triche, naquit à Trente, vers 1660. Son premier
œuvre, composé de sonates pour deux violons
et basse, a paru à Venise, en 169G, in-4°. U aélé
suivi de -.lo Sei sonate a due violini, violoncello
(1) Fcce senlire nelle sue composizioni uiio stilo cosi .
ricvato, cosi artIOcioso c dUettevole, clic si rcsc distinto
e continuo, op. 2. —3° Sei motetti a soprano
solo,con due violini, op. 3; Venise, 1702. —4"
Sonate da caméra a tre, op. 4. — 5° Idem.,
op. 6. — 6" X Partite a violino solo e con-
tinuo, op. 7. —10 Le Triomphe de la grande
Alliance, consistant en 100 menuets pour violon
et basse, op. 8. — ■i," Balletli a violino soloe
continuo, op. 9. — 9" Invenzioni, o Dieci
partite a violino e continuo, op. 10; Trente,
1714. — 10° Concerna quattro, due violini,
viola e basso, con violone dirin/orzo, op. il;
Trente. — 1 lo Dodici concertini e serenate, cou
arie variaie, Siciliane, Recitativi e chiuse a
violino e violoncello o cembalo ; Augsbourg,
1741. C'est une réimpression. Gerbcr a fait mal
à propos deux articles de Bonporti et de Buon-
porli.
BONTEMPI ou BONTEMPO (Alexan-
dre), compositeur italien qui vivait vers la fin du
seizième siècle, ou au commencement du dix -sep-
tième, est connu parla collection publiée par
J -B. Bonomelti , sous le titre de Parnassus mu-
sictis Ferdinaiïdxus ;\enhe, 1015. Ouy trouve
quelques motets de cet Alex. Bontempi.
BONTEMPI (Jean-André), surnommé An-
gelini, fut chanteur, compositeur et écrivain
didactique sur la musique. Il naquit à Pérouse,
vers 1630, et fut élève de Virgile Mazzocclii ,
maître de la chapelle du pape. Ses études étant
terminées, il obtint une place de maître de cha-
pelle dans une des églises de Rome, sous le pon-
tifical d'Urbain VIII. De là, il alla à Venise,
où il remplit les mêmes fonctions pendant quel-
que temps , et enitn il passa au service de Chré-
tien Ernest , margrave de Brandebourg , et com-
posa, pour les noces dece prince, IIP aride (imi),
le premier opéra qui ait été entendu dans ce
pays. Il devint ensuite directeur de la musique
de l'électeur de Saxe, Jean-Georges II, et oc-
cupa cette place pendant plus de trente ans.
Outre ses talents en musique, il possédait beau-
coup d'instruction , et écrivait purement en
latin et dans sa langue. U publia en 1672 un livre
intitulé : Istoria delta Ribellione d'Unghcria,
in-12, qu'il pré.senta à l'électeur, et dont ce prince
fut si satisfait, qu'il le chargea d'écrire l'histoire
de l'origine de la maison de Saxe en italien ; mais
l'électeur mourut avant que le livre fût achevé,
et Bontempi retourna à Pérouse en 1694. Il y
vivait encore en 1697. Les ouvrages les plus
connus de ce maître sont : — 1" Aora quatuor
vocibus componendi methodus , qua musicae
plane nescius ad compositionem accedere po-
iest; Dresde, 16G0, in-4°. Cet ouvrage est une
sopralamaggiorpartede'compositori sulprinciplo dcl pré-
sente sccoly , tutto che abbomlanle d'uoniinl insigni.
24
BOISTEMPI — BOQUET
méthode abrégée de composition par une sorte
de procédé mécanique. — 2" Il Paride , opéra
musicale , dedicata aile ser. Altezze Chris-
iiano Ernesto, Margr. dï Brandoburgo, e Erd-
mude Sofia, Principessa di Sassonia , nella
celebrazione délie loro Nozze, Dresde, 1C62,
in-fol., 194 pages. On voit par la préface que
Bontempi en avait fait les paroles et la musique.
Mattlieson a fart l'éloge de cet opéra dans sa Cri-
tica Musica, t. I, p. 20. — 3° Oratorio sur l'his-
toire et le martyre de St-Émilien, évoque de Trê-
ves. — ^''Truclahisinquo demonstrantur oc-
cultas convenientix sonorum stjstematis parti-
cipati ; Bologne, 1690. Cet ouvrage a été inconnu
à tous les bibiiogaphes : l'abbé Baini est le
premier qui Tait cité dans ses Mémoires histo-
riques sur Jean Pierluigi de Palestrina (note 497).
5° Jstoria musica nella quale si ha piena
cognizione délia teoria e délia prattica an-
tica délia vucsica armonica ; Pérouse , 1695,
in-folio. C'est un livre intéressant pour de cer-
taines choses relatives à la musique du temps où
l'auteur écrivait. Bontempi y examine cette ques-
tion, si souvent controversée, 5 i Zf 5 anciens ont
connu et pratiqué l'harmonie ; il se prononce
pour la négative (1). Son histoire de l'origine des
Saxons a paru àPérouseen 1697,in-12.
BOIXTEMPO (J.-D.), habile pianiste, né à
Lisbonne en 17Sl,vints'étahlir à Paris vers 1806,
et se livra à l'enseignement du piano. Quelques
années après, il quitta cette ville pour se rendre
à Londres; mais le climat de l'Angleterre ne con-
venant point à sa santé, il revint à Paris en 1818,
et s'y fit entendre dans quelques concerts. Deux
ans après il quitta définitivement la France pour
retourner en Portugal, où il s'est fixé. En 1820,
il avait écrit vingt-deux œuvres pour son instru-
ment, parmi lesquels on remarque deux concertos
avec orchestre, des sonates, œuvres 1 et 6, plu-
sieurs fantaisies et airs variés. Ses variations sur
le fandango ont eu beaucoup de succès. Il a
publié aussi une Messe de Requiem à quatre
voix, avec orchestre , œuvre 2.1; Paris, Leduc,
1819. C'est un ouvrage bien fait. De retour à
Lisbonne , Bontempo s'est livré à l'enseignement
du piano. 11 y a écrit beaucoup de musique
d'église, dans laquelle on remarque ses Matines
et Répons des morts qui furent exécutés , le
21 mars 1822, dans l'église des Dominicains, à
Lisbonne, en commémoration de la mort de la
reine, mère de Don Pedro, décédée à Rio de
Janeiro, en 1816. Précédemment il avait aussi
fait exécuter dans la môme église (juillet 1821)
(1| Voyez mon Mémoire nir l'harmonie simultanée des
smis chez les Crées et les Romains , etc. l'aris , Aubry,
tftS», 1 Yol. in 4=.
une messe solennelle de sa composition, avec
chœur et orchestre, pour la fête inaugurale de la
constitution. Après l'entrée triomphante de don
Pedro à Lisbonne, Bontempo fut nommé maître
de chapelle de la cour. Il est mort dans cette po-
sition, en 1847.
BOOM ( Jean VAN ), flûtiste distingué et com-
positeur pour son instrument, est né à Rotterdam,
en 1773. Les renseignements que j'ai pu me pro-
curer sur la vie de cet artiste se réduisent à peu
de chose. Je sais seulement qu'à l'époque où le
frère de l'empereur Napoléon devint roi de Hol-
lande, Boom fut nommé membre de la chapelle
royale, et qu'il conserva cette place jusqu'à l'é-
poque de la réunion de la Hollande à la l'rance.
H se fixa alors à Utrecht; puis il fit un voyage en
Allemagne pendant les années I8i)9 et 1810; par-
tout il recueillit des témoignages d'admiration
pour son talent. Le nombre de morceaux pour
son instrument qu'il a publiés s'élève à près de
quarante œuvres. Le premier de ses ouvrages est
une sonate pour piano et flûte qui parut chez
Plattner à Rotterdam. Parmi ses autres compo-
sitions, on remarque : — l" Polonaise pour flûte
et orchestre, op. 4; Rotterdam, Plattner. — 2°
Romance (Partant pour la Syrie), idem., op. 1 1 ;
ibid. — 3" Air Tyrolien {Wann iinderFruh)
varié, op. 16; ibid. — 4" Fantaisie et variations
(Le Borysthène), op. 33; Mayence, Schotf. — b°
Air varié avec quatuor ou guitare, op. 5; Rotter-
dam, Plattner. — 6° Duos pour deux ttûles, œuvres
6, 17; ibid. — 7° Airs variés pour deux flûtes
concertantes, op. 34 ; Mayence, Schott, — 8° Trois
Rondeaux pour deux flûtes; Amsterdam, Steup.
— 9° Plusieurs thèmes variés poivr flûte et gui-
tare , op. 2 , 12 et 19. — 10° Andante varié pour
flûte et piano, op. 3.
BOOM (Jean Van), fils du précédent, com-
positeur et pianiste, né à Utrecht, en 1808,
a fait un voyage en Danemark et en Suède
pendant les années 1846 et 1847, puis s'est
établi à Hambourg, où il a publié la plupart de
ses ouvrages. Ses compositions les plus im-
portantes sont : r Quatuor pour piano, violon,
alto et violoncelle, op. 6; Hambourg, Schu-
berth. —T 1" Grand Trio pour piano, violon,
et violoncelle, op. 14 ; ibid. — 3° Introduction et
variations sur un thème original pour piano seul,
op. 7; ibid. — 4° Fantaisie de couronnement sur
des airs suédois ; ibid. Van Boom a publié aussi
beaucoup de compositions légères, des polkas
de salon, etc.
BOQUET (Jacques) ou BOUCQUET,fut
à la fois organiste de Marguerite d'Autriche, gou-
vernante des Pays-Bas, et de la chapelle de
Charlcs-Quiat (suivant le registre n" 1805 de là
BOQUET — BORDE
25
Chambre des Comptes, aux archives du royaume
de Belgique). Il vivait en 1530. On lit aussi au
registre F 214 de la Ciiambre des Comptes ( Ar-
chives du dépatteuient du Nord, à Lille) : « A
« maistre Jaciues Boquet, organiste de la chap-
« pelle de l'Empereur, XVIIJ livres, pour le
« portaige des orgues de la chappelle, de Gand
« à Malines , de la court au dict Malines à i'é-
« glise Saint-Pierre, par plusieurs fois, de Malines
« à Anvers , pour les remectre à point ( les ré-
« parer) ; d'Anvers à Bruxelles ; de là à Cambray,
« et de Cambray à Bruxelles (janvier 1529 —
1530, n. st.). » On voit par là que les orgues
étaient rares au commencement du seizième
siècle, et que celles de la cour des Pays-Bas de-
vaient être fort petites, pour être ainsi et si fré-
quemment transportées à de longues distances.
Beaucoup d'églises en étaient alors dépourvues.
On ne connaît pas de compositions de Boquet ;
cependant il a dû en écrire, puisqu'il avait le titre
de Maistre, c'est-à-dire maitre-ès-arts , qui ne
se donnait aux musiciens qu'après avoir fait ce
qu'on appelait le chef-d'œuvre, lequel consistait
en une messe ou un motet à 4, 5 , 6 ou 8 voix ,
sur un chant donné ; enfin , il dut être artiste de
mérite , puisqu'il fut organiste de la cour des
Pays-Bas à une époque où vivaient dans ce pays
beaucoup de musiciens de premier ordre.
BORA.CCHI (Charles-Antoine), timbalier
du théâtre de La Scala, à Milan, est né à Monza ,
près de celte ville, dans les premières années du
dix-neuvièmesiècle. Cet artiste s'est fait connaître
par l'invention d'une timbale mécanique destinée à
changer de ton avec une rapidité égale à une se-
conde environ : il a donné la description de cette
timbale dans un petit ouvrage qu'il a publié sous
ce titre : Manuale del Tbnpanista; Milan, Pi-
rola, 1842, gr. in-12 de 25 pages avec des exem-
ples notés et la figure de l'instrument. Le méca-
nisme de la timbale de Boracchi est extérieur : il a
pour objetde changer l'accord par une seule opéra-
tion, laquelle consiste à serrer ou relâcher les cer-
cles de la timbale, pour tendre ou relâcher la peau,
par le moyen d'un levier placé à la partie inférieure
de l'appareil , et qui communique aux cercles par
des barres latérales, lesquelles s'abaissent ou re-
montent sous rinlluence de la vis qui fait agir
le levier. Cette innovation n'a pas eu plus de succès
que beaucoup d'autres essais faits en France,
en Allemagne et en Hollande pour le même but,
ou pour donner instantanément aux. timbales
l'échelle cbromatique. {Voij. Darche, Gautrot,
LaBBAÏE , ElBLINGER , HUDLER , STUMPFF et TeM-
PELN. )
BORCnGUEVL\CIÎ (MELCHiœ), organiste
de la cour du roi de Danemark, et coD>positeur
estimé, vivait au commencement du dix-septième
siècle. Il a publié une ample collection de madri-
gaux à cinq voix de divers auteurs et de sa compo-
sition, sous ce titre: Giardino tiuovo beUmimo
di vari fiuri musicali sceUisshni, il primo libro
demadrigaliacinque voci; Copenhague, 1C05,
\n-'t°.— Il seconda libro ; ibid., 1006, in-4». Les
auteurs dont on trouve des pièces dans ce recueil
sont : Cl. Monteverde, Leo-Leoni, Civ, Casati,
Christ. Rubiconi, Sal.Rossi.Marsil. Santini, Sim.
Molinaro, GiachesdeWcrt,Gio. Croce,Gio. Bern.
Colombi, Gab. Fattorini, Franc. Bianciardi,
Melch. Borcbgrevinck , Gio. Le Sueur, Ben.
Pallavicino, Gio. Vinc. Palma, D. Piet. Mar.
Marsolo, Gio. Fontana, Agost. Agresta, Fr-
Spongia, P.-P. Quartiero, Hipp. Sabino. Curt.
Valcampi, Nie. Giston , Curt. Mancini, Gio. Piet.
Gallo.
BORDE (Jean-Batiste LA), jésuite, qui, à la
suppression de son ordre en France, devint curé
de la Collancelle en Nivernais , où il mourut en
1777. Il a publié : Le clavecin électrique, avec
îine nouvelle théorie dumécanisme et des phé-
nomènes de V électricité ; Paris, 1761, in-12,
176 pages. C'est la description d'un instrument
de son invention , composé d'un clavier, dont
chaque touche a un timbre correspondant ; le cla-
vier fait mouvoir des verges qui ne frappent
les timbres qu'au moyen de la communication
du fluide électrique. C'est une rêverie sans
utilité. Voyez \e Journal des Savants, I759,
p. 193, et octobre, p. 432.
BORDE (Jean-Benjamin de LA), né à Paris,
le 5 septembre 1734, d'une famille très-riche,
reçut une éduoation plus brillante que solide.
Il eut Dauvergne pour maître de violon, et Ra-
meau lui enseigna la composition. Destiné à
la finance , il préféra d'abord de s'attacher à la
cour; il devint premier valet de chambre de
Louis XV, et son favori. Par la faveur de son
maître, il entra dans la compagnie des fermiers
généraux ; mais, par suite de ses prodigalités, de ses
fréquents voyages et de sa facilité à se jeter dans les
entreprises les plus hasardeuses, il fut plus d'une
fois sur le point d'être ruiné; cependant la faveur
du roi et son génie fécond en ressources par-
vinrent toujours à le soutenir. « Plus j'ai d'af-
« faires, disait-il, et plus je suis à mon aise. Je
« me suis couché plusieurs fois n'ayant rien pour
« payer le montant énorme des billets qui de-
« valent m'être présentés le lendemain ; il me
« venait, avant de m'éndormir, ou même pen-
« dantmon sommeil, une idée qui me frappait;
« je sortais le lendemain de grand matin, et mes
« billets se trouvaient acquittés dans le jour. » A
la mort de Louis XV, il quitta la cour, se maria,
26
BORDE — BORDEWAVE
et trouvant le bonheur auprès de la femme qu'il
avait épousée, il prit un genre de vie plus tran-
(juille et plus ré^lé. Il rentra dans la compagnie
(les fermiers généraux, qu'il avait quittée quel-
que temps auparavant, et se livra à des études de
plusieurs espèces. La révolution ayant anéanti
une partie de sa fortune, il se retira en Normandie
pour y vivre avec économie, et se soustraire aux
poursuites des révolutionnaires; mais sa retraite
ayant été découverte, il fut arrêté , ramené à
Paris, et mis en prison. Malgré les conseils de
ses amis, il eut l'imprudence de presser son ju-
gement, et périt sur l'échafaud le 4 tlicrnu'dor
an H (22 juillet 1794), cinq jours avant la chute
de Kobespiene.
La Borde débuta dans la carrière des arts par
la musique de quelques opéras-comiques; le pre-
mier fut : Gilles garçon peintre, représenté en
1758 ; il fut suivi des Trois Déesses rivales ; d'/s-
mène et Isménias, ou la Fête de Jupiier, pas-
torale en trois actes, de Laujon, en 1703 et 1770;
d'Annette et Lîibin, de Marmoutel ; iVAmp/rion,
delà Cinquantaine, de VAmadis, de Quinault,
et de beaucoup d'autres moins connus. Il a fait
en société avec lîerton la musique d'Adèle de
Pont/lieu , de Saint-Marc, qui, quelques années
après, fit refaire la musique de cet opéra par Pic-
cinni. Par suite d'un défi, La Borde mit un jour
en musique un privilège de librairie; ce morceau
singulier a été gravé. La Borde aimait beaucoup
sa musique, et avouait naïvement qu'aucune autre
ne lui taisait autant de plaisir : elle est cependant
fortmcdiocre, et aussi mal écrite quetout ce qu'on
faisait alors en France. Cependant il a fait quel-
ques chansons qui ont du naturel ; on remarque
entres autres celle qui commence par ces mots :
Vois-tu ces coteaux se noircir? celle qui a pour
refrain V Amour me fait, belle brunette, et
Jupiter un jour en fureur. La Borde a publié
avec beaucoup de luxe un Choix de Chansons
mises en musique à quatre parties; Paris,
1773, 4v.in-S''. L'harmonie en est fort mauvaise.
On y trouve un grand nombre de gravures, dont
l'exécution est aussi belle que le goût en est faux.
Grimni a saisi toutes les occasions d* maltraiter
la musique de La Borde, dans sa correspondance
littéraire; elle est, en effet, bien plate et bien
mausade.
L'ouvrage par lequel La Borde s'est fait con-
naître aux musiciens est son Essai stir la Mu-
sique ancienne et moderne; Paris, 1780, 4 vol.
in-4°. Ce livre, établi a'vec des frais énormes,
est un chef-d'œuvre d'ignorance, de désordre et
d'incurie. L'auteur employa pour faire cette com-
pilation, où l'on a réuni les éléments les plus
liétérogèncs, des jeunes gens de peud'instruction,
au nombre desquels étaient un des frères Bêche,
qui lui a fourni les meilleures notes, ou des pé-
dants â faux systèmes, tels que l'abbé Roussier, à
qui l'on attribue tout ce qui s'y trouve sur la
théorie. La Borde fit succédera cet essai un Mé-
moire sur les pi-opor lions musicales, legenreen-
harmonique des Grecs et celui des modernes,
avec les observations de 31. Vandermonde ,
et des remarques de l'abbé Roussier, supplé-
ment à V Essai sur la Musique; Paris, 1781,
in-4° de 70 pages. Enfin, on connaît encore de
cet auteur : Mémoires historiques sur Raoul
de Coucij , avec un recueil de ses chansons en
vieux langage, et la traduction de Vancienne
musique; Paris, 1781, un vol. in 8° ou 2 vol.
in- 18. Le travail publié sur ce sujet par M. Fran-
j cisque Michel et par Perne est bien préférable.
j De La Borde est aussi auteur ou compilateur de
! beaucoup d'auties livres qui ne concernent pas
i la musique, et sur lesquels on peut consulter
; les Biographies générales, ainsi qu'ime Notice
I surJ.-B. de La Borde, par C. Mellinet;^aa-
! tes, 1839, in-8°.
j BORDENAVE ( Jean de ) , chanoine de
j Lescars, et grand vicaire d'Auch, vivait vers le
! milieu du dix-huitième siècle. Il a publié un
I livre intitulé : Des Églises cathédrales et col-
I Icginles , 1643, in-8". On y trouve (p. 534) un
j chapitre intéressant sur les orgues, sur la musi-
t que des enfants de chœur, et sur d'autres points
relatifs à la musique dans les églises de France.
BORDEMAVE (M. de ) ancien garde du
corps , puis officier dans l'armée de Condé pen-
dant les guerres de la P.évolulion, naquit à Orlliez,
dans leBéarn. Rentré en France sous le consulat
j de Bonaparte, il se retira dans une |)elite terre
j qu'il possédait sur les frontières de l'Espagne, et
, mil la dernière main à un poëniesur la musique
I qu'il avait commencé en r;98, ainsi qu'il nous
j l'apprend lui-même. Cet ouvrage a étépuhlié sous
ce litre : La Musique, poëme en quatre chants ;
Paris, Lenormant, 1811, in-S". L'auteur a gardé
l'anonyme; mais Barbier à découvert sou nom
et l'a indiqué dans la deuxième édition de son
Dictionnaire des Anonymes (T. II, p. 432). Sur
cette indication , j'ai obtenu de M. Lenormant,
imprimeur-libraire, les renseignements qu'on
vient de lire.
Le premier chant du poëme de Bordenave a
pour objet la musique en général et les jouis-
sances morales qu'elle procure. Le second chant
concerne la mélodie et l'harmonie ; le troisième,
les instruments ; le quatrième, l'Opéra. Les sou-
venirs de l'auteur, au temps de sa jeunesse, dé-
bordent dans ses vers. Il avait été témoin des
querelles des Gluciustes et des Piccinnistes. Gluck
BORDENAVE — BORETTI
27
est son dieu et Rameau sa loi. Toutes ses opi-
nions sont exprimées par ces deux vers :
l.k, iiié'lilelonKtemp'! lescciils de Ramcnu :
ITfiuls Gldck pour ton modèle, et pour juge Rousseau
BORDÈSE (Louis), compositeur, né à Xaples
en 181 j, a fait ses études musicales au Conserva-
toire de cette ville. Après quelques essais peu
importants pour les petits théâtres napolitains, il
écrivit pour Turin, en 1834, Zelimo e Zoraide
ossia il Califo ricnnoschito, opéra bouffe qui
«ut peu de succès. Arrivé à Paiis dans la même
année', il s'y livra à l'enseignement du chant.
Son premier essai pour la scène française lut le
petit opéra de La Mantille, jmié à l'Opéra-Co-
niiquecn 1837, et que la protection de la cour
n'empêcha pas de tomber. En 1840, il fit repré-
senter à rOpéra-Comique L'Automate de Vau-
canson, petit opéra en un acte dont la musique
parut faible.'Hans la même année il donna au
même théâtre avec Monpou (voij. ce nom) Jeantie
de \aples, en trois actes. En 1841, il alla écrire
à Turin un opéra qui tomba, et dont le tilrc est
ignoré. En 1842, il écrivit à Naples / Quiudici,
opéra représenté au théâtre Saint-Charles, mais
qui ne put se soutenir, quoiqu'il fi>t chanté par
Traschini, Colin! et M"' Ilallez. De retour à
Paris , il a donné à l'Opéra-Comique, en 1847 ,
Le Sultan Saladin, autre faible production qui
disparut bientôt du théâtre. Enfin, le 4 novembre
1848, il a fait jouer un acte intitulé Les Deux
Bambins, dont l'existence n'a pas été plus lon-
gue. Telle est la triste histoire des travaux de
M. Bordèse.
BORDET (....), flûtiste qui vivait à Paris
vers le milieu du dix-huitième siècle, a publié
un traité élémentaire de musique, sous ce titre :
Mt^thode raisonnée pour apprendre la musi-
que d'une façon plus claire et plus précise, à
laquelle on a joint r''lrndnn do in fjiifc tra-
versière, du violon, du pardessus de viole, de
la vielle et de la musette, etc.; Paris, 1755,
in-4o. Liv. 1, 2 et3. Ou a aussi de sa composition
deux grands concertos pour flûte.
BORDIER (Louis-Charles), abbé, maître de
musique des Innocents, à Paris, est mort eu 1764.
Il s'est fait connaître par la publication d'une
Nouvelle Méthode de Musique pratique, à
l'usage de ceux qui veulent chanter et lire la
musique coynme elle est écrite ;PArh, I7G0. Une
nouvelle édition a paru, enl"Sl,sons lelitrede:
Mé/hndf pour la Voix; Paris, Deslauriers, édi-
tion gravée. Cet ouvrage était estimé de son temps.
On a imprimé après la mort de Bordier un Traité
de Composition; Huct, 1770, in-4°, gravé, de 80
pages. Ce livre est basé sur les principes de la
I basse fondamentale, que l'auteur ne parait pas
I avoir bien compris.
j BORDOGNI (Marc), chnnteurct professeur
de chant, né à Bergame on 1788, mort à Paris
le 31 juillet 18bG , a fait ses études musicales sous
; la direction du maître de chapelle Simon Mayr.
[ En 18(3, il chanta au théâtre lie de Milan, avec
Caroline Bassi (Milanaise) dans le Tancredi de
Rossini ; cet ouvrage était alors dans sa nouveauté.
i 11 reparut ensuite dans la même ville, pendant i>Ju-
sieurs saisons , au théâtre Curcano, dans les
années 1814 et 1815. Après avoir parcouru
I quelques autres villns d'Italie, Bordogni fut
' engagé au théâtre italien de Paris en 1819,
■ conmie premier ténor: depuis cette époque , il
ne s'est plus éloigné de la capitale de la France.
En 1833, il a quitté le théâtre pour se livrer à
l'enseignement. La voix de cet artiste n'était
pas d'un volume considérable; sou action dra-
matique était dépourvue de verve et de force ;
mais sa vocalisation était fort bonne, et il chan-
tait avec goût la musique de demi-caractère.
Comme professeurde chant, il a tenu à Paris une
place distinguée. Admis au Conservatoire en cette
qualité dans l'année 1820, les fatigues du théâtre
l'obligèrent à demander sa retraite en 1823; mais
quel((ues années après il rentra dans cette école,
où il a continué son enseignement pendant plus
de trente ans. 11 était chevalier de la Légion
d'honneur et de plusieurs autres ordres.
Bordogni a publié à Paris: t" Trente-six vocalises
pour voix de soprano ou de ténor, première et
deuxième suites. 11 a été publié plusieurs éditions
de cet ouvrage utile, à Paris, Milan, Berlin et à
Leipsick. — 1° trente-six vocalises pour basse;
ibid. — 3° douze vocalises pour bariton , compo-
sées dans le goût moderne; premier et deuxième
livres; ibid. — 4° douze nouvelles vocalises pour
contralto ou mezzo-soprano, idem ; 4™' livre de
vnrn lises en 2 suites; ihid, — li" douze nou-
velles vocalises, dont six avec paroles italifii-
nes ; ibid. — 6° douze nouvelles vocalises à deux
voix Dour soprano et mezzo soprano; ibid.
M"" Louise Bordogni, liile de l'artiste dont il
vient d'être parlé, épousa le bassoniste Willenf
{voy. ce nom), et chanta avec succès à New-York
eu 1834, à Messiiifr et à Naples, pendant les an-
nées 1836 et 1837, puis fut professeur de chant à
Bruxelles jusqu'en 1848. Elle est morte en Italie
vers 18.55.
RORDOXl (Faustine). roy.IUssE (M™*).
BORETTI (Jean-André ),maîtredo chapelle
de la cour de Parme, et compositeur dramatique,
naquit à Rome vers 1640. On a de lui quelques
opéras sérieux, entre autres : — 1° ZenobiOf
en iGGf'. — 2" Mcssandro atnante,ea 1607,—
28
BORETTI — BORGOGNINI
3" lîliogabale, 1G68. —4° Marcello in Sira-
cusa. 1670. — 5° Ercole in Tebe, 1671. — 6»
Claudio Cesare , 1072. — 7° Domiziano. 1673.
— %" Dario in Babilonia, 1671.
BORGATTA (Emm\nuel), compositeur et
pianiste, né à Gênes vers 1810, commença à se
faire connaître par des concerts qu'il donna dans
sa Tille natale en 1832, puis à Milan au mois de
mai 1833. Ses premières compositions furent : —
1" Une sonate pour piano seul; Milan, Ricordi.
— 2° Une cadence capricieuse (en mi) pour le
même instrument; ibid.— 3° Des variations sur
les thèmes de la Slraniera et de Lucrèce Borgia ;
ibid. — 4° Des romances italiennes; ibid. M. Bor-
gatta s'est établi à Gênes, comme professeur de
piano. Au mois de novembre 1835, il y a fait re-
présenter l'opéra de sa composition intitulé : Il
Quadromaniaco ; en 1837, il y a donné Fran-
cesca di Rimini, drame lyrique en trois actes.
Ces ouvrages furent clialeurcusemcnt applau-
dis par les concitoyens du compositeur.
BORGIIÈSE (AntoineD.R.), compositeur,
né à Rome, vint à Paris vers 1777, et y fit im-
primer, en 1780, un recueil de sonates de piano
avec accompagnement de violon obligé, op. 2 ,
et des duos de violon. En 1787, il fit représenter
au théâtre des Beaujolais un petit opéra intitulé :
La Bazoche. On a joué aussi sur les théâtres
d'Allemagne un autre opéra en un acte sous ce
titre : Der unvermuthete gltickliche Augenblick
(Le bonheur imprévu). Le Calendrier musical
universel pour l'année 1788 attribue au même
artiste un Traité de composition, mais sans en
indiquer le titre exactement, et sans faire connaître
s'il est imprimé. Enfin, on a àtXmVArt musical
ramené à ses vrais principes, ou Lettre de D.
R. Borghèse à Julie, Paris, 1786, in-8°.
BORGHI (Jean-Baptiste), néà Orviette,vers
1740 , fut maître de chapelle à Notre-Dame de
Loretle en 1770. On connaît de lui les opéras dont
les titres suivent : — 1° Ciro riconosciuto , qui
tomba à Venise, en 1771. Il avait donné précé-
demment : — 2° Alessandro in Armenia, 1768.
En 1773, il écrivit : — 3" Ricimero. — 4° La
Donna instabile, 1776. — h" Artaserse,\116.
— 6° Eumene, 1778. — T Piramo e Tisbe, à
Florence, en 1783. — 8° VOlimpiade, à Flo-
rence, en 1785. — 9° La morte di Semir ami de,
à Milan , en 1791. La musique de ce composi-
teur était estimée de son temps. Il a écrit aussi
pour l'église, et l'on connaît de sa com|)osition
en ce genre : — 1° Deux messes à quatre voix
avec orchestre. — 2° Dixitk quatre voix. — 3°
Laudate à 5. — 4° Domine à 5. — 5° Lamen-
tazione per il Giovedi Santo, pour voix de
basse et orchestre. — 6° Deux litanies à quatre
voix, une autre à 2 chœurs avec orchestre. En
1797, Borghi fit un voyage à Vienne, s'y arrêta
pendant près d'une année pour faire représenter
sa Semiramide, puis se rendit en Russie, d'où
il revint dans .sa patrie en 1800. Après cette,
époque, les renseignements manquent sursa per-
sonne et ses travaux.
BORGHI (Louis), habile violoniste et com-
positeur, fut élève de Pugnani, et s'établit h Lon-
dres, vers 1780. H était premier des seconds vio-
lons à la célèbre exécution des oratorios qui eut
lieu à Londres, en 1784, en commémoration de
Haendel. Ses ouvrages consistent en Six sonates
pour le violon, avec basse, op. 1 ; Paris, in-fol.
— 2° Trois concertos pour le violon, avec accom-
pagnement, op. 21; Berlin, in-fol.— 3» Six solos
pour le violon, op. 3; Amsterdam, in-fol. — 4"
Six duos pour deux violons , op. 4. — 5» Six
idem, op. 5. — 6° Six idem pour violon et
alto, op. 6 ; Berlin. — 7° Six idem pour violon
et violoncelle, op. 7; Amsterdam. — 8° Six
simphonies à grand et petit orchestre; Paris,
Imbault. — 9° Six concertos pour violon prin-
cipal ; Paris, Imbault. — 10° Italian canzonets;
Londres, Broderip.
BORGIA (Ghégoire), organiste à Novarre,
dans la seconde moitié du seizième siècle, a fait
imprimer de sa composition: Canzoni spirituali.
Libro primo à 3, 4 e 5 voci; Torino, appresso
Bevilagno, 1580, in-4''.
BORGIAI\I (Dominique), compositeur de
l'École romaine, vécut vers le milieu du dix-sep-
tième siècle. On a imprimé de sa composition :
Sacri Concentus a bina usque quina voces,
ctim basso generali; Romœ, TypisLudov. Gri-
gnani, 1046.
BORGO (César), d'abord organiste à Ges-
sate(Lombardie) puis maître de chapellcde la ca-
thédrale de Milan, naquit dans cette ville, vers le
milieu du .seizième siècle. Il a fait imprimer desa
composition : — 1° Canzonette a trevoci; Ve-
nise, Ricciardo Amadino, 1584, in-4°. — 2"
Messe a otto voci; Milan, 1588. — 3° Canzoni
alla Francese a qualtro voci, lib. 2; Venise,
1599. — 4° Messe a otto voci ; Milan, 1614. Bo-
nomclti a placé quelques pièces de Borgo dans
son Parnassus musicus Ferdinandxus.
BORGO (Dominique), de Vérone, fut maître
dechapelle à Sffn^a-.1/ana-/lH^ica,decette ville,
vers 1620. On a imprimé de sa composition \m
recueil de pièces pour la semaine sainte , inti-
tulé : Lamentationi, Miserere et improperii a
Quattro voci pari, cou il basso per Vorgano; in
Venetia, Aless. Vincenti, 1622, in-4''.
BORGOG!\Il\I (D. Bernard), compositeur
dramatique qui vivait à Venise au commence-
BORGOGNINI — BORNIIARDT
29
menl du dix-Iiiiitiènic siècle, a donné au théâtre
de cette ville, en 1700, La Nicopoli.
BORGONDIO (>!'"'= Gentile), cantatrice,
liée à Brescia, en 1780, est issue d'une famille
noble. Son début dans la carrière tbéAtrale eut
lieu à iModènc. En 1815, elle passa à Muniob, et y
(il entendre, jiourla première fois, le Tancredi<\&
Rossini, elVKaliann in Algcrl du même maître.
Elle alla ensuite à Vienne, o-ùelle fut fort applau-
die: elle y chanta pendant trois ans. Devienne, elle
se rendit à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Elle se
fit entendre dans celte capitale six fois devant
l'empereur, et reçutde ses mains de riches présents;
mais il i)araît que le climat de ce pays altéra son
organe; car elle ciianta depuis lors à Paris et à
Londres, et toujours sans succès. Au reste, il se
peut que l'âge seul ait indue sur sa voix. En 1824 ,
lyjme Borgoudio étalit à Londres; en 1830, elle
chanta encore à Milan ; mais depuis lors elle n'a
plus paru en public, et l'on ignore où elle s'est
retirée.
ItOHIN (....). On a sous ce nom un livre in-
titulé : La Musique théorique H pratique dans
son ordre naturel avec l'art de la Danse ,
Paris, 1746. J'ignore quelle est la nature de cet
ouvrage.
IIORJOIV (Chaiu.es-Emmanijei.) , avocat au
parlement de Paris , amateur de musique et ha-
bile joueur de musette, na(iuit en 1033 à Pont-
de-Vaux, en Bresse. II mourut à Paris le 4 mai
1691. Borjon a publié beaucoup de livres de droit
et de jurisprudence dont on peut voir les titres
et le contenu dans la Biographie universelle
de MM. Michaud. 11 excellait à faire des décou-
pures sur vélin : Louis XIV en conservai! plusieurs
avec soin. On a de Borjon un livre qui a pour titre:
Traité de la Musette, avec une nouvelle méthode
pour apprendre de soy-mesme à jouer de cet
instrument Jacilement et en peu de temps ;
Lyon, JeanGirin, 1672, in-fol., avec des planches
qui représentent les détails de l'instrument, la
tablature et les airs recueillis par Borjon dans les
diverses provinces de France. C'est un très-bon
ouvrage en son genre. L'auteur de l'article Borjon
de la Biographie universelle de MM. Michaud
s'est trompé en indiquant 1674 pour la date de
l'impression de cet ouvrage. La Borde , le Dic-
tionnaire historique des Musiciens (Paris,
1810-1811), Forkel,Ferd. Becker, etLichtenthal
ont dénaturé le nom de ce musicien en l'écrivant
Bourgeon.
BORLASCA (Beknaiîdin), noble génois; de
la famille des Gavio , vécut au commencement
du dix-septième siècle. On connaît de sa compo-
sition — 1° Sckerzi musicali ecclesiastici sopra
lacanticaaS voci; Venise, Alex. Raverio, 1609,
in-4". — S^- Canzonetle «3 voci per cantar nel
Chitarone, Lira doppia, etc. Libre sccondn ;
Venezia, Aless. Vincenti , 1011. — 3° Fioretti
musicali leggiadri a tre voci; Venezia, 1031.
BORIVACIIVI (Joseph), compositeur, né à
Ancône vers 1810, a fait représenter à Venise,
en 1833, au théâtre S. Crisostomo, nn opéra
bouffe intitulé : Aver moglie epoco ; guïdarla è
molto. En 1834, il donna dans la même ville
Ida, opéra giocosa, et enfin, dans la môme an-
née : / due fncogniti. On a publié aussi do
même artiste des romances italiennes avec piano;
Milan, Ricordi; et une introduction avec des va-
riations pour le piano sur un thème de la Zelmira
de Rossini.
RORIVEMAI\!V( Wiuielm), membre de
l'Académie de chant à Berlin, a publié une des-
cription de l'organisation de celte société, de son
origine, de sa fondation et de ses progrès, sous ce
litre : DieZeltersche Liedertafel in Berlin, ihre
Entstehung , Stehung und Fortgan , nebst
einer Auswahl von Liedertafel-Gesangen und
Liedern ; Berlin, Decker, in-12.
RORIVET aîné, violoniste à l'Opéra, de 1768
à 1790, a publié à Paris, en 1788, une Méthode
de violon et de musique, dans laquelle on a
observé toutes les gradations nécessaires pour
apprendre les deux arts ensemble, suivie de
nouveaux airs d'opéras. Bornct a fait aussi pa-
raître un journal de violon, commencé en 1784,
etcontinué pendant les annéesl785-1788. En 1765,
il écrivit, pour la Comédie-Italienne, le ballet de
Daphniset Florise. Son frère, violoniste comme
lui, connu sous le nom de Bornet le Jeune, se
trouvait en 1797 à l'orchestre du Théâtre de la
Pantomime nationale, et passa ensuite à celui
de V Opéra Bvffa, où il était encore en 1807.
BORNIIARUT (J.-H.-C), professeur de
musique à Brunswick, est né dans cette ville,
en 1774. Également connu comme pianiste et
comme guitariste, cet artiste est considéré en
Allemagne comme un des compositeurs /es
plus laborieux de son temps : il doit surtout sa
réputation à son talent dans le genre de la ro-
mance et de la chanson. Parmi les ouvrages qu'il
a publiés, on remarque : — 1" Plusieurs suites de
duos pour deux violons; Bonn, Simrock, et Ham-
bourg, Cranz. — 2" Des diverlissemens, pots-
pourris, et airs variés en ttios pour guitare et
divers instrumenta,. œuvres 53, 130, 146, etc. —
30 Plusieurs œuvres de duos pour la guitare. —
4" Un grand nombre de thèmes variés pour
guitare seule. — 5° Des sonates pour piano avec
î llilte. — 6° De petites sonates et des pièces
î détachées pour piano à quatre mains.— 7° Des
' sonatines pour piano seul, œuvres 6 et 137. —
30
BORNHARDT — BORS€IHTZ[vI
8" Des exercices pour le même instrument. —
•9° Des variations, idem. — 10" Des écossaises, des
anglaises et lies valses, idem. — 1 1» Deux méthodes
pourlaguitare. — la^Unemétiiode pour le piano.
— 13" Environ vingt recueils de canons à plusieurs
voix et de duos avec accompagnement de piano.
. — 14° Les airs et ouvertures de plusieurs mélo-
drames et vaudevilles, entre autres de Arnold
de Halden et deZ« Laitière de Bercy 15° Une
très-grande quantité de romances, de chansons,
et de cantates à voix seule avec accompagnement
de piano. Plusieurs de ces morceaux ont obtenu
un brillant succès en Allemagne. Parmi ces pro-
ductions, on cite particulièreiuenf, La Lyre et
r£'jo^e,deKœrner, Odeàl Innocence, V Homme,
de Schiller, L'^d/eîf {Amanda, du iceinest!),
qu'on a comparéà V Adélaïde de Beethoven.
BOROiXI (Antoine). Voy. BunoNi.
BOROIVO(Ottavia.no), né à Parme versl590,
fut organiste de l'église principale de la commu-
nauté de Sassuolo. Il a fait imprimer de sa com-
position : Mottetti concertati a 1, 2, 3, e 4
voci percantare nelV orijano, iibro l°; in Ve-
nctia, App. Giac. Vincenti, 1617, 4 vol, in-A".
BOROSllXI (François), ténor excellent, né
à Bologne vers 1G95, lut un des premiers chan-
teurs au grand Opéra de Prague, en 1723.
BOROSIIVI (Éléonore), néad'Ambreville,
épouse du précédent et cantatrice remarquable, se
trouvait, en 1714, à la cour Palatine, et fut ap-
pelée à Prague, en 1723, pour y chanter au grand
Opéra de cette ville.
BORROIV'I ( Antoine), compositeur de l'École
romaine , vers le milieu du dix-septième siècle,
se distingua parmi les maîtres qui substituèrent
à l'ancien style osservato de Palestrina et de
ses contemporains, le style orné qui a fait la
réputation de Benevoli,de Bernabei et de Ben-
cini. On cite surtout comme un chef-d'œuvre en
ce genre le motet Dirupisti vincula mea de
Borroni. Les ouvrages de ce compositeur sont
restés en manuscrit.
BORRO\"l ou BORONI (Pierre-Paul) cé-
lèbre luthiste du seizième siècle, naquit à Mi-
lan. Il est quelquefois désigné dans les recueils
du temps sous le nom de Pierre-Paul Milanais.
On trouve des pièces de sa composition dans les
collections \nl\iu\ùci -A" Intabolalura deLeuto di
diversi aiilori novamenle stampata , et con
diligenlia reoisla; stampata nella cita de Mi-
lano per Je. Antonio Casteliono, 1.53fi, petit
in-4° obi. — 2» Carminutn pro Testudine li-
ber III, in quo continentur exceltentissima
carmîna, dicta Paduana et GaHarda,compo-
sita per Franciscum Mediolanensem , et Pe-
tram PaulumMediolanensem , et alios artifices
inhacarteprxstuntissimos. Lovanii apud Pe-
trum Phalesium Dibliopolam juratum. Anno
Domini 1546. — 3" Hortus Musarum, in quo
tanqiiam jlosculi quidam selectissimarum
carminum collecti sunt ex optimis quibusque
auctoribus, et primo ordine continentur au-
tomata, quse Fantasix dicuntur. Deinde can-
tica quatîcor vocum. Post carmina graviora
quxmutctta appellantur,eaque quatuor ,quin-
que et sex vocum. Demum addita sunt carmina
longe elegantissima duabiis testudinibits ca-
nenda hactenus nunquam impressa. Collec-
tore Petro Phalesio. Lovanii, apud Phale-
sium bibliopolam juratum, 1552.
BORS.\ ( Matteo), docteur en droit, né à
Mantoue vers 174 1, a fait insérer dans le recueil
des Opusc7iti scelti di Milano (tom.lY, 1781,
p. l'J5-224) Saggio filosojîco sopra la musica
imitaliva teatralc, in due lettcre, dont Arteaga
vante l'esprit et la philosophie.
BORSARO, ou BORSARl (Archange),
compositeur, né à Reggio vers 1570, fut moine
du tiers-ordre de S. François. Bordoni (1) et Qua-
drio (2), qui le mentionnent, ne donnent aucun
autre renseignement sur lui. Ses ouvrages connus
sont: {" Magnificat super omnes tonos ; Venise,
Ang. Gardane, 1591. — 2" Sept livres de Coricer^t
ecclesiastici à 3, 4 et 5 voix publiés depuis
1593 jusqu'en 1606; ibid., et Venise, Rie. Ama-
dino. — 3" Vespertina psalmodia octo vocibus ;
ibid., 1602. — 4" A'ovo Giardino de concerti a
quattro voci per cantare a due cori con 1
voci, et 2 tromboni e altri stromenti o voci,
seconda la commodita de'' cantori, con il
basso principale per l'organo, op. XI ; Venelia,
Ricc. Amadino, 1611, in-i". — 5° Seconda Iibro
degl'odoranti fiori, concerti diversi a I, 2,3,4
voci con organo, op. XIII ; ibid., 1615, in-4°. —
G'Six livresde motets h 3 voix avec l'orgue, sous
le titre Affectibus pietosis ; ibid., 1G15 et an-
nées suivantes. — 7° Canzonnettespirituali a 4
voci; ibid., lG16,in-8°. — 8" trois livresde mu-
sique d'église de tout genre publiés sous le titre :
Diversorum conceptuum musicalium libri
1res ibid., 1G16 et années suivantes.
BORSCIIITZKI (François), membre de
la chapelle royale de Vienne, est né en 1794 à
Reisemarckt, seigneurie dépendante de l'abbaye
de Sainte-Croix (Heiligen Kreulz), dans la Basse "
Autriche, où son père était instituteur. Apre?
avoir aitpiis les premiers éléments de la musique
dans la maison paternelle, il entra à l'âge de dix
ans dans la même abbaye comme enfant de
H) Chronolooia FF., etc.. Soc. Teriii Orcl.S.Franc,
p. 5G0.
(2) Délia Ragione e Stor.d'ogtiipoesia, tom. III, p. Ml
BORSCIIITZKI — BORTOLAZZI
31
chœur, et y passa cinq annéi-F; puis on l'en-
voya au gymnase de Wiener-Neusfadt , pour
y faire ses humanités. 11 y resta jusqu'à l'Age de
vingtclunans. En 1816, il se rendit à Vienne, où
il fut d'abord engagé comme basse dans le chœur
de rOpéra de la cour. Les occasions fréquen-
tes qu'il eut alors d'entendre les meilleurs clian-
fours italiens lui inspirèrent le dessein de se
livrer à des études sérieuses sur l'art du chant,
et ses progrès furent tels, qu'en 1822 il fut ap-
pelé à Pesth pour y chanter les premiers rôles
de basse. Plus tard il accepta le même emploi
au tliéi\tre Kaerntnerthor de Vienne. La mort de
WeinmiJiler ayant laissé, en 1829, une place de
basse chantante vacante h la chapelle impériale,
IJorschitzki se mit au rang des prétendants à
cette place, et l'oblint au concours. Depuis 1832,
il a clianté au théâtre de Joseplistadt.
BORTXIAXSKY (Dmitri-Stepanovitch),
né en 1751 dans la ville de Gloukoff, gouverne-
inent de Tchernigoff, en Russie, et non à Mos-
cou, comme il est dit dans la Nouvelle-Ency-
clopédie de la musique de Schilling, révéla de
bonne heure ses heureuses dispositions pour la
musique. 11 venait d'accomplir sa septième an-
née, lorsque sa belle voix de soprano le lit ad-
mettre au nombre des chantres de la chapelle
impériale. L'Impératrice Elisabeth, ayant bien-
tôt remarqué sa belle organisation, confia son
éducation musicale à Galuppi, alors maître de
chapelle à Saint-Pétersbourg. Le départ de ce
composileur pour l'Italie, après quelques an-
nées, interrompit tout à coup les études de Bort-
niansky ; mais l'impératrice Catherine II , dont
le génie pressentait celui de ceux qui l'appro-
chaient, voulut que le jeune artiste achevât de
développer son talent, et lui fournit les moyens
d'aller retrouver son maître. Bortniansky rejoi-
gnit Galuppi à Venise, en 1763. Il était alors
ûgé de dix-se[>t ans. Par les conseils de son
maître, il alla ensuite étudier à Bologne, à Rome
et à Nnpies, pour y saisir l'art dans les diverses
directions de cette époque. 1 1 écri v i t alors beaucou p
de musique d'église dans la manière des maîtres
italiens, des sonates pour le clavecin, des pièces
détachées de genres différents, et même, dit-on,
des opéras. Je possède des motets de sa compo-
sition qui appartiennent à cette période de sa
vie : ils n'ont rien de remarquable, si ce n'est
la pureté d'harmonie des maîtres de la bonne école.
Onaécrit qu'il élaitàMilanen 1780, etqu'ilyétait
considéré comme un des meilleurs compositeurs
d'opéras de cette époque: je crois que les bio-
graphes ont été induits en erreur à cet égard,
car j'ai examiné tous les almanachs des théâtres
de l'Italie depuis 1770, et je n'y ai pas trouvé
une seule indication de pièce dont Bortniansky
aurait composé la musique. Les compositeurs
étrangers connus en Italie vers 1780 étaient Rust,
Misliweseck, Mozart et Gassmann; Hasseyétait
déjà oublié. Quoi qu'il en soit, Bortniansky re-
tourna en Russie en 1779, et son mérite le fit
bientôt choisir comme directeur du chœur de la
cour. En 179G, ce chœur reçut le titre de Cha-
pelle impériale, et Bortniansky en conserva la
direction. Dans tout ce qu'il avait produit jus-
qu'à son retour en Russie, il s'était inspiré de
la musique italienne de son temps; ce ne fut
qu'à Saint-Pétersbourg que son génie se révéla
dans ce qui constituait son originalité. Le chœur
qu'il était appelé à diriger avait été organisé
sous le règne du tsar Alexis Mikailovitsch;
mais, quoique déjà ancien, il laissait beaucoup
à désirer pour la qualité des voix et pour le fini
de l'exécution. Bortniansky fit venir des chanteurs
de l'Ukraine et des diverses provinces de l'em-
pire, choisissant les voix les plus belles, et les di-
rigeant par degrés vers une exécution parfaite
dont on ne prévoyait pas même la possibilité avant
lui. C'est par les soins de cet artiste remarquable
que la chapelle impériale de Russie est parve-
nue à l'excellence qui est aujourd'hui l'objet de
l'admiration de tous les artistes étrangers. C'est
pour ce chœur incomparable que Bortniansky
a écrit 45 psaumes complets à 4 et à 8 parties
dont les inspirations et le caractère sont d'une
originalité saisissante. On lui doit aussi une
messe grec(pie à trois parties et beaucoup de
pièces diverses. Toutes ces compositions sont d'ail-
leurs écrites dans ime harmonie pure et correcte.
Il avait senti la nécessité de mettre en ordre les
anciens chants de l'Église moscovite qui se chan-
taient en harmonie par tradition, et dont les suc-
cessions d'accords étaient souvent peu satisfai-
.santes pour l'oreille; mais il n'eut pas le temps de
réaliser ce projet de réforme, qui a reçu son exé-
cution par le travail et les soins d'un de ses succes-
seurs, M. Alexis de Lvoff [voîj.ce nom), conseiller
inlime et directeur général delà cJ)apelle impé-
riale. Après s'être fait des litres à l'admiration de
la postéi ité, Bortniansky mourut le 28 septembre
(9 octobre) 1825, à l'âge de soixante-quatorze
ans. On a publié dans ces derniers temps à Saint-
Pétersboing un choix des compositions de Bort-
niansky a l'usage des Églises grecques de Russie.
BORTOLAZZI (Bartholomé), virluosesur la
mandoline et compositeur pour cet instrument,
naquit à Venise en 1773. La mandoline était
à peu près oubliée quand cet artiste entreprit de
la faire revivre à force de talent. Au lieu du soa
grêle et sec qu'on en avait tiré jusqu'à lui, il sut
lui en faire produire de diverses nuances qui don-
32
BORTOLAZZI — BOSSELET
naient à son jeu un clianne d'expression dont on
n'aurait pas cru susceptible un instrument si petit
et si borné. Eu 1803, Bortolazzi se rendit en
Allemagne, donna des concerts à Dresde, Leipsick,
Brunswick, Berlin, et finit par se fixer à Vienne.
Partout il fit admirer son habileté. Vers 1801,
il se livra à l'étude de la guitare, sur laquelle il
acquit aussi un talent distingué. Ses meilleurs
ouvrages sont: —1* Méthode pour apprendre sans
maître à jouer delà mandoline; 1805, in-4°,
Leipsick, Breikopf et Haertel : elle a pour titre :
Anweisung die Mandolinevon selbst unterricht
nebstUbungstûcken. — 1" Nuova ed exalta scala
per la chitarra, ridotta ad un metodo- il ptù
semplice, cd il più chiaro (en italien et en alle-
mand) ; Vienne, Hasiinger. Cette méthode a eu
beaucoup de succès; il en a été publié huitéditions
jusqu'en 1833, toutes corrigées et augmentées. —
3° Beaucoup de variations, rondeaux et fantaisies
pour guitare seule, ou guitare, violon, piano et
mandoline; Vienne, Berlin et Leipsick. — 4° Six
variations pour mandoline ou violon et guitare,
op. 8; 1804. — 5° Sonate pour piano et mandoline
ou violon, op. 9. — f»"Six thèmes variés pour man-
doline ou violon et guitare, deux suites, op. 10.
— 7"Six variations pour guitare et violon obligé,
op. '13. — 8" Sonate pour guitare et piano. — 9"
Deux recucilsdechansons italiennes et allemandes,
avec accompagnement de piano ou guitare. — 10°
Six romances françaises, idem, op. 20.
BORZIO (Charles), maître de chapelle à
Lodi, vers la fin du dix-septième siècle , a com-
posé beaucoup de musique d'église qu'on estimait
de son temps. Il a écrit aussi pour le théâtre et
a fait représenter l'opéra de Narciso à Lodi ,
en tf>76, ainsi qu'une pastorale qui fut exécutée
à Bologne en 1694.
BOS( Lambert), savant helléniste, né à Wor-
kum,, dans la Frise, le 25 novembre 1670, fit ses
études dans l'université deFraneker, et devint pro-
fesseur de grec dans cette université en 1703. H
mourut à l'âge de quarante-sept ans, le 6 janvier
1717. Dans et?, Antiquitahim grsecarum prx-
cipue atticarum Descriptio brevis ( Franeker,
1714,in-12), il traite, part. H, clv. vu-, DeMusica;
ch. vni. De Cithara; ch. ix. De Tibia et Fis-
tula. La meilleure édition de cet ouvrage est
celle de Leipsick, 1707, in-8' avec les notes de
Leisner.
BOSCHETTI (JÉRÔME), maître de cliapelle
delà Madona de' Monti, à Rome, naquit à
Mantoue, et vécut dans la seconde moitié du
seizième siècle. Il a fait imprimer de sa com-
position : 1° Il primo libro di. Madrigali
a 4 voci ; in Venezia , app. Ang. Gardano ,
1691, in-4°. — 2" H seconda libro di Madrigali
a 4 voci, et due a 6 voci con un ccho nelfine a
Otto voci; ihid, 1593,in-4°.
BOSCO WICU (Roger- Joseph), jésuite, né
à Raguse le 18 mai 1711, est considéré comme
un géomètre et un physicien distingué. Après la
supression de son ordre, il fut nommé par le
grand-duc de Toscane professeur à l'université
de Pavie. Il est mort à Milan le 12 février 1787.
Ce savant n'est cité ici que pour relever une er-
reur de Gerber, qui, dans son nouveau Lexique
des musiciens, lui attribue l'écrit du P. Draghetti
{voy. ce nom), intitulé: Délie legge di continuità
nclla scala musica (Milan, de la typographie de
Joseph Marelli , 1771 , in-3'). Gerber a confondu
cet écrit avec le traité de mathématiques du P.
Doscowicli, qui a jiour litre : De continuitatis
lege, etc.; Rome, 1754, in-4\ Il est assez remar-
quable que cet ouvrage important sur les séries,
qui fixa l'attention des savants sur le mérite du
P. Boscowich avant la publication de ses autres
ouvrages, ait été oublié dans la Biograghie géné-
rale de MM. Didot.
BOSE (Georce-Matiiias), professeur de phy-
sique à Wittenbcrg, né à Leipsick le 22 sep-
tembre 1710, mourut à Magdebourg le 17 sejt-
tembre 1 701. On a de lui : IJtjpothesissoni Per-
raultiana ac in eam meditationes ; Leipsick,
1735, in-4'', cinquante pages. Cette dissertation a
pour objet l'examen de l'opinion de Perrault émise
dans sa traduction de Vitruve concernant la for-
mation du son dans les orgues hydrauliques de
l'antiqiiilé.
BOSELLO ( Anna ). Voyez Morichelli
(M""").
BOSSELET (Charles), professeur d'har-
monie au .Conservatoire royal de musique de
Bruxelles, et second chef d'orchestre du théâtre
royal, est né à Lyon le 27 juillet 1812. Fils d'un an-
cien acteur, il suivit sa famille on différentes villes,
et arriva à Bruxelles, où son père fut engagé pour la
comédie. C'estdanscettevillequ'ila appris lesélé-
mcnts de la musique. Admis à l'école royale qui
avait été instituée en 1824, il y fit quelques éludes
|)réparatoires d'harmonie que la révolution de
1830 vint interrompre. Après cet événement , il
fut attaché pendant quelque temps au théâtre de
Boulogne-sur-Mer, en qualité de chef d'orchestre ;
puis il revint à Bruxelles. Lorsque le Conserva-
toire royal fut réorganisé, sous la direction de
l'auteur de celle notice, Bosselet devint élève de
celui-ci, et fit des études complètes d'harmonie,
de contrepoint et de composition. En 1836, le
premier prix lui fut décerné, et à cette occasion
l'orchestre et le chœur du Conservatoire exécu-
tèrent, au concert de la distribution des prix, un
Laudate Domiman de sa composition. Bientôt
BOSSELET — BOTENLAUBEN
as
après il se fit connaître avantaj^ciisemcnt par «les
<:liaiî<s à 4 parties, pour voix d'hommes, dont
plusieuis sont devenus populaires , et parmi les-
quels on remarque : Notre-Dame de la Garde;
Le Carillon de la Samaritaine; La Valse des
étudiants d'Insprilck; Les Mineurs; Les Mois-
sonneurs; Le Retour au village; Le Kendez-
rous de chasse ; la Sérénade, et Les Chasseurs
égarés. Tous ont été publiés dans des journaux,
tels que Le Choriste, ou chez les éditeurs Lahou
et Katto , à Bruxelles. Bosselet a écrit aussi des
messes et des motets qui ontélé exécutés dans di-
verses églises, ainsi que la musique de plusieurs bal-
lets représentés au Théâtre Royal. Le 16 décembre
1 853 il a fait exécuterau même théâtre une faraude
cantate écrite pour l'anniversaire de la naissance
du roi Léopold. Depuis 1835 il remplit les l'ont-
tions de second chef d'orchestre au tliéâtrc royal.
Kn 1840, il a été nommé professeur titulaire d'har-
monie au Conservatoire et y a formé un ^land
nombre dVlèves distingués. I*armi ses travaux
figurent beaucoup de leçons d'harmonie à quaire
parties, qui forment un cours complet. En 1852,
l'Académie royale des sciences, des lettres et des
beaux-arts de Belgique l'a nommé l'un de ses
membres correspondants : il est aussi membre
du jury du grand concours (\(i composition ins-
titué par le gouvernement belge.
liOSSI (Lucio), compositeur vénitien, qui vi-
vait au commencement du dix-septième siècle,
n'est connu que par un ouvrage qui a pour titre :
Motettorum sex vocum liber priuius ; Venetiis
ap. Vincentinum, 1606, in-4'».
BOSSl ( ), né à Ferrare en 1773, a com-
posé pour l'Opéra de Londres la musique de plu-
sieurs ballets, notamment de ceux-ci : Little
Peggi/s love; V Amant Statue, 1797 ; Acis and
Gatalea. Le catalogue de Lavenu indique aussi
des sonates pour piano delà composilion de Bossi.
Il est mort à Londres, dans la prison du roi, au
mois de septembre 1802, laissant ime femme et
deux enfants dans une profonde misère.
BOSSIUS (Jérôme), professeur de tbéologie
à Milan, né à Pavie vers la lin du seizième siècle,
a publié un petit écrit intitulé: Libellus de Sis-
tris; Milan, 1012, in-l2. Sallengre l'a inséré
dans sou Thesavr. Aniiquit. Homan., t. Il,
p. 1373, sous le titre De Isiacis, sive de Sistro
opusc,
DOSSLER (HENRi-PniLipPE-CnAnLEs), con-
.seiller du prince de Brandebourg-Onolzbach, et
éditeur de nuisique à Spire, dans la seconde moitié
du dix-huitième siècle, est auteur d'un traité élé-
mentaire de musique en dialogues intitulé :
Elementarbuch der Tonkunstzam Unlerrickt
bi'im Klavier fiir Lelirende und Lernende mit
BIOGR. L'NIV. DES MUSICIENS. — T. H.
praktischen Beispielen. Spire, t782-17Pn, 2 vol.
in-8° et un vol. in-4° d'exemples. Cet ouvrage
parut par livraisons de mois on mois, sous la
forme d'un recueil périodique. L'objet princi|)al
du livre est l'étude du clavecin; maisj'auteur y
traite aussi de l'harmonie, de la composition, et
même de la musique des Flébreux. Bosslera élé
aussi éditeur et rédacteur principal d'une gazelle
de musique {Musikalischc fiealzeitung), qui a
paru à Spire depuis le mois de juillet 1788 jus-
qu'à la fin de juin 1790, en 4 volumes in-4", avec
4 volumes de morceaux et d'exemples de musique
publiés sous le titre iï Anthologie musicale
(Musikalische Anthologie), ^ies six derniers
mois de la gazette (juillet-décembre 1790) ont
paru sous le titre de Correspondance musicale.
lin 1792, Bossler transporta son établissement
à Darmstadt, et plus tard à Leipsick. Les jour-
naux de 1809 ont annoncé qu'il était décédé à
Mannheimie 9 décembre 1808; mais M.CIi.-Ferd.
Becker dit qu'il est mort le 9 décembre 1812, à
Leipsick.
BOSSNIS (Henri), magister et diacre à
l'église des récollets d'Augsbourg, a publié en
cette ville, en 1018, le cent-viugt-huitième psaume
à six voix, in-4''.
BOST ( M™' Louise), amateur de musique ,
née à Wufzbouri; vers 1810, s'est fait connaître
par un écrit intitulé ; Caecilia. Betrachtungen
iiber Kunst und Musik (RéHexions sur l'art et
sur la musique). Wiir/.bourg, 1839, 1 vol. in- 12.
BOTEl\LAUBEN (Othon de), comte de
Henneherg, trouvère (Minnesinger) allemand,
naquit vers la fin du douzième siècle. Il tirait
son nom de Botenlauben, bourg de la Bavière,
où vraisemblablement ses ancêtres possédaient
un château, et était seigneur de Henneberg en
Franconie. 11 se croisa avec son père et son frère
en 1 2 1 7 . De retour de la Terre sainte, il se maria ;
et sa femme, Beatrix, ([ui était de liaule naissance,
lui donna plusieurs fils. La mort de Beatrix, peu
avant 1244, décida le comte de Henneberg à se
retirer dans le cloître de Frauenrode, aux envi-
rons de Wiirzbourg, où il mourut le 4 octobre
1254. On voit cette inscription sur sa tombe :
Nobilis Otto cornes de Bodenlaubeque dives,
Princepsfamosus, sapiens, forlis, generosus,
Strenuusetjustus, praiclarus et ingeniosus;
liicjacet occullus nunc cœli lumine fultus.
Les manuscrits ont conservé quatorze chau-
Gons d'Othon de Botenlauben, que M. Fr. Henri
de Hagen a publiées dans sa grande collection
des Minncsingers, t. 1, p. 27-32. On peut con-
sulter sur ce trouvère l'ouvrage de M. de Hagen,
quatrième luirtie, 14. p. 62, et la monographie
3
34
BOTEJNLAUBEN — BOTTÉE DE TOULMON
de M. Beclislein intitulée : Geschichte und Ce-
dichte des Minnesangers Otto von Botcnlau-
ben, Grafen von H enneber g ; Lt\\iûck , 1845,
in- 4».
BOTT (Antoine), bon \ioloniste à Cassel, est
né en 17-9Ô, à Gross-Steinheim , petite ville sur
le Mein. Pendant les années 1838-1842, il a dirigé
à Cassel une société de musique instrumentale.
On a de cet artiste deux suites de caprices pour
le violon, dans la manière de Paganini, avec une
préface instructive pour l'exécution de cette mu-
sique, en allemand et en français.
BOTT (Jean-Joseph), lils aîné du précédent,
né le 9 mars 182G, à Cassel, a reçu de son père
les premières leçons de violon et de piano. Ses
rares dispositions pour la musique lui firent faire
de si rapides progrès, que, dès l'âge de huit ans,
il put se faire entendre dans quelques concerts
et s'y faire applaudir. Charmé par son heureuse
organisation, Spohr le prit comme élève, et cul-
tiva son talent naissant avec tant de soin, que
Uolt entreprit, dès l'âge de quatorze ans, un
voyage, et donna des concerts à Francfort, à
Breslau et dans plusieurs autres villes, avec le
plus brillant succès. De retour à Cassel, il se livra
à rétudedel'liarmonie, sous la direction de Haupt-
mann {voy. ce nom). Après le départ de ce
savant professeur pour Leipsick, Boit continua
ses études de composition près de Spohr. Ayant
entrepris un second voyage quelques années après,
il visita Hanovre, Brimswick , Leipsick, Olden-
bourg, Brème et Hambourg, donnant partout
des concerts, et recueillant des applaudissements.
En 1849, il fut nommé maître des concerts de
la cour, quoiqu'il ne fût âgé que de vingt-trois
ans. Trois ans après, le roi de Hanovre lui ayant
fait offrir la place de maître de chapelle de sa
cour, le grand duc de Hesse le retint à Cassel
eu lui accordant la place de second maître de sa
chapelle et du théâtre de la cour. Depuis lors ,
Boit a été chargé de conduire les opéras con-
jointement avec Spohr. Il a fait preuve d'une
rare habileté dans la direction d'un orchestre. Un
si rapide avancement ne put empêcher que le
jeune artiste ne fût saisi d'un profond sentiment
de mélancolie. Dans un accès de ce mal , il se
précipita dans la Fulde : heureusement il en fut
tiré avant d'être submergé.On a gravé de lui : Plu-
sieurs quatuors pour le violon; — Quatre mor-
ceaux de salon pour violon et piano, op. 1 ; Ham-
bourg, Schubert. — Un premier concerlino pour
violon etorchestre, op. 2 ; ihid. — Andante Can-
tabile pour violon et orchestre, op. 9; Cassel,
Lueck. — Quelques morceaux détachés pour le
piano, ibid.; six Lieder pour tonor avec piano,
op. 8. ibid. — Des romances pour piano; etc. Des
ouvertures de sa composition ont été exécutées
dans les concerts de Cassel, en 1843 et 1848;enlin,
il a fait représenter à Cassel, en 1854, un opéra
intitulé V Inconnue , qui a obtenu du succès.
BOTT (Jacques), frère puîné du précédent,
est aussi violoniste à la chapelle du grand-duc
(le Hesse-Cassel. La sœur de ces deux artistes,
Catherine Bott, pianiste distinguée, s'est fait con-
naître par son talent en Allemagne, à Paris et à
Londres, dans les années 1838, 39 et 40. Elle est
née à Cassel en 1824.
BOTTA (Cuarles-Joseph-Guillaume), his-
torien et médecin , né le 6 novembre 1 766, à Saint-
Georges, dans le Piémont, est mort le 10 août
1837. La vie politique et les-écrits historiques ou
littéraires de cet homme distingué n'appartiennent
pas à notre ouvrage : il n'est cité ici que pour son
mémoire Sur la nature des sons et des tons,
inséré dans les Mémoires de VAcadémle de
Turin, année 1803, et dont il a été tiré quelques
exemplaires à part. ♦
BOTTACIO ( Pall), maître de chapelle à
Como, au commencement du dix-septième siècle,
est auteur d'un recueil de madrigaux intitulé -
/ Sospiri con altri madrifjali a cinque et otto
voci. Libro primo. In Venetia, appresso Angelo
Gardano e fralelli, 1609, in-4". L'épître dédi-
catoire est datée de Como, le 20 juin 1009.
BOTTE (Adolimie-Acuille), pianiste et com-
positeur, est né le 26 septembre 1823 à Pavilly
(Seine-Inférieure). Admis comm.e élève au Con-
servatoire de Paris, au mois de janvier 1837, iJ
y a fait des études de solfège et est devenu élève
de Zimmerman pour le piano. On a publié de sa
composition des pièces léi^ères de dilïérentsgenres
(lour son instrument. Critique distingué, RI. Botte
est attaché à la Gazette musicale de Paris, et y
a ]i\iblié de fort bons articles.
BOTTÉE DE TOULMON (Auguste),
amateur de musique et bibliothécaire du Conser-
vatoire de Paris, naquit dans cette ville, le 15 mai
1797. Son père, administrateur des poudres et
salpêtres, lui fit faire des études spéciales pour
entrer à l'école Polytechnique; mais, après sa
mort, Bottée de Toulmon renonça à la culture
des sciences mathématiques pour lesquelles il ne
se sentait pas de vocation , et se livra à l'étude
du droit. 11 obtint son diplôme d'avocat en 1823;
mais, indépendant par sa fortune, il n'exerça ja-
mais cette profession, préférant suivre son pen-
chant pour la musique, dont il avait appris les
éléments dans son enfance. Il jouait un peu du
violoncelle, ce qui le lit admettre dans la société
d'amateurs qui donna des concerts au >Yauxhall
pendant les années 1825 et 1826. Desvignes,
maître de chapelle de la cathédrale de Paris, avait
BOTTÉE DE TOULMON
fié son itiaîlre cVliarmonie : il prit ensuite quel-
ques leçons deReiclia. Pendant plusieurs années
il avait fait d'assez grandes dépenses pour ras-
sembler une collection de partitions des maîtres
les plus célèbres , lorsque la publication de la
Revue musicale, en 1827, tourna ses vues vers la
littérature de la musique et vers son histoire,
comme elle a fait de beaucoup d'autres en France :
bientôt cette fantaisie devint en lui une passion
ardente. Il lui manquait, pour y faire d'utiles
travaux , une instruction fondamentale dans les
diverses branches de l'art et de la science : il lui
manquait surtout des vues, des idées, de la phi-
losophie, elle grand art de généraliser, par lequel
on rattache les faits particuliers à des causes pri-
mordiales et universelles. Rien de tout cela
n'existait pour lui ; mais il était doué de patience
et de ténacité. S'il n'est point parvenu à produire
par lui-même quelque chose de nouveau et d'une
valeur réelle, il s'est du moins instruit des tra-
vaux de ses devanciers, et a su s'en servir avec
assez d'adresse pour se faire une certaine répu-
tation de musicien érudit près des gens du monde.
Pour satisfaire son goût de recherches, il offrit
au gouvernement de remplir gratuitement les
fonctions de bibliothécaire au Conservatoire : ses
propositions furent acceptées, et il reçut sa no-
mination au mois d'aoïlt 1831. La Société des
Antiquaires de France l'avait admis au nombre
de ses membres : il lit aussi partie du comité his-
toriqueiustitué au ministère de l'inléritur, et reçut
sa nomination de membre de plusieurs sociétés
savantes. Les événements révolutionnaires de
février 1848 ayant fait sur son esprit une vive
impression, sa tête se dérangea, et dans la der-
nière année de sa vie il ne sortit plus de chez
lui. Une attaque d'apoplexie mit lin à son exis-
tence végétative, le 22 mars 18ôO. On a imprimé
de Bottée de Toulmon : r Discours .wr la
question : Faire Vhlstoire de l'ait musical
depuis V ère chrétienne jusqu'à nos jours, pro-
noncé au congrès historique, au mois de no-
vembre 1835; morceau à la fois pédant et super-
ficiel, inséré dans la Gazette musicale de Paris,
et imprimé séparément. Paris, imprimerie de
Grégoire, 1836, in-8o de 10 pages. — 2" De la
Chanson en France au moyen âge, dans l'An-
nuaire historique de 1836, tiré à part; Paris,
Crapelet, 1836, in-12 de 12 pages. Ce vaste sujet
est à peine ébauché dans le travail de Bottée de
Toulmon. — 3° Notice biographique sur les
travaux de Guido d'Arezzo, dansles Mémoires
de la Société des Antiquaires de France (I837,
tome III). — 4° Des puys de Paltnods axi
moyeu âge, dans la Revue française (juin 1836).
L'objet de ce mémoire est le poëme de diverses
formes qu'on chantait autrefois dans quelques
provinces en l'honneurde l'Immaculée Conception
de la Vierge : ce poëme s'appelait Palinod, d'où
est venu palinodie. — 5" Des instruments de
musique en usage an moyen âge, dans VAn-
nuaire historique de 1838, tiré à part; Paris
Crapelet, in-12 de 18 pages. Bottée de Toulmon
a étendu ensuite et refondu son travail dans une
Dissertation sur les instruments de musique
employés au moyen âge, dans les mémoires de
la Société de l'Histoire de France (VIP vol.
2« série, 1844). Bottée de Toulmon a fait tirer
à part cet écrit, à Paris, chez E. Duverger, 1844,
in-8° de 109 pages, avec 2 planches. Cette se-
conde rédaction est encore bien imparfaite. —
6" Instruction du Comité historique des arts
etmonuments, dans la Collection de documents
inédits sur Vhistoire de France, publics par
ordre du roi et par les soins du Ministère de
l'instruction publique, in i" de 13 pages, avec
7 planches (de l'imprimerie royale, s. d.). Celte
instruction a pour objet la recherche des monu-
ments de l'histoire de la musique, particuiière-
mentdes manuscrits et des fragments de notations
anciennes : elle fourmille d'erreurs et de non-
sens. — 7° Observations sur Ici moyens de res-
taurer la musique religieuse dans les églises
de Paris; Paris, Paul Dupont, 1841 , in-8°, —
8" Notice des manuscrits autographes de la
musique composée par feu M. L-C.-Z.-S.
Cherubini, ex-surintendant de la musique du
roi, directeur du Conservatoire de musi-
que, eic. Paris, 1843, in-S» de 30 pages. Bottée
(le Toulmon a donné aussi dans l'Encyclopédie
catholique l'article Adam de la Halle; ceUs
notice a été réimprimée dans le Théâtre-fran-
çais du moyen âge, publié par MM. Monmerqué
et Francisque Michel; Paris, 1839, gr. in-S"
(pages 49-54). Bottée de Toulmon a laissé enma-
nuscrit une traduction française de l'hjntoire de
la musique moderne en Europe, de Kiesewetter
(voy. cenom). Comme bibliothécaire du Conser-
vatoire, il a fait une chose très-utile, en faisant
copier 95 manuscrits précieux de la bibliothèque
royale de Munich, lesquels contiennent les com-
positions d'Isaak , de Senfel , de Brumel et de
beaucoup d'autres musiciens célèbres des quin-
zième et seizième siècles. Ces ouvrages sont, à la
vérité, en parties séparées; mais ils offrent aux
musiciens instruits les moyens de les mettre en
partition et de faire connaître des monuments
intéressants de l'histoire de l'art. Lui-même
avait conçu le projet de la publication d'un
Recueil de documents inédits de l'art musi-
cal, depuis le treizième jusqu'au dix-septième
siècle, lequel aurait renfermé toutes les messes in-
3,
36
BOTTÉE DE TOULMON — BOTTESINI
litulécs de l' Homme armé eiAe Beata Yirgine;
mais il n'a ym réaliser cette entreprise trop gi-
gantesque pour ses connaissances. M. Vincent,
de l'Institut de France, a publié une Notice sur
la vie ei les travaux de M. Bottée de Toul-
inon, membre résident de la Société des Anti-
quaires de France; Paris, 1851, in-S».
BOTTEGAllI (CosiMo), musicien italien,
(nt attaché au service du duc de Bavière, dans
la seconde moitié du seizième siècle. 11 a publié
un recueil, en deux livres, de madrigaux composés
par les plus célèbres artistes de cette chapelle et
par lui-même, sous ce litre : Il primo ed il sccondo
libro de' madrigali a cinque voci con uno a
dieci de' floridi virtuosi del serenissimo ducca
di Bavicra, cioè : Orlando di Lasso, Giuseppe
Guami, Ivo de Venta, Francesco da Lucca,
Antonio Morari , Giovanni ed Andréa Ga-
brielli, Antonio Gosvino, Francesco Lacidis,
Fileno Cornazzani , Francesco Mosto, Jos-
quino Sale, Cosimo Bottegari. Venezia, op-
pressa iherede di Girolamo Scotto, lâVâ,
in-4°.
BOTTEONI (Jean -Baptiste), chanoine
de Segna, petite ville de la Croatie, lit ses études
à Venise. 11 est connu comme compositeur
par la musique de l'opéra intitulé : L'Odio pla-
cato, exécuté par la noblesse de Gorice, en
1G96.
DOTTESINI (Giovanni), virtuose sur la
contrebasse et compositeur , est né à Crema
(Lombardie) , le 24 d^icombre 1823. 11 commença
l'étude de la musique cl du violon dans sa ville
natale; et, lorsqu'il eut atteint l'âge de treize ans,
H entra au Conservatoire de Milan. 11 y devint
élève de Rossi pour la contrebasse, et François
Basilj lui enseigna l'harmonie et le contrepoint.
Après le départ de ce maître pour Rome, son
successeur, Vaccaj , termina l'éducation musicale
de Bottesiui. Vers 184j0, ce jeune artiste, âgé
seulement de dix-sept ans, sortit du Conserva-
toire et parcourut toute l'Italie, en donnan-tdes
concerts jusqu'en 1840. Parvenu alors à l'âge de
vingt-trois ans , il reçut la proposition d'un enga-
gement en qualité de chef d'orchestre au théâtre
de la Havane, et l'accepta. Pendant son séjour
dans cette colonie , il écrivit la musique d'un petit
opéra espagnol, intitulé Cristophe Colomb, qui
fut représenté avec succès. Depuis lors, et à di-
verses époques , Botlesini a fait des voyages en
Amérique, parcourant les Étals-Unis, le Mexique
et les autres partios méridionales du n-ouveau
monde. 11 était à Mexico au moment de la mort
«le M""^ Sonlag, comtesse de Rossi (juin 1854).
De retour en Europe, le virtuose tro-iiva en An-
gleterre les succès d'élonnemcnt et d'cntliousiasmc
que son prodigieux talent lui avait fait rencontrer
partout. A diverses reprises, il en parcourut les
provinces ainsi que l'Ecosse et l'Irlande.
Engagé comme chef d'orchestre du théâtre ita-
lien de Paris , il prit possession de celle place
le 2 octobre 1855, et en continua le service pen-
dant deux années. Il y fit preuve des qualités
nécessaires dans un emploi de cette nature, et y
montra autant d'intelligence que d'aplomb. Le
23 février 185G,il fit représenter au même lliéàtre
l'opéra de sa composition qui avait pour titre :
VAssedio di Firenze. Ou y remarqua quelques
bons morceaux, et les journaux de musique ren-
dirent justice à la distinction et à la facture de
l'ouvrage. Avant de quitter la direction de l'or-
chestre du théâtre italien de Paris, Boltesini
reçut un témoignage flatteur de l'estime des ar-
tistes qui le composaient : Hs lui offrirent un
bâton demesureornéd'une inscription honorable.
Pendant les années 1857 et 1858, il parcourut
l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, la France
et l'Angleterre, donnant partout des concerts qui
étaient autant de tri(tin|)lies pour son talent. En
1859, il retourna en Italie, et fit représenter, au
théâtre Santa-Radcgonda , le petit opéra bouffe
intitulé II Diavolo délia notte , qui lut accueilli
avec beaucoup de faveur. Peu de temps après il
retourna en Angleterre, où il était engagé pour de
nouvelles excursions de concerts. Au moment
où cette notice est écrite ( 18G0), il est de retour
à Paris.
De tous les artistes qui se sont fait une ré-
putation de virtuose suc la contrebasse, Botle-
sini est celui dont le talent a pris l'essor le plus
élevé. La beauté du son qu'il tire de l'instrument
ingrat auquel il s'est adonné ; sa dextérité mer-
veilleuse dans les traits les plus difficiles ; sa ma-
nière de chauler, la délicatesse et la grâce de ses
ornements , composent le talenl le plus complet
qu'il soit possible d'imaginer. Par son adiesse à
saisir les sons harmoniques dans toutes les posi-
tions, Boltesini peut lutter sans désavantage avec
les violonistes les plus habiles; c'est ainsi que,
dans un duo de sa composition pour violon et
contrebasse concertants, qu'il a souvent exécuté
à Londres avec Sivori , et à Paris avec Sighicelli,
il a toujours fait éprouver à l'auditoire autant
d'admiration que de plaisir. Rien de plus éton-
nant que cette lutte de deitx instruments si dif-
férents de moyeU'S et de caractère ; il faut y avoir
entendu Boltesini pour croire à la possibilité que
le ^éant des instruments à cordes ne soit jamais
vaincu sous le rapport de la sonorité comme sous
ceux de la justesse et de la légèreté. Dragonetti ,
DairO|;',lio, Muller de DarmslatU , ont été des ar-
tistes d'exception sur la contrebasse : ils ont ex-
BOTTESIINI — BOTTIUGARI
37
.cité l'c'lonneinent de leurs contemporains par des
<|ualités d'autant plus remarquables, qu'ils étaient
,on n)(^nie temps excellents contrebassistes d'or-
rhestre; mais aucun d'eux n'a possédé le bril-
lant et la sûreté d'exécution qui brillent au plus
baut de^ré dans le talent de Bottesini. A sa pre-
mière ai)parilion dans Paris , il joua à une des
séances de la société des concerts du Conserva-
toire, et y (it naître un enthousiasme dilficile
à décrire. Cette société lui décerna par acclama-
lion une médaille d'honneur.
ijoltesini a écrit un grand nombre de morceaux
pour son instrument, tels quesolos, airs variés,
fantaisies et concertos. On a surtout applaudi à
Paris sa fantaisie sur la Sonnanbula, ses va-
riations sur le Carnaval de Venise, et le duo
dont il a été parlé précédemment. Tous ces mor-
ceaux sont restés en manuscrit jusqu'à ce jour.
Nonobstant l'admiration inspirée par le talent
prodigieux de l'arliste qui est l'objet de cette no-
tice , il n'est pas moins regrettable que de si
grandes facultés soient employées en quelque
sorte en pure perle à triompher de difficultés
inséparables d'un instrument don! la destination
n'e.st pas de charmer. Le résultat des merveiltes
opérées par un talent tout exceptionnel n'est et
ne peut être que de l'étonnûiiient, de la stupé-
faction, mais non ce plaisir pur et suave que
produit un instrument joué avec perfection dans
sa destination naturelle.
BOTTIGER ( Cuaiîles-Auguste). Voy.
BOETTICER.
liOTTOMBY ( Joseph ), né à Halifax, dans
le duclié d'York , en 1780, manifesta de Iwnne
heure du goiit pour la musicpie. A l'âge de huit
ans, il jouait déjà des concertos de violon et tou-
chait le piano. A douze, il fut placé sous la direc-
tion de Grimshaw, organistede Saint-Jean à Man-
chester, et de Watts, directeur des concerls. lia
reçu, depuis lors, des leçons de violon de Yanewitz
et Woefll fut son maître pour le piano. En 1807,
il fut nommé organiste de l'église paroissiale de
Bradford; il quitta ensuite cette place pour une
semblable à Halifax. Depuis 1820, il est fixé à
Shefficld, où il se livre à l'enseignement. H a pubhé
les ouvrages suivants : — lo Six exercices pour
piano. — 2° Douze sonatines. — 3° Deux diver-
tissements avec accompagnement de flîite. —
4° Douze valses. — 5° Huit rondos. — go Dix airs
variés.— 'o Duo pour deux pianos. — 8° Un petit
dictionnaire de musique qui u paru à Londres,
en 1816, sous ce titre : A Dicdonurtj of Music,
in-S". (Voy. Biblioth. Britann. de M. Koberl
Walt, Part. I, 138 a.)
liOTTIlIGAIll (Hercule), chevalier de la
milice dorée du pape, naquit à Bologne, au mois
d'aoïlt 1531 , d'une famille noble et ancienne de
cette ville. Il reçut une tirillanlc éducation ,
et cultiva les lettres et les sciences avec succès.
Il était surtout bon musicien, et avait fait une
élude sérieuse de la musiciuedes anciens. Partisan
déclaré de la doctrine d'Aristoxène, et adver-
saire des proportions mathémati(pies des inter-
valles des sons enseignées par les pythagoriciens ,
il fit de ses idées à ce sujet l'objet d'une partie
de ses travaux. Il mourut dans son palais de
Saint-Albert, à Bologne, le 30 septembre 1012.
Une médaille a été frappée en son honneur -.
elle représente d'un côté son buste orné du collier
de Saint- Jean-de-Latran , avec ces mots : Her-
cules ButMgarius sacr. Later. Au. Mit. Aur.
Au revers, on voit sur cette médaille un luth, une
équerre, un compas, une palette et cet exergue ••
Nec has quxsivisse salis. On n'a point à s'oc-
cuper ici de quelques livres de Bottrigari qui con-
cernent les sciences. Ses ouvrages imprimés sur
la musique sont : — 1" // Palrizio, ovvero de'
tetracordi urmunici di Aristosscno , parère c
vera dimustrazione; Bologne, IM3, in-4''. Pa-
trizzi, dont la haine ardente contre la philosophie
d'Aristote et de ses sectateurs saisissait toutes les
occasions de l'attaquer, avait fait, avec raison,
une critique amère de la fausse théorie d'Aris-
toxènc concernant la division du ton en deux
parties parfaitcnietitégales,et de la formation des
télracordes, conformément à cette théorie. Cette
critique avait paru dans la seconde partie ( Deçà
dispulata ) du livre du philosophe platonicien
\ai\[u\ù Délia poctica ; i'errare, 1586, 2 vol. in-4".
C'est [lour la combattre que Bottrigari écrivit son
ouvrage, dans lequel il se montre aristoxénien
convaincu et passionné; mais la vérité était ici
du côté de Patrizzi. — 2° H Desiderio ovvero
de' concerli di varii stromcnti musicali, Dia-
logo nel quale anco si ragiona délia parlici-
puzione di cssi slromenti , e di molle altre
cose pertinenti alla musica, du Alemanno
Benelli; ùi Venezia, Kicciardo Amadino, 159i,
in-4'^' (1). Ce nom d' Alemanno Benelli est l'ana-
gramme d'^n«ïteteA/eZone (voy. Melone), élève
et ami de Bottrigari, parce que celui-ci avait désir<'
rester inconnu ; mais, blessé de ce que Melone se
donnait pour l'auteur du livre, il le fit réimprimer
sous son nom, eu 1599, à Bologne, un vol. in-4°.
(I) J'ai dit, dans la première édition de celte Biographie,
que la première édition de ce livre a été publiée à Bo-
logne, en 1590, per il Bellagambd, et qu'il en existait
un exemplaire diargé de» notes de Bottrigari dans la Pi-
bliothèque du P. Martini, Â Bologne, J'étais mal renseigne
à cet égard, car j'ai vu en 58U les exemplaires qui ont
appartenu au P. Martini dans la blbliolhèque du Lycée mu-
sical de Bologne, et ce sont ceux des éditions de Venise,
139V, et B&lognc 1399. L'édition supposée de 1590 nVxlsto
pas.
38
BOTTRIGARI — BOUCHER
De son coté Melone soutint sa prétention en fai-
sant reparaître le livre sous son propre nom,
à Milan, en IGOl. Cette édition de Milan n'est
autre que le reste des exemplaires de celle qui
avait été pul)liée à Venise, en 1594, avec un
nouveau frontispice. Néanmoins les deux ann's
se réconcilièrent par la suite, ainsi qu'on le voit
par l'article suivant : — 3" // Melone, discorso
annonico, ed il Melone seconda, considerazloni
musicali del medesimo sopra un discorso di
M. Gandolfo Sigonio intorno o' mudrïgali
ed a' lïbrï deW Anlica musica rïdotta alla mo-
derna prattica, di D. ISicola Vincent ino , e
nelfineesso discorso del Sigonio; Ferrare, IG02,
in-4". Annibal Melone avait écrit une lettre à Bot-
trigari sur ce sujet -. Se le canzoni musicali mo-
derne comimineiuente dette madrigali, o mo-
tetli, sipossono ragionevolmente nominare di
uno de' trepuri e semplici generi armonici, e
quali debbono esserlè veramcnte tali. C'est
pour répondre à celte lettre que Bottrigari a com-
posé la première partie du Melone. Il partage
les idées émises longtemps auparavant sur ce sujet
parNicolasVicentino {voij. ce nom), et croit à la
|)0ssibiiité des genres cliromatique et enharmo-
nique des Grecs, appliqués à l'ancienne tonalité
et à l'harmonie consonnante; mais il croit que
cette application ne peut se faire que dans le sys-
tème mixte et tempéré appelé par les Italiens du
seizième siècle p«r/*dpa?o (voyez H Melone ,
p. IG et suiv, ). Jean-Baiitiste Doni est tomhé dans
les mêmes erreurs {Aggiunta al compendio del
Trattato de' generi e de'' modi délia musica,
p. 120etsuiv.); mais toutes ces opinions sont des
non-sens dont Artusi a lait justice dans son livre
Belle imper fettioni délia moderna musica (p. 28
et suiv. ). Indépendamment de ces ouvrages impri-
més, Bottrigari a laissé les suivants en manuscrit :
1* / cinque libri di musica di Anit. Manl.
Sever. Boethio, tradolti in parlare itaiiano,
1579. ( Vo!j. Martini, Stor. délia mus., t. I,
p. 451.) — 20 11 trimerone de' fondamenti ar-
monici, dans lequel il est traité des tons , des
tropes, ou moiks anciens et modernes, ainsi
que de la notation à diverses époques. (Voy.
Martini, Ibid., t. I, p. 451.) —3" Une tra-
duction duCommentaire de Macrohesurla partie
du Songe de Scipion {V. CicÉnoN et Macroee)
qui concerne l'harmonie des sphères célestes ;
— 4° Une traduction du traité de musique de
Cassiodore. Bottrigari a aussi traduit en italien
les traités d'Euclide, l'abrégé dePseilus, le dia-
logue sur la mus.ique de Plutarquc, les ouvrages
d'Alypius, de Censorin, de Bcde et de Fogliani
( Voy. ces noms ). Tous ses ouvrages existent
dans la Bibliothèque du Lycée musical de Bo-
logne. — .'>° Enfin, le père Martini possédait un
exemplaire de la traduction d'Aristoxène et de
Ptolémée par Gogavin, chargé de corrections de
la main de Bottrigari, et accompagné d'une tra-
duction italienne, dont il était l'auteur.
Gerber, dans l'article Mfl?'<ùii (Jean-Baptiste) de
son ancien lexique desmusiciens, est tombé dans
une singulière méprise : il dit, en parlant de ce sa-
vant musicien, q(je son ami Bottrigari lui avait
laissé sa riche bibliothèquemusicale. Or Bottrigari
était mort quatre- vingt-q uatorze ans avant la nais-
sance du P. Martini ; ce qui n'a pas empêché Cho-
ron et FayoUe de copier cette bizarre erreur, dans
leur Dictionnaire des nuisiciens. L'abbé Bertini n'a
pas fait cette faute dans le Dizionario storico-cri-
ticodegliscrit(oridi7nusica.G'e&tun descendant
de Bottrigari, lequel était abbé, qui a laissé par
testament au P. Martini les livres de musique
provenant de l'ancienne bibliothèque de cet écri-
vain.
BOUCHER (Hector), dit VEnfant, eut
de la réputation comme compositeur au seizième
siècle. Suivant un compte de dépense de la cour
de François l", dressé en 1532 (Mss. de la Bi-
bliothèque du Roi, F. 1500 du supplément), on
voit qu'il était haute-contre de la chapelle de ce
prince et qu'il avait trois cent soixante livres de
gages. Il fut aussi chanoine de la Sainte-Chapelle
du palais. Un nombre assez considérable de mo-
tets et de chansons à quatre, cinq et six parties,
composés par l'Enfant, se trouve dans les recueils
publiés par Nicolas Du Chemin et Adrian Le Roy.
La plus ancienne publication de ce genre est un
motet du môme musicien, inséré par Pierre At-
taignant dans le deuxième livre de ses motets
de divers auteurs qui a paru sous ce titre : Pas-
siones Dominiez in ramis palmarum, Veneris
sancte, nec non lectioncs feviarum quinte,
sexte, ac sabbati hebdomudx sanctœ. Ce motet
est un in-pace. (Voyez Inf'.ntis).
BOUCHER (Alexani>re-Jean), né à Paris
le 11 avril 1770, s'adonna de bonne heure à l'é-
tude de la musi(pie et du violon sous la direc-
tion de Navoigillo aîné. Il avait à peine atteint
sa sixième année lorsqu'il joua à la cour, et dans
sa huitième, il se fit entendre au concert spirituel.
A l'ùge de quatorze ans, lîouclier fut le soutien
de sa famille; à dix-sept, il partit pour l'Espagne,
où il entra au .service de Cliarics JV, en qualité
de violon solo. Après un long séjour dans ce pays,
sa saute s'altéra, et il obtint un congé, dont il
profita pour revenir en France. De retour à Pa-
ris, il .se fit entendre aux concerts de M'"" Cata-
lani donnés à l'Opéra, en 180G, et à ceux de Mm'"'
Grassini et Giacomelli, au mois de mai 1808. On
trouva sa manière extraordinaire : les uns l'ac-
BOUCHER
BOUELLES
30
cusaient de manquer de savoir dans le int^ca-
iiistue de larclict; les aulrcs, de s'abandonner
trop à de certaines saillies qui ressemblaient à du
cliarlatanisme ; mais tous étaient obligés d'avouer
quil ne copiait personne, et qu'il n'avait de mo-
dèle que lui-môme. Lorsque Napoléon retint
Charles IV prisonnier à Fontainebleau, Rouclier
donna à ce prince infortuné une preuve d'attacbe-
nient en se rendant auprès de lui; dévouement
auquel le monarque fut sensible. Après la res-
tauration. Doucher a passé plusieurs années à
l'aris; vers 1820, il s'est mis à voyager en Alle-
magne et dans les Pays-Bas, et partout il a ex-
cité l'étonnement. Il a souvent conté celle anec-
dote de son voyage : en 1814 il arriva en Angle-
terre, et son violon n'ayant pas été déclaré à la
douane.de Douvres, fut saisi. Il s'en empara aus-
sitôt, joua des variations improvisées sur l'air
God save the King, et séduisit par son jeu les
douaniers, qui lui rendirent son instrument. De
retour à Paris, Boucher s'est livré à l'enseigne-
ment et a joué dans quelques concerts; mais, mé-
content de sa position, il s'est éloigné de nou-
veau de la capitale de la I^rance, a traversé l'Al-
lemagne, la Pologne, et s'est rendu en Russie.
En 1844, il était à Francfort, oii il se fit entendre;
puis il retourna à Paris. Depuis lors il s'est fixe
près d'Orléans. Au moment où cette notice est
revue, Boucher vient d'arriver à Paris : il est âgé
de quatre-ving-dix-ans; néanmoins il s'e.^t fait
encore entendre en présence de quelques artistes
(18G0). On remarque dans les traits de ce Nestor
des violonistes une ressemblance sensible avec
ceux de Napoléon Bonaparte. Il s'est souvent
amusé lui-même de cette similitude, et s'est coiffé
de la même manière que le conquérant. On
connaît de cet artiste : 1° Premier concerto pour
violon et orchestre; Paris, Pleyel. —2" Mon
caprice, deuxième concerto idem; Bruxelles,
WeissenbrucU. La femme de Boucher (M™*^ Cé-
leste Gallyot) s'est fait entendre avec succès,
comme harpiste, dans les concerts de Feydeaii
en 179i. Elle est morte à Paris dans le mois de
février 1841.
BOUCHERON (Raimond), maître do cha-
pelle à Vigevano, dans la province de Novare, en
Piémont, est né dans le royaume de Sardaigne,
au commencement du dix-neuvième siècle. Cet
artiste a beaucoup écrit pour l'Église et a fait
exécuter à Vigevano, les 5, 6 et 7 octobre 1840,
deux messes et un Requiem de sa composition.
Il a publié un Pater noster ( Orazione domini-
cale) pour un chttîur à quatre voix, à Milan,
chez Ricordi , et quelques chants à voix seule,
chez le môme. L'ouvrage le plus important de
M. Boucheron est un livre qui a pour titre Filosofia
délia musica, o Estetica appticala a quest'
arte; Milan, Ricordi, 1842, un vol. gr. in-S"
de IGO pages. Bien que l'auteur de ce livre n'ait
ni la profondeur de vues, ni l'étendue de connais-
sances nécessaires pour un tel ouvrage, on y
trouve néanmoin>i des a[ierçus qui ne manquent pas
de ju<tes.se. Après avoir traité du beau en général
dans l'introduction, M. Boucheron développe, en
douze chapitres, la théorie du beau en particulier
dans la musique, et traite du caractère des instru-
ments, des voix, de la tonalité, de quelques
ressources du contrepoint, de la peinture musicale,
de la variété des caractères, de la musique à l'é-
glise, au théâtre et dans le style instrumental, etc.
M. Boucheron a participé à la rédaction delà
Gazzeda musicale dl Milano pendant plusieurs
années. Le 8 se|)tembre 1851, il a fait exécuter
à la cathédrale de Milan une me.sse solennelle de
sa composition. Le style en était un peu sec ; mais
on y remarquait du savoir.
BOUCIIET (CuAKLF.s), professeur de piano
et compositeur (!), né à Marseille, s'est fixé dans
sa ville natale. Il a publié de sa composition la
cantate de Circé (de J.-B. Rous.seau), avec ac-
compagnement de piano, une nouvelle invitation
à la valse, dédiée à la mémoire de Weber, un
rondeau brillant pour le piano et un grand final
brillant pour le même instrument, à Marseille,
chez Boisselol. Blanchard a fait une analyse plai-
sante de toute celte musique pire que médiocre,
dans la Gazelle musicale de Paris (1837,
p. 471 et suiv).
BOUDIER (Gebmain LE), maître des enfants
de chœur de Notre-Dame de Nantes, né vers le
milieu du seizième siècle , obtint au concours du
Pwj de musique d'Évreux, en 1581, le prix du
luth d'argent, pour la composition de la chanson
française à plusieurs voix : Et la fleur vole.
BOUDÏIX (Jean), en latin Boudinius, né à
Furnes , petite ville de la Flandre, fut président
du conseil de cette ville. Le catalogue des livres
de M. de Peralta indique sous ce nom un ouvrage
intitulé : De Prxslanlia musicœ velcris; Flo-
rentiae, 1647, in-4o. Il n'est pas douteux que cette
indication est une erreur, et que ce traité n'est
autre que celui que Doni a publié la môme année,
dans la même ville et sous le môme titre.
BOUELLES, BOUILLES, ou BOU-
VELLES (Charles), en latin Bovillus, né
à Sancourt, village de Picardie, vers 1470,
étudia les mathématiques, et particulièrement
la géométrie sous Lefèvre d'Eta|)les. Après avoir
voyagé en Espagne et en Italie, il obtint
un canonicat àNoyon, où il enseigna la théo-
logie. 11 est mort vers 1553. Parmi ses ou-
vrages, on lui attribue ceux-ci : L De com-
40
BOUELLES — BOUGEANT
titutione et uliUtate arlium humananim;
Paris, Jehan Petit, sans date, in-4o. — II. Rttdi-
menta miisicee figuratx, 1512, in-8o. Ce dernier
livre a été cité par Gesner, dans sa Bibliothèque
universelle ( lib. 7, tit. 3 ), et c'est d'après lui que
Forkel et Lichtenthal en ont parlé; mais je suis
bien tenté de croire qu'il y a dans cette citation
une de ces nombreuses méprises où Gesner s'est
laissé entraîner, et que l'ouvrage dont il s'agit n'est
autre que celui de Wollick ( voij. ce nom), dont
la seconde partie, contenant le livre cinquième,
qui traite de la musique mesurée, et le sixième,
relatif au contrepoint, a été séparée des quatre li-
vres de la première (qui ne traitent que du chant
ecclésiastique), et a été publiée en 1512, in-4°
par François Regnault, sous le titre de Enchiri-
dion musicx fiyiiratx. Le môme imprimeur a
donné, en 152i, ia cinquième édition du livre
complet de Wollick. Lipenius a cité l'édition de
1512 {in Dibliolh., p. 977, c. 2), sous le titre de :
IS'icolai Wollici Enchiridion musices. Or, re-
marquez que le nom de Wollick a été souvent
cité sous la forme latine de Bolicius. Il est
vraisemblable que ce nom aura été mal écrit
par quelque copiste, ou mal lu par Gesner, et
qu'on en aura fait Bovillits, car je n'ai vu citer
par aucun auteur de livre sur la musique sous
ce dernier nom. Au reste il n'est pas inutile de
retnarquer que Gesner semble s'être corrigé lui-
même dans l'abrégé de sa bibliothèque {liiblïot.
in epUom. red., \>. G35) ; car il y indique, sous
la date de 1512, V Enchiridion musices de Wol-
lick.
BOUFFET (Jean-Baptiste), compositeur et
professeur de chant, naquit à Amiens, le 3 oc-
tobre 1770, et fit ses études musicales comme en-
fant de chœur à l'église cathédrale de cette ville.
Arrivé à Paris en 1791, il devint élève de To-
meoni pour le chant. Il était doué d'une belle
voix de ténor élevé, appelée en France haule-
contre : cet avantage le fit rechercher dans le
monde, et bientôt il devint un des professeurs de
chanta la mode. En 1806 Lesueur le (it admettre
comme ténor dans la chapelle de l'empereur Na-
poléon : il conserva la même position dans la
chapelle du roi, après la restauration. Ses ro-
mances, chansons, rondeaux et nocturnes eurent
un succès de vogue au commencement de ce
siècle : il en publia environ quatre-vingts à Paris,
chez Naderman. En 1794, il (it jouer au théâtre
Montansier un opéra en un acte de sa comj)o-
siiion intitulé L'Heureux Prétexte: cet ouvrage
fut bien accueilli par le public. Il a laissé en ma-
nuscrit deux messes à quatre voix, dont une avec
orchestre ; trois psaumes ; trois Magnificat ; deux
Salve Regina,et un Stabat à 4 voix, chaur et
orchestre. Frappé d'une paralysie du cerveau, qui
le |iriva de la mémoire et de la parole, en 1830,
Bouffet eut pendant quelques années une exis-
tence végétative : il mourut à Paris le 19 janvier
183â. Un de ses amis, M. Jules Lardin, a publié
■une Notice sur J.' II. Bouffet y compositeur et
professeur dédiant; Paris, 1835, imprimerie do
Cosson , in-8" de IG pages.
BOUFIL (Jacques-Jui.es), né le 14 mai
1783, entra le 6 prairial an XI au Conservatoire
de musique, où il prit des leçons de Xavier Le-
febre pour la clarinetle. Ses progrès furent ra-
pides, et aux concours de celte école, il obtint
d'une manière brillante le premier jirix de sou
instrument. En 180711 entra connue seconde cla-
rinette au théâtre de l'Opcra-Comique : dans la
suite il partagea l'emploi de piemière avec Du-
vernoy ; et enfin il resta chef de cet em[)loi en
1821. M. Bouftl s'est fait entendre avec succès
dans plusieurs concerts. Parmi ses compositions
on remarque: 1° Ouverture; six airs variés, et |)ot-
pourri d'airs nationaux pour flùle, deux clari-
nettes, deux cors et deux bassons, liv. 1 et 2;
Paris, Gambaro. — 2° Duos pour deux clarinet-
tes, œuvres 2, 3 et 5, Paris, Jouve et Gaveaux.
— 3" Duo pour piano et clariuelte, Paris, Ga-
raudé. — 4° Trois trios pour trois clarinettes,
op. 7; Paris, A. Petit. — 5° Idem, op. 8; ibid. ;
— 6» Trios pour deux clarinettes et basson ;
ibid.
BOUGEAIT (GuILIA^JME-HvACl^THE), jé-
suite, né à Quimper, le 4 novembre 1690, professa
successivement les humanités et l'éloquence dans
plusieurs collèges de sa société. Son ingénieux
ouvrage intitulé : Amusements philosopitiques
sur le langage des bêtes lui causa des persécu-
tions et des chagrins; il fut exilé à la Flèche.
Après sa rétractation, il lui fut permis de revenir
à Paris, où il est mort, le 7 janvier 1743, âgé de
cinquante-trois ans. Le P. Bougeant a publié :
I. Une dissertation intitulée : Nouvelles conjec-
tures sur la musique des Grecs et des Latins,
dans les mémoires de Trévoux, juillet 1725,
tom. XLIX. Il entreprend d'y réfuter la disser-
tation de Burette sur la symphonie des anciens,
en ce qui concerne l'usage que les Grecs et les
Piomains auraient fait de l'harmonie simultanée
des sons. 11 ne pense pas qu'ils y aient admis
des suites de tierces, |iar la raison que cet inter-
valle était considéré par eux comme une disson-
nance, au même degré que la seconde. Cette
dissertation a été insérée dans la Bibliothèque
française de Camusat, tome 7, p. 1 1 1 à 139. —
II. Dissertation sur la récitation ou le chant
des anciennes tragédies des Grecs et des Ho-
i mains , dans les mémoires de Trévoux , lévrier
BOUGEAINT — BOULE^GF,R
41
1735, tom. LXVllI, p. 248-279 ; travail beaucoup
trop concis pour la nature du sujet.
BOUILLAULD (Ismael), en latin Btd-
lialdtis, naqiiitàLoudunJe 28 septembre 1G05.
Après avoir étudié la tliéologie, l'histoire sacrée
el profane, les niatbéniatiques et particulièrement
l'astronomie, il voyagea en Italie, en Allemagne,
en Pologne et au Levant. 11 abjura la religion
protestante, dans laquelle il était né, pour se faire
callioliqiie romain, et se retira à l'abbaye de
Saint-Virtor, oii il mourut le 25 novembre 1694.
Bouillaud a donné la première édilion de ce qui
reste de Théon de Smyrne, avec une traduction
latine el des notes, sons ce titre : Thconis Smyr-
nsci Platonici earum qitoe in Ma/hcmadcis od
Platonis lectionem utiliasunt, cxpositio. Ebi-
MiothecaThuana. Optts mine primumeditum,
latina vcrsione, ac noiis illustrai am; Paris,
1044, in-4o ( voy. Tuéon de Smyknk). Cette édi-
tion est fort bonne. Les notes de Boiiillaud éclair-
assent la partie spéculative de la musique con-
tenue dans 61 cliapitres de l'ouvrage de l'auteur
ancien.
BOUIIV (François), professeur de vielle, au
commencement du dix-huitième siècle, a publié
à Paris, 1° La vielleuse habile, méthode pour
apprendre à jouer de la vielle, in- fol. — 2" So-
nates pour la vielle, op. 2. — 3° Les avmse-
ments d'une heure et demie, airs variés pour
la vielle.
BOULANGER (Marie-Julie HALLIGNKR,
connue sous le nom de M™*), est née à Paris, le
29 janvier 178fi. Admise comme élève pour le
solfège au Conservatoire de musique, le 20 mars
1806, elle eut ensuite Plantade pour maître de
cliant, et devint élève de Garât au mois de jan-
vier 1807. Douéed'uiiefortbellevoi\,et possédant
iinee\(''Cution vocale brillante et facile, elle obtint
de beaux succès dans les concerts où elle se fit
entendre. Le 16 mars ISII elle débuta à l'Opéra-
Comique dans L'Ami de maison et le Concert
inîcrrompu. Rappelée à grands cris après la re-
présentation, elle lut ramenée sur la scène par
EUeviou pour recevoir les bruyants témoignages
de la satisfaction du public. Tel fut l'empresse-
ment des habitants de Paris à l'entendre, que
Vadministration du théâtre prolongea fcs débuts
pendant une année entière. Au charme de son
chant se joignait un jeu naturel et plein de verve
comique. Un heureux méUtîige de gaîté, de sen-
sibilité et de finesse, donnait à son talent drama-
tique un caractère particulier. Elle jouait surtout
fort bien les rôles de soubrette et de servante, et
les habitués du théâtre Feydeau ont gardé long-
temps le souvenir de son talent dans les person-
nages si différents de la soubrette des Événe-
ments imprévus, et de la servante des Rendez'
vous bourgeois. Aprèsavoir conservé la faveur du
public pendant plus de dix-huit ans. M™* Bou-
langer a éprouvé tout à coup une altération sen-
sible dans l'organe vocal, et les dernières années
qu'elle a passées au théâtre n'ont pli;s été pour
elle qu'un temps de regret. Elle s'est retirée an
mois d'avril 1845, avec la pension acquise pen-
dant que l'Opéra-Comiqne était administré par
la société des acteurs. La rupture d'un ané-
viismela (it mourir subitement, le23jiiillet 18.)0,
à l'âge de soixante-quatre ans.
BOlILAA'GKll(ERNEST-HElNIU-ALEXANDliE),
fils delà précédente et d'un professeur île violon-
celle attaché à la chapelle du roi, est né à Paris,
le IG septembre 1S15. Admis comme élève an
Conservatoire, le 18 janvier 1830, il y reçut des
leçons de Valentin Alkan pour le solfège, puis de
Halévy pour le contrepoint, et enfin de Lesueur
pour le style dramatique. En 1835, le premier
grand prix de composition lui fut décerné au
concours de l'Institut de France, pour une can-
tate intitulée Achille. Au mois de décembre de la
même année, il jiartit pour l'Italie avec le titre
de pensionnaire du gouvernement. De retour à
Paris vers la fin de 1839, il se mit, comme tant
d'autres lauréats des grands concours, à la re-
cherche d'un poème d'opéra : il l'obtint de Scribe,
qui lui donna les rognures de Robert le diable,
dans un acte intitulé Le Diable à Vécole. Cet ou-
vrage leprésenlé au mois de janvier 1842, fut un
début heureux , car on y remarqua plusieurs
jolis morceaux de bonne lacture oii le jeune mu-
sicien avait fait preuve de sentiment drama-
tique. Les Deux Bergères , autre opéra-comique
représenté en janvier 1843, confirma les es()é-
rances données par le premier ouvrage. Une
Voix , opéra-comique en un acte, joué au mois
de mai 1845, et La Cachette, en trois actes
(aoilt 1847), sont les derniers ouvrages écrits
par Ernest Boulanger, qui semble avoir déses-
péré de lui- môme.
BOULEXGÉR (Jules-César), né à Lon-
dun en 1558, entra chez les jésuites en 1582.
Après douze ans de séjour dans leur société, il
obtint de ses supérieurs la permission d'en
sortir pour soigner l'éducation desesneveu\. Il
professa les belles-lettres à Paris, à Toulouse
et à Pise, puis rentra chez les jésuites, après vingt
ans d'absence, et mourutàCaliors,au mois d'août
1628. H a publié un traité de Théâtre, divisé
en deux livres (Troyes, 1603, in-8''). Au second,
il traite de Ludis musicis et scenicis, ubi
multa de musica antiquorum, rorumdem ti-
biis amplîssimi, organis, citharis, aliis instru-
mentis musicis, etc. C'est un fort bon ouvrage.
42
BOULENGER — BOURGEOIS
on le trouve pai mi les œuvres imprimées de Bou-
Icn^cr à Lyon, en 1621, 2 loin, in-fol. Grœvius l'a
Inséré dan-^ son T/iesnurus An t. Roman. ^ tom. 9.
lîOURDELOT (Pierre), médecin, naquit
à Sens, en lOIO. Son nom véritable élait Mlchon ;
celui de Boiirdelot lui fut donné par un de ses
oncles maternels qui avait dirigé ses études. Il
fut reçu docteur en médecine et médecin du roi
en 1 042. Appelé à Sfockliolm, en 1C5I, près de la
reine Christine, qui était dangereusement malade,
il la guérit, et mérita la bienveillance de cette
princesse par sa conversation instructive et amu-
sante. Revenu en France, il obtint l'abbaye de
Macé, quoiqu'il ne Ci'it pas dans les ordres : delà
lui est venu le nom d'abbé Doiirdelot. Il mourut
Ie9 février 1G83, dans sa soixante-seizième année.
Ce fut surses manuscrits (jne Honnet, son neveu,
écrivit L'histoire de la mttsiqîie et de ses ejjets
(voy. Bonnet). Bourdelot avait dès longtemi)s
pré[)aré les matériaux de ce faible ouvrage.
BOURET (...), lieutenant général du bail-
liage deGisors, vers le miliea du dix-liuitième
siècle, est auteur d'un petit pocme intitulé:
Les progrès de la musique sous le règne de
Louis-le- Grand ; Manlus, 1735, in-4".
BOURGEOIS (Louis), né à Paris, au com-
mencement du seizième iiiècle, s'allacha à Calvin,
et le suivit à Genève lorsque le réfoimateur rentra
dans cette ville, en 1541. Le consistoire le choisit
pour rem[)lir les fonctions de chantre à l'église
de Genève; mais n'ayant pu s'entendre dans la
suite avec les chefs de cette église, sur l'usage
qu'il voulait y introduire des psaimies barmo-
Jiisés à plusieurs parties, il retourna à Paris en
1557. H s'y trouvait encore en làfil; mais on
ne sait ce qu'il e^t devenu depuis lors. Bourgeois
est auteur d'un livre qui a paru sous ce titre :
Le droict chemin de musique , composé par
Loijs Bourgeois avec la manière de chanter
les psaumes par usage ou ruse, comme on
cognoistra au 34, de nouveau mis en citant, et
aussi le cantique de Siméon; Genève, 1550,
in-8". Il y a dos exemplaires de ce livre qui
portent la date de Lyon, 1 550 : ils sont de la même
édition que ceux de Genève; le frontispice seul
a été changé. C'est donc à tort que Forkel,
Lichtentbal, Clioron et Fayolleont indiqué'celte
édition sous le format in-4°. Ils n'ont point parlé
de l'édition de Genève, qui a pourtant été citée
par Wallher dans son Lexique de musique. Au
reste, aucun de ces écrivains n'a lu le livre de
Bourgeois. Cet ouvrage est le premier où l'on a
proposé d'abandonner la méthode de la main mu-
sicale attribuée à Gui d'Arezzo , et d'apprendre
la musique par l'usage du solfège. Bourgeois avait
lemarqué que la désignation des notes de l'échelle
générale, telle qu'on l'avait faite dans les siècles
précédents, et telle qu'elle existait encore de son
temps, avait l'inconvénient grave de mêler les
trois genres par bémol, par bécarre et par nature.
Il proposa de faire cette di'signation de manicie
qiie l'arrangement des syllabes indiquât le nom
de chaque note dans chaque gamme par bénu)l,
par nature et par bécarre, et selon un ordre
uniforme et régulier. Ainsi , on dksait autrefois
F fa ut, G sol ré ut, A la mi ré, B Ja mi, C sol
fa ut, D la sol ré, et E la mi, en sorte que les
trois premières syllabes des trois premières dfisi-
gnntions étaient les noms des trois premières
notes de la gamme par nature, les trois suivantes
a[tpartenaient à la ganune par bémol, et la der-
nière à laganmie par bécarre. De là résultait une
grande confusion dans le nom réel des notes de
chaque gamme. A ces appellations irrationnelles.
Bourgeois substitua les suivantes, où la première
syllaliecst toujoiMS lenomde la note de la gamme
par bémol , la seconde appartient à la gamine
par nature, et la troisième à la gamme par bé-
carre : F ut fa, G ré-sol ut, A mi la ré, H fa
U mi, C sol ut fa , I) la ré sol, et A mi la. Les
écoles de musi(p!e d'Italie continuèrent de faire
usage des anciennes désignations ; mais les |)ro-
testants de France adoptèrent celles de Bourgeois,
et l'us.'iges'cn répandit insensiblementdans toutes
les écoles (rançaises de musique. Ce qu'il y eut
de singulier, c'est qu'après l'introduction de la
septième syllabe (s/) dans la gamme, on continua
à se servir de ces désignations F ut fa, G ré sol,
A mi la, etc., qui ne signifiaient plus rien, puis-
qu'il n'y avait plus qu'une gamme ; on disait seu-
leuKuit b fa si au lieu de/({ mi ; l'usage de ces
appellations n'a cessé en France que vers 1800.
Bourgeois a fort bien démontré l'inconvénient
des muances multipliées, dans un chapitie spécial
de son livre sur cette matière (De l'abus des
muances);\x\^W\\ n'a point /iperç.u la possibilité de
(aire disparaître cette absurde difliculté, par le
moyen <le l'addition d'une septième syllabe.
On a aussi de ce musicien : Pseaulmes cin-
quante de 'David Uoy et Prophète, traduictz
en vers français par Clément Marot, et mis
en musique par Loijs Bourgeoys à quatre
par lies , ù voix de contrepoinct égal consonnanle
au verbe. Touiours mord envie. Imprimé à
Lyon, chez Godefroy et Marcelin Beringen, à
la rue Mercière û l'enseigne de la Foy , 1547,
petit in-4"' obi. Dans la même année, Bourgeois
avait déjà fait paraître Le premier livre de
psaulmesde David contenant XXIV psaulmes à
quatre parties; Lyon, chez les mêmes libraires,
in-4° oblong. Plus tard il a publié : Quatre-
vingt-trois psalmes de David en musiqu-z
BOURGEOIS — BOURNOISVILLE
43
(fort convenable aux instrumens), à quatre,
cinq et six parties, tant à voix pareilles qu'au-
trement; dont la basse-contre tient le sujet,
afin que ceux qui voudront chanter avec elle
à l'utiisson ou à Voctave, accordent aux autres
parties diminuées ; plus le cantique deSimcon,
les commandements de Dieu, les prières devant
et après les repas, et tcn canon à quatre ou
cinq parties, et un autre à huit; Paris, 1561,
in-80, obi.
BOURGEOIS (Louis-TiiOMAs), né à Fon-
taine-l'Évêque dans le Ilainaut, on 1<)76, entra à
l'Opéra lie Paris comme haute-contre, en 1708,
et quitta lelliéàtrcen 1711. Deux ans après il y
f\ivG[»ré5tn\eT Les Amours déguisés, et en 1715,
7,65 Plaisirs de la Paix. On a aussi de lui :
1° Deux livres de cantates françaises, Paris; in-
fol. — 20 Cantates Anacrcontiques, in-4'', obi.
— ?,''V Amour prisonnier delabeauté, cantate.
— k" Beatusvir,n\Q{el àgrandciiœur; Paris, Bal-
lard. Vers 17 IC, Bourgeois quitta Paris pour se
rendre à Toul, où il venait d'être nommé maître
de chapelle; de là il passa à Strasbourg en la
même qualité; mais son inconstance et son désir
de voyager lui firent encore quilier ce poste. Jl
est rnort à Paris, au mois de janvier 1750, dans
une situation voisine de rindigence. II avait écrit
pour les divertissements de la cour divers ballels
et cantates qui n'ont point été représentés à 10-
péra; ce sont : V Les Nuits de Sceaux, 1714. — 2®
Diane, diverlissement, 1721, avec Aubert. — 3°
Divertissement pour la naissance du Dauphin,
aD\}on,Gn 1129.— ^'' Idylede I\avibouiUet,ll3b.
-^5° Les peineset lesplaisirsde VAmour. — c
Zéphire et Flore, cantate, 1715. — 1" Psyché,
jd., 1718. — 80 Céphale et l'Aurore, idem.
— 9° Phèdre et Hippolyie, idem. — 10^ La Lyre
dAnacréon. — li° Dédale, id. — 12° Don
Quichotte, id.
BOURGEOIS (Pierre-Auguste LE}.Voyez
LKBOURGEOIS.
BOURGEON (Charles): Voy. Borjon,
BOURGES (Jean-Maurice), compositeur,
littérateur et critique distingué, né à Bordeaux,
le 2 décembre 1812, a fait de bonnes études lit-
téraires au collège de sa ville natale. Doué d'heu-
reuses dispositions pour la musique, il les cultiva
de bonne heure, et, arrivé à Paris, il se livra à
l'étude de la composition sous la direction de
Barbereau. Ce fut d'abord comme critique que
M. Bourges se fit connaître, en s'associant, dès
J839, à la rédaction de la Gazette musicale de
Paris. Un bon sentiment de l'art, un goût fin
et délicat, beaucoup de politesseet de bicnveil-
veillance, enfin une forme littéraire élégante et
facile, distinguent les nombreux articles qu'il
a fournis à celte revue périodique. Il ne s'é-
tait révélé comme compositeur que par quelques
jolies romances, lorsqu'il fit représenter, au mois
de septembre 1846, sur le théâtre de l'Opéra-Co-
niique, 5M/^ana, ouvrage élégamment écrit, dans
lequel on fut étonné de trouver autant de verve
et de gaieté que de distinction dans les idées ; car
le caractère grave de la critique de M. Bourges
pouvait faire croire que son penchant le portait
aux choses mélancoliques. Il est regrettable que
cet heureux essai n'ait pas été suivi d'ouvrages
plus importants. On doit à M. Bourges une très-
bonne traduction française de l'Oratorio de Men-
delssohn, Élie. Malheureusement, le mauvais étal
de la .santé de M. Bourges nuit à l'activité de
ses travaux.
BOURGOÎNG (Le P. François), de la
congrégation de l'Oratoire, et directeur du chœur
delà maison de Paris, naquit à Bourges dans les
dernières années du seizième siècle. Des soup-
çons graves sur sa conduite morale le firent ex-
clure de l'Oratoire; néanmoins il ne fut pas in-
terdit. Bien qu'il ne soit pas l'auteur du chant
de l'office des oratoriens, comme ou l'a dit, il
l'a mis on ordre et en a fait une bonne exposi-
tion dans le livre qui a pour titre : Brevis Psal-
modia? ratio, ad usxim Presbiterorum congre-
gationis Oratorii, Domini Noslri Jcsu-Chrisli
instituta, in qua, qiiid, quove modo tum ccle-
branti, tum choristis, aut cuiUbel à choro psal-
lendum slt, subjectis rcgulis declaretur ; Pari-
siis, ex offtcina Pétri Ballardi, 1634, in-S"* Il
y aune traduction française de cet ouvrage sous
ce titre : Le David français , ou Traité de la
sainte psalmodie; Paris, Ballard, 1G41, in-8°.
BOURA'OiWILLE (Jean-Valentin), né à
Noyon, vers 1585, fut d'abord maître de cha-
pelle à Rouen, puis à Évreux. En U;i5, il devint
maître de musique de la collégiale de Saint-
Quentin; trois ans après, il passa à Abbeville,
et enfin, en 1G20, il fut appelé à la cathédrale
d'Amiens. On a de sa composition : 1" ïrei/.e
messes à quatre parties imprimées chez Ballard,
depuis 1618 jusqu'en 1630. — 2° Octo cantica
Beat. Mar. Virg.; Paris, Ballard. Bournonville
peut-être considéré comme un des meilleurs or-
ganistes et compositeurs français qui ont vécu
sous le règne de Louis XIIT. Il avait fondé une
école de nmsique d'où sont sortis quelques ar-
tistes distingués, entre autres Arthur Aiixcous-
teaux. Il a eu un fils qui fut organiste de la ca-
thédrale d'Amiens, et qd a laissé en manuscrit
des pièces d'orgue dont je possède une copie J
elles ne sont pas sans mérite.
