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NOT TO BE TAKEN FROM THIS ROOM
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"The search for truth even unto Us innermost parts'
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SADYE RUBIN MARANTZ LEE
The National Women's Cornmittee
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BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
TOME DEUXIÈME
TYPOGRAPHIE FI.RMIN tlIDOT. — MESISTL (EURE).
BIOGRAPHIE
UNIVEliSELLE
DES MUSICIENS
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BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE
-OOXXOO-
DEUXIÈME ÉDITION
KMIÎIKF.MF.NT KEFONDIIE ET AUGMENTÉE DE l'I.US DE MOITIi:
PAR î^. J:'|ETIS
MAITRE DE CIIAPELLB 1>V nOl DBS BELGES
DIIIECTEUR nu CONSKBVATOmE nOViL DE MUSIQUE I)E EEUXELLES. ETC.
TOME DEUXIÈME
PARIS
LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET G"
MPRIMEURS DE l'iNSTITUT, RUE JACOB, oG
4867
Tous droit? réserves.
Music
Référence
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BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
B
BOIELDIEU (François-Adrien), composi-
teur dramatique, naquit à Uoiien le 15 décembre
1775 (I). Fils d'un secrétaire de l'arclievficlié, il
(ut placé par lui, comme enfantdechœur, àl'église
métropolitaine , où les premiers éléments de la
musique lui furent enseignés ; puis il passa sous
la direction de Broche, organiste de la cathédrale
et artiste de quelque mérite. Dur envers ses élè-
ves, comme l'étaient autrefois presque tous les
maîtres de musique d'église, Broche montrait plus
de sévérité pour le petit Boiel (c'est ainsi qu'on
appelait Boieldicu dans sa jeunesse) que pour
tout autre, peut-être à cause de ses heureuses
dispositions, car les hommes de la trempe de cet
organiste se persuadaient alors qu'une bonne
éducation musicale est inséparable des mauvais
traitements. On dit que Boieldieu était obligé de
remplir auprès de son impitoyable maître l'of-
(ice de valet de chambre, comme autrefois Haydn
avec le vieux Porpora. On dit aussi que telle était
J'épouvante que lui inspirait ce pédagogue fa-
rouche, qu'un jour, frappé de terreur à la vue
d'une tache d'encre qu'il avait faite sur un livre
du maître, il ne crut pouvoir se soustraire au
danger qdi le menaçait que par la fuite ; qu'il partit
seul, à pied, et qu'il alla à Paris. Rendu à sa
famille, il reprit le cours de ses études, et Broche
consentit à mettre moins de sévérité dans ses
leçons.
Un talent agréable d'exécution sur le piano,
d'heureuses idées mélodiques, et quelques légères
notions d'harmonie, voilà ce que Boieldieu possé-
dait à l'âge de seize ans. Déjà la passion du théâtre,
qui, depuis, a décidé de la direction de son ta-
(1) \.c 16 décembre, Indique dans le Supplément de la
Biographie Universelle de MM. Mlchand comme le Jour
da naissance de Boieldieu , est celui où il a été inscrit
dans le registre de baptême.
"'^%L^
gJSfV, DES MUSICIENS. — T. II.
p.ef ei'snce
lent vers la musique dramatique, se faisait sentir
en lui dans toute son énergie. Ses petites épargnes
étaient employées à lui procurer les moyens
d'aller au spectacle s'enivrer du plaisir d'entendre
les productions de Grétry, de Dalayrac et de
Méhul : souvent, à défaut d'argent, il avait re-
cours à la ruse pour s'introduire dans la salle, s'y
cachant quelquefois dés le matin, et attendant
avec impatience le moment où devait commencer
son bonheur. Entendre les ouvrages d'autrui ne
pouvait cependant suffire longtemps à un homme
né pour produire lui-même. Tourmenté de ce be-
soin, qui est celui de tout artiste bien organisé,
il lui semblait que le comble du bonheur était
de composer un opéra; mais pour en écrire im,
il faut un UbrettOf ou, comme on dit en France,
un poënie, et n'en a pas qui veut. Par hasard,
il se trouva qu'à Rouen un poète avait besoin
d"un musicien comme le musicien d'un poète; ils
s'entendirent bientôt, et le fruit de leur associa -
lion fut un opéra-comique qui obtint du succès
au théâtre de Rouen. De dire quel était le litre
et le sujet de cet ouvrage, c'est ce que je ne
puis : Boieldieu ne s'en souvenait pas. Cependant
ce premier essai ne fut pas d'une médiocre im-
portance dans la vie de l'artiste, car les applau-
dissements qui lui furent prodigués décidèrent
le jeune compositeur à retourner à Paris, où
peut-être il ne se serait jamais fixé sans cet heu-
reux début.
Aller de Rouen à Paris n'était pourtant pas
chose facile pour quelqu'un qui n'avait pas d'ar-
gent; car le voyage était cher dans ce temps où
la diligence employait deux jours à taire le
trajet. A l'égard de la difficulté de vivre dans la
grande ville, Boieldieu ne s'en inquiétait pas.
N'avait-il pas dix-neuf ans, sa partition et des
idées dans la tête ? C'était toute une fortune que
1
BOIKLDIEU
cela. Le voyage donc étail la peiile tliose qui
l'embarrassât : il résolut la diKiculté en dispa-
raissant un jour de la maison paternelle, empor-
tant sa partition sons le bras, trente francs dans
sa poche, et l'espérance dans le cœur. Jeune et
fort, il marchait vite ; la première journée n'élait
pas écoulée, et déjà il était à quinze lieues de
!louen ; le lendemain il entrait à Paris , crotté
jusqu'à l'échiné et se soutenant à peine, tant il
était accablé de fatigue; mais il était à I^aris,
et si le présent était sombre, l'avenir était
souriant.
Cependant, il y a toujours beaucoup à rabattre
dans la réalisation des espérances de l'artislequi
entre dans le monde; autre chose est de donner
avec succès un petit opéra dans sa ville de pro-
vince ou de le faire jouer à Paris. Boieldieu n'a-
vait fias douté qu'on n'accueillît son ouvrage h
ropéra-Comique; mais, malgré les préventions
favorables des actrices sociétaires en faveur delà
belle tête et de la tournure distinguée du jeune
composileur, la société ne se soucia pas déjouer
l'œuvre'd'un poète et d'un musicien inconnus. Il
fallut cbercliei d'autres poèmes ; en attendant
qu'on eût trouvé ceux-ci, il fallut essayer de
donner des leçons, puis, à défaut d'écoliers, il
fallut se faire accordeur de, pianos. Celait, comme
on le voit, d'une manière assez détournée que
commençait la réalisation des espérances de Boiel-
dieu ; mais sa constance n'en était point ébranlée,
car il avait foi en lui-même. La maison Érard,
célèbre dans toute l'Europe pour la facture des
instruments, était alors (en 179'i) le rendez-vous
de tous les artistes. Doieldieii y lut accueilli, et
les chefs de cette maison lui aplanirent , autant
(ju'il fut en leur pouvoir, les dilticultés de la car-
rière qu'il avait à parcourir. Rode, Garât, MéhuI,
se réunissaient souvent chez eux ; la fréquentation
de ces artistes perfectionna son goût et lui fit
comprendre la nécessité de (inir des études qu'il
n'avait qu'ébauchées. Trop préoccupé du désir de
produire, il ne put jamais se livrer à c«s études
d'une manière sérieuse et suivie; mais sa rare
aptitude lui faisait saisir à demi-mot le sens des
observations qui lui étaient faites par Méhul ou
parCherubini ; et ces observations laissaient dans
sa mémoire des souveuiis qui ne s'effaçaient pas.
Sa réputation commença dans les salons. Des ro-
mances charmantes, chantées par Garât avec un
talent inimitable, l'avaient fait connaître, et tous
les amateurs chantaient son Ménestrel, S'il est
vrai que d'être deux, toi que f aime, et vingt
autres aussi jolies; mais la vogue qu'obtenaient
toutes ces gracieuses productions ne tournait
guère an profit de la fortune du compositeur, car
on n'avait point encore appris l'art de tirer beau-
coup d'argent de bagatelles. Aujourd'hui l'homme
à la mode reçoit d'un marchand de musique
quelques centaines de francs pour une seule ro-
mance; mais Cochet, éditeur de celles de Boiel-
dieu, m'a dit souvent qu'il n'en a payé aucune plus
de douze francs.
La confiance qu'eut dans le talent de Boieldieu
un homme d'esprit acheva de le mettre en vogue :
Fiévéc' lira pour lui de son joli roman La Dot
de Suzede un petit opéra en un acte, du même
nom. La giâce du sujet, la fraîcheur delà musi-
que, et le jeu fin et spirituel de M"'* Saint-Aubin,
procurèrent à cet ouvrage un succès qu'on aurait
pu envier pour de plus grandes compositions. Ce
petit opéra fut joué pour la première fois en
1795 (1). L'année suivante Boieldieu écrivit La
Famille suisse, jolie partition où règne un style
sim[)le et naïf, d"iine élégance charmante; puis,
en 1797, il donna Momhreuil et Merville, pièce
froide et peu favorable à la musique, qui ne
réussit pas. Dans la même année, il improvisa
un opéra de circonstance, à l'occasion du traité de
Campo-Formio ; cet ouvrage fut représenté au
théâtre Feydeau sous le titre de L'heureuse nou-
velle. En 1798, lioieldieu prit une position plus
élevée parmi les compositeurs par le succès de
Zoraïme et Zuhtare, drame en trois actes, dont
la composition avait précédé celle des deux der-
niers ouvrages qui viennent d'êtres cites, mais
qui avait dû attendre longtemps son tour de re-
présentation, el^qui ne l'aurait point encore obtenu,
s'il n'avait fallu faire des changements à un opéra
de Méhul qui était en répétition. On com[>4ait peu
au théâtre sur le succès de Zoraïme; l'étonne-
ment fut grand, lorsqu'on vit l'enthousiasme du
public pour cette élégante et dramatique produc-
tion. Le caractère particulier du génie de Boiel-
dieu s'était dessiné dans Zoraïme, et dès ce mo-
ment il fut permis de voir ce qu'il devait être dans
ses ouvrages à venir. Des mélodies faciles, gra-
cieuses et spirituelle», une instrumentation rem-
plie dejolisdétails, un sentiment juste de la scène,
telles sont les qualités par où se distingue cet
opéra, qu'on peut considérer comme le premier
titre de BoielJieu à la renommée qu'il eut plus
tard.
Boieldieu n'obtint pas seulement des succès de
théâtre à cette époque; quelques productions de
musique instrumentale lui en procurèrent d'un
autre genre. Ces ouvrages consistaient en un
concerto pour le piano, des sonates pour le même
instrument (œuvres 1,3, 4, C, 7 et 8), quatre duos
(1) L'auteur de la notice sur Boiclilieu qui se trouve
dans le Supplément de la Biiifiraphie universelle de
M. Micliaut} est dans l'erreur en plaçant cet opéra ù la date
de 1793.
BOIELDIRU
pour harpe et piano, un concerto de liarpc, et des
trios pour piano, liarpe et violoncelle. Ces der-
nières compositions furent accueillies avec une
sorte d'enthousiasme. Le succès de ces ouvrages
fit admettre leur atiteur au nombre des profes-
' seûrs de piano du Conservatoire, peu de temps
après l'époque de son établissement. C'est là que
je connus Doieldieu en 1800, y étant devenu son
élève pour le piano : il avait vingt-cinq ans. De-
puis lors je ne l'ai plus perdu de vue. Trop occupé
de sa carrière de compositeur dramatique pour
se plaire aux leçons du mécanisme d'un instru-
ment, il était assez mauvais maître de piano;
mais sa conversation , où brillaient des aperçus
très-fins sur son art, était lemplie d'intérêt pour
ses élèves, et n'étaient pas sans fruit pour leurs
études.
Les Méprises espagnoles, espèce d'imbroglio
que le public avait reçu avec indifférence, et
JienioiL'skij, opéra en trois actes, succédèrent en
1798 et 1800 aux premiers ouvrages deBoieldien.
Ce dernier fut d'abord accueilli avec froideur, et
l'on ne parut pas en avoir compris le mérite;
mais vingt-cinq ans après il a été repris avec un
succès éclatant, justifié par des beautés réelles.
Au moment où je devins son élève, Eoieldieu
écrivait son Calife de Bagdad. Souvent il nous
consultait avec une modestie charmante, et la
leçon de piano se passait à se grouper autour de
lui pour chanter les morceaux de son nouvel
opéra. Je me souviens queDourlen et moi, tous
deux fiers de notre titre de répétiteurs de nos
classes d'harmonie, nous tranchions du puriste,
et nous tourmentions fort notre maître pour quel-
ques peccadilles harmoniques écliappées dans la
rapidité du travail. Grand débat s'élevait entre
nous sur cela, et nous finissions d'ordinaire par
nous transporter chez Méluil, l'oracle de Boieldieu
et notre juge à tous. Quelquefois l'illustre •com-
positeur se rangeait de notre avis; alors Doieldieu
'* se soumettait sans discussion, et jamais le moind.'-e
mouvement d humeur ne se manifestait contre
nous, malgré notre irrévérence et notre petit
triomphe. Tout le monde sait le succès éclatant
de cette légère, gracieuse et spirituelle partition
du Calife; plus de sept cents représentations ont
constaté ce succès sans exemple. On peut dire
que c'est de ce moment que date en France la
réputation de Boieldieu, bien que Zoraïme el
Beniowskij soient supérieurs en mérite à cet
ouvrage, sous le rapport de la force dramatique
et de la nouveauté des idées. La couleur locale,
parfaitement appropriée au sujet, avait séduit le
public, dont l'éducation musicale, peu avancée,
s'accommodait mieux de faciles mélodies que de
recherches trop compliquées pour son oreille.
L'auteur de la notice sur Boieldieu inséré* dans
la biographie Universelle de Michaud, dit
qu'après le succès du Calife, ce compositeur avait
senti l'insuffisance de son éducation musicale, et
qu'il s'était fait l'élève de Cherubini. Je puis af-
firmer qu'il a été induit en erreur à cet égard, et
que jamais Boieldieu n'ébaucha môme les études
de contrepoint et de fugue qu'il aurait dû faire
sous la direction de Cherubini. Lui-même a tou-
jours avoué avec ingénuité l'ignorance où il était
resté à l'égard de cette partie de la science mu-
sicale. Un seul fait a pu donner lieu au bruit des
leçons que Boieldieu aurait reçues de Cheru-
bini ; c'est celui de la correction plus châtiée
qu'on remarque dans la partition de l'opéra de
Ma Tante Aicrore , ouvrage donné par le compo-
siteur en 1802, après un repos de deux années, et
peut-être aussi le petit opéra intitulé La Prison-
7iière, que Cherubini et Boieldieu avaient écrit en
collaboration en 1799, pour le théâtre Montansier;
mais il est certain que si Boieldieu eut un style
plus pur dans sa partition de Ma Tante Aurore,
c'est que sa sévérité pour lui-même date de l'épo-
que où il écrivit cet ouvrage. Il employa beau-
coup de temps à le revoir, à le corriger, et depuis
lors il a suivi le même système pour toutes ses
productions. Chose assez rare parmi les compo-
teurs qui ont besoin de s'observer pour écrire
avec pureté, l'inspiration de Boieldieu ne paraît
avoir reçu aucune atteinte de ce soin matériel
ai)porté à l'harmonie, dans la disposition des voix
et des instruments : on peut même affirmer que
la partition de Ma Tante Aurore est une de celles
où brille de l'éclat le plus vif le génie du compo-
siteur. Cet opéra reçut un rude échec à la pre-
mière représentation, par le ridicule troisième
acte du livret; mais cet acte ayant été supprimé
à la seconde épreuve, le succès ne fut plus dou-
teux, et la musique obtint une vogue égale à celle
des autres productions de Boieldieu.
La même année où cet ouvrage fut représenté,
le compositeur épousa, le 19 mars, la célèbre
danseuse Clotilde-Augustine Mafieuroy, connue
sous le nom de Clolilde. A peine cette union
fut-elle formée, que Boieldieu comprit la fauti;
qu'il avait faite. Ce mariage, peu convenable
sous plusieurs rapports, ne le rendit point heu-
reux ; des chagrins domestiques en furent la suite,
et le besoin de s'y soustraire lui fit prêter l'oreille
auK propositions qui lui étaient faites au nom de
l'empereur de Russie. Ses amis. Rode et Lamare,
prêts à faire le voyage de Pétersbourg, le pres-
saient de se joindre à eux; il partit en effet au
mois d'avril 1803. Arrivé aux frontières de l'em-
pire russe, il reçut irn message d'Alexandre, qui
lui conférait le titre de son maître de chapelle. Un
1.
BOIKLDIEU
traite fut conclu enire le compositeur et le direc-
teur du théâtre impérial : Boieldieu s'engageait à
écrire cliaque année trois oporas dont l'empereur
fournirait les poèmes. Celte dernière clause était
fort difficile à exécuter, car il n'y avait pas de
poète d'opéra à Pétersbonrg; aussi Boieldieu
fut-il obligé de mettre en musique des pièces
déjà représentées à Paris. Son premier ouvrage
fut un petit opéra dont le sujet était pris d'un
vaudeville français intitulé Rien de trop, ou les
Deux Paravents :ce n'était qu'une légère bluette
peu favorable à la musique expressive; elle fut
bien reçue à Pélersbourg, mais depuis lors elle a
été froidement accueillie à l'Opéra-Comique de
Paris. La Jeune Femme colère, comédie de
M. Etienne, fort peu musicale, et le vaudeville
Amour et Mystère, furent aussi transformés en
opéras par Boieldieu. 11 ne fallait pas moins que
son talent pour triompher des froideurs de pareils
sujets. De retour à Paris, le compositeur a fait
jouer le premier de ces ouvrages à l'Opéra-Co-
mique, et le public a rendu justice à la facture
élégante et spirituelle de quelques morceaux, en
leur prodiguant ses applaudissements. De grandes
compositions succédèrent à ces légères pioduc-
tions : ce furent Abderkan, opéra en trois actes
|dont le livret avait été fait par Andrieux, ancien
acteur du théâtre Favart passé en Russie : l'ouvrage
ne réussit pas; Calypso, ancien opéra mis autre-
fois en musique par Lesueur, sous le titre de Té-
léniaque et refait en six semaines par Boieldieu
pour les relevailles de l'impératrice; Aline, reine
de Golconde, sujet de l'opéra de Berton, avec une
nouvelle musique; Les Voitures versées, vaude-
ville transformé en opéra comique, et qui a été
refait presque en entier par son auteur pour le
théâtre Feydeau; enfin, Un Tour de soubrette,
ouvrage du même genre. De toutes ces produc-
tions, celle que Boieldieu estimait le plus était
son opéra de Calypso; cependant ni cet ouvrage
ni Aline n'ont pu être représentés à Paris, parce
qu'ils auraient porté atteinte aux intérêts de leurs
anciens auteurs. Boieldieu a pu seulement en tirer
quelques morceaux pour les intercaler dans les
opérasqu'il aécrits aprèsson retouren France. Par
exemple, un air de Calypso est devenu celui de
la princesse de Navarre ( Quel plaisir d'être en
voyage) dans le premier acte de Jean de Paris.
Je ne dois point oublier, dans l'énumération des
productions de Boieldieu pendant son séjour en
Russie, la musique des c\\(R\iïsA''Athalie. Je n'ai
entendu qu'un morceau de cet ouvrage, exécuté
au piano par Boieldieu lui-même, mais il m'a
donné l'opinion la plus favorable de ces chœurs,
et je les considère comme une des plus belles
cempositions ducs à son talent.
Le sort de Boieldieu et des autres artistes fran-
çais avait été longtemps heureux en Russie; ce-
pendant plusieurs d'entre eux regrettaient leur
patrie et n'étaient pas sans inquiétude sur la
réalisation des produits de leurs travaux. Les
nuages qui étaient venus obscurcir les relations
amicales des gouvernements français et russe
s'épaississaient chaque jour, et préparaient la
rupture qui aboutit enfin à la désastreuse cam-
pagne de Moscou. Boieldieu et ses amis éprou-
vaient le besoin de revoir la France et d'assurer
leur avenir. Toutefois le compositeur n'était pas
libre; il lui fallait un congé pour s'éloigner de la
capitale de l'empire russe : il l'obtint à la fin de
ISIO, après sept années de séjour à Pétersbourg ,
et se hâta d'en profiter.
De retour à Paris dans les premiers mois de
1811, il trouva le sceptre de l'Opéra-Comique
placé aux mains de Nicolo Isouard, dont il avait
vu l'heureux début avant son départ pour la
Russie. Dalayrac avait cessé de vivre. Catel tra-
vaillait peu; Clieriibini , dégoûté d'une carrière
qui, malgré son beau talent, n'avait eu pour lui
que des obstacles, avait cessé d'écrire; MéhuI,
mécontent de l'inconstance des goûts du public,
ne livrait qu'à de rares intervalles de nouveaux
ouvrages à la scène; Nicolo seul paraissait infa-
tigable , et rachetait par le mérite de la fécondité
les négligences qui déparent ses ouvrages. C'é-
tait avec lui que Boieldieu était destiné à lutter
désormais : son génie prit un nouvel essor dans
cette rivalité.
Deux actrices se partageaient la faveur publique
à l'époque où Boieldieu revint à Paris : l'une ,
]\lme Duret, se distinguait par une voix étendue,
égale, sonore, mais un peu lourde'; par une
exécution large, et par une habileté de vocalisa-
tion à laquelle il n'aurait rien manqué, si la res-
piration de M'"« Duret n'eût été courte et labo-
rieuse. La rivale de cette cantatrice était M "e Rp-
gnault ( depuis lors, Mm^Lemonnier). Ses débuts
à Paris, qu'avaient précédé des succès en pro-
vince, avaient été brillants. Une ignorance à peu
près complète de la musique et de l'art du chant,
mais une voix charmante, une intelligence par-
faite, une facilité merveilleuse à exécuter les
choses les plus difficiles; tels étaient les défauts
et les avantages de Mt'e Regnaull pour entrer en
lutte avec son antagoniste. Nicolo avait tiré parti
de toutes deux dans les rôles qu'il leur avait faits
pourson opéra de Cendrillon, et leur avait pro-
curé à chacune un succès égal. La question de
supériorité restait indécise pour 1« public; mais
le compositeur avait fini par se décider en faveur
du talent de M^e Duret : ce fut pour elle qu'il
écrivit ses plus beaux rôles. MUc Regnault se
BOIKLDIEU
trouvait donc exposée au danger d'être laisst^e à
l'écail, lorsque Boieldieu vint lui prôlcr le puis-
sant secours de son talent. Le combat recom-
mença : il ne fut pas moins vif entre les canta-
trices qu'entre les compositeurs.
Rien de plus dissemblable que le talent de
ceux-ci : Nicolo, doué d'une facilité d'inspiration
à laquelle il s'abandonnait sans réserve, écrivait
souvent, coinmejc l'ai dit, avec négli;;ence ; n'était
point assez sévère dans le choix de ses idées, et
iiiérilait le reproclie qu'on lui faisait d'être par-
fois commun et vulgaire dans ses mélodies. Mais
à côté de ces imperfeclions , il y avait dans ses
ouvrages des beautés réelles appropriées avec une
rare sagacité aux convenances de la scène et à
l'intérêt dramatique. La plupart de ses morceaux,
même ceux où l'on aurait désiré plus d'élégance
et de bon goût, brillaient d'un sentiment de verve
et' d'expansion qui réussit presque toujours dans
la musique de théâtre. Travaillant avec une pro-
digieuse rapidité, il se consolait facilement d'une
chute, parce qu'H ne tardait point à prendre sa
revanche. Du reste, heureux de sa lutte avec
Boieldieu, il finit par comprendre la nécessité de
donner plus de soin à ses ouvrages , et montra
dans ses dernières productions une correction,
luie élévation de pensée qu'on n'attendait pas de
lui. Jwonde et Jeannot et CofiH seront toujours
considérés comme de fort bons opéras-comiques.
Pendant ([ue Nicolo écrivait et faisait représenter
quatre ©[léras, Boieldieu en préparait un; non
que l'inspiration lui fût diflicile, car il écrivait
vite; mais, portant peut-être à l'excès la sévérité
qui manquait à son rival , il faisait quelquefois
trois morceaux entièrement différents pour un
s«?ul air, pour un seul duo, ou bien il recom-
mençait à dix reprises les corrections qu'il croyait
nécessaires, eî souvent il ne livrait aux copistes
qu'une partition chargée de ratures, ou, pour me
servir du terme technique, de colettes. Après
avoir éprouvé de si vives jouissances à entendre
les charmantes compositions qui ont vu le Jour
par ce procédé, avons-nous le droit de nous
|)laiudre de la lenteur du travail? Je ne ie crois
pas. Boieldieu obéissait malgré lui, en polissant
incessamment ses ouvrages, aux conditions na-
turelles de son talent. Il était doué du goût le
plus exquis :.c'est surtoutcomme homme de goût
que nous l'admirons. La nature de ses idées, oii
domine toujours la convenance parfaite de la
scène et l'expression spirituelle de la parole, cette
nature, dis-je, exigeait qu'il portât dans sou tra-
vail ces soins scrupuleux qu'on in: aquelquelois
reprochés. Gardons-nous surtout de croire qu'il
produisait lentement parce que sa pensée auiait
été pénible : rien ne sent la gêne ni la siciilile
dans ses compositions; tout y semble, au con-
traire, fait d'abondance; si la réllexion noua
laisse (luelquefois en doute à cet égard, c'est qu'il
est diflicile de comprendre que tant de fini dans
les détails soit le fruit d'un premier jet. On a re-
proché à Boîtldieu d'avoir quelquefois manqué de
hardiesse ; iwais outre que les hardiesses ne sont
pas toujours justifiées par les résultats, il fautsa
souvenir de l'excellence du précepte :
Ne forçons point notre talent.
Ua artiste à qui la nature permet de dunner
une physionomie individuelle à ses ouvrages, ac-
complit saniission s'il sait leur conserver toujours
cette physionomie ; il est lui, et c'est ce qu'il faut
être pour laisser un nom durable dans l'histoire
des arts : or, personne assurément n'a su donner
à sa musique, mieux que Boieldieu, une couleur
particulière, un style approprié à l'objet qu'U se
proposait de réaliser.
Le premier opéra qu'il écrivit après son retour
à Paris, fut Jean de Paris. Pendant qu'il le
composait, il fit jouer à l'Opéra-Comique Rien
de trop et La Jeune Femme colère, qui n'étaient
pas connus en France. Dans les premiers mois
de 1812, Jean de Paris lut représenté au théâtre
Feydeau , avec un succès éclatant. Tout ce quo
rOpéra-Comi(iue comptait d'artistes de talent,
Elleviou, Martin, Juliet, M'ic Kegnault, M""^ Ga-
vaudan, s'empressèrent à seconder le génie du
compositeur, el prêtèrent à son ouvrage le charme
d'une exécution parfaite en son genre. Les uuisi-
ciens remarquèrent la fermeté de manière, la cer-
titude d'effets que Boieldieu avait acquises de-
puis son départ pour la Russie. Si l'instruction
première avait manqué dans ses études harmo-
niques, ses propres observations lui avaient ap-
pris ce qu'aucun maître ne lui avait enseigné;
son style avait acquis une correction remarquable;
son instrumentation était devenue plus brillante,
plus sonore, plus colorée ; enfin Boieldieu n'était
pas seulement un agréable et spirituel composi-
teur : il se montrait, dans Jean de Paris, digne
émule de Méhul et de Catel, qu'il avait considérés
longtemps comuie ses maîtres.
Après Jean de Paris vint Le ISouveau Seigneur
de village (joué en 1813); charmante production
dont toutes les parties offent, chacune en son
genre, im modèle de perfection. Les circonstances
lâcheuses où se trouvait la France à cette époque
firent demander par le gouvernement aux diffé-
rents théâtres de la capitale des pièces propres
à ranimer l'amour de la |)atriedansla population,
et Boieldieu fut chargé d'écrire la musique de
Jim/ard à Mézières, conjointement avec Cheni-
1 biiii, Calei et INicolo Isouard. Cet ouvrage fut
BOIELDIEU
joué vers la fin de l'année 1813, après les revers
de la campagne d'Allemagne. Ce lut par une as-
sociation du même genre, mais dans des circons-
tances différentes, que Boieldieu fit avec Kreut-
zer, en 1814, la musique du petit opéra, intitulé :
Les Béarnais. En 1815, il donna sous son nom
et sous celui de M™» Gaii, un opéra en un acte,
intitulé : Aiigéta, ou l'Atelier de Jean Cousin :
il n'avait écrit pour cet ouvrage qu'un duo; mais
ce morceau était digne de ce qu'il a fait de mieux.
C'est peut-être ici le lieu de relever l'erreur des
biographes qui ont écrit que iM""^ Gail était élève
de Boieldieu. A cette époque il ne songeait point
encore à former d'élèves , et même il ne savait
trop comment s'y prendre pour donner des le-
çons de composition; lui-même l'a répété sou-
vent. M™* Gail n'a jamais eu d'autre maître que
l'auteur de la Biographie universelle des Mu-
siciens.
Aux ouvrages qui viennent d'être cités succéda
La Fête du Village voisin, comédie froide et peu
favorable à la musique, que le talent de Boieldieu
put seul soutenir et faire rester au théâtre. De
tous ceux dont ce compositeur a écrit la musique,
cefut incontestablement celui qui lui offrit le plus
de difficultés, et qui exigea de lui le plus d'habi-
leté. Deux trios du premier acte, des couplets
charmants, un quintetto et le délicieux cantabile
(Simple, innocente, elc), chanté par Martin, se-
ront toujours considérés comme des modèles de
musique spirituelle et mélodieuse. Quelque temps ,
auparavant Boieldieu avait protégé les premiers
essais d'Hérold dans la carrière duthéàtre, en l'ad-
mettant corn me collaborateur dans son opéra de cir-
constance intitulé : Charles de France. Le jeune
artiste en a conservé pendant toute sa vie, trop
courte, hélas! une vive reconnaissance. Après la
représentation de La Fêle du Village voisin , il
s'écoula près de deux années pendant lesquelles la
miseenseèned'aucun ouvrage ne signala l'activité
de Boieldieu. 11 ne s'était pas cependant condamné
au repos , car la composition de la musique du
Chaperon rouge l'occupait presque sans relâche.
Méhul avait cessé de vivre en 1817, et l'Institut
avait appelé Boieldieu à remplir sa place. Celui-ci
crut que l'obUgation lui était imposée de justifier
ce choix honorable par quelque grande composi-
tion ; il entreprit d'écrire Le Chaperon. Il s'a-
gissait, comme on l'a dit, de faire de cet ouvrage
undiscours de réception ; ce lut ce qui détermina
Boieldieu à y donner plus de soins qu'à aucune
autre de ses productions. Le succès justifia les
espérances de l'artiste et du public, et la pre-
mière représentation, donnée au mois de juillet
1818, fut pour l'auteur un véritable triomphe.
Bien des années se sont écoulées depuis lors, et
les applaudissements de toute l'Europe ont con-
firmé ceux des habitués de l'Opéra-Comique.
Dans Le Chaperon rouge, la manière de Boiel-
dieu est plus grande; les idées sont plus abon-
dantes ; le coloris musical est plus varié que dans
les ouvrages précédents. Une composition de cette
importance avait manqué jusqu'alors à l'auteur
du Calife, de Ma Tante Aurore et de Jean de
Paris; désormais il ne lui restait plus qu'à jouir
de ses succès.
Les efforts de travail qu'avait coûtés cette pro-
duction à Boieldieu lui causèrent une maladie
grave qui rendit impérieusement nécessaire un
long repos. Il se relira à la campagne, et y vécut
quelque temps dans un oubli presque complet de
la musique, uniquement occupé du soin d'orner
une propriété qu'il avait lécemmeut acquise. Ce
fut vers cette époque que le titre et les fonctions
de professeur de composition au Conservatoire
de I^aris lui furent offerts; l'espoir de commu-
niquer à de jeunes musiciens les lumières de
son expérience les lui fit accepter; mais il obtint
l'autorisation de donner ses leçons clie/ lui , où
ses élèves venaient chercher un utile enseignement,
croyant n'assister qu'à de spiiituelles causeries.
Ce temps est -celui du repos le plus long que
Boieldieu ait pris dans sa carrière; car, à l'excep-
tion de son ancien opéra des Voitures versées,
qu'il retoucha, et pour lequel il écrivit quelques
nouveaux morceaux, il ne donna rien d'important
dans l'espace de sept années. En 1821, il écrivit,
il est vrai. Blanche de Provence, ou la Cour des
Fées, grand opéra en trois actes, en collaboration
avec Kreutzer, Berton, Cherunini et Paer; et en
1824, il fit à peu près un acte de Pharamond ;
mais on sait que tes ouvrages de circonstance
ne comptent presque point parmi les productions
d'un artiste de talent. Avec la certitude qu'ils ne
sont destinés qu'à avoir une courte existence, on
se sent peu disposé à y donner beaucoup de soins ;
le succès cRuse peu de plaisir, et la chute, si
elle a lieu, il attriste personne.
Cependant, malgré le long silence que gardait
la muse de Boieldieu, on savait que cet ai liste
travaillait : le titre de son opéra futur était môme
connu, et tout le monde parlait de La Dame
Blanche longtemps avant que cette partition dit
mise à l'étude. Hoieldieu, que tant de succès n'a-
vaient point enhardi, se méfiait de la faveur pu-
blique et craignait qu'un repos de plusieurs
années ne l'eût fait oublier. Il hésitait donc à
faire (comme on .dit au théâtre) sa rentrée; et,
malgré les heureuses inspirations qui abondaient
dans son œuvre nouvelle, il employait plus de
temps à corriger et à refaire les morceaux de cet
opéra qu'il n'en avait mis à aucun de ses ou-
ROIELDIEU
vrapes. Enfin, Ouilbert de Pixérecourt, alors
directeur de l'Opi'ra-Comique, parvint 5 le dé-
terminer à tenter l'épreuve qu'il redoutait, et La
Dame Blanche fut accueillie avec des trans-
ports unanimes d'admiration. Ce fut au mois de
décembre 1825 qu'on donna la première repré-
sentation de cet opéra; près d'un an après, et
lorsque cent cinquante épreuves de la même
pièce eurent été faites, la foule des spectateurs
encombrait encore la salle Feydeau cbaque fois que
cet ouvrage était joué. Le succès fut le même
partout; la nouvelle musique de Boieldieu fut
chantée dans tous les concerts, dans tous les
salons, et ses motifs servirent de thèmes à nîille
arrangements divers. Le développement pro-
gressif des facultés du compositeur, qui n'avait
cessé de se faire apercevoir depuis ses premieis
essais de musique dramatique, n'a jamais été
plus sensible que dans La Dame Blanche. Ja-
mais son style n'avait été plus varié; jamais il
n'avait montré autant de force expressive; jamais
son instrumentation n'avait été si brillante; ja-
mais enfin il n'y avait eu autant de jeunesse
et de nouveauté dans ses compositions ; cependant
il était resté lui-même et n'avait rien emprunté à
la musique rossinienne. II est même remarquable
qu'il ait pu varier comme il l'a fait les effets de
son nouvel opéra, faisant peu d'usage de moiiu-
lations, affectionnant les tons princi[(nux de ses
morceaux, et n'employant que des harmonies
simples et sans recherche. Rien n'indique mieux
la facilité d'invention mélodique que cette unité
tonale unie à la simplicité d'harmonie.
L'effet ordinaire des grands succès obtenus par
Boieldieu était de lui inspirer pour l'avenir la
crainte de ne pas se soutenir à la même hauteur,
et d'être dans d'autres productions inférieur à
lui-même. Cette crainte n'était pas étrangère aux
longs intervalles qu'il y avait eri quelquefois dans
l'apparition de ses ouvrages. Apiès La Dame
Blanche, elle se reproduisit plus forte qu'aupa-
ravant. Depuis longtemps un poctne d'opéra avait
été livré à Boieldieu par Bouilly : c'était celui des
Deux Nuits, hc compositeur en trouvait le sujet
fort beau; mais il y désirait de notables cban-
gements. Scribe se chargea de les faire. Cepen-
dant toutes les difficultés n'avaient pas disparu;
il en était dans cet ouvrage qui devaient faire
fchouer le musicien : malheureusement Boieldieu
ne les aperçut pas. Tant de fois il avait sauvé
de faibles pièces par son talent, qu'il crut pouvoir
faire encore un miracle de ce genre : ce fut une
erreur. Près de quatre années s'étaient écoulées
depuis le succès de La Dame Blanche, lorsqu'on
donna la première représentation des Deux
A'MJfs ('lumoisde reai 1829). Ainsi qu'il arrivait
à chaque ouvrage nouveau de Boieldieu, celui-ci
était attendu avec une vive impatience. La par-
tition avait été achetée à haut prix par l'éditeur
de La Dame Blanche, avant qu'elle fût connue;
tout enfin présageait au compositeur un triomphe
nouveau. Tant d'espérances ne se réalisèrent pas;
Les Deux Nuits n'obtinrent qu'un succès incer-
tain. Fatal ouvrage! Plusieursfois Boieldieu avait
été contraint de cesser d'y travailler à cause du
dérangement de sa santé : après qu'il eut été
représenté, il lui donna la mort. Son espoir déçu
se transforma en un secret et violent cliagrin.
Peu de temps après se déclaièrent les premiers
symptômes de la cruelle maladie qui le conduisit
au tombeau.
Le besoin de ^epos lui avait fait demander sa
retraite comme professeur du Conservatoire :
l'administration de la liste civile eut égard aux
services rendus à l'art par ses ouvrages, et sa
pension fut convenablement réglée. Il y avait
d'autant plus de justice à cela, que Boieldieu
venait d'être privé d'une pension de 1200 francs
qui lui avaitété accordée par rOpéra-Comique, en
reconnaissance des avantages que le théâtre avait
trouvés dans la représentation de ses ouvrages.
Un nouvel entrepreneur avait succédé à l'ancienne
société des acteurs, et n'avait pas voulu souscrire
aux engagements contractés par elle. Outre la
pension de retraite honorable accordée à Boieldieu
comme professeur du Conservatoire, le roi lui en
donna une autre sur sa cassette. Le digne artiste
ne Jouit pas longtemps de ces avantages; car la
révolution de Juillet ayant éclaté, non-seulement
la pension de la easçetle disparut avec l'ancienne
royauté; mais dans un travail de révision sur les
pensions de l'Opéra et du Conservatoire, il se
trouva que quelques mois lui manquaient pour
avoir droit à la sienne, et une partie de son re-
venu lui fut enlevée. Ainsi , aux douleurs de la
phtbisie laryngée qui menaçait les jours de Boiel-
dieu vinrent se joindre des inquiétudes sur son
avenir. Le mal empirait cbaque jour; tous les
nemcdes étaient employés, sans qu'il en résultât
aucune amélioration sensible dans l'état du ma-
lade. Un voyage à Pise fut conseillé; Boieldieu
le fit, et ne s'en trouvapasmieux.il revint à Paris
plus faible, plus souffrant qu'il n'en était parti,
éprouvant d'ailleurs le besoin de remplacer les
ressources dont il avait été privé, et contraint
de demander à reprendre des fonctions de pro-
fesseur qu'il n'était plus en état de remplir. On
les lui rendit, et le ministre de l'intérieur lui
accorda sur les fonds des beaux-arts une pension
de 3,000 francs; mais, hélas ! il n'était pas destiné
à jouir longteirqis des avantages de sa nouvella
position. Sa santé continuait à dépérir; il espéra
s
BOIELDIEU — BOILLY
la rétablir par l'usage des bains du midi qui lui
avaient fait quelque bien autrefois , et il voulut
en essayer. Cependant le voyage était difficile à
faire dans l'état d'abattement où étaient ses forces ;
il partit néanmoins, arriva avec peine jusqu'à
Bordeaux, voulut pousser plus loin, mais fut obligé
de revenir en cette ville, effrayé par les progrès
du mal. Alors l'idée d'une fin prochaine vint se
présentera l'esprit de l'artiste, accompagnée du vif
désir de revoir encore une fois sa maison de cam-
j'.agne de Jarcy, près de Grosl)ois, où il avait au-
trefois passé d'heureux jours; sa famille éplorée
l'y ramena mourant. Peu de jours après tout
espoir fut perdu, et Boieldieu s'éteignit le 8 octobre
1834, dans les bras de ses amis. Ses obsèques
Jurent célébrées dans l'église des Invalides; tout
ce qu'il y avait d'artistes et d'hommes de lettres
distingués y assistèrent, et le Requiem de Ciie-
rubini y fut exécuté par un nombre considérable
de chanteurs et d'instrumentistes.
Boieldieu avait eu le titre d'accompagnateur-
adjoint de la chambre du roi, au mois de septembre
1815; la duchesse de Berry lui accorda celui de
compositeur de sa musique au mois de janvier
1821 ; dans la même année le roi le nomma che-
valier de la Légion d'honneur. Lorsqu'il en reçut
la décoration (au mois de mai) il exprima le
regret que Catel ne l'eût pas obtenue avant lui,
et se mit à faire des démarches pour la lui faire
avoir. I! réussit; mais Catel, trop philosophe pour
désirer de telles faveurs , montra plus d'étonne-
ment que de reconnaissance en recevant celle-ci.
L'auteur de la notice sur Boieldieu insérée dans
la Biographie Universelle de Michaud, dit
que depuis son divorce avec Clotilde, le compo-
siteur avait épousé en secondes noces la sœur de
M"' Phillis qui avait joué plusieurs rôles de ses
opéras, tant à Paris qu'en Russie. Ce fait n'est pas
exact , car il n'y a jamais eu de divorce entre
Boieldieu et Clotilde. Celle-ci est morte à Paris,
le 15 décembre 1826; et ce n'est qu'après cet
événement que Boieldieu a contracté un nouveau
mariage. Les principaux élèves de Boieldieu sont
Zimmerman pour le piano, Adolphe Adam et
Théodore Labarre pour la composition.
L'élogede Boieldieu, par Quafremère de Quincy,
a été prononcé à la séance publique de l'Académie
des beaux-arts de l'Institut de France, au mois
d'octobre 1835, et imprimé à Paris, chez
MM. Didot, in-4°. On a publié aussi : Procès-
vfrhalde la eérémonie funèbre en l'honneur
d'Adrien Boieldieu, qui a eu lieu le 13 octobre
1834, à Rouen, sa ville natale, par Joseph-
Alexis Walchi ; Rouen, 1835, in-8"; et une notice
intitulée: Boieldieu, sa vie, ses œuvres, par
\ Kt.'fi'u\ aille; Rouen, 183G, Duhast, in-8°. Le
nom véritable de l'auteur de celle notice est
André Reloi.
BOIELDIEU (Adrien-L.-V.), fds du précé-
dent, né à Paris, le 3 novembre 1816, a fait ses
études musicales sous la direction de son père,
qui fondait de grandes espérances sur son avenir
d'artiste. Quelques romances gracieuses furent
ses premiers essais. Après la mort de l'auteur de
La Dame Blanche , le gouvernement français
accorda à son fils une pension de douze cents
francs. Le début du fils de Boieldieu sur la scène
de rOpéra-Comique fut une sorte de pasticcio
dans lequel il écrivit quelques morceaux d'une
assez bonne facture et arrangea plusieurs antres
de son père. Cet ouvrage, intitulé L'Opéra à la
cour, fut représenté au mois de juillet 1840.
L'Aïeule, opéTà-comiqne en un acte, suivit ce
premier essai à une année de distance : la mu-
sique en était douce, élégante, peu émouvante,
mais agréable à l'audition. Le Bouquet de V In-
fante , opéra-comique en trois actes, représenté
au mois d'avril 1847, fut bien accueilli du public,
et l'on y remarqua quelques bons morceaux.
La Butte des Moulins, opéra-comique en 3 actes,
représenté au mois de janvier 1852 sur le Théûtre-
Lyrique de Paris, eut quelque succès. Enlin, La
Fille invisible, en trois actes, au môme théâtre
(1854), est, jusqu'à ce jour (1859), le dernier
ouvrage du compositeur. Parmi ses romances,
on remarque L'Ange des premières amours, Te
voilà roi, et la ballade intitulée La Barca del
Beppo.
BOILE (....), professeur de chant à Milan,
s'est fait connaître par des exercices pour la voix,
divisés en six livres et intitulés ; Solfeggi per
mezzo soprano, per soprano e per contralto;
Milan, Ricordi.
BOILLY (ÉnouARD),fils d'un peintre de genre
qui a eu quelque célébrité, est né à Paris le 16 no-
vembre 1799. Il étudia d'abord le dessin et la
gravure; mais son goût décidé pour la musique
lui fit quitter l'exercice de ces aris; il entra au
Conservatoire de Paris, etdevint, en 1821, élève
de l'auteur de la Biographie universelle des
Musiciens, qui lui enseigna le contrepoint et la
fugue; puis il passa sous la direction de Boiel-
dieu pour ce qu'on appelait alors au Conserva-
toire /e 5 <</^e id^fl^ En 1823, il se présenta au
concours de l'Institut, et y obtint le premier grand
prix de composition. Le sujet était la cantate
de Thisbé. Devenu pensionnaire du gouverne-
ment, il alla passer quelques années à Rome
et à Naples, puis parcourut l'Allemagne, et re-
vint enfin à Paris, en 1827. Depuis cette époque
il a composé la musique de plusieurs opéras-co-
inii[ucs; mais les fréquentes mutations de'dircc-
BOILLY — BOISMORTIER
9
teurg el d'entrepreneurs de ce spectacle furent
cause qud les pièces sur lesquelles il avait écrit
furent relues par les nouvelles administrations
et refusées, en sorte que les travaux du musicien
furent perdus. Un seul ouvrage de sa composition
a été' représenté au théâtre de l'Opéra-Comique
le 7 mai 1844. Cet ouvrage, intitulé Le Bal du
sous-préfet, est un opéra en un acte écrit avec
élégance et qui fut applaudi. Cependant, dégoûté
par tous les ennuis qu'il avait rencontrés dans sa
canière, M. Boilly a fini par renoncer à l'art auquel
il avait consacré sans fruit les dix plus belles
années de sa vie, et s'est livré de nouveau à celui
de la gravure.
BOISGELOU (François-Paul ROUALLE
de), conseiller au grand conseil, naquit à Paris le
10 avril 1697, et mourut dans cette ville le
19 janvier 1764. Il s'était appliqué à la haute ana-
lyse et à la théorie de la musique : nous ne par-
lerons ici que de cette dernière. L'objet de son
système était de trouver entre les intervalles des
rapports symétriques, en y appliquant le calcul.
J.-J. Rousseau a voulu donner une analyse de
ses travaux à l'article système de son Diction-
naire de musique; mais il a rendu inintelligible
tout ce qu'il en a dit, parce qu'il ne l'entendait
pas lui-même. M. SuremaindeMissery a, depuis,
essayé d'arriver à la solution du même problême
par des voies différentes.
BOISGELOU (Paul-Louis ROUALLE de),
fils du précédent, né le 27 juin 1734, a servi dans
les mousquetaires noirs , avec le brevet de capi-
taine de cavalerie, jusqu'à la réforme de celte
compagnie. Il fit ses humanités au collège de
Louis-le-Grand, et y commença l'étude du violon,
sur lequel il lit de si rapides progrès, qu'encore
enfant, il était cité comme un prodige. C'est de
lui que J.-J. Rousseau a dit : « J'ai vu, chez un
« magistrat, son fds, petit bonhomme de huit
» ans, qu'on mettaitsur la table au dessert, comme
« une statue au milieu des plateaux, jquer là
« d'un violon presque aussi grand que lui, et
« surprendre par son exécution les artistes
« mêmes {Émiie, liv. 2.). « M. de Boisgelou a
fait graver à Paris six duos pour deux violons,
op. 1. On lui doit aussi un travail considérable,
entrepris par zèle pour l'art et d'une manière
purement bénévole, sur la partie musicale de la
Bibliothèque du Roi, dans laquelle est comprise
la collection de Brossard , montant à près de
3,000 articles rares. Le travail de M. de Boisge-
lou consiste en un Catalogue général, par ordre
alphabétique d'auteurs, formant un fort volume
in-fol., et deux autres catalogues par ordre de
matières, l'un pour la partie littéraire de la mu-
sique, l'autre pour les œuvres pratiques et les col-
lections. Ces deux derniers contiennent une mul-
titude de détails qui ne manquent pas d'intérêt,
sur les auteurs, les éditions, et la nature des ou-
vrages. M. de Boisgelou n'avait pas assez de con-
naissances théoriques et historiques pour ee tra-
vail ; mais il y a suppléé par beaucoup d'exacti-
tude. Il avait entrepris, pour le compléter, un
catalogue historique des auteurs; mais il n'a pas
en le temps de l'exécuter, et n'a disposé que
quelques notes assez curieuses. Sa mort, arrivée
le IG mars 1806, ne lui a pas permis d'accomplir
cedessein. J'ai beaucoup profitédeses recherches.
Après sa mort, la belle liibliotlièque qu'il avait
formée a été vendue. Plusieurs de ses ouvrages,
et particulièrement deux volumes de notes ma-
nuscrites, sur des musiciens et des livres curieux,
ont été acquis par Perne, et sont maintenant en
ma possession.
BOISMORTIER (Joseph BODIN de), com-
positeur médiocre, né à Perpignan en 1691, vint
à Paris de bonne heure, et mourut dans cette
ville en 1765. Il a mis en musique trois opéras :
r Les Voyages de V Amour, ballet en quatre
actes, représenté en 1736, — 2° Don Quichotte
chez la Duchesse, en trois actes, 1743. —
3° Daphnis et Chloé, pastorale, 1747 ; celui-ci est,
dit-on , son meilleur ouvrage. — 4° Daphné,
1748, ballet non représenté. Il a fait en onlre
graver : 1° Deux recueils de motets. — 2° Six
recueils de cantates françaises. — 3° Airs à
chanter et vaudevilles, œuvre 16. — 4° Trios
pour deux violons et basse, œuvre 18. — 5° So-
nates de violoncelle, op. 26 et 50. — 6° Sonates
pour deux bassons, op. 14 et 40. — T Sonates
pour la viole, op. 10. — 8° Pièces diverses pour
la viole, op. 31. — 9° Sonates pour la flûte, op. A,
9, 19, 35 et 44. — 10° Duos pour deux flûtes,
op. 1, 2, 6, 8, 13 et 25. — 1 1° Trios pour flûte,
violon et basse, op. 4, 7, 12, 37, 39 et 41. —
12° Concertos pour flûte, op. là, 21 et 31. —
13° Suites de pièces pour deux musettes, op. 11,
17, 27.-^14" Les Gentillesses , cantatilles. —
1 5° Les Amusements, de la campagne. Boismor-
tier était fort distrait , et bien qu'il fût un des
maîtres de chant de l'Opéra, il ne put jamais di-
riger l'exécution de sa musique; aussi disait-il
aux directeurs de l'Opéra et du Concert spiri-
tuel : Messieurs, voilà ma partition ; faites-en
ce quevouspourrez,car, pour moi Je n'entends
pas plus à la faire valoir que le plus petit
enfant de chœur. Il avait de l'esprit, des saillies
agréables et plaisantes. Malgré le peu de cas qu'on
doit faire de sa musique en général, on ne peut
nier qu'il re fût bon harmoniste pour son temps,
et l'on voit qu'il aurait pu mieux faire; mais i!
travaillait vite pour gagner de l'argent, et s(^s
10
BOISMORTIER — BOKEMEYI.R
ouvrages ne lui coûtaient que le temps de les écrire.
Lui-môme les estimait fort peu. Cependant, dans
celte quantité prodigieuse de musique qu'il a
composée, tout n'est pas à mépriser : son motet
Fugit nox a eu longtemps de la réputation.
BOISQUET (l'UANÇois), littérateur, né à
Nantes vers 1783, et membre de la Société des
arts etdes sciences dccette ville, s'est faitconnaîlie
jiar un ouvrage qui a pour titre : Essais sur Fart
du comédien chanteur ; Paris, Longcliamps,
1S12, in-8°. 11 y a quelques bonnes observations
dans ce livre, dont le cadre est neuf; mais on y
trouve en général les fausses idées que la plupart
fies littérateurs ont données longtemjis, en I" rance,
comme des lliéoiies de la musique dramatiipie et
du cliant expressif.
BOISSELOT (Xwiiiu), fils d'un éditeur de
musique et fabricant de pianos, est né à Montpel-
lier, le 3 décembre 1811. Après avoir appris les
éléments de la musique à Marseille, où sa famille
s'était établie, il entra conmie élève au Conser-
vatoire de musique de Paris, et y suivit un cours
d'harmonie, puis il devint élève de l'auteur de la
Biographie universelle des Musiciens, et apprit
sous sa direction le contrepoint et la fugue. Dans
le iftôme temps il suivait le cours de composition
libre de Lesueur, maître de la chapelle du roi,
dont il épousa la fille quelques années après.
Admis au grand concours de composition de
l'Institut, 11 y obtint le second prix en 1 834 ; deux
ans après, le pr^ier prix lui fut décerné pour la
cantate de Velléda, qui fut exécutée sollennelle-
ment à l'institut, le 8 octobre 1836. En 1838, on
exécuta une ouverture de sa composition dans la
séance publique de l'Académie des beaux-arts;
mais neuf années s'écoulèrent ensuite avant qu'il
pût faire représenter un de ses opéras. Enfin, au
mois de janvier 1847, son ouvrage intitulé : Ne
touchez pas à la reine, en trois actes, fut joué au
théâtre de l'Opéra-Comique et obtint un brillant
succès. Mosqiùla la Sorcière, autre opéra en
trois actes, joué au théâtre de l'Opéra national, au
mois de septembre 1851, a été également bien
accueilli. On connaît aussi de boisselot quelques
mélodies et romances avec accompagnement de
piano. Cet artiste dirige depuis plusieurs années
une grande manufacture de pianos fondée par son
l>ère à Marseille, et une maison de commerce de
musique à Paris.
BOISSET (Antoine), nom défiguré par Ger-
ber {Neues Lexikon der Tonkunst, 1. 1, p. 458).
l'oyesBocssET.
BOISSIÈRE (Claude), mathématicien fran-
çais , vécut au seizième siècle. Il naquit, dans le
Daupbiné, au diocèse de Grenoble. Au nombre
des écrits de ce savant, dont la plupart concernent
l'arithmétique, l'ustronomic et la poétique , ou
remarque un traité qui a pour titre : L'Art de la
musique réduict et abrégé en singulier ordre
et souveraine méthode; Paris, i554,in-8". Dans
les Mélanges tirés d'une grande bibliothèque,
publiés par le marquis de Paulmy (t. 30, p. 220),
on trouve l'indication dUm livre sous le même
I nom qui aurait été imprimé à Paris, en 1554, et
qui aurait pour titre : Sur la musique prétendue
pythagoriquej mais ce livre supposé n'est qu'un
chapitre do l'ouvrage qui vient d'être cité.
BOISTABD DE GLANVILLE (Guil-
laume-François), membre de l'Académie de Rouen,
naquit d;ms celle ville vers 1774.11 a lait im-
primer plusieurs dissertations parmi lesquelles ou
remarque : Considérations sur la musique;
Itouen, 1804, in -8".
BOITTEUX (A.), professeur de musique
à Dijon , né à Turin dans les dernières années
du dix-huitième siècle, est auteur d'un Traité
Completel raisonné des principes de musique,
mis à la portée de tout le monde; Dijon,
Douilicr, 18;;4, in- 8° de 24 pages et 2 planches.
Un traité complet et raisonné de la musique en
vingt-quatre pages! C'est merveilleux.
BOIVIiX (Jacques). Voyez Boyvin.
BOIV8IV (Jean), imprimeur, éditeur <le
musique et libraire à Paris, dans la première
moitié du dix-huitième siècle, a publié un cata-
logue des ouvrages de sa librairie, tant du fonds
que de l'assortiment, qui peut être considéré
comme la plus ancienne bibliographie musicale
de la France. Cet ouvrage a pour litre : Cata-
logue général des livres de musique ; Paris ,
1729, in-8°. Ce catalogue est aujourd'hui de la
plus grande rareté.
BO!VIN(Louis), néle 15 avril 1814, à Cou-
ches, près d'Autun (Saône-et Loire), s'est fixé à
Paris en 1840, et y a pris parla la rédaction de
plusieurs recueils biographiques et historiques,
ainsi que <le plusieurs journaux. Les auteurs de
l'ouvrage intitulé La Littérature contemporaine
disent que les notices biographiques de M. I3oi-
vin .sont en général faites aux frais et dépens de
ceux qu'elles intéressent, et môme que ces per-
sonnes ne sont pas toujours restées étrangères à
leur rédaction. Au nombre de ces notices se trouve
celle du célèbre pianiste Kalkbrenner, publiée
d'abord dans la Revue générale, biographique,
politique et littéraire, puis tirée à part sous le
simple titre : Kalkbrenner, sans date et sans
nom de lieu ( Paris ), gr, in-8° de 28 pages. Cette
biographie est un véritable roman.
BOKEiMEIEU (He.mu). ro?/e:; Bockeheier.
BOHEME YER ( Henri) canlor à Wolffen-
biittel qui cul la réputation d'un très-savant mu-
BOKEMEYEU — BOAIDliLLES
11
sicien de son temps, naquit, «lans le mois de mars
1679, à Immensen, viiinge de la principauté de
Zelie. Après avoir reçu les premières instructions
dans le lieu de sa naissance et à l'école de Burg-
dorlT, il fréquenta les écoles de Saint-Martin et
de Sainte-Catherine, à Brunswick, depuis iC93
jusqu'en 1699; puis il alla terminer ses études à
l'université de Helmstadt. Le 2 avril 1704, il
obtint le cantorat de l'église Saint-Martin à
Bninswick; deux ans après il devint élève de
Georges Œstcrreich pour la composition. Devenu
savant dans son art, il futappeléen 1712 àHusum,
dans le Sclileswig-Holstein, pour y remplir les
(onctions de cantor. 11 y resta jusqu'en 1717;
mais alors le désir de revoir sa patrie le ramena
à Brunswick, et dans la même année il fut adjoint
à Bendeler {voy. ce nom) comme cantor, à Wolf-
fenbùttel. Après la mort de celui-ci, en 1720,
il lui succéda comme cantor titulaire. Il mourut
dans cette situation, le 7 décembre 1751. On n'a
imprimé aucune composition de Bokemeyer;
mais il paraît qu'il était très-habile dans l'art
d'écrire des canons, car Maltlicson entretint avec
lui, à cesujet, une correspondance dont il a publié
une partie dans sa CrUica-miisica, t. Il, p. 241-
247, et il le cite comme une autorité. Dommerich
(Jean-Cliristophe) a publié un éloge de ce mu-
sicien sous ce titre : Memoria H. Bqkemeieri
posterilati tradita; Brunswick, 1752, in-4°.
BOLAFFI (Michel), maître de chapelle à
Florence, naquit dans cette ville en 1709. Il a écrit
plusieurs œuvres de musique d'église qui étaient
estimées en Italie au commencement du dix-neu-
vième siècle. Kiescwetter possédait de lui un
iHîAcrere à 3 voix et orchestre, composé, en 1802,
sur une traduction italienne faite par Bolaffi lui-
luôiiie.
BOLÏCIOou BOLÏCiUS (Nicolas). Voyez
WOILICK.
iîOLllMO (Luc), excellent luthiste et com-
positeur pour son instrument, naquit à Noia vers
1560: il vivait à Naples en IGOl. Cet artiste n'est
connu que par la mention qu'en a faite Cerreto
( Délia prattica Musica, p. 157 ).
BOLIS (Sébastien), compositeur de l'École
romaine, maître de chapelle à Saint-Laurent
in Damaso, a écrit des messes et des psaumes
à huit parties réelles, qui r-e trouvent en ma-
nuscrit dans quelques bibliothèques de l'Italie.
BOLIS ( Angelo), chanoine de l'égliseï collé-
giale de Saint-Jean-Bapliste, dans la petite ville
d'Odcrzo, del'Élatde Venise, dans la Marche-
Trévisane, au commencement du dix-septième
siècle. Il s'est fait connaître, comme compositeur,
par une œuvre qui a pour titre : Motecla binis et
ternis vocibus decantanda ciim parie ad or- •
gamim ; Venetiis, siibsii^no Gardano, 1C2G, in-4°.
BOLLIOIJD DE MEKMET (Louis), né '
à Lyon le 15 février 1709, est mort dans la
même ville en 1793. Sa famille était distinguée
dans la magistraluie, il fut longtemps secrétaire
de l'Académie des sciences et arts de Lyon. On
a de lui -. De la Corrvplion du goût dans la
musique française; Lyon, 1746, in-12. « Cet
« auteur estimable, dit M. de Boisgelou lils
« (Catalogue mss. des livres sur la musique
« de la Bibliothèque du roi), pouvait d'autant
« mieux être bon juge en cette malière, que les
« meilleurs organistes ne manquaient pas d'aller
« l'entendre, lorsqu'il s'amusait à jouer de l'orgue
« dans les églises de Paris. » On ne conçoit pas,
cependant, en quoi le goût de la musique pouvait
se corrompre en France en 1740. Une traduction
allemande de ce petit ouvrage , avec des notes
de Freytag, a paru à Altenbourg en 1750, sous ce
titre : Abhandlung von dem Verdcrbcn des Ges-
niac/is in der franzoesiscfien Musilt, in-s" de
78 pages. Freytag, traducteur de cet ouvrage,
était professeur au gymnase d'Allenbourg. On
peut lire l'analyse de cette traduction dans Le
Musicien critique de la Sprée (de Marpurg),
p. 321. On trouve parmi les manuscrits de la
bibliothèque de Lyon, sous le n" 905, in-fol., cinq
mémoires lus par Bollioud à l'Académie de Lyon,
dont le cinquième seulement a été publié : c'est
celui dont il vient d'être parlé. Les quatre autres
traitent : 1" De la musique vocale. — 2° Du
tempérament que les voix observent dayis le
chant. — 3° De lamusique instrumentale.
4° De la construction de l'orgue. L'analyse
de ces mémoires est dans l'ouvrage de De-
landine intitulé : Manuscrits de la bibliothèque
de Lyon ; Paris et Lyon, 1812. 2 vol. in-8''.
BOLOGNA (Michel-Ange), sopraniste, na-
quit à Naples en 1756. Après avoir étudié l'artdu
chant pendant plusieurs années au Conservatoire
de la Pietà, il passa à Munich comme chanteur
de. prince électoral de Bavière. En 1783, il fit
partie de la troupe italienne de la cour. Les opéras
dans lesquels il eut le plus de succès sont :
r VArtemiûafÛQ Prati, et Cùstore e Polluce
de Vogler. En 1786, il se retira du théâtre, et se
fixa à Munich, où il vivait encore en 1812. Il
eut la réputation d'un chanteur habile et d'un bon
acteur.
BOMBELLES (Henri, marquis de), fils
du maréchal de camp et ambassadeur de ce nom,
qui émigra en 1789 et servit dans l'armée de Condé,
entra, ainsi que son frère, au service de l'empe-
reur d'Autriche comme officier. M. Henri de
Bombelles, amateur de musique distingué, a com-
posé plusieurs morceaux de musique d'église, et
!2
BOMBELLES — BONAFINI
a publié un Ave Maria et un Memorare à 4 voix
avec accompagnement d'orgue; Vienne, Diabelli.
Sa belle-sœur, M™^ la comtesse de Bombelles,
cantatrice d'un talent remarquable, était à Florence
en 18?.9, et brilla dans l'exéculion de quelques
opéras composés par lord Burgliersh, qui, plus
tard, est devenu comte de Westmoreland. Le ta-
lent de la musique était naturel dans la famille
de M. de Bombelles : sa tante , M*"® la marquise
de Travcnot, fut l'auteur véritable des paroles et
<]e la musiciue si naïve de la romance célèbre
Pauvre Jacques, dontlair a été attribué à Dibdin
{coy. ce nom), parce qu'il le rendit populaire en
Angleterre, an moment de l'émigration française.
BOMBET(ALEXANDiiK-CÉSAR), pseudonyme.
Voyez Beylk.
. liOMMER (WiLiiELM-CimisTOPiiE), virtuose
sur le piano, né à Dresde en 1801, s'était li\é à
Saint-Pétersbourg, où il mourut, le 29 décembre
IS'iS. Je ne connais de sa composition que des
variations (en rd) sur un air russe, pour piano
seul; Saint-Pétersbourg, Paez.
BOMPORTO (François-Antoine), ou Bom-
porti. Voyez Bonpokti.
BO!\A (Jean), savant cardinal, naquit à Mon-
dovi,en Piémont,au mois d'octobre 1609. Il entra
en 1C23 dans l'ordre des Feuillans,àon\. il devint
général en 1G51. Clément IX le fit cardinal en
16G9. H mourut à Rome le 25 octobre 1674. On
lui doit un livre intilulé : De divina Psalvio-
(lia, sive psalleniis ecclesix harmonia, Trac-
iahis historiens, symbolicus, asceticus ; Rome,
1653,in-4°. 11 y en a d'autres éditions : d'Anvers,
J677, in^"; Paris, 1678, in-8" ; Anvers, 1723,
in-folio. On trouve aussi cet ouvrage dans les
éditions complètes des œuvres de Bona, notam-
ment dans celle de Turin , 1747, 4 vol. in-folio.
Il contient des renseignements intéressants sur les
tons de l'église, le cbant des diverses parties de
l'oflice, l'introduction des orgues et des autres
instruments de musique dans l'office divin.
BOMA (Valerio), moine de l'ordre des con-
ventuels de Saint-François ou grands Cordeliers ,
naquit à Brescia, dans la seconde moitié du sei-
zième siècle, et non à Milan, comme le disent
Quadrio et Piccinelli. Après avoir été pendant
quelque temps maître de cbapelle à la cathédrale
de Verceil, il passa à Mondovi, en la môme qua-
lité. Cozzando (Libraria Biesciana, p. 313) dit
qu'il avait une très-belle voix et qu'il était un
chanteur très-habile. Il parait, par le titre d'un de
ses ouvrages, qu'il était, en 1596, maître de mu-
.siijue à Saint-François de Milan. Bona esta la fois
lecouimandable et comme théoricien, et comme
compositeur. Les traités publiés par lui sont :
I. Hegole ciel contrapiinto e composizione brc-
vemente raccolteda diversi autori; operetla
inolto facile ed utileper i scolari principianti ;
Casale, 1595, in-4°. — M, Esempi delli passagi
délie consonanze e dissonanze, et d'altre cose
pertinente al compositore; Milan, 1590, in-4°.
On y trouve de la clarté et une simplicité de
doctrine remarquable pour le temps. Parmi les
compositions de Bona, on dislingue : 1* Motetti
a 8 voci ; Milan, 1591. — 2" Lamentazioni ,
cou VOrazione di Geremia, a 4 voci; Venise,
1591. — 3° Messe e Motetti a 3 voci; Milan,
1594. — 4° Canzoni a sei ; Venise, 1598. —
5° Canzonette a 3 voci,lib. 3 et 4; Milan, 1599.
— 6° Madrlgali a 5 voci; Milan, 1600. Cet ou-
vrage fut réimprimé dans l'année suivante, à Ve-
nise, chez Gardane, in-4°. — 1° Madrigali a
5 voci; Milan, 1601. — 8° Motetti a 6 voci,
lib. 1. — 9° Messe e Motetti a 1 cori, lib. 2, a
8 voci; Venise, 1601. -«- 10° Pietosi affetti e la-
grime del pénitente; Venise. — II" Madrigali
a 5 voci, lib. 3; Vcnezia, 1605. —12° Motetti
aduc; Vcnezia, prcssoBart. Magni.—i?,'' Missa
a 4 chori e Salmi; Venise, 1611. Cozzando
( loc. cit.) dit que Bona vivait encore en 1619.
LaBibliolhèquc impériale de Paris possède aussi
un ouvrage de ce savant musicien, intilulé:
Introïtus Missarum octo Vocum omnibus
festis totius anni accomodatis; Anvers, 1639,
in-4°.
BONA ( Pîetro), compositeur et professeur
de chant, né à Naples vers 1810, a fait ses études
musicales au Conservatoire decetle ville. Au mois
d'avril 1832 il a fait représenter an Ihéùtre Nuovo
un opéra bouffe intilulé : fl Tutore ed il Diavolo,
qui n'a pas réussi, et dans lequel on remarqua
beaucoup de réminiscences. Plus tard, Bona s'est
fixé à Milan, comme professeur de chant. Son
opéra/Lwiae i Perollo fut représenté au théâtre
de la Scala en 1845, et obtint quelque succès;
deux ans après il y donna l'opéra sérieux Don
Carlo, qui fut accueilli favorablement. Riccordi,
de Milan, a publié les morceaux détachés de ces
deux opéras avec accompagnement de piano.
Bona est auteur d'un bon ouvrage pratique pour
l'art du chant, publié sous ce titre : A'woi'i Studj
di perfezionamenio del canto italiano, consis-
iente in vocalizzi isolaii, a due, a tre et a
qxiattro parti, adatti a lutte le specic di vole
e di qualsivoglia estensione ; Milan, Riccordi.
