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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique"

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The National Women's Cornmittee 
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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME DEUXIÈME 



TYPOGRAPHIE FI.RMIN tlIDOT. — MESISTL (EURE). 



BIOGRAPHIE 

UNIVEliSELLE 



DES MUSICIENS 



KT 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



-OOXXOO- 



DEUXIÈME ÉDITION 

KMIÎIKF.MF.NT KEFONDIIE ET AUGMENTÉE DE l'I.US DE MOITIi: 

PAR î^. J:'|ETIS 

MAITRE DE CIIAPELLB 1>V nOl DBS BELGES 
DIIIECTEUR nu CONSKBVATOmE nOViL DE MUSIQUE I)E EEUXELLES. ETC. 



TOME DEUXIÈME 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET G" 

MPRIMEURS DE l'iNSTITUT, RUE JACOB, oG 

4867 

Tous droit? réserves. 



Music 
Référence 

y -S- 



BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



B 



BOIELDIEU (François-Adrien), composi- 
teur dramatique, naquit à Uoiien le 15 décembre 
1775 (I). Fils d'un secrétaire de l'arclievficlié, il 
(ut placé par lui, comme enfantdechœur, àl'église 
métropolitaine , où les premiers éléments de la 
musique lui furent enseignés ; puis il passa sous 
la direction de Broche, organiste de la cathédrale 
et artiste de quelque mérite. Dur envers ses élè- 
ves, comme l'étaient autrefois presque tous les 
maîtres de musique d'église, Broche montrait plus 
de sévérité pour le petit Boiel (c'est ainsi qu'on 
appelait Boieldicu dans sa jeunesse) que pour 
tout autre, peut-être à cause de ses heureuses 
dispositions, car les hommes de la trempe de cet 
organiste se persuadaient alors qu'une bonne 
éducation musicale est inséparable des mauvais 
traitements. On dit que Boieldieu était obligé de 
remplir auprès de son impitoyable maître l'of- 
(ice de valet de chambre, comme autrefois Haydn 
avec le vieux Porpora. On dit aussi que telle était 
J'épouvante que lui inspirait ce pédagogue fa- 
rouche, qu'un jour, frappé de terreur à la vue 
d'une tache d'encre qu'il avait faite sur un livre 
du maître, il ne crut pouvoir se soustraire au 
danger qdi le menaçait que par la fuite ; qu'il partit 
seul, à pied, et qu'il alla à Paris. Rendu à sa 
famille, il reprit le cours de ses études, et Broche 
consentit à mettre moins de sévérité dans ses 
leçons. 

Un talent agréable d'exécution sur le piano, 
d'heureuses idées mélodiques, et quelques légères 
notions d'harmonie, voilà ce que Boieldieu possé- 
dait à l'âge de seize ans. Déjà la passion du théâtre, 
qui, depuis, a décidé de la direction de son ta- 

(1) \.c 16 décembre, Indique dans le Supplément de la 
Biographie Universelle de MM. Mlchand comme le Jour 
da naissance de Boieldieu , est celui où il a été inscrit 
dans le registre de baptême. 



"'^%L^ 



gJSfV, DES MUSICIENS. — T. II. 

p.ef ei'snce 



lent vers la musique dramatique, se faisait sentir 
en lui dans toute son énergie. Ses petites épargnes 
étaient employées à lui procurer les moyens 
d'aller au spectacle s'enivrer du plaisir d'entendre 
les productions de Grétry, de Dalayrac et de 
Méhul : souvent, à défaut d'argent, il avait re- 
cours à la ruse pour s'introduire dans la salle, s'y 
cachant quelquefois dés le matin, et attendant 
avec impatience le moment où devait commencer 
son bonheur. Entendre les ouvrages d'autrui ne 
pouvait cependant suffire longtemps à un homme 
né pour produire lui-même. Tourmenté de ce be- 
soin, qui est celui de tout artiste bien organisé, 
il lui semblait que le comble du bonheur était 
de composer un opéra; mais pour en écrire im, 
il faut un UbrettOf ou, comme on dit en France, 
un poënie, et n'en a pas qui veut. Par hasard, 
il se trouva qu'à Rouen un poète avait besoin 
d"un musicien comme le musicien d'un poète; ils 
s'entendirent bientôt, et le fruit de leur associa - 
lion fut un opéra-comique qui obtint du succès 
au théâtre de Rouen. De dire quel était le litre 
et le sujet de cet ouvrage, c'est ce que je ne 
puis : Boieldieu ne s'en souvenait pas. Cependant 
ce premier essai ne fut pas d'une médiocre im- 
portance dans la vie de l'artiste, car les applau- 
dissements qui lui furent prodigués décidèrent 
le jeune compositeur à retourner à Paris, où 
peut-être il ne se serait jamais fixé sans cet heu- 
reux début. 

Aller de Rouen à Paris n'était pourtant pas 
chose facile pour quelqu'un qui n'avait pas d'ar- 
gent; car le voyage était cher dans ce temps où 
la diligence employait deux jours à taire le 
trajet. A l'égard de la difficulté de vivre dans la 
grande ville, Boieldieu ne s'en inquiétait pas. 
N'avait-il pas dix-neuf ans, sa partition et des 
idées dans la tête ? C'était toute une fortune que 

1 



BOIKLDIEU 



cela. Le voyage donc étail la peiile tliose qui 
l'embarrassât : il résolut la diKiculté en dispa- 
raissant un jour de la maison paternelle, empor- 
tant sa partition sons le bras, trente francs dans 
sa poche, et l'espérance dans le cœur. Jeune et 
fort, il marchait vite ; la première journée n'élait 
pas écoulée, et déjà il était à quinze lieues de 
!louen ; le lendemain il entrait à Paris , crotté 
jusqu'à l'échiné et se soutenant à peine, tant il 
était accablé de fatigue; mais il était à I^aris, 
et si le présent était sombre, l'avenir était 
souriant. 

Cependant, il y a toujours beaucoup à rabattre 
dans la réalisation des espérances de l'artislequi 
entre dans le monde; autre chose est de donner 
avec succès un petit opéra dans sa ville de pro- 
vince ou de le faire jouer à Paris. Boieldieu n'a- 
vait fias douté qu'on n'accueillît son ouvrage h 
ropéra-Comique; mais, malgré les préventions 
favorables des actrices sociétaires en faveur delà 
belle tête et de la tournure distinguée du jeune 
composileur, la société ne se soucia pas déjouer 
l'œuvre'd'un poète et d'un musicien inconnus. Il 
fallut cbercliei d'autres poèmes ; en attendant 
qu'on eût trouvé ceux-ci, il fallut essayer de 
donner des leçons, puis, à défaut d'écoliers, il 
fallut se faire accordeur de, pianos. Celait, comme 
on le voit, d'une manière assez détournée que 
commençait la réalisation des espérances de Boiel- 
dieu ; mais sa constance n'en était point ébranlée, 
car il avait foi en lui-même. La maison Érard, 
célèbre dans toute l'Europe pour la facture des 
instruments, était alors (en 179'i) le rendez-vous 
de tous les artistes. Doieldieii y lut accueilli, et 
les chefs de cette maison lui aplanirent , autant 
(ju'il fut en leur pouvoir, les dilticultés de la car- 
rière qu'il avait à parcourir. Rode, Garât, MéhuI, 
se réunissaient souvent chez eux ; la fréquentation 
de ces artistes perfectionna son goût et lui fit 
comprendre la nécessité de (inir des études qu'il 
n'avait qu'ébauchées. Trop préoccupé du désir de 
produire, il ne put jamais se livrer à c«s études 
d'une manière sérieuse et suivie; mais sa rare 
aptitude lui faisait saisir à demi-mot le sens des 
observations qui lui étaient faites par Méhul ou 
parCherubini ; et ces observations laissaient dans 
sa mémoire des souveuiis qui ne s'effaçaient pas. 
Sa réputation commença dans les salons. Des ro- 
mances charmantes, chantées par Garât avec un 
talent inimitable, l'avaient fait connaître, et tous 
les amateurs chantaient son Ménestrel, S'il est 
vrai que d'être deux, toi que f aime, et vingt 
autres aussi jolies; mais la vogue qu'obtenaient 
toutes ces gracieuses productions ne tournait 
guère an profit de la fortune du compositeur, car 
on n'avait point encore appris l'art de tirer beau- 



coup d'argent de bagatelles. Aujourd'hui l'homme 
à la mode reçoit d'un marchand de musique 
quelques centaines de francs pour une seule ro- 
mance; mais Cochet, éditeur de celles de Boiel- 
dieu, m'a dit souvent qu'il n'en a payé aucune plus 
de douze francs. 

La confiance qu'eut dans le talent de Boieldieu 
un homme d'esprit acheva de le mettre en vogue : 
Fiévéc' lira pour lui de son joli roman La Dot 
de Suzede un petit opéra en un acte, du même 
nom. La giâce du sujet, la fraîcheur delà musi- 
que, et le jeu fin et spirituel de M"'* Saint-Aubin, 
procurèrent à cet ouvrage un succès qu'on aurait 
pu envier pour de plus grandes compositions. Ce 
petit opéra fut joué pour la première fois en 
1795 (1). L'année suivante Boieldieu écrivit La 
Famille suisse, jolie partition où règne un style 
sim[)le et naïf, d"iine élégance charmante; puis, 
en 1797, il donna Momhreuil et Merville, pièce 
froide et peu favorable à la musique, qui ne 
réussit pas. Dans la même année, il improvisa 
un opéra de circonstance, à l'occasion du traité de 
Campo-Formio ; cet ouvrage fut représenté au 
théâtre Feydeau sous le titre de L'heureuse nou- 
velle. En 1798, lioieldieu prit une position plus 
élevée parmi les compositeurs par le succès de 
Zoraïme et Zuhtare, drame en trois actes, dont 
la composition avait précédé celle des deux der- 
niers ouvrages qui viennent d'êtres cites, mais 
qui avait dû attendre longtemps son tour de re- 
présentation, el^qui ne l'aurait point encore obtenu, 
s'il n'avait fallu faire des changements à un opéra 
de Méhul qui était en répétition. On com[>4ait peu 
au théâtre sur le succès de Zoraïme; l'étonne- 
ment fut grand, lorsqu'on vit l'enthousiasme du 
public pour cette élégante et dramatique produc- 
tion. Le caractère particulier du génie de Boiel- 
dieu s'était dessiné dans Zoraïme, et dès ce mo- 
ment il fut permis de voir ce qu'il devait être dans 
ses ouvrages à venir. Des mélodies faciles, gra- 
cieuses et spirituelle», une instrumentation rem- 
plie dejolisdétails, un sentiment juste de la scène, 
telles sont les qualités par où se distingue cet 
opéra, qu'on peut considérer comme le premier 
titre de BoielJieu à la renommée qu'il eut plus 
tard. 

Boieldieu n'obtint pas seulement des succès de 
théâtre à cette époque; quelques productions de 
musique instrumentale lui en procurèrent d'un 
autre genre. Ces ouvrages consistaient en un 
concerto pour le piano, des sonates pour le même 
instrument (œuvres 1,3, 4, C, 7 et 8), quatre duos 

(1) L'auteur de la notice sur Boiclilieu qui se trouve 
dans le Supplément de la Biiifiraphie universelle de 
M. Micliaut} est dans l'erreur en plaçant cet opéra ù la date 
de 1793. 



BOIELDIRU 



pour harpe et piano, un concerto de liarpc, et des 
trios pour piano, liarpe et violoncelle. Ces der- 
nières compositions furent accueillies avec une 
sorte d'enthousiasme. Le succès de ces ouvrages 
fit admettre leur atiteur au nombre des profes- 
' seûrs de piano du Conservatoire, peu de temps 
après l'époque de son établissement. C'est là que 
je connus Doieldieu en 1800, y étant devenu son 
élève pour le piano : il avait vingt-cinq ans. De- 
puis lors je ne l'ai plus perdu de vue. Trop occupé 
de sa carrière de compositeur dramatique pour 
se plaire aux leçons du mécanisme d'un instru- 
ment, il était assez mauvais maître de piano; 
mais sa conversation , où brillaient des aperçus 
très-fins sur son art, était lemplie d'intérêt pour 
ses élèves, et n'étaient pas sans fruit pour leurs 
études. 

Les Méprises espagnoles, espèce d'imbroglio 
que le public avait reçu avec indifférence, et 
JienioiL'skij, opéra en trois actes, succédèrent en 
1798 et 1800 aux premiers ouvrages deBoieldien. 
Ce dernier fut d'abord accueilli avec froideur, et 
l'on ne parut pas en avoir compris le mérite; 
mais vingt-cinq ans après il a été repris avec un 
succès éclatant, justifié par des beautés réelles. 
Au moment où je devins son élève, Eoieldieu 
écrivait son Calife de Bagdad. Souvent il nous 
consultait avec une modestie charmante, et la 
leçon de piano se passait à se grouper autour de 
lui pour chanter les morceaux de son nouvel 
opéra. Je me souviens queDourlen et moi, tous 
deux fiers de notre titre de répétiteurs de nos 
classes d'harmonie, nous tranchions du puriste, 
et nous tourmentions fort notre maître pour quel- 
ques peccadilles harmoniques écliappées dans la 
rapidité du travail. Grand débat s'élevait entre 
nous sur cela, et nous finissions d'ordinaire par 
nous transporter chez Méluil, l'oracle de Boieldieu 
et notre juge à tous. Quelquefois l'illustre •com- 
positeur se rangeait de notre avis; alors Doieldieu 
'* se soumettait sans discussion, et jamais le moind.'-e 
mouvement d humeur ne se manifestait contre 
nous, malgré notre irrévérence et notre petit 
triomphe. Tout le monde sait le succès éclatant 
de cette légère, gracieuse et spirituelle partition 
du Calife; plus de sept cents représentations ont 
constaté ce succès sans exemple. On peut dire 
que c'est de ce moment que date en France la 
réputation de Boieldieu, bien que Zoraïme el 
Beniowskij soient supérieurs en mérite à cet 
ouvrage, sous le rapport de la force dramatique 
et de la nouveauté des idées. La couleur locale, 
parfaitement appropriée au sujet, avait séduit le 
public, dont l'éducation musicale, peu avancée, 
s'accommodait mieux de faciles mélodies que de 
recherches trop compliquées pour son oreille. 



L'auteur de la notice sur Boieldieu inséré* dans 
la biographie Universelle de Michaud, dit 
qu'après le succès du Calife, ce compositeur avait 
senti l'insuffisance de son éducation musicale, et 
qu'il s'était fait l'élève de Cherubini. Je puis af- 
firmer qu'il a été induit en erreur à cet égard, et 
que jamais Boieldieu n'ébaucha môme les études 
de contrepoint et de fugue qu'il aurait dû faire 
sous la direction de Cherubini. Lui-même a tou- 
jours avoué avec ingénuité l'ignorance où il était 
resté à l'égard de cette partie de la science mu- 
sicale. Un seul fait a pu donner lieu au bruit des 
leçons que Boieldieu aurait reçues de Cheru- 
bini ; c'est celui de la correction plus châtiée 
qu'on remarque dans la partition de l'opéra de 
Ma Tante Aicrore , ouvrage donné par le compo- 
siteur en 1802, après un repos de deux années, et 
peut-être aussi le petit opéra intitulé La Prison- 
7iière, que Cherubini et Boieldieu avaient écrit en 
collaboration en 1799, pour le théâtre Montansier; 
mais il est certain que si Boieldieu eut un style 
plus pur dans sa partition de Ma Tante Aurore, 
c'est que sa sévérité pour lui-même date de l'épo- 
que où il écrivit cet ouvrage. Il employa beau- 
coup de temps à le revoir, à le corriger, et depuis 
lors il a suivi le même système pour toutes ses 
productions. Chose assez rare parmi les compo- 
teurs qui ont besoin de s'observer pour écrire 
avec pureté, l'inspiration de Boieldieu ne paraît 
avoir reçu aucune atteinte de ce soin matériel 
ai)porté à l'harmonie, dans la disposition des voix 
et des instruments : on peut même affirmer que 
la partition de Ma Tante Aurore est une de celles 
où brille de l'éclat le plus vif le génie du compo- 
siteur. Cet opéra reçut un rude échec à la pre- 
mière représentation, par le ridicule troisième 
acte du livret; mais cet acte ayant été supprimé 
à la seconde épreuve, le succès ne fut plus dou- 
teux, et la musique obtint une vogue égale à celle 
des autres productions de Boieldieu. 

La même année où cet ouvrage fut représenté, 
le compositeur épousa, le 19 mars, la célèbre 
danseuse Clotilde-Augustine Mafieuroy, connue 
sous le nom de Clolilde. A peine cette union 
fut-elle formée, que Boieldieu comprit la fauti; 
qu'il avait faite. Ce mariage, peu convenable 
sous plusieurs rapports, ne le rendit point heu- 
reux ; des chagrins domestiques en furent la suite, 
et le besoin de s'y soustraire lui fit prêter l'oreille 
auK propositions qui lui étaient faites au nom de 
l'empereur de Russie. Ses amis. Rode et Lamare, 
prêts à faire le voyage de Pétersbourg, le pres- 
saient de se joindre à eux; il partit en effet au 
mois d'avril 1803. Arrivé aux frontières de l'em- 
pire russe, il reçut irn message d'Alexandre, qui 
lui conférait le titre de son maître de chapelle. Un 

1. 



BOIKLDIEU 



traite fut conclu enire le compositeur et le direc- 
teur du théâtre impérial : Boieldieu s'engageait à 
écrire cliaque année trois oporas dont l'empereur 
fournirait les poèmes. Celte dernière clause était 
fort difficile à exécuter, car il n'y avait pas de 
poète d'opéra à Pétersbonrg; aussi Boieldieu 
fut-il obligé de mettre en musique des pièces 
déjà représentées à Paris. Son premier ouvrage 
fut un petit opéra dont le sujet était pris d'un 
vaudeville français intitulé Rien de trop, ou les 
Deux Paravents :ce n'était qu'une légère bluette 
peu favorable à la musique expressive; elle fut 
bien reçue à Pélersbourg, mais depuis lors elle a 
été froidement accueillie à l'Opéra-Comique de 
Paris. La Jeune Femme colère, comédie de 
M. Etienne, fort peu musicale, et le vaudeville 
Amour et Mystère, furent aussi transformés en 
opéras par Boieldieu. 11 ne fallait pas moins que 
son talent pour triompher des froideurs de pareils 
sujets. De retour à Paris, le compositeur a fait 
jouer le premier de ces ouvrages à l'Opéra-Co- 
mique, et le public a rendu justice à la facture 
élégante et spirituelle de quelques morceaux, en 
leur prodiguant ses applaudissements. De grandes 
compositions succédèrent à ces légères pioduc- 
tions : ce furent Abderkan, opéra en trois actes 
|dont le livret avait été fait par Andrieux, ancien 
acteur du théâtre Favart passé en Russie : l'ouvrage 
ne réussit pas; Calypso, ancien opéra mis autre- 
fois en musique par Lesueur, sous le titre de Té- 
léniaque et refait en six semaines par Boieldieu 
pour les relevailles de l'impératrice; Aline, reine 
de Golconde, sujet de l'opéra de Berton, avec une 
nouvelle musique; Les Voitures versées, vaude- 
ville transformé en opéra comique, et qui a été 
refait presque en entier par son auteur pour le 
théâtre Feydeau; enfin, Un Tour de soubrette, 
ouvrage du même genre. De toutes ces produc- 
tions, celle que Boieldieu estimait le plus était 
son opéra de Calypso; cependant ni cet ouvrage 
ni Aline n'ont pu être représentés à Paris, parce 
qu'ils auraient porté atteinte aux intérêts de leurs 
anciens auteurs. Boieldieu a pu seulement en tirer 
quelques morceaux pour les intercaler dans les 
opérasqu'il aécrits aprèsson retouren France. Par 
exemple, un air de Calypso est devenu celui de 
la princesse de Navarre ( Quel plaisir d'être en 
voyage) dans le premier acte de Jean de Paris. 
Je ne dois point oublier, dans l'énumération des 
productions de Boieldieu pendant son séjour en 
Russie, la musique des c\\(R\iïsA''Athalie. Je n'ai 
entendu qu'un morceau de cet ouvrage, exécuté 
au piano par Boieldieu lui-même, mais il m'a 
donné l'opinion la plus favorable de ces chœurs, 
et je les considère comme une des plus belles 
cempositions ducs à son talent. 



Le sort de Boieldieu et des autres artistes fran- 
çais avait été longtemps heureux en Russie; ce- 
pendant plusieurs d'entre eux regrettaient leur 
patrie et n'étaient pas sans inquiétude sur la 
réalisation des produits de leurs travaux. Les 
nuages qui étaient venus obscurcir les relations 
amicales des gouvernements français et russe 
s'épaississaient chaque jour, et préparaient la 
rupture qui aboutit enfin à la désastreuse cam- 
pagne de Moscou. Boieldieu et ses amis éprou- 
vaient le besoin de revoir la France et d'assurer 
leur avenir. Toutefois le compositeur n'était pas 
libre; il lui fallait un congé pour s'éloigner de la 
capitale de l'empire russe : il l'obtint à la fin de 
ISIO, après sept années de séjour à Pétersbourg , 
et se hâta d'en profiter. 

De retour à Paris dans les premiers mois de 
1811, il trouva le sceptre de l'Opéra-Comique 
placé aux mains de Nicolo Isouard, dont il avait 
vu l'heureux début avant son départ pour la 
Russie. Dalayrac avait cessé de vivre. Catel tra- 
vaillait peu; Clieriibini , dégoûté d'une carrière 
qui, malgré son beau talent, n'avait eu pour lui 
que des obstacles, avait cessé d'écrire; MéhuI, 
mécontent de l'inconstance des goûts du public, 
ne livrait qu'à de rares intervalles de nouveaux 
ouvrages à la scène; Nicolo seul paraissait infa- 
tigable , et rachetait par le mérite de la fécondité 
les négligences qui déparent ses ouvrages. C'é- 
tait avec lui que Boieldieu était destiné à lutter 
désormais : son génie prit un nouvel essor dans 
cette rivalité. 

Deux actrices se partageaient la faveur publique 
à l'époque où Boieldieu revint à Paris : l'une , 
]\lme Duret, se distinguait par une voix étendue, 
égale, sonore, mais un peu lourde'; par une 
exécution large, et par une habileté de vocalisa- 
tion à laquelle il n'aurait rien manqué, si la res- 
piration de M'"« Duret n'eût été courte et labo- 
rieuse. La rivale de cette cantatrice était M "e Rp- 
gnault ( depuis lors, Mm^Lemonnier). Ses débuts 
à Paris, qu'avaient précédé des succès en pro- 
vince, avaient été brillants. Une ignorance à peu 
près complète de la musique et de l'art du chant, 
mais une voix charmante, une intelligence par- 
faite, une facilité merveilleuse à exécuter les 
choses les plus difficiles; tels étaient les défauts 
et les avantages de Mt'e Regnaull pour entrer en 
lutte avec son antagoniste. Nicolo avait tiré parti 
de toutes deux dans les rôles qu'il leur avait faits 
pourson opéra de Cendrillon, et leur avait pro- 
curé à chacune un succès égal. La question de 
supériorité restait indécise pour 1« public; mais 
le compositeur avait fini par se décider en faveur 
du talent de M^e Duret : ce fut pour elle qu'il 
écrivit ses plus beaux rôles. MUc Regnault se 



BOIKLDIEU 



trouvait donc exposée au danger d'être laisst^e à 
l'écail, lorsque Boieldieu vint lui prôlcr le puis- 
sant secours de son talent. Le combat recom- 
mença : il ne fut pas moins vif entre les canta- 
trices qu'entre les compositeurs. 

Rien de plus dissemblable que le talent de 
ceux-ci : Nicolo, doué d'une facilité d'inspiration 
à laquelle il s'abandonnait sans réserve, écrivait 
souvent, coinmejc l'ai dit, avec négli;;ence ; n'était 
point assez sévère dans le choix de ses idées, et 
iiiérilait le reproclie qu'on lui faisait d'être par- 
fois commun et vulgaire dans ses mélodies. Mais 
à côté de ces imperfeclions , il y avait dans ses 
ouvrages des beautés réelles appropriées avec une 
rare sagacité aux convenances de la scène et à 
l'intérêt dramatique. La plupart de ses morceaux, 
même ceux où l'on aurait désiré plus d'élégance 
et de bon goût, brillaient d'un sentiment de verve 
et' d'expansion qui réussit presque toujours dans 
la musique de théâtre. Travaillant avec une pro- 
digieuse rapidité, il se consolait facilement d'une 
chute, parce qu'H ne tardait point à prendre sa 
revanche. Du reste, heureux de sa lutte avec 
Boieldieu, il finit par comprendre la nécessité de 
donner plus de soin à ses ouvrages , et montra 
dans ses dernières productions une correction, 
luie élévation de pensée qu'on n'attendait pas de 
lui. Jwonde et Jeannot et CofiH seront toujours 
considérés comme de fort bons opéras-comiques. 
Pendant ([ue Nicolo écrivait et faisait représenter 
quatre ©[léras, Boieldieu en préparait un; non 
que l'inspiration lui fût diflicile, car il écrivait 
vite; mais, portant peut-être à l'excès la sévérité 
qui manquait à son rival , il faisait quelquefois 
trois morceaux entièrement différents pour un 
s«?ul air, pour un seul duo, ou bien il recom- 
mençait à dix reprises les corrections qu'il croyait 
nécessaires, eî souvent il ne livrait aux copistes 
qu'une partition chargée de ratures, ou, pour me 
servir du terme technique, de colettes. Après 
avoir éprouvé de si vives jouissances à entendre 
les charmantes compositions qui ont vu le Jour 
par ce procédé, avons-nous le droit de nous 
|)laiudre de la lenteur du travail? Je ne ie crois 
pas. Boieldieu obéissait malgré lui, en polissant 
incessamment ses ouvrages, aux conditions na- 
turelles de son talent. Il était doué du goût le 
plus exquis :.c'est surtoutcomme homme de goût 
que nous l'admirons. La nature de ses idées, oii 
domine toujours la convenance parfaite de la 
scène et l'expression spirituelle de la parole, cette 
nature, dis-je, exigeait qu'il portât dans sou tra- 
vail ces soins scrupuleux qu'on in: aquelquelois 
reprochés. Gardons-nous surtout de croire qu'il 
produisait lentement parce que sa pensée auiait 
été pénible : rien ne sent la gêne ni la siciilile 



dans ses compositions; tout y semble, au con- 
traire, fait d'abondance; si la réllexion noua 
laisse (luelquefois en doute à cet égard, c'est qu'il 
est diflicile de comprendre que tant de fini dans 
les détails soit le fruit d'un premier jet. On a re- 
proché à Boîtldieu d'avoir quelquefois manqué de 
hardiesse ; iwais outre que les hardiesses ne sont 
pas toujours justifiées par les résultats, il fautsa 
souvenir de l'excellence du précepte : 

Ne forçons point notre talent. 

Ua artiste à qui la nature permet de dunner 
une physionomie individuelle à ses ouvrages, ac- 
complit saniission s'il sait leur conserver toujours 
cette physionomie ; il est lui, et c'est ce qu'il faut 
être pour laisser un nom durable dans l'histoire 
des arts : or, personne assurément n'a su donner 
à sa musique, mieux que Boieldieu, une couleur 
particulière, un style approprié à l'objet qu'U se 
proposait de réaliser. 

Le premier opéra qu'il écrivit après son retour 
à Paris, fut Jean de Paris. Pendant qu'il le 
composait, il fit jouer à l'Opéra-Comique Rien 
de trop et La Jeune Femme colère, qui n'étaient 
pas connus en France. Dans les premiers mois 
de 1812, Jean de Paris lut représenté au théâtre 
Feydeau , avec un succès éclatant. Tout ce quo 
rOpéra-Comi(iue comptait d'artistes de talent, 
Elleviou, Martin, Juliet, M'ic Kegnault, M""^ Ga- 
vaudan, s'empressèrent à seconder le génie du 
compositeur, el prêtèrent à son ouvrage le charme 
d'une exécution parfaite en son genre. Les uuisi- 
ciens remarquèrent la fermeté de manière, la cer- 
titude d'effets que Boieldieu avait acquises de- 
puis son départ pour la Russie. Si l'instruction 
première avait manqué dans ses études harmo- 
niques, ses propres observations lui avaient ap- 
pris ce qu'aucun maître ne lui avait enseigné; 
son style avait acquis une correction remarquable; 
son instrumentation était devenue plus brillante, 
plus sonore, plus colorée ; enfin Boieldieu n'était 
pas seulement un agréable et spirituel composi- 
teur : il se montrait, dans Jean de Paris, digne 
émule de Méhul et de Catel, qu'il avait considérés 
longtemps comuie ses maîtres. 

Après Jean de Paris vint Le ISouveau Seigneur 
de village (joué en 1813); charmante production 
dont toutes les parties offent, chacune en son 
genre, im modèle de perfection. Les circonstances 
lâcheuses où se trouvait la France à cette époque 
firent demander par le gouvernement aux diffé- 
rents théâtres de la capitale des pièces propres 
à ranimer l'amour de la |)atriedansla population, 
et Boieldieu fut chargé d'écrire la musique de 
Jim/ard à Mézières, conjointement avec Cheni- 
1 biiii, Calei et INicolo Isouard. Cet ouvrage fut 



BOIELDIEU 



joué vers la fin de l'année 1813, après les revers 
de la campagne d'Allemagne. Ce lut par une as- 
sociation du même genre, mais dans des circons- 
tances différentes, que Boieldieu fit avec Kreut- 
zer, en 1814, la musique du petit opéra, intitulé : 
Les Béarnais. En 1815, il donna sous son nom 
et sous celui de M™» Gaii, un opéra en un acte, 
intitulé : Aiigéta, ou l'Atelier de Jean Cousin : 
il n'avait écrit pour cet ouvrage qu'un duo; mais 
ce morceau était digne de ce qu'il a fait de mieux. 
C'est peut-être ici le lieu de relever l'erreur des 
biographes qui ont écrit que iM""^ Gail était élève 
de Boieldieu. A cette époque il ne songeait point 
encore à former d'élèves , et même il ne savait 
trop comment s'y prendre pour donner des le- 
çons de composition; lui-même l'a répété sou- 
vent. M™* Gail n'a jamais eu d'autre maître que 
l'auteur de la Biographie universelle des Mu- 
siciens. 

Aux ouvrages qui viennent d'être cités succéda 
La Fête du Village voisin, comédie froide et peu 
favorable à la musique, que le talent de Boieldieu 
put seul soutenir et faire rester au théâtre. De 
tous ceux dont ce compositeur a écrit la musique, 
cefut incontestablement celui qui lui offrit le plus 
de difficultés, et qui exigea de lui le plus d'habi- 
leté. Deux trios du premier acte, des couplets 
charmants, un quintetto et le délicieux cantabile 
(Simple, innocente, elc), chanté par Martin, se- 
ront toujours considérés comme des modèles de 
musique spirituelle et mélodieuse. Quelque temps , 
auparavant Boieldieu avait protégé les premiers 
essais d'Hérold dans la carrière duthéàtre, en l'ad- 
mettant corn me collaborateur dans son opéra de cir- 
constance intitulé : Charles de France. Le jeune 
artiste en a conservé pendant toute sa vie, trop 
courte, hélas! une vive reconnaissance. Après la 
représentation de La Fêle du Village voisin , il 
s'écoula près de deux années pendant lesquelles la 
miseenseèned'aucun ouvrage ne signala l'activité 
de Boieldieu. 11 ne s'était pas cependant condamné 
au repos , car la composition de la musique du 
Chaperon rouge l'occupait presque sans relâche. 
Méhul avait cessé de vivre en 1817, et l'Institut 
avait appelé Boieldieu à remplir sa place. Celui-ci 
crut que l'obUgation lui était imposée de justifier 
ce choix honorable par quelque grande composi- 
tion ; il entreprit d'écrire Le Chaperon. Il s'a- 
gissait, comme on l'a dit, de faire de cet ouvrage 
undiscours de réception ; ce lut ce qui détermina 
Boieldieu à y donner plus de soins qu'à aucune 
autre de ses productions. Le succès justifia les 
espérances de l'artiste et du public, et la pre- 
mière représentation, donnée au mois de juillet 
1818, fut pour l'auteur un véritable triomphe. 
Bien des années se sont écoulées depuis lors, et 



les applaudissements de toute l'Europe ont con- 
firmé ceux des habitués de l'Opéra-Comique. 
Dans Le Chaperon rouge, la manière de Boiel- 
dieu est plus grande; les idées sont plus abon- 
dantes ; le coloris musical est plus varié que dans 
les ouvrages précédents. Une composition de cette 
importance avait manqué jusqu'alors à l'auteur 
du Calife, de Ma Tante Aurore et de Jean de 
Paris; désormais il ne lui restait plus qu'à jouir 
de ses succès. 

Les efforts de travail qu'avait coûtés cette pro- 
duction à Boieldieu lui causèrent une maladie 
grave qui rendit impérieusement nécessaire un 
long repos. Il se relira à la campagne, et y vécut 
quelque temps dans un oubli presque complet de 
la musique, uniquement occupé du soin d'orner 
une propriété qu'il avait lécemmeut acquise. Ce 
fut vers cette époque que le titre et les fonctions 
de professeur de composition au Conservatoire 
de I^aris lui furent offerts; l'espoir de commu- 
niquer à de jeunes musiciens les lumières de 
son expérience les lui fit accepter; mais il obtint 
l'autorisation de donner ses leçons clie/ lui , où 
ses élèves venaient chercher un utile enseignement, 
croyant n'assister qu'à de spiiituelles causeries. 
Ce temps est -celui du repos le plus long que 
Boieldieu ait pris dans sa carrière; car, à l'excep- 
tion de son ancien opéra des Voitures versées, 
qu'il retoucha, et pour lequel il écrivit quelques 
nouveaux morceaux, il ne donna rien d'important 
dans l'espace de sept années. En 1821, il écrivit, 
il est vrai. Blanche de Provence, ou la Cour des 
Fées, grand opéra en trois actes, en collaboration 
avec Kreutzer, Berton, Cherunini et Paer; et en 
1824, il fit à peu près un acte de Pharamond ; 
mais on sait que tes ouvrages de circonstance 
ne comptent presque point parmi les productions 
d'un artiste de talent. Avec la certitude qu'ils ne 
sont destinés qu'à avoir une courte existence, on 
se sent peu disposé à y donner beaucoup de soins ; 
le succès cRuse peu de plaisir, et la chute, si 
elle a lieu, il attriste personne. 

Cependant, malgré le long silence que gardait 
la muse de Boieldieu, on savait que cet ai liste 
travaillait : le titre de son opéra futur était môme 
connu, et tout le monde parlait de La Dame 
Blanche longtemps avant que cette partition dit 
mise à l'étude. Hoieldieu, que tant de succès n'a- 
vaient point enhardi, se méfiait de la faveur pu- 
blique et craignait qu'un repos de plusieurs 
années ne l'eût fait oublier. Il hésitait donc à 
faire (comme on .dit au théâtre) sa rentrée; et, 
malgré les heureuses inspirations qui abondaient 
dans son œuvre nouvelle, il employait plus de 
temps à corriger et à refaire les morceaux de cet 
opéra qu'il n'en avait mis à aucun de ses ou- 



ROIELDIEU 



vrapes. Enfin, Ouilbert de Pixérecourt, alors 
directeur de l'Opi'ra-Comique, parvint 5 le dé- 
terminer à tenter l'épreuve qu'il redoutait, et La 
Dame Blanche fut accueillie avec des trans- 
ports unanimes d'admiration. Ce fut au mois de 
décembre 1825 qu'on donna la première repré- 
sentation de cet opéra; près d'un an après, et 
lorsque cent cinquante épreuves de la même 
pièce eurent été faites, la foule des spectateurs 
encombrait encore la salle Feydeau cbaque fois que 
cet ouvrage était joué. Le succès fut le même 
partout; la nouvelle musique de Boieldieu fut 
chantée dans tous les concerts, dans tous les 
salons, et ses motifs servirent de thèmes à nîille 
arrangements divers. Le développement pro- 
gressif des facultés du compositeur, qui n'avait 
cessé de se faire apercevoir depuis ses premieis 
essais de musique dramatique, n'a jamais été 
plus sensible que dans La Dame Blanche. Ja- 
mais son style n'avait été plus varié; jamais il 
n'avait montré autant de force expressive; jamais 
son instrumentation n'avait été si brillante; ja- 
mais enfin il n'y avait eu autant de jeunesse 
et de nouveauté dans ses compositions ; cependant 
il était resté lui-même et n'avait rien emprunté à 
la musique rossinienne. II est même remarquable 
qu'il ait pu varier comme il l'a fait les effets de 
son nouvel opéra, faisant peu d'usage de moiiu- 
lations, affectionnant les tons princi[(nux de ses 
morceaux, et n'employant que des harmonies 
simples et sans recherche. Rien n'indique mieux 
la facilité d'invention mélodique que cette unité 
tonale unie à la simplicité d'harmonie. 

L'effet ordinaire des grands succès obtenus par 
Boieldieu était de lui inspirer pour l'avenir la 
crainte de ne pas se soutenir à la même hauteur, 
et d'être dans d'autres productions inférieur à 
lui-même. Cette crainte n'était pas étrangère aux 
longs intervalles qu'il y avait eri quelquefois dans 
l'apparition de ses ouvrages. Apiès La Dame 
Blanche, elle se reproduisit plus forte qu'aupa- 
ravant. Depuis longtemps un poctne d'opéra avait 
été livré à Boieldieu par Bouilly : c'était celui des 
Deux Nuits, hc compositeur en trouvait le sujet 
fort beau; mais il y désirait de notables cban- 
gements. Scribe se chargea de les faire. Cepen- 
dant toutes les difficultés n'avaient pas disparu; 
il en était dans cet ouvrage qui devaient faire 
fchouer le musicien : malheureusement Boieldieu 
ne les aperçut pas. Tant de fois il avait sauvé 
de faibles pièces par son talent, qu'il crut pouvoir 
faire encore un miracle de ce genre : ce fut une 
erreur. Près de quatre années s'étaient écoulées 
depuis le succès de La Dame Blanche, lorsqu'on 
donna la première représentation des Deux 
A'MJfs ('lumoisde reai 1829). Ainsi qu'il arrivait 



à chaque ouvrage nouveau de Boieldieu, celui-ci 
était attendu avec une vive impatience. La par- 
tition avait été achetée à haut prix par l'éditeur 
de La Dame Blanche, avant qu'elle fût connue; 
tout enfin présageait au compositeur un triomphe 
nouveau. Tant d'espérances ne se réalisèrent pas; 
Les Deux Nuits n'obtinrent qu'un succès incer- 
tain. Fatal ouvrage! Plusieursfois Boieldieu avait 
été contraint de cesser d'y travailler à cause du 
dérangement de sa santé : après qu'il eut été 
représenté, il lui donna la mort. Son espoir déçu 
se transforma en un secret et violent cliagrin. 
Peu de temps après se déclaièrent les premiers 
symptômes de la cruelle maladie qui le conduisit 
au tombeau. 

Le besoin de ^epos lui avait fait demander sa 
retraite comme professeur du Conservatoire : 
l'administration de la liste civile eut égard aux 
services rendus à l'art par ses ouvrages, et sa 
pension fut convenablement réglée. Il y avait 
d'autant plus de justice à cela, que Boieldieu 
venait d'être privé d'une pension de 1200 francs 
qui lui avaitété accordée par rOpéra-Comique, en 
reconnaissance des avantages que le théâtre avait 
trouvés dans la représentation de ses ouvrages. 
Un nouvel entrepreneur avait succédé à l'ancienne 
société des acteurs, et n'avait pas voulu souscrire 
aux engagements contractés par elle. Outre la 
pension de retraite honorable accordée à Boieldieu 
comme professeur du Conservatoire, le roi lui en 
donna une autre sur sa cassette. Le digne artiste 
ne Jouit pas longtemps de ces avantages; car la 
révolution de Juillet ayant éclaté, non-seulement 
la pension de la easçetle disparut avec l'ancienne 
royauté; mais dans un travail de révision sur les 
pensions de l'Opéra et du Conservatoire, il se 
trouva que quelques mois lui manquaient pour 
avoir droit à la sienne, et une partie de son re- 
venu lui fut enlevée. Ainsi , aux douleurs de la 
phtbisie laryngée qui menaçait les jours de Boiel- 
dieu vinrent se joindre des inquiétudes sur son 
avenir. Le mal empirait cbaque jour; tous les 
nemcdes étaient employés, sans qu'il en résultât 
aucune amélioration sensible dans l'état du ma- 
lade. Un voyage à Pise fut conseillé; Boieldieu 
le fit, et ne s'en trouvapasmieux.il revint à Paris 
plus faible, plus souffrant qu'il n'en était parti, 
éprouvant d'ailleurs le besoin de remplacer les 
ressources dont il avait été privé, et contraint 
de demander à reprendre des fonctions de pro- 
fesseur qu'il n'était plus en état de remplir. On 
les lui rendit, et le ministre de l'intérieur lui 
accorda sur les fonds des beaux-arts une pension 
de 3,000 francs; mais, hélas ! il n'était pas destiné 
à jouir longteirqis des avantages de sa nouvella 
position. Sa santé continuait à dépérir; il espéra 



s 



BOIELDIEU — BOILLY 



la rétablir par l'usage des bains du midi qui lui 
avaient fait quelque bien autrefois , et il voulut 
en essayer. Cependant le voyage était difficile à 
faire dans l'état d'abattement où étaient ses forces ; 
il partit néanmoins, arriva avec peine jusqu'à 
Bordeaux, voulut pousser plus loin, mais fut obligé 
de revenir en cette ville, effrayé par les progrès 
du mal. Alors l'idée d'une fin prochaine vint se 
présentera l'esprit de l'artiste, accompagnée du vif 
désir de revoir encore une fois sa maison de cam- 
j'.agne de Jarcy, près de Grosl)ois, où il avait au- 
trefois passé d'heureux jours; sa famille éplorée 
l'y ramena mourant. Peu de jours après tout 
espoir fut perdu, et Boieldieu s'éteignit le 8 octobre 
1834, dans les bras de ses amis. Ses obsèques 
Jurent célébrées dans l'église des Invalides; tout 
ce qu'il y avait d'artistes et d'hommes de lettres 
distingués y assistèrent, et le Requiem de Ciie- 
rubini y fut exécuté par un nombre considérable 
de chanteurs et d'instrumentistes. 

Boieldieu avait eu le titre d'accompagnateur- 
adjoint de la chambre du roi, au mois de septembre 
1815; la duchesse de Berry lui accorda celui de 
compositeur de sa musique au mois de janvier 
1821 ; dans la même année le roi le nomma che- 
valier de la Légion d'honneur. Lorsqu'il en reçut 
la décoration (au mois de mai) il exprima le 
regret que Catel ne l'eût pas obtenue avant lui, 
et se mit à faire des démarches pour la lui faire 
avoir. I! réussit; mais Catel, trop philosophe pour 
désirer de telles faveurs , montra plus d'étonne- 
ment que de reconnaissance en recevant celle-ci. 
L'auteur de la notice sur Boieldieu insérée dans 
la Biographie Universelle de Michaud, dit 
que depuis son divorce avec Clotilde, le compo- 
siteur avait épousé en secondes noces la sœur de 
M"' Phillis qui avait joué plusieurs rôles de ses 
opéras, tant à Paris qu'en Russie. Ce fait n'est pas 
exact , car il n'y a jamais eu de divorce entre 
Boieldieu et Clotilde. Celle-ci est morte à Paris, 
le 15 décembre 1826; et ce n'est qu'après cet 
événement que Boieldieu a contracté un nouveau 
mariage. Les principaux élèves de Boieldieu sont 
Zimmerman pour le piano, Adolphe Adam et 
Théodore Labarre pour la composition. 

L'élogede Boieldieu, par Quafremère de Quincy, 
a été prononcé à la séance publique de l'Académie 
des beaux-arts de l'Institut de France, au mois 
d'octobre 1835, et imprimé à Paris, chez 
MM. Didot, in-4°. On a publié aussi : Procès- 
vfrhalde la eérémonie funèbre en l'honneur 
d'Adrien Boieldieu, qui a eu lieu le 13 octobre 
1834, à Rouen, sa ville natale, par Joseph- 
Alexis Walchi ; Rouen, 1835, in-8"; et une notice 
intitulée: Boieldieu, sa vie, ses œuvres, par 
\ Kt.'fi'u\ aille; Rouen, 183G, Duhast, in-8°. Le 



nom véritable de l'auteur de celle notice est 
André Reloi. 

BOIELDIEU (Adrien-L.-V.), fds du précé- 
dent, né à Paris, le 3 novembre 1816, a fait ses 
études musicales sous la direction de son père, 
qui fondait de grandes espérances sur son avenir 
d'artiste. Quelques romances gracieuses furent 
ses premiers essais. Après la mort de l'auteur de 
La Dame Blanche , le gouvernement français 
accorda à son fils une pension de douze cents 
francs. Le début du fils de Boieldieu sur la scène 
de rOpéra-Comique fut une sorte de pasticcio 
dans lequel il écrivit quelques morceaux d'une 
assez bonne facture et arrangea plusieurs antres 
de son père. Cet ouvrage, intitulé L'Opéra à la 
cour, fut représenté au mois de juillet 1840. 
L'Aïeule, opéTà-comiqne en un acte, suivit ce 
premier essai à une année de distance : la mu- 
sique en était douce, élégante, peu émouvante, 
mais agréable à l'audition. Le Bouquet de V In- 
fante , opéra-comique en trois actes, représenté 
au mois d'avril 1847, fut bien accueilli du public, 
et l'on y remarqua quelques bons morceaux. 
La Butte des Moulins, opéra-comique en 3 actes, 
représenté au mois de janvier 1852 sur le Théûtre- 
Lyrique de Paris, eut quelque succès. Enlin, La 
Fille invisible, en trois actes, au môme théâtre 
(1854), est, jusqu'à ce jour (1859), le dernier 
ouvrage du compositeur. Parmi ses romances, 
on remarque L'Ange des premières amours, Te 
voilà roi, et la ballade intitulée La Barca del 
Beppo. 

BOILE (....), professeur de chant à Milan, 
s'est fait connaître par des exercices pour la voix, 
divisés en six livres et intitulés ; Solfeggi per 
mezzo soprano, per soprano e per contralto; 
Milan, Ricordi. 

BOILLY (ÉnouARD),fils d'un peintre de genre 
qui a eu quelque célébrité, est né à Paris le 16 no- 
vembre 1799. Il étudia d'abord le dessin et la 
gravure; mais son goût décidé pour la musique 
lui fit quitter l'exercice de ces aris; il entra au 
Conservatoire de Paris, etdevint, en 1821, élève 
de l'auteur de la Biographie universelle des 
Musiciens, qui lui enseigna le contrepoint et la 
fugue; puis il passa sous la direction de Boiel- 
dieu pour ce qu'on appelait alors au Conserva- 
toire /e 5 <</^e id^fl^ En 1823, il se présenta au 
concours de l'Institut, et y obtint le premier grand 
prix de composition. Le sujet était la cantate 
de Thisbé. Devenu pensionnaire du gouverne- 
ment, il alla passer quelques années à Rome 
et à Naples, puis parcourut l'Allemagne, et re- 
vint enfin à Paris, en 1827. Depuis cette époque 
il a composé la musique de plusieurs opéras-co- 
inii[ucs; mais les fréquentes mutations de'dircc- 



BOILLY — BOISMORTIER 



9 



teurg el d'entrepreneurs de ce spectacle furent 
cause qud les pièces sur lesquelles il avait écrit 
furent relues par les nouvelles administrations 
et refusées, en sorte que les travaux du musicien 
furent perdus. Un seul ouvrage de sa composition 
a été' représenté au théâtre de l'Opéra-Comique 
le 7 mai 1844. Cet ouvrage, intitulé Le Bal du 
sous-préfet, est un opéra en un acte écrit avec 
élégance et qui fut applaudi. Cependant, dégoûté 
par tous les ennuis qu'il avait rencontrés dans sa 
canière, M. Boilly a fini par renoncer à l'art auquel 
il avait consacré sans fruit les dix plus belles 
années de sa vie, et s'est livré de nouveau à celui 
de la gravure. 

BOISGELOU (François-Paul ROUALLE 
de), conseiller au grand conseil, naquit à Paris le 
10 avril 1697, et mourut dans cette ville le 
19 janvier 1764. Il s'était appliqué à la haute ana- 
lyse et à la théorie de la musique : nous ne par- 
lerons ici que de cette dernière. L'objet de son 
système était de trouver entre les intervalles des 
rapports symétriques, en y appliquant le calcul. 
J.-J. Rousseau a voulu donner une analyse de 
ses travaux à l'article système de son Diction- 
naire de musique; mais il a rendu inintelligible 
tout ce qu'il en a dit, parce qu'il ne l'entendait 
pas lui-même. M. SuremaindeMissery a, depuis, 
essayé d'arriver à la solution du même problême 
par des voies différentes. 

BOISGELOU (Paul-Louis ROUALLE de), 
fils du précédent, né le 27 juin 1734, a servi dans 
les mousquetaires noirs , avec le brevet de capi- 
taine de cavalerie, jusqu'à la réforme de celte 
compagnie. Il fit ses humanités au collège de 
Louis-le-Grand, et y commença l'étude du violon, 
sur lequel il lit de si rapides progrès, qu'encore 
enfant, il était cité comme un prodige. C'est de 
lui que J.-J. Rousseau a dit : « J'ai vu, chez un 
« magistrat, son fds, petit bonhomme de huit 
» ans, qu'on mettaitsur la table au dessert, comme 
« une statue au milieu des plateaux, jquer là 
« d'un violon presque aussi grand que lui, et 
« surprendre par son exécution les artistes 
« mêmes {Émiie, liv. 2.). « M. de Boisgelou a 
fait graver à Paris six duos pour deux violons, 
op. 1. On lui doit aussi un travail considérable, 
entrepris par zèle pour l'art et d'une manière 
purement bénévole, sur la partie musicale de la 
Bibliothèque du Roi, dans laquelle est comprise 
la collection de Brossard , montant à près de 
3,000 articles rares. Le travail de M. de Boisge- 
lou consiste en un Catalogue général, par ordre 
alphabétique d'auteurs, formant un fort volume 
in-fol., et deux autres catalogues par ordre de 
matières, l'un pour la partie littéraire de la mu- 
sique, l'autre pour les œuvres pratiques et les col- 



lections. Ces deux derniers contiennent une mul- 
titude de détails qui ne manquent pas d'intérêt, 
sur les auteurs, les éditions, et la nature des ou- 
vrages. M. de Boisgelou n'avait pas assez de con- 
naissances théoriques et historiques pour ee tra- 
vail ; mais il y a suppléé par beaucoup d'exacti- 
tude. Il avait entrepris, pour le compléter, un 
catalogue historique des auteurs; mais il n'a pas 
en le temps de l'exécuter, et n'a disposé que 
quelques notes assez curieuses. Sa mort, arrivée 
le IG mars 1806, ne lui a pas permis d'accomplir 
cedessein. J'ai beaucoup profitédeses recherches. 
Après sa mort, la belle liibliotlièque qu'il avait 
formée a été vendue. Plusieurs de ses ouvrages, 
et particulièrement deux volumes de notes ma- 
nuscrites, sur des musiciens et des livres curieux, 
ont été acquis par Perne, et sont maintenant en 
ma possession. 

BOISMORTIER (Joseph BODIN de), com- 
positeur médiocre, né à Perpignan en 1691, vint 
à Paris de bonne heure, et mourut dans cette 
ville en 1765. Il a mis en musique trois opéras : 
r Les Voyages de V Amour, ballet en quatre 
actes, représenté en 1736, — 2° Don Quichotte 
chez la Duchesse, en trois actes, 1743. — 
3° Daphnis et Chloé, pastorale, 1747 ; celui-ci est, 
dit-on , son meilleur ouvrage. — 4° Daphné, 
1748, ballet non représenté. Il a fait en onlre 
graver : 1° Deux recueils de motets. — 2° Six 
recueils de cantates françaises. — 3° Airs à 
chanter et vaudevilles, œuvre 16. — 4° Trios 
pour deux violons et basse, œuvre 18. — 5° So- 
nates de violoncelle, op. 26 et 50. — 6° Sonates 
pour deux bassons, op. 14 et 40. — T Sonates 
pour la viole, op. 10. — 8° Pièces diverses pour 
la viole, op. 31. — 9° Sonates pour la flûte, op. A, 
9, 19, 35 et 44. — 10° Duos pour deux flûtes, 
op. 1, 2, 6, 8, 13 et 25. — 1 1° Trios pour flûte, 
violon et basse, op. 4, 7, 12, 37, 39 et 41. — 
12° Concertos pour flûte, op. là, 21 et 31. — 
13° Suites de pièces pour deux musettes, op. 11, 
17, 27.-^14" Les Gentillesses , cantatilles. — 
1 5° Les Amusements, de la campagne. Boismor- 
tier était fort distrait , et bien qu'il fût un des 
maîtres de chant de l'Opéra, il ne put jamais di- 
riger l'exécution de sa musique; aussi disait-il 
aux directeurs de l'Opéra et du Concert spiri- 
tuel : Messieurs, voilà ma partition ; faites-en 
ce quevouspourrez,car, pour moi Je n'entends 
pas plus à la faire valoir que le plus petit 
enfant de chœur. Il avait de l'esprit, des saillies 
agréables et plaisantes. Malgré le peu de cas qu'on 
doit faire de sa musique en général, on ne peut 
nier qu'il re fût bon harmoniste pour son temps, 
et l'on voit qu'il aurait pu mieux faire; mais i! 
travaillait vite pour gagner de l'argent, et s(^s 



10 



BOISMORTIER — BOKEMEYI.R 



ouvrages ne lui coûtaient que le temps de les écrire. 
Lui-môme les estimait fort peu. Cependant, dans 
celte quantité prodigieuse de musique qu'il a 
composée, tout n'est pas à mépriser : son motet 
Fugit nox a eu longtemps de la réputation. 

BOISQUET (l'UANÇois), littérateur, né à 
Nantes vers 1783, et membre de la Société des 
arts etdes sciences dccette ville, s'est faitconnaîlie 
jiar un ouvrage qui a pour titre : Essais sur Fart 
du comédien chanteur ; Paris, Longcliamps, 
1S12, in-8°. 11 y a quelques bonnes observations 
dans ce livre, dont le cadre est neuf; mais on y 
trouve en général les fausses idées que la plupart 
fies littérateurs ont données longtemjis, en I" rance, 
comme des lliéoiies de la musique dramatiipie et 
du cliant expressif. 

BOISSELOT (Xwiiiu), fils d'un éditeur de 
musique et fabricant de pianos, est né à Montpel- 
lier, le 3 décembre 1811. Après avoir appris les 
éléments de la musique à Marseille, où sa famille 
s'était établie, il entra conmie élève au Conser- 
vatoire de musique de Paris, et y suivit un cours 
d'harmonie, puis il devint élève de l'auteur de la 
Biographie universelle des Musiciens, et apprit 
sous sa direction le contrepoint et la fugue. Dans 
le iftôme temps il suivait le cours de composition 
libre de Lesueur, maître de la chapelle du roi, 
dont il épousa la fille quelques années après. 
Admis au grand concours de composition de 
l'Institut, 11 y obtint le second prix en 1 834 ; deux 
ans après, le pr^ier prix lui fut décerné pour la 
cantate de Velléda, qui fut exécutée sollennelle- 
ment à l'institut, le 8 octobre 1836. En 1838, on 
exécuta une ouverture de sa composition dans la 
séance publique de l'Académie des beaux-arts; 
mais neuf années s'écoulèrent ensuite avant qu'il 
pût faire représenter un de ses opéras. Enfin, au 
mois de janvier 1847, son ouvrage intitulé : Ne 
touchez pas à la reine, en trois actes, fut joué au 
théâtre de l'Opéra-Comique et obtint un brillant 
succès. Mosqiùla la Sorcière, autre opéra en 
trois actes, joué au théâtre de l'Opéra national, au 
mois de septembre 1851, a été également bien 
accueilli. On connaît aussi de boisselot quelques 
mélodies et romances avec accompagnement de 
piano. Cet artiste dirige depuis plusieurs années 
une grande manufacture de pianos fondée par son 
l>ère à Marseille, et une maison de commerce de 
musique à Paris. 

BOISSET (Antoine), nom défiguré par Ger- 
ber {Neues Lexikon der Tonkunst, 1. 1, p. 458). 
l'oyesBocssET. 

BOISSIÈRE (Claude), mathématicien fran- 
çais , vécut au seizième siècle. Il naquit, dans le 
Daupbiné, au diocèse de Grenoble. Au nombre 
des écrits de ce savant, dont la plupart concernent 



l'arithmétique, l'ustronomic et la poétique , ou 
remarque un traité qui a pour titre : L'Art de la 
musique réduict et abrégé en singulier ordre 
et souveraine méthode; Paris, i554,in-8". Dans 
les Mélanges tirés d'une grande bibliothèque, 
publiés par le marquis de Paulmy (t. 30, p. 220), 
on trouve l'indication dUm livre sous le même 
I nom qui aurait été imprimé à Paris, en 1554, et 
qui aurait pour titre : Sur la musique prétendue 
pythagoriquej mais ce livre supposé n'est qu'un 
chapitre do l'ouvrage qui vient d'être cité. 

BOISTABD DE GLANVILLE (Guil- 
laume-François), membre de l'Académie de Rouen, 
naquit d;ms celle ville vers 1774.11 a lait im- 
primer plusieurs dissertations parmi lesquelles ou 
remarque : Considérations sur la musique; 
Itouen, 1804, in -8". 

BOITTEUX (A.), professeur de musique 
à Dijon , né à Turin dans les dernières années 
du dix-huitième siècle, est auteur d'un Traité 
Completel raisonné des principes de musique, 
mis à la portée de tout le monde; Dijon, 
Douilicr, 18;;4, in- 8° de 24 pages et 2 planches. 
Un traité complet et raisonné de la musique en 
vingt-quatre pages! C'est merveilleux. 

BOIVIiX (Jacques). Voyez Boyvin. 

BOIV8IV (Jean), imprimeur, éditeur <le 
musique et libraire à Paris, dans la première 
moitié du dix-huitième siècle, a publié un cata- 
logue des ouvrages de sa librairie, tant du fonds 
que de l'assortiment, qui peut être considéré 
comme la plus ancienne bibliographie musicale 
de la France. Cet ouvrage a pour litre : Cata- 
logue général des livres de musique ; Paris , 
1729, in-8°. Ce catalogue est aujourd'hui de la 
plus grande rareté. 

BO!VIN(Louis), néle 15 avril 1814, à Cou- 
ches, près d'Autun (Saône-et Loire), s'est fixé à 
Paris en 1840, et y a pris parla la rédaction de 
plusieurs recueils biographiques et historiques, 
ainsi que <le plusieurs journaux. Les auteurs de 
l'ouvrage intitulé La Littérature contemporaine 
disent que les notices biographiques de M. I3oi- 
vin .sont en général faites aux frais et dépens de 
ceux qu'elles intéressent, et môme que ces per- 
sonnes ne sont pas toujours restées étrangères à 
leur rédaction. Au nombre de ces notices se trouve 
celle du célèbre pianiste Kalkbrenner, publiée 
d'abord dans la Revue générale, biographique, 
politique et littéraire, puis tirée à part sous le 
simple titre : Kalkbrenner, sans date et sans 
nom de lieu ( Paris ), gr, in-8° de 28 pages. Cette 
biographie est un véritable roman. 

BOKEiMEIEU (He.mu). ro?/e:; Bockeheier. 

BOHEME YER ( Henri) canlor à Wolffen- 
biittel qui cul la réputation d'un très-savant mu- 



BOKEMEYEU — BOAIDliLLES 



11 



sicien de son temps, naquit, «lans le mois de mars 
1679, à Immensen, viiinge de la principauté de 
Zelie. Après avoir reçu les premières instructions 
dans le lieu de sa naissance et à l'école de Burg- 
dorlT, il fréquenta les écoles de Saint-Martin et 
de Sainte-Catherine, à Brunswick, depuis iC93 
jusqu'en 1699; puis il alla terminer ses études à 
l'université de Helmstadt. Le 2 avril 1704, il 
obtint le cantorat de l'église Saint-Martin à 
Bninswick; deux ans après il devint élève de 
Georges Œstcrreich pour la composition. Devenu 
savant dans son art, il futappeléen 1712 àHusum, 
dans le Sclileswig-Holstein, pour y remplir les 
(onctions de cantor. 11 y resta jusqu'en 1717; 
mais alors le désir de revoir sa patrie le ramena 
à Brunswick, et dans la même année il fut adjoint 
à Bendeler {voy. ce nom) comme cantor, à Wolf- 
fenbùttel. Après la mort de celui-ci, en 1720, 
il lui succéda comme cantor titulaire. Il mourut 
dans cette situation, le 7 décembre 1751. On n'a 
imprimé aucune composition de Bokemeyer; 
mais il paraît qu'il était très-habile dans l'art 
d'écrire des canons, car Maltlicson entretint avec 
lui, à cesujet, une correspondance dont il a publié 
une partie dans sa CrUica-miisica, t. Il, p. 241- 
247, et il le cite comme une autorité. Dommerich 
(Jean-Cliristophe) a publié un éloge de ce mu- 
sicien sous ce titre : Memoria H. Bqkemeieri 
posterilati tradita; Brunswick, 1752, in-4°. 

BOLAFFI (Michel), maître de chapelle à 
Florence, naquit dans cette ville en 1709. Il a écrit 
plusieurs œuvres de musique d'église qui étaient 
estimées en Italie au commencement du dix-neu- 
vième siècle. Kiescwetter possédait de lui un 
iHîAcrere à 3 voix et orchestre, composé, en 1802, 
sur une traduction italienne faite par Bolaffi lui- 
luôiiie. 

BOLÏCIOou BOLÏCiUS (Nicolas). Voyez 

WOILICK. 

iîOLllMO (Luc), excellent luthiste et com- 
positeur pour son instrument, naquit à Noia vers 
1560: il vivait à Naples en IGOl. Cet artiste n'est 
connu que par la mention qu'en a faite Cerreto 
( Délia prattica Musica, p. 157 ). 

BOLIS (Sébastien), compositeur de l'École 
romaine, maître de chapelle à Saint-Laurent 
in Damaso, a écrit des messes et des psaumes 
à huit parties réelles, qui r-e trouvent en ma- 
nuscrit dans quelques bibliothèques de l'Italie. 

BOLIS ( Angelo), chanoine de l'égliseï collé- 
giale de Saint-Jean-Bapliste, dans la petite ville 
d'Odcrzo, del'Élatde Venise, dans la Marche- 
Trévisane, au commencement du dix-septième 
siècle. Il s'est fait connaître, comme compositeur, 
par une œuvre qui a pour titre : Motecla binis et 
ternis vocibus decantanda ciim parie ad or- • 



gamim ; Venetiis, siibsii^no Gardano, 1C2G, in-4°. 

BOLLIOIJD DE MEKMET (Louis), né ' 
à Lyon le 15 février 1709, est mort dans la 
même ville en 1793. Sa famille était distinguée 
dans la magistraluie, il fut longtemps secrétaire 
de l'Académie des sciences et arts de Lyon. On 
a de lui -. De la Corrvplion du goût dans la 
musique française; Lyon, 1746, in-12. « Cet 
« auteur estimable, dit M. de Boisgelou lils 
« (Catalogue mss. des livres sur la musique 
« de la Bibliothèque du roi), pouvait d'autant 
« mieux être bon juge en cette malière, que les 
« meilleurs organistes ne manquaient pas d'aller 
« l'entendre, lorsqu'il s'amusait à jouer de l'orgue 
« dans les églises de Paris. » On ne conçoit pas, 
cependant, en quoi le goût de la musique pouvait 
se corrompre en France en 1740. Une traduction 
allemande de ce petit ouvrage , avec des notes 
de Freytag, a paru à Altenbourg en 1750, sous ce 
titre : Abhandlung von dem Verdcrbcn des Ges- 
niac/is in der franzoesiscfien Musilt, in-s" de 
78 pages. Freytag, traducteur de cet ouvrage, 
était professeur au gymnase d'Allenbourg. On 
peut lire l'analyse de cette traduction dans Le 
Musicien critique de la Sprée (de Marpurg), 
p. 321. On trouve parmi les manuscrits de la 
bibliothèque de Lyon, sous le n" 905, in-fol., cinq 
mémoires lus par Bollioud à l'Académie de Lyon, 
dont le cinquième seulement a été publié : c'est 
celui dont il vient d'être parlé. Les quatre autres 
traitent : 1" De la musique vocale. — 2° Du 
tempérament que les voix observent dayis le 

chant. — 3° De lamusique instrumentale. 

4° De la construction de l'orgue. L'analyse 
de ces mémoires est dans l'ouvrage de De- 
landine intitulé : Manuscrits de la bibliothèque 
de Lyon ; Paris et Lyon, 1812. 2 vol. in-8''. 

BOLOGNA (Michel-Ange), sopraniste, na- 
quit à Naples en 1756. Après avoir étudié l'artdu 
chant pendant plusieurs années au Conservatoire 
de la Pietà, il passa à Munich comme chanteur 
de. prince électoral de Bavière. En 1783, il fit 
partie de la troupe italienne de la cour. Les opéras 
dans lesquels il eut le plus de succès sont : 
r VArtemiûafÛQ Prati, et Cùstore e Polluce 
de Vogler. En 1786, il se retira du théâtre, et se 
fixa à Munich, où il vivait encore en 1812. Il 
eut la réputation d'un chanteur habile et d'un bon 
acteur. 

BOMBELLES (Henri, marquis de), fils 
du maréchal de camp et ambassadeur de ce nom, 
qui émigra en 1789 et servit dans l'armée de Condé, 
entra, ainsi que son frère, au service de l'empe- 
reur d'Autriche comme officier. M. Henri de 
Bombelles, amateur de musique distingué, a com- 
posé plusieurs morceaux de musique d'église, et 



!2 



BOMBELLES — BONAFINI 



a publié un Ave Maria et un Memorare à 4 voix 
avec accompagnement d'orgue; Vienne, Diabelli. 
Sa belle-sœur, M™^ la comtesse de Bombelles, 
cantatrice d'un talent remarquable, était à Florence 
en 18?.9, et brilla dans l'exéculion de quelques 
opéras composés par lord Burgliersh, qui, plus 
tard, est devenu comte de Westmoreland. Le ta- 
lent de la musique était naturel dans la famille 
de M. de Bombelles : sa tante , M*"® la marquise 
de Travcnot, fut l'auteur véritable des paroles et 
<]e la musiciue si naïve de la romance célèbre 
Pauvre Jacques, dontlair a été attribué à Dibdin 
{coy. ce nom), parce qu'il le rendit populaire en 
Angleterre, an moment de l'émigration française. 

BOMBET(ALEXANDiiK-CÉSAR), pseudonyme. 
Voyez Beylk. 

. liOMMER (WiLiiELM-CimisTOPiiE), virtuose 
sur le piano, né à Dresde en 1801, s'était li\é à 
Saint-Pétersbourg, où il mourut, le 29 décembre 
IS'iS. Je ne connais de sa composition que des 
variations (en rd) sur un air russe, pour piano 
seul; Saint-Pétersbourg, Paez. 

BOMPORTO (François-Antoine), ou Bom- 
porti. Voyez Bonpokti. 

BO!\A (Jean), savant cardinal, naquit à Mon- 
dovi,en Piémont,au mois d'octobre 1609. Il entra 
en 1C23 dans l'ordre des Feuillans,àon\. il devint 
général en 1G51. Clément IX le fit cardinal en 
16G9. H mourut à Rome le 25 octobre 1674. On 
lui doit un livre intilulé : De divina Psalvio- 
(lia, sive psalleniis ecclesix harmonia, Trac- 
iahis historiens, symbolicus, asceticus ; Rome, 
1653,in-4°. 11 y en a d'autres éditions : d'Anvers, 
J677, in^"; Paris, 1678, in-8" ; Anvers, 1723, 
in-folio. On trouve aussi cet ouvrage dans les 
éditions complètes des œuvres de Bona, notam- 
ment dans celle de Turin , 1747, 4 vol. in-folio. 
Il contient des renseignements intéressants sur les 
tons de l'église, le cbant des diverses parties de 
l'oflice, l'introduction des orgues et des autres 
instruments de musique dans l'office divin. 

BOMA (Valerio), moine de l'ordre des con- 
ventuels de Saint-François ou grands Cordeliers , 
naquit à Brescia, dans la seconde moitié du sei- 
zième siècle, et non à Milan, comme le disent 
Quadrio et Piccinelli. Après avoir été pendant 
quelque temps maître de cbapelle à la cathédrale 
de Verceil, il passa à Mondovi, en la môme qua- 
lité. Cozzando (Libraria Biesciana, p. 313) dit 
qu'il avait une très-belle voix et qu'il était un 
chanteur très-habile. Il parait, par le titre d'un de 
ses ouvrages, qu'il était, en 1596, maître de mu- 
.siijue à Saint-François de Milan. Bona esta la fois 
lecouimandable et comme théoricien, et comme 
compositeur. Les traités publiés par lui sont : 
I. Hegole ciel contrapiinto e composizione brc- 



vemente raccolteda diversi autori; operetla 
inolto facile ed utileper i scolari principianti ; 
Casale, 1595, in-4°. — M, Esempi delli passagi 
délie consonanze e dissonanze, et d'altre cose 
pertinente al compositore; Milan, 1590, in-4°. 
On y trouve de la clarté et une simplicité de 
doctrine remarquable pour le temps. Parmi les 
compositions de Bona, on dislingue : 1* Motetti 
a 8 voci ; Milan, 1591. — 2" Lamentazioni , 
cou VOrazione di Geremia, a 4 voci; Venise, 
1591. — 3° Messe e Motetti a 3 voci; Milan, 
1594. — 4° Canzoni a sei ; Venise, 1598. — 
5° Canzonette a 3 voci,lib. 3 et 4; Milan, 1599. 
— 6° Madrlgali a 5 voci; Milan, 1600. Cet ou- 
vrage fut réimprimé dans l'année suivante, à Ve- 
nise, chez Gardane, in-4°. — 1° Madrigali a 
5 voci; Milan, 1601. — 8° Motetti a 6 voci, 
lib. 1. — 9° Messe e Motetti a 1 cori, lib. 2, a 
8 voci; Venise, 1601. -«- 10° Pietosi affetti e la- 
grime del pénitente; Venise. — II" Madrigali 
a 5 voci, lib. 3; Vcnezia, 1605. —12° Motetti 
aduc; Vcnezia, prcssoBart. Magni.—i?,'' Missa 
a 4 chori e Salmi; Venise, 1611. Cozzando 
( loc. cit.) dit que Bona vivait encore en 1619. 
LaBibliolhèquc impériale de Paris possède aussi 
un ouvrage de ce savant musicien, intilulé: 
Introïtus Missarum octo Vocum omnibus 
festis totius anni accomodatis; Anvers, 1639, 
in-4°. 

BONA ( Pîetro), compositeur et professeur 
de chant, né à Naples vers 1810, a fait ses études 
musicales au Conservatoire decetle ville. Au mois 
d'avril 1832 il a fait représenter an Ihéùtre Nuovo 
un opéra bouffe intilulé : fl Tutore ed il Diavolo, 
qui n'a pas réussi, et dans lequel on remarqua 
beaucoup de réminiscences. Plus tard, Bona s'est 
fixé à Milan, comme professeur de chant. Son 
opéra/Lwiae i Perollo fut représenté au théâtre 
de la Scala en 1845, et obtint quelque succès; 
deux ans après il y donna l'opéra sérieux Don 
Carlo, qui fut accueilli favorablement. Riccordi, 
de Milan, a publié les morceaux détachés de ces 
deux opéras avec accompagnement de piano. 
Bona est auteur d'un bon ouvrage pratique pour 
l'art du chant, publié sous ce titre : A'woi'i Studj 
di perfezionamenio del canto italiano, consis- 
iente in vocalizzi isolaii, a due, a tre et a 
qxiattro parti, adatti a lutte le specic di vole 
e di qualsivoglia estensione ; Milan, Riccordi. 
Cet ouvrage est divisé en sept parties, et chaque 
partie en trois livres. 
BO.\ADIES(Jean). Voyez Gutentag. 
BOMAFINI (Mi"e), fut une cantatrice dis- 
tinguée dans la deuxième partie du dix-huilième 
siècle. Née en Italie, elle fui conduile à Dresde 
dans sa jeunesse et y reçut son éducation mu- 



RONAFINI — BONAPARTE 



13 



sicale. En 1780, elle voyagea en P.upsic, cl tut 
admirée à la cour de Pétersbourg pour son talent 
et sa beauté. A l'âge de seize ans, elle s'était 
mariée secrètement avec un officier prussien qui 
fut tué en Bavière. En 1783, elle retourna en 
Italie, et s'y maria de nouveau secrètement avec 
un homme fort riche. Reichardt la rencontra à 
Modène, en 1790; elle élait alors retirée du 
théâtre, passant l'été dans une belle campagne et 
l'hiver à Venise. Ce maître parle avec enthou- 
siasme et de son chant expressif et des grâces 
de sa personne. Gorani , qui la vit deux fois à 
Modène, la nomme dans ses mémoires secrets sur 
l'Italie, l'Aspasie de Modène, et dit que, par son 
esprit, ses talents et sa beauté, elle attirait près 
d'elle la meilleure société de cette ville. M™^ Bo- 
natini mourut à Venise, vers 1800. 

BONAGIONTA (Jules), musicien de la 
chapelle de Saint-Marc, à Venise, était né à San- 
Genesio, vers 1530. 11 a fait imprimer de sa com- 
position : t° Canzonette napoletane e vene- 
ziane a trevoci; Venise, 1562, in-S". — 2° Il 
Desiderio, madrigall a quattro e cinque voci 
di diversi eccellentissimi auihori; in Venezia, 
appresso Girolamo Scotto, 1560, in-4°. Ce re- 
cueil intéressant est divisé en deux livres. Les 
auteurs dont on trouve des madrigaux dans le 
premier sont Cyprien de Rore, Adrien Avilla, 
Spirito da Reggio, Orlandodi Lasso, Primavera, 
Jean Florio , et Madeleine Casulano. Le second 
renferme des pièces de Paul Animuccia, de Jules 
Bonagionta, d'Alexandre Striggio, de Jean Con- 
tino, de Jean Florio, Gianetto Palestina (sic), 
Londalito, André Gabrieli, Jacques de Nola, 1'/?;- 
irico, H. Vidue, Joseph de Vento , et François 
Pertinaro. — 3° Moleltï à cinque e sei voci; 
ibid., in-4°. — 4° Misse a quattro e cinque 
voci; Milan, 1588, in-4°. 

BONANNI ( Philippr), jésuite, né à Rome 
le 16 janvier 1638, mourut dans la même ville 
le 30 mars 1725. Au nombre de ses ouvrages on 
trouve le suivant : Gabïnelto Armonico pieno di 
stromenti sonori, spiegati; Rome, 1723, in-4'' 
avec 177 planches. La Biographie Universelle 
indique une édition de ce livre datée de 1716; 
mais elle n'existe pas; ce qui le prouve, c'est 
qu'au titre de l'édition donnée en 1776 par l'abbé 
H. Cerutti, on lit : Seconda edizione (Voyez 
Cerutti). C'est un livre rempli d'erreurs et de 
désordre. La version de l'abbé Cerutti est plutôt 
une imitation qu'une traduction véritable. 

BOIVANNO (Augustin), compositeur, né en 
Sicile , a fait ses études au conservatoire de Pa- 
lerme, sous la direction de Raimondi. Son pre- 
mier essai dans la musique dramatique s'est fait 
pendanl.le carnaval de l846, à Palerme, sa ville 



natale, par un opéra intitulé ; Il Trovatore di 
lîavenna. Les concitoyens du compositeur ap- 
plaudirent clialeureusenient son ouvrage. Je n'ai 
pas de renseignements sur la suite de sa car- 
rièie. 

BOIVAPARTE (Louis), comte de Saint-Lcu, 
ex-roi de Hollande, troisième frère de l'empereur 
Napoléon, naquit à Ajaccio, le 2 septembre 1778. 
Entré fort jeune au service, il suivit son frère en 
Italie et en Egypte. Ennemi des grandeurs, aimant 
les arts, les lettres et la philosophie, il fut fait 
roi malgré lui, et fut marié contre son gré à la fille 
de l'impératrice Joséphine, Ilortense Beauhar- 
nais. Il saisit la première occasion d'abdiquer 
le faible pouvoir qu'on lui avait donné, et se 
sépara de la femme qu'on lui avait imposée et 
dont il croyait avoir à se plaindre. Tour à tour 
il se retira en Styrie , en Suisse, à Rome et enfin 
à Florence, où le reste de sa vie s'écoula dans des 
souffrances («nysiques et dans des jouissances 
morales , cultivant les lettres, pour lesquelles il 
était né, et faisant du bien à tout ce qui l'en- 
tourait, comme il l'avait fait sur le trône. Des ro- 
mans, des poésies et des documents historiques sur 
l'administration de la Hollande pendant son règne, 
ont été publiés par lui. L'ouvrage qui lui fait 
donner une place dans ce Dictionnaire historique 
est d'un autre genre. En 18 14, la seconde classe de 
l'Institut de France avait mis au concours cette 
question : Quelles sont les difficultés réelles 
qui s'opposent à l'introduction durhythme des 
Grecs et des Latins dans la poésie française : 
cette question fut traitée par le prince, qui, lui- 
même, avait proposé le prix sous le voile de 
l'anonyme. Ce fut à propos de cette même ques- 
tion que Louis fit demander à l'abbé Baini la so- 
lution de seize questions auxquelles le savant di- 
recteur de la chapelle sixtine répondit par son 
ouvrage intitulé : Saggio sopra Videntità de' 
ritmi musicale e poetico (voy. Baipu), que 
le prince fit imprimer à ses frais, et dont il 
donna ensuite la traduction française sous ce 
titre : Essai sur l'identité durhythme poétiqua 
et musical, traduit de l'ouvrage italien de 
M. l'abbé Baini, par le comte de Saint-Leu ; 
Florence, Piatti, 1820, in-S". Déjà le prince avaiî 
tiré parti de ce travail dans son Mémoire szir la 
versification française , dont la troisième édi- 
tion, eu 2 volumes iu-8°, a été publiée à Rome, 
en 1825-1826. Le comte de Saint-Leu est mort 
à Florence en 1846. Des deux Gis que lui avait 
donnés la reine Hoitense, l'aîné est mort à 
Rome en 1831, le second est aujourd'hui l'em- 
pereur Napoléon 111. 

BONAVEIXTURE (Le Père), surnomméda 
Brescia, parce qu'il naquit en celte ville, dans la 



14 



r.ONAVENTUR! 



BONEFOKT 



seconde moitié du quinzième siècle, fut moine 
de l'oidre des frères mineurs, et vécut au cou- 
vent de sa ville natale. On a de lui : I. Erevilo- 
quiitm inusicale ; Venise, 1497. Il y en a deux 
autres éditions datées de la même ville, 1511 et 
Î523, in-4°. — II. Régula Musice plmie ;\en\s,e, 
par Jacq. de Penci da Lecho, in-4°, sans date. 
J'en possède un exemplaire petit in-4°, où se 
trouve la dale de 1500, ainsi exprimée à la der- 
nière page : Accuratissime impressum per ma- 
gisirum Leonardum Pachel ad impensas 
magistri de Legnano, sub die X septembris 
Mccccc. Lipenius en indique une édition de Ve- 
nise, 1501,in-4°;Cozzando(librar. Cresc.p. 69), 
une autre de la même ville, 1523, in-8°-, La 
Borde, une quatrième de 1545, in-8°; Gruber, 
dans sa Littérature de la musique {Heylrxge 
zur Litter. der Musik), en cite trois de Kurcm- 
berg datées de 1580, 15S3 et 1591 ; enlln,dans la 
Théorie généraledes beaux-arts de Sulzer, article 
Choral, on trouve l'indication d'une traduction 
italienne de cet ouvrage, sous ce lilre : Regole 
délia musica piana o canto fermo; Venise, 
iblO. Le Breviloqiihnn vmsicale est le même 
ouvrage que celui qui a pour titre : Régulas niu- 
sicxplanœ, car à la fin de l'édition de celui-ci 
publiée en 1511, on lit : Explictt Dreviloquium 
musicale: édition a fratre Bonaventura de 
Brixia ordinis ininorum in conventu nosiro 
sancli Francisci de Brixia ;impresso in Vcnetia 
p. Jacomo de Penzi da Lecho nel anno del nro 
Signore \àll adï 20 di marzo. Dans l'épîtredé- 
dicatoireà Fra Marco de Duclu's, l'auleurdit : //o 
composta questo picolo opusculeto de canto 
fermo, il quale p. la sua brevita ho inlilulato, 
Breviloquium musicale. Une autre édition est 
ainsi le I minée : E cosifazofme del mio picoiino 
breviloquio, etc.; Impresso in Venetia per Jo. 
Francisco et Jo. Antonio de Rusconi fratelli, 
nelli anni del signore 1524 a di X oclobris. 
Pnfin, une antre édition porte à la fin : ExpUcit 
Breviloquium musicale idest regulx musicx 
planx; Stampato in Venetia 2^er loan An- 
tonio et fratelli de Sabio; 1533, in- 12 Ce traité 
duplain-cliant est écrit en un mélange des langues 
latine et italienne : il est divisé en quarante-deux 
chapitres. — UL Brevis collectio artis musicx ^ 
qux dicitur ventura , resté en manuscrit, et 
datée de 1489. Le père Martini en possédait une 
copie. Les ouvrages de lionaventure de Brescia 
doivent leurs nombreuses réimpressions, moins 
au mérite de leur rédaction, qu'à celui do leur 
brièveté. Comme théoricien, cet auteur est inférieur 
aux bons écrivains de son temps, et surtout à 
Gaforio. 
BONAZZI (Aktoine), un des plus habiles 



violonistes de l'Italie, était néâ Crémone. Il est 
mort à Mantoue, en 1802, laissant à ues héritiers 
une collection d'environ mille concertos, quin- 
letti, quartetti, etc., pour violon ou flûte, parmi 
lesquels il s'en trouvait un assez grand nombre 
de sa composition.il possédait, en outre, quarante» 
deux violiins de Gnarnerius, d'Amati, de Stradi- 
varius et d'-aulres grands maîtres, lesquels étaient 
estimés plus de 0,500 ducats. 

BONAZZ! (Ferdinand), premier organiste de 
la cathédrale de Milan, naquit en cette ville en 
1764. Il reçut les premiers principes de son père, 
et passa ensuite sous la direction de François 
Pogliani. En quelques années il devint un des pre- 
miers organistes de l'Italie. Il vivait encore en 
1819. On a de lui des ioccates pour l'orgue qui 
n'ont point été gravées. 

BO.\DII\ERI (Michel), né à Florence vers 
1750, s'est fait connaître comme compositeur 
dramatique, dès 1784, ]>ar l'intermède intitulé : 
La Serva in contesa, à Florence; tous ses autres 
ouvrages ont été écrits pour la même ville. Les 
plus connus sont : // Matrimonio in cantina, 
1785; La Locandiera, 1780; Le Spose proven- 
çale, 1787; Lafintanobile, 178"; L'Autunno, 
1788; Il Maestro per seguilato, 1788; Ognidi- 
suguaglianzaamoreuguaglia, 1788; Ilvccchio 
Spezziale deluso in amore, 1791. 

BO]\DIOLÏ (GiACiNTo), dominicain, né à 
Quinzano, près deBrescia, vers la fin du seizième 
siècle, a fait imprimer de sa composition : 
1° Misse e litanie a quatlro voci. — 2° Com- 
plète, Litanie ed Anlifone a quatlro voci; Ve- 
nise. — 3° Salmiintieribrevcmente concertait 
a cappella a quatlro voci con l'organo, op. 4"; • 
Venise, 1622, in-4°. — 4" Salmi a otlo voci 
con ripieni; Venise, I028. — 5° .Salmi a tre. 
voci; Venise, 1643. — 6° Soavifiori colli neW 
ameno Giardino de sacrale Laiidi, Motet ti, Ma- 
gnificat , e canzoni concertati a 2 voci, in 
Venetia, 1622, in-4». 

BO]\DOUX (Hyacinthe), chantre de la ca- 
Ihédrale de Rouen, né dans les dernières années 
du dix-huitième siècle, a publié un Recueil de 
faux-bourdons ou quatuors de la métropole, 
à l'usage du diocèse de Rouen, publié par 
II. Bondoux, vérifiéet augmenté par M. A. Go- 
defrog; Rouen, De Larabossière, 1837-1840, 
4 vol. in-s". 

BOi\EFOi\T (S. Simon de), chanoine et 
maître des enfants de chœur de l't'glise cathédrale 
de Clermout en Auvergne, vers le milieu du sei- 
zième siècle, s'est fait connaître comme compo- 
siteur par une messe des morts à cinq voix qui 
se trouve dans un volume de messes de diverk 
auteurs intitulé : Missartun musicalium cerlx 



BONliFONT — BOrsllOMME 



15 



vocîim varietale seainduin varias quos rc/e- 
runt modulos et cantioncs disimctarum liber 
secundus, ex diversis ïisdemque peritissimis 
aucloribus collectas; Parisiis, ex typographia 
JSicolai du Chemin, 155G, in-fol. màx. 

BONELLI (Ai'rélien), peintre et musicien, 
né à Bologne en 1569, vivait à Milan en ICOO. 
Il a fait imprimer à Venise, en 1596, le premier 
livre de ses Villanelle à trois voix. 

BONESI (Benoît), né à Eergame vers le 
milieu du dix-huitième siècle, eut pour maître 
(le chant Aug. Cantoni , élève de Bernacchi. Il 
étudia aussi la composition pendant dix années 
sous la direction d'André Fioroni , élève de Léo, 
et maître de chapelle de la catiiédrale de Milan. 
En 1779, Bonesi vint à Paris,et fut employé, comme 
maître de chant, au théâtre de la Comédie italienne. 
Le 16 décembre 1780, il donna à ce théâtre 
Pygmalion, duodrame en un acte. L'année sui- 
vante il fit entendre au concert spirituel l'oratorio 
de Judith, qui fut trouvé froid, et qui eut peu de 
succès. Dans le même temps, il fit représenter 
au théâtre des Beaujolais le petit opéra intitulé : 
La Magie à la mode, qui fut suivi du Rosier, 
et de quelques autres ouvrages du môme genre. 
Ce fut aussi pour le môme théâtre qu'il écrivit, 
en 1788 , le ballet A''Amasis. La meilleure pro- 
duction de Bonesi est un livre qui a pour titre : 
Traité de la mesure et de la division du temps 
dans la musique et dans la poésie; Paris, 
1806, in-8°. Les exemples de musique de cet ou- 
vrage sont impi imés avec les caractères de Gode- 
froy. 11 y a du savoir, et surtout un savoir d'éru- 
dition dans ce livre ; mais comme la plupart des 
auteurs qui ont traité ce sujet délicat, Bonesi 
s'est perdu dans une fausse identité de la mesure 
musicale avec la division du temps dans la poésie. 
La meilleure partie de son ouvrageest la deuxième, 
qui est relative au rhythme poétique : il y a pro- 
fité des idées du P. Giov. Sacchi sur la même 
matière, quoiqu'il le critique quelquefois. Quant 
aux principes du mécanisme de la mesure mu- 
sicale, Bonesi ne les a connus que d'une manière 
fort imparfaite. Le P. Augustin Pisa a donné sur 
ces principes des idées bien plus justes et plus 
profondes dans son ouvrage intitulé : Batlula 
délia musica dichiarata (voy. Pisa). Bo- 
nesi est mort à Paris au cominencement de 
1812. 11 enseigna l'harmonie à Choron. 

BONFI (Jules), guitariste italien du dix- 
septièrne siècle , a publié un traité élémentaire 
intitulé : fl Maestro di chitarra ; Milan, 1653- 

BONFICHI (Paul), compositeur, naquit à 
Livraga, dans la province de Lodi (Lombardie), 
le 16 octobre 1769. Dès son enfance il s'appliqua 
à l'étude de la musique, et y fit de rapides pro- 



grès. Il entra fort jeune dans l'ordre des Mineurs 
conventuels, et ses talents lui firent obtenir plu- 
sieurs charges dans soa ordre. A la suppression 
de son couvent , il se retira à Milan, où il était 
encore en 1812. Depuis lors il s'est rendu à 
Rome, où il a séjourné plusieurs années. 11 est 
mort à Lodi, le 29 décembre 1840, après avoir 
été maître de chapelle à la Santa-Casa de Lo- 
rette. Ses meilleures compositions sont pour 
l'église; il a cependant écrit plusieurs morceaux 
de musique de chambre, vocale et instrumentale, 
et des symphonies à grand orchestre. On connaît 
un opéra bouffe intitulé Lauretta, et le drann; 
sérieux Abradata e JDircea, représenté à Turin 
en 1817, dont la musique est d'un compositeur 
nommé Bonfichi. J'ignore si c'est le même que 
celui qui est l'objet de cet article. Les ouvrages 
qui ont fait particulièrement la réputation de ce 
compositeur sont des oratorios qui ontétéexéculés 
avec succès en Italie, et en dernier lieu au couvent 
de Saint-Philippe de Néri , à Rome. Parmi ces 
oratorios on remarque : 1° La Morte d'Adamo. 
— 2° La Nuvoletta d'Elia. — 3° Il Figliuol 
prodigo. — 4° Il Passagio del mar Rossa. — 
5" La Scinda di Giesu Cristo al Limbo. Celui-ci 
est le dernier ouvrage de Bonfichi ; il a été exécuté 
pour la première fois à Rome, en 1827. En 1828, 
ce compositeur a été au nombre des candidats 
pour la place de maître de chapelle de Saint- 
Pétrone, à Bologne, et pour succéder au P. Mattei 
comme professeur de composition à l'Institut de 
cette ville; mais il n'a point obtenu sa nomina- 
tion à ces places. 

BONFIGLI (Antoine), chanteur, né à Luc- 
ques , le 26 décembre 1794, n'était âgé que de 
dix-huit ans lorsqu'il parut pour la première fois ' 
sur le théâtre. Eu 1812, il chanta à Milan au 
petit théâtre Re, parcourut ensuite l'Italie, re- 
tourna à Milan eu 1823, au théâtre Carcano, 
puis fut engagé comme chanteur à l'Opéra italien 
de Dresde , et comme membre de la chapelle, il 
s'est fait connaître comme compositeur par six 
ariettes italiennes avec accompagnement de piano, 
Dresde, Mœser, et par six chansons allemandes, 
Ibid. 

BONFIGLï (Laurent), ténordistingué, com- 
mença sa carrière théâtrale en 1827. Il chanta 
avec succès sur toutes les grandes scènes- de 
l'Italie, à Vienne, et dans les villes principales 
de l'Espagne. En 1847, il était à Palerme. Là 
s'arrêtent les renseignements sur sa personne. Il 
est vraisemblable qu'il s'est retiré du théâtre peu 
de temps après. 

BONHOMME (L'abbé Jules) ecclésiastique, 
de Paris , sur qui je n'ai pas de renseignements, 
est auteur d'un écrit intitulé : Simple réponse 



16 



B0M10M:\]E — BOiNJOUR 



à la brochure du P. Lambillote intitulée quel- 
ques mots sur la restauration du chant litur- 
gique ; Paris, Jacques Lecofire et C'« , 1855, gr. 
in-8° (le 48 pages. Dans sa brochure., le P. Lam- 
billote ( vorj. ce nom ; avait critiqué amèrement 
(parliculièrementpageSô) les éditions du graduel 
et de l'anliplionaire publiées à Paris, en 1852 et 
1853, par une commission d'ecclésiastiques de 
Reims, Cambrai et Paris, dans le but de préco- 
niser celles qu'il préparait lui-même. L'écrit de 
M. L'abbé Bonhomme a pour but de réfuter les 
attaques du R. P., jésuite. 

BOIVHOMIUS (Pieure), chanoine de l'église 
de Sainte-Croix à Liège, au commencement du 
dix-septième siècle, s'est fait connaître par la pu- 
blication de deux ouvrages intitulés : 1° Melodix 
sacrx quas vulgo mutetas appellant jam nu- 
viter 5-9 vocibus, etc.; Francfort-sur-le-Mein, 
1603, in-4°. — V Missas 12 iioc. ; Anvers, 1C17, 
in-4°. 

BOlXHOmiE père (M.), né à Toulouse, 
chantre de la cathédrale et professeur de plain- 
chanl dans cette ville, est auteur d'un traité en 
dialogue, qui a pour titre : Méthode théorique 
et pratique de plain-chant, publiée sous les 
auspices et avec l'approbation de Mc l'arche- 
vêquede Toulouse; Toulouse, 1.840, un vol. in-S" 
de 223 pages. 

BOIXI (Gabriel), né à Saint-Flour, fut maître 
des enfants de chœur à Saint-Étienne de Toulouse, 
dans le seizième siècle. Il a mis en musique à 
quatre parties les sonnets de Pierre Ronsard; Pa- 
ris, Adrien Le Roy et Robert Ballard, 1579, in-4''. 
On a aussi de lui : Les quatrains du sieur de 
Pibrac, mis en musique à trois, quatre, cinq 
et six parties; Paris, Adrien Le Roy, 1582; et 
Psalmi Davidici novis concentibus sex voci- 
bus modulati, cum oratione regia 12 voc. 
contexta; Paris, Adrien Le Roy, 1582. 

COIVI (Gaetano) : on connaît un compositeur 
de ce nom dont un opéra intitulé Tito Manlioa 
été représenté à Rome en 1720. 

BONI ( F. de), sous ce nom d'un auteur sur 
qui l'on n'a pas de renseignements, on a publié 
un livre qui a pour titre : Biogra/ia degli Ar- 
tisti, ovvero Dizionario delta vita e dette opère 
dei Pittori, degli Scultori, degV Intagliatori, 
dei Tipogrofi e dei Musici di ogni nazione, che 
fiorirono dai tempi più remoti sino a nostri 
giorni; Venezia, Santini e Figlio, in-8°, en 20 
livraisons. 

BOMPACIO (Jean), littérateur, historien 
et jurisconsulte, naquit à Rovigo, le 6 septembre 
1545, et mourut à Padoue, le 23 juin 1635. 
Au nombre de ses ouvrages se trouve le suivant : 
Le Arti Uberali e meccaniche cotne sieno state 



dagli animali irrazionali agli uomini di- 
mostrati ; Rovigo, 1C24, in-4°. Il entreprend d'y 
démontrer que l'invention de la musi(}ue est due 
au chant des oiseaux. C'est en quelque sorte une 
paraphrase des beaux vers de Lucrèce sur le 
même sujet. 

BONIFACIO (Baltuazar), jurisconsulte, 
né à Rovigo le 5 janvier 1586, devint dirccleur 
de l'Académie de Padoue en 1630. Il a publié 
un ouvrage intitulé : Historiée Ludicree, etc. 
Les huitième et neuvième chapitres traitent: De 
Musica hydraulica et mtita. 

BONIIMI (Pierre-Marie), né à Florence vers 
la fin du quinzième siècle, est auteur d'une dis- 
sertation intitulée : Acutissimx observationes 
nubilis disciplinarum omnium musices ; Flo- 
rence, 1520, in-S". J'ignore quelle est la nalure 
de cet ouvrage. 

BONINI (D. Léonard), ecclésiastique vé- 
nitien, né dans la seconde moitié du seizième 
siècle, est connu par un ouvrage qui a pour titre : 
Madrigali e canzonetti da Chrisostomo Ta- 
lentiposti in Mtisica per voce sala da, etc. ; Ve- 
nezia, presso Raverij, 1608, in-4°. 

BOrVINl (Sévère), moine de Vallombrose, 
né à Florence, et compositeur au commencement 
du dix-septième siècle, a publié : 1° Il primo 
libro dé" Motteti a 3 voci, con il basso conti- 
nulo; Venezia, Raverio, 1609, in-4°. — 1° La- 
menta d'Arianna, cantata; Venise, 1613. — 
3° Serena céleste, o Mottetia 1, 2 e 3 voci; Ve- 
nise, 1615. — 4° Affetti spirituali a 2 voci, 
op. VII; in Venezia, Bart. Magni, 1615, in-4^ 

B01\IS (Jean-B\ptiste de), facteur de cla- 
vecins à Cortone, en Toscane, vivait dans la pre- 
mière moitié du dix-septième siècle. Le P. Mer- 
senne dit, dans le Traité des instruments à 
cordes de son Harmonie universelle (p. 215), 
que cet artiste construisait des clavecins excellents 
à touches brisées, qu'on pouvait accorder dans 
une justesse parfaite, suivant les proportions ma- 
thématiques des intervalles. 

B0IXIVE1\T1 (Joseph), compositeur drama- 
tique, né à Venise, a vécu vers la fin du dix- 
septième siècle et dans la première moitié du 
dix-huitième. Les opéras de sa composition dont 
je connais les titres sont : 1° Jl gran Macedone, 

1690. — 2" L'Almerinda, 1691.-3° L'Almira, 

1691. — 4° La Vittoria nella Costanza, i702. 
— 5° V Endimione , 1709. — 6" Circe delusa, 
1711. — 7° Armida al Campo, 1707. — S* La 
virtùfra i nemici, 1718. — 9o Arianna abban- 
donata, 1719. — 10° Vlnganno fortunato, 
1721. — 11° // Vinceslao; à Turin, 1721. — 
12° Pertarido, re de' Longobardi, 1727. 

BONJOUR (Charles), musicien, né à Paris, 



BONJOUR — BONM ARCHE 



17 



devint organiste de l'École militaire en 1780 ; il 
vivait encore en 1804. On connaît de lui: 1° Trios 
pour piano et violon, op. 1. — 2° Sonates pour 
piano, op. 2. — 3° Idem , op. 6. — 4° Distrac- 
tions musicales, ou préludes pour piano, op. 8. 
11 a aussi publié : Nmiveaux principes de mu- 
sique, abrégés et détaillés d'une manière claire 
el facile, etc.; Paris, 1800, in-4°. 

Un autre musicien du même nom a publié 
trois quatuors pour deux violons, alto et basse; 
„Mayence, Schott. 

BONLINI (Jean-Charles) , amateur de mu- 
.sique,néà Venise, vécut dans la première moitié 
du dix-huitième siècle : Il a publié, sous le voile 
de l'anonyme, une sorte d'Almanacli des théâtres 
de Venise, intitulé : Le glorie délia poesia e 
délia musica contenute nella esatta notitia 
de tcatri délia citlàdi Venezia, e nel catalogo 
purgatissimo dci drami musicali quivi finora 
rappresentati , cou gV auttori délia poesia 
e délia musica e con le annotationi a suoi 
luoghi proprij ; Venezia, Bonarigo , 1730, 
in- 12. Antoine Groppo autre amateur vénitien, 
a donné une nouvelle édition de ce livre, avec 
la continuation de la liste des opéras et de celle 
des auteurs, sous ce litre ; Catalogo di tutti i 
drammi musicali rappraentati né" gli teatri 
dellacittà di Venezia, elc. ; Venezia, 1745, in-12 
(V. Dizion. di opère anonime e pseudonime di 
scritt. ital., t. I,p. 405). 

BONMARCIII"^ (Jean), compositeur belge, 
naquit à Ypres, selon quelques auteurs, et selon 
d'autres, à Valenciennes, vers 1520. Je dois à l'o- 
bligeance de M. Gachard, archiviste du royaume 
de Belgique, des renseignements positifs sur ce 
musicien et sur plusieurs artistes belt-îcs. Dans 
les archives de Simancas, en Espagne, qu'il a 
explorées pendant un long séjour, il a trouvé luie 
correspondance entre le roi Philippe 11 el la du- 
chesse de Parme, gouveraante des Pays-Bas, dans 
laquelle est une lettre de ce monarque à la du- 
chesse, datée du 7 octobre 1564, où il est dit que 
le maître de la chapelle royale étant mort, le roi 
désire le remplacer par quelque musicien habile. 
Ce n'est qu'en Flandre qu'il espère le trouver. 
On lui a parlé de Chastclain, chanoine cl maître 
de chapelle à Soignics, comme étant le meilleur 
qu'il pût choisir. Philippe prie la duchesse de 
taire appeler ce maître et de lui proposer la po- 
sition vacante dans laquelle il trouvera honneur 
et profit. Elle peut lui donner l'assurance qu'il 
sera bien reçu, et traité généreusement. Le 30 no- 
vembre, la duchesse répond au roi qu'elle a fait 
appeler le chanoine Chastelain, et qu'elle lui a 
proposé d'aller servir Sa Majesté en qualité de 
maître de chapelle; mais il s'est excusé sur son 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. II. 



grand âge et sur le mauvais état de sa santé, bien 
qu'il ait paru pénétré de reconnaissance pour 
l'honneur que daignait lui faire son souverain. Ne 
pouvant vaincre sa résolution , la duchesse s'est 
informée d'autres personnes qui fussent aptes à 
remplir l'emploi vacant : elle dit qu'on lui a dé- 
signé maître Jean Uonmarché, chanoine et maître 
des enfants de chœuF de l'église de Cambrai. C'est, 
dit-elle, un des hommes les plus habiles en fait 
de musique qu'il y ait dans les Pays-Das. Sui- 
vant ce qu'on lui a dit, il est grand compositeur ; 
mais il n'a pas de voix : il est petit et de peu 
d'apparence, parce q2thl n'a pas de barbe, 
bien qu'il soit âgé de plus de quarante ans. 
Par une autre lettre du 20 décembre suivant, la 
duchesse de Parme annonce au roi (ju'elle a fait 
venir Jean Bonmarché, et qu'il a accepté les ho- 
norables fonctions qui lui étaient offertes. De 
son côté Philippe II l'admit pour diriger sa cha- 
pelle. Il |)araît que Boumarché ne trouva pas cette 
chapelle suffisamment fournie de voix de dessus; 
car, par une lettre en date du 8 février 15C8, 
le roi informe le duc d'Albe qu'il manque d'en- 
fants de chœur poMr sa chapelle flamande. Son 
maître de chapelle est d'avis qu'on en choisisse 
huit, et qu'Adrien, l'un de ses chantres, aille les 
chercher. Le duc d'Albe est chargé de donner à 
celui-ci les instructions nécessaires. Les enfants 
de chœur, qui chantaient la partie de dessus de 
la musique écrite dans la notation très-difficile de 
ce temps , devaient être habiles musiciens. La 
difficulté d'en trouver qui fussent suffisamment 
instruits décida le gouverneur des Pays-Bas à les 
demaniier au chapitre de l'église Sainte-Marie 
d'Anvers, d'où sont sortis tous les grands musi- 
ciens des quinzième et seizième siècles. Il existe 
dans les archives de cette église des pièces très- 
curieuses à ce sujet , parmi lesquelles est une 
lettre autographe du duc d'Albe, et une résolution 
du chapitre, qui ne craint pas de refuser au ter- 
rible lieutenant de Philippe II l'objet de sa de- 
mande. 

Des renseignements qui précèdent il résulte 
que Jean Bonmarché naquit vers 1520, comme il 
a été dit précédemment; qu'il fut chanoine et 
maître des enfants de chœur à l'église de Cam- 
brai; qu'il était alors considéré comme un des 
habiles musiciens et des compositeurs les pins 
distingués des Pays-Bas; et, enfin, qu'il entra 
au service du roi d'Espagne Philippe II , comme 
maître de chapelle, an commencement de 1.565. 
D'après des renseiguemenls nouveaux qui me 
sont parvenus d'Espagne, il existe en manuscrit 
dans la bibliothèque de l'Escorial plusieurs 
messes et motets de ce maître. Il parait que Bon- 
marché s'est retiré à Valenciennes dans sa vieil- 



18 



BONMARCHÉ — BONNET 



lesse, car Pierre Maillart (voy. ce nom) fut son 
élève, lorsqu'il était dans cette ville. Le même 
Maillart nous apprend que ce maître avait écrit 
un traité de musique qu'il avait donné à son élève 
et qui n'a pas été imprimé ( Voyez Les Tons de 
Pierre Maillart, p. 34g). Je ne connais jusqu'à 
ce jour qu'un seul morceau imprimé de Jean 
Bommarclié ; c'est un motet à 8 voix sur les pa- 
roles Constitules cou principes. Ce morceau se 
trouve dans la collection publiée par Clément 
Stéphan, d'Eger, sous ce titre : Cantiones tri- 
gintaselectissinix,quinqiie,scx, septem, octo, 
duodecim et plurimum vocum, snb quatiioi- 
tantwn, artificiose, musicis mctneris à pree- 
stanlissimis hujtis artis artificibus ornatx; 
Norimbergae , in offirina Ulrici Neuberi, 15C8, 
in-4''. Ce morceau est le n° 12 du recueil; le 
nom de l'auteur est écrit Bomnarchié. 

BONN (Herhann), en latin Bonnus , pro- 
fesseur de lliéologie à Greifswalde, puis à Wit- 
tenberg, naquit à Osnabruck en 1504, et mourut 
à Lubcck le 12 février 1548. Il eut de la célébrité 
dans son temps pour ses disputes tliéoiogiques 
avec Luther. Parmi ses nombreux ouvrages, on 
remarque l'édition du chant des hymnes et des 
proses qu'il a publiée sous ce titre : Hymni et 
scquentiXf tum de tempore quam de sanctis, 
cum suis melodiis, sicut olimsunt cantata in 
Ecclesia Dei , et jam passim correcta per 
M. Herm. Bonnum, inusum christianx juven- 
tutis scholasticee, Jideliter congesta et eviil- 
gâta. Lubecœ, 1541, in-4°. Ce recueil fut réim- 
primé dans la même ville en 1559, in-4°. 

DONNA Y (François), violoniste à l'orcbestre 
de l'Opéra de Paris, en 1787, a fait représenter 
au théâtre dos Beatijolais les petits opéras dont 
les titres suivent : 1" Les Deux Jaloux. — 
2° Les Curieux punis. — 3° La Fêle de V Ar- 
quebuse. Les ouvertures de ces opéras ont été 
gravées. 

BONNET (Pierre), médecin de la duchesse 
de Bourgogne et de la Faculté de Paris, naquit 
dans cette ville en 1638, et mourut à Versailles 
le 19 décembre 1708. L'abbé Bourdelot,sononcle, 
lui légua sa bibliothèque, à condition (juil pren- 
drait son nom, et qu'il achèverait l'histoire de ia 
musique et de la danse, qu'ils avaient conmiencée 
ensemble. Bonnet se lit, en effet, appeler Bonnet- 
Bourdeloty et continua ses recliei ches pour l'his- 
toire de la musique ; mais il n'eut pas le temps de 
publier son livre. 

BONNET (Jacqufs), frère du précédent, 
payeur des gages du parlement, naquit à Paris, 
Ters 1644, et mourut en 1724, âgé d'environ 
quatre-vingts ans. C'était un homme instruit ; 
mais, fort épris des chimères de la cabale , il 



croyait avoir un génie familier qui lui disait ce 
qu'il devait faire et ce qui devait lui arriver. Sa 
croyance était si bien établie à cet égard , qu'é- 
tant au moment de mourir, il refusait de se con- 
fesser, disant qu'il n'était pas encore temps et que 
son génie ne l'avait pas averti. L'abbé Bicliard, 
son ami, parvint cependant à lui démontrer sa 
folie. J. Bonnet a achevé et publié l'histoire de 
la musique commencée par l'abbé Bourdelot, son 
oncle, et continuée par Pierre Bonnet, son frère; 
la première édition parut sous ce titre : His-* 
toire de la musique et de ses effets, depuis son 
origine jus-qu'à présent, Vm^., in- 12, 1715. La 
seconde édition a été publiée chez Jeannin, à Ams- 
terdam, sans date, en 4 vol. in-12. Le premier 
tome contient l'ouvrage, tel qu'il lut imprimé en 
1715, et les trois autres, la Comparaison de la 
musique italienne et de la musique française, 
par Le Cerf de la Vieville de Preneuse {voyez 
ce nom). En 1725, une autre édition parut à 
Amsterdam, chez Le Cène, 4 vol. in-12; enfin 
on en connaît une dernière sous ce titre : His- 
toire de la Musique depuis son origine , les 
progrès successifs de cet art jusqu'à présent, 
et la comparaison de la musique italienne et 
de la musique française, par M. Bourdelot; 
La Haye et Francfort-sur-le-Mein, 1743, 4 vol. 
in-12. Celouvragecontientdesdétails intéressants 
sur Lnlli et ses comlemporains ; mais tout le reste 
est a«-dessoirs du médiocre. 

Bonnet a aussi fait imprimer une LIistoire de 
la Danse sacrée et profane (Paris, d'Houry 
fils, 1723, in-12) ; ouvrage faible dans lequel on 
trouve quelques passages relatifs à la musique. 

BONNET(Jean-Baptiste), violoniste et com- 
positeur, est né à Montanban, le 23 avril 1763. 
Élève de Jarnowick et de Mestrino, il acquit en 
peu d'années une habileté remarquable, et peut- 
être aurait-il été compté jiarmi les virtuoses sur 
son instrument, s'il se (ùt fixé à Paris ; mais tour 
à tour attaché comme premier violon aux théâtres 
de Brest et de Nantes, il ne pût éviter les incon- 
vénients de la vie d'artiste dans la province, et 
devenu le premier dans le petit cercle où il s'était 
renfermé, il ne songea plus à en sortir. Vers 1802, 
Bonnet s'est retiré dans sa ville natale, et y a été 
nommé organiste de la cathédrale. Cet artiste a 
beaucoup écrit; on connaît de lui : 1" Six duos 
pour deux violons, op. 1; Paris, Pleyel. — 
2° Symphonie concertante pour deux violons, 
op. 2 ; ibid. — 3" Six duos pour deux violons, 
deuxième livre de duos; ibid. — 4° Premier 
concerto pour le violon, op. 4; ibid. — 5° Six 
duos, op. G ; ibid. — G" Deuxième concerto pour 
le violon, op. 7 ;ibid. — 7° Deuxième symphonie 
concertante pour deux violons, op. 8; ibid. — 



BO>i\ET — BONOMETTI 



19 



S-'Six duos pour deux violons, o(\9, divisé en 
deux livres; Paris, Sieber. — 9" Six idem , op. 
tO ; ibid. En ISIO, Bonnet avait dans son 
portefeuille huit symphonies concertantes pour 
deux violons, six conceifos, douze divertisse- 
ments à grand orchestre, six quatuors pour deux 
vicions, alto et basse, six trios pour deux violons 
et violoncelle. La musique de cet artiste a eu 
quelque succès. On iijnore l'époque de sa mort 

BOl\IVET-DE-TIlEYCHES (Joseph Bal 
th\sar), ancien menibie du Corps législatif, né 
vers 1750, devint directeur de l'Opéra en 1797, 
et dut quitter cette position après le 18 brumaire, 
à cause de quelques imprudences relatives à l'avé- 
neinent du premier cousid Bonaparte. Quelques 
désordres de son administration île l'Opéra ser- 
virent de prétexte à sa retraite, qui fut exigée. 
C'était d'ailleurs un liomme ferme et capable. En 
quittant l'Opéra, il publia avec De Vismes {voy. 
ce nom) une brochure assez curieuse, intitulée : 
Considérations sur les motifs qui ont servi 
de base à la réorganisation du théâtre de la 
République et des Arts (l'Opéra); Paris, 1800, 
in-4°. Les nouveaux directeurs (Francœur etDe- 
nesle) répondirent à cet écrit (voy. Francœur). 
Deux ans après, Bonnet fut rappelé à la direction 
de l'Opéra : il publia une sorte de compte-rendu 
de la situation de ce théâtre dans un mémoire qui 
a pour titre : De l'Opéra en l'an XII; Paris, 
1804, 94 pases in-4°. 

BOXNEVAL(RiiNÉ ne), littérateur médiocre, 
né au Mans à la fin du dix-seplième siècle, 
mourut 'à Paris au mois de janvier 1760. Il a 
publié : Apologie de la Musique et des Musi- 
ciens français, contre les assertions peu mé- 
lodieuses, peumesurées et malfondées dusicur 
J.-J. Rousseau, ci-devant citoyen de Genève; 
Paris, 1754; in-8°. Cette brochure n'est pas une 
des moins "bonnes qui ont été publiées dans la 
discussion élevée par la lettre de J.-J. liousseau 
sur la musique française. Grimm traite De Bon- 
neval avec beaucoup de mépris dans sa corres- 
pondance littéraire. Les autres ouvrages de ce lit- 
térateur n'ayant point de rapportavec la musique, 
on n'en parlera pas ici. 

CONlXEVIN (Jean), compositeur français, 
né vers la fin du quinzième siècle, fut chantre de 
la chapelle pontificale à Rome, et se distingua par 
son savoir dans le contrepoint. 

BOl\0 (Joseph) ou BONNO , maître de la 
chapelle impériale et compositeur de la chambre, 
né à Vienne en 1710, y est mort en 1788. On 
connaît de lui plusieurs opéras : 1" Ezio. — 
2° // vero omaggio, 1750. — 3° Natale di Giove, 
1740. — 4" Danae, 1744. — 5» IlRe pastore, 
1751. — C l'Eroe Cinese, M'ol. - 1" Vlsola 



disobilnla. Vienne, 175*2. — 8' Àlenaide , 
Vienne, 1762 ; et deux oratorios intitulés : Isacco 
et San Paolotn Atcne. Bono écrivait bien pour 
l'Église. On trouve à la bibliothèque impériale de 
Vienne,danslefondsdeKiesewctter, les psaumes 
des vêpres à 4 voix et orchestre de sa composi- 
tion : 1° Ccnfitebor. — 2» Credidi propter 
quod, etc. — 3° Beati omnes qui timent Do- 
minum. — 4" Lauda Jérusalem; suivis du 
Pange lingua, et d'un Magnificat. Gi^vher dit que 
Bono fut très-habile maître de chant, et qu'il a 
lormé plusieurs bons élèves, parmi lesquels on 
remarque Thérèse Triber. 

BOiV'OLDI (Claude), ténor, né à Plaisance, 
en 1783, fut dirigé dans ses études par Carcani 
et Gherardi, ses compatriotes. Il a eu des succès 
sur les i)rincipaux théâtres d'Italie, notamment 
à Beggio, en 1811, et à Parme, dans (//j Orazzi 
e Curiazzi de Cimarosa. En 1823, il a débuté à 
Paris sur le théâtre de la rue de Louvois; mais il 
y a été froidement accueilli : cependant il avait 
du talent. En 1828, il s'est retiré à Milan, où il a 
succédé à Banderali comme professeur de chant. 
11 est mort à Milan, au mois de février 1846, à 
l'âge de 62 ans et quelques mois. Bonoldi a un 
fils (François Bonoldi), compositeur, qui a été 
élève du Conservatoire de Milan, et qui s'est fait 
connaître par ^juelqiies ouvrages parmi lesquels 
on remarque : 1° Plusieurs ouvertures et sym- 
phonies lesquellesont été exécutées dansdes con- 
certs publics 2"* Des pots-pourris pour le piano 

sur des motifs de divers opéras, et particulière- 
ment de Giulietta e Romeo, de Vaccai; Milan, 
Ricordi. — 3° Des variations pour le même 
instrument sur des thèmes de la Camilla de 
Paer et de Maycr; ibid. — 4° Des valses pour le 
même insfrimient ; ibid. — 5° Des variations sur 
un thème original; ihid., et des canzonettes. 
François Bonoldi a fait repré.senter à Trieste, en 
1831 , l'opéra semi-seria II Mauro. 

BOiMOMETTI (Jean-Baptiste), composi- 
teur, né à Bergame vers la fin du seizième siècle, 
était en 1615 au service de l'drchiduc Ferdinand 
d'Autriche. Il a publié une collection volumi- 
neuse de motets et de psaumes de divers au- 
teurs, sous ce titre : Parnassus miisicus Ferdi- 
nandxus, in quo musici nobilissimi, qua sua- 
vitate, qua arle prorsus admirabili et divina 
ludunt, l-5rocî<m,e<c.; Venise, 1615. Les com- 
positeurs dont les ouvrages se trouvent dans cette 
collection sont : Guil. Arnoni , Raim. Balestra, 
Bart. Barbarini, J.-Ph. Biumi, Al. Bontempo, 
Ces. Rorgo, Jacq. Brignuli, Fr. Ca.sati, J. Ca- 
vaecio, Bart. Cesana, And. Cima, J.-B. Coccicla , 
Fcder. Coda,N.-N. Corradini, Flam. Comanedo, 
J.-C. f.abutio, J. Ghizzoio, Gl. Monteverde, 



20 



BONOMETTI — BONONCINI 



Hor. Nantcrni , Jules Osculali , J. Pasti , Vinc. 
Pelegrini, G. Poss, J. Pruli, Ben, Re, Dom. 
Rognoni, Micli.-Ang. Rizzi, J. Sansoni, Gai. Si- 
rena, Al. Tadei, F. Turini et J. Valentini. On a 
aussi de cet auteur un œuvre de trios pour deux 
violes et basse, publié à Vienne, en 1623. 

B01\0MI (Pierre), compositeur de l'École 
romaine, et cliapeiain-cbantre de la cbapelle 
pontificale, naquit dans la seconde moitié du 
seizième siècle. En 1607, il a publié un recueil 
de motets à huit voix réelles, et plus tard un 
livre de psaumes, également à huit voix. L'abbé 
Saivtini , de Rome , possède en manuscrit toutes 
les prophéties mises en musique à 8 parties 
réelles par ce maître. 

BONOIXCINI, famille d'artistes célèbres, nés 
à Modène, sur laquelle Tiraboscbi, bien qu'il 
ait écrit dans cette ville sa Biblioteca Modenese, 
à la source de documents authentiques, n'a ce- 
pendant pas eu tous les renseignements néces- 
saires pour les notices biographiques de ses 
membres. Nous avons tûché d'éviter la confusion 
qui règne entre eux. 

BONONCIIM (Jean-Marie), souche de cette 
(iunîlje, compositeur renommé et théoricien dis- 
tingué, naquit à Modène en 1640, et mourut dans 
cette ville le 19 novembre 1678, â^é seulement 
de trente-huit ans, suivant les registres publics 
des décès (Foy. Tiraboscbi, Bibliot. Modenese, 
t. VI, p. 576). J'ai dit dans la première édition de ce 
livre qu'il fit ses études musicales à Bologne, chez 
le maître de chapelle Jean-Paul Colonna ; mais 
c'est une erreur, car Colonna était né précisément 
dans la même année que Bononcini. On ignore le 
nom du maître qui instruisit celui-ci dans son art. 
Il entra assez jeune au service du duc de Modène, 
François II, en qualité de musicien du concert 
des instruments, et fut maître de chapelle de 
l'église de Saint-Jean in Monte. L'Académie des 
philharmoniques de Bologne le reçut au nombre 
de ses membres. L'ouvrage le plus connu de 
Bononcini est un traité élémentaire de compo- 
sition intitulé : Miisico pratico, che hrevemente 
dimostra il modo digittngere allaperfetla co- 
gnizione di tulle quelle case che concorrono 
alla composizione dei canti, e di cio cli' oW 
nrte del contrappunto si ricerca, opéra otlava ; 
Bologna, 1673, in-4''. L'épitre dédicatoire à 
l'empereur Léopold est curieuse par son style 
autant que par les idées. L'auteur félicite son 
musicien d'avoir, par sa grande expérience, 
pu réunir le soprano d'une si auguste protec- 
tion avec la basse de ses petits talents; mais, 
ne pouvant trouver Vunisson des grandes qua- 
lités de l'empereur, il veut du moins monter 
jusqu'au ton du profond respect avec lequel 



il a l'honneur d'être, etc. Tout cela ne promet 
pas beaucoup de jugement; cependant l'ou- 
vrage, écrit d'un style clair et concis, a été fort 
utile en son temps, bien que certains passages 
d'harmonie qu'on y trouve ne soient pas irrépro- 
chables sous le rapport de la correction. Une 
deuxième édition de ce livre a été publiée, après 
la mort de l'auteur, par Marino Silvani, à Bologne, 
chez Jacques Monti, en 1688, in-4''de 156 pages. 
Mazzuchelli attribue à Jean-Marie Bononcini un 
traité sur le contrepoint qui aurait été publié in 
Brescïaper Ludovico Britanico, 1533, in-4° (1), 
c'est-à-dire cent sept ans avant la naissance de 
l'artiste qui est l'objet de cette notice. S'il n'y a 
pas erreur do nom, il y a donc eu deux musiciens 
italiens du nom de Bononcini (Jean-Marie )? 
Une traduction allemande du Musico pratico a 
été publiée sous ce titre : Musicus practicus, 
welcher in kurze weiset die Art, ivie man zu 
vollkommener Erhxnntniss aller derjenigen 
Sachen, ivelche bey Setzung eines Gesangs, 
unterlauffen,nnd was die Kunst des Contra- 
punies erfordet , gelangen kann ; Stultgard , 
1701, in-40. Le catalogue des compositions de 
J.-M. Bononcini renferme les ouvrages dont voici 
les titres : 1° Primi frutti del giardino musi- 
cale a 1 violini; Venezia, Bart. Magni, 1666, 
in-40. — 20 Varj fiori del Giardino musicale : 
Sonate da caméra a 1, 3, 4, col Basso conti- 
nuo,econ alcuni Canoni, opéra terza ;Bo\ogna, 
1669. — 3° Arie, Correnti, Sarabande, etc., a 
2 violini et violone, opéra quarta; Bologne, 
Monti, 1674. C'est une réimpression ou un change- 
mentde frontispice. — 4° Sinfonie, Allemande, 
Correnti, etc., a cinque voci -. opéra quinta; 
Bologne, Monti, 1671, in-4o. — à" Sonate a 1 vio- 
lini colV organo , opéra sesta; ibid., ia77. — 
60 Ariette, Correnti, Gighe, Allemande, etc. a 
violino solo e 2 violini di concerto, opéra set- 
tima; ibid., 1677, in-4°. Le Mîisico pratico est 
l'œuvre huitième. — 7" Traitenimenti musicali 
a treo quattro stromenti, opéra nona; ibid., 
1675. — 80 Cantate a voce sola, opéra décima ; 
ibid., 1677, in-40. — 9° Partitura de'' madri- 
gali a cinque voci, etc., opéra undecima ;ihid., 
1678, in-4°. — too Arie correnti a tre stro- 
menti, opéra duodecima; ibid ,1678. — llo Li- 
bro seconda dellc cantate, opéra décima terza ; 
ibid., 1678. On trouve dans les archives ducales 
de Modène un écrit de Bononcini dont le titre 
seul iait voir que son mérite était contesté et qu'on 
l'accusait de plagiat; cet écrit a pour titre : Dis- 
corso musicale sopra una composizione a 3 da- 
tagll per aggiungervi il basso , et in difesa 

(1) Scrit. liai., t. Il, part. 111, p. 1686. 



BOINONCINI 



21 



delta lerza sua opéra uscitagia dalle stampe, 
e giudicala non di lui ma tolta e rubata in 
buona parle da altri autori. Tiraboschi assure 
(loc. cil.) qu'il existait de son temps beaucoup 
d'autres œuvres de Jean-Marie Boiioncini, en 
manuscrit, dans les archives ducales de Modène, 
et qu'elles méritaient d'être publiées. 

BOIVOIVCIJXl (Jean), ou BUONOIVCIIVI, 
comme il écrivait ordinairement sou nom, fils 
du précédent, naquit à Modène en 1672, suivant 
l'opinion de la plupart des biographes, mais vrai- 
semblablementqiiatreoucinqans plus tôt; car son 
deuxième œuvre, consistant en symphonies à 5, 
6, 7 et 8 instruments, a été publié à Bologne en 
1685 ; or, il n'eût été âgé alors que de treize ans. 
Sa première éducation musicale fut faite dans 
la maison de son père; mais, l'ayant perdu en 
1678, c'est-à-dire dans sa dixième ou onzième 
année, en supposant qu'il fût né en 1667 ou 1668, 
il fut envoyé à Bologne dans l'école fondée par 
Jean-Paul Colonna {voy. ce nom), dont il devint 
un des meilleurs élèves. Ses premiers ouvrages, 
consistant en musique instrumentale , messes à 
8 voix , et duos avec accompagnement de basse 
contiime, au nombre de huit œuvres, furent pu- 
bliés à Bologne depuis 1684 jusqu'en 1691. Par- 
venu à l'âge de vingt-deux ou vingt-trois ans, il 
se rendit à Vienne, où l'empereur Léopold l'admit 
dans sa musique, en qualité de violoncelliste. Le 
nom d'Alexandre Scarlatti brillait alors de l'éclat 
le plus vif. L'opéra de Laodicea e Bérénice de ce 
grand homme, que Bononcini eut occasion d'en- 
tendre, lui révéla son talent. La composition de- 
vint son occupation incessante, et bientôt son 
opéra de Camilla fut en état d'être représenté. 
Le succès de cet ouvrage fut extraordinaire ; 
jamais opéra n'avait reçu à Vienne autant d'ap- 
plaudissements : il ne fut pas accueilli avec moins 
de faveur en Italie et à Londres. Il fut représenté 
dans cette ville au théâtre de Hay-Market , sur 
des paroles anglaises , et la musique de Bonon- 
cini plut tant aux Anglais, que, pendant plus de 
quatre ans, les directeurs de spectacles furent 
obligés d'introduire quelques morceaux de la 
Camilla dans tous leurs opéras. En 1694, Bo- 
noncini fut appelé à Rome, où il écrivit Tiillio 
Oslilio, qui fut suivi de Serse^ dans la même 
année. On le retrouve à Vienne en 1699, où il 
donna La Fede pubblica ; m 1701 il y fit re- 
présenter un drame musical intitulé Afjelti più 
grandi vinti dal più giusto^ Deux ans plus tard 
il était à Berlin, où il écrivit le Polifémo. Il pa- 
raît que Bononcini était attaché à cette époque, 
comme compositeur, à l'opéra italien que le 
roi de Prusse, Frédéric l", avait établi à sa 
cour à la sollicitation de sa première femme; car 



Frédéric II, dit positivement (1) : « La reine 
« (Sophie-Cliarlolte de Hanovre) entretenait 
« un opéra italien dont le fameux Bononcini était 
« compositeur ; nous eûmes dès lors de bons 
n musiciens. » Cette reine mourut le 1" février 
1705, et sans doute l'opéra fut alors supprimé, 
car Bononcini se retrouve l'année suivante dans 
la capitale de l'Autridie. De retour à Vienne pour 
la troisième fois, il y fit représenter Endimione, 
en 1706; Mario fugitivo, en 1708, Tamiride, 
dans la même année; Abdalonimo , en 1709, et 
Muzio Scevola, en 1710. Dans les intervalles, il 
allait écrire dans diverses villes d'Italie, particu- 
lièrement à Rome, à Padoue et à Parme. Le 
théâtre du roi ayant été fondé à Londres vers 
1716, Bononcini, qui était alors à Rome, fut invité 
à y venir composer. D'après l'arrangement qui 
fut conclu entre lui et les directeurs , il se rendit 
dans la capitale de l'Angleterre, où il écrivit 
Astarto, en 1720 ; Crispa, en 1722 ; Griselda, en 
1722; Farnace,en 1723; Erminia en 1723; 
Calfurnia,en 1724, elAstianax, en 1727. L'ar- 
rivée de Bononcini en Angleterre fit naître entre 
lui et Hsendel une rivalité violente, à laquelle 
toute la noblesse prit part. Chacun protégeait son 
favori : Hœndel avait l'appui de la famille élec- 
torale, et Bononcini celui du duc de Marlbo- 
rough; en sorte que, par un hasard singulier, 
Hsendel avait les torys pour protecteurs et Bo- 
noncini les whigs. La querelle devint si vive, que 
l'on fut obligé de convenir, pour y mettre un 
terme, que Hœndel, Bononcini, et AttilioAriosti, 
qui avait aussi ses partisans, composeraient un 
opéra, dont ils feraient un acte chacun. On 
choisit Muzio Scevola : Ariosti fit le premier 
acte , Bononcini le second et Hœndel le troisième. 
La victoire resta à celui-ci; non que le chant de 
Bononcini ne fût plus suave, plus gracieux que 
celui de Haendel; mais l'un n'était qu'un imita- 
teur de la manière de Scarlatti , et l'autre avait 
un génie créateur. Le triomphe de Hœndel ne 
laissa cependant point son rival sans considéra- 
tion, car ses ouvrages continuèrent à être ap- 
plaudis, et le duc de Mariborough lui conserva 
sa protection. Malheureusement, il perdit ce Mé- 
cène peu de temps après. On le chargea de com- 
poser l'Antienne pour les funérailles du duc, ce 
qu'il exécuta sur les paroles «■ When Saul was 
king over Israël. » Ce morceau a été gravé en 
partition sous ce titre : Funeral Anthem for 
John Duke of Mariborough j Londres, 1722. 
La comtesse de Godolphin, qui, après la mort 
de son père, devint duchesse de Mariborough, prit 

(I) OEuvres complètes, nouvelle édlllon , Berlin, 1846, 
toni. Il, p. 232. Manrs et cotUumcs des princes de la dj»- 
iiastie des Hoheniollern. 



22 



BONONCINI 



Bononcini dans su maison, lui fit une pension 
de 500 livres sterling;, et donna chez elle des con- 
certs où l'on n'exécutait que de la musique de son 
maître favori. Bononcini eut alors tout le loisir 
nécessaire pour suivre ses travaux , el ce (ut chez 
la duchesse de Marlboiongh qu'il coni[)osa lous 
ses opéras ainsi qu'un recueil de Irios pour deux 
violons et basse, qu'il publia sous ce titre ; 
Twelve Sonatas or chambcr airs fortwomolins 
and a bass; Londres, 1732. Il avait précé<lem- 
ment fait imprimer deux recueils intitulés : — 
1° Cantate e Duetli , dedical't alla sacra Maestà 
di Giorgio re délia Gran Britagna; Londres, 
1721, in-4o, obi. Toutes les pièces contenues dans 
ce recueil sont du meilleur style, et peuvent sou- 
tenir la comparaison avec les duos de Hœndel. — 2» 
Diverlimenti di caméra , tradotli pel cem- 
balo daquelli compost i pel violirso, ojlauto, de- 
dicati ait' eccellenz-a del dieca de Uulland; 
Londies, 1722. Bononcini avait vécu dans l'ai- 
sance au milicli de la famille de la duchesse de 
Mariborougli , qui lui conservait toujours se« 
bontés, malgré son caractèreliautain et impérieux ; 
mais une circonstance imprévue et peu honorable 
pour lui le priva de cette illustre protection. 
Au commencement de 1731 , un des membres 
de l'académie de la musique ancienne reçut de 
Yenise une collection de madrigaux et de can- 
tates , imprimée sous le nom d'Antoine Lotli. 
Un de ces morceaux , qui fut exécuté , avait été 
produit, quatreans auparavant, comme une com- 
position de Bononcini. Celui ci ayant été informé 
de cet incident, écrivit aux membres de l'aca- 
démie, accusant Lotti de plagiat, et afiirmant qu'il 
avait composé ce morceau trente ans auparavant 
par ordre de l'em|jereur Léopold. D'après cette 
lettre, le secrétaire de l'académie envoya à Lotti 
ta réclamation de Bononcini , afin d'avoir des 
ëclaircissemenls sur cette alfaire. La réponse de 
Lolti contenait une déclaration formelle que l'ou- 
vrage dont il s'agissait était réellement de sa com- 
position. Il ajoutait qu'il en avait remis une copie 
à Ziani , maître de chapelle de l'empereur, long- 
temps avant qu'il eût été ptiblié , et qu'il ne com- 
prenait pas que Bononcini, si rkbede son propre 
fonds, voulût s'approprier son ouvrage. Il joi- 
gnità sa lettre une attestation de Vahbé Pariati , 
auteurdes paroles. D'antres renseignenïents, venus 
de Vienne, confirmèrent l'assertation de L&tti, 
rt couvrirent de honte son antagoniste. L'affaire 
fût rendue |)ublique par l'impression des pièces 
de cette dispute sous ce titre : Letters from the 
Academy qf ancient Mvsic in London, to 
Signor Antonio Lotti of Venice, ivitli his ans- 
wers and ■tcstimonies ; Londres, 1732, in-8", et 
Booonciai penlit par là une grande partie de la 



considération dont il jouissait. Ses affaires com- 
mençaient à se déranger, lorsqu'en 1733, un in- 
trigant, connu dans le monde sous le nom de 
comte L'ghi, lui persuada qu'il avait le secret de 
faire de l'or. Bononcini consentit à s'associer à la 
fortune de cet imposteur, et quitta l'Angleterre 
avec lui. Mais l'illusion fut de coitrtc durée, et 
notre compositeur, quoique déjà vieux, fut obligé 
d'avoir recours à son talent pour subsister. Peu 
d'années après son départ de l'Angleterre , il vint 
à Paris, et composa pour la chapelle royale un 
motet, dans lequel se trouve un accompagnement 
de violoncelle qu'il joua lui-môme devant le roi. 
Après le traité de paix d'Aix-la-Chapelle, il fut 
appelé à Vienne par l'empereur, afin de composer 
la musique pour les fêtes qui eurent lieu à cette 
occasion : il reçut pour récompense un cadeau 
de 800 ducats des mains de l'empereur. Ceci se 
passait en 1748 : il avait alors soixante-seize ans. 
Bientôt après, il partit pour Venise, avecMonticelli, 
ancien chanteur de l'Opéra de Londres. H y fut 
employé comme compositeur du théàtre,|et y tra- 
vaillait encore à l'ài^e de quatre-vingts ans. On 
ignore l'époque de sa mort. Son portrait a été 
gravé à Londres, in-folio, par Simpson ; Hawkins 
en a donné une copie dans le 5' volume de son 
Histoire <le la musique, p. 274. Outre les com- 
positions gravées dont il a été parlé ci-dessus, on 
a aussi de lui le motet composé pour la chapelle 
du roi, avec accompagnemenf de violoncelle; 
Paris, 1740. Parmi les premières compositions 
de Bononcini qui précédèrent son départ de Bo- 
logne, on remarque: l°S«n/o)iiea5, 0, 7 c istro- 
menti con alciine a zcna e due trombe servendo 
ancoraper Vtolini,op.2^; Bologne, 1685. — 2"* 
Sinfonie a tre stromenti col'basso per organo, 
o/).3^ibid., 1686. — "iP Sinfonie a più stromenti, 
op. 5; ibid., 1687. — 4" Sinfonie a due stro- 
menti, Violino e Violoncello , op. 6 ; ibid. 1687. 

— 3°' Missa brevis octo vocibus, op. 7; ibid., 1688. 

— c" Misse IV a otto i-oej, op. 8; ibid. — 7" Duelt't 
da caméra, op. 9; ibid., lG9i. 

On a imprimé de cet artiste, outre les ouvrages 
cités précédemment : 1" Suites de pièces pour le 
clavecin ; Londres (s. d.). — 2" Most celebrated.. 
airs in the Opéra of Asiianax ; ibid. — 3° As- 
tarte, opéra, en partition. — 4° Griselda, 
opéra, en partition. — 5° Songsin the opéra of 
Cainilla^ ihk]. Parmi les manuscrits de musique 
delà Bibliothèque ducale de Modène, on trouve 
l'oratorio intitulé /^Gw^wè, dédié par Bononcini 
au duc François II en 1688, // Pastar disperato, 
cantate, et XII Truttenimenfi da cannera. Je 
possède une copie ancienne de l'oratorio deJosué, 

BONO^H]liM (Antoine), nommé aussi quel- 
quefois marc- Antoine, frère du préccdeiU et cont 



BONONCmi — BONTEMPl 



23 



positeur distingué, naquit à Modèue vers 1675. 
Il entra au service de son prince au mois dedé- 
cembrel721, en qualité de maître de chapelle de la 
cour, et mourut le 8 juillet 1726, ainsi qu'on le 
voit dans les livres des archives de la chambre 
ducale. Pendant plus de quinze ans il écrivit pour 
les théâtres de l'Italie. En 1706, il donna à Ve- 
nise Z,a Regina creduta Re, qui obtint un bril- 
lant succès. Ses autres opéras connus sont /'/!■- 
tcoclco ; Il Turno Aricino ; Il Cajo Gracco ; Il 
Tigrane Re d'Aromenia, L'Astianatte, et La 
Griselda, dont la partition est à la bibliothèque 
royale de Berlin , sous le nom de Marc-Antoine 
Bononcini. On connaît aussi de ce compositeur 
La Decollazione di S. Giambattista, cl une can- 
tate pour la Nativité. Le P. Martini avait la plus 
grande estime pour cet artiste, et a dit de lui : 
H fit entendre dans ses compositions un style 
si élevé, si distingué par l'art et l'agrément, 
qu'il s'est placé au-dessus de la plupart des 
compositeurs au commencemen t de ce siècle, où 
abondent cependant les hommes de mérite (l). 

BOA'OI\ClI\I (DoMiMQt'E), musicien italien, 
vivait à la cour de Lisbonne en 1737 : il avait 
alors quatre-vingt-cinq ans. Il était vraisemblable- 
ment de la même famille , et peut-être frère de 
Jean-Marie. 

BONORA. ( Ferdlwnd-Wilhelm) , amateur 
et compositeur de musique, né en 1775 à Wei- 
deman, dans la Silésie autrichienne, entra fort 
jeunedans l'administration de la guerre, à Vienne. 
En 1818, il fut nommé secrétaire du gouverneur 
militaire, référendaire et directeur de la chan- 
cellerie du royaume Lombardo-Vénitien,^à Pa- 
doue. Il mourut dans cette ville, après une courte 
maladie, le 26 mars 1825, à l'âge de cinquante 
ans. Elève de Dittersdorf, Bonora cultiva avec 
succès la composition dans la musique instru- 
mentale, dans le style religieux, et composa même 
trois opéras (Les Écuyers de Roland; La Lettre à 
soi-même, et La Fée de la montagne de Neige, 
qui n'ont pas été représentés. Au nombre de ses 
ouvrages, on remarque une messe solonnelleavec 
orchestre, dontle A'j/ne esta la bibliothèque im- 
périale de Vienne, dans le fonds de Kiesewetter, 
ainsi que six psaumes pour voix de basse sur la 
traduction de Moses Mendeissolin , et six autres 
pour ténor et basse. 

BO\TORTI (François-Antoine), amateur de 
musique et conseiller aulique de l'empereur d'Au- 
triche, naquit à Trente, vers 1660. Son premier 
œuvre, composé de sonates pour deux violons 
et basse, a paru à Venise, en 169G, in-4°. U aélé 
suivi de -.lo Sei sonate a due violini, violoncello 

(1) Fcce senlire nelle sue composizioni uiio stilo cosi . 
ricvato, cosi artIOcioso c dUettevole, clic si rcsc distinto 



e continuo, op. 2. —3° Sei motetti a soprano 
solo,con due violini, op. 3; Venise, 1702. —4" 
Sonate da caméra a tre, op. 4. — 5° Idem., 
op. 6. — 6" X Partite a violino solo e con- 
tinuo, op. 7. —10 Le Triomphe de la grande 
Alliance, consistant en 100 menuets pour violon 
et basse, op. 8. — ■i," Balletli a violino soloe 
continuo, op. 9. — 9" Invenzioni, o Dieci 
partite a violino e continuo, op. 10; Trente, 
1714. — 10° Concerna quattro, due violini, 
viola e basso, con violone dirin/orzo, op. il; 
Trente. — 1 lo Dodici concertini e serenate, cou 
arie variaie, Siciliane, Recitativi e chiuse a 
violino e violoncello o cembalo ; Augsbourg, 
1741. C'est une réimpression. Gerbcr a fait mal 
à propos deux articles de Bonporti et de Buon- 
porli. 

BONTEMPI ou BONTEMPO (Alexan- 
dre), compositeur italien qui vivait vers la fin du 
seizième siècle, ou au commencement du dix -sep- 
tième, est connu parla collection publiée par 
J -B. Bonomelti , sous le titre de Parnassus mu- 
sictis Ferdinaiïdxus ;\enhe, 1015. Ouy trouve 
quelques motets de cet Alex. Bontempi. 

BONTEMPI (Jean-André), surnommé An- 
gelini, fut chanteur, compositeur et écrivain 
didactique sur la musique. Il naquit à Pérouse, 
vers 1630, et fut élève de Virgile Mazzocclii , 
maître de la chapelle du pape. Ses études étant 
terminées, il obtint une place de maître de cha- 
pelle dans une des églises de Rome, sous le pon- 
tifical d'Urbain VIII. De là, il alla à Venise, 
où il remplit les mêmes fonctions pendant quel- 
que temps , et enitn il passa au service de Chré- 
tien Ernest , margrave de Brandebourg , et com- 
posa, pour les noces dece prince, IIP aride (imi), 
le premier opéra qui ait été entendu dans ce 
pays. Il devint ensuite directeur de la musique 
de l'électeur de Saxe, Jean-Georges II, et oc- 
cupa cette place pendant plus de trente ans. 
Outre ses talents en musique, il possédait beau- 
coup d'instruction , et écrivait purement en 
latin et dans sa langue. U publia en 1672 un livre 
intitulé : Istoria delta Ribellione d'Unghcria, 
in-12, qu'il pré.senta à l'électeur, et dont ce prince 
fut si satisfait, qu'il le chargea d'écrire l'histoire 
de l'origine de la maison de Saxe en italien ; mais 
l'électeur mourut avant que le livre fût achevé, 
et Bontempi retourna à Pérouse en 1694. Il y 
vivait encore en 1697. Les ouvrages les plus 
connus de ce maître sont : — 1" Aora quatuor 
vocibus componendi methodus , qua musicae 
plane nescius ad compositionem accedere po- 
iest; Dresde, 16G0, in-4°. Cet ouvrage est une 

sopralamaggiorpartede'compositori sulprinciplo dcl pré- 
sente sccoly , tutto che abbomlanle d'uoniinl insigni. 



24 



BOISTEMPI — BOQUET 



méthode abrégée de composition par une sorte 
de procédé mécanique. — 2" Il Paride , opéra 
musicale , dedicata aile ser. Altezze Chris- 
iiano Ernesto, Margr. dï Brandoburgo, e Erd- 
mude Sofia, Principessa di Sassonia , nella 
celebrazione délie loro Nozze, Dresde, 1C62, 
in-fol., 194 pages. On voit par la préface que 
Bontempi en avait fait les paroles et la musique. 
Mattlieson a fart l'éloge de cet opéra dans sa Cri- 
tica Musica, t. I, p. 20. — 3° Oratorio sur l'his- 
toire et le martyre de St-Émilien, évoque de Trê- 
ves. — ^''Truclahisinquo demonstrantur oc- 
cultas convenientix sonorum stjstematis parti- 
cipati ; Bologne, 1690. Cet ouvrage a été inconnu 
à tous les bibiiogaphes : l'abbé Baini est le 
premier qui Tait cité dans ses Mémoires histo- 
riques sur Jean Pierluigi de Palestrina (note 497). 

5° Jstoria musica nella quale si ha piena 

cognizione délia teoria e délia prattica an- 
tica délia vucsica armonica ; Pérouse , 1695, 
in-folio. C'est un livre intéressant pour de cer- 
taines choses relatives à la musique du temps où 
l'auteur écrivait. Bontempi y examine cette ques- 
tion, si souvent controversée, 5 i Zf 5 anciens ont 
connu et pratiqué l'harmonie ; il se prononce 
pour la négative (1). Son histoire de l'origine des 
Saxons a paru àPérouseen 1697,in-12. 

BOIXTEMPO (J.-D.), habile pianiste, né à 
Lisbonne en 17Sl,vints'étahlir à Paris vers 1806, 
et se livra à l'enseignement du piano. Quelques 
années après, il quitta cette ville pour se rendre 
à Londres; mais le climat de l'Angleterre ne con- 
venant point à sa santé, il revint à Paris en 1818, 
et s'y fit entendre dans quelques concerts. Deux 
ans après il quitta définitivement la France pour 
retourner en Portugal, où il s'est fixé. En 1820, 
il avait écrit vingt-deux œuvres pour son instru- 
ment, parmi lesquels on remarque deux concertos 
avec orchestre, des sonates, œuvres 1 et 6, plu- 
sieurs fantaisies et airs variés. Ses variations sur 
le fandango ont eu beaucoup de succès. Il a 
publié aussi une Messe de Requiem à quatre 
voix, avec orchestre , œuvre 2.1; Paris, Leduc, 
1819. C'est un ouvrage bien fait. De retour à 
Lisbonne , Bontempo s'est livré à l'enseignement 
du piano. 11 y a écrit beaucoup de musique 
d'église, dans laquelle on remarque ses Matines 
et Répons des morts qui furent exécutés , le 
21 mars 1822, dans l'église des Dominicains, à 
Lisbonne, en commémoration de la mort de la 
reine, mère de Don Pedro, décédée à Rio de 
Janeiro, en 1816. Précédemment il avait aussi 
fait exécuter dans la môme église (juillet 1821) 

(1| Voyez mon Mémoire nir l'harmonie simultanée des 
smis chez les Crées et les Romains , etc. l'aris , Aubry, 
tftS», 1 Yol. in 4=. 



une messe solennelle de sa composition, avec 
chœur et orchestre, pour la fête inaugurale de la 
constitution. Après l'entrée triomphante de don 
Pedro à Lisbonne, Bontempo fut nommé maître 
de chapelle de la cour. Il est mort dans cette po- 
sition, en 1847. 