BOURNONVILLE (Jacques), petit-fils du
précédent, né à Amiens vers 1076, est mort.
44
BOURKONVILLE — BOUSQUET
en 1758, à râpe (li; pins (le quatre-vingts ans. Il
.n'ait ("té élève de l'ernier. On a de sa compo-
sition un livre de motels; Paris, Ballar(l,in-4°.
Ce musicien a en de la réputation , et Hameau
l'estimait. La Corde s'est trompé complètement
dans la généalogie de cette famille, en faisant
«le Jean-Valentin deux artistes différents, et de
Jacques, le fils de Valentin (qu'il appelle Valen-
iiny), au lieu de son pelit-fds.
BOUSQUET (Georges), compositeur et
ciitique, naquit à Perpignan, le 12 mars 1818.
Son père, employé des postes, avait un goût pas-
sions! pour la musique et saisissait toutes les
occasions où il pouvait en entendre, soit à l'é-
{;lise, soit au théâtre. Il se faisait accompagner
par le jeune Bousquet, dont les heureuses dispo-
sitions se développèrent rapidement par les im-
pressions fréquentes que l'art faisait sur lui. Dès
l'âge de huit ans il était enf.uit de chœur à la
cathédrale, et jouait assez bien du violon. A
dix ans il entra au collège où il (it des études
souvei-vt entravées par sa passion pour la mu-
sique. Enfin il se décida à se rendre à Paris en
18;i3,dans l'espoir d'être admis au Conservatoire
comme élève violoniste. Cependant il fallait
trouverdesmoycnsd'existencf, et Bousquet n'était
pas sans in(]uiéludeà ce sujet, liiles furent bien-
tôt dissipées, car w\& place d'alto était vacante
dans les concerts de Jidlicn, au Jardin-Turc; on
la lui offrit, et il se hàla de l'accepter. Cet em-
ploi ne lui donnait guère que du pain; mais du
pain et l'espoir dans l'avenir sont la forlune d'un
jeune artiste. Trois mois après, sa situation de-
vint meilleure par son admi.ssion à l'orchestre
(Ut Tlu'àtre-llalien conune second violon. Pen-
dant cinq ans il cvnserva cette position où se fit
en réalité son éducation musicale, par les occa-
sions fré(iuenles qu'il eut d'entendre les beaux ta-
iewts de Lahiache , Kubini, Tand)urini, la Grisi, la
Unger et la Persiani dans les œuvres de Mozart,
('imarosa, Bossini, Bellini et Donizetti. Le trésor
des merveilles de l'art .s'était ouvert pour lui et
le transportait d'admiration ; mais lorsqu'il lui
fallait descendre des hauteurs où le plaçait son
eulliousiasme pour rentrer dans les rcalilés arides
et sèches du mécanisme de l'instrument qu'on
lui enseignait au Conservatoire, tout changeait
d'aspect. Ses progrès étaient si lents dans cette
partie, matérielle de l'art, qu'il fut jugé inca-
pable par le jury d'examen, et rayé du nom-
l)re des élèves. Un an après, Bousquet rentra
dans la môme école [)bur y étudier l'harmonie
sous la direction de Collet et d'Elvvart ; puis,
on 1830, il devint élève de Lebornc pour le con-
Irepoint et la fugue, et de Berton pour le style
dramatique. En 183S, il se |)résenta comme can-
didat au grand concours de composition de l'Ins-
titut de France, y fut admis, et remporta le pre-
mier prix. Sa cantate àdeux voix, La Vcndctfa,
fut exécutée dans la séance publique de l'Acadé-
mie des beaux-arts, et sa partition fut gravée
à Paris chez INIeissonnier. Devenu pensionnaire
du gouvernement comme lauréat de ce concours,
il partit pour l'Italie, clpassadeux années àRome,
dans l'hôtel de l'Académie de France. Il y écrivit
deu^ messes; la première, pour des voix seules,
fut chantée à l'église Saint-Louis-des-Français, le
1" mai 1839 ; l'autre, avec orchestre, fut exécu-
tée dans la môme église le 1^"" mai IS'iO. Dans
cette dernière année, il composa aussi un Mise-
rere à 8 voix avec orchestre, qui fut l'objet d'un
rapport honorable lu à ta séance de l'Académie
des beaux-arts de l'Institut , au mois d'octobre
1841. La sensation (pi'avaient produite à Home
les deux messes de Boiiscpiet le fit nommer, sans
l'avoir sollicité, mendire de l'Académie deSaintc-
Cécile, et de celle des Philliarmoniqnes-romains.
Deux actes d'un Op('ra séria, des fragments d'un
opéra bouffe italien et quelques morceaux d'un
o[)éra-comi(iiie français, remplirent, avec les ou-
vrages dont il vient d'ôtre parlé, le temps que le
jeune compositeur demeura en Italie. Pendant
l'année 1841, que Bousquet passa tout entière en
Allemagne, il écrivit trois quatuors pourdeux vio-
lons, alto et violoncelle, dont le troisième, ou-
vrage très-distingué, a paru chezUrandus, à Paris.
De ses travaux en 1842, les seuls qui aient été
connus r.ont un quintette pour deux violons,
alto, violoncelle et contre-liasse qui produisit un
effet satisfaisant dans quelques concerts où il fut
entendu, et une ouverture pour l'orchestre, qui
fut exécutée dans la séance publique de l'Acailé-
luie des beaux-arts de la môme année.
De retour à Paris, après cinq années de bien
être, de rôves heureux et <le travaux d'art faits
avec joie, Bousquet .se trouva, comme tant d'au-
tres, aux. prises avec les difficultés de la vie
réelle. Il les supportait avec cour.ige parce qu'il
avait encore les illusions do l'avenir. Au mois de
mai 1844, il fit jouer au Conservatoire, parles
élèves, un petit opéra en un acte intitulé \' Hôtesse
de Lyon. Frapi)é de la grâce et de la fraîcheur
qu'il y avait trouvées, Cro.snier, alors directeur
de rOpéra-Comique confia au jeune compositeur
le libretto d'une pièce en lui acte .pour .son théâ-
tre. L'ouvrage, dont le titre était Le Moiisque»
taire, fut joué au mois d'octobre do la même
année, ne réussit pas, et n'eut que trois repré-
sentations. Évincé du théâtre comme composi-
teur, Bousquet y rentra comme chef d'orchestre
de l'Opéra National en 1847; puis il pas.=;a
au Théâtre- Italien en la môme qualité, et coa-
BOUSQUET — BOUÏEILLER
45
serva cotle position pendant les saisons 18'i9
à 185». Au mois de décembre 1852 il lit ie|)ii^-
sentcr au lliéàtrc lyrique Tabarin, en deux
actes , ouvrage frais, élégant et bien senti pour
la scène, dont le succès ranima les espérances
de l'auteur, et dont la partition a été publiée
par Grus, à Paris. Depuis le mois de mars 1846
jusqu'en février 1847 . IJousquet avait été cliargé
de la rédaction du feuilleton musical du jour-
nal Le Commerce ; mais il quitta cette position
pour écrire la Chronique musicale du journal
hebdomadaire V Illustration. H a fourni aussi
quelques articles à la Gazette musicale de Paris.
Sa situation commençait à s'améliorer : il était
connu, esiimé comme écrivain et comme artiste.
En 1852, il avait été nommé membrede la conmiis-
sion de surveillance pour l'enseignement du diant
dans les écoles communales de Paris, puis mem-
bre du comité des études au Conservatoire de
Paris; deux poèmes d'opéras, l'unenqualreactes,
l'autre en deux, lui avaient été confiés pour en
écrire la musique , et il travaillait avec ardeur à
ces deux ouvrages ; mais il était évident pour ses
amis que le principe de la vie avait été altéré c-a
lui par les chagrins de l'artiste, et par \es inquié-
tudes qui le minaient pour l'existence matérielle
de sa femme et de ses enfants. Sa poitrine était
attaquée; le mal fit de rapides progrès, et Bous-
quet expira le 15 juin 1854, dans une maison
de campagne à Saint-Clôud, près de Paris. Ainsi
linit^àl'àge de trente-six ans, un compositeur
dont le talent grandissait et n'attendait qu'une
occasion favorable pour se produire avec
éclat.
BOUSSAC (M. de), né à Paris dans les pre-
mières années du dix-huitième siècle , brilla
tomme virtuose sur la viole, vers 1740. Il a fait
graver un livre de pièces pour cet instrument.
BOUSSET (Jean-Baptiste DROUART de),
naquit à Anières, village à une lieue de Dijon,
en 1662. Son nom véritable était Drouart, au-
quel il ajouta celui de Bousset : 11 fit ses études
au collège des jésuites de Dijon, et eut pour
maître de musique Jacques Farjonel, chanoine
de la Sainte-Chapelle de cette ville. Dousset a
été maître de musique du Louvre pendant plu-
sieurs années. Le Mercure de 1721, pag. 187,
lui donne les titres de compositeur de musique
de l'Académie française, de celle des belles-let-
tres et des sciences. 11 épousa la fille de Ballard,
dont il eut deux fils. Il est mort le 3 octobre
1725. Bousset a fait imprimer de sa composition :
1° Cantates françaises ; Paris , Ballard , in-4"
obi. — 2" Églogues bachiques, m-^°. — 3''\\ngl
et un fivres d'airs à chanter; Paris, Ballard, in-4''
obi. Il a composé aussi beaucoup de motets qui
sont restés en manuscrits. On en trouve (pielques-
uns à la Bibliothèque impériale de Paris.
BOUSSET (René DROUART de ) , fils du
précédent, naquit à Paris, le 11 septembre 1703.
Il se livra d'abord à l'étude de la peinture, mais
il la quitta pour la musique, et passa dans l'école
de Bernier. Il reçut ensuite des leçons d'accom-
pagnement de Calvière, qui le décida à se livrer à
l'étude de l'orgue. Bousset devint l'un des meil-
leurs organistes français. Le dimanche 18 mai
1760, il joua l'orgue de Notre-Dame avec une
vivacité qui ne lui était pas ordinaire : Jamais,
dit-il, je ne me suis senti tant en verve qu'au-
jourd'hui. A l'Arjnus Dei ; il se trouva mal,
une paralysie se déclara, et le lendemain il
mourut. Les ouvrages qu'on a imprimés de lui
i^ont ; 1° Huit odes de J. B. Rousseau, mises
en musique. — 2° Cantates spirituelles, 1^*^
et 2" liv. — 3° Airs à chanter, f"^ et T re-
cueils, gravés iu-4°. obi. Bousset fut un des plus
ardents convulsionnaires et des plus zélés parti-
sans des miracles du diacre Paris. Les scrupides
religieux qui lui vinrent alors le décidèrent à
faire casser les planches de ses recueils de chan-
sons, devenus fort rares.
BOUTE!LLER(ColardLE), poêle et musi-
cien, était contemporain de saint Louis. Il était
ami de Guillaume Le Viniers, autre poète et mu-
sicien. On croit (lu'il était de la maison des Bou-
teillers de Scnlis. Il a laissé seize chansons no-
tées de sa composition : les manuscrits 7222,
65 et 6ô (fonds de Cangé) de la Bibliothèque im-
périale en contiennent plusieurs.
BOUTE! LLER (Louis), maître de musiqua
de la cathédrale du Mans, naquit à Moncé-en-
Rain, dans la province du Maine, en 1648. Il
n'avait que quinze ans lorsque, d'enfant de chœur
il devint maître de la cathédrale, où il a passé
toute sa vie ; mais ce succès inespéré et cette
précocité presque sans exemple ne l'empêchèrent
point de travailler avecardeur pour perfectionner
son talent : aussi remporta-t-il successivement
dix-sept prix de composition aux divers concours
qui s'ouvraient alors dans les cathédrales de
France. Il est auteur d'un grand nombre de
messes, de motets, d'hymnes et d'antiennes, (jue
les chanoines du Mans ont fait déposer dans le tré-
sor de leur église pour servir de modèles aux suc-
cesseurs de cet habile musicien. Quelques-unes
deces pièces furent exécutées devant Louis XIV,
et plurent tant à ce prince qu'il les rede-
manda souvent. Bouteiller mourut au Mans
en 1724.
BOUTEÏLLER (aîné), fut maîtredemusique
de la cathédrale de Châious-sur-Marne. La Bi-
bliothèque impériale possède un motet manuscrit
4G
BOUTELLIER — BOUTON
de sa composition sur les paroles du psaume ad
te. Domine, clamaho.
BOUTEILLER (le jeune), a été maître de
musique de la cathédrale de Meaiix. La Biblio-
thèque impériale possède treize motets manuscrits
de cet auteur. On ignore si ces deux musiciens
étaient frères, et le temps où ils vécurent.
BOUTEILLER (Guillaume), né à Paris,
en 1788, a eu pour maître de composition
Tarclii. Ses heureuses dispositions et les leçons
de ce maître lui firent faire de rapides progrès.
En 1806, il se présenta au concours de l'Institut,
et y obtint le grand prix décomposition musicale
pour sa cantate de Héro et' Léandre, qui fut
exécutée à grand orchestre dans la séance pu-
blique de l'Académie des beaux-arts, le 4 octobre
de la même année. Ce succès donnait à M. Bou-
teiller le droit d'aller passer cinq, années en- Italie
comme pensionnaire du gouvernement; mais il
n'en profita pas, et parut ne vouloir cultiver la
musi(iue qu'en amateur, ayant accepté un emploi
dans l'administration des droits réunis. Depuis
lors il n'a cessé de remplir des fonctions admi-
nistratives à Paris. Cependant M. Bouleiller n'a
pas abandonné la musique sans retour, car le
26 mai 1817 il a fait représenter au théâtre
Feydeau un opéra-comique intitulé /^e Trompeur
sans le savoir, pièce de MM. Roger et Creuzé
de Lesser, qui fut mal accueillie et qu'on n'acheva
pas. Depuis ce tenqjs, aucun ouvrage de ce com-
positeur n'a paru. La partition de sa cantate
Iléro et L'éandre a été gravée à Paris, chez Na-
derman.
BOUTELOU (....) célèbre haute-contre de
la chapelle de Louis XIV, avait une conduite si
extravagante, que, de temps en temps, on le
mettait en prison. Néanmoins, la bonté du roi
était si grande pour lui, qu'on lui servait toujours
une table de six couverts, et qu'on finissait par
lui payer ses dettes, tant il avait l'art d'émouvoir
la sensibilité de ce prince, qui avouait que la
voix de Boutelou lui arrachait des larmes.
BOUTERAVECK (Frédéric), professeur
de philosophie à Goettingue,et penseur distingué,
naquit à Goslar, le 15 avril 1706. Après avoir
achevé ses études à Goettinguc, il se livra avec
ardeur à l'étude des sciences et de la philosophie,
et s'attacha d'abord à la doctrine de Kant, dont
il présenta une exposition nouvelle dans ses
Aphorismes offerts aux amis de la Critique de
la raison ;Goettingue, 1793-, in-8° (en allemand).
Plus lard il abandonna cette théorie, et trouvant
que l'idéalisme de Fichte était trop exclusif pour
constituer la véritable théorie de la science,
qui selon lui, ne peut se passer de la certitude
/•éelle, ou de l'absolu, il exposa ses nouvelles '
idées sur cette matière dans son Aperçu d'une
Apodictiquetiniverselle; Goettingue, 1799, deux
parties in-S". Dans la suite il modifia encore
son système de philosophie dans beaucoup d'ou-
vrages cil se fait remarquer un profond savoir,
mais oii règne une finesse qui dégénère parfois
en une obscure subtilité, malgré la clarté habi •
tuelle de son style. Bouterweek n'est cité ici que
pour son jEsthélique, qui parut en deux parties
à Leipsick, en 1806, et dont, il donna un sup-
\>\émen\.&ou?,\e.i\iTti\\'' Idées sur la métaphysique
du beau, en quatre dissertations ; Leipsick, 1807,
in-S°. Ces dissertations ont été refondues ensuite
dans une nouvelle édition de son Mslhétique,
ouvrage qui renferme des idées neuves sur le
beau en musique. Bouterweek réunis-sait à sa
qualité de professeur à Goettingue celle de con-
«eiller du duc de Saxe-Weimar.ll est mort à
Goettingue le 9 septembre I82-S,
BOLITMI (LÉONARD), né à Bruxelles en 1725,
fut d'abord professeur de musique à la Haye, et
ensuite organiste de la cour de Portugal à Lis-
bonne. Il a fini ses jours à Clèves. On a de lui : 1°
Traité abrégé sur la basse continue ; La Haye,
1700. — 2° Premier et second livres de pièces de
clavecin ; La Haye, infol. obi. ;— 3" Trois con-
certos pour clavecin, in-fol.
BOUTMY (Laurent), né à Bruxelles en 1751,
y apprit les principes de la musique, le piano
et riiarmonie. Après avoir donné des leçons de
piano pendant quelques années dans sa ville na-
tale, il se rendit à Paris, puis se retira à Erme-
nonville, où il vécut paisiblement. Les troubles
de la révolution l'ayant chassé de celte retraite,
il partit pour l'Angleterre, et se maria à Londres,
où il demeura plus de vingt ans, comme profes-
seur de piano et d'Iiarmonie. De retour dans sa
patrie, il a été nommé en 1810, maître de piano
de la princesse Marianne, fille du roi des Pays-Bas.
En récompense de ses services, le roi Guiilaumo
lui avait accordé une pension de 400 llorins,
mais il l'a perdue à la révolution du mois de
septendire 1830. Boutrny est mort à Bruxelles,
au mois de mars 1837 , à l'âge de quatre-vingt-
six ans. Il a publié k Londres des sonates de
piano, et avait dans son portefeuille un opéra,
des ouvertures et quelques autres compositions.
L'ouvrage le plus-considérable sorti de sa plume
est.un livre qui a pour titre : Principes généraux
demusique, comprenant la mélodie, Vunisson
et Charmonie, suivi de la tfiéorie démonstra-
tive de Voclnve, et de son harmonie; Bruxel-
les, 1823, in-fol. obi., 10 pages de texte, et 47
pages d'exemples gravés. Cela est obscur dans les
idées et |)his obscur encore par le style.
BOUTOIM (Ernest), professeur de piano à
BOUTON — BOVEllY
47
Valcnciennes.est né à nonleaiixcn 1826. Fils d'un
marchand de vin de celte ville qui vint s'établir
à Bruxelles en 1843, il entra au Conservatoire de
musique de cette ville, le IS avril 1844, et y
devint élève de Miclielot pour le piano. Après le
Concours de 1845, il partit pour Valenciennes,
où il s'établit comme professeur de piano. Il y
publia dans la môme année une Esquisse biogra-
phique et bibliographique sur Claude Le jeune,
iu-8", laquelle est empruntée à la Biographie uni-
verselle des Musiciens. M. Uouton n'avait,
lorsqu'il a fait paraître cet écrit, ni le savoir né-
cessaire ni l'esprit de recherches indispensable
pour des travaux de ce genre.
BOU.TROY (ZosiME), musicien à Paris,
vers la fin du dix-huitième siècle, a publié un
Planisphère ou Boussole harmonique, avec un
imprimé servant à l'expliquer; Paris, 1785. Sa
brochure, jointe au tableau, a pour titre : Clef du
planisphère ou Boussole harmonique ; Varb,
1787, in 8°. On a aussi de lui: V Symphonie à Imit
instruments, la basse étant chiffrée selon les
principes du Planisphère ou Boussole harmo-
nique ; Paris 1786. — 2" Six duos faciles el agréa-
bles pour violon cl violoncelle ; ibid., 178G. —
3'^ Romances avec accompagnement de clave-
cin ou harpe'; Paris, 1787.
BOUTRY(lNiNocENT) maître de musique de la
cathédrale de Noyon, vers le milieu du dix seiiUèine
siècle, a [lublié : 1° Missa quatuor vocum ad
imitationem moduli Speciosa faota est ; Paris,
Ballard, lOGl — 2° Missa quatuor vocum adimi-
talionem moduli Magnus et mirabilis ; Paris, Bal-
lard, 16Ct.
BOUVARD (François), né à Paris vers 1C70,
était originaire de Lyon. Dans son enfance , il
entra à l'Opéra pour chanter les rôles de dessus,
ayant la voix la plus belle et la plus étendue ;
mais îl la perdit à l'âge de seize ans, après que
la mue se fut déclarée. Il s'adonna alors à l'étude
de la composition, et en 1702, il fit représenter
à l'Opéra Méduse, en trois actes. Quatre ans
après, il donna Cassandre, en société avec Ber-
lin. 11 a écrit pour la cour : Ariane et Bacchus ,
en 1729; Le triomphedeVAmour et deVHijmen,
divertissement, en 1729; Diane et V Amour,
idylle, en 1730 ; L'École de Mars, en 1733. On a
aussi de lui : 1° Cantates françaises. — 2° Quatre
recueils d'airs a chanter avec accompagne-
ment de fiùte, in-4% obi. — 3° Sonates de vio-
lon, premier livre, in-fol. — i° Idylle sur la
naissance de Jésxis-Clirist, 1748 — 5° Para-
phrase du psaume Vsqueque Domine, écrit
dans le style des oratorios italiens. Bouvard avait
beaucoup voyagé , et avait demeuré longtemps
à Home. Le roi de Portugal le fit chevalier de
l'ordre du Christ. 11 fut marié deux fois, cl épousa
on premières noces la veuve de Noël Coypel, an-
cien directeur de l'-Académie de peinture.
BOUVIER (Marie-Joseph), violoniste, na-
quit à Colorno, petite ville à quatre railles de
Uome. A l'âge de sept ans, il eut pour maître de
violon Antoine Richer de Versailles, l'un des pre-
miers violons du duc de Parme. Lu't-même
fut admis à l'orchestre de ce prince à l'âge de
douze ans. Plus lard il reçut des leçons de Pu-
gnani, qui le recommanda à Yiotli lorsqu'il vint
à Paris; celui-ci le fit débuter au Concert spiri-
tuel, en 1785. Après y avoir été entendu plusieurs
fois, il entra à l'orchestre de la Comédie italienne,
dont il n'a cessé de faire partie jusqu'à sa mort,
arrivée en 1823. lia fait graver, de sa composi-
tion, six sonates pour le violon et quelques re-
cueils de romances.
Jenny Bouvier, qui débuta dans l'opéra-comi-
que au théâtre Favart, en 1797, était (ille de cet
artiste. Elle avait de la sensibilité, de l'intelli-
gence, et chantait avec goût, mais le timbre de
sa voix avait peu d'intensité. Cette agréable can-
tatrice est morte d'une maladie de poitrine, vers
la fin de 1801.
BOVERY (ANTOiNE-NicoLAS-JosErn-BOVY,
connu sous le nom de Jules), chef d'orchestre du
théâtre de Gand et compositeur, est né à Liège,
le 21 octobre 1808. Il faisait ses études au col-
lège de celte ville lorsque son penchant décidé
pour la musique les lui fit abandonner et partir
pour Paris, oii, sans autre ressource qu'une ferme
volonté, sans le secours des leçons d'un profes-
seur, et sans aucune direction que son instinct,
il parvint à une connaissance technique suffi-
sante pour la carrière qu'il a remplie. La mort
de son père et d'un frère l'ayant laissé sans
moyens d'existence, il accepta imc place de
choriste au théâtre de Lille, à laquelle il réimit
les fonctions de troisième chef d'orchestre. Il y
fit preuve d'assez d'intelligence pour être appelé
à Douai l'année suivante, en qualité de premier
chef. Ge fut là que, sans avoir jamais reçu de le-
çons d'harmonie) ni de composition, il écrivit la
musique de jl/fli/2(e2«Aat'«s6«7,opéra-comiqueen
deux actes, qui eut quelques succès, puis Paul /«'■
en trois actes, en société avec M. Luce, amateur de
celte ville, et Victor Lcfebvre, lauréat du Conser-
vatoire de Paris. En quittant Douai, Bovery alla
à Lyon comme premier chef d'orchestre , puis
remplit le môme emploi à Amsterdam, à Anvers,
à P.ouen, et partout écrivit des opéras ou des
ballets. De retour à Paris, il y demeura une an-
née entière, et y fil jouer aux théâtres de la ban-
lieue Charles II, opéra en un acte. En I8i5 il
reçut sa nomination de chef d'orchestre du théà-
48
BOVERY — BOYCE
tre <lc Garni, en remplacement du Cliailes-Louis
llansscns, qui venait de se lixer à Bruxelles. Le
27 déccinbie de l'année suivante, il y fit repré-
senter Jflc<7J<<'s (VArteveld, grand opéra en trois
actes, accueilli avec enthousiasme par les habitants
(le celte ville, à cause de la nationalité du sujet,
mais dans lequel il y avait plus de réminiscences
que d'idées, et (|ui était assez mal écrit. Les an-
Ires ouvrages de cet artisle sont Le Giaour,
opéra en trois actes, joué avecsnccès à Lyon, Ams-
lerdam et Anvers; La Tour de Iloiicn, épisode
lyrique en un acte, et le ballet inlitulé Isoline,
<iui fut représenté à Lyon.
liOVICELLl (Jfan-Fîaptiste), né à Assise
prèsdeSpoiette, dansic seizième siècle, est auteur
<les deux ouvrages suivants : 1° RegolediMxmca ;
Venise, 1594, in-i". — 1° Madi irjali emotteUi
pnssegglali ; Venise, 1594, in-4". Cette der-
nière production fait connaître le style <les orne-
ments qu'on introduisait dans le chant d'église
à la fin du seizième siècle.
BOVILLUS. For/. BouELLES.
BOWLES (Jean), savant anglais, avocat à
Londres, et commissaire des banqueroutes, vé-
cut dans la seconde moitié du dix-huiliome siècle
et au commencement du dix-neuvième. Apparte-
nant par ses oiiinions au parti ministériel, il a
écrit une très-grande quantité de pamphlets poli-
tiques contre la France et contre l'opposition.
Parmi ses ouvrages on trouve une dissertation
i\u\ a pour titre : Remarks on some ancicnt mu-
sical instruments mentioned in the Roman
de la Rose (Remarques sur quelijues anciens ins-
trumcnis mentionnés dans le Roman de la Rose ).
Cette dissertation est insérée dans le recueil inti-
tulé : Archœologia, or Miscellaneous tracts
relaling to Antiquity ; Londres, tom. 7, page
214.
BOXBERG (CiiuÉTiEN-L(iu's), compositeur
et organiste de l'église de Sauit-Panl et Saint-
Pierre à Gorlifz, naquit à Sondershausen, le 24
avril 1670. En 1682, on l'envoya à l'école de
Saint-Thomas à Leipsick. Deux ans après il en-
tra à l'université; en 1686, il en sortit pour ^e
livrcrcntièrement aux études musicales. lLnlC92,
il était organiste dans la petite ville de Grossen-
haym. Ayant eu occasion d entendre l'opéra de
Wolfenbullel, il se sentit entraîné vers le genre
de la musique dramatique. En 1694 et IC95, il
fut apjielé dans cette ville pour y écrire des opi;-
ras; en 1C97 et 1698, ilallaà Anspach ; en 1700, à
Hesse Cassel, el enfin, en 1702, il se retira à
Gorlitz pour y prendre possession de la place
d'organiste. Depuis ce temps ou l'a perdu de vue,
et l'on manque de renseignements sur le reste de
sa vie. Adelung lui attribue les opéras dont les
t/(res suivent : 1" Orion, dont le livret a été pu-
blié à Leipsick en 1697. —2° La Foi gardée, opé-
rette, àOnolzbacli, en 1698. — 3° Sardanapale, h
Onoizbach, en 1698. — 4° Concerta quatre voix
de soprano, violon, hautbois, basse de viole et
orgue. — b° Beschreilmng der Gœrlizer Orgel
( Description de l'orguede Gorlitz ) ; Gorlitz, 1 7o4 ,
in-4°. Cette description, qui forme trois feuilles
d impression, précède le discours d'inauguration
du pasteur Godefroi Kretschmar, où se trouvent
des détails Intéressants sur l'histoire des orgues.
BOYCE (William), compositeur et docteur
en musique, ne naquit pas en 1695, comme le dit
Gerber (Nettes Lexilionder Tonkuns(lrr),maisi
vit le jour à Londres en 1710, suivant la date
de sa mort et son âge donnés par son épita-
phe. Son père; simple artisan, ayant remarqué
son penchant pour la musique, le confia aux soins
de Charles King, maître des enfants de chœur
de la cathédrale de Saint-Paul. Il fut attaché an
chœur de cette église jusqu'à l'époque delà mue
de sa voix, qui l'obligea à se retirer. Devemi
alors élève du docteur Maurice Grune, organiste
du Saint-Paul, il apprit de lui le mécanisme du
clavier et la pratique du service choral. Lorsque
ses études furent terminées avec ce maître, il se
présenta au concours pour une place d'organiste
à Saint-Michel (Corn-Ilill), avec Froud , Young,
J. \Yorgan et Kehvay ; mais quoique ce dernier
eût fort peu de talent, ce fut lui qui obtint l'em-
ploi. Boycc trouva la compensation de cet ccliec
dans la place d'organiste d'Oxford, chapelle près
de Cavendïsch Square. Ce fut alors qu'il com-
mença à se livrer à l'enseignement du clavecin
dans les pensionnats. Cependant il comprenait
que son éducation musicale n'avait pas été com-
plète; car Grune, bon organiste et iloiié d'ins-
linct pour la composition, était peu versé dans
la théorie de riiarmonie et ne l'avait pas ensei-
gnée à son élève. A cette époque, Pepiisch était
le plus savant harmoniste de l'Angleterre; ce fut
lui que Boyce choisit pour son maître : il se livra
avec ardeur, sous sa direction, à l'étude du con-
trepoint, et apprit à faire l'analyse des œuvres des •
grands maîtres de toutes les écoles. Ses premiers
essais dans la composition furent le Thétis et Pe-
lée de K)rd Landsdowue, sorte de pièce appelée;
masque en Angleterre. Cet ouvrage fut exécuté
avec succès en 1734 dans une ancienne société
appelée philharmonique ; dans la môme année,
il donna aussi à la Société d'Apollon la com-
plainte de David sur la mort de Saul et de Jona-
than.
Peu après avoir terminé ses éludes, Boyce
avait éprouvé une altération sensible dans l'or-
gane de l'ouïe : le mal fit de rapides progrès, et
BOYCE — BOYË
49
eu peu de temps il devint presque comphUe-
iiient sourd. Privé par cet accident du jilaisir
qu'il trouvait à entendre de bonne musique, et
en quelque sorte obligé de se renfernier en lui-
même, il n'en devint que plus studieux. Ses
pro[)res productions et la lecture des belles œu-
vres de l'art résumèrent par la suite toute son
existence. En 1736, Keiway ayant abandonné
l'orgue de Saint-Micbel pour celui de Saint-Mar-
lin in the Fields, sa place fut donnée à Boyce,
et, dans la même année, la mort de Joim Wildon
ayant laissé vacante une des places de composi-
teur de la chapelle royale, ce fut aussi Boyc« qui
l'obtint. Il écrivit pour cette chapelle de bonne
musique religieuse, qui est encore très-estimée en
Angleterre, et qu'on exécute presque chaque
année dans certaines circonstances solennelles.
Un des ouvrages qui lui firent le plus d'honneur
fut la musique qu'il composa sur une version du
Cantique des Cantiques, et qu'il publia en 1743
sous le titre : Salomon serenata. Plusieurs mor-
ceaux de cette œuvre ont eu beaucoup de célé-
brité, particulièrement l'air So/Cly rise, et le duo,
Together let us range the fields. En 1747 il pu-
blia aussi douze sonates en trios pour deux vio-
lons et basse, qui eurent un brillant succès. Deux
ans après il mit en musique l'ode de Dryden
pour l'installation du duc de Newcastle, suc-
cesseur du duc de Sommersct comme chancelier
de l'université de Cambridge, ainsi qu'une an-
tienne qui fut exécutée dans la même circon>-
tance. L'ode et l'antienne ont été publiées par lui
avec une dédicace au duc de Newcastle. Dans
la même année, par une faveur spéciale, l'uni-
versité lui conféra simultanément les grades île
bachelier et de docteur en musique. En 1749,
Boyce donna au théâtre de Drury-Lane le drame
musicaj intitulé The Cliaplet (La Guirlande), et
en 1731, au même théâtre, The Shepherd^s Lot-
tery (La Loterie du Berger). Ces deux ou-
vrages furent suivis de l'ode séculaire de Dry-
den, qui fut exécutée au même théâtre. Dans
la même année (1752), Boyce succéda à Green
comme chef d'orchestre de la musique du roi,
ce qui l'obligeait à diriger à Saint-Paul l'exécu-
tion annuelle au bénéfice des fils du clergé, et la
réunion triennale des trois chœurs de Worcester,
Hereford et Gloucester. Pour ces circonstances
il écrivit deux nouvelles antiennes, et ajouta l'ins-
trumentation au Te Deum de Purcell. Après la
mort de John Travers, en 1758, Boyce lui suc-
céda dans l'emploi d'un des organistes de la cha-
pelle royale. Parvenu à l'âge de 50 ans, il cessa
de se livrer à l'enseignement, et se retira à Ken-
sington, où la composition et les travaux de ca-
binet devinrent son unique api)lication. Ce fut
BIOGU. UMV. DES MUSICIE.NS. — T. H.
alors qu'il s'occupa d'une grande et belle publi-
cation de musique religieuse des compositeurs
les iilusctlèbres de l'Angleterre, depuis les temps
les plus anciens jusqu'au milieu du dix-huitième
siècle. Le premier volume de cotte précieuse col-
lection parut en 1760, sous ce titre : Calhedrnl
Music, being a Collecdon in score of the most
vaiuable and usejiil compositions for that
service, bij theseverul English Maslers. Boyce
trouva peu d'appui dans la haute société anglaise
pour son eutreprise, et le nombre des souscrip-
teurs fut très-minime ; ce nombre était peu aug-
menté lorsque le deuxième volume fut publié;
le troisième accrut un peu la liste ; mais après
avoir employé <louze années au travail nécessaire
pour cette publication, et avoir fait les avances
pour la gravure, le papier et l'impression, il put à
peine être remboursé de ses dépenses. Une nou-
velle édition de la collection de lioyce a été publiée
il y a quelques années à Londres chez MM. Ro-
bert Cocks et C'c, par les soins de M. Joseph
Warren, qui y a ajouté des notices très-bien
faites, très-détaillées et pleines d'intérêt, sur la
vie et les ouvrages des artistes dont on trouve
des compositions dans la collection de Boyce.
Cette édition, publiée avec un grand luxe typogra-
phique, fait le plus grand honneur à l'éditeur. Les
derniers ouvrages de Boyce qui ont vu le jour
sont : Anihcms for three voices (Antiennes à
trois voix) ; Londres, 1768. —Eight symphonies
for violins and olher instruments; Londres,
ilt!)o.— Lyra Britannica : being a collection of
^ngs, Ductts and Caniatas on varions sub-
jects,composed by Mr. Boyce; Londres (sans
date), in-fol. — Dix pièces d'orgue sous le titre :
Ten voluntaries for the Organ. ; Londres (sans
date). La belle antienne de ce compositeur, Bles-
sedishe that considère/ h the Poor, avecorhes-
tre, est exécutée tous les ans, à la fêle des (ils du
clergé. Boyce a cessé de vivre le 7 février 1779,
à l'âge de soixante-neuf ans, et a été inhumé dans
l'église de Saint- Paul, à Londres.
BOYE (Jean), professeur de philosophie à
Copenhague, est né en Danemarck en 1756. Pen-
dant plusieurs années il avait été recteur de l'u-
niversité Fridericia dans le Jutland ; mais le dé-
sir dese livrera ses travaux scientifiques le déter-
mina ensuite à quitter cette place pour prendre
celle de professeur àCopeniiague. Il est mort dans
cette ville en 1830, à l'âge de soixante-quatorze
ans. Il a publié plusieurs livres estimés sur la
philosophie, contre les principes de Kant, sur
l'économie politique el sociale, sur l'art d'écrire
l'histoire et sur divers autres sujets plus ou moins
importants. L'ouvrage pour lequel il est cité ici
est un petit écrit qui a pour titre : Musi/cens og
k
so
BOYI-: — BOY VIN
angens bidrag til menneskets Forcedling (De
l'inflaence de la musique et du chant sur l'amé-
lioration de l'homme) ; Copenhague, 1824, 80
pages in-8o. L'idée développée par M. Boye dans
cette brochure est celle que Cicéron a exprimée
dans ce passage : n Assenlior enim Platoni, nihil
K tam facile in animos teneros atque molles in-
« fliiere, quam varioscanendi sonos; quorum dici
« vix potest quanta sit vis in utramque partem ;
« namqiie et incitât Janguentes, et languefacit
« excltatos, et tum remittit animos, tum con-
« trahit. Civitatumque hoc multarura in Graecia
« inlerfuit, antiquum vocum servare modum. »
Boye n'élève point de doute sur les effets mer-
veilleux attribués à la musique par les anciens;
mais il prend aussi quelques-uns de ses exemples
dans les temps modernes. Son ouvrage est terminé
par l'ode de Dryden sur le pouvoir de la musique.
BOYE {■■■.), On a sous ce nom un petit
écrit assez piquant intitulé : L'expression mu-
sicale mise au rang des chimères; Amsterdam
(Paris), 1779, brochure in-8° de 4? pages. M.
Le Febvre a donné une réfutation de cet ou-
vrage dans un livre qui a pour titre : Bévues,
erreurs et méprises de différents auteurs
enmatière musicale (voy. Le Febvre). M. Qué-
rani s'est trompé (France littéraire, t. 1. p.,
487) en attribuant l'écrit de Boyé à Pascal lîoyer
(voyez ce nom).
BOYER (Philibert), musicien, né en Bour-
gogne, vers le milieu du dix-septième siècle, fut
maître de chapelle à lîeaune. Une messe à cinq
voix de sa composition a été publiée à Paris chez
Ballard, en 1692, in-fol.
BOY'ER (Pascal), né en 1743, à Tarascon,
en Provence, succéda en 1759 à l'abbé Gauzar-
gues dans la place de maître de chapelle de l'é-
glise cathédrale de Nîmes : il l'occupa pen-
dant six ans. Au bout de ce temps il se détermina
avenir à Paris, et débuta parla publication
d'une Lettre à Monsieur Diderot sur le projet
de Vunité de clef dans la musique et laré-
forme des mesures, proposées par M. l'abbé de
La Cassagne, dans ses éléments du chant ;
Paris, 1767, in-8°. Cette lettre est remplie d'ex-
cellentes remarques sur le projet peu sensé de
l'abbé de La Cassagne. On a aussi de Boyer :
l^LaSoirée perdue à l'Opéra; Paris, 1770, in-S''.
Cette pièce est relative aux discussions qui se sont
élevées à l'occasion des opéras français de Gluck,
et aux querelles des Gluckistes et des Piccinnistes.
Une deuxième édition a paru à Paris, en 1781 ,
in-8°. — 2° Notice sur la vie et les ouvrages de
Pergolèse, dans le Mercure de France juillet,
1772, page 191. Boyer a écrit quelques morceaux
qui ont été ajoutés à des opéras.
On trouve sous le nom de Boyer ( P. ) , trois
sonates pour piano avec accompagnement de
llûte ou violon et de violoncelle; Pans, Ga-
veaux.
BOYLE ou BOJLE (François), professeur
de chant et compositeur dramatique, naquit à
Plaisance en 1787. Dans sa jeunesse, il se fixa
à Milan, et écrivit pour le théâtre Re l'opéra in-
titulé Il Carnevale di Venezia, qui fut repré-
senté en 1812. Il était alors connu comme pia-
niste de talent. Il était occupé de la composition
de la Selvnggia, opéra destiné au théâtre Car-
cano, lorsqu'il fut atteint d'une maladie grave qui
le priva de la vue pour le reste de ses jours. Obligé
de renoncer alors au travail pour la scène, il
chercha des ressources dans l'enseignement du
chant, et se distingua comme professeur de cet
art. Au nombre de ses meilleurs élèves on re-
marque les ténors Bolognesi et Reina. Boyie est
mort à Milan, le 27 novembre 1844, à l'âge de
soixante et un ans. On a de cet artiste infortuné
quatre livres de solfèges ou vocalises pourniesso-
soprano, imprimés à Milan, chez Ricordi. Le
même éditeur a publié quelques morceaux pour le
piano de la composition de Buyie.
BOYLEAU ( Simon ), compositeur français
qui paraît avoir vécu en Italie vers la moitié
du seizième siècle, a publié de sa composition :
1° Motelti a quattro voci ; Venise, 1544. —
20 Madrigali a quattro voci ; Venise, 1 546.
Gesner ( Bibl. Univ., lib. VI, tit. 3, f. 82) dit que
Boy leau a écrit un livre sur la musique ; mais il n'en
indique pas le titre.
BOYVÎN (Jean), basse-taille de la chapelle
du duc d'Orléans, en 1539, suivant un état des
finances de ce prince qui se trouve aux archives
de l'État, à Paris ( Liasse R 7 — 2). Boyvin pa-
rait comme compositeur dans Le XV Livre,
contenant XKXchansons nouvelles à^parties.
Imprimé par Pierre Attaingnant et Robert
Jullet, à Paris, 1542, petit in-4o. obi.
BOYVIJ^J (Jacques), organiste de l'église ca-
thédrale de Rouen, obtint cette position en 1674,
après un concours où il trouva un rival redou-
table dans un organiste nommé Maréchal. Ce
concours eut lieu dans la Bibliothèque du cha-
pitre, en présence d'une commission de chanoi-
nes. Les candidats se donnèrent réciproquement
un sujet de fugue à traiter, sans le secours d'un
instrument. Dumont, maître de chapelle du roi,
à qui les compositions furent souunses, décida
en faveur de Boyvin, qui conserva sa place pen-
dant trente-deux ans, et mourut en 1706 ( voy.
Revue des mailres de chapelle et musiciens de
la métropole de Rouen, par M. l'abbé Langlois,
p. 20). Boyvin a publié -. 1° Premier livre d'orgue,
BOYVIN — BRADE
51
contenant les huit tons à l'usage ordinaire de
V Église; Paris, Cliristopiie Ballard, 1700, in-4",
obi. — 2° Second livre d'orgue contenant les
huit tons à Vusage ordinaire de V Église; ibid.,
1700, in-4° obi. Ce deuxième recueil est précédé
d'un Traité abrégé de V Accompagnement pour
Vorgue et pour le clavecin, où les règles prin-
cipales de l'accompagnement de la basse chiffrée
sont présentées avec assez de clarté, d'après l'an-
cienne méthode italienne. Dans l'aveptissement
de ce petit ouvrage, Boyvin dit qu'il n'a voulu y
donner que ce qu'il y- a de plus nécessaire, parce
qu'il travaillait à un traité de composition dans
lequel il avait dessein d'expliquer toutes les rè-
gles plus au long. Ce travail plus étendu n'a
pas paru. Le petit traité d'accompagnement a
été publié ensuite sans date à Amsterdam et
séparé des pièces d'orgue ; Ballard a donné aussi
séparément une édition du môme ouvrage. Les
pièces d'orgue de Boyvin consistent en préludes,
tugues, duos et trios à plusieurs claviers. L'har-
monie en est très-pure, et le style, quoique vieux,
y est supérieur à celui de toutes les pièces d'or-
gues qui ont été publiées plus tard en France.
Les mélodies sont dans le goût de Lulli ; mais
riiarraonie est remplie de ligatures et de cadences
û'inganno d'un fort bon effet. La fugue est la
seule partie faible de ces pièces ; Boyvin n'en con-
naissait pas le mécanisme.
BOZAN (Jean -Joseph)» bon musicien et pas-
teurà Chraustowicz en Bohème, a publié un beau
livre de chants d'église, avec de belles mélodies
en langue bohémienne, sous ce titre : Slawicek
Bo(jsky-To gcst Kancyonal, a nebo kniha
pjsebnj. Wytisstemj iv Ilradoy Krà lewé nad
Labem. Wacvalwa l'y belly, 1719. L'auteur
était fort âgé quand cet ouvrage a paru.
BOZIO ( Paul ), compositeur de l'école ro-
maine, vécut dans la seconde moitié du seizième
siècle. Il fut un des maîtres qui dédièrent à Pa-
lestrina, en 1592, un recueil de psaumes à cinq
voix, de leur composition.
BRACCÎiXl (.Louis), maître de chapelle, né
à Florence en 1754, mort en 1791, fut élève du
P. Martini. On cite de lui un Miserere à quatre
voix a cappella, et un Viclimœ paschali, comme
des morceaux de premier ordre dans le genre
scientifique. Il a aussi composé des Trios pour
deux soprani et tenore. Aucune de ces compo-
sitions n'a été gravée. L'abbé Santini, de Rome,
possède aussi quelques autres compositions de ce
maître, en manuscrit.
BRACCINO DA TODI ( Antoine ) , pseu-
donyme sous lequel a été publié un discours qui
contient une critique acerbe des inventions har-
moniques de Claude Monteverde. Jules-César
Monteverde, frère du compositeur Ot une réponse
k cette critique, dans une lettre placée à la fin des
Scherzi musicali a tre voci qui furent publiés
à Venise, en 1G07. On y voit que le nom de
i>?-flCcaio était supposé. Une réponseàcette lettre
parut ensuite sous le même pseudonyme avec le
titre : Discorso secondo musicale di D.Antonio
Braccino da Todi pcr la dichiaratione délia
leltera posta ne' scherzi musicali del Siff.
Claudio Monteverde . In Venezia, oppressa Gia-
como Vincenti, 160S,in-4o de 8 feuillets. M. Gas-
pari, artiste et savant distingué de Bologne, qui
a fait beaucoup de recherches pour se procurer
le premier discours, n'a pu le découvrir. U con-
jecture que Jeau-3Iarie Artusi est l'auteur de ces
deux écrits; ce qui est assez vraisemblable.
BRACK (Charles de), ancien administrateur
des douanes, naquit à Valenciennes vers 1770.
Nommé administrateur des douanes à Marseille,
en 1801, il a publié dans les mémoires de l'Aca-
démie de cette ville (t. II, 1804) : Fragment
dhm ouvrage anglais sur l'état présent de la
viusique en Europe. Ce fragment était extrait
de sa traduction française des voyages musicaux
de Burney. Ayant été envoyé à Gênes pour y
remplir les fonctions de directeur des douanes,
il y publia cet ouvrage, en 1809 et 1810, sous le
titre: De l'état présent de lamusiquecn France,
en Italie, dans les Pays-Bas, en Hollande et
en Allemagne, ou Journal de voyages faits
dans ces différents pays avec l'intention d'y
recueillir des matériaux pour servir à l'his-
toire générale de la musique, 3 vol in-S". Cette
traduction est fort mauvaise : pour la faire, M. de
Brack ne savait pas assez bien la musique, il est
évident d'ailleurs qu'il n'avait qu'une connais-
sance imparfaite de la langue anglaise, et qu'en
beaucoup d'endroits il n'a pas saisi le sens de son
auteur. En 1812, il aaussi donné une traduction
de la dissertation d'Auguslin Perotti {voy. ce
nom ) sur l'état de la musique en Italie. Retiré
des emplois publics, M. de Brack vint à Paris,
où il s'occupait de la traduction française de
l'histoire générale de la musique de Burney.
Il élaitchevalier de la Légion d'honneur, membre
des Académies de Marseille et de Nîmes, et de la
Société royale des sciences de Gœltingue. Il est
mort en 1841.
BIIADE (Guillaume), musicien anglais, se
fixa à Hambourg au commencement du dix-
septième siècle. Il parsît que son instrument
était la viole, car il se donne la qualification de
violiste, aux titres de ses ouvrages. On connaît
des recueils de pièces instrumentales à quatre,
cinq et six parties , sous les titres suivants :
r ISetie ausserlcsene Paduanen , Galtiarden .
4.
52
BRADE — BRAHAM
Canzonetten, etc.; Hambourg, 1609, in-4''. —
2° Neue ausserlesene Paduancn und Gagliar-
den mit 6 Stimmen; ibid. 1614, in-4°. — 3° Neue
lustige Volten, Courmvten, Balletten, Padua-
ncn, Galliarden, etc., mit 5 Stimmen; Franc-
fort-su r-l'Oder, 1621, in-4°.
BRAETTEL (Ulkic), coutrepointiste et
secrétaire du duc de Wurtemberg, Técut dans la
première moitié du seizième siècle. Un livre de
ses motets a été publié à Augsbourg en 1540.
On trouve aussi des pièces de sa composition
dans les recueils dont voici les titres : 1° Selec-
tissimae nec non familiarissimx cantiones
nltracentum vario idiomatevocutn, tum mul-
tiplicium quam etiam paucnrum. Fugx quo-
que ut vocantur, a sex usque ad duas vo-
ces, etc.; Augustx Vindelicorum , Melchïor
Kriestein excudebat, 1540. — 2" Concentus
octo, sex, Iquinque et quatuor vocum omnium
jucundissirni nuspiam antea sic sediti;Au-
gustœ Vindelicorum, Philippus Vhlhardus ex-
cudebat, 1545, petit in^oobl. — 3» Tomus se-
cundus psqlmorum selectorum quatuor et
quinque vocum; Norimbergœ, apud Jo. Petreium,
1539.
BRAEDER (Charles), né à Francfort-sur-
Je-Mein, était en \%'Mcantor à Werdau. lldiri-
)^ea la (ête musicale de Zwickau, en 1836. On
connaît de sa composition le psaume XV, pour 4
voix et orchestre, Leipsick, Breitkopfet Haertel,
et le psaumeXXlII, idem., ibid. Braeuer est aussi
auteur d'un traité élémentaire de chant à l'usage
des écoles, intitulé -. Leitfaden beim ersten Un-
terricht im Singen nach Noten (Guide pour
l'enseignement du chant d'après les notes, etc.,
Altenbourg, Helbig, 1837. Cette édition est la
deuxième : je ne connais pas la dale de la pre-
mière.
BRAEUMICH (Jean-Micuel), ou BREU-
NIC'H, maître de chapelle à Mayence, dans la pre-
mière moitié du dix-huitième siècle, a composé et
fait imprimer, en 1736, six messes à quatre voix,
avec accompagnement de deux violons, viole,
deux trompettes et basse continue, in-fol. En
1723, il avait été invité à se rendre à Prague,
pour assister à la représentation de l'opéra Cos-
tanzae Fortezza, qui fut joué à l'occasion du
couronnement du roi de Bohême. Ce fut pour
cette ville qu'il écrivit son oratorio intitulé :
Pœnitentia secunda post naufragium tabu-
la, etc., qui fut exécuté en 1733. Deux ans après
il (ut engagé comme maître de chapelle au ser-
vice de l'électeur de Saxe, roi de Pologne. En
1748, il fit représenter à Varsovie son opéra Mo-
derazione nclla gloria. Depuis cette époque, on
ignore quel a été le sort de Biaeimicli.
I BRAGAIMTI (François), célèbre «hanleur,
I né à Forli, brilla sur les théâtres d'Italie depuis
j 1700 jusqu'en 1720.
I BRAHAM (Jean), célèbre chanteur, dont le
nom véritable est Ji»j'a^am, estnéà Londres, vers
1774, d'une famille Israélite. Orphelin dès ses
premières années, il fut confié aux soins deLeoni,
habile chanteur italien, qui lui fit faire des études
de solfège. A l'âge de dix ans, il fit son premier
début au théâtre royal, dans un rôle d'enfant : sa
voix avait tant d'étendue et de sonorité, qu'il
pouvait chanter avec facilité plusieurs airs de
bravoure qui avaient été composés pour M'"^
Mara. Mais l'époque du changement de voix ar-
riva et l'empêcha de continuer ses débuts : mal-
heureusement ce fut précisément au moment
où Leoni fut forcé de s'éloigner de l'Angleterre à
cause du mauvais état de ses affaires. Braliam
se trouva donc une seconde fois dans l'abandon.
Son talent et sa bonne conduite lui procurèrent
un asile dans la famille de Goldsmidt. Protégé
par cette maison respectable, il devint professeur
de piano. Sa voix commençait à reprendre du
timbre lorsqu'il rencontra le célèbre flûtiste Ashe,
dans une réunion musicale : celui-ci lui conseilla
d'accepter un engagement pour la saison sui-
vante à Bath; Braham y consentit, se rendit
dans cette ville, et y fit son début, en 1794,
dans les concerts dirigés par Rauzzini. Ce grand
rrmsicien connut bientôt tout ce que présentait
de ressources une voix et une intelligence musi-
cale telles que celles de Braham ; il se chargea
de lui donner des leçons, les continua pendant
trois ans, et vit ses soins couronnés par le plus
grand succès.
Au printemps de 1790, Braham fut engagé
par Storace pour le théâtre de Drury-Lane ; il
y chanta dans l'opéra de Mahmoud, et reçut
du public les applaudissements les plus mérités.
Dans la saison suivante il parut au théâtre ita-
lien : ses succès prirent chaque jour plus d'é-
clat. Mais peu satisfait de lui-même, tant qu'il
lui restait quelque chose à apprendre , il se dé-
termina à voyager en Italie, pour se perfectionner
dans l'art du chant. Arrivé à Paris, il s'y ar-
rêta pendant environ huit mois, et y donna des
concerts qui eurent une vogue extraordinaire,
malgré le prix élevé des billets. Le premier en-
gagement qu'il accepta en Italie fut à Florence.
De là, il alla à Milan et à Gênes. IN séjourna
quelque temps dans cette dernière ville, et y étu-
dia la composition sous la direction d'Isola.
Pendant qu'il était à Gênes, il reçut plusieurs
propositions de la part des directeurs du théâtre
de Saint-Charles àNaples; mais l'état de Irouble
où était alors ce royaume les lui fit toutes rejeter»
BllAUAM — BllAMBlLLA
S3
Il se dirigea vers Livourne, Venise, Triesle, et
enfin se rendit à Hambourg.
Sollicité \ivementde retourner dans sa patrie,
il rompit les engagements qu'il avait à Milan et à
Vienne, et débuta, en 1801, au théâtre de Covent-
Garden dans l'opéra The Chaim qf the Heart,
de Reeve et Mazzinghi. Depuis cette époque il
a toujours continué à occuper le premier rang
parmi les chanteurs anglais : nul n'a jamais
chanté aussi bien que lui la musique de Hsendel,
et particulièrement l'air Deeper and deeper slill,
dans lequel il arrachait des larmes de tous les
auditeurs. 11 a joué au théâtre du Roi depuis
1806 jusqu'en 18 16, avec M""" Billington,Grassini
et Fodor. En 1809, il fut- engagé au théâtre
royal de Dublin, avec des avantages qui n'a-
vaient été accordés 1 à personne (deux mille li-
vres sterling pour quinze représentations). Ce-
pendant, le directeur fut si content de son mar-
ché, qu'à son expiration il en contracta un autre
pour trente-six représentations, au même taux.
Après qji'il eut perdu sa voix, Braham con-
serva longtemps encore la faveur du public,
parce qu'il reprf'seutait presque seul tout le
chant de l'Angleterre, et parce que les Anglais
sont fidèles à leurs vieilles admirations : do là
vient que les directeurs de Drury-Lane et de
Covent-Garden engageaient souvent ce chanteur,
et lui accordaient des appointements très-élevés,
bien qu'il clxintàt d'une manière ridicule dans
les derniers temps. Il ne chantait plus qu'a-
vec de pénibles efforts quand je l'entendis à
Londres, en 1829; néanmoins il était encore en-
gagé aux festivals de Manchester et de York, en
1835 et 183C. Braham est cité comme com-
positeur agréable : il a écrit beaucoup d'airs
fort jolis; sa Death of Nelson (La mort de
Nelson) est devenue populaire. Il a écrit aussi
plusieurs opéras parmi lesquels on remarque ;
r The Cabinet. — 2° The English Fleet. — 3°
Thirty Thousand. — 4° Out of place. — 5" Fa-
mily Quarrels. — 6° The Paragraph : Kaes.
—1° Americans. —8° TheDeviVs Bridge.—^"
FaUe Alarms.—XQo Zuma.—i i" Navensky, etc.
Braham est mort à Londres, le 17 février 1856,
à l'âge de quatre-vingts ans. Son décès avait été
annoncé plus de vingt ans auparavant dans les
journaux , et j'avais copié cette erreur dans la
première édition de ce livre.
BRAIÏMS (Jean), fils d'un contrebassiste
du théâtre de Hambourg, est né dans cette ville
le 7 mars 1833. Après avoiremployé ses premières
années à l'étude élémentaire de la musique, il
devint élève de Marxsen {voy. ce nom) à
l'âge de douze ans. Ses progrès sur le piano
furent si rapides, que dès 1847 il put doaner
des concerts et s'y faire applaudir dans les
morceaux les plus difficiles des artistes contem-
porains, ainsi que dans les œuvres classiques des
grands maîtres. Ses rares dispositions pour la
composition se manifestèrent bientôt après par
la publication d'un grand nombre de morceaux
de piano, au nombre desquels on remarque plu-
sieurs grandes sonates, trois trios, deux quatuors,
un grand Scherzo et un recueil de romances
avec accompagnement de piano,- ouvrages qui
ont paru à Hambourg et dans plusieurs autres
villes de l'Allemagne. En 1853 il entreprit un
voyage avec le violoniste hongrois Riminzy; mais
il ne tarda pas heureusement à se séparer de
cette espèce de vagabond, dont le talent est fort
extraordinaire, mais" dont les habitudes ne pou-
vaient plaire à un jeune artiste bien né. Toute-
fois, les occasions que Brahms eut de se faire
entendre en public et de faire connaître ses pro-
ductions, dans cette excursion, lui donnèrent une
célébrité hâtive. Liszt, Joachim, et d'autres ar-
tistes renommés exprimèrent l'étonnement qu'il
leur avait inspiré en termes admiratifs, et Ro-
bert Schuraann, dans un excès d'enthousiasme
qui sans doute était le précurseur du dérange-
ment de sa raison, écrivit dans le 18'"e nu-
méro du 39^ volume de la nouvelle gazette mu-
sicale de Leipsick (Neue Zeitschrift/ûr Musik),
un article extravagant dans lequel il affirmait
que Brahms est le Mozart du dix-neuvième siècle.
De pareilles appréciations, à l'aurore de la vie
d'un artiste, sont toujours sans valeur; il faut
que lacarrièreaitété remplie pourque la critique
ait la mesure du talent et du génie. Ce qui peut
ôtre dit de Brahms aujourd'hui, c'est que ses
premières productions ont de la fantaisie et
qu'elles indiquent chez leur auteur une rare in-
telligence musicale.
BRAMBILLA ( Paul), compositeur drama-
tique, est né à MHau, suivant l'almanach théâ-
tral de cette ville, intitulé : Série chronologica
délie rappresentazioni dramadco-panlomi-
miche, etc. ; mais, si je suis bien informé, cet ar-
tiste est fils d'un médecin italien au service de l'em-
pereur d'Autriche; il est né à Vienne et a suivi
son père à Milan, lorsque celui-ci a perdu ses
emplois. Quoi qu'il en soit, il a fait représenter au
théâtre Re de. cette ville, en 1816, un opéra qui
avait pour titre : H Barone burlato, et qui fut
suivi de VIdolo \Birmanno. Précédemment il
avait écrit VApparenza inganna, opéra-bouffe
qui obtint quelque succès. Ricordi en a- publié
l'ouverture pour le piano. En 1819 il donna à
Turin II Carnevale di Venezia, qui réussit. Cet
artiste a écrit aussi la musique de plusieurs bal-
lets pour le théâtre de La Scala et autr«, ainsi
54
BUAMBILLA - BKANCACCIO
que des divertissements pour le Casino des nobles
et ia société del Giardino. Enfin, on connaît de
lui: 1° Six ariettes italiennes, op. 1 ; Vienne, Ar-
taria. — 2° Romances avec accompagnement de
piano, op. 2, 3 et 4 ; ibid. — 3° Cinq ariettes ita-
liennes, op. 5; ibid. — 4" Romances avec accom-
pagnement de piano, op. G et 7; ib. — 5° Ro-
mances, Id., op. 9 ; Vienne, Mecbetli. Crambilla
fut le père d'une famille d'artistes. Sa fille ainée
(Amaiia), qui devint la femme du ténor Verger,
eut quelque talent comme cantatrice. En 1830 ,
elle était à Vérone. Deux ans après, elle obtint
des succès au tiiéâtre Carignano, à Turin ; puis
elle se rendit en Espagne, et clianta au tbéâtre de
Barcelone en 1835. Elle s'est retirée de la scène
en 1842. La deuxième fillede Rrambilla (Emilie)
suivit aussi la carrière dramatique, mais ne s'é-
leva pas au-dessus du médiocre. Elle s'est aufsi
retirée du tbéâtre en 1842. La plus jeune des trois
sœurs (Erminie) fut la plus remarquable par le
talent. Elle possédait une belle voix de mezzo-so-
prano et chantait avec expression. Elle cbanta
avec succès sur plusieurs grands théâtres, parti-
culièrement à Florence, à Milan, et plus tard à
Palerme, où elle se trouvait en 1847. .^nnibal
Brambilla, (ils aîné de Paul, fut un ténor de se-
cond ordre : il chanta à Ancône en 1838-, à Mi-
lan dans la même année, à Plaisante et à Rome
en 1839, à Barcelone pendant quatre ans , puis
retourna en Italie. Ulysse, son frère , fut basse-
chanlante et ne parut que sur de petits théâ-
tres avant qu'il se rendit en Espague , où il fut at-
taché au théâtre de Valence. Il épousa la canta-
trice Gaziello.
BRAMBILLA. Cinq sœurs de ce nom, qui
n'appartiennent pas à la famille précédente, ont
brillé comme cantatrices depuis 1830. Elles sont
nétis kCassano-sopi-a-l'Adda, bourg à six lieues
de Milan, Vainée {Mariet(a), grande musicienne
et artiste née, possédait une très-belle voix de
contralto, et chantait avec une expression tou-
chante. Elle tlébuta dans la carrière dramatique
à Novarre en 1828, à l'âge d'environ 21 ans. En
1829, elle succéda à la célèbre cantatrice Judith
Pasta au théâtre Carcano, de Milan, et y com-
mença sa renommée. Depuis lors elle a brillé sur
les scènes principales de l'Italie, à Milan parti-
culièrement, où elle fut rappelée en 1833, 1834,
1837, 1839 et 1842; à Vienne, où elle chanta
pendant quatreannéesconsécutives (1837 à 1841),
à Paris, où elle obtint de grands succès en 1835
et 1845, et à Londres en 1844. Mariette Brambilla
se distingua aussi connue professeur de chant, et a
publié des exercices et vocalises pour voix de so-
prano, en deux livres, qui sont très-esfimables;
Ricordi les a publiées à Milan. On a aussi de
sa composition un recueil de cinq aricKes, un
petit duo avec accompagnement de piano. Milan,
Kicordi, et un autre recueil de mélodies italiennes
\n\!\U\\é Souvenirs des Alpes, ibid.
Thérèse Brambilla, sœur de Mariette, s'est fait
aussi la réputation de cantatrice distinguée.
Elle commença sa carrière dramatique en 1831
sur quelques petits théâtre-s. En 1833 elle chanta
avec succès à Milan, où elle fut rappelée en 1836
et en 1840. En 1837 elle était à Tuiin, et dès
lors elle fut recherchée par tous les entrepreneurs
de théâtres d'Italie. Venise, Florence, Livourne,
Lucques, Rome, Naples, l'applaudirent tour à
tonr. A Rome l'estime qu'on avait pour son ta-
lent la fit nommer membre de l'Académie de
Sainte-Cécile. Après im séjour de deux années
en Espagne, elle chanta avec succès à Paris, en
1846; puis elle retourna en Italie.
Anuette, sœur des précédentes, s'est fait aussi
applaudir sur les théâtres de quelques grandes
villes, telles que Milan, où elle chanta dans les an-
nées 1833 et 1837, Venise, Turin, Florence et
Barcelone.
Joséphine Brambilla, quatrième sœur de cette
famille, a débuté à Trieste, eu 1841, puis a chanté
à Rome, et enfin à Barcelone dans les années
1842, 43 et 44. Postérieurement, on n'a plus de
renseignements sur sa personne.
La plus jeune des cinq sœurs ( Laure), a chanté
au théâtre de Pise en 1844. C'est tout ce que je
sais sur elle.
BRAIVIINI (Jacques), né à Rome vers 1640,
eut pour maître de chant et de contrepoint Ho-
race Benevoli. Après avoir terminé ses études
musicales, il obtint la place de maître de cha-
pelle à Sainte-Marie délia consolazione, dans
sa ville natale. Sa santé déplorable, qui était la
suite de sa constitution difforme (il était mons-
trueusement bossu), le tint dans un état de con-
tinuelles souffrances, qui ne cessa qu'à sa mort,
en 1674. Bramini s'est distingué comme son maî-
tre par des com-positions à 8, 12 et 16 voix. Elles
se conservent en manuscrit dans les archives de
plusieurs .églises de Rome.
BR ANCiVCCIO ( Antoine ), compositeur, né
à Naples en 1819, a fait ses étodes musicales
au Conservatoire de cette ville. Il est au nombre
de ces jeunes artistes italiens de l'époque actuelle
qui produisent avec ra|)idilé des opéras de peu
de valeur, lesquels disparaissent de la scène avec
non moins de célérité. Son début se fit au car-
naval de 1843 par l'opéra 7 Panduri, qui lut
représenté au théâtre Nnovo, à Naples. Peu de
temps après il donna au même théâtre l'opéra
bouffe intitulé IlMorlo cdil l'n'o. En 1844, son
ojiéra VAsscdio di Constantina fut joué au
BRANCACCIO — DRAND
55
pclit tlitiâtre de polichinelle appelé La Fenice.
JlPunfiglione,i}pcrà bouffe, qu'il donna en 1845,
au tlu'ûtre Nuovo, eut une chute complète, mais
le compositeur fut plus heureux avec L'in-
cognila, ossia dopo 1 5 a/un, qui fut joué au théâ-
tre i^e?i «ce en 1846. Postérieurement il a fait jouer
Rosmunda, Le Sarte calabresi, l'opéra en dia-
lecte napolitain / duje vastasi di porto, Lilla,
Fraricesca di Rlmini, etc.
BHAA'CIIE (Charles- Antoine), né à Yer-
non-sur-Seine, en 1722, a été premier violon delà
Comédie italienne pendant trente ans. Il a fait
graver à Paris six sonates pour violon seul,
liv. 1*"", lesquelles ont paru en 1749.
BRANCHU ( Aiexandrine-Caroline ), con-
nue d'abord sous le nom de M'e Chevalier,
parce qu'elle était de la famîHe des Chevalier de
Lavit, naquit au cap Français, le 2 novembre
1780 (1). Conduite à Paris dans sa jeunesse, elle
fut admise comme élève au Conservatoire, au
mois de juin 1796. Deux ans après, elle y rem-
porta le premier prix de chant, et le premier
prix de déclamation lyrique lui fut décerné
en 1799. Ses études terminées, elle entra au
théâtre Feydeau ; mais le caractère de son ta-
lent ayant plus d'analogie avec le grand opéra,
elle rompit son premier engagement, et débuta
h l'Académie royale de musique, en 1801, par
le rôle de Didon : son triomphe fut complet.
Toutes les qualités se trouvaient réunies en elle
pour le genre qu'elle venait d'adopter : la puis-
sance, l'étendue delà voix, un large et beau mé-
canisme du chant, un sentiment expressif et
dramatique; enfin, un jeu de physionomie intel-
ligent et passionné, tels étaient les avantages par
lesquels elle conquit tout d'abord la faveur du
public. L'impression qu'elle produisait était irré-
sistible dans sou rôle de début, dans ceux à'Al-
cesie, de La Vestale, d'Ipermnestre dans les
Danaïdes, etc. Quels que fussent ses succès ,
elle ne les considéra jamais que comme des en-
gagements pris envers le public : ses études ne
se ralentirent pas , et jusqu'à la fin de sa car-
rière théâtrale, elle reçut des conseils de Ga-
rât, qui lui avait transmis ses belles traditions.
Admise à la retraite au mois de mars 1826 ,
elle joua pour la dernière fois le rôle de Statira
à la première représentation de la reprise d'O-
lympie, ouvrage de Spontini, le 27 février de la
même année. File avait épousé le danseur Cran-
Ghu, qui mourut aliéné. En 1830, elle se retira à
Orléans et y vécut pendant plusieurs années ;
(I) C'est par erreur qu'on a fait n.iitre M"'<= Branchu à
Paris en 178î, dans la Biographie portative des contem-
porains. J'ai tiré mes renseignements des registres de
l'ancien conservatoire de Paria.
plus tard elle revint dans son ancienne maison
de Passy, près de Paris, où elle est décédée le
14 octobre 1850. Mal informes, les journaux
avaient annoncé sa mort au mois de mai 1846.
BR ANCl ( Jean ), compositeur, né à Argenta,
au territoire de Ferrare, vers la fin du seizième
siècle, est auteur d'un œuvre qui a pour titre :
Primo libro de' sacriconcentï a 2, 3, 4 e 5 voci,
con le litanie délia Beata Virgine ai, b et 6 voci
Venise, Bart.Magni, 1619, in-4<'.
BRAMCIARDI ( François ), maître de cha-
pelle de la cathédrale de Sienne , dans les pre-
mières années du dix-septième siècle, s'est fait
connaître par un ouvrage qui a pour titre : Mis-
sarum 4eï8 vocibus liber primus ; Venetiis,
apud Angelum Gardanum, 1609, in-4°.
BRA1\CIF0RÏE ( Jérôme ), comte de Ca-
merata, et chevalier de l'ordre d'Alcantara, na-
quit à Palerme, vers le milieu du dix-septième
siècle. 11 cultiva la poésie et la musique comme
amateur, et publia un recueil de ses compositions
sous ce titre : Inftdi lumi, Madrigali a cinque
voci; Palerme, 1693, in-4° ( voy. Mongitori ,
£ibl. Sic, t. I, p. 274 ).
BRAJ\D (GottloeFrédéric), néà Arnstadt,
le S mai 1705, fut un virtuose d'une habileté ex-
traordinaire sur la trompette. Il brillaitsurtoutpar
la douceur de son jeu dans l'accompagnement du
chant. Après avoir été au service de plusieurs
princes d'Allemagne, il se fixa à la cour du duc de
Saxe-Meiningen.
BRAXD ( Jean-Jacques ), directeur de mu-
sique à Sarrebrouck, a publié en 1755, à Nurem-
berg, trois suites de pièces de clavecin, in-4". Un
autre musicien de ce nom, dont les prénoms ont
pour initiales les lettres A. C, a fait paraître à
Vienne, en 1793, Cavatinacon variationi dell'
opéra Axur, péril clavieembalo,
ËRAI^D. Trois guitaristes de ce nom sont
connus. Le premier (Alexandre) a publié des valses
pour une guitare seule, et un quatuor brillant pour
v.iolon principal, chez le même éditeur. C'est pro-
bablement le même àqui l'on doit trois duos pour
deux violons, Offenbach, André, et trois sonates
faciles et brillantes pour le môme instrument,
livre I", Mayence.Schott. Le deuxième (J. P. de
Brand) estauteur d'une sonate pourguitare et vio-
lon, Leipsick, Bieitkopf et Haertel. Le dernier
(Frédéric) a fait paraître des thèmes variés pour
guitare seule, œuvres 3, 7 et 8, Paris, Pacini,
et Mayence, Schott ; des pièces faciles et des valses
pour cet instrument, ibid., et quatre recueils de
chansons allemandes, avec accompagnement de
guitare. Celui-ci s'est aussi fait connaître comme
compositeur pour le piano par une cavatine
variée, Manheim et Francfort. Il avait épous«î
55
BRA^yD - BRANDL
M"* Danzi, de Manhcim, et vivait à Francfort en
1816. J'ignore quel est celui de ces trois artistes
quiapubliéàLeipsick une méthode pourla gui-
tare sous le titre de Guïtarschule.
BRAiVD (NoNos), né à Wasserboiirg, entra
dans l'ordre des liénédiclins à Tegernsée, en Ba-
vière, après avoir fait de bonnes études littéraires
et musicales. Son talent sur Torgue, dans la ma-
nière de Bach, était très -remarquable. 11 fut
nommé organiste de son couvent. On connaît des
messes et des chansons à quatre voix de sa com-
position dans lesquelles on remarque de l'expres-
sion et un chant gracieux. Il passa la plus grande
partie de sa vie à enseigner la musique et la lit-
térature dans l'école de son couvent. Ayant passé
de là à Freising, il y mourut d'apoplexie, en 1793.
BRAND(WAi,TnER), violoniste distingué, est
né en 1811, à Rudolstadt, où son père était mu-
sicien de chambre du prince régnant. Après avoir
fait ses études comme violoniste sous la direc-
tion de Spohr, dont il a ado[»té le style (l'exécu-
tion, il est entré dans la chapelle de Rudolstadt,
en 1831. Quelques années plus tard, il a fait plu-
sieurs voyages avec le violoncelliste De Roda. De
retour à Rudolstadt, il y a été chargé de la direc-
tion de la Société de chant, pour laquelle il a écrit
des Lieder à j)lusieurs voix. Ses compositions,
dans le genre romantique, n'ont pas élé publiées
iusqu'au moment où cette notice est écrite.
BRAND ( M. GoTTLiEB ), directeur de la
Ijedertafel ( Société de chant ) à Wurzbourg,
est né en Bavière, vers 181-8. Il a fauexécuter à
Wiirzhourg une ouverture à grand orchestre de
sa composition, et a publié un trio pour piano,
violon et vroloncelle, op. 1 ; Vienne, Haslinger.
BRANDAUouBRANDOW ( Jian-Geor-
CES ), musicien allemand, qui florissait dans la
seconde moitié du dix-septième siècle, a fait im-
primer une collection de psaumes sous ce titre :
Psalmodia Davidis, tvorin aile Psalmen Da-
vids nach franzœsischer Melodey gesetzt,
nesbt Mart. Luther s und anderer Psalmen
und Gesxnge in Zweystimmige riclilige Par-
titur und zulxssige Transposition gebracht :
Cassel, 1674, in-4°. La prem.édit. decet ouvrage
était intitulée : Davids-Harfe ; Cassel , 1665.
BRANDEL ( Je.vn ). Voy. Brandi.
BRAI\DE1\BURG( Ferdinand }, violoniste
et compositeur, né à Krfurt, s'est fixé à Leipsick
vers 1838. 11 y a fait représenter, en 1847, un
opéra sous ce titre : Die Belagerung von Solo-
turn (Le Siège de la Tour isolée). Il y a fait
exécuter aussi, en 1844, une sorte de symphonie
dramatique intitulée : Die Màhr von den Drey
Insein { La Mer des Trois Iles ). On connaît de
lui divers morceaux pour violon, entre autres une
Rêverie pour violon et piano, op. 9; Mayence,
Scliott ; une collection de pots-pourris, divertis-
sements, fantaisies et rondeaux sur des thèmes
d'opéras pour piano, en deux suites composées
chacune de 6 livraisons, et (\esLieder.
BRArMDENSTElIV (Cuarlotte de ), d'une
famille noble de l'empire, naquit à Ludwigsburg,
vers le milieu du dix-huitième siècle. Elle fut
élève de Vogler, qui a inséré dans la septième
livraison de son Journal de Musique une sonate
avec accompagnement de violon, qu'elle a com-
posée en 1780. Cette sonate a été aussi publiée
séparément.
BRAI\DES ( Charlotte-Guilhelmine-Fran-
çoiSE ), lille du célèbre acteur de ce nom, naquit
à Berlin, le 21 mai 1765. Elle brillaitau théâtrede
Hambourg comme première cantatrice, en 1782,
sous le nom de Mirsna, et recueillait aussi des
applaudissements comme virtuose sur le piano,
dans les concerts publics et particuliers. Tous
les journaux allemands de ce temps célèbrent ses
talens. Elle est morte à la fleur de l'âge, à Ham-
bourg, le 13 juin 1788. Hérold a publié dans la
même année un recueil de ses compositions : elles
con.sistent en ariettes italiennes et allemandes pour
clavecin et quelques autres pièces pour cet ins-
trument. On trouve la vie de cette cantatrice dans
\&s Annales des Théâtres de 1788, 3" livraison,
p. .33.
BRA1\D!SS (MARC-DiETKicnx), écrivain du
dix-septième siècle, a publié un traité de la ta-
blature sous ce litre : Musica Signatoria; Leip-
sick, 1031, in-S».
BRAADLou BRANDEL ( Chrétien), ex-
cellent ténor, né à Carisbad en Bohême, brillait
au théâtre national de Berlin en 1790. En 1770, il
fut engagé comme chanteur à l'église de Sainte-
Croix, à Prague; il occupa cette position jusqu'en
17h3, où il entra dans la carrière du théâtre.
En 1793, il quitta Berlin, et se rendit à Hambourg,
où il obtint des succès. Depuis ce temps , on
manque de renseignements sur sa personne et
sur sa vie d'artiste.
BRAIVDL (Jean ), directeur de musique à
Carlsruhe, naquit en Bavière, dans le territoire
de l'abbaye de Kohr, près de Ralisbonne, le 14
novembre 1764. A l'âge de six ans, on lui fit ap-
prendre léchant, le violon elle piano. 11 montrait
peu de goût pour ce dernier instrument, el l'on était
obligé d'employer la vioJence pour le contraindre
à l'étudier, parce que son penchant l'entraînait
vers le violon. Dans la suite il reconnut l'utiiifé
du piano pour la composition. A dix ans, il fut
admis comme élève au séminaire de Munich ; il
y resta pendant quatre années. Ses dispositions
pour la musique s'y développèrent, et son goût
BRANDL — BRANDT
57
pour cet art tétait si vif, qu'il négligea ses autres
études pour s'y livrer sans obstacle. Il en fut de
même lorsqu'on l'envoya au gymnase de Neu-
bourg sur le Danube. Déjà il (éprouvait le besoin
de composer, quoiqu'il n'eût aucune cotuiaissance
des procédés de l'art d'écrire. Heureusement pour
lui, Feldmayer et Schubauer se chargèrent du
soin de lui enseigner les règles de riiarinonie, et il
composa sous leur direction un Miserere qui fut
exécuté dans l'église des Jésuites. Il était alors
dans sa seizième année. Le succès de ce morceau
excita l'intérêt de l'abbé Gallus en faveur de
Brandi, et ce digne moine paya les dépenses né-
cessaires pour que le jeune artiste prtt aller étu-
dier, à Eichstadt, le contrepoint dans l'école de
Schlecht, Il ne jouit pas longtemps de cet avan-
tage, car !e maître mourut, après quelques mois,
«l'une attaque d'apoplexie. Cependant, aidé par
Ruhm, musicien de la cour. Brandi continua de
se livrer à la composition. Il était destiné à la
vie monacale; mais Rulim parvint à lui démontrer
qu'il n'était pas né pour s'ensevelir dans un cloître.
Il suivit le conseil qu'on lui donna d'aller étudier
à Fribourg ; mais la difliculté d'y vivre le ramena
au couvent de Saint-Trudber.t, où il donna des
leçons de chanta quelques jeunes gens du pays.
Insensiblement sa réputation de violoniste et de
compositeur s'étendit, et, après quelques petits
voyages, il obtint le titre de maître de chapelle
du prince de Hohenlolie Bartenstein. Il resta
dans cette position pendant trois ans, puis
il fut appelé à Bruchsat et enfin à Spire, par Par-
chevêque, en qualité de directeur de musique.
Il jouissait des avantages de cette position hono-
rable quand le pays fut envalvi par les armées
françaises. Brandi perdit sa place, et tomba dans
ime profonde misère. Retiré d'abord à Sluttgard
vers 1793, il y vécut jusqu'en 1S05, époque
où il s'est retiré à Bruchsal. Depuis lors il est re-
venu à Carlsruhe, où il est mort le 26 mai 1837.
Ses compositions les plus importantes sont : 1°
Symplionieàgrand orchestre (en ré) ; Spire, 1790.
— 2" Sérénade pour violon obligé, deux flûtes,
deux altos, deux corset contrebasse, op. 4 ; Heil-
bronn, 1792. — 3" Grande sénérade pour violon,
hautbois, violoncelle et basson obligés, deux vio-
lons, deux cors, et basse d'accomoagnement, op. 7;
Heilbronn, 1796. — 4° Six quatuors pourdeux vio-
lons, alto et basse, op. 8; ibid., 1796 — 5o Six
quintetti pour deux violons, deux altos et basse,
op. 10 ; ibid. — 6" Six quintetti, idem , op. 11,
liv. 1 et 2 ; Offenbach , 1797. —7° Symphonie à
grand orcliestre ( en mi bémol ), op. 12 ; ibid.
— 8° Quintetto pour piano, violon, alto, basson
et violoncelle, op. 13; ibid., 1798. — 9' Quin-
tetto pour violon, deux altos, bassou et violon-
celle, op. 14; ibid. — 10" Quatuor pour (lûte,
violon, alto et violoncelle, op. 15; ibid. — n»
Sextuor (en ut) pour violon obligé, basson, cor,
deux altos et violoncelle, op. 10; ibid., 1799.
— 12" Six quatuors pour deux violons, alto et
basse, op. 17, liv. 1 et 2, dédiés à Haydn; Heil-
bronn, 1799. — 13° Grand quatuor ( en ré mi-
neur ), op. I8;0ffenbach, 1799. — l4"Noclurne,
[ pour deux violons et violoncelle, op. 19; ibid.,
I 1800 15" Symphonie concertante pour violon,
violoncelle et orchestre, op. 20; ibid., 1801.
— 16° Germania, opéra en trois actes, 1800,
inédit. — 17' Trois quatuors pour deux violons,
alto et violoncelle concertants, op. 23 ; Augshourg,
1803. — 18° Poésies de Schutz mises en musi-
que; Leipsick, Kùhnel. — 19° Symplionieàgrand
orchestre ( en ré ), op. 25 ; Leipsick. — 20° Six
airs avec accompagnement de piano; ibid. Brandi
a écrit un opéra intitulé Hermann et le mono-
drame de Uero, qui ont été représentés au théâtre
de Carlsruhe. Parmi ses compositions, on compte
aussi plusieurs oratorios, quelques messes, dont
une pour quatre voix d'hommes, qui a obtenu
des éloges dans une analyse de la Gazette mu-
.sicale de Leipsick ( 1828, pag. 188 ), des con-
certos pour le basson, des sextuors et quintettes
pour cet instrument et le hautbois, des quatuors
pour le basson et pour la flûte, des recueils de
chansons allemandes à plusieurs voix et à voix
seule, avec accompagnement de piano, et plu-
sieurs autres ouvrages de différents genres. Les
cahiers de Lieder publiés par Brandi à Spire ,
chez Bossier, sont remarquables par la beauté
des mélodies.
BRANDT ( Jean ), poète et musicien, né à
Posen, en Pologne, vers 1546, fit ses premières
études dans sa patrie, et se rendit ensuite à Rome,
où il acheva de s'instruire dans les lettres et
dans les arts libéraux. En 1571, il entra chez les
jésuites, retourna ensuite en Pologne, et se livra
à la culture de la poésie et de la musique. Ses
compatriotes estiment beaucoup le recueil de mé-
lodies qu'il publia à Varsovie en 1586, sous ce
titre : Piesni latinskiei polskie z notami mu-
zycznemi ( Chants latins et polonais mis en mu-
sique ). La plupart des pièces de ce recueil sont
encore chantées par les paysans de la Pologne.
On trouve quelques mélodies de Brandt dans le
recueil qui a pour titre : Pedagogus ostendens
qua ratione prima artiuminiliapueris quam
fadlUme tradi possint ; Bâle, 1 582, in-8°.
BRANDT (Georges-Frédéric), célèbre bas-
soniste, naquit à Spandau, le 18 octobre 1773. Il
fut élevé à l'école de musique militaire de Pots-
dam, et eut pour maître de basson Antoni, artiste
distingué de cette époque. Après trois années d'é-
>8
BRANDI — BRAUER
tudes dans cette école, Brandt fut i»lacé comme
bassoniste dans im régiment de la garde royale,
à Berlin. Là il se lia d'amitié avec Bitter, musi-
cien de la cour, qui perfectionna son talent par
ses conseils. Ses nouvelles études furent inter-
rompues peu de temps après par la guerre avec
la France, et il dut entrer en campagne avec la
garde royale, en 1792. Après une absence de trois
ans, Brandt rentra à Berlin, et reprit ses études,
sous la direction de Ritter. Le roi Frédéric-Guil-
laume II, ayant voulu l'entendre, fut si satisfait
de son talent, qu'il lui donna l'assurance d'une
place dans sa musique; mais la mort du roi
anéantit tout à coup les espérances de l'artiste.
Il entreprit alors un voyage, et se rendit à Lud-
vvigslust, où le duc de Mecklembourg-Schwerin
lui proposa un engagement qu'il accepta, après
avoir obtenu son congé en Prusse, le 6 mars 1798.
En 1800 il voyagea de nouveau, visita Stettin,
Berlin, Breslau, Dresde et enfin Munich, où il fut
placé à l'orcliestre de la cour, en 1806. Les der-
nières mentions qui sont faites de Brand t remontent
à 1813.A cette époque il parcourut l'Allemagne, et
brilla dans les concerts à Vienne et à Prague. On
connaît en manuscrit quelques solos pour le
basson composés par cet artiste.
BRASPERJ\IUS ( Baltuazar ). Vojjez
Pp.asperg.
BUAIXIERl [ Claude), organiste et compo-
siteur, né en Italie vers la fin du seizième siècle,
fut attaché au service de l'archiduc Ferdinand
( qui fut roi de Bohême sous le nom de Ferdi-
nand II ) comme organiste, et vécut à Prague
en cette qualité. Dans les comptes de l'archiduc
Ernest, tenus à Prague par Biaise Hutter, son se-
crétaire intime , on trouve cet article : « à Claude
« Branieri, organiste de son altesse impériale
« l'archiduc Ferdinand, pour la partition d'une
« messe offerte au gracieux prince, 24 florins. «
( Archives du royaume de Belgique , liasse C.
4-D. ).
BRASSAC (René DE BEARN, marquis de)
amateur distingué que Vollaire a célébré dans
son Temple du Goût , fut d'abord officier de ca-
rabiniers, puis brigadier des armées du roi, et
enfin maréchal de camp, en 17G9. Il a composé
la musique de deux opéras qui ont eu du succès :
1° L'Empire de V Amour, 1733. — 1" Léandre
et Héro, 1 750. Le marquis de Brassac a fait graver
à Paris un livre de cantates à voix seule.
BRASSART ou BRASART, coutrepointiste,
vraisemblablement né en Belgique, paraît avoir
vécu dans la première moitié du quinzième
siècle, et avoir été contemporain de Faugues-, de
Régis, d'Éloy, de Cousin, et de quelques autres
musiciens qui furent les sucesseurs immédiats de
Dufay, de Binchois et de Dunstaple. Toutefois le
nom de cet artiste n'est cité que d'une manière
vague, et les renseignements sur sa vie, son mé-
rite et ses ouvrages nous manquent. Dans la voie
de découvertes où l'on est entré depuis quelques
années, il est peut-être permis d'espérer que des
manuscrits encore inconnus fourniront un jour
des documents satisfaisants sur ces anciens com-
positeurs, particulièrement sur celui qui est l'objet
de cet article. Tinctoris , Glaréan, Hermann Fink
et Ornillioparcus ne parlent pas de Brassart : Ga-
fori le cite dans un passage du troisième livre de
son ouvrage intitulé : Musica utriusque Cantus
practica : « complurestamen discordantemhnjus
« modi minimamatque semibrevem admitlebant,
« «t Dunstable (sic), Binchoyset Dufay, atque
« Brasart. »
BRASSA RT (Olivier), autre musicien belge,
vécut environ cent ans après le précédent. Il n'est
connu jusqu'à ce jour que par un œuvre qui a
pour titre : Il primo libro de Madrigali a quattro
voci; Roma, per Antonio Barré, 15C4,in-4''.
BRASSICANUS(JEAN),musicienallemand
du dix-septième siècle, était chantre à Linz
vers 1630. Daniel liintzier a inséré quelques pièces
de sa composition dans le recueil intitulé : Mu-
sikalisch-figurirte Melodien der Kirchen-ge-
saenye,etc. ; Strasbourg, 1634, in-12.
BRASSOLINI ( Dominique ) , maître de cha-
pelleà Pistoie, au commencement du dix-huitième
siècle, a consposé la musique d'un opéra intitulé
// Trionfo deW umiltà, qui a été représenté à
Modène, en 1707.
BRAUCHLE (Joseph-Xavier), compositeur,
né en Bavière dans les dernières années du dix-
huitième siècle, vécutà Vienne vers 1820, puis se
fixaàMunich,ets'y maria. Il y était encore en 1830.
Sa femme, harpiste de quelque talent, s'est fait
entendre avec succè^s à Strasbourg en 1839, et
à Augsbourg en 1846. On connaît de Brauchie :
1° Six chants à voix seule avec accompagnement
de piano, op. 1 ; Vienne, Haslinger ; — 2° Baga-
telles pour le piano, op: 2 ; ibid. — 3° Grande so-
nate pour piano, violon et violoncelle, op. 3;
ibid. — 4" Grand duo pour piano et violon , op.
4; ibid. — i)0 Grande sonate pour piano seul,
op. 5; ibid. — 6» Polonaise, romance et rondo
pour le piano, op. 6; ibid. — 1° Deux quatuors
pour deux violons, alto et basse, op 7; ibid. — 8°
Un quatuor, idem , op. 8 ; Leipsick, Breitkopf et
H.nertel. Brauchie futun des compositeurs qui mi-
rent en musique les poésies du- roi Louis de Ba-
vière, pour le recueil de chants exécutés par les
membres de la Liederkranz de Munich , le 25 mai
1829 et publiés dans cette ville chez Falter.
BRAUER (...), pianiste devienne, vivait dans
KIIAUER — RRALIN
59
f cite ville vers 1 825. On a imprimé de lui qiioli|iies
composilions pour le piano, parmi lesquelles ou
remarque : 1° Variations brillantes pour le piano
sur un lliôuic liont;rois, avec accompagnement
(le (iiiatuor; Vienne, Pciinauer. — T Ouverture
pour le piano a quatre mains; Vienne, Artaria.
— 3" Première polonaise brillante pour le piano
( en /"a ) ; Vienne, Diabelli.
liUAUER (Chrétien), a été d'abord profes-
seur de musique à Altenbourg, en Saxe, puis
est devenu directeur de musique île la société
de chant, à Cliemnitz. 11 a publié un très grand
nombre de recueils de ciiants pour 1 et 3 \oi\,
à l'usage des écoles, à Grimma, Allenliourg et
Cliemnitz. Son ouvrage 211""', consistant en un
hymne (F/-ei<e each des Herrn), pour 2 chœurs
d'hommes avec 4 voix solo, a paru en lS45à
Cliemnitz, chez Uiicker. On a aussi de Brauer
un petit traité élémentaire de musinue intitulé :
Leit/aden beiin crsten Vnterrichte un Singen
nacli ISoten ( Guide pour la première instruction
du chant d'après les notes) ; Altenbourg, Helbig.
Ce petit ouvrage est une sorte de protestation
contre l'enseignement élémentaire de Natorp par
les chiffres, qui a été définitivement abandonné
en Allemagne depuis environ 1840.
DRAUER (FRÉbÉnic-WiLUELM), organiste à
"Weissenfels , né à Naumbourg, en Prusse,
vers ISIO, fut d'abord maître d'école à Stoessen,
près de cette ville. On a de lui des pr<ludes ( Vors-
piele) d'orgue pour le livre choral de Hentscliel ^
Weissenfels, Meusel. Koerner, d'Erfurt, a publié
desacompoistion un prélude et fugue pourl'orgue
(en fa), et une conclusion ( pièce de sortie)
euut.
BRAUi\ ( Je,vin -Georges ), né à Ubtlial,
village de la Bohème , dans la première moitié
du dix-septième siècle, fut directeur du choeur
de l'église Sainl-Nicolas à Éger ou Égra, vers i G60.
Il avait écrit un livre de chant pour l'usage de
cette église. La deuxième édition de ce recueil
parut sous ce l'ûre : Echo hynwodia; eelestis (Echo
de chants célestes , ou chants anciens et nou-
vaux de l'Église catholique, pour les grandes so-
lennités et les fêtes de l'année, etc.), Éger ; Abraham
Lichlenthaler, 1673, in-12. Dans l'épilre dédi-
catoire de cette édition, on voit que la îpremière
avait paru en IC64 ; car Braun dit : « Le livre de
« chant que j'ai fait imprimer il y a onze ans
« ayant été épuisé, je l'ai fait réimprimer pour
« satisfaire au désir de plusieurs âmes pieuses. «
Ce livre est rare : un exemplaire bien conservé
se trouvait en 1S18 au couvent de Strahow, près
de Prague. On a aussi de Braun : Odai sacrx 1
et ,2 vocibus cum i et 2 violinis modulatx
etcompositx ; Œniponti, typis Mxch. Wagner i,
1008, in-4''. A l'époque où parut cet ouvrage
l'auteur était déjà directeur du chœur à Éger.
BRAUN (Jean Georges),, poète allemand du
dix-septième siècle, Uû cantor à l'église luthé-
rienne de Ilanau. 11 a publié un traité élémentaire
de musique en dialogue, sous ce titre : Kurze
Anleituug znr edlcn Mnsi/;kunst in Fragen
und Antworten ; Hanaii , 1C81 , in-8" On a aussi
de Braun un recueil de psaumes intitulé : Cilhava
Davidicu- Evangelica, oder Davidische Evan-
gelische Ilarpfen ans prop/ietischen Psalm-
Spriichen ûber die Sonn-tmd Feyer-Taegliche
Evangclia, in Kurze heutiger Sing-Arfuhliche,
Verse gebraclit, min in leicliter Composition,
mit Sing und instrumental Stimmen, beneben
einem Generalbass, clc;Giessen, 1683, in-4''.
Wollfgang Charles Briegel, maître de chapelle du
duc de Hesse Darmstadt a été l'éditeur de cerc-
cueil.
BRAUN (...) , musicien allemand , s'élablit à
Paris eni74I, ety vivait encore en 1754 , époque
où le P. Caffiaux écrivait son Histoire de la mu-
sique ( voyez Cafeiaux). Cet historien en parle
avec éloge. Braun était considéré comme un
flûtiste de mérite. Il fit graver à Paris les ou-
vrages dont les titres suivent : 1" Sonates à dote
seule, premier livre. — 2° Livre de duos pour
les musettes et les vielles. — 3° Trios pour 2
flûtes et basse. — 4° Sonates en duos pour 2 (lû-
tes. — 5o Sonates à flûte seule, deuxième livre.
— 6" Sonates pour le basson. — 7° Pièces pour
flûte seule, sans basse. — 8°. Trios pour flûte ,
violon et basse. — 9°. Concertos pour la llùle,
op. 9. — 101 idem, op. 10. — 11° Sonates en
duos pour 2 flûtes, livre deuxième. L'auteur de
toutes ces productions était connu sous le nom
de Braun le Cadet : il avait un frère aîné, flû-
tiste comme lui , qui a publié deux livres de Trios
pour 2 flûtes et basse.
BRAUN (Antoine), violoniste delà chapelle
du landgrave deHesse-Cassel,néle6 février 1729,
fut le père des virtuoses de ce nom ( Jean , Jean-
Frédéric, Maurice, Daniel), et de M"* Braun, can-
tatrice distinguée.
BRAUN (Jean), violoniste de la chapelle du
landgrave de Hesse, naquit à Cassel, le 28 août 1758.
Il reçut de son père les premières leçons de violon
et de musique, et se rendit en.suite à Brunswick,
pour y étudier la composition sous Schwanenberg,
et le violon sous JProsch. De retour à Cassel, iJ
fut admis dans la chapelle du prince , alors la
plus célèbre de l'Allemagne ; mais cette même
réunion d'artistes les plus distingués ayant été con-
gédiée en 1786, Braun alla à Berlin, où il devint
maître des concerts de la reine. Il occupait encore
cette place en 1797. On a gravé de sa composi-
60
BRAUN
lion trois œuvres de trios pout deux violons et
basse, et deux concertos de violoncelle; Berlin,
Hummel, 1792. Il avait en outre en manuscrit vingt
concertos pour violon, onze symphonies concer-
tantes pour deux cors; deux concertos pour se-
cond cor; un idem pour premier; deux idem
pour basson; un idem, pour 11 ûte, et un, idem,
])0ur violoncelle. Cet artiste a écrit aussi la mu-
sique d'un ballet intitulé : Les Bergers de Cy-
t Itère.
BRAUN (JEAN-FREDÉnic), frère du précédent
et deuxième fils d'Antoine, naquit à Casse), le
15 septembre 1759. Il étudia le Uautbois sous la
direction de Barth, et devint un des plus habiles
artistes de l'Allemagne sur cet instrument. Il ex-
cellait surtout dans l'exécution de l'adagio. Le
landgrave de Hesse-Cassel ayant remarqué les
heureuses dispositions de ce jeune artiste et les
progrès qu'il avait faits en peu de temps, l'en-
voya à Dresde pour y perfectionner son talent
sous la direction de Besozzi. Après avoir suivi
pendant un an les conseils de ce maître célèbre,
Braun quitta Dresde, et entra dans la chapeJledu
duc de Alecklembourg-Schwerin, en 1782. Le
style de Besozzi , comme celui des meilleurs
hautboïstes de son temps, consistait en un jeu bril-
lant et orné; Braun s'en fit un autre, dont l'ex-
pression et la belle manière de chanter formaient
la base. C'est par ces qualités que Braun mérita
d'être considéré comme le chef d'une nouvelle
école de hautbois. Il a écrit une grande quantité de
concertos , de trios et de quatuors pour son ins-
trument, qui sont restés en manuscrit dans les
archives de la chapelle du ducdeMecklembourg-
Schwerin. BraunestmortàLudwigslust,lel5sep.
Icmbre 1824, dans la matinée de l'anniversaire de
sa naissance, à l'âge. de soixante-cinq ans. Parmi
ses meilleurs élèves , on compte ses deux fds.
BRAUJV ( Maurice ), frère des précédents et
troisième fds d'Antoine, né le 1" mai 1765, entra
vers 1790 dans la chapelle du prince évêque de
Wiirzbourg, en qualité de bassoniste. Il était
compté comme un des plus habiles de son temps
pour son instrument. Cependant il était inférieur
il ses frères.
BIIAUN (Daniel), quatrième fils d'Antoine,
violoncelliste et élève de Duport l'aîné, naquit
à Cassel, le 24 juillet 1767. Il était déjà musicien
de la chapelle du roi de Prusse en 1792. Il a été
considéré comme un artiste distingué, et son
maître avait beaucoup d'estime pour son ta-
lent.
BRAUN (M"^), sœur des précédents, naquit
à Cassel le 22 octobre 1762. Elle brillait égale-
ment comme cantatrice et comme virtuose sur
la mandoline et le piano. Elle était, en 1797,
femme de chambre de la duchesse de Gotha
et avait épousé le conseiller Hamberger.
BRAUN (M™^), femme de Jean-Frédéric, fut
une cantatrice distinguée. Son nom de famille
était Kunzen; elle était sœur du compositeur
de ce nom, maître de chapelle du roi de Dane-
marck. Elle fut attachée pendant plus de vingt
ans au service de la chapelle du duc de Mecklem-
bourg-Schwerin, à Ludwgslust.
BRAUN (Georges), comédien allemand, né
à Eichstaedt dans la seconde moitié du dix-hui-
tièmesiècle, a composé la musique de troisopéras
représentés au théâtre deGotha, depuis 1789 jus-
qu'en 1796.11s avaient pour titres : V Julie. —
'2" Der neue Herr (le Nouveau Seigneur); —
3" Die Jubel-Hochzeït (le Jubilé de Mariage).
BRAUN (André), tromboniste de l'opéra de
Paris, d'origine allemande, entra à l'orchestre de
ce àiéàtrecn 1797, après avoir été, pendant quel-
ques années, attaché à celui du théâtre Feydeau.
11 mourut à Paris en 1806. On a de lui : Mé-
thode pour les trombone basse, ténor et alfa;
Paris, Sieber. Il a été publié une édition fran-
çaise et allemande de cet ouvrage, à Offenbach,
chez André. Braun avait été professeur au Con-
servatoire de Paris à l'origine de cet établisse-
ment, lorsqu'on y formait des corps de musique
militaire pour les armées de la République fran-
çaise : il fut réformé en 1802.
BRAUN (CATUERiNE),dont le nom de famille
était Broîfwer, naquit à La Haye, le 7 mars 1778.
Son père, ridie négociant, la plaça, à cause de sa
belle voix, chez le maître de chapelle Graaf, pour
qu'elle y fit son éducation musicale. En peu d'an-
nées elle acquit une grande habileté comme can-
tatrice. En 1796, elle lit, avec son maître, un
voyage à Hambourg et à Berlin. Ses succès dans
ces deux villes surpassèrent son attente ; son ta-
lent y excita l'enthousiasme du public. Engagée
au théâtre royal de Berlin, elle y prit des leçons
dcHurka. Les conseils de ce maître achevèrent
de développer les avantages de sa voix, une des
plus belles qu'on eût jamais entendues en Alle-
magne. A ime étendue de trois octaves, véri-
table phénomène vocal. M"® Brouwer joignait
le don d'une qualité de son moelleuse, pure et
toucliante. En 1798 elle entreprit un voyage en
Allemagne, visita Leipsick, Dresde, Vienne, Mu-
nich, Hamboiug, et nerevintàBerlinqu'en 1803.
Ce fut à cette époque qu'elle épousa le violoncel-
liste Daniel Braun. Elle se retira du théâtre
vers 1811.
BRAUN (CnARLES-ANTOiNE-PniuppE),fils de
Jean-Frédéric, est né en 1788àLudwigslust, dans
le Meeklembourg. Son père lui enseigna à jouer
du hautbois, et fut .sou maître de composition.
BRAUxN
CA
Il entra, en 18o7, à la clmpellc du roi de Dane-
niarck, comme premier hautboïste. On le con-
sidère comme un artiste distingué en son genre.
C'est d'ailleurs un bommc instruit. Comme com-
positeur, il a publié -A" Symphonie à grand or-
chestre (en re); Leipsick, Breilkopf et Ilœrtel.
— 2° Ouverture (en ut mineur) ;ibid. — 3" Con-
certo pour la tlùte (en fa ), œuvre deuxième ;
Leipsick, Pttcrs. — 4° Quatuor pour deux fliites
et deux cors, op. 1 ; ihid. — 5° Quatuors pour
flûte, violon, alto et basse, op. G ; Leipsick, Hof-
meistcr; — CDeux quatuors pour flûte, haut-
bois, cor et basson ; Leipsick , Br. et Hsertel. —
7-' Duos pour deux (lûtes; Copenhague, Lose. —
8° Duos pour deux hautbois, op. 3 ; Leipsick, Pe-
ters. — 9" Duo pour hautbois et basson ; Augs-
bourg, Gombart. — 10° Pot-pourri pour haut-
bois et piano; Leipsick, Hofmeisler. — 11" So-
nate pour piano et hautbois; Leipsick, Br, et
Hœrtcl. — 12° Six variations faciles pour piano ;
Copenhague, Lose; — 13° Six chansonnettes
avec ace. de piano; Stockholm.
BRAUN (GtiLLAUME), deuxième fils de Jean-
Frédéric, est né à Ludwigslust, en 1791. Élève
de son père, il lui a succédé dans la place de
premier hautbois de la chapelle du duc de Meck-
lembourg-Schwerin, en 1825. Avant de prendre
cette position, il avait été attaché à la musique
particulière du roi de Prusse, à Berlin. Artiste
éclairé, il a donné dans la Gazette musicale de
Leipsick (1823, ii" 11, p. 165) un bon article
sous ce titre : Bemerhîingen ueber die richtige
Defiandlung und Btas Art der Oboe ( Obser-
vations sur la bonne manière de traiter et de
jouer du Hautbois ). Braun est considéré aujour-
d'hui comme un des meilleurs hautboïstes de
l'Allemagne. Il est connu comme compositeur
par de nombreux ouvrages parmi lesquels on
remarque : 1" Divertissement pour hautbois et or-
chestre, op. 3; Berlin. — 2o Concerto pour haut-
bois, op. 12; Leipsick, Pcters. — 3o Six duos
pour deux hautbois, op. 1 , ibid. — 4° Grand
duo pour deux hautbois, op, 23, n" 1, Leipsick;
Breitkopf et Hœrtel. — 5° Deux quatuors pour
deux violons, alto et basse, op. 13 ; ibid Hofmeis-
ter. — 6° Divertissement pour flûte ctquatuor,op-
27 ; Hambourg, Cœhme. — 7° Sonate pour
piano, op. 17; Hambourg, Lûbbers. — 8° In-
troduction et polonaise pour piano, op. 2C ;
Hambourg, Cranz. — 9° Der Trosï, cantate pour
soprano; avec accompagnement de piano, op 22 ;
Berlin, Trautwein.
BRAUiX (Catinka.), fille de Maurice, et
femme deGuillaume ou Wilhelm, naquità Wûrz-
bourg, le 24 mars 1799. Douée des plus heu-
reuses dispositions pour la musique, elle fit dans
cet art de si rapides progrès, qu'à l'âge de douze
ans elle exécuta divers morceaux de piano dans
des concerts, de manière à mériter les ajtplau-
dissements des connaisseurs. Plus tard, sa voix
ayant acquis du timbre, de l'étendue et du vo-
lume, elle fut confiée aux soins de Seyfert, direc-
teur du chœur à Wiirzbourg, qui se chargea de
terminer son éducation vocale. En 1815, elledé-
buta au théâtre de Hanovre, où sou père l'avait
accompagnée; le succès qu'elle y obtint fut com-
plet, et bientôt sa réputation s'étendit dans toute
l'Allemagne septentrionale. Des invitations lui fu-
rent envoyées pour qu'elle se rendit à Francfort et
dans d'autres grandes villes. En 1817, ellechanta
au théâtre de Hambourg, et produisit une vive
impression parmi les habitants de cette ville. Après
y avoirfait un séjour de trois ans, elle fit, en 1821,
un voyage à Copenhague, et n'y eut pas moins
de succès. De retour en Allemagne, elle fut enga-
gée, en 1822, àCassel, en qualité déprima rfon?2a;
dans l'année suivante elle alla à Berlin, et y de-
vint la femme de son cousin, Guillaume Braun.
Sa carrière théâtrale s'y termina par les rôles de
Fanchon (dans l'opéra de Himtnel ), eld^Agathe
dans Freyschûtz, qu'ellechanta sur le théâlEe de
la cour. En 1825 elle suivit son époux à Lud-
wigslust, et y mourut, le 8 juin 1832, dans sa
trente-troisième année, regrettée de tous ceux
qui connaissaient son talent elles qualités de son
cœur.
BRAUN. Sous ce nom, on trouve indiqué
dans le catalogue de Giinther (5*"^ supplément,
p. 33 et 44), un ouvrage manuscrit intitulé :
Leïchterundganz Kurzgefasster Generalbass
fur die Anfae]iger im Klavier ( Méthode courte
et très-facile d'harmonie pour ceux qui commen-
cent l'étude du piano^.
BRAUIX (Joseph), habile pianiste et violon-
celliste, est néen 1787, à Ratisbonne, où son père
était organiste. Après avoir terminé ses études
de musique, il se fit directeur de musique de plu-
sieurs troupes d'opéra à Krenigsberg, Dantzick,
Brème, Lnbeck et autres lieux. En 1825, il était
à Kœnigsberg, où il fit représenter l'Opéra féerie
Dei Wûnsche oder der Priifungstraum (Les
souhaits, ou l'épreuve en songe), dont il avait
composé la musique. A la même époque il
donna aussi dans la même ville l'opéra-comique
Die lange Nase ( Les longs Nez ), et Le Cosa-
que et le Volontaire. Ce dernier ouvrage fut
aussi représenté à Brème quelques années après.
En 1826, Braun se fit entendre à Berlin comme
violoncelliste; puis il fut appelée Philadelphie
pour y diriger l'opéra. Sa femme, cantatrice de
quelque mérite, qui avait chanté à Kœnigsberg
et à Dantzick, l'y suivit en qualité de prima
G2
BRAUN — BREDENIERS
donna. Braun y mit en scène plusieurs opéras i
italiens, allemands et anglais; mais l'ignorance 1
•des Américains en ce qui concernait la musique, i
à cette époque, lui inspira bientôt le désir de |
quitter le pays. En 1828 , i! donna sa démission ; !
puis il visita New- York , Baltimore , et quelques j
autres villes pour y donner des concerts. De re-
tour en Europe, Braun se fixa à Brème, et y fit
représenter quelques-uns de ses opéras. On con-
naît de cet artiste plusieurs compositions pour
le piano et pour le violoncelle.
BRAUJX (Charles), compositeur, né à Berlin
vers 1819, a fait son éducation musicale dans cette
ville, et a été l'un des membres dévoués de l'Aca-
démie de chant. Il est aujourd'hui musicien de
la chambre du roi de Prusse. Ce jeune artiste a
débuté de la manière la plus heureuse comme
compositeur, en 1842, par des œuvres vocales en
chœur où se fait remarquer l'originalité des idées.
Plusieurs de ses morceaux ont été exécutés avec
succès dans les concerts de Berlin, en 1843 et 1844.
BRAUN (Albert), chef d'orchestre du théâtre
de Lemberg, actuellement vivant (1854), n'est
connu que par un Entr'acte caractéristique
pour la comédie de Korzeniowski, intitulée : les
Juifs, arrangé pour piano ; Lemberg, Millikowski.
BRAUNE (Frédéric- Wilhelm-Othon), or-
ganiste à Berlin, s'est fait connaître comme un
artiste habile depuis 1830. Vers 1845, il a été
nommé directeur de la société de chant connue
sous le nom ôeCceciUa. Cet artiste a publié en-
viron quarante œuvres de musique d'église,
chants à plusieurs voix et à voix seule avec
piano.
BRAYSSINGAR (Guillaume de), né en
Allemagne, au commencement du seizième siècle,
ou dans les dernières années du quinzième, fut
organiste à Lyon. On a de lui un recueil, de
ricercari, variations et fantaisies sur des thèmes
des plus célèbres compositeurs de ce temps, sous
le titre de Tablature d'Epineite; Lyon, Jac-
ques Moderne, 1536, in-4''.
BRECHTEL (François-Joachim), musicien
allemand, qui vivait versla fin du seizième siècle,
a fait imprimer des chansons gaillardes, à trois,
quatre et cinq voix, de sa composition, sous ce
titre : Kurz-weibige deutsche Liedleinmit vier
und funf Stimmcn; Nuremberg, Catherine Ger-
lach, 15S8, 1590 et 1594, in-4"' obi.
BRECIXEO (Luis de), guitariste espagnol ,
contemporain de Mersenne, qui en parle avec
éloge dans le Traité des instruments de son Har-
monie universelle. On a sous son nom une mé-
thode pour apprendre à jouer de la guitare à la
manière espagnole; elle a pour titre : Melodo
muy facillima para aprcnder a taner la gui-
iarra a la Espaiiol; Paris, Pierre Ballard, 1626,
in-8° obi.
BREDAL(Niels-Krog), poète et composi-
teur danois, fut d'abord vice-bourgmestre à
Drontheim, en Norwége,et quitta cet emploi
pour aller s'établir à Copenhague, où il est mort
en 1778, à l'âge de quarante-six ans. Ses composi-
tions les plus connues consistenten pièces de chant
imprimées à Copenhague en 1758, et intitulées :
1° Le Berger irrésolu. — 2° Le Solitaire. —
3" Le Recruteur heureux.
BRÉDAL(J.), chef d'orchestre du théâtre
de Copenhague, né dans cette ville vers 1800, y
a (ait représenter, en 1833, l'opéra de sa compo-
sition intitulé : La Fiancée de Lammermoor, et
en 1836, Zes Guérillas. Il a publié des pot-pour-
ris pour le piano sur les thèmes de ces opéras, à
Copenhague, chez Lose.
BREDE (Samuel-Frédéric), d'abord sous-
recleur à Perleberg, devint ensuite canior ^i
directeur de musique à Stettin, où ii mourut
en 1796. Il a publié à Offenbach, en 1784, six
sonates pour le clavecin , dont trois avec accom-
pagnement de violon; et en 1786, des chansons
et des ariettes avec accompagnement de clavecin,
et avec une préface; à Leipsick, chez Breitkopf.
BREDENIERS (Henri), né vraisembla-
blement à Lierre (province d'Anvers), dans la
seconde moitié du dix-septième siècle, comme
on le verra plus loin, était, en 1505, organiste de
Philippe le Beau(l) qu'il accompagna en Espagne,
conjointement avec Alexandre Agricola et d'au-
tres musiciens belges. Après la mort du roi de Cas-
tille, en 1 506 , Bredeniers retourna dans les Pays-
Bas (2) et eut le titre d'organiste et maître de la
chapelle de l'archiduc d'Autriche (Charles, fils de
Philippe le Beau, plus tard empereur Charles-
Quint). Jusqu'à la fin de l'année 1521, on lui
voit continuer son service près de ce prince;
mais après cette date il disparaît des registres
des comptes de finances de la cour; ce qui in-
dique ou sa retraite, ou sou décès. Au mois de
mai 1 508, il reçoit une gratification pour l'entretien
et l'éducation de quatre enfants de chœur (3).
En 1509, il est recompensé «■ des paynes qu'il
(1) Registre n» F 191 de la Chambre des Comptes aux Ar-
chives du département du Nord (à Lille).
(2) Bredeniers se fait rembourser, en 1S09 et 1310, de
Lt somme qu'il a payée pour le transport, de l'Espagne a
Anvers, d'un coffre qui contenait les livres de chant et les
missels de la chapelle de Philippe le Beau, lesquels avaient
été portés à Valladolid lorsque ce prince s'y rendit pour
laseconùe fois. [Acquits de la 7-ecette générale des finances,
aux Archives du royaume de Belgique. |
(3) « A Henry Bredeniers, organisie et maistre des enffants
de la chapelle de l'archiduc, pour l'entretenement de quatre
jeusnes enffans que par ordonnance de Monscignieur Jl
« a gardez, monstre?, et enseignez la musique pour chan •
BREDENIIÎRS — BREK (VAN)
65
« prend joiirnellemcni à apprendre à jouer sur
« le manicordion Monseigneur (Charles) et mes-
« daines ses sœurs (1). » Il fait, en 1514, un
voyage en Hollande pour les affaires des archi-
ducs Charles et Ferdinand (2). Charles, devenu
roi d'Espagne et souverain des Pays-Bas, lui ac-
corde, par lettres patentes de 1516, une pension
annuelle de 100 livres en considération de ses
services (3). Dans la môme année, le roi donne
encore à Bredeniers 50 livres pour le récompen-
ser de son dévouement, et afin qu'il pût conti-
nuer l'aclièvenient d'une maison qu'il se faisait
bâtir à Lierre (4y. Le choix qu'il avait fait de celte
petite ville pour sa retraite est un indice qu'il
y avait vu le-jour. Dans l'année 1520, Bredeniers
accompagna Charles-Quint en Angleterre : on
voit, par un acte authentique, qu'il donna à ses
fiais un banquet aux chantres delà chapelle du
roi Henri VIII, à Cantorbéry (5). Enfin, Charles-
Quint le gratifia d'une nouvelle somme de 50 li-
vres, au mois de septembre 1521 (6). Après cette
époque, son nom disparaît des comptes de la cour ;
ce qui fait présumer qu'il se retira alors dans sa
maison de Lierre, et qu'il y mourût oublié.
Il reste peu de compositions de Bredeniers au-
jourd'hui ; je n'en connais que le motet à cinq
voix Misitme Pater, dans les Ecclesiasticœ
cantiones sex, quinque et quatuor vociim, pu-
bliés à Anvers, chez Plantin, en 1529, petit in-4o,
obi., et une messe à quatre voix, Ave Reginçi
cœlorum, dans un manuscrit de la Bibliothèque
royale de Belgique.
BREE (Jean-Bernard VAN) , directeur de
musique et chef d'orchestre de la société mu-
sicale Felix-Merltis, d'Amsterdam, violoniste
ter en ladite chapelle, etc. » |Registre F 193 de la Cham-
bre des comptes, à Lille).
|I) Acquits de la recette générale des finances, aux
Archives du royaume de Belgique.
(2) Registre F 200 de la Chauibre des Comptes, à Lille.
(3) Registre F 2ul,i6((i.
(4) « A Maistre Henry Bredeniers, organiste, L livres
« que le roi, par lettres pateutes du XIX aoiit XVCxvj
« lui a accordé, en considération de bons et aggréablcs ser-
« vices qu'il luiavoitparcy-dcvant faiz et faisoit lorschas-
« cun Jour audict estât d'organiste, et autrement, en di-
(I verses manières, mesmemcni pour l'avanchcment des
« ouvraiges de sa maison à Lyere. et pour une verrière
« armoyce des armes dudict seigneur roy, qu'il proiuet-
« tait mettre au chef-lieu de sa dicte maison, etc. » (Regis-
tre n» F. 196, i()id.)
(s; « A Maistre Henry Bredeniers, organiste de la chap-
« pelle domestique du roy, la somme de .wiij livres \v
« solz, pour don gratuyt que le roy lui a fait eu considéra-
« tion de la despence qu'îl avoit soustenueà un banquet
« par lui fait ans chantres de la chappelle du roy d'An-
<c gletairre à Cantcrbyc.au voyaige que le roy y avoit lors
« fait (Registre n° 1927 delà Chambre des Comptes, aux
« Archives du royaume de Bclgiquc|. »
(C) Registre F. 207. aux Archives de Lille.
et compositeur, naquit dans cette ville le 29 jan-
vier 1301, et y est mort le 14 février 1 857, à l'âge
de cinquante-six ans. Doué de l'organisation la plus
heureuse pour la musique, il ne dut qu'à lui-
même et à ses elforts le talent qui l'a placé
à ufî rang honorable dans l'art. Son père, musi-
cien médiocre, lui enseigna les premiers éléments
du violon, etBertelmann (voy. ce nom) lui donna
un petit nombre de leçons de composition. Toute
son éducation nfiusicale consista dans ses faible.*
ressources ; cependant il fiarvint, dans son pays,
à la réputation de violoniste habile, particuliè-
rement dans l'exécution des quatuors; il eut le
talent de diriger les masses vocales et instrumen-
tales, et ses compositions lui ont acquis l'estime
des connaisseurs. Dans son enfance, sa famille
s'était établie à Leeuwarden, dans la Frise,, qui
ne lui offrait aucimè ressource pour l'art; néan-
moins, c'est dans cette même ville que ses facul-
tés se développèrent rapidement. A l'âge de dix-
huit ans il retourna à Amsterdam, oii ses progrès
se firent remarquer chaque année. D'abord placé
comme second ou premier violon du Théâtre-
Français, il devintcbefd'attaqueet premier violon
solo, après la retraite deKleine, artiste de talent,
qui mourut jeune d'une maladie de langueur. Le
dtbutde Van-Bree comme violoniste se fit au mois
d'avril 1S21 dans un concert de Félix- Mer dis :
le jeune artiste fut chaleureusement applaudi.
Bientôt il devint l'âme de la musique dans sa
ville natale, et la place de chef de la musique
de la Société étantdevenue vacante, en 1829, il fut
choisi pour la remplir. Pendant près de trente
ans il contribua par ses soins actifs à la prospérité
de cette belle institution. Bienveillant et ser-
viahle, il aidait de ses conseils et de son in-
fluence tous les jeunes artistes qui avaient besoin
de ses services. Van Bree s'est fait connaître
comme compositeur par les ouvrages suivants, qui
ont été publiés : 1° Symphonie à grand oichestre;
Amsterdam, Theune et C'e. — 2° Ouverture de
concert ;ibid. — 3° Ouverture de fête avec chœur,
exécutée à la grande fête musicale d'Amsterdam
en 1836 ; ibid. — 4" 1"'' quatuor pour 2 violons
alto et basse (en la mineur); Bonn, Simrock.
— 5° 2nic quatuor idem ; Amsterdam, Theune et
Qie . __ 6° 3me quatuor idem ; ibid. — 7'' Grande
messe solennelle à 4 voix et orchestre, publiée
par la Société [lour l'encouragement de la mu-
sique, à Rotterdam. — 8° fS i-"" 3'^'« et 4'"«
Messes à 3 voix avec orgue; Amsterdam, Theune et
C*^. —Q" Requiem : missapro de fancds tribus
vocibuslmmaniscomitanteorganoconcinenda;
ibid., 1848.— 10° Le48'"« psaume pour voix solo,
chœur et orchestre, arrangé avec ace. de piano ;
ibid., 1851.— 1 i°Adolpheau Tombeau de Marie,
64
bref: (VAN) — BREITENGASSER
ballade pour voix , de ténor et piano (texte hollan-
dais); ibid. Ce morceau distingué, d'un style ex-
pressif et sentimental, a obtenu beaucoup de suc-
cès. On en a publié des traductions allemandes à
Berlin, Hambourg, Hanovre, et une édition en
hollandais, allemand et français, à Mayence, chez
Schott, sous le titre de Marie. On a dit que celle
ballade est uue imitation de: V Adélaïde de Bee-
thoven : cette critique ne me paraît pas fondée.
— 12* Colomb, ou la Découverte deV Amérique,
sur le poëme de Vos, cantate à voix de barilon
et chœur d'hommes; Amsterdam, Tlieune et C'e.
— 13° Lord Byron, cantate de Meyer, à voix
seule. Van Crée a écrit aussi pour la scène, et
a fait représenter au Théâtre Français de La
Haye, Le Bandit; au Théâtre-Hollandais d'Ams-
terdam : Sapho, drame lyrique, qui a obtenu un
brillant succès ; L'Homrae aux quatre époques
de la vie, mélodramme hollandais, et La Mort
héroïque de Speick, ouvrage du même genre ;
le petit opéra allemand Nimm dich in Acht
(Prends garde à toi). Enfin, on connaît de Van
Bree beaucoup de chansons populaires remar-
quables et des chœurs d'hommes d'un bel effet.
Le Roi des Pays-Bas a récompensé les travaux de
cet artiste par la décoration du Lion-Néer-
landais; il était membre de la Société royale de
Rotterdam pour l'encouragement de la musique,
et de la Société de Sainte-Cécile de Rome.
BREIDEI\DICI1. Voyez Bp.eittendich.
BREIDENSTEIN (Jean-Puilippe), orga-
niste de l'église réformée de Hanau, naquit à
\Vindeken,dansla Vctteravie.le Oavril 1724. De
1777 à 1782, il fut professeur d'économie poli-
tique à Gicssen, ou il mourut le 18 janvier 1783.
Ou a de sa composition : i" Deux sonates |)our
le clavecin ; Nuremberg, in-folio. — 2" Viniit-
quatre chansons de Gleim, avec accompagne-
ment de clavecin ; Leipsick, 1770- On a aussi de
lui un dialogue sur la timbale et sur son usage
chez les Hébreux, sous ce titre : Gespraech von
dcr Pauke und dcr allen strafe des Paukens
mis Ebrxer (sansnom de lieuj, 17G0, in-S".