Cet ouvrage est divisé en sept parties, et chaque
partie en trois livres.
BO.\ADIES(Jean). Voyez Gutentag.
BOMAFINI (Mi"e), fut une cantatrice dis-
tinguée dans la deuxième partie du dix-huilième
siècle. Née en Italie, elle fui conduile à Dresde
dans sa jeunesse et y reçut son éducation mu-
RONAFINI — BONAPARTE
13
sicale. En 1780, elle voyagea en P.upsic, cl tut
admirée à la cour de Pétersbourg pour son talent
et sa beauté. A l'âge de seize ans, elle s'était
mariée secrètement avec un officier prussien qui
fut tué en Bavière. En 1783, elle retourna en
Italie, et s'y maria de nouveau secrètement avec
un homme fort riche. Reichardt la rencontra à
Modène, en 1790; elle élait alors retirée du
théâtre, passant l'été dans une belle campagne et
l'hiver à Venise. Ce maître parle avec enthou-
siasme et de son chant expressif et des grâces
de sa personne. Gorani , qui la vit deux fois à
Modène, la nomme dans ses mémoires secrets sur
l'Italie, l'Aspasie de Modène, et dit que, par son
esprit, ses talents et sa beauté, elle attirait près
d'elle la meilleure société de cette ville. M™^ Bo-
natini mourut à Venise, vers 1800.
BONAGIONTA (Jules), musicien de la
chapelle de Saint-Marc, à Venise, était né à San-
Genesio, vers 1530. 11 a fait imprimer de sa com-
position : t° Canzonette napoletane e vene-
ziane a trevoci; Venise, 1562, in-S". — 2° Il
Desiderio, madrigall a quattro e cinque voci
di diversi eccellentissimi auihori; in Venezia,
appresso Girolamo Scotto, 1560, in-4°. Ce re-
cueil intéressant est divisé en deux livres. Les
auteurs dont on trouve des madrigaux dans le
premier sont Cyprien de Rore, Adrien Avilla,
Spirito da Reggio, Orlandodi Lasso, Primavera,
Jean Florio , et Madeleine Casulano. Le second
renferme des pièces de Paul Animuccia, de Jules
Bonagionta, d'Alexandre Striggio, de Jean Con-
tino, de Jean Florio, Gianetto Palestina (sic),
Londalito, André Gabrieli, Jacques de Nola, 1'/?;-
irico, H. Vidue, Joseph de Vento , et François
Pertinaro. — 3° Moleltï à cinque e sei voci;
ibid., in-4°. — 4° Misse a quattro e cinque
voci; Milan, 1588, in-4°.
BONANNI ( Philippr), jésuite, né à Rome
le 16 janvier 1638, mourut dans la même ville
le 30 mars 1725. Au nombre de ses ouvrages on
trouve le suivant : Gabïnelto Armonico pieno di
stromenti sonori, spiegati; Rome, 1723, in-4''
avec 177 planches. La Biographie Universelle
indique une édition de ce livre datée de 1716;
mais elle n'existe pas; ce qui le prouve, c'est
qu'au titre de l'édition donnée en 1776 par l'abbé
H. Cerutti, on lit : Seconda edizione (Voyez
Cerutti). C'est un livre rempli d'erreurs et de
désordre. La version de l'abbé Cerutti est plutôt
une imitation qu'une traduction véritable.
BOIVANNO (Augustin), compositeur, né en
Sicile , a fait ses études au conservatoire de Pa-
lerme, sous la direction de Raimondi. Son pre-
mier essai dans la musique dramatique s'est fait
pendanl.le carnaval de l846, à Palerme, sa ville
natale, par un opéra intitulé ; Il Trovatore di
lîavenna. Les concitoyens du compositeur ap-
plaudirent clialeureusenient son ouvrage. Je n'ai
pas de renseignements sur la suite de sa car-
rièie.
BOIVAPARTE (Louis), comte de Saint-Lcu,
ex-roi de Hollande, troisième frère de l'empereur
Napoléon, naquit à Ajaccio, le 2 septembre 1778.
Entré fort jeune au service, il suivit son frère en
Italie et en Egypte. Ennemi des grandeurs, aimant
les arts, les lettres et la philosophie, il fut fait
roi malgré lui, et fut marié contre son gré à la fille
de l'impératrice Joséphine, Ilortense Beauhar-
nais. Il saisit la première occasion d'abdiquer
le faible pouvoir qu'on lui avait donné, et se
sépara de la femme qu'on lui avait imposée et
dont il croyait avoir à se plaindre. Tour à tour
il se retira en Styrie , en Suisse, à Rome et enfin
à Florence, où le reste de sa vie s'écoula dans des
souffrances («nysiques et dans des jouissances
morales , cultivant les lettres, pour lesquelles il
était né, et faisant du bien à tout ce qui l'en-
tourait, comme il l'avait fait sur le trône. Des ro-
mans, des poésies et des documents historiques sur
l'administration de la Hollande pendant son règne,
ont été publiés par lui. L'ouvrage qui lui fait
donner une place dans ce Dictionnaire historique
est d'un autre genre. En 18 14, la seconde classe de
l'Institut de France avait mis au concours cette
question : Quelles sont les difficultés réelles
qui s'opposent à l'introduction durhythme des
Grecs et des Latins dans la poésie française :
cette question fut traitée par le prince, qui, lui-
même, avait proposé le prix sous le voile de
l'anonyme. Ce fut à propos de cette même ques-
tion que Louis fit demander à l'abbé Baini la so-
lution de seize questions auxquelles le savant di-
recteur de la chapelle sixtine répondit par son
ouvrage intitulé : Saggio sopra Videntità de'
ritmi musicale e poetico (voy. Baipu), que
le prince fit imprimer à ses frais, et dont il
donna ensuite la traduction française sous ce
titre : Essai sur l'identité durhythme poétiqua
et musical, traduit de l'ouvrage italien de
M. l'abbé Baini, par le comte de Saint-Leu ;
Florence, Piatti, 1820, in-S". Déjà le prince avaiî
tiré parti de ce travail dans son Mémoire szir la
versification française , dont la troisième édi-
tion, eu 2 volumes iu-8°, a été publiée à Rome,
en 1825-1826. Le comte de Saint-Leu est mort
à Florence en 1846. Des deux Gis que lui avait
donnés la reine Hoitense, l'aîné est mort à
Rome en 1831, le second est aujourd'hui l'em-
pereur Napoléon 111.
BONAVEIXTURE (Le Père), surnomméda
Brescia, parce qu'il naquit en celte ville, dans la
14
r.ONAVENTUR!
BONEFOKT
seconde moitié du quinzième siècle, fut moine
de l'oidre des frères mineurs, et vécut au cou-
vent de sa ville natale. On a de lui : I. Erevilo-
quiitm inusicale ; Venise, 1497. Il y en a deux
autres éditions datées de la même ville, 1511 et
Î523, in-4°. — II. Régula Musice plmie ;\en\s,e,
par Jacq. de Penci da Lecho, in-4°, sans date.
J'en possède un exemplaire petit in-4°, où se
trouve la dale de 1500, ainsi exprimée à la der-
nière page : Accuratissime impressum per ma-
gisirum Leonardum Pachel ad impensas
magistri de Legnano, sub die X septembris
Mccccc. Lipenius en indique une édition de Ve-
nise, 1501,in-4°;Cozzando(librar. Cresc.p. 69),
une autre de la même ville, 1523, in-8°-, La
Borde, une quatrième de 1545, in-8°; Gruber,
dans sa Littérature de la musique {Heylrxge
zur Litter. der Musik), en cite trois de Kurcm-
berg datées de 1580, 15S3 et 1591 ; enlln,dans la
Théorie généraledes beaux-arts de Sulzer, article
Choral, on trouve l'indication d'une traduction
italienne de cet ouvrage, sous ce lilre : Regole
délia musica piana o canto fermo; Venise,
iblO. Le Breviloqiihnn vmsicale est le même
ouvrage que celui qui a pour titre : Régulas niu-
sicxplanœ, car à la fin de l'édition de celui-ci
publiée en 1511, on lit : Explictt Dreviloquium
musicale: édition a fratre Bonaventura de
Brixia ordinis ininorum in conventu nosiro
sancli Francisci de Brixia ;impresso in Vcnetia
p. Jacomo de Penzi da Lecho nel anno del nro
Signore \àll adï 20 di marzo. Dans l'épîtredé-
dicatoireà Fra Marco de Duclu's, l'auleurdit : //o
composta questo picolo opusculeto de canto
fermo, il quale p. la sua brevita ho inlilulato,
Breviloquium musicale. Une autre édition est
ainsi le I minée : E cosifazofme del mio picoiino
breviloquio, etc.; Impresso in Venetia per Jo.
Francisco et Jo. Antonio de Rusconi fratelli,
nelli anni del signore 1524 a di X oclobris.
Pnfin, une antre édition porte à la fin : ExpUcit
Breviloquium musicale idest regulx musicx
planx; Stampato in Venetia 2^er loan An-
tonio et fratelli de Sabio; 1533, in- 12 Ce traité
duplain-cliant est écrit en un mélange des langues
latine et italienne : il est divisé en quarante-deux
chapitres. — UL Brevis collectio artis musicx ^
qux dicitur ventura , resté en manuscrit, et
datée de 1489. Le père Martini en possédait une
copie. Les ouvrages de lionaventure de Brescia
doivent leurs nombreuses réimpressions, moins
au mérite de leur rédaction, qu'à celui do leur
brièveté. Comme théoricien, cet auteur est inférieur
aux bons écrivains de son temps, et surtout à
Gaforio.
BONAZZI (Aktoine), un des plus habiles
violonistes de l'Italie, était néâ Crémone. Il est
mort à Mantoue, en 1802, laissant à ues héritiers
une collection d'environ mille concertos, quin-
letti, quartetti, etc., pour violon ou flûte, parmi
lesquels il s'en trouvait un assez grand nombre
de sa composition.il possédait, en outre, quarante»
deux violiins de Gnarnerius, d'Amati, de Stradi-
varius et d'-aulres grands maîtres, lesquels étaient
estimés plus de 0,500 ducats.
BONAZZ! (Ferdinand), premier organiste de
la cathédrale de Milan, naquit en cette ville en
1764. Il reçut les premiers principes de son père,
et passa ensuite sous la direction de François
Pogliani. En quelques années il devint un des pre-
miers organistes de l'Italie. Il vivait encore en
1819. On a de lui des ioccates pour l'orgue qui
n'ont point été gravées.
BO.\DII\ERI (Michel), né à Florence vers
1750, s'est fait connaître comme compositeur
dramatique, dès 1784, ]>ar l'intermède intitulé :
La Serva in contesa, à Florence; tous ses autres
ouvrages ont été écrits pour la même ville. Les
plus connus sont : // Matrimonio in cantina,
1785; La Locandiera, 1780; Le Spose proven-
çale, 1787; Lafintanobile, 178"; L'Autunno,
1788; Il Maestro per seguilato, 1788; Ognidi-
suguaglianzaamoreuguaglia, 1788; Ilvccchio
Spezziale deluso in amore, 1791.
BO]\DIOLÏ (GiACiNTo), dominicain, né à
Quinzano, près deBrescia, vers la fin du seizième
siècle, a fait imprimer de sa composition :
1° Misse e litanie a quatlro voci. — 2° Com-
plète, Litanie ed Anlifone a quatlro voci; Ve-
nise. — 3° Salmiintieribrevcmente concertait
a cappella a quatlro voci con l'organo, op. 4"; •
Venise, 1622, in-4°. — 4" Salmi a otlo voci
con ripieni; Venise, I028. — 5° .Salmi a tre.
voci; Venise, 1643. — 6° Soavifiori colli neW
ameno Giardino de sacrale Laiidi, Motet ti, Ma-
gnificat , e canzoni concertati a 2 voci, in
Venetia, 1622, in-4».
BO]\DOUX (Hyacinthe), chantre de la ca-
Ihédrale de Rouen, né dans les dernières années
du dix-huitième siècle, a publié un Recueil de
faux-bourdons ou quatuors de la métropole,
à l'usage du diocèse de Rouen, publié par
II. Bondoux, vérifiéet augmenté par M. A. Go-
defrog; Rouen, De Larabossière, 1837-1840,
4 vol. in-s".
BOi\EFOi\T (S. Simon de), chanoine et
maître des enfants de chœur de l't'glise cathédrale
de Clermout en Auvergne, vers le milieu du sei-
zième siècle, s'est fait connaître comme compo-
siteur par une messe des morts à cinq voix qui
se trouve dans un volume de messes de diverk
auteurs intitulé : Missartun musicalium cerlx
BONliFONT — BOrsllOMME
15
vocîim varietale seainduin varias quos rc/e-
runt modulos et cantioncs disimctarum liber
secundus, ex diversis ïisdemque peritissimis
aucloribus collectas; Parisiis, ex typographia
JSicolai du Chemin, 155G, in-fol. màx.
BONELLI (Ai'rélien), peintre et musicien,
né à Bologne en 1569, vivait à Milan en ICOO.
Il a fait imprimer à Venise, en 1596, le premier
livre de ses Villanelle à trois voix.
BONESI (Benoît), né à Eergame vers le
milieu du dix-huitième siècle, eut pour maître
(le chant Aug. Cantoni , élève de Bernacchi. Il
étudia aussi la composition pendant dix années
sous la direction d'André Fioroni , élève de Léo,
et maître de chapelle de la catiiédrale de Milan.
En 1779, Bonesi vint à Paris,et fut employé, comme
maître de chant, au théâtre de la Comédie italienne.
Le 16 décembre 1780, il donna à ce théâtre
Pygmalion, duodrame en un acte. L'année sui-
vante il fit entendre au concert spirituel l'oratorio
de Judith, qui fut trouvé froid, et qui eut peu de
succès. Dans le même temps, il fit représenter
au théâtre des Beaujolais le petit opéra intitulé :
La Magie à la mode, qui fut suivi du Rosier,
et de quelques autres ouvrages du môme genre.
Ce fut aussi pour le môme théâtre qu'il écrivit,
en 1788 , le ballet A''Amasis. La meilleure pro-
duction de Bonesi est un livre qui a pour titre :
Traité de la mesure et de la division du temps
dans la musique et dans la poésie; Paris,
1806, in-8°. Les exemples de musique de cet ou-
vrage sont impi imés avec les caractères de Gode-
froy. 11 y a du savoir, et surtout un savoir d'éru-
dition dans ce livre ; mais comme la plupart des
auteurs qui ont traité ce sujet délicat, Bonesi
s'est perdu dans une fausse identité de la mesure
musicale avec la division du temps dans la poésie.
La meilleure partie de son ouvrageest la deuxième,
qui est relative au rhythme poétique : il y a pro-
fité des idées du P. Giov. Sacchi sur la même
matière, quoiqu'il le critique quelquefois. Quant
aux principes du mécanisme de la mesure mu-
sicale, Bonesi ne les a connus que d'une manière
fort imparfaite. Le P. Augustin Pisa a donné sur
ces principes des idées bien plus justes et plus
profondes dans son ouvrage intitulé : Batlula
délia musica dichiarata (voy. Pisa). Bo-
nesi est mort à Paris au cominencement de
1812. 11 enseigna l'harmonie à Choron.
BONFI (Jules), guitariste italien du dix-
septièrne siècle , a publié un traité élémentaire
intitulé : fl Maestro di chitarra ; Milan, 1653-
BONFICHI (Paul), compositeur, naquit à
Livraga, dans la province de Lodi (Lombardie),
le 16 octobre 1769. Dès son enfance il s'appliqua
à l'étude de la musique, et y fit de rapides pro-
grès. Il entra fort jeune dans l'ordre des Mineurs
conventuels, et ses talents lui firent obtenir plu-
sieurs charges dans soa ordre. A la suppression
de son couvent , il se retira à Milan, où il était
encore en 1812. Depuis lors il s'est rendu à
Rome, où il a séjourné plusieurs années. 11 est
mort à Lodi, le 29 décembre 1840, après avoir
été maître de chapelle à la Santa-Casa de Lo-
rette. Ses meilleures compositions sont pour
l'église; il a cependant écrit plusieurs morceaux
de musique de chambre, vocale et instrumentale,
et des symphonies à grand orchestre. On connaît
un opéra bouffe intitulé Lauretta, et le drann;
sérieux Abradata e JDircea, représenté à Turin
en 1817, dont la musique est d'un compositeur
nommé Bonfichi. J'ignore si c'est le même que
celui qui est l'objet de cet article. Les ouvrages
qui ont fait particulièrement la réputation de ce
compositeur sont des oratorios qui ontétéexéculés
avec succès en Italie, et en dernier lieu au couvent
de Saint-Philippe de Néri , à Rome. Parmi ces
oratorios on remarque : 1° La Morte d'Adamo.
— 2° La Nuvoletta d'Elia. — 3° Il Figliuol
prodigo. — 4° Il Passagio del mar Rossa. —
5" La Scinda di Giesu Cristo al Limbo. Celui-ci
est le dernier ouvrage de Bonfichi ; il a été exécuté
pour la première fois à Rome, en 1827. En 1828,
ce compositeur a été au nombre des candidats
pour la place de maître de chapelle de Saint-
Pétrone, à Bologne, et pour succéder au P. Mattei
comme professeur de composition à l'Institut de
cette ville; mais il n'a point obtenu sa nomina-
tion à ces places.
BONFIGLI (Antoine), chanteur, né à Luc-
ques , le 26 décembre 1794, n'était âgé que de
dix-huit ans lorsqu'il parut pour la première fois '
sur le théâtre. Eu 1812, il chanta à Milan au
petit théâtre Re, parcourut ensuite l'Italie, re-
tourna à Milan eu 1823, au théâtre Carcano,
puis fut engagé comme chanteur à l'Opéra italien
de Dresde , et comme membre de la chapelle, il
s'est fait connaître comme compositeur par six
ariettes italiennes avec accompagnement de piano,
Dresde, Mœser, et par six chansons allemandes,
Ibid.
BONFIGLï (Laurent), ténordistingué, com-
mença sa carrière théâtrale en 1827. Il chanta
avec succès sur toutes les grandes scènes- de
l'Italie, à Vienne, et dans les villes principales
de l'Espagne. En 1847, il était à Palerme. Là
s'arrêtent les renseignements sur sa personne. Il
est vraisemblable qu'il s'est retiré du théâtre peu
de temps après.
BONHOMME (L'abbé Jules) ecclésiastique,
de Paris , sur qui je n'ai pas de renseignements,
est auteur d'un écrit intitulé : Simple réponse
16
B0M10M:\]E — BOiNJOUR
à la brochure du P. Lambillote intitulée quel-
ques mots sur la restauration du chant litur-
gique ; Paris, Jacques Lecofire et C'« , 1855, gr.
in-8° (le 48 pages. Dans sa brochure., le P. Lam-
billote ( vorj. ce nom ; avait critiqué amèrement
(parliculièrementpageSô) les éditions du graduel
et de l'anliplionaire publiées à Paris, en 1852 et
1853, par une commission d'ecclésiastiques de
Reims, Cambrai et Paris, dans le but de préco-
niser celles qu'il préparait lui-même. L'écrit de
M. L'abbé Bonhomme a pour but de réfuter les
attaques du R. P., jésuite.
BOIVHOMIUS (Pieure), chanoine de l'église
de Sainte-Croix à Liège, au commencement du
dix-septième siècle, s'est fait connaître par la pu-
blication de deux ouvrages intitulés : 1° Melodix
sacrx quas vulgo mutetas appellant jam nu-
viter 5-9 vocibus, etc.; Francfort-sur-le-Mein,
1603, in-4°. — V Missas 12 iioc. ; Anvers, 1C17,
in-4°.
BOlXHOmiE père (M.), né à Toulouse,
chantre de la cathédrale et professeur de plain-
chanl dans cette ville, est auteur d'un traité en
dialogue, qui a pour titre : Méthode théorique
et pratique de plain-chant, publiée sous les
auspices et avec l'approbation de Mc l'arche-
vêquede Toulouse; Toulouse, 1.840, un vol. in-S"
de 223 pages.
BOIXI (Gabriel), né à Saint-Flour, fut maître
des enfants de chœur à Saint-Étienne de Toulouse,
dans le seizième siècle. Il a mis en musique à
quatre parties les sonnets de Pierre Ronsard; Pa-
ris, Adrien Le Roy et Robert Ballard, 1579, in-4''.
On a aussi de lui : Les quatrains du sieur de
Pibrac, mis en musique à trois, quatre, cinq
et six parties; Paris, Adrien Le Roy, 1582; et
Psalmi Davidici novis concentibus sex voci-
bus modulati, cum oratione regia 12 voc.
contexta; Paris, Adrien Le Roy, 1582.
COIVI (Gaetano) : on connaît un compositeur
de ce nom dont un opéra intitulé Tito Manlioa
été représenté à Rome en 1720.
BONI ( F. de), sous ce nom d'un auteur sur
qui l'on n'a pas de renseignements, on a publié
un livre qui a pour titre : Biogra/ia degli Ar-
tisti, ovvero Dizionario delta vita e dette opère
dei Pittori, degli Scultori, degV Intagliatori,
dei Tipogrofi e dei Musici di ogni nazione, che
fiorirono dai tempi più remoti sino a nostri
giorni; Venezia, Santini e Figlio, in-8°, en 20
livraisons.
BOMPACIO (Jean), littérateur, historien
et jurisconsulte, naquit à Rovigo, le 6 septembre
1545, et mourut à Padoue, le 23 juin 1635.
Au nombre de ses ouvrages se trouve le suivant :
Le Arti Uberali e meccaniche cotne sieno state
dagli animali irrazionali agli uomini di-
mostrati ; Rovigo, 1C24, in-4°. Il entreprend d'y
démontrer que l'invention de la musi(}ue est due
au chant des oiseaux. C'est en quelque sorte une
paraphrase des beaux vers de Lucrèce sur le
même sujet.
BONIFACIO (Baltuazar), jurisconsulte,
né à Rovigo le 5 janvier 1586, devint dirccleur
de l'Académie de Padoue en 1630. Il a publié
un ouvrage intitulé : Historiée Ludicree, etc.
Les huitième et neuvième chapitres traitent: De
Musica hydraulica et mtita.
BONIIMI (Pierre-Marie), né à Florence vers
la fin du quinzième siècle, est auteur d'une dis-
sertation intitulée : Acutissimx observationes
nubilis disciplinarum omnium musices ; Flo-
rence, 1520, in-S". J'ignore quelle est la nalure
de cet ouvrage.
BONINI (D. Léonard), ecclésiastique vé-
nitien, né dans la seconde moitié du seizième
siècle, est connu par un ouvrage qui a pour titre :
Madrigali e canzonetti da Chrisostomo Ta-
lentiposti in Mtisica per voce sala da, etc. ; Ve-
nezia, presso Raverij, 1608, in-4°.
BOrVINl (Sévère), moine de Vallombrose,
né à Florence, et compositeur au commencement
du dix-septième siècle, a publié : 1° Il primo
libro dé" Motteti a 3 voci, con il basso conti-
nulo; Venezia, Raverio, 1609, in-4°. — 1° La-
menta d'Arianna, cantata; Venise, 1613. —
3° Serena céleste, o Mottetia 1, 2 e 3 voci; Ve-
nise, 1615. — 4° Affetti spirituali a 2 voci,
op. VII; in Venezia, Bart. Magni, 1615, in-4^
B01\IS (Jean-B\ptiste de), facteur de cla-
vecins à Cortone, en Toscane, vivait dans la pre-
mière moitié du dix-septième siècle. Le P. Mer-
senne dit, dans le Traité des instruments à
cordes de son Harmonie universelle (p. 215),
que cet artiste construisait des clavecins excellents
à touches brisées, qu'on pouvait accorder dans
une justesse parfaite, suivant les proportions ma-
thématiques des intervalles.
B0IXIVE1\T1 (Joseph), compositeur drama-
tique, né à Venise, a vécu vers la fin du dix-
septième siècle et dans la première moitié du
dix-huitième. Les opéras de sa composition dont
je connais les titres sont : 1° Jl gran Macedone,
1690. — 2" L'Almerinda, 1691.-3° L'Almira,
1691. — 4° La Vittoria nella Costanza, i702.
— 5° V Endimione , 1709. — 6" Circe delusa,
1711. — 7° Armida al Campo, 1707. — S* La
virtùfra i nemici, 1718. — 9o Arianna abban-
donata, 1719. — 10° Vlnganno fortunato,
1721. — 11° // Vinceslao; à Turin, 1721. —
12° Pertarido, re de' Longobardi, 1727.
BONJOUR (Charles), musicien, né à Paris,
BONJOUR — BONM ARCHE
17
devint organiste de l'École militaire en 1780 ; il
vivait encore en 1804. On connaît de lui: 1° Trios
pour piano et violon, op. 1. — 2° Sonates pour
piano, op. 2. — 3° Idem , op. 6. — 4° Distrac-
tions musicales, ou préludes pour piano, op. 8.
11 a aussi publié : Nmiveaux principes de mu-
sique, abrégés et détaillés d'une manière claire
el facile, etc.; Paris, 1800, in-4°.
Un autre musicien du même nom a publié
trois quatuors pour deux violons, alto et basse;
„Mayence, Schott.
BONLINI (Jean-Charles) , amateur de mu-
.sique,néà Venise, vécut dans la première moitié
du dix-huitième siècle : Il a publié, sous le voile
de l'anonyme, une sorte d'Almanacli des théâtres
de Venise, intitulé : Le glorie délia poesia e
délia musica contenute nella esatta notitia
de tcatri délia citlàdi Venezia, e nel catalogo
purgatissimo dci drami musicali quivi finora
rappresentati , cou gV auttori délia poesia
e délia musica e con le annotationi a suoi
luoghi proprij ; Venezia, Bonarigo , 1730,
in- 12. Antoine Groppo autre amateur vénitien,
a donné une nouvelle édition de ce livre, avec
la continuation de la liste des opéras et de celle
des auteurs, sous ce litre ; Catalogo di tutti i
drammi musicali rappraentati né" gli teatri
dellacittà di Venezia, elc. ; Venezia, 1745, in-12
(V. Dizion. di opère anonime e pseudonime di
scritt. ital., t. I,p. 405).
BONMARCIII"^ (Jean), compositeur belge,
naquit à Ypres, selon quelques auteurs, et selon
d'autres, à Valenciennes, vers 1520. Je dois à l'o-
bligeance de M. Gachard, archiviste du royaume
de Belgique, des renseignements positifs sur ce
musicien et sur plusieurs artistes belt-îcs. Dans
les archives de Simancas, en Espagne, qu'il a
explorées pendant un long séjour, il a trouvé luie
correspondance entre le roi Philippe 11 el la du-
chesse de Parme, gouveraante des Pays-Bas, dans
laquelle est une lettre de ce monarque à la du-
chesse, datée du 7 octobre 1564, où il est dit que
le maître de la chapelle royale étant mort, le roi
désire le remplacer par quelque musicien habile.
Ce n'est qu'en Flandre qu'il espère le trouver.
On lui a parlé de Chastclain, chanoine cl maître
de chapelle à Soignics, comme étant le meilleur
qu'il pût choisir. Philippe prie la duchesse de
taire appeler ce maître et de lui proposer la po-
sition vacante dans laquelle il trouvera honneur
et profit. Elle peut lui donner l'assurance qu'il
sera bien reçu, et traité généreusement. Le 30 no-
vembre, la duchesse répond au roi qu'elle a fait
appeler le chanoine Chastelain, et qu'elle lui a
proposé d'aller servir Sa Majesté en qualité de
maître de chapelle; mais il s'est excusé sur son
BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. II.
grand âge et sur le mauvais état de sa santé, bien
qu'il ait paru pénétré de reconnaissance pour
l'honneur que daignait lui faire son souverain. Ne
pouvant vaincre sa résolution , la duchesse s'est
informée d'autres personnes qui fussent aptes à
remplir l'emploi vacant : elle dit qu'on lui a dé-
signé maître Jean Uonmarché, chanoine et maître
des enfants de chœuF de l'église de Cambrai. C'est,
dit-elle, un des hommes les plus habiles en fait
de musique qu'il y ait dans les Pays-Das. Sui-
vant ce qu'on lui a dit, il est grand compositeur ;
mais il n'a pas de voix : il est petit et de peu
d'apparence, parce q2thl n'a pas de barbe,
bien qu'il soit âgé de plus de quarante ans.
Par une autre lettre du 20 décembre suivant, la
duchesse de Parme annonce au roi (ju'elle a fait
venir Jean Bonmarché, et qu'il a accepté les ho-
norables fonctions qui lui étaient offertes. De
son côté Philippe II l'admit pour diriger sa cha-
pelle. Il |)araît que Boumarché ne trouva pas cette
chapelle suffisamment fournie de voix de dessus;
car, par une lettre en date du 8 février 15C8,
le roi informe le duc d'Albe qu'il manque d'en-
fants de chœur poMr sa chapelle flamande. Son
maître de chapelle est d'avis qu'on en choisisse
huit, et qu'Adrien, l'un de ses chantres, aille les
chercher. Le duc d'Albe est chargé de donner à
celui-ci les instructions nécessaires. Les enfants
de chœur, qui chantaient la partie de dessus de
la musique écrite dans la notation très-difficile de
ce temps , devaient être habiles musiciens. La
difficulté d'en trouver qui fussent suffisamment
instruits décida le gouverneur des Pays-Bas à les
demaniier au chapitre de l'église Sainte-Marie
d'Anvers, d'où sont sortis tous les grands musi-
ciens des quinzième et seizième siècles. Il existe
dans les archives de cette église des pièces très-
curieuses à ce sujet , parmi lesquelles est une
lettre autographe du duc d'Albe, et une résolution
du chapitre, qui ne craint pas de refuser au ter-
rible lieutenant de Philippe II l'objet de sa de-
mande.
Des renseignements qui précèdent il résulte
que Jean Bonmarché naquit vers 1520, comme il
a été dit précédemment; qu'il fut chanoine et
maître des enfants de chœur à l'église de Cam-
brai; qu'il était alors considéré comme un des
habiles musiciens et des compositeurs les pins
distingués des Pays-Bas; et, enfin, qu'il entra
au service du roi d'Espagne Philippe II , comme
maître de chapelle, an commencement de 1.565.
D'après des renseiguemenls nouveaux qui me
sont parvenus d'Espagne, il existe en manuscrit
dans la bibliothèque de l'Escorial plusieurs
messes et motets de ce maître. Il parait que Bon-
marché s'est retiré à Valenciennes dans sa vieil-
18
BONMARCHÉ — BONNET
lesse, car Pierre Maillart (voy. ce nom) fut son
élève, lorsqu'il était dans cette ville. Le même
Maillart nous apprend que ce maître avait écrit
un traité de musique qu'il avait donné à son élève
et qui n'a pas été imprimé ( Voyez Les Tons de
Pierre Maillart, p. 34g). Je ne connais jusqu'à
ce jour qu'un seul morceau imprimé de Jean
Bommarclié ; c'est un motet à 8 voix sur les pa-
roles Constitules cou principes. Ce morceau se
trouve dans la collection publiée par Clément
Stéphan, d'Eger, sous ce titre : Cantiones tri-
gintaselectissinix,quinqiie,scx, septem, octo,
duodecim et plurimum vocum, snb quatiioi-
tantwn, artificiose, musicis mctneris à pree-
stanlissimis hujtis artis artificibus ornatx;
Norimbergae , in offirina Ulrici Neuberi, 15C8,
in-4''. Ce morceau est le n° 12 du recueil; le
nom de l'auteur est écrit Bomnarchié.
BONN (Herhann), en latin Bonnus , pro-
fesseur de lliéologie à Greifswalde, puis à Wit-
tenberg, naquit à Osnabruck en 1504, et mourut
à Lubcck le 12 février 1548. Il eut de la célébrité
dans son temps pour ses disputes tliéoiogiques
avec Luther. Parmi ses nombreux ouvrages, on
remarque l'édition du chant des hymnes et des
proses qu'il a publiée sous ce titre : Hymni et
scquentiXf tum de tempore quam de sanctis,
cum suis melodiis, sicut olimsunt cantata in
Ecclesia Dei , et jam passim correcta per
M. Herm. Bonnum, inusum christianx juven-
tutis scholasticee, Jideliter congesta et eviil-
gâta. Lubecœ, 1541, in-4°. Ce recueil fut réim-
primé dans la même ville en 1559, in-4°.
DONNA Y (François), violoniste à l'orcbestre
de l'Opéra de Paris, en 1787, a fait représenter
au théâtre dos Beatijolais les petits opéras dont
les titres suivent : 1" Les Deux Jaloux. —
2° Les Curieux punis. — 3° La Fêle de V Ar-
quebuse. Les ouvertures de ces opéras ont été
gravées.
BONNET (Pierre), médecin de la duchesse
de Bourgogne et de la Faculté de Paris, naquit
dans cette ville en 1638, et mourut à Versailles
le 19 décembre 1708. L'abbé Bourdelot,sononcle,
lui légua sa bibliothèque, à condition (juil pren-
drait son nom, et qu'il achèverait l'histoire de ia
musique et de la danse, qu'ils avaient conmiencée
ensemble. Bonnet se lit, en effet, appeler Bonnet-
Bourdeloty et continua ses recliei ches pour l'his-
toire de la musique ; mais il n'eut pas le temps de
publier son livre.
BONNET (Jacqufs), frère du précédent,
payeur des gages du parlement, naquit à Paris,
Ters 1644, et mourut en 1724, âgé d'environ
quatre-vingts ans. C'était un homme instruit ;
mais, fort épris des chimères de la cabale , il
croyait avoir un génie familier qui lui disait ce
qu'il devait faire et ce qui devait lui arriver. Sa
croyance était si bien établie à cet égard , qu'é-
tant au moment de mourir, il refusait de se con-
fesser, disant qu'il n'était pas encore temps et que
son génie ne l'avait pas averti. L'abbé Bicliard,
son ami, parvint cependant à lui démontrer sa
folie. J. Bonnet a achevé et publié l'histoire de
la musique commencée par l'abbé Bourdelot, son
oncle, et continuée par Pierre Bonnet, son frère;
la première édition parut sous ce titre : His-*
toire de la musique et de ses effets, depuis son
origine jus-qu'à présent, Vm^., in- 12, 1715. La
seconde édition a été publiée chez Jeannin, à Ams-
terdam, sans date, en 4 vol. in-12. Le premier
tome contient l'ouvrage, tel qu'il lut imprimé en
1715, et les trois autres, la Comparaison de la
musique italienne et de la musique française,
par Le Cerf de la Vieville de Preneuse {voyez
ce nom). En 1725, une autre édition parut à
Amsterdam, chez Le Cène, 4 vol. in-12; enfin
on en connaît une dernière sous ce titre : His-
toire de la Musique depuis son origine , les
progrès successifs de cet art jusqu'à présent,
et la comparaison de la musique italienne et
de la musique française, par M. Bourdelot;
La Haye et Francfort-sur-le-Mein, 1743, 4 vol.
in-12. Celouvragecontientdesdétails intéressants
sur Lnlli et ses comlemporains ; mais tout le reste
est a«-dessoirs du médiocre.
Bonnet a aussi fait imprimer une LIistoire de
la Danse sacrée et profane (Paris, d'Houry
fils, 1723, in-12) ; ouvrage faible dans lequel on
trouve quelques passages relatifs à la musique.
BONNET(Jean-Baptiste), violoniste et com-
positeur, est né à Montanban, le 23 avril 1763.
Élève de Jarnowick et de Mestrino, il acquit en
peu d'années une habileté remarquable, et peut-
être aurait-il été compté jiarmi les virtuoses sur
son instrument, s'il se (ùt fixé à Paris ; mais tour
à tour attaché comme premier violon aux théâtres
de Brest et de Nantes, il ne pût éviter les incon-
vénients de la vie d'artiste dans la province, et
devenu le premier dans le petit cercle où il s'était
renfermé, il ne songea plus à en sortir. Vers 1802,
Bonnet s'est retiré dans sa ville natale, et y a été
nommé organiste de la cathédrale. Cet artiste a
beaucoup écrit; on connaît de lui : 1" Six duos
pour deux violons, op. 1; Paris, Pleyel. —
2° Symphonie concertante pour deux violons,
op. 2 ; ibid. — 3" Six duos pour deux violons,
deuxième livre de duos; ibid. — 4° Premier
concerto pour le violon, op. 4; ibid. — 5° Six
duos, op. G ; ibid. — G" Deuxième concerto pour
le violon, op. 7 ;ibid. — 7° Deuxième symphonie
concertante pour deux violons, op. 8; ibid. —
BO>i\ET — BONOMETTI
19
S-'Six duos pour deux violons, o(\9, divisé en
deux livres; Paris, Sieber. — 9" Six idem , op.
tO ; ibid. En ISIO, Bonnet avait dans son
portefeuille huit symphonies concertantes pour
deux violons, six conceifos, douze divertisse-
ments à grand orchestre, six quatuors pour deux
vicions, alto et basse, six trios pour deux violons
et violoncelle. La musique de cet artiste a eu
quelque succès. On iijnore l'époque de sa mort
BOl\IVET-DE-TIlEYCHES (Joseph Bal
th\sar), ancien menibie du Corps législatif, né
vers 1750, devint directeur de l'Opéra en 1797,
et dut quitter cette position après le 18 brumaire,
à cause de quelques imprudences relatives à l'avé-
neinent du premier cousid Bonaparte. Quelques
désordres de son administration île l'Opéra ser-
virent de prétexte à sa retraite, qui fut exigée.
C'était d'ailleurs un liomme ferme et capable. En
quittant l'Opéra, il publia avec De Vismes {voy.
ce nom) une brochure assez curieuse, intitulée :
Considérations sur les motifs qui ont servi
de base à la réorganisation du théâtre de la
République et des Arts (l'Opéra); Paris, 1800,
in-4°. Les nouveaux directeurs (Francœur etDe-
nesle) répondirent à cet écrit (voy. Francœur).
Deux ans après, Bonnet fut rappelé à la direction
de l'Opéra : il publia une sorte de compte-rendu
de la situation de ce théâtre dans un mémoire qui
a pour titre : De l'Opéra en l'an XII; Paris,
1804, 94 pases in-4°.
BOXNEVAL(RiiNÉ ne), littérateur médiocre,
né au Mans à la fin du dix-seplième siècle,
mourut 'à Paris au mois de janvier 1760. Il a
publié : Apologie de la Musique et des Musi-
ciens français, contre les assertions peu mé-
lodieuses, peumesurées et malfondées dusicur
J.-J. Rousseau, ci-devant citoyen de Genève;
Paris, 1754; in-8°. Cette brochure n'est pas une
des moins "bonnes qui ont été publiées dans la
discussion élevée par la lettre de J.-J. liousseau
sur la musique française. Grimm traite De Bon-
neval avec beaucoup de mépris dans sa corres-
pondance littéraire. Les autres ouvrages de ce lit-
térateur n'ayant point de rapportavec la musique,
on n'en parlera pas ici.
CONlXEVIN (Jean), compositeur français,
né vers la fin du quinzième siècle, fut chantre de
la chapelle pontificale à Rome, et se distingua par
son savoir dans le contrepoint.
BOl\0 (Joseph) ou BONNO , maître de la
chapelle impériale et compositeur de la chambre,
né à Vienne en 1710, y est mort en 1788. On
connaît de lui plusieurs opéras : 1" Ezio. —
2° // vero omaggio, 1750. — 3° Natale di Giove,
1740. — 4" Danae, 1744. — 5» IlRe pastore,
1751. — C l'Eroe Cinese, M'ol. - 1" Vlsola
disobilnla. Vienne, 175*2. — 8' Àlenaide ,
Vienne, 1762 ; et deux oratorios intitulés : Isacco
et San Paolotn Atcne. Bono écrivait bien pour
l'Église. On trouve à la bibliothèque impériale de
Vienne,danslefondsdeKiesewctter, les psaumes
des vêpres à 4 voix et orchestre de sa composi-
tion : 1° Ccnfitebor. — 2» Credidi propter
quod, etc. — 3° Beati omnes qui timent Do-
minum. — 4" Lauda Jérusalem; suivis du
Pange lingua, et d'un Magnificat. Gi^vher dit que
Bono fut très-habile maître de chant, et qu'il a
lormé plusieurs bons élèves, parmi lesquels on
remarque Thérèse Triber.
BOiV'OLDI (Claude), ténor, né à Plaisance,
en 1783, fut dirigé dans ses études par Carcani
et Gherardi, ses compatriotes. Il a eu des succès
sur les i)rincipaux théâtres d'Italie, notamment
à Beggio, en 1811, et à Parme, dans (//j Orazzi
e Curiazzi de Cimarosa. En 1823, il a débuté à
Paris sur le théâtre de la rue de Louvois; mais il
y a été froidement accueilli : cependant il avait
du talent. En 1828, il s'est retiré à Milan, où il a
succédé à Banderali comme professeur de chant.
11 est mort à Milan, au mois de février 1846, à
l'âge de 62 ans et quelques mois. Bonoldi a un
fils (François Bonoldi), compositeur, qui a été
élève du Conservatoire de Milan, et qui s'est fait
connaître par ^juelqiies ouvrages parmi lesquels
on remarque : 1° Plusieurs ouvertures et sym-
phonies lesquellesont été exécutées dansdes con-
certs publics 2"* Des pots-pourris pour le piano
sur des motifs de divers opéras, et particulière-
ment de Giulietta e Romeo, de Vaccai; Milan,
Ricordi. — 3° Des variations pour le même
instrument sur des thèmes de la Camilla de
Paer et de Maycr; ibid. — 4° Des valses pour le
même insfrimient ; ibid. — 5° Des variations sur
un thème original; ihid., et des canzonettes.
François Bonoldi a fait repré.senter à Trieste, en
1831 , l'opéra semi-seria II Mauro.
BOiMOMETTI (Jean-Baptiste), composi-
teur, né à Bergame vers la fin du seizième siècle,
était en 1615 au service de l'drchiduc Ferdinand
d'Autriche. Il a publié une collection volumi-
neuse de motets et de psaumes de divers au-
teurs, sous ce titre : Parnassus miisicus Ferdi-
nandxus, in quo musici nobilissimi, qua sua-
vitate, qua arle prorsus admirabili et divina
ludunt, l-5rocî<m,e<c.; Venise, 1615. Les com-
positeurs dont les ouvrages se trouvent dans cette
collection sont : Guil. Arnoni , Raim. Balestra,
Bart. Barbarini, J.-Ph. Biumi, Al. Bontempo,
Ces. Rorgo, Jacq. Brignuli, Fr. Ca.sati, J. Ca-
vaecio, Bart. Cesana, And. Cima, J.-B. Coccicla ,
Fcder. Coda,N.-N. Corradini, Flam. Comanedo,
J.-C. f.abutio, J. Ghizzoio, Gl. Monteverde,
20
BONOMETTI — BONONCINI
Hor. Nantcrni , Jules Osculali , J. Pasti , Vinc.
Pelegrini, G. Poss, J. Pruli, Ben, Re, Dom.
Rognoni, Micli.-Ang. Rizzi, J. Sansoni, Gai. Si-
rena, Al. Tadei, F. Turini et J. Valentini. On a
aussi de cet auteur un œuvre de trios pour deux
violes et basse, publié à Vienne, en 1623.
B01\0MI (Pierre), compositeur de l'École
romaine, et cliapeiain-cbantre de la cbapelle
pontificale, naquit dans la seconde moitié du
seizième siècle. En 1607, il a publié un recueil
de motets à huit voix réelles, et plus tard un
livre de psaumes, également à huit voix. L'abbé
Saivtini , de Rome , possède en manuscrit toutes
les prophéties mises en musique à 8 parties
réelles par ce maître.
BONOIXCINI, famille d'artistes célèbres, nés
à Modène, sur laquelle Tiraboscbi, bien qu'il
ait écrit dans cette ville sa Biblioteca Modenese,
à la source de documents authentiques, n'a ce-
pendant pas eu tous les renseignements néces-
saires pour les notices biographiques de ses
membres. Nous avons tûché d'éviter la confusion
qui règne entre eux.
BONONCIIM (Jean-Marie), souche de cette
(iunîlje, compositeur renommé et théoricien dis-
tingué, naquit à Modène en 1640, et mourut dans
cette ville le 19 novembre 1678, â^é seulement
de trente-huit ans, suivant les registres publics
des décès (Foy. Tiraboscbi, Bibliot. Modenese,
t. VI, p. 576). J'ai dit dans la première édition de ce
livre qu'il fit ses études musicales à Bologne, chez
le maître de chapelle Jean-Paul Colonna ; mais
c'est une erreur, car Colonna était né précisément
dans la même année que Bononcini. On ignore le
nom du maître qui instruisit celui-ci dans son art.
Il entra assez jeune au service du duc de Modène,
François II, en qualité de musicien du concert
des instruments, et fut maître de chapelle de
l'église de Saint-Jean in Monte. L'Académie des
philharmoniques de Bologne le reçut au nombre
de ses membres. L'ouvrage le plus connu de
Bononcini est un traité élémentaire de compo-
sition intitulé : Miisico pratico, che hrevemente
dimostra il modo digittngere allaperfetla co-
gnizione di tulle quelle case che concorrono
alla composizione dei canti, e di cio cli' oW
nrte del contrappunto si ricerca, opéra otlava ;
Bologna, 1673, in-4''. L'épitre dédicatoire à
l'empereur Léopold est curieuse par son style
autant que par les idées. L'auteur félicite son
musicien d'avoir, par sa grande expérience,
pu réunir le soprano d'une si auguste protec-
tion avec la basse de ses petits talents; mais,
ne pouvant trouver Vunisson des grandes qua-
lités de l'empereur, il veut du moins monter
jusqu'au ton du profond respect avec lequel
il a l'honneur d'être, etc. Tout cela ne promet
pas beaucoup de jugement; cependant l'ou-
vrage, écrit d'un style clair et concis, a été fort
utile en son temps, bien que certains passages
d'harmonie qu'on y trouve ne soient pas irrépro-
chables sous le rapport de la correction. Une
deuxième édition de ce livre a été publiée, après
la mort de l'auteur, par Marino Silvani, à Bologne,
chez Jacques Monti, en 1688, in-4''de 156 pages.
Mazzuchelli attribue à Jean-Marie Bononcini un
traité sur le contrepoint qui aurait été publié in
Brescïaper Ludovico Britanico, 1533, in-4° (1),
c'est-à-dire cent sept ans avant la naissance de
l'artiste qui est l'objet de cette notice. S'il n'y a
pas erreur do nom, il y a donc eu deux musiciens
italiens du nom de Bononcini (Jean-Marie )?
Une traduction allemande du Musico pratico a
été publiée sous ce titre : Musicus practicus,
welcher in kurze weiset die Art, ivie man zu
vollkommener Erhxnntniss aller derjenigen
Sachen, ivelche bey Setzung eines Gesangs,
unterlauffen,nnd was die Kunst des Contra-
punies erfordet , gelangen kann ; Stultgard ,
1701, in-40. Le catalogue des compositions de
J.-M. Bononcini renferme les ouvrages dont voici
les titres : 1° Primi frutti del giardino musi-
cale a 1 violini; Venezia, Bart. Magni, 1666,
in-40. — 20 Varj fiori del Giardino musicale :
Sonate da caméra a 1, 3, 4, col Basso conti-
nuo,econ alcuni Canoni, opéra terza ;Bo\ogna,
1669. — 3° Arie, Correnti, Sarabande, etc., a
2 violini et violone, opéra quarta; Bologne,
Monti, 1674. C'est une réimpression ou un change-
mentde frontispice. — 4° Sinfonie, Allemande,
Correnti, etc., a cinque voci -. opéra quinta;
Bologne, Monti, 1671, in-4o. — à" Sonate a 1 vio-
lini colV organo , opéra sesta; ibid., ia77. —
60 Ariette, Correnti, Gighe, Allemande, etc. a
violino solo e 2 violini di concerto, opéra set-
tima; ibid., 1677, in-4°. Le Mîisico pratico est
l'œuvre huitième. — 7" Traitenimenti musicali
a treo quattro stromenti, opéra nona; ibid.,
1675. — 80 Cantate a voce sola, opéra décima ;
ibid., 1677, in-40. — 9° Partitura de'' madri-
gali a cinque voci, etc., opéra undecima ;ihid.,
1678, in-4°. — too Arie correnti a tre stro-
menti, opéra duodecima; ibid ,1678. — llo Li-
bro seconda dellc cantate, opéra décima terza ;
ibid., 1678. On trouve dans les archives ducales
de Modène un écrit de Bononcini dont le titre
seul iait voir que son mérite était contesté et qu'on
l'accusait de plagiat; cet écrit a pour titre : Dis-
corso musicale sopra una composizione a 3 da-
tagll per aggiungervi il basso , et in difesa
(1) Scrit. liai., t. Il, part. 111, p. 1686.
BOINONCINI
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delta lerza sua opéra uscitagia dalle stampe,
e giudicala non di lui ma tolta e rubata in
buona parle da altri autori. Tiraboschi assure
(loc. cil.) qu'il existait de son temps beaucoup
d'autres œuvres de Jean-Marie Boiioncini, en
manuscrit, dans les archives ducales de Modène,
et qu'elles méritaient d'être publiées.
BOIVOIVCIJXl (Jean), ou BUONOIVCIIVI,
comme il écrivait ordinairement sou nom, fils
du précédent, naquit à Modène en 1672, suivant
l'opinion de la plupart des biographes, mais vrai-
semblablementqiiatreoucinqans plus tôt; car son
deuxième œuvre, consistant en symphonies à 5,
6, 7 et 8 instruments, a été publié à Bologne en
1685 ; or, il n'eût été âgé alors que de treize ans.
Sa première éducation musicale fut faite dans
la maison de son père; mais, l'ayant perdu en
1678, c'est-à-dire dans sa dixième ou onzième
année, en supposant qu'il fût né en 1667 ou 1668,
il fut envoyé à Bologne dans l'école fondée par
Jean-Paul Colonna {voy. ce nom), dont il devint
un des meilleurs élèves. Ses premiers ouvrages,
consistant en musique instrumentale , messes à
8 voix , et duos avec accompagnement de basse
contiime, au nombre de huit œuvres, furent pu-
bliés à Bologne depuis 1684 jusqu'en 1691. Par-
venu à l'âge de vingt-deux ou vingt-trois ans, il
se rendit à Vienne, où l'empereur Léopold l'admit
dans sa musique, en qualité de violoncelliste. Le
nom d'Alexandre Scarlatti brillait alors de l'éclat
le plus vif. L'opéra de Laodicea e Bérénice de ce
grand homme, que Bononcini eut occasion d'en-
tendre, lui révéla son talent. La composition de-
vint son occupation incessante, et bientôt son
opéra de Camilla fut en état d'être représenté.
Le succès de cet ouvrage fut extraordinaire ;
jamais opéra n'avait reçu à Vienne autant d'ap-
plaudissements : il ne fut pas accueilli avec moins
de faveur en Italie et à Londres. Il fut représenté
dans cette ville au théâtre de Hay-Market , sur
des paroles anglaises , et la musique de Bonon-
cini plut tant aux Anglais, que, pendant plus de
quatre ans, les directeurs de spectacles furent
obligés d'introduire quelques morceaux de la
Camilla dans tous leurs opéras. En 1694, Bo-
noncini fut appelé à Rome, où il écrivit Tiillio
Oslilio, qui fut suivi de Serse^ dans la même
année. On le retrouve à Vienne en 1699, où il
donna La Fede pubblica ; m 1701 il y fit re-
présenter un drame musical intitulé Afjelti più
grandi vinti dal più giusto^ Deux ans plus tard
il était à Berlin, où il écrivit le Polifémo. Il pa-
raît que Bononcini était attaché à cette époque,
comme compositeur, à l'opéra italien que le
roi de Prusse, Frédéric l", avait établi à sa
cour à la sollicitation de sa première femme; car
Frédéric II, dit positivement (1) : « La reine
« (Sophie-Cliarlolte de Hanovre) entretenait
« un opéra italien dont le fameux Bononcini était
« compositeur ; nous eûmes dès lors de bons
n musiciens. » Cette reine mourut le 1" février
1705, et sans doute l'opéra fut alors supprimé,
car Bononcini se retrouve l'année suivante dans
la capitale de l'Autridie. De retour à Vienne pour
la troisième fois, il y fit représenter Endimione,
en 1706; Mario fugitivo, en 1708, Tamiride,
dans la même année; Abdalonimo , en 1709, et
Muzio Scevola, en 1710. Dans les intervalles, il
allait écrire dans diverses villes d'Italie, particu-
lièrement à Rome, à Padoue et à Parme. Le
théâtre du roi ayant été fondé à Londres vers
1716, Bononcini, qui était alors à Rome, fut invité
à y venir composer. D'après l'arrangement qui
fut conclu entre lui et les directeurs , il se rendit
dans la capitale de l'Angleterre, où il écrivit
Astarto, en 1720 ; Crispa, en 1722 ; Griselda, en
1722; Farnace,en 1723; Erminia en 1723;
Calfurnia,en 1724, elAstianax, en 1727. L'ar-
rivée de Bononcini en Angleterre fit naître entre
lui et Hsendel une rivalité violente, à laquelle
toute la noblesse prit part. Chacun protégeait son
favori : Hœndel avait l'appui de la famille élec-
torale, et Bononcini celui du duc de Marlbo-
rough; en sorte que, par un hasard singulier,
Hsendel avait les torys pour protecteurs et Bo-
noncini les whigs. La querelle devint si vive, que
l'on fut obligé de convenir, pour y mettre un
terme, que Hœndel, Bononcini, et AttilioAriosti,
qui avait aussi ses partisans, composeraient un
opéra, dont ils feraient un acte chacun. On
choisit Muzio Scevola : Ariosti fit le premier
acte , Bononcini le second et Hœndel le troisième.
La victoire resta à celui-ci; non que le chant de
Bononcini ne fût plus suave, plus gracieux que
celui de Haendel; mais l'un n'était qu'un imita-
teur de la manière de Scarlatti , et l'autre avait
un génie créateur. Le triomphe de Hœndel ne
laissa cependant point son rival sans considéra-
tion, car ses ouvrages continuèrent à être ap-
plaudis, et le duc de Mariborough lui conserva
sa protection. Malheureusement, il perdit ce Mé-
cène peu de temps après. On le chargea de com-
poser l'Antienne pour les funérailles du duc, ce
qu'il exécuta sur les paroles «■ When Saul was
king over Israël. » Ce morceau a été gravé en
partition sous ce titre : Funeral Anthem for
John Duke of Mariborough j Londres, 1722.
La comtesse de Godolphin, qui, après la mort
de son père, devint duchesse de Mariborough, prit
(I) OEuvres complètes, nouvelle édlllon , Berlin, 1846,
toni. Il, p. 232. Manrs et cotUumcs des princes de la dj»-
iiastie des Hoheniollern.
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BONONCINI
Bononcini dans su maison, lui fit une pension
de 500 livres sterling;, et donna chez elle des con-
certs où l'on n'exécutait que de la musique de son
maître favori. Bononcini eut alors tout le loisir
nécessaire pour suivre ses travaux , el ce (ut chez
la duchesse de Marlboiongh qu'il coni[)osa lous
ses opéras ainsi qu'un recueil de Irios pour deux
violons et basse, qu'il publia sous ce titre ;
Twelve Sonatas or chambcr airs fortwomolins
and a bass; Londres, 1732. Il avait précé<lem-
ment fait imprimer deux recueils intitulés : —
1° Cantate e Duetli , dedical't alla sacra Maestà
di Giorgio re délia Gran Britagna; Londres,
1721, in-4o, obi. Toutes les pièces contenues dans
ce recueil sont du meilleur style, et peuvent sou-
tenir la comparaison avec les duos de Hœndel. — 2»
Diverlimenti di caméra , tradotli pel cem-
balo daquelli compost i pel violirso, ojlauto, de-
dicati ait' eccellenz-a del dieca de Uulland;
Londies, 1722. Bononcini avait vécu dans l'ai-
sance au milicli de la famille de la duchesse de
Mariborougli , qui lui conservait toujours se«
bontés, malgré son caractèreliautain et impérieux ;
mais une circonstance imprévue et peu honorable
pour lui le priva de cette illustre protection.
Au commencement de 1731 , un des membres
de l'académie de la musique ancienne reçut de
Yenise une collection de madrigaux et de can-
tates , imprimée sous le nom d'Antoine Lotli.
Un de ces morceaux , qui fut exécuté , avait été
produit, quatreans auparavant, comme une com-
position de Bononcini. Celui ci ayant été informé
de cet incident, écrivit aux membres de l'aca-
démie, accusant Lotti de plagiat, et afiirmant qu'il
avait composé ce morceau trente ans auparavant
par ordre de l'em|jereur Léopold. D'après cette
lettre, le secrétaire de l'académie envoya à Lotti
ta réclamation de Bononcini , afin d'avoir des
ëclaircissemenls sur cette alfaire. La réponse de
Lolti contenait une déclaration formelle que l'ou-
vrage dont il s'agissait était réellement de sa com-
position. Il ajoutait qu'il en avait remis une copie
à Ziani , maître de chapelle de l'empereur, long-
temps avant qu'il eût été ptiblié , et qu'il ne com-
prenait pas que Bononcini, si rkbede son propre
fonds, voulût s'approprier son ouvrage. Il joi-
gnità sa lettre une attestation de Vahbé Pariati ,
auteurdes paroles. D'antres renseignenïents, venus
de Vienne, confirmèrent l'assertation de L&tti,
rt couvrirent de honte son antagoniste. L'affaire
fût rendue |)ublique par l'impression des pièces
de cette dispute sous ce titre : Letters from the
Academy qf ancient Mvsic in London, to
Signor Antonio Lotti of Venice, ivitli his ans-
wers and ■tcstimonies ; Londres, 1732, in-8", et
Booonciai penlit par là une grande partie de la
considération dont il jouissait. Ses affaires com-
mençaient à se déranger, lorsqu'en 1733, un in-
trigant, connu dans le monde sous le nom de
comte L'ghi, lui persuada qu'il avait le secret de
faire de l'or. Bononcini consentit à s'associer à la
fortune de cet imposteur, et quitta l'Angleterre
avec lui. Mais l'illusion fut de coitrtc durée, et
notre compositeur, quoique déjà vieux, fut obligé
d'avoir recours à son talent pour subsister. Peu
d'années après son départ de l'Angleterre , il vint
à Paris, et composa pour la chapelle royale un
motet, dans lequel se trouve un accompagnement
de violoncelle qu'il joua lui-môme devant le roi.
Après le traité de paix d'Aix-la-Chapelle, il fut
appelé à Vienne par l'empereur, afin de composer
la musique pour les fêtes qui eurent lieu à cette
occasion : il reçut pour récompense un cadeau
de 800 ducats des mains de l'empereur. Ceci se
passait en 1748 : il avait alors soixante-seize ans.
Bientôt après, il partit pour Venise, avecMonticelli,
ancien chanteur de l'Opéra de Londres. H y fut
employé comme compositeur du théàtre,|et y tra-
vaillait encore à l'ài^e de quatre-vingts ans. On
ignore l'époque de sa mort. Son portrait a été
gravé à Londres, in-folio, par Simpson ; Hawkins
en a donné une copie dans le 5' volume de son
Histoire <le la musique, p. 274. Outre les com-
positions gravées dont il a été parlé ci-dessus, on
a aussi de lui le motet composé pour la chapelle
du roi, avec accompagnemenf de violoncelle;
Paris, 1740. Parmi les premières compositions
de Bononcini qui précédèrent son départ de Bo-
logne, on remarque: l°S«n/o)iiea5, 0, 7 c istro-
menti con alciine a zcna e due trombe servendo
ancoraper Vtolini,op.2^; Bologne, 1685. — 2"*
Sinfonie a tre stromenti col'basso per organo,
o/).3^ibid., 1686. — "iP Sinfonie a più stromenti,
op. 5; ibid., 1687. — 4" Sinfonie a due stro-
menti, Violino e Violoncello , op. 6 ; ibid. 1687.
— 3°' Missa brevis octo vocibus, op. 7; ibid., 1688.
— c" Misse IV a otto i-oej, op. 8; ibid. — 7" Duelt't
da caméra, op. 9; ibid., lG9i.
On a imprimé de cet artiste, outre les ouvrages
cités précédemment : 1" Suites de pièces pour le
clavecin ; Londres (s. d.). — 2" Most celebrated..
airs in the Opéra of Asiianax ; ibid. — 3° As-
tarte, opéra, en partition. — 4° Griselda,
opéra, en partition. — 5° Songsin the opéra of
Cainilla^ ihk]. Parmi les manuscrits de musique
delà Bibliothèque ducale de Modène, on trouve
l'oratorio intitulé /^Gw^wè, dédié par Bononcini
au duc François II en 1688, // Pastar disperato,
cantate, et XII Truttenimenfi da cannera. Je
possède une copie ancienne de l'oratorio deJosué,
BONO^H]liM (Antoine), nommé aussi quel-
quefois marc- Antoine, frère du préccdeiU et cont
BONONCmi — BONTEMPl
23
positeur distingué, naquit à Modèue vers 1675.
Il entra au service de son prince au mois dedé-
cembrel721, en qualité de maître de chapelle de la
cour, et mourut le 8 juillet 1726, ainsi qu'on le
voit dans les livres des archives de la chambre
ducale. Pendant plus de quinze ans il écrivit pour
les théâtres de l'Italie. En 1706, il donna à Ve-
nise Z,a Regina creduta Re, qui obtint un bril-
lant succès. Ses autres opéras connus sont /'/!■-
tcoclco ; Il Turno Aricino ; Il Cajo Gracco ; Il
Tigrane Re d'Aromenia, L'Astianatte, et La
Griselda, dont la partition est à la bibliothèque
royale de Berlin , sous le nom de Marc-Antoine
Bononcini. On connaît aussi de ce compositeur
La Decollazione di S. Giambattista, cl une can-
tate pour la Nativité. Le P. Martini avait la plus
grande estime pour cet artiste, et a dit de lui :
H fit entendre dans ses compositions un style
si élevé, si distingué par l'art et l'agrément,
qu'il s'est placé au-dessus de la plupart des
compositeurs au commencemen t de ce siècle, où
abondent cependant les hommes de mérite (l).
BOA'OI\ClI\I (DoMiMQt'E), musicien italien,
vivait à la cour de Lisbonne en 1737 : il avait
alors quatre-vingt-cinq ans. Il était vraisemblable-
ment de la même famille , et peut-être frère de
Jean-Marie.
BONORA. ( Ferdlwnd-Wilhelm) , amateur
et compositeur de musique, né en 1775 à Wei-
deman, dans la Silésie autrichienne, entra fort
jeunedans l'administration de la guerre, à Vienne.
En 1818, il fut nommé secrétaire du gouverneur
militaire, référendaire et directeur de la chan-
cellerie du royaume Lombardo-Vénitien,^à Pa-
doue. Il mourut dans cette ville, après une courte
maladie, le 26 mars 1825, à l'âge de cinquante
ans. Elève de Dittersdorf, Bonora cultiva avec
succès la composition dans la musique instru-
mentale, dans le style religieux, et composa même
trois opéras (Les Écuyers de Roland; La Lettre à
soi-même, et La Fée de la montagne de Neige,
qui n'ont pas été représentés. Au nombre de ses
ouvrages, on remarque une messe solonnelleavec
orchestre, dontle A'j/ne esta la bibliothèque im-
périale de Vienne, dans le fonds de Kiesewetter,
ainsi que six psaumes pour voix de basse sur la
traduction de Moses Mendeissolin , et six autres
pour ténor et basse.
BO\TORTI (François-Antoine), amateur de
musique et conseiller aulique de l'empereur d'Au-
triche, naquit à Trente, vers 1660. Son premier
œuvre, composé de sonates pour deux violons
et basse, a paru à Venise, en 169G, in-4°. U aélé
suivi de -.lo Sei sonate a due violini, violoncello
(1) Fcce senlire nelle sue composizioni uiio stilo cosi .
ricvato, cosi artIOcioso c dUettevole, clic si rcsc distinto
e continuo, op. 2. —3° Sei motetti a soprano
solo,con due violini, op. 3; Venise, 1702. —4"
Sonate da caméra a tre, op. 4. — 5° Idem.,
op. 6. — 6" X Partite a violino solo e con-
tinuo, op. 7. —10 Le Triomphe de la grande
Alliance, consistant en 100 menuets pour violon
et basse, op. 8. — ■i," Balletli a violino soloe
continuo, op. 9. — 9" Invenzioni, o Dieci
partite a violino e continuo, op. 10; Trente,
1714. — 10° Concerna quattro, due violini,
viola e basso, con violone dirin/orzo, op. il;
Trente. — 1 lo Dodici concertini e serenate, cou
arie variaie, Siciliane, Recitativi e chiuse a
violino e violoncello o cembalo ; Augsbourg,
1741. C'est une réimpression. Gerbcr a fait mal
à propos deux articles de Bonporti et de Buon-
porli.
BONTEMPI ou BONTEMPO (Alexan-
dre), compositeur italien qui vivait vers la fin du
seizième siècle, ou au commencement du dix -sep-
tième, est connu parla collection publiée par
J -B. Bonomelti , sous le titre de Parnassus mu-
sictis Ferdinaiïdxus ;\enhe, 1015. Ouy trouve
quelques motets de cet Alex. Bontempi.
BONTEMPI (Jean-André), surnommé An-
gelini, fut chanteur, compositeur et écrivain
didactique sur la musique. Il naquit à Pérouse,
vers 1630, et fut élève de Virgile Mazzocclii ,
maître de la chapelle du pape. Ses études étant
terminées, il obtint une place de maître de cha-
pelle dans une des églises de Rome, sous le pon-
tifical d'Urbain VIII. De là, il alla à Venise,
où il remplit les mêmes fonctions pendant quel-
que temps , et enitn il passa au service de Chré-
tien Ernest , margrave de Brandebourg , et com-
posa, pour les noces dece prince, IIP aride (imi),
le premier opéra qui ait été entendu dans ce
pays. Il devint ensuite directeur de la musique
de l'électeur de Saxe, Jean-Georges II, et oc-
cupa cette place pendant plus de trente ans.
Outre ses talents en musique, il possédait beau-
coup d'instruction , et écrivait purement en
latin et dans sa langue. U publia en 1672 un livre
intitulé : Istoria delta Ribellione d'Unghcria,
in-12, qu'il pré.senta à l'électeur, et dont ce prince
fut si satisfait, qu'il le chargea d'écrire l'histoire
de l'origine de la maison de Saxe en italien ; mais
l'électeur mourut avant que le livre fût achevé,
et Bontempi retourna à Pérouse en 1694. Il y
vivait encore en 1697. Les ouvrages les plus
connus de ce maître sont : — 1" Aora quatuor
vocibus componendi methodus , qua musicae
plane nescius ad compositionem accedere po-
iest; Dresde, 16G0, in-4°. Cet ouvrage est une
sopralamaggiorpartede'compositori sulprinciplo dcl pré-
sente sccoly , tutto che abbomlanle d'uoniinl insigni.
24
BOISTEMPI — BOQUET
méthode abrégée de composition par une sorte
de procédé mécanique. — 2" Il Paride , opéra
musicale , dedicata aile ser. Altezze Chris-
iiano Ernesto, Margr. dï Brandoburgo, e Erd-
mude Sofia, Principessa di Sassonia , nella
celebrazione délie loro Nozze, Dresde, 1C62,
in-fol., 194 pages. On voit par la préface que
Bontempi en avait fait les paroles et la musique.
Mattlieson a fart l'éloge de cet opéra dans sa Cri-
tica Musica, t. I, p. 20. — 3° Oratorio sur l'his-
toire et le martyre de St-Émilien, évoque de Trê-
ves. — ^''Truclahisinquo demonstrantur oc-
cultas convenientix sonorum stjstematis parti-
cipati ; Bologne, 1690. Cet ouvrage a été inconnu
à tous les bibiiogaphes : l'abbé Baini est le
premier qui Tait cité dans ses Mémoires histo-
riques sur Jean Pierluigi de Palestrina (note 497).
5° Jstoria musica nella quale si ha piena
cognizione délia teoria e délia prattica an-
tica délia vucsica armonica ; Pérouse , 1695,
in-folio. C'est un livre intéressant pour de cer-
taines choses relatives à la musique du temps où
l'auteur écrivait. Bontempi y examine cette ques-
tion, si souvent controversée, 5 i Zf 5 anciens ont
connu et pratiqué l'harmonie ; il se prononce
pour la négative (1). Son histoire de l'origine des
Saxons a paru àPérouseen 1697,in-12.