BOOM ( Jean VAN ), flûtiste distingué et com- 
positeur pour son instrument, est né à Rotterdam, 
en 1773. Les renseignements que j'ai pu me pro- 
curer sur la vie de cet artiste se réduisent à peu 
de chose. Je sais seulement qu'à l'époque où le 
frère de l'empereur Napoléon devint roi de Hol- 
lande, Boom fut nommé membre de la chapelle 
royale, et qu'il conserva cette place jusqu'à l'é- 
poque de la réunion de la Hollande à la l'rance. 
H se fixa alors à Utrecht; puis il fit un voyage en 
Allemagne pendant les années I8i)9 et 1810; par- 
tout il recueillit des témoignages d'admiration 
pour son talent. Le nombre de morceaux pour 
son instrument qu'il a publiés s'élève à près de 
quarante œuvres. Le premier de ses ouvrages est 
une sonate pour piano et flûte qui parut chez 
Plattner à Rotterdam. Parmi ses autres compo- 
sitions, on remarque : — l" Polonaise pour flûte 
et orchestre, op. 4; Rotterdam, Plattner. — 2° 
Romance (Partant pour la Syrie), idem., op. 1 1 ; 
ibid. — 3" Air Tyrolien {Wann iinderFruh) 
varié, op. 16; ibid. — 4" Fantaisie et variations 
(Le Borysthène), op. 33; Mayence, Schotf. — b° 
Air varié avec quatuor ou guitare, op. 5; Rotter- 
dam, Plattner. — 6° Duos pour deux ttûles, œuvres 
6, 17; ibid. — 7° Airs variés pour deux flûtes 
concertantes, op. 34 ; Mayence, Schott, — 8° Trois 
Rondeaux pour deux flûtes; Amsterdam, Steup. 
— 9° Plusieurs thèmes variés poivr flûte et gui- 
tare , op. 2 , 12 et 19. — 10° Andante varié pour 
flûte et piano, op. 3. 

BOOM (Jean Van), fils du précédent, com- 
positeur et pianiste, né à Utrecht, en 1808, 
a fait un voyage en Danemark et en Suède 
pendant les années 1846 et 1847, puis s'est 
établi à Hambourg, où il a publié la plupart de 
ses ouvrages. Ses compositions les plus im- 
portantes sont : r Quatuor pour piano, violon, 
alto et violoncelle, op. 6; Hambourg, Schu- 
berth. —T 1" Grand Trio pour piano, violon, 
et violoncelle, op. 14 ; ibid. — 3° Introduction et 
variations sur un thème original pour piano seul, 
op. 7; ibid. — 4° Fantaisie de couronnement sur 
des airs suédois ; ibid. Van Boom a publié aussi 
beaucoup de compositions légères, des polkas 
de salon, etc. 

BOQUET (Jacques) ou BOUCQUET,fut 
à la fois organiste de Marguerite d'Autriche, gou- 
vernante des Pays-Bas, et de la chapelle de 
Charlcs-Quiat (suivant le registre n" 1805 de là 



BOQUET — BORDE 



25 



Chambre des Comptes, aux archives du royaume 
de Belgique). Il vivait en 1530. On lit aussi au 
registre F 214 de la Ciiambre des Comptes ( Ar- 
chives du dépatteuient du Nord, à Lille) : « A 
« maistre Jaciues Boquet, organiste de la chap- 
« pelle de l'Empereur, XVIIJ livres, pour le 
« portaige des orgues de la chappelle, de Gand 
« à Malines , de la court au dict Malines à i'é- 
« glise Saint-Pierre, par plusieurs fois, de Malines 
« à Anvers , pour les remectre à point ( les ré- 
« parer) ; d'Anvers à Bruxelles ; de là à Cambray, 
« et de Cambray à Bruxelles (janvier 1529 — 
1530, n. st.). » On voit par là que les orgues 
étaient rares au commencement du seizième 
siècle, et que celles de la cour des Pays-Bas de- 
vaient être fort petites, pour être ainsi et si fré- 
quemment transportées à de longues distances. 
Beaucoup d'églises en étaient alors dépourvues. 

On ne connaît pas de compositions de Boquet ; 
cependant il a dû en écrire, puisqu'il avait le titre 
de Maistre, c'est-à-dire maitre-ès-arts , qui ne 
se donnait aux musiciens qu'après avoir fait ce 
qu'on appelait le chef-d'œuvre, lequel consistait 
en une messe ou un motet à 4, 5 , 6 ou 8 voix , 
sur un chant donné ; enfin , il dut être artiste de 
mérite , puisqu'il fut organiste de la cour des 
Pays-Bas à une époque où vivaient dans ce pays 
beaucoup de musiciens de premier ordre. 

BORA.CCHI (Charles-Antoine), timbalier 
du théâtre de La Scala, à Milan, est né à Monza , 
près de celte ville, dans les premières années du 
dix-neuvièmesiècle. Cet artiste s'est fait connaître 
par l'invention d'une timbale mécanique destinée à 
changer de ton avec une rapidité égale à une se- 
conde environ : il a donné la description de cette 
timbale dans un petit ouvrage qu'il a publié sous 
ce titre : Manuale del Tbnpanista; Milan, Pi- 
rola, 1842, gr. in-12 de 25 pages avec des exem- 
ples notés et la figure de l'instrument. Le méca- 
nisme de la timbale de Boracchi est extérieur : il a 
pour objetde changer l'accord par une seule opéra- 
tion, laquelle consiste à serrer ou relâcher les cer- 
cles de la timbale, pour tendre ou relâcher la peau, 
par le moyen d'un levier placé à la partie inférieure 
de l'appareil , et qui communique aux cercles par 
des barres latérales, lesquelles s'abaissent ou re- 
montent sous rinlluence de la vis qui fait agir 
le levier. Cette innovation n'a pas eu plus de succès 
que beaucoup d'autres essais faits en France, 
en Allemagne et en Hollande pour le même but, 
ou pour donner instantanément aux. timbales 
l'échelle cbromatique. {Voij. Darche, Gautrot, 

LaBBAÏE , ElBLINGER , HUDLER , STUMPFF et TeM- 
PELN. ) 

BORCnGUEVL\CIÎ (MELCHiœ), organiste 
de la cour du roi de Danemark, et coD>positeur 



estimé, vivait au commencement du dix-septième 
siècle. Il a publié une ample collection de madri- 
gaux à cinq voix de divers auteurs et de sa compo- 
sition, sous ce titre: Giardino tiuovo beUmimo 
di vari fiuri musicali sceUisshni, il primo libro 
demadrigaliacinque voci; Copenhague, 1C05, 
\n-'t°.— Il seconda libro ; ibid., 1006, in-4». Les 
auteurs dont on trouve des pièces dans ce recueil 
sont : Cl. Monteverde, Leo-Leoni, Civ, Casati, 
Christ. Rubiconi, Sal.Rossi.Marsil. Santini, Sim. 
Molinaro, GiachesdeWcrt,Gio. Croce,Gio. Bern. 
Colombi, Gab. Fattorini, Franc. Bianciardi, 
Melch. Borcbgrevinck , Gio. Le Sueur, Ben. 
Pallavicino, Gio. Vinc. Palma, D. Piet. Mar. 
Marsolo, Gio. Fontana, Agost. Agresta, Fr- 
Spongia, P.-P. Quartiero, Hipp. Sabino. Curt. 
Valcampi, Nie. Giston , Curt. Mancini, Gio. Piet. 
Gallo. 

BORDE (Jean-Batiste LA), jésuite, qui, à la 
suppression de son ordre en France, devint curé 
de la Collancelle en Nivernais , où il mourut en 
1777. Il a publié : Le clavecin électrique, avec 
îine nouvelle théorie dumécanisme et des phé- 
nomènes de V électricité ; Paris, 1761, in-12, 
176 pages. C'est la description d'un instrument 
de son invention , composé d'un clavier, dont 
chaque touche a un timbre correspondant ; le cla- 
vier fait mouvoir des verges qui ne frappent 
les timbres qu'au moyen de la communication 
du fluide électrique. C'est une rêverie sans 
utilité. Voyez \e Journal des Savants, I759, 
p. 193, et octobre, p. 432. 

BORDE (Jean-Benjamin de LA), né à Paris, 
le 5 septembre 1734, d'une famille très-riche, 
reçut une éduoation plus brillante que solide. 
Il eut Dauvergne pour maître de violon, et Ra- 
meau lui enseigna la composition. Destiné à 
la finance , il préféra d'abord de s'attacher à la 
cour; il devint premier valet de chambre de 
Louis XV, et son favori. Par la faveur de son 
maître, il entra dans la compagnie des fermiers 
généraux ; mais, par suite de ses prodigalités, de ses 
fréquents voyages et de sa facilité à se jeter dans les 
entreprises les plus hasardeuses, il fut plus d'une 
fois sur le point d'être ruiné; cependant la faveur 
du roi et son génie fécond en ressources par- 
vinrent toujours à le soutenir. « Plus j'ai d'af- 
« faires, disait-il, et plus je suis à mon aise. Je 
« me suis couché plusieurs fois n'ayant rien pour 
« payer le montant énorme des billets qui de- 
« valent m'être présentés le lendemain ; il me 
« venait, avant de m'éndormir, ou même pen- 
« dantmon sommeil, une idée qui me frappait; 
« je sortais le lendemain de grand matin, et mes 
« billets se trouvaient acquittés dans le jour. » A 
la mort de Louis XV, il quitta la cour, se maria, 



26 



BORDE — BORDEWAVE 



et trouvant le bonheur auprès de la femme qu'il 
avait épousée, il prit un genre de vie plus tran- 
(juille et plus ré^lé. Il rentra dans la compagnie 
(les fermiers généraux, qu'il avait quittée quel- 
que temps auparavant, et se livra à des études de 
plusieurs espèces. La révolution ayant anéanti 
une partie de sa fortune, il se retira en Normandie 
pour y vivre avec économie, et se soustraire aux 
poursuites des révolutionnaires; mais sa retraite 
ayant été découverte, il fut arrêté , ramené à 
Paris, et mis en prison. Malgré les conseils de 
ses amis, il eut l'imprudence de presser son ju- 
gement, et périt sur l'échafaud le 4 tlicrnu'dor 
an H (22 juillet 1794), cinq jours avant la chute 
de Kobespiene. 

La Borde débuta dans la carrière des arts par 
la musique de quelques opéras-comiques; le pre- 
mier fut : Gilles garçon peintre, représenté en 
1758 ; il fut suivi des Trois Déesses rivales ; d'/s- 
mène et Isménias, ou la Fête de Jupiier, pas- 
torale en trois actes, de Laujon, en 1703 et 1770; 
d'Annette et Lîibin, de Marmoutel ; iVAmp/rion, 
delà Cinquantaine, de VAmadis, de Quinault, 
et de beaucoup d'autres moins connus. Il a fait 
en société avec lîerton la musique d'Adèle de 
Pont/lieu , de Saint-Marc, qui, quelques années 
après, fit refaire la musique de cet opéra par Pic- 
cinni. Par suite d'un défi, La Borde mit un jour 
en musique un privilège de librairie; ce morceau 
singulier a été gravé. La Borde aimait beaucoup 
sa musique, et avouait naïvement qu'aucune autre 
ne lui taisait autant de plaisir : elle est cependant 
fortmcdiocre, et aussi mal écrite quetout ce qu'on 
faisait alors en France. Cependant il a fait quel- 
ques chansons qui ont du naturel ; on remarque 
entres autres celle qui commence par ces mots : 
Vois-tu ces coteaux se noircir? celle qui a pour 
refrain V Amour me fait, belle brunette, et 
Jupiter un jour en fureur. La Borde a publié 
avec beaucoup de luxe un Choix de Chansons 
mises en musique à quatre parties; Paris, 
1773, 4v.in-S''. L'harmonie en est fort mauvaise. 
On y trouve un grand nombre de gravures, dont 
l'exécution est aussi belle que le goût en est faux. 
Grimni a saisi toutes les occasions d* maltraiter 
la musique de La Borde, dans sa correspondance 
littéraire; elle est, en effet, bien plate et bien 
mausade. 

L'ouvrage par lequel La Borde s'est fait con- 
naître aux musiciens est son Essai stir la Mu- 
sique ancienne et moderne; Paris, 1780, 4 vol. 
in-4°. Ce livre, établi a'vec des frais énormes, 
est un chef-d'œuvre d'ignorance, de désordre et 
d'incurie. L'auteur employa pour faire cette com- 
pilation, où l'on a réuni les éléments les plus 
liétérogèncs, des jeunes gens de peud'instruction, 



au nombre desquels étaient un des frères Bêche, 
qui lui a fourni les meilleures notes, ou des pé- 
dants â faux systèmes, tels que l'abbé Roussier, à 
qui l'on attribue tout ce qui s'y trouve sur la 
théorie. La Borde fit succédera cet essai un Mé- 
moire sur les pi-opor lions musicales, legenreen- 
harmonique des Grecs et celui des modernes, 
avec les observations de 31. Vandermonde , 
et des remarques de l'abbé Roussier, supplé- 
ment à V Essai sur la Musique; Paris, 1781, 
in-4° de 70 pages. Enfin, on connaît encore de 
cet auteur : Mémoires historiques sur Raoul 
de Coucij , avec un recueil de ses chansons en 
vieux langage, et la traduction de Vancienne 
musique; Paris, 1781, un vol. in 8° ou 2 vol. 
in- 18. Le travail publié sur ce sujet par M. Fran- 
j cisque Michel et par Perne est bien préférable. 
j De La Borde est aussi auteur ou compilateur de 
! beaucoup d'auties livres qui ne concernent pas 
i la musique, et sur lesquels on peut consulter 
; les Biographies générales, ainsi qu'ime Notice 
I surJ.-B. de La Borde, par C. Mellinet;^aa- 
! tes, 1839, in-8°. 

j BORDENAVE ( Jean de ) , chanoine de 
j Lescars, et grand vicaire d'Auch, vivait vers le 
! milieu du dix-huitième siècle. Il a publié un 
I livre intitulé : Des Églises cathédrales et col- 
I Icginles , 1643, in-8". On y trouve (p. 534) un 
j chapitre intéressant sur les orgues, sur la musi- 
t que des enfants de chœur, et sur d'autres points 
relatifs à la musique dans les églises de France. 

BORDEMAVE (M. de ) ancien garde du 
corps , puis officier dans l'armée de Condé pen- 
dant les guerres de la P.évolulion, naquit à Orlliez, 
dans leBéarn. Rentré en France sous le consulat 
j de Bonaparte, il se retira dans une |)elite terre 
j qu'il possédait sur les frontières de l'Espagne, et 
, mil la dernière main à un poëniesur la musique 
I qu'il avait commencé en r;98, ainsi qu'il nous 
j l'apprend lui-même. Cet ouvrage a étépuhlié sous 
ce litre : La Musique, poëme en quatre chants ; 
Paris, Lenormant, 1811, in-S". L'auteur a gardé 
l'anonyme; mais Barbier à découvert sou nom 
et l'a indiqué dans la deuxième édition de son 
Dictionnaire des Anonymes (T. II, p. 432). Sur 
cette indication , j'ai obtenu de M. Lenormant, 
imprimeur-libraire, les renseignements qu'on 
vient de lire. 

Le premier chant du poëme de Bordenave a 
pour objet la musique en général et les jouis- 
sances morales qu'elle procure. Le second chant 
concerne la mélodie et l'harmonie ; le troisième, 
les instruments ; le quatrième, l'Opéra. Les sou- 
venirs de l'auteur, au temps de sa jeunesse, dé- 
bordent dans ses vers. Il avait été témoin des 
querelles des Gluciustes et des Piccinnistes. Gluck 



BORDENAVE — BORETTI 



27 



est son dieu et Rameau sa loi. Toutes ses opi- 
nions sont exprimées par ces deux vers : 

l.k, iiié'lilelonKtemp'! lescciils de Ramcnu : 

ITfiuls Gldck pour ton modèle, et pour juge Rousseau 

BORDÈSE (Louis), compositeur, né à Xaples 
en 181 j, a fait ses études musicales au Conserva- 
toire de cette ville. Après quelques essais peu 
importants pour les petits théâtres napolitains, il 
écrivit pour Turin, en 1834, Zelimo e Zoraide 
ossia il Califo ricnnoschito, opéra bouffe qui 
«ut peu de succès. Arrivé à Paiis dans la même 
année', il s'y livra à l'enseignement du chant. 
Son premier essai pour la scène française lut le 
petit opéra de La Mantille, jmié à l'Opéra-Co- 
niiquecn 1837, et que la protection de la cour 
n'empêcha pas de tomber. En 1840, il fit repré- 
senter à rOpéra-Comique L'Automate de Vau- 
canson, petit opéra en un acte dont la musique 
parut faible.'Hans la même année il donna au 
même théâtre avec Monpou (voij. ce nom) Jeantie 
de \aples, en trois actes. En 1841, il alla écrire 
à Turin un opéra qui tomba, et dont le tilrc est 
ignoré. En 1842, il écrivit à Naples / Quiudici, 
opéra représenté au théâtre Saint-Charles, mais 
qui ne put se soutenir, quoiqu'il fi>t chanté par 
Traschini, Colin! et M"' Ilallez. De retour à 
Paris , il a donné à l'Opéra-Comique, en 1847 , 
Le Sultan Saladin, autre faible production qui 
disparut bientôt du théâtre. Enfin, le 4 novembre 
1848, il a fait jouer un acte intitulé Les Deux 
Bambins, dont l'existence n'a pas été plus lon- 
gue. Telle est la triste histoire des travaux de 
M. Bordèse. 

BORDET (....), flûtiste qui vivait à Paris 
vers le milieu du dix-huitième siècle, a publié 
un traité élémentaire de musique, sous ce titre : 
Mt^thode raisonnée pour apprendre la musi- 
que d'une façon plus claire et plus précise, à 
laquelle on a joint r''lrndnn do in fjiifc tra- 
versière, du violon, du pardessus de viole, de 
la vielle et de la musette, etc.; Paris, 1755, 
in-4o. Liv. 1, 2 et3. Ou a aussi de sa composition 
deux grands concertos pour flûte. 

BORDIER (Louis-Charles), abbé, maître de 
musique des Innocents, à Paris, est mort eu 1764. 
Il s'est fait connaître par la publication d'une 
Nouvelle Méthode de Musique pratique, à 
l'usage de ceux qui veulent chanter et lire la 
musique coynme elle est écrite ;PArh, I7G0. Une 
nouvelle édition a paru, enl"Sl,sons lelitrede: 
Mé/hndf pour la Voix; Paris, Deslauriers, édi- 
tion gravée. Cet ouvrage était estimé de son temps. 
On a imprimé après la mort de Bordier un Traité 
de Composition; Huct, 1770, in-4°, gravé, de 80 
pages. Ce livre est basé sur les principes de la 



I basse fondamentale, que l'auteur ne parait pas 

I avoir bien compris. 

j BORDOGNI (Marc), chnnteurct professeur 
de chant, né à Bergame on 1788, mort à Paris 
le 31 juillet 18bG , a fait ses études musicales sous 

; la direction du maître de chapelle Simon Mayr. 

[ En 18(3, il chanta au théâtre lie de Milan, avec 
Caroline Bassi (Milanaise) dans le Tancredi de 
Rossini ; cet ouvrage était alors dans sa nouveauté. 

i 11 reparut ensuite dans la même ville, pendant i>Ju- 
sieurs saisons , au théâtre Curcano, dans les 
années 1814 et 1815. Après avoir parcouru 

I quelques autres villns d'Italie, Bordogni fut 

' engagé au théâtre italien de Paris en 1819, 

■ conmie premier ténor: depuis cette époque , il 
ne s'est plus éloigné de la capitale de la France. 
En 1833, il a quitté le théâtre pour se livrer à 
l'enseignement. La voix de cet artiste n'était 
pas d'un volume considérable; sou action dra- 
matique était dépourvue de verve et de force ; 
mais sa vocalisation était fort bonne, et il chan- 
tait avec goût la musique de demi-caractère. 
Comme professeurde chant, il a tenu à Paris une 
place distinguée. Admis au Conservatoire en cette 
qualité dans l'année 1820, les fatigues du théâtre 
l'obligèrent à demander sa retraite en 1823; mais 
quel((ues années après il rentra dans cette école, 
où il a continué son enseignement pendant plus 
de trente ans. 11 était chevalier de la Légion 
d'honneur et de plusieurs autres ordres. 

Bordogni a publié à Paris: t" Trente-six vocalises 
pour voix de soprano ou de ténor, première et 
deuxième suites. 11 a été publié plusieurs éditions 
de cet ouvrage utile, à Paris, Milan, Berlin et à 
Leipsick. — 1° trente-six vocalises pour basse; 
ibid. — 3° douze vocalises pour bariton , compo- 
sées dans le goût moderne; premier et deuxième 
livres; ibid. — 4° douze nouvelles vocalises pour 
contralto ou mezzo-soprano, idem ; 4™' livre de 
vnrn lises en 2 suites; ihid, — li" douze nou- 
velles vocalises, dont six avec paroles italifii- 
nes ; ibid. — 6° douze nouvelles vocalises à deux 
voix Dour soprano et mezzo soprano; ibid. 

M"" Louise Bordogni, liile de l'artiste dont il 
vient d'être parlé, épousa le bassoniste Willenf 
{voy. ce nom), et chanta avec succès à New-York 
eu 1834, à Messiiifr et à Naples, pendant les an- 
nées 1836 et 1837, puis fut professeur de chant à 
Bruxelles jusqu'en 1848. Elle est morte en Italie 
vers 18.55. 
RORDOXl (Faustine). roy.IUssE (M™*). 
BORETTI (Jean-André ),maîtredo chapelle 
de la cour de Parme, et compositeur dramatique, 
naquit à Rome vers 1640. On a de lui quelques 
opéras sérieux, entre autres : — 1° ZenobiOf 
en iGGf'. — 2" Mcssandro atnante,ea 1607,— 



28 



BORETTI — BORGOGNINI 



3" lîliogabale, 1G68. —4° Marcello in Sira- 
cusa. 1670. — 5° Ercole in Tebe, 1671. — 6» 
Claudio Cesare , 1072. — 7° Domiziano. 1673. 

— %" Dario in Babilonia, 1671. 
BORGATTA (Emm\nuel), compositeur et 

pianiste, né à Gênes vers 1810, commença à se 
faire connaître par des concerts qu'il donna dans 
sa Tille natale en 1832, puis à Milan au mois de 
mai 1833. Ses premières compositions furent : — 
1" Une sonate pour piano seul; Milan, Ricordi. 

— 2° Une cadence capricieuse (en mi) pour le 
même instrument; ibid.— 3° Des variations sur 
les thèmes de la Slraniera et de Lucrèce Borgia ; 
ibid. — 4° Des romances italiennes; ibid. M. Bor- 
gatta s'est établi à Gênes, comme professeur de 
piano. Au mois de novembre 1835, il y a fait re- 
présenter l'opéra de sa composition intitulé : Il 
Quadromaniaco ; en 1837, il y a donné Fran- 
cesca di Rimini, drame lyrique en trois actes. 
Ces ouvrages furent clialeurcusemcnt applau- 
dis par les concitoyens du compositeur. 

BORGIIÈSE (AntoineD.R.), compositeur, 
né à Rome, vint à Paris vers 1777, et y fit im- 
primer, en 1780, un recueil de sonates de piano 
avec accompagnement de violon obligé, op. 2 , 
et des duos de violon. En 1787, il fit représenter 
au théâtre des Beaujolais un petit opéra intitulé : 
La Bazoche. On a joué aussi sur les théâtres 
d'Allemagne un autre opéra en un acte sous ce 
titre : Der unvermuthete gltickliche Augenblick 
(Le bonheur imprévu). Le Calendrier musical 
universel pour l'année 1788 attribue au même 
artiste un Traité de composition, mais sans en 
indiquer le titre exactement, et sans faire connaître 
s'il est imprimé. Enfin, on a àtXmVArt musical 
ramené à ses vrais principes, ou Lettre de D. 
R. Borghèse à Julie, Paris, 1786, in-8°. 

BORGHI (Jean-Baptiste), néà Orviette,vers 
1740 , fut maître de chapelle à Notre-Dame de 
Loretle en 1770. On connaît de lui les opéras dont 
les titres suivent : — 1° Ciro riconosciuto , qui 
tomba à Venise, en 1771. Il avait donné précé- 
demment : — 2° Alessandro in Armenia, 1768. 
En 1773, il écrivit : — 3" Ricimero. — 4° La 
Donna instabile, 1776. — h" Artaserse,\116. 

— 6° Eumene, 1778. — T Piramo e Tisbe, à 
Florence, en 1783. — 8° VOlimpiade, à Flo- 
rence, en 1785. — 9° La morte di Semir ami de, 
à Milan , en 1791. La musique de ce composi- 
teur était estimée de son temps. Il a écrit aussi 
pour l'église, et l'on connaît de sa com|)osition 
en ce genre : — 1° Deux messes à quatre voix 
avec orchestre. — 2° Dixitk quatre voix. — 3° 
Laudate à 5. — 4° Domine à 5. — 5° Lamen- 
tazione per il Giovedi Santo, pour voix de 
basse et orchestre. — 6° Deux litanies à quatre 



voix, une autre à 2 chœurs avec orchestre. En 
1797, Borghi fit un voyage à Vienne, s'y arrêta 
pendant près d'une année pour faire représenter 
sa Semiramide, puis se rendit en Russie, d'où 
il revint dans .sa patrie en 1800. Après cette, 
époque, les renseignements manquent sursa per- 
sonne et ses travaux. 

BORGHI (Louis), habile violoniste et com- 
positeur, fut élève de Pugnani, et s'établit h Lon- 
dres, vers 1780. H était premier des seconds vio- 
lons à la célèbre exécution des oratorios qui eut 
lieu à Londres, en 1784, en commémoration de 
Haendel. Ses ouvrages consistent en Six sonates 
pour le violon, avec basse, op. 1 ; Paris, in-fol. 
— 2° Trois concertos pour le violon, avec accom- 
pagnement, op. 21; Berlin, in-fol.— 3» Six solos 
pour le violon, op. 3; Amsterdam, in-fol. — 4" 
Six duos pour deux violons , op. 4. — 5» Six 
idem, op. 5. — 6° Six idem pour violon et 
alto, op. 6 ; Berlin. — 7° Six idem pour violon 
et violoncelle, op. 7; Amsterdam. — 8° Six 
simphonies à grand et petit orchestre; Paris, 
Imbault. — 9° Six concertos pour violon prin- 
cipal ; Paris, Imbault. — 10° Italian canzonets; 
Londres, Broderip. 

BORGIA (Ghégoire), organiste à Novarre, 
dans la seconde moitié du seizième siècle, a fait 
imprimer de sa composition: Canzoni spirituali. 
Libro primo à 3, 4 e 5 voci; Torino, appresso 
Bevilagno, 1580, in-4''. 

BORGIAI\I (Dominique), compositeur de 
l'École romaine, vécut vers le milieu du dix-sep- 
tième siècle. On a imprimé de sa composition : 
Sacri Concentus a bina usque quina voces, 
ctim basso generali; Romœ, TypisLudov. Gri- 
gnani, 1046. 

BORGO (César), d'abord organiste à Ges- 
sate(Lombardie) puis maître de chapellcde la ca- 
thédrale de Milan, naquit dans cette ville, vers le 
milieu du .seizième siècle. Il a fait imprimer desa 
composition : — 1° Canzonette a trevoci; Ve- 
nise, Ricciardo Amadino, 1584, in-4°. — 2" 
Messe a otto voci; Milan, 1588. — 3° Canzoni 
alla Francese a qualtro voci, lib. 2; Venise, 
1599. — 4° Messe a otto voci ; Milan, 1614. Bo- 
nomclti a placé quelques pièces de Borgo dans 
son Parnassus musicus Ferdinandxus. 

BORGO (Dominique), de Vérone, fut maître 
dechapelle à Sffn^a-.1/ana-/lH^ica,decette ville, 
vers 1620. On a imprimé de sa composition \m 
recueil de pièces pour la semaine sainte , inti- 
tulé : Lamentationi, Miserere et improperii a 
Quattro voci pari, cou il basso per Vorgano; in 
Venetia, Aless. Vincenti, 1622, in-4''. 

BORGOG!\Il\I (D. Bernard), compositeur 
dramatique qui vivait à Venise au commence- 



BORGOGNINI — BORNIIARDT 



29 



menl du dix-Iiiiitiènic siècle, a donné au théâtre 
de cette ville, en 1700, La Nicopoli. 

BORGONDIO (>!'"'= Gentile), cantatrice, 
liée à Brescia, en 1780, est issue d'une famille 
noble. Son début dans la carrière tbéAtrale eut 
lieu à iModènc. En 1815, elle passa à Muniob, et y 
(il entendre, jiourla première fois, le Tancredi<\& 
Rossini, elVKaliann in Algcrl du même maître. 
Elle alla ensuite à Vienne, o-ùelle fut fort applau- 
die: elle y chanta pendant trois ans. Devienne, elle 
se rendit à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Elle se 
fit entendre dans celte capitale six fois devant 
l'empereur, et reçutde ses mains de riches présents; 
mais il i)araît que le climat de ce pays altéra son 
organe; car elle ciianta depuis lors à Paris et à 
Londres, et toujours sans succès. Au reste, il se 
peut que l'âge seul ait indue sur sa voix. En 1824 , 
lyjme Borgoudio étalit à Londres; en 1830, elle 
chanta encore à Milan ; mais depuis lors elle n'a 
plus paru en public, et l'on ignore où elle s'est 
retirée. 

ItOHIN (....). On a sous ce nom un livre in- 
titulé : La Musique théorique H pratique dans 
son ordre naturel avec l'art de la Danse , 
Paris, 1746. J'ignore quelle est la nature de cet 
ouvrage. 

IIORJOIV (Chaiu.es-Emmanijei.) , avocat au 
parlement de Paris , amateur de musique et ha- 
bile joueur de musette, na(iuit en 1033 à Pont- 
de-Vaux, en Bresse. II mourut à Paris le 4 mai 
1691. Borjon a publié beaucoup de livres de droit 
et de jurisprudence dont on peut voir les titres 
et le contenu dans la Biographie universelle 
de MM. Michaud. 11 excellait à faire des décou- 
pures sur vélin : Louis XIV en conservai! plusieurs 
avec soin. On a de Borjon un livre qui a pour titre: 
Traité de la Musette, avec une nouvelle méthode 
pour apprendre de soy-mesme à jouer de cet 
instrument Jacilement et en peu de temps ; 
Lyon, JeanGirin, 1672, in-fol., avec des planches 
qui représentent les détails de l'instrument, la 
tablature et les airs recueillis par Borjon dans les 
diverses provinces de France. C'est un très-bon 
ouvrage en son genre. L'auteur de l'article Borjon 
de la Biographie universelle de MM. Michaud 
s'est trompé en indiquant 1674 pour la date de 
l'impression de cet ouvrage. La Borde , le Dic- 
tionnaire historique des Musiciens (Paris, 
1810-1811), Forkel,Ferd. Becker, etLichtenthal 
ont dénaturé le nom de ce musicien en l'écrivant 
Bourgeon. 

BORLASCA (Beknaiîdin), noble génois; de 
la famille des Gavio , vécut au commencement 
du dix-septième siècle. On connaît de sa compo- 
sition — 1° Sckerzi musicali ecclesiastici sopra 
lacanticaaS voci; Venise, Alex. Raverio, 1609, 



in-4". — S^- Canzonetle «3 voci per cantar nel 
Chitarone, Lira doppia, etc. Libre sccondn ; 
Venezia, Aless. Vincenti , 1011. — 3° Fioretti 
musicali leggiadri a tre voci; Venezia, 1031. 
BORIVACIIVI (Joseph), compositeur, né à 
Ancône vers 1810, a fait représenter à Venise, 
en 1833, au théâtre S. Crisostomo, nn opéra 
bouffe intitulé : Aver moglie epoco ; guïdarla è 
molto. En 1834, il donna dans la même ville 
Ida, opéra giocosa, et enfin, dans la môme an- 
née : / due fncogniti. On a publié aussi do 
même artiste des romances italiennes avec piano; 
Milan, Ricordi; et une introduction avec des va- 
riations pour le piano sur un thème de la Zelmira 
de Rossini. 

RORIVEMAI\!V( Wiuielm), membre de 
l'Académie de chant à Berlin, a publié une des- 
cription de l'organisation de celte société, de son 
origine, de sa fondation et de ses progrès, sous ce 
litre : DieZeltersche Liedertafel in Berlin, ihre 
Entstehung , Stehung und Fortgan , nebst 
einer Auswahl von Liedertafel-Gesangen und 
Liedern ; Berlin, Decker, in-12. 

RORIVET aîné, violoniste à l'Opéra, de 1768 
à 1790, a publié à Paris, en 1788, une Méthode 
de violon et de musique, dans laquelle on a 
observé toutes les gradations nécessaires pour 
apprendre les deux arts ensemble, suivie de 
nouveaux airs d'opéras. Bornct a fait aussi pa- 
raître un journal de violon, commencé en 1784, 
etcontinué pendant les annéesl785-1788. En 1765, 
il écrivit, pour la Comédie-Italienne, le ballet de 
Daphniset Florise. Son frère, violoniste comme 
lui, connu sous le nom de Bornet le Jeune, se 
trouvait en 1797 à l'orchestre du Théâtre de la 
Pantomime nationale, et passa ensuite à celui 
de V Opéra Bvffa, où il était encore en 1807. 

BORNIIARUT (J.-H.-C), professeur de 
musique à Brunswick, est né dans cette ville, 
en 1774. Également connu comme pianiste et 
comme guitariste, cet artiste est considéré en 
Allemagne comme un des compositeurs /es 
plus laborieux de son temps : il doit surtout sa 
réputation à son talent dans le genre de la ro- 
mance et de la chanson. Parmi les ouvrages qu'il 
a publiés, on remarque : — 1" Plusieurs suites de 
duos pour deux violons; Bonn, Simrock, et Ham- 
bourg, Cranz. — 2" Des diverlissemens, pots- 
pourris, et airs variés en ttios pour guitare et 
divers instrumenta,. œuvres 53, 130, 146, etc. — 
30 Plusieurs œuvres de duos pour la guitare. — 
4" Un grand nombre de thèmes variés pour 
guitare seule. — 5° Des sonates pour piano avec 
î llilte. — 6° De petites sonates et des pièces 
î détachées pour piano à quatre mains.— 7° Des 
' sonatines pour piano seul, œuvres 6 et 137. — 



30 



BORNHARDT — BORS€IHTZ[vI 



8" Des exercices pour le même instrument. — 
•9° Des variations, idem. — 10" Des écossaises, des 
anglaises et lies valses, idem. — 1 1» Deux méthodes 
pourlaguitare. — la^Unemétiiode pour le piano. 
— 13" Environ vingt recueils de canons à plusieurs 
voix et de duos avec accompagnement de piano. 
. — 14° Les airs et ouvertures de plusieurs mélo- 
drames et vaudevilles, entre autres de Arnold 

de Halden et deZ« Laitière de Bercy 15° Une 

très-grande quantité de romances, de chansons, 
et de cantates à voix seule avec accompagnement 
de piano. Plusieurs de ces morceaux ont obtenu 
un brillant succès en Allemagne. Parmi ces pro- 
ductions, on cite particulièreiuenf, La Lyre et 
r£'jo^e,deKœrner, Odeàl Innocence, V Homme, 
de Schiller, L'^d/eîf {Amanda, du iceinest!), 
qu'on a comparéà V Adélaïde de Beethoven. 

BOROiXI (Antoine). Voy. BunoNi. 
BOROIVO(Ottavia.no), né à Parme versl590, 
fut organiste de l'église principale de la commu- 
nauté de Sassuolo. Il a fait imprimer de sa com- 
position : Mottetti concertati a 1, 2, 3, e 4 
voci percantare nelV orijano, iibro l°; in Ve- 
nctia, App. Giac. Vincenti, 1617, 4 vol, in-A". 

BOROSllXI (François), ténor excellent, né 
à Bologne vers 1G95, lut un des premiers chan- 
teurs au grand Opéra de Prague, en 1723. 

BOROSIIVI (Éléonore), néad'Ambreville, 
épouse du précédent et cantatrice remarquable, se 
trouvait, en 1714, à la cour Palatine, et fut ap- 
pelée à Prague, en 1723, pour y chanter au grand 
Opéra de cette ville. 

BORROIV'I ( Antoine), compositeur de l'École 
romaine , vers le milieu du dix-septième siècle, 
se distingua parmi les maîtres qui substituèrent 
à l'ancien style osservato de Palestrina et de 
ses contemporains, le style orné qui a fait la 
réputation de Benevoli,de Bernabei et de Ben- 
cini. On cite surtout comme un chef-d'œuvre en 
ce genre le motet Dirupisti vincula mea de 
Borroni. Les ouvrages de ce compositeur sont 
restés en manuscrit. 

BORRO\"l ou BORONI (Pierre-Paul) cé- 
lèbre luthiste du seizième siècle, naquit à Mi- 
lan. Il est quelquefois désigné dans les recueils 
du temps sous le nom de Pierre-Paul Milanais. 
On trouve des pièces de sa composition dans les 
collections \nl\iu\ùci -A" Intabolalura deLeuto di 
diversi aiilori novamenle stampata , et con 
diligenlia reoisla; stampata nella cita de Mi- 
lano per Je. Antonio Casteliono, 1.53fi, petit 
in-4° obi. — 2» Carminutn pro Testudine li- 
ber III, in quo continentur exceltentissima 
carmîna, dicta Paduana et GaHarda,compo- 
sita per Franciscum Mediolanensem , et Pe- 
tram PaulumMediolanensem , et alios artifices 



inhacarteprxstuntissimos. Lovanii apud Pe- 
trum Phalesium Dibliopolam juratum. Anno 
Domini 1546. — 3" Hortus Musarum, in quo 
tanqiiam jlosculi quidam selectissimarum 
carminum collecti sunt ex optimis quibusque 
auctoribus, et primo ordine continentur au- 
tomata, quse Fantasix dicuntur. Deinde can- 
tica quatîcor vocum. Post carmina graviora 
quxmutctta appellantur,eaque quatuor ,quin- 
que et sex vocum. Demum addita sunt carmina 
longe elegantissima duabiis testudinibits ca- 
nenda hactenus nunquam impressa. Collec- 
tore Petro Phalesio. Lovanii, apud Phale- 
sium bibliopolam juratum, 1552. 

BORS.\ ( Matteo), docteur en droit, né à 
Mantoue vers 174 1, a fait insérer dans le recueil 
des Opusc7iti scelti di Milano (tom.lY, 1781, 
p. l'J5-224) Saggio filosojîco sopra la musica 
imitaliva teatralc, in due lettcre, dont Arteaga 
vante l'esprit et la philosophie. 

BORSARO, ou BORSARl (Archange), 
compositeur, né à Reggio vers 1570, fut moine 
du tiers-ordre de S. François. Bordoni (1) et Qua- 
drio (2), qui le mentionnent, ne donnent aucun 
autre renseignement sur lui. Ses ouvrages connus 
sont: {" Magnificat super omnes tonos ; Venise, 
Ang. Gardane, 1591. — 2" Sept livres de Coricer^t 
ecclesiastici à 3, 4 et 5 voix publiés depuis 
1593 jusqu'en 1606; ibid., et Venise, Rie. Ama- 
dino. — 3" Vespertina psalmodia octo vocibus ; 
ibid., 1602. — 4" A'ovo Giardino de concerti a 
quattro voci per cantare a due cori con 1 
voci, et 2 tromboni e altri stromenti o voci, 
seconda la commodita de'' cantori, con il 
basso principale per l'organo, op. XI ; Venelia, 
Ricc. Amadino, 1611, in-i". — 5° Seconda Iibro 
degl'odoranti fiori, concerti diversi a I, 2,3,4 
voci con organo, op. XIII ; ibid., 1615, in-4°. — 
G'Six livresde motets h 3 voix avec l'orgue, sous 
le titre Affectibus pietosis ; ibid., 1G15 et an- 
nées suivantes. — 7° Canzonnettespirituali a 4 
voci; ibid., lG16,in-8°. — 8" trois livresde mu- 
sique d'église de tout genre publiés sous le titre : 
Diversorum conceptuum musicalium libri 
1res ibid., 1G16 et années suivantes. 

BORSCIIITZKI (François), membre de 
la chapelle royale de Vienne, est né en 1794 à 
Reisemarckt, seigneurie dépendante de l'abbaye 
de Sainte-Croix (Heiligen Kreulz), dans la Basse " 
Autriche, où son père était instituteur. Apre? 
avoir aitpiis les premiers éléments de la musique 
dans la maison paternelle, il entra à l'âge de dix 
ans dans la même abbaye comme enfant de 

H) Chronolooia FF., etc.. Soc. Teriii Orcl.S.Franc, 

p. 5G0. 

(2) Délia Ragione e Stor.d'ogtiipoesia, tom. III, p. Ml 



BORSCIIITZKI — BORTOLAZZI 



31 



chœur, et y passa cinq annéi-F; puis on l'en- 
voya au gymnase de Wiener-Neusfadt , pour 
y faire ses humanités. 11 y resta jusqu'à l'Age de 
vingtclunans. En 1816, il se rendit à Vienne, où 
il fut d'abord engagé comme basse dans le chœur 
de rOpéra de la cour. Les occasions fréquen- 
tes qu'il eut alors d'entendre les meilleurs clian- 
fours italiens lui inspirèrent le dessein de se 
livrer à des études sérieuses sur l'art du chant, 
et ses progrès furent tels, qu'en 1822 il fut ap- 
pelé à Pesth pour y chanter les premiers rôles 
de basse. Plus tard il accepta le même emploi 
au tliéi\tre Kaerntnerthor de Vienne. La mort de 
WeinmiJiler ayant laissé, en 1829, une place de 
basse chantante vacante h la chapelle impériale, 
IJorschitzki se mit au rang des prétendants à 
cette place, et l'oblint au concours. Depuis 1832, 
il a clianté au théâtre de Joseplistadt. 

BORTXIAXSKY (Dmitri-Stepanovitch), 
né en 1751 dans la ville de Gloukoff, gouverne- 
inent de Tchernigoff, en Russie, et non à Mos- 
cou, comme il est dit dans la Nouvelle-Ency- 
clopédie de la musique de Schilling, révéla de 
bonne heure ses heureuses dispositions pour la 
musique. 11 venait d'accomplir sa septième an- 
née, lorsque sa belle voix de soprano le lit ad- 
mettre au nombre des chantres de la chapelle 
impériale. L'Impératrice Elisabeth, ayant bien- 
tôt remarqué sa belle organisation, confia son 
éducation musicale à Galuppi, alors maître de 
chapelle à Saint-Pétersbourg. Le départ de ce 
composileur pour l'Italie, après quelques an- 
nées, interrompit tout à coup les études de Bort- 
niansky ; mais l'impératrice Catherine II , dont 
le génie pressentait celui de ceux qui l'appro- 
chaient, voulut que le jeune artiste achevât de 
développer son talent, et lui fournit les moyens 
d'aller retrouver son maître. Bortniansky rejoi- 
gnit Galuppi à Venise, en 1763. Il était alors 
ûgé de dix-se[>t ans. Par les conseils de son 
maître, il alla ensuite étudier à Bologne, à Rome 
et à Nnpies, pour y saisir l'art dans les diverses 
directions de cette époque. 1 1 écri v i t alors beaucou p 
de musique d'église dans la manière des maîtres 
italiens, des sonates pour le clavecin, des pièces 
détachées de genres différents, et même, dit-on, 
des opéras. Je possède des motets de sa compo- 
sition qui appartiennent à cette période de sa 
vie : ils n'ont rien de remarquable, si ce n'est 
la pureté d'harmonie des maîtres de la bonne école. 
Onaécrit qu'il élaitàMilanen 1780, etqu'ilyétait 
considéré comme un des meilleurs compositeurs 
d'opéras de cette époque: je crois que les bio- 
graphes ont été induits en erreur à cet égard, 
car j'ai examiné tous les almanachs des théâtres 
de l'Italie depuis 1770, et je n'y ai pas trouvé 



une seule indication de pièce dont Bortniansky 
aurait composé la musique. Les compositeurs 
étrangers connus en Italie vers 1780 étaient Rust, 
Misliweseck, Mozart et Gassmann; Hasseyétait 
déjà oublié. Quoi qu'il en soit, Bortniansky re- 
tourna en Russie en 1779, et son mérite le fit 
bientôt choisir comme directeur du chœur de la 
cour. En 179G, ce chœur reçut le titre de Cha- 
pelle impériale, et Bortniansky en conserva la 
direction. Dans tout ce qu'il avait produit jus- 
qu'à son retour en Russie, il s'était inspiré de 
la musique italienne de son temps; ce ne fut 
qu'à Saint-Pétersbourg que son génie se révéla 
dans ce qui constituait son originalité. Le chœur 
qu'il était appelé à diriger avait été organisé 
sous le règne du tsar Alexis Mikailovitsch; 
mais, quoique déjà ancien, il laissait beaucoup 
à désirer pour la qualité des voix et pour le fini 
de l'exécution. Bortniansky fit venir des chanteurs 
de l'Ukraine et des diverses provinces de l'em- 
pire, choisissant les voix les plus belles, et les di- 
rigeant par degrés vers une exécution parfaite 
dont on ne prévoyait pas même la possibilité avant 
lui. C'est par les soins de cet artiste remarquable 
que la chapelle impériale de Russie est parve- 
nue à l'excellence qui est aujourd'hui l'objet de 
l'admiration de tous les artistes étrangers. C'est 
pour ce chœur incomparable que Bortniansky 
a écrit 45 psaumes complets à 4 et à 8 parties 
dont les inspirations et le caractère sont d'une 
originalité saisissante. On lui doit aussi une 
messe grec(pie à trois parties et beaucoup de 
pièces diverses. Toutes ces compositions sont d'ail- 
leurs écrites dans ime harmonie pure et correcte. 
Il avait senti la nécessité de mettre en ordre les 
anciens chants de l'Église moscovite qui se chan- 
taient en harmonie par tradition, et dont les suc- 
cessions d'accords étaient souvent peu satisfai- 
.santes pour l'oreille; mais il n'eut pas le temps de 
réaliser ce projet de réforme, qui a reçu son exé- 
cution par le travail et les soins d'un de ses succes- 
seurs, M. Alexis de Lvoff [voîj.ce nom), conseiller 
inlime et directeur général delà cJ)apelle impé- 
riale. Après s'être fait des litres à l'admiration de 
la postéi ité, Bortniansky mourut le 28 septembre 
(9 octobre) 1825, à l'âge de soixante-quatorze 
ans. On a publié dans ces derniers temps à Saint- 
Pétersboing un choix des compositions de Bort- 
niansky a l'usage des Églises grecques de Russie. 
BORTOLAZZI (Bartholomé), virluosesur la 
mandoline et compositeur pour cet instrument, 
naquit à Venise en 1773. La mandoline était 
à peu près oubliée quand cet artiste entreprit de 
la faire revivre à force de talent. Au lieu du soa 
grêle et sec qu'on en avait tiré jusqu'à lui, il sut 
lui en faire produire de diverses nuances qui don- 



32 



BORTOLAZZI — BOSSELET 



naient à son jeu un clianne d'expression dont on 
n'aurait pas cru susceptible un instrument si petit 
et si borné. Eu 1803, Bortolazzi se rendit en 
Allemagne, donna des concerts à Dresde, Leipsick, 
Brunswick, Berlin, et finit par se fixer à Vienne. 
Partout il fit admirer son habileté. Vers 1801, 
il se livra à l'étude de la guitare, sur laquelle il 
acquit aussi un talent distingué. Ses meilleurs 
ouvrages sont: —1* Méthode pour apprendre sans 
maître à jouer delà mandoline; 1805, in-4°, 
Leipsick, Breikopf et Haertel : elle a pour titre : 
Anweisung die Mandolinevon selbst unterricht 
nebstUbungstûcken. — 1" Nuova ed exalta scala 
per la chitarra, ridotta ad un metodo- il ptù 
semplice, cd il più chiaro (en italien et en alle- 
mand) ; Vienne, Hasiinger. Cette méthode a eu 
beaucoup de succès; il en a été publié huitéditions 
jusqu'en 1833, toutes corrigées et augmentées. — 
3° Beaucoup de variations, rondeaux et fantaisies 
pour guitare seule, ou guitare, violon, piano et 
mandoline; Vienne, Berlin et Leipsick. — 4° Six 
variations pour mandoline ou violon et guitare, 
op. 8; 1804. — 5° Sonate pour piano et mandoline 
ou violon, op. 9. — f»"Six thèmes variés pour man- 
doline ou violon et guitare, deux suites, op. 10. 
— 7"Six variations pour guitare et violon obligé, 
op. '13. — 8" Sonate pour guitare et piano. — 9" 
Deux recucilsdechansons italiennes et allemandes, 
avec accompagnement de piano ou guitare. — 10° 
Six romances françaises, idem, op. 20. 

BORZIO (Charles), maître de chapelle à 
Lodi, vers la fin du dix-septième siècle , a com- 
posé beaucoup de musique d'église qu'on estimait 
de son temps. Il a écrit aussi pour le théâtre et 
a fait représenter l'opéra de Narciso à Lodi , 
en tf>76, ainsi qu'une pastorale qui fut exécutée 
à Bologne en 1694. 

BOS( Lambert), savant helléniste, né à Wor- 
kum,, dans la Frise, le 25 novembre 1670, fit ses 
études dans l'université deFraneker, et devint pro- 
fesseur de grec dans cette université en 1703. H 
mourut à l'âge de quarante-sept ans, le 6 janvier 
1717. Dans et?, Antiquitahim grsecarum prx- 
cipue atticarum Descriptio brevis ( Franeker, 
1714,in-12), il traite, part. H, clv. vu-, DeMusica; 
ch. vni. De Cithara; ch. ix. De Tibia et Fis- 
tula. La meilleure édition de cet ouvrage est 
celle de Leipsick, 1707, in-8' avec les notes de 
Leisner. 

BOSCHETTI (JÉRÔME), maître de cliapelle 
delà Madona de' Monti, à Rome, naquit à 
Mantoue, et vécut dans la seconde moitié du 
seizième siècle. Il a fait imprimer de sa com- 
position : 1° Il primo libro di. Madrigali 
a 4 voci ; in Venezia , app. Ang. Gardano , 
1691, in-4°. — 2" H seconda libro di Madrigali 



a 4 voci, et due a 6 voci con un ccho nelfine a 
Otto voci; ihid, 1593,in-4°. 

BOSCO WICU (Roger- Joseph), jésuite, né 
à Raguse le 18 mai 1711, est considéré comme 
un géomètre et un physicien distingué. Après la 
supression de son ordre, il fut nommé par le 
grand-duc de Toscane professeur à l'université 
de Pavie. Il est mort à Milan le 12 février 1787. 
Ce savant n'est cité ici que pour relever une er- 
reur de Gerber, qui, dans son nouveau Lexique 
des musiciens, lui attribue l'écrit du P. Draghetti 
{voy. ce nom), intitulé: Délie legge di continuità 
nclla scala musica (Milan, de la typographie de 
Joseph Marelli , 1771 , in-3'). Gerber a confondu 
cet écrit avec le traité de mathématiques du P. 
Doscowicli, qui a jiour litre : De continuitatis 
lege, etc.; Rome, 1754, in-4\ Il est assez remar- 
quable que cet ouvrage important sur les séries, 
qui fixa l'attention des savants sur le mérite du 
P. Boscowich avant la publication de ses autres 
ouvrages, ait été oublié dans la Biograghie géné- 
rale de MM. Didot. 

BOSE (Georce-Matiiias), professeur de phy- 
sique à Wittenbcrg, né à Leipsick le 22 sep- 
tembre 1710, mourut à Magdebourg le 17 sejt- 
tembre 1 701. On a de lui : IJtjpothesissoni Per- 
raultiana ac in eam meditationes ; Leipsick, 
1735, in-4'', cinquante pages. Cette dissertation a 
pour objet l'examen de l'opinion de Perrault émise 
dans sa traduction de Vitruve concernant la for- 
mation du son dans les orgues hydrauliques de 
l'antiqiiilé. 

BOSELLO ( Anna ). Voyez Morichelli 
(M"""). 

BOSSELET (Charles), professeur d'har- 
monie au .Conservatoire royal de musique de 
Bruxelles, et second chef d'orchestre du théâtre 
royal, est né à Lyon le 27 juillet 1812. Fils d'un an- 
cien acteur, il suivit sa famille on différentes villes, 
et arriva à Bruxelles, où son père fut engagé pour la 
comédie. C'estdanscettevillequ'ila appris lesélé- 
mcnts de la musique. Admis à l'école royale qui 
avait été instituée en 1824, il y fit quelques éludes 
|)réparatoires d'harmonie que la révolution de 
1830 vint interrompre. Après cet événement , il 
fut attaché pendant quelque temps au théâtre de 
Boulogne-sur-Mer, en qualité de chef d'orchestre ; 
puis il revint à Bruxelles. Lorsque le Conserva- 
toire royal fut réorganisé, sous la direction de 
l'auteur de celle notice, Bosselet devint élève de 
celui-ci, et fit des études complètes d'harmonie, 
de contrepoint et de composition. En 1836, le 
premier prix lui fut décerné, et à cette occasion 
l'orchestre et le chœur du Conservatoire exécu- 
tèrent, au concert de la distribution des prix, un 
Laudate Domiman de sa composition. Bientôt 



BOSSELET — BOTENLAUBEN 



as 



après il se fit connaître avantaj^ciisemcnt par «les 
<:liaiî<s à 4 parties, pour voix d'hommes, dont 
plusieuis sont devenus populaires , et parmi les- 
quels on remarque : Notre-Dame de la Garde; 
Le Carillon de la Samaritaine; La Valse des 
étudiants d'Insprilck; Les Mineurs; Les Mois- 
sonneurs; Le Retour au village; Le Kendez- 
rous de chasse ; la Sérénade, et Les Chasseurs 
égarés. Tous ont été publiés dans des journaux, 
tels que Le Choriste, ou chez les éditeurs Lahou 
et Katto , à Bruxelles. Bosselet a écrit aussi des 
messes et des motets qui ontélé exécutés dans di- 
verses églises, ainsi que la musique de plusieurs bal- 
lets représentés au Théâtre Royal. Le 16 décembre 
1 853 il a fait exécuterau même théâtre une faraude 
cantate écrite pour l'anniversaire de la naissance 
du roi Léopold. Depuis 1835 il remplit les l'ont- 
tions de second chef d'orchestre au tliéâtrc royal. 
Kn 1840, il a été nommé professeur titulaire d'har- 
monie au Conservatoire et y a formé un ^land 
nombre dVlèves distingués. I*armi ses travaux 
figurent beaucoup de leçons d'harmonie à quaire 
parties, qui forment un cours complet. En 1852, 
l'Académie royale des sciences, des lettres et des 
beaux-arts de Belgique l'a nommé l'un de ses 
membres correspondants : il est aussi membre 
du jury du grand concours (\(i composition ins- 
titué par le gouvernement belge. 

liOSSI (Lucio), compositeur vénitien, qui vi- 
vait au commencement du dix-septième siècle, 
n'est connu que par un ouvrage qui a pour titre : 
Motettorum sex vocum liber priuius ; Venetiis 
ap. Vincentinum, 1606, in-4'». 

BOSSl ( ), né à Ferrare en 1773, a com- 

posé pour l'Opéra de Londres la musique de plu- 
sieurs ballets, notamment de ceux-ci : Little 
Peggi/s love; V Amant Statue, 1797 ; Acis and 
Gatalea. Le catalogue de Lavenu indique aussi 
des sonates pour piano delà composilion de Bossi. 
Il est mort à Londres, dans la prison du roi, au 
mois de septembre 1802, laissant ime femme et 
deux enfants dans une profonde misère. 

BOSSIUS (Jérôme), professeur de tbéologie 
à Milan, né à Pavie vers la lin du seizième siècle, 
a publié un petit écrit intitulé: Libellus de Sis- 
tris; Milan, 1012, in-l2. Sallengre l'a inséré 
dans sou Thesavr. Aniiquit. Homan., t. Il, 
p. 1373, sous le titre De Isiacis, sive de Sistro 
opusc, 

DOSSLER (HENRi-PniLipPE-CnAnLEs), con- 
.seiller du prince de Brandebourg-Onolzbach, et 
éditeur de nuisique à Spire, dans la seconde moitié 
du dix-huitième siècle, est auteur d'un traité élé- 
mentaire de musique en dialogues intitulé : 
Elementarbuch der Tonkunstzam Unlerrickt 
bi'im Klavier fiir Lelirende und Lernende mit 

BIOGR. L'NIV. DES MUSICIENS. — T. H. 



praktischen Beispielen. Spire, t782-17Pn, 2 vol. 
in-8° et un vol. in-4° d'exemples. Cet ouvrage 
parut par livraisons de mois on mois, sous la 
forme d'un recueil périodique. L'objet princi|)al 
du livre est l'étude du clavecin; maisj'auteur y 
traite aussi de l'harmonie, de la composition, et 
même de la musique des Flébreux. Bosslera élé 
aussi éditeur et rédacteur principal d'une gazelle 
de musique {Musikalischc fiealzeitung), qui a 
paru à Spire depuis le mois de juillet 1788 jus- 
qu'à la fin de juin 1790, en 4 volumes in-4", avec 
4 volumes de morceaux et d'exemples de musique 
publiés sous le titre iï Anthologie musicale 
(Musikalische Anthologie), ^ies six derniers 
mois de la gazette (juillet-décembre 1790) ont 
paru sous le titre de Correspondance musicale. 
lin 1792, Bossler transporta son établissement 
à Darmstadt, et plus tard à Leipsick. Les jour- 
naux de 1809 ont annoncé qu'il était décédé à 
Mannheimie 9 décembre 1808; mais M.CIi.-Ferd. 
Becker dit qu'il est mort le 9 décembre 1812, à 
Leipsick. 

BOSSNIS (Henri), magister et diacre à 
l'église des récollets d'Augsbourg, a publié en 
cette ville, en 1018, le cent-viugt-huitième psaume 
à six voix, in-4''. 

BOST ( M™' Louise), amateur de musique , 
née à Wufzbouri; vers 1810, s'est fait connaître 
par un écrit intitulé ; Caecilia. Betrachtungen 
iiber Kunst und Musik (RéHexions sur l'art et 
sur la musique). Wiir/.bourg, 1839, 1 vol. in- 12. 

BOTEl\LAUBEN (Othon de), comte de 
Henneherg, trouvère (Minnesinger) allemand, 
naquit vers la fin du douzième siècle. Il tirait 
son nom de Botenlauben, bourg de la Bavière, 
où vraisemblablement ses ancêtres possédaient 
un château, et était seigneur de Henneberg en 
Franconie. 11 se croisa avec son père et son frère 
en 1 2 1 7 . De retour de la Terre sainte, il se maria ; 
et sa femme, Beatrix, ([ui était de liaule naissance, 
lui donna plusieurs fils. La mort de Beatrix, peu 
avant 1244, décida le comte de Henneberg à se 
retirer dans le cloître de Frauenrode, aux envi- 
rons de Wiirzbourg, où il mourut le 4 octobre 
1254. On voit cette inscription sur sa tombe : 

Nobilis Otto cornes de Bodenlaubeque dives, 
Princepsfamosus, sapiens, forlis, generosus, 
Strenuusetjustus, praiclarus et ingeniosus; 
liicjacet occullus nunc cœli lumine fultus. 

Les manuscrits ont conservé quatorze chau- 
Gons d'Othon de Botenlauben, que M. Fr. Henri 
de Hagen a publiées dans sa grande collection 
des Minncsingers, t. 1, p. 27-32. On peut con- 
sulter sur ce trouvère l'ouvrage de M. de Hagen, 
quatrième luirtie, 14. p. 62, et la monographie 

3 



34 



BOTEJNLAUBEN — BOTTÉE DE TOULMON 



de M. Beclislein intitulée : Geschichte und Ce- 
dichte des Minnesangers Otto von Botcnlau- 
ben, Grafen von H enneber g ; Lt\\iûck , 1845, 
in- 4». 

BOTT (Antoine), bon \ioloniste à Cassel, est 
né en 17-9Ô, à Gross-Steinheim , petite ville sur 
le Mein. Pendant les années 1838-1842, il a dirigé 
à Cassel une société de musique instrumentale. 
On a de cet artiste deux suites de caprices pour 
le violon, dans la manière de Paganini, avec une 
préface instructive pour l'exécution de cette mu- 
sique, en allemand et en français. 

BOTT (Jean-Joseph), lils aîné du précédent, 
né le 9 mars 182G, à Cassel, a reçu de son père 
les premières leçons de violon et de piano. Ses 
rares dispositions pour la musique lui firent faire 
de si rapides progrès, que, dès l'âge de huit ans, 
il put se faire entendre dans quelques concerts 
et s'y faire applaudir. Charmé par son heureuse 
organisation, Spohr le prit comme élève, et cul- 
tiva son talent naissant avec tant de soin, que 
Uolt entreprit, dès l'âge de quatorze ans, un 
voyage, et donna des concerts à Francfort, à 
Breslau et dans plusieurs autres villes, avec le 
plus brillant succès. De retour à Cassel, il se livra 
à rétudedel'liarmonie, sous la direction de Haupt- 
mann {voy. ce nom). Après le départ de ce 
savant professeur pour Leipsick, Boit continua 
ses études de composition près de Spohr. Ayant 
entrepris un second voyage quelques années après, 
il visita Hanovre, Brimswick , Leipsick, Olden- 
bourg, Brème et Hambourg, donnant partout 
des concerts, et recueillant des applaudissements. 
En 1849, il fut nommé maître des concerts de 
la cour, quoiqu'il ne fût âgé que de vingt-trois 
ans. Trois ans après, le roi de Hanovre lui ayant 
fait offrir la place de maître de chapelle de sa 
cour, le grand duc de Hesse le retint à Cassel 
eu lui accordant la place de second maître de sa 
chapelle et du théâtre de la cour. Depuis lors , 
Boit a été chargé de conduire les opéras con- 
jointement avec Spohr. Il a fait preuve d'une 
rare habileté dans la direction d'un orchestre. Un 
si rapide avancement ne put empêcher que le 
jeune artiste ne fût saisi d'un profond sentiment 
de mélancolie. Dans un accès de ce mal , il se 
précipita dans la Fulde : heureusement il en fut 
tiré avant d'être submergé.On a gravé de lui : Plu- 
sieurs quatuors pour le violon; — Quatre mor- 
ceaux de salon pour violon et piano, op. 1 ; Ham- 
bourg, Schubert. — Un premier concerlino pour 
violon etorchestre, op. 2 ; ihid. — Andante Can- 
tabile pour violon et orchestre, op. 9; Cassel, 
Lueck. — Quelques morceaux détachés pour le 
piano, ibid.; six Lieder pour tonor avec piano, 
op. 8. ibid. — Des romances pour piano; etc. Des 



ouvertures de sa composition ont été exécutées 
dans les concerts de Cassel, en 1843 et 1848;enlin, 
il a fait représenter à Cassel, en 1854, un opéra 
intitulé V Inconnue , qui a obtenu du succès. 

BOTT (Jacques), frère puîné du précédent, 
est aussi violoniste à la chapelle du grand-duc 
(le Hesse-Cassel. La sœur de ces deux artistes, 
Catherine Bott, pianiste distinguée, s'est fait con- 
naître par son talent en Allemagne, à Paris et à 
Londres, dans les années 1838, 39 et 40. Elle est 
née à Cassel en 1824. 

BOTTA (Cuarles-Joseph-Guillaume), his- 
torien et médecin , né le 6 novembre 1 766, à Saint- 
Georges, dans le Piémont, est mort le 10 août 
1837. La vie politique et les-écrits historiques ou 
littéraires de cet homme distingué n'appartiennent 
pas à notre ouvrage : il n'est cité ici que pour son 
mémoire Sur la nature des sons et des tons, 
inséré dans les Mémoires de VAcadémle de 
Turin, année 1803, et dont il a été tiré quelques 
exemplaires à part. ♦ 

BOTTACIO ( Pall), maître de chapelle à 
Como, au commencement du dix-septième siècle, 
est auteur d'un recueil de madrigaux intitulé - 
/ Sospiri con altri madrifjali a cinque et otto 
voci. Libro primo. In Venetia, appresso Angelo 
Gardano e fralelli, 1609, in-4". L'épître dédi- 
catoire est datée de Como, le 20 juin 1009. 

BOTTE (Adolimie-Acuille), pianiste et com- 
positeur, est né le 26 septembre 1823 à Pavilly 
(Seine-Inférieure). Admis comm.e élève au Con- 
servatoire de Paris, au mois de janvier 1837, iJ 
y a fait des études de solfège et est devenu élève 
de Zimmerman pour le piano. On a publié de sa 
composition des pièces léi^ères de dilïérentsgenres 
(lour son instrument. Critique distingué, RI. Botte 
est attaché à la Gazette musicale de Paris, et y 
a ]i\iblié de fort bons articles. 

BOTTÉE DE TOULMON (Auguste), 
amateur de musique et bibliothécaire du Conser- 
vatoire de Paris, naquit dans cette ville, le 15 mai 
1797. Son père, administrateur des poudres et 
salpêtres, lui fit faire des études spéciales pour 
entrer à l'école Polytechnique; mais, après sa 
mort, Bottée de Toulmon renonça à la culture 
des sciences mathématiques pour lesquelles il ne 
se sentait pas de vocation , et se livra à l'étude 
du droit. 11 obtint son diplôme d'avocat en 1823; 
mais, indépendant par sa fortune, il n'exerça ja- 
mais cette profession, préférant suivre son pen- 
chant pour la musique, dont il avait appris les 
éléments dans son enfance. Il jouait un peu du 
violoncelle, ce qui le lit admettre dans la société 
d'amateurs qui donna des concerts au >Yauxhall 
pendant les années 1825 et 1826. Desvignes, 
maître de chapelle de la cathédrale de Paris, avait 



BOTTÉE DE TOULMON 



fié son itiaîlre cVliarmonie : il prit ensuite quel- 
ques leçons deReiclia. Pendant plusieurs années 
il avait fait d'assez grandes dépenses pour ras- 
sembler une collection de partitions des maîtres 
les plus célèbres , lorsque la publication de la 
Revue musicale, en 1827, tourna ses vues vers la 
littérature de la musique et vers son histoire, 
comme elle a fait de beaucoup d'autres en France : 
bientôt cette fantaisie devint en lui une passion 
ardente. Il lui manquait, pour y faire d'utiles 
travaux , une instruction fondamentale dans les 
diverses branches de l'art et de la science : il lui 
manquait surtout des vues, des idées, de la phi- 
losophie, elle grand art de généraliser, par lequel 
on rattache les faits particuliers à des causes pri- 
mordiales et universelles. Rien de tout cela 
n'existait pour lui ; mais il était doué de patience 
et de ténacité. S'il n'est point parvenu à produire 
par lui-même quelque chose de nouveau et d'une 
valeur réelle, il s'est du moins instruit des tra- 
vaux de ses devanciers, et a su s'en servir avec 
assez d'adresse pour se faire une certaine répu- 
tation de musicien érudit près des gens du monde. 
Pour satisfaire son goût de recherches, il offrit 
au gouvernement de remplir gratuitement les 
fonctions de bibliothécaire au Conservatoire : ses 
propositions furent acceptées, et il reçut sa no- 
mination au mois d'aoïlt 1831. La Société des 
Antiquaires de France l'avait admis au nombre 
de ses membres : il lit aussi partie du comité his- 
toriqueiustitué au ministère de l'inléritur, et reçut 
sa nomination de membre de plusieurs sociétés 
savantes. Les événements révolutionnaires de 
février 1848 ayant fait sur son esprit une vive 
impression, sa tête se dérangea, et dans la der- 
nière année de sa vie il ne sortit plus de chez 
lui. Une attaque d'apoplexie mit lin à son exis- 
tence végétative, le 22 mars 18ôO. On a imprimé 
de Bottée de Toulmon : r Discours .wr la 
question : Faire Vhlstoire de l'ait musical 
depuis V ère chrétienne jusqu'à nos jours, pro- 
noncé au congrès historique, au mois de no- 
vembre 1835; morceau à la fois pédant et super- 
ficiel, inséré dans la Gazette musicale de Paris, 
et imprimé séparément. Paris, imprimerie de 
Grégoire, 1836, in-8o de 10 pages. — 2" De la 
Chanson en France au moyen âge, dans l'An- 
nuaire historique de 1836, tiré à part; Paris, 
Crapelet, 1836, in-12 de 12 pages. Ce vaste sujet 
est à peine ébauché dans le travail de Bottée de 
Toulmon. — 3° Notice biographique sur les 
travaux de Guido d'Arezzo, dansles Mémoires 
de la Société des Antiquaires de France (I837, 
tome III). — 4° Des puys de Paltnods axi 
moyeu âge, dans la Revue française (juin 1836). 
L'objet de ce mémoire est le poëme de diverses 



formes qu'on chantait autrefois dans quelques 
provinces en l'honneurde l'Immaculée Conception 
de la Vierge : ce poëme s'appelait Palinod, d'où 
est venu palinodie. — 5" Des instruments de 
musique en usage an moyen âge, dans VAn- 
nuaire historique de 1838, tiré à part; Paris 
Crapelet, in-12 de 18 pages. Bottée de Toulmon 
a étendu ensuite et refondu son travail dans une 
Dissertation sur les instruments de musique 
employés au moyen âge, dans les mémoires de 
la Société de l'Histoire de France (VIP vol. 
2« série, 1844). Bottée de Toulmon a fait tirer 
à part cet écrit, à Paris, chez E. Duverger, 1844, 
in-8° de 109 pages, avec 2 planches. Cette se- 
conde rédaction est encore bien imparfaite. — 
6" Instruction du Comité historique des arts 
etmonuments, dans la Collection de documents 
inédits sur Vhistoire de France, publics par 
ordre du roi et par les soins du Ministère de 
l'instruction publique, in i" de 13 pages, avec 
7 planches (de l'imprimerie royale, s. d.). Celte 
instruction a pour objet la recherche des monu- 
ments de l'histoire de la musique, particuiière- 
mentdes manuscrits et des fragments de notations 
anciennes : elle fourmille d'erreurs et de non- 
sens. — 7° Observations sur Ici moyens de res- 
taurer la musique religieuse dans les églises 
de Paris; Paris, Paul Dupont, 1841 , in-8°, — 
8" Notice des manuscrits autographes de la 
musique composée par feu M. L-C.-Z.-S. 
Cherubini, ex-surintendant de la musique du 
roi, directeur du Conservatoire de musi- 
que, eic. Paris, 1843, in-S» de 30 pages. Bottée 
(le Toulmon a donné aussi dans l'Encyclopédie 
catholique l'article Adam de la Halle; ceUs 
notice a été réimprimée dans le Théâtre-fran- 
çais du moyen âge, publié par MM. Monmerqué 
et Francisque Michel; Paris, 1839, gr. in-S" 
(pages 49-54). Bottée de Toulmon a laissé enma- 
nuscrit une traduction française de l'hjntoire de 
la musique moderne en Europe, de Kiesewetter 
(voy. cenom). Comme bibliothécaire du Conser- 
vatoire, il a fait une chose très-utile, en faisant 
copier 95 manuscrits précieux de la bibliothèque 
royale de Munich, lesquels contiennent les com- 
positions d'Isaak , de Senfel , de Brumel et de 
beaucoup d'autres musiciens célèbres des quin- 
zième et seizième siècles. Ces ouvrages sont, à la 
vérité, en parties séparées; mais ils offrent aux 
musiciens instruits les moyens de les mettre en 
partition et de faire connaître des monuments 
intéressants de l'histoire de l'art. Lui-même 
avait conçu le projet de la publication d'un 
Recueil de documents inédits de l'art musi- 
cal, depuis le treizième jusqu'au dix-septième 
siècle, lequel aurait renfermé toutes les messes in- 

3, 



36 



BOTTÉE DE TOULMON — BOTTESINI 



litulécs de l' Homme armé eiAe Beata Yirgine; 
mais il n'a ym réaliser cette entreprise trop gi- 
gantesque pour ses connaissances. M. Vincent, 
de l'Institut de France, a publié une Notice sur 
la vie ei les travaux de M. Bottée de Toul- 
inon, membre résident de la Société des Anti- 
quaires de France; Paris, 1851, in-S». 

BOTTEGAllI (CosiMo), musicien italien, 
(nt attaché au service du duc de Bavière, dans 
la seconde moitié du seizième siècle. 11 a publié 
un recueil, en deux livres, de madrigaux composés 
par les plus célèbres artistes de cette chapelle et 
par lui-même, sous ce litre : Il primo ed il sccondo 
libro de' madrigali a cinque voci con uno a 
dieci de' floridi virtuosi del serenissimo ducca 
di Bavicra, cioè : Orlando di Lasso, Giuseppe 
Guami, Ivo de Venta, Francesco da Lucca, 
Antonio Morari , Giovanni ed Andréa Ga- 
brielli, Antonio Gosvino, Francesco Lacidis, 
Fileno Cornazzani , Francesco Mosto, Jos- 
quino Sale, Cosimo Bottegari. Venezia, op- 
pressa iherede di Girolamo Scotto, lâVâ, 
in-4°. 

BOTTEONI (Jean -Baptiste), chanoine 
de Segna, petite ville de la Croatie, lit ses études 
à Venise. 11 est connu comme compositeur 
par la musique de l'opéra intitulé : L'Odio pla- 
cato, exécuté par la noblesse de Gorice, en 
1G96. 

DOTTESINI (Giovanni), virtuose sur la 
contrebasse et compositeur , est né à Crema 
(Lombardie) , le 24 d^icombre 1823. 11 commença 
l'étude de la musique cl du violon dans sa ville 
natale; et, lorsqu'il eut atteint l'âge de treize ans, 
H entra au Conservatoire de Milan. 11 y devint 
élève de Rossi pour la contrebasse, et François 
Basilj lui enseigna l'harmonie et le contrepoint. 
Après le départ de ce maître pour Rome, son 
successeur, Vaccaj , termina l'éducation musicale 
de Bottesiui. Vers 184j0, ce jeune artiste, âgé 
seulement de dix-sept ans, sortit du Conserva- 
toire et parcourut toute l'Italie, en donnan-tdes 
concerts jusqu'en 1840. Parvenu alors à l'âge de 
vingt-trois ans , il reçut la proposition d'un enga- 
gement en qualité de chef d'orchestre au théâtre 
de la Havane, et l'accepta. Pendant son séjour 
dans cette colonie , il écrivit la musique d'un petit 
opéra espagnol, intitulé Cristophe Colomb, qui 
fut représenté avec succès. Depuis lors, et à di- 
verses époques , Botlesini a fait des voyages en 
Amérique, parcourant les Étals-Unis, le Mexique 
et les autres partios méridionales du n-ouveau 
monde. 11 était à Mexico au moment de la mort 
«le M""^ Sonlag, comtesse de Rossi (juin 1854). 
De retour en Europe, le virtuose tro-iiva en An- 
gleterre les succès d'élonnemcnt et d'cntliousiasmc 



que son prodigieux talent lui avait fait rencontrer 
partout. A diverses reprises, il en parcourut les 
provinces ainsi que l'Ecosse et l'Irlande. 

Engagé comme chef d'orchestre du théâtre ita- 
lien de Paris , il prit possession de celle place 
le 2 octobre 1855, et en continua le service pen- 
dant deux années. Il y fit preuve des qualités 
nécessaires dans un emploi de cette nature, et y 
montra autant d'intelligence que d'aplomb. Le 
23 février 185G,il fit représenter au même lliéàtre 
l'opéra de sa composition qui avait pour titre : 
VAssedio di Firenze. Ou y remarqua quelques 
bons morceaux, et les journaux de musique ren- 
dirent justice à la distinction et à la facture de 
l'ouvrage. Avant de quitter la direction de l'or- 
chestre du théâtre italien de Paris, Boltesini 
reçut un témoignage flatteur de l'estime des ar- 
tistes qui le composaient : Hs lui offrirent un 
bâton demesureornéd'une inscription honorable. 
Pendant les années 1857 et 1858, il parcourut 
l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, la France 
et l'Angleterre, donnant partout des concerts qui 
étaient autant de tri(tin|)lies pour son talent. En 
1859, il retourna en Italie, et fit représenter, au 
théâtre Santa-Radcgonda , le petit opéra bouffe 
intitulé II Diavolo délia notte , qui lut accueilli 
avec beaucoup de faveur. Peu de temps après il 
retourna en Angleterre, où il était engagé pour de 
nouvelles excursions de concerts. Au moment 
où cette notice est écrite ( 18G0), il est de retour 
à Paris. 

De tous les artistes qui se sont fait une ré- 
putation de virtuose suc la contrebasse, Botle- 
sini est celui dont le talent a pris l'essor le plus 
élevé. La beauté du son qu'il tire de l'instrument 
ingrat auquel il s'est adonné ; sa dextérité mer- 
veilleuse dans les traits les plus difficiles ; sa ma- 
nière de chauler, la délicatesse et la grâce de ses 
ornements , composent le talenl le plus complet 
qu'il soit possible d'imaginer. Par son adiesse à 
saisir les sons harmoniques dans toutes les posi- 
tions, Boltesini peut lutter sans désavantage avec 
les violonistes les plus habiles; c'est ainsi que, 
dans un duo de sa composition pour violon et 
contrebasse concertants, qu'il a souvent exécuté 
à Londres avec Sivori , et à Paris avec Sighicelli, 
il a toujours fait éprouver à l'auditoire autant 
d'admiration que de plaisir. Rien de plus éton- 
nant que cette lutte de deitx instruments si dif- 
férents de moyeU'S et de caractère ; il faut y avoir 
entendu Boltesini pour croire à la possibilité que 
le ^éant des instruments à cordes ne soit jamais 
vaincu sous le rapport de la sonorité comme sous 
ceux de la justesse et de la légèreté. Dragonetti , 
DairO|;',lio, Muller de DarmslatU , ont été des ar- 
tistes d'exception sur la contrebasse : ils ont ex- 



BOTTESIINI — BOTTIUGARI 



37 



.cité l'c'lonneinent de leurs contemporains par des 
<|ualités d'autant plus remarquables, qu'ils étaient 
,on n)(^nie temps excellents contrebassistes d'or- 
rhestre; mais aucun d'eux n'a possédé le bril- 
lant et la sûreté d'exécution qui brillent au plus 
baut de^ré dans le talent de Bottesini. A sa pre- 
mière ai)parilion dans Paris , il joua à une des 
séances de la société des concerts du Conserva- 
toire, et y (it naître un enthousiasme dilficile 
à décrire. Cette société lui décerna par acclama- 
lion une médaille d'honneur. 

ijoltesini a écrit un grand nombre de morceaux 
pour son instrument, tels quesolos, airs variés, 
fantaisies et concertos. On a surtout applaudi à 
Paris sa fantaisie sur la Sonnanbula, ses va- 
riations sur le Carnaval de Venise, et le duo 
dont il a été parlé précédemment. Tous ces mor- 
ceaux sont restés en manuscrit jusqu'à ce jour. 
Nonobstant l'admiration inspirée par le talent 
prodigieux de l'arliste qui est l'objet de cette no- 
tice , il n'est pas moins regrettable que de si 
grandes facultés soient employées en quelque 
sorte en pure perle à triompher de difficultés 
inséparables d'un instrument don! la destination 
n'e.st pas de charmer. Le résultat des merveiltes 
opérées par un talent tout exceptionnel n'est et 
ne peut être que de l'étonnûiiient, de la stupé- 
faction, mais non ce plaisir pur et suave que 
produit un instrument joué avec perfection dans 
sa destination naturelle. 

BOTTIGER ( Cuaiîles-Auguste). Voy. 

BOETTICER. 

liOTTOMBY ( Joseph ), né à Halifax, dans 
le duclié d'York , en 1780, manifesta de Iwnne 
heure du goiit pour la musicpie. A l'âge de huit 
ans, il jouait déjà des concertos de violon et tou- 
chait le piano. A douze, il fut placé sous la direc- 
tion de Grimshaw, organistede Saint-Jean à Man- 
chester, et de Watts, directeur des concerls. lia 
reçu, depuis lors, des leçons de violon de Yanewitz 
et Woefll fut son maître pour le piano. En 1807, 
il fut nommé organiste de l'église paroissiale de 
Bradford; il quitta ensuite cette place pour une 
semblable à Halifax. Depuis 1820, il est fixé à 
Shefficld, où il se livre à l'enseignement. H a pubhé 
les ouvrages suivants : — lo Six exercices pour 
piano. — 2° Douze sonatines. — 3° Deux diver- 
tissements avec accompagnement de flîite. — 
4° Douze valses. — 5° Huit rondos. — go Dix airs 
variés.— 'o Duo pour deux pianos. — 8° Un petit 
dictionnaire de musique qui u paru à Londres, 
en 1816, sous ce titre : A Dicdonurtj of Music, 
in-S". (Voy. Biblioth. Britann. de M. Koberl 
Walt, Part. I, 138 a.) 

liOTTIlIGAIll (Hercule), chevalier de la 
milice dorée du pape, naquit à Bologne, au mois 



d'aoïlt 1531 , d'une famille noble et ancienne de 
cette ville. Il reçut une tirillanlc éducation , 
et cultiva les lettres et les sciences avec succès. 
Il était surtout bon musicien, et avait fait une 
élude sérieuse de la musiciuedes anciens. Partisan 
déclaré de la doctrine d'Aristoxène, et adver- 
saire des proportions mathémati(pies des inter- 
valles des sons enseignées par les pythagoriciens , 
il fit de ses idées à ce sujet l'objet d'une partie 
de ses travaux. Il mourut dans son palais de 
Saint-Albert, à Bologne, le 30 septembre 1012. 
Une médaille a été frappée en son honneur -. 
elle représente d'un côté son buste orné du collier 
de Saint- Jean-de-Latran , avec ces mots : Her- 
cules ButMgarius sacr. Later. Au. Mit. Aur. 
Au revers, on voit sur cette médaille un luth, une 
équerre, un compas, une palette et cet exergue •• 
Nec has quxsivisse salis. On n'a point à s'oc- 
cuper ici de quelques livres de Bottrigari qui con- 
cernent les sciences. Ses ouvrages imprimés sur 
la musique sont : — 1" // Palrizio, ovvero de' 
tetracordi urmunici di Aristosscno , parère c 
vera dimustrazione; Bologne, IM3, in-4''. Pa- 
trizzi, dont la haine ardente contre la philosophie 
d'Aristote et de ses sectateurs saisissait toutes les 
occasions de l'attaquer, avait fait, avec raison, 
une critique amère de la fausse théorie d'Aris- 
toxènc concernant la division du ton en deux 
parties parfaitcnietitégales,et de la formation des 
télracordes, conformément à cette théorie. Cette 
critique avait paru dans la seconde partie ( Deçà 
dispulata ) du livre du philosophe platonicien 
\ai\[u\ù Délia poctica ; i'errare, 1586, 2 vol. in-4". 
C'est [lour la combattre que Bottrigari écrivit son 
ouvrage, dans lequel il se montre aristoxénien 
convaincu et passionné; mais la vérité était ici 
du côté de Patrizzi. — 2° H Desiderio ovvero 
de' concerli di varii stromcnti musicali, Dia- 
logo nel quale anco si ragiona délia parlici- 
puzione di cssi slromenti , e di molle altre 
cose pertinenti alla musica, du Alemanno 
Benelli; ùi Venezia, Kicciardo Amadino, 159i, 
in-4'^' (1). Ce nom d' Alemanno Benelli est l'ana- 
gramme d'^n«ïteteA/eZone (voy. Melone), élève 
et ami de Bottrigari, parce que celui-ci avait désir<' 
rester inconnu ; mais, blessé de ce que Melone se 
donnait pour l'auteur du livre, il le fit réimprimer 
sous son nom, eu 1599, à Bologne, un vol. in-4°. 

(I) J'ai dit, dans la première édition de celte Biographie, 
que la première édition de ce livre a été publiée à Bo- 
logne, en 1590, per il Bellagambd, et qu'il en existait 
un exemplaire diargé de» notes de Bottrigari dans la Pi- 
bliothèque du P. Martini, Â Bologne, J'étais mal renseigne 
à cet égard, car j'ai vu en 58U les exemplaires qui ont 
appartenu au P. Martini dans la blbliolhèque du Lycée mu- 
sical de Bologne, et ce sont ceux des éditions de Venise, 
139V, et B&lognc 1399. L'édition supposée de 1590 nVxlsto 
pas. 



38 



BOTTRIGARI — BOUCHER 



De son coté Melone soutint sa prétention en fai- 
sant reparaître le livre sous son propre nom, 
à Milan, en IGOl. Cette édition de Milan n'est 
autre que le reste des exemplaires de celle qui 
avait été pul)liée à Venise, en 1594, avec un 
nouveau frontispice. Néanmoins les deux ann's 
se réconcilièrent par la suite, ainsi qu'on le voit 
par l'article suivant : — 3" // Melone, discorso 
annonico, ed il Melone seconda, considerazloni 
musicali del medesimo sopra un discorso di 
M. Gandolfo Sigonio intorno o' mudrïgali 
ed a' lïbrï deW Anlica musica rïdotta alla mo- 
derna prattica, di D. ISicola Vincent ino , e 
nelfineesso discorso del Sigonio; Ferrare, IG02, 
in-4". Annibal Melone avait écrit une lettre à Bot- 
trigari sur ce sujet -. Se le canzoni musicali mo- 
derne comimineiuente dette madrigali, o mo- 
tetli, sipossono ragionevolmente nominare di 
uno de' trepuri e semplici generi armonici, e 
quali debbono esserlè veramcnte tali. C'est 
pour répondre à celte lettre que Bottrigari a com- 
posé la première partie du Melone. Il partage 
les idées émises longtemps auparavant sur ce sujet 
parNicolasVicentino {voij. ce nom), et croit à la 
|)0ssibiiité des genres cliromatique et enharmo- 
nique des Grecs, appliqués à l'ancienne tonalité 
et à l'harmonie consonnante; mais il croit que 
cette application ne peut se faire que dans le sys- 
tème mixte et tempéré appelé par les Italiens du 
seizième siècle p«r/*dpa?o (voyez H Melone , 
p. IG et suiv, ). Jean-Baiitiste Doni est tomhé dans 
les mêmes erreurs {Aggiunta al compendio del 
Trattato de' generi e de'' modi délia musica, 
p. 120etsuiv.); mais toutes ces opinions sont des 
non-sens dont Artusi a lait justice dans son livre 
Belle imper fettioni délia moderna musica (p. 28 
et suiv. ). Indépendamment de ces ouvrages impri- 
més, Bottrigari a laissé les suivants en manuscrit : 
1* / cinque libri di musica di Anit. Manl. 
Sever. Boethio, tradolti in parlare itaiiano, 
1579. ( Vo!j. Martini, Stor. délia mus., t. I, 
p. 451.) — 20 11 trimerone de' fondamenti ar- 
monici, dans lequel il est traité des tons , des 
tropes, ou moiks anciens et modernes, ainsi 
que de la notation à diverses époques. (Voy. 
Martini, Ibid., t. I, p. 451.) —3" Une tra- 
duction duCommentaire de Macrohesurla partie 
du Songe de Scipion {V. CicÉnoN et Macroee) 
qui concerne l'harmonie des sphères célestes ; 
— 4° Une traduction du traité de musique de 
Cassiodore. Bottrigari a aussi traduit en italien 
les traités d'Euclide, l'abrégé dePseilus, le dia- 
logue sur la mus.ique de Plutarquc, les ouvrages 
d'Alypius, de Censorin, de Bcde et de Fogliani 
( Voy. ces noms ). Tous ses ouvrages existent 
dans la Bibliothèque du Lycée musical de Bo- 



logne. — .'>° Enfin, le père Martini possédait un 
exemplaire de la traduction d'Aristoxène et de 
Ptolémée par Gogavin, chargé de corrections de 
la main de Bottrigari, et accompagné d'une tra- 
duction italienne, dont il était l'auteur. 

Gerber, dans l'article Mfl?'<ùii (Jean-Baptiste) de 
son ancien lexique desmusiciens, est tombé dans 
une singulière méprise : il dit, en parlant de ce sa- 
vant musicien, q(je son ami Bottrigari lui avait 
laissé sa riche bibliothèquemusicale. Or Bottrigari 
était mort quatre- vingt-q uatorze ans avant la nais- 
sance du P. Martini ; ce qui n'a pas empêché Cho- 
ron et FayoUe de copier cette bizarre erreur, dans 
leur Dictionnaire des nuisiciens. L'abbé Bertini n'a 
pas fait cette faute dans le Dizionario storico-cri- 
ticodegliscrit(oridi7nusica.G'e&tun descendant 
de Bottrigari, lequel était abbé, qui a laissé par 
testament au P. Martini les livres de musique 
provenant de l'ancienne bibliothèque de cet écri- 
vain. 

BOUCHER (Hector), dit VEnfant, eut 
de la réputation comme compositeur au seizième 
siècle. Suivant un compte de dépense de la cour 
de François l", dressé en 1532 (Mss. de la Bi- 
bliothèque du Roi, F. 1500 du supplément), on 
voit qu'il était haute-contre de la chapelle de ce 
prince et qu'il avait trois cent soixante livres de 
gages. Il fut aussi chanoine de la Sainte-Chapelle 
du palais. Un nombre assez considérable de mo- 
tets et de chansons à quatre, cinq et six parties, 
composés par l'Enfant, se trouve dans les recueils 
publiés par Nicolas Du Chemin et Adrian Le Roy. 
La plus ancienne publication de ce genre est un 
motet du môme musicien, inséré par Pierre At- 
taignant dans le deuxième livre de ses motets 
de divers auteurs qui a paru sous ce titre : Pas- 
siones Dominiez in ramis palmarum, Veneris 
sancte, nec non lectioncs feviarum quinte, 
sexte, ac sabbati hebdomudx sanctœ. Ce motet 
est un in-pace. (Voyez Inf'.ntis). 

BOUCHER (Alexani>re-Jean), né à Paris 
le 11 avril 1770, s'adonna de bonne heure à l'é- 
tude de la musi(pie et du violon sous la direc- 
tion de Navoigillo aîné. Il avait à peine atteint 
sa sixième année lorsqu'il joua à la cour, et dans 
sa huitième, il se fit entendre au concert spirituel. 
A l'ùge de quatorze ans, lîouclier fut le soutien 
de sa famille; à dix-sept, il partit pour l'Espagne, 
où il entra au .service de Cliarics JV, en qualité 
de violon solo. Après un long séjour dans ce pays, 
sa saute s'altéra, et il obtint un congé, dont il 
profita pour revenir en France. De retour à Pa- 
ris, il .se fit entendre aux concerts de M'"" Cata- 
lani donnés à l'Opéra, en 180G, et à ceux de Mm'"' 
Grassini et Giacomelli, au mois de mai 1808. On 
trouva sa manière extraordinaire : les uns l'ac- 



BOUCHER 



BOUELLES 



30 



cusaient de manquer de savoir dans le int^ca- 
iiistue de larclict; les aulrcs, de s'abandonner 
trop à de certaines saillies qui ressemblaient à du 
cliarlatanisme ; mais tous étaient obligés d'avouer 
quil ne copiait personne, et qu'il n'avait de mo- 
dèle que lui-môme. Lorsque Napoléon retint 
Charles IV prisonnier à Fontainebleau, Rouclier 
donna à ce prince infortuné une preuve d'attacbe- 
nient en se rendant auprès de lui; dévouement 
auquel le monarque fut sensible. Après la res- 
tauration. Doucher a passé plusieurs années à 
l'aris; vers 1820, il s'est mis à voyager en Alle- 
magne et dans les Pays-Bas, et partout il a ex- 
cité l'étonnement. Il a souvent conté celle anec- 
dote de son voyage : en 1814 il arriva en Angle- 
terre, et son violon n'ayant pas été déclaré à la 
douane.de Douvres, fut saisi. Il s'en empara aus- 
sitôt, joua des variations improvisées sur l'air 
God save the King, et séduisit par son jeu les 
douaniers, qui lui rendirent son instrument. De 
retour à Paris, Boucher s'est livré à l'enseigne- 
ment et a joué dans quelques concerts; mais, mé- 
content de sa position, il s'est éloigné de nou- 
veau de la capitale de la I^rance, a traversé l'Al- 
lemagne, la Pologne, et s'est rendu en Russie. 
En 1844, il était à Francfort, oii il se fit entendre; 
puis il retourna à Paris. Depuis lors il s'est fixe 
près d'Orléans. Au moment où cette notice est 
revue, Boucher vient d'arriver à Paris : il est âgé 
de quatre-ving-dix-ans; néanmoins il s'e.^t fait 
encore entendre en présence de quelques artistes 
(18G0). On remarque dans les traits de ce Nestor 
des violonistes une ressemblance sensible avec 
ceux de Napoléon Bonaparte. Il s'est souvent 
amusé lui-même de cette similitude, et s'est coiffé 
de la même manière que le conquérant. On 
connaît de cet artiste : 1° Premier concerto pour 
violon et orchestre; Paris, Pleyel. —2" Mon 
caprice, deuxième concerto idem; Bruxelles, 
WeissenbrucU. La femme de Boucher (M™*^ Cé- 
leste Gallyot) s'est fait entendre avec succès, 
comme harpiste, dans les concerts de Feydeaii 
en 179i. Elle est morte à Paris dans le mois de 
février 1841. 

BOUCHERON (Raimond), maître do cha- 
pelle à Vigevano, dans la province de Novare, en 
Piémont, est né dans le royaume de Sardaigne, 
au commencement du dix-neuvième siècle. Cet 
artiste a beaucoup écrit pour l'Église et a fait 
exécuter à Vigevano, les 5, 6 et 7 octobre 1840, 
deux messes et un Requiem de sa composition. 
Il a publié un Pater noster ( Orazione domini- 
cale) pour un chttîur à quatre voix, à Milan, 
chez Ricordi , et quelques chants à voix seule, 
chez le môme. L'ouvrage le plus important de 
M. Boucheron est un livre qui a pour titre Filosofia 



délia musica, o Estetica appticala a quest' 
arte; Milan, Ricordi, 1842, un vol. gr. in-S" 
de IGO pages. Bien que l'auteur de ce livre n'ait 
ni la profondeur de vues, ni l'étendue de connais- 
sances nécessaires pour un tel ouvrage, on y 
trouve néanmoin>i des a[ierçus qui ne manquent pas 
de ju<tes.se. Après avoir traité du beau en général 
dans l'introduction, M. Boucheron développe, en 
douze chapitres, la théorie du beau en particulier 
dans la musique, et traite du caractère des instru- 
ments, des voix, de la tonalité, de quelques 
ressources du contrepoint, de la peinture musicale, 
de la variété des caractères, de la musique à l'é- 
glise, au théâtre et dans le style instrumental, etc. 
M. Boucheron a participé à la rédaction delà 
Gazzeda musicale dl Milano pendant plusieurs 
années. Le 8 se|)tembre 1851, il a fait exécuter 
à la cathédrale de Milan une me.sse solennelle de 
sa composition. Le style en était un peu sec ; mais 
on y remarquait du savoir. 

BOUCIIET (CuAKLF.s), professeur de piano 
et compositeur (!), né à Marseille, s'est fixé dans 
sa ville natale. Il a publié de sa composition la 
cantate de Circé (de J.-B. Rous.seau), avec ac- 
compagnement de piano, une nouvelle invitation 
à la valse, dédiée à la mémoire de Weber, un 
rondeau brillant pour le piano et un grand final 
brillant pour le même instrument, à Marseille, 
chez Boisselol. Blanchard a fait une analyse plai- 
sante de toute celte musique pire que médiocre, 
dans la Gazelle musicale de Paris (1837, 
p. 471 et suiv). 

BOUDIER (Gebmain LE), maître des enfants 
de chœur de Notre-Dame de Nantes, né vers le 
milieu du seizième siècle , obtint au concours du 
Pwj de musique d'Évreux, en 1581, le prix du 
luth d'argent, pour la composition de la chanson 
française à plusieurs voix : Et la fleur vole. 

BOUDÏIX (Jean), en latin Boudinius, né à 
Furnes , petite ville de la Flandre, fut président 
du conseil de cette ville. Le catalogue des livres 
de M. de Peralta indique sous ce nom un ouvrage 
intitulé : De Prxslanlia musicœ velcris; Flo- 
rentiae, 1647, in-4o. Il n'est pas douteux que cette 
indication est une erreur, et que ce traité n'est 
autre que celui que Doni a publié la môme année, 
dans la même ville et sous le môme titre. 

BOUELLES, BOUILLES, ou BOU- 
VELLES (Charles), en latin Bovillus, né 
à Sancourt, village de Picardie, vers 1470, 
étudia les mathématiques, et particulièrement 
la géométrie sous Lefèvre d'Eta|)les. Après avoir 
voyagé en Espagne et en Italie, il obtint 
un canonicat àNoyon, où il enseigna la théo- 
logie. 11 est mort vers 1553. Parmi ses ou- 
vrages, on lui attribue ceux-ci : L De com- 



40 



BOUELLES — BOUGEANT 



titutione et uliUtate arlium humananim; 
Paris, Jehan Petit, sans date, in-4o. — II. Rttdi- 
menta miisicee figuratx, 1512, in-8o. Ce dernier 
livre a été cité par Gesner, dans sa Bibliothèque 
universelle ( lib. 7, tit. 3 ), et c'est d'après lui que 
Forkel et Lichtenthal en ont parlé; mais je suis 
bien tenté de croire qu'il y a dans cette citation 
une de ces nombreuses méprises où Gesner s'est 
laissé entraîner, et que l'ouvrage dont il s'agit n'est 
autre que celui de Wollick ( voij. ce nom), dont 
la seconde partie, contenant le livre cinquième, 
qui traite de la musique mesurée, et le sixième, 
relatif au contrepoint, a été séparée des quatre li- 
vres de la première (qui ne traitent que du chant 
ecclésiastique), et a été publiée en 1512, in-4° 
par François Regnault, sous le titre de Enchiri- 
dion musicx fiyiiratx. Le môme imprimeur a 
donné, en 152i, ia cinquième édition du livre 
complet de Wollick. Lipenius a cité l'édition de 
1512 {in Dibliolh., p. 977, c. 2), sous le titre de : 
IS'icolai Wollici Enchiridion musices. Or, re- 
marquez que le nom de Wollick a été souvent 
cité sous la forme latine de Bolicius. Il est 
vraisemblable que ce nom aura été mal écrit 
par quelque copiste, ou mal lu par Gesner, et 
qu'on en aura fait Bovillits, car je n'ai vu citer 
par aucun auteur de livre sur la musique sous 
ce dernier nom. Au reste il n'est pas inutile de 
retnarquer que Gesner semble s'être corrigé lui- 
même dans l'abrégé de sa bibliothèque {liiblïot. 
in epUom. red., \>. G35) ; car il y indique, sous 
la date de 1512, V Enchiridion musices de Wol- 
lick. 

BOUFFET (Jean-Baptiste), compositeur et 
professeur de chant, naquit à Amiens, le 3 oc- 
tobre 1770, et fit ses études musicales comme en- 
fant de chœur à l'église cathédrale de cette ville. 
Arrivé à Paris en 1791, il devint élève de To- 
meoni pour le chant. Il était doué d'une belle 
voix de ténor élevé, appelée en France haule- 
contre : cet avantage le fit rechercher dans le 
monde, et bientôt il devint un des professeurs de 
chanta la mode. En 1806 Lesueur le (it admettre 
comme ténor dans la chapelle de l'empereur Na- 
poléon : il conserva la même position dans la 
chapelle du roi, après la restauration. Ses ro- 
mances, chansons, rondeaux et nocturnes eurent 
un succès de vogue au commencement de ce 
siècle : il en publia environ quatre-vingts à Paris, 
chez Naderman. En 1794, il (it jouer au théâtre 
Montansier un opéra en un acte de sa comj)o- 
siiion intitulé L'Heureux Prétexte: cet ouvrage 
fut bien accueilli par le public. Il a laissé en ma- 
nuscrit deux messes à quatre voix, dont une avec 
orchestre ; trois psaumes ; trois Magnificat ; deux 
Salve Regina,et un Stabat à 4 voix, chaur et 



orchestre. Frappé d'une paralysie du cerveau, qui 
le |iriva de la mémoire et de la parole, en 1830, 
Bouffet eut pendant quelques années une exis- 
tence végétative : il mourut à Paris le 19 janvier 
183â. Un de ses amis, M. Jules Lardin, a publié 
■une Notice sur J.' II. Bouffet y compositeur et 
professeur dédiant; Paris, 1835, imprimerie do 
Cosson , in-8" de IG pages. 

BOUFIL (Jacques-Jui.es), né le 14 mai 
1783, entra le 6 prairial an XI au Conservatoire 
de musique, où il prit des leçons de Xavier Le- 
febre pour la clarinetle. Ses progrès furent ra- 
pides, et aux concours de celte école, il obtint 
d'une manière brillante le premier jirix de sou 
instrument. En 180711 entra connue seconde cla- 
rinette au théâtre de l'Opcra-Comique : dans la 
suite il partagea l'emploi de piemière avec Du- 
vernoy ; et enfin il resta chef de cet em[)loi en 
1821. M. Bouftl s'est fait entendre avec succès 
dans plusieurs concerts. Parmi ses compositions 
on remarque: 1° Ouverture; six airs variés, et |)ot- 
pourri d'airs nationaux pour flùle, deux clari- 
nettes, deux cors et deux bassons, liv. 1 et 2; 
Paris, Gambaro. — 2° Duos pour deux clarinet- 
tes, œuvres 2, 3 et 5, Paris, Jouve et Gaveaux. 

— 3" Duo pour piano et clariuelte, Paris, Ga- 
raudé. — 4° Trois trios pour trois clarinettes, 
op. 7; Paris, A. Petit. — 5° Idem, op. 8; ibid. ; 

— 6» Trios pour deux clarinettes et basson ; 
ibid. 

BOUGEAIT (GuILIA^JME-HvACl^THE), jé- 
suite, né à Quimper, le 4 novembre 1690, professa 
successivement les humanités et l'éloquence dans 
plusieurs collèges de sa société. Son ingénieux 
ouvrage intitulé : Amusements philosopitiques 
sur le langage des bêtes lui causa des persécu- 
tions et des chagrins; il fut exilé à la Flèche. 
Après sa rétractation, il lui fut permis de revenir 
à Paris, où il est mort, le 7 janvier 1743, âgé de 
cinquante-trois ans. Le P. Bougeant a publié : 

I. Une dissertation intitulée : Nouvelles conjec- 
tures sur la musique des Grecs et des Latins, 
dans les mémoires de Trévoux, juillet 1725, 
tom. XLIX. Il entreprend d'y réfuter la disser- 
tation de Burette sur la symphonie des anciens, 
en ce qui concerne l'usage que les Grecs et les 
Piomains auraient fait de l'harmonie simultanée 
des sons. 11 ne pense pas qu'ils y aient admis 
des suites de tierces, |iar la raison que cet inter- 
valle était considéré par eux comme une disson- 
nance, au même degré que la seconde. Cette 
dissertation a été insérée dans la Bibliothèque 
française de Camusat, tome 7, p. 1 1 1 à 139. — 

II. Dissertation sur la récitation ou le chant 
des anciennes tragédies des Grecs et des Ho- 

i mains , dans les mémoires de Trévoux , lévrier 



BOUGEAINT — BOULE^GF,R 



41 



1735, tom. LXVllI, p. 248-279 ; travail beaucoup 
trop concis pour la nature du sujet. 

BOUILLAULD (Ismael), en latin Btd- 
lialdtis, naqiiitàLoudunJe 28 septembre 1G05. 
Après avoir étudié la tliéologie, l'histoire sacrée 
el profane, les niatbéniatiques et particulièrement 
l'astronomie, il voyagea en Italie, en Allemagne, 
en Pologne et au Levant. 11 abjura la religion 
protestante, dans laquelle il était né, pour se faire 
callioliqiie romain, et se retira à l'abbaye de 
Saint-Virtor, oii il mourut le 25 novembre 1694. 
Bouillaud a donné la première édilion de ce qui 
reste de Théon de Smyrne, avec une traduction 
latine el des notes, sons ce titre : Thconis Smyr- 
nsci Platonici earum qitoe in Ma/hcmadcis od 
Platonis lectionem utiliasunt, cxpositio. Ebi- 
MiothecaThuana. Optts mine primumeditum, 
latina vcrsione, ac noiis illustrai am; Paris, 
1044, in-4o ( voy. Tuéon de Smyknk). Cette édi- 
tion est fort bonne. Les notes de Boiiillaud éclair- 
assent la partie spéculative de la musique con- 
tenue dans 61 cliapitres de l'ouvrage de l'auteur 
ancien. 

BOUIIV (François), professeur de vielle, au 
commencement du dix-huitième siècle, a publié 
à Paris, 1° La vielleuse habile, méthode pour 
apprendre à jouer de la vielle, in- fol. — 2" So- 
nates pour la vielle, op. 2. — 3° Les avmse- 
ments d'une heure et demie, airs variés pour 
la vielle. 

BOULANGER (Marie-Julie HALLIGNKR, 
connue sous le nom de M™*), est née à Paris, le 
29 janvier 178fi. Admise comme élève pour le 
solfège au Conservatoire de musique, le 20 mars 
1806, elle eut ensuite Plantade pour maître de 
cliant, et devint élève de Garât au mois de jan- 
vier 1807. Douéed'uiiefortbellevoi\,et possédant 
iinee\(''Cution vocale brillante et facile, elle obtint 
de beaux succès dans les concerts où elle se fit 
entendre. Le 16 mars ISII elle débuta à l'Opéra- 
Comique dans L'Ami de maison et le Concert 
inîcrrompu. Rappelée à grands cris après la re- 
présentation, elle lut ramenée sur la scène par 
EUeviou pour recevoir les bruyants témoignages 
de la satisfaction du public. Tel fut l'empresse- 
ment des habitants de Paris à l'entendre, que 
Vadministration du théâtre prolongea fcs débuts 
pendant une année entière. Au charme de son 
chant se joignait un jeu naturel et plein de verve 
comique. Un heureux méUtîige de gaîté, de sen- 
sibilité et de finesse, donnait à son talent drama- 
tique un caractère particulier. Elle jouait surtout 
fort bien les rôles de soubrette et de servante, et 
les habitués du théâtre Feydeau ont gardé long- 
temps le souvenir de son talent dans les person- 
nages si différents de la soubrette des Événe- 



ments imprévus, et de la servante des Rendez' 
vous bourgeois. Aprèsavoir conservé la faveur du 
public pendant plus de dix-huit ans. M™* Bou- 
langer a éprouvé tout à coup une altération sen- 
sible dans l'organe vocal, et les dernières années 
qu'elle a passées au théâtre n'ont pli;s été pour 
elle qu'un temps de regret. Elle s'est retirée an 
mois d'avril 1845, avec la pension acquise pen- 
dant que l'Opéra-Comiqne était administré par 
la société des acteurs. La rupture d'un ané- 
viismela (it mourir subitement, le23jiiillet 18.)0, 
à l'âge de soixante-quatre ans. 

BOlILAA'GKll(ERNEST-HElNIU-ALEXANDliE), 

fils delà précédente et d'un professeur île violon- 
celle attaché à la chapelle du roi, est né à Paris, 
le IG septembre 1S15. Admis comme élève an 
Conservatoire, le 18 janvier 1830, il y reçut des 
leçons de Valentin Alkan pour le solfège, puis de 
Halévy pour le contrepoint, et enfin de Lesueur 
pour le style dramatique. En 1835, le premier 
grand prix de composition lui fut décerné au 
concours de l'Institut de France, pour une can- 
tate intitulée Achille. Au mois de décembre de la 
même année, il jiartit pour l'Italie avec le titre 
de pensionnaire du gouvernement. De retour à 
Paris vers la fin de 1839, il se mit, comme tant 
d'autres lauréats des grands concours, à la re- 
cherche d'un poème d'opéra : il l'obtint de Scribe, 
qui lui donna les rognures de Robert le diable, 
dans un acte intitulé Le Diable à Vécole. Cet ou- 
vrage leprésenlé au mois de janvier 1842, fut un 
début heureux , car on y remarqua plusieurs 
jolis morceaux de bonne lacture oii le jeune mu- 
sicien avait fait preuve de sentiment drama- 
tique. Les Deux Bergères , autre opéra-comique 
représenté en janvier 1843, confirma les es()é- 
rances données par le premier ouvrage. Une 
Voix , opéra-comique en un acte, joué au mois 
de mai 1845, et La Cachette, en trois actes 
(aoilt 1847), sont les derniers ouvrages écrits 
par Ernest Boulanger, qui semble avoir déses- 
péré de lui- môme. 

BOULEXGÉR (Jules-César), né à Lon- 
dun en 1558, entra chez les jésuites en 1582. 
Après douze ans de séjour dans leur société, il 
obtint de ses supérieurs la permission d'en 
sortir pour soigner l'éducation desesneveu\. Il 
professa les belles-lettres à Paris, à Toulouse 
et à Pise, puis rentra chez les jésuites, après vingt 
ans d'absence, et mourutàCaliors,au mois d'août 
1628. H a publié un traité de Théâtre, divisé 
en deux livres (Troyes, 1603, in-8''). Au second, 
il traite de Ludis musicis et scenicis, ubi 
multa de musica antiquorum, rorumdem ti- 
biis amplîssimi, organis, citharis, aliis instru- 
mentis musicis, etc. C'est un fort bon ouvrage. 



42 



BOULENGER — BOURGEOIS 



on le trouve pai mi les œuvres imprimées de Bou- 
Icn^cr à Lyon, en 1621, 2 loin, in-fol. Grœvius l'a 
Inséré dan-^ son T/iesnurus An t. Roman. ^ tom. 9. 

lîOURDELOT (Pierre), médecin, naquit 
à Sens, en lOIO. Son nom véritable élait Mlchon ; 
celui de Boiirdelot lui fut donné par un de ses 
oncles maternels qui avait dirigé ses études. Il 
fut reçu docteur en médecine et médecin du roi 
en 1 042. Appelé à Sfockliolm, en 1C5I, près de la 
reine Christine, qui était dangereusement malade, 
il la guérit, et mérita la bienveillance de cette 
princesse par sa conversation instructive et amu- 
sante. Revenu en France, il obtint l'abbaye de 
Macé, quoiqu'il ne Ci'it pas dans les ordres : delà 
lui est venu le nom d'abbé Doiirdelot. Il mourut 
Ie9 février 1G83, dans sa soixante-seizième année. 
Ce fut surses manuscrits (jne Honnet, son neveu, 
écrivit L'histoire de la mttsiqîie et de ses ejjets 
(voy. Bonnet). Bourdelot avait dès longtemi)s 
pré[)aré les matériaux de ce faible ouvrage. 

BOURET (...), lieutenant général du bail- 
liage deGisors, vers le miliea du dix-liuitième 
siècle, est auteur d'un petit pocme intitulé: 
Les progrès de la musique sous le règne de 
Louis-le- Grand ; Manlus, 1735, in-4". 

BOURGEOIS (Louis), né à Paris, au com- 
mencement du seizième iiiècle, s'allacha à Calvin, 
et le suivit à Genève lorsque le réfoimateur rentra 
dans cette ville, en 1541. Le consistoire le choisit 
pour rem[)lir les fonctions de chantre à l'église 
de Genève; mais n'ayant pu s'entendre dans la 
suite avec les chefs de cette église, sur l'usage 
qu'il voulait y introduire des psaimies barmo- 
Jiisés à plusieurs parties, il retourna à Paris en 
1557. H s'y trouvait encore en làfil; mais on 
ne sait ce qu'il e^t devenu depuis lors. Bourgeois 
est auteur d'un livre qui a paru sous ce titre : 
Le droict chemin de musique , composé par 
Loijs Bourgeois avec la manière de chanter 
les psaumes par usage ou ruse, comme on 
cognoistra au 34, de nouveau mis en citant, et 
aussi le cantique de Siméon; Genève, 1550, 
in-8". Il y a dos exemplaires de ce livre qui 
portent la date de Lyon, 1 550 : ils sont de la même 
édition que ceux de Genève; le frontispice seul 
a été changé. C'est donc à tort que Forkel, 
Lichtentbal, Clioron et Fayolleont indiqué'celte 
édition sous le format in-4°. Ils n'ont point parlé 
de l'édition de Genève, qui a pourtant été citée 
par Wallher dans son Lexique de musique. Au 
reste, aucun de ces écrivains n'a lu le livre de 
Bourgeois. Cet ouvrage est le premier où l'on a 
proposé d'abandonner la méthode de la main mu- 
sicale attribuée à Gui d'Arezzo , et d'apprendre 
la musique par l'usage du solfège. Bourgeois avait 
lemarqué que la désignation des notes de l'échelle 



générale, telle qu'on l'avait faite dans les siècles 
précédents, et telle qu'elle existait encore de son 
temps, avait l'inconvénient grave de mêler les 
trois genres par bémol, par bécarre et par nature. 
Il proposa de faire cette di'signation de manicie 
qiie l'arrangement des syllabes indiquât le nom 
de chaque note dans chaque gamme par bénu)l, 
par nature et par bécarre, et selon un ordre 
uniforme et régulier. Ainsi , on dksait autrefois 
F fa ut, G sol ré ut, A la mi ré, B Ja mi, C sol 
fa ut, D la sol ré, et E la mi, en sorte que les 
trois premières syllabes des trois premières dfisi- 
gnntions étaient les noms des trois premières 
notes de la gamme par nature, les trois suivantes 
a[tpartenaient à la ganune par bémol, et la der- 
nière à laganmie par bécarre. De là résultait une 
grande confusion dans le nom réel des notes de 
chaque gamme. A ces appellations irrationnelles. 
Bourgeois substitua les suivantes, où la première 
syllaliecst toujoiMS lenomde la note de la gamme 
par bémol , la seconde appartient à la gamine 
par nature, et la troisième à la gamme par bé- 
carre : F ut fa, G ré-sol ut, A mi la ré, H fa 
U mi, C sol ut fa , I) la ré sol, et A mi la. Les 
écoles de musi(p!e d'Italie continuèrent de faire 
usage des anciennes désignations ; mais les |)ro- 
testants de France adoptèrent celles de Bourgeois, 
et l'us.'iges'cn répandit insensiblementdans toutes 
les écoles (rançaises de musique. Ce qu'il y eut 
de singulier, c'est qu'après l'introduction de la 
septième syllabe (s/) dans la gamme, on continua 
à se servir de ces désignations F ut fa, G ré sol, 
A mi la, etc., qui ne signifiaient plus rien, puis- 
qu'il n'y avait plus qu'une gamme ; on disait seu- 
leuKuit b fa si au lieu de/({ mi ; l'usage de ces 
appellations n'a cessé en France que vers 1800. 

Bourgeois a fort bien démontré l'inconvénient 
des muances multipliées, dans un chapitie spécial 
de son livre sur cette matière (De l'abus des 
muances);\x\^W\\ n'a point /iperç.u la possibilité de 
(aire disparaître cette absurde difliculté, par le 
moyen <le l'addition d'une septième syllabe. 

On a aussi de ce musicien : Pseaulmes cin- 
quante de 'David Uoy et Prophète, traduictz 
en vers français par Clément Marot, et mis 
en musique par Loijs Bourgeoys à quatre 
par lies , ù voix de contrepoinct égal consonnanle 
au verbe. Touiours mord envie. Imprimé à 
Lyon, chez Godefroy et Marcelin Beringen, à 
la rue Mercière û l'enseigne de la Foy , 1547, 
petit in-4"' obi. Dans la même année, Bourgeois 
avait déjà fait paraître Le premier livre de 
psaulmesde David contenant XXIV psaulmes à 
quatre parties; Lyon, chez les mêmes libraires, 
in-4° oblong. Plus tard il a publié : Quatre- 
vingt-trois psalmes de David en musiqu-z 



BOURGEOIS — BOURNOISVILLE 



43 



(fort convenable aux instrumens), à quatre, 
cinq et six parties, tant à voix pareilles qu'au- 
trement; dont la basse-contre tient le sujet, 
afin que ceux qui voudront chanter avec elle 
à l'utiisson ou à Voctave, accordent aux autres 
parties diminuées ; plus le cantique deSimcon, 
les commandements de Dieu, les prières devant 
et après les repas, et tcn canon à quatre ou 
cinq parties, et un autre à huit; Paris, 1561, 
in-80, obi. 

BOURGEOIS (Louis-TiiOMAs), né à Fon- 
taine-l'Évêque dans le Ilainaut, on 1<)76, entra à 
l'Opéra lie Paris comme haute-contre, en 1708, 
et quitta lelliéàtrcen 1711. Deux ans après il y 
f\ivG[»ré5tn\eT Les Amours déguisés, et en 1715, 
7,65 Plaisirs de la Paix. On a aussi de lui : 
1° Deux livres de cantates françaises, Paris; in- 
fol. — 20 Cantates Anacrcontiques, in-4'', obi. 

— ?,''V Amour prisonnier delabeauté, cantate. 

— k" Beatusvir,n\Q{el àgrandciiœur; Paris, Bal- 
lard. Vers 17 IC, Bourgeois quitta Paris pour se 
rendre à Toul, où il venait d'être nommé maître 
de chapelle; de là il passa à Strasbourg en la 
même qualité; mais son inconstance et son désir 
de voyager lui firent encore quilier ce poste. Jl 
est rnort à Paris, au mois de janvier 1750, dans 
une situation voisine de rindigence. II avait écrit 
pour les divertissements de la cour divers ballels 
et cantates qui n'ont point été représentés à 10- 
péra; ce sont : V Les Nuits de Sceaux, 1714. — 2® 
Diane, diverlissement, 1721, avec Aubert. — 3° 
Divertissement pour la naissance du Dauphin, 
aD\}on,Gn 1129.— ^'' Idylede I\avibouiUet,ll3b. 
-^5° Les peineset lesplaisirsde VAmour. — c 
Zéphire et Flore, cantate, 1715. — 1" Psyché, 
jd., 1718. — 80 Céphale et l'Aurore, idem. 

— 9° Phèdre et Hippolyie, idem. — 10^ La Lyre 
dAnacréon. — li° Dédale, id. — 12° Don 
Quichotte, id. 

BOURGEOIS (Pierre-Auguste LE}.Voyez 
LKBOURGEOIS. 

BOURGEON (Charles): Voy. Borjon, 
BOURGES (Jean-Maurice), compositeur, 
littérateur et critique distingué, né à Bordeaux, 
le 2 décembre 1812, a fait de bonnes études lit- 
téraires au collège de sa ville natale. Doué d'heu- 
reuses dispositions pour la musique, il les cultiva 
de bonne heure, et, arrivé à Paris, il se livra à 
l'étude de la composition sous la direction de 
Barbereau. Ce fut d'abord comme critique que 
M. Bourges se fit connaître, en s'associant, dès 
J839, à la rédaction de la Gazette musicale de 
Paris. Un bon sentiment de l'art, un goût fin 
et délicat, beaucoup de politesseet de bicnveil- 
veillance, enfin une forme littéraire élégante et 
facile, distinguent les nombreux articles qu'il 



a fournis à celte revue périodique. Il ne s'é- 
tait révélé comme compositeur que par quelques 
jolies romances, lorsqu'il fit représenter, au mois 
de septembre 1846, sur le théâtre de l'Opéra-Co- 
niique, 5M/^ana, ouvrage élégamment écrit, dans 
lequel on fut étonné de trouver autant de verve 
et de gaieté que de distinction dans les idées ; car 
le caractère grave de la critique de M. Bourges 
pouvait faire croire que son penchant le portait 
aux choses mélancoliques. Il est regrettable que 
cet heureux essai n'ait pas été suivi d'ouvrages 
plus importants. On doit à M. Bourges une très- 
bonne traduction française de l'Oratorio de Men- 
delssohn, Élie. Malheureusement, le mauvais étal 
de la .santé de M. Bourges nuit à l'activité de 
ses travaux. 

BOURGOÎNG (Le P. François), de la 
congrégation de l'Oratoire, et directeur du chœur 
delà maison de Paris, naquit à Bourges dans les 
dernières années du seizième siècle. Des soup- 
çons graves sur sa conduite morale le firent ex- 
clure de l'Oratoire; néanmoins il ne fut pas in- 
terdit. Bien qu'il ne soit pas l'auteur du chant 
de l'office des oratoriens, comme ou l'a dit, il 
l'a mis on ordre et en a fait une bonne exposi- 
tion dans le livre qui a pour titre : Brevis Psal- 
modia? ratio, ad usxim Presbiterorum congre- 
gationis Oratorii, Domini Noslri Jcsu-Chrisli 
instituta, in qua, qiiid, quove modo tum ccle- 
branti, tum choristis, aut cuiUbel à choro psal- 
lendum slt, subjectis rcgulis declaretur ; Pari- 
siis, ex offtcina Pétri Ballardi, 1634, in-S"* Il 
y aune traduction française de cet ouvrage sous 
ce titre : Le David français , ou Traité de la 
sainte psalmodie; Paris, Ballard, 1G41, in-8°. 

BOURA'OiWILLE (Jean-Valentin), né à 
Noyon, vers 1585, fut d'abord maître de cha- 
pelle à Rouen, puis à Évreux. En U;i5, il devint 
maître de musique de la collégiale de Saint- 
Quentin; trois ans après, il passa à Abbeville, 
et enfin, en 1G20, il fut appelé à la cathédrale 
d'Amiens. On a de sa composition : 1" ïrei/.e 
messes à quatre parties imprimées chez Ballard, 
depuis 1618 jusqu'en 1630. — 2° Octo cantica 
Beat. Mar. Virg.; Paris, Ballard. Bournonville 
peut-être considéré comme un des meilleurs or- 
ganistes et compositeurs français qui ont vécu 
sous le règne de Louis XIIT. Il avait fondé une 
école de nmsique d'où sont sortis quelques ar- 
tistes distingués, entre autres Arthur Aiixcous- 
teaux. Il a eu un fils qui fut organiste de la ca- 
thédrale d'Amiens, et qd a laissé en manuscrit 
des pièces d'orgue dont je possède une copie J 
elles ne sont pas sans mérite. 

BOURNONVILLE (Jacques), petit-fils du 
précédent, né à Amiens vers 1076, est mort. 



44 



BOURKONVILLE — BOUSQUET 



en 1758, à râpe (li; pins (le quatre-vingts ans. Il 
.n'ait ("té élève de l'ernier. On a de sa compo- 
sition un livre de motels; Paris, Ballar(l,in-4°. 
Ce musicien a en de la réputation , et Hameau 
l'estimait. La Corde s'est trompé complètement 
dans la généalogie de cette famille, en faisant 
«le Jean-Valentin deux artistes différents, et de 
Jacques, le fils de Valentin (qu'il appelle Valen- 
iiny), au lieu de son pelit-fds. 

BOUSQUET (Georges), compositeur et 
ciitique, naquit à Perpignan, le 12 mars 1818. 
Son père, employé des postes, avait un goût pas- 
sions! pour la musique et saisissait toutes les 
occasions où il pouvait en entendre, soit à l'é- 
{;lise, soit au théâtre. Il se faisait accompagner 
par le jeune Bousquet, dont les heureuses dispo- 
sitions se développèrent rapidement par les im- 
pressions fréquentes que l'art faisait sur lui. Dès 
l'âge de huit ans il était enf.uit de chœur à la 
cathédrale, et jouait assez bien du violon. A 
dix ans il entra au collège où il (it des études 
souvei-vt entravées par sa passion pour la mu- 
sique. Enfin il se décida à se rendre à Paris en 
18;i3,dans l'espoir d'être admis au Conservatoire 
comme élève violoniste. Cependant il fallait 
trouverdesmoycnsd'existencf, et Bousquet n'était 
pas sans in(]uiéludeà ce sujet, liiles furent bien- 
tôt dissipées, car w\& place d'alto était vacante 
dans les concerts de Jidlicn, au Jardin-Turc; on 
la lui offrit, et il se hàla de l'accepter. Cet em- 
ploi ne lui donnait guère que du pain; mais du 
pain et l'espoir dans l'avenir sont la forlune d'un 
jeune artiste. Trois mois après, sa situation de- 
vint meilleure par son admi.ssion à l'orchestre 
(Ut Tlu'àtre-llalien conune second violon. Pen- 
dant cinq ans il cvnserva cette position où se fit 
en réalité son éducation musicale, par les occa- 
sions fré(iuenles qu'il eut d'entendre les beaux ta- 
iewts de Lahiache , Kubini, Tand)urini, la Grisi, la 
Unger et la Persiani dans les œuvres de Mozart, 
('imarosa, Bossini, Bellini et Donizetti. Le trésor 
des merveilles de l'art .s'était ouvert pour lui et 
le transportait d'admiration ; mais lorsqu'il lui 
fallait descendre des hauteurs où le plaçait son 
eulliousiasme pour rentrer dans les rcalilés arides 
et sèches du mécanisme de l'instrument qu'on 
lui enseignait au Conservatoire, tout changeait 
d'aspect. Ses progrès étaient si lents dans cette 
partie, matérielle de l'art, qu'il fut jugé inca- 
pable par le jury d'examen, et rayé du nom- 
l)re des élèves. Un an après, Bousquet rentra 
dans la môme école [)bur y étudier l'harmonie 
sous la direction de Collet et d'Elvvart ; puis, 
on 1830, il devint élève de Lebornc pour le con- 
Irepoint et la fugue, et de Berton pour le style 
dramatique. En 183S, il se |)résenta comme can- 



didat au grand concours de composition de l'Ins- 
titut de France, y fut admis, et remporta le pre- 
mier prix. Sa cantate àdeux voix, La Vcndctfa, 
fut exécutée dans la séance publique de l'Acadé- 
mie des beaux-arts, et sa partition fut gravée 
à Paris chez INIeissonnier. Devenu pensionnaire 
du gouvernement comme lauréat de ce concours, 
il partit pour l'Italie, clpassadeux années àRome, 
dans l'hôtel de l'Académie de France. Il y écrivit 
deu^ messes; la première, pour des voix seules, 
fut chantée à l'église Saint-Louis-des-Français, le 
1" mai 1839 ; l'autre, avec orchestre, fut exécu- 
tée dans la môme église le 1^"" mai IS'iO. Dans 
cette dernière année, il composa aussi un Mise- 
rere à 8 voix avec orchestre, qui fut l'objet d'un 
rapport honorable lu à ta séance de l'Académie 
des beaux-arts de l'Institut , au mois d'octobre 
1841. La sensation (pi'avaient produite à Home 
les deux messes de Boiiscpiet le fit nommer, sans 
l'avoir sollicité, mendire de l'Académie deSaintc- 
Cécile, et de celle des Philliarmoniqnes-romains. 
Deux actes d'un Op('ra séria, des fragments d'un 
opéra bouffe italien et quelques morceaux d'un 
o[)éra-comi(iiie français, remplirent, avec les ou- 
vrages dont il vient d'ôtre parlé, le temps que le 
jeune compositeur demeura en Italie. Pendant 
l'année 1841, que Bousquet passa tout entière en 
Allemagne, il écrivit trois quatuors pourdeux vio- 
lons, alto et violoncelle, dont le troisième, ou- 
vrage très-distingué, a paru chezUrandus, à Paris. 
De ses travaux en 1842, les seuls qui aient été 
connus r.ont un quintette pour deux violons, 
alto, violoncelle et contre-liasse qui produisit un 
effet satisfaisant dans quelques concerts où il fut 
entendu, et une ouverture pour l'orchestre, qui 
fut exécutée dans la séance publique de l'Acailé- 
luie des beaux-arts de la môme année. 

De retour à Paris, après cinq années de bien 
être, de rôves heureux et <le travaux d'art faits 
avec joie, Bousquet .se trouva, comme tant d'au- 
tres, aux. prises avec les difficultés de la vie 
réelle. Il les supportait avec cour.ige parce qu'il 
avait encore les illusions do l'avenir. Au mois de 
mai 1844, il fit jouer au Conservatoire, parles 
élèves, un petit opéra en un acte intitulé \' Hôtesse 
de Lyon. Frapi)é de la grâce et de la fraîcheur 
qu'il y avait trouvées, Cro.snier, alors directeur 
de rOpéra-Comique confia au jeune compositeur 
le libretto d'une pièce en lui acte .pour .son théâ- 
tre. L'ouvrage, dont le titre était Le Moiisque» 
taire, fut joué au mois d'octobre do la même 
année, ne réussit pas, et n'eut que trois repré- 
sentations. Évincé du théâtre comme composi- 
teur, Bousquet y rentra comme chef d'orchestre 
de l'Opéra National en 1847; puis il pas.=;a 
au Théâtre- Italien en la môme qualité, et coa- 



BOUSQUET — BOUÏEILLER 



45 



serva cotle position pendant les saisons 18'i9 
à 185». Au mois de décembre 1852 il lit ie|)ii^- 
sentcr au lliéàtrc lyrique Tabarin, en deux 
actes , ouvrage frais, élégant et bien senti pour 
la scène, dont le succès ranima les espérances 
de l'auteur, et dont la partition a été publiée 
par Grus, à Paris. Depuis le mois de mars 1846 
jusqu'en février 1847 . IJousquet avait été cliargé 
de la rédaction du feuilleton musical du jour- 
nal Le Commerce ; mais il quitta cette position 
pour écrire la Chronique musicale du journal 
hebdomadaire V Illustration. H a fourni aussi 
quelques articles à la Gazette musicale de Paris. 
Sa situation commençait à s'améliorer : il était 
connu, esiimé comme écrivain et comme artiste. 
En 1852, il avait été nommé membrede la conmiis- 
sion de surveillance pour l'enseignement du diant 
dans les écoles communales de Paris, puis mem- 
bre du comité des études au Conservatoire de 
Paris; deux poèmes d'opéras, l'unenqualreactes, 
l'autre en deux, lui avaient été confiés pour en 
écrire la musique , et il travaillait avec ardeur à 
ces deux ouvrages ; mais il était évident pour ses 
amis que le principe de la vie avait été altéré c-a 
lui par les chagrins de l'artiste, et par \es inquié- 
tudes qui le minaient pour l'existence matérielle 
de sa femme et de ses enfants. Sa poitrine était 
attaquée; le mal fit de rapides progrès, et Bous- 
quet expira le 15 juin 1854, dans une maison 
de campagne à Saint-Clôud, près de Paris. Ainsi 
linit^àl'àge de trente-six ans, un compositeur 
dont le talent grandissait et n'attendait qu'une 
occasion favorable pour se produire avec 
éclat. 

BOUSSAC (M. de), né à Paris dans les pre- 
mières années du dix-huitième siècle , brilla 
tomme virtuose sur la viole, vers 1740. Il a fait 
graver un livre de pièces pour cet instrument. 

BOUSSET (Jean-Baptiste DROUART de), 
naquit à Anières, village à une lieue de Dijon, 
en 1662. Son nom véritable était Drouart, au- 
quel il ajouta celui de Bousset : 11 fit ses études 
au collège des jésuites de Dijon, et eut pour 
maître de musique Jacques Farjonel, chanoine 
de la Sainte-Chapelle de cette ville. Dousset a 
été maître de musique du Louvre pendant plu- 
sieurs années. Le Mercure de 1721, pag. 187, 
lui donne les titres de compositeur de musique 
de l'Académie française, de celle des belles-let- 
tres et des sciences. 11 épousa la fille de Ballard, 
dont il eut deux fils. Il est mort le 3 octobre 
1725. Bousset a fait imprimer de sa composition : 
1° Cantates françaises ; Paris , Ballard , in-4" 
obi. — 2" Églogues bachiques, m-^°. — 3''\\ngl 
et un fivres d'airs à chanter; Paris, Ballard, in-4'' 
obi. Il a composé aussi beaucoup de motets qui 



sont restés en manuscrits. On en trouve (pielques- 
uns à la Bibliothèque impériale de Paris. 
BOUSSET (René DROUART de ) , fils du 

précédent, naquit à Paris, le 11 septembre 1703. 
Il se livra d'abord à l'étude de la peinture, mais 
il la quitta pour la musique, et passa dans l'école 
de Bernier. Il reçut ensuite des leçons d'accom- 
pagnement de Calvière, qui le décida à se livrer à 
l'étude de l'orgue. Bousset devint l'un des meil- 
leurs organistes français. Le dimanche 18 mai 
1760, il joua l'orgue de Notre-Dame avec une 
vivacité qui ne lui était pas ordinaire : Jamais, 
dit-il, je ne me suis senti tant en verve qu'au- 
jourd'hui. A l'Arjnus Dei ; il se trouva mal, 
une paralysie se déclara, et le lendemain il 
mourut. Les ouvrages qu'on a imprimés de lui 
i^ont ; 1° Huit odes de J. B. Rousseau, mises 
en musique. — 2° Cantates spirituelles, 1^*^ 
et 2" liv. — 3° Airs à chanter, f"^ et T re- 
cueils, gravés iu-4°. obi. Bousset fut un des plus 
ardents convulsionnaires et des plus zélés parti- 
sans des miracles du diacre Paris. Les scrupides 
religieux qui lui vinrent alors le décidèrent à 
faire casser les planches de ses recueils de chan- 
sons, devenus fort rares. 

BOUTE!LLER(ColardLE), poêle et musi- 
cien, était contemporain de saint Louis. Il était 
ami de Guillaume Le Viniers, autre poète et mu- 
sicien. On croit (lu'il était de la maison des Bou- 
teillers de Scnlis. Il a laissé seize chansons no- 
tées de sa composition : les manuscrits 7222, 
65 et 6ô (fonds de Cangé) de la Bibliothèque im- 
périale en contiennent plusieurs. 

BOUTE! LLER (Louis), maître de musiqua 
de la cathédrale du Mans, naquit à Moncé-en- 
Rain, dans la province du Maine, en 1648. Il 
n'avait que quinze ans lorsque, d'enfant de chœur 
il devint maître de la cathédrale, où il a passé 
toute sa vie ; mais ce succès inespéré et cette 
précocité presque sans exemple ne l'empêchèrent 
point de travailler avecardeur pour perfectionner 
son talent : aussi remporta-t-il successivement 
dix-sept prix de composition aux divers concours 
qui s'ouvraient alors dans les cathédrales de 
France. Il est auteur d'un grand nombre de 
messes, de motets, d'hymnes et d'antiennes, (jue 
les chanoines du Mans ont fait déposer dans le tré- 
sor de leur église pour servir de modèles aux suc- 
cesseurs de cet habile musicien. Quelques-unes 
deces pièces furent exécutées devant Louis XIV, 
et plurent tant à ce prince qu'il les rede- 
manda souvent. Bouteiller mourut au Mans 

en 1724. 

BOUTEÏLLER (aîné), fut maîtredemusique 

de la cathédrale de Châious-sur-Marne. La Bi- 
bliothèque impériale possède un motet manuscrit 



4G 



BOUTELLIER — BOUTON 



de sa composition sur les paroles du psaume ad 
te. Domine, clamaho. 

BOUTEILLER (le jeune), a été maître de 
musique de la cathédrale de Meaiix. La Biblio- 
thèque impériale possède treize motets manuscrits 
de cet auteur. On ignore si ces deux musiciens 
étaient frères, et le temps où ils vécurent. 

BOUTEILLER (Guillaume), né à Paris, 
en 1788, a eu pour maître de composition 
Tarclii. Ses heureuses dispositions et les leçons 
de ce maître lui firent faire de rapides progrès. 
En 1806, il se présenta au concours de l'Institut, 
et y obtint le grand prix décomposition musicale 
pour sa cantate de Héro et' Léandre, qui fut 
exécutée à grand orchestre dans la séance pu- 
blique de l'Académie des beaux-arts, le 4 octobre 
de la même année. Ce succès donnait à M. Bou- 
teiller le droit d'aller passer cinq, années en- Italie 
comme pensionnaire du gouvernement; mais il 
n'en profita pas, et parut ne vouloir cultiver la 
musi(iue qu'en amateur, ayant accepté un emploi 
dans l'administration des droits réunis. Depuis 
lors il n'a cessé de remplir des fonctions admi- 
nistratives à Paris. Cependant M. Bouleiller n'a 
pas abandonné la musique sans retour, car le 
26 mai 1817 il a fait représenter au théâtre 
Feydeau un opéra-comique intitulé /^e Trompeur 
sans le savoir, pièce de MM. Roger et Creuzé 
de Lesser, qui fut mal accueillie et qu'on n'acheva 
pas. Depuis ce tenqjs, aucun ouvrage de ce com- 
positeur n'a paru. La partition de sa cantate 
Iléro et L'éandre a été gravée à Paris, chez Na- 
derman. 

BOUTELOU (....) célèbre haute-contre de 
la chapelle de Louis XIV, avait une conduite si 
extravagante, que, de temps en temps, on le 
mettait en prison. Néanmoins, la bonté du roi 
était si grande pour lui, qu'on lui servait toujours 
une table de six couverts, et qu'on finissait par 
lui payer ses dettes, tant il avait l'art d'émouvoir 
la sensibilité de ce prince, qui avouait que la 
voix de Boutelou lui arrachait des larmes. 

BOUTERAVECK (Frédéric), professeur 
de philosophie à Goettingue,et penseur distingué, 
naquit à Goslar, le 15 avril 1706. Après avoir 
achevé ses études à Goettinguc, il se livra avec 
ardeur à l'étude des sciences et de la philosophie, 
et s'attacha d'abord à la doctrine de Kant, dont 
il présenta une exposition nouvelle dans ses 
Aphorismes offerts aux amis de la Critique de 
la raison ;Goettingue, 1793-, in-8° (en allemand). 
Plus lard il abandonna cette théorie, et trouvant 
que l'idéalisme de Fichte était trop exclusif pour 
constituer la véritable théorie de la science, 
qui selon lui, ne peut se passer de la certitude 
/•éelle, ou de l'absolu, il exposa ses nouvelles ' 



idées sur cette matière dans son Aperçu d'une 
Apodictiquetiniverselle; Goettingue, 1799, deux 
parties in-S". Dans la suite il modifia encore 
son système de philosophie dans beaucoup d'ou- 
vrages cil se fait remarquer un profond savoir, 
mais oii règne une finesse qui dégénère parfois 
en une obscure subtilité, malgré la clarté habi • 
tuelle de son style. Bouterweek n'est cité ici que 
pour son jEsthélique, qui parut en deux parties 
à Leipsick, en 1806, et dont, il donna un sup- 
\>\émen\.&ou?,\e.i\iTti\\'' Idées sur la métaphysique 
du beau, en quatre dissertations ; Leipsick, 1807, 
in-S°. Ces dissertations ont été refondues ensuite 
dans une nouvelle édition de son Mslhétique, 
ouvrage qui renferme des idées neuves sur le 
beau en musique. Bouterweek réunis-sait à sa 
qualité de professeur à Goettingue celle de con- 
«eiller du duc de Saxe-Weimar.ll est mort à 
Goettingue le 9 septembre I82-S, 

BOLITMI (LÉONARD), né à Bruxelles en 1725, 
fut d'abord professeur de musique à la Haye, et 
ensuite organiste de la cour de Portugal à Lis- 
bonne. Il a fini ses jours à Clèves. On a de lui : 1° 
Traité abrégé sur la basse continue ; La Haye, 
1700. — 2° Premier et second livres de pièces de 
clavecin ; La Haye, infol. obi. ;— 3" Trois con- 
certos pour clavecin, in-fol. 

BOUTMY (Laurent), né à Bruxelles en 1751, 
y apprit les principes de la musique, le piano 
et riiarmonie. Après avoir donné des leçons de 
piano pendant quelques années dans sa ville na- 
tale, il se rendit à Paris, puis se retira à Erme- 
nonville, où il vécut paisiblement. Les troubles 
de la révolution l'ayant chassé de celte retraite, 
il partit pour l'Angleterre, et se maria à Londres, 
où il demeura plus de vingt ans, comme profes- 
seur de piano et d'Iiarmonie. De retour dans sa 
patrie, il a été nommé en 1810, maître de piano 
de la princesse Marianne, fille du roi des Pays-Bas. 
En récompense de ses services, le roi Guiilaumo 
lui avait accordé une pension de 400 llorins, 
mais il l'a perdue à la révolution du mois de 
septendire 1830. Boutrny est mort à Bruxelles, 
au mois de mars 1837 , à l'âge de quatre-vingt- 
six ans. Il a publié k Londres des sonates de 
piano, et avait dans son portefeuille un opéra, 
des ouvertures et quelques autres compositions. 
L'ouvrage le plus-considérable sorti de sa plume 
est.un livre qui a pour titre : Principes généraux 
demusique, comprenant la mélodie, Vunisson 
et Charmonie, suivi de la tfiéorie démonstra- 
tive de Voclnve, et de son harmonie; Bruxel- 
les, 1823, in-fol. obi., 10 pages de texte, et 47 
pages d'exemples gravés. Cela est obscur dans les 
idées et |)his obscur encore par le style. 
BOUTOIM (Ernest), professeur de piano à 



BOUTON — BOVEllY 



47 



Valcnciennes.est né à nonleaiixcn 1826. Fils d'un 
marchand de vin de celte ville qui vint s'établir 
à Bruxelles en 1843, il entra au Conservatoire de 
musique de cette ville, le IS avril 1844, et y 
devint élève de Miclielot pour le piano. Après le 
Concours de 1845, il partit pour Valenciennes, 
où il s'établit comme professeur de piano. Il y 
publia dans la môme année une Esquisse biogra- 
phique et bibliographique sur Claude Le jeune, 
iu-8", laquelle est empruntée à la Biographie uni- 
verselle des Musiciens. M. Uouton n'avait, 
lorsqu'il a fait paraître cet écrit, ni le savoir né- 
cessaire ni l'esprit de recherches indispensable 
pour des travaux de ce genre. 

BOU.TROY (ZosiME), musicien à Paris, 
vers la fin du dix-huitième siècle, a publié un 
Planisphère ou Boussole harmonique, avec un 
imprimé servant à l'expliquer; Paris, 1785. Sa 
brochure, jointe au tableau, a pour titre : Clef du 
planisphère ou Boussole harmonique ; Varb, 
1787, in 8°. On a aussi de lui: V Symphonie à Imit 
instruments, la basse étant chiffrée selon les 
principes du Planisphère ou Boussole harmo- 
nique ; Paris 1786. — 2" Six duos faciles el agréa- 
bles pour violon cl violoncelle ; ibid., 178G. — 
3'^ Romances avec accompagnement de clave- 
cin ou harpe'; Paris, 1787. 

BOUTRY(lNiNocENT) maître de musique de la 
cathédrale de Noyon, vers le milieu du dix seiiUèine 
siècle, a [lublié : 1° Missa quatuor vocum ad 
imitationem moduli Speciosa faota est ; Paris, 
Ballard, lOGl — 2° Missa quatuor vocum adimi- 
talionem moduli Magnus et mirabilis ; Paris, Bal- 
lard, 16Ct. 

BOUVARD (François), né à Paris vers 1C70, 
était originaire de Lyon. Dans son enfance , il 
entra à l'Opéra pour chanter les rôles de dessus, 
ayant la voix la plus belle et la plus étendue ; 
mais îl la perdit à l'âge de seize ans, après que 
la mue se fut déclarée. Il s'adonna alors à l'étude 
de la composition, et en 1702, il fit représenter 
à l'Opéra Méduse, en trois actes. Quatre ans 
après, il donna Cassandre, en société avec Ber- 
lin. 11 a écrit pour la cour : Ariane et Bacchus , 
en 1729; Le triomphedeVAmour et deVHijmen, 
divertissement, en 1729; Diane et V Amour, 
idylle, en 1730 ; L'École de Mars, en 1733. On a 
aussi de lui : 1° Cantates françaises. — 2° Quatre 
recueils d'airs a chanter avec accompagne- 
ment de fiùte, in-4% obi. — 3° Sonates de vio- 
lon, premier livre, in-fol. — i° Idylle sur la 
naissance de Jésxis-Clirist, 1748 — 5° Para- 
phrase du psaume Vsqueque Domine, écrit 
dans le style des oratorios italiens. Bouvard avait 
beaucoup voyagé , et avait demeuré longtemps 
à Home. Le roi de Portugal le fit chevalier de 



l'ordre du Christ. 11 fut marié deux fois, cl épousa 
on premières noces la veuve de Noël Coypel, an- 
cien directeur de l'-Académie de peinture. 

BOUVIER (Marie-Joseph), violoniste, na- 
quit à Colorno, petite ville à quatre railles de 
Uome. A l'âge de sept ans, il eut pour maître de 
violon Antoine Richer de Versailles, l'un des pre- 
miers violons du duc de Parme. Lu't-même 
fut admis à l'orchestre de ce prince à l'âge de 
douze ans. Plus lard il reçut des leçons de Pu- 
gnani, qui le recommanda à Yiotli lorsqu'il vint 
à Paris; celui-ci le fit débuter au Concert spiri- 
tuel, en 1785. Après y avoir été entendu plusieurs 
fois, il entra à l'orchestre de la Comédie italienne, 
dont il n'a cessé de faire partie jusqu'à sa mort, 
arrivée en 1823. lia fait graver, de sa composi- 
tion, six sonates pour le violon et quelques re- 
cueils de romances. 