BUEIDENSTEIIV (llENiii-CnARLEs), doc-
teur en philosophie, né en 1796 à Steinau, dans
la Hosse-Eleclorale, étudia la philosophie et la
jurisprudence à Berlin et à Heideiberg, puis se
livra à l'élude de la théorie et de la pratique de
la musique. En 1821, il s'élablit à Cologne en
qualité de professeur de musique, et deux ans
après on lui confia la place de directeur de inu-
6ique à l'université de Bonn. En 1825, il obtint
la place de professeur de musique dans la faculté
de philosophie de cette université. H occupe
encore aujourd'hui (1855) la même position.
ftl. Brcidenstein a publié les ouvrages suivants :
1" Practische Singschule (Méthode pratique de
chant) ; Bonn, 1835-1838, 4 parties in-4°. Il a été
fait trois éditions de cet ouvrage. — 2° Festgabe
zu der am 12 Auyust 1845 Stattfindenden
Inauguration des Beethovens Monuments
(Description des fêtes qui ont eu lieu pour l'i-
nauguration du monument de Beethoven, le 12
août 18^5);Bonn, Habicht, 1845, in-8". Comme
compositeur M. Breidcnslein s'est fait connaître
par une cantate avec chœur et orchestre pour
l'inauguration de la statue de Beethoven, exécu-
tée à cette solennité; des romances et des Lie-
der avec accompagnement de piano, en 2 suites,
publiées à Francfort, chez Fischer ; d'autres chants
séparés avec piano, à Cologne, chez Danst, et à
Bonn, chez Simrock; et six chants pour quatre
voix d'hommes, à Leipsick, chez Breitkopf et
Hœrtel.
liREITEIVUICe (CuuÉri en-Frédéric), or-
ganiste du roi de Danemarck , au palais de
Christiansbourg, vers le milieu du dix- huitième
siècle, est cité par les écrivains danois comme
un des plus habiles compositeurs et théoriciens
de son temps. On ne connaît de lui que les ou-
vrages suivants : l'>£"^Zif/e< ForsagpaaatKunde
lueresig selv at Synge en Choral efler Noder
(Essai abrégé pour acquérir soi-même en peu de
temps la pratique du chant choral d'après les notes);
Copenhague, 17G6, iu-4°. — 2° Underviisning,
hvorledes man e kan laeresig selvatsaattehar-
monien tilsammen e/ter de over Noderne saatte
Ziffère (Instruction sur la manière d'apprendre
soi-même l'harmonie conjointement par les noies
et [lar les chiffres); Copenhague, 1766, in-4o.
BREITENGASSER (Guillaume), con-
trepointiste allemand, vécut dans la première
moitié du seizième siècle. On trouve, de sa com-
position, la messe à quatre voix (^Dominicale)
dans la précieuse collection intitulée : Liber
quindecim Missarinn a prxstanfibus vmsicis
compositarum, quarym nomina una cum suis
autoribus sequens pagina commonslrant ;
Norirabergaî, apudJoh. Petreium, 1539, pefitin-4»
obi. La messe de Breilengasser est la douzième
du recueil. Des hymnes de sa composition sont
aussi contenues dans lacollectionquia pour titre:
Sacrormn hymnorum Liber primus. Centum
et triyenta quatuor Hymnos continens, ex
optimis quibusque Authoribus musicis collec-
ius, interquos primi artifices in hac editione
sunt, Thomas Stolzer, Henricus Finck, Ar-
noldus de Bruck, et aiii quidam ; Vitebergae,
apud Georgium Rhav., 1542, in-4° obi. Le Can-
iionale manuscrit de Jean Wallher, qui se con-
serve dans la bibliothèque des ducs de Saxe-
Cobourg, contient quehpies motets de Breiten*
BREITENGASSER — BREITKOPF
65
gasser. Ce musicien partage avec Isaak, L. Scn-
tel, Jean Wallher, Thomas Stœizer, Henri Finck,
Dietricht et quelques autres, la gloire d'avoir fonde
l'école des compositeurs allemands qui commença
à briller vers la lin da quinzième siècle et au
commencement du seizième.
BKEITKOfF ( Jlan-Gottlob-Emmanoel),
fondeur en caractères, imprimeur et libraire,
naquit àLeipsick le 23 novembre 1719. Destiné
pjr son père, lil)raire lui-même, à lui succéder
dans son conunerce, il montra d'abord beaucoup
d'éloignement pour son état, entraîné qu'il était
par son goût pour les sciences. Cependant il en-
treprit en I745(lediriger l'imprimerie, qu'il porta,
dans la suite, à un baut degré de prospérité. Il
s'attacha surtout à améliorer les procédés de l'im-
pression de la musique par les caractères mo-
biles. Ce genre d'impression , inventé par Pe-
trncei de Fossombrone, et mis en œuvre dans les
|)remières années du soizièrne siècle (voy. Ve-
TRÎicci), puis imitéetmodifié de diverses manières
(voy. Le Ué, Briard, Hautin, Granjon, Junte,
OcLiN etScHOEFFEu), fut lougleuips le seul mode
de publication de la musique. La transformation
du système de la notation, dans la seconde mo-
liédu dix-septième siècle, ayant rendu inutile tous
les anciens caractères, on ne chercha pas à les
remplacer. En France, la gravure fut substituée
à l'Impression par les caractères mobiles ; en
Italie, toute la musique, sauf de rares exceptions
resta en manuscrit; il en fut de même d'un très-
grand nombre d'ouvrages en Allemagne; pour
d'autres, on eut un système d'impression en ca-
ractères mobiles affreux, et pour d'autres encore
on employa la gravureà l'eau forte sur des planches
de cuivre- Telle était la situation des choses,
lorsque Breitkopf entreprit de faire revivre l'an-
cienne typographie de la musique.Son premier essai
en ce genre parut en 1755; c'était un sonnet de
l'opéra de la princesse électorale de Saxe, intitulé
H Trionfo délia Fedelta. L'année suivante il
imprima l'opéra entier, et il s'y donna le titre de
inventore di questanuova maniera di s tam-
pare la musica, con earatteri separabili e mu-
tabili. Il imprima encore en, 1 7G5, l'autre opéra de
la même princesse, intitulé Talestri, r.eyinadelle
Amazoni. A peine la découverte de Breitkopf
fut-elle connue, qu'on s'empressa de l'imiter
de toutes parts. Fournier le jeune donna , en
1756, son Essai d'un nouveau caractère de
fonte pour l'impression de la musique; mais
il resta fort loin de son modèle. Il eut du moins
l'honnêteté d'accorder à Breitkopf la priorité
d'invention. Gando, autre fondeur de carac-
tères , à Paris ; Giacomo Falconi, à Venise ; Ron-
sart, à Bruxelles; Enschede et Fleischmann, à
DIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. II.
Harlem ; enfin Fought, imprimeur suédois établi
à Londres, (iient tous des essais d'imitation plus
ou moins heureux; mais, soit que les circons-
tances ne les favorisassent pas, soit que leurs
procédés fussent moiijsperfectionnés,la seule en-
treprise de Breitkopf prospéra. Un nou.bre im-
mense- d'ouvrages importants fut imprimé an
moyen de presses qu'il avait établies; sa maison a
continué lontemps à multiplier par ce procédé les
chefs-d'œuvre de la musique, et les caractères
de Breitkopf se sont répandus dans toute l'Al-
lemagne. C'est surtout pour l'impression des
livres théoriques et historiques relatifs à la mu-
sique que cette invention est recommandable :
on peut s'en convaincre par la comparaison des
livres allemands avec ceux qu'on a longtemps
publiés en France avec le texte gravé. Les pro-
cédés inventés par E. Duverger, typographe de
Paris, en 1828, procédés employés par d'autres
typographes français, donnent à la musique im-
primée un aspect plus satisfaisant que celui du
système de Breitkopf, à cause de la non inter-
ruption des filets de la portée ; mais le procédé de
Duverger a l'inconvénient d'être d'un prix de fa-
brication trop élevé. Dans ces derniers temps ,
on a perfectionné la forme des caractères , en
conservant le système de Breitkopf, et l'on im-
prime de la ifrtisique d'un fart bel aspect en Al-
lemagne. Cependant l'usage de la gravure s'y est
beaucoup étendu depuis 1810, et l'impression
de la musique par les caraot-ères mobiles y est
presque entièrement renfermée dans la littéra-
ture musicale.
Vers 1760, Breitkopf établit dans sa maison un
magasin de musique manuscrite des plus grands
maîtres anciens et modernes, dont il a publié un
catalogue, sous ce litre : Verzeichntss musika-
lischer Bûcher, sowohl zur Théorie als Praxis,
etc. 11 y joignait aussi celui des livres imprimés.
Chacun d'eux a eu quatre éditions depuis 17C0
jusqu'en 1780. Enfin, il a publié un autre ca-
talogue thématique de toute la musique de son
fonds et de l'assortiment, auquel il a ajouté suc-
cessivement quinze suppléments. La grande mai-
son qu'il a fondée subsiste encore avec une ré-
putation européenne, sous le nom de Breitkopf
et Heertel. Le docteur Burney, qui vit Breit-
kopf en 1773, dit que c'était un homme singulier,
d'un caractère brusque et taciturne. 11 mourut à
Leipsick, le 28 janvier 1794. Sa biographie a été
écrite par un de ses amis (Hausius), et publiée à
Leipsick en 1794, in-8°.
BREITKOPF(BERNARD-TnÉODORE), fils du
précédent, né à Leipsick, en 1749, s'est fait con-
naître, en 1768, comme habile musicien sur le
clavecin et plusieurs autres instrument». Vers , a
CG
BREITKOPF
BREKKLL
même époque, il a publié des menuets , des po-
lonaises pour le clavecin et des chansons avec
mélodie qui ont eu beaucoup de succès. En
1775, il a fait paraître des divertissements pour
clavecin, qui ontélé bien accueillis. Reu de temps
après, il partit pour Saint-Pétersbourg, où il est
devenu directeur de l'imprimerie du sénat, en
1780.
BREITKOPF (Christophe-Gottlob), fils
puîné de Jean-Gottob-Emmanuel, né à Leipsick
en 1750, se livra de bonne heure à l'étude de la
musique, et forma son goût par l'étude des beaux
ouvrages que renfermait la collection de son père,
par ses voyages, et surtout par les séjours qu'il
lit à Dresde et à Vienne en 1786 et 1787. 11
JQuail bien du clavecin et de V harmonica. Les
publications de sa Danse d'Oberon et de sa
Terpsichore, qui ont paru en partition et en ex-
traits pour le clavecin de 1788 à 1790, l'ont fait
connaître avantageusement.
BREITSCH(»:DEL (J.-N), pianiste et
compositeur de Vienne. Cet artiste ne m'est connu
que par ses ouvrages. Voici ceux qui sont indi-
qués dans le Manuel de la littérature mu-
sicale de Whistling : 1° Sonates faciles en trios
pour piano, violon et violoncelle, op. 1 ; Vienne,
Cappi. — 2° Idem , op. 2 ; ibid — 3° idem , op.
3 ; Vienne, Czerny. — 5° Vingt-quatre cadences
modernes, op. 14 ; Vienne, Mechetti. — 4° Danses
allemandes pour le piano; ibid. — 6° Versuch
einer theoretisch praktischen Klavierschule
mit Uebungsstiichen zum selbstunterricht
( Essai d'une métlijode théorique et pratique de
piano avec des exercices pour s'instruire soi-
même); Vienne, Mechetti.
BREITUiXG (Charles), organiste et pro-
fesseur de musique de l'école des filles à Sanger-
hausen, près d'Eisleben, en Saxe, occupait cette
position en 1835. Dans cette même année, il pu-
blia un ouvrage élémentaire intitulé : Der evste
Klavier-Lehrer, eine melhodisch - kateche-
tische Anleilung den ersten Klavier Unterricht
schœn mit Kindern von 4-6 Jahren zu beginnen
und aufeine grûndliche bildente und anzie-
hende V/eise zubetreïben ( Le premier profes-
seur de piano, Instruction méthodique pour bien
commencer l'enseignement du piano avec les
enfants de quatre à six ans, etc.) ; Eisleben, G.
Reichardt (sans date), in-4'' de 71 pages.
BREKELL (Jean), ecclésiastique anglais,
de Liverpool, a prononcé un discours d'inaugu-
tation pour l'orgue de l'église de Saint-Pierre de
cette ville, et l'a fait imprimer sous ce titre : Ope-
ning an Organ at St-Peler's. Liverpool, on
lob XXI, 12; Liverpool, 1768, in-S"».
BRELIN (Nicolas), facteur d'instruments
et docteur en théologie, né à Grum en 169o,
dans le Vermeland en Suède, fit ses études à l'u-
niversité d'Upsal, et s'attacha d'abord à la ju-
risprudence ; fut notaire à Carlstadt, puis s'en-
gagea comme soldat au service de Prusse, dé-
serta, et voyagea en Italie à la suite d'un gentil»
homme allemand. Son prolecteur étant mort à
Padoue, il fut obligé de faire usage de ses ta-
lents en mécanique pour subsister, et il se dé-
termina pour la profession de luthier. Il alla s'é-
tablir quelques temps en Lorraine; de là passa
en France et en Hollande, d'où il revint en Suède
pour y étudier la théologie à Lunden, Upsal et
Wittemberg. Son humeur inconstante le porta à
quitter encore sa patrie pour voyager ; mais ayant
fait naufrage et ayant été dépouillé par des vo-
leurs, il revint enfin en Suède, où il prit le bonnfit
de docteur. Il fut fait pasteur de Volstadt près
de Carlstadt, et y mourut le 5 juillet 1753. L'A-
cadémie des sciences de Stockholm le reçut au
nombre de ses membres. Dans les mémoires de
cette société, il a inséré trois dissertations sur le
perfectionnement des instruments à clavier. Le
premier, qui* se trouve dans le volume de 1739,
p. 81, est intitulé : At œka Clawers och Cymba-
lers godhet (De la manière d'ajouter à la bonté
des clavecins). Le second mémoire, qui contient
une suite du premier, se trouve dans l'année 1757,
p. 36, et le troisième intitulé : Hwad œndring
desse Clawers och andre instrumenter ïinder-
gse i Stark kœld , etc. (Quelles altérations se ma-
nifestent dans les clavecins et autres instrumenis
par l'effet du froid), est inséré dans l'année 1760,
p.317.Lesdeuxderniersmorceauxn'ontélépubhés
qu'après la mort de l'auteur. Un des moyens pro-
posés par Brelin pour le perfectionnement des cla-
vecins consistait à remplacer les plumes de cor-
beau des sautereaux par de petits ressorts en os
disposés dans la languette d'une manière particu-
lière; l'autre, à fixer les cordes à des hauteurs
uniformes, de manière qu'elles ne fussent point
appuyées sur le chevalet, mais qu'elles le tou-
chassent seulement avec légèreté, et que le point
d'intersection de ces cordes par le chevalet fût
calculé de telle sorte que les parties placées en
deçà ou au delà fussent en longueurs corres-
pondantes, afin que l'une étant mise au vibra-
tion, l'autre résonnât aussi comme un écho. Hul-
phers a donné un extrait du premier mémoire de
Brelin et une analyse des autres dans son livre
intitulé : Historisk a/hand Hng otn Musik {Tra\lé
historique sur la musique, p. 81). Forkel s'est
trompé lorsqu'il a dit que Marpurg a donné une
traduction allemande du premier mémoire dans
ses Essais historiques ( V. AUgetn. Litter. der
Miisik, p. 263); c'est l'extrait donné par Hnl-
BREKELL — BRENDEL
67
pliei-s que le savant Marpurg a trad(iit( Histo-
risch-kristiche Beylrage, etc., t. Il, p. 322).
Lichtenthal, qui a copié Foikel {Bibliog. délia
Mus., t. IV, p. fi7), a changé le nom de Brelin
en celui de Berlin.
BREMIXER (Robert), professeur et mar-
chand de musique à Edimbourg, vers le milieu
du dix-huitième siècle, quitta ensuite cette ville
pour aller s'établir à Londres, où il vivait encore
vers 1800. Les ouvrages qui , l'ont fait connaître
font : 1° Rudiments of Musïc, or a short and
easy treatise of that subjcct ( Rudiments de la
musique, ou traité court et facile sur cet art);
Edimbourg, 1756, in-t2. La deuxième édition
de ce livre, avec des additions sur le chant et
une collection d'antiennes (Church-Tunès) , a
paru à Edimbourg et Londres en 1762, in-S". La
troisième a pour titre : Rudiments of music
witfi Psalmody; Londres, 1763, in-8° — l" Some
thoughts on the performance of concert Mtisic
( Pensées sur iexécution de la musique de con-
cert) ; Londres 1777, in-folio. Cemorceau est placé
à la tête d'une œuvre de six quatuors pour deux
violons, alto et basse, composé par J. G. C.
Schotky. Il a été traduit en allemand par Cra-
mer dans son Magasin de musique, 1"^* année,
p. 1213-1225. — 3° Instruction for the Guittar.
Bremner a publié aussi des chansons, des glees ,
des duos, et d'autres pièces légères de sa compo-
sition.
Forkel et Lichtenthal citent un ouvrage .d'un
auteur nommé James Bremner, sous ce titre :
Instructions for the sliccado pastorale, with
acollection o/ a/rs ; Londres , in-4° (sans date).
Je n'ai trouvé ni ce nom, ni l'ouvrage dans les
catalogues anglais.
BRENDEL (Adam), docteur en médecine,
et professeur d'anatomie et de botanique à l'uni-
versité de Wittenberg, a publié : De curatione
morborum per carmina et cantus musicos;
Wittenberg, 1706, in-4°. Cette dissertation est
une des meilleures qu'on aitécrites sur ce sujet.
BREIMDEL (Charles-François), écrivain
sur la musique et professeur d'esthétique musi-
cale au conservatoire de Leipsick, est né le 26
novembre 1811 à Stollberg, dans le Harz, où son
père était ingénieur des mines. Plus tard, sa fa-
mille fut transférée à Freyberg, où il suivit les
cours du gymnase (collège). 11 y reçut des le-
çons de musique d'Anaker {voij. ce nom) et fré-
quenta les séances, concerts et soirées musicales
du cercle fondé par son maître. Les écrits de
Rochlitz et la Cœcilia dirigée par Gottfried
Weber, qui lui tombèrent sous la main, éveillèrent
son goût pour la critique relative à l'art et aux
artistes. En 1832, Brendel se rendit à l'université
de Leipsick : il fit, dans cette ville, la connaissance
de plusieurs artistes, particulièrement <le Fr.
Wieck, dont il prit des leçons de piano, et de Ro-
bert Schumann, Ces relations donnèrent d'abord
plus d'activité à son penchant pour la musique;
mais les leçons du professeur Weise sur la phi-
losophie hégélienne, qu'il fréquentait à l'univer-
sité, lui ayant inspiré une vive admiration pour
cette détermination de la science, il suspendit
ses travaux relatifs à l'art pour aller à Berlin pui-
ser à la source de cette philosophie qui comptait
alors beaucoup de partisans enthousiastes. Il y
étudia deux ans ; puis il fut rappelé par sa famille
à Freyberg pour y suivre les cours de l'école des
mines. Soit qu'il n'eût point de vocation pour la
carrière qu'on voulait lui faire suivre , soit que
quelque circonstance imprévue se fût opposée
aux vœux de ses parents, Brendel revint d'une
manière décidée à son penchant pour l'art, et se
fit connaître dans le monde musical par un cours
d'histoire et d'esthétique de la musique qu'il fit
à Freyberg en 1841. Dans l'année suivante il fit
un cours semblable à Dresde, et il en ouvrit
un troisième à Leipsick en 1844. Le succès qu'il
y obtint le fit choisir dans la même année pour
succéder à Robert Schumann dans la direction de
la Nouvelle Gazette musicale de Leipsick (Neue
Zeitschrift fur Musik). On sait que cet écrit
périodique avait été fondé en 1834 par un parti
qui se croyait novateur, et qui voulait faire triom-
pher de noruvelles tendances de l'art, en oppo-
sition à l'art ancien. C'était une tribune ouverte
aux intérêts du romantisme musical. Nul n'a-
vait plus que Brendel les qualités nécessaires
pour continuer l'œuvre de ses prédécesseurs et
lui donner un caractère tranché d'opposition,
une allure décidée de réformation. De nouveaux
cours qu'il fit dans les années suivantes grou-
pèrent autour de lui un certain nombre d'adhé-
rents, et firent rattacher son enseignement au
conservatoire de Leipsick. Le parti dont il est un des
chefs se désigne modesteraentpar le namd'' intelli-
gent : on pourra vérifier plus tard ses titres à
celte prétention. Comme intelligent, Brendel s'est
fait le plus ardent admirateur et prôneur de
l'entreprise révolutionnaire de Richard Wagner
(voy. ce nom) pour le bouleversement de l'art.
La Nouvelle Gazette musicale semble n'avojr plus
entre ses mains d'autre but que le triomphe de
celte tentative folle. A l'époque de son premier
cours, Brendel a publié un petit écrit qui en est
le résumé, sous le titre : Grundzûge der Ges-
chichte der iîiwsiA^Faits principaux de l'Histoire
de la Musique), dont il a paru trois éditions à
Leipsick, chez Hinze. En 1850, Brendel a fait un
nouveau cours en 22 leçons, qu'il a publié sous le
5.
68
BRENDEL — BRESY
tkre : Geschickte der- Musik in Italien^ Deutsch-
land und Frankreich, von den ersten christ'
lichen Zeiten bis au f die Gegenwart (Histoire
de la Musique en Italie, en Allemagne et en
Fiance, depuis les premiers temps du chris-
tianisme jusqu'à présent) ; Leipsick, J852, 1 vol.
in-80 de 546 pages. Une deuxième édition de ce
livre a paru en 1856. Au point de vue des re-
cherches et des développements de l'art dans
ses principes et dans ses formes, cet ouvrage est
de peu de valeur : à vrai dire, ce n'est qu'un
résumé de ce qui a été écrit antérieurement
sur le même sujet; mais les huit dernières le-
çons peuvent être considérées comme le mani-
feste des opinions du professeur concernant les
transformations de la musique, depuis le milieu
du dix-huitième siècle jusqu'au milieu du dix-
neuvième. Dans un écrit intitulé : Die Musik
der Gegenwart und die GesammtkiXnst der
Ziikunst (La Musique du présent et l'Art complet
de l'avenir), Leipsick, 1854, Brendel devint le
prophète fanatique du wagnerisme. Le style
nébuleux de. cet écrivain semble calculé pour
couvrir l'insuflisance de ses connaissances tech-
niques et pratiques dans l'art dont il parle. Sa
phrase est vague, torturée; les termes dont il se
sert sont pris souvent dans une acception mal
définie; enfin ses vues et l'objet de sa ciitique
sont à chaque instant étrangers à la musique
considérée en elle-même. En 1856, il a com-
naencé, en collaboration avec Richard PohI, de
Dresde, la publication d'un écrit semi-périodique
intitulé : Auregungen Jiir Kunst, Leben und
Wissenscha/t (Incitations pour l'art, la vie et
la science) : au moment où cette notice est écrite
(1857), les livraisons du quatrième volume pa-
raissent.
M'"^ Brendel (née Elisabeth Tautmann, à Pé-
tershourg), est distinguée par son talent sur le
piano. En 1845 elle s'est fait entendre avec suc-
cès dans les concerts de Leipsick. Élève de Field
et de Louis Berger, elle propage leurs principes
dans son enseignement.
BREIVDLER(...), compositeur suédois, mort
à la fleur de l'âge, à Stockholm, en 1845, an-
nonçait un génie original dans ses premières œiL-
vres , lesquelles consistent dans la musiqne qu'il
écrivit pour les drames : La mort de Spatara, et
Edmond et Clara. Son opéra inédit et postliume |
intitulé Ryno, a été estimé comme une œuvre de
haute valeur par les artistes qui ont pris connais-
sance de la partition.
BREIMVTjXER ( JosEPu) , bon compositeur
de musique d'église, naquit en Bohême vers la
fin du dix-septième siècle. Il a fait imprimer à
l'rague divers ouvrages de sa composition dont
les titres sont : l» Laudes matutinse. Pragœ
in magno collegio Carolino; Typis Georgio
Labann. — 2oOffertoires à quatre voix; ibid. —
3° Horœ pomeridiame , seii concerti camerales
sex, ppus IV; ibid., 1720.
BRESCI ANELLO ( Joseph-Antoine), com-
positeur italien , devint, en 1716, conseiller et
maître de chapelle du duc de "Wiirtemberg , et
occupait encore ces places en 1757. Il a fait im-
primer douze concertos ou symphonies pour deux
violons, alto et basse, Amsterdam, 1733. On
connaît aussi différentes pièces de musique vocale
composées par lui.
BRESCIANI (Benoît), bibliothécairedu grand
duc de Toscane, habile maihémalicien et musi-
cien, naquit à Florence en 1658, et mourut dans
la même ville en 1740. Parmi les ouvrages qu'il
a laissés, on trouve en manuscrit : 1° De sys-
temate harmonico, tractatus , quo instru-
mentum omnichordum et omnes ejus usus
explicantur. — 2° Libellus de miisicâ vete-
rum.
BRESCIANI ( Pierre), compositeur, né à
Brescia vers 1806 , n'est connu que par quelques
opéras qu'il a fait représenter : les circonstances
de sa vie sont ignorées. Son premier ouvrage,
La Fiera di Frascati, a été représenté avec
peu de succès au théâtre S. Benedetto , à Venise,
dans le mois de mars 1830. Dans la même année
il fit exécuter une cantate de sa composition sur
le théâtre de Brescia, à la louange du célèbre chan-
teur Veluti. En 1832, il donna à Trieste VAlbero
di Diana, qui ne réussit pas; mais en 1833 il
écrivit pour le théâtre de Padoue / Promessi
Sposi, dont le succcès fut complet. L'ouverture,
l'introduction, un quatuor et un trio du finale
du premier acte, enfin un duo et un trio du se-
cond acte, ont été considérés comme de bons
morceaux, empreints de sentiment dramatique. La
plupart de ces morceaux ont été gravés avec ac-
compagnement de piano , à Milan, chez Ricordi.
On connaît aussi de Bresciani le chant de Bledore,
du Corsaire de Lord Byron , pour soprano avec
piano.
BRESCIONI (François DE), pianiste italien,
s'est fait connaître depuis 1844 par la publication
de plusieurs ouvrages pour son instrument, parmi
lesquelsen remarque des iïMorfies sans paroles,
op. 10, Milan, Ricordi, et une Fantaisie sur
lies motifs de la Sémiramis de Rossini, op. 12,
ibid. •
BRESY ( Hugues de ), ou de Bercy, ou de
Bregy, poêle et musicien, fui contemporain d'Héli-
nand, et vécut sous Philippe-Auguste. La Croix
du Maine en fait un chevalier; mais Pasquier
pense qu'il était moine de Cluny. Il se fonde
BUESY — BREUER
09
probablement sur ces deux vers de lîresy :
« Y a plus de douze ans passé,
« Qu'en noirs draps suis enveloppé. »
Le môme auteur croit aussi que Bresy était au-
teur de la Bible Guyot, satire mordante contre
les vices de son siècle. On trouve dans les ma-
nuscrits de la Bibliothèque impériale (cotés 7222,
65 et 66 , fonds de Cangé ) six chansons notées de
sa composition.
BRETAGNE (F. P.), neveu du P. Claude
Bretagne, religieux de la congrégation de S. Maur,
naquit à Semur, en 1666. Après avoir achevé ses
études à Dijon , il se rendit à Paris, et y obtint
yne place de secrétaire à la chancellerie d'État.
C'était un homme instruit, qui cultivait les lettres
avec ardeur et se livrait aux travaux d'érudition.
Il a publié, sous le voile de l'anonyme, un livre
intitulé : Tractatiis de excellentia musicas
antiqux Hebrxorum et eorum instrumentis,
ex S. Scriptura, SS. Patribiis et antiquis au-
thorïbus illustratus; Parisiis, 1707, 1 vol.
in-12. Ce bon ouvrage a été réimprimé à Munich,
cbezJ.Remy, en 1718, in-4o.
BRETOiV (Mahoni LE), violoniste du théâtre
italien , à Paris, en 1760, a publié plusieurs œu-
vres de trios pour violon et de duos pour flûte, etc.
BRETON (JoACHiM LE), né à Saint-Meen ,
en Bretagne, le 7 avril 1760, était fils d'un ma-
rcchal-ferrant qui, chargé d'une nombreuse fa-
mille, ne pouvait faire autre chose pour son fils
que de le mettre en état de lui succéder comme
ouvrier. Cependant le jeune Le Breton annonçait
d'heureuses dispositions pour les sciences et les
lettres ; il trouva des protecteurs qui obtinrent
pour lui une bourse dans un collège , et justifia
ce bienfait par ses rapides progrès. De brillantes
études attirèrent sur lui l'attention des Théalins,
qui cherchaient à faire entrer dans leur ordre des
sujets distingués. Ils le déterminèrent à se des-
tiner à l'état ecclésiastique, et l'envoyèrent, à
peine âgé de dix-neuf ans, professer la rhétorique
dans un de leurs collèges à Tulle. Le Breton allait
recevoir les ordres, quand la révolution éclata ; ce
grand événement changea la direction de sa vie.
Il se rendit à'Paris, s'y maria, et remplit sous
le gouvernement du Directoire et sous le Con-
sulat, la place de chef du bureau des beaux-arts au
ministère de l'intérieur. Nommé membre du Tri-
bunal, il y prit peu de part aux discussions poli-
tiques. Lors de la formation de l'Institut , il y fut
appelé comme membre de la troisième classe (lit-
térature et histoire ancienne ) , et comme secré-
taire de la classe des beaux-arts. Il conserva cette
position jusqu'au mois d'octobre 1815. Compris
alors dans l'ordonnance d'expulsion de l'Institut
d'un certain nornbrede savants et de littérateurs.
Le Breton partit pour le Brésil avec plusieurs artis-
tes, dans l'intention d'y fonder une sorte de co-
lonie; mais il n'eut pas le temps de réaliser ses
projets,car il mourutàRio-Janeiro,le9 juin 1819.
Parmi ses ouvrages, on remarque : 1» Rapport
sur V état des Beaux- Arts ; Paris 1810, in-4°.
Ce rapport avait été demandé pour le concours
des prix décennaux ; la situation de l'art musical
en France depuis 1795 y est examinée avec
étendue.— 2° Notice sur la vie et les ouvrages
de Grétry ; Paris, 1814, in-4o. Cette notice, qui
avait été lue à la séance publique de la classe des
Beaux-Arts, au mois d'octobre 1814 , a été insé-
rée dans le cinquième volume du Magasin ency-
clopédiqiie{l&Wj,p.273. — 3° Notice histori-
que sur la vie et les ouvrages de Joseph Haydn ,
membre associé de l'Institut de France, et
d'un grand nombre d'académies ; lue dans
la séance publique du 6 octobre; Paris, Bau-
douin, 1810, in-4''. Cette notice est tirée presque
tout entière de celle que Griesinger avait publiée
dans la onzième année de la Gazette musicale
de Leipsick. Elle a été traduite en portugais par
le cons^eiller royal De Silva-Lisboa, qui l'a aug-
mentée d'anecdotes sur Haydn fournies par Neu-
komm , et publiée à Rio-Janeiro, 1820 , in 8» de
84 pages.
BRETON DE LOS HERREROS, ama-
teur derausiqueet poëte àMadrid, estauteur d'un
poëmeintitulé : Satira contra elfurorefilarmo-
nico, 6 mas bien contra los que deprecian el
teatro Espanol ; Madrid , 1847, in-8o. Cet écrit
esl dirigé contre l'engouement des habitants de
Madrid pour l'opéra italien.
BREUER (Bernard), violoncelliste et com-
positeur, est né à Cologne en 1808. Il entra fort
jeune au gymnase communal de cette ville, pour y
faire ses études littéraires, et, dans le même temps,
son grand-père, bon violoncelliste et professeur
de théorie, lui donna des leçons de musique.
Déjà Breuer s'était fait connaître par quelques
compositions, lorsqu'il se rendit à Berlin en 1828,
pour y perfectionner ses connaissances dans l'art
d'écrire, sous la direction de Bernard Klein. L'or-
ganiste Wilhelm Bach lui donna aussi des leçons
pour son instrument. De retour à Cologne, il se
livra à l'enseignement, et entra comme violoncel-
liste à l'orchestre du théâtre. En 1839 il fit à Paris
un séjour de quelques mois, puis retourna à Co-
logne pour y mettre en scène son opéra Die Ro-
senmddchen ( Les Rosières), qui ne réussit pas.
Breuer fut plus heureux dans ses autres compo-
sitions instrumentales et vocales, parmi lesquelles
on remarque quatre quatuors pour deux violons ,
alto et violoncelle, un trio pour piano, violon
70
BREUER — BREWER
et violoncelle; duos pour 2 ■violons, op. 2, des
chants et £ieder à voix seule avec piano, d'autres à
4 voix d'hommes, composés pour la Liedertafel du
Cologne. 11 a écrit aussi plusieurs psaumes pour
des voix d'hommes , dans le style de Klein, trois
messes solennelles avec orchestre , une messe de
requiem, un Te Deum, plusieurs psaumes avec
orchestre, deux oratorios {Lazare, et La des-
cente du Saint-Esprit ), deux symphonies et
cinq ouvertures pour l'orchestre. Ces ouvrages
sont travaillés avec soin ; mais ils manquent de la
qualité vitale, à savoir , l'originalité des idées.
Breuer s'est rendu recomraandable par la forma-
tion d'un bon quatuor d'instruments à cordes
pour l'exécution des ouvrages des grands maîtres.
11 s'est marié en 1840 avec la fille du violoncelliste
Knecht, d'Aix-la-Chapelle.
BREULL (Henri- Auguste), né à Lindenhart,
prèsdeBayreuth, en 1742, entra en 1765, au ser-
vice du margrave d'Anspach, comme violon, et,
dans la suite , passa comme organiste à Erlang ,
où il mourut en 1785. Il eut la réputation d'un
claveciniste habile, et a laissé plusieurs morceaux
de musique instrumentale en manuscrit. On a
aussi publié quelques pièces de sa composition
dans l'Anthologie musicale de Nuremberg, et dans
les recueils de piano de 1782.
BREUNIG (Edouard), né àFrancfortsur-Ie-
Mein, vers 1808, s'est fait connaître comme in-
venteur du piano- harmonica. En 1843 il a fait
entendre cet instrument à Bruxelles, sans y pro-
duire de sensation. Quelques années après an
le retrouve à Vienne où son invention n'est pas
beaucoup plus heureuse; puisa Darmstadt et à
Francfort. Depuis 1848 le piano-harmonica est
tombé dans l'oubli.
BRÉVAL (Jean-Baptiste), violoncelliste et
compositeur, né dans le département de l'Aisne
en 1756, étudia soniijstrument sous la direction
de Cupis. Ses progrès furent rapides, et fort jeune
encore, il obtint de brillants succès au Concert
spirituel, où il fit entendre ses premiers concer-
tos. Admis à l'orchestre de l'Opéra en 1781, il y
resta jusqu'en 1806; il obtint alors la pension
de retraite. En 1796, il fut nommé professeur
de violoncelle au Conservatoire de musique» de
Paris, qui venait d'être organisé; mais il perdit
cette place en 1802, époque où beaucoup de
membres de cette école furent réformes, le nom-
bre des professeurs étant trop considérable pour
celui des élèves. Après sa retraite, Bréval vécut
quelques années à Paris et à Versailles ; puis
il se retira à Chamouille, village situé près de
Laon. En 1824 Perne, son ami, alla habiter le
môme lieu; mais ils ne jouirent pas longtemps
(les agréments de celte réunion, car Bréval mou.-
rutvers la fin de Tannée 1825. Le talent de cet
artiste était agréable ; son jeu avait de la justesse,
de la précision et du fini ; mais son style man-
quait de vigueur et d'élévation. Comme compo-
siteur, il a eu des succès, et sa musique a long-
temps composé le répertoire des violoncellistes:
ses concertos sont maintenant tombés dans un
profond oubli. Ses premières compositions paru-
rent en 1778. Parmi sesnombreux ouvrages, on
remarque : 1° Sept concertos pour violoncelle et
orchestre; Paris, Imbault (Janet et Cotelle).
— 2° Symphonie concertante pour deux violons
et alto, œuvre 4* ; ibid. — 3° Symphonie con-
certante pour deux violons et violoncelle; ibid.
- 4° Quatuors pour deux violons alto et basse,
op.e; Paris, La Chevardière. — 5° Trios pour
deux violons et violoncelle, op. 9. — 6° Trio
pour violoncelle, violon et basse, op. 39 ; Paris ,
Janet. — 7° Duos pour deux violoncelles, op. 2,
19, 21 , 25 , 41 ; Paris, Sieber, Janet. — 8" Six
sonates pour violoncelle et basse, op. 12, 28, 40;
ibid. — 9° Airs variés pour violoncelle, n°' 1
à 12 ; ibid. — 10' Méthode raisonnée de violon-
celle; Paris, 1804. Cette méthode a été traduite
en anglais par J. Peile, sous ce titre : New ins-
truction for the violoncello, being a.complete
Key of the Knowledge of that Instrwnent ;
Londres, 1810,in-fol.
Bréval eut un frère cadet, violoncelliste comme
lui, mais moins habile. Celui-ci a été aussi attaché
à l'orchestre de l'Opéra. Il a publié des composi-
tions pour divers instruments.
BREVI (Jean-Baptiste), maître de chapelle
de Saint-François à Milan, de l'église del Carminé
et de celle de San-Fedele, était, en 1673, organiste
de la cathédrale de Bergame. Plus tard, il ob-
tint la place de maître de chapelle de cette église,
suivant le titre de son recueil de motets à voix
seule publié en 1699. On connaît de sa composi-
tion : 1° Bizzarie armoniche ovvero Sonate da
cameraa tre stromenti col basso continua, op.
3"; Bologne, 1693, in-4o. — 2° La Catena d'oro,
ariette da caméra a voce sola, op. C; Modène,
1696, in-4'', obi. — 3° La divozione canora, o
Xlmotetti a voce sola e continua, op. 7 ; Mo-
dène, 1699. — 4" Deliri d''amor divine, o can-
tate a voce sola e contimto , op. 8, lib. 1";
Venise, 1706. La première édition de cet œuvre a
paru à Modène, en 1095. On a aussi de Brevi des
éléments de musique intitulés : Primi elementi
di miisica per li principianti con alquanti
Solfeggi facili; Venise, Ant. Bortoli, 1699,
in-4°.
BREWER (Thomas), compositeur anglais et
virtuose sur la viole, florissait vers le milieu du dix-
septième siècle. 11 fut élevé à l'hôpital du Christ,
BREWER — RRICCIALDI
71
à Londres. Plusieurs fantaisies, canons et au-
tres pièces de sa composition ont été insérées
dans la collection de Hilton, Londres, 165'2. On
trouve aussi dans le Musical Companion ( Lon-
dres, 1673) un air à deux voix qu'il a com-
posé sur ces paroles : Turn Amarillys to thy
swain, etc.
BIIEWSÏER (Henri). X)n trouve sous ce
nom dans le catalogue de Clementi ( Lon-
dres, 1797 ) un livre didactique intitulé : Coun-
cise Method of playing Thorough bass (Mé-
thode abrégée d'accompagnement) in-fol. Tel est
le véritable titre de l'ouvrage, au lieu de ce-
lui qui se trouve dans la première édition de ce
livre, où le nom de l'auteur est aussi mal indiqué.
BRIAN (Albert), compositeur anglais, flo-
rissait à Londres dans le dix-septièrae siècle. Le
docteur Boyce a inséré quelques morceaux de sa
composition dans son recueil intitulé : Cafhe-
dral Music.
BRIAI\T (Denis), musicien français qui vi-
vait au commencement du seizième siècle. On
trouve des motets de sa composition dans les
recueils publiés par Pierre Attaignant, de 1529 à
1537 (Paris, in-4o obi. gothique), et notamment
dans le neuvième livre de chansons.
BRIARD (IÎtienne), graveur et fondeur en
caractères, né à Bar-le-Duc (Meuse), dans les
dernières années du quinzième siècle, s'établit à
Avignon vers 1530. C'est à cette époque, ou peu
auparavant, qu'il grava un caractère de musique
très-di Itèrent de la notation alors en usage; car,
non-seulement il abandonna les formes carrées et
en losange des longues, brèves, semi-brèves et
minimes, pour leuren substituer d'arrondies; mais
il remplaça le système proportionnel des ligatures
de toute espèce qui n'était, depuis le onzième
siècle, qu'une énigme embarrassante et inutile
pour l'art, par une notation simple et rationnelle
qui représente la valeur réelle des sons mesurés.
Briard précéda-t-il Granjon(yo(/. ce nom) dans
cette heureuse réforme, ou celui-ci eut-il l'an-
tériorité, si, comme le dit Peignot ( Diction,
rais, de bibliologie, suppl. p. 140), il exerçait
déjà dès 1525? C'est ce qui serait difficile à éclair-
cir aujourd'hui; mais il est certain que l'usage
des caractères de Briard précéda de vingt-sept
ans le plus ancien ouvrage connu dont l'im-
pression fût faite avec les caractères de musique
du typographe parisien ; car ce fut en 1532 que
Jean de Channay, imprimeur à Avignon, fit usage
de ceux de Briard pour les œuvres du célèbre mu-
sicien Eléazar Genêt, surnommé Carpentras
( Ko !/. Genêt). Les caractères de Briard'étaienf d'ail,
leurs préférables à ceux deGranjon, étant beau-
coup plus gros et conséquemraent plus lisibles.
Quant à la réforme du système, nul doute que
ce ne sont pas des graveurs et fondeurs de carac-
tères quiont imaginé une chose de celte impor-
tance, et qu'un musicien instruit et de bons sens
a dû leur en suggérer l'idée. Il est d'ailleurs
à remarquer que ces mêmes caractères simples
et non proportionnels, ont dû être connus et
employés parles harmonistes à une époque très-
ancienne pour écrire leurs combinaisons de chan-
sons et de motets; car il leur eût été impossible
de faire leurs partitions avec le système des liga-
tures et des mesures proportionnelles. Ce n'est
qu'après avoir écrit leurs ouvrages, à l'aide d'une
tablature de notation simple, qu'ils imaginaient
la notation de chaque partie dans les combinai-
sons les plus énigmatiques et les plus embarras-
santes, afin de donner une haute idéede leur habi-
leté; mais souvent il leurarrivait de se tromper
eux-mêmes dans les signes dont ils se servaient
pour traduire leur pensée première, ainsi qu'on le
voit dans les ouvrages de Tinctoris, daGafori,
à''Aaron et de Zacconi. Antoine Hondremare,
de Péronne, professeur au collège d'Avignon et
contemporain de Briard, a fait l'éloge de l'inven-
tion de ce typographe et de la beauté de ses carac-
tères, dans les deux quatrains latins que voici;
1.
Tuque Briarde tu nunqiiam privarere laude,
Hactenus invisos nul facis arte typos.
Qiiam variis sccreta moJis sunt dona tonantis.
Hic valet musis, poUetat hic calamo.
2.
Quara tibi bellaraanus, perdocte Briarde vldetur,
Hactenus ignotus qui facis arte typos.
Cujusvis generis pingens elementa notasque,
Quicquid liabes, monstras cudere calcographia.
On peut voir, dans l'excellent livre de M. Schniid
sur Octave Petrucci, un fac-similé des caractères
de musique de Briard (fig. 4).
BRIARD ( Jean-Baptiste ), de la même fa-
mille que le précédent, violoniste et compositeur,
est né le 15 mai 1823, à Carpentras ( Vaucluse).
Admis comme élève au Conservatoire de Paris
au mois d'octobre 1837, il y reçut des leçons de
Clavel pour le violon, puis devint élève de Bail-
lot, et, après la mort de cet artiste célèbre, passa
sous la direction de Habeneck. Le second prix
de violon lui a été décerné au concours, en 1843,
et dans l'année suivante, il obtint le premier
pri.v. On a publié de sa composition quelquesairs
variés pour le violon et des duos pour cet ins-
trument.
BiUCCI (Théodore), compositeur italien,
vivait vers le milieu du seizième siècle. On a im-
primé de sa composition : 1° 7^ primo libro de''
madrigali a 5 voci ; Venise, in-8". — 2» Madri-
gali a 6-12 voci; Venise, 1567, in-40.
BRICCIALDI ( Jii.Es ), Hûtiste et compo-
72
BRICCIAI-DII — BRIEGEL
siteur, est né à Terni, dans les États romains,
le 1®'' mars 1818. Son père, Jean-Baptiste, fut le
seul instituteur qu'il eut pour la flûte: plus tard
il travailla seul, et forma son talent par l'audition
de quelques bons chanteurs. Arrivé à Rome fort
jeune, il entra comme flûtiste dans un théâtre
de cette ville. Dans le même temps il reçut des
leçons de composition de Ravagli, chantre de la
chapelle du Vatican. A l'âge de dix-sept ans il
commença sa carrière d'artiste, et fut nommé
professeur de flûte par l'Académie de Sainte-Cé-
cile, à Rome. Arrivé à Naples en 1836, il fut
choisi dans l'année suivante pour enseigner à
jouer de la flûte au comte de Syracuse, frère du
roi. En 1839, il partit pour la haute Italie, et
s'arrêta à Milan pendant près de quinze mois.
Arrivé à Vienne dans le mois de mai 1841,11 s'y
litenlendreavecsuccès, puis fréquenta les bains de
la Bohême, et retourna à Vienne par Linz, où il
s'arrêta pour donner des concerts. Je crois que
Briccialdi est retourné en Italie et s'est fixé à
Milan. Les œuvres principales de cet artiste
sont : 1^"^ Concerto pour flûte et orchestre ; Milan,
Ricordi. — 2™" idem; Brunswick, Meyer. — Fan-
taisie pour flûte et orch. sur des motifs de Linda
de Chamouny ; Milan, Ricordi. — Ballabile di
concerto pour flûte et orchestre, op. 15; Hano-
vre, Bachmann. — Fantaisie sur la Fille du régi-
ment pour flûte et orchestre ; Mayence, Scholt. —
Des fantaisies pour flûte et piano sur des motifs
d'Opéra, op. 17, 18, 24,25, 27; Milan, Ricordi;
Brunswick, Meyer ; Hanovre, Bachmann. — Des
morceaux de salon pour les mêmes instruments,
op. 3, 1 6, 2 1 , 28, 30, 32; ibid.— Des variations, etc.
BRICCIO (Jean), l'un des écrivains les
plus féconds de l'Italie, naquit à Rome en 1581,
et mourut dans la même ville en 1646. Son père,
simple matelassier, le destinait à sa profession,
mais le jeune Briccio donnait à la lecture tous
les moments qu'il pouvait dérober àson travail, et
il apprit ainsi seul la théologie, le droit civil et
canonique, la grammaire, la rhétorique, la géomé-
trie, la physique, l'astronomie, la musique et la
philosophie. Il fut, pour la peinture, élève de Fré-
déric Zucchari. Il a publié des canons énigma-
tiques à deux, trois, quatre et six voix. Walther
cite de lui un livre intitulé •..Délia Musica,
qui est resté manuscrit.
BRIDI (Joseph- Antoine), banquier à Rove-
redo, ville du Tyrol italien, estnéen 1776. Ama-
teur passionné de musique, il fit élever dans son
jardin un temple dédié à l'harmonie, et y mit les
bustes de Sacchini, de Gluck, de Haendel,de Jo-
melli, de Haydn, de Palestrina et de Mozart, avec
des inscriptions latines-, composées par J. B. Bel-
tramo, prêtre de Roveredo. Dridi a donné, la
description de ce temple, avec des biographies
abrégées des artistes célèbres dont les images
s'y trouvent, dans un écrit qui a pour titre : Brève
Notizie intorno ad alcuni celebri compositori
di musica, e cenni sullo stato présente del
canto italiano ; Roveredo, Marchesani, 1827,
in-8°.
BRIEGEL (Wolfgang-Charles), né en Al-
lemagne, en 1626, fut d'abord organiste à Stettin.
Appelé à Gotha, vers 1651, pour y remplir les
fonctions de cantor, il y passa vingt ans, et
n'en sortit que vers la fin de 1670, pour aller à
Darmstadt, où il avait été nommé maître de cha-
pelle. Il vivait encore en 1709, et était âgé de
quatre-vingt-trois ans. On peut croire qu'il était
fort gros, d'après son portrait qui a été gravé lors-
qu'il avait soixante-cinq ans. Il a beaucoup écrit de
musique pour l'église protestante, et de pièces ins-
trumentales. Voici la liste de ses principaux ou-
vrages ; 1° GeistUche Arien und Concerten (Con-
certs et airs spirituels); Erfurt, 1652, in-4°. —
2° X Paduanen, X Balleten, und X Couranten
von 3 und 4 Instriimenten ; Erfurt, 1652, in-4°.
— 3° GeistlichenMusikalischer Rosengarten von
l,2,3,4M?jd 5 Stimmen, nebst darzu gehœrigen
Instrumenten (Jardin de roses musicales à
1-5 voix , etc. ) ; Gotha, 1658 , in- fol. — i'Geist-
liche Arien, V^" Zehen, von 1 und 2 Singstnn-
men nebst beyge/ugtenRitournellenmitzivey
undmehr Vivien sammt dem B. C, Gotha, 1660,
in-fol. — 5° Evangelische Gespra'che avf die
Sonn und HauptFestlage von Advent bisSexa-
gesimas mit 5 bis \Q Stimmen ( Paroles évan-
géliques pour les jours de fête depuis l'Avent jus-
qu'à sexagésime, à 5-10 voix) ; .Miihlhausen, 1660,
in-fol., première partie. — 6° Idem , deuxième
partie; ibid. , 1661. — 7° GeistUche Arien, etc.,
deuxième partie; ibid., 1661. — 8° Dank-Lob
und ^eMJerfer (Cantiques de remercîraents etde
louanges); Miihlhausen, 1663, in-4". — 9° Buss
und Trost-Gesœnge ( Cantiques de repentir et
de consolation ) ; Gotha, 1664, in 4", — 10° Evan-
gelischer Blumen-Garten,von 4 Stimmen, avf
madrigalische Art 1, 2, 3 und 4 Theile ( Par-
terre évangélique à quatre voix, etc. ); Gotha ,
1666-1668 in-4°. — il" Intraden und Sonatcn
voniund à Stimmen, au/Cornettenund Trom-
bonen zu gebrauchen ; Leipsick , 1G69, in-4°, et
Erfurt, 1669, in-4°. — \1° Heilige Liederliist;
Erfurt, 1669, in-4''. — 13» XII madrigalische
Trost-Gesœnge,mit 5 unde Stimmen, etc. (Can-
ti(iues madrigalesqucs de consolations, à cinq et
six voix, etc.); Gotha, 1671, in-4°. — - l4oi»/«5t-
kalisches Tofel-confect , bestehend in liislt-
gen Gespr;rchen undConcerten (Confitures mu-
sicalesdetable,etc.);Francforl-sur-le-Mein, 1072,
BRIEGEL — BRIJOIN
73
in-4». — 15» Geistliche Concerten von 4 und 5
Stimmen ( Concerts spirituels à quatre et cinq
voix) ; ibid., in-4°. — 16° Joh. Sain. Kriegsmann
evangelisches Hosanna, mit 3 vocal Siimmen
aiich mit und ohne Instrumente in Musik
ffcseïs^; ibid., 1678, in-4°4 — 17° Evangelisch
Gesprach-Musik, oder musikalische Trost-
Quelle, aiisden Sonn-und Festtags-evangelien
Gesprœchsweise geleitet, mit 4 vocal tmd 5
Instruniental-Stimmen und dem Generalbass
(Dialogues spirituels en musique, etc., à quatre voix
et cinq instruments, avec basse continue ) ; ibid.,
167!) , iu-4''. — 18° Musikalische Erquickstun-
den sonderbarlustigeCapricien mit ti Stimmen,
als 1 Violin, 1 Violen, demViolon nebstB. C.
(Récréations musicales ou caprices choisis à quatre
voix, avec un violon, deux violes, basse et B.C. );
Darmsladt, 1680, in-4°. — 19'' Musikalischer Le-
bens-Brunnen, von/t vocal und ^ instrumental-
Stimmen (Fontaine dévie musicale àquatre voix
il quatre instruments) ; ibid., 1688. Il y a une pre-
mière édition du même ouvrage publiée aussi à
Darmstadt, en 1680, in-4°. — 20° Christian fteh-
feldsevangelischer Palmzweig, von 1-4 Sing'
siimmen , nabsl 2-4 Instrumenten (Palmes
cvangéliques de Christian Rehfeld, à 1-4 voix et
2-4 instruments); Darmstadt et Francfort, 1684,
in-40. — 21° Joh. Brauns Davidischeevange-
lische fJarfe in Musik gebracht (La Harpe évan-
gélique davidique de J . Braun mise en musique) ;
Francfort, 1685, in-4°. — lio Evangelisches Ho-
sanna in geistlichen Liedern, aus den Sonn-
und fiihrnehmsten Festtags-Evangelien ers-
challendin leichter Composition, nachbelieben
mit i-bSingstimmen, nebs 2 Instrumenten, mit
einem Anhange von 6 Communion, 6 Hochzeit
und 6 Be^raônm-Lierfern (Cantiques de joie
évangélique, contenant les évangiles des diman-
ches et principaux jours de fêtes en musique
facile, etc. ); Giessen, 1690, in-4''. — 23° Kœnig
David 7 Buss-Psalmen, nebsetlichen Bussge-
sprœchen in Concerten von 4 vocal und 2 ins-
Irumental-Stimmen , etc. (Les sept psaumes
de la pénitence du roi David, etc., à 4 voix et 2
instrument?; Giessen, lG90^in-4°. — 24" Geis-
tliche Lebens-Quellemit k vocal und 2 bis 4 ins-
trumental Stimmen , etc. (Les sources de la
vie spirituelle, à 4 voix et 2-4 instruments).
Darmstadt, in-4°. — 25" Letzter Schwanenge-
sang bestehend in XX Trauergesang, mit 4
bis 5 Stimmen (Les derniers chants du cygne,
consistant en 20 cantiques funèbres à 4-5 voix);
GiÊssPn, 1709, in-4°.
BRIGIlEKTl (Pierre), avocat, né à Bologne
vers 1780, est auteur d'un éloge du chanteur Ba-
bini, qui a pour litre : Elogio di Matteo Babini
letto al Liceo filarmonico di Bologna, nella
solenne distribuzione de' premi musicali il 9
luglio ; Bologna, pcr lestampe d'Annesio No-
bile, 1 822, in-4". On a aussi sous le môme nom un
opuscule intitulé : Délia musica Rossiniana e
del sua autore ; Bologne, 1830, in-S" de 33
pages. Brighenti était membre de l'Académie des
Philharmoniques de Bologne et de plusieurs aca-
démies italiennes.
BRIGHENTI ou RIGilETTI (M"" Ma-
rie GIORGl), cantatrice détalent, née a Bologne,
vers 1792, reçut dès son enfance une excellente
éducation musicale. Sa mère, M™^ Giorgi, pianiste
distinguéeetremarquable par son esprit, donnait
chezelle chaque semaine des concerts d'amateurs
auxquels assistait la meilleure société de Bologne :
ce fut dans ces réunions que se forma le goût de
la jeune cantatrice. Du même âge que Rossini,
qu'elle voyait souvent chez sa mère, elle eut pour
lui une amitié sincère qui ne se démentit jamais.
Son début au théâtre eut lieu à Bologne en 1814 :
Dans la même année, elle épousa M. Brighenti.
En 1816, elle créa le rôle de Rosine dans le Bar-
bier de Séville, que Rossini avaitécrit pour Rome.
Ce fut pour elle aussi qu'il écrivit la Ceneren-
tota. Venise, Gênes, Livourne et Bologne furent
les scènes sur lesquelles M™" Brighenti brilla à
diverses reprises. Elle termina sa carrière théâ-
trale a Yicence en 1836, et se relira à Bologne. Ce
n'est pas seulement comme cantatrice qu'elle mé-
rite d'être citée ici, mais comme auteur très-spi-
rituel d'un écrit sur la vie de Rossini, intitulé :
Cenni di una Donna già cantante sopra il
maestro Rossini , in risposta a cià che ne
scrisse,nellastatedell'annol9,22,ilgiornalisla
inglese in Parigi , e fu riportato in tma gaz-
zetta di Milano dello stesso anno ( Rensei-
gnements d'une cantatrice sur le maître Rossini,
en réponse à ce qu'en a écrit un journaliste an-
glais à Paris dans l'été de 1822, et qui a été rap-
porté dans une Gazette de Milan de la môme
année ); Bologne, 1823, in-S». M^e Brighenti re-
lève dans cet écrit beaucoup d'anecdotes menson-
gères répandues sur l'illustre maître, et fournit
des renseignements remplis d'intérêt sur sa
personne et ses ouvrages. J'ai donné une ana-
lyse de ce joli ouvrage dans la Gazette musicale
de Paris (année 1850, n. 20).
BRIGINOLI (Jacques ), compositeur italien,
vivait vers la (in du seizième siècle. Jean-Bap-
tiste Bonometti, surnommé H Bergameno, a in-
séré quelques pièces de sa composition dans le
Parnasse musico Fernandeo qu'il a publié'à Ve-
nise, en 1615.
BRIJOIV ( E. R.), professeur de musique, né à
Lyon, vers 1720, et qui vécutdans cette ville, a pu
74
BRU ON
BRITTON
blié : r Réflexions sur la musique et sur la vraie
manière de l'exécuter sur le vio/o«; Paris, 1763,
in-4°; — 2° L'Apollon moderne, ou développe-
ment intellectuel par les sons de la musique;
nouvelle découverte de première culture, aisée
et certaine pour parvenir à la réussite dans
les sciences , et nouveau moyen d'apprendre
facilement la musique; Paris et Lyon, 1781. Ce
titre n'annonce pas un iiomnie de trop bon sens ;
cependant, quoique le style en soit fort mauvais,
le livre contient quelques bonnes choses. Brijon
avait remarqué la difficulté de fixer l'attentiou des
commençants, dans l'étude de la mnsique, sur la
division des valeurs de temps et sur Ja justesse
des i-ntonations ; il est, je crois, le premier auteur
qui ait proposé d'écarter cHitte difficulté au moyen
du solfège parlé. On trouve dans son livre des
leçons écrites pour cet usnge. M. Quérard s'est
trompé en donnant à ce musicien le nom de
Jirigon (France Litlér., t. 1, page 514 ).
BUILLE (Joachim), chantre à la cathédrale
de Soissons, vers le milieu du dix-septième siècle,
est connu par une messe à quatre parties, Ad
imitationem moduli Nigra sum ; Paris,. Robert
Baliard, 1068, in-fol.
liRlLLON DEJOUY (Mme), amateur de
musique de la plus grarale distinction, vivait à
Passy, près de Paris, dans la seconde moitié du
dix-huitième siècle. Burney,quirentenditen 177o,
en parle en ces termes dansson Voyage viusical
en France et en Italie- : « Elle est une des meil-
« leures clavecinistes de l'Europe. Cette dame,
« non-seulement joue les morceaux les plus dif-
« ficiles avec beaucoup de sentiment, de goût et
« do précision, mais elle exécute à vue avec la
<c plus grande facilité. Je pus m'en convaincr^e
" lorsque je l'entendis jouer plusieurs morceaux
« de ma musique, que j'avais eu l'honneur de.lui
« présenter. Elle compose aussi : elle eut la
« bouté d'exécuter- pour moi plusieurs de ses so-
« nates sur le clavecin ou \& forte-piano, avec
« accompagnement de violon joué par M. Pagin
«{voyez ce nom). » Plusieurs compositeurs
célèbres, au nombre desquels on distingue Sclio-
bert et Boccheiini , ont dédié leurs ouvrages à
lyjme gifiion de Jouy.
BRIOCHÏ ( ), compositeur italien, vivait
vers 1770. 11 a.vait déjà publié, à cette époque, dix-
huit symphonies, sept trios pour violon, des con-
certos et d'autres pièces de musique instrumentale.
BRITO (EsTEVAM de), musicien espagnol,
vivait vers 1025. 11 fut d'abord maître de cha-
pelle à l'église cathédrale de Badajoz et ensuite
à Malaga. On trouvait autrefois, dans la biblio-
llièqucduroi de Portugal, les ouvrages suivants
de sa composition ; 1" Tratado de musica, Mss,
n. 513. — 2" Motetesa 4, 5, 6, vozes, n. 569.
— ^oMotete: Exiirge Domine, i voc, u. 809.
— 4" Vilhancicos de Natividatl, n. 097.
BRITTON (Thomas), marchand de char-
l>on à Londres, fut un des liommes les plus sin-
guliers de son temps. Né près de Iligham-Fer-
rers , dans le comté de Northampton, en 1057, il
se rendit à Londres fort jeune, et fut mis en ap-
prentissage chez un marchand de charbon. Après
avoir fini son temps d'épreuves, il s'établit mar-
chand pour sou compte, loua une espèce d'écu-
rie dans Aylesbury street, Clerkenwell, et la
convertit en une habitation. Peu de temps après,
il commença à se lier avec des -savants et des
artistes, et se livra à l'étude de la chimie etde la
musique. Ses*di positions étaient telles, qu'en peu
de temps il acquit de grandes connaissances dans
la théorie et dans la pratique de cet art. Après
avoir parcouru la ville, vêtu d'une blouse bleue
et sonsacde charbon sur le dos, il rentrait chez
lui pour se livrer à l'étude, ou se rendait à la
boutique d'un libraire nommé Cliristophe Ba-
feman, dans laquelle se rassemblaient beaucoup
de savants et de gens de qualité.
Britton fut le premier qui conçut le projet
d'établir un concert public à Londres, et qui
l'exécuta. Ses concerts eurent lieu d'abord dans
sa propre maison. Le magasin de charbon était
au rez-de-chaussée, et la salle de concerts au-
dessus. Celle-ci était longue et étroite, et le pla-
fond en était si bas, qu'un homme d'une taille
élevée aurait eu de la peine à s'y tenir debout.
L'escalier de cette salle était en dehors, et ne
|)ermeltait guère d'y arriver qu'en se traînant.
La maison elle-même était si petite, si vieille et
si. laide, qu'elle semblait ne convenir qu'à un
homme.de la dernière classe. Néanmoins, tel
était l'attrait des séances de Britton, que la plus
brillante société de Londres s'y rassemblait. II
paraît que l'entrée fut gratuite pendant quelque
temps ; mais on finit par établir une souscription
dedix schellings par an, pour laquelle il fut sti-
pulé' que l'oa aurait le privilège de prendre du
café à un sou la tasse. Les principaux exécutants
de ces concerts étaient le docteur Pepusch, Hen-
del, Banister, Henry Needier, John Hughes,
WoHaston le peintre, Philippe Hart, Henry Abell,
Whichello, etc. Le fameux violoniste Mathieu
Dubourg y joua, encore enfant, son premier solo.
Parmi les auditeurs habituels se trouvaient les
comtes d'Oxford, de Pembroke et de Sunderland.
Britton avait rassemblé une collection pré-
cieuse de livres de musique et d'instruments,
qui fut vendue foit cher après sa mort. Il avait
copié lui même une si grande quantité de mu-
sique ancienne, que celle seule partie de sa col-
BRITTON — BRIXI
75
lection fut vojndue 100 livres sterling, somme
considérable pour ce temps. Il composait aussi
et jouait fort bien du clavecin. La singularité de
sa vie, ses études et ses liaisons firent penser
qu'il n'était pas ce qu'il paraissait être. Quelques
personnes supposaient que ses assemblées musi-
cales n'étaient qu'un prétexte pour couvrir des
rassemblements séditieux ; d'autres l'accusaient
de magie ; enfin ilpassait auprès de certaines per-
sonnes tantôt pour un athée, tantôt pour un
presbytérien et même pour un jésuite. Les cir-
constances de sa mort ne furent pas moins ex-
traordinaires que celles de sa vie. Un forgeron,
nommé Honeynian , était ventriloque : M. Robe,
magistrat de Middiesex, quifaisait souvent par-
lie des réunions du charbonnier, y introduisit
Honeyman, dans l'intention de s'amuser en ef-
frayant Dritton. Il n'y réussit que trop bien. Ce
pauvre homme, à l'audition d'une voix qui pa-
raissait surnaturelle et qui lui annonçait sa fin
prochaine, s'il ne se jetait à genoux pour réciter
ses prières, tomba en effet dans cette position,
mais sa frayeur fut si grande,-qu'il ne put proférer
une parole, et qu'il mourut quelques jours
après (en 1714), dans la soixantième année
de son âge. Tous les artistes et beaucoup de
grands seigneurs assistèrent à ses funérailles.
Deux portraits de îiritt'on ont été peints par Wol-
laston ; l'un en blouse et l'autre au clavecin : ils
ont été gravés tous deux.
BRI VIO (Josepu-Ferdinand), fonda à Mi-
lan, vers 1730, une école d'où sont sortis des
chanteurs célèbres. Il a composé divers opéras
parmi lesquels on remarque : l'Incostanza de-
luza, Milan, 1739, et Gîanrair, Londres, 1742.
On n'a pasd'autre renseignement sur cet artiste.
BRIXI (François-Xavier), né à Prague en
1732, appritla musique chez Pierre-Simon Brixi,
organiste à Kosmonos, qui n'était pas son père,
comme le dit Gerber, mais son parent. Occupé
de l'étude des lettres en même temps qire dé
celle de son art, il fit ses humanités à Kosmonos,
et après avoir achevé son cours de philosophie, il
accepta la place d'organiste à l'église de S-. Gallus,
à Prague, puis il obtint l'orgue de Saint-Nicolas.
Ayant été nommé directeur du chœur à l'église
Saint-Martin, il occupa cette position pendant plu-
sieurs années. De là il passa-pn qualité de maître
de chapelle à la métropole de Prague. îl mourut
célibataire à l'âge de 39 ans, chez les frères de, la
charité, le 14 octobre 1771. Cet artiste était re-
nommé comme organiste et comme compositeur;
cependant la fécondité est la qualité la plus re-
marquable de ses productions. Il a laissé en ma-
nuscrit cinquante messes solennelles, vingt-cinq
messes brèves, une innombrable quantité de vê-
pres, litanies, offertoires, graduels, et plusituvs
oratorios, parmi lesquels on remarque celui qu'il a
écrit pour le jubilé du moine bénédictin Friedc-
ricA, de Saint«-Marguerile : cet ouvrage renferme
plus de 400 feuilles. Une telle activité de produc-
tion de la part d'un artiste mort à 39 ans tient du
prodige. Malheureusement, le style de toute celte
musique n'a point la majesté-qui convient à l'Église;
les idées en sont petites, triviales même ; leur va-
leur peut être appréciée par un mot de Léopold
Kozeluch, bon juge et compositeur de mérite. Ce
musicien se trouvait un jour avec Brixi chez un
ami commun, et le maître de chapelle de la mé-
tropole dit en riant àKoseluch : « Quand je passe
« devant une église où l'on exécute une de vos
« messes, il me semble que j'entends un opéra
« sérieux. — Moi, répondit Kozeluch, lorsque
« j'entends une des vôtres, je crois être dans une
« guinguette. » Il est d'autant plus singulier que
Brixi ait adopté une manière si peu conforme
à la nature de ces ouvrages, qu'il était, dit-on,
de la plus grande force dans le style fugué sur
l'orgue.' Il a laissé en manuscrit un assez grand
nombre de pièces pour cet instrument : elles
sont encore considérées comme de fort bons ou-
vrages.
BRIXI (Victorin), excellent organiste, na-
quit à Pilsen, dans la Bohême, en 1717. A l'âge
de«sept ans il fut envoyé chez Victorin Zadolsky,
frère de sa mère, et pasteur à Kalsko. Là, Brixi
appritla musique; ensuite il alla à Altvvasser, où
il entra au choeur comme soprano. L'année d'a-
près il alla à Kosmonos, y acheva ses études de
musique, puis y occupa pendant deux ans la
place d'organiste. Ce fut à cette époque qu'il
écrivit ses premiers ouvrages, lesquels consistaient
en morceaux détachés pour les comédies qu'on re-
présentait au collège. Appelé à P.eihenberg pour
y diriger l'éducation musicale de quatre jeunes
gens de-haute naissance, il se fatigua bientôt d'un
travail qui ne lui laissait pas le temps nécessaire
pour composer, et en 1737 il accepta la place
d'organiste à Podiebrad. Il occupa celte posi-
tion pendant dix ans, puis, en 1747, il fut nommé
reoteur du collège de cette ville. Sa renommée
comme organiste était telle à cette époque, que
l'empereur François I" voulut l'entendre lorsqu'il
visita la Bohême. Étonné de son habileté, ce
prince lui offrit la place de claveciniste de la
cour;'mais Brixi refusa les avantages qu'on vou-
lait lui faire, par amour pour sa patrie. Vers le
raêitie temps, son parent, François Benda, lui
écrivit de Berlin pour Rengager à entrer au ser-
vice du roi de Prusse; mais il resta ferme dans
larésolution de ne [las s'éloigner de la Bohême.
Après une longue et houorable carrière , Bri>Li
T«
BRIXI — BROADWOOD
mourut, le 10 avril 1803, à l'âge de quatre-vingt-
six ans. On connaît de sa composition des sonates
de piano, beaucoup de messes, des vêpres, des
litanies, et d'autres productions du même genre.
BKIZZI (Antoine), habile ténor, naquit à
Bologne, en 1774. Il se livra de bonne heure à
l'étude de la musique, et prit des leçons de chant
d'Anastase Masso, chanteur habile de cette époque.
A l'âge de vingt-quatre ans, il chanta pour la pre-
mière fois enpublicàMantoue, où il eut beaucoup
de succès. 11 se fit entendre sur les principaux
théâtres de l'Italie, et se (it bientôt une brillante
réputation par sa métliode excellente et la beauté
extraordinaire de sa voix, qui, pleine et sonore
<lans toute son étendue, embrassait plus de deux
octaves. 11 joignait à ces avantages ceux d'un bel
extérieur et d'un sentiment juste de l'expression
musicale. Toutes ces qualités le firent rechercher
avec empressement par les principales cours de
l'Europe. Après avoir chanté quelque temps à
Vienne, ilfutappeléà Paris, pourjouersurlelhéâ-
Ire delà cour de l'empereur Napoléon; mais après
deux ans de séjour dans celte ville, s'apercevant
que le climat de la France nuisait à sa santé et à
la qualité de sa voix, il demanda et obtint son
congé. Il se rendit à Munich, où il chanta sur le
théâtre de la cour, et obtint le plus grand succès.
Depuis que Bv'ini s'était retiré du théâtre avec
•j.ne pension de la cour, il s'occupait de l'éduca-
tion musicale de quelques jeunes gens, et habitait
tantôt à Munich, tantôt à Tegernsée. Les derniers
renseignements sur cet artiste ne vont pas au
delà de 1830.
Un autre chanteur de la même famille, Louis
Brizzi, né à Bologne eu 1765, fut professeur de
ehant au lycée communal de cette ville, et mourut
le 29 août 1837, à l'âge de soixante-douze ans.
BRIZIO (Petkucci), compositeur, naquit à
Mosca Lombarda, au territoire de Ferrare, le 12
juin 1737. Dans sa jeupgsseil étudia au séminaire
il'Imola, puis il se rendit, en 1750, à Ferrare, où
il suivit les cours de droit. En 1758, il obtint le
doctorat en cette science ; mais, plein d'enthou-
siasme pour la maisique, H ne voulut plus avoir
d'autre occupation que celle de cet art. Dirigé
dans ses études musicales par le professeur Pie-
Iro Beretta, il fit de rapides progrès,' et devint
bientôt un maître distingué, tant pour la musi-
que d'église que pour les œuvres dramatiques.
Au nombre des opéras sérieux et bouffes qu'il
produisit à la scène, on distingua particulière-
ment son Ciro riconesciuto, et / pazzi impro-
visnli, qui furent représentés à Ferrare : son goût
toutefois Jeportait vers le style religieux. En 1784,
il fut nommé maître de chapelle de la cathédrale de
ferrare. Il écrivit peu do tcmp-^ après une messe
solennelle et un Te Deum qui furent exécutés h
Fusignano, à roc<;asion de la promotion du car-
dinal Calcagnini, et en 1793 il composa une
autre messe qui fut chantée à l'église Saint-Paul
de Ferrare. Ses psaumes, particulièrement le
Dixit, le Confitebor et le Laudate pueri, à grand
orchestre, ont eu une brillante renommée dans
toute la haute Italie. Par une exception bien rare,
il pot écrire encore en 1822, c'est-à-dire, à l'àgede
quatre-vingt cinq ans, une messe de requiem qui a
été considéréecomme un très-bon ouvrage. Brizio
est mortà Ferrare, le 23 juin 1825, à l'âge de quatre-
vingt-huit ans. Son portrait à été gravé par
Gaétan Dominichini. La plupart de ses ouvrages
pour l'église sont en manuscrit dans les archives
de la cathédrale de Ferrare ; on y trouve plusieurs
messes à 4 voix et orchestre, sans Credo; dif-
férents versets du gloria à 4 voix et orchestre ;
Kyrie idem; Credo (en /a) idem; autre Credo
(en sj bémol} idem; l'hymne Ave maris Stella,
à 4 voix, 2 violons, alto et basse; Stabat Mater
à 2 voix et orchestre; Mémento Domine Da-
vid, à 8 voix sans accompagnement; Hymne de
Saint-Auguslin,à4 voix et orgue ; Salve Regina,
à 4 voix et quatuor ; Te deum à 4 voix et orches-
tre ; les psaumes Dixit, Confitebor et Lau-
date pueri; Magnificat à 4 voix avec orchestre ;
Tantum ergo, à 2 voix et orgue; Veni Creator
à 3 voix et orchestre ; Litanies à 4 voix et orgue;
Messe pastorale et Credo pour la fête de Noël, à
grand orchestre.
BROADWARI (Richard), a composé à
Londres, en 1745, un oratorio intituléiSa/omott's
Temple. C'est tout ce qu'on saitde ce musicien.
BROADWOOD (John,) fondateur de la cé-
lèbre maison de facteurs de piano connue sous
ce nom, naquit en Ecosse vers 1740. Arrivé à
Londres à l'âge d'environ vingt«-ti ois ans, il entra
comme ouvrier chez Burckhardt Tschudy, fabri-
cant de clavecins, Great Pultney Street, 33. Il y
fit preuve de tant d'intelligence et d'habileté dans
son art, que Tschudy le choisit pour gendre, et
lui céda son établissement. C'est cette même mai-
son qui est encore aujourd'hui le siège de la
grande fabrique de MM. Henri et Walter Broad-
wood, petits-fils de John. Les petits pianos car-
rés fabriqués à cette époque avaient le son faible,
en comparaison des grands cJavecins, incon vénien t
qui nuisaitàleursiiccès. Pour remédiera cedéfaut,
Americ Backers, facteur allemand fixé à Londres,
entreprit, en 1766, d'appliquer le mécanisme du
petit piano à de grands instruments en forme de
clavecin. Avec l'aide de Broadwood et de Sto-
dart(l), il fit beaucoup d'essais et d'expériences
(1) Ce Stodart, élcre de John Broadwood, fut le grand-père
BROADWœo — BROCHARD
77
pour la réalisation de son projet. Déjà un Irlan-
dais qui travaillait chez Longman, prédécesseur
de Clementi et Collard, avait imaginé le méca-
nisme sauteur ou boiîeux, auquel on a donné
longtemps le nom d'échappement irlandais;
mais cette invention était trop grossière pour
satisfaire de véritables mécaniciens. Enfin, après
beaucoup de travaux et de dépenses, le méca-
nisme du grand piano-forté fut trouvé par Bac-
kers, Broadwood et Stodart, et définitivement fixé.
C'est ce même système qui a été appelé depuis
lors mécanisme anglais, et qu'on pourrait dési-
gner avec précision par le nom de mécanisme à
action directe. C'est encore celui qui est mis en
usage par les descendants de John Broadwood
et de Stodart; MM. Broadwood l'ont seulement
modifié par un moyen très-simple pour répéter les
notes sans être obligé de relever les doigt» des
touches. Les qualités de ce mécanisme consis-
tent dans la simplicité, d'où résulte nécessairement
la solidité.
La fabrique de pianos delà maison Broadwood
commença à se faire connaître en 1771, sous le
nom qu'elle porte encore. Les grands instruments
en forme de clavecins qui ont fait sa réputation
datent de I78i. Depuis lors, jusqu'en 1856, le
nombre total des instruments sortis de ses ate-
liers s'est élevé au chiffre énorme àecent vingt-
trois mille sept cent cinquante. Depuis 1824
jusqu'en 1850 inclusivement le nombre moyen
des instruments fabriqués chaque année a été de
2,236 environ, ce qui donne la prodigieuse quan-
tité de 43 pianos de tout genre pour chaque se-
maine.
BROCHARD (Evelina), née f ton, na-
quit le 24 août 1752, à Landshut, en Bavière. A
l'âge de huit ans elle entra dans la troupe de co-
médiens dirigée par Sebasliani , à Augsbourg , et
débuta par le rôle de Fiametta lians, le petit opéra
de la Gouvernante. Après quelques années de
travail, elle obtint des succès flatteurs, autant par
le naturel de son jeu que par son chant agréable
et par les charmes desa figure. En 1768 elle épousa
à Manheim G.-P. Brocliard, maUre de ballets de
latroupede Sebasliani. Peu de temps après elle
fut placée comme cantatrice à la cour de l'élec-
teur palatin. En 1778 elle fut engagée comme
première chanteuse de l'Opéra allemand de Mu-
nich. Lorsqu'elle parut pour la pemière fois sur le
théâtre de cette ville, elle fut accueillie par de vifs
applaudissements comme cantatrice et comme
actrice. Les ouvrages dans lesquels on aimait sur-
tout à l'entendre étaient Paris et Hélène, de
P. Wiflter, Bellérophon, du môme auteur, et Le
des facteurs du mérae nom qui travaillent encore au mo-
ment où cette notice est écrite.
Triomphe de la Fidélité, de F. Danzi. Dans un
âge plus avancé, elle abandonna le chant, et se
livra exclusivement à la comédie, où elle excella.
Eu 1 81 1 elle vivait encore à Munich, mais retirée
du théâtre, et tourmentée depuis longtemps par
une maladie douloureuse.
BROCHARD (Pierre), fils d'Èvelina Bro-
cliard, naquit à Munich le 4 août 1779. En 1787,
il commença l'étude du piano avec le professeur
Kleinheinz, et. la continua sous la direction de
Streicher. En 1792, il prit des leçons de violon
de Held, musicien de la cour, et se perfectionna
sur cet instrument avec Frédéric Eck. Cinq ans
après, il fut reçu comme surnuméraire à l'or-
chestre du théâtre de Munich, d'où il passa
en 1798 à celui de Manheim ; mais il fut rappelé
par sa cour l'année suivante. En 1802, il s'enga-
gea pour deux ans à l'orcliestre de la cour de
Sluttgard, et à l'expiration de ce terme il revint à
Munich, où il se trouvait en 1811. Brochard eut
pour maître de composition Schleclit. On connaît
plusieurs œuvres de sonates de sa composition,
des variations, des ariettes, des cantates, etc. Il
a composé aussi la musique de plusieurs ballets
pour le théâtre royal de Munich ; on y découvre
du goût, de jolis chants, un bon emploi des ins-
truments, et de la vérité dans l'expression dra-
matique. Ces ballets sont : 1° Der Tempel des
Tugen ( Le Temple de la vertu ), pour la fêle de
la reine, au mois de janvier 1800. — 2° Der
DorfJarhmarkt (La Foire de village), au mois
d'avril 1800. —Z" Diezwei Wilden^L^?, Deux
Sauvages ) , juin 1-800. — 4° Der Mechaniker
( Le MéAnicien ), août 1800. — 5° Der danck-
bare Sohn (Le Eirls reconnaissant), en 1807.
BROCHARD (Marie-Jeanne), sœur du
précédent, naquit à Mayence le 13 janvier 1775.
En 1781 elle prit.des leçons de piano du musi-
cien delà cour.Moosmayr, à Munich, et sa mère
lui enseigna l'art de la déclamation. Elle débuta
en 1782 par des rôles d'enfant. Le directeur.de,
spectacle, Théobald Marchand, remarqua ses heu-
reuses dispositions, et prédit qu'elle serait un jour
uneactricedistinguée. Ses parents résolurent de lui
faùe étudier sérieusement la musique et le chant
et la confièrent aux soins de Léopold Mozart,
vice-maître de chapelle à Salzbourg, chez qui elle
se rendit au mois de mars 1783. Le 22 août 1790
elle débuta à Munich sur le théâtre, de la cour
par le rôle de CaroUna, comédie de Wech-
sel, où elle futbicn accueillie. Le 8avrili79l,
elle chanta pour la première fois le x6\e.dfAzemia,
dans l'opéra de Dalaypac ; une voix pure etso-
nore, une belle vocalisation, unies à beaucoup
de grâce, lui méritèrent de nombreux applaudisse-
ments. En 1792'elle épousa le danseur français
78
BROCHARD — BROD
Reniier, et peu de temps après elle fit un voyage à
Berlin , où elle eut des succès. Revenue à Munich
vers la fin de la même année, elle en partit de
nouveau quelques mois après, pour se rendre à
Manlieim, où elle était engagée dans la troupe
de l'électeur. Parmi les rôles qu'elle chanta avec
succès, on cite surtout celui de Zerline, dans
l'opéra de Don Juan, de Mozart. Lorsque Maxi-
milien Joseph monta sur le trône de Bavière,
M""' Renner passa à Munich avec les meilleurs ac-
teurs de la troupe de Mannheim ; de là elle se
rendit à Vienne, et enfin, en 1809, elle passa au
théâtre de Bamberg, où elle se trouvait encore en
1811. Depuis cette époque, les renseignements
s'arrêtent sur sa carrière dramatique.
BROCHE ( ), organiste de l'église Notre-
Dame, à Rouen, naquit dans cette ville le 20 fé-
vrier 1752. Son premier instituteur dans son art
fut Desmazures, organiste delà cathédrale. A l'âge
de vingt ans, il vint à Paris; mais il n'y fit pas un
long séjour, ayant été nommé organiste à Lyon.
Dans le peu de temps qu'il occupa cette dernière
place, il se convainquit de la nécessité de compléter
son instruction, et il prit la résolution de se rendre
en Italie pour y faire des études sérieuses. Arrivé
à Bologne, il fut présenté au P. Martini par le
sénateur Blanchi, à qui il avait été recommandé.
Ce grand maître initia le jeune organiste à la con-
naissance du contrepoint et de la fugue, et eut
lieu d'être satisfait de ses progrès. Avant que
Broche quittât Bologne, il le fit recevoir au nom-
bre des académiens philharmoniques, ce qui
n'était point alors un vain titre comme aujour-
d'hui. Au sortir de' Bologne , Broche visita
Rome et Naples, puis revint à Lyon, où il sé-
journa quelque temps. Enfin il arriva à Rouen
dans le moment où l'on mettait au concours la
place d'organiste de la cathédrale, devenue vacante
par la retraite de Desmazures. Il se mi t sur les rangs
des candidats et fut vainqueur dans cette lutte,
quoiqu'il eût pour concurrents deux hommes de
talent : Monteau et Morisset. Son nom ne tarda
point à acquérir de la célébrité. Broche se lia
d'amitié avec Couperin, Balbâtre et Séjan, et en-
tretint avec eux une correspondance active. Cou-
perin surtout lui montrait la plus haute estime :
on en peut juger par ce passage d'une lettre qu'il
lui écrivait au mois d'octobre 1782. « J'ai eu bien
« du plaisir, il y a quinze jours, de rencontrer
« quelqu'un à Versailles. C'est M. Platel, su-
« perbe basse-taille de la chapelle, qui arrivait
« de Rouen encore plein du plaisir qu'il venait
« (le goûter avec vous. Il m'a parlé d'un Invio-
lata que vous avez touché pour lui. Où
« étais-je? <> Le duc de Bouillon donna le titre
de son clavcciniNteà Broche, et voulut lui faire
une pension, à la condition que l'artiste se ren-
drait à Navarre toutes les fois qu'il y serait ap-
pelé ; mais Broche refusa ces avantages, dans la
crainte d'engager sa liberté. On a de cet habile
organiste trois œuvres de sonates, l'un dédié au
cardinal de Frankemberg, le second au duc de
Bouillon, et le troisième à M™* le Couteulx de
Canteleu. Parmi les élèves qu'il a formés, on re-
marque surtout Boieldieu. Sa manière d'enseigner
était celle de beaucoup de maîtres de chapelle
français de son temps : Il était dur, brusque, et
prenait plaisir à paraître le tyran de ses élèves
plutôt que leur instituteur ; mais il rachetait ce
défaut par la lucidité de ses leçons. Broche est
mort à Rouen, le 28 septembre 1803. M. Guibert
a publié une notice sur sur sa vie {voy. Gui-
bert).
BROCKLAIVD ( Corneille de ), né à Mont-
fort, en Hollande, exerça la médecine à Saint-
Amour, en Bourgogne, vers le milieu du seizième
siècle. Les autres circonstances de la vie de cet
écrivain sont ignorées ; mais il y a lieu de croire
qu'il abandonna la médecine pour la musique,
et qu'il se fixa à Lyon. Il a publié : 1° Instruc-
tion fort facile pour apprendre la musique
pratique, sans aucune gamme ou la main, et
ce en seize chapitres ; L'^on, 1573, in-8°. La
deuxième édition de ce livre est sous ce titre :
Instruction méthodique pour apprendre la
musique, revue et corrigée par Corneille de
Montfort, dit de Brocklandj Lyon, de Tour-
nes, 1587, in-S". Forkel (Allgem. Litter. der
Musih) cite cet ouvrage sous le titre latin Ins-
tructio methodica et facilis ad discend. mu-
sicam praiicnm ; il a pris ce titre dans le Lexi-
que de Walther qui lui-même l'avait copié dans
la bibliothèque classique de Draudius. On sait que
celui-ci a souvent traduit en latin les titres ori-
ginaux des livres, dans les citations qu'il en a
faites. Brockland conseille dans son livre d'aban-
donner la vieille méthode de la main musicale
attribuée à Guido d'Arezzo, et de la remplacer
par l'étude pratique du solfège. Ce livre est, en
quoique sorte, un corollaire de celui de Louis Bour-
geois {voij. ce nom). — 2° Le second jardinet de
musique, contenant plusieurs belles chansons
françaises à quatre parties; Lyçn, Jean de
Tournes, 1579, in-8°. Le titre de cet ouvrage
ferait présumer que Corneille de Brockland avait
précédemment publié un recueil sous le titre de
Premier Jardinet.
BROD (Henki), né à Paris, le 13 juin 1799,
fut admis au Conservatoire de musique de cette
ville, le 18 août 1811, dans une classe de solfège,
et devintensuite élèvede Vogtpour le hautbois.
Ses rares dispositions lui firent faire de ra-
BROD — BROER
79
pides [irogrès, et le concours où le premier prix
de cet instrument lui fut décerné fut pour lui un
véritable triomphe. Le son qu'il tirait du hautbois
était plus doux, plus moelleux, et moins puis-
saut que celui de son maître; sa manière de
phraser était élégante, gracieuse ; son exécution
dans les traits, vive et brillante. Membre de la
société des concerts du Conservatoire, Brod y
partagea avec Vogt, ainsi qu'à l'Opéra, la place,
de premier hautbois. Dans tous les concerts où
il s'est fait entendre à Paris et dans ses voyages,
il a obtenu les plus brillants succès. 11 s'est fait
connaître aussi comme compositeur par un grand
nombre de productions, parmi lesquelles on re-
marque : 1° Trois pas redoublés et une marche
en harmonie; Paris, Frère. — 2° Trois quintetti
pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson ,
Paris, Pacini. — 3° Grande fantaisie pour haut-
bois et orchestre ou piano; Paris, A. Petit. — 4°
Airs en quatuor pour hautbois, clarinette, cor et
basson, livre 1 ; Paris, Pleyel. — 5° Air varié avec
quatuor, op. 4 ; Paris, Pacini. — 6" La savoyarde,
variée pour hautbois et orchestre, op . 7 ; Paris, Du-
faut et Dubois. — T Boléro précédé d'un adagio
pour hautbois et orchestre, op. 9; ibid. —
8° Première fantaisie pour hautbois et piano,
op. 10; Paris, Pleyel. — 9° Deuxième fantaisie
idem; ibid. — 10° Nocturne concertant sur des
motifs du Siège de Corinthe, pour hautbois et
piano, op. 16; Paris, Troupenas. — 11° Troi-
sième fantaisie sur le Crociato pour piano, haut-
bois et basson, op. 17 ; Milan, Ricordi. — 12° Trio
pour piano hautbois ou clarinette et basson, —
13° Grande méthode complète pour le hautbois,
divisée en deuxparties; Paris, Dufaut et Dubois.
Brod s'est occupé sérieusement du perfection-
nement de son instrument par des principes d'a-
coustique et de division rationnelle du tube. Le
premier, il a compris que le meilleur moyen
d'ôter aux sons graves du hautbois l'âpreté dé-
sRgn^able qu'on y remarque, était de le faire
descendre plus bas, et consé(juemment d'alonger
Pinstrument, afin que les notes ?ni, ré, ut, ne se
prissent pas près du pavillon: c'est pour cela
principalement qu'il a fait descendre ses hautbois
jusqu'au la. La position de quelques clefs a été
aussi changée par lui. Dans les derniers temps
il était devenu possesseur des calibres de perce
du hautbois du célèbre facteur d'instruments
Delusse, considérés comme les meilleurs et les
mieux calculés par les artistes les plus habiles;
en sorte que les instruments construits par Brod
réunissent toutes les conditions désirables, sans
altérer la qualité naturelle des sons. Après lui,
Bœhm a refait la construction du hautbois et a
obtenu plus de justesse, plus d'égalité, aiivsi
qu'un doigter plus facile. Brod s'est occupé
aussi du perfectionnement du cor anglais, et y
a introduit de notables améliorations, ainsi que
dans son analogue appelé le bariton, ancien
instrument qui était abandonné depuis la pre-
mière partie du dix-huitième siècle. Brod est
mort à Paris, le 5 avril 1839.
BRODE AU (Jean), en latin Brodœus, fils
d'un vatet de chambre de Louis XII, né en 1500,
fut un des meilleurs littérateurs de son temps.
Il mourut chanoine de Saint-Martin de Tours,
en 1503. On a de lui des mélanges, Bâle, 1555,
in-S", dans lesquels il traite, hb. II, c. 13, de Pi-
thaule et Salpista;c. 14, de Trigono, Nablo
el Pandura; lib. IV, c. 31, an musicis canlibus
sanentur ischiadici ; lib. V, c. 32, Tibiis pari-
bus et imparibus. Ces mélanges ont été insérés
par Jean Gruter dans son recueil intitulé Lam-
pas, seufax artium, Francfort, 1 fi04, 6 vol . in-s".
BRODECZKY ( Jean-Théodore), violoniste
et claveciniste, né en Bohême, voyagea en Alle-
magne et dans les Pays-Bas, vers 1770, et se
fixa à Bruxelles en 1774.11 y fut attaché à la mu-
sique particulière de l'archiduchesse d'Autriche,
gouvernante des Pays-Bas. On a de lui trois
œuvres de sonates pour le piano, gravés dans cette
ville, en 1782, un œuvre de quatuors pour clave-
cin, violon, alto et basse, et un œuvre de trios
pour. piano, violon et violoncelle. Ce musicien a
laissé aussi en manuscrit six symphonies, des
études pour le violon, et quelques pièces pour le
violoncelle.
BRODERIP ( ), pianiste, machandde
musique et fabricant d'instruments à Londres
en 1799 , est connu par les compositions suivan-
tes : l°Sonates pour le piano, op. 1. — 2° idem,
op. 2. — 3° Psalms for 1, 2, 3 and 4 voices. —
4° Englisb songs, op. 4. — 5" Voluntaries for the
organ,op. 5. — C° Instructions forthe piano forte,
with progressive tessons, op. C. — 7° Concerto
for the piano, op. 7. — 8° Un recueil de glees et
de chansons.
BROEU (Ernest), professeur de musique
et violoncelliste à Breslau, connu depuis 1838
par ses compositions, est né dans cette vi-We. Il a
publié : r quatre Saîutaris hostia à 4 voix,
op. 1 ; Breslau, Grosser. — 2° 3 graduels à 4 voix
op. 2; Breslau, Leuckarl. — 3° Vêpres à 4 voix,
2 violons, alto, orgue, 2 hautbois et 2 cors ad
libitum, op. 3; Breslau, Grosser. — 4''4 Hymni
Vespertini , pour un chœ.ur d'hommes, op. 4 ;
ibid. —5" Lttanix B. Virginis Marias k 4 voix,
2 violons, basse et orgue, op. 5 ; Vienne, Haslin-
ger. — 6» LitanideS, S. Nomine Jesu à 4 voix,
2 violons, orgue (et 2 cors ad lib.); ibid. Broer
est aussi auteur d'un traité élémentaire de mu-
80
BROER — BROINNER
sique intitulé Gesang-Lehre fur Gymnasien;
Breslau, Scheffler.
BROES (M"*), pianiste distinguée, née à
Amsterdam en 1791, apprit les éléments de la
musique dans sa ville natale, puis accompagna
son père à Paris, et y devint élève de l'au-
teur de la Biographie universelle des Mu-
siciens, m 1805. Ses progrès dans l'harmonie et
sur le piano furent rapides. En 1810, elle passa
sous la direction de Klengel, qui, plus tard, fut
organiste de la cliapelle royale à Dresde. Les
événements de 1814 ayant affranchi la Hollande
de la domination française. M"" Broes retourna
dans sa patrie, et s'y livra à l'enseignement du
piano. Elle a été considérée comme un des meil-
leurs professeurs d'Amsterdam pour cet instru-
ment. Elle s'est fait connaître aussi comme com-
positeur par quelques productions pour le piano ;
ses ouvrages les plus connus sont : 1° Rondo
pour piano avec violoncelle obligé ; Mayence,
Schott. — 2° Variations sur un thème original ;
Paris, G. Gaveaux. — 3° Variations sur la ro-
mance de l'aveugle; Paris, Henri Lemoine. —
4° Variations sur l'air anglais : God save the
King; Amsterdam, Steup. — 5° Variations sur
la romance : A voyager passant sa vie ; ibid. —
6" Contredanses pour le piano ; Paris, Gaveaux
aîné.
BROESTEDT (Jean-Chrétien), co-recteur
au gymnase de Lunebourg, a publié à Gœttingue,
en 1739, une dissertation de trois feuilles in^"
sous ce titre : Conjectanea philologica de
hymnopœorutn apud hebrasos signo sela dicto,
que initia carminum repetenda esse indica-
ban t.
BROGNONICO (Horace), compositeur né
à Faenza, vers 1580, fut membre de l'académie
des Filomusi. On a de lui : Il primo libro de'
Madrigali à 5 voci ; Venezia, presso Giac.
Vincenli, 1608, in-4". Le second livre de ces
madrigaux a paru en 1613, etle troisième en 1615,
chez le même éditeur.
BROIER (....), compositeur français, fut
diantre de la chapelle du pape, sous le pon-
tificat de Léon X. Théophile Folengo, connu sous
le pseudonyme de Merlin Coccaie, a célébré
cet artiste dans ses vers macaroniques {Maca-
ron, lib. 25, prophet.) On peut voir ees vers à
l'article Bidon.
BROKELSBY (Richard), médecin, né en
1722, dans le comté de Sommerset, étudia suc-
cessivement à Edimbourg et à Leyde, sous le
célèbre Gaubius. 11 fut reçu docteur en 1745,
et mourut à Londres en 1797 , après avoir ac-
quis une grande fortune et beaucoup de consi-
dération dans la pratique de son art. On a
de lui : Rejlections on ancient and modem
Musick, wiih the application to the cure of
diseuses, to which is subjoined an Essay to
solve the question, wherein consisted the diffé-
rence qf ancient Musick from that of modem
time (Réflexions sur la musique ancienne et mo-
derne, avec son application à la guérison des ma-
ladies, suivies d'un essai sur la solution de cette
question : en quoi consiste la différence entre la
musique des anciens et celle des modernes);
Londres, 1749, in-8°, 82 pages. Le conseiller de
cour Kaestner a donné un extrait en allemand de
cet ouvrage, avec des notes, dans le Magasin
de Hambourg, t. 9, p. 87. On le trouve aussi dans
les Beytr. hist. krit.àe Marpurg, t. 2, p. 10-37.
Brokelsby a donné dans les Transactions phi-
losophiques (t. 45) , un autre mémoire sur la
musique des anciens.
BROMLEY (Robert-Antoine), ecclésias-
tique anglais, né en 1747, fut bachelier en théo-
logie. Il mourut à Londres en 1806. On a de lui
un sermon composé à l'occasion de l'ouverture
d'une nouvelle église dans cette ville, et sur l'or-
gue qui y avait été placé. Ce discours a été pu-
blié sous le titre suivant : On opening Church
and Organ. Sermon on psalm 122; Londres
1771, in-4°.
BROINIVER (Georges), organiste de l'église
du Saint-Esprit à Hambourg, naquit dans le
Holstein, en 1666. Mattheson, qui aurait pu nous
fournir des renseignements sur la vie de cet ar-
tiste, son contemporain, n'en parle que d'une
manière indirecte dans son livre intitulé Gritn-
dlage einer Ehren-Pforte ( p. 220 et 283).
Une note de Moller m'a indiqué la date de sa
naissance, mais c'est tout ce que j'ai trouvé sur
Bronner. Il paraît qu'il mourut en 1724. On voit
par les Annales du théâtre de Hambourg, qu'a-
près y avoir donné plusieurs opéras, il en prit la
direction en 1699. Les ouvrages dramatiques de
ce compositeur sont: 1° Écho et Narcisse, à
Hambourg, 1693. — 2» Vénus, ibid., 1694. —
3° Céphale et Procris, ibid., 1701. — 4° Phi-
lippe, duc de Milan. Cet ouvrage était prêt à
être joué en 1701, mais l'ambassadeur de l'empe-
reur s'opposa à la représentation. — 5° Bérénice,
Hambourg, 1702. — 0" Victor. La musique du
troisième acte de cet opéra a été composée par
Bronner; cet ouvrage a été joué à Hambourg en
1702. — 7° Le duc de Normandie, ibid., 1703.
— 8° La mort du grand Pan. En 1690, Bron-
ner a publié un recueil de cantates à voix seule.
Enfin on a de cet artiste un livre de chorals ar-
rangés pour l'orgue, qui a pour litre : Vollstecn-
diges musikalisches Choral-Buch nach dem
Hamburgischen Kirchen-Gesxngbuche ein-
BRONNEK — BROS
81
geru'hte! vach allen Melodeyen in 3 Stim-
men componirt, wie auch mit einem Choral
'iind obligaten Orgcl-bass versehen ; Hambourg,
1710,111-4°. La deuxième édition de cet ouvrage
a été publiée en 1720.
BROOlî (James), recteur de Hill-Crome et
vica re du ciiâteau de Ilanley, dans le duché
de Worcester, vivait au commencement du dix-
liiiitièine siècle. Il a publié un ouvrage intitulé :
T//e duttj and advantage of singing of the J
Lord (De la nécessité et de l'utilité du chant re-
ligieux); Londres, 1728, in-S».
BROOKBANCK (Joseph), écrivain an-
glais qui vivait vers le milieu du dix-septième
siècle: il paraît avoir été dans les ordres. On a de
cet auteur une dissertation sur la discussion
élevée sous le règne de Cromwell relativement
aux orgues et à la musique dans le service di-
vin. Les presbytériens voulaient les en exclure,
et les autres catholiques réformés prétendaient
qu'on devait les y conserver. La dissertation de
Brookbank est intitulée : The well tunedOrgan,
whether or no instrumental and organical
Miisick be lawful in holy publick assemblies
(L'orgue bien accordé, ou examen de cette ques-
tion : si la musique des instruments et des or-
gues est admissible dans les assemblées pieuses) ;
Londres, 1660, in-4°.Une multitude de pamphlets
anonymes furent publiés dans la querelle dont il
s'agit. J'ai recueilli les titres de quelques-uns;
les voici : 1° Organ's Echo (L'Écho de l'Orgue) ;
Londres, 1641, in-fol. — 2° The Organ's Fune-
rai (Les Funérailles de l'Orgue); Londres, 1642;
in-4". — 3° The holy Harmonij ; or a plea for
the abolishing of Organs andother Miisick in
Churches (L'Harmonie sacrée, ou plaidoyer pour
l'abolition des orgues et de tonte autre musique
dans les églises); Londres, 1643,in-4°. — 4° Gos-
pel Musick, by N. H. (La musique évangéli-
que.etc); Londres, 1644, in-4°. Le parlement
intervint dans cette affaire, et rendît :leux or-
donnances qui furent imprimées sons le titre :
Two ordinances of both houses for demo-
lishing of Organs and Images; Londres, 1644,
in-4\
BROOKER (Daniel), vicaire de l'église de
Saint-Pierre et chanoine de Worcester, a pro-
noncé un discours sur la musique d'église, à l'oc-
casion de l'oratorio à'Alhalie, de Heendel, exécuté
dans l'église de Worcester en 1743. Ce discours a
été imprimé sous ce titre : Musical Wereesier, a
Sermon on Ps. XXXllI l-3;Londres,1743,in-4<'.
BROOMANN (Louis) , musicien belge, qui
était né aveugle, en 1518, est cité par Swertius (1)
I (1) Selectas ChrUtiaDis orbis deiieias, p. 4T5.
mOGB. UMV. DES MUSICIENS. ï. — II.
et par Vossius ( 1 ) comme un des artistes les
plus célèbres de son temps : cette célébrité est
aujourd'hui fort oubliée. Il mourut à Bruxelles
en 1597, à l'âge de 69 ans, et fut inhumé dans
l'église des Franciscains de cette ville. C'était,
dit Vossius, un docteur dans les arts libéraux,
un licencié en droit, et le prince de la musique
(Arlium liberalium doctor, Juris candidatus, et
musicae princeps). J'ai bien peur que ce savant
n'ait point d'autre garant du mérite de ce Croo-
mann que son épithaphe, ainsi conçue :
D. G. M.
LoDOvico Broomanno
Jacobi et Cokneli^ Verhoyle Wechen F.
A NATIVITATE C^CO
ARTICM LIBERALICM DOCTORI
jurisprud- candidato musicesque principi :
Geutrudis Keysers
JODOCI EX M1ARIA CLEERHAGHEN F.
maritoB. m. SIBIQUE pos.
VlXIT annosLXIX
Obiit vin. Janu. m.d. xcvil
BROS (D. Juan), maître de chapelle et com-
positeur espagnol, naquit à Tortose, en 1776.
Après avoir été enfant de chœur dans la cathé-
drale de cette ville, il se rendit à Barcelone
pour étudier la composition sous la direction de
Qiieralt et d'autres maîtres. Ses heureuses dis-
positions le mirent bientôt en état de remplir
les fonctions de second maître de la chapelle. de
Santa-Maria del Mar, ainsi que celle d'orga-
niste de l'église S. Sévère, dans la même ville.
En 1807, Bros obtint au concours la place de
maître de chapelle de la cathédrale de Malaga,
et l'emporta sur dix-neuf concurrents. En 1815 la
direction de la chapelle d'Oviédo étant devenue
vacante, par la mort de D. Juan Ferez, ce fut
D. Juan Bros qui fut désigné comme son suc-
cesseur; mais il n'accepta pas cette place et re-
nonça également à celle quïl occupait à Malaga,
pour satisfaire sa famille, laquelle désirait qu'il
prit la position de maître de chapelle à Léon. 11
l'occupa jusqu'en 1823, époque où il ftit com-
promis dans les affaires politiques , qui le firent
mettre en arrestation ; mais il fut acquitté par
un arrêt de la cour suprême de la Rota. Retiré
alors à Oviédo, il y épousa une dame de famille
distinguée nommée Dona Maria de los Dolores
consul Villar. En 1834, Bros fut appelé de
nouveau à la place de maître de chapelle de
la cathédrale de celte ville : il l'occupa jusqu'à
sa mort, arrivée le 12 mars 1852, à l'âge de
soixante-seize ans. Ses œuvres innombrables de
musique d'église sont répandues dans torjtes les
(!) l.iM. 1, De natura ArlluiD.c. 4.
82
BROS— BROSCBl
chapelles de l'Espagne : on cite comme les meil-
leures, trois miserere avec les lamentations, com-
posées à Léon ; un Te Deum, un oflice des morts
et d'autres miserere écrits à Oviédo, outre une
infinité de messes et de psaumes compo-
sés'pour le service des églises diverses aux-
quelles Bros fut attaché dans sa longue carrière.
BROSCHARD (Évelina), Voyez Bro-
CHARD. ^
BROSCHI (Charles), cocnn sous le nom
d« Farinelli, fut le plus étonnant des chanteurs
du dix-huitième siocle,ibien qu'il ait été conteni-
poiain de plusieurs virtuoses de premier or-
dre. On ne s'accorde pas sur le lieu de sa nais-
sance. Si l'on croit le P. Giovenale Sacchi, à qui
l'on doit une biographie de cet artiste célèbre (1),
il était uéà Andria ; cependant Farinelli lui-même
dit à Burney, lorsque celui-ci le vit à Bologne
en 1770, qu'il était de Naples. Quoi qu'il en soit,
il est certain qu'il vît le jour le 24 janvier 1705.
Son orij^ine a fait naître aussi des discussions.
On a dit que son nom de Farinelli venait de
farina, parce que le père du chanteur, Salvator
Broschi, avait été meunier, d'autres disent mar-
chand de farine ; mais il parait certain que son
nom lui fut donné parce qu'il eut pour protec-
teurs et pour patrons, au commencement de
sa carrière, trois frères nommés Farina, qui
tenaient le premier rang parmi les amateurs les
plus distingués de Naples. Le P. Sacchi assure
qu'il a vu entre les mains de Farinelli les preuves
de noblesse qu'il avait fallu fournir lorsque
la faveur sans bornes dont H jouissait auprès
du roi d'Espagne lui fit obtenir son admission
dans les ordres dcCalatrava et de St-Jacqnes. H
serait peut-être difficile de concilier la naissance
iistinguée des parents de l'artiste avec l'infâme
ralic qu'ils firent de sa virilité, dans l'espoir d'as-
surer leur fortune; mais en Italie, et surtout
dans le royaume de Naples, on n'était jamais
embarrassé pour cacher ces sortes de spécula-
lions sous le prétexte d'un accident quelconque.
Une blessure, disait-on, survenue au jeune Bros-
chi à la suite d'une chute de cheval, n'avaifété
jugée guérissable par le chirurgien qu'au moyen
de la caslrallon. 11 n'y avait pas un castrat ita-
lien qui n'eftt à conter sa petite histoire toute
semblable. La mutilation ne produisait pas tou-
jours les effets qu'on eu avait espérés : beaucoup
d'infortunés perdaient la qualité d'homme, sans
acquérir la voix d'un chanteur. Farinelli fat du
moins plus heureux, car il posséda la pins ad-
mirable voix de soprano qu'on ait peut-être ja-
mais entendue.
(1) Vlta del Cav.lDon Carlo Broschi, detto FarinelU ; Ve-
nezia, nella stampcria Collclti, 1784, in-S".
Son père lui enseigna les premiers éléments de
la musique, puis il passa dans l'école de Porpora,
dont il fut le premier et le plus illustre élève.
Après avoir appris sous cet habile maître le mé-
canisme de l'art du chant, tel qu'il existait dans
la méthode parfaite des chanteurs de ce temps ,
il commença à se faire entendre dans quelques
cercles d'artistes et d'amateurs, particulièrement
chez les frères Farina. Sa voix merveilleuse, la
pureté des sons qu'il en tirait, sa facile et bril-
lante exécution, causèrent la plus vive sensation,
et dès lors on prévit l'éclat qu'auraient ses dé-
buts sur la scène. On a écrit qu'à l'âge de quinze
ans (en 1720 ) il se fit entendre pour la première
fois en public dans VAngelica et Medoro de Mé-
tastase, premier opéra de ce poète illustre, qui
n'avait alors que dix-huit ans, et que la singula-
rité de ce double début fit naître entre Métastase
et Farinelli une amitié qui dura autant que leur
vie. Tout cela est dénué de fondement. Métastase
n'était jmint à Naples en 1720, car il ne quitta
Rome qu'au mois de juin 1721, pour fuir se»
créanciers ; il n'avait pas alors dixdiuit ans, mais
bien vingt-deux ans et quelques mois, étant né
à Home le 3 janvier 1698 ; Angelica e Medoro n'é-
tait pas son début, car il n'avait que quatorze ans
quand il donna son Giustino; enfin Angelica e
Medoro ne date point de 1720, mais de 1722 (1).
Ce qui est plus certain, c'est que danscette même
année 1722 FarineUi, alors âgé de dix-sept ans,
accompagna à Rome son maître, Porpora, qui
était engagé pour écrire au théâtre Aliberti de
cette ville l'opéra intitulé Eomene. C'est dans cet
ouvrage que Farinelli, déjà célèbre dans l'Italie
méridionale sous le nom de il ragazzo ( l'enfant ),
fit son début à Rome. Un trompette allemand,
dont le talent ter^ait du prodige, excitait alors l'ad-
miration des Romains. Les entrepreneurs du
théâtre prièrent Porpora d'écrire un air pour
son élève, avec un accompagnement de trom-
pette obligée; le compositeur souscrivit à leur
demande, et dès ce moment une lutte fut en-
gagée entre le chanteur et le virtuose étranger.
L'air commençait par une note tenue en point
d'orgue, et tout le trait de la ritournelle était en-
suite répété dans la partie de chant. Le trom-
pelte prit cette note avec tant de douceur; il en
développa l'intensité jusqu'au degré de force le
plus considérable par une progression si insen-
sible, et la diminua avec tant d'art ; enfin, il tint
cette note si longtemps, qu'il excita des trans-
ports universels d'enthousiasme, et qu'on se per-
(1) .Farinelli lui-même a donné lieu à cette erreur, dan;
une conversation avec Burney; maison peut affirmer que
se» souvenirs le trompaient, et qu'il ne connut Métastase que
peu de tem|/S avant son départ pour Rome.
BUOSCUI
83
suada que le jviiine Fariuelli ne pourrait lutler
avec un artiste dont le talent était si parfait. Mais
quand vint le tour du ciianteur, lui que la nature
it l'art avaient doué de la mise de voix la plus
admirable qu'on ait jamais entendue, lui, dis-je,
sans s'effrayer de ce qu'il venait d'entendre, prit
cette noie tenue avec une douceur, une pureté
inouïe jusqu'alors, eu développa la force avec un
art infini , et la tint si longtemps qu'il ne parais-
sait pas possible qu'un pareil effet fût obtenu par
des moyens naturels." Une explosion d'applaudis-
sements et de cris d'admiration accueillirent ce
phénomène : l'interruption dura près de cinq mi-
nutes. Le chanteur dit ensuite la phrase de mélo-
die , en y introduisant de brillants trilles qu'aucun
autre artiste n'a exécutés comme lui. Quelle que
fût l'habileté du trompette, il f-it ébranlé par le
talent de son adversaire : toutefois il ne se dé-
couragea pas. Suivant l'usageet la coupe des airs
de ce temps, après la deuxième partie de l'air, le
premier motif revenait en entier ; l'artiste étranger
rassembla toutes ses forces, recommença la te-
nue avec plus de perfection que la première fois
et la soutint si longtemps, qu'il sembla balancer
le succès de Fariuelli ; mais celui-ci, sans rien
perdre de la durée de la note, telle qu'il l'avait
fait entendre la première fois, parvint à lui donner
un tel éclat, une telle vibration, que la salle en-
tière fut remplie de ce son immense, et dans la
mélodie suivante, il introduisit des traits si bril-
lants, et lit entendre une voix si étendue, si égale
et si pure, que l'enthousiasme du public alla jus-
qu'à la frénésie, et que l'instrumentiste fut obligé
de s'avouer vaincu. Il y a lieu de croire que Por-
pora avait aidé au triomphe de son élève, et que
les traits qui parurent improvisés avaient été pré-
parés par lui et travaillés d'avance. Quoi qu'il en
soit, le public attendit en masse le chanteur à la
porte du théâtre, et l'accompagna jusque chez
lui, en poussant des viva et d'unanimes acclama-
tions (1).
Ici se présente une de ces erreurs et de ces con-
tradictions assez fréquentes dans la vie de cet
artiste, et qu'on ne peut expliquer. Durney dit,
dans son voyage musical en Italie (pag. 214),
qu'en quittant Rome, Fariuelli aHa à Bologne
où il entendit le célèbre Bernacc-lii; mais Ber-
nacchi n'était point à Bologne en 1722. Choreu
et Fayolle ont ajouté à ce que dit Burney, que ce
(1) Les détails qu'en vient de lire diffèrent en plusieurs
points de ceux qui ont été donnés par Burney ( The pré-
sent State 0/ !Uusic in France and Italy, p. 2ls et 2u ^ ;
mais ils ont été recueillis avec beaucoup de soin et d'exac-
titude par Kandler dans des mémoires manuscrits dont
il a bien veulu m'euvoyer une copie, avec d'autres sur
Alexandre Scarlatti.
fut alors que Farinelli demanda des leçoui au
chef de l'école de Bologne. Cependant Bi/rney
avoue que ce chanteur resta sous la direction de
Porpora jusqu'en 1724 (1) , époque où il fit avec
lui son premier voyage devienne; or il est cer-
tain que son maître, renommé dans toute l'Italie
pour l'enseignement du chant, n'aurait pas permis
que son élève lui fit l'injure de prendre des leçons
d'un autre professeur quel qu'il fût. Il est hors de
doute d'ailleurs que Farinelli n'avait jamais en-
tendu Bernacchi avant 1727, et que ce n'est qu'a-
près avoir été vaincu par lui dans un opéra d'Or-
landini, qu'il reconnut ce qui lui manquait sous le
rapport de l'art, et qu'il se décida à demander des
conseils à celui dont il avouait la supériorité.
On manque de renseignements sur l'effet que
produisit Farinelli à Vienne, lorsqu'il y fit son
premier voyage, en 1724. L'année suivante il
chanta à Venise dans la Didone abbandonata
de Métastase, lïiise en musique par Albinoni. Puis
il retourna à Naples, oij il excita la pins vive admi-
ration dans une sérénade dramatique de liasse,
où il chanta avec la célèbre cantatrice Tesi. En 1 726
il joua à Milan dans le Ciro, opéra de François
Ciainpi ; puis il alla à Rome, où il était attendu
avec une vive impatience. En 1727 il se rendit à
Bologne : il y devait chanter avec Bernacchi. Fier
de tant de succès, confiant dans l'incomparable
beauté de sa voix et dans la prodigieuse facilité
d'exécution qui ne l'avait jamais trahi, il redou-
tait peu l'épreuve qu'il allait subir. L'habileté de
Bernacchi était telle, à-la vérité, qu'elle l'avait fait
appeler Le roi des chanteurs; mais sa voix n'é-
tait pas belle, et ce n'était qu'à force d'art que
Bernacchi avait triomphé de ses défauts. Ne dou-
tant pas d'une victoire semblable à celle qu'il
avait obtenue à Rome cinq ans auparavant, l'é-
lève de Porpora prodigua dans le duo qu'il chan-
tait avec Bernacchi tous les trésors de son bel
organe , tous les traits qui avaient fait sa gloire.
L'auditoire, dans le délire, prodigua des applau-
dissements frénétiques à ce qu'il venait d'entendre.
Bernacchi, sans être ému du prodige et de l'effet
qu'il avait produit, commença à son tour la phrase
qu'il devait répéter, et redisant tous les traits du
jeune chanteur, sans en oublier tin seul, mit
dans tous les détails une perfection si merveil-
leuse, que Farinelli fut obligé de reconnaître son
maître dansson rival. Alors, au lieu de se renfermer
dans un orgueil blessé, comme n'aurait pas manqué
de faire un artiste ordinaire, il avoua s^a défaite
et derhanda des, ootiseils à Bernacchi, qui se plut
à donner la dernière perfection au talent du chan-
teur If plus extraordinaire du dix-huitième siècle.
(1) // gênerai Uistory of Music, t. 4, p. 378.
84
BROSCHI
C'est quelque chose de beau et de digne, que ce
double exemple de la conscience d'artiste qui écarte
des deux côtés les considérations d'amour-propre
et d'i-ntérêt personnel, pour ne songer qu'aux pro-
grès de l'art.
Après avoir fait un second voyage à Vienne
en 1728, Farinelli visita plusieurs fois Venise,
Rome, Naples, Plaisance et Parme, et, dans les
années 1728 à 1730, s'y mesura avec quelques-
uns de's plus célèbres chanteurs de ce temps , tels
que Gizzi, Nicolini, la Faustina et la Cuzzoni, fut
partout le vainqueur de ces'virtuoses, et fut com-
blé d'honneiirs et de richesses. En 1731, il fit un
troisième voyage à Vienne. Jusqu'alors, le genre
de son talent avait été basé'sur l'improvisation
et l'exécution des difficultés. Le trille, les groupes
de toute espèce, les longs passages en tierces,
ascendants et descendants, se reproduisaient
sans cesse dans son chant; en un mot, Farinelli
était un chanteur de bravoure (1). C'est après ce
voyage à Vienne, qu'il commença à modifier sa
manière, et qu'à son exécution prodigieuse il
ajouta le mérite de bien chanter dans le style pa-
thétique et simple. Les conseils de l'empereur
Charles VI le dirigèrent vers cette réforme. Ce
prince l'accompagnait un jour au clavecin; tout
à coup, il s'arrêta et dit à l'artiste qu'aucun autre
chanteur ne pouvait être rais en parallèle avec
lui ; que sa voix et son chant ne semblaient point
appartenir à un simple mortel, mais bien à un
être surnaturel. «Ces gigantesques traits (lui dit-
« il), ces longs passages qui ne finissent pas,
« ces hardiesses de votre exécution excitent l'é-
« tonncment et l'admiration, mais ne touchent
« point le cœur ; faire naître l'émotion vous serait
« si facile, si vous vouliez être quelquefois plus
« simple et plus expressif! » Ces paroles d'un
véritable connaisseur, d'un ami de l'art ne fu-
rent point perdues. Avant qu'elles eussent été
dites, Farinelli n'avait pas songé à l'art de chan-
ler avec simplicité, bien que la nature lui eût
départi tous les dons qui pouvaient lui assurer
une incontestable supériorité en cela comme en
toutes les autres parties du chant; niais il ne faut
pas oublier qu'à l'époque où il entra dans la
carrière du citant théâtral, toute l'Italie raffolait
du chant de bravoure que Hernacclii avait mis
en vogue ; avide de ^succès, comme l'est tout
aptiste, il s'était livré sans réserve à ce genre
dans lequel nul ne po\ivait l'égaler. Mais après
avoir reçu les conseils de l'empereur, il comprit
(0 II ne faut pas oublier, d'ailleurs, que Porpora, maître
de FarinelU, avait une véritable passion pour les trilles,
les croupes et iesmordents; sa musique en était remplie.
On peut voir à ce sujet une anecdote plaisante à l'arlicle
l'or/jora.
ce qui lui restait à faire pour être un chanteur
complet, et il eut le courage de renoncer quelw
qucfois aux applaudissements de la multitude,
pour être vrai, simple, dramatique , et satisfaire
quelques connaisseurs. Ainsi que l'avait prévu
Charles VI, il fut, dès qu'il le voulut, le chanteur
le plus pathéfhique comme il était le pins brillant.
On verra plus loin que ce progrès ne fut pas seu-
lement utile à sa renommée, mais qu'H fut la
cause principale de sa haute fortune.
De retour en Italie, Farinelli chanta avec des
succès toujours croissants à Venise, à Rome, à
Ferrare, à Lucques, à Turin. Comblé d'honneurs
et de richesses, il quitta enfin le continent en
1734, pour passer en Angleterre. Peu de temps
auparavant, la noblesse anglaise, irritée contre
Hzendcl (voyez ce nom ) qui montrait peu d'é-
gard pour elle, avait résolu de. ruiner son entre-
prise du théâtre do Hay-Market, et, pour réaliser
ce dessein, avait fait venir Porpora à Londres, afin
qu'il dirigeât un Opéra au théâtre de Lincoln's-lnn
Fields. Incapable de rien ménager quand il croyait
avoir à se plaindre de quelqu'un, Hœndel venait
de se brouiller avec Senesino, contralto parfait
qui passa au théâtre de son rival ; mais malgré
cet échec et l'animad version de la haute société, le
génie du grand artiste luttait encore avec avan-
tage contre l'entreprise de ses antagonistes, et
ceux-ci avaient un arriéré de 19 mille livres ster-
ling qui les menaçait d'une ruine presque inévi-
table. Porpora comprit que les prodiges du talent
de Farinelli pouvaient seuls les tirer d'une posi-
tion si |)crilleuse. L'événement prouva qu'il ne
s'était pas trompé. Il le fit entendre pour la pre-
mière fois dans \'Artaxei-cès de Basse, où son
frère, Richard Broschi, avait ajouté un air d'en-
trée qui décida en sa faveur une vogue qui te-
nait du délire. Cet air commençait par une note
tenue comme cgUiï d'Eomene, écrit douze ans
auparavant à Rome par Porpora. Farinelli vou-
lut y reproduire l'effet qu'il avait obtenu dans sa
lutte avec le trompette et par le même moyen.
Prenant une abondante respiration, et appuyant
sa main droite sur sa poitrine, il fit entendre un
son pur et doux qui alla imperceptiblement jus-
qu'au plus haut degré de force, puis diminua de
la même manière jusqu'à la plus parfaite ténuité,
et la durée de. ce son fut à peu près cinq fois
plus longue que ne serait une tenue du même
genre faite par un bon chanteur ordinaire. Ce son
extraordinaire plongea toute l'assemblée dans une
ivresse qu'il est plus facile d'imaginer que de peindre.
Tout le reste de la soirée se passa dans des sensa-
tions du même genre, et dès lors il n'y eut d'admi-
ration que pour Farinelli; on ne voulut entendre
que Farinelli, et l'enthousiasme fut tel, qu'une
BROSCIII
85
(lame de la cour s'écria de sa loge, il n'y a qn'un
Dieu et qîi'wi Farinelli. Cependant, parmi les
chanteurs qui l'entouraient, il y en avait deux de
premier ordre : c'était Senesino et la Cuzzoni.
La partie était trop forte; il était impossible que
Hœndel ne la perdît pas. Après avoir lutté en vain
pendant l'année 1734, il comprit que l'exécution
de ses admirables oratorios était la seule chose
qui pouvait le sauver; mais Hay-Market était trop
petit [loiirrel'fetdecesgrandsouvrages; ille quitta
pour allcrs'établir àCovent-Garden, etses adver-
saires s'emparèrent de Hay-Market (1). Les suc-
cès de Farinelli avaient produit des sommes suf-
<isanfcs pour toutes les dépenses , et les 19 mille
livres sterling d'arriéré étaient payées. A l'égard
de ce chanteur, l'engouement dont il fut l'objet
ne saurait se décrire. Sa faveur avait commence
par une soirée au palais de Saint-James, où il
chanta devant le roi, accompagné par la prin-
cesse royale, qui depuis fut princesse d'Orange.