BOIXTEMPO (J.-D.), habile pianiste, né à
Lisbonne en 17Sl,vints'étahlir à Paris vers 1806,
et se livra à l'enseignement du piano. Quelques
années après, il quitta cette ville pour se rendre
à Londres; mais le climat de l'Angleterre ne con-
venant point à sa santé, il revint à Paris en 1818,
et s'y fit entendre dans quelques concerts. Deux
ans après il quitta définitivement la France pour
retourner en Portugal, où il s'est fixé. En 1820,
il avait écrit vingt-deux œuvres pour son instru-
ment, parmi lesquels on remarque deux concertos
avec orchestre, des sonates, œuvres 1 et 6, plu-
sieurs fantaisies et airs variés. Ses variations sur
le fandango ont eu beaucoup de succès. Il a
publié aussi une Messe de Requiem à quatre
voix, avec orchestre , œuvre 2.1; Paris, Leduc,
1819. C'est un ouvrage bien fait. De retour à
Lisbonne , Bontempo s'est livré à l'enseignement
du piano. 11 y a écrit beaucoup de musique
d'église, dans laquelle on remarque ses Matines
et Répons des morts qui furent exécutés , le
21 mars 1822, dans l'église des Dominicains, à
Lisbonne, en commémoration de la mort de la
reine, mère de Don Pedro, décédée à Rio de
Janeiro, en 1816. Précédemment il avait aussi
fait exécuter dans la môme église (juillet 1821)
(1| Voyez mon Mémoire nir l'harmonie simultanée des
smis chez les Crées et les Romains , etc. l'aris , Aubry,
tftS», 1 Yol. in 4=.
une messe solennelle de sa composition, avec
chœur et orchestre, pour la fête inaugurale de la
constitution. Après l'entrée triomphante de don
Pedro à Lisbonne, Bontempo fut nommé maître
de chapelle de la cour. Il est mort dans cette po-
sition, en 1847.
BOOM ( Jean VAN ), flûtiste distingué et com-
positeur pour son instrument, est né à Rotterdam,
en 1773. Les renseignements que j'ai pu me pro-
curer sur la vie de cet artiste se réduisent à peu
de chose. Je sais seulement qu'à l'époque où le
frère de l'empereur Napoléon devint roi de Hol-
lande, Boom fut nommé membre de la chapelle
royale, et qu'il conserva cette place jusqu'à l'é-
poque de la réunion de la Hollande à la l'rance.
H se fixa alors à Utrecht; puis il fit un voyage en
Allemagne pendant les années I8i)9 et 1810; par-
tout il recueillit des témoignages d'admiration
pour son talent. Le nombre de morceaux pour
son instrument qu'il a publiés s'élève à près de
quarante œuvres. Le premier de ses ouvrages est
une sonate pour piano et flûte qui parut chez
Plattner à Rotterdam. Parmi ses autres compo-
sitions, on remarque : — l" Polonaise pour flûte
et orchestre, op. 4; Rotterdam, Plattner. — 2°
Romance (Partant pour la Syrie), idem., op. 1 1 ;
ibid. — 3" Air Tyrolien {Wann iinderFruh)
varié, op. 16; ibid. — 4" Fantaisie et variations
(Le Borysthène), op. 33; Mayence, Schotf. — b°
Air varié avec quatuor ou guitare, op. 5; Rotter-
dam, Plattner. — 6° Duos pour deux ttûles, œuvres
6, 17; ibid. — 7° Airs variés pour deux flûtes
concertantes, op. 34 ; Mayence, Schott, — 8° Trois
Rondeaux pour deux flûtes; Amsterdam, Steup.
— 9° Plusieurs thèmes variés poivr flûte et gui-
tare , op. 2 , 12 et 19. — 10° Andante varié pour
flûte et piano, op. 3.
BOOM (Jean Van), fils du précédent, com-
positeur et pianiste, né à Utrecht, en 1808,
a fait un voyage en Danemark et en Suède
pendant les années 1846 et 1847, puis s'est
établi à Hambourg, où il a publié la plupart de
ses ouvrages. Ses compositions les plus im-
portantes sont : r Quatuor pour piano, violon,
alto et violoncelle, op. 6; Hambourg, Schu-
berth. —T 1" Grand Trio pour piano, violon,
et violoncelle, op. 14 ; ibid. — 3° Introduction et
variations sur un thème original pour piano seul,
op. 7; ibid. — 4° Fantaisie de couronnement sur
des airs suédois ; ibid. Van Boom a publié aussi
beaucoup de compositions légères, des polkas
de salon, etc.
BOQUET (Jacques) ou BOUCQUET,fut
à la fois organiste de Marguerite d'Autriche, gou-
vernante des Pays-Bas, et de la chapelle de
Charlcs-Quiat (suivant le registre n" 1805 de là
BOQUET — BORDE
25
Chambre des Comptes, aux archives du royaume
de Belgique). Il vivait en 1530. On lit aussi au
registre F 214 de la Ciiambre des Comptes ( Ar-
chives du dépatteuient du Nord, à Lille) : « A
« maistre Jaciues Boquet, organiste de la chap-
« pelle de l'Empereur, XVIIJ livres, pour le
« portaige des orgues de la chappelle, de Gand
« à Malines , de la court au dict Malines à i'é-
« glise Saint-Pierre, par plusieurs fois, de Malines
« à Anvers , pour les remectre à point ( les ré-
« parer) ; d'Anvers à Bruxelles ; de là à Cambray,
« et de Cambray à Bruxelles (janvier 1529 —
1530, n. st.). » On voit par là que les orgues
étaient rares au commencement du seizième
siècle, et que celles de la cour des Pays-Bas de-
vaient être fort petites, pour être ainsi et si fré-
quemment transportées à de longues distances.
Beaucoup d'églises en étaient alors dépourvues.
On ne connaît pas de compositions de Boquet ;
cependant il a dû en écrire, puisqu'il avait le titre
de Maistre, c'est-à-dire maitre-ès-arts , qui ne
se donnait aux musiciens qu'après avoir fait ce
qu'on appelait le chef-d'œuvre, lequel consistait
en une messe ou un motet à 4, 5 , 6 ou 8 voix ,
sur un chant donné ; enfin , il dut être artiste de
mérite , puisqu'il fut organiste de la cour des
Pays-Bas à une époque où vivaient dans ce pays
beaucoup de musiciens de premier ordre.
BORA.CCHI (Charles-Antoine), timbalier
du théâtre de La Scala, à Milan, est né à Monza ,
près de celte ville, dans les premières années du
dix-neuvièmesiècle. Cet artiste s'est fait connaître
par l'invention d'une timbale mécanique destinée à
changer de ton avec une rapidité égale à une se-
conde environ : il a donné la description de cette
timbale dans un petit ouvrage qu'il a publié sous
ce titre : Manuale del Tbnpanista; Milan, Pi-
rola, 1842, gr. in-12 de 25 pages avec des exem-
ples notés et la figure de l'instrument. Le méca-
nisme de la timbale de Boracchi est extérieur : il a
pour objetde changer l'accord par une seule opéra-
tion, laquelle consiste à serrer ou relâcher les cer-
cles de la timbale, pour tendre ou relâcher la peau,
par le moyen d'un levier placé à la partie inférieure
de l'appareil , et qui communique aux cercles par
des barres latérales, lesquelles s'abaissent ou re-
montent sous rinlluence de la vis qui fait agir
le levier. Cette innovation n'a pas eu plus de succès
que beaucoup d'autres essais faits en France,
en Allemagne et en Hollande pour le même but,
ou pour donner instantanément aux. timbales
l'échelle cbromatique. {Voij. Darche, Gautrot,
LaBBAÏE , ElBLINGER , HUDLER , STUMPFF et TeM-
PELN. )
BORCnGUEVL\CIÎ (MELCHiœ), organiste
de la cour du roi de Danemark, et coD>positeur
estimé, vivait au commencement du dix-septième
siècle. Il a publié une ample collection de madri-
gaux à cinq voix de divers auteurs et de sa compo-
sition, sous ce titre: Giardino tiuovo beUmimo
di vari fiuri musicali sceUisshni, il primo libro
demadrigaliacinque voci; Copenhague, 1C05,
\n-'t°.— Il seconda libro ; ibid., 1006, in-4». Les
auteurs dont on trouve des pièces dans ce recueil
sont : Cl. Monteverde, Leo-Leoni, Civ, Casati,
Christ. Rubiconi, Sal.Rossi.Marsil. Santini, Sim.
Molinaro, GiachesdeWcrt,Gio. Croce,Gio. Bern.
Colombi, Gab. Fattorini, Franc. Bianciardi,
Melch. Borcbgrevinck , Gio. Le Sueur, Ben.
Pallavicino, Gio. Vinc. Palma, D. Piet. Mar.
Marsolo, Gio. Fontana, Agost. Agresta, Fr-
Spongia, P.-P. Quartiero, Hipp. Sabino. Curt.
Valcampi, Nie. Giston , Curt. Mancini, Gio. Piet.
Gallo.
BORDE (Jean-Batiste LA), jésuite, qui, à la
suppression de son ordre en France, devint curé
de la Collancelle en Nivernais , où il mourut en
1777. Il a publié : Le clavecin électrique, avec
îine nouvelle théorie dumécanisme et des phé-
nomènes de V électricité ; Paris, 1761, in-12,
176 pages. C'est la description d'un instrument
de son invention , composé d'un clavier, dont
chaque touche a un timbre correspondant ; le cla-
vier fait mouvoir des verges qui ne frappent
les timbres qu'au moyen de la communication
du fluide électrique. C'est une rêverie sans
utilité. Voyez \e Journal des Savants, I759,
p. 193, et octobre, p. 432.
BORDE (Jean-Benjamin de LA), né à Paris,
le 5 septembre 1734, d'une famille très-riche,
reçut une éduoation plus brillante que solide.
Il eut Dauvergne pour maître de violon, et Ra-
meau lui enseigna la composition. Destiné à
la finance , il préféra d'abord de s'attacher à la
cour; il devint premier valet de chambre de
Louis XV, et son favori. Par la faveur de son
maître, il entra dans la compagnie des fermiers
généraux ; mais, par suite de ses prodigalités, de ses
fréquents voyages et de sa facilité à se jeter dans les
entreprises les plus hasardeuses, il fut plus d'une
fois sur le point d'être ruiné; cependant la faveur
du roi et son génie fécond en ressources par-
vinrent toujours à le soutenir. « Plus j'ai d'af-
« faires, disait-il, et plus je suis à mon aise. Je
« me suis couché plusieurs fois n'ayant rien pour
« payer le montant énorme des billets qui de-
« valent m'être présentés le lendemain ; il me
« venait, avant de m'éndormir, ou même pen-
« dantmon sommeil, une idée qui me frappait;
« je sortais le lendemain de grand matin, et mes
« billets se trouvaient acquittés dans le jour. » A
la mort de Louis XV, il quitta la cour, se maria,
26
BORDE — BORDEWAVE
et trouvant le bonheur auprès de la femme qu'il
avait épousée, il prit un genre de vie plus tran-
(juille et plus ré^lé. Il rentra dans la compagnie
(les fermiers généraux, qu'il avait quittée quel-
que temps auparavant, et se livra à des études de
plusieurs espèces. La révolution ayant anéanti
une partie de sa fortune, il se retira en Normandie
pour y vivre avec économie, et se soustraire aux
poursuites des révolutionnaires; mais sa retraite
ayant été découverte, il fut arrêté , ramené à
Paris, et mis en prison. Malgré les conseils de
ses amis, il eut l'imprudence de presser son ju-
gement, et périt sur l'échafaud le 4 tlicrnu'dor
an H (22 juillet 1794), cinq jours avant la chute
de Kobespiene.
La Borde débuta dans la carrière des arts par
la musique de quelques opéras-comiques; le pre-
mier fut : Gilles garçon peintre, représenté en
1758 ; il fut suivi des Trois Déesses rivales ; d'/s-
mène et Isménias, ou la Fête de Jupiier, pas-
torale en trois actes, de Laujon, en 1703 et 1770;
d'Annette et Lîibin, de Marmoutel ; iVAmp/rion,
delà Cinquantaine, de VAmadis, de Quinault,
et de beaucoup d'autres moins connus. Il a fait
en société avec lîerton la musique d'Adèle de
Pont/lieu , de Saint-Marc, qui, quelques années
après, fit refaire la musique de cet opéra par Pic-
cinni. Par suite d'un défi, La Borde mit un jour
en musique un privilège de librairie; ce morceau
singulier a été gravé. La Borde aimait beaucoup
sa musique, et avouait naïvement qu'aucune autre
ne lui taisait autant de plaisir : elle est cependant
fortmcdiocre, et aussi mal écrite quetout ce qu'on
faisait alors en France. Cependant il a fait quel-
ques chansons qui ont du naturel ; on remarque
entres autres celle qui commence par ces mots :
Vois-tu ces coteaux se noircir? celle qui a pour
refrain V Amour me fait, belle brunette, et
Jupiter un jour en fureur. La Borde a publié
avec beaucoup de luxe un Choix de Chansons
mises en musique à quatre parties; Paris,
1773, 4v.in-S''. L'harmonie en est fort mauvaise.
On y trouve un grand nombre de gravures, dont
l'exécution est aussi belle que le goût en est faux.
Grimni a saisi toutes les occasions d* maltraiter
la musique de La Borde, dans sa correspondance
littéraire; elle est, en effet, bien plate et bien
mausade.
L'ouvrage par lequel La Borde s'est fait con-
naître aux musiciens est son Essai stir la Mu-
sique ancienne et moderne; Paris, 1780, 4 vol.
in-4°. Ce livre, établi a'vec des frais énormes,
est un chef-d'œuvre d'ignorance, de désordre et
d'incurie. L'auteur employa pour faire cette com-
pilation, où l'on a réuni les éléments les plus
liétérogèncs, des jeunes gens de peud'instruction,
au nombre desquels étaient un des frères Bêche,
qui lui a fourni les meilleures notes, ou des pé-
dants â faux systèmes, tels que l'abbé Roussier, à
qui l'on attribue tout ce qui s'y trouve sur la
théorie. La Borde fit succédera cet essai un Mé-
moire sur les pi-opor lions musicales, legenreen-
harmonique des Grecs et celui des modernes,
avec les observations de 31. Vandermonde ,
et des remarques de l'abbé Roussier, supplé-
ment à V Essai sur la Musique; Paris, 1781,
in-4° de 70 pages. Enfin, on connaît encore de
cet auteur : Mémoires historiques sur Raoul
de Coucij , avec un recueil de ses chansons en
vieux langage, et la traduction de Vancienne
musique; Paris, 1781, un vol. in 8° ou 2 vol.
in- 18. Le travail publié sur ce sujet par M. Fran-
j cisque Michel et par Perne est bien préférable.
j De La Borde est aussi auteur ou compilateur de
! beaucoup d'auties livres qui ne concernent pas
i la musique, et sur lesquels on peut consulter
; les Biographies générales, ainsi qu'ime Notice
I surJ.-B. de La Borde, par C. Mellinet;^aa-
! tes, 1839, in-8°.
j BORDENAVE ( Jean de ) , chanoine de
j Lescars, et grand vicaire d'Auch, vivait vers le
! milieu du dix-huitième siècle. Il a publié un
I livre intitulé : Des Églises cathédrales et col-
I Icginles , 1643, in-8". On y trouve (p. 534) un
j chapitre intéressant sur les orgues, sur la musi-
t que des enfants de chœur, et sur d'autres points
relatifs à la musique dans les églises de France.
BORDEMAVE (M. de ) ancien garde du
corps , puis officier dans l'armée de Condé pen-
dant les guerres de la P.évolulion, naquit à Orlliez,
dans leBéarn. Rentré en France sous le consulat
j de Bonaparte, il se retira dans une |)elite terre
j qu'il possédait sur les frontières de l'Espagne, et
, mil la dernière main à un poëniesur la musique
I qu'il avait commencé en r;98, ainsi qu'il nous
j l'apprend lui-même. Cet ouvrage a étépuhlié sous
ce litre : La Musique, poëme en quatre chants ;
Paris, Lenormant, 1811, in-S". L'auteur a gardé
l'anonyme; mais Barbier à découvert sou nom
et l'a indiqué dans la deuxième édition de son
Dictionnaire des Anonymes (T. II, p. 432). Sur
cette indication , j'ai obtenu de M. Lenormant,
imprimeur-libraire, les renseignements qu'on
vient de lire.
Le premier chant du poëme de Bordenave a
pour objet la musique en général et les jouis-
sances morales qu'elle procure. Le second chant
concerne la mélodie et l'harmonie ; le troisième,
les instruments ; le quatrième, l'Opéra. Les sou-
venirs de l'auteur, au temps de sa jeunesse, dé-
bordent dans ses vers. Il avait été témoin des
querelles des Gluciustes et des Piccinnistes. Gluck
BORDENAVE — BORETTI
27
est son dieu et Rameau sa loi. Toutes ses opi-
nions sont exprimées par ces deux vers :
l.k, iiié'lilelonKtemp'! lescciils de Ramcnu :
ITfiuls Gldck pour ton modèle, et pour juge Rousseau
BORDÈSE (Louis), compositeur, né à Xaples
en 181 j, a fait ses études musicales au Conserva-
toire de cette ville. Après quelques essais peu
importants pour les petits théâtres napolitains, il
écrivit pour Turin, en 1834, Zelimo e Zoraide
ossia il Califo ricnnoschito, opéra bouffe qui
«ut peu de succès. Arrivé à Paiis dans la même
année', il s'y livra à l'enseignement du chant.
Son premier essai pour la scène française lut le
petit opéra de La Mantille, jmié à l'Opéra-Co-
niiquecn 1837, et que la protection de la cour
n'empêcha pas de tomber. En 1840, il fit repré-
senter à rOpéra-Comique L'Automate de Vau-
canson, petit opéra en un acte dont la musique
parut faible.'Hans la même année il donna au
même théâtre avec Monpou (voij. ce nom) Jeantie
de \aples, en trois actes. En 1841, il alla écrire
à Turin un opéra qui tomba, et dont le tilrc est
ignoré. En 1842, il écrivit à Naples / Quiudici,
opéra représenté au théâtre Saint-Charles, mais
qui ne put se soutenir, quoiqu'il fi>t chanté par
Traschini, Colin! et M"' Ilallez. De retour à
Paris , il a donné à l'Opéra-Comique, en 1847 ,
Le Sultan Saladin, autre faible production qui
disparut bientôt du théâtre. Enfin, le 4 novembre
1848, il a fait jouer un acte intitulé Les Deux
Bambins, dont l'existence n'a pas été plus lon-
gue. Telle est la triste histoire des travaux de
M. Bordèse.
BORDET (....), flûtiste qui vivait à Paris
vers le milieu du dix-huitième siècle, a publié
un traité élémentaire de musique, sous ce titre :
Mt^thode raisonnée pour apprendre la musi-
que d'une façon plus claire et plus précise, à
laquelle on a joint r''lrndnn do in fjiifc tra-
versière, du violon, du pardessus de viole, de
la vielle et de la musette, etc.; Paris, 1755,
in-4o. Liv. 1, 2 et3. Ou a aussi de sa composition
deux grands concertos pour flûte.
BORDIER (Louis-Charles), abbé, maître de
musique des Innocents, à Paris, est mort eu 1764.
Il s'est fait connaître par la publication d'une
Nouvelle Méthode de Musique pratique, à
l'usage de ceux qui veulent chanter et lire la
musique coynme elle est écrite ;PArh, I7G0. Une
nouvelle édition a paru, enl"Sl,sons lelitrede:
Mé/hndf pour la Voix; Paris, Deslauriers, édi-
tion gravée. Cet ouvrage était estimé de son temps.
On a imprimé après la mort de Bordier un Traité
de Composition; Huct, 1770, in-4°, gravé, de 80
pages. Ce livre est basé sur les principes de la
I basse fondamentale, que l'auteur ne parait pas
I avoir bien compris.
j BORDOGNI (Marc), chnnteurct professeur
de chant, né à Bergame on 1788, mort à Paris
le 31 juillet 18bG , a fait ses études musicales sous
; la direction du maître de chapelle Simon Mayr.
[ En 18(3, il chanta au théâtre lie de Milan, avec
Caroline Bassi (Milanaise) dans le Tancredi de
Rossini ; cet ouvrage était alors dans sa nouveauté.
i 11 reparut ensuite dans la même ville, pendant i>Ju-
sieurs saisons , au théâtre Curcano, dans les
années 1814 et 1815. Après avoir parcouru
I quelques autres villns d'Italie, Bordogni fut
' engagé au théâtre italien de Paris en 1819,
■ conmie premier ténor: depuis cette époque , il
ne s'est plus éloigné de la capitale de la France.
En 1833, il a quitté le théâtre pour se livrer à
l'enseignement. La voix de cet artiste n'était
pas d'un volume considérable; sou action dra-
matique était dépourvue de verve et de force ;
mais sa vocalisation était fort bonne, et il chan-
tait avec goût la musique de demi-caractère.
Comme professeurde chant, il a tenu à Paris une
place distinguée. Admis au Conservatoire en cette
qualité dans l'année 1820, les fatigues du théâtre
l'obligèrent à demander sa retraite en 1823; mais
quel((ues années après il rentra dans cette école,
où il a continué son enseignement pendant plus
de trente ans. 11 était chevalier de la Légion
d'honneur et de plusieurs autres ordres.
Bordogni a publié à Paris: t" Trente-six vocalises
pour voix de soprano ou de ténor, première et
deuxième suites. 11 a été publié plusieurs éditions
de cet ouvrage utile, à Paris, Milan, Berlin et à
Leipsick. — 1° trente-six vocalises pour basse;
ibid. — 3° douze vocalises pour bariton , compo-
sées dans le goût moderne; premier et deuxième
livres; ibid. — 4° douze nouvelles vocalises pour
contralto ou mezzo-soprano, idem ; 4™' livre de
vnrn lises en 2 suites; ihid, — li" douze nou-
velles vocalises, dont six avec paroles italifii-
nes ; ibid. — 6° douze nouvelles vocalises à deux
voix Dour soprano et mezzo soprano; ibid.
M"" Louise Bordogni, liile de l'artiste dont il
vient d'être parlé, épousa le bassoniste Willenf
{voy. ce nom), et chanta avec succès à New-York
eu 1834, à Messiiifr et à Naples, pendant les an-
nées 1836 et 1837, puis fut professeur de chant à
Bruxelles jusqu'en 1848. Elle est morte en Italie
vers 18.55.
RORDOXl (Faustine). roy.IUssE (M™*).
BORETTI (Jean-André ),maîtredo chapelle
de la cour de Parme, et compositeur dramatique,
naquit à Rome vers 1640. On a de lui quelques
opéras sérieux, entre autres : — 1° ZenobiOf
en iGGf'. — 2" Mcssandro atnante,ea 1607,—
28
BORETTI — BORGOGNINI
3" lîliogabale, 1G68. —4° Marcello in Sira-
cusa. 1670. — 5° Ercole in Tebe, 1671. — 6»
Claudio Cesare , 1072. — 7° Domiziano. 1673.
— %" Dario in Babilonia, 1671.
BORGATTA (Emm\nuel), compositeur et
pianiste, né à Gênes vers 1810, commença à se
faire connaître par des concerts qu'il donna dans
sa Tille natale en 1832, puis à Milan au mois de
mai 1833. Ses premières compositions furent : —
1" Une sonate pour piano seul; Milan, Ricordi.
— 2° Une cadence capricieuse (en mi) pour le
même instrument; ibid.— 3° Des variations sur
les thèmes de la Slraniera et de Lucrèce Borgia ;
ibid. — 4° Des romances italiennes; ibid. M. Bor-
gatta s'est établi à Gênes, comme professeur de
piano. Au mois de novembre 1835, il y a fait re-
présenter l'opéra de sa composition intitulé : Il
Quadromaniaco ; en 1837, il y a donné Fran-
cesca di Rimini, drame lyrique en trois actes.
Ces ouvrages furent clialeurcusemcnt applau-
dis par les concitoyens du compositeur.
BORGIIÈSE (AntoineD.R.), compositeur,
né à Rome, vint à Paris vers 1777, et y fit im-
primer, en 1780, un recueil de sonates de piano
avec accompagnement de violon obligé, op. 2 ,
et des duos de violon. En 1787, il fit représenter
au théâtre des Beaujolais un petit opéra intitulé :
La Bazoche. On a joué aussi sur les théâtres
d'Allemagne un autre opéra en un acte sous ce
titre : Der unvermuthete gltickliche Augenblick
(Le bonheur imprévu). Le Calendrier musical
universel pour l'année 1788 attribue au même
artiste un Traité de composition, mais sans en
indiquer le titre exactement, et sans faire connaître
s'il est imprimé. Enfin, on a àtXmVArt musical
ramené à ses vrais principes, ou Lettre de D.
R. Borghèse à Julie, Paris, 1786, in-8°.
BORGHI (Jean-Baptiste), néà Orviette,vers
1740 , fut maître de chapelle à Notre-Dame de
Loretle en 1770. On connaît de lui les opéras dont
les titres suivent : — 1° Ciro riconosciuto , qui
tomba à Venise, en 1771. Il avait donné précé-
demment : — 2° Alessandro in Armenia, 1768.
En 1773, il écrivit : — 3" Ricimero. — 4° La
Donna instabile, 1776. — h" Artaserse,\116.
— 6° Eumene, 1778. — T Piramo e Tisbe, à
Florence, en 1783. — 8° VOlimpiade, à Flo-
rence, en 1785. — 9° La morte di Semir ami de,
à Milan , en 1791. La musique de ce composi-
teur était estimée de son temps. Il a écrit aussi
pour l'église, et l'on connaît de sa com|)osition
en ce genre : — 1° Deux messes à quatre voix
avec orchestre. — 2° Dixitk quatre voix. — 3°
Laudate à 5. — 4° Domine à 5. — 5° Lamen-
tazione per il Giovedi Santo, pour voix de
basse et orchestre. — 6° Deux litanies à quatre
voix, une autre à 2 chœurs avec orchestre. En
1797, Borghi fit un voyage à Vienne, s'y arrêta
pendant près d'une année pour faire représenter
sa Semiramide, puis se rendit en Russie, d'où
il revint dans .sa patrie en 1800. Après cette,
époque, les renseignements manquent sursa per-
sonne et ses travaux.
BORGHI (Louis), habile violoniste et com-
positeur, fut élève de Pugnani, et s'établit h Lon-
dres, vers 1780. H était premier des seconds vio-
lons à la célèbre exécution des oratorios qui eut
lieu à Londres, en 1784, en commémoration de
Haendel. Ses ouvrages consistent en Six sonates
pour le violon, avec basse, op. 1 ; Paris, in-fol.
— 2° Trois concertos pour le violon, avec accom-
pagnement, op. 21; Berlin, in-fol.— 3» Six solos
pour le violon, op. 3; Amsterdam, in-fol. — 4"
Six duos pour deux violons , op. 4. — 5» Six
idem, op. 5. — 6° Six idem pour violon et
alto, op. 6 ; Berlin. — 7° Six idem pour violon
et violoncelle, op. 7; Amsterdam. — 8° Six
simphonies à grand et petit orchestre; Paris,
Imbault. — 9° Six concertos pour violon prin-
cipal ; Paris, Imbault. — 10° Italian canzonets;
Londres, Broderip.
BORGIA (Ghégoire), organiste à Novarre,
dans la seconde moitié du seizième siècle, a fait
imprimer de sa composition: Canzoni spirituali.
Libro primo à 3, 4 e 5 voci; Torino, appresso
Bevilagno, 1580, in-4''.
BORGIAI\I (Dominique), compositeur de
l'École romaine, vécut vers le milieu du dix-sep-
tième siècle. On a imprimé de sa composition :
Sacri Concentus a bina usque quina voces,
ctim basso generali; Romœ, TypisLudov. Gri-
gnani, 1046.
BORGO (César), d'abord organiste à Ges-
sate(Lombardie) puis maître de chapellcde la ca-
thédrale de Milan, naquit dans cette ville, vers le
milieu du .seizième siècle. Il a fait imprimer desa
composition : — 1° Canzonette a trevoci; Ve-
nise, Ricciardo Amadino, 1584, in-4°. — 2"
Messe a otto voci; Milan, 1588. — 3° Canzoni
alla Francese a qualtro voci, lib. 2; Venise,
1599. — 4° Messe a otto voci ; Milan, 1614. Bo-
nomclti a placé quelques pièces de Borgo dans
son Parnassus musicus Ferdinandxus.
BORGO (Dominique), de Vérone, fut maître
dechapelle à Sffn^a-.1/ana-/lH^ica,decette ville,
vers 1620. On a imprimé de sa composition \m
recueil de pièces pour la semaine sainte , inti-
tulé : Lamentationi, Miserere et improperii a
Quattro voci pari, cou il basso per Vorgano; in
Venetia, Aless. Vincenti, 1622, in-4''.
BORGOG!\Il\I (D. Bernard), compositeur
dramatique qui vivait à Venise au commence-
BORGOGNINI — BORNIIARDT
29
menl du dix-Iiiiitiènic siècle, a donné au théâtre
de cette ville, en 1700, La Nicopoli.
BORGONDIO (>!'"'= Gentile), cantatrice,
liée à Brescia, en 1780, est issue d'une famille
noble. Son début dans la carrière tbéAtrale eut
lieu à iModènc. En 1815, elle passa à Muniob, et y
(il entendre, jiourla première fois, le Tancredi<\&
Rossini, elVKaliann in Algcrl du même maître.
Elle alla ensuite à Vienne, o-ùelle fut fort applau-
die: elle y chanta pendant trois ans. Devienne, elle
se rendit à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Elle se
fit entendre dans celte capitale six fois devant
l'empereur, et reçutde ses mains de riches présents;
mais il i)araît que le climat de ce pays altéra son
organe; car elle ciianta depuis lors à Paris et à
Londres, et toujours sans succès. Au reste, il se
peut que l'âge seul ait indue sur sa voix. En 1824 ,
lyjme Borgoudio étalit à Londres; en 1830, elle
chanta encore à Milan ; mais depuis lors elle n'a
plus paru en public, et l'on ignore où elle s'est
retirée.
ItOHIN (....). On a sous ce nom un livre in-
titulé : La Musique théorique H pratique dans
son ordre naturel avec l'art de la Danse ,
Paris, 1746. J'ignore quelle est la nature de cet
ouvrage.
IIORJOIV (Chaiu.es-Emmanijei.) , avocat au
parlement de Paris , amateur de musique et ha-
bile joueur de musette, na(iuit en 1033 à Pont-
de-Vaux, en Bresse. II mourut à Paris le 4 mai
1691. Borjon a publié beaucoup de livres de droit
et de jurisprudence dont on peut voir les titres
et le contenu dans la Biographie universelle
de MM. Michaud. 11 excellait à faire des décou-
pures sur vélin : Louis XIV en conservai! plusieurs
avec soin. On a de Borjon un livre qui a pour titre:
Traité de la Musette, avec une nouvelle méthode
pour apprendre de soy-mesme à jouer de cet
instrument Jacilement et en peu de temps ;
Lyon, JeanGirin, 1672, in-fol., avec des planches
qui représentent les détails de l'instrument, la
tablature et les airs recueillis par Borjon dans les
diverses provinces de France. C'est un très-bon
ouvrage en son genre. L'auteur de l'article Borjon
de la Biographie universelle de MM. Michaud
s'est trompé en indiquant 1674 pour la date de
l'impression de cet ouvrage. La Borde , le Dic-
tionnaire historique des Musiciens (Paris,
1810-1811), Forkel,Ferd. Becker, etLichtenthal
ont dénaturé le nom de ce musicien en l'écrivant
Bourgeon.
BORLASCA (Beknaiîdin), noble génois; de
la famille des Gavio , vécut au commencement
du dix-septième siècle. On connaît de sa compo-
sition — 1° Sckerzi musicali ecclesiastici sopra
lacanticaaS voci; Venise, Alex. Raverio, 1609,
in-4". — S^- Canzonetle «3 voci per cantar nel
Chitarone, Lira doppia, etc. Libre sccondn ;
Venezia, Aless. Vincenti , 1011. — 3° Fioretti
musicali leggiadri a tre voci; Venezia, 1031.
BORIVACIIVI (Joseph), compositeur, né à
Ancône vers 1810, a fait représenter à Venise,
en 1833, au théâtre S. Crisostomo, nn opéra
bouffe intitulé : Aver moglie epoco ; guïdarla è
molto. En 1834, il donna dans la même ville
Ida, opéra giocosa, et enfin, dans la môme an-
née : / due fncogniti. On a publié aussi do
même artiste des romances italiennes avec piano;
Milan, Ricordi; et une introduction avec des va-
riations pour le piano sur un thème de la Zelmira
de Rossini.
RORIVEMAI\!V( Wiuielm), membre de
l'Académie de chant à Berlin, a publié une des-
cription de l'organisation de celte société, de son
origine, de sa fondation et de ses progrès, sous ce
litre : DieZeltersche Liedertafel in Berlin, ihre
Entstehung , Stehung und Fortgan , nebst
einer Auswahl von Liedertafel-Gesangen und
Liedern ; Berlin, Decker, in-12.
RORIVET aîné, violoniste à l'Opéra, de 1768
à 1790, a publié à Paris, en 1788, une Méthode
de violon et de musique, dans laquelle on a
observé toutes les gradations nécessaires pour
apprendre les deux arts ensemble, suivie de
nouveaux airs d'opéras. Bornct a fait aussi pa-
raître un journal de violon, commencé en 1784,
etcontinué pendant les annéesl785-1788. En 1765,
il écrivit, pour la Comédie-Italienne, le ballet de
Daphniset Florise. Son frère, violoniste comme
lui, connu sous le nom de Bornet le Jeune, se
trouvait en 1797 à l'orchestre du Théâtre de la
Pantomime nationale, et passa ensuite à celui
de V Opéra Bvffa, où il était encore en 1807.
BORNIIARUT (J.-H.-C), professeur de
musique à Brunswick, est né dans cette ville,
en 1774. Également connu comme pianiste et
comme guitariste, cet artiste est considéré en
Allemagne comme un des compositeurs /es
plus laborieux de son temps : il doit surtout sa
réputation à son talent dans le genre de la ro-
mance et de la chanson. Parmi les ouvrages qu'il
a publiés, on remarque : — 1" Plusieurs suites de
duos pour deux violons; Bonn, Simrock, et Ham-
bourg, Cranz. — 2" Des diverlissemens, pots-
pourris, et airs variés en ttios pour guitare et
divers instrumenta,. œuvres 53, 130, 146, etc. —
30 Plusieurs œuvres de duos pour la guitare. —
4" Un grand nombre de thèmes variés pour
guitare seule. — 5° Des sonates pour piano avec
î llilte. — 6° De petites sonates et des pièces
î détachées pour piano à quatre mains.— 7° Des
' sonatines pour piano seul, œuvres 6 et 137. —
30
BORNHARDT — BORS€IHTZ[vI
8" Des exercices pour le même instrument. —
•9° Des variations, idem. — 10" Des écossaises, des
anglaises et lies valses, idem. — 1 1» Deux méthodes
pourlaguitare. — la^Unemétiiode pour le piano.
— 13" Environ vingt recueils de canons à plusieurs
voix et de duos avec accompagnement de piano.
. — 14° Les airs et ouvertures de plusieurs mélo-
drames et vaudevilles, entre autres de Arnold
de Halden et deZ« Laitière de Bercy 15° Une
très-grande quantité de romances, de chansons,
et de cantates à voix seule avec accompagnement
de piano. Plusieurs de ces morceaux ont obtenu
un brillant succès en Allemagne. Parmi ces pro-
ductions, on cite particulièreiuenf, La Lyre et
r£'jo^e,deKœrner, Odeàl Innocence, V Homme,
de Schiller, L'^d/eîf {Amanda, du iceinest!),
qu'on a comparéà V Adélaïde de Beethoven.
BOROiXI (Antoine). Voy. BunoNi.
BOROIVO(Ottavia.no), né à Parme versl590,
fut organiste de l'église principale de la commu-
nauté de Sassuolo. Il a fait imprimer de sa com-
position : Mottetti concertati a 1, 2, 3, e 4
voci percantare nelV orijano, iibro l°; in Ve-
nctia, App. Giac. Vincenti, 1617, 4 vol, in-A".
BOROSllXI (François), ténor excellent, né
à Bologne vers 1G95, lut un des premiers chan-
teurs au grand Opéra de Prague, en 1723.
BOROSIIVI (Éléonore), néad'Ambreville,
épouse du précédent et cantatrice remarquable, se
trouvait, en 1714, à la cour Palatine, et fut ap-
pelée à Prague, en 1723, pour y chanter au grand
Opéra de cette ville.
BORROIV'I ( Antoine), compositeur de l'École
romaine , vers le milieu du dix-septième siècle,
se distingua parmi les maîtres qui substituèrent
à l'ancien style osservato de Palestrina et de
ses contemporains, le style orné qui a fait la
réputation de Benevoli,de Bernabei et de Ben-
cini. On cite surtout comme un chef-d'œuvre en
ce genre le motet Dirupisti vincula mea de
Borroni. Les ouvrages de ce compositeur sont
restés en manuscrit.
BORRO\"l ou BORONI (Pierre-Paul) cé-
lèbre luthiste du seizième siècle, naquit à Mi-
lan. Il est quelquefois désigné dans les recueils
du temps sous le nom de Pierre-Paul Milanais.
On trouve des pièces de sa composition dans les
collections \nl\iu\ùci -A" Intabolalura deLeuto di
diversi aiilori novamenle stampata , et con
diligenlia reoisla; stampata nella cita de Mi-
lano per Je. Antonio Casteliono, 1.53fi, petit
in-4° obi. — 2» Carminutn pro Testudine li-
ber III, in quo continentur exceltentissima
carmîna, dicta Paduana et GaHarda,compo-
sita per Franciscum Mediolanensem , et Pe-
tram PaulumMediolanensem , et alios artifices
inhacarteprxstuntissimos. Lovanii apud Pe-
trum Phalesium Dibliopolam juratum. Anno
Domini 1546. — 3" Hortus Musarum, in quo
tanqiiam jlosculi quidam selectissimarum
carminum collecti sunt ex optimis quibusque
auctoribus, et primo ordine continentur au-
tomata, quse Fantasix dicuntur. Deinde can-
tica quatîcor vocum. Post carmina graviora
quxmutctta appellantur,eaque quatuor ,quin-
que et sex vocum. Demum addita sunt carmina
longe elegantissima duabiis testudinibits ca-
nenda hactenus nunquam impressa. Collec-
tore Petro Phalesio. Lovanii, apud Phale-
sium bibliopolam juratum, 1552.
BORS.\ ( Matteo), docteur en droit, né à
Mantoue vers 174 1, a fait insérer dans le recueil
des Opusc7iti scelti di Milano (tom.lY, 1781,
p. l'J5-224) Saggio filosojîco sopra la musica
imitaliva teatralc, in due lettcre, dont Arteaga
vante l'esprit et la philosophie.
BORSARO, ou BORSARl (Archange),
compositeur, né à Reggio vers 1570, fut moine
du tiers-ordre de S. François. Bordoni (1) et Qua-
drio (2), qui le mentionnent, ne donnent aucun
autre renseignement sur lui. Ses ouvrages connus
sont: {" Magnificat super omnes tonos ; Venise,
Ang. Gardane, 1591. — 2" Sept livres de Coricer^t
ecclesiastici à 3, 4 et 5 voix publiés depuis
1593 jusqu'en 1606; ibid., et Venise, Rie. Ama-
dino. — 3" Vespertina psalmodia octo vocibus ;
ibid., 1602. — 4" A'ovo Giardino de concerti a
quattro voci per cantare a due cori con 1
voci, et 2 tromboni e altri stromenti o voci,
seconda la commodita de'' cantori, con il
basso principale per l'organo, op. XI ; Venelia,
Ricc. Amadino, 1611, in-i". — 5° Seconda Iibro
degl'odoranti fiori, concerti diversi a I, 2,3,4
voci con organo, op. XIII ; ibid., 1615, in-4°. —
G'Six livresde motets h 3 voix avec l'orgue, sous
le titre Affectibus pietosis ; ibid., 1G15 et an-
nées suivantes. — 7° Canzonnettespirituali a 4
voci; ibid., lG16,in-8°. — 8" trois livresde mu-
sique d'église de tout genre publiés sous le titre :
Diversorum conceptuum musicalium libri
1res ibid., 1G16 et années suivantes.
BORSCIIITZKI (François), membre de
la chapelle royale de Vienne, est né en 1794 à
Reisemarckt, seigneurie dépendante de l'abbaye
de Sainte-Croix (Heiligen Kreulz), dans la Basse "
Autriche, où son père était instituteur. Apre?
avoir aitpiis les premiers éléments de la musique
dans la maison paternelle, il entra à l'âge de dix
ans dans la même abbaye comme enfant de
H) Chronolooia FF., etc.. Soc. Teriii Orcl.S.Franc,
p. 5G0.
(2) Délia Ragione e Stor.d'ogtiipoesia, tom. III, p. Ml
BORSCIIITZKI — BORTOLAZZI
31
chœur, et y passa cinq annéi-F; puis on l'en-
voya au gymnase de Wiener-Neusfadt , pour
y faire ses humanités. 11 y resta jusqu'à l'Age de
vingtclunans. En 1816, il se rendit à Vienne, où
il fut d'abord engagé comme basse dans le chœur
de rOpéra de la cour. Les occasions fréquen-
tes qu'il eut alors d'entendre les meilleurs clian-
fours italiens lui inspirèrent le dessein de se
livrer à des études sérieuses sur l'art du chant,
et ses progrès furent tels, qu'en 1822 il fut ap-
pelé à Pesth pour y chanter les premiers rôles
de basse. Plus tard il accepta le même emploi
au tliéi\tre Kaerntnerthor de Vienne. La mort de
WeinmiJiler ayant laissé, en 1829, une place de
basse chantante vacante h la chapelle impériale,
IJorschitzki se mit au rang des prétendants à
cette place, et l'oblint au concours. Depuis 1832,
il a clianté au théâtre de Joseplistadt.
BORTXIAXSKY (Dmitri-Stepanovitch),
né en 1751 dans la ville de Gloukoff, gouverne-
inent de Tchernigoff, en Russie, et non à Mos-
cou, comme il est dit dans la Nouvelle-Ency-
clopédie de la musique de Schilling, révéla de
bonne heure ses heureuses dispositions pour la
musique. 11 venait d'accomplir sa septième an-
née, lorsque sa belle voix de soprano le lit ad-
mettre au nombre des chantres de la chapelle
impériale. L'Impératrice Elisabeth, ayant bien-
tôt remarqué sa belle organisation, confia son
éducation musicale à Galuppi, alors maître de
chapelle à Saint-Pétersbourg. Le départ de ce
composileur pour l'Italie, après quelques an-
nées, interrompit tout à coup les études de Bort-
niansky ; mais l'impératrice Catherine II , dont
le génie pressentait celui de ceux qui l'appro-
chaient, voulut que le jeune artiste achevât de
développer son talent, et lui fournit les moyens
d'aller retrouver son maître. Bortniansky rejoi-
gnit Galuppi à Venise, en 1763. Il était alors
ûgé de dix-se[>t ans. Par les conseils de son
maître, il alla ensuite étudier à Bologne, à Rome
et à Nnpies, pour y saisir l'art dans les diverses
directions de cette époque. 1 1 écri v i t alors beaucou p
de musique d'église dans la manière des maîtres
italiens, des sonates pour le clavecin, des pièces
détachées de genres différents, et même, dit-on,
des opéras. Je possède des motets de sa compo-
sition qui appartiennent à cette période de sa
vie : ils n'ont rien de remarquable, si ce n'est
la pureté d'harmonie des maîtres de la bonne école.
Onaécrit qu'il élaitàMilanen 1780, etqu'ilyétait
considéré comme un des meilleurs compositeurs
d'opéras de cette époque: je crois que les bio-
graphes ont été induits en erreur à cet égard,
car j'ai examiné tous les almanachs des théâtres
de l'Italie depuis 1770, et je n'y ai pas trouvé
une seule indication de pièce dont Bortniansky
aurait composé la musique. Les compositeurs
étrangers connus en Italie vers 1780 étaient Rust,
Misliweseck, Mozart et Gassmann; Hasseyétait
déjà oublié. Quoi qu'il en soit, Bortniansky re-
tourna en Russie en 1779, et son mérite le fit
bientôt choisir comme directeur du chœur de la
cour. En 179G, ce chœur reçut le titre de Cha-
pelle impériale, et Bortniansky en conserva la
direction. Dans tout ce qu'il avait produit jus-
qu'à son retour en Russie, il s'était inspiré de
la musique italienne de son temps; ce ne fut
qu'à Saint-Pétersbourg que son génie se révéla
dans ce qui constituait son originalité. Le chœur
qu'il était appelé à diriger avait été organisé
sous le règne du tsar Alexis Mikailovitsch;
mais, quoique déjà ancien, il laissait beaucoup
à désirer pour la qualité des voix et pour le fini
de l'exécution. Bortniansky fit venir des chanteurs
de l'Ukraine et des diverses provinces de l'em-
pire, choisissant les voix les plus belles, et les di-
rigeant par degrés vers une exécution parfaite
dont on ne prévoyait pas même la possibilité avant
lui. C'est par les soins de cet artiste remarquable
que la chapelle impériale de Russie est parve-
nue à l'excellence qui est aujourd'hui l'objet de
l'admiration de tous les artistes étrangers. C'est
pour ce chœur incomparable que Bortniansky
a écrit 45 psaumes complets à 4 et à 8 parties
dont les inspirations et le caractère sont d'une
originalité saisissante. On lui doit aussi une
messe grec(pie à trois parties et beaucoup de
pièces diverses. Toutes ces compositions sont d'ail-
leurs écrites dans ime harmonie pure et correcte.
Il avait senti la nécessité de mettre en ordre les
anciens chants de l'Église moscovite qui se chan-
taient en harmonie par tradition, et dont les suc-
cessions d'accords étaient souvent peu satisfai-
.santes pour l'oreille; mais il n'eut pas le temps de
réaliser ce projet de réforme, qui a reçu son exé-
cution par le travail et les soins d'un de ses succes-
seurs, M. Alexis de Lvoff [voîj.ce nom), conseiller
inlime et directeur général delà cJ)apelle impé-
riale. Après s'être fait des litres à l'admiration de
la postéi ité, Bortniansky mourut le 28 septembre
(9 octobre) 1825, à l'âge de soixante-quatorze
ans. On a publié dans ces derniers temps à Saint-
Pétersboing un choix des compositions de Bort-
niansky a l'usage des Églises grecques de Russie.
BORTOLAZZI (Bartholomé), virluosesur la
mandoline et compositeur pour cet instrument,
naquit à Venise en 1773. La mandoline était
à peu près oubliée quand cet artiste entreprit de
la faire revivre à force de talent. Au lieu du soa
grêle et sec qu'on en avait tiré jusqu'à lui, il sut
lui en faire produire de diverses nuances qui don-
32
BORTOLAZZI — BOSSELET
naient à son jeu un clianne d'expression dont on
n'aurait pas cru susceptible un instrument si petit
et si borné. Eu 1803, Bortolazzi se rendit en
Allemagne, donna des concerts à Dresde, Leipsick,
Brunswick, Berlin, et finit par se fixer à Vienne.
Partout il fit admirer son habileté. Vers 1801,
il se livra à l'étude de la guitare, sur laquelle il
acquit aussi un talent distingué. Ses meilleurs
ouvrages sont: —1* Méthode pour apprendre sans
maître à jouer delà mandoline; 1805, in-4°,
Leipsick, Breikopf et Haertel : elle a pour titre :
Anweisung die Mandolinevon selbst unterricht
nebstUbungstûcken. — 1" Nuova ed exalta scala
per la chitarra, ridotta ad un metodo- il ptù
semplice, cd il più chiaro (en italien et en alle-
mand) ; Vienne, Hasiinger. Cette méthode a eu
beaucoup de succès; il en a été publié huitéditions
jusqu'en 1833, toutes corrigées et augmentées. —
3° Beaucoup de variations, rondeaux et fantaisies
pour guitare seule, ou guitare, violon, piano et
mandoline; Vienne, Berlin et Leipsick. — 4° Six
variations pour mandoline ou violon et guitare,
op. 8; 1804. — 5° Sonate pour piano et mandoline
ou violon, op. 9. — f»"Six thèmes variés pour man-
doline ou violon et guitare, deux suites, op. 10.
— 7"Six variations pour guitare et violon obligé,
op. '13. — 8" Sonate pour guitare et piano. — 9"
Deux recucilsdechansons italiennes et allemandes,
avec accompagnement de piano ou guitare. — 10°
Six romances françaises, idem, op. 20.
BORZIO (Charles), maître de chapelle à
Lodi, vers la fin du dix-septième siècle , a com-
posé beaucoup de musique d'église qu'on estimait
de son temps. Il a écrit aussi pour le théâtre et
a fait représenter l'opéra de Narciso à Lodi ,
en tf>76, ainsi qu'une pastorale qui fut exécutée
à Bologne en 1694.
BOS( Lambert), savant helléniste, né à Wor-
kum,, dans la Frise, le 25 novembre 1670, fit ses
études dans l'université deFraneker, et devint pro-
fesseur de grec dans cette université en 1703. H
mourut à l'âge de quarante-sept ans, le 6 janvier
1717. Dans et?, Antiquitahim grsecarum prx-
cipue atticarum Descriptio brevis ( Franeker,
1714,in-12), il traite, part. H, clv. vu-, DeMusica;
ch. vni. De Cithara; ch. ix. De Tibia et Fis-
tula. La meilleure édition de cet ouvrage est
celle de Leipsick, 1707, in-8' avec les notes de
Leisner.
BOSCHETTI (JÉRÔME), maître de cliapelle
delà Madona de' Monti, à Rome, naquit à
Mantoue, et vécut dans la seconde moitié du
seizième siècle. Il a fait imprimer de sa com-
position : 1° Il primo libro di. Madrigali
a 4 voci ; in Venezia , app. Ang. Gardano ,
1691, in-4°. — 2" H seconda libro di Madrigali
a 4 voci, et due a 6 voci con un ccho nelfine a
Otto voci; ihid, 1593,in-4°.
BOSCO WICU (Roger- Joseph), jésuite, né
à Raguse le 18 mai 1711, est considéré comme
un géomètre et un physicien distingué. Après la
supression de son ordre, il fut nommé par le
grand-duc de Toscane professeur à l'université
de Pavie. Il est mort à Milan le 12 février 1787.
Ce savant n'est cité ici que pour relever une er-
reur de Gerber, qui, dans son nouveau Lexique
des musiciens, lui attribue l'écrit du P. Draghetti
{voy. ce nom), intitulé: Délie legge di continuità
nclla scala musica (Milan, de la typographie de
Joseph Marelli , 1771 , in-3'). Gerber a confondu
cet écrit avec le traité de mathématiques du P.
Doscowicli, qui a jiour litre : De continuitatis
lege, etc.; Rome, 1754, in-4\ Il est assez remar-
quable que cet ouvrage important sur les séries,
qui fixa l'attention des savants sur le mérite du
P. Boscowich avant la publication de ses autres
ouvrages, ait été oublié dans la Biograghie géné-
rale de MM. Didot.
BOSE (Georce-Matiiias), professeur de phy-
sique à Wittenbcrg, né à Leipsick le 22 sep-
tembre 1710, mourut à Magdebourg le 17 sejt-
tembre 1 701. On a de lui : IJtjpothesissoni Per-
raultiana ac in eam meditationes ; Leipsick,
1735, in-4'', cinquante pages. Cette dissertation a
pour objet l'examen de l'opinion de Perrault émise
dans sa traduction de Vitruve concernant la for-
mation du son dans les orgues hydrauliques de
l'antiqiiilé.
BOSELLO ( Anna ). Voyez Morichelli
(M""").
BOSSELET (Charles), professeur d'har-
monie au .Conservatoire royal de musique de
Bruxelles, et second chef d'orchestre du théâtre
royal, est né à Lyon le 27 juillet 1812. Fils d'un an-
cien acteur, il suivit sa famille on différentes villes,
et arriva à Bruxelles, où son père fut engagé pour la
comédie. C'estdanscettevillequ'ila appris lesélé-
mcnts de la musique. Admis à l'école royale qui
avait été instituée en 1824, il y fit quelques éludes
|)réparatoires d'harmonie que la révolution de
1830 vint interrompre. Après cet événement , il
fut attaché pendant quelque temps au théâtre de
Boulogne-sur-Mer, en qualité de chef d'orchestre ;
puis il revint à Bruxelles. Lorsque le Conserva-
toire royal fut réorganisé, sous la direction de
l'auteur de celle notice, Bosselet devint élève de
celui-ci, et fit des études complètes d'harmonie,
de contrepoint et de composition. En 1836, le
premier prix lui fut décerné, et à cette occasion
l'orchestre et le chœur du Conservatoire exécu-
tèrent, au concert de la distribution des prix, un
Laudate Domiman de sa composition. Bientôt
BOSSELET — BOTENLAUBEN
as
après il se fit connaître avantaj^ciisemcnt par «les
<:liaiî<s à 4 parties, pour voix d'hommes, dont
plusieuis sont devenus populaires , et parmi les-
quels on remarque : Notre-Dame de la Garde;
Le Carillon de la Samaritaine; La Valse des
étudiants d'Insprilck; Les Mineurs; Les Mois-
sonneurs; Le Retour au village; Le Kendez-
rous de chasse ; la Sérénade, et Les Chasseurs
égarés. Tous ont été publiés dans des journaux,
tels que Le Choriste, ou chez les éditeurs Lahou
et Katto , à Bruxelles. Bosselet a écrit aussi des
messes et des motets qui ontélé exécutés dans di-
verses églises, ainsi que la musique de plusieurs bal-
lets représentés au Théâtre Royal. Le 16 décembre
1 853 il a fait exécuterau même théâtre une faraude
cantate écrite pour l'anniversaire de la naissance
du roi Léopold. Depuis 1835 il remplit les l'ont-
tions de second chef d'orchestre au tliéâtrc royal.
Kn 1840, il a été nommé professeur titulaire d'har-
monie au Conservatoire et y a formé un ^land
nombre dVlèves distingués. I*armi ses travaux
figurent beaucoup de leçons d'harmonie à quaire
parties, qui forment un cours complet. En 1852,
l'Académie royale des sciences, des lettres et des
beaux-arts de Belgique l'a nommé l'un de ses
membres correspondants : il est aussi membre
du jury du grand concours (\(i composition ins-
titué par le gouvernement belge.
liOSSI (Lucio), compositeur vénitien, qui vi-
vait au commencement du dix-septième siècle,
n'est connu que par un ouvrage qui a pour titre :
Motettorum sex vocum liber priuius ; Venetiis
ap. Vincentinum, 1606, in-4'».
BOSSl ( ), né à Ferrare en 1773, a com-
posé pour l'Opéra de Londres la musique de plu-
sieurs ballets, notamment de ceux-ci : Little
Peggi/s love; V Amant Statue, 1797 ; Acis and
Gatalea. Le catalogue de Lavenu indique aussi
des sonates pour piano delà composilion de Bossi.
Il est mort à Londres, dans la prison du roi, au
mois de septembre 1802, laissant ime femme et
deux enfants dans une profonde misère.
BOSSIUS (Jérôme), professeur de tbéologie
à Milan, né à Pavie vers la lin du seizième siècle,
a publié un petit écrit intitulé: Libellus de Sis-
tris; Milan, 1012, in-l2. Sallengre l'a inséré
dans sou Thesavr. Aniiquit. Homan., t. Il,
p. 1373, sous le titre De Isiacis, sive de Sistro
opusc,
DOSSLER (HENRi-PniLipPE-CnAnLEs), con-
.seiller du prince de Brandebourg-Onolzbach, et
éditeur de nuisique à Spire, dans la seconde moitié
du dix-huitième siècle, est auteur d'un traité élé-
mentaire de musique en dialogues intitulé :
Elementarbuch der Tonkunstzam Unlerrickt
bi'im Klavier fiir Lelirende und Lernende mit
BIOGR. L'NIV. DES MUSICIENS. — T. H.
praktischen Beispielen. Spire, t782-17Pn, 2 vol.
in-8° et un vol. in-4° d'exemples. Cet ouvrage
parut par livraisons de mois on mois, sous la
forme d'un recueil périodique. L'objet princi|)al
du livre est l'étude du clavecin; maisj'auteur y
traite aussi de l'harmonie, de la composition, et
même de la musique des Flébreux. Bosslera élé
aussi éditeur et rédacteur principal d'une gazelle
de musique {Musikalischc fiealzeitung), qui a
paru à Spire depuis le mois de juillet 1788 jus-
qu'à la fin de juin 1790, en 4 volumes in-4", avec
4 volumes de morceaux et d'exemples de musique
publiés sous le titre iï Anthologie musicale
(Musikalische Anthologie), ^ies six derniers
mois de la gazette (juillet-décembre 1790) ont
paru sous le titre de Correspondance musicale.
lin 1792, Bossler transporta son établissement
à Darmstadt, et plus tard à Leipsick. Les jour-
naux de 1809 ont annoncé qu'il était décédé à
Mannheimie 9 décembre 1808; mais M.CIi.-Ferd.
Becker dit qu'il est mort le 9 décembre 1812, à
Leipsick.
BOSSNIS (Henri), magister et diacre à
l'église des récollets d'Augsbourg, a publié en
cette ville, en 1018, le cent-viugt-huitième psaume
à six voix, in-4''.
BOST ( M™' Louise), amateur de musique ,
née à Wufzbouri; vers 1810, s'est fait connaître
par un écrit intitulé ; Caecilia. Betrachtungen
iiber Kunst und Musik (RéHexions sur l'art et
sur la musique). Wiir/.bourg, 1839, 1 vol. in- 12.
BOTEl\LAUBEN (Othon de), comte de
Henneherg, trouvère (Minnesinger) allemand,
naquit vers la fin du douzième siècle. Il tirait
son nom de Botenlauben, bourg de la Bavière,
où vraisemblablement ses ancêtres possédaient
un château, et était seigneur de Henneberg en
Franconie. 11 se croisa avec son père et son frère
en 1 2 1 7 . De retour de la Terre sainte, il se maria ;
et sa femme, Beatrix, ([ui était de liaule naissance,
lui donna plusieurs fils. La mort de Beatrix, peu
avant 1244, décida le comte de Henneberg à se
retirer dans le cloître de Frauenrode, aux envi-
rons de Wiirzbourg, où il mourut le 4 octobre
1254. On voit cette inscription sur sa tombe :
Nobilis Otto cornes de Bodenlaubeque dives,
Princepsfamosus, sapiens, forlis, generosus,
Strenuusetjustus, praiclarus et ingeniosus;
liicjacet occullus nunc cœli lumine fultus.
Les manuscrits ont conservé quatorze chau-
Gons d'Othon de Botenlauben, que M. Fr. Henri
de Hagen a publiées dans sa grande collection
des Minncsingers, t. 1, p. 27-32. On peut con-
sulter sur ce trouvère l'ouvrage de M. de Hagen,
quatrième luirtie, 14. p. 62, et la monographie
3
34
BOTEJNLAUBEN — BOTTÉE DE TOULMON
de M. Beclislein intitulée : Geschichte und Ce-
dichte des Minnesangers Otto von Botcnlau-
ben, Grafen von H enneber g ; Lt\\iûck , 1845,
in- 4».
BOTT (Antoine), bon \ioloniste à Cassel, est
né en 17-9Ô, à Gross-Steinheim , petite ville sur
le Mein. Pendant les années 1838-1842, il a dirigé
à Cassel une société de musique instrumentale.
On a de cet artiste deux suites de caprices pour
le violon, dans la manière de Paganini, avec une
préface instructive pour l'exécution de cette mu-
sique, en allemand et en français.
BOTT (Jean-Joseph), lils aîné du précédent,
né le 9 mars 182G, à Cassel, a reçu de son père
les premières leçons de violon et de piano. Ses
rares dispositions pour la musique lui firent faire
de si rapides progrès, que, dès l'âge de huit ans,
il put se faire entendre dans quelques concerts
et s'y faire applaudir. Charmé par son heureuse
organisation, Spohr le prit comme élève, et cul-
tiva son talent naissant avec tant de soin, que
Uolt entreprit, dès l'âge de quatorze ans, un
voyage, et donna des concerts à Francfort, à
Breslau et dans plusieurs autres villes, avec le
plus brillant succès. De retour à Cassel, il se livra
à rétudedel'liarmonie, sous la direction de Haupt-
mann {voy. ce nom). Après le départ de ce
savant professeur pour Leipsick, Boit continua
ses études de composition près de Spohr. Ayant
entrepris un second voyage quelques années après,
il visita Hanovre, Brimswick , Leipsick, Olden-
bourg, Brème et Hambourg, donnant partout
des concerts, et recueillant des applaudissements.
En 1849, il fut nommé maître des concerts de
la cour, quoiqu'il ne fût âgé que de vingt-trois
ans. Trois ans après, le roi de Hanovre lui ayant
fait offrir la place de maître de chapelle de sa
cour, le grand duc de Hesse le retint à Cassel
eu lui accordant la place de second maître de sa
chapelle et du théâtre de la cour. Depuis lors ,
Boit a été chargé de conduire les opéras con-
jointement avec Spohr. Il a fait preuve d'une
rare habileté dans la direction d'un orchestre. Un
si rapide avancement ne put empêcher que le
jeune artiste ne fût saisi d'un profond sentiment
de mélancolie. Dans un accès de ce mal , il se
précipita dans la Fulde : heureusement il en fut
tiré avant d'être submergé.On a gravé de lui : Plu-
sieurs quatuors pour le violon; — Quatre mor-
ceaux de salon pour violon et piano, op. 1 ; Ham-
bourg, Schubert. — Un premier concerlino pour
violon etorchestre, op. 2 ; ihid. — Andante Can-
tabile pour violon et orchestre, op. 9; Cassel,
Lueck. — Quelques morceaux détachés pour le
piano, ibid.; six Lieder pour tonor avec piano,
op. 8. ibid. — Des romances pour piano; etc. Des
ouvertures de sa composition ont été exécutées
dans les concerts de Cassel, en 1843 et 1848;enlin,
il a fait représenter à Cassel, en 1854, un opéra
intitulé V Inconnue , qui a obtenu du succès.
BOTT (Jacques), frère puîné du précédent,
est aussi violoniste à la chapelle du grand-duc
(le Hesse-Cassel. La sœur de ces deux artistes,
Catherine Bott, pianiste distinguée, s'est fait con-
naître par son talent en Allemagne, à Paris et à
Londres, dans les années 1838, 39 et 40. Elle est
née à Cassel en 1824.
BOTTA (Cuarles-Joseph-Guillaume), his-
torien et médecin , né le 6 novembre 1 766, à Saint-
Georges, dans le Piémont, est mort le 10 août
1837. La vie politique et les-écrits historiques ou
littéraires de cet homme distingué n'appartiennent
pas à notre ouvrage : il n'est cité ici que pour son
mémoire Sur la nature des sons et des tons,
inséré dans les Mémoires de VAcadémle de
Turin, année 1803, et dont il a été tiré quelques
exemplaires à part. ♦
BOTTACIO ( Pall), maître de chapelle à
Como, au commencement du dix-septième siècle,
est auteur d'un recueil de madrigaux intitulé -
/ Sospiri con altri madrifjali a cinque et otto
voci. Libro primo. In Venetia, appresso Angelo
Gardano e fralelli, 1609, in-4". L'épître dédi-
catoire est datée de Como, le 20 juin 1009.
BOTTE (Adolimie-Acuille), pianiste et com-
positeur, est né le 26 septembre 1823 à Pavilly
(Seine-Inférieure). Admis comm.e élève au Con-
servatoire de Paris, au mois de janvier 1837, iJ
y a fait des études de solfège et est devenu élève
de Zimmerman pour le piano. On a publié de sa
composition des pièces léi^ères de dilïérentsgenres
(lour son instrument. Critique distingué, RI. Botte
est attaché à la Gazette musicale de Paris, et y
a ]i\iblié de fort bons articles.
BOTTÉE DE TOULMON (Auguste),
amateur de musique et bibliothécaire du Conser-
vatoire de Paris, naquit dans cette ville, le 15 mai
1797. Son père, administrateur des poudres et
salpêtres, lui fit faire des études spéciales pour
entrer à l'école Polytechnique; mais, après sa
mort, Bottée de Toulmon renonça à la culture
des sciences mathématiques pour lesquelles il ne
se sentait pas de vocation , et se livra à l'étude
du droit. 11 obtint son diplôme d'avocat en 1823;
mais, indépendant par sa fortune, il n'exerça ja-
mais cette profession, préférant suivre son pen-
chant pour la musique, dont il avait appris les
éléments dans son enfance. Il jouait un peu du
violoncelle, ce qui le lit admettre dans la société
d'amateurs qui donna des concerts au >Yauxhall
pendant les années 1825 et 1826. Desvignes,
maître de chapelle de la cathédrale de Paris, avait
BOTTÉE DE TOULMON
fié son itiaîlre cVliarmonie : il prit ensuite quel-
ques leçons deReiclia. Pendant plusieurs années
il avait fait d'assez grandes dépenses pour ras-
sembler une collection de partitions des maîtres
les plus célèbres , lorsque la publication de la
Revue musicale, en 1827, tourna ses vues vers la
littérature de la musique et vers son histoire,
comme elle a fait de beaucoup d'autres en France :
bientôt cette fantaisie devint en lui une passion
ardente. Il lui manquait, pour y faire d'utiles
travaux , une instruction fondamentale dans les
diverses branches de l'art et de la science : il lui
manquait surtout des vues, des idées, de la phi-
losophie, elle grand art de généraliser, par lequel
on rattache les faits particuliers à des causes pri-
mordiales et universelles. Rien de tout cela
n'existait pour lui ; mais il était doué de patience
et de ténacité. S'il n'est point parvenu à produire
par lui-même quelque chose de nouveau et d'une
valeur réelle, il s'est du moins instruit des tra-
vaux de ses devanciers, et a su s'en servir avec
assez d'adresse pour se faire une certaine répu-
tation de musicien érudit près des gens du monde.
Pour satisfaire son goût de recherches, il offrit
au gouvernement de remplir gratuitement les
fonctions de bibliothécaire au Conservatoire : ses
propositions furent acceptées, et il reçut sa no-
mination au mois d'aoïlt 1831. La Société des
Antiquaires de France l'avait admis au nombre
de ses membres : il lit aussi partie du comité his-
toriqueiustitué au ministère de l'inléritur, et reçut
sa nomination de membre de plusieurs sociétés
savantes. Les événements révolutionnaires de
février 1848 ayant fait sur son esprit une vive
impression, sa tête se dérangea, et dans la der-
nière année de sa vie il ne sortit plus de chez
lui. Une attaque d'apoplexie mit lin à son exis-
tence végétative, le 22 mars 18ôO. On a imprimé
de Bottée de Toulmon : r Discours .wr la
question : Faire Vhlstoire de l'ait musical
depuis V ère chrétienne jusqu'à nos jours, pro-
noncé au congrès historique, au mois de no-
vembre 1835; morceau à la fois pédant et super-
ficiel, inséré dans la Gazette musicale de Paris,
et imprimé séparément. Paris, imprimerie de
Grégoire, 1836, in-8o de 10 pages. — 2" De la
Chanson en France au moyen âge, dans l'An-
nuaire historique de 1836, tiré à part; Paris,
Crapelet, 1836, in-12 de 12 pages. Ce vaste sujet
est à peine ébauché dans le travail de Bottée de
Toulmon. — 3° Notice biographique sur les
travaux de Guido d'Arezzo, dansles Mémoires
de la Société des Antiquaires de France (I837,
tome III). — 4° Des puys de Paltnods axi
moyeu âge, dans la Revue française (juin 1836).
L'objet de ce mémoire est le poëme de diverses
formes qu'on chantait autrefois dans quelques
provinces en l'honneurde l'Immaculée Conception
de la Vierge : ce poëme s'appelait Palinod, d'où
est venu palinodie. — 5" Des instruments de
musique en usage an moyen âge, dans VAn-
nuaire historique de 1838, tiré à part; Paris
Crapelet, in-12 de 18 pages. Bottée de Toulmon
a étendu ensuite et refondu son travail dans une
Dissertation sur les instruments de musique
employés au moyen âge, dans les mémoires de
la Société de l'Histoire de France (VIP vol.
2« série, 1844). Bottée de Toulmon a fait tirer
à part cet écrit, à Paris, chez E. Duverger, 1844,
in-8° de 109 pages, avec 2 planches. Cette se-
conde rédaction est encore bien imparfaite. —
6" Instruction du Comité historique des arts
etmonuments, dans la Collection de documents
inédits sur Vhistoire de France, publics par
ordre du roi et par les soins du Ministère de
l'instruction publique, in i" de 13 pages, avec
7 planches (de l'imprimerie royale, s. d.). Celte
instruction a pour objet la recherche des monu-
ments de l'histoire de la musique, particuiière-
mentdes manuscrits et des fragments de notations
anciennes : elle fourmille d'erreurs et de non-
sens. — 7° Observations sur Ici moyens de res-
taurer la musique religieuse dans les églises
de Paris; Paris, Paul Dupont, 1841 , in-8°, —
8" Notice des manuscrits autographes de la
musique composée par feu M. L-C.-Z.-S.