Jenny Bouvier, qui débuta dans l'opéra-comi- 
que au théâtre Favart, en 1797, était (ille de cet 
artiste. Elle avait de la sensibilité, de l'intelli- 
gence, et chantait avec goût, mais le timbre de 
sa voix avait peu d'intensité. Cette agréable can- 
tatrice est morte d'une maladie de poitrine, vers 
la fin de 1801. 

BOVERY (ANTOiNE-NicoLAS-JosErn-BOVY, 
connu sous le nom de Jules), chef d'orchestre du 
théâtre de Gand et compositeur, est né à Liège, 
le 21 octobre 1808. Il faisait ses études au col- 
lège de celte ville lorsque son penchant décidé 
pour la musique les lui fit abandonner et partir 
pour Paris, oii, sans autre ressource qu'une ferme 
volonté, sans le secours des leçons d'un profes- 
seur, et sans aucune direction que son instinct, 
il parvint à une connaissance technique suffi- 
sante pour la carrière qu'il a remplie. La mort 
de son père et d'un frère l'ayant laissé sans 
moyens d'existence, il accepta imc place de 
choriste au théâtre de Lille, à laquelle il réimit 
les fonctions de troisième chef d'orchestre. Il y 
fit preuve d'assez d'intelligence pour être appelé 
à Douai l'année suivante, en qualité de premier 
chef. Ge fut là que, sans avoir jamais reçu de le- 
çons d'harmonie) ni de composition, il écrivit la 
musique de jl/fli/2(e2«Aat'«s6«7,opéra-comiqueen 
deux actes, qui eut quelques succès, puis Paul /«'■ 
en trois actes, en société avec M. Luce, amateur de 
celte ville, et Victor Lcfebvre, lauréat du Conser- 
vatoire de Paris. En quittant Douai, Bovery alla 
à Lyon comme premier chef d'orchestre , puis 
remplit le môme emploi à Amsterdam, à Anvers, 
à P.ouen, et partout écrivit des opéras ou des 
ballets. De retour à Paris, il y demeura une an- 
née entière, et y fil jouer aux théâtres de la ban- 
lieue Charles II, opéra en un acte. En I8i5 il 
reçut sa nomination de chef d'orchestre du théà- 



48 



BOVERY — BOYCE 



tre <lc Garni, en remplacement du Cliailes-Louis 
llansscns, qui venait de se lixer à Bruxelles. Le 
27 déccinbie de l'année suivante, il y fit repré- 
senter Jflc<7J<<'s (VArteveld, grand opéra en trois 
actes, accueilli avec enthousiasme par les habitants 
(le celte ville, à cause de la nationalité du sujet, 
mais dans lequel il y avait plus de réminiscences 
que d'idées, et (|ui était assez mal écrit. Les an- 
Ires ouvrages de cet artisle sont Le Giaour, 
opéra en trois actes, joué avecsnccès à Lyon, Ams- 
lerdam et Anvers; La Tour de Iloiicn, épisode 
lyrique en un acte, et le ballet inlitulé Isoline, 
<iui fut représenté à Lyon. 

liOVICELLl (Jfan-Fîaptiste), né à Assise 
prèsdeSpoiette, dansic seizième siècle, est auteur 
<les deux ouvrages suivants : 1° RegolediMxmca ; 
Venise, 1594, in-i". — 1° Madi irjali emotteUi 
pnssegglali ; Venise, 1594, in-4". Cette der- 
nière production fait connaître le style <les orne- 
ments qu'on introduisait dans le chant d'église 
à la fin du seizième siècle. 

BOVILLUS. For/. BouELLES. 

BOWLES (Jean), savant anglais, avocat à 
Londres, et commissaire des banqueroutes, vé- 
cut dans la seconde moitié du dix-huiliome siècle 
et au commencement du dix-neuvième. Apparte- 
nant par ses oiiinions au parti ministériel, il a 
écrit une très-grande quantité de pamphlets poli- 
tiques contre la France et contre l'opposition. 
Parmi ses ouvrages on trouve une dissertation 
i\u\ a pour titre : Remarks on some ancicnt mu- 
sical instruments mentioned in the Roman 
de la Rose (Remarques sur quelijues anciens ins- 
trumcnis mentionnés dans le Roman de la Rose ). 
Cette dissertation est insérée dans le recueil inti- 
tulé : Archœologia, or Miscellaneous tracts 
relaling to Antiquity ; Londres, tom. 7, page 
214. 

BOXBERG (CiiuÉTiEN-L(iu's), compositeur 
et organiste de l'église de Sauit-Panl et Saint- 
Pierre à Gorlifz, naquit à Sondershausen, le 24 
avril 1670. En 1682, on l'envoya à l'école de 
Saint-Thomas à Leipsick. Deux ans après il en- 
tra à l'université; en 1686, il en sortit pour ^e 
livrcrcntièrement aux études musicales. lLnlC92, 
il était organiste dans la petite ville de Grossen- 
haym. Ayant eu occasion d entendre l'opéra de 
Wolfenbullel, il se sentit entraîné vers le genre 
de la musique dramatique. En 1694 et IC95, il 
fut apjielé dans cette ville pour y écrire des opi;- 
ras; en 1C97 et 1698, ilallaà Anspach ; en 1700, à 
Hesse Cassel, el enfin, en 1702, il se retira à 
Gorlitz pour y prendre possession de la place 
d'organiste. Depuis ce temps ou l'a perdu de vue, 
et l'on manque de renseignements sur le reste de 
sa vie. Adelung lui attribue les opéras dont les 



t/(res suivent : 1" Orion, dont le livret a été pu- 
blié à Leipsick en 1697. —2° La Foi gardée, opé- 
rette, àOnolzbacli, en 1698. — 3° Sardanapale, h 
Onoizbach, en 1698. — 4° Concerta quatre voix 
de soprano, violon, hautbois, basse de viole et 
orgue. — b° Beschreilmng der Gœrlizer Orgel 
( Description de l'orguede Gorlitz ) ; Gorlitz, 1 7o4 , 
in-4°. Cette description, qui forme trois feuilles 
d impression, précède le discours d'inauguration 
du pasteur Godefroi Kretschmar, où se trouvent 
des détails Intéressants sur l'histoire des orgues. 

BOYCE (William), compositeur et docteur 
en musique, ne naquit pas en 1695, comme le dit 
Gerber (Nettes Lexilionder Tonkuns(lrr),maisi 
vit le jour à Londres en 1710, suivant la date 
de sa mort et son âge donnés par son épita- 
phe. Son père; simple artisan, ayant remarqué 
son penchant pour la musique, le confia aux soins 
de Charles King, maître des enfants de chœur 
de la cathédrale de Saint-Paul. Il fut attaché an 
chœur de cette église jusqu'à l'époque delà mue 
de sa voix, qui l'obligea à se retirer. Devemi 
alors élève du docteur Maurice Grune, organiste 
du Saint-Paul, il apprit de lui le mécanisme du 
clavier et la pratique du service choral. Lorsque 
ses études furent terminées avec ce maître, il se 
présenta au concours pour une place d'organiste 
à Saint-Michel (Corn-Ilill), avec Froud , Young, 
J. \Yorgan et Kehvay ; mais quoique ce dernier 
eût fort peu de talent, ce fut lui qui obtint l'em- 
ploi. Boycc trouva la compensation de cet ccliec 
dans la place d'organiste d'Oxford, chapelle près 
de Cavendïsch Square. Ce fut alors qu'il com- 
mença à se livrer à l'enseignement du clavecin 
dans les pensionnats. Cependant il comprenait 
que son éducation musicale n'avait pas été com- 
plète; car Grune, bon organiste et iloiié d'ins- 
linct pour la composition, était peu versé dans 
la théorie de riiarmonie et ne l'avait pas ensei- 
gnée à son élève. A cette époque, Pepiisch était 
le plus savant harmoniste de l'Angleterre; ce fut 
lui que Boyce choisit pour son maître : il se livra 
avec ardeur, sous sa direction, à l'étude du con- 
trepoint, et apprit à faire l'analyse des œuvres des • 
grands maîtres de toutes les écoles. Ses premiers 
essais dans la composition furent le Thétis et Pe- 
lée de K)rd Landsdowue, sorte de pièce appelée; 
masque en Angleterre. Cet ouvrage fut exécuté 
avec succès en 1734 dans une ancienne société 
appelée philharmonique ; dans la môme année, 
il donna aussi à la Société d'Apollon la com- 
plainte de David sur la mort de Saul et de Jona- 
than. 

Peu après avoir terminé ses éludes, Boyce 
avait éprouvé une altération sensible dans l'or- 
gane de l'ouïe : le mal fit de rapides progrès, et 



BOYCE — BOYË 



49 



eu peu de temps il devint presque comphUe- 
iiient sourd. Privé par cet accident du jilaisir 
qu'il trouvait à entendre de bonne musique, et 
en quelque sorte obligé de se renfernier en lui- 
même, il n'en devint que plus studieux. Ses 
pro[)res productions et la lecture des belles œu- 
vres de l'art résumèrent par la suite toute son 
existence. En 1736, Keiway ayant abandonné 
l'orgue de Saint-Micbel pour celui de Saint-Mar- 
lin in the Fields, sa place fut donnée à Boyce, 
et, dans la même année, la mort de Joim Wildon 
ayant laissé vacante une des places de composi- 
teur de la chapelle royale, ce fut aussi Boyc« qui 
l'obtint. Il écrivit pour cette chapelle de bonne 
musique religieuse, qui est encore très-estimée en 
Angleterre, et qu'on exécute presque chaque 
année dans certaines circonstances solennelles. 
Un des ouvrages qui lui firent le plus d'honneur 
fut la musique qu'il composa sur une version du 
Cantique des Cantiques, et qu'il publia en 1743 
sous le titre : Salomon serenata. Plusieurs mor- 
ceaux de cette œuvre ont eu beaucoup de célé- 
brité, particulièrement l'air So/Cly rise, et le duo, 
Together let us range the fields. En 1747 il pu- 
blia aussi douze sonates en trios pour deux vio- 
lons et basse, qui eurent un brillant succès. Deux 
ans après il mit en musique l'ode de Dryden 
pour l'installation du duc de Newcastle, suc- 
cesseur du duc de Sommersct comme chancelier 
de l'université de Cambridge, ainsi qu'une an- 
tienne qui fut exécutée dans la même circon>- 
tance. L'ode et l'antienne ont été publiées par lui 
avec une dédicace au duc de Newcastle. Dans 
la même année, par une faveur spéciale, l'uni- 
versité lui conféra simultanément les grades île 
bachelier et de docteur en musique. En 1749, 
Boyce donna au théâtre de Drury-Lane le drame 
musicaj intitulé The Cliaplet (La Guirlande), et 
en 1731, au même théâtre, The Shepherd^s Lot- 
tery (La Loterie du Berger). Ces deux ou- 
vrages furent suivis de l'ode séculaire de Dry- 
den, qui fut exécutée au même théâtre. Dans 
la même année (1752), Boyce succéda à Green 
comme chef d'orchestre de la musique du roi, 
ce qui l'obligeait à diriger à Saint-Paul l'exécu- 
tion annuelle au bénéfice des fils du clergé, et la 
réunion triennale des trois chœurs de Worcester, 
Hereford et Gloucester. Pour ces circonstances 
il écrivit deux nouvelles antiennes, et ajouta l'ins- 
trumentation au Te Deum de Purcell. Après la 
mort de John Travers, en 1758, Boyce lui suc- 
céda dans l'emploi d'un des organistes de la cha- 
pelle royale. Parvenu à l'âge de 50 ans, il cessa 
de se livrer à l'enseignement, et se retira à Ken- 
sington, où la composition et les travaux de ca- 
binet devinrent son unique api)lication. Ce fut 

BIOGU. UMV. DES MUSICIE.NS. — T. H. 



alors qu'il s'occupa d'une grande et belle publi- 
cation de musique religieuse des compositeurs 
les iilusctlèbres de l'Angleterre, depuis les temps 
les plus anciens jusqu'au milieu du dix-huitième 
siècle. Le premier volume de cotte précieuse col- 
lection parut en 1760, sous ce titre : Calhedrnl 
Music, being a Collecdon in score of the most 
vaiuable and usejiil compositions for that 
service, bij theseverul English Maslers. Boyce 
trouva peu d'appui dans la haute société anglaise 
pour son eutreprise, et le nombre des souscrip- 
teurs fut très-minime ; ce nombre était peu aug- 
menté lorsque le deuxième volume fut publié; 
le troisième accrut un peu la liste ; mais après 
avoir employé <louze années au travail nécessaire 
pour cette publication, et avoir fait les avances 
pour la gravure, le papier et l'impression, il put à 
peine être remboursé de ses dépenses. Une nou- 
velle édition de la collection de lioyce a été publiée 
il y a quelques années à Londres chez MM. Ro- 
bert Cocks et C'c, par les soins de M. Joseph 
Warren, qui y a ajouté des notices très-bien 
faites, très-détaillées et pleines d'intérêt, sur la 
vie et les ouvrages des artistes dont on trouve 
des compositions dans la collection de Boyce. 
Cette édition, publiée avec un grand luxe typogra- 
phique, fait le plus grand honneur à l'éditeur. Les 
derniers ouvrages de Boyce qui ont vu le jour 
sont : Anihcms for three voices (Antiennes à 
trois voix) ; Londres, 1768. —Eight symphonies 
for violins and olher instruments; Londres, 
ilt!)o.— Lyra Britannica : being a collection of 
^ngs, Ductts and Caniatas on varions sub- 
jects,composed by Mr. Boyce; Londres (sans 
date), in-fol. — Dix pièces d'orgue sous le titre : 
Ten voluntaries for the Organ. ; Londres (sans 
date). La belle antienne de ce compositeur, Bles- 
sedishe that considère/ h the Poor, avecorhes- 
tre, est exécutée tous les ans, à la fêle des (ils du 
clergé. Boyce a cessé de vivre le 7 février 1779, 
à l'âge de soixante-neuf ans, et a été inhumé dans 
l'église de Saint- Paul, à Londres. 

BOYE (Jean), professeur de philosophie à 
Copenhague, est né en Danemarck en 1756. Pen- 
dant plusieurs années il avait été recteur de l'u- 
niversité Fridericia dans le Jutland ; mais le dé- 
sir dese livrera ses travaux scientifiques le déter- 
mina ensuite à quitter cette place pour prendre 
celle de professeur àCopeniiague. Il est mort dans 
cette ville en 1830, à l'âge de soixante-quatorze 
ans. Il a publié plusieurs livres estimés sur la 
philosophie, contre les principes de Kant, sur 
l'économie politique el sociale, sur l'art d'écrire 
l'histoire et sur divers autres sujets plus ou moins 
importants. L'ouvrage pour lequel il est cité ici 
est un petit écrit qui a pour titre : Musi/cens og 

k 



so 



BOYI-: — BOY VIN 



angens bidrag til menneskets Forcedling (De 
l'inflaence de la musique et du chant sur l'amé- 
lioration de l'homme) ; Copenhague, 1824, 80 
pages in-8o. L'idée développée par M. Boye dans 
cette brochure est celle que Cicéron a exprimée 
dans ce passage : n Assenlior enim Platoni, nihil 
K tam facile in animos teneros atque molles in- 
« fliiere, quam varioscanendi sonos; quorum dici 
« vix potest quanta sit vis in utramque partem ; 
« namqiie et incitât Janguentes, et languefacit 
« excltatos, et tum remittit animos, tum con- 
« trahit. Civitatumque hoc multarura in Graecia 
« inlerfuit, antiquum vocum servare modum. » 
Boye n'élève point de doute sur les effets mer- 
veilleux attribués à la musique par les anciens; 
mais il prend aussi quelques-uns de ses exemples 
dans les temps modernes. Son ouvrage est terminé 
par l'ode de Dryden sur le pouvoir de la musique. 

BOYE {■■■.), On a sous ce nom un petit 
écrit assez piquant intitulé : L'expression mu- 
sicale mise au rang des chimères; Amsterdam 
(Paris), 1779, brochure in-8° de 4? pages. M. 
Le Febvre a donné une réfutation de cet ou- 
vrage dans un livre qui a pour titre : Bévues, 
erreurs et méprises de différents auteurs 
enmatière musicale (voy. Le Febvre). M. Qué- 
rani s'est trompé (France littéraire, t. 1. p., 
487) en attribuant l'écrit de Boyé à Pascal lîoyer 
(voyez ce nom). 

BOYER (Philibert), musicien, né en Bour- 
gogne, vers le milieu du dix-septième siècle, fut 
maître de chapelle à lîeaune. Une messe à cinq 
voix de sa composition a été publiée à Paris chez 
Ballard, en 1692, in-fol. 

BOY'ER (Pascal), né en 1743, à Tarascon, 
en Provence, succéda en 1759 à l'abbé Gauzar- 
gues dans la place de maître de chapelle de l'é- 
glise cathédrale de Nîmes : il l'occupa pen- 
dant six ans. Au bout de ce temps il se détermina 
avenir à Paris, et débuta parla publication 
d'une Lettre à Monsieur Diderot sur le projet 
de Vunité de clef dans la musique et laré- 
forme des mesures, proposées par M. l'abbé de 
La Cassagne, dans ses éléments du chant ; 
Paris, 1767, in-8°. Cette lettre est remplie d'ex- 
cellentes remarques sur le projet peu sensé de 
l'abbé de La Cassagne. On a aussi de Boyer : 
l^LaSoirée perdue à l'Opéra; Paris, 1770, in-S''. 
Cette pièce est relative aux discussions qui se sont 
élevées à l'occasion des opéras français de Gluck, 
et aux querelles des Gluckistes et des Piccinnistes. 
Une deuxième édition a paru à Paris, en 1781 , 
in-8°. — 2° Notice sur la vie et les ouvrages de 
Pergolèse, dans le Mercure de France juillet, 
1772, page 191. Boyer a écrit quelques morceaux 
qui ont été ajoutés à des opéras. 



On trouve sous le nom de Boyer ( P. ) , trois 
sonates pour piano avec accompagnement de 
llûte ou violon et de violoncelle; Pans, Ga- 
veaux. 

BOYLE ou BOJLE (François), professeur 
de chant et compositeur dramatique, naquit à 
Plaisance en 1787. Dans sa jeunesse, il se fixa 
à Milan, et écrivit pour le théâtre Re l'opéra in- 
titulé Il Carnevale di Venezia, qui fut repré- 
senté en 1812. Il était alors connu comme pia- 
niste de talent. Il était occupé de la composition 
de la Selvnggia, opéra destiné au théâtre Car- 
cano, lorsqu'il fut atteint d'une maladie grave qui 
le priva de la vue pour le reste de ses jours. Obligé 
de renoncer alors au travail pour la scène, il 
chercha des ressources dans l'enseignement du 
chant, et se distingua comme professeur de cet 
art. Au nombre de ses meilleurs élèves on re- 
marque les ténors Bolognesi et Reina. Boyie est 
mort à Milan, le 27 novembre 1844, à l'âge de 
soixante et un ans. On a de cet artiste infortuné 
quatre livres de solfèges ou vocalises pourniesso- 
soprano, imprimés à Milan, chez Ricordi. Le 
même éditeur a publié quelques morceaux pour le 
piano de la composition de Buyie. 

BOYLEAU ( Simon ), compositeur français 
qui paraît avoir vécu en Italie vers la moitié 
du seizième siècle, a publié de sa composition : 
1° Motelti a quattro voci ; Venise, 1544. — 
20 Madrigali a quattro voci ; Venise, 1 546. 
Gesner ( Bibl. Univ., lib. VI, tit. 3, f. 82) dit que 
Boy leau a écrit un livre sur la musique ; mais il n'en 
indique pas le titre. 

BOYVÎN (Jean), basse-taille de la chapelle 
du duc d'Orléans, en 1539, suivant un état des 
finances de ce prince qui se trouve aux archives 
de l'État, à Paris ( Liasse R 7 — 2). Boyvin pa- 
rait comme compositeur dans Le XV Livre, 
contenant XKXchansons nouvelles à^parties. 
Imprimé par Pierre Attaingnant et Robert 
Jullet, à Paris, 1542, petit in-4o. obi. 

BOYVIJ^J (Jacques), organiste de l'église ca- 
thédrale de Rouen, obtint cette position en 1674, 
après un concours où il trouva un rival redou- 
table dans un organiste nommé Maréchal. Ce 
concours eut lieu dans la Bibliothèque du cha- 
pitre, en présence d'une commission de chanoi- 
nes. Les candidats se donnèrent réciproquement 
un sujet de fugue à traiter, sans le secours d'un 
instrument. Dumont, maître de chapelle du roi, 
à qui les compositions furent souunses, décida 
en faveur de Boyvin, qui conserva sa place pen- 
dant trente-deux ans, et mourut en 1706 ( voy. 
Revue des mailres de chapelle et musiciens de 
la métropole de Rouen, par M. l'abbé Langlois, 
p. 20). Boyvin a publié -. 1° Premier livre d'orgue, 



BOYVIN — BRADE 



51 



contenant les huit tons à l'usage ordinaire de 
V Église; Paris, Cliristopiie Ballard, 1700, in-4", 
obi. — 2° Second livre d'orgue contenant les 
huit tons à Vusage ordinaire de V Église; ibid., 
1700, in-4° obi. Ce deuxième recueil est précédé 
d'un Traité abrégé de V Accompagnement pour 
Vorgue et pour le clavecin, où les règles prin- 
cipales de l'accompagnement de la basse chiffrée 
sont présentées avec assez de clarté, d'après l'an- 
cienne méthode italienne. Dans l'aveptissement 
de ce petit ouvrage, Boyvin dit qu'il n'a voulu y 
donner que ce qu'il y- a de plus nécessaire, parce 
qu'il travaillait à un traité de composition dans 
lequel il avait dessein d'expliquer toutes les rè- 
gles plus au long. Ce travail plus étendu n'a 
pas paru. Le petit traité d'accompagnement a 
été publié ensuite sans date à Amsterdam et 
séparé des pièces d'orgue ; Ballard a donné aussi 
séparément une édition du môme ouvrage. Les 
pièces d'orgue de Boyvin consistent en préludes, 
tugues, duos et trios à plusieurs claviers. L'har- 
monie en est très-pure, et le style, quoique vieux, 
y est supérieur à celui de toutes les pièces d'or- 
gues qui ont été publiées plus tard en France. 
Les mélodies sont dans le goût de Lulli ; mais 
riiarraonie est remplie de ligatures et de cadences 
û'inganno d'un fort bon effet. La fugue est la 
seule partie faible de ces pièces ; Boyvin n'en con- 
naissait pas le mécanisme. 

BOZAN (Jean -Joseph)» bon musicien et pas- 
teurà Chraustowicz en Bohème, a publié un beau 
livre de chants d'église, avec de belles mélodies 
en langue bohémienne, sous ce titre : Slawicek 
Bo(jsky-To gcst Kancyonal, a nebo kniha 
pjsebnj. Wytisstemj iv Ilradoy Krà lewé nad 
Labem. Wacvalwa l'y belly, 1719. L'auteur 
était fort âgé quand cet ouvrage a paru. 

BOZIO ( Paul ), compositeur de l'école ro- 
maine, vécut dans la seconde moitié du seizième 
siècle. Il fut un des maîtres qui dédièrent à Pa- 
lestrina, en 1592, un recueil de psaumes à cinq 
voix, de leur composition. 

BRACCÎiXl (.Louis), maître de chapelle, né 
à Florence en 1754, mort en 1791, fut élève du 
P. Martini. On cite de lui un Miserere à quatre 
voix a cappella, et un Viclimœ paschali, comme 
des morceaux de premier ordre dans le genre 
scientifique. Il a aussi composé des Trios pour 
deux soprani et tenore. Aucune de ces compo- 
sitions n'a été gravée. L'abbé Santini, de Rome, 
possède aussi quelques autres compositions de ce 
maître, en manuscrit. 

BRACCINO DA TODI ( Antoine ) , pseu- 
donyme sous lequel a été publié un discours qui 
contient une critique acerbe des inventions har- 
moniques de Claude Monteverde. Jules-César 



Monteverde, frère du compositeur Ot une réponse 
k cette critique, dans une lettre placée à la fin des 
Scherzi musicali a tre voci qui furent publiés 
à Venise, en 1G07. On y voit que le nom de 
i>?-flCcaio était supposé. Une réponseàcette lettre 
parut ensuite sous le même pseudonyme avec le 
titre : Discorso secondo musicale di D.Antonio 
Braccino da Todi pcr la dichiaratione délia 
leltera posta ne' scherzi musicali del Siff. 
Claudio Monteverde . In Venezia, oppressa Gia- 
como Vincenti, 160S,in-4o de 8 feuillets. M. Gas- 
pari, artiste et savant distingué de Bologne, qui 
a fait beaucoup de recherches pour se procurer 
le premier discours, n'a pu le découvrir. U con- 
jecture que Jeau-3Iarie Artusi est l'auteur de ces 
deux écrits; ce qui est assez vraisemblable. 

BRACK (Charles de), ancien administrateur 
des douanes, naquit à Valenciennes vers 1770. 
Nommé administrateur des douanes à Marseille, 
en 1801, il a publié dans les mémoires de l'Aca- 
démie de cette ville (t. II, 1804) : Fragment 
dhm ouvrage anglais sur l'état présent de la 
viusique en Europe. Ce fragment était extrait 
de sa traduction française des voyages musicaux 
de Burney. Ayant été envoyé à Gênes pour y 
remplir les fonctions de directeur des douanes, 
il y publia cet ouvrage, en 1809 et 1810, sous le 
titre: De l'état présent de lamusiquecn France, 
en Italie, dans les Pays-Bas, en Hollande et 
en Allemagne, ou Journal de voyages faits 
dans ces différents pays avec l'intention d'y 
recueillir des matériaux pour servir à l'his- 
toire générale de la musique, 3 vol in-S". Cette 
traduction est fort mauvaise : pour la faire, M. de 
Brack ne savait pas assez bien la musique, il est 
évident d'ailleurs qu'il n'avait qu'une connais- 
sance imparfaite de la langue anglaise, et qu'en 
beaucoup d'endroits il n'a pas saisi le sens de son 
auteur. En 1812, il aaussi donné une traduction 
de la dissertation d'Auguslin Perotti {voy. ce 
nom ) sur l'état de la musique en Italie. Retiré 
des emplois publics, M. de Brack vint à Paris, 
où il s'occupait de la traduction française de 
l'histoire générale de la musique de Burney. 
Il élaitchevalier de la Légion d'honneur, membre 
des Académies de Marseille et de Nîmes, et de la 
Société royale des sciences de Gœltingue. Il est 
mort en 1841. 

BIIADE (Guillaume), musicien anglais, se 
fixa à Hambourg au commencement du dix- 
septième siècle. Il parsît que son instrument 
était la viole, car il se donne la qualification de 
violiste, aux titres de ses ouvrages. On connaît 
des recueils de pièces instrumentales à quatre, 
cinq et six parties , sous les titres suivants : 
r ISetie ausserlcsene Paduanen , Galtiarden . 

4. 



52 



BRADE — BRAHAM 



Canzonetten, etc.; Hambourg, 1609, in-4''. — 
2° Neue ausserlesene Paduancn und Gagliar- 
den mit 6 Stimmen; ibid. 1614, in-4°. — 3° Neue 
lustige Volten, Courmvten, Balletten, Padua- 
ncn, Galliarden, etc., mit 5 Stimmen; Franc- 
fort-su r-l'Oder, 1621, in-4°. 

BRAETTEL (Ulkic), coutrepointiste et 
secrétaire du duc de Wurtemberg, Técut dans la 
première moitié du seizième siècle. Un livre de 
ses motets a été publié à Augsbourg en 1540. 
On trouve aussi des pièces de sa composition 
dans les recueils dont voici les titres : 1° Selec- 
tissimae nec non familiarissimx cantiones 
nltracentum vario idiomatevocutn, tum mul- 
tiplicium quam etiam paucnrum. Fugx quo- 
que ut vocantur, a sex usque ad duas vo- 
ces, etc.; Augustx Vindelicorum , Melchïor 
Kriestein excudebat, 1540. — 2" Concentus 
octo, sex, Iquinque et quatuor vocum omnium 
jucundissirni nuspiam antea sic sediti;Au- 
gustœ Vindelicorum, Philippus Vhlhardus ex- 
cudebat, 1545, petit in^oobl. — 3» Tomus se- 
cundus psqlmorum selectorum quatuor et 
quinque vocum; Norimbergœ, apud Jo. Petreium, 
1539. 

BRAEDER (Charles), né à Francfort-sur- 
Je-Mein, était en \%'Mcantor à Werdau. lldiri- 
)^ea la (ête musicale de Zwickau, en 1836. On 
connaît de sa composition le psaume XV, pour 4 
voix et orchestre, Leipsick, Breitkopfet Haertel, 
et le psaumeXXlII, idem., ibid. Braeuer est aussi 
auteur d'un traité élémentaire de chant à l'usage 
des écoles, intitulé -. Leitfaden beim ersten Un- 
terricht im Singen nach Noten (Guide pour 
l'enseignement du chant d'après les notes, etc., 
Altenbourg, Helbig, 1837. Cette édition est la 
deuxième : je ne connais pas la dale de la pre- 
mière. 

BRAEUMICH (Jean-Micuel), ou BREU- 
NIC'H, maître de chapelle à Mayence, dans la pre- 
mière moitié du dix-huitième siècle, a composé et 
fait imprimer, en 1736, six messes à quatre voix, 
avec accompagnement de deux violons, viole, 
deux trompettes et basse continue, in-fol. En 
1723, il avait été invité à se rendre à Prague, 
pour assister à la représentation de l'opéra Cos- 
tanzae Fortezza, qui fut joué à l'occasion du 
couronnement du roi de Bohême. Ce fut pour 
cette ville qu'il écrivit son oratorio intitulé : 
Pœnitentia secunda post naufragium tabu- 
la, etc., qui fut exécuté en 1733. Deux ans après 
il (ut engagé comme maître de chapelle au ser- 
vice de l'électeur de Saxe, roi de Pologne. En 
1748, il fit représenter à Varsovie son opéra Mo- 
derazione nclla gloria. Depuis cette époque, on 
ignore quel a été le sort de Biaeimicli. 



I BRAGAIMTI (François), célèbre «hanleur, 

I né à Forli, brilla sur les théâtres d'Italie depuis 

j 1700 jusqu'en 1720. 

I BRAHAM (Jean), célèbre chanteur, dont le 
nom véritable est Ji»j'a^am, estnéà Londres, vers 
1774, d'une famille Israélite. Orphelin dès ses 
premières années, il fut confié aux soins deLeoni, 
habile chanteur italien, qui lui fit faire des études 
de solfège. A l'âge de dix ans, il fit son premier 
début au théâtre royal, dans un rôle d'enfant : sa 
voix avait tant d'étendue et de sonorité, qu'il 
pouvait chanter avec facilité plusieurs airs de 
bravoure qui avaient été composés pour M'"^ 
Mara. Mais l'époque du changement de voix ar- 
riva et l'empêcha de continuer ses débuts : mal- 
heureusement ce fut précisément au moment 
où Leoni fut forcé de s'éloigner de l'Angleterre à 
cause du mauvais état de ses affaires. Braliam 
se trouva donc une seconde fois dans l'abandon. 
Son talent et sa bonne conduite lui procurèrent 
un asile dans la famille de Goldsmidt. Protégé 
par cette maison respectable, il devint professeur 
de piano. Sa voix commençait à reprendre du 
timbre lorsqu'il rencontra le célèbre flûtiste Ashe, 
dans une réunion musicale : celui-ci lui conseilla 
d'accepter un engagement pour la saison sui- 
vante à Bath; Braham y consentit, se rendit 
dans cette ville, et y fit son début, en 1794, 
dans les concerts dirigés par Rauzzini. Ce grand 
rrmsicien connut bientôt tout ce que présentait 
de ressources une voix et une intelligence musi- 
cale telles que celles de Braham ; il se chargea 
de lui donner des leçons, les continua pendant 
trois ans, et vit ses soins couronnés par le plus 
grand succès. 

Au printemps de 1790, Braham fut engagé 
par Storace pour le théâtre de Drury-Lane ; il 
y chanta dans l'opéra de Mahmoud, et reçut 
du public les applaudissements les plus mérités. 
Dans la saison suivante il parut au théâtre ita- 
lien : ses succès prirent chaque jour plus d'é- 
clat. Mais peu satisfait de lui-même, tant qu'il 
lui restait quelque chose à apprendre , il se dé- 
termina à voyager en Italie, pour se perfectionner 
dans l'art du chant. Arrivé à Paris, il s'y ar- 
rêta pendant environ huit mois, et y donna des 
concerts qui eurent une vogue extraordinaire, 
malgré le prix élevé des billets. Le premier en- 
gagement qu'il accepta en Italie fut à Florence. 
De là, il alla à Milan et à Gênes. IN séjourna 
quelque temps dans cette dernière ville, et y étu- 
dia la composition sous la direction d'Isola. 
Pendant qu'il était à Gênes, il reçut plusieurs 
propositions de la part des directeurs du théâtre 
de Saint-Charles àNaples; mais l'état de Irouble 
où était alors ce royaume les lui fit toutes rejeter» 



BllAUAM — BllAMBlLLA 



S3 



Il se dirigea vers Livourne, Venise, Triesle, et 
enfin se rendit à Hambourg. 

Sollicité \ivementde retourner dans sa patrie, 
il rompit les engagements qu'il avait à Milan et à 
Vienne, et débuta, en 1801, au théâtre de Covent- 
Garden dans l'opéra The Chaim qf the Heart, 
de Reeve et Mazzinghi. Depuis cette époque il 
a toujours continué à occuper le premier rang 
parmi les chanteurs anglais : nul n'a jamais 
chanté aussi bien que lui la musique de Hsendel, 
et particulièrement l'air Deeper and deeper slill, 
dans lequel il arrachait des larmes de tous les 
auditeurs. 11 a joué au théâtre du Roi depuis 
1806 jusqu'en 18 16, avec M""" Billington,Grassini 
et Fodor. En 1809, il fut- engagé au théâtre 
royal de Dublin, avec des avantages qui n'a- 
vaient été accordés 1 à personne (deux mille li- 
vres sterling pour quinze représentations). Ce- 
pendant, le directeur fut si content de son mar- 
ché, qu'à son expiration il en contracta un autre 
pour trente-six représentations, au même taux. 

Après qji'il eut perdu sa voix, Braham con- 
serva longtemps encore la faveur du public, 
parce qu'il reprf'seutait presque seul tout le 
chant de l'Angleterre, et parce que les Anglais 
sont fidèles à leurs vieilles admirations : do là 
vient que les directeurs de Drury-Lane et de 
Covent-Garden engageaient souvent ce chanteur, 
et lui accordaient des appointements très-élevés, 
bien qu'il clxintàt d'une manière ridicule dans 
les derniers temps. Il ne chantait plus qu'a- 
vec de pénibles efforts quand je l'entendis à 
Londres, en 1829; néanmoins il était encore en- 
gagé aux festivals de Manchester et de York, en 
1835 et 183C. Braham est cité comme com- 
positeur agréable : il a écrit beaucoup d'airs 
fort jolis; sa Death of Nelson (La mort de 
Nelson) est devenue populaire. Il a écrit aussi 
plusieurs opéras parmi lesquels on remarque ; 
r The Cabinet. — 2° The English Fleet. — 3° 
Thirty Thousand. — 4° Out of place. — 5" Fa- 
mily Quarrels. — 6° The Paragraph : Kaes. 
—1° Americans. —8° TheDeviVs Bridge.—^" 
FaUe Alarms.—XQo Zuma.—i i" Navensky, etc. 
Braham est mort à Londres, le 17 février 1856, 
à l'âge de quatre-vingts ans. Son décès avait été 
annoncé plus de vingt ans auparavant dans les 
journaux , et j'avais copié cette erreur dans la 
première édition de ce livre. 

BRAIÏMS (Jean), fils d'un contrebassiste 
du théâtre de Hambourg, est né dans cette ville 
le 7 mars 1833. Après avoiremployé ses premières 
années à l'étude élémentaire de la musique, il 
devint élève de Marxsen {voy. ce nom) à 
l'âge de douze ans. Ses progrès sur le piano 
furent si rapides, que dès 1847 il put doaner 



des concerts et s'y faire applaudir dans les 
morceaux les plus difficiles des artistes contem- 
porains, ainsi que dans les œuvres classiques des 
grands maîtres. Ses rares dispositions pour la 
composition se manifestèrent bientôt après par 
la publication d'un grand nombre de morceaux 
de piano, au nombre desquels on remarque plu- 
sieurs grandes sonates, trois trios, deux quatuors, 
un grand Scherzo et un recueil de romances 
avec accompagnement de piano,- ouvrages qui 
ont paru à Hambourg et dans plusieurs autres 
villes de l'Allemagne. En 1853 il entreprit un 
voyage avec le violoniste hongrois Riminzy; mais 
il ne tarda pas heureusement à se séparer de 
cette espèce de vagabond, dont le talent est fort 
extraordinaire, mais" dont les habitudes ne pou- 
vaient plaire à un jeune artiste bien né. Toute- 
fois, les occasions que Brahms eut de se faire 
entendre en public et de faire connaître ses pro- 
ductions, dans cette excursion, lui donnèrent une 
célébrité hâtive. Liszt, Joachim, et d'autres ar- 
tistes renommés exprimèrent l'étonnement qu'il 
leur avait inspiré en termes admiratifs, et Ro- 
bert Schuraann, dans un excès d'enthousiasme 
qui sans doute était le précurseur du dérange- 
ment de sa raison, écrivit dans le 18'"e nu- 
méro du 39^ volume de la nouvelle gazette mu- 
sicale de Leipsick (Neue Zeitschrift/ûr Musik), 
un article extravagant dans lequel il affirmait 
que Brahms est le Mozart du dix-neuvième siècle. 
De pareilles appréciations, à l'aurore de la vie 
d'un artiste, sont toujours sans valeur; il faut 
que lacarrièreaitété remplie pourque la critique 
ait la mesure du talent et du génie. Ce qui peut 
ôtre dit de Brahms aujourd'hui, c'est que ses 
premières productions ont de la fantaisie et 
qu'elles indiquent chez leur auteur une rare in- 
telligence musicale. 

BRAMBILLA ( Paul), compositeur drama- 
tique, est né à MHau, suivant l'almanach théâ- 
tral de cette ville, intitulé : Série chronologica 
délie rappresentazioni dramadco-panlomi- 
miche, etc. ; mais, si je suis bien informé, cet ar- 
tiste est fils d'un médecin italien au service de l'em- 
pereur d'Autriche; il est né à Vienne et a suivi 
son père à Milan, lorsque celui-ci a perdu ses 
emplois. Quoi qu'il en soit, il a fait représenter au 
théâtre Re de. cette ville, en 1816, un opéra qui 
avait pour titre : H Barone burlato, et qui fut 
suivi de VIdolo \Birmanno. Précédemment il 
avait écrit VApparenza inganna, opéra-bouffe 
qui obtint quelque succès. Ricordi en a- publié 
l'ouverture pour le piano. En 1819 il donna à 
Turin II Carnevale di Venezia, qui réussit. Cet 
artiste a écrit aussi la musique de plusieurs bal- 
lets pour le théâtre de La Scala et autr«, ainsi 



54 



BUAMBILLA - BKANCACCIO 



que des divertissements pour le Casino des nobles 
et ia société del Giardino. Enfin, on connaît de 
lui: 1° Six ariettes italiennes, op. 1 ; Vienne, Ar- 
taria. — 2° Romances avec accompagnement de 
piano, op. 2, 3 et 4 ; ibid. — 3° Cinq ariettes ita- 
liennes, op. 5; ibid. — 4" Romances avec accom- 
pagnement de piano, op. G et 7; ib. — 5° Ro- 
mances, Id., op. 9 ; Vienne, Mecbetli. Crambilla 
fut le père d'une famille d'artistes. Sa fille ainée 
(Amaiia), qui devint la femme du ténor Verger, 
eut quelque talent comme cantatrice. En 1830 , 
elle était à Vérone. Deux ans après, elle obtint 
des succès au tiiéâtre Carignano, à Turin ; puis 
elle se rendit en Espagne, et clianta au tbéâtre de 
Barcelone en 1835. Elle s'est retirée de la scène 
en 1842. La deuxième fillede Rrambilla (Emilie) 
suivit aussi la carrière dramatique, mais ne s'é- 
leva pas au-dessus du médiocre. Elle s'est aufsi 
retirée du tbéâtre en 1842. La plus jeune des trois 
sœurs (Erminie) fut la plus remarquable par le 
talent. Elle possédait une belle voix de mezzo-so- 
prano et chantait avec expression. Elle cbanta 
avec succès sur plusieurs grands théâtres, parti- 
culièrement à Florence, à Milan, et plus tard à 
Palerme, où elle se trouvait en 1847. .^nnibal 
Brambilla, (ils aîné de Paul, fut un ténor de se- 
cond ordre : il chanta à Ancône en 1838-, à Mi- 
lan dans la même année, à Plaisante et à Rome 
en 1839, à Barcelone pendant quatre ans , puis 
retourna en Italie. Ulysse, son frère , fut basse- 
chanlante et ne parut que sur de petits théâ- 
tres avant qu'il se rendit en Espague , où il fut at- 
taché au théâtre de Valence. Il épousa la canta- 
trice Gaziello. 

BRAMBILLA. Cinq sœurs de ce nom, qui 
n'appartiennent pas à la famille précédente, ont 
brillé comme cantatrices depuis 1830. Elles sont 
nétis kCassano-sopi-a-l'Adda, bourg à six lieues 
de Milan, Vainée {Mariet(a), grande musicienne 
et artiste née, possédait une très-belle voix de 
contralto, et chantait avec une expression tou- 
chante. Elle tlébuta dans la carrière dramatique 
à Novarre en 1828, à l'âge d'environ 21 ans. En 
1829, elle succéda à la célèbre cantatrice Judith 
Pasta au théâtre Carcano, de Milan, et y com- 
mença sa renommée. Depuis lors elle a brillé sur 
les scènes principales de l'Italie, à Milan parti- 
culièrement, où elle fut rappelée en 1833, 1834, 
1837, 1839 et 1842; à Vienne, où elle chanta 
pendant quatreannéesconsécutives (1837 à 1841), 
à Paris, où elle obtint de grands succès en 1835 
et 1845, et à Londres en 1844. Mariette Brambilla 
se distingua aussi connue professeur de chant, et a 
publié des exercices et vocalises pour voix de so- 
prano, en deux livres, qui sont très-esfimables; 
Ricordi les a publiées à Milan. On a aussi de 



sa composition un recueil de cinq aricKes, un 
petit duo avec accompagnement de piano. Milan, 
Kicordi, et un autre recueil de mélodies italiennes 
\n\!\U\\é Souvenirs des Alpes, ibid. 

Thérèse Brambilla, sœur de Mariette, s'est fait 
aussi la réputation de cantatrice distinguée. 
Elle commença sa carrière dramatique en 1831 
sur quelques petits théâtre-s. En 1833 elle chanta 
avec succès à Milan, où elle fut rappelée en 1836 
et en 1840. En 1837 elle était à Tuiin, et dès 
lors elle fut recherchée par tous les entrepreneurs 
de théâtres d'Italie. Venise, Florence, Livourne, 
Lucques, Rome, Naples, l'applaudirent tour à 
tonr. A Rome l'estime qu'on avait pour son ta- 
lent la fit nommer membre de l'Académie de 
Sainte-Cécile. Après im séjour de deux années 
en Espagne, elle chanta avec succès à Paris, en 
1846; puis elle retourna en Italie. 

Anuette, sœur des précédentes, s'est fait aussi 
applaudir sur les théâtres de quelques grandes 
villes, telles que Milan, où elle chanta dans les an- 
nées 1833 et 1837, Venise, Turin, Florence et 
Barcelone. 

Joséphine Brambilla, quatrième sœur de cette 
famille, a débuté à Trieste, eu 1841, puis a chanté 
à Rome, et enfin à Barcelone dans les années 
1842, 43 et 44. Postérieurement, on n'a plus de 
renseignements sur sa personne. 

La plus jeune des cinq sœurs ( Laure), a chanté 
au théâtre de Pise en 1844. C'est tout ce que je 
sais sur elle. 

BRAIVIINI (Jacques), né à Rome vers 1640, 
eut pour maître de chant et de contrepoint Ho- 
race Benevoli. Après avoir terminé ses études 
musicales, il obtint la place de maître de cha- 
pelle à Sainte-Marie délia consolazione, dans 
sa ville natale. Sa santé déplorable, qui était la 
suite de sa constitution difforme (il était mons- 
trueusement bossu), le tint dans un état de con- 
tinuelles souffrances, qui ne cessa qu'à sa mort, 
en 1674. Bramini s'est distingué comme son maî- 
tre par des com-positions à 8, 12 et 16 voix. Elles 
se conservent en manuscrit dans les archives de 
plusieurs .églises de Rome. 

BR ANCiVCCIO ( Antoine ), compositeur, né 
à Naples en 1819, a fait ses étodes musicales 
au Conservatoire de cette ville. Il est au nombre 
de ces jeunes artistes italiens de l'époque actuelle 
qui produisent avec ra|)idilé des opéras de peu 
de valeur, lesquels disparaissent de la scène avec 
non moins de célérité. Son début se fit au car- 
naval de 1843 par l'opéra 7 Panduri, qui lut 
représenté au théâtre Nnovo, à Naples. Peu de 
temps après il donna au même théâtre l'opéra 
bouffe intitulé IlMorlo cdil l'n'o. En 1844, son 
ojiéra VAsscdio di Constantina fut joué au 



BRANCACCIO — DRAND 



55 



pclit tlitiâtre de polichinelle appelé La Fenice. 
JlPunfiglione,i}pcrà bouffe, qu'il donna en 1845, 
au tlu'ûtre Nuovo, eut une chute complète, mais 
le compositeur fut plus heureux avec L'in- 
cognila, ossia dopo 1 5 a/un, qui fut joué au théâ- 
tre i^e?i «ce en 1846. Postérieurement il a fait jouer 
Rosmunda, Le Sarte calabresi, l'opéra en dia- 
lecte napolitain / duje vastasi di porto, Lilla, 
Fraricesca di Rlmini, etc. 

BHAA'CIIE (Charles- Antoine), né à Yer- 
non-sur-Seine, en 1722, a été premier violon delà 
Comédie italienne pendant trente ans. Il a fait 
graver à Paris six sonates pour violon seul, 
liv. 1*"", lesquelles ont paru en 1749. 

BRANCHU ( Aiexandrine-Caroline ), con- 
nue d'abord sous le nom de M'e Chevalier, 
parce qu'elle était de la famîHe des Chevalier de 
Lavit, naquit au cap Français, le 2 novembre 
1780 (1). Conduite à Paris dans sa jeunesse, elle 
fut admise comme élève au Conservatoire, au 
mois de juin 1796. Deux ans après, elle y rem- 
porta le premier prix de chant, et le premier 
prix de déclamation lyrique lui fut décerné 
en 1799. Ses études terminées, elle entra au 
théâtre Feydeau ; mais le caractère de son ta- 
lent ayant plus d'analogie avec le grand opéra, 
elle rompit son premier engagement, et débuta 
h l'Académie royale de musique, en 1801, par 
le rôle de Didon : son triomphe fut complet. 
Toutes les qualités se trouvaient réunies en elle 
pour le genre qu'elle venait d'adopter : la puis- 
sance, l'étendue delà voix, un large et beau mé- 
canisme du chant, un sentiment expressif et 
dramatique; enfin, un jeu de physionomie intel- 
ligent et passionné, tels étaient les avantages par 
lesquels elle conquit tout d'abord la faveur du 
public. L'impression qu'elle produisait était irré- 
sistible dans sou rôle de début, dans ceux à'Al- 
cesie, de La Vestale, d'Ipermnestre dans les 
Danaïdes, etc. Quels que fussent ses succès , 
elle ne les considéra jamais que comme des en- 
gagements pris envers le public : ses études ne 
se ralentirent pas , et jusqu'à la fin de sa car- 
rière théâtrale, elle reçut des conseils de Ga- 
rât, qui lui avait transmis ses belles traditions. 
Admise à la retraite au mois de mars 1826 , 
elle joua pour la dernière fois le rôle de Statira 
à la première représentation de la reprise d'O- 
lympie, ouvrage de Spontini, le 27 février de la 
même année. File avait épousé le danseur Cran- 
Ghu, qui mourut aliéné. En 1830, elle se retira à 
Orléans et y vécut pendant plusieurs années ; 

(I) C'est par erreur qu'on a fait n.iitre M"'<= Branchu à 
Paris en 178î, dans la Biographie portative des contem- 
porains. J'ai tiré mes renseignements des registres de 
l'ancien conservatoire de Paria. 



plus tard elle revint dans son ancienne maison 
de Passy, près de Paris, où elle est décédée le 
14 octobre 1850. Mal informes, les journaux 
avaient annoncé sa mort au mois de mai 1846. 

BR ANCl ( Jean ), compositeur, né à Argenta, 
au territoire de Ferrare, vers la fin du seizième 
siècle, est auteur d'un œuvre qui a pour titre : 
Primo libro de' sacriconcentï a 2, 3, 4 e 5 voci, 
con le litanie délia Beata Virgine ai, b et 6 voci 
Venise, Bart.Magni, 1619, in-4<'. 

BRAMCIARDI ( François ), maître de cha- 
pelle de la cathédrale de Sienne , dans les pre- 
mières années du dix-septième siècle, s'est fait 
connaître par un ouvrage qui a pour titre : Mis- 
sarum 4eï8 vocibus liber primus ; Venetiis, 
apud Angelum Gardanum, 1609, in-4°. 

BRA1\CIF0RÏE ( Jérôme ), comte de Ca- 
merata, et chevalier de l'ordre d'Alcantara, na- 
quit à Palerme, vers le milieu du dix-septième 
siècle. 11 cultiva la poésie et la musique comme 
amateur, et publia un recueil de ses compositions 
sous ce titre : Inftdi lumi, Madrigali a cinque 
voci; Palerme, 1693, in-4° ( voy. Mongitori , 
£ibl. Sic, t. I, p. 274 ). 

BRAJ\D (GottloeFrédéric), néà Arnstadt, 
le S mai 1705, fut un virtuose d'une habileté ex- 
traordinaire sur la trompette. Il brillaitsurtoutpar 
la douceur de son jeu dans l'accompagnement du 
chant. Après avoir été au service de plusieurs 
princes d'Allemagne, il se fixa à la cour du duc de 
Saxe-Meiningen. 

BRAXD ( Jean-Jacques ), directeur de mu- 
sique à Sarrebrouck, a publié en 1755, à Nurem- 
berg, trois suites de pièces de clavecin, in-4". Un 
autre musicien de ce nom, dont les prénoms ont 
pour initiales les lettres A. C, a fait paraître à 
Vienne, en 1793, Cavatinacon variationi dell' 
opéra Axur, péril clavieembalo, 

ËRAI^D. Trois guitaristes de ce nom sont 
connus. Le premier (Alexandre) a publié des valses 
pour une guitare seule, et un quatuor brillant pour 
v.iolon principal, chez le même éditeur. C'est pro- 
bablement le même àqui l'on doit trois duos pour 
deux violons, Offenbach, André, et trois sonates 
faciles et brillantes pour le môme instrument, 
livre I", Mayence.Schott. Le deuxième (J. P. de 
Brand) estauteur d'une sonate pourguitare et vio- 
lon, Leipsick, Bieitkopf et Haertel. Le dernier 
(Frédéric) a fait paraître des thèmes variés pour 
guitare seule, œuvres 3, 7 et 8, Paris, Pacini, 
et Mayence, Schott ; des pièces faciles et des valses 
pour cet instrument, ibid., et quatre recueils de 
chansons allemandes, avec accompagnement de 
guitare. Celui-ci s'est aussi fait connaître comme 
compositeur pour le piano par une cavatine 
variée, Manheim et Francfort. Il avait épous«î 



55 



BRA^yD - BRANDL 



M"* Danzi, de Manhcim, et vivait à Francfort en 
1816. J'ignore quel est celui de ces trois artistes 
quiapubliéàLeipsick une méthode pourla gui- 
tare sous le titre de Guïtarschule. 

BRAiVD (NoNos), né à Wasserboiirg, entra 
dans l'ordre des liénédiclins à Tegernsée, en Ba- 
vière, après avoir fait de bonnes études littéraires 
et musicales. Son talent sur Torgue, dans la ma- 
nière de Bach, était très -remarquable. 11 fut 
nommé organiste de son couvent. On connaît des 
messes et des chansons à quatre voix de sa com- 
position dans lesquelles on remarque de l'expres- 
sion et un chant gracieux. Il passa la plus grande 
partie de sa vie à enseigner la musique et la lit- 
térature dans l'école de son couvent. Ayant passé 
de là à Freising, il y mourut d'apoplexie, en 1793. 

BRAND(WAi,TnER), violoniste distingué, est 
né en 1811, à Rudolstadt, où son père était mu- 
sicien de chambre du prince régnant. Après avoir 
fait ses études comme violoniste sous la direc- 
tion de Spohr, dont il a ado[»té le style (l'exécu- 
tion, il est entré dans la chapelle de Rudolstadt, 
en 1831. Quelques années plus tard, il a fait plu- 
sieurs voyages avec le violoncelliste De Roda. De 
retour à Rudolstadt, il y a été chargé de la direc- 
tion de la Société de chant, pour laquelle il a écrit 
des Lieder à j)lusieurs voix. Ses compositions, 
dans le genre romantique, n'ont pas élé publiées 
iusqu'au moment où cette notice est écrite. 

BRAND ( M. GoTTLiEB ), directeur de la 
Ijedertafel ( Société de chant ) à Wurzbourg, 
est né en Bavière, vers 181-8. Il a fauexécuter à 
Wiirzhourg une ouverture à grand orchestre de 
sa composition, et a publié un trio pour piano, 
violon et vroloncelle, op. 1 ; Vienne, Haslinger. 

BRANDAUouBRANDOW ( Jian-Geor- 
CES ), musicien allemand, qui florissait dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle, a fait im- 
primer une collection de psaumes sous ce titre : 
Psalmodia Davidis, tvorin aile Psalmen Da- 
vids nach franzœsischer Melodey gesetzt, 
nesbt Mart. Luther s und anderer Psalmen 
und Gesxnge in Zweystimmige riclilige Par- 
titur und zulxssige Transposition gebracht : 
Cassel, 1674, in-4°. La prem.édit. decet ouvrage 
était intitulée : Davids-Harfe ; Cassel , 1665. 

BRANDEL ( Je.vn ). Voy. Brandi. 

BRAI\DE1\BURG( Ferdinand }, violoniste 
et compositeur, né à Krfurt, s'est fixé à Leipsick 
vers 1838. 11 y a fait représenter, en 1847, un 
opéra sous ce titre : Die Belagerung von Solo- 
turn (Le Siège de la Tour isolée). Il y a fait 
exécuter aussi, en 1844, une sorte de symphonie 
dramatique intitulée : Die Màhr von den Drey 
Insein { La Mer des Trois Iles ). On connaît de 
lui divers morceaux pour violon, entre autres une 



Rêverie pour violon et piano, op. 9; Mayence, 
Scliott ; une collection de pots-pourris, divertis- 
sements, fantaisies et rondeaux sur des thèmes 
d'opéras pour piano, en deux suites composées 
chacune de 6 livraisons, et (\esLieder. 

BRArMDENSTElIV (Cuarlotte de ), d'une 
famille noble de l'empire, naquit à Ludwigsburg, 
vers le milieu du dix-huitième siècle. Elle fut 
élève de Vogler, qui a inséré dans la septième 
livraison de son Journal de Musique une sonate 
avec accompagnement de violon, qu'elle a com- 
posée en 1780. Cette sonate a été aussi publiée 
séparément. 

BRAI\DES ( Charlotte-Guilhelmine-Fran- 
çoiSE ), lille du célèbre acteur de ce nom, naquit 
à Berlin, le 21 mai 1765. Elle brillaitau théâtrede 
Hambourg comme première cantatrice, en 1782, 
sous le nom de Mirsna, et recueillait aussi des 
applaudissements comme virtuose sur le piano, 
dans les concerts publics et particuliers. Tous 
les journaux allemands de ce temps célèbrent ses 
talens. Elle est morte à la fleur de l'âge, à Ham- 
bourg, le 13 juin 1788. Hérold a publié dans la 
même année un recueil de ses compositions : elles 
con.sistent en ariettes italiennes et allemandes pour 
clavecin et quelques autres pièces pour cet ins- 
trument. On trouve la vie de cette cantatrice dans 
\&s Annales des Théâtres de 1788, 3" livraison, 
p. .33. 

BRA1\D!SS (MARC-DiETKicnx), écrivain du 
dix-septième siècle, a publié un traité de la ta- 
blature sous ce litre : Musica Signatoria; Leip- 
sick, 1031, in-S». 

BRAADLou BRANDEL ( Chrétien), ex- 
cellent ténor, né à Carisbad en Bohême, brillait 
au théâtre national de Berlin en 1790. En 1770, il 
fut engagé comme chanteur à l'église de Sainte- 
Croix, à Prague; il occupa cette position jusqu'en 
17h3, où il entra dans la carrière du théâtre. 
En 1793, il quitta Berlin, et se rendit à Hambourg, 
où il obtint des succès. Depuis ce temps , on 
manque de renseignements sur sa personne et 
sur sa vie d'artiste. 

BRAIVDL (Jean ), directeur de musique à 
Carlsruhe, naquit en Bavière, dans le territoire 
de l'abbaye de Kohr, près de Ralisbonne, le 14 
novembre 1764. A l'âge de six ans, on lui fit ap- 
prendre léchant, le violon elle piano. 11 montrait 
peu de goût pour ce dernier instrument, el l'on était 
obligé d'employer la vioJence pour le contraindre 
à l'étudier, parce que son penchant l'entraînait 
vers le violon. Dans la suite il reconnut l'utiiifé 
du piano pour la composition. A dix ans, il fut 
admis comme élève au séminaire de Munich ; il 
y resta pendant quatre années. Ses dispositions 
pour la musique s'y développèrent, et son goût 



BRANDL — BRANDT 



57 



pour cet art tétait si vif, qu'il négligea ses autres 
études pour s'y livrer sans obstacle. Il en fut de 
même lorsqu'on l'envoya au gymnase de Neu- 
bourg sur le Danube. Déjà il (éprouvait le besoin 
de composer, quoiqu'il n'eût aucune cotuiaissance 
des procédés de l'art d'écrire. Heureusement pour 
lui, Feldmayer et Schubauer se chargèrent du 
soin de lui enseigner les règles de riiarinonie, et il 
composa sous leur direction un Miserere qui fut 
exécuté dans l'église des Jésuites. Il était alors 
dans sa seizième année. Le succès de ce morceau 
excita l'intérêt de l'abbé Gallus en faveur de 
Brandi, et ce digne moine paya les dépenses né- 
cessaires pour que le jeune artiste prtt aller étu- 
dier, à Eichstadt, le contrepoint dans l'école de 
Schlecht, Il ne jouit pas longtemps de cet avan- 
tage, car !e maître mourut, après quelques mois, 
«l'une attaque d'apoplexie. Cependant, aidé par 
Ruhm, musicien de la cour. Brandi continua de 
se livrer à la composition. Il était destiné à la 
vie monacale; mais Rulim parvint à lui démontrer 
qu'il n'était pas né pour s'ensevelir dans un cloître. 
Il suivit le conseil qu'on lui donna d'aller étudier 
à Fribourg ; mais la difliculté d'y vivre le ramena 
au couvent de Saint-Trudber.t, où il donna des 
leçons de chanta quelques jeunes gens du pays. 
Insensiblement sa réputation de violoniste et de 
compositeur s'étendit, et, après quelques petits 
voyages, il obtint le titre de maître de chapelle 
du prince de Hohenlolie Bartenstein. Il resta 
dans cette position pendant trois ans, puis 
il fut appelé à Bruchsat et enfin à Spire, par Par- 
chevêque, en qualité de directeur de musique. 
Il jouissait des avantages de cette position hono- 
rable quand le pays fut envalvi par les armées 
françaises. Brandi perdit sa place, et tomba dans 
ime profonde misère. Retiré d'abord à Sluttgard 
vers 1793, il y vécut jusqu'en 1S05, époque 
où il s'est retiré à Bruchsal. Depuis lors il est re- 
venu à Carlsruhe, où il est mort le 26 mai 1837. 
Ses compositions les plus importantes sont : 1° 
Symplionieàgrand orchestre (en ré) ; Spire, 1790. 

— 2" Sérénade pour violon obligé, deux flûtes, 
deux altos, deux corset contrebasse, op. 4 ; Heil- 
bronn, 1792. — 3" Grande sénérade pour violon, 
hautbois, violoncelle et basson obligés, deux vio- 
lons, deux cors, et basse d'accomoagnement, op. 7; 
Heilbronn, 1796. — 4° Six quatuors pourdeux vio- 
lons, alto et basse, op. 8; ibid., 1796 — 5o Six 
quintetti pour deux violons, deux altos et basse, 
op. 10 ; ibid. — 6" Six quintetti, idem , op. 11, 
liv. 1 et 2 ; Offenbach , 1797. —7° Symphonie à 
grand orcliestre ( en mi bémol ), op. 12 ; ibid. 

— 8° Quintetto pour piano, violon, alto, basson 
et violoncelle, op. 13; ibid., 1798. — 9' Quin- 
tetto pour violon, deux altos, bassou et violon- 



celle, op. 14; ibid. — 10" Quatuor pour (lûte, 
violon, alto et violoncelle, op. 15; ibid. — n» 
Sextuor (en ut) pour violon obligé, basson, cor, 
deux altos et violoncelle, op. 10; ibid., 1799. 

— 12" Six quatuors pour deux violons, alto et 
basse, op. 17, liv. 1 et 2, dédiés à Haydn; Heil- 
bronn, 1799. — 13° Grand quatuor ( en ré mi- 
neur ), op. I8;0ffenbach, 1799. — l4"Noclurne, 

[ pour deux violons et violoncelle, op. 19; ibid., 

I 1800 15" Symphonie concertante pour violon, 

violoncelle et orchestre, op. 20; ibid., 1801. 

— 16° Germania, opéra en trois actes, 1800, 
inédit. — 17' Trois quatuors pour deux violons, 
alto et violoncelle concertants, op. 23 ; Augshourg, 
1803. — 18° Poésies de Schutz mises en musi- 
que; Leipsick, Kùhnel. — 19° Symplionieàgrand 
orchestre ( en ré ), op. 25 ; Leipsick. — 20° Six 
airs avec accompagnement de piano; ibid. Brandi 
a écrit un opéra intitulé Hermann et le mono- 
drame de Uero, qui ont été représentés au théâtre 
de Carlsruhe. Parmi ses compositions, on compte 
aussi plusieurs oratorios, quelques messes, dont 
une pour quatre voix d'hommes, qui a obtenu 
des éloges dans une analyse de la Gazette mu- 
.sicale de Leipsick ( 1828, pag. 188 ), des con- 
certos pour le basson, des sextuors et quintettes 
pour cet instrument et le hautbois, des quatuors 
pour le basson et pour la flûte, des recueils de 
chansons allemandes à plusieurs voix et à voix 
seule, avec accompagnement de piano, et plu- 
sieurs autres ouvrages de différents genres. Les 
cahiers de Lieder publiés par Brandi à Spire , 
chez Bossier, sont remarquables par la beauté 
des mélodies. 

BRANDT ( Jean ), poète et musicien, né à 
Posen, en Pologne, vers 1546, fit ses premières 
études dans sa patrie, et se rendit ensuite à Rome, 
où il acheva de s'instruire dans les lettres et 
dans les arts libéraux. En 1571, il entra chez les 
jésuites, retourna ensuite en Pologne, et se livra 
à la culture de la poésie et de la musique. Ses 
compatriotes estiment beaucoup le recueil de mé- 
lodies qu'il publia à Varsovie en 1586, sous ce 
titre : Piesni latinskiei polskie z notami mu- 
zycznemi ( Chants latins et polonais mis en mu- 
sique ). La plupart des pièces de ce recueil sont 
encore chantées par les paysans de la Pologne. 
On trouve quelques mélodies de Brandt dans le 
recueil qui a pour titre : Pedagogus ostendens 
qua ratione prima artiuminiliapueris quam 
fadlUme tradi possint ; Bâle, 1 582, in-8°. 

BRANDT (Georges-Frédéric), célèbre bas- 
soniste, naquit à Spandau, le 18 octobre 1773. Il 
fut élevé à l'école de musique militaire de Pots- 
dam, et eut pour maître de basson Antoni, artiste 
distingué de cette époque. Après trois années d'é- 



>8 



BRANDI — BRAUER 



tudes dans cette école, Brandt fut i»lacé comme 
bassoniste dans im régiment de la garde royale, 
à Berlin. Là il se lia d'amitié avec Bitter, musi- 
cien de la cour, qui perfectionna son talent par 
ses conseils. Ses nouvelles études furent inter- 
rompues peu de temps après par la guerre avec 
la France, et il dut entrer en campagne avec la 
garde royale, en 1792. Après une absence de trois 
ans, Brandt rentra à Berlin, et reprit ses études, 
sous la direction de Ritter. Le roi Frédéric-Guil- 
laume II, ayant voulu l'entendre, fut si satisfait 
de son talent, qu'il lui donna l'assurance d'une 
place dans sa musique; mais la mort du roi 
anéantit tout à coup les espérances de l'artiste. 
Il entreprit alors un voyage, et se rendit à Lud- 
vvigslust, où le duc de Mecklembourg-Schwerin 
lui proposa un engagement qu'il accepta, après 
avoir obtenu son congé en Prusse, le 6 mars 1798. 
En 1800 il voyagea de nouveau, visita Stettin, 
Berlin, Breslau, Dresde et enfin Munich, où il fut 
placé à l'orcliestre de la cour, en 1806. Les der- 
nières mentions qui sont faites de Brand t remontent 
à 1813.A cette époque il parcourut l'Allemagne, et 
brilla dans les concerts à Vienne et à Prague. On 
connaît en manuscrit quelques solos pour le 
basson composés par cet artiste. 

BRASPERJ\IUS ( Baltuazar ). Vojjez 
Pp.asperg. 

BUAIXIERl [ Claude), organiste et compo- 
siteur, né en Italie vers la fin du seizième siècle, 
fut attaché au service de l'archiduc Ferdinand 
( qui fut roi de Bohême sous le nom de Ferdi- 
nand II ) comme organiste, et vécut à Prague 
en cette qualité. Dans les comptes de l'archiduc 
Ernest, tenus à Prague par Biaise Hutter, son se- 
crétaire intime , on trouve cet article : « à Claude 
« Branieri, organiste de son altesse impériale 
« l'archiduc Ferdinand, pour la partition d'une 
« messe offerte au gracieux prince, 24 florins. « 
( Archives du royaume de Belgique , liasse C. 
4-D. ). 

BRASSAC (René DE BEARN, marquis de) 
amateur distingué que Vollaire a célébré dans 
son Temple du Goût , fut d'abord officier de ca- 
rabiniers, puis brigadier des armées du roi, et 
enfin maréchal de camp, en 17G9. Il a composé 
la musique de deux opéras qui ont eu du succès : 
1° L'Empire de V Amour, 1733. — 1" Léandre 
et Héro, 1 750. Le marquis de Brassac a fait graver 
à Paris un livre de cantates à voix seule. 

BRASSART ou BRASART, coutrepointiste, 
vraisemblablement né en Belgique, paraît avoir 
vécu dans la première moitié du quinzième 
siècle, et avoir été contemporain de Faugues-, de 
Régis, d'Éloy, de Cousin, et de quelques autres 
musiciens qui furent les sucesseurs immédiats de 



Dufay, de Binchois et de Dunstaple. Toutefois le 
nom de cet artiste n'est cité que d'une manière 
vague, et les renseignements sur sa vie, son mé- 
rite et ses ouvrages nous manquent. Dans la voie 
de découvertes où l'on est entré depuis quelques 
années, il est peut-être permis d'espérer que des 
manuscrits encore inconnus fourniront un jour 
des documents satisfaisants sur ces anciens com- 
positeurs, particulièrement sur celui qui est l'objet 
de cet article. Tinctoris , Glaréan, Hermann Fink 
et Ornillioparcus ne parlent pas de Brassart : Ga- 
fori le cite dans un passage du troisième livre de 
son ouvrage intitulé : Musica utriusque Cantus 
practica : « complurestamen discordantemhnjus 
« modi minimamatque semibrevem admitlebant, 
« «t Dunstable (sic), Binchoyset Dufay, atque 
« Brasart. » 

BRASSA RT (Olivier), autre musicien belge, 
vécut environ cent ans après le précédent. Il n'est 
connu jusqu'à ce jour que par un œuvre qui a 
pour titre : Il primo libro de Madrigali a quattro 
voci; Roma, per Antonio Barré, 15C4,in-4''. 

BRASSICANUS(JEAN),musicienallemand 
du dix-septième siècle, était chantre à Linz 
vers 1630. Daniel liintzier a inséré quelques pièces 
de sa composition dans le recueil intitulé : Mu- 
sikalisch-figurirte Melodien der Kirchen-ge- 
saenye,etc. ; Strasbourg, 1634, in-12. 

BRASSOLINI ( Dominique ) , maître de cha- 
pelleà Pistoie, au commencement du dix-huitième 
siècle, a consposé la musique d'un opéra intitulé 
// Trionfo deW umiltà, qui a été représenté à 
Modène, en 1707. 

BRAUCHLE (Joseph-Xavier), compositeur, 
né en Bavière dans les dernières années du dix- 
huitième siècle, vécutà Vienne vers 1820, puis se 
fixaàMunich,ets'y maria. Il y était encore en 1830. 
Sa femme, harpiste de quelque talent, s'est fait 
entendre avec succè^s à Strasbourg en 1839, et 
à Augsbourg en 1846. On connaît de Brauchie : 
1° Six chants à voix seule avec accompagnement 
de piano, op. 1 ; Vienne, Haslinger ; — 2° Baga- 
telles pour le piano, op: 2 ; ibid. — 3° Grande so- 
nate pour piano, violon et violoncelle, op. 3; 
ibid. — 4" Grand duo pour piano et violon , op. 
4; ibid. — i)0 Grande sonate pour piano seul, 
op. 5; ibid. — 6» Polonaise, romance et rondo 
pour le piano, op. 6; ibid. — 1° Deux quatuors 
pour deux violons, alto et basse, op 7; ibid. — 8° 
Un quatuor, idem , op. 8 ; Leipsick, Breitkopf et 
H.nertel. Brauchie futun des compositeurs qui mi- 
rent en musique les poésies du- roi Louis de Ba- 
vière, pour le recueil de chants exécutés par les 
membres de la Liederkranz de Munich , le 25 mai 
1829 et publiés dans cette ville chez Falter. 

BRAUER (...), pianiste devienne, vivait dans 



KIIAUER — RRALIN 



59 



f cite ville vers 1 825. On a imprimé de lui qiioli|iies 
composilions pour le piano, parmi lesquelles ou 
remarque : 1° Variations brillantes pour le piano 
sur un lliôuic liont;rois, avec accompagnement 
(le (iiiatuor; Vienne, Pciinauer. — T Ouverture 
pour le piano a quatre mains; Vienne, Artaria. 
— 3" Première polonaise brillante pour le piano 
( en /"a ) ; Vienne, Diabelli. 

liUAUER (Chrétien), a été d'abord profes- 
seur de musique à Altenbourg, en Saxe, puis 
est devenu directeur de musique île la société 
de chant, à Cliemnitz. 11 a publié un très grand 
nombre de recueils de ciiants pour 1 et 3 \oi\, 
à l'usage des écoles, à Grimma, Allenliourg et 
Cliemnitz. Son ouvrage 211""', consistant en un 
hymne (F/-ei<e each des Herrn), pour 2 chœurs 
d'hommes avec 4 voix solo, a paru en lS45à 
Cliemnitz, chez Uiicker. On a aussi de Brauer 
un petit traité élémentaire de musinue intitulé : 
Leit/aden beiin crsten Vnterrichte un Singen 
nacli ISoten ( Guide pour la première instruction 
du chant d'après les notes) ; Altenbourg, Helbig. 
Ce petit ouvrage est une sorte de protestation 
contre l'enseignement élémentaire de Natorp par 
les chiffres, qui a été définitivement abandonné 
en Allemagne depuis environ 1840. 

DRAUER (FRÉbÉnic-WiLUELM), organiste à 
"Weissenfels , né à Naumbourg, en Prusse, 
vers ISIO, fut d'abord maître d'école à Stoessen, 
près de cette ville. On a de lui des pr<ludes ( Vors- 
piele) d'orgue pour le livre choral de Hentscliel ^ 
Weissenfels, Meusel. Koerner, d'Erfurt, a publié 
desacompoistion un prélude et fugue pourl'orgue 
(en fa), et une conclusion ( pièce de sortie) 
euut. 

BRAUi\ ( Je,vin -Georges ), né à Ubtlial, 
village de la Bohème , dans la première moitié 
du dix-septième siècle, fut directeur du choeur 
de l'église Sainl-Nicolas à Éger ou Égra, vers i G60. 
Il avait écrit un livre de chant pour l'usage de 
cette église. La deuxième édition de ce recueil 
parut sous ce l'ûre : Echo hynwodia; eelestis (Echo 
de chants célestes , ou chants anciens et nou- 
vaux de l'Église catholique, pour les grandes so- 
lennités et les fêtes de l'année, etc.), Éger ; Abraham 
Lichlenthaler, 1673, in-12. Dans l'épilre dédi- 
catoire de cette édition, on voit que la îpremière 
avait paru en IC64 ; car Braun dit : « Le livre de 
« chant que j'ai fait imprimer il y a onze ans 
« ayant été épuisé, je l'ai fait réimprimer pour 
« satisfaire au désir de plusieurs âmes pieuses. « 
Ce livre est rare : un exemplaire bien conservé 
se trouvait en 1S18 au couvent de Strahow, près 
de Prague. On a aussi de Braun : Odai sacrx 1 
et ,2 vocibus cum i et 2 violinis modulatx 
etcompositx ; Œniponti, typis Mxch. Wagner i, 



1008, in-4''. A l'époque où parut cet ouvrage 
l'auteur était déjà directeur du chœur à Éger. 

BRAUN (Jean Georges),, poète allemand du 
dix-septième siècle, Uû cantor à l'église luthé- 
rienne de Ilanau. 11 a publié un traité élémentaire 
de musique en dialogue, sous ce titre : Kurze 
Anleituug znr edlcn Mnsi/;kunst in Fragen 
und Antworten ; Hanaii , 1C81 , in-8" On a aussi 
de Braun un recueil de psaumes intitulé : Cilhava 
Davidicu- Evangelica, oder Davidische Evan- 
gelische Ilarpfen ans prop/ietischen Psalm- 
Spriichen ûber die Sonn-tmd Feyer-Taegliche 
Evangclia, in Kurze heutiger Sing-Arfuhliche, 
Verse gebraclit, min in leicliter Composition, 
mit Sing und instrumental Stimmen, beneben 
einem Generalbass, clc;Giessen, 1683, in-4''. 
Wollfgang Charles Briegel, maître de chapelle du 
duc de Hesse Darmstadt a été l'éditeur de cerc- 
cueil. 

BRAUN (...) , musicien allemand , s'élablit à 
Paris eni74I, ety vivait encore en 1754 , époque 
où le P. Caffiaux écrivait son Histoire de la mu- 
sique ( voyez Cafeiaux). Cet historien en parle 
avec éloge. Braun était considéré comme un 
flûtiste de mérite. Il fit graver à Paris les ou- 
vrages dont les titres suivent : 1" Sonates à dote 
seule, premier livre. — 2° Livre de duos pour 
les musettes et les vielles. — 3° Trios pour 2 
flûtes et basse. — 4° Sonates en duos pour 2 (lû- 
tes. — 5o Sonates à flûte seule, deuxième livre. 
— 6" Sonates pour le basson. — 7° Pièces pour 
flûte seule, sans basse. — 8°. Trios pour flûte , 
violon et basse. — 9°. Concertos pour la llùle, 
op. 9. — 101 idem, op. 10. — 11° Sonates en 
duos pour 2 flûtes, livre deuxième. L'auteur de 
toutes ces productions était connu sous le nom 
de Braun le Cadet : il avait un frère aîné, flû- 
tiste comme lui , qui a publié deux livres de Trios 
pour 2 flûtes et basse. 

BRAUN (Antoine), violoniste delà chapelle 
du landgrave deHesse-Cassel,néle6 février 1729, 
fut le père des virtuoses de ce nom ( Jean , Jean- 
Frédéric, Maurice, Daniel), et de M"* Braun, can- 
tatrice distinguée. 

BRAUN (Jean), violoniste de la chapelle du 
landgrave de Hesse, naquit à Cassel, le 28 août 1758. 
Il reçut de son père les premières leçons de violon 
et de musique, et se rendit en.suite à Brunswick, 
pour y étudier la composition sous Schwanenberg, 
et le violon sous JProsch. De retour à Cassel, iJ 
fut admis dans la chapelle du prince , alors la 
plus célèbre de l'Allemagne ; mais cette même 
réunion d'artistes les plus distingués ayant été con- 
gédiée en 1786, Braun alla à Berlin, où il devint 
maître des concerts de la reine. Il occupait encore 
cette place en 1797. On a gravé de sa composi- 



60 



BRAUN 



lion trois œuvres de trios pout deux violons et 
basse, et deux concertos de violoncelle; Berlin, 
Hummel, 1792. Il avait en outre en manuscrit vingt 
concertos pour violon, onze symphonies concer- 
tantes pour deux cors; deux concertos pour se- 
cond cor; un idem pour premier; deux idem 
pour basson; un idem, pour 11 ûte, et un, idem, 
])0ur violoncelle. Cet artiste a écrit aussi la mu- 
sique d'un ballet intitulé : Les Bergers de Cy- 
t Itère. 

BRAUN (JEAN-FREDÉnic), frère du précédent 
et deuxième fils d'Antoine, naquit à Casse), le 
15 septembre 1759. Il étudia le Uautbois sous la 
direction de Barth, et devint un des plus habiles 
artistes de l'Allemagne sur cet instrument. Il ex- 
cellait surtout dans l'exécution de l'adagio. Le 
landgrave de Hesse-Cassel ayant remarqué les 
heureuses dispositions de ce jeune artiste et les 
progrès qu'il avait faits en peu de temps, l'en- 
voya à Dresde pour y perfectionner son talent 
sous la direction de Besozzi. Après avoir suivi 
pendant un an les conseils de ce maître célèbre, 
Braun quitta Dresde, et entra dans la chapeJledu 
duc de Alecklembourg-Schwerin, en 1782. Le 
style de Besozzi , comme celui des meilleurs 
hautboïstes de son temps, consistait en un jeu bril- 
lant et orné; Braun s'en fit un autre, dont l'ex- 
pression et la belle manière de chanter formaient 
la base. C'est par ces qualités que Braun mérita 
d'être considéré comme le chef d'une nouvelle 
école de hautbois. Il a écrit une grande quantité de 
concertos , de trios et de quatuors pour son ins- 
trument, qui sont restés en manuscrit dans les 
archives de la chapelle du ducdeMecklembourg- 
Schwerin. BraunestmortàLudwigslust,lel5sep. 
Icmbre 1824, dans la matinée de l'anniversaire de 
sa naissance, à l'âge. de soixante-cinq ans. Parmi 
ses meilleurs élèves , on compte ses deux fds. 

BRAUJV ( Maurice ), frère des précédents et 
troisième fds d'Antoine, né le 1" mai 1765, entra 
vers 1790 dans la chapelle du prince évêque de 
Wiirzbourg, en qualité de bassoniste. Il était 
compté comme un des plus habiles de son temps 
pour son instrument. Cependant il était inférieur 
il ses frères. 

BIIAUN (Daniel), quatrième fils d'Antoine, 
violoncelliste et élève de Duport l'aîné, naquit 
à Cassel, le 24 juillet 1767. Il était déjà musicien 
de la chapelle du roi de Prusse en 1792. Il a été 
considéré comme un artiste distingué, et son 
maître avait beaucoup d'estime pour son ta- 
lent. 

BRAUN (M"^), sœur des précédents, naquit 
à Cassel le 22 octobre 1762. Elle brillait égale- 
ment comme cantatrice et comme virtuose sur 
la mandoline et le piano. Elle était, en 1797, 



femme de chambre de la duchesse de Gotha 
et avait épousé le conseiller Hamberger. 

BRAUN (M™^), femme de Jean-Frédéric, fut 
une cantatrice distinguée. Son nom de famille 
était Kunzen; elle était sœur du compositeur 
de ce nom, maître de chapelle du roi de Dane- 
marck. Elle fut attachée pendant plus de vingt 
ans au service de la chapelle du duc de Mecklem- 
bourg-Schwerin, à Ludwgslust. 

BRAUN (Georges), comédien allemand, né 
à Eichstaedt dans la seconde moitié du dix-hui- 
tièmesiècle, a composé la musique de troisopéras 
représentés au théâtre deGotha, depuis 1789 jus- 
qu'en 1796.11s avaient pour titres : V Julie. — 
'2" Der neue Herr (le Nouveau Seigneur); — 
3" Die Jubel-Hochzeït (le Jubilé de Mariage). 

BRAUN (André), tromboniste de l'opéra de 
Paris, d'origine allemande, entra à l'orchestre de 
ce àiéàtrecn 1797, après avoir été, pendant quel- 
ques années, attaché à celui du théâtre Feydeau. 
11 mourut à Paris en 1806. On a de lui : Mé- 
thode pour les trombone basse, ténor et alfa; 
Paris, Sieber. Il a été publié une édition fran- 
çaise et allemande de cet ouvrage, à Offenbach, 
chez André. Braun avait été professeur au Con- 
servatoire de Paris à l'origine de cet établisse- 
ment, lorsqu'on y formait des corps de musique 
militaire pour les armées de la République fran- 
çaise : il fut réformé en 1802. 

BRAUN (CATUERiNE),dont le nom de famille 
était Broîfwer, naquit à La Haye, le 7 mars 1778. 
Son père, ridie négociant, la plaça, à cause de sa 
belle voix, chez le maître de chapelle Graaf, pour 
qu'elle y fit son éducation musicale. En peu d'an- 
nées elle acquit une grande habileté comme can- 
tatrice. En 1796, elle lit, avec son maître, un 
voyage à Hambourg et à Berlin. Ses succès dans 
ces deux villes surpassèrent son attente ; son ta- 
lent y excita l'enthousiasme du public. Engagée 
au théâtre royal de Berlin, elle y prit des leçons 
dcHurka. Les conseils de ce maître achevèrent 
de développer les avantages de sa voix, une des 
plus belles qu'on eût jamais entendues en Alle- 
magne. A ime étendue de trois octaves, véri- 
table phénomène vocal. M"® Brouwer joignait 
le don d'une qualité de son moelleuse, pure et 
toucliante. En 1798 elle entreprit un voyage en 
Allemagne, visita Leipsick, Dresde, Vienne, Mu- 
nich, Hamboiug, et nerevintàBerlinqu'en 1803. 
Ce fut à cette époque qu'elle épousa le violoncel- 
liste Daniel Braun. Elle se retira du théâtre 
vers 1811. 

BRAUN (CnARLES-ANTOiNE-PniuppE),fils de 
Jean-Frédéric, est né en 1788àLudwigslust, dans 
le Meeklembourg. Son père lui enseigna à jouer 
du hautbois, et fut .sou maître de composition. 



BRAUxN 



CA 



Il entra, en 18o7, à la clmpellc du roi de Dane- 
niarck, comme premier hautboïste. On le con- 
sidère comme un artiste distingué en son genre. 
C'est d'ailleurs un bommc instruit. Comme com- 
positeur, il a publié -A" Symphonie à grand or- 
chestre (en re); Leipsick, Breilkopf et Ilœrtel. 
— 2° Ouverture (en ut mineur) ;ibid. — 3" Con- 
certo pour la tlùte (en fa ), œuvre deuxième ; 
Leipsick, Pttcrs. — 4° Quatuor pour deux fliites 
et deux cors, op. 1 ; ihid. — 5° Quatuors pour 
flûte, violon, alto et basse, op. G ; Leipsick, Hof- 
meistcr; — CDeux quatuors pour flûte, haut- 
bois, cor et basson ; Leipsick , Br. et Hsertel. — 
7-' Duos pour deux (lûtes; Copenhague, Lose. — 
8° Duos pour deux hautbois, op. 3 ; Leipsick, Pe- 
ters. — 9" Duo pour hautbois et basson ; Augs- 
bourg, Gombart. — 10° Pot-pourri pour haut- 
bois et piano; Leipsick, Hofmeisler. — 11" So- 
nate pour piano et hautbois; Leipsick, Br, et 
Hœrtcl. — 12° Six variations faciles pour piano ; 
Copenhague, Lose; — 13° Six chansonnettes 
avec ace. de piano; Stockholm. 

BRAUN (GtiLLAUME), deuxième fils de Jean- 
Frédéric, est né à Ludwigslust, en 1791. Élève 
de son père, il lui a succédé dans la place de 
premier hautbois de la chapelle du duc de Meck- 
lembourg-Schwerin, en 1825. Avant de prendre 
cette position, il avait été attaché à la musique 
particulière du roi de Prusse, à Berlin. Artiste 
éclairé, il a donné dans la Gazette musicale de 
Leipsick (1823, ii" 11, p. 165) un bon article 
sous ce titre : Bemerhîingen ueber die richtige 
Defiandlung und Btas Art der Oboe ( Obser- 
vations sur la bonne manière de traiter et de 
jouer du Hautbois ). Braun est considéré aujour- 
d'hui comme un des meilleurs hautboïstes de 
l'Allemagne. Il est connu comme compositeur 
par de nombreux ouvrages parmi lesquels on 
remarque : 1" Divertissement pour hautbois et or- 
chestre, op. 3; Berlin. — 2o Concerto pour haut- 
bois, op. 12; Leipsick, Pcters. — 3o Six duos 
pour deux hautbois, op. 1 , ibid. — 4° Grand 
duo pour deux hautbois, op, 23, n" 1, Leipsick; 
Breitkopf et Hœrtel. — 5° Deux quatuors pour 
deux violons, alto et basse, op. 13 ; ibid Hofmeis- 
ter. — 6° Divertissement pour flûte ctquatuor,op- 
27 ; Hambourg, Cœhme. — 7° Sonate pour 
piano, op. 17; Hambourg, Lûbbers. — 8° In- 
troduction et polonaise pour piano, op. 2C ; 
Hambourg, Cranz. — 9° Der Trosï, cantate pour 
soprano; avec accompagnement de piano, op 22 ; 
Berlin, Trautwein. 

BRAUiX (Catinka.), fille de Maurice, et 
femme deGuillaume ou Wilhelm, naquità Wûrz- 
bourg, le 24 mars 1799. Douée des plus heu- 
reuses dispositions pour la musique, elle fit dans 



cet art de si rapides progrès, qu'à l'âge de douze 
ans elle exécuta divers morceaux de piano dans 
des concerts, de manière à mériter les ajtplau- 
dissements des connaisseurs. Plus tard, sa voix 
ayant acquis du timbre, de l'étendue et du vo- 
lume, elle fut confiée aux soins de Seyfert, direc- 
teur du chœur à Wiirzbourg, qui se chargea de 
terminer son éducation vocale. En 1815, elledé- 
buta au théâtre de Hanovre, où sou père l'avait 
accompagnée; le succès qu'elle y obtint fut com- 
plet, et bientôt sa réputation s'étendit dans toute 
l'Allemagne septentrionale. Des invitations lui fu- 
rent envoyées pour qu'elle se rendit à Francfort et 
dans d'autres grandes villes. En 1817, ellechanta 
au théâtre de Hambourg, et produisit une vive 
impression parmi les habitants de cette ville. Après 
y avoirfait un séjour de trois ans, elle fit, en 1821, 
un voyage à Copenhague, et n'y eut pas moins 
de succès. De retour en Allemagne, elle fut enga- 
gée, en 1822, àCassel, en qualité déprima rfon?2a; 
dans l'année suivante elle alla à Berlin, et y de- 
vint la femme de son cousin, Guillaume Braun. 
Sa carrière théâtrale s'y termina par les rôles de 
Fanchon (dans l'opéra de Himtnel ), eld^Agathe 
dans Freyschûtz, qu'ellechanta sur le théâlEe de 
la cour. En 1825 elle suivit son époux à Lud- 
wigslust, et y mourut, le 8 juin 1832, dans sa 
trente-troisième année, regrettée de tous ceux 
qui connaissaient son talent elles qualités de son 
cœur. 

BRAUN. Sous ce nom, on trouve indiqué 
dans le catalogue de Giinther (5*"^ supplément, 
p. 33 et 44), un ouvrage manuscrit intitulé : 
Leïchterundganz Kurzgefasster Generalbass 
fur die Anfae]iger im Klavier ( Méthode courte 
et très-facile d'harmonie pour ceux qui commen- 
cent l'étude du piano^. 

BRAUIX (Joseph), habile pianiste et violon- 
celliste, est néen 1787, à Ratisbonne, où son père 
était organiste. Après avoir terminé ses études 
de musique, il se fit directeur de musique de plu- 
sieurs troupes d'opéra à Krenigsberg, Dantzick, 
Brème, Lnbeck et autres lieux. En 1825, il était 
à Kœnigsberg, où il fit représenter l'Opéra féerie 
Dei Wûnsche oder der Priifungstraum (Les 
souhaits, ou l'épreuve en songe), dont il avait 
composé la musique. A la même époque il 
donna aussi dans la même ville l'opéra-comique 
Die lange Nase ( Les longs Nez ), et Le Cosa- 
que et le Volontaire. Ce dernier ouvrage fut 
aussi représenté à Brème quelques années après. 
En 1826, Braun se fit entendre à Berlin comme 
violoncelliste; puis il fut appelée Philadelphie 
pour y diriger l'opéra. Sa femme, cantatrice de 
quelque mérite, qui avait chanté à Kœnigsberg 
et à Dantzick, l'y suivit en qualité de prima 



G2 



BRAUN — BREDENIERS 



donna. Braun y mit en scène plusieurs opéras i 
italiens, allemands et anglais; mais l'ignorance 1 
•des Américains en ce qui concernait la musique, i 
à cette époque, lui inspira bientôt le désir de | 
quitter le pays. En 1828 , i! donna sa démission ; ! 
puis il visita New- York , Baltimore , et quelques j 
autres villes pour y donner des concerts. De re- 
tour en Europe, Braun se fixa à Brème, et y fit 
représenter quelques-uns de ses opéras. On con- 
naît de cet artiste plusieurs compositions pour 
le piano et pour le violoncelle. 

BRAUJX (Charles), compositeur, né à Berlin 
vers 1819, a fait son éducation musicale dans cette 
ville, et a été l'un des membres dévoués de l'Aca- 
démie de chant. Il est aujourd'hui musicien de 
la chambre du roi de Prusse. Ce jeune artiste a 
débuté de la manière la plus heureuse comme 
compositeur, en 1842, par des œuvres vocales en 
chœur où se fait remarquer l'originalité des idées. 
Plusieurs de ses morceaux ont été exécutés avec 
succès dans les concerts de Berlin, en 1843 et 1844. 
BRAUN (Albert), chef d'orchestre du théâtre 
de Lemberg, actuellement vivant (1854), n'est 
connu que par un Entr'acte caractéristique 
pour la comédie de Korzeniowski, intitulée : les 
Juifs, arrangé pour piano ; Lemberg, Millikowski. 
BRAUNE (Frédéric- Wilhelm-Othon), or- 
ganiste à Berlin, s'est fait connaître comme un 
artiste habile depuis 1830. Vers 1845, il a été 
nommé directeur de la société de chant connue 
sous le nom ôeCceciUa. Cet artiste a publié en- 
viron quarante œuvres de musique d'église, 
chants à plusieurs voix et à voix seule avec 
piano. 

BRAYSSINGAR (Guillaume de), né en 
Allemagne, au commencement du seizième siècle, 
ou dans les dernières années du quinzième, fut 
organiste à Lyon. On a de lui un recueil, de 
ricercari, variations et fantaisies sur des thèmes 
des plus célèbres compositeurs de ce temps, sous 
le titre de Tablature d'Epineite; Lyon, Jac- 
ques Moderne, 1536, in-4''. 

BRECHTEL (François-Joachim), musicien 
allemand, qui vivait versla fin du seizième siècle, 
a fait imprimer des chansons gaillardes, à trois, 
quatre et cinq voix, de sa composition, sous ce 
titre : Kurz-weibige deutsche Liedleinmit vier 
und funf Stimmcn; Nuremberg, Catherine Ger- 
lach, 15S8, 1590 et 1594, in-4"' obi. 

BRECIXEO (Luis de), guitariste espagnol , 
contemporain de Mersenne, qui en parle avec 
éloge dans le Traité des instruments de son Har- 
monie universelle. On a sous son nom une mé- 
thode pour apprendre à jouer de la guitare à la 
manière espagnole; elle a pour titre : Melodo 
muy facillima para aprcnder a taner la gui- 



iarra a la Espaiiol; Paris, Pierre Ballard, 1626, 
in-8° obi. 

BREDAL(Niels-Krog), poète et composi- 
teur danois, fut d'abord vice-bourgmestre à 
Drontheim, en Norwége,et quitta cet emploi 
pour aller s'établir à Copenhague, où il est mort 
en 1778, à l'âge de quarante-six ans. Ses composi- 
tions les plus connues consistenten pièces de chant 
imprimées à Copenhague en 1758, et intitulées : 
1° Le Berger irrésolu. — 2° Le Solitaire. — 
3" Le Recruteur heureux. 

BRÉDAL(J.), chef d'orchestre du théâtre 
de Copenhague, né dans cette ville vers 1800, y 
a (ait représenter, en 1833, l'opéra de sa compo- 
sition intitulé : La Fiancée de Lammermoor, et 
en 1836, Zes Guérillas. Il a publié des pot-pour- 
ris pour le piano sur les thèmes de ces opéras, à 
Copenhague, chez Lose. 

BREDE (Samuel-Frédéric), d'abord sous- 
recleur à Perleberg, devint ensuite canior ^i 
directeur de musique à Stettin, où ii mourut 
en 1796. Il a publié à Offenbach, en 1784, six 
sonates pour le clavecin , dont trois avec accom- 
pagnement de violon; et en 1786, des chansons 
et des ariettes avec accompagnement de clavecin, 
et avec une préface; à Leipsick, chez Breitkopf. 
BREDENIERS (Henri), né vraisembla- 
blement à Lierre (province d'Anvers), dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle, comme 
on le verra plus loin, était, en 1505, organiste de 
Philippe le Beau(l) qu'il accompagna en Espagne, 
conjointement avec Alexandre Agricola et d'au- 
tres musiciens belges. Après la mort du roi de Cas- 
tille, en 1 506 , Bredeniers retourna dans les Pays- 
Bas (2) et eut le titre d'organiste et maître de la 
chapelle de l'archiduc d'Autriche (Charles, fils de 
Philippe le Beau, plus tard empereur Charles- 
Quint). Jusqu'à la fin de l'année 1521, on lui 
voit continuer son service près de ce prince; 
mais après cette date il disparaît des registres 
des comptes de finances de la cour; ce qui in- 
dique ou sa retraite, ou sou décès. Au mois de 
mai 1 508, il reçoit une gratification pour l'entretien 
et l'éducation de quatre enfants de chœur (3). 
En 1509, il est recompensé «■ des paynes qu'il 

(1) Registre n» F 191 de la Chambre des Comptes aux Ar- 
chives du département du Nord (à Lille). 

(2) Bredeniers se fait rembourser, en 1S09 et 1310, de 
Lt somme qu'il a payée pour le transport, de l'Espagne a 
Anvers, d'un coffre qui contenait les livres de chant et les 
missels de la chapelle de Philippe le Beau, lesquels avaient 
été portés à Valladolid lorsque ce prince s'y rendit pour 
laseconùe fois. [Acquits de la 7-ecette générale des finances, 
aux Archives du royaume de Belgique. | 

(3) « A Henry Bredeniers, organisie et maistre des enffants 
de la chapelle de l'archiduc, pour l'entretenement de quatre 
jeusnes enffans que par ordonnance de Monscignieur Jl 
« a gardez, monstre?, et enseignez la musique pour chan • 



BREDENIIÎRS — BREK (VAN) 



65 



« prend joiirnellemcni à apprendre à jouer sur 
« le manicordion Monseigneur (Charles) et mes- 
« daines ses sœurs (1). » Il fait, en 1514, un 
voyage en Hollande pour les affaires des archi- 
ducs Charles et Ferdinand (2). Charles, devenu 
roi d'Espagne et souverain des Pays-Bas, lui ac- 
corde, par lettres patentes de 1516, une pension 
annuelle de 100 livres en considération de ses 
services (3). Dans la môme année, le roi donne 
encore à Bredeniers 50 livres pour le récompen- 
ser de son dévouement, et afin qu'il pût conti- 
nuer l'aclièvenient d'une maison qu'il se faisait 
bâtir à Lierre (4y. Le choix qu'il avait fait de celte 
petite ville pour sa retraite est un indice qu'il 
y avait vu le-jour. Dans l'année 1520, Bredeniers 
accompagna Charles-Quint en Angleterre : on 
voit, par un acte authentique, qu'il donna à ses 
fiais un banquet aux chantres delà chapelle du 
roi Henri VIII, à Cantorbéry (5). Enfin, Charles- 
Quint le gratifia d'une nouvelle somme de 50 li- 
vres, au mois de septembre 1521 (6). Après cette 
époque, son nom disparaît des comptes de la cour ; 
ce qui fait présumer qu'il se retira alors dans sa 
maison de Lierre, et qu'il y mourût oublié. 

Il reste peu de compositions de Bredeniers au- 
jourd'hui ; je n'en connais que le motet à cinq 
voix Misitme Pater, dans les Ecclesiasticœ 
cantiones sex, quinque et quatuor vociim, pu- 
bliés à Anvers, chez Plantin, en 1529, petit in-4o, 
obi., et une messe à quatre voix, Ave Reginçi 
cœlorum, dans un manuscrit de la Bibliothèque 
royale de Belgique. 

BREE (Jean-Bernard VAN) , directeur de 
musique et chef d'orchestre de la société mu- 
sicale Felix-Merltis, d'Amsterdam, violoniste 



ter en ladite chapelle, etc. » |Registre F 193 de la Cham- 
bre des comptes, à Lille). 

|I) Acquits de la recette générale des finances, aux 
Archives du royaume de Belgique. 

(2) Registre F 200 de la Chauibre des Comptes, à Lille. 

(3) Registre F 2ul,i6((i. 

(4) « A Maistre Henry Bredeniers, organiste, L livres 
« que le roi, par lettres pateutes du XIX aoiit XVCxvj 
« lui a accordé, en considération de bons et aggréablcs ser- 
« vices qu'il luiavoitparcy-dcvant faiz et faisoit lorschas- 
« cun Jour audict estât d'organiste, et autrement, en di- 
(I verses manières, mesmemcni pour l'avanchcment des 
« ouvraiges de sa maison à Lyere. et pour une verrière 
« armoyce des armes dudict seigneur roy, qu'il proiuet- 
« tait mettre au chef-lieu de sa dicte maison, etc. » (Regis- 
tre n» F. 196, i()id.) 

(s; « A Maistre Henry Bredeniers, organiste de la chap- 
« pelle domestique du roy, la somme de .wiij livres \v 
« solz, pour don gratuyt que le roy lui a fait eu considéra- 
« tion de la despence qu'îl avoit soustenueà un banquet 
« par lui fait ans chantres de la chappelle du roy d'An- 
<c gletairre à Cantcrbyc.au voyaige que le roy y avoit lors 
« fait (Registre n° 1927 delà Chambre des Comptes, aux 
« Archives du royaume de Bclgiquc|. » 

(C) Registre F. 207. aux Archives de Lille. 



et compositeur, naquit dans cette ville le 29 jan- 
vier 1301, et y est mort le 14 février 1 857, à l'âge 
de cinquante-six ans. Doué de l'organisation la plus 
heureuse pour la musique, il ne dut qu'à lui- 
même et à ses elforts le talent qui l'a placé 
à ufî rang honorable dans l'art. Son père, musi- 
cien médiocre, lui enseigna les premiers éléments 
du violon, etBertelmann (voy. ce nom) lui donna 
un petit nombre de leçons de composition. Toute 
son éducation nfiusicale consista dans ses faible.* 
ressources ; cependant il fiarvint, dans son pays, 
à la réputation de violoniste habile, particuliè- 
rement dans l'exécution des quatuors; il eut le 
talent de diriger les masses vocales et instrumen- 
tales, et ses compositions lui ont acquis l'estime 
des connaisseurs. Dans son enfance, sa famille 
s'était établie à Leeuwarden, dans la Frise,, qui 
ne lui offrait aucimè ressource pour l'art; néan- 
moins, c'est dans cette même ville que ses facul- 
tés se développèrent rapidement. A l'âge de dix- 
huit ans il retourna à Amsterdam, oii ses progrès 
se firent remarquer chaque année. D'abord placé 
comme second ou premier violon du Théâtre- 
Français, il devintcbefd'attaqueet premier violon 
solo, après la retraite deKleine, artiste de talent, 
qui mourut jeune d'une maladie de langueur. Le 
dtbutde Van-Bree comme violoniste se fit au mois 
d'avril 1S21 dans un concert de Félix- Mer dis : 
le jeune artiste fut chaleureusement applaudi. 
Bientôt il devint l'âme de la musique dans sa 
ville natale, et la place de chef de la musique 
de la Société étantdevenue vacante, en 1829, il fut 
choisi pour la remplir. Pendant près de trente 
ans il contribua par ses soins actifs à la prospérité 
de cette belle institution. Bienveillant et ser- 
viahle, il aidait de ses conseils et de son in- 
fluence tous les jeunes artistes qui avaient besoin 
de ses services. Van Bree s'est fait connaître 
comme compositeur par les ouvrages suivants, qui 
ont été publiés : 1° Symphonie à grand oichestre; 
Amsterdam, Theune et C'e. — 2° Ouverture de 
concert ;ibid. — 3° Ouverture de fête avec chœur, 
exécutée à la grande fête musicale d'Amsterdam 
en 1836 ; ibid. — 4" 1"'' quatuor pour 2 violons 
alto et basse (en la mineur); Bonn, Simrock. 
— 5° 2nic quatuor idem ; Amsterdam, Theune et 
Qie . __ 6° 3me quatuor idem ; ibid. — 7'' Grande 
messe solennelle à 4 voix et orchestre, publiée 
par la Société [lour l'encouragement de la mu- 
sique, à Rotterdam. — 8° fS i-"" 3'^'« et 4'"« 
Messes à 3 voix avec orgue; Amsterdam, Theune et 
C*^. —Q" Requiem : missapro de fancds tribus 
vocibuslmmaniscomitanteorganoconcinenda; 
ibid., 1848.— 10° Le48'"« psaume pour voix solo, 
chœur et orchestre, arrangé avec ace. de piano ; 
ibid., 1851.— 1 i°Adolpheau Tombeau de Marie, 



64 



bref: (VAN) — BREITENGASSER 



ballade pour voix , de ténor et piano (texte hollan- 
dais); ibid. Ce morceau distingué, d'un style ex- 
pressif et sentimental, a obtenu beaucoup de suc- 
cès. On en a publié des traductions allemandes à 
Berlin, Hambourg, Hanovre, et une édition en 
hollandais, allemand et français, à Mayence, chez 
Schott, sous le titre de Marie. On a dit que celle 
ballade est uue imitation de: V Adélaïde de Bee- 
thoven : cette critique ne me paraît pas fondée. 
— 12* Colomb, ou la Découverte deV Amérique, 
sur le poëme de Vos, cantate à voix de barilon 
et chœur d'hommes; Amsterdam, Tlieune et C'e. 
— 13° Lord Byron, cantate de Meyer, à voix 
seule. Van Crée a écrit aussi pour la scène, et 
a fait représenter au Théâtre Français de La 
Haye, Le Bandit; au Théâtre-Hollandais d'Ams- 
terdam : Sapho, drame lyrique, qui a obtenu un 
brillant succès ; L'Homrae aux quatre époques 
de la vie, mélodramme hollandais, et La Mort 
héroïque de Speick, ouvrage du même genre ; 
le petit opéra allemand Nimm dich in Acht 
(Prends garde à toi). Enfin, on connaît de Van 
Bree beaucoup de chansons populaires remar- 
quables et des chœurs d'hommes d'un bel effet. 
Le Roi des Pays-Bas a récompensé les travaux de 
cet artiste par la décoration du Lion-Néer- 
landais; il était membre de la Société royale de 
Rotterdam pour l'encouragement de la musique, 
et de la Société de Sainte-Cécile de Rome. 
BREIDEI\DICI1. Voyez Bp.eittendich. 
BREIDENSTEIN (Jean-Puilippe), orga- 
niste de l'église réformée de Hanau, naquit à 
\Vindeken,dansla Vctteravie.le Oavril 1724. De 
1777 à 1782, il fut professeur d'économie poli- 
tique à Gicssen, ou il mourut le 18 janvier 1783. 
Ou a de sa composition : i" Deux sonates |)our 
le clavecin ; Nuremberg, in-folio. — 2" Viniit- 
quatre chansons de Gleim, avec accompagne- 
ment de clavecin ; Leipsick, 1770- On a aussi de 
lui un dialogue sur la timbale et sur son usage 
chez les Hébreux, sous ce titre : Gespraech von 
dcr Pauke und dcr allen strafe des Paukens 
mis Ebrxer (sansnom de lieuj, 17G0, in-S". 

BUEIDENSTEIIV (llENiii-CnARLEs), doc- 
teur en philosophie, né en 1796 à Steinau, dans 
la Hosse-Eleclorale, étudia la philosophie et la 
jurisprudence à Berlin et à Heideiberg, puis se 
livra à l'élude de la théorie et de la pratique de 
la musique. En 1821, il s'élablit à Cologne en 
qualité de professeur de musique, et deux ans 
après on lui confia la place de directeur de inu- 
6ique à l'université de Bonn. En 1825, il obtint 
la place de professeur de musique dans la faculté 
de philosophie de cette université. H occupe 
encore aujourd'hui (1855) la même position. 
ftl. Brcidenstein a publié les ouvrages suivants : 



1" Practische Singschule (Méthode pratique de 
chant) ; Bonn, 1835-1838, 4 parties in-4°. Il a été 
fait trois éditions de cet ouvrage. — 2° Festgabe 
zu der am 12 Auyust 1845 Stattfindenden 
Inauguration des Beethovens Monuments 
(Description des fêtes qui ont eu lieu pour l'i- 
nauguration du monument de Beethoven, le 12 
août 18^5);Bonn, Habicht, 1845, in-8". Comme 
compositeur M. Breidcnslein s'est fait connaître 
par une cantate avec chœur et orchestre pour 
l'inauguration de la statue de Beethoven, exécu- 
tée à cette solennité; des romances et des Lie- 
der avec accompagnement de piano, en 2 suites, 
publiées à Francfort, chez Fischer ; d'autres chants 
séparés avec piano, à Cologne, chez Danst, et à 
Bonn, chez Simrock; et six chants pour quatre 
voix d'hommes, à Leipsick, chez Breitkopf et 
Hœrtel. 

liREITEIVUICe (CuuÉri en-Frédéric), or- 
ganiste du roi de Danemarck , au palais de 
Christiansbourg, vers le milieu du dix- huitième 
siècle, est cité par les écrivains danois comme 
un des plus habiles compositeurs et théoriciens 
de son temps. On ne connaît de lui que les ou- 
vrages suivants : l'>£"^Zif/e< ForsagpaaatKunde 
lueresig selv at Synge en Choral efler Noder 
(Essai abrégé pour acquérir soi-même en peu de 
temps la pratique du chant choral d'après les notes); 
Copenhague, 17G6, iu-4°. — 2° Underviisning, 
hvorledes man e kan laeresig selvatsaattehar- 
monien tilsammen e/ter de over Noderne saatte 
Ziffère (Instruction sur la manière d'apprendre 
soi-même l'harmonie conjointement par les noies 
et [lar les chiffres); Copenhague, 1766, in-4o. 

BREITENGASSER (Guillaume), con- 
trepointiste allemand, vécut dans la première 
moitié du seizième siècle. On trouve, de sa com- 
position, la messe à quatre voix (^Dominicale) 
dans la précieuse collection intitulée : Liber 
quindecim Missarinn a prxstanfibus vmsicis 
compositarum, quarym nomina una cum suis 
autoribus sequens pagina commonslrant ; 
Norirabergaî, apudJoh. Petreium, 1539, pefitin-4» 
obi. La messe de Breilengasser est la douzième 
du recueil. Des hymnes de sa composition sont 
aussi contenues dans lacollectionquia pour titre: 
Sacrormn hymnorum Liber primus. Centum 
et triyenta quatuor Hymnos continens, ex 
optimis quibusque Authoribus musicis collec- 
ius, interquos primi artifices in hac editione 
sunt, Thomas Stolzer, Henricus Finck, Ar- 
noldus de Bruck, et aiii quidam ; Vitebergae, 
apud Georgium Rhav., 1542, in-4° obi. Le Can- 
iionale manuscrit de Jean Wallher, qui se con- 
serve dans la bibliothèque des ducs de Saxe- 
Cobourg, contient quehpies motets de Breiten* 



BREITENGASSER — BREITKOPF 



65 



gasser. Ce musicien partage avec Isaak, L. Scn- 
tel, Jean Wallher, Thomas Stœizer, Henri Finck, 
Dietricht et quelques autres, la gloire d'avoir fonde 
l'école des compositeurs allemands qui commença 
à briller vers la lin da quinzième siècle et au 
commencement du seizième. 

BKEITKOfF ( Jlan-Gottlob-Emmanoel), 
fondeur en caractères, imprimeur et libraire, 
naquit àLeipsick le 23 novembre 1719. Destiné 
pjr son père, lil)raire lui-même, à lui succéder 
dans son conunerce, il montra d'abord beaucoup 
d'éloignement pour son état, entraîné qu'il était 
par son goût pour les sciences. Cependant il en- 
treprit en I745(lediriger l'imprimerie, qu'il porta, 
dans la suite, à un baut degré de prospérité. Il 
s'attacha surtout à améliorer les procédés de l'im- 
pression de la musique par les caractères mo- 
biles. Ce genre d'impression , inventé par Pe- 
trncei de Fossombrone, et mis en œuvre dans les 
|)remières années du soizièrne siècle (voy. Ve- 
TRÎicci), puis imitéetmodifié de diverses manières 
(voy. Le Ué, Briard, Hautin, Granjon, Junte, 
OcLiN etScHOEFFEu), fut lougleuips le seul mode 
de publication de la musique. La transformation 
du système de la notation, dans la seconde mo- 
liédu dix-septième siècle, ayant rendu inutile tous 
les anciens caractères, on ne chercha pas à les 
remplacer. En France, la gravure fut substituée 
à l'Impression par les caractères mobiles ; en 
Italie, toute la musique, sauf de rares exceptions 
resta en manuscrit; il en fut de même d'un très- 
grand nombre d'ouvrages en Allemagne; pour 
d'autres, on eut un système d'impression en ca- 
ractères mobiles affreux, et pour d'autres encore 
on employa la gravureà l'eau forte sur des planches 
de cuivre- Telle était la situation des choses, 
lorsque Breitkopf entreprit de faire revivre l'an- 
cienne typographie de la musique.Son premier essai 
en ce genre parut en 1755; c'était un sonnet de 
l'opéra de la princesse électorale de Saxe, intitulé 
H Trionfo délia Fedelta. L'année suivante il 
imprima l'opéra entier, et il s'y donna le titre de 
inventore di questanuova maniera di s tam- 
pare la musica, con earatteri separabili e mu- 
tabili. Il imprima encore en, 1 7G5, l'autre opéra de 
la même princesse, intitulé Talestri, r.eyinadelle 
Amazoni. A peine la découverte de Breitkopf 
fut-elle connue, qu'on s'empressa de l'imiter 
de toutes parts. Fournier le jeune donna , en 
1756, son Essai d'un nouveau caractère de 
fonte pour l'impression de la musique; mais 
il resta fort loin de son modèle. Il eut du moins 
l'honnêteté d'accorder à Breitkopf la priorité 
d'invention. Gando, autre fondeur de carac- 
tères , à Paris ; Giacomo Falconi, à Venise ; Ron- 
sart, à Bruxelles; Enschede et Fleischmann, à 

DIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. II. 



Harlem ; enfin Fought, imprimeur suédois établi 
à Londres, (iient tous des essais d'imitation plus 
ou moins heureux; mais, soit que les circons- 
tances ne les favorisassent pas, soit que leurs 
procédés fussent moiijsperfectionnés,la seule en- 
treprise de Breitkopf prospéra. Un nou.bre im- 
mense- d'ouvrages importants fut imprimé an 
moyen de presses qu'il avait établies; sa maison a 
continué lontemps à multiplier par ce procédé les 
chefs-d'œuvre de la musique, et les caractères 
de Breitkopf se sont répandus dans toute l'Al- 
lemagne. C'est surtout pour l'impression des 
livres théoriques et historiques relatifs à la mu- 
sique que cette invention est recommandable : 
on peut s'en convaincre par la comparaison des 
livres allemands avec ceux qu'on a longtemps 
publiés en France avec le texte gravé. Les pro- 
cédés inventés par E. Duverger, typographe de 
Paris, en 1828, procédés employés par d'autres 
typographes français, donnent à la musique im- 
primée un aspect plus satisfaisant que celui du 
système de Breitkopf, à cause de la non inter- 
ruption des filets de la portée ; mais le procédé de 
Duverger a l'inconvénient d'être d'un prix de fa- 
brication trop élevé. Dans ces derniers temps , 
on a perfectionné la forme des caractères , en 
conservant le système de Breitkopf, et l'on im- 
prime de la ifrtisique d'un fart bel aspect en Al- 
lemagne. Cependant l'usage de la gravure s'y est 
beaucoup étendu depuis 1810, et l'impression 
de la musique par les caraot-ères mobiles y est 
presque entièrement renfermée dans la littéra- 
ture musicale. 

Vers 1760, Breitkopf établit dans sa maison un 
magasin de musique manuscrite des plus grands 
maîtres anciens et modernes, dont il a publié un 
catalogue, sous ce litre : Verzeichntss musika- 
lischer Bûcher, sowohl zur Théorie als Praxis, 
etc. 11 y joignait aussi celui des livres imprimés. 
Chacun d'eux a eu quatre éditions depuis 17C0 
jusqu'en 1780. Enfin, il a publié un autre ca- 
talogue thématique de toute la musique de son 
fonds et de l'assortiment, auquel il a ajouté suc- 
cessivement quinze suppléments. La grande mai- 
son qu'il a fondée subsiste encore avec une ré- 
putation européenne, sous le nom de Breitkopf 
et Heertel. Le docteur Burney, qui vit Breit- 
kopf en 1773, dit que c'était un homme singulier, 
d'un caractère brusque et taciturne. 11 mourut à 
Leipsick, le 28 janvier 1794. Sa biographie a été 
écrite par un de ses amis (Hausius), et publiée à 
Leipsick en 1794, in-8°. 

BREITKOPF(BERNARD-TnÉODORE), fils du 
précédent, né à Leipsick, en 1749, s'est fait con- 
naître, en 1768, comme habile musicien sur le 
clavecin et plusieurs autres instrument». Vers , a 



CG 



BREITKOPF 



BREKKLL 



même époque, il a publié des menuets , des po- 
lonaises pour le clavecin et des chansons avec 
mélodie qui ont eu beaucoup de succès. En 
1775, il a fait paraître des divertissements pour 
clavecin, qui ontélé bien accueillis. Reu de temps 
après, il partit pour Saint-Pétersbourg, où il est 
devenu directeur de l'imprimerie du sénat, en 
1780. 

BREITKOPF (Christophe-Gottlob), fils 
puîné de Jean-Gottob-Emmanuel, né à Leipsick 
en 1750, se livra de bonne heure à l'étude de la 
musique, et forma son goût par l'étude des beaux 
ouvrages que renfermait la collection de son père, 
par ses voyages, et surtout par les séjours qu'il 
lit à Dresde et à Vienne en 1786 et 1787. 11 
JQuail bien du clavecin et de V harmonica. Les 
publications de sa Danse d'Oberon et de sa 
Terpsichore, qui ont paru en partition et en ex- 
traits pour le clavecin de 1788 à 1790, l'ont fait 
connaître avantageusement. 

BREITSCH(»:DEL (J.-N), pianiste et 
compositeur de Vienne. Cet artiste ne m'est connu 
que par ses ouvrages. Voici ceux qui sont indi- 
qués dans le Manuel de la littérature mu- 
sicale de Whistling : 1° Sonates faciles en trios 
pour piano, violon et violoncelle, op. 1 ; Vienne, 
Cappi. — 2° Idem , op. 2 ; ibid — 3° idem , op. 
3 ; Vienne, Czerny. — 5° Vingt-quatre cadences 
modernes, op. 14 ; Vienne, Mechetti. — 4° Danses 
allemandes pour le piano; ibid. — 6° Versuch 
einer theoretisch praktischen Klavierschule 
mit Uebungsstiichen zum selbstunterricht 
( Essai d'une métlijode théorique et pratique de 
piano avec des exercices pour s'instruire soi- 
même); Vienne, Mechetti. 

BREITUiXG (Charles), organiste et pro- 
fesseur de musique de l'école des filles à Sanger- 
hausen, près d'Eisleben, en Saxe, occupait cette 
position en 1835. Dans cette même année, il pu- 
blia un ouvrage élémentaire intitulé : Der evste 
Klavier-Lehrer, eine melhodisch - kateche- 
tische Anleilung den ersten Klavier Unterricht 
schœn mit Kindern von 4-6 Jahren zu beginnen 
und aufeine grûndliche bildente und anzie- 
hende V/eise zubetreïben ( Le premier profes- 
seur de piano, Instruction méthodique pour bien 
commencer l'enseignement du piano avec les 
enfants de quatre à six ans, etc.) ; Eisleben, G. 
Reichardt (sans date), in-4'' de 71 pages. 

BREKELL (Jean), ecclésiastique anglais, 
de Liverpool, a prononcé un discours d'inaugu- 
tation pour l'orgue de l'église de Saint-Pierre de 
cette ville, et l'a fait imprimer sous ce titre : Ope- 
ning an Organ at St-Peler's. Liverpool, on 
lob XXI, 12; Liverpool, 1768, in-S"». 

BRELIN (Nicolas), facteur d'instruments 



et docteur en théologie, né à Grum en 169o, 
dans le Vermeland en Suède, fit ses études à l'u- 
niversité d'Upsal, et s'attacha d'abord à la ju- 
risprudence ; fut notaire à Carlstadt, puis s'en- 
gagea comme soldat au service de Prusse, dé- 
serta, et voyagea en Italie à la suite d'un gentil» 
homme allemand. Son prolecteur étant mort à 
Padoue, il fut obligé de faire usage de ses ta- 
lents en mécanique pour subsister, et il se dé- 
termina pour la profession de luthier. Il alla s'é- 
tablir quelques temps en Lorraine; de là passa 
en France et en Hollande, d'où il revint en Suède 
pour y étudier la théologie à Lunden, Upsal et 
Wittemberg. Son humeur inconstante le porta à 
quitter encore sa patrie pour voyager ; mais ayant 
fait naufrage et ayant été dépouillé par des vo- 
leurs, il revint enfin en Suède, où il prit le bonnfit 
de docteur. Il fut fait pasteur de Volstadt près 
de Carlstadt, et y mourut le 5 juillet 1753. L'A- 
cadémie des sciences de Stockholm le reçut au 
nombre de ses membres. Dans les mémoires de 
cette société, il a inséré trois dissertations sur le 
perfectionnement des instruments à clavier. Le 
premier, qui* se trouve dans le volume de 1739, 
p. 81, est intitulé : At œka Clawers och Cymba- 
lers godhet (De la manière d'ajouter à la bonté 
des clavecins). Le second mémoire, qui contient 
une suite du premier, se trouve dans l'année 1757, 
p. 36, et le troisième intitulé : Hwad œndring 
desse Clawers och andre instrumenter ïinder- 
gse i Stark kœld , etc. (Quelles altérations se ma- 
nifestent dans les clavecins et autres instrumenis 
par l'effet du froid), est inséré dans l'année 1760, 
p.317.Lesdeuxderniersmorceauxn'ontélépubhés 
qu'après la mort de l'auteur. Un des moyens pro- 
posés par Brelin pour le perfectionnement des cla- 
vecins consistait à remplacer les plumes de cor- 
beau des sautereaux par de petits ressorts en os 
disposés dans la languette d'une manière particu- 
lière; l'autre, à fixer les cordes à des hauteurs 
uniformes, de manière qu'elles ne fussent point 
appuyées sur le chevalet, mais qu'elles le tou- 
chassent seulement avec légèreté, et que le point 
d'intersection de ces cordes par le chevalet fût 
calculé de telle sorte que les parties placées en 
deçà ou au delà fussent en longueurs corres- 
pondantes, afin que l'une étant mise au vibra- 
tion, l'autre résonnât aussi comme un écho. Hul- 
phers a donné un extrait du premier mémoire de 
Brelin et une analyse des autres dans son livre 
intitulé : Historisk a/hand Hng otn Musik {Tra\lé 
historique sur la musique, p. 81). Forkel s'est 
trompé lorsqu'il a dit que Marpurg a donné une 
traduction allemande du premier mémoire dans 
ses Essais historiques ( V. AUgetn. Litter. der 
Miisik, p. 263); c'est l'extrait donné par Hnl- 



BREKELL — BRENDEL 



67 



pliei-s que le savant Marpurg a trad(iit( Histo- 
risch-kristiche Beylrage, etc., t. Il, p. 322). 
Lichtenthal, qui a copié Foikel {Bibliog. délia 
Mus., t. IV, p. fi7), a changé le nom de Brelin 
en celui de Berlin. 

BREMIXER (Robert), professeur et mar- 
chand de musique à Edimbourg, vers le milieu 
du dix-huitième siècle, quitta ensuite cette ville 
pour aller s'établir à Londres, où il vivait encore 
vers 1800. Les ouvrages qui , l'ont fait connaître 
font : 1° Rudiments of Musïc, or a short and 
easy treatise of that subjcct ( Rudiments de la 
musique, ou traité court et facile sur cet art); 
Edimbourg, 1756, in-t2. La deuxième édition 
de ce livre, avec des additions sur le chant et 
une collection d'antiennes (Church-Tunès) , a 
paru à Edimbourg et Londres en 1762, in-S". La 
troisième a pour titre : Rudiments of music 
witfi Psalmody; Londres, 1763, in-8° — l" Some 
thoughts on the performance of concert Mtisic 
( Pensées sur iexécution de la musique de con- 
cert) ; Londres 1777, in-folio. Cemorceau est placé 
à la tête d'une œuvre de six quatuors pour deux 
violons, alto et basse, composé par J. G. C. 
Schotky. Il a été traduit en allemand par Cra- 
mer dans son Magasin de musique, 1"^* année, 
p. 1213-1225. — 3° Instruction for the Guittar. 
Bremner a publié aussi des chansons, des glees , 
des duos, et d'autres pièces légères de sa compo- 
sition. 

Forkel et Lichtenthal citent un ouvrage .d'un 
auteur nommé James Bremner, sous ce titre : 
Instructions for the sliccado pastorale, with 
acollection o/ a/rs ; Londres , in-4° (sans date). 
Je n'ai trouvé ni ce nom, ni l'ouvrage dans les 
catalogues anglais. 

BRENDEL (Adam), docteur en médecine, 
et professeur d'anatomie et de botanique à l'uni- 
versité de Wittenberg, a publié : De curatione 
morborum per carmina et cantus musicos; 
Wittenberg, 1706, in-4°. Cette dissertation est 
une des meilleures qu'on aitécrites sur ce sujet. 

BREIMDEL (Charles-François), écrivain 
sur la musique et professeur d'esthétique musi- 
cale au conservatoire de Leipsick, est né le 26 
novembre 1811 à Stollberg, dans le Harz, où son 
père était ingénieur des mines. Plus tard, sa fa- 
mille fut transférée à Freyberg, où il suivit les 
cours du gymnase (collège). 11 y reçut des le- 
çons de musique d'Anaker {voij. ce nom) et fré- 
quenta les séances, concerts et soirées musicales 
du cercle fondé par son maître. Les écrits de 
Rochlitz et la Cœcilia dirigée par Gottfried 
Weber, qui lui tombèrent sous la main, éveillèrent 
son goût pour la critique relative à l'art et aux 
artistes. En 1832, Brendel se rendit à l'université 



de Leipsick : il fit, dans cette ville, la connaissance 
de plusieurs artistes, particulièrement <le Fr. 
Wieck, dont il prit des leçons de piano, et de Ro- 
bert Schumann, Ces relations donnèrent d'abord 
plus d'activité à son penchant pour la musique; 
mais les leçons du professeur Weise sur la phi- 
losophie hégélienne, qu'il fréquentait à l'univer- 
sité, lui ayant inspiré une vive admiration pour 
cette détermination de la science, il suspendit 
ses travaux relatifs à l'art pour aller à Berlin pui- 
ser à la source de cette philosophie qui comptait 
alors beaucoup de partisans enthousiastes. Il y 
étudia deux ans ; puis il fut rappelé par sa famille 
à Freyberg pour y suivre les cours de l'école des 
mines. Soit qu'il n'eût point de vocation pour la 
carrière qu'on voulait lui faire suivre , soit que 
quelque circonstance imprévue se fût opposée 
aux vœux de ses parents, Brendel revint d'une 
manière décidée à son penchant pour l'art, et se 
fit connaître dans le monde musical par un cours 
d'histoire et d'esthétique de la musique qu'il fit 
à Freyberg en 1841. Dans l'année suivante il fit 
un cours semblable à Dresde, et il en ouvrit 
un troisième à Leipsick en 1844. Le succès qu'il 
y obtint le fit choisir dans la même année pour 
succéder à Robert Schumann dans la direction de 
la Nouvelle Gazette musicale de Leipsick (Neue 
Zeitschrift fur Musik). On sait que cet écrit 
périodique avait été fondé en 1834 par un parti 
qui se croyait novateur, et qui voulait faire triom- 
pher de noruvelles tendances de l'art, en oppo- 
sition à l'art ancien. C'était une tribune ouverte 
aux intérêts du romantisme musical. Nul n'a- 
vait plus que Brendel les qualités nécessaires 
pour continuer l'œuvre de ses prédécesseurs et 
lui donner un caractère tranché d'opposition, 
une allure décidée de réformation. De nouveaux 
cours qu'il fit dans les années suivantes grou- 
pèrent autour de lui un certain nombre d'adhé- 
rents, et firent rattacher son enseignement au 
conservatoire de Leipsick. Le parti dont il est un des 
chefs se désigne modesteraentpar le namd'' intelli- 
gent : on pourra vérifier plus tard ses titres à 
celte prétention. Comme intelligent, Brendel s'est 
fait le plus ardent admirateur et prôneur de 
l'entreprise révolutionnaire de Richard Wagner 
(voy. ce nom) pour le bouleversement de l'art. 
La Nouvelle Gazette musicale semble n'avojr plus 
entre ses mains d'autre but que le triomphe de 
celte tentative folle. A l'époque de son premier 
cours, Brendel a publié un petit écrit qui en est 
le résumé, sous le titre : Grundzûge der Ges- 
chichte der iîiwsiA^Faits principaux de l'Histoire 
de la Musique), dont il a paru trois éditions à 
Leipsick, chez Hinze. En 1850, Brendel a fait un 
nouveau cours en 22 leçons, qu'il a publié sous le 

5. 



68 



BRENDEL — BRESY 



tkre : Geschickte der- Musik in Italien^ Deutsch- 
land und Frankreich, von den ersten christ' 
lichen Zeiten bis au f die Gegenwart (Histoire 
de la Musique en Italie, en Allemagne et en 
Fiance, depuis les premiers temps du chris- 
tianisme jusqu'à présent) ; Leipsick, J852, 1 vol. 
in-80 de 546 pages. Une deuxième édition de ce 
livre a paru en 1856. Au point de vue des re- 
cherches et des développements de l'art dans 
ses principes et dans ses formes, cet ouvrage est 
de peu de valeur : à vrai dire, ce n'est qu'un 
résumé de ce qui a été écrit antérieurement 
sur le même sujet; mais les huit dernières le- 
çons peuvent être considérées comme le mani- 
feste des opinions du professeur concernant les 
transformations de la musique, depuis le milieu 
du dix-huitième siècle jusqu'au milieu du dix- 
neuvième. Dans un écrit intitulé : Die Musik 
der Gegenwart und die GesammtkiXnst der 
Ziikunst (La Musique du présent et l'Art complet 
de l'avenir), Leipsick, 1854, Brendel devint le 
prophète fanatique du wagnerisme. Le style 
nébuleux de. cet écrivain semble calculé pour 
couvrir l'insuflisance de ses connaissances tech- 
niques et pratiques dans l'art dont il parle. Sa 
phrase est vague, torturée; les termes dont il se 
sert sont pris souvent dans une acception mal 
définie; enfin ses vues et l'objet de sa ciitique 
sont à chaque instant étrangers à la musique 
considérée en elle-même. En 1856, il a com- 
naencé, en collaboration avec Richard PohI, de 
Dresde, la publication d'un écrit semi-périodique 
intitulé : Auregungen Jiir Kunst, Leben und 
Wissenscha/t (Incitations pour l'art, la vie et 
la science) : au moment où cette notice est écrite 
(1857), les livraisons du quatrième volume pa- 
raissent. 

M'"^ Brendel (née Elisabeth Tautmann, à Pé- 
tershourg), est distinguée par son talent sur le 
piano. En 1845 elle s'est fait entendre avec suc- 
cès dans les concerts de Leipsick. Élève de Field 
et de Louis Berger, elle propage leurs principes 
dans son enseignement. 

BREIVDLER(...), compositeur suédois, mort 
à la fleur de l'âge, à Stockholm, en 1845, an- 
nonçait un génie original dans ses premières œiL- 
vres , lesquelles consistent dans la musiqne qu'il 
écrivit pour les drames : La mort de Spatara, et 
Edmond et Clara. Son opéra inédit et postliume | 
intitulé Ryno, a été estimé comme une œuvre de 
haute valeur par les artistes qui ont pris connais- 
sance de la partition. 

BREIMVTjXER ( JosEPu) , bon compositeur 
de musique d'église, naquit en Bohême vers la 
fin du dix-septième siècle. Il a fait imprimer à 
l'rague divers ouvrages de sa composition dont 



les titres sont : l» Laudes matutinse. Pragœ 
in magno collegio Carolino; Typis Georgio 
Labann. — 2oOffertoires à quatre voix; ibid. — 
3° Horœ pomeridiame , seii concerti camerales 
sex, ppus IV; ibid., 1720. 

BRESCI ANELLO ( Joseph-Antoine), com- 
positeur italien , devint, en 1716, conseiller et 
maître de chapelle du duc de "Wiirtemberg , et 
occupait encore ces places en 1757. Il a fait im- 
primer douze concertos ou symphonies pour deux 
violons, alto et basse, Amsterdam, 1733. On 
connaît aussi différentes pièces de musique vocale 
composées par lui. 

BRESCIANI (Benoît), bibliothécairedu grand 
duc de Toscane, habile maihémalicien et musi- 
cien, naquit à Florence en 1658, et mourut dans 
la même ville en 1740. Parmi les ouvrages qu'il 
a laissés, on trouve en manuscrit : 1° De sys- 
temate harmonico, tractatus , quo instru- 
mentum omnichordum et omnes ejus usus 
explicantur. — 2° Libellus de miisicâ vete- 
rum. 

BRESCIANI ( Pierre), compositeur, né à 
Brescia vers 1806 , n'est connu que par quelques 
opéras qu'il a fait représenter : les circonstances 
de sa vie sont ignorées. Son premier ouvrage, 
La Fiera di Frascati, a été représenté avec 
peu de succès au théâtre S. Benedetto , à Venise, 
dans le mois de mars 1830. Dans la même année 
il fit exécuter une cantate de sa composition sur 
le théâtre de Brescia, à la louange du célèbre chan- 
teur Veluti. En 1832, il donna à Trieste VAlbero 
di Diana, qui ne réussit pas; mais en 1833 il 
écrivit pour le théâtre de Padoue / Promessi 
Sposi, dont le succcès fut complet. L'ouverture, 
l'introduction, un quatuor et un trio du finale 
du premier acte, enfin un duo et un trio du se- 
cond acte, ont été considérés comme de bons 
morceaux, empreints de sentiment dramatique. La 
plupart de ces morceaux ont été gravés avec ac- 
compagnement de piano , à Milan, chez Ricordi. 
On connaît aussi de Bresciani le chant de Bledore, 
du Corsaire de Lord Byron , pour soprano avec 
piano. 

BRESCIONI (François DE), pianiste italien, 
s'est fait connaître depuis 1844 par la publication 
de plusieurs ouvrages pour son instrument, parmi 
lesquelsen remarque des iïMorfies sans paroles, 
op. 10, Milan, Ricordi, et une Fantaisie sur 
lies motifs de la Sémiramis de Rossini, op. 12, 
ibid. • 

BRESY ( Hugues de ), ou de Bercy, ou de 
Bregy, poêle et musicien, fui contemporain d'Héli- 
nand, et vécut sous Philippe-Auguste. La Croix 
du Maine en fait un chevalier; mais Pasquier 
pense qu'il était moine de Cluny. Il se fonde 



BUESY — BREUER 



09 



probablement sur ces deux vers de lîresy : 

« Y a plus de douze ans passé, 

« Qu'en noirs draps suis enveloppé. » 

Le môme auteur croit aussi que Bresy était au- 
teur de la Bible Guyot, satire mordante contre 
les vices de son siècle. On trouve dans les ma- 
nuscrits de la Bibliothèque impériale (cotés 7222, 
65 et 66 , fonds de Cangé ) six chansons notées de 
sa composition. 

BRETAGNE (F. P.), neveu du P. Claude 
Bretagne, religieux de la congrégation de S. Maur, 
naquit à Semur, en 1666. Après avoir achevé ses 
études à Dijon , il se rendit à Paris, et y obtint 
yne place de secrétaire à la chancellerie d'État. 
C'était un homme instruit, qui cultivait les lettres 
avec ardeur et se livrait aux travaux d'érudition. 
Il a publié, sous le voile de l'anonyme, un livre 
intitulé : Tractatiis de excellentia musicas 
antiqux Hebrxorum et eorum instrumentis, 
ex S. Scriptura, SS. Patribiis et antiquis au- 
thorïbus illustratus; Parisiis, 1707, 1 vol. 
in-12. Ce bon ouvrage a été réimprimé à Munich, 
cbezJ.Remy, en 1718, in-4o. 

BRETOiV (Mahoni LE), violoniste du théâtre 
italien , à Paris, en 1760, a publié plusieurs œu- 
vres de trios pour violon et de duos pour flûte, etc. 

BRETON (JoACHiM LE), né à Saint-Meen , 
en Bretagne, le 7 avril 1760, était fils d'un ma- 
rcchal-ferrant qui, chargé d'une nombreuse fa- 
mille, ne pouvait faire autre chose pour son fils 
que de le mettre en état de lui succéder comme 
ouvrier. Cependant le jeune Le Breton annonçait 
d'heureuses dispositions pour les sciences et les 
lettres ; il trouva des protecteurs qui obtinrent 
pour lui une bourse dans un collège , et justifia 
ce bienfait par ses rapides progrès. De brillantes 
études attirèrent sur lui l'attention des Théalins, 
qui cherchaient à faire entrer dans leur ordre des 
sujets distingués. Ils le déterminèrent à se des- 
tiner à l'état ecclésiastique, et l'envoyèrent, à 
peine âgé de dix-neuf ans, professer la rhétorique 
dans un de leurs collèges à Tulle. Le Breton allait 
recevoir les ordres, quand la révolution éclata ; ce 
grand événement changea la direction de sa vie. 
Il se rendit à'Paris, s'y maria, et remplit sous 
le gouvernement du Directoire et sous le Con- 
sulat, la place de chef du bureau des beaux-arts au 
ministère de l'intérieur. Nommé membre du Tri- 
bunal, il y prit peu de part aux discussions poli- 
tiques. Lors de la formation de l'Institut , il y fut 
appelé comme membre de la troisième classe (lit- 
térature et histoire ancienne ) , et comme secré- 
taire de la classe des beaux-arts. Il conserva cette 
position jusqu'au mois d'octobre 1815. Compris 
alors dans l'ordonnance d'expulsion de l'Institut 



d'un certain nornbrede savants et de littérateurs. 
Le Breton partit pour le Brésil avec plusieurs artis- 
tes, dans l'intention d'y fonder une sorte de co- 
lonie; mais il n'eut pas le temps de réaliser ses 
projets,car il mourutàRio-Janeiro,le9 juin 1819. 
Parmi ses ouvrages, on remarque : 1» Rapport 
sur V état des Beaux- Arts ; Paris 1810, in-4°. 
Ce rapport avait été demandé pour le concours 
des prix décennaux ; la situation de l'art musical 
en France depuis 1795 y est examinée avec 
étendue.— 2° Notice sur la vie et les ouvrages 
de Grétry ; Paris, 1814, in-4o. Cette notice, qui 
avait été lue à la séance publique de la classe des 
Beaux-Arts, au mois d'octobre 1814 , a été insé- 
rée dans le cinquième volume du Magasin ency- 
clopédiqiie{l&Wj,p.273. — 3° Notice histori- 
que sur la vie et les ouvrages de Joseph Haydn , 
membre associé de l'Institut de France, et 
d'un grand nombre d'académies ; lue dans 
la séance publique du 6 octobre; Paris, Bau- 
douin, 1810, in-4''. Cette notice est tirée presque 
tout entière de celle que Griesinger avait publiée 
dans la onzième année de la Gazette musicale 
de Leipsick. Elle a été traduite en portugais par 
le cons^eiller royal De Silva-Lisboa, qui l'a aug- 
mentée d'anecdotes sur Haydn fournies par Neu- 
komm , et publiée à Rio-Janeiro, 1820 , in 8» de 
84 pages. 

BRETON DE LOS HERREROS, ama- 
teur derausiqueet poëte àMadrid, estauteur d'un 
poëmeintitulé : Satira contra elfurorefilarmo- 
nico, 6 mas bien contra los que deprecian el 
teatro Espanol ; Madrid , 1847, in-8o. Cet écrit 
esl dirigé contre l'engouement des habitants de 
Madrid pour l'opéra italien. 

BREUER (Bernard), violoncelliste et com- 
positeur, est né à Cologne en 1808. Il entra fort 
jeune au gymnase communal de cette ville, pour y 
faire ses études littéraires, et, dans le même temps, 
son grand-père, bon violoncelliste et professeur 
de théorie, lui donna des leçons de musique. 
Déjà Breuer s'était fait connaître par quelques 
compositions, lorsqu'il se rendit à Berlin en 1828, 
pour y perfectionner ses connaissances dans l'art 
d'écrire, sous la direction de Bernard Klein. L'or- 
ganiste Wilhelm Bach lui donna aussi des leçons 
pour son instrument. De retour à Cologne, il se 
livra à l'enseignement, et entra comme violoncel- 
liste à l'orchestre du théâtre. En 1839 il fit à Paris 
un séjour de quelques mois, puis retourna à Co- 
logne pour y mettre en scène son opéra Die Ro- 
senmddchen ( Les Rosières), qui ne réussit pas. 
Breuer fut plus heureux dans ses autres compo- 
sitions instrumentales et vocales, parmi lesquelles 
on remarque quatre quatuors pour deux violons , 
alto et violoncelle, un trio pour piano, violon 



70 



BREUER — BREWER 



et violoncelle; duos pour 2 ■violons, op. 2, des 
chants et £ieder à voix seule avec piano, d'autres à 
4 voix d'hommes, composés pour la Liedertafel du 
Cologne. 11 a écrit aussi plusieurs psaumes pour 
des voix d'hommes , dans le style de Klein, trois 
messes solennelles avec orchestre , une messe de 
requiem, un Te Deum, plusieurs psaumes avec 
orchestre, deux oratorios {Lazare, et La des- 
cente du Saint-Esprit ), deux symphonies et 
cinq ouvertures pour l'orchestre. Ces ouvrages 
sont travaillés avec soin ; mais ils manquent de la 
qualité vitale, à savoir , l'originalité des idées. 
Breuer s'est rendu recomraandable par la forma- 
tion d'un bon quatuor d'instruments à cordes 
pour l'exécution des ouvrages des grands maîtres. 
11 s'est marié en 1840 avec la fille du violoncelliste 
Knecht, d'Aix-la-Chapelle. 

BREULL (Henri- Auguste), né à Lindenhart, 
prèsdeBayreuth, en 1742, entra en 1765, au ser- 
vice du margrave d'Anspach, comme violon, et, 
dans la suite , passa comme organiste à Erlang , 
où il mourut en 1785. Il eut la réputation d'un 
claveciniste habile, et a laissé plusieurs morceaux 
de musique instrumentale en manuscrit. On a 
aussi publié quelques pièces de sa composition 
dans l'Anthologie musicale de Nuremberg, et dans 
les recueils de piano de 1782. 

BREUNIG (Edouard), né àFrancfortsur-Ie- 
Mein, vers 1808, s'est fait connaître comme in- 
venteur du piano- harmonica. En 1843 il a fait 
entendre cet instrument à Bruxelles, sans y pro- 
duire de sensation. Quelques années après an 
le retrouve à Vienne où son invention n'est pas 
beaucoup plus heureuse; puisa Darmstadt et à 
Francfort. Depuis 1848 le piano-harmonica est 
tombé dans l'oubli. 

BRÉVAL (Jean-Baptiste), violoncelliste et 
compositeur, né dans le département de l'Aisne 
en 1756, étudia soniijstrument sous la direction 
de Cupis. Ses progrès furent rapides, et fort jeune 
encore, il obtint de brillants succès au Concert 
spirituel, où il fit entendre ses premiers concer- 
tos. Admis à l'orchestre de l'Opéra en 1781, il y 
resta jusqu'en 1806; il obtint alors la pension 
de retraite. En 1796, il fut nommé professeur 
de violoncelle au Conservatoire de musique» de 
Paris, qui venait d'être organisé; mais il perdit 
cette place en 1802, époque où beaucoup de 
membres de cette école furent réformes, le nom- 
bre des professeurs étant trop considérable pour 
celui des élèves. Après sa retraite, Bréval vécut 
quelques années à Paris et à Versailles ; puis 
il se retira à Chamouille, village situé près de 
Laon. En 1824 Perne, son ami, alla habiter le 
môme lieu; mais ils ne jouirent pas longtemps 
(les agréments de celte réunion, car Bréval mou.- 



rutvers la fin de Tannée 1825. Le talent de cet 
artiste était agréable ; son jeu avait de la justesse, 
de la précision et du fini ; mais son style man- 
quait de vigueur et d'élévation. Comme compo- 
siteur, il a eu des succès, et sa musique a long- 
temps composé le répertoire des violoncellistes: 
ses concertos sont maintenant tombés dans un 
profond oubli. Ses premières compositions paru- 
rent en 1778. Parmi sesnombreux ouvrages, on 
remarque : 1° Sept concertos pour violoncelle et 
orchestre; Paris, Imbault (Janet et Cotelle). 

— 2° Symphonie concertante pour deux violons 
et alto, œuvre 4* ; ibid. — 3° Symphonie con- 
certante pour deux violons et violoncelle; ibid. 

- 4° Quatuors pour deux violons alto et basse, 
op.e; Paris, La Chevardière. — 5° Trios pour 
deux violons et violoncelle, op. 9. — 6° Trio 
pour violoncelle, violon et basse, op. 39 ; Paris , 
Janet. — 7° Duos pour deux violoncelles, op. 2, 
19, 21 , 25 , 41 ; Paris, Sieber, Janet. — 8" Six 
sonates pour violoncelle et basse, op. 12, 28, 40; 
ibid. — 9° Airs variés pour violoncelle, n°' 1 
à 12 ; ibid. — 10' Méthode raisonnée de violon- 
celle; Paris, 1804. Cette méthode a été traduite 
en anglais par J. Peile, sous ce titre : New ins- 
truction for the violoncello, being a.complete 
Key of the Knowledge of that Instrwnent ; 
Londres, 1810,in-fol. 

Bréval eut un frère cadet, violoncelliste comme 
lui, mais moins habile. Celui-ci a été aussi attaché 
à l'orchestre de l'Opéra. Il a publié des composi- 
tions pour divers instruments. 

BREVI (Jean-Baptiste), maître de chapelle 
de Saint-François à Milan, de l'église del Carminé 
et de celle de San-Fedele, était, en 1673, organiste 
de la cathédrale de Bergame. Plus tard, il ob- 
tint la place de maître de chapelle de cette église, 
suivant le titre de son recueil de motets à voix 
seule publié en 1699. On connaît de sa composi- 
tion : 1° Bizzarie armoniche ovvero Sonate da 
cameraa tre stromenti col basso continua, op. 
3"; Bologne, 1693, in-4o. — 2° La Catena d'oro, 
ariette da caméra a voce sola, op. C; Modène, 
1696, in-4'', obi. — 3° La divozione canora, o 
Xlmotetti a voce sola e continua, op. 7 ; Mo- 
dène, 1699. — 4" Deliri d''amor divine, o can- 
tate a voce sola e contimto , op. 8, lib. 1"; 
Venise, 1706. La première édition de cet œuvre a 
paru à Modène, en 1095. On a aussi de Brevi des 
éléments de musique intitulés : Primi elementi 
di miisica per li principianti con alquanti 
Solfeggi facili; Venise, Ant. Bortoli, 1699, 
in-4°. 