Ce fut à qui ferait au chanteur les présents les
plus magnifiques, et la mode s'en établit d'autant
mieux que, par ostentation, la noblesse faisait
annoncer par les journaux les cadeaux qu'elle
lui envoyait. L'exemple du prince de Galles qui
lui avait donné une tabatière d'or enriciiie de
diamants et contenant des billets de banque,
avait été imité par beaucoup de personnes. Fa-
rinelli n'avait que quinze cents livres sterling d'ap-
pointements au théâtre ; cependant son revenu ,
pendant chacune des années 1734, 35 et 36, où il
demeura en Angleterre, ne s'éleva pas à moins
de cinq mille livres sterling (environ 125 mille
francs j.
Vers la fin de 1730, Farinelli partit pour l'Es-
pagne, en prenant sa roule par la France, où il
s'arrêta pendant quelques mois; il y produisit
une vive sensation qu'on n'avait pus Heu d'at-
tendre de l'ignorance où l'on était alors dans ce
pays de la bonne musique et de l'art du chant.
Louis X'V l'enlendit dans l'appartement de la
reine, et l'applaudit avec des expressions qui
étonnèrent toute la cour, dit Riccoboni. C'était
en effet quelque chose d'assez singulier que de
voir Louis XV goûter un vif plaisir à entendre un
rhanteur, lui qui n'aimait pas la musique, et qui
aimait moins l'italienne que toute autre. On dit
qu'il lit présent au chanteur de son portrait en-
richi de diamants et de cinq cents louis. Fari-
nelli n'avait voulu faire qu'un voyage en Espagne,
ft se proposait de retourner en Angleterre, où il
avait des engagements avec les entrepreneurs de
l'Opéra ; mais le sort en décida autrement, et le
(1) Tout cela a été rappoi-lé avec beaucoup d'inexacti-
tude dans quelques biographies de Farinelli.
pays qu'il n'avait voulu que visiter, leretint près
de vingt-cinq ans. On rapporte que Philippe V,
roi d'Espagne, dans un de ses accès d'abattement
et de mélancolie, assez fréquents depuis la mort
de son fils, négligeait les affaires de l'Etat et re-
fusait de présider le conseil, malgré les instances
de la reine, Éhsabeth de Ferrare. Ce fut dans ces
circonstances que Farinelli arriva à Madrid. La
reine, informée de sa présence en Espa-^ne, vou-
lut essayer sur l'esprit du roi le pouvoir de la
musique, qu'il aimait beaucoup. Elle fit disposer
un concert dans l'appartement du roi, et demanda
au virtuose de chanter quelques airs d'un ca-
ractère tendre et doux. Dès que la voix du chan-
teur .se fit entendre, Philippe parut frappé; puis
l'érnolion s'empara de son cœur; à la fin du se-
cond air, il fit entrer Farinelli, l'accabla d'éloges,
et lui demanda un troisième morceau, où le célèbre
artiste déploya tout le charme, toulela magie de sa
voix et de son habilelé. Transporté de plaisir, le roi
lui dernauda quelle récompense il voulait, jurant
de lui tout accorder: Farinelli pria le roi défaire
quelques efforts pour .sortir de l'abattement où il
était plongé, et de chercher des distractions dans
les affaires du royaume : il ajouta que s'il voyait
le prince heureux, ce serait sa plus douce récom-
pense. Philippe prit en effet la résolution de
s'affranchir de sa inélanculie ; il se fit (iiire la
barbe, assista au conseil , et dut sa guéiison au
talent du chanteur.
La reine avait compris quelle pourrait être
l'infiuenre de celui-ci sur la santé du roi; elle
lui fit des prciposilions qui furent acceptées ; ses
appointements fixe> furent réglés à 50,000 fr. ,
et le chant de Farinelli fut réservé pour le
roi seul. Dès ce mouient, on peut dire qu'il
fut perdu pour l'art. Devenu favor.i de Phi-
lippe, il eut l'immense* pouvoir dont jouissent
ceux qui occupent de pareilles positions près de-;
rois, et sa fortune s'en ressentit; mais son
cœur fut désormais fermé aux émotions de l'ar-
tiste. Espèce de boulfou de cour, il était là
pour dire, seul à seul avec le roi, des airs comme
ïriboidet faisait des grimaces et lançait des sar-
casmes à François I'^''. Qu'on juge du dégoût
qu'il dut éprouver: il dit à Burney que pendant
les dix premières années de sa résidence à la cour
d'Espagne et jusqu'à la mort de Philippe V, il
chanta chaque soir à ce prince quatre airs qui ne
varièrent jamais. Deux de ces morceaux étaient
deHasse, Pallidoilsole, etPerqueslodolceam-
pte'sso;\e troisième, étaitun menuet sur lequel le
cliranteur improvisait des variations. Ainsi Fari-
nelli redit pendant ces dix années environ 3,600
fois les mêmes morceaux et jamais autre chose :
c'était payer trop cher le pouvoir et la fortune.
86
BROSCHI
La Borde dit que Fariaclli devint premier mi-
nistre de Philippe et de Ferdinand VI, son suc-
cesseur; le même fait a été répété par Gerber,
Choron et Fayolle, par M. Grossi (Biografia de-
gli uomini illustri del regno di Napoli), et par
moi-même dans la Revue musicale. Bocous (voyez
ce nom), qui dit avoir reçu ses renseignements
du neveu de Farinelli, a présenté une'autre version
«lans un article de la Biographie Universelle de
Micliaud. Selon lui, ce ne serait pas de Phi-
lippe, mais de Ferdinand VI que Farinelli aurait
eu, non le titre de premier ministre, car il paraît
certain qu'il ne l'eut jamais, mais le pouvoir et
l'influence d'un favori supérieur au ministre lui-
même. Voici comme s'exprime Bocous :•: Le
« bon et sage Ferdinand VI avait hérité des in-
« firmités de son père. Dans le commencement
« de son règne, surtout, il fut tourmenté d'une
« profonde mélancolie dont rien ne pouvait le gué-
« rir. Seul, enfermé dans sa chambre, à pHne il
n y recevait la reine; et pendant plus d'un mois,
« malgré les instances de celle-ci et les prières de
« ses courtisans, il s'était refusé à changer de
« linge et à se laisser raser. Ayant inutilement
« épuisé tous les moyens possibles, on eut recours
« au talent de Farinelli. Farinelli chanta, le
« charme fut complet. Le roi ému, touché par
« les sons mélodieux de sa voix, consentit sans
« peine à ce qu'on voulut exiger de lui. La reine
H alors, se faisant apporter une croix de Calatrava,
« après en avoir obtenu la permission du mo-
« narque, l'attacha de sa propre main à l'habit
« de Farinelli. C'est de cette époque que date
« son inituence à la cour d'Espagne, et ce fut
« depuis ce moment qu'il devint presque lo seul
« canal par où coulaient toutes les grâces. Il faut
« cependant avouer qu'il ne les accorda qu'au
« mérite, qu'elles n'étaient pas pour lui l'objet
<« d'tme spéculation pt-cuniaire, et qu'il n'abusa
« jamais de son pouvoir. Ayant observé l'effet
" qu'avait. produit la musique sur l'esprit du roi,
" il lui persuada aisément d'établir nu spectacle
" italien dans le palais de Buen-lSctiro, où il
« appela les plus habiles artistes de l'Italie. Il en
« fut nommé directeur; mais ses fonctions ne se
« bornaient pas là. Outre la jirande prépondé-
« rance qu'il continuait à exercer sur le roi et la
« reine, Farinelli était souvent employé dans les
n affaires politiques ; il avait de fréquentes con-
u férences avec le ministre La Ensenada, et était
« plus particulièrement considéré comme l'agent
« des mi-nistres de différentes cours de l'Europe
« qui étaient intéressées à ce que le roi catlio-
■< lique n'effectuât pas le traité de famille que la
" France lui pro[iosait, etc. u
Farinelli était doué delà prudence, de l'adresse
et de l'esprit de conduite qui distinguent les
hommes de sa nation. Sa position était délicate,
car la faveur sans borne dont il jouissait près
des rois d'Espagne le mettait sans cesse en con-
tact avec une haute noblesse fière et jalouse. Il se
montrait si humble avec elle, il abusait si peu de
son pouvoir, il mit tant de discernement dans le
choix de ses protégés, que pendant son long
règne de favori, il ne se fit que peu d'ennemis.
On rapporte sur lui quelques anecdotes qui peu-
vent donner une juste idée de la manière dont il
usait de son crédit. Allant un jour à l'apparte-
ment du roi, où il avait le droit d'entrer à toute
heure, il entendit un ofticier des gardes dire à
un autre qui attendait le» lever: Les honneurs
pleuvent sur un misérable histrion, et moi,
qui sers depuis trente ans, je suis sans récom-
pense. Farinelli se plaignit au roi de ce qu'il né-
gligeait les hommes dévoués à son service, lui
fit signer un brevet, et le remit à l'officier lors-
qu'il sortit, en lui disant : Je viens de vous en-
tendre dire que vous serviez depuis trente ans,
mais vous avez eu tort d'ajouter que ce fut
sans récompense. Une autre fois, il sollicitait
en faveur d'un grand seigneur une ambassade
que celui-ci désirait : Mais ne savez-vous pas
(lui dit le roi) qu^il n'est pas de vos amis, et
qu'il parle mal de vous ? — Sire, répondit Fa-
rinelli, c'est ainsi que je désire me venger. Il
avait, d'ailleurs, de la noblesse et de la généro-
sité dans le caractère ; l'anecdote qui suit en est
la preuve ; elle est fort connue : on en a fait le
sujet d'un opéra. Farinelli avait commandé im
habit magnifique : quand le tailleur qui l'avait
fait le lui porta, l'artiste lui demanda son mé-
moire. — Je n'en ai point fait, dit le tailleur. —
Comment? — Non, et je n'en ferai pas. Pour
tout payement, reprit-il en IremBlant, je n'ai
qu'unegrâce avons demander. Je sais que ce
que je désire est d'un prix inestimable, et que
c'est un bien réservé aux monarques; mais
puisque j'ai eu le bonheur de travailler pour
un homme dont on ne parle qu'avec enthou-
siasme, je ne veux d'autre payement que de lui
entendre chanter un air. En vain Farinelli es-
saya-t-il de faire changer de résolution à cet
homme; en vain voulut-il lui faire accepter de
l'argent ; le tailleur fut inébranlable. Enfin, après
beaucoup de débats, Farinelli s'enferma avec lui,
et déploya devant ce mélomane toute la puis-
sance de son talent. Quand il eut fini, le tailleur,
enivré de plaisir, lui exprima sa reconnaissance;
il se disposait à se retirer: Non, lui dit Farinelli,
j''ai l'âme sensible et fière, et ce n'est que
par laque f ai acquis quelque avantage sur
la plupart des autres chanteurs. Je vous ai
BROSCIII
87
céffé, il est jiisle que vous cédiez à votre
tour. En môme temps il lira sa bourse et força
le tailleur à recevoir environ le double de ce
que son habit pouvait valoir.
Gt-rber, Choron et Fayolle, M. Grossi, et
d'autres encore, ont écrit que lorsque Charles lil
assura à Farinelli la continuation des appointe-
ments dont il avait joui, i( ajouta : Je le fais
(fautant plus volontiers que Farinelli n'a
jamais abusé de la bienveillance ni de lamu-
ni/icence de viex prédécesseurs . Cependant il
n'en faut pas conclure, comme le font ces écri-
vains, qu'il demeura au service de ce piince.
Charles III, peu de temps après-son avènement
au trône, fit donner au favori de Philippe et de
Ferdinand l'ordre de sortir d'Espagne; circons-
tance qui peut être expliquée par la résolution que
prit ce roi de signer le pacte de famille avec les
cours de France et de Naples. On sait que Fa-
rinelli, avait toujours été opposé à ce traité, et
qu'il avait employé toute son influence à l'em-
pêcher sous le règne précédent. Farinelli conserva
son traitement, mais sous la condition de s'établir
à Bologne et non àNaples comme il en avait eu le
dessein. Cestce qu'il fit entendre à Burney dans
une conversation (1).
Quand Farinelli revint en Italie, après une ab-
sence de près de vingt-huit ans, tous ses anciens
amisavaientdisparu ; les uns avaientcessé de vivre,
les autres avaient quitté le pays ; il lui fallut songer
à se créer des amitiés nouvelles, où le charme de
la jeunesse ne pouvait plus se trouver. Farinelli
avait cinquante-sept ans ; ce n'est plus l'âge des
liaisons intimes : alors il dut sentir le vide de l'âme
<run artiste qui n'a point rempli sa mission . De ses
grandeurs passées, il ne lui reslaitque des richesses
qui n'adoucissaient point ses regrets. A peine
parlait-il quelquefois de ses talents et de la gloire
qu'ils lui avaient procurée dans sa jeunesse, tandis
que sa mémoire incessamment assiégée de son
rôle de favori, de ses missions diplomatiqueset de
sacroixdeCalatrava.ini fournissait des multitudes
d'anecdoles qu'il coulait à tout venant. Le grand
chanteur semblait avoir cessé de vivre depuis
longtemps : le courlisan seul restait pour dé-
plorer la perte de ses hochets. Dans le palais qu'il
s'était fait bâtir à un mille de Bologne, et qu'il
avait décoré avec autantde gortt que de somptuo-
sité, il passait souvent une grande partie du jour
à contempler les portraits de Philippe V, d'Elisa-
beth et de Ferdinand VI, gardant un morne silence,
ou répandant des larmes. Les visites des étran-
gers pouvaient seules le distraire; il les recevait
(1) V. The Présent State nf mvsic In France and Italu,
fi. S21.
avec affabiliU', et rien ne lui faisait plus de plaisir
que lorsqu'on lui demandait des détails sur sa
positionà la cour d'Espagne. Pendant les vingt
dernières années de sa vie, il ne s'éloigna qu'une
seule fois de Bologne pour un court voyage qu'il
fit à Rome. Il obtint une audience du pape
(Lambertini), et lui parla avec emphase des
honneurs dont ilavaitjoui à Madrid et des richesses
qu'il y avait amassées. Le saint père lui répondit
avec un sourire plein d'ironie: Avete/atta tantn
fortuna costà, perche viavete frovato le gioie,
che avete perduto in guà. Je prie le lecteur de
me dispenser de traduire et surtout d'expliquer
ces gaillardes paroles.
Lorsque Burney vit Farinelli (enl771)à sa
maison de campagne près de Bologne, il y avait
longtemps qu'il ne chantait plus ; mais il jou-ait
de la viole d'amour, du clavecin, et composait des
morceaux pour ces instruments. Il possédait une
collection de pianos et de clavecins qu'il aimait
beaucoup. Celui tju'il préférait était un piano
construit à Florence en 1730; il lui avait donné
le nom de Raphaël d'Urbino. Ledeuxièmeétait
un clavecin qui lui avait été donné par la reine
d'Espagne; il l'appelait le Corrége, d'aulres
avaient les noms du Titien, du Gidde, etc. Une
très-grande salle de son palais contenait de beaux
tableaux de Murillo et de Ximenès. Il y avait
aussi fait placer les portraits de tous les prince*
qui avaient été ses patrons ; on y voyait deux
empereurs, une impératrice, trois rois d'Espagne,
un prince de Savoie, un roi de N'aples, une prin-
cesse des Asturies, deux reines d'Espagne, et le
pape Benoit XIV. Il avait plusieurs portraits de
lui-même, dont un peint par son ami Amiconi,
et celui de la fameuse cantatrice Faustina.
Onaécritqjijece fut lui qui engagea le P. Martini
à travailler à son Histoire de la Musique; cela
est peu vraisemblable, car il paraît que ses re-
lations avec ce savant homme ne commencèrent
qu'en 1761, lorsqu'il retourna en Italie et se (ixa
à Bologne ; or, le premier volume de l'Histoire
de la Musique de MàrUni avait paru en 1707. Il
paraît mieux démontré qu'il lui donna une belle
collection de livres et de musique qu'il avait rap-
portée d'Espagne. Ces deux hommes célèbres con-
servèrent de douces relations entre eux pendant
le reste de leur vie. Farinelli mourut le 15 juillet
1782, à l'âge de soixanfe-dix-sept ans et quelques
mois, et non le 15 seplenibre, à l'âge de quatre-
vingts ans, comme le disent Choron et Fayolle.
Martinelii s'est exprimé ainsi sur cet artiste
dans ses lettres familières : « Ce chanteur avait
« de plus que les voix ordinaires sept ou huit
<i notes parfaitement sonores, égales et claires ; il
« possédait d'ailleurs la science musicale au plus
88
BROSCHI — BROSSARD
« liant degré, et se montrait en tout un digne
« élève de Porpora. » Mancini, grand maître dans
l'art du chant, et qui, comme Farinclli, avait reçu
des leçons de Bernacchi, fait de notre grand
(;iianteur nn éloge plus magnifique encore : « La
« voix deFarinelli (dit-il) était considérée comme
'< une merveille, parce qu'elle était si parfaite, si
« puissante, si sonore, et si riche par son étendue,
<i tant au grave qu'à l'aigu, que de notre temps
« ou n'en a point entendu de semblable'. Il était
« d'ailleurs doué d'un génie créateur qui lui ins-
« pirait des traits étonnants et si nouveaux, que
" personne n'était en état de les imiter. L'art de
« conserver et de reprendre la respiration avec
« tant de douceur et de facilité, que personne
« ne s'en apercevait, a commencé et fini en lui.
« L'égalité de la voix, et l'art d'en étendre le son,
« le portamento, l'union des registres, l'agilité
« surprenante, le chant pathétique ou gracieux,
« et un trille admirable autant que rare, furent
« les qualités par lesquelles il se distingua. H n'y a
<" point de genre dans l'art qu'il n'ait porté à une
« perfection si sublime,qi]'il s'est rendu inimitable.
« A peine le bruit de son mérite fut-il répandu,
« quelesviilcs les plus importantes de l'Italiese
« le disputèrent pour leurs théâtres; et partout
n où il chanta, les applaudissements lui furent
« donnés avec tant d'enthousiasme, que chacun
« voulut l'entendre encore à la saison suivante. 11
» fut également désiré, demandé, apprécié et ap-
« plandi dans les principales cours do l'Europe.
« Ces succès, si bien mérités, furent obtenus par lui
ic dans sa jeunesse ; néanmoins ce grand artiste
« ne cessa jamais d'étudier, et il s'appliqua avec
« tant dft persévérance, qu'il parvintà changer en
u grande partie sa niauière, et à en acquérir une
« meilleure, lorsque son nom était déjà célèbre et
«■ (|uesa fortune était brillante (1). »
Tel fut donc cet artiste dont le nom est encore
célèbre, et qui eut autant de supériorité sur les
grands chanteurs de son temps, que ceux-ci en
avaient sur la plupart des chanteurs de notre
époque.
iJUOS(^lîl(RiciiAnn), frère du célèbre chan-
teur Farinelll, lui donna des leçons de musique.
Richard était compositeur. Son opéra, r Isola
(VAlcina, fut joué à Home en 1728. Deux ans
après, il accompagna son frère à Venise, et y
écrivit l'opéra à'Jdaspe, dans lequel. on entendit
Farinelli, Mcolini et la Cuzzoni. Ce fut Richard
Rroschi qui écrivit pour son frère le fameux air
Son quai Nave, dans lequel le chaideur excila
partout la plus vive admiration. — Farinelli, oncle,
(i)V. The l'resrnt stutc oj Muste in France and lUihj,
p. sît.
dit-on, de Charles et de Richard, compositeur de
Georges \", électeur de Hanovre, et son résident
à Venise, fut anobli par le roi de Danemark en
1684. C'est lui qui a fait d'après d'anciennes
mélodies l'air si connu des Folies d'Espagne,
sur lequel Corelli a composé vingt-quatre varia-
tions, à la (in de son œuvre V. La parenté de ce
compositeur avec le célèbre chanteur Farinelli pa-
rait douteuse; elle ne pourrait s'expliquer qu'en
supposant qu'il avait été adopté par la famille des
Faiinelli deNaples, comme le fut plus tard celui
qu'on dit avoir été son neveu.
BUOSIG (Maurice ), premier organiste de la
cathédrale de Breslau, est né Iel5 octobre 1816,
au village deFuchwinkel en Autriche, où son père
était possesseur viager d'un bien seigneurial. De-
venue veuve eu 1818, la inèrede Brosig alla s'é-
tablir à Breslau, où il suivit les cours du gymnase
Saint-Mathias, dès 1826. Il a eu pour maître en
son art Ernest Kohier, organiste et compositeur,
mort dans les premiers jours de 1848. Brosig
reçut aussi des leçons d'orgue et de composition
de Joseph Wolff, directeur de musique et or-
ganiste de la cathédrale. Au mois de décembre
1842, il a obtenu sa nomination d'organiste de
cette même église. Quelques ouvrages publiés par
Brosig, indiquent un talent de bonne école; on
y remacque : 1° 3 préludes et fugues ; Breslau,
ïlainauer. — 2° Cinq pièces d'orgue pour les fêtes
solennelles; Breslau, Leuckart. — 3° cinq prélu-
des pour des chorals ; ibid. — 4° Requiem pour
4 voix avec accompagnement d'orgue et contre-
basse, ou 2 violons, alto, basse et 2 cors ; Breslau,
Leuckart. — 5° Fantaisie pour l'orgue sur le choral
Christ ist erstan den ! op. 6 ; Breslau, Leuckart.
— 6" Trois préludes et deux conclusions (Postlu-
dien) pour l'orgue, op. 1 1 ; ibid. — 7° Messe pour
4 voix et orchestre, op.. 7. ; iôirf. Quelques pièces
de Brosig pour l'orgue ont été publiées à Erfurt
par t<œrner.-
BROSKY (Jean), en latin Bnoscujs, mathé-
maticien célèbre en Pologne, naquit à Kurzelow
en 1581. Il fut professeur de philosophie à Cracovie,
membre de l'Académie des sciences de celte ville,
et mourut à la t\n de l'année 1052. Ce savant a
fait desrecheiches sur la possibilité de composer
une gamme musicale, dont l'octave serait divisée
en sept intervalles égaux. Il a publié son système
dans un écrit qui a pour titre : An Diapason
salvo harmonico concentu, an per acqualia
septemintcrvalladividipossit ; Cracovie, 1C41.
On a aussi de lui un autre ouvrage qui a pour
titre : niusica Choralis in aima univ. ; Cra-
covie, 1652, in-8°. J'ignore quelle est la nature
de ce livre.
BUOSSAKD ( SÉBASTIEN de), prêtre, né eu
BROSSARD
8!)
16C0, fut d'abord prébende,' dépiilé du grand
chœur, et maître de cliapelle de la cathédrale de
Strasbourg. Il obtint cette place le 21 mai 16S0.
( Voyez récrit de J. F. Lobsteia intitulé : Bei-
trdge zur Geschichte der Musik im Elsass
■undbesonders in Strassburg, p. 30 ). On ignore
enqueliieu il fit ses études littéraires et musicales,
mais il ya lieu de croire, d'après le style de ses
compositions, que ce futî) Paris ou dans quelque
\ilie de l'aucienne France; car sa manière est
semblable à celle des musiciens français de soii
temps. Quoi qu'il en soit, il paraît qu'il était jeune
lorsqu'il se rendit en Alsace, cnr il apprit la
langue allemande, et la sut bien, ce qui étaitrare
parmi lesFrançais de son temps, llpossédait encore
ses emplois à Strasbourg en 1698 , lorsque le
deuxième livre de ses motets fut publie. En 1700,
il fut appelé h Meaux, en qualité de grand cba-
pelaiu et de maître de musique de la catliédrale.
I.e reste de sa vie se passa dans cette ville ; il y
mourut le 10 août 1730, à l'âge de soixante-dix
ans. Brossard doit sa renommée à son Diction-
naire de musique ; il en publia la première édition
( devenue très-rare ) sous ce titre: Dictionnaire de
musique, contenant une explication des termes
grecs, latins, italiens et français les plus
usités dans la musique; à l'occaion desquels
on rapporte ce qu'il y a de plus curieux, et
déplus nécessaire à savoir, tant pour Vltis-
toire et la théorie, que pour la composition
et la pratique ancienne et moderne de la mu-
sique vocale, instrumentale, plaine, simple,
figurée, etc. Ensemble une table alphabétique
des termes français qui sont dans le corps
de l'ouvrage, sous les titres grecs, latins et
italiens, pour servir de supplément. Un Traité
de la manière de bien prononcer, surtout en
chantant, les termes italiens, latins et fran-
çais; et un catalogue de plus de 900 auteurs
qui ont écrit sur la musique, en toutes sortes
de temps, de pays et de langues ; Paris, Chris-
tophe Ballnrd, 1703, in-folio. Cette [iremière
édition est dédiée à Bossuet. La deuxième est de
1705 ; Paris.. 1 vol. in-8». L'édition de 1707,
citée par M. Quérard ( France littéraire, t. I,
p. 526) n'existe pas. On lit dans le Dictionnaire
des Musiciens de Choron et Fayolle, et dans
l'article Brossard de la biographie universelle
de Micbaud , que la sixième édition a été pu-
bliée sans date à Amsterdam, chez Roger; c'est
une erreur ; l'édition sans date dont il s'agit est
la troisième, comme l'indique le titre, et c'est la
dernière. Lichlenthal, qui cite cette édition, dit
que la première a été publiée à Paris en 1730 ;
c'est une faute d'impression résultant de la trans-
position du zéro.
Le premier essai du dictionnaire de Brossard
futplacé au commencement de la première partie
de son recueil de motets. L'auteurne songeait point
alors h en faire un ouvrage plus étendu. Plus
tard, et lorsqu'il préparait la deuxième édition
de ces motets, il voulut ajouter l'explication de
quelques termes italiens à ce premier essai, mais
son travail s'étendit insensiblement, et devint t(d
qu'il fut imprimé en 1703. Cette édition in-folio
avait été faite pour être placée en tête du Pro-
dromes Musicalis, qui avait paru l'année précé-
dcnlc, et l'on trouve, en effet, quelques exemplaires
de ce recueil de motets où l.e dictionnaire est
relié ; mais il manque au plus grand nombre.
Cette destination du livre explique la rareté des
exemplaires du dictionnaire isolé.
Malgré les imperfections qui .fourmillent dans
ce livre, l'auteur n'en est pas moins digne d"estime,
car les difficultés à vaincre ont dû être considé-
rables dans un tel ouvrage, où l'auteurne pouvait
prendre pour guide aucun livre du même genre.
11 est vrai que dès le quinzième siècle, Tinctor
avait composé un recueil de définitions des
termes de musique en usage de son temps; il est
vraiencoreque le bohème Janowka avait publié à
Prague un lexique de musique en latin, deux ans
avant que Brossard donnât son dictionnaire; mai.^
le Definitorium de Tinctor était d'une excessive
rareté et n'était pas plus parvenu jusqu'à Bros-
sard que le lexique de Janowka, ainsi qu'on
peut le voir dans le catalogue des livres qu'il
avait lus. C'est donc un livre neuf, un livre ori-
ginal qu'il a fait ; et si les écrivains venus après
lui ont mieux rempli les conditions d'un diction-
naire de musique, ils n'en sont pas moins rede-
vables à Brossard, qui a été leur guide. La plu-
part de ses articles prouvent qu'il avait de la
science, surtout dans l'ancienne musique et dans
l'ancienne notation. Son plan est défectueux en
ce que dans un livre français, il ne donne que
de très-courtes définitions de quelques termes de
la langue dans laquelle il écrivait, tandis que la
I)lus grande partie de son ouvrage est employée à
l'explication de mots grecs, latins, italiens, etc. ;
mais, enfin, c'était son plan, et il l'a exécuté
convenablement. J.-J. Rousseau, qui a censuré
avec amertume le travail de Brossard, en a
tiré presque tout ce qu'il a écrit sur la musique des
anciens et celle du moyen âge. On a ditque le dic-
tionnaire anglaisde Grassineau était en grande
partie traduit de celui de Brossard ; cela n'est pas
exact. Grassineau a traduit la plupart des articles
du dictionnaire français, mais il y en a ajouté
beaucoup d'autres d'une étendue i)lus considé-
rable que ceux de Brossard.
•■'rossard fut le premier en France qui s'occiipa
90
BROSSARD
de la littérature de la musique, et qui en fit une
étude sérieuse. Sa proximité de l'Allemagne, pen-
dant son séjour à Strasbourg, lui a:vait fourni les
moyens de se procurer les livres et les œuvres
de musique considérés comme les meilleurs de
son temps, et sa bibliothèque était devenue con-
sidérable. Plus tard il en fit don à Louis XIV, qui,
en l'acceptant, fit remettre à Brossard le brevet
d'une pension de 1,200 francs sur un bénéfice, et
lui en accorda une autre de môme somme sur
le trésor royal ; celle-ci était réversible sur la tôle
de sa nièce. La collection dont il' s'agit* a passé
dans la Bibliothèque impériale de Paris. Elle com-
pose une grande partie de la poi tion de musique
qui y est rassemblée. Van Praet, conservateur
de ce dépôt littéraire et scientifique, s'exprime en
ces termes dans un mémoire manuscrit sur la
collection de Brossard : « Ce cabinet est des plus
« nombreux et îles mieux assortis qu'on con-
« naisse. Pendant pins de cinquante années, le
« possesseur n'a épargné ni soins ni dépenses
« pour en faire le recueil le plus complet qu'il
« soit possible de tout ce qu'il y a de meilleur
« et de rare en musique, soit imprimé, soit ma-
« nuscrit. La première partie du recueil contient
n les auteurs anciens et modernes, tant imprimés
« que manuscrits, qui ont écrit sur la musique
« en général; la seconde partie renferme les pra-
« ticiens; elle consiste en un grand nombre de
« volumes ou de pièces, la plupart inédits. C'est
« une réunion de tous les genres de musique sa-
« crée et profane, vocale et instrumentale, où
« tout est disposé avec ordre, ainsi qu'on peut
« s'en assurer par le catalogue que Brossard a
« remis à la bibliothèque de Sa Majesté. » Bros-
sard avait lu presque tous ses livres et en avait
faitdes extraits renfermés en plusieurs portefeuilles
in-40, on y avait ajouté des notes. Il avait môme
entrepris la traduction française de quelques-uns,
entre autres de l'histoire de la musique de Pfinz:
Le manuscrit de cette traduction a été en la
possession de Fayolle , vers 1811. L'objet qu'il
.se proposait dans ces travaux n'était pas seu-
lement de s'instruire de l'art en lui-même,
mais de travailler à son histoire littéraire. Il an-
nonça son projet dans son dictionnaire de musi-
que, en publiant à la fin de cet ouvrage un en- '
talogue des auteurs qui ont écrit en tordes \
sortes de langues, de temps et de pays, soit '
de la musique en général, soit en particulier
de la musique théorique, pratique, elc. Il
expose en ces termes son projet dans la préface
de ce catalog'ue. « Il y a plus de dix ansquejetra-
« vaille à recueillir des mémoires, pour donner
a un catalogue non-seulement des auteurs qui ont
•• écrit touchant la musique , mais aussi de ceux
« qui ont donné leurs compositions au public,'
« et enfin de ceux qui n'ont été illustres que dans
« Texécution et dans la pratique ; catalogue his-
« torique et raisonné, dans lequel on puisse trouver
n exactement, non-seulement les noms et les
n surnoms de ces illustres, leurs vies, leur siècle,
« leurs principaux emplois, mais aussi les titres
« de leurs ouvrages, les langues dans lesquelles
» ils ont écrit originalement, les traductions et
« les diverses éditions qui en ont été faites; les
« lieux, les années, les imprimeurs et la forme de'
« ces éditions; les lieux mêmes, c'est-à-dire les
« cabinets et les bibliothèques où l'on peut les
« trouver soit manuscrits, soit imprimés ; et même
« ( ce qui me paraît le plus difficile, quoique le
« plus nécessaire et le plus important ) les bons
« où les mauvais jugements que les critiques les
« plus judicieux en ont portés, soit de vive voix,
« soit par écrit. Mais il faut que je l'avoue, malgré
« tout mon travail, mes mémoires ne suffisent pas
« pour exécuter, avec l'exactitude que je souhai-
« ferais, un projet de cette nature. Car enfin non
« omnia possumus omncs, et im homme seul
« ne peut' parcourir tous les pays et toutes les
« bibliothèques, ni lire tous les livres, ni puiser
« par conséquent dans toutes les sources qui lui
n pourraient faciliter ce travail. C'est ce qui m'o-
n blige d'implorer le secours des. savants, et sur-
« tout de messieurs les bibliothécaires, et de les
« supplier de me faire part de ce que leurs lec-
« tures, leurs recueils, leurs catalogues, etc., pour-
« ront leur fournir sur cette manière. C'est pour
« leur en faciliter les moyens que je me suis ré«
« solu, en attendant l'ouvrage entier, de donner
« (omme un essai de la première partie de ce
« vaste projet, en publiant un catalogue des noms
« simplement des auteurs qui sont parvenus jus-
<< ques icy à ma connaissance; par lequel il leur
« sera bien aisé de voir ce qui me manque, et ce
« que je souhaite et espère de leur honnêteté. »
Ce passage, et toute la troisième partie de l'ou-
vrage de Brossard démontrent qu'il a précédé
tous les autres écrivains dans la pensée d'une bi-
bliographie spéciale de la musique et d'une bio-
graphie des musiciens; car les plus anciens livres
de cegenre, généraux ou particuliers , c'est-à-dire
ceux de Wilisch, d'Adami, de MuUer, puis de
Heumann, de Sievers, de Walther, de Mattlieson
etd'autres n'ont paru que longtemps après le pro-
gramme de Brossard, et ce programme n'a été pu-
blié que plus de dix ans après que cet écrivain
eut commencé à recueillir des notes et des mé-
moires pour l'exécution de son projet ; en sorte
que la première idée de son livre a dû naitre
vers 1692. Les matériaux qu'il avait rassemblés
pour la composition de son ouvrage ont passé
BROSSAllD
9t
«lans la Bibliotlièqiie impériale de Paris, avec la
collection de ses livres et de sa musique. Us sont
contenus et disposés par ordre alphabétique dans
un certain nombre de portefeuilles in-8°. Malheu-
reusement à l'époque où il écrivait, le public, les
savants, et les musiciens eux-mêmes, ne compre-
naient point encore l'utilité d'un tel ouvrage ;
personne ne répondit à l'appel que faisait le sa-
vant et laborieux écrivain, et ses préparatifs furent
infructueux. Peut-être est-il permis de conjec-
turer que le dépit et ie dégoût qu'il en ressentit
ne furent point étrangers à sa résolution de donner
sa bibliothèque au roi; car s'il n'eût point aban-
doimé, faute de sccouis, le plan qu'il s'était tracé,
il n'aurait jamais pu se séparer d'une collection
qu'il aurait dû consulter chaque jour.
Un repos de vingt-six années suivit la publica-
tion du dictionnaire de musique, et, circonstance
singulière, il parait que dans ce long espace de
temps , Brossard écrivit peu de musique pour
l'église. Ce ne fut que peu de temps avant sa mort,
et lorsqu'il touchait à sa soixante-dixième année
qu'il sembla se réveiller d'un long sommeil par
la publication d'une brochure écrite à l'occa-
sion du système de notation deDemotz ; elle parut
sous ce titre : Lettre en forme de dissertation
à M. Demotz, sur sa nouvelle méthode d'écrire
leplain-chantet lamusique;PaiT\s, Ballard 1729,
in-4'' de 37 pages. Dans cet opuscule, Brossard
prouve que le système de Demotz a plus d'incon-
vénients que d'utilité.
Comme compositeur, Brossard s'est fait con-
naître par les ouvrages dont les titres suivent :
10 Élévations et motets à voix seule avec la
basse continue; Paris, Ballard, 1695, in-fol.
La deuxième partie, dédiée au roi, est intitulée :
Élévations et motets à 1 et à voix et à voix
seule, deux dessus de violon ou deux flûtes,
avec la basse continue; Paris, 1698, in-fol. Il y
a des exemplaires de cette deuxième partie qui
portent la date de 1699; ceux-là ont des cartons
où l'on a corrigé quelques fautes d'impression.
La deuxième édition des deux parties rtunies des
motets de Brossard a paru sons le titre de Pro-
dromus musicalis ; Paris, 1702, in-fol. Titon
du Tiilet (Parnasse français), La Borde ( Essai
sur la musique), le dictionnaire des musiciens de
Choron et Fayolle, et la Biographie universelle
des frères Michaud indiquent les motets comme
un ouvrage différent du Prodromus. — 2° NeuJ
leçons des Ténèbres; Paris, Ballard, in-fol. —
3" Recueil d'airs à chanter; ibid., in-4o 4° La-
mentations de Jérémie, selon l'usage romain,
pour voix seule et basse continue; Paris, Chris-
t<jphe Ballard, 1721, in-fol. La bibliothèque impé-
riale [lossèdc les manuscrits originaux des ouvrages
du môme auteur dont les titres suivent : J" Can-
tate Domino à grand chœur, composé pour une
prise d'habit au couvent de l'Assomption. —
2° Dia/ogus pœnitentis animx cum Deo, à
2 voix, 2 violons, basson obligé et orgue. — 3" iN'i.vi
Dominus aedi/icaverit domnm, à 3 voix, 2 vio-
lons , basson et orgue. — 4» Miserere à 5 voix ,
2 violons, viole, basson et orgue ( daté de 1689 ).
— 50 Canticum in honorem sanctas Cxcilix, à
voix stule et orgue (21 novembre 1704).— 6" Can-
tique à l'honneur de sainte Cécile, à 4 et 5 voix
( 1705 ). — 70 Canticum in honorem S. PU,
à voix seule et orgue ( 25 avril 1713). — s» Ele-
vatio pro die Purificationis , h 3 voix et orgue
( 1" février 1700). — 90 Beati immactilati in
via, à 2 voix et orgue (17 février 1704). —
10° Missa 4 vocumpro tempore Nativitatis (dé-
cembre 1700). La bibliothèque du Conservatoire
de Paris possède aussi un motet manuscrit de
Brossard, In convertendo domino, à 5 voix, 2
violons, 2 violes et basse continue. Le portrait de
ce musicien a été gravé par Landry.
BROSSARD ( Noel-Matthieu) , docteur en
droit, aujourd'hui (1853) juge au tribunal de Chà-
lon-sur-Saône, est né en celte ville, le 25 dé-
cembre 1789. Il occupa d'abord le poste de sub-
stitut du procureur du roi à Beaune, et s'y
lia d'une étroite amitié avec Suremain-de-Mis-
sery, qui lui communiqua ses nouveaux tra-
vaux sur la théorie mathématique des intervalles
musicaux. Indépendamment depfusieurs ouvrages
relatifs à la science du droit et à la jurisprudence.
M. Brossard a écrit siu- la musique ceux dont
voici les titres : 1° Sijnopsie des gammes;
théorie de Varmure des clefs et de la transpo-
sition des tons mise sous les yeux, et rendue
à toute la simplicité de son 01 igine; tableau sy-
noptique en une feuille grand-aigle; Chalon-sur-
Saône, Jamin père, 1843, 2'"' édition; Paris, Ba-
chelier, 1847. — 2° Manière d'enseigner le
tableau intitulé: Synopsiedes gammes; Ghâlon-
sur-Saône, Jamin père, 1844, in-4'' de 44 pages.
— 30 Théorie des sons musicaux ; Paris, Bache-
lier, 1847, 1 vol. gr. in-4'' de 265 pages, avec
un grandtableau. Ce dernier ouvrage, puisé dans
un grand travail inédit de Suremain-de-Missery,
et présenté sous une forme élégante qui appartient
à M. Brossard, est un essai de réforme de la théorie
mathématique des intervalles des sons et de la
valeur numérique deceox-ci, très-digne d'intérêt.
Sortant de l'ornière où sont restés les acousficiens,
Suremain-de-Missery a reconnu que l'intonation
des sons n'est point invariable, et qu'au contraire
elle varie incessamment dans la modulation -. il
en a conelu que ces différences doivent être déter-
minées par le calcul, et ses recherches l'ont cou-
92
BROSSARD — BROWN
(luit à constater l'existence de quarante-liuit sons
appréciables dans l'étendue de la gamme. C'est
cette doctrine, dont les formules algébriques sont
fort élégantes, que M. Brossard expose dans son
livre. Bien que ce livre n'aitpas eu, dans sa nou-
veauté, le retentissement auquel l'auteur pouvait
prétendre, il est vraisemblable que la nouvelle
théorie qu'on y trouve sera quelque jour Hobjet de
l'attention des savants et de quelques, artistes
d'élile.
BROlIClî( Jacques de ), musicien batave du
seizième siècle, tirait vraisembiabloiuent le nom
sous lequel il est connu du lieu de sa naissance,
et conséquerament était né eu Hollande, où il va
trois beaux villagesappelés Uroek, situés tous trois
à une petite distance d'Amslerdam. Jacques de
Brouck parait avoir été altaclié à la chapelle des
empereurs Fei dinand I et Maximilien 11, car l^icrre
Joanelli a placé deux motets à six voix, de sa
composition, dans la grande collection intitulée :
Novus Thésaurus musicus ( Venise, Antoine
Gardane, 1568), laquelle contient principalement
des ouvrages écrits par les compositeurs et
chantres de cette chapelle. Il y a lieu de croire
que Jacques de Brouck alla se fixer à Anvers après
la mort de Maximilien ( le 12 octobre 1576 ), car
il fit imprimer dans celte ville, en 1579, l'ouviage
le plus important connu sous son nom, lequel a
pour titre : Cantiones tum sacrœ profanx ,
quinque, sex et octo vocum recens in iucein
éditas ; Antioerpisc , ex officina Christophori
Plantini, 1579, in-4<' ohl. Ce recueil contient dix
motets latinsà 4 voix, et huit à 5 voix, neuf chan-
sons françaises à 4 voix, six à 5 voix, quatre à 8
voix, et une chanson Hamande à 4 voix.
BROUNCKER ou BROUNKER ( Guil-
laume), né au ch;Ueau de Lyons en Irlande, en 1620,
reçut une brillante éducation, et montra de bonne
heuH! une rare aptitude pour les mathématiques,
dans lesquelles il se distingua. Il fut un des
adhérens de Charles \^^, et signa la fameuse dé-
claration de 1600, avec plusieurs autres membres
de la noblesse. Après le- rétablissement de la
royauté, on lui confia, eu récompense de ses
services , les places de chancelier do la reine Ca-
therine, de garde du grand sceau, de commissaire
delà marine el de directeur de l'hôpital de Sainte-
Catherine. [Jrouncker fut au nombre des savants
qui se réunirent pour fonder la société royale de
Londres: Charles II le nomma président de cette
société, et des élections successives le maintinrent
dans cette diguilé pendant quinze ans. Aux fa-
veurs dont il avait été l'objet à la Restauration,
le roi d'Angleterre ajouta celle de l'érection de
Castle- Lyons en vicomte. Brouncker mourut à
Westminster, le 5 avril 1(,84. Au nomhredes écrits
qu'il a publiés se trouve une traduction anglaise
du Traité de musique de Descartes, sous ce titre :
A Translation of the Treatise of Descartes
intilled : Musicae Compendium; Londres, 1653.
BROWIV(Jean), ministre anglican, né le 5
novembre 1715 à Rothbury, dans le îJorlhumber-
land, fit ses études à Cambridge, et fut reçu doc-
teur de musique à Oxford. Dans la rébellion de
1745, il prit les armes pour défendre la cause
royale, quoiqu'il occupât déjà un poste dans l'é-
glise, et se trouva au siège de Carlisle, où il mon-
tra beaucoup d'intrépidité. L'année suivante il
devint chapelain d'Olbaldiston, évèque de Car-
lisle, et lord Hardvvick le nomma, en 1754, mi-
nistre de Great-Horkcley,*dans le comte d'Es-
sex. Ce fut dans ce temps qu'il publia son ou-
vrage intitulé : Appréciation des mœurs et des
principes du temps (en anglais), Londres, 1757,
in-8°, qui le rendit célèbre, en tirant la nation
anglaise de l'apathie où elle était alors, et en lui
imprimant une activité qui devint funeste à ses
voisins. Ayant résigné sa cure du comté d'Essex
en 1739-, il obtint celle de Saint-Nicolas de New-
castle sur la Tyne. Un penchant invincible à
la mélancolie le porta à se couper la gorge avec
un rasoir, le 23 septembre 1706 : il mourut le
même jour. Brown fut j.'rand ailmirateur et ami
de Ilœndel , qui lui confiait ordinairement la di-
rection de ses oratorios. Il a publié l'ouvrage
suivant : A Dissertation on the tinion and
power , the progressions, séparations and cor-
ruptions of pMtry and mHsic; Londres, 1703,
in-4''. Ce livre fut critiqué dans un petit écrit in-
titulé : Some observations on doctor Brown's
Dissertation on the rise, etc., in a letterto doc-
tor B***, 1763, in-4° (Quelques observations sur.
la dissertation du docteur Brown, concernant
l'origine, les progrès, etc.) Brown répondit par
des Remarques sur les observations {Hemarks
on some observations on doctor Brown's Dis-
sertation ; in a letter to the aulhor of the ob-
servations, Londres, 1764, in-8°). Il publia une
seconde édition de son livre sous le titre de
The history of the rise and progress ofpoetry,
through Us several species ; Londres, 1764,
in-S". Une traduction française de cet ouvrage a
paru sous ce titre •• Histoire de Vorigine et
aes progrès de la poésie, dans ses différents
genres, traduite de l'anglais, par M. E. (Ei-
dous) et augmentée de notes historiques et
critiques; Paris, 1708, in-8°. Eschenburg, con-
seiller de cour et professeur de belles-lettres au
collège de Sainl-Charlcs à Brunswick, en a donné
une traduction allemande {Doctor Brown's Be-
trachtungen ûber die Poésie und Musick nach
ihrcm Urr^prunge, etc.), h Leipsick, en 1769,
CIVOVVN — BRUCE
93
in-S". Knfin il y a une traduction italienne de ce
l'wrehûitMe: Dell' origine, unioneeforza,pro-
gressi,separazione e corruzzione dellapoesiae
délia musica, tradotta, etc., ed accresciuta
di note dal doUor Pietro Crocchi, Senese, ac-
cademico fisiocritico ; ¥\urence,i772, iii-8°. La'
dissertation du docteur Brown est remplie de
vues fines et d'observations très-judicieuses'; c'est
l'ouvrage d'un homme de l'art ; il ne ressemble
en rien à tous ceux, du même genre qui ne sont
que des déclamations sans utilité. Le docteur
Brown était aussi compositeur ; parmi ses pro-
ductions on remarque l'oratorio Jfie aire of
Saul. Les biographes anglais lui donnent des
éloges pour ses talents dans la poésie et dans
l'art d'écrire ; ce n'est point ici le lieu d'examiner
ses ouvrages littéraires.
BUCWN (JiiAN), peintre écossais, né à Edim-
bourg en 17&2 , voyagea longtemps eu Italie et
demeura plusieurs années à Rome et en Sicile,
attaché comme dessinateur à sir "Williams Young
et à M. Townley. En 178G, il se fixa à Londres,
où il cultiva le gojire du portrait avec succès.
Il mourut l'année suivante, 1787, ûijéde trente-
cinq ans. Brown est connu principalement par
ses Lettres sur la poésie et la musique de
Vopéra italien (Lotlers on the Foetry and Mu-
sic of the itallan opéra), qui furent publiées
après sa mort (Londres, 1789, in-12), par lord
Mnuboddo, à qui elles étaient adressées.
BROWJV (Arthur) , niembre de la société
des antiquaires d'Ecosse, a donné, dans les mé-
moires ou transactions de cette société ( t. "VIII,
p. 11), une dissertation sur d'anciennes trom-
pettes trouvées près d'Armagh , sous ce titre :
An account of somc ancient trumpets dug up
in a hag near Armagh.
BROWN (Julienne), née à Brunswick en
1700, s'adonna , dès son enfance, à l'étude de la
musique et de l'art théâtral. Son mailre de chant
fut Jean Scliwanenbcrg, compositeur qui jouis-
sait alors de quelque réputation. En 1783, M""
Brown débula à Prague, où elle obtint assez de
succès pour être reçue peu de temps après
comme première chanteuse. En 1786 elle épousa
Ignace Walter, directeur du spectacle de cette
ville, qui se rendit avec elle à Mayence, en 1789.
Elle y fut bientôt engagée pour la cour de l'é-
lecteur, cl y joua pendant plusieurs années. Dans
la suite elle se rendit à Munich, où elle chantait
encore vers 1810.
BROWNE (Ricuard), apothicaire àOakham,
en Angleterre, alla s'établir à Londres au com-
mencement du dix-huitième siècle, et y publia,
en 1729, un traité de 125 pages in-S", sous ce
litre : Medicina Musica, or a mechanical Essaij
on the ejfecls of Singing Music and Dancing
on human bodies,etc. (Médecine musicale, ou es-
sai mécanique sur les effets du chaut, de la musique
et de la danse sur le corps humain, etc. ) Une tra-
duction latine de cet ouvrage a paru à Londres,
en 1735, sous le titre de Musica nova.
BRITAND (ÀNNE-JosEPu ) , membre de
la Société royale des antiquaires do France, de
l'Académio des sciences et belles-lettres de Tou-
louse, et de plusieurs autres sociétés savantes,
naquit à Besançon, le 20 janvier 1787, et mou-
rut à Beliey, dont il était sous-préfet, le 19 avril
1820. On a de cet écrivain : Essaissur leseffels
réels de la musique chez, les anciens et les
modernes; Tours, 1815, in-8°.
BRUC.EIJS (Henri), né à Alost (Flandre
orientale), en 1531, enseigna les mathématiques
à Rome pondant quelque temps, et ensuite la mé-
decine à Rostock jusqu'à sa mort, arrivée le 4 jan-
vier 1593. On a de lui un livre intitulé : Mu-
sica mathematica ; Rostock, 1578, in-4''. Il y
a une édition postérieure de cet ouvrage donnée
par Joacliim Burmeister, sous ce titre : Musica
theorica Henrici Brucaei artiumet medecinx
doctoris, édita opéra et impensis M. H. lîos-
tochii, typis Ruesnerianis, anno 1609, in-4''
de 51 pages.
BRUCE (Jacques), célèbre voyageur, na-
quit le 14 décembre 1730, à Kinnaird dans le
comté do Stirling, en Ecosse, d'une famille no-
ble et ancienne. Ayant épousé la fille d'un riche
négociant de Londres, il entra dans la carrière
du commerce, et sa fortune s'accrut rapidement ;
mais la perte de sa femme le fit renoncer aux
spéculations de ce genre. Il se livra à l'étude et
voyagea en Europe pour se distraire. Ue retour
d'un voyage qu'il avait fait en Espagne , lonl
Halifax lui proposa d'aller à» la recherche des
sources du Nil. Bruce, ayant accepté, fut nommé
consul à Alger en 1763. Il partit au mois de juin
1708, pour l'Abyssinie, et employa plusieurs an-
nées à ce voyage. Revenu en Angleterre, il se re-
maria; mais ayant eu le malheur de perdre un fils-
qu'il avait eu de ce mariage, il se retira du monde
et alla dans sa terre de Kinnaird se livrer à la
rédaction de son voyage, dont la relation pa-
rut en 1790. Bruce mourut des suites d'une
chute, à la fin d'avril 1794. Le docteur Burney
lui ayant demandé des renseignements sur la
musique des Égyptiens et de-; Abyssins, Bruce
lui écrivit une longue lettre à ce sujet, que le
docteur Burney a insérée dans le premier vo-
lume de son Histoire de la Musique, et que le
docteur EorUel a traduite eu allemand dans la^
sienne, tom. r*", p. 85. Tous les détails qu'elle
renferme ont paru dans la rclationdc sou voyage
94
BRUCE — BRUGJNOLI
intitulée : Travels to discover tke sources oj
the mie, inthe years 1768, f)9, 70, 71 et 72 ;
Edimbourg, 1790, 5 vol. 10-4", Gg. Elle a été tra-
tluite en français, par J.Caslera; Paris, 1790 etOl,
6 vol. in-4''. On ne doit pas accorder beaucoup de
confiance à ce que dit Bruce concernant les ins-
truments de musique des anciens Égyptiens ; les
figures qu'il a données de deux harpes antiques
des tombeaux de Tlièbes sont inexactes ; elles
ont été publiées avec beaucoup plus de soin
dans la grande Description de V Egypte, et autres
ouvrages postérieurs, et les conjectures de Bruce
n'ont plus aucune valeur, depuis que Villoteau a
publié sur le même sujet les recherches d'un mu-
sicien instruit.
BKUCIITING (Auguste), pasteur et prédi-
cateur à Halle a publié : Lob der Musik (Éloge
de la musique); Halle, 1682.
BRUCK (Arnold de). V. Arnold deBRUCK.
BKUCKMANN (Fiiançois-Ernest), docteur
en philosophie et en médecine, né à Marientlial,
près de Helmstœdt, le 27 septembre 1697, fit ses
études à lënaet à Helmstfedt, exerça la médecine
avec succès à Brunswick, à Helmstaedt, à Wol-
fenbuttel, et mourut dans celte dernière ville,
le 21 mars 1753. Il a publié : 1° Observatio de
epHeptico singulis sub paroxismis Gantante,
dans les Actes des Curieux de la nature, tom. V.
— 2" Singende Epilepsie (Épilepsie chantante),
dans les annonces littéraires de Hambourg, année
1735. — 3" Abhandlung von elnem selbstmu-
sicirenden nachts Instrumente (Dissertation
sur un instrument de musique qui joue de lui-
même pendant la nuit), dans l'Histoire des arts et
<le la nature de Breslau {Bressl. Kunstund Na-
turgeschichten ).
BBUCKIVER (Wolfgang), compositeur et
recteur de l'école de Rastenberg, dans le duché
deWeimar, florissait vers le milieu dudix-sep-
lième siècle. On a imprimé de sa composition :
XX Deutsche Concerten von 4, 5, 6, 7, undS
Stimmen au/ die Sonn und Fest-Tags-Evan-
gelia gesetzt; Erfurt, 1056, in-4°.
BRUCKIXER (Chrétien-Daniel), sacris-
tain de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul à Gœr-
litz, a publié une Notice historique, d'une feuille
et demie d'impression, sur l'orgue de cette église,
sous ce titre : Historische Nachricht von de-
nen Orgeln der SS. Pétri und Pauli Kirche
inderChurf. Sàchsischen Scchsstadt Gœrlitz,
besonders der anno 1688 erbauetcn und 1691
in Feuer verzehrtsn , dann der il 03 fer tig
gewordenen und noch stehenden berûhmten
Orgel ertheilt, beijm Âusgange des ll&ùsten
Jahres,etc. ; Gœrlilz, 1766, in-4°.
BBUGGER (Le D'. J. D. C), né à Fribourg
en Brisgau, le 23 octobre 1796, fut d'abord en
faut de chœur à la cathédrale de cette ville et y
apprit la musique, puis étudia le violon sous
la direction de Weiland et de Moor, considérés
alors comme de bons maîtres. Cependant Brug-
ger fut détourné pendant quelques années de l'é-
tude sérieuse de la musique, par la fréquentation
assidue du collège, puis de l'université, où il
suivait des cours de philosophie, de médecine
et de théologie. Plus tard, après avoir entendu
Spohr, Lafont et Boucher, il revint à son étude
favorite du violon. La lecture de la théorie de
Godefried Weber, et surtout celle des partitions
de Mozart, furent ses seuls moyens d'instruction
pour la composition. Devenu professeur du col-
lège de Fribourg, il n'a pas cessé de cultiver la
musique. Parmi ses productions principales, on
remarque •• 1° Les chants patriotiques allemands
qu'il a écrits en 1819 sur des poésies de Schiller,
de Seume, d'Arndt, de Jacobi et d'autres. Ces
chants furent dits à cette époque en chœur par
les étudiants. — 2° Les Sons du soir, 6 chants
à voix seule avec accompagnement de piano. —
3" Fleurs tirées des poésies du baron de Weis-
semberg, à voix seule avec accompagnement de
piano. — 4° La Joyeuse humeur, en 6 chants à
voix seule avec piano. Toutes ces mélodies ont été
publiées dans le Journal de la Conversation,
en 1828 et 1829. — 5° Messe allemande à 4 voix
sans accompagnement. — 6° Praktische Ge-
sangschule,oder206 Gesang ûbungen fur 1,2,
3 , 4, Stimmen (Méthode pratique de chant, ou
206 exercices de chant pour 1, 2, 3, et 4 voix);
Fribourg, Wagner. — 7° Anleitung zum Gesang-
iinterricht in Volksschulen (Introduction à
l'enseignement de la musique vocale dans les
écoles populaires) ; ibid, 1836. Dans ses voyages
en Autriche, dans le nord de l'Allemagne, en Italie,
en Hollande et en Angleterre, le docteur Brugger
a eu pour objet principal d'augmenter ses con-
naissances musicales.
BRUGIVOLI (D. Bocco-Maria), prêtre bo-
lonais, mansionnaire de l'église collégiale de Saint-
Pétrone à Bologne, vécut dans cette ville vers la
fin du dix-septième siècle. On a imprimé de lui
un opuscule intitulé : Ammaestramenti eregole
universali del canto ferma delmolto reverendo
signor D. Rocco Maria Brugnoli mansionario
dellaperinsigne collegiatadi S.Petronio,maes-
tro di tal virtû, e primo introduttore del canto
viisto; dati in lucee/atti ristampare da uno
di suoi discepoli à comodo de gli altri eondis-
cepoli, e bénéficia universale ; in Bologna per
il Péri, 1708, in 8° oW. de 11 feuillets. Il paraît
d'après ce titre, qu'il y a eu une édition antérieure
de ce petit ouvrage.
BRTJGUIÈRE -^ BRUiMEL
95
BKUGUIÈUE (Edouard), compositeur de
romances, dont les inspirations ont eu de la vo-
gue, naquit à Lyon en 1793, d'une famille de né-
gociants. Destiné an commerce, il fut détourné
de cette carrière par son goût passionné pour la
musique. Arrivé à Paris en 1824, il s'y fit bien-
tôt connaître par quelques romances dont les
mélodies faciles obtinrent du succès, et pendant
dix ou douze ans environ il partagea avec Roina-
gnési, Panseron et Amédéede Beauplan, les hon-
neurs des concerts de salon. Au nombre de ses
productions, celles qu'on rechercha particuliè-
rement furent V Enlèvement, Matante Margue-
rite, Mon léger bateau, et Laissez-moi la pleu-
rer, petit chef-d'œuvre de distinction et de sen-
timent. Sa dernière inspiration, De mon village
on ne voit plus Paris, est aussi comptée parmi
ses meilleures pièces. Après 1836, Bruguière s'est
retiré dans sa famille, à Lyon, où il est resté
plusieurs années ; puis il s'est établi à Marseille
comme secrétaire du commissaire général de po-
lice : il occupait encore cette position en 1853.
BRUHL (Joël), Israélite allemand, né en
Poméranie, fut chantre de la synagogue de Ber-
lin vers la fin du dix-huitième siècle. Il est au-
teur d'une dissertation sur les intruments de
musique des Hébreux en langue rabbinique, qui
se trouve en tête de la Collection des psaumes
traduits en allemand par Moses Mendeisshon, et
imprimée en caractères hébraïques sous ce ti-
tre : Sepher Zemirath Israël (Livre des Chants
d'Israël), avec des commentaires; Berlin, 1791,
2vol. petit in-8°.
BRUIIN ou BRUH\S ( Nicolas) , com-
positeur et organiste, naquit à Schwabstadt dans
le Scbleswig, en 1665. Son père Paul Bruhns, lui
apprit à jouer du clavecin et lui enseigna les
principes de l'harmonie. A l'âge de seize ans il
fut envoyé par ses parents à Lubeck, auprès de
son frère, qui y était musicien du conseil. Il y
perfectionna son talent sur la basse de viole et
sur le violon, et Buxtehude lui servit de modèle
pour l'orgue, le clavecin et la composition ; c'est
en écoutant souvent et avec attention ce grand
maître, qu'il parvint lui-même à un haut degré
d'habileté. Après avoir terminé ses études, Brulm
alla passer plusieurs années à Copenhague, puis
il se rendit à Husura, où il était appelé comme
organiste. Il avait poussé si loin l'habileté sur
le violon, qu'il exécutait avec cet instrument seul
des morceaux à trois où à quatre parties. Quel-
quefois aussi, pendant qu'il jouait sur son violon
un morceau à trois ou quatre parties, il s'ac-
compagnait avec les pédales de l'orgue. Ce tour
de force excitait l'étonnement général. Kiel lui
ayant offert une position plus avantageuse que
celle qu'il avait à Husutn, les habitants de cette
petite ville augmentèrent son traitement, afin de
conserver un artiste si distingué. Bruhn est mort
en 1697, à l'âge de trente etun ans. Ses compo-
sitions pour l'orgue et le clavecin sont restées en
manuscrit.
BRUJAS (Philh'pe), célèbre organiste es-
pagnol du quinzième siècle, auquel le chapitre de
Murcie paya, en 1465, pour son service à la ca-
thédrale, la somme de cinq cents maravédis de
deux blancas (1).
BRIJMBEY ( Cuarles-Guillaume), né à
Berlin en 1757, fut d'abord prédicateur à Alt-
Landsberg, dans la moyenne Marche, et remplit
ensuite les mêmes fonctions à la nouvelle église
luthérienne de Berlin. 11 s'y trouvait encore en
1795. On lui doit un livre intitulé : Philepis-
txmie, oder Anleitung fur einemjungen stu-
dlerenden nach Wissenschaflslicbe seine
Schuljahre au/das beste Anzuwenden. Qued-
linbourg, 1781, in-8o. C'est une espèce de cours
d'études dans lequel il traite de la musique,
pag. 373-542. Il a publié aussi des lettres sur
la musique sous ce titre : Briefe ûber Mti-
sikwesen besonders Cora in Halle, Quedlin-
bourg, 1781, in-S", de 109 pages. Brumbey s'est
fait connaître aussi comme compositeur par les
productions dont voici les titres : 1° Siona oder
Christgesang zum Saitenspiel (Sion , ou Chants
chrétiens, pour jouersurdesinstrumentsà cordes);
Berlin, 1594, in-8''. — 2° Das Seligeim Sterben
der Gerichten, cantilènc pour voix seule avec
accompagnement de piano; ihid., 1796. A l'oc-
casion de l'anniversaire de la Réformation il a
aussi publié, après un long silence : Reformation
gesaenge (Chants de la Réforraation), aviec de&
remarques historiques sur les mélodies luthé-
riennes; Berlin, 1817, in-8".
BRUMEL (Antoine), ou Bromel, célèbre
compositeur né dans la Flandre française, vé-
cut à la fin du quinzième siècle, et dans la pre-
! mière moitié du seizième. Il fut contemporain
de Josquin des Prez, et comme lui élève d'Oke-
ghcm, ainsi que le prouve ce passage de la Dé-
ploration sur la mort de ce maître, par Guil-
laume Crespel :
Agricola, Verbonet, Prions,
Josquin des Prés, Gaspard, Brumel, Compère,
Ne parlez plus de joyeiilx cliants, ne ris,
Mais composez un ne recorderis.
Pour lamenter notre maistre et bon'père.
On n'a pas de renseignements sur la position de
cet artiste, dont le nom avait de la célébrité en
Italie dès les premières années du seizième siècle.
(1) l.c blanca était une monnaie de lo Castillequi valait
un peu moins que le denitr tournois au temps de Louis XI.
S6
BRUMEL
Glaréaii range Brumel parmi- les |)lus habiles
compositeurs de son temps : ce qui nous reste de
lui prouve en- effet un talent extraordinaire, pour
le temps oîi cet artiste écrivait. Sa modulation est
naturelle, la marche des voix facile, et si ses
ouvrages ont moins de recherche que ceux de
Josquin, leur harmonie est plus nourrie. Les ou-
vrages de Brumel, connus jusqu'au moment où
cette notice est écrite sont : 1° Un recueil de
cinq messes à 4 voix, imprimé par Octavien
Pelruccidfi Fossombrone, en 1503, soasce sim-
ple titre : Brumel, Je nay dueul ; Berzerette
sauoyenne; Vt, remi,Ja;sol, la; Lommearmé;
Victimx paschall. Ces fragments de phrases
sont les titres des cinq messes. A la fin de cha-
que partie, imprimée séparément, on lit : Im-
pressum Venetiis per Octavlanum Petrutiiim
Forosemproniensem, 1503, die 17 jimij ; petit
in-4'' obi. Les caractères de l'impression sont ga-
thiques. Un exemplaire complet de ce précieux
recueil est à la bibliothèque royale de Berlin.
La basse manque dans l'exemplaire de la biblio-
thèque impériale de Vienne, et le ténor dans celui
de la l)ibliothèque de Saint-Marc, à Venise. —
2" Une autre collection précieuse et peu connue,
dont un exemplaire est conservé à la bibliothè-
que Mazarine ; elle est intitulée : Liber quinde-
cim Missarum electarum quse per excellentis-
slmos musicos compositgefuerunt ; Kome, 1519,
in-fol. max. L'éditeur fut André Antiquis de Mon-
tona, qui avait obtenu im privilège du pape Léon X.
C'est lepremier livre de musique imprimée Kome.
On y trouve : 1° Trois messes de Josquin djes
Prés. — 2° Trois de Brumel. — 3° Trois de Fevin
(Feuim). — 4° Deux de Pierre de la Rue. — h°
Deux de Jean Mouton. — 6° Une de Pippelare. —
1° Une de Pierre Rousseau, en latin Rossellus.
Les messes de Brumel sont intitulées : 1° J)e
Beata Virgine. — 2" Pro defuncii's. — 3° A l'om,'
bre dung buijssonet. Glaréan vante beaucoup
la première , et cela prouve son discernement,
car elle est excellente. Elle est à quatre p.arties.
Je l'ai mise en partition, ainsi que toutes celles
qui composent celte collection. — 4" Une Messe
sur la mélodie de la chanson flamande qui
commence par ce mot : Dringhs, dans la collec-
tion publiée par Petruoci, sous ce titre : Missa-
rum diversorum auctorum liber primiis ; im-
pressum Venetiis per Octavianum Petrutium
Forosemproniensem, 1508,rfie 15mar/M;petit-
in-4° obi. Des exemplaires de ce livre sont à
la bibliothèque du Musée britannique à Londres,
dans la bibliothèque royale de Munich, et dans
la bibliothèque impériale de Vienne. — 5" La
messe à quatre voix sur la chanson française
Bon temps, dans le recueil qui a pour titre :
Missx tredecim quatuor vocum a praostaniii-
simis artificibus compositat; Norimberga; arte
Hyer&nymi Graphsei, 1539, petit in-4o. obi.
— 6° Deux messes, la première, Sine nomine, à
quatre voix, l'autre, A l'ombre d'ung buyssonet,
dans le recueii intitulé : Liber quindecim Missa-
rum a prsestantissimîs Musicis compositarum ;
Noribergse, apud Joh. Petreium, 1538 , petit-
in-4° obi. — 7« Deux Credo (Patrem omnipten-
tem) à 4 voix, le premier tiré de la rnesse Vil-
layge, l'autre de la messe Sine nomine, et un
Vidi aquam, dans les Fragmenta Missarum
publiés par Petrucci, à Venise, sans date, petit
in 4° obi. — 8° Un motet à 3 voix dans le recueil
qui a pour titre : Motetti XXXIII, imprimé
à Venise par Petrucci, en 1502, petit in-4° obi
9° Le motet- à 4 voix. Une muistresse, dans le
troisième livre du recueil rarissime cité par
Gessner et par Zacconi sous le nom de Odheca-
ton, et dont les deux premiers volumes, dési-
gnés par les lettres A. et B, n'ont été retrouvés
jusqu'à ce jour dans aucune bibliothèque. Le
troisième livre, marqué de la lettre C, et qui a
pour titre Canti cento cinquanta, a été im-
primé par Petrucci de Fossombrone, à Venise,
en 1503, petit in-4° obi. Le seul exemplaire
connu se trouve à la bibliothèque impériale de
Vienne. — 10° Le motet à 4 voix, Ave, cœlorum
Domina, dans un recueil imprimé par le même
en 1504, et qui a pour simple titre : Motetti C.
— 11° Les motets à 4 voix, Ave, Virgo gloriosa,
Beata es Maria Virgo, Nalivitates unde gau-
dia, et Conceptus hodiernus Mariée, dans le re-
cueilimpriméparlemêmeàVenise, en 1505, sous
le titre : Motetti libro quarto. — 12° Le motet
à 4 voix: Laudate Dominum de cœlis, dans le
premier livre des Motetti délia Corona;\e-
nise, Petrucci, 1514. — 13° Des chansons à 2
voix dans les deux volumes de la collection inti-
tulée : Bicinia gallica, lalina et Gerinanica, et
quaedam fugce, tomi duo; Vitebergae, apud Georg.
Rhau, 1545, petit in-4" obU— 14° Le Dodeca-
chordon de Glaiéan renferme un Agnus Dei de
la-messe de Brumel intitulée.: A[jlyS ; un Pleni
sunt Cœli, et un Qui venit in nomine Lomini,
du môme. — 15° Plusieurs pièces du même ar-
tiste se trouvent aussi dans les Selectx artificiosx
et élégantes Fug.x, etc., de Jacques Paix, Lauin-
gen , 1587. — 16° Un morceau très-curieux
à 8 voix, dans les huit» tons, rapporté par Gré-
goire Faber ( voy. ce nom), dans son Musices
practicse Erotematum (cLap. 17). Dans ce mor-
ceau chaque voix estécritedansun ton différent,
ce qui n'empêche pas que leur réunion ne pro-
duise une- bonne harmonie.. — 17" Messe à" 12
voix, intitulée : Et ecce ierrss motus, enmauus-
BRUMKL — BRUNETTI
97
crit, danf5 la bibliothèque royale de Municii. Il
en existe nne copie dans la bibliothèque du Con-
servatoire de Paris. J'ai mis en partition le Kyrie
et le Chiisle de cette messe, et je puis déclarer
que si le goût n'en est pas bon, au point
lie vue du sentiment religieux, la facture et la
l'berté des voix dans les imitations serrées,
unstituent un chef-d'œuvre de forme qui ne
semble pasappartenir au temps où vécut l'auteur.
— 18' Trois Credo à 4 voix, dans le manuscrit
n° 53, in-folio, de la bibliothèque- royale de Mu-
nich. Une copie manuscrite de la messe de Beata
Virgine, à 4 voix, se trouve aussi dans le ma-
nuscrit 57 in-fol. de la même bibliothèque. —
190 Plusieurs messes sur des chansons françaises
et sur Ut, ré, mi, fa, sol, la, sont en manuscrit
dans les archives de la chapelle pontificale à
Rome.
lillUÎV (LE). Foj^es Lebrun.
BllUNA (Jacinthe et Jean), fils d'Antoine
Bi una, facteur d'orgues, suivirent tous deux, la
profession de leur père. Ils étaient nés à Andorno,
canton de Magliano, près de Verceil; Jacintlre
mouruten 1802, u'étantâgé que de trente-cinq ans;
Jean est mort en 1812, à l'âge de cinquante ans.
ils ont construit en commun les orgues de Mon-
crivello, de Sallugia et de Montanaro.
BRUNELl (Dominique), compositeur italien,
fut maître de chapelle à Trieste, au commence-
ment du dix-septième siècle, ainsi que l'indique
le litre de cet ouvrage de sa composition : Varii
Concentus unica voce, 2, 3,4 etpluribus cum
gravi et acuto basso ad organum; Venetiis, A.
Uauerii, 1600, in-4°,
liKUNELLI (Antoine), maître de chapelle
de la cathédrale de Prato, au commencement du
dix-septième siècle, passa ensuite en la même
qualité à l'église San-Miniato, de l'iorence, et eut
enfin le litre de maître de chapelle du grand-duc
de Toscane. Compositeur distingué, il était aussi
un des musiciens les plus instruits dans la tliéo- I
rie du chant et du contrepoint. On connaît de lui : |
1" Escrcisi ad una e due voci ; Florence, Ifios. —
23 Motettiaduevoci, lib. l'';ihid, 1607. — 3" Mo-
tetlia due voci,lïb.2°; ibid., 1608. — 4° V'Af-
fettuosoinvaghito, canzonette a tre voci ; ibid.,
1608. — 5° IJiori odoranti, madrigali a ire
voci, lib. i°; Venise, 1609.— 6° Lefiameite dHri'
génie, madrigalia ire voci , lib. 2°; ibid., 1610.
— 1" La SactaCanticaa 1-4 voci. — S° Begole
e dichiarazioni dialcuni conirapunti doppi,
uiili alli studiosi délia musica , e maygior-
iienie a quelli che vogtiôno fare conirapunti
all'improviso , condiversi canoni sopra un
sol canio fermo ; Florence, Cristofano Mares-
cotli, 1610, in 4". Cet ouvrage est un traité des
BIOGR. UNIV. DKS MUSICIENS. — T. 11.
I diverses espèces de contrepoints doubles et du
contrepoint improvisé par les chantres d'église,
appelé en Italie Contrapimto alla mente, et
en France, Chant sur le livre. Les règles de ce
contrepoint, données par Drunelli, sont curieuses.
Les ouvrages de Berardi {voy. ce nom) ont fait
oublier celui-ci ; cependant ils ne le remplacent
pas en cette dernière partie. Walther, copié par
Forkel, Gerber, Lichlenthal, et d'autres encore,
a attribué ce livre à Lorenzo Brunelii, dont il
fait un maître de chapelle et un organiste de
Prato, et qu'il distingue d'Antoine Brunelii,
maître de chapelle du grand -duc de Toscane. Il
cite à ce sujet un passage du ch. 12^ du 1"^*^ livre
du livre deBononcini, intitulé : Musico pratico ;
mais Bononcini ne donne pas le nom de Lorenzo
à Brunelii, car il se borne à dire : Corne dice il
Brunellinelle sue Begole di musica (titre qui
n'est pascelui du livre). Je ne sais s'il y aeu réel-
lement un LoFenzo Brunelii, maître de chapelle à
Prato au commencement du dix-septième siècle,
et j'avoue que cela rne paraît peu vraisemblable ;
mais il est certain que l'auteur du livre dont il.s'agit
est bien Antoine Brunelii : j'en ai la preuve par
un exemplaire que j'ai sous les yeux. A l'égard
d'un livre de motets de ce môme Lorenzo Bru-
nelii qui aurait été imprimé à Venise en 1629, et
qui est cité par Walther, si, comme le fait enten-
dre cet écrivain, le titre de l'ouvrage indiqueque
ce Brunelii était.néà Florence, on pourrait croire
qu'il était fils d'Antoine, et qu'il a rempli à Prato
la place que son pèreavait occupée autrefois. —
9° Scherzi, Arie, Canzonette e Madrigali a 1-3
voci, lib. 3°; Venise, 1614. — 10° Fiorettispiri-
tuali a 1-5 voci, op. 15 ; Venise, 1621.
BllUNELLIUS (Henri), Suédois, a soutenu,
en 1727, une thèse sur le plain-chant, à l'acadé-
mie d'Upsal, et l'a fait imprimer ensuite sous ce
titre: Elementa musices planœ, exercilio aca-
demico ex consensu Ampliss. Senai. Philos, in
Celeb. Acad. Upsalensi. Subprœsidio viri celeb.
M. Erici Burman, etc.; Upsal,j728, in-12, d«
40 pages.
BRCJNET (Pierre ) , musicien français
du seizième sJècle, apublié: Tablature de Man-
dore; Paris, Adrien Le Roy, 1578.
BHUMETTI (Dominique), né à Bologne,
fut maître de chapelle de la cathédrale de cette
ville, dans les premières années'du dix-septième
siècle. On connaît de sâcomposition : Vari con-
certi a 1, 2, 3, e 4 voci co'l busse perVorgano;
Venise, Raverio, 1609, in-4°.
BRUNETTI(Jean), maître de chapelle à
la cathédrale d'Urbino, vivait dans la première
partiedu dix-septième siècle. Sesouvrages connus
sont ceux-ci : !<• Motetti « 2, 3 e 4 voci ; Ve-
7
M s
BRUNEÏTI
nise, Alex. Viiicenli, 1625, in-4°. — 1'^ 3Iote/H
concertatiai, 3, 4, àeGvoci, lïb. 7/;ibid., 10-25,
m-i''.— 'i° SalmiSpezzati concertatia 2, 3e 4
voci, lib. II, op. V; Jbid., 1025, in-4^ — 4°
Motetti a cinque voci, lib. 1; ibid, 1625,
in-4''. — 5° Salmi intieri eoncertati a 5 e 6
voci; ibid, 1625, in^". Toutes ces productions se
trouvent dans la bibliothèque du lycée musical
de liologne.
lîRUNETTI (Antoine), maître de chapelle
à Pise, naquit à Arezzo en 1726. Un ancien maître
de cette ville, nommé Mogeni, lui enseigna les élé-
ments du chant et de la composition. En 1752,
il se fixa à Pise, s'y maria, et devint maître delà
cathédrale. Il a écrit pour l'église. On connaît de
lui des motets pour voix de basse avec orchestre.
Gerber a confondu Antoine Brunetti avec son
fils Jean Gualbeit ; Gervasoni n'a pas fait celte
faute.
BRUIVETTI (Gaétan), fils du précédent,
naquit à Pise en 1753. Son père fut son premier
maître de musique, et lui fit enseigner le violon ;
puis Brnncl'ti alla à Florence, où il fut élève
de Nardini pour cet instrument. En peu de temps
il devint un violoniste distingué sous cet habile
maître, dont il imita la manière avec beaucoup
de succès. Ses études terminées, il voyagea, et
alla se fixer à Madrid, "où il entra au service du
prince des Asluries, plus tard roi d'Espagne sous
le nom «le Charles IV. M. Picquot, amateur de
musique distingué, grand collectionneur de mu-
sique de violon, et auteur d'une notice fort bien
faite sur Boccherini, pense que Brunetti était déjà
au service du prince des Asturies en 1766, parce
qu'il possède un manuscrit original decet artiste,
dont le tUrc est en espagnol et qui porte celte
date. S'il en est ainsi, et si l'identité est cons-
tatée, il eii faut conclure que Gaétan Brunetti n'é-
tait pas fils d'Antoine, car celui-ci n'arriva à Pise
et ne se maria qu'en l752; d'où il suit que le
violoniste de la ctiambre de Charles IV n'aurait
eu que treize ans lorsqu'il était déjà au service de
ce prince et aurait composé l'ouvrage dont il est
question. Toiit cela est fort obscur et ne stra
vraisemblablement jamais éclairci, si Brunetti
n'a pas laissé de mémoires sur sa vie. Quoi qu'il
en soit, son premier oenivre gravé, qui consiste
en six trios pour deux violons et basse, est un
ouvrage faible, qui eut peu de succès. Brunetti
ne réussit pas mieux dans un œuvre de quatuors
qu'il fit paraître ensuite. Suivant Gerber (Neices
Lexikonder Tonkûnst'ler),[e premier œuvre de
ce musicien serait composé de six sextuors pour
3 violons, alto et deux violoncelles obligés. J'ai
vu cKssestetti aulicfois, mais je n'ai pas conservé
le souvenir du numéro qu'ils portent. Ce ne (ut
qti après l'arrivée de Boccherini à Madrid, que
le talent do Brunetti comme compositeur acquit
plus de valeur. Heureux de se trouver près d'uii
maître dont le talent avait autant de charme que
d'originalité , il changea sa manière, et se fit l'i-
mitateur de Boccherini dans ses compositions,
comme il s'était fait l'imitateur de Nardini sur le
violon. Le premier ouvrage où il fitremarquerce
changement dans son style fut son œuvre troi-
sième, contenant le deuxième livre de ses trios
pour deux violons et basse. 11 fut publié chez Ve-
nier, à Paris, en 1782. Mais autre chose est d'i-
miter une manière, les formes d'un style, ou d'en
avoir lo génie. San» doute il y a de l'agrément
dans les ouvrages de Brunetti, et l'imitation y est
si adroile, que beaucoup de gens les ont souvent
rnis en parallèle avec les œuvres du maître; mais
pour qui juge en connaisseur, il manque dans ces
imitations le trait inattendu, toujours piquant,
parfois sublime, qui est le cachet de l'original.
Brunetti devait tout à Boccherini, mais il l'eut
bientôt oublié, et c'est par la pi us noire ingratitude
qu'il payales bienfaitsdecelui auquel il dut son ta-
lent (voy. Boccherini). Plus habile que lui dans
l'art d'intriguer, il sut lui nuire dans l'esprit du
prince et l'éloigner de la cour. Lui seul resta
chargé de composer pour le service de cette cour
un grand nombre de symphonies, de sérénades
et de morceaux de musique de chambre. Il rece-
vait aussi un traitement du duc d'Albe Dour
écrire desquintettes etdesquatuoi-s que ccgrand
soigneur faisait exécuter chez lui, et qu'on n'enten-
dait point ailleurs. Brunetti était âgé de cinquante-
quatre ans lorsque les affaires d'Espagne y ame-
nèrent Napoléon : la frayeur que lui fit la pre-
mière occupation de Madrid par l'armée française
lui causa une atteinte d'apoplexie dont il mourut
en 1808, chez un ami, aux-environs de cette ville.
Outre les ouvrages cités précédemment, on a
gravé, de la composition de Brunetti, trois œu-
vres de duos pour deux violons, un œuvre de six
sextuors pour trois violons, viole, violoncelle et
basse, et un œuvre de quintetti. Toutes ces pro-
ductions ont paru à Paris. Ses compositions
inédites sont en beaucoup plus grand nombre;
on y compte; 1° Trente et une symphonies et ou-
vertures à grand orchestre. — 2° Cinq sympho-
nies concertantes pour divers instruments^ —
3" Le menuet de Fischer varié et concertant pour
hautbois et basson avec orchestre. — 4° Deux
livres d'harmonies pour les danses de chevaux
des fêtes publiques. — 5" Six sextuors pour trois
violons, alto et deux violoncelles — 6° Trente-
deux quintetti pour deux violons, deux altos et
violoncelle. — 7° Six idem, pour deux violons,
alto, basson et violoncelle. — 8° Cinquante-huit
BRUNETTI — BRimMAYER
'jy
q\iatuors pour deux violons, alto et •violon-
celle. — 9" Vingt-deux trios pour d«u\ violons
et violoncelle. — 10° Six divertissements pour
deux violons. — 11" Quatre duos, idem. —
12° Trois airs variés pour violon et violoncelle.
— 13" Dix-huit sonates pour violon et basse, et
beaucoup d'autres ouvrages dont je n'ai pas l'in-
dication; car M. Picquot dit {Notice sur la vie
et les ouvrages de L. Boccherini, p. 13) qu'il
possède 214 œuvres de Brunctti en manuscrit
originaux, et il ue croit pas avoir tout ce qu'a
éciit cet artiste.
BRUiX-ETTI (Jean-Gualbert), frère du pré-
cédent et second fils d'Antoine, compositeur, né
à Fisc vers 1760, s'est fait connaître par divers
opéras, dont les plus remarquables sont : 1° Lo
Sposo di tre, Marito di nessuna, à Bologne
eu 1786. — 2» Le Stravaganze in campagna ;
Venise, 1787. — 3" Bcrloldo e Bertoldina à
Florence en 1788. — 4° ie Nvzze per invita,
ossiano gli Amanticapricciosi, à^ome, en 1791.
— 5° Fatima, àCrescia, en 1791. — G» Demo-
foonie, 1790. Brunetti succéda à son père comme
maître de chapelle à la cathédrale de Pise. Il a
écrit beaucoup de musique t'église. On citepar-
liculièrement de lui,.cn Ce genre, des Matines de
la Trinité à 4 voix. Gerber s'est trompé en at-
liibuantà Antoine les opérars qui sont de Jean-
Gualbert; et c'est à tort qu'il a critiqué Rcicliardt
qui donnait l'opéra de Demo/oonie à ce dernier.
BRUNI (François), compositeur, né à Alcara,
en Sicile, florissait vers la fin du seizième siè-
cle. 11 a fait imprimer : Primo libro di Madri-
tjali a 5 voci; Messine, 1589, in-4°.
BRUNI (Antoine-Barthélémy), né àConi en
Piémont, le 2 février 1759, s'est livré à l'étude
du violon sous la direction de Pugnani et a eu
pour maître de composition Spezziani, de Novare.
Venu eu France à l'âge de vingt-deux ans, il
entra à l'orchestre de la Comédie italienne comme
violon, et publia successivement quatre œuvres
de sonates de violon, vingt-huit œuvres de duos,
dix œuvres de quatuors, et quelques concertos.
Ses duos sont particulièrement estimés. Vers le
milieu do Vannée 1789, après la mort de Mestrino,
Bruni fut nommé chef-d'orchestre du théâtre de
Monsieur; mais son caractère difficile lui suscita
des querelles qui le firent remplacer dans ses fonc-
tions par Lahoussaye. Plus tard il dirigea l'or-
chestre de rOpéra-Comique ; mais les mêmes
causes fui tirent bientôt abandonner sa place.
Enfin il fut nommé par le Diredtoire membre
de la commission temporaire des arts. Il a écrit
seize opéras, dans lesquels on trouve un chant fa-
cile et agréable, de l'effet dramatique et une ins-
trumentation purement écrite; ce sont : I'j Co-
7ndin, auThéâtte-llalien, en 1780. -- 2" Cèles-
^«ne, en trois actes, 1787 Z" Azèlie, enunacte,
1790. — V Spinette et Marinl, 1791. — 5° Le
Mort imaginaire, au théâtre Montausier, 1791.
— 6° V Isola incantata, au théâtre de Mon-
sieur, en 1792. — 7" L' Officier de fortune, au
théâtre Feydeau, 1792. — 8» Claudine, en un
acte, 1794. — yo Le Mariage de Jean-Jacques
Rousseau, il'Jb. — iO^ Toberne, ouïe Pêcheur
suédois, en deux actes, 1796. — 11° Le Major
Palmer, en trois actes, 1 797 . — 12° La Rencontre
en voyage, en an acte, 1798. — 13° Les Sabo-
tiers, en un acfe, 1798. — 14° L'Auteur dans
son ménage, en un acte, 1798. — 15° Augus-
tine et Benjamin, ou le Sargines de village,
en un acte, 1801. — 16° La bonne Sœur, en un
acte, 1802. On a aussi de cet artiste : Nouvelle
Méthode de violon, très-claire et très-facile,
précédée de principes de musique extraits
de l'Alphabet de Mme Ouhan; Paris Duhan, et
Méthode pour l'alto viola; Paris, Janct et Co-
telle. Une édition, française et allemande de ce
dernier ouvrage a été publiée à Leipsick, chez
Breitkopf et Hsertel. Ce musicien ne méritait pas
de tomber dans l'oubli où il est maintenant
plongé. Au retour des bouffons, en 1801, Bruni
fut nommé chef d'orchestre de leur théâtre ; je
me rappelle encore le talent qu'il y déploya; ja-
mais cet orchestre n'a mieux accompagné le
chant que sous sa direction. Il eut pour succes-
seur Grasset. Retiré à Passy, près de Paris,
Bruni y vécut plusieurs années dans le repos.
Après un long silence, il donnaau théâtre Feydeau,
en 1814, Le Règne de douze heures, en deux
actes, eten 1816, le petit opéra-comique intitulé:
LeMariagepar commission, qui ne réussitpas.
Peu de temps après il retourna dans sa patrie. Il
est mort à Goni en i823.
BR.UI\I1\GS (Jean-David), claveciniste, vi-
vait à Zurich en 1792. Il a fait imprimer dans
cette vilte -. i" 3 Sonates pour le clavecin, op. i .
— 20 6 Sonatines pour le clavecin, op. 2 ; 1793.
— 3° Sonate pour le clavecin avec violon et
bas«e,op. 3; Paris, Imbault, 1794.
BRUNMAYER (Anuré), organiste de l'é-
glise de Saint- Pierre à Salzbourg, en 1803, est né
à Lanffen dansl'évêché de Salzbourg. Aprèsavoir
appris les premiers principes de la musique, du
clavecin et du violon dans le lieu de sa naissance,
il devint élève de Michel Haydn, qui lui enseigna
les éléments de la composition. Il se rendit en-
suite à Vienne, où il prit des leçons de Kozeluch
pour le piano et d'Albrechtsberger pour le con-
trepoint. On a dfc sa composition : 1° Six messes
solennelles, dont deux allemandes. — 2° deux
litanies. — 3° XVI graduels pour les différentes
100
MRUNMAYER — liRYENNE
fêtes de l'année. — 4° Un oratorio alicinand.
— 5° Deux opéras-comiques. — G° Petite can-
tate à quatre voix, deux clarinettes, deux cors et
deux bassons. — 7° Ode de Ilagedorn, avec cla-
vecin. — 8° Huit chansons allemandes à quatre
Voix. — 9* Sérénades pour clavecin avec violon.
— 10° Variations pour le clavecin sur diffé-
rents thèmes. — 11" Six quintetli pour instru-
ments h veut. — 12° Vingt-quatre menuets et
trios pour orcliestie complet.
BRUNMULLER (Eue), maître de musique
à Arnsterdani, au commencement du dix-hui-
tième siècle, a publié en 1709 son premier oeuvre
consistant en solos de violon et trios pour deux
violons et basse. Il fit paraître ensuite sou Fas-
ciculus viusicus ; Amsterdam, 1710, in-fol. Cet
ouvrage contient des toccates pour piano, des so-
los pour hautbois, violon et flûte, et des airs
italiens et allemands. Enfin l'on connaît aussi
de lui : six sonates pour violon ou hautbois avec
basse continue.
BRUIVNER (AbAM- Henri), moine à Bam-
Iierg, dans la seconde partie du dix-septième
siècle, a publié : \° Cantiones Marianx , oder
leulschemarianlsche Lied&r, ueberjeden Titel
der Lauretanischen Litanerj, mit 2, 3, 4, oder
mehr Geigen ; Bamberg, 1670, in-fol. — 2° Se-
raphische Tafel-M.usic, 64 de vener. Sacra-
mento handelnende Arien, von einer Sing-
stimme, 2 VioUnen und Ge.neraUB-ass (Table
de musique sifTaphique, consistant en 64 ariettes
à voix Gouic pour l'octave du saint Sacrement,
deux violons et basse continue); Augsbourg,
in-fol., 16-93.
BRUJXiVER ( CnnihiEN-TiiAUGOTT), directeur
de la société do chanta Chemnitz, est né le 12
décembre 1793, à Drùhnios, village près de
Stollberg, dans les montagnes de la Saxe. Le
maîlre d'école de cette localité lui enseigna les
premiers principes de la musique, du chant et du
piano ; plus tard, lorsque Brunner alla suivre
les cours du {,'ymnase de Chemnitz, il continua
de cultiver avec ardeur les dispositions qu'il
avait rcçucss de la nature pour cet art. En 1 820 il
obtint la place de cantor à l'église principale de
Chemnif?,, et dès ce moment la musique devint
son unique occupaliou. C'est depuis cette époque
qu'il se livra avec succès à l'enseignement du
chant et du piano. D'abord diri-cteur du Sing-
Vereîn, société de chaut fondée en 1817 par
Kimstmann, il fut encore choisi pour la direction
d'une autre société connue sous le nom de Btir-
gei'-Gesang-Verein , cha-ur d'hommes fondé en
1833. On a publié de sa composition : l" Petites
pièces d'exercice avec le doigter pour le piano,
op. G, en 4 suites ; Dresde. Heydt. — 2» Petits
exercices progressifs et doigtés pour le piano à
4 mains, op. 9 ; Leipsick, Schubert 3° Petits
rondeaux agréables et instructifs pour piano à
4 mains, op. 2; Leipsick, Breitkopf et Hœrtel. —
4° six idem, op. 31 ; Leipsick, Schubert. — 5° Bé-
créations musicales de lajeunesse, six rondeaux
et variations sur des thèmes d'opéras, pour le
piano à 4 mains, op. 4o; ibid. — G° Beaucoup de
pièces faciles pour l'étude du même instrument.
— 7° Plusieurs pots- pourris, idem ; Chemnitz,
Hacker. — 8° SixLieder pour deux sopranos, op.
16 ; Leipsick, Klemm. — 9° Des chants à 3 et
à 4 voix, œuvres 17, 18, 19, 20; ibid., et Ha-
novre, • Bachmann. — 10 Ubi bene, ibipatria I
chant pour bariton avec chœur d'hommes, op. 22 ;
Chemnitz, Hacker. — 11" Plusieurs chants à
voix seule.
BRUrVO (AuRELio), compositeur, élève du
conservatoire de Naples, a donné au théâtre du
Fondode cette ville, en 1843, un opéra intitulé :
Adolfo di Gerval, ossia i Montanari scozzesi,
qui éprouva une chute complète, il ne paraît pas
qu'il ait écrit postérieurement pour la scène.
BRUSA (Jean-François), compositeur dra-
matique, né à Venise, vers le milieu du dix -sep-
tième siècle, a donné en 1724 : Il Trion/o
délia Virtù;ei\ 1725, Atnor eroico, et en 1726,
Medeae Giasone. Le 22 décembre 1726, il fut
nommé organiste du petit orgue du chœur de
la chapelle ducale de Saint-Marc, appelé orga-
netto del Palchetto. Il obtint aussi la place de
maître du chœur des jeune filles au conserva-
toire degV Incurabili, dans la môme ville.
Brusa mourut vraisemblablement en 1740; car
il eut pour successeur, à Vorganetto del Pal-
chetto, Angclo Cortona,le 24 juillet de la même
année.
BRUSCO (Jules), né à Plaisance, était
maître de chapelle à l'église de Saint-François
de cette ville, au commencement du dix-septième
siècle. On a de lui : 1° Modulatio Davidica,
1C22. — 2° Mottetti; Venise, 1629. — 3" Con-
certi e Litanie de B. V. a 1,2,3e 4 i;oci ;
Venise, 1629. — 4» Missa, Psalmi e Te Deum
laudamus, 8 vocum, op. 5 ; Venise, Alexandre
Vincenti, 1639, in-4o. Il y a une autre édition
de cet ouvrage dans la bibliothèque du Lycée
musical de Bologne : j'en ignore la date.
BRUSCOLINi (Pasqiiauno), célèbre con-
tralto italien. En 1743, il débuta au théâtre de
Berlin et il y chanta pendant dix ans. De là il alla
à Dresde, où il est resté attaché au théâtre de la
cour jusqu'en 1763.
BRYEI\NE (Manuel), le moins ancien des
écrivains grecs dont il nous reste des ouvrages
sur la musique, vivait sous le règne de l'cmpe-
BRYENNE — BRYNE
101
reur Michel Paléologne Tancien, vers 1320. On
croit qu'il était de la maison de Bryenne, an-
cienne famille française qui s'établit en Grèce à
l'époque des croisades, vers le commenceineut
du treizième siècle. Le traité de musique qui
porte son nom a pour titre : Les Harmoniques ;
il est divisé en trois livres. Fabricius dit, dans sa
bibliothèque grecque, que le premier livre est une
sorte de commentaire sur le traité de musique
d'Euclide, et que le second et le troisième ren-
ferment un exposé de la doctrine de Ptolémée.
Il serait plus exact de dire que l'ouvrage de
Bryenne est une compilation de la plupart des
ouvrages des anciens écrivains grecs sur cet art;
car non-seulement on y trouve des extraits d'Eu-
ciide et de Ptolémée, mais on y voit aussi des
passages de Tliéon de Smyrue, d'Aristoxène, de
Nicomaque et d'autres auteurs.
Grand nombre de manuscrits répandus dans
les principales bibliotlièques de l'Europe con-
tiennent le livre de Bryenne : des doutes se sont
pourtant élevés, vers la fin du dernier siècle, sur
les droits qu'il pouvait y avoir. Deux manuscrits,
dont un est au Vatican, et l'autre, provenant de la
bibliotlièque Farnèse, se trouve maintenant en la
possession du roi de Naples, contiennent un
traité de musique sous le nom d'Adraste de Phi-
lippes ( F. Adraste). Or, nei ouvrage n'est autre
que le traité des Harmoniques de Bryenne.
Quelques savants italiens, considérant qu'il est
parlé dans ce livre du genre enharmonique, "^
qui, longtemps avant Bryenne, avait cessé d'être
en usage et n'était [)lus môme connu des Grecs,
avaient été tentés de restituer le livre à l'ancien
philosophe péripaféticien. D'un autre côté, ils re-
marquèrent que de nombreux passages de Théon
de Smyrne, et même des chapitres entiers de
cet auteur étaient intercalés dans le traité des
Harmoniques : ils en conclurent que cet ouvrage
devait ôtre de beaucoup postérieur à Adraste, et
que Manuel Bryenne, ayant fait dans son livre
une sorte de résumé de tout ce qu'on avait écrit
avant lui, avait pu traiter du genre enharmonique.
D'autres faits, ignorés de ces savants, démon-
trent que le livre des harmoniques appartient à
cet écrivain et ne peut être l'ouvrage d'Adraste.
Le inemier se trouve dans la huitième section
du premier livre de cet ouvrage : Bryenne y
expose la constitution des neuf premiers tons du
chant de l'église grecque, tels qu'ils sont indi-
qués dans VUayiopoUtes, et sans divisions par
tétracordes, divisions inséparables du système
de la tonalité antique. L'autre fait n'est pas moins
significatif; le voici : Il existe à la Bibliothèque
impériale de Paris plusieurs manuscrits qui con-
tiennent un traité de musique de Pachymère,
sous les numéros 2530, in-4°, 2338, 2339, 2340
2-438, in-fol. (I). Cet écrivain naquit, comme
on sait, ea 1242 et mourut à Constantinople en
1340, à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans. H
fut donc le contemporain de Manuel Bryenne,
et écrivit un peu avant lui. Or, dans ce traité
de musique de Pachymère, on trouve un long
passage (fol. 10 et U, Mss. 2536) qui est pres-
que mot pour mot répété dans la septième section
du premier livre des harmoniques de Bryenne
(édit. de 'SVallis, p. 587, lig. 30 jusqu'à la lig.
29 de la p. 388). Il est donc certain que, dans
ce passage, Bryenne a été le copiste de Pa-
chymère, et cette circonstance suffit pour faire
voir que le livre des harmoniques a dû être écrit
dans le quatorzième siècle, et que son véritable
auteur est Bryenne, à qui presque tous les ma-
nuscrits l'attribuent. Du reste cet ouvrage ïi'est
pas sans intérêt, car Bryenne est le seul auteur
ancien qui fournisse quelques renseignements sur
la Mélopée des Giecs.
Meibomius, à qui l'on doit une édition de sept
auteurs grecs anciens sur la musique, avait pro-
rais de publier les ouvrages de Ptolémée et de
Bryenne; mais il n'a pas tenu sa promesse. Wal-
lis a suppléé à son silence, en donnant, dans le
troisième volume de ses œuvres mathématiques
( Joannis Wallis Openim mathematicorum,
Oxonizp, 1699,4 vol. in-fol.), le texte grec des
ouvrages de Ptolémée et de Bryenne, ainsi que
du commentaire de Porphyre sur les harmoni-
ques du premier de ces auteurs, avec une version
latine, un appendice et quelques notes. L'ou-
vrage de Bryenne commence à la page 359 du
volume, et linità la page 508. Wallis s'est servi
pour cette édition de quatre manuscrits d'Oxford :
les deux premiers étaient tirés de la Bibliothèque
Bodléienne, le troisième du collège de l'Univer-
sité, et le quatrième du collège de la Madeleine. Si
jamais quelque savant enticprend de donner une
nouvelle édition du traité de Bryenne, il trouvera
dans la Bibliotlièque impériale de Paris plusieurs
manuscrits de cet ouvrage, parmi lesquels ceux
qui sont cotés 2455 et 24i)0 in-fol. se font re-
marquer par leur beauté et leur correction.
BUYNE (Albert), un des nmilleurs com-
positeurs de musique d'église de l'Angleterre
dans le dix-septième siècle, fut élève de Jean
Tonikin. Ayant élé nommé organiste de Saint-
(1) bepuis que co(;i a clé écrit dans la premitre édition
de la Biographie universelle des musiciens. M. A. J. H.
Vincent ( foy. ce nom ) a put/lit'., dans sa Notice sur di-
vers înanuscrits grecs relatifs à la musique (Notices et
extraits des manuscrits de la Bibliotlièque du Rûi, t. XVI,
dcusièmt! partie), le teste du livre de Pachymère, avec
une introduction, des notes et Icsaigumtnts des chapitres
en franç.iis ( pages 384-5u3). f^'uyez PachYiMÈrb.
102
BRYINE
BUCHNER
Paul, à Londres, il en remplit les fonclionsjtisqu'à
sa mort, arrivée en 1G70. Dans la collection de mu-
sique sacrée de Clifford, on trouve quelques an-
tiennes de Bryne; plusieurs de ses pièces ont
été aussi insérées dans d'autres collections, par-
ticulièrement dans celle de Boyce qui a pour ti-
tre : Cathedral Music. Le tombeau de Bryne
se trouve à l'abbaye de Westminster.
BUCHANAN (Thomas), médecin anglais,
né en Ecosse, connu par de savants ouvrages sur
diverses parties de sou art, n'est cité ici que
pour un livre relatif aux conditions des percep-
tions sonores de l'oreille, lequel a pour titre :
Physiological illustrations 0/ the organ of
hearing, more particularly 0/ the sécrétion
qf cérumen and ils e/fects in rendering au-
ditory perceptions accurata and acute, etc.
( Explications physiologiques de l'organe de l'au-
dition, et en particulier de la sécrétion du céru-
men et de ses effets, pour rendre les perceptions
auditives promptes et claires, etc. ); Londres,
Longman et C'e, 1828, gr. in-8° de xvi» et
160 pages, avec 18 planches gravées.
BUCHER (Samuel-Frédéric), juif allemand,
membre du consistoire à Zittau, naquit, le 16
septembre 1692, à Regensdorf, dans la Lusace,
et mourut à Zittau, le 12 mai 1765. Il a fait im-
primer dans cette ville, en 1741, une dissertation
in-4° sur les directeurs de musique chez les Hé-
breux, sous ce litre: Menazzehim, Die Kapell-
meister der Hebreeer.
BUCHHOLTZ (Jean-Godefroi), né à
Aschersleben, en 1725, étudia la théologie à Halle,
et fut ensuite co-recteur dans sa ville natale. On
ignore en quel temps il quitta cette position pour
se rendre à Hambourg, mais on sait qu'il remplit
en cette ville les fonctions de professeur de mu-
sique. Buchholtz était un artiste distingué sur le
clavecin et sur le luth. Il était aussi compositeur
pour l'église, et l'on a de lui divers ouvrages de
musique instrumentale. Il a publié ; \° Vnterricht
fur diejenigen, welche die Musik und das
Klavier erlernen wollen ( Instruction pour
ceux qui veulent apprendre la musique et le cla-
vecin); Hambourg, 1782. — 2° Divertimenii per
il cembalo cou, violino. — 3" Zwey neue
Sonatinen fur das Klavier (Hnux nouvelles
petites sonates pour le clavecin ; Hambourg, 1798.
Buchholz est mort à Hambourg, le 10 juin 1800,
a l'âge de 75 ans.
BOCHIIOLTZ (Jean-Simon ) , un des meil-
leurs facteurs d'orgues des temps modernes, na-
quit le 27 septembre 1758, à Schlosz-Wippaeh,
près d'Erfurt. Il apprit son art à Magdebourg,
chez le facteur d'orgue Nietz, puis il travailla
lon;jtempscliezGiûnebcrg,au vieux Brandebourg,
et chez Marx à Berlin; enfin il s'établit dans
cette dernière ville. Le nombre des orgues qu'il
a construites s'élève à plus de trente, parmi les-
quelles on en remarque seize à deuxet trois cla-
viers.Les plus considérables sont celui de Bath,
dans la nouvelle Poméranie (États-unis d'Amé-
rique), composé de 42 jeux, et celui de Trep-
tow, de 28 jeux. Buchholtz est mort à Berlin le
24 février 1825. Son fils, qui a travaillé long-
temps avec lui , est aussi facteur d'orgues dis-
tingué, à Berlin. Il a introduit quelques per-
fectionnements dans le mécanisme de l'instru-
ment.
BUCHIANTI ( Pierre), compositeur italien,
qui vivait dans la première partie du dix-septième
siècle. On a de lui un premier œuvre qui a pour
titre : Scherzi e madrigali a una e due voci,
Venise, 1627.
BUCHMAWN (Frédéric), organiste de
l'église Saint-Biaise, à Nordbausen, naquit dans
cette ville le 3 juillet 1801, et y mourut en 1843.
Sa vie , dénuée d'événements, s'est passée avec
cahae dans l'exercice de ses fonctions. On con-
naît de sa composition : — 10 Grande sonate bril-
lante pour piano seul (enMf);Miilhausen, Buch-
mann. — 2° Feier der Toene (La fête des sons),
pour voix seule avec piano, op. 2 ; Nordhausen.
Busse. — 3" Les Grâces, idylle romantique et
mythologique pour voix seule et [)iano, op. 3 ;
ibid. — 4° Vermàhlungsfierlied (Chant de la
célébration du mariage), op. 4; ibid. — b° Die
Bûrgschaft (La Bourgeoisie) , de Schiller, pour
voix seule et piano, ibid. Kœrner a inséré une
pièce finale pour orgue, de la composition de
Buchmann, dans son recueil intitulé -. Posludien-
Buch fur Orgelspieler : Erfurt (s. d.), in-4o obi.
BÛCHIVÊR ( Jean-Heniu ), compositeur alle-
mand, vivait au commencement du dix-septième
siècle. Draudius cite de lui deux ouvrages (Bi-
bliot. classica germ. ) dont voici les titres :
1" Séries von schœnen Villanellen, Taentzen ,
Galliarden und Curanten mit i Stimmen,
vocaliter und instrumentaliter zu gebraucheii
( Collection de bellesvillanelles, danses, gaillardes
et courantes à quatre parties, etc. ) ; Nuremberg,
1614, iH-4''. — 2° Erodiœdass ist Liedtein der
Lieb amorosischen Textes benebenetUchen Gal-
liarden, Curanten, e\,e., mit li Stimmen (Eroti-
ques ou petites chansons sur des textes d'a-
mour, dont plusieurs en forme de gaillardes et
de courantes, à 4 voix); Strasbourg, 1624.
BUCHiVER ( JEAN-CnRÉTiEN), compositeur
de musique religieuse, naquit en 1736. il passa la
plus grande partie de sa vie à Gotha, où il était
musicien de ville, et mourut le 23 décembre 1804.
Ses ouvrages les plus estimés sont des cantales
BUCUNER — BUCR
103
(Pi-^lise et lies cliansons spirituelles : elles sont
restées en manuscrit.
BÙCHXËK ( CuARLES-CoNRAD ) , facteur de
pianos et de divers instruments à Sondersliausen,
naquit à Hameln en 177S. Il apprit d'abord la
procession de sellier; mais ayant eu de fréquentes
occasions d'entendre de belle musique à Dresde,
pendant qu'il y travaillait, il en éprouva de si vives
émotions, qu'il résolut d'être musicien à quelque
prix que ce lût. Cependant il était déjà d'un âge
trop avancé pour espérer de devenir un jour com-
positeur ou virtuose; il fallut qu'il se bornât à
taire usage de son adresse en mécanique pour la
construction des instruments. 11 se rendit d'abord
àSondersbausen, où demeuraient ses parents. Là,
il commença à réparer de vieux instruments,
étudia les principes de leur construction; puis il
essaya d'en fabriquer lui-même, et par ses essais
répétés il acquit en peu de temps des connais-
sances étendues dans son art. En 1810, sa fa-
brique de pianos avait déjà de ia réputation en
Allemagne; depuis lors, elle a acquis encore plus
de développements.
BÛCHiXER ( Adolphe-Emile ), pianiste, orga-
niste et compositeur, professeur de musique à
Leipsick, est né àOsterfeld, près de Naumbourg,
le 5 décembre 1826. Élève du Conservatoire de
Leipsick, il s'y est fait connaître dès son début par
la composition d'une symphonie dont l'exécution
a eu quelque succès en 1845. Ce jeune artisie a
publié quelques légères productions pour le piano,
parmi lesquelles on remarque celle qui a pour titre
In die Fcrne (Dans le lointain), poëme de Klett,
transcrit pour le piano, op. 1 ; Leipsick, Siegel. On
connaît aussi de lui des chants pour voix seule
el piano, op. 5, 4, 7 ; ibid.
BUCHOI. Voyez BiNcnois.
BUCnOVVSKI ( Denigne), moine béné-
dictin, né en Pologne en 1647, d'une famille
riche et distinguée, entra fort jeune au couvent de
Cracovie, où il se livra à l'étude de la littérature,
delà poésie et de la musique. Ses progrès furent
rapides, et bientôt il fut compté parmi les poètes
distingués de la Pologne. Après avoir occupé
quelques-uns des postes les plus importants dans
son ordre, il demanda et obtint sa sécularisation,
puis il se retira dans une cure de village et y
passa le reste de ses jours. Il y mourut en 1720.
On a de Buchowski des poésies latines qui ont ét<'«
imprimées à Cracovie, et des Cantiques dont il
avait composé ia musique et qui ont paru sous
le titre de Canlus et luctiis; Cracovie, 1714,
in-ao.
BlJCHOZ (PiERRE-JosEPii), laborieux com-
pilateur, né à Metz, le 27 janvier 1731, se livra d'a-
l)ord à l'étude du droit, et fut reçu avocat à Pont-
' à-Mousson en 1750; puis ilquilla celte profession
' pour la médecine, et obtint le titre de médecin
j ordinaire du roi de Pologne, Stanislas. Il est
I mort à Paris, le 30 janvier 1807. Buchoz a donné une
nouvelle édition du livre de Marquet, son beau-
père ( voy. Marquet ) sur l'art de connaître le
pouls par la musique, avec beaucoup d'augmen-
tations. Cette édition a pour litre : L'art de con-
naître et désigner le pouls par les noies delà
tnusiqm,de g-uérir par son moijen la mélancolie
et le tarentisme, qui est une espèce de mélan-
colie; accompagné de 198 observations, tirées
tant de l'histoire que des annales de la méde-
cine, qui consttitent l'efficacité de la musique,
non-seulement sur le corps, mais sur Vâme,
dans l'état de santé ainsi que dans celui de
maladie, etc.; Paris, Mesnard, 1806, in-8o. Dans
cet ouvrage, Buchoz a refondu une dissertation
qu'il avait publiée dans les mémoires de l'académie
de Nancy, sur la manière de guérir la mélancolie
par la musique.
BUCHWEISER (Mathieu), naquit le 14
septeml)re 1772, à Seudling près de Munich, où
son père était instituteur. A l'âge de huit ans, il
entra comme enfant de chœur au couvent de Bern-
ried, près de Starnberg, et y apprit les langues
anciennes ainsi que la musique; puis, en 1783, il
fut admis au gymnase de Munich. A cette époque,
il devint élève deValesi, qui lui enseigna les élé-
ments du chant et de l'art de jouer de l'orgue.
Ses études musicales étant terminées, il fut fait
répétiteur dé l'Opéra au théâtre royal, et la place
d'organiste de la cour lui fut donnée en 1793.
On a de lui des messes allemandes qui ont été exé-
cutées avec succès dans plusieurs chapelles, lia
aussi composé la musique d'un mélodrame inti-
tulé : DerBcttel student ( L'Ëtudiant mendiant),
qui a été représenté par ses conilisciples du Gym-
nase,àTœlz.
Buchweiser avait un frère aîné (Balthazar), né
à Seudling en 1765, qui fit aussi ses études mu-
sicales sous la direction de Valesi. Sur la recom-
mandation de l'électrice de Bavière, il fut admis
comme chanteur chez l'électeur de Trêves. Là
il étudia la composition chez le maître de cha-
pelle Sales. En 1811 il était directeur de mu-
sique au théâtre impérial de Vienne. On a de cet
artiste six chansons allemandes avec accompa-
gnement de piano.
BUCK ( JEAiN-ERÉDÉRit: ), cantorà Bayreulh,
occupait cette position en 1840. 11 a publié,
conjointement avec C. VV. L. Wagner, cantor à
Kirchrusselbach , en Bavière, un livre de mé-
lodies chorales à 4 voix d'hommes à l'usage des
temples protestants de la Bavière, des écoles nor-
males d'instituteurs, des collèges et des sociétés
Î04
BUCK — BUHL
de cliant, sous ce titre : Der protestanfischen
Kirchenge.meinde des Kdnigsreichs Bayern,
fiirvier Mannerstimmen, ete.; Bayreiitli, 1839,
in-4°.
BUDIANI ( JuvENTO), ancien lutliier de l'É-
cole de Brescia, dans le seizième siècle, fut con-
temporain et concitoyen de Jean Paul Magini, mais
ne régala pas pour la bonté des. instruments.
11 travailla d«puis 1570 jusqu'en 1590. Dragoneiti
possédait un violone, ou contrebasse de viole de
cet artiste, qu'il avait fait arranger et monter en
contrebasse à quatre cordes. Ses sons étaient
voilés, mais d'un timbre agréable dans le solo.
BUELou BÛEL (Christophe), maître de
cliapelle à Nuremberg, et garde des registres de
la ctiancellerie de cette ville, vivait dans la pre-
mière partie du dix-septième siècle, et mourut en
1631. Licbtenthal, qui a lu dans la Littérature de la
Musique de Forkel gestorben (mort), a cru voir
çeboren (né), et a écrit en effet que Buel est né en
1631, bien qu'un des ouvrages de ce musicien
porte la date de 1624. Il s'est fait connaître par
deux traités de musique dont le premier à pour
titre Melosharmonicum (Nuremberg 1624, in-4"),
et le deuxième , Doctrina duodechn modorum
miisicalium, in-fol. Forkel, qui indique le titre de
celui-ci, n'en connaissait pas la date.
BtFFFARDIlV ( Pierre-Gabriel ), célèbre
flûtiste, né en France, vers la fin du dix-septième
siècle, fut engagé au service de la chapelle élec-
torale de Dresde en 1716, et mourut en cette
ville dans les derniers mois de l'année 1739. Son
habileté se faisait surtout remarquer dans l'exé-
cution des passages rapides. Buffardin fut pen-
dant quatre mois le maître de flûte de Quantz.
BUFFIER (Le P. Claude ), jésuite, né en
Pologne d'une famille française, le 25 mai 1661,
fit ses études à Rome, où ses parents s'étaient
fixés, et entra dans la société de Jésus en 1679,
à l'âge de 18 ans. Au retour d'un voyage qu'il
avait fait à Rome en 1697, il fut associé à la ré-
daction du Journal de Trévoux, et vécutdans la
maison des Jésuites, à Paris, où il finit ses jours
le 17 mai 1737. Dans le nombre considérable
d'ouvrages de tout genre publiés par le P. Buffier,
on remarque celui qui a pour titre : Cours des
sciences sur des p7-incipes nouveauxet simples,
pour former le langage, le cœur et Vesprit -.
Paris 1732, in-fol : 11 y consacre un long cha-
pitre à examiner la question : Si les beautés de
la musique sont réelles ou arbitraires. H prend
cette occasion pour faire un petit Traité de la
musique, intelligible à ceux mêmes qui n'en
auraient jamais ouï parler, comme pourraient
être des hommes soîirds. Ce petit traité se
trouve dans la partie de sou ouvrage qui a pour
I titre : Essai de la manière dont on peut s'y
prendre pour enseigner méthodiquement une
science àceuxqui n'en auraient eu nulle idée :
manière appliquée à la musique.
BUHL (Josepu-David), issu d'une famille
allemande, naquit, en l781,au cbâteau-de-Chan-
teloup, prèsd'Amboise ( Indre-et-Loire ). Son père
était alors attaché au duc de Choiseul en qualité
de musicien. Doué d'heureuses dispositions pour
la musique, il se livra fort jeune à l'étude du
clavecin et de la trompette : ses progrès furent si
rapides sur ce dernier instrument, qu'il put se
faire entendre comme virtuoseà l'âge deonze ans,
et qu'il obtint son admission dans la compagnie
de musique de la garde parisienne, qui fut orga-
nisée après le 10 août 1792. Plus tard, il entra
dans la musique des grenadiers à pied de la gar Je
des consuls. Une école de trompette pour la ca-
valerie ayantété instituée à Versailles,au commen-
cement de 1805, David Buhl, alors le plus ha-
bile trompettiste de France, y fut appelé comme
professeur. Il y continua ses fonctions jusqu'en
1811, époque de la suppression de l'école. Lel®""
juillet 1814 il reçut sa nomination de chef de mu-
sique de l'état-major des gardes du corps du roi
Louis XVIII, et dans la même année la décora-
tion de la Légion d'honneur lui fut accordée, l'^a
1816, cet artiste recommandable fut nommé con-
jointement première trompette de l'opéra et du
théâtre royal Italien : pendant dix ans il eu lit le
service actif ; mais une blessure grave qu'il reçut à
Reims, au sacre du roi Charles X, en 1825, par le
choc d'une voiture du cortège royal, l'obligea de
prendre sa retraite. Ses services furent récompensés
par des pensions sur les fonds de la hste civile et
sur la caisse de l'Opéra. Buhl travailla longtemps
au perfectionnement de la grande trompette
droite, qu'il considérait avec raison comme la
voix aiguë du trombone. En 1823 il entreprit de
faire adopter en France l'invention d'un facteur
deHanau, nommé lialtenhoff, qui avait appliqué
à la trompette la coulisse des trombones. Ce
système eut alors peu de succès , parce qu'un
ressort tourné en spirale et d'une grande énergie
ramenait rapidement la branche mobile de la
coulisse à sa position première, et opposait une
forte résistance qui gênait la main dans ses mou-
vements, pour prendre les diverses intonations.
Débarrassée de ce ressort, la trompette à cou-
lisse a été conservée en France : quelques ar-
tistes la préfèrent à la trompette à cylindres.
Le célèbre trompettiste anglais, Harper (ils,
n'en joue pas d'autre. Buhl a publié une Mé-
thode de trompette, adoptée pour t'enseigne-
ment dans Vécole de trompette établie à Sau-
mur ; Paris, Janet, in-4° ( s. d. ). Il a été aussi
BUHL'— BUINI
10.-,
rliargé de la rédaclion de l'Ordonnance de
Trompettes qui a paru chez le même éditeur.
BUIILE ( Jean-Gottlieb ), professeur de
philosophie à Tuniversité «de Gottingue , n<^. à
Brunswick le t8 janvier 1763, a publié un livre qui
a pour titre : Arïstoteles : Ueber die Kunst der
Poésie ans dem Grïec.hïschen uebersetzt tind
erlàutert. Nebst Twinings Abhandlung ueber
die poetische und musicalische Nachahiming.
Ans dem Englischen uebersetzt ( Poétique d'A-
ristote, traduitedu grec et expliquée. Suivie de la
dissertation de Twining sur l'imitation poétique
et musicale, traduite de l'anglais ); Berlin, Voss,
1798. 278 pages in-8°.
BUHLER( François-Grégoire ), maître de
chapelle de la cathédrale d'Augsbourg, naquit à
Schneidheim, près de cette ville, le 12 avril 1760.
Son père, qui était instituteur, jouait bien de l'or-
gue, et lui enseigna les éléments de la musique;
ensuite le jeune Biihler fut envoyé au couvent
de Mayngen, où un moine continua son éduca-
tion musicale. En 1770, il entra comme en-
fant de chœur à l'abhaye de Neresheim. 11 y
fréquenta le collège, et fut instruit dans le chant
par le directeur du chœur P. Mayr, et dans l'art
de jouer du piano par le P. Benoît Werkmeisler,
qui fut dans la suite prédicateur de la cour à
Stuttgard. Un autre moine ( le P. Ulrick Faul-
haber ) lui enseigna les éléments de l'harmonie et
de la composition. A l'âge de quatorze ans, Biihler
était déjà capable d'accompagner sur l'orgue le
chant des offices. Au mois de novembre 1775 il
fut obligé de quitter l'abbaye, pour aller faire ses
études de philosophie à Augsbourg. Il eut occasion
de connaître dans cette ville le célèbre organiste
de la cathédrale Michel Dimmier, qui lui donna
des leçons d'orgue et de composition. Cependant
la nécessité de prendre une position commen-
çait à se faire sentir ; elle devint si pressante,
qu'il se vit contraint de retourner au couvent de
Mayngen, où il entra comnie novice. Il y prit en-
core des leçons d'accompagnement du plain-
chant d'un moine nommé le P. Leodogar An-
dermath , et acquit sous sa direction beaucoup
d'habileté. Après une année d'épreuve , il sortit
de son couvent dont le régime ne convenait pas
à sa santé, retourna à Augsbourg, où il reprit le
cours de ses études, puis se rendit à l'abbaye des
Bénédictins de Donawerth, en 1778, y recommença
UB noviciat, et pendant ce temps prit des leçons
de composition de Neubauer, puis de Rosetti,
maître de chapelle du prince d'Oettingen Wal-
lerstein. Le 20 juin 1784 il fit ses vœux et fut or-
donné prêtre. C'est vers ce temps qu'il commença
à composer des messes, des offertoires et des
»ymplîoni(,s. La réputation que ces ouvrages lui
procur(>rent 1(1 fil appeler en 1794, en qualité de
maître de chapelle, à Hotzen. Il y resta sept ans.
A cette époque, il demanda au pape sa séculari-
sation ; l'ayant obtenue , il alla prendre posses-
sion de la place de maître de cbapel'n le la
cathédrale d'Augsbourg en 1801 , et IVcupa
jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 4 février 18ï4.
Les compositions religieuses de Bùblei sont
faibles de style, et les idées n'y ont pas la maiesté
convenable à ce genre de musique : mais elles
ont une mélodie naturelle et facile, qui leiir a
procuré une sorte de vogue dans les petites vUles
où elles pouvaient être exécutées sans peine* Ses
principaux ouvrages sont : 1° Six messes à quatre
voix et orchestre, op. 1 ; Augsbourg, Lotter. — 2°
Vingt-huit hymnes de vêpres, op. 2 ; ibid. — 3°
Missa solemnis (enla), op. 3; ibid. — 4° Trois
messes allemandes à trois vorx et orchestre, n°' i,
2 et 3; Augsbourg, Bœhm et Lotter. — 5" Litanie
de la Vierge à quatre voix et orchestre ; ibid. —
6° Messes en si et en ut, à quatre voix, orcheslrt
et orgue; Mayence, Schott. — 1° Me&se poui
soprano, alto, basse ( et tenoread libilum ), avec
orchestre; Augsbourg, Bœhm. — 8° Messe en ré
à quatre voix et orchestre ; ibid. — 9° Messe brève
et facile, à quatre voix et orchestre ; ibid. —
10° Offertoires pour tous les temps à quatre
voix, orchestre et orgue; ibid. — 11» Beaucoup
de psaumes, Pange Ungua, Libéra, Requiem,
Te Deum, Vêpres , cantiques et airs d'église ;
ibid. — 12° Plusieurs recueils de chansons alle-
mandes avec accompagnement de piano ; ibid. —
13° six Sonates faciles et plusieurs recueils de pe-
tites pièces pour l'orgue; ibid. — 14° Des préludes
et des versets pour le même instrument ; ibid.