Cherubini, ex-surintendant de la musique du
roi, directeur du Conservatoire de musi-
que, eic. Paris, 1843, in-S» de 30 pages. Bottée
(le Toulmon a donné aussi dans l'Encyclopédie
catholique l'article Adam de la Halle; ceUs
notice a été réimprimée dans le Théâtre-fran-
çais du moyen âge, publié par MM. Monmerqué
et Francisque Michel; Paris, 1839, gr. in-S"
(pages 49-54). Bottée de Toulmon a laissé enma-
nuscrit une traduction française de l'hjntoire de
la musique moderne en Europe, de Kiesewetter
(voy. cenom). Comme bibliothécaire du Conser-
vatoire, il a fait une chose très-utile, en faisant
copier 95 manuscrits précieux de la bibliothèque
royale de Munich, lesquels contiennent les com-
positions d'Isaak , de Senfel , de Brumel et de
beaucoup d'autres musiciens célèbres des quin-
zième et seizième siècles. Ces ouvrages sont, à la
vérité, en parties séparées; mais ils offrent aux
musiciens instruits les moyens de les mettre en
partition et de faire connaître des monuments
intéressants de l'histoire de l'art. Lui-même
avait conçu le projet de la publication d'un
Recueil de documents inédits de l'art musi-
cal, depuis le treizième jusqu'au dix-septième
siècle, lequel aurait renfermé toutes les messes in-
3,
36
BOTTÉE DE TOULMON — BOTTESINI
litulécs de l' Homme armé eiAe Beata Yirgine;
mais il n'a ym réaliser cette entreprise trop gi-
gantesque pour ses connaissances. M. Vincent,
de l'Institut de France, a publié une Notice sur
la vie ei les travaux de M. Bottée de Toul-
inon, membre résident de la Société des Anti-
quaires de France; Paris, 1851, in-S».
BOTTEGAllI (CosiMo), musicien italien,
(nt attaché au service du duc de Bavière, dans
la seconde moitié du seizième siècle. 11 a publié
un recueil, en deux livres, de madrigaux composés
par les plus célèbres artistes de cette chapelle et
par lui-même, sous ce litre : Il primo ed il sccondo
libro de' madrigali a cinque voci con uno a
dieci de' floridi virtuosi del serenissimo ducca
di Bavicra, cioè : Orlando di Lasso, Giuseppe
Guami, Ivo de Venta, Francesco da Lucca,
Antonio Morari , Giovanni ed Andréa Ga-
brielli, Antonio Gosvino, Francesco Lacidis,
Fileno Cornazzani , Francesco Mosto, Jos-
quino Sale, Cosimo Bottegari. Venezia, op-
pressa iherede di Girolamo Scotto, lâVâ,
in-4°.
BOTTEONI (Jean -Baptiste), chanoine
de Segna, petite ville de la Croatie, lit ses études
à Venise. 11 est connu comme compositeur
par la musique de l'opéra intitulé : L'Odio pla-
cato, exécuté par la noblesse de Gorice, en
1G96.
DOTTESINI (Giovanni), virtuose sur la
contrebasse et compositeur , est né à Crema
(Lombardie) , le 24 d^icombre 1823. 11 commença
l'étude de la musique cl du violon dans sa ville
natale; et, lorsqu'il eut atteint l'âge de treize ans,
H entra au Conservatoire de Milan. 11 y devint
élève de Rossi pour la contrebasse, et François
Basilj lui enseigna l'harmonie et le contrepoint.
Après le départ de ce maître pour Rome, son
successeur, Vaccaj , termina l'éducation musicale
de Bottesiui. Vers 184j0, ce jeune artiste, âgé
seulement de dix-sept ans, sortit du Conserva-
toire et parcourut toute l'Italie, en donnan-tdes
concerts jusqu'en 1840. Parvenu alors à l'âge de
vingt-trois ans , il reçut la proposition d'un enga-
gement en qualité de chef d'orchestre au théâtre
de la Havane, et l'accepta. Pendant son séjour
dans cette colonie , il écrivit la musique d'un petit
opéra espagnol, intitulé Cristophe Colomb, qui
fut représenté avec succès. Depuis lors, et à di-
verses époques , Botlesini a fait des voyages en
Amérique, parcourant les Étals-Unis, le Mexique
et les autres partios méridionales du n-ouveau
monde. 11 était à Mexico au moment de la mort
«le M""^ Sonlag, comtesse de Rossi (juin 1854).
De retour en Europe, le virtuose tro-iiva en An-
gleterre les succès d'élonnemcnt et d'cntliousiasmc
que son prodigieux talent lui avait fait rencontrer
partout. A diverses reprises, il en parcourut les
provinces ainsi que l'Ecosse et l'Irlande.
Engagé comme chef d'orchestre du théâtre ita-
lien de Paris , il prit possession de celle place
le 2 octobre 1855, et en continua le service pen-
dant deux années. Il y fit preuve des qualités
nécessaires dans un emploi de cette nature, et y
montra autant d'intelligence que d'aplomb. Le
23 février 185G,il fit représenter au même lliéàtre
l'opéra de sa composition qui avait pour titre :
VAssedio di Firenze. Ou y remarqua quelques
bons morceaux, et les journaux de musique ren-
dirent justice à la distinction et à la facture de
l'ouvrage. Avant de quitter la direction de l'or-
chestre du théâtre italien de Paris, Boltesini
reçut un témoignage flatteur de l'estime des ar-
tistes qui le composaient : Hs lui offrirent un
bâton demesureornéd'une inscription honorable.
Pendant les années 1857 et 1858, il parcourut
l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, la France
et l'Angleterre, donnant partout des concerts qui
étaient autant de tri(tin|)lies pour son talent. En
1859, il retourna en Italie, et fit représenter, au
théâtre Santa-Radcgonda , le petit opéra bouffe
intitulé II Diavolo délia notte , qui lut accueilli
avec beaucoup de faveur. Peu de temps après il
retourna en Angleterre, où il était engagé pour de
nouvelles excursions de concerts. Au moment
où cette notice est écrite ( 18G0), il est de retour
à Paris.
De tous les artistes qui se sont fait une ré-
putation de virtuose suc la contrebasse, Botle-
sini est celui dont le talent a pris l'essor le plus
élevé. La beauté du son qu'il tire de l'instrument
ingrat auquel il s'est adonné ; sa dextérité mer-
veilleuse dans les traits les plus difficiles ; sa ma-
nière de chauler, la délicatesse et la grâce de ses
ornements , composent le talenl le plus complet
qu'il soit possible d'imaginer. Par son adiesse à
saisir les sons harmoniques dans toutes les posi-
tions, Boltesini peut lutter sans désavantage avec
les violonistes les plus habiles; c'est ainsi que,
dans un duo de sa composition pour violon et
contrebasse concertants, qu'il a souvent exécuté
à Londres avec Sivori , et à Paris avec Sighicelli,
il a toujours fait éprouver à l'auditoire autant
d'admiration que de plaisir. Rien de plus éton-
nant que cette lutte de deitx instruments si dif-
férents de moyeU'S et de caractère ; il faut y avoir
entendu Boltesini pour croire à la possibilité que
le ^éant des instruments à cordes ne soit jamais
vaincu sous le rapport de la sonorité comme sous
ceux de la justesse et de la légèreté. Dragonetti ,
DairO|;',lio, Muller de DarmslatU , ont été des ar-
tistes d'exception sur la contrebasse : ils ont ex-
BOTTESIINI — BOTTIUGARI
37
.cité l'c'lonneinent de leurs contemporains par des
<|ualités d'autant plus remarquables, qu'ils étaient
,on n)(^nie temps excellents contrebassistes d'or-
rhestre; mais aucun d'eux n'a possédé le bril-
lant et la sûreté d'exécution qui brillent au plus
baut de^ré dans le talent de Bottesini. A sa pre-
mière ai)parilion dans Paris , il joua à une des
séances de la société des concerts du Conserva-
toire, et y (it naître un enthousiasme dilficile
à décrire. Cette société lui décerna par acclama-
lion une médaille d'honneur.
ijoltesini a écrit un grand nombre de morceaux
pour son instrument, tels quesolos, airs variés,
fantaisies et concertos. On a surtout applaudi à
Paris sa fantaisie sur la Sonnanbula, ses va-
riations sur le Carnaval de Venise, et le duo
dont il a été parlé précédemment. Tous ces mor-
ceaux sont restés en manuscrit jusqu'à ce jour.
Nonobstant l'admiration inspirée par le talent
prodigieux de l'arliste qui est l'objet de cette no-
tice , il n'est pas moins regrettable que de si
grandes facultés soient employées en quelque
sorte en pure perle à triompher de difficultés
inséparables d'un instrument don! la destination
n'e.st pas de charmer. Le résultat des merveiltes
opérées par un talent tout exceptionnel n'est et
ne peut être que de l'étonnûiiient, de la stupé-
faction, mais non ce plaisir pur et suave que
produit un instrument joué avec perfection dans
sa destination naturelle.
BOTTIGER ( Cuaiîles-Auguste). Voy.
BOETTICER.
liOTTOMBY ( Joseph ), né à Halifax, dans
le duclié d'York , en 1780, manifesta de Iwnne
heure du goiit pour la musicpie. A l'âge de huit
ans, il jouait déjà des concertos de violon et tou-
chait le piano. A douze, il fut placé sous la direc-
tion de Grimshaw, organistede Saint-Jean à Man-
chester, et de Watts, directeur des concerls. lia
reçu, depuis lors, des leçons de violon de Yanewitz
et Woefll fut son maître pour le piano. En 1807,
il fut nommé organiste de l'église paroissiale de
Bradford; il quitta ensuite cette place pour une
semblable à Halifax. Depuis 1820, il est fixé à
Shefficld, où il se livre à l'enseignement. H a pubhé
les ouvrages suivants : — lo Six exercices pour
piano. — 2° Douze sonatines. — 3° Deux diver-
tissements avec accompagnement de flîite. —
4° Douze valses. — 5° Huit rondos. — go Dix airs
variés.— 'o Duo pour deux pianos. — 8° Un petit
dictionnaire de musique qui u paru à Londres,
en 1816, sous ce titre : A Dicdonurtj of Music,
in-S". (Voy. Biblioth. Britann. de M. Koberl
Walt, Part. I, 138 a.)
liOTTIlIGAIll (Hercule), chevalier de la
milice dorée du pape, naquit à Bologne, au mois
d'aoïlt 1531 , d'une famille noble et ancienne de
cette ville. Il reçut une tirillanlc éducation ,
et cultiva les lettres et les sciences avec succès.
Il était surtout bon musicien, et avait fait une
élude sérieuse de la musiciuedes anciens. Partisan
déclaré de la doctrine d'Aristoxène, et adver-
saire des proportions mathémati(pies des inter-
valles des sons enseignées par les pythagoriciens ,
il fit de ses idées à ce sujet l'objet d'une partie
de ses travaux. Il mourut dans son palais de
Saint-Albert, à Bologne, le 30 septembre 1012.
Une médaille a été frappée en son honneur -.
elle représente d'un côté son buste orné du collier
de Saint- Jean-de-Latran , avec ces mots : Her-
cules ButMgarius sacr. Later. Au. Mit. Aur.
Au revers, on voit sur cette médaille un luth, une
équerre, un compas, une palette et cet exergue ••
Nec has quxsivisse salis. On n'a point à s'oc-
cuper ici de quelques livres de Bottrigari qui con-
cernent les sciences. Ses ouvrages imprimés sur
la musique sont : — 1" // Palrizio, ovvero de'
tetracordi urmunici di Aristosscno , parère c
vera dimustrazione; Bologne, IM3, in-4''. Pa-
trizzi, dont la haine ardente contre la philosophie
d'Aristote et de ses sectateurs saisissait toutes les
occasions de l'attaquer, avait fait, avec raison,
une critique amère de la fausse théorie d'Aris-
toxènc concernant la division du ton en deux
parties parfaitcnietitégales,et de la formation des
télracordes, conformément à cette théorie. Cette
critique avait paru dans la seconde partie ( Deçà
dispulata ) du livre du philosophe platonicien
\ai\[u\ù Délia poctica ; i'errare, 1586, 2 vol. in-4".
C'est [lour la combattre que Bottrigari écrivit son
ouvrage, dans lequel il se montre aristoxénien
convaincu et passionné; mais la vérité était ici
du côté de Patrizzi. — 2° H Desiderio ovvero
de' concerli di varii stromcnti musicali, Dia-
logo nel quale anco si ragiona délia parlici-
puzione di cssi slromenti , e di molle altre
cose pertinenti alla musica, du Alemanno
Benelli; ùi Venezia, Kicciardo Amadino, 159i,
in-4'^' (1). Ce nom d' Alemanno Benelli est l'ana-
gramme d'^n«ïteteA/eZone (voy. Melone), élève
et ami de Bottrigari, parce que celui-ci avait désir<'
rester inconnu ; mais, blessé de ce que Melone se
donnait pour l'auteur du livre, il le fit réimprimer
sous son nom, eu 1599, à Bologne, un vol. in-4°.
(I) J'ai dit, dans la première édition de celte Biographie,
que la première édition de ce livre a été publiée à Bo-
logne, en 1590, per il Bellagambd, et qu'il en existait
un exemplaire diargé de» notes de Bottrigari dans la Pi-
bliothèque du P. Martini, Â Bologne, J'étais mal renseigne
à cet égard, car j'ai vu en 58U les exemplaires qui ont
appartenu au P. Martini dans la blbliolhèque du Lycée mu-
sical de Bologne, et ce sont ceux des éditions de Venise,
139V, et B&lognc 1399. L'édition supposée de 1590 nVxlsto
pas.
38
BOTTRIGARI — BOUCHER
De son coté Melone soutint sa prétention en fai-
sant reparaître le livre sous son propre nom,
à Milan, en IGOl. Cette édition de Milan n'est
autre que le reste des exemplaires de celle qui
avait été pul)liée à Venise, en 1594, avec un
nouveau frontispice. Néanmoins les deux ann's
se réconcilièrent par la suite, ainsi qu'on le voit
par l'article suivant : — 3" // Melone, discorso
annonico, ed il Melone seconda, considerazloni
musicali del medesimo sopra un discorso di
M. Gandolfo Sigonio intorno o' mudrïgali
ed a' lïbrï deW Anlica musica rïdotta alla mo-
derna prattica, di D. ISicola Vincent ino , e
nelfineesso discorso del Sigonio; Ferrare, IG02,
in-4". Annibal Melone avait écrit une lettre à Bot-
trigari sur ce sujet -. Se le canzoni musicali mo-
derne comimineiuente dette madrigali, o mo-
tetli, sipossono ragionevolmente nominare di
uno de' trepuri e semplici generi armonici, e
quali debbono esserlè veramcnte tali. C'est
pour répondre à celte lettre que Bottrigari a com-
posé la première partie du Melone. Il partage
les idées émises longtemps auparavant sur ce sujet
parNicolasVicentino {voij. ce nom), et croit à la
|)0ssibiiité des genres cliromatique et enharmo-
nique des Grecs, appliqués à l'ancienne tonalité
et à l'harmonie consonnante; mais il croit que
cette application ne peut se faire que dans le sys-
tème mixte et tempéré appelé par les Italiens du
seizième siècle p«r/*dpa?o (voyez H Melone ,
p. IG et suiv, ). Jean-Baiitiste Doni est tomhé dans
les mêmes erreurs {Aggiunta al compendio del
Trattato de' generi e de'' modi délia musica,
p. 120etsuiv.); mais toutes ces opinions sont des
non-sens dont Artusi a lait justice dans son livre
Belle imper fettioni délia moderna musica (p. 28
et suiv. ). Indépendamment de ces ouvrages impri-
més, Bottrigari a laissé les suivants en manuscrit :
1* / cinque libri di musica di Anit. Manl.
Sever. Boethio, tradolti in parlare itaiiano,
1579. ( Vo!j. Martini, Stor. délia mus., t. I,
p. 451.) — 20 11 trimerone de' fondamenti ar-
monici, dans lequel il est traité des tons , des
tropes, ou moiks anciens et modernes, ainsi
que de la notation à diverses époques. (Voy.
Martini, Ibid., t. I, p. 451.) —3" Une tra-
duction duCommentaire de Macrohesurla partie
du Songe de Scipion {V. CicÉnoN et Macroee)
qui concerne l'harmonie des sphères célestes ;
— 4° Une traduction du traité de musique de
Cassiodore. Bottrigari a aussi traduit en italien
les traités d'Euclide, l'abrégé dePseilus, le dia-
logue sur la mus.ique de Plutarquc, les ouvrages
d'Alypius, de Censorin, de Bcde et de Fogliani
( Voy. ces noms ). Tous ses ouvrages existent
dans la Bibliothèque du Lycée musical de Bo-
logne. — .'>° Enfin, le père Martini possédait un
exemplaire de la traduction d'Aristoxène et de
Ptolémée par Gogavin, chargé de corrections de
la main de Bottrigari, et accompagné d'une tra-
duction italienne, dont il était l'auteur.
Gerber, dans l'article Mfl?'<ùii (Jean-Baptiste) de
son ancien lexique desmusiciens, est tombé dans
une singulière méprise : il dit, en parlant de ce sa-
vant musicien, q(je son ami Bottrigari lui avait
laissé sa riche bibliothèquemusicale. Or Bottrigari
était mort quatre- vingt-q uatorze ans avant la nais-
sance du P. Martini ; ce qui n'a pas empêché Cho-
ron et FayoUe de copier cette bizarre erreur, dans
leur Dictionnaire des nuisiciens. L'abbé Bertini n'a
pas fait cette faute dans le Dizionario storico-cri-
ticodegliscrit(oridi7nusica.G'e&tun descendant
de Bottrigari, lequel était abbé, qui a laissé par
testament au P. Martini les livres de musique
provenant de l'ancienne bibliothèque de cet écri-
vain.
BOUCHER (Hector), dit VEnfant, eut
de la réputation comme compositeur au seizième
siècle. Suivant un compte de dépense de la cour
de François l", dressé en 1532 (Mss. de la Bi-
bliothèque du Roi, F. 1500 du supplément), on
voit qu'il était haute-contre de la chapelle de ce
prince et qu'il avait trois cent soixante livres de
gages. Il fut aussi chanoine de la Sainte-Chapelle
du palais. Un nombre assez considérable de mo-
tets et de chansons à quatre, cinq et six parties,
composés par l'Enfant, se trouve dans les recueils
publiés par Nicolas Du Chemin et Adrian Le Roy.
La plus ancienne publication de ce genre est un
motet du môme musicien, inséré par Pierre At-
taignant dans le deuxième livre de ses motets
de divers auteurs qui a paru sous ce titre : Pas-
siones Dominiez in ramis palmarum, Veneris
sancte, nec non lectioncs feviarum quinte,
sexte, ac sabbati hebdomudx sanctœ. Ce motet
est un in-pace. (Voyez Inf'.ntis).
BOUCHER (Alexani>re-Jean), né à Paris
le 11 avril 1770, s'adonna de bonne heure à l'é-
tude de la musi(pie et du violon sous la direc-
tion de Navoigillo aîné. Il avait à peine atteint
sa sixième année lorsqu'il joua à la cour, et dans
sa huitième, il se fit entendre au concert spirituel.
A l'ùge de quatorze ans, lîouclier fut le soutien
de sa famille; à dix-sept, il partit pour l'Espagne,
où il entra au .service de Cliarics JV, en qualité
de violon solo. Après un long séjour dans ce pays,
sa saute s'altéra, et il obtint un congé, dont il
profita pour revenir en France. De retour à Pa-
ris, il .se fit entendre aux concerts de M'"" Cata-
lani donnés à l'Opéra, en 180G, et à ceux de Mm'"'
Grassini et Giacomelli, au mois de mai 1808. On
trouva sa manière extraordinaire : les uns l'ac-
BOUCHER
BOUELLES
30
cusaient de manquer de savoir dans le int^ca-
iiistue de larclict; les aulrcs, de s'abandonner
trop à de certaines saillies qui ressemblaient à du
cliarlatanisme ; mais tous étaient obligés d'avouer
quil ne copiait personne, et qu'il n'avait de mo-
dèle que lui-môme. Lorsque Napoléon retint
Charles IV prisonnier à Fontainebleau, Rouclier
donna à ce prince infortuné une preuve d'attacbe-
nient en se rendant auprès de lui; dévouement
auquel le monarque fut sensible. Après la res-
tauration. Doucher a passé plusieurs années à
l'aris; vers 1820, il s'est mis à voyager en Alle-
magne et dans les Pays-Bas, et partout il a ex-
cité l'étonnement. Il a souvent conté celle anec-
dote de son voyage : en 1814 il arriva en Angle-
terre, et son violon n'ayant pas été déclaré à la
douane.de Douvres, fut saisi. Il s'en empara aus-
sitôt, joua des variations improvisées sur l'air
God save the King, et séduisit par son jeu les
douaniers, qui lui rendirent son instrument. De
retour à Paris, Boucher s'est livré à l'enseigne-
ment et a joué dans quelques concerts; mais, mé-
content de sa position, il s'est éloigné de nou-
veau de la capitale de la I^rance, a traversé l'Al-
lemagne, la Pologne, et s'est rendu en Russie.
En 1844, il était à Francfort, oii il se fit entendre;
puis il retourna à Paris. Depuis lors il s'est fixe
près d'Orléans. Au moment où cette notice est
revue, Boucher vient d'arriver à Paris : il est âgé
de quatre-ving-dix-ans; néanmoins il s'e.^t fait
encore entendre en présence de quelques artistes
(18G0). On remarque dans les traits de ce Nestor
des violonistes une ressemblance sensible avec
ceux de Napoléon Bonaparte. Il s'est souvent
amusé lui-même de cette similitude, et s'est coiffé
de la même manière que le conquérant. On
connaît de cet artiste : 1° Premier concerto pour
violon et orchestre; Paris, Pleyel. —2" Mon
caprice, deuxième concerto idem; Bruxelles,
WeissenbrucU. La femme de Boucher (M™*^ Cé-
leste Gallyot) s'est fait entendre avec succès,
comme harpiste, dans les concerts de Feydeaii
en 179i. Elle est morte à Paris dans le mois de
février 1841.
BOUCHERON (Raimond), maître do cha-
pelle à Vigevano, dans la province de Novare, en
Piémont, est né dans le royaume de Sardaigne,
au commencement du dix-neuvième siècle. Cet
artiste a beaucoup écrit pour l'Église et a fait
exécuter à Vigevano, les 5, 6 et 7 octobre 1840,
deux messes et un Requiem de sa composition.
Il a publié un Pater noster ( Orazione domini-
cale) pour un chttîur à quatre voix, à Milan,
chez Ricordi , et quelques chants à voix seule,
chez le môme. L'ouvrage le plus important de
M. Boucheron est un livre qui a pour titre Filosofia
délia musica, o Estetica appticala a quest'
arte; Milan, Ricordi, 1842, un vol. gr. in-S"
de IGO pages. Bien que l'auteur de ce livre n'ait
ni la profondeur de vues, ni l'étendue de connais-
sances nécessaires pour un tel ouvrage, on y
trouve néanmoin>i des a[ierçus qui ne manquent pas
de ju<tes.se. Après avoir traité du beau en général
dans l'introduction, M. Boucheron développe, en
douze chapitres, la théorie du beau en particulier
dans la musique, et traite du caractère des instru-
ments, des voix, de la tonalité, de quelques
ressources du contrepoint, de la peinture musicale,
de la variété des caractères, de la musique à l'é-
glise, au théâtre et dans le style instrumental, etc.
M. Boucheron a participé à la rédaction delà
Gazzeda musicale dl Milano pendant plusieurs
années. Le 8 se|)tembre 1851, il a fait exécuter
à la cathédrale de Milan une me.sse solennelle de
sa composition. Le style en était un peu sec ; mais
on y remarquait du savoir.
BOUCIIET (CuAKLF.s), professeur de piano
et compositeur (!), né à Marseille, s'est fixé dans
sa ville natale. Il a publié de sa composition la
cantate de Circé (de J.-B. Rous.seau), avec ac-
compagnement de piano, une nouvelle invitation
à la valse, dédiée à la mémoire de Weber, un
rondeau brillant pour le piano et un grand final
brillant pour le même instrument, à Marseille,
chez Boisselol. Blanchard a fait une analyse plai-
sante de toute celte musique pire que médiocre,
dans la Gazelle musicale de Paris (1837,
p. 471 et suiv).
BOUDIER (Gebmain LE), maître des enfants
de chœur de Notre-Dame de Nantes, né vers le
milieu du seizième siècle , obtint au concours du
Pwj de musique d'Évreux, en 1581, le prix du
luth d'argent, pour la composition de la chanson
française à plusieurs voix : Et la fleur vole.
BOUDÏIX (Jean), en latin Boudinius, né à
Furnes , petite ville de la Flandre, fut président
du conseil de cette ville. Le catalogue des livres
de M. de Peralta indique sous ce nom un ouvrage
intitulé : De Prxslanlia musicœ velcris; Flo-
rentiae, 1647, in-4o. Il n'est pas douteux que cette
indication est une erreur, et que ce traité n'est
autre que celui que Doni a publié la môme année,
dans la même ville et sous le môme titre.
BOUELLES, BOUILLES, ou BOU-
VELLES (Charles), en latin Bovillus, né
à Sancourt, village de Picardie, vers 1470,
étudia les mathématiques, et particulièrement
la géométrie sous Lefèvre d'Eta|)les. Après avoir
voyagé en Espagne et en Italie, il obtint
un canonicat àNoyon, où il enseigna la théo-
logie. 11 est mort vers 1553. Parmi ses ou-
vrages, on lui attribue ceux-ci : L De com-
40
BOUELLES — BOUGEANT
titutione et uliUtate arlium humananim;
Paris, Jehan Petit, sans date, in-4o. — II. Rttdi-
menta miisicee figuratx, 1512, in-8o. Ce dernier
livre a été cité par Gesner, dans sa Bibliothèque
universelle ( lib. 7, tit. 3 ), et c'est d'après lui que
Forkel et Lichtenthal en ont parlé; mais je suis
bien tenté de croire qu'il y a dans cette citation
une de ces nombreuses méprises où Gesner s'est
laissé entraîner, et que l'ouvrage dont il s'agit n'est
autre que celui de Wollick ( voij. ce nom), dont
la seconde partie, contenant le livre cinquième,
qui traite de la musique mesurée, et le sixième,
relatif au contrepoint, a été séparée des quatre li-
vres de la première (qui ne traitent que du chant
ecclésiastique), et a été publiée en 1512, in-4°
par François Regnault, sous le titre de Enchiri-
dion musicx fiyiiratx. Le môme imprimeur a
donné, en 152i, ia cinquième édition du livre
complet de Wollick. Lipenius a cité l'édition de
1512 {in Dibliolh., p. 977, c. 2), sous le titre de :
IS'icolai Wollici Enchiridion musices. Or, re-
marquez que le nom de Wollick a été souvent
cité sous la forme latine de Bolicius. Il est
vraisemblable que ce nom aura été mal écrit
par quelque copiste, ou mal lu par Gesner, et
qu'on en aura fait Bovillits, car je n'ai vu citer
par aucun auteur de livre sur la musique sous
ce dernier nom. Au reste il n'est pas inutile de
retnarquer que Gesner semble s'être corrigé lui-
même dans l'abrégé de sa bibliothèque {liiblïot.
in epUom. red., \>. G35) ; car il y indique, sous
la date de 1512, V Enchiridion musices de Wol-
lick.
BOUFFET (Jean-Baptiste), compositeur et
professeur de chant, naquit à Amiens, le 3 oc-
tobre 1770, et fit ses études musicales comme en-
fant de chœur à l'église cathédrale de cette ville.
Arrivé à Paris en 1791, il devint élève de To-
meoni pour le chant. Il était doué d'une belle
voix de ténor élevé, appelée en France haule-
contre : cet avantage le fit rechercher dans le
monde, et bientôt il devint un des professeurs de
chanta la mode. En 1806 Lesueur le (it admettre
comme ténor dans la chapelle de l'empereur Na-
poléon : il conserva la même position dans la
chapelle du roi, après la restauration. Ses ro-
mances, chansons, rondeaux et nocturnes eurent
un succès de vogue au commencement de ce
siècle : il en publia environ quatre-vingts à Paris,
chez Naderman. En 1794, il (it jouer au théâtre
Montansier un opéra en un acte de sa comj)o-
siiion intitulé L'Heureux Prétexte: cet ouvrage
fut bien accueilli par le public. Il a laissé en ma-
nuscrit deux messes à quatre voix, dont une avec
orchestre ; trois psaumes ; trois Magnificat ; deux
Salve Regina,et un Stabat à 4 voix, chaur et
orchestre. Frappé d'une paralysie du cerveau, qui
le |iriva de la mémoire et de la parole, en 1830,
Bouffet eut pendant quelques années une exis-
tence végétative : il mourut à Paris le 19 janvier
183â. Un de ses amis, M. Jules Lardin, a publié
■une Notice sur J.' II. Bouffet y compositeur et
professeur dédiant; Paris, 1835, imprimerie do
Cosson , in-8" de IG pages.
BOUFIL (Jacques-Jui.es), né le 14 mai
1783, entra le 6 prairial an XI au Conservatoire
de musique, où il prit des leçons de Xavier Le-
febre pour la clarinetle. Ses progrès furent ra-
pides, et aux concours de celte école, il obtint
d'une manière brillante le premier jirix de sou
instrument. En 180711 entra connue seconde cla-
rinette au théâtre de l'Opcra-Comique : dans la
suite il partagea l'emploi de piemière avec Du-
vernoy ; et enfin il resta chef de cet em[)loi en
1821. M. Bouftl s'est fait entendre avec succès
dans plusieurs concerts. Parmi ses compositions
on remarque: 1° Ouverture; six airs variés, et |)ot-
pourri d'airs nationaux pour flùle, deux clari-
nettes, deux cors et deux bassons, liv. 1 et 2;
Paris, Gambaro. — 2° Duos pour deux clarinet-
tes, œuvres 2, 3 et 5, Paris, Jouve et Gaveaux.
— 3" Duo pour piano et clariuelte, Paris, Ga-
raudé. — 4° Trois trios pour trois clarinettes,
op. 7; Paris, A. Petit. — 5° Idem, op. 8; ibid. ;
— 6» Trios pour deux clarinettes et basson ;
ibid.
BOUGEAIT (GuILIA^JME-HvACl^THE), jé-
suite, né à Quimper, le 4 novembre 1690, professa
successivement les humanités et l'éloquence dans
plusieurs collèges de sa société. Son ingénieux
ouvrage intitulé : Amusements philosopitiques
sur le langage des bêtes lui causa des persécu-
tions et des chagrins; il fut exilé à la Flèche.
Après sa rétractation, il lui fut permis de revenir
à Paris, où il est mort, le 7 janvier 1743, âgé de
cinquante-trois ans. Le P. Bougeant a publié :
I. Une dissertation intitulée : Nouvelles conjec-
tures sur la musique des Grecs et des Latins,
dans les mémoires de Trévoux, juillet 1725,
tom. XLIX. Il entreprend d'y réfuter la disser-
tation de Burette sur la symphonie des anciens,
en ce qui concerne l'usage que les Grecs et les
Piomains auraient fait de l'harmonie simultanée
des sons. 11 ne pense pas qu'ils y aient admis
des suites de tierces, |iar la raison que cet inter-
valle était considéré par eux comme une disson-
nance, au même degré que la seconde. Cette
dissertation a été insérée dans la Bibliothèque
française de Camusat, tome 7, p. 1 1 1 à 139. —
II. Dissertation sur la récitation ou le chant
des anciennes tragédies des Grecs et des Ho-
i mains , dans les mémoires de Trévoux , lévrier
BOUGEAINT — BOULE^GF,R
41
1735, tom. LXVllI, p. 248-279 ; travail beaucoup
trop concis pour la nature du sujet.
BOUILLAULD (Ismael), en latin Btd-
lialdtis, naqiiitàLoudunJe 28 septembre 1G05.
Après avoir étudié la tliéologie, l'histoire sacrée
el profane, les niatbéniatiques et particulièrement
l'astronomie, il voyagea en Italie, en Allemagne,
en Pologne et au Levant. 11 abjura la religion
protestante, dans laquelle il était né, pour se faire
callioliqiie romain, et se retira à l'abbaye de
Saint-Virtor, oii il mourut le 25 novembre 1694.
Bouillaud a donné la première édilion de ce qui
reste de Théon de Smyrne, avec une traduction
latine el des notes, sons ce titre : Thconis Smyr-
nsci Platonici earum qitoe in Ma/hcmadcis od
Platonis lectionem utiliasunt, cxpositio. Ebi-
MiothecaThuana. Optts mine primumeditum,
latina vcrsione, ac noiis illustrai am; Paris,
1044, in-4o ( voy. Tuéon de Smyknk). Cette édi-
tion est fort bonne. Les notes de Boiiillaud éclair-
assent la partie spéculative de la musique con-
tenue dans 61 cliapitres de l'ouvrage de l'auteur
ancien.
BOUIIV (François), professeur de vielle, au
commencement du dix-huitième siècle, a publié
à Paris, 1° La vielleuse habile, méthode pour
apprendre à jouer de la vielle, in- fol. — 2" So-
nates pour la vielle, op. 2. — 3° Les avmse-
ments d'une heure et demie, airs variés pour
la vielle.
BOULANGER (Marie-Julie HALLIGNKR,
connue sous le nom de M™*), est née à Paris, le
29 janvier 178fi. Admise comme élève pour le
solfège au Conservatoire de musique, le 20 mars
1806, elle eut ensuite Plantade pour maître de
cliant, et devint élève de Garât au mois de jan-
vier 1807. Douéed'uiiefortbellevoi\,et possédant
iinee\(''Cution vocale brillante et facile, elle obtint
de beaux succès dans les concerts où elle se fit
entendre. Le 16 mars ISII elle débuta à l'Opéra-
Comique dans L'Ami de maison et le Concert
inîcrrompu. Rappelée à grands cris après la re-
présentation, elle lut ramenée sur la scène par
EUeviou pour recevoir les bruyants témoignages
de la satisfaction du public. Tel fut l'empresse-
ment des habitants de Paris à l'entendre, que
Vadministration du théâtre prolongea fcs débuts
pendant une année entière. Au charme de son
chant se joignait un jeu naturel et plein de verve
comique. Un heureux méUtîige de gaîté, de sen-
sibilité et de finesse, donnait à son talent drama-
tique un caractère particulier. Elle jouait surtout
fort bien les rôles de soubrette et de servante, et
les habitués du théâtre Feydeau ont gardé long-
temps le souvenir de son talent dans les person-
nages si différents de la soubrette des Événe-
ments imprévus, et de la servante des Rendez'
vous bourgeois. Aprèsavoir conservé la faveur du
public pendant plus de dix-huit ans. M™* Bou-
langer a éprouvé tout à coup une altération sen-
sible dans l'organe vocal, et les dernières années
qu'elle a passées au théâtre n'ont pli;s été pour
elle qu'un temps de regret. Elle s'est retirée an
mois d'avril 1845, avec la pension acquise pen-
dant que l'Opéra-Comiqne était administré par
la société des acteurs. La rupture d'un ané-
viismela (it mourir subitement, le23jiiillet 18.)0,
à l'âge de soixante-quatre ans.
BOlILAA'GKll(ERNEST-HElNIU-ALEXANDliE),
fils delà précédente et d'un professeur île violon-
celle attaché à la chapelle du roi, est né à Paris,
le IG septembre 1S15. Admis comme élève an
Conservatoire, le 18 janvier 1830, il y reçut des
leçons de Valentin Alkan pour le solfège, puis de
Halévy pour le contrepoint, et enfin de Lesueur
pour le style dramatique. En 1835, le premier
grand prix de composition lui fut décerné au
concours de l'Institut de France, pour une can-
tate intitulée Achille. Au mois de décembre de la
même année, il jiartit pour l'Italie avec le titre
de pensionnaire du gouvernement. De retour à
Paris vers la fin de 1839, il se mit, comme tant
d'autres lauréats des grands concours, à la re-
cherche d'un poème d'opéra : il l'obtint de Scribe,
qui lui donna les rognures de Robert le diable,
dans un acte intitulé Le Diable à Vécole. Cet ou-
vrage leprésenlé au mois de janvier 1842, fut un
début heureux , car on y remarqua plusieurs
jolis morceaux de bonne lacture oii le jeune mu-
sicien avait fait preuve de sentiment drama-
tique. Les Deux Bergères , autre opéra-comique
représenté en janvier 1843, confirma les es()é-
rances données par le premier ouvrage. Une
Voix , opéra-comique en un acte, joué au mois
de mai 1845, et La Cachette, en trois actes
(aoilt 1847), sont les derniers ouvrages écrits
par Ernest Boulanger, qui semble avoir déses-
péré de lui- môme.
BOULEXGÉR (Jules-César), né à Lon-
dun en 1558, entra chez les jésuites en 1582.
Après douze ans de séjour dans leur société, il
obtint de ses supérieurs la permission d'en
sortir pour soigner l'éducation desesneveu\. Il
professa les belles-lettres à Paris, à Toulouse
et à Pise, puis rentra chez les jésuites, après vingt
ans d'absence, et mourutàCaliors,au mois d'août
1628. H a publié un traité de Théâtre, divisé
en deux livres (Troyes, 1603, in-8''). Au second,
il traite de Ludis musicis et scenicis, ubi
multa de musica antiquorum, rorumdem ti-
biis amplîssimi, organis, citharis, aliis instru-
mentis musicis, etc. C'est un fort bon ouvrage.
42
BOULENGER — BOURGEOIS
on le trouve pai mi les œuvres imprimées de Bou-
Icn^cr à Lyon, en 1621, 2 loin, in-fol. Grœvius l'a
Inséré dan-^ son T/iesnurus An t. Roman. ^ tom. 9.
lîOURDELOT (Pierre), médecin, naquit
à Sens, en lOIO. Son nom véritable élait Mlchon ;
celui de Boiirdelot lui fut donné par un de ses
oncles maternels qui avait dirigé ses études. Il
fut reçu docteur en médecine et médecin du roi
en 1 042. Appelé à Sfockliolm, en 1C5I, près de la
reine Christine, qui était dangereusement malade,
il la guérit, et mérita la bienveillance de cette
princesse par sa conversation instructive et amu-
sante. Revenu en France, il obtint l'abbaye de
Macé, quoiqu'il ne Ci'it pas dans les ordres : delà
lui est venu le nom d'abbé Doiirdelot. Il mourut
Ie9 février 1G83, dans sa soixante-seizième année.
Ce fut surses manuscrits (jne Honnet, son neveu,
écrivit L'histoire de la mttsiqîie et de ses ejjets
(voy. Bonnet). Bourdelot avait dès longtemi)s
pré[)aré les matériaux de ce faible ouvrage.
BOURET (...), lieutenant général du bail-
liage deGisors, vers le miliea du dix-liuitième
siècle, est auteur d'un petit pocme intitulé:
Les progrès de la musique sous le règne de
Louis-le- Grand ; Manlus, 1735, in-4".
BOURGEOIS (Louis), né à Paris, au com-
mencement du seizième iiiècle, s'allacha à Calvin,
et le suivit à Genève lorsque le réfoimateur rentra
dans cette ville, en 1541. Le consistoire le choisit
pour rem[)lir les fonctions de chantre à l'église
de Genève; mais n'ayant pu s'entendre dans la
suite avec les chefs de cette église, sur l'usage
qu'il voulait y introduire des psaimies barmo-
Jiisés à plusieurs parties, il retourna à Paris en
1557. H s'y trouvait encore en làfil; mais on
ne sait ce qu'il e^t devenu depuis lors. Bourgeois
est auteur d'un livre qui a paru sous ce titre :
Le droict chemin de musique , composé par
Loijs Bourgeois avec la manière de chanter
les psaumes par usage ou ruse, comme on
cognoistra au 34, de nouveau mis en citant, et
aussi le cantique de Siméon; Genève, 1550,
in-8". Il y a dos exemplaires de ce livre qui
portent la date de Lyon, 1 550 : ils sont de la même
édition que ceux de Genève; le frontispice seul
a été changé. C'est donc à tort que Forkel,
Lichtentbal, Clioron et Fayolleont indiqué'celte
édition sous le format in-4°. Ils n'ont point parlé
de l'édition de Genève, qui a pourtant été citée
par Wallher dans son Lexique de musique. Au
reste, aucun de ces écrivains n'a lu le livre de
Bourgeois. Cet ouvrage est le premier où l'on a
proposé d'abandonner la méthode de la main mu-
sicale attribuée à Gui d'Arezzo , et d'apprendre
la musique par l'usage du solfège. Bourgeois avait
lemarqué que la désignation des notes de l'échelle
générale, telle qu'on l'avait faite dans les siècles
précédents, et telle qu'elle existait encore de son
temps, avait l'inconvénient grave de mêler les
trois genres par bémol, par bécarre et par nature.
Il proposa de faire cette di'signation de manicie
qiie l'arrangement des syllabes indiquât le nom
de chaque note dans chaque gamme par bénu)l,
par nature et par bécarre, et selon un ordre
uniforme et régulier. Ainsi , on dksait autrefois
F fa ut, G sol ré ut, A la mi ré, B Ja mi, C sol
fa ut, D la sol ré, et E la mi, en sorte que les
trois premières syllabes des trois premières dfisi-
gnntions étaient les noms des trois premières
notes de la gamme par nature, les trois suivantes
a[tpartenaient à la ganune par bémol, et la der-
nière à laganmie par bécarre. De là résultait une
grande confusion dans le nom réel des notes de
chaque gamme. A ces appellations irrationnelles.
Bourgeois substitua les suivantes, où la première
syllaliecst toujoiMS lenomde la note de la gamme
par bémol , la seconde appartient à la gamine
par nature, et la troisième à la gamme par bé-
carre : F ut fa, G ré-sol ut, A mi la ré, H fa
U mi, C sol ut fa , I) la ré sol, et A mi la. Les
écoles de musi(p!e d'Italie continuèrent de faire
usage des anciennes désignations ; mais les |)ro-
testants de France adoptèrent celles de Bourgeois,
et l'us.'iges'cn répandit insensiblementdans toutes
les écoles (rançaises de musique. Ce qu'il y eut
de singulier, c'est qu'après l'introduction de la
septième syllabe (s/) dans la gamme, on continua
à se servir de ces désignations F ut fa, G ré sol,
A mi la, etc., qui ne signifiaient plus rien, puis-
qu'il n'y avait plus qu'une gamme ; on disait seu-
leuKuit b fa si au lieu de/({ mi ; l'usage de ces
appellations n'a cessé en France que vers 1800.
Bourgeois a fort bien démontré l'inconvénient
des muances multipliées, dans un chapitie spécial
de son livre sur cette matière (De l'abus des
muances);\x\^W\\ n'a point /iperç.u la possibilité de
(aire disparaître cette absurde difliculté, par le
moyen <le l'addition d'une septième syllabe.
On a aussi de ce musicien : Pseaulmes cin-
quante de 'David Uoy et Prophète, traduictz
en vers français par Clément Marot, et mis
en musique par Loijs Bourgeoys à quatre
par lies , ù voix de contrepoinct égal consonnanle
au verbe. Touiours mord envie. Imprimé à
Lyon, chez Godefroy et Marcelin Beringen, à
la rue Mercière û l'enseigne de la Foy , 1547,
petit in-4"' obi. Dans la même année, Bourgeois
avait déjà fait paraître Le premier livre de
psaulmesde David contenant XXIV psaulmes à
quatre parties; Lyon, chez les mêmes libraires,
in-4° oblong. Plus tard il a publié : Quatre-
vingt-trois psalmes de David en musiqu-z
BOURGEOIS — BOURNOISVILLE
43
(fort convenable aux instrumens), à quatre,
cinq et six parties, tant à voix pareilles qu'au-
trement; dont la basse-contre tient le sujet,
afin que ceux qui voudront chanter avec elle
à l'utiisson ou à Voctave, accordent aux autres
parties diminuées ; plus le cantique deSimcon,
les commandements de Dieu, les prières devant
et après les repas, et tcn canon à quatre ou
cinq parties, et un autre à huit; Paris, 1561,
in-80, obi.
BOURGEOIS (Louis-TiiOMAs), né à Fon-
taine-l'Évêque dans le Ilainaut, on 1<)76, entra à
l'Opéra lie Paris comme haute-contre, en 1708,
et quitta lelliéàtrcen 1711. Deux ans après il y
f\ivG[»ré5tn\eT Les Amours déguisés, et en 1715,
7,65 Plaisirs de la Paix. On a aussi de lui :
1° Deux livres de cantates françaises, Paris; in-
fol. — 20 Cantates Anacrcontiques, in-4'', obi.
— ?,''V Amour prisonnier delabeauté, cantate.
— k" Beatusvir,n\Q{el àgrandciiœur; Paris, Bal-
lard. Vers 17 IC, Bourgeois quitta Paris pour se
rendre à Toul, où il venait d'être nommé maître
de chapelle; de là il passa à Strasbourg en la
même qualité; mais son inconstance et son désir
de voyager lui firent encore quilier ce poste. Jl
est rnort à Paris, au mois de janvier 1750, dans
une situation voisine de rindigence. II avait écrit
pour les divertissements de la cour divers ballels
et cantates qui n'ont point été représentés à 10-
péra; ce sont : V Les Nuits de Sceaux, 1714. — 2®
Diane, diverlissement, 1721, avec Aubert. — 3°
Divertissement pour la naissance du Dauphin,
aD\}on,Gn 1129.— ^'' Idylede I\avibouiUet,ll3b.
-^5° Les peineset lesplaisirsde VAmour. — c
Zéphire et Flore, cantate, 1715. — 1" Psyché,
jd., 1718. — 80 Céphale et l'Aurore, idem.
— 9° Phèdre et Hippolyie, idem. — 10^ La Lyre
dAnacréon. — li° Dédale, id. — 12° Don
Quichotte, id.
BOURGEOIS (Pierre-Auguste LE}.Voyez
LKBOURGEOIS.
BOURGEON (Charles): Voy. Borjon,
BOURGES (Jean-Maurice), compositeur,
littérateur et critique distingué, né à Bordeaux,
le 2 décembre 1812, a fait de bonnes études lit-
téraires au collège de sa ville natale. Doué d'heu-
reuses dispositions pour la musique, il les cultiva
de bonne heure, et, arrivé à Paris, il se livra à
l'étude de la composition sous la direction de
Barbereau. Ce fut d'abord comme critique que
M. Bourges se fit connaître, en s'associant, dès
J839, à la rédaction de la Gazette musicale de
Paris. Un bon sentiment de l'art, un goût fin
et délicat, beaucoup de politesseet de bicnveil-
veillance, enfin une forme littéraire élégante et
facile, distinguent les nombreux articles qu'il
a fournis à celte revue périodique. Il ne s'é-
tait révélé comme compositeur que par quelques
jolies romances, lorsqu'il fit représenter, au mois
de septembre 1846, sur le théâtre de l'Opéra-Co-
niique, 5M/^ana, ouvrage élégamment écrit, dans
lequel on fut étonné de trouver autant de verve
et de gaieté que de distinction dans les idées ; car
le caractère grave de la critique de M. Bourges
pouvait faire croire que son penchant le portait
aux choses mélancoliques. Il est regrettable que
cet heureux essai n'ait pas été suivi d'ouvrages
plus importants. On doit à M. Bourges une très-
bonne traduction française de l'Oratorio de Men-
delssohn, Élie. Malheureusement, le mauvais étal
de la .santé de M. Bourges nuit à l'activité de
ses travaux.
BOURGOÎNG (Le P. François), de la
congrégation de l'Oratoire, et directeur du chœur
delà maison de Paris, naquit à Bourges dans les
dernières années du seizième siècle. Des soup-
çons graves sur sa conduite morale le firent ex-
clure de l'Oratoire; néanmoins il ne fut pas in-
terdit. Bien qu'il ne soit pas l'auteur du chant
de l'office des oratoriens, comme ou l'a dit, il
l'a mis on ordre et en a fait une bonne exposi-
tion dans le livre qui a pour titre : Brevis Psal-
modia? ratio, ad usxim Presbiterorum congre-
gationis Oratorii, Domini Noslri Jcsu-Chrisli
instituta, in qua, qiiid, quove modo tum ccle-
branti, tum choristis, aut cuiUbel à choro psal-
lendum slt, subjectis rcgulis declaretur ; Pari-
siis, ex offtcina Pétri Ballardi, 1634, in-S"* Il
y aune traduction française de cet ouvrage sous
ce titre : Le David français , ou Traité de la
sainte psalmodie; Paris, Ballard, 1G41, in-8°.
BOURA'OiWILLE (Jean-Valentin), né à
Noyon, vers 1585, fut d'abord maître de cha-
pelle à Rouen, puis à Évreux. En U;i5, il devint
maître de musique de la collégiale de Saint-
Quentin; trois ans après, il passa à Abbeville,
et enfin, en 1G20, il fut appelé à la cathédrale
d'Amiens. On a de sa composition : 1" ïrei/.e
messes à quatre parties imprimées chez Ballard,
depuis 1618 jusqu'en 1630. — 2° Octo cantica
Beat. Mar. Virg.; Paris, Ballard. Bournonville
peut-être considéré comme un des meilleurs or-
ganistes et compositeurs français qui ont vécu
sous le règne de Louis XIIT. Il avait fondé une
école de nmsique d'où sont sortis quelques ar-
tistes distingués, entre autres Arthur Aiixcous-
teaux. Il a eu un fils qui fut organiste de la ca-
thédrale d'Amiens, et qd a laissé en manuscrit
des pièces d'orgue dont je possède une copie J
elles ne sont pas sans mérite.
BOURNONVILLE (Jacques), petit-fils du
précédent, né à Amiens vers 1076, est mort.
44
BOURKONVILLE — BOUSQUET
en 1758, à râpe (li; pins (le quatre-vingts ans. Il
.n'ait ("té élève de l'ernier. On a de sa compo-
sition un livre de motels; Paris, Ballar(l,in-4°.
Ce musicien a en de la réputation , et Hameau
l'estimait. La Corde s'est trompé complètement
dans la généalogie de cette famille, en faisant
«le Jean-Valentin deux artistes différents, et de
Jacques, le fils de Valentin (qu'il appelle Valen-
iiny), au lieu de son pelit-fds.
BOUSQUET (Georges), compositeur et
ciitique, naquit à Perpignan, le 12 mars 1818.
Son père, employé des postes, avait un goût pas-
sions! pour la musique et saisissait toutes les
occasions où il pouvait en entendre, soit à l'é-
{;lise, soit au théâtre. Il se faisait accompagner
par le jeune Bousquet, dont les heureuses dispo-
sitions se développèrent rapidement par les im-
pressions fréquentes que l'art faisait sur lui. Dès
l'âge de huit ans il était enf.uit de chœur à la
cathédrale, et jouait assez bien du violon. A
dix ans il entra au collège où il (it des études
souvei-vt entravées par sa passion pour la mu-
sique. Enfin il se décida à se rendre à Paris en
18;i3,dans l'espoir d'être admis au Conservatoire
comme élève violoniste. Cependant il fallait
trouverdesmoycnsd'existencf, et Bousquet n'était
pas sans in(]uiéludeà ce sujet, liiles furent bien-
tôt dissipées, car w\& place d'alto était vacante
dans les concerts de Jidlicn, au Jardin-Turc; on
la lui offrit, et il se hàla de l'accepter. Cet em-
ploi ne lui donnait guère que du pain; mais du
pain et l'espoir dans l'avenir sont la forlune d'un
jeune artiste. Trois mois après, sa situation de-
vint meilleure par son admi.ssion à l'orchestre
(Ut Tlu'àtre-llalien conune second violon. Pen-
dant cinq ans il cvnserva cette position où se fit
en réalité son éducation musicale, par les occa-
sions fré(iuenles qu'il eut d'entendre les beaux ta-
iewts de Lahiache , Kubini, Tand)urini, la Grisi, la
Unger et la Persiani dans les œuvres de Mozart,
('imarosa, Bossini, Bellini et Donizetti. Le trésor
des merveilles de l'art .s'était ouvert pour lui et
le transportait d'admiration ; mais lorsqu'il lui
fallait descendre des hauteurs où le plaçait son
eulliousiasme pour rentrer dans les rcalilés arides
et sèches du mécanisme de l'instrument qu'on
lui enseignait au Conservatoire, tout changeait
d'aspect. Ses progrès étaient si lents dans cette
partie, matérielle de l'art, qu'il fut jugé inca-
pable par le jury d'examen, et rayé du nom-
l)re des élèves. Un an après, Bousquet rentra
dans la môme école [)bur y étudier l'harmonie
sous la direction de Collet et d'Elvvart ; puis,
on 1830, il devint élève de Lebornc pour le con-
Irepoint et la fugue, et de Berton pour le style
dramatique. En 183S, il se |)résenta comme can-
didat au grand concours de composition de l'Ins-
titut de France, y fut admis, et remporta le pre-
mier prix. Sa cantate àdeux voix, La Vcndctfa,
fut exécutée dans la séance publique de l'Acadé-
mie des beaux-arts, et sa partition fut gravée
à Paris chez INIeissonnier. Devenu pensionnaire
du gouvernement comme lauréat de ce concours,
il partit pour l'Italie, clpassadeux années àRome,
dans l'hôtel de l'Académie de France. Il y écrivit
deu^ messes; la première, pour des voix seules,
fut chantée à l'église Saint-Louis-des-Français, le
1" mai 1839 ; l'autre, avec orchestre, fut exécu-
tée dans la môme église le 1^"" mai IS'iO. Dans
cette dernière année, il composa aussi un Mise-
rere à 8 voix avec orchestre, qui fut l'objet d'un
rapport honorable lu à ta séance de l'Académie
des beaux-arts de l'Institut , au mois d'octobre
1841. La sensation (pi'avaient produite à Home
les deux messes de Boiiscpiet le fit nommer, sans
l'avoir sollicité, mendire de l'Académie deSaintc-
Cécile, et de celle des Philliarmoniqnes-romains.
Deux actes d'un Op('ra séria, des fragments d'un
opéra bouffe italien et quelques morceaux d'un
o[)éra-comi(iiie français, remplirent, avec les ou-
vrages dont il vient d'ôtre parlé, le temps que le
jeune compositeur demeura en Italie. Pendant
l'année 1841, que Bousquet passa tout entière en
Allemagne, il écrivit trois quatuors pourdeux vio-
lons, alto et violoncelle, dont le troisième, ou-
vrage très-distingué, a paru chezUrandus, à Paris.
De ses travaux en 1842, les seuls qui aient été
connus r.ont un quintette pour deux violons,
alto, violoncelle et contre-liasse qui produisit un
effet satisfaisant dans quelques concerts où il fut
entendu, et une ouverture pour l'orchestre, qui
fut exécutée dans la séance publique de l'Acailé-
luie des beaux-arts de la môme année.
De retour à Paris, après cinq années de bien
être, de rôves heureux et <le travaux d'art faits
avec joie, Bousquet .se trouva, comme tant d'au-
tres, aux. prises avec les difficultés de la vie
réelle. Il les supportait avec cour.ige parce qu'il
avait encore les illusions do l'avenir. Au mois de
mai 1844, il fit jouer au Conservatoire, parles
élèves, un petit opéra en un acte intitulé \' Hôtesse
de Lyon. Frapi)é de la grâce et de la fraîcheur
qu'il y avait trouvées, Cro.snier, alors directeur
de rOpéra-Comique confia au jeune compositeur
le libretto d'une pièce en lui acte .pour .son théâ-
tre. L'ouvrage, dont le titre était Le Moiisque»
taire, fut joué au mois d'octobre do la même
année, ne réussit pas, et n'eut que trois repré-
sentations. Évincé du théâtre comme composi-
teur, Bousquet y rentra comme chef d'orchestre
de l'Opéra National en 1847; puis il pas.=;a
au Théâtre- Italien en la môme qualité, et coa-
BOUSQUET — BOUÏEILLER
45
serva cotle position pendant les saisons 18'i9
à 185». Au mois de décembre 1852 il lit ie|)ii^-
sentcr au lliéàtrc lyrique Tabarin, en deux
actes , ouvrage frais, élégant et bien senti pour
la scène, dont le succès ranima les espérances
de l'auteur, et dont la partition a été publiée
par Grus, à Paris. Depuis le mois de mars 1846
jusqu'en février 1847 . IJousquet avait été cliargé
de la rédaction du feuilleton musical du jour-
nal Le Commerce ; mais il quitta cette position
pour écrire la Chronique musicale du journal
hebdomadaire V Illustration. H a fourni aussi
quelques articles à la Gazette musicale de Paris.
Sa situation commençait à s'améliorer : il était
connu, esiimé comme écrivain et comme artiste.
En 1852, il avait été nommé membrede la conmiis-
sion de surveillance pour l'enseignement du diant
dans les écoles communales de Paris, puis mem-
bre du comité des études au Conservatoire de
Paris; deux poèmes d'opéras, l'unenqualreactes,
l'autre en deux, lui avaient été confiés pour en
écrire la musique , et il travaillait avec ardeur à
ces deux ouvrages ; mais il était évident pour ses
amis que le principe de la vie avait été altéré c-a
lui par les chagrins de l'artiste, et par \es inquié-
tudes qui le minaient pour l'existence matérielle
de sa femme et de ses enfants. Sa poitrine était
attaquée; le mal fit de rapides progrès, et Bous-
quet expira le 15 juin 1854, dans une maison
de campagne à Saint-Clôud, près de Paris. Ainsi
linit^àl'àge de trente-six ans, un compositeur
dont le talent grandissait et n'attendait qu'une
occasion favorable pour se produire avec
éclat.
BOUSSAC (M. de), né à Paris dans les pre-
mières années du dix-huitième siècle , brilla
tomme virtuose sur la viole, vers 1740. Il a fait
graver un livre de pièces pour cet instrument.
BOUSSET (Jean-Baptiste DROUART de),
naquit à Anières, village à une lieue de Dijon,
en 1662. Son nom véritable était Drouart, au-
quel il ajouta celui de Bousset : 11 fit ses études
au collège des jésuites de Dijon, et eut pour
maître de musique Jacques Farjonel, chanoine
de la Sainte-Chapelle de cette ville. Dousset a
été maître de musique du Louvre pendant plu-
sieurs années. Le Mercure de 1721, pag. 187,
lui donne les titres de compositeur de musique
de l'Académie française, de celle des belles-let-
tres et des sciences. 11 épousa la fille de Ballard,
dont il eut deux fils. Il est mort le 3 octobre
1725. Bousset a fait imprimer de sa composition :
1° Cantates françaises ; Paris , Ballard , in-4"
obi. — 2" Églogues bachiques, m-^°. — 3''\\ngl
et un fivres d'airs à chanter; Paris, Ballard, in-4''
obi. Il a composé aussi beaucoup de motets qui
sont restés en manuscrits. On en trouve (pielques-
uns à la Bibliothèque impériale de Paris.
BOUSSET (René DROUART de ) , fils du
précédent, naquit à Paris, le 11 septembre 1703.
Il se livra d'abord à l'étude de la peinture, mais
il la quitta pour la musique, et passa dans l'école
de Bernier. Il reçut ensuite des leçons d'accom-
pagnement de Calvière, qui le décida à se livrer à
l'étude de l'orgue. Bousset devint l'un des meil-
leurs organistes français. Le dimanche 18 mai
1760, il joua l'orgue de Notre-Dame avec une
vivacité qui ne lui était pas ordinaire : Jamais,
dit-il, je ne me suis senti tant en verve qu'au-
jourd'hui. A l'Arjnus Dei ; il se trouva mal,
une paralysie se déclara, et le lendemain il
mourut. Les ouvrages qu'on a imprimés de lui
i^ont ; 1° Huit odes de J. B. Rousseau, mises
en musique. — 2° Cantates spirituelles, 1^*^
et 2" liv. — 3° Airs à chanter, f"^ et T re-
cueils, gravés iu-4°. obi. Bousset fut un des plus
ardents convulsionnaires et des plus zélés parti-
sans des miracles du diacre Paris. Les scrupides
religieux qui lui vinrent alors le décidèrent à
faire casser les planches de ses recueils de chan-
sons, devenus fort rares.
BOUTE!LLER(ColardLE), poêle et musi-
cien, était contemporain de saint Louis. Il était
ami de Guillaume Le Viniers, autre poète et mu-
sicien. On croit (lu'il était de la maison des Bou-
teillers de Scnlis. Il a laissé seize chansons no-
tées de sa composition : les manuscrits 7222,
65 et 6ô (fonds de Cangé) de la Bibliothèque im-
périale en contiennent plusieurs.
BOUTE! LLER (Louis), maître de musiqua
de la cathédrale du Mans, naquit à Moncé-en-
Rain, dans la province du Maine, en 1648. Il
n'avait que quinze ans lorsque, d'enfant de chœur
il devint maître de la cathédrale, où il a passé
toute sa vie ; mais ce succès inespéré et cette
précocité presque sans exemple ne l'empêchèrent
point de travailler avecardeur pour perfectionner
son talent : aussi remporta-t-il successivement
dix-sept prix de composition aux divers concours
qui s'ouvraient alors dans les cathédrales de
France. Il est auteur d'un grand nombre de
messes, de motets, d'hymnes et d'antiennes, (jue
les chanoines du Mans ont fait déposer dans le tré-
sor de leur église pour servir de modèles aux suc-
cesseurs de cet habile musicien. Quelques-unes
deces pièces furent exécutées devant Louis XIV,
et plurent tant à ce prince qu'il les rede-
manda souvent. Bouteiller mourut au Mans
en 1724.
BOUTEÏLLER (aîné), fut maîtredemusique
de la cathédrale de Châious-sur-Marne. La Bi-
bliothèque impériale possède un motet manuscrit
4G
BOUTELLIER — BOUTON
de sa composition sur les paroles du psaume ad
te. Domine, clamaho.
BOUTEILLER (le jeune), a été maître de
musique de la cathédrale de Meaiix. La Biblio-
thèque impériale possède treize motets manuscrits
de cet auteur. On ignore si ces deux musiciens
étaient frères, et le temps où ils vécurent.
BOUTEILLER (Guillaume), né à Paris,
en 1788, a eu pour maître de composition
Tarclii. Ses heureuses dispositions et les leçons
de ce maître lui firent faire de rapides progrès.
En 1806, il se présenta au concours de l'Institut,
et y obtint le grand prix décomposition musicale
pour sa cantate de Héro et' Léandre, qui fut
exécutée à grand orchestre dans la séance pu-
blique de l'Académie des beaux-arts, le 4 octobre
de la même année. Ce succès donnait à M. Bou-
teiller le droit d'aller passer cinq, années en- Italie
comme pensionnaire du gouvernement; mais il
n'en profita pas, et parut ne vouloir cultiver la
musi(iue qu'en amateur, ayant accepté un emploi
dans l'administration des droits réunis. Depuis
lors il n'a cessé de remplir des fonctions admi-
nistratives à Paris. Cependant M. Bouleiller n'a
pas abandonné la musique sans retour, car le
26 mai 1817 il a fait représenter au théâtre
Feydeau un opéra-comique intitulé /^e Trompeur
sans le savoir, pièce de MM. Roger et Creuzé
de Lesser, qui fut mal accueillie et qu'on n'acheva
pas. Depuis ce tenqjs, aucun ouvrage de ce com-
positeur n'a paru. La partition de sa cantate
Iléro et L'éandre a été gravée à Paris, chez Na-
derman.
BOUTELOU (....) célèbre haute-contre de
la chapelle de Louis XIV, avait une conduite si
extravagante, que, de temps en temps, on le
mettait en prison. Néanmoins, la bonté du roi
était si grande pour lui, qu'on lui servait toujours
une table de six couverts, et qu'on finissait par
lui payer ses dettes, tant il avait l'art d'émouvoir
la sensibilité de ce prince, qui avouait que la
voix de Boutelou lui arrachait des larmes.
BOUTERAVECK (Frédéric), professeur
de philosophie à Goettingue,et penseur distingué,
naquit à Goslar, le 15 avril 1706. Après avoir
achevé ses études à Goettinguc, il se livra avec
ardeur à l'étude des sciences et de la philosophie,
et s'attacha d'abord à la doctrine de Kant, dont
il présenta une exposition nouvelle dans ses
Aphorismes offerts aux amis de la Critique de
la raison ;Goettingue, 1793-, in-8° (en allemand).
Plus lard il abandonna cette théorie, et trouvant
que l'idéalisme de Fichte était trop exclusif pour
constituer la véritable théorie de la science,
qui selon lui, ne peut se passer de la certitude
/•éelle, ou de l'absolu, il exposa ses nouvelles '
idées sur cette matière dans son Aperçu d'une
Apodictiquetiniverselle; Goettingue, 1799, deux
parties in-S". Dans la suite il modifia encore
son système de philosophie dans beaucoup d'ou-
vrages cil se fait remarquer un profond savoir,
mais oii règne une finesse qui dégénère parfois
en une obscure subtilité, malgré la clarté habi •
tuelle de son style. Bouterweek n'est cité ici que
pour son jEsthélique, qui parut en deux parties
à Leipsick, en 1806, et dont, il donna un sup-
\>\émen\.&ou?,\e.i\iTti\\'' Idées sur la métaphysique
du beau, en quatre dissertations ; Leipsick, 1807,
in-S°. Ces dissertations ont été refondues ensuite
dans une nouvelle édition de son Mslhétique,
ouvrage qui renferme des idées neuves sur le
beau en musique. Bouterweek réunis-sait à sa
qualité de professeur à Goettingue celle de con-
«eiller du duc de Saxe-Weimar.ll est mort à
Goettingue le 9 septembre I82-S,
BOLITMI (LÉONARD), né à Bruxelles en 1725,
fut d'abord professeur de musique à la Haye, et
ensuite organiste de la cour de Portugal à Lis-
bonne. Il a fini ses jours à Clèves. On a de lui : 1°
Traité abrégé sur la basse continue ; La Haye,
1700. — 2° Premier et second livres de pièces de
clavecin ; La Haye, infol. obi. ;— 3" Trois con-
certos pour clavecin, in-fol.
BOUTMY (Laurent), né à Bruxelles en 1751,
y apprit les principes de la musique, le piano
et riiarmonie. Après avoir donné des leçons de
piano pendant quelques années dans sa ville na-
tale, il se rendit à Paris, puis se retira à Erme-
nonville, où il vécut paisiblement. Les troubles
de la révolution l'ayant chassé de celte retraite,
il partit pour l'Angleterre, et se maria à Londres,
où il demeura plus de vingt ans, comme profes-
seur de piano et d'Iiarmonie. De retour dans sa
patrie, il a été nommé en 1810, maître de piano
de la princesse Marianne, fille du roi des Pays-Bas.
En récompense de ses services, le roi Guiilaumo
lui avait accordé une pension de 400 llorins,
mais il l'a perdue à la révolution du mois de
septendire 1830. Boutrny est mort à Bruxelles,
au mois de mars 1837 , à l'âge de quatre-vingt-
six ans. Il a publié k Londres des sonates de
piano, et avait dans son portefeuille un opéra,
des ouvertures et quelques autres compositions.
L'ouvrage le plus-considérable sorti de sa plume
est.un livre qui a pour titre : Principes généraux
demusique, comprenant la mélodie, Vunisson
et Charmonie, suivi de la tfiéorie démonstra-
tive de Voclnve, et de son harmonie; Bruxel-
les, 1823, in-fol. obi., 10 pages de texte, et 47
pages d'exemples gravés. Cela est obscur dans les
idées et |)his obscur encore par le style.
BOUTOIM (Ernest), professeur de piano à
BOUTON — BOVEllY
47
Valcnciennes.est né à nonleaiixcn 1826. Fils d'un
marchand de vin de celte ville qui vint s'établir
à Bruxelles en 1843, il entra au Conservatoire de
musique de cette ville, le IS avril 1844, et y
devint élève de Miclielot pour le piano. Après le
Concours de 1845, il partit pour Valenciennes,
où il s'établit comme professeur de piano. Il y
publia dans la môme année une Esquisse biogra-
phique et bibliographique sur Claude Le jeune,
iu-8", laquelle est empruntée à la Biographie uni-
verselle des Musiciens. M. Uouton n'avait,
lorsqu'il a fait paraître cet écrit, ni le savoir né-
cessaire ni l'esprit de recherches indispensable
pour des travaux de ce genre.
BOU.TROY (ZosiME), musicien à Paris,
vers la fin du dix-huitième siècle, a publié un
Planisphère ou Boussole harmonique, avec un
imprimé servant à l'expliquer; Paris, 1785. Sa
brochure, jointe au tableau, a pour titre : Clef du
planisphère ou Boussole harmonique ; Varb,
1787, in 8°. On a aussi de lui: V Symphonie à Imit
instruments, la basse étant chiffrée selon les
principes du Planisphère ou Boussole harmo-
nique ; Paris 1786. — 2" Six duos faciles el agréa-
bles pour violon cl violoncelle ; ibid., 178G. —
3'^ Romances avec accompagnement de clave-
cin ou harpe'; Paris, 1787.