BREWER (Thomas), compositeur anglais et 
virtuose sur la viole, florissait vers le milieu du dix- 
septième siècle. 11 fut élevé à l'hôpital du Christ, 



BREWER — RRICCIALDI 



71 



à Londres. Plusieurs fantaisies, canons et au- 
tres pièces de sa composition ont été insérées 
dans la collection de Hilton, Londres, 165'2. On 
trouve aussi dans le Musical Companion ( Lon- 
dres, 1673) un air à deux voix qu'il a com- 
posé sur ces paroles : Turn Amarillys to thy 
swain, etc. 

BIIEWSÏER (Henri). X)n trouve sous ce 
nom dans le catalogue de Clementi ( Lon- 
dres, 1797 ) un livre didactique intitulé : Coun- 
cise Method of playing Thorough bass (Mé- 
thode abrégée d'accompagnement) in-fol. Tel est 
le véritable titre de l'ouvrage, au lieu de ce- 
lui qui se trouve dans la première édition de ce 
livre, où le nom de l'auteur est aussi mal indiqué. 

BRIAN (Albert), compositeur anglais, flo- 
rissait à Londres dans le dix-septièrae siècle. Le 
docteur Boyce a inséré quelques morceaux de sa 
composition dans son recueil intitulé : Cafhe- 
dral Music. 

BRIAI\T (Denis), musicien français qui vi- 
vait au commencement du seizième siècle. On 
trouve des motets de sa composition dans les 
recueils publiés par Pierre Attaignant, de 1529 à 
1537 (Paris, in-4o obi. gothique), et notamment 
dans le neuvième livre de chansons. 

BRIARD (IÎtienne), graveur et fondeur en 
caractères, né à Bar-le-Duc (Meuse), dans les 
dernières années du quinzième siècle, s'établit à 
Avignon vers 1530. C'est à cette époque, ou peu 
auparavant, qu'il grava un caractère de musique 
très-di Itèrent de la notation alors en usage; car, 
non-seulement il abandonna les formes carrées et 
en losange des longues, brèves, semi-brèves et 
minimes, pour leuren substituer d'arrondies; mais 
il remplaça le système proportionnel des ligatures 
de toute espèce qui n'était, depuis le onzième 
siècle, qu'une énigme embarrassante et inutile 
pour l'art, par une notation simple et rationnelle 
qui représente la valeur réelle des sons mesurés. 
Briard précéda-t-il Granjon(yo(/. ce nom) dans 
cette heureuse réforme, ou celui-ci eut-il l'an- 
tériorité, si, comme le dit Peignot ( Diction, 
rais, de bibliologie, suppl. p. 140), il exerçait 
déjà dès 1525? C'est ce qui serait difficile à éclair- 
cir aujourd'hui; mais il est certain que l'usage 
des caractères de Briard précéda de vingt-sept 
ans le plus ancien ouvrage connu dont l'im- 
pression fût faite avec les caractères de musique 
du typographe parisien ; car ce fut en 1532 que 
Jean de Channay, imprimeur à Avignon, fit usage 
de ceux de Briard pour les œuvres du célèbre mu- 
sicien Eléazar Genêt, surnommé Carpentras 
( Ko !/. Genêt). Les caractères de Briard'étaienf d'ail, 
leurs préférables à ceux deGranjon, étant beau- 
coup plus gros et conséquemraent plus lisibles. 



Quant à la réforme du système, nul doute que 
ce ne sont pas des graveurs et fondeurs de carac- 
tères quiont imaginé une chose de celte impor- 
tance, et qu'un musicien instruit et de bons sens 
a dû leur en suggérer l'idée. Il est d'ailleurs 
à remarquer que ces mêmes caractères simples 
et non proportionnels, ont dû être connus et 
employés parles harmonistes à une époque très- 
ancienne pour écrire leurs combinaisons de chan- 
sons et de motets; car il leur eût été impossible 
de faire leurs partitions avec le système des liga- 
tures et des mesures proportionnelles. Ce n'est 
qu'après avoir écrit leurs ouvrages, à l'aide d'une 
tablature de notation simple, qu'ils imaginaient 
la notation de chaque partie dans les combinai- 
sons les plus énigmatiques et les plus embarras- 
santes, afin de donner une haute idéede leur habi- 
leté; mais souvent il leurarrivait de se tromper 
eux-mêmes dans les signes dont ils se servaient 
pour traduire leur pensée première, ainsi qu'on le 
voit dans les ouvrages de Tinctoris, daGafori, 
à''Aaron et de Zacconi. Antoine Hondremare, 
de Péronne, professeur au collège d'Avignon et 
contemporain de Briard, a fait l'éloge de l'inven- 
tion de ce typographe et de la beauté de ses carac- 
tères, dans les deux quatrains latins que voici; 
1. 

Tuque Briarde tu nunqiiam privarere laude, 

Hactenus invisos nul facis arte typos. 
Qiiam variis sccreta moJis sunt dona tonantis. 
Hic valet musis, poUetat hic calamo. 
2. 
Quara tibi bellaraanus, perdocte Briarde vldetur, 

Hactenus ignotus qui facis arte typos. 
Cujusvis generis pingens elementa notasque, 
Quicquid liabes, monstras cudere calcographia. 

On peut voir, dans l'excellent livre de M. Schniid 
sur Octave Petrucci, un fac-similé des caractères 
de musique de Briard (fig. 4). 

BRIARD ( Jean-Baptiste ), de la même fa- 
mille que le précédent, violoniste et compositeur, 
est né le 15 mai 1823, à Carpentras ( Vaucluse). 
Admis comme élève au Conservatoire de Paris 
au mois d'octobre 1837, il y reçut des leçons de 
Clavel pour le violon, puis devint élève de Bail- 
lot, et, après la mort de cet artiste célèbre, passa 
sous la direction de Habeneck. Le second prix 
de violon lui a été décerné au concours, en 1843, 
et dans l'année suivante, il obtint le premier 
pri.v. On a publié de sa composition quelquesairs 
variés pour le violon et des duos pour cet ins- 
trument. 

BiUCCI (Théodore), compositeur italien, 
vivait vers le milieu du seizième siècle. On a im- 
primé de sa composition : 1° 7^ primo libro de'' 
madrigali a 5 voci ; Venise, in-8". — 2» Madri- 
gali a 6-12 voci; Venise, 1567, in-40. 

BRICCIALDI ( Jii.Es ), Hûtiste et compo- 



72 



BRICCIAI-DII — BRIEGEL 



siteur, est né à Terni, dans les États romains, 
le 1®'' mars 1818. Son père, Jean-Baptiste, fut le 
seul instituteur qu'il eut pour la flûte: plus tard 
il travailla seul, et forma son talent par l'audition 
de quelques bons chanteurs. Arrivé à Rome fort 
jeune, il entra comme flûtiste dans un théâtre 
de cette ville. Dans le même temps il reçut des 
leçons de composition de Ravagli, chantre de la 
chapelle du Vatican. A l'âge de dix-sept ans il 
commença sa carrière d'artiste, et fut nommé 
professeur de flûte par l'Académie de Sainte-Cé- 
cile, à Rome. Arrivé à Naples en 1836, il fut 
choisi dans l'année suivante pour enseigner à 
jouer de la flûte au comte de Syracuse, frère du 
roi. En 1839, il partit pour la haute Italie, et 
s'arrêta à Milan pendant près de quinze mois. 
Arrivé à Vienne dans le mois de mai 1841,11 s'y 
litenlendreavecsuccès, puis fréquenta les bains de 
la Bohême, et retourna à Vienne par Linz, où il 
s'arrêta pour donner des concerts. Je crois que 
Briccialdi est retourné en Italie et s'est fixé à 
Milan. Les œuvres principales de cet artiste 
sont : 1^"^ Concerto pour flûte et orchestre ; Milan, 
Ricordi. — 2™" idem; Brunswick, Meyer. — Fan- 
taisie pour flûte et orch. sur des motifs de Linda 
de Chamouny ; Milan, Ricordi. — Ballabile di 
concerto pour flûte et orchestre, op. 15; Hano- 
vre, Bachmann. — Fantaisie sur la Fille du régi- 
ment pour flûte et orchestre ; Mayence, Scholt. — 
Des fantaisies pour flûte et piano sur des motifs 
d'Opéra, op. 17, 18, 24,25, 27; Milan, Ricordi; 
Brunswick, Meyer ; Hanovre, Bachmann. — Des 
morceaux de salon pour les mêmes instruments, 
op. 3, 1 6, 2 1 , 28, 30, 32; ibid.— Des variations, etc. 

BRICCIO (Jean), l'un des écrivains les 
plus féconds de l'Italie, naquit à Rome en 1581, 
et mourut dans la même ville en 1646. Son père, 
simple matelassier, le destinait à sa profession, 
mais le jeune Briccio donnait à la lecture tous 
les moments qu'il pouvait dérober àson travail, et 
il apprit ainsi seul la théologie, le droit civil et 
canonique, la grammaire, la rhétorique, la géomé- 
trie, la physique, l'astronomie, la musique et la 
philosophie. Il fut, pour la peinture, élève de Fré- 
déric Zucchari. Il a publié des canons énigma- 
tiques à deux, trois, quatre et six voix. Walther 
cite de lui un livre intitulé •..Délia Musica, 
qui est resté manuscrit. 

BRIDI (Joseph- Antoine), banquier à Rove- 
redo, ville du Tyrol italien, estnéen 1776. Ama- 
teur passionné de musique, il fit élever dans son 
jardin un temple dédié à l'harmonie, et y mit les 
bustes de Sacchini, de Gluck, de Haendel,de Jo- 
melli, de Haydn, de Palestrina et de Mozart, avec 
des inscriptions latines-, composées par J. B. Bel- 
tramo, prêtre de Roveredo. Dridi a donné, la 



description de ce temple, avec des biographies 
abrégées des artistes célèbres dont les images 
s'y trouvent, dans un écrit qui a pour titre : Brève 
Notizie intorno ad alcuni celebri compositori 
di musica, e cenni sullo stato présente del 
canto italiano ; Roveredo, Marchesani, 1827, 
in-8°. 

BRIEGEL (Wolfgang-Charles), né en Al- 
lemagne, en 1626, fut d'abord organiste à Stettin. 
Appelé à Gotha, vers 1651, pour y remplir les 
fonctions de cantor, il y passa vingt ans, et 
n'en sortit que vers la fin de 1670, pour aller à 
Darmstadt, où il avait été nommé maître de cha- 
pelle. Il vivait encore en 1709, et était âgé de 
quatre-vingt-trois ans. On peut croire qu'il était 
fort gros, d'après son portrait qui a été gravé lors- 
qu'il avait soixante-cinq ans. Il a beaucoup écrit de 
musique pour l'église protestante, et de pièces ins- 
trumentales. Voici la liste de ses principaux ou- 
vrages ; 1° GeistUche Arien und Concerten (Con- 
certs et airs spirituels); Erfurt, 1652, in-4°. — 
2° X Paduanen, X Balleten, und X Couranten 
von 3 und 4 Instriimenten ; Erfurt, 1652, in-4°. 
— 3° GeistlichenMusikalischer Rosengarten von 
l,2,3,4M?jd 5 Stimmen, nebst darzu gehœrigen 
Instrumenten (Jardin de roses musicales à 
1-5 voix , etc. ) ; Gotha, 1658 , in- fol. — i'Geist- 
liche Arien, V^" Zehen, von 1 und 2 Singstnn- 
men nebst beyge/ugtenRitournellenmitzivey 
undmehr Vivien sammt dem B. C, Gotha, 1660, 
in-fol. — 5° Evangelische Gespra'che avf die 
Sonn und HauptFestlage von Advent bisSexa- 
gesimas mit 5 bis \Q Stimmen ( Paroles évan- 
géliques pour les jours de fête depuis l'Avent jus- 
qu'à sexagésime, à 5-10 voix) ; .Miihlhausen, 1660, 
in-fol., première partie. — 6° Idem , deuxième 
partie; ibid. , 1661. — 7° GeistUche Arien, etc., 
deuxième partie; ibid., 1661. — 8° Dank-Lob 
und ^eMJerfer (Cantiques de remercîraents etde 
louanges); Miihlhausen, 1663, in-4". — 9° Buss 
und Trost-Gesœnge ( Cantiques de repentir et 
de consolation ) ; Gotha, 1664, in 4", — 10° Evan- 
gelischer Blumen-Garten,von 4 Stimmen, avf 
madrigalische Art 1, 2, 3 und 4 Theile ( Par- 
terre évangélique à quatre voix, etc. ); Gotha , 
1666-1668 in-4°. — il" Intraden und Sonatcn 
voniund à Stimmen, au/Cornettenund Trom- 
bonen zu gebrauchen ; Leipsick , 1G69, in-4°, et 
Erfurt, 1669, in-4°. — \1° Heilige Liederliist; 
Erfurt, 1669, in-4''. — 13» XII madrigalische 
Trost-Gesœnge,mit 5 unde Stimmen, etc. (Can- 
ti(iues madrigalesqucs de consolations, à cinq et 
six voix, etc.); Gotha, 1671, in-4°. — - l4oi»/«5t- 
kalisches Tofel-confect , bestehend in liislt- 
gen Gespr;rchen undConcerten (Confitures mu- 
sicalesdetable,etc.);Francforl-sur-le-Mein, 1072, 



BRIEGEL — BRIJOIN 



73 



in-4». — 15» Geistliche Concerten von 4 und 5 
Stimmen ( Concerts spirituels à quatre et cinq 
voix) ; ibid., in-4°. — 16° Joh. Sain. Kriegsmann 
evangelisches Hosanna, mit 3 vocal Siimmen 
aiich mit und ohne Instrumente in Musik 
ffcseïs^; ibid., 1678, in-4°4 — 17° Evangelisch 
Gesprach-Musik, oder musikalische Trost- 
Quelle, aiisden Sonn-und Festtags-evangelien 
Gesprœchsweise geleitet, mit 4 vocal tmd 5 
Instruniental-Stimmen und dem Generalbass 
(Dialogues spirituels en musique, etc., à quatre voix 
et cinq instruments, avec basse continue ) ; ibid., 
167!) , iu-4''. — 18° Musikalische Erquickstun- 
den sonderbarlustigeCapricien mit ti Stimmen, 
als 1 Violin, 1 Violen, demViolon nebstB. C. 
(Récréations musicales ou caprices choisis à quatre 
voix, avec un violon, deux violes, basse et B.C. ); 
Darmsladt, 1680, in-4°. — 19'' Musikalischer Le- 
bens-Brunnen, von/t vocal und ^ instrumental- 
Stimmen (Fontaine dévie musicale àquatre voix 
il quatre instruments) ; ibid., 1688. Il y a une pre- 
mière édition du même ouvrage publiée aussi à 
Darmstadt, en 1680, in-4°. — 20° Christian fteh- 
feldsevangelischer Palmzweig, von 1-4 Sing' 
siimmen , nabsl 2-4 Instrumenten (Palmes 
cvangéliques de Christian Rehfeld, à 1-4 voix et 
2-4 instruments); Darmstadt et Francfort, 1684, 
in-40. — 21° Joh. Brauns Davidischeevange- 
lische fJarfe in Musik gebracht (La Harpe évan- 
gélique davidique de J . Braun mise en musique) ; 
Francfort, 1685, in-4°. — lio Evangelisches Ho- 
sanna in geistlichen Liedern, aus den Sonn- 
und fiihrnehmsten Festtags-Evangelien ers- 
challendin leichter Composition, nachbelieben 
mit i-bSingstimmen, nebs 2 Instrumenten, mit 
einem Anhange von 6 Communion, 6 Hochzeit 
und 6 Be^raônm-Lierfern (Cantiques de joie 
évangélique, contenant les évangiles des diman- 
ches et principaux jours de fêtes en musique 
facile, etc. ); Giessen, 1690, in-4''. — 23° Kœnig 
David 7 Buss-Psalmen, nebsetlichen Bussge- 
sprœchen in Concerten von 4 vocal und 2 ins- 
Irumental-Stimmen , etc. (Les sept psaumes 
de la pénitence du roi David, etc., à 4 voix et 2 
instrument?; Giessen, lG90^in-4°. — 24" Geis- 
tliche Lebens-Quellemit k vocal und 2 bis 4 ins- 
trumental Stimmen , etc. (Les sources de la 
vie spirituelle, à 4 voix et 2-4 instruments). 
Darmstadt, in-4°. — 25" Letzter Schwanenge- 
sang bestehend in XX Trauergesang, mit 4 
bis 5 Stimmen (Les derniers chants du cygne, 
consistant en 20 cantiques funèbres à 4-5 voix); 
GiÊssPn, 1709, in-4°. 

BRIGIlEKTl (Pierre), avocat, né à Bologne 
vers 1780, est auteur d'un éloge du chanteur Ba- 
bini, qui a pour litre : Elogio di Matteo Babini 



letto al Liceo filarmonico di Bologna, nella 
solenne distribuzione de' premi musicali il 9 
luglio ; Bologna, pcr lestampe d'Annesio No- 
bile, 1 822, in-4". On a aussi sous le môme nom un 
opuscule intitulé : Délia musica Rossiniana e 
del sua autore ; Bologne, 1830, in-S" de 33 
pages. Brighenti était membre de l'Académie des 
Philharmoniques de Bologne et de plusieurs aca- 
démies italiennes. 

BRIGHENTI ou RIGilETTI (M"" Ma- 
rie GIORGl), cantatrice détalent, née a Bologne, 
vers 1792, reçut dès son enfance une excellente 
éducation musicale. Sa mère, M™^ Giorgi, pianiste 
distinguéeetremarquable par son esprit, donnait 
chezelle chaque semaine des concerts d'amateurs 
auxquels assistait la meilleure société de Bologne : 
ce fut dans ces réunions que se forma le goût de 
la jeune cantatrice. Du même âge que Rossini, 
qu'elle voyait souvent chez sa mère, elle eut pour 
lui une amitié sincère qui ne se démentit jamais. 
Son début au théâtre eut lieu à Bologne en 1814 : 
Dans la même année, elle épousa M. Brighenti. 
En 1816, elle créa le rôle de Rosine dans le Bar- 
bier de Séville, que Rossini avaitécrit pour Rome. 
Ce fut pour elle aussi qu'il écrivit la Ceneren- 
tota. Venise, Gênes, Livourne et Bologne furent 
les scènes sur lesquelles M™" Brighenti brilla à 
diverses reprises. Elle termina sa carrière théâ- 
trale a Yicence en 1836, et se relira à Bologne. Ce 
n'est pas seulement comme cantatrice qu'elle mé- 
rite d'être citée ici, mais comme auteur très-spi- 
rituel d'un écrit sur la vie de Rossini, intitulé : 
Cenni di una Donna già cantante sopra il 
maestro Rossini , in risposta a cià che ne 
scrisse,nellastatedell'annol9,22,ilgiornalisla 
inglese in Parigi , e fu riportato in tma gaz- 
zetta di Milano dello stesso anno ( Rensei- 
gnements d'une cantatrice sur le maître Rossini, 
en réponse à ce qu'en a écrit un journaliste an- 
glais à Paris dans l'été de 1822, et qui a été rap- 
porté dans une Gazette de Milan de la môme 
année ); Bologne, 1823, in-S». M^e Brighenti re- 
lève dans cet écrit beaucoup d'anecdotes menson- 
gères répandues sur l'illustre maître, et fournit 
des renseignements remplis d'intérêt sur sa 
personne et ses ouvrages. J'ai donné une ana- 
lyse de ce joli ouvrage dans la Gazette musicale 
de Paris (année 1850, n. 20). 

BRIGINOLI (Jacques ), compositeur italien, 
vivait vers la (in du seizième siècle. Jean-Bap- 
tiste Bonometti, surnommé H Bergameno, a in- 
séré quelques pièces de sa composition dans le 
Parnasse musico Fernandeo qu'il a publié'à Ve- 
nise, en 1615. 

BRIJOIV ( E. R.), professeur de musique, né à 
Lyon, vers 1720, et qui vécutdans cette ville, a pu 



74 



BRU ON 



BRITTON 



blié : r Réflexions sur la musique et sur la vraie 
manière de l'exécuter sur le vio/o«; Paris, 1763, 
in-4°; — 2° L'Apollon moderne, ou développe- 
ment intellectuel par les sons de la musique; 
nouvelle découverte de première culture, aisée 
et certaine pour parvenir à la réussite dans 
les sciences , et nouveau moyen d'apprendre 
facilement la musique; Paris et Lyon, 1781. Ce 
titre n'annonce pas un iiomnie de trop bon sens ; 
cependant, quoique le style en soit fort mauvais, 
le livre contient quelques bonnes choses. Brijon 
avait remarqué la difficulté de fixer l'attentiou des 
commençants, dans l'étude de la mnsique, sur la 
division des valeurs de temps et sur Ja justesse 
des i-ntonations ; il est, je crois, le premier auteur 
qui ait proposé d'écarter cHitte difficulté au moyen 
du solfège parlé. On trouve dans son livre des 
leçons écrites pour cet usnge. M. Quérard s'est 
trompé en donnant à ce musicien le nom de 
Jirigon (France Litlér., t. 1, page 514 ). 

BUILLE (Joachim), chantre à la cathédrale 
de Soissons, vers le milieu du dix-septième siècle, 
est connu par une messe à quatre parties, Ad 
imitationem moduli Nigra sum ; Paris,. Robert 
Baliard, 1068, in-fol. 

liRlLLON DEJOUY (Mme), amateur de 
musique de la plus grarale distinction, vivait à 
Passy, près de Paris, dans la seconde moitié du 
dix-huitième siècle. Burney,quirentenditen 177o, 
en parle en ces termes dansson Voyage viusical 
en France et en Italie- : « Elle est une des meil- 
« leures clavecinistes de l'Europe. Cette dame, 
« non-seulement joue les morceaux les plus dif- 
« ficiles avec beaucoup de sentiment, de goût et 
« do précision, mais elle exécute à vue avec la 
<c plus grande facilité. Je pus m'en convaincr^e 
" lorsque je l'entendis jouer plusieurs morceaux 
« de ma musique, que j'avais eu l'honneur de.lui 
« présenter. Elle compose aussi : elle eut la 
« bouté d'exécuter- pour moi plusieurs de ses so- 
« nates sur le clavecin ou \& forte-piano, avec 
« accompagnement de violon joué par M. Pagin 
«{voyez ce nom). » Plusieurs compositeurs 
célèbres, au nombre desquels on distingue Sclio- 
bert et Boccheiini , ont dédié leurs ouvrages à 
lyjme gifiion de Jouy. 

BRIOCHÏ ( ), compositeur italien, vivait 

vers 1770. 11 a.vait déjà publié, à cette époque, dix- 
huit symphonies, sept trios pour violon, des con- 
certos et d'autres pièces de musique instrumentale. 

BRITO (EsTEVAM de), musicien espagnol, 
vivait vers 1025. 11 fut d'abord maître de cha- 
pelle à l'église cathédrale de Badajoz et ensuite 
à Malaga. On trouvait autrefois, dans la biblio- 
llièqucduroi de Portugal, les ouvrages suivants 
de sa composition ; 1" Tratado de musica, Mss, 



n. 513. — 2" Motetesa 4, 5, 6, vozes, n. 569. 

— ^oMotete: Exiirge Domine, i voc, u. 809. 

— 4" Vilhancicos de Natividatl, n. 097. 
BRITTON (Thomas), marchand de char- 

l>on à Londres, fut un des liommes les plus sin- 
guliers de son temps. Né près de Iligham-Fer- 
rers , dans le comté de Northampton, en 1057, il 
se rendit à Londres fort jeune, et fut mis en ap- 
prentissage chez un marchand de charbon. Après 
avoir fini son temps d'épreuves, il s'établit mar- 
chand pour sou compte, loua une espèce d'écu- 
rie dans Aylesbury street, Clerkenwell, et la 
convertit en une habitation. Peu de temps après, 
il commença à se lier avec des -savants et des 
artistes, et se livra à l'étude de la chimie etde la 
musique. Ses*di positions étaient telles, qu'en peu 
de temps il acquit de grandes connaissances dans 
la théorie et dans la pratique de cet art. Après 
avoir parcouru la ville, vêtu d'une blouse bleue 
et sonsacde charbon sur le dos, il rentrait chez 
lui pour se livrer à l'étude, ou se rendait à la 
boutique d'un libraire nommé Cliristophe Ba- 
feman, dans laquelle se rassemblaient beaucoup 
de savants et de gens de qualité. 

Britton fut le premier qui conçut le projet 
d'établir un concert public à Londres, et qui 
l'exécuta. Ses concerts eurent lieu d'abord dans 
sa propre maison. Le magasin de charbon était 
au rez-de-chaussée, et la salle de concerts au- 
dessus. Celle-ci était longue et étroite, et le pla- 
fond en était si bas, qu'un homme d'une taille 
élevée aurait eu de la peine à s'y tenir debout. 
L'escalier de cette salle était en dehors, et ne 
|)ermeltait guère d'y arriver qu'en se traînant. 
La maison elle-même était si petite, si vieille et 
si. laide, qu'elle semblait ne convenir qu'à un 
homme.de la dernière classe. Néanmoins, tel 
était l'attrait des séances de Britton, que la plus 
brillante société de Londres s'y rassemblait. II 
paraît que l'entrée fut gratuite pendant quelque 
temps ; mais on finit par établir une souscription 
dedix schellings par an, pour laquelle il fut sti- 
pulé' que l'oa aurait le privilège de prendre du 
café à un sou la tasse. Les principaux exécutants 
de ces concerts étaient le docteur Pepusch, Hen- 
del, Banister, Henry Needier, John Hughes, 
WoHaston le peintre, Philippe Hart, Henry Abell, 
Whichello, etc. Le fameux violoniste Mathieu 
Dubourg y joua, encore enfant, son premier solo. 
Parmi les auditeurs habituels se trouvaient les 
comtes d'Oxford, de Pembroke et de Sunderland. 

Britton avait rassemblé une collection pré- 
cieuse de livres de musique et d'instruments, 
qui fut vendue foit cher après sa mort. Il avait 
copié lui même une si grande quantité de mu- 
sique ancienne, que celle seule partie de sa col- 



BRITTON — BRIXI 



75 



lection fut vojndue 100 livres sterling, somme 
considérable pour ce temps. Il composait aussi 
et jouait fort bien du clavecin. La singularité de 
sa vie, ses études et ses liaisons firent penser 
qu'il n'était pas ce qu'il paraissait être. Quelques 
personnes supposaient que ses assemblées musi- 
cales n'étaient qu'un prétexte pour couvrir des 
rassemblements séditieux ; d'autres l'accusaient 
de magie ; enfin ilpassait auprès de certaines per- 
sonnes tantôt pour un athée, tantôt pour un 
presbytérien et même pour un jésuite. Les cir- 
constances de sa mort ne furent pas moins ex- 
traordinaires que celles de sa vie. Un forgeron, 
nommé Honeynian , était ventriloque : M. Robe, 
magistrat de Middiesex, quifaisait souvent par- 
lie des réunions du charbonnier, y introduisit 
Honeyman, dans l'intention de s'amuser en ef- 
frayant Dritton. Il n'y réussit que trop bien. Ce 
pauvre homme, à l'audition d'une voix qui pa- 
raissait surnaturelle et qui lui annonçait sa fin 
prochaine, s'il ne se jetait à genoux pour réciter 
ses prières, tomba en effet dans cette position, 
mais sa frayeur fut si grande,-qu'il ne put proférer 
une parole, et qu'il mourut quelques jours 
après (en 1714), dans la soixantième année 
de son âge. Tous les artistes et beaucoup de 
grands seigneurs assistèrent à ses funérailles. 
Deux portraits de îiritt'on ont été peints par Wol- 
laston ; l'un en blouse et l'autre au clavecin : ils 
ont été gravés tous deux. 

BRI VIO (Josepu-Ferdinand), fonda à Mi- 
lan, vers 1730, une école d'où sont sortis des 
chanteurs célèbres. Il a composé divers opéras 
parmi lesquels on remarque : l'Incostanza de- 
luza, Milan, 1739, et Gîanrair, Londres, 1742. 
On n'a pasd'autre renseignement sur cet artiste. 
BRIXI (François-Xavier), né à Prague en 
1732, appritla musique chez Pierre-Simon Brixi, 
organiste à Kosmonos, qui n'était pas son père, 
comme le dit Gerber, mais son parent. Occupé 
de l'étude des lettres en même temps qire dé 
celle de son art, il fit ses humanités à Kosmonos, 
et après avoir achevé son cours de philosophie, il 
accepta la place d'organiste à l'église de S-. Gallus, 
à Prague, puis il obtint l'orgue de Saint-Nicolas. 
Ayant été nommé directeur du chœur à l'église 
Saint-Martin, il occupa cette position pendant plu- 
sieurs années. De là il passa-pn qualité de maître 
de chapelle à la métropole de Prague. îl mourut 
célibataire à l'âge de 39 ans, chez les frères de, la 
charité, le 14 octobre 1771. Cet artiste était re- 
nommé comme organiste et comme compositeur; 
cependant la fécondité est la qualité la plus re- 
marquable de ses productions. Il a laissé en ma- 
nuscrit cinquante messes solennelles, vingt-cinq 
messes brèves, une innombrable quantité de vê- 



pres, litanies, offertoires, graduels, et plusituvs 
oratorios, parmi lesquels on remarque celui qu'il a 
écrit pour le jubilé du moine bénédictin Friedc- 
ricA, de Saint«-Marguerile : cet ouvrage renferme 
plus de 400 feuilles. Une telle activité de produc- 
tion de la part d'un artiste mort à 39 ans tient du 
prodige. Malheureusement, le style de toute celte 
musique n'a point la majesté-qui convient à l'Église; 
les idées en sont petites, triviales même ; leur va- 
leur peut être appréciée par un mot de Léopold 
Kozeluch, bon juge et compositeur de mérite. Ce 
musicien se trouvait un jour avec Brixi chez un 
ami commun, et le maître de chapelle de la mé- 
tropole dit en riant àKoseluch : « Quand je passe 
« devant une église où l'on exécute une de vos 
« messes, il me semble que j'entends un opéra 
« sérieux. — Moi, répondit Kozeluch, lorsque 
« j'entends une des vôtres, je crois être dans une 
« guinguette. » Il est d'autant plus singulier que 
Brixi ait adopté une manière si peu conforme 
à la nature de ces ouvrages, qu'il était, dit-on, 
de la plus grande force dans le style fugué sur 
l'orgue.' Il a laissé en manuscrit un assez grand 
nombre de pièces pour cet instrument : elles 
sont encore considérées comme de fort bons ou- 
vrages. 

BRIXI (Victorin), excellent organiste, na- 
quit à Pilsen, dans la Bohême, en 1717. A l'âge 
de«sept ans il fut envoyé chez Victorin Zadolsky, 
frère de sa mère, et pasteur à Kalsko. Là, Brixi 
appritla musique; ensuite il alla à Altvvasser, où 
il entra au choeur comme soprano. L'année d'a- 
près il alla à Kosmonos, y acheva ses études de 
musique, puis y occupa pendant deux ans la 
place d'organiste. Ce fut à cette époque qu'il 
écrivit ses premiers ouvrages, lesquels consistaient 
en morceaux détachés pour les comédies qu'on re- 
présentait au collège. Appelé à P.eihenberg pour 
y diriger l'éducation musicale de quatre jeunes 
gens de-haute naissance, il se fatigua bientôt d'un 
travail qui ne lui laissait pas le temps nécessaire 
pour composer, et en 1737 il accepta la place 
d'organiste à Podiebrad. Il occupa celte posi- 
tion pendant dix ans, puis, en 1747, il fut nommé 
reoteur du collège de cette ville. Sa renommée 
comme organiste était telle à cette époque, que 
l'empereur François I" voulut l'entendre lorsqu'il 
visita la Bohême. Étonné de son habileté, ce 
prince lui offrit la place de claveciniste de la 
cour;'mais Brixi refusa les avantages qu'on vou- 
lait lui faire, par amour pour sa patrie. Vers le 
raêitie temps, son parent, François Benda, lui 
écrivit de Berlin pour Rengager à entrer au ser- 
vice du roi de Prusse; mais il resta ferme dans 
larésolution de ne [las s'éloigner de la Bohême. 
Après une longue et houorable carrière , Bri>Li 



T« 



BRIXI — BROADWOOD 



mourut, le 10 avril 1803, à l'âge de quatre-vingt- 
six ans. On connaît de sa composition des sonates 
de piano, beaucoup de messes, des vêpres, des 
litanies, et d'autres productions du même genre. 

BKIZZI (Antoine), habile ténor, naquit à 
Bologne, en 1774. Il se livra de bonne heure à 
l'étude de la musique, et prit des leçons de chant 
d'Anastase Masso, chanteur habile de cette époque. 
A l'âge de vingt-quatre ans, il chanta pour la pre- 
mière fois enpublicàMantoue, où il eut beaucoup 
de succès. 11 se fit entendre sur les principaux 
théâtres de l'Italie, et se (it bientôt une brillante 
réputation par sa métliode excellente et la beauté 
extraordinaire de sa voix, qui, pleine et sonore 
<lans toute son étendue, embrassait plus de deux 
octaves. 11 joignait à ces avantages ceux d'un bel 
extérieur et d'un sentiment juste de l'expression 
musicale. Toutes ces qualités le firent rechercher 
avec empressement par les principales cours de 
l'Europe. Après avoir chanté quelque temps à 
Vienne, ilfutappeléà Paris, pourjouersurlelhéâ- 
Ire delà cour de l'empereur Napoléon; mais après 
deux ans de séjour dans celte ville, s'apercevant 
que le climat de la France nuisait à sa santé et à 
la qualité de sa voix, il demanda et obtint son 
congé. Il se rendit à Munich, où il chanta sur le 
théâtre de la cour, et obtint le plus grand succès. 
Depuis que Bv'ini s'était retiré du théâtre avec 
•j.ne pension de la cour, il s'occupait de l'éduca- 
tion musicale de quelques jeunes gens, et habitait 
tantôt à Munich, tantôt à Tegernsée. Les derniers 
renseignements sur cet artiste ne vont pas au 
delà de 1830. 

Un autre chanteur de la même famille, Louis 
Brizzi, né à Bologne eu 1765, fut professeur de 
ehant au lycée communal de cette ville, et mourut 
le 29 août 1837, à l'âge de soixante-douze ans. 

BRIZIO (Petkucci), compositeur, naquit à 
Mosca Lombarda, au territoire de Ferrare, le 12 
juin 1737. Dans sa jeupgsseil étudia au séminaire 
il'Imola, puis il se rendit, en 1750, à Ferrare, où 
il suivit les cours de droit. En 1758, il obtint le 
doctorat en cette science ; mais, plein d'enthou- 
siasme pour la maisique, H ne voulut plus avoir 
d'autre occupation que celle de cet art. Dirigé 
dans ses études musicales par le professeur Pie- 
Iro Beretta, il fit de rapides progrès,' et devint 
bientôt un maître distingué, tant pour la musi- 
que d'église que pour les œuvres dramatiques. 
Au nombre des opéras sérieux et bouffes qu'il 
produisit à la scène, on distingua particulière- 
ment son Ciro riconesciuto, et / pazzi impro- 
visnli, qui furent représentés à Ferrare : son goût 
toutefois Jeportait vers le style religieux. En 1784, 
il fut nommé maître de chapelle de la cathédrale de 
ferrare. Il écrivit peu do tcmp-^ après une messe 



solennelle et un Te Deum qui furent exécutés h 
Fusignano, à roc<;asion de la promotion du car- 
dinal Calcagnini, et en 1793 il composa une 
autre messe qui fut chantée à l'église Saint-Paul 
de Ferrare. Ses psaumes, particulièrement le 
Dixit, le Confitebor et le Laudate pueri, à grand 
orchestre, ont eu une brillante renommée dans 
toute la haute Italie. Par une exception bien rare, 
il pot écrire encore en 1822, c'est-à-dire, à l'àgede 
quatre-vingt cinq ans, une messe de requiem qui a 
été considéréecomme un très-bon ouvrage. Brizio 
est mortà Ferrare, le 23 juin 1825, à l'âge de quatre- 
vingt-huit ans. Son portrait à été gravé par 
Gaétan Dominichini. La plupart de ses ouvrages 
pour l'église sont en manuscrit dans les archives 
de la cathédrale de Ferrare ; on y trouve plusieurs 
messes à 4 voix et orchestre, sans Credo; dif- 
férents versets du gloria à 4 voix et orchestre ; 
Kyrie idem; Credo (en /a) idem; autre Credo 
(en sj bémol} idem; l'hymne Ave maris Stella, 
à 4 voix, 2 violons, alto et basse; Stabat Mater 
à 2 voix et orchestre; Mémento Domine Da- 
vid, à 8 voix sans accompagnement; Hymne de 
Saint-Auguslin,à4 voix et orgue ; Salve Regina, 
à 4 voix et quatuor ; Te deum à 4 voix et orches- 
tre ; les psaumes Dixit, Confitebor et Lau- 
date pueri; Magnificat à 4 voix avec orchestre ; 
Tantum ergo, à 2 voix et orgue; Veni Creator 
à 3 voix et orchestre ; Litanies à 4 voix et orgue; 
Messe pastorale et Credo pour la fête de Noël, à 
grand orchestre. 

BROADWARI (Richard), a composé à 
Londres, en 1745, un oratorio intituléiSa/omott's 
Temple. C'est tout ce qu'on saitde ce musicien. 

BROADWOOD (John,) fondateur de la cé- 
lèbre maison de facteurs de piano connue sous 
ce nom, naquit en Ecosse vers 1740. Arrivé à 
Londres à l'âge d'environ vingt«-ti ois ans, il entra 
comme ouvrier chez Burckhardt Tschudy, fabri- 
cant de clavecins, Great Pultney Street, 33. Il y 
fit preuve de tant d'intelligence et d'habileté dans 
son art, que Tschudy le choisit pour gendre, et 
lui céda son établissement. C'est cette même mai- 
son qui est encore aujourd'hui le siège de la 
grande fabrique de MM. Henri et Walter Broad- 
wood, petits-fils de John. Les petits pianos car- 
rés fabriqués à cette époque avaient le son faible, 
en comparaison des grands cJavecins, incon vénien t 
qui nuisaitàleursiiccès. Pour remédiera cedéfaut, 
Americ Backers, facteur allemand fixé à Londres, 
entreprit, en 1766, d'appliquer le mécanisme du 
petit piano à de grands instruments en forme de 
clavecin. Avec l'aide de Broadwood et de Sto- 
dart(l), il fit beaucoup d'essais et d'expériences 

(1) Ce Stodart, élcre de John Broadwood, fut le grand-père 



BROADWœo — BROCHARD 



77 



pour la réalisation de son projet. Déjà un Irlan- 
dais qui travaillait chez Longman, prédécesseur 
de Clementi et Collard, avait imaginé le méca- 
nisme sauteur ou boiîeux, auquel on a donné 
longtemps le nom d'échappement irlandais; 
mais cette invention était trop grossière pour 
satisfaire de véritables mécaniciens. Enfin, après 
beaucoup de travaux et de dépenses, le méca- 
nisme du grand piano-forté fut trouvé par Bac- 
kers, Broadwood et Stodart, et définitivement fixé. 
C'est ce même système qui a été appelé depuis 
lors mécanisme anglais, et qu'on pourrait dési- 
gner avec précision par le nom de mécanisme à 
action directe. C'est encore celui qui est mis en 
usage par les descendants de John Broadwood 
et de Stodart; MM. Broadwood l'ont seulement 
modifié par un moyen très-simple pour répéter les 
notes sans être obligé de relever les doigt» des 
touches. Les qualités de ce mécanisme consis- 
tent dans la simplicité, d'où résulte nécessairement 
la solidité. 

La fabrique de pianos delà maison Broadwood 
commença à se faire connaître en 1771, sous le 
nom qu'elle porte encore. Les grands instruments 
en forme de clavecins qui ont fait sa réputation 
datent de I78i. Depuis lors, jusqu'en 1856, le 
nombre total des instruments sortis de ses ate- 
liers s'est élevé au chiffre énorme àecent vingt- 
trois mille sept cent cinquante. Depuis 1824 
jusqu'en 1850 inclusivement le nombre moyen 
des instruments fabriqués chaque année a été de 
2,236 environ, ce qui donne la prodigieuse quan- 
tité de 43 pianos de tout genre pour chaque se- 
maine. 

BROCHARD (Evelina), née f ton, na- 
quit le 24 août 1752, à Landshut, en Bavière. A 
l'âge de huit ans elle entra dans la troupe de co- 
médiens dirigée par Sebasliani , à Augsbourg , et 
débuta par le rôle de Fiametta lians, le petit opéra 
de la Gouvernante. Après quelques années de 
travail, elle obtint des succès flatteurs, autant par 
le naturel de son jeu que par son chant agréable 
et par les charmes desa figure. En 1768 elle épousa 
à Manheim G.-P. Brocliard, maUre de ballets de 
latroupede Sebasliani. Peu de temps après elle 
fut placée comme cantatrice à la cour de l'élec- 
teur palatin. En 1778 elle fut engagée comme 
première chanteuse de l'Opéra allemand de Mu- 
nich. Lorsqu'elle parut pour la pemière fois sur le 
théâtre de cette ville, elle fut accueillie par de vifs 
applaudissements comme cantatrice et comme 
actrice. Les ouvrages dans lesquels on aimait sur- 
tout à l'entendre étaient Paris et Hélène, de 
P. Wiflter, Bellérophon, du môme auteur, et Le 

des facteurs du mérae nom qui travaillent encore au mo- 
ment où cette notice est écrite. 



Triomphe de la Fidélité, de F. Danzi. Dans un 
âge plus avancé, elle abandonna le chant, et se 
livra exclusivement à la comédie, où elle excella. 
Eu 1 81 1 elle vivait encore à Munich, mais retirée 
du théâtre, et tourmentée depuis longtemps par 
une maladie douloureuse. 

BROCHARD (Pierre), fils d'Èvelina Bro- 
cliard, naquit à Munich le 4 août 1779. En 1787, 
il commença l'étude du piano avec le professeur 
Kleinheinz, et. la continua sous la direction de 
Streicher. En 1792, il prit des leçons de violon 
de Held, musicien de la cour, et se perfectionna 
sur cet instrument avec Frédéric Eck. Cinq ans 
après, il fut reçu comme surnuméraire à l'or- 
chestre du théâtre de Munich, d'où il passa 
en 1798 à celui de Manheim ; mais il fut rappelé 
par sa cour l'année suivante. En 1802, il s'enga- 
gea pour deux ans à l'orcliestre de la cour de 
Sluttgard, et à l'expiration de ce terme il revint à 
Munich, où il se trouvait en 1811. Brochard eut 
pour maître de composition Schleclit. On connaît 
plusieurs œuvres de sonates de sa composition, 
des variations, des ariettes, des cantates, etc. Il 
a composé aussi la musique de plusieurs ballets 
pour le théâtre royal de Munich ; on y découvre 
du goût, de jolis chants, un bon emploi des ins- 
truments, et de la vérité dans l'expression dra- 
matique. Ces ballets sont : 1° Der Tempel des 
Tugen ( Le Temple de la vertu ), pour la fêle de 
la reine, au mois de janvier 1800. — 2° Der 
DorfJarhmarkt (La Foire de village), au mois 
d'avril 1800. —Z" Diezwei Wilden^L^?, Deux 
Sauvages ) , juin 1-800. — 4° Der Mechaniker 
( Le MéAnicien ), août 1800. — 5° Der danck- 
bare Sohn (Le Eirls reconnaissant), en 1807. 

BROCHARD (Marie-Jeanne), sœur du 
précédent, naquit à Mayence le 13 janvier 1775. 
En 1781 elle prit.des leçons de piano du musi- 
cien delà cour.Moosmayr, à Munich, et sa mère 
lui enseigna l'art de la déclamation. Elle débuta 
en 1782 par des rôles d'enfant. Le directeur.de, 
spectacle, Théobald Marchand, remarqua ses heu- 
reuses dispositions, et prédit qu'elle serait un jour 
uneactricedistinguée. Ses parents résolurent de lui 
faùe étudier sérieusement la musique et le chant 
et la confièrent aux soins de Léopold Mozart, 
vice-maître de chapelle à Salzbourg, chez qui elle 
se rendit au mois de mars 1783. Le 22 août 1790 
elle débuta à Munich sur le théâtre, de la cour 
par le rôle de CaroUna, comédie de Wech- 
sel, où elle futbicn accueillie. Le 8avrili79l, 
elle chanta pour la première fois le x6\e.dfAzemia, 
dans l'opéra de Dalaypac ; une voix pure etso- 
nore, une belle vocalisation, unies à beaucoup 
de grâce, lui méritèrent de nombreux applaudisse- 
ments. En 1792'elle épousa le danseur français 



78 



BROCHARD — BROD 



Reniier, et peu de temps après elle fit un voyage à 
Berlin , où elle eut des succès. Revenue à Munich 
vers la fin de la même année, elle en partit de 
nouveau quelques mois après, pour se rendre à 
Manlieim, où elle était engagée dans la troupe 
de l'électeur. Parmi les rôles qu'elle chanta avec 
succès, on cite surtout celui de Zerline, dans 
l'opéra de Don Juan, de Mozart. Lorsque Maxi- 
milien Joseph monta sur le trône de Bavière, 
M""' Renner passa à Munich avec les meilleurs ac- 
teurs de la troupe de Mannheim ; de là elle se 
rendit à Vienne, et enfin, en 1809, elle passa au 
théâtre de Bamberg, où elle se trouvait encore en 
1811. Depuis cette époque, les renseignements 
s'arrêtent sur sa carrière dramatique. 

BROCHE ( ), organiste de l'église Notre- 
Dame, à Rouen, naquit dans cette ville le 20 fé- 
vrier 1752. Son premier instituteur dans son art 
fut Desmazures, organiste delà cathédrale. A l'âge 
de vingt ans, il vint à Paris; mais il n'y fit pas un 
long séjour, ayant été nommé organiste à Lyon. 
Dans le peu de temps qu'il occupa cette dernière 
place, il se convainquit de la nécessité de compléter 
son instruction, et il prit la résolution de se rendre 
en Italie pour y faire des études sérieuses. Arrivé 
à Bologne, il fut présenté au P. Martini par le 
sénateur Blanchi, à qui il avait été recommandé. 
Ce grand maître initia le jeune organiste à la con- 
naissance du contrepoint et de la fugue, et eut 
lieu d'être satisfait de ses progrès. Avant que 
Broche quittât Bologne, il le fit recevoir au nom- 
bre des académiens philharmoniques, ce qui 
n'était point alors un vain titre comme aujour- 
d'hui. Au sortir de' Bologne , Broche visita 
Rome et Naples, puis revint à Lyon, où il sé- 
journa quelque temps. Enfin il arriva à Rouen 
dans le moment où l'on mettait au concours la 
place d'organiste de la cathédrale, devenue vacante 
par la retraite de Desmazures. Il se mi t sur les rangs 
des candidats et fut vainqueur dans cette lutte, 
quoiqu'il eût pour concurrents deux hommes de 
talent : Monteau et Morisset. Son nom ne tarda 
point à acquérir de la célébrité. Broche se lia 
d'amitié avec Couperin, Balbâtre et Séjan, et en- 
tretint avec eux une correspondance active. Cou- 
perin surtout lui montrait la plus haute estime : 
on en peut juger par ce passage d'une lettre qu'il 
lui écrivait au mois d'octobre 1782. « J'ai eu bien 
« du plaisir, il y a quinze jours, de rencontrer 
« quelqu'un à Versailles. C'est M. Platel, su- 
« perbe basse-taille de la chapelle, qui arrivait 
« de Rouen encore plein du plaisir qu'il venait 
« (le goûter avec vous. Il m'a parlé d'un Invio- 
lata que vous avez touché pour lui. Où 
« étais-je? <> Le duc de Bouillon donna le titre 
de son clavcciniNteà Broche, et voulut lui faire 



une pension, à la condition que l'artiste se ren- 
drait à Navarre toutes les fois qu'il y serait ap- 
pelé ; mais Broche refusa ces avantages, dans la 
crainte d'engager sa liberté. On a de cet habile 
organiste trois œuvres de sonates, l'un dédié au 
cardinal de Frankemberg, le second au duc de 
Bouillon, et le troisième à M™* le Couteulx de 
Canteleu. Parmi les élèves qu'il a formés, on re- 
marque surtout Boieldieu. Sa manière d'enseigner 
était celle de beaucoup de maîtres de chapelle 
français de son temps : Il était dur, brusque, et 
prenait plaisir à paraître le tyran de ses élèves 
plutôt que leur instituteur ; mais il rachetait ce 
défaut par la lucidité de ses leçons. Broche est 
mort à Rouen, le 28 septembre 1803. M. Guibert 
a publié une notice sur sur sa vie {voy. Gui- 
bert). 

BROCKLAIVD ( Corneille de ), né à Mont- 
fort, en Hollande, exerça la médecine à Saint- 
Amour, en Bourgogne, vers le milieu du seizième 
siècle. Les autres circonstances de la vie de cet 
écrivain sont ignorées ; mais il y a lieu de croire 
qu'il abandonna la médecine pour la musique, 
et qu'il se fixa à Lyon. Il a publié : 1° Instruc- 
tion fort facile pour apprendre la musique 
pratique, sans aucune gamme ou la main, et 
ce en seize chapitres ; L'^on, 1573, in-8°. La 
deuxième édition de ce livre est sous ce titre : 
Instruction méthodique pour apprendre la 
musique, revue et corrigée par Corneille de 
Montfort, dit de Brocklandj Lyon, de Tour- 
nes, 1587, in-S". Forkel (Allgem. Litter. der 
Musih) cite cet ouvrage sous le titre latin Ins- 
tructio methodica et facilis ad discend. mu- 
sicam praiicnm ; il a pris ce titre dans le Lexi- 
que de Walther qui lui-même l'avait copié dans 
la bibliothèque classique de Draudius. On sait que 
celui-ci a souvent traduit en latin les titres ori- 
ginaux des livres, dans les citations qu'il en a 
faites. Brockland conseille dans son livre d'aban- 
donner la vieille méthode de la main musicale 
attribuée à Guido d'Arezzo, et de la remplacer 
par l'étude pratique du solfège. Ce livre est, en 
quoique sorte, un corollaire de celui de Louis Bour- 
geois {voij. ce nom). — 2° Le second jardinet de 
musique, contenant plusieurs belles chansons 
françaises à quatre parties; Lyçn, Jean de 
Tournes, 1579, in-8°. Le titre de cet ouvrage 
ferait présumer que Corneille de Brockland avait 
précédemment publié un recueil sous le titre de 
Premier Jardinet. 

BROD (Henki), né à Paris, le 13 juin 1799, 
fut admis au Conservatoire de musique de cette 
ville, le 18 août 1811, dans une classe de solfège, 
et devintensuite élèvede Vogtpour le hautbois. 
Ses rares dispositions lui firent faire de ra- 



BROD — BROER 



79 



pides [irogrès, et le concours où le premier prix 
de cet instrument lui fut décerné fut pour lui un 
véritable triomphe. Le son qu'il tirait du hautbois 
était plus doux, plus moelleux, et moins puis- 
saut que celui de son maître; sa manière de 
phraser était élégante, gracieuse ; son exécution 
dans les traits, vive et brillante. Membre de la 
société des concerts du Conservatoire, Brod y 
partagea avec Vogt, ainsi qu'à l'Opéra, la place, 
de premier hautbois. Dans tous les concerts où 
il s'est fait entendre à Paris et dans ses voyages, 
il a obtenu les plus brillants succès. 11 s'est fait 
connaître aussi comme compositeur par un grand 
nombre de productions, parmi lesquelles on re- 
marque : 1° Trois pas redoublés et une marche 
en harmonie; Paris, Frère. — 2° Trois quintetti 
pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson , 
Paris, Pacini. — 3° Grande fantaisie pour haut- 
bois et orchestre ou piano; Paris, A. Petit. — 4° 
Airs en quatuor pour hautbois, clarinette, cor et 
basson, livre 1 ; Paris, Pleyel. — 5° Air varié avec 
quatuor, op. 4 ; Paris, Pacini. — 6" La savoyarde, 
variée pour hautbois et orchestre, op . 7 ; Paris, Du- 
faut et Dubois. — T Boléro précédé d'un adagio 
pour hautbois et orchestre, op. 9; ibid. — 
8° Première fantaisie pour hautbois et piano, 
op. 10; Paris, Pleyel. — 9° Deuxième fantaisie 
idem; ibid. — 10° Nocturne concertant sur des 
motifs du Siège de Corinthe, pour hautbois et 
piano, op. 16; Paris, Troupenas. — 11° Troi- 
sième fantaisie sur le Crociato pour piano, haut- 
bois et basson, op. 17 ; Milan, Ricordi. — 12° Trio 
pour piano hautbois ou clarinette et basson, — 
13° Grande méthode complète pour le hautbois, 
divisée en deuxparties; Paris, Dufaut et Dubois. 
Brod s'est occupé sérieusement du perfection- 
nement de son instrument par des principes d'a- 
coustique et de division rationnelle du tube. Le 
premier, il a compris que le meilleur moyen 
d'ôter aux sons graves du hautbois l'âpreté dé- 
sRgn^able qu'on y remarque, était de le faire 
descendre plus bas, et consé(juemment d'alonger 
Pinstrument, afin que les notes ?ni, ré, ut, ne se 
prissent pas près du pavillon: c'est pour cela 
principalement qu'il a fait descendre ses hautbois 
jusqu'au la. La position de quelques clefs a été 
aussi changée par lui. Dans les derniers temps 
il était devenu possesseur des calibres de perce 
du hautbois du célèbre facteur d'instruments 
Delusse, considérés comme les meilleurs et les 
mieux calculés par les artistes les plus habiles; 
en sorte que les instruments construits par Brod 
réunissent toutes les conditions désirables, sans 
altérer la qualité naturelle des sons. Après lui, 
Bœhm a refait la construction du hautbois et a 
obtenu plus de justesse, plus d'égalité, aiivsi 



qu'un doigter plus facile. Brod s'est occupé 
aussi du perfectionnement du cor anglais, et y 
a introduit de notables améliorations, ainsi que 
dans son analogue appelé le bariton, ancien 
instrument qui était abandonné depuis la pre- 
mière partie du dix-huitième siècle. Brod est 
mort à Paris, le 5 avril 1839. 

BRODE AU (Jean), en latin Brodœus, fils 
d'un vatet de chambre de Louis XII, né en 1500, 
fut un des meilleurs littérateurs de son temps. 
Il mourut chanoine de Saint-Martin de Tours, 
en 1503. On a de lui des mélanges, Bâle, 1555, 
in-S", dans lesquels il traite, hb. II, c. 13, de Pi- 
thaule et Salpista;c. 14, de Trigono, Nablo 
el Pandura; lib. IV, c. 31, an musicis canlibus 
sanentur ischiadici ; lib. V, c. 32, Tibiis pari- 
bus et imparibus. Ces mélanges ont été insérés 
par Jean Gruter dans son recueil intitulé Lam- 
pas, seufax artium, Francfort, 1 fi04, 6 vol . in-s". 

BRODECZKY ( Jean-Théodore), violoniste 
et claveciniste, né en Bohême, voyagea en Alle- 
magne et dans les Pays-Bas, vers 1770, et se 
fixa à Bruxelles en 1774.11 y fut attaché à la mu- 
sique particulière de l'archiduchesse d'Autriche, 
gouvernante des Pays-Bas. On a de lui trois 
œuvres de sonates pour le piano, gravés dans cette 
ville, en 1782, un œuvre de quatuors pour clave- 
cin, violon, alto et basse, et un œuvre de trios 
pour. piano, violon et violoncelle. Ce musicien a 
laissé aussi en manuscrit six symphonies, des 
études pour le violon, et quelques pièces pour le 
violoncelle. 

BRODERIP ( ), pianiste, machandde 

musique et fabricant d'instruments à Londres 
en 1799 , est connu par les compositions suivan- 
tes : l°Sonates pour le piano, op. 1. — 2° idem, 
op. 2. — 3° Psalms for 1, 2, 3 and 4 voices. — 
4° Englisb songs, op. 4. — 5" Voluntaries for the 
organ,op. 5. — C° Instructions forthe piano forte, 
with progressive tessons, op. C. — 7° Concerto 
for the piano, op. 7. — 8° Un recueil de glees et 
de chansons. 

BROEU (Ernest), professeur de musique 
et violoncelliste à Breslau, connu depuis 1838 
par ses compositions, est né dans cette vi-We. Il a 
publié : r quatre Saîutaris hostia à 4 voix, 
op. 1 ; Breslau, Grosser. — 2° 3 graduels à 4 voix 
op. 2; Breslau, Leuckarl. — 3° Vêpres à 4 voix, 
2 violons, alto, orgue, 2 hautbois et 2 cors ad 
libitum, op. 3; Breslau, Grosser. — 4''4 Hymni 
Vespertini , pour un chœ.ur d'hommes, op. 4 ; 
ibid. —5" Lttanix B. Virginis Marias k 4 voix, 
2 violons, basse et orgue, op. 5 ; Vienne, Haslin- 
ger. — 6» LitanideS, S. Nomine Jesu à 4 voix, 
2 violons, orgue (et 2 cors ad lib.); ibid. Broer 
est aussi auteur d'un traité élémentaire de mu- 



80 



BROER — BROINNER 



sique intitulé Gesang-Lehre fur Gymnasien; 
Breslau, Scheffler. 

BROES (M"*), pianiste distinguée, née à 
Amsterdam en 1791, apprit les éléments de la 
musique dans sa ville natale, puis accompagna 
son père à Paris, et y devint élève de l'au- 
teur de la Biographie universelle des Mu- 
siciens, m 1805. Ses progrès dans l'harmonie et 
sur le piano furent rapides. En 1810, elle passa 
sous la direction de Klengel, qui, plus tard, fut 
organiste de la cliapelle royale à Dresde. Les 
événements de 1814 ayant affranchi la Hollande 
de la domination française. M"" Broes retourna 
dans sa patrie, et s'y livra à l'enseignement du 
piano. Elle a été considérée comme un des meil- 
leurs professeurs d'Amsterdam pour cet instru- 
ment. Elle s'est fait connaître aussi comme com- 
positeur par quelques productions pour le piano ; 
ses ouvrages les plus connus sont : 1° Rondo 
pour piano avec violoncelle obligé ; Mayence, 
Schott. — 2° Variations sur un thème original ; 
Paris, G. Gaveaux. — 3° Variations sur la ro- 
mance de l'aveugle; Paris, Henri Lemoine. — 
4° Variations sur l'air anglais : God save the 
King; Amsterdam, Steup. — 5° Variations sur 
la romance : A voyager passant sa vie ; ibid. — 
6" Contredanses pour le piano ; Paris, Gaveaux 
aîné. 

BROESTEDT (Jean-Chrétien), co-recteur 
au gymnase de Lunebourg, a publié à Gœttingue, 
en 1739, une dissertation de trois feuilles in^" 
sous ce titre : Conjectanea philologica de 
hymnopœorutn apud hebrasos signo sela dicto, 
que initia carminum repetenda esse indica- 
ban t. 

BROGNONICO (Horace), compositeur né 
à Faenza, vers 1580, fut membre de l'académie 
des Filomusi. On a de lui : Il primo libro de' 
Madrigali à 5 voci ; Venezia, presso Giac. 
Vincenli, 1608, in-4". Le second livre de ces 
madrigaux a paru en 1613, etle troisième en 1615, 
chez le même éditeur. 

BROIER (....), compositeur français, fut 
diantre de la chapelle du pape, sous le pon- 
tificat de Léon X. Théophile Folengo, connu sous 
le pseudonyme de Merlin Coccaie, a célébré 
cet artiste dans ses vers macaroniques {Maca- 
ron, lib. 25, prophet.) On peut voir ees vers à 
l'article Bidon. 

BROKELSBY (Richard), médecin, né en 
1722, dans le comté de Sommerset, étudia suc- 
cessivement à Edimbourg et à Leyde, sous le 
célèbre Gaubius. 11 fut reçu docteur en 1745, 
et mourut à Londres en 1797 , après avoir ac- 
quis une grande fortune et beaucoup de consi- 
dération dans la pratique de son art. On a 



de lui : Rejlections on ancient and modem 
Musick, wiih the application to the cure of 
diseuses, to which is subjoined an Essay to 
solve the question, wherein consisted the diffé- 
rence qf ancient Musick from that of modem 
time (Réflexions sur la musique ancienne et mo- 
derne, avec son application à la guérison des ma- 
ladies, suivies d'un essai sur la solution de cette 
question : en quoi consiste la différence entre la 
musique des anciens et celle des modernes); 
Londres, 1749, in-8°, 82 pages. Le conseiller de 
cour Kaestner a donné un extrait en allemand de 
cet ouvrage, avec des notes, dans le Magasin 
de Hambourg, t. 9, p. 87. On le trouve aussi dans 
les Beytr. hist. krit.àe Marpurg, t. 2, p. 10-37. 
Brokelsby a donné dans les Transactions phi- 
losophiques (t. 45) , un autre mémoire sur la 
musique des anciens. 

BROMLEY (Robert-Antoine), ecclésias- 
tique anglais, né en 1747, fut bachelier en théo- 
logie. Il mourut à Londres en 1806. On a de lui 
un sermon composé à l'occasion de l'ouverture 
d'une nouvelle église dans cette ville, et sur l'or- 
gue qui y avait été placé. Ce discours a été pu- 
blié sous le titre suivant : On opening Church 
and Organ. Sermon on psalm 122; Londres 
1771, in-4°. 

BROINIVER (Georges), organiste de l'église 
du Saint-Esprit à Hambourg, naquit dans le 
Holstein, en 1666. Mattheson, qui aurait pu nous 
fournir des renseignements sur la vie de cet ar- 
tiste, son contemporain, n'en parle que d'une 
manière indirecte dans son livre intitulé Gritn- 
dlage einer Ehren-Pforte ( p. 220 et 283). 
Une note de Moller m'a indiqué la date de sa 
naissance, mais c'est tout ce que j'ai trouvé sur 
Bronner. Il paraît qu'il mourut en 1724. On voit 
par les Annales du théâtre de Hambourg, qu'a- 
près y avoir donné plusieurs opéras, il en prit la 
direction en 1699. Les ouvrages dramatiques de 
ce compositeur sont: 1° Écho et Narcisse, à 
Hambourg, 1693. — 2» Vénus, ibid., 1694. — 
3° Céphale et Procris, ibid., 1701. — 4° Phi- 
lippe, duc de Milan. Cet ouvrage était prêt à 
être joué en 1701, mais l'ambassadeur de l'empe- 
reur s'opposa à la représentation. — 5° Bérénice, 
Hambourg, 1702. — 0" Victor. La musique du 
troisième acte de cet opéra a été composée par 
Bronner; cet ouvrage a été joué à Hambourg en 
1702. — 7° Le duc de Normandie, ibid., 1703. 
— 8° La mort du grand Pan. En 1690, Bron- 
ner a publié un recueil de cantates à voix seule. 
Enfin on a de cet artiste un livre de chorals ar- 
rangés pour l'orgue, qui a pour litre : Vollstecn- 
diges musikalisches Choral-Buch nach dem 
Hamburgischen Kirchen-Gesxngbuche ein- 



BRONNEK — BROS 



81 



geru'hte! vach allen Melodeyen in 3 Stim- 
men componirt, wie auch mit einem Choral 
'iind obligaten Orgcl-bass versehen ; Hambourg, 
1710,111-4°. La deuxième édition de cet ouvrage 
a été publiée en 1720. 

BROOlî (James), recteur de Hill-Crome et 
vica re du ciiâteau de Ilanley, dans le duché 
de Worcester, vivait au commencement du dix- 
liiiitièine siècle. Il a publié un ouvrage intitulé : 
T//e duttj and advantage of singing of the J 
Lord (De la nécessité et de l'utilité du chant re- 
ligieux); Londres, 1728, in-S». 

BROOKBANCK (Joseph), écrivain an- 
glais qui vivait vers le milieu du dix-septième 
siècle: il paraît avoir été dans les ordres. On a de 
cet auteur une dissertation sur la discussion 
élevée sous le règne de Cromwell relativement 
aux orgues et à la musique dans le service di- 
vin. Les presbytériens voulaient les en exclure, 
et les autres catholiques réformés prétendaient 
qu'on devait les y conserver. La dissertation de 
Brookbank est intitulée : The well tunedOrgan, 
whether or no instrumental and organical 
Miisick be lawful in holy publick assemblies 
(L'orgue bien accordé, ou examen de cette ques- 
tion : si la musique des instruments et des or- 
gues est admissible dans les assemblées pieuses) ; 
Londres, 1660, in-4°.Une multitude de pamphlets 
anonymes furent publiés dans la querelle dont il 
s'agit. J'ai recueilli les titres de quelques-uns; 
les voici : 1° Organ's Echo (L'Écho de l'Orgue) ; 
Londres, 1641, in-fol. — 2° The Organ's Fune- 
rai (Les Funérailles de l'Orgue); Londres, 1642; 
in-4". — 3° The holy Harmonij ; or a plea for 
the abolishing of Organs andother Miisick in 
Churches (L'Harmonie sacrée, ou plaidoyer pour 
l'abolition des orgues et de tonte autre musique 
dans les églises); Londres, 1643,in-4°. — 4° Gos- 
pel Musick, by N. H. (La musique évangéli- 
que.etc); Londres, 1644, in-4°. Le parlement 
intervint dans cette affaire, et rendît :leux or- 
donnances qui furent imprimées sons le titre : 
Two ordinances of both houses for demo- 
lishing of Organs and Images; Londres, 1644, 
in-4\ 

BROOKER (Daniel), vicaire de l'église de 
Saint-Pierre et chanoine de Worcester, a pro- 
noncé un discours sur la musique d'église, à l'oc- 
casion de l'oratorio à'Alhalie, de Heendel, exécuté 
dans l'église de Worcester en 1743. Ce discours a 
été imprimé sous ce titre : Musical Wereesier, a 
Sermon on Ps. XXXllI l-3;Londres,1743,in-4<'. 

BROOMANN (Louis) , musicien belge, qui 
était né aveugle, en 1518, est cité par Swertius (1) 

I (1) Selectas ChrUtiaDis orbis deiieias, p. 4T5. 

mOGB. UMV. DES MUSICIENS. ï. — II. 



et par Vossius ( 1 ) comme un des artistes les 
plus célèbres de son temps : cette célébrité est 
aujourd'hui fort oubliée. Il mourut à Bruxelles 
en 1597, à l'âge de 69 ans, et fut inhumé dans 
l'église des Franciscains de cette ville. C'était, 
dit Vossius, un docteur dans les arts libéraux, 
un licencié en droit, et le prince de la musique 
(Arlium liberalium doctor, Juris candidatus, et 
musicae princeps). J'ai bien peur que ce savant 
n'ait point d'autre garant du mérite de ce Croo- 
mann que son épithaphe, ainsi conçue : 

D. G. M. 

LoDOvico Broomanno 
Jacobi et Cokneli^ Verhoyle Wechen F. 

A NATIVITATE C^CO 
ARTICM LIBERALICM DOCTORI 

jurisprud- candidato musicesque principi : 
Geutrudis Keysers 

JODOCI EX M1ARIA CLEERHAGHEN F. 

maritoB. m. SIBIQUE pos. 

VlXIT annosLXIX 

Obiit vin. Janu. m.d. xcvil 

BROS (D. Juan), maître de chapelle et com- 
positeur espagnol, naquit à Tortose, en 1776. 
Après avoir été enfant de chœur dans la cathé- 
drale de cette ville, il se rendit à Barcelone 
pour étudier la composition sous la direction de 
Qiieralt et d'autres maîtres. Ses heureuses dis- 
positions le mirent bientôt en état de remplir 
les fonctions de second maître de la chapelle. de 
Santa-Maria del Mar, ainsi que celle d'orga- 
niste de l'église S. Sévère, dans la même ville. 
En 1807, Bros obtint au concours la place de 
maître de chapelle de la cathédrale de Malaga, 
et l'emporta sur dix-neuf concurrents. En 1815 la 
direction de la chapelle d'Oviédo étant devenue 
vacante, par la mort de D. Juan Ferez, ce fut 
D. Juan Bros qui fut désigné comme son suc- 
cesseur; mais il n'accepta pas cette place et re- 
nonça également à celle quïl occupait à Malaga, 
pour satisfaire sa famille, laquelle désirait qu'il 
prit la position de maître de chapelle à Léon. 11 
l'occupa jusqu'en 1823, époque où il ftit com- 
promis dans les affaires politiques , qui le firent 
mettre en arrestation ; mais il fut acquitté par 
un arrêt de la cour suprême de la Rota. Retiré 
alors à Oviédo, il y épousa une dame de famille 
distinguée nommée Dona Maria de los Dolores 
consul Villar. En 1834, Bros fut appelé de 
nouveau à la place de maître de chapelle de 
la cathédrale de celte ville : il l'occupa jusqu'à 
sa mort, arrivée le 12 mars 1852, à l'âge de 
soixante-seize ans. Ses œuvres innombrables de 
musique d'église sont répandues dans torjtes les 

(!) l.iM. 1, De natura ArlluiD.c. 4. 



82 



BROS— BROSCBl 



chapelles de l'Espagne : on cite comme les meil- 
leures, trois miserere avec les lamentations, com- 
posées à Léon ; un Te Deum, un oflice des morts 
et d'autres miserere écrits à Oviédo, outre une 
infinité de messes et de psaumes compo- 
sés'pour le service des églises diverses aux- 
quelles Bros fut attaché dans sa longue carrière. 
BROSCHARD (Évelina), Voyez Bro- 

CHARD. ^ 

BROSCHI (Charles), cocnn sous le nom 
d« Farinelli, fut le plus étonnant des chanteurs 
du dix-huitième siocle,ibien qu'il ait été conteni- 
poiain de plusieurs virtuoses de premier or- 
dre. On ne s'accorde pas sur le lieu de sa nais- 
sance. Si l'on croit le P. Giovenale Sacchi, à qui 
l'on doit une biographie de cet artiste célèbre (1), 
il était uéà Andria ; cependant Farinelli lui-même 
dit à Burney, lorsque celui-ci le vit à Bologne 
en 1770, qu'il était de Naples. Quoi qu'il en soit, 
il est certain qu'il vît le jour le 24 janvier 1705. 
Son orij^ine a fait naître aussi des discussions. 
On a dit que son nom de Farinelli venait de 
farina, parce que le père du chanteur, Salvator 
Broschi, avait été meunier, d'autres disent mar- 
chand de farine ; mais il parait certain que son 
nom lui fut donné parce qu'il eut pour protec- 
teurs et pour patrons, au commencement de 
sa carrière, trois frères nommés Farina, qui 
tenaient le premier rang parmi les amateurs les 
plus distingués de Naples. Le P. Sacchi assure 
qu'il a vu entre les mains de Farinelli les preuves 
de noblesse qu'il avait fallu fournir lorsque 
la faveur sans bornes dont H jouissait auprès 
du roi d'Espagne lui fit obtenir son admission 
dans les ordres dcCalatrava et de St-Jacqnes. H 
serait peut-être difficile de concilier la naissance 
iistinguée des parents de l'artiste avec l'infâme 
ralic qu'ils firent de sa virilité, dans l'espoir d'as- 
surer leur fortune; mais en Italie, et surtout 
dans le royaume de Naples, on n'était jamais 
embarrassé pour cacher ces sortes de spécula- 
lions sous le prétexte d'un accident quelconque. 
Une blessure, disait-on, survenue au jeune Bros- 
chi à la suite d'une chute de cheval, n'avaifété 
jugée guérissable par le chirurgien qu'au moyen 
de la caslrallon. 11 n'y avait pas un castrat ita- 
lien qui n'eftt à conter sa petite histoire toute 
semblable. La mutilation ne produisait pas tou- 
jours les effets qu'on eu avait espérés : beaucoup 
d'infortunés perdaient la qualité d'homme, sans 
acquérir la voix d'un chanteur. Farinelli fat du 
moins plus heureux, car il posséda la pins ad- 
mirable voix de soprano qu'on ait peut-être ja- 
mais entendue. 

(1) Vlta del Cav.lDon Carlo Broschi, detto FarinelU ; Ve- 
nezia, nella stampcria Collclti, 1784, in-S". 



Son père lui enseigna les premiers éléments de 
la musique, puis il passa dans l'école de Porpora, 
dont il fut le premier et le plus illustre élève. 
Après avoir appris sous cet habile maître le mé- 
canisme de l'art du chant, tel qu'il existait dans 
la méthode parfaite des chanteurs de ce temps , 
il commença à se faire entendre dans quelques 
cercles d'artistes et d'amateurs, particulièrement 
chez les frères Farina. Sa voix merveilleuse, la 
pureté des sons qu'il en tirait, sa facile et bril- 
lante exécution, causèrent la plus vive sensation, 
et dès lors on prévit l'éclat qu'auraient ses dé- 
buts sur la scène. On a écrit qu'à l'âge de quinze 
ans (en 1720 ) il se fit entendre pour la première 
fois en public dans VAngelica et Medoro de Mé- 
tastase, premier opéra de ce poète illustre, qui 
n'avait alors que dix-huit ans, et que la singula- 
rité de ce double début fit naître entre Métastase 
et Farinelli une amitié qui dura autant que leur 
vie. Tout cela est dénué de fondement. Métastase 
n'était jmint à Naples en 1720, car il ne quitta 
Rome qu'au mois de juin 1721, pour fuir se» 
créanciers ; il n'avait pas alors dixdiuit ans, mais 
bien vingt-deux ans et quelques mois, étant né 
à Home le 3 janvier 1698 ; Angelica e Medoro n'é- 
tait pas son début, car il n'avait que quatorze ans 
quand il donna son Giustino; enfin Angelica e 
Medoro ne date point de 1720, mais de 1722 (1). 
Ce qui est plus certain, c'est que danscette même 
année 1722 FarineUi, alors âgé de dix-sept ans, 
accompagna à Rome son maître, Porpora, qui 
était engagé pour écrire au théâtre Aliberti de 
cette ville l'opéra intitulé Eomene. C'est dans cet 
ouvrage que Farinelli, déjà célèbre dans l'Italie 
méridionale sous le nom de il ragazzo ( l'enfant ), 
fit son début à Rome. Un trompette allemand, 
dont le talent ter^ait du prodige, excitait alors l'ad- 
miration des Romains. Les entrepreneurs du 
théâtre prièrent Porpora d'écrire un air pour 
son élève, avec un accompagnement de trom- 
pette obligée; le compositeur souscrivit à leur 
demande, et dès ce moment une lutte fut en- 
gagée entre le chanteur et le virtuose étranger. 
L'air commençait par une note tenue en point 
d'orgue, et tout le trait de la ritournelle était en- 
suite répété dans la partie de chant. Le trom- 
pelte prit cette note avec tant de douceur; il en 
développa l'intensité jusqu'au degré de force le 
plus considérable par une progression si insen- 
sible, et la diminua avec tant d'art ; enfin, il tint 
cette note si longtemps, qu'il excita des trans- 
ports universels d'enthousiasme, et qu'on se per- 

(1) .Farinelli lui-même a donné lieu à cette erreur, dan; 
une conversation avec Burney; maison peut affirmer que 
se» souvenirs le trompaient, et qu'il ne connut Métastase que 
peu de tem|/S avant son départ pour Rome. 



BUOSCUI 



83 



suada que le jviiine Fariuelli ne pourrait lutler 
avec un artiste dont le talent était si parfait. Mais 
quand vint le tour du ciianteur, lui que la nature 
it l'art avaient doué de la mise de voix la plus 
admirable qu'on ait jamais entendue, lui, dis-je, 
sans s'effrayer de ce qu'il venait d'entendre, prit 
cette noie tenue avec une douceur, une pureté 
inouïe jusqu'alors, eu développa la force avec un 
art infini , et la tint si longtemps qu'il ne parais- 
sait pas possible qu'un pareil effet fût obtenu par 
des moyens naturels." Une explosion d'applaudis- 
sements et de cris d'admiration accueillirent ce 
phénomène : l'interruption dura près de cinq mi- 
nutes. Le chanteur dit ensuite la phrase de mélo- 
die , en y introduisant de brillants trilles qu'aucun 
autre artiste n'a exécutés comme lui. Quelle que 
fût l'habileté du trompette, il f-it ébranlé par le 
talent de son adversaire : toutefois il ne se dé- 
couragea pas. Suivant l'usageet la coupe des airs 
de ce temps, après la deuxième partie de l'air, le 
premier motif revenait en entier ; l'artiste étranger 
rassembla toutes ses forces, recommença la te- 
nue avec plus de perfection que la première fois 
et la soutint si longtemps, qu'il sembla balancer 
le succès de Fariuelli ; mais celui-ci, sans rien 
perdre de la durée de la note, telle qu'il l'avait 
fait entendre la première fois, parvint à lui donner 
un tel éclat, une telle vibration, que la salle en- 
tière fut remplie de ce son immense, et dans la 
mélodie suivante, il introduisit des traits si bril- 
lants, et lit entendre une voix si étendue, si égale 
et si pure, que l'enthousiasme du public alla jus- 
qu'à la frénésie, et que l'instrumentiste fut obligé 
de s'avouer vaincu. Il y a lieu de croire que Por- 
pora avait aidé au triomphe de son élève, et que 
les traits qui parurent improvisés avaient été pré- 
parés par lui et travaillés d'avance. Quoi qu'il en 
soit, le public attendit en masse le chanteur à la 
porte du théâtre, et l'accompagna jusque chez 
lui, en poussant des viva et d'unanimes acclama- 
tions (1). 

Ici se présente une de ces erreurs et de ces con- 
tradictions assez fréquentes dans la vie de cet 
artiste, et qu'on ne peut expliquer. Durney dit, 
dans son voyage musical en Italie (pag. 214), 
qu'en quittant Rome, Fariuelli aHa à Bologne 
où il entendit le célèbre Bernacc-lii; mais Ber- 
nacchi n'était point à Bologne en 1722. Choreu 
et Fayolle ont ajouté à ce que dit Burney, que ce 



(1) Les détails qu'en vient de lire diffèrent en plusieurs 
points de ceux qui ont été donnés par Burney ( The pré- 
sent State 0/ !Uusic in France and Italy, p. 2ls et 2u ^ ; 
mais ils ont été recueillis avec beaucoup de soin et d'exac- 
titude par Kandler dans des mémoires manuscrits dont 
il a bien veulu m'euvoyer une copie, avec d'autres sur 
Alexandre Scarlatti. 



fut alors que Farinelli demanda des leçoui au 
chef de l'école de Bologne. Cependant Bi/rney 
avoue que ce chanteur resta sous la direction de 
Porpora jusqu'en 1724 (1) , époque où il fit avec 
lui son premier voyage devienne; or il est cer- 
tain que son maître, renommé dans toute l'Italie 
pour l'enseignement du chant, n'aurait pas permis 
que son élève lui fit l'injure de prendre des leçons 
d'un autre professeur quel qu'il fût. Il est hors de 
doute d'ailleurs que Farinelli n'avait jamais en- 
tendu Bernacchi avant 1727, et que ce n'est qu'a- 
près avoir été vaincu par lui dans un opéra d'Or- 
landini, qu'il reconnut ce qui lui manquait sous le 
rapport de l'art, et qu'il se décida à demander des 
conseils à celui dont il avouait la supériorité. 

On manque de renseignements sur l'effet que 
produisit Farinelli à Vienne, lorsqu'il y fit son 
premier voyage, en 1724. L'année suivante il 
chanta à Venise dans la Didone abbandonata 
de Métastase, lïiise en musique par Albinoni. Puis 
il retourna à Naples, oij il excita la pins vive admi- 
ration dans une sérénade dramatique de liasse, 
où il chanta avec la célèbre cantatrice Tesi. En 1 726 
il joua à Milan dans le Ciro, opéra de François 
Ciainpi ; puis il alla à Rome, où il était attendu 
avec une vive impatience. En 1727 il se rendit à 
Bologne : il y devait chanter avec Bernacchi. Fier 
de tant de succès, confiant dans l'incomparable 
beauté de sa voix et dans la prodigieuse facilité 
d'exécution qui ne l'avait jamais trahi, il redou- 
tait peu l'épreuve qu'il allait subir. L'habileté de 
Bernacchi était telle, à-la vérité, qu'elle l'avait fait 
appeler Le roi des chanteurs; mais sa voix n'é- 
tait pas belle, et ce n'était qu'à force d'art que 
Bernacchi avait triomphé de ses défauts. Ne dou- 
tant pas d'une victoire semblable à celle qu'il 
avait obtenue à Rome cinq ans auparavant, l'é- 
lève de Porpora prodigua dans le duo qu'il chan- 
tait avec Bernacchi tous les trésors de son bel 
organe , tous les traits qui avaient fait sa gloire. 
L'auditoire, dans le délire, prodigua des applau- 
dissements frénétiques à ce qu'il venait d'entendre. 
Bernacchi, sans être ému du prodige et de l'effet 
qu'il avait produit, commença à son tour la phrase 
qu'il devait répéter, et redisant tous les traits du 
jeune chanteur, sans en oublier tin seul, mit 
dans tous les détails une perfection si merveil- 
leuse, que Farinelli fut obligé de reconnaître son 
maître dansson rival. Alors, au lieu de se renfermer 
dans un orgueil blessé, comme n'aurait pas manqué 
de faire un artiste ordinaire, il avoua s^a défaite 
et derhanda des, ootiseils à Bernacchi, qui se plut 
à donner la dernière perfection au talent du chan- 
teur If plus extraordinaire du dix-huitième siècle. 

(1) // gênerai Uistory of Music, t. 4, p. 378. 



84 



BROSCHI 



C'est quelque chose de beau et de digne, que ce 
double exemple de la conscience d'artiste qui écarte 
des deux côtés les considérations d'amour-propre 
et d'i-ntérêt personnel, pour ne songer qu'aux pro- 
grès de l'art. 

Après avoir fait un second voyage à Vienne 
en 1728, Farinelli visita plusieurs fois Venise, 
Rome, Naples, Plaisance et Parme, et, dans les 
années 1728 à 1730, s'y mesura avec quelques- 
uns de's plus célèbres chanteurs de ce temps , tels 
que Gizzi, Nicolini, la Faustina et la Cuzzoni, fut 
partout le vainqueur de ces'virtuoses, et fut com- 
blé d'honneiirs et de richesses. En 1731, il fit un 
troisième voyage à Vienne. Jusqu'alors, le genre 
de son talent avait été basé'sur l'improvisation 
et l'exécution des difficultés. Le trille, les groupes 
de toute espèce, les longs passages en tierces, 
ascendants et descendants, se reproduisaient 
sans cesse dans son chant; en un mot, Farinelli 
était un chanteur de bravoure (1). C'est après ce 
voyage à Vienne, qu'il commença à modifier sa 
manière, et qu'à son exécution prodigieuse il 
ajouta le mérite de bien chanter dans le style pa- 
thétique et simple. Les conseils de l'empereur 
Charles VI le dirigèrent vers cette réforme. Ce 
prince l'accompagnait un jour au clavecin; tout 
à coup, il s'arrêta et dit à l'artiste qu'aucun autre 
chanteur ne pouvait être rais en parallèle avec 
lui ; que sa voix et son chant ne semblaient point 
appartenir à un simple mortel, mais bien à un 
être surnaturel. «Ces gigantesques traits (lui dit- 
« il), ces longs passages qui ne finissent pas, 
« ces hardiesses de votre exécution excitent l'é- 
« tonncment et l'admiration, mais ne touchent 
« point le cœur ; faire naître l'émotion vous serait 
« si facile, si vous vouliez être quelquefois plus 
« simple et plus expressif! » Ces paroles d'un 
véritable connaisseur, d'un ami de l'art ne fu- 
rent point perdues. Avant qu'elles eussent été 
dites, Farinelli n'avait pas songé à l'art de chan- 
ler avec simplicité, bien que la nature lui eût 
départi tous les dons qui pouvaient lui assurer 
une incontestable supériorité en cela comme en 
toutes les autres parties du chant; niais il ne faut 
pas oublier qu'à l'époque où il entra dans la 
carrière du citant théâtral, toute l'Italie raffolait 
du chant de bravoure que Hernacclii avait mis 
en vogue ; avide de ^succès, comme l'est tout 
aptiste, il s'était livré sans réserve à ce genre 
dans lequel nul ne po\ivait l'égaler. Mais après 
avoir reçu les conseils de l'empereur, il comprit 

(0 II ne faut pas oublier, d'ailleurs, que Porpora, maître 
de FarinelU, avait une véritable passion pour les trilles, 
les croupes et iesmordents; sa musique en était remplie. 
On peut voir à ce sujet une anecdote plaisante à l'arlicle 
l'or/jora. 



ce qui lui restait à faire pour être un chanteur 
complet, et il eut le courage de renoncer quelw 
qucfois aux applaudissements de la multitude, 
pour être vrai, simple, dramatique , et satisfaire 
quelques connaisseurs. Ainsi que l'avait prévu 
Charles VI, il fut, dès qu'il le voulut, le chanteur 
le plus pathéfhique comme il était le pins brillant. 
On verra plus loin que ce progrès ne fut pas seu- 
lement utile à sa renommée, mais qu'H fut la 
cause principale de sa haute fortune. 

De retour en Italie, Farinelli chanta avec des 
succès toujours croissants à Venise, à Rome, à 
Ferrare, à Lucques, à Turin. Comblé d'honneurs 
et de richesses, il quitta enfin le continent en 
1734, pour passer en Angleterre. Peu de temps 
auparavant, la noblesse anglaise, irritée contre 
Hzendcl (voyez ce nom ) qui montrait peu d'é- 
gard pour elle, avait résolu de. ruiner son entre- 
prise du théâtre do Hay-Market, et, pour réaliser 
ce dessein, avait fait venir Porpora à Londres, afin 
qu'il dirigeât un Opéra au théâtre de Lincoln's-lnn 
Fields. Incapable de rien ménager quand il croyait 
avoir à se plaindre de quelqu'un, Hœndel venait 
de se brouiller avec Senesino, contralto parfait 
qui passa au théâtre de son rival ; mais malgré 
cet échec et l'animad version de la haute société, le 
génie du grand artiste luttait encore avec avan- 
tage contre l'entreprise de ses antagonistes, et 
ceux-ci avaient un arriéré de 19 mille livres ster- 
ling qui les menaçait d'une ruine presque inévi- 
table. Porpora comprit que les prodiges du talent 
de Farinelli pouvaient seuls les tirer d'une posi- 
tion si |)crilleuse. L'événement prouva qu'il ne 
s'était pas trompé. Il le fit entendre pour la pre- 
mière fois dans \'Artaxei-cès de Basse, où son 
frère, Richard Broschi, avait ajouté un air d'en- 
trée qui décida en sa faveur une vogue qui te- 
nait du délire. Cet air commençait par une note 
tenue comme cgUiï d'Eomene, écrit douze ans 
auparavant à Rome par Porpora. Farinelli vou- 
lut y reproduire l'effet qu'il avait obtenu dans sa 
lutte avec le trompette et par le même moyen. 
Prenant une abondante respiration, et appuyant 
sa main droite sur sa poitrine, il fit entendre un 
son pur et doux qui alla imperceptiblement jus- 
qu'au plus haut degré de force, puis diminua de 
la même manière jusqu'à la plus parfaite ténuité, 
et la durée de. ce son fut à peu près cinq fois 
plus longue que ne serait une tenue du même 
genre faite par un bon chanteur ordinaire. Ce son 
extraordinaire plongea toute l'assemblée dans une 
ivresse qu'il est plus facile d'imaginer que de peindre. 
Tout le reste de la soirée se passa dans des sensa- 
tions du même genre, et dès lors il n'y eut d'admi- 
ration que pour Farinelli; on ne voulut entendre 
que Farinelli, et l'enthousiasme fut tel, qu'une 



BROSCIII 



85 



(lame de la cour s'écria de sa loge, il n'y a qn'un 
Dieu et qîi'wi Farinelli. Cependant, parmi les 
chanteurs qui l'entouraient, il y en avait deux de 
premier ordre : c'était Senesino et la Cuzzoni. 
La partie était trop forte; il était impossible que 
Hœndel ne la perdît pas. Après avoir lutté en vain 
pendant l'année 1734, il comprit que l'exécution 
de ses admirables oratorios était la seule chose 
qui pouvait le sauver; mais Hay-Market était trop 
petit [loiirrel'fetdecesgrandsouvrages; ille quitta 
pour allcrs'établir àCovent-Garden, etses adver- 
saires s'emparèrent de Hay-Market (1). Les suc- 
cès de Farinelli avaient produit des sommes suf- 
<isanfcs pour toutes les dépenses , et les 19 mille 
livres sterling d'arriéré étaient payées. A l'égard 
de ce chanteur, l'engouement dont il fut l'objet 
ne saurait se décrire. Sa faveur avait commence 
par une soirée au palais de Saint-James, où il 
chanta devant le roi, accompagné par la prin- 
cesse royale, qui depuis fut princesse d'Orange. 
Ce fut à qui ferait au chanteur les présents les 
plus magnifiques, et la mode s'en établit d'autant 
mieux que, par ostentation, la noblesse faisait 
annoncer par les journaux les cadeaux qu'elle 
lui envoyait. L'exemple du prince de Galles qui 
lui avait donné une tabatière d'or enriciiie de 
diamants et contenant des billets de banque, 
avait été imité par beaucoup de personnes. Fa- 
rinelli n'avait que quinze cents livres sterling d'ap- 
pointements au théâtre ; cependant son revenu , 
pendant chacune des années 1734, 35 et 36, où il 
demeura en Angleterre, ne s'éleva pas à moins 
de cinq mille livres sterling (environ 125 mille 
francs j. 

Vers la fin de 1730, Farinelli partit pour l'Es- 
pagne, en prenant sa roule par la France, où il 
s'arrêta pendant quelques mois; il y produisit 
une vive sensation qu'on n'avait pus Heu d'at- 
tendre de l'ignorance où l'on était alors dans ce 
pays de la bonne musique et de l'art du chant. 
Louis X'V l'enlendit dans l'appartement de la 
reine, et l'applaudit avec des expressions qui 
étonnèrent toute la cour, dit Riccoboni. C'était 
en effet quelque chose d'assez singulier que de 
voir Louis XV goûter un vif plaisir à entendre un 
rhanteur, lui qui n'aimait pas la musique, et qui 
aimait moins l'italienne que toute autre. On dit 
qu'il lit présent au chanteur de son portrait en- 
richi de diamants et de cinq cents louis. Fari- 
nelli n'avait voulu faire qu'un voyage en Espagne, 
ft se proposait de retourner en Angleterre, où il 
avait des engagements avec les entrepreneurs de 
l'Opéra ; mais le sort en décida autrement, et le 



(1) Tout cela a été rappoi-lé avec beaucoup d'inexacti- 
tude dans quelques biographies de Farinelli. 



pays qu'il n'avait voulu que visiter, leretint près 
de vingt-cinq ans. On rapporte que Philippe V, 
roi d'Espagne, dans un de ses accès d'abattement 
et de mélancolie, assez fréquents depuis la mort 
de son fils, négligeait les affaires de l'Etat et re- 
fusait de présider le conseil, malgré les instances 
de la reine, Éhsabeth de Ferrare. Ce fut dans ces 
circonstances que Farinelli arriva à Madrid. La 
reine, informée de sa présence en Espa-^ne, vou- 
lut essayer sur l'esprit du roi le pouvoir de la 
musique, qu'il aimait beaucoup. Elle fit disposer 
un concert dans l'appartement du roi, et demanda 
au virtuose de chanter quelques airs d'un ca- 
ractère tendre et doux. Dès que la voix du chan- 
teur .se fit entendre, Philippe parut frappé; puis 
l'érnolion s'empara de son cœur; à la fin du se- 
cond air, il fit entrer Farinelli, l'accabla d'éloges, 
et lui demanda un troisième morceau, où le célèbre 
artiste déploya tout le charme, toulela magie de sa 
voix et de son habilelé. Transporté de plaisir, le roi 
lui dernauda quelle récompense il voulait, jurant 
de lui tout accorder: Farinelli pria le roi défaire 
quelques efforts pour .sortir de l'abattement où il 
était plongé, et de chercher des distractions dans 
les affaires du royaume : il ajouta que s'il voyait 
le prince heureux, ce serait sa plus douce récom- 
pense. Philippe prit en effet la résolution de 
s'affranchir de sa inélanculie ; il se fit (iiire la 
barbe, assista au conseil , et dut sa guéiison au 
talent du chanteur. 

La reine avait compris quelle pourrait être 
l'infiuenre de celui-ci sur la santé du roi; elle 
lui fit des prciposilions qui furent acceptées ; ses 
appointements fixe> furent réglés à 50,000 fr. , 
et le chant de Farinelli fut réservé pour le 
roi seul. Dès ce mouient, on peut dire qu'il 
fut perdu pour l'art. Devenu favor.i de Phi- 
lippe, il eut l'immense* pouvoir dont jouissent 
ceux qui occupent de pareilles positions près de-; 
rois, et sa fortune s'en ressentit; mais son 
cœur fut désormais fermé aux émotions de l'ar- 
tiste. Espèce de boulfou de cour, il était là 
pour dire, seul à seul avec le roi, des airs comme 
ïriboidet faisait des grimaces et lançait des sar- 
casmes à François I'^''. Qu'on juge du dégoût 
qu'il dut éprouver: il dit à Burney que pendant 
les dix premières années de sa résidence à la cour 
d'Espagne et jusqu'à la mort de Philippe V, il 
chanta chaque soir à ce prince quatre airs qui ne 
varièrent jamais. Deux de ces morceaux étaient 
deHasse, Pallidoilsole, etPerqueslodolceam- 
pte'sso;\e troisième, étaitun menuet sur lequel le 
cliranteur improvisait des variations. Ainsi Fari- 
nelli redit pendant ces dix années environ 3,600 
fois les mêmes morceaux et jamais autre chose : 
c'était payer trop cher le pouvoir et la fortune. 



86 



BROSCHI 



La Borde dit que Fariaclli devint premier mi- 
nistre de Philippe et de Ferdinand VI, son suc- 
cesseur; le même fait a été répété par Gerber, 
Choron et Fayolle, par M. Grossi (Biografia de- 
gli uomini illustri del regno di Napoli), et par 
moi-même dans la Revue musicale. Bocous (voyez 
ce nom), qui dit avoir reçu ses renseignements 
du neveu de Farinelli, a présenté une'autre version 
«lans un article de la Biographie Universelle de 
Micliaud. Selon lui, ce ne serait pas de Phi- 
lippe, mais de Ferdinand VI que Farinelli aurait 
eu, non le titre de premier ministre, car il paraît 
certain qu'il ne l'eut jamais, mais le pouvoir et 
l'influence d'un favori supérieur au ministre lui- 
même. Voici comme s'exprime Bocous :•: Le 
« bon et sage Ferdinand VI avait hérité des in- 
« firmités de son père. Dans le commencement 
« de son règne, surtout, il fut tourmenté d'une 
« profonde mélancolie dont rien ne pouvait le gué- 
« rir. Seul, enfermé dans sa chambre, à pHne il 
n y recevait la reine; et pendant plus d'un mois, 
« malgré les instances de celle-ci et les prières de 
« ses courtisans, il s'était refusé à changer de 
« linge et à se laisser raser. Ayant inutilement 
« épuisé tous les moyens possibles, on eut recours 
« au talent de Farinelli. Farinelli chanta, le 
« charme fut complet. Le roi ému, touché par 
« les sons mélodieux de sa voix, consentit sans 
« peine à ce qu'on voulut exiger de lui. La reine 
H alors, se faisant apporter une croix de Calatrava, 
« après en avoir obtenu la permission du mo- 
« narque, l'attacha de sa propre main à l'habit 
« de Farinelli. C'est de cette époque que date 
« son inituence à la cour d'Espagne, et ce fut 
« depuis ce moment qu'il devint presque lo seul 
« canal par où coulaient toutes les grâces. Il faut 
« cependant avouer qu'il ne les accorda qu'au 
« mérite, qu'elles n'étaient pas pour lui l'objet 
<« d'tme spéculation pt-cuniaire, et qu'il n'abusa 
« jamais de son pouvoir. Ayant observé l'effet 
" qu'avait. produit la musique sur l'esprit du roi, 
" il lui persuada aisément d'établir nu spectacle 
" italien dans le palais de Buen-lSctiro, où il 
« appela les plus habiles artistes de l'Italie. Il en 
« fut nommé directeur; mais ses fonctions ne se 
« bornaient pas là. Outre la jirande prépondé- 
« rance qu'il continuait à exercer sur le roi et la 
« reine, Farinelli était souvent employé dans les 
n affaires politiques ; il avait de fréquentes con- 
u férences avec le ministre La Ensenada, et était 
« plus particulièrement considéré comme l'agent 
« des mi-nistres de différentes cours de l'Europe 
« qui étaient intéressées à ce que le roi catlio- 
■< lique n'effectuât pas le traité de famille que la 
" France lui pro[iosait, etc. u 

Farinelli était doué delà prudence, de l'adresse 



et de l'esprit de conduite qui distinguent les 
hommes de sa nation. Sa position était délicate, 
car la faveur sans borne dont il jouissait près 
des rois d'Espagne le mettait sans cesse en con- 
tact avec une haute noblesse fière et jalouse. Il se 
montrait si humble avec elle, il abusait si peu de 
son pouvoir, il mit tant de discernement dans le 
choix de ses protégés, que pendant son long 
règne de favori, il ne se fit que peu d'ennemis. 
On rapporte sur lui quelques anecdotes qui peu- 
vent donner une juste idée de la manière dont il 
usait de son crédit. Allant un jour à l'apparte- 
ment du roi, où il avait le droit d'entrer à toute 
heure, il entendit un ofticier des gardes dire à 
un autre qui attendait le» lever: Les honneurs 
pleuvent sur un misérable histrion, et moi, 
qui sers depuis trente ans, je suis sans récom- 
pense. Farinelli se plaignit au roi de ce qu'il né- 
gligeait les hommes dévoués à son service, lui 
fit signer un brevet, et le remit à l'officier lors- 
qu'il sortit, en lui disant : Je viens de vous en- 
tendre dire que vous serviez depuis trente ans, 
mais vous avez eu tort d'ajouter que ce fut 
sans récompense. Une autre fois, il sollicitait 
en faveur d'un grand seigneur une ambassade 
que celui-ci désirait : Mais ne savez-vous pas 
(lui dit le roi) qu^il n'est pas de vos amis, et 
qu'il parle mal de vous ? — Sire, répondit Fa- 
rinelli, c'est ainsi que je désire me venger. Il 
avait, d'ailleurs, de la noblesse et de la généro- 
sité dans le caractère ; l'anecdote qui suit en est 
la preuve ; elle est fort connue : on en a fait le 
sujet d'un opéra. Farinelli avait commandé im 
habit magnifique : quand le tailleur qui l'avait 
fait le lui porta, l'artiste lui demanda son mé- 
moire. — Je n'en ai point fait, dit le tailleur. — 
Comment? — Non, et je n'en ferai pas. Pour 
tout payement, reprit-il en IremBlant, je n'ai 
qu'unegrâce avons demander. Je sais que ce 
que je désire est d'un prix inestimable, et que 
c'est un bien réservé aux monarques; mais 
puisque j'ai eu le bonheur de travailler pour 
un homme dont on ne parle qu'avec enthou- 
siasme, je ne veux d'autre payement que de lui 
entendre chanter un air. En vain Farinelli es- 
saya-t-il de faire changer de résolution à cet 
homme; en vain voulut-il lui faire accepter de 
l'argent ; le tailleur fut inébranlable. Enfin, après 
beaucoup de débats, Farinelli s'enferma avec lui, 
et déploya devant ce mélomane toute la puis- 
sance de son talent. Quand il eut fini, le tailleur, 
enivré de plaisir, lui exprima sa reconnaissance; 
il se disposait à se retirer: Non, lui dit Farinelli, 
j''ai l'âme sensible et fière, et ce n'est que 
par laque f ai acquis quelque avantage sur 
la plupart des autres chanteurs. Je vous ai 



BROSCIII 



87 



céffé, il est jiisle que vous cédiez à votre 
tour. En môme temps il lira sa bourse et força 
le tailleur à recevoir environ le double de ce 
que son habit pouvait valoir. 

Gt-rber, Choron et Fayolle, M. Grossi, et 
d'autres encore, ont écrit que lorsque Charles lil 
assura à Farinelli la continuation des appointe- 
ments dont il avait joui, i( ajouta : Je le fais 
(fautant plus volontiers que Farinelli n'a 
jamais abusé de la bienveillance ni de lamu- 
ni/icence de viex prédécesseurs . Cependant il 
n'en faut pas conclure, comme le font ces écri- 
vains, qu'il demeura au service de ce piince. 
Charles III, peu de temps après-son avènement 
au trône, fit donner au favori de Philippe et de 
Ferdinand l'ordre de sortir d'Espagne; circons- 
tance qui peut être expliquée par la résolution que 
prit ce roi de signer le pacte de famille avec les 
cours de France et de Naples. On sait que Fa- 
rinelli, avait toujours été opposé à ce traité, et 
qu'il avait employé toute son influence à l'em- 
pêcher sous le règne précédent. Farinelli conserva 
son traitement, mais sous la condition de s'établir 
à Bologne et non àNaples comme il en avait eu le 
dessein. Cestce qu'il fit entendre à Burney dans 
une conversation (1). 

Quand Farinelli revint en Italie, après une ab- 
sence de près de vingt-huit ans, tous ses anciens 
amisavaientdisparu ; les uns avaientcessé de vivre, 
les autres avaient quitté le pays ; il lui fallut songer 
à se créer des amitiés nouvelles, où le charme de 
la jeunesse ne pouvait plus se trouver. Farinelli 
avait cinquante-sept ans ; ce n'est plus l'âge des 
liaisons intimes : alors il dut sentir le vide de l'âme 
<run artiste qui n'a point rempli sa mission . De ses 
grandeurs passées, il ne lui reslaitque des richesses 
qui n'adoucissaient point ses regrets. A peine 
parlait-il quelquefois de ses talents et de la gloire 
qu'ils lui avaient procurée dans sa jeunesse, tandis 
que sa mémoire incessamment assiégée de son 
rôle de favori, de ses missions diplomatiqueset de 
sacroixdeCalatrava.ini fournissait des multitudes 
d'anecdoles qu'il coulait à tout venant. Le grand 
chanteur semblait avoir cessé de vivre depuis 
longtemps : le courlisan seul restait pour dé- 
plorer la perte de ses hochets. Dans le palais qu'il 
s'était fait bâtir à un mille de Bologne, et qu'il 
avait décoré avec autantde gortt que de somptuo- 
sité, il passait souvent une grande partie du jour 
à contempler les portraits de Philippe V, d'Elisa- 
beth et de Ferdinand VI, gardant un morne silence, 
ou répandant des larmes. Les visites des étran- 
gers pouvaient seules le distraire; il les recevait 



(1) V. The Présent State nf mvsic In France and Italu, 

fi. S21. 



avec affabiliU', et rien ne lui faisait plus de plaisir 
que lorsqu'on lui demandait des détails sur sa 
positionà la cour d'Espagne. Pendant les vingt 
dernières années de sa vie, il ne s'éloigna qu'une 
seule fois de Bologne pour un court voyage qu'il 
fit à Rome. Il obtint une audience du pape 
(Lambertini), et lui parla avec emphase des 
honneurs dont ilavaitjoui à Madrid et des richesses 
qu'il y avait amassées. Le saint père lui répondit 
avec un sourire plein d'ironie: Avete/atta tantn 
fortuna costà, perche viavete frovato le gioie, 
che avete perduto in guà. Je prie le lecteur de 
me dispenser de traduire et surtout d'expliquer 
ces gaillardes paroles. 

Lorsque Burney vit Farinelli (enl771)à sa 
maison de campagne près de Bologne, il y avait 
longtemps qu'il ne chantait plus ; mais il jou-ait 
de la viole d'amour, du clavecin, et composait des 
morceaux pour ces instruments. Il possédait une 
collection de pianos et de clavecins qu'il aimait 
beaucoup. Celui tju'il préférait était un piano 
construit à Florence en 1730; il lui avait donné 
le nom de Raphaël d'Urbino. Ledeuxièmeétait 
un clavecin qui lui avait été donné par la reine 
d'Espagne; il l'appelait le Corrége, d'aulres 
avaient les noms du Titien, du Gidde, etc. Une 
très-grande salle de son palais contenait de beaux 
tableaux de Murillo et de Ximenès. Il y avait 
aussi fait placer les portraits de tous les prince* 
qui avaient été ses patrons ; on y voyait deux 
empereurs, une impératrice, trois rois d'Espagne, 
un prince de Savoie, un roi de N'aples, une prin- 
cesse des Asturies, deux reines d'Espagne, et le 
pape Benoit XIV. Il avait plusieurs portraits de 
lui-même, dont un peint par son ami Amiconi, 
et celui de la fameuse cantatrice Faustina. 

Onaécritqjijece fut lui qui engagea le P. Martini 
à travailler à son Histoire de la Musique; cela 
est peu vraisemblable, car il paraît que ses re- 
lations avec ce savant homme ne commencèrent 
qu'en 1761, lorsqu'il retourna en Italie et se (ixa 
à Bologne ; or, le premier volume de l'Histoire 
de la Musique de MàrUni avait paru en 1707. Il 
paraît mieux démontré qu'il lui donna une belle 
collection de livres et de musique qu'il avait rap- 
portée d'Espagne. Ces deux hommes célèbres con- 
servèrent de douces relations entre eux pendant 
le reste de leur vie. Farinelli mourut le 15 juillet 
1782, à l'âge de soixanfe-dix-sept ans et quelques 
mois, et non le 15 seplenibre, à l'âge de quatre- 
vingts ans, comme le disent Choron et Fayolle. 
Martinelii s'est exprimé ainsi sur cet artiste 
dans ses lettres familières : « Ce chanteur avait 
« de plus que les voix ordinaires sept ou huit 
<i notes parfaitement sonores, égales et claires ; il 
« possédait d'ailleurs la science musicale au plus 



88 



BROSCHI — BROSSARD 



« liant degré, et se montrait en tout un digne 
« élève de Porpora. » Mancini, grand maître dans 
l'art du chant, et qui, comme Farinclli, avait reçu 
des leçons de Bernacchi, fait de notre grand 
(;iianteur nn éloge plus magnifique encore : « La 
« voix deFarinelli (dit-il) était considérée comme 
'< une merveille, parce qu'elle était si parfaite, si 
« puissante, si sonore, et si riche par son étendue, 
<i tant au grave qu'à l'aigu, que de notre temps 
« ou n'en a point entendu de semblable'. Il était 
« d'ailleurs doué d'un génie créateur qui lui ins- 
« pirait des traits étonnants et si nouveaux, que 
" personne n'était en état de les imiter. L'art de 
« conserver et de reprendre la respiration avec 
« tant de douceur et de facilité, que personne 
« ne s'en apercevait, a commencé et fini en lui. 
« L'égalité de la voix, et l'art d'en étendre le son, 
« le portamento, l'union des registres, l'agilité 
« surprenante, le chant pathétique ou gracieux, 
« et un trille admirable autant que rare, furent 
« les qualités par lesquelles il se distingua. H n'y a 
<" point de genre dans l'art qu'il n'ait porté à une 
« perfection si sublime,qi]'il s'est rendu inimitable. 
« A peine le bruit de son mérite fut-il répandu, 
« quelesviilcs les plus importantes de l'Italiese 
« le disputèrent pour leurs théâtres; et partout 
n où il chanta, les applaudissements lui furent 
« donnés avec tant d'enthousiasme, que chacun 
« voulut l'entendre encore à la saison suivante. 11 
» fut également désiré, demandé, apprécié et ap- 
« plandi dans les principales cours do l'Europe. 
« Ces succès, si bien mérités, furent obtenus par lui 
ic dans sa jeunesse ; néanmoins ce grand artiste 
« ne cessa jamais d'étudier, et il s'appliqua avec 
« tant dft persévérance, qu'il parvintà changer en 
u grande partie sa niauière, et à en acquérir une 
« meilleure, lorsque son nom était déjà célèbre et 
«■ (|uesa fortune était brillante (1). » 

Tel fut donc cet artiste dont le nom est encore 
célèbre, et qui eut autant de supériorité sur les 
grands chanteurs de son temps, que ceux-ci en 
avaient sur la plupart des chanteurs de notre 
époque. 

iJUOS(^lîl(RiciiAnn), frère du célèbre chan- 
teur Farinelll, lui donna des leçons de musique. 
Richard était compositeur. Son opéra, r Isola 
(VAlcina, fut joué à Home en 1728. Deux ans 
après, il accompagna son frère à Venise, et y 
écrivit l'opéra à'Jdaspe, dans lequel. on entendit 
Farinelli, Mcolini et la Cuzzoni. Ce fut Richard 
Rroschi qui écrivit pour son frère le fameux air 
Son quai Nave, dans lequel le chaideur excila 
partout la plus vive admiration. — Farinelli, oncle, 

(i)V. The l'resrnt stutc oj Muste in France and lUihj, 
p. sît. 



dit-on, de Charles et de Richard, compositeur de 
Georges \", électeur de Hanovre, et son résident 
à Venise, fut anobli par le roi de Danemark en 
1684. C'est lui qui a fait d'après d'anciennes 
mélodies l'air si connu des Folies d'Espagne, 
sur lequel Corelli a composé vingt-quatre varia- 
tions, à la (in de son œuvre V. La parenté de ce 
compositeur avec le célèbre chanteur Farinelli pa- 
rait douteuse; elle ne pourrait s'expliquer qu'en 
supposant qu'il avait été adopté par la famille des 
Faiinelli deNaples, comme le fut plus tard celui 
qu'on dit avoir été son neveu. 

BUOSIG (Maurice ), premier organiste de la 
cathédrale de Breslau, est né Iel5 octobre 1816, 
au village deFuchwinkel en Autriche, où son père 
était possesseur viager d'un bien seigneurial. De- 
venue veuve eu 1818, la inèrede Brosig alla s'é- 
tablir à Breslau, où il suivit les cours du gymnase 
Saint-Mathias, dès 1826. Il a eu pour maître en 
son art Ernest Kohier, organiste et compositeur, 
mort dans les premiers jours de 1848. Brosig 
reçut aussi des leçons d'orgue et de composition 
de Joseph Wolff, directeur de musique et or- 
ganiste de la cathédrale. Au mois de décembre 
1842, il a obtenu sa nomination d'organiste de 
cette même église. Quelques ouvrages publiés par 
Brosig, indiquent un talent de bonne école; on 
y remacque : 1° 3 préludes et fugues ; Breslau, 
ïlainauer. — 2° Cinq pièces d'orgue pour les fêtes 
solennelles; Breslau, Leuckart. — 3° cinq prélu- 
des pour des chorals ; ibid. — 4° Requiem pour 
4 voix avec accompagnement d'orgue et contre- 
basse, ou 2 violons, alto, basse et 2 cors ; Breslau, 
Leuckart. — 5° Fantaisie pour l'orgue sur le choral 
Christ ist erstan den ! op. 6 ; Breslau, Leuckart. 
— 6" Trois préludes et deux conclusions (Postlu- 
dien) pour l'orgue, op. 1 1 ; ibid. — 7° Messe pour 
4 voix et orchestre, op.. 7. ; iôirf. Quelques pièces 
de Brosig pour l'orgue ont été publiées à Erfurt 
par t<œrner.- 

BROSKY (Jean), en latin Bnoscujs, mathé- 
maticien célèbre en Pologne, naquit à Kurzelow 
en 1581. Il fut professeur de philosophie à Cracovie, 
membre de l'Académie des sciences de celte ville, 
et mourut à la t\n de l'année 1052. Ce savant a 
fait desrecheiches sur la possibilité de composer 
une gamme musicale, dont l'octave serait divisée 
en sept intervalles égaux. Il a publié son système 
dans un écrit qui a pour titre : An Diapason 
salvo harmonico concentu, an per acqualia 
septemintcrvalladividipossit ; Cracovie, 1C41. 
On a aussi de lui un autre ouvrage qui a pour 
titre : niusica Choralis in aima univ. ; Cra- 
covie, 1652, in-8°. J'ignore quelle est la nature 
de ce livre. 

BUOSSAKD ( SÉBASTIEN de), prêtre, né eu 



BROSSARD 



8!) 



16C0, fut d'abord prébende,' dépiilé du grand 
chœur, et maître de cliapelle de la cathédrale de 
Strasbourg. Il obtint cette place le 21 mai 16S0. 
( Voyez récrit de J. F. Lobsteia intitulé : Bei- 
trdge zur Geschichte der Musik im Elsass 
■undbesonders in Strassburg, p. 30 ). On ignore 
enqueliieu il fit ses études littéraires et musicales, 
mais il ya lieu de croire, d'après le style de ses 
compositions, que ce futî) Paris ou dans quelque 
\ilie de l'aucienne France; car sa manière est 
semblable à celle des musiciens français de soii 
temps. Quoi qu'il en soit, il paraît qu'il était jeune 
lorsqu'il se rendit en Alsace, cnr il apprit la 
langue allemande, et la sut bien, ce qui étaitrare 
parmi lesFrançais de son temps, llpossédait encore 
ses emplois à Strasbourg en 1698 , lorsque le 
deuxième livre de ses motets fut publie. En 1700, 
il fut appelé h Meaux, en qualité de grand cba- 
pelaiu et de maître de musique de la catliédrale. 
I.e reste de sa vie se passa dans cette ville ; il y 
mourut le 10 août 1730, à l'âge de soixante-dix 
ans. Brossard doit sa renommée à son Diction- 
naire de musique ; il en publia la première édition 
( devenue très-rare ) sous ce titre: Dictionnaire de 
musique, contenant une explication des termes 
grecs, latins, italiens et français les plus 
usités dans la musique; à l'occaion desquels 
on rapporte ce qu'il y a de plus curieux, et 
déplus nécessaire à savoir, tant pour Vltis- 
toire et la théorie, que pour la composition 
et la pratique ancienne et moderne de la mu- 
sique vocale, instrumentale, plaine, simple, 
figurée, etc. Ensemble une table alphabétique 
des termes français qui sont dans le corps 
de l'ouvrage, sous les titres grecs, latins et 
italiens, pour servir de supplément. Un Traité 
de la manière de bien prononcer, surtout en 
chantant, les termes italiens, latins et fran- 
çais; et un catalogue de plus de 900 auteurs 
qui ont écrit sur la musique, en toutes sortes 
de temps, de pays et de langues ; Paris, Chris- 
tophe Ballnrd, 1703, in-folio. Cette [iremière 
édition est dédiée à Bossuet. La deuxième est de 
1705 ; Paris.. 1 vol. in-8». L'édition de 1707, 
citée par M. Quérard ( France littéraire, t. I, 
p. 526) n'existe pas. On lit dans le Dictionnaire 
des Musiciens de Choron et Fayolle, et dans 
l'article Brossard de la biographie universelle 
de Micbaud , que la sixième édition a été pu- 
bliée sans date à Amsterdam, chez Roger; c'est 
une erreur ; l'édition sans date dont il s'agit est 
la troisième, comme l'indique le titre, et c'est la 
dernière. Lichlenthal, qui cite cette édition, dit 
que la première a été publiée à Paris en 1730 ; 
c'est une faute d'impression résultant de la trans- 
position du zéro. 



Le premier essai du dictionnaire de Brossard 
futplacé au commencement de la première partie 
de son recueil de motets. L'auteurne songeait point 
alors h en faire un ouvrage plus étendu. Plus 
tard, et lorsqu'il préparait la deuxième édition 
de ces motets, il voulut ajouter l'explication de 
quelques termes italiens à ce premier essai, mais 
son travail s'étendit insensiblement, et devint t(d 
qu'il fut imprimé en 1703. Cette édition in-folio 
avait été faite pour être placée en tête du Pro- 
dromes Musicalis, qui avait paru l'année précé- 
dcnlc, et l'on trouve, en effet, quelques exemplaires 
de ce recueil de motets où l.e dictionnaire est 
relié ; mais il manque au plus grand nombre. 
Cette destination du livre explique la rareté des 
exemplaires du dictionnaire isolé. 

Malgré les imperfections qui .fourmillent dans 
ce livre, l'auteur n'en est pas moins digne d"estime, 
car les difficultés à vaincre ont dû être considé- 
rables dans un tel ouvrage, où l'auteurne pouvait 
prendre pour guide aucun livre du même genre. 
11 est vrai que dès le quinzième siècle, Tinctor 
avait composé un recueil de définitions des 
termes de musique en usage de son temps; il est 
vraiencoreque le bohème Janowka avait publié à 
Prague un lexique de musique en latin, deux ans 
avant que Brossard donnât son dictionnaire; mai.^ 
le Definitorium de Tinctor était d'une excessive 
rareté et n'était pas plus parvenu jusqu'à Bros- 
sard que le lexique de Janowka, ainsi qu'on 
peut le voir dans le catalogue des livres qu'il 
avait lus. C'est donc un livre neuf, un livre ori- 
ginal qu'il a fait ; et si les écrivains venus après 
lui ont mieux rempli les conditions d'un diction- 
naire de musique, ils n'en sont pas moins rede- 
vables à Brossard, qui a été leur guide. La plu- 
part de ses articles prouvent qu'il avait de la 
science, surtout dans l'ancienne musique et dans 
l'ancienne notation. Son plan est défectueux en 
ce que dans un livre français, il ne donne que 
de très-courtes définitions de quelques termes de 
la langue dans laquelle il écrivait, tandis que la 
I)lus grande partie de son ouvrage est employée à 
l'explication de mots grecs, latins, italiens, etc. ; 
mais, enfin, c'était son plan, et il l'a exécuté 
convenablement. J.-J. Rousseau, qui a censuré 
avec amertume le travail de Brossard, en a 
tiré presque tout ce qu'il a écrit sur la musique des 
anciens et celle du moyen âge. On a ditque le dic- 
tionnaire anglaisde Grassineau était en grande 
partie traduit de celui de Brossard ; cela n'est pas 
exact. Grassineau a traduit la plupart des articles 
du dictionnaire français, mais il y en a ajouté 
beaucoup d'autres d'une étendue i)lus considé- 
rable que ceux de Brossard. 

•■'rossard fut le premier en France qui s'occiipa 



90 



BROSSARD 



de la littérature de la musique, et qui en fit une 
étude sérieuse. Sa proximité de l'Allemagne, pen- 
dant son séjour à Strasbourg, lui a:vait fourni les 
moyens de se procurer les livres et les œuvres 
de musique considérés comme les meilleurs de 
son temps, et sa bibliothèque était devenue con- 
sidérable. Plus tard il en fit don à Louis XIV, qui, 
en l'acceptant, fit remettre à Brossard le brevet 
d'une pension de 1,200 francs sur un bénéfice, et 
lui en accorda une autre de môme somme sur 
le trésor royal ; celle-ci était réversible sur la tôle 
de sa nièce. La collection dont il' s'agit* a passé 
dans la Bibliothèque impériale de Paris. Elle com- 
pose une grande partie de la poi tion de musique 
qui y est rassemblée. Van Praet, conservateur 
de ce dépôt littéraire et scientifique, s'exprime en 
ces termes dans un mémoire manuscrit sur la 
collection de Brossard : « Ce cabinet est des plus 
« nombreux et îles mieux assortis qu'on con- 
« naisse. Pendant pins de cinquante années, le 
« possesseur n'a épargné ni soins ni dépenses 
« pour en faire le recueil le plus complet qu'il 
« soit possible de tout ce qu'il y a de meilleur 
« et de rare en musique, soit imprimé, soit ma- 
« nuscrit. La première partie du recueil contient 
n les auteurs anciens et modernes, tant imprimés 
« que manuscrits, qui ont écrit sur la musique 
« en général; la seconde partie renferme les pra- 
« ticiens; elle consiste en un grand nombre de 
« volumes ou de pièces, la plupart inédits. C'est 
« une réunion de tous les genres de musique sa- 
« crée et profane, vocale et instrumentale, où 
« tout est disposé avec ordre, ainsi qu'on peut 
« s'en assurer par le catalogue que Brossard a 
« remis à la bibliothèque de Sa Majesté. » Bros- 
sard avait lu presque tous ses livres et en avait 
faitdes extraits renfermés en plusieurs portefeuilles 
in-40, on y avait ajouté des notes. Il avait môme 
entrepris la traduction française de quelques-uns, 
entre autres de l'histoire de la musique de Pfinz: 
Le manuscrit de cette traduction a été en la 
possession de Fayolle , vers 1811. L'objet qu'il 
.se proposait dans ces travaux n'était pas seu- 
lement de s'instruire de l'art en lui-même, 
mais de travailler à son histoire littéraire. Il an- 
nonça son projet dans son dictionnaire de musi- 
que, en publiant à la fin de cet ouvrage un en- ' 
talogue des auteurs qui ont écrit en tordes \ 
sortes de langues, de temps et de pays, soit ' 
de la musique en général, soit en particulier 
de la musique théorique, pratique, elc. Il 
expose en ces termes son projet dans la préface 
de ce catalog'ue. « Il y a plus de dix ansquejetra- 
« vaille à recueillir des mémoires, pour donner 
a un catalogue non-seulement des auteurs qui ont 
•• écrit touchant la musique , mais aussi de ceux 



« qui ont donné leurs compositions au public,' 
« et enfin de ceux qui n'ont été illustres que dans 
« Texécution et dans la pratique ; catalogue his- 
« torique et raisonné, dans lequel on puisse trouver 
n exactement, non-seulement les noms et les 
n surnoms de ces illustres, leurs vies, leur siècle, 
« leurs principaux emplois, mais aussi les titres 
« de leurs ouvrages, les langues dans lesquelles 
» ils ont écrit originalement, les traductions et 
« les diverses éditions qui en ont été faites; les 
« lieux, les années, les imprimeurs et la forme de' 
« ces éditions; les lieux mêmes, c'est-à-dire les 
« cabinets et les bibliothèques où l'on peut les 
« trouver soit manuscrits, soit imprimés ; et même 
« ( ce qui me paraît le plus difficile, quoique le 
« plus nécessaire et le plus important ) les bons 
« où les mauvais jugements que les critiques les 
« plus judicieux en ont portés, soit de vive voix, 
« soit par écrit. Mais il faut que je l'avoue, malgré 
« tout mon travail, mes mémoires ne suffisent pas 
« pour exécuter, avec l'exactitude que je souhai- 
« ferais, un projet de cette nature. Car enfin non 
« omnia possumus omncs, et im homme seul 
« ne peut' parcourir tous les pays et toutes les 
« bibliothèques, ni lire tous les livres, ni puiser 
« par conséquent dans toutes les sources qui lui 
n pourraient faciliter ce travail. C'est ce qui m'o- 
n blige d'implorer le secours des. savants, et sur- 
« tout de messieurs les bibliothécaires, et de les 
« supplier de me faire part de ce que leurs lec- 
« tures, leurs recueils, leurs catalogues, etc., pour- 
« ront leur fournir sur cette manière. C'est pour 
« leur en faciliter les moyens que je me suis ré« 
« solu, en attendant l'ouvrage entier, de donner 
« (omme un essai de la première partie de ce 
« vaste projet, en publiant un catalogue des noms 
« simplement des auteurs qui sont parvenus jus- 
<< ques icy à ma connaissance; par lequel il leur 
« sera bien aisé de voir ce qui me manque, et ce 
« que je souhaite et espère de leur honnêteté. » 
Ce passage, et toute la troisième partie de l'ou- 
vrage de Brossard démontrent qu'il a précédé 
tous les autres écrivains dans la pensée d'une bi- 
bliographie spéciale de la musique et d'une bio- 
graphie des musiciens; car les plus anciens livres 
de cegenre, généraux ou particuliers , c'est-à-dire 
ceux de Wilisch, d'Adami, de MuUer, puis de 
Heumann, de Sievers, de Walther, de Mattlieson 
etd'autres n'ont paru que longtemps après le pro- 
gramme de Brossard, et ce programme n'a été pu- 
blié que plus de dix ans après que cet écrivain 
eut commencé à recueillir des notes et des mé- 
moires pour l'exécution de son projet ; en sorte 
que la première idée de son livre a dû naitre 
vers 1692. Les matériaux qu'il avait rassemblés 
pour la composition de son ouvrage ont passé 



BROSSAllD 



9t 



«lans la Bibliotlièqiie impériale de Paris, avec la 
collection de ses livres et de sa musique. Us sont 
contenus et disposés par ordre alphabétique dans 
un certain nombre de portefeuilles in-8°. Malheu- 
reusement à l'époque où il écrivait, le public, les 
savants, et les musiciens eux-mêmes, ne compre- 
naient point encore l'utilité d'un tel ouvrage ; 
personne ne répondit à l'appel que faisait le sa- 
vant et laborieux écrivain, et ses préparatifs furent 
infructueux. Peut-être est-il permis de conjec- 
turer que le dépit et ie dégoût qu'il en ressentit 
ne furent point étrangers à sa résolution de donner 
sa bibliothèque au roi; car s'il n'eût point aban- 
doimé, faute de sccouis, le plan qu'il s'était tracé, 
il n'aurait jamais pu se séparer d'une collection 
qu'il aurait dû consulter chaque jour. 

Un repos de vingt-six années suivit la publica- 
tion du dictionnaire de musique, et, circonstance 
singulière, il parait que dans ce long espace de 
temps , Brossard écrivit peu de musique pour 
l'église. Ce ne fut que peu de temps avant sa mort, 
et lorsqu'il touchait à sa soixante-dixième année 
qu'il sembla se réveiller d'un long sommeil par 
la publication d'une brochure écrite à l'occa- 
sion du système de notation deDemotz ; elle parut 
sous ce titre : Lettre en forme de dissertation 
à M. Demotz, sur sa nouvelle méthode d'écrire 
leplain-chantet lamusique;PaiT\s, Ballard 1729, 
in-4'' de 37 pages. Dans cet opuscule, Brossard 
prouve que le système de Demotz a plus d'incon- 
vénients que d'utilité. 

Comme compositeur, Brossard s'est fait con- 
naître par les ouvrages dont les titres suivent : 
10 Élévations et motets à voix seule avec la 
basse continue; Paris, Ballard, 1695, in-fol. 
La deuxième partie, dédiée au roi, est intitulée : 
Élévations et motets à 1 et à voix et à voix 
seule, deux dessus de violon ou deux flûtes, 
avec la basse continue; Paris, 1698, in-fol. Il y 
a des exemplaires de cette deuxième partie qui 
portent la date de 1699; ceux-là ont des cartons 
où l'on a corrigé quelques fautes d'impression. 
La deuxième édition des deux parties rtunies des 
motets de Brossard a paru sons le titre de Pro- 
dromus musicalis ; Paris, 1702, in-fol. Titon 
du Tiilet (Parnasse français), La Borde ( Essai 
sur la musique), le dictionnaire des musiciens de 
Choron et Fayolle, et la Biographie universelle 
des frères Michaud indiquent les motets comme 
un ouvrage différent du Prodromus. — 2° NeuJ 
leçons des Ténèbres; Paris, Ballard, in-fol. — 
3" Recueil d'airs à chanter; ibid., in-4o 4° La- 
mentations de Jérémie, selon l'usage romain, 
pour voix seule et basse continue; Paris, Chris- 
t<jphe Ballard, 1721, in-fol. La bibliothèque impé- 
riale [lossèdc les manuscrits originaux des ouvrages 



du môme auteur dont les titres suivent : J" Can- 
tate Domino à grand chœur, composé pour une 
prise d'habit au couvent de l'Assomption. — 
2° Dia/ogus pœnitentis animx cum Deo, à 
2 voix, 2 violons, basson obligé et orgue. — 3" iN'i.vi 
Dominus aedi/icaverit domnm, à 3 voix, 2 vio- 
lons , basson et orgue. — 4» Miserere à 5 voix , 
2 violons, viole, basson et orgue ( daté de 1689 ). 

— 50 Canticum in honorem sanctas Cxcilix, à 
voix stule et orgue (21 novembre 1704).— 6" Can- 
tique à l'honneur de sainte Cécile, à 4 et 5 voix 
( 1705 ). — 70 Canticum in honorem S. PU, 
à voix seule et orgue ( 25 avril 1713). — s» Ele- 
vatio pro die Purificationis , h 3 voix et orgue 
( 1" février 1700). — 90 Beati immactilati in 
via, à 2 voix et orgue (17 février 1704). — 
10° Missa 4 vocumpro tempore Nativitatis (dé- 
cembre 1700). La bibliothèque du Conservatoire 
de Paris possède aussi un motet manuscrit de 
Brossard, In convertendo domino, à 5 voix, 2 
violons, 2 violes et basse continue. Le portrait de 
ce musicien a été gravé par Landry. 

BROSSARD ( Noel-Matthieu) , docteur en 
droit, aujourd'hui (1853) juge au tribunal de Chà- 
lon-sur-Saône, est né en celte ville, le 25 dé- 
cembre 1789. Il occupa d'abord le poste de sub- 
stitut du procureur du roi à Beaune, et s'y 
lia d'une étroite amitié avec Suremain-de-Mis- 
sery, qui lui communiqua ses nouveaux tra- 
vaux sur la théorie mathématique des intervalles 
musicaux. Indépendamment depfusieurs ouvrages 
relatifs à la science du droit et à la jurisprudence. 
M. Brossard a écrit siu- la musique ceux dont 
voici les titres : 1° Sijnopsie des gammes; 
théorie de Varmure des clefs et de la transpo- 
sition des tons mise sous les yeux, et rendue 
à toute la simplicité de son 01 igine; tableau sy- 
noptique en une feuille grand-aigle; Chalon-sur- 
Saône, Jamin père, 1843, 2'"' édition; Paris, Ba- 
chelier, 1847. — 2° Manière d'enseigner le 
tableau intitulé: Synopsiedes gammes; Ghâlon- 
sur-Saône, Jamin père, 1844, in-4'' de 44 pages. 

— 30 Théorie des sons musicaux ; Paris, Bache- 
lier, 1847, 1 vol. gr. in-4'' de 265 pages, avec 
un grandtableau. Ce dernier ouvrage, puisé dans 
un grand travail inédit de Suremain-de-Missery, 
et présenté sous une forme élégante qui appartient 
à M. Brossard, est un essai de réforme de la théorie 
mathématique des intervalles des sons et de la 
valeur numérique deceox-ci, très-digne d'intérêt. 
Sortant de l'ornière où sont restés les acousficiens, 
Suremain-de-Missery a reconnu que l'intonation 
des sons n'est point invariable, et qu'au contraire 
elle varie incessamment dans la modulation -. il 
en a conelu que ces différences doivent être déter- 
minées par le calcul, et ses recherches l'ont cou- 



92 



BROSSARD — BROWN 



(luit à constater l'existence de quarante-liuit sons 
appréciables dans l'étendue de la gamme. C'est 
cette doctrine, dont les formules algébriques sont 
fort élégantes, que M. Brossard expose dans son 
livre. Bien que ce livre n'aitpas eu, dans sa nou- 
veauté, le retentissement auquel l'auteur pouvait 
prétendre, il est vraisemblable que la nouvelle 
théorie qu'on y trouve sera quelque jour Hobjet de 
l'attention des savants et de quelques, artistes 
d'élile. 

BROlIClî( Jacques de ), musicien batave du 
seizième siècle, tirait vraisembiabloiuent le nom 
sous lequel il est connu du lieu de sa naissance, 
et conséquerament était né eu Hollande, où il va 
trois beaux villagesappelés Uroek, situés tous trois 
à une petite distance d'Amslerdam. Jacques de 
Brouck parait avoir été altaclié à la chapelle des 
empereurs Fei dinand I et Maximilien 11, car l^icrre 
Joanelli a placé deux motets à six voix, de sa 
composition, dans la grande collection intitulée : 
Novus Thésaurus musicus ( Venise, Antoine 
Gardane, 1568), laquelle contient principalement 
des ouvrages écrits par les compositeurs et 
chantres de cette chapelle. Il y a lieu de croire 
que Jacques de Brouck alla se fixer à Anvers après 
la mort de Maximilien ( le 12 octobre 1576 ), car 
il fit imprimer dans celte ville, en 1579, l'ouviage 
le plus important connu sous son nom, lequel a 
pour titre : Cantiones tum sacrœ profanx , 
quinque, sex et octo vocum recens in iucein 
éditas ; Antioerpisc , ex officina Christophori 
Plantini, 1579, in-4<' ohl. Ce recueil contient dix 
motets latinsà 4 voix, et huit à 5 voix, neuf chan- 
sons françaises à 4 voix, six à 5 voix, quatre à 8 
voix, et une chanson Hamande à 4 voix. 

BROUNCKER ou BROUNKER ( Guil- 
laume), né au ch;Ueau de Lyons en Irlande, en 1620, 
reçut une brillante éducation, et montra de bonne 
heuH! une rare aptitude pour les mathématiques, 
dans lesquelles il se distingua. Il fut un des 
adhérens de Charles \^^, et signa la fameuse dé- 
claration de 1600, avec plusieurs autres membres 
de la noblesse. Après le- rétablissement de la 
royauté, on lui confia, eu récompense de ses 
services , les places de chancelier do la reine Ca- 
therine, de garde du grand sceau, de commissaire 
delà marine el de directeur de l'hôpital de Sainte- 
Catherine. [Jrouncker fut au nombre des savants 
qui se réunirent pour fonder la société royale de 
Londres: Charles II le nomma président de cette 
société, et des élections successives le maintinrent 
dans cette diguilé pendant quinze ans. Aux fa- 
veurs dont il avait été l'objet à la Restauration, 
le roi d'Angleterre ajouta celle de l'érection de 
Castle- Lyons en vicomte. Brouncker mourut à 
Westminster, le 5 avril 1(,84. Au nomhredes écrits 



qu'il a publiés se trouve une traduction anglaise 
du Traité de musique de Descartes, sous ce titre : 
A Translation of the Treatise of Descartes 
intilled : Musicae Compendium; Londres, 1653. 
BROWIV(Jean), ministre anglican, né le 5 
novembre 1715 à Rothbury, dans le îJorlhumber- 
land, fit ses études à Cambridge, et fut reçu doc- 
teur de musique à Oxford. Dans la rébellion de 
1745, il prit les armes pour défendre la cause 
royale, quoiqu'il occupât déjà un poste dans l'é- 
glise, et se trouva au siège de Carlisle, où il mon- 
tra beaucoup d'intrépidité. L'année suivante il 
devint chapelain d'Olbaldiston, évèque de Car- 
lisle, et lord Hardvvick le nomma, en 1754, mi- 
nistre de Great-Horkcley,*dans le comte d'Es- 
sex. Ce fut dans ce temps qu'il publia son ou- 
vrage intitulé : Appréciation des mœurs et des 
principes du temps (en anglais), Londres, 1757, 
in-8°, qui le rendit célèbre, en tirant la nation 
anglaise de l'apathie où elle était alors, et en lui 
imprimant une activité qui devint funeste à ses 
voisins. Ayant résigné sa cure du comté d'Essex 
en 1739-, il obtint celle de Saint-Nicolas de New- 
castle sur la Tyne. Un penchant invincible à 
la mélancolie le porta à se couper la gorge avec 
un rasoir, le 23 septembre 1706 : il mourut le 
même jour. Brown fut j.'rand ailmirateur et ami 
de Ilœndel , qui lui confiait ordinairement la di- 
rection de ses oratorios. Il a publié l'ouvrage 
suivant : A Dissertation on the tinion and 
power , the progressions, séparations and cor- 
ruptions of pMtry and mHsic; Londres, 1703, 
in-4''. Ce livre fut critiqué dans un petit écrit in- 
titulé : Some observations on doctor Brown's 
Dissertation on the rise, etc., in a letterto doc- 
tor B***, 1763, in-4° (Quelques observations sur. 
la dissertation du docteur Brown, concernant 
l'origine, les progrès, etc.) Brown répondit par 
des Remarques sur les observations {Hemarks 
on some observations on doctor Brown's Dis- 
sertation ; in a letter to the aulhor of the ob- 
servations, Londres, 1764, in-8°). Il publia une 
seconde édition de son livre sous le titre de 
The history of the rise and progress ofpoetry, 
through Us several species ; Londres, 1764, 
in-S". Une traduction française de cet ouvrage a 
paru sous ce titre •• Histoire de Vorigine et 
aes progrès de la poésie, dans ses différents 
genres, traduite de l'anglais, par M. E. (Ei- 
dous) et augmentée de notes historiques et 
critiques; Paris, 1708, in-8°. Eschenburg, con- 
seiller de cour et professeur de belles-lettres au 
collège de Sainl-Charlcs à Brunswick, en a donné 
une traduction allemande {Doctor Brown's Be- 
trachtungen ûber die Poésie und Musick nach 
ihrcm Urr^prunge, etc.), h Leipsick, en 1769, 



CIVOVVN — BRUCE 



93 



in-S". Knfin il y a une traduction italienne de ce 
l'wrehûitMe: Dell' origine, unioneeforza,pro- 
gressi,separazione e corruzzione dellapoesiae 
délia musica, tradotta, etc., ed accresciuta 
di note dal doUor Pietro Crocchi, Senese, ac- 
cademico fisiocritico ; ¥\urence,i772, iii-8°. La' 
dissertation du docteur Brown est remplie de 
vues fines et d'observations très-judicieuses'; c'est 
l'ouvrage d'un homme de l'art ; il ne ressemble 
en rien à tous ceux, du même genre qui ne sont 
que des déclamations sans utilité. Le docteur 
Brown était aussi compositeur ; parmi ses pro- 
ductions on remarque l'oratorio Jfie aire of 
Saul. Les biographes anglais lui donnent des 
éloges pour ses talents dans la poésie et dans 
l'art d'écrire ; ce n'est point ici le lieu d'examiner 
ses ouvrages littéraires. 

BUCWN (JiiAN), peintre écossais, né à Edim- 
bourg en 17&2 , voyagea longtemps eu Italie et 
demeura plusieurs années à Rome et en Sicile, 
attaché comme dessinateur à sir "Williams Young 
et à M. Townley. En 178G, il se fixa à Londres, 
où il cultiva le gojire du portrait avec succès. 
Il mourut l'année suivante, 1787, ûijéde trente- 
cinq ans. Brown est connu principalement par 
ses Lettres sur la poésie et la musique de 
Vopéra italien (Lotlers on the Foetry and Mu- 
sic of the itallan opéra), qui furent publiées 
après sa mort (Londres, 1789, in-12), par lord 
Mnuboddo, à qui elles étaient adressées. 

BROWJV (Arthur) , niembre de la société 
des antiquaires d'Ecosse, a donné, dans les mé- 
moires ou transactions de cette société ( t. "VIII, 
p. 11), une dissertation sur d'anciennes trom- 
pettes trouvées près d'Armagh , sous ce titre : 
An account of somc ancient trumpets dug up 
in a hag near Armagh. 

BROWN (Julienne), née à Brunswick en 
1700, s'adonna , dès son enfance, à l'étude de la 
musique et de l'art théâtral. Son mailre de chant 
fut Jean Scliwanenbcrg, compositeur qui jouis- 
sait alors de quelque réputation. En 1783, M"" 
Brown débula à Prague, où elle obtint assez de 
succès pour être reçue peu de temps après 
comme première chanteuse. En 1786 elle épousa 
Ignace Walter, directeur du spectacle de cette 
ville, qui se rendit avec elle à Mayence, en 1789. 
Elle y fut bientôt engagée pour la cour de l'é- 
lecteur, cl y joua pendant plusieurs années. Dans 
la suite elle se rendit à Munich, où elle chantait 
encore vers 1810. 

BROWNE (Ricuard), apothicaire àOakham, 
en Angleterre, alla s'établir à Londres au com- 
mencement du dix-huitième siècle, et y publia, 
en 1729, un traité de 125 pages in-S", sous ce 
litre : Medicina Musica, or a mechanical Essaij 



on the ejfecls of Singing Music and Dancing 
on human bodies,etc. (Médecine musicale, ou es- 
sai mécanique sur les effets du chaut, de la musique 
et de la danse sur le corps humain, etc. ) Une tra- 
duction latine de cet ouvrage a paru à Londres, 
en 1735, sous le titre de Musica nova. 

BRITAND (ÀNNE-JosEPu ) , membre de 
la Société royale des antiquaires do France, de 
l'Académio des sciences et belles-lettres de Tou- 
louse, et de plusieurs autres sociétés savantes, 
naquit à Besançon, le 20 janvier 1787, et mou- 
rut à Beliey, dont il était sous-préfet, le 19 avril 
1820. On a de cet écrivain : Essaissur leseffels 
réels de la musique chez, les anciens et les 
modernes; Tours, 1815, in-8°. 

BRUC.EIJS (Henri), né à Alost (Flandre 
orientale), en 1531, enseigna les mathématiques 
à Rome pondant quelque temps, et ensuite la mé- 
decine à Rostock jusqu'à sa mort, arrivée le 4 jan- 
vier 1593. On a de lui un livre intitulé : Mu- 
sica mathematica ; Rostock, 1578, in-4''. Il y 
a une édition postérieure de cet ouvrage donnée 
par Joacliim Burmeister, sous ce titre : Musica 
theorica Henrici Brucaei artiumet medecinx 
doctoris, édita opéra et impensis M. H. lîos- 
tochii, typis Ruesnerianis, anno 1609, in-4'' 
de 51 pages. 

BRUCE (Jacques), célèbre voyageur, na- 
quit le 14 décembre 1730, à Kinnaird dans le 
comté do Stirling, en Ecosse, d'une famille no- 
ble et ancienne. Ayant épousé la fille d'un riche 
négociant de Londres, il entra dans la carrière 
du commerce, et sa fortune s'accrut rapidement ; 
mais la perte de sa femme le fit renoncer aux 
spéculations de ce genre. Il se livra à l'étude et 
voyagea en Europe pour se distraire. Ue retour 
d'un voyage qu'il avait fait en Espagne , lonl 
Halifax lui proposa d'aller à» la recherche des 
sources du Nil. Bruce, ayant accepté, fut nommé 
consul à Alger en 1763. Il partit au mois de juin 
1708, pour l'Abyssinie, et employa plusieurs an- 
nées à ce voyage. Revenu en Angleterre, il se re- 
maria; mais ayant eu le malheur de perdre un fils- 
qu'il avait eu de ce mariage, il se retira du monde 
et alla dans sa terre de Kinnaird se livrer à la 
rédaction de son voyage, dont la relation pa- 
rut en 1790. Bruce mourut des suites d'une 
chute, à la fin d'avril 1794. Le docteur Burney 
lui ayant demandé des renseignements sur la 
musique des Égyptiens et de-; Abyssins, Bruce 
lui écrivit une longue lettre à ce sujet, que le 
docteur Burney a insérée dans le premier vo- 
lume de son Histoire de la Musique, et que le 
docteur EorUel a traduite eu allemand dans la^ 
sienne, tom. r*", p. 85. Tous les détails qu'elle 
renferme ont paru dans la rclationdc sou voyage 



94 



BRUCE — BRUGJNOLI 



intitulée : Travels to discover tke sources oj 
the mie, inthe years 1768, f)9, 70, 71 et 72 ; 
Edimbourg, 1790, 5 vol. 10-4", Gg. Elle a été tra- 
tluite en français, par J.Caslera; Paris, 1790 etOl, 
6 vol. in-4''. On ne doit pas accorder beaucoup de 
confiance à ce que dit Bruce concernant les ins- 
truments de musique des anciens Égyptiens ; les 
figures qu'il a données de deux harpes antiques 
des tombeaux de Tlièbes sont inexactes ; elles 
ont été publiées avec beaucoup plus de soin 
dans la grande Description de V Egypte, et autres 
ouvrages postérieurs, et les conjectures de Bruce 
n'ont plus aucune valeur, depuis que Villoteau a 
publié sur le même sujet les recherches d'un mu- 
sicien instruit. 

BKUCIITING (Auguste), pasteur et prédi- 
cateur à Halle a publié : Lob der Musik (Éloge 
de la musique); Halle, 1682. 

BRUCK (Arnold de). V. Arnold deBRUCK. 

BKUCKMANN (Fiiançois-Ernest), docteur 
en philosophie et en médecine, né à Marientlial, 
près de Helmstœdt, le 27 septembre 1697, fit ses 
études à lënaet à Helmstfedt, exerça la médecine 
avec succès à Brunswick, à Helmstaedt, à Wol- 
fenbuttel, et mourut dans celte dernière ville, 
le 21 mars 1753. Il a publié : 1° Observatio de 
epHeptico singulis sub paroxismis Gantante, 
dans les Actes des Curieux de la nature, tom. V. 
— 2" Singende Epilepsie (Épilepsie chantante), 
dans les annonces littéraires de Hambourg, année 
1735. — 3" Abhandlung von elnem selbstmu- 
sicirenden nachts Instrumente (Dissertation 
sur un instrument de musique qui joue de lui- 
même pendant la nuit), dans l'Histoire des arts et 
<le la nature de Breslau {Bressl. Kunstund Na- 
turgeschichten ). 