— 15° Plusieurs airs variés pour le clavecin. —
16"" Sonates pour le même instrument. — 17° Des
.suites de petites pièces. Biihler s'est aussi fait
connaître comme écrivain par un petit ou-
vrage intitulé : Partitur Regeln in einem kiirzen
Auszugejûr Anfaenger, nebst einem Anhange,
wie man in aile Tœne gehen kœnne ( Abrégé
des règles de la partition pour les commençants
etc.) ; Donawerth, 1793, in-4o. Il a paru à Munich
une deuxième édition améliorée et augmentée de
cet ouvrage.
BlJHLER (Jean-Michel), constructeur d'or-
gues et de pianos à Bayhingen, dans le Wur-
temberg, vers 1790, a travaillé d'abord chez
Spath etSchmahl àRalisbonne. Il a fait annoncer
dans la Gazette Musicale de Spire ( 1791, pag.
175 ) des pianos à deux claviers de son invention.
Il ne paraît pas que cette innovation ait eu du
SMOCèS..
BUÏÎ^I (Joseph-Marie), compositeur drama-
tique, né à Bologne, vers la fin du dix-septième
1C6
BUmi — BULL
siècle, était aussi poêle et composa les paroles
de plusieurs opéras qu'il mit en musique. Ses
ouvrages ont eu du succès dans la nouveauté ;
en voici les titres : 1° L'Ipocondriaco, à Florence,
1718. — 2° Il Mago deluso dalla ma(jia,k
Bologne, en 1718. — 3o La Pace per amore,
en 1719. — 4° 1 diporti d' Amore in Villa. —
5° GV Inganni fortunati, à Venise, en 1720 —
6" Filindo, à Venise, en 1720. — 7° Armida de-
luxa, fin 1 720 — 8» Cleofile, en 1721 . — 9° Amore
€ Maestà, ovvero l'Arsace, à Florence en 1722.
— 10° Gl' Inganni, felici , en 1722. — IT Ar-
mida abbandonata , en 1723. — 12° La Ninfa
riconosciuta, en 1724. —13" V Adélaïde, à Bo-
logne en 1725. — 14° Gli Sdegni cangiati in
amore, en 1725. — 15° Il Savio délirante, en
1725. — 16" La VendettadisarmatadalV Amore,
en 1726. — 17" Albumazar, en 1727. — 18° La
forza del sangue, en 1728. — 19° Frénésie d'A-
more, en 1728. — 20" Teodorico, à Bologne en
1729. — 21° Malmacor, en 1729. — 22° Amore
e Gelosia, en 1729. — 23° Chinonfa, non /alla,
en 1729. — ^i° Endimione, à Bologne, en 1729.
— 25» VOrtolana Contessa, en 1730. — 26" Il
Podesià di Colognole, en 1730. — 27° La Mas-
chera levataal vizio, en 1730. — 28° Artana-
gamenonc, à Venise en 1731. — 29° Fidarsi è
ben, via non fidarsi è «leg'Z^o, à Venise en 1731.
— Z0° Gli Amici rfe Mar^eZ/i, à Bologne en 1734.
On connaît aussi de Buinides sonates pour violon
ot clavecin imprimées à Bologne. 11 avait été
nommé membre de l'Académie des pliilharmoni-
ques de cette ville en 1722, et eu fut prince en
1730 et 1735.
BU LAiXT (Antoine), professeurde musique
àl'aris, vers 1784, y a publié quelques œuvres de
musique instrumentale, dont Six quatuors pour
violon, op. 2 ; Six duos pour clarinette, op. 4;
et Quatre symphonies à grand orchestre, op. 5.
BULGARELLI ( Mauianisr-Benti ) et non
Bulgarini, surnommée la fioma??î??a, futune des
cantatrices les plus distinguées de la première ,
partie du dix-huitièrne siècle. Elle brilla plus
longtemps qu'il n'est donné d'ordinaire aux can-
tatrices, car elle chantait déjà à Rome en 1703,
et on la retrouve encore au théâtre à Venise
en 1729. Née à Rome, non en 1679, comme on
i'a dit dans la Gazette du inonde élégant
(Zeit. liird. eleg. Welt., 1829, n° 9), mais en
1684 , elle revint dans sa ville natale en 1730,
lit y mourut q.uatre ans après. Les Vénitiens la
redemandèrent souvent, et témoignèrent toujours
un grand enthousiasme en l'écoutant. Elle chanta
aussi dans les autres grandes villes d'Italie,
particulièrement à Naplcs, avec beaucoup de suc-
cès. Amie de Métastase, elle secourut ce grand
poêle de sa bourse après qu'il eût dissipé la for-
lune que Gravina lui avait laissée. En 1725, elle
le suivit à Vienne, puis elle chanta à Breslau, et
en 1728, à Prague. De retour à Rome, elle y passa
dans le repos les quatre dernières années de sa
vie, jouissant en artiste et de sa gloire et des ri-
chesses qu'elle avait acquises.
BULGHAT (Jean de), imprimeur de mu-
sique à Ferrare, vécut vers 1540. Il avait formé
une société pour son genre d'industrie avec Henri
de Campis et Antoine Hiicher, ainsi qu'on le
voit par le premier livre de madrigaux d'Alfonse
délia Viola ( voy. ce nom ) qui sortit de ses
presses en 1539.
BULL (John), né dans le comté de Som-
merseten 1563, était, dit-on, issu delà famille de
Sommerset. A l'âge de onze ans îl commença à
étudier la musique; Blitheman, organiste de la
chapelle royale, lui donna les premières leçons
et lui enseigna les principes de la composition et
l'art de jouer de l'orgue. Il n'avait que vingt-trois
ans lorsqu'il fut admis à prendre ses degrés de
bachelier en musique à l'université d'Oxford, et
six ans après il fut reçu docteur. Son habileté
extraordinaire sur l'orgue le fit nommer organiste
de la cour en 1591, après la mort de Blitheman.
La reine Elisabeth le proposa, en 1596, pour rem-
plir les fonctions de premier professeur de musique
au collège de Gresliam. Il y prononça un discours
contenant l'éloge du fondateur et celui de la mu-
sique. Ce morceau a é\é imprimé sous ce titre :
The Oration of Maister John Bull, Doctor o/
Musicke,. and one of the Gentlemen of his
Majestie's Royal Chappell, as he prortounced
the same, before divers worshipjul persons^
the Aider men and Commoners ofother people,
the sixth day of october 1597, in the ncw
ereeted colledge of sir Thomas Qresham : made
in the commendation of Ihefoiinder, and the
excellent Sience of Musicke. Imprinted at
London by Thomas Este. Cinq ans après, le dé-
rangement de sa santé le força à voyager; il par-
courut la France, l'Allemagne , et fut accueilli
partout avec distinction. A. Wood rapporte à ce
sujet une de ces anecdodes qu'on a faites sur beau-
coup d'artistes renommés. Il dit que Bull, étant
arrivé à Saint-Omer, se présenta à un fameux
musicien qui était maître de chapelle, et se pro-
posa à lui comme élève. Ce musicien lui présenta
un morceau à quarante voix don-t il se disait
auteur, et il défia qui que ce fût d'y ajouter une
seule partie ou d'y trouver une faute. On devine le
reste. Bull demanda du papier réglé, se fit en-
fermer pendant deux heures; et, quand le maître
revint, il lui montra quarante autres parties
qu'il avait ajoutées à son morceau. Alors le mu-
BULL
107
sicien lui dit qu'il était Bull ou le diable , et se
prosterna. Un conte si ridicule n'a pas besoin
d'être réfuté. Plusieurs places honorables furent
offertes au musicien anglais par l'empereur
d'Autriche et les rois de France et d'iispagne ;
mais il préféra retourner dans sa patrie. Le suc-
cesseur d'Elisabeth, Jacques 1'='' le nomma son
organiste particulier en 1607. Six ans après il
quitta l'Angleterre de nouveau, parcourut les
Pays-Bas, et enfin, serendit à Anvers, en 1617,
pour solliciter la place d'organiste des trois orgues
fie la cathédrale, devenue vacante par la mort de
Kombout Waelrant. Le chapitre de l'église Notre-
Dame la lui accorda, et John Bull prêta serment
en sa nouvelle qualité, le 29 décembre delà même
année. Il mourut à Anvers le 12 mars 1628, et
fut inhumé le 15 du même mois (I). On trouve
dans l'école de musique, à Oxford, un portrait du
D. Bull. Il est représenté en habit de bachelier.
Hawkins l'a fait graver dans sou Histoire de la
musique ( tom. .3, p. 318 ;. Les seuls ouvrages
de ce compositeur qui ont été imprimés, sont des
leçons pour la virginale ( épinctte ) dans la col-
lection intituléé:/'ar;/ienJrt,<;luneantienne : De-
liver me, ô God, inséré dans le Cathedral music
de Barnard. Le Dr. Burney a donné des varia-
tions de Bull pour la virginale sm- lit , ré, mi,
fa, sol, la, dans son Histoire de la musique
(tom. 3, p. 115), et Hawkins nous a coniervé
deux canons assez ingénieux du même maître ( A
General History of Music, t. 2, p. 366.) Le Dr.
Pepusch en avait rassemblé une nombreuse col-
lection manuscrite et vantait leur excellence sous
les rapports de l'harmonie, de l'invention et de la
modulation. Ward en a donné le catalogue dans
ses Lives of the professors o/ Gresham col-
lège (Londres, 1740) -. On y trouve environ
120 pièces pour l'orgue et la virginale, consistant
en pavanes, gaillardes, allemandes, préludes, fan-
taisies et variations. Dans ce nombre se trouve le
fameux air God save the King, qui, avec les va-
riations, occupe les pages 56 à 63 dans le ma-
nuscrit. Les autres compositions du docteur Bull
consistent en pièces de musique d'église à 3, 4
et 5 voix ; elles sont au nombre de vingt-trois, et
leur style est très-satisfaisant. Le docteur Durney
prétend, au contraire, que la musique lie Bull, bien
qu'assez correcte pour l'harmonie, est lourde,
nrionotone, et fort inférieure à celle de Bird et de
Tallis.
Dans un écrit intéressant mtitulé : An Account
oj the national Anthem intitled God swe tue
|ij Ces faits, qui font cesser l'iacertitude où l'en était
resté sur le lieu et l'époque où Bull cessa d'exister, ont
été découverts dans les arcfiivcs de la catliédrale d'An-
vers, par H. Léon de Burbure ( roycz ce nom ).
I KiNC, M. Richard Clark a prouvé ( p. 67 et suiv. i
que cet air célèbre a été composé par John Bull,
à l'occasion de k Conspiration des poudres, à
laquelle le roi Jacques 1" avait échappé en 1605.
U est assez singulier qu'après avoir écrit cet air
I qui lui valut la faveur de Jacques l", l'artiste
ait été oblige d'aller chercher ensuite des moyens
d'existence en pays étranger, sous le règne du
même roi et de son fils Charles I^''. Au reste il
résulte des recherches de M. Clarck que toutes
les traditions qui ont attribué l'air dont il s'agit
à Hifciidel , à Smith , son élève et ami , à Henry
Carey (voy. ce nom), et même à Lully, sont
sans fondement.
BULL ( Ole-Bornemann ), le plus excentrique
des violonistes virtuoses, est né le 5 février 1810,
non à Christiania, comme on le croit généralement,
mais à Bergen, à 70 lieues de cette ville, sur la
côte occidentale de la Norvège. Il existe dans
cette ville une école royale de musique où douze
jeunes gens sont élevés gratuitement : Ole Bull y
reçut sa première éducation musicale. Un pen-
chant invincible le portait vers l'étude du vio-
lon : il s'était procuré un mauvais instrument de
cette espèce et s'y exerçait sans relâche; mais
son père, qui le destinait à l'état ecclésiastique, le
lui ôta, et l'envoya à l'université de Christiania,
à l'âge de dix-huit ans. Préocupé de son goût
favori, Ole Bull fit peu de progrès dans ses éluilcs
scientifiques : elles lui devinrent bientôt insupfior-
tables, et sa résoliition fut prise de s'affranchir
de l'autorité paternelle. Encouragé par l'enlhou-
siasms de ses jeunes compatriotes pour son jeu
sauvage autant qu'original, il donna des concerts,
et osa même remplir des fonctions de chef d'or-
chestre avant d'être en état de lire une partition.
Ayant amassé ainsi quelque argent, il partit [lour
Cassel, en 1829, avec le projet de piendre des
leçons de Spoltr; mais il y avait si peu de
rapports entre l'organisation du maître et celle
de l'élève, qu'ils ne purent s'entendre. La ré-
gularité méthodique du premier faisait bondir
l'autre d'impatience : ils ne tardèrent point à se
dégoûter l'un de l'autre et à se séparer, Ole Bul]
voulut en ap|)eler au public dans un concert où
il donna carrière à toutes ses fantaisies; épreuve
dangereuse dans laq,uelle il succomba sous les
huées des partisans de l'école classique. Docouiagé
parce résultat inattendu, il se rendit à Gocttingue
pour s'y lisrer à l'étude du droit : mais cette
époque était précisément celle où Paganini par-
courait l'Allemagne et y excitait les jjIus vives
émotions. Le caractère du talent de cet homme
extraordinaire fut une révélation pour Ole Bull,
et porta son admiration jusqu'à l'enthousiasme.
S'attachant aux pas du célèbre artiste génois, ii
10S
BULL
te suivit à Paiis,en 1831. Là coiiniiença pour lui
Ja vie aventureuse et romanesque qui a fait de sa
personne et de son talent quelque chose d'excep-
tionnel et de fantastique. Dévalisé par des voleurs
qui lui enlevèrent môme son violon, il s'aban-
donna au désespoir et alla se précipiter dans ia
Seine. Des bateliers l'ayant retiré de l'eau sans
connaissance, on le transporta dans un corps de
garde où des soins empressés le rap[)elèrent à la
vie. Parmi les curieux que ce siiectacle avait at-
tirés se trouvait une dame qui, frappée de la res-
semblance d'Ole Bull avec un fils qu'elle avait
perdu, le fit transporter clifcz elle et le confia à
son médecin ; puis, quand il fut revenu à la santé,
elle le combla de bienfaits, lui donna un excellent
violon de Guarnérius, et lui fournit les moyens
de se rendre en Italie, où il croyait que de grands
succès l'attendaient. Arrivé à Milan, il y eut des
démêlés avec la police autrichienne, et même fit
sentir à ses agents sa force herculéenne. Obligé
de s'enfuir, il se rendit à Bologne; il y arriva au
mois d'avril 1834, et y donna, le 2 mai suivant, un
concert dans lequel il joua deux morceaux de sa
composition sans oichcstre et à quatre parties
pour un violon seul, qui furent chaleureusement
applaudis. De Bologne il alla à Rome, où il ne se fit
pas entendre en public, puis à Naples où il arriva
à l'automne de la môme année. Au mois de février
183.b, il joua entre deux actes du Nouveau Fi-
garo, de Ricci, au théâtre du Fonda, et se fit ap-
plaudir avec enthousiasme dans une fantaisie de
sa composition, avec orchestre. Après avoir visité
ia Sicile et avoir passé quelques mois à Palernie
et à Messine, il retourna à Naples, puis alla à Flo-
rence, à Gênes, à Turin, et revint à Paris par le
midi de la Fiance. En 1837, il était à Bruxelles et
y donnait des concerts; puis il se rendit en Russie,
et joua à Saint-Pétersbourg et à Moscou dans
riiiver de 1838. A son retour il joua àKœnigsberg,
Berlin, Breslau et Vienne. Dans l'année 1840 il
fit un nouveau voyage en Allemagne, et se fit en-
tendre à Munich, Salzbourg-, Eiancfort, Leipsicii,
et Beiîin, aprèr; avoirjouéà Paris au théâtre de la
Renaissance, sans y produire une impression favo-
rable sur les artistes. A Leipsick, il trouva aussi
de l'opposition, et les journaux de l'époque lui re-
prochèrent'd'user de charlatanisme, tant par le ca-
ractère de son jeu que par le choix des titres de
ses morceaux ; par exemple Adagio dolente, et
Allegro ridente. A la suite de ce voyage, il par-
courut le Danemarck, la Suède, et rentra à Chris-
liania, après douze ans d'absence. Ce fut à cette
époque qu'il forma le projet d'un voyage dans
l'Amérique du Nord, réalisé en 1844. Là, il donna
nue libre allure à toutes ses excentricités, jugeant j
avec intelligtnce les instincts dos populations 1
au milieu desquelles il se trouvait, et mettant son
talent en rapport avec leurs penchants. C'estainsi
qu'il m'a dit lui-même en riant qu'un caprice
extravagant, auquel il avait donné le titre du
Bœuf mangé par le tigre, excita do tels transports
d'enthousiasme dans tous les États de l'Union,
qu'il en tira plus de CO mille dolars de bénéfice
(300,000 francs)-. De retour en Europe, il fit
une excursion à Alger dans l'été de 1846, puis
parcourut le midi de la France, et revint à Paris
à la (in de 1847. Peu de jours après la révolution
de Février suivant, il se fit entendre dans un con-
cert au profit des blessés, puis revint à Bruxelles
pour la seconde fois. Après y avoir passé quelques
mois sans y donner de concerts, il retourna en
Norvège, et y fonda un théâtre national. Brouillé
avec l'autorité locale de Bergen, à l'occasion de
quelques formalités qu'il avait négligées, il subit
une Condamnation, et, dégoûté du séjour de sa
viije natale par cet incident, il s'en éloigna, vrai-
semblablement pour n'y plus retourner; puis il
donna des concerts en parcourant l'Allemagne,
et enfin, se rendit dans rAméri([ue du Sud.
Les journaux ont annoncé qu'il avait achcl-é de
vastes terres en Pensylvanie, dans l'intention d'y
fonder une colonie Scandinave; mais il y a lieu
de croire que le résultat de cette entreprise n'a
pas été heureux ; car Ole Bull est revenu en Eu-
rope.
Le caractère du talent d'Ole Bull a été, à son
point de départ, une imitation de celui de Paga-
nini; mais depuis lors il s'est modifié et s'est
individualisé. Ses qualités sont une grande jus-
tesse dans la double corde et un beau staccato.
Quoique le reproche de charlatanisme qui lui
a été sou rent adressé ne soit pas dépourvu de
fondement, on n'a peut-f-tre pas assez estimé ce
qu'il y a de distingué dans son jeu. Il a nalurel-
lenient le sentiment expressif ; et, quand il ne
l'exagère pas, il est capable d'émouvoir le con-
naisseur le plus sévère. En 1848, il a joué devant
moi un adagio pathétique avec une si grande per-
fection de justesse et avec une expression si tou-
chante et si vraie, qu'il eût pu se mettre dans ce
moment à l'égal des plus grands artistes. Malheu-
reusement, degrands besoins factices et beaucoup
de vanité lui font souvent sacrifier. l'art et son
propre sentiment au désir de caresser le mauvais
goùtde son auditoire. Il aéCril plusieurs concertos
et fantaisies pour violon et orchestre ; mais il n'a
publié qu'un petit nombredeces morceaux, entre
lesquels on remarque une Fantaisie avec varia-
tions sur un thème des Puritani de Bellini .
pour violon et orchestre, op. 3; Hambourg, Scliu-
berth. On a publié son portrait lithographie i)ar
Ramberg, chez le mémo éditeur.
BULLART - BULYOUSZKT
109
BULLART ([SAAc),néa Rotterdam, le5jan-
vier I5i)9, de parents catholiques, fut envoyé à
liordeaux pour y faire ses études. 11 devint pré-
teur de l'abbaye de Saint-Waast à Arras, clieva-
licr de l'ordre de Saint-Michel, et nionrnt le
17 avril 1672. On trouve les portraits et les no-
tices de plusieurs musiciens et écrivains sur la
musique dans son Académie des Sciences et des
Arts, contenant les vies et les éloges histori-
qties des hommes illustres de diverses nations.
Paris, 1682, 2 vol. in-fol. L'ouvrage fut publié
par les soins du fils de l'auteur.
BULO W-DEI\I\E WITZ (Frédéric-Guil-
laume, comte), général prussien, né le 16 fé-
vrier 1755 à Falkenberg, dans la Vieille-Marche,
est mort le25févrierl816,àKœnigsberg, où était
le siège de son gouvernement de la province. On
sait que c'est l'arrivée du corps d'armée commandé
par ce général sur le champ de balaiHe de Waterloo
qui a décidé les désastres de l'armée française dans
celte journée. La vie militaire de ce personnage
n'appartient pas à la Biographie universelle
des musiciens; H n'y est cité que comme amateur
distingué et compositeur. En 1814, nn psaume à
plusieurs voix de sa composition a été exécuté
dans l'Institut de Riel , à Kœnigsberg ( voy. la
Gazette générale de musique de Leipsick, 17^
année, p. 472).
BULOW (Hans-Guido de), est né à Dresde,
le 8 janvier 1830: il est fils du baron Edouard
de Biilow, romancier mort en Suisse dans l'an-
née 1853. Il ne cultiva d'abord la musique que
comme amateur. Fr. Wiecklui enseigna le p'rano,
et Eberwein la théorie de la musique, à Dresde.
En 1848, M. de Bûlow se rendit à Leipsick, puis
à Berlin pour y suivre les cours del'université et se
livrera l'étude du droit. Cependant son penchant
pour lamusique étant devenu de jour en jour plus
décidé, il soumit à l'arbitrage de Liszt et de Ri-
chard Wagner la question de son aptitude à cul-
tiver l'art avec succès : leur avis favorable le
décida à entrer dans celle carrière nouvelle.
En 1850, il se rendit à Zurick près de Wagner.
qui lui fit obtenir la place de chef d'orchestre du
théâtre de cette ville, et lui donna des instructions
pour l'exécution de ses opéras Tanhgeuser et
Lohengrin. Au printemps de 1851 , M. de Bûlow
se rendit à Weimar pour y perfectionner son
éducation musicale sous la direction de Liszt, qui,
pendant deux années, lui donna des conseils
pour ses études de piano. Au mois de juin 1852
il joua pour la première fois en public dans la fête
musicale dirigée par Liszt à Ballenstadt. Dans
la môme année, une ouverture qu'il avait com-
posée, pour le César de Shakspeare, fut exécutée
au théâtre de la cour à Weimar. C'est aussi à
cette époque qu'il prit part à la rédaction de la
nouvelle Gazette musicale de Leipsick, en qualité
d'adepte de la musique de Wagner et de son
école. Ses articles, écrits d'un style tranchant et
hautain , reproduisent sous des formes diverses
les extravagantes opinions du parti dont il est
l'organe. An mois de février 1853, M. de Bûlow a
fait un premier voyage à "Vienne et en Hongrie
pour y donner des concerts : à Pestli il a obtenu
de brillants succès, par la puissance de sa
grande exécution. Au mois d'octobre de la même
année il a pris part à la fête musicale de Carls-
ruhe, puis il a donné des concerts à Brème, Ha-
novre, Brunswick et Hambourg. De retour à Ber-
lin , il succéda , au mois de décembre 1854, à
Kullak dans la place de premier professeur de
piano à l'école de musique fondée par les pro-
fesseurs Marx et Stem , sous le nom de Con-
servatoire. Après avoir fait un second voyage à
Breslau, Posenet Dantzick, il a pris possession de
cette place au mois d'avril 1855. En 1859 et 1860,
M. de Bulow s'est fait entendre à Paris avec
grand succès. Il est gend-re de Liszt. Quelques
compositions pour le piano ont été publiées
par cet artiste, dont le talent est de premier
ordre.
BULYOUSZKY (Michel), naquit à Dulycz,
au comté d'Owaron, dans la Haute-Hongrie, vers
le milieu du dix -septième siècle. Il fit ses études
dans les universités de Witteraberg, .deTubin-
gue et de Strasbourg. Le retour dans sa patrie
lui étant interdit par la guerre qui la désolait
alors , il se fixa en Allemagne, et fut successive-
vement lecteur au collège de Dourlacli, prorec-
teur à Pforzheim, recteur à Oehringe en 1692,
prorecteur et professeur au collège de Stuttgard ,
en 1696, enfin, professeur de philosophie morale
et de mathématiques au collège de Dourlacli, orga-
niste et conseiller de la cour. On ignore l'époque
de sa mort ; on sait seulement qu'il vivait encore
en 1712. Bulyouszky a publié: i'^ Brevis de emen-
datione organi musica tractatio, seu Kurze
Vorstellung von Verbesserung des Orgelwerks,
lateinisch und deutsch (Courte notice sur le
perfectionnement des orgues, etc. ) Strasbourg,
1680, in-12''. — 2° Tastatura quinque formis
PanharmonieorMetathetica, suis quihusdam
virtutibus adumbrata. Cujns ope, soni omnes
musici excitantur : Thema quodcumque,
quotunmmquejingradummiisicuni, tam sur-
sum , quam deorsmn , eadem semper servata
propordone gecmetrica, sine ulla offensione ,
transponitiir : circulatio musica plene con-
ficitur : omnes morbi claviaturx vulgaris ra-
dicitus tolluntur : resque musica universa,
rjicod admirabunda juxta agnoseet posteri-
110
BULYOUSRY — BUNTING
tas,incremenlis ingentibus auyetur. Opus inde
a cunabUïs dïvinae arùis desideratum : inven-
lum multoriim annorum medïtatione, ac /a-
ôoï-e,Dourlacli, 1711, in-4'', 8 pag. Voilà nn titre
bien long pour un ouviage fort couit. Celle bro-
chure n'est qu'une espèce de prospectus dans
lequel l'auteur rendait compte des reclierclfcs
qu'il avait faites pendant quarante am; pour ob-
\ier aux inconvénients do la division de notre
échelle musicale, eu évitant le tempérament dans
l'accord des instruments à clavier. Ii annonce
qu'il est parvenu au but de ses travaux au moyen
de cinq claviers mobiles et superposés, adaptés à
un instrument qu'il avait fait exécuter. H ne révé-
lait point son secret dans sa brochure; mais il
proposait de construire) partout où l'on vaudrait
un orgue selon son système, pourvu qu'on Tin-
demnisâldu temps qu'il avai!t employé à ses le-
cbercheset des dépenses qu'elles lui avaient oc-
casionnées, s'eugageant en outre à publier un
ouvrageoù il développerait le fond de'son sys-
tème. L'ouvrage n'ayant point paru, il est pro-
bable qu'il ne s'est pas trouvé d'amateur assez
zélé pour accéder aux propositions de Bulyousz-
ky {voy. le Journ. des Savants, an. 1.712)..
On a aussi de lui quelques ouvrages de sciences
et de litlératiire.
BÛjMLER (Geouges-Henbi), maître dccha-
pelle du [irince d'Anspacb, naquit à Berneck,
le 10 octobre 1069. A l'âge de dix ans il entra à
l'école de Mœnchberg, d'où il se rendit à Berlin.
Là il prit des leçons de chant, de clavecin et de
composition de Ruggione Fedeli, raaitre de cha-
pelle au service de la cour. Après a^voir terniiné
ses études musicales, il passa à Wolfenbùttel, en
qualité de musicien de la cour. De là il alla à Bay-
reulh , Hambourg, et revint ensuite à Berlin.
En 1698, le margrave d'Anspach le nomma di-
recteur de sa chapelle, et lui permit eu 1722 de
faire un voyage en Italie; mais bientôt le prince
mourut, et Bùmler fut obligé de revenir à la hâte
pour écrire la musique des funérailles. Des ré-
formes furent faites alors à la cour d'Ansi)ach, et
Bùmler fut congédié. Il entra au service de la
veine de Pologne, électrice de Saxe, et resta deux
ans dans celte position ; puis il donna sa démis-
sion, et resta une année sans emploi . En 17?.e, il
fut rappelé à Anspach par la margrave , qui le
réintégra dans son emploi, et depuis ce temps il
ne changea plus de position. Il mourut à Ans-
pach le 26 août 1745, à l'âge de soixante-seize ans.
Uùmicr avait été marié deux fois et avait eu seize
enfants, dont sept seulement lui survécurent. H
a beaucoup écrit pour l'église, mais aucune de
ses compositions n'a (ié [lubliée. Outre ses con-
naissance^ musicales, il en avait dans les nia-
tbéniatiques, particulièrement dans la mécani-
que, et dans l'optique. Il a construit beaucoup de
longues-vues et de cadrans solaires, eta écrit un
traité sur les moyens de perfectionner ces der-
.niers. Il fut aussi l'un des coopératenrs de la bi-
bliothèque musicale de Mitzler. Son portrait se
trouve dans cet ourrage,
BÛNEMANJV (Chrétien-André), né à
Treuenbrietzenen 1708, fut nommé inspecteur du
gymnase de Joachimstal à Berlin, après avoir fini
ses études à Francfort-sur-l!Oder. 11 obtint la place
de recteur du môme gymnase, en 1 740 , et fut enfin
recteur de celui de Frédéric, en 174G. Il est mort à
l'âge de trente-neuf ans,.le 24 novembre 1747. On
a de lui un opuscule intitulé : Programma de
caniu et cantoribus ad aud. Orat. de musica
virtutis administra ; Berlin, 1741, in-4°. Forkel
et Lichtcnthal citent un ouvrage sous le titre al-
lemand Vondem Ursprunge des Gesanges und
der Vorsanger, qui paraît être le môme que le
précédent.
bUNTE (Frédéric), violoniste allemand,
ne m'est connu que par quelques compositions
qui portent son nom, entre auties dix variations
pour violon principal, deux violons et violon-
celle,surle quatuordu Sacrifice interrompu, de
Winter: Kind, willst du ruhig schlafen. (En-
fant, veux-tu dormir tranquillement?), op. 1. Of-
fenbach, André, et quelques œuvres de duos pour
deux violons.
BUJMTING (Henri), théologien luthérien, né
à Hanovre en 1545, fit ses études à Wittenberg,
et fut successivement pasteur à Grunow et à Goz-
lar. 11 mourut à Hanovre le 30 décembre 1606. On
connaît sous son nom : Oratio de musica, re-
citatain schola Goslariana, quum fucrit in-
troductio novi cantons, docti et honestijuve-
nis, dominï Sebast . Mag%i,contincns duplieein
catalogum musicorum ecclesiasticorum et
pro/aMon«w ; Magdebourg, 1596, in-*".
BUNTING (Edouard), né à Londres,
en 1763, d'une famille originaire d'Irlande, fut
organiste à Dublin pendant plus de quarante ans.
Il mourut en 1843, à l'âge de quatre-vingts ans.
Homme d'une rare instruction et doué de beau-
coup de goût, il avait fait une étude particulière
des anciens airs irlandais qu'il a harmonisés dans
leur véritable caractère. On a de lui un très-bon
ouvrage intitulé : A gênerai collection of the
ancient Music of Ireland arrangea for the
piano-furte; to which is prefixed a historical
and critical Dissertation on the Egyptian,
British and Irish Harp-; London, Clemcuti and
C° (s. d.), gr. in-fol. avec planches et musique.
Une deuxième édition, augmentée de recherches
sur les anciennes mélodies de l'Irlande, a été pu-
BUNTING — BURBURR
111
Lliécà Dublin en IS40, 1 vol. gr. in-4". La Dis-
sertation qui précède les mélodies est un mor-
ceau de grand mérite.
BUONAVITA (Antoine), noble pisan, clie-
vaiier, prêtre et organiste de Saint-Étienne de
Pise, vécut dans la seconde iBoitic du seizième
siècle. Il a fait imprimer de sa composition :
Il primo Itbro de' Madrigali a qualtro voci,
con un dialogo a ott,o ncl fine; In Vinegia
appresso l'iierede di Girolamo Scotlo, 1587,
in-4°.
BUOIVO (Jean-Piekre-Dal), moine sicilien
du dis-septième siècle, a publié à Palcrme,
en 1G41 : Canoni oblighi sopra l'Ave Maris
Stella a 4, 5, 6, 7 e 8 voci.
BUONONCIJM. Foyes Bononcini.
BUONPOUTI. Voyez Bonforti.
BUOMTEMPI. Voyez Bontemh.
BUUANA (J^ean-François), pbilologue et
médecin à Padoue, naquit à Vérone dans le
quiuzicme siècle. Il a l'ait, à la demande de Ga-
lori, une version latine du traité d'Aristide Quin-
tilien, dont le manuscrit existait du temps de
Mallci {Veronailhist., P. il, pag. 244)dans la
bibliothèque du comte Juan Pellegrini à Vérone.
On voit au titre de cette version la date où elle
a ét«i terminée: Aristidis Quintiltani musica e
graecoin latinumconversa adhortationé Fran-
chini Gafori Laudensis explicit décima quinta
aprilis iidi .
BURAIXELLO. Voyez Galuppi.
BURBURK-DE-WESEMBECK (Léon-
Philippe-Marie de), amateur distingué de mu-
sique, compositeur et pbilologue, est né à Ter-
monde (Flandre orientale ), le 17 août 1812. Ses
beureuses dispositions pour la musique se firent
apercevoir dès .ses premières années , et ses
parents lui tirent enseigner le solfège à l'âge de
sept ans, par le maitre de cbant de la collégiale
de Notre-Darne. Charmé de ses rapides progrès,
ce maitre lui donna aussi des leçons de violon-
celle, et en fit un musicien bon lecteur en l'em-
ployant comme violoncelliste dans la musique
qu'il faisait exécuter aux messes et saints de son
église. Envoyé au collège royal de Gand fiour
y terminer ses humanités, le jeune de Burhure
y continua l'étude du violoncelle sous la direc-
tion de M. De Vigne, professeur distingué de cet
instrum'^ntet ancien élève de Baudiot. M. Léon
de Burbure, ayant achevé en 1828 ses études de
collège, entra à l'université de Gand. Peu de
temps après, il fonda, avec quelques amateurs de
musique, tous étudiants de cette université comme
lui, une société de symphonie à laquelle ils don-
nèrent le titre de Lyre académique. Ce fut dans
le sein de celte société qu'il essaya sa première
composition, laquelle consistait en un divertisse-
ment instrumental pour orcliestre, éciit à l'oc-
casion d'une visite faite par h roi des Pays-Bas,
Guilteume F"^, à l'université de Gand. La révo-
lution de 1830 mit fin à l'existence de la so-
ciété de la Lyre académique, et dispersa les
élèves des universités. De retour à Termon<le,
M. de Buibure s'y livra à son goût pour la mu-
sique en exécutant avec son père et ses frères
des quatuors de Pleyel et de Haydn dont le
charme fit diversion aux troubles de cette épo-
que d'agitation. Il sentait alors la nécessité de
faireune étude sérieuse de l'harmonie pour satis-
faire son penchant à la composition, et s'en-
toura de bons traités de cette science dont il fit
une lecture assidue. Dans cet intervalle, les
cours des universités ayant été rouverts, M. de
Burbure retourna à Gand, y retrouva avec joie
SCS anciens camarades, et y reprit ses études.
Le 8 août 1832, le diplôme de docteur en droit
lui fut conféré ; mais la jurisprudence avait peu
d'attrait pour lui, et son doctorat ne fut guère
que le luxe de son éducation. Tous ses pen-
ciiants se résumaient dans son amour pour la
musique : cet art devint parla suite l'objet de ses
constantes études : les nombreuses partitions
que M. de Burbure a composées depuis 1833 jus-
qu'au Jour où cette notice est écrite fournissent
une preuve irrécusable de l'assiduité de ses tra-
vaux dans cet art. Président de plusieurs so-
ciétés musicales, telles que la société de Sainte-
Cécile, la société dramatique Amour des Arts,
la Société des Chœurs, et celle des Echos de la
Dendre, il écrivit pour ces dernières un graml
nombre de chœurs qui ont obtenu beaucoup de
succès, et qui ont été publiés dans le Choriste de
Costermans. C'est aussi à la bonne direction
qu'il sut leur imprimer que ces sociétés sont
redevables des médailles d'honneur qu'elles
ont obtenues aux concours de 1839, 40, 41
et 42.
En 1840, la Société des sciences, des arts ef
des lettres du Hainaut, à Mons, ayant ouvert
un concours pour la composition d'une ouverture
en harmonie, M. Léon de Burbure obtint le prix ;
et la médaille d'or Ini fut décernée, le 20 avril,
pour son ouverture de Charles-Quint. La ville
de Termonde, fière de ce succès, lui fit faire, à
son retour de Mons, une entrée solennelle qui
prouva quelles étaient l'affection et la recon-
naissance qu'on portait au lauréat. Ayant été
nommé, en 1842, membre du conseil de l'église
Notre-Dayne, il s'occupa de classer et d'inven-
torier les archives de celte même collégiale. Ce
fut en faisant celte rude besogne qu'il entrevit les
immenses découvertes qui pourraient être faite»
tl2
BUR^URE
pour riiistoire de la musique dans les documents
des quinzième, seizième et dix-septième siècles
que conservent qudqnes-unes des églises de la
Belgique. La perte de sa mère, en 1845, le décida
ainsi que son père à quitter Termonde, pour al-
ler habiter Anvers; mais, avant de s'y fixer,
M. de Burbure alla passer quelque temps à Liège,
et s'y livra à des travaux analogues à ceux qu'il
avait faits à l'église de Termonde. Ses recherches
dans les archives du chapitre de Saint-Lambert
lui fournirent des renseignements curieux sur
plusieurs musiciens liégeois des siècles antérieurs.
A peine établi à Anvers depuis quelques mois,
il fut prié par les marguilliers de la cathédrale
de mettre en ordre les archives de cette église,
qui se trouvaient dans un désordre affreux depuis
1797. M. de Burbure accepta celte tâche, dont il
n'aperçut pas d'abord toute l'étendue; et depuis
le mois d'octobre 1846 jusqu'en 1853 il s'y livra
presque sans relâche. Par ses patientes et
actives recherches, il recueillit dans ce travail
des renseignements de tout genre sur les musi-
ciens, peintres, sculpteurs, architectes, enlumi-
neurs, copistes, etc., dont les travaux honorent la
Belgique. C'est ainsi qu'il a constaté que c'est à
Anvers que se sont formés ou ont résidé les plus
illustres musiciens des anciens temps, tels que
Ockeghem, Régis, Carlier, Barbireau, Obrecth,
Puiloys, Jacotin, Baudouin, Castileti, Orland de
Lassus, Pevernage, Tilman Susato, Waelrant,
Pottier, Turnhout, Verdonck, John Bull, Li-
berti, Gossec, et cent autres qui n'étaient connus
que par leurs ouvrages. Je lui dois beaucoup
d'éclaircissements concernant ces artistes. Les
découvertes de M. de Burbure relatives aux
architectes belges ne sont pas moins intéres-
santes.
A ces titres M. de Burbure ajoute celui d'avoir
été un des plus actifs promoteurs de l'institution
des sociétés de chœurs de la Belgique, pour les-
quelles il a écrit un très-grand nombre de composi-
tions. Il est membre d'honneur des plus importantes
de ces sociétés à Bruges, Gand, Alost, Bruxelles,
Mons, Anvers et Termonde, et appartient aussi à
l'Académie de Sainte-Cécile de Rome, à la Société
des sciences, des arts et des lettres du Hainaul,
au Comité flamand de France, et enfin à La Gilde
de Saint-Luc d'Anvers. Le Messager des sciences
historiques et le recueil littéraire flamand Het
Tact Verbond renferment plusieurs morceaux
intéressants dont il est auteur.
Comme compositeur M. de Burbure a produit
beaucoup d'œuvres de tout genre -. la plupart de
ses ouvrages sont exécutés avec succès dans les
églises et dans les concerts d'Anvers et des Flan-
dres. Ses productions les plus importantes sont
cei/es-ci : Musique d'éclise à 4 voix et orchestre :
1° Messe solennelle (en ut ). — 2° Amalecitx
oratorio (en ré). — S" Stabat Mater (en ut
mineur)* — 4° Te Deum (em jmj bémol). —
5° Exultate Deo, psaume ( en ré). — 6° Litanies
de la Vierge (en si bémol ). — 7° Cœli enarrant,
psaume (en sol). — 8° Aima ( en fa ). — Begina
(en ré); Ave (en sol); Salve {ea mi). — 9° Hxc
dies {anmi bémol). — 10° Venisponsa (en fa)
— ir EmitteSpiritum{eïi mi). —12° Jesu dut
cis memoria (en la bémol). — 13° Levavi
oculos (enmj héTaû{);Adjuvanos £)eM5(idem)
i4 ne Maria (idem). — 14° plusieurs ranï7<me/'9'o,
etc. — Musique d'orchestre : 15° Ouverture ( en
mi bémol). — ]&° idem {^n sol). — il° idem
de Jacques d'Artévelle {en ré) 18° Sympho-
nie nationale (enr^). — Musique en h.vrmome
MILITAIRE : 19" Ouverture de Qiiintin Metsys.
— 20O idem de la Serafina. — 21° : idem de
Gode/roi de Bouillon. — 22° idem de Charles-
Quint, couronnée en 1840. — 23° Trois airs va-
riés. — 24" Fantaisies, Caprices, Pots-pourris sur
les Huguenots, Guido et Ginevra, le Postillon
de Longjumeau, Les Martyrs, Le Brasseur de
Preston. — 25° Marches, valses, pas redoublés.
— Choeurs , scènes, cantates avec orchestre, en
harmonie militaire : 26° Le Chant des pirates
à 4 voix.— 27° Bardenzang à 4 voix. — '28° La
Ronde des Fées, à 3 soprani. — 29" Le Plaisir,
à 6 voix. — 30° Vengeance, à 4 voix. — 31° De
Stag by Doggersbook,k 4 voix. — 32° Linda-
nus, ode symphonique à 4 voix. Choeurs saas
accompagnement. — 33° Les mauvais Garçons,
à 4 voix. — 34° Sz<r Veau, à 3 voix . —35° Amis,
chantons, à 3 voix. — 3ù° Flandre au Lion
à 4 voix. — 37° Belgie, idem. — 38" Souve-
nirs de Boits/ort, valse à 4 voix. — 39o A7nis,
rentrons, à 5 voix. — 40° Art, Patrie, et
Dieu, à 4 voix. — iio j[jozart, idem. — 42» Les
Mélomanes, à 4 voix. — 43o Chant de Noël,
à 4 voix. — ii°Storm en Kalmte, à 4 voix. —
45° Hymne à sainte Cécile, à lo voix. — Airs
AVEC orchestre : 46° Le Marin, pour basse. —
47° L'' Absence, pour soprano. — 48° Le château
de Maie, ballade. — 490 Ave maris Stella, pour
basse. — 50° Exaudi Deus, pour ténor et violon-
celle concertant. — 51° Miseremini mei, pour
soprano. De plus, un très -grand nombre de ro-
mances, mélodies, duetti, chansonnettes, avec
piano, dont cinquante-six ont été publiées en
Belgique et en Allemagne, depuis 1834 jusqu'en
1850.
M. de Burbure est depuis plusieurs années
( 1858) administrateur de l'Académie des beaux-
arts d'Anvers, et cette ville lui est redevable do
l'exceilenl catalogue! de .son musée.
EUIIBURK — BURCl
m
liURIUJRE (le VVESEMBECK (Gus-
tave-LouisMap.ie DE), frère du précédent et
conservateur des hypothèques à tiand, est né à
Termondc, le 22 juillet 1815. Amateur de nui-
sique zélé, il a cuUivé cet art avec passion dans
sa jeunesse, et s'est fait une réputation d'habileté
comme exécutant sur la clyrinette et comme
chanteur dans les concerts. Il a composé plusieurs
airs variés, marches, pas redoublés, etc., dont
une partie a été publiée dans le journal de mu-
sique militaire de Gambaro, et a arrangé beaucoup
de morceaux d'opéras en musique d'harmonie
pour les instruments à vent. On lui doit aussi
plusieurs morceaux de musique d'église, tels que
Tantum ergo, Salve Regina, Graduels enchœur
avec orchestre, etc. Organisateur et directeur
de la société chorale de Gand connue sous le
nom de La Lyre gantoise, il a écrit pour elle des
chants en chœur pour voix d'hommes.
BURCHARD (Udalkic), professeur de
philosophie à Leipsick, au commencement du
seizième siècle, a fait imprimer un petit traité du
chant grégorien , sous ce titre -. llortulus musi-
ces practica:, omnibus divino gregoriani con-
cenius modulo se oblectaturis tamjucundus
quam proficuus; Leipsick, Michel Lotlier, ]518,
3 feuilles in-4°. Il y a eu une première édition
de cet ouvrage qui paraît avoir été publiée en
1514, d'après la souscription de la préface.
BURCÏIARD (Georges), moineàAugsbourg,
vivait au commencement du dix-septième siècle.
II a fait imprimer de sa composition une messe
à ()uatre voix, avec accompagnement de quatre
instruments; Augsbourg, 1G24, in-4°.
BURCI (Nicolas), dont le nom latinisé est
Burtius , et que Forkel appelé Burzio, naquit
à Parme, vers 1450. Son père, MelchiorBurci, lui
fitembrasser l'état ecclésiastique. Après avoir fini
ses études, il fut élevé au sous-diaconat, le 28
mars 1472, après quoi il se rendit à Bologne pour
y étudier le droit canon. Arrivé dans cette ville,
il s'y attacha à la famille Bentivoglio , et célé-
bra dans des pièces de vers(c«rm»m), en 14SG,
le mariage d'Annihal Bentivoglio avec Lucrèce ,
fille d'Hercule d'Esté. Il resta attaché à cette fa-
mille jusqu'au pontificat de Jules 11, époque où
les Deutivoglio cessèrent d'être en faveur. Alors
il revint dans sa patrie et fut nommé recteur de
l'oratoire de Saint-Pierre in Vincula. On voit
par un acte du notaire Stefano Dodi, eité par Aff6
(Memorie degli Scritt. Parmigiani , t. 3, p.
l.')2), qu'il vivaitencore au mois de février 1518,
et qu'il était guardacore dans l'église cathédrale
de Parme.
Un professeur de musique espagnol , établi à
Cologne, nommé Bartholoraé Ramis de Parcja
BIOCR. UNIV. ut;'» WUtlClti>S. — -j-_ „_
ayant atfa(jué la doctrine de Gui d'Arczzo, dans
un ouvrage publié à Bologne en 1482 {voij. Ramis
DE Paueja), Biirci prilladéfensedu moine Arétln
I dans un Hvre intitulé -. Nicolai Burlii Parmen-
I sis vmsiccs Professoris , ac juris Pontifici
I studios issimi Musiccs opusculum incipit, cum
defensione Guidonis Arelini adversus quem-
dam Iltjspanum veritatis prevaricatorem; Bo-
noniaî, 1487, in-4", gothique. Ce titre annonce
peu de politesse et le style de l'ouvrage est en-
core plus amer; la lingua e la doUrina iisata
nel siiolibro, dit B. Baldi {Cronica de Mate-
matici, p. 100), tengon del barbare e rug-
ginoso. Quatre ans après, c'est-à-dire en 1491,
Spataro, professeur de musique à Bologne , et
l'un des élèves de Ilarnis, publia une défense de
son maître. Burci ne répliqua pas; mais la dis-
pute, qui changea d'objet, se renouvela entre
Gafori et Spataro. On peiit voir les détails de
cette discussion aux articles Ramis, Gafori et
Spataro.
Dans le totae cinquante-neuvième de la Bio-
graphie Universelle do MM. Michaud est une
notice sur Burtius par M. Weis. savant et la-
borieux httérateur, où l'on trouve ce passage :
« Il (Burcius ou Burci ) eut une dispute très-
« vive avec un musicien espagnol qui s'était
« déclaré contre le système de Gui d'Arezzo., et
n le réfuta dans un ouvrage devenu très-rare.
« Mazzuchelli (Sc?'j/^or. ItaL, II, 2449), copié
a par les biograjibes italiens, prétend que l'Es-
« pagnol dont il est question n'est autre que le
« célèbre Barthélomi Ramos de Paréja; mais
« c'est une erreur, puisque Ramos n'était pas
« contemporain de Burtius.» Pour donner de la
valeur à une assertion si extraordinaire, M. 'Weis
renvoie à l'article Ramos ( tome trente-septième
de la Biographie Universelle) : il paraît qu'il
a pris à la lettre ce qui est rapporté dans cet
article, roman ridicule qui ne contient pas un
mot de conforme à la vérit-6 des faits {voyez
Ra.^iis ou Ramos de Paréja).
Mazziichelli cite le livre de Burci sous le
titredc Encomium Musicœ ; Bononitr, l489,in-4°.
Il aura sans doute été induit en erreur par quel-
que catalogue mal fait ; mais voici un fait singu-
lier. Ou trouve dans le catalogue du cabinet de
curiosités de l'abbé de ïersan, vendu à Paris
en 1820, l'indication suivante : Nicolai Burtïi
parmensis musices opusculum, eum de/en ■
sione Guidonis Aretmi; Argentinae, per Joann.
Pryfs, anno 1487, in-8°. L'auteur de la notice
ajoute:» première édition d'un livre fort ourieux,
« avec des notes de Mercier de Saint-Léger et
« de M. de Tèrsan». Aucun bibliographe n'a
connu cette édition, ([u'on ne peut révoquer en
8
ÎU
BURCI - BURETTE
doute, car toutes les indications sont précises.
Les notes de Mercier de Saint-Léger auraient
peut-être éclairci ce fait ; mais je n'ai point vu
l'exemplaire qui est passé en Angleterre.
On trouve dans les mémoires d'Affô sur les écri-
vains de Parme les titres de huit autres ouvrages
de Burci, qui n'ont point de rapport avec la mu-
sique.
BURCICAI (ZuANE ou Jean), compositeur
vénitien qui, par son génie original, méritait d'ê-
tre mieux connu, passa presque toute sa vie
dans la compagnie des gondoliers pour lesquels
il a componé beaucoup de barcarollcs dont les
mélodies étaient en général mélancoliques. On
a publié de sa composition deux ouvrages curieux
intitulés : !• Fesiino del giovedi grasso à 5
voci ; Venise, Amadino, 1608. — 2° La Pazzia
.sentie «3 voci; ibid., 1607, in-4°. C'est le sujet
traité par Bancliieri {voy. ce nom), mais d'une
manière plus piquante et plus originale.
BURCK (JoACHiM de), compositeur et can-
tor à MiJlliausen, dans la seconde moitié du sei-
zième siècle, naquit dans les environs de Magde-
bourg. Il était bon organiste, et fut, à cause de
son talent, l'un des 53 juges choisis pour la ré-
ception de l'orgue de Grôningue, en 1596. Ses
ouvrages imprimés sont : 1° Passion-Christi,
nach dem 4 Evangelisten aufdem teutschen
Text mit 4 Stimmen zusammen gesetzt; Er-
fnrt, 1550,in-4°; Wittenberg, 1508, in-4'',et Er-
furt, 1577, — 1° Ilarmonix sacrse tamviva
voce, quam ïnstruvientis miisicis cantatu
Jîiczindx; Nuremberg, 1566, in-4o, obi. --
3° IV Décades sententtosonim versuum; 1567,
in-80. — 4° Cantïones sacrx 4 vocum, Miil-
haiisen, 1569. — 5» Symbolum aposioUcuvi
Nicicum, Te Deumlaudamus, etc., mit 4 Stim-
men, 1569, in-4''. — 6° XX gelstliche Oden-mif
Villanellen art gesestz, V partie; Erfurt, 1572,
jn-8". — 7° idem., 2* partie; Mùlhausen, 1578,
jn-s". — 80 Sacrœ cantiones plane novx ex
vet. et novo Testamento 4 vocum ; Nuremberg,
Gerlach, 1573, 10-4". — 9o Odse sacrée Lu-
dovici Helmboldi Mulhusini suavibus har-
moniis adimitationem italicarum villanesia-
rum, nusquam in Germania lingux latinx
antea accomodatarum , ornatx, studio Jua-
chimi a Burck avis Mulhusini; Mulhusii,
typis Georgii IlentzscfHi , in-s», lib. I-II. —
10° IJebdomas div. instituta, sacris odis ce-
lebraia, lecUonumque scholasticarum inter-
vallis, cum Mulhusii, tiim alibi, per singulos
dies et hor a s k vocum ; Mulhusii, 1560, in-8°.
— 110 offtcknn sacro-sanctx cœnx Dominicx
super canliunculum : Quanunirabilis, etc. ; Er-
furt, Baumann, 1580,in-4<' obi. — 12° XL Teut-
sche Lieder vom heil- Ehes lande mit 4 Stimmen,
f^paitie; Mùlhausen, 1583, in-8°; 2« édition,
1595. — 130 XLl Liedlein vom heil-Ehestande
mit 4 Stimmen, T partie ; Mùlhausen, 1596. —
14" 30 Geistliche Lieder au/ die Fest durck
Jahr mit 4 Stimmen zu singen ; Miilhausen,
1594, in-4'', etErfurt, 1609 in-8°. — 15« Die his-
torisches Liedens Jesu-Christi, aus dem Evan-
gelisten Luca von 5 Stimmen ; Miilhausen, 1597,
in-4°, obi. — 10° Mag. L. Helmbolds Crepun-
dia sacra fur 4 Stimmen; Miilhausen, 1596,
2« édition, Erfurl, 1008. — 17» XL teutsche
Liedlein , in 4 Stimmen componirt von Burck
und joh;Eclîard, 1699. — 18° Helmbolds latei-
nische Odx sacrxin 4 Stimmen gesetzt; 1626,
in-4°.
BURCKHAKD (. . . .), constructeur d'orgues
célèbre, à Nuremberg, dans le quinzième siècle.
Parmi les instruments qui sont sortis de ses mains
on cite l'orgue de Saint-Sebald à Nuremberg, qui
fut achevé en 1474. Bnrckliard est mort eu 1500.
BURDACH (Daniel-Chrétien), docteur en
médecine, né en 1739 à Kahle, dans la Lusace
inférieure, fut reçu docteur, en 1768, à l'uni-
versité de Leipsick, et mourut le 5 juin 1777.
On a de lui une dissertation intitulée : De vi
aris in Sono ; Leipsick, 1767, 32 pages in-4o.
BURDE (ÉLisABr;TH-GuiLLELMiNE), femme
de l'écrivain de ce nom, naquit à Leipsick en
1770. Fille du maître de chapelle IliUer, elle
apprit de son père l'art du chant, et acquit un
talent remarquable. En 1805, elle était au théâtre
de Breslau, et y faisait admirer sa belle voix, qui
s'étendait avec égalité dans une étendue de trois
octaves, depuis le /a grave jusqu'au contre fa
aigu. Elle avait aussi le mérite de beaucoup
de netteté et de précision dans les traits. Jeune
encore, elle mourut d'une inflammation d'en-
tiailles, le 11 janvier 1806.
BURETTE (Pierre-Jean), naquit à Paris,
le 21 novembre 1665. Son père, Claude Burette,
était un harpiste habile et jouissait d'une grande
célébrité (1). L'enfance du jeune Burette fut si
valétudinaire, qu'on n'osa ni l'envoyer au collège,
ni le fatiguer par des études sérieuses. Il apprit
seulement la musique, dans laquelle il fit de rapides
progrès. A l'âge de huit ans, il joua devant
Louis XIV d'une petite épinette que son père
accompagnait avec sa harpe. Ayant appris aussi
(;et instrument, à l'âge de dix ans, il en don-
(I) On trouve, dans le catalogue de la bibliothèque de
lîureltt, l'indication d'une collection qui a pour titre-
Pièces de clavecin et de harpe composées par CU liii-
retto , musicien du roi, natif de Nuys en lîourgogn»,
rccucilUes et notées par 1'. , T. Burette, son flls, iii-fol.
* obi., ï vol. datés de iCOS.
BURETTE
lf5
nait <les leçons ainsi que de clavecin , et bien-
tôt il eut tant de vogue, qu'il ne put suffire au
nonihte de ses écoliers. Toutefois, ses succès
ne pouvaient éteindre l'atflour des lettres qui s'é-
tait manifesté en lui dès la plus tendre enfance;
il employait à acheter des livres une partie
du produit de ses leçons. Deux ecclésiastiques,
amis de sa famille, lui avaient enseigné le latin,
et par un travail assidu il avait appris seul la
langue grecque, au moyen de la métliode de
Lancelot. Bientôt cet amour de l'étude devint
une passion si vive, qu'il en conçut du dégoût
pour sa profession de musicien ; enfin, à force
d'instances, il obtint de ses parents de quitter
cet état, et d'embrasser la médecine. 11 fallait
pour cela qu'il fît un cours de philosophie et
qu'il prît ses degrés; rien ne le rebuta; une
persévérance sans bornes lui fit surmonter tous
les obstacles. Reçu successivement bachelier et
licencié, il obtint le doctoratcn 1C90, n'ayant en-
core que vingt-cinq ans. Deux ans après, il fut
nommé médecin de la Charité des hommes, et
professeur de matière médicale en 1098 ; enfin il
devint professeur de chiruri',ie latine en 1701,
et obtint une chaire de médecine au Collège
Royal, en 1710. La connaissance qu'il avait faite
de l'abbé Bignon lui procura la charge de cen-
seur royal vers 1702, et l'entrée de l'Académie
des inscriptions en 1705. Dès 1706, Burette coo-
péra à la rédaction du Journal des Savants, et
ne cessa d'y travailler pendant trente-trois ans.
Il termina une vie honorable, laborieuse et tran-
quille, le 19 mai 1747, âgé de quatre-vingt-trois ans.
Tons les travaux littéraires de Burette se trou-
vent réunis dans les mémoires de l'Académie des
inscriptions ; ils se rapportent à la profession qu'il
avait quittée, et à celle qu'il embrassa par la
suite. Les premiers consistent en treize mémoires
sur la gymnastique des anciens, qui est consi-
dérée comme une partie de l'hygiène. Parmi
ceux-ci se trouvent deux mémoires sur la Danse
des anciens, tom. I, pag. 93 et 117 des mémoires,
qui ont un rapport direct avec la musique. L'abbé
Fraguier, ayant cru trouver dans un passage de
Platon la preuve que les anciens avaient connu
la musique à plusieurs parties, parce que le mot
harmonie s'y trouve employé plusieurs fois, ex-
posa ses idées dans un mémoire dont il est rendu
compte dans l'histoire de l'Académie des inscrip-
tions {voij. Fkacuier). Burette réfuta victorieu-
sement cette opinion dans un autre mémoire,
tom. lit, p. 118 de la partie historique. Il prouva
que toute la musique des ancienss'exécutait à l'u-
nisson (homophonie), ou à l'octave (antiphonie),
selon qu'elle élait chantée par des voix égales, ou
par des voix mêlées d'Iiommes et de femn;es, qui ,
sont, comme on sait, naturellement à l'octave.
Il démontra que le mot harmonie n'avait pas
chez les anciens la môme acception que parmi nous,
et qu'il ne signifiait que le rapport existant entre
des intonations successives. Cependant il admet-
tait quelquefois l'usage de la tierce dans la musique
des Grecs. Ce mémoire fut suivi de treize au-
tres sur le même sujet, dont voici l'indication :
1° Dissertation sur la Symphonie des anciens
tant vocale qu'instrumentale, t. IV, p. 116.
Elle a été traduite en latin, et insérée par Ugo-
lini, dans son Thesaur. antiq. sacr., tom. 32.
— 2" Dissertation où Von fait voir que les
merveilleux effets attribués à la musique
des anciens neprouvent point qu''elle fût aussi
parfaite que la nôtre, tom. V, p. 133. —
3» Dissertation sur le Rhythme de l'ancienne
musique, tom. V, p. 152. — 4° De la Mélopée
de l'ancienne musique, tom. V, p. 169. Burette
publia dans ce mémoire trois morceaux de l'an-
cienne musique grecque, dont Edmond Chilmead
avait précédemment donné deux fragments dans
son traité De Musica antiqua grxca, à la fin
de l'édition à'Aratus, et Kirchcr, le troisième,
dans sa Musurgie {voy. Chilmead). Burette y
joignit la traduction en notes modernes, afin de
mettre le lecteur en élat de juger ; mais l'exacti-
tude de cette traduction est loin d'être parfaite.
— 5° Discours dans lequel on rend compte
de divers ouvrages modernes touchant Van-
cienne musique, tom. VIII, p. 1. — 6" Examen
du traité de Plutarqae sur la musique,
tom. VIII, p. 27. — 7° Observations touchant
l'histoire littéraire du dialogue de Plutarque,
ibid., p. 44. On y trouve la nomenclature des
éditions de ce dialogue, l'indication des variantes
du texte et des traductions ; la notice et l'exa-
men des critiques et des commentateurs. —
8" Nouvelles réflexions sur la symphonie de
Vancienne musique, pour servir de confirma-
tion à ce çw'on a tâché d'établir là-dessus
dans le quatrième volume des mémoires de
Littérature, Md., p. 63. Le père Du Cerceau, se
fondant sur ces deux vers d'Horace,
Sonante mlstum Tlbiis Carmen lyra ,
Hac Dorluiu , lllis Barbarum,
avait cru y trouver la preuve que les anciens
connaissaient au moins l'harmonie de la tierce,
et qu'ils avaient des concerts dans lesquels plu-
sieurs instruments jouaient à la fois dans deux
modes différents ; les nouvelles réllexions de
Burette contiennent la réfutation de cette opi-
nion. Toutefois, il faut avouer que, si l'expli-
cation du jésuite Du Cerceau n'est passoutenable.
Burette s'égare de son côté lorsqu'il veut dé-
116
BURETTE — BURGMULLER
montrer que les anciens ont fait usage, borné
à la vérité, des dissonances dans l'harmonie
simultanée, parce que Du Cerceau lui avait
prouvé que la tierce était considérée par les
Grecs comme un intervalle de cette nature. {Voy.
Du Cerceau) (1). — 9» Analyse du dialogue
de Plutarque sur la musique, ihid., p. 80.—
10° Dialogue de Plutarque sur la musique,
traduit en français avec des remarqiies,
tom. X,p. 3 — 11 Remarques sur le dialogue
de Plutarque touchant la musique, tom. X,
p. 180-330; tom, XIII, p. 173-31C; tom. XV,
p. 293-394; tom. XVII, p. 31-60. Travail pré-
cieux, dans lequel le texte grec se trouve cor-
rigé avec soin, d'après un grand nombre de
manuscrits : la traduction de Burette est ac-
compagnée de beaucoup de notes dans lesquelles
on trouve des notices sur plus de soixaute-dix
musiciens de l'antiquité. On a tiré, pour les
amis de l'auteur, quelques exemplaires du dia-
logue et des notes; Paris, de l'imprimerie Royale
1735, in-4o. Debure {Bibliog.instruct.)à\\.q\ie
ces exemplaires ne sont qu'au nombre de dix.
Clavier a ajouté la traduction de Burette à celle
d'Amiot, dans l'édition des œuvres complètes
de Plutarque, mais sans y joindre les disserta-
tions.— 12° Dissertation servant d'épilogue ou
de (fonclusion aux remarques sur le traité
de Plutarque touchant la musique ; dans la-
quelle on compare la théorie de l'anciennemu-
sique avec celle de la musique moderne. I" et
1^ parties, tom. XVII, p. 61-106. — 13» Sup-
plément à la dissertation sur la théorie de
l'ancienne musique, comparée avec celle de
la musique moderne, tom.XW II, p. 106-12fi.
Burette est l'un des hommes qui ont le plus
contribué à débrouiller le chaos de la musique
des anciens : il a mis dans ses travaux beaucoup
de savoir et de sagacité ; mais Chabanon (Mém.
del'Acad. des inscr., tom. 35, p. 361) et l'abbé
Barthélémy {Avertissement des Entretiens sur
l'état de la musique grecque) lui ont reproché
avec justesse de n'avoir pas assez distingué les
temps.
Il n'a manqué à Burette que de connaître
bien les conséquences de la tonalité de la mu-
sique des anciens, quant à l'ensemble du système
de cette musique. C'est pour avoir manqué de
ce genre de connaissances, qu'il a en souvent re-
cours aux ressources de l'érudition, au lieu d'en-
trer avec hardiesse dans le domaine de la na-
|1) L'éclaircissement du sens de ce passage d'Horace
avait donné lieu précédemment à une dissertation de Mo-
lineux, qui se trouve dans les Transactions philosupki.
qiies, aimée 1702, n" 282. f'oy. Molinf.ux.
ture des choses. Perne seul a bien connu cette
partie de la musique des Grecs (voy. Perne).
Burette s'est fait connaître comme composi-
teur par des cantates dont la seconde édition a
été publiée sous ce titre : Le Printemps et
attires cantates françaises, de M. Burette
maître de clavecin de it/"e de Charolois ; Paris,
1722, in-4°.
BURGDORFF (Zacharie), contrapuntiste
du seizième siècle, vécut à Gardclebcn dans la
Haute-Marche. Il a fait imprimer : Magnificat
5 vocum; Magdebourg, 1582.
liURGER (Le Père Innocent) naquit le
30 mars 1745, à Tirschenreith (Cercle du Mein).
Après avoir étudié avec ardeur les sciences et la
musique, il entra dans l'ordre des Bénédictins à
l'abbaye de Michaelfeld , le 20 septembre 1767,
et fut ordonné prêtre le 15 septembre 1770. Il
jouait très-bien du violon , et composa pour l'é-
glise un grand nombre de messes, de vêpres,
de litanies, antiennes, hymnes, etc. Il est mort
en 1805.
BURGH (A.), professeur du collège de l'U-
niversité à Oxford, et littérateur anglais, a pu-
blié un livre qui a pour titre : Anecdotes on
Music, historical and biographical, in a sé-
ries oflette7'sfrom a Gentleman tohisDaug-
^Aer (Anecdotes historiques et biographiques,
sur la musique, dans une suite de lettres d'un
gentilhomme à sa fille); Londres, 1814, trois
vol. in- 12. Ces lettres ont été traduites en al-
lemand, par C. F. Michaëlis et publiées à Leip-
sick en 1820, in-8°. L'ouvrage de Burgh est en-
tièrement tiré de l'histoire de la musique par
Burney et de celle de Hawkins; le troisième
volume seul contient des détails assez intéressants
sur l'état de la musique en Angleterre depuis 17S0.
BURGIIERSÎI (LoRD), comte de WEST-
MORELAIVD. Foi/es Westmcreland. 5
BURGMULLER (Auguste - FRÉDif.nic) ,
né à Magdebourg, était, en 1786, directeur de
musique au théâtre de Bellomo, à Weimar, et
passa, en 1795, àceluide Koberwein, h Mayence.
en la môme qualité, puis à Dusseldorf, où il
mourut le 21 aoilt 1824. 11 a composé la mu-
sique du petit opéra allemand : Bas Heette ich
nichl gedacht, et celle de Macbeth.
BURGMULLER (Norbert), fils du pré-
cédent, naquit à Diisseldorf, le 8 février 1810 (1).
Elève de son père, il s'est fait connaître comme
(i) Suivant le supplément du Lexique universel de mu-
sique, publié par Scliilling (p. 67), Burgmiiller .serait né
en i804 ; mais la date que je donne est certaine, car je la
tiens de l'artiste lui-même que j'ai vu ù Aix-la-Chapelle
on iS34. Cette date est aussi donnée par M. Ferd. Becker
(Oie TonkUst. des 19 Jahvli. p. i8.).
BUllGMULLER — BURGSTALLER
tl7
pianiste et compositeur ; mais , esprit bizarre,
ennemi des usages du monde, des conventions
sociales et de toute contrainte, il avait une égale
antipathie pour les formes de l'art dans lesquelles
se sont exercés les grands maîtres des époques
antérieures. Sa liaison intime avec le poëte Grabbe,
autre esprit de la même trempe, l'entraîna dans
des excès qui ruinèrent sa santé et nuisirent au
développement de ses facultés. Il mourut à l'âge
de vingt-six ans, le 7 mai 1836, à Aix-la-Chapelle,
oii il était allé prendre des bains, dans l'espoir
de ranimer ses forces éteintes. Burgmiiller fut un
des fondateurs de l'association des fêtes annuelles
de musique qui se donnent tour à tour, à la
Pentecôte, dans les villes de Dusseldorf, Cologne,
Elberfeld et Aix-la-Chapelle. Il a écrit plusieurs
ouvertures, symphonies, quatuors pour instru-
ments à archet, concertos et sonates pour piano ;
la plupart do ces compositions Gont restées en
manuscrit. Parmi ses ouvrages publiés, quel-
ques-uns n'ont vu le jour qu'après sa mort.
Sa première symphonie fut exécutée à Leipsick,
en 1838, et y fut écoutée avec plus de curiosité
que de sympathie. Une des meilleures produc-
tions de Norbert Burgmiiller est une sonate pour
piano en fa mineur, op. S ; Leipsick, Hofmeis-
ter. Une autre pièce pour le même instrument,
intitulée Rhapsodie, op. 13, ibid., est intéressante
par l'originalité. On connaît aussi de lui des
recueils de mélodies avec accompagnement de
piano, op. 3, G et 10.
DURGMÛLLER (Frédéric), né à Ratis-
bonne en 1804, a fait ses études musicales dans
le lieu de sa naissance, et s'adonna particulière-
ment à celle du piano. En 1 829, il se rendit à
Cassel pour y continuer des études de composi-
tion sous la direction de Spohr. Dans un con-
cert donné le 14 janvier 1830, il fit le premier
essai de son double talent de pianiste et de com-
positeur, en exécutant un concerto de piano avec
orchestre, qui fut applaudi. En 1832, il arriva à
Paris, d'où il ne s'est plus éloigné depuis cette
époque, et s'y livra à l'enseignement et à la com-
position d'une multitude de morceaux d'une dif-
ficulté moyenne pour le piano, qui ont obtenu
un succès populaire. Il aborda aussi la scène,
car il écrivit en 1843 la musique du ballet La
Péri , où l'on remarqua de jolis airs de danse, puis
un acte de Lady Henriette, ballet dont ftlM. de
Flottow et Deldevez composèrent les autres.
Burgmiiller avait obtenu du roi Louis-Philippe des
lettres de naturalisation en 1842 ; mais après
1844 il disparaît en quelque sorte de la vie artis-
tique, et depuis lors il s'est livré à l'enseigne-
ment. Ses œuvres de piano les plus importantes
consistent eu fantaisies, caprices, rondos,
et sont au nombre d'environ cent, non compris
un très-grand nombre de bagatelles plus légères
et plus faciles, Burgmiiller, quoiqu'il ne man-
quât pas de talent , a été le Henri Karr de son
temps, c'est-à-dire un fabiicaut de petite mu-
sique.
Deux autres pianistes et compositenrsdu même
nom ont aussi publié des morceaux de musique
légère, si musique il y a. Le premier, Ferdinand
Burgmùller, paraît avoir vécu à Hambourg et
y a fait imprimer chez Schubcrlh des morceaux
faciles, au nombre de trente-six, sous le titre de
Ope; a/moid (L'ami de l'opéra), sous toutes sortes
de foi mes et sur des thèmes pris dans les opéras
à la mode ; puis Le petit Dilettante, en quatre
rondeaux, et d'autres choses du même genre.
L'autre, Henri Burgmùller, ancien élève du Con-
servatoire de Prague, est professeur de piano dans
celte ville. On a de lui des Fleurspour la jeu-
nesse, morceaux arrangés sur des motifs des Dia-
mants de la couronne ; Prague, Hofmann, etc.
11 y a aussi un François Burgmiiller dont An-
dré, d'Offenbach , a publié des pots-pourris in-
titulés : Les Opéras modernes. Ce sont des airs
inèlés et variés que l'auteur a pris dans La Fille
du régiment, dans La Part du Diable, d'Au-
Ler, etc. Les lexiques de Gassntr et de Schla-
debach, continué par Edouard Bernsdorf, gar-
dent le silence sur ces artistes.
BURGSTALLER (Mauie-Walbourg), na-
quit le 7 avril 1770 à Illcreichcn, en Bavière.
Dans son enfance, elle fut envoyée chez son
oncle, riche habitant d'Augsbourg, chez qui elle
apprit la musique. En 1785, elle monta sur la
scène, et joua en Suisse, dans le Wurtemberg,
la Franconie, etc., sous la direction de François
Grimmer, et partout obtint des succès par sa
jolie voix, son chant gracieux, et son jeu spiri-
tuel. En 1795, elle quitta la troupe de Grimmer,
pour entrer dans celle de Valdonini à Augsbourg,
et l'année suivante elle passa dans celle de Ross-
ner, à Constance, où elle épousa le chanteur J. P.
Tochtermann. Elle fut placée avec lui à Manheim
au théâtre de la cour, en 1798, et deux ans après
elle fut appelée à celui de Munich, où elle chan-
tait encore en 1810.
BURGSTALLER (François-Xavier), de
la même famille, né en Bavière, vers 1815, s'est
fait un nom comme virtuose sur le zither, instru-
ment (le l'espèce des tympanons en usage dans la
Hongrie, la Bohême, le Tyrol et dans une partie
do l'Allemagne méridionale, mais dont les cordes
sont pincées. Burgstaller vit actuellement (1854)
à Munich. Il a publié pour son instrument des
danses allemandes et des valses, op. 1, 2, 3, 4;
Munich, Falter. — 1 00 /.a«dto" pour deux zilhers.
1 18
BURGSTALLER — BU RM AN
ou pour deux violons et deux cbiineltes, op. 5;
ibid. — Reseda Dûfle (Odeur de réséda) , collec-
tion de valses, oj). C. ibid. — 3C Ldndler origi-
naux, en trois suites, i)Our le zitl)er à baguettes;
Munich, Aibl.
BUUI (Louis-IsEMMouRG de), écrivain et
fomposileur, était, dit Meusel, capitaine à Dier-
dorf, puis à Neuwied en 1785. Vers ce temps
il fit représenter au théâtre de cette dernière
ville l'opéra Les Matelots, dont il ayait composé
le livret et la musique. En 1789, il y donna Le
Charbonnier, qui lui appartenait aussi comme
poëte et comme musicien, et peu de temps après
le drame â'Amasilt. Comme écrivain, de Ruri
est connu par un recueil de mélanges intitulé :
Bruchstûcke vcrmisehten Inhalts; Alfenbourg
1797, 154 pages in-S". Il y traite des effets de
la musique sur le cœur. Aux talents de com-
positeur, de poëte et de littérateur, de Buri
unissait celui d'une brillante exécution sur le
violon : il a laissé en manuscrit des solos pour
cet instrument.
BURJA (Abel), professeur de mathématiques
à l'Académie de Berlin, naipiit en 1752. Il fut
d'abord instituteur de M. de Tatisehtchef, à Bal-
dino, près de Moscou, ensuite prédicateur fran-
çais à Berlin, ot enfin, en 1787, professeur et
membre de l'Académie des sciences. En 1796 il
lut dans une séance de l'Académie un mémoire
sur la nature des sons produits par des plaques
de verre, et sur l'usage de l'archet , pour les
mettre en vibration. Ce mémoire a été inséré
parmi ceux de l'Académie des sciences et belles-
lettres de Berlin, 1796 (classe de mathém.,
p, 1-16). Dans la même séance Burja présenta
le modèle d'une sorte d'harmonica composé de
cloches de verre destinées à être mises en vibra-
tion par des archets. On a aussi de ce savant
la description d'un nouveau chronomètre sous
ce titre : Beschreibung eines Musicalischen
Zeitmessers ; Berlin, 1 790, 24 pages in-8°, etdeux
Mémoires sur les rapports qu'il y a entre la
musique et la déclamation. (Mém. de Berlin ,
1803. Part, mathém., p. 13-49.)
BURKHARD (Iean-Andué-Christ. ), pas-
teur en second et inspecteur de l'école de Leip-
lieim, en Souabe, a publié à Ulm, en 1832, un
dictionnaire abrégé de musique sous ce titre :
Neuestes vollstêendiges Musikalisches Worier-
buch, enthaltend die Erklserung aller in der
Musik vorkommenden Ausdriicke fur Musiker
und Musikfreunde. On a du mèmeauteur une ins-
truction abrégée pour apprendre soi-même l'har-
monie; cet ouvrage est intitulé : Kurze und
fjrundlicher Unterricht im Generalbass zur
Mlbsibcldirung ; Ulm, Ebner, 1827, ia-4o.
BURIÎÏl ARDT (Salomon) , directeur d'une
société de chant à léna, naquit à Triptis, près
de Weimar, le 3 novembre 1803, et mourut à
Dresde, le 19 février 1848. Fécond compositeur
ou arrangeur de petites pièces pour le piano,
il en a publié un grand nombre à Dresde et à
Cliemnitz, la plupart sur des thèmes d'opéras.
On connaît sous son nom environ 80 œuvres
de ce genre. Il a fait im[)rimer aussi des Lie-
der pour basse et pour soprano, à Hanovre,
chez Hofmann, et des chants pour quatre voix
d'hommes.
BURLINI (Don Antonio), né àRovigo, dans
la seconde moitié du seizième siècle, fut moine
olivetain et organiste de Monte- Oliveto , à
Sienne. Il est auteur d'un ouvrage intéressant
qui a pour titre : Fiori di concerti spiritiiali a
una, due, tre, e quattro voci, col basso con-
tinua per l'organo, et altro simile istru-
mento ; in Venetia, appresso Giacomo Vincenti ,
1012, in-4''. A la partie de basse continue on
trouve cet avertissement, qui renferme les règles
del'accompagnernent de la basse chiffréeles mieux
formulées qui aient paru à cette époque, où l'inven-
tion de ce genre d'accompagnement était récente.
On y lit : Li presenti concerti si rcnderano
assai vaghi e belU, se daW organisla sarà
sonato il basso continua con le sue conson-
nnnze semplici; cioe ottava, quinta e terza ;
eccettuate perd quelle note segnate con U nu-
meri di quarta, sctlima, sesta e quinta, che
in tal luoco sarà sempre falsa ; quale note
dovrano sonarsi necessariamente con il sua
numéro per unire il suono con la voce, che
canta. La quarta e terza magiore per far ca-
denza perfetta (l'istesso dico delta sesta mag-
giore) sono armai tanta usitati dalli organisti,
ch'o .yiudicato traslasciarle, per non cnnfon-
dere tanti numericon le note,rimcltandole al
siia giudicio : il che sia per non detto i buoni
e intelUgenti organisti. On connaît d'autres
ouvrages de Burlini dont voici les titres: 1° Missa,
Salmi e Motetti concertati a otto voci; Venise,
Vincenti, 1615, in^». — 2° Lamentazioni per
la settimanasanta a 4 i^oci con un Benedictus
a cinque, e due Miserere a due cori. Il tutto,
cancertato alla moderna co'l basso continua
per il clavicembalo, o spinetta, aggiuntovi
une parte per uno violino, e il modo di can-
certarle , che è notaio nel basso continua;
opéra settima, inVenezia, app. Giac. Vincenti,
1614, in-4''.
BURMAN (Éric), né à Bygdéa, dans la
Gothie occidentale, le 23 septembre 1692, fit
ses études littéraires, scientifiques et musicales
à Técolc de Fitéa, puis au gymnase de Honn;-
BURMAN — BUKMEISTKR
110
saiid.ctcntin à l'université d'Upsal. Zellingcr, di-
recteur do musique à la cathédrale d'Upsal, lui
donna des leçons de musique instrumentale. Le
3 mai 1712, il prononça son premier discours pu-
blic à la louange de la musique {De Laude Mu-
sices), ce morceau ne paraît pas avoir été imprimé.
En 1715, il publia une dissertation De Propor-
tione harmonica qui parut à Upsal. Une se-
conde partie du même ouvrage fut imprimée
eu 17 16. Dans la même année il alla à Stockholm
et y établit une école de mathématiques qu'il
dirigea pendant trois ans. Nommé adjoint du
professeur de mathématiques h l'université d'Up-
sal, en 1719, il remplaça peu de temps après
son ancien maître Zellinger comme directeur de
musique de la cathédrale. En 1728, il fut élu
membre de la société royale des sciences de la
Suède. C'est"^vers cette époque qu'il s'occupa
avec activité de travaux relatifs à l'astrono-
mie. Comme président de l'université, il pro-
nonça plusieurs discours et des dissertations sur
divers objets de musique, son art favori. Une de
ces dissertations a été publiée sous ce titre :
Spécimen academicum de Triade harmonica,
quod ann. Ampliss. facultate philosoph. in
Reg. Ups. Universitate, et Prxside viro Am-
pliss. M. Erico Burman, astron. Prof. Reg.
et ordin. publico candidaiorum examini,add.
3jun. an. 1727 in auditor. Gust. maj. Horis
ante meridianis consuetis, modeste submit.
S. R. M. Alumnus, Tobias Westenbladt, arosia
Wesimannus ;\]ps3i\,Le:tcr. Wenerianis, in-S",
4 feuUles. Ainsi qu'on le voit par ce titre, les ques-
tions de cette dissertation avaient été posées par
Burman, comme président, maiS' la thèse fut
soutenue par Tobie Westenbladt. Quelques
chagrins particuliers, dont Burman fut affecté
avec trop do vivacité, causèrent sa mort le 2 no-
vembre 1729.
BURMANIX (François), fils de François Bur-
ruann, professeur de théologie à Utrecht, naquit
en cette ville, dans la première moitié du dix-
huitième siècle. Il fut d'abord pasteur à Nimègue,
et succéda à son père dans la place de profes-
seur de théologie à Utrecht. On a de lui un
livre qui a pour titre : Het nieuw Orgel in de
vrye Heerbjkheid van Catwyk aan den Rhyn,
den drieenigen God Tuegeheiligt, in eene Lee-
rede over Ps. CL. terplegtige inwyinge van
het zelven aldaar uitgesprooken op den 20
july 1765 (Le nouvel orgue de la baronnic de
Catwyk sur le Rhin, dédié à la Sainte Trinité,
dans une instruction sur le psaume CL, etc.);
Utrecht, 1705, in-4°.
BURMANN (Gottlob-Guillaume), poëte,
compositeur, et virtuose sur le piano , naquit
en 1737 à Laubaii, dans la Lusace supéiicure,
où son père était maître d'écriture et de calcul.
Il fréquenta les collèges de Lœvenberg et de
llirsehbcrg en Silésie, fit un cours do droit à
Francfoit-sur-l'Oder, eu 1758, et retourna en-
suite dans son pays. Plus tard il se fixa à Berlin,
et y vécut de leçons de musique et de piano,
d'articles littéraires pour les journaux, et du
produit de quelques poèmes de circonstance.
Quoiqu'il gagnât beaucoup d'argent , il avait si
peu d'ordre et d'économie, qu'il tomba dans une
profonde misère, surtout dans les dernières an-
nées de sa vie, où une atteinte d'apoplexie pa-
ralysa un côté de son corps. Burmanu était pe-
tit, maigre, boiteux tt difforme ; mais dans ce
corps si peu favorisé de la nature logeait une
âme ardente et un vif sentiment du beau. Origi-
nal et doué d'une facilité prodigieuse, il se faisait
surtout remarquer dans l'improvisation. Sans
être préparé, il pouvait parler en vers pendant
plusieurs heures sur un sujet quelconque. Au
piano il avait un jeu brillant, bien qu'il eût perdu
le doigt annulaire d'une main : il s'était fait un
doigté particulier par lequel il suppléait à la perte
de ce doigt. Tel fut cet homme qui, placé dans une
meilleure position, et avec plus d'ordre, aurait
pu se faire une renommée durable. Il mourut le
5 juin 1 805 , et ce même jour il envoya aux jour-
naux un poëme où il se peignait mourant de
misère. Comme compositeur, il se fit surtout re-
marquer par l'originalité de ses chansons; il en
est plusieurs dans ses recueils qui peuvent être
considérées comme des modèles du genre. lien
a fait un grand nombre. On a de lui : 1° Six
pièces pour le clavecin, 1776. — 2° Quatre sui-
tes pour le même instrument, 1777. — 3» Cinq
recueils de chansons, publiés depuis 1766 jus-
qu'en 1787. — 4° Chants simples (chorals),
!'■■'■ ot 2'"'' recueils; Berlin, 1792. —5° IJarmo-
nietten oder Slûcke-Klavier (Petites harmonies
ou pièces pour le clavecin), 1'^, 2'' et 3® suites ;
Berlin, 1793. —6° Winter-VeberHstung,oder
deutsche national Lieder ( Le passe-temps de
l'hiver, ou chansons nationales allemandes), trois
suites pour les mois de janvier, de février et ds
mars; Berlin, 1794. Continuation pour les mois
d'avril , de mai et de juin, trois suites, idem,
1794. — 8° Die Jahrzeiten fur Klavier , De-
klamation und Gesang (Les saisons de l'année
pour le clavecin, la déclamation et le chant, trois
suites pour les mois de juillet, d'août et de sep-
tembre, idem, 1794. — 9° Idem, pour les mois
d'octobre, de novembre et dedécembre, 1794.
BURMEISTER (Joaciiim), né à Lune-
bourg, vers 1560, fut magister dans le môme lieu,
et collaborateur à l'école de Kostock. Il est au-
120
BIIRMEISTER — BURNEY
teiir (les ouvrages dont les titres suivent : j
1° Synopsis Hijpomnematum Musicee poeticx j
ad chorum gubernandum, cantumque coHi-
ponendum conscripta a M. Joach. Burmeis-
ter, ex Isagoge cujus et idem Auctor est ;
Roslock, 1599, in-4°. 9 feuilles avec deux plan-
ches notées. H y a quelques différences entre ce
titre donné par Gerber et celui qui est cité par
Forkel(^%em, Liter. derMusik, p.421), lequel
est conforme à oelui (pie j'ai trouvé dans le.^
papiers de Brossard. Il paraît, au reste, par l'un
et par l'autre titre, que cet ouvrage n'est que l'a-
brégé d'un autre plus étendu du même auteur.
Brossard le considérait comme un fort bon
traité de composition. — 2° Musicaspracticse,
sive artts canet^di ratio, quamvis succincta,
perspicua tamen et usu hodierno ita accomo-
datae; Rostock, 1601, in -4". Excellent petit
traité du chant qui ne contient que 13 feuillets.
Ces deux ouvrages sont fort rares ; Brossard en
a fait des extraits assez étendus qui se trouvent
dans ses recueils manuscrits in-4°, à la Biblio-
tlièque impériale de Paris. — 3° Musica ainoayj.-
6ta(TTixYu, qux per aliquot accessiones in gra-
tiam p)hilovmsorum quoi'undam ad tracia-
txnn de Hypomnematibus musicos poeticx
ejusdem auctoris ffTtoptxÔYiv quondam exara-
ias, etc.; Rostock, 1601, 32 feuilles in-4°. Cet ou-
vrage est le plus considérable de tous ceux que
Burmeister a publiés. Je ne le connais que d'a-
près ce qu'en dit Gerber dans son nouveau
Lexique des musiciens. Parmi les choses curieuses
qui s'y trouvent, il y a une section spéciale
sur la solmisation intitulée : De Pronuncia-
iionis Sijmbolo , où se trouvent les sept syllabes
ut, re, mi, fa, sol, la, si, et la septième note
bémolisée y est appelée se. Burmeister dit que
cette syllabe si est nouvelle {syllaba adven-
titia et iwva). Cependant Zacconi dit dans la
deuxième partie de sa Pratica di mv.sica{\\h. \,
c. 10) que ce fut Anselme de Flandre qui donna
ce nom à la septième note; or, ce musicien vivait
à la cour de Bavière de 1540 à 1560. Voy. sur ce
sujet Anselme de Flandre, Waelrant (Hubert) ,
De Putte (Henri), Calwitz, Uréna (Pierre de),
Cararauelde LobUowitz, Hitzler (Daniel), Lemaire
(Jean), Gibel (Othon) et Butlstett. Voy. aussi
mon Rcsuvié philosophique de Vhistoire de lu
musique ( p. ccxxni ). — 4° Psalmen von Mart.
Luthersund anderer,mit meZociien; Rostock,
1601, in-8°. — 5° Gerber indique un autre ou-
vrage de Burmeister d'après un journal allemand
{^Reichs-Anzeiger;?i.'an. 1802, p. 1713), sous ce
\\\x&: Musica 2^oetica; Rostock. 1G06: ne se-
rait-ce pas une deuxième édition du premier livre.'
BUUKEAU ou BURIMAUX, surnommé
de Toîirs, parce qu'il é!nit né dans celle ville,
fut poète et musicien, sous le règne de saint
Louis. On trouve deux chansons notées de sa
composition dans un manuscrit de la Bibliothèque
impériale, coté 65 (fonds de Cangé).
BURIXEY (Charles), dcjcteur en musi-
que, naquit à Shrewsbury, dans le mois d'avril
1726. Les premiers éléments de son art lui furent
enseignés par un organiste de la cathédrale de
Chester, nommé Baker. Son beau-frère , maître
de musique à Shrewsbury, lui donna ensuite des
leçons de basse chiffrée. A l'âge de dix-huit ans, il
fut envoyé à Londres, et placé sous la direction du
docteur Arne. A peine avait-il achevé ses études
près de ce célèbre compositeur, qu'il fut nommé
organiste de l'église Saint-Denis in Fenchurch-
Street. Il entra aussi, coiume instrumentiste, au
théâtre de Drury-Lane, pour lequel il écrivit,
en 1751, un petit opéra-comique intitulé : Bobin
Hood, qui n'obtint pas de succès. Dans l'année
suivante, il composa pour le môme théâtre la
pantomime de la Reine Mab (Queen Mab) , qui
fut mieux accueillie; mais Burney ne retirait de
tout cela que peu d'argent, et ses moyens d'exis-
tence étaient si peu assurés, qu'il fut obligé de
quitter Londres, et d'accepter une place d'or-
ganiste à Lynn, dans le romîé de Norfolk. Il
passa neuf années dans ce lieu, et y conçut le
plan d'une histoire générale de la musique, pour
laquelle il lit des études et rassembla des maté-
riaux. Ses devoirs, comme organiste, ne l'em-
pêchaient pas de faire quelquefois à Londres des
voyages pour y faire graver ses compositions.
Enfin, les sollicitations de ses amis le ramenèrent
dans celte ville, où il se fixa. Il fit imprimer,
en 1766, plusieurs concertos pour le piano, et
composa pour le théâtre de Drury-Lane un diver-
tissement intitulé : The Cunningman (l'Hornme
adroit), qu'il avait traduit du Devin du Village
de J.-J. Rousseau. Cet ouvrage ne réussit pas,
quoique la musique fût, dit-on, fort jolie. Ce fut
vers le même temps que l'université d'Oxford
lui conféra le grade de docteur en musique. En
1770, il fit un voyage en France et eu Italie, dans
le but de recueillir des matériaux pour son his-
toire de la musique. De retour eu Angleterre,
il y publia, en 1771, le journal de son voyage.
L'année suivante il parcourut l'Allemagne, les
Pays-Bas et la Hollande, sous le même point
de vue, et il fit également paraître, en 1773, le
résultat des observations faites dans ce second
voyage.
Dès l'arrivée de Burpey sur le continent , le
plan de l'ouvrage qu'il projetait était arrêté; el,
s'il y fit quelques légers changements , ils lui
furent suggérés plutôt par des circonstances par-
BUllNEY
12f
iliciilières que par des observations profondes (pii
auraient motivé ces raodifications. C'est sans
doute à celte cause qu'il faut attribuer la mar-
rhe un peu superficielle qu'on remaraue dans
le journal du docteur Burney. Il s'était fait un
cadre, et ne cliercbait que ce qui pouvait y en-
trer, au lieu de se proposer de l'agrandir, si
quelque découverte inattendue venait lui révéler
des faits dont ses lectures précédentes n'avaient
pu lui donner l'idée. Aussi le voit-on passer à côté
de monuments du plus haut intérêt, existants
dans nos bibliothèques, sans les apercevoir. Je
citerai à cet éj^ard la musique du moyen âge et
antérieure au quinzième siècle, qu'il n'a fait
qu'entrevoir. L'avantage le plus réel qu'il tira
de ses voyages, fut de rassembler une belle col-
lection de livres anciens et de manusciits relatifs à
sou art, lesquels deviennent chaque jour plus
rares. Après plus de vingt ans de préparation,
le moment de mettre son projet à exécution était
arrivé, et il se livra à la rédaction de son livre,
qui l'occupa pendant quatorze années. Le pre-
mier volume, intitulé : A gênerai History of
Music, parut en 1776. 11 contient l'histoire de
la musique chez les peupleô de l'antiquité jus-
«ju'à la naissance de Jésus-Christ. Le second ,
publié en 1782, traite de la musique depuis le
commencement de l'ère chrétienne jusqu'au mi-
lieu du seizième siècle. Le troisième, qui fut im-
primé cinq ans après, contient l'histoire de la
musique eu Angleterre, en Italie, en France, en
Allemagne, en Espagne et dans les Pays-Bas.
Enfin le quatrième volume, sorti de la presse
en 1788, comprend l'histoire de la musique dra-
matique, depuis sa naissance jusqu'à la fin du
dix-huitième siècle.
Dans le temps où paraissait le livre de Bur-
ney, Hawkins ( voyez ce nom) , autre écrivain
anglais, en publiait un sur le même sujet, en
cinq volumes in-4°. Mais ces deux ouvrages eu-
rent un sort bien différent. Celui de Hawkins,
déprécié à son apparition par tous les journaux
littéraires, n'eut aucun succès. Celui de Burney ,
au contraire, pour lequel les princes, les grands,
les savants et les artistes avaient souscrit, fut
prôné dans toute l'Europe, et telle fut la faveur
qui l'accueillit, que la lenteur de sa publication
ne nuisit pas même à son succès. Il faut en con-
venir, il y eut dans cette différence de destinée
des deux livres un nouvel exemple des caprices
de la fortune et de l'injustice qui préside souvent
aux jugements humains. Bien supéiieur à l'his-
toire de Hawkins, sous le rapport du plan, l'ou-
vrage de Burney lui cède souvent pour les dé-
tails, et n'est pas exempt de reproches à d'autres
égards. J'ai dit la cause de ses défauts en par-
lant des voyages de l'auteur. J'ajouterai que
Burney , malgré sa grande lecture, n'avait pas
fait d'études assez fortes dans le contrepoint ni
dans le style l'ugué pour bien juger du mérite
des compositions ; qu'il n'avait ([u'une connais-
!;ance médiocre des qualités propres des divers
styles, et qu'il ignorait absolument les rapports
des tonalités avec les différents systèmes d'har-
monie et de mélodie. Son livre , composé pour
l'Angleterre, a d'ailleurs le défaut de renfermer
trop de détails sur la musique anglaise, depuis
le seizième siècle ; car cette musique a été sans
influence sur les modifications et sur la progres-
sion de l'art dans le reste de l'Europe. Rien ne
montre mieux l'absence de vues élevées dans la
tête de Buiney, que ces fastidieux détails sur les
représentations théâtrales de Londres dont
le quatrième volume de son histoire est rempli.
Toutefois, écrivainagréable, il a trouvé beaucoup
de lecteurs, particulièrement en Angleterre, et
nonobstant ses aperçus un peu trop superfi-
ciels, les choses estimables qu'on trouve dans
son livre ont consolidé sa réputation. Les deux
premiers volumes surtout sont dignes d'éloges.
Plusieurs ouvrages qu'on a publiés depuis lors
en Angleterre sur le même sujet ne sont guère
que des copies de celui de Burney, en tout ou en
partie. (Foy. Busevet les nouvelles encyclopédies
anglaises.)
Après les grandes fêtes musicales données à
l'abbaye de Westminster en 1784 et 1785, en
commémoration de Hœndel, le docteur Burney
fut chargé d'en publier la description, accompa-
gnée d'une notice sur ce musicien célèbre ; elle
parut à Londres en un vol. in-4°. Il est aussi
l'auteur d'une vie de Métastase et de quelques
autres ouvrages littéraires. Le docteur Burney ha-
bita pendant plusieurs années dans la maison de
Newton, St-Martin's Street, Leicesters-fields ;
mais ayant été nommé organiste de l'hôpital de
Chelsea en 1790, il eut dans cet hôpital un loge-
ment qu'il occupa pendant les vingt-quatre der-
nières années de sa vie. Il est mort le 12 avril
1814, âgé de quatre-vingt-huit ans. Les hommes
les plus distingués de l'Angleterre assistèrent à
ses funérailles.
Recommandable par ses talents et son savoir,
Burney ne l'était pas moins par l'amabilité de son
caractère et par ses vertus sociales. Aussi était-il
généralement aimé de ceux qui avaient eu des
relations avec lui. Il avait été marié deux fois,
et avait eu huit enfants, parmi lesquels on remar-
que : 10 Charles Burney de Greenwicli, l'un des
plus savants hellénistes de l'Angleterre ; 2° le
capitaine Burney, qui a fait le tour du monde
avec le capitaine Cook, et qui a publié une his-
m
BIJRNEY
luire des découvertes maritimes, ouvrage fort
estimé; 3° Miss Burney, plus tard madame
d'Arblay, auteur des romans iVEvelina, de Ce-
cilia , de Camilla, et de quelques autres, qui
ont eu beaucoup de succès. La riche bibliothè-
que du docteur Burney a été vendue à l'encan,
en 1815, et le catalogue, qui présente des objets
d'un haut intérêt, a été imprimé. Cependant sa
nombreuse collection de manuscrits et les livres
les plus rares sur la musique avaient été sépa-
rés de cette collection et étaient passés à la bi-
bliotlièque du musée britannique.
Il ne me reste plus qu'à donner quelques dé-
tails sur ses écrits et se?, compositions. On lui
doit : r Plan of a public music school (Plan
d'uneécole publique de musique); Londres, 1767.
— 2° Translation q/ sign, Tartini's letter to
sign. Lombardini, published as an important
tesson to performers on the violin (Traduction
d'une lettre de ïartini à madame Lombardini,
publiée comme un avis important à ceux qui
jouent du violon) ; Londres, 1771, in-4''. — 3°
The présent state of Music in France and
Italy, or the journal ofatour through those
countries, undertaken to collect materlals
for a gênerai History of Music (L'état actuel
de la musique en France et en Italie, ou jour-
nal d'un voyage entrepris dans ces contrées
pour rassembler les matériaux d'une histoire
générale de la musique); Londres, 1771, in-S". Il
parut une deuxième édition de ce voyage en
1773 ; Londres, in-8o. — 4» The présent state of
Music in Germany, the Netherlands, and
Unitcd-Provinces, or the journal, etc. ; Lon-
dres, 1773, 2 vol. in-8o. Deuxième édition; Lon-
dres, 1775, 2 vol. in-8°. Ce journal du voyage
en Allemagne, en Hollande et dans les Pays-Bas
est fait sur le même plan que celui du voyage
en France. Ebeling a traduit en Allemand
le premier voyage de Burney sous ce titre :
Tagebuch einer musikalischen Eeise durch
Frankreich und Italien, etc.; Hambourg,
1772, in-8o.Les deuxième et troisième volumes,
contenant les voyages en Allemagne et en Hol-
lande, ont été traduits par Bode, et publiés à
Hambourg en 1773. J. W. Lustig, organiste à
Groningue, en a donné une excellente traduc-
tion hollandaise avec des notes intéressantes ;
elle est intitulée : Ryk Gestoffeerd geschied-
verhaal van der eigenlicken staat de hedcn-
daagsche Toonkunst of sir Karel Burneifs
dagboek van zyne onlangs gedaane reizen
door Frankrik en Deutschland, etc., Gro-
ningue, 1786, in-S» maj. Enfin, M. deBrack a
publié une traduction française fort médiocre de
CCS mêmes voyages; Gênes, 180'J et 1810, 3 vol.
in-8°. — 60 A gênerai History of Music, from
theearliest âges to the présent period to which
isperfixed a dissertation on the Music of the
ancients (Histoire générale de la musique, de-
puis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours,
précédée d'une dissertation sur la musique des
anciens); Londres, 1770-1788, 4 vol. in-4o. Les
auteurs de l'article Burney an supplément de la
Biographie universelle de MM. Michaud disent
que cet ouvrage a été traduit en allemand : c'est
une erreur ; mais J. J. Eschenburg a traduit
en cette langue la dissertation sur la musique
des anciens qui se trouve au premier volume
^us ce titre : Veber die Musik der Alten ; Leip-
siek, 1781, in-4''. — 6" Account of the musi-
cal performances in Westminster Abbey, in
commémoration of Handel; Londres, 1785,
in-4omaj. Il y a des exemplaires de cet ouvrage
en très-grand papier : ils sont rares et chers.
Une autre édition du même livre a été publiée
à Dublin, dans la même année, 1 vol. in-8°. Le
même Esclicnburg a donné une traduction al-
lemande de cette notice, intitulée : Nachricht
von Georg Friedrich HxndeVs Lebensumsteen-
den und der ihm zu London in mai und
jun. 1784 angestellten Gedœchtnissfeyer ; Ber-
lin, 1785, grand in-4o. ^6° Paper on Crotch ,
the infant musician,presented to the royal So-
ciety, dans les Transactions philosophiques de
1 770, t. 69, p. 1 83. C'est une notice sur le musicien
Crotch, qui n'a pas justifié les espérances qu'il
avait données dans son enfance. — 8o Striking
vietos of Lamia, the celebrated athenian flûte
player (Anecdotes remarquables sur Lamia ,
célèbre joueuse de llûte athénienne), dans le
Massachussett's Magazine, 1786, novembre,
p. 684. — 9° Memoirs of the life and wri-
tings of the abbate Metaslasio, in which are
incorporated translation of his principal
letters, 3 vol. in-8° ; Londres, 1796. On doit
aussi à cet écrivain la partie musicale de l'En-
cyclopédie anglaise. On est redevable au doc-
teur Burney de la publication des morceaux
qui se chantent à la chapelle pontificale pendant
la semaine sainte, tels que le fameux Miserere
d'Allegri, celui de Bay, les lamentations de Je-
rémie par Palestrina, etc. Ce recueil parut en
1784, sous ce titre : 1° La miisica che si can-
ta annualmentenellefunzioni délia settimana
santa, nella cappella Ponteficia, composta
da Palestrina, Allegri et Baj. Choron en a
donné une nouvelle édition à Paris, en 1818, in-S"
maj. Les compositions de Burney les plus con-
nues sont : 1" Six sonates pour clavecin seul ;
Londres, in-fol. — 2» Deux sonates pour harpe
ou piano, avec accompagnement de violonet vio-
BURNEY — BURY
123
loncelle. — 3° Sonates pour deux violons et
basse; Londres, 17C3. — 4° Six leçons pour
clavecin; ibid. ; — 5° Six duos pour deux llûtes
allemandes; ibid. — 6° Trois concertos pour
clavecin; ibid. — 1° Six cornet pièces, withan
introduction and fugue for the organ. —
8° Six concertos pour le violon, à huit parties. —
9° Cantates et chansons anglaises. — 10° An-
tiennes, etc., etc.
j^me j'Arblay, fille de Burney a publié des mé-
moires sur la vie et les travaux de son père, en
1832 {voy. Arblay (M"'^ D').
BUROIVl (Aintoine), compositeur, est né à
Rome, en 1738. Ses études musicales furent di-
rigées d'abord par le savant père Martini , à
Rome; il les termina ensuite au conservatoire
de la Pietà, à Naples, sous la direction du maî-
tre de chapelle Abos. Ses premiers essais de com-
position dramatique furent représentés à Venise;
ce sont : 1° L'Amore in Musica. — 2" La Notte
critica. — 3° Alessandroin Armenia, 1762. —
4° Sofonisbe, 1764. — 5° Le Villegiatrici ri-
dicole, 1764. Dans la môme année il se rendit
à Prague, où il fit représenter son opéra Siroe.
L'année suivante, il obtint la place de maître de
musique et de compositeur du théâtre de Dresde.
Il y donna -. T La Moda, 1769. — 8" Il Car-
weyaie, 1709. — 9° Le Orfane Suizzere, 1769.
En 1770, il était maître de chapelle du duc de
"Wiirtemberg, à Stuttgard;et en 1780, ilretourna
en Italie. Le maître de chapelle Reichardt le vil
à Rome en 1792 ; il était alors maître de cha-
pelle de Saint-Pierre; on exécuta dans cette ba-
silique un Miserere âe sa composition, dont Rei-
chardt fait l'éloge. Les opéras qu'il a écrits à
Stuttgard sont : Recimero, 1773 ; La donna
instabile , \11 & ; Artaserse, 1776; Eomene,
1778. On connaît aussi de sa composition un
concerto pour le basson, plusieurs sympho-
nies, et des motets à une ou deux voix avec or-
chestre.
BURUOWES (Jean Freerleton), naquit
à Londres, le 23 avril 1787. Après avoir fait ses
études musicales sous la direction de Horsley,
bachelier en musique, il se fit connaître par
une ouverture et quelques morceaux de chant
qui furent exécutés avec succès aux concerts
d'Hannover-Square. Il s'est livré depuis lors à
la composition pour le piano, et a publié les ou-
vrages suivants : 1° The piano-forte primer,
containing explanations and examples of the
rudiments of harmony, with fifty exercises ;
Londres, Chappell. On trouve l'analyse de cet ou-
vrage dans le Qiiarterly musical Magazine and
lieview , t. I, p. 376. — 2° The thoroughbass
primer. Ces deux ouvrages sont recornmanda-
bles sous le double rapport de la clarté et de la
concision. — 3° Six ballades anglaises, op. 1. —
4" Six divertissements pour piano. — 5° Trois
sonates avec accompagnement de violon. —
60 Sonates avec accompagnement de flûte. —
7" Duo pour deux pianos. — 8" Sonate avec ac-
compagnement de violoncelle. — 9° Première
ouverture. — 10" Sonate avec des airs écossais.
— 1 1" Trois sonatines sur des airs favoris. —
12° Leçons aisées contenant des airs favoris, avec
le doigté chiffré pour les commençants. — 13°
Trios pour trois flûtes. — 14° Ouverture à grand
orchestre, exécutée à la société Philharmonique.
M. Durrovves a arrangé pour le piano une quan-
tité considérable de compositions de Mozart, de
Ileendel, de Haydn et de Rossini.
BURSIO (DoM Philippe), moine de la con-
grégation réformée de Saint-Bernard, ordre de
Cîteaux, qui vivait dans les dernières années du
dix-septième siècle, s'est fait connaître comme
compositeur par une œuvre intitulée : Messe a
quatti-o voci;Rome, Mascardi, 1698.
BURTIUS (Nicolas). Voijez Bdrci.
BURTON (Jean), né dans le duché d'York,
en 1730, fut élève du célèbre organiste Keeble,
et devint un habile claveciniste. Il a fait graver
à Londres : 1° Six solos pour le clavecin. —
20 Six trios pour le même instrument, avec ac-
compagnement de violon. Gerber dit qu'il a cessé
de vivre vers 1785.
BURY (Bernard de), né à Versailles le
20 août 1720, fut élevé sous les yeux de Colin
de Blamont, son oncle. Il n'avait que dix-neuf
ans, lorsqu'il fut nommé accompagnateur de la
chambre du roi. En 1744, il obtint la survivance
de maître de la musique du roi, eten 1751 celle
de surintendant de la chapelle royale. Le roi lui
accorda une pension, en 1755, en récompense de
ses services. Ses ouvrages les plus connus sont :
1" Les caractères de la folie, ballet en trois
actes, représenté en 1743. — 2° La Nymphe
de la Seine, divertissement. — 3° La prise de
Berg-op-Zoom, cantate exécutée après la cam-
pagne de Fontenoy. — 4o Jupiter vainqueur
des Titans, opéra. — 5» De profundis, motet
à grand chœur, pour la pompe funèbre de la
Dauphine. — 6° Les Bergers de Sceaux, di-
vertissement, pour la duchesse du Maine. —
7" La Parque vaincue, divertissement. — 8» Ti-
tan et V Aurore, ballet en un acte, 1750. — 9" Hy-
las et Zélie, ballet en un acte, 1762. — 10" Pal-
mire, ballet en un acte, à J^'ontainebleau, en
1765. — W" Zénis et Almasie, ballet en un
acte, à Fontainebleau, 1766. Il refit Persée, ballet
en quatre actes, en 1770, arec d'Auvergne, Re-
bel et Francœur. 11 avait déjà fait un prologus
Î2i
BURY — BUSBY
pour le même opéra en 1747, et une ouverture
pour Thésée, en 1765.
BUS (JossE DE), facteur d'orgues à Aude-
narde (Flandre orientale), travaillait déjà dans les
dernières années du quinzième siècle, et construi-
sit en 1505 un nouvel orgue pour riiôpital No-
tre-Dame de cette ville. L'instrument que celui-ci
remplaça avait été ^fait, en 1458, par Jean Van
Geeraerdsberghe.
BUSBY (Tuoius), docteur en musique , est
né à Londres au mois de décembre 1755. Après
avoir été pendant cinq ans élève de Jonathan
Battishili, il devint organiste de Sainte-Marie
(iNcwington in Surry) en 1780. Peu d'années
après, le docteur Arnold le chargea d'écrire la
partie historique du dictionnaire de musique qu'il
avait entrepris, et qui fut publié en 1786. En
1788, il commença la publication d'une collec-
tion de musique sacrée, tirée des meilleurs au-
teurs, et dans laquelle il inséra plusieurs mor-
ceaux de sa composition. Cette collection, in-
titulée : The divine harmonist, était composée de
douze morceaux, et fut favorablement accueillie.
Le succès de celte entreprise détermina Busby
à faire paraître une autre collection, composée
des meilleures chansons anglaises, sous le titre
de Melodia Brïlannïca, or the heauties ofbri-
tish songs ; mais cette fois il fut moins heureux,
et, après quelques numéros , les livraisons ces-
sèrent de paraître. Ou a aussi quelques cahiers
d'un journal de chant intitulé : Monthly Musical
journal, publié par Busby en 1792. Depuis long-
temps il travaillait à un oratorio intitulé "• The
Prophecy (la Prophétie) : il le fit exécuter à Hay-
market en 1799, mais sans succès. Busby n'était
pas assez instruit pour écrire un ouvrage de ce
genre. Cet essai fut suivi de l'ode de Gray sur
les progrès de la poésie, mise en musique, de
celle de Pope pour le jour de Sainte-Cécile, et de
Cumala, poème extrait d'Ossian. En 1800, Busby
fit paraître un dictionnaire de musique {A mu-
sical Dïctionary) ; Londres, 1800, un vol. in-12,
et dans la même année, il composa la musique
d'un opéra intitulé Joanna, auquel le public ne
lit point un accueil favorable. Ce fut aussi dans
l'été de 1800 qu'il fut admis à prendre les degrés
de docteur en musique à l'université de Cam-
bridge. Enfin, dans le, même temps, il fut nommé
organiste de Sainte-Marie Woolmoth ( in
Lombard-streel). Divers ouvrages dramatiques
de ce compositeur, ainsi que des compositions
instrumentales et vocales , succédèrent à celles
dont il vient d-'être fait mention. Rien de tout
cela ne s'élève au-dessus du médiocre. Comme
écrivain, Busby jouit de quelque considération,
non qu'il y ait rien de neuf ni de fortement
pensé dans ses écrits, mais on y trouve de 1»
méthode et de la clarté. Je citerai entre autres
une grammaire musicale (Musical grammar)^
un autre ouvrage élémentaire intitidé : Gram-
mar of music, qui a pour objet la musique con-
sidérée comme science, et une histoire de la
musique (A gênerai History of music) , en
deux volumes in-8°, qui n'est qu'un abrégé des
ouvrages du même genre «le Burney et de
Hawkins. Busby est mort le 28 mai 1838.
Busby a travaillé pendant plusieurs années h la
rédaction du Monthly magazine, pour ce qui con-
cerne la musique, et y a inséré quelques articles
intéressants, dont nous donnerons la liste ci-des-
sous. Il s'est fait connaître aussi comme littérateur
par un poème intitulé : The âge of genius (Le
siècle du génie), et surtout par une traduction
de Lucrèce fort estimée en Angleterre. Voici
la liste des ouvrages qu'il a avoués : — I. Ou-
vrages théoriques ou historiques : 1° Musical
Dictionanj, Injdoct. Arnold and. ThomBusby ;
Londres, 1786, in-8°. — 2" A'ew and complète
musical Dictionary ; Londres, 1800, un vol.
in-12. Une autre édition a été publiée àLondres,
en 1817, 1 vol. in-18. Un autre dictionnaire de
musique a été publié par Busby, en 1-826 ; c'est
un livre au-dessous du médiocre. — S'' lAfe of
Mozart, the celebrated germun musician,
dans le Monthly Magazine, décembre 1798,
p. 445. — 40 On modem Music (sur la musique
moderne); ibid., janvier 1799, p. 35. — 5° On
vocal Music {sur la Musique vocale) ; ibid., 1801 ,
novembre, p. 281. — C° Original memoirs of
the late Jonathan Battishili (Mémoires ori-
ginaux sur feu Jonathan Battishili), février
1802, p. 36. — 7" Musical grammar (Gram-
maire musicale); Londres, 1805 in-8°. La
deuxième édition aparu à Londres, en 1826, in-l2o
— 8" ^ gênerai History of Music, from the
earliest times to the présent, etc. (Histoire gé-
nérale de la musique, depuis les temps anciens
jusqu'à nos jours); Londres, 1819, deux vol.
in-s°. Une traduction allemande en a été publiée
à Leipsicken 1821, deux vol. in-S». — Q° A gram-
mar of Music, to which are prefixed observa-
tions explanutory of the properties and po-
ivers of Music, as a science (Grammaire de la
musique, précédée par des explications sur les
propriétés et la puissance de la musique comme
science); Londres, 1820, un vol. in-12. —
iO" Concert Boom- and orchestre anecdotes;
Londres, démenti, 1824, trois vol. in-12; mau-
vaise compilation de tout ce qui a été dit plusieurs
fois dans les ouvrages du même genre publiés eu
Angleterre. — 11° Musical manual, or techni-
cal Directory, containingfull andpcrspicuous
BUSBY — BUSNOIS
12:j
explanalinns 0/ ail the ternis ancient and mo-
dem, iiscd in thc harmonie Art ; Londres, 1 8'.î8,
1 vol. iii-12. — II. Ouvrages dramatiques: X'' The
Prophecy (La Prophétie), oratorio, en 1799. —
2° Comala, opéra en ISOO. — 3° Joanna, opéra,
an lliéàtredeCovent-Garden, en 1800. — 4° lîrï-
tannia, oratorio, à Covent-Garden, en 1801. —
b° A taie o/mijstery (Conte mystérieux), mélo-
drame, à Covent-Garden, en 1802. — 6° Pai-
ries Jiujitives (Les Fées fugitives), opéra, au
même liiéàtre, en 1803. — 7° Rugantino, mé-
lodiame, en 1805. — III. Compositions vocales
et instrumentales : 1" The divine Harmonist,
n« 1-12, 1788. — 20 Melodia Britannica, or
the beauties of British song, 1789.-3° The
British geniiis, ode de Gray. — 4° Ode de
Pope pour la fête de Sainte-Cécile. — 5° Ode en
action de grâces pour célébrer les victoires
remportéea par la marine anglaise (compo.'^.ée
pour sa réception de docteur), en 1800. — G" An-
tienne composée pour les funérailles de Battis-
hill, en 1801. — 7" Sonates de piano, op. 1.
BUSCA. (Louis), né à Turin, fut moine de
Montcassin au couvent de Milan, dans la seconde
moitié du dix-septième siècle. On a imprimé de
sa composition : 1° Mottetti sacri a voce sola
con organo, \ih. l; Bologne, Jacques Monti,
1672, in-4''. — 2° Ariette delV amore, a voce
5oZa ; Bologne, 1688, in-4°.
liUSCH (Pierre^, pasteur à l'église de Sainte-
Croix à Hanovre, a publié un livre intitulé :
Aus/iihrliche Historié und Ercklxrung des
Iletdenliedes : ciue veste Burg ist unser Gott, etc.
Mit einer Vorrede von Luthers Heldenmuth
und seiner Liebe zur Sing-und Dicht-Kunst.
(Histoire et explication du cantique : Eine veste
Burg ist tmser Gott etc.; avec une préface
sur l'héroïsme de Luther et sur son amour pour
le chant et la poésie); Hanovre 1731, in-8'.
Busch est mort à Hanovre, le 20 décembre 1745.
BUSCÏI (Jean), écrivain né vraisemblable-
ment en Danemark, de qui l'on a une disser-
tation sous ce titre : Satil rex fsraelis a vialo
genio turbatus, et cantu citharaqiie Davidis
itide vices Uberattis; Hafuiœ 1702, in 4".
BUSCHING (Antoine-Frédéric), célèbre
géographe, né le 27 septembre 1724, à Stadtha-
gen, petite ville de Wesfphalie, mort à Berlin,
le 28 mai 179.3, a publié : Histoire et princi-
pes des beaux-arts (en allemand): Berlin,
1772-74, deux vol. in-8°. On y trouve quelques
observations relatives à la musique.
BUSCHMANN (E..), fut d'abord passemen-
tier à Freilericroda, près de Gotha , puis se livra
à l'étude de la construction des instruments, et
en inventa un nouveau, en 1810, auquel il donna
le nom d'Uranion. Cet instrument a qnelc;ufi
ressemblance avec le Melodion inventé précé-
demment par M. Dietz. Sa forme est celle d'un
petit piano long de 4 pieds, large de 2, et sa
caisse a un pied et demi de hauteur ; son clavier
a 5 octaves et demie d'étendue, dt^^uis/a grave
des pianos ordinaires jusqu'à tit suraigu.Le mode
de production du son dans VUranion est un cy-
lindre recouvert en drap qui met en vibration d«s
chevilles de bois. Il est susceptible de crescendo
etde decrescendo, et ses sons ont une grande dou-
ceur. On trouve des renseignements sur l'f/ra«ion
et sur le principe de sa construction dans la 12"*
année de la Gazette musicale de Leipsick, n° 30,
p. 469. En 1814 le Terpodion, autre instrument
d'exception, fut aussi inventé par Buschmann, qui
voyagea en Allemagne avec son frèrs, pianiste et
chanteur, pour le faire entendre. Le Terpodion
était aussi \m instrument à frottement. On en
trouve la description dans la Gazette générale
de Musique de Leipsick, tome 18, page C08.
Frédéric Buschmann, fils de l'inventeur de VU-
ranion et du Terpodion, a fait quelques per-
fectionnements au Physharmonica, en 1843.
BUSCHOP (Corneille). On a sous ce nom
d'un musicien inconnu un recueil de psaumes
à quatre voix dont le titre a cette orthographe
bien singulière pour l'époque à laquelle l'ou-
vrage a été imprimé : Psalmen David, vyj'ftich,
mit vier Eartyen, seer suet ende lustig om sin-
gen ende spielens op verscheiden Instrumen-
ten. Dùsseldorff, 1563, in-4° obi. Ce langage
ne peut être considéré que comme un patois.
BUSNOIS (Antoine de BUSNE dit) ou
BUSNOYS , un des plus remarquables musiciens
belges du quinzième siècle, entra au service de
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, au mois
de décembre 1467, ainsi que cela est démontré
par ce passage inscrit dans les comptes de l'hôtel
de ce prince : « A Anthoine de Busne, dit Bus-
« nois , chantre de Monseigneur, la somme de
« xvj livres (de Flandre ) pour don à lui faict par
« iceluy seigneur, en considéracion du service
« qu'il luy a faiz depuis le mois de décembre
n Ixvij ( 1467 ) jusqu'à ce dernier de mars enssuiv-
« vant, et aussi pour luy entretenir au service
n dicellui soigneur (1). «
Jusqu'à ce jour on n'a pas découvert dans les
manuscrits de renseignements positifs sur la pa-
trie de Busnois, qui partagea avec Ockeghem ,
OLrecht, et un petit nombre d'autres savants
hommes la gloire d'avoir coopéré d'une manière
active aux progrès de l'art. Vraisemblablement
(1) Registre no 1923, fol. i.ws. v», de la chambre des
comptes, aux archives du royaume de Belgique, à
Bruxelles.
12G
BUSNOIS
il a vu le jour ibns la Picardie , ou dans l'Ar-
tois, ou peut-être dans la Flandre, car la plu-
part des musiciens attacliés aux cliapelles des
cours de France et de Bourgogne étaient alors de
ces provinces; mais il paraît difficile de décider
en faveur de l'une ou de l'autre. Busnois fut
pourvu, en octobre 1470, avec Pasquier, Louis
et Jacques Amorit ou Amoirre, chantres comme
lui, et maître Jean Stuart ou Stewart, clianire
anglais ou écossais , d'une place de de7ni-cha-
pelain à la chapelle ducale (1). Au mois de no-
vembre suivant , le duc donne au même artiste,
qu'il qualifie de Messire Anthoine de Busne ,
dit Busnois , son chapelain , une somme de IG li-
vres de Flandre, « en considéracion (dit un do-
« cument contemporain ) de plusieurs agréables
« services qu'il luy a faiz, et pour aucunes causes
« dont il ne veult autre déclaracion ici estre
« faicte (2). » Il est permis de présumer que ces
services agréables dont le prince ne veut pas
qu'il soit fait mention , consistaient à l'avoir
aidé à écrire certains motets ou certaines chan-
sons dont Charles se faisait un passe-temps dans
ses moments de loisir ( voy. Chaules-Le-Témé-
raire).
Les gages de Busnois étaient de 9 sous par
jour en juillet 1471, et de 13 sous au mois d'août
1472, tandis que Robert Morton {voy. ce nom),
qui n'était que clerc de la chapelle, et dont le mé-
rite était fort inférieur à celui de Busnois , re-
cevait à cette même date 18 sous. Au mois de
janvier 1474, tous deux étaient payés au même
taux. Les gages des chapelains furent réduits à
12 sous pour tout le règne de Marie de Bour-
gogne et restèrent à ce chiffre jusqu'à la fin du
règne de Philippe le Beau.
Busnois accompagnait souvent son maître dans
ses voyages et même dans ses expéditions mi-
litaires; des documents qui ont été conservés ont
permis à M. Pinchart , chef de section aux ar-
chives du royaume de Belgique, de constater
que Busnois était à la suite du duc de Bour-
gogne, dans des voyages faits en juin 1471, juillet
et août 1472, juin 1473, janvier, juillet et août
1474 , et qu'il assista au siège de Neus, avec tout
le personnel de la chapelle ducale, pendant les
mois d'avril et de mai 1475 (3). Après la mort de
Charies Le Téméraire (5 janvier 1477), Busnois
resta au service de Marie de Bourgogne; car on
le retrouve sur les états journaliers de la maison
de cette princesse du 10 et du 27 septembre 1477,
(i);i\cglstre n° 1924, fol. Lxix v°, chambre des comptes,
aux arch., à Bruxelles.
(2| Registre n» 1925, fol. ilIcLXXXIX V°.
(31 Registre l' iCo, arch. du départ, du Nord, à Lille.
du .Tl août, 10 septembre et 11 octobre 1479,
4 et 96 octobre 1480 (1). Son nom ne figure plus
dans un état daté du 2 février 1481 (2).
Il jouit de divers bénéfices ecclésiastiques :
on a sur ce point des renseignements positifs.
Le premier résulte d'un acte authentique qui
exi.ste en original aux archives du royaume de
Belgique, et par lequel on voit que Busnois ré-
signa à Maesliicht, le 4 mai 1473, entre les
mains du duc de Bourgogne , la chapellenie de
Saint-Sylvestre, au château de Mons en Hainaut ,
dont il avait reçu précédemment la collation (3).
Le poète chroniqueur Jean Molinet, contem-
porain de Busnois, nous apprend dans de fort
mauvais vers , que ce grand musicien avait ob-
tenu une prébende qui lui donnait le titre de
doyen de Vornes (4), que le baron de Beiffen-
berg a cru être le nom fiamand de Fumes
(Flandre occidentale) (5). Plusieurs observations
se présentent sur celte circonstance : La pre-
mière est que Vornes n'est pas le nom flamand
de i^Mrnes, mais bien Veuren; etM. Pinchart
a démontré, par des actes authentiques (6) que le
doyenné de Furnes fut occupé par Robert de
Cambrin , conseiller et maître des requêtes , de-
puis 1462, et qu'il l'était encore en 1484. Ce
laborieux investigateur a fort bien établi (]ue ^a
localité dont il s'agit doit être Voorne ou Oost-
voorne , en Hollande, où il y avait une collé-
giale (Saint-Pancrace) composée d'un doyen et
de trois chanoines. D'autres lieux, situés dans
les domaines des ducs de Bourgogne, portent des
noms analogues; mais on ne trouve aucunes
traces de prébendes attachées à ces localités. A
(1) Registre. F 1(!0, arch. du dC-p. du Nord, à Lille.