BOUTRY(lNiNocENT) maître de musique de la
cathédrale de Noyon, vers le milieu du dix seiiUèine
siècle, a [lublié : 1° Missa quatuor vocum ad
imitationem moduli Speciosa faota est ; Paris,
Ballard, lOGl — 2° Missa quatuor vocum adimi-
talionem moduli Magnus et mirabilis ; Paris, Bal-
lard, 16Ct.
BOUVARD (François), né à Paris vers 1C70,
était originaire de Lyon. Dans son enfance , il
entra à l'Opéra pour chanter les rôles de dessus,
ayant la voix la plus belle et la plus étendue ;
mais îl la perdit à l'âge de seize ans, après que
la mue se fut déclarée. Il s'adonna alors à l'étude
de la composition, et en 1702, il fit représenter
à l'Opéra Méduse, en trois actes. Quatre ans
après, il donna Cassandre, en société avec Ber-
lin. 11 a écrit pour la cour : Ariane et Bacchus ,
en 1729; Le triomphedeVAmour et deVHijmen,
divertissement, en 1729; Diane et V Amour,
idylle, en 1730 ; L'École de Mars, en 1733. On a
aussi de lui : 1° Cantates françaises. — 2° Quatre
recueils d'airs a chanter avec accompagne-
ment de fiùte, in-4% obi. — 3° Sonates de vio-
lon, premier livre, in-fol. — i° Idylle sur la
naissance de Jésxis-Clirist, 1748 — 5° Para-
phrase du psaume Vsqueque Domine, écrit
dans le style des oratorios italiens. Bouvard avait
beaucoup voyagé , et avait demeuré longtemps
à Home. Le roi de Portugal le fit chevalier de
l'ordre du Christ. 11 fut marié deux fois, cl épousa
on premières noces la veuve de Noël Coypel, an-
cien directeur de l'-Académie de peinture.
BOUVIER (Marie-Joseph), violoniste, na-
quit à Colorno, petite ville à quatre railles de
Uome. A l'âge de sept ans, il eut pour maître de
violon Antoine Richer de Versailles, l'un des pre-
miers violons du duc de Parme. Lu't-même
fut admis à l'orchestre de ce prince à l'âge de
douze ans. Plus lard il reçut des leçons de Pu-
gnani, qui le recommanda à Yiotli lorsqu'il vint
à Paris; celui-ci le fit débuter au Concert spiri-
tuel, en 1785. Après y avoir été entendu plusieurs
fois, il entra à l'orchestre de la Comédie italienne,
dont il n'a cessé de faire partie jusqu'à sa mort,
arrivée en 1823. lia fait graver, de sa composi-
tion, six sonates pour le violon et quelques re-
cueils de romances.
Jenny Bouvier, qui débuta dans l'opéra-comi-
que au théâtre Favart, en 1797, était (ille de cet
artiste. Elle avait de la sensibilité, de l'intelli-
gence, et chantait avec goût, mais le timbre de
sa voix avait peu d'intensité. Cette agréable can-
tatrice est morte d'une maladie de poitrine, vers
la fin de 1801.
BOVERY (ANTOiNE-NicoLAS-JosErn-BOVY,
connu sous le nom de Jules), chef d'orchestre du
théâtre de Gand et compositeur, est né à Liège,
le 21 octobre 1808. Il faisait ses études au col-
lège de celte ville lorsque son penchant décidé
pour la musique les lui fit abandonner et partir
pour Paris, oii, sans autre ressource qu'une ferme
volonté, sans le secours des leçons d'un profes-
seur, et sans aucune direction que son instinct,
il parvint à une connaissance technique suffi-
sante pour la carrière qu'il a remplie. La mort
de son père et d'un frère l'ayant laissé sans
moyens d'existence, il accepta imc place de
choriste au théâtre de Lille, à laquelle il réimit
les fonctions de troisième chef d'orchestre. Il y
fit preuve d'assez d'intelligence pour être appelé
à Douai l'année suivante, en qualité de premier
chef. Ge fut là que, sans avoir jamais reçu de le-
çons d'harmonie) ni de composition, il écrivit la
musique de jl/fli/2(e2«Aat'«s6«7,opéra-comiqueen
deux actes, qui eut quelques succès, puis Paul /«'■
en trois actes, en société avec M. Luce, amateur de
celte ville, et Victor Lcfebvre, lauréat du Conser-
vatoire de Paris. En quittant Douai, Bovery alla
à Lyon comme premier chef d'orchestre , puis
remplit le môme emploi à Amsterdam, à Anvers,
à P.ouen, et partout écrivit des opéras ou des
ballets. De retour à Paris, il y demeura une an-
née entière, et y fil jouer aux théâtres de la ban-
lieue Charles II, opéra en un acte. En I8i5 il
reçut sa nomination de chef d'orchestre du théà-
48
BOVERY — BOYCE
tre <lc Garni, en remplacement du Cliailes-Louis
llansscns, qui venait de se lixer à Bruxelles. Le
27 déccinbie de l'année suivante, il y fit repré-
senter Jflc<7J<<'s (VArteveld, grand opéra en trois
actes, accueilli avec enthousiasme par les habitants
(le celte ville, à cause de la nationalité du sujet,
mais dans lequel il y avait plus de réminiscences
que d'idées, et (|ui était assez mal écrit. Les an-
Ires ouvrages de cet artisle sont Le Giaour,
opéra en trois actes, joué avecsnccès à Lyon, Ams-
lerdam et Anvers; La Tour de Iloiicn, épisode
lyrique en un acte, et le ballet inlitulé Isoline,
<iui fut représenté à Lyon.
liOVICELLl (Jfan-Fîaptiste), né à Assise
prèsdeSpoiette, dansic seizième siècle, est auteur
<les deux ouvrages suivants : 1° RegolediMxmca ;
Venise, 1594, in-i". — 1° Madi irjali emotteUi
pnssegglali ; Venise, 1594, in-4". Cette der-
nière production fait connaître le style <les orne-
ments qu'on introduisait dans le chant d'église
à la fin du seizième siècle.
BOVILLUS. For/. BouELLES.
BOWLES (Jean), savant anglais, avocat à
Londres, et commissaire des banqueroutes, vé-
cut dans la seconde moitié du dix-huiliome siècle
et au commencement du dix-neuvième. Apparte-
nant par ses oiiinions au parti ministériel, il a
écrit une très-grande quantité de pamphlets poli-
tiques contre la France et contre l'opposition.
Parmi ses ouvrages on trouve une dissertation
i\u\ a pour titre : Remarks on some ancicnt mu-
sical instruments mentioned in the Roman
de la Rose (Remarques sur quelijues anciens ins-
trumcnis mentionnés dans le Roman de la Rose ).
Cette dissertation est insérée dans le recueil inti-
tulé : Archœologia, or Miscellaneous tracts
relaling to Antiquity ; Londres, tom. 7, page
214.
BOXBERG (CiiuÉTiEN-L(iu's), compositeur
et organiste de l'église de Sauit-Panl et Saint-
Pierre à Gorlifz, naquit à Sondershausen, le 24
avril 1670. En 1682, on l'envoya à l'école de
Saint-Thomas à Leipsick. Deux ans après il en-
tra à l'université; en 1686, il en sortit pour ^e
livrcrcntièrement aux études musicales. lLnlC92,
il était organiste dans la petite ville de Grossen-
haym. Ayant eu occasion d entendre l'opéra de
Wolfenbullel, il se sentit entraîné vers le genre
de la musique dramatique. En 1694 et IC95, il
fut apjielé dans cette ville pour y écrire des opi;-
ras; en 1C97 et 1698, ilallaà Anspach ; en 1700, à
Hesse Cassel, el enfin, en 1702, il se retira à
Gorlitz pour y prendre possession de la place
d'organiste. Depuis ce temps ou l'a perdu de vue,
et l'on manque de renseignements sur le reste de
sa vie. Adelung lui attribue les opéras dont les
t/(res suivent : 1" Orion, dont le livret a été pu-
blié à Leipsick en 1697. —2° La Foi gardée, opé-
rette, àOnolzbacli, en 1698. — 3° Sardanapale, h
Onoizbach, en 1698. — 4° Concerta quatre voix
de soprano, violon, hautbois, basse de viole et
orgue. — b° Beschreilmng der Gœrlizer Orgel
( Description de l'orguede Gorlitz ) ; Gorlitz, 1 7o4 ,
in-4°. Cette description, qui forme trois feuilles
d impression, précède le discours d'inauguration
du pasteur Godefroi Kretschmar, où se trouvent
des détails Intéressants sur l'histoire des orgues.
BOYCE (William), compositeur et docteur
en musique, ne naquit pas en 1695, comme le dit
Gerber (Nettes Lexilionder Tonkuns(lrr),maisi
vit le jour à Londres en 1710, suivant la date
de sa mort et son âge donnés par son épita-
phe. Son père; simple artisan, ayant remarqué
son penchant pour la musique, le confia aux soins
de Charles King, maître des enfants de chœur
de la cathédrale de Saint-Paul. Il fut attaché an
chœur de cette église jusqu'à l'époque delà mue
de sa voix, qui l'obligea à se retirer. Devemi
alors élève du docteur Maurice Grune, organiste
du Saint-Paul, il apprit de lui le mécanisme du
clavier et la pratique du service choral. Lorsque
ses études furent terminées avec ce maître, il se
présenta au concours pour une place d'organiste
à Saint-Michel (Corn-Ilill), avec Froud , Young,
J. \Yorgan et Kehvay ; mais quoique ce dernier
eût fort peu de talent, ce fut lui qui obtint l'em-
ploi. Boycc trouva la compensation de cet ccliec
dans la place d'organiste d'Oxford, chapelle près
de Cavendïsch Square. Ce fut alors qu'il com-
mença à se livrer à l'enseignement du clavecin
dans les pensionnats. Cependant il comprenait
que son éducation musicale n'avait pas été com-
plète; car Grune, bon organiste et iloiié d'ins-
linct pour la composition, était peu versé dans
la théorie de riiarmonie et ne l'avait pas ensei-
gnée à son élève. A cette époque, Pepiisch était
le plus savant harmoniste de l'Angleterre; ce fut
lui que Boyce choisit pour son maître : il se livra
avec ardeur, sous sa direction, à l'étude du con-
trepoint, et apprit à faire l'analyse des œuvres des •
grands maîtres de toutes les écoles. Ses premiers
essais dans la composition furent le Thétis et Pe-
lée de K)rd Landsdowue, sorte de pièce appelée;
masque en Angleterre. Cet ouvrage fut exécuté
avec succès en 1734 dans une ancienne société
appelée philharmonique ; dans la môme année,
il donna aussi à la Société d'Apollon la com-
plainte de David sur la mort de Saul et de Jona-
than.
Peu après avoir terminé ses éludes, Boyce
avait éprouvé une altération sensible dans l'or-
gane de l'ouïe : le mal fit de rapides progrès, et
BOYCE — BOYË
49
eu peu de temps il devint presque comphUe-
iiient sourd. Privé par cet accident du jilaisir
qu'il trouvait à entendre de bonne musique, et
en quelque sorte obligé de se renfernier en lui-
même, il n'en devint que plus studieux. Ses
pro[)res productions et la lecture des belles œu-
vres de l'art résumèrent par la suite toute son
existence. En 1736, Keiway ayant abandonné
l'orgue de Saint-Micbel pour celui de Saint-Mar-
lin in the Fields, sa place fut donnée à Boyce,
et, dans la même année, la mort de Joim Wildon
ayant laissé vacante une des places de composi-
teur de la chapelle royale, ce fut aussi Boyc« qui
l'obtint. Il écrivit pour cette chapelle de bonne
musique religieuse, qui est encore très-estimée en
Angleterre, et qu'on exécute presque chaque
année dans certaines circonstances solennelles.
Un des ouvrages qui lui firent le plus d'honneur
fut la musique qu'il composa sur une version du
Cantique des Cantiques, et qu'il publia en 1743
sous le titre : Salomon serenata. Plusieurs mor-
ceaux de cette œuvre ont eu beaucoup de célé-
brité, particulièrement l'air So/Cly rise, et le duo,
Together let us range the fields. En 1747 il pu-
blia aussi douze sonates en trios pour deux vio-
lons et basse, qui eurent un brillant succès. Deux
ans après il mit en musique l'ode de Dryden
pour l'installation du duc de Newcastle, suc-
cesseur du duc de Sommersct comme chancelier
de l'université de Cambridge, ainsi qu'une an-
tienne qui fut exécutée dans la même circon>-
tance. L'ode et l'antienne ont été publiées par lui
avec une dédicace au duc de Newcastle. Dans
la même année, par une faveur spéciale, l'uni-
versité lui conféra simultanément les grades île
bachelier et de docteur en musique. En 1749,
Boyce donna au théâtre de Drury-Lane le drame
musicaj intitulé The Cliaplet (La Guirlande), et
en 1731, au même théâtre, The Shepherd^s Lot-
tery (La Loterie du Berger). Ces deux ou-
vrages furent suivis de l'ode séculaire de Dry-
den, qui fut exécutée au même théâtre. Dans
la même année (1752), Boyce succéda à Green
comme chef d'orchestre de la musique du roi,
ce qui l'obligeait à diriger à Saint-Paul l'exécu-
tion annuelle au bénéfice des fils du clergé, et la
réunion triennale des trois chœurs de Worcester,
Hereford et Gloucester. Pour ces circonstances
il écrivit deux nouvelles antiennes, et ajouta l'ins-
trumentation au Te Deum de Purcell. Après la
mort de John Travers, en 1758, Boyce lui suc-
céda dans l'emploi d'un des organistes de la cha-
pelle royale. Parvenu à l'âge de 50 ans, il cessa
de se livrer à l'enseignement, et se retira à Ken-
sington, où la composition et les travaux de ca-
binet devinrent son unique api)lication. Ce fut
BIOGU. UMV. DES MUSICIE.NS. — T. H.
alors qu'il s'occupa d'une grande et belle publi-
cation de musique religieuse des compositeurs
les iilusctlèbres de l'Angleterre, depuis les temps
les plus anciens jusqu'au milieu du dix-huitième
siècle. Le premier volume de cotte précieuse col-
lection parut en 1760, sous ce titre : Calhedrnl
Music, being a Collecdon in score of the most
vaiuable and usejiil compositions for that
service, bij theseverul English Maslers. Boyce
trouva peu d'appui dans la haute société anglaise
pour son eutreprise, et le nombre des souscrip-
teurs fut très-minime ; ce nombre était peu aug-
menté lorsque le deuxième volume fut publié;
le troisième accrut un peu la liste ; mais après
avoir employé <louze années au travail nécessaire
pour cette publication, et avoir fait les avances
pour la gravure, le papier et l'impression, il put à
peine être remboursé de ses dépenses. Une nou-
velle édition de la collection de lioyce a été publiée
il y a quelques années à Londres chez MM. Ro-
bert Cocks et C'c, par les soins de M. Joseph
Warren, qui y a ajouté des notices très-bien
faites, très-détaillées et pleines d'intérêt, sur la
vie et les ouvrages des artistes dont on trouve
des compositions dans la collection de Boyce.
Cette édition, publiée avec un grand luxe typogra-
phique, fait le plus grand honneur à l'éditeur. Les
derniers ouvrages de Boyce qui ont vu le jour
sont : Anihcms for three voices (Antiennes à
trois voix) ; Londres, 1768. —Eight symphonies
for violins and olher instruments; Londres,
ilt!)o.— Lyra Britannica : being a collection of
^ngs, Ductts and Caniatas on varions sub-
jects,composed by Mr. Boyce; Londres (sans
date), in-fol. — Dix pièces d'orgue sous le titre :
Ten voluntaries for the Organ. ; Londres (sans
date). La belle antienne de ce compositeur, Bles-
sedishe that considère/ h the Poor, avecorhes-
tre, est exécutée tous les ans, à la fêle des (ils du
clergé. Boyce a cessé de vivre le 7 février 1779,
à l'âge de soixante-neuf ans, et a été inhumé dans
l'église de Saint- Paul, à Londres.
BOYE (Jean), professeur de philosophie à
Copenhague, est né en Danemarck en 1756. Pen-
dant plusieurs années il avait été recteur de l'u-
niversité Fridericia dans le Jutland ; mais le dé-
sir dese livrera ses travaux scientifiques le déter-
mina ensuite à quitter cette place pour prendre
celle de professeur àCopeniiague. Il est mort dans
cette ville en 1830, à l'âge de soixante-quatorze
ans. Il a publié plusieurs livres estimés sur la
philosophie, contre les principes de Kant, sur
l'économie politique el sociale, sur l'art d'écrire
l'histoire et sur divers autres sujets plus ou moins
importants. L'ouvrage pour lequel il est cité ici
est un petit écrit qui a pour titre : Musi/cens og
k
so
BOYI-: — BOY VIN
angens bidrag til menneskets Forcedling (De
l'inflaence de la musique et du chant sur l'amé-
lioration de l'homme) ; Copenhague, 1824, 80
pages in-8o. L'idée développée par M. Boye dans
cette brochure est celle que Cicéron a exprimée
dans ce passage : n Assenlior enim Platoni, nihil
K tam facile in animos teneros atque molles in-
« fliiere, quam varioscanendi sonos; quorum dici
« vix potest quanta sit vis in utramque partem ;
« namqiie et incitât Janguentes, et languefacit
« excltatos, et tum remittit animos, tum con-
« trahit. Civitatumque hoc multarura in Graecia
« inlerfuit, antiquum vocum servare modum. »
Boye n'élève point de doute sur les effets mer-
veilleux attribués à la musique par les anciens;
mais il prend aussi quelques-uns de ses exemples
dans les temps modernes. Son ouvrage est terminé
par l'ode de Dryden sur le pouvoir de la musique.
BOYE {■■■.), On a sous ce nom un petit
écrit assez piquant intitulé : L'expression mu-
sicale mise au rang des chimères; Amsterdam
(Paris), 1779, brochure in-8° de 4? pages. M.
Le Febvre a donné une réfutation de cet ou-
vrage dans un livre qui a pour titre : Bévues,
erreurs et méprises de différents auteurs
enmatière musicale (voy. Le Febvre). M. Qué-
rani s'est trompé (France littéraire, t. 1. p.,
487) en attribuant l'écrit de Boyé à Pascal lîoyer
(voyez ce nom).
BOYER (Philibert), musicien, né en Bour-
gogne, vers le milieu du dix-septième siècle, fut
maître de chapelle à lîeaune. Une messe à cinq
voix de sa composition a été publiée à Paris chez
Ballard, en 1692, in-fol.
BOY'ER (Pascal), né en 1743, à Tarascon,
en Provence, succéda en 1759 à l'abbé Gauzar-
gues dans la place de maître de chapelle de l'é-
glise cathédrale de Nîmes : il l'occupa pen-
dant six ans. Au bout de ce temps il se détermina
avenir à Paris, et débuta parla publication
d'une Lettre à Monsieur Diderot sur le projet
de Vunité de clef dans la musique et laré-
forme des mesures, proposées par M. l'abbé de
La Cassagne, dans ses éléments du chant ;
Paris, 1767, in-8°. Cette lettre est remplie d'ex-
cellentes remarques sur le projet peu sensé de
l'abbé de La Cassagne. On a aussi de Boyer :
l^LaSoirée perdue à l'Opéra; Paris, 1770, in-S''.
Cette pièce est relative aux discussions qui se sont
élevées à l'occasion des opéras français de Gluck,
et aux querelles des Gluckistes et des Piccinnistes.
Une deuxième édition a paru à Paris, en 1781 ,
in-8°. — 2° Notice sur la vie et les ouvrages de
Pergolèse, dans le Mercure de France juillet,
1772, page 191. Boyer a écrit quelques morceaux
qui ont été ajoutés à des opéras.
On trouve sous le nom de Boyer ( P. ) , trois
sonates pour piano avec accompagnement de
llûte ou violon et de violoncelle; Pans, Ga-
veaux.
BOYLE ou BOJLE (François), professeur
de chant et compositeur dramatique, naquit à
Plaisance en 1787. Dans sa jeunesse, il se fixa
à Milan, et écrivit pour le théâtre Re l'opéra in-
titulé Il Carnevale di Venezia, qui fut repré-
senté en 1812. Il était alors connu comme pia-
niste de talent. Il était occupé de la composition
de la Selvnggia, opéra destiné au théâtre Car-
cano, lorsqu'il fut atteint d'une maladie grave qui
le priva de la vue pour le reste de ses jours. Obligé
de renoncer alors au travail pour la scène, il
chercha des ressources dans l'enseignement du
chant, et se distingua comme professeur de cet
art. Au nombre de ses meilleurs élèves on re-
marque les ténors Bolognesi et Reina. Boyie est
mort à Milan, le 27 novembre 1844, à l'âge de
soixante et un ans. On a de cet artiste infortuné
quatre livres de solfèges ou vocalises pourniesso-
soprano, imprimés à Milan, chez Ricordi. Le
même éditeur a publié quelques morceaux pour le
piano de la composition de Buyie.
BOYLEAU ( Simon ), compositeur français
qui paraît avoir vécu en Italie vers la moitié
du seizième siècle, a publié de sa composition :
1° Motelti a quattro voci ; Venise, 1544. —
20 Madrigali a quattro voci ; Venise, 1 546.
Gesner ( Bibl. Univ., lib. VI, tit. 3, f. 82) dit que
Boy leau a écrit un livre sur la musique ; mais il n'en
indique pas le titre.
BOYVÎN (Jean), basse-taille de la chapelle
du duc d'Orléans, en 1539, suivant un état des
finances de ce prince qui se trouve aux archives
de l'État, à Paris ( Liasse R 7 — 2). Boyvin pa-
rait comme compositeur dans Le XV Livre,
contenant XKXchansons nouvelles à^parties.
Imprimé par Pierre Attaingnant et Robert
Jullet, à Paris, 1542, petit in-4o. obi.
BOYVIJ^J (Jacques), organiste de l'église ca-
thédrale de Rouen, obtint cette position en 1674,
après un concours où il trouva un rival redou-
table dans un organiste nommé Maréchal. Ce
concours eut lieu dans la Bibliothèque du cha-
pitre, en présence d'une commission de chanoi-
nes. Les candidats se donnèrent réciproquement
un sujet de fugue à traiter, sans le secours d'un
instrument. Dumont, maître de chapelle du roi,
à qui les compositions furent souunses, décida
en faveur de Boyvin, qui conserva sa place pen-
dant trente-deux ans, et mourut en 1706 ( voy.
Revue des mailres de chapelle et musiciens de
la métropole de Rouen, par M. l'abbé Langlois,
p. 20). Boyvin a publié -. 1° Premier livre d'orgue,
BOYVIN — BRADE
51
contenant les huit tons à l'usage ordinaire de
V Église; Paris, Cliristopiie Ballard, 1700, in-4",
obi. — 2° Second livre d'orgue contenant les
huit tons à Vusage ordinaire de V Église; ibid.,
1700, in-4° obi. Ce deuxième recueil est précédé
d'un Traité abrégé de V Accompagnement pour
Vorgue et pour le clavecin, où les règles prin-
cipales de l'accompagnement de la basse chiffrée
sont présentées avec assez de clarté, d'après l'an-
cienne méthode italienne. Dans l'aveptissement
de ce petit ouvrage, Boyvin dit qu'il n'a voulu y
donner que ce qu'il y- a de plus nécessaire, parce
qu'il travaillait à un traité de composition dans
lequel il avait dessein d'expliquer toutes les rè-
gles plus au long. Ce travail plus étendu n'a
pas paru. Le petit traité d'accompagnement a
été publié ensuite sans date à Amsterdam et
séparé des pièces d'orgue ; Ballard a donné aussi
séparément une édition du môme ouvrage. Les
pièces d'orgue de Boyvin consistent en préludes,
tugues, duos et trios à plusieurs claviers. L'har-
monie en est très-pure, et le style, quoique vieux,
y est supérieur à celui de toutes les pièces d'or-
gues qui ont été publiées plus tard en France.
Les mélodies sont dans le goût de Lulli ; mais
riiarraonie est remplie de ligatures et de cadences
û'inganno d'un fort bon effet. La fugue est la
seule partie faible de ces pièces ; Boyvin n'en con-
naissait pas le mécanisme.
BOZAN (Jean -Joseph)» bon musicien et pas-
teurà Chraustowicz en Bohème, a publié un beau
livre de chants d'église, avec de belles mélodies
en langue bohémienne, sous ce titre : Slawicek
Bo(jsky-To gcst Kancyonal, a nebo kniha
pjsebnj. Wytisstemj iv Ilradoy Krà lewé nad
Labem. Wacvalwa l'y belly, 1719. L'auteur
était fort âgé quand cet ouvrage a paru.
BOZIO ( Paul ), compositeur de l'école ro-
maine, vécut dans la seconde moitié du seizième
siècle. Il fut un des maîtres qui dédièrent à Pa-
lestrina, en 1592, un recueil de psaumes à cinq
voix, de leur composition.
BRACCÎiXl (.Louis), maître de chapelle, né
à Florence en 1754, mort en 1791, fut élève du
P. Martini. On cite de lui un Miserere à quatre
voix a cappella, et un Viclimœ paschali, comme
des morceaux de premier ordre dans le genre
scientifique. Il a aussi composé des Trios pour
deux soprani et tenore. Aucune de ces compo-
sitions n'a été gravée. L'abbé Santini, de Rome,
possède aussi quelques autres compositions de ce
maître, en manuscrit.
BRACCINO DA TODI ( Antoine ) , pseu-
donyme sous lequel a été publié un discours qui
contient une critique acerbe des inventions har-
moniques de Claude Monteverde. Jules-César
Monteverde, frère du compositeur Ot une réponse
k cette critique, dans une lettre placée à la fin des
Scherzi musicali a tre voci qui furent publiés
à Venise, en 1G07. On y voit que le nom de
i>?-flCcaio était supposé. Une réponseàcette lettre
parut ensuite sous le même pseudonyme avec le
titre : Discorso secondo musicale di D.Antonio
Braccino da Todi pcr la dichiaratione délia
leltera posta ne' scherzi musicali del Siff.
Claudio Monteverde . In Venezia, oppressa Gia-
como Vincenti, 160S,in-4o de 8 feuillets. M. Gas-
pari, artiste et savant distingué de Bologne, qui
a fait beaucoup de recherches pour se procurer
le premier discours, n'a pu le découvrir. U con-
jecture que Jeau-3Iarie Artusi est l'auteur de ces
deux écrits; ce qui est assez vraisemblable.
BRACK (Charles de), ancien administrateur
des douanes, naquit à Valenciennes vers 1770.
Nommé administrateur des douanes à Marseille,
en 1801, il a publié dans les mémoires de l'Aca-
démie de cette ville (t. II, 1804) : Fragment
dhm ouvrage anglais sur l'état présent de la
viusique en Europe. Ce fragment était extrait
de sa traduction française des voyages musicaux
de Burney. Ayant été envoyé à Gênes pour y
remplir les fonctions de directeur des douanes,
il y publia cet ouvrage, en 1809 et 1810, sous le
titre: De l'état présent de lamusiquecn France,
en Italie, dans les Pays-Bas, en Hollande et
en Allemagne, ou Journal de voyages faits
dans ces différents pays avec l'intention d'y
recueillir des matériaux pour servir à l'his-
toire générale de la musique, 3 vol in-S". Cette
traduction est fort mauvaise : pour la faire, M. de
Brack ne savait pas assez bien la musique, il est
évident d'ailleurs qu'il n'avait qu'une connais-
sance imparfaite de la langue anglaise, et qu'en
beaucoup d'endroits il n'a pas saisi le sens de son
auteur. En 1812, il aaussi donné une traduction
de la dissertation d'Auguslin Perotti {voy. ce
nom ) sur l'état de la musique en Italie. Retiré
des emplois publics, M. de Brack vint à Paris,
où il s'occupait de la traduction française de
l'histoire générale de la musique de Burney.
Il élaitchevalier de la Légion d'honneur, membre
des Académies de Marseille et de Nîmes, et de la
Société royale des sciences de Gœltingue. Il est
mort en 1841.
BIIADE (Guillaume), musicien anglais, se
fixa à Hambourg au commencement du dix-
septième siècle. Il parsît que son instrument
était la viole, car il se donne la qualification de
violiste, aux titres de ses ouvrages. On connaît
des recueils de pièces instrumentales à quatre,
cinq et six parties , sous les titres suivants :
r ISetie ausserlcsene Paduanen , Galtiarden .
4.
52
BRADE — BRAHAM
Canzonetten, etc.; Hambourg, 1609, in-4''. —
2° Neue ausserlesene Paduancn und Gagliar-
den mit 6 Stimmen; ibid. 1614, in-4°. — 3° Neue
lustige Volten, Courmvten, Balletten, Padua-
ncn, Galliarden, etc., mit 5 Stimmen; Franc-
fort-su r-l'Oder, 1621, in-4°.
BRAETTEL (Ulkic), coutrepointiste et
secrétaire du duc de Wurtemberg, Técut dans la
première moitié du seizième siècle. Un livre de
ses motets a été publié à Augsbourg en 1540.
On trouve aussi des pièces de sa composition
dans les recueils dont voici les titres : 1° Selec-
tissimae nec non familiarissimx cantiones
nltracentum vario idiomatevocutn, tum mul-
tiplicium quam etiam paucnrum. Fugx quo-
que ut vocantur, a sex usque ad duas vo-
ces, etc.; Augustx Vindelicorum , Melchïor
Kriestein excudebat, 1540. — 2" Concentus
octo, sex, Iquinque et quatuor vocum omnium
jucundissirni nuspiam antea sic sediti;Au-
gustœ Vindelicorum, Philippus Vhlhardus ex-
cudebat, 1545, petit in^oobl. — 3» Tomus se-
cundus psqlmorum selectorum quatuor et
quinque vocum; Norimbergœ, apud Jo. Petreium,
1539.
BRAEDER (Charles), né à Francfort-sur-
Je-Mein, était en \%'Mcantor à Werdau. lldiri-
)^ea la (ête musicale de Zwickau, en 1836. On
connaît de sa composition le psaume XV, pour 4
voix et orchestre, Leipsick, Breitkopfet Haertel,
et le psaumeXXlII, idem., ibid. Braeuer est aussi
auteur d'un traité élémentaire de chant à l'usage
des écoles, intitulé -. Leitfaden beim ersten Un-
terricht im Singen nach Noten (Guide pour
l'enseignement du chant d'après les notes, etc.,
Altenbourg, Helbig, 1837. Cette édition est la
deuxième : je ne connais pas la dale de la pre-
mière.
BRAEUMICH (Jean-Micuel), ou BREU-
NIC'H, maître de chapelle à Mayence, dans la pre-
mière moitié du dix-huitième siècle, a composé et
fait imprimer, en 1736, six messes à quatre voix,
avec accompagnement de deux violons, viole,
deux trompettes et basse continue, in-fol. En
1723, il avait été invité à se rendre à Prague,
pour assister à la représentation de l'opéra Cos-
tanzae Fortezza, qui fut joué à l'occasion du
couronnement du roi de Bohême. Ce fut pour
cette ville qu'il écrivit son oratorio intitulé :
Pœnitentia secunda post naufragium tabu-
la, etc., qui fut exécuté en 1733. Deux ans après
il (ut engagé comme maître de chapelle au ser-
vice de l'électeur de Saxe, roi de Pologne. En
1748, il fit représenter à Varsovie son opéra Mo-
derazione nclla gloria. Depuis cette époque, on
ignore quel a été le sort de Biaeimicli.
I BRAGAIMTI (François), célèbre «hanleur,
I né à Forli, brilla sur les théâtres d'Italie depuis
j 1700 jusqu'en 1720.
I BRAHAM (Jean), célèbre chanteur, dont le
nom véritable est Ji»j'a^am, estnéà Londres, vers
1774, d'une famille Israélite. Orphelin dès ses
premières années, il fut confié aux soins deLeoni,
habile chanteur italien, qui lui fit faire des études
de solfège. A l'âge de dix ans, il fit son premier
début au théâtre royal, dans un rôle d'enfant : sa
voix avait tant d'étendue et de sonorité, qu'il
pouvait chanter avec facilité plusieurs airs de
bravoure qui avaient été composés pour M'"^
Mara. Mais l'époque du changement de voix ar-
riva et l'empêcha de continuer ses débuts : mal-
heureusement ce fut précisément au moment
où Leoni fut forcé de s'éloigner de l'Angleterre à
cause du mauvais état de ses affaires. Braliam
se trouva donc une seconde fois dans l'abandon.
Son talent et sa bonne conduite lui procurèrent
un asile dans la famille de Goldsmidt. Protégé
par cette maison respectable, il devint professeur
de piano. Sa voix commençait à reprendre du
timbre lorsqu'il rencontra le célèbre flûtiste Ashe,
dans une réunion musicale : celui-ci lui conseilla
d'accepter un engagement pour la saison sui-
vante à Bath; Braham y consentit, se rendit
dans cette ville, et y fit son début, en 1794,
dans les concerts dirigés par Rauzzini. Ce grand
rrmsicien connut bientôt tout ce que présentait
de ressources une voix et une intelligence musi-
cale telles que celles de Braham ; il se chargea
de lui donner des leçons, les continua pendant
trois ans, et vit ses soins couronnés par le plus
grand succès.
Au printemps de 1790, Braham fut engagé
par Storace pour le théâtre de Drury-Lane ; il
y chanta dans l'opéra de Mahmoud, et reçut
du public les applaudissements les plus mérités.
Dans la saison suivante il parut au théâtre ita-
lien : ses succès prirent chaque jour plus d'é-
clat. Mais peu satisfait de lui-même, tant qu'il
lui restait quelque chose à apprendre , il se dé-
termina à voyager en Italie, pour se perfectionner
dans l'art du chant. Arrivé à Paris, il s'y ar-
rêta pendant environ huit mois, et y donna des
concerts qui eurent une vogue extraordinaire,
malgré le prix élevé des billets. Le premier en-
gagement qu'il accepta en Italie fut à Florence.
De là, il alla à Milan et à Gênes. IN séjourna
quelque temps dans cette dernière ville, et y étu-
dia la composition sous la direction d'Isola.
Pendant qu'il était à Gênes, il reçut plusieurs
propositions de la part des directeurs du théâtre
de Saint-Charles àNaples; mais l'état de Irouble
où était alors ce royaume les lui fit toutes rejeter»
BllAUAM — BllAMBlLLA
S3
Il se dirigea vers Livourne, Venise, Triesle, et
enfin se rendit à Hambourg.
Sollicité \ivementde retourner dans sa patrie,
il rompit les engagements qu'il avait à Milan et à
Vienne, et débuta, en 1801, au théâtre de Covent-
Garden dans l'opéra The Chaim qf the Heart,
de Reeve et Mazzinghi. Depuis cette époque il
a toujours continué à occuper le premier rang
parmi les chanteurs anglais : nul n'a jamais
chanté aussi bien que lui la musique de Hsendel,
et particulièrement l'air Deeper and deeper slill,
dans lequel il arrachait des larmes de tous les
auditeurs. 11 a joué au théâtre du Roi depuis
1806 jusqu'en 18 16, avec M""" Billington,Grassini
et Fodor. En 1809, il fut- engagé au théâtre
royal de Dublin, avec des avantages qui n'a-
vaient été accordés 1 à personne (deux mille li-
vres sterling pour quinze représentations). Ce-
pendant, le directeur fut si content de son mar-
ché, qu'à son expiration il en contracta un autre
pour trente-six représentations, au même taux.
Après qji'il eut perdu sa voix, Braham con-
serva longtemps encore la faveur du public,
parce qu'il reprf'seutait presque seul tout le
chant de l'Angleterre, et parce que les Anglais
sont fidèles à leurs vieilles admirations : do là
vient que les directeurs de Drury-Lane et de
Covent-Garden engageaient souvent ce chanteur,
et lui accordaient des appointements très-élevés,
bien qu'il clxintàt d'une manière ridicule dans
les derniers temps. Il ne chantait plus qu'a-
vec de pénibles efforts quand je l'entendis à
Londres, en 1829; néanmoins il était encore en-
gagé aux festivals de Manchester et de York, en
1835 et 183C. Braham est cité comme com-
positeur agréable : il a écrit beaucoup d'airs
fort jolis; sa Death of Nelson (La mort de
Nelson) est devenue populaire. Il a écrit aussi
plusieurs opéras parmi lesquels on remarque ;
r The Cabinet. — 2° The English Fleet. — 3°
Thirty Thousand. — 4° Out of place. — 5" Fa-
mily Quarrels. — 6° The Paragraph : Kaes.
—1° Americans. —8° TheDeviVs Bridge.—^"
FaUe Alarms.—XQo Zuma.—i i" Navensky, etc.
Braham est mort à Londres, le 17 février 1856,
à l'âge de quatre-vingts ans. Son décès avait été
annoncé plus de vingt ans auparavant dans les
journaux , et j'avais copié cette erreur dans la
première édition de ce livre.
BRAIÏMS (Jean), fils d'un contrebassiste
du théâtre de Hambourg, est né dans cette ville
le 7 mars 1833. Après avoiremployé ses premières
années à l'étude élémentaire de la musique, il
devint élève de Marxsen {voy. ce nom) à
l'âge de douze ans. Ses progrès sur le piano
furent si rapides, que dès 1847 il put doaner
des concerts et s'y faire applaudir dans les
morceaux les plus difficiles des artistes contem-
porains, ainsi que dans les œuvres classiques des
grands maîtres. Ses rares dispositions pour la
composition se manifestèrent bientôt après par
la publication d'un grand nombre de morceaux
de piano, au nombre desquels on remarque plu-
sieurs grandes sonates, trois trios, deux quatuors,
un grand Scherzo et un recueil de romances
avec accompagnement de piano,- ouvrages qui
ont paru à Hambourg et dans plusieurs autres
villes de l'Allemagne. En 1853 il entreprit un
voyage avec le violoniste hongrois Riminzy; mais
il ne tarda pas heureusement à se séparer de
cette espèce de vagabond, dont le talent est fort
extraordinaire, mais" dont les habitudes ne pou-
vaient plaire à un jeune artiste bien né. Toute-
fois, les occasions que Brahms eut de se faire
entendre en public et de faire connaître ses pro-
ductions, dans cette excursion, lui donnèrent une
célébrité hâtive. Liszt, Joachim, et d'autres ar-
tistes renommés exprimèrent l'étonnement qu'il
leur avait inspiré en termes admiratifs, et Ro-
bert Schuraann, dans un excès d'enthousiasme
qui sans doute était le précurseur du dérange-
ment de sa raison, écrivit dans le 18'"e nu-
méro du 39^ volume de la nouvelle gazette mu-
sicale de Leipsick (Neue Zeitschrift/ûr Musik),
un article extravagant dans lequel il affirmait
que Brahms est le Mozart du dix-neuvième siècle.
De pareilles appréciations, à l'aurore de la vie
d'un artiste, sont toujours sans valeur; il faut
que lacarrièreaitété remplie pourque la critique
ait la mesure du talent et du génie. Ce qui peut
ôtre dit de Brahms aujourd'hui, c'est que ses
premières productions ont de la fantaisie et
qu'elles indiquent chez leur auteur une rare in-
telligence musicale.
BRAMBILLA ( Paul), compositeur drama-
tique, est né à MHau, suivant l'almanach théâ-
tral de cette ville, intitulé : Série chronologica
délie rappresentazioni dramadco-panlomi-
miche, etc. ; mais, si je suis bien informé, cet ar-
tiste est fils d'un médecin italien au service de l'em-
pereur d'Autriche; il est né à Vienne et a suivi
son père à Milan, lorsque celui-ci a perdu ses
emplois. Quoi qu'il en soit, il a fait représenter au
théâtre Re de. cette ville, en 1816, un opéra qui
avait pour titre : H Barone burlato, et qui fut
suivi de VIdolo \Birmanno. Précédemment il
avait écrit VApparenza inganna, opéra-bouffe
qui obtint quelque succès. Ricordi en a- publié
l'ouverture pour le piano. En 1819 il donna à
Turin II Carnevale di Venezia, qui réussit. Cet
artiste a écrit aussi la musique de plusieurs bal-
lets pour le théâtre de La Scala et autr«, ainsi
54
BUAMBILLA - BKANCACCIO
que des divertissements pour le Casino des nobles
et ia société del Giardino. Enfin, on connaît de
lui: 1° Six ariettes italiennes, op. 1 ; Vienne, Ar-
taria. — 2° Romances avec accompagnement de
piano, op. 2, 3 et 4 ; ibid. — 3° Cinq ariettes ita-
liennes, op. 5; ibid. — 4" Romances avec accom-
pagnement de piano, op. G et 7; ib. — 5° Ro-
mances, Id., op. 9 ; Vienne, Mecbetli. Crambilla
fut le père d'une famille d'artistes. Sa fille ainée
(Amaiia), qui devint la femme du ténor Verger,
eut quelque talent comme cantatrice. En 1830 ,
elle était à Vérone. Deux ans après, elle obtint
des succès au tiiéâtre Carignano, à Turin ; puis
elle se rendit en Espagne, et clianta au tbéâtre de
Barcelone en 1835. Elle s'est retirée de la scène
en 1842. La deuxième fillede Rrambilla (Emilie)
suivit aussi la carrière dramatique, mais ne s'é-
leva pas au-dessus du médiocre. Elle s'est aufsi
retirée du tbéâtre en 1842. La plus jeune des trois
sœurs (Erminie) fut la plus remarquable par le
talent. Elle possédait une belle voix de mezzo-so-
prano et chantait avec expression. Elle cbanta
avec succès sur plusieurs grands théâtres, parti-
culièrement à Florence, à Milan, et plus tard à
Palerme, où elle se trouvait en 1847. .^nnibal
Brambilla, (ils aîné de Paul, fut un ténor de se-
cond ordre : il chanta à Ancône en 1838-, à Mi-
lan dans la même année, à Plaisante et à Rome
en 1839, à Barcelone pendant quatre ans , puis
retourna en Italie. Ulysse, son frère , fut basse-
chanlante et ne parut que sur de petits théâ-
tres avant qu'il se rendit en Espague , où il fut at-
taché au théâtre de Valence. Il épousa la canta-
trice Gaziello.
BRAMBILLA. Cinq sœurs de ce nom, qui
n'appartiennent pas à la famille précédente, ont
brillé comme cantatrices depuis 1830. Elles sont
nétis kCassano-sopi-a-l'Adda, bourg à six lieues
de Milan, Vainée {Mariet(a), grande musicienne
et artiste née, possédait une très-belle voix de
contralto, et chantait avec une expression tou-
chante. Elle tlébuta dans la carrière dramatique
à Novarre en 1828, à l'âge d'environ 21 ans. En
1829, elle succéda à la célèbre cantatrice Judith
Pasta au théâtre Carcano, de Milan, et y com-
mença sa renommée. Depuis lors elle a brillé sur
les scènes principales de l'Italie, à Milan parti-
culièrement, où elle fut rappelée en 1833, 1834,
1837, 1839 et 1842; à Vienne, où elle chanta
pendant quatreannéesconsécutives (1837 à 1841),
à Paris, où elle obtint de grands succès en 1835
et 1845, et à Londres en 1844. Mariette Brambilla
se distingua aussi connue professeur de chant, et a
publié des exercices et vocalises pour voix de so-
prano, en deux livres, qui sont très-esfimables;
Ricordi les a publiées à Milan. On a aussi de
sa composition un recueil de cinq aricKes, un
petit duo avec accompagnement de piano. Milan,
Kicordi, et un autre recueil de mélodies italiennes
\n\!\U\\é Souvenirs des Alpes, ibid.
Thérèse Brambilla, sœur de Mariette, s'est fait
aussi la réputation de cantatrice distinguée.
Elle commença sa carrière dramatique en 1831
sur quelques petits théâtre-s. En 1833 elle chanta
avec succès à Milan, où elle fut rappelée en 1836
et en 1840. En 1837 elle était à Tuiin, et dès
lors elle fut recherchée par tous les entrepreneurs
de théâtres d'Italie. Venise, Florence, Livourne,
Lucques, Rome, Naples, l'applaudirent tour à
tonr. A Rome l'estime qu'on avait pour son ta-
lent la fit nommer membre de l'Académie de
Sainte-Cécile. Après im séjour de deux années
en Espagne, elle chanta avec succès à Paris, en
1846; puis elle retourna en Italie.
Anuette, sœur des précédentes, s'est fait aussi
applaudir sur les théâtres de quelques grandes
villes, telles que Milan, où elle chanta dans les an-
nées 1833 et 1837, Venise, Turin, Florence et
Barcelone.
Joséphine Brambilla, quatrième sœur de cette
famille, a débuté à Trieste, eu 1841, puis a chanté
à Rome, et enfin à Barcelone dans les années
1842, 43 et 44. Postérieurement, on n'a plus de
renseignements sur sa personne.
La plus jeune des cinq sœurs ( Laure), a chanté
au théâtre de Pise en 1844. C'est tout ce que je
sais sur elle.
BRAIVIINI (Jacques), né à Rome vers 1640,
eut pour maître de chant et de contrepoint Ho-
race Benevoli. Après avoir terminé ses études
musicales, il obtint la place de maître de cha-
pelle à Sainte-Marie délia consolazione, dans
sa ville natale. Sa santé déplorable, qui était la
suite de sa constitution difforme (il était mons-
trueusement bossu), le tint dans un état de con-
tinuelles souffrances, qui ne cessa qu'à sa mort,
en 1674. Bramini s'est distingué comme son maî-
tre par des com-positions à 8, 12 et 16 voix. Elles
se conservent en manuscrit dans les archives de
plusieurs .églises de Rome.
BR ANCiVCCIO ( Antoine ), compositeur, né
à Naples en 1819, a fait ses étodes musicales
au Conservatoire de cette ville. Il est au nombre
de ces jeunes artistes italiens de l'époque actuelle
qui produisent avec ra|)idilé des opéras de peu
de valeur, lesquels disparaissent de la scène avec
non moins de célérité. Son début se fit au car-
naval de 1843 par l'opéra 7 Panduri, qui lut
représenté au théâtre Nnovo, à Naples. Peu de
temps après il donna au même théâtre l'opéra
bouffe intitulé IlMorlo cdil l'n'o. En 1844, son
ojiéra VAsscdio di Constantina fut joué au
BRANCACCIO — DRAND
55
pclit tlitiâtre de polichinelle appelé La Fenice.
JlPunfiglione,i}pcrà bouffe, qu'il donna en 1845,
au tlu'ûtre Nuovo, eut une chute complète, mais
le compositeur fut plus heureux avec L'in-
cognila, ossia dopo 1 5 a/un, qui fut joué au théâ-
tre i^e?i «ce en 1846. Postérieurement il a fait jouer
Rosmunda, Le Sarte calabresi, l'opéra en dia-
lecte napolitain / duje vastasi di porto, Lilla,
Fraricesca di Rlmini, etc.
BHAA'CIIE (Charles- Antoine), né à Yer-
non-sur-Seine, en 1722, a été premier violon delà
Comédie italienne pendant trente ans. Il a fait
graver à Paris six sonates pour violon seul,
liv. 1*"", lesquelles ont paru en 1749.
BRANCHU ( Aiexandrine-Caroline ), con-
nue d'abord sous le nom de M'e Chevalier,
parce qu'elle était de la famîHe des Chevalier de
Lavit, naquit au cap Français, le 2 novembre
1780 (1). Conduite à Paris dans sa jeunesse, elle
fut admise comme élève au Conservatoire, au
mois de juin 1796. Deux ans après, elle y rem-
porta le premier prix de chant, et le premier
prix de déclamation lyrique lui fut décerné
en 1799. Ses études terminées, elle entra au
théâtre Feydeau ; mais le caractère de son ta-
lent ayant plus d'analogie avec le grand opéra,
elle rompit son premier engagement, et débuta
h l'Académie royale de musique, en 1801, par
le rôle de Didon : son triomphe fut complet.
Toutes les qualités se trouvaient réunies en elle
pour le genre qu'elle venait d'adopter : la puis-
sance, l'étendue delà voix, un large et beau mé-
canisme du chant, un sentiment expressif et
dramatique; enfin, un jeu de physionomie intel-
ligent et passionné, tels étaient les avantages par
lesquels elle conquit tout d'abord la faveur du
public. L'impression qu'elle produisait était irré-
sistible dans sou rôle de début, dans ceux à'Al-
cesie, de La Vestale, d'Ipermnestre dans les
Danaïdes, etc. Quels que fussent ses succès ,
elle ne les considéra jamais que comme des en-
gagements pris envers le public : ses études ne
se ralentirent pas , et jusqu'à la fin de sa car-
rière théâtrale, elle reçut des conseils de Ga-
rât, qui lui avait transmis ses belles traditions.
Admise à la retraite au mois de mars 1826 ,
elle joua pour la dernière fois le rôle de Statira
à la première représentation de la reprise d'O-
lympie, ouvrage de Spontini, le 27 février de la
même année. File avait épousé le danseur Cran-
Ghu, qui mourut aliéné. En 1830, elle se retira à
Orléans et y vécut pendant plusieurs années ;
(I) C'est par erreur qu'on a fait n.iitre M"'<= Branchu à
Paris en 178î, dans la Biographie portative des contem-
porains. J'ai tiré mes renseignements des registres de
l'ancien conservatoire de Paria.
plus tard elle revint dans son ancienne maison
de Passy, près de Paris, où elle est décédée le
14 octobre 1850. Mal informes, les journaux
avaient annoncé sa mort au mois de mai 1846.
BR ANCl ( Jean ), compositeur, né à Argenta,
au territoire de Ferrare, vers la fin du seizième
siècle, est auteur d'un œuvre qui a pour titre :
Primo libro de' sacriconcentï a 2, 3, 4 e 5 voci,
con le litanie délia Beata Virgine ai, b et 6 voci
Venise, Bart.Magni, 1619, in-4<'.
BRAMCIARDI ( François ), maître de cha-
pelle de la cathédrale de Sienne , dans les pre-
mières années du dix-septième siècle, s'est fait
connaître par un ouvrage qui a pour titre : Mis-
sarum 4eï8 vocibus liber primus ; Venetiis,
apud Angelum Gardanum, 1609, in-4°.
BRA1\CIF0RÏE ( Jérôme ), comte de Ca-
merata, et chevalier de l'ordre d'Alcantara, na-
quit à Palerme, vers le milieu du dix-septième
siècle. 11 cultiva la poésie et la musique comme
amateur, et publia un recueil de ses compositions
sous ce titre : Inftdi lumi, Madrigali a cinque
voci; Palerme, 1693, in-4° ( voy. Mongitori ,
£ibl. Sic, t. I, p. 274 ).
BRAJ\D (GottloeFrédéric), néà Arnstadt,
le S mai 1705, fut un virtuose d'une habileté ex-
traordinaire sur la trompette. Il brillaitsurtoutpar
la douceur de son jeu dans l'accompagnement du
chant. Après avoir été au service de plusieurs
princes d'Allemagne, il se fixa à la cour du duc de
Saxe-Meiningen.
BRAXD ( Jean-Jacques ), directeur de mu-
sique à Sarrebrouck, a publié en 1755, à Nurem-
berg, trois suites de pièces de clavecin, in-4". Un
autre musicien de ce nom, dont les prénoms ont
pour initiales les lettres A. C, a fait paraître à
Vienne, en 1793, Cavatinacon variationi dell'
opéra Axur, péril clavieembalo,
ËRAI^D. Trois guitaristes de ce nom sont
connus. Le premier (Alexandre) a publié des valses
pour une guitare seule, et un quatuor brillant pour
v.iolon principal, chez le même éditeur. C'est pro-
bablement le même àqui l'on doit trois duos pour
deux violons, Offenbach, André, et trois sonates
faciles et brillantes pour le môme instrument,
livre I", Mayence.Schott. Le deuxième (J. P. de
Brand) estauteur d'une sonate pourguitare et vio-
lon, Leipsick, Bieitkopf et Haertel. Le dernier
(Frédéric) a fait paraître des thèmes variés pour
guitare seule, œuvres 3, 7 et 8, Paris, Pacini,
et Mayence, Schott ; des pièces faciles et des valses
pour cet instrument, ibid., et quatre recueils de
chansons allemandes, avec accompagnement de
guitare. Celui-ci s'est aussi fait connaître comme
compositeur pour le piano par une cavatine
variée, Manheim et Francfort. Il avait épous«î
55
BRA^yD - BRANDL
M"* Danzi, de Manhcim, et vivait à Francfort en
1816. J'ignore quel est celui de ces trois artistes
quiapubliéàLeipsick une méthode pourla gui-
tare sous le titre de Guïtarschule.
BRAiVD (NoNos), né à Wasserboiirg, entra
dans l'ordre des liénédiclins à Tegernsée, en Ba-
vière, après avoir fait de bonnes études littéraires
et musicales. Son talent sur Torgue, dans la ma-
nière de Bach, était très -remarquable. 11 fut
nommé organiste de son couvent. On connaît des
messes et des chansons à quatre voix de sa com-
position dans lesquelles on remarque de l'expres-
sion et un chant gracieux. Il passa la plus grande
partie de sa vie à enseigner la musique et la lit-
térature dans l'école de son couvent. Ayant passé
de là à Freising, il y mourut d'apoplexie, en 1793.
BRAND(WAi,TnER), violoniste distingué, est
né en 1811, à Rudolstadt, où son père était mu-
sicien de chambre du prince régnant. Après avoir
fait ses études comme violoniste sous la direc-
tion de Spohr, dont il a ado[»té le style (l'exécu-
tion, il est entré dans la chapelle de Rudolstadt,
en 1831. Quelques années plus tard, il a fait plu-
sieurs voyages avec le violoncelliste De Roda. De
retour à Rudolstadt, il y a été chargé de la direc-
tion de la Société de chant, pour laquelle il a écrit
des Lieder à j)lusieurs voix. Ses compositions,
dans le genre romantique, n'ont pas élé publiées
iusqu'au moment où cette notice est écrite.
BRAND ( M. GoTTLiEB ), directeur de la
Ijedertafel ( Société de chant ) à Wurzbourg,
est né en Bavière, vers 181-8. Il a fauexécuter à
Wiirzhourg une ouverture à grand orchestre de
sa composition, et a publié un trio pour piano,
violon et vroloncelle, op. 1 ; Vienne, Haslinger.
BRANDAUouBRANDOW ( Jian-Geor-
CES ), musicien allemand, qui florissait dans la
seconde moitié du dix-septième siècle, a fait im-
primer une collection de psaumes sous ce titre :
Psalmodia Davidis, tvorin aile Psalmen Da-
vids nach franzœsischer Melodey gesetzt,
nesbt Mart. Luther s und anderer Psalmen
und Gesxnge in Zweystimmige riclilige Par-
titur und zulxssige Transposition gebracht :
Cassel, 1674, in-4°. La prem.édit. decet ouvrage
était intitulée : Davids-Harfe ; Cassel , 1665.
BRANDEL ( Je.vn ). Voy. Brandi.
BRAI\DE1\BURG( Ferdinand }, violoniste
et compositeur, né à Krfurt, s'est fixé à Leipsick
vers 1838. 11 y a fait représenter, en 1847, un
opéra sous ce titre : Die Belagerung von Solo-
turn (Le Siège de la Tour isolée). Il y a fait
exécuter aussi, en 1844, une sorte de symphonie
dramatique intitulée : Die Màhr von den Drey
Insein { La Mer des Trois Iles ). On connaît de
lui divers morceaux pour violon, entre autres une
Rêverie pour violon et piano, op. 9; Mayence,
Scliott ; une collection de pots-pourris, divertis-
sements, fantaisies et rondeaux sur des thèmes
d'opéras pour piano, en deux suites composées
chacune de 6 livraisons, et (\esLieder.
BRArMDENSTElIV (Cuarlotte de ), d'une
famille noble de l'empire, naquit à Ludwigsburg,
vers le milieu du dix-huitième siècle. Elle fut
élève de Vogler, qui a inséré dans la septième
livraison de son Journal de Musique une sonate
avec accompagnement de violon, qu'elle a com-
posée en 1780. Cette sonate a été aussi publiée
séparément.
BRAI\DES ( Charlotte-Guilhelmine-Fran-
çoiSE ), lille du célèbre acteur de ce nom, naquit
à Berlin, le 21 mai 1765. Elle brillaitau théâtrede
Hambourg comme première cantatrice, en 1782,
sous le nom de Mirsna, et recueillait aussi des
applaudissements comme virtuose sur le piano,
dans les concerts publics et particuliers. Tous
les journaux allemands de ce temps célèbrent ses
talens. Elle est morte à la fleur de l'âge, à Ham-
bourg, le 13 juin 1788. Hérold a publié dans la
même année un recueil de ses compositions : elles
con.sistent en ariettes italiennes et allemandes pour
clavecin et quelques autres pièces pour cet ins-
trument. On trouve la vie de cette cantatrice dans
\&s Annales des Théâtres de 1788, 3" livraison,
p. .33.
BRA1\D!SS (MARC-DiETKicnx), écrivain du
dix-septième siècle, a publié un traité de la ta-
blature sous ce litre : Musica Signatoria; Leip-
sick, 1031, in-S».
BRAADLou BRANDEL ( Chrétien), ex-
cellent ténor, né à Carisbad en Bohême, brillait
au théâtre national de Berlin en 1790. En 1770, il
fut engagé comme chanteur à l'église de Sainte-
Croix, à Prague; il occupa cette position jusqu'en
17h3, où il entra dans la carrière du théâtre.
En 1793, il quitta Berlin, et se rendit à Hambourg,
où il obtint des succès. Depuis ce temps , on
manque de renseignements sur sa personne et
sur sa vie d'artiste.
BRAIVDL (Jean ), directeur de musique à
Carlsruhe, naquit en Bavière, dans le territoire
de l'abbaye de Kohr, près de Ralisbonne, le 14
novembre 1764. A l'âge de six ans, on lui fit ap-
prendre léchant, le violon elle piano. 11 montrait
peu de goût pour ce dernier instrument, el l'on était
obligé d'employer la vioJence pour le contraindre
à l'étudier, parce que son penchant l'entraînait
vers le violon. Dans la suite il reconnut l'utiiifé
du piano pour la composition. A dix ans, il fut
admis comme élève au séminaire de Munich ; il
y resta pendant quatre années. Ses dispositions
pour la musique s'y développèrent, et son goût
BRANDL — BRANDT
57
pour cet art tétait si vif, qu'il négligea ses autres
études pour s'y livrer sans obstacle. Il en fut de
même lorsqu'on l'envoya au gymnase de Neu-
bourg sur le Danube. Déjà il (éprouvait le besoin
de composer, quoiqu'il n'eût aucune cotuiaissance
des procédés de l'art d'écrire. Heureusement pour
lui, Feldmayer et Schubauer se chargèrent du
soin de lui enseigner les règles de riiarinonie, et il
composa sous leur direction un Miserere qui fut
exécuté dans l'église des Jésuites. Il était alors
dans sa seizième année. Le succès de ce morceau
excita l'intérêt de l'abbé Gallus en faveur de
Brandi, et ce digne moine paya les dépenses né-
cessaires pour que le jeune artiste prtt aller étu-
dier, à Eichstadt, le contrepoint dans l'école de
Schlecht, Il ne jouit pas longtemps de cet avan-
tage, car !e maître mourut, après quelques mois,
«l'une attaque d'apoplexie. Cependant, aidé par
Ruhm, musicien de la cour. Brandi continua de
se livrer à la composition. Il était destiné à la
vie monacale; mais Rulim parvint à lui démontrer
qu'il n'était pas né pour s'ensevelir dans un cloître.
Il suivit le conseil qu'on lui donna d'aller étudier
à Fribourg ; mais la difliculté d'y vivre le ramena
au couvent de Saint-Trudber.t, où il donna des
leçons de chanta quelques jeunes gens du pays.
Insensiblement sa réputation de violoniste et de
compositeur s'étendit, et, après quelques petits
voyages, il obtint le titre de maître de chapelle
du prince de Hohenlolie Bartenstein. Il resta
dans cette position pendant trois ans, puis
il fut appelé à Bruchsat et enfin à Spire, par Par-
chevêque, en qualité de directeur de musique.
Il jouissait des avantages de cette position hono-
rable quand le pays fut envalvi par les armées
françaises. Brandi perdit sa place, et tomba dans
ime profonde misère. Retiré d'abord à Sluttgard
vers 1793, il y vécut jusqu'en 1S05, époque
où il s'est retiré à Bruchsal. Depuis lors il est re-
venu à Carlsruhe, où il est mort le 26 mai 1837.
Ses compositions les plus importantes sont : 1°
Symplionieàgrand orchestre (en ré) ; Spire, 1790.
— 2" Sérénade pour violon obligé, deux flûtes,
deux altos, deux corset contrebasse, op. 4 ; Heil-
bronn, 1792. — 3" Grande sénérade pour violon,
hautbois, violoncelle et basson obligés, deux vio-
lons, deux cors, et basse d'accomoagnement, op. 7;
Heilbronn, 1796. — 4° Six quatuors pourdeux vio-
lons, alto et basse, op. 8; ibid., 1796 — 5o Six
quintetti pour deux violons, deux altos et basse,
op. 10 ; ibid. — 6" Six quintetti, idem , op. 11,
liv. 1 et 2 ; Offenbach , 1797. —7° Symphonie à
grand orcliestre ( en mi bémol ), op. 12 ; ibid.
— 8° Quintetto pour piano, violon, alto, basson
et violoncelle, op. 13; ibid., 1798. — 9' Quin-
tetto pour violon, deux altos, bassou et violon-
celle, op. 14; ibid. — 10" Quatuor pour (lûte,
violon, alto et violoncelle, op. 15; ibid. — n»
Sextuor (en ut) pour violon obligé, basson, cor,
deux altos et violoncelle, op. 10; ibid., 1799.
— 12" Six quatuors pour deux violons, alto et
basse, op. 17, liv. 1 et 2, dédiés à Haydn; Heil-
bronn, 1799. — 13° Grand quatuor ( en ré mi-
neur ), op. I8;0ffenbach, 1799. — l4"Noclurne,
[ pour deux violons et violoncelle, op. 19; ibid.,
I 1800 15" Symphonie concertante pour violon,
violoncelle et orchestre, op. 20; ibid., 1801.
— 16° Germania, opéra en trois actes, 1800,
inédit. — 17' Trois quatuors pour deux violons,
alto et violoncelle concertants, op. 23 ; Augshourg,
1803. — 18° Poésies de Schutz mises en musi-
que; Leipsick, Kùhnel. — 19° Symplionieàgrand
orchestre ( en ré ), op. 25 ; Leipsick. — 20° Six
airs avec accompagnement de piano; ibid. Brandi
a écrit un opéra intitulé Hermann et le mono-
drame de Uero, qui ont été représentés au théâtre
de Carlsruhe. Parmi ses compositions, on compte
aussi plusieurs oratorios, quelques messes, dont
une pour quatre voix d'hommes, qui a obtenu
des éloges dans une analyse de la Gazette mu-
.sicale de Leipsick ( 1828, pag. 188 ), des con-
certos pour le basson, des sextuors et quintettes
pour cet instrument et le hautbois, des quatuors
pour le basson et pour la flûte, des recueils de
chansons allemandes à plusieurs voix et à voix
seule, avec accompagnement de piano, et plu-
sieurs autres ouvrages de différents genres. Les
cahiers de Lieder publiés par Brandi à Spire ,
chez Bossier, sont remarquables par la beauté
des mélodies.
BRANDT ( Jean ), poète et musicien, né à
Posen, en Pologne, vers 1546, fit ses premières
études dans sa patrie, et se rendit ensuite à Rome,
où il acheva de s'instruire dans les lettres et
dans les arts libéraux. En 1571, il entra chez les
jésuites, retourna ensuite en Pologne, et se livra
à la culture de la poésie et de la musique. Ses
compatriotes estiment beaucoup le recueil de mé-
lodies qu'il publia à Varsovie en 1586, sous ce
titre : Piesni latinskiei polskie z notami mu-
zycznemi ( Chants latins et polonais mis en mu-
sique ). La plupart des pièces de ce recueil sont
encore chantées par les paysans de la Pologne.
On trouve quelques mélodies de Brandt dans le
recueil qui a pour titre : Pedagogus ostendens
qua ratione prima artiuminiliapueris quam
fadlUme tradi possint ; Bâle, 1 582, in-8°.
BRANDT (Georges-Frédéric), célèbre bas-
soniste, naquit à Spandau, le 18 octobre 1773. Il
fut élevé à l'école de musique militaire de Pots-
dam, et eut pour maître de basson Antoni, artiste
distingué de cette époque. Après trois années d'é-
>8
BRANDI — BRAUER
tudes dans cette école, Brandt fut i»lacé comme
bassoniste dans im régiment de la garde royale,
à Berlin. Là il se lia d'amitié avec Bitter, musi-
cien de la cour, qui perfectionna son talent par
ses conseils. Ses nouvelles études furent inter-
rompues peu de temps après par la guerre avec
la France, et il dut entrer en campagne avec la
garde royale, en 1792. Après une absence de trois
ans, Brandt rentra à Berlin, et reprit ses études,
sous la direction de Ritter. Le roi Frédéric-Guil-
laume II, ayant voulu l'entendre, fut si satisfait
de son talent, qu'il lui donna l'assurance d'une
place dans sa musique; mais la mort du roi
anéantit tout à coup les espérances de l'artiste.
Il entreprit alors un voyage, et se rendit à Lud-
vvigslust, où le duc de Mecklembourg-Schwerin
lui proposa un engagement qu'il accepta, après
avoir obtenu son congé en Prusse, le 6 mars 1798.
En 1800 il voyagea de nouveau, visita Stettin,
Berlin, Breslau, Dresde et enfin Munich, où il fut
placé à l'orcliestre de la cour, en 1806. Les der-
nières mentions qui sont faites de Brand t remontent
à 1813.A cette époque il parcourut l'Allemagne, et
brilla dans les concerts à Vienne et à Prague. On
connaît en manuscrit quelques solos pour le
basson composés par cet artiste.
BRASPERJ\IUS ( Baltuazar ). Vojjez
Pp.asperg.
BUAIXIERl [ Claude), organiste et compo-
siteur, né en Italie vers la fin du seizième siècle,
fut attaché au service de l'archiduc Ferdinand
( qui fut roi de Bohême sous le nom de Ferdi-
nand II ) comme organiste, et vécut à Prague
en cette qualité. Dans les comptes de l'archiduc
Ernest, tenus à Prague par Biaise Hutter, son se-
crétaire intime , on trouve cet article : « à Claude
« Branieri, organiste de son altesse impériale
« l'archiduc Ferdinand, pour la partition d'une
« messe offerte au gracieux prince, 24 florins. «
( Archives du royaume de Belgique , liasse C.
4-D. ).
BRASSAC (René DE BEARN, marquis de)
amateur distingué que Vollaire a célébré dans
son Temple du Goût , fut d'abord officier de ca-
rabiniers, puis brigadier des armées du roi, et
enfin maréchal de camp, en 17G9. Il a composé
la musique de deux opéras qui ont eu du succès :
1° L'Empire de V Amour, 1733. — 1" Léandre
et Héro, 1 750. Le marquis de Brassac a fait graver
à Paris un livre de cantates à voix seule.
BRASSART ou BRASART, coutrepointiste,
vraisemblablement né en Belgique, paraît avoir
vécu dans la première moitié du quinzième
siècle, et avoir été contemporain de Faugues-, de
Régis, d'Éloy, de Cousin, et de quelques autres
musiciens qui furent les sucesseurs immédiats de
Dufay, de Binchois et de Dunstaple. Toutefois le
nom de cet artiste n'est cité que d'une manière
vague, et les renseignements sur sa vie, son mé-
rite et ses ouvrages nous manquent. Dans la voie
de découvertes où l'on est entré depuis quelques
années, il est peut-être permis d'espérer que des
manuscrits encore inconnus fourniront un jour
des documents satisfaisants sur ces anciens com-
positeurs, particulièrement sur celui qui est l'objet
de cet article. Tinctoris , Glaréan, Hermann Fink
et Ornillioparcus ne parlent pas de Brassart : Ga-
fori le cite dans un passage du troisième livre de
son ouvrage intitulé : Musica utriusque Cantus
practica : « complurestamen discordantemhnjus
« modi minimamatque semibrevem admitlebant,
« «t Dunstable (sic), Binchoyset Dufay, atque
« Brasart. »
BRASSA RT (Olivier), autre musicien belge,
vécut environ cent ans après le précédent. Il n'est
connu jusqu'à ce jour que par un œuvre qui a
pour titre : Il primo libro de Madrigali a quattro
voci; Roma, per Antonio Barré, 15C4,in-4''.
BRASSICANUS(JEAN),musicienallemand
du dix-septième siècle, était chantre à Linz
vers 1630. Daniel liintzier a inséré quelques pièces
de sa composition dans le recueil intitulé : Mu-
sikalisch-figurirte Melodien der Kirchen-ge-
saenye,etc. ; Strasbourg, 1634, in-12.
BRASSOLINI ( Dominique ) , maître de cha-
pelleà Pistoie, au commencement du dix-huitième
siècle, a consposé la musique d'un opéra intitulé
// Trionfo deW umiltà, qui a été représenté à
Modène, en 1707.