BBUCKIVER (Wolfgang), compositeur et 
recteur de l'école de Rastenberg, dans le duché 
deWeimar, florissait vers le milieu dudix-sep- 
lième siècle. On a imprimé de sa composition : 
XX Deutsche Concerten von 4, 5, 6, 7, undS 
Stimmen au/ die Sonn und Fest-Tags-Evan- 
gelia gesetzt; Erfurt, 1056, in-4°. 

BRUCKIXER (Chrétien-Daniel), sacris- 
tain de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul à Gœr- 
litz, a publié une Notice historique, d'une feuille 
et demie d'impression, sur l'orgue de cette église, 
sous ce titre : Historische Nachricht von de- 
nen Orgeln der SS. Pétri und Pauli Kirche 
inderChurf. Sàchsischen Scchsstadt Gœrlitz, 
besonders der anno 1688 erbauetcn und 1691 
in Feuer verzehrtsn , dann der il 03 fer tig 
gewordenen und noch stehenden berûhmten 
Orgel ertheilt, beijm Âusgange des ll&ùsten 
Jahres,etc. ; Gœrlilz, 1766, in-4°. 

BBUGGER (Le D'. J. D. C), né à Fribourg 



en Brisgau, le 23 octobre 1796, fut d'abord en 
faut de chœur à la cathédrale de cette ville et y 
apprit la musique, puis étudia le violon sous 
la direction de Weiland et de Moor, considérés 
alors comme de bons maîtres. Cependant Brug- 
ger fut détourné pendant quelques années de l'é- 
tude sérieuse de la musique, par la fréquentation 
assidue du collège, puis de l'université, où il 
suivait des cours de philosophie, de médecine 
et de théologie. Plus tard, après avoir entendu 
Spohr, Lafont et Boucher, il revint à son étude 
favorite du violon. La lecture de la théorie de 
Godefried Weber, et surtout celle des partitions 
de Mozart, furent ses seuls moyens d'instruction 
pour la composition. Devenu professeur du col- 
lège de Fribourg, il n'a pas cessé de cultiver la 
musique. Parmi ses productions principales, on 
remarque •• 1° Les chants patriotiques allemands 
qu'il a écrits en 1819 sur des poésies de Schiller, 
de Seume, d'Arndt, de Jacobi et d'autres. Ces 
chants furent dits à cette époque en chœur par 
les étudiants. — 2° Les Sons du soir, 6 chants 
à voix seule avec accompagnement de piano. — 
3" Fleurs tirées des poésies du baron de Weis- 
semberg, à voix seule avec accompagnement de 
piano. — 4° La Joyeuse humeur, en 6 chants à 
voix seule avec piano. Toutes ces mélodies ont été 
publiées dans le Journal de la Conversation, 
en 1828 et 1829. — 5° Messe allemande à 4 voix 
sans accompagnement. — 6° Praktische Ge- 
sangschule,oder206 Gesang ûbungen fur 1,2, 
3 , 4, Stimmen (Méthode pratique de chant, ou 
206 exercices de chant pour 1, 2, 3, et 4 voix); 
Fribourg, Wagner. — 7° Anleitung zum Gesang- 
iinterricht in Volksschulen (Introduction à 
l'enseignement de la musique vocale dans les 
écoles populaires) ; ibid, 1836. Dans ses voyages 
en Autriche, dans le nord de l'Allemagne, en Italie, 
en Hollande et en Angleterre, le docteur Brugger 
a eu pour objet principal d'augmenter ses con- 
naissances musicales. 

BRUGIVOLI (D. Bocco-Maria), prêtre bo- 
lonais, mansionnaire de l'église collégiale de Saint- 
Pétrone à Bologne, vécut dans cette ville vers la 
fin du dix-septième siècle. On a imprimé de lui 
un opuscule intitulé : Ammaestramenti eregole 
universali del canto ferma delmolto reverendo 
signor D. Rocco Maria Brugnoli mansionario 
dellaperinsigne collegiatadi S.Petronio,maes- 
tro di tal virtû, e primo introduttore del canto 
viisto; dati in lucee/atti ristampare da uno 
di suoi discepoli à comodo de gli altri eondis- 
cepoli, e bénéficia universale ; in Bologna per 
il Péri, 1708, in 8° oW. de 11 feuillets. Il paraît 
d'après ce titre, qu'il y a eu une édition antérieure 
de ce petit ouvrage. 



BRTJGUIÈRE -^ BRUiMEL 



95 



BKUGUIÈUE (Edouard), compositeur de 
romances, dont les inspirations ont eu de la vo- 
gue, naquit à Lyon en 1793, d'une famille de né- 
gociants. Destiné an commerce, il fut détourné 
de cette carrière par son goût passionné pour la 
musique. Arrivé à Paris en 1824, il s'y fit bien- 
tôt connaître par quelques romances dont les 
mélodies faciles obtinrent du succès, et pendant 
dix ou douze ans environ il partagea avec Roina- 
gnési, Panseron et Amédéede Beauplan, les hon- 
neurs des concerts de salon. Au nombre de ses 
productions, celles qu'on rechercha particuliè- 
rement furent V Enlèvement, Matante Margue- 
rite, Mon léger bateau, et Laissez-moi la pleu- 
rer, petit chef-d'œuvre de distinction et de sen- 
timent. Sa dernière inspiration, De mon village 
on ne voit plus Paris, est aussi comptée parmi 
ses meilleures pièces. Après 1836, Bruguière s'est 
retiré dans sa famille, à Lyon, où il est resté 
plusieurs années ; puis il s'est établi à Marseille 
comme secrétaire du commissaire général de po- 
lice : il occupait encore cette position en 1853. 

BRUHL (Joël), Israélite allemand, né en 
Poméranie, fut chantre de la synagogue de Ber- 
lin vers la fin du dix-huitième siècle. Il est au- 
teur d'une dissertation sur les intruments de 
musique des Hébreux en langue rabbinique, qui 
se trouve en tête de la Collection des psaumes 
traduits en allemand par Moses Mendeisshon, et 
imprimée en caractères hébraïques sous ce ti- 
tre : Sepher Zemirath Israël (Livre des Chants 
d'Israël), avec des commentaires; Berlin, 1791, 
2vol. petit in-8°. 

BRUIIN ou BRUH\S ( Nicolas) , com- 
positeur et organiste, naquit à Schwabstadt dans 
le Scbleswig, en 1665. Son père Paul Bruhns, lui 
apprit à jouer du clavecin et lui enseigna les 
principes de l'harmonie. A l'âge de seize ans il 
fut envoyé par ses parents à Lubeck, auprès de 
son frère, qui y était musicien du conseil. Il y 
perfectionna son talent sur la basse de viole et 
sur le violon, et Buxtehude lui servit de modèle 
pour l'orgue, le clavecin et la composition ; c'est 
en écoutant souvent et avec attention ce grand 
maître, qu'il parvint lui-même à un haut degré 
d'habileté. Après avoir terminé ses études, Brulm 
alla passer plusieurs années à Copenhague, puis 
il se rendit à Husura, où il était appelé comme 
organiste. Il avait poussé si loin l'habileté sur 
le violon, qu'il exécutait avec cet instrument seul 
des morceaux à trois où à quatre parties. Quel- 
quefois aussi, pendant qu'il jouait sur son violon 
un morceau à trois ou quatre parties, il s'ac- 
compagnait avec les pédales de l'orgue. Ce tour 
de force excitait l'étonnement général. Kiel lui 
ayant offert une position plus avantageuse que 



celle qu'il avait à Husutn, les habitants de cette 
petite ville augmentèrent son traitement, afin de 
conserver un artiste si distingué. Bruhn est mort 
en 1697, à l'âge de trente etun ans. Ses compo- 
sitions pour l'orgue et le clavecin sont restées en 
manuscrit. 

BRUJAS (Philh'pe), célèbre organiste es- 
pagnol du quinzième siècle, auquel le chapitre de 
Murcie paya, en 1465, pour son service à la ca- 
thédrale, la somme de cinq cents maravédis de 
deux blancas (1). 

BRIJMBEY ( Cuarles-Guillaume), né à 
Berlin en 1757, fut d'abord prédicateur à Alt- 
Landsberg, dans la moyenne Marche, et remplit 
ensuite les mêmes fonctions à la nouvelle église 
luthérienne de Berlin. 11 s'y trouvait encore en 
1795. On lui doit un livre intitulé : Philepis- 
txmie, oder Anleitung fur einemjungen stu- 
dlerenden nach Wissenschaflslicbe seine 
Schuljahre au/das beste Anzuwenden. Qued- 
linbourg, 1781, in-8o. C'est une espèce de cours 
d'études dans lequel il traite de la musique, 
pag. 373-542. Il a publié aussi des lettres sur 
la musique sous ce titre : Briefe ûber Mti- 
sikwesen besonders Cora in Halle, Quedlin- 
bourg, 1781, in-S", de 109 pages. Brumbey s'est 
fait connaître aussi comme compositeur par les 
productions dont voici les titres : 1° Siona oder 
Christgesang zum Saitenspiel (Sion , ou Chants 
chrétiens, pour jouersurdesinstrumentsà cordes); 
Berlin, 1594, in-8''. — 2° Das Seligeim Sterben 
der Gerichten, cantilènc pour voix seule avec 
accompagnement de piano; ihid., 1796. A l'oc- 
casion de l'anniversaire de la Réformation il a 
aussi publié, après un long silence : Reformation 
gesaenge (Chants de la Réforraation), aviec de& 
remarques historiques sur les mélodies luthé- 
riennes; Berlin, 1817, in-8". 

BRUMEL (Antoine), ou Bromel, célèbre 
compositeur né dans la Flandre française, vé- 
cut à la fin du quinzième siècle, et dans la pre- 
! mière moitié du seizième. Il fut contemporain 
de Josquin des Prez, et comme lui élève d'Oke- 
ghcm, ainsi que le prouve ce passage de la Dé- 
ploration sur la mort de ce maître, par Guil- 
laume Crespel : 

Agricola, Verbonet, Prions, 

Josquin des Prés, Gaspard, Brumel, Compère, 

Ne parlez plus de joyeiilx cliants, ne ris, 

Mais composez un ne recorderis. 

Pour lamenter notre maistre et bon'père. 

On n'a pas de renseignements sur la position de 
cet artiste, dont le nom avait de la célébrité en 
Italie dès les premières années du seizième siècle. 

(1) l.c blanca était une monnaie de lo Castillequi valait 
un peu moins que le denitr tournois au temps de Louis XI. 



S6 



BRUMEL 



Glaréaii range Brumel parmi- les |)lus habiles 
compositeurs de son temps : ce qui nous reste de 
lui prouve en- effet un talent extraordinaire, pour 
le temps oîi cet artiste écrivait. Sa modulation est 
naturelle, la marche des voix facile, et si ses 
ouvrages ont moins de recherche que ceux de 
Josquin, leur harmonie est plus nourrie. Les ou- 
vrages de Brumel, connus jusqu'au moment où 
cette notice est écrite sont : 1° Un recueil de 
cinq messes à 4 voix, imprimé par Octavien 
Pelruccidfi Fossombrone, en 1503, soasce sim- 
ple titre : Brumel, Je nay dueul ; Berzerette 
sauoyenne; Vt, remi,Ja;sol, la; Lommearmé; 
Victimx paschall. Ces fragments de phrases 
sont les titres des cinq messes. A la fin de cha- 
que partie, imprimée séparément, on lit : Im- 
pressum Venetiis per Octavlanum Petrutiiim 
Forosemproniensem, 1503, die 17 jimij ; petit 
in-4'' obi. Les caractères de l'impression sont ga- 
thiques. Un exemplaire complet de ce précieux 
recueil est à la bibliothèque royale de Berlin. 
La basse manque dans l'exemplaire de la biblio- 
thèque impériale de Vienne, et le ténor dans celui 
de la l)ibliothèque de Saint-Marc, à Venise. — 
2" Une autre collection précieuse et peu connue, 
dont un exemplaire est conservé à la bibliothè- 
que Mazarine ; elle est intitulée : Liber quinde- 
cim Missarum electarum quse per excellentis- 
slmos musicos compositgefuerunt ; Kome, 1519, 
in-fol. max. L'éditeur fut André Antiquis de Mon- 
tona, qui avait obtenu im privilège du pape Léon X. 
C'est lepremier livre de musique imprimée Kome. 
On y trouve : 1° Trois messes de Josquin djes 
Prés. — 2° Trois de Brumel. — 3° Trois de Fevin 
(Feuim). — 4° Deux de Pierre de la Rue. — h° 
Deux de Jean Mouton. — 6° Une de Pippelare. — 
1° Une de Pierre Rousseau, en latin Rossellus. 
Les messes de Brumel sont intitulées : 1° J)e 
Beata Virgine. — 2" Pro defuncii's. — 3° A l'om,' 
bre dung buijssonet. Glaréan vante beaucoup 
la première , et cela prouve son discernement, 
car elle est excellente. Elle est à quatre p.arties. 
Je l'ai mise en partition, ainsi que toutes celles 
qui composent celte collection. — 4" Une Messe 
sur la mélodie de la chanson flamande qui 
commence par ce mot : Dringhs, dans la collec- 
tion publiée par Petruoci, sous ce titre : Missa- 
rum diversorum auctorum liber primiis ; im- 
pressum Venetiis per Octavianum Petrutium 
Forosemproniensem, 1508,rfie 15mar/M;petit- 
in-4° obi. Des exemplaires de ce livre sont à 
la bibliothèque du Musée britannique à Londres, 
dans la bibliothèque royale de Munich, et dans 
la bibliothèque impériale de Vienne. — 5" La 
messe à quatre voix sur la chanson française 
Bon temps, dans le recueil qui a pour titre : 



Missx tredecim quatuor vocum a praostaniii- 
simis artificibus compositat; Norimberga; arte 
Hyer&nymi Graphsei, 1539, petit in-4o. obi. 
— 6° Deux messes, la première, Sine nomine, à 
quatre voix, l'autre, A l'ombre d'ung buyssonet, 
dans le recueii intitulé : Liber quindecim Missa- 
rum a prsestantissimîs Musicis compositarum ; 
Noribergse, apud Joh. Petreium, 1538 , petit- 
in-4° obi. — 7« Deux Credo (Patrem omnipten- 
tem) à 4 voix, le premier tiré de la rnesse Vil- 
layge, l'autre de la messe Sine nomine, et un 
Vidi aquam, dans les Fragmenta Missarum 
publiés par Petrucci, à Venise, sans date, petit 
in 4° obi. — 8° Un motet à 3 voix dans le recueil 
qui a pour titre : Motetti XXXIII, imprimé 

à Venise par Petrucci, en 1502, petit in-4° obi 

9° Le motet- à 4 voix. Une muistresse, dans le 
troisième livre du recueil rarissime cité par 
Gessner et par Zacconi sous le nom de Odheca- 
ton, et dont les deux premiers volumes, dési- 
gnés par les lettres A. et B, n'ont été retrouvés 
jusqu'à ce jour dans aucune bibliothèque. Le 
troisième livre, marqué de la lettre C, et qui a 
pour titre Canti cento cinquanta, a été im- 
primé par Petrucci de Fossombrone, à Venise, 
en 1503, petit in-4° obi. Le seul exemplaire 
connu se trouve à la bibliothèque impériale de 
Vienne. — 10° Le motet à 4 voix, Ave, cœlorum 
Domina, dans un recueil imprimé par le même 
en 1504, et qui a pour simple titre : Motetti C. 
— 11° Les motets à 4 voix, Ave, Virgo gloriosa, 
Beata es Maria Virgo, Nalivitates unde gau- 
dia, et Conceptus hodiernus Mariée, dans le re- 
cueilimpriméparlemêmeàVenise, en 1505, sous 
le titre : Motetti libro quarto. — 12° Le motet 
à 4 voix: Laudate Dominum de cœlis, dans le 
premier livre des Motetti délia Corona;\e- 
nise, Petrucci, 1514. — 13° Des chansons à 2 
voix dans les deux volumes de la collection inti- 
tulée : Bicinia gallica, lalina et Gerinanica, et 
quaedam fugce, tomi duo; Vitebergae, apud Georg. 
Rhau, 1545, petit in-4" obU— 14° Le Dodeca- 
chordon de Glaiéan renferme un Agnus Dei de 
la-messe de Brumel intitulée.: A[jlyS ; un Pleni 
sunt Cœli, et un Qui venit in nomine Lomini, 
du môme. — 15° Plusieurs pièces du même ar- 
tiste se trouvent aussi dans les Selectx artificiosx 
et élégantes Fug.x, etc., de Jacques Paix, Lauin- 
gen , 1587. — 16° Un morceau très-curieux 
à 8 voix, dans les huit» tons, rapporté par Gré- 
goire Faber ( voy. ce nom), dans son Musices 
practicse Erotematum (cLap. 17). Dans ce mor- 
ceau chaque voix estécritedansun ton différent, 
ce qui n'empêche pas que leur réunion ne pro- 
duise une- bonne harmonie.. — 17" Messe à" 12 
voix, intitulée : Et ecce ierrss motus, enmauus- 



BRUMKL — BRUNETTI 



97 



crit, danf5 la bibliothèque royale de Municii. Il 
en existe nne copie dans la bibliothèque du Con- 
servatoire de Paris. J'ai mis en partition le Kyrie 
et le Chiisle de cette messe, et je puis déclarer 
que si le goût n'en est pas bon, au point 
lie vue du sentiment religieux, la facture et la 
l'berté des voix dans les imitations serrées, 
unstituent un chef-d'œuvre de forme qui ne 
semble pasappartenir au temps où vécut l'auteur. 
— 18' Trois Credo à 4 voix, dans le manuscrit 
n° 53, in-folio, de la bibliothèque- royale de Mu- 
nich. Une copie manuscrite de la messe de Beata 
Virgine, à 4 voix, se trouve aussi dans le ma- 
nuscrit 57 in-fol. de la même bibliothèque. — 
190 Plusieurs messes sur des chansons françaises 
et sur Ut, ré, mi, fa, sol, la, sont en manuscrit 
dans les archives de la chapelle pontificale à 
Rome. 
lillUÎV (LE). Foj^es Lebrun. 
BllUNA (Jacinthe et Jean), fils d'Antoine 
Bi una, facteur d'orgues, suivirent tous deux, la 
profession de leur père. Ils étaient nés à Andorno, 
canton de Magliano, près de Verceil; Jacintlre 
mouruten 1802, u'étantâgé que de trente-cinq ans; 
Jean est mort en 1812, à l'âge de cinquante ans. 
ils ont construit en commun les orgues de Mon- 
crivello, de Sallugia et de Montanaro. 

BRUNELl (Dominique), compositeur italien, 
fut maître de chapelle à Trieste, au commence- 
ment du dix-septième siècle, ainsi que l'indique 
le litre de cet ouvrage de sa composition : Varii 
Concentus unica voce, 2, 3,4 etpluribus cum 
gravi et acuto basso ad organum; Venetiis, A. 
Uauerii, 1600, in-4°, 

liKUNELLI (Antoine), maître de chapelle 
de la cathédrale de Prato, au commencement du 
dix-septième siècle, passa ensuite en la même 
qualité à l'église San-Miniato, de l'iorence, et eut 
enfin le litre de maître de chapelle du grand-duc 
de Toscane. Compositeur distingué, il était aussi 
un des musiciens les plus instruits dans la tliéo- I 
rie du chant et du contrepoint. On connaît de lui : | 
1" Escrcisi ad una e due voci ; Florence, Ifios. — 
23 Motettiaduevoci, lib. l'';ihid, 1607. — 3" Mo- 
tetlia due voci,lïb.2°; ibid., 1608. — 4° V'Af- 
fettuosoinvaghito, canzonette a tre voci ; ibid., 
1608. — 5° IJiori odoranti, madrigali a ire 
voci, lib. i°; Venise, 1609.— 6° Lefiameite dHri' 
génie, madrigalia ire voci , lib. 2°; ibid., 1610. 
— 1" La SactaCanticaa 1-4 voci. — S° Begole 
e dichiarazioni dialcuni conirapunti doppi, 
uiili alli studiosi délia musica , e maygior- 
iienie a quelli che vogtiôno fare conirapunti 
all'improviso , condiversi canoni sopra un 
sol canio fermo ; Florence, Cristofano Mares- 
cotli, 1610, in 4". Cet ouvrage est un traité des 

BIOGR. UNIV. DKS MUSICIENS. — T. 11. 



I diverses espèces de contrepoints doubles et du 
contrepoint improvisé par les chantres d'église, 
appelé en Italie Contrapimto alla mente, et 
en France, Chant sur le livre. Les règles de ce 
contrepoint, données par Drunelli, sont curieuses. 
Les ouvrages de Berardi {voy. ce nom) ont fait 
oublier celui-ci ; cependant ils ne le remplacent 
pas en cette dernière partie. Walther, copié par 
Forkel, Gerber, Lichlenthal, et d'autres encore, 
a attribué ce livre à Lorenzo Brunelii, dont il 
fait un maître de chapelle et un organiste de 
Prato, et qu'il distingue d'Antoine Brunelii, 
maître de chapelle du grand -duc de Toscane. Il 
cite à ce sujet un passage du ch. 12^ du 1"^*^ livre 
du livre deBononcini, intitulé : Musico pratico ; 
mais Bononcini ne donne pas le nom de Lorenzo 
à Brunelii, car il se borne à dire : Corne dice il 
Brunellinelle sue Begole di musica (titre qui 
n'est pascelui du livre). Je ne sais s'il y aeu réel- 
lement un LoFenzo Brunelii, maître de chapelle à 
Prato au commencement du dix-septième siècle, 
et j'avoue que cela rne paraît peu vraisemblable ; 
mais il est certain que l'auteur du livre dont il.s'agit 
est bien Antoine Brunelii : j'en ai la preuve par 
un exemplaire que j'ai sous les yeux. A l'égard 
d'un livre de motets de ce môme Lorenzo Bru- 
nelii qui aurait été imprimé à Venise en 1629, et 
qui est cité par Walther, si, comme le fait enten- 
dre cet écrivain, le titre de l'ouvrage indiqueque 
ce Brunelii était.néà Florence, on pourrait croire 
qu'il était fils d'Antoine, et qu'il a rempli à Prato 
la place que son pèreavait occupée autrefois. — 
9° Scherzi, Arie, Canzonette e Madrigali a 1-3 
voci, lib. 3°; Venise, 1614. — 10° Fiorettispiri- 
tuali a 1-5 voci, op. 15 ; Venise, 1621. 

BllUNELLIUS (Henri), Suédois, a soutenu, 
en 1727, une thèse sur le plain-chant, à l'acadé- 
mie d'Upsal, et l'a fait imprimer ensuite sous ce 
titre: Elementa musices planœ, exercilio aca- 
demico ex consensu Ampliss. Senai. Philos, in 
Celeb. Acad. Upsalensi. Subprœsidio viri celeb. 
M. Erici Burman, etc.; Upsal,j728, in-12, d« 
40 pages. 

BRCJNET (Pierre ) , musicien français 
du seizième sJècle, apublié: Tablature de Man- 
dore; Paris, Adrien Le Roy, 1578. 

BHUMETTI (Dominique), né à Bologne, 
fut maître de chapelle de la cathédrale de cette 
ville, dans les premières années'du dix-septième 
siècle. On connaît de sâcomposition : Vari con- 
certi a 1, 2, 3, e 4 voci co'l busse perVorgano; 
Venise, Raverio, 1609, in-4°. 

BRUNETTI(Jean), maître de chapelle à 
la cathédrale d'Urbino, vivait dans la première 
partiedu dix-septième siècle. Sesouvrages connus 
sont ceux-ci : !<• Motetti « 2, 3 e 4 voci ; Ve- 

7 



M s 



BRUNEÏTI 



nise, Alex. Viiicenli, 1625, in-4°. — 1'^ 3Iote/H 
concertatiai, 3, 4, àeGvoci, lïb. 7/;ibid., 10-25, 
m-i''.— 'i° SalmiSpezzati concertatia 2, 3e 4 
voci, lib. II, op. V; Jbid., 1025, in-4^ — 4° 
Motetti a cinque voci, lib. 1; ibid, 1625, 
in-4''. — 5° Salmi intieri eoncertati a 5 e 6 
voci; ibid, 1625, in^". Toutes ces productions se 
trouvent dans la bibliothèque du lycée musical 
de liologne. 

lîRUNETTI (Antoine), maître de chapelle 
à Pise, naquit à Arezzo en 1726. Un ancien maître 
de cette ville, nommé Mogeni, lui enseigna les élé- 
ments du chant et de la composition. En 1752, 
il se fixa à Pise, s'y maria, et devint maître delà 
cathédrale. Il a écrit pour l'église. On connaît de 
lui des motets pour voix de basse avec orchestre. 
Gerber a confondu Antoine Brunetti avec son 
fils Jean Gualbeit ; Gervasoni n'a pas fait celte 
faute. 

BRUIVETTI (Gaétan), fils du précédent, 
naquit à Pise en 1753. Son père fut son premier 
maître de musique, et lui fit enseigner le violon ; 
puis Brnncl'ti alla à Florence, où il fut élève 
de Nardini pour cet instrument. En peu de temps 
il devint un violoniste distingué sous cet habile 
maître, dont il imita la manière avec beaucoup 
de succès. Ses études terminées, il voyagea, et 
alla se fixer à Madrid, "où il entra au service du 
prince des Asluries, plus tard roi d'Espagne sous 
le nom «le Charles IV. M. Picquot, amateur de 
musique distingué, grand collectionneur de mu- 
sique de violon, et auteur d'une notice fort bien 
faite sur Boccherini, pense que Brunetti était déjà 
au service du prince des Asturies en 1766, parce 
qu'il possède un manuscrit original decet artiste, 
dont le tUrc est en espagnol et qui porte celte 
date. S'il en est ainsi, et si l'identité est cons- 
tatée, il eii faut conclure que Gaétan Brunetti n'é- 
tait pas fils d'Antoine, car celui-ci n'arriva à Pise 
et ne se maria qu'en l752; d'où il suit que le 
violoniste de la ctiambre de Charles IV n'aurait 
eu que treize ans lorsqu'il était déjà au service de 
ce prince et aurait composé l'ouvrage dont il est 
question. Toiit cela est fort obscur et ne stra 
vraisemblablement jamais éclairci, si Brunetti 
n'a pas laissé de mémoires sur sa vie. Quoi qu'il 
en soit, son premier oenivre gravé, qui consiste 
en six trios pour deux violons et basse, est un 
ouvrage faible, qui eut peu de succès. Brunetti 
ne réussit pas mieux dans un œuvre de quatuors 
qu'il fit paraître ensuite. Suivant Gerber (Neices 
Lexikonder Tonkûnst'ler),[e premier œuvre de 
ce musicien serait composé de six sextuors pour 
3 violons, alto et deux violoncelles obligés. J'ai 
vu cKssestetti aulicfois, mais je n'ai pas conservé 
le souvenir du numéro qu'ils portent. Ce ne (ut 



qti après l'arrivée de Boccherini à Madrid, que 
le talent do Brunetti comme compositeur acquit 
plus de valeur. Heureux de se trouver près d'uii 
maître dont le talent avait autant de charme que 
d'originalité , il changea sa manière, et se fit l'i- 
mitateur de Boccherini dans ses compositions, 
comme il s'était fait l'imitateur de Nardini sur le 
violon. Le premier ouvrage où il fitremarquerce 
changement dans son style fut son œuvre troi- 
sième, contenant le deuxième livre de ses trios 
pour deux violons et basse. 11 fut publié chez Ve- 
nier, à Paris, en 1782. Mais autre chose est d'i- 
miter une manière, les formes d'un style, ou d'en 
avoir lo génie. San» doute il y a de l'agrément 
dans les ouvrages de Brunetti, et l'imitation y est 
si adroile, que beaucoup de gens les ont souvent 
rnis en parallèle avec les œuvres du maître; mais 
pour qui juge en connaisseur, il manque dans ces 
imitations le trait inattendu, toujours piquant, 
parfois sublime, qui est le cachet de l'original. 

Brunetti devait tout à Boccherini, mais il l'eut 
bientôt oublié, et c'est par la pi us noire ingratitude 
qu'il payales bienfaitsdecelui auquel il dut son ta- 
lent (voy. Boccherini). Plus habile que lui dans 
l'art d'intriguer, il sut lui nuire dans l'esprit du 
prince et l'éloigner de la cour. Lui seul resta 
chargé de composer pour le service de cette cour 
un grand nombre de symphonies, de sérénades 
et de morceaux de musique de chambre. Il rece- 
vait aussi un traitement du duc d'Albe Dour 
écrire desquintettes etdesquatuoi-s que ccgrand 
soigneur faisait exécuter chez lui, et qu'on n'enten- 
dait point ailleurs. Brunetti était âgé de cinquante- 
quatre ans lorsque les affaires d'Espagne y ame- 
nèrent Napoléon : la frayeur que lui fit la pre- 
mière occupation de Madrid par l'armée française 
lui causa une atteinte d'apoplexie dont il mourut 
en 1808, chez un ami, aux-environs de cette ville. 

Outre les ouvrages cités précédemment, on a 
gravé, de la composition de Brunetti, trois œu- 
vres de duos pour deux violons, un œuvre de six 
sextuors pour trois violons, viole, violoncelle et 
basse, et un œuvre de quintetti. Toutes ces pro- 
ductions ont paru à Paris. Ses compositions 
inédites sont en beaucoup plus grand nombre; 
on y compte; 1° Trente et une symphonies et ou- 
vertures à grand orchestre. — 2° Cinq sympho- 
nies concertantes pour divers instruments^ — 
3" Le menuet de Fischer varié et concertant pour 
hautbois et basson avec orchestre. — 4° Deux 
livres d'harmonies pour les danses de chevaux 
des fêtes publiques. — 5" Six sextuors pour trois 
violons, alto et deux violoncelles — 6° Trente- 
deux quintetti pour deux violons, deux altos et 
violoncelle. — 7° Six idem, pour deux violons, 
alto, basson et violoncelle. — 8° Cinquante-huit 



BRUNETTI — BRimMAYER 



'jy 



q\iatuors pour deux violons, alto et •violon- 
celle. — 9" Vingt-deux trios pour d«u\ violons 
et violoncelle. — 10° Six divertissements pour 
deux violons. — 11" Quatre duos, idem. — 
12° Trois airs variés pour violon et violoncelle. 

— 13" Dix-huit sonates pour violon et basse, et 
beaucoup d'autres ouvrages dont je n'ai pas l'in- 
dication; car M. Picquot dit {Notice sur la vie 
et les ouvrages de L. Boccherini, p. 13) qu'il 
possède 214 œuvres de Brunctti en manuscrit 
originaux, et il ue croit pas avoir tout ce qu'a 
éciit cet artiste. 

BRUiX-ETTI (Jean-Gualbert), frère du pré- 
cédent et second fils d'Antoine, compositeur, né 
à Fisc vers 1760, s'est fait connaître par divers 
opéras, dont les plus remarquables sont : 1° Lo 
Sposo di tre, Marito di nessuna, à Bologne 
eu 1786. — 2» Le Stravaganze in campagna ; 
Venise, 1787. — 3" Bcrloldo e Bertoldina à 
Florence en 1788. — 4° ie Nvzze per invita, 
ossiano gli Amanticapricciosi, à^ome, en 1791. 

— 5° Fatima, àCrescia, en 1791. — G» Demo- 
foonie, 1790. Brunetti succéda à son père comme 
maître de chapelle à la cathédrale de Pise. Il a 
écrit beaucoup de musique t'église. On citepar- 
liculièrement de lui,.cn Ce genre, des Matines de 
la Trinité à 4 voix. Gerber s'est trompé en at- 
liibuantà Antoine les opérars qui sont de Jean- 
Gualbert; et c'est à tort qu'il a critiqué Rcicliardt 
qui donnait l'opéra de Demo/oonie à ce dernier. 

BRUNI (François), compositeur, né à Alcara, 
en Sicile, florissait vers la fin du seizième siè- 
cle. 11 a fait imprimer : Primo libro di Madri- 
tjali a 5 voci; Messine, 1589, in-4°. 

BRUNI (Antoine-Barthélémy), né àConi en 
Piémont, le 2 février 1759, s'est livré à l'étude 
du violon sous la direction de Pugnani et a eu 
pour maître de composition Spezziani, de Novare. 
Venu eu France à l'âge de vingt-deux ans, il 
entra à l'orchestre de la Comédie italienne comme 
violon, et publia successivement quatre œuvres 
de sonates de violon, vingt-huit œuvres de duos, 
dix œuvres de quatuors, et quelques concertos. 
Ses duos sont particulièrement estimés. Vers le 
milieu do Vannée 1789, après la mort de Mestrino, 
Bruni fut nommé chef-d'orchestre du théâtre de 
Monsieur; mais son caractère difficile lui suscita 
des querelles qui le firent remplacer dans ses fonc- 
tions par Lahoussaye. Plus tard il dirigea l'or- 
chestre de rOpéra-Comique ; mais les mêmes 
causes fui tirent bientôt abandonner sa place. 
Enfin il fut nommé par le Diredtoire membre 
de la commission temporaire des arts. Il a écrit 
seize opéras, dans lesquels on trouve un chant fa- 
cile et agréable, de l'effet dramatique et une ins- 
trumentation purement écrite; ce sont : I'j Co- 



7ndin, auThéâtte-llalien, en 1780. -- 2" Cèles- 

^«ne, en trois actes, 1787 Z" Azèlie, enunacte, 

1790. — V Spinette et Marinl, 1791. — 5° Le 
Mort imaginaire, au théâtre Montausier, 1791. 
— 6° V Isola incantata, au théâtre de Mon- 
sieur, en 1792. — 7" L' Officier de fortune, au 
théâtre Feydeau, 1792. — 8» Claudine, en un 
acte, 1794. — yo Le Mariage de Jean-Jacques 
Rousseau, il'Jb. — iO^ Toberne, ouïe Pêcheur 
suédois, en deux actes, 1796. — 11° Le Major 
Palmer, en trois actes, 1 797 . — 12° La Rencontre 
en voyage, en an acte, 1798. — 13° Les Sabo- 
tiers, en un acfe, 1798. — 14° L'Auteur dans 
son ménage, en un acte, 1798. — 15° Augus- 
tine et Benjamin, ou le Sargines de village, 
en un acte, 1801. — 16° La bonne Sœur, en un 
acte, 1802. On a aussi de cet artiste : Nouvelle 
Méthode de violon, très-claire et très-facile, 
précédée de principes de musique extraits 
de l'Alphabet de Mme Ouhan; Paris Duhan, et 
Méthode pour l'alto viola; Paris, Janct et Co- 
telle. Une édition, française et allemande de ce 
dernier ouvrage a été publiée à Leipsick, chez 
Breitkopf et Hsertel. Ce musicien ne méritait pas 
de tomber dans l'oubli où il est maintenant 
plongé. Au retour des bouffons, en 1801, Bruni 
fut nommé chef d'orchestre de leur théâtre ; je 
me rappelle encore le talent qu'il y déploya; ja- 
mais cet orchestre n'a mieux accompagné le 
chant que sous sa direction. Il eut pour succes- 
seur Grasset. Retiré à Passy, près de Paris, 
Bruni y vécut plusieurs années dans le repos. 
Après un long silence, il donnaau théâtre Feydeau, 
en 1814, Le Règne de douze heures, en deux 
actes, eten 1816, le petit opéra-comique intitulé: 
LeMariagepar commission, qui ne réussitpas. 
Peu de temps après il retourna dans sa patrie. Il 
est mort à Goni en i823. 

BR.UI\I1\GS (Jean-David), claveciniste, vi- 
vait à Zurich en 1792. Il a fait imprimer dans 
cette vilte -. i" 3 Sonates pour le clavecin, op. i . 

— 20 6 Sonatines pour le clavecin, op. 2 ; 1793. 

— 3° Sonate pour le clavecin avec violon et 
bas«e,op. 3; Paris, Imbault, 1794. 

BRUNMAYER (Anuré), organiste de l'é- 
glise de Saint- Pierre à Salzbourg, en 1803, est né 
à Lanffen dansl'évêché de Salzbourg. Aprèsavoir 
appris les premiers principes de la musique, du 
clavecin et du violon dans le lieu de sa naissance, 
il devint élève de Michel Haydn, qui lui enseigna 
les éléments de la composition. Il se rendit en- 
suite à Vienne, où il prit des leçons de Kozeluch 
pour le piano et d'Albrechtsberger pour le con- 
trepoint. On a dfc sa composition : 1° Six messes 
solennelles, dont deux allemandes. — 2° deux 
litanies. — 3° XVI graduels pour les différentes 



100 



MRUNMAYER — liRYENNE 



fêtes de l'année. — 4° Un oratorio alicinand. 

— 5° Deux opéras-comiques. — G° Petite can- 
tate à quatre voix, deux clarinettes, deux cors et 
deux bassons. — 7° Ode de Ilagedorn, avec cla- 
vecin. — 8° Huit chansons allemandes à quatre 
Voix. — 9* Sérénades pour clavecin avec violon. 

— 10° Variations pour le clavecin sur diffé- 
rents thèmes. — 11" Six quintetli pour instru- 
ments h veut. — 12° Vingt-quatre menuets et 
trios pour orcliestie complet. 

BRUNMULLER (Eue), maître de musique 
à Arnsterdani, au commencement du dix-hui- 
tième siècle, a publié en 1709 son premier oeuvre 
consistant en solos de violon et trios pour deux 
violons et basse. Il fit paraître ensuite sou Fas- 
ciculus viusicus ; Amsterdam, 1710, in-fol. Cet 
ouvrage contient des toccates pour piano, des so- 
los pour hautbois, violon et flûte, et des airs 
italiens et allemands. Enfin l'on connaît aussi 
de lui : six sonates pour violon ou hautbois avec 
basse continue. 

BRUIVNER (AbAM- Henri), moine à Bam- 
Iierg, dans la seconde partie du dix-septième 
siècle, a publié : \° Cantiones Marianx , oder 
leulschemarianlsche Lied&r, ueberjeden Titel 
der Lauretanischen Litanerj, mit 2, 3, 4, oder 
mehr Geigen ; Bamberg, 1670, in-fol. — 2° Se- 
raphische Tafel-M.usic, 64 de vener. Sacra- 
mento handelnende Arien, von einer Sing- 
stimme, 2 VioUnen und Ge.neraUB-ass (Table 
de musique sifTaphique, consistant en 64 ariettes 
à voix Gouic pour l'octave du saint Sacrement, 
deux violons et basse continue); Augsbourg, 
in-fol., 16-93. 

BRUJXiVER ( CnnihiEN-TiiAUGOTT), directeur 
de la société do chanta Chemnitz, est né le 12 
décembre 1793, à Drùhnios, village près de 
Stollberg, dans les montagnes de la Saxe. Le 
maîlre d'école de cette localité lui enseigna les 
premiers principes de la musique, du chant et du 
piano ; plus tard, lorsque Brunner alla suivre 
les cours du {,'ymnase de Chemnitz, il continua 
de cultiver avec ardeur les dispositions qu'il 
avait rcçucss de la nature pour cet art. En 1 820 il 
obtint la place de cantor à l'église principale de 
Chemnif?,, et dès ce moment la musique devint 
son unique occupaliou. C'est depuis cette époque 
qu'il se livra avec succès à l'enseignement du 
chant et du piano. D'abord diri-cteur du Sing- 
Vereîn, société de chaut fondée en 1817 par 
Kimstmann, il fut encore choisi pour la direction 
d'une autre société connue sous le nom de Btir- 
gei'-Gesang-Verein , cha-ur d'hommes fondé en 
1833. On a publié de sa composition : l" Petites 
pièces d'exercice avec le doigter pour le piano, 
op. G, en 4 suites ; Dresde. Heydt. — 2» Petits 



exercices progressifs et doigtés pour le piano à 

4 mains, op. 9 ; Leipsick, Schubert 3° Petits 

rondeaux agréables et instructifs pour piano à 
4 mains, op. 2; Leipsick, Breitkopf et Hœrtel. — 
4° six idem, op. 31 ; Leipsick, Schubert. — 5° Bé- 
créations musicales de lajeunesse, six rondeaux 
et variations sur des thèmes d'opéras, pour le 
piano à 4 mains, op. 4o; ibid. — G° Beaucoup de 
pièces faciles pour l'étude du même instrument. 
— 7° Plusieurs pots- pourris, idem ; Chemnitz, 
Hacker. — 8° SixLieder pour deux sopranos, op. 
16 ; Leipsick, Klemm. — 9° Des chants à 3 et 
à 4 voix, œuvres 17, 18, 19, 20; ibid., et Ha- 
novre, • Bachmann. — 10° Ubi bene, ibipatria I 
chant pour bariton avec chœur d'hommes, op. 22 ; 
Chemnitz, Hacker. — 11" Plusieurs chants à 
voix seule. 

BRUrVO (AuRELio), compositeur, élève du 
conservatoire de Naples, a donné au théâtre du 
Fondode cette ville, en 1843, un opéra intitulé : 
Adolfo di Gerval, ossia i Montanari scozzesi, 
qui éprouva une chute complète, il ne paraît pas 
qu'il ait écrit postérieurement pour la scène. 

BRUSA (Jean-François), compositeur dra- 
matique, né à Venise, vers le milieu du dix -sep- 
tième siècle, a donné en 1724 : Il Trion/o 
délia Virtù;ei\ 1725, Atnor eroico, et en 1726, 
Medeae Giasone. Le 22 décembre 1726, il fut 
nommé organiste du petit orgue du chœur de 
la chapelle ducale de Saint-Marc, appelé orga- 
netto del Palchetto. Il obtint aussi la place de 
maître du chœur des jeune filles au conserva- 
toire degV Incurabili, dans la môme ville. 
Brusa mourut vraisemblablement en 1740; car 
il eut pour successeur, à Vorganetto del Pal- 
chetto, Angclo Cortona,le 24 juillet de la même 
année. 

BRUSCO (Jules), né à Plaisance, était 
maître de chapelle à l'église de Saint-François 
de cette ville, au commencement du dix-septième 
siècle. On a de lui : 1° Modulatio Davidica, 
1C22. — 2° Mottetti; Venise, 1629. — 3" Con- 
certi e Litanie de B. V. a 1,2,3e 4 i;oci ; 
Venise, 1629. — 4» Missa, Psalmi e Te Deum 
laudamus, 8 vocum, op. 5 ; Venise, Alexandre 
Vincenti, 1639, in-4o. Il y a une autre édition 
de cet ouvrage dans la bibliothèque du Lycée 
musical de Bologne : j'en ignore la date. 

BRUSCOLINi (Pasqiiauno), célèbre con- 
tralto italien. En 1743, il débuta au théâtre de 
Berlin et il y chanta pendant dix ans. De là il alla 
à Dresde, où il est resté attaché au théâtre de la 
cour jusqu'en 1763. 

BRYEI\NE (Manuel), le moins ancien des 
écrivains grecs dont il nous reste des ouvrages 
sur la musique, vivait sous le règne de l'cmpe- 



BRYENNE — BRYNE 



101 



reur Michel Paléologne Tancien, vers 1320. On 
croit qu'il était de la maison de Bryenne, an- 
cienne famille française qui s'établit en Grèce à 
l'époque des croisades, vers le commenceineut 
du treizième siècle. Le traité de musique qui 
porte son nom a pour titre : Les Harmoniques ; 
il est divisé en trois livres. Fabricius dit, dans sa 
bibliothèque grecque, que le premier livre est une 
sorte de commentaire sur le traité de musique 
d'Euclide, et que le second et le troisième ren- 
ferment un exposé de la doctrine de Ptolémée. 
Il serait plus exact de dire que l'ouvrage de 
Bryenne est une compilation de la plupart des 
ouvrages des anciens écrivains grecs sur cet art; 
car non-seulement on y trouve des extraits d'Eu- 
ciide et de Ptolémée, mais on y voit aussi des 
passages de Tliéon de Smyrue, d'Aristoxène, de 
Nicomaque et d'autres auteurs. 

Grand nombre de manuscrits répandus dans 
les principales bibliotlièques de l'Europe con- 
tiennent le livre de Bryenne : des doutes se sont 
pourtant élevés, vers la fin du dernier siècle, sur 
les droits qu'il pouvait y avoir. Deux manuscrits, 
dont un est au Vatican, et l'autre, provenant de la 
bibliotlièque Farnèse, se trouve maintenant en la 
possession du roi de Naples, contiennent un 
traité de musique sous le nom d'Adraste de Phi- 
lippes ( F. Adraste). Or, nei ouvrage n'est autre 
que le traité des Harmoniques de Bryenne. 
Quelques savants italiens, considérant qu'il est 
parlé dans ce livre du genre enharmonique, "^ 
qui, longtemps avant Bryenne, avait cessé d'être 
en usage et n'était [)lus môme connu des Grecs, 
avaient été tentés de restituer le livre à l'ancien 
philosophe péripaféticien. D'un autre côté, ils re- 
marquèrent que de nombreux passages de Théon 
de Smyrne, et même des chapitres entiers de 
cet auteur étaient intercalés dans le traité des 
Harmoniques : ils en conclurent que cet ouvrage 
devait ôtre de beaucoup postérieur à Adraste, et 
que Manuel Bryenne, ayant fait dans son livre 
une sorte de résumé de tout ce qu'on avait écrit 
avant lui, avait pu traiter du genre enharmonique. 
D'autres faits, ignorés de ces savants, démon- 
trent que le livre des harmoniques appartient à 
cet écrivain et ne peut être l'ouvrage d'Adraste. 
Le inemier se trouve dans la huitième section 
du premier livre de cet ouvrage : Bryenne y 
expose la constitution des neuf premiers tons du 
chant de l'église grecque, tels qu'ils sont indi- 
qués dans VUayiopoUtes, et sans divisions par 
tétracordes, divisions inséparables du système 
de la tonalité antique. L'autre fait n'est pas moins 
significatif; le voici : Il existe à la Bibliothèque 
impériale de Paris plusieurs manuscrits qui con- 
tiennent un traité de musique de Pachymère, 



sous les numéros 2530, in-4°, 2338, 2339, 2340 
2-438, in-fol. (I). Cet écrivain naquit, comme 
on sait, ea 1242 et mourut à Constantinople en 
1340, à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans. H 
fut donc le contemporain de Manuel Bryenne, 
et écrivit un peu avant lui. Or, dans ce traité 
de musique de Pachymère, on trouve un long 
passage (fol. 10 et U, Mss. 2536) qui est pres- 
que mot pour mot répété dans la septième section 
du premier livre des harmoniques de Bryenne 
(édit. de 'SVallis, p. 587, lig. 30 jusqu'à la lig. 
29 de la p. 388). Il est donc certain que, dans 
ce passage, Bryenne a été le copiste de Pa- 
chymère, et cette circonstance suffit pour faire 
voir que le livre des harmoniques a dû être écrit 
dans le quatorzième siècle, et que son véritable 
auteur est Bryenne, à qui presque tous les ma- 
nuscrits l'attribuent. Du reste cet ouvrage ïi'est 
pas sans intérêt, car Bryenne est le seul auteur 
ancien qui fournisse quelques renseignements sur 
la Mélopée des Giecs. 

Meibomius, à qui l'on doit une édition de sept 
auteurs grecs anciens sur la musique, avait pro- 
rais de publier les ouvrages de Ptolémée et de 
Bryenne; mais il n'a pas tenu sa promesse. Wal- 
lis a suppléé à son silence, en donnant, dans le 
troisième volume de ses œuvres mathématiques 
( Joannis Wallis Openim mathematicorum, 
Oxonizp, 1699,4 vol. in-fol.), le texte grec des 
ouvrages de Ptolémée et de Bryenne, ainsi que 
du commentaire de Porphyre sur les harmoni- 
ques du premier de ces auteurs, avec une version 
latine, un appendice et quelques notes. L'ou- 
vrage de Bryenne commence à la page 359 du 
volume, et linità la page 508. Wallis s'est servi 
pour cette édition de quatre manuscrits d'Oxford : 
les deux premiers étaient tirés de la Bibliothèque 
Bodléienne, le troisième du collège de l'Univer- 
sité, et le quatrième du collège de la Madeleine. Si 
jamais quelque savant enticprend de donner une 
nouvelle édition du traité de Bryenne, il trouvera 
dans la Bibliotlièque impériale de Paris plusieurs 
manuscrits de cet ouvrage, parmi lesquels ceux 
qui sont cotés 2455 et 24i)0 in-fol. se font re- 
marquer par leur beauté et leur correction. 

BUYNE (Albert), un des nmilleurs com- 
positeurs de musique d'église de l'Angleterre 
dans le dix-septième siècle, fut élève de Jean 
Tonikin. Ayant élé nommé organiste de Saint- 

(1) bepuis que co(;i a clé écrit dans la premitre édition 
de la Biographie universelle des musiciens. M. A. J. H. 
Vincent ( foy. ce nom ) a put/lit'., dans sa Notice sur di- 
vers înanuscrits grecs relatifs à la musique (Notices et 
extraits des manuscrits de la Bibliotlièque du Rûi, t. XVI, 
dcusièmt! partie), le teste du livre de Pachymère, avec 
une introduction, des notes et Icsaigumtnts des chapitres 
en franç.iis ( pages 384-5u3). f^'uyez PachYiMÈrb. 



102 



BRYINE 



BUCHNER 



Paul, à Londres, il en remplit les fonclionsjtisqu'à 
sa mort, arrivée en 1G70. Dans la collection de mu- 
sique sacrée de Clifford, on trouve quelques an- 
tiennes de Bryne; plusieurs de ses pièces ont 
été aussi insérées dans d'autres collections, par- 
ticulièrement dans celle de Boyce qui a pour ti- 
tre : Cathedral Music. Le tombeau de Bryne 
se trouve à l'abbaye de Westminster. 

BUCHANAN (Thomas), médecin anglais, 
né en Ecosse, connu par de savants ouvrages sur 
diverses parties de sou art, n'est cité ici que 
pour un livre relatif aux conditions des percep- 
tions sonores de l'oreille, lequel a pour titre : 
Physiological illustrations 0/ the organ of 
hearing, more particularly 0/ the sécrétion 
qf cérumen and ils e/fects in rendering au- 
ditory perceptions accurata and acute, etc. 
( Explications physiologiques de l'organe de l'au- 
dition, et en particulier de la sécrétion du céru- 
men et de ses effets, pour rendre les perceptions 
auditives promptes et claires, etc. ); Londres, 
Longman et C'e, 1828, gr. in-8° de xvi» et 
160 pages, avec 18 planches gravées. 

BUCHER (Samuel-Frédéric), juif allemand, 
membre du consistoire à Zittau, naquit, le 16 
septembre 1692, à Regensdorf, dans la Lusace, 
et mourut à Zittau, le 12 mai 1765. Il a fait im- 
primer dans cette ville, en 1741, une dissertation 
in-4° sur les directeurs de musique chez les Hé- 
breux, sous ce litre: Menazzehim, Die Kapell- 
meister der Hebreeer. 

BUCHHOLTZ (Jean-Godefroi), né à 
Aschersleben, en 1725, étudia la théologie à Halle, 
et fut ensuite co-recteur dans sa ville natale. On 
ignore en quel temps il quitta cette position pour 
se rendre à Hambourg, mais on sait qu'il remplit 
en cette ville les fonctions de professeur de mu- 
sique. Buchholtz était un artiste distingué sur le 
clavecin et sur le luth. Il était aussi compositeur 
pour l'église, et l'on a de lui divers ouvrages de 
musique instrumentale. Il a publié ; \° Vnterricht 
fur diejenigen, welche die Musik und das 
Klavier erlernen wollen ( Instruction pour 
ceux qui veulent apprendre la musique et le cla- 
vecin); Hambourg, 1782. — 2° Divertimenii per 
il cembalo cou, violino. — 3" Zwey neue 
Sonatinen fur das Klavier (Hnux nouvelles 
petites sonates pour le clavecin ; Hambourg, 1798. 
Buchholz est mort à Hambourg, le 10 juin 1800, 
a l'âge de 75 ans. 

BOCHIIOLTZ (Jean-Simon ) , un des meil- 
leurs facteurs d'orgues des temps modernes, na- 
quit le 27 septembre 1758, à Schlosz-Wippaeh, 
près d'Erfurt. Il apprit son art à Magdebourg, 
chez le facteur d'orgue Nietz, puis il travailla 
lon;jtempscliezGiûnebcrg,au vieux Brandebourg, 



et chez Marx à Berlin; enfin il s'établit dans 
cette dernière ville. Le nombre des orgues qu'il 
a construites s'élève à plus de trente, parmi les- 
quelles on en remarque seize à deuxet trois cla- 
viers.Les plus considérables sont celui de Bath, 
dans la nouvelle Poméranie (États-unis d'Amé- 
rique), composé de 42 jeux, et celui de Trep- 
tow, de 28 jeux. Buchholtz est mort à Berlin le 
24 février 1825. Son fils, qui a travaillé long- 
temps avec lui , est aussi facteur d'orgues dis- 
tingué, à Berlin. Il a introduit quelques per- 
fectionnements dans le mécanisme de l'instru- 
ment. 

BUCHIANTI ( Pierre), compositeur italien, 
qui vivait dans la première partie du dix-septième 
siècle. On a de lui un premier œuvre qui a pour 
titre : Scherzi e madrigali a una e due voci, 
Venise, 1627. 

BUCHMAWN (Frédéric), organiste de 
l'église Saint-Biaise, à Nordbausen, naquit dans 
cette ville le 3 juillet 1801, et y mourut en 1843. 
Sa vie , dénuée d'événements, s'est passée avec 
cahae dans l'exercice de ses fonctions. On con- 
naît de sa composition : — 10 Grande sonate bril- 
lante pour piano seul (enMf);Miilhausen, Buch- 
mann. — 2° Feier der Toene (La fête des sons), 
pour voix seule avec piano, op. 2 ; Nordhausen. 
Busse. — 3" Les Grâces, idylle romantique et 
mythologique pour voix seule et [)iano, op. 3 ; 
ibid. — 4° Vermàhlungsfierlied (Chant de la 
célébration du mariage), op. 4; ibid. — b° Die 
Bûrgschaft (La Bourgeoisie) , de Schiller, pour 
voix seule et piano, ibid. Kœrner a inséré une 
pièce finale pour orgue, de la composition de 
Buchmann, dans son recueil intitulé -. Posludien- 
Buch fur Orgelspieler : Erfurt (s. d.), in-4o obi. 

BÛCHIVÊR ( Jean-Heniu ), compositeur alle- 
mand, vivait au commencement du dix-septième 
siècle. Draudius cite de lui deux ouvrages (Bi- 
bliot. classica germ. ) dont voici les titres : 
1" Séries von schœnen Villanellen, Taentzen , 
Galliarden und Curanten mit i Stimmen, 
vocaliter und instrumentaliter zu gebraucheii 
( Collection de bellesvillanelles, danses, gaillardes 
et courantes à quatre parties, etc. ) ; Nuremberg, 
1614, iH-4''. — 2° Erodiœdass ist Liedtein der 
Lieb amorosischen Textes benebenetUchen Gal- 
liarden, Curanten, e\,e., mit li Stimmen (Eroti- 
ques ou petites chansons sur des textes d'a- 
mour, dont plusieurs en forme de gaillardes et 
de courantes, à 4 voix); Strasbourg, 1624. 

BUCHiVER ( JEAN-CnRÉTiEN), compositeur 
de musique religieuse, naquit en 1736. il passa la 
plus grande partie de sa vie à Gotha, où il était 
musicien de ville, et mourut le 23 décembre 1804. 
Ses ouvrages les plus estimés sont des cantales 



BUCUNER — BUCR 



103 



(Pi-^lise et lies cliansons spirituelles : elles sont 
restées en manuscrit. 

BÙCHXËK ( CuARLES-CoNRAD ) , facteur de 
pianos et de divers instruments à Sondersliausen, 
naquit à Hameln en 177S. Il apprit d'abord la 
procession de sellier; mais ayant eu de fréquentes 
occasions d'entendre de belle musique à Dresde, 
pendant qu'il y travaillait, il en éprouva de si vives 
émotions, qu'il résolut d'être musicien à quelque 
prix que ce lût. Cependant il était déjà d'un âge 
trop avancé pour espérer de devenir un jour com- 
positeur ou virtuose; il fallut qu'il se bornât à 
taire usage de son adresse en mécanique pour la 
construction des instruments. 11 se rendit d'abord 
àSondersbausen, où demeuraient ses parents. Là, 
il commença à réparer de vieux instruments, 
étudia les principes de leur construction; puis il 
essaya d'en fabriquer lui-même, et par ses essais 
répétés il acquit en peu de temps des connais- 
sances étendues dans son art. En 1810, sa fa- 
brique de pianos avait déjà de ia réputation en 
Allemagne; depuis lors, elle a acquis encore plus 
de développements. 

BÛCHiXER ( Adolphe-Emile ), pianiste, orga- 
niste et compositeur, professeur de musique à 
Leipsick, est né àOsterfeld, près de Naumbourg, 
le 5 décembre 1826. Élève du Conservatoire de 
Leipsick, il s'y est fait connaître dès son début par 
la composition d'une symphonie dont l'exécution 
a eu quelque succès en 1845. Ce jeune artisie a 
publié quelques légères productions pour le piano, 
parmi lesquelles on remarque celle qui a pour titre 
In die Fcrne (Dans le lointain), poëme de Klett, 
transcrit pour le piano, op. 1 ; Leipsick, Siegel. On 
connaît aussi de lui des chants pour voix seule 
el piano, op. 5, 4, 7 ; ibid. 

BUCHOI. Voyez BiNcnois. 

BUCnOVVSKI ( Denigne), moine béné- 
dictin, né en Pologne en 1647, d'une famille 
riche et distinguée, entra fort jeune au couvent de 
Cracovie, où il se livra à l'étude de la littérature, 
delà poésie et de la musique. Ses progrès furent 
rapides, et bientôt il fut compté parmi les poètes 
distingués de la Pologne. Après avoir occupé 
quelques-uns des postes les plus importants dans 
son ordre, il demanda et obtint sa sécularisation, 
puis il se retira dans une cure de village et y 
passa le reste de ses jours. Il y mourut en 1720. 
On a de Buchowski des poésies latines qui ont ét<'« 
imprimées à Cracovie, et des Cantiques dont il 
avait composé ia musique et qui ont paru sous 
le titre de Canlus et luctiis; Cracovie, 1714, 
in-ao. 

BlJCHOZ (PiERRE-JosEPii), laborieux com- 
pilateur, né à Metz, le 27 janvier 1731, se livra d'a- 
l)ord à l'étude du droit, et fut reçu avocat à Pont- 



' à-Mousson en 1750; puis ilquilla celte profession 
' pour la médecine, et obtint le titre de médecin 
j ordinaire du roi de Pologne, Stanislas. Il est 
I mort à Paris, le 30 janvier 1807. Buchoz a donné une 
nouvelle édition du livre de Marquet, son beau- 
père ( voy. Marquet ) sur l'art de connaître le 
pouls par la musique, avec beaucoup d'augmen- 
tations. Cette édition a pour litre : L'art de con- 
naître et désigner le pouls par les noies delà 
tnusiqm,de g-uérir par son moijen la mélancolie 
et le tarentisme, qui est une espèce de mélan- 
colie; accompagné de 198 observations, tirées 
tant de l'histoire que des annales de la méde- 
cine, qui consttitent l'efficacité de la musique, 
non-seulement sur le corps, mais sur Vâme, 
dans l'état de santé ainsi que dans celui de 
maladie, etc.; Paris, Mesnard, 1806, in-8o. Dans 
cet ouvrage, Buchoz a refondu une dissertation 
qu'il avait publiée dans les mémoires de l'académie 
de Nancy, sur la manière de guérir la mélancolie 
par la musique. 

BUCHWEISER (Mathieu), naquit le 14 
septeml)re 1772, à Seudling près de Munich, où 
son père était instituteur. A l'âge de huit ans, il 
entra comme enfant de chœur au couvent de Bern- 
ried, près de Starnberg, et y apprit les langues 
anciennes ainsi que la musique; puis, en 1783, il 
fut admis au gymnase de Munich. A cette époque, 
il devint élève deValesi, qui lui enseigna les élé- 
ments du chant et de l'art de jouer de l'orgue. 
Ses études musicales étant terminées, il fut fait 
répétiteur dé l'Opéra au théâtre royal, et la place 
d'organiste de la cour lui fut donnée en 1793. 
On a de lui des messes allemandes qui ont été exé- 
cutées avec succès dans plusieurs chapelles, lia 
aussi composé la musique d'un mélodrame inti- 
tulé : DerBcttel student ( L'Ëtudiant mendiant), 
qui a été représenté par ses conilisciples du Gym- 
nase,àTœlz. 

Buchweiser avait un frère aîné (Balthazar), né 
à Seudling en 1765, qui fit aussi ses études mu- 
sicales sous la direction de Valesi. Sur la recom- 
mandation de l'électrice de Bavière, il fut admis 
comme chanteur chez l'électeur de Trêves. Là 
il étudia la composition chez le maître de cha- 
pelle Sales. En 1811 il était directeur de mu- 
sique au théâtre impérial de Vienne. On a de cet 
artiste six chansons allemandes avec accompa- 
gnement de piano. 

BUCK ( JEAiN-ERÉDÉRit: ), cantorà Bayreulh, 
occupait cette position en 1840. 11 a publié, 
conjointement avec C. VV. L. Wagner, cantor à 
Kirchrusselbach , en Bavière, un livre de mé- 
lodies chorales à 4 voix d'hommes à l'usage des 
temples protestants de la Bavière, des écoles nor- 
males d'instituteurs, des collèges et des sociétés 



Î04 



BUCK — BUHL 



de cliant, sous ce titre : Der protestanfischen 
Kirchenge.meinde des Kdnigsreichs Bayern, 
fiirvier Mannerstimmen, ete.; Bayreiitli, 1839, 
in-4°. 

BUDIANI ( JuvENTO), ancien lutliier de l'É- 
cole de Brescia, dans le seizième siècle, fut con- 
temporain et concitoyen de Jean Paul Magini, mais 
ne régala pas pour la bonté des. instruments. 
11 travailla d«puis 1570 jusqu'en 1590. Dragoneiti 
possédait un violone, ou contrebasse de viole de 
cet artiste, qu'il avait fait arranger et monter en 
contrebasse à quatre cordes. Ses sons étaient 
voilés, mais d'un timbre agréable dans le solo. 

BUELou BÛEL (Christophe), maître de 
cliapelle à Nuremberg, et garde des registres de 
la ctiancellerie de cette ville, vivait dans la pre- 
mière partie du dix-septième siècle, et mourut en 
1631. Licbtenthal, qui a lu dans la Littérature de la 
Musique de Forkel gestorben (mort), a cru voir 
çeboren (né), et a écrit en effet que Buel est né en 
1631, bien qu'un des ouvrages de ce musicien 
porte la date de 1624. Il s'est fait connaître par 
deux traités de musique dont le premier à pour 
titre Melosharmonicum (Nuremberg 1624, in-4"), 
et le deuxième , Doctrina duodechn modorum 
miisicalium, in-fol. Forkel, qui indique le titre de 
celui-ci, n'en connaissait pas la date. 

BtFFFARDIlV ( Pierre-Gabriel ), célèbre 
flûtiste, né en France, vers la fin du dix-septième 
siècle, fut engagé au service de la chapelle élec- 
torale de Dresde en 1716, et mourut en cette 
ville dans les derniers mois de l'année 1739. Son 
habileté se faisait surtout remarquer dans l'exé- 
cution des passages rapides. Buffardin fut pen- 
dant quatre mois le maître de flûte de Quantz. 

BUFFIER (Le P. Claude ), jésuite, né en 
Pologne d'une famille française, le 25 mai 1661, 
fit ses études à Rome, où ses parents s'étaient 
fixés, et entra dans la société de Jésus en 1679, 
à l'âge de 18 ans. Au retour d'un voyage qu'il 
avait fait à Rome en 1697, il fut associé à la ré- 
daction du Journal de Trévoux, et vécutdans la 
maison des Jésuites, à Paris, où il finit ses jours 
le 17 mai 1737. Dans le nombre considérable 
d'ouvrages de tout genre publiés par le P. Buffier, 
on remarque celui qui a pour titre : Cours des 
sciences sur des p7-incipes nouveauxet simples, 
pour former le langage, le cœur et Vesprit -. 
Paris 1732, in-fol : 11 y consacre un long cha- 
pitre à examiner la question : Si les beautés de 
la musique sont réelles ou arbitraires. H prend 
cette occasion pour faire un petit Traité de la 
musique, intelligible à ceux mêmes qui n'en 
auraient jamais ouï parler, comme pourraient 
être des hommes soîirds. Ce petit traité se 
trouve dans la partie de sou ouvrage qui a pour 



I titre : Essai de la manière dont on peut s'y 
prendre pour enseigner méthodiquement une 
science àceuxqui n'en auraient eu nulle idée : 
manière appliquée à la musique. 

BUHL (Josepu-David), issu d'une famille 
allemande, naquit, en l781,au cbâteau-de-Chan- 
teloup, prèsd'Amboise ( Indre-et-Loire ). Son père 
était alors attaché au duc de Choiseul en qualité 
de musicien. Doué d'heureuses dispositions pour 
la musique, il se livra fort jeune à l'étude du 
clavecin et de la trompette : ses progrès furent si 
rapides sur ce dernier instrument, qu'il put se 
faire entendre comme virtuoseà l'âge deonze ans, 
et qu'il obtint son admission dans la compagnie 
de musique de la garde parisienne, qui fut orga- 
nisée après le 10 août 1792. Plus tard, il entra 
dans la musique des grenadiers à pied de la gar Je 
des consuls. Une école de trompette pour la ca- 
valerie ayantété instituée à Versailles,au commen- 
cement de 1805, David Buhl, alors le plus ha- 
bile trompettiste de France, y fut appelé comme 
professeur. Il y continua ses fonctions jusqu'en 
1811, époque de la suppression de l'école. Lel®"" 
juillet 1814 il reçut sa nomination de chef de mu- 
sique de l'état-major des gardes du corps du roi 
Louis XVIII, et dans la même année la décora- 
tion de la Légion d'honneur lui fut accordée, l'^a 
1816, cet artiste recommandable fut nommé con- 
jointement première trompette de l'opéra et du 
théâtre royal Italien : pendant dix ans il eu lit le 
service actif ; mais une blessure grave qu'il reçut à 
Reims, au sacre du roi Charles X, en 1825, par le 
choc d'une voiture du cortège royal, l'obligea de 
prendre sa retraite. Ses services furent récompensés 
par des pensions sur les fonds de la hste civile et 
sur la caisse de l'Opéra. Buhl travailla longtemps 
au perfectionnement de la grande trompette 
droite, qu'il considérait avec raison comme la 
voix aiguë du trombone. En 1823 il entreprit de 
faire adopter en France l'invention d'un facteur 
deHanau, nommé lialtenhoff, qui avait appliqué 
à la trompette la coulisse des trombones. Ce 
système eut alors peu de succès , parce qu'un 
ressort tourné en spirale et d'une grande énergie 
ramenait rapidement la branche mobile de la 
coulisse à sa position première, et opposait une 
forte résistance qui gênait la main dans ses mou- 
vements, pour prendre les diverses intonations. 
Débarrassée de ce ressort, la trompette à cou- 
lisse a été conservée en France : quelques ar- 
tistes la préfèrent à la trompette à cylindres. 
Le célèbre trompettiste anglais, Harper (ils, 
n'en joue pas d'autre. Buhl a publié une Mé- 
thode de trompette, adoptée pour t'enseigne- 
ment dans Vécole de trompette établie à Sau- 
mur ; Paris, Janet, in-4° ( s. d. ). Il a été aussi 



BUHL'— BUINI 



10.-, 



rliargé de la rédaclion de l'Ordonnance de 
Trompettes qui a paru chez le même éditeur. 

BUIILE ( Jean-Gottlieb ), professeur de 
philosophie à Tuniversité «de Gottingue , n<^. à 
Brunswick le t8 janvier 1763, a publié un livre qui 
a pour titre : Arïstoteles : Ueber die Kunst der 
Poésie ans dem Grïec.hïschen uebersetzt tind 
erlàutert. Nebst Twinings Abhandlung ueber 
die poetische und musicalische Nachahiming. 
Ans dem Englischen uebersetzt ( Poétique d'A- 
ristote, traduitedu grec et expliquée. Suivie de la 
dissertation de Twining sur l'imitation poétique 
et musicale, traduite de l'anglais ); Berlin, Voss, 
1798. 278 pages in-8°. 

BUHLER( François-Grégoire ), maître de 
chapelle de la cathédrale d'Augsbourg, naquit à 
Schneidheim, près de cette ville, le 12 avril 1760. 
Son père, qui était instituteur, jouait bien de l'or- 
gue, et lui enseigna les éléments de la musique; 
ensuite le jeune Biihler fut envoyé au couvent 
de Mayngen, où un moine continua son éduca- 
tion musicale. En 1770, il entra comme en- 
fant de chœur à l'abhaye de Neresheim. 11 y 
fréquenta le collège, et fut instruit dans le chant 
par le directeur du chœur P. Mayr, et dans l'art 
de jouer du piano par le P. Benoît Werkmeisler, 
qui fut dans la suite prédicateur de la cour à 
Stuttgard. Un autre moine ( le P. Ulrick Faul- 
haber ) lui enseigna les éléments de l'harmonie et 
de la composition. A l'âge de quatorze ans, Biihler 
était déjà capable d'accompagner sur l'orgue le 
chant des offices. Au mois de novembre 1775 il 
fut obligé de quitter l'abbaye, pour aller faire ses 
études de philosophie à Augsbourg. Il eut occasion 
de connaître dans cette ville le célèbre organiste 
de la cathédrale Michel Dimmier, qui lui donna 
des leçons d'orgue et de composition. Cependant 
la nécessité de prendre une position commen- 
çait à se faire sentir ; elle devint si pressante, 
qu'il se vit contraint de retourner au couvent de 
Mayngen, où il entra comnie novice. Il y prit en- 
core des leçons d'accompagnement du plain- 
chant d'un moine nommé le P. Leodogar An- 
dermath , et acquit sous sa direction beaucoup 
d'habileté. Après une année d'épreuve , il sortit 
de son couvent dont le régime ne convenait pas 
à sa santé, retourna à Augsbourg, où il reprit le 
cours de ses études, puis se rendit à l'abbaye des 
Bénédictins de Donawerth, en 1778, y recommença 
UB noviciat, et pendant ce temps prit des leçons 
de composition de Neubauer, puis de Rosetti, 
maître de chapelle du prince d'Oettingen Wal- 
lerstein. Le 20 juin 1784 il fit ses vœux et fut or- 
donné prêtre. C'est vers ce temps qu'il commença 
à composer des messes, des offertoires et des 
»ymplîoni(,s. La réputation que ces ouvrages lui 



procur(>rent 1(1 fil appeler en 1794, en qualité de 
maître de chapelle, à Hotzen. Il y resta sept ans. 
A cette époque, il demanda au pape sa séculari- 
sation ; l'ayant obtenue , il alla prendre posses- 
sion de la place de maître de cbapel'n le la 
cathédrale d'Augsbourg en 1801 , et IVcupa 
jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 4 février 18ï4. 

Les compositions religieuses de Bùblei sont 
faibles de style, et les idées n'y ont pas la maiesté 
convenable à ce genre de musique : mais elles 
ont une mélodie naturelle et facile, qui leiir a 
procuré une sorte de vogue dans les petites vUles 
où elles pouvaient être exécutées sans peine* Ses 
principaux ouvrages sont : 1° Six messes à quatre 
voix et orchestre, op. 1 ; Augsbourg, Lotter. — 2° 
Vingt-huit hymnes de vêpres, op. 2 ; ibid. — 3° 
Missa solemnis (enla), op. 3; ibid. — 4° Trois 
messes allemandes à trois vorx et orchestre, n°' i, 
2 et 3; Augsbourg, Bœhm et Lotter. — 5" Litanie 
de la Vierge à quatre voix et orchestre ; ibid. — 
6° Messes en si et en ut, à quatre voix, orcheslrt 
et orgue; Mayence, Schott. — 1° Me&se poui 
soprano, alto, basse ( et tenoread libilum ), avec 
orchestre; Augsbourg, Bœhm. — 8° Messe en ré 
à quatre voix et orchestre ; ibid. — 9° Messe brève 
et facile, à quatre voix et orchestre ; ibid. — 
10° Offertoires pour tous les temps à quatre 
voix, orchestre et orgue; ibid. — 11» Beaucoup 
de psaumes, Pange Ungua, Libéra, Requiem, 
Te Deum, Vêpres , cantiques et airs d'église ; 
ibid. — 12° Plusieurs recueils de chansons alle- 
mandes avec accompagnement de piano ; ibid. — 
13° six Sonates faciles et plusieurs recueils de pe- 
tites pièces pour l'orgue; ibid. — 14° Des préludes 
et des versets pour le même instrument ; ibid. 
— 15° Plusieurs airs variés pour le clavecin. — 
16"" Sonates pour le même instrument. — 17° Des 
.suites de petites pièces. Biihler s'est aussi fait 
connaître comme écrivain par un petit ou- 
vrage intitulé : Partitur Regeln in einem kiirzen 
Auszugejûr Anfaenger, nebst einem Anhange, 
wie man in aile Tœne gehen kœnne ( Abrégé 
des règles de la partition pour les commençants 
etc.) ; Donawerth, 1793, in-4o. Il a paru à Munich 
une deuxième édition améliorée et augmentée de 
cet ouvrage. 

BlJHLER (Jean-Michel), constructeur d'or- 
gues et de pianos à Bayhingen, dans le Wur- 
temberg, vers 1790, a travaillé d'abord chez 
Spath etSchmahl àRalisbonne. Il a fait annoncer 
dans la Gazette Musicale de Spire ( 1791, pag. 
175 ) des pianos à deux claviers de son invention. 
Il ne paraît pas que cette innovation ait eu du 

SMOCèS.. 

BUÏÎ^I (Joseph-Marie), compositeur drama- 
tique, né à Bologne, vers la fin du dix-septième 



1C6 



BUmi — BULL 



siècle, était aussi poêle et composa les paroles 
de plusieurs opéras qu'il mit en musique. Ses 
ouvrages ont eu du succès dans la nouveauté ; 
en voici les titres : 1° L'Ipocondriaco, à Florence, 
1718. — 2° Il Mago deluso dalla ma(jia,k 
Bologne, en 1718. — 3o La Pace per amore, 
en 1719. — 4° 1 diporti d' Amore in Villa. — 
5° GV Inganni fortunati, à Venise, en 1720 — 
6" Filindo, à Venise, en 1720. — 7° Armida de- 
luxa, fin 1 720 — 8» Cleofile, en 1721 . — 9° Amore 
€ Maestà, ovvero l'Arsace, à Florence en 1722. 

— 10° Gl' Inganni, felici , en 1722. — IT Ar- 
mida abbandonata , en 1723. — 12° La Ninfa 
riconosciuta, en 1724. —13" V Adélaïde, à Bo- 
logne en 1725. — 14° Gli Sdegni cangiati in 
amore, en 1725. — 15° Il Savio délirante, en 
1725. — 16" La VendettadisarmatadalV Amore, 
en 1726. — 17" Albumazar, en 1727. — 18° La 
forza del sangue, en 1728. — 19° Frénésie d'A- 
more, en 1728. — 20" Teodorico, à Bologne en 
1729. — 21° Malmacor, en 1729. — 22° Amore 
e Gelosia, en 1729. — 23° Chinonfa, non /alla, 
en 1729. — ^i° Endimione, à Bologne, en 1729. 

— 25» VOrtolana Contessa, en 1730. — 26" Il 
Podesià di Colognole, en 1730. — 27° La Mas- 
chera levataal vizio, en 1730. — 28° Artana- 
gamenonc, à Venise en 1731. — 29° Fidarsi è 
ben, via non fidarsi è «leg'Z^o, à Venise en 1731. 

— Z0° Gli Amici rfe Mar^eZ/i, à Bologne en 1734. 
On connaît aussi de Buinides sonates pour violon 
ot clavecin imprimées à Bologne. 11 avait été 
nommé membre de l'Académie des pliilharmoni- 
ques de cette ville en 1722, et eu fut prince en 
1730 et 1735. 

BU LAiXT (Antoine), professeurde musique 
àl'aris, vers 1784, y a publié quelques œuvres de 
musique instrumentale, dont Six quatuors pour 
violon, op. 2 ; Six duos pour clarinette, op. 4; 
et Quatre symphonies à grand orchestre, op. 5. 

BULGARELLI ( Mauianisr-Benti ) et non 
Bulgarini, surnommée la fioma??î??a, futune des 
cantatrices les plus distinguées de la première , 
partie du dix-huitièrne siècle. Elle brilla plus 
longtemps qu'il n'est donné d'ordinaire aux can- 
tatrices, car elle chantait déjà à Rome en 1703, 
et on la retrouve encore au théâtre à Venise 
en 1729. Née à Rome, non en 1679, comme on 
i'a dit dans la Gazette du inonde élégant 
(Zeit. liird. eleg. Welt., 1829, n° 9), mais en 
1684 , elle revint dans sa ville natale en 1730, 
lit y mourut q.uatre ans après. Les Vénitiens la 
redemandèrent souvent, et témoignèrent toujours 
un grand enthousiasme en l'écoutant. Elle chanta 
aussi dans les autres grandes villes d'Italie, 
particulièrement à Naplcs, avec beaucoup de suc- 
cès. Amie de Métastase, elle secourut ce grand 



poêle de sa bourse après qu'il eût dissipé la for- 
lune que Gravina lui avait laissée. En 1725, elle 
le suivit à Vienne, puis elle chanta à Breslau, et 
en 1728, à Prague. De retour à Rome, elle y passa 
dans le repos les quatre dernières années de sa 
vie, jouissant en artiste et de sa gloire et des ri- 
chesses qu'elle avait acquises. 

BULGHAT (Jean de), imprimeur de mu- 
sique à Ferrare, vécut vers 1540. Il avait formé 
une société pour son genre d'industrie avec Henri 
de Campis et Antoine Hiicher, ainsi qu'on le 
voit par le premier livre de madrigaux d'Alfonse 
délia Viola ( voy. ce nom ) qui sortit de ses 
presses en 1539. 

BULL (John), né dans le comté de Som- 
merseten 1563, était, dit-on, issu delà famille de 
Sommerset. A l'âge de onze ans îl commença à 
étudier la musique; Blitheman, organiste de la 
chapelle royale, lui donna les premières leçons 
et lui enseigna les principes de la composition et 
l'art de jouer de l'orgue. Il n'avait que vingt-trois 
ans lorsqu'il fut admis à prendre ses degrés de 
bachelier en musique à l'université d'Oxford, et 
six ans après il fut reçu docteur. Son habileté 
extraordinaire sur l'orgue le fit nommer organiste 
de la cour en 1591, après la mort de Blitheman. 
La reine Elisabeth le proposa, en 1596, pour rem- 
plir les fonctions de premier professeur de musique 
au collège de Gresliam. Il y prononça un discours 
contenant l'éloge du fondateur et celui de la mu- 
sique. Ce morceau a é\é imprimé sous ce titre : 
The Oration of Maister John Bull, Doctor o/ 
Musicke,. and one of the Gentlemen of his 
Majestie's Royal Chappell, as he prortounced 
the same, before divers worshipjul persons^ 
the Aider men and Commoners ofother people, 
the sixth day of october 1597, in the ncw 
ereeted colledge of sir Thomas Qresham : made 
in the commendation of Ihefoiinder, and the 
excellent Sience of Musicke. Imprinted at 
London by Thomas Este. Cinq ans après, le dé- 
rangement de sa santé le força à voyager; il par- 
courut la France, l'Allemagne , et fut accueilli 
partout avec distinction. A. Wood rapporte à ce 
sujet une de ces anecdodes qu'on a faites sur beau- 
coup d'artistes renommés. Il dit que Bull, étant 
arrivé à Saint-Omer, se présenta à un fameux 
musicien qui était maître de chapelle, et se pro- 
posa à lui comme élève. Ce musicien lui présenta 
un morceau à quarante voix don-t il se disait 
auteur, et il défia qui que ce fût d'y ajouter une 
seule partie ou d'y trouver une faute. On devine le 
reste. Bull demanda du papier réglé, se fit en- 
fermer pendant deux heures; et, quand le maître 
revint, il lui montra quarante autres parties 
qu'il avait ajoutées à son morceau. Alors le mu- 



BULL 



107 



sicien lui dit qu'il était Bull ou le diable , et se 
prosterna. Un conte si ridicule n'a pas besoin 
d'être réfuté. Plusieurs places honorables furent 
offertes au musicien anglais par l'empereur 
d'Autriche et les rois de France et d'iispagne ; 
mais il préféra retourner dans sa patrie. Le suc- 
cesseur d'Elisabeth, Jacques 1'='' le nomma son 
organiste particulier en 1607. Six ans après il 
quitta l'Angleterre de nouveau, parcourut les 
Pays-Bas, et enfin, serendit à Anvers, en 1617, 
pour solliciter la place d'organiste des trois orgues 
fie la cathédrale, devenue vacante par la mort de 
Kombout Waelrant. Le chapitre de l'église Notre- 
Dame la lui accorda, et John Bull prêta serment 
en sa nouvelle qualité, le 29 décembre delà même 
année. Il mourut à Anvers le 12 mars 1628, et 
fut inhumé le 15 du même mois (I). On trouve 
dans l'école de musique, à Oxford, un portrait du 
D. Bull. Il est représenté en habit de bachelier. 
Hawkins l'a fait graver dans sou Histoire de la 
musique ( tom. .3, p. 318 ;. Les seuls ouvrages 
de ce compositeur qui ont été imprimés, sont des 
leçons pour la virginale ( épinctte ) dans la col- 
lection intituléé:/'ar;/ienJrt,<;luneantienne : De- 
liver me, ô God, inséré dans le Cathedral music 
de Barnard. Le Dr. Burney a donné des varia- 
tions de Bull pour la virginale sm- lit , ré, mi, 
fa, sol, la, dans son Histoire de la musique 
(tom. 3, p. 115), et Hawkins nous a coniervé 
deux canons assez ingénieux du même maître ( A 
General History of Music, t. 2, p. 366.) Le Dr. 
Pepusch en avait rassemblé une nombreuse col- 
lection manuscrite et vantait leur excellence sous 
les rapports de l'harmonie, de l'invention et de la 
modulation. Ward en a donné le catalogue dans 
ses Lives of the professors o/ Gresham col- 
lège (Londres, 1740) -. On y trouve environ 
120 pièces pour l'orgue et la virginale, consistant 
en pavanes, gaillardes, allemandes, préludes, fan- 
taisies et variations. Dans ce nombre se trouve le 
fameux air God save the King, qui, avec les va- 
riations, occupe les pages 56 à 63 dans le ma- 
nuscrit. Les autres compositions du docteur Bull 
consistent en pièces de musique d'église à 3, 4 
et 5 voix ; elles sont au nombre de vingt-trois, et 
leur style est très-satisfaisant. Le docteur Durney 
prétend, au contraire, que la musique lie Bull, bien 
qu'assez correcte pour l'harmonie, est lourde, 
nrionotone, et fort inférieure à celle de Bird et de 
Tallis. 

Dans un écrit intéressant mtitulé : An Account 
oj the national Anthem intitled God swe tue 

|ij Ces faits, qui font cesser l'iacertitude où l'en était 
resté sur le lieu et l'époque où Bull cessa d'exister, ont 
été découverts dans les arcfiivcs de la catliédrale d'An- 
vers, par H. Léon de Burbure ( roycz ce nom ). 



I KiNC, M. Richard Clark a prouvé ( p. 67 et suiv. i 
que cet air célèbre a été composé par John Bull, 
à l'occasion de k Conspiration des poudres, à 
laquelle le roi Jacques 1" avait échappé en 1605. 
U est assez singulier qu'après avoir écrit cet air 
I qui lui valut la faveur de Jacques l", l'artiste 
ait été oblige d'aller chercher ensuite des moyens 
d'existence en pays étranger, sous le règne du 
même roi et de son fils Charles I^''. Au reste il 
résulte des recherches de M. Clarck que toutes 
les traditions qui ont attribué l'air dont il s'agit 
à Hifciidel , à Smith , son élève et ami , à Henry 
Carey (voy. ce nom), et même à Lully, sont 
sans fondement. 

BULL ( Ole-Bornemann ), le plus excentrique 
des violonistes virtuoses, est né le 5 février 1810, 
non à Christiania, comme on le croit généralement, 
mais à Bergen, à 70 lieues de cette ville, sur la 
côte occidentale de la Norvège. Il existe dans 
cette ville une école royale de musique où douze 
jeunes gens sont élevés gratuitement : Ole Bull y 
reçut sa première éducation musicale. Un pen- 
chant invincible le portait vers l'étude du vio- 
lon : il s'était procuré un mauvais instrument de 
cette espèce et s'y exerçait sans relâche; mais 
son père, qui le destinait à l'état ecclésiastique, le 
lui ôta, et l'envoya à l'université de Christiania, 
à l'âge de dix-huit ans. Préocupé de son goût 
favori, Ole Bull fit peu de progrès dans ses éluilcs 
scientifiques : elles lui devinrent bientôt insupfior- 
tables, et sa résoliition fut prise de s'affranchir 
de l'autorité paternelle. Encouragé par l'enlhou- 
siasms de ses jeunes compatriotes pour son jeu 
sauvage autant qu'original, il donna des concerts, 
et osa même remplir des fonctions de chef d'or- 
chestre avant d'être en état de lire une partition. 
Ayant amassé ainsi quelque argent, il partit [lour 
Cassel, en 1829, avec le projet de piendre des 
leçons de Spoltr; mais il y avait si peu de 
rapports entre l'organisation du maître et celle 
de l'élève, qu'ils ne purent s'entendre. La ré- 
gularité méthodique du premier faisait bondir 
l'autre d'impatience : ils ne tardèrent point à se 
dégoûter l'un de l'autre et à se séparer, Ole Bul] 
voulut en ap|)eler au public dans un concert où 
il donna carrière à toutes ses fantaisies; épreuve 
dangereuse dans laq,uelle il succomba sous les 
huées des partisans de l'école classique. Docouiagé 
parce résultat inattendu, il se rendit à Gocttingue 
pour s'y lisrer à l'étude du droit : mais cette 
époque était précisément celle où Paganini par- 
courait l'Allemagne et y excitait les jjIus vives 
émotions. Le caractère du talent de cet homme 
extraordinaire fut une révélation pour Ole Bull, 
et porta son admiration jusqu'à l'enthousiasme. 
S'attachant aux pas du célèbre artiste génois, ii 



10S 



BULL 



te suivit à Paiis,en 1831. Là coiiniiença pour lui 
Ja vie aventureuse et romanesque qui a fait de sa 
personne et de son talent quelque chose d'excep- 
tionnel et de fantastique. Dévalisé par des voleurs 
qui lui enlevèrent môme son violon, il s'aban- 
donna au désespoir et alla se précipiter dans ia 
Seine. Des bateliers l'ayant retiré de l'eau sans 
connaissance, on le transporta dans un corps de 
garde où des soins empressés le rap[)elèrent à la 
vie. Parmi les curieux que ce siiectacle avait at- 
tirés se trouvait une dame qui, frappée de la res- 
semblance d'Ole Bull avec un fils qu'elle avait 
perdu, le fit transporter clifcz elle et le confia à 
son médecin ; puis, quand il fut revenu à la santé, 
elle le combla de bienfaits, lui donna un excellent 
violon de Guarnérius, et lui fournit les moyens 
de se rendre en Italie, où il croyait que de grands 
succès l'attendaient. Arrivé à Milan, il y eut des 
démêlés avec la police autrichienne, et même fit 
sentir à ses agents sa force herculéenne. Obligé 
de s'enfuir, il se rendit à Bologne; il y arriva au 
mois d'avril 1834, et y donna, le 2 mai suivant, un 
concert dans lequel il joua deux morceaux de sa 
composition sans oichcstre et à quatre parties 
pour un violon seul, qui furent chaleureusement 
applaudis. De Bologne il alla à Rome, où il ne se fit 
pas entendre en public, puis à Naples où il arriva 
à l'automne de la môme année. Au mois de février 
183.b, il joua entre deux actes du Nouveau Fi- 
garo, de Ricci, au théâtre du Fonda, et se fit ap- 
plaudir avec enthousiasme dans une fantaisie de 
sa composition, avec orchestre. Après avoir visité 
ia Sicile et avoir passé quelques mois à Palernie 
et à Messine, il retourna à Naples, puis alla à Flo- 
rence, à Gênes, à Turin, et revint à Paris par le 
midi de la Fiance. En 1837, il était à Bruxelles et 
y donnait des concerts; puis il se rendit en Russie, 
et joua à Saint-Pétersbourg et à Moscou dans 
riiiver de 1838. A son retour il joua àKœnigsberg, 
Berlin, Breslau et Vienne. Dans l'année 1840 il 
fit un nouveau voyage en Allemagne, et se fit en- 
tendre à Munich, Salzbourg-, Eiancfort, Leipsicii, 
et Beiîin, aprèr; avoirjouéà Paris au théâtre de la 
Renaissance, sans y produire une impression favo- 
rable sur les artistes. A Leipsick, il trouva aussi 
de l'opposition, et les journaux de l'époque lui re- 
prochèrent'd'user de charlatanisme, tant par le ca- 
ractère de son jeu que par le choix des titres de 
ses morceaux ; par exemple Adagio dolente, et 
Allegro ridente. A la suite de ce voyage, il par- 
courut le Danemarck, la Suède, et rentra à Chris- 
liania, après douze ans d'absence. Ce fut à cette 
époque qu'il forma le projet d'un voyage dans 
l'Amérique du Nord, réalisé en 1844. Là, il donna 
nue libre allure à toutes ses excentricités, jugeant j 
avec intelligtnce les instincts dos populations 1 



au milieu desquelles il se trouvait, et mettant son 
talent en rapport avec leurs penchants. C'estainsi 
qu'il m'a dit lui-même en riant qu'un caprice 
extravagant, auquel il avait donné le titre du 
Bœuf mangé par le tigre, excita do tels transports 
d'enthousiasme dans tous les États de l'Union, 
qu'il en tira plus de CO mille dolars de bénéfice 
(300,000 francs)-. De retour en Europe, il fit 
une excursion à Alger dans l'été de 1846, puis 
parcourut le midi de la France, et revint à Paris 
à la (in de 1847. Peu de jours après la révolution 
de Février suivant, il se fit entendre dans un con- 
cert au profit des blessés, puis revint à Bruxelles 
pour la seconde fois. Après y avoir passé quelques 
mois sans y donner de concerts, il retourna en 
Norvège, et y fonda un théâtre national. Brouillé 
avec l'autorité locale de Bergen, à l'occasion de 
quelques formalités qu'il avait négligées, il subit 
une Condamnation, et, dégoûté du séjour de sa 
viije natale par cet incident, il s'en éloigna, vrai- 
semblablement pour n'y plus retourner; puis il 
donna des concerts en parcourant l'Allemagne, 
et enfin, se rendit dans rAméri([ue du Sud. 
Les journaux ont annoncé qu'il avait achcl-é de 
vastes terres en Pensylvanie, dans l'intention d'y 
fonder une colonie Scandinave; mais il y a lieu 
de croire que le résultat de cette entreprise n'a 
pas été heureux ; car Ole Bull est revenu en Eu- 
rope. 

Le caractère du talent d'Ole Bull a été, à son 
point de départ, une imitation de celui de Paga- 
nini; mais depuis lors il s'est modifié et s'est 
individualisé. Ses qualités sont une grande jus- 
tesse dans la double corde et un beau staccato. 
Quoique le reproche de charlatanisme qui lui 
a été sou rent adressé ne soit pas dépourvu de 
fondement, on n'a peut-f-tre pas assez estimé ce 
qu'il y a de distingué dans son jeu. Il a nalurel- 
lenient le sentiment expressif ; et, quand il ne 
l'exagère pas, il est capable d'émouvoir le con- 
naisseur le plus sévère. En 1848, il a joué devant 
moi un adagio pathétique avec une si grande per- 
fection de justesse et avec une expression si tou- 
chante et si vraie, qu'il eût pu se mettre dans ce 
moment à l'égal des plus grands artistes. Malheu- 
reusement, degrands besoins factices et beaucoup 
de vanité lui font souvent sacrifier. l'art et son 
propre sentiment au désir de caresser le mauvais 
goùtde son auditoire. Il aéCril plusieurs concertos 
et fantaisies pour violon et orchestre ; mais il n'a 
publié qu'un petit nombredeces morceaux, entre 
lesquels on remarque une Fantaisie avec varia- 
tions sur un thème des Puritani de Bellini . 
pour violon et orchestre, op. 3; Hambourg, Scliu- 
berth. On a publié son portrait lithographie i)ar 
Ramberg, chez le mémo éditeur. 



BULLART - BULYOUSZKT 



109 



BULLART ([SAAc),néa Rotterdam, le5jan- 
vier I5i)9, de parents catholiques, fut envoyé à 
liordeaux pour y faire ses études. 11 devint pré- 
teur de l'abbaye de Saint-Waast à Arras, clieva- 
licr de l'ordre de Saint-Michel, et nionrnt le 
17 avril 1672. On trouve les portraits et les no- 
tices de plusieurs musiciens et écrivains sur la 
musique dans son Académie des Sciences et des 
Arts, contenant les vies et les éloges histori- 
qties des hommes illustres de diverses nations. 
Paris, 1682, 2 vol. in-fol. L'ouvrage fut publié 
par les soins du fils de l'auteur. 

BULO W-DEI\I\E WITZ (Frédéric-Guil- 
laume, comte), général prussien, né le 16 fé- 
vrier 1755 à Falkenberg, dans la Vieille-Marche, 
est mort le25févrierl816,àKœnigsberg, où était 
le siège de son gouvernement de la province. On 
sait que c'est l'arrivée du corps d'armée commandé 
par ce général sur le champ de balaiHe de Waterloo 
qui a décidé les désastres de l'armée française dans 
celte journée. La vie militaire de ce personnage 
n'appartient pas à la Biographie universelle 
des musiciens; H n'y est cité que comme amateur 
distingué et compositeur. En 1814, nn psaume à 
plusieurs voix de sa composition a été exécuté 
dans l'Institut de Riel , à Kœnigsberg ( voy. la 
Gazette générale de musique de Leipsick, 17^ 
année, p. 472). 

BULOW (Hans-Guido de), est né à Dresde, 
le 8 janvier 1830: il est fils du baron Edouard 
de Biilow, romancier mort en Suisse dans l'an- 
née 1853. Il ne cultiva d'abord la musique que 
comme amateur. Fr. Wiecklui enseigna le p'rano, 
et Eberwein la théorie de la musique, à Dresde. 
En 1848, M. de Bûlow se rendit à Leipsick, puis 
à Berlin pour y suivre les cours del'université et se 
livrera l'étude du droit. Cependant son penchant 
pour lamusique étant devenu de jour en jour plus 
décidé, il soumit à l'arbitrage de Liszt et de Ri- 
chard Wagner la question de son aptitude à cul- 
tiver l'art avec succès : leur avis favorable le 
décida à entrer dans celle carrière nouvelle. 
En 1850, il se rendit à Zurick près de Wagner. 
qui lui fit obtenir la place de chef d'orchestre du 
théâtre de cette ville, et lui donna des instructions 
pour l'exécution de ses opéras Tanhgeuser et 
Lohengrin. Au printemps de 1851 , M. de Bûlow 
se rendit à Weimar pour y perfectionner son 
éducation musicale sous la direction de Liszt, qui, 
pendant deux années, lui donna des conseils 
pour ses études de piano. Au mois de juin 1852 
il joua pour la première fois en public dans la fête 
musicale dirigée par Liszt à Ballenstadt. Dans 
la môme année, une ouverture qu'il avait com- 
posée, pour le César de Shakspeare, fut exécutée 
au théâtre de la cour à Weimar. C'est aussi à 



cette époque qu'il prit part à la rédaction de la 
nouvelle Gazette musicale de Leipsick, en qualité 
d'adepte de la musique de Wagner et de son 
école. Ses articles, écrits d'un style tranchant et 
hautain , reproduisent sous des formes diverses 
les extravagantes opinions du parti dont il est 
l'organe. An mois de février 1853, M. de Bûlow a 
fait un premier voyage à "Vienne et en Hongrie 
pour y donner des concerts : à Pestli il a obtenu 
de brillants succès, par la puissance de sa 
grande exécution. Au mois d'octobre de la même 
année il a pris part à la fête musicale de Carls- 
ruhe, puis il a donné des concerts à Brème, Ha- 
novre, Brunswick et Hambourg. De retour à Ber- 
lin , il succéda , au mois de décembre 1854, à 
Kullak dans la place de premier professeur de 
piano à l'école de musique fondée par les pro- 
fesseurs Marx et Stem , sous le nom de Con- 
servatoire. Après avoir fait un second voyage à 
Breslau, Posenet Dantzick, il a pris possession de 
cette place au mois d'avril 1855. En 1859 et 1860, 
M. de Bulow s'est fait entendre à Paris avec 
grand succès. Il est gend-re de Liszt. Quelques 
compositions pour le piano ont été publiées 
par cet artiste, dont le talent est de premier 
ordre. 

BULYOUSZKY (Michel), naquit à Dulycz, 
au comté d'Owaron, dans la Haute-Hongrie, vers 
le milieu du dix -septième siècle. Il fit ses études 
dans les universités de Witteraberg, .deTubin- 
gue et de Strasbourg. Le retour dans sa patrie 
lui étant interdit par la guerre qui la désolait 
alors , il se fixa en Allemagne, et fut successive- 
vement lecteur au collège de Dourlacli, prorec- 
teur à Pforzheim, recteur à Oehringe en 1692, 
prorecteur et professeur au collège de Stuttgard , 
en 1696, enfin, professeur de philosophie morale 
et de mathématiques au collège de Dourlacli, orga- 
niste et conseiller de la cour. On ignore l'époque 
de sa mort ; on sait seulement qu'il vivait encore 
en 1712. Bulyouszky a publié: i'^ Brevis de emen- 
datione organi musica tractatio, seu Kurze 
Vorstellung von Verbesserung des Orgelwerks, 
lateinisch und deutsch (Courte notice sur le 
perfectionnement des orgues, etc. ) Strasbourg, 
1680, in-12''. — 2° Tastatura quinque formis 
PanharmonieorMetathetica, suis quihusdam 
virtutibus adumbrata. Cujns ope, soni omnes 
musici excitantur : Thema quodcumque, 
quotunmmquejingradummiisicuni, tam sur- 
sum , quam deorsmn , eadem semper servata 
propordone gecmetrica, sine ulla offensione , 
transponitiir : circulatio musica plene con- 
ficitur : omnes morbi claviaturx vulgaris ra- 
dicitus tolluntur : resque musica universa, 
rjicod admirabunda juxta agnoseet posteri- 



110 



BULYOUSRY — BUNTING 



tas,incremenlis ingentibus auyetur. Opus inde 
a cunabUïs dïvinae arùis desideratum : inven- 
lum multoriim annorum medïtatione, ac /a- 
ôoï-e,Dourlacli, 1711, in-4'', 8 pag. Voilà nn titre 
bien long pour un ouviage fort couit. Celle bro- 
chure n'est qu'une espèce de prospectus dans 
lequel l'auteur rendait compte des reclierclfcs 
qu'il avait faites pendant quarante am; pour ob- 
\ier aux inconvénients do la division de notre 
échelle musicale, eu évitant le tempérament dans 
l'accord des instruments à clavier. Ii annonce 
qu'il est parvenu au but de ses travaux au moyen 
de cinq claviers mobiles et superposés, adaptés à 
un instrument qu'il avait fait exécuter. H ne révé- 
lait point son secret dans sa brochure; mais il 
proposait de construire) partout où l'on vaudrait 
un orgue selon son système, pourvu qu'on Tin- 
demnisâldu temps qu'il avai!t employé à ses le- 
cbercheset des dépenses qu'elles lui avaient oc- 
casionnées, s'eugageant en outre à publier un 
ouvrageoù il développerait le fond de'son sys- 
tème. L'ouvrage n'ayant point paru, il est pro- 
bable qu'il ne s'est pas trouvé d'amateur assez 
zélé pour accéder aux propositions de Bulyousz- 
ky {voy. le Journ. des Savants, an. 1.712).. 
On a aussi de lui quelques ouvrages de sciences 
et de litlératiire. 

BÛjMLER (Geouges-Henbi), maître dccha- 
pelle du [irince d'Anspacb, naquit à Berneck, 
le 10 octobre 1069. A l'âge de dix ans il entra à 
l'école de Mœnchberg, d'où il se rendit à Berlin. 
Là il prit des leçons de chant, de clavecin et de 
composition de Ruggione Fedeli, raaitre de cha- 
pelle au service de la cour. Après a^voir terniiné 
ses études musicales, il passa à Wolfenbùttel, en 
qualité de musicien de la cour. De là il alla à Bay- 
reulh , Hambourg, et revint ensuite à Berlin. 
En 1698, le margrave d'Anspach le nomma di- 
recteur de sa chapelle, et lui permit eu 1722 de 
faire un voyage en Italie; mais bientôt le prince 
mourut, et Bùmler fut obligé de revenir à la hâte 
pour écrire la musique des funérailles. Des ré- 
formes furent faites alors à la cour d'Ansi)ach, et 
Bùmler fut congédié. Il entra au service de la 
veine de Pologne, électrice de Saxe, et resta deux 
ans dans celte position ; puis il donna sa démis- 
sion, et resta une année sans emploi . En 17?.e, il 
fut rappelé à Anspach par la margrave , qui le 
réintégra dans son emploi, et depuis ce temps il 
ne changea plus de position. Il mourut à Ans- 
pach le 26 août 1745, à l'âge de soixante-seize ans. 
Uùmicr avait été marié deux fois et avait eu seize 
enfants, dont sept seulement lui survécurent. H 
a beaucoup écrit pour l'église, mais aucune de 
ses compositions n'a (ié [lubliée. Outre ses con- 
naissance^ musicales, il en avait dans les nia- 



tbéniatiques, particulièrement dans la mécani- 
que, et dans l'optique. Il a construit beaucoup de 
longues-vues et de cadrans solaires, eta écrit un 
traité sur les moyens de perfectionner ces der- 
.niers. Il fut aussi l'un des coopératenrs de la bi- 
bliothèque musicale de Mitzler. Son portrait se 
trouve dans cet ourrage, 

BÛNEMANJV (Chrétien-André), né à 
Treuenbrietzenen 1708, fut nommé inspecteur du 
gymnase de Joachimstal à Berlin, après avoir fini 
ses études à Francfort-sur-l!Oder. 11 obtint la place 
de recteur du môme gymnase, en 1 740 , et fut enfin 
recteur de celui de Frédéric, en 174G. Il est mort à 
l'âge de trente-neuf ans,.le 24 novembre 1747. On 
a de lui un opuscule intitulé : Programma de 
caniu et cantoribus ad aud. Orat. de musica 
virtutis administra ; Berlin, 1741, in-4°. Forkel 
et Lichtcnthal citent un ouvrage sous le titre al- 
lemand Vondem Ursprunge des Gesanges und 
der Vorsanger, qui paraît être le môme que le 
précédent. 

bUNTE (Frédéric), violoniste allemand, 
ne m'est connu que par quelques compositions 
qui portent son nom, entre auties dix variations 
pour violon principal, deux violons et violon- 
celle,surle quatuordu Sacrifice interrompu, de 
Winter: Kind, willst du ruhig schlafen. (En- 
fant, veux-tu dormir tranquillement?), op. 1. Of- 
fenbach, André, et quelques œuvres de duos pour 
deux violons. 

BUJMTING (Henri), théologien luthérien, né 
à Hanovre en 1545, fit ses études à Wittenberg, 
et fut successivement pasteur à Grunow et à Goz- 
lar. 11 mourut à Hanovre le 30 décembre 1606. On 
connaît sous son nom : Oratio de musica, re- 
citatain schola Goslariana, quum fucrit in- 
troductio novi cantons, docti et honestijuve- 
nis, dominï Sebast . Mag%i,contincns duplieein 
catalogum musicorum ecclesiasticorum et 
pro/aMon«w ; Magdebourg, 1596, in-*". 

BUNTING (Edouard), né à Londres, 
en 1763, d'une famille originaire d'Irlande, fut 
organiste à Dublin pendant plus de quarante ans. 
Il mourut en 1843, à l'âge de quatre-vingts ans. 
Homme d'une rare instruction et doué de beau- 
coup de goût, il avait fait une étude particulière 
des anciens airs irlandais qu'il a harmonisés dans 
leur véritable caractère. On a de lui un très-bon 
ouvrage intitulé : A gênerai collection of the 
ancient Music of Ireland arrangea for the 
piano-furte; to which is prefixed a historical 
and critical Dissertation on the Egyptian, 
British and Irish Harp-; London, Clemcuti and 
C° (s. d.), gr. in-fol. avec planches et musique. 
Une deuxième édition, augmentée de recherches 
sur les anciennes mélodies de l'Irlande, a été pu- 



BUNTING — BURBURR 



111 



Lliécà Dublin en IS40, 1 vol. gr. in-4". La Dis- 
sertation qui précède les mélodies est un mor- 
ceau de grand mérite. 

BUONAVITA (Antoine), noble pisan, clie- 
vaiier, prêtre et organiste de Saint-Étienne de 
Pise, vécut dans la seconde iBoitic du seizième 
siècle. Il a fait imprimer de sa composition : 
Il primo Itbro de' Madrigali a qualtro voci, 
con un dialogo a ott,o ncl fine; In Vinegia 
appresso l'iierede di Girolamo Scotlo, 1587, 
in-4°. 

BUOIVO (Jean-Piekre-Dal), moine sicilien 
du dis-septième siècle, a publié à Palcrme, 
en 1G41 : Canoni oblighi sopra l'Ave Maris 
Stella a 4, 5, 6, 7 e 8 voci. 

BUONONCIJM. Foyes Bononcini. 

BUONPOUTI. Voyez Bonforti. 

BUOMTEMPI. Voyez Bontemh. 

BUUANA (J^ean-François), pbilologue et 
médecin à Padoue, naquit à Vérone dans le 
quiuzicme siècle. Il a l'ait, à la demande de Ga- 
lori, une version latine du traité d'Aristide Quin- 
tilien, dont le manuscrit existait du temps de 
Mallci {Veronailhist., P. il, pag. 244)dans la 
bibliothèque du comte Juan Pellegrini à Vérone. 
On voit au titre de cette version la date où elle 
a ét«i terminée: Aristidis Quintiltani musica e 
graecoin latinumconversa adhortationé Fran- 
chini Gafori Laudensis explicit décima quinta 
aprilis iidi . 

BURAIXELLO. Voyez Galuppi. 

BURBURK-DE-WESEMBECK (Léon- 
Philippe-Marie de), amateur distingué de mu- 
sique, compositeur et pbilologue, est né à Ter- 
monde (Flandre orientale ), le 17 août 1812. Ses 
beureuses dispositions pour la musique se firent 
apercevoir dès .ses premières années , et ses 
parents lui tirent enseigner le solfège à l'âge de 
sept ans, par le maitre de cbant de la collégiale 
de Notre-Darne. Charmé de ses rapides progrès, 
ce maitre lui donna aussi des leçons de violon- 
celle, et en fit un musicien bon lecteur en l'em- 
ployant comme violoncelliste dans la musique 
qu'il faisait exécuter aux messes et saints de son 
église. Envoyé au collège royal de Gand fiour 
y terminer ses humanités, le jeune de Burhure 
y continua l'étude du violoncelle sous la direc- 
tion de M. De Vigne, professeur distingué de cet 
instrum'^ntet ancien élève de Baudiot. M. Léon 
de Burbure, ayant achevé en 1828 ses études de 
collège, entra à l'université de Gand. Peu de 
temps après, il fonda, avec quelques amateurs de 
musique, tous étudiants de cette université comme 
lui, une société de symphonie à laquelle ils don- 
nèrent le titre de Lyre académique. Ce fut dans 
le sein de celte société qu'il essaya sa première 



composition, laquelle consistait en un divertisse- 
ment instrumental pour orcliestre, éciit à l'oc- 
casion d'une visite faite par h roi des Pays-Bas, 
Guilteume F"^, à l'université de Gand. La révo- 
lution de 1830 mit fin à l'existence de la so- 
ciété de la Lyre académique, et dispersa les 
élèves des universités. De retour à Termon<le, 
M. de Buibure s'y livra à son goût pour la mu- 
sique en exécutant avec son père et ses frères 
des quatuors de Pleyel et de Haydn dont le 
charme fit diversion aux troubles de cette épo- 
que d'agitation. Il sentait alors la nécessité de 
faireune étude sérieuse de l'harmonie pour satis- 
faire son penchant à la composition, et s'en- 
toura de bons traités de cette science dont il fit 
une lecture assidue. Dans cet intervalle, les 
cours des universités ayant été rouverts, M. de 
Burbure retourna à Gand, y retrouva avec joie 
SCS anciens camarades, et y reprit ses études. 
Le 8 août 1832, le diplôme de docteur en droit 
lui fut conféré ; mais la jurisprudence avait peu 
d'attrait pour lui, et son doctorat ne fut guère 
que le luxe de son éducation. Tous ses pen- 
ciiants se résumaient dans son amour pour la 
musique : cet art devint parla suite l'objet de ses 
constantes études : les nombreuses partitions 
que M. de Burbure a composées depuis 1833 jus- 
qu'au Jour où cette notice est écrite fournissent 
une preuve irrécusable de l'assiduité de ses tra- 
vaux dans cet art. Président de plusieurs so- 
ciétés musicales, telles que la société de Sainte- 
Cécile, la société dramatique Amour des Arts, 
la Société des Chœurs, et celle des Echos de la 
Dendre, il écrivit pour ces dernières un graml 
nombre de chœurs qui ont obtenu beaucoup de 
succès, et qui ont été publiés dans le Choriste de 
Costermans. C'est aussi à la bonne direction 
qu'il sut leur imprimer que ces sociétés sont 
redevables des médailles d'honneur qu'elles 
ont obtenues aux concours de 1839, 40, 41 
et 42. 

En 1840, la Société des sciences, des arts ef 
des lettres du Hainaut, à Mons, ayant ouvert 
un concours pour la composition d'une ouverture 
en harmonie, M. Léon de Burbure obtint le prix ; 
et la médaille d'or Ini fut décernée, le 20 avril, 
pour son ouverture de Charles-Quint. La ville 
de Termonde, fière de ce succès, lui fit faire, à 
son retour de Mons, une entrée solennelle qui 
prouva quelles étaient l'affection et la recon- 
naissance qu'on portait au lauréat. Ayant été 
nommé, en 1842, membre du conseil de l'église 
Notre-Dayne, il s'occupa de classer et d'inven- 
torier les archives de celte même collégiale. Ce 
fut en faisant celte rude besogne qu'il entrevit les 
immenses découvertes qui pourraient être faite» 



tl2 



BUR^URE 



pour riiistoire de la musique dans les documents 
des quinzième, seizième et dix-septième siècles 
que conservent qudqnes-unes des églises de la 
Belgique. La perte de sa mère, en 1845, le décida 
ainsi que son père à quitter Termonde, pour al- 
ler habiter Anvers; mais, avant de s'y fixer, 
M. de Burbure alla passer quelque temps à Liège, 
et s'y livra à des travaux analogues à ceux qu'il 
avait faits à l'église de Termonde. Ses recherches 
dans les archives du chapitre de Saint-Lambert 
lui fournirent des renseignements curieux sur 
plusieurs musiciens liégeois des siècles antérieurs. 
A peine établi à Anvers depuis quelques mois, 
il fut prié par les marguilliers de la cathédrale 
de mettre en ordre les archives de cette église, 
qui se trouvaient dans un désordre affreux depuis 
1797. M. de Burbure accepta celte tâche, dont il 
n'aperçut pas d'abord toute l'étendue; et depuis 
le mois d'octobre 1846 jusqu'en 1853 il s'y livra 
presque sans relâche. Par ses patientes et 
actives recherches, il recueillit dans ce travail 
des renseignements de tout genre sur les musi- 
ciens, peintres, sculpteurs, architectes, enlumi- 
neurs, copistes, etc., dont les travaux honorent la 
Belgique. C'est ainsi qu'il a constaté que c'est à 
Anvers que se sont formés ou ont résidé les plus 
illustres musiciens des anciens temps, tels que 
Ockeghem, Régis, Carlier, Barbireau, Obrecth, 
Puiloys, Jacotin, Baudouin, Castileti, Orland de 
Lassus, Pevernage, Tilman Susato, Waelrant, 
Pottier, Turnhout, Verdonck, John Bull, Li- 
berti, Gossec, et cent autres qui n'étaient connus 
que par leurs ouvrages. Je lui dois beaucoup 
d'éclaircissements concernant ces artistes. Les 
découvertes de M. de Burbure relatives aux 
architectes belges ne sont pas moins intéres- 
santes. 

A ces titres M. de Burbure ajoute celui d'avoir 
été un des plus actifs promoteurs de l'institution 
des sociétés de chœurs de la Belgique, pour les- 
quelles il a écrit un très-grand nombre de composi- 
tions. Il est membre d'honneur des plus importantes 
de ces sociétés à Bruges, Gand, Alost, Bruxelles, 
Mons, Anvers et Termonde, et appartient aussi à 
l'Académie de Sainte-Cécile de Rome, à la Société 
des sciences, des arts et des lettres du Hainaul, 
au Comité flamand de France, et enfin à La Gilde 
de Saint-Luc d'Anvers. Le Messager des sciences 
historiques et le recueil littéraire flamand Het 
Tact Verbond renferment plusieurs morceaux 
intéressants dont il est auteur. 

Comme compositeur M. de Burbure a produit 
beaucoup d'œuvres de tout genre -. la plupart de 
ses ouvrages sont exécutés avec succès dans les 
églises et dans les concerts d'Anvers et des Flan- 
dres. Ses productions les plus importantes sont 



cei/es-ci : Musique d'éclise à 4 voix et orchestre : 
1° Messe solennelle (en ut ). — 2° Amalecitx 
oratorio (en ré). — S" Stabat Mater (en ut 
mineur)* — 4° Te Deum (em jmj bémol). — 
5° Exultate Deo, psaume ( en ré). — 6° Litanies 
de la Vierge (en si bémol ). — 7° Cœli enarrant, 
psaume (en sol). — 8° Aima ( en fa ). — Begina 
(en ré); Ave (en sol); Salve {ea mi). — 9° Hxc 
dies {anmi bémol). — 10° Venisponsa (en fa) 
— ir EmitteSpiritum{eïi mi). —12° Jesu dut 
cis memoria (en la bémol). — 13° Levavi 
oculos (enmj héTaû{);Adjuvanos £)eM5(idem) 
i4 ne Maria (idem). — 14° plusieurs ranï7<me/'9'o, 
etc. — Musique d'orchestre : 15° Ouverture ( en 
mi bémol). — ]&° idem {^n sol). — il° idem 
de Jacques d'Artévelle {en ré) 18° Sympho- 
nie nationale (enr^). — Musique en h.vrmome 
MILITAIRE : 19" Ouverture de Qiiintin Metsys. 

— 20O idem de la Serafina. — 21° : idem de 
Gode/roi de Bouillon. — 22° idem de Charles- 
Quint, couronnée en 1840. — 23° Trois airs va- 
riés. — 24" Fantaisies, Caprices, Pots-pourris sur 
les Huguenots, Guido et Ginevra, le Postillon 
de Longjumeau, Les Martyrs, Le Brasseur de 
Preston. — 25° Marches, valses, pas redoublés. 

— Choeurs , scènes, cantates avec orchestre, en 
harmonie militaire : 26° Le Chant des pirates 
à 4 voix.— 27° Bardenzang à 4 voix. — '28° La 
Ronde des Fées, à 3 soprani. — 29" Le Plaisir, 
à 6 voix. — 30° Vengeance, à 4 voix. — 31° De 
Stag by Doggersbook,k 4 voix. — 32° Linda- 
nus, ode symphonique à 4 voix. Choeurs saas 
accompagnement. — 33° Les mauvais Garçons, 
à 4 voix. — 34° Sz<r Veau, à 3 voix . —35° Amis, 
chantons, à 3 voix. — 3ù° Flandre au Lion 
à 4 voix. — 37° Belgie, idem. — 38" Souve- 
nirs de Boits/ort, valse à 4 voix. — 39o A7nis, 
rentrons, à 5 voix. — 40° Art, Patrie, et 
Dieu, à 4 voix. — iio j[jozart, idem. — 42» Les 
Mélomanes, à 4 voix. — 43o Chant de Noël, 
à 4 voix. — ii°Storm en Kalmte, à 4 voix. — 
45° Hymne à sainte Cécile, à lo voix. — Airs 
AVEC orchestre : 46° Le Marin, pour basse. — 
47° L'' Absence, pour soprano. — 48° Le château 
de Maie, ballade. — 490 Ave maris Stella, pour 
basse. — 50° Exaudi Deus, pour ténor et violon- 
celle concertant. — 51° Miseremini mei, pour 
soprano. De plus, un très -grand nombre de ro- 
mances, mélodies, duetti, chansonnettes, avec 
piano, dont cinquante-six ont été publiées en 
Belgique et en Allemagne, depuis 1834 jusqu'en 
1850. 

M. de Burbure est depuis plusieurs années 
( 1858) administrateur de l'Académie des beaux- 
arts d'Anvers, et cette ville lui est redevable do 
l'exceilenl catalogue! de .son musée. 



EUIIBURK — BURCl 



m 



liURIUJRE (le VVESEMBECK (Gus- 
tave-LouisMap.ie DE), frère du précédent et 
conservateur des hypothèques à tiand, est né à 
Termondc, le 22 juillet 1815. Amateur de nui- 
sique zélé, il a cuUivé cet art avec passion dans 
sa jeunesse, et s'est fait une réputation d'habileté 
comme exécutant sur la clyrinette et comme 
chanteur dans les concerts. Il a composé plusieurs 
airs variés, marches, pas redoublés, etc., dont 
une partie a été publiée dans le journal de mu- 
sique militaire de Gambaro, et a arrangé beaucoup 
de morceaux d'opéras en musique d'harmonie 
pour les instruments à vent. On lui doit aussi 
plusieurs morceaux de musique d'église, tels que 
Tantum ergo, Salve Regina, Graduels enchœur 
avec orchestre, etc. Organisateur et directeur 
de la société chorale de Gand connue sous le 
nom de La Lyre gantoise, il a écrit pour elle des 
chants en chœur pour voix d'hommes. 

BURCHARD (Udalkic), professeur de 
philosophie à Leipsick, au commencement du 
seizième siècle, a fait imprimer un petit traité du 
chant grégorien , sous ce titre -. llortulus musi- 
ces practica:, omnibus divino gregoriani con- 
cenius modulo se oblectaturis tamjucundus 
quam proficuus; Leipsick, Michel Lotlier, ]518, 
3 feuilles in-4°. Il y a eu une première édition 
de cet ouvrage qui paraît avoir été publiée en 
1514, d'après la souscription de la préface. 

BURCÏIARD (Georges), moineàAugsbourg, 
vivait au commencement du dix-septième siècle. 
II a fait imprimer de sa composition une messe 
à ()uatre voix, avec accompagnement de quatre 
instruments; Augsbourg, 1G24, in-4°. 

BURCI (Nicolas), dont le nom latinisé est 
Burtius , et que Forkel appelé Burzio, naquit 
à Parme, vers 1450. Son père, MelchiorBurci, lui 
fitembrasser l'état ecclésiastique. Après avoir fini 
ses études, il fut élevé au sous-diaconat, le 28 
mars 1472, après quoi il se rendit à Bologne pour 
y étudier le droit canon. Arrivé dans cette ville, 
il s'y attacha à la famille Bentivoglio , et célé- 
bra dans des pièces de vers(c«rm»m), en 14SG, 
le mariage d'Annihal Bentivoglio avec Lucrèce , 
fille d'Hercule d'Esté. Il resta attaché à cette fa- 
mille jusqu'au pontificat de Jules 11, époque où 
les Deutivoglio cessèrent d'être en faveur. Alors 
il revint dans sa patrie et fut nommé recteur de 
l'oratoire de Saint-Pierre in Vincula. On voit 
par un acte du notaire Stefano Dodi, eité par Aff6 
(Memorie degli Scritt. Parmigiani , t. 3, p. 
l.')2), qu'il vivaitencore au mois de février 1518, 
et qu'il était guardacore dans l'église cathédrale 
de Parme. 

Un professeur de musique espagnol , établi à 
Cologne, nommé Bartholoraé Ramis de Parcja 

BIOCR. UNIV. ut;'» WUtlClti>S. — -j-_ „_ 



ayant atfa(jué la doctrine de Gui d'Arczzo, dans 
un ouvrage publié à Bologne en 1482 {voij. Ramis 
DE Paueja), Biirci prilladéfensedu moine Arétln 
I dans un Hvre intitulé -. Nicolai Burlii Parmen- 
I sis vmsiccs Professoris , ac juris Pontifici 
I studios issimi Musiccs opusculum incipit, cum 
defensione Guidonis Arelini adversus quem- 
dam Iltjspanum veritatis prevaricatorem; Bo- 
noniaî, 1487, in-4", gothique. Ce titre annonce 
peu de politesse et le style de l'ouvrage est en- 
core plus amer; la lingua e la doUrina iisata 
nel siiolibro, dit B. Baldi {Cronica de Mate- 
matici, p. 100), tengon del barbare e rug- 
ginoso. Quatre ans après, c'est-à-dire en 1491, 
Spataro, professeur de musique à Bologne , et 
l'un des élèves de Ilarnis, publia une défense de 
son maître. Burci ne répliqua pas; mais la dis- 
pute, qui changea d'objet, se renouvela entre 
Gafori et Spataro. On peiit voir les détails de 
cette discussion aux articles Ramis, Gafori et 
Spataro. 

Dans le totae cinquante-neuvième de la Bio- 
graphie Universelle do MM. Michaud est une 
notice sur Burtius par M. Weis. savant et la- 
borieux httérateur, où l'on trouve ce passage : 
« Il (Burcius ou Burci ) eut une dispute très- 
« vive avec un musicien espagnol qui s'était 
« déclaré contre le système de Gui d'Arezzo., et 
n le réfuta dans un ouvrage devenu très-rare. 
« Mazzuchelli (Sc?'j/^or. ItaL, II, 2449), copié 
a par les biograjibes italiens, prétend que l'Es- 
« pagnol dont il est question n'est autre que le 
« célèbre Barthélomi Ramos de Paréja; mais 
« c'est une erreur, puisque Ramos n'était pas 
« contemporain de Burtius.» Pour donner de la 
valeur à une assertion si extraordinaire, M. 'Weis 
renvoie à l'article Ramos ( tome trente-septième 
de la Biographie Universelle) : il paraît qu'il 
a pris à la lettre ce qui est rapporté dans cet 
article, roman ridicule qui ne contient pas un 
mot de conforme à la vérit-6 des faits {voyez 
Ra.^iis ou Ramos de Paréja). 

Mazziichelli cite le livre de Burci sous le 
titredc Encomium Musicœ ; Bononitr, l489,in-4°. 
Il aura sans doute été induit en erreur par quel- 
que catalogue mal fait ; mais voici un fait singu- 
lier. Ou trouve dans le catalogue du cabinet de 
curiosités de l'abbé de ïersan, vendu à Paris 
en 1820, l'indication suivante : Nicolai Burtïi 
parmensis musices opusculum, eum de/en ■ 
sione Guidonis Aretmi; Argentinae, per Joann. 
Pryfs, anno 1487, in-8°. L'auteur de la notice 
ajoute:» première édition d'un livre fort ourieux, 
« avec des notes de Mercier de Saint-Léger et 
« de M. de Tèrsan». Aucun bibliographe n'a 
connu cette édition, ([u'on ne peut révoquer en 

8 



ÎU 



BURCI - BURETTE 



doute, car toutes les indications sont précises. 
Les notes de Mercier de Saint-Léger auraient 
peut-être éclairci ce fait ; mais je n'ai point vu 
l'exemplaire qui est passé en Angleterre. 

On trouve dans les mémoires d'Affô sur les écri- 
vains de Parme les titres de huit autres ouvrages 
de Burci, qui n'ont point de rapport avec la mu- 
sique. 

BURCICAI (ZuANE ou Jean), compositeur 
vénitien qui, par son génie original, méritait d'ê- 
tre mieux connu, passa presque toute sa vie 
dans la compagnie des gondoliers pour lesquels 
il a componé beaucoup de barcarollcs dont les 
mélodies étaient en général mélancoliques. On 
a publié de sa composition deux ouvrages curieux 
intitulés : !• Fesiino del giovedi grasso à 5 
voci ; Venise, Amadino, 1608. — 2° La Pazzia 
.sentie «3 voci; ibid., 1607, in-4°. C'est le sujet 
traité par Bancliieri {voy. ce nom), mais d'une 
manière plus piquante et plus originale. 

BURCK (JoACHiM de), compositeur et can- 
tor à MiJlliausen, dans la seconde moitié du sei- 
zième siècle, naquit dans les environs de Magde- 
bourg. Il était bon organiste, et fut, à cause de 
son talent, l'un des 53 juges choisis pour la ré- 
ception de l'orgue de Grôningue, en 1596. Ses 
ouvrages imprimés sont : 1° Passion-Christi, 
nach dem 4 Evangelisten aufdem teutschen 
Text mit 4 Stimmen zusammen gesetzt; Er- 
fnrt, 1550,in-4°; Wittenberg, 1508, in-4'',et Er- 
furt, 1577, — 1° Ilarmonix sacrse tamviva 
voce, quam ïnstruvientis miisicis cantatu 
Jîiczindx; Nuremberg, 1566, in-4o, obi. -- 
3° IV Décades sententtosonim versuum; 1567, 
in-80. — 4° Cantïones sacrx 4 vocum, Miil- 
haiisen, 1569. — 5» Symbolum aposioUcuvi 
Nicicum, Te Deumlaudamus, etc., mit 4 Stim- 
men, 1569, in-4''. — 6° XX gelstliche Oden-mif 
Villanellen art gesestz, V partie; Erfurt, 1572, 
jn-8". — 7° idem., 2* partie; Mùlhausen, 1578, 
jn-s". — 80 Sacrœ cantiones plane novx ex 
vet. et novo Testamento 4 vocum ; Nuremberg, 
Gerlach, 1573, 10-4". — 9o Odse sacrée Lu- 
dovici Helmboldi Mulhusini suavibus har- 
moniis adimitationem italicarum villanesia- 
rum, nusquam in Germania lingux latinx 
antea accomodatarum , ornatx, studio Jua- 
chimi a Burck avis Mulhusini; Mulhusii, 
typis Georgii IlentzscfHi , in-s», lib. I-II. — 
10° IJebdomas div. instituta, sacris odis ce- 
lebraia, lecUonumque scholasticarum inter- 
vallis, cum Mulhusii, tiim alibi, per singulos 
dies et hor a s k vocum ; Mulhusii, 1560, in-8°. 
— 110 offtcknn sacro-sanctx cœnx Dominicx 
super canliunculum : Quanunirabilis, etc. ; Er- 
furt, Baumann, 1580,in-4<' obi. — 12° XL Teut- 



sche Lieder vom heil- Ehes lande mit 4 Stimmen, 
f^paitie; Mùlhausen, 1583, in-8°; 2« édition, 
1595. — 130 XLl Liedlein vom heil-Ehestande 
mit 4 Stimmen, T partie ; Mùlhausen, 1596. — 
14" 30 Geistliche Lieder au/ die Fest durck 
Jahr mit 4 Stimmen zu singen ; Miilhausen, 
1594, in-4'', etErfurt, 1609 in-8°. — 15« Die his- 
torisches Liedens Jesu-Christi, aus dem Evan- 
gelisten Luca von 5 Stimmen ; Miilhausen, 1597, 
in-4°, obi. — 10° Mag. L. Helmbolds Crepun- 
dia sacra fur 4 Stimmen; Miilhausen, 1596, 
2« édition, Erfurl, 1008. — 17» XL teutsche 
Liedlein , in 4 Stimmen componirt von Burck 
und joh;Eclîard, 1699. — 18° Helmbolds latei- 
nische Odx sacrxin 4 Stimmen gesetzt; 1626, 
in-4°. 

BURCKHAKD (. . . .), constructeur d'orgues 
célèbre, à Nuremberg, dans le quinzième siècle. 
Parmi les instruments qui sont sortis de ses mains 
on cite l'orgue de Saint-Sebald à Nuremberg, qui 
fut achevé en 1474. Bnrckliard est mort eu 1500. 

BURDACH (Daniel-Chrétien), docteur en 
médecine, né en 1739 à Kahle, dans la Lusace 
inférieure, fut reçu docteur, en 1768, à l'uni- 
versité de Leipsick, et mourut le 5 juin 1777. 
On a de lui une dissertation intitulée : De vi 
aris in Sono ; Leipsick, 1767, 32 pages in-4o. 

BURDE (ÉLisABr;TH-GuiLLELMiNE), femme 
de l'écrivain de ce nom, naquit à Leipsick en 
1770. Fille du maître de chapelle IliUer, elle 
apprit de son père l'art du chant, et acquit un 
talent remarquable. En 1805, elle était au théâtre 
de Breslau, et y faisait admirer sa belle voix, qui 
s'étendait avec égalité dans une étendue de trois 
octaves, depuis le /a grave jusqu'au contre fa 
aigu. Elle avait aussi le mérite de beaucoup 
de netteté et de précision dans les traits. Jeune 
encore, elle mourut d'une inflammation d'en- 
tiailles, le 11 janvier 1806. 

BURETTE (Pierre-Jean), naquit à Paris, 
le 21 novembre 1665. Son père, Claude Burette, 
était un harpiste habile et jouissait d'une grande 
célébrité (1). L'enfance du jeune Burette fut si 
valétudinaire, qu'on n'osa ni l'envoyer au collège, 
ni le fatiguer par des études sérieuses. Il apprit 
seulement la musique, dans laquelle il fit de rapides 
progrès. A l'âge de huit ans, il joua devant 
Louis XIV d'une petite épinette que son père 
accompagnait avec sa harpe. Ayant appris aussi 
(;et instrument, à l'âge de dix ans, il en don- 

(I) On trouve, dans le catalogue de la bibliothèque de 
lîureltt, l'indication d'une collection qui a pour titre- 
Pièces de clavecin et de harpe composées par CU liii- 
retto , musicien du roi, natif de Nuys en lîourgogn», 
rccucilUes et notées par 1'. , T. Burette, son flls, iii-fol. 
* obi., ï vol. datés de iCOS. 



BURETTE 



lf5 



nait <les leçons ainsi que de clavecin , et bien- 
tôt il eut tant de vogue, qu'il ne put suffire au 
nonihte de ses écoliers. Toutefois, ses succès 
ne pouvaient éteindre l'atflour des lettres qui s'é- 
tait manifesté en lui dès la plus tendre enfance; 
il employait à acheter des livres une partie 
du produit de ses leçons. Deux ecclésiastiques, 
amis de sa famille, lui avaient enseigné le latin, 
et par un travail assidu il avait appris seul la 
langue grecque, au moyen de la métliode de 
Lancelot. Bientôt cet amour de l'étude devint 
une passion si vive, qu'il en conçut du dégoût 
pour sa profession de musicien ; enfin, à force 
d'instances, il obtint de ses parents de quitter 
cet état, et d'embrasser la médecine. 11 fallait 
pour cela qu'il fît un cours de philosophie et 
qu'il prît ses degrés; rien ne le rebuta; une 
persévérance sans bornes lui fit surmonter tous 
les obstacles. Reçu successivement bachelier et 
licencié, il obtint le doctoratcn 1C90, n'ayant en- 
core que vingt-cinq ans. Deux ans après, il fut 
nommé médecin de la Charité des hommes, et 
professeur de matière médicale en 1098 ; enfin il 
devint professeur de chiruri',ie latine en 1701, 
et obtint une chaire de médecine au Collège 
Royal, en 1710. La connaissance qu'il avait faite 
de l'abbé Bignon lui procura la charge de cen- 
seur royal vers 1702, et l'entrée de l'Académie 
des inscriptions en 1705. Dès 1706, Burette coo- 
péra à la rédaction du Journal des Savants, et 
ne cessa d'y travailler pendant trente-trois ans. 
Il termina une vie honorable, laborieuse et tran- 
quille, le 19 mai 1747, âgé de quatre-vingt-trois ans. 
Tons les travaux littéraires de Burette se trou- 
vent réunis dans les mémoires de l'Académie des 
inscriptions ; ils se rapportent à la profession qu'il 
avait quittée, et à celle qu'il embrassa par la 
suite. Les premiers consistent en treize mémoires 
sur la gymnastique des anciens, qui est consi- 
dérée comme une partie de l'hygiène. Parmi 
ceux-ci se trouvent deux mémoires sur la Danse 
des anciens, tom. I, pag. 93 et 117 des mémoires, 
qui ont un rapport direct avec la musique. L'abbé 
Fraguier, ayant cru trouver dans un passage de 
Platon la preuve que les anciens avaient connu 
la musique à plusieurs parties, parce que le mot 
harmonie s'y trouve employé plusieurs fois, ex- 
posa ses idées dans un mémoire dont il est rendu 
compte dans l'histoire de l'Académie des inscrip- 
tions {voij. Fkacuier). Burette réfuta victorieu- 
sement cette opinion dans un autre mémoire, 
tom. lit, p. 118 de la partie historique. Il prouva 
que toute la musique des ancienss'exécutait à l'u- 
nisson (homophonie), ou à l'octave (antiphonie), 
selon qu'elle élait chantée par des voix égales, ou 
par des voix mêlées d'Iiommes et de femn;es, qui , 



sont, comme on sait, naturellement à l'octave. 
Il démontra que le mot harmonie n'avait pas 
chez les anciens la môme acception que parmi nous, 
et qu'il ne signifiait que le rapport existant entre 
des intonations successives. Cependant il admet- 
tait quelquefois l'usage de la tierce dans la musique 
des Grecs. Ce mémoire fut suivi de treize au- 
tres sur le même sujet, dont voici l'indication : 
1° Dissertation sur la Symphonie des anciens 
tant vocale qu'instrumentale, t. IV, p. 116. 
Elle a été traduite en latin, et insérée par Ugo- 
lini, dans son Thesaur. antiq. sacr., tom. 32. 

— 2" Dissertation où Von fait voir que les 
merveilleux effets attribués à la musique 
des anciens neprouvent point qu''elle fût aussi 
parfaite que la nôtre, tom. V, p. 133. — 
3» Dissertation sur le Rhythme de l'ancienne 
musique, tom. V, p. 152. — 4° De la Mélopée 
de l'ancienne musique, tom. V, p. 169. Burette 
publia dans ce mémoire trois morceaux de l'an- 
cienne musique grecque, dont Edmond Chilmead 
avait précédemment donné deux fragments dans 
son traité De Musica antiqua grxca, à la fin 
de l'édition à'Aratus, et Kirchcr, le troisième, 
dans sa Musurgie {voy. Chilmead). Burette y 
joignit la traduction en notes modernes, afin de 
mettre le lecteur en élat de juger ; mais l'exacti- 
tude de cette traduction est loin d'être parfaite. 

— 5° Discours dans lequel on rend compte 
de divers ouvrages modernes touchant Van- 
cienne musique, tom. VIII, p. 1. — 6" Examen 
du traité de Plutarqae sur la musique, 
tom. VIII, p. 27. — 7° Observations touchant 
l'histoire littéraire du dialogue de Plutarque, 
ibid., p. 44. On y trouve la nomenclature des 
éditions de ce dialogue, l'indication des variantes 
du texte et des traductions ; la notice et l'exa- 
men des critiques et des commentateurs. — 
8" Nouvelles réflexions sur la symphonie de 
Vancienne musique, pour servir de confirma- 
tion à ce çw'on a tâché d'établir là-dessus 
dans le quatrième volume des mémoires de 
Littérature, Md., p. 63. Le père Du Cerceau, se 
fondant sur ces deux vers d'Horace, 

Sonante mlstum Tlbiis Carmen lyra , 
Hac Dorluiu , lllis Barbarum, 

avait cru y trouver la preuve que les anciens 
connaissaient au moins l'harmonie de la tierce, 
et qu'ils avaient des concerts dans lesquels plu- 
sieurs instruments jouaient à la fois dans deux 
modes différents ; les nouvelles réllexions de 
Burette contiennent la réfutation de cette opi- 
nion. Toutefois, il faut avouer que, si l'expli- 
cation du jésuite Du Cerceau n'est passoutenable. 
Burette s'égare de son côté lorsqu'il veut dé- 



116 



BURETTE — BURGMULLER 



montrer que les anciens ont fait usage, borné 
à la vérité, des dissonances dans l'harmonie 
simultanée, parce que Du Cerceau lui avait 
prouvé que la tierce était considérée par les 
Grecs comme un intervalle de cette nature. {Voy. 
Du Cerceau) (1). — 9» Analyse du dialogue 
de Plutarque sur la musique, ihid., p. 80.— 
10° Dialogue de Plutarque sur la musique, 
traduit en français avec des remarqiies, 
tom. X,p. 3 — 11 Remarques sur le dialogue 
de Plutarque touchant la musique, tom. X, 
p. 180-330; tom, XIII, p. 173-31C; tom. XV, 
p. 293-394; tom. XVII, p. 31-60. Travail pré- 
cieux, dans lequel le texte grec se trouve cor- 
rigé avec soin, d'après un grand nombre de 
manuscrits : la traduction de Burette est ac- 
compagnée de beaucoup de notes dans lesquelles 
on trouve des notices sur plus de soixaute-dix 
musiciens de l'antiquité. On a tiré, pour les 
amis de l'auteur, quelques exemplaires du dia- 
logue et des notes; Paris, de l'imprimerie Royale 
1735, in-4o. Debure {Bibliog.instruct.)à\\.q\ie 
ces exemplaires ne sont qu'au nombre de dix. 
Clavier a ajouté la traduction de Burette à celle 
d'Amiot, dans l'édition des œuvres complètes 
de Plutarque, mais sans y joindre les disserta- 
tions.— 12° Dissertation servant d'épilogue ou 
de (fonclusion aux remarques sur le traité 
de Plutarque touchant la musique ; dans la- 
quelle on compare la théorie de l'anciennemu- 
sique avec celle de la musique moderne. I" et 
1^ parties, tom. XVII, p. 61-106. — 13» Sup- 
plément à la dissertation sur la théorie de 
l'ancienne musique, comparée avec celle de 
la musique moderne, tom.XW II, p. 106-12fi. 

Burette est l'un des hommes qui ont le plus 
contribué à débrouiller le chaos de la musique 
des anciens : il a mis dans ses travaux beaucoup 
de savoir et de sagacité ; mais Chabanon (Mém. 
del'Acad. des inscr., tom. 35, p. 361) et l'abbé 
Barthélémy {Avertissement des Entretiens sur 
l'état de la musique grecque) lui ont reproché 
avec justesse de n'avoir pas assez distingué les 
temps. 

Il n'a manqué à Burette que de connaître 
bien les conséquences de la tonalité de la mu- 
sique des anciens, quant à l'ensemble du système 
de cette musique. C'est pour avoir manqué de 
ce genre de connaissances, qu'il a en souvent re- 
cours aux ressources de l'érudition, au lieu d'en- 
trer avec hardiesse dans le domaine de la na- 



|1) L'éclaircissement du sens de ce passage d'Horace 
avait donné lieu précédemment à une dissertation de Mo- 
lineux, qui se trouve dans les Transactions philosupki. 
qiies, aimée 1702, n" 282. f'oy. Molinf.ux. 



ture des choses. Perne seul a bien connu cette 
partie de la musique des Grecs (voy. Perne). 

Burette s'est fait connaître comme composi- 
teur par des cantates dont la seconde édition a 
été publiée sous ce titre : Le Printemps et 
attires cantates françaises, de M. Burette 
maître de clavecin de it/"e de Charolois ; Paris, 
1722, in-4°. 

BURGDORFF (Zacharie), contrapuntiste 
du seizième siècle, vécut à Gardclebcn dans la 
Haute-Marche. Il a fait imprimer : Magnificat 
5 vocum; Magdebourg, 1582. 

liURGER (Le Père Innocent) naquit le 
30 mars 1745, à Tirschenreith (Cercle du Mein). 
Après avoir étudié avec ardeur les sciences et la 
musique, il entra dans l'ordre des Bénédictins à 
l'abbaye de Michaelfeld , le 20 septembre 1767, 
et fut ordonné prêtre le 15 septembre 1770. Il 
jouait très-bien du violon , et composa pour l'é- 
glise un grand nombre de messes, de vêpres, 
de litanies, antiennes, hymnes, etc. Il est mort 
en 1805. 

BURGH (A.), professeur du collège de l'U- 
niversité à Oxford, et littérateur anglais, a pu- 
blié un livre qui a pour titre : Anecdotes on 
Music, historical and biographical, in a sé- 
ries oflette7'sfrom a Gentleman tohisDaug- 
^Aer (Anecdotes historiques et biographiques, 
sur la musique, dans une suite de lettres d'un 
gentilhomme à sa fille); Londres, 1814, trois 
vol. in- 12. Ces lettres ont été traduites en al- 
lemand, par C. F. Michaëlis et publiées à Leip- 
sick en 1820, in-8°. L'ouvrage de Burgh est en- 
tièrement tiré de l'histoire de la musique par 
Burney et de celle de Hawkins; le troisième 
volume seul contient des détails assez intéressants 
sur l'état de la musique en Angleterre depuis 17S0. 
BURGIIERSÎI (LoRD), comte de WEST- 
MORELAIVD. Foi/es Westmcreland. 5 

BURGMULLER (Auguste - FRÉDif.nic) , 
né à Magdebourg, était, en 1786, directeur de 
musique au théâtre de Bellomo, à Weimar, et 
passa, en 1795, àceluide Koberwein, h Mayence. 
en la môme qualité, puis à Dusseldorf, où il 
mourut le 21 aoilt 1824. 11 a composé la mu- 
sique du petit opéra allemand : Bas Heette ich 
nichl gedacht, et celle de Macbeth. 

BURGMULLER (Norbert), fils du pré- 
cédent, naquit à Diisseldorf, le 8 février 1810 (1). 
Elève de son père, il s'est fait connaître comme 

(i) Suivant le supplément du Lexique universel de mu- 
sique, publié par Scliilling (p. 67), Burgmiiller .serait né 
en i804 ; mais la date que je donne est certaine, car je la 
tiens de l'artiste lui-même que j'ai vu ù Aix-la-Chapelle 
on iS34. Cette date est aussi donnée par M. Ferd. Becker 
(Oie TonkUst. des 19 Jahvli. p. i8.). 



BUllGMULLER — BURGSTALLER 



tl7 



pianiste et compositeur ; mais , esprit bizarre, 
ennemi des usages du monde, des conventions 
sociales et de toute contrainte, il avait une égale 
antipathie pour les formes de l'art dans lesquelles 
se sont exercés les grands maîtres des époques 
antérieures. Sa liaison intime avec le poëte Grabbe, 
autre esprit de la même trempe, l'entraîna dans 
des excès qui ruinèrent sa santé et nuisirent au 
développement de ses facultés. Il mourut à l'âge 
de vingt-six ans, le 7 mai 1836, à Aix-la-Chapelle, 
oii il était allé prendre des bains, dans l'espoir 
de ranimer ses forces éteintes. Burgmiiller fut un 
des fondateurs de l'association des fêtes annuelles 
de musique qui se donnent tour à tour, à la 
Pentecôte, dans les villes de Dusseldorf, Cologne, 
Elberfeld et Aix-la-Chapelle. Il a écrit plusieurs 
ouvertures, symphonies, quatuors pour instru- 
ments à archet, concertos et sonates pour piano ; 
la plupart do ces compositions Gont restées en 
manuscrit. Parmi ses ouvrages publiés, quel- 
ques-uns n'ont vu le jour qu'après sa mort. 
Sa première symphonie fut exécutée à Leipsick, 
en 1838, et y fut écoutée avec plus de curiosité 
que de sympathie. Une des meilleures produc- 
tions de Norbert Burgmiiller est une sonate pour 
piano en fa mineur, op. S ; Leipsick, Hofmeis- 
ter. Une autre pièce pour le même instrument, 
intitulée Rhapsodie, op. 13, ibid., est intéressante 
par l'originalité. On connaît aussi de lui des 
recueils de mélodies avec accompagnement de 
piano, op. 3, G et 10. 

DURGMÛLLER (Frédéric), né à Ratis- 
bonne en 1804, a fait ses études musicales dans 
le lieu de sa naissance, et s'adonna particulière- 
ment à celle du piano. En 1 829, il se rendit à 
Cassel pour y continuer des études de composi- 
tion sous la direction de Spohr. Dans un con- 
cert donné le 14 janvier 1830, il fit le premier 
essai de son double talent de pianiste et de com- 
positeur, en exécutant un concerto de piano avec 
orchestre, qui fut applaudi. En 1832, il arriva à 
Paris, d'où il ne s'est plus éloigné depuis cette 
époque, et s'y livra à l'enseignement et à la com- 
position d'une multitude de morceaux d'une dif- 
ficulté moyenne pour le piano, qui ont obtenu 
un succès populaire. Il aborda aussi la scène, 
car il écrivit en 1843 la musique du ballet La 
Péri , où l'on remarqua de jolis airs de danse, puis 
un acte de Lady Henriette, ballet dont ftlM. de 
Flottow et Deldevez composèrent les autres. 
Burgmiiller avait obtenu du roi Louis-Philippe des 
lettres de naturalisation en 1842 ; mais après 
1844 il disparaît en quelque sorte de la vie artis- 
tique, et depuis lors il s'est livré à l'enseigne- 
ment. Ses œuvres de piano les plus importantes 
consistent eu fantaisies, caprices, rondos, 



et sont au nombre d'environ cent, non compris 
un très-grand nombre de bagatelles plus légères 
et plus faciles, Burgmiiller, quoiqu'il ne man- 
quât pas de talent , a été le Henri Karr de son 
temps, c'est-à-dire un fabiicaut de petite mu- 
sique. 