(2) Idem, ibid., et archives du royaume ;Reg. n" I925. Loc.
cit.
|3) Voyez le texte de cet acte dans les recherches Inté-
ressantes de M. Pinchart consignées dans le Mémoire en-
core inédit U860| intitulé : Chapelle musicale des souve-
rains et des gouverneurs généraux des Pays-Bas.
(4) Les faitz et dictz ; Paris, Jehan Petit, i537, ln-8».
On y trouve une pièce de vers adressée à Monseigneur
le doyen de f^oriies maistre Bugnois, laquelle commence
ainsi :
Je te rends hommage et tribuz
Sur tous autres, car je cognois
Que tu es instruict et imbuz
Eu tous musicaux esbanois.
Tu prospères, sans nuls abus.
En ce pays bas flandrinois ,
En sucre en poudre doribus, etc.
(ii| Lettre à M. Fétis , directeur du Conservatoire de
Bruxelles , sur quelques particularités de l'histoire mu-
sicale de la Belgique {Recueil encyclopédique belge,
tome II, octobre 1833, p. 60).
(6) Voyez l'ouvrage de M. Pinchart cité précédemment,
dans les Mémoires de l'Académie royale des sciences, des
lettres et des beaux-arts de Belgique.
BUSNOIS
!27
l'égard de l'époque où Busnois fut pourvu de ce
bénéfice, M. Pincliart pense qu'elle doit être
fixée au mois de mai 1473, lorsqu'il résigna à
Maestriclit la ciiapcllenie de Saint-Sylvestre au
château de Mons (1).
L'époque de la mort de Busnois paraît devoir
être fixée définitivement entre le 20 octobre
1480, où son nom figure encore dans les états de
la chapelle des princes souverains, et le 2 février
1481, où il disparaît des listes de cette chapelle.
Les éloges accordés à Busnois par Tinctor, ou
Tinctoris, en divers endroits de ses ouvrages , par
UartholoméKatnis de Pareja, dans son opuscule
imprimé à Bologne, en 1482, par Aaron ÇTosca-
nello inMu,sica,c. 3S), par Garzoni {Piazza uni-
versale, p. 376 ), et par quelques autres anciens
écrivains de l'Italie, semblent indiquer qu'il fit
un voyage dans ce pays; au moins est-il certain
que ses ouvrages y étaient connus, et qu'ils y
jouissaient de beaucoup d'estime , car Petrucci de
Fossombrone inséra quelques-unes de ses chan-
sons françaises à quatre parties dans sa collection
de cent cinquante chants de divers auteurs cé-
lèbres, publiée en 1503. Les exemplaires de ce
précieux recueil sont si rares, qu'aucun des his-
toriens de la musique n'avait eu connaissance de
ces pièces de Busnois , et qu'à l'exception d'un
fragment fort court donné par Tinctoris dans
un de ses ouvrages, on croyait qu'il n'existait
plus rien de ce maître. Heureusement Kiesevvetter,
qui a trouvé dans la bibliothèque impériale de
Vienne un exemplaire de la collection de Pe-
trucci, en a tiré trois chansons à quatre parties,
qu'il a publiées en partition dans les spécimens
de musique ancienne ajoutés à son mémoire sur
les musiciens néerlandais , couronné par la qua-
trième classe de l'institut des Pays-Bas. Il est
fâcheux qu'il y ait beaucoup de fautes d'impres-
sion dans ces restes précieux d'une époque inté-
ressante de l'art; Kiesewetter parait d'ailleurs
s'être trompé en quelques endroits , dans la tra-
duction en notation moderne. Avant cette publi-
cation j'avais trouvé dans un manuscrit appar-
tenant à Guilbert de Pixérécourt, plusieurs
chansons et motets à trois voix de la composition
de Busnois , et je les avais traduits en notation
moderne et mis en partition. Ces pièces me sem-
blent être d'un style plus léger et i)lus élégant
que les premières du recueil de Petrucci ; mais
la chanson à quatre parties, tirée de celui-ci,
Dieu! quel mariage, etc., est un morceau très-
remarquable, non-seulement à cause de la pu-
reté de l'harmonie , mais parce qu'il y a une
grande habileté dans la manière dont le sujet
«• Loc. cit.
est mis en canon entre le ténor et la deuxiènK;
partie, sans nuire aux mouvements faciles et
pleins d'élégance dos autres parties. Ne possédât-
on (pie ce morceau de Busnois, on aurait la
preuve que sa réputation ne fut point usurpée,
et qu'il mérita d'ôlre mis en parallèle avec Ocke-
ghem son contemporain. On y remarque un
progrès incontestable dans l'art d'écrire, depuis
l'époque de Dufay. Au surplus , d'autres produc-
tions de Busnois, retrouvées dans ces derniers
temps, prouvent suffisamment le mérite de ce
maître comme harmoniste , pour le temps où il
vécut.
Baini a révélé l'existence dans les archives
de la chapelle pontificale de plusieurs composi-
tions de Busnois ; elles se trouvent dans le vo-
lume coté 14 de ces archives; on y remarque
particulièrement une Messe de l'homme armé.
Tinctoris cite aussi dans son traité du contrepoint,
parmi les compositions de cet artiste, la chanson
française. Je ne^ demande , et le motet cum
gaudebant.
Il y a lieu de croire que Busnois a écrit un
traité de musique pour l'usage de ses élèves. Cet
ouvrage n'a pas été retrouvé jusqu'à ce moment,
mais Schacht le cite dans sa Bibliothèque de
musique, d'après l'autorité d'Adrien Petit, sur-
nommé CocUcus ou Coclius, qui [)araît l'avoir
vu et consulté. La découverte de ce livre serait
précieuse pour l'histoire de l'art.
Les ouvrages de Busnois dont il nous est par-
venu des fragments imprimés sont : 1° Les chan-
sons françaises. Dieu! quel mariage. Maintes
femmes, et De tous biens, à quatre voix, pu-
bliés en parties séparées dans le recueil de Pe-
trucci , intitulé Canti Cento Cinquanta; Venise,
1503, petit in-4" obi.; lesquelles ont été mises
en partition par Kiesewetter et publiées dans les
exemples de musique à la suite de son mémoire
sur les musiciens néerlandais (Die Verdienste
der Niederlaender in die Tonkunst, etc.; Ams-
terdam, 1829, in-4°). Mais des productions bien
plus importantes nous sont fournies par quelques
manuscrits. Le plus intéressant de ces manuscrits
est à la bibliothèque royale de Bruxelles et pro-
vient de la chapelle des anciens ducs de Bour-
gogne. Il renferme des compositions des anciens
chantres de celte chapelle et d'autres artistes du
quinzième siècle, particulièrement de Dufay et
de Busnois (orthographié Busnoys). Les œuvres
qui appartiennent à celui-ci sont : 1° Un Ma-
gnificat du premier ton, à 3 voix. — 2° Un
Magnificat du sixième ton , à 4 voix ; composi-
tion très-intéressante où l'on trouve des har-
diesses d'harmonie et des libertés de style qui
indiquent un progrès depuis l'époque de Dufay.
128
BUSNOIS — BUSSCHOP
— 3" La Messe Ecce ancilla à 4 voix , du plus
haut intérêt, et le monumenlle plus remarquable
de l'art vers 1470. — 4° Une Prose de la fêle
de Pâques {Vicfimx paschali) à 4 voix. —
5° Regina cœll leiare à 4 voix. — 6° Un autre
Regina cœli, également à 4 voix ; morceau rc-
inarquabfe par une imitation prolongée entre
le ténor et l'aller lenor, ou basse, pendant que
les autres voix se meuvent librement. ^7° Motet
à 3 voix {Anima mea). — 8° Motet à 4 voix
( Verbum caro factum est). — 9° Le c'.iant de
réjouissance Nodl, Noël, à 4 voix. — 10° Énigme
musicale fort curieuse, à 4 voix, sur le prénom
et le nom de Busnois. Les parties de trois voix
seulement sont écrites : la difficulté consiste à
trouver la quatrième d'après des indications qui
sont elles-mêmes des énigmes très-obscures. Les
paroles mêmes se présentent d'une manière énig-
malique; car celles delà première partie sont
une prière à saint Antoine, qui commence par
Antonius écrit en rouge ; et les derniers mots
de la deuxième partie sont omnibus nogs (voO;,
mot grec contracté de vo6;, esprit, âme, intel-
ligence). Or, la dernière syllabe à'omnibus et
noys sont écrits en rouge et forment ainsi le mot
Busnoys. Ces recherches ne seraient que des
puérilités si, d'ailleurs, le morceau n'était intéres-
sant par la forme et par les imitations formées
entre les ditTérentes voix. J'ai mis en partition
tous ces morceaux ayant l'intention de les pu-
blier avec tout ce que j'ai recueilli de Dufay, de
Binchois, de Régis, d'Obrecht, d'Ockeghem et
d'autres maîtres qui vécurent à cette époque re-
culée ; car si le seizième siècle commence à être
connu, l'art de la fin du quatorzième siècle et
des deux premiers tiers du quinzième ne l'est
pas encore.
Ainsi que je l'ai dit, le manuscrit de Pixéré-
court m'a aussi fourni plusieurs cliansons et
motets de Busnois que je réunirai aux autres
morceaux dont il vient d'être parlé. D'autres
chansons de Busnois, à trois et à quatre voix ,
se trouvent dans un manuscrit de la Bibliothèque
de Dijon ( coté n° 295), qui provient de la maison
des ducs de Bourgogne. L'existence de ce ma-
nuscrit avait été inconnue jusqu'à ce jour, et
n'a été révélée cpie par M. Charles Poisot, dans
un écrit qui a pour titre : Les Musiciens bour-
guignons, etc.; Dijon, 1S54, in-S" (p. Ifi).
Postérieurement, M. Stephen Morelot {voy. ce
nom) a donné une Notice très-intéressante de
ce même manuscrit {De la musique au quin-
zième siècle. Notice sur un manuscrit de la
bibliothèque de Dijon ; Paris , V. Didron et
Blanchet, 185G, gr. in-4" avec 24 pages de mu-
sique). On y voit que le manuscrit contient dix-
neuf chansons, dont dix-sept à trois voix et deu*
à quatre, avec le nom de Busnois {sic), dont
M. Morelot donne la liste thématique. Ce savant
pense qu'il y en a plusieurs anonymes dans le'
même volume qui a|)paitiennent au même mu-
sicien. On y voit eu outre que M. Morelot a trouve
treize autres chansons de Busnois dans un ma-
nuscrit de la bibliothèque Magliabecchiana de
Florence (n°r>3, fonds Strozzi, cl. xix ), une autre
dans le n» 156 du même fonds, et enfin une autre
dans un manuscrit de la bibliothèque de Pérouse.
Le volume de Dijon, qui porte le titre ridicule de
Recueilde vaudevilles, contient cent cinciuante-
deux chansons à trois et quatre voix de Bus-
nois, Ocl(eghem, Tinctoris, Harbinguant ( Barbi-
reau,Barbiriau,Barbiriant, ou Barbinguant.
Voyez Bakbireau), Caron, et d'autres. Enfin,
plusieurs messes de Busnois, notamment celle
qui a pour titre L'homme arme , se trouvent
dans le volume manuscrit cote 14, des archives
de la chapelle pontificale, à Rome.
BUSSCHOP ( Jules- Auguste-Guillaume ),
compositeur amateur, est né à Paris, de parents
belges, le 10 septembre 1810. Son père, après
avoir été conseiller à la cour de cassation, sous le
gouvernement impérial de Napoléon l^', prit sa
retraite en ISIG, et revint à Bruges, sa ville natale.
Élevé dans ce lieu , et loin de tout secours pour
l'étude de la composition, vers laquelle il se sentait
entraîné , le jeune Busschop apprit la théorie de
l'harmonie et du contrepoint sans autre guide
que les livres d'Albrechtsberger et de Reicha ;
puis la lecture des pai'titions des maîtres l'initia
à la connaissance des formes et de la pratique de
l'art. C'est ainsi que s'est formé et développé
son talent, et qu'il a écrit des symphonies, des
ouvertures, des scènes lyriques avec orchestre,
une Messe solennelle à trois et quatre voix et
orchestre, des motets , des morceaux de musique
militaire, des chœurs pour voix d'hommes sans
accompagnenient , et des romances avec accom-
pagnement de piano. Le gouvernement belge,
ayant mis au concours pour les fêtes nationales
de septembre, en 1834, la composition d'une can-
tate sur des paroles intitulées :£e Drapeaubelge,
le prix fut décerné à l'ouvrage de M. Busschop ,
qui fut exécuté par un chœur et un orchestre
immenses. Cet amateur n'a publié de sa compo-
sition que les ouvrages suivants : 1° Six chants
religieux pour une, deux, trois et quatre voix
avec orgue ; Bruxelles et Mayence, Schott frères.
— 2° Ave Maria et Tantum ergo, à trois ou
quatre voix en chœur, orchestre ou orgue; ibid.
— 3° li-ois morceaux religieux à trois voix
avec ou sans orgue; ibid. — 4° Ave Verum
Corpiis; Ecce punis Angclorum j o Sacrum
BUSSCHOP — BUSSET
12!)
Convivium, chœurs pour deux ténors et basse
avec orgue; Leipsick, Breilkopf et Ilœrtel.
M. Busscliop a composé pour les sociétés de cliant
de la Belgique un grand nombre de cbcpurs avec
ou sans orciiestre ; ses productions les plus con-
nues en ce genre sont : 1° J^' Étendard de la
Patrie. — 2° Le Chant des Montagnards. —
3° La Fête bachique. — 4° La Prière des cé-
nobites. — 5° Le Réveil des Pâtres. — 6" Les
Channes de la valse. — T V Hymne de la
nuit. — S" La Marche au combat. — 9" Le
Départ des Ménestrels. — iO° La Chasse au
cerf. — 11° Le Chœur nafioîial. — 17° La
Vision fantastique. — 13" £e Crépuscule du
matin. — 14° Bruges, etc. M. Busscliop est dé-
coré des ordres de Léopold et de la couronne de
chêne.
BUSSE ( FhÉDÉRic-GoTTLiEB de), né le 3
avril 1756, à Gandelegen, dans la Vieille Marche,
fut d'abord professeur de mathématiques à Frey-
berg, puis à Dessau. Dans ses dernières années
il était à Dresde, où il vivait encore en 1830.
Dans ses petits essais de mathématiques et de
physique (Kleinen Beitraegen zur Mathema-
tikund Phtjsik; Leipsick, 1785, V^ partie), on
trouve une dissertation sur les consonnances
produites par les sons fondamentaux. Le même
recueil renferme (n° 10) une dissertation sur
l'harmonie des sons purs. Le môme savant a
publié dans la Gazette hebdomadaire musicale
de Berlin (Berliner Musikalischen Wochen-
blatt, 1793, p. 177-181 et 185-187) des obser-
vations sur les sons harmoniques du violon et de
la harpe.
BUSSE (Jean-Henri), cantor k Hanovre,
se déclara partisan du système de Natorp pour
l'enseignement de la musique, dans les écoles
populaires, par la notation en chiffres. Il a pu-
blié dans celte notation un livre de mélodies cho-
rales , sous ce titre : Choralbuch in Ziffern
fur Volksschulen , enthaltend die saemmtl.
Melodien des Boettner'schen Choralbuchs
(Livre choral en chiffres pour les écoles, con-
tenant toutes les mélodies du livre choral de
Boettner); Hanovre, Hahn, 1825, in-8''. On y
trouve une bonne préface de Baedeker. Busse a
publié dans la même année, et chez le môme édi-
teur, une instruction concernant l'usage de son
Ijvre choral.
BUSSET (F.-C), né dans le département
de la Côte-d'Or, fut d'abord simple géomètre
du cadastre à Clermont (Puy-de-Dôme), puis
géomètre en chef à Dijon , où il est mort en 1847.
Par délassement à ses travaux , il s'était livré à
l'étude de la musique, en ce qui concerne sa
théorie. 'Le résultat de ses méditations sur cette
BIOCK. UMV. DUS MU.^lClEiNS. — ï. II.
matière a été exposé par lui dans ces écrits : 1" La
musique simplifiée dans sa théorie et dans
so)i enseignement. Première partie. Mélodie;
Paris, Henri Lcmoine , I8i6, i vol. gr. in-8"
de 198 pages. — 2" La musique simplifiée , etc.
Deuxième partie. Harmonie; Paris, Henri
Lemoineet Bachelier, 1839-1840, 2 vol. gr. in-8°.
Ces volumes ont été imprimés à Dijon, a\ec des
signes de notation empruntés au système de
M. Jiie (voyez, ce nom), d'après un procédé
ty{)Ographique inventé par Busset. Comme toutes
les personnes qui n'ont pas étudié la musique
dans l'enfance, Busset y trouvait des difficultés
de théorie qui n'existent pas, et comme beau-
coup d'autres, il se crut appelé à les résoudre.
Lui-même fait l'aveu de la singulière direction
qu'il avait donnée à ses études; car il dit dans
la préface de la première partie de son livre :
« Un sentiment à la fois de justice et de recon-
« naissance me fait un devoir de dire que la
« méthode élémentaire et abrégée d'harmonie et
« d'accompagnement de M. Fétis est, de tous
<' les ouvrages de ce genre que j'ai été à même
« de consulter, celui qui m'a paru le plus clair
•< et le plus propre à former un harmoniste. C'est
« dans ce petit ouvrage, où les faits harmoni-
« ques sont dégagés de tout ce qui pourrait em-
« pêcher d'en saisir le lien, que, sachant à
« peine le nom des notes et leur valeur, j'ai
« appris en peu de temps la musique seul et
« sans autre guide, commençant ainsi par
« la basse chiffrée. » Busset avait néanmoins si
mal compris le livre auquel il rend cet hom-
mage , que dans un autre endroit de la même
préface il dit encore , en parlant de la tierce et
de la quinte, qui , selon lui , déterminent la to-
nalité des gammes : '< La loi qui les rassemble
« sans cesse (harmoniquemeut) n'est point une
n invention de l'homme, qui se plie aux exigences
« d'un art créé par lui, mais une loi physique
« reconnue dans la résonnance des corps sonores,
« et c'est sur l'observation de cette loi, et en se
« conformant à ses prescriptions, que l'art rau-
« sical a été établi, etc. » Rien n'est plus con-
traire à mes idées que cette fausse théorie de
l'art basée sur des causes étrangères au senti-
ment de l'homme : on le sait , car tout ce que
j'ai écrit a précisément pour objet d'établir que
ces prétendues causes sont illusoires, et que la
musique ne procède que de l'organisation hu-
maine. Busset , en faisant cette confusion de ma
doctrine avec la théorie de Rameau , prouvait
qu'il ne comprenait ni l'une ni l'autre. Du reste,
il n'y a rien de fixe dans ses idées; car il défait
ou repousse dans le recoud volume de son livre
les principes qu'il déclarait fondamentaux dans
a
130
BUSSET — BÙTHNÉR
le premier. C'est ainsi qu'il dit dans une note de
ce deuxième volume : « J'ai dit, d'après* Geslin'
« ( I, p. 171 ) : La tierce est la base de Vhar-
• monte. En proclamant ce principe lorsque je
« le croyais vrai , j'en ai laissé llionneur à l'élève
a de Galin ; aujourd'hui que je reconnais la faus-
«c seté de cette doctrine, il est de mon devoir de
« le déclarer. » Ainsi le principe fondamental
de la théorie du premier volume est anéanti dans
le second!
Comme on le voit , il n'y avait que confusion
dans la tête de Busset, et, comme la plupart de
ceux qui se sont posés en réformateurs de la
musique, il ignorait ce qu'il voulait enseigner.
Persuadé que sa théorie de l'art serait complète
avec un corps sonore qui lui fournirait une tierce
mineure , il remarqua que certaines cloches font
entendre celle harmonie et entreprit contre moi
une polémique à ce sujet dans la Gazette mu-
sicale de Pfim (année 1838), à propos d'un
travail sur l'esthétique que je publiais alors dans
ce journal. Ma réponse fut renfermée unique-
ment dans une discussion scientifique : cepen-
dant elle irrita Busset jusqu'à lui faire écriie
contre mol une lettre injurieuse adressée au di-
recteur de la Gazette musicale. Celui-ci ayant
refusé l'insertion de cette lettre malveillante et
calomnieuse dans son journal , Busset le fit as-
signer en police correctionnelle pour le faire
condamner à publier sa lettre; mais le tribunal,
reconnaissant qu'il n'y avait rien qui blessât la
personne du plaignant dans ce que j'avais écrit,
le débouta de sa demande et le condamna aux
frais du procès. Furieux alors, et ne gardant
plus aucune mesure, Busset publia contre moi
une diatribe qui avait pour titre : M. Fétis mis
ù lajjoriée de tout le monde. Première par-
tie. Tribunal de police correctionnelle j Pai-is,
1838, in-80 de 32 pages. Peu de jours après parut
la seconde diatribe , plus méchante encore que
la première; elle était intitulée : Campagnes de
M. Fétis contre un homme qu'il ne connaît
pas; Paris, 1838, iu-8o de 36 pages. Tout cela
à propos d'une discussion de tierces majeures
ou mineures produites par des cloches ! L'orgueil
tournait la tète de ce pauvre homme. Le motif
véritable de toute cette fureur était l'analyse que
j'avais faite de quelques-uns de ses principes
d'harmonie deux ans auparavant dans la Gazette
musicale (année 1836). Au reste, ces publica-
tions furent frappées par le mépris public dès
leur apparition. Quant aux livres de Busset, ils
n'ont eu aucun succès et sont tombés dans le
profond oubli qui ensevelit tant d'autres produc-
tions du même genre.
liUSSETO (JeanMauie de), un des plus
anciens luthiers de Crémone, naquit à Busselo ,
bourg du duché de Parme, près de Plaisance,
dans la première moitié du seizième siècle. Le
nom sous lequel il est connu est celui du lieu
de sa naissance : on ne connaît pas celui qu'il
avait reçu de sa famille. Il n'y a de lui que des
violes; un de ces instruments, daté de 1580,
se trouvait à Milan, en 1792 : il avait appar-
tenu à François Albinoni.
BUSSING (Jean-Christophe), né à Brème
le 30 décembre 1722, fut docteur et professeur
de théologie dans cette ville , et y enseigna aussi
au gymnase les langues grecque et orientales. Il
est mort le 8 juin 1802. On a de lui : Bisser-
tationes II de tubis Hebrseorum argenteis,
sub prxs. Cel. Conr. Ikenii Ventilatx; Brème,
174'5, in-4''.
BUSTI (Alessandro), professeur de chant
au collège royal de musique de San-Pietro a
Majella , à Naples , est né dans cette ville vers
1810. Élève de Crescentini, il a puisé dans l'en-
seignement de ce grand chanteur les principes
fondamentaux de son ait. On a de cet artiste des
exercices de chant, et des 3Ielodie facili e pro-
gressive per la voce di tenore, divisées en
cin(| livres; Naples, Cottrau.
BUSTYiV (Pierre), organiste en Zélande
vers 1720, a fait graver à Amsterdam neuf suites
de pièces pour le clavecin.
BUTERA (André), compositeur drama-
tique, est né en Sicile vers 1826, et a fait ses
éludes d'harmonie et de contrepoint au conser-
vatoire de Palerme, sous la direction du savant
professeur Ruggi. Il avait à peine vingt ans lors-
qu'il fit représenter au théâtre du Fondo, à Na-
ples, un opéra sérieux intitulé : Angelica Veniero,
dont la musique a eu quelque succès. Ricordi,
de Milan , en a publié quelques morceaux avec
accompagnement de piano. Au mois d'avril 1831,
M. Butera a donné au théâtre de Palerme Atala,
Iragédie lyrique qui obtint un grand succès près
de ses compatriotes, mais qui, écrite d'une ma-
nière simple et naturelle, très-opposée au goût
actuel de l'Italie, aurait vraisemblablement
moins bien réussi sur le sol de la péninsule.
BUTERNE (Charles), écuyer, fut l'un des
quatre organistes de la chapelle du roi , vers le
milieu du dix-huitième siècle, et maître de cla-
vecin de la duchesse de Bourgogne. Il était fils
de J.-B. Buterne , ancien capitoul de Toulouse.
On a de lui un livre intitulé : Méthode pour ap-
prendre la musique vocale et instrumentale,
œuvre 3'^ ; Rouen, 1752, in-é".
BÙTHiXER (Craton), né à Sonnenberg ,
dans la Thuringe, en 1616, fut d'abord organiste
et cantor à l'église du Sauveur, dans un des
BUTHNEIl - BUTINER
nt
faubourgs de Dantzick , et ensuite directeur de
musique à l'église de Sainte-Catlierine de la même
ville, où il est mort en 1679. Il a composé un
Te Deuiii à liuil voix et douze instruments, dont
le titre est assez singulier pour être rapporté en
entier : Te Deum Laudamus sacrosanctx et
individiidc Trinitaii, Jehovse Zabaoth , Do-
mino dominantium et universx mililiae cœ-
lestis Deo Pat ri, Filio et Spiriiui sancto ,
quem hymnis concélébrant Angeli,proni ado-
rant Chérubin et Séraphin, universxque con-
tremiscunt Potestates , pro omnibus beneficiis
et propace aima non ita multis adhinc annis
retrogressis nobis clemendssime divinitas coiv-
cessa, proque aversione luis pestiferœ compo-
situm et consecratum octo vocibus , duodëcivi
imtrumentis binisque tubis et tijmpano , una
cum basso continuo j^cr organo a divinx ma-
jestatis devotissimo et hnmillimo cultore et
servo Cralone Buihnero, directore, etc., 1660,
gr. in-4".
BÛTHNER ( Frédéric), né à Oputscli en
Bohême, le il juillet 1C22 , étudia à Dantzick, à
Breslau , à Thorn , à Kœnigsberg , à ^Yittemberg
et à Francforl-sur-l'Oder. Ses études élant ter-
minées, il fut nommé recteur à l'école de Saint-
Jean , et professeur de mathématiques au gym-
nase de Dantzick. Il est mort dans cette ville , le
13 février 1701. On a de lui, en manuscrit, un
traité élémentaire de musique en langue latine.
BUTIGIXOT (Alpuonse), né à Lyon le 15
août 1780, lut admis comme élève au conserva-
toire de musiqucle 25 germinal an ix. Il prit des
leçons de Gaiat pour le chant , obtint le premier
prix d'harmonie en 1803, etdevint répétiteur dans
la classe de Calel, en 1806. On a de lui deux
recueils de romances, liv. 1 et 2; Paris, Nader-
man. Il a laissé en manuscrit un cours d'har-
monie, à l'usage du conservatoire de Paris. On
a aussi sous son nom une méthode de guilare,
gravée à Paris chez Boieldieu. Butignot est mort
à Paris, d'une maladie de |v>itrine, en 1814.
BUTLIÎR ou BCTTLER (Charles), né
en 1559 à Wycomhe , dans le comté de Buckin-
gham, fit ses études à Oxford. Il mourut le 29
mars 1647, dans la paroisse de Woottou, dont
il était vicaire , à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
Il est auteur d'un traité élémentaire intitulé : the
Principles ofmusick, in singing and setting :
iciih the twofold use thereof, ecclesiastical
and civil; Londres, 1636, in-4o. C'est un bon
ouvrage, pour le temps où il fut écrit.
BUTLER (Tuom\sHamly), pianiste, né à
Londres en 1762, entra dans la chapelle royale
comme enfant de choeur, et fit ses études musi-
cales sous le docteur Nares. Vers 1780, il se
rendit en Italie pour y étudier la composition.
De retour dans sa patrie, Shéridan le lit nommer
directeur de la musique du théâtre du Covent-
Garden; mais, fatigué des tracasseries que lui
occasionnait cette place, il partit pour l'Ecosse,
à l'expiration de son ensiiLement, et se fixa à
Edimbourg, où il est mort eu i823. Ses ouvrages
consistent en trois sonates pour le piano, dé-
diées au duc de Glocester ; Rondo sur l'air écos-
sais : Lewic Gordon ; Variations pour le
piano sur le même air ; un livre de sonates
dédié à la princesse Charlotte, plusieurs airs
écossais variés pour le piano. La musique (Jd
Butler est gravée à Londres, chez Clementi.
BUTTII\GER(CuAULEs-CoNnAD),violoniste,
(lùlisle, bassoniste et compositeur,, est né t
Mayence en 1789. Aptes avoir achevé ses études
musicales, il lut d'abord directeur de musique à
Fribonrg. En 1827, il quitta ce poste et alla s'é-
tablir à Breslau pour y diriger l'éducation d'un
amateur de musique; depuis lors il s'est fixé dans
cette ville. On connaît sous le nom de M. Buttinger :
1° Une polonaise pour flûte (en sol); Offenbach,
André. — 2" Un quintette pour flûte et instruments
à cordes; ibid. — 3° Une fantaisie et polonaise pour
basson et quatuor, op. 7 ; Hambourg, Boebme. —
4° Adagio et thème varié, idem , op. 8, ibid. —
5° Air varié, idem, op. 9, ibid. — 6° variations pour
guitare et violon ; Mayence, Scliott. — 7° Sonate
pour ginlare seule, ibid. — 8° Une cantate intitulée
Jehova, texte de Meissner. — 9° Une ballade
( Die Treuc ), de Meyer, pour contralto et piano ;
Hambourg, Cranz. Des chaiisons avec guitare et
flûte ; Mayence , Schott. — Quelques chansons à
quatre voix , et une messe solennelle. Ces com-
positions sont estimées en Allemagne. M. But-
tinger a aussi publié une traduction libre de la
grammaire de musique d'Asioli, chez Schott à
Mayence. Il en a été fait une critique sévère
dans l'écrit périodique intitulé : Cxcilia (t. I,
p. 40 ). On y reproche au traducteur d'avoir
altéré l'original en beaucoup d'endroits, et
d'avoir laissé dans l'impression des multi-
tudes de fautes de tout genre. On s'accorde ce-
pendant à considérer M. Buttinger comme un
musicien qui possède de grandes connaissances
dans son art.
BÙTTNER (ÉRARD), cantorà Cobourg au
commencement du dix-septième siècle, naquit à
Rœmhild. Ayant surpris sa femme en adultère,
il en conçut tant de diagrin qu'il s'arracha la vie
par troiscoups de poignard, le 19 janvier 1625. Ses
compositions sont d'un très-bon style et d'une
harmonie fort correcte. Les plus remarquables
sont : 1° Le 127"^ Psaume à huit voix; Cobourg ,
1617, in-4''. — 2° OdaParadisiaca; ibid., 1621,
t32
BUTINER — BUTTSTEDT
in-4°, — 3" Le 46« Psaume à 8 voix, ibid., 1622,
ln-4o. MéXoî eùxâptsTov oder das Lied : Singen
wir am Herzens Grund, à 6 voix; ibid, 1624.
On lui est aussi redevable d'un traité élémentaire
de musique, intitulé : Rudimenta vmsicx, oder
teutscher Unterricht vor diejenigen Knaben,
so noch Jung und zv, keinetn Latein geivehnet;
Cobourg, 1623, in-8o. La deuxième édition a
paru à léna en 1625, in-S".
BÛTTKER (Jacques), lutbiste et compo-
siteur allemand dans la seconde moitié du dix-
septième siècle, a publié un recueil de cent pièces
pour le luth, tous ce titre : too Uberaus anmu-
thige und nie geharte schame Laufenstucke,
nach jetziger neuen Manier zu spielen Nu-
remberg, 1684, in-4».
BÛTTNER ( Georges ), carme au couvent
de Scliweidnitz , et facteur d'orgues au commen-
cement du dix-huitième siècle, a construit l'orgue
des carmes du couvent de Streigau, composé de
28 jeux , trois claviers et pédale.
BÛTTIVER (Jean-Ignace), constructeur
d'orgues à Schweidnitz, dans la première moitié
du dix-liuitième siècle , et probablement parent
du précédent, a construit à l'église paroissiale de
Jauer, en 1732, un instrument de 24 jeux, avec
deux claviers et pédale.
BÛTTiXEU (JosEPu), organiste à l'église
principale de Glogau , dans les premières années
du dix-neuvième siècle , occupait encore cette
position en 1830. On a de lui un petit ouvrage
publié conjointement avec Ernest Nachsberg,
sous ce titre : Stimmbuch oder Vielmehr An-
iveisung, me jeder Leibkaben sein Clavierins-
trument, sey es ûbrigens ein Sait en oder ein
Pfeiffenwerk, selbst repariren und also stim-
men kxnne ( Livre d'accord , ou plutôt ins-
truction au moyen de laquelle chaque amateur
pourra entretenir et accorder lui-même son ins-
trument à clavier, soit à cordes, soit à tuyaux) ;
Breslau et Leipsick , 1801, 110 pages in S". On
a du même artiste un écrit intitulé : Anweisung
vie jeder Organist verschiedene beider Orgel
vorkommende Fehler selbst verbessern und die-
sen vorbeugen kann ( Instruction par laquelle
tout organiste peut corriger les défanis de l'orgue
et l'améliorer); Glogau et Lissa, 1827, in-S».
BUTTSTEDT (Jean-Henri ), organiste cé-
lèbre du dix-septième siècle, naquit à Binders-
leben , près d'Erlurt, le 25 avril 1C6G. Élève
de Jean Pachelbel pour la composition et pour
l'art déjouer du clavecin et de l'orgue, il acquit
après quelques années d'études un talent remar-
quable. En 1684 il fut appelé comme organiste
dans une église d'Erfurt; en 1691 on le nomma
prédicateur et organiste de l'église principale de
cette ville. 11 occupa cette place jusqu'à sa mort,
qui eut lieu le 1" décembre 1727. Ses composi-
tions imprimées sont : 1" Le cantique Allein
Gott in der Hœh sey Ehr, avec deux varia-
tions; Erfurt, 1705. -^ 2° Le cantique Wo Gott
zum Ilausnicht giebt seine Gunst, avec trois
variations pour le clavecin; ibid., 1706. —
3'' Musikaliche Kunst-und Vorrathskammer ;
ibid., 1713, in-fol. Cet œuvre consiste «n quatre
préludes et fugues , un air avec onze variations
et deux pièces pour le clavecin. On en a publié
une deuxième édition à Leipsick, en 1716. —
4o Le cantique Zeuch mich dir nach, so lauffeii
wir, etc., à quatre voix , un violon , deux violes,
violoncelle et orgue; Erfurt, 1719, in-fol. —
5° Quatre messes sous ce titre : Opéra jyrima
saci'a, bestehendinvier neu-componirten Mis-
sen von unterschiedlichen so wohl vocal als
auch instrumental Stimmen ; Erfurt, 1720. —
6° Ut, re, mi, fa, sol, la, tota musica et harmo-
niaxterna, oderneu erœfnetes, altes, îvalwes,
ienziges und ewiges Fundamcntum musices,
entgegen gesetzt dem neu-eroefneten Orchestre,
und in zweene Partes eingetheilt. In irclchen,
und zwar im ersten Theil, des Herrn Autoris
des Orchestre irrige Meinungen , in Spccie de
Tonisseumodis musiciswiederlegt ,im andern
Theile aber das rechte Fundamcntum 3Ia-
sices gezeigt, Solmisatio Guidonica nicht al-
lein defendirt, sondern auch solcher Nutzen
bei Einfûhrung eines Comitis gewicsen, dann
auch behauptet ivird, dass man deretnst im
Rimmel, mit eben den Bonis welche hier in
der Welt gebrauchlich , musiciren werde;
(Toute la musique et l'harmonie universelle
contenue dans ut, ré, mi, fa, sol, la, etc.) Er-
furt; sans date, mais vraisemblablement im-
primé en 1716, in-40 de 23 feuilles. J'ai dit dans
le Résumé philosophique de l'histoire de la
viusique (p. ccxxv), que longtemps après que
l'usage se fut établi de la solmisation par les
sept notes , il y avait encore de la résistance à
ce système rationnel , et que l'ancienne méthode
attribuée à Gui d'Arezzo trouvait encore d'ardents
défenseurs. L'écrit dont on vient de voir le titre
en est une preuve, puisqu'en ^1716 un artiste
tel que Buttstedt entreprenait de démontrer que
toute la musique et les principes éternels de
l'harmonie étaient renfermés dans l'ancienne
gamme (ut, re, mi, fa, sol, la, tota musica
et harmonia xterna). Son ouvrage était dirigé
contre Mattheson, qui, dans son Orchestre nou-
vellement ouvert {Das neu eroefnete Orches-
tre), avait fait l'apologie de la solmisation par
les sept notes. Celui-ci répondit à Buttstedt avec
un profond savoir, mais avec sa grossièreté ha-
BUTTSTEDÏ — BUUS
faitiielle, dans son livre intituk^ fias beschûtzte Or-
chestre (VOrchesUe défendu). Voij. Mattheson.
La bibliothèque royale de Berlin possède en ma-
nuscrit une messe à 4 voix avec instruments,
composée par Biittstedt.
BUTTSTEDT ( François- VoLLRATn ) , di-
recteur de musique et organiste à Rotlenburg
vers 1784, fut d'abord organiste à Weibersheim,
dans la principauté de Hohenlohe. Fils d'un or-
ganiste d'Erfurt, il nacpiit en cette ville en
1735. II a composé deux oratorios et plusieurs
morceaux pour le violon et le piano. On trouve
quelques-unes de ses sonates de piano dans
l'Anthologie musicale de Bossler.
BUUS (Jacques de) , musicien belge, naquit
dans les Pays-Bas , vers les premières années du
seizième siècle. Il est plus que vraisemblable
qu'il vit le jour à Bruges ou dans les environs ,
car on voit dans les actes de la collégiale de
Saint-Sauveur de cette ville qu'un prêtre nommé
Jacobus de Boes y était, en 1506, maître des
enfants de chœur, et qu'il donna sa démission
de cette place au mois de juin de la même an-
née, parce que, disait-il dans cette pièce, il s'é-
tait pourvu d'une meilleure situation {de me-
iiori servicis jn-ovisum ). Or de Boes et de
Buus sont le même nom et se prononcent de
la même manière à Bruges et à Gand, parce que
la diphthongue oe a, comme Vu, le son de oit
eu flamand. Cependant le prêtre- dont il s'agit ne
peut pas être le musicien qui est l'objet de cette
notice, car il devait être âgé d'au moins trente
ans en 150G, puisqu'il était déjà en possession
du poste important de maître des enfants de
thœur; et quarante-six ans plus tard la cour de
Vienne et les procurateurs de la chapelle ducale
de Saint-Marc se disputaient le beau talent de
Jacques de Buus, qui aurait été âgé alors de plus
de soixante-quinze ans, ce qui est peu vraisem-
blable. Quoi qu'il en soit, Jacques de Buus s'éta-
blit à Venise, et y fonda une imprimerie de
musique qu'il dirigea pendant plusieurs an-
nées. Il était connu généralement en cette
ville sous le nom de misfi'o (maître) Jachet
ou Giachetto Fiamingo. Dans les registres
des procurateurs de Venise , il n'est jamais
désigné que de cette manière. M. Calfi fournit
des renseignements intéressants sur la nomina-
tion de cet artiste à la place d'organiste du se-
cond orgue de la chapelle de Saint-Marc,
devenue vacante par la mort de Baldassare d'I-
mola (1). L'élection eut lieu, après de grandes
contestations {dopo molta discordia), disent
(1) Storia délia Musica sacra délia già cappella Un-
luie di San Marco in f^cnczia, t. 1, p. 107 et suiv.
13.3
les registres, le 15 juillet 154», après avoir
fait l'épreuve ordinaire d'un grand noHibre
d'organistes {fatta la solita pi-ova dimolii
suonatori ). Le mérite extraordinaire de Ja-
chet lui fit obtenir la victoire sur ses concur-
rents, et sans doute cette victoire fut disputée
par la faveur accordée à d'autres artistes , puis-
que le doge Pierre Lando ordonna que tous les
chanteurs de la chapelle de Saint-Marc fussent
convoqués au concours et obligés de déclarer
sous serment quel était le plus liabile entre les
concurrents. La majorité se prononça en faveur
de l'organiste flamand {per majorem partent
cantorum Ecclesix predictx cum eorum ju-
ramentum fuit magis commendatus in arte
sua sonandi organum).
Le traitement qu'il recevait annuellement n'é-
tait que de 80 ducats : n'ayant pu obtenir
d'augmentation , Jachet prétexta la nécessité de
se rendre dans son pays pour d'importantes al-
faiies et promit de revenir dans quatre mois ;
mais, au lieu de tenir sa promesse , il se rendit à
Vienne et entra au service de l'empereur. On
voit un témoignage éclatant da grand mérite de
Jachet dans les efforts que fit le gouvernement
de Venise pour engager l'artiste à revenir pren-
dre sa place, et dont les détails se trouvent dans
les registres des procurateurs. L'ambassadeur de
Venise à Vienne fut chargé de conduire la chose
avec prudence pour atteindre le but qu'on se
proposait ; mais ses efforts furent vains. Jachet
répondit qu'il avait un florin par jour à Vienne,
et qu'il ne retournerait à Venise que si on vou-
lait lui donner un traitement de 200 ducats : les
procurateurs ne crurent pas pouvoir payer une
somme si considérable pour cette époque, et
nommèrent Jérdme Parabosco comme succès-
seur de Jachet , dans l'année 1551. L'identité de
Jachet et de Jacques de Buus est établie par la
dernière partie de la Libreria de François Doni,
laquelle est intitulée Musica Stampata, et a
pour dédicace al nobiliss. sig. Jaches Buus
organista di S. Marco. A l'égard de la confu-
sion qu'on a faite quelquefois de Jacques de
Buus et de Jacques Berchem, par les noms
de Jacches, Giacche, Jachet, Jaquet , et Gia-
chetto , elle disparaît par les renseignements
fournis sur Jacques de Buus par les registres des
Procuratori de Venise, puisque ce musicien
entra au service de la cour de Vienne au mo-
ment même où Berchem, qui ne quitta jamais
l'Italie, était attaché au duc de Maotoue, en
qualité de maître de chapelle.
On connaît de Jacques de Buus : 1° Ricercari
da canfare e suonare d'organo e altri stro-
mcnti. Lib. I, in Venetia, 1547. — 2" /cfem. Libro
134
BUUS — BUZZOLA
Il ; ibi<l., 1549, in-4". Pierre Ponzio on Ponlio
cite des Ricercari de Jacques Bus dans son
Dialogo ove si traita delta teoria e pratica
di musica, 2"* partie, p. 48) ; il voulait sans
doute parler de Buus et de l'ouvrage cité ci-des-
sus. — 3° Canzoni francese a set voci; Vene-
zia oppressa l'autore, 1543, in-4». — 4° Primo
libro de' Motetli a 4 voci ; Yenezia, Gardano ,
1549, in-4'' obi. — 5° Canzoni francesi a cinque
voci; Yenezia, app. Jer. Scotto, 1550, in-4"
obi. — 6» Motetli e madrigali a 4 e 5 voci; in
Venetia, 1580. Ce dernier ouvrage est vraisem-
blablement une réimpression ; il appartient peut-
être à Jacques Berchem ( Voy. ce nom. ) 11 est à
peu près impossible de savoir auquel de ces
musiciens appartiennent les morceaux indiqués
par le seul nom de Jachet dans les recueils
dont voici les titres : 1" Moralis Ispani alio-
rumqueauthorumliher I ;MA.,\'ok'l. — 2°Can-
tiones septem, sex et quinqwe vocum, etc.
Augustx Vindelic, Kriesstien, 1545. — S'Se-
cundus lomusnovi operis musici, sex, quinque
et quatuor vocum; Noribergae, arte Hier. Gra-
phei, 1538. — 4o Selectissimorum Motecla-
rum partim quinque, par Uni quatuor vocum.
Tomus I; Norimbergae, Joh. Petreius , 1540. —
6° Le dixième et le treizième livres de motets
imprimés par Pierre Attaingnant, à Paris , en
1534 et 1535. — 6° La rnesse à 6 voix sur léchant
Surge Petre, publiée par Adrien Le Roy et P»<)-
bert Ballard en 1557, gr. in-fol. Dans le qua
trième livre de motets imprimé .par Jacques
Moderne, à Lyon, en 1539, il y en a avec le nom
de Jachet et avec celui de Jacques Buus, ce
qui semble indiquer qu'en France Jachet dési-
gnait particulièrement Berchem.
BUXTEHUDE (Dieterich ou Théodore),
un des plus célèbres organistes du dix-septième
siècle, était fils de Jean Buxtehude, organiste à
Helsingœr,en Danemark: il naquit en ce lieu vers
1635. On ignore quel fut son maître dans l'art
de jouer de l'orgue et dans la composition ; mais
il y a lieu de croire qu'il fit ses études sous la
direction de son père. En 16C9 il obtint la place
d'organiste de l'église Sainte-IMarie à Lul)e( k , et
le reste de sa vie s'écoula dans l'exercice pai-
sible des devoirs de cette place, il termina sa
carrière le 9 mai 1707. Tout l'intérêt de la vie
de ce grand artiste réside dans son admirable
talent sur l'orgue et dans ses ouvrages, dont on
n'a mallieureusenienl publié qu'une très-petite
partie. Une seule chose suffit pour nous donner
une haute opinion du mérite de Buxtehude,
c'est le séjour de plusieurs mois que Jean-Sé-
bastien Bach fit en secret à Lubeck pour l'en-
tendre et pour étudier sa manière. On a de cet
artiste : I" llochzcil ylWcrt (Chansons de noces).
— 2" Fried-und Freudenreiche Hlnfahrt des
altert Simeons bey Absterhen seines Vaters,
in zwey Contrapunkten abgesungen ( Décès
paisible et joyeux de Siméon , après la mort de
son père, en deux contrepoints doubles ) ; Lu-
beck, 1675— 30 Abend-Musik in 9 Theilen (Mu-
sique du soir, en 9 parties ). — 4° La Noce de
l'Agneau. — 5° Sept suites pour le clavecin, re-
jirésentant la nature et les propriétés des sept
planètes. — G» Poëme anonyme snr le jubilé de la
délivrance de la ville de Lubeck , mis en musi-
que — 7" C'astrum doloris Leopoldo et castrum
honoris Josepho. — 8° Délices célestes de l'âme,
pièces pour le clavecin. — 9" Pièces pour violon ,
basse de viole et clavecin , œuvres 1" et 2*' ;
Hambourg, 1G96, in-fol. — 10" Ce qu'il y a de
plus terrible ; ce qu'il y a de plus gai, pièces
d'orgue (en manuscrit). — 11° Fugues, préludes
et pièces diverses pour l'orgue (eu manuscrit ).
Dans le recueil de préludes, fugues et chorals
variés pour l'orgue, publié chez Breitkopf, on
trouve un prélude et une fugue de Buxtehude sur
le choral : Wie schœn Leuchtet der Morgens-
tern. La bibliothèque royale de Berlin possède
en manu-scrit 15 préludes et fugues pour l'orgue,
suivis du choral varié Nun Lob mein Seel,
ainsi qu'une toccate pour le même instrument ,
par Buxtehude. L'éditeur Kœrner, d'iirfiirt, a
publié récemment quelques pièces d'orgue de ce
grand artiste.
BtJZZI ( Antoine) , compositeur italien ,
connu depuis 1840, fut entrepreneur du théâtre
Italien à Valence, en Espagne, et ne réussit pas
dans cette entreprise, qui n'eut d'existence que
pendant l'année 1841. De retour en Italie, il a
fait représenter à Rome, dans l'été de 1842,
l'opéra de sa composition intitulé : Bianca Ca-
pello, qui ne réussit pas; mais dans l'année
suivante il écrivit pmir Ferrare Saûl, qui eut
un plein succès, et qui reçut un aussi bon
accueil à Parme, à Rome, à Trieste et dans
d'autres villes. Les morceaux séparés de cet
ouvrage ont été publiés avec accompagnement
de piano, à Milan, chez Ricordi. Le 26 dé-
cembre 1853, il a fait représenter au théâtre de
La Scala, à Milan, il Convito di Baldassare,
opéra sérieux , chanté par la Novello , la Bram-
billa , Carrion , Guicciardi et Brémont , qui n'eut
qu'un médiocre succès. En 1855, il a donné au
grand théâtre de Trieste Ermengarda , opéra
sérieux qui a été assez bien accueilli, et dans la
même année Editia, opéra sérieux, au théâtre
de la Fenice, à Yenise.
BUZZOLA (Antoink), maître vénitien,
directeur actuel delà chapelle impériale de Saiut-
BUZZOLA
Marc , et de la confrérie de Sainte-Cécile, à
l'église Saint-Martin de Venise, a snccédé
dans ces deux emplois à Jean-Augustin Perotti.
Il fut directeur de musique au théâtre italien de
Derlin, dans les années 1843 et 1844, et a fait
représenter à Venise, en 1837, nn opéra de sa
composition intitulé Faramondo , qui eut quel-
que succès et fut joué sur plusieurs autres lliéâ-
tres. En 1841, il a donné aussi à Venise il
Mastino , et âàns l'année suivante g"?/ Avven-
turieri. Il a écrit à Berlin une cantate qui a
été chantée au théâtre italien, en 1843, à l'oc-
casion de la fiête du roi.
liUZZOLEIVl (Jean), célèbre ténor, né à
Brescia, dans la seconde moitié du dix-septième
siècle, fut d'abord au service du duc de Man-
toiie, ensuite de l'empereur. Algarotti en parle
avec beaucoup d'éloge.5 dans son Essai sur l'o-
péra. Buzzoleni chantait encore en 1701.
BYRD (William), célèbre musicien an-
glais , est considéré comme fils de Thomas Byrd,
membre de la chapelle royale , sous les règnes
d'Edouard VI et de la reine Marie. La date pré-
cise de sa naissance n'est pas connue , mais on
sait qu'il était âgé de quatre-vingt-cinq ans lors-
qu'il mourut, le 4 juillet 16?3, d'où il résulte
qu'il a dû naître en 1538, ou vers la fin de 1537.
Un acte authentique, conservé parmi les re-
cords de la chancellerie de l'écliiquier, à Lon-
dres, prouve que Byrd était en 1554 le plus
âgé des enfants de chœur de la cathédrale de
Saint-Paul : il devait avoir alors environ seize
ans. Son éducation musicale fut dirigée parTal-
lis, savant musicien qui fut attaché à la chapelle
de Henri VIII , d'Edouard VI , de la reine Marie
et d'Elisabeth. A l'avènement de cette dernière
princesse , la chapelle royale fut réorganisée , et
Byrd , bien que déjà considéré comme artiste de
grand mérite, ne fut pas compris au nombre de
ses membres : cette défaveur le détermina à
accepter la place d'organiste de la cathédrale de
Lincoln , en 1563. Après la mort de Robert Par-
sons {voij. ce nom), qui eut lieu en 1569, il
lui succéda comme membre de la chapelle
royale, dont il fut nommé organiste en 1575,
conjointement avec son maître Tallis. Dans la
môme année tous deux obtinrent une patente
qui leur concédait le droit d'imprimer et de
vendre les livres et papiers de musique pendant
le terme de vingt et un ans. Le premier usage
qu'ils en firent fut la publication d'une collec-
tion de motets , d'hymnes et de canons , à cinq,
six et Imit voix , sous le titre de Cantiones ,
qu3S ah argumento sacrx vocaniur, quinqm
et sex partiiim. Londres, 1575, in-4° obi.
Après la mort de Tallis , en 1585 , le bénéfice de
BYRD
13.-,
la patente fut transporté à Byrd seul : il parait
en avoir traité peu de temps après avec Thomas
Este. Byrd eut plusieurs enfants , car on trouve
l'imlication de la mort d'un de ses fils et d'une
fille dans un ancien registre de la paroisse de
Sainte-Hélène, à Londres, sous cette forme :
« Walter Byrd , the sonne of William
Byrd , the XV daye of maye. Anno
Buried. / Dom. 1587.
« Alice Byrd, the daughter of William
Byrd, the XV daye of julya. A. D. 1587.
Un autre fils de cet homme célèbre , Thomas
Byrd , qui suivit la profession de son père , fut
le suppléant de John Bull , en 1601 , comme
professeur de musique au collège de Gresham.
La lecture attentive des œuvres de William
Byrd démontre qu'il fut un des plus grands mu-
siciens du seizième siècle , et qu'il n'est inférieur
à aucun maître italien ou belge de son temps.
Le registre de la chapelle des rois d'Angleterre
( Chèque Book) lui donne le litre de Père de
la musique ( Father of musick ) ; cet éloge ,
quelque grand qu'il soit, est justifié par la pu-
reté d'harmonie , l'élégance de la forme dans les
entrées d'imitation des voix, la clarté du style
et la régularité tonale qui brillent dans ses ou-
vrages. On peut dire sans exagération que Byrd
fut le Palestrina, l'Orlando Lasso de l'Angle-
terre : s'il est peu connu .sur le continent, la
cause en est dans la rareté des relations des îles
britanniques avec le reste de l'Europe , au point
de vue de l'art : car les presses musicales de
l'Italie, de l'Allemagne, de la Belgique et de la
France n'ont jamais reproduit un seul ouvrage
des compositeurs anglais , tandis qu'elles inon-
daient le monde d'éditions multipliées des œu-
vres des artistes des autres nations. La liste des
compositions de Byrd se compose de la manière
suivante : 1° La collection de motets et hymnes
ou cantiones citée précédemment : on y trouve
cinq motets à cinq voix, onze motets à six, un
hymne à cinq, un à six, et deux canons, le
premier à six et l'antre à huit , de la composi-
lion de Byrd : le reste appartient à Tallis. —
2° Psalmes, sonnets and sowjs of sadnes and
pieiie, mode into musick of five parts
( Psaumes, sonnets et chansons sérieuses et pieu-
ses mis en musi(iue à cinq parties ) ; Londres,
Thomas Este , sans date , mais avec une auto-
risation d'imprimer, datée de 1587. Des exem-
plaires , non d'une autre édition, comme l'ont
cru plusieurs bibliographes, mais avec un nou-
veau frontispice, portent la date de 1588. —
30 Songs of sundries natures , some of gra-
vitie and otheis of mijrth , fit for ail qom-
panics and voijces ; Intel)/ made and compo
13G
BYRD
»ed into mus'tk of three, four, five, and six
paris, and publishcd for ihe'delight of ail
such as take pleasure in the exercise ofthat
art (Chansons d'espèces diverses, les unes
graves et les autres joyeuses, composées pour
toutes les sociétés et les différents genres de voix,
à trois, quatre, cinq et six parties, et publiées
pour l'amusement de ceux qui prennent plaisir
dans la culture de la musique ). Imprinted al
Londnn bij Thomas Est, the assigne of Wil-
Uam Bijrd, 1589. Cet ouvrage fut réimprimé
en 1610 par Lucrèce Este. — 4° Liber primus
sacrarum cantionum quinque vocum. Autore
Guilieltno Bijrd, organista regio Anglo.
Excvdebat Thomas Est ex assignatione Gui-
lielmus Byrd. Cum privilegio. Loudini, 25 oc-
tobr. 1589. Cet ouvrage, dont toutes les pièces
sont d'ime beauté achevée, a été reproduit en
1842, en partition, aux dépens de la très-hono-
rable société des antiquaires musiciens de l'An-
gleterre, et par les soins de M. William Hors-
ley, qui y a joint une bonne introduction his-
torique et critique, et l'a accompagné du fac
simile du frontispice de l'édition originale. —
5" Liber secundus sacrarum cantionum , etc.
Londini, quarto novemb. 1591. — 6" Gra-
dualia, ac cantiones sacrx quinis, quaier-
nis , tribusque vocibus concinnatse. Liber pri-
mus. Authore Guilielmo Byrde (sic), organista
regio Anglo, 1607. — 7° Gradualia, ac can-
tiones sacrx. Liber secundus. 1610. — 8° Psal-
vies, songs, and sonnets, some solemne ,
others Joijfull , framed to the Life of the
words, fit for voyces or viols, of three, four,
five and six parts ^ composed by W. Byrd,
one of gentlemen of his Magesties honorable
chappcU (Psaumes, chansons et sonnets,
quelques-uns sérieux, les autres joyeux, con-
formes à l'esprit des paroles, et disposés pour
les voix ou les violes à trois , quatre , cinq et
six parties ; composés par W. Byrd , un des
membres de l'honorable chapelle de leur Ma-
jesté ). 1611. Printed by Tho. Snodham, etc.
— 9° Byrd a publié trois messes de sa compo-
sition, dont la rareté est si grande que
M. Edouard Rimbault, savant archéologue musi-
cien, a consulté les catalogues de toutes les
grandes bibliothèques et de toutes les ventes
qui se sont faites pendant les deux derniers
siècles, sans en découvrir d'autre exemplaire que
celui d'une messe à cinq voix qui est en la pos-
session de IVI. W. Chappell , membre de la so-
ciété des antiquaires musiciens de Londres et
éditeur des publications do cette société , et
celui des deux autres messes à trois et quatre
voix , qui fut vendu en 1822 , à la huitième
séance de la grande et belle collection de Bartle-
mann. Ces messes, reliées avec dix-huit suites
de madrigaux de Morley , Welkes, Byrd, Gib-
bons, Wilbye, Bateson, Kyrbie, etc., clans la
reliure originale en vélin, furent vendues douze
livres douze s. (315 francs). Les trois messes
de Byrd paraissent avoir été imprimées sous le
règne d'Elisabeth , vers 1580; mais elles n'ont
ni titre, ni date, ni nom d'imprimeur, si l'on
en juge par l'exemplaire de la messe à cinq
voix qui est en la possession de M. W. Chappell.
On lit simplement au haut des pages de celle-ci :
5 vocum. W. Byrd. L'opinion de M. Rimbault
est que Byrd a composé ces messes entre les
années 1553 et 1558, c'est-à-dire dans l'intervalle
de sa seizième année à la vingtième année, parce
que le règne de la reine Marie (19 juillet 1553-
17 novembre 1558) fut la seule époque du re-
tour du gouvernement anglais et d'une partie de
la nation à la religron cathohque. Ces ouvrages
marquent donc la première époque du talent du
compositeur ; cependant la messe à cinq voix nùse
en partition par M. Rimbault , d'après l'exem-
plaire de M. W. Chappell , est déjà très-remar-
quable par l'habileté dans l'art d'écrire. Elle a
été publiée en 1841 , par la société d'antiquités
musicales {Musical Antiquarian Society),
avec le luxe de toutes ses publications, sous ce
titre : A Mass for five voyces, composed bet-
wen the years 1553 and 1558, for the old
Cathedral of Saint-Paul , by William Byrd,
nom first printed in score , and preceded by a
Life of the composer, by Edward F. Rim-
bault. London, printed for the members of
the musical antiquarian Society , by Chap-
pell, etc., gr. in-fol. — Byrd a aussi contribué
aux ouvrages suivants : — iO" Musica Trans-
olpina. Madrigales translated of four,
five , and six parts , chosen out of divers
excellent Authors , with the first and second
part ofhx ViRGiNELLA, madc by maister Byrd,
upon tvjo stanz's of Ariosto, and brought to
speak english. Published by N. Yonge , in
favour of such as take pleasures in musicke
and voyces. Imprinted at London by Thomas
Est, the assigne of William Byrd, 1588.
C'est le premier recueil de madrigaux publié en
Angleterre. — J;!!" The first set of italian
Madrigals Englishcd, not to the sensé of the
original ditties , but after the affection of the
noate, by Thomas Watson, gentleman. There
are also hère inserted two excellent ISladri-
gulls of master Byrd, etc. (Premier livre de
Madrigaux italiens traduits en anglais, non dans
le sens des chants originaux, mais d'après l'af-
fection exprimée, par Thomas Watson , gcntl.
BYRD — BYTEMEISTER
137
Là aussi sont ilt'u\ excellents madrigaux de
maître Byrd, etc. ); Londres, Tliomas Est,
1590. — 12" Parthenia, or the Maiden-head
of the first musicke that ever was printed
for the Vlrginalls. Composed by ihree fa-
mous masters William Byrd, Dr. John Bull,
and Orlando Gibbons, gentlemen of his Ma-
jesty's most illustrions chappel. Engrared
by \ym. Hôte (Parlliénie, oh la Virginité de
la première musique qui ait jamais été imprimée
pour les Virginales, composée par trois fameux
maîtres, William Byrd, le D^ John Bull, et
Orlando Gibbons , etc. ). Cet ouvrage est dédié
à la reine Elisabeth. Il est entièrement gravé
sur des planches de cuivre. La première édi-
tion est sans date , mais l'ouvrage a paru en
1600, Les morceaux composés par Byrd sont au
nombre de huit, lesquels consistent en deux
prélu<1es , deux pavanes et quatre gaillardes. —
13° The teares and lamentations of a sor-
rowfull soûle, composed with musical ayres
and songs, both for voyces and divers ins-
truments, set forth by sir William Leighton,
Knight (Les Larmes et Lamentations d'une âme
affligée , composées d'airs et de chants pour les
voix et divers instruments), 1614. On y trouve
quatre compositions de Byrd. — Dans le curieux
volume connu sous le nom de Virginal-Book de
la reine Elisabeth , lequel existe en manuscrit
dans le Fitzwilliant- Muséum , à Cambridge,
se trouvent soixante-dix pièces pour la virginale
et l'orgue, composées par Byrd, elle Virginal-
Book de lady Nevill en contient vingt-six. Le
mss. n° 6926 du fonds de Harley, au Muséum
britannique, contient un chant à trois voix
composé par Byrd pour le drame latin de Jane
Sliore, qui fut représenté en 1586, et plusieurs
motets de ce grand musicien se trouvent en par-
tition dans une collection de madrigaux, motets
et fanlaisies, formoe |)ar un chantre de Wiinl-
sor, nommé Jean Baldwyne. Cette collection est
aussi au Muséum britannique, de même qu'une
autre très- volumineuse formée par le D^ Tud-
way pour lord Harley, laquelle contient un ser-
vice complet à quatre voix, de Byrd. On trouve
un grand nombre de ses pièces dans les collec-
tions de Barnard {Selected Church-Musick ) ,
de Boyce (Cathedral-Music) , de Hilton, et
d'autres.
Il ne faut pas confondre avec le grand artiste
qui est l'objet de cette notice un autre musi-
cien nommé William Bird, de Watford , dans
le comté de Hertford , auteur d'une collection
de chants à quatre voix pour les psaumes et
bymnes, avec accompagnement d'orgue ou de
piano, dont la deuxième édition a paru en 1829,
sous ce titre : Original Psalmody , consisting
ofpsalm and hymns lunes in score, loith an
accompaniment for the organ or piano
/or/e; Londres, petil-in-4° obi.
BYSTROEM (Thomas), sous- lieutenant
d'artillerie suédois, vivant à Stockholm au com-
mencement du dix-neuvième siècle, a publié
Trois Sonates pour le clavecin, avec accomp.
de violon ; Leipsick, 1801 .
BYTEMEJSTER (Henri-Jean), docteur
en théologie et bibliographe banovrien , naquit
le 5 mai 1688 à Zelle, où son père était secré-
taire au conseil de justice. En 1720 il devint
professeur de théologie à Helmstsedt; il est mort
dans cette ville en 1740, le 22 avril. Parmi ses
nombreux ouvrages, on trouve : Dissertatio de
Sela contra Gottlieb (Reime). Celte disserta-
tion a été insérée dans les Misscell. Lipsiens.,
t. IV, et dans le Thésaurus antiquit. sacr.
d'Ugolini, t. XXXII, p. 731.
CiVBALOlXE (Mic(iel),ou GABELOKE,
ou enfin GABELLOJ\E, fut le premier maître
de contrepoint du violoniste Emmanuel Barbelia.
Il est mort à Naples , sa patrie, en 1773, dans
un âge peu avancé. On connaît de ce musicien
les partitions des opéras : 1" Alessandro nelle
Indie; — 2° Adriano inSirla. La bibliothèque
du Conservatoire de Paris possède la partition
manuscrite et vraisemblablement originale d'un
oratorio de la Passion, composé par Cabalone.
CABEZON (D. Félix-Antoine), organiste
de la chapelle et clavicordiste de la chambre du
roi d'Espagne Philippe II , naquit à Madrid en
1510, et mourut dans la môme ville, le 21 mars
1566, à l'âge de cinquante-six ans. Il fut inliiimé
dans l'église des Franciscains de Madrid , et
l'on mit sur son tombeau l'épilaphe suivante :
Hic sltus est felix .\ntontusllIe sepiilchro
Organlci quondam gloria prima chorl.
Cognoraen Cabezon cur eloqiiar ? inclyta quaiido
Fama ejiis terras, spirilus astra colit.
Occidit, heu ! tota régis plangente Philippi
Aula ; tam rarum perdldlt llla decus.
On a de Cabezon : Libro de Musica para
iecla, harpa , y viguela (Livre de musique
pour jouer du clavecin , de la harpe et de la
viole); Madrid, 1578, in-fol. Cet ouvrage a été
publié par les soins de ses fils. Les exemplaires
en sont devenus si rares que M. Eslava (ro//. ce
nom ), maître de la chapelle de la reine d'Es-
pagne D. Isabelle II , a fait d'inutiles recherches
dans toutes les bibliothèques du pays pour en
trouver un, et ne l'a rencontré, par un hasard
heureux, que dans la bibliothèque royale de Ber-
lin, où il a pu l'examiner et en faire des extraits.
Cabezon a écrit aussi un traité de composition
intitulé : Musica ieorica yprâctica, qui n'est pas
moins rare que son premier ouvrage. Cet artiste
eut deux fils, D. Antonio et D. Hernando Ca-
bezon , qui lurent aussi des organistes distin-
gués.
CABIAS ( L'abbé), ecclésiastique français ,
né dans les dernières années du dix-huitième
siècle, imagina, vers 1825, un système mons-
trueux de construction d'orgue à l'usage des
personnes qui n'ont aucune connaissance de la
musique, du plain-chant ni de l'harmonie. Le
résultat des recherches de M. Cabias, pour la
1
solution de ce problème insensé, fut rais à l'ex-
position des produits de l'industrie française,
en 1834. Ce résultat consistait en un petit or-
gue construit par les moyens ordinaires , auquel
était attachée une boîte contenant le mécanisme
composé de deux claviers chacun de vingt-trois
touches. Les vingl-trois touches rouges du pre-
mier clavier faisaient entendre les accords mi-
neurs; et les touches noires du second clavier
produisaient les accords majeurs. Par une com-
binaison du mécanisme, une seule de ces tou-
ches, en appuyant sur le bras d'un des rouleaux,
posés horizontalement dans la boîte, faisait
baisser, suivant l'exigence de l'accord, quatre ou
cinq pelotes qui venaient se poser verticalement
sur autant de touches du clavier or*3inaire , et
faisaient sur elles l'office des doigts de l'organiste.
Le papier posé sur le pupitre, et dont la nota-
tion remplaçait celle du plain-chant , était divisé
en vingt-trois cases par des lignes perpendicu-
laires au plan des claviers, et chacune de ces
cases correspondait à chacune des touches de
ces claviers. Dans ces cases se trouvaient
des chiffres ou rouges , ou noirs, lesquels in-
diquaient par leur couleur le clavier auquel
chacun d'eux répondait , et des lignes droites ou
obliques , allant d'une case à l'autre, faisaient
voir la touche sur laquelle il fallait poser le
doigt. Pour la facilité de l'exécution et pour lier
l'enchaînement des accords, ies touches devaient
être jouées alternativement par l'index de cha-
que main. La pensée barbare de cette machine
de l'abbé Cabias, pensée entièrement opposée
à la conception de l'art, a été reprise quelques
années plus tard par l'abbé Larroque, qui en a
fait l'orgue appelé l/i/acor. ( Voy. Larroque.)
CABILLIAU ou CABELLIAU (...), musi-
cien belge du seizième siècle', dont on trouve
une chanson à quatre voix ( En espérant de
parvenir à la mienne fantaisie) dans un ma-
nuscrit de la bibliothèque de Cambrai (n" 124),
daté de 1542. M, de Coussemaker a donné l'a-
nalyse du contenu de ce manuscrit dans sa No-
tice sur les collections musicales de la biblio-
thèque de Cambrai (p. 65-91 ). De plus, il a
mis en partition la chanson de Cabilliau , sous
le n° 2 , dans les planches de musique du môme
volume. On ne sait rien de ce musicien, et l'on
38
CACCINI
139
ignore s'il élait né à Ypres ou à Aiidonanie, où
il y avait îles lamilles île ce nom. La famille
Cabelliau d'Audenarde était une des plus dis-
tinguées et des plus considérables au seizième
siècle : on comptait parmi ses membres des lit-
térateurs, des magistrats, des prêtres et des
religieux dominicains, chartreux et autres.
CACCIi\l (Horace), fut maître de cha-
pelle de Sainte-Marie-Majeure, à Rome, en 1577.
Il eut pour successeur Nicolas Pervè, en 1581.
Je possède une messe de Beata Virgine , à cinq
voix , de ce maître.
CACCIIXI (JcLEs), né à Rome, fut connu
et cité sous le nom de Giulio Roinano. Les écri-
Tains de son temps ont gardé le silence sur le
commencement et la fin de sa vie; il y a même
beaucoup d'incertitude sur l'époque de sa nais-
• sance. Toutefois il fournit lui-même une date
approximative dans la préface de son recueil
de madrigaux intitulé : Nuove Musiche (publié
► en 1602 ) ; car il y dit qu'il avait vécu trente-sept
ans à Florence, ce qui prouve qu'il y arriva
vers 1564 ; or on sait qu'il était alors fort jeune,
mais déjà artiste , et , en supposant qu'il fût seule-
ment âgé de dix-huit ans, il suit de tout cela
qu'il a dû naître vers 1546.Caccini eut pour maî-
tre de chant et de luth Scipion Délia Palla , qui
ne le rendit pas savant musicien , mais qui en
fit un chantenr habile et un homme de goût.
On ignore s'il se détermina de lui-même à se
rendre à Florence, ou s'il y fut appelé par les
Médicis; mais on sait qu'en 1580 il était attaché
à la cour en qualité de chanteur. Il est certain
aussi qu'aux fêtes des noces du grand-duc Fran-
çois de Médicis avec Bianca Capello , célébrées
en 1579, Caccini chanta le rôle de la Nuit, ac-
compagné par des violes (1), dans un intermède
dont la musique était de Pierre Strozzi.
A cette époque , Jean de Bardi , comte de Ver-
nio , ses amis Jacques Corsi et Pierre Strozzi , à
qui s'étaient réunis Vincent Galilée, père du
célèbre physicien, Mei et le poëte Rinuccini,
avaient formé une association intelligente qui avait
pour but de faire revivre l'ancienne déclamation
musicale des Grecs, et de l'appliquer au drame.
Les membres de cette société avaient pris en
aversion le genre madrigalesque à plusieurs
voix, et voulaient lui substituer des chants à
voix seule, accompagnés d'un instrument. Cette
idée n'était pas absolument nouvelle; car, dans
une fête donnée à Galéas Sforce et à son épouse ,
Isabelle d'Aragon, par Bergonzo Botta, noble
de Tortone, en 1488 , il y eut un intermède où
les dieux et les déesses chantèrent tour à tour.
Au mariage de Cosme 1" avec Éléonore de To-
lède, en 1539, on entendit Apollon chanter, en
(1) Feste netle Nozzc àel serenissimo D. Francesco
Meâici. qran duca di Toicana , etc.; Fircnze. Filip. et
Jac. GiurUi , 1379, p. 40.
s'accompagnant de la lyre, des stances poétiques
à la louange des deux époux , et les Muses ré-
pondre à ce chant par une canzone à neuf par-
ties réelles. Enfin , aux mômes fêtes , l'Aurore
réveillait par ses chants les bergers et les nym-
phes, et était accompagnée par un clavecin (1).
Admis dans la société des hommes distingués
qu'on vient de nommer, et instruit, par leurs
entretiens, de la révolution qu'ils voulaient opérer
dans la musique, Caccini sentit s'éveiller en lui
le génie qui le rendait propre à réaliser une par-
tie des vues et des espérances de ses patrons.
Homme d'esprit, il comprit qu'il avait tout k
gagner à celte transformation de l'art, car son
ignorance des règles du contrepoint était à peu
près complète, et la nature lui avait accordé le
don d'inventer des chants que son talent d'exé-
cution faisait valoir. Ses canzonnettes et ses son-
nets acquirent une vogue extraordinaire ; il les
chantait avec l'accompagnement du théorbe,
instrument qui venait d'être inventé par un Flo-
rentin nommé Bardella. ( Voyez ce nom. )
Ces heureux essais déterminèrent le comte de
Vernio à écrire, en 1590, le poëme d'une mo-
nodie, sorte de scène à voix seule, que Caccini
mit en musique avec succès. Peu de temps
après, Bardi quitta Florence pour aller se fixer
à Rome. La maison de Corsi devint alors le
centre de la société d'artistes et d'amateurs dont
ce seigneur était un des fondateurs. En 1594,
son ami, le poëte Rinuccini , fit un second essai
dans sa Dafne , et chargea Péri et Caccini de
la composition de la musique. Plusieurs autres
petits drames de ce dernier succédèrent à celui-
là, et furent joués dans la maison de Corsi, où
ils excitèrent l'enthousiasme. Ces pastorales
avaient eu pour modèles II Satiro, d'Emilio
del Cavalière ( voij. Cavalière ) , représenté
publiquement à Florence, en 1590, la Dispe-
razione di Fileno ( 1590 ), et il Giuoco délia
Cieca ( 1595 ), ouvrages du même compositeur;
mais on ne peut nier qu'il y eût dans le style de
Caccini quelque chose de plus dramatique que
dans celui de Cavalière. Les méditations de tant
d'hommes distingués conduisirent enfin, après
environ vingt ans de recherches , à la décou-
verte d'une espèce de déclamation musicale des-
tinée à changer la direction de l'art. Rinuccini,
musicien autant que poëte, paraît avoir eu la
plus grande part dans cette découverte. Les fêtes
célébrées en 1600, pour le mariage de Henri IV,
roi de France, avec Marie de Médicis, lui four-
nirent une occasion favorable pour réaliser ses
idées à cet égard ; il écrivit pour les fêtes qui
furent alors célébrées une Tragedia per Musica.
Malgré tant d'éloges accordés à Caccini par
(1) A'oy. Jpparato e Feste nelle nozze dello illustris-
simoSig. Ducadi Firenze, etc.; Fiorcnza, Bcned. Giiints,
1339, in-8", p. M.
140
CACCINI
les écrivains de Florence, les productions de ce
musicien ont été l'objet de critiques amères de-
puis environ quarante ans. Burney , copié par
quelques auteurs allemands , a reproché à ses
chants d'être empreints de monotonie, et leur
a trouvé de l'analogie avec le style de Lulli. En
cela, il a fait preuve de cette légèreté de juge-
ment qu'on remarque en beaucoup d'endroits de
son Histoire de la musique, lorsqu'il y analyse
les œuvres des anciens com|)ositeurs. Il n'y a
pas la moindre analogie entre les mélodies de
Caccini et celles de Lulli, encore moins de res-
semblance dans le récitatif. Caccini est sans
doute inférieur à Monteverde sous le rapport de
l'expression passionnée, et il a été surpassé dans
ie récitatif par Carissimi; mais les formes de
ses mélodies ont de l'originalité, les périodes en
sent longues , et l'examen attentif de ses ouvra-
ges fait voir qu'il saisissait fort bien le caractère
des paroles. Quant aux ornements du chant, il
a su leur donner une grâce qu'on ne trouve
point dans les œuvres de ses contemporains. Ses
madrigaux à voix seule offrent en ce genre des
choses de très-bon goût. C'est donc à tort que
les auteurs du nouveau lexique universel de mu-
sique, publié sous la direction de M. Schilling,
ont copié Gerber, et ont dit que cette musique
n'est qu'une psalmodie. C'est à tort surtout
qu'ils ont reproché à d'autres écrivains d'avoir
considéré Péri et Caccini comme des inventeurs
et comme de grands artistes. Nul commencement
n'est grand ni beau, disent-ils ; mais n'y a-t-il
pas un immense mérite à commencer.?
Tous les écrivains sur la musique, du temps de
Caccini, l'ont signalé comme le meilleur chanteur
de son époque, et Prœtorius en parle en ce sens.
{Synt. Mus., III, 230.) Il avait formé quelques
élèves qui passaient pour des chanteurs distingués.
Quel que fut le mérite de Péri et l'importance
de ses travaux dans sa collaboration avec Cac-
cini, il paraît que sa gloire fut éclipsée par celle
de ce dernier; car les contemporains de Caccini
s'accordent à le considérer comme ayant eu la
plus grande part dans la création du drame
lyrique. L'abbé Angelo Grillo, ami du Tasse, lui
écrivait : « Vous êtes le père d'un nouveau
« genre de musique, ou plutôt d'un chant qui
« n'est point un chant, d'un chant récitatif,
« noble et au-dessus des chants populaires, qui
« ne tronque pas , n'altère pas les paroles , ne
« leur ôte point la vie et le sentiment , et les
« leur augmente, au contraire, en y ajoutant
« plus d'âme et de force, etc. (I). » Jean de
Bardi, dont le témoignage est d'un grand poids
pour le temps où il écrivait, s'exprime ainsi
dans un discours adressé à Jules Caccini lui-
même : « Selon mon sentiment et selon celui
(t) Lettere deW abate .4)igclo Grillu ; Vcnczla, ibi.9,
t. I, p. 433.
« des connaisseurs, vous avez atteint le but
« d'une musique parfaite; non-seulement per-
« sonne ne vous surpasse en Italie, mais il en
« est peu, et peut-être n'en est-il aucun qui vous
« égale (1). » Doni, en plusieurs endroits de se»
ouvrages, accorde aussi beaucoup d'éloges à Cac-
cini. Il paraît qu'avant de s'exercer dans le genre
de musique qui fit sa réputation, cet artiste avait
écrit d'autres ouvrages dans l'ancien style, et qu'il
n'y avait pas réussi; car l'ierre Délia Valle dit,
en le rangeant parmi ceux qui ont le plus contri-
bué aux progrès de la musique moderne : Giulio
Caccini egli ancora, deito Giulio Romano;
ma dopo che si fu eserciiato nette musiche di
Firenze; perche nellealire innanzi,con buona
pace di lui, non ci trovo tanto di buono (2).
Les ouvrages connus de Jules Caccini sont :
1° Combattimento d'Apolline col serpente,
monodrame, poésie de Bardi, représenté en 1590,
à Florence, dans la maison du poète. Cet ou-
vrage n'a point été publié. — 2° La Dafne,
drame de Rinuccini, en société avec J. Péri, re-
présenté chez Jacques Corsi, en 1594, et non
publié. — 3° Euridice , drame de Rinuccini ,
imprimé avec la musique sous ce titre : l'Eu-
ridice composta in viusica in stile rappre-
sentativo da Giulio Caccini detto Romano.
— In Firenze, appresso Giorgio Marescotti ,
1600, in-fol. de 52 pages, avec une épître
dédicatoirede Caccini a Giovanni Bardi de Conti
di Vernio , datée de Florence le 20 décembre
1600. Cet ouvrage fut d'abord mis en musique
par Jacques Péri {voij. ce nom), à l'occasion des
noces de Marie de Médicis avec Henri IV, roi de
France en 1600 , et représenté au palais Pitti ,
en présence de la cour. Jules Caccini avait com-
posé trois chœurs et plusieurs airs pour ceux
des chanteurs qui étaient ses élèves. Lorsque
Perl fit imprimer son opéra par le libraire Ma-
rescotti, il y réintégra les morceaux qu'il avait
d'abord composé, mais qui, lors de la représen-
tation, avaient été remplacés par ceux de Caccini.
Celui-ci, à son tour, refit la musique de Y Euri-
dice eu se servant de ce qu'il avait déjà écrit. Le
frontispice de cet ouvrage précieux est orné
d'une belle gravure en bois. Une deuxième édi-
tion a été publiée à Venise, en 1615, in-fol. —
4" Il Rapimento di Cefalo composé sur le drame
du célèbre poète Chiabrera, par ordre du grand-
duc de Toscane, à l'occasion des noces de Marie
de Médicis. Les chœurs furent écrits par Stefano
Venturi del Nibbio, Pierre Strozzi et par le
chanoine Luca Bâti , maître de chapelle de la
cathédrale de Florence et de la cour des Médi-
(1) Discorso mamtato da Cio. de Bardi a Ciiilio Caccini
detto Romano sopra la- mtisica e'I cantar benc. ( Dans
les œuvres de J.-B. Doni, t. II, p. 233 )
(2) Délia ItliisicadcW et d )iostra, etc., Discorso di Pie-
tiu Detla faite, l NcUi; upcrc dcl Doni, t. U, p. 2ai. ) ■
CACCINI
141
cis. Il Rapimcnio di Ce falo , donné \& 9 oc-
tobre, fut le premier opéra représenté sur un
théâtre public : l'Euridice avait été mise en
scène à la cour, le 6 liu même mois. — 5° Le
Nuove Mtisichc , collection de madrigaux à
voix seule, de canzoïU et de monodies. La pre-
mière édition de cet ouvrage intéressant a pour
titre : le Nuove Musiche di GiuUo Caccinl
detto Romano. In Firenze, oppressa i Mares-
cotU, 1601 , in-fol. de 40 pages. On trouve à la
fin du volume la date de 1602. Cette collection
n'a paru qu'au mois de juillet de cette dernière
année, à cause d'une longue maladie de Caccini
et de la mort de Georges Marescotti : une note
de l'imprimeur, fils de celui-ci, nous informe de
cette circonstance. Un avis de l'auteur, placé à
la page 26 de cette édition, porte que, n'ayant
pu, comme il le désirait , livrer à l'impres-
sion iZ i?oj9J/neft/o di C efalo , \\ A cn\ devoir
joindre à ce recueil le dernier cbœur [ et plusieurs
airs] du drame en question, afin qu'on pût voir
la variété des passages qu'il a faits pour les par-
ties qui chantent seules, etc. On trouve au com-
mencement du volume une préface dans laquelle
Caccini rend conipfe de ses travaux pour la for-
mation de l'art du chant. Il nous apprend qu'il
avait été marié deux fois; que ses deux femmes
ainsi que ses filles avaient été ses élèves, et que
sa première femme était célèbre comme canta-
trice. Une seconde édition de cet ouvrage porte
le titre suivant : le Nuove Musiche di Giulio
Caccini detto Romano, musico del serenissimo
gran-duca di Toscana , novamente con som-
ma diligenza reviste, corvette et ristampate; in
Venetia, appresso Alessandro Raverii, 1607,
in-fol. Il y a enfin une troisième édition des
Nuove Musiche, datée de Venise, 1615, in-folio.
Dans une lettre adressée à M. Farrenc par
M. Gaspari, bibliothécaire du Lycée musical de
Bologne, le savant musiciste italien s'exprime
ainsi : « Dans un manuscrit de miscellanées du
« P. Martini, qui est à la bibliothèque du Lycée,
H on trouve textuellement transcrits le titre, la
« dédicace et l'avis aux lecteurs de l'ouvrage
« suivant de Caccini, que je n'ai jamais vu :
« Nuove Musiche, e nuova maniera di scri-
« verle con due arie particolari per tenore
« che ricerchi le corde del basso, di Giulio
« Caccini di Roma detto Giulio Romano, nelle
« quali si dimosira che da tal maniera di
« scrivere con la pratica di essa, si possono
« apprendere tuite le squisitezze di quest'arte
« senza nécessita del canto delV autore; ador-
« nate di passaggi, trilli, gruppi , e nuovi
« effetti par vero esercizio di qualunque vo-
« gliuprofessaredicantarsolo. — InFiorcnza,
« appresso Zanobi Pignoni.e Compagni, 1614.»
— « L'épîlre dédicatoire de Caccini, Almolto
h illustre signor Piero Falconieri ( ajoute
" M. Gaspari). ainsi que son discours aux lec-
« leurs et les quelques instructions qui y font
« suite, fournissent de curieux renseignements
« sur l'art du chant de cette époque. » — Les
détails contenus dans ces préliminaires prouvent
que le recueil de 1614 n'est point une reproduc-
tion de celui publié en lOOl et, de nouveau, en
1607 et 1615. La dédicace signée par Caccini,
datée de Florence, 18 août 1614, nous a fait voir
que l'auteur vivait encore à cette époque; mais
les paroles qui la terminent nous apprennent
qu'il était fort âgé.... « Potrà V. S. conoscere,
che l'ossequio mio in verso la casa sua comin-
ciato nelli anni délia mia fanciulezza , èper-
venuto sino a quelU délia vecchiaia per far
il medesimo sino al fine di queipochi che jm
possono avanzare, etc ■» — M. Gaspari
signale le recueil suivant, dont un exemplaire
existe dans sa bibliothè(|ue : Nove Arie di Giu-
lio Caccini detto Romano, novamente ristam-
pâte. — In Venetia, appresso Giacomo Ven-
centi, 1608, in-fol. — Je possède enfin l'ou-
vrage suivant -. Fuggilotio musicale di D. Giu-
lio Romano, nel quale si confengono madri-,
gali , sonetti, arie, canzonie scherzi, per can-
tarenel chitarrone, clavicembalo, o altro ins-
trumento , ad una due voci : nuovamentc
correcto e ristampato . Opéra secondai. Dedi-
cato air illustrissimo Sig. Vincenzo Grimani.
In Venetia, appresso Giacomo Vincenti, 1614.
in-fol. de 49 pages. — Il n'y a en tète de l'ou-
vrage ni dédicace ni préface; mais on trouve, au
verso du dernier feuillet, la table des morceaux,
au nombre de trente-deux , que contient le vo-
lume. Ce recueil rarissime et jusqu'ici inconnu
aux bibliographes n'existait point dans la célèbre
bibliothèque du P. Martini , qui n'avait pu se le
procurer pendant le cours de sa longue carrière ;
toutefois il en avait eu connaissance et en avait
copié le litre dans un recueil de miscellanées
conservé aujourd'hui à la bibliothèque du Lycée
musical de Bologne.
CACCINI ( Françoise ), fille aînée du précé-
dent, a dû naître à Florence vers 1581 ou 1582,
car Jules Caccini en parle dans la préface de l'é-
dition publiée en 1602, et dit qu'elle a été son
élève pour le chant et qu'elle est déjà canta-
trice; d'où l'on peut conjecturer qu'elle était
alors âgée de dix-neuf ou vingt ans. Un ouvrage
de sa composition, inconnu aux bibliographes ,
prouve qu'elle n'était pas moins distinguée par
le talent d'écrire la musique que par le chant; il
a pour titre : la Liberazione di Ruggiero dall
isola d'Alcina, balletto composto in musica
dalla Francesca Caccini ne' Signorini Malas-
pina. Rappresentato nel Poggio Impériale,
villa delta screnissima archiduchessa d'Ans-
tria gran duchessa di Toscana, al sereniss
Ladislao Sigismondo , princij)e di Poloniae
J42
CACCINI — C/T.SAR
di Svczia; in Firenze, per Pietro Cecconcelli,
1625, iii-fol. fie 74 pages. L'épître dédicatoire
à la grande-ducliesse de Toscane est datée du
4 février 1625 : on y voit que ce ballet fut exé-
cuté par les plus célèbres musiciens de Florence
dans la villa de cette princesse, en présence de
Ladislas, prince de Pologne et de Suède. La
poé-sie est de Ferdinand Saracinelli, bailli de
Volterra , et chef de la musique du grand-duc.
L'ouvrage est écrit en partie dans le slyle réci-
tatif, et en partie en chants mesurés, coupés
par des ritournelles, dans la manière de
Monteverde. A la suite du ballet se trouve un
madrigal à 8 voix, qui est bien écrit. — La biblio-
thèque de Modène possède l'ouvrage suivant :
Il Primo Libro délie Musiche a una e due
vocl , di Francesca Caccini ne Signorini. De-
dicate alV ilhistrissimo e reverendissimo
signor cardinale de' Medici. — In Fiorenza ,
nella stamperia di Zanobi Pignoni, 1618,
infol. — L'abbé Baini possédait la partition d'un
autre ouvrage de cette femme distinguée, intitulé
lîinaldo innamorato ; elle se trouve aujourd'luii
à la bibliothèque de la Minerve, à Rome. — Fran-
"çoise Caccini avait épousé Signorini Malaspina.
CADAUX (Justin), né le 13 avril 1813, à
Alby (Tarn), entra comme élève au Conservatoire
de Paris le 18 juillet 1825, dans le cours de piano
deZimmerman et dans celui d'harmonie professé
par Dourlen; mais le défaut d'exactitude le fit
rayer de ces classes le 1er décembre de la même
année. Quelques années plus tard il s'est fixé à
Bordeaux et s'y est livré à l'enseignement du
piano. En 1839, il fit représenter au théâtre de
Toulouse l'opéra iiililulé la Chasse saxonne ,
qui fut fort applaudi. Ce succès lui fit obtenir de
Planard le livret d'un petit acte qui avait pour
titre : les Deux Gentilshommes, et qui fut re-
présenté au théâtre de TOpéra-Comique, à Paris,
dans le mois d'août 1844. On y trouva une cer-
taine facilité vulgaire qui s'est reproduite dans les
autres ouvrages du même compositeur, particuliè-
rement dans les Deux Jacquet, opéra en un acte,
jouéàl'Opéra-ComiquedeParis, le 12 août 1852.
CADEAC (PiERRii), maître des enfants de
chœur de l'église d'Auch, vers le milieu du
seizième siècle, fut un des musiciens français les
plus estimés de ce temps, particulièrement pour
la musique d'église. Ses ouvrages imprimés et
connus sont ceux-ci : 1° Moteta quatuor, quin-
que et sex vocum, lib. 1 ; Paris, Adrian Le Roy,
1555, in-4'' obi. — 1" Missse très Pctro Cadeac
prxstantissimo musico auctore, nvnc pri-
mum in lucem editae, cuni quatuor vocibus,
ad imitalionem, modulorum, ut sequens ta-
bula indicabit : Ad placitum; Ego sum panis;
Levavi oculos; Lutetix, apud Adr. Le Roy et
llob. Ballard, 1558, gr. in-fol. — 3° Missn
cuin quatuor vocibus ad imitationem mo-
duli Aima Redeinpioris fo?irfi/a. ^Ul c pri'
mum in lucem, édita. Auct. Pet. Cadeuc
pueris sytnphoiUacis ecclesise Auscensis prx-
fecto. Cette messe est imprimée dans un volume
qui a pour titre : Missarum musicalium certx
verum varieiate secundum varios quos refe-
runt modulas et cantiones dlstinctarum liber
secundus, etc.; Parisiis, ex typograpliia Nie
Du Chemin , 1556, in-fol. max. — 4° Missx très
a Petro Cadeac, Hérissant , Vulfrano Samin,
cum quatuor vocibus conditx, et nunc pri-
mum in lucem editx ; Parisiis, Adrian Le
Roy et Robert Ballard, 1558, in-fol. La messe
de Cadeac a pour thème la chanson fran-
çaise les Hauts Boys. — 5° Une autre messe
de ce musicien se trouve dans une collection
publiée par Gardane, intitulée : XII Missx
cum quatuor vocibus a celeberrimis au-
cioribus conditx, nunc recens in lucem
editx, atque recognitx ; Venise, 1554. —
6° Magnificat du sixième ton à quatre voix,
dans le recueil qui a pour titre : Canticum
Beatx Marix Virginis {quod Magnificat
inscribitur ) octo modis a diversis auctoribui
compositum ; Paris, Aàrian Le, Roy 'l Robert
Ballard, 1558, gr. in-fol. — 7" Plusieurs mo-
tets dans le Quinfus liber Mutettorum quinque
et sex vocum. Opéra et solcrcia Jacobi Mo-
dernum (alias dicti Grand Jacques) in unum
coactorum , et Lugduni prope phanum divx
Virginis de Confort, ab eodem impressorum,
1543. — 8° D'autres motets dans la collection
intitulée : Cantiones sacrx, quas vulgo Mo-
teta vocant, exopiimis quibusque hujus œta-
tis Musicis sélect X, Libri quatuor. Ed. Tilman-
num Susato. Antuerpiœ, apud Tilmannum
■Sîfsato, 1546-1547, gr. in-4°. Des motets à cinq
voix de Cadeac, imprimés à Paris en 1544, sont
dans la bibliothèque de l'abbé Santini, à Rome.
C^SAR (Je*n-Melchior), né à Saverne,
en Alsace , vers le milieu du dix-septième siècle,
fut maître de chapelle des évêques de Bamberg
et de Wiirtzbourg en 1683, et passa en 1687 en
la même qualité à la cathédrale d'Augsbourg.
On a de lui les ouvrages dont les titres suivent :
1° Trisagion Musicura, complectens omnia
Offertoria de communi Sanctorum et Sancta-
rum, de Maria Virgine et dedicatione Eccle-
six, secundum proprium textum Grodualis
Romani cum sex, sciliaet C. A. T. B. et violi-
nis concordantibus. Cum adjunctis ad libitum
quatuor vocibus concordantibus, tribus violis
et fagotto aut violone. Op. 1 ; Wùrt/boiirc
1683, in-fol — 2° Missx brèves VIII , 4 voci-
bus et 1 violiws concertantihus ac totidem
vocibus et violis cum fagotto accessoris ad
beneplacitum. Op. 2; Wùrl/.bonrg, 1687, in-
4''. — 3° Lustige Tafelmusik in VI Stachen
mit 60 Baletten, bcstehend in unlerschiedli<'
C^SAR — CAFFI
f43
c'ietilus/igen Qnnditbettcn und kurzwciUgen
(IcuIschcnConzerlen; Wiirtzliourg, 1684, grand
in-4" ( Musique agréable de table, consistant en
SIX pièces, etc.)-— &° Psalmi vcsperfini do-
minicales et festivi perannum , cum 2 ma-
gnificat, C.A. T. B.1 violinis concert, cum 1
violis , fagotto aut violone , et 4 repienis seu
vocibns concordantibus ad libitum. Quibus
pro additamento adjuncti sunt psalmi aller-
nativi duplici modo, 1, 3, 4, 5 e< 6 tum voci-
bus, tum instrumentis, prioribus ad benepla-
ciium m<er?«2sce7irf«; op. 4, Wiirlzbourg, 1690,
in-4''.— b°H!/mni de Dominicis et tempore, de
proprio et communi sanctorum, aliis univer-
sovum religiosorum ordinum principationi-
bus per totius anni decursum, in officio vesper-
tino dccantari sblitis; Wiirtzbourg, 169?, in-4°.
C^SARIUS (Jean-Martin), contrepoin-
tiste du dix-septième siècle, a publié : Concen-
tiis iac7-os 2-8 vocum ; Munich, 1622.
CAETANO (Fr. Luiz de), moine portugais
it sous-chantre d'un cloître de Lisbonne, naquit
danscette ville en 1717. On a de sa composition
un ouvrage intitulé : Corona scraphica de puras
cl fragrantes flores pelo ardente affecto dos
frades menores da provincia de Portugal
para coyi summa mclodia ser offereieda
emaccao degraçasnos coros Franciscanos ,
no das mais,religioens sagradas todas amantes
da pureza Mariana; Lisbonne, m officina
Joaquiniana da mnsica, 1744.
CAFARO ou CAFFARO (Pascal), com-
posKteur, né le 8 février 1708, à San Pietro in
Galantina, dans la province de Lecce, au
royaume de Naples, fut destiné d'abord à la car-
rière des sciences cl en fit une étude sérieuse ;
mais son goût décidé pour la musique le fit
changer de dessein, et lui fit prendre la résolution
de s'adonner entièrement à cet art. H entra
comme élève au Conservatoire de la Pietà , où
Léo fut son maître de composition. Ses études
étant achevas, il devint maître de la chapelle
du roi, et maître de l'école où il avait été élève.
Il est mort à Naples le 28 octobre 1787. Bien
qu'il ne fût pas un musicien fort remarquable
sous le rapport de l'invention, Cafaro obtint néan-
moins des succès à cause de la grâce naturelle
de ses mélodies et de la pureté de son style. On
connaît de lui les œuvres dont les titres suivent :
1° Oratorio per VInvenzione délia Croce^'Hai-
ples, 1747. — 2° Ipermnestra; Naples, 1751.
— 3° La Disfatta di Dario ; 1756. — 4° Anti-
fjono; 1754. — 5° L'incendia di Troia; Na-
ples, 1757. — 6° Cantata a tre voci per fes-
teggiare il giorne natalizio di Sua Maestà;
Naples, th. S. Carlo, 1764. — 7° Arianna e
Teseo ;ibid., 1766. —8° Cantata a tre voci
per festeggiare il giorno natalizio di Sua
Maestà Catolica; Naples, th. S. Carlo, 1766.
— 9" Il Creso; à Turin, en 1768. — 10'' Gius-
tizia placata j 1769. — 1 1" Cantata a più voci
pour la Translation du sang de saint Janvier ; Na-
ples, 1769, 75, 81, 83. — 12° L'Olimpiade, au
théâtre Saint-Charles, à Naples; 1 769.— 1 3° L'An-
tigono; avec une nouvelle musique; en 1770.
— 14° Betulia liberata. — ià" Il Figliuolo
prodige ravvcduto. — 16° Oratorio pour saint
Antoine de'Padoue.— \l°Il Trionfo di Davidde,
oratorio. Cafaro a écrit aussi pour l'église. —
18° Messe à 2 chœurs et orchestre écrite en 1760.
— 19° Leçon première du premier nocturne de
Noël à voix seule, 2 violons, viole et orgue;
177!. — 20° Deuxième et troisième leçon, idem;
1776. — 21° Mottet pastoral à 4 voix et oroheslre.
— 22° Litanies à 4 voix. — 23° Stabat à 2 voix
et orgue , en canon. — 24° Miserere à 5 voix
et orgue. — 25° Répons pour le jeudi et le ven-
dredi saints , à 4 voix et orgue. — 26° Deiis in
adjutorium, à 2 chœurs obligés et orchestre. —
27° Dixit Dominus à 4 voix, violons, hautbois et
cors. — 28° Les psaumes Confitemini et Dili-
gam te, traduits en italien par Saverio Maltei ,
à plusieurs voix et chœurs. — 29° Laudate pueri
à 4 voix et orchestre. — 30 Plusieurs motets à
voix .seule et à 2 voix. Au nombre des élèves de
ce maître on remarque Tritto, Blanchi et Tarchi.
Un air de Cafaro , Bello luci che accendete, a
eu un succès de vogue. La musique d'église de ce
compositeur est simple, mais expressive. Son Sta-
bat esta juste titre considéré comme une bonne
production. On cite aussi avec éloge le psaume
106^ {Conitemini) qu'il a écrit pour soprano,
alto et ténor, avec cliœur et orchestre. Le tombeau
de Cafaro se trouve près de celui d'Alexandre
Scarlatti, dans la chapelle de Sainte-Cécile, à l'é-
glise des Carmes de Monte Santo, hors de la
porte Médina, à Naples. On y lit cette épitaphe :
D. o. M.
Divinnque. Caeciliœ. TuteUri. Suae
Diù. Uicatiim. Altare. Sacelliimque
MusicoruiB. Chorus. jEdis. Regii. l'alalii
Sibi l'roprium
Auctore. Paschale. Cafaro
Rcgiarum. Majestatum. Magistro
Et. primo, ejusdem. JS.û\s. Cborago
JExc. Collato. Exornarunt
Anno. M. D. CC. LXXXVII.
Ciirantibus. l'etro. Antonacci. Hieronymo
De Donato Et. Joachimo. Sabbatino
Annuis Pracfeclis.
I Jean de Silva a publié Elogio di Pasquale
Cafaro detto Caffarelli; Naples, 1788. in-8°.
CAFFARELLl. Voy. Majorano.
CAFFI (Bernardino), maître de chant du
co\ivent de Sainte- Agnès, à Rome, dansJa se-
conde moitié du dix-septième siècle. Il s'est fait
connaître comme compositeur par des cantate a
voce solo, op. 1; Roma, Mascardi, 1700, in-4° obi.
CAFFI (François), amateur de musique, né
àYenise, vers 1786, a été conseiller à la cou-
lU
CAFFI - CAFFiAUX
d'appel , à Milan , depuis 1 8'i7 , puis a obtenu
sa retraite , après une laborieuse et honorable
carrière. De retour à Venise , sa ville chérie, il y
a repris, comme délassement, ses travaux lit-
téraires relatifs à l'art qu'il a toujours aimé avec
passion. Le premier ouvrage mis au jour par lui
a pour titre : Délia vita e delcomporre di Bona-
ventura Furlanetto, detto Musia, Venezlano,
maestro délia cappella ducale di S. Marco ;
Venise, Picotti, 1820, 40 pages in-8°, avec le
portrait de Furlanctto. Cet opuscule fut suivi de
l'écrit intitulé : Délia vita e délie opère del
prête Gioseffo Zarlino , maestro celeberrimo
nella cappella ducale di Venezia ; Venise, Gins.
Orlandelli, 1836, in-8o de 32 pages. M. Caffi a
donné aussi dans les Veneziani Inscrizioni,
de son ami M. Cicognia, une intéressante notice
concernant le oélèbre maître de chapelle véni-
tien Lotti, et a publié également un bon travail
sur la vie et les ouvrages de Benedetto Mar-
cello. Mais l'ouvrage le plus important qu'on doit
aux recherches aussi intelligentes que patientes
de M. Caffi est celui qui a pour titre : Stoiia
délia musica sacra nella già cappella ducale
di San Marco in Venezia dal 1318 al 1797 ;
Venise, Antonelli, 1854-1855, 2 vol. in-8°. Le
soin qu'a pris M. Caffi de recourir toujours aux
actes authentiques et originaux , quand il a pu
les retrouver, donne un grand prix à sou livre,
et jette beaucoup de lumière sur des faits mal
connus ou complètement ignorés , concernant
une partie de l'histoire qui offre le plus grand
intérêt ; car Venise fut la véritable source ori-
ginale de la musique italienne et de l'école dra-
matique. Rome et Naples sont aussi placés très-
haut dans l'histoire de cet art; mais l'école
romaine fut en grande partie le produit de l'im-
piilsion donnée par les musiciens belges des
quinzième et seizième siècles , et l'école napoli-
taine n'acquit sa plus grande valeur que vers la
(in du dix-septième siècle et pendant toute la
durée du dix-huitième ; tandis que la gloire de
Venise dans la musique de tout genre remonte
aux temps les plus reculés, et que, dès la se-
conde moitié du quinzième siècle, ses artistes
suivent une voie de création indépendante.
CAFFI AUX (dom Philippe-Joseph), béné-
dictin de la congrégation de Saint-Maur, naquit à
Vaienciennes en 1712, et, après avoir achevé ses
études, entra fort jeune dans l'ordre de Saint-Be-
noît. 11 mourut à Paris, à l'abbaje Saint-Germain
des Prés, le 2C décembre 1777. Ce savant reli-
gieux est connu principalement par le premier
volume d'un livre qui a pour titre : Trésor gé-
néalogique, ou Extraits des titres anciens qui
torvcernent les maisons et familles de France ■
Paris, 1777, in-4o. La suite de cet ouvrage n'a
point paru, mais elle se trouve en manuscrit,
avec les matériaux que dom Caffiaux avait ras-
semblés, à la Bibliothèque impériale de Paris.
Plusieurs autres ont été publiés ou entrepris par
lui; mais on ne le cite ici que comme auteur
d'une Histoire de. la musique, dont le manus-
crit autographe a été retrouvé à la Bibliothèque
royale par l'auteur de ce Dictionnaire. Cet ou-
vrage, dont le prospectus avait paru en 1766, fut
annoncé comme étant sous presse, dans le cata-
logue des livres de musique qui se trouve à la
fin de l'Histoire du théâtre de VAcadémie
royale de musique, publiée par le président
Durey de Noinville; mais le nom de l'auteur y
était défiguré en celui de Caffiat. Forkel {Allje-
7neine Litteralur der Musik, p. 21 ) et Lichten-
thal (Dizzion. e Bibliogr. délia Musica, t. 111),
ont copié cette annonce sous le même nom, et
ont cité l'ouvrage comme ayant été iniprinié en
1757, en 2 volumes in-4°. La Borde n'en a rien
dit dans le catalogue des écrivains sur la musi-
que inséré au troisième volume de son Essai
sur cet art , et les auteurs du Dictionnaire his-
torique des ïKMSï'cieni (Paris, 1810-1811 ) ont
imité son silence. L'auteur anonyme de l'article
peu étendu sur dom Caffiaux , de la Biographie
universelle publiée par MM. Michaud , dit, après
avoir cité le Trésor généalogique : « II (D. Caf-
« fiaux) avait précédemment fait paraîlre un
« Essai sur l'histoire de la musique, in-4". »
Cependant ayant acquis par ses recherches la
certitude qu'aucun livre portant le nom de Caf-
fiaux n'avait paru sous les titres A'' Histoire de la
musique, ou d'Essai sur l'histoire de la mu-
sique , l'auteur de ce Dictionnaire doutait de
l'existence de cet ouvriige , lorsqu'un hasard
heureux le lui fit découvrir, au moment où il
faisait des investigations sur un autre objet, parmi
les manuscrits de la Bibliothèque impériale.
Le manuscrit original du P. Caffiaux ( côté
16, fonds de Corbic) est contenu dans un por-
tefeuille petit in-folio. On y trouve en tôle une
note de la même main, sur une feuille volante,
qui contient le délai! des diverses parties de l'ou-
vrage. Cette note est ainsi conçue :
« L'histoire manuscrite de la musique faite
« par dom Caffiaux est renfermée dans vingt
« cahiers, qui sont : 1. Préface et table générale
'< en 24 pages; 2. Dissertation I, sur l'excellence
« et les avantages de la musique, en 83 [).'iges;
« 3. Livre 1, Histoire de la musique, depuis la
« naissance du monde jusqu'à la prise de Troie,
« en 52 pages; 4. Liv. H, Histoire depuis la prise
« de Troie jusqu'à Pythagore , en 42 pages ;
« 5. Dissertation II, sur la musique des différents
CAFFIAUK
143
« peuplais, en 65 pages; O. Dissertation MI, sur
« la musique (les différents peuples, en C3 pages;
« 7. Liv. 111, Histoire de la musique, depuis
« Py thagore jusqu'à la naissance du christianisme,
« en 39 pages; 8. Dissertation IV, sur les iustru-
« ments de musique anciens et modernes, en 57
a pages; 9. Dissertation V sur le contrepoint des
«anciens et des modernes, en 46 pages; lo.
« Dissertation VI, surladéclamalion, en 41 pages;
•» 11. Livre IV, Histoire de la musique, depuis
« la naissance du christianisme jusqu'à Gui d'A-
« rezzo,en 51 pages; 12. Dissertation Vil, sur
« le chant et sur la musique d'église , en 39 pa-
« ges; 13. Livre V, Histoire de la musique, de-
« puis Guy d'Arezzo jusqu'à Lulli , en 123 pages ;
« 14. Dissertation VIII et IX, sur l'opéra et sur
« la sensibilité des animaux pour la musique, en
'<■ 24 pages ; 15. Livre VI, Histoire de la musique,
« depuis Lulli jusqu'à Rameau, en 9S pages;
« 16. Dissertation X, Parallèle de la musique
« ancienne et moderne, en 23 pages; 17. Disser-
« talion XI, Parallèle de la musique française et
« italienne, en 43 pages; 18. Dissertation XII,
« Parallèle des lullistes et des antilullistes, en
« 26 pages; 19. Livre VII, Histoire de la musique
«■ depuis Rameau jusqu'aujourd'hui (1754), en
n 145 pages; 20. Calalogue des musiciens dont
« il n'est point parlé dans le corps de l'ouvrage,
« en 25 pages; 21. Total des pages du manus-
n cit, 1171. »
Celle note , conforme à la table générale qui
suit la préface et qui contient l'analyse de chaque
partie de l'ouvrage, n'esl cependant point d'ac-
cord avec l'état actuel du manuscrit, qui ne
forme que neuf cahiers. Le premier de ces cahiers
renferme !a préface et la table analytique des
matières : mais le deuxième , qui devait contenir
la dissertation sur l'excellence de la nuisique,
en 83 pages, manque; on ne trouve à sa place
que deux feuilles, cotées pages 109-116, où se
trouve le commencement du premier livre. Celle
pagination est conforme à la note ; car les 24 pa-
ges de la préface et de la table , et les 83 pages
de la dissertation, composaient un total de 107,
plus, la page du titre; venait ensuite le jiremier
livre, commençant à la page 109. Les cahiers
du premier et du deuxième livre sont complets ;
mais le cinquième et le sixième, qui contenaient
les deuxième et troisième dissertations, ont dis-
paru, ainsi que ceux des dissertations 4, 5, 6,
7, S, 9, 10, Il et 12. Les livres troisième, qua-
trième, cinquième, sixième et septième, ainsi
que le catalogue des musiciens, sont conq)lets.
La perte des dissertations n'est point l'effet du
hasard ; car plusieurs changements de titres, cor-
rections et raccords , tous de la main de dom ,
BIOCI!. LNIV. DES MUSICIENS. — T. II.
Caflianx, démontrent que lui-même avait lait
ces suppressions. C'est ainsi que les huit pre-
mières pages détachées du premier livre ont él<^
presque entièrement changées dans le cahier qui
renferme ce livre. Quant à sa volonté de faire
les suppressions dont il vient d'élie parlé, elle
est manifeste par la pagination môme du manu-
scrit, qiri a été faite aussi par lui, et qui n'a point
de lacune, depuis le commencement du premier
livre jusqu'à la lin du catalogue des musiciens.
Au reste, un autre fait démontre que, posté-
rieurement à la noie indicative des vingt cahiers
de l'histoire de la musique, dom Caffiaux avait
donné une autre forme à son ouvrage, et qu'il
l'avait divisé en dix-neuf dissertations dont les
douze premier es contenaient tout ce qui a été rc-
tranché, comme des pi'olégomènes du livre prin-
cipal. Celase voit évidemment par la pagination du
manuscrit tel qu'il est aujourd'hui, car ce ma-
nuscrit commence au premier livre par la page
565, et se continue sans interruption jusqu'à la
page 1 161 ; de plus , on voit que le premier livre
était originaii-ement intitulé : Dissertation XIIl'
sur l'histoire de la musique et des musiciens, et
les livi-es suivants, Disserlations 14", 15*, 16".
17", 18" et 19". Ne .serait-ce pas que la première
partie de l'ouvrage, contenant les douze pre-
mières dissertations, auraient été livrées à l'im-
pression, et qrre, par quelque circonstance ignorée,
celle impression n'aurait pas été conlinuée? Ce
qiri pourrait le faire croire, c'est que je possède
un prospectus d'rrne demi-feuille in-4°, imprimé
en 1756, dans lequel VHistoirc de la musique,
par dom Caflianx, est annoncée comme devant
êbe publiée en 2 volumes in 4°, à la lin de la
même année.
Quelles que soient les circonstances qui nous
ont privés des dissertations que dom Caflianx
avait écrites sur quelques objets relatifs à l'his-
toire de la musique, on ne peut qrre regretter
la perte de quelques-unes; par exemple, de celle
où il était traité des instruments de musique de
l'antiquité, du contrepoint des anciens et des
modernes, et de la raiisifiue d'église. La soignerrse
érudition qui brille dans les autres parties du
livre ne peut laisser de doute sur le mérite de
celles-là. Il aurait mieux valu qu'elles fussent
conservées, et que le savant bénédictin n'eût
pas examiné sérieusement quel était l'état de la
musique avant le déluge, et si Adam était mu-
sicien-né par le fait même de la création. L'his-
toire conjecturale, l'iiisloiie qui ne repose pas
sur des monuments et sur des faits, n'est pas de
l'histoire.
Bien sirpéricurc aux compilations de lîonnct,
de Borurddot, de Blainvillc et de La Borde (voij
10
146
CAFFIAUX — CAGNONI
ces noms), l'histoire de la musique de dom Caf-
fiaux méritait d'être publiée , et aurait fait hon-
neur à la France, à l'époque où elle fut écrite.
L'auteur dit, dans sa préface, qu'il a lu, ana-
lysé et expliqué plus de douze cents auteurs
pour composer cet ouvrage; il n'y a rien d'exa-
géré dans cette assertion : les détails dans lesquels
il est entré sur les points les plus importants de
l'histoire de l'art prouvent qu'il possédait des
connaissances étendues, et qu'il avait lu avec
attention, non-seulement les auteurs de l'anti-
quité, mais aussi les écrits de Gui d'Arezzo, de
Jean de Mûris, de Gafori, de Glarean, de Sa-
tinas, de Zariino, et- de tous les grands théori-
ciens de la musique des seizième, dix-septième
et dix-huitième siècles. Pas un de ces ouvrages
qui ne soit apprécié à sa juste valeur, et qui ne
soit considéré dans l'influence qu'il a exercée
sur les progrès de l'art ; pas une découverte de
, quelque importance qui nesoit enregistrée. L'ordre
chronologique eslcehii quedom Caffiaux a adopté.
Cette disposition a l'inconvénient de morceler
chaque partie de l'art musical, et de taire re-
venir, à plusieurs reprises, sur le même sujet;
mais il a l'avantage de présenter sous un même
coup d'oeil l'ensemble des progrès de chaque
époque. En ce qui concerne l'antiquité , doni
Cafliaux a puisé la plupart de ses matériaux dans
la Bibliothèque grecque de Fabricius, et surtout
dans les Mémoires de Burette (voij. ce nom) :
pour tout le reste, il a été obligé de lire dans
les auteurs originaux tous les passages qu'il a cités;
et il s'est acquitte consciencieusement de celte
tâche. A l'époque où il écrivait, les grands ou-
vrages de Martini, de Burney , de ilawkins, de
Marpurg, de l'abbé Gerbert et de Forkel n'exis-
taient pas ; on n'avait pas encore les lexiques
musicaux de Rousseau , de Kocb et de Wolf ;
celui de Walthcr n'était pas connu en France;
les Biographies générales de La Borde, de Gerber
et de plusieurs autres auteurs n'avaient pas encore
paru; il n'existait pas une seule bibliograpliie
spéciale de la nmsique ; enfin l'historien de cet
art était, pour ainsi dire, livré à ses propres forces
pour porter la lumière dans des questions obs-
cures. Le P. Caffiaux, malgré ces désavantages,
a su donner de l'intérêt à sa narration , et a jugé
sainement du mérite de chaque chose et de chaque
artiste dont il a parlé. Son style ne manque ni
d'élégance, ni de facilité; ses citations sont exactes
et précises ; en un mot son histoire peut être en-
core consultée avec fruit, surtout à l'égard de la
musique française , nonobstant les travaux plus
récents de plusieurs musiciens savants. Les livres
4, 5, 6 et 7 sont particulièrement dignes d'at-
tention.
CAFFRO (Joseph), hautboïste célèbre et
virtuose sur le cor anglais, est né dans le royaume
de Naples, non en 1776, comme il est dit dans
le Lexique universel de musique publié par
M. Schilling, mais en 1766. Il entra d'abord dans
la chapelle du roi de Naples, puis, fort jeune
encore, il se rendit à Paris et s'y fit entendre
avec beaucoup de succès au concert spirituel.
Lié d'amitié avec les artistes célèbres de son
pays qui jouaient au théâtre de Monsieur, il ne
s'éloigna de la capitale de la France qu'en 1793.
La Hollande fut le point vers lequel il se dirigea
d'abord ; il y resta quelque temps , y fit graver
plusieurs morceaux de sa composition, et se
rendit ensuite à Berlin, puis à Manheim, où il
se trouvait encore en 1807. L'année suivanti; il
quitta l'Allemagne pour retourner en Italie. De-
puis lors on n'a plus eu de renseigneniejits sur
sa personne. Les journaux de Paris ont donné
de grands éloges à Caffro lorsqu'il se fit entendre
au concert spirituel , etSalentin m'a dit qu'il le
considérait comme un artiste distingué; mais il
paraît que les qualités de son talent se sont al-
térées plus tard, car la Gazette musicale de Licp-
sick de 1807 (n° 18), rendant compte d'un con-
cert qu'il avait donné peu de temps auparavant
à Manheim, fait une critique assez sévère de son
jeu. On y donne des éloges au fini de son exé-
cution dans les difficultés, mais on dit qu'il ti-
rait (les sons durs de rinstrumcnt , que le goût
de sa musique était suranné, et qu'il y avait dans
son style une multitude d'ornements de mauvais
goîit et de traits insignifiants.
Caflio a publié à Paris trois concertos pour
le hautbois, en 1790. En 1794, il a fait [laraître
deux concertos pour le même instrument, gravés
à Amsterdam, et l'année suivante, à Rotterdam,
un pot-pourri pour ])iaiio et flûte ou violon : ce
dernier morceau a été réimprimé à Berlin. La
bibliotlièque du Conservatoire de musique de
Paris possède les manuscrits originaux de plu-
sierrrs concertos de baulbois composés par cet
artiste.
CAGNAZZÎ (Luc DE Samuele), Israélite
italien, né à Naples vers 1805, a inveiité un ins-
trument destiné à donner les intonations de la
parole dans la déclamation, et a écrit sur ce srrjot
une dissertation latine qu'il a tradi,iile ensuite
en italien, sous ce titre : la Tonografia esco-
gilala, in Napoli, 1841, in-8° de 48 pages, avec
uire planche qui représente l'instrument.
C.\GIXONi (Antoine), compositeur di-ama-
lique, ancien élève du Conservatoire de Milan,
a fait représenter au théâtre Carcano de cette
ville, en 1845, l'opéra intitulé Rosaliadi S. Mi-
niato, qui ne réussit pas. En 1848 il donna il
CAGNONI — CAILLOT
147
Tcslamento cU Figaro, qui fut plus heureux,
«t dans l'année suivante il fit jouer la farce de Don
Bucefalo. J'ai entendu cet ouvrage à Venise, en
t8,")(), et j'y ai trouvé de la verve comique et de
relïet dans les morceaux d'ensemble. Au mois de
mai 1852 il donna à Milan la (iiralda, opéra
houlTe traduit du français; ouvrage faible, pour
Iccpiel le pul)lic montra de l'indulgence à la pre-
mière représentation, mais qui ne s'est pas sou-
tenu à la scène. Plus heureux au théâtre national
de Turin, le 24 novembre 1853, avec son opéra
bouffe la Floraia, le jeune maître Cagnoni y
a retrouvé une partie de la verve de Bon Buce-
falo. Quelques morceaux de cette production
ont été publiés à Milan chez Ricordi et ont ob-
tenu une certaine vogue. Le genre boulfe paraît
être celui vers lequel l'artiste se sent poité de
préférence.
CAÏIEN (IsiDor.E), violoniste, né à Paris,
le 25 mars 1826, est entré comme élève au Con-
servaloire de cette ville, le 23 juin 1841, et y a
reçu des leçons de Guérin pour son instrument;
mais il se retira de cette école au mois de no-
vembre 1S43, sans avoir paru dans les concours.
Cet artiste a publié quelques morceaux pour
violon et piano.
CAIFABRï (Jean -Baptiste), compositeur
de réco'.e romaine, vécut dans la deuxième
moitié du dix-septième siècle. On connaît de lui
les compositions dont voici les titres : 1° Motetti
a due e lie voci; Rome, Mascardi , 1(567, m-4°.
— 2° Scella di Motetti a 4 voci; ibid.. 1675.
— 3° Salmi vespertini a 4 voci concertât i per
iutte le fcste deW anno, op. 4; ibid, 1683,
in-4°-
CAIGNET (Denis), musicien attaché au
duc de Villeroi, était né vers le milieu du sei-
zième siècle. En 1587, il obtint au concours du
Puy de viusiquc d'Évreux le prix du Uilh d'ar-
gent pour la composition de la chanson fran-
çaise à plusieurs voix : Las! je nevoyrrai plus.
Caignet a mis en musique, à 4 parties, les
Psaumes de David, tinduHi parPh. Desportes;
Paris, Ballard, 1607.
CAILLOT (Joseph), acteur célèbre de la
Comédie italienne, naquit à Paris en 1732. Il
n'était âgé que de cinq ans lorsque son père, qui
otait orfèvre, fut obligé de déclarer sa faillite,
et fut arrêté pour dettes; les créanciers firent
vendre tout ce qui était dans la maison, la bou-
tique fut fermée et le petit Caillot se trouva dans
la rue. Des porteurs d'eau touchés de sa misère,
le recueillirent et en prirent soin comme de leur
enfant. Son père, ayant enfin recouvré sa liberté,
obtint un emploi subalterne dans la maison du
roi ; il suivFt Louis XV dans la campagne de
l''landre,et il ommena avec lui l'élève des por-
teurs d'eau , dont la vivacité spirituelle et le»
manières gracieuses excitèrent l'intérêt des grands
seigneurs de l'armée. Le duc de Villeroi prit d«
l'amilié pour lui et le présenta au roi, qui lui de-
manda comment il s'appelait : Sire, je suis le
protecteur du duc de Villeroi, répondit Cail-
lot , qui voulait dire le contraire. Louis XV rit
de cette méprise, et, à la prière de Villeroi, il
attacha son protecteur aux spectacles des petits
appartements pour y jouer les amours. Il avait
une jolie voix; on lui donna un maître de mu-
sique sous lequel il fit de rapides progrès. Après
que sa voix eut changé de caractère par suite de
la mue, il fut obligé de quitter la cour, à cause
deja mauvaise conduite de son père, et de s'en-
gager au théâtre de la Rochelle comme musicien
d'orchestre. La maladie d'un acteur lui fournit
l'occasion de remonter sur la scène, où il ne
tarda pas à se faire remarquer. Après avoir joué
avec succès la comédie à Lyon et dans plusieurs
autres villes de province, il fut attaché pendant
plusieurs années au spectacle de l'Infant, duc de
Parme; enfin on l'appela à Paris, et il débuta,
le 26 juillet 1760, à la Comédie italienne, par le
rôle de Colas dans Ninette à la Cour. Sa belle
voix, qui réunissait les registres de baryton et
de ténor, la finesse de sa diction, l'expression
de sa physionomie et de ses gestes, tous ces
avantages, dis-je, lui procurèrent un triomphe
complet, et, dans la même année, il fut reçu au
nombre des comédiens sociétaires. Dès qu'il pa-
raissait sur la scène, son extérieur prévenait le
public en sa favcwi, et son jeu, dit la Harpe,
achevait l'entraînement. Griium assure que le
talent de Caillot était plus llexihle et plus rare
que celui de Lekaiu; mais il semblait ignorer
son mérite, et ce fut Garrick qui , pendant son
séjour en Fiance, lui apprit (ju'il serait pathéti-
que quand il voudrait l'être. Il était, en effet, doué
d'une profonde sensibilité , et ce qui se passait
dans son âme, il savait le communiquer à son
organe, de là vient qu'il n'obtint pas moins de
succès dans le genre pathétique que dans le bouffe.