BRAUCHLE (Joseph-Xavier), compositeur,
né en Bavière dans les dernières années du dix-
huitième siècle, vécutà Vienne vers 1820, puis se
fixaàMunich,ets'y maria. Il y était encore en 1830.
Sa femme, harpiste de quelque talent, s'est fait
entendre avec succè^s à Strasbourg en 1839, et
à Augsbourg en 1846. On connaît de Brauchie :
1° Six chants à voix seule avec accompagnement
de piano, op. 1 ; Vienne, Haslinger ; — 2° Baga-
telles pour le piano, op: 2 ; ibid. — 3° Grande so-
nate pour piano, violon et violoncelle, op. 3;
ibid. — 4" Grand duo pour piano et violon , op.
4; ibid. — i)0 Grande sonate pour piano seul,
op. 5; ibid. — 6» Polonaise, romance et rondo
pour le piano, op. 6; ibid. — 1° Deux quatuors
pour deux violons, alto et basse, op 7; ibid. — 8°
Un quatuor, idem , op. 8 ; Leipsick, Breitkopf et
H.nertel. Brauchie futun des compositeurs qui mi-
rent en musique les poésies du- roi Louis de Ba-
vière, pour le recueil de chants exécutés par les
membres de la Liederkranz de Munich , le 25 mai
1829 et publiés dans cette ville chez Falter.
BRAUER (...), pianiste devienne, vivait dans
KIIAUER — RRALIN
59
f cite ville vers 1 825. On a imprimé de lui qiioli|iies
composilions pour le piano, parmi lesquelles ou
remarque : 1° Variations brillantes pour le piano
sur un lliôuic liont;rois, avec accompagnement
(le (iiiatuor; Vienne, Pciinauer. — T Ouverture
pour le piano a quatre mains; Vienne, Artaria.
— 3" Première polonaise brillante pour le piano
( en /"a ) ; Vienne, Diabelli.
liUAUER (Chrétien), a été d'abord profes-
seur de musique à Altenbourg, en Saxe, puis
est devenu directeur de musique île la société
de chant, à Cliemnitz. 11 a publié un très grand
nombre de recueils de ciiants pour 1 et 3 \oi\,
à l'usage des écoles, à Grimma, Allenliourg et
Cliemnitz. Son ouvrage 211""', consistant en un
hymne (F/-ei<e each des Herrn), pour 2 chœurs
d'hommes avec 4 voix solo, a paru en lS45à
Cliemnitz, chez Uiicker. On a aussi de Brauer
un petit traité élémentaire de musinue intitulé :
Leit/aden beiin crsten Vnterrichte un Singen
nacli ISoten ( Guide pour la première instruction
du chant d'après les notes) ; Altenbourg, Helbig.
Ce petit ouvrage est une sorte de protestation
contre l'enseignement élémentaire de Natorp par
les chiffres, qui a été définitivement abandonné
en Allemagne depuis environ 1840.
DRAUER (FRÉbÉnic-WiLUELM), organiste à
"Weissenfels , né à Naumbourg, en Prusse,
vers ISIO, fut d'abord maître d'école à Stoessen,
près de cette ville. On a de lui des pr<ludes ( Vors-
piele) d'orgue pour le livre choral de Hentscliel ^
Weissenfels, Meusel. Koerner, d'Erfurt, a publié
desacompoistion un prélude et fugue pourl'orgue
(en fa), et une conclusion ( pièce de sortie)
euut.
BRAUi\ ( Je,vin -Georges ), né à Ubtlial,
village de la Bohème , dans la première moitié
du dix-septième siècle, fut directeur du choeur
de l'église Sainl-Nicolas à Éger ou Égra, vers i G60.
Il avait écrit un livre de chant pour l'usage de
cette église. La deuxième édition de ce recueil
parut sous ce l'ûre : Echo hynwodia; eelestis (Echo
de chants célestes , ou chants anciens et nou-
vaux de l'Église catholique, pour les grandes so-
lennités et les fêtes de l'année, etc.), Éger ; Abraham
Lichlenthaler, 1673, in-12. Dans l'épilre dédi-
catoire de cette édition, on voit que la îpremière
avait paru en IC64 ; car Braun dit : « Le livre de
« chant que j'ai fait imprimer il y a onze ans
« ayant été épuisé, je l'ai fait réimprimer pour
« satisfaire au désir de plusieurs âmes pieuses. «
Ce livre est rare : un exemplaire bien conservé
se trouvait en 1S18 au couvent de Strahow, près
de Prague. On a aussi de Braun : Odai sacrx 1
et ,2 vocibus cum i et 2 violinis modulatx
etcompositx ; Œniponti, typis Mxch. Wagner i,
1008, in-4''. A l'époque où parut cet ouvrage
l'auteur était déjà directeur du chœur à Éger.
BRAUN (Jean Georges),, poète allemand du
dix-septième siècle, Uû cantor à l'église luthé-
rienne de Ilanau. 11 a publié un traité élémentaire
de musique en dialogue, sous ce titre : Kurze
Anleituug znr edlcn Mnsi/;kunst in Fragen
und Antworten ; Hanaii , 1C81 , in-8" On a aussi
de Braun un recueil de psaumes intitulé : Cilhava
Davidicu- Evangelica, oder Davidische Evan-
gelische Ilarpfen ans prop/ietischen Psalm-
Spriichen ûber die Sonn-tmd Feyer-Taegliche
Evangclia, in Kurze heutiger Sing-Arfuhliche,
Verse gebraclit, min in leicliter Composition,
mit Sing und instrumental Stimmen, beneben
einem Generalbass, clc;Giessen, 1683, in-4''.
Wollfgang Charles Briegel, maître de chapelle du
duc de Hesse Darmstadt a été l'éditeur de cerc-
cueil.
BRAUN (...) , musicien allemand , s'élablit à
Paris eni74I, ety vivait encore en 1754 , époque
où le P. Caffiaux écrivait son Histoire de la mu-
sique ( voyez Cafeiaux). Cet historien en parle
avec éloge. Braun était considéré comme un
flûtiste de mérite. Il fit graver à Paris les ou-
vrages dont les titres suivent : 1" Sonates à dote
seule, premier livre. — 2° Livre de duos pour
les musettes et les vielles. — 3° Trios pour 2
flûtes et basse. — 4° Sonates en duos pour 2 (lû-
tes. — 5o Sonates à flûte seule, deuxième livre.
— 6" Sonates pour le basson. — 7° Pièces pour
flûte seule, sans basse. — 8°. Trios pour flûte ,
violon et basse. — 9°. Concertos pour la llùle,
op. 9. — 101 idem, op. 10. — 11° Sonates en
duos pour 2 flûtes, livre deuxième. L'auteur de
toutes ces productions était connu sous le nom
de Braun le Cadet : il avait un frère aîné, flû-
tiste comme lui , qui a publié deux livres de Trios
pour 2 flûtes et basse.
BRAUN (Antoine), violoniste delà chapelle
du landgrave deHesse-Cassel,néle6 février 1729,
fut le père des virtuoses de ce nom ( Jean , Jean-
Frédéric, Maurice, Daniel), et de M"* Braun, can-
tatrice distinguée.
BRAUN (Jean), violoniste de la chapelle du
landgrave de Hesse, naquit à Cassel, le 28 août 1758.
Il reçut de son père les premières leçons de violon
et de musique, et se rendit en.suite à Brunswick,
pour y étudier la composition sous Schwanenberg,
et le violon sous JProsch. De retour à Cassel, iJ
fut admis dans la chapelle du prince , alors la
plus célèbre de l'Allemagne ; mais cette même
réunion d'artistes les plus distingués ayant été con-
gédiée en 1786, Braun alla à Berlin, où il devint
maître des concerts de la reine. Il occupait encore
cette place en 1797. On a gravé de sa composi-
60
BRAUN
lion trois œuvres de trios pout deux violons et
basse, et deux concertos de violoncelle; Berlin,
Hummel, 1792. Il avait en outre en manuscrit vingt
concertos pour violon, onze symphonies concer-
tantes pour deux cors; deux concertos pour se-
cond cor; un idem pour premier; deux idem
pour basson; un idem, pour 11 ûte, et un, idem,
])0ur violoncelle. Cet artiste a écrit aussi la mu-
sique d'un ballet intitulé : Les Bergers de Cy-
t Itère.
BRAUN (JEAN-FREDÉnic), frère du précédent
et deuxième fils d'Antoine, naquit à Casse), le
15 septembre 1759. Il étudia le Uautbois sous la
direction de Barth, et devint un des plus habiles
artistes de l'Allemagne sur cet instrument. Il ex-
cellait surtout dans l'exécution de l'adagio. Le
landgrave de Hesse-Cassel ayant remarqué les
heureuses dispositions de ce jeune artiste et les
progrès qu'il avait faits en peu de temps, l'en-
voya à Dresde pour y perfectionner son talent
sous la direction de Besozzi. Après avoir suivi
pendant un an les conseils de ce maître célèbre,
Braun quitta Dresde, et entra dans la chapeJledu
duc de Alecklembourg-Schwerin, en 1782. Le
style de Besozzi , comme celui des meilleurs
hautboïstes de son temps, consistait en un jeu bril-
lant et orné; Braun s'en fit un autre, dont l'ex-
pression et la belle manière de chanter formaient
la base. C'est par ces qualités que Braun mérita
d'être considéré comme le chef d'une nouvelle
école de hautbois. Il a écrit une grande quantité de
concertos , de trios et de quatuors pour son ins-
trument, qui sont restés en manuscrit dans les
archives de la chapelle du ducdeMecklembourg-
Schwerin. BraunestmortàLudwigslust,lel5sep.
Icmbre 1824, dans la matinée de l'anniversaire de
sa naissance, à l'âge. de soixante-cinq ans. Parmi
ses meilleurs élèves , on compte ses deux fds.
BRAUJV ( Maurice ), frère des précédents et
troisième fds d'Antoine, né le 1" mai 1765, entra
vers 1790 dans la chapelle du prince évêque de
Wiirzbourg, en qualité de bassoniste. Il était
compté comme un des plus habiles de son temps
pour son instrument. Cependant il était inférieur
il ses frères.
BIIAUN (Daniel), quatrième fils d'Antoine,
violoncelliste et élève de Duport l'aîné, naquit
à Cassel, le 24 juillet 1767. Il était déjà musicien
de la chapelle du roi de Prusse en 1792. Il a été
considéré comme un artiste distingué, et son
maître avait beaucoup d'estime pour son ta-
lent.
BRAUN (M"^), sœur des précédents, naquit
à Cassel le 22 octobre 1762. Elle brillait égale-
ment comme cantatrice et comme virtuose sur
la mandoline et le piano. Elle était, en 1797,
femme de chambre de la duchesse de Gotha
et avait épousé le conseiller Hamberger.
BRAUN (M™^), femme de Jean-Frédéric, fut
une cantatrice distinguée. Son nom de famille
était Kunzen; elle était sœur du compositeur
de ce nom, maître de chapelle du roi de Dane-
marck. Elle fut attachée pendant plus de vingt
ans au service de la chapelle du duc de Mecklem-
bourg-Schwerin, à Ludwgslust.
BRAUN (Georges), comédien allemand, né
à Eichstaedt dans la seconde moitié du dix-hui-
tièmesiècle, a composé la musique de troisopéras
représentés au théâtre deGotha, depuis 1789 jus-
qu'en 1796.11s avaient pour titres : V Julie. —
'2" Der neue Herr (le Nouveau Seigneur); —
3" Die Jubel-Hochzeït (le Jubilé de Mariage).
BRAUN (André), tromboniste de l'opéra de
Paris, d'origine allemande, entra à l'orchestre de
ce àiéàtrecn 1797, après avoir été, pendant quel-
ques années, attaché à celui du théâtre Feydeau.
11 mourut à Paris en 1806. On a de lui : Mé-
thode pour les trombone basse, ténor et alfa;
Paris, Sieber. Il a été publié une édition fran-
çaise et allemande de cet ouvrage, à Offenbach,
chez André. Braun avait été professeur au Con-
servatoire de Paris à l'origine de cet établisse-
ment, lorsqu'on y formait des corps de musique
militaire pour les armées de la République fran-
çaise : il fut réformé en 1802.
BRAUN (CATUERiNE),dont le nom de famille
était Broîfwer, naquit à La Haye, le 7 mars 1778.
Son père, ridie négociant, la plaça, à cause de sa
belle voix, chez le maître de chapelle Graaf, pour
qu'elle y fit son éducation musicale. En peu d'an-
nées elle acquit une grande habileté comme can-
tatrice. En 1796, elle lit, avec son maître, un
voyage à Hambourg et à Berlin. Ses succès dans
ces deux villes surpassèrent son attente ; son ta-
lent y excita l'enthousiasme du public. Engagée
au théâtre royal de Berlin, elle y prit des leçons
dcHurka. Les conseils de ce maître achevèrent
de développer les avantages de sa voix, une des
plus belles qu'on eût jamais entendues en Alle-
magne. A ime étendue de trois octaves, véri-
table phénomène vocal. M"® Brouwer joignait
le don d'une qualité de son moelleuse, pure et
toucliante. En 1798 elle entreprit un voyage en
Allemagne, visita Leipsick, Dresde, Vienne, Mu-
nich, Hamboiug, et nerevintàBerlinqu'en 1803.
Ce fut à cette époque qu'elle épousa le violoncel-
liste Daniel Braun. Elle se retira du théâtre
vers 1811.
BRAUN (CnARLES-ANTOiNE-PniuppE),fils de
Jean-Frédéric, est né en 1788àLudwigslust, dans
le Meeklembourg. Son père lui enseigna à jouer
du hautbois, et fut .sou maître de composition.
BRAUxN
CA
Il entra, en 18o7, à la clmpellc du roi de Dane-
niarck, comme premier hautboïste. On le con-
sidère comme un artiste distingué en son genre.
C'est d'ailleurs un bommc instruit. Comme com-
positeur, il a publié -A" Symphonie à grand or-
chestre (en re); Leipsick, Breilkopf et Ilœrtel.
— 2° Ouverture (en ut mineur) ;ibid. — 3" Con-
certo pour la tlùte (en fa ), œuvre deuxième ;
Leipsick, Pttcrs. — 4° Quatuor pour deux fliites
et deux cors, op. 1 ; ihid. — 5° Quatuors pour
flûte, violon, alto et basse, op. G ; Leipsick, Hof-
meistcr; — CDeux quatuors pour flûte, haut-
bois, cor et basson ; Leipsick , Br. et Hsertel. —
7-' Duos pour deux (lûtes; Copenhague, Lose. —
8° Duos pour deux hautbois, op. 3 ; Leipsick, Pe-
ters. — 9" Duo pour hautbois et basson ; Augs-
bourg, Gombart. — 10° Pot-pourri pour haut-
bois et piano; Leipsick, Hofmeisler. — 11" So-
nate pour piano et hautbois; Leipsick, Br, et
Hœrtcl. — 12° Six variations faciles pour piano ;
Copenhague, Lose; — 13° Six chansonnettes
avec ace. de piano; Stockholm.
BRAUN (GtiLLAUME), deuxième fils de Jean-
Frédéric, est né à Ludwigslust, en 1791. Élève
de son père, il lui a succédé dans la place de
premier hautbois de la chapelle du duc de Meck-
lembourg-Schwerin, en 1825. Avant de prendre
cette position, il avait été attaché à la musique
particulière du roi de Prusse, à Berlin. Artiste
éclairé, il a donné dans la Gazette musicale de
Leipsick (1823, ii" 11, p. 165) un bon article
sous ce titre : Bemerhîingen ueber die richtige
Defiandlung und Btas Art der Oboe ( Obser-
vations sur la bonne manière de traiter et de
jouer du Hautbois ). Braun est considéré aujour-
d'hui comme un des meilleurs hautboïstes de
l'Allemagne. Il est connu comme compositeur
par de nombreux ouvrages parmi lesquels on
remarque : 1" Divertissement pour hautbois et or-
chestre, op. 3; Berlin. — 2o Concerto pour haut-
bois, op. 12; Leipsick, Pcters. — 3o Six duos
pour deux hautbois, op. 1 , ibid. — 4° Grand
duo pour deux hautbois, op, 23, n" 1, Leipsick;
Breitkopf et Hœrtel. — 5° Deux quatuors pour
deux violons, alto et basse, op. 13 ; ibid Hofmeis-
ter. — 6° Divertissement pour flûte ctquatuor,op-
27 ; Hambourg, Cœhme. — 7° Sonate pour
piano, op. 17; Hambourg, Lûbbers. — 8° In-
troduction et polonaise pour piano, op. 2C ;
Hambourg, Cranz. — 9° Der Trosï, cantate pour
soprano; avec accompagnement de piano, op 22 ;
Berlin, Trautwein.
BRAUiX (Catinka.), fille de Maurice, et
femme deGuillaume ou Wilhelm, naquità Wûrz-
bourg, le 24 mars 1799. Douée des plus heu-
reuses dispositions pour la musique, elle fit dans
cet art de si rapides progrès, qu'à l'âge de douze
ans elle exécuta divers morceaux de piano dans
des concerts, de manière à mériter les ajtplau-
dissements des connaisseurs. Plus tard, sa voix
ayant acquis du timbre, de l'étendue et du vo-
lume, elle fut confiée aux soins de Seyfert, direc-
teur du chœur à Wiirzbourg, qui se chargea de
terminer son éducation vocale. En 1815, elledé-
buta au théâtre de Hanovre, où sou père l'avait
accompagnée; le succès qu'elle y obtint fut com-
plet, et bientôt sa réputation s'étendit dans toute
l'Allemagne septentrionale. Des invitations lui fu-
rent envoyées pour qu'elle se rendit à Francfort et
dans d'autres grandes villes. En 1817, ellechanta
au théâtre de Hambourg, et produisit une vive
impression parmi les habitants de cette ville. Après
y avoirfait un séjour de trois ans, elle fit, en 1821,
un voyage à Copenhague, et n'y eut pas moins
de succès. De retour en Allemagne, elle fut enga-
gée, en 1822, àCassel, en qualité déprima rfon?2a;
dans l'année suivante elle alla à Berlin, et y de-
vint la femme de son cousin, Guillaume Braun.
Sa carrière théâtrale s'y termina par les rôles de
Fanchon (dans l'opéra de Himtnel ), eld^Agathe
dans Freyschûtz, qu'ellechanta sur le théâlEe de
la cour. En 1825 elle suivit son époux à Lud-
wigslust, et y mourut, le 8 juin 1832, dans sa
trente-troisième année, regrettée de tous ceux
qui connaissaient son talent elles qualités de son
cœur.
BRAUN. Sous ce nom, on trouve indiqué
dans le catalogue de Giinther (5*"^ supplément,
p. 33 et 44), un ouvrage manuscrit intitulé :
Leïchterundganz Kurzgefasster Generalbass
fur die Anfae]iger im Klavier ( Méthode courte
et très-facile d'harmonie pour ceux qui commen-
cent l'étude du piano^.
BRAUIX (Joseph), habile pianiste et violon-
celliste, est néen 1787, à Ratisbonne, où son père
était organiste. Après avoir terminé ses études
de musique, il se fit directeur de musique de plu-
sieurs troupes d'opéra à Krenigsberg, Dantzick,
Brème, Lnbeck et autres lieux. En 1825, il était
à Kœnigsberg, où il fit représenter l'Opéra féerie
Dei Wûnsche oder der Priifungstraum (Les
souhaits, ou l'épreuve en songe), dont il avait
composé la musique. A la même époque il
donna aussi dans la même ville l'opéra-comique
Die lange Nase ( Les longs Nez ), et Le Cosa-
que et le Volontaire. Ce dernier ouvrage fut
aussi représenté à Brème quelques années après.
En 1826, Braun se fit entendre à Berlin comme
violoncelliste; puis il fut appelée Philadelphie
pour y diriger l'opéra. Sa femme, cantatrice de
quelque mérite, qui avait chanté à Kœnigsberg
et à Dantzick, l'y suivit en qualité de prima
G2
BRAUN — BREDENIERS
donna. Braun y mit en scène plusieurs opéras i
italiens, allemands et anglais; mais l'ignorance 1
•des Américains en ce qui concernait la musique, i
à cette époque, lui inspira bientôt le désir de |
quitter le pays. En 1828 , i! donna sa démission ; !
puis il visita New- York , Baltimore , et quelques j
autres villes pour y donner des concerts. De re-
tour en Europe, Braun se fixa à Brème, et y fit
représenter quelques-uns de ses opéras. On con-
naît de cet artiste plusieurs compositions pour
le piano et pour le violoncelle.
BRAUJX (Charles), compositeur, né à Berlin
vers 1819, a fait son éducation musicale dans cette
ville, et a été l'un des membres dévoués de l'Aca-
démie de chant. Il est aujourd'hui musicien de
la chambre du roi de Prusse. Ce jeune artiste a
débuté de la manière la plus heureuse comme
compositeur, en 1842, par des œuvres vocales en
chœur où se fait remarquer l'originalité des idées.
Plusieurs de ses morceaux ont été exécutés avec
succès dans les concerts de Berlin, en 1843 et 1844.
BRAUN (Albert), chef d'orchestre du théâtre
de Lemberg, actuellement vivant (1854), n'est
connu que par un Entr'acte caractéristique
pour la comédie de Korzeniowski, intitulée : les
Juifs, arrangé pour piano ; Lemberg, Millikowski.
BRAUNE (Frédéric- Wilhelm-Othon), or-
ganiste à Berlin, s'est fait connaître comme un
artiste habile depuis 1830. Vers 1845, il a été
nommé directeur de la société de chant connue
sous le nom ôeCceciUa. Cet artiste a publié en-
viron quarante œuvres de musique d'église,
chants à plusieurs voix et à voix seule avec
piano.
BRAYSSINGAR (Guillaume de), né en
Allemagne, au commencement du seizième siècle,
ou dans les dernières années du quinzième, fut
organiste à Lyon. On a de lui un recueil, de
ricercari, variations et fantaisies sur des thèmes
des plus célèbres compositeurs de ce temps, sous
le titre de Tablature d'Epineite; Lyon, Jac-
ques Moderne, 1536, in-4''.
BRECHTEL (François-Joachim), musicien
allemand, qui vivait versla fin du seizième siècle,
a fait imprimer des chansons gaillardes, à trois,
quatre et cinq voix, de sa composition, sous ce
titre : Kurz-weibige deutsche Liedleinmit vier
und funf Stimmcn; Nuremberg, Catherine Ger-
lach, 15S8, 1590 et 1594, in-4"' obi.
BRECIXEO (Luis de), guitariste espagnol ,
contemporain de Mersenne, qui en parle avec
éloge dans le Traité des instruments de son Har-
monie universelle. On a sous son nom une mé-
thode pour apprendre à jouer de la guitare à la
manière espagnole; elle a pour titre : Melodo
muy facillima para aprcnder a taner la gui-
iarra a la Espaiiol; Paris, Pierre Ballard, 1626,
in-8° obi.
BREDAL(Niels-Krog), poète et composi-
teur danois, fut d'abord vice-bourgmestre à
Drontheim, en Norwége,et quitta cet emploi
pour aller s'établir à Copenhague, où il est mort
en 1778, à l'âge de quarante-six ans. Ses composi-
tions les plus connues consistenten pièces de chant
imprimées à Copenhague en 1758, et intitulées :
1° Le Berger irrésolu. — 2° Le Solitaire. —
3" Le Recruteur heureux.
BRÉDAL(J.), chef d'orchestre du théâtre
de Copenhague, né dans cette ville vers 1800, y
a (ait représenter, en 1833, l'opéra de sa compo-
sition intitulé : La Fiancée de Lammermoor, et
en 1836, Zes Guérillas. Il a publié des pot-pour-
ris pour le piano sur les thèmes de ces opéras, à
Copenhague, chez Lose.
BREDE (Samuel-Frédéric), d'abord sous-
recleur à Perleberg, devint ensuite canior ^i
directeur de musique à Stettin, où ii mourut
en 1796. Il a publié à Offenbach, en 1784, six
sonates pour le clavecin , dont trois avec accom-
pagnement de violon; et en 1786, des chansons
et des ariettes avec accompagnement de clavecin,
et avec une préface; à Leipsick, chez Breitkopf.
BREDENIERS (Henri), né vraisembla-
blement à Lierre (province d'Anvers), dans la
seconde moitié du dix-septième siècle, comme
on le verra plus loin, était, en 1505, organiste de
Philippe le Beau(l) qu'il accompagna en Espagne,
conjointement avec Alexandre Agricola et d'au-
tres musiciens belges. Après la mort du roi de Cas-
tille, en 1 506 , Bredeniers retourna dans les Pays-
Bas (2) et eut le titre d'organiste et maître de la
chapelle de l'archiduc d'Autriche (Charles, fils de
Philippe le Beau, plus tard empereur Charles-
Quint). Jusqu'à la fin de l'année 1521, on lui
voit continuer son service près de ce prince;
mais après cette date il disparaît des registres
des comptes de finances de la cour; ce qui in-
dique ou sa retraite, ou sou décès. Au mois de
mai 1 508, il reçoit une gratification pour l'entretien
et l'éducation de quatre enfants de chœur (3).
En 1509, il est recompensé «■ des paynes qu'il
(1) Registre n» F 191 de la Chambre des Comptes aux Ar-
chives du département du Nord (à Lille).
(2) Bredeniers se fait rembourser, en 1S09 et 1310, de
Lt somme qu'il a payée pour le transport, de l'Espagne a
Anvers, d'un coffre qui contenait les livres de chant et les
missels de la chapelle de Philippe le Beau, lesquels avaient
été portés à Valladolid lorsque ce prince s'y rendit pour
laseconùe fois. [Acquits de la 7-ecette générale des finances,
aux Archives du royaume de Belgique. |
(3) « A Henry Bredeniers, organisie et maistre des enffants
de la chapelle de l'archiduc, pour l'entretenement de quatre
jeusnes enffans que par ordonnance de Monscignieur Jl
« a gardez, monstre?, et enseignez la musique pour chan •
BREDENIIÎRS — BREK (VAN)
65
« prend joiirnellemcni à apprendre à jouer sur
« le manicordion Monseigneur (Charles) et mes-
« daines ses sœurs (1). » Il fait, en 1514, un
voyage en Hollande pour les affaires des archi-
ducs Charles et Ferdinand (2). Charles, devenu
roi d'Espagne et souverain des Pays-Bas, lui ac-
corde, par lettres patentes de 1516, une pension
annuelle de 100 livres en considération de ses
services (3). Dans la môme année, le roi donne
encore à Bredeniers 50 livres pour le récompen-
ser de son dévouement, et afin qu'il pût conti-
nuer l'aclièvenient d'une maison qu'il se faisait
bâtir à Lierre (4y. Le choix qu'il avait fait de celte
petite ville pour sa retraite est un indice qu'il
y avait vu le-jour. Dans l'année 1520, Bredeniers
accompagna Charles-Quint en Angleterre : on
voit, par un acte authentique, qu'il donna à ses
fiais un banquet aux chantres delà chapelle du
roi Henri VIII, à Cantorbéry (5). Enfin, Charles-
Quint le gratifia d'une nouvelle somme de 50 li-
vres, au mois de septembre 1521 (6). Après cette
époque, son nom disparaît des comptes de la cour ;
ce qui fait présumer qu'il se retira alors dans sa
maison de Lierre, et qu'il y mourût oublié.
Il reste peu de compositions de Bredeniers au-
jourd'hui ; je n'en connais que le motet à cinq
voix Misitme Pater, dans les Ecclesiasticœ
cantiones sex, quinque et quatuor vociim, pu-
bliés à Anvers, chez Plantin, en 1529, petit in-4o,
obi., et une messe à quatre voix, Ave Reginçi
cœlorum, dans un manuscrit de la Bibliothèque
royale de Belgique.
BREE (Jean-Bernard VAN) , directeur de
musique et chef d'orchestre de la société mu-
sicale Felix-Merltis, d'Amsterdam, violoniste
ter en ladite chapelle, etc. » |Registre F 193 de la Cham-
bre des comptes, à Lille).
|I) Acquits de la recette générale des finances, aux
Archives du royaume de Belgique.
(2) Registre F 200 de la Chauibre des Comptes, à Lille.
(3) Registre F 2ul,i6((i.
(4) « A Maistre Henry Bredeniers, organiste, L livres
« que le roi, par lettres pateutes du XIX aoiit XVCxvj
« lui a accordé, en considération de bons et aggréablcs ser-
« vices qu'il luiavoitparcy-dcvant faiz et faisoit lorschas-
« cun Jour audict estât d'organiste, et autrement, en di-
(I verses manières, mesmemcni pour l'avanchcment des
« ouvraiges de sa maison à Lyere. et pour une verrière
« armoyce des armes dudict seigneur roy, qu'il proiuet-
« tait mettre au chef-lieu de sa dicte maison, etc. » (Regis-
tre n» F. 196, i()id.)
(s; « A Maistre Henry Bredeniers, organiste de la chap-
« pelle domestique du roy, la somme de .wiij livres \v
« solz, pour don gratuyt que le roy lui a fait eu considéra-
« tion de la despence qu'îl avoit soustenueà un banquet
« par lui fait ans chantres de la chappelle du roy d'An-
<c gletairre à Cantcrbyc.au voyaige que le roy y avoit lors
« fait (Registre n° 1927 delà Chambre des Comptes, aux
« Archives du royaume de Bclgiquc|. »
(C) Registre F. 207. aux Archives de Lille.
et compositeur, naquit dans cette ville le 29 jan-
vier 1301, et y est mort le 14 février 1 857, à l'âge
de cinquante-six ans. Doué de l'organisation la plus
heureuse pour la musique, il ne dut qu'à lui-
même et à ses elforts le talent qui l'a placé
à ufî rang honorable dans l'art. Son père, musi-
cien médiocre, lui enseigna les premiers éléments
du violon, etBertelmann (voy. ce nom) lui donna
un petit nombre de leçons de composition. Toute
son éducation nfiusicale consista dans ses faible.*
ressources ; cependant il fiarvint, dans son pays,
à la réputation de violoniste habile, particuliè-
rement dans l'exécution des quatuors; il eut le
talent de diriger les masses vocales et instrumen-
tales, et ses compositions lui ont acquis l'estime
des connaisseurs. Dans son enfance, sa famille
s'était établie à Leeuwarden, dans la Frise,, qui
ne lui offrait aucimè ressource pour l'art; néan-
moins, c'est dans cette même ville que ses facul-
tés se développèrent rapidement. A l'âge de dix-
huit ans il retourna à Amsterdam, oii ses progrès
se firent remarquer chaque année. D'abord placé
comme second ou premier violon du Théâtre-
Français, il devintcbefd'attaqueet premier violon
solo, après la retraite deKleine, artiste de talent,
qui mourut jeune d'une maladie de langueur. Le
dtbutde Van-Bree comme violoniste se fit au mois
d'avril 1S21 dans un concert de Félix- Mer dis :
le jeune artiste fut chaleureusement applaudi.
Bientôt il devint l'âme de la musique dans sa
ville natale, et la place de chef de la musique
de la Société étantdevenue vacante, en 1829, il fut
choisi pour la remplir. Pendant près de trente
ans il contribua par ses soins actifs à la prospérité
de cette belle institution. Bienveillant et ser-
viahle, il aidait de ses conseils et de son in-
fluence tous les jeunes artistes qui avaient besoin
de ses services. Van Bree s'est fait connaître
comme compositeur par les ouvrages suivants, qui
ont été publiés : 1° Symphonie à grand oichestre;
Amsterdam, Theune et C'e. — 2° Ouverture de
concert ;ibid. — 3° Ouverture de fête avec chœur,
exécutée à la grande fête musicale d'Amsterdam
en 1836 ; ibid. — 4" 1"'' quatuor pour 2 violons
alto et basse (en la mineur); Bonn, Simrock.
— 5° 2nic quatuor idem ; Amsterdam, Theune et
Qie . __ 6° 3me quatuor idem ; ibid. — 7'' Grande
messe solennelle à 4 voix et orchestre, publiée
par la Société [lour l'encouragement de la mu-
sique, à Rotterdam. — 8° fS i-"" 3'^'« et 4'"«
Messes à 3 voix avec orgue; Amsterdam, Theune et
C*^. —Q" Requiem : missapro de fancds tribus
vocibuslmmaniscomitanteorganoconcinenda;
ibid., 1848.— 10° Le48'"« psaume pour voix solo,
chœur et orchestre, arrangé avec ace. de piano ;
ibid., 1851.— 1 i°Adolpheau Tombeau de Marie,
64
bref: (VAN) — BREITENGASSER
ballade pour voix , de ténor et piano (texte hollan-
dais); ibid. Ce morceau distingué, d'un style ex-
pressif et sentimental, a obtenu beaucoup de suc-
cès. On en a publié des traductions allemandes à
Berlin, Hambourg, Hanovre, et une édition en
hollandais, allemand et français, à Mayence, chez
Schott, sous le titre de Marie. On a dit que celle
ballade est uue imitation de: V Adélaïde de Bee-
thoven : cette critique ne me paraît pas fondée.
— 12* Colomb, ou la Découverte deV Amérique,
sur le poëme de Vos, cantate à voix de barilon
et chœur d'hommes; Amsterdam, Tlieune et C'e.
— 13° Lord Byron, cantate de Meyer, à voix
seule. Van Crée a écrit aussi pour la scène, et
a fait représenter au Théâtre Français de La
Haye, Le Bandit; au Théâtre-Hollandais d'Ams-
terdam : Sapho, drame lyrique, qui a obtenu un
brillant succès ; L'Homrae aux quatre époques
de la vie, mélodramme hollandais, et La Mort
héroïque de Speick, ouvrage du même genre ;
le petit opéra allemand Nimm dich in Acht
(Prends garde à toi). Enfin, on connaît de Van
Bree beaucoup de chansons populaires remar-
quables et des chœurs d'hommes d'un bel effet.
Le Roi des Pays-Bas a récompensé les travaux de
cet artiste par la décoration du Lion-Néer-
landais; il était membre de la Société royale de
Rotterdam pour l'encouragement de la musique,
et de la Société de Sainte-Cécile de Rome.
BREIDEI\DICI1. Voyez Bp.eittendich.
BREIDENSTEIN (Jean-Puilippe), orga-
niste de l'église réformée de Hanau, naquit à
\Vindeken,dansla Vctteravie.le Oavril 1724. De
1777 à 1782, il fut professeur d'économie poli-
tique à Gicssen, ou il mourut le 18 janvier 1783.
Ou a de sa composition : i" Deux sonates |)our
le clavecin ; Nuremberg, in-folio. — 2" Viniit-
quatre chansons de Gleim, avec accompagne-
ment de clavecin ; Leipsick, 1770- On a aussi de
lui un dialogue sur la timbale et sur son usage
chez les Hébreux, sous ce titre : Gespraech von
dcr Pauke und dcr allen strafe des Paukens
mis Ebrxer (sansnom de lieuj, 17G0, in-S".
BUEIDENSTEIIV (llENiii-CnARLEs), doc-
teur en philosophie, né en 1796 à Steinau, dans
la Hosse-Eleclorale, étudia la philosophie et la
jurisprudence à Berlin et à Heideiberg, puis se
livra à l'élude de la théorie et de la pratique de
la musique. En 1821, il s'élablit à Cologne en
qualité de professeur de musique, et deux ans
après on lui confia la place de directeur de inu-
6ique à l'université de Bonn. En 1825, il obtint
la place de professeur de musique dans la faculté
de philosophie de cette université. H occupe
encore aujourd'hui (1855) la même position.
ftl. Brcidenstein a publié les ouvrages suivants :
1" Practische Singschule (Méthode pratique de
chant) ; Bonn, 1835-1838, 4 parties in-4°. Il a été
fait trois éditions de cet ouvrage. — 2° Festgabe
zu der am 12 Auyust 1845 Stattfindenden
Inauguration des Beethovens Monuments
(Description des fêtes qui ont eu lieu pour l'i-
nauguration du monument de Beethoven, le 12
août 18^5);Bonn, Habicht, 1845, in-8". Comme
compositeur M. Breidcnslein s'est fait connaître
par une cantate avec chœur et orchestre pour
l'inauguration de la statue de Beethoven, exécu-
tée à cette solennité; des romances et des Lie-
der avec accompagnement de piano, en 2 suites,
publiées à Francfort, chez Fischer ; d'autres chants
séparés avec piano, à Cologne, chez Danst, et à
Bonn, chez Simrock; et six chants pour quatre
voix d'hommes, à Leipsick, chez Breitkopf et
Hœrtel.
liREITEIVUICe (CuuÉri en-Frédéric), or-
ganiste du roi de Danemarck , au palais de
Christiansbourg, vers le milieu du dix- huitième
siècle, est cité par les écrivains danois comme
un des plus habiles compositeurs et théoriciens
de son temps. On ne connaît de lui que les ou-
vrages suivants : l'>£"^Zif/e< ForsagpaaatKunde
lueresig selv at Synge en Choral efler Noder
(Essai abrégé pour acquérir soi-même en peu de
temps la pratique du chant choral d'après les notes);
Copenhague, 17G6, iu-4°. — 2° Underviisning,
hvorledes man e kan laeresig selvatsaattehar-
monien tilsammen e/ter de over Noderne saatte
Ziffère (Instruction sur la manière d'apprendre
soi-même l'harmonie conjointement par les noies
et [lar les chiffres); Copenhague, 1766, in-4o.
BREITENGASSER (Guillaume), con-
trepointiste allemand, vécut dans la première
moitié du seizième siècle. On trouve, de sa com-
position, la messe à quatre voix (^Dominicale)
dans la précieuse collection intitulée : Liber
quindecim Missarinn a prxstanfibus vmsicis
compositarum, quarym nomina una cum suis
autoribus sequens pagina commonslrant ;
Norirabergaî, apudJoh. Petreium, 1539, pefitin-4»
obi. La messe de Breilengasser est la douzième
du recueil. Des hymnes de sa composition sont
aussi contenues dans lacollectionquia pour titre:
Sacrormn hymnorum Liber primus. Centum
et triyenta quatuor Hymnos continens, ex
optimis quibusque Authoribus musicis collec-
ius, interquos primi artifices in hac editione
sunt, Thomas Stolzer, Henricus Finck, Ar-
noldus de Bruck, et aiii quidam ; Vitebergae,
apud Georgium Rhav., 1542, in-4° obi. Le Can-
iionale manuscrit de Jean Wallher, qui se con-
serve dans la bibliothèque des ducs de Saxe-
Cobourg, contient quehpies motets de Breiten*
BREITENGASSER — BREITKOPF
65
gasser. Ce musicien partage avec Isaak, L. Scn-
tel, Jean Wallher, Thomas Stœizer, Henri Finck,
Dietricht et quelques autres, la gloire d'avoir fonde
l'école des compositeurs allemands qui commença
à briller vers la lin da quinzième siècle et au
commencement du seizième.
BKEITKOfF ( Jlan-Gottlob-Emmanoel),
fondeur en caractères, imprimeur et libraire,
naquit àLeipsick le 23 novembre 1719. Destiné
pjr son père, lil)raire lui-même, à lui succéder
dans son conunerce, il montra d'abord beaucoup
d'éloignement pour son état, entraîné qu'il était
par son goût pour les sciences. Cependant il en-
treprit en I745(lediriger l'imprimerie, qu'il porta,
dans la suite, à un baut degré de prospérité. Il
s'attacha surtout à améliorer les procédés de l'im-
pression de la musique par les caractères mo-
biles. Ce genre d'impression , inventé par Pe-
trncei de Fossombrone, et mis en œuvre dans les
|)remières années du soizièrne siècle (voy. Ve-
TRÎicci), puis imitéetmodifié de diverses manières
(voy. Le Ué, Briard, Hautin, Granjon, Junte,
OcLiN etScHOEFFEu), fut lougleuips le seul mode
de publication de la musique. La transformation
du système de la notation, dans la seconde mo-
liédu dix-septième siècle, ayant rendu inutile tous
les anciens caractères, on ne chercha pas à les
remplacer. En France, la gravure fut substituée
à l'Impression par les caractères mobiles ; en
Italie, toute la musique, sauf de rares exceptions
resta en manuscrit; il en fut de même d'un très-
grand nombre d'ouvrages en Allemagne; pour
d'autres, on eut un système d'impression en ca-
ractères mobiles affreux, et pour d'autres encore
on employa la gravureà l'eau forte sur des planches
de cuivre- Telle était la situation des choses,
lorsque Breitkopf entreprit de faire revivre l'an-
cienne typographie de la musique.Son premier essai
en ce genre parut en 1755; c'était un sonnet de
l'opéra de la princesse électorale de Saxe, intitulé
H Trionfo délia Fedelta. L'année suivante il
imprima l'opéra entier, et il s'y donna le titre de
inventore di questanuova maniera di s tam-
pare la musica, con earatteri separabili e mu-
tabili. Il imprima encore en, 1 7G5, l'autre opéra de
la même princesse, intitulé Talestri, r.eyinadelle
Amazoni. A peine la découverte de Breitkopf
fut-elle connue, qu'on s'empressa de l'imiter
de toutes parts. Fournier le jeune donna , en
1756, son Essai d'un nouveau caractère de
fonte pour l'impression de la musique; mais
il resta fort loin de son modèle. Il eut du moins
l'honnêteté d'accorder à Breitkopf la priorité
d'invention. Gando, autre fondeur de carac-
tères , à Paris ; Giacomo Falconi, à Venise ; Ron-
sart, à Bruxelles; Enschede et Fleischmann, à
DIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. II.
Harlem ; enfin Fought, imprimeur suédois établi
à Londres, (iient tous des essais d'imitation plus
ou moins heureux; mais, soit que les circons-
tances ne les favorisassent pas, soit que leurs
procédés fussent moiijsperfectionnés,la seule en-
treprise de Breitkopf prospéra. Un nou.bre im-
mense- d'ouvrages importants fut imprimé an
moyen de presses qu'il avait établies; sa maison a
continué lontemps à multiplier par ce procédé les
chefs-d'œuvre de la musique, et les caractères
de Breitkopf se sont répandus dans toute l'Al-
lemagne. C'est surtout pour l'impression des
livres théoriques et historiques relatifs à la mu-
sique que cette invention est recommandable :
on peut s'en convaincre par la comparaison des
livres allemands avec ceux qu'on a longtemps
publiés en France avec le texte gravé. Les pro-
cédés inventés par E. Duverger, typographe de
Paris, en 1828, procédés employés par d'autres
typographes français, donnent à la musique im-
primée un aspect plus satisfaisant que celui du
système de Breitkopf, à cause de la non inter-
ruption des filets de la portée ; mais le procédé de
Duverger a l'inconvénient d'être d'un prix de fa-
brication trop élevé. Dans ces derniers temps ,
on a perfectionné la forme des caractères , en
conservant le système de Breitkopf, et l'on im-
prime de la ifrtisique d'un fart bel aspect en Al-
lemagne. Cependant l'usage de la gravure s'y est
beaucoup étendu depuis 1810, et l'impression
de la musique par les caraot-ères mobiles y est
presque entièrement renfermée dans la littéra-
ture musicale.
Vers 1760, Breitkopf établit dans sa maison un
magasin de musique manuscrite des plus grands
maîtres anciens et modernes, dont il a publié un
catalogue, sous ce litre : Verzeichntss musika-
lischer Bûcher, sowohl zur Théorie als Praxis,
etc. 11 y joignait aussi celui des livres imprimés.
Chacun d'eux a eu quatre éditions depuis 17C0
jusqu'en 1780. Enfin, il a publié un autre ca-
talogue thématique de toute la musique de son
fonds et de l'assortiment, auquel il a ajouté suc-
cessivement quinze suppléments. La grande mai-
son qu'il a fondée subsiste encore avec une ré-
putation européenne, sous le nom de Breitkopf
et Heertel. Le docteur Burney, qui vit Breit-
kopf en 1773, dit que c'était un homme singulier,
d'un caractère brusque et taciturne. 11 mourut à
Leipsick, le 28 janvier 1794. Sa biographie a été
écrite par un de ses amis (Hausius), et publiée à
Leipsick en 1794, in-8°.
BREITKOPF(BERNARD-TnÉODORE), fils du
précédent, né à Leipsick, en 1749, s'est fait con-
naître, en 1768, comme habile musicien sur le
clavecin et plusieurs autres instrument». Vers , a
CG
BREITKOPF
BREKKLL
même époque, il a publié des menuets , des po-
lonaises pour le clavecin et des chansons avec
mélodie qui ont eu beaucoup de succès. En
1775, il a fait paraître des divertissements pour
clavecin, qui ontélé bien accueillis. Reu de temps
après, il partit pour Saint-Pétersbourg, où il est
devenu directeur de l'imprimerie du sénat, en
1780.
BREITKOPF (Christophe-Gottlob), fils
puîné de Jean-Gottob-Emmanuel, né à Leipsick
en 1750, se livra de bonne heure à l'étude de la
musique, et forma son goût par l'étude des beaux
ouvrages que renfermait la collection de son père,
par ses voyages, et surtout par les séjours qu'il
lit à Dresde et à Vienne en 1786 et 1787. 11
JQuail bien du clavecin et de V harmonica. Les
publications de sa Danse d'Oberon et de sa
Terpsichore, qui ont paru en partition et en ex-
traits pour le clavecin de 1788 à 1790, l'ont fait
connaître avantageusement.
BREITSCH(»:DEL (J.-N), pianiste et
compositeur de Vienne. Cet artiste ne m'est connu
que par ses ouvrages. Voici ceux qui sont indi-
qués dans le Manuel de la littérature mu-
sicale de Whistling : 1° Sonates faciles en trios
pour piano, violon et violoncelle, op. 1 ; Vienne,
Cappi. — 2° Idem , op. 2 ; ibid — 3° idem , op.
3 ; Vienne, Czerny. — 5° Vingt-quatre cadences
modernes, op. 14 ; Vienne, Mechetti. — 4° Danses
allemandes pour le piano; ibid. — 6° Versuch
einer theoretisch praktischen Klavierschule
mit Uebungsstiichen zum selbstunterricht
( Essai d'une métlijode théorique et pratique de
piano avec des exercices pour s'instruire soi-
même); Vienne, Mechetti.
BREITUiXG (Charles), organiste et pro-
fesseur de musique de l'école des filles à Sanger-
hausen, près d'Eisleben, en Saxe, occupait cette
position en 1835. Dans cette même année, il pu-
blia un ouvrage élémentaire intitulé : Der evste
Klavier-Lehrer, eine melhodisch - kateche-
tische Anleilung den ersten Klavier Unterricht
schœn mit Kindern von 4-6 Jahren zu beginnen
und aufeine grûndliche bildente und anzie-
hende V/eise zubetreïben ( Le premier profes-
seur de piano, Instruction méthodique pour bien
commencer l'enseignement du piano avec les
enfants de quatre à six ans, etc.) ; Eisleben, G.
Reichardt (sans date), in-4'' de 71 pages.
BREKELL (Jean), ecclésiastique anglais,
de Liverpool, a prononcé un discours d'inaugu-
tation pour l'orgue de l'église de Saint-Pierre de
cette ville, et l'a fait imprimer sous ce titre : Ope-
ning an Organ at St-Peler's. Liverpool, on
lob XXI, 12; Liverpool, 1768, in-S"».
BRELIN (Nicolas), facteur d'instruments
et docteur en théologie, né à Grum en 169o,
dans le Vermeland en Suède, fit ses études à l'u-
niversité d'Upsal, et s'attacha d'abord à la ju-
risprudence ; fut notaire à Carlstadt, puis s'en-
gagea comme soldat au service de Prusse, dé-
serta, et voyagea en Italie à la suite d'un gentil»
homme allemand. Son prolecteur étant mort à
Padoue, il fut obligé de faire usage de ses ta-
lents en mécanique pour subsister, et il se dé-
termina pour la profession de luthier. Il alla s'é-
tablir quelques temps en Lorraine; de là passa
en France et en Hollande, d'où il revint en Suède
pour y étudier la théologie à Lunden, Upsal et
Wittemberg. Son humeur inconstante le porta à
quitter encore sa patrie pour voyager ; mais ayant
fait naufrage et ayant été dépouillé par des vo-
leurs, il revint enfin en Suède, où il prit le bonnfit
de docteur. Il fut fait pasteur de Volstadt près
de Carlstadt, et y mourut le 5 juillet 1753. L'A-
cadémie des sciences de Stockholm le reçut au
nombre de ses membres. Dans les mémoires de
cette société, il a inséré trois dissertations sur le
perfectionnement des instruments à clavier. Le
premier, qui* se trouve dans le volume de 1739,
p. 81, est intitulé : At œka Clawers och Cymba-
lers godhet (De la manière d'ajouter à la bonté
des clavecins). Le second mémoire, qui contient
une suite du premier, se trouve dans l'année 1757,
p. 36, et le troisième intitulé : Hwad œndring
desse Clawers och andre instrumenter ïinder-
gse i Stark kœld , etc. (Quelles altérations se ma-
nifestent dans les clavecins et autres instrumenis
par l'effet du froid), est inséré dans l'année 1760,
p.317.Lesdeuxderniersmorceauxn'ontélépubhés
qu'après la mort de l'auteur. Un des moyens pro-
posés par Brelin pour le perfectionnement des cla-
vecins consistait à remplacer les plumes de cor-
beau des sautereaux par de petits ressorts en os
disposés dans la languette d'une manière particu-
lière; l'autre, à fixer les cordes à des hauteurs
uniformes, de manière qu'elles ne fussent point
appuyées sur le chevalet, mais qu'elles le tou-
chassent seulement avec légèreté, et que le point
d'intersection de ces cordes par le chevalet fût
calculé de telle sorte que les parties placées en
deçà ou au delà fussent en longueurs corres-
pondantes, afin que l'une étant mise au vibra-
tion, l'autre résonnât aussi comme un écho. Hul-
phers a donné un extrait du premier mémoire de
Brelin et une analyse des autres dans son livre
intitulé : Historisk a/hand Hng otn Musik {Tra\lé
historique sur la musique, p. 81). Forkel s'est
trompé lorsqu'il a dit que Marpurg a donné une
traduction allemande du premier mémoire dans
ses Essais historiques ( V. AUgetn. Litter. der
Miisik, p. 263); c'est l'extrait donné par Hnl-
BREKELL — BRENDEL
67
pliei-s que le savant Marpurg a trad(iit( Histo-
risch-kristiche Beylrage, etc., t. Il, p. 322).
Lichtenthal, qui a copié Foikel {Bibliog. délia
Mus., t. IV, p. fi7), a changé le nom de Brelin
en celui de Berlin.
BREMIXER (Robert), professeur et mar-
chand de musique à Edimbourg, vers le milieu
du dix-huitième siècle, quitta ensuite cette ville
pour aller s'établir à Londres, où il vivait encore
vers 1800. Les ouvrages qui , l'ont fait connaître
font : 1° Rudiments of Musïc, or a short and
easy treatise of that subjcct ( Rudiments de la
musique, ou traité court et facile sur cet art);
Edimbourg, 1756, in-t2. La deuxième édition
de ce livre, avec des additions sur le chant et
une collection d'antiennes (Church-Tunès) , a
paru à Edimbourg et Londres en 1762, in-S". La
troisième a pour titre : Rudiments of music
witfi Psalmody; Londres, 1763, in-8° — l" Some
thoughts on the performance of concert Mtisic
( Pensées sur iexécution de la musique de con-
cert) ; Londres 1777, in-folio. Cemorceau est placé
à la tête d'une œuvre de six quatuors pour deux
violons, alto et basse, composé par J. G. C.
Schotky. Il a été traduit en allemand par Cra-
mer dans son Magasin de musique, 1"^* année,
p. 1213-1225. — 3° Instruction for the Guittar.
Bremner a publié aussi des chansons, des glees ,
des duos, et d'autres pièces légères de sa compo-
sition.
Forkel et Lichtenthal citent un ouvrage .d'un
auteur nommé James Bremner, sous ce titre :
Instructions for the sliccado pastorale, with
acollection o/ a/rs ; Londres , in-4° (sans date).
Je n'ai trouvé ni ce nom, ni l'ouvrage dans les
catalogues anglais.
BRENDEL (Adam), docteur en médecine,
et professeur d'anatomie et de botanique à l'uni-
versité de Wittenberg, a publié : De curatione
morborum per carmina et cantus musicos;
Wittenberg, 1706, in-4°. Cette dissertation est
une des meilleures qu'on aitécrites sur ce sujet.
BREIMDEL (Charles-François), écrivain
sur la musique et professeur d'esthétique musi-
cale au conservatoire de Leipsick, est né le 26
novembre 1811 à Stollberg, dans le Harz, où son
père était ingénieur des mines. Plus tard, sa fa-
mille fut transférée à Freyberg, où il suivit les
cours du gymnase (collège). 11 y reçut des le-
çons de musique d'Anaker {voij. ce nom) et fré-
quenta les séances, concerts et soirées musicales
du cercle fondé par son maître. Les écrits de
Rochlitz et la Cœcilia dirigée par Gottfried
Weber, qui lui tombèrent sous la main, éveillèrent
son goût pour la critique relative à l'art et aux
artistes. En 1832, Brendel se rendit à l'université
de Leipsick : il fit, dans cette ville, la connaissance
de plusieurs artistes, particulièrement <le Fr.
Wieck, dont il prit des leçons de piano, et de Ro-
bert Schumann, Ces relations donnèrent d'abord
plus d'activité à son penchant pour la musique;
mais les leçons du professeur Weise sur la phi-
losophie hégélienne, qu'il fréquentait à l'univer-
sité, lui ayant inspiré une vive admiration pour
cette détermination de la science, il suspendit
ses travaux relatifs à l'art pour aller à Berlin pui-
ser à la source de cette philosophie qui comptait
alors beaucoup de partisans enthousiastes. Il y
étudia deux ans ; puis il fut rappelé par sa famille
à Freyberg pour y suivre les cours de l'école des
mines. Soit qu'il n'eût point de vocation pour la
carrière qu'on voulait lui faire suivre , soit que
quelque circonstance imprévue se fût opposée
aux vœux de ses parents, Brendel revint d'une
manière décidée à son penchant pour l'art, et se
fit connaître dans le monde musical par un cours
d'histoire et d'esthétique de la musique qu'il fit
à Freyberg en 1841. Dans l'année suivante il fit
un cours semblable à Dresde, et il en ouvrit
un troisième à Leipsick en 1844. Le succès qu'il
y obtint le fit choisir dans la même année pour
succéder à Robert Schumann dans la direction de
la Nouvelle Gazette musicale de Leipsick (Neue
Zeitschrift fur Musik). On sait que cet écrit
périodique avait été fondé en 1834 par un parti
qui se croyait novateur, et qui voulait faire triom-
pher de noruvelles tendances de l'art, en oppo-
sition à l'art ancien. C'était une tribune ouverte
aux intérêts du romantisme musical. Nul n'a-
vait plus que Brendel les qualités nécessaires
pour continuer l'œuvre de ses prédécesseurs et
lui donner un caractère tranché d'opposition,
une allure décidée de réformation. De nouveaux
cours qu'il fit dans les années suivantes grou-
pèrent autour de lui un certain nombre d'adhé-
rents, et firent rattacher son enseignement au
conservatoire de Leipsick. Le parti dont il est un des
chefs se désigne modesteraentpar le namd'' intelli-
gent : on pourra vérifier plus tard ses titres à
celte prétention. Comme intelligent, Brendel s'est
fait le plus ardent admirateur et prôneur de
l'entreprise révolutionnaire de Richard Wagner
(voy. ce nom) pour le bouleversement de l'art.
La Nouvelle Gazette musicale semble n'avojr plus
entre ses mains d'autre but que le triomphe de
celte tentative folle. A l'époque de son premier
cours, Brendel a publié un petit écrit qui en est
le résumé, sous le titre : Grundzûge der Ges-
chichte der iîiwsiA^Faits principaux de l'Histoire
de la Musique), dont il a paru trois éditions à
Leipsick, chez Hinze. En 1850, Brendel a fait un
nouveau cours en 22 leçons, qu'il a publié sous le
5.
68
BRENDEL — BRESY
tkre : Geschickte der- Musik in Italien^ Deutsch-
land und Frankreich, von den ersten christ'
lichen Zeiten bis au f die Gegenwart (Histoire
de la Musique en Italie, en Allemagne et en
Fiance, depuis les premiers temps du chris-
tianisme jusqu'à présent) ; Leipsick, J852, 1 vol.
in-80 de 546 pages. Une deuxième édition de ce
livre a paru en 1856. Au point de vue des re-
cherches et des développements de l'art dans
ses principes et dans ses formes, cet ouvrage est
de peu de valeur : à vrai dire, ce n'est qu'un
résumé de ce qui a été écrit antérieurement
sur le même sujet; mais les huit dernières le-
çons peuvent être considérées comme le mani-
feste des opinions du professeur concernant les
transformations de la musique, depuis le milieu
du dix-huitième siècle jusqu'au milieu du dix-
neuvième. Dans un écrit intitulé : Die Musik
der Gegenwart und die GesammtkiXnst der
Ziikunst (La Musique du présent et l'Art complet
de l'avenir), Leipsick, 1854, Brendel devint le
prophète fanatique du wagnerisme. Le style
nébuleux de. cet écrivain semble calculé pour
couvrir l'insuflisance de ses connaissances tech-
niques et pratiques dans l'art dont il parle. Sa
phrase est vague, torturée; les termes dont il se
sert sont pris souvent dans une acception mal
définie; enfin ses vues et l'objet de sa ciitique
sont à chaque instant étrangers à la musique
considérée en elle-même. En 1856, il a com-
naencé, en collaboration avec Richard PohI, de
Dresde, la publication d'un écrit semi-périodique
intitulé : Auregungen Jiir Kunst, Leben und
Wissenscha/t (Incitations pour l'art, la vie et
la science) : au moment où cette notice est écrite
(1857), les livraisons du quatrième volume pa-
raissent.
M'"^ Brendel (née Elisabeth Tautmann, à Pé-
tershourg), est distinguée par son talent sur le
piano. En 1845 elle s'est fait entendre avec suc-
cès dans les concerts de Leipsick. Élève de Field
et de Louis Berger, elle propage leurs principes
dans son enseignement.
BREIVDLER(...), compositeur suédois, mort
à la fleur de l'âge, à Stockholm, en 1845, an-
nonçait un génie original dans ses premières œiL-
vres , lesquelles consistent dans la musiqne qu'il
écrivit pour les drames : La mort de Spatara, et
Edmond et Clara. Son opéra inédit et postliume |
intitulé Ryno, a été estimé comme une œuvre de
haute valeur par les artistes qui ont pris connais-
sance de la partition.
BREIMVTjXER ( JosEPu) , bon compositeur
de musique d'église, naquit en Bohême vers la
fin du dix-septième siècle. Il a fait imprimer à
l'rague divers ouvrages de sa composition dont
les titres sont : l» Laudes matutinse. Pragœ
in magno collegio Carolino; Typis Georgio
Labann. — 2oOffertoires à quatre voix; ibid. —
3° Horœ pomeridiame , seii concerti camerales
sex, ppus IV; ibid., 1720.
BRESCI ANELLO ( Joseph-Antoine), com-
positeur italien , devint, en 1716, conseiller et
maître de chapelle du duc de "Wiirtemberg , et
occupait encore ces places en 1757. Il a fait im-
primer douze concertos ou symphonies pour deux
violons, alto et basse, Amsterdam, 1733. On
connaît aussi différentes pièces de musique vocale
composées par lui.
BRESCIANI (Benoît), bibliothécairedu grand
duc de Toscane, habile maihémalicien et musi-
cien, naquit à Florence en 1658, et mourut dans
la même ville en 1740. Parmi les ouvrages qu'il
a laissés, on trouve en manuscrit : 1° De sys-
temate harmonico, tractatus , quo instru-
mentum omnichordum et omnes ejus usus
explicantur. — 2° Libellus de miisicâ vete-
rum.
BRESCIANI ( Pierre), compositeur, né à
Brescia vers 1806 , n'est connu que par quelques
opéras qu'il a fait représenter : les circonstances
de sa vie sont ignorées. Son premier ouvrage,
La Fiera di Frascati, a été représenté avec
peu de succès au théâtre S. Benedetto , à Venise,
dans le mois de mars 1830. Dans la même année
il fit exécuter une cantate de sa composition sur
le théâtre de Brescia, à la louange du célèbre chan-
teur Veluti. En 1832, il donna à Trieste VAlbero
di Diana, qui ne réussit pas; mais en 1833 il
écrivit pour le théâtre de Padoue / Promessi
Sposi, dont le succcès fut complet. L'ouverture,
l'introduction, un quatuor et un trio du finale
du premier acte, enfin un duo et un trio du se-
cond acte, ont été considérés comme de bons
morceaux, empreints de sentiment dramatique. La
plupart de ces morceaux ont été gravés avec ac-
compagnement de piano , à Milan, chez Ricordi.
On connaît aussi de Bresciani le chant de Bledore,
du Corsaire de Lord Byron , pour soprano avec
piano.
BRESCIONI (François DE), pianiste italien,
s'est fait connaître depuis 1844 par la publication
de plusieurs ouvrages pour son instrument, parmi
lesquelsen remarque des iïMorfies sans paroles,
op. 10, Milan, Ricordi, et une Fantaisie sur
lies motifs de la Sémiramis de Rossini, op. 12,
ibid. •
BRESY ( Hugues de ), ou de Bercy, ou de
Bregy, poêle et musicien, fui contemporain d'Héli-
nand, et vécut sous Philippe-Auguste. La Croix
du Maine en fait un chevalier; mais Pasquier
pense qu'il était moine de Cluny. Il se fonde
BUESY — BREUER
09
probablement sur ces deux vers de lîresy :
« Y a plus de douze ans passé,
« Qu'en noirs draps suis enveloppé. »
Le môme auteur croit aussi que Bresy était au-
teur de la Bible Guyot, satire mordante contre
les vices de son siècle. On trouve dans les ma-
nuscrits de la Bibliothèque impériale (cotés 7222,
65 et 66 , fonds de Cangé ) six chansons notées de
sa composition.
BRETAGNE (F. P.), neveu du P. Claude
Bretagne, religieux de la congrégation de S. Maur,
naquit à Semur, en 1666. Après avoir achevé ses
études à Dijon , il se rendit à Paris, et y obtint
yne place de secrétaire à la chancellerie d'État.
C'était un homme instruit, qui cultivait les lettres
avec ardeur et se livrait aux travaux d'érudition.
Il a publié, sous le voile de l'anonyme, un livre
intitulé : Tractatiis de excellentia musicas
antiqux Hebrxorum et eorum instrumentis,
ex S. Scriptura, SS. Patribiis et antiquis au-
thorïbus illustratus; Parisiis, 1707, 1 vol.
in-12. Ce bon ouvrage a été réimprimé à Munich,
cbezJ.Remy, en 1718, in-4o.
BRETOiV (Mahoni LE), violoniste du théâtre
italien , à Paris, en 1760, a publié plusieurs œu-
vres de trios pour violon et de duos pour flûte, etc.
BRETON (JoACHiM LE), né à Saint-Meen ,
en Bretagne, le 7 avril 1760, était fils d'un ma-
rcchal-ferrant qui, chargé d'une nombreuse fa-
mille, ne pouvait faire autre chose pour son fils
que de le mettre en état de lui succéder comme
ouvrier. Cependant le jeune Le Breton annonçait
d'heureuses dispositions pour les sciences et les
lettres ; il trouva des protecteurs qui obtinrent
pour lui une bourse dans un collège , et justifia
ce bienfait par ses rapides progrès. De brillantes
études attirèrent sur lui l'attention des Théalins,
qui cherchaient à faire entrer dans leur ordre des
sujets distingués. Ils le déterminèrent à se des-
tiner à l'état ecclésiastique, et l'envoyèrent, à
peine âgé de dix-neuf ans, professer la rhétorique
dans un de leurs collèges à Tulle. Le Breton allait
recevoir les ordres, quand la révolution éclata ; ce
grand événement changea la direction de sa vie.
Il se rendit à'Paris, s'y maria, et remplit sous
le gouvernement du Directoire et sous le Con-
sulat, la place de chef du bureau des beaux-arts au
ministère de l'intérieur. Nommé membre du Tri-
bunal, il y prit peu de part aux discussions poli-
tiques. Lors de la formation de l'Institut , il y fut
appelé comme membre de la troisième classe (lit-
térature et histoire ancienne ) , et comme secré-
taire de la classe des beaux-arts. Il conserva cette
position jusqu'au mois d'octobre 1815. Compris
alors dans l'ordonnance d'expulsion de l'Institut
d'un certain nornbrede savants et de littérateurs.
Le Breton partit pour le Brésil avec plusieurs artis-
tes, dans l'intention d'y fonder une sorte de co-
lonie; mais il n'eut pas le temps de réaliser ses
projets,car il mourutàRio-Janeiro,le9 juin 1819.
Parmi ses ouvrages, on remarque : 1» Rapport
sur V état des Beaux- Arts ; Paris 1810, in-4°.
Ce rapport avait été demandé pour le concours
des prix décennaux ; la situation de l'art musical
en France depuis 1795 y est examinée avec
étendue.— 2° Notice sur la vie et les ouvrages
de Grétry ; Paris, 1814, in-4o. Cette notice, qui
avait été lue à la séance publique de la classe des
Beaux-Arts, au mois d'octobre 1814 , a été insé-
rée dans le cinquième volume du Magasin ency-
clopédiqiie{l&Wj,p.273. — 3° Notice histori-
que sur la vie et les ouvrages de Joseph Haydn ,
membre associé de l'Institut de France, et
d'un grand nombre d'académies ; lue dans
la séance publique du 6 octobre; Paris, Bau-
douin, 1810, in-4''. Cette notice est tirée presque
tout entière de celle que Griesinger avait publiée
dans la onzième année de la Gazette musicale
de Leipsick. Elle a été traduite en portugais par
le cons^eiller royal De Silva-Lisboa, qui l'a aug-
mentée d'anecdotes sur Haydn fournies par Neu-
komm , et publiée à Rio-Janeiro, 1820 , in 8» de
84 pages.
BRETON DE LOS HERREROS, ama-
teur derausiqueet poëte àMadrid, estauteur d'un
poëmeintitulé : Satira contra elfurorefilarmo-
nico, 6 mas bien contra los que deprecian el
teatro Espanol ; Madrid , 1847, in-8o. Cet écrit
esl dirigé contre l'engouement des habitants de
Madrid pour l'opéra italien.
BREUER (Bernard), violoncelliste et com-
positeur, est né à Cologne en 1808. Il entra fort
jeune au gymnase communal de cette ville, pour y
faire ses études littéraires, et, dans le même temps,
son grand-père, bon violoncelliste et professeur
de théorie, lui donna des leçons de musique.
Déjà Breuer s'était fait connaître par quelques
compositions, lorsqu'il se rendit à Berlin en 1828,
pour y perfectionner ses connaissances dans l'art
d'écrire, sous la direction de Bernard Klein. L'or-
ganiste Wilhelm Bach lui donna aussi des leçons
pour son instrument. De retour à Cologne, il se
livra à l'enseignement, et entra comme violoncel-
liste à l'orchestre du théâtre. En 1839 il fit à Paris
un séjour de quelques mois, puis retourna à Co-
logne pour y mettre en scène son opéra Die Ro-
senmddchen ( Les Rosières), qui ne réussit pas.
Breuer fut plus heureux dans ses autres compo-
sitions instrumentales et vocales, parmi lesquelles
on remarque quatre quatuors pour deux violons ,
alto et violoncelle, un trio pour piano, violon
70
BREUER — BREWER
et violoncelle; duos pour 2 ■violons, op. 2, des
chants et £ieder à voix seule avec piano, d'autres à
4 voix d'hommes, composés pour la Liedertafel du
Cologne. 11 a écrit aussi plusieurs psaumes pour
des voix d'hommes , dans le style de Klein, trois
messes solennelles avec orchestre , une messe de
requiem, un Te Deum, plusieurs psaumes avec
orchestre, deux oratorios {Lazare, et La des-
cente du Saint-Esprit ), deux symphonies et
cinq ouvertures pour l'orchestre. Ces ouvrages
sont travaillés avec soin ; mais ils manquent de la
qualité vitale, à savoir , l'originalité des idées.
Breuer s'est rendu recomraandable par la forma-
tion d'un bon quatuor d'instruments à cordes
pour l'exécution des ouvrages des grands maîtres.
11 s'est marié en 1840 avec la fille du violoncelliste
Knecht, d'Aix-la-Chapelle.
BREULL (Henri- Auguste), né à Lindenhart,
prèsdeBayreuth, en 1742, entra en 1765, au ser-
vice du margrave d'Anspach, comme violon, et,
dans la suite , passa comme organiste à Erlang ,
où il mourut en 1785. Il eut la réputation d'un
claveciniste habile, et a laissé plusieurs morceaux
de musique instrumentale en manuscrit. On a
aussi publié quelques pièces de sa composition
dans l'Anthologie musicale de Nuremberg, et dans
les recueils de piano de 1782.