Deux autres pianistes et compositenrsdu même 
nom ont aussi publié des morceaux de musique 
légère, si musique il y a. Le premier, Ferdinand 
Burgmùller, paraît avoir vécu à Hambourg et 
y a fait imprimer chez Schubcrlh des morceaux 
faciles, au nombre de trente-six, sous le titre de 
Ope; a/moid (L'ami de l'opéra), sous toutes sortes 
de foi mes et sur des thèmes pris dans les opéras 
à la mode ; puis Le petit Dilettante, en quatre 
rondeaux, et d'autres choses du même genre. 
L'autre, Henri Burgmùller, ancien élève du Con- 
servatoire de Prague, est professeur de piano dans 
celte ville. On a de lui des Fleurspour la jeu- 
nesse, morceaux arrangés sur des motifs des Dia- 
mants de la couronne ; Prague, Hofmann, etc. 
11 y a aussi un François Burgmiiller dont An- 
dré, d'Offenbach , a publié des pots-pourris in- 
titulés : Les Opéras modernes. Ce sont des airs 
inèlés et variés que l'auteur a pris dans La Fille 
du régiment, dans La Part du Diable, d'Au- 
Ler, etc. Les lexiques de Gassntr et de Schla- 
debach, continué par Edouard Bernsdorf, gar- 
dent le silence sur ces artistes. 

BURGSTALLER (Mauie-Walbourg), na- 
quit le 7 avril 1770 à Illcreichcn, en Bavière. 
Dans son enfance, elle fut envoyée chez son 
oncle, riche habitant d'Augsbourg, chez qui elle 
apprit la musique. En 1785, elle monta sur la 
scène, et joua en Suisse, dans le Wurtemberg, 
la Franconie, etc., sous la direction de François 
Grimmer, et partout obtint des succès par sa 
jolie voix, son chant gracieux, et son jeu spiri- 
tuel. En 1795, elle quitta la troupe de Grimmer, 
pour entrer dans celle de Valdonini à Augsbourg, 
et l'année suivante elle passa dans celle de Ross- 
ner, à Constance, où elle épousa le chanteur J. P. 
Tochtermann. Elle fut placée avec lui à Manheim 
au théâtre de la cour, en 1798, et deux ans après 
elle fut appelée à celui de Munich, où elle chan- 
tait encore en 1810. 

BURGSTALLER (François-Xavier), de 
la même famille, né en Bavière, vers 1815, s'est 
fait un nom comme virtuose sur le zither, instru- 
ment (le l'espèce des tympanons en usage dans la 
Hongrie, la Bohême, le Tyrol et dans une partie 
do l'Allemagne méridionale, mais dont les cordes 
sont pincées. Burgstaller vit actuellement (1854) 
à Munich. Il a publié pour son instrument des 
danses allemandes et des valses, op. 1, 2, 3, 4; 
Munich, Falter. — 1 00 /.a«dto" pour deux zilhers. 



1 18 



BURGSTALLER — BU RM AN 



ou pour deux violons et deux cbiineltes, op. 5; 
ibid. — Reseda Dûfle (Odeur de réséda) , collec- 
tion de valses, oj). C. ibid. — 3C Ldndler origi- 
naux, en trois suites, i)Our le zitl)er à baguettes; 
Munich, Aibl. 

BUUI (Louis-IsEMMouRG de), écrivain et 
fomposileur, était, dit Meusel, capitaine à Dier- 
dorf, puis à Neuwied en 1785. Vers ce temps 
il fit représenter au théâtre de cette dernière 
ville l'opéra Les Matelots, dont il ayait composé 
le livret et la musique. En 1789, il y donna Le 
Charbonnier, qui lui appartenait aussi comme 
poëte et comme musicien, et peu de temps après 
le drame â'Amasilt. Comme écrivain, de Ruri 
est connu par un recueil de mélanges intitulé : 
Bruchstûcke vcrmisehten Inhalts; Alfenbourg 
1797, 154 pages in-S". Il y traite des effets de 
la musique sur le cœur. Aux talents de com- 
positeur, de poëte et de littérateur, de Buri 
unissait celui d'une brillante exécution sur le 
violon : il a laissé en manuscrit des solos pour 
cet instrument. 

BURJA (Abel), professeur de mathématiques 
à l'Académie de Berlin, naipiit en 1752. Il fut 
d'abord instituteur de M. de Tatisehtchef, à Bal- 
dino, près de Moscou, ensuite prédicateur fran- 
çais à Berlin, ot enfin, en 1787, professeur et 
membre de l'Académie des sciences. En 1796 il 
lut dans une séance de l'Académie un mémoire 
sur la nature des sons produits par des plaques 
de verre, et sur l'usage de l'archet , pour les 
mettre en vibration. Ce mémoire a été inséré 
parmi ceux de l'Académie des sciences et belles- 
lettres de Berlin, 1796 (classe de mathém., 
p, 1-16). Dans la même séance Burja présenta 
le modèle d'une sorte d'harmonica composé de 
cloches de verre destinées à être mises en vibra- 
tion par des archets. On a aussi de ce savant 
la description d'un nouveau chronomètre sous 
ce titre : Beschreibung eines Musicalischen 
Zeitmessers ; Berlin, 1 790, 24 pages in-8°, etdeux 
Mémoires sur les rapports qu'il y a entre la 
musique et la déclamation. (Mém. de Berlin , 
1803. Part, mathém., p. 13-49.) 

BURKHARD (Iean-Andué-Christ. ), pas- 
teur en second et inspecteur de l'école de Leip- 
lieim, en Souabe, a publié à Ulm, en 1832, un 
dictionnaire abrégé de musique sous ce titre : 
Neuestes vollstêendiges Musikalisches Worier- 
buch, enthaltend die Erklserung aller in der 
Musik vorkommenden Ausdriicke fur Musiker 
und Musikfreunde. On a du mèmeauteur une ins- 
truction abrégée pour apprendre soi-même l'har- 
monie; cet ouvrage est intitulé : Kurze und 
fjrundlicher Unterricht im Generalbass zur 
Mlbsibcldirung ; Ulm, Ebner, 1827, ia-4o. 



BURIÎÏl ARDT (Salomon) , directeur d'une 
société de chant à léna, naquit à Triptis, près 
de Weimar, le 3 novembre 1803, et mourut à 
Dresde, le 19 février 1848. Fécond compositeur 
ou arrangeur de petites pièces pour le piano, 
il en a publié un grand nombre à Dresde et à 
Cliemnitz, la plupart sur des thèmes d'opéras. 
On connaît sous son nom environ 80 œuvres 
de ce genre. Il a fait im[)rimer aussi des Lie- 
der pour basse et pour soprano, à Hanovre, 
chez Hofmann, et des chants pour quatre voix 
d'hommes. 

BURLINI (Don Antonio), né àRovigo, dans 
la seconde moitié du seizième siècle, fut moine 
olivetain et organiste de Monte- Oliveto , à 
Sienne. Il est auteur d'un ouvrage intéressant 
qui a pour titre : Fiori di concerti spiritiiali a 
una, due, tre, e quattro voci, col basso con- 
tinua per l'organo, et altro simile istru- 
mento ; in Venetia, appresso Giacomo Vincenti , 
1012, in-4''. A la partie de basse continue on 
trouve cet avertissement, qui renferme les règles 
del'accompagnernent de la basse chiffréeles mieux 
formulées qui aient paru à cette époque, où l'inven- 
tion de ce genre d'accompagnement était récente. 
On y lit : Li presenti concerti si rcnderano 
assai vaghi e belU, se daW organisla sarà 
sonato il basso continua con le sue conson- 
nnnze semplici; cioe ottava, quinta e terza ; 
eccettuate perd quelle note segnate con U nu- 
meri di quarta, sctlima, sesta e quinta, che 
in tal luoco sarà sempre falsa ; quale note 
dovrano sonarsi necessariamente con il sua 
numéro per unire il suono con la voce, che 
canta. La quarta e terza magiore per far ca- 
denza perfetta (l'istesso dico delta sesta mag- 
giore) sono armai tanta usitati dalli organisti, 
ch'o .yiudicato traslasciarle, per non cnnfon- 
dere tanti numericon le note,rimcltandole al 
siia giudicio : il che sia per non detto i buoni 
e intelUgenti organisti. On connaît d'autres 
ouvrages de Burlini dont voici les titres: 1° Missa, 
Salmi e Motetti concertati a otto voci; Venise, 
Vincenti, 1615, in^». — 2° Lamentazioni per 
la settimanasanta a 4 i^oci con un Benedictus 
a cinque, e due Miserere a due cori. Il tutto, 
cancertato alla moderna co'l basso continua 
per il clavicembalo, o spinetta, aggiuntovi 
une parte per uno violino, e il modo di can- 
certarle , che è notaio nel basso continua; 
opéra settima, inVenezia, app. Giac. Vincenti, 
1614, in-4''. 

BURMAN (Éric), né à Bygdéa, dans la 
Gothie occidentale, le 23 septembre 1692, fit 
ses études littéraires, scientifiques et musicales 
à Técolc de Fitéa, puis au gymnase de Honn;- 



BURMAN — BUKMEISTKR 



110 



saiid.ctcntin à l'université d'Upsal. Zellingcr, di- 
recteur do musique à la cathédrale d'Upsal, lui 
donna des leçons de musique instrumentale. Le 

3 mai 1712, il prononça son premier discours pu- 
blic à la louange de la musique {De Laude Mu- 
sices), ce morceau ne paraît pas avoir été imprimé. 
En 1715, il publia une dissertation De Propor- 
tione harmonica qui parut à Upsal. Une se- 
conde partie du même ouvrage fut imprimée 
eu 17 16. Dans la même année il alla à Stockholm 
et y établit une école de mathématiques qu'il 
dirigea pendant trois ans. Nommé adjoint du 
professeur de mathématiques h l'université d'Up- 
sal, en 1719, il remplaça peu de temps après 
son ancien maître Zellinger comme directeur de 
musique de la cathédrale. En 1728, il fut élu 
membre de la société royale des sciences de la 
Suède. C'est"^vers cette époque qu'il s'occupa 
avec activité de travaux relatifs à l'astrono- 
mie. Comme président de l'université, il pro- 
nonça plusieurs discours et des dissertations sur 
divers objets de musique, son art favori. Une de 
ces dissertations a été publiée sous ce titre : 
Spécimen academicum de Triade harmonica, 
quod ann. Ampliss. facultate philosoph. in 
Reg. Ups. Universitate, et Prxside viro Am- 
pliss. M. Erico Burman, astron. Prof. Reg. 
et ordin. publico candidaiorum examini,add. 
3jun. an. 1727 in auditor. Gust. maj. Horis 
ante meridianis consuetis, modeste submit. 
S. R. M. Alumnus, Tobias Westenbladt, arosia 
Wesimannus ;\]ps3i\,Le:tcr. Wenerianis, in-S", 

4 feuUles. Ainsi qu'on le voit par ce titre, les ques- 
tions de cette dissertation avaient été posées par 
Burman, comme président, maiS' la thèse fut 
soutenue par Tobie Westenbladt. Quelques 
chagrins particuliers, dont Burman fut affecté 
avec trop do vivacité, causèrent sa mort le 2 no- 
vembre 1729. 

BURMANIX (François), fils de François Bur- 
ruann, professeur de théologie à Utrecht, naquit 
en cette ville, dans la première moitié du dix- 
huitième siècle. Il fut d'abord pasteur à Nimègue, 
et succéda à son père dans la place de profes- 
seur de théologie à Utrecht. On a de lui un 
livre qui a pour titre : Het nieuw Orgel in de 
vrye Heerbjkheid van Catwyk aan den Rhyn, 
den drieenigen God Tuegeheiligt, in eene Lee- 
rede over Ps. CL. terplegtige inwyinge van 
het zelven aldaar uitgesprooken op den 20 
july 1765 (Le nouvel orgue de la baronnic de 
Catwyk sur le Rhin, dédié à la Sainte Trinité, 
dans une instruction sur le psaume CL, etc.); 
Utrecht, 1705, in-4°. 

BURMANN (Gottlob-Guillaume), poëte, 
compositeur, et virtuose sur le piano , naquit 



en 1737 à Laubaii, dans la Lusace supéiicure, 
où son père était maître d'écriture et de calcul. 
Il fréquenta les collèges de Lœvenberg et de 
llirsehbcrg en Silésie, fit un cours do droit à 
Francfoit-sur-l'Oder, eu 1758, et retourna en- 
suite dans son pays. Plus tard il se fixa à Berlin, 
et y vécut de leçons de musique et de piano, 
d'articles littéraires pour les journaux, et du 
produit de quelques poèmes de circonstance. 
Quoiqu'il gagnât beaucoup d'argent , il avait si 
peu d'ordre et d'économie, qu'il tomba dans une 
profonde misère, surtout dans les dernières an- 
nées de sa vie, où une atteinte d'apoplexie pa- 
ralysa un côté de son corps. Burmanu était pe- 
tit, maigre, boiteux tt difforme ; mais dans ce 
corps si peu favorisé de la nature logeait une 
âme ardente et un vif sentiment du beau. Origi- 
nal et doué d'une facilité prodigieuse, il se faisait 
surtout remarquer dans l'improvisation. Sans 
être préparé, il pouvait parler en vers pendant 
plusieurs heures sur un sujet quelconque. Au 
piano il avait un jeu brillant, bien qu'il eût perdu 
le doigt annulaire d'une main : il s'était fait un 
doigté particulier par lequel il suppléait à la perte 
de ce doigt. Tel fut cet homme qui, placé dans une 
meilleure position, et avec plus d'ordre, aurait 
pu se faire une renommée durable. Il mourut le 
5 juin 1 805 , et ce même jour il envoya aux jour- 
naux un poëme où il se peignait mourant de 
misère. Comme compositeur, il se fit surtout re- 
marquer par l'originalité de ses chansons; il en 
est plusieurs dans ses recueils qui peuvent être 
considérées comme des modèles du genre. lien 
a fait un grand nombre. On a de lui : 1° Six 
pièces pour le clavecin, 1776. — 2° Quatre sui- 
tes pour le même instrument, 1777. — 3» Cinq 
recueils de chansons, publiés depuis 1766 jus- 
qu'en 1787. — 4° Chants simples (chorals), 
!'■■'■ ot 2'"'' recueils; Berlin, 1792. —5° IJarmo- 
nietten oder Slûcke-Klavier (Petites harmonies 
ou pièces pour le clavecin), 1'^, 2'' et 3® suites ; 
Berlin, 1793. —6° Winter-VeberHstung,oder 
deutsche national Lieder ( Le passe-temps de 
l'hiver, ou chansons nationales allemandes), trois 
suites pour les mois de janvier, de février et ds 
mars; Berlin, 1794. Continuation pour les mois 
d'avril , de mai et de juin, trois suites, idem, 
1794. — 8° Die Jahrzeiten fur Klavier , De- 
klamation und Gesang (Les saisons de l'année 
pour le clavecin, la déclamation et le chant, trois 
suites pour les mois de juillet, d'août et de sep- 
tembre, idem, 1794. — 9° Idem, pour les mois 
d'octobre, de novembre et dedécembre, 1794. 

BURMEISTER (Joaciiim), né à Lune- 
bourg, vers 1560, fut magister dans le môme lieu, 
et collaborateur à l'école de Kostock. Il est au- 



120 



BIIRMEISTER — BURNEY 



teiir (les ouvrages dont les titres suivent : j 
1° Synopsis Hijpomnematum Musicee poeticx j 
ad chorum gubernandum, cantumque coHi- 
ponendum conscripta a M. Joach. Burmeis- 
ter, ex Isagoge cujus et idem Auctor est ; 
Roslock, 1599, in-4°. 9 feuilles avec deux plan- 
ches notées. H y a quelques différences entre ce 
titre donné par Gerber et celui qui est cité par 
Forkel(^%em, Liter. derMusik, p.421), lequel 
est conforme à oelui (pie j'ai trouvé dans le.^ 
papiers de Brossard. Il paraît, au reste, par l'un 
et par l'autre titre, que cet ouvrage n'est que l'a- 
brégé d'un autre plus étendu du même auteur. 
Brossard le considérait comme un fort bon 
traité de composition. — 2° Musicaspracticse, 
sive artts canet^di ratio, quamvis succincta, 
perspicua tamen et usu hodierno ita accomo- 
datae; Rostock, 1601, in -4". Excellent petit 
traité du chant qui ne contient que 13 feuillets. 
Ces deux ouvrages sont fort rares ; Brossard en 
a fait des extraits assez étendus qui se trouvent 
dans ses recueils manuscrits in-4°, à la Biblio- 
tlièque impériale de Paris. — 3° Musica ainoayj.- 
6ta(TTixYu, qux per aliquot accessiones in gra- 
tiam p)hilovmsorum quoi'undam ad tracia- 
txnn de Hypomnematibus musicos poeticx 
ejusdem auctoris ffTtoptxÔYiv quondam exara- 
ias, etc.; Rostock, 1601, 32 feuilles in-4°. Cet ou- 
vrage est le plus considérable de tous ceux que 
Burmeister a publiés. Je ne le connais que d'a- 
près ce qu'en dit Gerber dans son nouveau 
Lexique des musiciens. Parmi les choses curieuses 
qui s'y trouvent, il y a une section spéciale 
sur la solmisation intitulée : De Pronuncia- 
iionis Sijmbolo , où se trouvent les sept syllabes 
ut, re, mi, fa, sol, la, si, et la septième note 
bémolisée y est appelée se. Burmeister dit que 
cette syllabe si est nouvelle {syllaba adven- 
titia et iwva). Cependant Zacconi dit dans la 
deuxième partie de sa Pratica di mv.sica{\\h. \, 
c. 10) que ce fut Anselme de Flandre qui donna 
ce nom à la septième note; or, ce musicien vivait 
à la cour de Bavière de 1540 à 1560. Voy. sur ce 
sujet Anselme de Flandre, Waelrant (Hubert) , 
De Putte (Henri), Calwitz, Uréna (Pierre de), 
Cararauelde LobUowitz, Hitzler (Daniel), Lemaire 
(Jean), Gibel (Othon) et Butlstett. Voy. aussi 
mon Rcsuvié philosophique de Vhistoire de lu 
musique ( p. ccxxni ). — 4° Psalmen von Mart. 
Luthersund anderer,mit meZociien; Rostock, 
1601, in-8°. — 5° Gerber indique un autre ou- 
vrage de Burmeister d'après un journal allemand 
{^Reichs-Anzeiger;?i.'an. 1802, p. 1713), sous ce 
\\\x&: Musica 2^oetica; Rostock. 1G06: ne se- 
rait-ce pas une deuxième édition du premier livre.' 
BUUKEAU ou BURIMAUX, surnommé 



de Toîirs, parce qu'il é!nit né dans celle ville, 
fut poète et musicien, sous le règne de saint 
Louis. On trouve deux chansons notées de sa 
composition dans un manuscrit de la Bibliothèque 
impériale, coté 65 (fonds de Cangé). 

BURIXEY (Charles), dcjcteur en musi- 
que, naquit à Shrewsbury, dans le mois d'avril 
1726. Les premiers éléments de son art lui furent 
enseignés par un organiste de la cathédrale de 
Chester, nommé Baker. Son beau-frère , maître 
de musique à Shrewsbury, lui donna ensuite des 
leçons de basse chiffrée. A l'âge de dix-huit ans, il 
fut envoyé à Londres, et placé sous la direction du 
docteur Arne. A peine avait-il achevé ses études 
près de ce célèbre compositeur, qu'il fut nommé 
organiste de l'église Saint-Denis in Fenchurch- 
Street. Il entra aussi, coiume instrumentiste, au 
théâtre de Drury-Lane, pour lequel il écrivit, 
en 1751, un petit opéra-comique intitulé : Bobin 
Hood, qui n'obtint pas de succès. Dans l'année 
suivante, il composa pour le môme théâtre la 
pantomime de la Reine Mab (Queen Mab) , qui 
fut mieux accueillie; mais Burney ne retirait de 
tout cela que peu d'argent, et ses moyens d'exis- 
tence étaient si peu assurés, qu'il fut obligé de 
quitter Londres, et d'accepter une place d'or- 
ganiste à Lynn, dans le romîé de Norfolk. Il 
passa neuf années dans ce lieu, et y conçut le 
plan d'une histoire générale de la musique, pour 
laquelle il lit des études et rassembla des maté- 
riaux. Ses devoirs, comme organiste, ne l'em- 
pêchaient pas de faire quelquefois à Londres des 
voyages pour y faire graver ses compositions. 
Enfin, les sollicitations de ses amis le ramenèrent 
dans celte ville, où il se fixa. Il fit imprimer, 
en 1766, plusieurs concertos pour le piano, et 
composa pour le théâtre de Drury-Lane un diver- 
tissement intitulé : The Cunningman (l'Hornme 
adroit), qu'il avait traduit du Devin du Village 
de J.-J. Rousseau. Cet ouvrage ne réussit pas, 
quoique la musique fût, dit-on, fort jolie. Ce fut 
vers le même temps que l'université d'Oxford 
lui conféra le grade de docteur en musique. En 
1770, il fit un voyage en France et eu Italie, dans 
le but de recueillir des matériaux pour son his- 
toire de la musique. De retour eu Angleterre, 
il y publia, en 1771, le journal de son voyage. 
L'année suivante il parcourut l'Allemagne, les 
Pays-Bas et la Hollande, sous le même point 
de vue, et il fit également paraître, en 1773, le 
résultat des observations faites dans ce second 
voyage. 

Dès l'arrivée de Burpey sur le continent , le 
plan de l'ouvrage qu'il projetait était arrêté; el, 
s'il y fit quelques légers changements , ils lui 
furent suggérés plutôt par des circonstances par- 



BUllNEY 



12f 



iliciilières que par des observations profondes (pii 
auraient motivé ces raodifications. C'est sans 
doute à celte cause qu'il faut attribuer la mar- 
rhe un peu superficielle qu'on remaraue dans 
le journal du docteur Burney. Il s'était fait un 
cadre, et ne cliercbait que ce qui pouvait y en- 
trer, au lieu de se proposer de l'agrandir, si 
quelque découverte inattendue venait lui révéler 
des faits dont ses lectures précédentes n'avaient 
pu lui donner l'idée. Aussi le voit-on passer à côté 
de monuments du plus haut intérêt, existants 
dans nos bibliothèques, sans les apercevoir. Je 
citerai à cet éj^ard la musique du moyen âge et 
antérieure au quinzième siècle, qu'il n'a fait 
qu'entrevoir. L'avantage le plus réel qu'il tira 
de ses voyages, fut de rassembler une belle col- 
lection de livres anciens et de manusciits relatifs à 
sou art, lesquels deviennent chaque jour plus 
rares. Après plus de vingt ans de préparation, 
le moment de mettre son projet à exécution était 
arrivé, et il se livra à la rédaction de son livre, 
qui l'occupa pendant quatorze années. Le pre- 
mier volume, intitulé : A gênerai History of 
Music, parut en 1776. 11 contient l'histoire de 
la musique chez les peupleô de l'antiquité jus- 
«ju'à la naissance de Jésus-Christ. Le second , 
publié en 1782, traite de la musique depuis le 
commencement de l'ère chrétienne jusqu'au mi- 
lieu du seizième siècle. Le troisième, qui fut im- 
primé cinq ans après, contient l'histoire de la 
musique eu Angleterre, en Italie, en France, en 
Allemagne, en Espagne et dans les Pays-Bas. 
Enfin le quatrième volume, sorti de la presse 
en 1788, comprend l'histoire de la musique dra- 
matique, depuis sa naissance jusqu'à la fin du 
dix-huitième siècle. 

Dans le temps où paraissait le livre de Bur- 
ney, Hawkins ( voyez ce nom) , autre écrivain 
anglais, en publiait un sur le même sujet, en 
cinq volumes in-4°. Mais ces deux ouvrages eu- 
rent un sort bien différent. Celui de Hawkins, 
déprécié à son apparition par tous les journaux 
littéraires, n'eut aucun succès. Celui de Burney , 
au contraire, pour lequel les princes, les grands, 
les savants et les artistes avaient souscrit, fut 
prôné dans toute l'Europe, et telle fut la faveur 
qui l'accueillit, que la lenteur de sa publication 
ne nuisit pas même à son succès. Il faut en con- 
venir, il y eut dans cette différence de destinée 
des deux livres un nouvel exemple des caprices 
de la fortune et de l'injustice qui préside souvent 
aux jugements humains. Bien supéiieur à l'his- 
toire de Hawkins, sous le rapport du plan, l'ou- 
vrage de Burney lui cède souvent pour les dé- 
tails, et n'est pas exempt de reproches à d'autres 
égards. J'ai dit la cause de ses défauts en par- 



lant des voyages de l'auteur. J'ajouterai que 
Burney , malgré sa grande lecture, n'avait pas 
fait d'études assez fortes dans le contrepoint ni 
dans le style l'ugué pour bien juger du mérite 
des compositions ; qu'il n'avait ([u'une connais- 
!;ance médiocre des qualités propres des divers 
styles, et qu'il ignorait absolument les rapports 
des tonalités avec les différents systèmes d'har- 
monie et de mélodie. Son livre , composé pour 
l'Angleterre, a d'ailleurs le défaut de renfermer 
trop de détails sur la musique anglaise, depuis 
le seizième siècle ; car cette musique a été sans 
influence sur les modifications et sur la progres- 
sion de l'art dans le reste de l'Europe. Rien ne 
montre mieux l'absence de vues élevées dans la 
tête de Buiney, que ces fastidieux détails sur les 
représentations théâtrales de Londres dont 
le quatrième volume de son histoire est rempli. 
Toutefois, écrivainagréable, il a trouvé beaucoup 
de lecteurs, particulièrement en Angleterre, et 
nonobstant ses aperçus un peu trop superfi- 
ciels, les choses estimables qu'on trouve dans 
son livre ont consolidé sa réputation. Les deux 
premiers volumes surtout sont dignes d'éloges. 
Plusieurs ouvrages qu'on a publiés depuis lors 
en Angleterre sur le même sujet ne sont guère 
que des copies de celui de Burney, en tout ou en 
partie. (Foy. Busevet les nouvelles encyclopédies 
anglaises.) 

Après les grandes fêtes musicales données à 
l'abbaye de Westminster en 1784 et 1785, en 
commémoration de Hœndel, le docteur Burney 
fut chargé d'en publier la description, accompa- 
gnée d'une notice sur ce musicien célèbre ; elle 
parut à Londres en un vol. in-4°. Il est aussi 
l'auteur d'une vie de Métastase et de quelques 
autres ouvrages littéraires. Le docteur Burney ha- 
bita pendant plusieurs années dans la maison de 
Newton, St-Martin's Street, Leicesters-fields ; 
mais ayant été nommé organiste de l'hôpital de 
Chelsea en 1790, il eut dans cet hôpital un loge- 
ment qu'il occupa pendant les vingt-quatre der- 
nières années de sa vie. Il est mort le 12 avril 
1814, âgé de quatre-vingt-huit ans. Les hommes 
les plus distingués de l'Angleterre assistèrent à 
ses funérailles. 

Recommandable par ses talents et son savoir, 
Burney ne l'était pas moins par l'amabilité de son 
caractère et par ses vertus sociales. Aussi était-il 
généralement aimé de ceux qui avaient eu des 
relations avec lui. Il avait été marié deux fois, 
et avait eu huit enfants, parmi lesquels on remar- 
que : 10 Charles Burney de Greenwicli, l'un des 
plus savants hellénistes de l'Angleterre ; 2° le 
capitaine Burney, qui a fait le tour du monde 
avec le capitaine Cook, et qui a publié une his- 



m 



BIJRNEY 



luire des découvertes maritimes, ouvrage fort 
estimé; 3° Miss Burney, plus tard madame 
d'Arblay, auteur des romans iVEvelina, de Ce- 
cilia , de Camilla, et de quelques autres, qui 
ont eu beaucoup de succès. La riche bibliothè- 
que du docteur Burney a été vendue à l'encan, 
en 1815, et le catalogue, qui présente des objets 
d'un haut intérêt, a été imprimé. Cependant sa 
nombreuse collection de manuscrits et les livres 
les plus rares sur la musique avaient été sépa- 
rés de cette collection et étaient passés à la bi- 
bliotlièque du musée britannique. 

Il ne me reste plus qu'à donner quelques dé- 
tails sur ses écrits et se?, compositions. On lui 
doit : r Plan of a public music school (Plan 
d'uneécole publique de musique); Londres, 1767. 
— 2° Translation q/ sign, Tartini's letter to 
sign. Lombardini, published as an important 
tesson to performers on the violin (Traduction 
d'une lettre de ïartini à madame Lombardini, 
publiée comme un avis important à ceux qui 
jouent du violon) ; Londres, 1771, in-4''. — 3° 
The présent state of Music in France and 
Italy, or the journal ofatour through those 
countries, undertaken to collect materlals 
for a gênerai History of Music (L'état actuel 
de la musique en France et en Italie, ou jour- 
nal d'un voyage entrepris dans ces contrées 
pour rassembler les matériaux d'une histoire 
générale de la musique); Londres, 1771, in-S". Il 
parut une deuxième édition de ce voyage en 
1773 ; Londres, in-8o. — 4» The présent state of 
Music in Germany, the Netherlands, and 
Unitcd-Provinces, or the journal, etc. ; Lon- 
dres, 1773, 2 vol. in-8o. Deuxième édition; Lon- 
dres, 1775, 2 vol. in-8°. Ce journal du voyage 
en Allemagne, en Hollande et dans les Pays-Bas 
est fait sur le même plan que celui du voyage 
en France. Ebeling a traduit en Allemand 
le premier voyage de Burney sous ce titre : 
Tagebuch einer musikalischen Eeise durch 
Frankreich und Italien, etc.; Hambourg, 
1772, in-8o.Les deuxième et troisième volumes, 
contenant les voyages en Allemagne et en Hol- 
lande, ont été traduits par Bode, et publiés à 
Hambourg en 1773. J. W. Lustig, organiste à 
Groningue, en a donné une excellente traduc- 
tion hollandaise avec des notes intéressantes ; 
elle est intitulée : Ryk Gestoffeerd geschied- 
verhaal van der eigenlicken staat de hedcn- 
daagsche Toonkunst of sir Karel Burneifs 
dagboek van zyne onlangs gedaane reizen 
door Frankrik en Deutschland, etc., Gro- 
ningue, 1786, in-S» maj. Enfin, M. deBrack a 
publié une traduction française fort médiocre de 
CCS mêmes voyages; Gênes, 180'J et 1810, 3 vol. 



in-8°. — 60 A gênerai History of Music, from 
theearliest âges to the présent period to which 
isperfixed a dissertation on the Music of the 
ancients (Histoire générale de la musique, de- 
puis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, 
précédée d'une dissertation sur la musique des 
anciens); Londres, 1770-1788, 4 vol. in-4o. Les 
auteurs de l'article Burney an supplément de la 
Biographie universelle de MM. Michaud disent 
que cet ouvrage a été traduit en allemand : c'est 
une erreur ; mais J. J. Eschenburg a traduit 
en cette langue la dissertation sur la musique 
des anciens qui se trouve au premier volume 
^us ce titre : Veber die Musik der Alten ; Leip- 
siek, 1781, in-4''. — 6" Account of the musi- 
cal performances in Westminster Abbey, in 
commémoration of Handel; Londres, 1785, 
in-4omaj. Il y a des exemplaires de cet ouvrage 
en très-grand papier : ils sont rares et chers. 
Une autre édition du même livre a été publiée 
à Dublin, dans la même année, 1 vol. in-8°. Le 
même Esclicnburg a donné une traduction al- 
lemande de cette notice, intitulée : Nachricht 
von Georg Friedrich HxndeVs Lebensumsteen- 
den und der ihm zu London in mai und 
jun. 1784 angestellten Gedœchtnissfeyer ; Ber- 
lin, 1785, grand in-4o. ^6° Paper on Crotch , 
the infant musician,presented to the royal So- 
ciety, dans les Transactions philosophiques de 
1 770, t. 69, p. 1 83. C'est une notice sur le musicien 
Crotch, qui n'a pas justifié les espérances qu'il 
avait données dans son enfance. — 8o Striking 
vietos of Lamia, the celebrated athenian flûte 
player (Anecdotes remarquables sur Lamia , 
célèbre joueuse de llûte athénienne), dans le 
Massachussett's Magazine, 1786, novembre, 
p. 684. — 9° Memoirs of the life and wri- 
tings of the abbate Metaslasio, in which are 
incorporated translation of his principal 
letters, 3 vol. in-8° ; Londres, 1796. On doit 
aussi à cet écrivain la partie musicale de l'En- 
cyclopédie anglaise. On est redevable au doc- 
teur Burney de la publication des morceaux 
qui se chantent à la chapelle pontificale pendant 
la semaine sainte, tels que le fameux Miserere 
d'Allegri, celui de Bay, les lamentations de Je- 
rémie par Palestrina, etc. Ce recueil parut en 
1784, sous ce titre : 1° La miisica che si can- 
ta annualmentenellefunzioni délia settimana 
santa, nella cappella Ponteficia, composta 
da Palestrina, Allegri et Baj. Choron en a 
donné une nouvelle édition à Paris, en 1818, in-S" 
maj. Les compositions de Burney les plus con- 
nues sont : 1" Six sonates pour clavecin seul ; 
Londres, in-fol. — 2» Deux sonates pour harpe 
ou piano, avec accompagnement de violonet vio- 



BURNEY — BURY 



123 



loncelle. — 3° Sonates pour deux violons et 
basse; Londres, 17C3. — 4° Six leçons pour 
clavecin; ibid. ; — 5° Six duos pour deux llûtes 
allemandes; ibid. — 6° Trois concertos pour 
clavecin; ibid. — 1° Six cornet pièces, withan 
introduction and fugue for the organ. — 
8° Six concertos pour le violon, à huit parties. — 
9° Cantates et chansons anglaises. — 10° An- 
tiennes, etc., etc. 

j^me j'Arblay, fille de Burney a publié des mé- 
moires sur la vie et les travaux de son père, en 
1832 {voy. Arblay (M"'^ D'). 

BUROIVl (Aintoine), compositeur, est né à 
Rome, en 1738. Ses études musicales furent di- 
rigées d'abord par le savant père Martini , à 
Rome; il les termina ensuite au conservatoire 
de la Pietà, à Naples, sous la direction du maî- 
tre de chapelle Abos. Ses premiers essais de com- 
position dramatique furent représentés à Venise; 
ce sont : 1° L'Amore in Musica. — 2" La Notte 
critica. — 3° Alessandroin Armenia, 1762. — 
4° Sofonisbe, 1764. — 5° Le Villegiatrici ri- 
dicole, 1764. Dans la môme année il se rendit 
à Prague, où il fit représenter son opéra Siroe. 
L'année suivante, il obtint la place de maître de 
musique et de compositeur du théâtre de Dresde. 
Il y donna -. T La Moda, 1769. — 8" Il Car- 
weyaie, 1709. — 9° Le Orfane Suizzere, 1769. 
En 1770, il était maître de chapelle du duc de 
"Wiirtemberg, à Stuttgard;et en 1780, ilretourna 
en Italie. Le maître de chapelle Reichardt le vil 
à Rome en 1792 ; il était alors maître de cha- 
pelle de Saint-Pierre; on exécuta dans cette ba- 
silique un Miserere âe sa composition, dont Rei- 
chardt fait l'éloge. Les opéras qu'il a écrits à 
Stuttgard sont : Recimero, 1773 ; La donna 
instabile , \11 & ; Artaserse, 1776; Eomene, 
1778. On connaît aussi de sa composition un 
concerto pour le basson, plusieurs sympho- 
nies, et des motets à une ou deux voix avec or- 
chestre. 

BURUOWES (Jean Freerleton), naquit 
à Londres, le 23 avril 1787. Après avoir fait ses 
études musicales sous la direction de Horsley, 
bachelier en musique, il se fit connaître par 
une ouverture et quelques morceaux de chant 
qui furent exécutés avec succès aux concerts 
d'Hannover-Square. Il s'est livré depuis lors à 
la composition pour le piano, et a publié les ou- 
vrages suivants : 1° The piano-forte primer, 
containing explanations and examples of the 
rudiments of harmony, with fifty exercises ; 
Londres, Chappell. On trouve l'analyse de cet ou- 
vrage dans le Qiiarterly musical Magazine and 
lieview , t. I, p. 376. — 2° The thoroughbass 
primer. Ces deux ouvrages sont recornmanda- 



bles sous le double rapport de la clarté et de la 
concision. — 3° Six ballades anglaises, op. 1. — 
4" Six divertissements pour piano. — 5° Trois 
sonates avec accompagnement de violon. — 
60 Sonates avec accompagnement de flûte. — 
7" Duo pour deux pianos. — 8" Sonate avec ac- 
compagnement de violoncelle. — 9° Première 
ouverture. — 10" Sonate avec des airs écossais. 
— 1 1" Trois sonatines sur des airs favoris. — 
12° Leçons aisées contenant des airs favoris, avec 
le doigté chiffré pour les commençants. — 13° 
Trios pour trois flûtes. — 14° Ouverture à grand 
orchestre, exécutée à la société Philharmonique. 
M. Durrovves a arrangé pour le piano une quan- 
tité considérable de compositions de Mozart, de 
Ileendel, de Haydn et de Rossini. 

BURSIO (DoM Philippe), moine de la con- 
grégation réformée de Saint-Bernard, ordre de 
Cîteaux, qui vivait dans les dernières années du 
dix-septième siècle, s'est fait connaître comme 
compositeur par une œuvre intitulée : Messe a 
quatti-o voci;Rome, Mascardi, 1698. 

BURTIUS (Nicolas). Voijez Bdrci. 

BURTON (Jean), né dans le duché d'York, 
en 1730, fut élève du célèbre organiste Keeble, 
et devint un habile claveciniste. Il a fait graver 
à Londres : 1° Six solos pour le clavecin. — 
20 Six trios pour le même instrument, avec ac- 
compagnement de violon. Gerber dit qu'il a cessé 
de vivre vers 1785. 

BURY (Bernard de), né à Versailles le 
20 août 1720, fut élevé sous les yeux de Colin 
de Blamont, son oncle. Il n'avait que dix-neuf 
ans, lorsqu'il fut nommé accompagnateur de la 
chambre du roi. En 1744, il obtint la survivance 
de maître de la musique du roi, eten 1751 celle 
de surintendant de la chapelle royale. Le roi lui 
accorda une pension, en 1755, en récompense de 
ses services. Ses ouvrages les plus connus sont : 
1" Les caractères de la folie, ballet en trois 
actes, représenté en 1743. — 2° La Nymphe 
de la Seine, divertissement. — 3° La prise de 
Berg-op-Zoom, cantate exécutée après la cam- 
pagne de Fontenoy. — 4o Jupiter vainqueur 
des Titans, opéra. — 5» De profundis, motet 
à grand chœur, pour la pompe funèbre de la 
Dauphine. — 6° Les Bergers de Sceaux, di- 
vertissement, pour la duchesse du Maine. — 
7" La Parque vaincue, divertissement. — 8» Ti- 
tan et V Aurore, ballet en un acte, 1750. — 9" Hy- 
las et Zélie, ballet en un acte, 1762. — 10" Pal- 
mire, ballet en un acte, à J^'ontainebleau, en 
1765. — W" Zénis et Almasie, ballet en un 
acte, à Fontainebleau, 1766. Il refit Persée, ballet 
en quatre actes, en 1770, arec d'Auvergne, Re- 
bel et Francœur. 11 avait déjà fait un prologus 



Î2i 



BURY — BUSBY 



pour le même opéra en 1747, et une ouverture 
pour Thésée, en 1765. 

BUS (JossE DE), facteur d'orgues à Aude- 
narde (Flandre orientale), travaillait déjà dans les 
dernières années du quinzième siècle, et construi- 
sit en 1505 un nouvel orgue pour riiôpital No- 
tre-Dame de cette ville. L'instrument que celui-ci 
remplaça avait été ^fait, en 1458, par Jean Van 
Geeraerdsberghe. 

BUSBY (Tuoius), docteur en musique , est 
né à Londres au mois de décembre 1755. Après 
avoir été pendant cinq ans élève de Jonathan 
Battishili, il devint organiste de Sainte-Marie 
(iNcwington in Surry) en 1780. Peu d'années 
après, le docteur Arnold le chargea d'écrire la 
partie historique du dictionnaire de musique qu'il 
avait entrepris, et qui fut publié en 1786. En 
1788, il commença la publication d'une collec- 
tion de musique sacrée, tirée des meilleurs au- 
teurs, et dans laquelle il inséra plusieurs mor- 
ceaux de sa composition. Cette collection, in- 
titulée : The divine harmonist, était composée de 
douze morceaux, et fut favorablement accueillie. 
Le succès de celte entreprise détermina Busby 
à faire paraître une autre collection, composée 
des meilleures chansons anglaises, sous le titre 
de Melodia Brïlannïca, or the heauties ofbri- 
tish songs ; mais cette fois il fut moins heureux, 
et, après quelques numéros , les livraisons ces- 
sèrent de paraître. Ou a aussi quelques cahiers 
d'un journal de chant intitulé : Monthly Musical 
journal, publié par Busby en 1792. Depuis long- 
temps il travaillait à un oratorio intitulé "• The 
Prophecy (la Prophétie) : il le fit exécuter à Hay- 
market en 1799, mais sans succès. Busby n'était 
pas assez instruit pour écrire un ouvrage de ce 
genre. Cet essai fut suivi de l'ode de Gray sur 
les progrès de la poésie, mise en musique, de 
celle de Pope pour le jour de Sainte-Cécile, et de 
Cumala, poème extrait d'Ossian. En 1800, Busby 
fit paraître un dictionnaire de musique {A mu- 
sical Dïctionary) ; Londres, 1800, un vol. in-12, 
et dans la même année, il composa la musique 
d'un opéra intitulé Joanna, auquel le public ne 
lit point un accueil favorable. Ce fut aussi dans 
l'été de 1800 qu'il fut admis à prendre les degrés 
de docteur en musique à l'université de Cam- 
bridge. Enfin, dans le, même temps, il fut nommé 
organiste de Sainte-Marie Woolmoth ( in 
Lombard-streel). Divers ouvrages dramatiques 
de ce compositeur, ainsi que des compositions 
instrumentales et vocales , succédèrent à celles 
dont il vient d-'être fait mention. Rien de tout 
cela ne s'élève au-dessus du médiocre. Comme 
écrivain, Busby jouit de quelque considération, 
non qu'il y ait rien de neuf ni de fortement 



pensé dans ses écrits, mais on y trouve de 1» 
méthode et de la clarté. Je citerai entre autres 
une grammaire musicale (Musical grammar)^ 
un autre ouvrage élémentaire intitidé : Gram- 
mar of music, qui a pour objet la musique con- 
sidérée comme science, et une histoire de la 
musique (A gênerai History of music) , en 
deux volumes in-8°, qui n'est qu'un abrégé des 
ouvrages du même genre «le Burney et de 
Hawkins. Busby est mort le 28 mai 1838. 

Busby a travaillé pendant plusieurs années h la 
rédaction du Monthly magazine, pour ce qui con- 
cerne la musique, et y a inséré quelques articles 
intéressants, dont nous donnerons la liste ci-des- 
sous. Il s'est fait connaître aussi comme littérateur 
par un poème intitulé : The âge of genius (Le 
siècle du génie), et surtout par une traduction 
de Lucrèce fort estimée en Angleterre. Voici 
la liste des ouvrages qu'il a avoués : — I. Ou- 
vrages théoriques ou historiques : 1° Musical 
Dictionanj, Injdoct. Arnold and. ThomBusby ; 
Londres, 1786, in-8°. — 2" A'ew and complète 
musical Dictionary ; Londres, 1800, un vol. 
in-12. Une autre édition a été publiée àLondres, 
en 1817, 1 vol. in-18. Un autre dictionnaire de 
musique a été publié par Busby, en 1-826 ; c'est 
un livre au-dessous du médiocre. — S'' lAfe of 
Mozart, the celebrated germun musician, 
dans le Monthly Magazine, décembre 1798, 
p. 445. — 40 On modem Music (sur la musique 
moderne); ibid., janvier 1799, p. 35. — 5° On 
vocal Music {sur la Musique vocale) ; ibid., 1801 , 
novembre, p. 281. — C° Original memoirs of 
the late Jonathan Battishili (Mémoires ori- 
ginaux sur feu Jonathan Battishili), février 
1802, p. 36. — 7" Musical grammar (Gram- 
maire musicale); Londres, 1805 in-8°. La 
deuxième édition aparu à Londres, en 1826, in-l2o 
— 8" ^ gênerai History of Music, from the 
earliest times to the présent, etc. (Histoire gé- 
nérale de la musique, depuis les temps anciens 
jusqu'à nos jours); Londres, 1819, deux vol. 
in-s°. Une traduction allemande en a été publiée 
à Leipsicken 1821, deux vol. in-S». — Q° A gram- 
mar of Music, to which are prefixed observa- 
tions explanutory of the properties and po- 
ivers of Music, as a science (Grammaire de la 
musique, précédée par des explications sur les 
propriétés et la puissance de la musique comme 
science); Londres, 1820, un vol. in-12. — 
iO" Concert Boom- and orchestre anecdotes; 
Londres, démenti, 1824, trois vol. in-12; mau- 
vaise compilation de tout ce qui a été dit plusieurs 
fois dans les ouvrages du même genre publiés eu 
Angleterre. — 11° Musical manual, or techni- 
cal Directory, containingfull andpcrspicuous 



BUSBY — BUSNOIS 



12:j 



explanalinns 0/ ail the ternis ancient and mo- 
dem, iiscd in thc harmonie Art ; Londres, 1 8'.î8, 
1 vol. iii-12. — II. Ouvrages dramatiques: X'' The 
Prophecy (La Prophétie), oratorio, en 1799. — 
2° Comala, opéra en ISOO. — 3° Joanna, opéra, 
an lliéàtredeCovent-Garden, en 1800. — 4° lîrï- 
tannia, oratorio, à Covent-Garden, en 1801. — 
b° A taie o/mijstery (Conte mystérieux), mélo- 
drame, à Covent-Garden, en 1802. — 6° Pai- 
ries Jiujitives (Les Fées fugitives), opéra, au 
même liiéàtre, en 1803. — 7° Rugantino, mé- 
lodiame, en 1805. — III. Compositions vocales 
et instrumentales : 1" The divine Harmonist, 
n« 1-12, 1788. — 20 Melodia Britannica, or 
the beauties of British song, 1789.-3° The 
British geniiis, ode de Gray. — 4° Ode de 
Pope pour la fête de Sainte-Cécile. — 5° Ode en 
action de grâces pour célébrer les victoires 
remportéea par la marine anglaise (compo.'^.ée 
pour sa réception de docteur), en 1800. — G" An- 
tienne composée pour les funérailles de Battis- 
hill, en 1801. — 7" Sonates de piano, op. 1. 

BUSCA. (Louis), né à Turin, fut moine de 
Montcassin au couvent de Milan, dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. On a imprimé de 
sa composition : 1° Mottetti sacri a voce sola 
con organo, \ih. l; Bologne, Jacques Monti, 
1672, in-4''. — 2° Ariette delV amore, a voce 
5oZa ; Bologne, 1688, in-4°. 

liUSCH (Pierre^, pasteur à l'église de Sainte- 
Croix à Hanovre, a publié un livre intitulé : 
Aus/iihrliche Historié und Ercklxrung des 
Iletdenliedes : ciue veste Burg ist unser Gott, etc. 
Mit einer Vorrede von Luthers Heldenmuth 
und seiner Liebe zur Sing-und Dicht-Kunst. 
(Histoire et explication du cantique : Eine veste 
Burg ist tmser Gott etc.; avec une préface 
sur l'héroïsme de Luther et sur son amour pour 
le chant et la poésie); Hanovre 1731, in-8'. 
Busch est mort à Hanovre, le 20 décembre 1745. 

BUSCÏI (Jean), écrivain né vraisemblable- 
ment en Danemark, de qui l'on a une disser- 
tation sous ce titre : Satil rex fsraelis a vialo 
genio turbatus, et cantu citharaqiie Davidis 
itide vices Uberattis; Hafuiœ 1702, in 4". 

BUSCHING (Antoine-Frédéric), célèbre 
géographe, né le 27 septembre 1724, à Stadtha- 
gen, petite ville de Wesfphalie, mort à Berlin, 
le 28 mai 179.3, a publié : Histoire et princi- 
pes des beaux-arts (en allemand): Berlin, 
1772-74, deux vol. in-8°. On y trouve quelques 
observations relatives à la musique. 

BUSCHMANN (E..), fut d'abord passemen- 
tier à Freilericroda, près de Gotha , puis se livra 
à l'étude de la construction des instruments, et 
en inventa un nouveau, en 1810, auquel il donna 



le nom d'Uranion. Cet instrument a qnelc;ufi 
ressemblance avec le Melodion inventé précé- 
demment par M. Dietz. Sa forme est celle d'un 
petit piano long de 4 pieds, large de 2, et sa 
caisse a un pied et demi de hauteur ; son clavier 
a 5 octaves et demie d'étendue, dt^^uis/a grave 
des pianos ordinaires jusqu'à tit suraigu.Le mode 
de production du son dans VUranion est un cy- 
lindre recouvert en drap qui met en vibration d«s 
chevilles de bois. Il est susceptible de crescendo 
etde decrescendo, et ses sons ont une grande dou- 
ceur. On trouve des renseignements sur l'f/ra«ion 
et sur le principe de sa construction dans la 12"* 
année de la Gazette musicale de Leipsick, n° 30, 
p. 469. En 1814 le Terpodion, autre instrument 
d'exception, fut aussi inventé par Buschmann, qui 
voyagea en Allemagne avec son frèrs, pianiste et 
chanteur, pour le faire entendre. Le Terpodion 
était aussi \m instrument à frottement. On en 
trouve la description dans la Gazette générale 
de Musique de Leipsick, tome 18, page C08. 
Frédéric Buschmann, fils de l'inventeur de VU- 
ranion et du Terpodion, a fait quelques per- 
fectionnements au Physharmonica, en 1843. 

BUSCHOP (Corneille). On a sous ce nom 
d'un musicien inconnu un recueil de psaumes 
à quatre voix dont le titre a cette orthographe 
bien singulière pour l'époque à laquelle l'ou- 
vrage a été imprimé : Psalmen David, vyj'ftich, 
mit vier Eartyen, seer suet ende lustig om sin- 
gen ende spielens op verscheiden Instrumen- 
ten. Dùsseldorff, 1563, in-4° obi. Ce langage 
ne peut être considéré que comme un patois. 

BUSNOIS (Antoine de BUSNE dit) ou 
BUSNOYS , un des plus remarquables musiciens 
belges du quinzième siècle, entra au service de 
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, au mois 
de décembre 1467, ainsi que cela est démontré 
par ce passage inscrit dans les comptes de l'hôtel 
de ce prince : « A Anthoine de Busne, dit Bus- 
« nois , chantre de Monseigneur, la somme de 
« xvj livres (de Flandre ) pour don à lui faict par 
« iceluy seigneur, en considéracion du service 
« qu'il luy a faiz depuis le mois de décembre 
n Ixvij ( 1467 ) jusqu'à ce dernier de mars enssuiv- 
« vant, et aussi pour luy entretenir au service 
n dicellui soigneur (1). « 

Jusqu'à ce jour on n'a pas découvert dans les 
manuscrits de renseignements positifs sur la pa- 
trie de Busnois, qui partagea avec Ockeghem , 
OLrecht, et un petit nombre d'autres savants 
hommes la gloire d'avoir coopéré d'une manière 
active aux progrès de l'art. Vraisemblablement 

(1) Registre no 1923, fol. i.ws. v», de la chambre des 
comptes, aux archives du royaume de Belgique, à 
Bruxelles. 



12G 



BUSNOIS 



il a vu le jour ibns la Picardie , ou dans l'Ar- 
tois, ou peut-être dans la Flandre, car la plu- 
part des musiciens attacliés aux cliapelles des 
cours de France et de Bourgogne étaient alors de 
ces provinces; mais il paraît difficile de décider 
en faveur de l'une ou de l'autre. Busnois fut 
pourvu, en octobre 1470, avec Pasquier, Louis 
et Jacques Amorit ou Amoirre, chantres comme 
lui, et maître Jean Stuart ou Stewart, clianire 
anglais ou écossais , d'une place de de7ni-cha- 
pelain à la chapelle ducale (1). Au mois de no- 
vembre suivant , le duc donne au même artiste, 
qu'il qualifie de Messire Anthoine de Busne , 
dit Busnois , son chapelain , une somme de IG li- 
vres de Flandre, « en considéracion (dit un do- 
« cument contemporain ) de plusieurs agréables 
« services qu'il luy a faiz, et pour aucunes causes 
« dont il ne veult autre déclaracion ici estre 
« faicte (2). » Il est permis de présumer que ces 
services agréables dont le prince ne veut pas 
qu'il soit fait mention , consistaient à l'avoir 
aidé à écrire certains motets ou certaines chan- 
sons dont Charles se faisait un passe-temps dans 
ses moments de loisir ( voy. Chaules-Le-Témé- 
raire). 

Les gages de Busnois étaient de 9 sous par 
jour en juillet 1471, et de 13 sous au mois d'août 
1472, tandis que Robert Morton {voy. ce nom), 
qui n'était que clerc de la chapelle, et dont le mé- 
rite était fort inférieur à celui de Busnois , re- 
cevait à cette même date 18 sous. Au mois de 
janvier 1474, tous deux étaient payés au même 
taux. Les gages des chapelains furent réduits à 
12 sous pour tout le règne de Marie de Bour- 
gogne et restèrent à ce chiffre jusqu'à la fin du 
règne de Philippe le Beau. 

Busnois accompagnait souvent son maître dans 
ses voyages et même dans ses expéditions mi- 
litaires; des documents qui ont été conservés ont 
permis à M. Pinchart , chef de section aux ar- 
chives du royaume de Belgique, de constater 
que Busnois était à la suite du duc de Bour- 
gogne, dans des voyages faits en juin 1471, juillet 
et août 1472, juin 1473, janvier, juillet et août 
1474 , et qu'il assista au siège de Neus, avec tout 
le personnel de la chapelle ducale, pendant les 
mois d'avril et de mai 1475 (3). Après la mort de 
Charies Le Téméraire (5 janvier 1477), Busnois 
resta au service de Marie de Bourgogne; car on 
le retrouve sur les états journaliers de la maison 
de cette princesse du 10 et du 27 septembre 1477, 

(i);i\cglstre n° 1924, fol. Lxix v°, chambre des comptes, 
aux arch., à Bruxelles. 

(2| Registre n» 1925, fol. ilIcLXXXIX V°. 

(31 Registre l' iCo, arch. du départ, du Nord, à Lille. 



du .Tl août, 10 septembre et 11 octobre 1479, 
4 et 96 octobre 1480 (1). Son nom ne figure plus 
dans un état daté du 2 février 1481 (2). 

Il jouit de divers bénéfices ecclésiastiques : 
on a sur ce point des renseignements positifs. 
Le premier résulte d'un acte authentique qui 
exi.ste en original aux archives du royaume de 
Belgique, et par lequel on voit que Busnois ré- 
signa à Maesliicht, le 4 mai 1473, entre les 
mains du duc de Bourgogne , la chapellenie de 
Saint-Sylvestre, au château de Mons en Hainaut , 
dont il avait reçu précédemment la collation (3). 

Le poète chroniqueur Jean Molinet, contem- 
porain de Busnois, nous apprend dans de fort 
mauvais vers , que ce grand musicien avait ob- 
tenu une prébende qui lui donnait le titre de 
doyen de Vornes (4), que le baron de Beiffen- 
berg a cru être le nom fiamand de Fumes 
(Flandre occidentale) (5). Plusieurs observations 
se présentent sur celte circonstance : La pre- 
mière est que Vornes n'est pas le nom flamand 
de i^Mrnes, mais bien Veuren; etM. Pinchart 
a démontré, par des actes authentiques (6) que le 
doyenné de Furnes fut occupé par Robert de 
Cambrin , conseiller et maître des requêtes , de- 
puis 1462, et qu'il l'était encore en 1484. Ce 
laborieux investigateur a fort bien établi (]ue ^a 
localité dont il s'agit doit être Voorne ou Oost- 
voorne , en Hollande, où il y avait une collé- 
giale (Saint-Pancrace) composée d'un doyen et 
de trois chanoines. D'autres lieux, situés dans 
les domaines des ducs de Bourgogne, portent des 
noms analogues; mais on ne trouve aucunes 
traces de prébendes attachées à ces localités. A 

(1) Registre. F 1(!0, arch. du dC-p. du Nord, à Lille. 

(2) Idem, ibid., et archives du royaume ;Reg. n" I925. Loc. 
cit. 

|3) Voyez le texte de cet acte dans les recherches Inté- 
ressantes de M. Pinchart consignées dans le Mémoire en- 
core inédit U860| intitulé : Chapelle musicale des souve- 
rains et des gouverneurs généraux des Pays-Bas. 

(4) Les faitz et dictz ; Paris, Jehan Petit, i537, ln-8». 
On y trouve une pièce de vers adressée à Monseigneur 
le doyen de f^oriies maistre Bugnois, laquelle commence 
ainsi : 

Je te rends hommage et tribuz 
Sur tous autres, car je cognois 
Que tu es instruict et imbuz 
Eu tous musicaux esbanois. 
Tu prospères, sans nuls abus. 
En ce pays bas flandrinois , 
En sucre en poudre doribus, etc. 

(ii| Lettre à M. Fétis , directeur du Conservatoire de 
Bruxelles , sur quelques particularités de l'histoire mu- 
sicale de la Belgique {Recueil encyclopédique belge, 
tome II, octobre 1833, p. 60). 

(6) Voyez l'ouvrage de M. Pinchart cité précédemment, 
dans les Mémoires de l'Académie royale des sciences, des 
lettres et des beaux-arts de Belgique. 



BUSNOIS 



!27 



l'égard de l'époque où Busnois fut pourvu de ce 
bénéfice, M. Pincliart pense qu'elle doit être 
fixée au mois de mai 1473, lorsqu'il résigna à 
Maestriclit la ciiapcllenie de Saint-Sylvestre au 
château de Mons (1). 

L'époque de la mort de Busnois paraît devoir 
être fixée définitivement entre le 20 octobre 

1480, où son nom figure encore dans les états de 
la chapelle des princes souverains, et le 2 février 

1481, où il disparaît des listes de cette chapelle. 
Les éloges accordés à Busnois par Tinctor, ou 

Tinctoris, en divers endroits de ses ouvrages , par 
UartholoméKatnis de Pareja, dans son opuscule 
imprimé à Bologne, en 1482, par Aaron ÇTosca- 
nello inMu,sica,c. 3S), par Garzoni {Piazza uni- 
versale, p. 376 ), et par quelques autres anciens 
écrivains de l'Italie, semblent indiquer qu'il fit 
un voyage dans ce pays; au moins est-il certain 
que ses ouvrages y étaient connus, et qu'ils y 
jouissaient de beaucoup d'estime , car Petrucci de 
Fossombrone inséra quelques-unes de ses chan- 
sons françaises à quatre parties dans sa collection 
de cent cinquante chants de divers auteurs cé- 
lèbres, publiée en 1503. Les exemplaires de ce 
précieux recueil sont si rares, qu'aucun des his- 
toriens de la musique n'avait eu connaissance de 
ces pièces de Busnois , et qu'à l'exception d'un 
fragment fort court donné par Tinctoris dans 
un de ses ouvrages, on croyait qu'il n'existait 
plus rien de ce maître. Heureusement Kiesevvetter, 
qui a trouvé dans la bibliothèque impériale de 
Vienne un exemplaire de la collection de Pe- 
trucci, en a tiré trois chansons à quatre parties, 
qu'il a publiées en partition dans les spécimens 
de musique ancienne ajoutés à son mémoire sur 
les musiciens néerlandais , couronné par la qua- 
trième classe de l'institut des Pays-Bas. Il est 
fâcheux qu'il y ait beaucoup de fautes d'impres- 
sion dans ces restes précieux d'une époque inté- 
ressante de l'art; Kiesewetter parait d'ailleurs 
s'être trompé en quelques endroits , dans la tra- 
duction en notation moderne. Avant cette publi- 
cation j'avais trouvé dans un manuscrit appar- 
tenant à Guilbert de Pixérécourt, plusieurs 
chansons et motets à trois voix de la composition 
de Busnois , et je les avais traduits en notation 
moderne et mis en partition. Ces pièces me sem- 
blent être d'un style plus léger et i)lus élégant 
que les premières du recueil de Petrucci ; mais 
la chanson à quatre parties, tirée de celui-ci, 
Dieu! quel mariage, etc., est un morceau très- 
remarquable, non-seulement à cause de la pu- 
reté de l'harmonie , mais parce qu'il y a une 
grande habileté dans la manière dont le sujet 

«• Loc. cit. 



est mis en canon entre le ténor et la deuxiènK; 
partie, sans nuire aux mouvements faciles et 
pleins d'élégance dos autres parties. Ne possédât- 
on (pie ce morceau de Busnois, on aurait la 
preuve que sa réputation ne fut point usurpée, 
et qu'il mérita d'ôlre mis en parallèle avec Ocke- 
ghem son contemporain. On y remarque un 
progrès incontestable dans l'art d'écrire, depuis 
l'époque de Dufay. Au surplus , d'autres produc- 
tions de Busnois, retrouvées dans ces derniers 
temps, prouvent suffisamment le mérite de ce 
maître comme harmoniste , pour le temps où il 
vécut. 

Baini a révélé l'existence dans les archives 
de la chapelle pontificale de plusieurs composi- 
tions de Busnois ; elles se trouvent dans le vo- 
lume coté 14 de ces archives; on y remarque 
particulièrement une Messe de l'homme armé. 
Tinctoris cite aussi dans son traité du contrepoint, 
parmi les compositions de cet artiste, la chanson 
française. Je ne^ demande , et le motet cum 
gaudebant. 

Il y a lieu de croire que Busnois a écrit un 
traité de musique pour l'usage de ses élèves. Cet 
ouvrage n'a pas été retrouvé jusqu'à ce moment, 
mais Schacht le cite dans sa Bibliothèque de 
musique, d'après l'autorité d'Adrien Petit, sur- 
nommé CocUcus ou Coclius, qui [)araît l'avoir 
vu et consulté. La découverte de ce livre serait 
précieuse pour l'histoire de l'art. 

Les ouvrages de Busnois dont il nous est par- 
venu des fragments imprimés sont : 1° Les chan- 
sons françaises. Dieu! quel mariage. Maintes 
femmes, et De tous biens, à quatre voix, pu- 
bliés en parties séparées dans le recueil de Pe- 
trucci , intitulé Canti Cento Cinquanta; Venise, 
1503, petit in-4" obi.; lesquelles ont été mises 
en partition par Kiesewetter et publiées dans les 
exemples de musique à la suite de son mémoire 
sur les musiciens néerlandais (Die Verdienste 
der Niederlaender in die Tonkunst, etc.; Ams- 
terdam, 1829, in-4°). Mais des productions bien 
plus importantes nous sont fournies par quelques 
manuscrits. Le plus intéressant de ces manuscrits 
est à la bibliothèque royale de Bruxelles et pro- 
vient de la chapelle des anciens ducs de Bour- 
gogne. Il renferme des compositions des anciens 
chantres de celte chapelle et d'autres artistes du 
quinzième siècle, particulièrement de Dufay et 
de Busnois (orthographié Busnoys). Les œuvres 
qui appartiennent à celui-ci sont : 1° Un Ma- 
gnificat du premier ton, à 3 voix. — 2° Un 
Magnificat du sixième ton , à 4 voix ; composi- 
tion très-intéressante où l'on trouve des har- 
diesses d'harmonie et des libertés de style qui 
indiquent un progrès depuis l'époque de Dufay. 



128 



BUSNOIS — BUSSCHOP 



— 3" La Messe Ecce ancilla à 4 voix , du plus 
haut intérêt, et le monumenlle plus remarquable 
de l'art vers 1470. — 4° Une Prose de la fêle 
de Pâques {Vicfimx paschali) à 4 voix. — 
5° Regina cœll leiare à 4 voix. — 6° Un autre 
Regina cœli, également à 4 voix ; morceau rc- 
inarquabfe par une imitation prolongée entre 
le ténor et l'aller lenor, ou basse, pendant que 
les autres voix se meuvent librement. ^7° Motet 
à 3 voix {Anima mea). — 8° Motet à 4 voix 
( Verbum caro factum est). — 9° Le c'.iant de 
réjouissance Nodl, Noël, à 4 voix. — 10° Énigme 
musicale fort curieuse, à 4 voix, sur le prénom 
et le nom de Busnois. Les parties de trois voix 
seulement sont écrites : la difficulté consiste à 
trouver la quatrième d'après des indications qui 
sont elles-mêmes des énigmes très-obscures. Les 
paroles mêmes se présentent d'une manière énig- 
malique; car celles delà première partie sont 
une prière à saint Antoine, qui commence par 
Antonius écrit en rouge ; et les derniers mots 
de la deuxième partie sont omnibus nogs (voO;, 
mot grec contracté de vo6;, esprit, âme, intel- 
ligence). Or, la dernière syllabe à'omnibus et 
noys sont écrits en rouge et forment ainsi le mot 
Busnoys. Ces recherches ne seraient que des 
puérilités si, d'ailleurs, le morceau n'était intéres- 
sant par la forme et par les imitations formées 
entre les ditTérentes voix. J'ai mis en partition 
tous ces morceaux ayant l'intention de les pu- 
blier avec tout ce que j'ai recueilli de Dufay, de 
Binchois, de Régis, d'Obrecht, d'Ockeghem et 
d'autres maîtres qui vécurent à cette époque re- 
culée ; car si le seizième siècle commence à être 
connu, l'art de la fin du quatorzième siècle et 
des deux premiers tiers du quinzième ne l'est 
pas encore. 

Ainsi que je l'ai dit, le manuscrit de Pixéré- 
court m'a aussi fourni plusieurs cliansons et 
motets de Busnois que je réunirai aux autres 
morceaux dont il vient d'être parlé. D'autres 
chansons de Busnois, à trois et à quatre voix , 
se trouvent dans un manuscrit de la Bibliothèque 
de Dijon ( coté n° 295), qui provient de la maison 
des ducs de Bourgogne. L'existence de ce ma- 
nuscrit avait été inconnue jusqu'à ce jour, et 
n'a été révélée cpie par M. Charles Poisot, dans 
un écrit qui a pour titre : Les Musiciens bour- 
guignons, etc.; Dijon, 1S54, in-S" (p. Ifi). 
Postérieurement, M. Stephen Morelot {voy. ce 
nom) a donné une Notice très-intéressante de 
ce même manuscrit {De la musique au quin- 
zième siècle. Notice sur un manuscrit de la 
bibliothèque de Dijon ; Paris , V. Didron et 
Blanchet, 185G, gr. in-4" avec 24 pages de mu- 
sique). On y voit que le manuscrit contient dix- 



neuf chansons, dont dix-sept à trois voix et deu* 
à quatre, avec le nom de Busnois {sic), dont 
M. Morelot donne la liste thématique. Ce savant 
pense qu'il y en a plusieurs anonymes dans le' 
même volume qui a|)paitiennent au même mu- 
sicien. On y voit eu outre que M. Morelot a trouve 
treize autres chansons de Busnois dans un ma- 
nuscrit de la bibliothèque Magliabecchiana de 
Florence (n°r>3, fonds Strozzi, cl. xix ), une autre 
dans le n» 156 du même fonds, et enfin une autre 
dans un manuscrit de la bibliothèque de Pérouse. 
Le volume de Dijon, qui porte le titre ridicule de 
Recueilde vaudevilles, contient cent cinciuante- 
deux chansons à trois et quatre voix de Bus- 
nois, Ocl(eghem, Tinctoris, Harbinguant ( Barbi- 
reau,Barbiriau,Barbiriant, ou Barbinguant. 
Voyez Bakbireau), Caron, et d'autres. Enfin, 
plusieurs messes de Busnois, notamment celle 
qui a pour titre L'homme arme , se trouvent 
dans le volume manuscrit cote 14, des archives 
de la chapelle pontificale, à Rome. 

BUSSCHOP ( Jules- Auguste-Guillaume ), 
compositeur amateur, est né à Paris, de parents 
belges, le 10 septembre 1810. Son père, après 
avoir été conseiller à la cour de cassation, sous le 
gouvernement impérial de Napoléon l^', prit sa 
retraite en ISIG, et revint à Bruges, sa ville natale. 
Élevé dans ce lieu , et loin de tout secours pour 
l'étude de la composition, vers laquelle il se sentait 
entraîné , le jeune Busschop apprit la théorie de 
l'harmonie et du contrepoint sans autre guide 
que les livres d'Albrechtsberger et de Reicha ; 
puis la lecture des pai'titions des maîtres l'initia 
à la connaissance des formes et de la pratique de 
l'art. C'est ainsi que s'est formé et développé 
son talent, et qu'il a écrit des symphonies, des 
ouvertures, des scènes lyriques avec orchestre, 
une Messe solennelle à trois et quatre voix et 
orchestre, des motets , des morceaux de musique 
militaire, des chœurs pour voix d'hommes sans 
accompagnenient , et des romances avec accom- 
pagnement de piano. Le gouvernement belge, 
ayant mis au concours pour les fêtes nationales 
de septembre, en 1834, la composition d'une can- 
tate sur des paroles intitulées :£e Drapeaubelge, 
le prix fut décerné à l'ouvrage de M. Busschop , 
qui fut exécuté par un chœur et un orchestre 
immenses. Cet amateur n'a publié de sa compo- 
sition que les ouvrages suivants : 1° Six chants 
religieux pour une, deux, trois et quatre voix 
avec orgue ; Bruxelles et Mayence, Schott frères. 

— 2° Ave Maria et Tantum ergo, à trois ou 
quatre voix en chœur, orchestre ou orgue; ibid. 

— 3° li-ois morceaux religieux à trois voix 
avec ou sans orgue; ibid. — 4° Ave Verum 
Corpiis; Ecce punis Angclorum j o Sacrum 



BUSSCHOP — BUSSET 



12!) 



Convivium, chœurs pour deux ténors et basse 
avec orgue; Leipsick, Breilkopf et Ilœrtel. 
M. Busscliop a composé pour les sociétés de cliant 
de la Belgique un grand nombre de cbcpurs avec 
ou sans orciiestre ; ses productions les plus con- 
nues en ce genre sont : 1° J^' Étendard de la 
Patrie. — 2° Le Chant des Montagnards. — 
3° La Fête bachique. — 4° La Prière des cé- 
nobites. — 5° Le Réveil des Pâtres. — 6" Les 
Channes de la valse. — T V Hymne de la 
nuit. — S" La Marche au combat. — 9" Le 
Départ des Ménestrels. — iO° La Chasse au 
cerf. — 11° Le Chœur nafioîial. — 17° La 
Vision fantastique. — 13" £e Crépuscule du 
matin. — 14° Bruges, etc. M. Busscliop est dé- 
coré des ordres de Léopold et de la couronne de 
chêne. 

BUSSE ( FhÉDÉRic-GoTTLiEB de), né le 3 
avril 1756, à Gandelegen, dans la Vieille Marche, 
fut d'abord professeur de mathématiques à Frey- 
berg, puis à Dessau. Dans ses dernières années 
il était à Dresde, où il vivait encore en 1830. 
Dans ses petits essais de mathématiques et de 
physique (Kleinen Beitraegen zur Mathema- 
tikund Phtjsik; Leipsick, 1785, V^ partie), on 
trouve une dissertation sur les consonnances 
produites par les sons fondamentaux. Le même 
recueil renferme (n° 10) une dissertation sur 
l'harmonie des sons purs. Le môme savant a 
publié dans la Gazette hebdomadaire musicale 
de Berlin (Berliner Musikalischen Wochen- 
blatt, 1793, p. 177-181 et 185-187) des obser- 
vations sur les sons harmoniques du violon et de 
la harpe. 

BUSSE (Jean-Henri), cantor k Hanovre, 
se déclara partisan du système de Natorp pour 
l'enseignement de la musique, dans les écoles 
populaires, par la notation en chiffres. Il a pu- 
blié dans celte notation un livre de mélodies cho- 
rales , sous ce titre : Choralbuch in Ziffern 
fur Volksschulen , enthaltend die saemmtl. 
Melodien des Boettner'schen Choralbuchs 
(Livre choral en chiffres pour les écoles, con- 
tenant toutes les mélodies du livre choral de 
Boettner); Hanovre, Hahn, 1825, in-8''. On y 
trouve une bonne préface de Baedeker. Busse a 
publié dans la même année, et chez le môme édi- 
teur, une instruction concernant l'usage de son 
Ijvre choral. 

BUSSET (F.-C), né dans le département 
de la Côte-d'Or, fut d'abord simple géomètre 
du cadastre à Clermont (Puy-de-Dôme), puis 
géomètre en chef à Dijon , où il est mort en 1847. 
Par délassement à ses travaux , il s'était livré à 
l'étude de la musique, en ce qui concerne sa 
théorie. 'Le résultat de ses méditations sur cette 

BIOCK. UMV. DUS MU.^lClEiNS. — ï. II. 



matière a été exposé par lui dans ces écrits : 1" La 
musique simplifiée dans sa théorie et dans 
so)i enseignement. Première partie. Mélodie; 
Paris, Henri Lcmoine , I8i6, i vol. gr. in-8" 
de 198 pages. — 2" La musique simplifiée , etc. 
Deuxième partie. Harmonie; Paris, Henri 
Lemoineet Bachelier, 1839-1840, 2 vol. gr. in-8°. 
Ces volumes ont été imprimés à Dijon, a\ec des 
signes de notation empruntés au système de 
M. Jiie (voyez, ce nom), d'après un procédé 
ty{)Ographique inventé par Busset. Comme toutes 
les personnes qui n'ont pas étudié la musique 
dans l'enfance, Busset y trouvait des difficultés 
de théorie qui n'existent pas, et comme beau- 
coup d'autres, il se crut appelé à les résoudre. 
Lui-même fait l'aveu de la singulière direction 
qu'il avait donnée à ses études; car il dit dans 
la préface de la première partie de son livre : 
« Un sentiment à la fois de justice et de recon- 
« naissance me fait un devoir de dire que la 
« méthode élémentaire et abrégée d'harmonie et 
« d'accompagnement de M. Fétis est, de tous 
<' les ouvrages de ce genre que j'ai été à même 
« de consulter, celui qui m'a paru le plus clair 
•< et le plus propre à former un harmoniste. C'est 
« dans ce petit ouvrage, où les faits harmoni- 
« ques sont dégagés de tout ce qui pourrait em- 
« pêcher d'en saisir le lien, que, sachant à 
« peine le nom des notes et leur valeur, j'ai 
« appris en peu de temps la musique seul et 
« sans autre guide, commençant ainsi par 
« la basse chiffrée. » Busset avait néanmoins si 
mal compris le livre auquel il rend cet hom- 
mage , que dans un autre endroit de la même 
préface il dit encore , en parlant de la tierce et 
de la quinte, qui , selon lui , déterminent la to- 
nalité des gammes : '< La loi qui les rassemble 
« sans cesse (harmoniquemeut) n'est point une 
n invention de l'homme, qui se plie aux exigences 
« d'un art créé par lui, mais une loi physique 
« reconnue dans la résonnance des corps sonores, 
« et c'est sur l'observation de cette loi, et en se 
« conformant à ses prescriptions, que l'art rau- 
« sical a été établi, etc. » Rien n'est plus con- 
traire à mes idées que cette fausse théorie de 
l'art basée sur des causes étrangères au senti- 
ment de l'homme : on le sait , car tout ce que 
j'ai écrit a précisément pour objet d'établir que 
ces prétendues causes sont illusoires, et que la 
musique ne procède que de l'organisation hu- 
maine. Busset , en faisant cette confusion de ma 
doctrine avec la théorie de Rameau , prouvait 
qu'il ne comprenait ni l'une ni l'autre. Du reste, 
il n'y a rien de fixe dans ses idées; car il défait 
ou repousse dans le recoud volume de son livre 
les principes qu'il déclarait fondamentaux dans 

a 



130 



BUSSET — BÙTHNÉR 



le premier. C'est ainsi qu'il dit dans une note de 
ce deuxième volume : « J'ai dit, d'après* Geslin' 
« ( I, p. 171 ) : La tierce est la base de Vhar- 
• monte. En proclamant ce principe lorsque je 
« le croyais vrai , j'en ai laissé llionneur à l'élève 
a de Galin ; aujourd'hui que je reconnais la faus- 
«c seté de cette doctrine, il est de mon devoir de 
« le déclarer. » Ainsi le principe fondamental 
de la théorie du premier volume est anéanti dans 
le second! 

Comme on le voit , il n'y avait que confusion 
dans la tête de Busset, et, comme la plupart de 
ceux qui se sont posés en réformateurs de la 
musique, il ignorait ce qu'il voulait enseigner. 
Persuadé que sa théorie de l'art serait complète 
avec un corps sonore qui lui fournirait une tierce 
mineure , il remarqua que certaines cloches font 
entendre celle harmonie et entreprit contre moi 
une polémique à ce sujet dans la Gazette mu- 
sicale de Pfim (année 1838), à propos d'un 
travail sur l'esthétique que je publiais alors dans 
ce journal. Ma réponse fut renfermée unique- 
ment dans une discussion scientifique : cepen- 
dant elle irrita Busset jusqu'à lui faire écriie 
contre mol une lettre injurieuse adressée au di- 
recteur de la Gazette musicale. Celui-ci ayant 
refusé l'insertion de cette lettre malveillante et 
calomnieuse dans son journal , Busset le fit as- 
signer en police correctionnelle pour le faire 
condamner à publier sa lettre; mais le tribunal, 
reconnaissant qu'il n'y avait rien qui blessât la 
personne du plaignant dans ce que j'avais écrit, 
le débouta de sa demande et le condamna aux 
frais du procès. Furieux alors, et ne gardant 
plus aucune mesure, Busset publia contre moi 
une diatribe qui avait pour titre : M. Fétis mis 
ù lajjoriée de tout le monde. Première par- 
tie. Tribunal de police correctionnelle j Pai-is, 
1838, in-80 de 32 pages. Peu de jours après parut 
la seconde diatribe , plus méchante encore que 
la première; elle était intitulée : Campagnes de 
M. Fétis contre un homme qu'il ne connaît 
pas; Paris, 1838, iu-8o de 36 pages. Tout cela 
à propos d'une discussion de tierces majeures 
ou mineures produites par des cloches ! L'orgueil 
tournait la tète de ce pauvre homme. Le motif 
véritable de toute cette fureur était l'analyse que 
j'avais faite de quelques-uns de ses principes 
d'harmonie deux ans auparavant dans la Gazette 
musicale (année 1836). Au reste, ces publica- 
tions furent frappées par le mépris public dès 
leur apparition. Quant aux livres de Busset, ils 
n'ont eu aucun succès et sont tombés dans le 
profond oubli qui ensevelit tant d'autres produc- 
tions du même genre. 

liUSSETO (JeanMauie de), un des plus 



anciens luthiers de Crémone, naquit à Busselo , 
bourg du duché de Parme, près de Plaisance, 
dans la première moitié du seizième siècle. Le 
nom sous lequel il est connu est celui du lieu 
de sa naissance : on ne connaît pas celui qu'il 
avait reçu de sa famille. Il n'y a de lui que des 
violes; un de ces instruments, daté de 1580, 
se trouvait à Milan, en 1792 : il avait appar- 
tenu à François Albinoni. 

BUSSING (Jean-Christophe), né à Brème 
le 30 décembre 1722, fut docteur et professeur 
de théologie dans cette ville , et y enseigna aussi 
au gymnase les langues grecque et orientales. Il 
est mort le 8 juin 1802. On a de lui : Bisser- 
tationes II de tubis Hebrseorum argenteis, 
sub prxs. Cel. Conr. Ikenii Ventilatx; Brème, 
174'5, in-4''. 

BUSTI (Alessandro), professeur de chant 
au collège royal de musique de San-Pietro a 
Majella , à Naples , est né dans cette ville vers 
1810. Élève de Crescentini, il a puisé dans l'en- 
seignement de ce grand chanteur les principes 
fondamentaux de son ait. On a de cet artiste des 
exercices de chant, et des 3Ielodie facili e pro- 
gressive per la voce di tenore, divisées en 
cin(| livres; Naples, Cottrau. 

BUSTYiV (Pierre), organiste en Zélande 
vers 1720, a fait graver à Amsterdam neuf suites 
de pièces pour le clavecin. 

BUTERA (André), compositeur drama- 
tique, est né en Sicile vers 1826, et a fait ses 
éludes d'harmonie et de contrepoint au conser- 
vatoire de Palerme, sous la direction du savant 
professeur Ruggi. Il avait à peine vingt ans lors- 
qu'il fit représenter au théâtre du Fondo, à Na- 
ples, un opéra sérieux intitulé : Angelica Veniero, 
dont la musique a eu quelque succès. Ricordi, 
de Milan , en a publié quelques morceaux avec 
accompagnement de piano. Au mois d'avril 1831, 
M. Butera a donné au théâtre de Palerme Atala, 
Iragédie lyrique qui obtint un grand succès près 
de ses compatriotes, mais qui, écrite d'une ma- 
nière simple et naturelle, très-opposée au goût 
actuel de l'Italie, aurait vraisemblablement 
moins bien réussi sur le sol de la péninsule. 

BUTERNE (Charles), écuyer, fut l'un des 
quatre organistes de la chapelle du roi , vers le 
milieu du dix-huitième siècle, et maître de cla- 
vecin de la duchesse de Bourgogne. Il était fils 
de J.-B. Buterne , ancien capitoul de Toulouse. 
On a de lui un livre intitulé : Méthode pour ap- 
prendre la musique vocale et instrumentale, 
œuvre 3'^ ; Rouen, 1752, in-é". 

BÙTHiXER (Craton), né à Sonnenberg , 
dans la Thuringe, en 1616, fut d'abord organiste 
et cantor à l'église du Sauveur, dans un des 



BUTHNEIl - BUTINER 



nt 



faubourgs de Dantzick , et ensuite directeur de 
musique à l'église de Sainte-Catlierine de la même 
ville, où il est mort en 1679. Il a composé un 
Te Deuiii à liuil voix et douze instruments, dont 
le titre est assez singulier pour être rapporté en 
entier : Te Deum Laudamus sacrosanctx et 
individiidc Trinitaii, Jehovse Zabaoth , Do- 
mino dominantium et universx mililiae cœ- 
lestis Deo Pat ri, Filio et Spiriiui sancto , 
quem hymnis concélébrant Angeli,proni ado- 
rant Chérubin et Séraphin, universxque con- 
tremiscunt Potestates , pro omnibus beneficiis 
et propace aima non ita multis adhinc annis 
retrogressis nobis clemendssime divinitas coiv- 
cessa, proque aversione luis pestiferœ compo- 
situm et consecratum octo vocibus , duodëcivi 
imtrumentis binisque tubis et tijmpano , una 
cum basso continuo j^cr organo a divinx ma- 
jestatis devotissimo et hnmillimo cultore et 
servo Cralone Buihnero, directore, etc., 1660, 
gr. in-4". 

BÛTHNER ( Frédéric), né à Oputscli en 
Bohême, le il juillet 1C22 , étudia à Dantzick, à 
Breslau , à Thorn , à Kœnigsberg , à ^Yittemberg 
et à Francforl-sur-l'Oder. Ses études élant ter- 
minées, il fut nommé recteur à l'école de Saint- 
Jean , et professeur de mathématiques au gym- 
nase de Dantzick. Il est mort dans cette ville , le 
13 février 1701. On a de lui, en manuscrit, un 
traité élémentaire de musique en langue latine. 

BUTIGIXOT (Alpuonse), né à Lyon le 15 
août 1780, lut admis comme élève au conserva- 
toire de musiqucle 25 germinal an ix. Il prit des 
leçons de Gaiat pour le chant , obtint le premier 
prix d'harmonie en 1803, etdevint répétiteur dans 
la classe de Calel, en 1806. On a de lui deux 
recueils de romances, liv. 1 et 2; Paris, Nader- 
man. Il a laissé en manuscrit un cours d'har- 
monie, à l'usage du conservatoire de Paris. On 
a aussi sous son nom une méthode de guilare, 
gravée à Paris chez Boieldieu. Butignot est mort 
à Paris, d'une maladie de |v>itrine, en 1814. 

BUTLIÎR ou BCTTLER (Charles), né 
en 1559 à Wycomhe , dans le comté de Buckin- 
gham, fit ses études à Oxford. Il mourut le 29 
mars 1647, dans la paroisse de Woottou, dont 
il était vicaire , à l'âge de quatre-vingt-sept ans. 
Il est auteur d'un traité élémentaire intitulé : the 
Principles ofmusick, in singing and setting : 
iciih the twofold use thereof, ecclesiastical 
and civil; Londres, 1636, in-4o. C'est un bon 
ouvrage, pour le temps où il fut écrit. 

BUTLER (Tuom\sHamly), pianiste, né à 
Londres en 1762, entra dans la chapelle royale 
comme enfant de choeur, et fit ses études musi- 
cales sous le docteur Nares. Vers 1780, il se 



rendit en Italie pour y étudier la composition. 
De retour dans sa patrie, Shéridan le lit nommer 
directeur de la musique du théâtre du Covent- 
Garden; mais, fatigué des tracasseries que lui 
occasionnait cette place, il partit pour l'Ecosse, 
à l'expiration de son ensiiLement, et se fixa à 
Edimbourg, où il est mort eu i823. Ses ouvrages 
consistent en trois sonates pour le piano, dé- 
diées au duc de Glocester ; Rondo sur l'air écos- 
sais : Lewic Gordon ; Variations pour le 
piano sur le même air ; un livre de sonates 
dédié à la princesse Charlotte, plusieurs airs 
écossais variés pour le piano. La musique (Jd 
Butler est gravée à Londres, chez Clementi. 

BUTTII\GER(CuAULEs-CoNnAD),violoniste, 
(lùlisle, bassoniste et compositeur,, est né t 
Mayence en 1789. Aptes avoir achevé ses études 
musicales, il lut d'abord directeur de musique à 
Fribonrg. En 1827, il quitta ce poste et alla s'é- 
tablir à Breslau pour y diriger l'éducation d'un 
amateur de musique; depuis lors il s'est fixé dans 
cette ville. On connaît sous le nom de M. Buttinger : 
1° Une polonaise pour flûte (en sol); Offenbach, 
André. — 2" Un quintette pour flûte et instruments 
à cordes; ibid. — 3° Une fantaisie et polonaise pour 
basson et quatuor, op. 7 ; Hambourg, Boebme. — 
4° Adagio et thème varié, idem , op. 8, ibid. — 
5° Air varié, idem, op. 9, ibid. — 6° variations pour 
guitare et violon ; Mayence, Scliott. — 7° Sonate 
pour ginlare seule, ibid. — 8° Une cantate intitulée 
Jehova, texte de Meissner. — 9° Une ballade 
( Die Treuc ), de Meyer, pour contralto et piano ; 
Hambourg, Cranz. Des chaiisons avec guitare et 
flûte ; Mayence , Schott. — Quelques chansons à 
quatre voix , et une messe solennelle. Ces com- 
positions sont estimées en Allemagne. M. But- 
tinger a aussi publié une traduction libre de la 
grammaire de musique d'Asioli, chez Schott à 
Mayence. Il en a été fait une critique sévère 
dans l'écrit périodique intitulé : Cxcilia (t. I, 
p. 40 ). On y reproche au traducteur d'avoir 
altéré l'original en beaucoup d'endroits, et 
d'avoir laissé dans l'impression des multi- 
tudes de fautes de tout genre. On s'accorde ce- 
pendant à considérer M. Buttinger comme un 
musicien qui possède de grandes connaissances 
dans son art. 

BÙTTNER (ÉRARD), cantorà Cobourg au 
commencement du dix-septième siècle, naquit à 
Rœmhild. Ayant surpris sa femme en adultère, 
il en conçut tant de diagrin qu'il s'arracha la vie 
par troiscoups de poignard, le 19 janvier 1625. Ses 
compositions sont d'un très-bon style et d'une 
harmonie fort correcte. Les plus remarquables 
sont : 1° Le 127"^ Psaume à huit voix; Cobourg , 
1617, in-4''. — 2° OdaParadisiaca; ibid., 1621, 



t32 



BUTINER — BUTTSTEDT 



in-4°, — 3" Le 46« Psaume à 8 voix, ibid., 1622, 
ln-4o. MéXoî eùxâptsTov oder das Lied : Singen 
wir am Herzens Grund, à 6 voix; ibid, 1624. 
On lui est aussi redevable d'un traité élémentaire 
de musique, intitulé : Rudimenta vmsicx, oder 
teutscher Unterricht vor diejenigen Knaben, 
so noch Jung und zv, keinetn Latein geivehnet; 
Cobourg, 1623, in-8o. La deuxième édition a 
paru à léna en 1625, in-S". 

BÛTTKER (Jacques), lutbiste et compo- 
siteur allemand dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle, a publié un recueil de cent pièces 
pour le luth, tous ce titre : too Uberaus anmu- 
thige und nie geharte schame Laufenstucke, 
nach jetziger neuen Manier zu spielen Nu- 
remberg, 1684, in-4». 

BÛTTNER ( Georges ), carme au couvent 
de Scliweidnitz , et facteur d'orgues au commen- 
cement du dix-huitième siècle, a construit l'orgue 
des carmes du couvent de Streigau, composé de 
28 jeux , trois claviers et pédale. 

BÛTTIVER (Jean-Ignace), constructeur 
d'orgues à Schweidnitz, dans la première moitié 
du dix-liuitième siècle , et probablement parent 
du précédent, a construit à l'église paroissiale de 
Jauer, en 1732, un instrument de 24 jeux, avec 
deux claviers et pédale. 

BÛTTiXEU (JosEPu), organiste à l'église 
principale de Glogau , dans les premières années 
du dix-neuvième siècle , occupait encore cette 
position en 1830. On a de lui un petit ouvrage 
publié conjointement avec Ernest Nachsberg, 
sous ce titre : Stimmbuch oder Vielmehr An- 
iveisung, me jeder Leibkaben sein Clavierins- 
trument, sey es ûbrigens ein Sait en oder ein 
Pfeiffenwerk, selbst repariren und also stim- 
men kxnne ( Livre d'accord , ou plutôt ins- 
truction au moyen de laquelle chaque amateur 
pourra entretenir et accorder lui-même son ins- 
trument à clavier, soit à cordes, soit à tuyaux) ; 
Breslau et Leipsick , 1801, 110 pages in S". On 
a du même artiste un écrit intitulé : Anweisung 
vie jeder Organist verschiedene beider Orgel 
vorkommende Fehler selbst verbessern und die- 
sen vorbeugen kann ( Instruction par laquelle 
tout organiste peut corriger les défanis de l'orgue 
et l'améliorer); Glogau et Lissa, 1827, in-S». 

BUTTSTEDT (Jean-Henri ), organiste cé- 
lèbre du dix-septième siècle, naquit à Binders- 
leben , près d'Erlurt, le 25 avril 1C6G. Élève 
de Jean Pachelbel pour la composition et pour 
l'art déjouer du clavecin et de l'orgue, il acquit 
après quelques années d'études un talent remar- 
quable. En 1684 il fut appelé comme organiste 
dans une église d'Erfurt; en 1691 on le nomma 
prédicateur et organiste de l'église principale de 



cette ville. 11 occupa cette place jusqu'à sa mort, 
qui eut lieu le 1" décembre 1727. Ses composi- 
tions imprimées sont : 1" Le cantique Allein 
Gott in der Hœh sey Ehr, avec deux varia- 
tions; Erfurt, 1705. -^ 2° Le cantique Wo Gott 
zum Ilausnicht giebt seine Gunst, avec trois 
variations pour le clavecin; ibid., 1706. — 
3'' Musikaliche Kunst-und Vorrathskammer ; 
ibid., 1713, in-fol. Cet œuvre consiste «n quatre 
préludes et fugues , un air avec onze variations 
et deux pièces pour le clavecin. On en a publié 
une deuxième édition à Leipsick, en 1716. — 
4o Le cantique Zeuch mich dir nach, so lauffeii 
wir, etc., à quatre voix , un violon , deux violes, 
violoncelle et orgue; Erfurt, 1719, in-fol. — 
5° Quatre messes sous ce titre : Opéra jyrima 
saci'a, bestehendinvier neu-componirten Mis- 
sen von unterschiedlichen so wohl vocal als 
auch instrumental Stimmen ; Erfurt, 1720. — 
6° Ut, re, mi, fa, sol, la, tota musica et harmo- 
niaxterna, oderneu erœfnetes, altes, îvalwes, 
ienziges und ewiges Fundamcntum musices, 
entgegen gesetzt dem neu-eroefneten Orchestre, 
und in zweene Partes eingetheilt. In irclchen, 
und zwar im ersten Theil, des Herrn Autoris 
des Orchestre irrige Meinungen , in Spccie de 
Tonisseumodis musiciswiederlegt ,im andern 
Theile aber das rechte Fundamcntum 3Ia- 
sices gezeigt, Solmisatio Guidonica nicht al- 
lein defendirt, sondern auch solcher Nutzen 
bei Einfûhrung eines Comitis gewicsen, dann 
auch behauptet ivird, dass man deretnst im 
Rimmel, mit eben den Bonis welche hier in 
der Welt gebrauchlich , musiciren werde; 
(Toute la musique et l'harmonie universelle 
contenue dans ut, ré, mi, fa, sol, la, etc.) Er- 
furt; sans date, mais vraisemblablement im- 
primé en 1716, in-40 de 23 feuilles. J'ai dit dans 
le Résumé philosophique de l'histoire de la 
viusique (p. ccxxv), que longtemps après que 
l'usage se fut établi de la solmisation par les 
sept notes , il y avait encore de la résistance à 
ce système rationnel , et que l'ancienne méthode 
attribuée à Gui d'Arezzo trouvait encore d'ardents 
défenseurs. L'écrit dont on vient de voir le titre 
en est une preuve, puisqu'en ^1716 un artiste 
tel que Buttstedt entreprenait de démontrer que 
toute la musique et les principes éternels de 
l'harmonie étaient renfermés dans l'ancienne 
gamme (ut, re, mi, fa, sol, la, tota musica 
et harmonia xterna). Son ouvrage était dirigé 
contre Mattheson, qui, dans son Orchestre nou- 
vellement ouvert {Das neu eroefnete Orches- 
tre), avait fait l'apologie de la solmisation par 
les sept notes. Celui-ci répondit à Buttstedt avec 
un profond savoir, mais avec sa grossièreté ha- 



BUTTSTEDÏ — BUUS 



faitiielle, dans son livre intituk^ fias beschûtzte Or- 
chestre (VOrchesUe défendu). Voij. Mattheson. 
La bibliothèque royale de Berlin possède en ma- 
nuscrit une messe à 4 voix avec instruments, 
composée par Biittstedt. 

BUTTSTEDT ( François- VoLLRATn ) , di- 
recteur de musique et organiste à Rotlenburg 
vers 1784, fut d'abord organiste à Weibersheim, 
dans la principauté de Hohenlohe. Fils d'un or- 
ganiste d'Erfurt, il nacpiit en cette ville en 
1735. II a composé deux oratorios et plusieurs 
morceaux pour le violon et le piano. On trouve 
quelques-unes de ses sonates de piano dans 
l'Anthologie musicale de Bossler. 

BUUS (Jacques de) , musicien belge, naquit 
dans les Pays-Bas , vers les premières années du 
seizième siècle. Il est plus que vraisemblable 
qu'il vit le jour à Bruges ou dans les environs , 
car on voit dans les actes de la collégiale de 
Saint-Sauveur de cette ville qu'un prêtre nommé 
Jacobus de Boes y était, en 1506, maître des 
enfants de chœur, et qu'il donna sa démission 
de cette place au mois de juin de la même an- 
née, parce que, disait-il dans cette pièce, il s'é- 
tait pourvu d'une meilleure situation {de me- 
iiori servicis jn-ovisum ). Or de Boes et de 
Buus sont le même nom et se prononcent de 
la même manière à Bruges et à Gand, parce que 
la diphthongue oe a, comme Vu, le son de oit 
eu flamand. Cependant le prêtre- dont il s'agit ne 
peut pas être le musicien qui est l'objet de cette 
notice, car il devait être âgé d'au moins trente 
ans en 150G, puisqu'il était déjà en possession 
du poste important de maître des enfants de 
thœur; et quarante-six ans plus tard la cour de 
Vienne et les procurateurs de la chapelle ducale 
de Saint-Marc se disputaient le beau talent de 
Jacques de Buus, qui aurait été âgé alors de plus 
de soixante-quinze ans, ce qui est peu vraisem- 
blable. Quoi qu'il en soit, Jacques de Buus s'éta- 
blit à Venise, et y fonda une imprimerie de 
musique qu'il dirigea pendant plusieurs an- 
nées. Il était connu généralement en cette 
ville sous le nom de misfi'o (maître) Jachet 
ou Giachetto Fiamingo. Dans les registres 
des procurateurs de Venise , il n'est jamais 
désigné que de cette manière. M. Calfi fournit 
des renseignements intéressants sur la nomina- 
tion de cet artiste à la place d'organiste du se- 
cond orgue de la chapelle de Saint-Marc, 
devenue vacante par la mort de Baldassare d'I- 
mola (1). L'élection eut lieu, après de grandes 
contestations {dopo molta discordia), disent 

(1) Storia délia Musica sacra délia già cappella Un- 
luie di San Marco in f^cnczia, t. 1, p. 107 et suiv. 



13.3 

les registres, le 15 juillet 154», après avoir 
fait l'épreuve ordinaire d'un grand noHibre 
d'organistes {fatta la solita pi-ova dimolii 
suonatori ). Le mérite extraordinaire de Ja- 
chet lui fit obtenir la victoire sur ses concur- 
rents, et sans doute cette victoire fut disputée 
par la faveur accordée à d'autres artistes , puis- 
que le doge Pierre Lando ordonna que tous les 
chanteurs de la chapelle de Saint-Marc fussent 
convoqués au concours et obligés de déclarer 
sous serment quel était le plus liabile entre les 
concurrents. La majorité se prononça en faveur 
de l'organiste flamand {per majorem partent 
cantorum Ecclesix predictx cum eorum ju- 
ramentum fuit magis commendatus in arte 
sua sonandi organum). 

Le traitement qu'il recevait annuellement n'é- 
tait que de 80 ducats : n'ayant pu obtenir 
d'augmentation , Jachet prétexta la nécessité de 
se rendre dans son pays pour d'importantes al- 
faiies et promit de revenir dans quatre mois ; 
mais, au lieu de tenir sa promesse , il se rendit à 
Vienne et entra au service de l'empereur. On 
voit un témoignage éclatant da grand mérite de 
Jachet dans les efforts que fit le gouvernement 
de Venise pour engager l'artiste à revenir pren- 
dre sa place, et dont les détails se trouvent dans 
les registres des procurateurs. L'ambassadeur de 
Venise à Vienne fut chargé de conduire la chose 
avec prudence pour atteindre le but qu'on se 
proposait ; mais ses efforts furent vains. Jachet 
répondit qu'il avait un florin par jour à Vienne, 
et qu'il ne retournerait à Venise que si on vou- 
lait lui donner un traitement de 200 ducats : les 
procurateurs ne crurent pas pouvoir payer une 
somme si considérable pour cette époque, et 
nommèrent Jérdme Parabosco comme succès- 
seur de Jachet , dans l'année 1551. L'identité de 
Jachet et de Jacques de Buus est établie par la 
dernière partie de la Libreria de François Doni, 
laquelle est intitulée Musica Stampata, et a 
pour dédicace al nobiliss. sig. Jaches Buus 
organista di S. Marco. A l'égard de la confu- 
sion qu'on a faite quelquefois de Jacques de 
Buus et de Jacques Berchem, par les noms 
de Jacches, Giacche, Jachet, Jaquet , et Gia- 
chetto , elle disparaît par les renseignements 
fournis sur Jacques de Buus par les registres des 
Procuratori de Venise, puisque ce musicien 
entra au service de la cour de Vienne au mo- 
ment même où Berchem, qui ne quitta jamais 
l'Italie, était attaché au duc de Maotoue, en 
qualité de maître de chapelle. 

On connaît de Jacques de Buus : 1° Ricercari 
da canfare e suonare d'organo e altri stro- 
mcnti. Lib. I, in Venetia, 1547. — 2" /cfem. Libro 



134 



BUUS — BUZZOLA 



Il ; ibi<l., 1549, in-4". Pierre Ponzio on Ponlio 
cite des Ricercari de Jacques Bus dans son 
Dialogo ove si traita delta teoria e pratica 
di musica, 2"* partie, p. 48) ; il voulait sans 
doute parler de Buus et de l'ouvrage cité ci-des- 
sus. — 3° Canzoni francese a set voci; Vene- 
zia oppressa l'autore, 1543, in-4». — 4° Primo 
libro de' Motetli a 4 voci ; Yenezia, Gardano , 
1549, in-4'' obi. — 5° Canzoni francesi a cinque 
voci; Yenezia, app. Jer. Scotto, 1550, in-4" 
obi. — 6» Motetli e madrigali a 4 e 5 voci; in 
Venetia, 1580. Ce dernier ouvrage est vraisem- 
blablement une réimpression ; il appartient peut- 
être à Jacques Berchem ( Voy. ce nom. ) 11 est à 
peu près impossible de savoir auquel de ces 
musiciens appartiennent les morceaux indiqués 
par le seul nom de Jachet dans les recueils 
dont voici les titres : 1" Moralis Ispani alio- 
rumqueauthorumliher I ;MA.,\'ok'l. — 2°Can- 
tiones septem, sex et quinqwe vocum, etc. 
Augustx Vindelic, Kriesstien, 1545. — S'Se- 
cundus lomusnovi operis musici, sex, quinque 
et quatuor vocum; Noribergae, arte Hier. Gra- 
phei, 1538. — 4o Selectissimorum Motecla- 
rum partim quinque, par Uni quatuor vocum. 
Tomus I; Norimbergae, Joh. Petreius , 1540. — 
6° Le dixième et le treizième livres de motets 
imprimés par Pierre Attaingnant, à Paris , en 
1534 et 1535. — 6° La rnesse à 6 voix sur léchant 
Surge Petre, publiée par Adrien Le Roy et P»<)- 
bert Ballard en 1557, gr. in-fol. Dans le qua 
trième livre de motets imprimé .par Jacques 
Moderne, à Lyon, en 1539, il y en a avec le nom 
de Jachet et avec celui de Jacques Buus, ce 
qui semble indiquer qu'en France Jachet dési- 
gnait particulièrement Berchem. 

BUXTEHUDE (Dieterich ou Théodore), 
un des plus célèbres organistes du dix-septième 
siècle, était fils de Jean Buxtehude, organiste à 
Helsingœr,en Danemark: il naquit en ce lieu vers 
1635. On ignore quel fut son maître dans l'art 
de jouer de l'orgue et dans la composition ; mais 
il y a lieu de croire qu'il fit ses études sous la 
direction de son père. En 16C9 il obtint la place 
d'organiste de l'église Sainte-IMarie à Lul)e( k , et 
le reste de sa vie s'écoula dans l'exercice pai- 
sible des devoirs de cette place, il termina sa 
carrière le 9 mai 1707. Tout l'intérêt de la vie 
de ce grand artiste réside dans son admirable 
talent sur l'orgue et dans ses ouvrages, dont on 
n'a mallieureusenienl publié qu'une très-petite 
partie. Une seule chose suffit pour nous donner 
une haute opinion du mérite de Buxtehude, 
c'est le séjour de plusieurs mois que Jean-Sé- 
bastien Bach fit en secret à Lubeck pour l'en- 
tendre et pour étudier sa manière. On a de cet 



artiste : I" llochzcil ylWcrt (Chansons de noces). 
— 2" Fried-und Freudenreiche Hlnfahrt des 
altert Simeons bey Absterhen seines Vaters, 
in zwey Contrapunkten abgesungen ( Décès 
paisible et joyeux de Siméon , après la mort de 
son père, en deux contrepoints doubles ) ; Lu- 
beck, 1675— 30 Abend-Musik in 9 Theilen (Mu- 
sique du soir, en 9 parties ). — 4° La Noce de 
l'Agneau. — 5° Sept suites pour le clavecin, re- 
jirésentant la nature et les propriétés des sept 
planètes. — G» Poëme anonyme snr le jubilé de la 
délivrance de la ville de Lubeck , mis en musi- 
que — 7" C'astrum doloris Leopoldo et castrum 
honoris Josepho. — 8° Délices célestes de l'âme, 
pièces pour le clavecin. — 9" Pièces pour violon , 
basse de viole et clavecin , œuvres 1" et 2*' ; 
Hambourg, 1G96, in-fol. — 10" Ce qu'il y a de 
plus terrible ; ce qu'il y a de plus gai, pièces 
d'orgue (en manuscrit). — 11° Fugues, préludes 
et pièces diverses pour l'orgue (eu manuscrit ). 
Dans le recueil de préludes, fugues et chorals 
variés pour l'orgue, publié chez Breitkopf, on 
trouve un prélude et une fugue de Buxtehude sur 
le choral : Wie schœn Leuchtet der Morgens- 
tern. La bibliothèque royale de Berlin possède 
en manu-scrit 15 préludes et fugues pour l'orgue, 
suivis du choral varié Nun Lob mein Seel, 
ainsi qu'une toccate pour le même instrument , 
par Buxtehude. L'éditeur Kœrner, d'iirfiirt, a 
publié récemment quelques pièces d'orgue de ce 
grand artiste. 

BtJZZI ( Antoine) , compositeur italien , 
connu depuis 1840, fut entrepreneur du théâtre 
Italien à Valence, en Espagne, et ne réussit pas 
dans cette entreprise, qui n'eut d'existence que 
pendant l'année 1841. De retour en Italie, il a 
fait représenter à Rome, dans l'été de 1842, 
l'opéra de sa composition intitulé : Bianca Ca- 
pello, qui ne réussit pas; mais dans l'année 
suivante il écrivit pmir Ferrare Saûl, qui eut 
un plein succès, et qui reçut un aussi bon 
accueil à Parme, à Rome, à Trieste et dans 
d'autres villes. Les morceaux séparés de cet 
ouvrage ont été publiés avec accompagnement 
de piano, à Milan, chez Ricordi. Le 26 dé- 
cembre 1853, il a fait représenter au théâtre de 
La Scala, à Milan, il Convito di Baldassare, 
opéra sérieux , chanté par la Novello , la Bram- 
billa , Carrion , Guicciardi et Brémont , qui n'eut 
qu'un médiocre succès. En 1855, il a donné au 
grand théâtre de Trieste Ermengarda , opéra 
sérieux qui a été assez bien accueilli, et dans la 
même année Editia, opéra sérieux, au théâtre 
de la Fenice, à Yenise. 

BUZZOLA (Antoink), maître vénitien, 
directeur actuel delà chapelle impériale de Saiut- 



BUZZOLA 

Marc , et de la confrérie de Sainte-Cécile, à 
l'église Saint-Martin de Venise, a snccédé 
dans ces deux emplois à Jean-Augustin Perotti. 
Il fut directeur de musique au théâtre italien de 
Derlin, dans les années 1843 et 1844, et a fait 
représenter à Venise, en 1837, nn opéra de sa 
composition intitulé Faramondo , qui eut quel- 
que succès et fut joué sur plusieurs autres lliéâ- 
tres. En 1841, il a donné aussi à Venise il 
Mastino , et âàns l'année suivante g"?/ Avven- 
turieri. Il a écrit à Berlin une cantate qui a 
été chantée au théâtre italien, en 1843, à l'oc- 
casion de la fiête du roi. 

liUZZOLEIVl (Jean), célèbre ténor, né à 
Brescia, dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle, fut d'abord au service du duc de Man- 
toiie, ensuite de l'empereur. Algarotti en parle 
avec beaucoup d'éloge.5 dans son Essai sur l'o- 
péra. Buzzoleni chantait encore en 1701. 

BYRD (William), célèbre musicien an- 
glais , est considéré comme fils de Thomas Byrd, 
membre de la chapelle royale , sous les règnes 
d'Edouard VI et de la reine Marie. La date pré- 
cise de sa naissance n'est pas connue , mais on 
sait qu'il était âgé de quatre-vingt-cinq ans lors- 
qu'il mourut, le 4 juillet 16?3, d'où il résulte 
qu'il a dû naître en 1538, ou vers la fin de 1537. 
Un acte authentique, conservé parmi les re- 
cords de la chancellerie de l'écliiquier, à Lon- 
dres, prouve que Byrd était en 1554 le plus 
âgé des enfants de chœur de la cathédrale de 
Saint-Paul : il devait avoir alors environ seize 
ans. Son éducation musicale fut dirigée parTal- 
lis, savant musicien qui fut attaché à la chapelle 
de Henri VIII , d'Edouard VI , de la reine Marie 
et d'Elisabeth. A l'avènement de cette dernière 
princesse , la chapelle royale fut réorganisée , et 
Byrd , bien que déjà considéré comme artiste de 
grand mérite, ne fut pas compris au nombre de 
ses membres : cette défaveur le détermina à 
accepter la place d'organiste de la cathédrale de 
Lincoln , en 1563. Après la mort de Robert Par- 
sons {voij. ce nom), qui eut lieu en 1569, il 
lui succéda comme membre de la chapelle 
royale, dont il fut nommé organiste en 1575, 
conjointement avec son maître Tallis. Dans la 
môme année tous deux obtinrent une patente 
qui leur concédait le droit d'imprimer et de 
vendre les livres et papiers de musique pendant 
le terme de vingt et un ans. Le premier usage 
qu'ils en firent fut la publication d'une collec- 
tion de motets , d'hymnes et de canons , à cinq, 
six et Imit voix , sous le titre de Cantiones , 
qu3S ah argumento sacrx vocaniur, quinqm 
et sex partiiim. Londres, 1575, in-4° obi. 
Après la mort de Tallis , en 1585 , le bénéfice de 



BYRD 



13.-, 



la patente fut transporté à Byrd seul : il parait 
en avoir traité peu de temps après avec Thomas 
Este. Byrd eut plusieurs enfants , car on trouve 
l'imlication de la mort d'un de ses fils et d'une 
fille dans un ancien registre de la paroisse de 
Sainte-Hélène, à Londres, sous cette forme : 

« Walter Byrd , the sonne of William 
Byrd , the XV daye of maye. Anno 
Buried. / Dom. 1587. 

« Alice Byrd, the daughter of William 
Byrd, the XV daye of julya. A. D. 1587. 
Un autre fils de cet homme célèbre , Thomas 
Byrd , qui suivit la profession de son père , fut 
le suppléant de John Bull , en 1601 , comme 
professeur de musique au collège de Gresham. 
La lecture attentive des œuvres de William 
Byrd démontre qu'il fut un des plus grands mu- 
siciens du seizième siècle , et qu'il n'est inférieur 
à aucun maître italien ou belge de son temps. 
Le registre de la chapelle des rois d'Angleterre 
( Chèque Book) lui donne le litre de Père de 
la musique ( Father of musick ) ; cet éloge , 
quelque grand qu'il soit, est justifié par la pu- 
reté d'harmonie , l'élégance de la forme dans les 
entrées d'imitation des voix, la clarté du style 
et la régularité tonale qui brillent dans ses ou- 
vrages. On peut dire sans exagération que Byrd 
fut le Palestrina, l'Orlando Lasso de l'Angle- 
terre : s'il est peu connu .sur le continent, la 
cause en est dans la rareté des relations des îles 
britanniques avec le reste de l'Europe , au point 
de vue de l'art : car les presses musicales de 
l'Italie, de l'Allemagne, de la Belgique et de la 
France n'ont jamais reproduit un seul ouvrage 
des compositeurs anglais , tandis qu'elles inon- 
daient le monde d'éditions multipliées des œu- 
vres des artistes des autres nations. La liste des 
compositions de Byrd se compose de la manière 
suivante : 1° La collection de motets et hymnes 
ou cantiones citée précédemment : on y trouve 
cinq motets à cinq voix, onze motets à six, un 
hymne à cinq, un à six, et deux canons, le 
premier à six et l'antre à huit , de la composi- 
lion de Byrd : le reste appartient à Tallis. — 
2° Psalmes, sonnets and sowjs of sadnes and 
pieiie, mode into musick of five parts 
( Psaumes, sonnets et chansons sérieuses et pieu- 
ses mis en musi(iue à cinq parties ) ; Londres, 
Thomas Este , sans date , mais avec une auto- 
risation d'imprimer, datée de 1587. Des exem- 
plaires , non d'une autre édition, comme l'ont 
cru plusieurs bibliographes, mais avec un nou- 
veau frontispice, portent la date de 1588. — 
30 Songs of sundries natures , some of gra- 
vitie and otheis of mijrth , fit for ail qom- 
panics and voijces ; Intel)/ made and compo 



13G 



BYRD 



»ed into mus'tk of three, four, five, and six 
paris, and publishcd for ihe'delight of ail 
such as take pleasure in the exercise ofthat 
art (Chansons d'espèces diverses, les unes 
graves et les autres joyeuses, composées pour 
toutes les sociétés et les différents genres de voix, 
à trois, quatre, cinq et six parties, et publiées 
pour l'amusement de ceux qui prennent plaisir 
dans la culture de la musique ). Imprinted al 
Londnn bij Thomas Est, the assigne of Wil- 
Uam Bijrd, 1589. Cet ouvrage fut réimprimé 
en 1610 par Lucrèce Este. — 4° Liber primus 
sacrarum cantionum quinque vocum. Autore 
Guilieltno Bijrd, organista regio Anglo. 
Excvdebat Thomas Est ex assignatione Gui- 
lielmus Byrd. Cum privilegio. Loudini, 25 oc- 
tobr. 1589. Cet ouvrage, dont toutes les pièces 
sont d'ime beauté achevée, a été reproduit en 
1842, en partition, aux dépens de la très-hono- 
rable société des antiquaires musiciens de l'An- 
gleterre, et par les soins de M. William Hors- 
ley, qui y a joint une bonne introduction his- 
torique et critique, et l'a accompagné du fac 
simile du frontispice de l'édition originale. — 
5" Liber secundus sacrarum cantionum , etc. 
Londini, quarto novemb. 1591. — 6" Gra- 
dualia, ac cantiones sacrx quinis, quaier- 
nis , tribusque vocibus concinnatse. Liber pri- 
mus. Authore Guilielmo Byrde (sic), organista 
regio Anglo, 1607. — 7° Gradualia, ac can- 
tiones sacrx. Liber secundus. 1610. — 8° Psal- 
vies, songs, and sonnets, some solemne , 
others Joijfull , framed to the Life of the 
words, fit for voyces or viols, of three, four, 
five and six parts ^ composed by W. Byrd, 
one of gentlemen of his Magesties honorable 
chappcU (Psaumes, chansons et sonnets, 
quelques-uns sérieux, les autres joyeux, con- 
formes à l'esprit des paroles, et disposés pour 
les voix ou les violes à trois , quatre , cinq et 
six parties ; composés par W. Byrd , un des 
membres de l'honorable chapelle de leur Ma- 
jesté ). 1611. Printed by Tho. Snodham, etc. 
— 9° Byrd a publié trois messes de sa compo- 
sition, dont la rareté est si grande que 
M. Edouard Rimbault, savant archéologue musi- 
cien, a consulté les catalogues de toutes les 
grandes bibliothèques et de toutes les ventes 
qui se sont faites pendant les deux derniers 
siècles, sans en découvrir d'autre exemplaire que 
celui d'une messe à cinq voix qui est en la pos- 
session de IVI. W. Chappell , membre de la so- 
ciété des antiquaires musiciens de Londres et 
éditeur des publications do cette société , et 
celui des deux autres messes à trois et quatre 
voix , qui fut vendu en 1822 , à la huitième 



séance de la grande et belle collection de Bartle- 
mann. Ces messes, reliées avec dix-huit suites 
de madrigaux de Morley , Welkes, Byrd, Gib- 
bons, Wilbye, Bateson, Kyrbie, etc., clans la 
reliure originale en vélin, furent vendues douze 
livres douze s. (315 francs). Les trois messes 
de Byrd paraissent avoir été imprimées sous le 
règne d'Elisabeth , vers 1580; mais elles n'ont 
ni titre, ni date, ni nom d'imprimeur, si l'on 
en juge par l'exemplaire de la messe à cinq 
voix qui est en la possession de M. W. Chappell. 
On lit simplement au haut des pages de celle-ci : 
5 vocum. W. Byrd. L'opinion de M. Rimbault 
est que Byrd a composé ces messes entre les 
années 1553 et 1558, c'est-à-dire dans l'intervalle 
de sa seizième année à la vingtième année, parce 
que le règne de la reine Marie (19 juillet 1553- 
17 novembre 1558) fut la seule époque du re- 
tour du gouvernement anglais et d'une partie de 
la nation à la religron cathohque. Ces ouvrages 
marquent donc la première époque du talent du 
compositeur ; cependant la messe à cinq voix nùse 
en partition par M. Rimbault , d'après l'exem- 
plaire de M. W. Chappell , est déjà très-remar- 
quable par l'habileté dans l'art d'écrire. Elle a 
été publiée en 1841 , par la société d'antiquités 
musicales {Musical Antiquarian Society), 
avec le luxe de toutes ses publications, sous ce 
titre : A Mass for five voyces, composed bet- 
wen the years 1553 and 1558, for the old 
Cathedral of Saint-Paul , by William Byrd, 
nom first printed in score , and preceded by a 
Life of the composer, by Edward F. Rim- 
bault. London, printed for the members of 
the musical antiquarian Society , by Chap- 
pell, etc., gr. in-fol. — Byrd a aussi contribué 
aux ouvrages suivants : — iO" Musica Trans- 
olpina. Madrigales translated of four, 
five , and six parts , chosen out of divers 
excellent Authors , with the first and second 
part ofhx ViRGiNELLA, madc by maister Byrd, 
upon tvjo stanz's of Ariosto, and brought to 
speak english. Published by N. Yonge , in 
favour of such as take pleasures in musicke 
and voyces. Imprinted at London by Thomas 
Est, the assigne of William Byrd, 1588. 
C'est le premier recueil de madrigaux publié en 
Angleterre. — J;!!" The first set of italian 
Madrigals Englishcd, not to the sensé of the 
original ditties , but after the affection of the 
noate, by Thomas Watson, gentleman. There 
are also hère inserted two excellent ISladri- 
gulls of master Byrd, etc. (Premier livre de 
Madrigaux italiens traduits en anglais, non dans 
le sens des chants originaux, mais d'après l'af- 
fection exprimée, par Thomas Watson , gcntl. 



BYRD — BYTEMEISTER 



137 



Là aussi sont ilt'u\ excellents madrigaux de 
maître Byrd, etc. ); Londres, Tliomas Est, 
1590. — 12" Parthenia, or the Maiden-head 
of the first musicke that ever was printed 
for the Vlrginalls. Composed by ihree fa- 
mous masters William Byrd, Dr. John Bull, 
and Orlando Gibbons, gentlemen of his Ma- 
jesty's most illustrions chappel. Engrared 
by \ym. Hôte (Parlliénie, oh la Virginité de 
la première musique qui ait jamais été imprimée 
pour les Virginales, composée par trois fameux 
maîtres, William Byrd, le D^ John Bull, et 
Orlando Gibbons , etc. ). Cet ouvrage est dédié 
à la reine Elisabeth. Il est entièrement gravé 
sur des planches de cuivre. La première édi- 
tion est sans date , mais l'ouvrage a paru en 
1600, Les morceaux composés par Byrd sont au 
nombre de huit, lesquels consistent en deux 
prélu<1es , deux pavanes et quatre gaillardes. — 
13° The teares and lamentations of a sor- 
rowfull soûle, composed with musical ayres 
and songs, both for voyces and divers ins- 
truments, set forth by sir William Leighton, 
Knight (Les Larmes et Lamentations d'une âme 
affligée , composées d'airs et de chants pour les 
voix et divers instruments), 1614. On y trouve 
quatre compositions de Byrd. — Dans le curieux 
volume connu sous le nom de Virginal-Book de 
la reine Elisabeth , lequel existe en manuscrit 
dans le Fitzwilliant- Muséum , à Cambridge, 
se trouvent soixante-dix pièces pour la virginale 
et l'orgue, composées par Byrd, elle Virginal- 
Book de lady Nevill en contient vingt-six. Le 
mss. n° 6926 du fonds de Harley, au Muséum 
britannique, contient un chant à trois voix 
composé par Byrd pour le drame latin de Jane 
Sliore, qui fut représenté en 1586, et plusieurs 
motets de ce grand musicien se trouvent en par- 



tition dans une collection de madrigaux, motets 
et fanlaisies, formoe |)ar un chantre de Wiinl- 
sor, nommé Jean Baldwyne. Cette collection est 
aussi au Muséum britannique, de même qu'une 
autre très- volumineuse formée par le D^ Tud- 
way pour lord Harley, laquelle contient un ser- 
vice complet à quatre voix, de Byrd. On trouve 
un grand nombre de ses pièces dans les collec- 
tions de Barnard {Selected Church-Musick ) , 
de Boyce (Cathedral-Music) , de Hilton, et 
d'autres. 

Il ne faut pas confondre avec le grand artiste 
qui est l'objet de cette notice un autre musi- 
cien nommé William Bird, de Watford , dans 
le comté de Hertford , auteur d'une collection 
de chants à quatre voix pour les psaumes et 
bymnes, avec accompagnement d'orgue ou de 
piano, dont la deuxième édition a paru en 1829, 
sous ce titre : Original Psalmody , consisting 
ofpsalm and hymns lunes in score, loith an 
accompaniment for the organ or piano 
/or/e; Londres, petil-in-4° obi. 

BYSTROEM (Thomas), sous- lieutenant 
d'artillerie suédois, vivant à Stockholm au com- 
mencement du dix-neuvième siècle, a publié 
Trois Sonates pour le clavecin, avec accomp. 
de violon ; Leipsick, 1801 . 

BYTEMEJSTER (Henri-Jean), docteur 
en théologie et bibliographe banovrien , naquit 
le 5 mai 1688 à Zelle, où son père était secré- 
taire au conseil de justice. En 1720 il devint 
professeur de théologie à Helmstsedt; il est mort 
dans cette ville en 1740, le 22 avril. Parmi ses 
nombreux ouvrages, on trouve : Dissertatio de 
Sela contra Gottlieb (Reime). Celte disserta- 
tion a été insérée dans les Misscell. Lipsiens., 
t. IV, et dans le Thésaurus antiquit. sacr. 
d'Ugolini, t. XXXII, p. 731. 







CiVBALOlXE (Mic(iel),ou GABELOKE, 
ou enfin GABELLOJ\E, fut le premier maître 
de contrepoint du violoniste Emmanuel Barbelia. 
Il est mort à Naples , sa patrie, en 1773, dans 
un âge peu avancé. On connaît de ce musicien 
les partitions des opéras : 1" Alessandro nelle 
Indie; — 2° Adriano inSirla. La bibliothèque 
du Conservatoire de Paris possède la partition 
manuscrite et vraisemblablement originale d'un 
oratorio de la Passion, composé par Cabalone. 

CABEZON (D. Félix-Antoine), organiste 
de la chapelle et clavicordiste de la chambre du 
roi d'Espagne Philippe II , naquit à Madrid en 
1510, et mourut dans la môme ville, le 21 mars 
1566, à l'âge de cinquante-six ans. Il fut inliiimé 
dans l'église des Franciscains de Madrid , et 
l'on mit sur son tombeau l'épilaphe suivante : 

Hic sltus est felix .\ntontusllIe sepiilchro 
Organlci quondam gloria prima chorl. 
Cognoraen Cabezon cur eloqiiar ? inclyta quaiido 
Fama ejiis terras, spirilus astra colit. 

Occidit, heu ! tota régis plangente Philippi 
Aula ; tam rarum perdldlt llla decus. 

On a de Cabezon : Libro de Musica para 
iecla, harpa , y viguela (Livre de musique 
pour jouer du clavecin , de la harpe et de la 
viole); Madrid, 1578, in-fol. Cet ouvrage a été 
publié par les soins de ses fils. Les exemplaires 
en sont devenus si rares que M. Eslava (ro//. ce 
nom ), maître de la chapelle de la reine d'Es- 
pagne D. Isabelle II , a fait d'inutiles recherches 
dans toutes les bibliothèques du pays pour en 
trouver un, et ne l'a rencontré, par un hasard 
heureux, que dans la bibliothèque royale de Ber- 
lin, où il a pu l'examiner et en faire des extraits. 
Cabezon a écrit aussi un traité de composition 
intitulé : Musica ieorica yprâctica, qui n'est pas 
moins rare que son premier ouvrage. Cet artiste 
eut deux fils, D. Antonio et D. Hernando Ca- 
bezon , qui lurent aussi des organistes distin- 
gués. 

CABIAS ( L'abbé), ecclésiastique français , 
né dans les dernières années du dix-huitième 
siècle, imagina, vers 1825, un système mons- 
trueux de construction d'orgue à l'usage des 
personnes qui n'ont aucune connaissance de la 
musique, du plain-chant ni de l'harmonie. Le 
résultat des recherches de M. Cabias, pour la 

1 



solution de ce problème insensé, fut rais à l'ex- 
position des produits de l'industrie française, 
en 1834. Ce résultat consistait en un petit or- 
gue construit par les moyens ordinaires , auquel 
était attachée une boîte contenant le mécanisme 
composé de deux claviers chacun de vingt-trois 
touches. Les vingl-trois touches rouges du pre- 
mier clavier faisaient entendre les accords mi- 
neurs; et les touches noires du second clavier 
produisaient les accords majeurs. Par une com- 
binaison du mécanisme, une seule de ces tou- 
ches, en appuyant sur le bras d'un des rouleaux, 
posés horizontalement dans la boîte, faisait 
baisser, suivant l'exigence de l'accord, quatre ou 
cinq pelotes qui venaient se poser verticalement 
sur autant de touches du clavier or*3inaire , et 
faisaient sur elles l'office des doigts de l'organiste. 
Le papier posé sur le pupitre, et dont la nota- 
tion remplaçait celle du plain-chant , était divisé 
en vingt-trois cases par des lignes perpendicu- 
laires au plan des claviers, et chacune de ces 
cases correspondait à chacune des touches de 
ces claviers. Dans ces cases se trouvaient 
des chiffres ou rouges , ou noirs, lesquels in- 
diquaient par leur couleur le clavier auquel 
chacun d'eux répondait , et des lignes droites ou 
obliques , allant d'une case à l'autre, faisaient 
voir la touche sur laquelle il fallait poser le 
doigt. Pour la facilité de l'exécution et pour lier 
l'enchaînement des accords, ies touches devaient 
être jouées alternativement par l'index de cha- 
que main. La pensée barbare de cette machine 
de l'abbé Cabias, pensée entièrement opposée 
à la conception de l'art, a été reprise quelques 
années plus tard par l'abbé Larroque, qui en a 
fait l'orgue appelé l/i/acor. ( Voy. Larroque.) 

CABILLIAU ou CABELLIAU (...), musi- 
cien belge du seizième siècle', dont on trouve 
une chanson à quatre voix ( En espérant de 
parvenir à la mienne fantaisie) dans un ma- 
nuscrit de la bibliothèque de Cambrai (n" 124), 
daté de 1542. M, de Coussemaker a donné l'a- 
nalyse du contenu de ce manuscrit dans sa No- 
tice sur les collections musicales de la biblio- 
thèque de Cambrai (p. 65-91 ). De plus, il a 
mis en partition la chanson de Cabilliau , sous 
le n° 2 , dans les planches de musique du môme 
volume. On ne sait rien de ce musicien, et l'on 

38 



CACCINI 



139 



ignore s'il élait né à Ypres ou à Aiidonanie, où 
il y avait îles lamilles île ce nom. La famille 
Cabelliau d'Audenarde était une des plus dis- 
tinguées et des plus considérables au seizième 
siècle : on comptait parmi ses membres des lit- 
térateurs, des magistrats, des prêtres et des 
religieux dominicains, chartreux et autres. 

CACCIi\l (Horace), fut maître de cha- 
pelle de Sainte-Marie-Majeure, à Rome, en 1577. 
Il eut pour successeur Nicolas Pervè, en 1581. 
Je possède une messe de Beata Virgine , à cinq 
voix , de ce maître. 

CACCIIXI (JcLEs), né à Rome, fut connu 
et cité sous le nom de Giulio Roinano. Les écri- 
Tains de son temps ont gardé le silence sur le 
commencement et la fin de sa vie; il y a même 
beaucoup d'incertitude sur l'époque de sa nais- 
• sance. Toutefois il fournit lui-même une date 
approximative dans la préface de son recueil 
de madrigaux intitulé : Nuove Musiche (publié 
► en 1602 ) ; car il y dit qu'il avait vécu trente-sept 
ans à Florence, ce qui prouve qu'il y arriva 
vers 1564 ; or on sait qu'il était alors fort jeune, 
mais déjà artiste , et , en supposant qu'il fût seule- 
ment âgé de dix-huit ans, il suit de tout cela 
qu'il a dû naître vers 1546.Caccini eut pour maî- 
tre de chant et de luth Scipion Délia Palla , qui 
ne le rendit pas savant musicien , mais qui en 
fit un chantenr habile et un homme de goût. 
On ignore s'il se détermina de lui-même à se 
rendre à Florence, ou s'il y fut appelé par les 
Médicis; mais on sait qu'en 1580 il était attaché 
à la cour en qualité de chanteur. Il est certain 
aussi qu'aux fêtes des noces du grand-duc Fran- 
çois de Médicis avec Bianca Capello , célébrées 
en 1579, Caccini chanta le rôle de la Nuit, ac- 
compagné par des violes (1), dans un intermède 
dont la musique était de Pierre Strozzi. 

A cette époque , Jean de Bardi , comte de Ver- 
nio , ses amis Jacques Corsi et Pierre Strozzi , à 
qui s'étaient réunis Vincent Galilée, père du 
célèbre physicien, Mei et le poëte Rinuccini, 
avaient formé une association intelligente qui avait 
pour but de faire revivre l'ancienne déclamation 
musicale des Grecs, et de l'appliquer au drame. 
Les membres de cette société avaient pris en 
aversion le genre madrigalesque à plusieurs 
voix, et voulaient lui substituer des chants à 
voix seule, accompagnés d'un instrument. Cette 
idée n'était pas absolument nouvelle; car, dans 
une fête donnée à Galéas Sforce et à son épouse , 
Isabelle d'Aragon, par Bergonzo Botta, noble 
de Tortone, en 1488 , il y eut un intermède où 
les dieux et les déesses chantèrent tour à tour. 
Au mariage de Cosme 1" avec Éléonore de To- 
lède, en 1539, on entendit Apollon chanter, en 

(1) Feste netle Nozzc àel serenissimo D. Francesco 
Meâici. qran duca di Toicana , etc.; Fircnze. Filip. et 
Jac. GiurUi , 1379, p. 40. 



s'accompagnant de la lyre, des stances poétiques 
à la louange des deux époux , et les Muses ré- 
pondre à ce chant par une canzone à neuf par- 
ties réelles. Enfin , aux mômes fêtes , l'Aurore 
réveillait par ses chants les bergers et les nym- 
phes, et était accompagnée par un clavecin (1). 

Admis dans la société des hommes distingués 
qu'on vient de nommer, et instruit, par leurs 
entretiens, de la révolution qu'ils voulaient opérer 
dans la musique, Caccini sentit s'éveiller en lui 
le génie qui le rendait propre à réaliser une par- 
tie des vues et des espérances de ses patrons. 
Homme d'esprit, il comprit qu'il avait tout k 
gagner à celte transformation de l'art, car son 
ignorance des règles du contrepoint était à peu 
près complète, et la nature lui avait accordé le 
don d'inventer des chants que son talent d'exé- 
cution faisait valoir. Ses canzonnettes et ses son- 
nets acquirent une vogue extraordinaire ; il les 
chantait avec l'accompagnement du théorbe, 
instrument qui venait d'être inventé par un Flo- 
rentin nommé Bardella. ( Voyez ce nom. ) 

Ces heureux essais déterminèrent le comte de 
Vernio à écrire, en 1590, le poëme d'une mo- 
nodie, sorte de scène à voix seule, que Caccini 
mit en musique avec succès. Peu de temps 
après, Bardi quitta Florence pour aller se fixer 
à Rome. La maison de Corsi devint alors le 
centre de la société d'artistes et d'amateurs dont 
ce seigneur était un des fondateurs. En 1594, 
son ami, le poëte Rinuccini , fit un second essai 
dans sa Dafne , et chargea Péri et Caccini de 
la composition de la musique. Plusieurs autres 
petits drames de ce dernier succédèrent à celui- 
là, et furent joués dans la maison de Corsi, où 
ils excitèrent l'enthousiasme. Ces pastorales 
avaient eu pour modèles II Satiro, d'Emilio 
del Cavalière ( voij. Cavalière ) , représenté 
publiquement à Florence, en 1590, la Dispe- 
razione di Fileno ( 1590 ), et il Giuoco délia 
Cieca ( 1595 ), ouvrages du même compositeur; 
mais on ne peut nier qu'il y eût dans le style de 
Caccini quelque chose de plus dramatique que 
dans celui de Cavalière. Les méditations de tant 
d'hommes distingués conduisirent enfin, après 
environ vingt ans de recherches , à la décou- 
verte d'une espèce de déclamation musicale des- 
tinée à changer la direction de l'art. Rinuccini, 
musicien autant que poëte, paraît avoir eu la 
plus grande part dans cette découverte. Les fêtes 
célébrées en 1600, pour le mariage de Henri IV, 
roi de France, avec Marie de Médicis, lui four- 
nirent une occasion favorable pour réaliser ses 
idées à cet égard ; il écrivit pour les fêtes qui 
furent alors célébrées une Tragedia per Musica. 

Malgré tant d'éloges accordés à Caccini par 

(1) A'oy. Jpparato e Feste nelle nozze dello illustris- 
simoSig. Ducadi Firenze, etc.; Fiorcnza, Bcned. Giiints, 
1339, in-8", p. M. 



140 



CACCINI 



les écrivains de Florence, les productions de ce 
musicien ont été l'objet de critiques amères de- 
puis environ quarante ans. Burney , copié par 
quelques auteurs allemands , a reproché à ses 
chants d'être empreints de monotonie, et leur 
a trouvé de l'analogie avec le style de Lulli. En 
cela, il a fait preuve de cette légèreté de juge- 
ment qu'on remarque en beaucoup d'endroits de 
son Histoire de la musique, lorsqu'il y analyse 
les œuvres des anciens com|)ositeurs. Il n'y a 
pas la moindre analogie entre les mélodies de 
Caccini et celles de Lulli, encore moins de res- 
semblance dans le récitatif. Caccini est sans 
doute inférieur à Monteverde sous le rapport de 
l'expression passionnée, et il a été surpassé dans 
ie récitatif par Carissimi; mais les formes de 
ses mélodies ont de l'originalité, les périodes en 
sent longues , et l'examen attentif de ses ouvra- 
ges fait voir qu'il saisissait fort bien le caractère 
des paroles. Quant aux ornements du chant, il 
a su leur donner une grâce qu'on ne trouve 
point dans les œuvres de ses contemporains. Ses 
madrigaux à voix seule offrent en ce genre des 
choses de très-bon goût. C'est donc à tort que 
les auteurs du nouveau lexique universel de mu- 
sique, publié sous la direction de M. Schilling, 
ont copié Gerber, et ont dit que cette musique 
n'est qu'une psalmodie. C'est à tort surtout 
qu'ils ont reproché à d'autres écrivains d'avoir 
considéré Péri et Caccini comme des inventeurs 
et comme de grands artistes. Nul commencement 
n'est grand ni beau, disent-ils ; mais n'y a-t-il 
pas un immense mérite à commencer.? 

Tous les écrivains sur la musique, du temps de 
Caccini, l'ont signalé comme le meilleur chanteur 
de son époque, et Prœtorius en parle en ce sens. 
{Synt. Mus., III, 230.) Il avait formé quelques 
élèves qui passaient pour des chanteurs distingués. 

Quel que fut le mérite de Péri et l'importance 
de ses travaux dans sa collaboration avec Cac- 
cini, il paraît que sa gloire fut éclipsée par celle 
de ce dernier; car les contemporains de Caccini 
s'accordent à le considérer comme ayant eu la 
plus grande part dans la création du drame 
lyrique. L'abbé Angelo Grillo, ami du Tasse, lui 
écrivait : « Vous êtes le père d'un nouveau 
« genre de musique, ou plutôt d'un chant qui 
« n'est point un chant, d'un chant récitatif, 
« noble et au-dessus des chants populaires, qui 
« ne tronque pas , n'altère pas les paroles , ne 
« leur ôte point la vie et le sentiment , et les 
« leur augmente, au contraire, en y ajoutant 
« plus d'âme et de force, etc. (I). » Jean de 
Bardi, dont le témoignage est d'un grand poids 
pour le temps où il écrivait, s'exprime ainsi 
dans un discours adressé à Jules Caccini lui- 
même : « Selon mon sentiment et selon celui 

(t) Lettere deW abate .4)igclo Grillu ; Vcnczla, ibi.9, 
t. I, p. 433. 



« des connaisseurs, vous avez atteint le but 
« d'une musique parfaite; non-seulement per- 
« sonne ne vous surpasse en Italie, mais il en 
« est peu, et peut-être n'en est-il aucun qui vous 
« égale (1). » Doni, en plusieurs endroits de se» 
ouvrages, accorde aussi beaucoup d'éloges à Cac- 
cini. Il paraît qu'avant de s'exercer dans le genre 
de musique qui fit sa réputation, cet artiste avait 
écrit d'autres ouvrages dans l'ancien style, et qu'il 
n'y avait pas réussi; car l'ierre Délia Valle dit, 
en le rangeant parmi ceux qui ont le plus contri- 
bué aux progrès de la musique moderne : Giulio 
Caccini egli ancora, deito Giulio Romano; 
ma dopo che si fu eserciiato nette musiche di 
Firenze; perche nellealire innanzi,con buona 
pace di lui, non ci trovo tanto di buono (2). 
Les ouvrages connus de Jules Caccini sont : 
1° Combattimento d'Apolline col serpente, 
monodrame, poésie de Bardi, représenté en 1590, 
à Florence, dans la maison du poète. Cet ou- 
vrage n'a point été publié. — 2° La Dafne, 
drame de Rinuccini, en société avec J. Péri, re- 
présenté chez Jacques Corsi, en 1594, et non 
publié. — 3° Euridice , drame de Rinuccini , 
imprimé avec la musique sous ce titre : l'Eu- 
ridice composta in viusica in stile rappre- 
sentativo da Giulio Caccini detto Romano. 
— In Firenze, appresso Giorgio Marescotti , 
1600, in-fol. de 52 pages, avec une épître 
dédicatoirede Caccini a Giovanni Bardi de Conti 
di Vernio , datée de Florence le 20 décembre 
1600. Cet ouvrage fut d'abord mis en musique 
par Jacques Péri {voij. ce nom), à l'occasion des 
noces de Marie de Médicis avec Henri IV, roi de 
France en 1600 , et représenté au palais Pitti , 
en présence de la cour. Jules Caccini avait com- 
posé trois chœurs et plusieurs airs pour ceux 
des chanteurs qui étaient ses élèves. Lorsque 
Perl fit imprimer son opéra par le libraire Ma- 
rescotti, il y réintégra les morceaux qu'il avait 
d'abord composé, mais qui, lors de la représen- 
tation, avaient été remplacés par ceux de Caccini. 
Celui-ci, à son tour, refit la musique de Y Euri- 
dice eu se servant de ce qu'il avait déjà écrit. Le 
frontispice de cet ouvrage précieux est orné 
d'une belle gravure en bois. Une deuxième édi- 
tion a été publiée à Venise, en 1615, in-fol. — 
4" Il Rapimento di Cefalo composé sur le drame 
du célèbre poète Chiabrera, par ordre du grand- 
duc de Toscane, à l'occasion des noces de Marie 
de Médicis. Les chœurs furent écrits par Stefano 
Venturi del Nibbio, Pierre Strozzi et par le 
chanoine Luca Bâti , maître de chapelle de la 
cathédrale de Florence et de la cour des Médi- 

(1) Discorso mamtato da Cio. de Bardi a Ciiilio Caccini 
detto Romano sopra la- mtisica e'I cantar benc. ( Dans 
les œuvres de J.-B. Doni, t. II, p. 233 ) 

(2) Délia ItliisicadcW et d )iostra, etc., Discorso di Pie- 
tiu Detla faite, l NcUi; upcrc dcl Doni, t. U, p. 2ai. ) ■ 



CACCINI 



141 



cis. Il Rapimcnio di Ce falo , donné \& 9 oc- 
tobre, fut le premier opéra représenté sur un 
théâtre public : l'Euridice avait été mise en 
scène à la cour, le 6 liu même mois. — 5° Le 
Nuove Mtisichc , collection de madrigaux à 
voix seule, de canzoïU et de monodies. La pre- 
mière édition de cet ouvrage intéressant a pour 
titre : le Nuove Musiche di GiuUo Caccinl 
detto Romano. In Firenze, oppressa i Mares- 
cotU, 1601 , in-fol. de 40 pages. On trouve à la 
fin du volume la date de 1602. Cette collection 
n'a paru qu'au mois de juillet de cette dernière 
année, à cause d'une longue maladie de Caccini 
et de la mort de Georges Marescotti : une note 
de l'imprimeur, fils de celui-ci, nous informe de 
cette circonstance. Un avis de l'auteur, placé à 
la page 26 de cette édition, porte que, n'ayant 
pu, comme il le désirait , livrer à l'impres- 
sion iZ i?oj9J/neft/o di C efalo , \\ A cn\ devoir 
joindre à ce recueil le dernier cbœur [ et plusieurs 
airs] du drame en question, afin qu'on pût voir 
la variété des passages qu'il a faits pour les par- 
ties qui chantent seules, etc. On trouve au com- 
mencement du volume une préface dans laquelle 
Caccini rend conipfe de ses travaux pour la for- 
mation de l'art du chant. Il nous apprend qu'il 
avait été marié deux fois; que ses deux femmes 
ainsi que ses filles avaient été ses élèves, et que 
sa première femme était célèbre comme canta- 
trice. Une seconde édition de cet ouvrage porte 
le titre suivant : le Nuove Musiche di Giulio 
Caccini detto Romano, musico del serenissimo 
gran-duca di Toscana , novamente con som- 
ma diligenza reviste, corvette et ristampate; in 
Venetia, appresso Alessandro Raverii, 1607, 
in-fol. Il y a enfin une troisième édition des 
Nuove Musiche, datée de Venise, 1615, in-folio. 
Dans une lettre adressée à M. Farrenc par 
M. Gaspari, bibliothécaire du Lycée musical de 
Bologne, le savant musiciste italien s'exprime 
ainsi : « Dans un manuscrit de miscellanées du 
« P. Martini, qui est à la bibliothèque du Lycée, 
H on trouve textuellement transcrits le titre, la 
« dédicace et l'avis aux lecteurs de l'ouvrage 
« suivant de Caccini, que je n'ai jamais vu : 
« Nuove Musiche, e nuova maniera di scri- 
« verle con due arie particolari per tenore 
« che ricerchi le corde del basso, di Giulio 
« Caccini di Roma detto Giulio Romano, nelle 
« quali si dimosira che da tal maniera di 
« scrivere con la pratica di essa, si possono 
« apprendere tuite le squisitezze di quest'arte 
« senza nécessita del canto delV autore; ador- 
« nate di passaggi, trilli, gruppi , e nuovi 
« effetti par vero esercizio di qualunque vo- 
« gliuprofessaredicantarsolo. — InFiorcnza, 
« appresso Zanobi Pignoni.e Compagni, 1614.» 
— « L'épîlre dédicatoire de Caccini, Almolto 
h illustre signor Piero Falconieri ( ajoute 



" M. Gaspari). ainsi que son discours aux lec- 
« leurs et les quelques instructions qui y font 
« suite, fournissent de curieux renseignements 
« sur l'art du chant de cette époque. » — Les 
détails contenus dans ces préliminaires prouvent 
que le recueil de 1614 n'est point une reproduc- 
tion de celui publié en lOOl et, de nouveau, en 
1607 et 1615. La dédicace signée par Caccini, 
datée de Florence, 18 août 1614, nous a fait voir 
que l'auteur vivait encore à cette époque; mais 
les paroles qui la terminent nous apprennent 
qu'il était fort âgé.... « Potrà V. S. conoscere, 
che l'ossequio mio in verso la casa sua comin- 
ciato nelli anni délia mia fanciulezza , èper- 
venuto sino a quelU délia vecchiaia per far 
il medesimo sino al fine di queipochi che jm 

possono avanzare, etc ■» — M. Gaspari 

signale le recueil suivant, dont un exemplaire 
existe dans sa bibliothè(|ue : Nove Arie di Giu- 
lio Caccini detto Romano, novamente ristam- 
pâte. — In Venetia, appresso Giacomo Ven- 
centi, 1608, in-fol. — Je possède enfin l'ou- 
vrage suivant -. Fuggilotio musicale di D. Giu- 
lio Romano, nel quale si confengono madri-, 
gali , sonetti, arie, canzonie scherzi, per can- 
tarenel chitarrone, clavicembalo, o altro ins- 
trumento , ad una due voci : nuovamentc 
correcto e ristampato . Opéra secondai. Dedi- 
cato air illustrissimo Sig. Vincenzo Grimani. 
In Venetia, appresso Giacomo Vincenti, 1614. 
in-fol. de 49 pages. — Il n'y a en tète de l'ou- 
vrage ni dédicace ni préface; mais on trouve, au 
verso du dernier feuillet, la table des morceaux, 
au nombre de trente-deux , que contient le vo- 
lume. Ce recueil rarissime et jusqu'ici inconnu 
aux bibliographes n'existait point dans la célèbre 
bibliothèque du P. Martini , qui n'avait pu se le 
procurer pendant le cours de sa longue carrière ; 
toutefois il en avait eu connaissance et en avait 
copié le litre dans un recueil de miscellanées 
conservé aujourd'hui à la bibliothèque du Lycée 
musical de Bologne. 