Il s'identifiait avec les rôles qu'il jouait, se niellait
à la place de l'auteur, et faisait toujours plus que
celui-ci n'espérait. 11 ne faut pas s'y tromper :
Caillot, malgré la beauté de sa voix, était plus
acteur que chanteur; c'est ainsi qu'il fallait être
pour plaire au public de son temps. Donner au
chant le caractère de vérité de la parole , était le
but des efforts de tous les comédiens de l'Opéra-
Comique; et, lorsqu'on y parvenait, il semblait
qu'il ne restât plus rien à faire. Grétry, parlant
dans ses Essais sur la musique de la première
réi)étilion de son o[icra le Huron, dit : « Lorsque
10.
14K
CAILLOT — CAJON
« Cailleaii (1) tlianla l'air : Danxs quel canton
« est VHuronie? et qu'il dit : Messieurs, Mes-
« sieurs, en Huronie.... Les musiciens cessè-
« rent de jouer pour lui demander ce qu'il vou-
u lait. — Je chante mon rôle, leur dit-il. — On
« rit de la méprise et l'on recommença le raor-
« ceau. « Cette vérité de déclamation musicale
était alors considérée comme le comble de l'art.
Les rôles les plus brillants de Caillot étaient ceux
du Sorcier, de Mathiirin ààns Rose et Colas,
Au Déserteur, du Huron, de Sylvain, de Biaise
dans Lucile, et de Richard dans le Roi et le
Fermier. Un enrouement fréquent^ et qui se dé-
clarait d'une manière subite , vint contrarier cet
artiste au moment où son talent d'acteur attei-
gnait à la plus grande perfection; il craignit que
cet accident ne lui fit perdre la faveur du pu-
plic, et il se relira en 1772, ayant à peine atteint
l'âge de quarante ans. Il quitta le théâtre au
mois de septembre, avec une pension de 1,000
francs , et ne parut plus qu'aux spectacles de la
cour jusqu'en 1776, époque où il cessa tout à
fait déjouer la comédie, ne conservant que l'em-
ploi de répétiteur. Il retourna vivre avec sa mère
et ses trois sœurs , qui avaient repris le com-
merce de la bijouterie. Plus tard il se relira à
Sainl-Germain-en-Laye, dans une petite maison
que lui avait donnée le comte d'Artois, dont il
était le capitaine des chasses. La quatrième classe
de rinstilut l'admit en 1800 au nombre de ses
correspondants. En 1810, les acteurs de l'Opéra-
Comique, informés que Caillot n'était pas heu-
reux, lui assurèrent une pension de 1,200 francs.
Quatre ans plus tard, Louis XVIII y joignit une
autre pension de 1,000 francs sur sa cassette. La
mort de deux de ses sœurs lui avait donné la
copropriété d'une maison située sur le quai de
Conti; mais il ne jouit pas longtemps de l'ai-
sance qu'il venait d'acquérir. Après la mort déjà
ancienne de sa femme, il lui était resté deux en- }
fants; son fils, major de cavalerie, périt en 1812,
dans la campagne de Moscou ; la douleur que
Caillot en ressentit lui causa dans la même année
une attaque de paralysie qui le força de revenir
à Paris avec sa fille : il sembla d'abord avoir
recouvré la santé, mais une seconde atteinte mit
fin à ses jours le 30 septembre 1816. Il était dans
sa qitatre-vingt-quatiième année. Sa fille, qui
lui a survécu , est tombée en démence.
CAIMO ( JosEPU ), compositeur qui a eu de
la célébrité, naquit à Milan, vers 1540, et vécut
(1) Grétry a écrit partout dans son livre Cailleau pour
Caillot; il était dans l'erreur sur l'orthographe du nom
de cet acteur; c'est Caillot qu'il fautécrlrc, car c'est ainsi
qu'on trouve ce nom dans les registres de l'ancienne Co-
médie italienne.
dans cette ville. Ses productions sont devenues
fort rares. On trouve l'indication de quelques-
uns de ses ouvrages dans V Athénée des Lettrés
de Milan, de Piccinelli, dans l'Essai de la Borde ,
et dans le Lexique des Musiciens de Gerber. La
Borde, qui ne cite aucun titre, parle de 8 livres
de chants (probablement des madrigaux) qui
auraient été publiés vers 1560. Les titres connus
des productions de Caimosont : 1° Madrigali a
cinque voci, Ubro l° ; Venise, 1568. —2° Ma-
drigali rt 5, 6, 7 e 8 voci- Milan, 1571. —
3° Madrigali a quattro voci, l° Ubro; Milan,
1581. — 4° Madrigali a cinque voci, Ubro se-
conda; ibid., 1582. — 5° Canzonette a quattro
voci, lib. 1; Brescia, 1584. — 6" d% Ubro se-
conda ; ibid., 1585. — 7" Madrigali a cinque
voci,libriIIIeIV;in Venezia,2nesso Giacomo
Vincenti e Ricciardo Amadino , 1585, in-4°.
On trouve des madrigaux et des chansons de
Caimo dans le recueil intitulé : Paradiso mu-
sicale de' madrigali e canzoni a cinque voci
di diversi eccellentissimi autori, nuovamenie
raccolti da P. Phalesio et posti in luce. In
Anversa, nella stamperia di Pietro Phalesio,
1596, in-4''obl.
CAIX ( M. de), professeur de viole à Paris,
vers 1750, a publié dosa composition -. 1" Cinq
livres de pièces de viole. — 2° Un livre de duos
pour le par-dessus de viole. — 3" Trois livres de
sonates à llùte seule.
CAJANI (Joseph), chef des chœurs et ac-
compagnateur du Théâtre-Italien de Paris, né à
Milan, en 1774, s'essaya d'abord comme chan-
teur di-ainatiqne; mais, n'ayant qu'une voix de
mauvaise qualité, il ne réussit pas, et bientôt il
renonça à cette carrière. Il est mort à Paris en
1821. On a de lui : Nuovi Elementi di mus/ca,
esposii con vero ordine progressivo. Milan ,
Ricordi , in-fol. obi. Il a composé et arrangé la
musique de plusieurs ballets pour les théâtres de
Milan, entre autres : 1° Tavora ed Oliviera.
r- 2° LaFesta campestre; en 1797. — 3" De-
rnetrio. — 4" / fuiti Filoso/i. — à" Fugenia e
Rodolfo; en 1799. — 6° Il Filopemene. —
1° Adélaïde cdAlfonso. — s" / treMatrimonj,
en 1805. — Q" Le Danaide. — \Q° Matilde e
Rodegondo; en 1810. — il" Romilda e Deza-
vedos. — 12" / Riii di Milo; en 1818.
CAJOIV (Antoine-Fka?)çois), né à Màcon
en 1741, fut d'abord enfant de chœur dans cette
ville, puis s'engagea comme soldat, déserta,
entra dans un couvent de capucins, n'y acheva
pas son noviciat, et s'enfuit à Paris, où son es-
prit et .ses talents en musique lui procurèrent
la faveur d'un fermier généra! , qui le lit entrer
comme commis dans les aides. Kn 1705, il se
CAJON — CALDARA
MO
maria, eut tics enfants, et la gCne qui en résulta
pour ses affaires le conduisit à quelques infidé-
lités qui lui tirent perdre son emploi. Ce fut alors
qu'il chercha des ressources dans la musique et
«lu'il on fit sa profession. Il réussit d'abord assez
Itien , mais ensuite il fit des dettes et fut obligé
de s'éloigner de Paris, pour se rendre en Russie,
où il est mort en 1791. C'était, ait M""= Roland
dans ses Mémoires , un petit homme vif et eau-
scm:
Cajon a publié un livre qui a pour titre : Les
Étémenls de musique, avec des leçons à une
et deux voix. Paris, 1772, in-8°. La [Jorde dit
qu'il pilla avec assez d'art les leçons de Bordier
pour composer cet ouvrage. Choron et Fayolle
ont répété ce jugement dans leur Dictionnaire
des Musiciens : j'ignore s'il est fondé , car je ne
, connais pas le livre de Cajon.
Ce musicien eut un fils, qui s'appelait comme
hù Antoine-François, et qui était né à Paris le
8 mars 17G6. Élevé à la maîtrise delà cathédrale,
il entra à l'Opéra comme contre-basse en
17'J2, en sortit en 1795, et voyagea dans les
Pays-Bas comme maître de musique d'une troupe
«le comédiens, puis retourna à Paris en 1816, et
entra à rOi)éra-Comique comme souffleur de
musique. Il garda peu de temps cette place , et
retourna dans les Pays-Bas. Il est mort le 27
octobre I8l9, à Rions, où il était maître de mu-
sique du théâtre. En 1805, il a donné au théâtre
ticii Jeunes artistes un opéra-comique en un acte,
intilulé : Une matinée de jmntemps.
CALCKMAINI ( Jeak-Jacques), membre du
consistoire de la Haye, vers le milieu du dix-
septième siècle, a fait imprimer un livre intitulé :
Anlidotum, tegen-gift vant gebnujcli ofon ge-
bruijcli vant Orgel in de Kerkcn der veree-
nighde Nederlanden (Antidote contre l'usage
et le non-usage de l'orgue dans les églises des
provinces-unies des Pays-Bas); in s'Gravenliage
( la Haye ) , by Aert Meuris, 1641 , in-8». Cet ou-
vrage, écrit avec violence, est une critique d'un
autre livre qui avait paru sous le voile de l'a-
nonyme , et sous ce titre : Gebruick of onge-
bruicli van't Orgel in de Kercken der veree-
nighde Nederlanden ( Usage et non-usage de
l'orgue dans les églises des provinces-unies dans
les Pays-Bas), Leyde, Bonaventure et Abraham
Elsevier, lG4l,in-8°. (Voij. HUYGENS.) Ce-
lui-ci avait voulu démontrer dans son écrit que
l'usage de l'orgue dans les temples protes-
tants n'est point contraire à la foi, comme le
croyaient alors les rigoristes des églises de Hol-
lande et les puritains en Angleterre, et qu'il était
seulement nécessaire d'en régler convenablement
l'emploi. CakKman entreprit dans sa réponse de
prouver, au contraire, que rien n'est plus ftincstc
à l'esprit de recueillement que l'introduction mon-
daine de l'orgue dans le service divin , et qu'on
devait détruire cet instrument partout où il exis-
tait. Il ne se borna pas à combattre son adver-
saire par des armes égales, car il fit censurer
son ouvrage dans une assemblée du consistoire
dont lui-même était membre. L'acte de censure
est daté du 20 décembre 1641. Quelques jours
après, l'auteur de l'écrit censuré fit paraître,
pour toute réponse, un recueil d'approbations
qu'il avait reçues de toutes parts, particulière-
ment des pasteurs des églises réformées de Hol-
lande, d'Angleterre et de Genève. Dans ce recueil,
intitulé : Responsa prudentium ad auclorem
Dissertationis de Organo in Ecclesiis confœd.
Dclgii (Lugd. Batavor., e\ officina Elseviriana,
1G41, in-8°). On y trouvedes lettres intéressantes
de Boxliorn,de Daniel Heinsius, de Gaspard
Barlacus, de Louis de Dieu, deGolius, et de
quelques autres savants.
CALCOTT. Voij. Callcott.
CALDAIVI (léopold), professeur de méde-
cine théorique et d'anatomie, membre pensionné
de l'Académie de Padoue, a donné dans les Saggi
scienti/lci e letterari de cette académie (t. II,
1789, page 12-24), une dissertation sur l'organe
de l'ouïe, intitulée : Dissertatio de Chordx iim-
pani officio, et de peculiari peritonœi struc-
tura.
CALDARA (Antoine), compositeur labo-
rieux, naquiten 1078, à Venise, où il reçut dans
sa jeunesse des leçons d'accompagnement et de
contrepoint de son compatriote Legrenzi. Il n'é-
tait âgé que de dix-huit ans quand il fit repré-
senter s®n premier opéra. Son premier euiploi
fut celui de simple chantre h. la chapelle ducale
de Saint-Marc; il l'occupait encore lorsqu'il fut
appelé en 1714 à la cour de Mantooe, pour y
reniplir les fonctions de maître de cliai)elle: il y
resta jusqu'en 1718. Alors il se rendit à Vienne
et y obtint le titre de vice-maltre de chapelle de
la cour impériale. L'empereur Charles VI, qui
aimait l>eaucoup sa musique, le prit pour maître
de composition, dans le style moderne de ce
temps , pendant qu'il étudiait le contrepoint ri-
goureux sous la direction de Eux ou Fuclis.
En 1723 , il dirigea à Prague l'opéra que Eux
avait écrit pour le couronnement du roi de Bo-
hême, et qui fut exécuté en plein air. Il paraît
qu'après avoir écrit son opéra de Temistocle ,
dont la représentation eut lieu à Vienne le 4 no-
vembre 1736, Caldara, affligé du peu de succès
de cet ouvrage, renonça au théâtre. H passa
encore deux ans dans la capitale de l'Autriclie;
puis, vers la fin de 1738, il retourna à Venise,
15«
CALDARA
et y vécut dans la relrail* jusqu'en 1763 , où il
mourut le 28 août, à l'âge de quatre-vingt-douze
ans. C'est donc à tort que Gerber a dit que cet
artiste cessa de vivre à Vienne. Mais il est i)ien
}»lus singulier que le savant Antoine Selimid
lasse mourir Caldara le 28 décembre 173C, à
Vienne, à l'ûge de soixante-six ans, ce qui,
d'une part, abrège sa vie d'environ vingt-sept
ans , et de l'autre le fait naître huit ans plus
loi (1). J'ignore d'après quels documents ce sa-
vant a supposé ce fait, en opposition à toutes
les données liistoriques, et qui d'ailleurs est
démenti par la représentiition du dernier opéra
de Caldara ( l' Ingraiitudine casligata) , à Ve-
nise, au mois de mars 1737. Les œuvres de
théâtre et de musique d'église composées par
Caldara sont innombrables. Sa fécondité eut plu-
sieurs causes , car il vécut longtemps, conserva
la vigueur de sa tête jusqu'à ses derniers jours ,
et travailla constamment dix heures chaque
jour.
Caldara eut deux manières pour sa musique
de théâtre. La première, faible d'invention, n'a
de recommandable que la facilité naturelle des
mélodies : elle a vieilli promptemcnt, parce que
les formes en sont peu variées. Après son ar-
rivée en Allemagne, il changea son style et donna
plus de ■vigueur à son harmonie, mais il manqua
toujours à sa musique le caractère vital qui ne
peut être que le produit du génie. Caldara était
un habileimitaleur, maisiJ ne savait pas inventer.
Le sort de toute musique dramatique est d'être
plongée dans l'oubli par les transformations suc-
cessives de l'art : les productions de ce composi-
teur ont par conséquentdû subir la commune des-
tinée ; mais elles n'ont pas, comme celles d'A-
lexandre Scarlalti, contemporain de leur auteur,
le mérite d'offrir quelques-uns de ces beaux élans
de génie qui survivent à toutes les révolutions,
et qu'on peut admirer dans tous les temps. Plus
heureux dans sa musique d'église, Caldara a laissé
quelques ouvrages qui, sans s'élever à la hau-
teur des belles compositions en style concerté
des écoles de Scarlatti , de Léo et de Lotti , sont
cependant fort estimables.
L'es principaux ouvrages de Caldara sont ceux
dont les titres suivent : 1° Argene;aL Venise, en
1G89. — "}." Tirsi; ihid., 1696 ( le deuxième acte
de cet ouvrage est le seul qu'il ait écrit ; les au-
tres étaient de Lotti et d'Ariosti). — 3" Le Pro-
messe serbate,- ibid., 1097. — 4° Il Trionfo
délia continenza; ibid., 1G97. — 5° Farnace;
ibid., 1703. — 6° Il Selvaggio eroe ; 1707.
— 1" Parlcnope; 1708. — 8° Sofonishe; à
!i) Voyez le livre Intitule : Cliristopfi Jf'ilibald liiiter
von Cliah, etc., p. 23 , dans la note.
Venise, en 1708. — Oo L' Iiiimko geneioso ,
à Bologne, en 1709. — 10" Coslanza in amore
vince V inganno • Macerata, 1710. — 11° Ale-
naidcj à Rome, en 1711. Cet ouvrage fut écrit
pour le célèbre chàwiewr Amadori . — 12° Tltoe
Bérénice; à RoÈue, en 1714. — \:\° Il Ricca
Epulone; à Venise. — 14" Il Giubilo délia
Salza; à Salzboiirg, 1716. — 15" Caio Mario;
Vienne, 1717. — \6"Coriolano; 1717. — 17° La
Verilù nelV inganno; Vienne , 1717. —
i8° La Parlenza amorosa ; Rome, 1717. —
iQ"^ Astarte ; Weime , 1718. — 20" La Forza
delV amicizia; 1718. —21° Ifigenia in An-
Z/rfe,- Vienne, 1718. — 22° Lncio Papiriodit-
iatore; ibid., 1719. — 23° Sirita ; ibid., 1719.
— 7i°Sisara; ibid., 1719. —25° Tobia ; ibid.,
1719. — 26'^ Assalone, \bi<l., 1720. —Yl°Naa-
man;\b\(\., 1721. —l^s" Giuseppe; ibid., 1722.
— 29° Nilocri; ibid., 1722. — SO» Ormilda;
ibid., 1722. — 3i° Scipione nelle Spagne ; ib'u].,
1722. — SI" Euristeo ; ihid., 1723. — 33° An-
dromacca; ibid., i724. — 3i° David; ibid.,
1724. — 35" Gianguir; ibid., 1724. — 36" La
Grisclda; ibid., 1725. —37" Le Profezie cvan-
geliche; ibid., 1725. — 38° Semiramide ;Va\(\.^
1725. — dd" I due Diltalori ; 1726.-40" Ven~
ceslao; 1726. — 410 Gio«;, 172C. —k1°Bal-
tiila; 1726. — 43° Don Chisciotlo alla corie
délia Duchessa; 1727. — 44-^ Imeneo ; 1727.
— 45° Ornospade; illl. — kç,° Gionata ; 1728.
— t\l°Mitridate; 1723. — iS°Cajo Fabrizio;
1729. — 49» Nabot; 1729. Tous ces ouvrages,
depuis 1718, sont sur des poëines de Zeno. —
50° La Passione di Giesù Christo ; 1730. —
51" Daniello ; 1731. — 52" Santa Elcna al
Calvario; 1731. — 53° Demeirio ; 1731. —
54° L'Asilo d' amore ; 1732. — 55° Sedecia ;
1732. — 56° Demofoonte; 1733. — 57° Ge-
rusalemme converfita; 1734. — 58° La Cle-
menza di Tito; le 4 novembre 1734. —
59° Adriano in Slria; 1735. — 60° Davidde
umil/ato; 1735. — Gl" Ejione ; 1735. —
62'» San Pietro in Cesarea; 1735. —63° Gcsù
presenlatonel tempio; 1735. — 64° ie Grazic
vcndicafe; 28 aoilt 1735. — 65° Z/' Olimpiade
173C. — 66° AcIiiUe in Sciro ; 1736. — 67° Ciro
riconosciuto, 28 août 1736. — 68" Temisfocle ;
4 novembre 1736.— 69° L' Ingratiludine cas-
tigata; 1737.
Parmi les œuvres de musique d'église de Cal-
dara, on remarque plu.sieurs messes à quatre et
à cinq voix avec instruments : Molefli a 2 e 3
voci, op. 4, Bologne, Silvani, I7i5; le Anfi-
fonc délia 3Iadona, a2,2, e k rod, Venise,
1717; un Magnificat à quatre voix, deux vio-
lon*, deux trompettes, limbales et orgue, un
CALDARA — CALDKNBACII
151
Jleijina caii; nu Te Dciun; l'hymne J.niida
Jérusalem; un Salve regina pour voix de so-
prano avec insfiunients; les psaumes 7>'e«^H5
vir, à voix seule et orcliestrc, et Mémento Do-
ininc à «luatre voix : des Vêpres complètes à
cin(i voix ; <los motets à deux , trois et cinq voix ;
Cruci/ixus à seize voix , véritable chef-d'œuvre
en son genre. Teschner a publié ce morceau en
1840. On connaît aussi, de la composition de
Calùara, six messes qui ont pour titre : Chorus
Masarum divino ApolUni accinentium , sive
Sex Missx selectissimx quatuor rocibus ,C.A.
T. D., 2 violinis et organo concert. "). cla-
rhi'is, iynip. violonc. pro libet. Aulhore ce-
leberrlmo et prestant. Do. Antonio Caldara,
chorl 7nus. in aula CaroU VI, gl. mem. Imp.
Rom. vice Direct, in Incem prodierunt,una
in ordine III. Joli. Nlcolai HemmerUn, Bam-
beri; , 1748, in-lol. Les catalogues de Hieilkopf,
publiés en i7Giel 17C9, contiennent l'indication
(les deux ouvrages dont les titres suivent : 1° Ma-
gnificat a canoni , 4 voc. et organo. —
2" Kyrie cum gloria , Sanctus, Hosanna et
Agnus, ivoc. 2 violinis, viola et fundamento.
Dins la bibliothèque royale de Berlin (fonds de
Toelciiau) on trouve en manuscrit les ouvrages
suivants : Motet (Lauda Jérusalem) îi quatre
voix et orgue; Messe brève (en ré majeur) à
([uatrevoix et orgue; Salve regina (en itt mi-
neur) à quatre voix et instruments; Messe {De
lleala Virgine) à quatre voix et instruments;
.Missa (en ut majeur) Arti/iciosissimx com-
positionis in contrapuncto sub duplici ca-
none, inverso contrario etcancrizanieivoc;
Miserere à quatre voix, 2 violons, trombones
cl contre-basse; Te Deuvi laudamus k quatre
voix et orgue (en ut majeur); Regina cœll à
(piatre voix et orgue (en si bémol) ; Messe a ca-
pella à quatre voix; Missa Consolationis , à
(piatre voix et instruments; 3Iissa piena inho-
uorem B. V. M. à huit voix; Kijrie et Gloria,
à quatre voix, 2 violons, 1 basson et orgue;
Psaumes 137, 138, 139,140 et 141, à quatre voix;
Hymne : Hominis superne conditor à quatre
voix ; Magnificat à quatre voix sans accompa-
gnement; Sttthat Mater à quatre voix et ins-
truments {(-n sol mineur); Missa Providentia,
à quatre voix et instruments (eu ré mineur) ;
IMesse à (piatre voix et orgue (en sol mineur) ;
Messe à quatre voix et instruments (en ut ma-
jeur) ; Magnificat (en ut majeur) à quatre voix
et instruments; 12 Madrigaux à quatre et cinq
voix. M. l'abbé Santini possède de Caldara : les
cinq Psaumes de compiles à plusieurs voix;
S. Firma, oratorio a 5 con violini; Santo
Stefano, l""» re d'Ungheria, oratorio a icon
violini ; le Gelosic d' un amore utilmenie
crudele, oratorio a 4 con slromenti ; la Con-
versione di Clodario rc di Francia, oratorio
a 4 con violini ; la Frode dcllaCaslità , ora-
torio a 5 in due parti; il Trionfo delV Inno.
cenza , oratorio a 5 in due parti ; Abigai ,
oratorio a 4 con stromenti ; S. Francesca ro-
mana, oratorio à 5 con strom.; la Ribellione
di Assalonne, oratorio a 4 con stromenti, m
due parti ; V Assunzione delta Beuta Virgine
a b, in fre parti, con stromenti ; la Cabtitàal
cim enlo, a 5 con stromenti ; il Trionfo d'amore,
serenata a 4 , con stromenti ; la Costanza in
amore vince V inganno, pastorale à '> en deux
parties ; un livre qui contient un grand nombre
de cantales à voix seule avec clavecin, manus-
crit original de Caldara ; beaucoup de cantales
à une , (!(Mix et trois voix avec instruments ;
enfin un grand nombre de pièces détacliées et de
motets.
La musique de chambre de ce compositeur
renferme : 1° Douze cantates avec basse con-
tinue, dont six pour soprano et six pour con-
trallo, publiées à "Venise, en 1099, par Joseph
Sala. — 2° Deux œuvres de sonates jiour deux
violons et basse continue, publiés à Amsterdam.
Au titre d'un de ces ouvrages, Caldara est qua-
lifié Musico di violoncello, ce qui indique qu'il
jouait de cet instrument.
CALDARERA ( Micuf.l ) , naquit à Borgo-
Sesia , le 28 septembre 1702 , et fut envoyé par
son père à Milan , à l'âge de quatorze ans, pour
y apprendre le contrepoint. Devenu musicien
lialiilc , il obtint la place de maitre de chapelle
de Saint-Evasio à Casale , et occupa ce poste
jusqu'à sa mort, arrivée en 1742. Il a laissé en
manuscrit une grande quantité de musique d'é-
glise.
€AL1>ENBACIÎ ( CunisTOPUE ), professeur
d'éloquence à Tubiuge, a été considéré comme
auteur d'un programme de thèse sur quelques
motets do Roland de Lassus , et particulière-
ment sur celui qui commence par ces mots :
In me transierunt. Le repondant fut Élie
Wallber. ( Vog. ce nom. ) Suivant Forkel
et Licbtenthal , ce serait Caldenbacb qui aurait
publié l'examen de ce sujet , sous le titre î)e
Musica dissertatio , Tubinge, 1G64, mais Go-
defroid Wallher ( Musikalische Lexik. ) ne s'y
est pas trompé, et a cité cette dissertation
comme l'ouvrage d'Élie Walther. Gerber a suivi
l'oi-.inion de Godefroid Wallher à ce sujet.
L'erreur de Forkel est d'autant plus singulière
qu'il a pris ce dernier pour guide dans sa Lit-
térature générale de la musique, quand il
n'avait pas vu lui même les ouvrages dont il
152
CALDENBACH — CaLEGARI
parlait, ou lorsqu'il n'avait pas de renseigne-
ments particuliers.
CALEGARI (Cornélie), cantatrice dis-
tinguée , claveciniste et compositeur, était tille
de Bartholomé Calegari, de Dergaine. Elle na-
quit dans cette ville en 1644. A peine âgée
de quinze ans, elle fit paraître son premier
livre de motels , qui fut accueilli par de nom-
breux applaudissements à son apparition. Néan-
moins, ce lirillant succès ne détourna pas
Cornélie Calegari du projet qu'elle avait l'ormé
de se relirer dans un couvent : elle choisit
celui de Sainte-Marguerite, à Milan, et y pro-
nonça ses vœux en 1060. Elle reçut alors les
noms de Marie-Catherine. Par son cliant , son
jeu sur l'orgue et ses compositions, elle fixa sur
elle l'atlention de toute la population de Milan;
les amateurs de musique se rendaient en foule
à l'église de Sainte-Marguerite pour, l'entendre.
On ignore l'époque de sa mort. Ses compositions
connues sont : 1" Motet ti a voce sola ; 1659.
— 2° Madrigali e canzonette a voce sola. —
3' Madrigali a due voci. — 4° Messe a sei
voci con istrumenti. — 5° Vespéral à l'usage
des religieuses.
CALEGARI (François-Antoine), cordclier,
naquit à Padoue, vers la fin du dix-septième
siècle. On voit par l'approbation qu'il a donnée
au Musico Teslore de Tevo (dont il avait été
nommé censeur ) , qu'il était maître de chapelle
de l'église du grand couvent des mineurs con-
ventuels à Venise, en 1702. En 1724, il était
maître de chapelle à Padoue, et l'on croit qu'il
occupait encore ce poste en 1740. 11 eut pour
successeur Valotti. Le jière Calegari jouissait
d'une grande réputation de savoir, et sa musi-
que d'église était admirée des plus habiles
compositeurs, lorsqu'il lui prit fanlaijiie de la
brûler, pour en composer dans le genre enhar-
monique des Grecs, dont il croyait avoir re-
trouvé les principes; mais, sans respect pour
l'antiquité , les auditeurs trouvèrent cette musi-
que détestable, et les musiciens la déclarèrent
inexécutable. On a imprimé de sa composition :
\° IX Psalmi. — 1° Salve sanguis. — 3" Can-
tate da caméra, il existe dans la bibliothèque
de l'Union philharmonique de Bergame une co-
pie manuscrite d'un traité théorique sur la
musique par le P. Calegari ; cet ouvrage a pour
titre : Ampia dimostrazione degli armoniali
musicali tuoni. Trattato ieorico-prattico. Il
parait que le manuscrit original est daté du 15
août 1732 , mais la copie dent il s'a'git a été faite
par le P. Sabbatini, en 1791 , comme le prouve
cette note placée à la fin du manuscrit qui a
804 pages in-fol. : Trascritto ad litteram
nelV anno 1791 dal P. Luigi Antonio Sab-
batini , viinor conventuale, maestro di cap-
pella nella sacra basilica del Santo in Pa-
dova. Lichtentlial , qui a donné un aperçu du
contenu de cet ouvrage (Bibliogr. delta Mus.,
t. IV , p. 4G2 ) , dit que son mérite est égal ;»
celui des meilleurs traités de musique publit's
en Italie, et qu'il est vraisemblable que Valotti
et Sabattini lui-môme en ont fait leur profit sans
le citer; le P. Barca est le seul qui en ait parie.
Le manuscrit original était devenu la propriété
du compositeur Simon Mayr, qui en envoya une
copie à l'Institut de France ; mais postérieure-
ment l'ouvrage a été publié par M. Balbi, de
Venise, sous ce titre : Trattato del sistema
annonico di Francesco Antonio Calegari,
proposto et dimostrato da Melchiore Balbi ,
nobile Veneto , con annotazione e appendice
dello stesso. Padova, per Valentino Cresc.ini ,
1829, gr. in-8°, avec le portrait de Calegari.
On voit dans cet ouvrage que le système har-
monique de Valotti et de Sabbatini n'est autre
que celui de leur prédécesseur.
CALEGARI (Antoine), premier organiste
et maître de chapelle à Saint-Antoine de Padoue,
naquit dans cette ville, le 18 octobre 1758. 11
s'est fait connaître comme compositeur drama-
tique , en faisant représenter à Venise, en 1784,
un opéra qui avait pour titre : le Sorelle rivali,
et qui fut suivi de V Amor soldato, et de il
Malrimonio scoperto, joué en 1789. En 1800 il
vivait à Padoue, et s'y faisait remarquer comme
violoncelliste dans des concerts publics, lorsque
les troubles de la guerre l'obligèrent à s'éloigner de
sa patrie et à chercher un asile en France. Il se
rendit à Paris, où la fortune lui fut d'abord con-
traire, car il ne put réussir à se faire entendre
comme instrumentiste, ni comme compositeur. 11
imagina enfin un moyen de se faire connaîtie par
une de ces singularités musicales dont on avait
déjà vu quelques exemples : le succès répon-
dit à ses espérances. L'ouvrage qu'il publia
avait pour litre : l'Art de composer la 7nusi-
que sans en connaître les cléments. Il fut
publié à Paris , en 1802 , et l'auteur le dédia à
M'"'' Bonaparte, qui prit Calegari sous sa pro-
tection et lui procura de l'emploi. Déjà il avait
paru en Italie sous ce titre : Gioco pittagorico
musicale, col quale potrà ognuno , anco
senza sapere di musica , formarsi una série
quasi infinita di picciole ariette e duetti
per tutti li caratteri, rondo, preghiere, po-
lacche, cori, ecc. il tutto con accompagna-
mento del piano forte , arpa, o altri slro-
menti ,• Venezia, Sebast. Valle, 1801, in-fol. m».
Cet art prétendu, par lequel on pouvait en ap-
CALLKGARI — CALL
153
parencc coinpost-r, i/était qu'une o|)«îration mé-
tiiniiiuo qui |iermcltait <le combiner de 1400
manières diflérentes des plirases préparées et
calculées par Caiegari pour se prêter à c«s com-
binaisons. L'auteur et l'édileiir du livre es-
sayèrent en 1803 de rappeler i'altenlion publique
sur l'ouvrage, en faisant une deuxième édition
qui ne diflérait de la première que par le fron-
tispice.
I.orsquc les circonstances le permirent, Caie-
gari retourna dans sa ville natale et y obtint la
place de maître de chapelle du Saiito ; il en
remplit honorablement les fonctions juscju'à sa
mort, qui arriva le 22 juillet 1828. Quelques
années après son décès ou a publié im traité de
l'art du chant dont il avait laissé le manuscrit.
Cet ouvrage est intitulé : Modi gcnerali dcl
canlo premessi aile manière parziali onde
odoniare e rlfiorire le mule e siniplici mé-
lodie e canlilcne , giusfa il metodo di Gas-
paro Pacchiarotli. Milano, Ricordi ( 183G ) ,
in-fol.
CALEGARI ( François), guitariste, né à
Florence, vers la fin du dix-huitième siècle , s'est
(i\é en Allemagne où il a publié presque tous
ses ouvrages. On connaît de lui environ vingt
œuvres pour guitare seule ou pour deux guita-
res, composés de valses , de rondeaux , de so-
nates, d'airs variés, et de mélanges d'airs d'opéras
et de ballets, publiés à Florence, à Milan, à Leip-
sick et à lîrunswick. On connaît aussi sous le
nom de Caiegari une introduction et des varia-
tions ponr le piano sur un thème de Carafa
( Milan, Ricordi ) ; je crois que cet ouvrage est
d'un autre artiste portant le même nom.
CALESTAIMl (Jluôhe), compositeur, né à
Lucqucs , dans la seconde moitié du seizième
siècle, est connu par un œuvre qui a pour titre :
Sacrati fiori musicali a otlo voci, con il Te
Deum a coro spezzato a 4 voci, op. 2 ; Parme,
Erasmo Viotti, 1603, in-4°.
CALETTI-BRUi\l (Jean-Baptiste), musi-
cien né à Créma, dans l'État de Venise, vers 1560,
fut maître de chapelle de l'église paroissiale
Sania-Maria, dans cette ville. On a publié de
sa composition : Madrigali a clnque voci,
libro primo, in Venezia , app. Ricciard.
Amadino, 1604, in-4°. Ce musicien est le père
de Pierre-François Caletii-Bruni , qui s'est
rendu célèbre sous le nom de Cavalli. Voij.
CAVALLI (I^iERUE-FiiASÇOis).
CALIFAIMO ( Jean-Baptiste ) organiste de
l'église des Tolentini , à Venise, vécut dans la
seconde moitié du seizième siècle. H a fait im-
primer de sa composition : il Primo Libro di
Madrigali a cinque voci ; in Venezia , presso
I Giacomo Vincent! e Ricciardo Amadino, 1584,
in-'i" ohl.
CALIGIXOSO, <lit IL FuRioso, noms aca-
! démicpies d'un auteur inconnu de qui l'on a un
j ouvrage intitulé I qualro Libri délia chitarra
' spagnuola, nelli quali si contengono lutte le
sonate o'rdinarie, semplici e passcgiate. Con
una nuova invenlione di passuculli spagnoli
variait, ciacone, follic , zarabandc, arie di-
versi, ioccate musicali, ballctti,corrcnti, volte,
gagliarde , alemande con alcune sonate
picicate al modo dcl lealo con Le sue rcgole
per imparare a sonarle faeilissimamente
Novamente composta e dotto (sic) in luce.
A l'exception de trois pages qui contiennent les
règles de la guitare espagnole et qui sont pré-
cédées du portrait de l'auteur, cet ouvrage, qui
forjne un volume in-4°, est entièrement gravé sur
cuivre ainsi que le frontispice, où l'on ne voit
ni date, ni nom de lien. Dans les règles pour
jouer de la guitare , on voit que l'auteur avait
publié précédemment deux autres ouvrages
de sa composition, et que celui-là est le troi-
sième.
CALL (LÉONARD de ), né dans un village de
l'Allemagne méridionale, en 1779, se livra dès
sou enlauceà l'étude de la guitare, de la llùte
et du violon. 11 commença à se faire connaître
à Vienne, en 1801 , par des compositions qui
obtinrent de brillants succès, à cause de leurs
mélodies faciles et d'un goût agréable. Les pre-
micis ouvrages de cet artiste furent écrits pour
la guitare et la flûte. Bientôt ils devinrent po-
pulaires, et les éditeurs de musique, dont ils fai-
saient la fortune, excitèrent si souvent leur au-
teurà en produire de nouveaux que leur nombre
s'éleva jusqu'à près de 150 en moins de douze
années. C'étaient des pièces pour guitare seule,
desduos, quatuors pour guitare et llûte, des trios,
quatuors, sérénades avec accompagnement de
violon, de hautbois, de basson, et d'autres ins-
truments. A ces compositions légères de musique
instrumentale succédèrent, à divers intervalles,
des recueils de chansons pour trois ou quatre
voix d'hommes, qui obtinrent un succès prodi-
gieux. De Call peut être considéré comme celui
qui mit en vogue ce genre de musique chez les
Allemands. Les catalogues des marchands de
musique indiquent environ vingt recueils de ces
chants, qui contiennent plus de 140 morceaux.
Ainsi qu'il arrive toujours aux compositeurs po-
pulaires, l'éclat du succès et la trop grande (é-,
condité usèrent en peu de temps la renommée
de de Call. S'il n'eût cessé de vivre à l'âge de
trente-six ans, il eût eu le ciiagrin de voir suc-
céder un profond oubli à la popularité dont il
154
CALL — CALLENBERG
avait joui. Il est moit à Vienne, en 1815, laissant
après lui une leaiine et des enfants dont il fai-
sait le boidieur par ses excellentes qualités so-
ciales.
Un autre musicien du même nom se faisait
remarquer à Vienne, en 1814, par un talent fort
singulier : il était sifdeur, et possédait une ha-
bileté extraordinaire en ce genre. Non-seulement
les traits les plus rapides et les plus difficiles étaient
exécutés par lui avec beaucoup de précision et
de justesse, mais il pouvait faire des suites de
trilles chromatiques dont la perfection ne laissait
rien à désirer. Ce musicien d'un genre nou-
veau ne se faisait entendre que dans des sociétés
particulières.
CALLAULT (Salvator),. harpiste de l'A-
cadémie royale de musique à Paris, est né dans
celle ville, vers 1791. Élève de Naderman, il
s'est fait connaître par quelques compositions
pour son instrument. Les plus connus de ses
ouvrages sont : 1° Marche de Saiil, variée pour
la harpe, avec flûte ou violon, Paris, Zelter. —
2" La Tyrolienne, suivie d'(m rondeau, avec
flùle, ibid. — 3" Nocturne concertant pour
harpe, violon ou violoncelle, ibid. — 4" Col-
lection de morceaux choisis , arrangés pour la
harpe, Paris, Frey. — .5° Première fantaisie sur
la romance âe Joseph, ibid. — C° Fantaisie et
variations sur la gavotle et le menuet du ballet
de ISina j Paris, Janel. Callault est mort à Paris
en 1839.
CALLCOTT (Joiin-Vall), né le 20 no-
vembre 17GG à Kensington, dans le comté de
Middlesex , entra (lès l'âge de six ans dans un
collège du voisinage, ou il fit d'assez bonnes
études grecques et latines , que ses parents lui
firent interrompre à douze ans , pour lui faire
embrasser l'état de chirurgien. N'ayant pu sur-
monter la répugnance que lui inspirait cet état,
il s'appliqua à la musique, en 1779, et reprit en
môme temps le cours de ses études. Il apprit
successivement le français, l'italien, l'hébreu et
les mathématiques. Ayant été présenté aux doc-
teurs Arnold et Cooke, en 1782, il reçut de ces
deux habiles musiciens des conseils qui perfec-
tionnèrent ses connaissances. L'année suivante il
devint organiste suppléant à Saint-Georges le
Martyre ( llannovcr Square ). Depuis celle épo-
que, jusqu'en 1793, il envoya un nombre con-
sidérable de pièces aux divers concours ouverts
par la société de musique intitulée : the Catch
Club, et presque tous ses ouvrages furent cou-
ronnés. Dès 1786, il avait été fait bachelier en
musique à l'université d'Oxford. Vers 1793, il
commença à se livrer à la lecture des écrivains
didactiques sur la musique, et conçut le
projet d'écrire un dictionnaire de musique,
dont il publia le prospectus en 1797. Cinq ans
plus tard, ses matériaux étaient rassemblés ; mais
il fallait les classer et rédiger l'ouvrage, et ce
long travail ne s'accordait guère avec ses nom-
breuses occupations et avec le mauvais état de
sa santé : il fut donc obligé de l'ajourner à une
époque plus éloignée, qu'il ne vit point arriver.
Se persuadant toutefois que le public attendait
de lui un livre sur la théorie de la musique, il
écrivit en 1804 une grammaire musicale (a 3Iu~
sical Grammar ) dont la première édition pa-
rut en I80G ( Londres, un vol. in-12), et la troi-
sième, en 1817, sous ce titre : a Musical
Grammar in four 2)aris; l. Notation; 2. Me-
lod/j j 3. Ilarmonij ; k.Rhijthm. On a aussi de
lui deux petits écrits intitulés : 1" Plain slat-
ment of cari Stanhope's tempérament (Aj)-
préciation complète du tempérament du comte
deStanhope). Londres, 1807, in-8°. 2" Expia-
nation of the notes, marks, words, etc., used
in music ( Explication des noies, signes et
termes usités dans la musique). Londres, .^ans
date.
Callcott avait pris, en 1800, ses degrés de doc-
leur en musique à l'université d'Oxford. Eu 1791
il reçut sa nomination d'organiste de l'église de
Covenl-Garden, et, en 1792, il obtint la place
d'organiste à l'hospice des Orpiielins de Londres;
il la conserva jusqu'en 1802, époque où il y re-
nonça en faveur de M. Horsley , son gendre. Il
succéda en 180j au docteur Crotch dans l'euqjloi
de lecteur de musique à \' Institution royale ;
mais, craignant que le mauvais état de sa santé
ne lui permît pas de remplir les devoirs de
cette place, il donna sa démission au bout de
quelques années. En 1814, il prit le parti de
vivre dans la retraite et s'occiqia d'un ouvrage
sur la Biographie musicale, qu'il n'eut pas le
temps d'achever. Enfin, après avoir langui pen-
dant les deux dernières années de sa vie, il expira
le lômai 1821, dans sa cinquante-cinquième an-
née. La grammaire musicale de Callcott est con-
çue sur un bon plan et bien exécutée : les notes
font voir que leur aiitcur |)0ssédait de l'érudition
musicale. A l'égard fie ses compositions, dont
on n'a gravé qu'une faible partie, et qui con-
sistent en airs, chansons, canons et antiennes ,
les biograi>hes anglais leur accordent beaucoup
d'éloges. Le gendre de Callcott, Ilor^ley , a pu-
blié une collection des œuvres choisies de son
beau-père, en deux volumes in-folio, avec une
notice sur la vie de l'auteur.
CALLEMBKiîG ( Georges - Alexandke-
IIi;nki-IIi;um.\nn , comte de ) , seigneur de Mus-
Ivau.dans la liante Lu^^-ace , membre de l'Aca-
CALLENBERG — CALMET
15.1
d/'infe royale (l« Slockliolin.et claveciniste habile,
naquit à Muskau, le 8 ré"riei' 1744, cl mourut
dans le même lieu en 177j. On a gravé de sa
composition S/.c Sonates pou?' le clavecin ,
avec ncco}p.pagncmcnl de violon. Cerlin, 1781.
CALLETOT (Guillaume), chantre à dé-
chant (le la chapelle de Charles V , roi de France,
suivant une ordonnance de l'hôtel , datée du
mois de mai 1364. Ce chantre était un de ceux
qui, dans la chapelle du roi, improvisaient l'espèce
de contrepoint simple qu'on afipelait Citant sur
le livre. C'est ce qu'indique son titre de Chantre
à dèchant.{Vo>j. la Revue musicale , G'"^ an-
née, p. 218.) Les appointements de Guillaume
Callefot, ainsi que ceux de ses collègues, étaient
de quatre sous par jour.
CALLIDO (Gaétan), facteur d'orgues, naquit
dans 1 État de Venise, vers 1725. Il apprit les
éléments de son art dans les ateliers de Nan-
cliini, prêtre dalmale, qui s'était établi dans celle
ville, et qui avait la réputation d'un des meil-
leurs facteurs de l'Italie. C'allido se distingua
particulièrement par la douceur et l'harmonie
des jeux de fonds de ses ouvrages. Son mérite
le fit choisir pour la confection d'un grand nom-
bre d'orgues dans les monastères. Son activité
était si grande que le Catalogue de ses iiislru-
ments, imprimé en 1795 , en indique trois cent
dix-huit. Wé\)Oi\ue de sa mort est inconnue. Il
avait construit en 1767, pour l'église Saint-Marc,
un petit orgue appelé organetto del conccrii,
ou organetto del palchetto, pour la somme de
1,400 ducals. l'eu d'années après il fut charge
de l'entretien et de l'accord des trois orgues de
cdte éalise, aux a[ipointements annuels de 45
diicats.
CALL!NET,nom d'une famille de facteurs
d'orgues établie en Alsace. Elle était l'enomniée
par le nombre et le tncrife des ouvrages qu'elle a
produits. Son chef fut élève de Rie|)p {vofj. ce
nom ), qui vivait vers le milieu du dix-huitième
siècle , et qui a construit les grands instru-
ments des catliéilrales de Dijon et de iiesançon.
Louis Callinet, membre de cette famille, né à
Rouffach (Haut-Rhin) dans l'année 1797, se
rendit à Paris dans sa jeunesse et y entra dans
les ateliers de Somer ( vofj. ce nom ), où il aug-
menta ses connaissances et perfeclionna son ha-
bileté pratique. C'était, dit M. Hamel ( Nouveau
Manuel complet du facteur d'orgues, t. ni,
p. 390), un bon ouvrier qui travaillait conscien-
cieusement, mais qui n'eut jamais de gran.de en-
treprise où il pût se distinguer. L'orgue le'plus
considérable construit par lui est celui de l'Ora-
toire, dans !a rue Saint-Honoré. Kn 1839, iJ vendit
son fonds à la maison Daublaine, dont il devint
associé, et où il resta pendant cin(| ans. 11 en
sortit par un trait de folie dont il y a peu
d'exemples. Ayant fait construire une maison dans
laipielle il se proposait de se retirer, il eut besoin
d'argent pour achever les travaux et en demanda
à ses nouveaux associés : le refus qu'il éprouva
lui donna tant d'irritation que, sous prétexte
d'aller travailler à l'orgue de Saint-Sulpice, dont
la restauration était presque achevée, il brisa
tout ce qui avait été fait dans les ateliers dirigés
par lui-même. A peine eut-il accompli cet acte
de vengeance qu'il en eut les plus vifs regrets.
Ne pouvant plus rester dans la maison à laquelle
il avait causé un dommage si considérable, il fut
obligé de cliercher de l'ouvrage comme simple
ouvrier, et entra dans les ateliers dCiM. Cavaillé.
C'est dans celte situation qu'il est mort en 184G.
CALLINET (Icnace), cousin du précédent,
est né à Rouffach (Haut-Rhin) , le 13 juin (803.
Élève de son pèie, il fut associé de son frère
aîné pour la facture des orgues jusqu'en 1S27;
puis il se rendit à Paris et travailla pendant
quelque temps dans les ateliers de Louis Callinet.
Ue retour à RoufTacb , il contracta avec son frère
une nouvelle association, cpii ne finit qu'en 1843.
Depuis ce temps, Callinet a travaillé seul et a
construit plusieurs orgues grandes et petites, non
compris un grand nombre d'orgues de cabinet
et de chapelles de 4 à 8 jeux. Un de ses plus
beaux ouvrages est l'orgue de Besançon, grand
instrument dans lequel se trouvent deux 32 pieds
et neuf 10 pieds. Pendant son association avec
son frère, il a coopéré à la construction de trente-
neuf orgues à un, deux et trois claviers, et en a
réparé seize. La plupart de ces ouvrages sont en
Suisse el dans le département du Haut-Rhin.
CALMET (DoM Augustin), savant béné-
diclin de la congrégation de Saint-Vannes, na-
quit le 2G février Ui72, à Mesnil-la-Horgne, [irès
de Conimerci, en Lorraine. Après avoir fait ses
premières études au prieuré du Breuil, cl pro-
nonré ses vœux dans l'abbaye de St-Mansui, 1&.
23 octobre 1689, il alla fane son cours de phi-
losophie à l'abbaye de Saint-Èvre , et celui de
Théologie à l'abbaye de Munster. En 1718,11 fut
nommé abbé de Saint-Léopold de Nanci, et, dix
ans après, abbé de Sénones, où il passa le reste
de sa vie. Il mourut dans cette abbaye le ss oc-
tobre 1737. Dans son Commentaire littéral sur
la Bible, Paris, 1714-20, 2C vol. in-40, ou Paris,
1724, 9 vol. in-fol., ou enfin, Amsterdam, 1723,
25 vol. ia-8'', on trouve : r Dissertai ion sur la
musique des anciens , et en •particulier des
Hébreux; — 1° Dissertation sur les iiistru-
meoits de musique des Hébreux; — 3° Disser-
tation sur ces deux termes Hébreux : Xjvaj,
CALMET — CALVIÈRE
15f)
NAZE.vcn et Sela. Ugolini a donné une traduction
latiue de ces dissertations dans son Trésor des
cmUquiics sacrées, t. XXXII. On trouve aussi
quelques détails sur la musique des Hébreux
dans le Diclionnaire historique et critique de
la Bible, du même auteur, Paris, 1730, 4 vol.
in-tol. (ig. 11 y a peu d'utilité à tirer de tout
cela.
CALMUS (Martin) , né en 1749 à Deux-
Ponts, passa la plus grande partie de sa vie à
Dresde, où il était violoncelliste et musicien de
la cour. Il est mort dans cette ville, le 13 janvier
180'J. Avant de se fixer à Dresde, il avait été
jiltaclié quelque temps à l'orclieslre du théâtre
d'Allona. 11 a laissé quelques compositions pour
son instrument, dont une partie est encore iné-
dite.
CALOCASIUS, musicien romain , dont le
nom est parvenu jusqu'à nous , au moyen d'une
inscription rapportée par Gruter (Corpus In-
script., t. I, part. 1, p. 054 ), et que voici :
D. M.
CALOCASIO
VEIlNiE. DVLCISS.
ET. MVSICARIO
INGENIOSISSIMO
QVI. VIX. ANN. XV
BENEMERENTI. FECIT
DAPHiNVS.
Ce musicien doit avoir vécu dans le moyen
âge , car le mot musicarius, \)làœ dans cette ins-
cription , est de la basse latinité. Ducange ne
cite sur ce mot ( Glossar. ad script, med. et
infini, latin. ) que l'inscription dont il est ici
question.
CALORI ( M""") , cantatrice renommée dans
son temps, naquit à Milan, en 1732. Après avoir
paru avec succès sur quelques tliéàtres d'Italie,
elle se rendit à Londres vers la lin de 1755 , et
s'y fit une brillante répulalion qui se répandit
dans toute l'Europe. Elle se faisait remarquer
particulièrement par une agilité de vocalisation
dont on n'avait pas eu d'exemple jusqu'alors, par
une voix d'une étendue rare, et par un profond
savoir en musique. En 1770, elle brillait à Dresde
comme prima donna. Elle retouina dans sa
patrie en 1774, et continua de se faire entendre
sur divers tliéiUres jusqu'en 1783, quoique sa
voix eût pcnlu sa fraîcheur et une partie de son
agilité. On présume qu'elle cessa de vivre vers
1790.
CALOVIUS (Akrauam), professeur de
théologie , pasteur primaire et surintendant gé-
néralà Wilteniberg, naquit à Morungenen Prusse,
le IG avril 1012, et mourut à Wittemberg le
29 février 1C86. 11 a publié en langue latine une
Encyclopédie (Lubeck, 1G51, in-4° ) dans la-
quelle il traite de la musique, p. 549-554.
CALVEZ (G.uiRiEL), musicien espagnol, vi-
vait à Rome vers le milieu du seizième siècle, et
y était attaché en qualité de chantre à l'église de
Sainte-Marie-Majeure. Il publia dans cette ville,
en 1540, des motets à quatre voix. La mélodie
d'un de ces motets [Emendemus in melius
qux ignoranter peccavimus) a. servi de thème
à Palestrina pour sa messe ^/reencZe??ms.
CALVI (Jean-Baptiste), amateur de mu
si(pie , né à Rome, vers le milieu du dix-huitième
siècle, a donné : 1" Ezio, opéra séria, à Pavie,
en 1784. — 2" Castoree Polluce, ballet à Cré-
mone, en 1788. — 3" Le Donne mal accorte,
ballet, dans la même ville, en 1788. — 4° Il
Giuseppe riconosciuto, oratorio , à Milan , en
1788.
CALVI (Gi\N-PiETRo), organiste à Milan,
né dans les dernières années du dix-huitième
siècle, est auteur d'un petit traité de l'art de
jouer de l'orgue, intitulé : Istruzioni teorico-
pratiche per V organo, e singolarmente sul
modo di registrarlo. Milan , Luigi Bertuzzi ,
1833, IC pages in-8" de texte, 16 pages de mu-
sique et 2 planches gravées in-lol. obi. Ce musi-
cien a fait exécuter à Milan une grande can-
tate de sa composition, dans un concert au béné-
fice des inondés de la Lombardie. Cet ouvrage a
été arrangé pour piano et publié en trois parties,
sous ce titre : Trattenimento musicale, cse-
guito a beneficio dei danneggiati dalle innon-
dazioni. Milan, Ricordi. On connaît aussi de
lui une Pastorale pour l'orgue, ibid.
CALVI (GiROL\Mo), professeur de musique
h Bergame , a publié, sous le pseudonyme de
Ilarlolo'meo Montanello, un nouveau système
de notation musicale, dans un écrit qui a pour
titre : Inlorno alto scriierc la musica. Lettera
di liartolomeo Montanello a Marco Bccafichi .
Milan, Ricordi, 1843, 28 pages in-8", avec une
planche gravée. Le même artiste est auteur des
Mémoires biographiques sur le compositeur
Simon Mayr, intitulés : Di Giovanni Simone
Mayr. Memorie raccolte e dedicaie aW il-
lustre Municipe délia regia città di Der-
gamo. Milan , Ricordi. Ces Mémoires ont paru
dans les cinquième et sixième années de la
Gazzetta musicale di Milano ( 184G et 1847 ),
et il en a été tiré des exemplaires sépares,
gr. in-4°.
CALVIÈRE ( Guillmjme-Antoine ) naquit
à Paris en 1C95. Ayant été reçu organiste de la
chapelle du roi en 1738, il occupa cetteplace jus-
qu'à sa mort, arrivée le 18 avril 1755. Son ser-
CALVIÉRE — CALVISIUS
tr,7
vice dans la chapelle royale était pendant les
mois de janvier, lévrier et mars. Doué des plus
heureuses qualités pour la musique, mais né
malheureusement dans un pays où le goiU et
les éludes étaient détestables , Caivière eut en
France la réputation d'un des plus grands or-
ganistes du monde : le fait est que son exécution
et sa connaissance des ressources de l'instru-
ment étaient remarquables ; mais son style, sem-
blable à celui de tous les organistes français de
son temps, manque d'élévation, et son harmonie
est souvent incorrecte. J'ai entre les mains un
livre manuscrit de ses pièces d'orgue, qui me pa-
raît démontrer la justesse du jugement que j'en
porte. Au reste c'était un homme d'esprit ; l'a-
necdote suivante en offre la preuve. Lorsqu'il
concourut, en 1730, avec Dagincourt pour une
place d'organiste , François Couperin , qui avait
été nommé juge du concours, ayant plus d'é-
gard à l'Age des deux con)pétiteurs qu'à leur
talent, prononça en faveur de Dagincourt ; mais
voulant consoler Calvière de cette injustice, il
le loua beaucoup sur son habileté. Lui ayant de-
mandé où il avait appris à jouer si bien de
l'orgue, Calvière lui répondit : Monsieur, c'est
sous l'orgue de Saint-Gervais ( Couperin
était organiste de cette église ). Cette anecdote
prouve que Marpurg a été induit en erreur lors-
qu'il a dit que Calvière avait été élève de Cou-
perin. {Hist.-Krit. Beijtrage, t. I, p. 44i). )
Calvière a composé plusieurs motets à grand
chœur, et beaucoup de pièces pour l'orgue et le
clavecin qui n'ont point été gravées.
CALVISIUS ( SÉTiius) , dont le nom alle-
mand était Kalvitz, naquit le 21 février 1556,
à Gorschleben, près de Sachsenberg, dans la
ïhnringe. Fils d'un simple paysan, il devint, à
force de travail et de persévérance, astronome
ou plutôt astrologue, poète, musicien et savant
dans l'histoire et la chronologie. Ses premières
études de musique et de chant furent faites à
l'école de Frankenliausen(lj.La pauvreté de ses
parents l'obligea à quitter ce collège après un
séjour de trois ans et demi ; mais bientôt la
beauté de sa voix le fit admettre gratuitement
à l'école publique de chant de Magdebourg. Déjà
ils était assez habile pour donner des leçons
de musique qui lui procurèrent quelques éco-
nomies. Avec ces épargnes, il alla étudier les
langues anciennes et les arts aux universités de
Helmstadt et de Leipsick. Dans cette dernière
ville, on le nomma directeur de musique de
l'église Sainte-Pauline; mais il quitta Leipsick
(I) Mattheson dit que ce fut à Francfort-sur-l'OJer.
t Voy. Grundlage ciner Eàren-Pforte, p. 32.)
en 1582, pour aller rem|ilir les fonctions de
cantor à l'école de Pforte. Il occupa cette place
pendant dix ans. Appelé à Leipsick en l.')92, pour
y remplir les mômes fonctions, l'église de Saint-
Thomas, il retourna avec plaisir dans cette ville
qu'il avait toujours préférée à toute autre. Deux
ans après, il réunit à ses attributions de cantor
et de professeur celles de directeur de musique,
il prit possession de cette dernière place le 13
mars 1594, et fit exécuter le même jour plusieurs
morceaux de musique religieuse qu'il avait com-
posés. P.ien ne peut surpasser le zèle qu'il
montra dans l'administration de l'école qui lui
était confiée, pour l'amélioration de l'enseigne-
ment, et particulièrement de celui de la musique.
E-^tiiiié pour son savoir et son caractère hono-
rable par les habitants de Leip.>ick, il conçut
tant d'affection pour cette ville, qu'il ne voulut
jamais s'en éloigner, bien que des offres bril-
lantes lui fussent faites par les villes de Witten-
berg et de Francfort-sur-le-Mein. Il y mourut à
l'âge de près de soixante ans, le 23 novembre
1615, suivant ce querapporte Mattheson (Grund-
lage einer Ehrenpforte , p. 33 ), et en 1617,
d'après l'opinion de Jean-Godefroi Walther, de
Forkel, de Gerber, et de plusieurs aulres écri-
vains. Il y a lieu de s'en rapporter à Mattheson,
qui écrivit sa notice huit ans après que Walther
eut publié son Lexique de musique, et qui a dû
examiner le fait avec attention. Au surplus , la
datedonnée par Walther est évidemment erronée;
car Jean Friedrick, professeur à l'université de
Leipsick, a publié dans cette ville en 1615 un
éloge de Calvisius sous ce titre : Programma
academicum in Sethi Calvisii funere , et
oratio funebris germanica, habita a Vin-
cenlio Schmackio, xn-k". Il est bon de remar-
quer que M. a^.ltinger, à qui je dois l'indication
de cet écrit ( Bibliographie biographique ,
Leipzick, 1850, p. 83 ) , (i\e la date de la mort
de Calvisius au 24 novembre 1615, et qu'il la
maintient dans la nouvelle édition très-augmentée
de son livre (Bruxelles, 1854).
Calvisius était persuadé de l'infaillibilité de
l'astrologie : un événement fâcheux vint for-
tifier sa confiance en cette science prétendue. Il
avait lu, ou cru lire dans les astres, qu'un
grand malheur devait lui arriver certain jour
de l'année 1602. Pour éviter le coup dont il
était menacé, il prit la résolution de ne point
sortir de chez lui ce jour-là, de se livrer au tra-
vail du cabinet, et d'éviter tout ce qui pourrait
faire naître quelque danger pour lui. Cependant
sa plume fatiguée l'obligea de prendre un canif
pour la tailler : l'instrument lui échappa des
mains, et, dans son empresscmont à serrer les ge-
tôS
CALVISIUS
noux pour l'empôclier de tomber à terre , il en-
fonça la lame dans son genou droit : un nerf
fut coHpô, et Calvisius demeura boiteux le reste
de sa vie.
Ou a de Calvisius les ouvrages de théorie et
de didactique dont les titres suivent : 1° Melo-
pœia seu melodix condcndx ratio, quam
■vidrjo musicam poeticam vocant , e.v rois
fandamentix extracta et expUcnla, Ei fordise,
13S2, in-8"(t).Lipenius (Bibl., p. 97f)) indique une
première (édition de ce livre sous la date de 1507 :
<;'est évidemment une erreur ou une faute d im-
pression; car l'auteur, étant né en 1556, n'au-
rait eu que onze ans quand sou livre aurait
été publié. Si cette édition première n'est pas
.supposée, elle doit être de 1576. Gerber cite
aussi une édition anîéi'ieure à l,i92, sous la date
de 1582 ( Neaes Lcxikon der TonkunslL,
t. I, col. 611 ), d'après Wilkius , auteur d'un
livre allemand intitulé ; Bcdenkcn vom Schul-
wcseii (p. 137 ); il y a lieu de croire que celte
date est aussi le résultat d'une faute d'impres-
sion, et que le 8 y a été substitué à 9 , par er-
reur. Une dernière édition du livre de Calvisius
a été publiée à Leipsick, en 1630, in-8". Le
titre de cet ouvrage semble indiquer un traité
de la mélodie ; cependant il est presque tout
entier relatif au contrepoint et à l'harmonie.
Forkel remarque avec justesse que c'est un fort
bon livre pour le temps où il a été écrit. —
2° Compendnunmusicxpracdcxpro inc/pien-
tibiis coiiscriplmn, a Selho Calvisio, Lipslx,
ad D. Thomam caniore, ir)94,in-S". Celte ,
édition est indiquée «par Lipenius, sous la date
de 1593. H y a une deuxième édition de l'ou-
vrage, datée de 1G02. Walliier s»nible croire que
ces deux éditions du Compendium sont la
même. Il y en a une troisième qui a pour titre :
Musicx artis prxcepta nova cl facillima , per
scptem voces musicales, quibus omnis diffi-
cullas , qux ex diversis davibus et ex dlver-
sis caniilcnarum (jenerthus , et ex vocum
musicalium mutât ione orin jjofest, tollitur.
Pro incipicntibus conscripia Jenœ, i Ci G, in-8°.
Dans ce petit ouvrage, destiné, comme on voit,
à instruire Ifs enfants dans l'art de lire la mu-
si(p:e et de la chanter, Calvisius expose les
avantages de la Bocédisation , c'est-à-dire de
la solmisation pour les sept syllahes bo , ce, di,
ga, lo, ma, ni, au lieu de l'emploi de l'Iiexa-
corde ut, ré, mi, fa, sol, la de l'ancienne mé-
(1) MaUheson écrit le nom de la ville Erfurti, dans le
Grundlafie einer Efircnpfnrte (p. 32) ; mais il csteertain
que le li're porte Er/ordie. A» reste, Erfgrdia cf Er-
/«riKOT sont (g.ilcincnt cniplo_v(?s en l.ilin pour dci-i^ncr la
ville d'F.rfurt.
tliode. Je ne sais s'il est exact âK. dire, comme
Walther, Mattheson et Forkel , que Calvisius
donne dans son livre une approbation à la sol-
misation par ces sept syllabes nouvellement in-
ventées, car je n'y ai point vu le nom île l'inventeur
Hubert Waelraut. Sans se donner précisément
comme inventeur de cette solmisation , il laisse
entendre qu'il peut l'être, par sa manière vague
et générale de s'exprimer. Forkel a inséré douze
règles de l'art du chant dans le tleuvième vo-
lume de sou Histoire de la musique { p. 65 ), qu'il
a extraites du livre de Calvisius. liUessont,en leur
genre, les plus méthodiques qu'on ait données
sur cette malièie à celte époque reculée. —
3° Exercitationes musicx dux , quarum prier
est de modis musicis, quos vulgo fonos vo-
cant , recle cognoscendis , et dijudicandis ;
posterior , de initio et progressa musices,
aliisque rébus eo speclantibus. Lipsix , 1600,
in-S", de l3Sp. Gerber, dans son ancien lexique
des nuisiciens, a indiqué comme un livre parti-
culier la seconde partie de celui-ci , sous le
titre : de Initio et progrcssu, etc.; il a été
copié en cela par Choron et FayoUc, dans leur
Dictionnaire historique des musiciens. Dans
son nouveau lexique, Gerber a corrigé cette er-
reur. La première partie du livre de Calvisius
est toute dogmatique; la deuxième est un
abrégé fort bien fait et fort exact de l'histoire
de la musique. Une troisiènae partie de ces
Méditations a paru sous ce titre : Exercitatio
musicx tertia, de prxcipuis quibusdam in arte
musica quxstionibus, quibut, prxcipua ejiis
thcoremala continentur ; instituta ad claris-
simum virum Hippohjtum llubmeierum ,
poefum laureatum et pxdagogiarchum Ge-
ranum. Lipsix, impcnsis Thomx Schureti,
Michael Lantzenberger excudebat, 1011, in-s°
de ISO pages. I^'exislence de cette (roisièmc
partie séparée a été inconnue à Walther, à
MaUheson , à Forkel, à Gerber et à leurs co-
l>istes. Ces auteurs disent que dans l'année où
elle a paru, une édition des trois parties réunies
a été publii'e sous ce titre : Exercitationes
musicx très, de prxcipuis quibusdam in mu-
sica arte quxstioriibus institutx. Leipsick,
in-8°. Il y a beaucoup de probabilité qu'ils se
sont trompés, et que le mol très a été substitué
à tertia, car tout le reste du titre est conforme
à celui du livre qui est indi(pié ci-dessus. L'ou-
vrage dont on vient de parler est adres.sé à
Hubmeier, maître d'école à Géra, qui , dans ses
Discussions de questions importantes de philo-
sophie, de musique, etc. ( vo!j. Hubmeier), avait
attaqué la solmisation par les sept syllabes, et
avait entrepris de démontrer que la mélhoti'?
CALVISIUS
(:>9
de riiexr.coi-cle est prclérable. Parmi k-s «liversos
questions de tliéorie et de praticu-e qui sont
agitées par Calvisius dans sa troisième médi-
tation, il revient sur ce sujet, et le traite avHc
îiiie puissance de raisonniMuent qui détruit faci-
lement les arguments de son adversaire. Celui-ci
avait cru répondre victorieusement aux parti-
sans de la nouvelle solmisation, qui affirmaient
que, puisqu'il y a sept notes et sept clefs on
lettres , il doit y avoir sept syllabes ponr les
nommer, en disant que ce raisonnement n'avait
pas plus de force que si l'on dis:ùl que parce qu'il
n'y a que cinq lignes dans la portée, il ne doit y
avoir que cinq noms dénotes : Calvisius prouve
fortliien la fulililéde cette objection, et démontre
invinciblement la nécessité des sept syllabes;
mais il ne s'agit plus de ho, ce, di, ga, lo, ma
ni; c'est de l'addition de la syllabe si aux six
autres noms {ut, ré, mi, fn, sol, la ) qu'il
est question, et Calvisius en parle comme d'une
chose déjà connue (1).
(l; Le passage du livre de Calvisius a tant d'intérêt, et
CCS sortes de livres sont si rares, que je crois qu'on verra
avec plaisir la citaUon que j'en fais ici :
DE QC^STIONE QUINTA.
An sex vel scptem sivt vaces musicales?
« Statuis sex tsntum vnces musicales esse detjcre ,
Idquealiquot argumentis fîrmura fncere cnnaris, et rcjicis
eos, qui in musicis pro complcinento septiiuam voccrn
riiusicilem si ailjecerunt. Hoc videtur déesse lux dispu-
tntioni quod non causas etiara affers, cur quidam putent
septimam cum unicam tantum ejns causas atferas, data
opéra vidcris sentcntinm de septem voclbus musicalibus
depriinere voluisse. Ea est, quod dicunt, ut ait, septem
voces musicales esse claves, ergo etiam voces musicales
esse debere. Ilanc rationem postca ita réfutas, ut dieas,
camnihil concludere cum pari rationeargumenlari liceat ,
quinque sunt lincac, ergoquiuque sunt voces. Qua", qua;so
Hubmeiere, te causa impulit ut rébus diversissirais eam-
dem affectionem tribueres ? Certe quinque linei non
sunt idem quod septem claves, quod et pueris ap-
paret. Deinde lineœ per se nihil vocera adjiciendam. Id
enim si fecisset, lectori liberum fuisset eligendi eain par-
tem, quam firminrem putassct. Jam faciunt ad voces mu-
sicales. Subjectum euira tantum sunt in quibus elementa
mnsica scribuntur, quem ailmodum papyrus subjectum
est scripturae, cni nuUa eflîcacia per se est ad seri-
pturam aperiendam et legendam, potuisset enim idem
scribi in ligno, lapide, plumbo, 'etc. Clavium ratio longe
alla est ; nam septem claves ambitum concludunt unius
A(5niaff(ôv vel octava , qua; periodum complet omnium
•sonorum, qua absoluta soni in orbera redeunt, et quem-
adraoduin soni distinguuntur in repetita. Si igitur sonos
per voces musicales in una octava efferre potueris, de re-
petita octava nihil est laborandura , eaedem enim voces
ibidem etiam recurrunt. Et verissiinum est quod ccn-
ces, voces musicales non multiplicari qucmadmodum
claves non multiplicantur : quapropter necesse est , cum
septem sint claves , ut septem etiam sirit voces mu-
sicales, ut septem clavium numerum aequcnt, ne sui
permutatione et substitutione inter se confundantur,
et discentes turbenf. Altéra vero mtio, quam ad-
îungis , cur septem voces musicales esse non debcant.
On a de Calvisius les ouvrages de musique
pratique dont les titres suivent : 1° Jlarmonia
caniionum ecclesiasticarum a M. Luthero et
aliis viris piis Germanix composilarum 4
quod videlicct voces ex literisnon oriantur.tota falsa est.
Nam si musicam compendioso docere vellcinus, literx
ipsa; debebant siinul esse voces rausicalts , ut idcnditate
facilitatem <leJuctionis sounrum ndjuvarent : sed quo-
niam inhabiles sunt ad subilam repetitloneni et scmito-
nium SHu proprio loco certa nota non exhibent; artdilx
sunt cii voces musicales, qua; iu , quod elavibus decst,
praestarc possint. Firmiter igitur adhuc consistunt septem
voces musicales, quas adhuc uno atquc altero argumcnto
asseram. Primum : quia in qualibet octava septem sunt dis-
tinct! soni, priusquatn ad cam clavem repetitam pervenias,
qua; principium deductionis dédit; unde sequitur, septem
etiam distinctas esse debere voces musicales. Nam quemad-
moduin septem illisoni in Instrumentis musicis artilicialibus
per claves exprimuntur et distinguntur : ita in nostra na-
turali et vocali muaica, idem soni per voces musicales effe-
runtur, et par est ubique ratio. Secundo : autoritas veterunj
etiam in hac re attendatur. rtoloma;us omnium optiiiiusau-
tor intereos, quidemusica scripserunt, lib. 2. rfc Mus-, sic
inquit : « Voces niitura ncque plures, nequc pauciores esse
possunt quam septem. » Et Dcuietrius l'iialcreus testalur
iEg.vptioset Oroecos septem vocalium modulata cMuncia-
tione laudes Deorum suorum cecinisse : unde constat
septem Gra;corum vocales pro vucibus musicalibus ha-
bitas et usurpatas esse. Assume etiam testimonia poeta-
rum, ut quod Virgiiius Ivrs septem discrimina vocuni
tribuif, qucB discrimina Isidorus Hispaleusis explicat, qaod
nulla ctiorda vicina; chordx similem sonum ediderit. Sic
Horatius :
« Tuque tesfudo resonare septem calUda nervis. »
Sic Ovid., s., Fastormri, de Mercurio :
a Septena putaris
i< Pleiadum numéro fila défisse lyrœ. »
Sic Virgilianus opilio seu bubsequa :
Est mihi disparibus septem compacta cicutis
Pistula. »
Idem affirmant Aristoteles, plutarchus, et alii, a quo-'
rum autoritatibus temere non est recedendum. Sed de hac
re infra plura dabimus, accedamus jam ad fundamenta
tu;e sententiie. •
Quodnam igitur jam statuis fundamenfnm tuae assertio-
nis, quod tantum sex claves musicales esse debeant? I\e-
mittis nos iddiscerecupientes i. ad Phiisica; 2. ad Ardh-
metica ; 3. ad Geometrica. Quid , Hubmeiere? Estne
boni disputatoris , auditorcs suos eo remittere, ubi ipse
argurnentura nullutn suoe scntentia; contirmandae invcuire
potuit ? Si enim potuisses, certe id pro demonstratione
allegasses, et alla contra futilia et falsa argumenta, ut
audiemus, ouiisisses. Ego ea profectus, quo me amandasti,
rern longe aliter, ac tuais, reperio. Exphysicisenim, arilh-
raelicis et geometricis firmissime demonstratur septem
esse debere voces musicales. Physicus enim audit in una
octava septem discrimina vocum , septem sonos distinc-
tos. Arilhuietiea ut et harmonica sectio octavae eosdcrn se-
ptem sonos in suis vciis et legitimis proportionibus cxhibet.
Oeomctrse idem in légitima sectioue circuli demonstrant.
Frustra igitur Hubmeiere nos eo ablegas, ubi tua sen-
tenlia penitus evertitur. Dcstitucris ergo, ut video, et de-
monstrationibus et autoritatibus, cum nemo veterum au-
torumdc liexacordo unquam quicquara atfirmarit.
Jamrationci etiam tuasexcutiamus, quarum prima est
quod plm-es voces musicales non sint dandœ, quam in
scala exprimentur. Septimam vocem avtem in ea non
esse cxprcssam. Ergo, non docebo te, Hubmeiere, dlaie-
100
CALVISIUS — CaLZOLARI
roc.j Lipsiae, 159G, in-4°. La deuxième édition
fut |)ul)liée l'année suivante, dans la niôtne
ville. La qnatrième édition de ces canti(iues est
«Je 1612.11 yen aune dernière, datée de la même
année , selon Matlheson el Gerber. — 1° Aus-
serlesene teutsche Lieder, der mehrensten
Theil aus des Kœnigl. Propheten Davids
Psallerio gezwjen, etc., mit 3 Stimmen zu
singen, elc. ( Musique à trois voix sur des textes
allemands, la plupart tirés du Psautier du pro-
phète-roi David, et d'autres religieux et profanes,
pour le chant et les instruments ) ; Leipsick ,
chez Voigt, 1603, in-4''. — 3° Biciniorum libri
duo, quorum prior 70 continet ad senientias
Evangeliorum anniversariorum, a Setho Cal-
Visio, musico, decantata; posferior 90 cum
et sine textu, a prxstantissimis musicis coiicin-
nata; Lipsiœ, 1C12, in-4°. — 4° Der IbOste
cticam : attamen sclrc dcbcbas ab autoiltate m-gativa non
firma deduci argumenta. Proh Dciiin immortalem, si lia3c
ratio vera, et nihil noviveterum invenlis addendum esset,
quot et quantis commoditatibus dcstituerctiir hodio vita
humana , qiias veteres ignorârunt , et quac noviter iii-
ventœ sunt. Quod septima vox, si , in scala expressa non
est, nibil miriiin. Autor cnim scala; Guido Aretinus, cum
statiiisset tantum sex voces musicales esse, cas ita dispo-
sult, ut septima locum non relinqucret, et voces musicales
mutua substitiilione in scala ita tuibavtt, ut ea facta sit ré-
mora et impedimentum maximum musicam discentibus,
cum longe rectius ha;c tradi potuis.sent. Secundam ra-
tionem affcrs, quod septima vox, si, ad nuUam cer-
tain clavem determinetur, cum ab aliquibus moilo
in C, modo in F., modo in li, ponatnr. Unde hœc de
posltu syllabse si liabes, optime Hubmeiere? Vix credo
querapiam id musicis adco Imperitum esse posse, ut ibl,
vocimusicali/o légitimas locus est, ï«j vel si ponere, et ubi
ti)tam musicam pciverlere audeat, mi enim et/a, si rccte
distinguantur, sunt tota rausica, ut veteres locuti suut,
potins ciedidermi, te honoris gratia hœc fmxisse, cum
claves C et F omnium sint principes. Sillaba; ii, locus
stabilis et perpétuas c^t In regiibji quiJem sistemale in
clave b quadrato, in transposilo vero in clavi ncc unquani
lisec ratio variatur, nisi 6 adscriptum syllabam si\n fa
uiutet. Tcrtia ratio, qnod necesscsit syllabam si ad tria
hexachorda reduci, falsa est, ut in pr.xcedenti qua;stione
demonstravi, cum unicum tantum et soiura hexa-
cliordum slt vocum sex musicalium. Sic et quarta
ratio, quod si coïncidât cura alla voce musicali, falsa est,
cum ea nunquam, si ad illas sex voces musicales assu-
matur, In aliquara Incidere possit. Ad quintam tantum
abest, ut si vox musicalis discrimen intcr mi et fa tollat,
ut iUud semitonium nulla re Crmius stabiliatur. Scxta
ratio oum tcrtia coincidit, et refutata est. Ad scptimam,
qua asseris, a;r|ue facile quempiam posse institut in con-
sucto canendi modo, quam si septera adhibcainus voces
musicales, respondeo, le , si hic esses ailler censurum.
Ego hisce triginta annis fere, quibus hoc saxum volvo,
expcrientia longe aliter edoctus sum, te manum ad sti-
vam hanc vix admovisse puto. Crcde igitur poilus cxcr-
citalo musico, quam tuis, ncscio unde cnnceplis opinioni-
bus. u
Qui pourrait croire que plus d'un siOclc après ce plai-
doyer si fort de raisonnement en faveur de la gamme de
sept notes, on disputait encore en Allemagne sur cette
question ! ( Voy. Buttstcdt et Mattlason )
Psalmfûr 12 Stiinmcn a)[f 3 Chœren [Lcceni-
cinquantième psaume à douze voix en trois
cliœuis ) ; Leipsick, 1G15, in-fol. — 5" Der
Psalter Davids gesangweis, vom Hrn. D.
Cornclio Beckern, elc. ( Le Psautier de David
mis en chant, composé primitivement par M . Cor-
neille Becker, et arrangé à quatre voix par Sc-
thus Calvisius, Leipsick, 1G17, in-S". )
Calvisius est connu des savants par de bons
ouvrages sur la chronologie et la réfoime du ca-
lendrier; ce n est point ici lelieudeciter ni d'exa-
miner ces livres ; on trouverai se sujet d'amples
renseignements dans les Biographies générales ,
particulièrement dans celle de M. Michaud.
CALVO (Lauuent ), moine de Ticino, dans
l'État de Venise, au commencement du 17^ siècle,
fut musicien à l'église cathédrale de Pavie. Ou
connaît (le sa composition : 1» Sijmbolx diver-
sorum musico rum 2, 3,i,t>vocibus cantandx ;
Venise, 1020. — 1°Canzoni sacre al, 3 ekvoci.
Raccoliel, II, III, IV; Venise. — 3o Rosarium
Litaniarum B. V.Marix; Venise, 162C.
CALYOER ( Gaspard ), théologien proles-
tant, inspecteur des écoles de Claustal, et surin-
tendant de la [irincipauté de Grubenhagen, na-
quit à Ilildesheim, en 1050, et mourut le 11 mai
1725.11a beaucoup écrit sur la théologie. On a
aussi do lui : de Musica ac sigillalim de cc-
clesiaslica eoque speciantibus organis. Lei-
psick, 1702, in-12; petit écrit de trois feuilles
d'impression, divisé en 6 cha[)itres, où l'auteiir
a traité d'une manière générale du chant reli-
gieux, des instruments et des fonctions du di-
recteur de musique. Dans son Eiluale ecclc-
siasticum ( Jéna, 1705, in-4o ), Cal voer a traité de
la musique d'église. On trouve aussi des rensei-
gnements intéressants sur l'état du plain-chant
en France et chez les Saxons, sous le règne de
Charlemagne, dans son livre intilulé : Saxonia
inferior antiqua gentillis et christiana ;
Goslar, 17l4, in-fol. Enfin Calvoer a écrit la
préface de l'ouvrage de Christ. Alb. Sinn, inti-
tulé: Temperatura practica, etc. Wernigerod,
1717, in-40. Celte préface a été réimprimée dans
Vorgemacht der Gelehrsamkeit ( Antichambre
de l'érudition ) de Falsius, p. 567-024. C'est
un morceau rempli de recherches savantes.
CALZOLAR! (Heniu), ténor distingué,
est né à Parme, le 22 février 1823. Ayant perdu
son père à rà7,e de treize ans, il dut entrer dans
une maison de commerce; mais dans le même
temps il continua l'étude de la musique, qu'il
avait commencée dès ses premières années. En
1837, il reçut les premières leçons de chant d'un
professeur allemand nomiiaé Burchardt. Ses pre-
miers essais de chant furent faits dans un con-
CALZOLAIU — CAMBERT
ffil
rcit lionne à Panne, sous la protection de l'ai-
cliiducliesse Marie-Louise, par la société pliilliar-
Mioniqiie de cette ville , qui comptait parmi ses
membres les personnes les plus distingures de la
liaute société. L'cltet qu'il y produisit par le
cliarme de sa voix lui valut la protection de plu-
sieurs dames attachées à la cour, et il obtint une
pension pour aller à Milan continuer ses études
de chant sous la direction du maître Giacomo
Panizza, qui lui donna tous ses soins et en (ic
un chanteur de la bonne école. En 1845, Calzo-
laii contracta un engagement de trois années
avec l'entrepreneiu' de théâtre Merelli, et le il
mars de la môme année, il fit son premier début
au théâtre <ie la Scala dans VErnani de Verdi,
avec un brillant succès. Deux jours après, Me-
relli l'envoya à Vienne pour y chanter pendant
la saison du printemps i Due Foscari, V Ita-
llana in Algeri, la Sonnanbula et Maria
di Rohan. De là il alla à Brcscia, puis à Trieste,
et enfin de nouveau à Milan, pendant l'automne
et le carnaval de 1846-1847, toujours accueilli
par les applauilissemeuts unanimes. Pour la troi-
sième fois il retourna à Vienne an printemps
de 1847, puis alla chanter à Eergame pendant
Ja foire, et de là fut envoyé à Madrid pendant
l'automne et le carnaval de 1847-1848. Au mois
d'avril de cette année il retourna à 31ilan. Son
contrat étant terminé, il piit un engagement
pour Bruxelles, où il chanla pendant l'iiiver 1848-
1849, avec le plus brillant succès, V Jtaliana
in Algeri, Lucrezia Borrjia, Lucia di Lam-
mermoor, Ernani, DonPasquale, et la Fa-
vorita. Un timbre pur et sympathique, une belle
mise de voix, une vocalisation légère et facile,
un trille excellent, étaient les qualités qui le dis-
tinguaient. Dans les années suivantes , Calzoiari
a brillé sur les théâtres italiens de Paris, de
Londres et de Saint-Pétersbourg. On peut dire
avec assuiance qu'il a été le dernier ténor de b
bonne école italienne. Malheureusement le ré-
pertoire de Verdi a fatigué son organe en peu
d'années.
CALZOVERI (. . .) n'est connu que par ses
ouvrages. Il vécut dans la seconde moitié du
dix-septième siècle. On a publié de sa composi-
tion : 1° Motetti a voce sola, libro primo;
Venezia, Gardano, 1666, in-4°. — 2° Idem,
libro seconda; ibid. 1669, in-4°. — 3° Cantate
a voce sola; ibid.
CAMARGO (D. Micuel-Gomez), maître
de chapelle de la cathédrale de Valladolid , na-
quit à Guadalajara, vers le milieu du seizième
siècle. Il y eut (dit M. Hilarion Eslava, Lira
Sacro-Uispana, seizième siècle, tome V de
la 2* série, Apuntes biographicos) , beaucoup
IIIOGU. tMV. DIS MUSICIENS. — T. II.
de musiciens du môme nom en F>pagne, par-
ticulièrement dans la (•lia[)clle royale, où se
trouvaient Cristobal, Melchior, Diego Ca-
rnargo, cl d'autres dans les provinces. L'artiste
dont il s'agit dans cet article était peut-être fils
d'un de ces musiciens. On ignore la date de la
mort de celui-ci. Diverses compositions de <e
maître se trouvent en manuscrit dans la Biblio-
thèque de l'Escurial : M. Eslava en a publié
(dans la Lira Sacro-Uispana) une Hymne de
Saint-Jacques, apôtre, en contrepoint à quatre
voix, par imitations en mouvement contraire,
morceau bien fait et écrit avec beaucoup de pu-
reté.
CAMBEFORT (Jean), et non Camefort ,
comme on l'aijpelle dans le Dictionnaire des
Musiciens de 1810, musicien au service de
Louis XIV, épousa la fille d'Auger, surintendant
de la musique de la chambre du roi, en eut sept
ouhuitenfants depuis 1652 jusqu'en 1661, et mou-
rut le 4 mai de celte dernière année. Dans les
«lerniers temps de sa vie, il avait été nommé
surintendant de la musique de la chambre,
maître ordinaire, et compositeur de cette musique.
Il écrivit quelques divertissements et des cantates
pour le service du roi et de la cour. Il a publié
des recueils de chansons , intitulés -. 1° Airs de
cour à quatre parties, de monsieur de Cam-
befort , ntaistre et compositeur de la musique
de la chambre du Roy, à Paris, par Robert
Ballard, seul imprimeur du Roij pour la
musique, etc., I65l, in-12 obi. Ces airs, au
nombre de 27, sont dédiés au Roi. — 2" ll'"«
Livre d'airs à quatre parties, de monsieur
de Cambefort , surintendant de la musique
de la chambre du Roy. A Paris, par Ro-
bert Ballard, etc.; 1655, in-12 obi. Ce recueil
contient 22 airs, dont six du ballet royal de la
Nuict, et un du ballet du Temps. Il est dédié
au cardinal Mazaiin.
CAMBERT ( Robert ), fils d'un fourbisseur,
naquit à Paris vers 1628. Après avoir reçu des
leçons de clavecin de Chambonnières , le plus
célèbre maître de son temps , il obtint la place
d'organiste de l'église collégiale de Saint-Honoré,
et quelque temps après fui nommé surintendant
de la musique de la reine Anne d'Aul riche, mère
de Louis XIV. Dès 1666 il occupait celte place.
Cambert est le premier musicien fiançais. qui en-
treprit de composer la musique, d'un opéra : .il yl
fut déterminé par les circonstances suivantes >
Perrin , introducteur des ambassadeurs près de
Gaston, duc d'Orléans, imagina en 1659 un nou-
veau genre de spectacle, à l'imilalion de l'opéra
A'Orfeo cd Euridice que le cardinal Mazaiin
avait fail représenter par une troupe italienne,
11
102
CAMBKUT — CAMBINI
pti 1647. Il donna à sa pièce le Utre de la Pas-
torale , première comédie française en musi-
que. Cambert fut chargé d'en composer la mu-
sique, et elle fut représentée au ciiàteau d'Issy,
au mois d'avril de la même année. L'ouvrage eut
un succès si décidé , que Louis XfV voulut l'en-
tendie et le fit représenter à Vincennes. Mazarin,
qui aimait ce genre de spectacle et qui s'y con-
naissait, engagea les auteurs à composer d'autres
pièces du môme genre; ils écrivirent l'opéra
A'Ariane, ou le Mariage de Bacchus, qui fut
i-épété à fssy en 16GI, mais dont la mort de
Mazarin empêcha la représentation. Quelques
auteurs ont dit que cet ouvrage fut représenté
plus tard à Londres; mais on n'en trouve aucune
trace dans les mémoires sur l'établissement
de l'Opéra en Angleterre. Il parait qu'au com-
mencement de l'année t662, Cambert écrivit
un autre opéra intitulé Adonis; mais il ne fut
point joué, et depuis lors il s'est perdu. L'i-
dée de Perrin, ajournée par divers événe-
racats, ne reçut son exécution qu'en 1C69. Le
2S juin de cette année, l'Académie royale de
nuisique fut créée par lettres patentes ; le privi-
lège en fut accordé à celui (jui en avait conçu le
plan ; celui-ci s'associa Cambert, et de leur union
résulta le premier opéra français régulier, intitulé
Po})wne,qu\ fut représenté à Paris, en 1C7I, et
obtint beaucoup de succès. L'année suivante ,
Cambert composa la musique d'une pièce inti-,
tulée les Peines et les Plaisirs de l'amour,
pastorale en cinq actes , dont les paroles étaient
de Gilbert ; mais, cette même année, le privilège
fut ôté à Perrin et à Cambert pour être donné à
Lulli, qui jouissait de la plus grande faveur au-
près de Louis XIV, et qui en abusait à son profit
et au préjudice de ses rivaux. Irrité de l'injustice
qui lui était faite, Cambert quitta la France,
passa en Angleterre en 1(573, et devint maure
de la deuxième compagnie des musiciens de
Charles II. Il ne jouit pas longtemps de sa
nouvelle position, car le chagrin le conduisit au
lombeau, en 1677. Cb. Ballard a publié en par-
tition in-folio des fragments de l'opéra de Cam-
bert intitulé Pomone. On trouve en manuscrit à
la Bibliothèque impériale de Paris la partition de
celui qui a pour titre les Peines et les Plaisirs
de V amour.
CAMBINI (Jean-Joseph), né à Livourne (I),
le 13 février 1746, s'est livré dans son enfance
à l'étude du violon , sous la direction d'un maître
obscur nommé PoUi. Les occasions fréquentes
qu'il eut ensuite d'entendre et même d'accom-
(.1) C'est à tort qu'il est dit dans le nouveau Lexique
vniversel de miisiqve, publié par M. ScUilllug, que Caiii-
biiil (Jtait ni à Lucques.
pngner Manfredi et Nardini , perfectionnèrent
son talent sur cet instrument. Bien qu'il ne soit
jamais partenu à se faire un nom célèbre comme
violoniste, il posséda dans sa jeunesse l'art d'exé-
cuter ses quatuors et toute sa musique de
chambre avec pureté , goût et élégance. A l'àgn
de dix-sept ans, il se rendit à Bologne, où il
eut l'avantage d'être admis au nombre des élèves
du P. Martini et de recevoir de lui des leçons de
contrepoint. Après avoir passé trois années près
de ce maître, il partit pour Naples. II y devint
amoureux d'une jeune fille née comme lui à Li-
vourne, et s'embarqua avec elle pour retourner
dans cette ville, où il devait l'épouser. Grimni
rapporte en cc-s termes {Correspondance lit-
téraire, août 1776) l'événement qui survint
après le départ des amants : « Ce pauvre M. Cam-
« bini n'est pas né sous une étoile heureuse. Il
« a éprouvé, avant d'arriver dans ce pays-ci ,
« des infortunes plus fâcheuses qu'une chute à
« l'Opéra. S'étant embanjué à Naples avec une
« jeune personne dont il était éperdumenl amou-
" reux , et qu'il allait épouser, il fut pris par des
« corsaires et mené captif en Barbarie. Ce n'est
« pas encore le plus cruel de ses malheurs. At-
n taché au mât du vaisseau , il vit celte maî-
« tresse, qu'il avait respectée jusqu'alors avec
« une timidité digne de l'amant de Sophronie , il
« la vit violer en sa présence par ces brigands,
n et fut le triste témoin, etc. « Heureusement un
riche négociant vénitien , nommé M. Zamboni ,
eut pitié de Catnbini; il le racheta d'un renégaî
espagnol et lui rendit la liberté. Arrivé à Paris
en 1770, l'artiste obtint la protection de l'ambas-
sadeur de Naples, qui le recommanda au prinoe
de Conti , et le prince dit deux mots en sa fa-
veur à Gossec. Celui-ci dirigeait alors le concert
des amateurs ; il procura à Cambini l'occasion
de se faire connaître en faisant exécuter des sym-
phonies de sa composition (1). Elles obtinrent
du succès, bien que la conception en fût assez
faible , parce qu'elles étaient écrites avec cette
facilité qui est le caractère distinctif de la mu-
sique italienne. Cambini abusa de cette facilité
d'écrire, à tel point qu'il produisit plus de soixante
symphonies en un petit nombre d'années , ce qui
ne l'empêcha pas de publier une immense quan-
tité d'autres ouvrages de musique instrumentale,
ni de faire exéculcr au concert spirituel des mo-
tets et des oratorios. Il y avait dans tout cela
des idées assez jolies , et la facture en était assez
pure; mais l'empreinte du génie y manquait. De
toutes les compositions de Cambini, celles qui
|l) Ces rensïcisncments sout tirés d'un mémoire manus-
crit et autographe de Gossec.
CAMCINl
1G3
obtinrent l<? plus de Riccès furent ses quatuors
de violon. Leurs mélodies (''(aient agrt^ables, et
il y avait de la correction dans leur harmonie.
Cette musique paraîtrait aujourd'liin' faible et
pnérile; mais on ne connaissait point alors les
admirables compositions de Haydn, de Mozart,
de Beethoven. On n'avait môme pas les jolis qua-
tuors de Pleyel. Au reste, Cambini était capable
de s'élever plus qu'il ne lit; mais presque tou-
jours en proie au besoin , suite inévitable de
son intempérance, il était obligé de travailler
avec une activité prodigieuse, et ne pouvait choi-
sir ses idées. Sa fécondité fut d'autant plus re-
marquable qu'il passait la plus grande partie
des jours et des nuits au cabaret, employant
d'ailleurs une partie du temps où il était à jeun
à donner des leçons de chant, de violon et de
composition.
Au mois de juillet 1776, il fit représenter à
l'Opéra un ancien ballet héroïque de Bonneval,
dont il avait refait la musique. Ce ballet avait
pour titre les Romans; il tomba tout à plat,
et l'on fui obligé de le retirer après la troisième
représentation. Cet ouvrage fut suivi de Base
d'amour et Carloman , qui ne réussit pas mieux
au Théâtre-Italien , en 1779, quoique la musique
eût été goûtée. Appelé à la direction de la mu-
sique du théâtre des Beaujolais, en 1788 (I), il
y fut plus heureux dans les ouvrages qu'il fit re-
présenter, sous les titres de la Croisée , en 2
actes, 1785; les Fourberies de Mathurin, en
un acte, 1786; Cora, ou la Prêtresse du soleil;
les Deux Frères, ou la, Revanche; Adèle et
Edwin. Il écrivit aussi pour le même spectacle
la musique de quatre pantomimes. En 1791, après
la ruine du théâtre des Beaujolais , Cambini de-
vint chef d'orchestre du théâtre Louvois, où il
fit représenter Nantilde et Dagobert, opéra en
trois actes qui fut bien accueilli par le public. Cet
ouvrage fut suivi des Trois Gascons, en un acte,
1793. Ce fut à peu près le dernier succès de cet
artiste. Il avait écrit, depuis 1782 jusqu'en 1793,
les opéras d^Âlcméon, d''Alcide, ainsi qu'une
nouvelle musique [^out VArmide de Quinault;
mais aucun de ces ouvrages n'a été représenté.
On connaît aussi de lui quelques entrées de danse
dans le ballet-opéra des Fêtes Vénitiennes. En
1774, Cambini fit exécuter au concert spirituel
un oiatorio intitulé le Sacrifice d'Abraham;
dans l'année suivante, il y fit entendre celui de
Joad et un Miserere. Précédemment il y avait
donné quelques motets , entre autres un Domine
(i) On dit dans la Bioaraphie WHverselle et portative
des contemporains, gue Cambini eut cette place en 1787;
mais c'est une erreur.
dont la partition manuscrite est à la bibliothèqm;
du Conservatoire de musique de l'aiis.
Parmi ses compositions instrumentales et
ses morceaux détachés de musique vocale, o»
compte : T Soixante symphonies pourorchestro ,
— 2° Cent quarante-quatre quatuors pour deux
violons, alto et basse. — 3» Vingt-neuf sym-
phonies concertantes pour divers instruments.
— 4» Sept concertos, dont deux pour violon, un
pour hautbois, et quatre pour lUUe. — 5° Plus
de quatrecents morceaux pour divers instruments,
consistant en trios et duos pour violon, viole,
violoncelle; quatuors, trios, duos pour flûte,
quatuors pour hautbois, duos pour basson, etc.
— G" Différents solfèges d'une.difficulté graduelle
pour l'exercice du phrasé , du style et de l'expres-
sion, avec des remarques nécessaires et une
basse chiffrée pour l'accompagnement; Paris,
le Duc, 1788. — 7° Préludes et points d'oigue
dans tous les tons, mêlés d'airs variés, et ter-
minés par VArt de moduler sur le violon, etc.;
Paris, 1796, et Offenbach, 1797. — 8° Méthode
pour flûte, suivie de vingt petits airs et de .six
duos à l'usage des commençants, Paris, Ca-
veaux, 1799. — 9° Plusieurs airs patriotiques,
avec accompagnement de deux clarinettes, deux
corset deux bassons. — 10" Le Compositeur,
scène comique du répertoire du concert des ama-
teurs; Paris, Imbault, 1800.
Cambini doit être compté aussi parmi les écri-
vains sur la nnnsique, car dans les années 18 lO
et 1811 il devint le collaborateur de Garaudé
pour la rédaction du journal de musique que
celui-ci venait de fonder, .sous le nom de Ta-
blettes de Polymnie. Cambini possédait des
connaissances assez étendues pour juger saine-
ment de toutes les parties de la musique ; mais
il avait de la causticité dans l'esprit, et quelques-
uns de ses articles ont mis en émoi bien des
amoui's-propres blessés. Il ne fut jamais connu
comme le rédacteur de ces articles.
Peu favorisé de la fortune avec les adminis-
trations des théâtres dont il avait été chef d'or-
chestre, il perdit encore sa position en 1794, par
la faillite de l'administration du théâtre Louvois.
Heureusement le riche fournisseur Armand Se-
guin vint à son secotirs en lui confiant la direc-
tion des concerts qu'il donnait dans son hôtel ,
et lui accorda un traitement de quatie mille
francs; mais après quelques années Cambini
perdit cette ressource.
Dans les dernières années de sa vie , cet ar-
tiste, dont les talents méritaient un meilleur
sort, était aux gages des éditeurs de musique,
et fiiisait pour eux de ces arrangements , ou
plutôt de ces dérangements des œuvres des
11.
tG4
CAMBINI — CAMIMAIIANO
fçrands maîtres, qui sont la honte de l'art. Ces
travaux , mal payés, ne purent le tirer de la mi-
sère profonde où il languissait, et qu'il faisait
partager à une femme beaucoup plus jeune que
lui. On a écrit dans quelques recueils biographi-
<iues qu'il quitta Paris vers 1812 et qu'il se
rendit en Hollande, où il mourut : il paraît que
ces faits ne sont point exacts que Cambini était
encore à Paris en 1815, que depuis lors il a été
reçu à Bicêtre comme bon pauvre , et qu'il y
est mort vers 1825. Quelques artistes, qui se pré-
tendent bien informés, assurent qu'il mit (in à
sa misère par le poison. Tels sont les rensei-
gnements que j'ai pu recueillir.
CAMBIO PÉRISSON, compositeur, vécut à
Venise vers le niilieudu seizième siècle. M. Caffi
dit (Storia délia musica sacra, etc., t. I,
p. 1 13) qu'il était Français de naissance , et qu'il
(ut chantre de la chapelle ducale de St-Marc. On
ne sait pourquoi le nom de Cambio est joint à
son nom de famille Périsson ou Périssone; car
Cambio n'est pas un prénom italien. On con-
naît de lui : Canzone villanesche alla napo-
lelana; Venise, 1551. Le docteur Burney a
extrait de cet ouvrage une viliote à quatre voix,
qu'il a insérée dans le troisième volume de son
histoire de la musique (p. 215). On a aussi im-
primé de la composition deCauibio : i" Madrigali
a Quattro vocl, con alcuni di Clprlano Rore,
libro primo ^ in Venezia, appresso Antonio Gar-
dano, 1547, in-4° obi. — 2° Seconda Libro de
Madrigali a einque voci, con tre dialoghi a
Otto voci ed uno a sette; ibid., 1548, in-4°.
obi.
CAMERARIUS (Piuuppe), docteur en
droit et célèbre jurisconsulte, naquit à Nurem-
berg, en 1537, et non à Tubingue, comme on le
dit dans le Dictionnaire historique des musi-
ciens de Choron et Fayolle. Dans un voyage
<iu'il (it à Rome, il fut arrêté et mis en prison
par l'inquisition : mais , sur les réclamalions de
l'empereur et du duc Albert de Bavière, on lui
rendit la liberté. De retour dans sa patrie, il fut
nommé conseiller de la ville de Nuremberg, en-
suite vice-chancelier à Altorf, où il mourut le
22 juin 1C24, âgé de quatre-vingt-sept ans. On
a de lui un livre intitulé : Ilorarum subseci-
varum centuriœ très; Francfort, 1024, 3 vol.
in-4°. Dans le 18'= chapitre de la première cen-
turie, il traite : de Industria hominum , qui-
busdam veterum inslrmnentis musicis, et
quatenus inventus in iis sit instruenda.
CAMERLOHER (PLAcmEUE), chanoine
de la Basilique de Saint-André à Freising , puis
conseiller et maître de chapelle du prince évêque
de la môme ville, naquit en Bavière vers 1720.
II a mis en musique pour la cour de Munich l'o-
péra intitulé Mclissa , représenté en 1739. Ou
a de lui des messes, des vêpres, litanies, mo-
tels, etc. Son œuvre deuxième , composé de six
symphonies pour deux violons, alto, basse, deux
cors et deux trompettes , fut gravé à Liège vers
1760. L'œuvre troisième, composé de six sym-
phonies, parut à Amsterdam en 1761, et l'œuvre
quatrième, composé également de six sympho-
nies, parut à Liège en 1762. Camerloher est
un des premiers qui ont écrit des quatuors
concertants pour deux violons, alto et basse,
dans le style moderne, genre qui depuis lors a
eu tant de vogue. On en connaît vingt-quatre de
sa composition , qui sont restés manuscrits. On
a aussi du même auteur : 1° Dix huit trios pour
gintare , violon et violoncelle. — 2" Vingt-quatre
sonates pour deux violons et basse. — 3" Un
concerto pour guitare, avec accojnpagnenient de
deux violons , alto et basse; — 4" Uu idem, avec
deux violons et basse. Tous ces ouvrages soiit
restés en manuscrit.
C.\MÎDGE (Le docteur), habile organiste
et coitipof.iteur, né à York, et résidant dans cellK
ville , a tenu l'orgue au grand Concert festival
de cette ville en 1823. Les introductions et les
préhitles qu'il a exécutés eu cette circonstance ,
pour quelques antiennes du docteur Croft, ont
été fort goûtés et applaudis. 11 a publié chez dé-
menti , à Londres , depuis 1800, deux œuvres de
sonates pour le piano, avec accompagnement de
violon et violoncelle; une sonate pour piano seul,
op. 3 ; un recueil de préludes pour l'orgue, etuu
œuvre de sonates pour le piano, avec des airs
favoris , op. 5.
CAAIIA'ER (Antonio), fils du critique et
historien Dominique Cauiiner, naquit à Venise,
en 1769. On connaît sous son nom un Indice de'
teatralispettacoli di tutto l'anno, dal carno-
vale 1808 a tutto il carnovale lS09,ctf al-
cuni anche precedenii, con aggiunta deW
elenco de' poeti, maestri di musica, pittori,
virtuosi cantanfi, batlcrini, stalo présente
delte corniche compagnie italiane , e final -
inente délie note délie opère série, buffe e
farse italiane, scritte di nuovo in musica,
de' respettivi maestri, ed inquali teatri; Ve-
nezia, Gio. Anl. Curti, 1810, in-t2.
CAMMARANO (Louis ), composilcur dra-
matique , né à INaples, fut élève du Conservatoire
de cette ville. En 1839 il a donné au théâtre du
l'ondo iCiarlatani, opéra bouffe qui a été re-
pris plusieurs fois avec succès, et dont Ricordi
a publié plusieurs morceailx pour le piano, à
Milan. Kn 1840, Cammarano a fait représenter
au même théAtre il Ravvcdimcnto , qui a été
CAMMARANO — CAMPACISOLI
1 (;.-,
égaleniont l)icii nccneilli , et doiit une partie de
lo musique a «'té publiée. J'ignore les titres des
Hiitres ouvrages de cet artiste , mort jeune à Na-
zies , dans l'été de 1854. Il était frère de SaU
vator Camniarano , poète connu par un grand
nombre de libretli d'opéras mis en musique par
Donizetli, Pacini, Verdi et autres.
CAMPAGNOLI (Bautiiolomé), violoniste
distingué, naquit à Cento, près de Bologne, le
10 septembre 1751. Dali' Ocha, élève de Lolli,
(ut .son premier maître de violon. Ses progrès fu-
rent rapides , et bientôt il eut besoin d'un meil-
leur modèle. Son père , qui était négociant , l'en-
voya à Moilène , en 176.3, pour y prendre des
leçons de don Paoto Guastarobba, violoniste
de l'école de Tarlini. Ce fut dans cette ville qu'il
acheva aussi ses études dans l'art de la compo-
sition. En 17C6, Campagnol! retourna dans le lieu
de sa naissance : il y fui placé à l'orclieslre du
fbéâlre. Deux ans après cette époque il partit
pour Venise, où il demeura quelques mois; puis
il alla à Padoue, où respirait encore le vénérable
Tarlini , arrivé presque au terme de sa vie. Cam-
pagnoli s'arrêta aussi dans cette ville. En 1770,
il lit son premier voyage à Piome , et y recueillit
des applaudissements. De là il alla à Faenza , où
le maître de chapelle Paolo Alberglii, virtuose
sur le violon , le fixa pendant six mois. Enfin
il partit pour Florence, dans le dessein d'y en-
tendre Nardini. Le haut mérite de cet artiste le
décida à prendre de ses leçons, et pendant cinq
années il travailla sous la direction de ce maître.
Ce fut pendant ce temps qu'il se lia d'amitié avec
Cherubini. Il était alors premier des seconds vio-
lons au théâtre de la Pergola. En 1775, il retourna
à Piome, y fut placé comme chef des seconds
violons au théâtre Argentina , et se fil entendre
avec succès dans plusieurs concerts. Vers la fin
drf la même année , le prince évêque de Frei-
singe l'appela en Bavière, et lui confia la place
de maître des concerts de sa cour. Campagnol!
arriva à sa destination en 1776. Deux ans après,
il fit un voyage en Pologne avec le célèbre bas-
soniste Keinert ; ces deux artistes s'arrêtèrent
trois mois à Grodno, puis autant à Varsovie.
Arrivé à Dresde , Campagnol! y reçut un engage-
ment du duc Charles de Courlande, comme di-
recteur de sa musique. En 1783 !1 se rendit eu
Suède par Slralsund , et, pendant un assez long
séjour qu'il fit à Stockholm, il fut reçu membre
de TAcadéraie royale de musique de cette ville.
11 retourna ensuite à Dresde par Golhenbourg,
Copenhague, Schleswig, Hambourg , Ludwigstad
el Potsdam. En 1784 il alla revoir pour la pre-
mière fois sa patrie, et prit sa route par Leipsick,
Wcimar, Nuremberg, B;iyreuth , Anspacli, Pia-
ti'Sbonne, Munich, Sal/.hourg, InsprucK , Vérone
et Mantoue; donnant partout des concerts et re-
cueillant des témoignages d'estime pour ses la-
lents. Eu 1786 il passa quelques mois à Prague,
et retourna h Dresde par Berlin, Hambourg,
Hanovre, Brunswick, Cassel, Gœttingue, Franc-
fort , Mayence, Manheim et Coblentz. Après un
second voyage en Italie, entrepris en 1788, il
ne quitta plus Dresde , jusqu'à la mort du duc
Charles de Courlande. Il fut alors nommé maître
de concerts à Leipsick; il y dirigea les orchestres
des deux églises principales et du concert avec
talent. Vers la fin de l'année 1801, il visita Pa-
ris, et eut le plaisir d'y revoir son ancien ami
Cherubini. Kreutzer fut le seul violoniste fran-
çais qu'il eut occasion d'entendre: il admirait le
jeu brillant et plein de verve de ce grand artiste.
De retour à Leipsick, il y est resté encore plu-
sieurs années, puis a été ai)pelé à Neuslrelilz
comme directeur de musique. Il est mort en celte
résidence, le 6 novembre 1327.
Les compositions de Campagnol! qui ont été
publiées sont -. 1" Six sonates pour violon et
basse; Florence. — 2» Dix-huit duos pour llùle
et violon, œuvres 1, 2 et 4; Berlin. — 3° Trois
concertos pour flûte et orchestre, op. 3; Berlin,
1791 et 1792. —4° Six sonates pour violon et
basse, op. G; Dresde. — 5» Trois thèmes variés
pour deux violons, op. 7 et 8; Leipsick, Breit-
kopf et Hœrtel. — 6" Six duos concertants pour
deux violons, op. 9; ibid. — 7" Six duos faciles,
op. 14; ibid. — 8» Trois duos concertants,
op. 19; ibid. — 9"" Recueil de 101 pièces faciles
et progressives pour deux violons, op. 20, liv.
1 et 2 ; ibid. — 10» Trois thèmes de Mozart va-
riés pour deu\ violons; Vienne, Artaria. — 11<»
Six fugues pour violon seul, op. 10, liv. i el 2;
ibid. — 12° Trente préludes dans tous les
tons, pour perfectionner l'intonation, op. 12;
ibid. — 13° Six polonaises, avec un second
violon ad libitum, op. 13; Leipsick, l'eters. —
14° L'Illusion de la viole d'amour, sonate
nocturne, œuvre 16; Leipsick ; Breitkopf et Hœr-
tel. — 15° L'Art d'inventer à l'improvisle
des fantaisies et des cadences, etc., op. 17;
ibid. — 16° Sept divertissements composés pour
l'exercice des sept positions principales, op. t8;
ibid. — 17" Concerto pour violon et orchestre,
op. 15 ; ibid. — 18° Quarante et un caprices pour
l'alto, op. 22; ibid. — 19° Nouvelle méthode de
la mécanique progressive du jeu du violon, di-
visée en cinq parties et distribuée en 132 leçons
progressives pour deux violons, et 118 études
pour le violon seul, op. 21 (en français et en
allemand); Hanovre, Bachmanii. Ricord! a pu-
blié à Milan une édition italienne de cet ouvrage.
1G6
CAMPAGNOLl — CAMPENHOUT
Campagnol! a eu deux filles ( Albeiline et Gio-
■vanna) qai ont brillé comme cantatrices sur le
théâtre de Hanovre.
CAMPAIMA. (Fabrice), compositeur, né à
Bologne en 1815, a reç.n des leçons de contrepoint
au iycée musical de cette ville. En 1838, il débuta
dans sa carrière par l'opéra intitulé Caterina di
Guisa, qui fut représenté à Livourne. Le second
ouvrage de sa composition, joné à Venise en
1841, fut favorablement accneilli dans plusieurs
villes, particulièrement à Milan, Rome, Flo-
rence et Trieste. Jannina d' 0)~nano, représenté
à Florence en 1842, fut moins heureux, et Luisa
>di Francia tomba à plat sur le théâtre Argen-
iina k Rome, en 1844. Musicien instniit,mais
dépourvu d'imagination, Campana ne s'est point
élevé au-dessus du médiocre dans ses produc-
tions.
CAMPAIVELLI (Louis), violoniste et di-
recteur de la chapelle à la cour de Toscane, na-
quit à Florence en 1771. Il eut pour maître
Nardini, et passe pour l'un de ses meilleurs
élèves. En 1802, il fut admis à la cour du roi
d'Étrurie en qualité de premier violon. On
connaît de sa composition des sonates de vio-
lon , des duos, des trios, des quatuors qui, bien
que manuscrits, sont répandus dans toute l'Italie.
CAMPBELL ( ), méiiecin écossais, qui
vivait dans la seconde moitié du dix-huitième
siècle, s'est fait connaître par la publication
d'un écrit intitulé de Muslces effectu in do-
loribus leniendis aut fugiendis; Edimbourg,
1777, in-4°.
CAMPBELL (Alexandre), organiste à
Édimboing, a publié un recueil d'airs écossais
sous ce titre : 12 Scots Songs with violin (douze
Chansons écossaises avec violon; Londres, 1792).
Il y a un second recueil d'airs semblables avec
accompagnement de iiarpe, publié par le même
artiste.
CAMPBELL (...), savant écossais connu
par divers ouvrages sur différentes pat lies de la
physique, a fourni un très-bon travail dans l'ar-
ticle Acousiic de VEncyclopcdle d'Edimbourg
publiée par Brewster (Edimbourg, 18.'i2). Aucun
renseignement n'a été donné concernant la bio-
graphie de ce savant.
CAMPEGIUS (Sympuorianus). Voy. Cham-
PIEU.
CAMPELLl (Charles ), compositeur dra-
matique, qui vivait vers la lin du dix-septième
fiiècle, a donné à Sienne, en 1693, un opéra qui
avait pour titre Amor fra gli impossibili.
CAMPEXHOUT (François Van), chan-
teur dramatique et compositeur, naquit à Bru-
xelles en 1780. Fils d'un auiiergiste de cette
I ville, il fit ses premières étuiîes sous la direction
d'un ecclésiastique français qui avait émigré, et
demeurait dans la maison de son père. Dans le
même temps il apprenait la musique, et Pauwels
( votj. ce nom ) lui donnait des leçons de vio-
lon. Cami)enhout n'était pas destiné à la profes-
sion de musicien : à peine âgé de seize ans, il
fut placé chez un procureur; mais son amour
pour la musique et le dégoût que lui inspirait
le style des actes de procédure lui firent bientôt
abandonner l'étude où son père l'avait relégué,
et, décidé à suivre la carrière d'artiste, il entra
à l'orchestre du théâtre de la Monnaie, en
qualité de violon surnuméraire. Vers le même
temps il fut admis dans une société d'aïua-
leurs qui jouait de petits opéras-comiques au
théâtre du Parc; sa jolie voix de ténor aigu,
qu'on désignait alors en France sous le nom de
hauic-contrc, lui valurent des applaudissements
qui lui firent prendre la résolution de se vouer
à 1:1 scène. Un engigement lui lut bientôt offert
pour une nouvelle cntieprise dramatique qui
s'était installée au théâtre de Rhétorique, à
Gand ; mais peu de mois après ce théàtie ferma,
et Campenhout revint à Bruxelles. Admis à l'es-
sai au théâtre de la Monnaie, il y débuta dans
r^:;eHim de Dalayrac; puis il alla jouer pen-
dant quelques mois au théâtre d'Anvers, et fut
définitivement engagé au théâtre de Bruxelles
pour y chanter les rôles de jeunes ténors. Le suc-
cès q\i'il y obtint comme chanteur, dans le ron-
deau des Visitandines,\\xi{'\\. confier des rôles
plus importants , et même ceux de l'emploi de
premier ténor du grand opéra, tels que ceux de
Polinice, dans Œdipe, d'Énée dans Dido.i,
et d'Achille dans Iphigénie en Aulide. A celle
époque le remplaçant de l'acteur chef d'em-
ploi était fort mal rétribué de son travail, car le
traitement de Campenhout ne fut que de 1,000
francs dans la première année; dès la sui-
vante il fut porté à 2,400 francs. Des piopositions
lui ayant été faites en 1801 pour le théâtre de
Brest, il se rendit dans cette ville, et y chanta
avec succès pendant deux ans; puis il accepta
un engagement au théâtre de la Porte-Saint- Mar-
tin, de Paris, où l'on jouait alors alternativement
les opéras français et allemands. La mauvaise
issue de cette entreprise ramena Van Campenhout
à Bruxelles, en 1804 , sous le nom de Campen-
haut, parce qu'il avait été forcé de modifier le
sien, pour en rendre la prononciation plus facile
aux Français. C'est sous ce même nom q>i'il a
été connu dans toute sa carrière dramati-
que.
Campenhout, à qui l'administration du théâtre
avait assuré un traitement de 4,000 francs,
CAMPEKIIOIJT — CAMPI
107
joua pendant celte année les rôles de grand
o[)(Ma etil'opéia-comique. En 1805, il fut engagé
par le lliéûtrc français d'Amsteniam, aux ap-
poinlemenls de 3,000 florins. Il y débuta avec
un brillant succès dans le Prisonnier, et joua
tons les rôles de son emploi de manière à con-
quérir la faveur du public. Un nouvel engage-
ment lui fut offert pour l'année suivante ; il l'ac
cepla, et, après une courte excursion à Paris,
il relourna à Amsterdam prendre possession de
son emploi. Il eut, à son retour dans cette ville
la bonne fortune d'y trouver la célèbre canta-
trice M"i<' Grassini , avec qui il clianta plusieurs
scènes italiennes, et qui lui fit comprendre que
son éducation vocale était fort imparfaite. Heu-
reusement il fut appelé à la Haye en 1807, à
(les conditions avantageuses tant pourle tl.éâtre
que pour la chapelle du roi Louis-Napoléon, et
il trouva à la tête de cette cliapelle Plantade,
qui lui donna des leçons de cliant et réforma
ses défauts. En 1808, la cour quitta la Haye et
s'établit à Amsterdam : ce fut dans cette ville
(pie Campenliout fit jouer son premier opéra,
sous le titre de Grotius, ou le Château de Lœ-
ircnstein, en trois actes. Jusqu'alors il n'avait fait
aucune étnde de l'harmonie et n'avait écrit ses
idi'es que par instinct ; mais, après la rcprésen-
tttion de son ouvrage , il comprit la nécessité
d'apprendre les règles d'un art difficile, et il re-
çut des leçons de Navoigille aîné et de Saint-
Amand, anciens artistes français qui étaient en-
trés dans la musique du roi de Hollande.
La réunion de ce pays à la France amena
la suppression de la chapelle, et Campenhout
(lut accepter, en 1809, un engagement pour le
théâtre de Rouen, où il chanta pendant quatre
ans. A la fin de 1812 il retourna à Amsterdam;
mais les revers de la Irance en 1813 le ramenè-
rent à Paris, puis à Lyon en 1814. Il y fit jouer
dans l'année suivante le Passe-partout , (ypéra
en un acte. A l'expiration de son engagement, il
alla à Bordeaux, y resta deux ans, revint en
Belgique en 1818, et chanta au théâtr,; d'Anvers
pendant toute cette année ; puis il retourna à
Lyon, et de là à Bordeaux, où il composa l'Heu-
reux Mensonge, opéra-comique en deux actes ;
Diane et Endijmion, ballet, et un divertisse-
ment. En 1893 il chanta au théâtre de Gand ;
puis il fut appelé à TOdéon de Paris pour
chanter les traductions des opéras de Rossini
que Castil-BIaze renait de mettre en scène. En
1826, il se rendit à la Haye et y produisit une
vive sensation dans les mômes ouvrages. Enfin
il termina en 1827 sa carrière de chanteur dra-
matique au théâtre de Gand , où ses appointe-
menls furent élevés à la somme de 15,000 francs.
De retour à Bruxelles en 1823, il ne s éloigna
plus de cette ville.
La révolution belge du mois de septenibn;
1 830 a fourni à Van Campenhout l'occasion de
composer le chant national connu sous le nom de
la Brabançonne, qui a donné à son auteur une
grande popularité , et sera plus efficace pour le
faire passer à la postérité que foutes ses autres
productions. Ce chant a les qualités nécessaires
aux choses de ce genre : il a de la franchise, du
naturel et de la force rhythmique. Arrangé en
harmonie militaire et à grand orchestre , il est
devenu le signal obligé de toutes les fêtes natio-
nales de la Belgique. Van Campenhout a laissé
en manuscrit : 1° Les opéras cités précédem-
ment. — 2" Les Quatre Journées, opéra en un
acte , inédit. — 3" Gillette de Narbonne, opéra
en trois actes, inédit. — 4" Thérèse, oula Femme
du pécheur de Sorrente , drame lyrique en un
acte. — 5° Chœurs d'Athalie , composés à
Rouen, en 1809, pour les représentations données
par Talma. — 6° Le Réprouvé , grande scène
lyrique pour baryton, chœur et orchestre. — 7"
Neuf cantates avec orchestre pour diverses cir-
constances, écrites depuis 1806 jusqu'en 1847.
— 8° Plusieurs chœurs avec ou sans orchestre.
— 9° La Tempête, ouuneNuit en mer, scène
pour baryton et chœur, 184T. — 10° Plusieurs
chants et nocturnes à une et deux voix avec
piano. — 11° Messes solennelles à 4 vois,
chœur et orchestre, exécutées à l'église deSainte-
Gudule, à Bruxelles, n"' 1, 2, 3. — 12" TeDeum
exécuté dans la même église en 1837, à l'occa-
sion de la fête du roi Léopold. — 13° Sept
Tantum ergo pour différentes voix, orgue et
orchestre. — 14o Cinq salutaris, idem. —
15° Missa pro defunctis, 1840. — 16° Domine
salvum fac regem , poiu" chœur et orchestre;
— 17° Pater noder à 4 voix, avec orgue. —
18° Ave Maria à 4 voix et orchestre. — 19° Ave
Mariah^ voix et orgue. — 2(i° Le, Psaume 140,
à 4 voix, chœur et orchestre. — 21" Sympho-
nie [emit) à grand orchestre, 1817. — 22°
ouvertures idem, n°* 1, 2, 3, 4. — 23" Divertisse-
ments idem, n"' 1, 2, 3, 4, 5, 6. — 24o Morceaux
de (Afférents caractères en harmonie pour ins-
truments à vent, au nombre de 29. — 25° Con-
certino pour violon. — 26° Concertino pour
Hùte. — 2v" Un grand nombre de romances avec
piano. Van Campenhout est mort à Bruxelles
en 1848.
CAMPESIUS (Dominique). Voijez Cam-
PISI.
CAMPI (Antonia), cantatrice célèbre, née à
Lubliu, en Pologne, le 10 décembre 1773, était
fille d'un musicien nommé Miklasiewicz, qui lui.
f68
CAMPI — CAMPION
donna une bonn« éducaliort et développa son
talent pour le cliant, dans un âge où la voix est
à peine formée. Elle était entrée dans sa quin-
zième année lorsqu'en 1788 elle l'iit altacliée
comme cantatrice à la chambre du loi de Po-
logne. Un peu plus lard elle se rendit à Pra-
gue, où elle se maria, en 1791, avec un chan-
teur du théâtre, nommé Gaetano Campi. Après
avoir brillé longtemps à Prague et à Leipsick,
elle débuta à Vienne le 13 juin 1801, à l'occasion
de l'ouverture du nouveau théâtre ander Wien,
dans Alexandre ,o\\év A de François Teyher, où
elle chantait la partie de Kiosa, reine des Indes.
Les habitants de la capitale de l'Autriche l'ac-
cueillirent avec beaucoup d'applaudissements , à
cause de la beauté de sa voix et du caractère
expressif et passionné de son chant. Les rôles
(pi'elle affectionnait étaient ceux de Donna
Anna , dans Don Juan, de Constance dans VEiv
lavement au Sérail , de la Reine de la nuit,
dans la Flûte enchantée , et de Vitellia, dans
la Clemcnze di Tito, opéras de Mozart. M"'e
Campi resta longtemps à Vienne et passa en
1818 du théâtre an der Wien au théâtre impé-
rial de Kdrntnerihor. Deux ans après, elle
eut le titre de cantatrice de la cour impériale.