BREUNIG (Edouard), né àFrancfortsur-Ie-
Mein, vers 1808, s'est fait connaître comme in-
venteur du piano- harmonica. En 1843 il a fait
entendre cet instrument à Bruxelles, sans y pro-
duire de sensation. Quelques années après an
le retrouve à Vienne où son invention n'est pas
beaucoup plus heureuse; puisa Darmstadt et à
Francfort. Depuis 1848 le piano-harmonica est
tombé dans l'oubli.
BRÉVAL (Jean-Baptiste), violoncelliste et
compositeur, né dans le département de l'Aisne
en 1756, étudia soniijstrument sous la direction
de Cupis. Ses progrès furent rapides, et fort jeune
encore, il obtint de brillants succès au Concert
spirituel, où il fit entendre ses premiers concer-
tos. Admis à l'orchestre de l'Opéra en 1781, il y
resta jusqu'en 1806; il obtint alors la pension
de retraite. En 1796, il fut nommé professeur
de violoncelle au Conservatoire de musique» de
Paris, qui venait d'être organisé; mais il perdit
cette place en 1802, époque où beaucoup de
membres de cette école furent réformes, le nom-
bre des professeurs étant trop considérable pour
celui des élèves. Après sa retraite, Bréval vécut
quelques années à Paris et à Versailles ; puis
il se retira à Chamouille, village situé près de
Laon. En 1824 Perne, son ami, alla habiter le
môme lieu; mais ils ne jouirent pas longtemps
(les agréments de celte réunion, car Bréval mou.-
rutvers la fin de Tannée 1825. Le talent de cet
artiste était agréable ; son jeu avait de la justesse,
de la précision et du fini ; mais son style man-
quait de vigueur et d'élévation. Comme compo-
siteur, il a eu des succès, et sa musique a long-
temps composé le répertoire des violoncellistes:
ses concertos sont maintenant tombés dans un
profond oubli. Ses premières compositions paru-
rent en 1778. Parmi sesnombreux ouvrages, on
remarque : 1° Sept concertos pour violoncelle et
orchestre; Paris, Imbault (Janet et Cotelle).
— 2° Symphonie concertante pour deux violons
et alto, œuvre 4* ; ibid. — 3° Symphonie con-
certante pour deux violons et violoncelle; ibid.
- 4° Quatuors pour deux violons alto et basse,
op.e; Paris, La Chevardière. — 5° Trios pour
deux violons et violoncelle, op. 9. — 6° Trio
pour violoncelle, violon et basse, op. 39 ; Paris ,
Janet. — 7° Duos pour deux violoncelles, op. 2,
19, 21 , 25 , 41 ; Paris, Sieber, Janet. — 8" Six
sonates pour violoncelle et basse, op. 12, 28, 40;
ibid. — 9° Airs variés pour violoncelle, n°' 1
à 12 ; ibid. — 10' Méthode raisonnée de violon-
celle; Paris, 1804. Cette méthode a été traduite
en anglais par J. Peile, sous ce titre : New ins-
truction for the violoncello, being a.complete
Key of the Knowledge of that Instrwnent ;
Londres, 1810,in-fol.
Bréval eut un frère cadet, violoncelliste comme
lui, mais moins habile. Celui-ci a été aussi attaché
à l'orchestre de l'Opéra. Il a publié des composi-
tions pour divers instruments.
BREVI (Jean-Baptiste), maître de chapelle
de Saint-François à Milan, de l'église del Carminé
et de celle de San-Fedele, était, en 1673, organiste
de la cathédrale de Bergame. Plus tard, il ob-
tint la place de maître de chapelle de cette église,
suivant le titre de son recueil de motets à voix
seule publié en 1699. On connaît de sa composi-
tion : 1° Bizzarie armoniche ovvero Sonate da
cameraa tre stromenti col basso continua, op.
3"; Bologne, 1693, in-4o. — 2° La Catena d'oro,
ariette da caméra a voce sola, op. C; Modène,
1696, in-4'', obi. — 3° La divozione canora, o
Xlmotetti a voce sola e continua, op. 7 ; Mo-
dène, 1699. — 4" Deliri d''amor divine, o can-
tate a voce sola e contimto , op. 8, lib. 1";
Venise, 1706. La première édition de cet œuvre a
paru à Modène, en 1095. On a aussi de Brevi des
éléments de musique intitulés : Primi elementi
di miisica per li principianti con alquanti
Solfeggi facili; Venise, Ant. Bortoli, 1699,
in-4°.
BREWER (Thomas), compositeur anglais et
virtuose sur la viole, florissait vers le milieu du dix-
septième siècle. 11 fut élevé à l'hôpital du Christ,
BREWER — RRICCIALDI
71
à Londres. Plusieurs fantaisies, canons et au-
tres pièces de sa composition ont été insérées
dans la collection de Hilton, Londres, 165'2. On
trouve aussi dans le Musical Companion ( Lon-
dres, 1673) un air à deux voix qu'il a com-
posé sur ces paroles : Turn Amarillys to thy
swain, etc.
BIIEWSÏER (Henri). X)n trouve sous ce
nom dans le catalogue de Clementi ( Lon-
dres, 1797 ) un livre didactique intitulé : Coun-
cise Method of playing Thorough bass (Mé-
thode abrégée d'accompagnement) in-fol. Tel est
le véritable titre de l'ouvrage, au lieu de ce-
lui qui se trouve dans la première édition de ce
livre, où le nom de l'auteur est aussi mal indiqué.
BRIAN (Albert), compositeur anglais, flo-
rissait à Londres dans le dix-septièrae siècle. Le
docteur Boyce a inséré quelques morceaux de sa
composition dans son recueil intitulé : Cafhe-
dral Music.
BRIAI\T (Denis), musicien français qui vi-
vait au commencement du seizième siècle. On
trouve des motets de sa composition dans les
recueils publiés par Pierre Attaignant, de 1529 à
1537 (Paris, in-4o obi. gothique), et notamment
dans le neuvième livre de chansons.
BRIARD (IÎtienne), graveur et fondeur en
caractères, né à Bar-le-Duc (Meuse), dans les
dernières années du quinzième siècle, s'établit à
Avignon vers 1530. C'est à cette époque, ou peu
auparavant, qu'il grava un caractère de musique
très-di Itèrent de la notation alors en usage; car,
non-seulement il abandonna les formes carrées et
en losange des longues, brèves, semi-brèves et
minimes, pour leuren substituer d'arrondies; mais
il remplaça le système proportionnel des ligatures
de toute espèce qui n'était, depuis le onzième
siècle, qu'une énigme embarrassante et inutile
pour l'art, par une notation simple et rationnelle
qui représente la valeur réelle des sons mesurés.
Briard précéda-t-il Granjon(yo(/. ce nom) dans
cette heureuse réforme, ou celui-ci eut-il l'an-
tériorité, si, comme le dit Peignot ( Diction,
rais, de bibliologie, suppl. p. 140), il exerçait
déjà dès 1525? C'est ce qui serait difficile à éclair-
cir aujourd'hui; mais il est certain que l'usage
des caractères de Briard précéda de vingt-sept
ans le plus ancien ouvrage connu dont l'im-
pression fût faite avec les caractères de musique
du typographe parisien ; car ce fut en 1532 que
Jean de Channay, imprimeur à Avignon, fit usage
de ceux de Briard pour les œuvres du célèbre mu-
sicien Eléazar Genêt, surnommé Carpentras
( Ko !/. Genêt). Les caractères de Briard'étaienf d'ail,
leurs préférables à ceux deGranjon, étant beau-
coup plus gros et conséquemraent plus lisibles.
Quant à la réforme du système, nul doute que
ce ne sont pas des graveurs et fondeurs de carac-
tères quiont imaginé une chose de celte impor-
tance, et qu'un musicien instruit et de bons sens
a dû leur en suggérer l'idée. Il est d'ailleurs
à remarquer que ces mêmes caractères simples
et non proportionnels, ont dû être connus et
employés parles harmonistes à une époque très-
ancienne pour écrire leurs combinaisons de chan-
sons et de motets; car il leur eût été impossible
de faire leurs partitions avec le système des liga-
tures et des mesures proportionnelles. Ce n'est
qu'après avoir écrit leurs ouvrages, à l'aide d'une
tablature de notation simple, qu'ils imaginaient
la notation de chaque partie dans les combinai-
sons les plus énigmatiques et les plus embarras-
santes, afin de donner une haute idéede leur habi-
leté; mais souvent il leurarrivait de se tromper
eux-mêmes dans les signes dont ils se servaient
pour traduire leur pensée première, ainsi qu'on le
voit dans les ouvrages de Tinctoris, daGafori,
à''Aaron et de Zacconi. Antoine Hondremare,
de Péronne, professeur au collège d'Avignon et
contemporain de Briard, a fait l'éloge de l'inven-
tion de ce typographe et de la beauté de ses carac-
tères, dans les deux quatrains latins que voici;
1.
Tuque Briarde tu nunqiiam privarere laude,
Hactenus invisos nul facis arte typos.
Qiiam variis sccreta moJis sunt dona tonantis.
Hic valet musis, poUetat hic calamo.
2.
Quara tibi bellaraanus, perdocte Briarde vldetur,
Hactenus ignotus qui facis arte typos.
Cujusvis generis pingens elementa notasque,
Quicquid liabes, monstras cudere calcographia.
On peut voir, dans l'excellent livre de M. Schniid
sur Octave Petrucci, un fac-similé des caractères
de musique de Briard (fig. 4).
BRIARD ( Jean-Baptiste ), de la même fa-
mille que le précédent, violoniste et compositeur,
est né le 15 mai 1823, à Carpentras ( Vaucluse).
Admis comme élève au Conservatoire de Paris
au mois d'octobre 1837, il y reçut des leçons de
Clavel pour le violon, puis devint élève de Bail-
lot, et, après la mort de cet artiste célèbre, passa
sous la direction de Habeneck. Le second prix
de violon lui a été décerné au concours, en 1843,
et dans l'année suivante, il obtint le premier
pri.v. On a publié de sa composition quelquesairs
variés pour le violon et des duos pour cet ins-
trument.
BiUCCI (Théodore), compositeur italien,
vivait vers le milieu du seizième siècle. On a im-
primé de sa composition : 1° 7^ primo libro de''
madrigali a 5 voci ; Venise, in-8". — 2» Madri-
gali a 6-12 voci; Venise, 1567, in-40.
BRICCIALDI ( Jii.Es ), Hûtiste et compo-
72
BRICCIAI-DII — BRIEGEL
siteur, est né à Terni, dans les États romains,
le 1®'' mars 1818. Son père, Jean-Baptiste, fut le
seul instituteur qu'il eut pour la flûte: plus tard
il travailla seul, et forma son talent par l'audition
de quelques bons chanteurs. Arrivé à Rome fort
jeune, il entra comme flûtiste dans un théâtre
de cette ville. Dans le même temps il reçut des
leçons de composition de Ravagli, chantre de la
chapelle du Vatican. A l'âge de dix-sept ans il
commença sa carrière d'artiste, et fut nommé
professeur de flûte par l'Académie de Sainte-Cé-
cile, à Rome. Arrivé à Naples en 1836, il fut
choisi dans l'année suivante pour enseigner à
jouer de la flûte au comte de Syracuse, frère du
roi. En 1839, il partit pour la haute Italie, et
s'arrêta à Milan pendant près de quinze mois.
Arrivé à Vienne dans le mois de mai 1841,11 s'y
litenlendreavecsuccès, puis fréquenta les bains de
la Bohême, et retourna à Vienne par Linz, où il
s'arrêta pour donner des concerts. Je crois que
Briccialdi est retourné en Italie et s'est fixé à
Milan. Les œuvres principales de cet artiste
sont : 1^"^ Concerto pour flûte et orchestre ; Milan,
Ricordi. — 2™" idem; Brunswick, Meyer. — Fan-
taisie pour flûte et orch. sur des motifs de Linda
de Chamouny ; Milan, Ricordi. — Ballabile di
concerto pour flûte et orchestre, op. 15; Hano-
vre, Bachmann. — Fantaisie sur la Fille du régi-
ment pour flûte et orchestre ; Mayence, Scholt. —
Des fantaisies pour flûte et piano sur des motifs
d'Opéra, op. 17, 18, 24,25, 27; Milan, Ricordi;
Brunswick, Meyer ; Hanovre, Bachmann. — Des
morceaux de salon pour les mêmes instruments,
op. 3, 1 6, 2 1 , 28, 30, 32; ibid.— Des variations, etc.
BRICCIO (Jean), l'un des écrivains les
plus féconds de l'Italie, naquit à Rome en 1581,
et mourut dans la même ville en 1646. Son père,
simple matelassier, le destinait à sa profession,
mais le jeune Briccio donnait à la lecture tous
les moments qu'il pouvait dérober àson travail, et
il apprit ainsi seul la théologie, le droit civil et
canonique, la grammaire, la rhétorique, la géomé-
trie, la physique, l'astronomie, la musique et la
philosophie. Il fut, pour la peinture, élève de Fré-
déric Zucchari. Il a publié des canons énigma-
tiques à deux, trois, quatre et six voix. Walther
cite de lui un livre intitulé •..Délia Musica,
qui est resté manuscrit.
BRIDI (Joseph- Antoine), banquier à Rove-
redo, ville du Tyrol italien, estnéen 1776. Ama-
teur passionné de musique, il fit élever dans son
jardin un temple dédié à l'harmonie, et y mit les
bustes de Sacchini, de Gluck, de Haendel,de Jo-
melli, de Haydn, de Palestrina et de Mozart, avec
des inscriptions latines-, composées par J. B. Bel-
tramo, prêtre de Roveredo. Dridi a donné, la
description de ce temple, avec des biographies
abrégées des artistes célèbres dont les images
s'y trouvent, dans un écrit qui a pour titre : Brève
Notizie intorno ad alcuni celebri compositori
di musica, e cenni sullo stato présente del
canto italiano ; Roveredo, Marchesani, 1827,
in-8°.
BRIEGEL (Wolfgang-Charles), né en Al-
lemagne, en 1626, fut d'abord organiste à Stettin.
Appelé à Gotha, vers 1651, pour y remplir les
fonctions de cantor, il y passa vingt ans, et
n'en sortit que vers la fin de 1670, pour aller à
Darmstadt, où il avait été nommé maître de cha-
pelle. Il vivait encore en 1709, et était âgé de
quatre-vingt-trois ans. On peut croire qu'il était
fort gros, d'après son portrait qui a été gravé lors-
qu'il avait soixante-cinq ans. Il a beaucoup écrit de
musique pour l'église protestante, et de pièces ins-
trumentales. Voici la liste de ses principaux ou-
vrages ; 1° GeistUche Arien und Concerten (Con-
certs et airs spirituels); Erfurt, 1652, in-4°. —
2° X Paduanen, X Balleten, und X Couranten
von 3 und 4 Instriimenten ; Erfurt, 1652, in-4°.
— 3° GeistlichenMusikalischer Rosengarten von
l,2,3,4M?jd 5 Stimmen, nebst darzu gehœrigen
Instrumenten (Jardin de roses musicales à
1-5 voix , etc. ) ; Gotha, 1658 , in- fol. — i'Geist-
liche Arien, V^" Zehen, von 1 und 2 Singstnn-
men nebst beyge/ugtenRitournellenmitzivey
undmehr Vivien sammt dem B. C, Gotha, 1660,
in-fol. — 5° Evangelische Gespra'che avf die
Sonn und HauptFestlage von Advent bisSexa-
gesimas mit 5 bis \Q Stimmen ( Paroles évan-
géliques pour les jours de fête depuis l'Avent jus-
qu'à sexagésime, à 5-10 voix) ; .Miihlhausen, 1660,
in-fol., première partie. — 6° Idem , deuxième
partie; ibid. , 1661. — 7° GeistUche Arien, etc.,
deuxième partie; ibid., 1661. — 8° Dank-Lob
und ^eMJerfer (Cantiques de remercîraents etde
louanges); Miihlhausen, 1663, in-4". — 9° Buss
und Trost-Gesœnge ( Cantiques de repentir et
de consolation ) ; Gotha, 1664, in 4", — 10° Evan-
gelischer Blumen-Garten,von 4 Stimmen, avf
madrigalische Art 1, 2, 3 und 4 Theile ( Par-
terre évangélique à quatre voix, etc. ); Gotha ,
1666-1668 in-4°. — il" Intraden und Sonatcn
voniund à Stimmen, au/Cornettenund Trom-
bonen zu gebrauchen ; Leipsick , 1G69, in-4°, et
Erfurt, 1669, in-4°. — \1° Heilige Liederliist;
Erfurt, 1669, in-4''. — 13» XII madrigalische
Trost-Gesœnge,mit 5 unde Stimmen, etc. (Can-
ti(iues madrigalesqucs de consolations, à cinq et
six voix, etc.); Gotha, 1671, in-4°. — - l4oi»/«5t-
kalisches Tofel-confect , bestehend in liislt-
gen Gespr;rchen undConcerten (Confitures mu-
sicalesdetable,etc.);Francforl-sur-le-Mein, 1072,
BRIEGEL — BRIJOIN
73
in-4». — 15» Geistliche Concerten von 4 und 5
Stimmen ( Concerts spirituels à quatre et cinq
voix) ; ibid., in-4°. — 16° Joh. Sain. Kriegsmann
evangelisches Hosanna, mit 3 vocal Siimmen
aiich mit und ohne Instrumente in Musik
ffcseïs^; ibid., 1678, in-4°4 — 17° Evangelisch
Gesprach-Musik, oder musikalische Trost-
Quelle, aiisden Sonn-und Festtags-evangelien
Gesprœchsweise geleitet, mit 4 vocal tmd 5
Instruniental-Stimmen und dem Generalbass
(Dialogues spirituels en musique, etc., à quatre voix
et cinq instruments, avec basse continue ) ; ibid.,
167!) , iu-4''. — 18° Musikalische Erquickstun-
den sonderbarlustigeCapricien mit ti Stimmen,
als 1 Violin, 1 Violen, demViolon nebstB. C.
(Récréations musicales ou caprices choisis à quatre
voix, avec un violon, deux violes, basse et B.C. );
Darmsladt, 1680, in-4°. — 19'' Musikalischer Le-
bens-Brunnen, von/t vocal und ^ instrumental-
Stimmen (Fontaine dévie musicale àquatre voix
il quatre instruments) ; ibid., 1688. Il y a une pre-
mière édition du même ouvrage publiée aussi à
Darmstadt, en 1680, in-4°. — 20° Christian fteh-
feldsevangelischer Palmzweig, von 1-4 Sing'
siimmen , nabsl 2-4 Instrumenten (Palmes
cvangéliques de Christian Rehfeld, à 1-4 voix et
2-4 instruments); Darmstadt et Francfort, 1684,
in-40. — 21° Joh. Brauns Davidischeevange-
lische fJarfe in Musik gebracht (La Harpe évan-
gélique davidique de J . Braun mise en musique) ;
Francfort, 1685, in-4°. — lio Evangelisches Ho-
sanna in geistlichen Liedern, aus den Sonn-
und fiihrnehmsten Festtags-Evangelien ers-
challendin leichter Composition, nachbelieben
mit i-bSingstimmen, nebs 2 Instrumenten, mit
einem Anhange von 6 Communion, 6 Hochzeit
und 6 Be^raônm-Lierfern (Cantiques de joie
évangélique, contenant les évangiles des diman-
ches et principaux jours de fêtes en musique
facile, etc. ); Giessen, 1690, in-4''. — 23° Kœnig
David 7 Buss-Psalmen, nebsetlichen Bussge-
sprœchen in Concerten von 4 vocal und 2 ins-
Irumental-Stimmen , etc. (Les sept psaumes
de la pénitence du roi David, etc., à 4 voix et 2
instrument?; Giessen, lG90^in-4°. — 24" Geis-
tliche Lebens-Quellemit k vocal und 2 bis 4 ins-
trumental Stimmen , etc. (Les sources de la
vie spirituelle, à 4 voix et 2-4 instruments).
Darmstadt, in-4°. — 25" Letzter Schwanenge-
sang bestehend in XX Trauergesang, mit 4
bis 5 Stimmen (Les derniers chants du cygne,
consistant en 20 cantiques funèbres à 4-5 voix);
GiÊssPn, 1709, in-4°.
BRIGIlEKTl (Pierre), avocat, né à Bologne
vers 1780, est auteur d'un éloge du chanteur Ba-
bini, qui a pour litre : Elogio di Matteo Babini
letto al Liceo filarmonico di Bologna, nella
solenne distribuzione de' premi musicali il 9
luglio ; Bologna, pcr lestampe d'Annesio No-
bile, 1 822, in-4". On a aussi sous le môme nom un
opuscule intitulé : Délia musica Rossiniana e
del sua autore ; Bologne, 1830, in-S" de 33
pages. Brighenti était membre de l'Académie des
Philharmoniques de Bologne et de plusieurs aca-
démies italiennes.
BRIGHENTI ou RIGilETTI (M"" Ma-
rie GIORGl), cantatrice détalent, née a Bologne,
vers 1792, reçut dès son enfance une excellente
éducation musicale. Sa mère, M™^ Giorgi, pianiste
distinguéeetremarquable par son esprit, donnait
chezelle chaque semaine des concerts d'amateurs
auxquels assistait la meilleure société de Bologne :
ce fut dans ces réunions que se forma le goût de
la jeune cantatrice. Du même âge que Rossini,
qu'elle voyait souvent chez sa mère, elle eut pour
lui une amitié sincère qui ne se démentit jamais.
Son début au théâtre eut lieu à Bologne en 1814 :
Dans la même année, elle épousa M. Brighenti.
En 1816, elle créa le rôle de Rosine dans le Bar-
bier de Séville, que Rossini avaitécrit pour Rome.
Ce fut pour elle aussi qu'il écrivit la Ceneren-
tota. Venise, Gênes, Livourne et Bologne furent
les scènes sur lesquelles M™" Brighenti brilla à
diverses reprises. Elle termina sa carrière théâ-
trale a Yicence en 1836, et se relira à Bologne. Ce
n'est pas seulement comme cantatrice qu'elle mé-
rite d'être citée ici, mais comme auteur très-spi-
rituel d'un écrit sur la vie de Rossini, intitulé :
Cenni di una Donna già cantante sopra il
maestro Rossini , in risposta a cià che ne
scrisse,nellastatedell'annol9,22,ilgiornalisla
inglese in Parigi , e fu riportato in tma gaz-
zetta di Milano dello stesso anno ( Rensei-
gnements d'une cantatrice sur le maître Rossini,
en réponse à ce qu'en a écrit un journaliste an-
glais à Paris dans l'été de 1822, et qui a été rap-
porté dans une Gazette de Milan de la môme
année ); Bologne, 1823, in-S». M^e Brighenti re-
lève dans cet écrit beaucoup d'anecdotes menson-
gères répandues sur l'illustre maître, et fournit
des renseignements remplis d'intérêt sur sa
personne et ses ouvrages. J'ai donné une ana-
lyse de ce joli ouvrage dans la Gazette musicale
de Paris (année 1850, n. 20).
BRIGINOLI (Jacques ), compositeur italien,
vivait vers la (in du seizième siècle. Jean-Bap-
tiste Bonometti, surnommé H Bergameno, a in-
séré quelques pièces de sa composition dans le
Parnasse musico Fernandeo qu'il a publié'à Ve-
nise, en 1615.
BRIJOIV ( E. R.), professeur de musique, né à
Lyon, vers 1720, et qui vécutdans cette ville, a pu
74
BRU ON
BRITTON
blié : r Réflexions sur la musique et sur la vraie
manière de l'exécuter sur le vio/o«; Paris, 1763,
in-4°; — 2° L'Apollon moderne, ou développe-
ment intellectuel par les sons de la musique;
nouvelle découverte de première culture, aisée
et certaine pour parvenir à la réussite dans
les sciences , et nouveau moyen d'apprendre
facilement la musique; Paris et Lyon, 1781. Ce
titre n'annonce pas un iiomnie de trop bon sens ;
cependant, quoique le style en soit fort mauvais,
le livre contient quelques bonnes choses. Brijon
avait remarqué la difficulté de fixer l'attentiou des
commençants, dans l'étude de la mnsique, sur la
division des valeurs de temps et sur Ja justesse
des i-ntonations ; il est, je crois, le premier auteur
qui ait proposé d'écarter cHitte difficulté au moyen
du solfège parlé. On trouve dans son livre des
leçons écrites pour cet usnge. M. Quérard s'est
trompé en donnant à ce musicien le nom de
Jirigon (France Litlér., t. 1, page 514 ).
BUILLE (Joachim), chantre à la cathédrale
de Soissons, vers le milieu du dix-septième siècle,
est connu par une messe à quatre parties, Ad
imitationem moduli Nigra sum ; Paris,. Robert
Baliard, 1068, in-fol.
liRlLLON DEJOUY (Mme), amateur de
musique de la plus grarale distinction, vivait à
Passy, près de Paris, dans la seconde moitié du
dix-huitième siècle. Burney,quirentenditen 177o,
en parle en ces termes dansson Voyage viusical
en France et en Italie- : « Elle est une des meil-
« leures clavecinistes de l'Europe. Cette dame,
« non-seulement joue les morceaux les plus dif-
« ficiles avec beaucoup de sentiment, de goût et
« do précision, mais elle exécute à vue avec la
<c plus grande facilité. Je pus m'en convaincr^e
" lorsque je l'entendis jouer plusieurs morceaux
« de ma musique, que j'avais eu l'honneur de.lui
« présenter. Elle compose aussi : elle eut la
« bouté d'exécuter- pour moi plusieurs de ses so-
« nates sur le clavecin ou \& forte-piano, avec
« accompagnement de violon joué par M. Pagin
«{voyez ce nom). » Plusieurs compositeurs
célèbres, au nombre desquels on distingue Sclio-
bert et Boccheiini , ont dédié leurs ouvrages à
lyjme gifiion de Jouy.
BRIOCHÏ ( ), compositeur italien, vivait
vers 1770. 11 a.vait déjà publié, à cette époque, dix-
huit symphonies, sept trios pour violon, des con-
certos et d'autres pièces de musique instrumentale.
BRITO (EsTEVAM de), musicien espagnol,
vivait vers 1025. 11 fut d'abord maître de cha-
pelle à l'église cathédrale de Badajoz et ensuite
à Malaga. On trouvait autrefois, dans la biblio-
llièqucduroi de Portugal, les ouvrages suivants
de sa composition ; 1" Tratado de musica, Mss,
n. 513. — 2" Motetesa 4, 5, 6, vozes, n. 569.
— ^oMotete: Exiirge Domine, i voc, u. 809.
— 4" Vilhancicos de Natividatl, n. 097.
BRITTON (Thomas), marchand de char-
l>on à Londres, fut un des liommes les plus sin-
guliers de son temps. Né près de Iligham-Fer-
rers , dans le comté de Northampton, en 1057, il
se rendit à Londres fort jeune, et fut mis en ap-
prentissage chez un marchand de charbon. Après
avoir fini son temps d'épreuves, il s'établit mar-
chand pour sou compte, loua une espèce d'écu-
rie dans Aylesbury street, Clerkenwell, et la
convertit en une habitation. Peu de temps après,
il commença à se lier avec des -savants et des
artistes, et se livra à l'étude de la chimie etde la
musique. Ses*di positions étaient telles, qu'en peu
de temps il acquit de grandes connaissances dans
la théorie et dans la pratique de cet art. Après
avoir parcouru la ville, vêtu d'une blouse bleue
et sonsacde charbon sur le dos, il rentrait chez
lui pour se livrer à l'étude, ou se rendait à la
boutique d'un libraire nommé Cliristophe Ba-
feman, dans laquelle se rassemblaient beaucoup
de savants et de gens de qualité.
Britton fut le premier qui conçut le projet
d'établir un concert public à Londres, et qui
l'exécuta. Ses concerts eurent lieu d'abord dans
sa propre maison. Le magasin de charbon était
au rez-de-chaussée, et la salle de concerts au-
dessus. Celle-ci était longue et étroite, et le pla-
fond en était si bas, qu'un homme d'une taille
élevée aurait eu de la peine à s'y tenir debout.
L'escalier de cette salle était en dehors, et ne
|)ermeltait guère d'y arriver qu'en se traînant.
La maison elle-même était si petite, si vieille et
si. laide, qu'elle semblait ne convenir qu'à un
homme.de la dernière classe. Néanmoins, tel
était l'attrait des séances de Britton, que la plus
brillante société de Londres s'y rassemblait. II
paraît que l'entrée fut gratuite pendant quelque
temps ; mais on finit par établir une souscription
dedix schellings par an, pour laquelle il fut sti-
pulé' que l'oa aurait le privilège de prendre du
café à un sou la tasse. Les principaux exécutants
de ces concerts étaient le docteur Pepusch, Hen-
del, Banister, Henry Needier, John Hughes,
WoHaston le peintre, Philippe Hart, Henry Abell,
Whichello, etc. Le fameux violoniste Mathieu
Dubourg y joua, encore enfant, son premier solo.
Parmi les auditeurs habituels se trouvaient les
comtes d'Oxford, de Pembroke et de Sunderland.
Britton avait rassemblé une collection pré-
cieuse de livres de musique et d'instruments,
qui fut vendue foit cher après sa mort. Il avait
copié lui même une si grande quantité de mu-
sique ancienne, que celle seule partie de sa col-
BRITTON — BRIXI
75
lection fut vojndue 100 livres sterling, somme
considérable pour ce temps. Il composait aussi
et jouait fort bien du clavecin. La singularité de
sa vie, ses études et ses liaisons firent penser
qu'il n'était pas ce qu'il paraissait être. Quelques
personnes supposaient que ses assemblées musi-
cales n'étaient qu'un prétexte pour couvrir des
rassemblements séditieux ; d'autres l'accusaient
de magie ; enfin ilpassait auprès de certaines per-
sonnes tantôt pour un athée, tantôt pour un
presbytérien et même pour un jésuite. Les cir-
constances de sa mort ne furent pas moins ex-
traordinaires que celles de sa vie. Un forgeron,
nommé Honeynian , était ventriloque : M. Robe,
magistrat de Middiesex, quifaisait souvent par-
lie des réunions du charbonnier, y introduisit
Honeyman, dans l'intention de s'amuser en ef-
frayant Dritton. Il n'y réussit que trop bien. Ce
pauvre homme, à l'audition d'une voix qui pa-
raissait surnaturelle et qui lui annonçait sa fin
prochaine, s'il ne se jetait à genoux pour réciter
ses prières, tomba en effet dans cette position,
mais sa frayeur fut si grande,-qu'il ne put proférer
une parole, et qu'il mourut quelques jours
après (en 1714), dans la soixantième année
de son âge. Tous les artistes et beaucoup de
grands seigneurs assistèrent à ses funérailles.
Deux portraits de îiritt'on ont été peints par Wol-
laston ; l'un en blouse et l'autre au clavecin : ils
ont été gravés tous deux.
BRI VIO (Josepu-Ferdinand), fonda à Mi-
lan, vers 1730, une école d'où sont sortis des
chanteurs célèbres. Il a composé divers opéras
parmi lesquels on remarque : l'Incostanza de-
luza, Milan, 1739, et Gîanrair, Londres, 1742.
On n'a pasd'autre renseignement sur cet artiste.
BRIXI (François-Xavier), né à Prague en
1732, appritla musique chez Pierre-Simon Brixi,
organiste à Kosmonos, qui n'était pas son père,
comme le dit Gerber, mais son parent. Occupé
de l'étude des lettres en même temps qire dé
celle de son art, il fit ses humanités à Kosmonos,
et après avoir achevé son cours de philosophie, il
accepta la place d'organiste à l'église de S-. Gallus,
à Prague, puis il obtint l'orgue de Saint-Nicolas.
Ayant été nommé directeur du chœur à l'église
Saint-Martin, il occupa cette position pendant plu-
sieurs années. De là il passa-pn qualité de maître
de chapelle à la métropole de Prague. îl mourut
célibataire à l'âge de 39 ans, chez les frères de, la
charité, le 14 octobre 1771. Cet artiste était re-
nommé comme organiste et comme compositeur;
cependant la fécondité est la qualité la plus re-
marquable de ses productions. Il a laissé en ma-
nuscrit cinquante messes solennelles, vingt-cinq
messes brèves, une innombrable quantité de vê-
pres, litanies, offertoires, graduels, et plusituvs
oratorios, parmi lesquels on remarque celui qu'il a
écrit pour le jubilé du moine bénédictin Friedc-
ricA, de Saint«-Marguerile : cet ouvrage renferme
plus de 400 feuilles. Une telle activité de produc-
tion de la part d'un artiste mort à 39 ans tient du
prodige. Malheureusement, le style de toute celte
musique n'a point la majesté-qui convient à l'Église;
les idées en sont petites, triviales même ; leur va-
leur peut être appréciée par un mot de Léopold
Kozeluch, bon juge et compositeur de mérite. Ce
musicien se trouvait un jour avec Brixi chez un
ami commun, et le maître de chapelle de la mé-
tropole dit en riant àKoseluch : « Quand je passe
« devant une église où l'on exécute une de vos
« messes, il me semble que j'entends un opéra
« sérieux. — Moi, répondit Kozeluch, lorsque
« j'entends une des vôtres, je crois être dans une
« guinguette. » Il est d'autant plus singulier que
Brixi ait adopté une manière si peu conforme
à la nature de ces ouvrages, qu'il était, dit-on,
de la plus grande force dans le style fugué sur
l'orgue.' Il a laissé en manuscrit un assez grand
nombre de pièces pour cet instrument : elles
sont encore considérées comme de fort bons ou-
vrages.
BRIXI (Victorin), excellent organiste, na-
quit à Pilsen, dans la Bohême, en 1717. A l'âge
de«sept ans il fut envoyé chez Victorin Zadolsky,
frère de sa mère, et pasteur à Kalsko. Là, Brixi
appritla musique; ensuite il alla à Altvvasser, où
il entra au choeur comme soprano. L'année d'a-
près il alla à Kosmonos, y acheva ses études de
musique, puis y occupa pendant deux ans la
place d'organiste. Ce fut à cette époque qu'il
écrivit ses premiers ouvrages, lesquels consistaient
en morceaux détachés pour les comédies qu'on re-
présentait au collège. Appelé à P.eihenberg pour
y diriger l'éducation musicale de quatre jeunes
gens de-haute naissance, il se fatigua bientôt d'un
travail qui ne lui laissait pas le temps nécessaire
pour composer, et en 1737 il accepta la place
d'organiste à Podiebrad. Il occupa celte posi-
tion pendant dix ans, puis, en 1747, il fut nommé
reoteur du collège de cette ville. Sa renommée
comme organiste était telle à cette époque, que
l'empereur François I" voulut l'entendre lorsqu'il
visita la Bohême. Étonné de son habileté, ce
prince lui offrit la place de claveciniste de la
cour;'mais Brixi refusa les avantages qu'on vou-
lait lui faire, par amour pour sa patrie. Vers le
raêitie temps, son parent, François Benda, lui
écrivit de Berlin pour Rengager à entrer au ser-
vice du roi de Prusse; mais il resta ferme dans
larésolution de ne [las s'éloigner de la Bohême.
Après une longue et houorable carrière , Bri>Li
T«
BRIXI — BROADWOOD
mourut, le 10 avril 1803, à l'âge de quatre-vingt-
six ans. On connaît de sa composition des sonates
de piano, beaucoup de messes, des vêpres, des
litanies, et d'autres productions du même genre.
BKIZZI (Antoine), habile ténor, naquit à
Bologne, en 1774. Il se livra de bonne heure à
l'étude de la musique, et prit des leçons de chant
d'Anastase Masso, chanteur habile de cette époque.
A l'âge de vingt-quatre ans, il chanta pour la pre-
mière fois enpublicàMantoue, où il eut beaucoup
de succès. 11 se fit entendre sur les principaux
théâtres de l'Italie, et se (it bientôt une brillante
réputation par sa métliode excellente et la beauté
extraordinaire de sa voix, qui, pleine et sonore
<lans toute son étendue, embrassait plus de deux
octaves. 11 joignait à ces avantages ceux d'un bel
extérieur et d'un sentiment juste de l'expression
musicale. Toutes ces qualités le firent rechercher
avec empressement par les principales cours de
l'Europe. Après avoir chanté quelque temps à
Vienne, ilfutappeléà Paris, pourjouersurlelhéâ-
Ire delà cour de l'empereur Napoléon; mais après
deux ans de séjour dans celte ville, s'apercevant
que le climat de la France nuisait à sa santé et à
la qualité de sa voix, il demanda et obtint son
congé. Il se rendit à Munich, où il chanta sur le
théâtre de la cour, et obtint le plus grand succès.
Depuis que Bv'ini s'était retiré du théâtre avec
•j.ne pension de la cour, il s'occupait de l'éduca-
tion musicale de quelques jeunes gens, et habitait
tantôt à Munich, tantôt à Tegernsée. Les derniers
renseignements sur cet artiste ne vont pas au
delà de 1830.
Un autre chanteur de la même famille, Louis
Brizzi, né à Bologne eu 1765, fut professeur de
ehant au lycée communal de cette ville, et mourut
le 29 août 1837, à l'âge de soixante-douze ans.
BRIZIO (Petkucci), compositeur, naquit à
Mosca Lombarda, au territoire de Ferrare, le 12
juin 1737. Dans sa jeupgsseil étudia au séminaire
il'Imola, puis il se rendit, en 1750, à Ferrare, où
il suivit les cours de droit. En 1758, il obtint le
doctorat en cette science ; mais, plein d'enthou-
siasme pour la maisique, H ne voulut plus avoir
d'autre occupation que celle de cet art. Dirigé
dans ses études musicales par le professeur Pie-
Iro Beretta, il fit de rapides progrès,' et devint
bientôt un maître distingué, tant pour la musi-
que d'église que pour les œuvres dramatiques.
Au nombre des opéras sérieux et bouffes qu'il
produisit à la scène, on distingua particulière-
ment son Ciro riconesciuto, et / pazzi impro-
visnli, qui furent représentés à Ferrare : son goût
toutefois Jeportait vers le style religieux. En 1784,
il fut nommé maître de chapelle de la cathédrale de
ferrare. Il écrivit peu do tcmp-^ après une messe
solennelle et un Te Deum qui furent exécutés h
Fusignano, à roc<;asion de la promotion du car-
dinal Calcagnini, et en 1793 il composa une
autre messe qui fut chantée à l'église Saint-Paul
de Ferrare. Ses psaumes, particulièrement le
Dixit, le Confitebor et le Laudate pueri, à grand
orchestre, ont eu une brillante renommée dans
toute la haute Italie. Par une exception bien rare,
il pot écrire encore en 1822, c'est-à-dire, à l'àgede
quatre-vingt cinq ans, une messe de requiem qui a
été considéréecomme un très-bon ouvrage. Brizio
est mortà Ferrare, le 23 juin 1825, à l'âge de quatre-
vingt-huit ans. Son portrait à été gravé par
Gaétan Dominichini. La plupart de ses ouvrages
pour l'église sont en manuscrit dans les archives
de la cathédrale de Ferrare ; on y trouve plusieurs
messes à 4 voix et orchestre, sans Credo; dif-
férents versets du gloria à 4 voix et orchestre ;
Kyrie idem; Credo (en /a) idem; autre Credo
(en sj bémol} idem; l'hymne Ave maris Stella,
à 4 voix, 2 violons, alto et basse; Stabat Mater
à 2 voix et orchestre; Mémento Domine Da-
vid, à 8 voix sans accompagnement; Hymne de
Saint-Auguslin,à4 voix et orgue ; Salve Regina,
à 4 voix et quatuor ; Te deum à 4 voix et orches-
tre ; les psaumes Dixit, Confitebor et Lau-
date pueri; Magnificat à 4 voix avec orchestre ;
Tantum ergo, à 2 voix et orgue; Veni Creator
à 3 voix et orchestre ; Litanies à 4 voix et orgue;
Messe pastorale et Credo pour la fête de Noël, à
grand orchestre.
BROADWARI (Richard), a composé à
Londres, en 1745, un oratorio intituléiSa/omott's
Temple. C'est tout ce qu'on saitde ce musicien.
BROADWOOD (John,) fondateur de la cé-
lèbre maison de facteurs de piano connue sous
ce nom, naquit en Ecosse vers 1740. Arrivé à
Londres à l'âge d'environ vingt«-ti ois ans, il entra
comme ouvrier chez Burckhardt Tschudy, fabri-
cant de clavecins, Great Pultney Street, 33. Il y
fit preuve de tant d'intelligence et d'habileté dans
son art, que Tschudy le choisit pour gendre, et
lui céda son établissement. C'est cette même mai-
son qui est encore aujourd'hui le siège de la
grande fabrique de MM. Henri et Walter Broad-
wood, petits-fils de John. Les petits pianos car-
rés fabriqués à cette époque avaient le son faible,
en comparaison des grands cJavecins, incon vénien t
qui nuisaitàleursiiccès. Pour remédiera cedéfaut,
Americ Backers, facteur allemand fixé à Londres,
entreprit, en 1766, d'appliquer le mécanisme du
petit piano à de grands instruments en forme de
clavecin. Avec l'aide de Broadwood et de Sto-
dart(l), il fit beaucoup d'essais et d'expériences
(1) Ce Stodart, élcre de John Broadwood, fut le grand-père
BROADWœo — BROCHARD
77
pour la réalisation de son projet. Déjà un Irlan-
dais qui travaillait chez Longman, prédécesseur
de Clementi et Collard, avait imaginé le méca-
nisme sauteur ou boiîeux, auquel on a donné
longtemps le nom d'échappement irlandais;
mais cette invention était trop grossière pour
satisfaire de véritables mécaniciens. Enfin, après
beaucoup de travaux et de dépenses, le méca-
nisme du grand piano-forté fut trouvé par Bac-
kers, Broadwood et Stodart, et définitivement fixé.
C'est ce même système qui a été appelé depuis
lors mécanisme anglais, et qu'on pourrait dési-
gner avec précision par le nom de mécanisme à
action directe. C'est encore celui qui est mis en
usage par les descendants de John Broadwood
et de Stodart; MM. Broadwood l'ont seulement
modifié par un moyen très-simple pour répéter les
notes sans être obligé de relever les doigt» des
touches. Les qualités de ce mécanisme consis-
tent dans la simplicité, d'où résulte nécessairement
la solidité.
La fabrique de pianos delà maison Broadwood
commença à se faire connaître en 1771, sous le
nom qu'elle porte encore. Les grands instruments
en forme de clavecins qui ont fait sa réputation
datent de I78i. Depuis lors, jusqu'en 1856, le
nombre total des instruments sortis de ses ate-
liers s'est élevé au chiffre énorme àecent vingt-
trois mille sept cent cinquante. Depuis 1824
jusqu'en 1850 inclusivement le nombre moyen
des instruments fabriqués chaque année a été de
2,236 environ, ce qui donne la prodigieuse quan-
tité de 43 pianos de tout genre pour chaque se-
maine.
BROCHARD (Evelina), née f ton, na-
quit le 24 août 1752, à Landshut, en Bavière. A
l'âge de huit ans elle entra dans la troupe de co-
médiens dirigée par Sebasliani , à Augsbourg , et
débuta par le rôle de Fiametta lians, le petit opéra
de la Gouvernante. Après quelques années de
travail, elle obtint des succès flatteurs, autant par
le naturel de son jeu que par son chant agréable
et par les charmes desa figure. En 1768 elle épousa
à Manheim G.-P. Brocliard, maUre de ballets de
latroupede Sebasliani. Peu de temps après elle
fut placée comme cantatrice à la cour de l'élec-
teur palatin. En 1778 elle fut engagée comme
première chanteuse de l'Opéra allemand de Mu-
nich. Lorsqu'elle parut pour la pemière fois sur le
théâtre de cette ville, elle fut accueillie par de vifs
applaudissements comme cantatrice et comme
actrice. Les ouvrages dans lesquels on aimait sur-
tout à l'entendre étaient Paris et Hélène, de
P. Wiflter, Bellérophon, du môme auteur, et Le
des facteurs du mérae nom qui travaillent encore au mo-
ment où cette notice est écrite.
Triomphe de la Fidélité, de F. Danzi. Dans un
âge plus avancé, elle abandonna le chant, et se
livra exclusivement à la comédie, où elle excella.
Eu 1 81 1 elle vivait encore à Munich, mais retirée
du théâtre, et tourmentée depuis longtemps par
une maladie douloureuse.
BROCHARD (Pierre), fils d'Èvelina Bro-
cliard, naquit à Munich le 4 août 1779. En 1787,
il commença l'étude du piano avec le professeur
Kleinheinz, et. la continua sous la direction de
Streicher. En 1792, il prit des leçons de violon
de Held, musicien de la cour, et se perfectionna
sur cet instrument avec Frédéric Eck. Cinq ans
après, il fut reçu comme surnuméraire à l'or-
chestre du théâtre de Munich, d'où il passa
en 1798 à celui de Manheim ; mais il fut rappelé
par sa cour l'année suivante. En 1802, il s'enga-
gea pour deux ans à l'orcliestre de la cour de
Sluttgard, et à l'expiration de ce terme il revint à
Munich, où il se trouvait en 1811. Brochard eut
pour maître de composition Schleclit. On connaît
plusieurs œuvres de sonates de sa composition,
des variations, des ariettes, des cantates, etc. Il
a composé aussi la musique de plusieurs ballets
pour le théâtre royal de Munich ; on y découvre
du goût, de jolis chants, un bon emploi des ins-
truments, et de la vérité dans l'expression dra-
matique. Ces ballets sont : 1° Der Tempel des
Tugen ( Le Temple de la vertu ), pour la fêle de
la reine, au mois de janvier 1800. — 2° Der
DorfJarhmarkt (La Foire de village), au mois
d'avril 1800. —Z" Diezwei Wilden^L^?, Deux
Sauvages ) , juin 1-800. — 4° Der Mechaniker
( Le MéAnicien ), août 1800. — 5° Der danck-
bare Sohn (Le Eirls reconnaissant), en 1807.
BROCHARD (Marie-Jeanne), sœur du
précédent, naquit à Mayence le 13 janvier 1775.
En 1781 elle prit.des leçons de piano du musi-
cien delà cour.Moosmayr, à Munich, et sa mère
lui enseigna l'art de la déclamation. Elle débuta
en 1782 par des rôles d'enfant. Le directeur.de,
spectacle, Théobald Marchand, remarqua ses heu-
reuses dispositions, et prédit qu'elle serait un jour
uneactricedistinguée. Ses parents résolurent de lui
faùe étudier sérieusement la musique et le chant
et la confièrent aux soins de Léopold Mozart,
vice-maître de chapelle à Salzbourg, chez qui elle
se rendit au mois de mars 1783. Le 22 août 1790
elle débuta à Munich sur le théâtre, de la cour
par le rôle de CaroUna, comédie de Wech-
sel, où elle futbicn accueillie. Le 8avrili79l,
elle chanta pour la première fois le x6\e.dfAzemia,
dans l'opéra de Dalaypac ; une voix pure etso-
nore, une belle vocalisation, unies à beaucoup
de grâce, lui méritèrent de nombreux applaudisse-
ments. En 1792'elle épousa le danseur français
78
BROCHARD — BROD
Reniier, et peu de temps après elle fit un voyage à
Berlin , où elle eut des succès. Revenue à Munich
vers la fin de la même année, elle en partit de
nouveau quelques mois après, pour se rendre à
Manlieim, où elle était engagée dans la troupe
de l'électeur. Parmi les rôles qu'elle chanta avec
succès, on cite surtout celui de Zerline, dans
l'opéra de Don Juan, de Mozart. Lorsque Maxi-
milien Joseph monta sur le trône de Bavière,
M""' Renner passa à Munich avec les meilleurs ac-
teurs de la troupe de Mannheim ; de là elle se
rendit à Vienne, et enfin, en 1809, elle passa au
théâtre de Bamberg, où elle se trouvait encore en
1811. Depuis cette époque, les renseignements
s'arrêtent sur sa carrière dramatique.
BROCHE ( ), organiste de l'église Notre-
Dame, à Rouen, naquit dans cette ville le 20 fé-
vrier 1752. Son premier instituteur dans son art
fut Desmazures, organiste delà cathédrale. A l'âge
de vingt ans, il vint à Paris; mais il n'y fit pas un
long séjour, ayant été nommé organiste à Lyon.
Dans le peu de temps qu'il occupa cette dernière
place, il se convainquit de la nécessité de compléter
son instruction, et il prit la résolution de se rendre
en Italie pour y faire des études sérieuses. Arrivé
à Bologne, il fut présenté au P. Martini par le
sénateur Blanchi, à qui il avait été recommandé.
Ce grand maître initia le jeune organiste à la con-
naissance du contrepoint et de la fugue, et eut
lieu d'être satisfait de ses progrès. Avant que
Broche quittât Bologne, il le fit recevoir au nom-
bre des académiens philharmoniques, ce qui
n'était point alors un vain titre comme aujour-
d'hui. Au sortir de' Bologne , Broche visita
Rome et Naples, puis revint à Lyon, où il sé-
journa quelque temps. Enfin il arriva à Rouen
dans le moment où l'on mettait au concours la
place d'organiste de la cathédrale, devenue vacante
par la retraite de Desmazures. Il se mi t sur les rangs
des candidats et fut vainqueur dans cette lutte,
quoiqu'il eût pour concurrents deux hommes de
talent : Monteau et Morisset. Son nom ne tarda
point à acquérir de la célébrité. Broche se lia
d'amitié avec Couperin, Balbâtre et Séjan, et en-
tretint avec eux une correspondance active. Cou-
perin surtout lui montrait la plus haute estime :
on en peut juger par ce passage d'une lettre qu'il
lui écrivait au mois d'octobre 1782. « J'ai eu bien
« du plaisir, il y a quinze jours, de rencontrer
« quelqu'un à Versailles. C'est M. Platel, su-
« perbe basse-taille de la chapelle, qui arrivait
« de Rouen encore plein du plaisir qu'il venait
« (le goûter avec vous. Il m'a parlé d'un Invio-
lata que vous avez touché pour lui. Où
« étais-je? <> Le duc de Bouillon donna le titre
de son clavcciniNteà Broche, et voulut lui faire
une pension, à la condition que l'artiste se ren-
drait à Navarre toutes les fois qu'il y serait ap-
pelé ; mais Broche refusa ces avantages, dans la
crainte d'engager sa liberté. On a de cet habile
organiste trois œuvres de sonates, l'un dédié au
cardinal de Frankemberg, le second au duc de
Bouillon, et le troisième à M™* le Couteulx de
Canteleu. Parmi les élèves qu'il a formés, on re-
marque surtout Boieldieu. Sa manière d'enseigner
était celle de beaucoup de maîtres de chapelle
français de son temps : Il était dur, brusque, et
prenait plaisir à paraître le tyran de ses élèves
plutôt que leur instituteur ; mais il rachetait ce
défaut par la lucidité de ses leçons. Broche est
mort à Rouen, le 28 septembre 1803. M. Guibert
a publié une notice sur sur sa vie {voy. Gui-
bert).
BROCKLAIVD ( Corneille de ), né à Mont-
fort, en Hollande, exerça la médecine à Saint-
Amour, en Bourgogne, vers le milieu du seizième
siècle. Les autres circonstances de la vie de cet
écrivain sont ignorées ; mais il y a lieu de croire
qu'il abandonna la médecine pour la musique,
et qu'il se fixa à Lyon. Il a publié : 1° Instruc-
tion fort facile pour apprendre la musique
pratique, sans aucune gamme ou la main, et
ce en seize chapitres ; L'^on, 1573, in-8°. La
deuxième édition de ce livre est sous ce titre :
Instruction méthodique pour apprendre la
musique, revue et corrigée par Corneille de
Montfort, dit de Brocklandj Lyon, de Tour-
nes, 1587, in-S". Forkel (Allgem. Litter. der
Musih) cite cet ouvrage sous le titre latin Ins-
tructio methodica et facilis ad discend. mu-
sicam praiicnm ; il a pris ce titre dans le Lexi-
que de Walther qui lui-même l'avait copié dans
la bibliothèque classique de Draudius. On sait que
celui-ci a souvent traduit en latin les titres ori-
ginaux des livres, dans les citations qu'il en a
faites. Brockland conseille dans son livre d'aban-
donner la vieille méthode de la main musicale
attribuée à Guido d'Arezzo, et de la remplacer
par l'étude pratique du solfège. Ce livre est, en
quoique sorte, un corollaire de celui de Louis Bour-
geois {voij. ce nom). — 2° Le second jardinet de
musique, contenant plusieurs belles chansons
françaises à quatre parties; Lyçn, Jean de
Tournes, 1579, in-8°. Le titre de cet ouvrage
ferait présumer que Corneille de Brockland avait
précédemment publié un recueil sous le titre de
Premier Jardinet.
BROD (Henki), né à Paris, le 13 juin 1799,
fut admis au Conservatoire de musique de cette
ville, le 18 août 1811, dans une classe de solfège,
et devintensuite élèvede Vogtpour le hautbois.
Ses rares dispositions lui firent faire de ra-
BROD — BROER
79
pides [irogrès, et le concours où le premier prix
de cet instrument lui fut décerné fut pour lui un
véritable triomphe. Le son qu'il tirait du hautbois
était plus doux, plus moelleux, et moins puis-
saut que celui de son maître; sa manière de
phraser était élégante, gracieuse ; son exécution
dans les traits, vive et brillante. Membre de la
société des concerts du Conservatoire, Brod y
partagea avec Vogt, ainsi qu'à l'Opéra, la place,
de premier hautbois. Dans tous les concerts où
il s'est fait entendre à Paris et dans ses voyages,
il a obtenu les plus brillants succès. 11 s'est fait
connaître aussi comme compositeur par un grand
nombre de productions, parmi lesquelles on re-
marque : 1° Trois pas redoublés et une marche
en harmonie; Paris, Frère. — 2° Trois quintetti
pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson ,
Paris, Pacini. — 3° Grande fantaisie pour haut-
bois et orchestre ou piano; Paris, A. Petit. — 4°
Airs en quatuor pour hautbois, clarinette, cor et
basson, livre 1 ; Paris, Pleyel. — 5° Air varié avec
quatuor, op. 4 ; Paris, Pacini. — 6" La savoyarde,
variée pour hautbois et orchestre, op . 7 ; Paris, Du-
faut et Dubois. — T Boléro précédé d'un adagio
pour hautbois et orchestre, op. 9; ibid. —
8° Première fantaisie pour hautbois et piano,
op. 10; Paris, Pleyel. — 9° Deuxième fantaisie
idem; ibid. — 10° Nocturne concertant sur des
motifs du Siège de Corinthe, pour hautbois et
piano, op. 16; Paris, Troupenas. — 11° Troi-
sième fantaisie sur le Crociato pour piano, haut-
bois et basson, op. 17 ; Milan, Ricordi. — 12° Trio
pour piano hautbois ou clarinette et basson, —
13° Grande méthode complète pour le hautbois,
divisée en deuxparties; Paris, Dufaut et Dubois.
Brod s'est occupé sérieusement du perfection-
nement de son instrument par des principes d'a-
coustique et de division rationnelle du tube. Le
premier, il a compris que le meilleur moyen
d'ôter aux sons graves du hautbois l'âpreté dé-
sRgn^able qu'on y remarque, était de le faire
descendre plus bas, et consé(juemment d'alonger
Pinstrument, afin que les notes ?ni, ré, ut, ne se
prissent pas près du pavillon: c'est pour cela
principalement qu'il a fait descendre ses hautbois
jusqu'au la. La position de quelques clefs a été
aussi changée par lui. Dans les derniers temps
il était devenu possesseur des calibres de perce
du hautbois du célèbre facteur d'instruments
Delusse, considérés comme les meilleurs et les
mieux calculés par les artistes les plus habiles;
en sorte que les instruments construits par Brod
réunissent toutes les conditions désirables, sans
altérer la qualité naturelle des sons. Après lui,
Bœhm a refait la construction du hautbois et a
obtenu plus de justesse, plus d'égalité, aiivsi
qu'un doigter plus facile. Brod s'est occupé
aussi du perfectionnement du cor anglais, et y
a introduit de notables améliorations, ainsi que
dans son analogue appelé le bariton, ancien
instrument qui était abandonné depuis la pre-
mière partie du dix-huitième siècle. Brod est
mort à Paris, le 5 avril 1839.
BRODE AU (Jean), en latin Brodœus, fils
d'un vatet de chambre de Louis XII, né en 1500,
fut un des meilleurs littérateurs de son temps.
Il mourut chanoine de Saint-Martin de Tours,
en 1503. On a de lui des mélanges, Bâle, 1555,
in-S", dans lesquels il traite, hb. II, c. 13, de Pi-
thaule et Salpista;c. 14, de Trigono, Nablo
el Pandura; lib. IV, c. 31, an musicis canlibus
sanentur ischiadici ; lib. V, c. 32, Tibiis pari-
bus et imparibus. Ces mélanges ont été insérés
par Jean Gruter dans son recueil intitulé Lam-
pas, seufax artium, Francfort, 1 fi04, 6 vol . in-s".
BRODECZKY ( Jean-Théodore), violoniste
et claveciniste, né en Bohême, voyagea en Alle-
magne et dans les Pays-Bas, vers 1770, et se
fixa à Bruxelles en 1774.11 y fut attaché à la mu-
sique particulière de l'archiduchesse d'Autriche,
gouvernante des Pays-Bas. On a de lui trois
œuvres de sonates pour le piano, gravés dans cette
ville, en 1782, un œuvre de quatuors pour clave-
cin, violon, alto et basse, et un œuvre de trios
pour. piano, violon et violoncelle. Ce musicien a
laissé aussi en manuscrit six symphonies, des
études pour le violon, et quelques pièces pour le
violoncelle.
BRODERIP ( ), pianiste, machandde
musique et fabricant d'instruments à Londres
en 1799 , est connu par les compositions suivan-
tes : l°Sonates pour le piano, op. 1. — 2° idem,
op. 2. — 3° Psalms for 1, 2, 3 and 4 voices. —
4° Englisb songs, op. 4. — 5" Voluntaries for the
organ,op. 5. — C° Instructions forthe piano forte,
with progressive tessons, op. C. — 7° Concerto
for the piano, op. 7. — 8° Un recueil de glees et
de chansons.
BROEU (Ernest), professeur de musique
et violoncelliste à Breslau, connu depuis 1838
par ses compositions, est né dans cette vi-We. Il a
publié : r quatre Saîutaris hostia à 4 voix,
op. 1 ; Breslau, Grosser. — 2° 3 graduels à 4 voix
op. 2; Breslau, Leuckarl. — 3° Vêpres à 4 voix,
2 violons, alto, orgue, 2 hautbois et 2 cors ad
libitum, op. 3; Breslau, Grosser. — 4''4 Hymni
Vespertini , pour un chœ.ur d'hommes, op. 4 ;
ibid. —5" Lttanix B. Virginis Marias k 4 voix,
2 violons, basse et orgue, op. 5 ; Vienne, Haslin-
ger. — 6» LitanideS, S. Nomine Jesu à 4 voix,
2 violons, orgue (et 2 cors ad lib.); ibid. Broer
est aussi auteur d'un traité élémentaire de mu-
80
BROER — BROINNER
sique intitulé Gesang-Lehre fur Gymnasien;
Breslau, Scheffler.
BROES (M"*), pianiste distinguée, née à
Amsterdam en 1791, apprit les éléments de la
musique dans sa ville natale, puis accompagna
son père à Paris, et y devint élève de l'au-
teur de la Biographie universelle des Mu-
siciens, m 1805. Ses progrès dans l'harmonie et
sur le piano furent rapides. En 1810, elle passa
sous la direction de Klengel, qui, plus tard, fut
organiste de la cliapelle royale à Dresde. Les
événements de 1814 ayant affranchi la Hollande
de la domination française. M"" Broes retourna
dans sa patrie, et s'y livra à l'enseignement du
piano. Elle a été considérée comme un des meil-
leurs professeurs d'Amsterdam pour cet instru-
ment. Elle s'est fait connaître aussi comme com-
positeur par quelques productions pour le piano ;
ses ouvrages les plus connus sont : 1° Rondo
pour piano avec violoncelle obligé ; Mayence,
Schott. — 2° Variations sur un thème original ;
Paris, G. Gaveaux. — 3° Variations sur la ro-
mance de l'aveugle; Paris, Henri Lemoine. —
4° Variations sur l'air anglais : God save the
King; Amsterdam, Steup. — 5° Variations sur
la romance : A voyager passant sa vie ; ibid. —
6" Contredanses pour le piano ; Paris, Gaveaux
aîné.
BROESTEDT (Jean-Chrétien), co-recteur
au gymnase de Lunebourg, a publié à Gœttingue,
en 1739, une dissertation de trois feuilles in^"
sous ce titre : Conjectanea philologica de
hymnopœorutn apud hebrasos signo sela dicto,
que initia carminum repetenda esse indica-
ban t.
BROGNONICO (Horace), compositeur né
à Faenza, vers 1580, fut membre de l'académie
des Filomusi. On a de lui : Il primo libro de'
Madrigali à 5 voci ; Venezia, presso Giac.
Vincenli, 1608, in-4". Le second livre de ces
madrigaux a paru en 1613, etle troisième en 1615,
chez le même éditeur.
BROIER (....), compositeur français, fut
diantre de la chapelle du pape, sous le pon-
tificat de Léon X. Théophile Folengo, connu sous
le pseudonyme de Merlin Coccaie, a célébré
cet artiste dans ses vers macaroniques {Maca-
ron, lib. 25, prophet.) On peut voir ees vers à
l'article Bidon.
BROKELSBY (Richard), médecin, né en
1722, dans le comté de Sommerset, étudia suc-
cessivement à Edimbourg et à Leyde, sous le
célèbre Gaubius. 11 fut reçu docteur en 1745,
et mourut à Londres en 1797 , après avoir ac-
quis une grande fortune et beaucoup de consi-
dération dans la pratique de son art. On a
de lui : Rejlections on ancient and modem
Musick, wiih the application to the cure of
diseuses, to which is subjoined an Essay to
solve the question, wherein consisted the diffé-
rence qf ancient Musick from that of modem
time (Réflexions sur la musique ancienne et mo-
derne, avec son application à la guérison des ma-
ladies, suivies d'un essai sur la solution de cette
question : en quoi consiste la différence entre la
musique des anciens et celle des modernes);
Londres, 1749, in-8°, 82 pages. Le conseiller de
cour Kaestner a donné un extrait en allemand de
cet ouvrage, avec des notes, dans le Magasin
de Hambourg, t. 9, p. 87. On le trouve aussi dans
les Beytr. hist. krit.àe Marpurg, t. 2, p. 10-37.
Brokelsby a donné dans les Transactions phi-
losophiques (t. 45) , un autre mémoire sur la
musique des anciens.
BROMLEY (Robert-Antoine), ecclésias-
tique anglais, né en 1747, fut bachelier en théo-
logie. Il mourut à Londres en 1806. On a de lui
un sermon composé à l'occasion de l'ouverture
d'une nouvelle église dans cette ville, et sur l'or-
gue qui y avait été placé. Ce discours a été pu-
blié sous le titre suivant : On opening Church
and Organ. Sermon on psalm 122; Londres
1771, in-4°.
BROINIVER (Georges), organiste de l'église
du Saint-Esprit à Hambourg, naquit dans le
Holstein, en 1666. Mattheson, qui aurait pu nous
fournir des renseignements sur la vie de cet ar-
tiste, son contemporain, n'en parle que d'une
manière indirecte dans son livre intitulé Gritn-
dlage einer Ehren-Pforte ( p. 220 et 283).
Une note de Moller m'a indiqué la date de sa
naissance, mais c'est tout ce que j'ai trouvé sur
Bronner. Il paraît qu'il mourut en 1724. On voit
par les Annales du théâtre de Hambourg, qu'a-
près y avoir donné plusieurs opéras, il en prit la
direction en 1699. Les ouvrages dramatiques de
ce compositeur sont: 1° Écho et Narcisse, à
Hambourg, 1693. — 2» Vénus, ibid., 1694. —
3° Céphale et Procris, ibid., 1701. — 4° Phi-
lippe, duc de Milan. Cet ouvrage était prêt à
être joué en 1701, mais l'ambassadeur de l'empe-
reur s'opposa à la représentation. — 5° Bérénice,
Hambourg, 1702. — 0" Victor. La musique du
troisième acte de cet opéra a été composée par
Bronner; cet ouvrage a été joué à Hambourg en
1702. — 7° Le duc de Normandie, ibid., 1703.
— 8° La mort du grand Pan. En 1690, Bron-
ner a publié un recueil de cantates à voix seule.
Enfin on a de cet artiste un livre de chorals ar-
rangés pour l'orgue, qui a pour litre : Vollstecn-
diges musikalisches Choral-Buch nach dem
Hamburgischen Kirchen-Gesxngbuche ein-
BRONNEK — BROS
81
geru'hte! vach allen Melodeyen in 3 Stim-
men componirt, wie auch mit einem Choral
'iind obligaten Orgcl-bass versehen ; Hambourg,
1710,111-4°. La deuxième édition de cet ouvrage
a été publiée en 1720.
BROOlî (James), recteur de Hill-Crome et
vica re du ciiâteau de Ilanley, dans le duché
de Worcester, vivait au commencement du dix-
liiiitièine siècle. Il a publié un ouvrage intitulé :
T//e duttj and advantage of singing of the J
Lord (De la nécessité et de l'utilité du chant re-
ligieux); Londres, 1728, in-S».
BROOKBANCK (Joseph), écrivain an-
glais qui vivait vers le milieu du dix-septième
siècle: il paraît avoir été dans les ordres. On a de
cet auteur une dissertation sur la discussion
élevée sous le règne de Cromwell relativement
aux orgues et à la musique dans le service di-
vin. Les presbytériens voulaient les en exclure,
et les autres catholiques réformés prétendaient
qu'on devait les y conserver. La dissertation de
Brookbank est intitulée : The well tunedOrgan,
whether or no instrumental and organical
Miisick be lawful in holy publick assemblies
(L'orgue bien accordé, ou examen de cette ques-
tion : si la musique des instruments et des or-
gues est admissible dans les assemblées pieuses) ;
Londres, 1660, in-4°.Une multitude de pamphlets
anonymes furent publiés dans la querelle dont il
s'agit. J'ai recueilli les titres de quelques-uns;
les voici : 1° Organ's Echo (L'Écho de l'Orgue) ;
Londres, 1641, in-fol. — 2° The Organ's Fune-
rai (Les Funérailles de l'Orgue); Londres, 1642;
in-4". — 3° The holy Harmonij ; or a plea for
the abolishing of Organs andother Miisick in
Churches (L'Harmonie sacrée, ou plaidoyer pour
l'abolition des orgues et de tonte autre musique
dans les églises); Londres, 1643,in-4°. — 4° Gos-
pel Musick, by N. H. (La musique évangéli-
que.etc); Londres, 1644, in-4°. Le parlement
intervint dans cette affaire, et rendît :leux or-
donnances qui furent imprimées sons le titre :
Two ordinances of both houses for demo-
lishing of Organs and Images; Londres, 1644,
in-4\
BROOKER (Daniel), vicaire de l'église de
Saint-Pierre et chanoine de Worcester, a pro-
noncé un discours sur la musique d'église, à l'oc-
casion de l'oratorio à'Alhalie, de Heendel, exécuté
dans l'église de Worcester en 1743. Ce discours a
été imprimé sous ce titre : Musical Wereesier, a
Sermon on Ps. XXXllI l-3;Londres,1743,in-4<'.
BROOMANN (Louis) , musicien belge, qui
était né aveugle, en 1518, est cité par Swertius (1)
I (1) Selectas ChrUtiaDis orbis deiieias, p. 4T5.
mOGB. UMV. DES MUSICIENS. ï. — II.
et par Vossius ( 1 ) comme un des artistes les
plus célèbres de son temps : cette célébrité est
aujourd'hui fort oubliée. Il mourut à Bruxelles
en 1597, à l'âge de 69 ans, et fut inhumé dans
l'église des Franciscains de cette ville. C'était,
dit Vossius, un docteur dans les arts libéraux,
un licencié en droit, et le prince de la musique
(Arlium liberalium doctor, Juris candidatus, et
musicae princeps). J'ai bien peur que ce savant
n'ait point d'autre garant du mérite de ce Croo-
mann que son épithaphe, ainsi conçue :
D. G. M.
LoDOvico Broomanno
Jacobi et Cokneli^ Verhoyle Wechen F.
A NATIVITATE C^CO
ARTICM LIBERALICM DOCTORI
jurisprud- candidato musicesque principi :
Geutrudis Keysers
JODOCI EX M1ARIA CLEERHAGHEN F.
maritoB. m. SIBIQUE pos.
VlXIT annosLXIX
Obiit vin. Janu. m.d. xcvil
BROS (D. Juan), maître de chapelle et com-
positeur espagnol, naquit à Tortose, en 1776.
Après avoir été enfant de chœur dans la cathé-
drale de cette ville, il se rendit à Barcelone
pour étudier la composition sous la direction de
Qiieralt et d'autres maîtres. Ses heureuses dis-
positions le mirent bientôt en état de remplir
les fonctions de second maître de la chapelle. de
Santa-Maria del Mar, ainsi que celle d'orga-
niste de l'église S. Sévère, dans la même ville.