CACCINI ( Françoise ), fille aînée du précé- 
dent, a dû naître à Florence vers 1581 ou 1582, 
car Jules Caccini en parle dans la préface de l'é- 
dition publiée en 1602, et dit qu'elle a été son 
élève pour le chant et qu'elle est déjà canta- 
trice; d'où l'on peut conjecturer qu'elle était 
alors âgée de dix-neuf ou vingt ans. Un ouvrage 
de sa composition, inconnu aux bibliographes , 
prouve qu'elle n'était pas moins distinguée par 
le talent d'écrire la musique que par le chant; il 
a pour titre : la Liberazione di Ruggiero dall 
isola d'Alcina, balletto composto in musica 
dalla Francesca Caccini ne' Signorini Malas- 
pina. Rappresentato nel Poggio Impériale, 
villa delta screnissima archiduchessa d'Ans- 
tria gran duchessa di Toscana, al sereniss 
Ladislao Sigismondo , princij)e di Poloniae 



J42 



CACCINI — C/T.SAR 



di Svczia; in Firenze, per Pietro Cecconcelli, 
1625, iii-fol. fie 74 pages. L'épître dédicatoire 
à la grande-ducliesse de Toscane est datée du 
4 février 1625 : on y voit que ce ballet fut exé- 
cuté par les plus célèbres musiciens de Florence 
dans la villa de cette princesse, en présence de 
Ladislas, prince de Pologne et de Suède. La 
poé-sie est de Ferdinand Saracinelli, bailli de 
Volterra , et chef de la musique du grand-duc. 
L'ouvrage est écrit en partie dans le slyle réci- 
tatif, et en partie en chants mesurés, coupés 
par des ritournelles, dans la manière de 
Monteverde. A la suite du ballet se trouve un 
madrigal à 8 voix, qui est bien écrit. — La biblio- 
thèque de Modène possède l'ouvrage suivant : 
Il Primo Libro délie Musiche a una e due 
vocl , di Francesca Caccini ne Signorini. De- 
dicate alV ilhistrissimo e reverendissimo 
signor cardinale de' Medici. — In Fiorenza , 
nella stamperia di Zanobi Pignoni, 1618, 
infol. — L'abbé Baini possédait la partition d'un 
autre ouvrage de cette femme distinguée, intitulé 
lîinaldo innamorato ; elle se trouve aujourd'luii 
à la bibliothèque de la Minerve, à Rome. — Fran- 
"çoise Caccini avait épousé Signorini Malaspina. 
CADAUX (Justin), né le 13 avril 1813, à 
Alby (Tarn), entra comme élève au Conservatoire 
de Paris le 18 juillet 1825, dans le cours de piano 
deZimmerman et dans celui d'harmonie professé 
par Dourlen; mais le défaut d'exactitude le fit 
rayer de ces classes le 1er décembre de la même 
année. Quelques années plus tard il s'est fixé à 
Bordeaux et s'y est livré à l'enseignement du 
piano. En 1839, il fit représenter au théâtre de 
Toulouse l'opéra iiililulé la Chasse saxonne , 
qui fut fort applaudi. Ce succès lui fit obtenir de 
Planard le livret d'un petit acte qui avait pour 
titre : les Deux Gentilshommes, et qui fut re- 
présenté au théâtre de TOpéra-Comique, à Paris, 
dans le mois d'août 1844. On y trouva une cer- 
taine facilité vulgaire qui s'est reproduite dans les 
autres ouvrages du même compositeur, particuliè- 
rement dans les Deux Jacquet, opéra en un acte, 
jouéàl'Opéra-ComiquedeParis, le 12 août 1852. 
CADEAC (PiERRii), maître des enfants de 
chœur de l'église d'Auch, vers le milieu du 
seizième siècle, fut un des musiciens français les 
plus estimés de ce temps, particulièrement pour 
la musique d'église. Ses ouvrages imprimés et 
connus sont ceux-ci : 1° Moteta quatuor, quin- 
que et sex vocum, lib. 1 ; Paris, Adrian Le Roy, 
1555, in-4'' obi. — 1" Missse très Pctro Cadeac 
prxstantissimo musico auctore, nvnc pri- 
mum in lucem editae, cuni quatuor vocibus, 
ad imitalionem, modulorum, ut sequens ta- 
bula indicabit : Ad placitum; Ego sum panis; 
Levavi oculos; Lutetix, apud Adr. Le Roy et 
llob. Ballard, 1558, gr. in-fol. — 3° Missn 
cuin quatuor vocibus ad imitationem mo- 



duli Aima Redeinpioris fo?irfi/a. ^Ul c pri' 
mum in lucem, édita. Auct. Pet. Cadeuc 
pueris sytnphoiUacis ecclesise Auscensis prx- 
fecto. Cette messe est imprimée dans un volume 
qui a pour titre : Missarum musicalium certx 
verum varieiate secundum varios quos refe- 
runt modulas et cantiones dlstinctarum liber 
secundus, etc.; Parisiis, ex typograpliia Nie 
Du Chemin , 1556, in-fol. max. — 4° Missx très 
a Petro Cadeac, Hérissant , Vulfrano Samin, 
cum quatuor vocibus conditx, et nunc pri- 
mum in lucem editx ; Parisiis, Adrian Le 
Roy et Robert Ballard, 1558, in-fol. La messe 
de Cadeac a pour thème la chanson fran- 
çaise les Hauts Boys. — 5° Une autre messe 
de ce musicien se trouve dans une collection 
publiée par Gardane, intitulée : XII Missx 
cum quatuor vocibus a celeberrimis au- 
cioribus conditx, nunc recens in lucem 
editx, atque recognitx ; Venise, 1554. — 
6° Magnificat du sixième ton à quatre voix, 
dans le recueil qui a pour titre : Canticum 
Beatx Marix Virginis {quod Magnificat 
inscribitur ) octo modis a diversis auctoribui 
compositum ; Paris, Aàrian Le, Roy 'l Robert 
Ballard, 1558, gr. in-fol. — 7" Plusieurs mo- 
tets dans le Quinfus liber Mutettorum quinque 
et sex vocum. Opéra et solcrcia Jacobi Mo- 
dernum (alias dicti Grand Jacques) in unum 
coactorum , et Lugduni prope phanum divx 
Virginis de Confort, ab eodem impressorum, 
1543. — 8° D'autres motets dans la collection 
intitulée : Cantiones sacrx, quas vulgo Mo- 
teta vocant, exopiimis quibusque hujus œta- 
tis Musicis sélect X, Libri quatuor. Ed. Tilman- 
num Susato. Antuerpiœ, apud Tilmannum 
■Sîfsato, 1546-1547, gr. in-4°. Des motets à cinq 
voix de Cadeac, imprimés à Paris en 1544, sont 
dans la bibliothèque de l'abbé Santini, à Rome. 

C^SAR (Je*n-Melchior), né à Saverne, 
en Alsace , vers le milieu du dix-septième siècle, 
fut maître de chapelle des évêques de Bamberg 
et de Wiirtzbourg en 1683, et passa en 1687 en 
la même qualité à la cathédrale d'Augsbourg. 
On a de lui les ouvrages dont les titres suivent : 
1° Trisagion Musicura, complectens omnia 
Offertoria de communi Sanctorum et Sancta- 
rum, de Maria Virgine et dedicatione Eccle- 
six, secundum proprium textum Grodualis 
Romani cum sex, sciliaet C. A. T. B. et violi- 
nis concordantibus. Cum adjunctis ad libitum 
quatuor vocibus concordantibus, tribus violis 
et fagotto aut violone. Op. 1 ; Wùrt/boiirc 
1683, in-fol — 2° Missx brèves VIII , 4 voci- 
bus et 1 violiws concertantihus ac totidem 
vocibus et violis cum fagotto accessoris ad 
beneplacitum. Op. 2; Wùrl/.bonrg, 1687, in- 
4''. — 3° Lustige Tafelmusik in VI Stachen 
mit 60 Baletten, bcstehend in unlerschiedli<' 



C^SAR — CAFFI 



f43 



c'ietilus/igen Qnnditbettcn und kurzwciUgen 
(IcuIschcnConzerlen; Wiirtzliourg, 1684, grand 
in-4" ( Musique agréable de table, consistant en 
SIX pièces, etc.)-— &° Psalmi vcsperfini do- 
minicales et festivi perannum , cum 2 ma- 
gnificat, C.A. T. B.1 violinis concert, cum 1 
violis , fagotto aut violone , et 4 repienis seu 
vocibns concordantibus ad libitum. Quibus 
pro additamento adjuncti sunt psalmi aller- 
nativi duplici modo, 1, 3, 4, 5 e< 6 tum voci- 
bus, tum instrumentis, prioribus ad benepla- 
ciium m<er?«2sce7irf«; op. 4, Wiirlzbourg, 1690, 
in-4''.— b°H!/mni de Dominicis et tempore, de 
proprio et communi sanctorum, aliis univer- 
sovum religiosorum ordinum principationi- 
bus per totius anni decursum, in officio vesper- 
tino dccantari sblitis; Wiirtzbourg, 169?, in-4°. 

C^SARIUS (Jean-Martin), contrepoin- 
tiste du dix-septième siècle, a publié : Concen- 
tiis iac7-os 2-8 vocum ; Munich, 1622. 

CAETANO (Fr. Luiz de), moine portugais 
it sous-chantre d'un cloître de Lisbonne, naquit 
danscette ville en 1717. On a de sa composition 
un ouvrage intitulé : Corona scraphica de puras 
cl fragrantes flores pelo ardente affecto dos 
frades menores da provincia de Portugal 
para coyi summa mclodia ser offereieda 
emaccao degraçasnos coros Franciscanos , 
no das mais,religioens sagradas todas amantes 
da pureza Mariana; Lisbonne, m officina 
Joaquiniana da mnsica, 1744. 

CAFARO ou CAFFARO (Pascal), com- 
posKteur, né le 8 février 1708, à San Pietro in 
Galantina, dans la province de Lecce, au 
royaume de Naples, fut destiné d'abord à la car- 
rière des sciences cl en fit une étude sérieuse ; 
mais son goût décidé pour la musique le fit 
changer de dessein, et lui fit prendre la résolution 
de s'adonner entièrement à cet art. H entra 
comme élève au Conservatoire de la Pietà , où 
Léo fut son maître de composition. Ses études 
étant achevas, il devint maître de la chapelle 
du roi, et maître de l'école où il avait été élève. 
Il est mort à Naples le 28 octobre 1787. Bien 
qu'il ne fût pas un musicien fort remarquable 
sous le rapport de l'invention, Cafaro obtint néan- 
moins des succès à cause de la grâce naturelle 
de ses mélodies et de la pureté de son style. On 
connaît de lui les œuvres dont les titres suivent : 
1° Oratorio per VInvenzione délia Croce^'Hai- 
ples, 1747. — 2° Ipermnestra; Naples, 1751. 
— 3° La Disfatta di Dario ; 1756. — 4° Anti- 
fjono; 1754. — 5° L'incendia di Troia; Na- 
ples, 1757. — 6° Cantata a tre voci per fes- 
teggiare il giorne natalizio di Sua Maestà; 
Naples, th. S. Carlo, 1764. — 7° Arianna e 
Teseo ;ibid., 1766. —8° Cantata a tre voci 
per festeggiare il giorno natalizio di Sua 
Maestà Catolica; Naples, th. S. Carlo, 1766. 



— 9" Il Creso; à Turin, en 1768. — 10'' Gius- 
tizia placata j 1769. — 1 1" Cantata a più voci 
pour la Translation du sang de saint Janvier ; Na- 
ples, 1769, 75, 81, 83. — 12° L'Olimpiade, au 
théâtre Saint-Charles, à Naples; 1 769.— 1 3° L'An- 
tigono; avec une nouvelle musique; en 1770. 

— 14° Betulia liberata. — ià" Il Figliuolo 
prodige ravvcduto. — 16° Oratorio pour saint 
Antoine de'Padoue.— \l°Il Trionfo di Davidde, 
oratorio. Cafaro a écrit aussi pour l'église. — 
18° Messe à 2 chœurs et orchestre écrite en 1760. 

— 19° Leçon première du premier nocturne de 
Noël à voix seule, 2 violons, viole et orgue; 
177!. — 20° Deuxième et troisième leçon, idem; 
1776. — 21° Mottet pastoral à 4 voix et oroheslre. 

— 22° Litanies à 4 voix. — 23° Stabat à 2 voix 
et orgue , en canon. — 24° Miserere à 5 voix 
et orgue. — 25° Répons pour le jeudi et le ven- 
dredi saints , à 4 voix et orgue. — 26° Deiis in 
adjutorium, à 2 chœurs obligés et orchestre. — 
27° Dixit Dominus à 4 voix, violons, hautbois et 
cors. — 28° Les psaumes Confitemini et Dili- 
gam te, traduits en italien par Saverio Maltei , 
à plusieurs voix et chœurs. — 29° Laudate pueri 
à 4 voix et orchestre. — 30 Plusieurs motets à 
voix .seule et à 2 voix. Au nombre des élèves de 
ce maître on remarque Tritto, Blanchi et Tarchi. 
Un air de Cafaro , Bello luci che accendete, a 
eu un succès de vogue. La musique d'église de ce 
compositeur est simple, mais expressive. Son Sta- 
bat esta juste titre considéré comme une bonne 
production. On cite aussi avec éloge le psaume 
106^ {Conitemini) qu'il a écrit pour soprano, 
alto et ténor, avec cliœur et orchestre. Le tombeau 
de Cafaro se trouve près de celui d'Alexandre 
Scarlatti, dans la chapelle de Sainte-Cécile, à l'é- 
glise des Carmes de Monte Santo, hors de la 
porte Médina, à Naples. On y lit cette épitaphe : 

D. o. M. 

Divinnque. Caeciliœ. TuteUri. Suae 

Diù. Uicatiim. Altare. Sacelliimque 

MusicoruiB. Chorus. jEdis. Regii. l'alalii 

Sibi l'roprium 

Auctore. Paschale. Cafaro 

Rcgiarum. Majestatum. Magistro 

Et. primo, ejusdem. JS.û\s. Cborago 

JExc. Collato. Exornarunt 

Anno. M. D. CC. LXXXVII. 

Ciirantibus. l'etro. Antonacci. Hieronymo 

De Donato Et. Joachimo. Sabbatino 

Annuis Pracfeclis. 

I Jean de Silva a publié Elogio di Pasquale 
Cafaro detto Caffarelli; Naples, 1788. in-8°. 

CAFFARELLl. Voy. Majorano. 
CAFFI (Bernardino), maître de chant du 
co\ivent de Sainte- Agnès, à Rome, dansJa se- 
conde moitié du dix-septième siècle. Il s'est fait 
connaître comme compositeur par des cantate a 
voce solo, op. 1; Roma, Mascardi, 1700, in-4° obi. 

CAFFI (François), amateur de musique, né 
àYenise, vers 1786, a été conseiller à la cou- 



lU 



CAFFI - CAFFiAUX 



d'appel , à Milan , depuis 1 8'i7 , puis a obtenu 
sa retraite , après une laborieuse et honorable 
carrière. De retour à Venise , sa ville chérie, il y 
a repris, comme délassement, ses travaux lit- 
téraires relatifs à l'art qu'il a toujours aimé avec 
passion. Le premier ouvrage mis au jour par lui 
a pour titre : Délia vita e delcomporre di Bona- 
ventura Furlanetto, detto Musia, Venezlano, 
maestro délia cappella ducale di S. Marco ; 
Venise, Picotti, 1820, 40 pages in-8°, avec le 
portrait de Furlanctto. Cet opuscule fut suivi de 
l'écrit intitulé : Délia vita e délie opère del 
prête Gioseffo Zarlino , maestro celeberrimo 
nella cappella ducale di Venezia ; Venise, Gins. 
Orlandelli, 1836, in-8o de 32 pages. M. Caffi a 
donné aussi dans les Veneziani Inscrizioni, 
de son ami M. Cicognia, une intéressante notice 
concernant le oélèbre maître de chapelle véni- 
tien Lotti, et a publié également un bon travail 
sur la vie et les ouvrages de Benedetto Mar- 
cello. Mais l'ouvrage le plus important qu'on doit 
aux recherches aussi intelligentes que patientes 
de M. Caffi est celui qui a pour titre : Stoiia 
délia musica sacra nella già cappella ducale 
di San Marco in Venezia dal 1318 al 1797 ; 
Venise, Antonelli, 1854-1855, 2 vol. in-8°. Le 
soin qu'a pris M. Caffi de recourir toujours aux 
actes authentiques et originaux , quand il a pu 
les retrouver, donne un grand prix à sou livre, 
et jette beaucoup de lumière sur des faits mal 
connus ou complètement ignorés , concernant 
une partie de l'histoire qui offre le plus grand 
intérêt ; car Venise fut la véritable source ori- 
ginale de la musique italienne et de l'école dra- 
matique. Rome et Naples sont aussi placés très- 
haut dans l'histoire de cet art; mais l'école 
romaine fut en grande partie le produit de l'im- 
piilsion donnée par les musiciens belges des 
quinzième et seizième siècles , et l'école napoli- 
taine n'acquit sa plus grande valeur que vers la 
(in du dix-septième siècle et pendant toute la 
durée du dix-huitième ; tandis que la gloire de 
Venise dans la musique de tout genre remonte 
aux temps les plus reculés, et que, dès la se- 
conde moitié du quinzième siècle, ses artistes 
suivent une voie de création indépendante. 

CAFFI AUX (dom Philippe-Joseph), béné- 
dictin de la congrégation de Saint-Maur, naquit à 
Vaienciennes en 1712, et, après avoir achevé ses 
études, entra fort jeune dans l'ordre de Saint-Be- 
noît. 11 mourut à Paris, à l'abbaje Saint-Germain 
des Prés, le 2C décembre 1777. Ce savant reli- 
gieux est connu principalement par le premier 
volume d'un livre qui a pour titre : Trésor gé- 
néalogique, ou Extraits des titres anciens qui 
torvcernent les maisons et familles de France ■ 



Paris, 1777, in-4o. La suite de cet ouvrage n'a 
point paru, mais elle se trouve en manuscrit, 
avec les matériaux que dom Caffiaux avait ras- 
semblés, à la Bibliothèque impériale de Paris. 
Plusieurs autres ont été publiés ou entrepris par 
lui; mais on ne le cite ici que comme auteur 
d'une Histoire de. la musique, dont le manus- 
crit autographe a été retrouvé à la Bibliothèque 
royale par l'auteur de ce Dictionnaire. Cet ou- 
vrage, dont le prospectus avait paru en 1766, fut 
annoncé comme étant sous presse, dans le cata- 
logue des livres de musique qui se trouve à la 
fin de l'Histoire du théâtre de VAcadémie 
royale de musique, publiée par le président 
Durey de Noinville; mais le nom de l'auteur y 
était défiguré en celui de Caffiat. Forkel {Allje- 
7neine Litteralur der Musik, p. 21 ) et Lichten- 
thal (Dizzion. e Bibliogr. délia Musica, t. 111), 
ont copié cette annonce sous le même nom, et 
ont cité l'ouvrage comme ayant été iniprinié en 
1757, en 2 volumes in-4°. La Borde n'en a rien 
dit dans le catalogue des écrivains sur la musi- 
que inséré au troisième volume de son Essai 
sur cet art , et les auteurs du Dictionnaire his- 
torique des ïKMSï'cieni (Paris, 1810-1811 ) ont 
imité son silence. L'auteur anonyme de l'article 
peu étendu sur dom Caffiaux , de la Biographie 
universelle publiée par MM. Michaud , dit, après 
avoir cité le Trésor généalogique : « II (D. Caf- 
« fiaux) avait précédemment fait paraîlre un 
« Essai sur l'histoire de la musique, in-4". » 
Cependant ayant acquis par ses recherches la 
certitude qu'aucun livre portant le nom de Caf- 
fiaux n'avait paru sous les titres A'' Histoire de la 
musique, ou d'Essai sur l'histoire de la mu- 
sique , l'auteur de ce Dictionnaire doutait de 
l'existence de cet ouvriige , lorsqu'un hasard 
heureux le lui fit découvrir, au moment où il 
faisait des investigations sur un autre objet, parmi 
les manuscrits de la Bibliothèque impériale. 

Le manuscrit original du P. Caffiaux ( côté 
16, fonds de Corbic) est contenu dans un por- 
tefeuille petit in-folio. On y trouve en tôle une 
note de la même main, sur une feuille volante, 
qui contient le délai! des diverses parties de l'ou- 
vrage. Cette note est ainsi conçue : 

« L'histoire manuscrite de la musique faite 
« par dom Caffiaux est renfermée dans vingt 
« cahiers, qui sont : 1. Préface et table générale 
'< en 24 pages; 2. Dissertation I, sur l'excellence 
« et les avantages de la musique, en 83 [).'iges; 
« 3. Livre 1, Histoire de la musique, depuis la 
« naissance du monde jusqu'à la prise de Troie, 
« en 52 pages; 4. Liv. H, Histoire depuis la prise 
« de Troie jusqu'à Pythagore , en 42 pages ; 
« 5. Dissertation II, sur la musique des différents 



CAFFIAUK 



143 



« peuplais, en 65 pages; O. Dissertation MI, sur 
« la musique (les différents peuples, en C3 pages; 
« 7. Liv. 111, Histoire de la musique, depuis 
« Py thagore jusqu'à la naissance du christianisme, 
« en 39 pages; 8. Dissertation IV, sur les iustru- 
« ments de musique anciens et modernes, en 57 
a pages; 9. Dissertation V sur le contrepoint des 
«anciens et des modernes, en 46 pages; lo. 
« Dissertation VI, surladéclamalion, en 41 pages; 
•» 11. Livre IV, Histoire de la musique, depuis 
« la naissance du christianisme jusqu'à Gui d'A- 
« rezzo,en 51 pages; 12. Dissertation Vil, sur 
« le chant et sur la musique d'église , en 39 pa- 
« ges; 13. Livre V, Histoire de la musique, de- 
« puis Guy d'Arezzo jusqu'à Lulli , en 123 pages ; 
« 14. Dissertation VIII et IX, sur l'opéra et sur 
« la sensibilité des animaux pour la musique, en 
'<■ 24 pages ; 15. Livre VI, Histoire de la musique, 
« depuis Lulli jusqu'à Rameau, en 9S pages; 
« 16. Dissertation X, Parallèle de la musique 
« ancienne et moderne, en 23 pages; 17. Disser- 
« talion XI, Parallèle de la musique française et 
« italienne, en 43 pages; 18. Dissertation XII, 
« Parallèle des lullistes et des antilullistes, en 
« 26 pages; 19. Livre VII, Histoire de la musique 
«■ depuis Rameau jusqu'aujourd'hui (1754), en 
n 145 pages; 20. Calalogue des musiciens dont 
« il n'est point parlé dans le corps de l'ouvrage, 
« en 25 pages; 21. Total des pages du manus- 
n cit, 1171. » 

Celle note , conforme à la table générale qui 
suit la préface et qui contient l'analyse de chaque 
partie de l'ouvrage, n'esl cependant point d'ac- 
cord avec l'état actuel du manuscrit, qui ne 
forme que neuf cahiers. Le premier de ces cahiers 
renferme !a préface et la table analytique des 
matières : mais le deuxième , qui devait contenir 
la dissertation sur l'excellence de la nuisique, 
en 83 pages, manque; on ne trouve à sa place 
que deux feuilles, cotées pages 109-116, où se 
trouve le commencement du premier livre. Celle 
pagination est conforme à la note ; car les 24 pa- 
ges de la préface et de la table , et les 83 pages 
de la dissertation, composaient un total de 107, 
plus, la page du titre; venait ensuite le jiremier 
livre, commençant à la page 109. Les cahiers 
du premier et du deuxième livre sont complets ; 
mais le cinquième et le sixième, qui contenaient 
les deuxième et troisième dissertations, ont dis- 
paru, ainsi que ceux des dissertations 4, 5, 6, 
7, S, 9, 10, Il et 12. Les livres troisième, qua- 
trième, cinquième, sixième et septième, ainsi 
que le catalogue des musiciens, sont conq)lets. 

La perte des dissertations n'est point l'effet du 
hasard ; car plusieurs changements de titres, cor- 
rections et raccords , tous de la main de dom , 

BIOCI!. LNIV. DES MUSICIENS. — T. II. 



Caflianx, démontrent que lui-même avait lait 
ces suppressions. C'est ainsi que les huit pre- 
mières pages détachées du premier livre ont él<^ 
presque entièrement changées dans le cahier qui 
renferme ce livre. Quant à sa volonté de faire 
les suppressions dont il vient d'élie parlé, elle 
est manifeste par la pagination môme du manu- 
scrit, qiri a été faite aussi par lui, et qui n'a point 
de lacune, depuis le commencement du premier 
livre jusqu'à la lin du catalogue des musiciens. 
Au reste, un autre fait démontre que, posté- 
rieurement à la noie indicative des vingt cahiers 
de l'histoire de la musique, dom Caffiaux avait 
donné une autre forme à son ouvrage, et qu'il 
l'avait divisé en dix-neuf dissertations dont les 
douze premier es contenaient tout ce qui a été rc- 
tranché, comme des pi'olégomènes du livre prin- 
cipal. Celase voit évidemment par la pagination du 
manuscrit tel qu'il est aujourd'hui, car ce ma- 
nuscrit commence au premier livre par la page 
565, et se continue sans interruption jusqu'à la 
page 1 161 ; de plus , on voit que le premier livre 
était originaii-ement intitulé : Dissertation XIIl' 
sur l'histoire de la musique et des musiciens, et 
les livi-es suivants, Disserlations 14", 15*, 16". 
17", 18" et 19". Ne .serait-ce pas que la première 
partie de l'ouvrage, contenant les douze pre- 
mières dissertations, auraient été livrées à l'im- 
pression, et qrre, par quelque circonstance ignorée, 
celle impression n'aurait pas été conlinuée? Ce 
qiri pourrait le faire croire, c'est que je possède 
un prospectus d'rrne demi-feuille in-4°, imprimé 
en 1756, dans lequel VHistoirc de la musique, 
par dom Caflianx, est annoncée comme devant 
êbe publiée en 2 volumes in 4°, à la lin de la 
même année. 

Quelles que soient les circonstances qui nous 
ont privés des dissertations que dom Caflianx 
avait écrites sur quelques objets relatifs à l'his- 
toire de la musique, on ne peut qrre regretter 
la perte de quelques-unes; par exemple, de celle 
où il était traité des instruments de musique de 
l'antiquité, du contrepoint des anciens et des 
modernes, et de la raiisifiue d'église. La soignerrse 
érudition qui brille dans les autres parties du 
livre ne peut laisser de doute sur le mérite de 
celles-là. Il aurait mieux valu qu'elles fussent 
conservées, et que le savant bénédictin n'eût 
pas examiné sérieusement quel était l'état de la 
musique avant le déluge, et si Adam était mu- 
sicien-né par le fait même de la création. L'his- 
toire conjecturale, l'iiisloiie qui ne repose pas 
sur des monuments et sur des faits, n'est pas de 
l'histoire. 

Bien sirpéricurc aux compilations de lîonnct, 
de Borurddot, de Blainvillc et de La Borde (voij 

10 



146 



CAFFIAUX — CAGNONI 



ces noms), l'histoire de la musique de dom Caf- 
fiaux méritait d'être publiée , et aurait fait hon- 
neur à la France, à l'époque où elle fut écrite. 
L'auteur dit, dans sa préface, qu'il a lu, ana- 
lysé et expliqué plus de douze cents auteurs 
pour composer cet ouvrage; il n'y a rien d'exa- 
géré dans cette assertion : les détails dans lesquels 
il est entré sur les points les plus importants de 
l'histoire de l'art prouvent qu'il possédait des 
connaissances étendues, et qu'il avait lu avec 
attention, non-seulement les auteurs de l'anti- 
quité, mais aussi les écrits de Gui d'Arezzo, de 
Jean de Mûris, de Gafori, de Glarean, de Sa- 
tinas, de Zariino, et- de tous les grands théori- 
ciens de la musique des seizième, dix-septième 
et dix-huitième siècles. Pas un de ces ouvrages 
qui ne soit apprécié à sa juste valeur, et qui ne 
soit considéré dans l'influence qu'il a exercée 
sur les progrès de l'art ; pas une découverte de 
, quelque importance qui nesoit enregistrée. L'ordre 
chronologique eslcehii quedom Caffiaux a adopté. 
Cette disposition a l'inconvénient de morceler 
chaque partie de l'art musical, et de taire re- 
venir, à plusieurs reprises, sur le même sujet; 
mais il a l'avantage de présenter sous un même 
coup d'oeil l'ensemble des progrès de chaque 
époque. En ce qui concerne l'antiquité , doni 
Cafliaux a puisé la plupart de ses matériaux dans 
la Bibliothèque grecque de Fabricius, et surtout 
dans les Mémoires de Burette (voij. ce nom) : 
pour tout le reste, il a été obligé de lire dans 
les auteurs originaux tous les passages qu'il a cités; 
et il s'est acquitte consciencieusement de celte 
tâche. A l'époque où il écrivait, les grands ou- 
vrages de Martini, de Burney , de ilawkins, de 
Marpurg, de l'abbé Gerbert et de Forkel n'exis- 
taient pas ; on n'avait pas encore les lexiques 
musicaux de Rousseau , de Kocb et de Wolf ; 
celui de Walthcr n'était pas connu en France; 
les Biographies générales de La Borde, de Gerber 
et de plusieurs autres auteurs n'avaient pas encore 
paru; il n'existait pas une seule bibliograpliie 
spéciale de la nmsique ; enfin l'historien de cet 
art était, pour ainsi dire, livré à ses propres forces 
pour porter la lumière dans des questions obs- 
cures. Le P. Caffiaux, malgré ces désavantages, 
a su donner de l'intérêt à sa narration , et a jugé 
sainement du mérite de chaque chose et de chaque 
artiste dont il a parlé. Son style ne manque ni 
d'élégance, ni de facilité; ses citations sont exactes 
et précises ; en un mot son histoire peut être en- 
core consultée avec fruit, surtout à l'égard de la 
musique française , nonobstant les travaux plus 
récents de plusieurs musiciens savants. Les livres 
4, 5, 6 et 7 sont particulièrement dignes d'at- 
tention. 



CAFFRO (Joseph), hautboïste célèbre et 
virtuose sur le cor anglais, est né dans le royaume 
de Naples, non en 1776, comme il est dit dans 
le Lexique universel de musique publié par 
M. Schilling, mais en 1766. Il entra d'abord dans 
la chapelle du roi de Naples, puis, fort jeune 
encore, il se rendit à Paris et s'y fit entendre 
avec beaucoup de succès au concert spirituel. 
Lié d'amitié avec les artistes célèbres de son 
pays qui jouaient au théâtre de Monsieur, il ne 
s'éloigna de la capitale de la France qu'en 1793. 
La Hollande fut le point vers lequel il se dirigea 
d'abord ; il y resta quelque temps , y fit graver 
plusieurs morceaux de sa composition, et se 
rendit ensuite à Berlin, puis à Manheim, où il 
se trouvait encore en 1807. L'année suivanti; il 
quitta l'Allemagne pour retourner en Italie. De- 
puis lors on n'a plus eu de renseigneniejits sur 
sa personne. Les journaux de Paris ont donné 
de grands éloges à Caffro lorsqu'il se fit entendre 
au concert spirituel , etSalentin m'a dit qu'il le 
considérait comme un artiste distingué; mais il 
paraît que les qualités de son talent se sont al- 
térées plus tard, car la Gazette musicale de Licp- 
sick de 1807 (n° 18), rendant compte d'un con- 
cert qu'il avait donné peu de temps auparavant 
à Manheim, fait une critique assez sévère de son 
jeu. On y donne des éloges au fini de son exé- 
cution dans les difficultés, mais on dit qu'il ti- 
rait (les sons durs de rinstrumcnt , que le goût 
de sa musique était suranné, et qu'il y avait dans 
son style une multitude d'ornements de mauvais 
goîit et de traits insignifiants. 

Caflio a publié à Paris trois concertos pour 
le hautbois, en 1790. En 1794, il a fait [laraître 
deux concertos pour le même instrument, gravés 
à Amsterdam, et l'année suivante, à Rotterdam, 
un pot-pourri pour ])iaiio et flûte ou violon : ce 
dernier morceau a été réimprimé à Berlin. La 
bibliotlièque du Conservatoire de musique de 
Paris possède les manuscrits originaux de plu- 
sierrrs concertos de baulbois composés par cet 
artiste. 

CAGNAZZÎ (Luc DE Samuele), Israélite 
italien, né à Naples vers 1805, a inveiité un ins- 
trument destiné à donner les intonations de la 
parole dans la déclamation, et a écrit sur ce srrjot 
une dissertation latine qu'il a tradi,iile ensuite 
en italien, sous ce titre : la Tonografia esco- 
gilala, in Napoli, 1841, in-8° de 48 pages, avec 
uire planche qui représente l'instrument. 

C.\GIXONi (Antoine), compositeur di-ama- 
lique, ancien élève du Conservatoire de Milan, 
a fait représenter au théâtre Carcano de cette 
ville, en 1845, l'opéra intitulé Rosaliadi S. Mi- 
niato, qui ne réussit pas. En 1848 il donna il 



CAGNONI — CAILLOT 



147 



Tcslamento cU Figaro, qui fut plus heureux, 
«t dans l'année suivante il fit jouer la farce de Don 
Bucefalo. J'ai entendu cet ouvrage à Venise, en 
t8,")(), et j'y ai trouvé de la verve comique et de 
relïet dans les morceaux d'ensemble. Au mois de 
mai 1852 il donna à Milan la (iiralda, opéra 
houlTe traduit du français; ouvrage faible, pour 
Iccpiel le pul)lic montra de l'indulgence à la pre- 
mière représentation, mais qui ne s'est pas sou- 
tenu à la scène. Plus heureux au théâtre national 
de Turin, le 24 novembre 1853, avec son opéra 
bouffe la Floraia, le jeune maître Cagnoni y 
a retrouvé une partie de la verve de Bon Buce- 
falo. Quelques morceaux de cette production 
ont été publiés à Milan chez Ricordi et ont ob- 
tenu une certaine vogue. Le genre boulfe paraît 
être celui vers lequel l'artiste se sent poité de 
préférence. 

CAÏIEN (IsiDor.E), violoniste, né à Paris, 
le 25 mars 1826, est entré comme élève au Con- 
servaloire de cette ville, le 23 juin 1841, et y a 
reçu des leçons de Guérin pour son instrument; 
mais il se retira de cette école au mois de no- 
vembre 1S43, sans avoir paru dans les concours. 
Cet artiste a publié quelques morceaux pour 
violon et piano. 

CAIFABRï (Jean -Baptiste), compositeur 
de réco'.e romaine, vécut dans la deuxième 
moitié du dix-septième siècle. On connaît de lui 
les compositions dont voici les titres : 1° Motetti 
a due e lie voci; Rome, Mascardi , 1(567, m-4°. 

— 2° Scella di Motetti a 4 voci; ibid.. 1675. 

— 3° Salmi vespertini a 4 voci concertât i per 
iutte le fcste deW anno, op. 4; ibid, 1683, 
in-4°- 

CAIGNET (Denis), musicien attaché au 
duc de Villeroi, était né vers le milieu du sei- 
zième siècle. En 1587, il obtint au concours du 
Puy de viusiquc d'Évreux le prix du Uilh d'ar- 
gent pour la composition de la chanson fran- 
çaise à plusieurs voix : Las! je nevoyrrai plus. 
Caignet a mis en musique, à 4 parties, les 
Psaumes de David, tinduHi parPh. Desportes; 
Paris, Ballard, 1607. 

CAILLOT (Joseph), acteur célèbre de la 
Comédie italienne, naquit à Paris en 1732. Il 
n'était âgé que de cinq ans lorsque son père, qui 
otait orfèvre, fut obligé de déclarer sa faillite, 
et fut arrêté pour dettes; les créanciers firent 
vendre tout ce qui était dans la maison, la bou- 
tique fut fermée et le petit Caillot se trouva dans 
la rue. Des porteurs d'eau touchés de sa misère, 
le recueillirent et en prirent soin comme de leur 
enfant. Son père, ayant enfin recouvré sa liberté, 
obtint un emploi subalterne dans la maison du 
roi ; il suivFt Louis XV dans la campagne de 



l''landre,et il ommena avec lui l'élève des por- 
teurs d'eau , dont la vivacité spirituelle et le» 
manières gracieuses excitèrent l'intérêt des grands 
seigneurs de l'armée. Le duc de Villeroi prit d« 
l'amilié pour lui et le présenta au roi, qui lui de- 
manda comment il s'appelait : Sire, je suis le 
protecteur du duc de Villeroi, répondit Cail- 
lot , qui voulait dire le contraire. Louis XV rit 
de cette méprise, et, à la prière de Villeroi, il 
attacha son protecteur aux spectacles des petits 
appartements pour y jouer les amours. Il avait 
une jolie voix; on lui donna un maître de mu- 
sique sous lequel il fit de rapides progrès. Après 
que sa voix eut changé de caractère par suite de 
la mue, il fut obligé de quitter la cour, à cause 
deja mauvaise conduite de son père, et de s'en- 
gager au théâtre de la Rochelle comme musicien 
d'orchestre. La maladie d'un acteur lui fournit 
l'occasion de remonter sur la scène, où il ne 
tarda pas à se faire remarquer. Après avoir joué 
avec succès la comédie à Lyon et dans plusieurs 
autres villes de province, il fut attaché pendant 
plusieurs années au spectacle de l'Infant, duc de 
Parme; enfin on l'appela à Paris, et il débuta, 
le 26 juillet 1760, à la Comédie italienne, par le 
rôle de Colas dans Ninette à la Cour. Sa belle 
voix, qui réunissait les registres de baryton et 
de ténor, la finesse de sa diction, l'expression 
de sa physionomie et de ses gestes, tous ces 
avantages, dis-je, lui procurèrent un triomphe 
complet, et, dans la même année, il fut reçu au 
nombre des comédiens sociétaires. Dès qu'il pa- 
raissait sur la scène, son extérieur prévenait le 
public en sa favcwi, et son jeu, dit la Harpe, 
achevait l'entraînement. Griium assure que le 
talent de Caillot était plus llexihle et plus rare 
que celui de Lekaiu; mais il semblait ignorer 
son mérite, et ce fut Garrick qui , pendant son 
séjour en Fiance, lui apprit (ju'il serait pathéti- 
que quand il voudrait l'être. Il était, en effet, doué 
d'une profonde sensibilité , et ce qui se passait 
dans son âme, il savait le communiquer à son 
organe, de là vient qu'il n'obtint pas moins de 
succès dans le genre pathétique que dans le bouffe. 
Il s'identifiait avec les rôles qu'il jouait, se niellait 
à la place de l'auteur, et faisait toujours plus que 
celui-ci n'espérait. 11 ne faut pas s'y tromper : 
Caillot, malgré la beauté de sa voix, était plus 
acteur que chanteur; c'est ainsi qu'il fallait être 
pour plaire au public de son temps. Donner au 
chant le caractère de vérité de la parole , était le 
but des efforts de tous les comédiens de l'Opéra- 
Comique; et, lorsqu'on y parvenait, il semblait 
qu'il ne restât plus rien à faire. Grétry, parlant 
dans ses Essais sur la musique de la première 
réi)étilion de son o[icra le Huron, dit : « Lorsque 

10. 



14K 



CAILLOT — CAJON 



« Cailleaii (1) tlianla l'air : Danxs quel canton 
« est VHuronie? et qu'il dit : Messieurs, Mes- 
« sieurs, en Huronie.... Les musiciens cessè- 
« rent de jouer pour lui demander ce qu'il vou- 
u lait. — Je chante mon rôle, leur dit-il. — On 
« rit de la méprise et l'on recommença le raor- 
« ceau. « Cette vérité de déclamation musicale 
était alors considérée comme le comble de l'art. 
Les rôles les plus brillants de Caillot étaient ceux 
du Sorcier, de Mathiirin ààns Rose et Colas, 
Au Déserteur, du Huron, de Sylvain, de Biaise 
dans Lucile, et de Richard dans le Roi et le 
Fermier. Un enrouement fréquent^ et qui se dé- 
clarait d'une manière subite , vint contrarier cet 
artiste au moment où son talent d'acteur attei- 
gnait à la plus grande perfection; il craignit que 
cet accident ne lui fit perdre la faveur du pu- 
plic, et il se relira en 1772, ayant à peine atteint 
l'âge de quarante ans. Il quitta le théâtre au 
mois de septembre, avec une pension de 1,000 
francs , et ne parut plus qu'aux spectacles de la 
cour jusqu'en 1776, époque où il cessa tout à 
fait déjouer la comédie, ne conservant que l'em- 
ploi de répétiteur. Il retourna vivre avec sa mère 
et ses trois sœurs , qui avaient repris le com- 
merce de la bijouterie. Plus tard il se relira à 
Sainl-Germain-en-Laye, dans une petite maison 
que lui avait donnée le comte d'Artois, dont il 
était le capitaine des chasses. La quatrième classe 
de rinstilut l'admit en 1800 au nombre de ses 
correspondants. En 1810, les acteurs de l'Opéra- 
Comique, informés que Caillot n'était pas heu- 
reux, lui assurèrent une pension de 1,200 francs. 
Quatre ans plus tard, Louis XVIII y joignit une 
autre pension de 1,000 francs sur sa cassette. La 
mort de deux de ses sœurs lui avait donné la 
copropriété d'une maison située sur le quai de 
Conti; mais il ne jouit pas longtemps de l'ai- 
sance qu'il venait d'acquérir. Après la mort déjà 
ancienne de sa femme, il lui était resté deux en- } 
fants; son fils, major de cavalerie, périt en 1812, 
dans la campagne de Moscou ; la douleur que 
Caillot en ressentit lui causa dans la même année 
une attaque de paralysie qui le força de revenir 
à Paris avec sa fille : il sembla d'abord avoir 
recouvré la santé, mais une seconde atteinte mit 
fin à ses jours le 30 septembre 1816. Il était dans 
sa qitatre-vingt-quatiième année. Sa fille, qui 
lui a survécu , est tombée en démence. 

CAIMO ( JosEPU ), compositeur qui a eu de 
la célébrité, naquit à Milan, vers 1540, et vécut 

(1) Grétry a écrit partout dans son livre Cailleau pour 
Caillot; il était dans l'erreur sur l'orthographe du nom 
de cet acteur; c'est Caillot qu'il fautécrlrc, car c'est ainsi 
qu'on trouve ce nom dans les registres de l'ancienne Co- 
médie italienne. 



dans cette ville. Ses productions sont devenues 
fort rares. On trouve l'indication de quelques- 
uns de ses ouvrages dans V Athénée des Lettrés 
de Milan, de Piccinelli, dans l'Essai de la Borde , 
et dans le Lexique des Musiciens de Gerber. La 
Borde, qui ne cite aucun titre, parle de 8 livres 
de chants (probablement des madrigaux) qui 
auraient été publiés vers 1560. Les titres connus 
des productions de Caimosont : 1° Madrigali a 
cinque voci, Ubro l° ; Venise, 1568. —2° Ma- 
drigali rt 5, 6, 7 e 8 voci- Milan, 1571. — 
3° Madrigali a quattro voci, l° Ubro; Milan, 
1581. — 4° Madrigali a cinque voci, Ubro se- 
conda; ibid., 1582. — 5° Canzonette a quattro 
voci, lib. 1; Brescia, 1584. — 6" d% Ubro se- 
conda ; ibid., 1585. — 7" Madrigali a cinque 
voci,libriIIIeIV;in Venezia,2nesso Giacomo 
Vincenti e Ricciardo Amadino , 1585, in-4°. 
On trouve des madrigaux et des chansons de 
Caimo dans le recueil intitulé : Paradiso mu- 
sicale de' madrigali e canzoni a cinque voci 
di diversi eccellentissimi autori, nuovamenie 
raccolti da P. Phalesio et posti in luce. In 
Anversa, nella stamperia di Pietro Phalesio, 
1596, in-4''obl. 

CAIX ( M. de), professeur de viole à Paris, 
vers 1750, a publié dosa composition -. 1" Cinq 
livres de pièces de viole. — 2° Un livre de duos 
pour le par-dessus de viole. — 3" Trois livres de 
sonates à llùte seule. 

CAJANI (Joseph), chef des chœurs et ac- 
compagnateur du Théâtre-Italien de Paris, né à 
Milan, en 1774, s'essaya d'abord comme chan- 
teur di-ainatiqne; mais, n'ayant qu'une voix de 
mauvaise qualité, il ne réussit pas, et bientôt il 
renonça à cette carrière. Il est mort à Paris en 
1821. On a de lui : Nuovi Elementi di mus/ca, 
esposii con vero ordine progressivo. Milan , 
Ricordi , in-fol. obi. Il a composé et arrangé la 
musique de plusieurs ballets pour les théâtres de 
Milan, entre autres : 1° Tavora ed Oliviera. 
r- 2° LaFesta campestre; en 1797. — 3" De- 
rnetrio. — 4" / fuiti Filoso/i. — à" Fugenia e 
Rodolfo; en 1799. — 6° Il Filopemene. — 
1° Adélaïde cdAlfonso. — s" / treMatrimonj, 
en 1805. — Q" Le Danaide. — \Q° Matilde e 
Rodegondo; en 1810. — il" Romilda e Deza- 
vedos. — 12" / Riii di Milo; en 1818. 

CAJOIV (Antoine-Fka?)çois), né à Màcon 
en 1741, fut d'abord enfant de chœur dans cette 
ville, puis s'engagea comme soldat, déserta, 
entra dans un couvent de capucins, n'y acheva 
pas son noviciat, et s'enfuit à Paris, où son es- 
prit et .ses talents en musique lui procurèrent 
la faveur d'un fermier généra! , qui le lit entrer 
comme commis dans les aides. Kn 1705, il se 



CAJON — CALDARA 



MO 



maria, eut tics enfants, et la gCne qui en résulta 
pour ses affaires le conduisit à quelques infidé- 
lités qui lui tirent perdre son emploi. Ce fut alors 
qu'il chercha des ressources dans la musique et 
«lu'il on fit sa profession. Il réussit d'abord assez 
Itien , mais ensuite il fit des dettes et fut obligé 
de s'éloigner de Paris, pour se rendre en Russie, 
où il est mort en 1791. C'était, ait M""= Roland 
dans ses Mémoires , un petit homme vif et eau- 
scm: 

Cajon a publié un livre qui a pour titre : Les 
Étémenls de musique, avec des leçons à une 
et deux voix. Paris, 1772, in-8°. La [Jorde dit 
qu'il pilla avec assez d'art les leçons de Bordier 
pour composer cet ouvrage. Choron et Fayolle 
ont répété ce jugement dans leur Dictionnaire 
des Musiciens : j'ignore s'il est fondé , car je ne 
, connais pas le livre de Cajon. 

Ce musicien eut un fils, qui s'appelait comme 
hù Antoine-François, et qui était né à Paris le 
8 mars 17G6. Élevé à la maîtrise delà cathédrale, 
il entra à l'Opéra comme contre-basse en 
17'J2, en sortit en 1795, et voyagea dans les 
Pays-Bas comme maître de musique d'une troupe 
«le comédiens, puis retourna à Paris en 1816, et 
entra à rOi)éra-Comique comme souffleur de 
musique. Il garda peu de temps cette place , et 
retourna dans les Pays-Bas. Il est mort le 27 
octobre I8l9, à Rions, où il était maître de mu- 
sique du théâtre. En 1805, il a donné au théâtre 
ticii Jeunes artistes un opéra-comique en un acte, 
intilulé : Une matinée de jmntemps. 

CALCKMAINI ( Jeak-Jacques), membre du 
consistoire de la Haye, vers le milieu du dix- 
septième siècle, a fait imprimer un livre intitulé : 
Anlidotum, tegen-gift vant gebnujcli ofon ge- 
bruijcli vant Orgel in de Kerkcn der veree- 
nighde Nederlanden (Antidote contre l'usage 
et le non-usage de l'orgue dans les églises des 
provinces-unies des Pays-Bas); in s'Gravenliage 
( la Haye ) , by Aert Meuris, 1641 , in-8». Cet ou- 
vrage, écrit avec violence, est une critique d'un 
autre livre qui avait paru sous le voile de l'a- 
nonyme , et sous ce titre : Gebruick of onge- 
bruicli van't Orgel in de Kercken der veree- 
nighde Nederlanden ( Usage et non-usage de 
l'orgue dans les églises des provinces-unies dans 
les Pays-Bas), Leyde, Bonaventure et Abraham 
Elsevier, lG4l,in-8°. (Voij. HUYGENS.) Ce- 
lui-ci avait voulu démontrer dans son écrit que 
l'usage de l'orgue dans les temples protes- 
tants n'est point contraire à la foi, comme le 
croyaient alors les rigoristes des églises de Hol- 
lande et les puritains en Angleterre, et qu'il était 
seulement nécessaire d'en régler convenablement 
l'emploi. CakKman entreprit dans sa réponse de 



prouver, au contraire, que rien n'est plus ftincstc 
à l'esprit de recueillement que l'introduction mon- 
daine de l'orgue dans le service divin , et qu'on 
devait détruire cet instrument partout où il exis- 
tait. Il ne se borna pas à combattre son adver- 
saire par des armes égales, car il fit censurer 
son ouvrage dans une assemblée du consistoire 
dont lui-même était membre. L'acte de censure 
est daté du 20 décembre 1641. Quelques jours 
après, l'auteur de l'écrit censuré fit paraître, 
pour toute réponse, un recueil d'approbations 
qu'il avait reçues de toutes parts, particulière- 
ment des pasteurs des églises réformées de Hol- 
lande, d'Angleterre et de Genève. Dans ce recueil, 
intitulé : Responsa prudentium ad auclorem 
Dissertationis de Organo in Ecclesiis confœd. 
Dclgii (Lugd. Batavor., e\ officina Elseviriana, 
1G41, in-8°). On y trouvedes lettres intéressantes 
de Boxliorn,de Daniel Heinsius, de Gaspard 
Barlacus, de Louis de Dieu, deGolius, et de 
quelques autres savants. 

CALCOTT. Voij. Callcott. 

CALDAIVI (léopold), professeur de méde- 
cine théorique et d'anatomie, membre pensionné 
de l'Académie de Padoue, a donné dans les Saggi 
scienti/lci e letterari de cette académie (t. II, 
1789, page 12-24), une dissertation sur l'organe 
de l'ouïe, intitulée : Dissertatio de Chordx iim- 
pani officio, et de peculiari peritonœi struc- 
tura. 

CALDARA (Antoine), compositeur labo- 
rieux, naquiten 1078, à Venise, où il reçut dans 
sa jeunesse des leçons d'accompagnement et de 
contrepoint de son compatriote Legrenzi. Il n'é- 
tait âgé que de dix-huit ans quand il fit repré- 
senter s®n premier opéra. Son premier euiploi 
fut celui de simple chantre h. la chapelle ducale 
de Saint-Marc; il l'occupait encore lorsqu'il fut 
appelé en 1714 à la cour de Mantooe, pour y 
reniplir les fonctions de maître de cliai)elle: il y 
resta jusqu'en 1718. Alors il se rendit à Vienne 
et y obtint le titre de vice-maltre de chapelle de 
la cour impériale. L'empereur Charles VI, qui 
aimait l>eaucoup sa musique, le prit pour maître 
de composition, dans le style moderne de ce 
temps , pendant qu'il étudiait le contrepoint ri- 
goureux sous la direction de Eux ou Fuclis. 
En 1723 , il dirigea à Prague l'opéra que Eux 
avait écrit pour le couronnement du roi de Bo- 
hême, et qui fut exécuté en plein air. Il paraît 
qu'après avoir écrit son opéra de Temistocle , 
dont la représentation eut lieu à Vienne le 4 no- 
vembre 1736, Caldara, affligé du peu de succès 
de cet ouvrage, renonça au théâtre. H passa 
encore deux ans dans la capitale de l'Autriclie; 
puis, vers la fin de 1738, il retourna à Venise, 



15« 



CALDARA 



et y vécut dans la relrail* jusqu'en 1763 , où il 
mourut le 28 août, à l'âge de quatre-vingt-douze 
ans. C'est donc à tort que Gerber a dit que cet 
artiste cessa de vivre à Vienne. Mais il est i)ien 
}»lus singulier que le savant Antoine Selimid 
lasse mourir Caldara le 28 décembre 173C, à 
Vienne, à l'ûge de soixante-six ans, ce qui, 
d'une part, abrège sa vie d'environ vingt-sept 
ans , et de l'autre le fait naître huit ans plus 
loi (1). J'ignore d'après quels documents ce sa- 
vant a supposé ce fait, en opposition à toutes 
les données liistoriques, et qui d'ailleurs est 
démenti par la représentiition du dernier opéra 
de Caldara ( l' Ingraiitudine casligata) , à Ve- 
nise, au mois de mars 1737. Les œuvres de 
théâtre et de musique d'église composées par 
Caldara sont innombrables. Sa fécondité eut plu- 
sieurs causes , car il vécut longtemps, conserva 
la vigueur de sa tête jusqu'à ses derniers jours , 
et travailla constamment dix heures chaque 
jour. 

Caldara eut deux manières pour sa musique 
de théâtre. La première, faible d'invention, n'a 
de recommandable que la facilité naturelle des 
mélodies : elle a vieilli promptemcnt, parce que 
les formes en sont peu variées. Après son ar- 
rivée en Allemagne, il changea son style et donna 
plus de ■vigueur à son harmonie, mais il manqua 
toujours à sa musique le caractère vital qui ne 
peut être que le produit du génie. Caldara était 
un habileimitaleur, maisiJ ne savait pas inventer. 
Le sort de toute musique dramatique est d'être 
plongée dans l'oubli par les transformations suc- 
cessives de l'art : les productions de ce composi- 
teur ont par conséquentdû subir la commune des- 
tinée ; mais elles n'ont pas, comme celles d'A- 
lexandre Scarlalti, contemporain de leur auteur, 
le mérite d'offrir quelques-uns de ces beaux élans 
de génie qui survivent à toutes les révolutions, 
et qu'on peut admirer dans tous les temps. Plus 
heureux dans sa musique d'église, Caldara a laissé 
quelques ouvrages qui, sans s'élever à la hau- 
teur des belles compositions en style concerté 
des écoles de Scarlatti , de Léo et de Lotti , sont 
cependant fort estimables. 

L'es principaux ouvrages de Caldara sont ceux 
dont les titres suivent : 1° Argene;aL Venise, en 
1G89. — "}." Tirsi; ihid., 1696 ( le deuxième acte 
de cet ouvrage est le seul qu'il ait écrit ; les au- 
tres étaient de Lotti et d'Ariosti). — 3" Le Pro- 
messe serbate,- ibid., 1097. — 4° Il Trionfo 
délia continenza; ibid., 1G97. — 5° Farnace; 
ibid., 1703. — 6° Il Selvaggio eroe ; 1707. 
— 1" Parlcnope; 1708. — 8° Sofonishe; à 

!i) Voyez le livre Intitule : Cliristopfi Jf'ilibald liiiter 
von Cliah, etc., p. 23 , dans la note. 



Venise, en 1708. — Oo L' Iiiimko geneioso , 
à Bologne, en 1709. — 10" Coslanza in amore 
vince V inganno • Macerata, 1710. — 11° Ale- 
naidcj à Rome, en 1711. Cet ouvrage fut écrit 
pour le célèbre chàwiewr Amadori . — 12° Tltoe 
Bérénice; à RoÈue, en 1714. — \:\° Il Ricca 
Epulone; à Venise. — 14" Il Giubilo délia 
Salza; à Salzboiirg, 1716. — 15" Caio Mario; 
Vienne, 1717. — \6"Coriolano; 1717. — 17° La 
Verilù nelV inganno; Vienne , 1717. — 
i8° La Parlenza amorosa ; Rome, 1717. — 
iQ"^ Astarte ; Weime , 1718. — 20" La Forza 
delV amicizia; 1718. —21° Ifigenia in An- 
Z/rfe,- Vienne, 1718. — 22° Lncio Papiriodit- 
iatore; ibid., 1719. — 23° Sirita ; ibid., 1719. 

— 7i°Sisara; ibid., 1719. —25° Tobia ; ibid., 
1719. — 26'^ Assalone, \bi<l., 1720. —Yl°Naa- 
man;\b\(\., 1721. —l^s" Giuseppe; ibid., 1722. 

— 29° Nilocri; ibid., 1722. — SO» Ormilda; 
ibid., 1722. — 3i° Scipione nelle Spagne ; ib'u]., 
1722. — SI" Euristeo ; ihid., 1723. — 33° An- 
dromacca; ibid., i724. — 3i° David; ibid., 

1724. — 35" Gianguir; ibid., 1724. — 36" La 
Grisclda; ibid., 1725. —37" Le Profezie cvan- 
geliche; ibid., 1725. — 38° Semiramide ;Va\(\.^ 

1725. — dd" I due Diltalori ; 1726.-40" Ven~ 
ceslao; 1726. — 410 Gio«;, 172C. —k1°Bal- 
tiila; 1726. — 43° Don Chisciotlo alla corie 
délia Duchessa; 1727. — 44-^ Imeneo ; 1727. 

— 45° Ornospade; illl. — kç,° Gionata ; 1728. 

— t\l°Mitridate; 1723. — iS°Cajo Fabrizio; 
1729. — 49» Nabot; 1729. Tous ces ouvrages, 
depuis 1718, sont sur des poëines de Zeno. — 
50° La Passione di Giesù Christo ; 1730. — 
51" Daniello ; 1731. — 52" Santa Elcna al 
Calvario; 1731. — 53° Demeirio ; 1731. — 
54° L'Asilo d' amore ; 1732. — 55° Sedecia ; 
1732. — 56° Demofoonte; 1733. — 57° Ge- 
rusalemme converfita; 1734. — 58° La Cle- 
menza di Tito; le 4 novembre 1734. — 
59° Adriano in Slria; 1735. — 60° Davidde 
umil/ato; 1735. — Gl" Ejione ; 1735. — 
62'» San Pietro in Cesarea; 1735. —63° Gcsù 
presenlatonel tempio; 1735. — 64° ie Grazic 
vcndicafe; 28 aoilt 1735. — 65° Z/' Olimpiade 
173C. — 66° AcIiiUe in Sciro ; 1736. — 67° Ciro 
riconosciuto, 28 août 1736. — 68" Temisfocle ; 
4 novembre 1736.— 69° L' Ingratiludine cas- 
tigata; 1737. 

Parmi les œuvres de musique d'église de Cal- 
dara, on remarque plu.sieurs messes à quatre et 
à cinq voix avec instruments : Molefli a 2 e 3 
voci, op. 4, Bologne, Silvani, I7i5; le Anfi- 
fonc délia 3Iadona, a2,2, e k rod, Venise, 
1717; un Magnificat à quatre voix, deux vio- 
lon*, deux trompettes, limbales et orgue, un 



CALDARA — CALDKNBACII 



151 



Jleijina caii; nu Te Dciun; l'hymne J.niida 
Jérusalem; un Salve regina pour voix de so- 
prano avec insfiunients; les psaumes 7>'e«^H5 
vir, à voix seule et orcliestrc, et Mémento Do- 
ininc à «luatre voix : des Vêpres complètes à 
cin(i voix ; <los motets à deux , trois et cinq voix ; 
Cruci/ixus à seize voix , véritable chef-d'œuvre 
en son genre. Teschner a publié ce morceau en 
1840. On connaît aussi, de la composition de 
Calùara, six messes qui ont pour titre : Chorus 
Masarum divino ApolUni accinentium , sive 
Sex Missx selectissimx quatuor rocibus ,C.A. 
T. D., 2 violinis et organo concert. "). cla- 
rhi'is, iynip. violonc. pro libet. Aulhore ce- 
leberrlmo et prestant. Do. Antonio Caldara, 
chorl 7nus. in aula CaroU VI, gl. mem. Imp. 
Rom. vice Direct, in Incem prodierunt,una 
in ordine III. Joli. Nlcolai HemmerUn, Bam- 
beri; , 1748, in-lol. Les catalogues de Hieilkopf, 
publiés en i7Giel 17C9, contiennent l'indication 
(les deux ouvrages dont les titres suivent : 1° Ma- 
gnificat a canoni , 4 voc. et organo. — 
2" Kyrie cum gloria , Sanctus, Hosanna et 
Agnus, ivoc. 2 violinis, viola et fundamento. 
Dins la bibliothèque royale de Berlin (fonds de 
Toelciiau) on trouve en manuscrit les ouvrages 
suivants : Motet (Lauda Jérusalem) îi quatre 
voix et orgue; Messe brève (en ré majeur) à 
([uatrevoix et orgue; Salve regina (en itt mi- 
neur) à quatre voix et instruments; Messe {De 
lleala Virgine) à quatre voix et instruments; 
.Missa (en ut majeur) Arti/iciosissimx com- 
positionis in contrapuncto sub duplici ca- 
none, inverso contrario etcancrizanieivoc; 
Miserere à quatre voix, 2 violons, trombones 
cl contre-basse; Te Deuvi laudamus k quatre 
voix et orgue (en ut majeur); Regina cœll à 
(piatre voix et orgue (en si bémol) ; Messe a ca- 
pella à quatre voix; Missa Consolationis , à 
(piatre voix et instruments; 3Iissa piena inho- 
uorem B. V. M. à huit voix; Kijrie et Gloria, 
à quatre voix, 2 violons, 1 basson et orgue; 
Psaumes 137, 138, 139,140 et 141, à quatre voix; 
Hymne : Hominis superne conditor à quatre 
voix ; Magnificat à quatre voix sans accompa- 
gnement; Sttthat Mater à quatre voix et ins- 
truments {(-n sol mineur); Missa Providentia, 
à quatre voix et instruments (eu ré mineur) ; 
IMesse à (piatre voix et orgue (en sol mineur) ; 
Messe à quatre voix et instruments (en ut ma- 
jeur) ; Magnificat (en ut majeur) à quatre voix 
et instruments; 12 Madrigaux à quatre et cinq 
voix. M. l'abbé Santini possède de Caldara : les 
cinq Psaumes de compiles à plusieurs voix; 
S. Firma, oratorio a 5 con violini; Santo 
Stefano, l""» re d'Ungheria, oratorio a icon 



violini ; le Gelosic d' un amore utilmenie 
crudele, oratorio a 4 con slromenti ; la Con- 
versione di Clodario rc di Francia, oratorio 
a 4 con violini ; la Frode dcllaCaslità , ora- 
torio a 5 in due parti; il Trionfo delV Inno. 
cenza , oratorio a 5 in due parti ; Abigai , 
oratorio a 4 con stromenti ; S. Francesca ro- 
mana, oratorio à 5 con strom.; la Ribellione 
di Assalonne, oratorio a 4 con stromenti, m 
due parti ; V Assunzione delta Beuta Virgine 
a b, in fre parti, con stromenti ; la Cabtitàal 
cim enlo, a 5 con stromenti ; il Trionfo d'amore, 
serenata a 4 , con stromenti ; la Costanza in 
amore vince V inganno, pastorale à '> en deux 
parties ; un livre qui contient un grand nombre 
de cantales à voix seule avec clavecin, manus- 
crit original de Caldara ; beaucoup de cantales 
à une , (!(Mix et trois voix avec instruments ; 
enfin un grand nombre de pièces détacliées et de 
motets. 

La musique de chambre de ce compositeur 
renferme : 1° Douze cantates avec basse con- 
tinue, dont six pour soprano et six pour con- 
trallo, publiées à "Venise, en 1099, par Joseph 
Sala. — 2° Deux œuvres de sonates jiour deux 
violons et basse continue, publiés à Amsterdam. 
Au titre d'un de ces ouvrages, Caldara est qua- 
lifié Musico di violoncello, ce qui indique qu'il 
jouait de cet instrument. 

CALDARERA ( Micuf.l ) , naquit à Borgo- 
Sesia , le 28 septembre 1702 , et fut envoyé par 
son père à Milan , à l'âge de quatorze ans, pour 
y apprendre le contrepoint. Devenu musicien 
lialiilc , il obtint la place de maitre de chapelle 
de Saint-Evasio à Casale , et occupa ce poste 
jusqu'à sa mort, arrivée en 1742. Il a laissé en 
manuscrit une grande quantité de musique d'é- 
glise. 

€AL1>ENBACIÎ ( CunisTOPUE ), professeur 
d'éloquence à Tubiuge, a été considéré comme 
auteur d'un programme de thèse sur quelques 
motets do Roland de Lassus , et particulière- 
ment sur celui qui commence par ces mots : 
In me transierunt. Le repondant fut Élie 
Wallber. ( Vog. ce nom. ) Suivant Forkel 
et Licbtenthal , ce serait Caldenbacb qui aurait 
publié l'examen de ce sujet , sous le titre î)e 
Musica dissertatio , Tubinge, 1G64, mais Go- 
defroid Wallher ( Musikalische Lexik. ) ne s'y 
est pas trompé, et a cité cette dissertation 
comme l'ouvrage d'Élie Walther. Gerber a suivi 
l'oi-.inion de Godefroid Wallher à ce sujet. 
L'erreur de Forkel est d'autant plus singulière 
qu'il a pris ce dernier pour guide dans sa Lit- 
térature générale de la musique, quand il 
n'avait pas vu lui même les ouvrages dont il 



152 



CALDENBACH — CaLEGARI 



parlait, ou lorsqu'il n'avait pas de renseigne- 
ments particuliers. 

CALEGARI (Cornélie), cantatrice dis- 
tinguée , claveciniste et compositeur, était tille 
de Bartholomé Calegari, de Dergaine. Elle na- 
quit dans cette ville en 1644. A peine âgée 
de quinze ans, elle fit paraître son premier 
livre de motels , qui fut accueilli par de nom- 
breux applaudissements à son apparition. Néan- 
moins, ce lirillant succès ne détourna pas 
Cornélie Calegari du projet qu'elle avait l'ormé 
de se relirer dans un couvent : elle choisit 
celui de Sainte-Marguerite, à Milan, et y pro- 
nonça ses vœux en 1060. Elle reçut alors les 
noms de Marie-Catherine. Par son cliant , son 
jeu sur l'orgue et ses compositions, elle fixa sur 
elle l'atlention de toute la population de Milan; 
les amateurs de musique se rendaient en foule 
à l'église de Sainte-Marguerite pour, l'entendre. 
On ignore l'époque de sa mort. Ses compositions 
connues sont : 1" Motet ti a voce sola ; 1659. 
— 2° Madrigali e canzonette a voce sola. — 
3' Madrigali a due voci. — 4° Messe a sei 
voci con istrumenti. — 5° Vespéral à l'usage 
des religieuses. 

CALEGARI (François-Antoine), cordclier, 
naquit à Padoue, vers la fin du dix-septième 
siècle. On voit par l'approbation qu'il a donnée 
au Musico Teslore de Tevo (dont il avait été 
nommé censeur ) , qu'il était maître de chapelle 
de l'église du grand couvent des mineurs con- 
ventuels à Venise, en 1702. En 1724, il était 
maître de chapelle à Padoue, et l'on croit qu'il 
occupait encore ce poste en 1740. 11 eut pour 
successeur Valotti. Le jière Calegari jouissait 
d'une grande réputation de savoir, et sa musi- 
que d'église était admirée des plus habiles 
compositeurs, lorsqu'il lui prit fanlaijiie de la 
brûler, pour en composer dans le genre enhar- 
monique des Grecs, dont il croyait avoir re- 
trouvé les principes; mais, sans respect pour 
l'antiquité , les auditeurs trouvèrent cette musi- 
que détestable, et les musiciens la déclarèrent 
inexécutable. On a imprimé de sa composition : 
\° IX Psalmi. — 1° Salve sanguis. — 3" Can- 
tate da caméra, il existe dans la bibliothèque 
de l'Union philharmonique de Bergame une co- 
pie manuscrite d'un traité théorique sur la 
musique par le P. Calegari ; cet ouvrage a pour 
titre : Ampia dimostrazione degli armoniali 
musicali tuoni. Trattato ieorico-prattico. Il 
parait que le manuscrit original est daté du 15 
août 1732 , mais la copie dent il s'a'git a été faite 
par le P. Sabbatini, en 1791 , comme le prouve 
cette note placée à la fin du manuscrit qui a 
804 pages in-fol. : Trascritto ad litteram 



nelV anno 1791 dal P. Luigi Antonio Sab- 
batini , viinor conventuale, maestro di cap- 
pella nella sacra basilica del Santo in Pa- 
dova. Lichtentlial , qui a donné un aperçu du 
contenu de cet ouvrage (Bibliogr. delta Mus., 
t. IV , p. 4G2 ) , dit que son mérite est égal ;» 
celui des meilleurs traités de musique publit's 
en Italie, et qu'il est vraisemblable que Valotti 
et Sabattini lui-môme en ont fait leur profit sans 
le citer; le P. Barca est le seul qui en ait parie. 
Le manuscrit original était devenu la propriété 
du compositeur Simon Mayr, qui en envoya une 
copie à l'Institut de France ; mais postérieure- 
ment l'ouvrage a été publié par M. Balbi, de 
Venise, sous ce titre : Trattato del sistema 
annonico di Francesco Antonio Calegari, 
proposto et dimostrato da Melchiore Balbi , 
nobile Veneto , con annotazione e appendice 
dello stesso. Padova, per Valentino Cresc.ini , 
1829, gr. in-8°, avec le portrait de Calegari. 
On voit dans cet ouvrage que le système har- 
monique de Valotti et de Sabbatini n'est autre 
que celui de leur prédécesseur. 

CALEGARI (Antoine), premier organiste 
et maître de chapelle à Saint-Antoine de Padoue, 
naquit dans cette ville, le 18 octobre 1758. 11 
s'est fait connaître comme compositeur drama- 
tique , en faisant représenter à Venise, en 1784, 
un opéra qui avait pour titre : le Sorelle rivali, 
et qui fut suivi de V Amor soldato, et de il 
Malrimonio scoperto, joué en 1789. En 1800 il 
vivait à Padoue, et s'y faisait remarquer comme 
violoncelliste dans des concerts publics, lorsque 
les troubles de la guerre l'obligèrent à s'éloigner de 
sa patrie et à chercher un asile en France. Il se 
rendit à Paris, où la fortune lui fut d'abord con- 
traire, car il ne put réussir à se faire entendre 
comme instrumentiste, ni comme compositeur. 11 
imagina enfin un moyen de se faire connaîtie par 
une de ces singularités musicales dont on avait 
déjà vu quelques exemples : le succès répon- 
dit à ses espérances. L'ouvrage qu'il publia 
avait pour litre : l'Art de composer la 7nusi- 
que sans en connaître les cléments. Il fut 
publié à Paris , en 1802 , et l'auteur le dédia à 
M'"'' Bonaparte, qui prit Calegari sous sa pro- 
tection et lui procura de l'emploi. Déjà il avait 
paru en Italie sous ce titre : Gioco pittagorico 
musicale, col quale potrà ognuno , anco 
senza sapere di musica , formarsi una série 
quasi infinita di picciole ariette e duetti 
per tutti li caratteri, rondo, preghiere, po- 
lacche, cori, ecc. il tutto con accompagna- 
mento del piano forte , arpa, o altri slro- 
menti ,• Venezia, Sebast. Valle, 1801, in-fol. m». 
Cet art prétendu, par lequel on pouvait en ap- 



CALLKGARI — CALL 



153 



parencc coinpost-r, i/était qu'une o|)«îration mé- 
tiiniiiuo qui |iermcltait <le combiner de 1400 
manières diflérentes des plirases préparées et 
calculées par Caiegari pour se prêter à c«s com- 
binaisons. L'auteur et l'édileiir du livre es- 
sayèrent en 1803 de rappeler i'altenlion publique 
sur l'ouvrage, en faisant une deuxième édition 
qui ne diflérait de la première que par le fron- 
tispice. 

I.orsquc les circonstances le permirent, Caie- 
gari retourna dans sa ville natale et y obtint la 
place de maître de chapelle du Saiito ; il en 
remplit honorablement les fonctions juscju'à sa 
mort, qui arriva le 22 juillet 1828. Quelques 
années après son décès ou a publié im traité de 
l'art du chant dont il avait laissé le manuscrit. 
Cet ouvrage est intitulé : Modi gcnerali dcl 
canlo premessi aile manière parziali onde 
odoniare e rlfiorire le mule e siniplici mé- 
lodie e canlilcne , giusfa il metodo di Gas- 
paro Pacchiarotli. Milano, Ricordi ( 183G ) , 
in-fol. 

CALEGARI ( François), guitariste, né à 
Florence, vers la fin du dix-huitième siècle , s'est 
(i\é en Allemagne où il a publié presque tous 
ses ouvrages. On connaît de lui environ vingt 
œuvres pour guitare seule ou pour deux guita- 
res, composés de valses , de rondeaux , de so- 
nates, d'airs variés, et de mélanges d'airs d'opéras 
et de ballets, publiés à Florence, à Milan, à Leip- 
sick et à lîrunswick. On connaît aussi sous le 
nom de Caiegari une introduction et des varia- 
tions ponr le piano sur un thème de Carafa 
( Milan, Ricordi ) ; je crois que cet ouvrage est 
d'un autre artiste portant le même nom. 

CALESTAIMl (Jluôhe), compositeur, né à 
Lucqucs , dans la seconde moitié du seizième 
siècle, est connu par un œuvre qui a pour titre : 
Sacrati fiori musicali a otlo voci, con il Te 
Deum a coro spezzato a 4 voci, op. 2 ; Parme, 
Erasmo Viotti, 1603, in-4°. 

CALETTI-BRUi\l (Jean-Baptiste), musi- 
cien né à Créma, dans l'État de Venise, vers 1560, 
fut maître de chapelle de l'église paroissiale 
Sania-Maria, dans cette ville. On a publié de 
sa composition : Madrigali a clnque voci, 
libro primo, in Venezia , app. Ricciard. 
Amadino, 1604, in-4°. Ce musicien est le père 
de Pierre-François Caletii-Bruni , qui s'est 
rendu célèbre sous le nom de Cavalli. Voij. 
CAVALLI (I^iERUE-FiiASÇOis). 

CALIFAIMO ( Jean-Baptiste ) organiste de 
l'église des Tolentini , à Venise, vécut dans la 
seconde moitié du seizième siècle. H a fait im- 
primer de sa composition : il Primo Libro di 
Madrigali a cinque voci ; in Venezia , presso 



I Giacomo Vincent! e Ricciardo Amadino, 1584, 
in-'i" ohl. 

CALIGIXOSO, <lit IL FuRioso, noms aca- 
! démicpies d'un auteur inconnu de qui l'on a un 
j ouvrage intitulé I qualro Libri délia chitarra 
' spagnuola, nelli quali si contengono lutte le 
sonate o'rdinarie, semplici e passcgiate. Con 
una nuova invenlione di passuculli spagnoli 
variait, ciacone, follic , zarabandc, arie di- 
versi, ioccate musicali, ballctti,corrcnti, volte, 
gagliarde , alemande con alcune sonate 
picicate al modo dcl lealo con Le sue rcgole 
per imparare a sonarle faeilissimamente 
Novamente composta e dotto (sic) in luce. 
A l'exception de trois pages qui contiennent les 
règles de la guitare espagnole et qui sont pré- 
cédées du portrait de l'auteur, cet ouvrage, qui 
forjne un volume in-4°, est entièrement gravé sur 
cuivre ainsi que le frontispice, où l'on ne voit 
ni date, ni nom de lien. Dans les règles pour 
jouer de la guitare , on voit que l'auteur avait 
publié précédemment deux autres ouvrages 
de sa composition, et que celui-là est le troi- 
sième. 

CALL (LÉONARD de ), né dans un village de 
l'Allemagne méridionale, en 1779, se livra dès 
sou enlauceà l'étude de la guitare, de la llùte 
et du violon. 11 commença à se faire connaître 
à Vienne, en 1801 , par des compositions qui 
obtinrent de brillants succès, à cause de leurs 
mélodies faciles et d'un goût agréable. Les pre- 
micis ouvrages de cet artiste furent écrits pour 
la guitare et la flûte. Bientôt ils devinrent po- 
pulaires, et les éditeurs de musique, dont ils fai- 
saient la fortune, excitèrent si souvent leur au- 
teurà en produire de nouveaux que leur nombre 
s'éleva jusqu'à près de 150 en moins de douze 
années. C'étaient des pièces pour guitare seule, 
desduos, quatuors pour guitare et llûte, des trios, 
quatuors, sérénades avec accompagnement de 
violon, de hautbois, de basson, et d'autres ins- 
truments. A ces compositions légères de musique 
instrumentale succédèrent, à divers intervalles, 
des recueils de chansons pour trois ou quatre 
voix d'hommes, qui obtinrent un succès prodi- 
gieux. De Call peut être considéré comme celui 
qui mit en vogue ce genre de musique chez les 
Allemands. Les catalogues des marchands de 
musique indiquent environ vingt recueils de ces 
chants, qui contiennent plus de 140 morceaux. 
Ainsi qu'il arrive toujours aux compositeurs po- 
pulaires, l'éclat du succès et la trop grande (é-, 
condité usèrent en peu de temps la renommée 
de de Call. S'il n'eût cessé de vivre à l'âge de 
trente-six ans, il eût eu le ciiagrin de voir suc- 
céder un profond oubli à la popularité dont il 



154 



CALL — CALLENBERG 



avait joui. Il est moit à Vienne, en 1815, laissant 
après lui une leaiine et des enfants dont il fai- 
sait le boidieur par ses excellentes qualités so- 
ciales. 

Un autre musicien du même nom se faisait 
remarquer à Vienne, en 1814, par un talent fort 
singulier : il était sifdeur, et possédait une ha- 
bileté extraordinaire en ce genre. Non-seulement 
les traits les plus rapides et les plus difficiles étaient 
exécutés par lui avec beaucoup de précision et 
de justesse, mais il pouvait faire des suites de 
trilles chromatiques dont la perfection ne laissait 
rien à désirer. Ce musicien d'un genre nou- 
veau ne se faisait entendre que dans des sociétés 
particulières. 

CALLAULT (Salvator),. harpiste de l'A- 
cadémie royale de musique à Paris, est né dans 
celle ville, vers 1791. Élève de Naderman, il 
s'est fait connaître par quelques compositions 
pour son instrument. Les plus connus de ses 
ouvrages sont : 1° Marche de Saiil, variée pour 
la harpe, avec flûte ou violon, Paris, Zelter. — 
2" La Tyrolienne, suivie d'(m rondeau, avec 
flùle, ibid. — 3" Nocturne concertant pour 
harpe, violon ou violoncelle, ibid. — 4" Col- 
lection de morceaux choisis , arrangés pour la 
harpe, Paris, Frey. — .5° Première fantaisie sur 
la romance âe Joseph, ibid. — C° Fantaisie et 
variations sur la gavotle et le menuet du ballet 
de ISina j Paris, Janel. Callault est mort à Paris 
en 1839. 

CALLCOTT (Joiin-Vall), né le 20 no- 
vembre 17GG à Kensington, dans le comté de 
Middlesex , entra (lès l'âge de six ans dans un 
collège du voisinage, ou il fit d'assez bonnes 
études grecques et latines , que ses parents lui 
firent interrompre à douze ans , pour lui faire 
embrasser l'état de chirurgien. N'ayant pu sur- 
monter la répugnance que lui inspirait cet état, 
il s'appliqua à la musique, en 1779, et reprit en 
môme temps le cours de ses études. Il apprit 
successivement le français, l'italien, l'hébreu et 
les mathématiques. Ayant été présenté aux doc- 
teurs Arnold et Cooke, en 1782, il reçut de ces 
deux habiles musiciens des conseils qui perfec- 
tionnèrent ses connaissances. L'année suivante il 
devint organiste suppléant à Saint-Georges le 
Martyre ( llannovcr Square ). Depuis celle épo- 
que, jusqu'en 1793, il envoya un nombre con- 
sidérable de pièces aux divers concours ouverts 
par la société de musique intitulée : the Catch 
Club, et presque tous ses ouvrages furent cou- 
ronnés. Dès 1786, il avait été fait bachelier en 
musique à l'université d'Oxford. Vers 1793, il 
commença à se livrer à la lecture des écrivains 
didactiques sur la musique, et conçut le 



projet d'écrire un dictionnaire de musique, 
dont il publia le prospectus en 1797. Cinq ans 
plus tard, ses matériaux étaient rassemblés ; mais 
il fallait les classer et rédiger l'ouvrage, et ce 
long travail ne s'accordait guère avec ses nom- 
breuses occupations et avec le mauvais état de 
sa santé : il fut donc obligé de l'ajourner à une 
époque plus éloignée, qu'il ne vit point arriver. 
Se persuadant toutefois que le public attendait 
de lui un livre sur la théorie de la musique, il 
écrivit en 1804 une grammaire musicale (a 3Iu~ 
sical Grammar ) dont la première édition pa- 
rut en I80G ( Londres, un vol. in-12), et la troi- 
sième, en 1817, sous ce titre : a Musical 
Grammar in four 2)aris; l. Notation; 2. Me- 
lod/j j 3. Ilarmonij ; k.Rhijthm. On a aussi de 
lui deux petits écrits intitulés : 1" Plain slat- 
ment of cari Stanhope's tempérament (Aj)- 
préciation complète du tempérament du comte 
deStanhope). Londres, 1807, in-8°. 2" Expia- 
nation of the notes, marks, words, etc., used 
in music ( Explication des noies, signes et 
termes usités dans la musique). Londres, .^ans 
date. 

Callcott avait pris, en 1800, ses degrés de doc- 
leur en musique à l'université d'Oxford. Eu 1791 
il reçut sa nomination d'organiste de l'église de 
Covenl-Garden, et, en 1792, il obtint la place 
d'organiste à l'hospice des Orpiielins de Londres; 
il la conserva jusqu'en 1802, époque où il y re- 
nonça en faveur de M. Horsley , son gendre. Il 
succéda en 180j au docteur Crotch dans l'euqjloi 
de lecteur de musique à \' Institution royale ; 
mais, craignant que le mauvais état de sa santé 
ne lui permît pas de remplir les devoirs de 
cette place, il donna sa démission au bout de 
quelques années. En 1814, il prit le parti de 
vivre dans la retraite et s'occiqia d'un ouvrage 
sur la Biographie musicale, qu'il n'eut pas le 
temps d'achever. Enfin, après avoir langui pen- 
dant les deux dernières années de sa vie, il expira 
le lômai 1821, dans sa cinquante-cinquième an- 
née. La grammaire musicale de Callcott est con- 
çue sur un bon plan et bien exécutée : les notes 
font voir que leur aiitcur |)0ssédait de l'érudition 
musicale. A l'égard fie ses compositions, dont 
on n'a gravé qu'une faible partie, et qui con- 
sistent en airs, chansons, canons et antiennes , 
les biograi>hes anglais leur accordent beaucoup 
d'éloges. Le gendre de Callcott, Ilor^ley , a pu- 
blié une collection des œuvres choisies de son 
beau-père, en deux volumes in-folio, avec une 
notice sur la vie de l'auteur. 

CALLEMBKiîG ( Georges - Alexandke- 
IIi;nki-IIi;um.\nn , comte de ) , seigneur de Mus- 
Ivau.dans la liante Lu^^-ace , membre de l'Aca- 



CALLENBERG — CALMET 



15.1 



d/'infe royale (l« Slockliolin.et claveciniste habile, 
naquit à Muskau, le 8 ré"riei' 1744, cl mourut 
dans le même lieu en 177j. On a gravé de sa 
composition S/.c Sonates pou?' le clavecin , 
avec ncco}p.pagncmcnl de violon. Cerlin, 1781. 
CALLETOT (Guillaume), chantre à dé- 
chant (le la chapelle de Charles V , roi de France, 
suivant une ordonnance de l'hôtel , datée du 
mois de mai 1364. Ce chantre était un de ceux 
qui, dans la chapelle du roi, improvisaient l'espèce 
de contrepoint simple qu'on afipelait Citant sur 
le livre. C'est ce qu'indique son titre de Chantre 
à dèchant.{Vo>j. la Revue musicale , G'"^ an- 
née, p. 218.) Les appointements de Guillaume 
Callefot, ainsi que ceux de ses collègues, étaient 
de quatre sous par jour. 

CALLIDO (Gaétan), facteur d'orgues, naquit 
dans 1 État de Venise, vers 1725. Il apprit les 
éléments de son art dans les ateliers de Nan- 
cliini, prêtre dalmale, qui s'était établi dans celle 
ville, et qui avait la réputation d'un des meil- 
leurs facteurs de l'Italie. C'allido se distingua 
particulièrement par la douceur et l'harmonie 
des jeux de fonds de ses ouvrages. Son mérite 
le fit choisir pour la confection d'un grand nom- 
bre d'orgues dans les monastères. Son activité 
était si grande que le Catalogue de ses iiislru- 
ments, imprimé en 1795 , en indique trois cent 
dix-huit. Wé\)Oi\ue de sa mort est inconnue. Il 
avait construit en 1767, pour l'église Saint-Marc, 
un petit orgue appelé organetto del conccrii, 
ou organetto del palchetto, pour la somme de 
1,400 ducals. l'eu d'années après il fut charge 
de l'entretien et de l'accord des trois orgues de 
cdte éalise, aux a[ipointements annuels de 45 
diicats. 

CALL!NET,nom d'une famille de facteurs 
d'orgues établie en Alsace. Elle était l'enomniée 
par le nombre et le tncrife des ouvrages qu'elle a 
produits. Son chef fut élève de Rie|)p {vofj. ce 
nom ), qui vivait vers le milieu du dix-huitième 
siècle , et qui a construit les grands instru- 
ments des catliéilrales de Dijon et de iiesançon. 
Louis Callinet, membre de cette famille, né à 
Rouffach (Haut-Rhin) dans l'année 1797, se 
rendit à Paris dans sa jeunesse et y entra dans 
les ateliers de Somer ( vofj. ce nom ), où il aug- 
menta ses connaissances et perfeclionna son ha- 
bileté pratique. C'était, dit M. Hamel ( Nouveau 
Manuel complet du facteur d'orgues, t. ni, 
p. 390), un bon ouvrier qui travaillait conscien- 
cieusement, mais qui n'eut jamais de gran.de en- 
treprise où il pût se distinguer. L'orgue le'plus 
considérable construit par lui est celui de l'Ora- 
toire, dans !a rue Saint-Honoré. Kn 1839, iJ vendit 
son fonds à la maison Daublaine, dont il devint 



associé, et où il resta pendant cin(| ans. 11 en 
sortit par un trait de folie dont il y a peu 
d'exemples. Ayant fait construire une maison dans 
laipielle il se proposait de se retirer, il eut besoin 
d'argent pour achever les travaux et en demanda 
à ses nouveaux associés : le refus qu'il éprouva 
lui donna tant d'irritation que, sous prétexte 
d'aller travailler à l'orgue de Saint-Sulpice, dont 
la restauration était presque achevée, il brisa 
tout ce qui avait été fait dans les ateliers dirigés 
par lui-même. A peine eut-il accompli cet acte 
de vengeance qu'il en eut les plus vifs regrets. 
Ne pouvant plus rester dans la maison à laquelle 
il avait causé un dommage si considérable, il fut 
obligé de cliercher de l'ouvrage comme simple 
ouvrier, et entra dans les ateliers dCiM. Cavaillé. 
C'est dans celte situation qu'il est mort en 184G. 
CALLINET (Icnace), cousin du précédent, 
est né à Rouffach (Haut-Rhin) , le 13 juin (803. 
Élève de son pèie, il fut associé de son frère 
aîné pour la facture des orgues jusqu'en 1S27; 
puis il se rendit à Paris et travailla pendant 
quelque temps dans les ateliers de Louis Callinet. 
Ue retour à RoufTacb , il contracta avec son frère 
une nouvelle association, cpii ne finit qu'en 1843. 
Depuis ce temps, Callinet a travaillé seul et a 
construit plusieurs orgues grandes et petites, non 
compris un grand nombre d'orgues de cabinet 
et de chapelles de 4 à 8 jeux. Un de ses plus 
beaux ouvrages est l'orgue de Besançon, grand 
instrument dans lequel se trouvent deux 32 pieds 
et neuf 10 pieds. Pendant son association avec 
son frère, il a coopéré à la construction de trente- 
neuf orgues à un, deux et trois claviers, et en a 
réparé seize. La plupart de ces ouvrages sont en 
Suisse el dans le département du Haut-Rhin. 

CALMET (DoM Augustin), savant béné- 
diclin de la congrégation de Saint-Vannes, na- 
quit le 2G février Ui72, à Mesnil-la-Horgne, [irès 
de Conimerci, en Lorraine. Après avoir fait ses 
premières études au prieuré du Breuil, cl pro- 
nonré ses vœux dans l'abbaye de St-Mansui, 1&. 
23 octobre 1689, il alla fane son cours de phi- 
losophie à l'abbaye de Saint-Èvre , et celui de 
Théologie à l'abbaye de Munster. En 1718,11 fut 
nommé abbé de Saint-Léopold de Nanci, et, dix 
ans après, abbé de Sénones, où il passa le reste 
de sa vie. Il mourut dans cette abbaye le ss oc- 
tobre 1737. Dans son Commentaire littéral sur 
la Bible, Paris, 1714-20, 2C vol. in-40, ou Paris, 
1724, 9 vol. in-fol., ou enfin, Amsterdam, 1723, 
25 vol. ia-8'', on trouve : r Dissertai ion sur la 
musique des anciens , et en •particulier des 
Hébreux; — 1° Dissertation sur les iiistru- 
meoits de musique des Hébreux; — 3° Disser- 
tation sur ces deux termes Hébreux : Xjvaj, 



CALMET — CALVIÈRE 



15f) 

NAZE.vcn et Sela. Ugolini a donné une traduction 
latiue de ces dissertations dans son Trésor des 
cmUquiics sacrées, t. XXXII. On trouve aussi 
quelques détails sur la musique des Hébreux 
dans le Diclionnaire historique et critique de 
la Bible, du même auteur, Paris, 1730, 4 vol. 
in-tol. (ig. 11 y a peu d'utilité à tirer de tout 
cela. 

CALMUS (Martin) , né en 1749 à Deux- 
Ponts, passa la plus grande partie de sa vie à 
Dresde, où il était violoncelliste et musicien de 
la cour. Il est mort dans cette ville, le 13 janvier 
180'J. Avant de se fixer à Dresde, il avait été 
jiltaclié quelque temps à l'orclieslre du théâtre 
d'Allona. 11 a laissé quelques compositions pour 
son instrument, dont une partie est encore iné- 
dite. 

CALOCASIUS, musicien romain , dont le 
nom est parvenu jusqu'à nous , au moyen d'une 
inscription rapportée par Gruter (Corpus In- 
script., t. I, part. 1, p. 054 ), et que voici : 

D. M. 
CALOCASIO 
VEIlNiE. DVLCISS. 
ET. MVSICARIO 
INGENIOSISSIMO 
QVI. VIX. ANN. XV 
BENEMERENTI. FECIT 
DAPHiNVS. 
Ce musicien doit avoir vécu dans le moyen 
âge , car le mot musicarius, \)làœ dans cette ins- 
cription , est de la basse latinité. Ducange ne 
cite sur ce mot ( Glossar. ad script, med. et 
infini, latin. ) que l'inscription dont il est ici 
question. 

CALORI ( M""") , cantatrice renommée dans 
son temps, naquit à Milan, en 1732. Après avoir 
paru avec succès sur quelques tliéàtres d'Italie, 
elle se rendit à Londres vers la lin de 1755 , et 
s'y fit une brillante répulalion qui se répandit 
dans toute l'Europe. Elle se faisait remarquer 
particulièrement par une agilité de vocalisation 
dont on n'avait pas eu d'exemple jusqu'alors, par 
une voix d'une étendue rare, et par un profond 
savoir en musique. En 1770, elle brillait à Dresde 
comme prima donna. Elle retouina dans sa 
patrie en 1774, et continua de se faire entendre 
sur divers tliéiUres jusqu'en 1783, quoique sa 
voix eût pcnlu sa fraîcheur et une partie de son 
agilité. On présume qu'elle cessa de vivre vers 
1790. 

CALOVIUS (Akrauam), professeur de 
théologie , pasteur primaire et surintendant gé- 
néralà Wilteniberg, naquit à Morungenen Prusse, 
le IG avril 1012, et mourut à Wittemberg le 



29 février 1C86. 11 a publié en langue latine une 
Encyclopédie (Lubeck, 1G51, in-4° ) dans la- 
quelle il traite de la musique, p. 549-554. 

CALVEZ (G.uiRiEL), musicien espagnol, vi- 
vait à Rome vers le milieu du seizième siècle, et 
y était attaché en qualité de chantre à l'église de 
Sainte-Marie-Majeure. Il publia dans cette ville, 
en 1540, des motets à quatre voix. La mélodie 
d'un de ces motets [Emendemus in melius 
qux ignoranter peccavimus) a. servi de thème 
à Palestrina pour sa messe ^/reencZe??ms. 

CALVI (Jean-Baptiste), amateur de mu 
si(pie , né à Rome, vers le milieu du dix-huitième 
siècle, a donné : 1" Ezio, opéra séria, à Pavie, 
en 1784. — 2" Castoree Polluce, ballet à Cré- 
mone, en 1788. — 3" Le Donne mal accorte, 
ballet, dans la même ville, en 1788. — 4° Il 
Giuseppe riconosciuto, oratorio , à Milan , en 
1788. 

CALVI (Gi\N-PiETRo), organiste à Milan, 
né dans les dernières années du dix-huitième 
siècle, est auteur d'un petit traité de l'art de 
jouer de l'orgue, intitulé : Istruzioni teorico- 
pratiche per V organo, e singolarmente sul 
modo di registrarlo. Milan , Luigi Bertuzzi , 
1833, IC pages in-8" de texte, 16 pages de mu- 
sique et 2 planches gravées in-lol. obi. Ce musi- 
cien a fait exécuter à Milan une grande can- 
tate de sa composition, dans un concert au béné- 
fice des inondés de la Lombardie. Cet ouvrage a 
été arrangé pour piano et publié en trois parties, 
sous ce titre : Trattenimento musicale, cse- 
guito a beneficio dei danneggiati dalle innon- 
dazioni. Milan, Ricordi. On connaît aussi de 
lui une Pastorale pour l'orgue, ibid. 

CALVI (GiROL\Mo), professeur de musique 
h Bergame , a publié, sous le pseudonyme de 
Ilarlolo'meo Montanello, un nouveau système 
de notation musicale, dans un écrit qui a pour 
titre : Inlorno alto scriierc la musica. Lettera 
di liartolomeo Montanello a Marco Bccafichi . 
Milan, Ricordi, 1843, 28 pages in-8", avec une 
planche gravée. Le même artiste est auteur des 
Mémoires biographiques sur le compositeur 
Simon Mayr, intitulés : Di Giovanni Simone 
Mayr. Memorie raccolte e dedicaie aW il- 
lustre Municipe délia regia città di Der- 
gamo. Milan , Ricordi. Ces Mémoires ont paru 
dans les cinquième et sixième années de la 
Gazzetta musicale di Milano ( 184G et 1847 ), 
et il en a été tiré des exemplaires sépares, 
gr. in-4°. 

CALVIÈRE ( Guillmjme-Antoine ) naquit 
à Paris en 1C95. Ayant été reçu organiste de la 
chapelle du roi en 1738, il occupa cetteplace jus- 
qu'à sa mort, arrivée le 18 avril 1755. Son ser- 



CALVIÉRE — CALVISIUS 



tr,7 



vice dans la chapelle royale était pendant les 
mois de janvier, lévrier et mars. Doué des plus 
heureuses qualités pour la musique, mais né 
malheureusement dans un pays où le goiU et 
les éludes étaient détestables , Caivière eut en 
France la réputation d'un des plus grands or- 
ganistes du monde : le fait est que son exécution 
et sa connaissance des ressources de l'instru- 
ment étaient remarquables ; mais son style, sem- 
blable à celui de tous les organistes français de 
son temps, manque d'élévation, et son harmonie 
est souvent incorrecte. J'ai entre les mains un 
livre manuscrit de ses pièces d'orgue, qui me pa- 
raît démontrer la justesse du jugement que j'en 
porte. Au reste c'était un homme d'esprit ; l'a- 
necdote suivante en offre la preuve. Lorsqu'il 
concourut, en 1730, avec Dagincourt pour une 
place d'organiste , François Couperin , qui avait 
été nommé juge du concours, ayant plus d'é- 
gard à l'Age des deux con)pétiteurs qu'à leur 
talent, prononça en faveur de Dagincourt ; mais 
voulant consoler Calvière de cette injustice, il 
le loua beaucoup sur son habileté. Lui ayant de- 
mandé où il avait appris à jouer si bien de 
l'orgue, Calvière lui répondit : Monsieur, c'est 
sous l'orgue de Saint-Gervais ( Couperin 
était organiste de cette église ). Cette anecdote 
prouve que Marpurg a été induit en erreur lors- 
qu'il a dit que Calvière avait été élève de Cou- 
perin. {Hist.-Krit. Beijtrage, t. I, p. 44i). ) 

Calvière a composé plusieurs motets à grand 
chœur, et beaucoup de pièces pour l'orgue et le 
clavecin qui n'ont point été gravées. 

CALVISIUS ( SÉTiius) , dont le nom alle- 
mand était Kalvitz, naquit le 21 février 1556, 
à Gorschleben, près de Sachsenberg, dans la 
ïhnringe. Fils d'un simple paysan, il devint, à 
force de travail et de persévérance, astronome 
ou plutôt astrologue, poète, musicien et savant 
dans l'histoire et la chronologie. Ses premières 
études de musique et de chant furent faites à 
l'école de Frankenliausen(lj.La pauvreté de ses 
parents l'obligea à quitter ce collège après un 
séjour de trois ans et demi ; mais bientôt la 
beauté de sa voix le fit admettre gratuitement 
à l'école publique de chant de Magdebourg. Déjà 
ils était assez habile pour donner des leçons 
de musique qui lui procurèrent quelques éco- 
nomies. Avec ces épargnes, il alla étudier les 
langues anciennes et les arts aux universités de 
Helmstadt et de Leipsick. Dans cette dernière 
ville, on le nomma directeur de musique de 
l'église Sainte-Pauline; mais il quitta Leipsick 

(I) Mattheson dit que ce fut à Francfort-sur-l'OJer. 
t Voy. Grundlage ciner Eàren-Pforte, p. 32.) 



en 1582, pour aller rem|ilir les fonctions de 
cantor à l'école de Pforte. Il occupa cette place 
pendant dix ans. Appelé à Leipsick en l.')92, pour 
y remplir les mômes fonctions, à l'église de Saint- 
Thomas, il retourna avec plaisir dans cette ville 
qu'il avait toujours préférée à toute autre. Deux 
ans après, il réunit à ses attributions de cantor 
et de professeur celles de directeur de musique, 
il prit possession de cette dernière place le 13 
mars 1594, et fit exécuter le même jour plusieurs 
morceaux de musique religieuse qu'il avait com- 
posés. P.ien ne peut surpasser le zèle qu'il 
montra dans l'administration de l'école qui lui 
était confiée, pour l'amélioration de l'enseigne- 
ment, et particulièrement de celui de la musique. 
E-^tiiiié pour son savoir et son caractère hono- 
rable par les habitants de Leip.>ick, il conçut 
tant d'affection pour cette ville, qu'il ne voulut 
jamais s'en éloigner, bien que des offres bril- 
lantes lui fussent faites par les villes de Witten- 
berg et de Francfort-sur-le-Mein. Il y mourut à 
l'âge de près de soixante ans, le 23 novembre 
1615, suivant ce querapporte Mattheson (Grund- 
lage einer Ehrenpforte , p. 33 ), et en 1617, 
d'après l'opinion de Jean-Godefroi Walther, de 
Forkel, de Gerber, et de plusieurs aulres écri- 
vains. Il y a lieu de s'en rapporter à Mattheson, 
qui écrivit sa notice huit ans après que Walther 
eut publié son Lexique de musique, et qui a dû 
examiner le fait avec attention. Au surplus , la 
datedonnée par Walther est évidemment erronée; 
car Jean Friedrick, professeur à l'université de 
Leipsick, a publié dans cette ville en 1615 un 
éloge de Calvisius sous ce titre : Programma 
academicum in Sethi Calvisii funere , et 
oratio funebris germanica, habita a Vin- 
cenlio Schmackio, xn-k". Il est bon de remar- 
quer que M. a^.ltinger, à qui je dois l'indication 
de cet écrit ( Bibliographie biographique , 
Leipzick, 1850, p. 83 ) , (i\e la date de la mort 
de Calvisius au 24 novembre 1615, et qu'il la 
maintient dans la nouvelle édition très-augmentée 
de son livre (Bruxelles, 1854). 

Calvisius était persuadé de l'infaillibilité de 
l'astrologie : un événement fâcheux vint for- 
tifier sa confiance en cette science prétendue. Il 
avait lu, ou cru lire dans les astres, qu'un 
grand malheur devait lui arriver certain jour 
de l'année 1602. Pour éviter le coup dont il 
était menacé, il prit la résolution de ne point 
sortir de chez lui ce jour-là, de se livrer au tra- 
vail du cabinet, et d'éviter tout ce qui pourrait 
faire naître quelque danger pour lui. Cependant 
sa plume fatiguée l'obligea de prendre un canif 
pour la tailler : l'instrument lui échappa des 
mains, et, dans son empresscmont à serrer les ge- 



tôS 



CALVISIUS 



noux pour l'empôclier de tomber à terre , il en- 
fonça la lame dans son genou droit : un nerf 
fut coHpô, et Calvisius demeura boiteux le reste 
de sa vie. 

Ou a de Calvisius les ouvrages de théorie et 
de didactique dont les titres suivent : 1° Melo- 
pœia seu melodix condcndx ratio, quam 
■vidrjo musicam poeticam vocant , e.v rois 
fandamentix extracta et expUcnla, Ei fordise, 
13S2, in-8"(t).Lipenius (Bibl., p. 97f)) indique une 
première (édition de ce livre sous la date de 1507 : 
<;'est évidemment une erreur ou une faute d im- 
pression; car l'auteur, étant né en 1556, n'au- 
rait eu que onze ans quand sou livre aurait 
été publié. Si cette édition première n'est pas 
.supposée, elle doit être de 1576. Gerber cite 
aussi une édition anîéi'ieure à l,i92, sous la date 
de 1582 ( Neaes Lcxikon der TonkunslL, 
t. I, col. 611 ), d'après Wilkius , auteur d'un 
livre allemand intitulé ; Bcdenkcn vom Schul- 
wcseii (p. 137 ); il y a lieu de croire que celte 
date est aussi le résultat d'une faute d'impres- 
sion, et que le 8 y a été substitué à 9 , par er- 
reur. Une dernière édition du livre de Calvisius 
a été publiée à Leipsick, en 1630, in-8". Le 
titre de cet ouvrage semble indiquer un traité 
de la mélodie ; cependant il est presque tout 
entier relatif au contrepoint et à l'harmonie. 
Forkel remarque avec justesse que c'est un fort 
bon livre pour le temps où il a été écrit. — 
2° Compendnunmusicxpracdcxpro inc/pien- 
tibiis coiiscriplmn, a Selho Calvisio, Lipslx, 
ad D. Thomam caniore, ir)94,in-S". Celte , 
édition est indiquée «par Lipenius, sous la date 
de 1593. H y a une deuxième édition de l'ou- 
vrage, datée de 1G02. Walliier s»nible croire que 
ces deux éditions du Compendium sont la 
même. Il y en a une troisième qui a pour titre : 
Musicx artis prxcepta nova cl facillima , per 
scptem voces musicales, quibus omnis diffi- 
cullas , qux ex diversis davibus et ex dlver- 
sis caniilcnarum (jenerthus , et ex vocum 
musicalium mutât ione orin jjofest, tollitur. 
Pro incipicntibus conscripia Jenœ, i Ci G, in-8°. 
Dans ce petit ouvrage, destiné, comme on voit, 
à instruire Ifs enfants dans l'art de lire la mu- 
si(p:e et de la chanter, Calvisius expose les 
avantages de la Bocédisation , c'est-à-dire de 
la solmisation pour les sept syllahes bo , ce, di, 
ga, lo, ma, ni, au lieu de l'emploi de l'Iiexa- 
corde ut, ré, mi, fa, sol, la de l'ancienne mé- 

(1) MaUheson écrit le nom de la ville Erfurti, dans le 
Grundlafie einer Efircnpfnrte (p. 32) ; mais il csteertain 
que le li're porte Er/ordie. A» reste, Erfgrdia cf Er- 
/«riKOT sont (g.ilcincnt cniplo_v(?s en l.ilin pour dci-i^ncr la 
ville d'F.rfurt. 



tliode. Je ne sais s'il est exact âK. dire, comme 
Walther, Mattheson et Forkel , que Calvisius 
donne dans son livre une approbation à la sol- 
misation par ces sept syllabes nouvellement in- 
ventées, car je n'y ai point vu le nom île l'inventeur 
Hubert Waelraut. Sans se donner précisément 
comme inventeur de cette solmisation , il laisse 
entendre qu'il peut l'être, par sa manière vague 
et générale de s'exprimer. Forkel a inséré douze 
règles de l'art du chant dans le tleuvième vo- 
lume de sou Histoire de la musique { p. 65 ), qu'il 
a extraites du livre de Calvisius. liUessont,en leur 
genre, les plus méthodiques qu'on ait données 
sur cette malièie à celte époque reculée. — 
3° Exercitationes musicx dux , quarum prier 
est de modis musicis, quos vulgo fonos vo- 
cant , recle cognoscendis , et dijudicandis ; 
posterior , de initio et progressa musices, 
aliisque rébus eo speclantibus. Lipsix , 1600, 
in-S", de l3Sp. Gerber, dans son ancien lexique 
des nuisiciens, a indiqué comme un livre parti- 
culier la seconde partie de celui-ci , sous le 
titre : de Initio et progrcssu, etc.; il a été 
copié en cela par Choron et FayoUc, dans leur 
Dictionnaire historique des musiciens. Dans 
son nouveau lexique, Gerber a corrigé cette er- 
reur. La première partie du livre de Calvisius 
est toute dogmatique; la deuxième est un 
abrégé fort bien fait et fort exact de l'histoire 
de la musique. Une troisiènae partie de ces 
Méditations a paru sous ce titre : Exercitatio 
musicx tertia, de prxcipuis quibusdam in arte 
musica quxstionibus, quibut, prxcipua ejiis 
thcoremala continentur ; instituta ad claris- 
simum virum Hippohjtum llubmeierum , 
poefum laureatum et pxdagogiarchum Ge- 
ranum. Lipsix, impcnsis Thomx Schureti, 
Michael Lantzenberger excudebat, 1011, in-s° 
de ISO pages. I^'exislence de cette (roisièmc 
partie séparée a été inconnue à Walther, à 
MaUheson , à Forkel, à Gerber et à leurs co- 
l>istes. Ces auteurs disent que dans l'année où 
elle a paru, une édition des trois parties réunies 
a été publii'e sous ce titre : Exercitationes 
musicx très, de prxcipuis quibusdam in mu- 
sica arte quxstioriibus institutx. Leipsick, 
in-8°. Il y a beaucoup de probabilité qu'ils se 
sont trompés, et que le mol très a été substitué 
à tertia, car tout le reste du titre est conforme 
à celui du livre qui est indi(pié ci-dessus. L'ou- 
vrage dont on vient de parler est adres.sé à 
Hubmeier, maître d'école à Géra, qui , dans ses 
Discussions de questions importantes de philo- 
sophie, de musique, etc. ( vo!j. Hubmeier), avait 
attaqué la solmisation par les sept syllabes, et 
avait entrepris de démontrer que la mélhoti'? 



CALVISIUS 



(:>9 



de riiexr.coi-cle est prclérable. Parmi k-s «liversos 
questions de tliéorie et de praticu-e qui sont 
agitées par Calvisius dans sa troisième médi- 
tation, il revient sur ce sujet, et le traite avHc 
îiiie puissance de raisonniMuent qui détruit faci- 
lement les arguments de son adversaire. Celui-ci 
avait cru répondre victorieusement aux parti- 
sans de la nouvelle solmisation, qui affirmaient 
que, puisqu'il y a sept notes et sept clefs on 
lettres , il doit y avoir sept syllabes ponr les 
nommer, en disant que ce raisonnement n'avait 
pas plus de force que si l'on dis:ùl que parce qu'il 
n'y a que cinq lignes dans la portée, il ne doit y 
avoir que cinq noms dénotes : Calvisius prouve 
fortliien la fulililéde cette objection, et démontre 
invinciblement la nécessité des sept syllabes; 
mais il ne s'agit plus de ho, ce, di, ga, lo, ma 
ni; c'est de l'addition de la syllabe si aux six 
autres noms {ut, ré, mi, fn, sol, la ) qu'il 
est question, et Calvisius en parle comme d'une 
chose déjà connue (1). 

(l; Le passage du livre de Calvisius a tant d'intérêt, et 
CCS sortes de livres sont si rares, que je crois qu'on verra 
avec plaisir la citaUon que j'en fais ici : 

DE QC^STIONE QUINTA. 

An sex vel scptem sivt vaces musicales? 

« Statuis sex tsntum vnces musicales esse detjcre , 
Idquealiquot argumentis fîrmura fncere cnnaris, et rcjicis 
eos, qui in musicis pro complcinento septiiuam voccrn 
riiusicilem si ailjecerunt. Hoc videtur déesse lux dispu- 
tntioni quod non causas etiara affers, cur quidam putent 
septimam cum unicam tantum ejns causas atferas, data 
opéra vidcris sentcntinm de septem voclbus musicalibus 
depriinere voluisse. Ea est, quod dicunt, ut ait, septem 
voces musicales esse claves, ergo etiam voces musicales 
esse debere. Ilanc rationem postca ita réfutas, ut dieas, 
camnihil concludere cum pari rationeargumenlari liceat , 
quinque sunt lincac, ergoquiuque sunt voces. Qua", qua;so 
Hubmeiere, te causa impulit ut rébus diversissirais eam- 
dem affectionem tribueres ? Certe quinque linei non 
sunt idem quod septem claves, quod et pueris ap- 
paret. Deinde lineœ per se nihil vocera adjiciendam. Id 
enim si fecisset, lectori liberum fuisset eligendi eain par- 
tem, quam firminrem putassct. Jam faciunt ad voces mu- 
sicales. Subjectum euira tantum sunt in quibus elementa 
mnsica scribuntur, quem ailmodum papyrus subjectum 
est scripturae, cni nuUa eflîcacia per se est ad seri- 
pturam aperiendam et legendam, potuisset enim idem 
scribi in ligno, lapide, plumbo, 'etc. Clavium ratio longe 
alla est ; nam septem claves ambitum concludunt unius 
A(5niaff(ôv vel octava , qua; periodum complet omnium 
•sonorum, qua absoluta soni in orbera redeunt, et quem- 
adraoduin soni distinguuntur in repetita. Si igitur sonos 
per voces musicales in una octava efferre potueris, de re- 
petita octava nihil est laborandura , eaedem enim voces 
ibidem etiam recurrunt. Et verissiinum est quod ccn- 
ces, voces musicales non multiplicari qucmadmodum 
claves non multiplicantur : quapropter necesse est , cum 
septem sint claves , ut septem etiam sirit voces mu- 
sicales, ut septem clavium numerum aequcnt, ne sui 
permutatione et substitutione inter se confundantur, 
et discentes turbenf. Altéra vero mtio, quam ad- 
îungis , cur septem voces musicales esse non debcant. 



On a de Calvisius les ouvrages de musique 
pratique dont les titres suivent : 1° Jlarmonia 
caniionum ecclesiasticarum a M. Luthero et 
aliis viris piis Germanix composilarum 4 



quod videlicct voces ex literisnon oriantur.tota falsa est. 
Nam si musicam compendioso docere vellcinus, literx 
ipsa; debebant siinul esse voces rausicalts , ut idcnditate 
facilitatem <leJuctionis sounrum ndjuvarent : sed quo- 
niam inhabiles sunt ad subilam repetitloneni et scmito- 
nium SHu proprio loco certa nota non exhibent; artdilx 
sunt cii voces musicales, qua; iu , quod elavibus decst, 
praestarc possint. Firmiter igitur adhuc consistunt septem 
voces musicales, quas adhuc uno atquc altero argumcnto 
asseram. Primum : quia in qualibet octava septem sunt dis- 
tinct! soni, priusquatn ad cam clavem repetitam pervenias, 
qua; principium deductionis dédit; unde sequitur, septem 
etiam distinctas esse debere voces musicales. Nam quemad- 
moduin septem illisoni in Instrumentis musicis artilicialibus 
per claves exprimuntur et distinguntur : ita in nostra na- 
turali et vocali muaica, idem soni per voces musicales effe- 
runtur, et par est ubique ratio. Secundo : autoritas veterunj 
etiam in hac re attendatur. rtoloma;us omnium optiiiiusau- 
tor intereos, quidemusica scripserunt, lib. 2. rfc Mus-, sic 
inquit : « Voces niitura ncque plures, nequc pauciores esse 
possunt quam septem. » Et Dcuietrius l'iialcreus testalur 
iEg.vptioset Oroecos septem vocalium modulata cMuncia- 
tione laudes Deorum suorum cecinisse : unde constat 
septem Gra;corum vocales pro vucibus musicalibus ha- 
bitas et usurpatas esse. Assume etiam testimonia poeta- 
rum, ut quod Virgiiius Ivrs septem discrimina vocuni 
tribuif, qucB discrimina Isidorus Hispaleusis explicat, qaod 
nulla ctiorda vicina; chordx similem sonum ediderit. Sic 
Horatius : 

« Tuque tesfudo resonare septem calUda nervis. » 

Sic Ovid., s., Fastormri, de Mercurio : 

a Septena putaris 

i< Pleiadum numéro fila défisse lyrœ. » 
Sic Virgilianus opilio seu bubsequa : 

Est mihi disparibus septem compacta cicutis 
Pistula. » 

Idem affirmant Aristoteles, plutarchus, et alii, a quo-' 
rum autoritatibus temere non est recedendum. Sed de hac 
re infra plura dabimus, accedamus jam ad fundamenta 
tu;e sententiie. • 

Quodnam igitur jam statuis fundamenfnm tuae assertio- 
nis, quod tantum sex claves musicales esse debeant? I\e- 
mittis nos iddiscerecupientes i. ad Phiisica; 2. ad Ardh- 
metica ; 3. ad Geometrica. Quid , Hubmeiere? Estne 
boni disputatoris , auditorcs suos eo remittere, ubi ipse 
argurnentura nullutn suoe scntentia; contirmandae invcuire 
potuit ? Si enim potuisses, certe id pro demonstratione 
allegasses, et alla contra futilia et falsa argumenta, ut 
audiemus, ouiisisses. Ego ea profectus, quo me amandasti, 
rern longe aliter, ac tuais, reperio. Exphysicisenim, arilh- 
raelicis et geometricis firmissime demonstratur septem 
esse debere voces musicales. Physicus enim audit in una 
octava septem discrimina vocum , septem sonos distinc- 
tos. Arilhuietiea ut et harmonica sectio octavae eosdcrn se- 
ptem sonos in suis vciis et legitimis proportionibus cxhibet. 
Oeomctrse idem in légitima sectioue circuli demonstrant. 
Frustra igitur Hubmeiere nos eo ablegas, ubi tua sen- 
tenlia penitus evertitur. Dcstitucris ergo, ut video, et de- 
monstrationibus et autoritatibus, cum nemo veterum au- 
torumdc liexacordo unquam quicquara atfirmarit. 

Jamrationci etiam tuasexcutiamus, quarum prima est 
quod plm-es voces musicales non sint dandœ, quam in 
scala exprimentur. Septimam vocem avtem in ea non 
esse cxprcssam. Ergo, non docebo te, Hubmeiere, dlaie- 



100 



CALVISIUS — CaLZOLARI 



roc.j Lipsiae, 159G, in-4°. La deuxième édition 
fut |)ul)liée l'année suivante, dans la niôtne 
ville. La qnatrième édition de ces canti(iues est 
«Je 1612.11 yen aune dernière, datée de la même 
année , selon Matlheson el Gerber. — 1° Aus- 
serlesene teutsche Lieder, der mehrensten 
Theil aus des Kœnigl. Propheten Davids 
Psallerio gezwjen, etc., mit 3 Stimmen zu 
singen, elc. ( Musique à trois voix sur des textes 
allemands, la plupart tirés du Psautier du pro- 
phète-roi David, et d'autres religieux et profanes, 
pour le chant et les instruments ) ; Leipsick , 
chez Voigt, 1603, in-4''. — 3° Biciniorum libri 
duo, quorum prior 70 continet ad senientias 
Evangeliorum anniversariorum, a Setho Cal- 
Visio, musico, decantata; posferior 90 cum 
et sine textu, a prxstantissimis musicis coiicin- 
nata; Lipsiœ, 1C12, in-4°. — 4° Der IbOste 



cticam : attamen sclrc dcbcbas ab autoiltate m-gativa non 
firma deduci argumenta. Proh Dciiin immortalem, si lia3c 
ratio vera, et nihil noviveterum invenlis addendum esset, 
quot et quantis commoditatibus dcstituerctiir hodio vita 
humana , qiias veteres ignorârunt , et quac noviter iii- 
ventœ sunt. Quod septima vox, si , in scala expressa non 
est, nibil miriiin. Autor cnim scala; Guido Aretinus, cum 
statiiisset tantum sex voces musicales esse, cas ita dispo- 
sult, ut septima locum non relinqucret, et voces musicales 
mutua substitiilione in scala ita tuibavtt, ut ea facta sit ré- 
mora et impedimentum maximum musicam discentibus, 
cum longe rectius ha;c tradi potuis.sent. Secundam ra- 
tionem affcrs, quod septima vox, si, ad nuUam cer- 
tain clavem determinetur, cum ab aliquibus moilo 
in C, modo in F., modo in li, ponatnr. Unde hœc de 
posltu syllabse si liabes, optime Hubmeiere? Vix credo 
querapiam id musicis adco Imperitum esse posse, ut ibl, 
vocimusicali/o légitimas locus est, ï«j vel si ponere, et ubi 
ti)tam musicam pciverlere audeat, mi enim et/a, si rccte 
distinguantur, sunt tota rausica, ut veteres locuti suut, 
potins ciedidermi, te honoris gratia hœc fmxisse, cum 
claves C et F omnium sint principes. Sillaba; ii, locus 
stabilis et perpétuas c^t In regiibji quiJem sistemale in 
clave b quadrato, in transposilo vero in clavi ncc unquani 
lisec ratio variatur, nisi 6 adscriptum syllabam si\n fa 
uiutet. Tcrtia ratio, qnod necesscsit syllabam si ad tria 
hexachorda reduci, falsa est, ut in pr.xcedenti qua;stione 
demonstravi, cum unicum tantum et soiura hexa- 
cliordum slt vocum sex musicalium. Sic et quarta 
ratio, quod si coïncidât cura alla voce musicali, falsa est, 
cum ea nunquam, si ad illas sex voces musicales assu- 
matur, In aliquara Incidere possit. Ad quintam tantum 
abest, ut si vox musicalis discrimen intcr mi et fa tollat, 
ut iUud semitonium nulla re Crmius stabiliatur. Scxta 
ratio oum tcrtia coincidit, et refutata est. Ad scptimam, 
qua asseris, a;r|ue facile quempiam posse institut in con- 
sucto canendi modo, quam si septera adhibcainus voces 
musicales, respondeo, le , si hic esses ailler censurum. 
Ego hisce triginta annis fere, quibus hoc saxum volvo, 
expcrientia longe aliter edoctus sum, te manum ad sti- 
vam hanc vix admovisse puto. Crcde igitur poilus cxcr- 
citalo musico, quam tuis, ncscio unde cnnceplis opinioni- 
bus. u 

Qui pourrait croire que plus d'un siOclc après ce plai- 
doyer si fort de raisonnement en faveur de la gamme de 
sept notes, on disputait encore en Allemagne sur cette 
question ! ( Voy. Buttstcdt et Mattlason ) 



Psalmfûr 12 Stiinmcn a)[f 3 Chœren [Lcceni- 
cinquantième psaume à douze voix en trois 
cliœuis ) ; Leipsick, 1G15, in-fol. — 5" Der 
Psalter Davids gesangweis, vom Hrn. D. 
Cornclio Beckern, elc. ( Le Psautier de David 
mis en chant, composé primitivement par M . Cor- 
neille Becker, et arrangé à quatre voix par Sc- 
thus Calvisius, Leipsick, 1G17, in-S". ) 

Calvisius est connu des savants par de bons 
ouvrages sur la chronologie et la réfoime du ca- 
lendrier; ce n est point ici lelieudeciter ni d'exa- 
miner ces livres ; on trouverai se sujet d'amples 
renseignements dans les Biographies générales , 
particulièrement dans celle de M. Michaud. 

CALVO (Lauuent ), moine de Ticino, dans 
l'État de Venise, au commencement du 17^ siècle, 
fut musicien à l'église cathédrale de Pavie. Ou 
connaît (le sa composition : 1» Sijmbolx diver- 
sorum musico rum 2, 3,i,t>vocibus cantandx ; 
Venise, 1020. — 1°Canzoni sacre al, 3 ekvoci. 
Raccoliel, II, III, IV; Venise. — 3o Rosarium 
Litaniarum B. V.Marix; Venise, 162C. 

CALYOER ( Gaspard ), théologien proles- 
tant, inspecteur des écoles de Claustal, et surin- 
tendant de la [irincipauté de Grubenhagen, na- 
quit à Ilildesheim, en 1050, et mourut le 11 mai 
1725.11a beaucoup écrit sur la théologie. On a 
aussi do lui : de Musica ac sigillalim de cc- 
clesiaslica eoque speciantibus organis. Lei- 
psick, 1702, in-12; petit écrit de trois feuilles 
d'impression, divisé en 6 cha[)itres, où l'auteiir 
a traité d'une manière générale du chant reli- 
gieux, des instruments et des fonctions du di- 
recteur de musique. Dans son Eiluale ecclc- 
siasticum ( Jéna, 1705, in-4o ), Cal voer a traité de 
la musique d'église. On trouve aussi des rensei- 
gnements intéressants sur l'état du plain-chant 
en France et chez les Saxons, sous le règne de 
Charlemagne, dans son livre intilulé : Saxonia 
inferior antiqua gentillis et christiana ; 
Goslar, 17l4, in-fol. Enfin Calvoer a écrit la 
préface de l'ouvrage de Christ. Alb. Sinn, inti- 
tulé: Temperatura practica, etc. Wernigerod, 
1717, in-40. Celte préface a été réimprimée dans 
Vorgemacht der Gelehrsamkeit ( Antichambre 
de l'érudition ) de Falsius, p. 567-024. C'est 
un morceau rempli de recherches savantes. 

CALZOLAR! (Heniu), ténor distingué, 
est né à Parme, le 22 février 1823. Ayant perdu 
son père à rà7,e de treize ans, il dut entrer dans 
une maison de commerce; mais dans le même 
temps il continua l'étude de la musique, qu'il 
avait commencée dès ses premières années. En 
1837, il reçut les premières leçons de chant d'un 
professeur allemand nomiiaé Burchardt. Ses pre- 
miers essais de chant furent faits dans un con- 



CALZOLAIU — CAMBERT 



ffil 



rcit lionne à Panne, sous la protection de l'ai- 
cliiducliesse Marie-Louise, par la société pliilliar- 
Mioniqiie de cette ville , qui comptait parmi ses 
membres les personnes les plus distingures de la 
liaute société. L'cltet qu'il y produisit par le 
cliarme de sa voix lui valut la protection de plu- 
sieurs dames attachées à la cour, et il obtint une 
pension pour aller à Milan continuer ses études 
de chant sous la direction du maître Giacomo 
Panizza, qui lui donna tous ses soins et en (ic 
un chanteur de la bonne école. En 1845, Calzo- 
laii contracta un engagement de trois années 
avec l'entrepreneiu' de théâtre Merelli, et le il 
mars de la môme année, il fit son premier début 
au théâtre <ie la Scala dans VErnani de Verdi, 
avec un brillant succès. Deux jours après, Me- 
relli l'envoya à Vienne pour y chanter pendant 
la saison du printemps i Due Foscari, V Ita- 
llana in Algeri, la Sonnanbula et Maria 
di Rohan. De là il alla à Brcscia, puis à Trieste, 
et enfin de nouveau à Milan, pendant l'automne 
et le carnaval de 1846-1847, toujours accueilli 
par les applauilissemeuts unanimes. Pour la troi- 
sième fois il retourna à Vienne an printemps 
de 1847, puis alla chanter à Eergame pendant 
Ja foire, et de là fut envoyé à Madrid pendant 
l'automne et le carnaval de 1847-1848. Au mois 
d'avril de cette année il retourna à 31ilan. Son 
contrat étant terminé, il piit un engagement 
pour Bruxelles, où il chanla pendant l'iiiver 1848- 
1849, avec le plus brillant succès, V Jtaliana 
in Algeri, Lucrezia Borrjia, Lucia di Lam- 
mermoor, Ernani, DonPasquale, et la Fa- 
vorita. Un timbre pur et sympathique, une belle 
mise de voix, une vocalisation légère et facile, 
un trille excellent, étaient les qualités qui le dis- 
tinguaient. Dans les années suivantes , Calzoiari 
a brillé sur les théâtres italiens de Paris, de 
Londres et de Saint-Pétersbourg. On peut dire 
avec assuiance qu'il a été le dernier ténor de b 
bonne école italienne. Malheureusement le ré- 
pertoire de Verdi a fatigué son organe en peu 
d'années. 

CALZOVERI (. . .) n'est connu que par ses 
ouvrages. Il vécut dans la seconde moitié du 
dix-septième siècle. On a publié de sa composi- 
tion : 1° Motetti a voce sola, libro primo; 
Venezia, Gardano, 1666, in-4°. — 2° Idem, 
libro seconda; ibid. 1669, in-4°. — 3° Cantate 
a voce sola; ibid. 

CAMARGO (D. Micuel-Gomez), maître 
de chapelle de la cathédrale de Valladolid , na- 
quit à Guadalajara, vers le milieu du seizième 
siècle. Il y eut (dit M. Hilarion Eslava, Lira 
Sacro-Uispana, seizième siècle, tome V de 
la 2* série, Apuntes biographicos) , beaucoup 

IIIOGU. tMV. DIS MUSICIENS. — T. II. 



de musiciens du môme nom en F>pagne, par- 
ticulièrement dans la (•lia[)clle royale, où se 
trouvaient Cristobal, Melchior, Diego Ca- 
rnargo, cl d'autres dans les provinces. L'artiste 
dont il s'agit dans cet article était peut-être fils 
d'un de ces musiciens. On ignore la date de la 
mort de celui-ci. Diverses compositions de <e 
maître se trouvent en manuscrit dans la Biblio- 
thèque de l'Escurial : M. Eslava en a publié 
(dans la Lira Sacro-Uispana) une Hymne de 
Saint-Jacques, apôtre, en contrepoint à quatre 
voix, par imitations en mouvement contraire, 
morceau bien fait et écrit avec beaucoup de pu- 
reté. 

CAMBEFORT (Jean), et non Camefort , 
comme on l'aijpelle dans le Dictionnaire des 
Musiciens de 1810, musicien au service de 
Louis XIV, épousa la fille d'Auger, surintendant 
de la musique de la chambre du roi, en eut sept 
ouhuitenfants depuis 1652 jusqu'en 1661, et mou- 
rut le 4 mai de celte dernière année. Dans les 
«lerniers temps de sa vie, il avait été nommé 
surintendant de la musique de la chambre, 
maître ordinaire, et compositeur de cette musique. 
Il écrivit quelques divertissements et des cantates 
pour le service du roi et de la cour. Il a publié 
des recueils de chansons , intitulés -. 1° Airs de 
cour à quatre parties, de monsieur de Cam- 
befort , ntaistre et compositeur de la musique 
de la chambre du Roy, à Paris, par Robert 
Ballard, seul imprimeur du Roij pour la 
musique, etc., I65l, in-12 obi. Ces airs, au 
nombre de 27, sont dédiés au Roi. — 2" ll'"« 
Livre d'airs à quatre parties, de monsieur 
de Cambefort , surintendant de la musique 
de la chambre du Roy. A Paris, par Ro- 
bert Ballard, etc.; 1655, in-12 obi. Ce recueil 
contient 22 airs, dont six du ballet royal de la 
Nuict, et un du ballet du Temps. Il est dédié 
au cardinal Mazaiin. 

CAMBERT ( Robert ), fils d'un fourbisseur, 
naquit à Paris vers 1628. Après avoir reçu des 
leçons de clavecin de Chambonnières , le plus 
célèbre maître de son temps , il obtint la place 
d'organiste de l'église collégiale de Saint-Honoré, 
et quelque temps après fui nommé surintendant 
de la musique de la reine Anne d'Aul riche, mère 
de Louis XIV. Dès 1666 il occupait celte place. 
Cambert est le premier musicien fiançais. qui en- 
treprit de composer la musique, d'un opéra : .il yl 
fut déterminé par les circonstances suivantes > 
Perrin , introducteur des ambassadeurs près de 
Gaston, duc d'Orléans, imagina en 1659 un nou- 
veau genre de spectacle, à l'imilalion de l'opéra 
A'Orfeo cd Euridice que le cardinal Mazaiin 
avait fail représenter par une troupe italienne, 

11 



102 



CAMBKUT — CAMBINI 



pti 1647. Il donna à sa pièce le Utre de la Pas- 
torale , première comédie française en musi- 
que. Cambert fut chargé d'en composer la mu- 
sique, et elle fut représentée au ciiàteau d'Issy, 
au mois d'avril de la même année. L'ouvrage eut 
un succès si décidé , que Louis XfV voulut l'en- 
tendie et le fit représenter à Vincennes. Mazarin, 
qui aimait ce genre de spectacle et qui s'y con- 
naissait, engagea les auteurs à composer d'autres 
pièces du môme genre; ils écrivirent l'opéra 
A'Ariane, ou le Mariage de Bacchus, qui fut 
i-épété à fssy en 16GI, mais dont la mort de 
Mazarin empêcha la représentation. Quelques 
auteurs ont dit que cet ouvrage fut représenté 
plus tard à Londres; mais on n'en trouve aucune 
trace dans les mémoires sur l'établissement 
de l'Opéra en Angleterre. Il parait qu'au com- 
mencement de l'année t662, Cambert écrivit 
un autre opéra intitulé Adonis; mais il ne fut 
point joué, et depuis lors il s'est perdu. L'i- 
dée de Perrin, ajournée par divers événe- 
racats, ne reçut son exécution qu'en 1C69. Le 
2S juin de cette année, l'Académie royale de 
nuisique fut créée par lettres patentes ; le privi- 
lège en fut accordé à celui (jui en avait conçu le 
plan ; celui-ci s'associa Cambert, et de leur union 
résulta le premier opéra français régulier, intitulé 
Po})wne,qu\ fut représenté à Paris, en 1C7I, et 
obtint beaucoup de succès. L'année suivante , 
Cambert composa la musique d'une pièce inti-, 
tulée les Peines et les Plaisirs de l'amour, 
pastorale en cinq actes , dont les paroles étaient 
de Gilbert ; mais, cette même année, le privilège 
fut ôté à Perrin et à Cambert pour être donné à 
Lulli, qui jouissait de la plus grande faveur au- 
près de Louis XIV, et qui en abusait à son profit 
et au préjudice de ses rivaux. Irrité de l'injustice 
qui lui était faite, Cambert quitta la France, 
passa en Angleterre en 1(573, et devint maure 
de la deuxième compagnie des musiciens de 
Charles II. Il ne jouit pas longtemps de sa 
nouvelle position, car le chagrin le conduisit au 
lombeau, en 1677. Cb. Ballard a publié en par- 
tition in-folio des fragments de l'opéra de Cam- 
bert intitulé Pomone. On trouve en manuscrit à 
la Bibliothèque impériale de Paris la partition de 
celui qui a pour titre les Peines et les Plaisirs 
de V amour. 

CAMBINI (Jean-Joseph), né à Livourne (I), 
le 13 février 1746, s'est livré dans son enfance 
à l'étude du violon , sous la direction d'un maître 
obscur nommé PoUi. Les occasions fréquentes 
qu'il eut ensuite d'entendre et même d'accom- 

(.1) C'est à tort qu'il est dit dans le nouveau Lexique 
vniversel de miisiqve, publié par M. ScUilllug, que Caiii- 
biiil (Jtait ni à Lucques. 



pngner Manfredi et Nardini , perfectionnèrent 
son talent sur cet instrument. Bien qu'il ne soit 
jamais partenu à se faire un nom célèbre comme 
violoniste, il posséda dans sa jeunesse l'art d'exé- 
cuter ses quatuors et toute sa musique de 
chambre avec pureté , goût et élégance. A l'àgn 
de dix-sept ans, il se rendit à Bologne, où il 
eut l'avantage d'être admis au nombre des élèves 
du P. Martini et de recevoir de lui des leçons de 
contrepoint. Après avoir passé trois années près 
de ce maître, il partit pour Naples. II y devint 
amoureux d'une jeune fille née comme lui à Li- 
vourne, et s'embarqua avec elle pour retourner 
dans cette ville, où il devait l'épouser. Grimni 
rapporte en cc-s termes {Correspondance lit- 
téraire, août 1776) l'événement qui survint 
après le départ des amants : « Ce pauvre M. Cam- 
« bini n'est pas né sous une étoile heureuse. Il 
« a éprouvé, avant d'arriver dans ce pays-ci , 
« des infortunes plus fâcheuses qu'une chute à 
« l'Opéra. S'étant embanjué à Naples avec une 
« jeune personne dont il était éperdumenl amou- 
" reux , et qu'il allait épouser, il fut pris par des 
« corsaires et mené captif en Barbarie. Ce n'est 
« pas encore le plus cruel de ses malheurs. At- 
n taché au mât du vaisseau , il vit celte maî- 
« tresse, qu'il avait respectée jusqu'alors avec 
« une timidité digne de l'amant de Sophronie , il 
« la vit violer en sa présence par ces brigands, 
n et fut le triste témoin, etc. « Heureusement un 
riche négociant vénitien , nommé M. Zamboni , 
eut pitié de Catnbini; il le racheta d'un renégaî 
espagnol et lui rendit la liberté. Arrivé à Paris 
en 1770, l'artiste obtint la protection de l'ambas- 
sadeur de Naples, qui le recommanda au prinoe 
de Conti , et le prince dit deux mots en sa fa- 
veur à Gossec. Celui-ci dirigeait alors le concert 
des amateurs ; il procura à Cambini l'occasion 
de se faire connaître en faisant exécuter des sym- 
phonies de sa composition (1). Elles obtinrent 
du succès, bien que la conception en fût assez 
faible , parce qu'elles étaient écrites avec cette 
facilité qui est le caractère distinctif de la mu- 
sique italienne. Cambini abusa de cette facilité 
d'écrire, à tel point qu'il produisit plus de soixante 
symphonies en un petit nombre d'années , ce qui 
ne l'empêcha pas de publier une immense quan- 
tité d'autres ouvrages de musique instrumentale, 
ni de faire exéculcr au concert spirituel des mo- 
tets et des oratorios. Il y avait dans tout cela 
des idées assez jolies , et la facture en était assez 
pure; mais l'empreinte du génie y manquait. De 
toutes les compositions de Cambini, celles qui 



|l) Ces rensïcisncments sout tirés d'un mémoire manus- 
crit et autographe de Gossec. 



CAMCINl 



1G3 



obtinrent l<? plus de Riccès furent ses quatuors 
de violon. Leurs mélodies (''(aient agrt^ables, et 
il y avait de la correction dans leur harmonie. 
Cette musique paraîtrait aujourd'liin' faible et 
pnérile; mais on ne connaissait point alors les 
admirables compositions de Haydn, de Mozart, 
de Beethoven. On n'avait môme pas les jolis qua- 
tuors de Pleyel. Au reste, Cambini était capable 
de s'élever plus qu'il ne lit; mais presque tou- 
jours en proie au besoin , suite inévitable de 
son intempérance, il était obligé de travailler 
avec une activité prodigieuse, et ne pouvait choi- 
sir ses idées. Sa fécondité fut d'autant plus re- 
marquable qu'il passait la plus grande partie 
des jours et des nuits au cabaret, employant 
d'ailleurs une partie du temps où il était à jeun 
à donner des leçons de chant, de violon et de 
composition. 

Au mois de juillet 1776, il fit représenter à 
l'Opéra un ancien ballet héroïque de Bonneval, 
dont il avait refait la musique. Ce ballet avait 
pour titre les Romans; il tomba tout à plat, 
et l'on fui obligé de le retirer après la troisième 
représentation. Cet ouvrage fut suivi de Base 
d'amour et Carloman , qui ne réussit pas mieux 
au Théâtre-Italien , en 1779, quoique la musique 
eût été goûtée. Appelé à la direction de la mu- 
sique du théâtre des Beaujolais, en 1788 (I), il 
y fut plus heureux dans les ouvrages qu'il fit re- 
présenter, sous les titres de la Croisée , en 2 
actes, 1785; les Fourberies de Mathurin, en 
un acte, 1786; Cora, ou la Prêtresse du soleil; 
les Deux Frères, ou la, Revanche; Adèle et 
Edwin. Il écrivit aussi pour le même spectacle 
la musique de quatre pantomimes. En 1791, après 
la ruine du théâtre des Beaujolais , Cambini de- 
vint chef d'orchestre du théâtre Louvois, où il 
fit représenter Nantilde et Dagobert, opéra en 
trois actes qui fut bien accueilli par le public. Cet 
ouvrage fut suivi des Trois Gascons, en un acte, 
1793. Ce fut à peu près le dernier succès de cet 
artiste. Il avait écrit, depuis 1782 jusqu'en 1793, 
les opéras d^Âlcméon, d''Alcide, ainsi qu'une 
nouvelle musique [^out VArmide de Quinault; 
mais aucun de ces ouvrages n'a été représenté. 
On connaît aussi de lui quelques entrées de danse 
dans le ballet-opéra des Fêtes Vénitiennes. En 
1774, Cambini fit exécuter au concert spirituel 
un oiatorio intitulé le Sacrifice d'Abraham; 
dans l'année suivante, il y fit entendre celui de 
Joad et un Miserere. Précédemment il y avait 
donné quelques motets , entre autres un Domine 



(i) On dit dans la Bioaraphie WHverselle et portative 
des contemporains, gue Cambini eut cette place en 1787; 
mais c'est une erreur. 



dont la partition manuscrite est à la bibliothèqm; 
du Conservatoire de musique de l'aiis. 

Parmi ses compositions instrumentales et 
ses morceaux détachés de musique vocale, o» 
compte : T Soixante symphonies pourorchestro , 

— 2° Cent quarante-quatre quatuors pour deux 
violons, alto et basse. — 3» Vingt-neuf sym- 
phonies concertantes pour divers instruments. 

— 4» Sept concertos, dont deux pour violon, un 
pour hautbois, et quatre pour lUUe. — 5° Plus 
de quatrecents morceaux pour divers instruments, 
consistant en trios et duos pour violon, viole, 
violoncelle; quatuors, trios, duos pour flûte, 
quatuors pour hautbois, duos pour basson, etc. 

— G" Différents solfèges d'une.difficulté graduelle 
pour l'exercice du phrasé , du style et de l'expres- 
sion, avec des remarques nécessaires et une 
basse chiffrée pour l'accompagnement; Paris, 
le Duc, 1788. — 7° Préludes et points d'oigue 
dans tous les tons, mêlés d'airs variés, et ter- 
minés par VArt de moduler sur le violon, etc.; 
Paris, 1796, et Offenbach, 1797. — 8° Méthode 
pour flûte, suivie de vingt petits airs et de .six 
duos à l'usage des commençants, Paris, Ca- 
veaux, 1799. — 9° Plusieurs airs patriotiques, 
avec accompagnement de deux clarinettes, deux 
corset deux bassons. — 10" Le Compositeur, 
scène comique du répertoire du concert des ama- 
teurs; Paris, Imbault, 1800. 

Cambini doit être compté aussi parmi les écri- 
vains sur la nnnsique, car dans les années 18 lO 
et 1811 il devint le collaborateur de Garaudé 
pour la rédaction du journal de musique que 
celui-ci venait de fonder, .sous le nom de Ta- 
blettes de Polymnie. Cambini possédait des 
connaissances assez étendues pour juger saine- 
ment de toutes les parties de la musique ; mais 
il avait de la causticité dans l'esprit, et quelques- 
uns de ses articles ont mis en émoi bien des 
amoui's-propres blessés. Il ne fut jamais connu 
comme le rédacteur de ces articles. 

Peu favorisé de la fortune avec les adminis- 
trations des théâtres dont il avait été chef d'or- 
chestre, il perdit encore sa position en 1794, par 
la faillite de l'administration du théâtre Louvois. 
Heureusement le riche fournisseur Armand Se- 
guin vint à son secotirs en lui confiant la direc- 
tion des concerts qu'il donnait dans son hôtel , 
et lui accorda un traitement de quatie mille 
francs; mais après quelques années Cambini 
perdit cette ressource. 

Dans les dernières années de sa vie , cet ar- 
tiste, dont les talents méritaient un meilleur 
sort, était aux gages des éditeurs de musique, 
et fiiisait pour eux de ces arrangements , ou 
plutôt de ces dérangements des œuvres des 

11. 



tG4 



CAMBINI — CAMIMAIIANO 



fçrands maîtres, qui sont la honte de l'art. Ces 
travaux , mal payés, ne purent le tirer de la mi- 
sère profonde où il languissait, et qu'il faisait 
partager à une femme beaucoup plus jeune que 
lui. On a écrit dans quelques recueils biographi- 
<iues qu'il quitta Paris vers 1812 et qu'il se 
rendit en Hollande, où il mourut : il paraît que 
ces faits ne sont point exacts que Cambini était 
encore à Paris en 1815, que depuis lors il a été 
reçu à Bicêtre comme bon pauvre , et qu'il y 
est mort vers 1825. Quelques artistes, qui se pré- 
tendent bien informés, assurent qu'il mit (in à 
sa misère par le poison. Tels sont les rensei- 
gnements que j'ai pu recueillir. 

CAMBIO PÉRISSON, compositeur, vécut à 
Venise vers le niilieudu seizième siècle. M. Caffi 
dit (Storia délia musica sacra, etc., t. I, 
p. 1 13) qu'il était Français de naissance , et qu'il 
(ut chantre de la chapelle ducale de St-Marc. On 
ne sait pourquoi le nom de Cambio est joint à 
son nom de famille Périsson ou Périssone; car 
Cambio n'est pas un prénom italien. On con- 
naît de lui : Canzone villanesche alla napo- 
lelana; Venise, 1551. Le docteur Burney a 
extrait de cet ouvrage une viliote à quatre voix, 
qu'il a insérée dans le troisième volume de son 
histoire de la musique (p. 215). On a aussi im- 
primé de la composition deCauibio : i" Madrigali 
a Quattro vocl, con alcuni di Clprlano Rore, 
libro primo ^ in Venezia, appresso Antonio Gar- 
dano, 1547, in-4° obi. — 2° Seconda Libro de 
Madrigali a einque voci, con tre dialoghi a 
Otto voci ed uno a sette; ibid., 1548, in-4°. 
obi. 

CAMERARIUS (Piuuppe), docteur en 
droit et célèbre jurisconsulte, naquit à Nurem- 
berg, en 1537, et non à Tubingue, comme on le 
dit dans le Dictionnaire historique des musi- 
ciens de Choron et Fayolle. Dans un voyage 
<iu'il (it à Rome, il fut arrêté et mis en prison 
par l'inquisition : mais , sur les réclamalions de 
l'empereur et du duc Albert de Bavière, on lui 
rendit la liberté. De retour dans sa patrie, il fut 
nommé conseiller de la ville de Nuremberg, en- 
suite vice-chancelier à Altorf, où il mourut le 
22 juin 1C24, âgé de quatre-vingt-sept ans. On 
a de lui un livre intitulé : Ilorarum subseci- 
varum centuriœ très; Francfort, 1024, 3 vol. 
in-4°. Dans le 18'= chapitre de la première cen- 
turie, il traite : de Industria hominum , qui- 
busdam veterum inslrmnentis musicis, et 
quatenus inventus in iis sit instruenda. 