11 y avait alors trente et un ans qu'elle chan-
tait au théàlie, et pourtant sa voix était encore
belle, et les qualités dramatiques de son talent
s'étaient perfectionnées. On en donne pour
preuve les succès qu'elle obtint dans quelques
voyages qu'elle fit pendant l'automne de 1818.
Des amateurs qui l'avaient entendue à Leipsick,
vingt ans auparavant, furent frappés d'élonne-
inent en lui retrouvant un talent fort remar-
quable encore par sa jeunesse et son énergie.
Bien qu'elle n'eût point fait d'études sérieuses
et suivies de la vocalisation au commencement
de sa carrière, elle avait une adresse singulière
à exécuter la musique modenie, et particulière-
ment le répertoire de Rossini. Elle avait même
pris en affection toutes les fioritures de cette
école. En 1819 elle se fit entendre à Dresde,
Francfort, Stultgard, Munich, et partout avec
succès. En 1821 elle donna quelques représen-
tations à Prague, à Berlin, et enfin à Varsovie,
où elle joua avec un succès extraordinaire le rôle
d'Aménaide dans Tancrcde.VempevcurA\e\ai\-
dre lui fit cadeau, à cette occasion, d'une bague en
diamants. Au moisde septembre 1822, elle visila
de nouveau Munich, où elleespérait obtenir encore
des succès; mais, atteinte subitement d'une fièvre
inflammatoire, elle mourut dans cette ville le 2 oc-
tobre de la môme année. Elle avait eu dix-sept
enfants de son mariage, dont huit dans quatre
couches doidtles, et trois dans une triple. Néan-
moins les fatigues de ces cnfanteincnfs lahorieu^s
n'avaient porté aucune atteinte à la beauté de
son organe vocal. L'étendue de la voix de Mi"e
Campi sortait des bornes ordinaires, car elle com-
mençait au 5oZ grave, et allait jusqu'au fa suraign,
c'est-à- dire à trois octaves environ plus haut. Sou
articulation était flexible, et son exécution se fai-
sait remarquer par sa netteté et sa précision.
Ou a comparé cette cantatrice à M""® Catalani,
et quelques personnes lui donnaient la palitve
parce qu'elles lui trouvaient la voix mieux con-
servée, le trille meilleur, et des connaissances
plus étendues et plus solides dans la musique.
Les seuls défauts qu'on lui connaissait étaient
d'enfler les sons par saccades avec trop <le rapi-
dité, et de surcharger les mélodies de groupes et
de moidauts.
CAMPIOLÎ (. . . .) est compté parmi les
castrats les plus célèbres qui ont vécu en Alle-
magne. Il naquit en ce pays de parents italiens
vers 1700, fit son éducation de chanteur en
Italie, puis retourna en Allemagne. En 171C sa
belle voix de contralto excita l'admiration géné-
rale. En 1720 il contracta un engagement à la
cour de W^ol-fenbùttel ; six ans après il se rendit
à Hambourg, puis voyagea en Allemagne, en
Hollande et en Angleterre. En 1731 il chanta de
nouveau à Dresde, dans Cleofide,o\)érà de Masse.
Il paraît qu'il alla ensuite eu Italie, et qu'il y
passa le reste de ses jours.
CAMPION (FiiANçois), théorbiste, musicien
de l'Opéra <le Paris, entra à l'orchestre de ce
théâtre en 1703. Retiré avec une pension de
300 francs en 1719, après quinze années de
service, on voit par des Mémoires pour servir
à Vhistoire de l'Académie royale de musique
(Mss de ma bibliothèque), qu'il vivait encore
en 1738, et qu'il jouissait de cette pension. On
a de ce musicien les ouvrages dont les titres
suivent : 1" Nouvelles Découvertes sur la gui-
tare, contenant plusieurs suites de pièces
sur huit manières différentes d'accorder;
Paris, \lQih. Ouvrage curieux qui enseigne l'art
de tirer de la guitare des eff<;ts qu'on a présentés
comme des découvertes modernes. — 2° Traité
d'accompagnement pour le théorie; Paris
et Amsteidam, 1710, in-8». — 3° Traité de
composition , selon les règles des octaves de
musique; Paris, 1716. — i'* Addition aux
traités d'accompagnement et de composition
par la lègle de l'octave, où est compris par-
ticulièrement le secret de l'accompagnement
du théorie , de la guitare et du luth; Paris,
1739, in-4". J.-J. Rousseau dit, dans l'article
Accompagnement de son Dictionnaire de mu-
sique : '< La règle de l'octave lut, dil-on, inventée
CAMPION — CMIÎISÎ
id'j
par Canipion. » Celte tradition n'a aucun fon-
dement et l'erreur est manifeste, car cette for-
mule harnioui.iue était connue longtemps avant
l'époque où Campion cultiva son art. Gasparini
l'avait i)ubiiée dans son Annonico practico al
Cembalo (cli. 8), dont la première édition fut
publiée en 1683. 11 est vrai que cet auteur n'in-
dique les harmonies que pour l'ancienne gamme
<le riiexacorde, qui était restée en usage dans
tout« l'Italie pour la solmisation ; mais il enseigne
l'usage de l'accord de quinte mineure et sixte sur
le septième degré des modes majeur et mineur,
dans le septième chapitre du même ouvrage. Si
Rousseau eût lu l'ouvrage de Campion , il y au-
rait trouvé ce passage, qui prouve que ce mu-
sicien ne s'attribuait pas l'invention de la règle
de l'octave : « Je l'ai reçue, dit-il, de M. Maitot
« (son prédécesseur à l'Opéra) comme le plus
« grand témoignage de son amitié. » Dans un
autre endroit, il dit aussi : « On commence à
« les enseigner (les règles de celte formule) à
« Paris. Les premiers qui les ont sues en ont
« fait un mystère. J'avoue que j'ai été de ce
n nombre, avec le sciupule de ne pas les donner
« à gens qui les pussent enseigner; mais (ilu-
« sieurs personnes de consiàéralion et. de mes
« amis m'ont enfin engagé de les mettre au
K jour. »
CAMPÎ01\ (Thomas), docteur en médecine
selon Wood {FusU-Oxon., lome I, col. 229),
mais, selon M. Robert Watt {Biibl. Briiann., l"=
part., 189 71) et quelques autres, docteur en mu-
sique. Si ceux-ci avaient vu la dédicace de la pre-
mière édition du traile de contrepoint de Cam-
pion, ils se seraient convaincus de leur erreur,
car cet écrivain, après avoir déclaré qu'il fait sa
profession de la médecine, s'excuse d'avoir
écrit un traits de musique, par l'exemple de Ga-
Jien qui devint un très-habile musicien, et qui
voulut ensuite appliquer la musique à la con-
naiseance des mouvements irréguliers du pouls.
Wood assure que Campion n'était pas seulement
médecin, mais qu'il était aussi admiré comme
poêle et comme musicien. On trouve en eflet
dans l'édition des airs de Ferabosco, publiés à
Londres en 1609, des vers qui sont signés par
Thomas Campion, docteur en médecine. La poé-
sie des chants sur la mort du prince Henri,
mise en musique par Cooper ouCoperario, est
aussi du même auteur; enfin il existait autre-
fois dans la bibliothèque Bodiéienne un livre qui
avait pour titre : Observations on the art of
onglish poetrij, par Thomas Campion, imprimé
en 1002,in-I2. Wood parle aussi d'un Thomas
Campion, de Cambridge, qui était maitre-ès-
arts a Oxford , en 1624; mais, selon toute ap-
parence, celui-ci n'est pas le môme que le doc-
teur en médecine.
A l'égard du savoir de Campion en musique,
il ne peut être mis en doute, car son traité du
contrepoint en fait foi. Cet ouvrage a paru sans
date sous ce titre : a New Waij of maJiing
four parts in contrepoint, by a mosl fami-
liar and infallible rule ( Nouveau Moyen pour
composer à quatre parties en contrepoint, par
une règle facile et sûre ) ; Londres , in-B". La
deuxième édition de cet ouvrage a été publiée,
vraisemblablement après la mort de l'auleur,
sous ce litre : the Art of setting or compu -
slng music inpjarts, Londres, 1G60, in-8°. La
troisième, revue et annotée par Cb. Simpson,
est intitulée -.The Art of discant, ivith anno-
tations, by Chr. Sympson ; Londres, 1G72,
petit in-s°. C'est sous ce titre que ce petit ou-
vrage a été ajouté à la huitième éililion de V In-
troduction à la connaissance de la musique,de
Playford, publiée à Londres en 1679, in-S".
M. Watt a confondu tout cela et a fait plu-
sieurs ouvrages d'un seul.
CAMPIONl (Charles-Antoine), maître de
chapelle du grand-duc de Toscane, naquit à Li-
vourne vers 1720. Il s'y livra à l'élude du vio-
lon et de la composition, et se lit connaître pai'
la publication de sept œuvres de trios pour le
violon, et de trois œuvres de duos pour violon
et violoncelle. La plupart de ses ouvrages furent
bien accueillis et furent gravés en Angleterre ,
en Allemagne et en Hollande. En 1764,Campioni
passa à Florence en qualité de maître de cha-
pelle, et s'y livra à la composition pour l'église ;
il lit voir au docteur Burney, qui était allé le
visiter dans son voyage en Italie, beaucoup
d'ouvrages de ce genre qu'il avait composés, et
particulièrement un Te Deum qui avait été
exécuté en 1767 par deux cents musiciens. Cain-
pioni possédait une superbe collection de ma-
drigaux des compositeurs des seizième et dix-
septième siècles.
CiVMPlSI ( DoMiîHQiCE) , dominicain, né à
Realbuto en Sicile, vers la lin du seizième
siècle, fut nommé professeur de théologie de
son ordre en 1G29. Mongitore (Bibl. Sicnl.,
tome I, page 166) dit que ce fut un savant
compositeur, et cite de lui : 1° Motetti a duc ,
ire e quatiro voci, con una compiela, lih. i ;
Païenne, ir.l5,in-4". — 1° Motetti a due, ecc,
lib. H; Palerme, 1618, in-4°. — 3" Floridus
concentus binis, ternis, quaternis et quinis
vocibus modulnndus; Rome, 1622, in-4". —
4° Lilia campi, binis, ternis, quaternis et
quinis vocibus modulanda, cuin ComjAe'orio
et Lilaniis Beat. Virginis Marix ; Rome, 1623.
(70
CAMPISl — CAMPRA
m-4". — b" LiUacampi, seu, Motettiet Laudi
de B. V. M. 1-6 vocibxis modulanda ; Rome,
Paul Masotti, 1627, in-4°.
CAMPIUTl (Antoine), avocat à Udine ,
dans le Frioiil, s'est fait connaître comme compo-
silenr, et a fait représenter à Pavie, le 11 février
1830, un oi)éta intitulé Bianca e Fernando. Il
adonné à Naples, en 1832, V Incognito , en deux
actes. On connaît aussi de Campiuti des Canzoni
publiées à Naples et h Milan, chez Kicordi.
C AMPOBASSO ( Alexandre - Vincent ) ,
compositeur dramatique, né à Naples, vers 1760 ,
a donné à Milan, en 1789, un opéra séria intitulé
Antigona. Je n'ai pas d'autre renseignement sur
cet artiste.
CAMl'ORESI ( Violante), femme d'un gen-
tilhomme de la famille Giustiniani, cantatrice
distinguée, née à Rome en 1785, n'avait jamais
paru sur aucun théâtre en Italie, lorsqu'elle fut
engagée pour la musique particulière de Napoléon
Bonaparte. Douée d'une fort belle voix de so-
prano et d'une vocalisation facile, elle avait déjà,
eu arrivant en France, un talent remarquable que
les conseils de Crescentini perfectionnèrent en-
core. Après les événements de 1814, M'"" Cam-
poresi passa en Angleterre , où elle débuta, en
1817, au théâtre de Haymarket dans la Péné-
lope de Cimarosa. Elle parut d'abord fort em-
barrassée , n'ayant aucune habitude de la scène ;
mais elle perdit bientôt sa limidité et fut fort
applaudie dans le rôle de la comtesse des Noces
de Figaro, dans VAgnese, et dans dona Anna
de Don Juan. La direction de l'Opéra ayant
passé en d'autres mains dans la saison de 1818,
M"i« Corri fut substituée comme prima donna
à M""® Camporesi, qui quitta l'Angleterre ; mais
elle fut engagée de nouveau en 1821 par M. Ayr-
ton, et pendant trois ans elle joua avec le plus
grand succès les rôles de Ninetta de la Gazza,
et de Desdemona dans ÏOtello. A la (in de 1823,
aprè* avoir chanté dans lesoiatorios, elle se re-
tira du théâtre, et parut même renoncer à chanter
en public dans les concerts ; cependant , au
mois de mai 1827, elle s'est fait entendre au
nouveau théâtre d'Ancône, dans liicciardo e Zo-
rnide, avec le plus grand succès. Deux ans
après, elle se rendit de nouveau à Londres; mais
sa voix avait vieilli, et la présence de M"'C Ma-
libran et <le M"' Sontag ne lui permit d'obtenir
aucun succès. Elle comprit alors que le temps
<'tait venu où elle devait renoncer au théâtre.
Depuis lors elle se retira à Rome, où elle
eut une existence honorable et paisible. On
ignore si elle vit encore au moment où cette no-
tice est imprimée ( 1 860 ).
CAMPRA ( ANonÉ ), compositeur, né à Aix
en Provence, le 4 décembre 1660, reçut des
leçons de musique de Guillaume Poitevin, prêtre
et bénéficier de l'église métropolitaine Saint-
Sauveur de la même ville. Après avoir terminé
ses études musicales, Campra fut appelé à Toulon,
en 1679, pour y remplir la place de maître de
musique de la cathédrale, quoiqu'il n'eût pas
encore atteint sa vingtième année. En 1681 on
le nomma maître de chapelle à Arles: il y resta
deux ans et se rendit ensuite à Toulouse, où il
remplit les mAmes fonctions à la cathédrale,
depuis 1683 jusqu'en 1694. Ce fut dans cette
année qu'il vint à Paris (et non en 1685, comme
il est dit dans le deuxième supplément du Par-
nasse français, p. 19). On lui confia d'abord
les places de maître de musique de l'église du
collège des Jésuites et de leur maison professe,
devenues vacantes par la démission de Char-
pentier, qui passait à la Sainte-Chapelle de Paris.
Peu de temps après il fut nommé maître de la
musique de Notre-Dame, ce qui l'obligea à donner
ses deux premiers opéras sous le nom de son
frère (1). En quittant cette maîtrise, il renonça
à un bénéfice qu'il possédait dans l'église mé-
tropolitaine , et ce fut alors qu'il commença à
donner des opéras sous son nom. Les succès
brillants qu'il obtint par ses ouvrages le firent
nommer maître de la chapelle du roi en 1722,
et de plus on lui confia la direction des pages
de cette chapelle. Il mourut à Versailles le 29
juillet 1744, âgé de près de quatre-vingt-quatre
ans (et non en 1740, comme le dit la Borde
dans son Essai sur la musique). Supérieur
aux autres successeurs de Lulli, Campra enten-
dait bien l'effet delà scène et savait donner une
teinte dramatique à ses ouvrages. Sa musique
n'a point le ton uniforme et languissant de celle
de Colasse et de Deslouches; il y règne une
certaine vivacité de ihvthme qui est d'un bon
effet, et qui manquait souvent à la musique
française de son temps; néanmoins ce n'était
point un homme de génie. Il manquait d'origi-
nalité, et son style était fort incorrect. Malgré
ces défauts , la musique de Campra fut la seule
qui put se maintenir auprès de telle de Lulli ,
jusqu'au moment où Rameau devint le niaîlre de
la scène française. Les ouvrages de Campia
sont : 1° L'Europe galante , 16<37, avec quel-
ques morceaux de Destouches (sous le nom
de son frère). — 2" Le Carnaval de Venise,
1099 (idem). --3° Ilesione, 1700. — 4" Are-
ihuse, 1701. — 5" Fragments de Lulli, sep-
tembre 1702. — 6° Tancrcde, novembre 1702 ;
(1) Celui-ei, nommé Joseph, était basse de violon à TO-
péra depuis i699. Il fut mis à la pension en 1727 et vivait
encore en 1741.
CAMPRA — CANCELUERI
171
— ?• Les Muses, 1703. - 8" Iphigénte en
Tnuride, mai 1704 , avec Desmarets. — 90 Té-
lémaque.mv. 1704. — 10° Aline, 110^. —
110 Le Triomphe de l'Amour, opéra, refait en
septembre 1705. — 12° Hippodamie, 1708.
— 13" Plusieurs airs, dont la cantatilie « Régnez,
belle Thétis, » pour les opéras de Thétis et
Pelée, en 1708, et à'Hésione, en 1709. —
14*' Les Fe'tes vénitiennes , en 1710; de plus
l'acte de Laure et Pétrarque pow les fragments
représentés au mois de décembre 1711. —
15° Idoménée, 1712. — \&° Les Amours de
Mars et Vénus, sept. 1712. — 17° Télèphe,
1713. — 18" Camille, 1717. — 19° ies Ages,
ballet-opéra, 1718. — 20° Achille et Déidamie,
1735. — 21° Plusieurs cantates et l'acte de Si-
lène et Bacchus pour les fragments représentés
au mois d'octobre 1722. Par un brevet daté du
15 décembre 1718, le roi accorda une pension
de 500 livres à Campra, en considération de ses
talents pour la musique dramatique, et dans le
but de l'exciter à continuer ses travaux pour l'A-
cadémie royale de musique. Quatre ans après,
c'est-à-dire en 1722 , le prince de Conti nomma
ce compositeur directeur de .sa musique. Outre
les ouvrages qui viennent d'être cités, Campra
a écrit pour le service du roi et de la cour : 1° Vé-
nus, en 1698. — 2° Le Destin du nouveau
siècle, divertissement pour l'année 1700. —
3" Les Fêtes de Corinthe, 1717. — 4° La Fête
rfe r/ie-A(Zc?>i, divertissement pour la cour, en
1722. — 5° Les Muses rassemblées par l'A-
mour, 1723. — 6" Le Génie de la Bourgogne,
divertissement pour la cour, 1732. — 7° Les
]Soces de Vénus, partition écrite en 1740, à l'âge
de quatre-vingts ans. Enfin on connaît de ce com-
positeur trois livres de cantates ; Paris, Ballard,
I70S et années suivantes, et cinq livres de motets ;
Paris, Bailard, 1706, 1710, 1713, etc. L'air de
la' Furstemberg , qui fut longtemps célèbre,
est de Campra.
CAMUS (....), né à Paris en 1731 , fut
d'abord page de la musique du roi et eut l'abbé
Madin pour maître. En 1740 , il fit exécuter de-
vant le roi le psaume Qui confldunt in Domino,
qui fut applaudi ; il n'avait alors que quinze ans.
Depuis lors il a écrit beaucoup de musique d'é-
glise. La beauté de sa -voix le fit admettre comme
ténor à la chapelle, où il passait pour un des
plus habiles chanteurs de France (ce qui n'était
pas un grand éloge ) , et il brillait aux concerts
spirituels. Il est mort à Paris en 1777.
CAMUS ( Paul-Hippol-ïte), première flûte
du Théâtre-Italien de Paris , né dans cette ville le
20 janvier 1796, fut admis au Conservaloire de
musique comme élève de Wunderlich , au mois
de juillet 1806, el se disliiigua dans ses études.
Après les avoir terminées, il entra au théâtre de
la Porte-Saint-Martiii,cn qualité de première Hùle,
en 1819, puis il passa au Gymnase dramatique.
En 1824, lorsque le théâtre de l'Odéon fut des-
tiné à la rcprésenlation des opéras italiens et alle-
mands traduits, M. Camus a été appelé à faire
partie du bon orchestre que dirigeait Crémont;
enfin , après avoir abandotmc; sa place à ce théâtre
et avoir voyagé, il est entré à l'Opéra-ltalien,
où il est resté plusieursannées. M. Camus s'est fait
entendre avec succès dans plusieurs concerts pu-
blics. On a gravé de sa composition : loDuos
pour deux flûtes, op. 2; Paris, Carli. — 2° Trois
grands duos, livre deuxième; Paris, Pacini. —
3° Fantaisie sur un air écossais pour flûte et
piano, op. 5; Paris, P. Petit. — 4° Trois grands
duos pour deux flûtes, op. 6; Mayence, Schott.
— 5" Trois id., op. 11 ; Paris, Pleyel. — C 24
sérénades composées d'airs nationaux variés, op.
I ; Paris, Carli. — 7° Si\ airs variés, op. 4 ; ibid.
— 8° Fantaisie et variations pour piano et flûte
sur la ronde de la Neige , op. 12 ; Milan, Ri-
cordi , et plusieurs airs variés sur divers thèmes.
CANALIS (Flokent) , compositeur belge,
qui vivait dans la seconde moitié du seizième
siècle, fut organiste de l'église Saint-Jean l'É-
vangéliste, à Brescia. Il est connu par un recueil
de messes, introïts et motets à quatre voix, pu-
bliéàBrescia en 1588, et par ses motels intitulés
Sacrx cantiones sex vocum, liber primus. Ve-
nise, Jacques Vincenli ; 1603, in-4''.
CANAULE (Le chevalier de), amateur de
musique à Montpellier, s'est fait connaître par un
opuscule qui a pour titre : Quelques idées sur
la perce des instruments à vent. Montpellier,
1840, in-S" de 42 pages.
CAI\'AVASSO. Deux frères italiens de ce
nom, plus connus sous celui de Canavas, se
.sont fixés à Paris vers 17.35. L'aîné (Alexandre),
bon professeur de violoncelle, a publié un livre
de sonates pour cet instrument; le plus jeune
(Joseph) avait un talent distingué sur le violon.
II a fait graver deux livres de sonates pour violon
seul, el le Songe, c&n\.di{\\\e. Tous deux vivaient
encore à Paris en 1753. L'a violoncelliste nommé
Paul Canavasso brillait à Péteisbourg en l«23,
CANCELÏJERI ( François), savant romain,
né dans la seconde rnoitié,du dix-huitième .siècle,
est auteur d'un livre intitulé le Due Campane
del Campidoglio benedette dalla Santilà di
N. S. Pio settimo P. 0. M., e descritte da
Francesco Canceltieri,con varie notizie sopra
i campanili e sopra ogni sorte d' orologio ;
Roma, presso Antonio Fulgoni, I800, 1 vol.
in-4'>.
172
CAr^CINEO — CANDEILLE
CANCItVEO (iMiciiel-Ange), maître de cha-
[■.elle de la calliédrale de Yiterbe, naquit dans
cette ville vers le milieu du seizième siècle.
On connaît de sa composition il Primo Libro
de' Madrigali a quattro , cinque, sei e otfo
voci. In Venetia, oppressa Angelo Gardano,
1390 , in-4". On trouve dans ce recueil quelques
madrigaux de Jean-Baptiste Locatello.
CANDEILLE (Pieure-Joseph), composi-
teur dramatique, né à Estaires (Nord), le 8 dé-
cembre 1744, fit ses études musicales comme en-
fant de chœur à Lille, et vint à Paris lorsqu'il eut
atteint sa vingtième année. En 1767 il fui admis
à l'Académie royale de musique pour y chanter la
basse-taille dans les chœurs et les coryphées. Il
y resta dix-se|)t ans, et se retira à la clôture de
1784 , avec une pension de 700 francs, réduite
ensuite au tiers. Rentré au môme théâtre comme
chef du chant en 1800, réformé le 18 décembre
1802, rappelé de nouveau en 1804, en rempla-
cement de Guichard , qui s'était retiré, et réformé
définitivement le 15 mai 1805, avec une pension
de 1,500 francs, il se retira à Chantilly, où
il est mort le 24 avril 1827, à l'âge de qualrcT
vingt-deux ans. Les premiers ouvrages qui tirent
connaître Candeille comme compositeur furent
des motels qu'on exécuta au Concert spirituel :
ils furent applaudis. Ce succès fit naître en
lui le désir de travailler pour le théâtre. Il dé-
buta par la musique d'un divertissement de No-
verre qui fut ajouté au Curieux indiscret , el
(ju'on exécuta à la Comédie française le 27
août 1778. Ce divertissement fut suivi d'un autre,
ajouté aux Deux Comtesses, et qui fut exécuté
le 30 août de la même année. Au mois de no-
vembre suivant, il refit les parties de chant de
l'acle de la Provençale, dans les Fêtes de
Thalle, opéra de Mouret. 11 a refait depuis lors
toute la musique du même ouvrage. Enfin , dans
le cours de cette même année, Candeille fit re-
présenter devant le roi Laure et Pétrarque ,
o[)éra en trois actes , cuii fut joué ensuite sans
succès à Paris, en 1780. Cet ouvrage fut suivi
d'un repos de cinq années, pendant lesquelles
Candeille quitta le théâtre pour travailler à sou
opéra de Pizarre , ou la Conquête du Pérou,
en cinq actes , (lui fut représenté en 1785 et qui
n'eut que neuf représentations. Celle pièce , ré-
duite en quatre actes, avec beaucoup de chan-
gements dans la musique, fut reprise en 1/91 ,
mais ne fut pas plus heureuse. L'ouvrage qui a
faille plus d'honneur au talent de Candeille est
la musique nouvelle qu'il a composée pourl'opéia
de Castor et Pollux. De tout ce que lîairieau
avait écrit pour le poème do Gentil- lîernard ,
Candeille ne conserva (jue l'air Tristes apprêts,
le chœur du second acte, et celui des démons au
qualiième; tout le reste était de sa composition.
Cet opéra, qui fut joué le 14 juin 1791 , eut taut
de succès, que dans l'espace de huit ans il obtint
cent trente représentations; ayant été repris le
28 décembre I8l4,il en eut encore vingt jus-
qu'en 1SI7. On connaît aussi de Candeille /a
Mort de Beaurepaire , pièce de circonstance,
qui fut jouée à l'Opéra, et qui n'eut que trois re-
présentations. Enfin il a écrit plusieurs airs de
danses insérés dans divers opéras, et la musique
de quelques ballets pantomimes. Dans tous ces
ouvrages, Candeille ne se montre pas un com-
positeur de génie ; il n'y a pas de création véri-
table dans sa musique, mais on y trouve un sen-
timent juste de la scène, de la force dramatique
et de beaux effets de masses. Ces qualités suf-
fisent pour lui assurer un rang honorable parmi
les musiciens français du dix-huitième siècle.
D'ailleurs peu favorisé de la fortune dans ses
travaux, il n'a pu faire connaître que la plus
petite partie de ses ouvrages, parce qu'il les a
écrits sur des poèmes qui , après avoir été reçus,
ont été refusés à une .seconde lecture. Voici la
li.ste des opéras de Candeille qui n'ont point été
représentés à l'Opéra de Paris, et dont les parti-
tions ont été entièrement achevées : P» Les Sa-
turnales, ou Tibulle et Délie, acte d'opéra des
Fêtes grecques et ron? aines, représenté en 1777
sur le théâtre particulier du ducd'Orléan.s, rue de
Provence. Cet acte fut présenté au comité de l'O-
péra le 5 mars 1778 , mais il ne fut pas admis.
Plus lard Candeille fit recevoir cet ouvrage après
en avoir refait quelques scènes et y avoir ajouté
un rôle; la musique fut co[)iée, les rôles furent
distribués à Dérivis, Nourrit, mesdames Albert et
Granier, mais il fut définitivement rejeté par le
jury, le 2 mars 1810. — 2' Les Fêtes Lupercales,
pastorale héroïque en trois act"S ; la partition
était écrite dès 1777, mais l'ouvrage fut rehisé
à une seconde lecture, en 1783. — 3» L'Amour
et Psyc/ie, opéra en trois actes, 1780. — k" Bac-
chus et Erigonc, entrée pour les Fe'tes de Pa-
phos, 1780. — 5° Danaé, opéra en quatre actes,
refusé le 29 lloréal an iv , refait et refusé de
nouveauté 21 thermidor an vu. — G" Divertis-
sement pastoral pour le concert de Lille, en
1785. — 7° Lausus et Lydie, opéra en trois
actes, partition achevée en 1786, poëme refusé
à la seconde lecture, le 29 février 1788. -■
8° Roxane et Statijra, ou les Veuves d'A-
lexandre, musique écrite par ordre du gouver-
nement en l'an IV, pièce refusée le 28 nivôse
an VII, puis admise avec des changements, et
rejetée de nouveau le 14 juillet 1813. —^''La-
dislasel Adélcdde, o[»éra en trois actes. Candeille
CANDEILLE — GANGE
173
en composa la musique par ordre, en 1791 ; deux
ansaprc's, la musique fut copiée, les décorations
peintes, et l'on (it vingt-deux répétitions de l'ou-
viage; néanmoins il ne fut pas représenté. —
10" Les Jeux Olympiques, ancien opéra en
un acte remis en musique, reçu au comité de
l'Opéra, le 21 mars 1788, mais non représenté.
— \.t° Brutus, opéra en trois actes, composé en
1793, par ordre du gouvernement; non repré-
senté. La partition est dans la bibliothèque de
l'Opéra. — 12" Ti/hon et VArirore, ancien opéra
remis en musique en l'an vi ; la partition n'a pas
élé achevée. — \3° Ragonde , comédie lyrique
en trois actes, f.a parlition était finie en l'an vu;
les riMes étaient co|)iés et distribués, mais la pièce
n'a pas été représentée. — 14" Pitlujs, pastorale
Iiéroïque en deux actes.
CANDEILLE (Améue-Julie). Voyez Si-
MONS (M"^).
CANDELERO (. . . .). Dans les mémoires
de l'Académie royale des sciences de Turin
(t. XXII, pour les années 1812-1814, p. Ixii),
un Mémoire de cet auteur, sur la Modulation,
est cité comme existant en manuscrit.
CÂNDIDO (Louis), compositeur et virtuose
sur le violon , vivait à Venise au commencement
du dix-huitième siècle : on a de lui : Sonate
pcr caméra, a violino solo con violoncctlo ,
op. 1 ; Venise, 1712.
CAiVDlO (PiETRo), compositeur, né à Vé-
rone, y a fait représenter, en is34, l'opéra inti-
tulé Luigia e lîoberto. Deux ans après il donna
dans la môme ville la Fidanzata delV isole ,
et en 1837 il Duello. Après un repos de plu-
sieurs années, Candio a fait représenter sur le
même théâtre la Spedizione per la luna,
opéra bouffe, en 1845.
CAKDOTTI (û. Jean-Bai'tiste), maître
do cliapelle de l'église collégiale à Cividale, dans
leFrioul, est né dans cette province. Homme
instruit dans l'histoire de son art, il a faft beau-
coup de recherches, particulièrement sur les
musiciens du Frioul, et je lui suis redevable de
bonnes notices sur ces artistes. On a de M. Caii-
dotti un écrit estimable intitulé sul Canto ec-
desiastico e sulla musica di chiesa, Disscr-
iazione; Venezia, 1847, in-8°.
CANELLA (Jérôme), moine de l'ordre des
Frères prêcheurs, né dans le Piémont, a publié
à Milan, en 1604, un livre de motets pour la
fête du Rosaire.
CANETTI (François), compositeur dra-
matique, né à Crème, vers le milieu du dix-
luiitième siècle , a écrit pour le théâtre de Bres-
cia, en 1784, un opéra bouffe intituler Imagi-
nario. Il a été nommé depuis lors maitre de
chapelle de la cathédrale de cette ville, et l'un
des huit membres de la section musicale de l'Ins-
titut des sciences, lettres et arts du royaume
d'Italie. Oncomaait de lui une messe à huit par-
ties réelles, dans le style du contrepoint fugué,
qui passe pour un chef-d'œuvre. Canetti vkait
encore en 18 1 2.
Un autre compositeur, né à Virence, et
nommé aussi François Canetti, a fait représente;'
dans cette ville, en 1830, un opéra intituli;
Emilia, et en 1843, Francesca di Rimini.
Saul, oratorio, a été exécuté sous le même
nom, à Venise en 1846, et à Milan l'année sui-
vante.
CAIMGE (Charles DUFRES?^E, sieur DU),
lié à Amiens le 18 décembre 1610, fit ses étu-
des chez les jésuites de cette ville. Après les
avoir achevées, il alla faire son droit à Orléans,
et lut reçu avocat au parlement de Paris, le II
aoiit 1C31. Étant retourné à Amiens quelques
années après, il y épousa la fille d'un trésorier
de France, et acheta la charge de son beau-père
en 1645. La peste qui, en 1668, ravageait la ville,
le força d'en sortir; il vint s'établira Paris, dont
le séjour convenait aux immenses recherches que
lui demandaient ses travaux. Il mourut dans
cette ville, le 23 octobre 1688, âgé de soixante-
dix-huite ans. Parmi les ouvrages de ce savant
homme, qui tous prouvent une érudition pro-
digieuse, on remarque les suivants, dans les-
quels ou trouve des renseignements précieux
sur la musique du moyen âge : 1" Glossarium
ad scriptores medim et infimx latinitatis, Pa-
ris, 1678, 3 vol. in-fol., dont les bénédictins
de la congrégation de Saint-Maur ont donné
une excellente édition en 6 volumes in-fol., Pa-
ris, 1733-1736. P. Carpentier, l'un d'eux, a publié
depuis lors un supplément sous ce titre : Glos-
sarium novmn seu Supplementum ad au-
ctiorem Glossarii Cangiani editionem ; Paris,
1766, 4 vol. in-fol. Une nouvelle édition aug-
mentée et revue avec soin de cet ouvrage a été pu-
bliée chezM.M. Didotfrères, à Paris (f 840-1850) ,
7 vol.in-4°. Les termes de musique expliqués dans
ce glossaire, avec des détails très-curieux, sont :
Accantare, antiphona , antistropha , apertio
asiatim , ballo, bemollis , bicinium, cabetlum ,
cantata, canticinium, canticum, cantilcna
Rolandi , cantilenosus , cantores, caniorium ,
cantus ecclesiasticvs , capitula, clavis,cor-
nare, cornicare, decentum, discantus , do-
cticanus , dulciana , evigilans stultum, faha-
rius, faussetus , firmare , fiscula , fisicolus ,
frigdora, imponere, infantes, jubilxus, leu-
dus, mellificare, melodi , melodiare, mclo-
dima, melodus , modulizarc , modus,notw,
t74
CANGE — CANNABICH
odarlum, offertorium, imraphonistx, pari-
tMnus, p7ieuma,sincinniu)n,superaeutx, trac-
tïni, tractus, tricinium,vocaUs, usus. Les termes
de iDusique instrumentale sont : Acctabulum,
xtenervum , batallum , batiUus , baudosa ,
biirda yCalamella , calamizare, cascaviellus,
ceromella, chrotta, citola, clangorium, claro-
sus, clario, dassicum, claxendix, cloca, cornu,
corrigiuncula, cymbalum, filosa, flauta, lun-
dis, magadium, monochordutn, musa, muta,
nablizare, nacara, organum, pandurizare,
pifferus , pledrum, psalterium, pulsare, ri-
gabellum, roda, sambuca , signum, skella,
sdva, symphonia, tinniolum, iintinnabulum,
iintinnum, tonabulum, turturi, tympanuni,
tijmpanistra , vitula, voddudus. Voy. aussi
Glossarium ad scriptores viedix et infimx
grsedtatis; Paris, 1688, 2 vol. infol.
CANGIOSI (Antoine), né à Milan, dans la
seconde moitié du seizième siècle, est connu
par un recueil de motets qui a pour titre :
Mdodia sacra a 4 e 5 voci. Milan , Melch.
Tradili, 1612, ia-4o.
CAMS (Corneille), compositeur belj;e, dont
le nom flamand était do Hondt, naquit à An-
vers dans la seconde moitié du quinzième siècle.
]| fut attaché à l'église Noire-Dame de cette ville,
en qualité de cliapelain-chantre. Ses composi-
tions sont répandues dans les collections pu-
bliées à Lou vain et à Anvers pendant le cours du
seizième siècle. On tro'ive surtout de lui des
canons bien faits dans le cinquième livre de
Chansons de divers auteurs {houyaln, 1544).
I5urney a donné une clianson française de Ca-
nis'dans le troisième volume de son Histoire de
la musique (p. 300) ; elle commence par ces
mois : Ta bonne grâce et maintien gracieux.
Un recueil de motets à cinq voix, de Canis, a
été publié sous ce titre : Cantiones sacrx seu
motetta quiuqus vocum; Lovanii, 1544, in-4".
Le recueil intitulé Concentus octo, sex, quin-
que et quatuor vocum; omnium jucundis-
simi, nu3piam antea sic œditi (Augustx
Vindelicorum, Pliil. Ulill.ard, 1545, petit in-4°
obi.), contient des pièces de Canis. On trouve
aussi cinq motets à 4 voix de ce musicien dans la
collection qui a pour titre : Cantiones sele-
ctissimx quatuor vocum. Ab eximiis et prx-
stantissimis Cxsarex Majestatis capellx mu-
sici-s M. Cornelio Cane. Thoma Crequillone,
Nicolas Payen et Johanne Lestainier orga-
nista, compositx, et in comitiis Augustanv
studio et impensis Sigismundi Salmingcri in
lucem xditx; ibid., 1548, petit in-4° oW. On
voit par ce litre que Canis était attaché à la
chapelle de l'empereur à l'époque où ce recueil
fut publié. Ce compositeur avait cessé de vivre
en 1556, lorsque Guichardin écrivait sa descrip-
tion des Pays-Bas.
CANISIUS (EIenki), naquit à Nimègue, vers
le milieu du seizième siècle. Après avoir fait ses
études à Louvain, il fut appelé à lugolstadt,
où il enseigna le droit canon (icndautviiigtet un
ans. Il est mort en 1610. Ses Antiqux Lcdiones
ont été publiées à Ingolsladt, ICOl à 1608, 7
vol. iii-4°. Il en a été fait une meilleure édition
à Amsterdam, sous la rubrique d'Anvers, 1725,
7 tomes in-fol. On y trouve : Canones diversos
conciliorum, de Cantu Romano; sous la date
de 884, de Cantu Gregoriano, t. II, p. 111, et
p. lt)8, un extrait de Notker : Quid singulx lit
terx in superscriptione significcnt cantilena,
etc.
CANNABICH ( Chrétien ), maître de la
chapelle de l'électeur de Bavière, naquit à
Manheim en 1731. Son père, Malliias Canna-
bich, flûtisle de la cour, lui donna les premiers
principes de la musique, et le mit ensuite sous
la direction de Jean Stamitz le père. Lorsqu'il
eut acquis un beau talent sur le violon, le
prince Charles Théodore de Bavière l'envoya à
ses frais en Italie pour y étudier la composi-
tion : il y reçut des leçons de Jomelfi pendant
trois ans, et revint à Manheim en 1703. Dix
ans plus tard il fut nommé chef d'orchestre de
l'Opéra italien, et fit preuve de beaucoup de ta-
lent dans cet emploi. En 1778 il alla remplir
les mêmes fonctions à Munich , où le prince
transporta sa cour. Ce fut vers ce temps qu'il
écrivit un opéra intitulé Azacaja, qui fut gravé
à Manheim en 1778, et un grand nombre de
ballets qui eurent beaucoup de succès. On
cite surtout avec éloge celui de la Descente
d'Hercule aux Enfers , représenté à Cassel ,
dans lequel un quintelto, exécuté par Barth,
les deux frères MichI, Palsa et Bauukirk, exci-
tait l'enlhousiasme. On connaît de lui les
œuvres de musique instrumentale dont les titres
suivent : l» Six quatuors pour violon, (lùfc,
alto et basse, œuvre l^r; la Haye, in-fol. —
2" Trois symphonies à grand orchestre. — 3o Six
trios pour deux violons et violoncelle, œuvre 3 ;
Manheim. — 4o Six duos pour flûte et violon,
œuvre 4; Mardieim, 1707. — 5° Six quatuors
pour deux violons, alto et basse, œuvre 5; Man-
heim. — 60 Trois concerti pour violon prin-
cipal, deux violons, alto et basse. — 7» Six
symphonies concertantes pour deux flûtes, avec
deux violons, alto et basse, œuvre 7; Paris
1769. — 8° Recueil des airs de ballets pour
deux violons et clavecin; Manheim, 1775; quatre
parties. Cannabich mourut en 1793 à Francfort-
CANNABICIl — CAÎ^TEMIR
175
sur-le-Mein, ou il était allé voir son lils. ftlo/.art,
qui estimait les talents de cet artiste , eu pai le
avec éloge dans ses lettres.
CAIXNABICH (Charles ), fils du précé-
dent, naquit à Manheim en 1764. A l'âge de
quatre ans il commença Tétude du violon et
du clavecin; dans sa neuvième année il prit
des leçons de Eck, premier violon de la cour,
et apprit l'iiarinonie et l'accompagnement sous
la direction de Graeitz. Très-jeune encore , il
voyagea avec Auguste Lebrun, virtuose cé-
lèbre sur le hautbois, et joua avec succès dans
les principales villes de l'Allemagne. De retour à
Munich, i! fut placé en 1784 à l'orchestre de la
cour. L'année suivante, il partit pour l'Italie, afin
d'y augmenter ses connaissances ; et, lorsqu'il
revint à Munich, il prit encore des leçons de
composition de P. Winter. En 1796, il fut appelé
en qualité de directeur de musique à Francfort-
sur-le-Mein, et accepta ces fonctions pour quatre
ans, avec; la permission de son prince, conservant
néanmoins sa place au service de la cour de Ba-
vière. Il y épousa la cantatrice Joséphine Woraleck
en 1798. Deux ans après il fut rappelé à Munich
pour succéder à sou père dans la place de di-
recteur des concerts de la cour. Il fit alors re-
présenter deux opéras, Orphée, et Palmer et
Amalie, qui eurent du succès : on en a gravé
les ouvertures et les airs. Ce fut Cannabich qui
composa les airs de ballets de l'opéra A'Axur.
En 1805 il fut envoyé par son gouvernement
à Paris pour y étudier le mode d'enseignement
du Conservatoire de musique. De retour dans sa
patrie, il y fut attaqué d'une fièvre nerveuse qui
le mit au tombeaule ler mars 1806. On agravé les
ouvrages suivants de sa composition : lo Gedx-
chtnissfeyer Mozart's in Klavierausziige ,mit
Mozartz Bruslbilde ;Uàmho\\r^i, 1797.-2° VI
Deutsche Lieder am Klaviere ; Munich, 1798.
— 3° XIV Variations pour le clavecin sur
l'air : A Schûsserl und a lieindl; Munich 1798.
— 4" Jt Variations pour le clavecin N. 2;
Munich, 1799. — 5" VI Trios pour deux violons
et violoncelle, op. 3. — 6o VI Duos pour
flûte et violon, op. 4. — 7° VI Canzonette a
3 aivoci, concembalo, op. 5; Munich, 1801.
— 80 Pot-pourri pour deux violons concer-
tants, op. ; Leipsick. — 9" Ouverture à
grand orchestre, op. 7 ; Leipsick. — 10° Grande
Symphonie, op. 8; Leipsick. — 11° Concerto
pour violon jjtincipal , op. 9. — 12* VI Can-
zonette a 3 vooi, op. 10 ; Munich, 1803.
CANKICCIARl (D. PoMPEo), compositeur,
de l'école romaine, devint maître de chapelle
de l'église Sainte-MarieMajeure au mois de
mars 1709, et mourut au service de cette basili-
que le 29 décembre 1744. Il légua sa bibliothèque
musicale aux archives delà chapelle où il avait
passé la plus grande partie de sa vie. On a de ce
compositeur des messes et des motets à quatre
chœurs, qui se trouvaient autrefois à Sainte-
Marie-Majeure; mais les archives de cette
église ont été dépouillées de toute la musique
qui s'y trouvait , comme celles de toutes les
grandes chapelles musicales de toute l'Italie.
Ces pertes sont déplorables pour l'histoire de
l'art. M. l'abbé Santini, de Rome, possède di-
verses compositions manuscrites de Cannic-
ciari , particulièrement : 1» Deux messes à
quatre voix. — 2" Ave Regina cœli , à quatre.
— 3° Des messes à cinq voix. — 4° Deus fir-
mavit à trois. — 5° Salva nos à trois. —
60 Intonuit, à cinq. — 7° Cim] messes à huit
voix. — 8° Une messe pastorale à huit. —
90 Une messe à neuf. — loo Terra tremuit.
l|o Benedictus Dominus à huit. — 12» Deux
Magnificat à 4, avec orgue. — 13° Une messe à
10 voix. — Des Répons pour la Noël, et beau-
coup d'autres pièces.
Il y a beaucoup d'apparence que ce maître
est le môme qui a été nommé Cannicciani
par Gerber ( Neues Lex. der Tonkiinstler ),
et qu'il dit être auteur d'une messe à seize voix
en quatre cliœurs , datée de 1679. ( Ne serait-ce
pas 1697 qu'il faut lire .^)
CANIXOBIO ( Alexandre ), savant littéra-
teur italien, né à Vérone vers le milieu du seizième
siècle, a donné au public une dissertation intitu-
lée : Bi'eve Trattato sopra le Académie in
musica; Venise, 1571, in-4o. Hayrn et Fontanini
font mention , dans leurs Bibliothèques italien-
nes, d'iMi savant nommé Alexandre Canovio ,
auteur d'un traité de musique spéculative dont
le manuscrit serait à la bibliothèque de l'Ins-
titut de Bologne. Il ne serait pas impossible que
Cannobio et Canovio fussent la même per-
sonne, et qu'il n'y eât qu'une altération de nom
dans le dernier, par le changement de b en v,
dont il y a de nombreux exemples en Italie, et
surtout à Venise. N'oublions pas cependant que
les deux auteurs cités disent que Canovio vécut
au quinzième siècle : s'ils ne se sont pas trompés
sur l'époque, la conjecture tombe d'elle-même.
CAKOBIO (Charles), violoniste italien, était
attaché à l'orchestre de l'Opéra à Saint-Péters-
bourg, en 1790. On a de sa composition : Six
Duos pour flûte et violon; Paris, 1780.
CANÏEMIIl ( DÉMÉTRius ), prince, naquit
en Moldavie, le 26 octobre 1673. Il fit ses premiè-
res armes sous la direction de son père, en 16^2 :
à la mort de celui-ci, il fut nommé par les
barons de la province pour lui succéder ; mais
17(5
CAINTEJMIR — CAAÏU
celte nomination ne fut point confirmée par la
l'orte, et il alla vivre à Constantinople. Nommé
plus tard liospodar de Moldavie , il refusa
deux fois celte dignité, et ne l'accepta que sur la
promesse qui lui fut faite qu'il serait affranchi
de toute espèce de tribut, pendant qu'il gouver-
nerait celte province. Trompé dans^son attente,
il traita avec Pierre le Grand, et il fut convenu
entre eux que la Moldavie serait érij^ée en princi-
pauté héréditaire , et que Démeti ius Canlemir
joindrait ses troupes à celles de l'empereur. Ce
traité ne put être exécuté à cause de la trahison
des Moldaves ; Démétrius fut obligé de s'enfuir,
et de se réfugier dans le camp de son allie.
Pierre créa Cantemir prince de l'empire russe,
et lui donna de grands établissements en
Ukraine. Il mourut dans ses terres, le 21 août
1723. Cantemir pariait le turc, le persan, l'arabe,
le grec, le latin, l'italien, le rusje, le moldave,
et entendait fort bien le grec ancien, l'esclavon
et le français. Il était versé dans les sciences, et
particulièrement dans la musique. Dans son
Histoire de V agrandissement et de la déca-
dence de l'empire ottoman, traduit en français
[lar Jonquières, d'après une version anglaise
( Paris, 1743, in-4o ), Démétriiis dit qu'il a in-
troduit l'art de noter la musique chez les Turcs
de Constantinople. Suivant Toderini , Cantemir,
à Ja demande de deux ministres puissants , écri-
vit en turc un traité de musique, et le dédia au
sultan Achmed II. Villoteau afiirme, dans ses
Mémoires sur la musique des Orientaux, que les
signes dont parle Cantemir sont aujourd'hui ab-
solument inconnus aux Turcs. On a aussi de ce
prince Introduction à la musique turque,
en moldave; manuscrit in-8o, qui se trouve à
Âsirakan
CANTHAL { AoGUSTE), nùtiste, né à Lu-
heck, était attaché au théàtie de Hambourg en
1832. En 1847 il fit un voyage à Copenhague et
s'y lit entendre avec succès : le roi de Dane-
mark lui fit don d'une médaille d'or. Ar-
rivé à Leipsick dans l'année suivante , il y ob-
tint la place de directeur du cor(>s de musicpie
de la garde nationale. On connaît de cet artiste
<|uelques compositions pour son instrument et
<les danses pour le piano.
CAMTIIVO (Paul ), organiste de l'église
Saint-André à Mantoue, vécut dans la seconde
moitié du seizième siècle. On a imprimé de sa
composition Madrigali a cinque voci , Ubro
primo; in Venezia, pressa Giacomo Vincenli e
Ricciardo Amadino, 1585, in-qo obi.
CAiXTONE (Le P. Sérapuin) ou CANTONl,
né dans le Milanais, fut moine de Alont-Cassin
au monastère de Saint-Simplicicn, vers la (in du
seizième siècle, et ensuite organiste de l'église
cathédrale de Milan. 11 a publié les ouvrages sui-
vants, de sa com[)osition : l" Canzonette a tre;
Milan, 1588. — 2° Canzonetfc a quattro voci;
ibid., 1599. — 'â° Sacrx cantiones S vocum in
pariilura; ibid., 1599. — 4° Vespri a vcrselti, e
falsibordoni a cinque voci; ibid., 1602. — 5° /
Passi, le Lameniazioni , e altre cose per la
Settimana sanla a cinque; Milan, l(j03. —
6" Bloleiti a cinque, lib. l,con partitura;\e-
nise, 15'J6 — 1" iMotetti a 5, lib. 2, conparli-
tura; Milan, 1C05. — 8" Motetti a 2, 3, 4, 5,
lib. 4, col basso continuo ; Venise, 1C25. — 9"
Messa, Salmi e Lelanie a 5 voci ; Venise, 1 G2 1 .
— 10° Académie festevole concertale a sei
voci coUbasso continuo , opéra di spirituale
recreazione., ornuta de' mifjliori ritralti de
più famosi niusici di tuila l'Europa, con
r andante ait' Inferno ed al Paradiso, con-
cerli di varii instrumcnti , ed un piacevole
giuocco d'uccelli; Milano, Giorgio Rolla, iC37.
Ouvrage singulier, où il y a plus de mauvais
goût que d'originalité réelle. Le V. Cantone fut
un des premiers compositeurs qui iniroduisirent
dans la musique religieuse un style concerté rem-
pli detrails de vocalisation plus convenables pour
le théâtre que pour l'église. Codenchalz a Inséré
dans ses Florilegii Porfensis un motet à huit
voix, de !a composition de Cantone.
CANTONE (GiROLAMo), mineur conven-
tuel, maître des novices, et vicaire au couvent
des Cordeliers de Turin, vers le milieu du dix-
septième siècle, a publié : Armonia Grcgoriana,
Turin, 1G78, in-4°. C"est un traité de plain-chant
de peu de valeur.
CANTU (Jf.an), chanteur qui dès sa jeu-
nesse annonçait un talent remarquable, mais
que la mort moissonna avant qu'il eût atteint
l'âge de vingt-quatre ans, le 9 mai 1822. Fils
d'im ténor médiocre (Antoine Cantù), qui chan-
tait encore au théâtre Carcano de IMilaiien ISic,
et qui depuis fut attaché à la chapelle de la Ca-
thédrale de IJergame et mourut en 1841, Cantii,
né à Milan, en 1799, eut pour maître de chant
Gentili, et lit sous sa direction d'étonnants pro-
grès. Doué d'une voix étendue , pénétrante et
d'un beau timbre, d'une taille avantageuse , et
d'une figure intéressante et expressive, il ne lui
manquait rien pour obtenir de beaux succès ; la
légèreté de la vocalisation, le goût, et une pro-
nonciation pure et correcte, étaient les carac-
tères distinclifsde son talent. Après avoir débuté
avec succès à Florence, il fut engagé pour l'O-
péra-Italien de Dresde, où il excita l'enthou-
siasme du jmblic ; il ne vécut point assez pour
réaliser les espérances qu'il avait données.
CAJNTU — CAPECE
1T7
Jacques Caiili'i, frère de Jean, était composi-
teur (le musique d'église à Bergaine eu 1840.
Du autre musicien de ce nom est professeur de
uiiisi(iue a l'institut des Aveugles de Milan.
CAi\l]Ti (I'uiuppe), avocat à Reggio, né
ù Bologne, vers 1790, est auteur d'un écrit in-
titulé : Vita di Slanislao Mailei, scriila da
FiUppo Cunuti, avcocuio, aW Academia Fi-
laiinoiiica di Bologna dedicala ; Bologna, 1 829,
iii-8" de 35 pages, avec le portrait de Mattei. 11
a paru à l'occasion de cette notice biographique
:iu examen critique qui a pour titre : Osserva-
zioni sulla vita dcl P. Maliei, scritta da Fi-
Uppo Canuti, aie, Reggio, 1830, in-8".
CAINUTIO (FiEivKËDE) ouCANUZlO, sur-
noauné Polenliuus , parce qu'il était né à l'o-
tonza, dans le royaume de Naples, fut mineur
conventuel an commencement du seizième siècle.
Aiigelo de Piccitone le cite {Fior angcUco di
inuslca , lib. J, cap. 34) comme auteur d'un
traité de musique intitulé : Regulx jlornm
musical. Tevo {Musico Testore , p. iiô) en
parle aussi, mais d'après Angelo de Piccitone, et
n'en rapjiorle qu'une courte citation. Le P. Marliui
dit que cet ouvrage a cté imprimé à Florence en
! jOI ; ForKel fixe la date de l'impression à lôlO :
il ne s'est pas trompé, car un c\emplaira de ce
volume rarissime se trouve dans la bibliollièque
royale île Cerlin , et porte en ellet cette date. Eu
voici le titre exact : Rerjule florum musices
édite per venerandum pair, fratciii (sic) Pc-
trum de Canuiiis Potcnlimun ordinis Minorum
collecte eavisceribus inuslconim doc forum co
maxime Severini Doetii, Guidoiits, Pilacjora,
Aristosenis (sic), Mtri Remigii, Fratris Bona-
rcnture deBriscia , Tintoris et nonnullorum
aliorum quorum nomina breviiatis causa non
citamus. Florentie per Bernardum Zucchel-
txmi, 1510, in-4°. Possevin [Bibliolh. sélect.) cite
le nom d'un musicien appelé Petnis de Canuc-
cùs; il y a lieu de croire que c'est le môme que
Canutio on Canuzio. Le. ^. Martini l'appelle Can-
nutiis, et il a été copié par Gerber dans son an-
cien Lexique. Ce nom a été défiguré par Cboron
et Fayolle en celui de Canuntiis, dans leur Dic-
tionuaire des musiciens.
CANZI (Catuei!Ine), première cantatrice de
la cour de Wiirtemberg , n'est pas d'origine
iLaiicnne comme l'ont cru quelques biographes^,
car elle est lille d'une dame hongroise qui épousa
en secondes noces le baron de Zinnico, major au
service d'Autriche , grand amateur de musique
à Vienne. Elle naquit en 1805, à Bade, près de
celle ville. Après avoir fait l'étude de la musique
sous des maîtres inconnus, elle devint élève de
Salieri en 1819 ; et, après avoir pris des leçons de
{locif. ij>iv. u;.s 3iu,ici[:.NS. — t. m.
ce maître pendant deux ans, elle débuta dans les
concerts de la cour en 1821. Dans la même an-
née, elle joua au théâtre de la cour impériale ate*.
succès dans quelques opéras de Rossini ; puis elle
fit un voyage en Allemagne et se fit entendre à
Prague, Berlin, Dresde, Leipsick, Cassel, Franc-
fort et Darmstadt. En 1822, elle se rendit à Mi-
lan et perfectionna son talent sous la direction
de Danderali. Elle chanta an théâtre de laScala
pendant le carnaval de 1823, puis obtint des
succès à Florence, à Parme, à Tiuin , à Modène
et i'i Bologne. De retour en Allemagne dans l'an-
née 1825, elle fut engagée au théâtre de Leip-
sick, puis se rendit à Londres et de là à Paris ,
où elle joua en 182C, sans y produire beaucoup
de sensation. Elle n'y resta qu'une saison. Dans
l'année suivante elle fut engagée à Stuttgard, oii
elle a chanté pendant dix ans environ. En 1830,
elle y épousa Walibach, régisseur du théâtre
royal. Elle s'est retirée de la scène avec une
pension accordée par le roi de Wurtemberg.
CAPALTI (François), né à Fossombrone ,
dans l'État de l'Église, maître de chapelle de la
cathédrale de Nami, a publie un traité du con-
trepoint sous ce titre : il Contrappuntista pra-
tico, cssia Dimostrazioni faite sopra V es-
perimenio; Terni, per Antonio Saluzzi, 1788,
in-S" de 232 pages.
CAPECE (Alexandre), compositeur, né à
Terano,dans l'Abbruzze, vers la seconde moi-
tié du seizième siècle, fut attaché au service du
cardinal Majolatti comme maîtrede chapellede la
cathédrale de Ferrare. Les compositions de ce maî-
tre venues à ma connaissance sont : r Motetli a
2, 3 e 4 voci, lihro primo; in Roma, Bart. Zanetti,
16tl. — 2° Mofetticoncertali 02,3, 4,5, f., 7 e
8 voci, libro seconda ^Wonva, Gio. Battista Ro-
bletti, 1613 — 3" Il Primo Libro de'Madrigali a
quatlro, cinque e oito voci, opéra quinta; in
Rou)a,appressoGio. Bat.Robletti, 161C, in-4". —
k" Oito Magni/icat sopra li tuoni deW Ecclesia,
o|>. 4 ; Venise, 1616, in-4o. — h° Sacri concerli
d'un vago e nuoro stile a 2, 3 e 4 voci, op. lO.
Cet ouvrage est indiqué par le catalogue de la bi-
bliothèipie musicale du roi de Poilugal, Jean W.
— GO Mafutino del Natale a 2, 3, 4, 5, 6 e 8
t>od; Venise, 1623. — 7° Madrigoli a quattro,
cinque, sei e otlo voci, libro secondo ; Venise,
1617. — 8° Il Terzo Libro de'Madrigali a cin-
que voci, op. 13; in Roma, app. Gio. Batt, Ro-
bletli, 1625. — 9° Motetti a 2, 3 e i voci, lib.
3; Venise, f?art. Magni, 1632. C'est une réim-
pression. Il est vraisemblable que l'auteur d'un
œuvre intitulé Otto Magnilicat a 4 voci, op. 4,
Rome, Bart. Zanelli, 1016, dont le nom est écrit
' Alessandro Capiccio, est le même cpie Coprn:e.
12
178
CAPECE — CAPELLO
Il triait alors maître Je chapelle de la calliéilrale
(le Rieti.
CAPECELATRO (VmcENZo), composi-
teur napolitain, ancien élève du Conservatoire de
San Pieiro a Majclla , à Naples, s'est essayé
sur la scène,sans snccès,par un opéra représenté en
1837, au (liéàtre du fontZo, sur tm libretlo pris
dans le sujet de la Mansarde des artistes ,
vaudeville français. En 184 5, cet artiste a donné
au même théâtre Moricdo , opéra semi-seria,
qui ne fut pas plus heureux. On a imprimé quel-
ques morceaux de ce dernier ouvrage avec piano,
à Milan , chez Ricordi. iVl. Capecelatro a passé
quelques années à Paris comme professeur de
chant ; il y a publié un joli recueil de romances
et de nocturnes, sous le titre de VÉcho de Sor-
rente. On connaît aussi de lui quelques mor-
ceaux pour le piano, publiés à Milan , chez Ri-
cordi.
CAPELLA (Mautianus-Minf.us-Fklix), né à
Madaure en Afrique, selon Cassiodore ; mais
lui-même se nomme nourrisson d'ÉUce, vilie de
l'Afrique propre, sur l'emplacement de Fancienne
Cartilage. On ignore l'époque précise oii il vécut:
quelques auteurs la fixent vers l'an 475; d'autres
l'ont reculée jusqu'au milieu du troisième siècle.
Capella est l'auteur d'une espèce d'Encyclopédie,
latine, intitidée Satijricon, et divisée en neuf
livres, dont les deux preuuers, qui servent d'in-
troduction aux autres, couliennent une sorie de
roman allégorique, intitulé des Noces de la
Pliilologie et de Mercure. Les sept autres
livres traitent des arts libéraux, c'est-à-dire de
la grammaire, la dialectique, la géométrie, l'arilh-
métiqne et l'astronomie. Le neuvième livre a
pour objet la musique ; ce n'est qu'im extrait
de l'ouvrage d'Aristide Quintillien, écrit d'un
style obscur et barbare. La première édition
de cet ouvrage a paru à Vicence en 1499 , in-
foi. Gerber (Neues historisch-biograph. F.exik.)
assure qu'il y en a une édition antérieure , im-
primée à Parme en 1494, in-fol. ; mais celle-ci
paraît supposée. D'autres éditions ont paru à
Modène,en 1500, Bâle, 1532, Lyon, 1539 avec
des notes, et Bâle, 1577, avec des scolies et des
variantes publiées par Vulcanius. Une autre édi-
tion meilleure a été publiée par Grotius, qui n'a-
vaitque quinze ans lorsqu'elle parut. Elle est inti-
tulée : Martiani Minci FelicisCapellx, Car Iha-
ginensis, viri proconsularis Satyricon, in qua
de Niiptiis Philologix et Mercurii libri duo,
et de septem artibus liberalibus singulares
omnes et emendati ac notis sive februis llug.
Grotii illustrati, Leyde, 1599, in-8°. De toutes
les éditions , la meilleure est celle que Frédéric
Kopp a donnée, avec un commentaire perpétuel.
sous ce titre : Martiani Minci Felicis Capel-
las ,. Afri. Carth., de Nuptiis Philologix et
Mercurii, et de Septem Artibus liberalibus
libri novem, ad codicum Mss. fidera cum ïio-
tis variorum;Tianco{aTt\, 183G, gr. in-4o.Mei-
bomius a inséré le neuvième livre du Satijricon
dans sa collection d'auteurs grecs sur la musique,
Amsterdam, 1052, 2 vol. iu-4o , et l'a accompa-
gné dénotes. Rémi à^Aiwerre {Remigius Alti-
siodorensis) a donné sur le traité de musi(|ue de
Capella un commentaire que l'abbé Gerbert a
inséré dans sa collection des écrivains ecclésias-
tiques sur la musicpie, tomeP"", pages 63-94.
CAPELLETTI (Chaules), compositeur
bolonais , élève de Mattci et membre de l'acadé-
mie des philharmoniques, s'est fait connaître par
les opéras dont les titres sont : 1° La Conles-
smo, représenté à Cologne en 1830. — 2° L' A-
mor mulinaro , à Ferrare en 1837. — 3" Il
Sinda?o burlato, à Bologne en 1844.
CAPELLS ( L'abbé Jfan-Marie ) , ou CA-
PELLO, né à Parme , chanoine de la catliéilrale
de cette ville, vers la (in du dix-septième siècle,
fut compositeur de la cour de Parme et mourut
en 1728. 11 a bçaucoup écrit pour le théâtre, et a
donné à Venise : X" Rosalinda , on 1092 (au
théâtres. Angelo) ; cet ouvrage fut joué à Ro-
vigo, en 1717, sous le titre de Erginia Maschc-
rata. — 2" Giulio Flavio Crispo, en 1 7 22, et Mi-
tridate, re di Ponto, en 1723. On connaît aussi
de lui la Griselda et Climene.
Un autre compositeur nommé Capelli s'est
fait connaître, vers la fin du dix-huitième siècle,
par quelques opéras parmi lesquels on remarque
celui (VAchille in Sciro. 11 a écrit aussi le
1 IC"* Psaume à quatre voix, et quelques ariettes
et canlatfcs italiennes.
CAPËLLO (Jean-Marie) , compositeur, né
à Venise vers la fin du seizième siècle, fut orga-
niste de l'église délie Gratieh Brcscia ; il a com-
posé treize livres de messes et de psaumes ; le
neuvième a i)iiru à Venise en 1616.
CAPELLO (Le P. Jean-François), né à Ve-
nise dans la seconde moitié du seizième siècle, fut
moine d'une congrégation particulièredeserivVci,
dans celte ville. On connaît de lui les ouvrages
intitulés : 1" Sacrorum concentuum 1 et 2 voc.
cum Motettis ac Litaniis B. M. V. op. l ; Ve-
nise , Richard Amailino, 1610, in-4° — 2° La-
vieniazioni , Benedictus e Miserere per la
settimana santa, « 5 voci, op. 3;ibid., 1012. —
3' Motelti in dialogo al, 3 e 4 voci, op. 5;
Venise, Jacques Vincenli, 1613, in-4°.— 4" Mo-
telti e Dialoghi a einque, sei, sette e otto voci.,
con sinfonie , ritornelli , eduna Missa in fine;
il tutto variatamente concertato co-. *wci ed
CAPELLO — CAPPA
17!)
isirouinili. In Venczia , cipprcsso Giacomo
Vincend, 1613, in-4''. On trouve des iiiotcls de
J. Fr. Capellodans le Promptuarium musicmn
de Doniriil. ( Voij-Ca nom.)
CAPlîLLLO ( Le P. BARTaoLOMÉ), né à Na-
ples au commencement du dix-septième siècle,
lut mineur conventuel ou grand cordelier au
couvent de cette ville. 11 s'est fait connaître par j
un œuvre qui porte le titre singulier de Sacra
animonim phannaca, quinque vocibits ; Na-
|iles, César Liccioli, 1650 , in^". Ces Remèdes
sacres des âmes sont des motets.
CAPILUPI (Geminiaino), compositeur, né
à Modène vers 1560, fut élève d'Horace Vecclii.
Tiraboschi, d'après la chronique de Spaccini, rap-
porte (Blbliot. Modenese, t. VI , p. 580) que
Capihipi se montra ingrat envers son maître, en
lui faisant ôter par ses intrigues la place de maître
de diapclle de la catliédrale de Modène, en 1604
( roij. Vecclii), pour se la fairedonner, et qu'en ef-
fetil lui succédaalors en cette qualité! Il mourut
à Modène, le 31 août 1616. On connaît de lui :
!° Moteifi a Ci e 8 -voci , llbro primo , Venise ,
Jacques Vincenti, 1603, in-4". Bodencliatz {voij.
ce nom) a tiré de ce recueil deux motets à 8 voix
pour les placer dans ses Florllegii Portensis. —
1° Madrirjali a chique voci, llbro 1° et T ; Ve-
nez,ia, Ang.Gardano, lC0S,in-4°. On trouve.aussi
dans la bibliothèque de Liegnitz : Canzonette a
3 voci , dï Iloratio Vecchi et di Gemignano
Capilupl da Madona [sicj, novamenle poste
in l.uce;Noribergse, excud. Paul Kaufmann,
1597, in-4». Il y a 34 morceauxdans ce recueil.
CAPOAIXI (Jean-François), compositeur
né à Bari, vivait eu 1550. On trouve quelques-
unes de ses compositions dans le premier livre
de la collection des auteurs de Bari publiée par
Antiquis, à Venise, en 1585.
CAPOCCI (Alexandre), composileur de
l'école romaine au commencement du dix-
septième siècle, est connu par un ouvrage qui a
pour litre : Matutino del santo ISalalc^ a I, 2,
3, 4, 6 e8voci,conil bassopjerVorgano. Rome,
1623.
CAPOCI (Salvator), compositeur, n'est con-
nu que par l'opéra Amalia di Viscardo, qui fut
joué à Rome en 1842.
CAPOCIIXI ou CAPOCINO (Alexandre),
né dans la province de Spolète , vécut à Rome
vers 1624. Jacobelli cite dans sa Bibliotheca
Umbrixun traité de Musica, en cinq livres, de
cet auteur peu connu.
CAPOLLIIVI (MicnEL-ANGE), compositeur
italien, au commencement du dix-septième siècle,
a fait exécuter à Mantouc un oratorio de sa
composition, intitulé Lamenta di Maria Ver-
fjine , accompagnato délie Laxjrimc di sauta
3faria Maddutena e di S. Giovanni per la
morte dîGiesù Chr isto,rapp resent ato in ?»,it
sica in stile rccitafivo nella chiesa de' Saiili
Innocenti di Mantua, 1627.
CAPORALE (André;, violoncelliste, a
eu de la renommée en Angleterre, vers le \n\-
lieu du dix-huitième siècle. 11 était né en Italie,
mais on ignore en quel lieu et en quel temps
précis. Il arriva à Londres en 1735, s'y fixa,
et devint l'artiste en vogue pour son instrument.
11 ne possédait pas de grandes connaissances
dans la musique, et son jeu laissait désirer plus
de brillant et de fermeté dans l'exécution des
passages difficiles; mais il tirait un beau son de
son instrument, et il avait du goût et de l'ex-
pression. Eu 1740 il était attaché à l'Opt'ra Ita-
lien, dirigé par Haendel. Il vivait encore en 1749.
Au delà de celte époque on ne trouve plus de
renseignements sur lui. Cervetto (V. ce nom)
fut le rival deCaporale.
CAPOUITI (François), maître de chapelle
de la cathédrale de Ferrno ( dans les États de l'É- ^
glise), vécut au milieu du dix-septième siècle.
On a imprimé de sa composition : Motetorum
quinque vocum liber primus; Ancone, 1651,
in-4».
CAPOSÈLE (Le père Horace), frère mi-
neur, né dans le royaume de Naples, a fait im-
primer un livre intitulé Pratica del canto
piano canto fermo ; Naples, 1625, in-fol. Ce
traité du plain-chant est fort rare.
CAPOTORTI (Louis), compositeur napo-
litain, vécut dans les dernières années du dix-
huitième siècle et au commencement du dix-neu-
vième. Il avait fait ses études musicales au Conser-
vatoire de S. Onofrio. A peine soiti de cette écd^g,
il écrivit pour le théâtre Nuovo une farce intitu-
lée gli Sposi in risse; piu's il fit exécuter au
Fondo l'oratorio le Piaghe di Egitlo. Eh 1802
il donna au théâtre des Fiorenlini l'Jmpegno su-
peraio. L'année suivante i! écrivit pour le théâ-
tre Saint-Charles V Obedde ed Alamaro, et en
1805, pour le môme théâtre, il Ciro, puis Enea
in Cartarjine. Plus lard ii donna au petit théâtre
des Fiorentini : Brefilsordo, qui fut aussi joué
à Rome, et fit représenter à Saint-Charles en
1813, pour le jour de fête de Napoléon, Marco
Curzio. Ses derniers ouvrages furent le petit
drame Ernesta e Cavlino , joué au Ihéàtre des
Fiorentini en 1815, et une grande cantate sur la
poésie du chevalier Ricci, qui fut exécutée au
théâtre Saiut-Charies. On connaît aussi en ma-
nuscrit plusieurs messes et psaumes de Capo-
torti.
CAPPA (Gio'rREDo),un des bons élèves de
12.
180
CAPPA — CAPRON
Nicolas Amati, s'établit dans le Piémont et y fonda
l'École (le la lutherie de Salu^zio ou Saluées , où
demeurait le souverain, dans la dernière partie
du dix-septième siècle. Plus tard, Cappa s'établit
à Turin, où il travaillait encore en 1 7 1 2 ; car il y
a des instruments de lui qui portent celte date.
Ses basses sont estimées.
CAPPEVAL (CAUX DE). Voij.Cxvx.
CAPPOKI (GiovANNi-ANCiiLo), compositeur
de l'école romaine, vivait vers le milieu du dix-
.septième siècle. Il a fait imprimer en 1650 un
recueil de messes et de psaumes à huit voix, avec
un Miserere à neuf. On connaît aussi de lui des
psaumes et des litanies à cinq, publiés à Rome
en 1654. L'abbé Baini, cite dans ses Mémoires
surlavie et les ouvrages de Palestrina (nie 315)
ime messe sur les notes ut, re, mi, fa, sol, la,
de Capponi, laquelle se trouve en manuscrit dans
les archives de la chapelle Sixtine. Kirclier, qui
donne à Capponi la qualité de chevalier {Musurg.
t. I, p. 611 ), a rapporté de lui un fragment d'un
Cantabo Domino à 4 voix de soprano, assez
bien écrit.
Un autre compositeur nommé Capponi a
Técu vers la fin tiu seizième siècle. Il paraît
qu'il était au service du duc de Savoie, car il a
écrit la musi(pie du Triomphe de Neptune,
.«sorte de cantate, pour une fùle navale que ce
prince donna à Mille Fonti.
<]ArPUS ( Jf.anBaptiste), né à Dijon vers
le commencement du di\-huitième siècle, fut
pensionnaire de cette ville pour la musique , el
maître ordinaire de l'aciuiémie. On a de lui les
ouvrages suivants : 1° Premier Livre de pièces
de viole et de basse continue; Paris, Doyvin,
1730, in-4° obi. —2° Premier Recueil d'airs
sérieux et à boire; Paris, i732, in-4°.— 3° Se-
cond Recueil, id.; Paris, 1732, in-4°. — 4»
Sémélé,ou la Naissance de Bacchus, cantate
à voix seule, avec symphonie; Paris, 1732,
in-fol. — 5° Second Livre de pièces de viole;
Paris, 1736, 10-4°. Ce musicien a écrit aussi
les Plaisirs de l'hiver, divertissement en un
acte, représenté devant la reine, au château
de Versailles, le 13 novembre 1730. Enfin Cap-
pus est auteur d'une Petite Méthode de musi-
que; Paris, 1747, in-4° obi.
CAPRAMCA (CÉSAR ), professeur de mu-
sique à Rome, vers la fin du seizième siècle, a
écrit et publié un petit traité de musique sous
ce titre : Brevis et accurata totius viusicœ
notifia; Rome, i591,in-4°. Cet opuscule a été
réimprimé à Palerme en 1702, par les soins de
Vinccnzo Navarra, prêtre bénéficié de la (allié-
drale, avec quelques corrections de l'éditeur.
C'est un ouvrage de peu de valeur.
CAPRANICA (.\Utteo), compositeur ila-
lien , né à Rome , a écrit plusieurs opéras au
nombre desquels on remarque Aristodemo, joué
au théâtre Argentina, vers 174e. Reichardt a cilé
un Salve Regina pour voix de soprano, avec
accompagnement d'instruments à cordes, com-
posé par ce maître. Ce fut Capranicaqui termina
l'opéra de Léo, la Finta Frascatana, parce
que l'illustre maître fut frappé d'apoplexie en
écrivant cet ouvrage.
CAPRANICA (Rosa), cantatrice italienne,
élève de la célèbre Mingotti , était engagée à la
cour de Bavière en 1770. Suivant l'abbé Bertini
{Dizzion. stor.crit. degli scrittori di musica),
elle était de la même famille que les précédents.
Sa voix était fort belle, et son chant gracieux :
elle eut des succès non-seulement à Munich ,
mais aussi en Italie et particulièrement à Rome.
Elle épousa le violoniste Lops , élève de ïartini ,
musicien de la cour de Bavière, et se rendit en
Italie avec lui, en 1792.
CAPRICORMUS (Samuel). Voyez Boks-
noRN.
CAPRIOLI (Antoine), en latin Capreolus ,
musicien né à Brescia , vécut dans la seconde
moitié du quinzième siècle et au commencement
du seizième. On trouve des pièces de sa com-
position dans le recueil rarissime imprimé par
Octave Petrucci de Fossombrone , à Venise, en
1.504, sous le titre de Canti cento cinquanfa.
Caprioli fut aussi l'im des auteurs de ces pièces
si originales et si intéressantes connues sous le
nojndeF/-o<<oZe,lesquelles, par leur style libreau-
tant qu'élégant, semblent avoir été une protesta-
tion des artistes italiens contre les formes sévères
introduites dans leur patrie par les musiciens bel-
ges. On en trouve onze de sa composition dans le
quatrième livre publié par le même éditeur, sons
le titre de Strambotti , ode, frottole , so-
netti , et modo di canlar versi latini e copi-
tuli (sans nom de lieu, d'imprimeur et sans
date). Quelques pièces du môme se trouvent
aussi dans les livres 7^ et 8® des collections de
Frottole imprimées par le même Petrucci.
CAPRIOLI, ou CAPRIOLO (Jean-Paul),
chanoine régulier de Saint-Sauveur à Modèiie,
au commencement du dix-septième siècle, s'est
fait connaître comme compositeur par quelques
œuvres pour là chambre et l'église, parmi les-
quelles on remarque : 1° Canzonette a trevoci,
libro primo; \enhe, Jacques Vincenti, 1602,
in-4''. — 2° Sacrx cantiones l et 2 voc; Mu-
tinfie, apud Julian. Cassianum, 1618.
CAPRON (. . .), habile violoniste et l'un
des meilleurs élèves de Gaviniés, débuta an Con-
cert spirituel en 1768. Il publia, en 1769, six so-
CAPRON — CAKADOl\I-ALLAN
nates pour le violon, op. 1 , et l'année siiivanlesix
i|uatuors, op. 'î. Capron avait épousé en .secret
la nièce (le Piron, qui, devenu aveugle, feignit
(le n'en rien savoir; mais il disait quelquelois :
Je rirai bien après ma mort : ma bonne Na-
nelie a le paquet. En effet, lorsqu'on fit l'ou-
verture du testament qu'il avait fait, on trouva
ces mots : Je laisse à Nanette, femme de Ca-
pron, musicien, etc.
CAPSBERGER. Voy. Kapsberger.
CAPUAIVA (Le docteur Mario), composi-
teur et maître de cliai)eile du sénat et de la ca-
thédrale de iN'o/o, en Sicile, vers le milieu du
dix-septième siècle. On connaît sous ce nom :
1" Motetti a 2, 3, 4 e 5 voci,Q^. 3; Venise,
1C49, in-4 . — 2° Messa de' De fond, a 4 voci;
Veni.se, Al. Vincent! , 1630, in-4°.
CAPCA3JI (Le P. Baptiste), né à Correggio
vers 1540, et mineur conventuel au couvent de
cette ville, fut visiteur apostoliiiue des religieuses
de I-'rance, théologien distingué et prédicateur.
Le P. Capuani a travaillé à la réformation du
chant pour les couvents de son ordre, et a laissé
on manuscrit dans celuide Correggio : \'j Introit.
Propr. de lempore, in-(ol., daté du 29 juillet
1582. — 2" Iniroit. Commun. Sanciorum ,
et Propr. Sanciorum , in-fol. — 3° Plusieurs
messes entières, gr. in-fol. daté du 10 août
15S2 ; — 4° Antifone de' Santi propr ii, in-fol.,
15 août 1583. — 3° Antiphonx Sanciorum et
de Communi. Le P. Capuani était lié d'amitié
avec le P. Jérôme Diruta , avec qui il vécut au
couvent de Correggio. (Voy. Diruta).
CAPUTI (Antoine), compositeur italien qui
vivait en 1734, s'était fixé en Allemagne, et y a
fiiit représenter un opéra de Didone abbando-
nalo. On connaît aussi un concerto de llùte de
sa composiliou , en manuscrit.
CAPUZZÎ (Joseph-Antoine), maître de vio-
lon à l'institut musical de Bergame, et directeur
de l'orchestre de Sainte-Marie-Majeure, naquit à
lîrescia en 1740, et non à Venise, comme on le
dit dans le Dictionnaire des musiciens de
1810, d'après l' Indice de' tealri spellacoli, de
1787-1788. M. Cafli assure cependant que Ca-
piizzi était né à Bergame. 11 eut pour maître de
violon Na*ari , un des meilleurs élèves de Tar-
lini, et reçut des leçons de composition de Fer-
dinand Bertoni , à Venise. En 1796 il lit un
voyage à Londres, où il composa la musique
d'un ballet intitulé : la Villageoise enlevée , ou
les Corsaires; il mourut à Bergame le 28 mars
1818, à l'âge de soixante-cinq ans. On a de lui :
Trois œuvres de quintetti, publiés à Venise, deux
ouvres de (pialuors , gravés à Vienne , et deux
concertos de \iolon. Il a composé la musique de
ISI
qui ont eu
plusieurs opéras et farces italiennes ,
du succès, ainsi que plusieurs ballets
CARACCIOLO (Paul), compositeur, né
à Nicosia, en Sicile, vers le milieu du seizième
siècle, a publié : Madrigali a cinque, libro i<>;
Païenne, sans date. Cet ouvrage a été réim-
primé à Venise , chez rhéritier de Jérôme Scotto
en 1582, in-4°.
CARACCIOLO ( Pascal ), marquis d'Arena
etducdeSorrento, gentilboinmedelacbambredu
roi des Deux-Siciles , est nev(îu du marquis de
Caracciolo, ambassadeur de Naples à Paris, qui
fut chef du parti des piccinistes, et se montra
ardent adversaire de Gluck et de sa musique.
Pascal Caracciolo fit ses études au collège des
Carracioli et y apprit les éléments de la musique.
Entré dans le monde, il fut chargé de quelques em-
plois importants ; mais il ne cessa pas de cultiver
l'art pour lequel ii s'était senti une vocation dé-
cidée dès son enfance. Les productions musicales
du marquis d'Arena sont : r Une cantate à 3
voix, intitulée il Ritorno. — 2° Deux messes à
grand orchestre. — 3" Coriolano, cantate à 4
voix. — 4" Il Finto Pastore, cantate à 3 voix.
— 5° Le psaume Dixit Dominus à grand or-
chestre. — 6° L' Amor costante, cantate à 3
voix. — 7° Nocturne avec violes et instruments
à vent. — 8° Quatuor pour piano , flûte , cla-
rinette et alto. — 9° Cantate à 2 voix pour ténor
et basse. — 10<» Salve Regina à grand orcheslre.
— 11° Magnificat, idem. — 12° Credo, idem. —
13° Tantum ergo , idem. — 14° Deux motels
à 2 chœurs et orchestre. — 150 Cantiite à 3 voix,
chd'ur et orchestre, exécutée la première fois a
la séance d'installation de l'Académie des Cava-
lieri, dans le palais Calabrilto, en 181 G, à l'oc-
casion du retour du roi Ferdinand V^ dans ses
États.
CARADORI-ALLAi\' (Madame), connue
d'abord sous le nom de mademoiselle (Ze Muncli,
naquit en 1800 dans la maison palatine, à Milan.
Son père, baron de Mu ncl» , était Alsacien et
ancien colonel au service de France. L'éducation
musicale de M"® de Muiick fut entièrement l'on
vrage de sa mère, sans la participation d'aucun
secours étranger. I>a mort du baron de Munck
et la situation malheureuse de sa famille, qui
en fut la suite, obligèrent sa fille à chercher utic
ressource dans ses talents. Après avoir parcouru
la France et une parlie de l'Allemagne, elle pas^a
en Angleterre, où elle prit le nom de Caradori.
de la famille de sa mère. Elle débuta au théâtre
du roi, le 12 janvier 1822, par le rôle du page
dans Z(?s Noces de Figaro , ei successivement
eUecUnnlAihm Elisae Claudio, Corradino, et
la Clemenza di Tilo, comme prima donna,. Sj
182
CAUADORl-ALLAN — CARAFA
voiK piireei flexible, la justesse de son intonation
et plusieurs autres qualités assurèrent son succès.
Mais c'est surtout comme cantatrice de concert
qu'elle obtint la faveur publique; elle s'est fait
entendre à Brigbton, à Oxford, à Balb, à Bristol,
à Glocester, etc., et partout elle a reçu des ap-
plaudissements. Madame Caradori a publié plu-
sieurs romances de sa composition à Paris et à
Londres. Dans la saison du carnaval, en 1830,
elle a chanté avec succès au théâtre de lu Fe-
nice, à Venise. Vers 1835 elle s'est fixée en An-
fjilelerre tJta chanté dans les festivals de iSorwich,
de Manchester et de Birmingham.
CARAFA (Puilifpe), de la maison des
piinces napolitains de ce nom, fut un des pluscé-
lèbies joueurs de luth et de guitare à sept cor-
des, appelée en Italie bordelletto alla taliana.
Il vivait à la (in du seizième siècle et dans les
premières années du dix-septième. Cerreto en
parle {Prattica musicale, iib. I, p. 155)
comme brillant encore par son t:iîent en IGOl.
CARAFA (JosEi'u), littérateur napolitain,
fixé à Rome vers le milieu du dix-huilième siècle,
est auteur d'un livre intitulé de Capella régis
utriusque SiciUx et aliorum principum liber
unus; Borna,', 1749, in-4°.
CARAFA (MicuEf,), de la noble famille de
ce nom, né a iNaples le 2S novembre 1785, a
commencé l'étude de la musique au couvent de
Monte Oliveto , à l'ûge de huit ans. Son premier
maître fut un musicien niantouan nommé Fuzzi,
habile organiste. Francesco Ruggi, élève de Fe-
naroli , lui fit faire ensuite des études d'harmo-
nie et d'arcompagui-ment, et plus tard il passa
isous la direction de Fenaroli lui-même. Enfin,
dans un séjour qu'il fit à Paris, il reçut de Che-
rubini des leçons de contrepoint et de fugue.
Quoiqu'il eût écrit dans sa jeujiesse, pour des
amateurs, un opéra intilulé il Fantasina, et
qu'il eût composé vers 1802 deux cantates,
il Natale di Giove, et Achille e Beidamia,
dans lesquels on trouve le germe du talent, néan-
moins il ne songea d'abord à cultiver la musique
que pour se délasser d'autres travaux : il em-
brassa la canière des armes. Admis comme of-
ficier dans un régiment de hussards de la garde
de Murât, il fut ensuite nommé écuyer du roi
dans l'expédition contre la Sicile, et chevalier
de l'ordre des Deux-Siciles. En 1812 il remplit
auprès de Joachim les fonctions d'officier d'or-
donnance dans la campagne de Russie, et fut
fait chevalier de la Légion d'honneur.
Ce ne fut qu'au printemps de l'année 1814
que M. Carafa songea à tirer parti de son talent,
et qu'il fit représenter son premier opéra inti-
lulé iiZ Vascello VOccidenle, au théâtre del
Fondo. Cet ouvrage, qui eut beaucoup de succts,
a été suivi de la Gelosia corretia au théâlro
des Florentins, en 1815; de Gabriele di Vergi,
au théâtre del Fondo , le 3 juillet 181C; d'/^-
g enta in Tauride, à Saint-Charles, en 1817;
iVAdele di Lusignano , à Milan, dans l'automne
de la même année; de Bérénice in Siria, au
théâtre de Saint-Charles, à Naplcs, dans l'été de
1818, et de V Elisabeth in Derbishire, à Ve-
nise, le 26 décembre de la même année. Au
ciunaval de 1819, M. Carafa a écrit dans la
même ville il Sacrifizio d'Epilo, et l'année
suivante il a fait représenter à Milan gli I>ue Fi-
garo. En 1821 il a débuté sur la scène fran-
çaise par l'opéra de Jeanne d'Arc , qu'il avait
composé pour le théâtre Feydeau : cet ouvrage
n'a pas eu le succès qu'aurait dû lui procurer la
musique, car il s'y trouvait de belles choses.
Apiès la mise en scène de cet opéra, M. Carafa
alla à Rome, où il écrivit la Capriciosa ed il
Soldato, qui eut beaucoup de succès. Il y com-
posa aussi la musique du Solitaire pour le
théâtre Feydeau de Paris, et celle de Tamer-
lano, qui était destiné au théâtre Saint-Charles
de Naples , mais qui n'a pas été représenté. De
tous les opéras de M. Carafa , celui qui a obtenu
le succès le plus populaire est le Solitaire. Il
s'y est glissé des négligences dans la partition ,
mais on y trouve des situations dramatiques bien
senties et bien rendues. Après la représentation
de cette pièce, qui eut lieu à Paris au mois d'août
1822, M. Carafa retourna à Rome pour y écrire
Eufemio di 3Iessina, où il y a quelques beaux
morceaux, entre autres un duo dont l'effet est
dramatique. Cet ouvrage eut une réussite com-
plète. En 1823, le compositeur donna à Vienne
Abufar, dont les journaux ont vanté le mérite.
De retour à Paris, M. Carafa y fit re|)résenter
le Valet de chambre, dans la même année ; en
1823 \\ donnai l'Auberge supposée , et en 1825 .
la Belle au bois dormant, grand opéra. Dans
l'automne de 1825 il avait aussi écrit il Sonnan-
bulo, à Milan; puis il fit représenter à Venise
le Paria, au mois de février 1826.
En 1827, il vint se fixer à Paris, dont il ne s'est
plus éloigné. Le 19 mai de cette année il fit. re-
présenter un opéra en un acte intitulé Sangarido ;
cet ouvrage n'eut point de succès. 11 fut suivi de
la Violette, opéra en trois actes, dont M. Le-
borne avait composé quelques morceaux; de
Masaniello, en trois actes, ouvrage rempli de
belles choses et qu'on peut considérer comme le
chef-d'œuvre de M. Carafa (joué en 1828); de
Jenmj , en trois actes, qui n'eut qu'un succès
incertain en 1829; de laFiaiwée de Lammer-
moor, opéra italien écrit pour M""^ Sontag , d'un
CARAFA — CARAIMUFX
;s:i
ballet fil trois actes iiititulô l'Orgie (à l'Opéra,
en 1831); (le la Prison d'Edimbourg , en 1833,
ouvrage qui réussit peu , mais qui méritait un
meilleur sort, enfin de la Grande- Duchesse,
opéra en quatre actes , représenté à rOpéra-Co-
mique. Il a aussi écrit, en 1833, ime Journée de
la Fronde , et la Maison du rempart. Enfin
il a composé quelques morreaux pour la parti-
tion de Za Marquise de Brinvillers. En 1837,
il a succédé à Lesueur comme membre de la
classe des beaux-arts de l'Institut. Après la mort
du clarinettiste Becr, M. Carafa a été nommé
directeur du Gymnase de musique militaire ;
mais cette école fut supprimée quelques années
après. M. Carafa est aussi professeur de com-
position au Conservatoire de musique de Pa-
ris.
On a souvent reproché à cet artiste de remplir
ses ouvrages de réminiscences et d'imilaljons; il
faut avouer qu'il ne choisit pas toujours ses idées
comme il pourrait le faire. Il écrit vite et nég'i-
i;emment, suivant l'usage des compositeurs iia-
liens; mais, s'il avait voulu prendre plus de soin
(le ses partitions, on peut juger, par les bonnes
choses qui s'y trouvent, que sa réputation aurait
plus d'éclat.
CARAFA (Marzio-Gaetano), prince de Co-
lobrano et duc d'Alvito, cousin du précédent, est
né à Naples en 1798. Après avoir achevé ses
études de littérature etdepliilosophie, il s'est li-
vré avec ardeur à la lecture des meilleurs ou-
vrages italiens concernant la musique, et a étu-
dié pendant cinq années les principes de cet art
sous la direction de Gabriel Prota. En 1808, Sa-
lini, vieux maître de l'école de Durante, lui a
donné des leçons de contrepoint jusqu'en 1811,
époque où le prince devint élève de Fioravanti,
pour le stjle idéal et l'instrumentation. La pre-
mière production de cet amateur distingué est
un Miserere à 4 voix, qui porte la date de 1819.
Ses ouvrages se sont ensuite succédé dans l'ordre
suivant : 1° Dafne, cantate à 4 voix et orchestre,
1819. — 2" Messe de Requiem à 12 voix réelles
et orchestre, remplie de fugues, de canons et
de ricercari sur le plain-chant : le style en est
sévère et néanmoins a l'expression poétique
du .sens des paroles , 1821. — 3" autre Messe de
Requiem à 4 voix réelles (2 ténors et 2 basses).
— 4° Miserere sur la paraphrase de Giustiniani
à 8 voix réelles. —5° Des chœurs pour la tragé-
die de Monzani, il Conte délia Carmagnola. —
6" d'autres chœurs pour VAdelchi du même au-
teur. — 7" deux paraphrases du Christus à 6 voix
réelles. — 8° Beaucoup de pièces à 4 voix .pour
la chambre. — 9» Environ 50 airs pour divers
genres de voix. Depuis longtemps le prince Ca-
rafa s'est occupé de la rédaction d'un Traité de
Théorie musicale^ mais cet ouvrage n'a pas
paru jusqu'à ce jour (iSfiO).
CAUAFFE (....). Il y a eu deux frères de
ce nom dans la musique du roi et à l'Opéra, vers
le milieu du dix -huitième siècle. Ils étaient fils
d'un musicien qui était entré à l'Opéra en 1699
pour y jouer de la viole, et qui était mort an
mois de février 1738. Caraffe, connu sous le nom
de Caraffe Vaine, était bon musicien. Il entra
à l'Opéra en 1728. Son frère, beaucoup plus jeune,
s'est fait connaître par divers ouvrages, entre
antres, par de grandes symphonies , au Concert
spirituel, en 1752.
CARAMELLA (Honorius-Dominique), ec-
clésiasti(pie à Palerme, naquit en cette \ide, le
15 février IG23, et mourut le 10 février ifiGi.
Mongilore {Bibl. Sic., t. I, p. 291) et Jo-'cher
(Gclehrt. Lex.), citent de lui les deux ouvrages
suivants, mais n'mdiquent ni l'époque ni le
lieu de leur impression : 1° Pictorum et musico-
rum elogia. — 1° Musica pratico-politica,
nella quale s'insegna ai princlpi christiani il
modo di cantare \m sol motetto in concerto.
Il est douteux que ce dernier livre soit relatif à
la musique.
CARAMUELDE LOBKOWITZ (.Jean),
évêque de Vigevano, naquit à Madrid, le 23 mai
1G06. Après avoir fait de brillantes études et avoir
acquis de grandes connaissances dans lesmatbé-
rnati>"]ues, la littérature et la philosophie, il entra
dans l'ordre de Cîteaux, et professa la théologie
à Alcala. Appelé ensuite dans les Pays-Bas, il y
prit le bonnet de docteur en théologie, et fut
successivement ingénieur dans les guerres qui
désolaient alors ces provinces, abbé àe. Uissem-
bourgdans le Palatinat, envoyé du roi d'Espagne
à la cour de l'empereur Ferdinand III, et capi-
taine de moines enrégimentés , au siège de Pra-
gue, en 1648. A la paix de Wesiphalie, il reprit
ses travaux apostoliques et fut nommé à l'évêelié
de Campagna, dans le royaume de Naples, par
le pape Alexandre Vil, et ensuite à celui de Vi-
gevano, dans le Milanais, où il terniina sa car-
rière, le 8 septembre 1682. Parmi les nombreux
ouvrages de Caramiiel, on remarque celui-ci :
Arte nueva de musica, inventada anno de
600 por S. Gregorio, desconcertada anno da
1026 por Guidon Aretino , restiUùda a su pri-
mera perfeccion anno iùlOpor Fr. Pedro de
Urena, reducida a este brève compendio anno
1644j'JO/'J.-C..etc.,enRoma, porFabio (îeTalco,
1669, in-4°. On trouve l'analyse de ce livre dans
le Giornale de' letterati d'Italia (16G9, p. 12'i).
Caramuel de Lobkowitz y établit que saint Gré-
goire avait découvei-t la forme naturelle de la
184
CARAMUEL — CARAVOGLIO
gamme, et que Gui d'Arezzo a gâté ce système
naturel en réduisant la gamme à six noms de
notes. 11 rapporte ensuite que Pierre de Urena
a rétabli les choses dans leur ordre normal en
ajoutant la septième syllabe (ni) aux six autres,
et il fait voir que, par cette addition, la main
harmonique et les muances deviennent inutiles.
Godefroi Wallherdit (Musik. Lexik., art. Loh-
kov)itz) qu'une édition antérieure du livre de
Caramuel avait été publiée à Vienne (en 1645),
et imprimée par Cosmerovio. Ace renseignement,
Forkel ajoute (Algem. Lifter. der vmsik,y>. 110)
que cette édition a pour titre : ut, re, mi, fa,
sol, la, nova musica. Le savant auteur de
l'histoire de la musique ne s'est-il pas trompé
dans cette circonstance, et n'a-t-il pas coniondu
avec l'édition de Viennedel'ouvragede Caramuel,
le livre de Bultsiedt {voy. ce nom)? Cela est
d'autant plus vraisemblable que ce titre, M^re,
mi, fa, sol, la, novamusica, n'a point de sens,
ou du moins qu'il en a un absolument contraire
à l'objet du livre; car la nouvelle musique ne
consistait pas dans la gamme des six syllabes,
mais celle de ut, re, mi, fa, sol, la, ni; tandis
que le titre de Buttstedt, ut, re,mi, fa, sol, la.
Iota mxisica, dit exactement ce qu'il doit dire,
puisque l'auteur affirme que toute la musique
est renfermée dai»s la gamme des six sylla-
bes.
On trouve différentes choses relatives à la mu-
sique dans le Cursus mathematici de Caramuel,
et dans son livre Mathesis Audax , publié à
Louvain, en 1042, in 4°. Jacques-Antoine Tar-
disi, a publié des Memorie délia vita di mon-
signoreGio. Caramuel de Lobkowitz, vescovo
di Vigernno. Venise, 17C0, in-4o.
CARAPELLA (Thomas), maître de chapelle,
né à Naples vers 1680, a publié des Canzoni a
due voci; Naples, 1728, in-4°. On a aussi de sa
composition des Arie da caméra qui sont res-
tés en manuscrit. Le P. Martini fait l'éloge du
style de ce maître, dans son histoire de la mu-
sique (t. II). Choron et FayoUe ont reculé
d'un siècle l'époque où Carapella a vécu. Son
recueil imprimé à Naples par Camille Cavallo ,
est dédié à l'empereur Charles YL Les pièces
contenues dans cet œuvre sont d'un très-bon
style. Les cinq premiers duos sont pour deux
voix de soprano, les quatre suivants, pour so-
prano et contralto, et le dernier pour soprano et
basse. Chaque pièce est composée de plusieurs
airs et duos , remarquables particulièrement par
l'expression et la clarté du style. L'ouvrage
inédit de Carapella a pour titre : Arie gravi
per scuola di ben cantare. L'auteur a voulu
que cet œuvre ne servit pas seulement à exercer
le chanteur dans le sollcge et la vocalisation,
mais dans l'expression et l'articulation de la pa-
role. M, le marquis de Villarosa dit de cet ou-
vrage que la diversité de sentiments, de pensées
et d'inspirations passionnées qui brillent dans
toutes les pièces du recueil en font une produc-
tion du plus haut prix. Malgré tant de mérite,
Carapella ne put trouver d'éditeiir pour le pu-
blier; hu-même n'avait pas l'argent nécessaire
pour faire les frais de l'impression. Peut-être se-
rait-il allé périr dans la boutique d'un épicier,
s'il n'était tombé heureusement dans les mains
de Sigismondo (voy. ce nom), ancien bibliothé-
caire du Conservatoire de Naples, qui le sauva
de la destruction en le plaçant dans le dépôt
qui lui était confié.
Les autres compositions de Carapella sont :
1° Miserere à 4 voix avec des versets pour
l'orgue, ou sans versets. Cet ouvrage fut écrit
pour l'église de Monte OUveto, de Naples, où
Carapella était maître de chapelle. — 2" Peleo
e Teti, cantate composée en 1714 pour les noces
du prince de Scalea avec Rose Pignatelli, de la
famille des comtes de Monteleone. — 3" Les
chœurs de la tragédie il Domiziano, du duc
Annibal Marchese. — 4° IlTrionfo délia Cas-
lità, oratorio chanté en 1715 dans la maison
de la congrégation de Sainte-Catherine, à Celano,
près de Naples. — 5° La Battaglia spirituale,
oratorio dont la partition se conserve chez les
Filippini de celte ville.
CARAUSAUX ou CARASAUX, poète et
musicien, n.iquit à Arras, vers le milieu iln trei-
zième siècle. 11 nous reste six chansons notées de
sa compoïition. Les manuscrits de la Bibliothèque
impériale, n" 65 (Ibnds de Cangé) et 7,222, en
contiennent quatre.
CARAYACCIO (Jean), maître de chapelle
de l'église de Sainle-Marie-Majeure, à Bcr-
game, au conmiencement du dix-septième siècle,
a publié un recueil de psaumes de sa composi-
tion, à Venise, en 1620.
CARAVAGGIO (Jean-Jacques GASTOL-
DIDE). Voy. Gastoldi. Gerber a fait, dans son
nouveau Lexique des muscien'i, deux articles
de Caravaggio et de Gastoldi, n'ayant pas vu
qu'il s'agissait du même compositeur.
CARAVOGLIA (barbara), célèbre canta-
trice ii\ prima donna au théiitre de Saint-Charles ,
à Napli's, en 1788.
CARAVOGLIO (Maria), cantatrice, née à
Milan vers 17&8, chanta en Italie, en Angleterre
et en Allemagne, et fut appelée à Londres par
Chrétien Bach, vers 1778, pour chanter à ses
concerts. En 1784 elle était prima donna au
théàlrede Prague, et en i:92, à celui de Messine.
CAKAVOGLiO — CARCAN O
1 x/>
Sa voix était agréable, quoique d'un volume peu
consiviéiable, et son chant était pur.
CARBiVSUS (. . .). On a sous ce nom, qui
parait être supposé, un petit écrit intitulé : Lettre
à M. de , auteur du Temple du goût, sur
la mode des instruments de musique; Paris,
i73y, in-12. On ne saitsur quel fondement Blan-
kenburg attribue (dans sa nouvelle édition de la
Théorie des beaux-arts, de Suizer) cet opuscide
à Tabbé Goujet. La liste des écrits de cet abbé,
donnée dans l'un des suppléments deMoreri,ne
le cite pas. Barbier n'a point donné de renseigne-
ments sur ce pseudonyme dans son Dictionnaire.
L'écrit dont il s'agit ne peut être l'ouvrage que
d'un homme de goût qui connaissait la musique
et qui s'en occupait, et l'abbé Goujet n'était cer-
tainement pas cet homme-là. On y fait voir que
rien n'était plus ridicule que la passion qui s'était
emparée de toute la France, sous le règne de
Louis XV, pour la vielle et la musette.
CARBOMCm (Antoine), né à Florence, au
commencement du dix-septième siècle, était che-
valier décoré de l'ordre de Toscane pour la vail-
lance dont il avait fait preuve dans les guerres
contre les Turcs. Doué d'instinct pour la musique,
il se livra à l'étude de la guitare espagnole, et
acquit une rare habileté sur cet instrument. II
avait inventé douze manières de l'accorder, dont
chacune produisait des effets particuliers. L'ou-
vrage dans lequel il a fait connaître ces nou-
veautés a pour titre le Dodici Chitarre spos-
tate, inventate dal cavalière Antonio Car-
bonchi, Fiorentino : V\oïence, Franc. Sabatiui,
1639, in-fol. La même édition a été reproduite
eu 16^3, avec un nouveau frontispice ; Libro
seconda di Chitarra spagnuola, con due al-
fabeti, uno alla francese, e V altro alla
spagnuola ; dedicato aW illusfriss. Sicj. v\ar-
chese Bartolomeo Corsini. In Firenz-e , i)er
Francesco Sabatini , aile seule délia Badia,
164?., infol.
CARBOIVEL (JosEPn-NoEL), né à Salon,
en Provence, le 12 août 1751, était fils d'un ber-
pfix. Ayant perdu ses parents en bas âge, il fut
recueilli par un particulier qui le fit entrer au
collège des Jé.'juites. Ses études terminées, il fut
envoyé à Paris pour y étudier la chirurgie ; mais,
son goût pour la musique lui ayant fait cultiver,
dès sa plus tendre jeunesse, le galoubet, instru-
ment de son pays, il conçut le projet de le per-
fectionner et d'en faire son unique ressource.
Ayant fait un voyage à Vienne, il y connut No-
verre, qui y était alors maître de ballets, et qui
depuis le fit entrer à l'Opéra pour y jouer du
galoubet. Floquet, son compatriote, composa pour
lui son ouverture du Seigneur bienfaisant ,
qu'il exécutait derrière le rideau. Par un travail
assidu, il parvint à donner à l'instrumerd (pi'il
avait adopté tout le développement dont il était
susceptible, et à jouer dans tous les tons sans
changer de corps, il & \>\\h\\é\\n& Méthode pour
apprendre à jouer du tambourin ou du ga-
loubet, sans aucun changement de corps, dans
tous les tons; Paris,, 1766. Carbonel est aussi
l'auteur de l'article Galoubet qu'on trouve dans
l'Encyclopédie. Il est mort pensionnaire de VO-
péia, en 1^04.
CARBOA'EL (Joseph-Fiîançois-N.vrcisse),
fils du précédent, né à Vienne, en Autriche, le
10 mai 1773, n'avait que cinq ans lorsque ses
parents vinrent se fixer à Paris ; son père lui en-
seigna les éléments de la musique, et le fit en-
suite admettre au nombre des élèves de l'Opéra,
vers 1782. Il joua en cette qualité, dans Tarare,
le rôle de l'Enfant des augures. Lors de l'établis-
sement de l'École royale de chant, en 1783, on
l'y admit avec 400 livres de pension. 11 reçut
à cette école des leçons de Gohert pour le piano ,
de Rodolphe et de Gossec pour l'harmonie et la
composition, de Piccini et de Guichard pour le
chant. Plus tard il s'était perfectionné avec lîi-
cher, et enfin avec Garât, dont il était l'ac-
fompagnateur. Devenu lui-même professeur de
chant, il a formé quelques bons élèves, parmi
lesquels on remarque madame Scio, célèbre ac-
trice du théâtre Feydeau. Comme compositeur,
Carbonel est connu par les ouvrages dont
voici les titres : 1° Six sonates pour le clavecin,
avec ace. de violon ad libit., liv. \ efi; Paris,
le Duc, 1798. — 2° Pot-pourri sur les airs
d'Eliska,pourclav. et viol. —z° Trois sonates,
id.; Paris, Imbault, 1799.-4° Quelques sonates
et morceaux séparés. — 5° Cinq recueils de
romances. Carbonel est mort, le 9 novembre
1855, à Nogent-sur- Seine, où depuis vingt-quatre
ans il s'était retiré.
CARBOi\ELLl (Etienne), habile violoniste,
fut élève de Corelli, à Rome. En 1720 il se
rendit en Angleterre sur l'invitation du duc de
Rulland, qui le logea dans sa maison. Peu de
temps après son arrivée à Londres, il y publia
douze solos pour le violon avec basse continue,
et les joua souvent en public avec succès. Lors
de l'organisation de l'Opéra, il fut placé à la tête
! de l'orchestre, et devint célèbre par sa brillante
exécution. En 1725, il quitta ce théâtre pour
passer à celui de Drury-Lane ; mais peu de lempi
après il s'engagea avec Hœndel pour les orato-
rios. Dans la dernière partie de sa vie il négligea
la musique et se fit marchand de vins. Il est mert
en 1772.
CARCAIVO (Alexandre), maîlrede chapelle
186
CARCANO — CARDON
(le Péglise Saint-Sylvesire, à Rome, s'est f^it con-
naître par un livre intitulé : Considerazioni sulla
musica aniica; Rome, 1642, in-8°.
CARCANO (Joseph), maître de chapelle aux
Incurables, à Venise, naquit à Crêma en 1703.
Lorsque Masse quitta Venise pour se remlre à
Dresde, il proposa Carcano pour lui succéder au
Conservatoire des Incurables. On possède encore
dans la bibliothèque de cet établissement les
compositions manuscrites de ce musicien. En
1742, on représentai Venise l'opéra d'//CîH^e?o,
dont il avait fait la musique. Deux ans aupara-
vant il avait fait exécuter, par les élèves du
Conservatoire des Incurables, la cantate intitulée
la Concordia del tempo colla famé, a. 7 voix
et orchestre, devant le prince électoral de Saxe,
iMédéric-Christian. La poésie de cette cantate
était de l'abbé Giovanandi, de Modène. Elle a
été piiblif^eà Venise en 1740, in-'r".
CARCASSI (Matteo), né à Florence vers
1792, se livra dès sa jetmesse à l'étude de la gui-
tare, et par des travaux assidus acquit sur cet
instrument un degré d'habileté fort reuiaïquable.
Venu à Paris plusieurs années après Carulli , il
porta plus loin que lui les ressources de son
instrument, et se lit une réputation brillante,
qui fut de quelque préjudice à celle du fomia-
Icur de l'école moderne de la guitare. De nou-
veaux effets ont été imaginés par lui, et le méca-
nisme du doigter lui doit plusieurs perfectionne-
ments. En 1822 il se rendit à Londres, s'y fit
entendre avec succès, et y retourna dans les
années 1823 et 1826. En 1824 il fit un voyage
en Allemagne, etdonnadesconcertsdansplusieurs
grandes villes. 11 retourna dans le même pays en
1827, et n'y fut pas moins bien accueilli que la
première fois. En 1830 il fit un voyage dans sa
patrie. Cet artiste a publié environ 40 œuvres
de différents genres pour la guitare ; ces ouvrages
ont été gravés à Paris , chez Meissonnier, et à
Mayence, chez Schott fils. On y distingue un assez
bon style et des traits qui ne sont pas communs.
Ils consistent en sonatines, rondeaux détachés,
[)i6ces d'études, divertissements, caprices, fiin-
taisies et airs variés. Carcassi est mort à Paris,
le IG janvier l'833.
CARDAN (Jéuôme), médecin, géomètre et
a.strologue, naquit à Pavie en 1501. Il fut élevé
dans la maison de son père, qui demeurait à
jAIilan; mais, à l'âge de vingt ans, il se rendit à
Pavie pour y terminer ses études ; deux ans après
il y expliqua Euclide. A trente-trois ans il pro-
fessa les mathématiques, puis la médecine à Mi-
lan; ensuite il enseigna quelque temps à Bologne,
et enfin il alla terminer sa carrière à Rome, vers
1576, à l'âge de soixante-quinze ans. On a dit
j qu'il se laissa mourir de faim, pour ne pas sur-
vivre à la honte des fausses prédictions qu'il avait
faitessur quelques hommescélèbresde son temps.
C'était un homme superstitieux et plein de con-
fiance dans les rêves de l'astrologie judiciaire.
Les vices de Cardan lui firent de nombreux en-
nemis pendant sa vie, et lui-même n'a pas peu
conti ibué à la mauvaise réputation qu'il a laissée
après lui, par le portrait affreux qu'il a fait de
-ses mœurs et de son caractère, dans son ouvrage
intitulé de Vita propria; Paris, 1643, in-8*.
On a de cet auteur un livre intitulé Opus no-
■vum deproportlonibus numerorum, motuum,
ponderum, sonorum ; Râle, 1570, infol., réim-
primé dans la collection de ses œuvres , publiée
par Cil. Spon, sous le titre de Hieronijmi Car-
dani opéra; Lyon, 1663, 10 vol. in-fol. On trouve
aussi dans cette collection un traité de Musica
en 9 chapitres (t. X, p. 105-116), et un petit
ouvrage intitulé Prœcepfa canendi.
C ARDENA (Pierre-Léon), compositeur dra-
matique, né à Palerme dans les premières an-
nées du dix-huitième siècle, a fait représenter au
tiiéàtre de Saint-Samuel, à Venise, un opéra sous
le litre de Creusa, en 1739.
CARDON ( Louis ), habile harpiste, d'origine
italienne, était petit- fils de Jean-Baptiste Cardoni, '
pensionnaire de la musique du roi, et neveu de
F. Cardon, violoncelliste de l'Opéra. Il naquit
à Paris en 1747 , el se livra de bonne heure à
l'élude de la musique. Son Art de jouer de la
harpe, l'un des plus anciens ouvrages méthodi-
ques de ce genre, fut publié à Paris en 1785. A
l'aurore de la révolution française, cet artiste
quitta Paris et se rendit en Russie, où il est
mort en 1805. Ses principaux ouvrages sont :
1" Quatre sonates pour la harpe, œuv. 1 ;
Paris. — 2" Pièces pour la harpe , elc,
œuvre T. — 3° Trois duos pour deux harpes ,
op. 3. — 4" Recueil d'aws choisis, op. 4. —
5" Trois ariettes d'opéras, arr. pour deux harpes,
op. 5. — 6o Quatre sonates pour harpe et violon.;
Paris, 1780, op. 6. —7" Quatre id., op. 7. —
8" Quatre iil., op. 9. — y° Deux concertos pour
harpe, deux violons, deux hautboi.s, deux cors,
alto et basse, op. 10. — 11° Quatre sonates pour
harpe et violon, op. 12. — 12° L'Art de jouer
de la harpe , démontré dans ses principes ,
suivi de deux sonates, op. 13. — 13» Quatre
sonates pour harpe et violon , op. 14. —
14° Deux symphonies concertantes pour harpe,
violon et basse, op. 15. — 15o Quatre sonates
pour harpe et violon, op. 16. — 1G<» Quatre id.,
op. 17. — 17° Deux symphoniesconcerlanles pour
harpe, deux violons et basse, op. 18. — 18° Re-
cueil d'airs variés, op. 19. — 19" Quatuors pour
CARDOJN — CARESTIJNI
1.S7
liarpe, violon, altoct basse, op. 20. —20° Con-
certo pour liane, deux violons, alto et basse,
^,p. -11. — 21° Quatre sonates pour liarpc et
%iol()n, op. 22.
CAllDOiX (Pierre) , frère du précédent, né
a Paris, en 1751, fut élève de Riclier pour le
cliant, et de son oncle pour le violoncelle. En
1788, il était chanteur de la cliapelie du roi, à
Versailles; il vivait encore en 1811, et donnait
(les levons de chant et de violoncelle. Il a pu-
blié à Paris : Rudimenls de la musique, ou
Principes de cet an mis à la portée de tout
le monde, par demandes et par rcpoiises ,
in-fol. Un troisième frère de Cardon lut un vio-
loniste distingué.
CARDOIWE (Philibert), né à Versailles
en 1731, entra fort jeune dans les Pages de la mu-
sique du roi, et eut pour maître Colin de Blamont.
A l'âge de quatorze ans, et lorsqu'il était encore
page, il lit exécuter à la cour, le 4 et le 7 fé-
vrier 1745, un motet à grand chœur de sa com-
position. En 1748, il fit entendre aussi, dans la
chapelle du roi, le psaume Super flumina Ba-
hylonis. C'était le cinquième motet (ju'il avait
composé, quoiqu'il n'eût pas encore dix-huit ans.
Il entra ensuiîe comme musicien ordinaire dans
la cliapelie du roi, et eut les titres d'oflicitr
(le la chambre de Madame et de maître de vio-
lon de Monsieur (depuis lors Louis XVIII).
En 1777 il obtint la survivance de Bertou
comme maître de la musique du roi ; mais la
révolution française ne lui [leiniit jias de jouir
des avantages de celle survivance. En 17r>2 Car-
donne écrivit la musique de la pastorale iVAma-
rillis, qui fut exécutée au concert de la reine
pendant le voyage de Compiègne, le 17 juillet
1752. Son opéra à'Omphale , représenté à l'A-
cadémie royale de musique le 2 mai 1 709, n'eut
point de succès. En 1773 il remit en musique
l'entrée Ats, Amours déguisés, sous le titre d'O-
vide et Julie, pour les fragments qui lurent re-
présentés au mois de juillet.
CAllDOSO (Manuel), chapelain du loi
Jean 111, né à Lisbonne vers le milieu du sei-
zième siècle, a fait imprimer un ouvrage de sa
composition, sous ce titre : Passionarium juxta
capellas regise Lusitanae consuetudinem ac-
ccntus radonum intègre observans j Lc'm ,
1575, in-fol.
CARDOSO (François-Emmanuel), carme
portugais, naquit à Béja, dans la province d'A-
lentéjo, vers la lin du seizième siècle. Il a publié :
i° Missx à vocibus concert.; Lisboniw , 1013.
— 2° Missx sex vocibus concert.; Lisbonne,
1625. — 3" Magnificat sez vocibus concert.;
Lisbonne, 1620, in-fol. — 4° Missœ de D. Yir-
gine, quaternis et sex vocibus , lib. 3 ; ibid.,
1040, in-fol. — 50 lAvro que comprchende
iudo quante sécant a na Semana santa ;\hk\ .,
in-fol. Plusieurs autres ouvrages de ce musicien
se trouvent en manuscrit dans la bibliothèque
du roi de Portugal.
CARDL'CCI (Ji:an-J.\cqles), compositeur,
naquit à Buri, dans le loyaume de Naples, vers
le milieu du seizième siècle. On trouve quelques
pièces de sa composition dans la collection in-
titulée il Primo Libro a due voci di diversi
autori di Bari ; Venise, 1585.
CARELIO (Antoine), violoniste, né à Mes-
sine, en Sicile, a publié- des sonates en trois
[larties, de sa composition ; Amsterdam, 1710 ,
in-fol.
CARESANA (Chiustophe), naquit, selon
Gennaro Grossi, en 1655 11 fut nommé^organiste
de la chapelle royale de Naples, en 1680.11 était
aussi maître de chapelle de l'église des Oratoriens
ou Filippini. Ce maître s'est fait une ré[>utation
de compositeur par ses solfèges en duos, di-
visés en deux livres, et publiés à Naples , en
1680, sous le titre de Solfeggi a più voci sut
canto fermo. Ils sont suivis d'exercices à trois
voix sur les intervalles de 1 é^liclle, qui sont
incontestablement ce qu'on a fait de mieux en
ce genre. Choron a publié à Paris, en 1818,
une deuxième édition de ces excellents exercices.
On a aussi de la composition de cet artiste dis-
tingué : 1° Ave Maria, Iste conf essor, Pangc
lingua , ed altri inni a rfite rod; Naples,
Aovello de Bonis, 1081, iii-4o ohl. — 2"
Duetti da Caméra, libri 1, 2, 3, 4, 5; Naples,
lOito'. — 3» Mottcti a 2, 3 et 4 voci, op. 3;
ihid., 1700, in-40. On conserve die/, les PP.
de l'Oratoire ou Filippini , à Najdes, les com-
positions de Caresana en manuscrit, dont voici
les litres : 1° Trois messes de Requiem à 8 voix.
— 2° La Félicita delta fede, oratorio. —
3° Sancta Lucia, oratorio. — 4° Veni Sancte
Spiriius, à 4 voix et orgue. Cet artiste émiiieiit
est mort à Naples en 1713.
CARESTINI (Jean), surnommé Cusanino,
parce que la famille des Cusiini de Milan l'avait
pris sous sa protection dès l'âge de douze ans,
naquit à Monte-Filatrano, dans la marche d'An-
cône, et brilla pendant près de quarante ans
sur la scàne, comme un des meilleurs chanteurs
qui fussent connus de son temps. Sa premièn-
apparition en public eut lien "à Piome, en 1721,
dans la Griselda de Bononcini. En 1723 il
chanla à Prague, au couronnement de l'empe-
reur Charles VI ; l'année suivante il était à Man-
toiie , et en i725 il chanta poiu- la première fois
à Venise dans le Sc^cwco de Zu.ccnri. En 1728 ii
188
CARESTINI — CARISSIMI
retourna à Rome et y resta jusqu'en ]730. Les
principaux ouvrages dans lesquels il chanta fu-
rent VAlessandro nelV Indie de Vinci et VAr-
taserse du môme auteur. Senesino ayant quitté
l'Angleterre en 1733, Carestini fut appelé pour
lui succéder. De là il alla à Parme. En 1754 il
était à Berlin; l'année suivante il fut engagé
piiur Saint-Pétersbourg, et il y resta jusqu'en
1758; ce fut alors qu'il quitta le théâtre pour
goûter le repos dans sa patrie; mais il mourut
peu de temps après. Hasse, Hamdel et d'autres
grands maîtres avaient la plus hante estime pour
ce célèbre chanteur. Quantz , en parlant de lui ,
s'exprime ainsi : « Il a.vait une des plus belles et
« des plus fortes voix de contralto, et montait du
« ré (à la clef de fa ) jusqu'au sol (au-dessus de
« la portée, à la clef de sol). Il était en outre
« extrêmement exercé dans les passages qu'il
« exécutait de poitrine, conformément aux prin-
ce cipes de l'école de Bernacclii et à la manière
« de Farinelli; il était très-hardi, et souvent
« très-heureux dans les traits. » Carestini joi-
gnait à ces avantages celui d'être fort bon acteur
et d'avoir un extérieur agréable.
CAREY (Henri) , fils naturel de Georges
Saville, marquis d'Halifax , fut à la fois poète et
nuisicien, mais ne s'éleva pas au-dessus du mé-
diocre dans ces deux genres. Ses maîtres de mu-
sique furent Linnanl, Roseingrave et Geminiani;
mais toute l'habileté de ces professeurs ne put dé-
velopper en lui beaucoup de talent, quoiqu'il fût
doué de la faculté d'imaginer des chants heu-
reux. On lui doit la cliarmante hMàde Sallij in
our Alleij, devenue populaire. En 1782 i! pu-
blia six cantates dont il avait fait les paroles et la
musique. Il a composé aussi les airs de plusieurs
comédies de son temps, entre autres ceux du
Mari provoqué ( Provoked Husband), de fhe
Contrivanccs, et de quelques farces représentées
au théâtre de Goodman fields. En 1740 Caiey
réunit en collection toutes les ballades et les
(hansons qu'il avait composées, et les publia
M)us ce titre : the Musical Cenlury, in one
hundred english ballads on various subjecis
and occasions; Londres, in-4°. Carey était
homme de plaisir, dissipateur, et les seco\irs de
srs amis furent toujours insuffisants pour le pré-
8er\er des embarras pécuniaires dans lesquels il
se jetait sans cesse. Ses folies liniient par le
mettre dans une position si déplorable qu'il se
tua de désespoir, le 4 octobre 1743.
CARIBiVLDI (JoACuiJi), né à Rome en
1743, fut le meilleur bouffe chantant de son
temps. Lorsque Devismes fit revenir les bouffons
à Paris en 177S, Caribaldi fut compris dans la
composition de la troupe. Voici ce qu'en dit la
Dorde (Essai sur la musique, tome 3 , \n\'^c
319) : « 11 met dans ses rôles toute l'expression
« qu'une musique parfaitement rendue peut leur
« procurer; une voix naturelle, douce, ex-
« trêmement souple; une exécution vari e et
« pleine d'agréments , l'art de déclamer par-
« faiternent et de prononcer supérieurement :
n voilà ce qui dislingue particulièrement Cari-
« baldi et l'a fait accueillir avec transport sur le
« théâtre de Paris, quoique les Français ne soient
« pas encore au point de connaître tout .son
« mérite. »
CARIBEN (L'abbé), chantre de la cathé-
drale de Toulouse, est auteur d'une Méthode
de plain-chant ; Toulouse, 1844, 1vol. in-12.
Cest un ouvrage de (leu de valeur au point
de vue de la méthode, et qui fourmille d'er-
reurs.
CARIO (.JicmnHeniu ), musicien du conseil
et veilleur delà tnur de l'église Sainte-Catheriiiie
à Hambourg, naquit en 1736 à Eckernforde,
dans le Holstein. A l'âge de quatre ans il fut
conduit à Hambourg, où il passa successivement
sous la direction de trois maîtres célèbres, Te-
leniann, Chailes-Philippe-Emmanuel Bach et
Schwenke. Le dernier lui enseigna à jouer de
la trompette, instrument sur lequel Cario ac-
quit une habileté extraordinaire. Tous les sons
qu'il en tirait étaient égaux en pureté, en force
ou en douceur. Son agilité, sa précision dans les
traits étaient incomparables. Il avait inventé
une sorte de trompette à clefs avec laquelle il
jouait dans tous les tons. Il se créait lui-
même des diflicultés inouïes pour avoi