En 1807, Bros obtint au concours la place de
maître de chapelle de la cathédrale de Malaga,
et l'emporta sur dix-neuf concurrents. En 1815 la
direction de la chapelle d'Oviédo étant devenue
vacante, par la mort de D. Juan Ferez, ce fut
D. Juan Bros qui fut désigné comme son suc-
cesseur; mais il n'accepta pas cette place et re-
nonça également à celle quïl occupait à Malaga,
pour satisfaire sa famille, laquelle désirait qu'il
prit la position de maître de chapelle à Léon. 11
l'occupa jusqu'en 1823, époque où il ftit com-
promis dans les affaires politiques , qui le firent
mettre en arrestation ; mais il fut acquitté par
un arrêt de la cour suprême de la Rota. Retiré
alors à Oviédo, il y épousa une dame de famille
distinguée nommée Dona Maria de los Dolores
consul Villar. En 1834, Bros fut appelé de
nouveau à la place de maître de chapelle de
la cathédrale de celte ville : il l'occupa jusqu'à
sa mort, arrivée le 12 mars 1852, à l'âge de
soixante-seize ans. Ses œuvres innombrables de
musique d'église sont répandues dans torjtes les
(!) l.iM. 1, De natura ArlluiD.c. 4.
82
BROS— BROSCBl
chapelles de l'Espagne : on cite comme les meil-
leures, trois miserere avec les lamentations, com-
posées à Léon ; un Te Deum, un oflice des morts
et d'autres miserere écrits à Oviédo, outre une
infinité de messes et de psaumes compo-
sés'pour le service des églises diverses aux-
quelles Bros fut attaché dans sa longue carrière.
BROSCHARD (Évelina), Voyez Bro-
CHARD. ^
BROSCHI (Charles), cocnn sous le nom
d« Farinelli, fut le plus étonnant des chanteurs
du dix-huitième siocle,ibien qu'il ait été conteni-
poiain de plusieurs virtuoses de premier or-
dre. On ne s'accorde pas sur le lieu de sa nais-
sance. Si l'on croit le P. Giovenale Sacchi, à qui
l'on doit une biographie de cet artiste célèbre (1),
il était uéà Andria ; cependant Farinelli lui-même
dit à Burney, lorsque celui-ci le vit à Bologne
en 1770, qu'il était de Naples. Quoi qu'il en soit,
il est certain qu'il vît le jour le 24 janvier 1705.
Son orij^ine a fait naître aussi des discussions.
On a dit que son nom de Farinelli venait de
farina, parce que le père du chanteur, Salvator
Broschi, avait été meunier, d'autres disent mar-
chand de farine ; mais il parait certain que son
nom lui fut donné parce qu'il eut pour protec-
teurs et pour patrons, au commencement de
sa carrière, trois frères nommés Farina, qui
tenaient le premier rang parmi les amateurs les
plus distingués de Naples. Le P. Sacchi assure
qu'il a vu entre les mains de Farinelli les preuves
de noblesse qu'il avait fallu fournir lorsque
la faveur sans bornes dont H jouissait auprès
du roi d'Espagne lui fit obtenir son admission
dans les ordres dcCalatrava et de St-Jacqnes. H
serait peut-être difficile de concilier la naissance
iistinguée des parents de l'artiste avec l'infâme
ralic qu'ils firent de sa virilité, dans l'espoir d'as-
surer leur fortune; mais en Italie, et surtout
dans le royaume de Naples, on n'était jamais
embarrassé pour cacher ces sortes de spécula-
lions sous le prétexte d'un accident quelconque.
Une blessure, disait-on, survenue au jeune Bros-
chi à la suite d'une chute de cheval, n'avaifété
jugée guérissable par le chirurgien qu'au moyen
de la caslrallon. 11 n'y avait pas un castrat ita-
lien qui n'eftt à conter sa petite histoire toute
semblable. La mutilation ne produisait pas tou-
jours les effets qu'on eu avait espérés : beaucoup
d'infortunés perdaient la qualité d'homme, sans
acquérir la voix d'un chanteur. Farinelli fat du
moins plus heureux, car il posséda la pins ad-
mirable voix de soprano qu'on ait peut-être ja-
mais entendue.
(1) Vlta del Cav.lDon Carlo Broschi, detto FarinelU ; Ve-
nezia, nella stampcria Collclti, 1784, in-S".
Son père lui enseigna les premiers éléments de
la musique, puis il passa dans l'école de Porpora,
dont il fut le premier et le plus illustre élève.
Après avoir appris sous cet habile maître le mé-
canisme de l'art du chant, tel qu'il existait dans
la méthode parfaite des chanteurs de ce temps ,
il commença à se faire entendre dans quelques
cercles d'artistes et d'amateurs, particulièrement
chez les frères Farina. Sa voix merveilleuse, la
pureté des sons qu'il en tirait, sa facile et bril-
lante exécution, causèrent la plus vive sensation,
et dès lors on prévit l'éclat qu'auraient ses dé-
buts sur la scène. On a écrit qu'à l'âge de quinze
ans (en 1720 ) il se fit entendre pour la première
fois en public dans VAngelica et Medoro de Mé-
tastase, premier opéra de ce poète illustre, qui
n'avait alors que dix-huit ans, et que la singula-
rité de ce double début fit naître entre Métastase
et Farinelli une amitié qui dura autant que leur
vie. Tout cela est dénué de fondement. Métastase
n'était jmint à Naples en 1720, car il ne quitta
Rome qu'au mois de juin 1721, pour fuir se»
créanciers ; il n'avait pas alors dixdiuit ans, mais
bien vingt-deux ans et quelques mois, étant né
à Home le 3 janvier 1698 ; Angelica e Medoro n'é-
tait pas son début, car il n'avait que quatorze ans
quand il donna son Giustino; enfin Angelica e
Medoro ne date point de 1720, mais de 1722 (1).
Ce qui est plus certain, c'est que danscette même
année 1722 FarineUi, alors âgé de dix-sept ans,
accompagna à Rome son maître, Porpora, qui
était engagé pour écrire au théâtre Aliberti de
cette ville l'opéra intitulé Eomene. C'est dans cet
ouvrage que Farinelli, déjà célèbre dans l'Italie
méridionale sous le nom de il ragazzo ( l'enfant ),
fit son début à Rome. Un trompette allemand,
dont le talent ter^ait du prodige, excitait alors l'ad-
miration des Romains. Les entrepreneurs du
théâtre prièrent Porpora d'écrire un air pour
son élève, avec un accompagnement de trom-
pette obligée; le compositeur souscrivit à leur
demande, et dès ce moment une lutte fut en-
gagée entre le chanteur et le virtuose étranger.
L'air commençait par une note tenue en point
d'orgue, et tout le trait de la ritournelle était en-
suite répété dans la partie de chant. Le trom-
pelte prit cette note avec tant de douceur; il en
développa l'intensité jusqu'au degré de force le
plus considérable par une progression si insen-
sible, et la diminua avec tant d'art ; enfin, il tint
cette note si longtemps, qu'il excita des trans-
ports universels d'enthousiasme, et qu'on se per-
(1) .Farinelli lui-même a donné lieu à cette erreur, dan;
une conversation avec Burney; maison peut affirmer que
se» souvenirs le trompaient, et qu'il ne connut Métastase que
peu de tem|/S avant son départ pour Rome.
BUOSCUI
83
suada que le jviiine Fariuelli ne pourrait lutler
avec un artiste dont le talent était si parfait. Mais
quand vint le tour du ciianteur, lui que la nature
it l'art avaient doué de la mise de voix la plus
admirable qu'on ait jamais entendue, lui, dis-je,
sans s'effrayer de ce qu'il venait d'entendre, prit
cette noie tenue avec une douceur, une pureté
inouïe jusqu'alors, eu développa la force avec un
art infini , et la tint si longtemps qu'il ne parais-
sait pas possible qu'un pareil effet fût obtenu par
des moyens naturels." Une explosion d'applaudis-
sements et de cris d'admiration accueillirent ce
phénomène : l'interruption dura près de cinq mi-
nutes. Le chanteur dit ensuite la phrase de mélo-
die , en y introduisant de brillants trilles qu'aucun
autre artiste n'a exécutés comme lui. Quelle que
fût l'habileté du trompette, il f-it ébranlé par le
talent de son adversaire : toutefois il ne se dé-
couragea pas. Suivant l'usageet la coupe des airs
de ce temps, après la deuxième partie de l'air, le
premier motif revenait en entier ; l'artiste étranger
rassembla toutes ses forces, recommença la te-
nue avec plus de perfection que la première fois
et la soutint si longtemps, qu'il sembla balancer
le succès de Fariuelli ; mais celui-ci, sans rien
perdre de la durée de la note, telle qu'il l'avait
fait entendre la première fois, parvint à lui donner
un tel éclat, une telle vibration, que la salle en-
tière fut remplie de ce son immense, et dans la
mélodie suivante, il introduisit des traits si bril-
lants, et lit entendre une voix si étendue, si égale
et si pure, que l'enthousiasme du public alla jus-
qu'à la frénésie, et que l'instrumentiste fut obligé
de s'avouer vaincu. Il y a lieu de croire que Por-
pora avait aidé au triomphe de son élève, et que
les traits qui parurent improvisés avaient été pré-
parés par lui et travaillés d'avance. Quoi qu'il en
soit, le public attendit en masse le chanteur à la
porte du théâtre, et l'accompagna jusque chez
lui, en poussant des viva et d'unanimes acclama-
tions (1).
Ici se présente une de ces erreurs et de ces con-
tradictions assez fréquentes dans la vie de cet
artiste, et qu'on ne peut expliquer. Durney dit,
dans son voyage musical en Italie (pag. 214),
qu'en quittant Rome, Fariuelli aHa à Bologne
où il entendit le célèbre Bernacc-lii; mais Ber-
nacchi n'était point à Bologne en 1722. Choreu
et Fayolle ont ajouté à ce que dit Burney, que ce
(1) Les détails qu'en vient de lire diffèrent en plusieurs
points de ceux qui ont été donnés par Burney ( The pré-
sent State 0/ !Uusic in France and Italy, p. 2ls et 2u ^ ;
mais ils ont été recueillis avec beaucoup de soin et d'exac-
titude par Kandler dans des mémoires manuscrits dont
il a bien veulu m'euvoyer une copie, avec d'autres sur
Alexandre Scarlatti.
fut alors que Farinelli demanda des leçoui au
chef de l'école de Bologne. Cependant Bi/rney
avoue que ce chanteur resta sous la direction de
Porpora jusqu'en 1724 (1) , époque où il fit avec
lui son premier voyage devienne; or il est cer-
tain que son maître, renommé dans toute l'Italie
pour l'enseignement du chant, n'aurait pas permis
que son élève lui fit l'injure de prendre des leçons
d'un autre professeur quel qu'il fût. Il est hors de
doute d'ailleurs que Farinelli n'avait jamais en-
tendu Bernacchi avant 1727, et que ce n'est qu'a-
près avoir été vaincu par lui dans un opéra d'Or-
landini, qu'il reconnut ce qui lui manquait sous le
rapport de l'art, et qu'il se décida à demander des
conseils à celui dont il avouait la supériorité.
On manque de renseignements sur l'effet que
produisit Farinelli à Vienne, lorsqu'il y fit son
premier voyage, en 1724. L'année suivante il
chanta à Venise dans la Didone abbandonata
de Métastase, lïiise en musique par Albinoni. Puis
il retourna à Naples, oij il excita la pins vive admi-
ration dans une sérénade dramatique de liasse,
où il chanta avec la célèbre cantatrice Tesi. En 1 726
il joua à Milan dans le Ciro, opéra de François
Ciainpi ; puis il alla à Rome, où il était attendu
avec une vive impatience. En 1727 il se rendit à
Bologne : il y devait chanter avec Bernacchi. Fier
de tant de succès, confiant dans l'incomparable
beauté de sa voix et dans la prodigieuse facilité
d'exécution qui ne l'avait jamais trahi, il redou-
tait peu l'épreuve qu'il allait subir. L'habileté de
Bernacchi était telle, à-la vérité, qu'elle l'avait fait
appeler Le roi des chanteurs; mais sa voix n'é-
tait pas belle, et ce n'était qu'à force d'art que
Bernacchi avait triomphé de ses défauts. Ne dou-
tant pas d'une victoire semblable à celle qu'il
avait obtenue à Rome cinq ans auparavant, l'é-
lève de Porpora prodigua dans le duo qu'il chan-
tait avec Bernacchi tous les trésors de son bel
organe , tous les traits qui avaient fait sa gloire.
L'auditoire, dans le délire, prodigua des applau-
dissements frénétiques à ce qu'il venait d'entendre.
Bernacchi, sans être ému du prodige et de l'effet
qu'il avait produit, commença à son tour la phrase
qu'il devait répéter, et redisant tous les traits du
jeune chanteur, sans en oublier tin seul, mit
dans tous les détails une perfection si merveil-
leuse, que Farinelli fut obligé de reconnaître son
maître dansson rival. Alors, au lieu de se renfermer
dans un orgueil blessé, comme n'aurait pas manqué
de faire un artiste ordinaire, il avoua s^a défaite
et derhanda des, ootiseils à Bernacchi, qui se plut
à donner la dernière perfection au talent du chan-
teur If plus extraordinaire du dix-huitième siècle.
(1) // gênerai Uistory of Music, t. 4, p. 378.
84
BROSCHI
C'est quelque chose de beau et de digne, que ce
double exemple de la conscience d'artiste qui écarte
des deux côtés les considérations d'amour-propre
et d'i-ntérêt personnel, pour ne songer qu'aux pro-
grès de l'art.
Après avoir fait un second voyage à Vienne
en 1728, Farinelli visita plusieurs fois Venise,
Rome, Naples, Plaisance et Parme, et, dans les
années 1728 à 1730, s'y mesura avec quelques-
uns de's plus célèbres chanteurs de ce temps , tels
que Gizzi, Nicolini, la Faustina et la Cuzzoni, fut
partout le vainqueur de ces'virtuoses, et fut com-
blé d'honneiirs et de richesses. En 1731, il fit un
troisième voyage à Vienne. Jusqu'alors, le genre
de son talent avait été basé'sur l'improvisation
et l'exécution des difficultés. Le trille, les groupes
de toute espèce, les longs passages en tierces,
ascendants et descendants, se reproduisaient
sans cesse dans son chant; en un mot, Farinelli
était un chanteur de bravoure (1). C'est après ce
voyage à Vienne, qu'il commença à modifier sa
manière, et qu'à son exécution prodigieuse il
ajouta le mérite de bien chanter dans le style pa-
thétique et simple. Les conseils de l'empereur
Charles VI le dirigèrent vers cette réforme. Ce
prince l'accompagnait un jour au clavecin; tout
à coup, il s'arrêta et dit à l'artiste qu'aucun autre
chanteur ne pouvait être rais en parallèle avec
lui ; que sa voix et son chant ne semblaient point
appartenir à un simple mortel, mais bien à un
être surnaturel. «Ces gigantesques traits (lui dit-
« il), ces longs passages qui ne finissent pas,
« ces hardiesses de votre exécution excitent l'é-
« tonncment et l'admiration, mais ne touchent
« point le cœur ; faire naître l'émotion vous serait
« si facile, si vous vouliez être quelquefois plus
« simple et plus expressif! » Ces paroles d'un
véritable connaisseur, d'un ami de l'art ne fu-
rent point perdues. Avant qu'elles eussent été
dites, Farinelli n'avait pas songé à l'art de chan-
ler avec simplicité, bien que la nature lui eût
départi tous les dons qui pouvaient lui assurer
une incontestable supériorité en cela comme en
toutes les autres parties du chant; niais il ne faut
pas oublier qu'à l'époque où il entra dans la
carrière du citant théâtral, toute l'Italie raffolait
du chant de bravoure que Hernacclii avait mis
en vogue ; avide de ^succès, comme l'est tout
aptiste, il s'était livré sans réserve à ce genre
dans lequel nul ne po\ivait l'égaler. Mais après
avoir reçu les conseils de l'empereur, il comprit
(0 II ne faut pas oublier, d'ailleurs, que Porpora, maître
de FarinelU, avait une véritable passion pour les trilles,
les croupes et iesmordents; sa musique en était remplie.
On peut voir à ce sujet une anecdote plaisante à l'arlicle
l'or/jora.
ce qui lui restait à faire pour être un chanteur
complet, et il eut le courage de renoncer quelw
qucfois aux applaudissements de la multitude,
pour être vrai, simple, dramatique , et satisfaire
quelques connaisseurs. Ainsi que l'avait prévu
Charles VI, il fut, dès qu'il le voulut, le chanteur
le plus pathéfhique comme il était le pins brillant.
On verra plus loin que ce progrès ne fut pas seu-
lement utile à sa renommée, mais qu'H fut la
cause principale de sa haute fortune.
De retour en Italie, Farinelli chanta avec des
succès toujours croissants à Venise, à Rome, à
Ferrare, à Lucques, à Turin. Comblé d'honneurs
et de richesses, il quitta enfin le continent en
1734, pour passer en Angleterre. Peu de temps
auparavant, la noblesse anglaise, irritée contre
Hzendcl (voyez ce nom ) qui montrait peu d'é-
gard pour elle, avait résolu de. ruiner son entre-
prise du théâtre do Hay-Market, et, pour réaliser
ce dessein, avait fait venir Porpora à Londres, afin
qu'il dirigeât un Opéra au théâtre de Lincoln's-lnn
Fields. Incapable de rien ménager quand il croyait
avoir à se plaindre de quelqu'un, Hœndel venait
de se brouiller avec Senesino, contralto parfait
qui passa au théâtre de son rival ; mais malgré
cet échec et l'animad version de la haute société, le
génie du grand artiste luttait encore avec avan-
tage contre l'entreprise de ses antagonistes, et
ceux-ci avaient un arriéré de 19 mille livres ster-
ling qui les menaçait d'une ruine presque inévi-
table. Porpora comprit que les prodiges du talent
de Farinelli pouvaient seuls les tirer d'une posi-
tion si |)crilleuse. L'événement prouva qu'il ne
s'était pas trompé. Il le fit entendre pour la pre-
mière fois dans \'Artaxei-cès de Basse, où son
frère, Richard Broschi, avait ajouté un air d'en-
trée qui décida en sa faveur une vogue qui te-
nait du délire. Cet air commençait par une note
tenue comme cgUiï d'Eomene, écrit douze ans
auparavant à Rome par Porpora. Farinelli vou-
lut y reproduire l'effet qu'il avait obtenu dans sa
lutte avec le trompette et par le même moyen.
Prenant une abondante respiration, et appuyant
sa main droite sur sa poitrine, il fit entendre un
son pur et doux qui alla imperceptiblement jus-
qu'au plus haut degré de force, puis diminua de
la même manière jusqu'à la plus parfaite ténuité,
et la durée de. ce son fut à peu près cinq fois
plus longue que ne serait une tenue du même
genre faite par un bon chanteur ordinaire. Ce son
extraordinaire plongea toute l'assemblée dans une
ivresse qu'il est plus facile d'imaginer que de peindre.
Tout le reste de la soirée se passa dans des sensa-
tions du même genre, et dès lors il n'y eut d'admi-
ration que pour Farinelli; on ne voulut entendre
que Farinelli, et l'enthousiasme fut tel, qu'une
BROSCIII
85
(lame de la cour s'écria de sa loge, il n'y a qn'un
Dieu et qîi'wi Farinelli. Cependant, parmi les
chanteurs qui l'entouraient, il y en avait deux de
premier ordre : c'était Senesino et la Cuzzoni.
La partie était trop forte; il était impossible que
Hœndel ne la perdît pas. Après avoir lutté en vain
pendant l'année 1734, il comprit que l'exécution
de ses admirables oratorios était la seule chose
qui pouvait le sauver; mais Hay-Market était trop
petit [loiirrel'fetdecesgrandsouvrages; ille quitta
pour allcrs'établir àCovent-Garden, etses adver-
saires s'emparèrent de Hay-Market (1). Les suc-
cès de Farinelli avaient produit des sommes suf-
<isanfcs pour toutes les dépenses , et les 19 mille
livres sterling d'arriéré étaient payées. A l'égard
de ce chanteur, l'engouement dont il fut l'objet
ne saurait se décrire. Sa faveur avait commence
par une soirée au palais de Saint-James, où il
chanta devant le roi, accompagné par la prin-
cesse royale, qui depuis fut princesse d'Orange.
Ce fut à qui ferait au chanteur les présents les
plus magnifiques, et la mode s'en établit d'autant
mieux que, par ostentation, la noblesse faisait
annoncer par les journaux les cadeaux qu'elle
lui envoyait. L'exemple du prince de Galles qui
lui avait donné une tabatière d'or enriciiie de
diamants et contenant des billets de banque,
avait été imité par beaucoup de personnes. Fa-
rinelli n'avait que quinze cents livres sterling d'ap-
pointements au théâtre ; cependant son revenu ,
pendant chacune des années 1734, 35 et 36, où il
demeura en Angleterre, ne s'éleva pas à moins
de cinq mille livres sterling (environ 125 mille
francs j.
Vers la fin de 1730, Farinelli partit pour l'Es-
pagne, en prenant sa roule par la France, où il
s'arrêta pendant quelques mois; il y produisit
une vive sensation qu'on n'avait pus Heu d'at-
tendre de l'ignorance où l'on était alors dans ce
pays de la bonne musique et de l'art du chant.
Louis X'V l'enlendit dans l'appartement de la
reine, et l'applaudit avec des expressions qui
étonnèrent toute la cour, dit Riccoboni. C'était
en effet quelque chose d'assez singulier que de
voir Louis XV goûter un vif plaisir à entendre un
rhanteur, lui qui n'aimait pas la musique, et qui
aimait moins l'italienne que toute autre. On dit
qu'il lit présent au chanteur de son portrait en-
richi de diamants et de cinq cents louis. Fari-
nelli n'avait voulu faire qu'un voyage en Espagne,
ft se proposait de retourner en Angleterre, où il
avait des engagements avec les entrepreneurs de
l'Opéra ; mais le sort en décida autrement, et le
(1) Tout cela a été rappoi-lé avec beaucoup d'inexacti-
tude dans quelques biographies de Farinelli.
pays qu'il n'avait voulu que visiter, leretint près
de vingt-cinq ans. On rapporte que Philippe V,
roi d'Espagne, dans un de ses accès d'abattement
et de mélancolie, assez fréquents depuis la mort
de son fils, négligeait les affaires de l'Etat et re-
fusait de présider le conseil, malgré les instances
de la reine, Éhsabeth de Ferrare. Ce fut dans ces
circonstances que Farinelli arriva à Madrid. La
reine, informée de sa présence en Espa-^ne, vou-
lut essayer sur l'esprit du roi le pouvoir de la
musique, qu'il aimait beaucoup. Elle fit disposer
un concert dans l'appartement du roi, et demanda
au virtuose de chanter quelques airs d'un ca-
ractère tendre et doux. Dès que la voix du chan-
teur .se fit entendre, Philippe parut frappé; puis
l'érnolion s'empara de son cœur; à la fin du se-
cond air, il fit entrer Farinelli, l'accabla d'éloges,
et lui demanda un troisième morceau, où le célèbre
artiste déploya tout le charme, toulela magie de sa
voix et de son habilelé. Transporté de plaisir, le roi
lui dernauda quelle récompense il voulait, jurant
de lui tout accorder: Farinelli pria le roi défaire
quelques efforts pour .sortir de l'abattement où il
était plongé, et de chercher des distractions dans
les affaires du royaume : il ajouta que s'il voyait
le prince heureux, ce serait sa plus douce récom-
pense. Philippe prit en effet la résolution de
s'affranchir de sa inélanculie ; il se fit (iiire la
barbe, assista au conseil , et dut sa guéiison au
talent du chanteur.
La reine avait compris quelle pourrait être
l'infiuenre de celui-ci sur la santé du roi; elle
lui fit des prciposilions qui furent acceptées ; ses
appointements fixe> furent réglés à 50,000 fr. ,
et le chant de Farinelli fut réservé pour le
roi seul. Dès ce mouient, on peut dire qu'il
fut perdu pour l'art. Devenu favor.i de Phi-
lippe, il eut l'immense* pouvoir dont jouissent
ceux qui occupent de pareilles positions près de-;
rois, et sa fortune s'en ressentit; mais son
cœur fut désormais fermé aux émotions de l'ar-
tiste. Espèce de boulfou de cour, il était là
pour dire, seul à seul avec le roi, des airs comme
ïriboidet faisait des grimaces et lançait des sar-
casmes à François I'^''. Qu'on juge du dégoût
qu'il dut éprouver: il dit à Burney que pendant
les dix premières années de sa résidence à la cour
d'Espagne et jusqu'à la mort de Philippe V, il
chanta chaque soir à ce prince quatre airs qui ne
varièrent jamais. Deux de ces morceaux étaient
deHasse, Pallidoilsole, etPerqueslodolceam-
pte'sso;\e troisième, étaitun menuet sur lequel le
cliranteur improvisait des variations. Ainsi Fari-
nelli redit pendant ces dix années environ 3,600
fois les mêmes morceaux et jamais autre chose :
c'était payer trop cher le pouvoir et la fortune.
86
BROSCHI
La Borde dit que Fariaclli devint premier mi-
nistre de Philippe et de Ferdinand VI, son suc-
cesseur; le même fait a été répété par Gerber,
Choron et Fayolle, par M. Grossi (Biografia de-
gli uomini illustri del regno di Napoli), et par
moi-même dans la Revue musicale. Bocous (voyez
ce nom), qui dit avoir reçu ses renseignements
du neveu de Farinelli, a présenté une'autre version
«lans un article de la Biographie Universelle de
Micliaud. Selon lui, ce ne serait pas de Phi-
lippe, mais de Ferdinand VI que Farinelli aurait
eu, non le titre de premier ministre, car il paraît
certain qu'il ne l'eut jamais, mais le pouvoir et
l'influence d'un favori supérieur au ministre lui-
même. Voici comme s'exprime Bocous :•: Le
« bon et sage Ferdinand VI avait hérité des in-
« firmités de son père. Dans le commencement
« de son règne, surtout, il fut tourmenté d'une
« profonde mélancolie dont rien ne pouvait le gué-
« rir. Seul, enfermé dans sa chambre, à pHne il
n y recevait la reine; et pendant plus d'un mois,
« malgré les instances de celle-ci et les prières de
« ses courtisans, il s'était refusé à changer de
« linge et à se laisser raser. Ayant inutilement
« épuisé tous les moyens possibles, on eut recours
« au talent de Farinelli. Farinelli chanta, le
« charme fut complet. Le roi ému, touché par
« les sons mélodieux de sa voix, consentit sans
« peine à ce qu'on voulut exiger de lui. La reine
H alors, se faisant apporter une croix de Calatrava,
« après en avoir obtenu la permission du mo-
« narque, l'attacha de sa propre main à l'habit
« de Farinelli. C'est de cette époque que date
« son inituence à la cour d'Espagne, et ce fut
« depuis ce moment qu'il devint presque lo seul
« canal par où coulaient toutes les grâces. Il faut
« cependant avouer qu'il ne les accorda qu'au
« mérite, qu'elles n'étaient pas pour lui l'objet
<« d'tme spéculation pt-cuniaire, et qu'il n'abusa
« jamais de son pouvoir. Ayant observé l'effet
" qu'avait. produit la musique sur l'esprit du roi,
" il lui persuada aisément d'établir nu spectacle
" italien dans le palais de Buen-lSctiro, où il
« appela les plus habiles artistes de l'Italie. Il en
« fut nommé directeur; mais ses fonctions ne se
« bornaient pas là. Outre la jirande prépondé-
« rance qu'il continuait à exercer sur le roi et la
« reine, Farinelli était souvent employé dans les
n affaires politiques ; il avait de fréquentes con-
u férences avec le ministre La Ensenada, et était
« plus particulièrement considéré comme l'agent
« des mi-nistres de différentes cours de l'Europe
« qui étaient intéressées à ce que le roi catlio-
■< lique n'effectuât pas le traité de famille que la
" France lui pro[iosait, etc. u
Farinelli était doué delà prudence, de l'adresse
et de l'esprit de conduite qui distinguent les
hommes de sa nation. Sa position était délicate,
car la faveur sans borne dont il jouissait près
des rois d'Espagne le mettait sans cesse en con-
tact avec une haute noblesse fière et jalouse. Il se
montrait si humble avec elle, il abusait si peu de
son pouvoir, il mit tant de discernement dans le
choix de ses protégés, que pendant son long
règne de favori, il ne se fit que peu d'ennemis.
On rapporte sur lui quelques anecdotes qui peu-
vent donner une juste idée de la manière dont il
usait de son crédit. Allant un jour à l'apparte-
ment du roi, où il avait le droit d'entrer à toute
heure, il entendit un ofticier des gardes dire à
un autre qui attendait le» lever: Les honneurs
pleuvent sur un misérable histrion, et moi,
qui sers depuis trente ans, je suis sans récom-
pense. Farinelli se plaignit au roi de ce qu'il né-
gligeait les hommes dévoués à son service, lui
fit signer un brevet, et le remit à l'officier lors-
qu'il sortit, en lui disant : Je viens de vous en-
tendre dire que vous serviez depuis trente ans,
mais vous avez eu tort d'ajouter que ce fut
sans récompense. Une autre fois, il sollicitait
en faveur d'un grand seigneur une ambassade
que celui-ci désirait : Mais ne savez-vous pas
(lui dit le roi) qu^il n'est pas de vos amis, et
qu'il parle mal de vous ? — Sire, répondit Fa-
rinelli, c'est ainsi que je désire me venger. Il
avait, d'ailleurs, de la noblesse et de la généro-
sité dans le caractère ; l'anecdote qui suit en est
la preuve ; elle est fort connue : on en a fait le
sujet d'un opéra. Farinelli avait commandé im
habit magnifique : quand le tailleur qui l'avait
fait le lui porta, l'artiste lui demanda son mé-
moire. — Je n'en ai point fait, dit le tailleur. —
Comment? — Non, et je n'en ferai pas. Pour
tout payement, reprit-il en IremBlant, je n'ai
qu'unegrâce avons demander. Je sais que ce
que je désire est d'un prix inestimable, et que
c'est un bien réservé aux monarques; mais
puisque j'ai eu le bonheur de travailler pour
un homme dont on ne parle qu'avec enthou-
siasme, je ne veux d'autre payement que de lui
entendre chanter un air. En vain Farinelli es-
saya-t-il de faire changer de résolution à cet
homme; en vain voulut-il lui faire accepter de
l'argent ; le tailleur fut inébranlable. Enfin, après
beaucoup de débats, Farinelli s'enferma avec lui,
et déploya devant ce mélomane toute la puis-
sance de son talent. Quand il eut fini, le tailleur,
enivré de plaisir, lui exprima sa reconnaissance;
il se disposait à se retirer: Non, lui dit Farinelli,
j''ai l'âme sensible et fière, et ce n'est que
par laque f ai acquis quelque avantage sur
la plupart des autres chanteurs. Je vous ai
BROSCIII
87
céffé, il est jiisle que vous cédiez à votre
tour. En môme temps il lira sa bourse et força
le tailleur à recevoir environ le double de ce
que son habit pouvait valoir.
Gt-rber, Choron et Fayolle, M. Grossi, et
d'autres encore, ont écrit que lorsque Charles lil
assura à Farinelli la continuation des appointe-
ments dont il avait joui, i( ajouta : Je le fais
(fautant plus volontiers que Farinelli n'a
jamais abusé de la bienveillance ni de lamu-
ni/icence de viex prédécesseurs . Cependant il
n'en faut pas conclure, comme le font ces écri-
vains, qu'il demeura au service de ce piince.
Charles III, peu de temps après-son avènement
au trône, fit donner au favori de Philippe et de
Ferdinand l'ordre de sortir d'Espagne; circons-
tance qui peut être expliquée par la résolution que
prit ce roi de signer le pacte de famille avec les
cours de France et de Naples. On sait que Fa-
rinelli, avait toujours été opposé à ce traité, et
qu'il avait employé toute son influence à l'em-
pêcher sous le règne précédent. Farinelli conserva
son traitement, mais sous la condition de s'établir
à Bologne et non àNaples comme il en avait eu le
dessein. Cestce qu'il fit entendre à Burney dans
une conversation (1).
Quand Farinelli revint en Italie, après une ab-
sence de près de vingt-huit ans, tous ses anciens
amisavaientdisparu ; les uns avaientcessé de vivre,
les autres avaient quitté le pays ; il lui fallut songer
à se créer des amitiés nouvelles, où le charme de
la jeunesse ne pouvait plus se trouver. Farinelli
avait cinquante-sept ans ; ce n'est plus l'âge des
liaisons intimes : alors il dut sentir le vide de l'âme
<run artiste qui n'a point rempli sa mission . De ses
grandeurs passées, il ne lui reslaitque des richesses
qui n'adoucissaient point ses regrets. A peine
parlait-il quelquefois de ses talents et de la gloire
qu'ils lui avaient procurée dans sa jeunesse, tandis
que sa mémoire incessamment assiégée de son
rôle de favori, de ses missions diplomatiqueset de
sacroixdeCalatrava.ini fournissait des multitudes
d'anecdoles qu'il coulait à tout venant. Le grand
chanteur semblait avoir cessé de vivre depuis
longtemps : le courlisan seul restait pour dé-
plorer la perte de ses hochets. Dans le palais qu'il
s'était fait bâtir à un mille de Bologne, et qu'il
avait décoré avec autantde gortt que de somptuo-
sité, il passait souvent une grande partie du jour
à contempler les portraits de Philippe V, d'Elisa-
beth et de Ferdinand VI, gardant un morne silence,
ou répandant des larmes. Les visites des étran-
gers pouvaient seules le distraire; il les recevait
(1) V. The Présent State nf mvsic In France and Italu,
fi. S21.
avec affabiliU', et rien ne lui faisait plus de plaisir
que lorsqu'on lui demandait des détails sur sa
positionà la cour d'Espagne. Pendant les vingt
dernières années de sa vie, il ne s'éloigna qu'une
seule fois de Bologne pour un court voyage qu'il
fit à Rome. Il obtint une audience du pape
(Lambertini), et lui parla avec emphase des
honneurs dont ilavaitjoui à Madrid et des richesses
qu'il y avait amassées. Le saint père lui répondit
avec un sourire plein d'ironie: Avete/atta tantn
fortuna costà, perche viavete frovato le gioie,
che avete perduto in guà. Je prie le lecteur de
me dispenser de traduire et surtout d'expliquer
ces gaillardes paroles.
Lorsque Burney vit Farinelli (enl771)à sa
maison de campagne près de Bologne, il y avait
longtemps qu'il ne chantait plus ; mais il jou-ait
de la viole d'amour, du clavecin, et composait des
morceaux pour ces instruments. Il possédait une
collection de pianos et de clavecins qu'il aimait
beaucoup. Celui tju'il préférait était un piano
construit à Florence en 1730; il lui avait donné
le nom de Raphaël d'Urbino. Ledeuxièmeétait
un clavecin qui lui avait été donné par la reine
d'Espagne; il l'appelait le Corrége, d'aulres
avaient les noms du Titien, du Gidde, etc. Une
très-grande salle de son palais contenait de beaux
tableaux de Murillo et de Ximenès. Il y avait
aussi fait placer les portraits de tous les prince*
qui avaient été ses patrons ; on y voyait deux
empereurs, une impératrice, trois rois d'Espagne,
un prince de Savoie, un roi de N'aples, une prin-
cesse des Asturies, deux reines d'Espagne, et le
pape Benoit XIV. Il avait plusieurs portraits de
lui-même, dont un peint par son ami Amiconi,
et celui de la fameuse cantatrice Faustina.
Onaécritqjijece fut lui qui engagea le P. Martini
à travailler à son Histoire de la Musique; cela
est peu vraisemblable, car il paraît que ses re-
lations avec ce savant homme ne commencèrent
qu'en 1761, lorsqu'il retourna en Italie et se (ixa
à Bologne ; or, le premier volume de l'Histoire
de la Musique de MàrUni avait paru en 1707. Il
paraît mieux démontré qu'il lui donna une belle
collection de livres et de musique qu'il avait rap-
portée d'Espagne. Ces deux hommes célèbres con-
servèrent de douces relations entre eux pendant
le reste de leur vie. Farinelli mourut le 15 juillet
1782, à l'âge de soixanfe-dix-sept ans et quelques
mois, et non le 15 seplenibre, à l'âge de quatre-
vingts ans, comme le disent Choron et Fayolle.
Martinelii s'est exprimé ainsi sur cet artiste
dans ses lettres familières : « Ce chanteur avait
« de plus que les voix ordinaires sept ou huit
<i notes parfaitement sonores, égales et claires ; il
« possédait d'ailleurs la science musicale au plus
88
BROSCHI — BROSSARD
« liant degré, et se montrait en tout un digne
« élève de Porpora. » Mancini, grand maître dans
l'art du chant, et qui, comme Farinclli, avait reçu
des leçons de Bernacchi, fait de notre grand
(;iianteur nn éloge plus magnifique encore : « La
« voix deFarinelli (dit-il) était considérée comme
'< une merveille, parce qu'elle était si parfaite, si
« puissante, si sonore, et si riche par son étendue,
<i tant au grave qu'à l'aigu, que de notre temps
« ou n'en a point entendu de semblable'. Il était
« d'ailleurs doué d'un génie créateur qui lui ins-
« pirait des traits étonnants et si nouveaux, que
" personne n'était en état de les imiter. L'art de
« conserver et de reprendre la respiration avec
« tant de douceur et de facilité, que personne
« ne s'en apercevait, a commencé et fini en lui.
« L'égalité de la voix, et l'art d'en étendre le son,
« le portamento, l'union des registres, l'agilité
« surprenante, le chant pathétique ou gracieux,
« et un trille admirable autant que rare, furent
« les qualités par lesquelles il se distingua. H n'y a
<" point de genre dans l'art qu'il n'ait porté à une
« perfection si sublime,qi]'il s'est rendu inimitable.
« A peine le bruit de son mérite fut-il répandu,
« quelesviilcs les plus importantes de l'Italiese
« le disputèrent pour leurs théâtres; et partout
n où il chanta, les applaudissements lui furent
« donnés avec tant d'enthousiasme, que chacun
« voulut l'entendre encore à la saison suivante. 11
» fut également désiré, demandé, apprécié et ap-
« plandi dans les principales cours do l'Europe.
« Ces succès, si bien mérités, furent obtenus par lui
ic dans sa jeunesse ; néanmoins ce grand artiste
« ne cessa jamais d'étudier, et il s'appliqua avec
« tant dft persévérance, qu'il parvintà changer en
u grande partie sa niauière, et à en acquérir une
« meilleure, lorsque son nom était déjà célèbre et
«■ (|uesa fortune était brillante (1). »
Tel fut donc cet artiste dont le nom est encore
célèbre, et qui eut autant de supériorité sur les
grands chanteurs de son temps, que ceux-ci en
avaient sur la plupart des chanteurs de notre
époque.
iJUOS(^lîl(RiciiAnn), frère du célèbre chan-
teur Farinelll, lui donna des leçons de musique.
Richard était compositeur. Son opéra, r Isola
(VAlcina, fut joué à Home en 1728. Deux ans
après, il accompagna son frère à Venise, et y
écrivit l'opéra à'Jdaspe, dans lequel. on entendit
Farinelli, Mcolini et la Cuzzoni. Ce fut Richard
Rroschi qui écrivit pour son frère le fameux air
Son quai Nave, dans lequel le chaideur excila
partout la plus vive admiration. — Farinelli, oncle,
(i)V. The l'resrnt stutc oj Muste in France and lUihj,
p. sît.
dit-on, de Charles et de Richard, compositeur de
Georges \", électeur de Hanovre, et son résident
à Venise, fut anobli par le roi de Danemark en
1684. C'est lui qui a fait d'après d'anciennes
mélodies l'air si connu des Folies d'Espagne,
sur lequel Corelli a composé vingt-quatre varia-
tions, à la (in de son œuvre V. La parenté de ce
compositeur avec le célèbre chanteur Farinelli pa-
rait douteuse; elle ne pourrait s'expliquer qu'en
supposant qu'il avait été adopté par la famille des
Faiinelli deNaples, comme le fut plus tard celui
qu'on dit avoir été son neveu.
BUOSIG (Maurice ), premier organiste de la
cathédrale de Breslau, est né Iel5 octobre 1816,
au village deFuchwinkel en Autriche, où son père
était possesseur viager d'un bien seigneurial. De-
venue veuve eu 1818, la inèrede Brosig alla s'é-
tablir à Breslau, où il suivit les cours du gymnase
Saint-Mathias, dès 1826. Il a eu pour maître en
son art Ernest Kohier, organiste et compositeur,
mort dans les premiers jours de 1848. Brosig
reçut aussi des leçons d'orgue et de composition
de Joseph Wolff, directeur de musique et or-
ganiste de la cathédrale. Au mois de décembre
1842, il a obtenu sa nomination d'organiste de
cette même église. Quelques ouvrages publiés par
Brosig, indiquent un talent de bonne école; on
y remacque : 1° 3 préludes et fugues ; Breslau,
ïlainauer. — 2° Cinq pièces d'orgue pour les fêtes
solennelles; Breslau, Leuckart. — 3° cinq prélu-
des pour des chorals ; ibid. — 4° Requiem pour
4 voix avec accompagnement d'orgue et contre-
basse, ou 2 violons, alto, basse et 2 cors ; Breslau,
Leuckart. — 5° Fantaisie pour l'orgue sur le choral
Christ ist erstan den ! op. 6 ; Breslau, Leuckart.
— 6" Trois préludes et deux conclusions (Postlu-
dien) pour l'orgue, op. 1 1 ; ibid. — 7° Messe pour
4 voix et orchestre, op.. 7. ; iôirf. Quelques pièces
de Brosig pour l'orgue ont été publiées à Erfurt
par t<œrner.-
BROSKY (Jean), en latin Bnoscujs, mathé-
maticien célèbre en Pologne, naquit à Kurzelow
en 1581. Il fut professeur de philosophie à Cracovie,
membre de l'Académie des sciences de celte ville,
et mourut à la t\n de l'année 1052. Ce savant a
fait desrecheiches sur la possibilité de composer
une gamme musicale, dont l'octave serait divisée
en sept intervalles égaux. Il a publié son système
dans un écrit qui a pour titre : An Diapason
salvo harmonico concentu, an per acqualia
septemintcrvalladividipossit ; Cracovie, 1C41.
On a aussi de lui un autre ouvrage qui a pour
titre : niusica Choralis in aima univ. ; Cra-
covie, 1652, in-8°. J'ignore quelle est la nature
de ce livre.
BUOSSAKD ( SÉBASTIEN de), prêtre, né eu
BROSSARD
8!)
16C0, fut d'abord prébende,' dépiilé du grand
chœur, et maître de cliapelle de la cathédrale de
Strasbourg. Il obtint cette place le 21 mai 16S0.
( Voyez récrit de J. F. Lobsteia intitulé : Bei-
trdge zur Geschichte der Musik im Elsass
■undbesonders in Strassburg, p. 30 ). On ignore
enqueliieu il fit ses études littéraires et musicales,
mais il ya lieu de croire, d'après le style de ses
compositions, que ce futî) Paris ou dans quelque
\ilie de l'aucienne France; car sa manière est
semblable à celle des musiciens français de soii
temps. Quoi qu'il en soit, il paraît qu'il était jeune
lorsqu'il se rendit en Alsace, cnr il apprit la
langue allemande, et la sut bien, ce qui étaitrare
parmi lesFrançais de son temps, llpossédait encore
ses emplois à Strasbourg en 1698 , lorsque le
deuxième livre de ses motets fut publie. En 1700,
il fut appelé h Meaux, en qualité de grand cba-
pelaiu et de maître de musique de la catliédrale.
I.e reste de sa vie se passa dans cette ville ; il y
mourut le 10 août 1730, à l'âge de soixante-dix
ans. Brossard doit sa renommée à son Diction-
naire de musique ; il en publia la première édition
( devenue très-rare ) sous ce titre: Dictionnaire de
musique, contenant une explication des termes
grecs, latins, italiens et français les plus
usités dans la musique; à l'occaion desquels
on rapporte ce qu'il y a de plus curieux, et
déplus nécessaire à savoir, tant pour Vltis-
toire et la théorie, que pour la composition
et la pratique ancienne et moderne de la mu-
sique vocale, instrumentale, plaine, simple,
figurée, etc. Ensemble une table alphabétique
des termes français qui sont dans le corps
de l'ouvrage, sous les titres grecs, latins et
italiens, pour servir de supplément. Un Traité
de la manière de bien prononcer, surtout en
chantant, les termes italiens, latins et fran-
çais; et un catalogue de plus de 900 auteurs
qui ont écrit sur la musique, en toutes sortes
de temps, de pays et de langues ; Paris, Chris-
tophe Ballnrd, 1703, in-folio. Cette [iremière
édition est dédiée à Bossuet. La deuxième est de
1705 ; Paris.. 1 vol. in-8». L'édition de 1707,
citée par M. Quérard ( France littéraire, t. I,
p. 526) n'existe pas. On lit dans le Dictionnaire
des Musiciens de Choron et Fayolle, et dans
l'article Brossard de la biographie universelle
de Micbaud , que la sixième édition a été pu-
bliée sans date à Amsterdam, chez Roger; c'est
une erreur ; l'édition sans date dont il s'agit est
la troisième, comme l'indique le titre, et c'est la
dernière. Lichlenthal, qui cite cette édition, dit
que la première a été publiée à Paris en 1730 ;
c'est une faute d'impression résultant de la trans-
position du zéro.
Le premier essai du dictionnaire de Brossard
futplacé au commencement de la première partie
de son recueil de motets. L'auteurne songeait point
alors h en faire un ouvrage plus étendu. Plus
tard, et lorsqu'il préparait la deuxième édition
de ces motets, il voulut ajouter l'explication de
quelques termes italiens à ce premier essai, mais
son travail s'étendit insensiblement, et devint t(d
qu'il fut imprimé en 1703. Cette édition in-folio
avait été faite pour être placée en tête du Pro-
dromes Musicalis, qui avait paru l'année précé-
dcnlc, et l'on trouve, en effet, quelques exemplaires
de ce recueil de motets où l.e dictionnaire est
relié ; mais il manque au plus grand nombre.
Cette destination du livre explique la rareté des
exemplaires du dictionnaire isolé.
Malgré les imperfections qui .fourmillent dans
ce livre, l'auteur n'en est pas moins digne d"estime,
car les difficultés à vaincre ont dû être considé-
rables dans un tel ouvrage, où l'auteurne pouvait
prendre pour guide aucun livre du même genre.
11 est vrai que dès le quinzième siècle, Tinctor
avait composé un recueil de définitions des
termes de musique en usage de son temps; il est
vraiencoreque le bohème Janowka avait publié à
Prague un lexique de musique en latin, deux ans
avant que Brossard donnât son dictionnaire; mai.^
le Definitorium de Tinctor était d'une excessive
rareté et n'était pas plus parvenu jusqu'à Bros-
sard que le lexique de Janowka, ainsi qu'on
peut le voir dans le catalogue des livres qu'il
avait lus. C'est donc un livre neuf, un livre ori-
ginal qu'il a fait ; et si les écrivains venus après
lui ont mieux rempli les conditions d'un diction-
naire de musique, ils n'en sont pas moins rede-
vables à Brossard, qui a été leur guide. La plu-
part de ses articles prouvent qu'il avait de la
science, surtout dans l'ancienne musique et dans
l'ancienne notation. Son plan est défectueux en
ce que dans un livre français, il ne donne que
de très-courtes définitions de quelques termes de
la langue dans laquelle il écrivait, tandis que la
I)lus grande partie de son ouvrage est employée à
l'explication de mots grecs, latins, italiens, etc. ;
mais, enfin, c'était son plan, et il l'a exécuté
convenablement. J.-J. Rousseau, qui a censuré
avec amertume le travail de Brossard, en a
tiré presque tout ce qu'il a écrit sur la musique des
anciens et celle du moyen âge. On a ditque le dic-
tionnaire anglaisde Grassineau était en grande
partie traduit de celui de Brossard ; cela n'est pas
exact. Grassineau a traduit la plupart des articles
du dictionnaire français, mais il y en a ajouté
beaucoup d'autres d'une étendue i)lus considé-
rable que ceux de Brossard.
•■'rossard fut le premier en France qui s'occiipa
90
BROSSARD
de la littérature de la musique, et qui en fit une
étude sérieuse. Sa proximité de l'Allemagne, pen-
dant son séjour à Strasbourg, lui a:vait fourni les
moyens de se procurer les livres et les œuvres
de musique considérés comme les meilleurs de
son temps, et sa bibliothèque était devenue con-
sidérable. Plus tard il en fit don à Louis XIV, qui,
en l'acceptant, fit remettre à Brossard le brevet
d'une pension de 1,200 francs sur un bénéfice, et
lui en accorda une autre de môme somme sur
le trésor royal ; celle-ci était réversible sur la tôle
de sa nièce. La collection dont il' s'agit* a passé
dans la Bibliothèque impériale de Paris. Elle com-
pose une grande partie de la poi tion de musique
qui y est rassemblée. Van Praet, conservateur
de ce dépôt littéraire et scientifique, s'exprime en
ces termes dans un mémoire manuscrit sur la
collection de Brossard : « Ce cabinet est des plus
« nombreux et îles mieux assortis qu'on con-
« naisse. Pendant pins de cinquante années, le
« possesseur n'a épargné ni soins ni dépenses
« pour en faire le recueil le plus complet qu'il
« soit possible de tout ce qu'il y a de meilleur
« et de rare en musique, soit imprimé, soit ma-
« nuscrit. La première partie du recueil contient
n les auteurs anciens et modernes, tant imprimés
« que manuscrits, qui ont écrit sur la musique
« en général; la seconde partie renferme les pra-
« ticiens; elle consiste en un grand nombre de
« volumes ou de pièces, la plupart inédits. C'est
« une réunion de tous les genres de musique sa-
« crée et profane, vocale et instrumentale, où
« tout est disposé avec ordre, ainsi qu'on peut
« s'en assurer par le catalogue que Brossard a
« remis à la bibliothèque de Sa Majesté. » Bros-
sard avait lu presque tous ses livres et en avait
faitdes extraits renfermés en plusieurs portefeuilles
in-40, on y avait ajouté des notes. Il avait môme
entrepris la traduction française de quelques-uns,
entre autres de l'histoire de la musique de Pfinz:
Le manuscrit de cette traduction a été en la
possession de Fayolle , vers 1811. L'objet qu'il
.se proposait dans ces travaux n'était pas seu-
lement de s'instruire de l'art en lui-même,
mais de travailler à son histoire littéraire. Il an-
nonça son projet dans son dictionnaire de musi-
que, en publiant à la fin de cet ouvrage un en- '
talogue des auteurs qui ont écrit en tordes \
sortes de langues, de temps et de pays, soit '
de la musique en général, soit en particulier
de la musique théorique, pratique, elc. Il
expose en ces termes son projet dans la préface
de ce catalog'ue. « Il y a plus de dix ansquejetra-
« vaille à recueillir des mémoires, pour donner
a un catalogue non-seulement des auteurs qui ont
•• écrit touchant la musique , mais aussi de ceux
« qui ont donné leurs compositions au public,'
« et enfin de ceux qui n'ont été illustres que dans
« Texécution et dans la pratique ; catalogue his-
« torique et raisonné, dans lequel on puisse trouver
n exactement, non-seulement les noms et les
n surnoms de ces illustres, leurs vies, leur siècle,
« leurs principaux emplois, mais aussi les titres
« de leurs ouvrages, les langues dans lesquelles
» ils ont écrit originalement, les traductions et
« les diverses éditions qui en ont été faites; les
« lieux, les années, les imprimeurs et la forme de'
« ces éditions; les lieux mêmes, c'est-à-dire les
« cabinets et les bibliothèques où l'on peut les
« trouver soit manuscrits, soit imprimés ; et même
« ( ce qui me paraît le plus difficile, quoique le
« plus nécessaire et le plus important ) les bons
« où les mauvais jugements que les critiques les
« plus judicieux en ont portés, soit de vive voix,
« soit par écrit. Mais il faut que je l'avoue, malgré
« tout mon travail, mes mémoires ne suffisent pas
« pour exécuter, avec l'exactitude que je souhai-
« ferais, un projet de cette nature. Car enfin non
« omnia possumus omncs, et im homme seul
« ne peut' parcourir tous les pays et toutes les
« bibliothèques, ni lire tous les livres, ni puiser
« par conséquent dans toutes les sources qui lui
n pourraient faciliter ce travail. C'est ce qui m'o-
n blige d'implorer le secours des. savants, et sur-
« tout de messieurs les bibliothécaires, et de les
« supplier de me faire part de ce que leurs lec-
« tures, leurs recueils, leurs catalogues, etc., pour-
« ront leur fournir sur cette manière. C'est pour
« leur en faciliter les moyens que je me suis ré«
« solu, en attendant l'ouvrage entier, de donner
« (omme un essai de la première partie de ce
« vaste projet, en publiant un catalogue des noms
« simplement des auteurs qui sont parvenus jus-
<< ques icy à ma connaissance; par lequel il leur
« sera bien aisé de voir ce qui me manque, et ce
« que je souhaite et espère de leur honnêteté. »
Ce passage, et toute la troisième partie de l'ou-
vrage de Brossard démontrent qu'il a précédé
tous les autres écrivains dans la pensée d'une bi-
bliographie spéciale de la musique et d'une bio-
graphie des musiciens; car les plus anciens livres
de cegenre, généraux ou particuliers , c'est-à-dire
ceux de Wilisch, d'Adami, de MuUer, puis de
Heumann, de Sievers, de Walther, de Mattlieson
etd'autres n'ont paru que longtemps après le pro-
gramme de Brossard, et ce programme n'a été pu-
blié que plus de dix ans après que cet écrivain
eut commencé à recueillir des notes et des mé-
moires pour l'exécution de son projet ; en sorte
que la première idée de son livre a dû naitre
vers 1692. Les matériaux qu'il avait rassemblés
pour la composition de son ouvrage ont passé
BROSSAllD
9t
«lans la Bibliotlièqiie impériale de Paris, avec la
collection de ses livres et de sa musique. Us sont
contenus et disposés par ordre alphabétique dans
un certain nombre de portefeuilles in-8°. Malheu-
reusement à l'époque où il écrivait, le public, les
savants, et les musiciens eux-mêmes, ne compre-
naient point encore l'utilité d'un tel ouvrage ;
personne ne répondit à l'appel que faisait le sa-
vant et laborieux écrivain, et ses préparatifs furent
infructueux. Peut-être est-il permis de conjec-
turer que le dépit et ie dégoût qu'il en ressentit
ne furent point étrangers à sa résolution de donner
sa bibliothèque au roi; car s'il n'eût point aban-
doimé, faute de sccouis, le plan qu'il s'était tracé,
il n'aurait jamais pu se séparer d'une collection
qu'il aurait dû consulter chaque jour.
Un repos de vingt-six années suivit la publica-
tion du dictionnaire de musique, et, circonstance
singulière, il parait que dans ce long espace de
temps , Brossard écrivit peu de musique pour
l'église. Ce ne fut que peu de temps avant sa mort,
et lorsqu'il touchait à sa soixante-dixième année
qu'il sembla se réveiller d'un long sommeil par
la publication d'une brochure écrite à l'occa-
sion du système de notation deDemotz ; elle parut
sous ce titre : Lettre en forme de dissertation
à M. Demotz, sur sa nouvelle méthode d'écrire
leplain-chantet lamusique;PaiT\s, Ballard 1729,
in-4'' de 37 pages. Dans cet opuscule, Brossard
prouve que le système de Demotz a plus d'incon-
vénients que d'utilité.
Comme compositeur, Brossard s'est fait con-
naître par les ouvrages dont les titres suivent :
10 Élévations et motets à voix seule avec la
basse continue; Paris, Ballard, 1695, in-fol.
La deuxième partie, dédiée au roi, est intitulée :
Élévations et motets à 1 et à voix et à voix
seule, deux dessus de violon ou deux flûtes,
avec la basse continue; Paris, 1698, in-fol. Il y
a des exemplaires de cette deuxième partie qui
portent la date de 1699; ceux-là ont des cartons
où l'on a corrigé quelques fautes d'impression.
La deuxième édition des deux parties rtunies des
motets de Brossard a paru sons le titre de Pro-
dromus musicalis ; Paris, 1702, in-fol. Titon
du Tiilet (Parnasse français), La Borde ( Essai
sur la musique), le dictionnaire des musiciens de
Choron et Fayolle, et la Biographie universelle
des frères Michaud indiquent les motets comme
un ouvrage différent du Prodromus. — 2° NeuJ
leçons des Ténèbres; Paris, Ballard, in-fol. —
3" Recueil d'airs à chanter; ibid., in-4o 4° La-
mentations de Jérémie, selon l'usage romain,
pour voix seule et basse continue; Paris, Chris-
t<jphe Ballard, 1721, in-fol. La bibliothèque impé-
riale [lossèdc les manuscrits originaux des ouvrages
du môme auteur dont les titres suivent : J" Can-
tate Domino à grand chœur, composé pour une
prise d'habit au couvent de l'Assomption. —
2° Dia/ogus pœnitentis animx cum Deo, à
2 voix, 2 violons, basson obligé et orgue. — 3" iN'i.vi
Dominus aedi/icaverit domnm, à 3 voix, 2 vio-
lons , basson et orgue. — 4» Miserere à 5 voix ,
2 violons, viole, basson et orgue ( daté de 1689 ).
— 50 Canticum in honorem sanctas Cxcilix, à
voix stule et orgue (21 novembre 1704).— 6" Can-
tique à l'honneur de sainte Cécile, à 4 et 5 voix
( 1705 ). — 70 Canticum in honorem S. PU,
à voix seule et orgue ( 25 avril 1713). — s» Ele-
vatio pro die Purificationis , h 3 voix et orgue
( 1" février 1700). — 90 Beati immactilati in
via, à 2 voix et orgue (17 février 1704). —
10° Missa 4 vocumpro tempore Nativitatis (dé-
cembre 1700). La bibliothèque du Conservatoire
de Paris possède aussi un motet manuscrit de
Brossard, In convertendo domino, à 5 voix, 2
violons, 2 violes et basse continue. Le portrait de
ce musicien a été gravé par Landry.
BROSSARD ( Noel-Matthieu) , docteur en
droit, aujourd'hui (1853) juge au tribunal de Chà-
lon-sur-Saône, est né en celte ville, le 25 dé-
cembre 1789. Il occupa d'abord le poste de sub-
stitut du procureur du roi à Beaune, et s'y
lia d'une étroite amitié avec Suremain-de-Mis-
sery, qui lui communiqua ses nouveaux tra-
vaux sur la théorie mathématique des intervalles
musicaux. Indépendamment depfusieurs ouvrages
relatifs à la science du droit et à la jurisprudence.
M. Brossard a écrit siu- la musique ceux dont
voici les titres : 1° Sijnopsie des gammes;
théorie de Varmure des clefs et de la transpo-
sition des tons mise sous les yeux, et rendue
à toute la simplicité de son 01 igine; tableau sy-
noptique en une feuille grand-aigle; Chalon-sur-
Saône, Jamin père, 1843, 2'"' édition; Paris, Ba-
chelier, 1847. — 2° Manière d'enseigner le
tableau intitulé: Synopsiedes gammes; Ghâlon-
sur-Saône, Jamin père, 1844, in-4'' de 44 pages.
— 30 Théorie des sons musicaux ; Paris, Bache-
lier, 1847, 1 vol. gr. in-4'' de 265 pages, avec
un grandtableau. Ce dernier ouvrage, puisé dans
un grand travail inédit de Suremain-de-Missery,
et présenté sous une forme élégante qui appartient
à M. Brossard, est un essai de réforme de la théorie
mathématique des intervalles des sons et de la
valeur numérique deceox-ci, très-digne d'intérêt.
Sortant de l'ornière où sont restés les acousficiens,
Suremain-de-Missery a reconnu que l'intonation
des sons n'est point invariable, et qu'au contraire
elle varie incessamment dans la modulation -. il
en a conelu que ces différences doivent être déter-
minées par le calcul, et ses recherches l'ont cou-
92
BROSSARD — BROWN
(luit à constater l'existence de quarante-liuit sons
appréciables dans l'étendue de la gamme. C'est
cette doctrine, dont les formules algébriques sont
fort élégantes, que M. Brossard expose dans son
livre. Bien que ce livre n'aitpas eu, dans sa nou-
veauté, le retentissement auquel l'auteur pouvait
prétendre, il est vraisemblable que la nouvelle
théorie qu'on y trouve sera quelque jour Hobjet de
l'attention des savants et de quelques, artistes
d'élile.
BROlIClî( Jacques de ), musicien batave du
seizième siècle, tirait vraisembiabloiuent le nom
sous lequel il est connu du lieu de sa naissance,
et conséquerament était né eu Hollande, où il va
trois beaux villagesappelés Uroek, situés tous trois
à une petite distance d'Amslerdam. Jacques de
Brouck parait avoir été altaclié à la chapelle des
empereurs Fei dinand I et Maximilien 11, car l^icrre
Joanelli a placé deux motets à six voix, de sa
composition, dans la grande collection intitulée :
Novus Thésaurus musicus ( Venise, Antoine
Gardane, 1568), laquelle contient principalement
des ouvrages écrits par les compositeurs et
chantres de cette chapelle. Il y a lieu de croire
que Jacques de Brouck alla se fixer à Anvers après
la mort de Maximilien ( le 12 octobre 1576 ), car
il fit imprimer dans celte ville, en 1579, l'ouviage
le plus important connu sous son nom, lequel a
pour titre : Cantiones tum sacrœ profanx ,
quinque, sex et octo vocum recens in iucein
éditas ; Antioerpisc , ex officina Christophori
Plantini, 1579, in-4<' ohl. Ce recueil contient dix
motets latinsà 4 voix, et huit à 5 voix, neuf chan-
sons françaises à 4 voix, six à 5 voix, quatre à 8
voix, et une chanson Hamande à 4 voix.
BROUNCKER ou BROUNKER ( Guil-
laume), né au ch;Ueau de Lyons en Irlande, en 1620,
reçut une brillante éducation, et montra de bonne
heuH! une rare aptitude pour les mathématiques,
dans lesquelles il se distingua. Il fut un des
adhérens de Charles \^^, et signa la fameuse dé-
claration de 1600, avec plusieurs autres membres
de la noblesse. Après le- rétablissement de la
royauté, on lui confia, eu récompense de ses
services , les places de chancelier do la reine Ca-
therine, de garde du grand sceau, de commissaire
delà marine el de directeur de l'hôpital de Sainte-
Catherine. [Jrouncker fut au nombre des savants
qui se réunirent pour fonder la société royale de
Londres: Charles II le nomma président de cette
société, et des élections successives le maintinrent
dans cette diguilé pendant quinze ans. Aux fa-
veurs dont il avait été l'objet à la Restauration,
le roi d'Angleterre ajouta celle de l'érection de
Castle- Lyons en vicomte. Brouncker mourut à
Westminster, le 5 avril 1(,84. Au nomhredes écrits
qu'il a publiés se trouve une traduction anglaise
du Traité de musique de Descartes, sous ce titre :
A Translation of the Treatise of Descartes
intilled : Musicae Compendium; Londres, 1653.
BROWIV(Jean), ministre anglican, né le 5
novembre 1715 à Rothbury, dans le îJorlhumber-
land, fit ses études à Cambridge, et fut reçu doc-
teur de musique à Oxford. Dans la rébellion de
1745, il prit les armes pour défendre la cause
royale, quoiqu'il occupât déjà un poste dans l'é-
glise, et se trouva au siège de Carlisle, où il mon-
tra beaucoup d'intrépidité. L'année suivante il
devint chapelain d'Olbaldiston, évèque de Car-
lisle, et lord Hardvvick le nomma, en 1754, mi-
nistre de Great-Horkcley,*dans le comte d'Es-
sex. Ce fut dans ce temps qu'il publia son ou-
vrage intitulé : Appréciation des mœurs et des
principes du temps (en anglais), Londres, 1757,
in-8°, qui le rendit célèbre, en tirant la nation
anglaise de l'apathie où elle était alors, et en lui
imprimant une activité qui devint funeste à ses
voisins. Ayant résigné sa cure du comté d'Essex
en 1739-, il obtint celle de Saint-Nicolas de New-
castle sur la Tyne. Un penchant invincible à
la mélancolie le porta à se couper la gorge avec
un rasoir, le 23 septembre 1706 : il mourut le
même jour. Brown fut j.'rand ailmirateur et ami
de Ilœndel , qui lui confiait ordinairement la di-
rection de ses oratorios. Il a publié l'ouvrage
suivant : A Dissertation on the tinion and
power , the progressions, séparations and cor-
ruptions of pMtry and mHsic; Londres, 1703,
in-4''. Ce livre fut critiqué dans un petit écrit in-
titulé : Some observations on doctor Brown's
Dissertation on the rise, etc., in a letterto doc-
tor B***, 1763, in-4° (Quelques observations sur.
la dissertation du docteur Brown, concernant
l'origine, les progrès, etc.) Brown répondit par
des Remarques sur les observations {Hemarks
on some observations on doctor Brown's Dis-
sertation ; in a letter to the aulhor of the ob-
servations, Londres, 1764, in-8°). Il publia une
seconde édition de son livre sous le titre de
The history of the rise and progress ofpoetry,
through Us several species ; Londres, 1764,
in-S". Une traduction française de cet ouvrage a
paru sous ce titre •• Histoire de Vorigine et
aes progrès de la poésie, dans ses différents
genres, traduite de l'anglais, par M. E. (Ei-
dous) et augmentée de notes historiques et
critiques; Paris, 1708, in-8°. Eschenburg, con-
seiller de cour et professeur de belles-lettres au
collège de Sainl-Charlcs à Brunswick, en a donné
une traduction allemande {Doctor Brown's Be-
trachtungen ûber die Poésie und Musick nach
ihrcm Urr^prunge, etc.), h Leipsick, en 1769,
CIVOVVN — BRUCE
93
in-S". Knfin il y a une traduction italienne de ce
l'wrehûitMe: Dell' origine, unioneeforza,pro-
gressi,separazione e corruzzione dellapoesiae
délia musica, tradotta, etc., ed accresciuta
di note dal doUor Pietro Crocchi, Senese, ac-
cademico fisiocritico ; ¥\urence,i772, iii-8°. La'
dissertation du docteur Brown est remplie de
vues fines et d'observations très-judicieuses'; c'est
l'ouvrage d'un homme de l'art ; il ne ressemble
en rien à tous ceux, du même genre qui ne sont
que des déclamations sans utilité. Le docteur
Brown était aussi compositeur ; parmi ses pro-
ductions on remarque l'oratorio Jfie aire of
Saul. Les biographes anglais lui donnent des
éloges pour ses talents dans la poésie et dans
l'art d'écrire ; ce n'est point ici le lieu d'examiner
ses ouvrages littéraires.
BUCWN (JiiAN), peintre écossais, né à Edim-
bourg en 17&2 , voyagea longtemps eu Italie et
demeura plusieurs années à Rome et en Sicile,
attaché comme dessinateur à sir "Williams Young
et à M. Townley. En 178G, il se fixa à Londres,
où il cultiva le gojire du portrait avec succès.
Il mourut l'année suivante, 1787, ûijéde trente-
cinq ans. Brown est connu principalement par
ses Lettres sur la poésie et la musique de
Vopéra italien (Lotlers on the Foetry and Mu-
sic of the itallan opéra), qui furent publiées
après sa mort (Londres, 1789, in-12), par lord
Mnuboddo, à qui elles étaient adressées.
BROWJV (Arthur) , niembre de la société
des antiquaires d'Ecosse, a donné, dans les mé-
moires ou transactions de cette société ( t. "VIII,
p. 11), une dissertation sur d'anciennes trom-
pettes trouvées près d'Armagh , sous ce titre :
An account of somc ancient trumpets dug up
in a hag near Armagh.
BROWN (Julienne), née à Brunswick en
1700, s'adonna , dès son enfance, à l'étude de la
musique et de l'art théâtral. Son mailre de chant
fut Jean Scliwanenbcrg, compositeur qui jouis-
sait alors de quelque réputation. En 1783, M""
Brown débula à Prague, où elle obtint assez de
succès pour être reçue peu de temps après
comme première chanteuse. En 1786 elle épousa
Ignace Walter, directeur du spectacle de cette
ville, qui se rendit avec elle à Mayence, en 1789.
Elle y fut bientôt engagée pour la cour de l'é-
lecteur, cl y joua pendant plusieurs années. Dans
la suite elle se rendit à Munich, où elle chantait
encore vers 1810.
BROWNE (Ricuard), apothicaire àOakham,
en Angleterre, alla s'établir à Londres au com-
mencement du dix-huitième siècle, et y publia,
en 1729, un traité de 125 pages in-S", sous ce
litre : Medicina Musica, or a mecha