CAMERLOHER (PLAcmEUE), chanoine 
de la Basilique de Saint-André à Freising , puis 
conseiller et maître de chapelle du prince évêque 
de la môme ville, naquit en Bavière vers 1720. 



II a mis en musique pour la cour de Munich l'o- 
péra intitulé Mclissa , représenté en 1739. Ou 
a de lui des messes, des vêpres, litanies, mo- 
tels, etc. Son œuvre deuxième , composé de six 
symphonies pour deux violons, alto, basse, deux 
cors et deux trompettes , fut gravé à Liège vers 
1760. L'œuvre troisième, composé de six sym- 
phonies, parut à Amsterdam en 1761, et l'œuvre 
quatrième, composé également de six sympho- 
nies, parut à Liège en 1762. Camerloher est 
un des premiers qui ont écrit des quatuors 
concertants pour deux violons, alto et basse, 
dans le style moderne, genre qui depuis lors a 
eu tant de vogue. On en connaît vingt-quatre de 
sa composition , qui sont restés manuscrits. On 
a aussi du même auteur : 1° Dix huit trios pour 
gintare , violon et violoncelle. — 2" Vingt-quatre 
sonates pour deux violons et basse. — 3" Un 
concerto pour guitare, avec accojnpagnenient de 
deux violons , alto et basse; — 4" Uu idem, avec 
deux violons et basse. Tous ces ouvrages soiit 
restés en manuscrit. 

C.\MÎDGE (Le docteur), habile organiste 
et coitipof.iteur, né à York, et résidant dans cellK 
ville , a tenu l'orgue au grand Concert festival 
de cette ville en 1823. Les introductions et les 
préhitles qu'il a exécutés eu cette circonstance , 
pour quelques antiennes du docteur Croft, ont 
été fort goûtés et applaudis. 11 a publié chez dé- 
menti , à Londres , depuis 1800, deux œuvres de 
sonates pour le piano, avec accompagnement de 
violon et violoncelle; une sonate pour piano seul, 
op. 3 ; un recueil de préludes pour l'orgue, etuu 
œuvre de sonates pour le piano, avec des airs 
favoris , op. 5. 

CAAIIA'ER (Antonio), fils du critique et 
historien Dominique Cauiiner, naquit à Venise, 
en 1769. On connaît sous son nom un Indice de' 
teatralispettacoli di tutto l'anno, dal carno- 
vale 1808 a tutto il carnovale lS09,ctf al- 
cuni anche precedenii, con aggiunta deW 
elenco de' poeti, maestri di musica, pittori, 
virtuosi cantanfi, batlcrini, stalo présente 
delte corniche compagnie italiane , e final - 
inente délie note délie opère série, buffe e 
farse italiane, scritte di nuovo in musica, 
de' respettivi maestri, ed inquali teatri; Ve- 
nezia, Gio. Anl. Curti, 1810, in-t2. 

CAMMARANO (Louis ), composilcur dra- 
matique , né à INaples, fut élève du Conservatoire 
de cette ville. En 1839 il a donné au théâtre du 
l'ondo iCiarlatani, opéra bouffe qui a été re- 
pris plusieurs fois avec succès, et dont Ricordi 
a publié plusieurs morceailx pour le piano, à 
Milan. Kn 1840, Cammarano a fait représenter 
au même théAtre il Ravvcdimcnto , qui a été 



CAMMARANO — CAMPACISOLI 



1 (;.-, 



égaleniont l)icii nccneilli , et doiit une partie de 
lo musique a «'té publiée. J'ignore les titres des 
Hiitres ouvrages de cet artiste , mort jeune à Na- 
zies , dans l'été de 1854. Il était frère de SaU 
vator Camniarano , poète connu par un grand 
nombre de libretli d'opéras mis en musique par 
Donizetli, Pacini, Verdi et autres. 

CAMPAGNOLI (Bautiiolomé), violoniste 
distingué, naquit à Cento, près de Bologne, le 

10 septembre 1751. Dali' Ocha, élève de Lolli, 
(ut .son premier maître de violon. Ses progrès fu- 
rent rapides , et bientôt il eut besoin d'un meil- 
leur modèle. Son père , qui était négociant , l'en- 
voya à Moilène , en 176.3, pour y prendre des 
leçons de don Paoto Guastarobba, violoniste 
de l'école de Tarlini. Ce fut dans cette ville qu'il 
acheva aussi ses études dans l'art de la compo- 
sition. En 17C6, Campagnol! retourna dans le lieu 
de sa naissance : il y fui placé à l'orclieslre du 
fbéâlre. Deux ans après cette époque il partit 
pour Venise, où il demeura quelques mois; puis 
il alla à Padoue, où respirait encore le vénérable 
Tarlini , arrivé presque au terme de sa vie. Cam- 
pagnoli s'arrêta aussi dans cette ville. En 1770, 
il lit son premier voyage à Piome , et y recueillit 
des applaudissements. De là il alla à Faenza , où 
le maître de chapelle Paolo Alberglii, virtuose 
sur le violon , le fixa pendant six mois. Enfin 
il partit pour Florence, dans le dessein d'y en- 
tendre Nardini. Le haut mérite de cet artiste le 
décida à prendre de ses leçons, et pendant cinq 
années il travailla sous la direction de ce maître. 
Ce fut pendant ce temps qu'il se lia d'amitié avec 
Cherubini. Il était alors premier des seconds vio- 
lons au théâtre de la Pergola. En 1775, il retourna 
à Piome, y fut placé comme chef des seconds 
violons au théâtre Argentina , et se fil entendre 
avec succès dans plusieurs concerts. Vers la fin 
drf la même année , le prince évêque de Frei- 
singe l'appela en Bavière, et lui confia la place 
de maître des concerts de sa cour. Campagnol! 
arriva à sa destination en 1776. Deux ans après, 
il fit un voyage en Pologne avec le célèbre bas- 
soniste Keinert ; ces deux artistes s'arrêtèrent 
trois mois à Grodno, puis autant à Varsovie. 
Arrivé à Dresde , Campagnol! y reçut un engage- 
ment du duc Charles de Courlande, comme di- 
recteur de sa musique. En 1783 !1 se rendit eu 
Suède par Slralsund , et, pendant un assez long 
séjour qu'il fit à Stockholm, il fut reçu membre 
de TAcadéraie royale de musique de cette ville. 

11 retourna ensuite à Dresde par Golhenbourg, 
Copenhague, Schleswig, Hambourg , Ludwigstad 
el Potsdam. En 1784 il alla revoir pour la pre- 
mière fois sa patrie, et prit sa route par Leipsick, 
Wcimar, Nuremberg, B;iyreuth , Anspacli, Pia- 



ti'Sbonne, Munich, Sal/.hourg, InsprucK , Vérone 
et Mantoue; donnant partout des concerts et re- 
cueillant des témoignages d'estime pour ses la- 
lents. Eu 1786 il passa quelques mois à Prague, 
et retourna h Dresde par Berlin, Hambourg, 
Hanovre, Brunswick, Cassel, Gœttingue, Franc- 
fort , Mayence, Manheim et Coblentz. Après un 
second voyage en Italie, entrepris en 1788, il 
ne quitta plus Dresde , jusqu'à la mort du duc 
Charles de Courlande. Il fut alors nommé maître 
de concerts à Leipsick; il y dirigea les orchestres 
des deux églises principales et du concert avec 
talent. Vers la fin de l'année 1801, il visita Pa- 
ris, et eut le plaisir d'y revoir son ancien ami 
Cherubini. Kreutzer fut le seul violoniste fran- 
çais qu'il eut occasion d'entendre: il admirait le 
jeu brillant et plein de verve de ce grand artiste. 
De retour à Leipsick, il y est resté encore plu- 
sieurs années, puis a été ai)pelé à Neuslrelilz 
comme directeur de musique. Il est mort en celte 
résidence, le 6 novembre 1327. 

Les compositions de Campagnol! qui ont été 
publiées sont -. 1" Six sonates pour violon et 
basse; Florence. — 2» Dix-huit duos pour llùle 
et violon, œuvres 1, 2 et 4; Berlin. — 3° Trois 
concertos pour flûte et orchestre, op. 3; Berlin, 
1791 et 1792. —4° Six sonates pour violon et 
basse, op. G; Dresde. — 5» Trois thèmes variés 
pour deux violons, op. 7 et 8; Leipsick, Breit- 
kopf et Hœrtel. — 6" Six duos concertants pour 
deux violons, op. 9; ibid. — 7" Six duos faciles, 
op. 14; ibid. — 8» Trois duos concertants, 
op. 19; ibid. — 9"" Recueil de 101 pièces faciles 
et progressives pour deux violons, op. 20, liv. 
1 et 2 ; ibid. — 10» Trois thèmes de Mozart va- 
riés pour deu\ violons; Vienne, Artaria. — 11<» 
Six fugues pour violon seul, op. 10, liv. i el 2; 
ibid. — 12° Trente préludes dans tous les 
tons, pour perfectionner l'intonation, op. 12; 
ibid. — 13° Six polonaises, avec un second 
violon ad libitum, op. 13; Leipsick, l'eters. — 
14° L'Illusion de la viole d'amour, sonate 
nocturne, œuvre 16; Leipsick ; Breitkopf et Hœr- 
tel. — 15° L'Art d'inventer à l'improvisle 
des fantaisies et des cadences, etc., op. 17; 
ibid. — 16° Sept divertissements composés pour 
l'exercice des sept positions principales, op. t8; 
ibid. — 17" Concerto pour violon et orchestre, 
op. 15 ; ibid. — 18° Quarante et un caprices pour 
l'alto, op. 22; ibid. — 19° Nouvelle méthode de 
la mécanique progressive du jeu du violon, di- 
visée en cinq parties et distribuée en 132 leçons 
progressives pour deux violons, et 118 études 
pour le violon seul, op. 21 (en français et en 
allemand); Hanovre, Bachmanii. Ricord! a pu- 
blié à Milan une édition italienne de cet ouvrage. 



1G6 



CAMPAGNOLl — CAMPENHOUT 



Campagnol! a eu deux filles ( Albeiline et Gio- 
■vanna) qai ont brillé comme cantatrices sur le 
théâtre de Hanovre. 

CAMPAIMA. (Fabrice), compositeur, né à 
Bologne en 1815, a reç.n des leçons de contrepoint 
au iycée musical de cette ville. En 1838, il débuta 
dans sa carrière par l'opéra intitulé Caterina di 
Guisa, qui fut représenté à Livourne. Le second 
ouvrage de sa composition, joné à Venise en 
1841, fut favorablement accneilli dans plusieurs 
villes, particulièrement à Milan, Rome, Flo- 
rence et Trieste. Jannina d' 0)~nano, représenté 
à Florence en 1842, fut moins heureux, et Luisa 
>di Francia tomba à plat sur le théâtre Argen- 
iina k Rome, en 1844. Musicien instniit,mais 
dépourvu d'imagination, Campana ne s'est point 
élevé au-dessus du médiocre dans ses produc- 
tions. 

CAMPAIVELLI (Louis), violoniste et di- 
recteur de la chapelle à la cour de Toscane, na- 
quit à Florence en 1771. Il eut pour maître 
Nardini, et passe pour l'un de ses meilleurs 
élèves. En 1802, il fut admis à la cour du roi 
d'Étrurie en qualité de premier violon. On 
connaît de sa composition des sonates de vio- 
lon , des duos, des trios, des quatuors qui, bien 
que manuscrits, sont répandus dans toute l'Italie. 

CAMPBELL ( ), méiiecin écossais, qui 

vivait dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle, s'est fait connaître par la publication 
d'un écrit intitulé de Muslces effectu in do- 
loribus leniendis aut fugiendis; Edimbourg, 
1777, in-4°. 

CAMPBELL (Alexandre), organiste à 
Édimboing, a publié un recueil d'airs écossais 
sous ce titre : 12 Scots Songs with violin (douze 
Chansons écossaises avec violon; Londres, 1792). 
Il y a un second recueil d'airs semblables avec 
accompagnement de iiarpe, publié par le même 
artiste. 

CAMPBELL (...), savant écossais connu 
par divers ouvrages sur différentes pat lies de la 
physique, a fourni un très-bon travail dans l'ar- 
ticle Acousiic de VEncyclopcdle d'Edimbourg 
publiée par Brewster (Edimbourg, 18.'i2). Aucun 
renseignement n'a été donné concernant la bio- 
graphie de ce savant. 

CAMPEGIUS (Sympuorianus). Voy. Cham- 

PIEU. 

CAMPELLl (Charles ), compositeur dra- 
matique, qui vivait vers la lin du dix-septième 
fiiècle, a donné à Sienne, en 1693, un opéra qui 
avait pour titre Amor fra gli impossibili. 

CAMPEXHOUT (François Van), chan- 
teur dramatique et compositeur, naquit à Bru- 
xelles en 1780. Fils d'un auiiergiste de cette 



I ville, il fit ses premières étuiîes sous la direction 
d'un ecclésiastique français qui avait émigré, et 
demeurait dans la maison de son père. Dans le 
même temps il apprenait la musique, et Pauwels 
( votj. ce nom ) lui donnait des leçons de vio- 
lon. Cami)enhout n'était pas destiné à la profes- 
sion de musicien : à peine âgé de seize ans, il 
fut placé chez un procureur; mais son amour 
pour la musique et le dégoût que lui inspirait 
le style des actes de procédure lui firent bientôt 
abandonner l'étude où son père l'avait relégué, 
et, décidé à suivre la carrière d'artiste, il entra 
à l'orchestre du théâtre de la Monnaie, en 
qualité de violon surnuméraire. Vers le même 
temps il fut admis dans une société d'aïua- 
leurs qui jouait de petits opéras-comiques au 
théâtre du Parc; sa jolie voix de ténor aigu, 
qu'on désignait alors en France sous le nom de 
hauic-contrc, lui valurent des applaudissements 
qui lui firent prendre la résolution de se vouer 
à 1:1 scène. Un engigement lui lut bientôt offert 
pour une nouvelle cntieprise dramatique qui 
s'était installée au théâtre de Rhétorique, à 
Gand ; mais peu de mois après ce théàtie ferma, 
et Campenhout revint à Bruxelles. Admis à l'es- 
sai au théâtre de la Monnaie, il y débuta dans 
r^:;eHim de Dalayrac; puis il alla jouer pen- 
dant quelques mois au théâtre d'Anvers, et fut 
définitivement engagé au théâtre de Bruxelles 
pour y chanter les rôles de jeunes ténors. Le suc- 
cès q\i'il y obtint comme chanteur, dans le ron- 
deau des Visitandines,\\xi{'\\. confier des rôles 
plus importants , et même ceux de l'emploi de 
premier ténor du grand opéra, tels que ceux de 
Polinice, dans Œdipe, d'Énée dans Dido.i, 
et d'Achille dans Iphigénie en Aulide. A celle 
époque le remplaçant de l'acteur chef d'em- 
ploi était fort mal rétribué de son travail, car le 
traitement de Campenhout ne fut que de 1,000 
francs dans la première année; dès la sui- 
vante il fut porté à 2,400 francs. Des piopositions 
lui ayant été faites en 1801 pour le théâtre de 
Brest, il se rendit dans cette ville, et y chanta 
avec succès pendant deux ans; puis il accepta 
un engagement au théâtre de la Porte-Saint- Mar- 
tin, de Paris, où l'on jouait alors alternativement 
les opéras français et allemands. La mauvaise 
issue de cette entreprise ramena Van Campenhout 
à Bruxelles, en 1804 , sous le nom de Campen- 
haut, parce qu'il avait été forcé de modifier le 
sien, pour en rendre la prononciation plus facile 
aux Français. C'est sous ce même nom q>i'il a 
été connu dans toute sa carrière dramati- 
que. 

Campenhout, à qui l'administration du théâtre 
avait assuré un traitement de 4,000 francs, 



CAMPEKIIOIJT — CAMPI 



107 



joua pendant celte année les rôles de grand 
o[)(Ma etil'opéia-comique. En 1805, il fut engagé 
par le lliéûtrc français d'Amsteniam, aux ap- 
poinlemenls de 3,000 florins. Il y débuta avec 
un brillant succès dans le Prisonnier, et joua 
tons les rôles de son emploi de manière à con- 
quérir la faveur du public. Un nouvel engage- 
ment lui fut offert pour l'année suivante ; il l'ac 
cepla, et, après une courte excursion à Paris, 
il relourna à Amsterdam prendre possession de 
son emploi. Il eut, à son retour dans cette ville 
la bonne fortune d'y trouver la célèbre canta- 
trice M"i<' Grassini , avec qui il clianta plusieurs 
scènes italiennes, et qui lui fit comprendre que 
son éducation vocale était fort imparfaite. Heu- 
reusement il fut appelé à la Haye en 1807, à 
(les conditions avantageuses tant pourle tl.éâtre 
que pour la chapelle du roi Louis-Napoléon, et 
il trouva à la tête de cette cliapelle Plantade, 
qui lui donna des leçons de cliant et réforma 
ses défauts. En 1808, la cour quitta la Haye et 
s'établit à Amsterdam : ce fut dans cette ville 
(pie Campenliout fit jouer son premier opéra, 
sous le titre de Grotius, ou le Château de Lœ- 
ircnstein, en trois actes. Jusqu'alors il n'avait fait 
aucune étnde de l'harmonie et n'avait écrit ses 
idi'es que par instinct ; mais, après la rcprésen- 
tttion de son ouvrage , il comprit la nécessité 
d'apprendre les règles d'un art difficile, et il re- 
çut des leçons de Navoigille aîné et de Saint- 
Amand, anciens artistes français qui étaient en- 
trés dans la musique du roi de Hollande. 

La réunion de ce pays à la France amena 
la suppression de la chapelle, et Campenhout 
(lut accepter, en 1809, un engagement pour le 
théâtre de Rouen, où il chanta pendant quatre 
ans. A la fin de 1812 il retourna à Amsterdam; 
mais les revers de la Irance en 1813 le ramenè- 
rent à Paris, puis à Lyon en 1814. Il y fit jouer 
dans l'année suivante le Passe-partout , (ypéra 
en un acte. A l'expiration de son engagement, il 
alla à Bordeaux, y resta deux ans, revint en 
Belgique en 1818, et chanta au théâtr,; d'Anvers 
pendant toute cette année ; puis il retourna à 
Lyon, et de là à Bordeaux, où il composa l'Heu- 
reux Mensonge, opéra-comique en deux actes ; 
Diane et Endijmion, ballet, et un divertisse- 
ment. En 1893 il chanta au théâtre de Gand ; 
puis il fut appelé à TOdéon de Paris pour 
chanter les traductions des opéras de Rossini 
que Castil-BIaze renait de mettre en scène. En 
1826, il se rendit à la Haye et y produisit une 
vive sensation dans les mômes ouvrages. Enfin 
il termina en 1827 sa carrière de chanteur dra- 
matique au théâtre de Gand , où ses appointe- 
menls furent élevés à la somme de 15,000 francs. 



De retour à Bruxelles en 1823, il ne s éloigna 
plus de cette ville. 

La révolution belge du mois de septenibn; 
1 830 a fourni à Van Campenhout l'occasion de 
composer le chant national connu sous le nom de 
la Brabançonne, qui a donné à son auteur une 
grande popularité , et sera plus efficace pour le 
faire passer à la postérité que foutes ses autres 
productions. Ce chant a les qualités nécessaires 
aux choses de ce genre : il a de la franchise, du 
naturel et de la force rhythmique. Arrangé en 
harmonie militaire et à grand orchestre , il est 
devenu le signal obligé de toutes les fêtes natio- 
nales de la Belgique. Van Campenhout a laissé 
en manuscrit : 1° Les opéras cités précédem- 
ment. — 2" Les Quatre Journées, opéra en un 
acte , inédit. — 3" Gillette de Narbonne, opéra 
en trois actes, inédit. — 4" Thérèse, oula Femme 
du pécheur de Sorrente , drame lyrique en un 
acte. — 5° Chœurs d'Athalie , composés à 
Rouen, en 1809, pour les représentations données 
par Talma. — 6° Le Réprouvé , grande scène 
lyrique pour baryton, chœur et orchestre. — 7" 
Neuf cantates avec orchestre pour diverses cir- 
constances, écrites depuis 1806 jusqu'en 1847. 

— 8° Plusieurs chœurs avec ou sans orchestre. 

— 9° La Tempête, ouuneNuit en mer, scène 
pour baryton et chœur, 184T. — 10° Plusieurs 
chants et nocturnes à une et deux voix avec 
piano. — 11° Messes solennelles à 4 vois, 
chœur et orchestre, exécutées à l'église deSainte- 
Gudule, à Bruxelles, n"' 1, 2, 3. — 12" TeDeum 
exécuté dans la même église en 1837, à l'occa- 
sion de la fête du roi Léopold. — 13° Sept 
Tantum ergo pour différentes voix, orgue et 
orchestre. — 14o Cinq salutaris, idem. — 
15° Missa pro defunctis, 1840. — 16° Domine 
salvum fac regem , poiu" chœur et orchestre; 

— 17° Pater noder à 4 voix, avec orgue. — 
18° Ave Maria à 4 voix et orchestre. — 19° Ave 
Mariah^ voix et orgue. — 2(i° Le, Psaume 140, 
à 4 voix, chœur et orchestre. — 21" Sympho- 
nie [emit) à grand orchestre, 1817. — 22° 
ouvertures idem, n°* 1, 2, 3, 4. — 23" Divertisse- 
ments idem, n"' 1, 2, 3, 4, 5, 6. — 24o Morceaux 
de (Afférents caractères en harmonie pour ins- 
truments à vent, au nombre de 29. — 25° Con- 
certino pour violon. — 26° Concertino pour 
Hùte. — 2v" Un grand nombre de romances avec 
piano. Van Campenhout est mort à Bruxelles 
en 1848. 

CAMPESIUS (Dominique). Voijez Cam- 

PISI. 

CAMPI (Antonia), cantatrice célèbre, née à 
Lubliu, en Pologne, le 10 décembre 1773, était 
fille d'un musicien nommé Miklasiewicz, qui lui. 



f68 



CAMPI — CAMPION 



donna une bonn« éducaliort et développa son 
talent pour le cliant, dans un âge où la voix est 
à peine formée. Elle était entrée dans sa quin- 
zième année lorsqu'en 1788 elle l'iit altacliée 
comme cantatrice à la chambre du loi de Po- 
logne. Un peu plus lard elle se rendit à Pra- 
gue, où elle se maria, en 1791, avec un chan- 
teur du théâtre, nommé Gaetano Campi. Après 
avoir brillé longtemps à Prague et à Leipsick, 
elle débuta à Vienne le 13 juin 1801, à l'occasion 
de l'ouverture du nouveau théâtre ander Wien, 
dans Alexandre ,o\\év A de François Teyher, où 
elle chantait la partie de Kiosa, reine des Indes. 
Les habitants de la capitale de l'Autriche l'ac- 
cueillirent avec beaucoup d'applaudissements , à 
cause de la beauté de sa voix et du caractère 
expressif et passionné de son chant. Les rôles 
(pi'elle affectionnait étaient ceux de Donna 
Anna , dans Don Juan, de Constance dans VEiv 
lavement au Sérail , de la Reine de la nuit, 
dans la Flûte enchantée , et de Vitellia, dans 
la Clemcnze di Tito, opéras de Mozart. M"'e 
Campi resta longtemps à Vienne et passa en 
1818 du théâtre an der Wien au théâtre impé- 
rial de Kdrntnerihor. Deux ans après, elle 
eut le titre de cantatrice de la cour impériale. 
11 y avait alors trente et un ans qu'elle chan- 
tait au théàlie, et pourtant sa voix était encore 
belle, et les qualités dramatiques de son talent 
s'étaient perfectionnées. On en donne pour 
preuve les succès qu'elle obtint dans quelques 
voyages qu'elle fit pendant l'automne de 1818. 
Des amateurs qui l'avaient entendue à Leipsick, 
vingt ans auparavant, furent frappés d'élonne- 
inent en lui retrouvant un talent fort remar- 
quable encore par sa jeunesse et son énergie. 
Bien qu'elle n'eût point fait d'études sérieuses 
et suivies de la vocalisation au commencement 
de sa carrière, elle avait une adresse singulière 
à exécuter la musique modenie, et particulière- 
ment le répertoire de Rossini. Elle avait même 
pris en affection toutes les fioritures de cette 
école. En 1819 elle se fit entendre à Dresde, 
Francfort, Stultgard, Munich, et partout avec 
succès. En 1821 elle donna quelques représen- 
tations à Prague, à Berlin, et enfin à Varsovie, 
où elle joua avec un succès extraordinaire le rôle 
d'Aménaide dans Tancrcde.VempevcurA\e\ai\- 
dre lui fit cadeau, à cette occasion, d'une bague en 
diamants. Au moisde septembre 1822, elle visila 
de nouveau Munich, où elleespérait obtenir encore 
des succès; mais, atteinte subitement d'une fièvre 
inflammatoire, elle mourut dans cette ville le 2 oc- 
tobre de la môme année. Elle avait eu dix-sept 
enfants de son mariage, dont huit dans quatre 
couches doidtles, et trois dans une triple. Néan- 



moins les fatigues de ces cnfanteincnfs lahorieu^s 
n'avaient porté aucune atteinte à la beauté de 
son organe vocal. L'étendue de la voix de Mi"e 
Campi sortait des bornes ordinaires, car elle com- 
mençait au 5oZ grave, et allait jusqu'au fa suraign, 
c'est-à- dire à trois octaves environ plus haut. Sou 
articulation était flexible, et son exécution se fai- 
sait remarquer par sa netteté et sa précision. 
Ou a comparé cette cantatrice à M""® Catalani, 
et quelques personnes lui donnaient la palitve 
parce qu'elles lui trouvaient la voix mieux con- 
servée, le trille meilleur, et des connaissances 
plus étendues et plus solides dans la musique. 
Les seuls défauts qu'on lui connaissait étaient 
d'enfler les sons par saccades avec trop <le rapi- 
dité, et de surcharger les mélodies de groupes et 
de moidauts. 

CAMPIOLÎ (. . . .) est compté parmi les 
castrats les plus célèbres qui ont vécu en Alle- 
magne. Il naquit en ce pays de parents italiens 
vers 1700, fit son éducation de chanteur en 
Italie, puis retourna en Allemagne. En 171C sa 
belle voix de contralto excita l'admiration géné- 
rale. En 1720 il contracta un engagement à la 
cour de W^ol-fenbùttel ; six ans après il se rendit 
à Hambourg, puis voyagea en Allemagne, en 
Hollande et en Angleterre. En 1731 il chanta de 
nouveau à Dresde, dans Cleofide,o\)érà de Masse. 
Il paraît qu'il alla ensuite eu Italie, et qu'il y 
passa le reste de ses jours. 

CAMPION (FiiANçois), théorbiste, musicien 
de l'Opéra <le Paris, entra à l'orchestre de ce 
théâtre en 1703. Retiré avec une pension de 
300 francs en 1719, après quinze années de 
service, on voit par des Mémoires pour servir 
à Vhistoire de l'Académie royale de musique 
(Mss de ma bibliothèque), qu'il vivait encore 
en 1738, et qu'il jouissait de cette pension. On 
a de ce musicien les ouvrages dont les titres 
suivent : 1" Nouvelles Découvertes sur la gui- 
tare, contenant plusieurs suites de pièces 
sur huit manières différentes d'accorder; 
Paris, \lQih. Ouvrage curieux qui enseigne l'art 
de tirer de la guitare des eff<;ts qu'on a présentés 
comme des découvertes modernes. — 2° Traité 
d'accompagnement pour le théorie; Paris 
et Amsteidam, 1710, in-8». — 3° Traité de 
composition , selon les règles des octaves de 
musique; Paris, 1716. — i'* Addition aux 
traités d'accompagnement et de composition 
par la lègle de l'octave, où est compris par- 
ticulièrement le secret de l'accompagnement 
du théorie , de la guitare et du luth; Paris, 
1739, in-4". J.-J. Rousseau dit, dans l'article 
Accompagnement de son Dictionnaire de mu- 
sique : '< La règle de l'octave lut, dil-on, inventée 



CAMPION — CMIÎISÎ 



id'j 



par Canipion. » Celte tradition n'a aucun fon- 
dement et l'erreur est manifeste, car cette for- 
mule harnioui.iue était connue longtemps avant 
l'époque où Campion cultiva son art. Gasparini 
l'avait i)ubiiée dans son Annonico practico al 
Cembalo (cli. 8), dont la première édition fut 
publiée en 1683. 11 est vrai que cet auteur n'in- 
dique les harmonies que pour l'ancienne gamme 
<le riiexacorde, qui était restée en usage dans 
tout« l'Italie pour la solmisation ; mais il enseigne 
l'usage de l'accord de quinte mineure et sixte sur 
le septième degré des modes majeur et mineur, 
dans le septième chapitre du même ouvrage. Si 
Rousseau eût lu l'ouvrage de Campion , il y au- 
rait trouvé ce passage, qui prouve que ce mu- 
sicien ne s'attribuait pas l'invention de la règle 
de l'octave : « Je l'ai reçue, dit-il, de M. Maitot 
« (son prédécesseur à l'Opéra) comme le plus 
« grand témoignage de son amitié. » Dans un 
autre endroit, il dit aussi : « On commence à 
« les enseigner (les règles de celte formule) à 
« Paris. Les premiers qui les ont sues en ont 
« fait un mystère. J'avoue que j'ai été de ce 
n nombre, avec le sciupule de ne pas les donner 
« à gens qui les pussent enseigner; mais (ilu- 
« sieurs personnes de consiàéralion et. de mes 
« amis m'ont enfin engagé de les mettre au 
K jour. » 

CAMPÎ01\ (Thomas), docteur en médecine 
selon Wood {FusU-Oxon., lome I, col. 229), 
mais, selon M. Robert Watt {Biibl. Briiann., l"= 
part., 189 71) et quelques autres, docteur en mu- 
sique. Si ceux-ci avaient vu la dédicace de la pre- 
mière édition du traile de contrepoint de Cam- 
pion, ils se seraient convaincus de leur erreur, 
car cet écrivain, après avoir déclaré qu'il fait sa 
profession de la médecine, s'excuse d'avoir 
écrit un traits de musique, par l'exemple de Ga- 
Jien qui devint un très-habile musicien, et qui 
voulut ensuite appliquer la musique à la con- 
naiseance des mouvements irréguliers du pouls. 
Wood assure que Campion n'était pas seulement 
médecin, mais qu'il était aussi admiré comme 
poêle et comme musicien. On trouve en eflet 
dans l'édition des airs de Ferabosco, publiés à 
Londres en 1609, des vers qui sont signés par 
Thomas Campion, docteur en médecine. La poé- 
sie des chants sur la mort du prince Henri, 
mise en musique par Cooper ouCoperario, est 
aussi du même auteur; enfin il existait autre- 
fois dans la bibliothèque Bodiéienne un livre qui 
avait pour titre : Observations on the art of 
onglish poetrij, par Thomas Campion, imprimé 
en 1002,in-I2. Wood parle aussi d'un Thomas 
Campion, de Cambridge, qui était maitre-ès- 
arts a Oxford , en 1624; mais, selon toute ap- 



parence, celui-ci n'est pas le môme que le doc- 
teur en médecine. 

A l'égard du savoir de Campion en musique, 
il ne peut être mis en doute, car son traité du 
contrepoint en fait foi. Cet ouvrage a paru sans 
date sous ce titre : a New Waij of maJiing 
four parts in contrepoint, by a mosl fami- 
liar and infallible rule ( Nouveau Moyen pour 
composer à quatre parties en contrepoint, par 
une règle facile et sûre ) ; Londres , in-B". La 
deuxième édition de cet ouvrage a été publiée, 
vraisemblablement après la mort de l'auleur, 
sous ce litre : the Art of setting or compu - 
slng music inpjarts, Londres, 1G60, in-8°. La 
troisième, revue et annotée par Cb. Simpson, 
est intitulée -.The Art of discant, ivith anno- 
tations, by Chr. Sympson ; Londres, 1G72, 
petit in-s°. C'est sous ce titre que ce petit ou- 
vrage a été ajouté à la huitième éililion de V In- 
troduction à la connaissance de la musique,de 
Playford, publiée à Londres en 1679, in-S". 
M. Watt a confondu tout cela et a fait plu- 
sieurs ouvrages d'un seul. 

CAMPIONl (Charles-Antoine), maître de 
chapelle du grand-duc de Toscane, naquit à Li- 
vourne vers 1720. Il s'y livra à l'élude du vio- 
lon et de la composition, et se lit connaître pai' 
la publication de sept œuvres de trios pour le 
violon, et de trois œuvres de duos pour violon 
et violoncelle. La plupart de ses ouvrages furent 
bien accueillis et furent gravés en Angleterre , 
en Allemagne et en Hollande. En 1764,Campioni 
passa à Florence en qualité de maître de cha- 
pelle, et s'y livra à la composition pour l'église ; 
il lit voir au docteur Burney, qui était allé le 
visiter dans son voyage en Italie, beaucoup 
d'ouvrages de ce genre qu'il avait composés, et 
particulièrement un Te Deum qui avait été 
exécuté en 1767 par deux cents musiciens. Cain- 
pioni possédait une superbe collection de ma- 
drigaux des compositeurs des seizième et dix- 
septième siècles. 

CiVMPlSI ( DoMiîHQiCE) , dominicain, né à 
Realbuto en Sicile, vers la lin du seizième 
siècle, fut nommé professeur de théologie de 
son ordre en 1G29. Mongitore (Bibl. Sicnl., 
tome I, page 166) dit que ce fut un savant 
compositeur, et cite de lui : 1° Motetti a duc , 
ire e quatiro voci, con una compiela, lih. i ; 
Païenne, ir.l5,in-4". — 1° Motetti a due, ecc, 
lib. H; Palerme, 1618, in-4°. — 3" Floridus 
concentus binis, ternis, quaternis et quinis 
vocibus modulnndus; Rome, 1622, in-4". — 
4° Lilia campi, binis, ternis, quaternis et 
quinis vocibus modulanda, cuin ComjAe'orio 
et Lilaniis Beat. Virginis Marix ; Rome, 1623. 



(70 



CAMPISl — CAMPRA 



m-4". — b" LiUacampi, seu, Motettiet Laudi 
de B. V. M. 1-6 vocibxis modulanda ; Rome, 
Paul Masotti, 1627, in-4°. 

CAMPIUTl (Antoine), avocat à Udine , 
dans le Frioiil, s'est fait connaître comme compo- 
silenr, et a fait représenter à Pavie, le 11 février 
1830, un oi)éta intitulé Bianca e Fernando. Il 
adonné à Naples, en 1832, V Incognito , en deux 
actes. On connaît aussi de Campiuti des Canzoni 
publiées à Naples et h Milan, chez Kicordi. 

C AMPOBASSO ( Alexandre - Vincent ) , 
compositeur dramatique, né à Naples, vers 1760 , 
a donné à Milan, en 1789, un opéra séria intitulé 
Antigona. Je n'ai pas d'autre renseignement sur 
cet artiste. 

CAMl'ORESI ( Violante), femme d'un gen- 
tilhomme de la famille Giustiniani, cantatrice 
distinguée, née à Rome en 1785, n'avait jamais 
paru sur aucun théâtre en Italie, lorsqu'elle fut 
engagée pour la musique particulière de Napoléon 
Bonaparte. Douée d'une fort belle voix de so- 
prano et d'une vocalisation facile, elle avait déjà, 
eu arrivant en France, un talent remarquable que 
les conseils de Crescentini perfectionnèrent en- 
core. Après les événements de 1814, M'"" Cam- 
poresi passa en Angleterre , où elle débuta, en 
1817, au théâtre de Haymarket dans la Péné- 
lope de Cimarosa. Elle parut d'abord fort em- 
barrassée , n'ayant aucune habitude de la scène ; 
mais elle perdit bientôt sa limidité et fut fort 
applaudie dans le rôle de la comtesse des Noces 
de Figaro, dans VAgnese, et dans dona Anna 
de Don Juan. La direction de l'Opéra ayant 
passé en d'autres mains dans la saison de 1818, 
M"i« Corri fut substituée comme prima donna 
à M""® Camporesi, qui quitta l'Angleterre ; mais 
elle fut engagée de nouveau en 1821 par M. Ayr- 
ton, et pendant trois ans elle joua avec le plus 
grand succès les rôles de Ninetta de la Gazza, 
et de Desdemona dans ÏOtello. A la (in de 1823, 
aprè* avoir chanté dans lesoiatorios, elle se re- 
tira du théâtre, et parut même renoncer à chanter 
en public dans les concerts ; cependant , au 
mois de mai 1827, elle s'est fait entendre au 
nouveau théâtre d'Ancône, dans liicciardo e Zo- 
rnide, avec le plus grand succès. Deux ans 
après, elle se rendit de nouveau à Londres; mais 
sa voix avait vieilli, et la présence de M"'C Ma- 
libran et <le M"' Sontag ne lui permit d'obtenir 
aucun succès. Elle comprit alors que le temps 
<'tait venu où elle devait renoncer au théâtre. 
Depuis lors elle se retira à Rome, où elle 
eut une existence honorable et paisible. On 
ignore si elle vit encore au moment où cette no- 
tice est imprimée ( 1 860 ). 

CAMPRA ( ANonÉ ), compositeur, né à Aix 



en Provence, le 4 décembre 1660, reçut des 
leçons de musique de Guillaume Poitevin, prêtre 
et bénéficier de l'église métropolitaine Saint- 
Sauveur de la même ville. Après avoir terminé 
ses études musicales, Campra fut appelé à Toulon, 
en 1679, pour y remplir la place de maître de 
musique de la cathédrale, quoiqu'il n'eût pas 
encore atteint sa vingtième année. En 1681 on 
le nomma maître de chapelle à Arles: il y resta 
deux ans et se rendit ensuite à Toulouse, où il 
remplit les mAmes fonctions à la cathédrale, 
depuis 1683 jusqu'en 1694. Ce fut dans cette 
année qu'il vint à Paris (et non en 1685, comme 
il est dit dans le deuxième supplément du Par- 
nasse français, p. 19). On lui confia d'abord 
les places de maître de musique de l'église du 
collège des Jésuites et de leur maison professe, 
devenues vacantes par la démission de Char- 
pentier, qui passait à la Sainte-Chapelle de Paris. 
Peu de temps après il fut nommé maître de la 
musique de Notre-Dame, ce qui l'obligea à donner 
ses deux premiers opéras sous le nom de son 
frère (1). En quittant cette maîtrise, il renonça 
à un bénéfice qu'il possédait dans l'église mé- 
tropolitaine , et ce fut alors qu'il commença à 
donner des opéras sous son nom. Les succès 
brillants qu'il obtint par ses ouvrages le firent 
nommer maître de la chapelle du roi en 1722, 
et de plus on lui confia la direction des pages 
de cette chapelle. Il mourut à Versailles le 29 
juillet 1744, âgé de près de quatre-vingt-quatre 
ans (et non en 1740, comme le dit la Borde 
dans son Essai sur la musique). Supérieur 
aux autres successeurs de Lulli, Campra enten- 
dait bien l'effet delà scène et savait donner une 
teinte dramatique à ses ouvrages. Sa musique 
n'a point le ton uniforme et languissant de celle 
de Colasse et de Deslouches; il y règne une 
certaine vivacité de ihvthme qui est d'un bon 
effet, et qui manquait souvent à la musique 
française de son temps; néanmoins ce n'était 
point un homme de génie. Il manquait d'origi- 
nalité, et son style était fort incorrect. Malgré 
ces défauts , la musique de Campra fut la seule 
qui put se maintenir auprès de telle de Lulli , 
jusqu'au moment où Rameau devint le niaîlre de 
la scène française. Les ouvrages de Campia 
sont : 1° L'Europe galante , 16<37, avec quel- 
ques morceaux de Destouches (sous le nom 
de son frère). — 2" Le Carnaval de Venise, 
1099 (idem). --3° Ilesione, 1700. — 4" Are- 
ihuse, 1701. — 5" Fragments de Lulli, sep- 
tembre 1702. — 6° Tancrcde, novembre 1702 ; 

(1) Celui-ei, nommé Joseph, était basse de violon à TO- 
péra depuis i699. Il fut mis à la pension en 1727 et vivait 
encore en 1741. 



CAMPRA — CANCELUERI 



171 



— ?• Les Muses, 1703. - 8" Iphigénte en 
Tnuride, mai 1704 , avec Desmarets. — 90 Té- 
lémaque.mv. 1704. — 10° Aline, 110^. — 
110 Le Triomphe de l'Amour, opéra, refait en 
septembre 1705. — 12° Hippodamie, 1708. 

— 13" Plusieurs airs, dont la cantatilie « Régnez, 
belle Thétis, » pour les opéras de Thétis et 
Pelée, en 1708, et à'Hésione, en 1709. — 
14*' Les Fe'tes vénitiennes , en 1710; de plus 
l'acte de Laure et Pétrarque pow les fragments 
représentés au mois de décembre 1711. — 
15° Idoménée, 1712. — \&° Les Amours de 
Mars et Vénus, sept. 1712. — 17° Télèphe, 
1713. — 18" Camille, 1717. — 19° ies Ages, 
ballet-opéra, 1718. — 20° Achille et Déidamie, 
1735. — 21° Plusieurs cantates et l'acte de Si- 
lène et Bacchus pour les fragments représentés 
au mois d'octobre 1722. Par un brevet daté du 
15 décembre 1718, le roi accorda une pension 
de 500 livres à Campra, en considération de ses 
talents pour la musique dramatique, et dans le 
but de l'exciter à continuer ses travaux pour l'A- 
cadémie royale de musique. Quatre ans après, 
c'est-à-dire en 1722 , le prince de Conti nomma 
ce compositeur directeur de .sa musique. Outre 
les ouvrages qui viennent d'être cités, Campra 
a écrit pour le service du roi et de la cour : 1° Vé- 
nus, en 1698. — 2° Le Destin du nouveau 
siècle, divertissement pour l'année 1700. — 
3" Les Fêtes de Corinthe, 1717. — 4° La Fête 
rfe r/ie-A(Zc?>i, divertissement pour la cour, en 
1722. — 5° Les Muses rassemblées par l'A- 
mour, 1723. — 6" Le Génie de la Bourgogne, 
divertissement pour la cour, 1732. — 7° Les 
]Soces de Vénus, partition écrite en 1740, à l'âge 
de quatre-vingts ans. Enfin on connaît de ce com- 
positeur trois livres de cantates ; Paris, Ballard, 
I70S et années suivantes, et cinq livres de motets ; 
Paris, Bailard, 1706, 1710, 1713, etc. L'air de 
la' Furstemberg , qui fut longtemps célèbre, 
est de Campra. 

CAMUS (....), né à Paris en 1731 , fut 
d'abord page de la musique du roi et eut l'abbé 
Madin pour maître. En 1740 , il fit exécuter de- 
vant le roi le psaume Qui confldunt in Domino, 
qui fut applaudi ; il n'avait alors que quinze ans. 
Depuis lors il a écrit beaucoup de musique d'é- 
glise. La beauté de sa -voix le fit admettre comme 
ténor à la chapelle, où il passait pour un des 
plus habiles chanteurs de France (ce qui n'était 
pas un grand éloge ) , et il brillait aux concerts 
spirituels. Il est mort à Paris en 1777. 

CAMUS ( Paul-Hippol-ïte), première flûte 
du Théâtre-Italien de Paris , né dans cette ville le 
20 janvier 1796, fut admis au Conservaloire de 
musique comme élève de Wunderlich , au mois 



de juillet 1806, el se disliiigua dans ses études. 
Après les avoir terminées, il entra au théâtre de 
la Porte-Saint-Martiii,cn qualité de première Hùle, 
en 1819, puis il passa au Gymnase dramatique. 
En 1824, lorsque le théâtre de l'Odéon fut des- 
tiné à la rcprésenlation des opéras italiens et alle- 
mands traduits, M. Camus a été appelé à faire 
partie du bon orchestre que dirigeait Crémont; 
enfin , après avoir abandotmc; sa place à ce théâtre 
et avoir voyagé, il est entré à l'Opéra-ltalien, 
où il est resté plusieursannées. M. Camus s'est fait 
entendre avec succès dans plusieurs concerts pu- 
blics. On a gravé de sa composition : loDuos 
pour deux flûtes, op. 2; Paris, Carli. — 2° Trois 
grands duos, livre deuxième; Paris, Pacini. — 
3° Fantaisie sur un air écossais pour flûte et 
piano, op. 5; Paris, P. Petit. — 4° Trois grands 
duos pour deux flûtes, op. 6; Mayence, Schott. 

— 5" Trois id., op. 11 ; Paris, Pleyel. — C 24 
sérénades composées d'airs nationaux variés, op. 

I ; Paris, Carli. — 7° Si\ airs variés, op. 4 ; ibid. 

— 8° Fantaisie et variations pour piano et flûte 
sur la ronde de la Neige , op. 12 ; Milan, Ri- 
cordi , et plusieurs airs variés sur divers thèmes. 

CANALIS (Flokent) , compositeur belge, 
qui vivait dans la seconde moitié du seizième 
siècle, fut organiste de l'église Saint-Jean l'É- 
vangéliste, à Brescia. Il est connu par un recueil 
de messes, introïts et motets à quatre voix, pu- 
bliéàBrescia en 1588, et par ses motels intitulés 
Sacrx cantiones sex vocum, liber primus. Ve- 
nise, Jacques Vincenli ; 1603, in-4''. 

CANAULE (Le chevalier de), amateur de 
musique à Montpellier, s'est fait connaître par un 
opuscule qui a pour titre : Quelques idées sur 
la perce des instruments à vent. Montpellier, 
1840, in-S" de 42 pages. 

CAI\'AVASSO. Deux frères italiens de ce 
nom, plus connus sous celui de Canavas, se 
.sont fixés à Paris vers 17.35. L'aîné (Alexandre), 
bon professeur de violoncelle, a publié un livre 
de sonates pour cet instrument; le plus jeune 
(Joseph) avait un talent distingué sur le violon. 

II a fait graver deux livres de sonates pour violon 
seul, el le Songe, c&n\.di{\\\e. Tous deux vivaient 
encore à Paris en 1753. L'a violoncelliste nommé 
Paul Canavasso brillait à Péteisbourg en l«23, 

CANCELÏJERI ( François), savant romain, 
né dans la seconde rnoitié,du dix-huitième .siècle, 
est auteur d'un livre intitulé le Due Campane 
del Campidoglio benedette dalla Santilà di 
N. S. Pio settimo P. 0. M., e descritte da 
Francesco Canceltieri,con varie notizie sopra 
i campanili e sopra ogni sorte d' orologio ; 
Roma, presso Antonio Fulgoni, I800, 1 vol. 
in-4'>. 



172 



CAr^CINEO — CANDEILLE 



CANCItVEO (iMiciiel-Ange), maître de cha- 
[■.elle de la calliédrale de Yiterbe, naquit dans 
cette ville vers le milieu du seizième siècle. 
On connaît de sa composition il Primo Libro 
de' Madrigali a quattro , cinque, sei e otfo 
voci. In Venetia, oppressa Angelo Gardano, 
1390 , in-4". On trouve dans ce recueil quelques 
madrigaux de Jean-Baptiste Locatello. 

CANDEILLE (Pieure-Joseph), composi- 
teur dramatique, né à Estaires (Nord), le 8 dé- 
cembre 1744, fit ses études musicales comme en- 
fant de chœur à Lille, et vint à Paris lorsqu'il eut 
atteint sa vingtième année. En 1767 il fui admis 
à l'Académie royale de musique pour y chanter la 
basse-taille dans les chœurs et les coryphées. Il 
y resta dix-se|)t ans, et se retira à la clôture de 
1784 , avec une pension de 700 francs, réduite 
ensuite au tiers. Rentré au môme théâtre comme 
chef du chant en 1800, réformé le 18 décembre 
1802, rappelé de nouveau en 1804, en rempla- 
cement de Guichard , qui s'était retiré, et réformé 
définitivement le 15 mai 1805, avec une pension 
de 1,500 francs, il se retira à Chantilly, où 
il est mort le 24 avril 1827, à l'âge de qualrcT 
vingt-deux ans. Les premiers ouvrages qui tirent 
connaître Candeille comme compositeur furent 
des motels qu'on exécuta au Concert spirituel : 
ils furent applaudis. Ce succès fit naître en 
lui le désir de travailler pour le théâtre. Il dé- 
buta par la musique d'un divertissement de No- 
verre qui fut ajouté au Curieux indiscret , el 
(ju'on exécuta à la Comédie française le 27 
août 1778. Ce divertissement fut suivi d'un autre, 
ajouté aux Deux Comtesses, et qui fut exécuté 
le 30 août de la même année. Au mois de no- 
vembre suivant, il refit les parties de chant de 
l'acle de la Provençale, dans les Fêtes de 
Thalle, opéra de Mouret. 11 a refait depuis lors 
toute la musique du même ouvrage. Enfin , dans 
le cours de cette même année, Candeille fit re- 
présenter devant le roi Laure et Pétrarque , 
o[)éra en trois actes , cuii fut joué ensuite sans 
succès à Paris, en 1780. Cet ouvrage fut suivi 
d'un repos de cinq années, pendant lesquelles 
Candeille quitta le théâtre pour travailler à sou 
opéra de Pizarre , ou la Conquête du Pérou, 
en cinq actes , (lui fut représenté en 1785 et qui 
n'eut que neuf représentations. Celle pièce , ré- 
duite en quatre actes, avec beaucoup de chan- 
gements dans la musique, fut reprise en 1/91 , 
mais ne fut pas plus heureuse. L'ouvrage qui a 
faille plus d'honneur au talent de Candeille est 
la musique nouvelle qu'il a composée pourl'opéia 
de Castor et Pollux. De tout ce que lîairieau 
avait écrit pour le poème do Gentil- lîernard , 
Candeille ne conserva (jue l'air Tristes apprêts, 



le chœur du second acte, et celui des démons au 
qualiième; tout le reste était de sa composition. 
Cet opéra, qui fut joué le 14 juin 1791 , eut taut 
de succès, que dans l'espace de huit ans il obtint 
cent trente représentations; ayant été repris le 
28 décembre I8l4,il en eut encore vingt jus- 
qu'en 1SI7. On connaît aussi de Candeille /a 
Mort de Beaurepaire , pièce de circonstance, 
qui fut jouée à l'Opéra, et qui n'eut que trois re- 
présentations. Enfin il a écrit plusieurs airs de 
danses insérés dans divers opéras, et la musique 
de quelques ballets pantomimes. Dans tous ces 
ouvrages, Candeille ne se montre pas un com- 
positeur de génie ; il n'y a pas de création véri- 
table dans sa musique, mais on y trouve un sen- 
timent juste de la scène, de la force dramatique 
et de beaux effets de masses. Ces qualités suf- 
fisent pour lui assurer un rang honorable parmi 
les musiciens français du dix-huitième siècle. 
D'ailleurs peu favorisé de la fortune dans ses 
travaux, il n'a pu faire connaître que la plus 
petite partie de ses ouvrages, parce qu'il les a 
écrits sur des poèmes qui , après avoir été reçus, 
ont été refusés à une .seconde lecture. Voici la 
li.ste des opéras de Candeille qui n'ont point été 
représentés à l'Opéra de Paris, et dont les parti- 
tions ont été entièrement achevées : P» Les Sa- 
turnales, ou Tibulle et Délie, acte d'opéra des 
Fêtes grecques et ron? aines, représenté en 1777 
sur le théâtre particulier du ducd'Orléan.s, rue de 
Provence. Cet acte fut présenté au comité de l'O- 
péra le 5 mars 1778 , mais il ne fut pas admis. 
Plus lard Candeille fit recevoir cet ouvrage après 
en avoir refait quelques scènes et y avoir ajouté 
un rôle; la musique fut co[)iée, les rôles furent 
distribués à Dérivis, Nourrit, mesdames Albert et 
Granier, mais il fut définitivement rejeté par le 
jury, le 2 mars 1810. — 2' Les Fêtes Lupercales, 
pastorale héroïque en trois act"S ; la partition 
était écrite dès 1777, mais l'ouvrage fut rehisé 
à une seconde lecture, en 1783. — 3» L'Amour 
et Psyc/ie, opéra en trois actes, 1780. — k" Bac- 
chus et Erigonc, entrée pour les Fe'tes de Pa- 
phos, 1780. — 5° Danaé, opéra en quatre actes, 
refusé le 29 lloréal an iv , refait et refusé de 
nouveauté 21 thermidor an vu. — G" Divertis- 
sement pastoral pour le concert de Lille, en 
1785. — 7° Lausus et Lydie, opéra en trois 
actes, partition achevée en 1786, poëme refusé 
à la seconde lecture, le 29 février 1788. -■ 
8° Roxane et Statijra, ou les Veuves d'A- 
lexandre, musique écrite par ordre du gouver- 
nement en l'an IV, pièce refusée le 28 nivôse 
an VII, puis admise avec des changements, et 
rejetée de nouveau le 14 juillet 1813. —^''La- 
dislasel Adélcdde, o[»éra en trois actes. Candeille 



CANDEILLE — GANGE 



173 



en composa la musique par ordre, en 1791 ; deux 
ansaprc's, la musique fut copiée, les décorations 
peintes, et l'on (it vingt-deux répétitions de l'ou- 
viage; néanmoins il ne fut pas représenté. — 
10" Les Jeux Olympiques, ancien opéra en 
un acte remis en musique, reçu au comité de 
l'Opéra, le 21 mars 1788, mais non représenté. 
— \.t° Brutus, opéra en trois actes, composé en 
1793, par ordre du gouvernement; non repré- 
senté. La partition est dans la bibliothèque de 
l'Opéra. — 12" Ti/hon et VArirore, ancien opéra 
remis en musique en l'an vi ; la partition n'a pas 
élé achevée. — \3° Ragonde , comédie lyrique 
en trois actes, f.a parlition était finie en l'an vu; 
les riMes étaient co|)iés et distribués, mais la pièce 
n'a pas été représentée. — 14" Pitlujs, pastorale 
Iiéroïque en deux actes. 

CANDEILLE (Améue-Julie). Voyez Si- 
MONS (M"^). 

CANDELERO (. . . .). Dans les mémoires 
de l'Académie royale des sciences de Turin 
(t. XXII, pour les années 1812-1814, p. Ixii), 
un Mémoire de cet auteur, sur la Modulation, 
est cité comme existant en manuscrit. 

CÂNDIDO (Louis), compositeur et virtuose 
sur le violon , vivait à Venise au commencement 
du dix-huitième siècle : on a de lui : Sonate 
pcr caméra, a violino solo con violoncctlo , 
op. 1 ; Venise, 1712. 

CAiVDlO (PiETRo), compositeur, né à Vé- 
rone, y a fait représenter, en is34, l'opéra inti- 
tulé Luigia e lîoberto. Deux ans après il donna 
dans la môme ville la Fidanzata delV isole , 
et en 1837 il Duello. Après un repos de plu- 
sieurs années, Candio a fait représenter sur le 
même théâtre la Spedizione per la luna, 
opéra bouffe, en 1845. 

CAKDOTTI (û. Jean-Bai'tiste), maître 
do cliapelle de l'église collégiale à Cividale, dans 
leFrioul, est né dans cette province. Homme 
instruit dans l'histoire de son art, il a faft beau- 
coup de recherches, particulièrement sur les 
musiciens du Frioul, et je lui suis redevable de 
bonnes notices sur ces artistes. On a de M. Caii- 
dotti un écrit estimable intitulé sul Canto ec- 
desiastico e sulla musica di chiesa, Disscr- 
iazione; Venezia, 1847, in-8°. 

CANELLA (Jérôme), moine de l'ordre des 
Frères prêcheurs, né dans le Piémont, a publié 
à Milan, en 1604, un livre de motets pour la 
fête du Rosaire. 

CANETTI (François), compositeur dra- 
matique, né à Crème, vers le milieu du dix- 
luiitième siècle , a écrit pour le théâtre de Bres- 
cia, en 1784, un opéra bouffe intituler Imagi- 
nario. Il a été nommé depuis lors maitre de 



chapelle de la cathédrale de cette ville, et l'un 
des huit membres de la section musicale de l'Ins- 
titut des sciences, lettres et arts du royaume 
d'Italie. Oncomaait de lui une messe à huit par- 
ties réelles, dans le style du contrepoint fugué, 
qui passe pour un chef-d'œuvre. Canetti vkait 
encore en 18 1 2. 

Un autre compositeur, né à Virence, et 
nommé aussi François Canetti, a fait représente;' 
dans cette ville, en 1830, un opéra intituli; 
Emilia, et en 1843, Francesca di Rimini. 
Saul, oratorio, a été exécuté sous le même 
nom, à Venise en 1846, et à Milan l'année sui- 
vante. 

CAIMGE (Charles DUFRES?^E, sieur DU), 
lié à Amiens le 18 décembre 1610, fit ses étu- 
des chez les jésuites de cette ville. Après les 
avoir achevées, il alla faire son droit à Orléans, 
et lut reçu avocat au parlement de Paris, le II 
aoiit 1C31. Étant retourné à Amiens quelques 
années après, il y épousa la fille d'un trésorier 
de France, et acheta la charge de son beau-père 
en 1645. La peste qui, en 1668, ravageait la ville, 
le força d'en sortir; il vint s'établira Paris, dont 
le séjour convenait aux immenses recherches que 
lui demandaient ses travaux. Il mourut dans 
cette ville, le 23 octobre 1688, âgé de soixante- 
dix-huite ans. Parmi les ouvrages de ce savant 
homme, qui tous prouvent une érudition pro- 
digieuse, on remarque les suivants, dans les- 
quels ou trouve des renseignements précieux 
sur la musique du moyen âge : 1" Glossarium 
ad scriptores medim et infimx latinitatis, Pa- 
ris, 1678, 3 vol. in-fol., dont les bénédictins 
de la congrégation de Saint-Maur ont donné 
une excellente édition en 6 volumes in-fol., Pa- 
ris, 1733-1736. P. Carpentier, l'un d'eux, a publié 
depuis lors un supplément sous ce titre : Glos- 
sarium novmn seu Supplementum ad au- 
ctiorem Glossarii Cangiani editionem ; Paris, 
1766, 4 vol. in-fol. Une nouvelle édition aug- 
mentée et revue avec soin de cet ouvrage a été pu- 
bliée chezM.M. Didotfrères, à Paris (f 840-1850) , 
7 vol.in-4°. Les termes de musique expliqués dans 
ce glossaire, avec des détails très-curieux, sont : 
Accantare, antiphona , antistropha , apertio 
asiatim , ballo, bemollis , bicinium, cabetlum , 
cantata, canticinium, canticum, cantilcna 
Rolandi , cantilenosus , cantores, caniorium , 
cantus ecclesiasticvs , capitula, clavis,cor- 
nare, cornicare, decentum, discantus , do- 
cticanus , dulciana , evigilans stultum, faha- 
rius, faussetus , firmare , fiscula , fisicolus , 
frigdora, imponere, infantes, jubilxus, leu- 
dus, mellificare, melodi , melodiare, mclo- 
dima, melodus , modulizarc , modus,notw, 



t74 



CANGE — CANNABICH 



odarlum, offertorium, imraphonistx, pari- 
tMnus, p7ieuma,sincinniu)n,superaeutx, trac- 
tïni, tractus, tricinium,vocaUs, usus. Les termes 
de iDusique instrumentale sont : Acctabulum, 
xtenervum , batallum , batiUus , baudosa , 
biirda yCalamella , calamizare, cascaviellus, 
ceromella, chrotta, citola, clangorium, claro- 
sus, clario, dassicum, claxendix, cloca, cornu, 
corrigiuncula, cymbalum, filosa, flauta, lun- 
dis, magadium, monochordutn, musa, muta, 
nablizare, nacara, organum, pandurizare, 
pifferus , pledrum, psalterium, pulsare, ri- 
gabellum, roda, sambuca , signum, skella, 
sdva, symphonia, tinniolum, iintinnabulum, 
iintinnum, tonabulum, turturi, tympanuni, 
tijmpanistra , vitula, voddudus. Voy. aussi 
Glossarium ad scriptores viedix et infimx 
grsedtatis; Paris, 1688, 2 vol. infol. 

CANGIOSI (Antoine), né à Milan, dans la 
seconde moitié du seizième siècle, est connu 
par un recueil de motets qui a pour titre : 
Mdodia sacra a 4 e 5 voci. Milan , Melch. 
Tradili, 1612, ia-4o. 

CAMS (Corneille), compositeur belj;e, dont 
le nom flamand était do Hondt, naquit à An- 
vers dans la seconde moitié du quinzième siècle. 
]| fut attaché à l'église Noire-Dame de cette ville, 
en qualité de cliapelain-chantre. Ses composi- 
tions sont répandues dans les collections pu- 
bliées à Lou vain et à Anvers pendant le cours du 
seizième siècle. On tro'ive surtout de lui des 
canons bien faits dans le cinquième livre de 
Chansons de divers auteurs {houyaln, 1544). 
I5urney a donné une clianson française de Ca- 
nis'dans le troisième volume de son Histoire de 
la musique (p. 300) ; elle commence par ces 
mois : Ta bonne grâce et maintien gracieux. 
Un recueil de motets à cinq voix, de Canis, a 
été publié sous ce titre : Cantiones sacrx seu 
motetta quiuqus vocum; Lovanii, 1544, in-4". 
Le recueil intitulé Concentus octo, sex, quin- 
que et quatuor vocum; omnium jucundis- 
simi, nu3piam antea sic œditi (Augustx 
Vindelicorum, Pliil. Ulill.ard, 1545, petit in-4° 
obi.), contient des pièces de Canis. On trouve 
aussi cinq motets à 4 voix de ce musicien dans la 
collection qui a pour titre : Cantiones sele- 
ctissimx quatuor vocum. Ab eximiis et prx- 
stantissimis Cxsarex Majestatis capellx mu- 
sici-s M. Cornelio Cane. Thoma Crequillone, 
Nicolas Payen et Johanne Lestainier orga- 
nista, compositx, et in comitiis Augustanv 
studio et impensis Sigismundi Salmingcri in 
lucem xditx; ibid., 1548, petit in-4° oW. On 
voit par ce litre que Canis était attaché à la 
chapelle de l'empereur à l'époque où ce recueil 



fut publié. Ce compositeur avait cessé de vivre 
en 1556, lorsque Guichardin écrivait sa descrip- 
tion des Pays-Bas. 

CANISIUS (EIenki), naquit à Nimègue, vers 
le milieu du seizième siècle. Après avoir fait ses 
études à Louvain, il fut appelé à lugolstadt, 
où il enseigna le droit canon (icndautviiigtet un 
ans. Il est mort en 1610. Ses Antiqux Lcdiones 
ont été publiées à Ingolsladt, ICOl à 1608, 7 
vol. iii-4°. Il en a été fait une meilleure édition 
à Amsterdam, sous la rubrique d'Anvers, 1725, 
7 tomes in-fol. On y trouve : Canones diversos 
conciliorum, de Cantu Romano; sous la date 
de 884, de Cantu Gregoriano, t. II, p. 111, et 
p. lt)8, un extrait de Notker : Quid singulx lit 
terx in superscriptione significcnt cantilena, 
etc. 

CANNABICH ( Chrétien ), maître de la 
chapelle de l'électeur de Bavière, naquit à 
Manheim en 1731. Son père, Malliias Canna- 
bich, flûtisle de la cour, lui donna les premiers 
principes de la musique, et le mit ensuite sous 
la direction de Jean Stamitz le père. Lorsqu'il 
eut acquis un beau talent sur le violon, le 
prince Charles Théodore de Bavière l'envoya à 
ses frais en Italie pour y étudier la composi- 
tion : il y reçut des leçons de Jomelfi pendant 
trois ans, et revint à Manheim en 1703. Dix 
ans plus tard il fut nommé chef d'orchestre de 
l'Opéra italien, et fit preuve de beaucoup de ta- 
lent dans cet emploi. En 1778 il alla remplir 
les mêmes fonctions à Munich , où le prince 
transporta sa cour. Ce fut vers ce temps qu'il 
écrivit un opéra intitulé Azacaja, qui fut gravé 
à Manheim en 1778, et un grand nombre de 
ballets qui eurent beaucoup de succès. On 
cite surtout avec éloge celui de la Descente 
d'Hercule aux Enfers , représenté à Cassel , 
dans lequel un quintelto, exécuté par Barth, 
les deux frères MichI, Palsa et Bauukirk, exci- 
tait l'enlhousiasme. On connaît de lui les 
œuvres de musique instrumentale dont les titres 
suivent : l» Six quatuors pour violon, (lùfc, 
alto et basse, œuvre l^r; la Haye, in-fol. — 
2" Trois symphonies à grand orchestre. — 3o Six 
trios pour deux violons et violoncelle, œuvre 3 ; 
Manheim. — 4o Six duos pour flûte et violon, 
œuvre 4; Mardieim, 1707. — 5° Six quatuors 
pour deux violons, alto et basse, œuvre 5; Man- 
heim. — 60 Trois concerti pour violon prin- 
cipal, deux violons, alto et basse. — 7» Six 
symphonies concertantes pour deux flûtes, avec 
deux violons, alto et basse, œuvre 7; Paris 
1769. — 8° Recueil des airs de ballets pour 
deux violons et clavecin; Manheim, 1775; quatre 
parties. Cannabich mourut en 1793 à Francfort- 



CANNABICIl — CAÎ^TEMIR 



175 



sur-le-Mein, ou il était allé voir son lils. ftlo/.art, 
qui estimait les talents de cet artiste , eu pai le 
avec éloge dans ses lettres. 

CAIXNABICH (Charles ), fils du précé- 
dent, naquit à Manheim en 1764. A l'âge de 
quatre ans il commença Tétude du violon et 
du clavecin; dans sa neuvième année il prit 
des leçons de Eck, premier violon de la cour, 
et apprit l'iiarinonie et l'accompagnement sous 
la direction de Graeitz. Très-jeune encore , il 
voyagea avec Auguste Lebrun, virtuose cé- 
lèbre sur le hautbois, et joua avec succès dans 
les principales villes de l'Allemagne. De retour à 
Munich, i! fut placé en 1784 à l'orchestre de la 
cour. L'année suivante, il partit pour l'Italie, afin 
d'y augmenter ses connaissances ; et, lorsqu'il 
revint à Munich, il prit encore des leçons de 
composition de P. Winter. En 1796, il fut appelé 
en qualité de directeur de musique à Francfort- 
sur-le-Mein, et accepta ces fonctions pour quatre 
ans, avec; la permission de son prince, conservant 
néanmoins sa place au service de la cour de Ba- 
vière. Il y épousa la cantatrice Joséphine Woraleck 
en 1798. Deux ans après il fut rappelé à Munich 
pour succéder à sou père dans la place de di- 
recteur des concerts de la cour. Il fit alors re- 
présenter deux opéras, Orphée, et Palmer et 
Amalie, qui eurent du succès : on en a gravé 
les ouvertures et les airs. Ce fut Cannabich qui 
composa les airs de ballets de l'opéra A'Axur. 
En 1805 il fut envoyé par son gouvernement 
à Paris pour y étudier le mode d'enseignement 
du Conservatoire de musique. De retour dans sa 
patrie, il y fut attaqué d'une fièvre nerveuse qui 
le mit au tombeaule ler mars 1806. On agravé les 
ouvrages suivants de sa composition : lo Gedx- 
chtnissfeyer Mozart's in Klavierausziige ,mit 
Mozartz Bruslbilde ;Uàmho\\r^i, 1797.-2° VI 
Deutsche Lieder am Klaviere ; Munich, 1798. 

— 3° XIV Variations pour le clavecin sur 
l'air : A Schûsserl und a lieindl; Munich 1798. 

— 4" Jt Variations pour le clavecin N. 2; 
Munich, 1799. — 5" VI Trios pour deux violons 
et violoncelle, op. 3. — 6o VI Duos pour 
flûte et violon, op. 4. — 7° VI Canzonette a 
3 aivoci, concembalo, op. 5; Munich, 1801. 

— 80 Pot-pourri pour deux violons concer- 
tants, op. ; Leipsick. — 9" Ouverture à 
grand orchestre, op. 7 ; Leipsick. — 10° Grande 
Symphonie, op. 8; Leipsick. — 11° Concerto 
pour violon jjtincipal , op. 9. — 12* VI Can- 
zonette a 3 vooi, op. 10 ; Munich, 1803. 

CANKICCIARl (D. PoMPEo), compositeur, 
de l'école romaine, devint maître de chapelle 
de l'église Sainte-MarieMajeure au mois de 
mars 1709, et mourut au service de cette basili- 



que le 29 décembre 1744. Il légua sa bibliothèque 
musicale aux archives delà chapelle où il avait 
passé la plus grande partie de sa vie. On a de ce 
compositeur des messes et des motets à quatre 
chœurs, qui se trouvaient autrefois à Sainte- 
Marie-Majeure; mais les archives de cette 
église ont été dépouillées de toute la musique 
qui s'y trouvait , comme celles de toutes les 
grandes chapelles musicales de toute l'Italie. 
Ces pertes sont déplorables pour l'histoire de 
l'art. M. l'abbé Santini, de Rome, possède di- 
verses compositions manuscrites de Cannic- 
ciari , particulièrement : 1» Deux messes à 
quatre voix. — 2" Ave Regina cœli , à quatre. 
— 3° Des messes à cinq voix. — 4° Deus fir- 
mavit à trois. — 5° Salva nos à trois. — 
60 Intonuit, à cinq. — 7° Cim] messes à huit 
voix. — 8° Une messe pastorale à huit. — 
90 Une messe à neuf. — loo Terra tremuit. 
l|o Benedictus Dominus à huit. — 12» Deux 
Magnificat à 4, avec orgue. — 13° Une messe à 
10 voix. — Des Répons pour la Noël, et beau- 
coup d'autres pièces. 

Il y a beaucoup d'apparence que ce maître 
est le môme qui a été nommé Cannicciani 
par Gerber ( Neues Lex. der Tonkiinstler ), 
et qu'il dit être auteur d'une messe à seize voix 
en quatre cliœurs , datée de 1679. ( Ne serait-ce 
pas 1697 qu'il faut lire .^) 

CANIXOBIO ( Alexandre ), savant littéra- 
teur italien, né à Vérone vers le milieu du seizième 
siècle, a donné au public une dissertation intitu- 
lée : Bi'eve Trattato sopra le Académie in 
musica; Venise, 1571, in-4o. Hayrn et Fontanini 
font mention , dans leurs Bibliothèques italien- 
nes, d'iMi savant nommé Alexandre Canovio , 
auteur d'un traité de musique spéculative dont 
le manuscrit serait à la bibliothèque de l'Ins- 
titut de Bologne. Il ne serait pas impossible que 
Cannobio et Canovio fussent la même per- 
sonne, et qu'il n'y eât qu'une altération de nom 
dans le dernier, par le changement de b en v, 
dont il y a de nombreux exemples en Italie, et 
surtout à Venise. N'oublions pas cependant que 
les deux auteurs cités disent que Canovio vécut 
au quinzième siècle : s'ils ne se sont pas trompés 
sur l'époque, la conjecture tombe d'elle-même. 

CAKOBIO (Charles), violoniste italien, était 
attaché à l'orchestre de l'Opéra à Saint-Péters- 
bourg, en 1790. On a de sa composition : Six 
Duos pour flûte et violon; Paris, 1780. 

CANÏEMIIl ( DÉMÉTRius ), prince, naquit 
en Moldavie, le 26 octobre 1673. Il fit ses premiè- 
res armes sous la direction de son père, en 16^2 : 
à la mort de celui-ci, il fut nommé par les 
barons de la province pour lui succéder ; mais 



17(5 



CAINTEJMIR — CAAÏU 



celte nomination ne fut point confirmée par la 
l'orte, et il alla vivre à Constantinople. Nommé 
plus tard liospodar de Moldavie , il refusa 
deux fois celte dignité, et ne l'accepta que sur la 
promesse qui lui fut faite qu'il serait affranchi 
de toute espèce de tribut, pendant qu'il gouver- 
nerait celte province. Trompé dans^son attente, 
il traita avec Pierre le Grand, et il fut convenu 
entre eux que la Moldavie serait érij^ée en princi- 
pauté héréditaire , et que Démeti ius Canlemir 
joindrait ses troupes à celles de l'empereur. Ce 
traité ne put être exécuté à cause de la trahison 
des Moldaves ; Démétrius fut obligé de s'enfuir, 
et de se réfugier dans le camp de son allie. 
Pierre créa Cantemir prince de l'empire russe, 
et lui donna de grands établissements en 
Ukraine. Il mourut dans ses terres, le 21 août 
1723. Cantemir pariait le turc, le persan, l'arabe, 
le grec, le latin, l'italien, le rusje, le moldave, 
et entendait fort bien le grec ancien, l'esclavon 
et le français. Il était versé dans les sciences, et 
particulièrement dans la musique. Dans son 
Histoire de V agrandissement et de la déca- 
dence de l'empire ottoman, traduit en français 
[lar Jonquières, d'après une version anglaise 
( Paris, 1743, in-4o ), Démétriiis dit qu'il a in- 
troduit l'art de noter la musique chez les Turcs 
de Constantinople. Suivant Toderini , Cantemir, 
à Ja demande de deux ministres puissants , écri- 
vit en turc un traité de musique, et le dédia au 
sultan Achmed II. Villoteau afiirme, dans ses 
Mémoires sur la musique des Orientaux, que les 
signes dont parle Cantemir sont aujourd'hui ab- 
solument inconnus aux Turcs. On a aussi de ce 
prince Introduction à la musique turque, 
en moldave; manuscrit in-8o, qui se trouve à 
Âsirakan 

CANTHAL { AoGUSTE), nùtiste, né à Lu- 
heck, était attaché au théàtie de Hambourg en 
1832. En 1847 il fit un voyage à Copenhague et 
s'y lit entendre avec succès : le roi de Dane- 
mark lui fit don d'une médaille d'or. Ar- 
rivé à Leipsick dans l'année suivante , il y ob- 
tint la place de directeur du cor(>s de musicpie 
de la garde nationale. On connaît de cet artiste 
<|uelques compositions pour son instrument et 
<les danses pour le piano. 

CAMTIIVO (Paul ), organiste de l'église 
Saint-André à Mantoue, vécut dans la seconde 
moitié du seizième siècle. On a imprimé de sa 
composition Madrigali a cinque voci , Ubro 
primo; in Venezia, pressa Giacomo Vincenli e 
Ricciardo Amadino, 1585, in-qo obi. 

CAiXTONE (Le P. Sérapuin) ou CANTONl, 
né dans le Milanais, fut moine de Alont-Cassin 
au monastère de Saint-Simplicicn, vers la (in du 



seizième siècle, et ensuite organiste de l'église 
cathédrale de Milan. 11 a publié les ouvrages sui- 
vants, de sa com[)osition : l" Canzonette a tre; 
Milan, 1588. — 2° Canzonetfc a quattro voci; 
ibid., 1599. — 'â° Sacrx cantiones S vocum in 
pariilura; ibid., 1599. — 4° Vespri a vcrselti, e 
falsibordoni a cinque voci; ibid., 1602. — 5° / 
Passi, le Lameniazioni , e altre cose per la 
Settimana sanla a cinque; Milan, l(j03. — 
6" Bloleiti a cinque, lib. l,con partitura;\e- 
nise, 15'J6 — 1" iMotetti a 5, lib. 2, conparli- 
tura; Milan, 1C05. — 8" Motetti a 2, 3, 4, 5, 
lib. 4, col basso continuo ; Venise, 1C25. — 9" 
Messa, Salmi e Lelanie a 5 voci ; Venise, 1 G2 1 . 
— 10° Académie festevole concertale a sei 
voci coUbasso continuo , opéra di spirituale 
recreazione., ornuta de' mifjliori ritralti de 
più famosi niusici di tuila l'Europa, con 
r andante ait' Inferno ed al Paradiso, con- 
cerli di varii instrumcnti , ed un piacevole 
giuocco d'uccelli; Milano, Giorgio Rolla, iC37. 
Ouvrage singulier, où il y a plus de mauvais 
goût que d'originalité réelle. Le V. Cantone fut 
un des premiers compositeurs qui iniroduisirent 
dans la musique religieuse un style concerté rem- 
pli detrails de vocalisation plus convenables pour 
le théâtre que pour l'église. Codenchalz a Inséré 
dans ses Florilegii Porfensis un motet à huit 
voix, de !a composition de Cantone. 

CANTONE (GiROLAMo), mineur conven- 
tuel, maître des novices, et vicaire au couvent 
des Cordeliers de Turin, vers le milieu du dix- 
septième siècle, a publié : Armonia Grcgoriana, 
Turin, 1G78, in-4°. C"est un traité de plain-chant 
de peu de valeur. 

CANTU (Jf.an), chanteur qui dès sa jeu- 
nesse annonçait un talent remarquable, mais 
que la mort moissonna avant qu'il eût atteint 
l'âge de vingt-quatre ans, le 9 mai 1822. Fils 
d'im ténor médiocre (Antoine Cantù), qui chan- 
tait encore au théâtre Carcano de IMilaiien ISic, 
et qui depuis fut attaché à la chapelle de la Ca- 
thédrale de IJergame et mourut en 1841, Cantii, 
né à Milan, en 1799, eut pour maître de chant 
Gentili, et lit sous sa direction d'étonnants pro- 
grès. Doué d'une voix étendue , pénétrante et 
d'un beau timbre, d'une taille avantageuse , et 
d'une figure intéressante et expressive, il ne lui 
manquait rien pour obtenir de beaux succès ; la 
légèreté de la vocalisation, le goût, et une pro- 
nonciation pure et correcte, étaient les carac- 
tères distinclifsde son talent. Après avoir débuté 
avec succès à Florence, il fut engagé pour l'O- 
péra-Italien de Dresde, où il excita l'enthou- 
siasme du jmblic ; il ne vécut point assez pour 
réaliser les espérances qu'il avait données. 



CAJNTU — CAPECE 



1T7 



Jacques Caiili'i, frère de Jean, était composi- 
teur (le musique d'église à Bergaine eu 1840. 
Du autre musicien de ce nom est professeur de 
uiiisi(iue a l'institut des Aveugles de Milan. 

CAi\l]Ti (I'uiuppe), avocat à Reggio, né 
ù Bologne, vers 1790, est auteur d'un écrit in- 
titulé : Vita di Slanislao Mailei, scriila da 
FiUppo Cunuti, avcocuio, aW Academia Fi- 
laiinoiiica di Bologna dedicala ; Bologna, 1 829, 
iii-8" de 35 pages, avec le portrait de Mattei. 11 
a paru à l'occasion de cette notice biographique 
:iu examen critique qui a pour titre : Osserva- 
zioni sulla vita dcl P. Maliei, scritta da Fi- 
Uppo Canuti, aie, Reggio, 1830, in-8". 

CAINUTIO (FiEivKËDE) ouCANUZlO, sur- 
noauné Polenliuus , parce qu'il était né à l'o- 
tonza, dans le royaume de Naples, fut mineur 
conventuel an commencement du seizième siècle. 
Aiigelo de Piccitone le cite {Fior angcUco di 
inuslca , lib. J, cap. 34) comme auteur d'un 
traité de musique intitulé : Regulx jlornm 
musical. Tevo {Musico Testore , p. iiô) en 
parle aussi, mais d'après Angelo de Piccitone, et 
n'en rapjiorle qu'une courte citation. Le P. Marliui 
dit que cet ouvrage a cté imprimé à Florence en 
! jOI ; ForKel fixe la date de l'impression à lôlO : 
il ne s'est pas trompé, car un c\emplaira de ce 
volume rarissime se trouve dans la bibliollièque 
royale île Cerlin , et porte en ellet cette date. Eu 
voici le titre exact : Rerjule florum musices 
édite per venerandum pair, fratciii (sic) Pc- 
trum de Canuiiis Potcnlimun ordinis Minorum 
collecte eavisceribus inuslconim doc forum co 
maxime Severini Doetii, Guidoiits, Pilacjora, 
Aristosenis (sic), Mtri Remigii, Fratris Bona- 
rcnture deBriscia , Tintoris et nonnullorum 
aliorum quorum nomina breviiatis causa non 
citamus. Florentie per Bernardum Zucchel- 
txmi, 1510, in-4°. Possevin [Bibliolh. sélect.) cite 
le nom d'un musicien appelé Petnis de Canuc- 
cùs; il y a lieu de croire que c'est le môme que 
Canutio on Canuzio. Le. ^. Martini l'appelle Can- 
nutiis, et il a été copié par Gerber dans son an- 
cien Lexique. Ce nom a été défiguré par Cboron 
et Fayolle en celui de Canuntiis, dans leur Dic- 
tionuaire des musiciens. 

CANZI (Catuei!Ine), première cantatrice de 
la cour de Wiirtemberg , n'est pas d'origine 
iLaiicnne comme l'ont cru quelques biographes^, 
car elle est lille d'une dame hongroise qui épousa 
en secondes noces le baron de Zinnico, major au 
service d'Autriche , grand amateur de musique 
à Vienne. Elle naquit en 1805, à Bade, près de 
celle ville. Après avoir fait l'étude de la musique 
sous des maîtres inconnus, elle devint élève de 
Salieri en 1819 ; et, après avoir pris des leçons de 
{locif. ij>iv. u;.s 3iu,ici[:.NS. — t. m. 



ce maître pendant deux ans, elle débuta dans les 
concerts de la cour en 1821. Dans la même an- 
née, elle joua au théâtre de la cour impériale ate*. 
succès dans quelques opéras de Rossini ; puis elle 
fit un voyage en Allemagne et se fit entendre à 
Prague, Berlin, Dresde, Leipsick, Cassel, Franc- 
fort et Darmstadt. En 1822, elle se rendit à Mi- 
lan et perfectionna son talent sous la direction 
de Danderali. Elle chanta an théâtre de laScala 
pendant le carnaval de 1823, puis obtint des 
succès à Florence, à Parme, à Tiuin , à Modène 
et i'i Bologne. De retour en Allemagne dans l'an- 
née 1825, elle fut engagée au théâtre de Leip- 
sick, puis se rendit à Londres et de là à Paris , 
où elle joua en 182C, sans y produire beaucoup 
de sensation. Elle n'y resta qu'une saison. Dans 
l'année suivante elle fut engagée à Stuttgard, oii 
elle a chanté pendant dix ans environ. En 1830, 
elle y épousa Walibach, régisseur du théâtre 
royal. Elle s'est retirée de la scène avec une 
pension accordée par le roi de Wurtemberg. 

CAPALTI (François), né à Fossombrone , 
dans l'État de l'Église, maître de chapelle de la 
cathédrale de Nami, a publie un traité du con- 
trepoint sous ce titre : il Contrappuntista pra- 
tico, cssia Dimostrazioni faite sopra V es- 
perimenio; Terni, per Antonio Saluzzi, 1788, 
in-S" de 232 pages. 

CAPECE (Alexandre), compositeur, né à 
Terano,dans l'Abbruzze, vers la seconde moi- 
tié du seizième siècle, fut attaché au service du 
cardinal Majolatti comme maîtrede chapellede la 
cathédrale de Ferrare. Les compositions de ce maî- 
tre venues à ma connaissance sont : r Motetli a 
2, 3 e 4 voci, lihro primo; in Roma, Bart. Zanetti, 
16tl. — 2° Mofetticoncertali 02,3, 4,5, f., 7 e 
8 voci, libro seconda ^Wonva, Gio. Battista Ro- 
bletti, 1613 — 3" Il Primo Libro de'Madrigali a 
quatlro, cinque e oito voci, opéra quinta; in 
Rou)a,appressoGio. Bat.Robletti, 161C, in-4". — 
k" Oito Magni/icat sopra li tuoni deW Ecclesia, 
o|>. 4 ; Venise, 1616, in-4o. — h° Sacri concerli 
d'un vago e nuoro stile a 2, 3 e 4 voci, op. lO. 
Cet ouvrage est indiqué par le catalogue de la bi- 
bliothèipie musicale du roi de Poilugal, Jean W. 
— GO Mafutino del Natale a 2, 3, 4, 5, 6 e 8 
t>od; Venise, 1623. — 7° Madrigoli a quattro, 
cinque, sei e otlo voci, libro secondo ; Venise, 
1617. — 8° Il Terzo Libro de'Madrigali a cin- 
que voci, op. 13; in Roma, app. Gio. Batt, Ro- 
bletli, 1625. — 9° Motetti a 2, 3 e i voci, lib. 
3; Venise, f?art. Magni, 1632. C'est une réim- 
pression. Il est vraisemblable que l'auteur d'un 
œuvre intitulé Otto Magnilicat a 4 voci, op. 4, 
Rome, Bart. Zanelli, 1016, dont le nom est écrit 
' Alessandro Capiccio, est le même cpie Coprn:e. 

12 



178 



CAPECE — CAPELLO 



Il triait alors maître Je chapelle de la calliéilrale 
(le Rieti. 

CAPECELATRO (VmcENZo), composi- 
teur napolitain, ancien élève du Conservatoire de 
San Pieiro a Majclla , à Naples, s'est essayé 
sur la scène,sans snccès,par un opéra représenté en 
1837, au (liéàtre du fontZo, sur tm libretlo pris 
dans le sujet de la Mansarde des artistes , 
vaudeville français. En 184 5, cet artiste a donné 
au même théâtre Moricdo , opéra semi-seria, 
qui ne fut pas plus heureux. On a imprimé quel- 
ques morceaux de ce dernier ouvrage avec piano, 
à Milan , chez Ricordi. iVl. Capecelatro a passé 
quelques années à Paris comme professeur de 
chant ; il y a publié un joli recueil de romances 
et de nocturnes, sous le titre de VÉcho de Sor- 
rente. On connaît aussi de lui quelques mor- 
ceaux pour le piano, publiés à Milan , chez Ri- 
cordi. 

CAPELLA (Mautianus-Minf.us-Fklix), né à 
Madaure en Afrique, selon Cassiodore ; mais 
lui-même se nomme nourrisson d'ÉUce, vilie de 
l'Afrique propre, sur l'emplacement de Fancienne 
Cartilage. On ignore l'époque précise oii il vécut: 
quelques auteurs la fixent vers l'an 475; d'autres 
l'ont reculée jusqu'au milieu du troisième siècle. 
Capella est l'auteur d'une espèce d'Encyclopédie, 
latine, intitidée Satijricon, et divisée en neuf 
livres, dont les deux preuuers, qui servent d'in- 
troduction aux autres, couliennent une sorie de 
roman allégorique, intitulé des Noces de la 
Pliilologie et de Mercure. Les sept autres 
livres traitent des arts libéraux, c'est-à-dire de 
la grammaire, la dialectique, la géométrie, l'arilh- 
métiqne et l'astronomie. Le neuvième livre a 
pour objet la musique ; ce n'est qu'im extrait 
de l'ouvrage d'Aristide Quintillien, écrit d'un 
style obscur et barbare. La première édition 
de cet ouvrage a paru à Vicence en 1499 , in- 
foi. Gerber (Neues historisch-biograph. F.exik.) 
assure qu'il y en a une édition antérieure , im- 
primée à Parme en 1494, in-fol. ; mais celle-ci 
paraît supposée. D'autres éditions ont paru à 
Modène,en 1500, Bâle, 1532, Lyon, 1539 avec 
des notes, et Bâle, 1577, avec des scolies et des 
variantes publiées par Vulcanius. Une autre édi- 
tion meilleure a été publiée par Grotius, qui n'a- 
vaitque quinze ans lorsqu'elle parut. Elle est inti- 
tulée : Martiani Minci FelicisCapellx, Car Iha- 
ginensis, viri proconsularis Satyricon, in qua 
de Niiptiis Philologix et Mercurii libri duo, 
et de septem artibus liberalibus singulares 
omnes et emendati ac notis sive februis llug. 
Grotii illustrati, Leyde, 1599, in-8°. De toutes 
les éditions , la meilleure est celle que Frédéric 
Kopp a donnée, avec un commentaire perpétuel. 



sous ce titre : Martiani Minci Felicis Capel- 
las ,. Afri. Carth., de Nuptiis Philologix et 
Mercurii, et de Septem Artibus liberalibus 
libri novem, ad codicum Mss. fidera cum ïio- 
tis variorum;Tianco{aTt\, 183G, gr. in-4o.Mei- 
bomius a inséré le neuvième livre du Satijricon 
dans sa collection d'auteurs grecs sur la musique, 
Amsterdam, 1052, 2 vol. iu-4o , et l'a accompa- 
gné dénotes. Rémi à^Aiwerre {Remigius Alti- 
siodorensis) a donné sur le traité de musi(|ue de 
Capella un commentaire que l'abbé Gerbert a 
inséré dans sa collection des écrivains ecclésias- 
tiques sur la musicpie, tomeP"", pages 63-94. 

CAPELLETTI (Chaules), compositeur 
bolonais , élève de Mattci et membre de l'acadé- 
mie des philharmoniques, s'est fait connaître par 
les opéras dont les titres sont : 1° La Conles- 
smo, représenté à Cologne en 1830. — 2° L' A- 
mor mulinaro , à Ferrare en 1837. — 3" Il 
Sinda?o burlato, à Bologne en 1844. 

CAPELLS ( L'abbé Jfan-Marie ) , ou CA- 
PELLO, né à Parme , chanoine de la catliéilrale 
de cette ville, vers la (in du dix-septième siècle, 
fut compositeur de la cour de Parme et mourut 
en 1728. 11 a bçaucoup écrit pour le théâtre, et a 
donné à Venise : X" Rosalinda , on 1092 (au 
théâtres. Angelo) ; cet ouvrage fut joué à Ro- 
vigo, en 1717, sous le titre de Erginia Maschc- 
rata. — 2" Giulio Flavio Crispo, en 1 7 22, et Mi- 
tridate, re di Ponto, en 1723. On connaît aussi 
de lui la Griselda et Climene. 

Un autre compositeur nommé Capelli s'est 
fait connaître, vers la fin du dix-huitième siècle, 
par quelques opéras parmi lesquels on remarque 
celui (VAchille in Sciro. 11 a écrit aussi le 
1 IC"* Psaume à quatre voix, et quelques ariettes 
et canlatfcs italiennes. 

CAPËLLO (Jean-Marie) , compositeur, né 
à Venise vers la fin du seizième siècle, fut orga- 
niste de l'église délie Gratieh Brcscia ; il a com- 
posé treize livres de messes et de psaumes ; le 
neuvième a i)iiru à Venise en 1616. 

CAPELLO (Le P. Jean-François), né à Ve- 
nise dans la seconde moitié du seizième siècle, fut 
moine d'une congrégation particulièredeserivVci, 
dans celte ville. On connaît de lui les ouvrages 
intitulés : 1" Sacrorum concentuum 1 et 2 voc. 
cum Motettis ac Litaniis B. M. V. op. l ; Ve- 
nise , Richard Amailino, 1610, in-4° — 2° La- 
vieniazioni , Benedictus e Miserere per la 
settimana santa, « 5 voci, op. 3;ibid., 1012. — 
3' Motelti in dialogo al, 3 e 4 voci, op. 5; 
Venise, Jacques Vincenli, 1613, in-4°.— 4" Mo- 
telti e Dialoghi a einque, sei, sette e otto voci., 
con sinfonie , ritornelli , eduna Missa in fine; 
il tutto variatamente concertato co-. *wci ed 



CAPELLO — CAPPA 



17!) 



isirouinili. In Venczia , cipprcsso Giacomo 
Vincend, 1613, in-4''. On trouve des iiiotcls de 
J. Fr. Capellodans le Promptuarium musicmn 
de Doniriil. ( Voij-Ca nom.) 

CAPlîLLLO ( Le P. BARTaoLOMÉ), né à Na- 
ples au commencement du dix-septième siècle, 
lut mineur conventuel ou grand cordelier au 
couvent de cette ville. 11 s'est fait connaître par j 
un œuvre qui porte le titre singulier de Sacra 
animonim phannaca, quinque vocibits ; Na- 
|iles, César Liccioli, 1650 , in^". Ces Remèdes 
sacres des âmes sont des motets. 

CAPILUPI (Geminiaino), compositeur, né 
à Modène vers 1560, fut élève d'Horace Vecclii. 
Tiraboschi, d'après la chronique de Spaccini, rap- 
porte (Blbliot. Modenese, t. VI , p. 580) que 
Capihipi se montra ingrat envers son maître, en 
lui faisant ôter par ses intrigues la place de maître 
de diapclle de la catliédrale de Modène, en 1604 
( roij. Vecclii), pour se la fairedonner, et qu'en ef- 
fetil lui succédaalors en cette qualité! Il mourut 
à Modène, le 31 août 1616. On connaît de lui : 
!° Moteifi a Ci e 8 -voci , llbro primo , Venise , 
Jacques Vincenti, 1603, in-4". Bodencliatz {voij. 
ce nom) a tiré de ce recueil deux motets à 8 voix 
pour les placer dans ses Florllegii Portensis. — 
1° Madrirjali a chique voci, llbro 1° et T ; Ve- 
nez,ia, Ang.Gardano, lC0S,in-4°. On trouve.aussi 
dans la bibliothèque de Liegnitz : Canzonette a 
3 voci , dï Iloratio Vecchi et di Gemignano 
Capilupl da Madona [sicj, novamenle poste 
in l.uce;Noribergse, excud. Paul Kaufmann, 
1597, in-4». Il y a 34 morceauxdans ce recueil. 

CAPOAIXI (Jean-François), compositeur 
né à Bari, vivait eu 1550. On trouve quelques- 
unes de ses compositions dans le premier livre 
de la collection des auteurs de Bari publiée par 
Antiquis, à Venise, en 1585. 

CAPOCCI (Alexandre), composileur de 
l'école romaine au commencement du dix- 
septième siècle, est connu par un ouvrage qui a 
pour litre : Matutino del santo ISalalc^ a I, 2, 
3, 4, 6 e8voci,conil bassopjerVorgano. Rome, 
1623. 

CAPOCI (Salvator), compositeur, n'est con- 
nu que par l'opéra Amalia di Viscardo, qui fut 
joué à Rome en 1842. 

CAPOCIIXI ou CAPOCINO (Alexandre), 
né dans la province de Spolète , vécut à Rome 
vers 1624. Jacobelli cite dans sa Bibliotheca 
Umbrixun traité de Musica, en cinq livres, de 
cet auteur peu connu. 

CAPOLLIIVI (MicnEL-ANGE), compositeur 
italien, au commencement du dix-septième siècle, 
a fait exécuter à Mantouc un oratorio de sa 
composition, intitulé Lamenta di Maria Ver- 



fjine , accompagnato délie Laxjrimc di sauta 
3faria Maddutena e di S. Giovanni per la 
morte dîGiesù Chr isto,rapp resent ato in ?»,it 
sica in stile rccitafivo nella chiesa de' Saiili 
Innocenti di Mantua, 1627. 

CAPORALE (André;, violoncelliste, a 
eu de la renommée en Angleterre, vers le \n\- 
lieu du dix-huitième siècle. 11 était né en Italie, 
mais on ignore en quel lieu et en quel temps 
précis. Il arriva à Londres en 1735, s'y fixa, 
et devint l'artiste en vogue pour son instrument. 
11 ne possédait pas de grandes connaissances 
dans la musique, et son jeu laissait désirer plus 
de brillant et de fermeté dans l'exécution des 
passages difficiles; mais il tirait un beau son de 
son instrument, et il avait du goût et de l'ex- 
pression. Eu 1740 il était attaché à l'Opt'ra Ita- 
lien, dirigé par Haendel. Il vivait encore en 1749. 
Au delà de celte époque on ne trouve plus de 
renseignements sur lui. Cervetto (V. ce nom) 
fut le rival deCaporale. 

CAPOUITI (François), maître de chapelle 
de la cathédrale de Ferrno ( dans les États de l'É- ^ 
glise), vécut au milieu du dix-septième siècle. 
On a imprimé de sa composition : Motetorum 
quinque vocum liber primus; Ancone, 1651, 
in-4». 

CAPOSÈLE (Le père Horace), frère mi- 
neur, né dans le royaume de Naples, a fait im- 
primer un livre intitulé Pratica del canto 
piano canto fermo ; Naples, 1625, in-fol. Ce 
traité du plain-chant est fort rare. 

CAPOTORTI (Louis), compositeur napo- 
litain, vécut dans les dernières années du dix- 
huitième siècle et au commencement du dix-neu- 
vième. Il avait fait ses études musicales au Conser- 
vatoire de S. Onofrio. A peine soiti de cette écd^g, 
il écrivit pour le théâtre Nuovo une farce intitu- 
lée gli Sposi in risse; piu's il fit exécuter au 
Fondo l'oratorio le Piaghe di Egitlo. Eh 1802 
il donna au théâtre des Fiorenlini l'Jmpegno su- 
peraio. L'année suivante i! écrivit pour le théâ- 
tre Saint-Charles V Obedde ed Alamaro, et en 
1805, pour le môme théâtre, il Ciro, puis Enea 
in Cartarjine. Plus lard ii donna au petit théâtre 
des Fiorentini : Brefilsordo, qui fut aussi joué 
à Rome, et fit représenter à Saint-Charles en 
1813, pour le jour de fête de Napoléon, Marco 
Curzio. Ses derniers ouvrages furent le petit 
drame Ernesta e Cavlino , joué au Ihéàtre des 
Fiorentini en 1815, et une grande cantate sur la 
poésie du chevalier Ricci, qui fut exécutée au 
théâtre Saiut-Charies. On connaît aussi en ma- 
nuscrit plusieurs messes et psaumes de Capo- 
torti. 

CAPPA (Gio'rREDo),un des bons élèves de 

12. 



180 



CAPPA — CAPRON 



Nicolas Amati, s'établit dans le Piémont et y fonda 
l'École (le la lutherie de Salu^zio ou Saluées , où 
demeurait le souverain, dans la dernière partie 
du dix-septième siècle. Plus tard, Cappa s'établit 
à Turin, où il travaillait encore en 1 7 1 2 ; car il y 
a des instruments de lui qui portent celte date. 
Ses basses sont estimées. 

CAPPEVAL (CAUX DE). Voij.Cxvx. 

CAPPOKI (GiovANNi-ANCiiLo), compositeur 
de l'école romaine, vivait vers le milieu du dix- 
.septième siècle. Il a fait imprimer en 1650 un 
recueil de messes et de psaumes à huit voix, avec 
un Miserere à neuf. On connaît aussi de lui des 
psaumes et des litanies à cinq, publiés à Rome 
en 1654. L'abbé Baini, cite dans ses Mémoires 
surlavie et les ouvrages de Palestrina (nie 315) 
ime messe sur les notes ut, re, mi, fa, sol, la, 
de Capponi, laquelle se trouve en manuscrit dans 
les archives de la chapelle Sixtine. Kirclier, qui 
donne à Capponi la qualité de chevalier {Musurg. 
t. I, p. 611 ), a rapporté de lui un fragment d'un 
Cantabo Domino à 4 voix de soprano, assez 
bien écrit. 

Un autre compositeur nommé Capponi a 
Técu vers la fin tiu seizième siècle. Il paraît 
qu'il était au service du duc de Savoie, car il a 
écrit la musi(pie du Triomphe de Neptune, 
.«sorte de cantate, pour une fùle navale que ce 
prince donna à Mille Fonti. 

<]ArPUS ( Jf.anBaptiste), né à Dijon vers 
le commencement du di\-huitième siècle, fut 
pensionnaire de cette ville pour la musique , el 
maître ordinaire de l'aciuiémie. On a de lui les 
ouvrages suivants : 1° Premier Livre de pièces 
de viole et de basse continue; Paris, Doyvin, 
1730, in-4° obi. —2° Premier Recueil d'airs 
sérieux et à boire; Paris, i732, in-4°.— 3° Se- 
cond Recueil, id.; Paris, 1732, in-4°. — 4» 
Sémélé,ou la Naissance de Bacchus, cantate 
à voix seule, avec symphonie; Paris, 1732, 
in-fol. — 5° Second Livre de pièces de viole; 
Paris, 1736, 10-4°. Ce musicien a écrit aussi 
les Plaisirs de l'hiver, divertissement en un 
acte, représenté devant la reine, au château 
de Versailles, le 13 novembre 1730. Enfin Cap- 
pus est auteur d'une Petite Méthode de musi- 
que; Paris, 1747, in-4° obi. 

CAPRAMCA (CÉSAR ), professeur de mu- 
sique à Rome, vers la fin du seizième siècle, a 
écrit et publié un petit traité de musique sous 
ce titre : Brevis et accurata totius viusicœ 
notifia; Rome, i591,in-4°. Cet opuscule a été 
réimprimé à Palerme en 1702, par les soins de 
Vinccnzo Navarra, prêtre bénéficié de la (allié- 
drale, avec quelques corrections de l'éditeur. 
C'est un ouvrage de peu de valeur. 



CAPRANICA (.\Utteo), compositeur ila- 
lien , né à Rome , a écrit plusieurs opéras au 
nombre desquels on remarque Aristodemo, joué 
au théâtre Argentina, vers 174e. Reichardt a cilé 
un Salve Regina pour voix de soprano, avec 
accompagnement d'instruments à cordes, com- 
posé par ce maître. Ce fut Capranicaqui termina 
l'opéra de Léo, la Finta Frascatana, parce 
que l'illustre maître fut frappé d'apoplexie en 
écrivant cet ouvrage. 

CAPRANICA (Rosa), cantatrice italienne, 
élève de la célèbre Mingotti , était engagée à la 
cour de Bavière en 1770. Suivant l'abbé Bertini 
{Dizzion. stor.crit. degli scrittori di musica), 
elle était de la même famille que les précédents. 
Sa voix était fort belle, et son chant gracieux : 
elle eut des succès non-seulement à Munich , 
mais aussi en Italie et particulièrement à Rome. 
Elle épousa le violoniste Lops , élève de ïartini , 
musicien de la cour de Bavière, et se rendit en 
Italie avec lui, en 1792. 

CAPRICORMUS (Samuel). Voyez Boks- 
noRN. 

CAPRIOLI (Antoine), en latin Capreolus , 
musicien né à Brescia , vécut dans la seconde 
moitié du quinzième siècle et au commencement 
du seizième. On trouve des pièces de sa com- 
position dans le recueil rarissime imprimé par 
Octave Petrucci de Fossombrone , à Venise, en 
1.504, sous le titre de Canti cento cinquanfa. 
Caprioli fut aussi l'im des auteurs de ces pièces 
si originales et si intéressantes connues sous le 
nojndeF/-o<<oZe,lesquelles, par leur style libreau- 
tant qu'élégant, semblent avoir été une protesta- 
tion des artistes italiens contre les formes sévères 
introduites dans leur patrie par les musiciens bel- 
ges. On en trouve onze de sa composition dans le 
quatrième livre publié par le même éditeur, sons 
le titre de Strambotti , ode, frottole , so- 
netti , et modo di canlar versi latini e copi- 
tuli (sans nom de lieu, d'imprimeur et sans 
date). Quelques pièces du môme se trouvent 
aussi dans les livres 7^ et 8® des collections de 
Frottole imprimées par le même Petrucci. 

CAPRIOLI, ou CAPRIOLO (Jean-Paul), 
chanoine régulier de Saint-Sauveur à Modèiie, 
au commencement du dix-septième siècle, s'est 
fait connaître comme compositeur par quelques 
œuvres pour là chambre et l'église, parmi les- 
quelles on remarque : 1° Canzonette a trevoci, 
libro primo; \enhe, Jacques Vincenti, 1602, 
in-4''. — 2° Sacrx cantiones l et 2 voc; Mu- 
tinfie, apud Julian. Cassianum, 1618. 

CAPRON (. . .), habile violoniste et l'un 
des meilleurs élèves de Gaviniés, débuta an Con- 
cert spirituel en 1768. Il publia, en 1769, six so- 



CAPRON — CAKADOl\I-ALLAN 



nates pour le violon, op. 1 , et l'année siiivanlesix 
i|uatuors, op. 'î. Capron avait épousé en .secret 
la nièce (le Piron, qui, devenu aveugle, feignit 
(le n'en rien savoir; mais il disait quelquelois : 
Je rirai bien après ma mort : ma bonne Na- 
nelie a le paquet. En effet, lorsqu'on fit l'ou- 
verture du testament qu'il avait fait, on trouva 
ces mots : Je laisse à Nanette, femme de Ca- 
pron, musicien, etc. 

CAPSBERGER. Voy. Kapsberger. 

CAPUAIVA (Le docteur Mario), composi- 
teur et maître de cliai)eile du sénat et de la ca- 
thédrale de iN'o/o, en Sicile, vers le milieu du 
dix-septième siècle. On connaît sous ce nom : 
1" Motetti a 2, 3, 4 e 5 voci,Q^. 3; Venise, 
1C49, in-4 . — 2° Messa de' De fond, a 4 voci; 
Veni.se, Al. Vincent! , 1630, in-4°. 

CAPCA3JI (Le P. Baptiste), né à Correggio 
vers 1540, et mineur conventuel au couvent de 
cette ville, fut visiteur apostoliiiue des religieuses 
de I-'rance, théologien distingué et prédicateur. 
Le P. Capuani a travaillé à la réformation du 
chant pour les couvents de son ordre, et a laissé 
on manuscrit dans celuide Correggio : \'j Introit. 
Propr. de lempore, in-(ol., daté du 29 juillet 
1582. — 2" Iniroit. Commun. Sanciorum , 
et Propr. Sanciorum , in-fol. — 3° Plusieurs 
messes entières, gr. in-fol. daté du 10 août 
15S2 ; — 4° Antifone de' Santi propr ii, in-fol., 
15 août 1583. — 3° Antiphonx Sanciorum et 
de Communi. Le P. Capuani était lié d'amitié 
avec le P. Jérôme Diruta , avec qui il vécut au 
couvent de Correggio. (Voy. Diruta). 

CAPUTI (Antoine), compositeur italien qui 
vivait en 1734, s'était fixé en Allemagne, et y a 
fiiit représenter un opéra de Didone abbando- 
nalo. On connaît aussi un concerto de llùte de 
sa composiliou , en manuscrit. 

CAPUZZÎ (Joseph-Antoine), maître de vio- 
lon à l'institut musical de Bergame, et directeur 
de l'orchestre de Sainte-Marie-Majeure, naquit à 
lîrescia en 1740, et non à Venise, comme on le 
dit dans le Dictionnaire des musiciens de 
1810, d'après l' Indice de' tealri spellacoli, de 
1787-1788. M. Cafli assure cependant que Ca- 
piizzi était né à Bergame. 11 eut pour maître de 
violon Na*ari , un des meilleurs élèves de Tar- 
lini, et reçut des leçons de composition de Fer- 
dinand Bertoni , à Venise. En 1796 il lit un 
voyage à Londres, où il composa la musique 
d'un ballet intitulé : la Villageoise enlevée , ou 
les Corsaires; il mourut à Bergame le 28 mars 
1818, à l'âge de soixante-cinq ans. On a de lui : 
Trois œuvres de quintetti, publiés à Venise, deux 
ouvres de (pialuors , gravés à Vienne , et deux 
concertos de \iolon. Il a composé la musique de 



ISI 
qui ont eu 



plusieurs opéras et farces italiennes , 
du succès, ainsi que plusieurs ballets 

CARACCIOLO (Paul), compositeur, né 
à Nicosia, en Sicile, vers le milieu du seizième 
siècle, a publié : Madrigali a cinque, libro i<>; 
Païenne, sans date. Cet ouvrage a été réim- 
primé à Venise , chez rhéritier de Jérôme Scotto 
en 1582, in-4°. 

CARACCIOLO ( Pascal ), marquis d'Arena 
etducdeSorrento, gentilboinmedelacbambredu 
roi des Deux-Siciles , est nev(îu du marquis de 
Caracciolo, ambassadeur de Naples à Paris, qui 
fut chef du parti des piccinistes, et se montra 
ardent adversaire de Gluck et de sa musique. 
Pascal Caracciolo fit ses études au collège des 
Carracioli et y apprit les éléments de la musique. 
Entré dans le monde, il fut chargé de quelques em- 
plois importants ; mais il ne cessa pas de cultiver 
l'art pour lequel ii s'était senti une vocation dé- 
cidée dès son enfance. Les productions musicales 
du marquis d'Arena sont : r Une cantate à 3 
voix, intitulée il Ritorno. — 2° Deux messes à 
grand orchestre. — 3" Coriolano, cantate à 4 
voix. — 4" Il Finto Pastore, cantate à 3 voix. 

— 5° Le psaume Dixit Dominus à grand or- 
chestre. — 6° L' Amor costante, cantate à 3 
voix. — 7° Nocturne avec violes et instruments 
à vent. — 8° Quatuor pour piano , flûte , cla- 
rinette et alto. — 9° Cantate à 2 voix pour ténor 
et basse. — 10<» Salve Regina à grand orcheslre. 

— 11° Magnificat, idem. — 12° Credo, idem. — 
13° Tantum ergo , idem. — 14° Deux motels 
à 2 chœurs et orchestre. — 150 Cantiite à 3 voix, 
chd'ur et orchestre, exécutée la première fois a 
la séance d'installation de l'Académie des Cava- 
lieri, dans le palais Calabrilto, en 181 G, à l'oc- 
casion du retour du roi Ferdinand V^ dans ses 
États. 

CARADORI-ALLAi\' (Madame), connue 
d'abord sous le nom de mademoiselle (Ze Muncli, 
naquit en 1800 dans la maison palatine, à Milan. 
Son père, baron de Mu ncl» , était Alsacien et 
ancien colonel au service de France. L'éducation 
musicale de M"® de Muiick fut entièrement l'on 
vrage de sa mère, sans la participation d'aucun 
secours étranger. I>a mort du baron de Munck 
et la situation malheureuse de sa famille, qui 
en fut la suite, obligèrent sa fille à chercher utic 
ressource dans ses talents. Après avoir parcouru 
la France et une parlie de l'Allemagne, elle pas^a 
en Angleterre, où elle prit le nom de Caradori. 
de la famille de sa mère. Elle débuta au théâtre 
du roi, le 12 janvier 1822, par le rôle du page 
dans Z(?s Noces de Figaro , ei successivement 
eUecUnnlAihm Elisae Claudio, Corradino, et 
la Clemenza di Tilo, comme prima donna,. Sj 



182 



CAUADORl-ALLAN — CARAFA 



voiK piireei flexible, la justesse de son intonation 
et plusieurs autres qualités assurèrent son succès. 
Mais c'est surtout comme cantatrice de concert 
qu'elle obtint la faveur publique; elle s'est fait 
entendre à Brigbton, à Oxford, à Balb, à Bristol, 
à Glocester, etc., et partout elle a reçu des ap- 
plaudissements. Madame Caradori a publié plu- 
sieurs romances de sa composition à Paris et à 
Londres. Dans la saison du carnaval, en 1830, 
elle a chanté avec succès au théâtre de lu Fe- 
nice, à Venise. Vers 1835 elle s'est fixée en An- 
fjilelerre tJta chanté dans les festivals de iSorwich, 
de Manchester et de Birmingham. 

CARAFA (Puilifpe), de la maison des 
piinces napolitains de ce nom, fut un des pluscé- 
lèbies joueurs de luth et de guitare à sept cor- 
des, appelée en Italie bordelletto alla taliana. 
Il vivait à la (in du seizième siècle et dans les 
premières années du dix-septième. Cerreto en 
parle {Prattica musicale, iib. I, p. 155) 
comme brillant encore par son t:iîent en IGOl. 

CARAFA (JosEi'u), littérateur napolitain, 
fixé à Rome vers le milieu du dix-huilième siècle, 
est auteur d'un livre intitulé de Capella régis 
utriusque SiciUx et aliorum principum liber 
unus; Borna,', 1749, in-4°. 

CARAFA (MicuEf,), de la noble famille de 
ce nom, né a iNaples le 2S novembre 1785, a 
commencé l'étude de la musique au couvent de 
Monte Oliveto , à l'ûge de huit ans. Son premier 
maître fut un musicien niantouan nommé Fuzzi, 
habile organiste. Francesco Ruggi, élève de Fe- 
naroli , lui fit faire ensuite des études d'harmo- 
nie et d'arcompagui-ment, et plus tard il passa 
isous la direction de Fenaroli lui-même. Enfin, 
dans un séjour qu'il fit à Paris, il reçut de Che- 
rubini des leçons de contrepoint et de fugue. 
Quoiqu'il eût écrit dans sa jeujiesse, pour des 
amateurs, un opéra intilulé il Fantasina, et 
qu'il eût composé vers 1802 deux cantates, 
il Natale di Giove, et Achille e Beidamia, 
dans lesquels on trouve le germe du talent, néan- 
moins il ne songea d'abord à cultiver la musique 
que pour se délasser d'autres travaux : il em- 
brassa la canière des armes. Admis comme of- 
ficier dans un régiment de hussards de la garde 
de Murât, il fut ensuite nommé écuyer du roi 
dans l'expédition contre la Sicile, et chevalier 
de l'ordre des Deux-Siciles. En 1812 il remplit 
auprès de Joachim les fonctions d'officier d'or- 
donnance dans la campagne de Russie, et fut 
fait chevalier de la Légion d'honneur. 

Ce ne fut qu'au printemps de l'année 1814 
que M. Carafa songea à tirer parti de son talent, 
et qu'il fit représenter son premier opéra inti- 
lulé iiZ Vascello VOccidenle, au théâtre del 



Fondo. Cet ouvrage, qui eut beaucoup de succts, 
a été suivi de la Gelosia corretia au théâlro 
des Florentins, en 1815; de Gabriele di Vergi, 
au théâtre del Fondo , le 3 juillet 181C; d'/^- 
g enta in Tauride, à Saint-Charles, en 1817; 
iVAdele di Lusignano , à Milan, dans l'automne 
de la même année; de Bérénice in Siria, au 
théâtre de Saint-Charles, à Naplcs, dans l'été de 
1818, et de V Elisabeth in Derbishire, à Ve- 
nise, le 26 décembre de la même année. Au 
ciunaval de 1819, M. Carafa a écrit dans la 
même ville il Sacrifizio d'Epilo, et l'année 
suivante il a fait représenter à Milan gli I>ue Fi- 
garo. En 1821 il a débuté sur la scène fran- 
çaise par l'opéra de Jeanne d'Arc , qu'il avait 
composé pour le théâtre Feydeau : cet ouvrage 
n'a pas eu le succès qu'aurait dû lui procurer la 
musique, car il s'y trouvait de belles choses. 
Apiès la mise en scène de cet opéra, M. Carafa 
alla à Rome, où il écrivit la Capriciosa ed il 
Soldato, qui eut beaucoup de succès. Il y com- 
posa aussi la musique du Solitaire pour le 
théâtre Feydeau de Paris, et celle de Tamer- 
lano, qui était destiné au théâtre Saint-Charles 
de Naples , mais qui n'a pas été représenté. De 
tous les opéras de M. Carafa , celui qui a obtenu 
le succès le plus populaire est le Solitaire. Il 
s'y est glissé des négligences dans la partition , 
mais on y trouve des situations dramatiques bien 
senties et bien rendues. Après la représentation 
de cette pièce, qui eut lieu à Paris au mois d'août 
1822, M. Carafa retourna à Rome pour y écrire 
Eufemio di 3Iessina, où il y a quelques beaux 
morceaux, entre autres un duo dont l'effet est 
dramatique. Cet ouvrage eut une réussite com- 
plète. En 1823, le compositeur donna à Vienne 
Abufar, dont les journaux ont vanté le mérite. 
De retour à Paris, M. Carafa y fit re|)résenter 
le Valet de chambre, dans la même année ; en 
1823 \\ donnai l'Auberge supposée , et en 1825 . 
la Belle au bois dormant, grand opéra. Dans 
l'automne de 1825 il avait aussi écrit il Sonnan- 
bulo, à Milan; puis il fit représenter à Venise 
le Paria, au mois de février 1826. 

En 1827, il vint se fixer à Paris, dont il ne s'est 
plus éloigné. Le 19 mai de cette année il fit. re- 
présenter un opéra en un acte intitulé Sangarido ; 
cet ouvrage n'eut point de succès. 11 fut suivi de 
la Violette, opéra en trois actes, dont M. Le- 
borne avait composé quelques morceaux; de 
Masaniello, en trois actes, ouvrage rempli de 
belles choses et qu'on peut considérer comme le 
chef-d'œuvre de M. Carafa (joué en 1828); de 
Jenmj , en trois actes, qui n'eut qu'un succès 
incertain en 1829; de laFiaiwée de Lammer- 
moor, opéra italien écrit pour M""^ Sontag , d'un 



CARAFA — CARAIMUFX 



;s:i 



ballet fil trois actes iiititulô l'Orgie (à l'Opéra, 
en 1831); (le la Prison d'Edimbourg , en 1833, 
ouvrage qui réussit peu , mais qui méritait un 
meilleur sort, enfin de la Grande- Duchesse, 
opéra en quatre actes , représenté à rOpéra-Co- 
mique. Il a aussi écrit, en 1833, ime Journée de 
la Fronde , et la Maison du rempart. Enfin 
il a composé quelques morreaux pour la parti- 
tion de Za Marquise de Brinvillers. En 1837, 
il a succédé à Lesueur comme membre de la 
classe des beaux-arts de l'Institut. Après la mort 
du clarinettiste Becr, M. Carafa a été nommé 
directeur du Gymnase de musique militaire ; 
mais cette école fut supprimée quelques années 
après. M. Carafa est aussi professeur de com- 
position au Conservatoire de musique de Pa- 
ris. 

On a souvent reproché à cet artiste de remplir 
ses ouvrages de réminiscences et d'imilaljons; il 
faut avouer qu'il ne choisit pas toujours ses idées 
comme il pourrait le faire. Il écrit vite et nég'i- 
i;emment, suivant l'usage des compositeurs iia- 
liens; mais, s'il avait voulu prendre plus de soin 
(le ses partitions, on peut juger, par les bonnes 
choses qui s'y trouvent, que sa réputation aurait 
plus d'éclat. 

CARAFA (Marzio-Gaetano), prince de Co- 
lobrano et duc d'Alvito, cousin du précédent, est 
né à Naples en 1798. Après avoir achevé ses 
études de littérature etdepliilosophie, il s'est li- 
vré avec ardeur à la lecture des meilleurs ou- 
vrages italiens concernant la musique, et a étu- 
dié pendant cinq années les principes de cet art 
sous la direction de Gabriel Prota. En 1808, Sa- 
lini, vieux maître de l'école de Durante, lui a 
donné des leçons de contrepoint jusqu'en 1811, 
époque où le prince devint élève de Fioravanti, 
pour le stjle idéal et l'instrumentation. La pre- 
mière production de cet amateur distingué est 
un Miserere à 4 voix, qui porte la date de 1819. 
Ses ouvrages se sont ensuite succédé dans l'ordre 
suivant : 1° Dafne, cantate à 4 voix et orchestre, 
1819. — 2" Messe de Requiem à 12 voix réelles 
et orchestre, remplie de fugues, de canons et 
de ricercari sur le plain-chant : le style en est 
sévère et néanmoins a l'expression poétique 
du .sens des paroles , 1821. — 3" autre Messe de 
Requiem à 4 voix réelles (2 ténors et 2 basses). 

— 4° Miserere sur la paraphrase de Giustiniani 
à 8 voix réelles. —5° Des chœurs pour la tragé- 
die de Monzani, il Conte délia Carmagnola. — 
6" d'autres chœurs pour VAdelchi du même au- 
teur. — 7" deux paraphrases du Christus à 6 voix 
réelles. — 8° Beaucoup de pièces à 4 voix .pour 
la chambre. — 9» Environ 50 airs pour divers 
genres de voix. Depuis longtemps le prince Ca- 



rafa s'est occupé de la rédaction d'un Traité de 
Théorie musicale^ mais cet ouvrage n'a pas 
paru jusqu'à ce jour (iSfiO). 

CAUAFFE (....). Il y a eu deux frères de 
ce nom dans la musique du roi et à l'Opéra, vers 
le milieu du dix -huitième siècle. Ils étaient fils 
d'un musicien qui était entré à l'Opéra en 1699 
pour y jouer de la viole, et qui était mort an 
mois de février 1738. Caraffe, connu sous le nom 
de Caraffe Vaine, était bon musicien. Il entra 
à l'Opéra en 1728. Son frère, beaucoup plus jeune, 
s'est fait connaître par divers ouvrages, entre 
antres, par de grandes symphonies , au Concert 
spirituel, en 1752. 

CARAMELLA (Honorius-Dominique), ec- 
clésiasti(pie à Palerme, naquit en cette \ide, le 
15 février IG23, et mourut le 10 février ifiGi. 
Mongilore {Bibl. Sic., t. I, p. 291) et Jo-'cher 
(Gclehrt. Lex.), citent de lui les deux ouvrages 
suivants, mais n'mdiquent ni l'époque ni le 
lieu de leur impression : 1° Pictorum et musico- 
rum elogia. — 1° Musica pratico-politica, 
nella quale s'insegna ai princlpi christiani il 
modo di cantare \m sol motetto in concerto. 
Il est douteux que ce dernier livre soit relatif à 
la musique. 

CARAMUELDE LOBKOWITZ (.Jean), 
évêque de Vigevano, naquit à Madrid, le 23 mai 
1G06. Après avoir fait de brillantes études et avoir 
acquis de grandes connaissances dans lesmatbé- 
rnati>"]ues, la littérature et la philosophie, il entra 
dans l'ordre de Cîteaux, et professa la théologie 
à Alcala. Appelé ensuite dans les Pays-Bas, il y 
prit le bonnet de docteur en théologie, et fut 
successivement ingénieur dans les guerres qui 
désolaient alors ces provinces, abbé àe. Uissem- 
bourgdans le Palatinat, envoyé du roi d'Espagne 
à la cour de l'empereur Ferdinand III, et capi- 
taine de moines enrégimentés , au siège de Pra- 
gue, en 1648. A la paix de Wesiphalie, il reprit 
ses travaux apostoliques et fut nommé à l'évêelié 
de Campagna, dans le royaume de Naples, par 
le pape Alexandre Vil, et ensuite à celui de Vi- 
gevano, dans le Milanais, où il terniina sa car- 
rière, le 8 septembre 1682. Parmi les nombreux 
ouvrages de Caramiiel, on remarque celui-ci : 
Arte nueva de musica, inventada anno de 
600 por S. Gregorio, desconcertada anno da 
1026 por Guidon Aretino , restiUùda a su pri- 
mera perfeccion anno iùlOpor Fr. Pedro de 
Urena, reducida a este brève compendio anno 
1644j'JO/'J.-C..etc.,enRoma, porFabio (îeTalco, 
1669, in-4°. On trouve l'analyse de ce livre dans 
le Giornale de' letterati d'Italia (16G9, p. 12'i). 
Caramuel de Lobkowitz y établit que saint Gré- 
goire avait découvei-t la forme naturelle de la 



184 



CARAMUEL — CARAVOGLIO 



gamme, et que Gui d'Arezzo a gâté ce système 
naturel en réduisant la gamme à six noms de 
notes. 11 rapporte ensuite que Pierre de Urena 
a rétabli les choses dans leur ordre normal en 
ajoutant la septième syllabe (ni) aux six autres, 
et il fait voir que, par cette addition, la main 
harmonique et les muances deviennent inutiles. 
Godefroi Wallherdit (Musik. Lexik., art. Loh- 
kov)itz) qu'une édition antérieure du livre de 
Caramuel avait été publiée à Vienne (en 1645), 
et imprimée par Cosmerovio. Ace renseignement, 
Forkel ajoute (Algem. Lifter. der vmsik,y>. 110) 
que cette édition a pour titre : ut, re, mi, fa, 
sol, la, nova musica. Le savant auteur de 
l'histoire de la musique ne s'est-il pas trompé 
dans cette circonstance, et n'a-t-il pas coniondu 
avec l'édition de Viennedel'ouvragede Caramuel, 
le livre de Bultsiedt {voy. ce nom)? Cela est 
d'autant plus vraisemblable que ce titre, M^re, 
mi, fa, sol, la, novamusica, n'a point de sens, 
ou du moins qu'il en a un absolument contraire 
à l'objet du livre; car la nouvelle musique ne 
consistait pas dans la gamme des six syllabes, 
mais celle de ut, re, mi, fa, sol, la, ni; tandis 
que le titre de Buttstedt, ut, re,mi, fa, sol, la. 
Iota mxisica, dit exactement ce qu'il doit dire, 
puisque l'auteur affirme que toute la musique 
est renfermée dai»s la gamme des six sylla- 
bes. 

On trouve différentes choses relatives à la mu- 
sique dans le Cursus mathematici de Caramuel, 
et dans son livre Mathesis Audax , publié à 
Louvain, en 1042, in 4°. Jacques-Antoine Tar- 
disi, a publié des Memorie délia vita di mon- 
signoreGio. Caramuel de Lobkowitz, vescovo 
di Vigernno. Venise, 17C0, in-4o. 

CARAPELLA (Thomas), maître de chapelle, 
né à Naples vers 1680, a publié des Canzoni a 
due voci; Naples, 1728, in-4°. On a aussi de sa 
composition des Arie da caméra qui sont res- 
tés en manuscrit. Le P. Martini fait l'éloge du 
style de ce maître, dans son histoire de la mu- 
sique (t. II). Choron et FayoUe ont reculé 
d'un siècle l'époque où Carapella a vécu. Son 
recueil imprimé à Naples par Camille Cavallo , 
est dédié à l'empereur Charles YL Les pièces 
contenues dans cet œuvre sont d'un très-bon 
style. Les cinq premiers duos sont pour deux 
voix de soprano, les quatre suivants, pour so- 
prano et contralto, et le dernier pour soprano et 
basse. Chaque pièce est composée de plusieurs 
airs et duos , remarquables particulièrement par 
l'expression et la clarté du style. L'ouvrage 
inédit de Carapella a pour titre : Arie gravi 
per scuola di ben cantare. L'auteur a voulu 
que cet œuvre ne servit pas seulement à exercer 



le chanteur dans le sollcge et la vocalisation, 
mais dans l'expression et l'articulation de la pa- 
role. M, le marquis de Villarosa dit de cet ou- 
vrage que la diversité de sentiments, de pensées 
et d'inspirations passionnées qui brillent dans 
toutes les pièces du recueil en font une produc- 
tion du plus haut prix. Malgré tant de mérite, 
Carapella ne put trouver d'éditeiir pour le pu- 
blier; hu-même n'avait pas l'argent nécessaire 
pour faire les frais de l'impression. Peut-être se- 
rait-il allé périr dans la boutique d'un épicier, 
s'il n'était tombé heureusement dans les mains 
de Sigismondo (voy. ce nom), ancien bibliothé- 
caire du Conservatoire de Naples, qui le sauva 
de la destruction en le plaçant dans le dépôt 
qui lui était confié. 

Les autres compositions de Carapella sont : 
1° Miserere à 4 voix avec des versets pour 
l'orgue, ou sans versets. Cet ouvrage fut écrit 
pour l'église de Monte OUveto, de Naples, où 
Carapella était maître de chapelle. — 2" Peleo 
e Teti, cantate composée en 1714 pour les noces 
du prince de Scalea avec Rose Pignatelli, de la 
famille des comtes de Monteleone. — 3" Les 
chœurs de la tragédie il Domiziano, du duc 
Annibal Marchese. — 4° IlTrionfo délia Cas- 
lità, oratorio chanté en 1715 dans la maison 
de la congrégation de Sainte-Catherine, à Celano, 
près de Naples. — 5° La Battaglia spirituale, 
oratorio dont la partition se conserve chez les 
Filippini de celte ville. 

CARAUSAUX ou CARASAUX, poète et 
musicien, n.iquit à Arras, vers le milieu iln trei- 
zième siècle. 11 nous reste six chansons notées de 
sa compoïition. Les manuscrits de la Bibliothèque 
impériale, n" 65 (Ibnds de Cangé) et 7,222, en 
contiennent quatre. 

CARAYACCIO (Jean), maître de chapelle 
de l'église de Sainle-Marie-Majeure, à Bcr- 
game, au conmiencement du dix-septième siècle, 
a publié un recueil de psaumes de sa composi- 
tion, à Venise, en 1620. 

CARAVAGGIO (Jean-Jacques GASTOL- 
DIDE). Voy. Gastoldi. Gerber a fait, dans son 
nouveau Lexique des muscien'i, deux articles 
de Caravaggio et de Gastoldi, n'ayant pas vu 
qu'il s'agissait du même compositeur. 

CARAVOGLIA (barbara), célèbre canta- 
trice ii\ prima donna au théiitre de Saint-Charles , 
à Napli's, en 1788. 

CARAVOGLIO (Maria), cantatrice, née à 
Milan vers 17&8, chanta en Italie, en Angleterre 
et en Allemagne, et fut appelée à Londres par 
Chrétien Bach, vers 1778, pour chanter à ses 
concerts. En 1784 elle était prima donna au 
théàlrede Prague, et en i:92, à celui de Messine. 



CAKAVOGLiO — CARCAN O 



1 x/> 



Sa voix était agréable, quoique d'un volume peu 
consiviéiable, et son chant était pur. 

CARBiVSUS (. . .). On a sous ce nom, qui 
parait être supposé, un petit écrit intitulé : Lettre 

à M. de , auteur du Temple du goût, sur 

la mode des instruments de musique; Paris, 
i73y, in-12. On ne saitsur quel fondement Blan- 
kenburg attribue (dans sa nouvelle édition de la 
Théorie des beaux-arts, de Suizer) cet opuscide 
à Tabbé Goujet. La liste des écrits de cet abbé, 
donnée dans l'un des suppléments deMoreri,ne 
le cite pas. Barbier n'a point donné de renseigne- 
ments sur ce pseudonyme dans son Dictionnaire. 
L'écrit dont il s'agit ne peut être l'ouvrage que 
d'un homme de goût qui connaissait la musique 
et qui s'en occupait, et l'abbé Goujet n'était cer- 
tainement pas cet homme-là. On y fait voir que 
rien n'était plus ridicule que la passion qui s'était 
emparée de toute la France, sous le règne de 
Louis XV, pour la vielle et la musette. 

CARBOMCm (Antoine), né à Florence, au 
commencement du dix-septième siècle, était che- 
valier décoré de l'ordre de Toscane pour la vail- 
lance dont il avait fait preuve dans les guerres 
contre les Turcs. Doué d'instinct pour la musique, 
il se livra à l'étude de la guitare espagnole, et 
acquit une rare habileté sur cet instrument. II 
avait inventé douze manières de l'accorder, dont 
chacune produisait des effets particuliers. L'ou- 
vrage dans lequel il a fait connaître ces nou- 
veautés a pour titre le Dodici Chitarre spos- 
tate, inventate dal cavalière Antonio Car- 
bonchi, Fiorentino : V\oïence, Franc. Sabatiui, 
1639, in-fol. La même édition a été reproduite 
eu 16^3, avec un nouveau frontispice ; Libro 
seconda di Chitarra spagnuola, con due al- 
fabeti, uno alla francese, e V altro alla 
spagnuola ; dedicato aW illusfriss. Sicj. v\ar- 
chese Bartolomeo Corsini. In Firenz-e , i)er 
Francesco Sabatini , aile seule délia Badia, 
164?., infol. 

CARBOIVEL (JosEPn-NoEL), né à Salon, 
en Provence, le 12 août 1751, était fils d'un ber- 
pfix. Ayant perdu ses parents en bas âge, il fut 
recueilli par un particulier qui le fit entrer au 
collège des Jé.'juites. Ses études terminées, il fut 
envoyé à Paris pour y étudier la chirurgie ; mais, 
son goût pour la musique lui ayant fait cultiver, 
dès sa plus tendre jeunesse, le galoubet, instru- 
ment de son pays, il conçut le projet de le per- 
fectionner et d'en faire son unique ressource. 
Ayant fait un voyage à Vienne, il y connut No- 
verre, qui y était alors maître de ballets, et qui 
depuis le fit entrer à l'Opéra pour y jouer du 
galoubet. Floquet, son compatriote, composa pour 
lui son ouverture du Seigneur bienfaisant , 



qu'il exécutait derrière le rideau. Par un travail 
assidu, il parvint à donner à l'instrumerd (pi'il 
avait adopté tout le développement dont il était 
susceptible, et à jouer dans tous les tons sans 
changer de corps, il & \>\\h\\é\\n& Méthode pour 
apprendre à jouer du tambourin ou du ga- 
loubet, sans aucun changement de corps, dans 
tous les tons; Paris,, 1766. Carbonel est aussi 
l'auteur de l'article Galoubet qu'on trouve dans 
l'Encyclopédie. Il est mort pensionnaire de VO- 
péia, en 1^04. 

CARBOA'EL (Joseph-Fiîançois-N.vrcisse), 
fils du précédent, né à Vienne, en Autriche, le 
10 mai 1773, n'avait que cinq ans lorsque ses 
parents vinrent se fixer à Paris ; son père lui en- 
seigna les éléments de la musique, et le fit en- 
suite admettre au nombre des élèves de l'Opéra, 
vers 1782. Il joua en cette qualité, dans Tarare, 
le rôle de l'Enfant des augures. Lors de l'établis- 
sement de l'École royale de chant, en 1783, on 
l'y admit avec 400 livres de pension. 11 reçut 
à cette école des leçons de Gohert pour le piano , 
de Rodolphe et de Gossec pour l'harmonie et la 
composition, de Piccini et de Guichard pour le 
chant. Plus tard il s'était perfectionné avec lîi- 
cher, et enfin avec Garât, dont il était l'ac- 
fompagnateur. Devenu lui-même professeur de 
chant, il a formé quelques bons élèves, parmi 
lesquels on remarque madame Scio, célèbre ac- 
trice du théâtre Feydeau. Comme compositeur, 
Carbonel est connu par les ouvrages dont 
voici les titres : 1° Six sonates pour le clavecin, 
avec ace. de violon ad libit., liv. \ efi; Paris, 
le Duc, 1798. — 2° Pot-pourri sur les airs 
d'Eliska,pourclav. et viol. —z° Trois sonates, 
id.; Paris, Imbault, 1799.-4° Quelques sonates 
et morceaux séparés. — 5° Cinq recueils de 
romances. Carbonel est mort, le 9 novembre 
1855, à Nogent-sur- Seine, où depuis vingt-quatre 
ans il s'était retiré. 

CARBOi\ELLl (Etienne), habile violoniste, 
fut élève de Corelli, à Rome. En 1720 il se 
rendit en Angleterre sur l'invitation du duc de 
Rulland, qui le logea dans sa maison. Peu de 
temps après son arrivée à Londres, il y publia 
douze solos pour le violon avec basse continue, 
et les joua souvent en public avec succès. Lors 
de l'organisation de l'Opéra, il fut placé à la tête 
! de l'orchestre, et devint célèbre par sa brillante 



exécution. En 1725, il quitta ce théâtre pour 
passer à celui de Drury-Lane ; mais peu de lempi 
après il s'engagea avec Hœndel pour les orato- 
rios. Dans la dernière partie de sa vie il négligea 
la musique et se fit marchand de vins. Il est mert 
en 1772. 

CARCAIVO (Alexandre), maîlrede chapelle 



186 



CARCANO — CARDON 



(le Péglise Saint-Sylvesire, à Rome, s'est f^it con- 
naître par un livre intitulé : Considerazioni sulla 
musica aniica; Rome, 1642, in-8°. 

CARCANO (Joseph), maître de chapelle aux 
Incurables, à Venise, naquit à Crêma en 1703. 
Lorsque Masse quitta Venise pour se remlre à 
Dresde, il proposa Carcano pour lui succéder au 
Conservatoire des Incurables. On possède encore 
dans la bibliothèque de cet établissement les 
compositions manuscrites de ce musicien. En 
1742, on représentai Venise l'opéra d'//CîH^e?o, 
dont il avait fait la musique. Deux ans aupara- 
vant il avait fait exécuter, par les élèves du 
Conservatoire des Incurables, la cantate intitulée 
la Concordia del tempo colla famé, a. 7 voix 
et orchestre, devant le prince électoral de Saxe, 
iMédéric-Christian. La poésie de cette cantate 
était de l'abbé Giovanandi, de Modène. Elle a 
été piiblif^eà Venise en 1740, in-'r". 

CARCASSI (Matteo), né à Florence vers 
1792, se livra dès sa jetmesse à l'étude de la gui- 
tare, et par des travaux assidus acquit sur cet 
instrument un degré d'habileté fort reuiaïquable. 
Venu à Paris plusieurs années après Carulli , il 
porta plus loin que lui les ressources de son 
instrument, et se lit une réputation brillante, 
qui fut de quelque préjudice à celle du fomia- 
Icur de l'école moderne de la guitare. De nou- 
veaux effets ont été imaginés par lui, et le méca- 
nisme du doigter lui doit plusieurs perfectionne- 
ments. En 1822 il se rendit à Londres, s'y fit 
entendre avec succès, et y retourna dans les 
années 1823 et 1826. En 1824 il fit un voyage 
en Allemagne, etdonnadesconcertsdansplusieurs 
grandes villes. 11 retourna dans le même pays en 
1827, et n'y fut pas moins bien accueilli que la 
première fois. En 1830 il fit un voyage dans sa 
patrie. Cet artiste a publié environ 40 œuvres 
de différents genres pour la guitare ; ces ouvrages 
ont été gravés à Paris , chez Meissonnier, et à 
Mayence, chez Schott fils. On y distingue un assez 
bon style et des traits qui ne sont pas communs. 
Ils consistent en sonatines, rondeaux détachés, 
[)i6ces d'études, divertissements, caprices, fiin- 
taisies et airs variés. Carcassi est mort à Paris, 
le IG janvier l'833. 

CARDAN (Jéuôme), médecin, géomètre et 
a.strologue, naquit à Pavie en 1501. Il fut élevé 
dans la maison de son père, qui demeurait à 
jAIilan; mais, à l'âge de vingt ans, il se rendit à 
Pavie pour y terminer ses études ; deux ans après 
il y expliqua Euclide. A trente-trois ans il pro- 
fessa les mathématiques, puis la médecine à Mi- 
lan; ensuite il enseigna quelque temps à Bologne, 
et enfin il alla terminer sa carrière à Rome, vers 
1576, à l'âge de soixante-quinze ans. On a dit 



j qu'il se laissa mourir de faim, pour ne pas sur- 
vivre à la honte des fausses prédictions qu'il avait 
faitessur quelques hommescélèbresde son temps. 
C'était un homme superstitieux et plein de con- 
fiance dans les rêves de l'astrologie judiciaire. 
Les vices de Cardan lui firent de nombreux en- 
nemis pendant sa vie, et lui-même n'a pas peu 
conti ibué à la mauvaise réputation qu'il a laissée 
après lui, par le portrait affreux qu'il a fait de 
-ses mœurs et de son caractère, dans son ouvrage 
intitulé de Vita propria; Paris, 1643, in-8*. 
On a de cet auteur un livre intitulé Opus no- 
■vum deproportlonibus numerorum, motuum, 
ponderum, sonorum ; Râle, 1570, infol., réim- 
primé dans la collection de ses œuvres , publiée 
par Cil. Spon, sous le titre de Hieronijmi Car- 
dani opéra; Lyon, 1663, 10 vol. in-fol. On trouve 
aussi dans cette collection un traité de Musica 
en 9 chapitres (t. X, p. 105-116), et un petit 
ouvrage intitulé Prœcepfa canendi. 

C ARDENA (Pierre-Léon), compositeur dra- 
matique, né à Palerme dans les premières an- 
nées du dix-huitième siècle, a fait représenter au 
tiiéàtre de Saint-Samuel, à Venise, un opéra sous 
le litre de Creusa, en 1739. 

CARDON ( Louis ), habile harpiste, d'origine 
italienne, était petit- fils de Jean-Baptiste Cardoni, ' 
pensionnaire de la musique du roi, et neveu de 
F. Cardon, violoncelliste de l'Opéra. Il naquit 
à Paris en 1747 , el se livra de bonne heure à 
l'élude de la musique. Son Art de jouer de la 
harpe, l'un des plus anciens ouvrages méthodi- 
ques de ce genre, fut publié à Paris en 1785. A 
l'aurore de la révolution française, cet artiste 
quitta Paris et se rendit en Russie, où il est 
mort en 1805. Ses principaux ouvrages sont : 
1" Quatre sonates pour la harpe, œuv. 1 ; 
Paris. — 2" Pièces pour la harpe , elc, 
œuvre T. — 3° Trois duos pour deux harpes , 
op. 3. — 4" Recueil d'aws choisis, op. 4. — 
5" Trois ariettes d'opéras, arr. pour deux harpes, 
op. 5. — 6o Quatre sonates pour harpe et violon.; 
Paris, 1780, op. 6. —7" Quatre id., op. 7. — 
8" Quatre iil., op. 9. — y° Deux concertos pour 
harpe, deux violons, deux hautboi.s, deux cors, 
alto et basse, op. 10. — 11° Quatre sonates pour 
harpe et violon, op. 12. — 12° L'Art de jouer 
de la harpe , démontré dans ses principes , 
suivi de deux sonates, op. 13. — 13» Quatre 
sonates pour harpe et violon , op. 14. — 
14° Deux symphonies concertantes pour harpe, 
violon et basse, op. 15. — 15o Quatre sonates 
pour harpe et violon, op. 16. — 1G<» Quatre id., 
op. 17. — 17° Deux symphoniesconcerlanles pour 
harpe, deux violons et basse, op. 18. — 18° Re- 
cueil d'airs variés, op. 19. — 19" Quatuors pour 



CARDOJN — CARESTIJNI 



1.S7 



liarpe, violon, altoct basse, op. 20. —20° Con- 
certo pour liane, deux violons, alto et basse, 
^,p. -11. — 21° Quatre sonates pour liarpc et 
%iol()n, op. 22. 

CAllDOiX (Pierre) , frère du précédent, né 
a Paris, en 1751, fut élève de Riclier pour le 
cliant, et de son oncle pour le violoncelle. En 
1788, il était chanteur de la cliapelie du roi, à 
Versailles; il vivait encore en 1811, et donnait 
(les levons de chant et de violoncelle. Il a pu- 
blié à Paris : Rudimenls de la musique, ou 
Principes de cet an mis à la portée de tout 
le monde, par demandes et par rcpoiises , 
in-fol. Un troisième frère de Cardon lut un vio- 
loniste distingué. 

CARDOIWE (Philibert), né à Versailles 
en 1731, entra fort jeune dans les Pages de la mu- 
sique du roi, et eut pour maître Colin de Blamont. 
A l'âge de quatorze ans, et lorsqu'il était encore 
page, il lit exécuter à la cour, le 4 et le 7 fé- 
vrier 1745, un motet à grand chœur de sa com- 
position. En 1748, il fit entendre aussi, dans la 
chapelle du roi, le psaume Super flumina Ba- 
hylonis. C'était le cinquième motet (ju'il avait 
composé, quoiqu'il n'eût pas encore dix-huit ans. 
Il entra ensuiîe comme musicien ordinaire dans 
la cliapelie du roi, et eut les titres d'oflicitr 
(le la chambre de Madame et de maître de vio- 
lon de Monsieur (depuis lors Louis XVIII). 
En 1777 il obtint la survivance de Bertou 
comme maître de la musique du roi ; mais la 
révolution française ne lui [leiniit jias de jouir 
des avantages de celle survivance. En 17r>2 Car- 
donne écrivit la musique de la pastorale iVAma- 
rillis, qui fut exécutée au concert de la reine 
pendant le voyage de Compiègne, le 17 juillet 
1752. Son opéra à'Omphale , représenté à l'A- 
cadémie royale de musique le 2 mai 1 709, n'eut 
point de succès. En 1773 il remit en musique 
l'entrée Ats, Amours déguisés, sous le titre d'O- 
vide et Julie, pour les fragments qui lurent re- 
présentés au mois de juillet. 

CAllDOSO (Manuel), chapelain du loi 
Jean 111, né à Lisbonne vers le milieu du sei- 
zième siècle, a fait imprimer un ouvrage de sa 
composition, sous ce titre : Passionarium juxta 
capellas regise Lusitanae consuetudinem ac- 
ccntus radonum intègre observans j Lc'm , 
1575, in-fol. 

CARDOSO (François-Emmanuel), carme 
portugais, naquit à Béja, dans la province d'A- 
lentéjo, vers la lin du seizième siècle. Il a publié : 
i° Missx à vocibus concert.; Lisboniw , 1013. 
— 2° Missx sex vocibus concert.; Lisbonne, 
1625. — 3" Magnificat sez vocibus concert.; 
Lisbonne, 1620, in-fol. — 4° Missœ de D. Yir- 



gine, quaternis et sex vocibus , lib. 3 ; ibid., 
1040, in-fol. — 50 lAvro que comprchende 
iudo quante sécant a na Semana santa ;\hk\ ., 
in-fol. Plusieurs autres ouvrages de ce musicien 
se trouvent en manuscrit dans la bibliothèque 
du roi de Portugal. 

CARDL'CCI (Ji:an-J.\cqles), compositeur, 
naquit à Buri, dans le loyaume de Naples, vers 
le milieu du seizième siècle. On trouve quelques 
pièces de sa composition dans la collection in- 
titulée il Primo Libro a due voci di diversi 
autori di Bari ; Venise, 1585. 

CARELIO (Antoine), violoniste, né à Mes- 
sine, en Sicile, a publié- des sonates en trois 
[l